(Onze heures vingt-trois minutes)
Le Président (M. Ciccone) : Alors, à
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
ouverte.
La commission est réunie afin de poursuivre
l'étude détaillée du projet de loi n° 63, Loi modifiant la Loi sur les
mines et d'autres dispositions.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Bernard (Rouyn-Noranda—Témiscamingue) est remplacé par Mme Picard
(Soulanges); M. Sainte-Croix (Gaspé), par M. Dufour (Abitibi-Est); et
Mme Rizqy (Saint-Laurent), par Mme Dufour (Mille-Îles).
Étude détaillée (suite)
Le
Président (M. Ciccone) : Merci beaucoup. Lors de l'ajournement de nos
travaux hier, nous avions procédé à l'adoption de l'article 116.
Par ailleurs, je vous rappelle que l'étude de l'article 75 est toujours
suspendue.
Nous en
sommes maintenant à l'article 117, mais je comprends qu'il y a des
vérifications qui ont été faites. Il y a eu une entente. On a eu... Les
explications ont été données.
On va
retourner, si vous voulez bien, avec consentement, à l'article 75. On va
terminer l'article 75. Consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Ciccone) : Parfait.
Est-ce qu'il y a des interventions sur le 75? Mme la ministre.
Mme
Blanchette Vézina : Merci, M. le Président. Oui, effectivement, il y
avait eu des questionnements qui avaient été posés, là, concernant...
c'était la... l'exercice, là, des plans régionaux des milieux humides et
hydriques, là, qui est fait par les MRC.
Donc, on voulait s'assurer, là, de la cohérence, donc, de l'exercice qui est
fait versus, là, les dispositions qui
auraient pu être prévues, là, en termes de milieux hydriques. Et donc, suite à
nos vérifications, on confirme, donc, que
le MAMH, là, l'exercice du ministère des Affaires municipales avec les MRC vise
les terres privées. La directive inclut
la possibilité de regarder également les terres publiques, mais les actions qui
vont être posées à court terme, donc, moyen, court terme, c'est pour les
terres privées uniquement.
Le Président (M. Ciccone) : ...Mme
la députée de Mille-Îles, oui, oui.
Mme Dufour : ...merci, M. le
Président. Alors, juste pour revenir à... au moment où on a eu les échanges, dans le fond, je... j'envisageais de déposer un
amendement pour que... pour que, justement, les milieux humides soient, disons, compris, incluant les terres publiques,
mais... Et ce qui nous avait portés, là, à vouloir déposer cet amendement-là, c'est
qu'effectivement le ministère des Affaires municipales, dans sa directive ou
son guide aux municipalités, l'indique, qu'elles doivent aussi
répertorier les milieux humides des terres publiques, mais il s'avère que la
loi, effectivement, exclut les terres publiques. Là, je pense qu'il y a une
correction qui devra être apportée dans le futur, parce que c'est un non-sens
pour moi. Mais, bref, l'amendement ne respecterait pas, donc, la loi, et c'est
pour ça, donc, que je ne le déposerai pas. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 75? Non?
Alors, nous allons mettre aux voix l'article 75. Est-ce que
l'article 75 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Ciccone) : L'article
75 est donc adopté. Alors, nous allons poursuivre avec l'article 117, Mme
la ministre, si vous voulez bien nous en faire la lecture, et les explications,
s'il vous plaît.
Mme
Blanchette Vézina : Avec plaisir, M. le Président. J'y arrive. Oups!
Bon, voilà, l'article 117 : L'article 304.1.1 de cette loi est
modifié, dans le premier alinéa :
1° par le remplacement de «claim» par
«droit exclusif d'exploration»;
2° par l'insertion, après «activité
minière,», de «ou dans un périmètre d'urbanisation»;
3° par la suppression de «à la recherche,»;
4° par
le remplacement de «de la reproduction de ce territoire sur les cartes
conservées au bureau du registraire» par «de l'inscription d'un avis au
registre public des droits miniers, réels et immobiliers».
Cet article
vise à modifier l'article 304.1.1 de la Loi sur les mines principalement
afin de prévoir la soustraction aux
activités minières des substances minérales situées dans un périmètre
d'urbanisation délimité dans un schéma d'aménagement et de développement
conformément à la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme (chapitre A-19.1). Certains de ces périmètres sont déjà inclus dans
les territoires incompatibles avec l'activité minière qui sont soustraits
en vertu de cet article ou en vertu d'autres
dispositions, mais cette modification permettra d'uniformiser le statut
juridique.
La modification vise également à tenir compte du
fait que le registre public des droits miniers, réels et immobiliers se
retrouve sur support technologique.
Le Président (M. Ciccone) : Y a-t-il
des interventions sur l'article 117?
M. Fortin : Oui, M. le Président.
Le Président (M. Ciccone) : Oui, M.
le député de Pontiac.
M.
Fortin : Merci. D'abord, une première question, là :
Est-ce que la notion du périmètre d'urbanisation est encore nécessaire,
étant donné les changements qu'on a déjà faits?
Mme Blanchette Vézina : ...j'ai
été...
M. Fortin : Non, ça va, il n'y a pas... il n'y a pas de problème. Ça
arrive.
Mme Blanchette Vézina : Oui. Je n'ai
pas entendu votre question, je suis désolée.
M.
Fortin : Le deuxième... le deuxième alinéa, la notion du
périmètre d'urbanisation, là, est-ce qu'on a toujours besoin de cette
notion-là, étant donné les changements qu'on a faits un peu plus tôt dans le
projet de loi?
Mme
Blanchette Vézina : La réponse, c'est oui, parce que ça va permettre,
là, donc, que le schéma d'aménagement soit
mis en fonction... excusez-moi, que la modification soit mise en fonction du
schéma d'aménagement et du TIAM, là, donc, en fonction des ajustements qui auraient pu être faits au périmètre
d'urbanisation, là. Donc, c'est une modification qui sera plus
dynamique, là. Peut-être, je ne sais pas s'il y a des secteurs où... Vous
pouvez compléter, là, mais... Sur l'impact...
Des voix : ...
Mme Blanchette Vézina : Tout le
monde veut y répondre, visiblement.
Le Président (M. Ciccone) : Oui,
mais qui qui va parler, là? Juste savoir.
Mme Blanchette Vézina : ...qui qui
peut répondre à la question.
Le Président (M. Ciccone) : OK. On
va... on va suspendre quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 29)
(Reprise à 11 h 30)
Le Président (M. Ciccone) : Alors,
nous reprenons nos travaux. Mme la ministre.
Mme Blanchette Vézina : Après
vérification, donc, l'information qui est... dont dispose le ministère, c'est
les périmètres d'urbanisation depuis 2013. Donc, ce qu'on veut s'assurer, c'est
qu'il y ait une mise à jour qui soit faite, dynamique. Ce n'était pas le cas en
ce moment. Avec ça, ça va le permettre. Donc...
(Panne de son)
M. Fortin : ...OK. Non, c'est mon... c'est ma faute, M. le Président,
je m'en excuse. J'ai trop de cartables.
Oui. Ce qu'on vient dire essentiellement, là,
c'est, juste pour m'assurer que mon interprétation est la bonne : Toute
substance minérale faisant partie du domaine de l'État et se trouvant sur un
terrain pouvant faire l'objet d'un claim compris dans un territoire
incompatible avec l'activité minière ou dans un périmètre d'urbanisation et qui
est délimité dans le schéma d'aménagement est soustraite à la prospection.
Alors...
Mme Blanchette Vézina : Oui.
M. Fortin : Mais la notion du
périmètre d'urbanisation, là, quand on l'a vue un peu plus tôt, là, je pense,
c'était dans les articles 60 ou... oui, 61, là...
Mme Blanchette Vézina : 61.
M. Fortin : ...c'était pour le...
Mme Blanchette Vézina : Bien, je...
Oui, je peux débuter, puis on pourra... Je pourrai terminer, là. Ce que je vous disais tout à l'heure, c'est qu'en 2013 on
était venus indiquer que tous les périmètres d'urbanisation de 2013 étaient
dans les TIAM. La modification... Depuis 2013, il y a eu, donc, des modifications
aux périmètres d'urbanisation, mais elles n'ont pas été insérées de façon
dynamique, parce que ce qui était indiqué, c'était en 2013.
Et là ce qu'on vient faire ici, c'est de
s'assurer que, lorsqu'il y a des modifications aux périmètres d'urbanisation... bien, que cet ajustement soit
fait. Parce qu'on a eu des cas particulièrement médiatisés, notamment, là, dans
votre région, d'ailleurs, je pense, où il y a eu des situations où le périmètre
avait changé, mais cette notion de périmètre dans le système n'avait pas été
ajustée. Puis là je ne sais pas si vous pouvez, avec le consentement, prendre
la parole pour la suite.
Le Président (M. Ciccone) : Est-ce
que j'ai le consentement pour donner la parole à Me Tremblay-Parent? Juste vous
présenter.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : Gabriel
Tremblay-Parent. Je suis avocat pour le ministère de la Justice du Québec.
En fait, je pense que le député de Pontiac fait
référence à l'article 26 du projet de loi, là, qui modifiait
l'article 61 de la Loi sur les mines. C'est un article qui concerne le
renouvellement des droits exclusifs d'exploration. Ce qui était prévu
initialement dans le projet de loi, c'était de dire que, s'il y a un droit
exclusif qui est dans un périmètre
d'urbanisation, bien, les travaux doivent être faits sur chacun des droits pour
le renouvellement. Le titulaire ne
peut pas se prévaloir d'un paiement au lieu ou du tiré d'excédent, là, pour
renouveler, mettons, avec d'autres droits à côté ou en payant une partie
des travaux. Puis ça, ce qui avait été discuté, c'était de dire : Bien, tu
sais, finalement, si on oblige le travail sur chacun des droits, bien, l'effet
négatif, ça peut être qu'il va y avoir des inconvénients pour les citoyens du
périmètre d'urbanisation.
Donc, le régime particulier de l'article 61
demeure pour les territoires incompatible avec l'activité minière. Ce qu'on a... Mais ce qu'on a prévu par
amendement, c'est que finalement, pour les périmètres d'urbanisation, eux,
bien, finalement, ils pourront se prévaloir du paiement au lieu puis du
tiré d'excédent, là. Donc, c'est la particularité, mais ça ne change pas ce qui est prévu à l'article 117, qui est,
finalement, la soustraction en temps réel, là, si vous pouvez me permettre l'expression, des périmètres
d'urbanisation, là, en fonction des modifications apportées aux schémas
d'aménagement.
M. Fortin : OK. Dans le fond, là, l'article 117, là, il vient
juste dire : C'est uniquement pour l'inscription de ces territoires-là, si
je le comprends bien.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : Ça
prévoit la soustraction, finalement, à mesure que le schéma d'aménagement
évolue, là.
M.
Fortin : Exact, à mesure que le schéma d'aménagement
évolue, mais encore il y a la notion rétroactive, là, de tous les
périmètres d'urbanisation qui ne sont pas inclus dans le registre.
Mme Blanchette Vézina : Bien, la
mise à jour depuis 2013, là, notamment.
M.
Fortin : Oui, c'est ça. OK. Puis la mise à jour, elle va se
faire continuellement par la suite. Il n'y aura plus ce problème-là d'il
faut attendre une prochaine itération de la loi, là. Ça, ça va permettre de le
faire au fur et à mesure que le schéma est modifié.
Mme Blanchette Vézina : Exact. C'est
ça, l'objectif de la disposition.
M. Fortin : OK.
Le Président (M. Ciccone) : M. le
député, est-ce que ça va? Vous avez d'autres interventions?
M.
Fortin : Donnez-moi une seconde. Bien, s'il y a d'autres
collègues qui ont des interventions... Donnez-moi une petite seconde
pour me réorganiser.
Le
Président (M. Ciccone) : Bien, je vais passer la parole à la députée de Verdun,
M. le député. C'est correct?
M. Fortin : Pas de problème.
Le Président (M.
Ciccone) : Parfait. Mme la députée.
Mme Zaga Mendez : Merci. J'apprécie
les commentaires de la ministre. Elle vient de parler d'un cas que je voulais
amener, là, c'est-à-dire, depuis 2013, il n'y a pas eu de mise à jour dans le
périmètre d'urbanisation, puis je voulais
juste mieux comprendre qu'est-ce qui arrive dans ces zones-là qui sont dans les
périmètres d'urbanisation, mais, vu que, dans les 11 dernières
années, il y a eu des changements, il y a eu des droits d'exploration qui sont
actifs dans ces zones-là. Qu'est-ce qui arrive à ces droits-là? Est-ce que, de
facto, ces droits-là sont arrêtés, sont exclus ou il faut attendre que les droits soient échus, et, à ce
moment-là, de facto, tous les périmètres de... Je veux juste bien comprendre la
transition, parce qu'il y a quand même eu un 11 ans de flou avec ces
zones-là. Puis on a vu des cas... Elle a parlé, entre autres, du cas de
Gatineau, où il y a bel et bien, en ce moment, des droits qui sont actifs.
Donc, j'aimerais ça comprendre ça va être
quoi, la transition pour faire en sorte que ces périmètres urbains sont bel et
bien exclus de toute exploration et exploitation minières.
Le Président (M. Ciccone) : Mme la
ministre.
Mme Blanchette Vézina : Merci, M. le
Président. En fait, le droit ayant été octroyé, il va demeurer s'il respecte
les conditions de renouvellement, donc, puis si... comme... comme le... voyons,
Me Tremblay-Parent l'a expliqué. Sinon, c'est l'article... Bien, en fait, pour
la suite, c'est l'article 61 qu'on a étudié plus en détail, là,
antérieurement qui va s'appliquer. Et donc, si le droit tombe, s'il n'y a pas
de renouvellement, bien, c'est l'article 61, donc, qui s'applique.
Mme Zaga
Mendez : Donc, de ce que je comprends, entre... Je veux
juste donner l'exemple. Là, on parlait de Gatineau, mais il y a sûrement
d'autres exemples, là. Entre 2013 et 2024, pendant 11 ans, il y a eu de
l'achat et, bien, l'octroi de droits d'exploration. Donc, la ministre,
qu'est-ce qu'elle nous dit, c'est qu'il va y avoir une inclusion de l'ensemble du périmètre d'urbanisation, qui va
être considéré comme un territoire incompatible avec l'activité minière,
ce qui aurait dû toujours être le cas, mais on n'avait pas inscrit le...
Moi, je suis d'accord avec une inscription dans
la loi, là. Moi, ce que je m'attarde d'abord, parce que j'ai d'autres questions, à... Qu'est-ce qui arrive
entre les deux? Parce que, si on a donné les droits d'exploration, si le droit
est échu, moi, il me semble logique que,
comme c'est à l'intérieur du périmètre d'urbanisation, ça demeure... ça devient
un TIAM, parce que sinon ça va créer une sorte d'inégalité, parce que...
Je veux juste
mieux comprendre comment elle va appliquer le droit de renouveler. Parce que ce
qu'elle est en train de dire, bon,
dans le cas de Gatineau, c'est que, s'il y a des travaux qui se font — on
va aller dans l'hypothétique — et
que c'est justifié de renouveler, ce
n'est pas vrai que les terrains du périmètre... bien, le périmètre urbain va
être complètement exclu des activités exploration, exploitation.
Le Président (M. Ciccone) : Allez-y.
Mme
Blanchette Vézina : Bien, s'ils respectent les conditions de
renouvellement, donc s'ils font des travaux, effectivement, le claim va durer,
mais, s'il est échu, qu'il n'a pas fait les travaux nécessaires, le droit va
tomber, puis donc il deviendra exclu, là, à l'exploration, à
l'exploitation minières.
Mme Zaga Mendez : J'ai une deuxième
question, puis on reviendra, donc, c'est-à-dire qu'en ce moment les droits qui sont actifs, ils vont pouvoir être
renouvelés, donc, que ce n'est pas l'ensemble du périmètre urbain. Ça va être le
périmètre... le périmètre d'urbanisation qui n'a pas été ni claimé, en bon
français, ni que les droits ont été renouvelés. Juste pour être capables de se
comprendre, là, il y a quand même des exceptions.
Qu'est-ce qui arrive si une municipalité a fait
un tracé des TIAM dans le périmètre urbain? Comment... comment on... Parce qu'il y a quand même... Entre ces 11 ans là, il
y a quand même eu le recours aux TIAM pour exclure des parties du
périmètre urbain. Là aussi, j'ai des questions par rapport à la transition dans
l'application du TIAM. De facto, on élargit le TIAM à tout le restant du
périmètre urbain, puis le TIAM demeure dans ces zones-là. Peut-être nous en
dire un peu plus.
Le Président (M. Ciccone) : Oui.
Mme Blanchette Vézina : Je céderais
la parole, avec le consentement de la commission, à maître... maître... pardon,
à M. Ian Morissette, sous-ministre associé aux mines.
Le
Président (M. Ciccone) : ...consentement pour entendre M. Morissette?
Consentement. Alors, présentez-vous. Oui.
M.
Morissette (Ian) : Ian Morissette, sous-ministre associé aux mines au
ministère des Ressources naturelles et des Forêts.
Donc, comme l'expliquait la ministre, dans les
territoires où il n'y a pas eu de claims qui ont été émis, évidemment, ces territoires-là vont être exclus.
Si un claim a été émis, il va être respecté. Donc, le droit va demeurer pour
la personne. S'il respecte les conditions, il va pouvoir le renouveler. Si le
claim n'est pas renouvelé parce que la personne ne le souhaite pas ou ne respecte pas les
conditions, bien, à ce moment-là, il va être exclu. Puis c'est la même chose
pour les TIAM.
• (11 h 40) •
Mme Zaga
Mendez : OK. Puis, peut-être pour se donner une idée,
combien de droits d'exploration avons-nous actifs en ce moment dans
cette zone qui a été... qui n'a pas été mise à jour entre 2013 et aujourd'hui? Parce
que, là, on a... J'ai...
M.
Morissette (Ian) : Pendant les... pendant les 11 ans, là, il
faudrait que je vérifie, là. Je n'ai pas... je n'ai pas la donnée, là, à
ce moment-ci, là. Il faudrait qu'on fasse une...
Mme Zaga
Mendez : Mais en termes
de... Juste pour donner un ordre de grandeur de qu'est-ce que ça veut dire. Parce que, je comprends, là, il va y avoir des
exceptions, mais qu'est-ce que... qu'est-ce que ça veut dire? Est-ce qu'on
parle d'une... Parce qu'on a eu... on a eu des cas, certains cas qui sont
médiatisés, puis, des fois, on a l'impression que c'est le cas partout. Mais
est-ce que vous avez des...
M. Morissette (Ian) : ...parce que
chaque cas est spécifique. Donc, dans certains cas, peut-être que le pourcentage est plus élevé, dans d'autres, il
l'est moins. Il faudrait qu'on fasse une analyse, là, de l'ensemble des
19 TIAM qui sont actifs, là. À l'heure actuelle, je ne peux pas
vous donner la réponse, là, comme ça, là. Il faudrait qu'on... il faudrait
qu'on le regarde.
Mme Zaga Mendez : Est-ce que c'est
une information qu'on pourrait avoir? On est quand même... On a beaucoup d'articles à lire, là. Je ne pense pas
qu'on finit aujourd'hui même, là. Mais je ne sais pas si c'est une information qu'on
pourrait déposer à la commission pour voir s'il y a d'autres cas où il y a des
droits d'exploration actifs dans le périmètre
urbain qui n'ont pas été catégorisés entre 2013 et 2024 comme territoires
incompatibles avec l'activité minière.
Le
Président (M. Ciccone) : Merci. Mme la ministre, est-ce que vous vous
engagez à donner l'information ou...
Mme Blanchette Vézina : Bien, on
peut... Oui, oui, on peut vérifier.
Le Président (M. Ciccone) : Parfait.
Mme Blanchette Vézina : Je veux
juste être certaine qu'on comprend bien la question, là, de la députée, là.
Donc, vous voulez vraiment... Vous voulez savoir, entre le... en fait, les
TIAM, depuis 2013, c'est ça, ont été pris...
Mme Zaga Mendez : Non, ce serait le
contraire. Parce que tout à l'heure on a parlé d'un cas spécifique, puis j'ai
posé la question : Qu'est-ce qui arrive avec ces droits-là, est-ce qu'ils
vont être renouvelés? Vous m'avez dit : Oui,
en fonction des conditions. On peut ne pas être d'accord, mais je suis là plus
pour chercher l'information, pour bien comprendre. Puis, comme il n'y en
a pas eu, de mise à jour, c'est-à-dire, des considérations des périmètres
urbains désormais comme des TIAM, il y a eu
une période, entre 2013 et 2024, dans laquelle on a vu des cas de droits
d'exploration qui ont été octroyés.
Moi, ma
question, c'est plus simple, je vais la simplifier, là : Est-ce que, par
exemple, ce qu'on entend dans les nouvelles,
c'est plutôt des cas très, très rares ou on a d'autres cas dans lesquels il y a
eu des octrois de droits d'exploration dans ce périmètre urbain étant
donné qu'on n'avait pas fait la mise à jour dans les 11 dernières années?
Mme Blanchette Vézina : Bien, tu
sais, sans dire que... Je ne pense pas qu'on a besoin de regarder, là. Tu sais, je suis toujours prête à collaborer puis à
vous transmettre l'information, là, mais je pense que votre question vise...
est déjà incluse dans l'article 61 ou dans l'article actuel, là, donc, dans la
mise à jour.
C'est certain que les droits qui ont été donnés,
comme je le disais tout à l'heure, vont se poursuivre, mais il n'y aura pas de
nouveau TIAM en terre privée puisqu'on aura une disposition, que j'espère qu'on
pourra regarder, on y arrive aujourd'hui,
mais donc 118, qui va permettre, donc, de retirer des terres privées
l'exploration et l'exploitation minières,
sauf exception. Mais... mais donc il y a les mécanismes dans la loi qui vont
permettre que, si le renouvellement... les conditions du renouvellement
ne sont pas respectées, que ce soient des anciens PU ou des terres privées,
bien, le mécanisme de non-renouvellement se fasse, là. Je ne sais pas si vous
suivez.
Mme Zaga Mendez : Je suis. Je suis.
Mme
Blanchette Vézina : Ça fait
que j'ai l'impression que dans... Qu'il y ait un TIAM, pas de TIAM, PU, pas PU,
c'est des terres privées, et là on tombe dans le nouveau mécanisme de la
loi qui va venir soustraire.
Mme Zaga Mendez : On va en parler
aussi à...
Mme Blanchette Vézina : Exact, avec
118.
Mme Zaga Mendez : J'ai d'autres
questions, mais je reviendrai, là. Je veux juste...
Le Président (M.
Ciccone) : Parfait. Merci beaucoup. Je retourne au député de Pontiac.
M.
Fortin : Oui. Merci. Merci, M. le Président. Là, je...
Puis, je vous avoue, là, je... ça, c'est le bout de la législation, là, que je
trouve pénible, là. On a une phrase, elle fait 12 lignes, puis il y a
toutes sortes de va-et-vient dans cette phrase-là, là.
Mais,
essentiellement, moi, je repense à la présentation du maire de Malartic, là,
qui est venu en commission, là, puis
qui nous a dit : Faites attention à ce que vous faites dans le périmètre
d'urbanisation, chez nous, ça peut avoir des conséquences, puis nous, on
est peut-être bien ouverts à de l'activité minière sur notre territoire.
Alors là, quand je lis cet article-là, là, en
enlevant les parties qui ne s'appliquent pas directement à son cas, moi, je lis
ça comme étant : Toute substance minérale comprise dans un territoire
incompatible à l'activité minière ou dans un périmètre d'urbanisation est
soustraite à la prospection, à l'exploration, à l'exploitation.
Alors, dans le cas, par exemple, de Malartic,
là, où ils n'ont pas de TIAM, ils n'ont pas de TIAM, là, c'est juste un périmètre d'urbanisation, et ils
se disent : Bien, éventuellement, il pourrait y avoir de l'activité
minière dans notre périmètre d'urbanisation, qu'est-ce qui se passe, là?
Mme Blanchette Vézina : J'aimerais
suspendre, M. le Président.
Le Président (M. Ciccone) : Oui.
Parfait. On va suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 11 h 45)
(Reprise à 11 h 51)
Le Président (M. Ciccone) : Alors,
nous sommes de retour après les discussions. Mme la ministre, je pense qu'on va
suspendre l'article 117.
Mme Blanchette Vézina : Tout à fait.
Exactement. Avec le consentement de la commission, là, on pourrait suspendre
l'article 117, puisqu'à 118 il y aura des amendements qui vont venir
répondre aux questionnements que les députés ont, là. Donc, je pense qu'il
serait logique de passer à 118.
Le
Président (M. Ciccone) : Alors, est-ce que j'ai le consentement pour
suspendre l'article 117 et passer au 118? Consentement. Alors, nous
allons passer à l'article 118. Avant la lecture, vous voudriez suspendre.
Mme Blanchette Vézina : Suspendre,
oui, s'il vous plaît, M. le Président.
Le Président (M. Ciccone) : Parfait.
Alors, on va suspendre quelques instants, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 11 h 52)
(Reprise à 12 h 14)
Le Président (M. Ciccone) : Alors,
nous sommes de retour. On récapitule. L'article 117 est suspendu. Nous
passons maintenant à l'article 118. Alors, Mme la ministre, nous en faire
la lecture, s'il vous plaît.
Mme
Blanchette Vézina : Oui. Donc, merci, M. le Président. Cette loi est
modifiée par l'insertion, après l'article 304.1.1, des
suivants :
«304.1.2.
Malgré l'article 304.1.1, le ministre peut, à la demande d'une
municipalité locale, lever partiellement une soustraction visant les
substances minérales faisant partie du domaine de l'État situées dans un
terrain compris dans un territoire
incompatible avec l'activité minière afin de permettre l'exploitation du sable
ou du gravier aux conditions qu'il détermine.
«304.1.3. Est soustraite à la prospection, à
l'exploration et à l'exploitation minières toute substance minérale faisant
partie du domaine de l'État située dans une terre du domaine privé qui n'est
pas comprise dans un périmètre d'urbanisation,
à l'exception des substances minérales situées dans une terre faisant l'objet
d'un droit minier en vigueur ou d'un avis de désignation sur carte reçu
avant le (indiquer ici la date de la présentation du présent projet de loi).
«Est également soustraite à la prospection, à
l'exploration et à l'exploitation minières toute substance minérale faisant partie du domaine de l'État
située dans une terre du domaine privé qui n'est pas comprise dans un périmètre
d'urbanisation et sur laquelle, au moment de
l'expiration, de l'abandon ou de la révocation du droit exclusif d'exploration
dont elle fait l'objet, des travaux d'exploration n'ont pas été effectués,
rapportés et approuvés par le ministre depuis le 24 octobre 1988.
«304.1.4.La municipalité régionale de
comté où sont situées les substances minérales soustraites peut, d'office ou à
la demande d'une municipalité locale où sont situées les substances minérales
soustraites, demander, par résolution, au ministre la levée partielle ou totale
de la soustraction.
«Lorsqu'il s'est écoulé au
moins 10 ans depuis une levée partielle ou totale d'une soustraction en
vertu du premier alinéa, la municipalité régionale de comté peut, d'office ou à
la demande d'une municipalité locale où sont situées
les substances minérales ayant fait l'objet de la levée, demander au ministre,
par résolution, le rétablissement, en tout ou en partie, de cette
soustraction.
«Lorsqu'une
municipalité régionale de comté ne se prononce pas sur la demande qu'une municipalité
locale lui adresse visant la levée ou
le rétablissement d'une soustraction dans les 120 jours suivant cette
demande, la municipalité locale peut demander au ministre, par
résolution, cette levée ou ce rétablissement.
«Une municipalité régionale de comté peut exiger
d'une municipalité locale qui lui demande la levée ou le rétablissement d'une soustraction tout document,
tout renseignement ou toute étude qu'elle juge pertinent pour évaluer la
demande. Le délai de 120 jours prévu au troisième alinéa est suspendu
jusqu'à ce que les documents demandés aient été reçus par la
municipalité régionale de comté.
«Le ministre
inscrit au registre public des droits miniers, réels et immobiliers toute levée
ou tout rétablissement d'une
soustraction qui lui est demandé par une municipalité régionale de comté ou une
municipalité locale. La modification prend effet à la date indiquée au
registre.
«Sont
assimilées à des municipalités régionales de comté pour l'application du
présent article, avec les adaptations nécessaires :
«1° le conseil d'agglomération de la Ville de
Montréal, de la Ville de Québec, de la Ville de Longueuil, de la Ville de La
Tuque et de la Municipalité des Îles-de-la-Madeleine;
«2° les
municipalités locales dont le territoire n'est pas compris dans celui d'une
municipalité régionale de comté, à
l'exclusion d'une municipalité locale dont le territoire est compris dans celui
d'une agglomération dont la municipalité centrale est visée au
paragraphe 1°.
«304.1.5. Le ministre peut, par arrêté, désigner
certaines substances minérales comme minéraux critiques et stratégiques.
L'arrêté est publié à la Gazette officielle du Québec.»
J'y vais avec
les commentaires? Parfait. Concernant l'article 304.1.2 : Cet article
vise à introduire l'article 304.1.2 de la Loi sur les mines pour
permettre à une municipalité locale de demander à la ministre des Ressources
naturelles et des Forêts une levée partielle d'une soustraction prévue pour un
territoire incompatible avec l'activité minière afin de permettre l'exploitation du sable et du gravier. Cette levée
partielle, qui deviendra une réserve à l'État par le jeu du troisième
alinéa de l'article 304, modifié par l'article 115 du projet de loi,
permettra d'obtenir cette matière première pour la réalisation de travaux de
construction sans avoir à lever complètement la soustraction.
Article 304.1.3 :
Cet article vise à introduire l'article 304.1.3 de la Loi sur les mines
pour prévoir la soustraction à l'activité minière toute substance
minérale faisant partie du domaine de l'État située dans une terre du domaine
privé. Les substances minérales situées sur une terre visée par un droit minier
ou par un avis de désignation sur carte au moment de la présentation du projet
de loi, c'est‑à‑dire le
28 mai 2024, sont exclues de cette mesure.
Il y a cependant une exception à l'exclusion des
terrains visés par un droit exclusif d'exploration ou par un avis de
désignation sur carte au moment de la présentation du projet de loi. Au moment
où le terrain ne sera plus visé par un droit
exclusif d'exploration, si des travaux d'exploration n'ont pas été réalisés
depuis le 24 octobre 1988, il sera également soustrait à
l'activité minière.
Concernant
l'article 304.1.4 : Cet article vise à introduire
l'article 304.1.4 de la Loi sur les mines pour permettre la levée
partielle de la soustraction prévue à l'article 304.1.3 à la demande d'une
municipalité régionale de comté où sont
situées les substances minérales soustraites. Le rétablissement de la
soustraction sera possible 10 ans après la levée. Ces démarches
pourront être faites d'office ou à la demande d'une municipalité locale. À
défaut par la municipalité régionale de comté d'agir à la suite de sa demande,
la municipalité locale pourra elle‑même
demander la levée ou le rétablissement de la soustraction.
• (12 h 20) •
La municipalité régionale de comté pourra exiger
des renseignements, des documents et des études à une municipalité locale pour l'application de cet article. Les
délais applicables seront ajustés en conséquence.
Enfin,
différentes entités sont admissibles... sont assimilables, pardon, à des
municipalités régionales de comté pour l'application du présent article.
Concernant
l'article 304.1.5 : Cet article vise à introduire
l'article 304.1.5 de la Loi sur les mines pour permettre à la
ministre des Ressources naturelles et des Forêts de déterminer la liste des
minéraux critiques et stratégiques.
Différentes mesures du projet de loi visent la
valorisation des minéraux critiques et stratégiques, notamment
l'article 234.1, proposé par l'article 95 du projet de loi, à l'égard
des résidus miniers.
À l'heure actuelle, la liste est présentée dans
le Plan québécois pour la valorisation des minéraux critiques et stratégiques.
M. le
Président, j'ai un amendement à présenter... deux amendements, mais donc je
commencerai par le premier.
Le Président (M. Ciccone) : Parfait.
Mme Blanchette Vézina : Alors,
concernant l'article 304.1.3.1... exact : Insérer, après
l'article 304.1.3 de la Loi sur les mines, proposé par l'article 118
du projet de loi, l'article suivant :
«304.1.3.1.
Le ministre peut, dans les cas et aux conditions prévues par règlement,
soustraire à la prospection, à l'exploration et à l'exploitation
minières les substances minérales faisant partie du domaine de l'État situées
dans une terre du domaine privé qui ne sont pas soustraites par l'effet de
l'article 304.1.3, d'office ou à la demande de la municipalité régionale
de comté où sont situées les substances.
«La soustraction prend effet par
l'inscription d'un avis au registre public des droits miniers, réels et
immobiliers.»
Cet amendement vise à
permettre la soustraction à l'activité minière des substances minérales situées
dans une terre du domaine privé qui ne sont pas soustraites par l'effet de
l'article 304.1.3, proposé par l'article 118 du projet de loi.
En principe, les
terres qui passent du domaine de l'État au domaine privé n'auront cependant pas
à être soustraites en vertu de l'article
proposé puisque l'article 304.1.3 prévoit la soustraction de toutes les
terres du domaine privé, dans la mesure où elles ne sont pas visées par
l'exception à la soustraction qui y est prévue.
Le Président (M.
Ciccone) : Merci beaucoup. Y a-t-il des interventions sur l'amendement
à l'article 118? Mme la ministre.
Des voix :
...
M.
Fortin : Non, mais... non, mais ça, c'est
juste...
Mme Blanchette
Vézina : Ça, c'est uniquement en terres privées.
M. Fortin : Ça,
c'est en terres privées, qui bénéficient d'une exemption du 304.1.3 général,
là, pour... parce qu'ils ont un claim déjà existant ou il y a des
activités d'exploration qui ont déjà eu lieu depuis 1988, si je comprends bien.
Mme Blanchette
Vézina : Exact.
M.
Fortin : Et là la ministre, à la demande
de la MRC ou d'office, peut décider : Non, il n'y en a plus.
Mme Blanchette
Vézina : Selon les conditions... Dans les conditions et les cas prévus
par règlement. Et ça...
M.
Fortin : Selon les conditions à prévoir
par règlement...
Mme Blanchette
Vézina : Oui, à prévoir par règlement.
M.
Fortin : ...pas déjà prévues, là, mais
à...
Mme Blanchette Vézina : Non, bien... Puis ce
que... ce que j'ai comme intention réglementaire. J'en ai... Vous aimez,
hein, vous...
M.
Fortin : Oui, vous me connaissez bien.
Mme Blanchette
Vézina : En lien avec... C'est... c'est notamment, ici, les cas où on
a des municipalités qui, en ce moment, ont des suspensions de... oui, d'octroi
de droit exclusif d'exploration parce qu'ils sont en exercice de désignation de
territoire incompatible à l'activité minière en terres privées.
Ce que ça va venir
permettre ici, c'est de prendre les conditions d'un TIAM, en bon français, pour
pouvoir les inscrire dans un règlement et pouvoir faire les soustractions à
l'activité minière qui auraient été faites si l'exercice du TIAM avait été
complété avant l'adoption du projet de loi. Donc, ça va venir permettre aux
municipalités d'avoir un mécanisme de
retrait, au même titre que l'exercice des TIAM, qui ne sera plus nécessaire,
parce que le retrait est déjà prévu à
travers l'ensemble des articles, là. La levée... La soustraction à l'activité
minière est déjà prévue par l'article... par les articles que je viens
de vous lire, mais donc ça va permettre quand même d'avoir un mécanisme ouvert
aux municipalités et MRC pour soustraire
certains territoires dans leur volonté de faire des TIAM dans le cadre du
nouvel... du nouveau régime, disons, en terres privées.
M. Fortin : Oui.
OK. Mais là il y a... il y a deux choses dans... bien, il y a plusieurs trucs,
là, dans votre amendement, mais d'abord il y a la demande de la MRC, là.
Donc, disons que la MRC... Puis il y en a, là, des situations comme celle que vous décrivez en ce moment, où il y a des
suspensions en vue d'un TIAM éventuel dans le régime actuel. Donc, pour ces
territoires-là qui, en ce moment, sont suspendus, disons, là, la MRC va devoir
faire une demande ou d'office vous allez les soustraire?
Mme Blanchette Vézina : Bien, sur la mécanique,
là, je pense qu'au cas par cas on va déterminer la situation pour chacune des MRC, là. Tu sais, avant de le
faire d'office, on va ouvrir le dialogue avec chacune des MRC qui sont en
exercice en ce moment.
M.
Fortin : Mais ma question, c'est :
Pourquoi vous avez le pouvoir de le faire d'office? Je vous le demande comme
ça. Pourquoi ce n'est pas la MRC qui doit vous le demander?
Mme Blanchette
Vézina : Me permettez-vous de suspendre?
M. Fortin : Bien sûr.
Le Président (M.
Ciccone) : ...quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à
12 h 26)
(Reprise à 12 h 27)
Le Président (M.
Ciccone) : Alors, nous sommes de retour. Mme la ministre.
Mme Blanchette Vézina : À la question d'office,
là, c'est que, par exemple, toutes celles... toutes les MRC... On
pourrait venir indiquer que toutes les MRC qui sont en ce moment en suspension
parce qu'ils ont un TIAM, un exercice de TIAM, qui nous ont envoyé des cartes
pour lesquelles on serait capables d'officialiser... bien, on pourrait décider, pour ces territoires-là, de le faire
d'office, parce que l'exercice est déjà actif en ce moment, puis on serait en
mesure de le faire. Mais l'objectif, c'est de travailler vraiment en
collaboration, de ne pas l'imposer d'office pour d'autres situations, là. C'est vraiment pour se
faciliter... faciliter l'exercice pour les municipalités, faciliter l'exercice
aussi dans la transition, là, face à l'ancien régime puis au nouveau...
nouveau régime en terres privées.
M.
Fortin : C'est juste que, tu sais, en même
temps, si la... enfin, si la MRC, elle a déjà demandé la suspension du
territoire, elle peut très bien faire la demande, là. Peut-être que... De vous
donner le pouvoir d'office de le faire, peut-être que ça peut marcher pour la
situation que vous décrivez en ce moment, où il y a des territoires qui sont en ce moment suspendus, mais vous avez
quand même un immense pouvoir que vous vous octroyez vous-même, là, à travers ça, sans avoir une demande de la
MRC, pour dire : Je soustrais ce territoire-là sans avoir une demande de
la MRC éventuellement. Peut-être que,
dans le cas que vous soumettez aujourd'hui, là, ça peut convenir, mais, pour la
suite des choses, je trouve que c'est beaucoup de pouvoirs.
Mme Blanchette
Vézina : En réponse à votre inquiétude, c'est déjà prévu dans les
autres articles, la même façon de procéder.
Tu sais, je tiens ici à vous mentionner, là, que cet article-là est vraiment
dans l'outil de collaboration avec les MRC. Donc, l'intention n'est pas
d'utiliser cette disposition pour retirer des territoires d'office sans... sans
idée de collaboration, là. C'est vraiment
pour... par souci aussi d'utiliser le même... la même formulation avec les
autres articles, mais dans un souci, bien sûr... Parce que l'ensemble
des articles qu'on introduit par cet article 118, c'est pour donner
certains pouvoirs aux municipalités, aux MRC, qui l'ont demandé, de contrôle
sur la détermination des usages de leurs territoires en terres privées. Donc,
l'idée, c'est vraiment de collaborer avec elles dans cette volonté-là de déterminer les usages puis de pouvoir, oui,
permettre l'exploration, mais pouvoir le soustraire lorsque... lorsque, par
règlement, on aura prévu des situations, là.
M.
Fortin : OK. Mais, dans votre intention
énoncée du règlement, là, vous avez cité des territoires qui sont en suspension en vertu d'un... ou en faire un TIAM
éventuel, là, mais, moi, ce n'est pas... ce n'est pas tant le lendemain du projet de loi qui... pour lequel j'ai une
inquiétude, c'est pour la suite des choses, là, par la suite. Il y a cet
article-là... Parce que, les
territoires suspendus, là, je peux comprendre la volonté de la MRC, elle semble
assez claire, là, dans cette situation-là,
mais est-ce que vous allez vous donner d'autres pouvoirs réglementaires de
venir dire éventuellement : Je pourrai enlever à quelqu'un un claim
ou...
• (12 h 30) •
Mme Blanchette
Vézina : Bien, ce sera les mêmes... Tu sais, l'intention
réglementaire, là, le règlement n'est pas
déposé, mais ce sera les mêmes balises que l'exercice de désignation d'un
territoire incompatible à l'activité minière, c'est-à-dire... Il y a
déjà, en ce moment, des OGAT, des orientations gouvernementales qui permettent
de déterminer ces territoires incompatibles à l'activité minière. Bien, le
règlement va prévoir ces mêmes balises pour que l'exercice puisse être fait par la suite aussi par une MRC
qui, en ce moment, n'a pas nécessairement demandé de faire un TIAM. Donc,
c'est... ça va être l'outil qui va permettre de poursuivre les TIAM en terres
privées dans... avec les balises qu'on connaît actuellement, là, qui...
avec les orientations gouvernementales qui sont connues des partenaires, donc,
avec le nouveau mécanisme des articles qui
permettent la levée ou la soustraction... la levée de la soustraction ou la
possibilité de faire de l'exploration minière.
Ça
fait que c'est... c'est le corollaire des autres articles, c'est-à-dire, ça va
permettre de poursuivre la soustraction, donc de pouvoir faire des
soustractions d'exploitation, dans la mesure prévue par règlement, mais selon
les balises des TIAM en ce moment, pour
s'assurer de garder l'équilibre puis d'entendre la volonté aussi des
municipalités de soustraire lorsqu'elles le souhaitent.
M.
Fortin : Donc, ce que vous nous dites,
pour les gens qui... les gens qui suivent, là, c'est, essentiellement, que le règlement, ça va être une espèce de miroir,
là, je ne veux pas vous dire que c'est exactement la même chose, que les
conditions du TIAM en ce moment.
Mme Blanchette Vézina : C'est
exact. Bien, il va rester à aller faire des consultations, puis tout
l'exercice, puis...
M. Fortin : On s'entend là-dessus.
Mme Blanchette
Vézina : Mais l'intention derrière ça, c'est de pouvoir avoir la même
possibilité qu'avec les TIAM. Donc, on va s'inspirer des mêmes orientations,
qui, soit dit en passant, seront ajustées, là, prochainement. Je pense que c'est le 31 décembre, là,
qu'elles entreront en... en décembre. Mais donc l'idée, c'est de s'assurer
d'avoir cette même... ce même outil là dans le nouveau mécanisme des
articles 304.1 et suivants.
M. Fortin : Oui. Elles entrent en vigueur en décembre, mais elles sont
déjà connues, là.
Mme Blanchette Vézina : Exact.
M. Fortin : Oui. OK. Je m'arrête là pour l'instant, M. le Président.
Le Président (M. Ciccone) : Merci,
M. le député de Pontiac. Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga Mendez : Merci. Je
trouve cet ajout assez intéressant. Ce que j'aimerais peut-être juste avoir dans la discussion avec la ministre... C'est
toujours dans les exemples, quand on se met dans des différents cas, là, de
figure, qu'on a quand même vus dans
les médias, que ça nous aide à comprendre jusqu'où on peut puis on ne peut pas
aller avec le règlement.
Donc, ma première question, c'était... Il y a
quand même des conditions, puis la ministre l'a dit, là, elle va s'inspirer des
OGAT Mines connues puis la... les conditions pour les TIAM. Donc, ça, c'est...
c'est quand même important, là, vu que c'est
des outils avec lesquels les municipalités sont déjà familiarisées, qu'elles
utilisent déjà, puis ça crée une harmonisation. Donc, ça, c'était ma
première inquiétude.
Ma deuxième, c'est que, lorsqu'on dit... ne sont
pas... On parle ici de substances... minérales, pardon, qui sont situées dans
une terre du domaine privé, qui ne sont pas soustraites par l'effet de 304.1.3.
Donc, dans le 304.1.3, on parle de la
soustraction des périmètres... des terrains privés qui ne sont pas dans un
périmètre d'urbanisation, donc, mettons, des chalets ou des... n'importe
quel type de terrain privé. Une terre agricole qui n'est pas dans un périmètre
d'urbanisation, c'est... c'est l'exemple.
Donc là, ce que je veux comprendre... Quand on
dit que... Je prends l'exemple des terres agricoles qui ne seront pas d'office... qui ne sont pas soustraites
d'office. Est-ce que ça... Juste pour donner des exemples, là. Est-ce qu'elles ne
sont pas soustraites d'office vu qu'il y a un droit d'exploration actif? La
plupart du temps, c'est ça qui va arriver.
Donc, comment on va appliquer l'amendement...
cette nouvelle disposition? Est-ce que la municipalité doit attendre que le droit d'exploration soit échu?
Quelles sont les conditions qui vont être effectives ou pas? Parce qu'il y a les
conditions de base qu'on... On va en discuter tout à l'heure. Dans le
renouvellement du claim, on en a parlé quand même
amplement. Mais là, avec cette disposition, moi, j'espère qu'on ait des
conditions qui nous permettent d'aller un peu au-delà, suite à une demande
de la municipalité. Est-ce que c'est bien ça, l'intention de la ministre?
Mme Blanchette Vézina : Oui,
mais peut-être vous expliquer aussi la mécanique avec l'article 117, là,
parce qu'on a suspendu 117, mais ces deux articles-là sont... sont liés, là. Je
céderais la parole à Me Tremblay-Parent.
Le Président (M. Ciccone) : Maître.
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Bien oui, comme l'indique la ministre, en fait,
l'exclusion, là, des terres incluses dans
les périmètres d'urbanisation, c'est parce qu'à l'article 117 ces
terres-là sont... sont soustraites, donc, en temps réel, comme on
l'avait dit, en fonction de la mise à jour du périmètre d'urbanisation.
Donc, ce qui est important pour... Parce que,
là, on a plusieurs régimes qui cohabitent, là, avec ces dispositions-là. On a
les PU, on a les terres privées puis on a les TIAM. Ça fait qu'on a été aussi
baliser, là, on va le voir plus tard dans des mesures transitoires, juste pour
dire que, finalement, quand on est dans un PU ou quand on est dans un... une
terre privée, bien, on ne peut pas être dans un TIAM. Donc, juste s'assurer que
la personne sache, en fonction du statut de la terre, c'est quoi, le régime qui
s'applique à elle, autant le titulaire que le propriétaire ou la MRC concernée.
Donc, 304.1.3, ça vise, finalement, les terres
privées qui ne sont pas dans les PU. Et puis, pour le TIAM, bien, lui aussi, il
a son régime particulier, qui est également, là, visé par l'article 117,
là, qui a été suspendu. Mais ça ne change
rien au fait qu'il va être soustrait par l'effet de 117, là, à l'intérieur des
PU, là, pour revenir au début de votre question.
Mme Zaga Mendez : Oui, ça,
c'est... c'est clair. C'est peut-être de juste... là où qu'on parle des
conditions prévues, là. Donc, on a les PU,
ça, c'est le 117, ici, on a les terres privées qui ne sont pas dans un
périmètre urbain, et là on vient donner une exception. Moi, je pense que
c'est très intéressant qu'on est en train de donner... ouvrir une porte aux
municipalités de faire une demande d'exception. C'est pas mal là.
Donc, j'ai
des terres privées que, le lendemain, d'office, là, que la loi s'applique...
qui vont être toujours... Il y a toujours un droit d'exploration qui
s'applique parce qu'il est... bon, il est toujours en vigueur, mais la
municipalité souhaiterait que l'ensemble des terres privées, ou une partie des
terres privées, ou pas du tout, je pense que c'est ça aussi, là... pourrait
venir se tourner vers la ministre, écrire, sous certaines conditions — donc,
c'est les conditions que j'aimerais entendre un peu plus — demander
de ne plus renouveler de droits d'exploration dans ces terres-là, même si les
conditions de renouvellement s'appliquent. Est-ce que ça, c'est envisageable?
C'est quoi, la condition?
Mme Blanchette
Vézina : Ce n'est pas ce que j'envisage en ce moment, là, tu sais,
dans le sens où, s'il y a un droit
d'exploration... puis là je vais... je vais laisser, mais, s'il y a un droit
d'exploration puis que le renouvellement est respecté, les droits vont demeurer, parce que... pour les mêmes
raisons qu'on a... on a discutées à plusieurs reprises. On... Ce n'est pas le rôle de la ministre des
Ressources naturelles d'exproprier, là. Il y a des mécanismes pour
l'expropriation.
Ceci étant, une fois que les droits sont
terminés... donc, le renouvellement, plutôt, les conditions ne sont pas respectées, là, le droit tombe, et c'est
l'exercice de l'article, là, c'est-à-dire qu'il y a une soustraction, sauf
exception ou sauf demande de la
municipalité ici, en respect des conditions qui vont être prévues par
règlement, qui vont être ceux... en gros, ceux qui sont déjà prévus pour
les TIAM.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : Oui,
peut-être... peut-être juste compléter, si vous me permettez.
Mme Blanchette Vézina : Oui,
allez-y.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : Bien,
tout ce que la ministre vient de dire, c'est effectivement le cadre qui est
prévu par l'amendement, mais, peut-être pour, tu sais, un élément de précision
supplémentaire, il pourrait y avoir une soustraction. En fait, l'article
pourrait être appliqué avant même la fin du droit, qui se retrouve...
c'est-à-dire qu'il y aurait, finalement, une soustraction qui serait présente,
mais avec un droit qui est actif. Et donc ça ferait en sorte qu'au moment où le droit prendrait fin, bien, automatiquement la
soustraction prendrait effet, là. Donc, ce pouvoir-là peut être exercé
même quand il y a des droits. Cela dit, bien, le droit va pouvoir être exercé,
là, comme l'indiquait la ministre, conformément à la présente loi, là.
Mme Zaga Mendez : OK. Donc, je
vais peut-être aller dans des cas spécifiques, parce que je trouve... C'est
intéressant, mais c'est surtout la façon que ça va venir aider puis répondre.
On a reçu en commission parlementaire une... quand même, une coalition des
municipalités en Mauricie, où il n'y a que des droits d'exploration en terres privées et qui... C'est tout nouveau, là. C'est...
La date, là, ce n'est pas 1988 comme l'exception, là. C'est dans les dernières
années. Donc, dans leur cas, à moins de quelques exceptions, peut-être... bien,
je ne veux pas m'avancer parce que... Mais tout a été... tout est assez récent.
• (12 h 40) •
Parallèlement, il y a quand même un mouvement de
certaines personnes, ce n'est pas la majorité, mais qui ont fait des claims
comme une façon de montrer que c'est la seule façon, à ce moment-là, de retirer
de l'exploration et de l'exploitation minières des territoires. Donc,
l'individu privé, là, on le sait, qu'il ne pourra plus le faire s'il n'a pas de NEQ, là. C'est une des conditions de
renouvellement. Mais ces personnes-là pourraient être rassurées, elles pourraient, parce que c'est une... c'est un
pouvoir discrétionnaire... rassurées que, mettons, les MRC fassent une demande
en disant : Tout ce territoire privé là dans lequel il y avait auparavant
un claim individuel dans l'objectif de préservation... elles pourraient venir,
faire une demande puis dire : Je veux soustraire ces territoires-là.
Mme Blanchette Vézina : Dans la
mesure où ça respecte les conditions, là, du règlement, effectivement.
Mme Zaga
Mendez : Bien sûr. Donc, dans ce cas-là, ça ouvre une porte
pour offrir une option à ces MRC là.
Mme Blanchette Vézina : Exact.
Mme Zaga
Mendez : Parfait. Dans les autres cas, quand un droit
d'exploration est actif, mettons, depuis 10 ans, il n'y en a pas eu et qu'il n'est plus renouvelé,
de... et comme il est en terres privées, au bout du processus de renouvellement
et... ou de non-renouvellement, c'est l'article 304.1.3 qui s'applique.
Mme Blanchette Vézina : Exact.
Mme Zaga
Mendez : OK. Et, dans le cas... Je vous donne juste...
Parce que ça aide, donner des exemples pour rassurer puis envoyer un bon
message aux municipalités. Donc, dans ces cas-là, s'il n'y en a pas,
d'exploration, ils vont pouvoir être soustraits, et là c'est selon
l'article 304.1.3.
Mme Blanchette Vézina : Exact.
Mme Zaga Mendez : OK. Et, dans
la soustraction... Et là on était un peu dans la discussion du TIAM, dans
lequel on a gelé du territoire pendant les demandes des MRC qui étaient faites
en terrains privés qui n'étaient pas auparavant
claimés, qui n'étaient pas auparavant avec un droit d'exploration. Elles, elles
pourront ou vont être acceptées selon cet article-là, 304.1.3.1.
Mme Blanchette Vézina : Bien,
selon les mêmes balises, en fait, des TIAM, là, mais, oui, l'objectif, c'est...
c'est de garder cette cohérence-là, là, en lien avec les démarches qui sont
entamées pour les TIAM.
Mme Zaga Mendez : OK.
Mme Blanchette
Vézina : Mais là je veux être claire, c'est les mêmes balises.
Mme Zaga Mendez : Bien sûr.
Mme Blanchette Vézina : Donc,
ce n'est pas tous les territoires, parce que... Je ne sais pas si vous étiez présents quand on a regardé les pourcentages, là,
de territoires protégés par TIAM, mais ça peut aller jusqu'à 90 %,
95 %, là, donc... Mais l'idée, ce n'est pas de tout soustraire.
C'est de s'assurer qu'on garde cette cohérence-là de pouvoir développer le
territoire, mais en donnant des balises puis en respectant aussi certaines...
certaines exceptions, dont celle... bien,
l'exception des travaux, là, depuis 1988, mais avec certains... certains outils
pour rééquilibrer la volonté de mieux...
de mieux baliser les travaux d'exploration puis de pouvoir continuer d'inscrire
des territoires comme incompatibles à l'activité minière, avec la
possibilité de lever la soustraction, parce qu'on parle de ça, là, mais...
Mme Zaga Mendez : Il y a les
deux.
Mme Blanchette
Vézina : Il y a possibilité aussi pour la MRC, puis on
regardera, parce que j'ai un amendement également en lien avec ça,
mais... en lien avec ce pouvoir-là, mais... Mais donc la possibilité pour la
MRC va demeurer de pouvoir lever la soustraction également, si elle le
souhaite, pour permettre l'exploration minière sur les terres privées.
Mme Zaga Mendez : Mon dernier
point pour sensibiliser la ministre. Ce qu'on a entendu aussi de la part des
maires et mairesses, c'est que... Le processus de TIAM étant très lourd et
demandant beaucoup, beaucoup de travail, moi,
je veux juste vous entendre un peu sur comment vous voyez le processus pour
appliquer ces exceptions-là ou répondre à des demandes. Est-ce que ce
processus semble être plus simple à la lecture du... de l'amendement? Est-ce
que c'est le souhait que ce soit plus simple au lieu de passer par tout un processus
de TIAM qui peut prendre plusieurs années? Est-ce que ce processus se veut plus
simple et plus rapide pour écouter les MRC?
Mme Blanchette Vézina : Bien,
ma volonté, c'est que ce soit plus simple, effectivement. Il reste quand même des balises à respecter qui vont être dans le
règlement, mais, oui, l'idée... Puis j'ai bien entendu les municipalités
qui mentionnaient que c'était un exercice qui n'était pas simple puis je le
comprends. Donc, l'idée avec ce bloc d'articles là, c'est aussi que ce soit
plus simple de lever, de soustraire. Puis, une fois que c'est fait, c'est le
régime actuel des... de la... de la loi...
bien, le régime éventuel, si on adopte la loi, qui va s'appliquer, mais pour
éviter d'avoir, à la pièce, à faire des territoires incompatibles à
l'activité minière. Donc là, il y a... il y a un mécanisme plus simple où
l'exception, c'est... c'est cet outil-là ou celui du... de la lever selon...
selon leur volonté.
Mme Zaga Mendez : C'est bon de
mon côté. Merci. Ça a répondu à toutes mes questions.
Le
Président (M. Ciccone) : Merci. Y a-t-il d'autres interventions? M. le
député de Dubuc, vous avez quelque chose à ajouter? Non?
Non, c'est beau. Parfait. M. le député de Pontiac.
M. Fortin : Oui. Peut-être une... peut-être une question. Juste avant
de passer la parole à ma collègue, je vais revenir sur la question de... parce
qu'elle me chicote un peu, là, puis je comprends que c'est comme ça dans
d'autres articles aussi, mais la question du pouvoir d'office de la ministre.
Là, je... Là, on est dans une discussion, là, où
on a des êtres raisonnables autour d'une table qui peuvent comprendre le pour,
et le contre, et le bienfait, et les préoccupations autour du secteur minier.
Et je ne prête pas d'intentions quelconques
à la ministre, là. Je pense qu'elle est dans ce mode-là. Mais le pouvoir que
vous octroyez là, la ministre peut, d'office, soustraire à la
prospection, l'exploration des terres qui bénéficient d'une... appelons ça une exemption, là, de par les critères qui sont
établis, là, ça, ça veut dire que, dans ce cas-ci, un ministre ou un
gouvernement antimine, là, disons, pourrait venir dire : Moi, je
change le règlement et, d'office, je peux retirer tout le monde qui a une... Et à l'inverse, à l'inverse aussi, là, dans
les autres articles que vous mentionnez, un gouvernement qui dirait : Moi,
je veux des mines partout, tout le temps,
sous aucune condition, peut venir faire le contraire. Le pouvoir n'est pas dans
les mains uniques de la MRC. Est-ce que j'ai raison de... Puis je ne vous dis
pas que le... Encore là, on a des êtres raisonnables autour de la table, et ce
n'est pas, je pense, l'intention de quiconque, mais ça permet ça, ces
articles-là.
Mme Blanchette Vézina : J'aimerais
suspendre.
Le Président (M. Ciccone) : On va
suspendre quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 47)
(Reprise à 12 h 51)
Le Président (M. Ciccone) : Alors,
nous sommes de retour, collègues. Merci beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'amendement à l'article 118? Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci,
M. le Président. Quand je lis la... l'amendement, comment c'est proposé, dans
le fond, on... le ministre pourrait, à tout moment, retirer des droits à... ce
que je comprends, là, des droits de prospection, d'exploration ou d'exploitation en terres privées, peu importe qu'il y
ait eu des travaux avant 1988... ou depuis, même, 1988, peu importe. Et donc est-ce que ce ne serait
pas... ça ne pourrait pas être considéré comme de l'expropriation déguisée?
Mme Blanchette Vézina : Non,
puis je vais laisser le juriste expliquer, mais en fait, là, tu sais, on
soustrait... C'est important de comprendre qu'on ne soustrait pas des droits.
On soustrait à la prospection. Puis là peut-être expliquer la nuance...
Mme Dufour : Et l'exploitation.
Le Président (M. Ciccone) : Me
Tremblay-Parent.
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Oui, bien, c'était comme ce qu'on... ce qu'on
avait expliqué pour l'article 304, là, tu sais, pour... La soustraction,
c'est toujours... tu sais, on l'applique de façon immédiate, mais ça va avoir
effet, finalement, au terme, tu sais, du droit minier qui serait présent sur le
territoire, là, dans le sens... Si, mettons, il y a un droit exclusif
d'exploration, cet article-là est appliqué, bien, à ce moment-là, il va y avoir
un droit, mais à l'intérieur d'un territoire
soustrait. Puis, si le droit venait à échéance ou était révoqué, etc., bien là,
à ce moment-là, ce ne serait plus possible d'en inscrire un nouveau.
Mais, durant la période où le droit est renouvelé conformément à la loi, il
peut perdurer, là.
Mme Dufour : OK.
Bien, l'article 304.1.3 fait effectivement la distinction où on vient
préciser que ça s'applique seulement à l'expiration du... ou l'abandon ou la
révocation du droit, mais ici on ne le dit pas. Donc, il n'y a pas de possibilité
que ce soit interprété comme que ça peut être abandonné à tout moment, retiré à
tout moment?
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : Bien,
en fait, 304.1.3, c'est vraiment... ce n'est pas une mécanique pour la soustraction. En fait, c'est plus pour l'absence
de soustraction. C'est que l'effet est inverse. 304.1.3, bien, en fait, l'idée,
c'est de dire d'emblée : Il y a une soustraction, sauf si, finalement, à
l'expiration, bien, on se rend compte qu'il n'y a pas eu de travaux qui ont été faits depuis 1988.
Bien, à ce moment-là, il y a... finalement, ça va être soustrait également. Mais
ce n'est pas l'effet inverse qui est de dire... Bien, dans la mesure où il y a
une soustraction qui est appliquée, s'il y a
un droit, bien, la question, ce n'est pas de libérer ou pas la soustraction.
C'est vraiment de dire : La soustraction, elle va être présente.
C'est la même chose que pour 304.
Mais, tu sais, finalement, on ne veut pas
remettre en cause le fait qu'il va y avoir une soustraction. Ça fait que c'est
pour ça qu'on n'a pas besoin de le dire, là, que la soustraction demeure à
l'expiration du droit. L'article a justement pour effet de mettre en place la
soustraction.
Mme Dufour : Bien,
peut-être... Je ne sais pas si c'est moi qui comprends bien... mal, mais, moi,
quand je le lis, ce que ça dit, c'est qu'à tout moment on peut le
soustraire à la prospection. Et là vous me dites : Non, non, non, c'est
déjà soustrait. Ça fait que, là, je vous avoue que je suis un peu confuse, là,
avec l'explication.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : Non,
mais en fait ce que... Puis je... tu sais, il y a plusieurs niveaux de complexité, là, ça fait que je vais reprendre
l'explication. C'est qu'en fait à 304.1.3.1, là, qu'on introduit par
amendement, c'est qu'on parle de territoires qui ne sont pas soustraits.
Là, dans la mesure où on applique la soustraction, bien, cette soustraction-là est faite pour l'avenir, là,
tu sais, jusqu'à... jusqu'à tant qu'il y ait une levée qui soit prise par une
MRC. Mais c'est certain qu'à l'expiration
d'un droit qui s'y trouve la soustraction reste en place. Ça ne fait pas de
doute.
Mme Dufour : Oui,
mais, moi, ma question, c'est de savoir si la soustraction à la prospection, à
l'exploration, ou à l'exploitation peut se faire même s'il y a eu des travaux
dans les derniers temps, puis j'avais compris par la ministre au début,
quand on était hors d'ondes, que c'était... justement, que c'était possible de
le faire.
Mme Blanchette Vézina : On va,
encore une fois, respecter les droits qui sont inscrits. Il n'y aura pas
d'expropriation. Ceci étant, si les conditions du renouvellement ne sont pas
respectées, le droit expire, puis là, bien, la soustraction s'applique. C'est
ça.
Mme Dufour : OK. Mon
questionnement venait... Parce qu'ici on... dans cet amendement-là, on ne le
précisait pas, justement, que c'était au moment où il y avait un abandon ou une
expiration que la ministre pouvait révoquer.
Mme Blanchette Vézina : C'est
comme pour les TIAM en ce moment, c'est la même façon, ou pour 304. C'est ça? 304. Les TIAM, c'est comme ça en ce
moment. Donc, il y a une soustraction, mais, tant qu'il y a un droit, le
droit reste. Une fois que le droit se termine, bien, la soustraction prend
effet.
Mme Dufour : OK. Ma deuxième
question, c'est concernant... On dit : «...à la demande de la municipalité
régionale de comté où sont situées [ces] substances.» Dans un autre cas, qui
est le 304.1.4, où, là... On va le voir tout à l'heure, mais on vient donner...
Dans le fond, on dit : Lorsque... Parce qu'on peut s'imaginer que la MRC
va faire cette
demande-là à la demande d'une municipalité, fort probablement. Donc, au
304.1.4, on est venus dire : Bien, si la municipalité a fait une
demande puis que la MRC ne s'est pas prononcée, bien, elle peut faire elle-même
la demande à la ministre. Ici, on ne retrouve pas ce même mécanisme là.
Mme Blanchette
Vézina : Je vais suspendre, mais là... malgré qu'il arrive presque
l'heure. Voulez-vous...
Le Président (M.
Ciccone) : Oui, bien, ce qu'on va faire... Si on suspend... Si vous
voulez, collègues, on va suspendre les travaux jusqu'à cet après-midi,
16 h 15. Bon lunch, bon dîner, tout le monde. Merci.
(Suspension de la séance à
12 h 57)
(Reprise à 16 h 20)
Le
Président (M. Montigny) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! La Commission
de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources
naturelles reprend ses travaux.
Nous
poursuivons l'étude détaillée du projet de loi n° 63,
Loi modifiant la Loi sur les mines et
d'autres dispositions.
Alors,
ce matin, lors de la suspension des travaux cet avant-midi, nous étions donc à
l'étude d'un amendement de Mme la
ministre qui introduisait un nouvel article, le 304.1.3.1, à l'article 118
du projet de loi actuel. Mme la ministre, est-ce qu'il y avait des
interventions?
Mme Blanchette Vézina : Oui. En fait, on avait
suspendu suite à une question, là. J'avais besoin d'aller valider, là,
la raison pour laquelle on avait uniquement «à la demande de la municipalité
régionale de comté où sont situées les substances». C'est qu'on veut s'arrimer
avec le processus de TIAM en ce moment. Tu sais, quand je vous dis que l'idée,
c'est de garder cette espèce de même format, le schéma d'aménagement, ce sont
les MRC qui l'ont.
Pour l'autre... pour
l'autre situation, la levée, donc, on regardera 3.1.4, mais l'exercice qu'on
voudrait éviter, c'est qu'une municipalité qui souhaite faire du développement
ne puisse pas le faire à cause de... à cause que la MRC... ou x raison, là, il y a un enjeu entre les deux visions de
développement, mais que la municipalité, dans ce cas-là, puisse
continuer de faire son développement malgré que la MRC n'ait pas réagi. Ça fait
qu'on pourra le regarder, concernant l'article, là, directement, mais ici on
est vraiment à l'étape de schéma d'aménagement avec la MRC, comme on le faisait
pour les TIAM.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Mme la députée de Mille-Îles, la parole
est à vous.
Mme Dufour : Oui,
merci. Donc, je veux juste... je veux juste souligner que... C'est ça, c'est...
On n'a pas la même approche, là. Je comprends la... ce que la ministre
souligne, mais ça reste que, dans le cas où il n'y aurait pas... c'est ça, une municipalité souhaiterait, disons,
protéger son territoire, là, ce que je comprends, c'est qu'elle ne serait pas
en mesure de le faire si la MRC, elle ne souhaite pas le faire. Ça fait que,
dans le fond... C'est ça, ça veut dire que c'est peut-être... le contrat va
peut-être être mis dans les mains d'une multitude de maires qui ne sont pas
ceux qui vont être affectés nécessairement par la demande en question, là.
Mais
je comprends. Je comprends qu'on veut le faire différemment puis qu'on souhaite
y aller comme les TIAM, mais ça reste qu'il y a quand même un... il y a
quand même deux... tu sais, deux façons de le voir dans la... Et il y a des municipalités qui seront peut-être... Il risque
d'y avoir des conflits, tu sais, je vais le dire simplement comme ça, là,
il risque d'y avoir des conflits ou... C'est ça, ça... Tu sais, il pourrait...
Parce qu'on le sait, là, ce n'est pas toujours l'unanimité, disons, dans les MRC, là. Donc, il pourrait y avoir
certains maires qui disent : Non, non, non, alors que ceux qui vont
principalement subir la pression sont les municipalités elles-mêmes.
Le Président (M.
Montigny) : Mme la ministre, allez-y.
Mme Blanchette
Vézina : Merci, M. le Président. Peut-être, question de compléter la
réponse que je vous ai donnée, là, je céderais la parole à
Me Tremblay-Parent.
Le Président (M.
Montigny) : Me Tremblay-Parent.
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Oui, c'est ça, je pense que, pour bien comprendre, là, le
pouvoir qui est prévu à 304.1.4, là, il faut... il faut avoir en tête que,
finalement, ce n'est pas... La municipalité ne pourrait pas aller à l'encontre
de la volonté de la MRC si elle s'exprime. L'idée, là, du mécanisme qui est
prévu, c'est vraiment de dire : Si jamais la MRC ne se prononce pas dans
les 120 jours, c'est là que la municipalité locale peut intervenir. Donc, ce n'est pas... ce n'est pas un pouvoir de la
municipalité, d'elle-même, qui pourrait demander la levée ou le rétablissement.
C'est vraiment une manière de faire en sorte qu'il n'y ait pas une MRC qui
n'ose pas se prononcer dans une situation où la municipalité locale
tiendrait, là, à ce qu'il y ait, finalement, une décision qui soit prise sur la
levée ou non, là, de la soustraction.
Mme Dufour : Oui,
je peux... je comprends, là, que ce n'est pas la décision de la MRC, mais ça
reste que, si une municipalité demande... doit se rendre directement au
ministre pour faire une demande, c'est probablement contre la volonté de la MRC
qu'elle va le faire, parce que sinon la MRC aurait transmis la demande. Donc,
dans... Ça revient à la même chose, là. Il risque d'y avoir des conflits.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : Bien,
elle ne se sera pas prononcée, là. Ça fait que je ne pourrais pas dire que
c'est à l'encontre. Mais, tu sais, c'est sûr que c'est vraiment dans la mesure
où la MRC ne se prononce pas sur la décision, là, après le délai qui est
imparti.
Mme
Dufour : On y viendra à cet article-là pour en discuter,
mais... parce que j'aurai d'autres questions là-dessus, là, mais ça
reste que, tu sais, en tout cas, je pense qu'ici on risque de voir certains
conflits émerger, là, avec la façon de le proposer, là.
Le
Président (M. Montigny) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions en
lien avec cet amendement? Oui, M. le député de Pontiac.
M.
Fortin : ...on avait, avant la pause, là, suggéré à la
partie ministérielle qu'on proposerait un amendement. Alors, je pense
qu'on est prêts à le soumettre.
Le Président (M. Montigny) : Vous
proposez donc d'amender le projet d'amendement, donc, un sous-amendement. C'est
ça?
M. Fortin : Exact.
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Il est déposé?
M. Fortin : Je pense qu'il a été envoyé.
Le Président (M. Montigny) : Donc,
on va suspendre les travaux pour l'envoyer.
M. Fortin : Merci beaucoup.
Le Président (M. Montigny) : Nous
allons suspendre.
(Suspension de la séance à 16 h 26)
(Reprise à 16 h 28)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous reprenons donc nos travaux et nous avons donc une proposition de
sous-amendement qui est présentement à l'écran. M. le député de Pontiac, je
vous laisse la parole.
M. Fortin : Oui, merci. Merci, M. le Président. Nous présentons ce qui
est un sous-amendement, je crois, à l'article 118,
de l'article 304.1.3.1 de la Loi sur les mines : L'amendement introduisant
l'article 304.1.3.1 de la Loi sur les
mines est modifié par la suppression des mots «d'office» après les mots
«soustraites par l'effet de l'article 304.1.3,» au premier alinéa.
Et je m'en excuse,
M. le Président, je comprends que le mot «ou» devrait être inclus dans les
guillemets après «d'office», mais
vous comprendrez, là, le sens de notre proposition, qui est juste de venir dire
que c'est la MRC qui devrait avoir ces pouvoirs-là de recommandation.
Mme Blanchette Vézina : ...sur le
fait qu'il faudrait ajouter un «ou», là. Je ne sais pas comment on procède.
M. Fortin : Bien...
Le
Président (M. Montigny) : Avec le consentement de tout le monde, là, on
pourrait convenir de l'ajouter, là, pour ne pas faire une modification.
Une correction de forme, là, ça vous convient?
Des voix : ...
Mme Blanchette Vézina : Consentement,
oui.
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
On a consentement. On va faire cette correction de forme.
M. Fortin : Sur le fond...
Le Président (M. Montigny) : Juste
pour être certain qu'elle soit claire, la répéter, là, pour que ce soit vraiment
clair pour tous.
• (16 h 30) •
M. Fortin : L'amendement
introduisant l'article 304.1.3.1 de la Loi sur les mines est modifié par la
suppression des mots «d'office ou» après les mots «soustraites par
l'effet de l'article 304.1.3,» au premier alinéa.
Le
Président (M. Montigny) : Merci beaucoup. C'est très clair. Alors, vous avez la parole, M. le député de Pontiac.
M. Fortin : Bien,
effectivement, c'est le débat qu'on a eu, là, avant la pause à 13 heures.
Tout simplement pour dire que nous, on pense que c'est les MRC qui
devraient avoir ce pouvoir-là plutôt que d'avoir un pouvoir d'office, et non
pas parce qu'on ne fait pas confiance à l'équipe ministérielle actuelle, mais
vraiment parce qu'on pense que ça devrait être dans les mains de la MRC
uniquement.
Le Président (M.
Montigny) : Merci. Mme la ministre.
Mme Blanchette
Vézina : Bien, de mon côté, je ne vois pas d'enjeu, là, majeur.
Effectivement, l'objectif, ce n'est pas de
venir enlever des droits ou des pouvoirs, ou de venir le faire d'office, là.
Donc, voilà, il n'y a pas d'enjeu.
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Donc, est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec cette proposition
d'amendement? Oui, Mme la députée de Verdun...
Mme Zaga Mendez : Oui, merci. Alors, si on
fait cette modification, ça, ça voudrait dire... Parce que l'application
d'office, c'était... Juste voir la
ministre... Parce qu'on avait eu la discussion, mais est-ce que c'était pour se
garder une marge de manoeuvre si jamais il faut intervenir ou est-ce que
l'intention, c'est seulement de le faire à la demande des MRC? Parce que c'est
là qu'on limite, là, à moins que le ministère ait des raisons d'intervenir pour
d'autres objectifs gouvernementaux qui ne sont pas ceux des MRC. J'ai juste
effleuré cette idée-là parce que... Est-ce que c'est juste les MRC qui
pourraient faire la demande ou d'autres ministères, par exemple, dans ce
cas-là?
Mme Blanchette Vézina : En ce moment... Bien, tel
qu'indiqué, là, avec l'amendement, ce serait uniquement à la demande de la MRC. L'objectif derrière cet
article-là, c'est vraiment de venir trouver un mécanisme qui est similaire
à celui des TIAM, puis c'est déjà comme ça que ça fonctionne, les TIAM. Donc,
il n'y avait pas de possibilité de le faire d'office, là. Donc, l'idée, c'est
se coller sur ce mécanisme-là. Donc, ce sera avec le même effet, donc.
Mme Zaga
Mendez : C'est bon, ça répond à ma question.
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec ce sous-amendement? Alors,
il ne semble pas y avoir d'autres interventions. Nous pouvons procéder à la
mise aux voix. Est-ce que le...
M.
Fortin : ...
Le Président (M.
Montigny) : Parfait. Merci beaucoup. On va y aller par appel nominal.
M. le secrétaire.
Le
Secrétaire : Pour, contre, abstention. M. Fortin (Pontiac)?
M.
Fortin : Pour.
Le
Secrétaire : Mme Dufour (Mille-Îles)?
Mme Dufour : Pour.
Le Secrétaire :
Mme Blanchette Vézina (Rimouski)?
Mme Blanchette
Vézina : Pour.
Le
Secrétaire : M. Dufour (Abitibi-Est)?
M. Dufour : Pour.
Le
Secrétaire : Mme Picard (Soulanges)?
Mme Picard : Pour.
Le
Secrétaire : M. Tremblay (Dubuc)?
M. Tremblay : Pour.
Le Secrétaire : M. Bussière
(Gatineau)?
M. Bussière : Pour.
Le Secrétaire : Mme Zaga Mendez
(Verdun)?
Mme Zaga Mendez : Abstention.
Le Secrétaire : M. Montigny
(René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) : Abstention.
Alors, le sous-amendement est adopté. Nous revenons donc à cet article 118
tel qu'amendé. Alors, nous pouvons revenir à l'amendement que nous avions. Mme
la ministre.
Mme Blanchette Vézina : Je n'ai pas
de commentaire supplémentaire.
Le Président (M. Montigny) : C'est
parfait. Est-ce qu'il y avait d'autres interventions? Alors, il ne semble pas y
avoir d'autres interventions avec cet amendement qui était proposé... tel
qu'amendé, en fait.
M. Fortin : ...je me permettrais de vous demander de le remettre à
l'écran, M. le Président, si c'est possible.
Le Président (M. Montigny) : Oui,
avec plaisir. On va prendre le temps de faire ça. Nous allons le remettre à
l'écran. N'oubliez pas que nous avons adopté le sous-amendement. Alors, il faut
le figurer, là.
M. Fortin : Oui, on va le considérer sans faute, M. le Président.
Le
Président (M. Montigny) : ...de temps. Voulez-vous que je suspende? Moi, ça
me convient si vous avez besoin.
M. Fortin : Sur l'amendement, de mon côté, ça me va, M. le Président...
Le
Président (M. Montigny) : Parfait. On comprend. Comme il n'y a pas d'autre
intervention sur l'amendement, nous pourrons passer aux voix sur cette
proposition d'amendement. Est-ce que cette proposition d'amendement est
adoptée?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Montigny) : L'amendement est adopté. Merci. Nous sommes donc
sur l'article 118 tel qu'amendé. Maintenant, Mme la ministre, je
vous laisse la parole.
Mme Blanchette Vézina : Merci, M. le
Président. J'aimerais introduire un nouvel amendement concernant cette fois-ci,
bon, bien sûr, l'article 118, mais concernant l'article 304.1.4 de la
Loi sur les mines.
Le
Président (M. Montigny) : Parfait. Donc, vous proposez un nouvel amendement
qui a pour effet d'ajouter un article. C'est ça?
Mme Blanchette Vézina : Modifier
l'article 304.1.4.
Le
Président (M. Montigny) : Modifier l'article. Parfait. Merci. C'est très
clair. C'est parfait. Je vous laisse aller avec la proposition
d'amendement.
Mme Blanchette Vézina : Je peux...
Il est affiché? Oui, excellent. À l'article 304.1.4 de la Loi sur les
mines, proposé par l'article 118 du projet de loi :
1° insérer,
dans le premier alinéa et avant «peut,», «en vertu de l'article 304.1.1,
dans un périmètre d'urbanisation, ou en vertu des articles 304.1.3
ou 304.1.3.1»;
2° insérer, après le deuxième alinéa, le
suivant :
«Le rétablissement de la soustraction en vertu
de l'article 304.1.3 n'a pas pour effet de mettre fin aux droits consentis en vertu de la présente loi au cours de
la levée ou d'empêcher l'octroi d'un bail minier à un titulaire de droit exclusif
d'exploration délivré durant cette période ou d'empêcher l'octroi d'un autre
droit demandé durant cette période. Le
deuxième alinéa de l'article 304.1.3 ne s'applique pas à l'expiration,
l'abandon ou la révocation d'un tel droit.»
Cet amendement vise à préciser que le pouvoir de
lever une soustraction prévu à l'article 304.1.4 de la Loi sur les mines s'applique pour la soustraction des
substances minérales situées dans les périmètres d'urbanisation et les
terres privées.
Est-ce que vous voulez qu'on affiche peut-être
le texte... le texte amendé, là?
Le Président (M. Montigny) : Tout à
fait. Nous l'avons. Si ça vous convient, il est...
Mme
Blanchette Vézina : Peut-être à titre de précision, là, commentaire
également, là, il y a la portion du deuxième
alinéa également, là, qui vise à s'assurer que les droits qui sont consentis,
donc, pendant la levée demeurent. Donc,
l'objectif, c'est... c'est celui-ci, là, donc, de s'assurer qu'on conserve, une
fois la levée, les droits qui auraient pu être octroyés pour s'assurer
que ces droits suivent.
Le Président (M.
Montigny) : Parfait. Merci beaucoup, Mme la ministre. Est-ce qu'il y a
des interventions maintenant? Oui, M. le député de Pontiac.
M.
Fortin : Oui, assurément, M. le Président.
OK. Je relis ce que... ce que la ministre vient d'introduire, là, pour bien
le... bien le saisir moi-même, là : «Le rétablissement de la soustraction
en vertu de l'article 304.1.3 n'a pas pour
effet de mettre fin aux droits consentis en vertu de la présente loi au cours
de la levée ou d'empêcher l'octroi d'un bail minier à un titulaire de
droit exclusif d'exploration délivré durant cette période ou d'empêcher...»
OK. L'application
pratique de ça, là, peut-être qu'on peut juste nous l'expliquer, là, pour bien
le saisir, là, en termes qui sont un peu moins légaux et avec un peu moins
d'articles... de chiffres d'article de loi, là, juste pour qu'on comprenne
exactement à quel moment ça va s'appliquer.
Mme Blanchette
Vézina : Je céderais la parole à Ian Morissette.
Le Président (M.
Montigny) : Merci. M. le sous-ministre, je vous laisse la parole.
M. Morissette (Ian) : Merci. Donc, dans le cas
où une MRC décidait de lever une soustraction, on l'a vu, il y a une
période de 10 ans. Si, pendant ce temps-là, quelqu'un prend un droit
exclusif d'exploration ou on octroie un bail minier et qu'à la période de
10 ans quelqu'un vient remettre la soustraction, bien, ces droits-là vont
être conservés. Donc, ils vont toujours être
valides. Donc, si la personne vient, après 10 ans, réimposer une
soustraction, ça n'aura pas pour effet de rendre nuls ces droits exclusifs. On
va se retrouver dans une situation similaire à celle qui est actuelle, là, pour
l'ensemble du régime, là. Donc, les droits vont être maintenus même si la
soustraction est réimposée.
M. Fortin : On
lève la soustraction, j'applique pour avoir un droit exclusif, j'obtiens le
droit exclusif, on ramène... la MRC ramène, avec la permission de la
ministre, là...
Mme Blanchette
Vézina : Après 10 ans.
M. Fortin : ...à la fin de la période de 10 ans, elle ramène la soustraction,
mon droit est maintenu tant et aussi longtemps que je réponds à mes
obligations.
M. Morissette
(Ian) : Exactement. Ça offre la prévisibilité qui était demandée.
Des voix : ...
Mme Blanchette
Vézina : On me mentionne que ça vise aussi les baux miniers, par
exemple. Ça, on en était rendus là.
M.
Fortin : OK.
Le Président (M.
Montigny) : M. le député de Pontiac, toujours à vous.
M.
Fortin : Ma collègue a peut-être une
question.
Le Président (M.
Montigny) : Parfait. Mme la députée de Mille-Îles, la parole est à
vous.
Mme Dufour : Oui, bien, tout à l'heure, on avait une discussion
par rapport à un article, le 117, et là on nous a dit, dans le fond, que
les questions qu'on avait seraient répondues par la première portion qui est
modifiée ici, «en vertu de
l'article 304.1.1, dans un périmètre d'urbanisation, ou en vertu des
articles 304.1.3 ou 304.1.3.1». Est-ce que, là, on peut nous expliquer
exactement c'est quoi qu'on vient faire ici en lien avec l'article 117
qu'on discutait tout à l'heure?
• (16 h 40) •
Le Président (M.
Montigny) : Me Tremblay-Parent.
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Bien, en fait, on en a discuté précédemment à 117.
Justement, la ministre avait indiqué qu'il y avait un amendement qui s'en
venait par rapport à l'article 118. Le voici. Finalement, c'est que, si... À l'intérieur d'un périmètre d'urbanisation,
là, tu sais, maintenant, il va toujours y avoir une soustraction en temps
réel qui va être faite en même temps que la
mise à jour du périmètre d'urbanisation. Mais, si jamais il y avait une MRC qui
voulait lever la soustraction pour qu'il y ait des activités minières qui se
fassent, là, pendant la période de 10 ans, bien, ce serait
possible, là, comme à l'intérieur des terres privées.
Mme Dufour : Pendant la période de
10 ans. La période de 10 ans, c'est quand on lève la soustraction.
Mme Blanchette Vézina : ...sans
l'amendement. Ce que ça prévoyait sans l'amendement, c'est que, dans le fond, il
n'y avait pas cette possibilité-là de lever l'interdiction pour les périmètres
urbains. Il n'y avait plus de travaux. Donc, on se rappelle que, notamment...
J'allais dire Lac-Mégantic. Ce n'est pas vrai. Mon Dieu! J'ai un blanc.
Des voix : ...
Mme Blanchette
Vézina : Malartic, merci. Malartic, bon, la situation aurait pu être
complexe, Val-d'Or, dans d'autres régions,
là, de l'Abitibi, notamment, particulièrement. Donc, avec ça, on vient avoir
exactement le même mécanisme qu'en terres privées qui va permettre,
donc, de poursuivre l'exploration minière, même en territoire... en périmètre
urbain, encore une fois, si la MRC... municipalité en fait la demande au
ministère.
M.
Fortin : Donc, c'est la... c'est la
même... Le même régime qui s'applique en terres privées va s'appliquer dans le
périmètre d'urbanisation.
Mme Blanchette
Vézina : Exact.
Mme Dufour : Ici,
c'est... C'est la MRC ici qui fait... qui va faire cette demande-là pour le
périmètre d'urbanisation à la demande d'une municipalité locale. Puis c'est ce
qu'on parlait tout à l'heure, là, on y reviendra, que, si jamais la MRC ne
faisait pas la demande, là, la municipalité locale pourrait aller directement à
la ministre.
Mme Blanchette
Vézina : Exact.
Le Président (M. Montigny) : Est-ce
que ça vous convient? Parce qu'on a aussi une demande de la députée de Verdun,
mais je ne veux pas vous couper.
Mme Dufour : Non,
non, ça va aller pour l'instant, M. le Président.
Le Président (M.
Montigny) : On pourra revenir. Mme la députée de Verdun, vous avez la
parole.
Mme Zaga
Mendez : Merci, merci. J'ai une première question. La dernière phrase,
«le deuxième alinéa de l'article 304.1.3»,
donc, deuxième alinéa, c'est... je vais le lire, là, pour juste suivre, c'est
la soustraction «à la prospection, à l'exploration et à l'exploitation
[de] toute substance minérale faisant [...] domaine de l'État» dans un terrain
privé qui n'est pas compris dans un périmètre d'urbanisation et sur lequel...
l'exception, «au moment de l'expiration, de l'abandon ou de la révocation du
droit exclusif[...], des travaux d'exploration n'ont pas été effectués,
rapportés et approuvés par le ministre depuis le 24 octobre 1988».
Donc, je veux juste
bien comprendre l'application de dire que ce deuxième alinéa ne s'applique pas
à l'expiration, l'abandon ou la révocation d'un tel droit. Je suis un peu
mélangée. Parce que c'est de ça qu'on parle. Est-ce qu'on peut juste expliquer
ça?
Mme Blanchette
Vézina : Me Tremblay-Parent.
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : ...en fait, le deuxième alinéa, c'est une couche de plus
de soustraction qui peut s'appliquer, dans le sens que, si jamais, au moment de
la présentation du projet de loi, il y avait un droit exclusif d'exploration
qui se retrouvait sur la terre du domaine privé, bien, à ce moment-là, ce n'est
pas soustrait à ce moment-là. Cela dit, si,
à l'expiration du droit, il n'y a pas eu de travaux qui ont été faits depuis
1988, bien, il y aura une soustraction qui va s'appliquer. Donc, c'est
comme un deuxième niveau qui peut s'appliquer.
Donc, il va y avoir,
au moment de l'abandon, certains droits sur terres du domaine privé... en fait,
certains terrains, sur lesquels il y a eu des droits qui sont maintenant
expirés, qui vont être soustraits puis d'autres qui ne le seront pas,
dépendamment de s'il y a eu des travaux ou pas dessus.
Mme Zaga
Mendez : OK. Je comprends... je comprends et je vous suis sur l'application
de deuxième alinéa, que... c'est-à-dire, si, les claims, il n'y a pas eu de
travaux depuis 1988, au bout, quand il est échu, bien, il va rentrer dans la
soustraction des terres privées. Ça, ça va.
Mais, quand je lis le
deuxième alinéa, l'article ne demande... «ne s'applique pas à l'expiration,
l'abandon ou la révocation d'un tel droit», c'est plus... c'est plus lorsqu'on
rétablit. Parce que c'est de ça, il s'agit, là. Une MRC fait la demande de
soustraire, de... pardon, de... pas soustraire, de permettre les droits
d'exploration sur son territoire, incluant les terres privées. C'est un choix,
c'est correct. À ce moment-là, il va y avoir une période de 10 ans,
différents claims qui vont être achetés, ou rachetés, ou renouvelés, peu
importe, et là l'échéance tire à sa fin. Donc, la première partie nous dit
qu'au bout de cette échéance-là tous les droits exclusifs qui ont été donnés,
bien, ils demeurent tant et autant qu'ils suivent tous les paramètres qui sont
donnés, c'est-à-dire les renouvellements, et tout. Comment on applique le
304.1.3 ici?
Le Président
(M. Montigny) : Me Tremblay-Parent.
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Oui, bien, je comprends mieux votre question. En fait,
l'idée, c'est que... Si on est dans l'application de 304.1.4, c'est qu'on a
déjà des substances qui sont soustraites. Donc, tu sais, c'est la possibilité
de pouvoir lever une soustraction. Donc, on part avec la prémisse qu'on est à
un endroit où c'est soustrait. Là, il y aurait une levée avec... puis, mettons,
il y aurait des droits qui seraient inscrits pendant la période de la levée. Et
puis ce qu'on veut éviter avec la disposition, c'est que, si jamais il y a un
rétablissement, donc, une volonté de la MRC de remettre une soustraction en
place, que... s'il y a eu des travaux qui ont été réalisés, peu importe, bien,
qu'au terme du droit qui a été inscrit... que la soustraction demeure.
Tu sais, c'est... On revient un peu au même
régime qu'on avait vu pour les TIAM. C'est le même régime aussi qu'on a vu pour 304.1.3.1. C'est de dire
qu'on va avoir une soustraction qui va être là, puis, si jamais le droit tombe,
bien, ça va être soustrait, puis il ne
pourra pas y avoir un autre droit, tandis que, si on avait appliqué le deuxième
alinéa, bien, puisqu'il y a eu des travaux,
bien, ce ne serait pas soustrait. Donc, finalement, c'est pour s'assurer qu'il
y ait une soustraction, là, à la fin du droit.
Mme Zaga Mendez : Ah! OK. Je
comprends. Puis je trouve ça quand même intéressant, c'est-à-dire qu'on ne va
pas pouvoir se prévaloir du 304.1.3 pour dire : On a fait des travaux dans
les deux dernières années, alors on peut rester. Je le dis en d'autres mots,
là, mais c'est un peu la justification, c'est-à-dire... Parce que, de facto, ce
territoire-là était soustrait. Il y a eu une
demande, on l'a permis, il n'y a pas eu de travaux qui ont été faits, on n'est
pas capable de le renouveler, on ferme ça, la soustraction se
réapplique. Puis là, on rentrerait dans les détails aussi de... par la suite,
du 304.1.3. Ça répond à ma question.
Moi, ce
que... Je l'avais compris de l'autre côté, c'est-à-dire que, là, on appliquait
304.1.3, et là ça pouvait continuer. Mais c'est... Là, vous me rassurez
de dire que le deuxième alinéa de 304 ne s'applique pas dans ce cas spécifique.
Mme Blanchette Vézina : Exact.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : Vous
avez très bien compris.
Mme Zaga Mendez : Je l'ai dit
en d'autres mots plus simples, moins légaux, mais...
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec cette
proposition d'amendement? Oui, Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui,
M. le Président. J'aimerais savoir dans quel cas ça arriverait qu'une MRC
demande d'office, donc pas à la
demande d'une municipalité locale, de soustraire... pas de soustraire, mais en
fait de lever plutôt une partie de la soustraction dans un périmètre
d'urbanisation d'une municipalité locale.
Mme Blanchette Vézina : Est-ce
qu'on peut suspendre?
Le Président (M. Montigny) : ...
(Suspension de la séance à 16 h 49)
(Reprise à 16 h 52)
Le
Président (M. Montigny) : Alors, nous reprenons de ce pas nos travaux. Mme
la ministre, je vous laisse la parole.
Mme Blanchette Vézina : Bien qu'on
ne soit pas dans l'amendement, là, je vais quand même répondre à la question, parce que c'est une question qui est
pertinente. La question, elle concerne le «d'office», là. C'est que, concernant
les pouvoirs des municipalités versus MRC,
là, il y a... Puis toute la mécanique de l'article a été montée pour que
«d'office» soit présent, puis je
pourrai peut-être laisser Me Tremblay-Parent expliquer, là, la dynamique,
mais donc c'est vraiment dans les
pouvoirs des MRC. Puis on a eu des discussions avec le ministère des Affaires
municipales en ce sens-là pour s'assurer que l'article respecte ces
compétences-là puis comment c'est fait aussi à l'intérieur même des MRC dans le
cadre des TIAM.
Donc,
peut-être expliquer, là, en quoi ce serait complexe, disons, si vous souhaitez
qu'on regarde le retrait de ce mot-là, ça viendrait vraiment débalancer
l'article, comment il est monté.
Le Président (M. Montigny) : Me Tremblay-Parent.
M.
Tremblay-Parent (Gabriel) : Bien, en fait, l'objectif, là, tu sais, qui était
souhaité puis qui a été mis en oeuvre dans la disposition, là, c'était d'avoir
le même palier que pour les TIAM, là, finalement, que la gestion, tu sais, de
l'aménagement sur le territoire de la MRC, ce soit vraiment pris par décision,
par résolution de la MRC, parce que, dans ce
cas-là, ce ne sera pas un mécanisme de modification du schéma, là, ce serait
vraiment plus une résolution de la MRC.
Donc, il y a quand même quelque chose qui peut forcer la MRC à agir, là, comme
je vous ai expliqué précédemment, mais, tu sais, l'idée, c'est de ne pas non plus
limiter la MRC dans son pouvoir général d'établir l'aménagement sur son territoire,
là, comme c'est le cas à l'intérieur de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme.
Mme Dufour : Oui. Puis ma question
était directement en lien avec l'amendement, Mme la ministre, là, parce que je
n'aurais pas posé cette question-là si on était dans 304.1.4 d'origine. Mais là
on a ajouté un périmètre d'urbanisation, le PU. Donc, c'est pour ça que j'ai
posé cette question-là, parce que j'ai demandé spécifiquement dans quel cas une MRC pourrait d'office demander
de retirer, finalement, une soustraction d'un périmètre d'urbanisation
sans l'accord d'une municipalité locale.
Mme
Blanchette Vézina : Bien, dans la façon de faire les schémas
d'aménagement puis les compétences des municipalités
versus les MRC, c'est là où c'est important de garder «d'office», là,
particulièrement dans le paragraphe... le premier, parce que les
périmètres d'urbanisation, là, sont déterminés dans le cadre de pouvoirs qui
appartiennent à la MRC. Donc, si on
enlevait, par exemple, «d'office» ou on questionnait la présence de «d'office»
dans ce paragraphe-là, on viendrait remettre en cause l'ensemble des
pouvoirs en lien avec les schémas d'aménagement des MRC versus les
municipalités.
Mme Dufour : Ça, je le comprends.
L'enjeu, ici, c'est qu'on dit «ou à la demande d'une municipalité locale». Donc, on dit aux municipalités : Il
faudrait que vous souligniez votre intérêt à le faire à la MRC. Puis d'ailleurs
on dit même à une municipalité : Si vous n'avez pas... plus loin : Si
vous n'avez pas de nouvelles puis que la MRC ne transmet pas votre demande,
vous allez pouvoir le faire vous-même. Pas d'enjeu.
L'enjeu, c'est plutôt que, là, on dit que la MRC
pourrait changer par elle-même... en fait, pourrait venir dire... bien, enlever
la soustraction d'une partie du périmètre urbain d'une municipalité sans son
accord. Et ce que je peux imaginer... Tu sais, comme le disait mon collègue,
tout le monde est de bonne foi, puis, tu sais, les gens autour de la table, on
a tous une vision, etc., mais, des fois, il y a des gens qui n'ont pas la même
vision. Et donc est-ce que ça ne pourrait pas créer un conflit où une
municipalité ne voudrait pas une... tu sais, qu'une partie de son territoire
urbain soit soustraite pour qu'il y ait une
mine chez elle, mais que d'autres municipalités autour, eux autres,
diraient : Bien, moi, je veux
les bénéfices, parce qu'ils m'ont promis que les travailleurs, c'est chez nous
qu'ils vont habiter, c'est ici qu'ils vont construire le logement? Il y
a un risque de conflit, comme je le disais dans l'amendement précédent.
Mme Blanchette Vézina : Oui. Sans
vouloir amoindrir, là, les potentielles, tu sais, situations, là, les TIAM,
c'est déjà comme ça, dans le sens où les pouvoirs de déterminer un TIAM, c'est
aux municipalités. La façon dont ça fonctionne, c'est que... Puis là parce que
j'ai été élue municipale... Vous le savez, chaque municipalité regarde avec la
MRC ce qui touche leur territoire. Donc, normalement, ça fonctionne, là. Et
donc ce n'est pas... Le mécanisme de TIAM,
ce n'est pas parce que c'est la MRC qui le gère que ça ne va pas bien ou que
c'est difficile, je devrais dire. C'est surtout dans leurs demandes,
puis leur volonté, puis leur compréhension.
Donc, on peut garder le même niveau. C'est ça
que je veux dire, ça... Le mécanisme interne fonctionne entre les MRC et les
municipalités pour l'aménagement du territoire. C'est ce qu'on utilise comme
palier pour les TIAM. Donc, je pense qu'il est important de garder ce même
niveau-là, là, c'est-à-dire, au sein des MRC, et c'est aussi suite à des
consultations avec le ministère des Affaires municipales pour s'assurer de
garder une cohérence dans les compétences municipales versus MRC.
Mme Dufour : Par contre, dans un
TIAM, comme un schéma d'aménagement, on est dans une vision d'ensemble d'un
territoire. Puis, au niveau du TIAM, on vient dire : Bien, le territoire
qui est incompatible au développement minier, à l'activité minière. C'est fort
différent de la pression qu'on aurait ici à venir dire : Bien, une portion, là, que vous vouliez protéger, bien là,
on va la retirer, puis là elle va devenir disponible à l'exploitation minière.
Ce n'est pas le même fardeau puis la... Disons que les... comment je pourrais
dire ça, les jeux de coulisses peuvent être fort différents que pour... que
pour l'établissement d'un TIAM, je dirais, comme...
Mme Blanchette Vézina : Bien...
Mme Dufour : Tu sais, on en parlait
tout à l'heure au niveau du schéma d'aménagement, quand il y a des
consultations, on est vraiment... c'est beaucoup plus, tu sais, au niveau...
tout le monde... disons, il y a beaucoup de concertation,
etc. Là, on est ici pour un projet en particulier, fort probablement. Donc là,
ce n'est pas la même pression. C'est beaucoup de pression sur les élus
locaux et tout le monde.
Alors, je ne sais pas, je me disais :
Pourquoi ici... Tu sais, je comprends, c'est parce qu'on inclut d'autres éléments. On n'est plus juste dans périmètre
d'urbanisation, on a d'autres éléments. Peut-être que, si ça avait été séparé,
là, on aurait pu dire : Bien,
dans le cas du périmètre d'urbanisation, ça devrait être à la demande d'une
municipalité locale.
Mme Blanchette Vézina : Peut-être
résumer, là, je pense qu'on est au bon niveau quand on parle aux MRC. On a quand même un mécanisme qui est possible pour
les municipalités locales, parce qu'on s'est dit, justement : Une
situation pourrait être particulière à la municipalité. Donc... Mais, tu sais,
je pense qu'il est important de garder ce niveau MRC tel qu'on l'a présenté.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Une
voix : ...
Le Président (M.
Montigny) : Oui, on va vous laisser un peu de temps. Souhaitez-vous
suspendre?
M.
Fortin : Oui, donnez-moi une seconde, ce ne sera pas bien long.
Le Président (M.
Montigny) : Ah! il n'y a pas de problème.
Des voix :
...
Le Président (M.
Montigny) : Nous allons donc suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
17 heures)
(Reprise à 17 h 01)
Le Président (M.
Montigny) : Alors, nous avons repris nos travaux. M. le député de Pontiac.
M.
Fortin : Oui, merci, M. le Président. Je
veux juste me permettre peut-être une façon d'aborder la question un petit peu différemment, parce que je comprends
le point de la... je comprends le point de la ministre, là, et je comprends
le point de ma collègue aussi, et toutes deux, je crois, sont... de leur
expérience municipale, risquent de ne pas se retrouver dans une situation où ce
serait problématique. Ma collègue vient d'une ville MRC. Donc, ce n'est pas...
ce n'est pas un enjeu, là. C'est... La municipalité, c'est la même MRC. Et je
comprends que la ministre a oeuvré dans une
MRC qui fonctionne très bien, c'est-à-dire que... où il y a bonne entente entre
beaucoup de... des collègues autour de
la table, comparativement à d'autres MRC, disons. Peut-être qu'elle peut me
dire le contraire, mais moi, j'ai toujours compris que, dans cette
région-là, c'était une de celles... une des tables qui fonctionnaient bien au
Québec.
Alors, est-ce qu'il y
a... Est-ce qu'on pourrait simplement dire quelque chose comme : La MRC où
sont... les MRC ou la MRC où sont situées les substances minérales soustraites
en vertu de... peut, d'office, après consultation de la municipalité concernée
ou à la demande d'une municipalité...
C'est juste... Il y a
des municipalités, il y a des MRC où ça va très bien, il y a bonne entente, il
n'y a pas de problème. Il y a des MRC où
c'est plus difficile, où les communications ne sont pas fantastiques. On veut
juste s'assurer que la municipalité a quand même une certaine voix, là, parce
que, là, on vient, essentiellement... Puis je comprends, là, que... La
ministre a raison de dire : Le pouvoir peut rester dans les mains de la
MRC. Mais, tu sais, je...
Mme Blanchette
Vézina : ...je veux juste comprendre, là. Vous dites, là... Puis je
suis visuelle, là. Donc, «peut, d'office»...
M.
Fortin : Oui. La MRC où sont situées les
substances minérales soustraites en vertu de... peut, d'office, après
consultation de la MRC ou de la municipalité concernée... C'est peut-être juste
une façon de dire que la municipalité doit avoir une certaine voix, là. Tu
sais, moi, je verrais mal, par exemple, dans ma région, que la municipalité de
Fort-Coulonge, dans son périmètre d'urbanisation... qu'une décision de la
MRC...
Mme Blanchette
Vézina : Viendrait renverser.
M.
Fortin : ...alors que le village n'aurait
jamais été consulté, au moins.
Mme Blanchette
Vézina : Me... Je vais suspendre. On va regarder l'idée. Bien...
Le Président (M.
Montigny) : ...nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
17 h 03)
(Reprise à 17 h 09)
Le Président (M.
Montigny) : Alors, nous reprenons donc nos travaux. Nous sommes
toujours à l'étude de l'amendement. Mme la ministre, je vous laisse expliquer
un peu le contexte.
Mme Blanchette
Vézina : Oui, merci, M. le Président. Là, donc, on a... suite aux
commentaires des députés de l'opposition
officielle, on aura un amendement, là, qui va venir, là, mais on pourrait
terminer, si vous voulez bien, là, cet amendement-ci avant de passer à
l'autre.
• (17 h 10) •
Le Président (M. Montigny) : C'est
parfait. Alors, est-ce qu'il y a des interventions additionnelles sur cet
amendement qui est à l'écran au moment où on se parle, sur l'article 118,
on se le rappelle?
M. Fortin : M. le
Président, je n'ai pas d'autre intervention. Je pense que mes interventions
vont venir surtout en lien avec le 314... le
304.1.4 une fois que l'amendement aura été adopté, parce qu'ici on vient, essentiellement,
permettre le même régime dans le périmètre urbain que dans les terres privées,
et ici, là, ça nous apparaît une amélioration, notamment en lien avec la
situation de Malartic, qu'on a évoquée quand on étudiait l'article 117.
Le Président (M.
Montigny) : Très bien, très bien. Alors, comme il n'y a pas d'autre
commentaire, d'intervention sur cette proposition d'amendement, est-ce que
cette proposition d'amendement est adoptée?
Des voix :
Adopté.
Le Président (M.
Montigny) : Adopté. Donc, cet amendement est adopté. Maintenant, nous
aurons une proposition d'amendement additionnelle.
Donc, nous allons
suspendre nos travaux pour la préparation de l'amendement.
(Suspension de la séance à
17 h 11)
(Reprise à 17 h 20)
Le Président (M.
Montigny) : Alors, nous sommes de retour. Mme la ministre, nous avons
bien reçu la proposition d'amendement. Il est donc affiché à l'écran. Je vous
laisse la parole, Mme la ministre.
Mme Blanchette
Vézina : Merci, M. le Président. Alors donc, article 118,
article 304.1.4 de la Loi sur les mines : À l'article 304.1.4 de la Loi
sur les mines, proposé par l'article 118 du projet de loi :
1° remplacer,
au premier alinéa, «d'office ou à la demande d'une municipalité locale où sont
situées les substances minérales soustraites» par «après consultation de
la municipalité locale où sont situées les substances minérales soustraites ou
à la demande de cette dernière»;
2° remplacer, au
deuxième alinéa, «d'office ou à la demande d'une municipalité locale où sont
situées les substances minérales ayant fait l'objet de la levée» par «après
consultation de la municipalité locale où sont situées les substances minérales
ayant fait l'objet de la levée ou à la demande de cette dernière».
Le Président (M. Montigny) : ...est-ce
qu'il y a des interventions maintenant sur cette proposition d'amendement?
Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui,
merci, M. le Président. Alors, c'est... effectivement, ça va dans le sens des
interventions que mon collègue et moi avions faites. Je note que «d'office»
n'est plus là, et ça, ça va... ça va dans le sens de ce qu'on recherchait.
Donc, je remercie la ministre pour son ouverture.
Le Président (M.
Montigny) : Merci, Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions en lien avec cette proposition
d'amendement? Alors, comme il n'y a pas d'autre intervention en lien avec cette
proposition d'amendement, nous allons donc procéder à sa mise aux
voix...
Une voix : ...
Le Président (M.
Montigny) : Appel nominal. Parfait. Merci. M. le secrétaire.
Le
Secrétaire : Pour, contre, abstention. Mme Blanchette Vézina
(Rimouski)?
Mme Blanchette
Vézina : Pour.
Le Secrétaire :
M. Dufour (Abitibi-Est)?
M. Dufour :
Pour.
Le Secrétaire :
Mme Picard (Soulanges)?
Mme Picard :
Pour.
Le Secrétaire :
M. Tremblay (Dubuc)?
M. Tremblay :
Pour.
Le Secrétaire :
M. Rivest (Côte-du-Sud)?
M. Rivest :
Pour.
Le Secrétaire :
M. Bussière (Gatineau)?
M. Bussière : Pour.
Le Secrétaire : M. Fortin
(Pontiac)?
M. Fortin :
Pour.
Le Secrétaire : Mme Dufour
(Mille-Îles)?
Mme Dufour : Pour.
Le Secrétaire : Mme Zaga
Mendez (Verdun)?
Mme Zaga Mendez : Pour.
Le Secrétaire : M. Montigny
(René-Lévesque)?
Le
Président (M. Montigny) : Abstention. Alors, l'amendement est adopté. Nous
revenons donc à l'article 118 tel qu'amendé. Mme la ministre.
Mme Blanchette Vézina : Oui, M. le
Président. Donc, une fois les amendements déposés, adoptés, on peut maintenant,
donc, regarder ces dispositions. Je suis ouverte à en discuter, bien qu'on en
ait déjà un peu discuté, là. Allons-y avec les commentaires des oppositions.
Le Président (M. Montigny) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions? Oui, M. le député de Pontiac, vous avez la
parole.
M.
Fortin : Bien, je vais commencer par le début, là, le... je
n'arrête pas de dire «314», le 304.1.2. Honnêtement, nous, on comprend
ça comme simplement une modification pour faire en sorte que les municipalités
peuvent avoir accès plus facilement, là, à des... certains... certaines
substances minérales de surface, disons, là. C'est vraiment ça?
Mme Blanchette Vézina : ...
M. Fortin : OK. Alors...
Mme
Blanchette Vézina : À la demande, notamment, des municipalités. En ce
moment, les TIAM couvraient... interdisaient, donc, l'exploitation de
substances minérales, puis ça devenait difficile d'adopter des TIAM, notamment
pour cette raison-là.
M. Fortin : OK. Bien, honnêtement, on n'y voit pas d'enjeu, au 304.1.2.
Je vais peut-être... je vais peut-être, disons, clairer ce qui est simple, là,
avant d'entrer dans le gros du sujet. Le 304.1.5, «[la] ministre peut [...]
désigner certaines substances minérales comme minéraux critiques et
stratégiques», vous ne pouvez pas faire ça déjà. Ce n'est pas un pouvoir que
vous avez, ça.
Mme Blanchette Vézina : Non.
Maintenant, oui.
M.
Fortin : OK. Et donc vous avez une liste que vous allez
désigner comme minéraux critiques et stratégiques.
Mme Blanchette Vézina : On a déjà
une liste avec laquelle on travaille pour... avec le ministre des Finances,
notamment, mais ce n'était pas dans la loi. Le concept n'était pas... de
minéraux critiques et stratégiques n'était pas dans la loi.
M. Fortin : OK. Mais est-ce que ça vous permet quelque chose de
supplémentaire ou c'est juste une définition de... À chaque fois qu'on réfère à
«minéraux critiques et stratégiques», là, dans les lois et règlements, bien, il
y a une liste.
Mme Blanchette Vézina : ...peut-être,
je vous laisserais la parole.
Le Président (M. Montigny) : Me
Tremblay-Parent, vous avez la parole.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : Bien,
on a vu l'article 234.1, là, qui a été proposé par l'article 95, si je ne m'abuse, et puis qui mentionnait, justement, là,
que... Tu sais, le principe de demander... de favoriser l'exploitation des
résidus miniers, justement, notamment ceux qui ont des minéraux critiques et
stratégiques, bien, tu sais, c'est sûr que... Tu sais, on
a dit que c'était un pouvoir qui était discrétionnaire puis qui devait être
encadré. Bien, tu sais, ça va être un élément qui pourrait baliser, finalement,
l'exercice de ce pouvoir-là, tu sais.
Sinon, c'est sûr qu'encore là... Tu sais, quand
on interprète la portée d'un pouvoir discrétionnaire dans la loi, on en a vu certains, bien, tu sais, il faut
toujours le voir en fonction de... tu sais, de l'ensemble des dispositions de
la loi. Donc, c'est sûr que, si, dans la prise de décision, il y a un
facteur minéraux critiques et stratégiques puis que ça se retrouve dans la
liste, finalement, il y a quand même un justificatif. Sans dire que c'est
déterminant, c'est quelque chose qui va pouvoir venir étayer ou appuyer
l'exercice d'un pouvoir discrétionnaire autrement prévu
dans la loi, là. Mais ce n'est pas, à proprement parler, un pouvoir
d'intervention direct, si je puis me permettre.
M. Fortin : Vous pouvez toujours vous permettre, maître. Ça me va sur
ce bout-là. OK.
Bon, sur le coeur du sujet, là, disons, les
articles 304.1.3 et 304.1.4, là, je me... je me demande s'il n'y a pas une
façon plus simple de s'y prendre. Mais là je me... On va rentrer dans une
discussion générale, là, peut-être, avant de rentrer dans le détail du détail
de chacun des articles, là.
Tu sais, la ministre veut trouver une façon, si
je comprends bien son intention, de faire en sorte que, pour la question des
claims, là... On parlait de Saint-Élie-de-Caxton et d'autres endroits un peu
plus tôt, là, où il y a des claims qui, en terres privées, n'ont peut-être pas
leur raison d'être, là. On l'a étudié dans d'autres articles. Là, je comprends que les citoyens sont de bonne volonté
là-dedans, là. Ce n'est pas... C'est juste que ce n'est pas nécessaire
non plus. Ils cherchent des façons de protéger certaines parties du territoire,
comme certaines municipalités et MRC veulent le faire. Mais on a entendu assez
clairement de la part de certains élus municipaux qu'on leur... à travers le
mécanisme qui est proposé, là, par ces articles-là, qu'on leur mettait le
fardeau de tout ça sur les épaules, là.
Tu sais, je prends une municipalité ou une MRC
qui n'a pas... qui a fait le choix, en fait, de ne pas procéder par TIAM
jusqu'à maintenant parce qu'eux considèrent que... pour l'instant, là, ils sont
ouverts à des projets d'exploration ou
d'exploitation minières sur leurs territoires. Puis ça, ça peut être vrai pour
des MRC en Abitibi, ça peut être vrai pour d'autres MRC dans le sud du
Québec, là. Il y a des MRC qui ont fait ce choix-là, jusqu'à maintenant, de ne pas procéder par ce qui leur est disponible,
c'est-à-dire le processus de TIAM. Et là je ne parle pas de celles qui sont en
suspension en ce moment, là, et qui se dirigent vers ça, mais il y en a qui ont
fait le choix de ne pas se rendre là. Il y en a qui ont fait le choix, à
travers les TIAM, de couvrir une petite partie ou une partie de leurs
territoires, mais d'en laisser, même en
terres privées, une grande partie, une grande partie pas couverte par cette...
appelons ça une protection du processus de TIAM.
Mais là ce qu'ils nous disent, c'est : OK,
si on enlève tout le privé d'un coup, est-ce qu'on est en train de nous remettre...
et je pense qu'on doit les entendre, est-ce qu'on est en train de nous remettre
le fardeau sur les épaules de dire : Je vais aller retirer une partie
du... je vais aller lever, là, la soustraction, là? Puis, je m'excuse, là, on
parle en double négatif, là, ce n'est pas facile à suivre pour tout le monde,
mais ça revient aux MRC, et donc aux élus municipaux, aux élus de proximité, à
des citoyens d'aller dire : Je vais lever parce que je considère
maintenant que, sur cette parcelle de ma MRC
là, ce serait acceptable de faire de l'exploration ou de l'exploitation. Est-ce
que vous avez considéré leur demande en lien avec ça, là, cette
réalité-là qu'ils vous ont partagée, de dire : Ça risque de créer des
moments pas mal tendus pour des élus municipaux de procéder comme ça?
Mme Blanchette Vézina : En fait, la
réponse à ça, c'est oui. L'idée... L'objectif, je pense qu'il est important de le cadrer comme il faut. On a fait des... On se
rappelle, là, historiquement, depuis deux ans, mais là même avant, là, mon
entrée en poste, mais... il y avait des questionnements de soulevés. La volonté
de certains... certaines municipalités de
vouloir contrôler mieux l'aménagement de leurs territoires, comme ministre des
Ressources naturelles, je suis sensible à ça, mais, en même temps, on a
un objectif national. Puis on a entendu certains partenaires parler aussi de
l'intérêt collectif versus l'intérêt particulier.
Ce que moi, j'ai entendu dans les consultations,
puis je pense que vous avez entendu la même chose dans vos tournées sur le terrain, c'est de dire : On
aimerait pouvoir contrôler mieux le développement, arrimer mieux le
développement de notre territoire.
Terres publiques, je pense qu'il est important,
comme gouvernement, mais comme... pour l'intérêt des Québécois, de... donc, c'est important d'avoir le régime, qu'on va
conserver avec des... on a parlé de plusieurs ajustements en termes de
conciliation d'usages, mais de garder ce contrôle-là plus national.
• (17 h 30) •
Avec les terres privées, moi, ce que j'entends
puis ce que je souhaitais répondre, là, avec les articles qui sont ici, c'est de répondre aux besoins, c'est-à-dire d'avoir un certain contrôle, d'avoir la possibilité aussi d'avoir ce
dialogue-là entre les promoteurs de projets et les municipalités
concernées, parce que c'étaient des demandes, ils souhaitaient savoir ce qui se passait sur leurs territoires,
être plus au courant en amont des projets projetés, donc, ouvrir ce dialogue-là
entre les explorateurs et les municipalités.
Et ce que
j'ai entendu par rapport... par la FQM, c'est : On voudrait retirer
l'article 246 puis ouvrir complètement, dans le fond, l'aménagement
du territoire en termes miniers pour que le pouvoir revienne aux municipalités,
ce que j'ai entendu de la FQM. Ce que j'entends de l'UMQ, par exemple, c'est
que ces articles-là, ça va, ça convient. Puis, en plus, on est venus rééquilibrer puis s'assurer qu'une MRC qui
souhaite faire du développement, qui n'a pas de TIAM en ce moment,
puisse continuer de le faire comme ça se passe en ce moment.
Ça fait qu'on est venus répondre aux besoins de
contrôle, de planification, et, en plus, moi, je réponds à un autre besoin,
c'est-à-dire de rapprocher l'exploration minière des municipalités, des MRC pour
qu'elles y voient un intérêt, parce que... Vous avez probablement été en
Abitibi. Il y a des belles choses qui se passent. Puis il y a d'autres secteurs miniers aussi au Québec, sur la Côte-Nord, M. le
Président, notamment, qui sont plus habitués au secteur minier. Donc, de rapprocher les MRC et les municipalités du secteur, ça
va, je suis convaincue, aider à la compréhension du secteur, aux bonnes pratiques du secteur minier. Et c'est par ces
articles-là, par ces mécanismes-là, je suis convaincue, qu'on va
atteindre l'ensemble de ces objectifs, c'est-à-dire de pouvoir continuer de
faire du développement, mais de garder aussi
la possibilité pour les MRC et les municipalités de contrôler une partie de
l'aménagement de leurs territoires.
M.
Fortin : Je vous... je vous dirais, Mme la
ministre, que vous avez raison de faire la distinction entre la terre publique
et la terre privée, là. La terre publique, là, le territoire public québécois,
là, mettons-le de côté pour l'instant, là. Mais, sur la... sur la terre privée,
là, ce que... ce que les articles viennent faire, c'est, essentiellement,
dire : Bon, on prend les terres privées, elles sont, à moins de
certaines... appelons ça des exceptions, là, mais, pour la majorité, là, elles sont soustraites, et il y a
possibilité pour les MRC de venir faire des demandes à certains moments...
bien, en fait, de venir faire des demandes pour lever ces soustractions-là,
hein?
Je vous le
soumettrais comme ça, parce que ce qu'entre autres la Conférence des préfets de
l'Abitibi nous a dit, c'est...
effectivement, c'est que ça peut... demander une levée d'une soustraction, ça
peut être un fardeau pour eux, là,
qui devront... puis c'est correct, ça fait partie de leur travail, mais ils
devront répondre de ça à leurs citoyens. Mais là ça revient à eux de
faire cette étape-là, alors que ce qu'ils nous disent, c'est qu'il y a
peut-être des façons plus faciles de s'y prendre.
Je vous... je vous le
poserais comme ça dans... Est-ce que, pour les... Juste pour qu'on comprenne bien,
là, la difficulté, peut-être, à procéder comme ça, est-ce qu'il y a des
municipalités qui ont adopté des TIAM qui ont, par la suite de l'adoption, là,
pas dans le processus de suspension, là, mais par la suite de l'adoption, qui
sont venues retirer des territoires de ça?
Mme Blanchette
Vézina : Juste pour être certaine de comprendre votre question, là,
ils font un TIAM puis ils décident ensuite de vouloir enlever une portion pour
un projet x.
M. Fortin : Oui.
Parce que c'est un peu ce que... ce que vous leur demandez de faire, là. C'est
qu'il y a... il y a une soustraction. Vous leur dites : Venez nous
voir pour faire une levée. Est-ce que c'est déjà arrivé que, suite à une
soustraction, des MRC sont venues dire : On aimerait lever... faire des
levées?
Mme Blanchette
Vézina : Bien, je... On va faire la vérification, mais je pense à
l'Abitibi, où le... ce qu'ils ont fait, c'est un TIAM, mais pour permettre
l'exploitation.
M.
Fortin : ...
Mme Blanchette Vézina : Exactement. Donc, la MRC d'Abitibi, par exemple, a fait cet exercice-là, c'est-à-dire de permettre
l'exploitation en utilisant le mécanisme de TIAM.
Moi, ce que
j'encourage les municipalités et les MRC à faire, qui souhaitent éviter... dans
cette posture-là puis qui souhaitent poursuivre le développement comme c'est le
cas actuellement, c'est que, dès que le... dès que le projet de loi soit
adopté, rapidement passer une résolution, faire le processus, s'assurer que les
choses continuent telles qu'elles sont. Ça va être simple. Et l'objectif, c'est
que ce soit... soit simple. Puis ça va éviter cette chaleur-là, finalement,
qu'elles ne souhaitent pas avoir, en tout cas, pour certains.
M.
Fortin : Ce n'est pas ce qu'elles nous ont
dit, là, que ça éviterait cette chaleur-là, disons. Puis, encore là, les maires
et mairesses au Québec, là, ils ont des pouvoirs et ils ont des responsabilités
aussi, puis c'est correct, mais moi, j'ai
senti, à travers leurs propos... puis, vous l'avez dit, là, il y a différentes
perspectives, mais une certaine inquiétude de cette... de cette lourdeur
et responsabilité-là, parce qu'il va nécessairement y avoir des citoyens
inquiets. Mais ça n'arrive pas juste dans le domaine minier, là, ça arrive dans
d'autres domaines aussi, là.
Mme Blanchette
Vézina : Dans un autre secteur industriel, par exemple, il peut y
avoir des projets.
M.
Fortin : Absolument.
Mme Blanchette
Vézina : La même chaleur peut venir pour différentes situations. Moi,
j'ai confiance que les MRC, les municipalités sont capables d'aller chercher
les outils, au besoin, pour comprendre chacun des projets puis pouvoir faire
une analyse qui est exhaustive en regard de leurs communautés.
Il n'y a pas
d'unanimité, hein? Là, on dit «des municipalités». Certains sont venus
nous dire ça, mais je rappelle que l'Union des municipalités du Québec est venue nous dire que c'était le bon mécanisme.
Ça fait qu'il y a...
M.
Fortin : ...l'union puis la FQM, c'est
deux... c'est deux réalités différentes aussi, là.
Mme Blanchette
Vézina : Tout à fait, effectivement, mais je pense qu'il n'y a pas
d'unanimité. Moi, ce que je pense qu'il est important de comprendre ici, c'est
qu'on a analysé de nombreux scénarios, et celui-ci était le plus équilibré,
donc, permettait de répondre aux besoins des municipalités de contrôle,
permettait aussi de s'assurer qu'on continue
de faire du développement minier là où ça fonctionne bien puis de pouvoir aussi
rapprocher, comme je le disais, les promoteurs des municipalités pour
que ce dialogue-là soit plus ouvert et moins en réaction aussi.
M. Fortin : Bien,
avant de passer la parole à mes collègues, là, qui, toutes deux, ont des
questions, je veux juste... je veux quand même avoir la réponse à ma question,
à savoir s'il y a des MRC qui ont retiré des bouts de... des bouts de TIAM.
Le Président (M.
Montigny) : Alors, nous avons besoin du consentement pour... (panne de
son) ...la parole à Mme Garon. Est-ce que nous avons consentement?
Des voix :
...
Le Président (M.
Montigny) : Parfait. Mme Garon, vous avez donc la parole.
Mme Garon
(Renée) : Bonjour. Renée Garon, directrice générale...
Une voix : ...
Mme Garon
(Renée) : ...de la gestion du milieu minier — merci — ministère
des Ressources naturelles et des Forêts.
On
a deux... deux MRC qui ont retiré des demandes de suspension en vue de faire
des territoires incompatibles, mais, des MRC qui ont retiré des
territoires incompatibles qui ont été délimités, ça, on n'en a pas.
M.
Fortin : Très bien. Ça répond à ma
question.
Mme Blanchette
Vézina : Les enjeux que...
Le Président (M.
Montigny) : Mme la ministre, vous voulez compléter?
Mme Blanchette
Vézina : Je me discipline. Les enjeux qui ont été portés à mon
attention touchaient particulièrement les substances minérales de surface.
Donc, parfois, il y avait des situations aussi parce que le TIAM touchait... interdisait, finalement,
l'exploitation des substances minérales de surface. Donc, il y avait des
difficultés. Ça fait que c'est surtout ces enjeux-là aussi qui avaient
été portés à notre attention, là, en lien avec des retraits de TIAM, notamment.
M.
Fortin : Ça, c'est le 304.1.2, là...
Mme Blanchette
Vézina : Exact.
M.
Fortin : ...où, essentiellement, des
municipalités se sont rendu compte qu'on se prive de minerais ou de... qui
pourraient être utiles pour faire nos routes, et peu importe, là.
Mme Blanchette
Vézina : Exact.
M. Fortin : Oui.
OK. Ce n'est pas exactement... Bien, ça fait partie, mais le 304.1.2, je vous
le donne, il répond à cette demande-là.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup. Maintenant, c'est le moment de céder la parole à Mme la députée
de Verdun.
Mme Zaga Mendez : Merci, M. le Président.
Vu qu'on est dans le 304.1.3, je vais me permettre des commentaires puis
des questions. Donc, je vais commencer par le premier alinéa.
Je veux quand même le
saluer, la présence de cette disposition-là attendue, parce que ça met fin un
peu à qu'est-ce que... En tout cas, moi, je l'ai entendu beaucoup sur le
terrain et j'imagine que la ministre aussi désire... Les gens, les citoyens
apprenaient par la suite que leur territoire était claimé. Et ça, c'était une
des plus grandes... pardon, une des plus grandes demandes. C'est de dire :
Les municipalités voulaient avoir une voix au chapitre puis que ce ne soit pas : On se lève un matin, et
là qu'est-ce que je fais, qu'est-ce que ça veut dire? Puis je pense... Là, on
vient de rassurer, parce qu'on va
exclure tout nouveau claim sur des terrains privés qui n'ont pas été... où des
droits d'exploration n'ont pas été octroyés. Pour moi, c'est une...
c'est là où est-ce qu'il fallait aller, là. On est en train, pour moi, d'avoir
une bonne base.
• (17 h 40) •
Le deuxième alinéa,
j'ai quand même des questions sur l'inscription de la date, parce que tout à
l'heure on avait une conversation avec laquelle moi, j'étais très d'accord, de
dire... de donner le pouvoir, l'option aux municipalités de venir voir la
ministre si elles veulent continuer, cette disposition-là, de... en fait, de
faire lever la soustraction. Pourquoi on ne
s'est pas... on n'a pas juste laissé ça plutôt que d'inscrire que... donc,
d'avoir «des travaux d'exploration qui n'ont pas été effectués,
rapportés et approuvés par le ministre depuis le 24 octobre 1988»?
J'ai
le goût de comprendre un peu plus pourquoi on installe une date. Pourquoi la
période, un, de 35 ans? Parce que c'est à peu près ça, là, c'est à peu
près 35 ans.
Deux, pourquoi ce
n'était pas suffisant d'avoir la disposition que les MRC qui voulaient
continuer parce qu'elles veulent l'exploration puis l'exploitation minières,
puis c'est tant mieux... de dire : La soustraction, on ne la veut pas
pendant 10 ans, puis, de facto, il allait y avoir des droits qu'ils
allaient acheter puis continuer? Parce que tout à l'heure...
J'essaie de me
rappeler l'article dans lequel on voit le renouvellement. Bien, dans le
renouvellement, il faut faire des travaux pour renouveler, n'est-ce pas, pour
renouveler un claim. Donc, pourquoi ne pas garder déjà, un, le processus de
renouvellement, deux, le fait que les MRC peuvent lever la soustraction?
Pourquoi on inclut en plus de ça, de facto, les travaux d'exploration qui n'ont
pas été effectués depuis le 24 octobre 1988?
Le Président (M.
Montigny) : Merci beaucoup. Alors, nous avons un nouvel intervenant
aujourd'hui, mais, Mme la ministre, je vous laisse la parole en premier.
Mme Blanchette
Vézina : Exact. Pour la date, je vais laisser M. Gaudreau vous
expliquer dans quelques instants, mais il y a, encore là, un besoin, puis, tu
sais, je vais y aller en perspective plus grande, là, mais de s'assurer que le
potentiel minéral ne... qu'on continue de pouvoir exploiter le potentiel
minéral du Québec.
Ceci étant, rappelons
que l'amendement qu'on a déposé tout à l'heure, 304.1.3.1, va venir permettre,
malgré cet alinéa-là, de venir soustraire ce
territoire-là à l'activité minière si une MRC en fait la demande. Donc, une MRC
en fait la demande, donc, j'aurais ce pouvoir-là de pouvoir le retirer
également.
Quant à la date et
pourquoi on a mis cette date-là, je vais laisser la parole à M. Gaudreau.
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Nous avons donc besoin du consentement des membres de la commission pour
céder la parole à M. Gaudreau. Est-ce que nous avons consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Montigny) : Nous avons donc consentement. M. Gaudreau, je vous
invite à vous présenter et à répondre à la question.
M. Gaudreau
(Roch) : Roch Gaudreau, directeur du développement et du contrôle de
l'activité minière, ministère des Ressources naturelles et des Forêts. J'ai une
meilleure voix aujourd'hui.
Mme Blanchette
Vézina : Oui, ça va mieux aujourd'hui.
M. Gaudreau
(Roch) : Donc, 24 octobre 1988, là, c'est la modification
législative... une des modifications législatives de la Loi sur les mines, à
l'époque, qui nous permet de gérer les travaux d'exploration. On a également,
dans nos bases de données numériques, là, toutes ces informations-là sur les
travaux historiques.
Cette mesure-là
est... Dans le fond, c'est un peu pour aller dans le sens, là, des besoins de
l'industrie et d'identifier les endroits où il y a un potentiel minéral qui a
été défini par des travaux antérieurs. Les titres actifs, ils sont réalisés sur
les propriétés qui ont un potentiel, mais ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de
titre qu'il n'y a pas nécessairement de potentiel. Donc, on voulait que
l'élément du patrimoine minier soit pris en compte dans les éléments de
protection du territoire et que ces terrains-là puissent, à la fin de
l'échéance, à l'échéance d'un titre, à son
abandon ou, souvent, sa révocation... puissent rester ouverts à la désignation.
Donc, c'est la raison, là, du... de remonter jusqu'en 1988.
Le Président (M.
Montigny) : Merci. Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga
Mendez : Merci. Donc, de ce que je comprends, c'est dû au fait
qu'on... c'est à partir de cette date-là que l'État québécois a une plus grande
connaissance de type d'exploration qui a eu lieu sur ces territoires-là. Auparavant, on n'était pas capables d'attribuer
l'activité de l'exploration aux types de substances de l'État. Je veux juste
bien comprendre cette nuance-là.
M. Gaudreau
(Roch) : En fait, c'est que ça nous permet de l'identifier sur un
terrain donné précis. Donc, avec cet
élément-là, ça nous permet de savoir où est... où il y a eu des travaux par le
passé et de définir s'il y a des zones minéralisées
qui ont déjà été... qui ont déjà fait l'objet de travaux, donc, qui pourraient
être repris ultérieurement par une autre société pour mettre en valeur
le territoire.
Mme Zaga
Mendez : Donc, c'est à des fins de vérification.
M. Gaudreau
(Roch) : Pardon?
Mme Zaga
Mendez : C'est à des fins de constater que...
M. Gaudreau (Roch) : Bien, en fait,
c'est des données factuelles.
Mme
Zaga Mendez : C'est des données factuelles, donc, dans
lesquelles les deux parties ont la même information pour être capables
de dire qu'il y a eu ou pas des travaux.
M. Gaudreau (Roch) : Oui.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup. Mme la ministre.
Mme Blanchette Vézina : Et, à titre
de précision, si on a cette donnée-là... Puis, à partir de ce moment-là, là,
peut-être s'assurer que ce que je dis est bon, mais, comme on est en terres privées,
le propriétaire du terrain a consenti aux travaux également.
M. Gaudreau (Roch) : Oui, oui, oui,
très important.
Mme Zaga Mendez : ...tout de suite
parce qu'on parle du consentement. Il y a... il y a des craintes, bien sûr,
puis je pense qu'il faut... On est là pour rassurer, pour informer la... de
comment se font les travaux. Ce que je trouve intéressant, c'est que, s'il y a
eu un refus pendant un certain nombre d'années de la part du propriétaire parce
qu'il n'y a pas eu de... Parce que les
propriétaires peuvent changer en terres privées, et c'est là où je veux
comprendre aussi l'historique.
Une terre... Je donne l'exemple d'une terre
agricole. Le propriétaire A a donné la permission en 1989. Par la suite, elle a
été achetée, puis on n'a plus donné du tout la permission. Est-ce qu'on est...
Dans ce cas-là, est-ce que la soustraction, elle est levée? Est-ce que le
producteur agricole... Qu'est-ce qu'il a comme recours pour faire en sorte que
la soustraction ait effet sur sa terre agricole si désormais le propriétaire,
et la municipalité, et les MRC ne veulent pas d'activité minière?
Le Président (M. Montigny) : Mme la
ministre, vous avez la parole.
Mme Blanchette Vézina : C'est
l'amendement qu'on a présenté. Donc, ça va permettre ce mécanisme-là pour
s'assurer de capter ces situations où il y a un changement.
Mme Zaga Mendez : Le premier
amendement qu'on a eu sur...
Mme Blanchette Vézina : 304.1.3.1.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Mme Zaga Mendez : OK. Bien, si
c'était l'intention de la ministre, d'où... On se donne... C'est comme si on
avait trop... trop de mécanismes. C'est peut-être un petit peu trop compliqué,
là, ici, là. Je ne suis pas contre le fait qu'on aille... qu'on puisse mettre
certaines exceptions, mais, si la MRC dit déjà : Moi, je veux continuer
avec les travaux parce que ça fait une trentaine d'années, ils donnent des
justifications, ça aurait pu être dans les critères d'acceptation. Pourquoi on
garde encore... C'est... c'est comme s'il y avait plusieurs étapes. J'ai peur
que...
Puis j'étais d'accord avec l'amendement, là. Je
suis d'accord avec le fait qu'on a... on donne le pouvoir, suite à une demande
de la municipalité régionale de comté, d'élargir ou de revoir les soustractions,
parce qu'il va y avoir des cas dans lesquels... Suite à l'application de la
première partie, là, au moins, ils vont être un peu dans les limbes, ils ne vont pas comprendre, comme l'exemple que je
vous donnais, mais par la suite on donne quand même le pouvoir à la
municipalité de dire : Nous, on veut continuer parce qu'on a un historique
minier. Puis c'est... c'est très bien. Les...
On a parlé avec la MRC... On a eu la MRC de l'Abitibi ou d'autres, de la Côte-Nord,
qui vont dire : Bien, nous, la soustraction, on ne la veut pas.
Pourquoi encore inclure un autre mécanisme que moi, je sens que, là, on
commence à en ajouter plutôt que simplifier le processus, là?
Mme Blanchette Vézina : Bien, en
fait... en fait, l'idée, c'est de trouver cet équilibre-là. Je pense qu'on a...
on a apporté un mécanisme qui permet de s'assurer qu'on soustrait, sauf
exception, et elles sont minimes, puis qu'on redonne la possibilité aux MRC,
comme on le disait, municipalités, de faire du développement, là, en partie ou partout, si elles le souhaitent, puis de pouvoir
capter quand même des situations comme vous le nommez où, finalement, il
y a une volonté de soustraire pour des bonnes raisons.
Donc, malgré
l'exception de 1988 en terres agricoles, c'est la CPTAQ qui doit approuver, là.
Puis il y a toujours, toujours le mécanisme où un propriétaire terrien doit
donner son autorisation. Donc, même si cette exception-là, elle est là, puis que la municipalité décide de ne pas
soustraire et d'utiliser le mécanisme de l'amendement qu'on a déposé, bien,
il devra toujours donner son autorisation pour qu'il y ait des travaux.
• (17 h 50) •
Mme Zaga Mendez : Puis ma dernière
question, peut-être plus dans les craintes, parce qu'on voit de plus en plus de
télédétection ou de... Bon, il y avait des cas d'hélicoptères ou... Des travaux
d'exploration, ce n'est pas seulement des travaux d'exploration majeurs. Qu'est-ce
qui arrive si les travaux sont faits sans autorisation? Parce que, quand on a accès au territoire au niveau
aérien, quand on prend des photos, on prend des photos... pas seulement des...
J'émets des doutes.
J'ai entendu les gens qui
sont venus nous voir, entre autres, de la Mauricie. Ils se posaient cette
question-là. On a les... Une personne a donné le droit, une personne dans tout
un territoire, et là il y a eu quand même des travaux d'exploration par image
qui ont été faits. Et là il y a des craintes de savoir : Est-ce qu'ils ont
pris des photos seulement de la délimitation du claim ou est-ce que ça a été
fait sur tout le territoire? Et qu'est-ce qu'on fait à partir de là? Est-ce que ça compte ou pas comme des
travaux d'exploration? Parce qu'on est sur une échelle qui est beaucoup
plus grande.
Donc, j'aimerais ça entendre la ministre
là-dessus. Est-ce qu'on rassure, c'est des travaux sur ce claim ou... Parce
que, des fois, c'est la même compagnie, puis elle peut justifier que des
travaux ont été faits sur l'ensemble, et, des fois, sans autorisation.
Le Président (M. Montigny) : Mme la
ministre.
Mme Blanchette Vézina : Oui. Je ne
sais plus à quel moment on avait discuté de ça, là. Ça commence à faire
quelques semaines qu'on discute de... du projet de loi. Je ne sais plus si
c'est dans les consultations particulières ou si c'est dans un autre article.
Mais donc, je pense, il est important de rappeler que la législation en lien
avec l'aérien, c'est fédéral.
Ceci étant, l'amendement qu'on a déposé tout à
l'heure, 304.1.3.1, vient justement servir à ce genre de situation où il y aurait eu des travaux. On ne
peut pas empêcher de reconnaître ces travaux-là. Mais, ceci étant, il n'y avait
pas de volonté réelle exprimée par le propriétaire, explicite. Donc, ça
pourrait être un des cas où on va le regarder au cas par cas. Mais l'amendement
qu'on a déposé pourrait servir à cette situation.
Mme Zaga Mendez : J'entends la
réponse de la ministre. Là où est-ce que c'est... qu'on aimerait avoir un
engagement, c'est parce que j'entends le «pourrait», j'entends l'option. Est-ce
qu'il y a un engagement que ces types de
conditions là soient prévus dans ce règlement? Parce que, là, on est... Ça
pourrait être... On pourrait l'utiliser, bien sûr, mais tout à
l'heure...
Je vous donne différents exemples. Les
conditions, on est par règlement. Je ne suis pas contre, parce que, là, on
commencerait à entrer trop en détail dans le cadre du projet de loi. Mais
est-ce que ces types de recours vont se retrouver dans le règlement?
Mme Blanchette Vézina : Je garde des
bémols, mais en ayant nommé quand même que ça pourrait se retrouver dans le
règlement. Ça fait partie des éléments sur lesquels... les éléments qu'on
regarde, là, justement, pour inclure dans le règlement.
Mme Zaga Mendez : C'est bon de mon
côté pour cette partie.
Le
Président (M. Montigny) : Merci beaucoup, Mme la députée. Il y a d'autres
interventions. Mme la députée de Mille-Îles, vous avez la parole.
Mme Dufour : Oui. Merci, M. le
Président. Je vais revenir sur les commentaires concernant l'UMQ, que la ministre mentionnait que... bien, que ça faisait
l'affaire de l'UMQ, là, de... l'article qui était visé. Dans leur mémoire, ce qu'ils
nous disaient, c'est... Leur demande historique, c'est d'abroger
l'article 246 de la LAU. Ce que je comprends, le compromis qu'on leur a
proposé, ils sont d'accord parce que ce serait... C'est une amélioration, à
leur vue, mais, si on leur donnait le choix entre l'abolition de l'article 246
et la proposition ici, je serais curieuse de savoir quelle serait leur réponse.
Est-ce que vous leur avez demandé?
Mme Blanchette Vézina : Par rapport
à l'article 246?
Mme Dufour : Hum-hum.
Mme Blanchette Vézina : Bien, en
fait, je pense que c'est... Votre question est très pertinente. Pourquoi on n'a
pas retenu la demande historique des municipalités en lien avec 246, c'est que
ça viendrait... Dans le fond, les municipalités devraient encadrer le régime
minier, comme ça se fait pour d'autres types d'activités, et là on va se retrouver avec des très grandes difficultés
d'application et de réalisation de projets d'exploration. Puis un projet
minier, on se le rappelle, là, ça prend très, très, très... un grand
risque financier, une grande période de temps. Donc, il est important de faire
des... que le régime soit stable, et c'est... Enlever 246, ça viendrait
vraiment apporter une grande instabilité et
de grandes difficultés d'application, une panoplie de régimes miniers, et là la
chaleur que les municipalités... certaines nous disent de ne pas
vouloir, elle serait entièrement sur leur... en leur responsabilité.
Donc, on est
venus trouver une approche équilibrée, puis je le répète, l'idée étant d'avoir
un régime qui est stable, qui permet
une prévisibilité pour l'industrie, pour que les projets puissent se réaliser,
mais qu'il y ait un rapprochement puis
une volonté aussi de soutenir les municipalités dans cette volonté, là, de
contrôler le développement puis les usages de leurs territoires en
terres privées.
Mme Dufour : Si
je regarde l'article, je lis l'article 246, ce que ça dit, c'est :
Aucune disposition de la loi — de
la loi, c'est-à-dire du... de tout ce qui découle de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme — ne
peut empêcher... avoir effet d'empêcher la
désignation sur carte d'un claim, une exploration, etc. Ça ne dit pas que... Si
on l'abrogeait, ça ne dit pas que la Loi sur
les mines n'existerait plus. L'encadrement des mines resterait dans les mains
des municipalités, là. Tout ce que ça dit, c'est que ce qui resterait dans un
schéma ne pourrait pas être... ne pourrait pas, dans le fond... ne peut
pas empêcher la prise de claim. Donc, je ne suis pas sûre qu'on a la même...
Puis nous, quand on le regarde, c'est surtout...
Tu sais, je comprends qu'ici l'article 246 parle aussi de règlement de
zonage, de RCI, règlement de contrôle intérimaire. C'est vraiment le schéma, tu
sais, qui est l'outil qui, pour nous... En tout cas, ce n'est pas
nécessairement d'abroger la totalité de l'article 246, mais peut-être
d'extraire le schéma, puis ça pourrait devenir un... remplacer les... le
processus de TIAM.
Puis là, je comprends, il y a la question de la
chaleur, mais, quand on fait un schéma d'aménagement comme élus, il y a beaucoup moins de chaleur que ce
qu'on vient proposer à... au 304.1.4, où, là, c'est pour un projet particulier,
par exemple, où une municipalité devra se prononcer, faire une demande, où, là,
quand on est dans un schéma, on en a parlé aussi au début, là, lors des
consultations, bien, ça ne se fait pas en silo. C'est avec toute la société
civile. Il y a énormément de gens qui sont impliqués. Je l'ai vécu, je l'ai
fait, et il y a beaucoup moins de... comment dire, d'émotions dans la
production d'un schéma que lorsqu'on regarde un projet en particulier, où, là,
vraiment, on peut avoir une mobilisation citoyenne énorme. Et donc... Puis
c'est ce que les municipalités sont venues nous dire quand... les municipalités où il y a du développement minier sont venues
nous dire : C'est une très lourde responsabilité que vous allez
nous donner, là, avec cet article-là. C'est les mots exacts, là, qui ont été
dits. Et c'est pour ça que... qu'elles ont souligné que ça aurait été, pour
elles, moins risqué, finalement, d'abroger ou... du moins, au moins une partie
de l'article 246.
Là, ce que je
comprends, ce n'est pas la totalité de l'article, je le comprends, mais ça
reste qu'il y a comme... il y a une...
Je comprends que vous cherchez d'équilibre, mais là on va mettre beaucoup,
beaucoup de pression sur certaines municipalités. Et ce qu'elles nous
disent, c'est : C'est peut-être trop lourd pour nous, là.
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre, allez-y.
Mme Blanchette Vézina : Bien,
on parle souvent du cas où il y a un promoteur, puis l'exercice se fait à ce
moment-là, mais j'encourage, et je le répète, les municipalités, MRC à faire
l'exercice comme en amont, là, donc, de planifier comme s'ils le faisaient pour
leurs schémas d'aménagement, mais de planifier cette réflexion, de faire cette
réflexion-là en amont. Donc...
Et je rappelle aussi que les municipalités...
Parce que le territoire incompatible à l'activité minière est un processus qui
intégrait... qui intégrait les changements dans le schéma d'aménagement, mais
c'était décrié comme processus par plusieurs
municipalités. Donc, je rappelle le contexte, parce que l'équilibre, il n'est
pas simple à trouver. Puis de modifier une partie de 246, moi, ce que
les légistes me disent, c'est qu'on va se retrouver avec plusieurs
réglementations, plusieurs façons d'appliquer, et ce serait très, très
difficile, réellement et concrètement, de pouvoir faire du développement minier
dans ce contexte-là.
Alors, on est venus, encore une fois, trouver ce
mécanisme où on donne des pouvoirs en terres privées aux municipalités. Et je
les encourage, d'ailleurs, et on les encouragera postadoption, si le projet de
loi est adopté, à faire cet exercice-là à tête reposée, donc, sans attendre
nécessairement qu'il y ait l'urgence de le faire. Ça va arriver qu'il y aura des projets de développement, peut-être,
que des promoteurs vont venir leur présenter, mais je pense que, là, ils auront
les outils nécessaires. Et ils pourront toujours venir voir le ministère pour
s'assurer de comprendre les enjeux puis de
pouvoir comprendre comment ça fonctionne si elles le souhaitent. Puis, si elles
souhaitent avoir cette analyse-là, on va continuer à faire de
l'accompagnement avec les municipalités.
• (18 heures) •
Le Président (M. Montigny) : Mme
la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. Merci.
J'aimerais souligner aussi qu'il y a une grande différence dans notre tête
entre le territoire public et... les terres publiques et les terres privées.
Et, tu sais, ce qu'on discute ici, là, dans les articles qu'on discute, c'est
le domaine privé. Et donc peut-être que ce serait... Puis on a essayé de le
valider, là, si le schéma d'aménagement avait un impact sur les terres
publiques, là. On n'est pas 100 % certains de la réponse, mais ça pourrait
être une option aussi d'exclure, du moins, les terres publiques de cette
réflexion-là. Mais le mécanisme de mise en
place du schéma semble plus serein, je peux vous dire ça comme ça, que ce qui
est peut-être proposé au 304.1.4.
Mme
Blanchette Vézina : Bien, comme je vous dis, on a regardé plusieurs
options, et moi, je suis convaincue, on
est convaincus que c'est la bonne mécanique pour permettre le développement,
continuer d'avoir du développement, donner certains pouvoirs sans
déstabiliser puis enlever autant de prévisibilité, là, à l'industrie, parce que
c'est, à la fin aussi, une volonté de
continuer de faire des projets... des projets miniers puis de pouvoir aussi
donner certains pouvoirs aux municipalités d'aménagement de leurs
territoires en terres privées.
Mme Dufour : Oui. Je ne partage pas
votre opinion, malheureusement.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
D'autres interventions? M. le député de Pontiac.
M.
Fortin : Oui. Merci. Merci, M. le Président. Puis j'appuie
les propos de ma collègue. Ce n'est pas surprenant, là, mais j'appuie les propos de ma collègue en ce
sens-là. Puis il y a des gens qui sont venus nous dire ça très clairement,
là, du monde
municipal, là, entre autres. Je pense à M. Lauzon qui était ici, là, de la
MRC Papineau, qui nous a dit : Oui, pour nous autres,
l'article 246, c'est vraiment là où on voit une solution.
La ministre a raison, il y a d'autres élus
municipaux qui sont venus nous dire autre chose. La Conférence des préfets de
l'Abitibi est venue nous parler, elle, du 246 en lien avec le fardeau
additionnel que ça mettait sur leurs épaules. Puis, à l'inverse, là, à
l'autre... à l'autre extrême, il y a des gens des associations minières qui nous
ont dit : Bien, enlevez tout ça, là, cet article-là. Puis je pense qu'ils
ont compris que la ministre ne fera pas ça non plus.
Alors là, on est dans un scénario où, tu sais,
tout le monde essaie de trouver le... tout le monde ici, là, autour de la table,
un peu comme tantôt, là, essaie de trouver la meilleure façon de s'y prendre.
Et c'est pour ça... Quand je dis que j'appuie les propos de ma collègue, elle a
raison de dire qu'il faut voir ça de... le territoire public puis le territoire
privé, il faut le voir de façon différente. Puis ici, là, dans l'article qui
est devant nous, on vient traiter du territoire privé.
Alors, oui,
avant de... avant de statuer formellement sur... Puis là il y a une différence
entre le 1.3 puis le 1.4, là, mais je
veux juste comprendre ce que la ministre propose exactement. Tantôt, elle nous
a dit : Bon, bien, une municipalité... ou une MRC, pardon, qui, tu
sais, voudrait maintenir un peu les pouvoirs qu'elle a sur son territoire en ce
moment pourrait dire, à l'adoption du projet
de loi, s'il est adopté comme ça : Bien, mettez... tu sais, le territoire
de la MRC, là, puis corrigez-moi si je paraphrase mal vos propos... vos
propos, mais faisons une interdiction... une levée, pardon, un double négatif
encore, mais faisons une levée, puis le territoire est un peu comme il est en
ce moment. Mais cette MRC là, là, disons qu'elle dit : Parfait, tout ce
qui est en terres privées sur ma MRC, je veux une levée, parce qu'on en a discuté autour de la table des maires, puis
nous autres, on est ouverts au développement — tu sais, je mets des mots dans leurs bouches parce que c'est une MRC fictive — tous
azimuts, là, il n'y a pas d'enjeu de cohabitation chez nous, on n'y
croit pas, on veut des mines autant qu'on peut là-dessus.
Mme Blanchette Vézina : ...pas cette
chaleur-là non plus.
M. Fortin : Peu importe, là. Ils nous disent : Nous, on va
appliquer la levée au complet. Qu'est-ce qui se passe avec cette MRC là — donc
là, ils ont une levée pour 10 ans, si je comprends bien — au
bout de 10 ans?
Mme Blanchette Vézina : Exact. C'est
un minimum de 10 ans.
M. Fortin : Donc, c'est qui qui décide de cette période-là, de cette
périodicité-là?
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Me Tremblay-Parent, vous avez la parole.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : Oui.
Bien, en fait, c'est un... tu sais, c'est un minimum, là, dans le sens que, tu sais, la levée est faite, et puis au terme
des 10 ans, bien là, il pourrait y avoir une décision qui viendrait
rétablir la soustraction. Mais, tant qu'il n'y a pas de décision qui va
dans ce sens-là, il n'y a pas de rétablissement.
M. Fortin : ...de la MRC?
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : De la
MRC. C'est le même mécanisme, là, celui qu'on a amendé précédemment, là. Donc,
ce serait la MRC, après consultation de la municipalité locale où se trouvent
les substances ou à la demande de municipalité locale.
M. Fortin : Oui, OK. Mais c'est une MRC qui est ouverte, là, qui
aimerait ça en avoir, là, mais ils ne savent pas s'ils ont des substances ou
pas, là. Donc là, on n'est même pas là-dedans. Là, on est juste dans
le «on veut que le territoire soit ouvert à l'activité minière».
Mme Blanchette Vézina : Comme c'est
le cas actuellement.
M. Fortin :
Pour quelqu'un qui n'a pas appliqué sur le processus de TIAM, là.
Mme Blanchette Vézina : Exact.
M.
Fortin : Donc là, au bout de 10 ans, ils font juste
repasser une résolution, vous envoyer ça. Comment ça marche?
Mme
Blanchette Vézina : Pas besoin. C'est... c'est... Dans le fond, la
possibilité de soustraire, une fois qu'on a dit : Moi, je lève la... l'interdiction de... la soustraction, la
possibilité de resoustraire, elle n'est pas possible avant 10 ans. Donc,
ça va vraiment prendre une décision de la MRC, sur consultation de la
municipalité, pour venir soustraire... rétablir la soustraction. Soustraire la
soustraction... soustraire la levée. Donc...
M. Fortin : OK. Mais là on est... OK. Là, on n'est pas nécessairement
dans un cas où il y a... Tu sais, c'est une
municipalité... appelons ça une MRC vierge, là. Il y a... il y a...
Tu sais, il y a des claims à gauche, à droite, peut-être, là, mais il
n'y a pas de... il n'y a pas d'activité minière, là, pour l'instant. Donc, au
bout de 10 ans, ils font juste dire : On veut continuer dans... comme
on l'est, là.
Mme Blanchette
Vézina : Ils ne disent rien. Tant qu'ils ne disent rien d'autre, ça se
maintient comme ça. S'ils disent : Nous, on veut soustraire, là, ils
devront réadopter une résolution, mais pas avant... pas avant 10 ans.
M. Fortin : S'ils veulent lever la levée, là, il faut qu'ils... Oui,
s'ils veulent revenir au régime...
Mme Blanchette Vézina : Rétablir la
soustraction.
Des voix : ...
Mme Blanchette Vézina : Double
négation, là. Je... Oui.
M.
Fortin : Oui. Vous avez des collègues au langage coloré,
quand même, mais... C'est correct, je suis sûr que ça n'a pas passé au
micro.
Mme Blanchette Vézina : On a du
plaisir.
M.
Fortin : Oui, c'est ça. Mais, oui, effectivement, là, une
MRC qui dit : Là, je veux soustraire à la possibilité d'activité
minière...
Mme Blanchette Vézina : Elle devra
renvoyer...
M.
Fortin : ...la moitié est de
ma MRC, là, mettons, on trace une ligne, la moitié est, là, donc là, ils
font... à ce moment-là, ils... après 10 ans, ils peuvent le faire. Ils
viennent vous voir puis ils disent : Là, la partie est, on oublie ça.
Mme Blanchette Vézina : Exact.
M. Fortin : Mais ils peuvent juste le faire après 10 ans.
Mme Blanchette Vézina : Exact.
M.
Fortin : Le 10 ans, il vient d'où? Parce que je... On
se posait la question, là, la... Tu sais, vous le savez, là, la durée de
vie d'une mine, du début, c'est... ça peut être quoi, 50, 60 ans. La
période pour lancer une exploitation, c'est quoi, 15, 16 ans, si je ne me
trompe pas. Alors, le 10 ans, il vient d'où?
Mme Blanchette Vézina : En fait, on
voulait éviter... on voulait éviter de... éviter de l'instabilité, là. Donc, à
chaque élection aux quatre ans, il y ait un... des revirements. Donc, on se
donne deux mandats et demi d'un conseil municipal, par exemple. Mais, avec
l'article qu'on est venus... l'amendement qu'on est venus adopter à 304.1.4, on
vient dire que le rétablissement de la
soustraction ne met pas fin aux droits consentis en vertu de la loi et n'aurait
pas d'effet d'empêcher l'octroi d'un bail minier. Donc...
M.
Fortin : Donc, dans la partie est, qu'après 10 ans la
MRC a dit : Là, je veux un... l'équivalent d'un TIAM, là, je veux
la soustraction, là, ceux qui ont pris des bails... ceux qui ont pris des...
Mme Blanchette Vézina : ...baux...
des droits exclusifs, là.
M. Fortin : ...des droits exclusifs, là, ils ont... ce droit exclusif
là, il continue, là.
Mme Blanchette Vézina : Exact.
M.
Fortin : Il continue
pendant... jusqu'à tant... Ils peuvent appliquer sur un bail minier. Ils
peuvent éventuellement faire de l'exploitation.
Mme Blanchette Vézina : Exact.
M. Fortin : OK. Alors, dans le fond, à partir du moment, si je le
comprends bien, ce que vous me dites, là, où,
là, il y a une... On adopte le projet de loi. Toute la... Tout le territoire de
cette MRC là, qui est toute en terres privées, disons, là, pour les
bienfaits de l'explication, devient soustrait. La MRC dit : Nous autres,
on lève la main, on veut rétablir la possibilité d'activité minière partout. Il
y a des gens qui prennent... des gens... des entreprises qui prennent des claims à ce moment-là. Donc, ce droit
d'exploration, d'exploitation, ce droit exclusif là d'exploration, là, mais ce
droit exclusif là, il s'applique... il continue de s'appliquer, même
après que la MRC change d'idée.
Mme Blanchette Vézina : Exact.
M. Fortin : OK.
Mais...
Mme
Blanchette Vézina : Jusqu'à l'abandon, la révocation, les autres
possibilités, là, de... s'ils ne font pas les travaux, par exemple...
M.
Fortin : Oui, oui, ce qu'on a vu dans les
articles... S'ils remplissent les conditions nécessaires, là, pour renouveler
leurs droits, leurs claims, là, je vais dire, pour que ce soit plus simple, là,
mais...
Mme Blanchette
Vézina : Si elles ont l'autorisation du propriétaire aussi. Tu sais,
bon, tout ça demeure.
M.
Fortin : Avec toutes les autres
autorisations nécessaires.
Mme Blanchette
Vézina : Exact.
M.
Fortin : OK. Donnez-moi
une seconde, OK, M. le Président. Est-ce que vous me permettez? Je veux
juste...
Mme Blanchette
Vézina : ...si vous voulez.
M.
Fortin : Oui, si ça ne vous dérange pas.
Je veux juste...
Le Président (M. Montigny) : Nous
pouvons suspendre un peu, oui. Nous allons donc suspendre nos travaux momentanément.
(Suspension de la séance à
18 h 10)
(Reprise à 18 h 27)
Le Président
(M. Montigny) : Alors, voilà. Nous reprenons donc nos travaux. Il
y avait une demande de suspension qui avait été faite. Alors, Mme la députée de
Mille-Îles, je vous laisse maintenant la parole.
Mme Dufour : Merci, M. le Président.
Moi, j'ai une question concernant le 304.1.4... mon Dieu! à peu près à la
moitié, là, parce qu'il est quand même assez long, cet article-là.
Mme Blanchette
Vézina : ...
Mme Dufour :
La deuxième... Bien, deuxième... Moi, j'ai la loi imprimée.
Mme Blanchette
Vézina : Oui, bien, j'ai la même, je pense, là.
Mme Dufour :
Ça dit : «Une municipalité régionale de comté peut exiger d'une municipalité
locale qui lui demande la levée ou le rétablissement d'une soustraction tout
document, tout renseignement ou toute étude qu'elle juge pertinent», et là ensuite... puis on dit : «...pour évaluer la
demande.» Puis ensuite on dit que le délai de 120 jours est
suspendu jusqu'à ce que les documents demandés aient été reçus par la
municipalité régionale de comté.
Est-ce qu'on
prévoyait d'encadrer ce qui pourrait être demandé? Parce que, des fois, il y a
des... On peut être très créatif dans les
études. Pour avoir fait partie d'un comité consultatif en urbanisme, des fois,
il y a... il y a beaucoup, beaucoup de demandes. Bien, ça
peut devenir très lourd pour la municipalité locale, qui n'aura peut-être pas
les moyens de produire ce qu'on va lui demander. Puis il faudrait que ce soit
encore... Tu sais, «qu'elle juge pertinent», la municipalité régionale de comté
peut juger pertinent, mais peut-être que la ministre ne jugerait pas que c'est
pertinent. Donc, je me demandais si on prévoyait un certain encadrement de ces
demandes-là.
Mme Blanchette Vézina : Pas
d'un point de vue ministériel. Mais on discutait, tu sais, de l'importance
d'avoir des... du contenu qui permet
de prendre une décision éclairée. Bien, ce serait un des outils que la MRC peut
utiliser. Mais pour... À ce moment-ci, il n'y aura pas de... il n'y aura
pas de balise, là, particulièrement.
Mme Dufour :
Donc, la MRC pourrait demander bien des documents puis que... puis
finalement bloquer une demande d'une
municipalité locale en simplement demandant des choses qu'elle ne sera pas en
mesure de produire parce que, par exemple, ça demanderait des ressources
financières ou professionnelles trop importantes.
Mme Blanchette
Vézina : Oui. En fait, je pense que la bonne foi... la bonne foi se
présume dans tout. Ça, c'est un grand principe légal, là, juridique. Mais il
est certain que... Donc, on va comprendre que la MRC va agir de manière... avec
bonne foi, mais peut-être...
Là,
ce que j'entends, c'est une demande de règlement, là, par exemple, qui
viendrait baliser. Je ne pense pas qu'ici ce serait servir la cause,
c'est-à-dire, tu sais, en fonction de la situation, il pourrait y avoir
différentes... différents besoins qu'on va laisser la MRC juger, là, de
la pertinence des documents demandés.
Mme Dufour : Il
reste peu de temps, mais peut-être qu'on peut réfléchir jusqu'à demain à une
possibilité de dire, bien, qu'il y aurait un moyen de... un mécanisme pour une
municipalité de contester la demande auprès de la ministre advenant le cas où c'était... ça devenait abusif, par exemple.
Je lance ça comme idée. Il reste quelques secondes. Peut-être qu'on peut
y réfléchir.
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Alors, compte tenu de l'heure, je vous remercie vraiment de votre
collaboration, mais nous allons, donc, ajourner nos travaux sine die.
(Fin de la séance à 18 h 30)