(Quinze heures trente-six minutes)
Le Président (M. Caron) :
À l'ordre,
s'il vous plaît! La Commission de l'administration publique reprend ses
travaux.
La commission est réunie afin de procéder à
l'audition du ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les changements
climatiques, de la Faune et des Parcs, du ministère de la Sécurité publique et
du ministère des Transports et de la Mobilité durable sur le chapitre 2 du
rapport d'avril 2023 de la Commissaire au développement durable intitulé Adaptation
aux changements climatiques : risques liés à l'érosion et à la submersion
côtières.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Mallette (Huntingdon) est remplacée par M. Lemay
(Masson); Mme Cadet (Bourassa-Sauvé) est remplacée par Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce); et M. Derraji (Nelligan) est remplacé par Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis).
Le
Président (M. Caron) : Merci. Y a-t-il consentement afin de permettre à
la députée de Verdun de participer à nos travaux aujourd'hui?
Consentement.
Nous débuterons par l'exposé de 10 minutes
de la Commissaire au développement durable et enchaînerons avec celui du ministère de l'Environnement, de la
Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, suivrons
le ministère de la Sécurité publique et le ministère des Transports et de la
Mobilité durable. Le reste de la séance sera
consacré aux échanges avec les membres de la commission. Les échanges se
dérouleront par blocs d'une durée d'environ 10 minutes, incluant
les questions et les réponses, en alternance entre le gouvernement et les
oppositions, afin de permettre à tous les groupes parlementaires d'écouler
graduellement leur temps de parole.
J'invite
maintenant la Commissaire au développement durable à nous présenter les gens
qui l'accompagnent puis à faire son exposé. Vous disposez de
10 minutes.
Exposé de la
Commissaire au développement
durable, Mme Janique Lambert
Mme
Lambert (Janique) : M. le Président, Mmes, MM. les membres de cette
commission, Mme la sous-ministre de l'Environnement, de la Lutte contre
les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, M. le sous-ministre de
la Sécurité publique, M. le sous-ministre des Transports et de la Mobilité
durable, c'est avec plaisir et avec intérêt que je participe à cette séance de
la Commission de l'administration publique. Je vous remercie pour cette
invitation qui concerne le rapport que j'ai publié en avril dernier.
Permettez-moi
de vous présenter les personnes qui m'accompagnent : Mme Moïsette
Fortin, directrice principale d'audit,
M. François Dubreuil, secrétaire général, Mme Josée Bellemare,
directrice d'audit, ainsi que Mme Nadia Zenadocchio, chargée de
projet.
Les effets des changements climatiques
constituent les principales causes de l'accroissement de la fréquence et de
l'intensité de l'érosion et de la submersion côtières dans la région maritime
située à l'est de Québec. Ces aléas soulèvent des risques pour la santé et la
sécurité des personnes, pour la durabilité et l'intégrité des infrastructures,
de même que pour les écosystèmes côtiers.
Déjà, en 2013, 50 % des côtes de cette région présentaient un risque
d'érosion et 43 % étaient potentiellement à risque pour la
submersion.
Il faut savoir que l'adaptation à ces risques
dans un contexte de changements climatiques est un enjeu important du Plan pour
une économie verte 2030. Selon ce plan, si aucune mesure d'adaptation
n'est mise en place, plus de 5 000 bâtiments et près de 300 kilomètres
de routes pourraient subir des dommages par l'érosion d'ici 2065, pour des
coûts potentiels de 1,5 milliard de dollars.
• (15 h 40) •
Afin d'atténuer les risques liés à l'érosion et
à la submersion côtières, il importe de renforcer la résilience des communautés et des infrastructures publiques et de
conserver les écosystèmes côtiers d'intérêt pour leur rôle de protection
contre ces aléas. En fait, une gestion
efficace de ces risques est en grande partie tributaire d'une bonne
coordination des différents acteurs gouvernementaux.
C'est
pourquoi notre audit de performance avait pour objectif de déterminer si le
ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les changements
climatiques, de la Faune et des Parcs, le ministère de la Sécurité publique et
le ministère des Transports et de la
Mobilité durable gèrent de manière efficace et intégrée les risques liés à
l'érosion et à la submersion côtières pour réduire les impacts sur la sécurité
des personnes, l'intégrité des biens, les activités économiques et l'environnement dans
un contexte de changements climatiques. Il faut souligner que cet audit
s'inscrit dans le cadre des constatations et recommandations en lien
avec le Fonds d'électrification et de changements climatiques, dont je dois
faire part annuellement.
Nos travaux nous ont permis de relever trois
principaux constats. Le premier constat est l'absence de gestion intégrée des
risques liés à l'érosion et à la submersion côtières, qui permettrait d'avoir
une vision globale et une coordination efficace des interventions d'adaptation.
Les ministères audités travaillent majoritairement de façon sectorielle et ils
ne couvrent pas certains risques importants.
D'abord, le ministère de l'Environnement, de la
Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs a prévu élaborer un plan de gestion intégrée
de l'adaptation à ces risques. Or, l'élaboration de celui-ci, qui devait
débuter en août 2022, a été reportée en avril 2023. Ainsi, la cohérence et
la coordination des mesures des ministères et des organismes qui concernent la
lutte contre les changements climatiques ne sont pas assurées par ce ministère.
Ensuite, en plus de travailler majoritairement
de façon sectorielle, les trois ministères ne considèrent pas l'ensemble des
risques liés à l'érosion et à la submersion côtières dans la gestion de leurs
interventions d'adaptation. Entre autres, le
ministère de la Sécurité publique n'a pas de planification à long terme et n'a
pas optimisé le financement disponible pour la réalisation de projets
d'adaptation.
La
planification des investissements en zone côtière du ministère des Transports
et de la Mobilité durable n'est pas
basée sur un portrait complet des risques pour le réseau routier sous sa
responsabilité et ses dépenses sont principalement effectuées à la suite
de dommages subis plutôt qu'en prévention.
De son côté, le ministère de l'Environnement, de
la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs n'a pas identifié les activités
nécessaires à la conservation des écosystèmes côtiers d'intérêt, qui peuvent
jouer un rôle à l'égard de la résilience des communautés et des
infrastructures.
Le deuxième constat est que des connaissances
importantes sont manquantes pour appuyer une gestion efficace et intégrée des risques liés à l'érosion et à la submersion
côtières dans un contexte de changements climatiques. Les connaissances qui sont disponibles sont, quant
à elles, diffusées de manière limitée et ne sont pas toujours accessibles.
Par exemple,
beaucoup reste à faire pour mieux caractériser la submersion côtière.
L'acquisition de connaissances à jour, sur les risques liés aux aléas
côtiers et leurs effets sur les communautés, les infrastructures, l'économie et
les écosystèmes côtiers, est nécessaire pour
suivre l'évolution rapide du climat. Sans ces connaissances, il devient
difficile de planifier et de prioriser les interventions d'adaptation
pour réduire ces risques en fonction du climat futur.
De plus, il n'y a pas de plan d'acquisition des
connaissances qui intègre les besoins prioritaires afin de gérer l'ensemble des risques. Un tel plan permettrait
d'assurer un développement cohérent et coordonné des connaissances. En outre, les trois ministères ont investi des
fonds publics pour acquérir des connaissances, mais ils n'ont pas veillé à ce
que cette information soit pleinement
accessible. Par exemple, les connaissances disponibles sont souvent éparpillées
dans plusieurs sites Web.
Le dernier constat indique que peu de
municipalités bénéficient de l'encadrement et du soutien nécessaires du ministère de la Sécurité publique et du
ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques,
de la Faune et des Parcs pour prendre en charge efficacement les risques liés à
l'érosion et la submersion côtières.
Par exemple,
des cartes de zones de contrainte visant à encadrer l'aménagement du territoire
et à assurer la sécurité des
personnes et des biens n'ont pas été produites pour toutes les MRC côtières.
Peu de municipalités bénéficient d'un accompagnement et d'un soutien
technique et financier du ministère de la Sécurité publique pour la réalisation
de projets d'adaptation, alors que les
besoins sont grands. Les outils développés à la demande du ministère de
l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la
Faune et des Parcs pour appuyer les décisions face aux risques liés à ces aléas
n'ont pas été fournis à toutes les municipalités et les MRC côtières.
Au terme de
nos travaux, et en tant que Commissaire au développement durable, j'ai formulé
des recommandations qui ont été acceptées par les trois ministères.
Certaines de ces recommandations sont conjointes. La collaboration de ces ministères devient donc primordiale pour que
des changements prévus dans leurs plans d'action respectifs soient mis
en oeuvre.
En terminant,
j'aimerais souligner l'excellente collaboration du personnel des trois
ministères audités. J'aimerais aussi assurer aux membres de la
commission qu'ils peuvent compter sur notre entière collaboration.
Le
Président (M. Caron) : Merci, Mme Lambert. J'invite maintenant le
ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs à nous
faire sa présentation. Je vous invite à vous présenter puis à faire
votre exposé. Vous disposez de 10 minutes également.
Exposé de la
sous-ministre de l'Environnement, de la Lutte contre
les changements climatiques, de la Faune et des
Parcs, Mme Marie-Josée Lizotte
Mme
Lizotte (Marie-Josée) : Merci, M. le Président. Je me présente. Je suis Marie-Josée
Lizotte. Je suis sous-ministre au ministère de l'Environnement, de la Lutte
contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs.
Je tiens tout d'abord à saluer les membres de
cette commission ainsi que la Commissaire au développement durable, Mme Janique Lambert, et son équipe.
C'est avec plaisir que je me présente devant vous aujourd'hui avec mes
collègues, M. Frédéric Guay et M. Marc Croteau, et leurs équipes pour
discuter du rapport de la Commissaire au développement
durable portant sur l'érosion et la submersion côtières, qui a été publié en
avril dernier. Pour cette occasion, je
suis accompagnée du sous-ministre adjoint au Bureau de la transition climatique
et énergétique, M. Jean-François Gibeault, m'accompagne
également la directrice de l'expertise en transition énergétique et climatique,
Mme Lucie Bouchard, ainsi que Marie-Ève Borne, la directrice de l'audit
interne et de la gestion des risques.
Le Québec subit déjà plusieurs effets des
changements climatiques. Nous l'avons d'ailleurs vécu de façon particulièrement
dramatique cet été. Une équipe de chercheurs a conclu récemment que les
changements climatiques avaient doublé le risque que les conditions
météorologiques favorisent des incendies comme ceux survenus cette année dans le Nord québécois. De même, la tempête
Fiona, qui a frappé durement l'est du Québec en 2022, est un exemple concret que les changements climatiques augmentent
l'intensité et la probabilité de subir des événements météorologiques
extrêmes.
Les
changements climatiques ont aussi déjà des effets significatifs sur les
4 000 kilomètres de littoral maritime. Ils amplifient les processus
naturels d'érosion côtière et augmentent la fréquence de submersion des zones
côtières basses, mettant en péril des
bâtiments et des infrastructures le long de l'estuaire et du golfe du
Saint-Laurent. L'adaptation est malheureusement une nécessité
incontournable. Cette réalité est bien comprise du gouvernement et du
ministère. Le Plan pour une économie
verte 2030 établit clairement le renforcement de la résilience du Québec
face aux impacts des changements climatiques comme une priorité.
Plus précisément, les priorités gouvernementales
qui ont été données aux ministères sont de s'assurer que les risques liés aux
changements climatiques soient connus et intégrés dans la prise de décision
ainsi que de soutenir dès maintenant l'adaptation de nos communautés et de nos
infrastructures à ceux-ci, l'objectif étant d'éviter des pertes de vies humaines, des bris de services essentiels et
des coûts insoutenables pour la société québécoise. Pour renforcer notre
résilience aux impacts des changements climatiques, trois gestes sont
indispensables : il faut savoir, il faut s'outiller et il faut agir.
S'adapter,
c'est prendre en compte le climat futur. Avec le réchauffement planétaire, le
climat passé n'est plus garant du climat futur. Il ne peut plus servir
de référence pour prédire le climat de demain ni pour planifier notre
développement économique et social et l'aménagement de nos milieux de vie.
Dorénavant, la prise de décision doit se faire en tenant compte des projections
climatiques futures et des incertitudes qui y sont associées.
S'adapter, c'est aussi prendre en compte les
impacts des changements climatiques sur l'évolution des risques des aléas
environnementaux auxquels nous étions déjà confrontés, les incendies de forêt,
les inondations, l'érosion et la submersion côtières, pour ne nommer que
ceux-là, et ce, afin de prioriser les interventions à réaliser.
S'adapter, c'est agir en prévention, réduire les
risques accrus pour les changements... par les changements climatiques et
limiter les dommages et les coûts qu'ils engendrent. De nombreuses
interventions ont été réalisées dans les dernières années, et même dans les
derniers mois, en fonction de ces orientations et de façon à accélérer
l'adaptation du Québec.
• (15 h 50) •
D'abord, il faut rappeler que les budgets
octroyés pour l'adaptation dans le cadre des plans d'action sur la lutte contre
les changements climatiques étaient de 209 millions de dollars pour
la période 2013-2020. Aujourd'hui, ces budgets sont quatre fois plus
élevés, avec 860 millions pour les cinq prochaines années. Au
printemps 2023, le gouvernement a
annoncé que l'ensemble des investissements, pour les cinq prochaines années, en
adaptation totalisent 1,5 milliard de dollars. Aujourd'hui,
lors de la mise à jour économique, le gouvernement annonçait un rehaussement de
ces investissements, pour la période... la même période, à 1,8 milliard,
soit près de 300 millions supplémentaires. La répartition de ces nouveaux
investissements sera présentée au cours des prochains mois.
Dans le cadre du plan de mise en
oeuvre 2023-2028, le ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les
changements climatiques, de la Faune et des Parcs a aussi signifié son
intention d'utiliser pour la première fois le pouvoir qui lui est octroyé par
la loi de donner des mandats en matière de lutte contre les changements
climatiques.
Ainsi, il travaille à confier à la ministre des
Affaires municipales le mandat de coordonner une démarche afin d'accompagner
les municipalités dans le développement des plans d'adaptation. Les deux
ministres veulent ainsi faire en sorte que,
d'ici 2026, plus de 66 % de la population québécoise vive dans une municipalité
qui aura évalué ses risques
climatiques et élaboré un plan d'adaptation. L'objectif est que, d'ici 2030,
l'ensemble des municipalités québécoises soient munies d'une
appréciation des risques et d'un plan d'adaptation.
Au cours des deux dernières années, le
gouvernement a accordé 281 millions de dollars pour soutenir les municipalités dans la mise en oeuvre de leurs
plans de lutte contre les changements climatiques. Il travaille également sur
un deuxième mandat aux autorités
gouvernementales afin qu'elles s'engagent dans une démarche structurée
d'appréciation des risques liés aux
changements climatiques. Concrètement, cette démarche visera à s'assurer, d'ici
2026, de la sécurité des infrastructures stratégiques et des services
prioritaires de l'État québécois.
Plus
récemment, le gouvernement a annoncé la création d'un groupe d'experts en
adaptation aux changements climatiques.
Ce dernier a deux mandats : identifier les priorités pour le développement
des connaissances scientifiques en matière d'adaptation, soutenir le
gouvernement dans la réalisation d'une analyse globale des risques et faire des
recommandations en conséquence, et, deuxièmement, identifier les pistes
d'action les plus prometteuses en matière d'adaptation afin d'alimenter la
prise de décision et l'élaboration des politiques publiques. Ces gestes
contribueront à accélérer l'adaptation du
Québec, y compris en ce qui a trait aux impacts des changements climatiques sur
l'érosion et la submersion côtières.
Des mesures plus particulières ont été mises en
place spécifiquement pour l'érosion et la submersion. En août dernier, le
gouvernement a ainsi créé un bureau de projet en érosion et en submersion
côtières pour mieux planifier les mesures
d'adaptation et de résilience et en assurer une coordination efficace. Ce
bureau coordonnera l'aide aux communautés confrontées à l'érosion côtière,
augmentant ainsi l'efficacité de nos interventions sur le terrain. La
responsabilité de ce nouveau bureau incombe au ministère des Affaires
municipales et de l'Habitation.
Des sommes supplémentaires ont aussi
été annoncées afin d'accélérer l'action dans les régions les plus touchées.
En 2022-2023 uniquement,
45 millions de dollars ont été rendus disponibles et dépensés via le
Fonds d'électrification et de
changements climatiques pour des projets visant à prévenir les dommages liés à
l'érosion et à la submersion côtières.
Le plan de mise en
oeuvre 2023-2028, publié en juin dernier, prévoit
119 millions de dollars pour implanter des solutions d'adaptation
pour l'érosion et la submersion côtières. De ce montant, plus de
100 millions sont toujours disponibles
pour de nouveaux projets. À titre de comparaison, le Plan
d'action 2013-2020 sur les changements climatiques ne prévoyait que
8 millions de dollars pour de tels projets. Des sommes ont aussi été
ajoutées pour accélérer la cartographie et la diffusion des risques d'érosion et de submersion côtières, portant
le budget de cette action à 11 millions de dollars.
Plusieurs gestes
posés au cours des derniers mois vont dans la même direction que les
recommandations de la commissaire. Cela étant dit, le ministère de
l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et
des Parcs accueille favorablement le rapport de la Commissaire au développement
durable et entend poser des gestes supplémentaires pour répondre aux enjeux
soulevés. Déjà, dans le tout premier plan de mise en oeuvre du Plan pour une
économie verte, lancé en 2020, le gouvernement avait annoncé son intention
d'élaborer un plan de gestion intégrée de
ces risques. Le ministère est toutefois d'accord avec le commissaire sur le
fait que ces travaux peuvent être accélérés.
En
ce qui concerne les connaissances ayant trait à l'érosion et à la submersion,
les ministères se sont engagés, dans le plan d'action, à faire la synthèse des
connaissances acquises sur l'érosion et la submersion, à identifier les
besoins de connaissances supplémentaires. Les conclusions du groupe d'experts
en adaptation, que j'ai mentionné plus tôt, y contribueront aussi.
En ce qui concerne
les projections... les protections, pardon, des écosystèmes, il faut mentionner
que la réalisation d'un plan régional des milieux humides et hydriques peut
aussi contribuer à réaliser une meilleure gestion des risques anticipés sur
ceux-ci. En effet, ce plan constitue une obligation légale des municipalités
régionales de comté et est un exercice de
planification du territoire servant à identifier et prendre en compte la
présence des milieux humides et
hydriques d'intérêt en vue de leur conservation. Le plan régional comprend
également un plan d'action et des mesures de suivi.
La conservation est
un ensemble de pratiques qui visent la préservation de la biodiversité, le
rétablissement d'espèces ou le maintien de services écologiques au bénéfice des
générations actuelles et futures. Le ministère de l'Environnement, de la Lutte
contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs analyse
actuellement le rôle que pourraient avoir les solutions basées sur la nature
dans l'adaptation aux risques d'érosion et de submersion côtières. Nous allons
étudier comment les écosystèmes côtiers peuvent offrir des services écologiques
permettant d'aider à protéger les communautés de ces risques. De même, des
travaux de recherche seront lancés afin d'étudier le phénomène de coincement
côtier dans un contexte d'adaptation aux changements climatiques.
En conclusion,
mesdames et messieurs, nous reconnaissons pleinement les défis que nous devons
relever en matière d'érosion et de submersion côtières en raison des
changements climatiques. Nous prenons ces défis très au sérieux et mettons en
oeuvre des mesures concrètes pour renforcer la résilience du Québec. Nous nous
engageons à renforcer la concertation
gouvernementale et à travailler en collaboration avec les municipalités, le
milieu de la recherche, les citoyens et tous les acteurs concernés pour
relever ces défis cruciaux.
Le Président
(M. Caron) : Merci, Mme Lizotte. J'invite maintenant le
ministère de la Sécurité publique à nous
faire sa présentation. Je vous invite à vous présenter et à faire votre exposé.
Vous disposez de 10 minutes également.
Exposé du sous-ministre de la Sécurité publique,
M. Marc Croteau
M. Croteau (Marc) : Merci, M. le Président. D'abord, je me présente, Marc Croteau. Je suis
le sous-ministre au ministère de la
Sécurité publique. J'aimerais, à mon tour, M. le Président, saluer les membres
de cette commission, ainsi que Mme la
Commissaire au développement durable, ainsi que les gens qui l'accompagnent. Je
salue également les sous-ministres de
nos ministères partenaires, à savoir Mme Marie-Josée Lizotte, du ministère
de l'Environnement, de la Lutte
contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, ainsi que
M. Frédéric Guay, du ministère des Transports et de la Mobilité
durable.
Je suis accompagné
aujourd'hui de Mme Katia Petit, à ma droite, sous-ministre associée à la
Sécurité civile et à la Sécurité incendie,
et de M. Pascal Chouinard, directeur général de la prévention et de la
planification, que je remercie, ainsi que les membres de leurs équipes,
pour leur contribution aux travaux associés à cette audition.
Comme l'a si bien
souligné ma collègue sous-ministre de l'Environnement, nous savons que les
effets des changements climatiques se
traduisent, entre autres, par une fréquence et une intensité accrues des
phénomènes d'érosion et de submersion
côtières dans l'est du Québec, ce qui entraîne des risques, notamment pour la
sécurité des personnes et la
protection des biens et des infrastructures. Ce constat interpelle directement
le ministère de la Sécurité publique. Les actions qu'il priorise pour
atténuer ces risques et pour favoriser une meilleure adaptation aux effets des
changements climatiques sont réalisées principalement au moyen du Cadre de
prévention de sinistres.
Nos interventions en
matière d'adaptation aux changements climatiques ont d'ailleurs connu une
accélération l'an dernier. Ainsi, en
2022-2023, le ministère a engagé près de 70 millions de dollars du Fonds d'électrification et de changements
climatiques pour réaliser des projets additionnels, des projets additionnels
d'adaptation, par l'entremise du Cadre pour la prévention des sinistres, ce qui
constitue la somme la plus importante investie au cours d'une année financière
pour la mise en oeuvre de mesures d'atténuation des risques liés à l'érosion et
à la submersion côtières.
Cela dit, et
à la lumière des recommandations de la Vérificatrice générale du Québec, nos
interventions seront ajustées, le
tout encadré par un plan d'action qui vous a déjà été soumis et dont je vous
résumerai aujourd'hui certaines des grandes
lignes. Ce plan d'action, qui s'échelonne sur trois ans, comporte trois grands
axes, trois grands axes d'améliorations spécifiques au ministère de la Sécurité
publique, à savoir, premièrement, l'augmentation du soutien offert aux municipalités dans le déploiement de
mesures d'atténuation ainsi que pour l'identification des zones soumises
aux aléas côtiers, deuxièmement, l'établissement d'une planification à long
terme des projets d'adaptation à partir des
résultats d'une analyse de risque qui permettra de prioriser les secteurs les
plus affectés ou exposés de tout l'estuaire du golfe du Saint-Laurent en
vue d'assurer la sécurité des personnes et la protection des biens et des
infrastructures essentielles, et, en troisième lieu, une diffusion efficace de
l'ensemble des connaissances acquises à un large public.
• (16 heures) •
Dans le volet
des actions communes découlant des recommandations touchant nos trois
ministères, le ministère de la Sécurité publique contribue notamment à
la mise en place d'une coordination ministérielle et interministérielle
efficace et intégrée des interventions qui visent la réduction des risques et
l'adaptation aux changements climatiques en zone côtière. Le Bureau de projets
en érosion et submersion côtières, mis en place en août dernier, du... assumera
d'ailleurs le rôle central de cette contribution, et, comme le disait Mme la
sous-ministre de l'Environnement, cette responsabilité revient au ministère des
Affaires municipales.
Une autre
action commune, comme l'a mentionné Mme Lizotte, concerne les efforts des
trois ministères pour l'amélioration des connaissances et l'acquisition
de données essentielles afin de quantifier et de comprendre les aléas complexes.
J'en profite pour rappeler que, de manière
générale, le ministère de la Sécurité publique est actif dans le domaine de l'érosion et de la submersion côtières
depuis plus de 20 ans, ce qui lui a permis de développer une expertise
reconnue par les milieux universitaire et municipal au cours de ces ans.
L'acquisition de connaissances est en marche depuis le tout début. C'est dire
que nous allons poursuivre, voire intensifier ce volet.
En somme, afin d'offrir un meilleur
accompagnement des populations qui vivent les effets de l'érosion et de la
submersion côtières et dans le but de développer une résilience collective
accrue sur le territoire québécois, le ministère de la Sécurité publique
s'engage à réaliser les mesures de son plan d'action avec rigueur et agilité en
concertation avec les ministères et les municipalités concernés. Certaines de
ces mesures sont, d'ailleurs, déjà en cours de réalisation, par exemple,
l'analyse de risque permettant de cibler les secteurs prioritaires et
l'augmentation du soutien auprès des
municipalités. Nous avons, de fait, amorcé six nouveaux projets, et des
discussions sont en cours avec d'autres municipalités côtières
actuellement.
De plus, nous avons ajouté des effectifs à notre
équipe pour réaliser le plan d'action. Ce sont cinq nouvelles personnes
spécialisées dans le domaine qui viennent de se joindre à une équipe déjà bien
active sur le terrain. Nos effectifs
renforcés nous permettent également d'accélérer la production d'outils
d'aménagement du territoire, notamment des
cartes de zones de contraintes relatives à l'érosion et à la submersion
côtières. Et, bien sûr, nous participons pleinement au comité
interministériel mis en place pour améliorer la concertation et l'efficience
des mesures, de même, comme je le disais
tantôt, avec l'établissement du bureau de projets sous la responsabilité du
ministère des Affaires municipales.
Les constats
du Vérificateur général sont clairs, il faut en faire plus et mieux se
coordonner. Nous y répondons de façon
systématique et structurée. Ainsi, les actions prévues permettront, d'une part,
aux municipalités de bénéficier d'un meilleur encadrement et d'un
meilleur soutien ministériel pour prendre en charge efficacement les risques
liés à l'érosion et la submersion côtières.
D'autre part, elles favoriseront une gestion intégrée des risques pour une
coordination plus efficace des
interventions des ministères concernés. Ceci permettra d'éviter le phénomène du
travail en silo et de couvrir un plus grand nombre de risques.
Enfin, M. le
Président, la réalisation de notre plan d'action prévoit l'acquisition de
connaissances importantes, des connaissances qui seront diffusées plus
largement afin de les rendre accessibles à un plus grand nombre.
Notre mission, au ministère de la Sécurité publique,
demeure inchangée, à savoir assurer la sécurité du Québec par la prévention, l'intervention et le partenariat. C'est avec
une ambition renouvelée que nous entendons réaliser cette mission. Je
vous remercie de votre attention et je tiens... je serai à votre disposition
pour répondre à vos questions, M. le Président et les membres de la commission.
Le Président (M. Caron) :
Merci,
M. le sous-ministre. Pour terminer, j'invite maintenant le ministère des
Transports et de la Mobilité durable à nous faire sa présentation. Je vous
invite à vous présenter également puis à nous faire votre exposé. Vous disposez
de 10 minutes.
Exposé du sous-ministre des Transports et de la
Mobilité durable, M. Frédéric Guay
M. Guay (Frédéric) : Merci, M. le Président. Donc, Frédéric Guay, je suis le
sous-ministre du ministère des Transports et
de la Mobilité durable. En premier lieu, M. le Président, j'aimerais saluer les
membres de cette commission ainsi que
les personnes qui y collaborent. Je salue également la Commissaire au
développement durable, Mme Janique Lambert, ainsi que les personnes qui l'accompagnent. Je tiens d'ailleurs
à les remercier pour l'ouverture dont elles ont fait preuve lors des
échanges que nous avons eus.
Je profite aussi de l'occasion pour saluer mes
collègues, Mme Marie-Josée Lizotte et M. Marc Croteau, et vous présenter les sous-ministres adjoints qui
m'accompagnent : d'abord, à ma droite, M. Jean Villeneuve,
sous-ministre associé aux territoires; à ma gauche, M. Frédéric
Pellerin, sous-ministre adjoint à l'ingénierie et aux infrastructures; ainsi qu'à mon extrême droite, M. Didier
Lambert Toni, sous-ministre adjoint à l'éthique et à la performance organisationnelle. Je les remercie du soutien
qu'ils m'accordent dans la réalisation de notre mission et de leur engagement à trouver des solutions
durables aux enjeux auxquels le ministère fait face. Évidemment, la résilience
de nos infrastructures est l'un de ces défis.
Au Québec, comme ailleurs dans le monde, les
changements climatiques ont des conséquences directes sur nos infrastructures.
Les pluies intenses, les vents violents et l'amplification des ondes de
tempêtes affectent nos routes, nos ponts et ponceaux, nos chemins de fer et nos
quais. Les changements climatiques augmentent les risques d'érosion et de submersion côtières. C'est un
enjeu qui est important le long des rives du Saint-Laurent, particulièrement
dans l'estuaire. Nous l'avons malheureusement constaté à plusieurs reprises au
cours des dernières années. On n'a qu'à penser aux ondes de tempête, dans
l'Est-du-Québec, qui deviennent particulièrement préoccupantes quand elles sont jumelées à de hauts niveaux d'eau. Ces
phénomènes accélèrent le processus d'érosion des côtes et engendrent des
épisodes de submersion côtière. Ils accentuent la vulnérabilité et le
vieillissement des infrastructures de transport, qui à l'époque, rappelons-le,
n'ont pas été conçues pour résister à ces conditions.
On l'aura
compris, la gestion des risques naturels représente un défi majeur pour le
ministère, mais également pour tous les paliers gouvernementaux, ce qui
inclut les municipalités.
Les équipes du ministère composent au quotidien
avec les exigences du climat québécois. Les tempêtes hivernales exceptionnelles de 2010 et 2016 qui ont frappé durement les
infrastructures de transport de l'Est-du-Québec nous ont poussés à
revoir nos pratiques et à agir de façon préventive. Depuis, le ministère
poursuit ses efforts afin d'améliorer
la gestion des risques côtiers et de renforcer la résilience des réseaux de
transport sous sa gestion.
En 2018, le ministère s'est doté du premier plan
d'action sur la gestion des infrastructures dans un contexte de changements
climatiques. L'intention était d'améliorer la gouvernance et les pratiques en
la matière. Le ministère souhaitait approfondir ses connaissances sur les aléas
naturels et la vulnérabilité des réseaux de transport afin de mettre en place des solutions adaptées. Grâce à ce
plan, le ministère travaille actuellement sur plus de 50 projets, dont
une majorité sont des initiatives axées sur la prévention. Par exemple, on
effectue des travaux pour stabiliser des berges
ou des talus, on construit des ouvrages de protection côtière, on remplace des
ponceaux par des ouvrages de plus grande capacité hydraulique, on
relocalise même des routes. Bref, un peu partout dans les zones les plus à
risque, le ministère est déjà en action,
mais nous sommes conscients qu'il faut poursuivre et intensifier nos actions en
prévention. Cette préoccupation est d'ailleurs au coeur des travaux qui
sont menés présentement en vue d'adopter le prochain plan d'action pour la
période de 2024 à 2028. On souhaite aussi élargir la portée du plan pour y
intégrer les risques géomorphologiques fluviaux et les inondations.
Par ailleurs,
toujours dans une approche préventive, le ministère a effectué une analyse des
risques côtiers en 2019. Cet examen visait à évaluer l'exposition des
réseaux de transport face à l'érosion côtière et leur vulnérabilité. Il nous a permis d'élaborer un indice de priorisation des
interventions côtières basé sur les principes de la gestion des risques.
Cet outil est d'ailleurs utilisé sur
l'ensemble du territoire côtier concerné par le projet Résilience côtière de l'Université du Québec à Rimouski. Dans le
but d'avoir un portrait complet du risque d'érosion pour l'ensemble de la zone
côtière, cet indice, qui couvre déjà
une bonne partie du territoire, sera déployé pour l'ensemble des MRC de la zone
côtière. Le ministère travaille aussi
présentement sur la mise en place d'un indice de priorisation des interventions
côtières précisément en lien
avec la submersion. Les travaux de développement sont bien avancés et seront
terminés à court terme. De plus, dans un
objectif d'améliorer nos pratiques, le ministère s'est engagé dès avril 2024 à
disposer d'indicateurs annuels mesurant les investissements réalisés en
prévention, et ce, en réaction à des dommages subis.
• (16 h 10) •
Vous le constatez, le ministère est de plus en
plus outillé pour une prise de décision éclairée. Toutefois, la complexité que présentent l'érosion et la
submersion côtières nécessite une réponse cohérente et multidisciplinaire. Le ministère
ne peut être qu'en accord avec la Commissaire au développement durable quand
elle mentionne qu'il est nécessaire d'avoir une vision globale et une
coordination efficace des interventions d'adaptation.
Depuis juin 2021, mon organisation a mis en
place et coordonne un comité de gouvernance interministériel dont le mandat est
d'accroître la résilience des infrastructures publiques et des communautés
côtières. Ce comité est composé des ministères concernés ici présents et
travaille en collaboration avec le ministère des Affaires municipales et de l'Habitation. Ses membres se penchent sur
les stratégies d'intervention, le cadre législatif réglementaire, la recherche,
l'innovation et l'acquisition de données. Il
s'agit d'une excellente tribune de partage des connaissances et d'information.
Ce comité pourra se greffer au Bureau de
projets en érosion et submersion côtières, dans l'Est-du-Québec, comme mes
collègues vous l'ont mentionné, qui a été
annoncé le 31 août dernier et qui est doté d'une enveloppe de plus de 50 millions de dollars, bureau de projet
piloté par nos collègues du ministère des Affaires municipales et de
l'Habitation. Le but recherché étant bien sûr de concentrer l'expertise
au sein d'un même pôle sans dédoubler les comités.
En effet, les objectifs du bureau de projets
sont d'abord de réduire les impacts actuels et projetés de l'érosion et de la submersion côtières sur la santé et la
sécurité des personnes, les infrastructures, la vitalité économique et sociale
et les écosystèmes dans un contexte de changements climatiques. C'est également
de renforcer l'accompagnement gouvernemental
des communautés aux prises avec cette problématique et d'augmenter l'efficience
des actions gouvernementales en matière d'adaptation et de résilience
face à l'érosion et la submersion côtières.
Les
principaux mandats de ce bureau de projet sont de réaliser des portraits des
problématiques d'érosion et de submersion
côtières sur le territoire, de définir des plans d'intervention comprenant des
mesures de résilience et d'adaptation s'appuyant sur une expertise et
des analyses scientifiques, de se concerter avec les parties prenantes touchées
par l'érosion et la submersion côtières et
de soutenir et accompagner les communautés et le milieu municipal dans la mise
en oeuvre des actions prévues au plan d'intervention.
Le ministère,
à l'instar de mes collègues, compte pleinement collaborer avec le bureau de
projets et y a déjà associé six ressources. Je pense qu'on s'entend
toutes et tous pour dire que l'expertise multisectorielle, la cohérence
d'action de tous les acteurs concernés et, bien
évidemment, les investissements conséquents sont essentiels pour faire face aux
défis que posent les changements climatiques. À cet effet, il est également
important de saluer l'investissement gouvernemental
de plus de 175 millions de dollars, en 2023-2025, pour l'adaptation
aux changements climatiques afin de veiller à la pérennité du réseau
routier du Québec.
En conclusion, M. le Président, le ministère des
Transports et de la Mobilité durable entend poursuivre ses actions en concertation avec les ministères
concernés et au sein du bureau de projets afin de mieux prévenir les risques
associés à l'érosion et la submersion côtières et de préserver nos
infrastructures. En ce sens, l'audit qui a été effectué par la Commissaire au développement durable et le plan que nous avons
développé en réponse à ses recommandations nous permettront de
solidifier nos assises en la matière. Je vous assure que nous prenons cette
démarche très au sérieux. Nous sommes conscients de l'importance d'agir dès
maintenant pour préserver nos infrastructures routières et s'assurer qu'elles
soient plus résilientes aux phénomènes causés par les changements climatiques.
M. le Président, je vous remercie de votre
attention. Mes collègues et moi sommes maintenant prêts pour répondre aux
questions des membres de cette commission. Merci.
Discussion générale
Le
Président (M. Caron) : Merci, M. le sous-ministre. Nous allons maintenant
commencer la période d'échange, et j'invite le député de Masson à
prendre la parole. Vous avez environ neuf minutes, M. le député.
M. Lemay : Merci, M. le Président. À
mon tour de saluer Mme Lambert ainsi que vos équipes respectives,
Mme Lizotte, M. Guay et M. Croteau pour votre présence ici avec
nous cet après-midi.
Comme vous l'avez mentionné tous et si bien dans
vos allocutions respectives, là, l'audit de la Commissaire au développement durable aura permis d'avoir une
concertation, parce que, présentement, le constat 1 qui était mentionné
dans le rapport, c'était qu'«il n'y a pas de gestion intégrée des risques liés
à l'érosion et la submersion côtières qui permettrait d'avoir une vision
globale et une coordination efficace des interventions d'adaptation» et «les
ministères audités travaillent majoritairement de façon sectorielle et ne
couvrent pas certains risques importants.»
À la lecture... Suite à vos allocutions, je
comprends qu'il y a des plans d'action qui sont en place puis que vous êtes en coordination, mais ça reste quand
même que le plan de gestion, qui était déjà prévu de débuter en août 2022,
reporté à avril 2023, qui va s'échelonner sur une période de trois ans...
Peut-être, ma première question, je la
dirigerais, là, du côté de Mme Lizotte, là, et de son équipe respective,
au MELCCFP, là, parce qu'effectivement, dans les constats qui ont été faits par
la Commissaire au développement durable, on mentionnait que «la cohérence puis
la coordination des mesures et des processus de concertation des ministères et des organismes qui concernent la
lutte contre les changements climatiques, y compris les risques liés à
l'érosion et la submersion côtières, ne sont pas assurées par le
MELCCFP.»
Donc, j'aimerais savoir, dans une première...
dans un premier temps, qu'est-ce qui explique que le plan de gestion prend
trois ans à élaborer — je
sais, vous l'avez mentionné un peu tout à l'heure, mais... — puis
aussi de savoir comment on va, avec...
assurer la gouvernance intégrée à l'échelle gouvernementale puis comment que le
plan de gestion va permettre au ministère de l'Environnement d'assurer
une cohérence puis une coordination des mesures de processus de concertation
qui concernent les risques qui sont énoncés.
Mme Lizotte (Marie-Josée) : Oui.
Merci pour votre question. En fait, le plan de gestion intégrée va permettre
d'articuler puis de séquencer les interventions en cours prévues et envisagées
en fonction des objectifs d'adaptation, en
fonction notamment de l'évolution projetée des changements climatiques. Les
résultats qui sont... Il y a des préalables, là, pour faire le plan de
gestion. Dans le fond, les résultats des travaux qui sont menés dans le cadre
du Comité de gouvernance interministériel sur les interventions en milieu
côtier dans un contexte d'adaptation au changement climatique, la mise en place
du bureau de projets puis les résultats des travaux des groupes d'experts en adaptation au changement climatique et d'Ouranos
vont être essentiels pour l'élaboration du plan de gestion d'adaptation
puis expliquent aussi les délais qui sont requis pour le faire.
Je dirais qu'aussi... j'ajouterais que ce n'est
pas parce qu'il n'y a pas de plan de gestion intégrée qu'il n'y a pas de coordination puis qu'il n'y a pas d'action.
Donc, il y a plusieurs démarches qui sont en cours qui vont alimenter le
plan de gestion, comme je disais, puis qui vont nous permettre... Il y a déjà
plusieurs choses qui sont en place, là, qui
peuvent nous permettre de nous coordonner, même si on n'a pas un plan de
gestion intégrée des risques, comme tel, qui est en préparation.
M. Lemay : Très bien. Et j'aimerais
savoir aussi... Plus précisément, là, on mentionne dans le rapport, au
paragraphe 43, là... attendez, 43, on dit que, parmi les actions qui n'ont
pas été réalisées, là, on parle de l'entente... dans le cadre de l'Entente
Canada-Québec sur le Saint-Laurent 2011-2026, le gouvernement a pris
l'engagement d'implanter des tables de concertation régionales avant le
31 mars 2021, mais que le ministère de l'Environnement n'a toujours pas
mis en place six des neuf tables dans les zones de gestion intégrée situées à
l'Est-du-Québec.
Et là, ce que ça fait, c'est qu'à
l'action 2.2 on veut finaliser la couverture des zones de gestion intégrée
du Saint-Laurent, et il y a des sommes qui
sont... qui sont liées, qui ne peuvent pas être, si on veut, utilisées avec les
MRC. Dans le fond, la question, ce serait de savoir qu'est-ce qui
explique le retard pour la mise en place des tables de concertation régionales, parce que ça a un impact direct, là, sur... On
le mentionne ici, là, attendez, je vais vous le retrouver. On nous dit
que «les plans de gestion intégrée régionaux qui sont nécessaires pour que les
MRC et les municipalités profitent des sommes rendues
disponibles dans le Programme de soutien régional aux enjeux de l'eau du
ministère de l'Environnement n'ont pas pu être adoptés puisque les six tables
de concertation régionales n'ont pas été mises en place alors qu'elles étaient
prévues avant le 31 mars 2023.» Ça fait que j'aimerais juste savoir
qu'est-ce qu'il en est de ce retard-là puis
c'est... quelles sont les actions qui sont prises pour s'assurer que les tables
puissent aller de l'avant.
Mme Lizotte
(Marie-Josée) : Oui. Bien, en fait, les zones de gestion qui sont à
l'origine ont été déterminées au sein des travaux de l'Entente Canada-Québec
sur le Saint-Laurent avec le gouvernement du Canada. Le Québec avait envisagé de mettre en oeuvre la gestion
intégrée du Saint-Laurent par la mise en place de 12 tables... 12
zones de gestion intégrée, mais lors de la mise à jour de l'entente, en 2021,
puis cette mise à jour là est prévue aux cinq ans, on a... ces plans-là
ont été modifiés afin de permettre plus de flexibilité dans la mise en place
des tables de concertation régionales, puis
on a reporté l'engagement au 31 mars 2026. Toutes les tables vont être
mises en place à ce moment-là. Puis actuellement il y en a six qui sont
en activité. À terme, on envisage qu'il y en ait toujours six, mais que
certaines zones puissent être regroupées, là, pour être... Puis c'est là-dessus
qu'on est en train de plancher pour se donner une structure de coordination qui
va être plus efficace pour pouvoir faire ça adéquatement... Voyons! Excusez.
Voilà.
M. Lemay : Merci
beaucoup. Et puis je n'ai pas posé cette question-là, tantôt, je vais la poser
maintenant, mais je vais me fier au paragraphe 25, là, du rapport de la
Commissaire au développement durable. Parce qu'à la lecture de ce paragraphe-là je trouvais ça intéressant... Je vous en
fais la lecture, là, vous allez voir où c'est que je m'en vais avec ça, c'est : «Le coût de l'inaction
face aux risques qui sont susceptibles d'être accentués par les changements
climatiques est souvent nettement supérieur au coût des interventions en
adaptation. Ainsi, diverses études révèlent que
chaque dollar investi en adaptation, au-delà des vies préservées, permet
d'éviter en moyenne entre 13 $ et 15 $ en dommages directs
résultant de sinistres et en dommages indirects pour l'économie.»
• (16 h 20) •
Et puis là, la
question que je me posais, c'était simplement de savoir, tu sais, quelle est
votre interprétation. Dans le fond, là, tu
sais, quand on regarde les résultats des études sur le coût de l'inaction face
aux risques liés à l'érosion côtière, est-ce qu'ils sont pris en
considération dans vos décisions? Puis aussi, tu sais, peut-être vous pouvez
nous dire, là, un peu plus de détails, si
vous voulez, là, sur en quoi que... quand que c'est plus coûteux pour le
gouvernement d'intervenir après un sinistre que d'investir en
prévention, si vous avez des exemples. Mais, tu sais, juste un peu renchérir sur ce point-là, parce que je trouvais
ça quand même intéressant, puis ça peut être intéressant pour l'ensemble
de la population qui nous écoute, là, de parler de prévention.
Mme Lizotte (Marie-Josée) : ...on
est d'accord que ça coûte beaucoup plus cher d'investir par la suite qu'en
amont. C'est pour ça que, dans le plan d'action sur les changements
climatiques, il y avait seulement... en 2013‑2020, seulement 8 millions qui avaient été prévus, pour
une période de sept ans, puis les investissements se sont accentués beaucoup. Dès le 1er avril 2020, dans le
premier plan de mise en oeuvre du Plan
pour une économie verte, les budgets
alloués spécifiquement à l'érosion et à la
submersion côtières totalisaient 83,1 millions de dollars, soit
10 fois plus que dans la période... que dans la période précédente,
puis dans une période beaucoup plus courte.
Donc, en une année
seulement, seulement en 2022‑2023, là, 40,5 millions de dollars ont
été dépensés via le Fonds d'électrification
puis de changements climatiques pour
des projets qui visent à prévenir les dommages liés à l'érosion et à la
submersion côtière. En une année, les sommes représentaient... il a été investi
des sommes qui représentent cinq fois le montant prévu pour ce type de projet
sur une période de sept ans qui avait été fait préalablement.
Donc, avec le plan de
mise en oeuvre 2022‑2028, le gouvernement a ajouté 57,9 millions pour
agir en prévention des risques d'érosion et de submersion côtière. Donc,
2,5 millions de dollars de plus pour la cartographie de l'érosion et de la submersion. À l'heure
actuelle, le plan de mise en oeuvre 2022‑2028 prévoit un total de
119 millions pour des projets,
dont 100 millions sont toujours disponibles pour des nouveaux projets,
puis il prévoit aussi un total de 11 millions pour la cartographie
de l'érosion et de la submersion.
Donc,
en d'autres mots, là, dès 2020 et dans les années subséquentes, il y a eu vraiment
un accroissement très important des moyens mis à la disposition des différents
acteurs puis une priorisation claire pour l'érosion et la submersion.
Donc, on prend très au sérieux le fait qu'il faut investir en amont puis
augmenter les connaissances dès maintenant pour pouvoir prévenir les risques,
éventuellement, et éviter des factures trop importantes pour les citoyens.
Le Président (M.
Caron) : Il vous reste environ une minute.
M. Lemay : Ah!
bien, vous avez dit neuf minutes, là...
Le Président (M. Caron) : Mais le temps a été
décalé un petit peu. 40 secondes, est-ce que vous les prenez ou on les
attribue...
M. Lemay : Au
prochain bloc.
Le Président (M.
Caron) : Au prochain bloc? Pas de problème.
M. Lemay : Merci.
Le Président (M. Caron) : Je cède
donc que la parole à Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Merci,
M. le Président. Alors, j'aimerais tout d'abord reconnaître l'excellent travail
de la commissaire et de son équipe pour le
rapport, encore un excellent rapport. Et je prends note le fait qu'on parle
aujourd'hui du chapitre 2, du deuxième chapitre, justement. Mais il
y a d'autres chapitres, et je voulais juste aussi souligner le chapitre 3,
lorsqu'on parle de la conservation des milieux hydriques et humides. Mais alors
c'est un excellent travail, et le tout, on comprend, avec les changements
climatiques, il faut s'adapter aux changements climatiques, mais aussi atténuer les pires impacts. Et justement la
conservation joue un rôle très important, surtout lorsqu'on parle des solutions
basées sur la nature. Alors, merci encore pour l'excellent travail.
Et d'ailleurs je me suis inspirée des pistes de
réflexion qui ont été présentées. Alors je voudrais commencer par le premier constat, parce qu'on a trois...
trois constats très importants. Donc, comme on dit, la première... le premier
constat, c'est un... bien, un des plus
grands, c'est que... du rapport, c'est en matière de gestion des risques liés à
l'érosion et à la submersion côtière, c'est le fait que les ministres
travaillent en silo sur la question. Alors, j'en ai plusieurs, questions qui
sont reliées à ce constat. Et ça peut être... semble peut-être banal, mais une
première question, c'est : Comment allez-vous assurer travailler ensemble
sur ce sujet-là? J'aimerais entendre tout d'abord le ministère de... le ministère de l'Environnement. Et même des détails
comme à quelle fréquence allez-vous vous rencontrer, est-ce que vous allez établir un plan de travail, quelles entités
de chaque ministère pensez-vous impliquer dans le processus, est-ce que
vous allez inviter des experts.
Et j'aimerais aussi, en parlant d'experts,
parler du nouveau comité. Vous avez établi un nouveau comité, un groupe d'experts en adaptation aux changements
climatiques, mais on sait très bien qu'il y a un comité consultatif sur les changements climatiques qui semble, et vous me
pardonnerez le jeu de mots, s'éroder. Alors, j'aimerais vous entendre là-dessus, ces deux comités qui sont liés aux
changements climatiques. Donc, voilà deux premières questions pour débuter.
Le
Président (M. Caron) : Avec qui voulez-vous commencer, puisque votre
question s'adresse aux trois ministères?
Mme McGraw : Au ministère de
l'Environnement.
Le Président (M. Caron) : Parfait.
Mme McGraw : Madame...
Mme Lizotte (Marie-Josée) : Oui, il
y a beaucoup de choses dans votre question. Dans le fond, on avait déjà prévu l'élaboration d'un plan de gestion
intégrée des risques puis on entend poursuivre et accélérer ces travaux-là.
C'est dans notre plan d'action, en réponse aux travaux de la Commissaire au
développement durable. Donc, on va déposer ça avec les collègues et les autres
ministères, le plan de gestion intégrée, à la fin mars 2026. Mais il y a déjà
beaucoup de choses en cours. Comme je dis souvent, c'est comme si on avait des
morceaux de puzzle, mais là il faut faire un puzzle complet pour avoir une
vision d'ensemble.
Le plan de gestion intégrée, ça va permettre
d'articuler, de séquencer les interventions qui sont prévues, d'envisager en
fonction des objectifs d'adaptation. On va se donner comme une feuille de
route, là. Quand vous demandiez qu'est-ce qu'il y avait comme contenu, on va se
donner une feuille de route parce qu'on ne peut pas tout faire en même temps.
Donc, ça va nous permettre de couvrir une période assez longue. On souhaite
faire ça de cette façon-là. Et il va nous permettre d'accroître la cohérence,
évidemment, de nos interventions, parce qu'on va avoir une vision globale de ce
qu'on veut faire puis on va se donner un calendrier, des échéanciers, vraiment
une vision globale, là, au plan du gouvernement. Puis aussi ça va nous assurer
d'être complémentaires les uns avec les autres, donc de sortir de nos silos
actuels, bien que même...
Comme je disais tout à l'heure, comme il n'y a
pas de... ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de gestion intégrée qu'il n'y a
pas de coordination entre nous. Il y a plusieurs choses qui se font déjà, des
choses qui vont nous aider pour faire notre plan de gestion intégrée. Le Comité
de gouvernance interministériel sur les interventions en milieu côtier dans un contexte d'adaptation, dont parlait
mon collègue du ministère des Transports et de la Mobilité durable...
Les résultats des travaux du Groupe d'experts en adaptation aux changements
climatiques, vous en avez parlé, c'est un
mandat qui est vraiment très restreint dans le temps pour nous aider,
justement, à ordonnancer... à prioriser les aléas qu'il faut identifier
en premier, à voir quelles actions on doit mettre de l'avant, à voir aussi
quelles connaissances il faut d'abord prioriser, parce qu'il y a beaucoup de
choses qu'on peut faire en matière d'adaptation.
Donc, c'est ce que je vous dirais pour le
moment. Pour cette raison... Bien, il y a aussi le Bureau de projets en érosion
et submersion côtières qui est une entité qui va nous permettre de coordonner
l'activité gouvernementale aussi. Donc, il y
a beaucoup de choses qui se font, mais vous avez raison, puis on est tout à
fait d'accord avec le constat de la
Commissaire au développement durable qu'il faut qu'on se donne notre vision
d'ensemble qu'on avait prévu faire. Puis on devance les travaux par
rapport à ça pour avoir notre feuille de route claire puis s'assurer qu'on est
vraiment bien coordonnés.
Mme McGraw : Alors,
Mme Lizotte, elle a parlé d'une feuille de route. Quand est-ce qu'on
pourrait obtenir la feuille de route? Et, au niveau des priorités, je comprends
que vous dites que, même sans une gestion intégrée ou un plan de gestion intégrée, il y a quand même de la coordination, mais
il y a quand même eu déjà un délai, d'août 2022 jusqu'en avril de cette
année. Comment on explique que le plan de gestion va prendre trois ans à
élaborer? Il me semble que trois ans, ça ne
donne pas l'impression que c'est prioritaire. On comprend qu'on est maintenant
en 2023, c'est la décennie décisive par rapport aux changements
climatiques, il faut avoir un sentiment d'urgence, et je ne sens pas ce sentiment d'urgence ou de priorisation, donc... Parce
qu'on vient de parler des trois ans, et j'aimerais vite venir aux questions de connaissances aussi, les données.
Donc, comment on s'explique le trois ans? Est-ce que c'est vraiment
prioritaire pour élaborer? Et quand est-ce qu'on va pouvoir recevoir la feuille
de route?
Mme
Lizotte (Marie-Josée) : En fait, comme vous l'avez dit, on avait prévu
commencer nos travaux en 2023, mais initialement c'était prévu pour 2027 qu'on
arriverait avec la feuille de route comme telle. On l'a devancée à 2026,
justement, parce qu'on considère que c'est
une priorité puis, effectivement, qu'on a besoin d'avoir cette feuille de route
là.
Le plan de
gestion intégrée, comme je vous disais, ça va permettre d'articuler puis de
séquencer les interventions, mais il y a des travaux, en ce moment, qui
sont en cours, notamment le comité de gouvernance interministériel, il y a des travaux qui se font au niveau de ce groupe de
travail là. Il y a aussi les travaux... on attend les résultats des travaux du
Groupe d'experts en adaptation aux changements climatiques pour nous permettre
d'avoir du matériel pour pouvoir bien
identifier quelles sont les priorités sur lesquelles on doit travailler en
premier, quelles sont les connaissances qui sont... Parce qu'il y a
beaucoup de connaissances à acquérir. On est vraiment dans une science, en
adaptation, qui a beaucoup de sciences à développer, de connaissances à
développer. Donc, lesquels sont les plus pertinents pour le Québec? Par quoi il faut commencer, où il faut
continuer? Donc, qu'est-ce qu'on a comme connaissances, actuellement, le bilan des connaissances? On a beaucoup de
travaux préalables à faire avant d'arriver avec une feuille de route claire.
C'est ça qui explique le délai de trois ans.
• (16 h 30) •
Mme McGraw : La feuille de route, ça
va être en 2026?
Mme Lizotte (Marie-Josée) : 2026.
Mme
McGraw : Je m'attendais à la
feuille de route et puis après le plan sur la gestion intégrée. Merci de
préciser.
En parlant de connaissances, encore une fois, on
parle de trois ans, si je comprends bien, on parle de trois ans qui vont
s'écouler avant la définition d'un plan d'acquisition de données et de
développement des connaissances. Encore une
fois, est-ce qu'on peut... Le trois ans, ça... il me semble qu'encore une fois
c'est quand même long, c'est...
Mme
Lizotte (Marie-Josée) : Bien, en fait, c'est parce qu'il y a des travaux
préalables à faire pour... Il faut d'abord faire l'inventaire. Il y a
beaucoup de choses. Je pense qu'il y avait quand même, dans le rapport de la
commissaire, beaucoup d'éléments de
connaissance qui ont été développés au fil des années. Il faut faire
l'inventaire de ça, s'assurer et regarder qu'est-ce qui manque, identifier
aussi les besoins en termes de connaissances. Comme j'expliquais, on a mis
en place des outils pour nous aider à
identifier le manque de connaissances, où, les connaissances, on doit aller les
chercher de manière prioritaire. Donc, il faut faire ces éléments-là
avant d'arriver avec une vision intégrée.
Le
Président (M. Caron) :
Je dois malheureusement vous interrompre,
Mme Lizotte. C'est tout le temps qui était accordé pour ce bloc-là. On pourra revenir un petit peu plus tard. Je
cède maintenant la parole au député de Rousseau. Vous disposez d'environ
10 min 30 s.
M. Thouin : Merci, M. le Président.
Bonjour, tout le monde. D'abord, merci d'être là.
À la lecture
du rapport de la Commissaire au développement durable, bien, évidemment, elle
met en lumière, là, différentes lacunes. Il n'existe pas de gestion
intégrée de l'adaptation aux risques liés à l'érosion et à la submersion des côtes. Les ministères travaillent
majoritairement de façon sectorielle, ne considèrent pas l'ensemble des
risques. Des connaissances importantes sur l'érosion et la submersion côtières
sont manquantes. Ils n'ont pas non plus veillé à ce que l'information
soit pleinement accessible. Il y a peu de municipalités qui bénéficient de
l'encadrement et du soutien nécessaires du
MSP et du ministère de l'Environnement pour la réalisation de projets
d'adaptation et de prise en charge efficace des risques.
Moi, je vais m'attarder plus, évidemment, au
constat n° 2, là, au niveau des connaissances
importantes pour une gestion efficace et intégrée
des risques liés à l'érosion, et blablabla. Toutefois, quand je lis, en bref,
là, le rapport de la commissaire, c'est assez alarmant, puis, en même temps,
bien, quand je prends le temps de le regarder, il y a quand même des
bonnes nouvelles aussi, puis je pense qu'il ne faut pas les oublier.
J'ai fait... Tu sais, on m'a donné quelques
informations. Entre autres, il faut souligner l'énorme travail qui a déjà été réalisé dans le cadre du projet
Résilience côtière. Celui-là a couvert 24 MRC, 123 municipalités et
10 communautés autochtones, 4 200 kilomètres de côte. Le
projet avait pour objectif d'accompagner les municipalités et de partager
l'information aux scientifiques disponible. Il a permis de produire un vaste
ensemble d'information pour appuyer la prise
de décision des acteurs locaux et en fonction des besoins exprimés par ces
derniers, évidemment, puis ces informations et les outils produits sont
toujours disponibles en ligne. Donc, ce n'est pas tout noir.
Il y a
aussi... dans le dernier plan de mise en oeuvre du Plan pour une économie verte 2030, rendu public en mai dernier, il y a des sommes
dédiées à la cartographie et à la diffusion des risques d'érosion et de
submersion côtières... ont, pour
cette raison, entre autres, été augmentées, cette année, de 2,5 millions,
pour cette raison, pour les monter à 11 millions sur cinq ans.
Pour la
première fois, une cartographie de submersion côtière pour les secteurs de
Maria, Bonaventure, Îles-de-la-Madeleine est en cours grâce au
financement octroyé par le Fonds d'électrification et de changements climatiques. Ces informations permettront de soutenir la prise de décision des
résidents des municipalités et autres acteurs locaux, rendant disponible
au bénéfice de tous une cartographie des risques actuels et des risques à
venir.
Les
ministères des Transports, de la Mobilité durable, de la Santé publique, de
l'Environnement, de la Lutte contre les
changements climatiques, de la Faune, des Parcs et des Affaires municipales et
de l'Habitation réaliseront des travaux pour identifier les
connaissances manquantes afin d'assurer une meilleure diffusion au cours des
prochaines années.
Donc, on ne
travaille pas ensemble, c'est long, mais il se passe quelque chose, puis moi,
je pense que tant qu'on est dans l'action... quand on est en action, on
est moins en réaction.
Donc, moi, j'aimerais ça avoir le point de vue
des trois ministères présents, dans l'ordre, peu importe. Le gouvernement est
conscient qu'il demeure des lacunes dans les connaissances disponibles et leur
accessibilité. Donc, ma question :
C'est quoi, les lacunes? Comment on va améliorer la situation? Est-ce qu'on a
les budgets disponibles pour répondre à ce constat? On commence quand?
Ça prend combien de temps?
Le Président (M. Caron) : Vous
souhaitez débuter par quel ministère, Sécurité publique?
M. Thouin : Ah bien, oui, pourquoi
pas?
Le Président (M. Caron) : Allons-y.
M. Croteau (Marc) :
Bien, d'entrée de jeu, pour avoir passé plusieurs années en environnement,
j'aurais beaucoup aimé avoir les budgets qui
sont maintenant octroyés en adaptation. Il y a eu l'injection de budgets, de
budgets historiques, pour
l'adaptation, qui ont été développés depuis les deux dernières années, et je
pense qu'il faut... il faut le noter.
Il y a un
élément que vous avez soulevé, M. le député, qui me touche particulièrement,
parce qu'effectivement il y a un constat qui est ressorti du rapport de la
Commissaire au développement durable sur le travail en silo, puis, je
tiens quand même à rassurer... à rassurer les gens qui nous écoutent, ce n'est
pas un travail en silo en tout temps.
Il y a des groupes de travail qui se rencontrent
régulièrement, groupes de travail qui touchent spécifiquement l'érosion ou la
submersion, où on voit la participation, évidemment, du ministère de la
Sécurité publique, on voit la participation
du ministère de l'Environnement, de la Lutte aux changements climatiques,
Faunes et Parcs, du ministère des Transports, du ministère des Ressources
naturelles, et ces groupes de travail se rencontrent trois, quatre fois par
année pour mieux coordonner et mieux planifier, mais là où la commissaire a
raison, c'est que le portrait global nécessite d'être mieux diffusé, mieux connu auprès des communautés qui font face
aux aléas de submersion et d'érosion côtières.
La bonne nouvelle qu'on a entendue au mois
d'août dernier, lorsqu'il y a eu annonce par le gouvernement du bureau de projets sur submersion et érosion
côtières... Ça va venir faire quoi au juste? Bien, en fait, on a des expertises,
chacun dans notre domaine, que ce soit au ministère des Transports, Mobilité
durable, à l'Environnement et chez nous,
Sécurité publique, et tout ça va, puis je fais un peu le portrait de
l'entonnoir, culminer avec le rassemblement de ces informations-là au
bureau de projets, qui a comme mandat de réaliser le portrait, le portrait des
enjeux et des problématiques d'érosion.
Il a aussi le mandat de définir les plans
d'intervention complémentaires à ceux qui sont déjà existants, donc, on va...
ça va être un ajout au niveau de la planification, d'assurer, et c'est là
qu'est l'importance par rapport à votre question, la concertation des parties
prenantes, l'arrimage, la diffusion, l'information, et, comme dernier élément
du mandat du bureau de projets, pour lequel
on va tous fournir de l'information, c'est de s'assurer d'avoir un accompagnement
et un soutien aux communautés locales, aux
municipalités et aux communautés, pour être capables de faire face aux aléas qui
font en sorte qu'ils vivent avec une certaine insécurité.
Donc, je vous dirais qu'avec les travaux qui ont
été faits depuis... depuis quelque temps, les budgets qui sont octroyés, les constats de la commissaire, je pense
qu'on est sur la bonne voie pour avoir une meilleure coordination des
travaux, des interventions par rapport à tout ce qui touche l'érosion côtière
et la submersion.
Le Président (M. Caron) : Il reste
environ quatre minutes, monsieur, allez-y.
M. Thouin : Merci.
M. Guay (Frédéric) : De manière complémentaire à mon collègue, évidemment, le bureau
de projets sera une instance centrale, là, pour aller, je dirais, concerter et
aller ramasser toute l'information sur la connaissance, mais chacun des
ministères demeure, donc, souverain dans son domaine d'expertise.
Pour... du côté des transports, en termes
d'acquisition de connaissances, nous avons déjà plus de
25 millions de dollars qui ont été... qui ont été octroyés pour
financer une cinquantaine de projets de recherche, donc, qui visent à acquérir la connaissance. Nous avons
procédé à la cartographie de zones exposées à la submersion côtière pour
le Québec maritime en collaboration avec l'Université du Québec à Rimouski et
nous avons procédé à un premier exercice
d'évaluation de l'exposition des infrastructures de transport à la submersion
marine, mais ce n'est pas tout. On n'a pas l'intention de s'arrêter là.
Là, on
souhaite également procéder à un portrait des besoins de développement des
connaissances, d'effectuer une collecte de données en climat réel pour
comprendre les phénomènes actuels et mesurer l'évolution des conditions
climatiques futures — très
important de connaître le climat futur — et d'élaborer un plan
d'acquisition des données et de développement des connaissances. Évidemment, on
a toujours l'intention de poursuivre le financement dans le domaine de la
recherche pour acquérir toujours plus de connaissances et s'améliorer à ce
niveau-là.
Donc, tout ça, dans le grand bureau de projets
qui a été constitué et sous... qui est sous la... nos collègues du ministre des
Affaires municipales et de l'Habitation. Donc, je pense que c'est vraiment la
meilleure réponse que le gouvernement pouvait donner, là,
en termes de concertation et d'acquisition de connaissances, la mise en place
de ce bureau-là, je le répète, j'en ai parlé
dans mon allocution, mais un bureau de projet, qui est quand même doté d'une
enveloppe de plus de 50 millions de dollars.
Donc, j'arrêterais mon intervention là pour
permettre à ma collègue, peut-être, de l'Environnement de dire quelques mots.
• (16 h 40) •
Le Président (M. Caron) : Absolument.
Il vous reste 1 min 50 s environ.
Mme Lizotte (Marie-Josée) : Oui. Il
y a beaucoup de choses qui ont été dites, mais je reviendrais sur le fait qu'il
y a quand même des choses qui ont été faites qui sont intéressantes. La
connaissance en adaptation, c'est une connaissance
qui est nouvelle. La recherche est relativement nouvelle par rapport à
d'autres. Donc, il y a beaucoup de choses à construire, mais le Québec
fait partie des provinces qui est le plus avancé au Canada dans la mise en
place de mesures de gestion de l'érosion et de la submersion côtières. Je pense
que c'est important que les membres de la commission
soient conscients de ça. On est un leader en termes de suivi des systèmes
côtiers. On a mis en place une série de réseaux qui n'ont pas
d'équivalent ailleurs au Canada ni ailleurs dans le monde.
Donc, on est la seule province qui a annoncé
notre intention d'élaborer un plan de gestion intégrée de l'érosion et de la submersion. Donc, il reste
beaucoup de choses à faire, mais il reste beaucoup de choses à faire ailleurs
aussi. Donc, on n'a pas... On a beaucoup
d'ambition, mais on n'a pas à être gênés de ce qui s'est fait déjà chez nous,
puis je veux remercier le député d'avoir fait état de ce qui s'est fait.
Le
Président (M. Caron) : Il vous reste 53 secondes dans ce bloc-là.
Est-ce que vous souhaitez qu'on le reporte sur le bloc suivant?
M. Thouin : Mais certainement pas.
Je vais...
Le Président (M. Caron) : Allez-y,
alors.
M. Thouin : Bien, peut-être... je
terminerais peut-être... Je relancerais le sous-ministre à la Sécurité
publique, qui nous disait tantôt qu'on travaille plus ensemble que, des fois,
ça peut le paraître dans un rapport froid, mais on a un problème de diffusion, peut-être qu'on ne diffuse pas assez
l'information. Parfait. Comment on change ça? Comment on peut faire pour mieux diffuser l'information
pour que tout le monde soit conscient de ce qui se fait, ce qui se réalise puis
ce qui est en train de se réaliser?
Le Président (M. Caron) : En
20 secondes.
M.
Croteau (Marc) : Merci. Bien, c'est un défi. C'est un défi de
s'assurer que la population puisse avoir accès à l'information, mais ce qui est
encore plus un défi, c'est que cette information-là soit vulgarisée et soit
compréhensible pour le commun des mortels. Donc, on a un plan d'action
que j'aurai peut-être l'occasion de vous en parler tantôt, là.
Le
Président (M. Caron) : Parfait. Merci beaucoup. Je cède maintenant la
parole à Mme la députée de Westmount—Saint-Louis pour
8 min 30 s.
Mme Maccarone : Merci, M. le
Président. Merci, Mme la commissaire, et à votre équipe, pour tout votre travail puis merci à toutes les équipes des
ministères qui sont parmi nous aujourd'hui. Très peu de temps pour échanger
avec vous, ça fait que je vais continuer tout de suite en rafale.
M. Croteau, j'ai des questions pour vous.
Je souhaite savoir... Dans votre discours, vous
avez dit : «Les constats du Vérificateur général du Québec sont clairs, il
faut en faire plus et mieux se coordonner. Nous y répondrons de façon
systématique et structurée.» Permettez-moi d'être un peu sceptique de ce
commentaire, rien contre vous personnellement, évidemment, mais, quand je fais ma recherche puis je vois qu'on a
déjà un comité de sécurité civile du Québec qui est en place, vous êtes
tous membres de ce comité, qu'est-ce qui va changer maintenant? Maintenant que
nous avons un nouveau plan d'action qui va
être réalisé dans trois ans avec toutes les mêmes personnes autour de la table,
pourquoi que c'est différent cette fois-ci?
M. Croteau (Marc) : Sans être redondant, le bureau de projets sur l'érosion et
la submersion, annoncé en août dernier, va
être le point de chute, la plateforme idéale pour rassembler nos connaissances,
rassembler nos expertises et surtout être en lien avec les communautés.
Donc, je comprends votre scepticisme, mais moi, je suis très confiant qu'avec
le bureau, Mme la députée... M. le Président, pardon... M. le Président, très
confiant qu'avec le bureau de projet mis en place... qu'on va être capables de
répondre aux besoins de la population.
Mme Maccarone : Mais pourquoi que
vous n'avez pas pu réaliser le mandat auparavant? Parce que les changements
climatiques, ce n'est pas nouveau. Je suis contente que nous avons fait ce
travail, mais pourquoi, aujourd'hui, maintenant, vous êtes confiants, mais,
dans le passé, avec ce comité, on n'a pas pu réaliser ce qui était nécessaire, on voit l'effet des changements
climatiques, tellement nécessaire qu'on a dû avoir un rapport déposé par la
Vérificatrice générale?
M.
Croteau (Marc) : Bien, écoutez, le dossier
de l'adaptation prend de l'ampleur depuis quelques années, deux, trois ans, et
c'est vrai, ce que dit ma collègue la sous-ministre Lizotte, qu'on est en
avance sur... puis ce n'est pas une réponse,
là, mais on est quand même en avance sur plusieurs... Moi, je parle beaucoup
avec mes collègues des autres provinces. Je suis en lien avec eux. On est en
avance sur à peu près tout ce qui se fait au niveau de l'adaptation, puis pas seulement en érosion côtière. Au niveau
des inondations, on a un plan d'action qui est très, très, très actif et qui
finit par rassurer.
Est-ce que c'est parfait? Est-ce qu'on peut
intervenir partout où est-ce qu'on le peut? Prévoir partout, c'est impossible.
Prévoir partout, c'est impossible. Est-ce qu'on aurait prévu... prévu qu'il y
aurait eu effectivement, là, le bris à Sainte-Marthe-sur-le-Lac? Non. Est-ce
que la rivière du Gouffre, M. le Président, qu'on a vécu ce printemps... Là, je
vous parle d'inondation, je ne parle pas d'érosion, mais on parle d'adaptation
dans son ensemble. Est-ce qu'on aurait pu prévoir que cette rivière-là, tout
bonnement, soudainement, après, quoi, 50 ans sans avoir d'inondation,
d'inondation importante dans ce secteur-là, tout à coup, c'est le désastre, là,
pendant une journée?
Donc... Et puis je comprends la députée de NDG,
pardon, Notre-Dame-de-Grâce, tantôt, qui parlait du délai pour avoir le plan,
mais, pour être capables de faire un plan au niveau de l'adaptation, il faut
être capables d'avoir la connaissance de tout ce qui se passe sur le territoire
québécois, quels sont les aléas, quels sont les risques, et, pour être capables d'avoir un plan efficace, il faut
être capables de connaître ces plans-là, donc de là le délai. Et ma confiance
avec le bureau de projets, c'est parce qu'on y voit effectivement une meilleure
collaboration dans les actions, une
meilleure collaboration, un meilleur investissement de tous aussi pour être
capables d'arriver au même... au même point.
Mme Maccarone : Et, en parlant
d'investissement, lors de vos échanges avec le collègue du gouvernement puis
aussi dans votre présentation ou votre discours, vous avez parlé de prévention,
intervention, partenariat, puis on a parlé de budget, puis je comprends que,
maintenant, on est contents parce qu'on a du budget qui est alloué, mais
qu'est-ce qui explique que, dans le passé, le ministère de Sécurité publique
n'a jamais fait application pour avoir des subventions
du gouvernement fédéral? Je comprends que, maintenant, ça a été soulevé par la
commissaire, puis ça fait partie de votre plan d'action, mais qu'est-ce qui
explique, dans le passé, que nous n'avons jamais fait cette application?
On a perdu combien d'argent puis on vise combien dans un futur?
M. Croteau (Marc) : Le premier programme fédéral, qui s'appelle le FAAC, le
fonds d'atténuation et d'adaptation aux changements climatiques, nécessite des
projets de plus de 20 millions de dollars. Donc, au moment d'avoir la possibilité de déposer, nous n'avions
pas de projet de plus de 20 millions de dollars. Donc, voilà pour ce
qui est du FAAC.
Pour ce qui est du BEI, l'entente bilatérale...
pardon, l'entente sur le financement...
Mme Maccarone : ...
M. Croteau (Marc) :
Oui, c'est... Chez nous, c'est les acronymes, hein, madame... M. le Président,
pardon, c'est les acronymes chez nous. Pour
ce qui est de l'entente bilatérale avec le fédéral, on a d'ailleurs des projets
qui sont actuellement à l'étude, là, depuis... depuis quelque temps.
Donc, ce n'est pas... ce n'est pas de l'argent qui est perdu.
Mme Maccarone : Ce n'est pas de
l'argent qui est perdu, mais c'était quand même soulevé, dans le rapport, qu'on
n'a jamais fait application pour avoir accès à des fonds du gouvernement
fédéral.
M.
Croteau (Marc) : Bien, si vous voulez, M. le Président, je peux
peut-être laisser ma sous-ministre associée répondre, s'il vous plaît.
Le Président (M. Caron) : Oui, je
vous en prie, allez-y.
Mme Petit (Katia) : Oui. Donc, en
fait, peut-être juste préciser que l'entente bilatérale, c'est quand même assez
récent dans le temps, puis les projets qu'on présente, c'est des projets, je
dirais, qui avaient déjà... qu'on a déjà financés, donc qu'on va chercher a
posteriori le financement. Ça nous permet, par la suite, de récupérer des
sommes puis de les investir dans d'autres projets.
Donc, entre autres, il y en a un qui est en
inondation, là, parce que ce n'est pas juste en érosion des berges, Coaticook,
qu'on avait conclu. On est allés chercher un 40 % du fédéral puis, par la
suite, on le réinvestit dans d'autres projets. Donc, actuellement, on a un
projet qui est accepté. On a cinq autres demandes qui est à l'étude du côté fédéral, mais c'est pour des projets qu'on a
financés dans le passé. Donc, à terme, c'est quand même bénéfique, là. On
va aller récupérer ces sommes-là puis les réinvestir dans des nouveaux projets.
Mme Maccarone : Je suis contente
d'échanger avec vous parce que, je m'en souviens, lors de le débat pour le projet de loi n° 14,
on a parlé beaucoup des schémas de couverture, puis j'ai appris, avec cet
échange, présentement, qu'on parle de ces cartes de zones. Je présume
que c'est vous qui êtes responsable de ça, parce qu'on... ça a été soulevé, ça
fait 10 ans depuis... qu'on en a plusieurs qui n'ont pas été renouvelées.
Qu'est-ce qui explique ce retard? C'est comme une lacune, parce qu'on a
plusieurs zones de cadre normatif. On ne sait pas si on doit changer les interdictions de construire des nouveaux
bâtiments, par exemple. Peut-être, je n'utilise pas le bon terminologie, vous
me corrigera, puis, s'il vous plaît,
me laisser un peu de temps pour une dernière question, mais qu'est-ce qui
explique ce délai?
Mme
Petit (Katia) : Le délai pour la production des cartes de contraintes?
Mme
Maccarone : Oui, le renouvellement de 10 ans, c'est beaucoup.
Mme Petit
(Katia) : En fait, c'est un travail qui est... qui est quand même
assez... assez long, dans le temps, à produire. Nous, on le fait en partenariat
avec l'UQAR, qui est vraiment l'université qui a les plus grands experts en génie côtier. Donc, ils vont nous fournir, du côté
de l'UQAR, les données brutes, donc les marges de sécurité, là, qu'on devrait
réserver, qu'on devrait empêcher la construction ou respecter, c'est ça, pour
être en mesure d'assurer la sécurité de la
population. Par la suite, nous, on les transmet au MAMH, qui... elle les...
qui... la ministre les introduit dans les
OGAT. Ensuite, ça va dans les schémas de... bien, voyons, excusez-moi,
d'aménagement. Donc, c'est quand même un processus qui est assez long et
qui est assez fastidieux.
• (16 h 50) •
Donc là, on a des
sommes additionnelles qui vont nous permettre d'aller chercher la donnée
manquante aussi pour 12 des 21 MRC, là,
qui n'étaient pas... qui n'avaient pas été cartographiées. Puis, dans
l'intervalle, juste vous rassurer sur
une chose, c'est que ces MRC là n'avaient pas rien du tout non plus. Ce qu'on
fournissait, c'est un autre type de carte, des cartes de type côte. Donc, en fonction de la géomorphologie de la côte,
est-ce que c'est du sable, du roc, etc., on leur fournissait des
données, par exemple, cinq mètres de marge, donc, à respecter, ce genre de
choses là. Donc, il y avait quand même des mesures pour assurer la sécurité de
la population, là. Donc, on reprend et on s'est engagés à réaliser les
12 manquantes d'ici 2026.
Mme
Maccarone : Merci. Je sais que ça ne va pas... bien, ça n'a pas fait
partie du mandat de la Vérificatrice générale,
mais je souhaite poser une question par rapport à les feux de forêt, parce
qu'on parle de changements climatiques, c'est essentiel. On a tous été témoins des feux de forêt que l'on... vus
l'été passé. Je pense qu'on devrait redoubler nos efforts. On a perdu de
la vie, puis ça prend une coordination. Puis, encore une fois, M. Croteau,
dans votre discours, vous avez parlé de...
«nos interventions seront ajustées». Est-ce que, dans la mesure de ce que vous
allez ajuster, nous allons voir aussi des modifications au sein de ce
que nous avons besoin de mettre en place pour les feux de forêt, qui ont
contribué grandement à des... qui sont là à cause des changements climatiques?
M.
Croteau (Marc) : Absolument, M. le
Président. D'ailleurs, c'est avec beaucoup d'enthousiasme que j'ai pris
connaissance de la mise à jour économique aujourd'hui. On avait soulevé un
besoin, un besoin de plusieurs dizaines de
millions de dollars, pour être capables de sécuriser les communautés avec les
bandes de protection, qu'on a vu, de
façon... de façon assez artisanale, se développer cet été, mais là on va les
pérenniser, donc, avec ces sommes d'argent là, et on va assurer d'autres communautés aussi, au niveau de la protection
par rapport aux feux de forêt, avec les sommes d'argent qui nous ont été
dévolues aujourd'hui.
Mme
Maccarone : Très contente de le savoir. Comme vous le savez sans
doute, j'ai déposé un mandat d'initiative demandant au gouvernement d'étudier
ce qui se passe en ce qui concerne changements climatiques, puis l'impact qu'on
a avec les feux de forêt, ainsi que l'impact sur nos pompiers, parce que,
malheureusement, on a des pompiers qui...
avec un manque de formation. On n'a pas une formation coordonnée. Il y en a qui
ont perdu leur vie. Ça fait que j'espère qu'on va pouvoir faire suite de
ceci.
Le Président (M.
Caron) : ...vous interrompre, Mme la députée.
Mme
Maccarone : Aucun problème, M. le Président, merci du temps alloué.
Le Président (M. Caron) : Alors, je cède la parole
maintenant au député de Gatineau pour une dizaine de minutes environ. M.
le député.
M. Bussière :
Parfait. Merci, M. le Président. Et bonjour à tous. Merci d'être présents
avec nous, et c'est un plaisir pour moi d'échanger avec vous aujourd'hui.
Donc, j'y vais avec
ma première question, là. Dans un plan d'adaptation des changements climatiques
lié à des risques d'érosion et à la submersion côtières qui permettrait d'avoir
une vision globale et une coordination plus efficace des interventions d'adaptation
à y apporter, allez-vous faire des projections des changements climatiques à venir dans le temps, et jusqu'à quand, afin d'y
faire des recommandations, disons, plus judicieuses en ce qui a trait aux
travaux à y apporter et aux correctifs à y apporter? Donc, j'aimerais avoir des
réponses d'un peu les trois ministères, finalement, là.
Le Président (M.
Caron) : Par qui souhaitez-vous commencer?
M. Bussière :
On pourra peut-être commencer avec les Transports.
Le Président (M.
Caron) : Allez-y, M. Guay, ou quelqu'un de votre équipe.
M.
Guay (Frédéric) : Si vous permettez, M. le
Président, je céderais la parole à mon sous-ministre adjoint, M. Pellerin.
Le
Président (M. Caron) : Bien entendu, allez-y.
M. Pellerin (Frédéric) : Alors, M. le Président,
on est toujours en... On approfondit nos connaissances par rapport aux
changements, c'est toujours évolutif, mais, une fois ça dit, on n'attend pas
d'avoir toutes les connaissances. On a déjà adapté certaines normes de
conception de nos ouvrages pour tenir compte des changements climatiques. Donc,
lorsqu'on reconstruit des ponts, des ponceaux, par exemple, on va les... on va
faire les calculs en fonction des nouveaux standards qui sont maintenant connus
dans le milieu pour justement être capables de mieux résister aux épisodes
soudains et plus forts, là, des changements avec lesquels on doit composer.
M. Bussière :
Et, quand vous dites que vous travaillez déjà avec une certaine adaptation,
vous savez qu'on a... Présentement, ce qui se passe actuellement, bien, on a
des... en plein été, souvent, des pluies diluviennes qui nous amènent des
volumes d'eau extraordinaires, qui font en sorte que des endroits qu'il y a des
ponceaux d'une certaine ampleur ne suffisent plus, et de loin, mais tenez-vous
compte aussi de tous les changements à venir? Parce que, vous savez, dans une
planification, quand tu changes un ponceau ou tu construis quelque chose, ce
n'est pas pour 10 ans, ce n'est pas
pour 20 ans, tu espères pour beaucoup plus longtemps. Donc, dans cette
planification-là, est-ce que ça a été tenu compte?
M. Pellerin
(Frédéric) : Oui, tout à fait. Par contre, il faut toujours garder à
l'esprit que, par exemple, pour nos
structures, c'est entre 60 % et 70 % des structures qui ont été
construites entre les années 60 et 80. Donc, c'est des structures qui sont à refaire, mais qui sont
encore sur place avec les standards de l'époque. Donc, des ponceaux construits,
à l'époque, avec des normes d'il y a
plusieurs années, bien, ils ne suffisent plus, mais, lorsqu'on les reconstruit,
on les fait avec les nouvelles normes qui, eux, tiennent compte des
épisodes soudains auxquels nous sommes confrontés maintenant.
M. Bussière :
Merci. Et j'imagine que vous avez un inventaire de toutes vos
infrastructures et structures comme
ponceaux, quels types, quelle grosseur. Donc, on pourrait déjà commencer à une
planification du futur lorsqu'on... et être capables de prévoir des
budgets en conséquence?
M. Pellerin
(Frédéric) : Tout à fait. Lorsqu'on fait un projet aujourd'hui, on
n'attend pas ces événements-là. Lorsqu'on
fait un projet de reconstruction, on tient compte des nouvelles données. Donc,
on grossit les ouvrages, que ce soient les ponceaux... ou on va calculer la
hauteur des structures en fonction des données actuelles et futures... en fait,
les données actuelles, mais qui nous permettent de tenir compte des changements
à venir dans le futur.
M. Bussière :
D'accord, et peut-être, là, ministère de l'Environnement...
Mme Lizotte
(Marie-Josée) : Oui, bien, je vous donnerais un premier niveau de
réponse. On est en train actuellement de travailler toute la cartographie des
zones inondables et puis on travaille ça en climat futur. Donc, dès maintenant,
on travaille en climat futur pour essayer de prévoir le mieux possible. Puis je
céderais la parole à mon collègue Jean-François Gibeault pour vous donner plus
d'information détaillée.
M. Gibeault
(Jean-François) : Oui, merci, Mme Lizotte. Donc, exactement, les
changements climatiques ont la particularité de faire en sorte que ce qu'on a
appris d'expérience, comme gouvernement, par des faits du passé, des statistiques du passé, n'est plus maintenant
un bon révélateur de ce qui s'en vient devant nous. Donc, la démarche
d'adaptation, on la structure souvent en trois étapes importantes.
La
première, c'est l'acquisition de connaissances, développer notre savoir, et,
comme le mentionnait Mme Lizotte, si on parle, par exemple, de
l'aléa inondations, on a déjà une connaissance puis des outils, donc, une
cartographie qui nous permet de voir venir
ou de mieux prédire la matérialisation des risques en climat futur, mais il y a
plusieurs aléas. Les feux de forêt en sont... en sont un autre, les
îlots de chaleur en sont un autre, les événements en cascade. Pensez aussi aux
catastrophes naturelles qui sont, par exemple, liées aux tempêtes qui remontent
le long de la côte est. Donc, tous les aléas,
et on en a identifié plusieurs, on n'a pas le même niveau d'appréciation de la
connaissance et de cartographie en climat futur.
Donc, c'est
exactement la démarche qu'on est en train de mettre en oeuvre au ministère, et
c'est aussi au coeur du mandat du groupe
d'experts dont il a été question un petit peu plus tôt. Donc, monsieur... deux
éminents experts du Québec, là,
M. Alain Webster, qui est président du Comité consultatif en changements
climatiques, M. Alain Bourque, qui est directeur général d'Ouranos,
évidemment, qui est une organisation, je vous dirais, mondialement connue, un consortium de recherche universitaire qui fait le
lien, justement, avec les opérations beaucoup plus... beaucoup
plus terrain, bien, eux ont le...
avaient déjà le mandat, en fait, donné par le ministère de l'Environnement, de
procéder à une appréciation globale des risques au Québec et de le faire
en climat futur.
Donc, ça, ça permet
de prioriser et ça fait partie des recommandations que le groupe devra amener,
d'amener la priorité en matière de développement des connaissances et de nous
dire, en fonction du climat futur, à quel endroit les interventions devront être privilégiées. Donc, c'est précisément le
sens de la démarche, là, dans le fond, du gouvernement, mais aussi du
groupe d'experts, là, qui a été mandaté récemment.
M. Bussière : Et, dans toutes vos
recommandations, là, j'imagine qu'au fil du temps on devra aussi s'ajuster et modifier les recommandations parce qu'on se
rend déjà compte que le réchauffement climatique s'accélère et puis ce qu'on s'imaginait qui allait se passer dans 20 ans est
maintenant dans 10 ans et même moins. Donc, avez-vous pensé à tout ça?
M. Gibeault (Jean-François) : Bien,
vous avez raison que, quand on travaille en climat futur, une des bases du travail,
c'est les scénarios de réchauffement, des choses qu'on entend régulièrement
parler, qui nous viennent, par exemple, des
groupes internationaux comme le GIEC. Donc, évidemment que c'est les scénarios
de réchauffement qui sont utilisés, et, si, par exemple, au fil des
années, on modifie les scénarios qui sont utilisés, ça prend une adaptation
rapide, après ça, des priorités puis des plans qui viennent ensuite
matérialiser l'action.
• (17 heures) •
M. Bussière : Oui, à votre tour.
M. Croteau (Marc) : De notre côté, je pense... je pense qu'il est important de
signaler la façon avec laquelle on priorise
nos actions et nos interventions au ministère de la Sécurité publique. À l'intérieur de «climat
futur», on fait du travail,
évidemment, avec Ouranos, on se fie aux données qui nous sont transmises. Et
l'expertise qu'on a développée a été
associée à tout le travail qu'on a fait avec l'Université du Québec à Rimouski, où on trouve, en fait, le plus grand bassin d'experts par
rapport à l'érosion côtière.
Donc, on a
quatre grands critères avec lesquels on va travailler pour déterminer nos...
notre champ d'intervention, nos
actions dans le cadre de la prévention des sinistres. D'abord, le niveau de
risque. C'est quoi, le niveau de risque d'une situation? Que ça soit à
Maria, que ça soit dans Baie-des-Chaleurs, peu importe, c'est quoi, le niveau
de risque? Deuxièmement, l'occurrence, la probabilité qu'effectivement
l'érosion côtière ou la submersion peut occasionner des problèmes pour les communautés. Les conséquences, évidemment, doivent
être analysées aussi. Est-ce que c'est une côte qui est habitée avec une
certaine densité? Est-ce que c'est une côte où on ne retrouve pas de résidence,
mais on peut retrouver, par exemple, des
trésors écologiques, là, là aussi? Donc, toute cette analyse-là se fait. Et,
évidemment, un des facteurs avec lesquels on fait face régulièrement,
c'est l'acceptabilité sociale. On a déposé des projets avec des communautés, M. le Président, que les communautés
ont refusés. Les communautés ont refusé qu'on fasse des interventions
pour protéger la côte parce que les travaux pouvaient, par exemple, obstruer la
vue qu'ils ont toujours eue, ou peu importe.
Donc, c'est le quatrième critère qui vient en jeu. Mais, évidemment, il y a
quelque chose qu'il ne faut jamais oublier,
s'il y a imminence de risques, s'il y a imminence d'un sinistre, évidemment,
les critères sont mis de côté, puis il y a action immédiate.
M. Bussière : ...que c'est important
parce qu'on protège la vie des gens et des communautés, là. C'est très
important. Donc, merci.
Le
Président (M. Caron) :
Il reste 26 secondes. Est-ce que vous les
attribuez au bloc qui va terminer la... Oui? Alors, je cède maintenant
la parole à Mme la députée de Verdun, pour 8 min 30 s, Mme la
députée.
Mme Zaga
Mendez : Merci, M. le Président. Je remercie Mme la
Vérificatrice générale... pardon, Commissaire
au développement durable, je m'excuse, tout... la présence des
sous-ministres aujourd'hui, les collègues également.
Comme je n'ai pas beaucoup le temps... J'ai
trois questions que j'aimerais aborder. La première est très précise, là. Tout à l'heure, Mme la sous-ministre
du ministère de l'Environnement nous parlait du plan de gestion intégrée,
et j'aimerais juste préciser c'est quoi, les
délais, en termes de présentation du plan de mise en oeuvre, mais aussi de
savoir s'il y a des outils d'évaluation de ce plan-là afin d'atteindre et de
répondre aux critiques qui sont émises dans le rapport aujourd'hui.
Mme Lizotte (Marie-Josée) : Oui. En
fait, c'est dans notre plan de... le plan d'action qu'on a présenté au Commissaire
au développement durable, où on a identifié les actions qu'on allait faire, là,
pour élaborer notre plan de gestion intégrée sur l'adaptation au risque
d'érosion et de submersion côtière. Le plan, il va comprendre, bien, les objectifs visés, la planification générale et
évolutive, les principales interventions à réaliser, notamment le développement
des connaissances, la cartographie, les interventions, les échéanciers. On
prévoit déposer un état d'avancement de l'élaboration
de notre plan de gestion déjà en juin 2024 puis la publication de notre plan de
gestion intégrée au 31 mars 2026.
Notamment, il va y avoir, dans ce plan de gestion là, les cartographies d'aléas
en climat futur, le développement des connaissances. On veut présenter
aussi la... Voilà. En gros, c'est ça que va comporter notre plan.
Mme Zaga Mendez : Parfait. Bien,
vous répondez à une partie. Je vais continuer à ma... pour ma deuxième question, qui s'adresse à l'ensemble des
ministères. La grande critique dont on prend part aujourd'hui, c'est la
question de la coordination, d'essayer de travailler moins en silo. Et
j'entends qu'il y a différentes stratégies qui sont mises en place... en
oeuvre, que ce soient des plans d'action, des différents comités structurels,
etc.
J'aimerais vous amener sur un autre type de
réflexion en ce qui concerne la gouvernance, c'est-à-dire que, les différents ministères qui sont représentés
ici, vous avez d'autres mandats que l'adaptation, puis c'est tout à fait normal.
Il y a certaines juridictions qui ont opté pour une autre approche, en termes
de gouvernance, c'est-à-dire donner un seul mandat, que ce soit à une identité
ou à un ministère qui a la gestion des urgences, catastrophes climatiques. C'est le cas en Colombie-Britannique, où
est-ce qu'il y a seulement un ministère qui a ce mandat-là. Ça fait que
j'aimerais vous entendre là-dessus, comment vous verriez une combinaison
des forces autour d'un type de ministère qui a comme seul et unique mandat l'adaptation aux changements climatiques, et qui
viennent aussi avec des fonds qui sont gérés de façon
plus centralisée, donc une mise en oeuvre globale, que ce soient des fonds
qu'on appelle d'urgence climatique. Donc, je ne sais pas, je vais peut-être
relancer le sous-ministre.
M.
Guay (Frédéric) : Peut-être que le
ministère des Transports n'est pas le meilleur pour commencer la réponse, mais je vais quand même me lancer et vous
rappeler que le choix du gouvernement du Québec a été non pas de mettre un ministère, mais de mettre le Bureau de
projets sur l'érosion côtière et la submersion, donc, en place, lancé le
31 août dernier. Donc, c'est le choix du gouvernement comme type de
gouvernance.
Tantôt,
il y avait des... une réflexion sur le fait de qu'est-ce que ça va changer par
rapport à la situation actuelle, où on a différents comités,
sous-comités qui sont déjà existants. Bien, de ma perspective à moi, il y a une
grande différence au niveau de la
gouvernance entre participer à des comités et être associé dans une structure
de gouvernance forte dans laquelle on doit dédier ou associer des
ressources. C'est le cas de chacun des ministères qui est ici présent. Le ministère des Transports et de la Mobilité
durable associe six ressources, donc, à ce bureau de projets, et c'est la même
chose pour chacun de mes collègues qui associe également des ressources. Donc,
au niveau de la gouvernance, on va se
trouver renforcés dans cette instance qu'est le bureau de projets et qui a
comme mandat, notamment, là, d'acquérir des connaissances, de planifier des projets, de réaliser des projets avec un
budget quand même de plus de 50 millions de dollars qui est
associé à ce bureau de projets là.
Et, 50 millions,
c'est pour, je dirais, ce qui est associé au bureau de projets, mais il y avait
quand même des investissements en termes
d'érosion et de submersion côtières de plus de 100 millions de
dollars qui étaient déjà annoncés. Donc,
pour ce qui est du côté du ministère des Transports, là, on croit vraiment que
l'instance de gouvernance qui est là va améliorer, je dirais, là, la
concertation entre les ministères concernés.
Une voix : Peu
importe...
Le Président (M.
Caron) : ...allez-y, monsieur...
Mme Lizotte (Marie-Josée) : Oui.
En fait, je compléterais la réponse. Bien, d'une certaine manière, c'est déjà
le cas, c'est-à-dire que c'est le rôle du
ministère de... du MELCCFP de coordonner l'adaptation en changements climatiques.
Le gouvernement a choisi d'avoir un plan pour une économie verte avec un plan
de mise en oeuvre qui est mis à jour à chaque année, puis il assure le
financement de ce plan-là avec le fonds en électrification et des changements
climatiques, qui comprend aussi l'adaptation. Puis ce fonds-là est financé avec
le marché du carbone. Puis le... ce qui est fait comme choix de coordination,
c'est que chaque ministère internalise les enjeux en adaptation et non un seul
ministère qui le fait pour l'ensemble du gouvernement, mais c'est coordonné par
le ministère, chez nous. C'est notre rôle de faire ça.
M.
Croteau (Marc) : Et moi, je vais aller sur
le terrain vaseux, M. le Président...
Le Président (M.
Caron) : Allez-y, M. Croteau.
M.
Croteau (Marc) : ...puis répondre
directement à la question : Est-ce qu'un ministère sur l'adaptation des
changements climatiques ferait un meilleur emploi, une meilleure protection de
la population? Moi, je ne pense pas puis je
vais vous dire pourquoi, parce que l'adaptation touche de façon horizontale
toutes les communautés : ça implique les affaires municipales, ça
implique le transport, ça implique l'environnement par rapport à la protection
de l'environnement, ça implique sécurité
publique par rapport, par la suite, aux sinistres, l'intervention au niveau des
sinistres. On aurait la même situation.
Donc, ce qu'a soulevé
mon collègue des Transports, que le bureau de projets, c'est son rôle, c'est un
peu l'équivalent que jouerait un ministère d'adaptation, mais de façon plus
souple, plus flexible et, à mon avis, beaucoup plus efficace que la mise en place d'un ministère horizontal, qui
nécessite l'intervention de plusieurs ministères et une plus grande
coordination nécessaire. Voilà.
Mme Zaga
Mendez : Merci. Combien de temps qu'il...
Le Président (M.
Caron) : 1 min 30 s, Mme la députée.
Mme Zaga Mendez : Merci. Merci pour vos
réponses très appréciées. J'ai une question pour le sous-ministre de la
Sécurité publique, rapidement. Quand on prévoit ce qu'on appelle le concept des
pertes et dommages, bien sûr, il y a les infrastructures publiques, mais aussi
les dommages privés. Qu'est-ce qu'on a au Québec en ce moment pour
prévoir et calculer la gestion des risques,
surtout dans un environnement mondial où les assurances sont en train de
couvrir de moins en moins l'impact des changements climatiques dans les
zones côtières?
• (17 h 10) •
M.
Croteau (Marc) : M. le Président,
j'apprécie énormément la question. Parce que j'ai un mandat qui m'a été donné
par notre ministre, à la suite de discussions, il y a de ça maintenant sept ou
huit mois, de moderniser et de revoir tout
l'aspect de la Loi sur la sécurité civile afin de mettre en place, pour nos
communautés, pour nos citoyens... nos concitoyens une meilleure
connaissance, une meilleure préparation aux sinistres potentiels, une meilleure
façon d'intervenir, une meilleure coordination au niveau d'interventions au
niveau des sinistres pour venir encore mieux soutenir nos municipalités.
Je
vous rappelle, M. le Président, que, sur les 1 100 quelques municipalités,
il y en a 100 qui ont plus de 10 000 de
population. Les 1 000 autres municipalités ont moins de 10 000 de
population. Ils n'ont peut-être pas la force nécessaire, les ressources
nécessaires, autant financières qu'humaines, pour faire face aux sinistres.
Donc, ce que le
ministre nous a demandé, c'est de voir comment on pourrait, avec une
modernisation de la Loi sur la sécurité
civile, de... revoir le tout pour donner une plus grande confiance aux citoyens
puis ultimement utiliser un peu ce
qui a été soulevé par M. le député tantôt sur le paragraphe 25, est-ce que les
argents investis font en sorte qu'on économise, en bout de ligne.
Le Président (M.
Caron) : Je dois vous interrompre, malheureusement.
M.
Croteau (Marc) : Ah! j'aurais pu continuer
longtemps, M. le Président.
Le Président (M. Caron) : Alors, je cède maintenant
la parole à Mme la députée de Laval-des-Rapides pour un peu plus de 10 minutes. Mme
la députée, allez-y.
Mme
Haytayan : Merci, M. le Président. Bonjour à toutes et à tous. Merci
pour votre temps. Question sur la résilience côtière : Comment l'indice de
priorisation des interventions basées sur les principes de gestion de risques est-il utilisé pour évaluer les besoins
d'intervention le long du territoire côtier couvert par le projet de résilience
côtière?
Le Président (M.
Caron) : Est-ce que la question s'adresse à M. Croteau?
Mme
Haytayan : Oui, ministère de la Sécurité publique. Merci.
Le Président (M.
Caron) : Allez-y, monsieur.
M. Croteau (Marc) : Je vais faire un peu de pouce sur ce que je disais tantôt avec la
réponse, M. le Président, à la question du député de Gatineau — très
belle région, d'ailleurs, M. le député, je tiens à vous dire. Alors, ceci étant
dit, ce que je disais tantôt, c'est que la
façon qu'on analyse les interventions, au ministère, basée sur quatre grands critères,
critères qui ont été développés avec l'Université du Québec à Trois-Rivières pour être capables de déterminer quel est le
risque de sinistre potentiel, érosion, submersion, quelle est l'occurrence
potentielle — donc
est-ce quelque chose qui arrive à chaque année ou est-ce quelque chose
qui risque d'arriver dans 10 ans, dans 15 ans ou qui n'est pas arrivé
depuis 10, 15 ans — quelles
sont les conséquences «régions» — je
disais tantôt, régions habitées, régions touristiques. On l'a vécu avec
la municipalité de Percé, M. le Président, où ça a été toute une difficulté
d'être capable de faire la recharge de
plages pour maintenir la beauté de Percé aussi en même temps, là. Donc, c'est
un défi pour être capable d'avoir ce
que... Le denier critère qu'on va chercher, c'est l'acceptabilité sociale.
Donc, ça a pris beaucoup de discussions. Puis j'utilise cet exemple-là
parce que c'est un exemple qui a bien fonctionné, un travail d'équipe avec le
ministère de l'Environnement, avec le
ministère des Transports, parce qu'évidemment ils ont... ils ont refait la
route à Percé. Donc, c'est quatre grands critères, là, Mme la députée...
M. le Président, pardon, avec lesquels on vient définir les priorités.
Mme Haytayan :
Parfait. Merci. Puis comment
prévoyez-vous élaborer et mettre en oeuvre l'indice de priorisation des
interventions, toujours pour la submersion?
M.
Croteau (Marc) : M. le Président, le...
Mme
Haytayan : Je peux répéter. M'entendez-vous bien maintenant?
Une voix : ...
Mme Haytayan :
Maintenant, m'entendez-vous bien? Oui? Parfait. Je vous demandais également
comment vous prévoyez élaborer et mettre en oeuvre l'indice de priorisation des
interventions pour la submersion.
M. Croteau (Marc) : Avec une planification, une planification basée sur... sur trois à cinq ans d'intervention.
Évidemment, associé à ça, hein? C'est... À chaque année, il faut revoir les
budgets qui y sont associés.
Et puis je reviens à
l'intervention que je faisais tantôt, M. le Président : s'il y a imminence,
évidemment, les critères sont mis de côté, et on agit. Donc, c'est à
l'intérieur d'un plan d'action sur cinq ans.
Si
vous me permettez, M. le Président, il y a d'autres éléments qui viennent...
j'appelle ça des «sous-éléments», là,
pour la priorisation des actions au ministère : d'abord, la longueur de
côtes du secteur, le type de côtes, le nombre de bâtiments, c'est ce que
je vous disais tantôt, la valeur des immeubles qui sont exposés, la valeur des
routes qui sont exposées, la valeur totale des éléments exposés, c'est-à-dire
les enjeux économiques — l'exemple
de Percé, c'est un bel exemple — le
nombre total de bâtiments actuellement exposés à l'érosion d'ici 2029 — donc
on voit ce qui est planifié à l'intérieur
des schémas d'aménagement des MRC et des planifications des municipalités — l'exposition
à la submersion et évidemment l'estimation des coûts des travaux de protection,
donc, qui sont tous des sous-secteurs, là, des sous-critères, que je
peux dire, pour déterminer le plan d'action.
Mme Haytayan : Merci.
Merci, M. le Président. Monsieur a répondu à ma prochaine question, alors c'est
parfait. Je continue. Comment envisagez-vous
de collaborer avec d'autres ministères et d'autres organismes au sein du comité
de gouvernance interministériel, toujours sur les interventions en milieu
côtier pour une gestion intégrée des risques côtiers?
M. Croteau (Marc) : C'est le partage d'informations et le partage d'expertise
qui va être canalisé, comme on disait tantôt, auprès du bureau de projets. On
croit que ça va être l'élément qui va être capable de rassembler toutes... toutes nos expertises qu'on a dans les
différents ministères, mais plus important encore, d'être plus près de la
réalité des communautés. Le rôle du bureau de projets, c'est d'être en lien
direct avec les communautés locales. Donc, on va être capables de voir les
expertises au niveau global, comment elles vont atterrir au niveau local avec
le bureau de projets.
Mme Haytayan : Merci. Merci. Du côté
du ministère du Transport maintenant, comment mesurez-vous l'impact des actions
entreprises depuis 2018 sur la réduction de la vulnérabilité du réseau routier
aux risques côtiers?
M. Guay (Frédéric) : Oui, bien, si vous me permettez, M. le Président...
Le Président (M. Caron) : Allez-y.
M. Guay (Frédéric) : ...je céderais la parole au sous-ministre,
M. Pellerin, adjoint.
Le Président (M. Caron) : Bien
entendu. Allez-y.
M. Pellerin (Frédéric) : Bien,
pouvez-vous répéter la question?
Mme Haytayan : Oui, bien sûr. Je
demandais comment vous mesurez l'impact des actions entreprises depuis 2018 sur
la réduction de la vulnérabilité du réseau routier aux risques côtiers?
M.
Pellerin (Frédéric) : Un peu... Nous aussi, on a déterminé des indices
de priorisation de nos interventions par rapport à l'érosion et à la
submersion, évidemment, en lien avec le réseau routier. Donc, pour l'indice érosion,
d'abord, on évalue, un peu comme le ministère
de la Sécurité publique, les aléas, les probabilités qu'elle survienne, avec
les conséquences. On le mesure sur des segments de 10 mètres, donc
ça nous permet de vraiment cibler... de bien cibler et de prioriser nos
interventions. Et, comme je le mentionnais, on le fait en fonction de la
mission du ministère des Transports. Donc,
on va vérifier notamment c'est quoi les conséquences pour le milieu de la
défaillance de la route, donc est-ce
que c'est un chemin unique, est-ce que c'est un long chemin de détour, et la
durée que prendra le rétablissement.
Au niveau de
la submersion, l'indice sera prêt dès le printemps prochain. Donc, on va
utiliser d'autres... d'autres données
pour nous permettre d'établir cet indice-là, mais c'est sensiblement les mêmes
critères, là, qui... en regard des conséquences, qu'on va utiliser.
Maintenant, par rapport aux projets qui ont été
réalisés, oui, on a investi dans la réaction — évidemment, on se doit de
rétablir des routes lorsque des événements surviennent — mais
on investit également beaucoup dans la prévention.
Et les projets qui ont été réalisés en prévention... bien, on va mesurer, en
fait, notre taux de réalisation des projets, là, si j'y vais dans le sens de
votre question, donc les projets qui ont été réalisés par rapport à ce qui
était prévu, mais on est aussi
capables de voir, de mesurer l'effet des travaux préventifs qui ont été
réalisés lorsqu'il arrive des nouveaux événements,
comme c'est arrivé avec la tempête Fiona. Donc, on a été capables de mesurer
l'efficacité des travaux qui ont été réalisés.
Mme
Haytayan : Parfait. Merci. Une autre question, peut-être de
retour du côté de la sécurité publique, ministère de la Sécurité publique, SP : Comment
prévoyez-vous intégrer les enjeux environnementaux, socioéconomiques
sous-jacents dans l'approche de gestion intégrée des risques côtiers?
M. Croteau (Marc) : M. le Président, avec votre permission, la sous-ministre
associée prendrait la réponse.
Mme Petit
(Katia) : Oui. Donc, si je peux me permettre, c'est sûr que,
de notre point de vue, Sécurité publique, ça va toujours être les enjeux de protéger la vie humaine, les biens et
les infrastructures essentiels qui va être au coeur de la détermination de nos
priorités à nous. Par contre, on sait que ça prend une vision globale des
besoins, donc c'est exactement pour ça que le bureau de projets va être
mis en place du côté du MAMH, qui a été annoncé. Donc, ça va être également
pour prendre en compte, au-delà des enjeux de sécurité publique qui peuvent
être... qui peuvent être traités par le biais de nos programmes propres à nos
besoins, c'est qu'il y a d'autres besoins, plus économiques, et autres, ça peut
être pour des infrastructures, par exemple, touristiques, et autres, alors
c'est via le bureau de projets qu'on va être
capables d'amalgamer tous les besoins et toutes les priorités pour avoir une
vision globale qui va tenir compte également des priorités de nos
collègues du MTMD. Donc, vraiment, c'est de ce côté-là qu'on va tout intégrer
ça.
• (17 h 20) •
Puis il faut quand même prendre en considération
que, nous, quand on évalue nos priorités, il y a quand même une... des facteurs
socioéconomiques qui vont être pris en considération également. Puis
d'ailleurs, tout ce qui a été fait dans le cadre des
travaux de la... du projet de résilience côtière, notamment la rencontre avec
toutes les communautés où ils ont identifié leurs propres priorités, ça sert de
input, là, excusez-moi l'anglicisme, à l'évaluation des riches chez nous. Donc,
il y a quand même ces volets-là qui vont être pris en considération. Mais c'est
sûr que, nous, avec notre chapeau Sécurité publique, c'est toujours la
protection des personnes en premier.
Mme Haytayan : Parfait. Merci.
Le Président (M. Caron) : Il reste
1 min 15 s.
Mme
Haytayan : Je vais la prendre, M. le Président. Rapidement,
alors, pour les trois ministères, sur la concertation, pouvez-vous nous expliquer rapidement comment vous pouvez assurer
la priorisation des besoins d'acquisition de connaissances dont vous parliez un peu plus tôt, que tout cela
respecte les besoins organisationnels de chaque partie prenante, tout en
travaillant de manière concertée entre vous?
Mme
Lizotte (Marie-Josée) : Oui. Au niveau des acquisitions de connaissances
pour les risques, dans le fond, il faut bien... il faut bien
identifier... En fait, la première étape de notre plan d'action, c'est de faire
le recensement de tout ce qui est fait
actuellement, d'identifier les besoins en termes de connaissances. Puis, ça, on
va le faire au niveau du bureau de projets, notamment, donc ce qui va assurer
la coordination entre nous et va nous permettre d'avoir l'ensemble des
besoins. Donc, c'est... c'est ça qui est prévu, essentiellement.
Le Président (M. Caron) : Sept
secondes, et je pense que... Est-ce que vous aviez... vous vouliez conclure par
quelque chose, Mme la députée?
Mme Haytayan : C'est bon. Je vous
remercie, M. le Président.
Le Président
(M. Caron) : Tout va bien? Je suis convaincu que M. le député
des Îles-de-la-Madeleine trépigne d'impatience pour poser ses
questions. Alors, c'est à votre tour, pour 6 min 30 s, M. le
député.
M. Arseneau : Merci beaucoup, M. le
Président. Alors, je salue mes collègues et tous ceux qui se prêtent à
l'exercice.
Et je vais
entrer dans le vif du sujet. J'ai six minutes, effectivement. Je préférerais en
avoir 60, vous me comprendrez. En
fait, je vais vous poser une question plus générale, là. Je vous écoute depuis
tout à l'heure et je vois... je ne sens pas le sentiment d'urgence qui
va avec le phénomène qu'on observe au quotidien dans toutes nos régions
côtières face à l'urgence climatique. Et je lis le rapport, puis même vos
propositions, puis on dirait qu'on va de délai en délai, de report en report,
de processus en processus, de comité en comité. Puis rassurez-moi sur le fait
qu'on est en action puis qu'on veut accélérer les étapes et s'assurer de mettre
en place des mesures sur le terrain pour nos régions, pour nos municipalités.
Je vois que la dernière... Puis je vais faire un
commentaire éditorial. Je ne voudrais pas que l'on regarde les autres juridictions puis qu'on dise : Quand
on se compare, on se console. Parce que ce que le rapport de la Vérificatrice
générale nous dit, c'est que, face à nos
propres objectifs, bien, on ne livre pas la marchandise, par rapport à nos
propres échéanciers, on a de la difficulté à respecter nos objectifs.
Alors, je poserais la première question à la
sous-ministre Lizotte. Comment peut-on croire que l'on aura un plan de gestion
intégrée qui fonctionne d'ici trois ans? Et pourquoi est-ce que ça prend trois
ans?
Mme Lizotte (Marie-Josée) : Bien, en
fait, j'aurais envie de vous répondre, par rapport à votre introduction, quand vous dites qu'on ne ressent pas l'urgence,
bien, en fait, on a beaucoup accéléré les investissements en adaptation
au fil du temps. Déjà, en 2013-2020, il y avait seulement 8 millions qui
avaient été donnés.
M. Arseneau : ...avec tout... avec
respect, là, parlez de l'avenir, s'il vous plaît, parce que je sais qu'on n'a pas investi suffisamment au cours des
15 dernières années. Mais là c'est ce qu'on demande. On a des fonds.
Est-ce qu'on va agir en concertation? De quelle façon vous allez pouvoir
déterminer, au ministère de l'Environnement et de la Lutte aux changements
climatiques, que ça va fonctionner de façon plus active sur le terrain? Parce
que, là, on nous réfère à un bureau de
projets qui est parrainé par le ministère des Affaires municipales. Moi, ma
crainte, là, c'est qu'encore une fois le ministère de l'Environnement
puis de la Lutte aux changements climatiques, bien, ça ne soit pas lui qui mène, qu'il ne puisse pas coordonner parce qu'on
se fie... je l'ai entendu au moins cinq fois, que ce serait maintenant le
bureau, là, qui serait la bouée de sauvetage
pour s'assurer qu'on ait des actions qui portent sur le terrain avec
50 millions. Aux Îles-de-la-Madeleine seulement, les besoins sont évalués, à l'heure actuelle, pour les
10 prochaines années, à 80 millions. Comment on va y arriver?
Mme Lizotte (Marie-Josée) : Bien, en
fait, on prévoit faire le plan de gestion intégrée des risques en érosion et
submersion côtières dans les trois prochaines années, mais il y a déjà plusieurs
actions qui se font... il y a déjà plusieurs
choses qui se font au niveau de... je vais vous dire, là, dans... Il y a déjà
plusieurs actions qui ont été faites : le Projet Résilience
côtière, qui a été parlé et qui couvre 24 MRC, 123 municipalités, le
comité de prévention des sinistres, le
Comité de gouvernance interministérielle. On est actifs. On vous a parlé...
plusieurs projets d'adaptation liés aux risques d'érosion
et de submersion via le Cadre de prévention des sinistres, on a identifié et priorisé
des projets pour les secteurs côtiers jugés prioritaires. C'est des
choses qui se sont faites.
Là, on va
faire le recensement de tout ça. On va identifier... C'est comme... je prenais
l'exemple du casse-tête, on a
beaucoup, beaucoup de morceaux de casse-tête. Il y a des actions qui se sont
faites. On a des connaissances. Puis, même si on n'a pas à... Vous avez
raison quand... on n'a pas à s'asseoir sur nos lauriers en disant qu'on est
meilleurs que les autres, mais on va mettre
tout ça ensemble, puis on va se coordonner davantage, puis on va se donner une
feuille de route, qui va être le Plan de gestion intégrée des risques en
érosion et submersion côtière, puis on va être capables de livrer la
marchandise, puis de le travailler d'une manière concertée. On...
M. Arseneau : Mais, ça, on parle...
on va l'avoir en 2026. C'est bien ça?
Mme Lizotte (Marie-Josée) : Le plan
comme tel, mais les actions pour y arriver, on est déjà en mouvement par
rapport à ça. Il y a des éléments intermédiaires qui sont prévus. Donc, on est
déjà en mouvement par rapport à ça.
M. Arseneau : Je vais vous poser une
question sur l'information. C'est le nerf de la guerre, vous l'avez mentionné
tout à l'heure, des petites municipalités qui n'ont pas les moyens, qui n'ont
pas les ressources puis n'ont pas les
données non plus pour agir. Et là on voit que ces données-là, bien, elles sont
éparpillées un peu partout, elles ne sont pas rassemblées.
Puis moi, j'ai l'exemple que je vais vous
ramener, là, parce qu'on a posé des questions à l'étude de crédit également,
sur un registre concernant, là, les projets et les activités industrielles que
le ministère doit mettre en place depuis 2018, et c'est une obligation de la
Loi sur la qualité de l'environnement. Le registre n'existe pas encore. Ça fait cinq ans. Alors, on nous dit : Bien là,
il faudrait avoir de l'information, qu'on puisse avoir... Qu'est-ce... Comment
est-ce qu'on peut croire qu'on va mieux
réussir à concentrer l'information, la rendre disponible, la distribuer puis
l'utiliser que, par exemple, pour ce fameux registre-là, qui n'existe
toujours pas?
M. Croteau (Marc) : M. le Président, est-ce que vous me permettez?
Le Président (M. Caron) : Oui,
allez-y. Il reste 48 secondes, monsieur.
M. Croteau (Marc) : Merci. Tout d'abord, M. le Président, il est important de
noter quelque chose, et c'est vrai que la
planification va être prête dans trois ans, mais ça ne veut pas dire qu'on
reste assis sur nos mains, là, pendant ces
trois ans-là. Chez nous, là, le budget qui est prévu au cours des prochaines...
qu'on a eu cette année, investissement de 70 millions de
dollars de projets en érosion côtière, on n'a jamais eu d'investissements aussi
massifs en érosion côtière qu'on a
actuellement. Ça ne veut pas dire que la planification, pendant qu'elle va se
faire, qu'on reste assis sur nos mains, là, je me répète. Il y a des
actions sur le terrain qui se font.
Par rapport à
l'information puis l'accompagnement, c'est le rôle du bureau de projets d'être
près des communautés qui sont touchées avec les problèmes d'érosion et
de submersion côtières, en lien direct. Je fais le parallèle avec nos
directions régionales de sécurité civile...
Le Président (M. Caron) : Je dois
malheureusement vous interrompre, M. Croteau.
M. Croteau (Marc) : Parfait.
Le
Président (M. Caron) : Écoutez, pour conclure, je cède la parole à Mme la
députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Allez-y.
Mme McGraw : Merci...
Le Président (M. Caron) : 8 min 30 s,
environ, Mme la députée.
Mme
McGraw : Merci aussi. Il me
reste beaucoup de questions aussi, mais donc on va commencer. Là, je voudrais
parler de la diffusion proactive des données. C'est quelque chose qui est
demandé par la communauté scientifique. Pourquoi le gouvernement ne le fait pas de façon proactive? Et j'imagine que ça
serait une question pour le ministère de l'Environnement.
Mme Lizotte (Marie-Josée) : Bien, en
fait, il y a plusieurs données qui sont déjà disponibles. L'enjeu qui a été
relevé par la Commissaire au développement durable et son équipe, c'est
qu'elles sont un peu éparpillées. Donc, on
a... On s'est donné, dans notre plan d'action, pour répondre à cette lacune-là,
des actions, là, d'analyser les sites, les plateformes de diffusion de données,
de partager les connaissances existantes et pertinentes, d'essayer de voir...
puis on va le faire avec tout le
monde, élaborer un plan de diffusion de connaissances. C'est tout dans notre
plan d'action pour répondre à cette lacune-là.
• (17 h 30) •
Mme McGraw : ...de la discussion,
mais là on parle de rendre disponible mais de façon proactive. Et on a même
l'impression qu'il faut faire un peu de la gymnastique administrative pour
obtenir de l'information. Il me semble que ça serait au
bénéfice du gouvernement si tout le monde y avait accès, que toute personne qui
désire jouer avec celle-ci puisse le faire.
Et je vais citer, par exemple, le site Web, le
site Web du ministère qui... on dit qu'il y a... Dans une des réponses, les
commentaires aux réponses, on disait que «n'a pas pour fonction — justement — de
diffuser les données des projets comme
résiliences... côtières», pardon. Alors, si ce n'est pas pour diffuser des
données, de l'information, donc, c'est... à quoi sert le site? Ça a
été une des réponses, les commentaires.
M.
Croteau (Marc) : Si vous me permettez, M.
le Président.
Le Président (M.
Caron) :
Allez-y.
M.
Croteau (Marc) : Merci beaucoup. De notre
côté, on aimerait répondre à la question de diffusion, M. le Président, à la question
de Mme la députée, puis je demanderais à la sous-ministre associée d'y
donner suite.
Mme Petit
(Katia) : Effectivement, c'est... peut-être en termes de précision,
c'est qu'il y a énormément de données qui est déjà disponible pour le milieu.
C'est juste qu'elle n'est pas nécessairement vulgarisée ou disponible dans un
format adéquat, facile d'accès pour nos petites municipalités, par exemple,
parce que toutes les cartographies sont
disponibles sur donnees.ca. Le site l'UQAR, qui est détenteur de beaucoup...
d'énormément d'expertise et de données, rend disponible, sur son site
SIGEC, des données techniques aussi, entre autres pour les firmes d'ingénierie
et autres. On a beaucoup d'information qui est disponible sur le site de la
chaire de l'UQAR et sur le site Web, entre autres, du ministère, et tout.
Donc, l'idée, ce
n'est vraiment pas que l'information n'est pas disponible, c'est qu'elle n'est
pas centralisée au même endroit. Et c'est ce qu'on veut chercher, ce que Mme la
sous-ministre disait, c'est qu'on veut chercher le bon véhicule pour rendre
l'information disponible. Mais l'information est existante et déjà publique en
grande partie.
Mme McGraw : ...compliqué
pour un citoyen et une citoyenne ou des municipalités. Souvent, les maires et
mairesses sont des bénévoles à temps plein ou à temps partiel. Alors, quand
pourrons-nous attendre à ce que... cette centralisation
de données? Est-ce que ça ferait partie du plan de diffusion des connaissances?
Alors, à quand l'attente?
Mme Petit
(Katia) : Dans le plan d'action, ce à quoi on s'est engagés, c'est
d'identifier la bonne tribune pour
2025-2026. Donc, on parle plus de plus tard dans le plan. Par contre, on a une
mesure transitoire. Donc, ce qu'on souhaite faire, c'est, sur le site
Web, sur Québec.ca, de mettre les liens, à tout le moins, disponibles vers la
recherche qui est déjà disponible, donc un lien direct vers l'UQAR, parce que
les citoyens ne pensent pas à aller vers l'UQAR. Donc, on a une mesure quand
même transitoire, pour patienter, et c'est le rôle de nos directions régionales
et du futur bureau de projets d'accompagner
les municipalités, donc de leur donner une expertise un petit peu plus pointue
puis un accompagnement pour trouver l'information dont ils ont, dont
elles ont besoin pour mieux comprendre la situation sur leur territoire. Donc là, on parle plus d'accompagnement, parce
qu'au-delà des données, on a vraiment besoin d'expertise pour travailler
avec eux, là, parce que c'est complexe, l'érosion côtière.
Mme McGraw : Parfait,
merci, c'est clair. Si je comprends bien... Là, je vais parler un peu
d'acquisition des données. M. Croteau, si j'ai bien compris, nous avait
dit qu'on avait besoin de plus de données pour passer à l'action. Et, si je comprends bien, M. Gibeault nous
confirme que les données sont nécessaires, mais non suffisantes à la
prédiction. Et justement on sait que, dans un monde de changements
climatiques, on est dans un monde d'incertitude, et c'est vraiment une question de gestion, de gérer les
risques. Mais, entretemps, les citoyens, par exemple à Notre-Dame-de-Grâce, ils
doivent pomper leur sous-sol, il y a des enjeux de sécurité publique, les
infrastructures. Alors, je veux revenir un peu
sur le sentiment d'urgence de passer à l'action : Quelles sont les actions
concrètes qui pourraient soutenir les citoyens qui doivent pomper et
qui... en termes de sécurité publique?
M.
Croteau (Marc) : Je disais que le mandat
qu'on a eu du ministre est beaucoup basé sur la résilience, c'est ce qu'il nous a demandé, de moderniser la
loi — Sécurité
civile — pour
que la population soit plus connaissante des risques, que la population soit mieux préparée aux risques, que les
communautés et les municipalités soient mieux, aussi, préparées et
connaissantes des risques.
Et, quand on dit
résilience, on se dit aussi que... cette capacité d'intervenir, autant pour le citoyen,
il y a son côté préparation, mais il y a aussi l'intervention. La sécurité
civile, c'est aussi une responsabilité de tous les citoyens au Québec. Donc,
c'est important d'avoir et de mettre en place ce concept de résilience qui,
ultimement... Et la troisième étape de résilience, vous le savez comme moi,
c'est d'avoir un rétablissement, un retour à la vie normale le plus rapidement
possible, d'être capable de se relever le plus rapidement possible.
Donc,
on croit qu'avec le mandat que le ministre nous a donné, qu'on est en train d'y
travailler, on y travaille fort... on
espère être capables de produire quelque chose dans des délais qui sont
respectables. Je ne peux pas me prononcer, M. le Président, sur les délais. Je vais m'y être tenu, si j'avance des
délais. Mais effectivement on travaille d'arrache-pied pour être capable
de produire ça rapidement. Et le ministre nous met beaucoup, beaucoup, beaucoup
de... je ne veux pas dire «pression», ce
n'est pas pour un bon mot, mais il met beaucoup d'emphase sur le fait qu'il
veut qu'on travaille plus vite. Je vais dire ça comme ça, M. le
Président.
Mme McGraw : En
parlant de plus vite, il ne me reste pas beaucoup de temps, donc une autre
question. En parlant des municipalités,
juste au niveau de la vulgarisation des données pour les municipalités et...
justement, qui va assurer
l'accompagnement des municipalités pour utiliser des outils soit développés ou
en développement par le ministre... ministère de l'Environnement? Donc,
accompagnement des municipalités.
Le Président (M. Caron) : Mme
Lizotte ou... La question s'adresse à Mme Lizotte?
Mme McGraw : Moi... Ministère de
l'Environnement, donc à Mme Lizotte ou ses collègues.
Mme Lizotte (Marie-Josée) : Pour
l'instant, ce qui est prévu pour accompagner les municipalités sur le terrain,
c'est le Bureau de projets qui a été mis en place au mois d'août dernier. Donc,
c'est vraiment par là puis c'est vraiment le contact avec les citoyens, les
municipalités, c'est vraiment par là que ça va se faire. Donc, le bureau de
projets, comme on disait, il assure une meilleure coordination gouvernementale
pour renforcer l'accompagnement des
communautés, c'est son mandat, qui sont aux prises avec des problématiques
d'érosion puis de submersion. Donc, ça
va permettre d'augmenter l'efficacité des interventions sur le terrain. C'est
vraiment par le bureau de projets qu'on prévoit faire le lien davantage
avec les communautés.
Mme
McGraw : ...c'est quoi, les mesures d'accompagnement
vis-à-vis les municipalités, en attendant les données?
Des voix : ...
Le Président (M. Caron) : Oui,
allez-y.
Mme Petit (Katia) : Oui, en fait, si
je peux ajouter, c'est qu'à l'heure actuelle il y a plein de projets qui sont
déjà financés. On en a parlé depuis tantôt, il y a un accompagnement direct de
nos spécialistes. On a une équipe, au ministère, en érosion, submersion
côtières, qui travaille vraiment à accompagner toutes les municipalités de
façon très technique dans leurs projets.
Donc, nous, ce n'est pas un programme où les gens appliquent, puis on donne
l'argent, puis après ça on se retire, c'est un programme où on est avec
eux à toutes les étapes : l'analyse du risque, l'analyse de la solution et même le déploiement de la mesure
par la suite. Donc, ce n'est pas uniquement un soutien financier. Et ce
rôle-là est assumé par nos experts, en complémentarité avec les directions
régionales de sécurité civile qui sont présentes un petit peu partout sur le
territoire.
Le Président (M. Caron) : Merci
beaucoup. Eh bien, écoutez, vous aurez compris que ces sujets interpellent les
parlementaires où qu'ils soient assis dans cette Chambre. Je vous remercie
vraiment de votre participation. Bien entendu,
je remercie Mme Lambert pour sa précieuse collaboration, ainsi que celle
de toute son équipe, vous-même qui avez présenté le travail actuel de
votre ministère. Alors, merci beaucoup pour votre participation.
La commission suspend ses travaux quelques
minutes avant de se réunir en séance de travail afin de statuer sur ses observations, ses conclusions et ses
recommandations à la suite de l'audition, et nous nous donnons rendez-vous
dans la salle RC.171, s'il vous plaît.
(Fin de la séance à 17 h 38)