Journal des débats de la Commission de l'administration publique
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Le
mardi 7 novembre 2023
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Vol. 47 N° 4
Audition du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, du ministère de la Sécurité publique et du ministère des Transports et de la Mobilité durable sur le chapitre 2 du rapport d’avril 2023 de la commissaire au développement durable intitulé « Adaptation aux changements climatiques : risques liés à l’érosion et à la submersion côtières »
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Intervenants par tranches d'heure
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Caron, Vincent
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Lemay, Mathieu
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McGraw, Désirée
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Caron, Vincent
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Thouin, Louis-Charles
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Maccarone, Jennifer
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Bussière, Robert
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Bussière, Robert
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Caron, Vincent
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Zaga Mendez, Alejandra
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Haytayan, Céline
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Arseneau, Joël
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McGraw, Désirée
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Caron, Vincent
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McGraw, Désirée
15 h 30 (version révisée)
(Quinze heures trente-six minutes)
Le Président (M. Caron) :
À
l'ordre, s'il vous plaît! La Commission de l'administration publique reprend
ses travaux.
La commission est réunie afin de procéder
à l'audition du ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les
changements climatiques, de la Faune et des Parcs, du ministère de la Sécurité
publique et du ministère des Transports et de la Mobilité durable sur le
chapitre 2 du rapport d'avril 2023 de la Commissaire au développement
durable intitulé Adaptation aux changements climatiques : risques liés
à l'érosion et à la submersion côtières.
M. le secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Mallette (Huntingdon) est remplacée par M. Lemay
(Masson); Mme Cadet (Bourassa-Sauvé) est remplacée par Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce); et M. Derraji (Nelligan) est remplacé par Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis).
Le Président (M. Caron) : Merci.
Y a-t-il consentement afin de permettre à la députée de Verdun de participer à
nos travaux aujourd'hui? Consentement.
Nous débuterons par l'exposé de 10 minutes
de la Commissaire au développement durable et enchaînerons avec celui du
ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques,
de la Faune et des Parcs, suivrons le ministère de la Sécurité publique et le ministère
des Transports et de la Mobilité durable. Le reste de la séance sera consacré
aux échanges avec les membres de la commission. Les échanges se dérouleront par
blocs d'une durée d'environ 10 minutes, incluant les questions et les
réponses, en alternance entre le gouvernement et les oppositions, afin de
permettre à tous les groupes parlementaires d'écouler graduellement leur temps
de parole.
J'invite maintenant la Commissaire au
développement durable à nous présenter les gens qui l'accompagnent puis à faire
son exposé. Vous disposez de 10 minutes.
Exposé de la Commissaire au développement durable,
Mme Janique Lambert
Mme Lambert (Janique) : M. le
Président, Mmes, MM. les membres de cette commission, Mme la sous-ministre de l'Environnement,
de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, M. le
sous-ministre de la Sécurité publique, M. le sous-ministre des Transports et de
la Mobilité durable, c'est avec plaisir et avec intérêt que je participe à
cette séance de la Commission de l'administration publique. Je vous remercie
pour cette invitation qui concerne le rapport que j'ai publié en avril dernier.
Permettez-moi de vous présenter les
personnes qui m'accompagnent : Mme Moïsette Fortin, directrice
principale d'audit, M. François Dubreuil, secrétaire général, Mme Josée
Bellemare, directrice d'audit, ainsi que Mme Nadia Zenadocchio, chargée de
projet.
Les effets des changements climatiques
constituent les principales causes de l'accroissement de la fréquence et de l'intensité
de l'érosion et de la submersion côtières dans la région maritime située à l'est
de Québec. Ces aléas soulèvent des risques pour la santé et la sécurité des
personnes, pour la durabilité et l'intégrité des infrastructures, de même que
pour les écosystèmes côtiers. Déjà, en 2013, 50 % des côtes de cette
région présentaient un risque d'érosion et 43 % étaient potentiellement à
risque pour la submersion.
Il faut savoir que l'adaptation à ces
risques dans un contexte de changements climatiques est un enjeu important du Plan
pour une économie verte 2030. Selon ce plan, si aucune mesure d'adaptation
n'est mise en place, plus de 5 000 bâtiments et près de 300 kilomètres
de routes pourraient subir des dommages par l'érosion d'ici 2065, pour des
coûts potentiels de 1,5 milliard de dollars.
• (15 h 40) •
Afin d'atténuer les risques liés à l'érosion
et à la submersion côtières, il importe de renforcer la résilience des
communautés et des infrastructures publiques et de conserver les écosystèmes
côtiers d'intérêt pour leur rôle de protection contre ces aléas. En fait, une
gestion efficace de ces risques est en grande partie tributaire d'une bonne
coordination des différents acteurs gouvernementaux.
C'est pourquoi notre audit de <performance...
Mme Lambert (Janique) :
...pourquoi
notre audit de >performance avait pour objectif de déterminer si le
ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques,
de la Faune et des Parcs, le ministère de la Sécurité publique et le ministère
des Transports et de la Mobilité durable gèrent de manière efficace et intégrée
les risques liés à l'érosion et à la submersion côtières pour réduire les
impacts sur la sécurité des personnes, l'intégrité des biens, les activités
économiques et l'environnement dans un contexte de changements climatiques. Il
faut souligner que cet audit s'inscrit dans le cadre des constatations et
recommandations en lien avec le Fonds d'électrification et de changements
climatiques, dont je dois faire part annuellement.
Nos travaux nous ont permis de relever
trois principaux constats. Le premier constat est l'absence de gestion intégrée
des risques liés à l'érosion et à la submersion côtières, qui permettrait
d'avoir une vision globale et une coordination efficace des interventions
d'adaptation. Les ministères audités travaillent majoritairement de façon
sectorielle et ils ne couvrent pas certains risques importants.
D'abord, le ministère de l'Environnement,
de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs a
prévu élaborer un plan de gestion intégrée de l'adaptation à ces risques. Or,
l'élaboration de celui-ci, qui devait débuter en août 2022, a été reportée en
avril 2023. Ainsi, la cohérence et la coordination des mesures des
ministères et des organismes qui concernent la lutte contre les changements
climatiques ne sont pas assurées par ce ministère.
Ensuite, en plus de travailler
majoritairement de façon sectorielle, les trois ministères ne considèrent pas
l'ensemble des risques liés à l'érosion et à la submersion côtières dans la
gestion de leurs interventions d'adaptation. Entre autres, le ministère de la
Sécurité publique n'a pas de planification à long terme et n'a pas optimisé le
financement disponible pour la réalisation de projets d'adaptation.
La planification des investissements en
zone côtière du ministère des Transports et de la Mobilité durable n'est pas
basée sur un portrait complet des risques pour le réseau routier sous sa
responsabilité et ses dépenses sont principalement effectuées à la suite de
dommages subis plutôt qu'en prévention.
De son côté, le ministère de
l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et
des Parcs n'a pas identifié les activités nécessaires à la conservation des
écosystèmes côtiers d'intérêt, qui peuvent jouer un rôle à l'égard de la
résilience des communautés et des infrastructures.
Le deuxième constat est que des
connaissances importantes sont manquantes pour appuyer une gestion efficace et
intégrée des risques liés à l'érosion et à la submersion côtières dans un
contexte de changements climatiques. Les connaissances qui sont disponibles
sont, quant à elles, diffusées de manière limitée et ne sont pas toujours
accessibles.
Par exemple, beaucoup reste à faire pour
mieux caractériser la submersion côtière. L'acquisition de connaissances à jour,
sur les risques liés aux aléas côtiers et leurs effets sur les communautés, les
infrastructures, l'économie et les écosystèmes côtiers, est nécessaire pour
suivre l'évolution rapide du climat. Sans ces connaissances, il devient
difficile de planifier et de prioriser les interventions d'adaptation pour
réduire ces risques en fonction du climat futur.
De plus, il n'y a pas de plan
d'acquisition des connaissances qui intègre les besoins prioritaires afin de
gérer l'ensemble des risques. Un tel plan permettrait d'assurer un
développement cohérent et coordonné des connaissances. En outre, les trois
ministères ont investi des fonds publics pour acquérir des connaissances, mais
ils n'ont pas veillé à ce que cette information soit pleinement accessible. Par
exemple, les connaissances disponibles sont souvent éparpillées dans plusieurs
sites Web.
Le dernier constat indique que peu de
municipalités bénéficient de l'encadrement et du soutien nécessaires du
ministère de la Sécurité publique et du ministère de l'Environnement, de la
Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs pour prendre
en charge efficacement les risques liés à l'érosion et la submersion côtières.
Par exemple, des cartes de zones de
contrainte visant à encadrer l'aménagement du territoire et à assurer la
sécurité des personnes et des biens n'ont pas été produites pour toutes les MRC
côtières. Peu de municipalités bénéficient d'un accompagnement et d'un soutien
technique et financier du ministère de la Sécurité publique pour la réalisation
de projets d'adaptation, alors que les besoins sont grands. Les outils
développés à la demande du ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les
changements climatiques, de la Faune et des Parcs pour appuyer les décisions
face aux risques liés à ces aléas n'ont pas été fournis à toutes les
municipalités et les MRC côtières.
Au terme de nos travaux, et en tant que
Commissaire au développement durable, j'ai formulé des <recommandations...
Mme Lambert (Janique) :
...que
Commissaire au développement durable, j'ai formulé des >recommandations
qui ont été acceptées par les trois ministères. Certaines de ces
recommandations sont conjointes. La collaboration de ces ministères devient
donc primordiale pour que des changements prévus dans leurs plans d'action
respectifs soient mis en œuvre.
En terminant, j'aimerais souligner
l'excellente collaboration du personnel des trois ministères audités.
J'aimerais aussi assurer aux membres de la commission qu'ils peuvent compter
sur notre entière collaboration.
Le Président (M. Caron) : Merci,
Mme Lambert. J'invite maintenant le ministère de l'Environnement, de la
Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs à nous faire
sa présentation. Je vous invite à vous présenter puis à faire votre exposé.
Vous disposez de 10 minutes également.
Exposé de la sous-ministre de l'Environnement, de
la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs,
Mme Marie-Josée Lizotte
Mme Lizotte (Marie-Josée) : Merci,
M. le Président. Je me présente. Je suis Marie-Josée Lizotte. Je suis
sous-ministre au ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les
changements climatiques, de la Faune et des Parcs.
Je tiens tout d'abord à saluer les membres
de cette commission ainsi que la Commissaire au développement durable,
Mme Janique Lambert, et son équipe. C'est avec plaisir que je me présente
devant vous aujourd'hui avec mes collègues, M. Frédéric Guay et
M. Marc Croteau, et leurs équipes pour discuter du rapport de la
Commissaire au développement durable portant sur l'érosion et la submersion
côtières, qui a été publié en avril dernier. Pour cette occasion, je suis
accompagnée du sous-ministre adjoint au Bureau de la transition climatique et
énergétique, M. Jean-François Gibeault, m'accompagne également la
directrice de l'expertise en transition énergétique et climatique,
Mme Lucie Bouchard, ainsi que Marie-Ève Borne, la directrice de l'audit
interne et de la gestion des risques.
Le Québec subit déjà plusieurs effets des
changements climatiques. Nous l'avons d'ailleurs vécu de façon particulièrement
dramatique cet été. Une équipe de chercheurs a conclu récemment que les
changements climatiques avaient doublé le risque que les conditions
météorologiques favorisent des incendies comme ceux survenus cette année dans
le Nord québécois. De même, la tempête Fiona, qui a frappé durement l'est du
Québec en 2022, est un exemple concret que les changements climatiques
augmentent l'intensité et la probabilité de subir des événements
météorologiques extrêmes.
Les changements climatiques ont aussi déjà
des effets significatifs sur les 4 000 kilomètres de littoral
maritime. Ils amplifient les processus naturels d'érosion côtière et augmentent
la fréquence de submersion des zones côtières basses, mettant en péril des
bâtiments et des infrastructures le long de l'estuaire et du golfe du
Saint-Laurent. L'adaptation est malheureusement une nécessité incontournable. Cette
réalité est bien comprise du gouvernement et du ministère. Le Plan pour une
économie verte 2030 établit clairement le renforcement de la résilience du
Québec face aux impacts des changements climatiques comme une priorité.
Plus précisément, les priorités gouvernementales
qui ont été données aux ministères sont de s'assurer que les risques liés aux
changements climatiques soient connus et intégrés dans la prise de décision
ainsi que de soutenir dès maintenant l'adaptation de nos communautés et de nos
infrastructures à ceux-ci, l'objectif étant d'éviter des pertes de vies
humaines, des bris de services essentiels et des coûts insoutenables pour la
société québécoise. Pour renforcer notre résilience aux impacts des changements
climatiques, trois gestes sont indispensables : il faut savoir, il faut
s'outiller et il faut agir.
S'adapter, c'est prendre en compte le
climat futur. Avec le réchauffement planétaire, le climat passé n'est plus
garant du climat futur. Il ne peut plus servir de référence pour prédire le
climat de demain ni pour planifier notre développement économique et social et
l'aménagement de nos milieux de vie. Dorénavant, la prise de décision doit se
faire en tenant compte des projections climatiques futures et des incertitudes
qui y sont associées.
S'adapter, c'est aussi prendre en compte
les impacts des changements climatiques sur l'évolution des risques des aléas
environnementaux auxquels nous étions déjà confrontés, les incendies de forêt,
les inondations, l'érosion et la submersion côtières, pour ne nommer que
ceux-là, et ce, afin de prioriser les interventions à réaliser.
S'adapter, c'est agir en prévention,
réduire les risques accrus pour les changements... par les changements
climatiques et limiter les dommages et les coûts qu'ils engendrent. De
nombreuses interventions ont été réalisées dans les dernières années, et même
dans les derniers mois, en fonction de ces orientations et de façon à accélérer
l'adaptation du Québec.
• (15 h 50) •
D'abord, il faut rappeler que les budgets
octroyés pour l'adaptation dans le cadre des plans d'action sur la lutte contre
les changements climatiques étaient de 209 millions de dollars pour
la période 2013-2020. Aujourd'hui, ces budgets sont quatre fois plus
élevés, avec 860 millions pour les cinq prochaines années. Au
printemps 2023, le gouvernement a annoncé que l'ensemble des
investissements, pour les cinq prochaines années, en adaptation totalisent
1,5 milliard de dollars. Aujourd'hui, lors de la mise à jour
économique, le gouvernement annonçait un rehaussement de ces investissements,
pour la période... la même période, à 1,8 milliard, soit près de
300 millions <supplémentaires...
Mme Lizotte (Marie-Josée) :
...pour
la période... la même période, à 1,8 milliard, soit près de
300 millions >supplémentaires. La répartition de ces nouveaux
investissements sera présentée au cours des prochains mois.
Dans le cadre du plan de mise en
œuvre 2023-2028, le ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les
changements climatiques, de la Faune et des Parcs a aussi signifié son
intention d'utiliser pour la première fois le pouvoir qui lui est octroyé par
la loi de donner des mandats en matière de lutte contre les changements
climatiques.
Ainsi, il travaille à confier à la
ministre des Affaires municipales le mandat de coordonner une démarche afin
d'accompagner les municipalités dans le développement des plans d'adaptation.
Les deux ministres veulent ainsi faire en sorte que, d'ici 2026, plus de
66 % de la population québécoise vive dans une municipalité qui aura
évalué ses risques climatiques et élaboré un plan d'adaptation. L'objectif est
que, d'ici 2030, l'ensemble des municipalités québécoises soient munies d'une
appréciation des risques et d'un plan d'adaptation.
Au cours des deux dernières années, le
gouvernement a accordé 281 millions de dollars pour soutenir les
municipalités dans la mise en œuvre de leurs plans de lutte contre les
changements climatiques. Il travaille également sur un deuxième mandat aux
autorités gouvernementales afin qu'elles s'engagent dans une démarche
structurée d'appréciation des risques liés aux changements climatiques.
Concrètement, cette démarche visera à s'assurer, d'ici 2026, de la sécurité des
infrastructures stratégiques et des services prioritaires de l'État québécois.
Plus récemment, le gouvernement a annoncé
la création d'un groupe d'experts en adaptation aux changements climatiques. Ce
dernier a deux mandats : identifier les priorités pour le développement
des connaissances scientifiques en matière d'adaptation, soutenir le
gouvernement dans la réalisation d'une analyse globale des risques et faire des
recommandations en conséquence, et, deuxièmement, identifier les pistes
d'action les plus prometteuses en matière d'adaptation afin d'alimenter la
prise de décision et l'élaboration des politiques publiques. Ces gestes
contribueront à accélérer l'adaptation du Québec, y compris en ce qui a trait
aux impacts des changements climatiques sur l'érosion et la submersion
côtières.
Des mesures plus particulières ont été mises
en place spécifiquement pour l'érosion et la submersion. En août dernier, le
gouvernement a ainsi créé un bureau de projet en érosion et en submersion
côtières pour mieux planifier les mesures d'adaptation et de résilience et en
assurer une coordination efficace. Ce bureau coordonnera l'aide aux communautés
confrontées à l'érosion côtière, augmentant ainsi l'efficacité de nos
interventions sur le terrain. La responsabilité de ce nouveau bureau incombe au
ministère des Affaires municipales et de l'Habitation.
Des sommes supplémentaires ont aussi été
annoncées afin d'accélérer l'action dans les régions les plus touchées. En 2022-2023
uniquement, 45 millions de dollars ont été rendus disponibles et
dépensés via le Fonds d'électrification et de changements climatiques pour des
projets visant à prévenir les dommages liés à l'érosion et à la submersion
côtières.
Le plan de mise en œuvre 2023-2028,
publié en juin dernier, prévoit 119 millions de dollars pour
implanter des solutions d'adaptation pour l'érosion et la submersion côtières.
De ce montant, plus de 100 millions sont toujours disponibles pour de
nouveaux projets. À titre de comparaison, le Plan d'action 2013-2020 sur
les changements climatiques ne prévoyait que 8 millions de dollars
pour de tels projets. Des sommes ont aussi été ajoutées pour accélérer la
cartographie et la diffusion des risques d'érosion et de submersion côtières,
portant le budget de cette action à 11 millions de dollars.
Plusieurs gestes posés au cours des
derniers mois vont dans la même direction que les recommandations de la
commissaire. Cela étant dit, le ministère de l'Environnement, de la Lutte
contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs accueille
favorablement le rapport de la Commissaire au développement durable et entend
poser des gestes supplémentaires pour répondre aux enjeux soulevés. Déjà, dans
le tout premier plan de mise en œuvre du Plan pour une économie verte, lancé en
2020, le gouvernement avait annoncé son intention d'élaborer un plan de gestion
intégrée de ces risques. Le ministère est toutefois d'accord avec le
commissaire sur le fait que ces travaux peuvent être accélérés.
En ce qui concerne les connaissances ayant
trait à l'érosion et à la submersion, les ministères se sont engagés, dans le
plan d'action, à faire la synthèse des connaissances acquises sur l'érosion et
la submersion, à identifier les besoins de connaissances supplémentaires. Les
conclusions du groupe d'experts en adaptation, que j'ai mentionné plus tôt, y
contribueront aussi.
En ce qui concerne les projections... les
protections, pardon, des écosystèmes, il faut mentionner que la réalisation
d'un plan régional des milieux humides et hydriques peut aussi contribuer à
réaliser une meilleure gestion des risques anticipés sur ceux-ci. En effet, ce
plan constitue une obligation légale des municipalités régionales de comté et
est un exercice de planification du territoire servant à identifier et prendre
en compte la présence des milieux humides et hydriques d'intérêt en vue de leur
conservation. Le plan régional comprend également un plan d'action et des
mesures de suivi.
La conservation est un ensemble de <pratiques...
Mme Lizotte (Marie-Josée) :
...également un plan d'action et des mesures de suivi.
La conservation est un ensemble de >pratiques
qui visent la préservation de la biodiversité, le rétablissement d'espèces ou
le maintien de services écologiques au bénéfice des générations actuelles et
futures. Le ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les changements
climatiques, de la Faune et des Parcs analyse actuellement le rôle que
pourraient avoir les solutions basées sur la nature dans l'adaptation aux
risques d'érosion et de submersion côtières. Nous allons étudier comment les
écosystèmes côtiers peuvent offrir des services écologiques permettant d'aider
à protéger les communautés de ces risques. De même, des travaux de recherche
seront lancés afin d'étudier le phénomène de coincement côtier dans un contexte
d'adaptation aux changements climatiques.
En conclusion, mesdames et messieurs, nous
reconnaissons pleinement les défis que nous devons relever en matière d'érosion
et de submersion côtières en raison des changements climatiques. Nous prenons
ces défis très au sérieux et mettons en œuvre des mesures concrètes pour
renforcer la résilience du Québec. Nous nous engageons à renforcer la
concertation gouvernementale et à travailler en collaboration avec les
municipalités, le milieu de la recherche, les citoyens et tous les acteurs
concernés pour relever ces défis cruciaux.
Le Président (M. Caron) : Merci,
Mme Lizotte. J'invite maintenant le ministère de la Sécurité publique à
nous faire sa présentation. Je vous invite à vous présenter et à faire votre
exposé. Vous disposez de 10 minutes également.
Exposé du sous-ministre de la Sécurité publique,
M. Marc Croteau
M. Croteau (Marc) :Merci, M. le Président. D'abord, je me présente, Marc
Croteau. Je suis le sous-ministre au ministère de la Sécurité publique.
J'aimerais, à mon tour, M. le Président, saluer les membres de cette commission,
ainsi que Mme la Commissaire au développement durable, ainsi que les gens qui
l'accompagnent. Je salue également les sous-ministres de nos ministères
partenaires, à savoir Mme Marie-Josée Lizotte, du ministère de
l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et
des Parcs, ainsi que M. Frédéric Guay, du ministère des Transports et de
la Mobilité durable.
Je suis accompagné aujourd'hui de
Mme Katia Petit, à ma droite, sous-ministre associée à la Sécurité civile
et à la Sécurité incendie, et de M. Pascal Chouinard, directeur général de
la prévention et de la planification, que je remercie, ainsi que les membres de
leurs équipes, pour leur contribution aux travaux associés à cette audition.
Comme l'a si bien souligné ma collègue
sous-ministre de l'Environnement, nous savons que les effets des changements
climatiques se traduisent, entre autres, par une fréquence et une intensité
accrues des phénomènes d'érosion et de submersion côtières dans l'est du Québec,
ce qui entraîne des risques, notamment pour la sécurité des personnes et la protection
des biens et des infrastructures. Ce constat interpelle directement le
ministère de la Sécurité publique. Les actions qu'il priorise pour atténuer ces
risques et pour favoriser une meilleure adaptation aux effets des changements
climatiques sont réalisées principalement au moyen du Cadre de prévention de
sinistres.
Nos interventions en matière d'adaptation
aux changements climatiques ont d'ailleurs connu une accélération l'an dernier.
Ainsi, en 2022-2023, le ministère a engagé près de 70 millions de
dollars du Fonds d'électrification et de changements climatiques pour réaliser
des projets additionnels, des projets additionnels d'adaptation, par
l'entremise du Cadre pour la prévention des sinistres, ce qui constitue la
somme la plus importante investie au cours d'une année financière pour la mise
en œuvre de mesures d'atténuation des risques liés à l'érosion et à la
submersion côtières.
Cela dit, et à la lumière des
recommandations de la Vérificatrice générale du Québec, nos interventions
seront ajustées, le tout encadré par un plan d'action qui vous a déjà été
soumis et dont je vous résumerai aujourd'hui certaines des grandes lignes. Ce
plan d'action, qui s'échelonne sur trois ans, comporte trois grands axes, trois
grands axes d'améliorations spécifiques au ministère de la Sécurité publique, à
savoir, premièrement, l'augmentation du soutien offert aux municipalités dans
le déploiement de mesures d'atténuation ainsi que pour l'identification des
zones soumises aux aléas côtiers, deuxièmement, l'établissement d'une
planification à long terme des projets d'adaptation à partir des résultats
d'une analyse de risque qui permettra de prioriser les secteurs les plus
affectés ou exposés de tout l'estuaire du golfe du Saint-Laurent en vue
d'assurer la sécurité des personnes et la protection des biens et des
infrastructures essentielles, et, en troisième lieu, une diffusion efficace de
l'ensemble des connaissances acquises à un large public.
• (16 heures) •
Dans le volet des actions communes
découlant des recommandations touchant nos trois ministères, le ministère de la
Sécurité publique contribue notamment à la mise en place d'une coordination
ministérielle et interministérielle efficace et intégrée des interventions qui
visent la réduction des risques et l'adaptation aux changements climatiques en
zone côtière. Le Bureau de projets en érosion et submersion côtières, mis en
place en août dernier, du... assumera d'ailleurs le rôle central de cette <contribution...
>
16 h (version révisée)
< M. Croteau (Marc) :...mis en place en août dernier, du... assumera d'ailleurs
le rôle central de cette >contribution, et, comme le disait Mme la
sous-ministre de l'Environnement, cette responsabilité revient au ministère des
Affaires municipales.
Une autre action commune, comme l'a
mentionné Mme Lizotte, concerne les efforts des trois ministères pour l'amélioration
des connaissances et l'acquisition de données essentielles afin de quantifier
et de comprendre les aléas complexes.
J'en profite pour rappeler que, de manière
générale, le ministère de la Sécurité publique est actif dans le domaine de l'érosion
et de la submersion côtières depuis plus de 20 ans, ce qui lui a permis de
développer une expertise reconnue par les milieux universitaire et municipal au
cours de ces ans. L'acquisition de connaissances est en marche depuis le tout
début. C'est dire que nous allons poursuivre, voire intensifier ce volet.
En somme, afin d'offrir un meilleur
accompagnement des populations qui vivent les effets de l'érosion et de la
submersion côtières et dans le but de développer une résilience collective
accrue sur le territoire québécois, le ministère de la Sécurité publique s'engage
à réaliser les mesures de son plan d'action avec rigueur et agilité en
concertation avec les ministères et les municipalités concernés. Certaines de
ces mesures sont, d'ailleurs, déjà en cours de réalisation, par exemple, l'analyse
de risque permettant de cibler les secteurs prioritaires et l'augmentation du
soutien auprès des municipalités. Nous avons, de fait, amorcé six nouveaux
projets, et des discussions sont en cours avec d'autres municipalités côtières
actuellement.
De plus, nous avons ajouté des effectifs à
notre équipe pour réaliser le plan d'action. Ce sont cinq nouvelles personnes
spécialisées dans le domaine qui viennent de se joindre à une équipe déjà bien
active sur le terrain. Nos effectifs renforcés nous permettent également d'accélérer
la production d'outils d'aménagement du territoire, notamment des cartes de
zones de contraintes relatives à l'érosion et à la submersion côtières. Et,
bien sûr, nous participons pleinement au comité interministériel mis en place
pour améliorer la concertation et l'efficience des mesures, de même, comme je
le disais tantôt, avec l'établissement du bureau de projets sous la
responsabilité du ministère des Affaires municipales.
Les constats du Vérificateur général sont
clairs, il faut en faire plus et mieux se coordonner. Nous y répondons de façon
systématique et structurée. Ainsi, les actions prévues permettront, d'une part,
aux municipalités de bénéficier d'un meilleur encadrement et d'un meilleur
soutien ministériel pour prendre en charge efficacement les risques liés à l'érosion
et la submersion côtières. D'autre part, elles favoriseront une gestion
intégrée des risques pour une coordination plus efficace des interventions des
ministères concernés. Ceci permettra d'éviter le phénomène du travail en silo
et de couvrir un plus grand nombre de risques.
Enfin, M. le Président, la réalisation de
notre plan d'action prévoit l'acquisition de connaissances importantes, des
connaissances qui seront diffusées plus largement afin de les rendre
accessibles à un plus grand nombre.
Notre mission, au ministère de la Sécurité
publique, demeure inchangée, à savoir assurer la sécurité du Québec par la
prévention, l'intervention et le partenariat. C'est avec une ambition
renouvelée que nous entendons réaliser cette mission. Je vous remercie de votre
attention et je tiens... je serai à votre disposition pour répondre à vos
questions, M. le Président et les membres de la commission.
Le Président (M. Caron) :
Merci,
M. le sous-ministre. Pour terminer, j'invite maintenant le ministère des
Transports et de la Mobilité durable à nous faire sa présentation. Je vous
invite à vous présenter également puis à nous faire votre exposé. Vous disposez
de 10 minutes.
Exposé du sous-ministre
des Transports et de la Mobilité durable, M. Frédéric Guay
M. Guay (Frédéric) :Merci, M. le Président. Donc, Frédéric Guay, je suis le
sous-ministre du ministère des Transports et de la Mobilité durable. En premier
lieu, M. le Président, j'aimerais saluer les membres de cette commission ainsi
que les personnes qui y collaborent. Je salue également la Commissaire au
développement durable, Mme Janique Lambert, ainsi que les personnes qui l'accompagnent.
Je tiens d'ailleurs à les remercier pour l'ouverture dont elles ont fait preuve
lors des échanges que nous avons eus.
Je profite aussi de l'occasion pour saluer
mes collègues, Mme Marie-Josée Lizotte et M. Marc Croteau, et vous
présenter les sous-ministres adjoints qui m'accompagnent : d'abord, à ma
droite, M. Jean Villeneuve, sous-ministre associé aux territoires; à ma
gauche, M. Frédéric Pellerin, sous-ministre adjoint à l'ingénierie et aux
infrastructures; ainsi qu'à mon extrême droite, M. Didier Lambert Toni,
sous-ministre adjoint à l'éthique et à la performance organisationnelle. Je les
remercie du soutien qu'ils m'accordent dans la réalisation de notre mission et
de leur engagement à trouver des solutions durables aux enjeux auxquels le
ministère fait face. Évidemment, la résilience de nos infrastructures est l'un
de ces défis.
Au Québec, comme ailleurs dans le monde,
les changements climatiques ont des conséquences directes sur nos
infrastructures. Les pluies intenses, les vents violents et l'amplification des
ondes de tempêtes <affectent...
M. Guay
(Frédéric) :
...pluies intenses,
les vents violents et l'amplification des ondes de tempêtes >affectent
nos routes, nos ponts et ponceaux, nos chemins de fer et nos quais. Les
changements climatiques augmentent les risques d'érosion et de submersion
côtières. C'est un enjeu qui est important le long des rives du Saint-Laurent,
particulièrement dans l'estuaire. Nous l'avons malheureusement constaté à
plusieurs reprises au cours des dernières années. On n'a qu'à penser aux ondes
de tempête, dans l'Est-du-Québec, qui deviennent particulièrement préoccupantes
quand elles sont jumelées à de hauts niveaux d'eau. Ces phénomènes accélèrent
le processus d'érosion des côtes et engendrent des épisodes de submersion
côtière. Ils accentuent la vulnérabilité et le vieillissement des
infrastructures de transport, qui à l'époque, rappelons-le, n'ont pas été
conçues pour résister à ces conditions.
On l'aura compris, la gestion des risques
naturels représente un défi majeur pour le ministère, mais également pour tous
les paliers gouvernementaux, ce qui inclut les municipalités.
Les équipes du ministère composent au
quotidien avec les exigences du climat québécois. Les tempêtes hivernales
exceptionnelles de 2010 et 2016 qui ont frappé durement les infrastructures de
transport de l'Est-du-Québec nous ont poussés à revoir nos pratiques et à agir
de façon préventive. Depuis, le ministère poursuit ses efforts afin d'améliorer
la gestion des risques côtiers et de renforcer la résilience des réseaux de
transport sous sa gestion.
En 2018, le ministère s'est doté du
premier plan d'action sur la gestion des infrastructures dans un contexte de
changements climatiques. L'intention était d'améliorer la gouvernance et les
pratiques en la matière. Le ministère souhaitait approfondir ses connaissances
sur les aléas naturels et la vulnérabilité des réseaux de transport afin de
mettre en place des solutions adaptées. Grâce à ce plan, le ministère travaille
actuellement sur plus de 50 projets, dont une majorité sont des
initiatives axées sur la prévention. Par exemple, on effectue des travaux pour
stabiliser des berges ou des talus, on construit des ouvrages de protection
côtière, on remplace des ponceaux par des ouvrages de plus grande capacité
hydraulique, on relocalise même des routes. Bref, un peu partout dans les zones
les plus à risque, le ministère est déjà en action, mais nous sommes conscients
qu'il faut poursuivre et intensifier nos actions en prévention. Cette
préoccupation est d'ailleurs au cœur des travaux qui sont menés présentement en
vue d'adopter le prochain plan d'action pour la période de 2024 à 2028. On
souhaite aussi élargir la portée du plan pour y intégrer les risques
géomorphologiques fluviaux et les inondations.
Par ailleurs, toujours dans une approche
préventive, le ministère a effectué une analyse des risques côtiers en 2019.
Cet examen visait à évaluer l'exposition des réseaux de transport face à
l'érosion côtière et leur vulnérabilité. Il nous a permis d'élaborer un indice
de priorisation des interventions côtières basé sur les principes de la gestion
des risques. Cet outil est d'ailleurs utilisé sur l'ensemble du territoire
côtier concerné par le projet Résilience côtière de l'Université du Québec à
Rimouski. Dans le but d'avoir un portrait complet du risque d'érosion pour
l'ensemble de la zone côtière, cet indice, qui couvre déjà une bonne partie du
territoire, sera déployé pour l'ensemble des MRC de la zone côtière. Le
ministère travaille aussi présentement sur la mise en place d'un indice de
priorisation des interventions côtières précisément en lien avec la submersion.
Les travaux de développement sont bien avancés et seront terminés à court
terme. De plus, dans un objectif d'améliorer nos pratiques, le ministère s'est
engagé dès avril 2024 à disposer d'indicateurs annuels mesurant les
investissements réalisés en prévention, et ce, en réaction à des dommages
subis.
• (16 h 10) •
Vous le constatez, le ministère est de
plus en plus outillé pour une prise de décision éclairée. Toutefois, la
complexité que présentent l'érosion et la submersion côtières nécessite une
réponse cohérente et multidisciplinaire. Le ministère ne peut être qu'en accord
avec la Commissaire au développement durable quand elle mentionne qu'il est
nécessaire d'avoir une vision globale et une coordination efficace des
interventions d'adaptation.
Depuis juin 2021, mon organisation a mis
en place et coordonne un comité de gouvernance interministériel dont le mandat
est d'accroître la résilience des infrastructures publiques et des communautés
côtières. Ce comité est composé des ministères concernés ici présents et
travaille en collaboration avec le ministère des Affaires municipales et de
l'Habitation. Ses membres se penchent sur les stratégies d'intervention, le
cadre législatif réglementaire, la recherche, l'innovation et l'acquisition de
données. Il s'agit d'une excellente tribune de partage des connaissances et
d'information. Ce comité pourra se greffer au Bureau de projets en <érosion...
M. Guay
(Frédéric) :
...d'information. Ce
comité pourra se greffer au Bureau de projets en >érosion et submersion
côtières, dans l'Est-du-Québec, comme mes collègues vous l'ont mentionné, qui a
été annoncé le 31 août dernier et qui est doté d'une enveloppe de plus de
50 millions de dollars, bureau de projet piloté par nos collègues du
ministère des Affaires municipales et de l'Habitation. Le but recherché étant
bien sûr de concentrer l'expertise au sein d'un même pôle sans dédoubler les
comités.
En effet, les objectifs du bureau de
projets sont d'abord de réduire les impacts actuels et projetés de l'érosion et
de la submersion côtières sur la santé et la sécurité des personnes, les
infrastructures, la vitalité économique et sociale et les écosystèmes dans un
contexte de changements climatiques. C'est également de renforcer
l'accompagnement gouvernemental des communautés aux prises avec cette
problématique et d'augmenter l'efficience des actions gouvernementales en
matière d'adaptation et de résilience face à l'érosion et la submersion
côtières.
Les principaux mandats de ce bureau de
projet sont de réaliser des portraits des problématiques d'érosion et de
submersion côtières sur le territoire, de définir des plans d'intervention
comprenant des mesures de résilience et d'adaptation s'appuyant sur une
expertise et des analyses scientifiques, de se concerter avec les parties
prenantes touchées par l'érosion et la submersion côtières et de soutenir et
accompagner les communautés et le milieu municipal dans la mise en œuvre des
actions prévues au plan d'intervention.
Le ministère, à l'instar de mes collègues,
compte pleinement collaborer avec le bureau de projets et y a déjà associé six ressources.
Je pense qu'on s'entend toutes et tous pour dire que l'expertise
multisectorielle, la cohérence d'action de tous les acteurs concernés et, bien
évidemment, les investissements conséquents sont essentiels pour faire face aux
défis que posent les changements climatiques. À cet effet, il est également
important de saluer l'investissement gouvernemental de plus de 175 millions de
dollars, en 2023-2025, pour l'adaptation aux changements climatiques afin de
veiller à la pérennité du réseau routier du Québec.
En conclusion, M. le Président, le
ministère des Transports et de la Mobilité durable entend poursuivre ses
actions en concertation avec les ministères concernés et au sein du bureau de
projets afin de mieux prévenir les risques associés à l'érosion et la
submersion côtières et de préserver nos infrastructures. En ce sens, l'audit
qui a été effectué par la Commissaire au développement durable et le plan que
nous avons développé en réponse à ses recommandations nous permettront de
solidifier nos assises en la matière. Je vous assure que nous prenons cette
démarche très au sérieux. Nous sommes conscients de l'importance d'agir dès
maintenant pour préserver nos infrastructures routières et s'assurer qu'elles
soient plus résilientes aux phénomènes causés par les changements climatiques.
M. le Président, je vous remercie de votre
attention. Mes collègues et moi sommes maintenant prêts pour répondre aux questions
des membres de cette commission. Merci.
Discussion générale
Le Président (M. Caron) : Merci,
M. le sous-ministre. Nous allons maintenant commencer la période d'échange, et
j'invite le député de Masson à prendre la parole. Vous avez environ neuf
minutes, M. le député.
M. Lemay : Merci, M. le
Président. À mon tour de saluer Mme Lambert ainsi que vos équipes
respectives, Mme Lizotte, M. Guay et M. Croteau pour votre
présence ici avec nous cet après-midi.
Comme vous l'avez mentionné tous et si
bien dans vos allocutions respectives, là, l'audit de la Commissaire au
développement durable aura permis d'avoir une concertation, parce que,
présentement, le constat 1 qui était mentionné dans le rapport, c'était
qu'«il n'y a pas de gestion intégrée des risques liés à l'érosion et la
submersion côtières qui permettrait d'avoir une vision globale et une
coordination efficace des interventions d'adaptation» et «les ministères
audités travaillent majoritairement de façon sectorielle et ne couvrent pas
certains risques importants.»
À la lecture... Suite à vos allocutions,
je comprends qu'il y a des plans d'action qui sont en place puis que vous êtes
en coordination, mais ça reste quand même que le plan de gestion, qui était
déjà prévu de débuter en août 2022, reporté à avril 2023, qui va s'échelonner
sur une période de trois ans...
Peut-être, ma première question, je la
dirigerais, là, du côté de Mme Lizotte, là, et de son équipe respective,
au MELCCFP, là, parce qu'effectivement, dans les constats qui ont été faits par
la Commissaire au développement durable, on mentionnait que «la cohérence puis
la coordination des mesures et des processus de concertation des ministères et
des organismes qui concernent la lutte contre les changements climatiques, y compris
les risques liés à l'érosion et la submersion côtières, ne sont pas assurées
par le MELCCFP.»
Donc, j'aimerais savoir, dans une
première... dans un premier temps, qu'est-ce qui explique que le plan de
gestion prend trois ans à élaborer — je sais, vous l'avez mentionné
un peu tout à l'heure, mais... — puis aussi de savoir comment on va,
avec... assurer la gouvernance intégrée à l'échelle gouvernementale puis
comment que le plan de gestion va permettre au ministère de l'Environnement
d'assurer une cohérence puis une coordination des mesures de processus de
concertation qui concernent les risques qui sont énoncés.
Mme Lizotte (Marie-Josée) : Oui.
Merci pour votre question. En fait, le plan de gestion intégrée va permettre
d'articuler puis de séquencer les interventions en cours prévues et envisagées
en <fonction...
Mme Lizotte (Marie-Josée) :
...séquencer
les interventions en cours prévues et envisagées en >fonction des
objectifs d'adaptation, en fonction notamment de l'évolution projetée des changements
climatiques. Les résultats qui sont... Il y a des préalables, là, pour faire le
plan de gestion. Dans le fond, les résultats des travaux qui sont menés dans le
cadre du Comité de gouvernance interministériel sur les interventions en
milieu côtier dans un contexte d'adaptation au changement climatique, la mise
en place du bureau de projets puis les résultats des travaux des groupes
d'experts en adaptation au changement climatique et d'Ouranos vont être
essentiels pour l'élaboration du plan de gestion d'adaptation puis expliquent
aussi les délais qui sont requis pour le faire.
Je dirais qu'aussi... j'ajouterais que ce
n'est pas parce qu'il n'y a pas de plan de gestion intégrée qu'il n'y a pas de
coordination puis qu'il n'y a pas d'action. Donc, il y a plusieurs démarches
qui sont en cours qui vont alimenter le plan de gestion, comme je disais, puis
qui vont nous permettre... Il y a déjà plusieurs choses qui sont en place, là,
qui peuvent nous permettre de nous coordonner, même si on n'a pas un plan de
gestion intégrée des risques, comme tel, qui est en préparation.
M. Lemay : Très bien. Et
j'aimerais savoir aussi... Plus précisément, là, on mentionne dans le rapport,
au paragraphe 43, là... attendez, 43, on dit que, parmi les actions qui
n'ont pas été réalisées, là, on parle de l'entente... dans le cadre de
l'Entente Canada-Québec sur le Saint-Laurent 2011-2026, le gouvernement a pris
l'engagement d'implanter des tables de concertation régionales avant le
31 mars 2021, mais que le ministère de l'Environnement n'a toujours pas
mis en place six des neuf tables dans les zones de gestion intégrée situées à
l'Est-du-Québec.
Et là, ce que ça fait, c'est qu'à
l'action 2.2 on veut finaliser la couverture des zones de gestion intégrée
du Saint-Laurent, et il y a des sommes qui sont... qui sont liées, qui ne
peuvent pas être, si on veut, utilisées avec les MRC. Dans le fond, la
question, ce serait de savoir qu'est-ce qui explique le retard pour la mise en
place des tables de concertation régionales, parce que ça a un impact direct,
là, sur... On le mentionne ici, là, attendez, je vais vous le retrouver. On
nous dit que «les plans de gestion intégrée régionaux qui sont nécessaires pour
que les MRC et les municipalités profitent des sommes rendues disponibles dans
le Programme de soutien régional aux enjeux de l'eau du ministère de
l'Environnement n'ont pas pu être adoptés puisque les six tables de
concertation régionales n'ont pas été mises en place alors qu'elles étaient
prévues avant le 31 mars 2023.» Ça fait que j'aimerais juste savoir
qu'est-ce qu'il en est de ce retard-là puis c'est... quelles sont les actions
qui sont prises pour s'assurer que les tables puissent aller de l'avant.
Mme Lizotte (Marie-Josée) : Oui.
Bien, en fait, les zones de gestion qui sont à l'origine ont été déterminées au
sein des travaux de l'Entente Canada-Québec sur le Saint-Laurent avec le
gouvernement du Canada. Le Québec avait envisagé de mettre en oeuvre la gestion
intégrée du Saint-Laurent par la mise en place de 12 tables... 12
zones de gestion intégrée, mais lors de la mise à jour de l'entente, en 2021,
puis cette mise à jour là est prévue aux cinq ans, on a... ces plans-là ont été
modifiés afin de permettre plus de flexibilité dans la mise en place des tables
de concertation régionales, puis on a reporté l'engagement au 31 mars
2026. Toutes les tables vont être mises en place à ce moment-là. Puis
actuellement il y en a six qui sont en activité. À terme, on envisage qu'il y
en ait toujours six, mais que certaines zones puissent être regroupées, là,
pour être... Puis c'est là-dessus qu'on est en train de plancher pour se donner
une structure de coordination qui va être plus efficace pour pouvoir faire ça
adéquatement... Voyons! Excusez. Voilà.
M. Lemay : Merci beaucoup. Et
puis je n'ai pas posé cette question-là, tantôt, je vais la poser maintenant,
mais je vais me fier au paragraphe 25, là, du rapport de la Commissaire au
développement durable. Parce qu'à la lecture de ce paragraphe-là je trouvais ça
intéressant... Je vous en fais la lecture, là, vous allez voir où c'est que je
m'en vais avec ça, c'est : «Le coût de l'inaction face aux risques qui
sont susceptibles d'être accentués par les changements climatiques est souvent
nettement supérieur au coût des interventions en adaptation. Ainsi, diverses
études révèlent que chaque dollar investi en adaptation, au-delà des vies
préservées, permet d'éviter en moyenne entre 13 $ et 15 $ en dommages
directs résultant de sinistres et en dommages indirects pour l'économie.»
• (16 h 20) •
Et puis là, la question que je me posais,
c'était simplement de savoir, tu sais, quelle est votre interprétation. Dans le
fond, là, tu sais, quand on regarde les résultats des études sur le coût de
l'inaction face aux risques liés à l'érosion côtière, est-ce qu'ils sont pris
en considération dans vos décisions? Puis aussi, tu sais, peut-être vous pouvez
nous dire, là, un peu plus de détails, si vous voulez, là, sur en quoi que...
quand que c'est plus coûteux pour le gouvernement d'intervenir après un
sinistre que d'investir en prévention, si vous avez des exemples. Mais, tu
sais, juste un peu renchérir sur ce point-là, parce que je trouvais ça quand
même intéressant, puis ça peut être intéressant pour l'ensemble de la
population qui nous <écoute...
M. Lemay :
...puis
ça peut être intéressant pour l'ensemble de la population qui nous >écoute,
là, de parler de prévention.
Mme Lizotte (Marie-Josée) : ...on
est d'accord que ça coûte beaucoup plus cher d'investir par la suite qu'en
amont. C'est pour ça que, dans le plan d'action sur les changements
climatiques, il y avait seulement... en 2013‑2020, seulement 8 millions
qui avaient été prévus, pour une période de sept ans, puis les investissements
se sont accentués beaucoup. Dès le 1er avril 2020, dans le premier plan de
mise en œuvre du Plan pour une économie verte, les budgets alloués spécifiquement
à l'érosion et à la submersion côtières totalisaient 83,1 millions de
dollars, soit 10 fois plus que dans la période... que dans la période
précédente, puis dans une période beaucoup plus courte.
Donc, en une année seulement, seulement en
2022‑2023, là, 40,5 millions de dollars ont été dépensés via le Fonds
d'électrification puis de changements climatiques pour des projets qui visent à
prévenir les dommages liés à l'érosion et à la submersion côtière. En une
année, les sommes représentaient... il a été investi des sommes qui
représentent cinq fois le montant prévu pour ce type de projet sur une période
de sept ans qui avait été fait préalablement.
Donc, avec le plan de mise en œuvre 2022‑2028,
le gouvernement a ajouté 57,9 millions pour agir en prévention des risques
d'érosion et de submersion côtière. Donc, 2,5 millions de dollars de
plus pour la cartographie de l'érosion et de la submersion. À l'heure actuelle,
le plan de mise en œuvre 2022‑2028 prévoit un total de 119 millions
pour des projets, dont 100 millions sont toujours disponibles pour des
nouveaux projets, puis il prévoit aussi un total de 11 millions pour la
cartographie de l'érosion et de la submersion.
Donc, en d'autres mots, là, dès 2020 et
dans les années subséquentes, il y a eu vraiment un accroissement très
important des moyens mis à la disposition des différents acteurs puis une
priorisation claire pour l'érosion et la submersion. Donc, on prend très au
sérieux le fait qu'il faut investir en amont puis augmenter les connaissances
dès maintenant pour pouvoir prévenir les risques, éventuellement, et éviter des
factures trop importantes pour les citoyens.
Le Président (M. Caron) : Il
vous reste environ une minute.
M. Lemay : Ah! bien, vous
avez dit neuf minutes, là...
Le Président (M. Caron) : Mais
le temps a été décalé un petit peu. 40 secondes, est-ce que vous les
prenez ou on les attribue...
M. Lemay : Au prochain bloc.
Le Président (M. Caron) : Au
prochain bloc? Pas de problème.
M. Lemay : Merci.
Le Président (M. Caron) : Je
cède donc que la parole à Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Merci, M. le
Président. Alors, j'aimerais tout d'abord reconnaître l'excellent travail de la
commissaire et de son équipe pour le rapport, encore un excellent rapport. Et
je prends note le fait qu'on parle aujourd'hui du chapitre 2, du deuxième
chapitre, justement. Mais il y a d'autres chapitres, et je voulais juste aussi
souligner le chapitre 3, lorsqu'on parle de la conservation des milieux
hydriques et humides. Mais alors c'est un excellent travail, et le tout, on
comprend, avec les changements climatiques, il faut s'adapter aux changements
climatiques, mais aussi atténuer les pires impacts. Et justement la conservation
joue un rôle très important, surtout lorsqu'on parle des solutions basées sur
la nature. Alors, merci encore pour l'excellent travail.
Et d'ailleurs je me suis inspirée des
pistes de réflexion qui ont été présentées. Alors je voudrais commencer par le
premier constat, parce qu'on a trois... trois constats très importants. Donc,
comme on dit, la première... le premier constat, c'est un... bien, un des plus
grands, c'est que... du rapport, c'est en matière de gestion des risques liés à
l'érosion et à la submersion côtière, c'est le fait que les ministres
travaillent en silo sur la question. Alors, j'en ai plusieurs, questions qui
sont reliées à ce constat. Et ça peut être... semble peut-être banal, mais une
première question, c'est : Comment allez-vous assurer travailler ensemble
sur ce sujet-là? J'aimerais entendre tout d'abord le ministère de... le
ministère de l'Environnement. Et même des détails comme à quelle fréquence allez-vous
vous rencontrer, est-ce que vous allez établir un plan de travail, quelles
entités de chaque ministère pensez-vous impliquer dans le processus, est-ce que
vous allez inviter des experts.
Et j'aimerais aussi, en parlant d'experts,
parler du nouveau comité. Vous avez établi un nouveau comité, un groupe
d'experts en adaptation aux changements climatiques, mais on sait très bien
qu'il y a un comité consultatif sur les changements climatiques qui semble, et
vous me pardonnerez le jeu de mots, s'éroder. Alors, j'aimerais vous entendre
là-dessus, ces deux comités qui sont liés aux changements climatiques. Donc,
voilà deux premières questions pour débuter.
Le Président (M. Caron) : Avec
qui voulez-vous commencer, puisque votre question s'adresse aux trois
ministères?
Mme McGraw : Au ministère de
l'Environnement.
Le Président (M. Caron) : Parfait.
Mme McGraw : Madame...
Mme Lizotte (Marie-Josée) : Oui,
il y a beaucoup de <choses...
Mme McGraw :
Madame...
Mme Lizotte (Marie-Josée) :
Oui,
il y a beaucoup de >choses dans votre question. Dans le fond, on avait
déjà prévu l'élaboration d'un plan de gestion intégrée des risques puis on
entend poursuivre et accélérer ces travaux-là. C'est dans notre plan d'action,
en réponse aux travaux de la Commissaire au développement durable. Donc, on va
déposer ça avec les collègues et les autres ministères, le plan de gestion
intégrée, à la fin mars 2026. Mais il y a déjà beaucoup de choses en cours.
Comme je dis souvent, c'est comme si on avait des morceaux de puzzle, mais là
il faut faire un puzzle complet pour avoir une vision d'ensemble.
Le plan de gestion intégrée, ça va
permettre d'articuler, de séquencer les interventions qui sont prévues,
d'envisager en fonction des objectifs d'adaptation. On va se donner comme une
feuille de route, là. Quand vous demandiez qu'est-ce qu'il y avait comme
contenu, on va se donner une feuille de route parce qu'on ne peut pas tout
faire en même temps. Donc, ça va nous permettre de couvrir une période assez
longue. On souhaite faire ça de cette façon-là. Et il va nous permettre
d'accroître la cohérence, évidemment, de nos interventions, parce qu'on va
avoir une vision globale de ce qu'on veut faire puis on va se donner un
calendrier, des échéanciers, vraiment une vision globale, là, au plan du
gouvernement. Puis aussi ça va nous assurer d'être complémentaires les uns avec
les autres, donc de sortir de nos silos actuels, bien que même...
Comme je disais tout à l'heure, comme il
n'y a pas de... ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de gestion intégrée qu'il
n'y a pas de coordination entre nous. Il y a plusieurs choses qui se font déjà,
des choses qui vont nous aider pour faire notre plan de gestion intégrée. Le Comité
de gouvernance interministériel sur les interventions en milieu côtier dans un
contexte d'adaptation, dont parlait mon collègue du ministère des Transports et
de la Mobilité durable... Les résultats des travaux du Groupe d'experts en
adaptation aux changements climatiques, vous en avez parlé, c'est un mandat qui
est vraiment très restreint dans le temps pour nous aider, justement, à
ordonnancer... à prioriser les aléas qu'il faut identifier en premier, à voir
quelles actions on doit mettre de l'avant, à voir aussi quelles connaissances
il faut d'abord prioriser, parce qu'il y a beaucoup de choses qu'on peut faire
en matière d'adaptation.
Donc, c'est ce que je vous dirais pour le
moment. Pour cette raison... Bien, il y a aussi le Bureau de projets en érosion
et submersion côtières qui est une entité qui va nous permettre de coordonner
l'activité gouvernementale aussi. Donc, il y a beaucoup de choses qui se font,
mais vous avez raison, puis on est tout à fait d'accord avec le constat de la
Commissaire au développement durable qu'il faut qu'on se donne notre vision
d'ensemble qu'on avait prévu faire. Puis on devance les travaux par rapport à
ça pour avoir notre feuille de route claire puis s'assurer qu'on est vraiment
bien coordonnés.
Mme McGraw : Alors, Mme Lizotte,
elle a parlé d'une feuille de route. Quand est-ce qu'on pourrait obtenir la
feuille de route? Et, au niveau des priorités, je comprends que vous dites que,
même sans une gestion intégrée ou un plan de gestion intégrée, il y a quand
même de la coordination, mais il y a quand même eu déjà un délai, d'août 2022
jusqu'en avril de cette année. Comment on explique que le plan de gestion va
prendre trois ans à élaborer? Il me semble que trois ans, ça ne donne pas
l'impression que c'est prioritaire. On comprend qu'on est maintenant en 2023,
c'est la décennie décisive par rapport aux changements climatiques, il faut
avoir un sentiment d'urgence, et je ne sens pas ce sentiment d'urgence ou de
priorisation, donc... Parce qu'on vient de parler des trois ans, et j'aimerais
vite venir aux questions de connaissances aussi, les données. Donc, comment on
s'explique le trois ans? Est-ce que c'est vraiment prioritaire pour élaborer?
Et quand est-ce qu'on va pouvoir recevoir la feuille de route?
Mme Lizotte (Marie-Josée) : En
fait, comme vous l'avez dit, on avait prévu commencer nos travaux en 2023, mais
initialement c'était prévu pour 2027 qu'on arriverait avec la feuille de route
comme telle. On l'a devancée à 2026, justement, parce qu'on considère que c'est
une priorité puis, effectivement, qu'on a besoin d'avoir cette feuille de route
là.
Le plan de gestion intégrée, comme je vous
disais, ça va permettre d'articuler puis de séquencer les interventions, mais
il y a des travaux, en ce moment, qui sont en cours, notamment le comité de gouvernance
interministériel, il y a des travaux qui se font au niveau de ce groupe de
travail là. Il y a aussi les travaux... on attend les résultats des travaux du Groupe
d'experts en adaptation aux changements climatiques pour nous permettre d'avoir
du matériel pour pouvoir bien identifier quelles sont les priorités sur
lesquelles on doit travailler en premier, quelles sont les connaissances qui
sont... Parce qu'il y a beaucoup de connaissances à acquérir. On est vraiment
dans une science, en adaptation, qui a beaucoup de sciences à développer, de
connaissances à développer. Donc, lesquels sont les plus pertinents pour le
Québec? Par quoi il faut commencer, où il faut continuer? Donc, qu'est-ce qu'on
a comme connaissances, actuellement, le bilan des connaissances? On a beaucoup
de travaux préalables à faire avant d'arriver avec une feuille de route claire.
C'est ça qui explique le délai de trois ans.
• (16 h 30) •
Mme McGraw : La feuille de
route, ça va être en 2026?
Mme Lizotte (Marie-Josée) : 2026.
Mme McGraw : Je m'attendais à
la feuille de route et puis après le plan sur la gestion intégrée. Merci de <préciser...
>
16 h 30 (version révisée)
<19283
Mme
McGraw :
...à la feuille de route et puis après le plan sur la
gestion intégrée. Merci de >préciser.
En parlant de connaissances, encore une
fois, on parle de trois ans, si je comprends bien, on parle de trois ans qui
vont s'écouler avant la définition d'un plan d'acquisition de données et de
développement des connaissances. Encore une fois, est-ce qu'on peut... Le trois
ans, ça... il me semble qu'encore une fois c'est quand même long, c'est...
Mme Lizotte (Marie-Josée) : Bien,
en fait, c'est parce qu'il y a des travaux préalables à faire pour... Il faut d'abord
faire l'inventaire. Il y a beaucoup de choses. Je pense qu'il y avait quand
même, dans le rapport de la commissaire, beaucoup d'éléments de connaissance
qui ont été développés au fil des années. Il faut faire l'inventaire de ça, s'assurer
et regarder qu'est-ce qui manque, identifier aussi les besoins en termes de
connaissances. Comme j'expliquais, on a mis en place des outils pour nous aider
à identifier le manque de connaissances, où, les connaissances, on doit aller
les chercher de manière prioritaire. Donc, il faut faire ces éléments-là avant
d'arriver avec une vision intégrée.
Le Président (M. Caron) :
Je
dois malheureusement vous interrompre, Mme Lizotte. C'est tout le temps
qui était accordé pour ce bloc-là. On pourra revenir un petit peu plus tard. Je
cède maintenant la parole au député de Rousseau. Vous disposez d'environ 10 min 30 s.
M. Thouin : Merci, M. le
Président. Bonjour, tout le monde. D'abord, merci d'être là.
À la lecture du rapport de la Commissaire
au développement durable, bien, évidemment, elle met en lumière, là,
différentes lacunes. Il n'existe pas de gestion intégrée de l'adaptation aux
risques liés à l'érosion et à la submersion des côtes. Les ministères
travaillent majoritairement de façon sectorielle, ne considèrent pas l'ensemble
des risques. Des connaissances importantes sur l'érosion et la submersion
côtières sont manquantes. Ils n'ont pas non plus veillé à ce que l'information
soit pleinement accessible. Il y a peu de municipalités qui bénéficient de l'encadrement
et du soutien nécessaires du MSP et du ministère de l'Environnement pour la
réalisation de projets d'adaptation et de prise en charge efficace des risques.
Moi, je vais m'attarder plus, évidemment,
au constat n° 2, là, au niveau des connaissances
importantes pour une gestion efficace et intégrée des risques liés à l'érosion,
et blablabla. Toutefois, quand je lis, en bref, là, le rapport de la
commissaire, c'est assez alarmant, puis, en même temps, bien, quand je prends
le temps de le regarder, il y a quand même des bonnes nouvelles aussi, puis je
pense qu'il ne faut pas les oublier.
J'ai fait... Tu sais, on m'a donné
quelques informations. Entre autres, il faut souligner l'énorme travail qui a
déjà été réalisé dans le cadre du projet Résilience côtière. Celui-là a couvert
24 MRC, 123 municipalités et 10 communautés autochtones, 4 200 kilomètres
de côte. Le projet avait pour objectif d'accompagner les municipalités et de
partager l'information aux scientifiques disponible. Il a permis de produire un
vaste ensemble d'information pour appuyer la prise de décision des acteurs
locaux et en fonction des besoins exprimés par ces derniers, évidemment, puis
ces informations et les outils produits sont toujours disponibles en ligne.
Donc, ce n'est pas tout noir.
Il y a aussi... dans le dernier plan de
mise en œuvre du Plan pour une économie verte 2030, rendu public en mai
dernier, il y a des sommes dédiées à la cartographie et à la diffusion des
risques d'érosion et de submersion côtières... ont, pour cette raison, entre
autres, été augmentées, cette année, de 2,5 millions, pour cette raison,
pour les monter à 11 millions sur cinq ans.
Pour la première fois, une cartographie de
submersion côtière pour les secteurs de Maria, Bonaventure, Îles-de-la-Madeleine
est en cours grâce au financement octroyé par le Fonds d'électrification et de
changements climatiques. Ces informations permettront de soutenir la prise de
décision des résidents des municipalités et autres acteurs locaux, rendant
disponible au bénéfice de tous une cartographie des risques actuels et des
risques à venir.
Les ministères des Transports, de la
Mobilité durable, de la Santé publique, de l'Environnement, de la Lutte contre
les changements climatiques, de la Faune, des Parcs et des Affaires municipales
et de l'Habitation réaliseront des travaux pour identifier les connaissances
manquantes afin d'assurer une meilleure diffusion au cours des prochaines
années.
Donc, on ne travaille pas ensemble, c'est
long, mais il se passe quelque chose, puis moi, je pense que tant qu'on est
dans l'action... quand on est en action, on est moins en réaction.
Donc, moi, j'aimerais ça avoir le point de
vue des trois ministères présents, dans l'ordre, peu importe. Le gouvernement
est conscient qu'il demeure des lacunes dans les connaissances disponibles et
leur accessibilité. Donc, ma question : C'est quoi, les lacunes? Comment
on va améliorer la situation? Est-ce qu'on a les budgets disponibles pour
répondre à ce constat? On commence quand? Ça prend combien de temps?
Le Président (M. Caron) : Vous
souhaitez débuter par quel ministère, Sécurité publique?
M. Thouin : Ah bien, oui, pourquoi
pas?
Le Président (M. Caron) : Allons-y.
M. Croteau (Marc) :
Bien, d'entrée de jeu, pour avoir passé plusieurs années en environnement,
j'aurais <beaucoup...
M. Croteau
(Marc) :
...bien, d'entrée de jeu,
pour avoir passé plusieurs années en environnement, j'aurais >beaucoup
aimé avoir les budgets qui sont maintenant octroyés en adaptation. Il y a eu
l'injection de budgets, de budgets historiques, pour l'adaptation, qui ont été
développés depuis les deux dernières années, et je pense qu'il faut... il faut
le noter.
Il y a un élément que vous avez soulevé,
M. le député, qui me touche particulièrement, parce qu'effectivement il y a un
constat qui est ressorti du rapport de la Commissaire au développement durable
sur le travail en silo, puis, je tiens quand même à rassurer... à rassurer les
gens qui nous écoutent, ce n'est pas un travail en silo en tout temps.
Il y a des groupes de travail qui se
rencontrent régulièrement, groupes de travail qui touchent spécifiquement
l'érosion ou la submersion, où on voit la participation, évidemment, du
ministère de la Sécurité publique, on voit la participation du ministère de
l'Environnement, de la Lutte aux changements climatiques, Faunes et Parcs, du
ministère des Transports, du ministère des Ressources naturelles, et ces
groupes de travail se rencontrent trois, quatre fois par année pour mieux
coordonner et mieux planifier, mais là où la commissaire a raison, c'est que le
portrait global nécessite d'être mieux diffusé, mieux connu auprès des
communautés qui font face aux aléas de submersion et d'érosion côtières.
La bonne nouvelle qu'on a entendue au mois
d'août dernier, lorsqu'il y a eu annonce par le gouvernement du bureau de
projets sur submersion et érosion côtières... Ça va venir faire quoi au juste? Bien,
en fait, on a des expertises, chacun dans notre domaine, que ce soit au
ministère des Transports, Mobilité durable, à l'Environnement et chez nous,
Sécurité publique, et tout ça va, puis je fais un peu le portrait de
l'entonnoir, culminer avec le rassemblement de ces informations-là au bureau de
projets, qui a comme mandat de réaliser le portrait, le portrait des enjeux et
des problématiques d'érosion.
Il a aussi le mandat de définir les plans
d'intervention complémentaires à ceux qui sont déjà existants, donc, on va... ça
va être un ajout au niveau de la planification, d'assurer, et c'est là qu'est
l'importance par rapport à votre question, la concertation des parties
prenantes, l'arrimage, la diffusion, l'information, et, comme dernier élément
du mandat du bureau de projets, pour lequel on va tous fournir de
l'information, c'est de s'assurer d'avoir un accompagnement et un soutien aux
communautés locales, aux municipalités et aux communautés, pour être capables
de faire face aux aléas qui font en sorte qu'ils vivent avec une certaine
insécurité.
Donc, je vous dirais qu'avec les travaux
qui ont été faits depuis... depuis quelque temps, les budgets qui sont
octroyés, les constats de la commissaire, je pense qu'on est sur la bonne voie
pour avoir une meilleure coordination des travaux, des interventions par
rapport à tout ce qui touche l'érosion côtière et la submersion.
Le Président (M. Caron) : Il
reste environ quatre minutes, monsieur, allez-y.
M. Thouin : Merci.
M. Guay
(Frédéric) :De manière complémentaire à
mon collègue, évidemment, le bureau de projets sera une instance centrale, là,
pour aller, je dirais, concerter et aller ramasser toute l'information sur la
connaissance, mais chacun des ministères demeure, donc, souverain dans son
domaine d'expertise.
Pour... du côté des transports, en termes
d'acquisition de connaissances, nous avons déjà plus de
25 millions de dollars qui ont été... qui ont été octroyés pour
financer une cinquantaine de projets de recherche, donc, qui visent à acquérir
la connaissance. Nous avons procédé à la cartographie de zones exposées à la
submersion côtière pour le Québec maritime en collaboration avec l'Université
du Québec à Rimouski et nous avons procédé à un premier exercice d'évaluation
de l'exposition des infrastructures de transport à la submersion marine, mais
ce n'est pas tout. On n'a pas l'intention de s'arrêter là.
Là, on souhaite également procéder à un
portrait des besoins de développement des connaissances, d'effectuer une
collecte de données en climat réel pour comprendre les phénomènes actuels et
mesurer l'évolution des conditions climatiques futures — très
important de connaître le climat futur — et d'élaborer un plan
d'acquisition des données et de développement des connaissances. Évidemment, on
a toujours l'intention de poursuivre le financement dans le domaine de la
recherche pour acquérir toujours plus de connaissances et s'améliorer à ce
niveau-là.
Donc, tout ça, dans le grand bureau de
projets qui a été constitué et sous... qui est sous la... nos collègues du
ministre des Affaires municipales et de l'Habitation. Donc, je pense que c'est
vraiment la meilleure réponse que le gouvernement pouvait donner, là, en termes
de concertation et d'acquisition de connaissances, la mise en place de ce
bureau-là, je le répète, j'en ai parlé dans mon allocution, mais un bureau de
projet, qui est quand même doté d'une enveloppe de plus de
50 millions de dollars.
• (16 h 40) •
Donc, j'arrêterais mon intervention là
pour permettre à ma collègue, peut-être, de l'Environnement de <dire
quelques mots...
M. Guay
(Frédéric) :
...pour permettre à ma collègue, peut-être,
de l'Environnement de >dire quelques mots.
Le Président (M. Caron) : Absolument.
Il vous reste 1 min 50 s environ.
Mme Lizotte (Marie-Josée) : Oui.
Il y a beaucoup de choses qui ont été dites, mais je reviendrais sur le fait
qu'il y a quand même des choses qui ont été faites qui sont intéressantes. La
connaissance en adaptation, c'est une connaissance qui est nouvelle. La recherche
est relativement nouvelle par rapport à d'autres. Donc, il y a beaucoup de
choses à construire, mais le Québec fait partie des provinces qui est le plus
avancé au Canada dans la mise en place de mesures de gestion de l'érosion et de
la submersion côtières. Je pense que c'est important que les membres de la
commission soient conscients de ça. On est un leader en termes de suivi des
systèmes côtiers. On a mis en place une série de réseaux qui n'ont pas
d'équivalent ailleurs au Canada ni ailleurs dans le monde.
Donc, on est la seule province qui a
annoncé notre intention d'élaborer un plan de gestion intégrée de l'érosion et
de la submersion. Donc, il reste beaucoup de choses à faire, mais il reste
beaucoup de choses à faire ailleurs aussi. Donc, on n'a pas... On a beaucoup
d'ambition, mais on n'a pas à être gênés de ce qui s'est fait déjà chez nous,
puis je veux remercier le député d'avoir fait état de ce qui s'est fait.
Le Président (M. Caron) : Il
vous reste 53 secondes dans ce bloc-là. Est-ce que vous souhaitez qu'on le
reporte sur le bloc suivant?
M. Thouin : Mais certainement
pas. Je vais...
Le Président (M. Caron) : Allez-y,
alors.
M. Thouin : Bien, peut-être...
je terminerais peut-être... Je relancerais le sous-ministre à la Sécurité
publique, qui nous disait tantôt qu'on travaille plus ensemble que, des fois,
ça peut le paraître dans un rapport froid, mais on a un problème de diffusion,
peut-être qu'on ne diffuse pas assez l'information. Parfait. Comment on change
ça? Comment on peut faire pour mieux diffuser l'information pour que tout le
monde soit conscient de ce qui se fait, ce qui se réalise puis ce qui est en
train de se réaliser?
Le Président (M. Caron) : En
20 secondes.
M. Croteau (Marc) :Merci. Bien, c'est un défi. C'est un défi de s'assurer que
la population puisse avoir accès à l'information, mais ce qui est encore plus
un défi, c'est que cette information-là soit vulgarisée et soit compréhensible
pour le commun des mortels. Donc, on a un plan d'action que j'aurai peut-être
l'occasion de vous en parler tantôt, là.
Le Président (M. Caron) : Parfait.
Merci beaucoup. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Westmount—Saint-Louis
pour 8 min 30 s.
Mme Maccarone : Merci, M. le
Président. Merci, Mme la commissaire, et à votre équipe, pour tout votre
travail puis merci à toutes les équipes des ministères qui sont parmi nous
aujourd'hui. Très peu de temps pour échanger avec vous, ça fait que je vais
continuer tout de suite en rafale. M. Croteau, j'ai des questions pour
vous.
Je souhaite savoir... Dans votre discours,
vous avez dit : «Les constats du Vérificateur général du Québec sont
clairs, il faut en faire plus et mieux se coordonner. Nous y répondrons de
façon systématique et structurée.» Permettez-moi d'être un peu sceptique de ce
commentaire, rien contre vous personnellement, évidemment, mais, quand je fais
ma recherche puis je vois qu'on a déjà un comité de sécurité civile du Québec
qui est en place, vous êtes tous membres de ce comité, qu'est-ce qui va changer
maintenant? Maintenant que nous avons un nouveau plan d'action qui va être
réalisé dans trois ans avec toutes les mêmes personnes autour de la table, pourquoi
que c'est différent cette fois-ci?
M. Croteau (Marc) :Sans être redondant, le bureau de projets sur l'érosion et
la submersion, annoncé en août dernier, va être le point de chute, la
plateforme idéale pour rassembler nos connaissances, rassembler nos expertises
et surtout être en lien avec les communautés. Donc, je comprends votre
scepticisme, mais moi, je suis très confiant qu'avec le bureau, Mme la
députée... M. le Président, pardon... M. le Président, très confiant qu'avec le
bureau de projet mis en place... qu'on va être capables de répondre aux besoins
de la population.
Mme Maccarone : Mais pourquoi
que vous n'avez pas pu réaliser le mandat auparavant? Parce que les changements
climatiques, ce n'est pas nouveau. Je suis contente que nous avons fait ce
travail, mais pourquoi, aujourd'hui, maintenant, vous êtes confiants, mais,
dans le passé, avec ce comité, on n'a pas pu réaliser ce qui était nécessaire,
on voit l'effet des changements climatiques, tellement nécessaire qu'on a dû
avoir un rapport déposé par la Vérificatrice générale?
M. Croteau (Marc) :Bien, écoutez, le dossier de l'adaptation prend de
l'ampleur depuis quelques années, deux, trois ans, et c'est vrai, ce que dit ma
collègue la sous-ministre Lizotte, qu'on est en avance sur... puis ce n'est pas
une réponse, là, mais on est quand même en avance sur plusieurs... Moi, je
parle beaucoup avec mes collègues des autres provinces. Je suis en lien avec
eux. On est en avance sur à peu près tout ce qui se fait au niveau de
l'adaptation, puis pas seulement en érosion côtière. Au niveau des inondations,
on a un plan d'action qui est très, très, très actif et qui finit par rassurer.
Est-ce que c'est parfait? Est-ce qu'on
peut intervenir partout où est-ce qu'on le peut? Prévoir partout, c'est
impossible. Prévoir partout, c'est impossible. Est-ce qu'on aurait prévu...
prévu qu'il y aurait eu effectivement, là, le bris à Sainte-Marthe-sur-le-Lac?
Non. Est-ce que la rivière du Gouffre, M. le Président, qu'on a vécu ce
printemps... Là, je vous parle d'inondation, je ne parle pas d'érosion, mais on
parle d'adaptation dans son ensemble. Est-ce qu'on aurait pu prévoir que cette
rivière-là, tout bonnement, soudainement, après, quoi, 50 ans sans avoir
d'inondation, d'inondation importante dans ce <secteur-là...
M. Croteau (Marc) :
...soudainement, après, quoi, 50 ans sans avoir
d'inondation... d'inondation importante dans ce >secteur-là, tout à
coup, c'est le désastre, là, pendant une journée?
Donc... Et puis je comprends la députée de
NDG, pardon, Notre-Dame-de-Grâce, tantôt, qui parlait du délai pour avoir le
plan, mais, pour être capables de faire un plan au niveau de l'adaptation, il
faut être capables d'avoir la connaissance de tout ce qui se passe sur le
territoire québécois, quels sont les aléas, quels sont les risques, et, pour
être capables d'avoir un plan efficace, il faut être capables de connaître ces
plans-là, donc de là le délai. Et ma confiance avec le bureau de projets, c'est
parce qu'on y voit effectivement une meilleure collaboration dans les actions,
une meilleure collaboration, un meilleur investissement de tous aussi pour être
capables d'arriver au même... au même point.
Mme Maccarone : Et, en
parlant d'investissement, lors de vos échanges avec le collègue du gouvernement
puis aussi dans votre présentation ou votre discours, vous avez parlé de
prévention, intervention, partenariat, puis on a parlé de budget, puis je
comprends que, maintenant, on est contents parce qu'on a du budget qui est
alloué, mais qu'est-ce qui explique que, dans le passé, le ministère de
Sécurité publique n'a jamais fait application pour avoir des subventions du
gouvernement fédéral? Je comprends que, maintenant, ça a été soulevé par la
commissaire, puis ça fait partie de votre plan d'action, mais qu'est-ce qui
explique, dans le passé, que nous n'avons jamais fait cette application? On a
perdu combien d'argent puis on vise combien dans un futur?
M. Croteau (Marc) :Le premier programme fédéral, qui s'appelle le FAAC, le
fonds d'atténuation et d'adaptation aux changements climatiques, nécessite des
projets de plus de 20 millions de dollars. Donc, au moment d'avoir la
possibilité de déposer, nous n'avions pas de projet de plus de
20 millions de dollars. Donc, voilà pour ce qui est du FAAC.
Pour ce qui est du BEI, l'entente
bilatérale... pardon, l'entente sur le financement...
Mme Maccarone : ...
M. Croteau (Marc) :
Oui, c'est... Chez nous, c'est les acronymes, hein, madame... M. le Président,
pardon, c'est les acronymes chez nous. Pour ce qui est de l'entente bilatérale
avec le fédéral, on a d'ailleurs des projets qui sont actuellement à l'étude,
là, depuis... depuis quelque temps. Donc, ce n'est pas... ce n'est pas de
l'argent qui est perdu.
Mme Maccarone : Ce n'est pas
de l'argent qui est perdu, mais c'était quand même soulevé, dans le rapport,
qu'on n'a jamais fait application pour avoir accès à des fonds du gouvernement
fédéral.
M. Croteau (Marc) :Bien, si vous voulez, M. le Président, je peux peut-être
laisser ma sous-ministre associée répondre, s'il vous plaît.
Le Président (M. Caron) : Oui,
je vous en prie, allez-y.
Mme Petit (Katia) : Oui. Donc,
en fait, peut-être juste préciser que l'entente bilatérale, c'est quand même
assez récent dans le temps, puis les projets qu'on présente, c'est des projets,
je dirais, qui avaient déjà... qu'on a déjà financés, donc qu'on va chercher a
posteriori le financement. Ça nous permet, par la suite, de récupérer des sommes
puis de les investir dans d'autres projets.
Donc, entre autres, il y en a un qui est
en inondation, là, parce que ce n'est pas juste en érosion des berges,
Coaticook, qu'on avait conclu. On est allés chercher un 40 % du fédéral
puis, par la suite, on le réinvestit dans d'autres projets. Donc, actuellement,
on a un projet qui est accepté. On a cinq autres demandes qui est à l'étude du
côté fédéral, mais c'est pour des projets qu'on a financés dans le passé. Donc,
à terme, c'est quand même bénéfique, là. On va aller récupérer ces sommes-là
puis les réinvestir dans des nouveaux projets.
Mme Maccarone : Je suis
contente d'échanger avec vous parce que, je m'en souviens, lors de le débat
pour le projet de loi n° 14, on a parlé beaucoup des
schémas de couverture, puis j'ai appris, avec cet échange, présentement, qu'on
parle de ces cartes de zones. Je présume que c'est vous qui êtes responsable de
ça, parce qu'on... ça a été soulevé, ça fait 10 ans depuis... qu'on en a
plusieurs qui n'ont pas été renouvelées. Qu'est-ce qui explique ce retard?
C'est comme une lacune, parce qu'on a plusieurs zones de cadre normatif. On ne
sait pas si on doit changer les interdictions de construire des nouveaux
bâtiments, par exemple. Peut-être, je n'utilise pas le bon terminologie, vous
me corrigera, puis, s'il vous plaît, me laisser un peu de temps pour une
dernière question, mais qu'est-ce qui explique ce délai?
Mme Petit (Katia) : Le délai
pour la production des cartes de contraintes?
Mme Maccarone : Oui, le
renouvellement de 10 ans, c'est beaucoup.
Mme Petit (Katia) : En fait,
c'est un travail qui est... qui est quand même assez... assez long, dans le
temps, à produire. Nous, on le fait en partenariat avec l'UQAR, qui est
vraiment l'université qui a les plus grands experts en génie côtier. Donc, ils
vont nous fournir, du côté de l'UQAR, les données brutes, donc les marges de
sécurité, là, qu'on devrait réserver, qu'on devrait empêcher la construction ou
respecter, c'est ça, pour être en mesure d'assurer la sécurité de la
population. Par la suite, nous, on les transmet au MAMH, qui... elle les...
qui... la ministre les introduit dans les OGAT. Ensuite, ça va dans les schémas
de... bien, voyons, excusez-moi, d'aménagement. Donc, c'est quand même un
processus qui est assez long et qui est assez fastidieux.
• (16 h 50) •
Donc là, on a des sommes additionnelles
qui vont nous permettre d'aller chercher la donnée manquante aussi pour 12 des
21 MRC, là, qui n'étaient pas... qui n'avaient pas été cartographiées. Puis,
dans l'intervalle, juste vous rassurer sur une chose, c'est que ces MRC là
n'avaient pas rien du tout non plus. Ce qu'on fournissait, c'est un autre <type...
Mme Petit (Katia) :
...ce
qu'on fournissait, c'est un autre >type de carte, des cartes de type
côte. Donc, en fonction de la géomorphologie de la côte, est-ce que c'est du
sable, du roc, etc., on leur fournissait des données, par exemple, cinq mètres
de marge, donc, à respecter, ce genre de choses là. Donc, il y avait quand même
des mesures pour assurer la sécurité de la population, là. Donc, on reprend et
on s'est engagés à réaliser les 12 manquantes d'ici 2026.
Mme Maccarone : Merci. Je
sais que ça ne va pas... bien, ça n'a pas fait partie du mandat de la
Vérificatrice générale, mais je souhaite poser une question par rapport à les
feux de forêt, parce qu'on parle de changements climatiques, c'est essentiel.
On a tous été témoins des feux de forêt que l'on... vus l'été passé. Je pense
qu'on devrait redoubler nos efforts. On a perdu de la vie, puis ça prend une
coordination. Puis, encore une fois, M. Croteau, dans votre discours, vous
avez parlé de... «nos interventions seront ajustées». Est-ce que, dans la
mesure de ce que vous allez ajuster, nous allons voir aussi des modifications
au sein de ce que nous avons besoin de mettre en place pour les feux de forêt,
qui ont contribué grandement à des... qui sont là à cause des changements
climatiques?
M. Croteau (Marc) :Absolument, M. le Président. D'ailleurs, c'est avec
beaucoup d'enthousiasme que j'ai pris connaissance de la mise à jour économique
aujourd'hui. On avait soulevé un besoin, un besoin de plusieurs dizaines de
millions de dollars, pour être capables de sécuriser les communautés avec les
bandes de protection, qu'on a vu, de façon... de façon assez artisanale, se
développer cet été, mais là on va les pérenniser, donc, avec ces sommes
d'argent là, et on va assurer d'autres communautés aussi, au niveau de la
protection par rapport aux feux de forêt, avec les sommes d'argent qui nous ont
été dévolues aujourd'hui.
Mme Maccarone : Très contente
de le savoir. Comme vous le savez sans doute, j'ai déposé un mandat
d'initiative demandant au gouvernement d'étudier ce qui se passe en ce qui
concerne changements climatiques, puis l'impact qu'on a avec les feux de forêt,
ainsi que l'impact sur nos pompiers, parce que, malheureusement, on a des
pompiers qui... avec un manque de formation. On n'a pas une formation
coordonnée. Il y en a qui ont perdu leur vie. Ça fait que j'espère qu'on va
pouvoir faire suite de ceci.
Le Président (M. Caron) : ...vous
interrompre, Mme la députée.
Mme Maccarone : Aucun
problème, M. le Président, merci du temps alloué.
Le Président (M. Caron) : Alors,
je cède la parole maintenant au député de Gatineau pour une dizaine de minutes
environ. M. le député.
M. Bussière : Parfait. Merci,
M. le Président. Et bonjour à tous. Merci d'être présents avec nous, et c'est
un plaisir pour moi d'échanger avec vous aujourd'hui.
Donc, j'y vais avec ma première question,
là. Dans un plan d'adaptation des changements climatiques lié à des risques
d'érosion et à la submersion côtières qui permettrait d'avoir une vision
globale et une coordination plus efficace des interventions d'adaptation à y
apporter, allez-vous faire des projections des changements climatiques à venir
dans le temps, et jusqu'à quand, afin d'y faire des recommandations, disons,
plus judicieuses en ce qui a trait aux travaux à y apporter et aux correctifs à
y apporter? Donc, j'aimerais avoir des réponses d'un peu les trois ministères,
finalement, là.
Le Président (M. Caron) : Par
qui souhaitez-vous commencer?
M. Bussière : On pourra
peut-être commencer avec les Transports.
Le Président (M. Caron) : Allez-y,
M. Guay, ou quelqu'un de votre équipe.
M. Guay
(Frédéric) :Si vous permettez, M. le
Président, je céderais la parole à mon sous-ministre adjoint, M. Pellerin.
Le Président (M. Caron) : Bien
entendu, allez-y.
M. Pellerin (Frédéric) : Alors,
M. le Président, on est toujours en... On approfondit nos connaissances par
rapport aux changements, c'est toujours évolutif, mais, une fois ça dit, on
n'attend pas d'avoir toutes les connaissances. On a déjà adapté certaines
normes de conception de nos ouvrages pour tenir compte des changements
climatiques. Donc, lorsqu'on reconstruit des ponts, des ponceaux, par exemple,
on va les... on va faire les calculs en fonction des nouveaux standards qui
sont maintenant connus dans le milieu pour justement être capables de mieux
résister aux épisodes soudains et plus forts, là, des changements avec lesquels
on doit composer.
M. Bussière : Et, quand vous
dites que vous travaillez déjà avec une certaine adaptation, vous savez qu'on a...
Présentement, ce qui se passe actuellement, bien, on a des... en plein été,
souvent, des pluies diluviennes qui nous amènent des volumes d'eau
extraordinaires, qui font en sorte que des endroits qu'il y a des ponceaux
d'une certaine ampleur ne suffisent plus, et de loin, mais tenez-vous compte
aussi de tous les changements à venir? Parce que, vous savez, dans une
planification, quand tu changes un ponceau ou tu construis quelque chose, ce
n'est pas pour 10 ans, ce n'est pas pour 20 ans, tu espères pour
beaucoup plus longtemps. Donc, dans cette planification-là, est-ce que ça a été
tenu compte?
M. Pellerin (Frédéric) : Oui,
tout à fait. Par contre, il faut toujours garder à l'esprit que, par <exemple..
M. Pellerin (Frédéric) :
...oui,
tout à fait. Par contre, il faut toujours garder à l'esprit que, par >exemple,
pour nos structures, c'est entre 60 % et 70 % des structures qui ont
été construites entre les années 60 et 80. Donc, c'est des structures qui
sont à refaire, mais qui sont encore sur place avec les standards de l'époque.
Donc, des ponceaux construits, à l'époque, avec des normes d'il y a plusieurs
années, bien, ils ne suffisent plus, mais, lorsqu'on les reconstruit, on les
fait avec les nouvelles normes qui, eux, tiennent compte des épisodes soudains
auxquels nous sommes confrontés maintenant.
M. Bussière : Merci. Et
j'imagine que vous avez un inventaire de toutes vos infrastructures et
structures comme ponceaux, quels types, quelle grosseur. Donc, on pourrait déjà
commencer à une planification du futur lorsqu'on... et être capables de prévoir
des budgets en conséquence?
M. Pellerin (Frédéric) : Tout
à fait. Lorsqu'on fait un projet aujourd'hui, on n'attend pas ces
événements-là. Lorsqu'on fait un projet de reconstruction, on tient compte des
nouvelles données. Donc, on grossit les ouvrages, que ce soient les ponceaux...
ou on va calculer la hauteur des structures en fonction des données actuelles
et futures... en fait, les données actuelles, mais qui nous permettent de tenir
compte des changements à venir dans le futur.
M. Bussière : D'accord, et
peut-être, là, ministère de l'Environnement...
Mme Lizotte (Marie-Josée) : Oui,
bien, je vous donnerais un premier niveau de réponse. On est en train
actuellement de travailler toute la cartographie des zones inondables et puis
on travaille ça en climat futur. Donc, dès maintenant, on travaille en climat
futur pour essayer de prévoir le mieux possible. Puis je céderais la parole à
mon collègue Jean-François Gibeault pour vous donner plus d'information
détaillée.
M. Gibeault (Jean-François) : Oui,
merci, Mme Lizotte. Donc, exactement, les changements climatiques ont la
particularité de faire en sorte que ce qu'on a appris d'expérience, comme
gouvernement, par des faits du passé, des statistiques du passé, n'est plus
maintenant un bon révélateur de ce qui s'en vient devant nous. Donc, la
démarche d'adaptation, on la structure souvent en trois étapes importantes.
La première, c'est l'acquisition de
connaissances, développer notre savoir, et, comme le mentionnait Mme Lizotte,
si on parle, par exemple, de l'aléa inondations, on a déjà une connaissance
puis des outils, donc, une cartographie qui nous permet de voir venir ou de
mieux prédire la matérialisation des risques en climat futur, mais il y a
plusieurs aléas. Les feux de forêt en sont... en sont un autre, les îlots de
chaleur en sont un autre, les événements en cascade. Pensez aussi aux
catastrophes naturelles qui sont, par exemple, liées aux tempêtes qui remontent
le long de la côte est. Donc, tous les aléas, et on en a identifié plusieurs, on
n'a pas le même niveau d'appréciation de la connaissance et de cartographie en
climat futur.
Donc, c'est exactement la démarche qu'on
est en train de mettre en œuvre au ministère, et c'est aussi au cœur du mandat
du groupe d'experts dont il a été question un petit peu plus tôt. Donc, monsieur...
deux éminents experts du Québec, là, M. Alain Webster, qui est président
du Comité consultatif en changements climatiques, M. Alain Bourque, qui
est directeur général d'Ouranos, évidemment, qui est une organisation, je vous
dirais, mondialement connue, un consortium de recherche universitaire qui fait
le lien, justement, avec les opérations beaucoup plus... beaucoup plus terrain,
bien, eux ont le... avaient déjà le mandat, en fait, donné par le ministère de
l'Environnement, de procéder à une appréciation globale des risques au Québec
et de le faire en climat futur.
Donc, ça, ça permet de prioriser et ça
fait partie des recommandations que le groupe devra amener, d'amener la
priorité en matière de développement des connaissances et de nous dire, en
fonction du climat futur, à quel endroit les interventions devront être
privilégiées. Donc, c'est précisément le sens de la démarche, là, dans le fond,
du gouvernement, mais aussi du groupe d'experts, là, qui a été mandaté
récemment.
M. Bussière : Et, dans toutes
vos recommandations, là, j'imagine qu'au fil du temps on devra aussi s'ajuster
et modifier les recommandations parce qu'on se rend déjà compte que le
réchauffement climatique s'accélère et puis ce qu'on s'imaginait qui allait se
passer dans 20 ans est maintenant dans 10 ans et même moins. Donc,
avez-vous pensé à tout ça?
M. Gibeault (Jean-François) : Bien,
vous avez raison que, quand on travaille en climat futur, une des bases du
travail, c'est les scénarios de réchauffement, des choses qu'on entend
régulièrement parler, qui nous viennent, par exemple, des groupes
internationaux comme le GIEC. Donc, évidemment que c'est les scénarios de
réchauffement qui sont utilisés, et, si, par exemple, au fil des années, on
modifie les scénarios qui sont utilisés, ça prend une adaptation rapide, après
ça, des priorités puis des plans qui viennent ensuite matérialiser l'action.
• (17 heures) •
M. Bussière : Oui, à votre
tour.
M. Croteau (Marc) :De notre côté, je pense... je pense qu'il est important de
signaler la façon avec laquelle on priorise nos actions et nos interventions au
ministère de la <Sécurité...
>
17 h (version révisée)
< M. Croteau (Marc) :...important de signaler la façon avec laquelle on priorise
nos actions, nos interventions au ministère de la >Sécurité publique. À
l'intérieur de «climat futur», on fait du travail, évidemment, avec Ouranos, on
se fie aux données qui nous sont transmises. Et l'expertise qu'on a développée
a été associée à tout le travail qu'on a fait avec l'Université du Québec à
Rimouski, où on trouve, en fait, le plus grand bassin d'experts par rapport à l'érosion
côtière.
Donc, on a quatre grands critères avec
lesquels on va travailler pour déterminer nos... notre champ d'intervention,
nos actions dans le cadre de la prévention des sinistres. D'abord, le niveau de
risque. C'est quoi, le niveau de risque d'une situation? Que ça soit à Maria,
que ça soit dans Baie-des-Chaleurs, peu importe, c'est quoi, le niveau de
risque? Deuxièmement, l'occurrence, la probabilité qu'effectivement l'érosion
côtière ou la submersion peut occasionner des problèmes pour les communautés.
Les conséquences, évidemment, doivent être analysées aussi. Est-ce que c'est
une côte qui est habitée avec une certaine densité? Est-ce que c'est une côte
où on ne retrouve pas de résidence, mais on peut retrouver, par exemple, des
trésors écologiques, là, là aussi? Donc, toute cette analyse-là se fait. Et,
évidemment, un des facteurs avec lesquels on fait face régulièrement, c'est l'acceptabilité
sociale. On a déposé des projets avec des communautés, M. le Président, que les
communautés ont refusés. Les communautés ont refusé qu'on fasse des
interventions pour protéger la côte parce que les travaux pouvaient, par
exemple, obstruer la vue qu'ils ont toujours eue, ou peu importe. Donc, c'est
le quatrième critère qui vient en jeu. Mais, évidemment, il y a quelque chose
qu'il ne faut jamais oublier, s'il y a imminence de risques, s'il y a imminence
d'un sinistre, évidemment, les critères sont mis de côté, puis il y a action
immédiate.
M. Bussière : ...que c'est
important parce qu'on protège la vie des gens et des communautés, là. C'est
très important. Donc, merci.
Le Président (M. Caron) :
Il
reste 26 secondes. Est-ce que vous les attribuez au bloc qui va terminer
la... Oui? Alors, je cède maintenant la parole à Mme la députée de Verdun, pour
8 min 30 s, Mme la députée.
Mme Zaga Mendez : Merci, M.
le Président. Je remercie Mme la Vérificatrice générale... pardon, Commissaire
au développement durable, je m'excuse, tout... la présence des sous-ministres
aujourd'hui, les collègues également.
Comme je n'ai pas beaucoup le temps... J'ai
trois questions que j'aimerais aborder. La première est très précise, là. Tout
à l'heure, Mme la sous-ministre du ministère de l'Environnement nous parlait du
plan de gestion intégrée, et j'aimerais juste préciser c'est quoi, les délais,
en termes de présentation du plan de mise en œuvre, mais aussi de savoir s'il y
a des outils d'évaluation de ce plan-là afin d'atteindre et de répondre aux
critiques qui sont émises dans le rapport aujourd'hui.
Mme Lizotte (Marie-Josée) : Oui.
En fait, c'est dans notre plan de... le plan d'action qu'on a présenté au Commissaire
au développement durable, où on a identifié les actions qu'on allait faire, là,
pour élaborer notre plan de gestion intégrée sur l'adaptation au risque d'érosion
et de submersion côtière. Le plan, il va comprendre, bien, les objectifs visés,
la planification générale et évolutive, les principales interventions à
réaliser, notamment le développement des connaissances, la cartographie, les
interventions, les échéanciers. On prévoit déposer un état d'avancement de l'élaboration
de notre plan de gestion déjà en juin 2024 puis la publication de notre plan de
gestion intégrée au 31 mars 2026. Notamment, il va y avoir, dans ce plan
de gestion là, les cartographies d'aléas en climat futur, le développement des
connaissances. On veut présenter aussi la... Voilà. En gros, c'est ça que va
comporter notre plan.
Mme Zaga Mendez : Parfait.
Bien, vous répondez à une partie. Je vais continuer à ma... pour ma deuxième
question, qui s'adresse à l'ensemble des ministères. La grande critique dont on
prend part aujourd'hui, c'est la question de la coordination, d'essayer de
travailler moins en silo. Et j'entends qu'il y a différentes stratégies qui
sont mises en place... en œuvre, que ce soient des plans d'action, des
différents comités structurels, etc.
J'aimerais vous amener sur un autre type
de réflexion en ce qui concerne la gouvernance, c'est-à-dire que, les
différents ministères qui sont représentés ici, vous avez d'autres mandats que
l'adaptation, puis c'est tout à fait normal. Il y a certaines juridictions qui
ont opté pour une autre approche, en termes de gouvernance, c'est-à-dire donner
un seul mandat, que ce soit à une identité ou à un ministère qui a la gestion
des urgences, catastrophes climatiques. C'est le cas en Colombie-Britannique,
où est-ce qu'il y a <seulement...
Mme Zaga Mendez :
...catastrophes
climatiques. C'est le cas en
Colombie-Britannique, où est-ce qu'il y a >seulement
un ministère qui a ce mandat-là. Ça fait que j'aimerais vous entendre
là-dessus, comment vous verriez une combinaison des forces autour d'un type de
ministère qui a comme seul et unique mandat l'adaptation aux changements
climatiques, et qui viennent aussi avec des fonds qui sont gérés de façon plus
centralisée, donc une mise en œuvre globale, que ce soient des fonds qu'on
appelle d'urgence climatique. Donc, je ne sais pas, je vais peut-être relancer
le sous-ministre.
M. Guay (Frédéric) :Peut-être que le ministère des Transports n'est pas le
meilleur pour commencer la réponse, mais je vais quand même me lancer et vous
rappeler que le choix du gouvernement du Québec a été non pas de mettre un
ministère, mais de mettre le Bureau de projets sur l'érosion côtière et la
submersion, donc, en place, lancé le 31 août dernier. Donc, c'est le choix
du gouvernement comme type de gouvernance.
Tantôt, il y avait des... une réflexion
sur le fait de qu'est-ce que ça va changer par rapport à la situation actuelle,
où on a différents comités, sous-comités qui sont déjà existants. Bien, de ma
perspective à moi, il y a une grande différence au niveau de la gouvernance
entre participer à des comités et être associé dans une structure de
gouvernance forte dans laquelle on doit dédier ou associer des ressources.
C'est le cas de chacun des ministères qui est ici présent. Le ministère des
Transports et de la Mobilité durable associe six ressources, donc, à ce bureau
de projets, et c'est la même chose pour chacun de mes collègues qui associe
également des ressources. Donc, au niveau de la gouvernance, on va se trouver
renforcés dans cette instance qu'est le bureau de projets et qui a comme mandat,
notamment, là, d'acquérir des connaissances, de planifier des projets, de
réaliser des projets avec un budget quand même de plus de
50 millions de dollars qui est associé à ce bureau de projets là.
Et, 50 millions, c'est pour, je
dirais, ce qui est associé au bureau de projets, mais il y avait quand même des
investissements en termes d'érosion et de submersion côtières de plus de
100 millions de dollars qui étaient déjà annoncés. Donc, pour ce qui
est du côté du ministère des Transports, là, on croit vraiment que l'instance
de gouvernance qui est là va améliorer, je dirais, là, la concertation entre
les ministères concernés.
Une voix : Peu importe...
Le Président (M. Caron) : ...allez-y,
monsieur...
Mme Lizotte (Marie-Josée) : Oui.
En fait, je compléterais la réponse. Bien, d'une certaine manière, c'est déjà
le cas, c'est-à-dire que c'est le rôle du ministère de... du MELCCFP de
coordonner l'adaptation en changements climatiques. Le gouvernement a choisi
d'avoir un plan pour une économie verte avec un plan de mise en œuvre qui est
mis à jour à chaque année, puis il assure le financement de ce plan-là avec le
fonds en électrification et des changements climatiques, qui comprend aussi
l'adaptation. Puis ce fonds-là est financé avec le marché du carbone. Puis
le... ce qui est fait comme choix de coordination, c'est que chaque ministère
internalise les enjeux en adaptation et non un seul ministère qui le fait pour
l'ensemble du gouvernement, mais c'est coordonné par le ministère, chez nous.
C'est notre rôle de faire ça.
M. Croteau (Marc) :Et moi, je vais aller sur le terrain vaseux, M. le
Président...
Le Président (M. Caron) : Allez-y,
M. Croteau.
M. Croteau (Marc) :...puis répondre directement à la question : Est-ce
qu'un ministère sur l'adaptation des changements climatiques ferait un meilleur
emploi, une meilleure protection de la population? Moi, je ne pense pas puis je
vais vous dire pourquoi, parce que l'adaptation touche de façon horizontale
toutes les communautés : ça implique les affaires municipales, ça implique
le transport, ça implique l'environnement par rapport à la protection de
l'environnement, ça implique sécurité publique par rapport, par la suite, aux
sinistres, l'intervention au niveau des sinistres. On aurait la même situation.
Donc, ce qu'a soulevé mon collègue des
Transports, que le bureau de projets, c'est son rôle, c'est un peu l'équivalent
que jouerait un ministère d'adaptation, mais de façon plus souple, plus
flexible et, à mon avis, beaucoup plus efficace que la mise en place d'un
ministère horizontal, qui nécessite l'intervention de plusieurs ministères et
une plus grande coordination nécessaire. Voilà.
Mme Zaga Mendez : Merci.
Combien de temps qu'il...
Le Président (M. Caron) : 1 min 30 s,
Mme la députée.
Mme Zaga Mendez : Merci.
Merci pour vos réponses très appréciées. J'ai une question pour le
sous-ministre de la Sécurité publique, rapidement. Quand on prévoit ce qu'on
appelle le concept des pertes et dommages, bien sûr, il y a les infrastructures
publiques, mais aussi les dommages privés. Qu'est-ce qu'on a au Québec en ce
moment pour prévoir et calculer la gestion des risques, surtout dans un
environnement mondial où les assurances sont en train de couvrir de moins en
moins l'impact des changements climatiques dans les zones côtières?
• (17 h 10) •
M. Croteau (Marc) :M. le Président, j'apprécie énormément la question. Parce
que j'ai un mandat qui m'a été donné par notre ministre, à la suite de
discussions, il y a de ça maintenant sept ou huit mois, de moderniser et de
revoir tout l'aspect de la Loi sur la sécurité civile afin de mettre en place,
pour nos communautés, pour nos citoyens... nos concitoyens une meilleure
connaissance, une meilleure préparation aux <sinistres...
M. Croteau (Marc) :
...concitoyens une meilleure connaissance, une
meilleure préparation aux >sinistres potentiels, une meilleure façon
d'intervenir, une meilleure coordination au niveau d'interventions au niveau
des sinistres pour venir encore mieux soutenir nos municipalités.
Je vous rappelle, M. le Président, que,
sur les 1 100 quelques municipalités, il y en a 100 qui ont plus de
10 000 de population. Les 1 000 autres municipalités ont moins
de 10 000 de population. Ils n'ont peut-être pas la force nécessaire, les
ressources nécessaires, autant financières qu'humaines, pour faire face aux
sinistres.
Donc, ce que le ministre nous a demandé,
c'est de voir comment on pourrait, avec une modernisation de la Loi sur la sécurité
civile, de... revoir le tout pour donner une plus grande confiance aux citoyens
puis ultimement utiliser un peu ce qui a été soulevé par M. le député tantôt
sur le paragraphe 25, est-ce que les argents investis font en sorte qu'on
économise, en bout de ligne.
Le Président (M. Caron) : Je
dois vous interrompre, malheureusement.
M. Croteau (Marc) :Ah! j'aurais pu continuer longtemps, M. le Président.
Le Président (M. Caron) : Alors,
je cède maintenant la parole à Mme la députée de Laval-des-Rapides pour un peu
plus de 10 minutes. Mme la députée, allez-y.
Mme Haytayan : Merci, M. le
Président. Bonjour à toutes et à tous. Merci pour votre temps. Question sur la
résilience côtière : Comment l'indice de priorisation des interventions
basées sur les principes de gestion de risques est-il utilisé pour évaluer les
besoins d'intervention le long du territoire côtier couvert par le projet de
résilience côtière?
Le Président (M. Caron) : Est-ce
que la question s'adresse à M. Croteau?
Mme Haytayan : Oui, ministère
de la Sécurité publique. Merci.
Le Président (M. Caron) :
Allez-y, monsieur.
M. Croteau (Marc) :Je vais faire un peu de pouce sur ce que je disais tantôt
avec la réponse, M. le Président, à la question du député de Gatineau — très
belle région, d'ailleurs, M. le député, je tiens à vous dire. Alors, ceci étant
dit, ce que je disais tantôt, c'est que la façon qu'on analyse les
interventions, au ministère, basée sur quatre grands critères, critères qui ont
été développés avec l'Université du Québec à Trois-Rivières pour être capables
de déterminer quel est le risque de sinistre potentiel, érosion, submersion, quelle
est l'occurrence potentielle — donc est-ce quelque chose qui arrive à
chaque année ou est-ce quelque chose qui risque d'arriver dans 10 ans,
dans 15 ans ou qui n'est pas arrivé depuis 10, 15 ans — quelles
sont les conséquences «régions» — je disais tantôt, régions habitées,
régions touristiques. On l'a vécu avec la municipalité de Percé, M. le
Président, où ça a été toute une difficulté d'être capable de faire la recharge
de plages pour maintenir la beauté de Percé aussi en même temps, là. Donc,
c'est un défi pour être capable d'avoir ce que... Le denier critère qu'on va
chercher, c'est l'acceptabilité sociale. Donc, ça a pris beaucoup de
discussions. Puis j'utilise cet exemple-là parce que c'est un exemple qui a
bien fonctionné, un travail d'équipe avec le ministère de l'Environnement, avec
le ministère des Transports, parce qu'évidemment ils ont... ils ont refait la
route à Percé. Donc, c'est quatre grands critères, là, Mme la députée... M. le
Président, pardon, avec lesquels on vient définir les priorités.
Mme Haytayan : Parfait.
Merci. Puis comment prévoyez-vous élaborer et mettre en œuvre l'indice de
priorisation des interventions, toujours pour la submersion?
M. Croteau (Marc) :M. le Président, le...
Mme Haytayan : Je peux
répéter. M'entendez-vous bien maintenant?
Une voix : ...
Mme Haytayan : Maintenant,
m'entendez-vous bien? Oui? Parfait. Je vous demandais également comment vous
prévoyez élaborer et mettre en œuvre l'indice de priorisation des interventions
pour la submersion.
M. Croteau (Marc) :Avec une planification, une planification basée sur... sur
trois à cinq ans d'intervention. Évidemment, associé à ça, hein? C'est... À
chaque année, il faut revoir les budgets qui y sont associés.
Et puis je reviens à l'intervention que je
faisais tantôt, M. le Président : s'il y a imminence, évidemment, les
critères sont mis de côté, et on agit. Donc, c'est à l'intérieur d'un plan
d'action sur cinq ans.
Si vous me permettez, M. le Président, il
y a d'autres éléments qui viennent... j'appelle ça des «sous-éléments», là,
pour la priorisation des actions au ministère : d'abord, la longueur de
côtes du secteur, le type de côtes, le nombre de bâtiments, c'est ce que je
vous disais tantôt, la valeur des immeubles qui sont exposés, la valeur des
routes qui sont exposées, la valeur totale des éléments exposés, c'est-à-dire
les enjeux économiques — l'exemple de Percé, c'est un bel exemple — le
nombre total de bâtiments actuellement exposés à l'érosion d'ici 2029 — donc
on voit ce qui est planifié à l'intérieur des schémas d'aménagement des MRC et
des planifications des municipalités — l'exposition à la submersion
et évidemment l'estimation des coûts des travaux de protection, donc, qui sont
tous des sous-secteurs, là, des sous-critères, que je peux dire, pour
déterminer le plan d'action.
Mme Haytayan : Merci. Merci,
M. le Président. Monsieur a répondu à ma prochaine question, alors c'est
parfait. Je continue. Comment envisagez-vous de collaborer avec d'autres ministères
et d'autres organismes au sein du comité de gouvernance interministériel,
toujours sur les interventions en milieu côtier pour une gestion <intégrée...
Mme Haytayan :
...en
milieu côtier pour une gestion >intégrée des risques côtiers?
M. Croteau (Marc) :C'est le partage d'informations et le partage d'expertise
qui va être canalisé, comme on disait tantôt, auprès du bureau de projets. On
croit que ça va être l'élément qui va être capable de rassembler toutes...
toutes nos expertises qu'on a dans les différents ministères, mais plus
important encore, d'être plus près de la réalité des communautés. Le rôle du
bureau de projets, c'est d'être en lien direct avec les communautés locales.
Donc, on va être capables de voir les expertises au niveau global, comment
elles vont atterrir au niveau local avec le bureau de projets.
Mme Haytayan : Merci. Merci.
Du côté du ministère du Transport maintenant, comment mesurez-vous l'impact des
actions entreprises depuis 2018 sur la réduction de la vulnérabilité du réseau
routier aux risques côtiers?
M. Guay (Frédéric) :Oui, bien, si vous me permettez, M. le Président...
Le Président (M. Caron) : Allez-y.
M. Guay (Frédéric) :...je céderais la parole au sous-ministre, M. Pellerin,
adjoint.
Le Président (M. Caron) : Bien
entendu. Allez-y.
M. Pellerin (Frédéric) : Bien,
pouvez-vous répéter la question?
Mme Haytayan : Oui, bien sûr.
Je demandais comment vous mesurez l'impact des actions entreprises depuis 2018
sur la réduction de la vulnérabilité du réseau routier aux risques côtiers?
M. Pellerin (Frédéric) : Un
peu... Nous aussi, on a déterminé des indices de priorisation de nos
interventions par rapport à l'érosion et à la submersion, évidemment, en lien
avec le réseau routier. Donc, pour l'indice érosion, d'abord, on évalue, un peu
comme le ministère de la Sécurité publique, les aléas, les probabilités qu'elle
survienne, avec les conséquences. On le mesure sur des segments de
10 mètres, donc ça nous permet de vraiment cibler... de bien cibler et de
prioriser nos interventions. Et, comme je le mentionnais, on le fait en
fonction de la mission du ministère des Transports. Donc, on va vérifier
notamment c'est quoi les conséquences pour le milieu de la défaillance de la
route, donc est-ce que c'est un chemin unique, est-ce que c'est un long chemin
de détour, et la durée que prendra le rétablissement.
Au niveau de la submersion, l'indice sera
prêt dès le printemps prochain. Donc, on va utiliser d'autres... d'autres
données pour nous permettre d'établir cet indice-là, mais c'est sensiblement
les mêmes critères, là, qui... en regard des conséquences, qu'on va utiliser.
Maintenant, par rapport aux projets qui
ont été réalisés, oui, on a investi dans la réaction — évidemment, on
se doit de rétablir des routes lorsque des événements surviennent — mais
on investit également beaucoup dans la prévention. Et les projets qui ont été
réalisés en prévention... bien, on va mesurer, en fait, notre taux de
réalisation des projets, là, si j'y vais dans le sens de votre question, donc
les projets qui ont été réalisés par rapport à ce qui était prévu, mais on est
aussi capables de voir, de mesurer l'effet des travaux préventifs qui ont été
réalisés lorsqu'il arrive des nouveaux événements, comme c'est arrivé avec la
tempête Fiona. Donc, on a été capables de mesurer l'efficacité des travaux qui
ont été réalisés.
Mme Haytayan : Parfait.
Merci. Une autre question, peut-être de retour du côté de la sécurité publique,
ministère de la Sécurité publique, SP : Comment prévoyez-vous intégrer les
enjeux environnementaux, socioéconomiques sous-jacents dans l'approche de
gestion intégrée des risques côtiers?
M. Croteau (Marc) :M. le Président, avec votre permission, la sous-ministre
associée prendrait la réponse.
Mme Petit (Katia) : Oui.
Donc, si je peux me permettre, c'est sûr que, de notre point de vue, Sécurité
publique, ça va toujours être les enjeux de protéger la vie humaine, les biens
et les infrastructures essentiels qui va être au cœur de la détermination de
nos priorités à nous. Par contre, on sait que ça prend une vision globale des
besoins, donc c'est exactement pour ça que le bureau de projets va être mis en
place du côté du MAMH, qui a été annoncé. Donc, ça va être également pour
prendre en compte, au-delà des enjeux de sécurité publique qui peuvent être...
qui peuvent être traités par le biais de nos programmes propres à nos besoins,
c'est qu'il y a d'autres besoins, plus économiques, et autres, ça peut être
pour des infrastructures, par exemple, touristiques, et autres, alors c'est via
le bureau de projets qu'on va être capables d'amalgamer tous les besoins et
toutes les priorités pour avoir une vision globale qui va tenir compte
également des priorités de nos collègues du MTMD. Donc, vraiment, c'est de ce
côté-là qu'on va tout intégrer ça.
• (17 h 20) •
Puis il faut quand même prendre en
considération que, nous, quand on évalue nos priorités, il y a quand même
une... des facteurs socioéconomiques qui vont être pris en considération
également. Puis d'ailleurs, tout ce qui a été fait dans le cadre des travaux de
la... du projet de résilience côtière, notamment la rencontre avec toutes les
communautés où ils ont identifié leurs propres priorités, ça sert de <input...
Mme Petit (Katia) :
...leurs
propres priorités, ça sert de >input, là, excusez-moi l'anglicisme, à
l'évaluation des riches chez nous. Donc, il y a quand même ces volets-là qui
vont être pris en considération. Mais c'est sûr que, nous, avec notre chapeau
Sécurité publique, c'est toujours la protection des personnes en premier.
Mme Haytayan : Parfait.
Merci.
Le Président (M. Caron) : Il
reste 1 min 15 s.
Mme Haytayan : Je vais la
prendre, M. le Président. Rapidement, alors, pour les trois ministères, sur la
concertation, pouvez-vous nous expliquer rapidement comment vous pouvez assurer
la priorisation des besoins d'acquisition de connaissances dont vous parliez un
peu plus tôt, que tout cela respecte les besoins organisationnels de chaque
partie prenante, tout en travaillant de manière concertée entre vous?
Mme Lizotte (Marie-Josée) : Oui.
Au niveau des acquisitions de connaissances pour les risques, dans le fond, il
faut bien... il faut bien identifier... En fait, la première étape de notre
plan d'action, c'est de faire le recensement de tout ce qui est fait
actuellement, d'identifier les besoins en termes de connaissances. Puis, ça, on
va le faire au niveau du bureau de projets, notamment, donc ce qui va assurer
la coordination entre nous et va nous permettre d'avoir l'ensemble des besoins.
Donc, c'est... c'est ça qui est prévu, essentiellement.
Le Président (M. Caron) : Sept
secondes, et je pense que... Est-ce que vous aviez... vous vouliez conclure par
quelque chose, Mme la députée?
Mme Haytayan : C'est bon. Je
vous remercie, M. le Président.
Le Président (M. Caron) : Tout
va bien? Je suis convaincu que M. le député des Îles-de-la-Madeleine trépigne
d'impatience pour poser ses questions. Alors, c'est à votre tour, pour
6 min 30 s, M. le député.
M. Arseneau : Merci beaucoup,
M. le Président. Alors, je salue mes collègues et tous ceux qui se prêtent à
l'exercice.
Et je vais entrer dans le vif du sujet.
J'ai six minutes, effectivement. Je préférerais en avoir 60, vous me
comprendrez. En fait, je vais vous poser une question plus générale, là. Je
vous écoute depuis tout à l'heure et je vois... je ne sens pas le sentiment
d'urgence qui va avec le phénomène qu'on observe au quotidien dans toutes nos
régions côtières face à l'urgence climatique. Et je lis le rapport, puis même
vos propositions, puis on dirait qu'on va de délai en délai, de report en
report, de processus en processus, de comité en comité. Puis rassurez-moi sur
le fait qu'on est en action puis qu'on veut accélérer les étapes et s'assurer
de mettre en place des mesures sur le terrain pour nos régions, pour nos
municipalités.
Je vois que la dernière... Puis je vais
faire un commentaire éditorial. Je ne voudrais pas que l'on regarde les autres
juridictions puis qu'on dise : Quand on se compare, on se console. Parce
que ce que le rapport de la Vérificatrice générale nous dit, c'est que, face à
nos propres objectifs, bien, on ne livre pas la marchandise, par rapport à nos
propres échéanciers, on a de la difficulté à respecter nos objectifs.
Alors, je poserais la première question à
la sous-ministre Lizotte. Comment peut-on croire que l'on aura un plan de
gestion intégrée qui fonctionne d'ici trois ans? Et pourquoi est-ce que ça
prend trois ans?
Mme Lizotte (Marie-Josée) : Bien,
en fait, j'aurais envie de vous répondre, par rapport à votre introduction,
quand vous dites qu'on ne ressent pas l'urgence, bien, en fait, on a beaucoup
accéléré les investissements en adaptation au fil du temps. Déjà, en 2013-2020,
il y avait seulement 8 millions qui avaient été donnés.
M. Arseneau : ...avec tout...
avec respect, là, parlez de l'avenir, s'il vous plaît, parce que je sais qu'on
n'a pas investi suffisamment au cours des 15 dernières années. Mais là
c'est ce qu'on demande. On a des fonds. Est-ce qu'on va agir en concertation?
De quelle façon vous allez pouvoir déterminer, au ministère de l'Environnement
et de la Lutte aux changements climatiques, que ça va fonctionner de façon plus
active sur le terrain? Parce que, là, on nous réfère à un bureau de projets qui
est parrainé par le ministère des Affaires municipales. Moi, ma crainte, là,
c'est qu'encore une fois le ministère de l'Environnement puis de la Lutte aux
changements climatiques, bien, ça ne soit pas lui qui mène, qu'il ne puisse pas
coordonner parce qu'on se fie... je l'ai entendu au moins cinq fois, que ce
serait maintenant le bureau, là, qui serait la bouée de sauvetage pour
s'assurer qu'on ait des actions qui portent sur le terrain avec
50 millions. Aux Îles-de-la-Madeleine seulement, les besoins sont évalués,
à l'heure actuelle, pour les 10 prochaines années, à 80 millions.
Comment on va y arriver?
Mme Lizotte (Marie-Josée) :
Bien, en fait, on prévoit faire le plan de gestion intégrée des risques en
érosion et submersion côtières dans les trois prochaines années, mais il y a
déjà plusieurs actions qui se font... il y a déjà plusieurs <choses...
Mme Lizotte (Marie-Josée) :
...il
y a déjà plusieurs >choses qui se font au niveau de... je vais vous
dire, là, dans... Il y a déjà plusieurs actions qui ont été faites : le Projet
Résilience côtière, qui a été parlé et qui couvre 24 MRC, 123 municipalités,
le comité de prévention des sinistres, le Comité de gouvernance
interministérielle. On est actifs. On vous a parlé... plusieurs projets
d'adaptation liés aux risques d'érosion et de submersion via le Cadre de
prévention des sinistres, on a identifié et priorisé des projets pour les
secteurs côtiers jugés prioritaires. C'est des choses qui se sont faites.
Là, on va faire le recensement de tout ça.
On va identifier... C'est comme... je prenais l'exemple du casse-tête, on a
beaucoup, beaucoup de morceaux de casse-tête. Il y a des actions qui se sont
faites. On a des connaissances. Puis, même si on n'a pas à... Vous avez raison
quand... on n'a pas à s'asseoir sur nos lauriers en disant qu'on est meilleurs
que les autres, mais on va mettre tout ça ensemble, puis on va se coordonner
davantage, puis on va se donner une feuille de route, qui va être le Plan de
gestion intégrée des risques en érosion et submersion côtière, puis on va être
capables de livrer la marchandise, puis de le travailler d'une manière
concertée. On...
M. Arseneau : Mais, ça, on
parle... on va l'avoir en 2026. C'est bien ça?
Mme Lizotte (Marie-Josée) : Le
plan comme tel, mais les actions pour y arriver, on est déjà en mouvement par
rapport à ça. Il y a des éléments intermédiaires qui sont prévus. Donc, on est
déjà en mouvement par rapport à ça.
M. Arseneau : Je vais vous
poser une question sur l'information. C'est le nerf de la guerre, vous l'avez
mentionné tout à l'heure, des petites municipalités qui n'ont pas les moyens,
qui n'ont pas les ressources puis n'ont pas les données non plus pour agir. Et
là on voit que ces données-là, bien, elles sont éparpillées un peu partout,
elles ne sont pas rassemblées.
Puis moi, j'ai l'exemple que je vais vous
ramener, là, parce qu'on a posé des questions à l'étude de crédit également,
sur un registre concernant, là, les projets et les activités industrielles que
le ministère doit mettre en place depuis 2018, et c'est une obligation de la Loi
sur la qualité de l'environnement. Le registre n'existe pas encore. Ça fait
cinq ans. Alors, on nous dit : Bien là, il faudrait avoir de
l'information, qu'on puisse avoir... Qu'est-ce... Comment est-ce qu'on peut
croire qu'on va mieux réussir à concentrer l'information, la rendre disponible,
la distribuer puis l'utiliser que, par exemple, pour ce fameux registre-là, qui
n'existe toujours pas?
M. Croteau (Marc) :M. le Président, est-ce que vous me permettez?
Le Président (M. Caron) : Oui,
allez-y. Il reste 48 secondes, monsieur.
M. Croteau (Marc) :Merci. Tout d'abord, M. le Président, il est important de
noter quelque chose, et c'est vrai que la planification va être prête dans
trois ans, mais ça ne veut pas dire qu'on reste assis sur nos mains, là,
pendant ces trois ans-là. Chez nous, là, le budget qui est prévu au cours des
prochaines... qu'on a eu cette année, investissement de 70 millions de
dollars de projets en érosion côtière, on n'a jamais eu d'investissements aussi
massifs en érosion côtière qu'on a actuellement. Ça ne veut pas dire que la planification,
pendant qu'elle va se faire, qu'on reste assis sur nos mains, là, je me répète.
Il y a des actions sur le terrain qui se font.
Par rapport à l'information puis
l'accompagnement, c'est le rôle du bureau de projets d'être près des
communautés qui sont touchées avec les problèmes d'érosion et de submersion
côtières, en lien direct. Je fais le parallèle avec nos directions régionales
de sécurité civile...
Le Président (M. Caron) : Je
dois malheureusement vous interrompre, M. Croteau.
M. Croteau (Marc) :Parfait.
Le Président (M. Caron) : Écoutez,
pour conclure, je cède la parole à Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Allez-y.
Mme McGraw : Merci...
Le Président (M. Caron) : 8 min 30 s,
environ, Mme la députée.
Mme McGraw : Merci aussi. Il
me reste beaucoup de questions aussi, mais donc on va commencer. Là, je
voudrais parler de la diffusion proactive des données. C'est quelque chose qui
est demandé par la communauté scientifique. Pourquoi le gouvernement ne le fait
pas de façon proactive? Et j'imagine que ça serait une question pour le
ministère de l'Environnement.
Mme Lizotte (Marie-Josée) : Bien,
en fait, il y a plusieurs données qui sont déjà disponibles. L'enjeu qui a été
relevé par la Commissaire au développement durable et son équipe, c'est
qu'elles sont un peu éparpillées. Donc, on a... On s'est donné, dans notre plan
d'action, pour répondre à cette lacune-là, des actions, là, d'analyser les
sites, les plateformes de diffusion de données, de partager les connaissances
existantes et pertinentes, d'essayer de voir... puis on va le faire avec tout
le monde, élaborer un plan de diffusion de connaissances. C'est tout dans notre
plan d'action pour répondre à cette lacune-là.
• (17 h 30) •
Mme McGraw : ...de la
discussion, mais là on parle de rendre disponible mais de façon proactive. Et
on a même l'impression qu'il faut faire un peu de la gymnastique administrative
pour obtenir de l'information. Il me semble que ça serait au bénéfice du
gouvernement si tout le monde y avait accès, que toute personne qui désire
jouer avec celle-ci puisse le faire.
Et je vais citer, par exemple, le site
Web, le site Web du ministère qui... on dit qu'il y a... Dans une des réponses,
les commentaires aux réponses, on disait que «n'a pas pour fonction — justement — de
diffuser les données des projets comme résiliences... côtières», pardon. Alors,
si ce n'est pas pour diffuser des données, de l'information, donc, c'est... à
quoi sert le site? Ça a été une des réponses, les <commentaires...
>
17 h 30 (version révisée)
<19283
Mme
McGraw :
...de donner l'information. Donc, c'est...à quoi sert
le site? Ça a été une des réponses, les >commentaires.
M. Croteau (Marc) :Si vous me permettez, M. le Président.
Le Président (M. Caron) :
Allez-y.
M. Croteau (Marc) :Merci beaucoup. De notre côté, on aimerait répondre à la
question de diffusion, M. le Président, à la question de Mme la députée,
puis je demanderais à la sous-ministre associée d'y donner suite.
Mme Petit (Katia) : Effectivement,
c'est... peut-être en termes de précision, c'est qu'il y a énormément de
données qui est déjà disponible pour le milieu. C'est juste qu'elle n'est pas
nécessairement vulgarisée ou disponible dans un format adéquat, facile d'accès
pour nos petites municipalités, par exemple, parce que toutes les cartographies
sont disponibles sur donnees.ca. Le site l'UQAR, qui est détenteur de
beaucoup... d'énormément d'expertise et de données, rend disponible, sur son
site SIGEC, des données techniques aussi, entre autres pour les firmes d'ingénierie
et autres. On a beaucoup d'information qui est disponible sur le site de la chaire
de l'UQAR et sur le site Web, entre autres, du ministère, et tout.
Donc, l'idée, ce n'est vraiment pas que l'information
n'est pas disponible, c'est qu'elle n'est pas centralisée au même endroit. Et c'est
ce qu'on veut chercher, ce que Mme la sous-ministre disait, c'est qu'on veut
chercher le bon véhicule pour rendre l'information disponible. Mais l'information
est existante et déjà publique en grande partie.
Mme McGraw : ...compliqué
pour un citoyen et une citoyenne ou des municipalités. Souvent, les maires et
mairesses sont des bénévoles à temps plein ou à temps partiel. Alors, quand
pourrons-nous attendre à ce que... cette centralisation de données? Est-ce que
ça ferait partie du plan de diffusion des connaissances? Alors, à quand l'attente?
Mme Petit (Katia) : Dans le
plan d'action, ce à quoi on s'est engagés, c'est d'identifier la bonne tribune
pour 2025-2026. Donc, on parle plus de plus tard dans le plan. Par contre, on a
une mesure transitoire. Donc, ce qu'on souhaite faire, c'est, sur le site Web,
sur Québec.ca, de mettre les liens, à tout le moins, disponibles vers la
recherche qui est déjà disponible, donc un lien direct vers l'UQAR, parce que
les citoyens ne pensent pas à aller vers l'UQAR. Donc, on a une mesure quand
même transitoire, pour patienter, et c'est le rôle de nos directions régionales
et du futur bureau de projets d'accompagner les municipalités, donc de leur
donner une expertise un petit peu plus pointue puis un accompagnement pour
trouver l'information dont ils ont, dont elles ont besoin pour mieux comprendre
la situation sur leur territoire. Donc là, on parle plus d'accompagnement,
parce qu'au-delà des données, on a vraiment besoin d'expertise pour travailler
avec eux, là, parce que c'est complexe, l'érosion côtière.
Mme McGraw : Parfait, merci,
c'est clair. Si je comprends bien... Là, je vais parler un peu d'acquisition
des données. M. Croteau, si j'ai bien compris, nous avait dit qu'on avait
besoin de plus de données pour passer à l'action. Et, si je comprends bien, M. Gibeault
nous confirme que les données sont nécessaires, mais non suffisantes à la
prédiction. Et justement on sait que, dans un monde de changements climatiques,
on est dans un monde d'incertitude, et c'est vraiment une question de gestion,
de gérer les risques. Mais, entretemps, les citoyens, par exemple à
Notre-Dame-de-Grâce, ils doivent pomper leur sous-sol, il y a des enjeux de
sécurité publique, les infrastructures. Alors, je veux revenir un peu sur le
sentiment d'urgence de passer à l'action : Quelles sont les actions
concrètes qui pourraient soutenir les citoyens qui doivent pomper et qui... en
termes de sécurité publique?
M. Croteau (Marc) :Je disais que le mandat qu'on a eu du ministre est beaucoup
basé sur la résilience, c'est ce qu'il nous a demandé, de moderniser la loi — Sécurité
civile — pour que la population soit plus connaissante des risques,
que la population soit mieux préparée aux risques, que les communautés et les
municipalités soient mieux, aussi, préparées et connaissantes des risques.
Et, quand on dit résilience, on se dit
aussi que... cette capacité d'intervenir, autant pour le citoyen, il y a son
côté préparation, mais il y a aussi l'intervention. La sécurité civile, c'est
aussi une responsabilité de tous les citoyens au Québec. Donc, c'est important
d'avoir et de mettre en place ce concept de résilience qui, ultimement... Et la
troisième étape de résilience, vous le savez comme moi, c'est d'avoir un
rétablissement, un retour à la vie normale le plus rapidement possible, d'être
capable de se relever le plus rapidement possible.
Donc, on croit qu'avec le mandat que le
ministre nous a donné, qu'on est en train d'y travailler, on y travaille fort...
on espère être capables de produire quelque chose dans des délais qui sont
respectables. Je ne peux pas me prononcer, M. le Président, sur les délais. Je
vais m'y être tenu, si j'avance des délais. Mais effectivement on travaille d'arrache-pied
pour être capable de produire ça rapidement. Et le ministre nous met beaucoup,
beaucoup, beaucoup de... je ne veux pas dire «pression», ce n'est pas pour un
bon mot, mais il met beaucoup d'emphase sur le fait qu'il veut qu'on travaille
plus vite. Je vais dire ça comme ça, M. le Président.
Mme McGraw : En parlant de
plus vite, il ne me reste pas beaucoup de temps, donc une autre question. En
parlant des municipalités, juste au niveau de la <vulgarisation...
Mme McGraw :
...autre
question. En parlant des municipalités, juste au niveau de la >vulgarisation
des données pour les municipalités et... justement, qui va assurer
l'accompagnement des municipalités pour utiliser des outils soit développés ou
en développement par le ministre... ministère de l'Environnement? Donc,
accompagnement des municipalités.
Le Président (M. Caron) : Mme
Lizotte ou... La question s'adresse à Mme Lizotte?
Mme McGraw : Moi... Ministère
de l'Environnement, donc à Mme Lizotte ou ses collègues.
Mme Lizotte (Marie-Josée) : Pour
l'instant, ce qui est prévu pour accompagner les municipalités sur le terrain,
c'est le Bureau de projets qui a été mis en place au mois d'août dernier. Donc,
c'est vraiment par là puis c'est vraiment le contact avec les citoyens, les
municipalités, c'est vraiment par là que ça va se faire. Donc, le bureau de
projets, comme on disait, il assure une meilleure coordination gouvernementale
pour renforcer l'accompagnement des communautés, c'est son mandat, qui sont aux
prises avec des problématiques d'érosion puis de submersion. Donc, ça va
permettre d'augmenter l'efficacité des interventions sur le terrain. C'est
vraiment par le bureau de projets qu'on prévoit faire le lien davantage avec
les communautés.
Mme McGraw : ...c'est quoi,
les mesures d'accompagnement vis-à-vis les municipalités, en attendant les
données?
Des voix : ...
Le Président (M. Caron) : Oui,
allez-y.
Mme Petit (Katia) : Oui, en
fait, si je peux ajouter, c'est qu'à l'heure actuelle il y a plein de projets
qui sont déjà financés. On en a parlé depuis tantôt, il y a un accompagnement
direct de nos spécialistes. On a une équipe, au ministère, en érosion,
submersion côtières, qui travaille vraiment à accompagner toutes les municipalités
de façon très technique dans leurs projets. Donc, nous, ce n'est pas un
programme où les gens appliquent, puis on donne l'argent, puis après ça on se
retire, c'est un programme où on est avec eux à toutes les étapes :
l'analyse du risque, l'analyse de la solution et même le déploiement de la
mesure par la suite. Donc, ce n'est pas uniquement un soutien financier. Et ce
rôle-là est assumé par nos experts, en complémentarité avec les directions
régionales de sécurité civile qui sont présentes un petit peu partout sur le
territoire.
Le Président (M. Caron) : Merci
beaucoup. Eh bien, écoutez, vous aurez compris que ces sujets interpellent les
parlementaires où qu'ils soient assis dans cette Chambre. Je vous remercie
vraiment de votre participation. Bien entendu, je remercie Mme Lambert
pour sa précieuse collaboration, ainsi que celle de toute son équipe, vous-même
qui avez présenté le travail actuel de votre ministère. Alors, merci beaucoup
pour votre participation.
La commission suspend ses travaux quelques
minutes avant de se réunir en séance de travail afin de statuer sur ses
observations, ses conclusions et ses recommandations à la suite de l'audition,
et nous nous donnons rendez-vous dans la salle RC.171, s'il vous plaît.
(Fin de la séance à 17 h 38)