Journal des débats de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
Le
jeudi 29 mai 2025
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Vol. 47 N° 71
Étude détaillée du projet de loi n° 69, Loi assurant la gouvernance responsable des ressources énergétiques et modifiant diverses dispositions législatives
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Intervenants par tranches d'heure
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Montigny, Yves
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Paradis, Pascal
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Fréchette, Christine
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Montigny, Yves
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Fréchette, Christine
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Paradis, Pascal
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Kelley, Gregory
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Montigny, Yves
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Garceau, Brigitte B .
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Fréchette, Christine
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Bouazzi, Haroun
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Kelley, Gregory
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Montigny, Yves
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Garceau, Brigitte B .
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Fréchette, Christine
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Kelley, Gregory
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Bussière, Robert
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Sainte-Croix, Stéphane
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Tremblay, François
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Poulin, Samuel
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Bouazzi, Haroun
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Paradis, Pascal
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Paradis, Pascal
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Montigny, Yves
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Fréchette, Christine
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Montigny, Yves
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Paradis, Pascal
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Bouazzi, Haroun
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Fréchette, Christine
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Kelley, Gregory
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Paradis, Pascal
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Fréchette, Christine
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Montigny, Yves
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Garceau, Brigitte B .
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Bussière, Robert
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Sainte-Croix, Stéphane
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Tremblay, François
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Kelley, Gregory
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Bouazzi, Haroun
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Montigny, Yves
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Kelley, Gregory
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Fréchette, Christine
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Bouazzi, Haroun
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Montigny, Yves
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Bouazzi, Haroun
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Fréchette, Christine
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Paradis, Pascal
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Paradis, Pascal
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Montigny, Yves
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Tremblay, François
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Fréchette, Christine
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Garceau, Brigitte B .
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Bouazzi, Haroun
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Bouazzi, Haroun
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Montigny, Yves
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Fréchette, Christine
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Kelley, Gregory
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Montigny, Yves
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Kelley, Gregory
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Fréchette, Christine
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Paradis, Pascal
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Garceau, Brigitte B .
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Bouazzi, Haroun
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Sainte-Croix, Stéphane
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Bouazzi, Haroun
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Montigny, Yves
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Paradis, Pascal
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Fréchette, Christine
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Montigny, Yves
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Paradis, Pascal
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Fréchette, Christine
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Kelley, Gregory
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Tremblay, François
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Garceau, Brigitte B .
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Bouazzi, Haroun
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Bussière, Robert
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Sainte-Croix, Stéphane
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Poulin, Samuel
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Montigny, Yves
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Bouazzi, Haroun
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Fréchette, Christine
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Paradis, Pascal
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Kelley, Gregory
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Garceau, Brigitte B .
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Bussière, Robert
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Sainte-Croix, Stéphane
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Tremblay, François
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Poulin, Samuel
11 h (version révisée)
(Onze heures trente-trois minutes
)
Le Président (M. Montigny) :
Alors, nous avons débuté nos travaux. À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant
constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de l'agriculture, des
pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles ouverte.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi 69, Loi assurant la
gouvernance responsable des ressources énergétiques et modifiant diverses
dispositions législatives.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Bernard (Rouyn-Noranda—Témiscamingue) est remplacé par M. Poulin
(Beauce-Sud) et M. Ciccone (Marquette), par Mme Garceau
(Robert-Baldwin).
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci beaucoup, Mme la secrétaire. Lors de l'ajournement de nos
travaux hier, nous étions à l'étude d'un amendement...
11 h 30 (version révisée)
Le Président (M. Montigny) : ...Merci
beaucoup, Mme la secrétaire. Lors de l'ajournement de nos travaux hier, nous
étions à l'étude d'un amendement proposé par Mme la ministre à l'article 35
de notre projet de loi. Par ailleurs, je voudrais vous rappeler que les
articles suivants, 36, 39, 111, 112 et 129 sont donc suspendus. Est-ce qu'il y
a des interventions additionnelles en lien avec l'amendement à l'étude en ce
moment? M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Bonjour, M.
le Président. D'abord, j'aimerais déplorer le fait que je n'ai pas eu la note
de service sur le code de couleur vestimentaire aujourd'hui. Et je voudrais
saluer à quel point toutes les collègues ici présentes sont bien agencées. Cela
étant dit...
Mme Fréchette : ...
M. Paradis : Presque à l'unanimité,
en effet. Cela étant dit, je pense que, lorsque nous nous sommes laissés hier
soir, M. le Président, je venais de poser une question à la ministre pour bien
comprendre les mécanismes de l'article sous étude. Et j'avais donc demandé à la
ministre si elle pouvait nous informer de l'état des surplus ou des manques à
gagner des dernières années pour Hydro-Québec.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Ce ne
sera pas très long. Je vous... Je retrouve l'information.
Des voix : ...
Mme Fréchette : Oui. OK.
Alors, M. le Président, donc j'ai des informations ici jusqu'à l'année 2018,
année à partir de laquelle le système a changé qui ne nous permettait plus de
constater les écarts. Là, on va pouvoir établir un système où on pourra
constater les écarts. Alors, je vous dirais que, si on remonte à 2005-2006, là,
il y a eu deux années de manques à gagner de 35 et 66 millions. Et
ensuite, on a toute une enfilade d'années, donc de 2007 jusqu'à 2015, où il y a
des surplus. Les surplus vont de 10 millions jusqu'à 211 millions.
2016, là on a un manque à gagner de 33 millions, 2017, un surplus de 36,
2018, un surplus de 154 millions. Voilà.
M. Paradis : Bien.
Alors, c'est une bonne façon de commencer notre discussion, parce que cet
article 52.3 qu'on réinsère, et c'est ce que je viens d'entendre, je
pense, c'est ce que je comprends de votre réponse, c'est que vous voulez
réinstaurer un système qui permettrait de constater s'il y a des surplus ou des
manques à gagner. Donc, le changement, il s'est opéré via votre projet de loi 34
de 2019, hein, celui donc qui est devenu le chapitre 27 des lois de 2019.
Donc, la situation, pour les gens qui nous
regardent, c'est qu'avant la Régie de l'énergie, sur la base des calculs qui
lui étaient proposés par Hydro-Québec, constatait les coûts d'Hydro-Québec et
les revenus qui étaient requis. Et donc il y avait un montant de référence qui
était fixé. C'est la notion de montant de référence. Ces informations-là
devaient ensuite être publiées par Hydro-Québec en fonction de la Loi sur la
Régie de l'énergie qui a été changée, notamment l'annexe II sur les
informations qui doivent être publiées.
Donc, c'est sur la base de ce montant de
référence qu'on était capables de déterminer, à la fin d'une année, si Hydro-Québec
était en situation de surplus ou en situation de manque à gagner. À l'époque, d'ailleurs,
il y a eu un gros débat, parce qu'il y avait le débat sur les surplus d'Hydro-Québec,
dont certains disaient : Bien, ils doivent être retournés aux citoyens et,
en fait, ils doivent être retournés aux consommateurs. Et plusieurs ont déploré
que cette information-là soit disparue, parce que, là, le public et même les
les gens spécialisés dans le domaine de l'énergie n'étaient plus capables de
savoir si Hydro-Québec était <en...
M. Paradis :
...les
gens spécialisés dans le domaine de l'énergie n'étaient plus capables de savoir
si
Hydro-Québec était >en situation de surplus ou de manque à
gagner. De manière intéressante, cet article nous indique que, là, il va y
avoir une notion de surplus et de manque à gagner.
J'aimerais savoir, Mme la ministre, si cet
article, cet amendement que vous nous proposez, qui fait partie de la liasse
d'amendements qu'on vient de recevoir en pleine commission parlementaire la
semaine dernière... est-ce que cet amendement-là est lié, avec d'autres
amendements, à l'effet que cette notion de montant de référence revient et que
l'information sera désormais publiquement disponible pour qu'on soit capables
de comprendre la mécanique qui explique des surplus ou des manques à gagner?
Mme Fréchette : Alors,
M. le Président, l'information sera effectivement rendue publique lors des
causes tarifaires. Donc, aux trois ans, on va avoir l'information qui est
diffusée publiquement.
M. Paradis : Bon, alors,
je suis heureux d'entendre qu'il y a une intention. Est-ce que dans les
amendements que vous nous déposez, il y a des amendements à l'effet... à cet
effet-là, en fait, qui va obliger Hydro-Québec à donner l'information? Parce
qu'on le redit, ces obligations-là existaient avant le projet de loi 34 du
gouvernement de la CAQ. Elles n'existent plus actuellement. Donc, pour être
capables de comprendre 52.3 qui est devant nous, il faudrait voir qu'est-ce qui
est prévu ailleurs dans la loi.
Le Président (M. Montigny) :
...Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Merci,
M. le Président. Donc, bien, les informations qui mènent à la cause tarifaire
sont de nature publique. Donc, cet amendement-là s'inscrit dans un processus
qui est composé de différents éléments de la cause tarifaire. Donc, ça vient
avec le fait que c'est public.
• (11 h 40) •
M. Paradis : Vous parlez
de la stratégie tarifaire, déposée par Hydro-Québec, c'est ça?
Mme Fréchette : Oui, si
on veut, oui. Oui.
M. Paradis : Bon, depuis
2019, Hydro-Québec a déposé plusieurs stratégies tarifaires, et tant les
représentants des grandes industries, des PME que des consommateurs et des
organisations de la société civile déplorent ce qui s'est passé avec le projet
de loi 34 du gouvernement de la CAQ. C'est-à-dire qu'il n'y a plus
d'obligation d'Hydro-Québec, il y a même la ligne sur le revenu de référence
qui permettait de voir s'il y avait un surplus ou un manque à gagner, la ligne
a disparu. Ce qui fait que la question des surplus qui faisait débat à l'époque,
magie, magie, est disparue, parce que les surplus ou les manques à gagner sont
disparus du cadre législatif. Ça, c'est un effet du projet de loi 34.
Maintenant, depuis 2019, toutes les
stratégies tarifaires déposées par Hydro-Québec n'ont pas permis d'avoir cette
information-là. Donc, est-ce que vous convenez avec moi que, si on ne fait pas
de changement législatif, sauf l'article 52.3 que vous proposez, s'il
n'y a pas d'obligation qui est conférée à Hydro-Québec de publier les
informations requises pour qu'on fasse ce calcul-là, il manque un élément à
votre stratégie. Parce que vous parlez des surplus et des manques à gagner,
mais il n'y a pas d'obligation de rendre l'information publique. Ce n'est pas
le cas actuellement. Est-ce que vous en convenez?
Mme Fréchette : M. le
Président, comme vous savez, on réintroduit un système qui va permettre de
rendre visibles les éléments menant à la cause tarifaire. Et c'est dans
l'article 25 qu'il y a une audience publique pour ce processus. À partir
du moment où il y a un processus public, l'information qui est déposée, mise de
l'avant dans le cadre du processus sera aussi de nature publique.
Le Président (M. Montigny) :
...M. le député.
M. Paradis : C'est
encore un... Je vais attendre. Ici, vous réintroduisez la notion de surplus ou
de manque à gagner, puis là je ne suis même pas rendu au fond du sens de cet
article-là, parce que je vais vous poser des questions aussi sur ce que ça
permet de faire. Parce que ça semble encore être un amendement qui est
téléguidé par Hydro-Québec et qui va lui permettre d'une année à l'autre, si
elle s'est trompée, de tout simplement corriger ses erreurs en disant :
Ah! bien là, vous allez considérer mon erreur de l'année passée pour fixer
cette année des tarifs en tenant compte de mes <erreurs...
M. Paradis :
...mon erreur de l'année passée pour fixer cette année des tarifs en tenant
compte de mes >erreurs. C'est magique, ça. Quel gestionnaire ne voudrais
pas avoir cette possibilité-là de toujours pouvoir effacer toutes ces erreurs
puis de ne pas être forcé par la loi à faire de bonnes prévisions?
Donc, ça, c'est le fond pour moi. Puis
j'aimerais voir si vous convenez avec moi que c'est l'effet de cet article-là,
ou que ça peut être un effet. Ça... Je m'annonce tout de suite, là, parce que
l'idée n'est pas de prendre par surprise. L'idée est d'avoir un débat éclairé.
Et, moi, je suis inquiet de cet amendement-là, sur ce qu'il donne.
Mais avant d'arriver à ce qu'il donne, Mme
la ministre, je suis sur... Est-ce qu'on est capables d'avoir l'information
pour juger du fonctionnement de cet article-là? Vous avez dit dans votre
première réponse : Nous rétablissons une part de ce mécanisme-là, mais
vous dites : Ah! s'il y a des surplus ou manques à gagner, Hydro-Québec va
être capable de se servir de cette information-là pour faire de la magie
comptable d'une année à l'autre, de dire : Ah! désolée, je me suis
trompée. Je vous ai chargé cher l'année passée, les prévisions ne se sont pas
avérées, mais ce n'est pas grave, je vais vous charger cher encore cette année,
parce que je peux effacer les erreurs d'une année à l'autre. C'est ça que
l'article permet de faire.
Mais avant, nous, là, quand on veut
contre-vérifier des informations, qu'est ce qu'on a dans la loi qui nous permet
d'avoir accès à l'information? Si vous rétablissez cette notion-là, pourquoi ce
qui existait avant n'est pas rétabli pour permettre à tout le monde de jouer à
armes égales avec Hydro-Québec qui, elle, va avoir tous ses chiffres, va avoir
tout son... sa batterie de comptables, d'avocats, de spécialistes, de gens de
prévisions, etc.? Mais c'est une question essentielle que je vous pose, là :
Où est le reste qui est censé venir avec ça?
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui.
Merci, M. le Président. Donc, avec l'amendement, la régie va pouvoir demander
toutes les informations nécessaires qu'elle souhaite. Donc, elle va pouvoir
tenir compte des surplus, des manques à gagner et Hydro-Québec va devoir, en
fait, en faire une preuve dans le cadre du processus. C'est une sorte
d'incitatif aussi pour s'assurer qu'il y a des bonnes prévisions de la part d'Hydro-Québec
qui sont mises de l'avant. Donc, c'est un processus qui va être transparent.
Merci.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien.
M. Paradis : Le... la
stratégie tarifaire dont vous parlez, c'est au début de l'année, c'est au début
du processus. D'une part, je conviens qu'Hydro-Québec donne plein
d'informations là-dedans, mais je vous le redis, depuis l'adoption du projet de
loi 34, il n'y a plus d'informations qui permettent d'établir s'il y a un
manque à gagner ou un trop-perçu, parce que la notion de montant de référence
est disparue. On fixe un tarif, on propose un tarif, la régie fixe un tarif,
mais il n'y a pas de montant de référence qui permet ensuite de calculer
surplus ou manque à gagner. Parce que c'est surplus ou manque à gagner par
rapport à quoi? Il n'y a pas de quoi. C'est ça qui se passe actuellement. Et
surtout, c'est avant.
Le processus que vous établissez à 52.3,
c'est après, c'est à la fin de l'année. Est-ce qu'il y a un surplus ou il y a
un manque à gagner? Nous n'avons pas les outils. Avec les amendements que vous
nous proposez, nous n'avons pas les outils pour vérifier ces calculs-là. Il n'y
a pas la base qui devrait soutenir tout ça.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien.
Mme Fréchette : Merci, M.
le Président. J'inviterais Me Marois à nous donner quelques précisions,
s'il vous plaît.
Le Président (M. Montigny) :
...Me Marois, nous allons avoir besoin du consentement des membres de la
commission pour vous donner la parole. Est-ce que nous avons consentement?
Des voix
: Consentement.
Le Président (M. Montigny) :
Parfait. Me Marois, je vous invite à vous présenter.
M. Marois (Samuel) :
Bonjour. Samuel Marois, avocat au ministère de la Justice. Les tarifs sont
établis, comme on l'a dit hier, sur la base de prévisions. Donc, on a une
révision tarifaire aux trois ans, des prévisions sur trois ans. Quand on va
tenir compte des surplus et manques à gagner, bien, c'est sûr que c'est... La
valeur de référence, bien, c'est les prévisions qui ont été faites pour établir
les tarifs, là.
M. Paradis : Merci des
précisions, Me Marois. Je continue à m'adresser à Mme la ministre. On a
entendu Me Marois. Il nous parle encore de prévisions. Et là on nous dit :
L'année suivante, quand elle va établir ses prévisions et qu'elle va demander,
donc, un tarif, elle va être capable de tenir compte du fait, c'est ça que vous
écrivez dans l'article ici, qu'il y a eu des surplus ou un manque à gagner
l'année d'avant. Mais on n'a rien qui nous permet de faire ce calcul-là.
Hydro-Québec, elle, comme d'habitude, va
avoir tout son appareil, tous ses employés, toute son équipe pour arriver
devant la régie puis dire : Ah! moi, je dis que j'ai eu un surplus ou un
manque à gagner, mais ce qui permettait à tout le monde, au public, aux
représentants des consommateurs d'électricité du Québec, tout le monde, les
PME, <les...
M. Paradis :
...au
public, aux représentants des consommateurs d'électricité du Québec, tout le
monde, les PME, >les industries de pouvoir argumenter à armes égales
avec Hydro-Québec pour qu'on ait un débat éclairé puis qu'on prenne les
meilleures décisions dans l'intérêt public...
Avant 2019, ils avaient de l'information
et il existait cette notion de montant de référence à partir duquel on
calculait le surplus ou le manque à gagner. Puis là il y avait tout un calcul,
il y avait un taux d'intérêt alloué de manière réglementaire par la régie sur
les rendements sur les capitaux propres d'Hydro-Québec. Puis là, après ça, on
disait qu'entre tel pourcentage puis tel pourcentage de rendement, ça va, puis
après ça tu prends l'autre partie qui excède ça puis tu le sépares entre les
consommateurs puis entre Hydro-Québec. Tout ça a été régi, tout ça n'existe
plus.
Qui va être capable de faire face à Hydro-Québec,
qui va nous arriver : Ah! j'ai un surplus, j'ai un manque à gagner? Il y
avait des lignes spécifiques dans la loi avant qui prévoyaient ça. Elles ont
disparu, ces lignes-là. Donc, qu'est-ce qui vient avec votre article 52.3?
Vous ne pouvez pas juste rétablir ça. Parce que, là, encore une fois, c'est Hydro-Québec
qui vient se faire faire un cadeau, qu'elle, avec ses calculs, que seule elle
va connaître, va arriver puis va dire : Ah! bien, moi, je vous demande ça
ou je ne vous demande pas ça cette année, parce que j'ai fait un surplus ou un
manque à gagner. Mais personne n'a l'information.
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Souhaitez-vous avoir un moment de suspension? Nous allons donc suspendre
quelques instants.
(Suspension de la séance à 11 h 51)
(Reprise à 11 h 53)
Le Président (M. Montigny) :
Alors, nous sommes de retour. Au moment de la suspension, Mme la ministre,
vous aviez la parole. Je vous laisse la parole à nouveau.
Mme Fréchette : Merci,
M. le Président. Donc, pour répondre au député de Jean-Talon, alors, ce qu'il
soulève, en fait, c'est de nature opérationnelle, donc ça ne fait pas partie du
projet de loi, mais n'en demeure pas moins que le mécanisme... un nouveau
mécanisme va être établi, ça va revenir, ça va être déposé, en fait, à la
régie, et c'est lors de la première cause tarifaire que ça devra être déposé
dans le cadre de ce processus-là et chacune des prévisions sera examinée dans
le cadre du processus de la régie. Donc voilà, c'est une mécanique qui va se
déployer lors de la première cause tarifaire.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Je suis...
J'essaie de trouver le mot, là, mais je suis un peu stupéfait de la réponse que
je viens d'avoir. C'est encore une fois une question qui peut paraître
technique, mais qui est extrêmement importante, parce qu'on parle encore d'un
autre mécanisme par lequel les tarifs <des...
M. Paradis :
...extrêmement
importante, parce qu'on parle encore d'un autre mécanisme par lequel les tarifs
>des consommateurs pourraient être augmentés sans que ça soit fait à
visière levée. Et là quand on dit : Je vous introduis un article qui parle
de surplus ou de manque à gagner, mais, pour le reste, ce n'est pas prévu, ça
va être opérationnel, faites-nous confiance, on s'en vient, on va déposer
quelque chose à la régie. Et là ensuite, la ministre parle des fameuses
prévisions qui sont dans la stratégie tarifaire, c'est une chose. Moi, je vous
parle du dossier de fermeture, à la fin de l'année, où on fait le bilan et où
on est supposés avoir l'information qui permet à tout le monde d'argumenter
puis de discuter à armes égales avec Hydro-Québec.
Et vous savez ce que... On a eu des
échanges encore aujourd'hui à la période de questions, et ce n'est pas du
spectacle. Ce projet de loi, les amendements que vous déposez sont inquiétants
pour l'ensemble de l'industrie de l'énergie, pour l'ensemble du secteur de
l'énergie, parce qu'encore une fois, aujourd'hui, on se rend compte que, là,
vous avez reçu quelque chose d'Hydro-Québec qui vous demande les bonbons puis
qui ne prend aucune obligation, aucune des obligations minimales qui viennent
avec le bonbon.
Vous, comme ministre, je vous soumets, Mme
la ministre, que vous ne devriez pas accepter ça, parce que le mécanisme des
surplus et des manques à gagner qui existait avant 2019, ça vise à favoriser
des gains de productivité, ça oblige Hydro-Québec à se forcer le plus possible
pour présenter des prévisions les plus proches possible de la réalité et pour
ensuite tirer en quelconque les avantages de sa productivité, de dire :
Aïe! je travaille fort puis je dégage des trop-perçus, puis, si je dégage des
trop-perçus, je peux en conserver une partie, puis, le reste, je le redonne à
la clientèle qui est ici, les consommateurs. C'était comme ça que ça
fonctionnait avant, puis c'est ça qu'on veut pour favoriser la productivité.
Là, ce que vous faites, c'est que vous
donnez les bonbons à Hydro-Québec. Vous lui permettez à chaque année de se présenter
devant la régie puis dire : Ah! je me suis trompée l'année passée, mais ce
n'est pas grave, c'est les bons consommateurs qui vont payer, parce que je vais
vous demander de recalculer puis de tenir compte dans mes prévisions du fait
que je me suis trompée l'année passée. C'est le cadeau magnifique. Tout
gestionnaire rêve d'avoir ça. Ça, là, c'est une carte blanche : Fais ce
que tu veux, parce que tu n'as pas de contrôle. Ça doit venir nécessairement
avec les obligations pour Hydro-Québec de donner l'information pour que tout le
monde soit capable de la suivre puis que tout le monde soit capable de vérifier
les calculs d'Hydro-Québec.
Là, vous donnez les bonbons dans la loi
puis vous dites : Le minimum qui vient avec, je n'ai rien prévu là-dessus,
ça va venir peut-être plus tard, faites-nous confiance. Ça ne peut pas être de
même. Et ça démontre une nouvelle fois, Mme la ministre, que ce paquet
d'amendements qu'on a reçus en liasse, c'est téléguidé, c'est la main invisible
d'Hydro-Québec qui a écrit ça.
Je vous incite à la plus grande prudence.
Si vous rétablissez le système, puis ce n'est peut-être pas une mauvaise idée,
il doit venir avec l'ensemble des composantes requises. Ça doit permettre à la
régie d'établir les revenus requis et les dépenses qu'Hydro-Québec ou les coûts
qu'Hydro-Québec a encourus en prévision puis ensuite de les vérifier à la fin
de l'année. Si on veut un mécanisme qui permet équitablement de faire des
reports, ça peut exister, mais ce n'est pas ce que vous venez de faire, là.
Vous faites le contraire de l'incitation à la productivité, à la transparence,
et à la reddition de comptes, et à l'imputabilité d'Hydro-Québec. Je suis
convaincu que ce n'est pas ça que notre gouvernement veut faire.
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Oui,
merci. Bien, en fait, la mécanique que vante le député de Jean-Talon, elle
reposait sur la même logique, au sens où Hydro-Québec devait proposer à la
régie les modalités selon lesquelles elle devait tenir compte des surplus ou
des manques à gagner. Donc, on reprend cette même approche. Alors, je pense que
ça répond aux préoccupations du député. La régie va devoir tenir compte de ces
modalités-là et puis de toutes les modalités de l'article 49, notamment en
favorisant des mesures ou des mécanismes, là, qui vont être des incitatifs pour
qu'elle améliore sa performance. Donc, je pense qu'on a les éléments pour
s'assurer de la transparence.
Une voix : ...
Mme Fréchette : ...déjà
également dans la responsabilité de la régie de favoriser des mesures ou des
mécanismes... woups! incitatifs. Pardon, j'ai le curseur qui a glissé de
l'article.
Donc, c'est dans la mission de la régie de
favoriser des mesures ou des mécanismes incitatifs <pour...
Mme Fréchette :
...c'est
dans la mission de la régie de favoriser des mesures ou des mécanismes
incitatifs >pour améliorer la performance du transporteur d'électricité
ou d'un distributeur de gaz. Et donc ça s'applique aussi, là, à Hydro-Québec
Distribution. Donc, ça fait partie des... de la mission, si on veut dire... on
peut dire, des objectifs de la régie. Merci.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci, Mme la ministre. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Je suis
vraiment surpris d'entendre que la ministre veut aller là puis qu'elle défend
cette position-là qui me paraît indéfendable, c'est-à-dire : On vous donne
tous les avantages, on vous donne le plat de bonbons, mais vous n'avez aucune
obligation qui vient avec. La règle, quand on fait... quand on est en train de
réviser la loi, c'est... quand on donne des avantages comme ça, c'est :
pas d'imputabilité... pas de reddition de comptes, pas d'imputabilité. Et c'est
ça qu'on est en train de prévoir.
• (12 heures) •
Hydro-Québec ferme ses livres à chaque
année, elle fait des complexes... des calculs complexes à chaque année, elle
est capable d'établir son dividende qu'elle verse au gouvernement. Elle, elle a
l'information. Au moment où on se parle, il doit y avoir des gens qui sont en
train de nous écouter puis qui savent très bien c'est quoi, les surplus et les
manques à gagner. On a fait disparaître cette information-là en 2019, parce
qu'il y avait un débat sur les surplus d'Hydro-Québec puis on a rendu le calcul
plus difficile pour tout le monde.
Puis là ce que vous êtes en train de
faire... Mais, au moins, avant, il n'y avait pas ce bonbon-là que vous êtes en
train de donner à Hydro-Québec, c'est-à-dire : peu importe ce que tu dis
d'une année à l'autre, tu vas toujours être capable de te reprendre pour
demander plus à la Régie de l'énergie. Puis la Régie de l'énergie va être
obligée de tenir compte de ce que tu lui dis. Tu vas lui dire, Hydro-Québec :
Ah! j'ai eu un surplus, un manque à gagner, mais personne ne va avoir accès à
l'information qui permet de déterminer avec Hydro-Québec s'il y a un surplus ou
un manque à gagner. Puis ce n'est pas compliqué de faire ça, là. Ça existait
avant 2019.
Je... C'est... Ça ne se peut pas, tous ces
amendements-là qu'on reçoit, qui sont tous à l'avantage d'Hydro-Québec, qui
sont tous au désavantage de l'ensemble des consommateurs du Québec. Ça fait
plusieurs fois qu'on a ce débat-là, là. Moins de droits devant la régie, moins
de possibilités pour la régie de se prononcer. Moins de pouvoirs à la régie,
plus pour Hydro-Québec, plus d'options.
Je comprends qu'Hydro-Québec marche main
dans la main avec le gouvernement, actuellement, là, vous leur donnez plein de
cadeaux, pas d'obligation.
Le Président (M. Montigny) :
Alors, M. le député, je voulais juste vous rappeler, au niveau du temps,
qu'il vous reste plus de... un peu plus d'une minute.
Alors, Mme la ministre, quand vous serez
prête.
Mme Fréchette : ...
Le Président (M. Montigny) :
On va suspendre quelques instants. Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 02)
12 h (version révisée)
(Reprise à 12 h 09)
Le Président (M. Montigny) :
Alors, nous reprenons donc nos travaux. Mme la ministre, au moment de la
suspension, vous aviez la parole. Je vous redonne la parole à nouveau.
Mme Fréchette : Oui, merci,
merci, M. le Président. Donc, bien, j'aimerais rappeler que, c'est ça, c'est
une mécanique qui s'inspire de la même approche que celle qui prévalait
auparavant. C'est une mécanique qui, dans la façon de fonctionner auparavant, n'était
pas inscrite dans la loi, et là, ce le sera. Ça fait que ça vient conforter ce
principe-là, ça vient assurer la mise en oeuvre de ce... de ce principe-là, qui
a été au bénéfice des clientèles, il n'y a pas de raisons pour lesquelles ce ne
serait pas au bénéfice de la clientèle pour la suite des choses.
Et je souligne que ce n'est pas une
demande d'Hydro-Québec, ce mécanisme-là. C'est une demande des PME. C'est une
demande de groupes qui rassemblent des entreprises. Et c'est ces joueurs-là,
ces acteurs-là qui ont demandé à ce que ce soit mis en place.
Donc, l'information, c'est sûr, qui devra
être divulguée dans ce... dans le cadre de ce processus-là est vraiment vaste,
et c'est un gros travail, et c'est pour ça qu'on fait l'exercice aux trois ans.
Il faut voir que c'est aux trois ans que va se faire le calcul sur la globalité
de ce qui se sera passé pendant les trois ans. Donc, ce n'est pas chaque année
où on va mettre en place le mécanisme de compensation ou de rééquilibrage, mais
bien au terme du trois ans, de telle sorte que, s'il y a une année où il y a un
surplus ou un manque à gagner, bien, les deux vont avoir tendance à s'annuler.
Alors, voilà. Merci.
Le Président (M. Montigny) :
...Mme la ministre. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? ... (panne de son)
...je vous laisse la parole, mais il vous reste à peu près 1 min 10 s.
M. Paradis : Je vais
demander une suspension pour déposer un amendement, s'il vous plaît.
Le Président (M. Montigny) :
Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 11)
(Reprise à 12 h 29)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous reprenons donc nos travaux. Au moment de la suspension, on avait eu un
avis de dépôt d'un sous-amendement. L'amendement qu'on... Le sous-amendement
qu'on pensait recevoir est plus recevable comme un amendement, comme tel, alors
il pourrait être déposé dans la <période...
Le Président (M. Montigny) :
…être
déposé dans la >période d'amendement. Mais là, nous sommes à l'étude
déjà d'un amendement, au moment où on se parle, à l'article 35 déposé par
la ministre. Nous allons donc étudier l'amendement déposé par la ministre, et
par la suite, si vous voulez déposer d'autres amendements, vous pourrez le
faire.
M. le député de Jacques-Cartier, vous aviez
demandé la parole de façon régulière sur cet… sur cet article 35, sur
l'amendement de la partie gouvernementale, ça fait quand même un petit bout de
temps.
M. Kelley : ...M. le
Président. Alors, si on passe présentement… on prend… bien, je passe la parole,
la puck à mon collègue de Jean-Talon.
Le Président (M. Montigny) :
Ah!
M. Kelley
: Non, non.
Si... Je fais ça pour le dépôt de l'amendement. Est-ce qu'on ferme la
discussion sur l'amendement déposé par la ministre? Juste de...
Le Président (M. Montigny) : En
fait, non. Nous sommes à l'étude présentement de l'amendement de Mme la
ministre.
M. Kelley
: Oui, d'un amendement
de la ministre.
• (12 h 30) •
Le Président (M. Montigny) : C'est
ce que nous allons faire. Nous allons continuer à étudier l'amendement de la
ministre. Je comprends que peut-être que le député Jean-Talon va amener un
autre amendement plus tard, quand on aura terminé l'étude de l'article 35,
parce que ce que nous avions n'était pas recevable comme sous-amendement. Mais
je comprends. Il n'y a aucun problème. On va juste suivre les règles.
Alors, M. le député de Jacques-Cartier,
vous aviez demandé la parole. Je vous la cède.
M. Kelley : Merci. Merci pour
la clarification, M. le Président. C'était juste en lien de comprendre. Je sais
que la clause tarifaire, c'est chaque trois ans, mais il y a un plan
d'approvisionnement qui est fait chaque année par Hydro-Québec, n'est-ce pas,
qui est déposé à la régie? Est-ce que c'est… Est-ce que j'ai bien compris ça?
Mme Fréchette : Le plan, oui,
effectivement. Effectivement.
M. Kelley
:
Effectivement. Alors, j'imagine qu'Hydro-Québec va avoir une bonne idée de
qu'est-ce qui se passe, quand même, dans cette période de trois ans, s'ils sont
en train de produire trop, ou il y a des surplus. Ou, quand même, j'imagine,
Hydro-Québec va être capable d'insérer une entente et un projet éolien, par
exemple. C'est… Je sais que ça prend trois ans, mais ils vont être capables de
regarder la situation puis insérer ça à un certain moment. Alors, c'est juste
de bien comprendre un petit peu. Parce que je comprends qu'Hydro-Québec peut
intervenir un petit peu quand il veut. Et, des fois, peut-être demander une
révision chaque an. Alors, c'est juste de... Encore, j'imagine, on donne
beaucoup de flexibilité pour Hydro-Québec, d'essayer de faire le mieux possible.
De s'assurer, ce n'est pas juste une question de surplus, mais aussi un manque
de gagner aussi. C'est bien ça, Mme la ministre?
Mme Fréchette : J'aimerais
juste préciser qu'il y a... ce sont quand même deux processus différents, là,
qui sont dans des vases différents, un qui est un processus tarifaire, et
l'autre, le processus d'approvisionnement, donc.
M. Kelley : Mais, quand même,
Hydro-Québec a toute l'information de… Mais, quand même, la régie et le
gouvernement a toute l'information nécesaire de regarder ça.
Mme Fréchette : Et je
rappelle qu'il y a des rapports annuels aussi qui sont déposés, dans lequel
l'ensemble… lesquels l'ensemble de l'information est disponible.
M. Kelley : Oui, oui. OK. Et
c'est certain que le plan en approvisionnement peut impacter aussi des tarifs.
C'est une possibilité. Comme ils sont liés en même temps. C'est distinct, mais
il y a un lien, il y a un lien.
Le Président (M. Montigny) : ...M.
le député. Mme la ministre, quand vous serez prête.
Mme Fréchette : J'inviterais
Me Marois à nous préciser une notion.
Le Président (M. Montigny) : Absolument.
Me Marois, vous avez la parole.
M. Marois (Samuel) : Juste
réitérer ce que la ministre a dit, c'est-à-dire, c'est... ce sont… le processus
d'approvisionnement... plan d'approvisionnement, planification puis les
approvisionnements eux-mêmes, la conclusion de contrats, par exemple, les
appels d'offres, c'est… puis... d'une part. Puis, d'autre part, le processus
tarifaire, on va examiner les coûts puis déterminer qu'est-ce que le
consommateur paie. C'est deux processus qui sont complètement séparés. Puis il
ne faut pas les voir nécessairement comme un continuum ou chercher des liens
entre ce qu'on voit ici puis le plan d'approvisionnement parce qu'on est
vraiment au niveau des coûts, là. Donc évidemment, dans… on… Il y a le
processus d'approvisionnement, ça engendre des coûts, puis ces coûts-là doivent
passer dans les tarifs. Mais, une fois qu'on... on est dans les tarifs, il n'y
a pas de… au niveau du cyclique, là, de comment on tient compte des surplus
puis des manques à gagner, il n'y a pas de lien à faire avec le cyclique du
plan d'approvisionnement, là.
M. Kelley : Quand même, si
des plans d'approvisionnement puis les approvisionnements sont inclus dans les
coûts de les tarifs, alors il n'y a pas quand même un lien entre... entre tout
ça?
M. Marois (Samuel) : Bien, il
y a un lien parce qu'effectivement le coût des approvisionnements, c'est
finalement les approvisionnements qu'on va aller chercher. Mais là, ici, on est
dans une logique de : on examine les coûts pour fixer les tarifs, là.
Donc, la périodicité à laquelle le plan d'approvisionnement est déposé, ce
n'est pas lié à ce qu'on examine ici, là.
M. Kelley : OK. Je pense que
collègue de Robert-Baldwin a des questions à poser également. Alors, je vais
passer la puck, M. le Président...
12 h 30 (version révisée)
Le Président (M. Montigny) : ...tout
à fait. Alors, Mme la députée de Robert-Baldwin, vous avez la parole.
Mme Garceau : OK, merci, M.
le Président. J'ai trouvé l'échange avec mon collègue de Jean-Talon très
intéressant, au niveau de l'obligation d'Hydro-Québec de rendre publics les
surplus ou manques à gagner annuels... et que, là, je comprends qu'il n'y en a
pas, d'obligation, qu'on l'a retirée en ce qui... lors de l'étude du projet de
loi n° 34. Et là je suis, Mme la ministre, en train de reviser l'article à
l'étude en ce moment, l'article 52.3, qui est modifié, qui réfère aussi,
dans cette question de révision tarifaire, M. le Président, c'est pour ça que
je vais aller dans le projet de loi, à l'article 48. Donc là, on parle de
l'article 48, on y fait référence dans l'article, là, 52.3, premier alinéa
et le troisième, et là je tente de comprendre, au final, la révision tarifaire
qui va être faite tous les trois ans par la régie.
Un, il me semble absolument fondamental
que les surplus et les manques à gagner d'Hydro-Québec soient rendus publics. Donc,
je ne comprends pas pourquoi ce n'est pas le cas, et, s'il va y avoir un
nouveau mécanisme qui va être déposé lors de la première cause tarifaire,
pourquoi est-ce qu'on ne l'a pas prévu dans le projet de loi? Parce qu'on est
dedans, la révision tarifaire, puis, s'il va y avoir un mécanisme en termes de
transmission de documents liés aux finances d'Hydro-Québec, il me semble que ça
devrait être prévu dans le projet de loi, mais là on regarde... Puis là j'essaie
de voir... parce que je vois, encore une fois, là, qu'il va y avoir une
certaine flexibilité d'Hydro-Québec en ce qui a trait à toute cette révision
tarifaire, et je m'explique.
Quand on... À la lecture de l'article 52.3,
on est en train de regarder les surplus ou les manques à gagner cumulés par le
transporteur ou le distributeur au cours des années tarifaires visées par la
révision tarifaire précédente. Donc là, on retourne dans le temps. Donc, ça
veut dire que, si on est en train de regarder... La révision tarifaire, là, c'est
en 2028. Là, on regarde les années 2005, 2006 et 2007... 2025, 2026, 2027,
on va regarder manques à gagner, surplus d'Hydro-Québec durant ces années-là. Puis
ça, ça va être ma première question, Mme la ministre. Est-ce que... est-ce que
ma compréhension de la lecture de cet article est bonne?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre, pour la réponse.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. Alors, oui, Mme la députée de Robert-Baldwin, votre lecture est
bonne.
Mme Garceau : Merveilleux! On
commence avec ça, point de départ. Donc, allons maintenant à l'article 48
parce qu'on y réfère, M. le Président, à l'article 52.3, et là... parce
que, simplement, à la lecture, on se serait dit : Bon, bien, on regarde
les années antérieures et, s'il y a eu des surplus, bien, on va tenir compte de
ces surplus-là lorsqu'on va fixer les tarifs, les nouveaux tarifs. Mais là il y
a comme un élément aléatoire qui me fait questionner... qu'il va y avoir une
porte... Hydro-Québec va avoir une porte de sortie peut-être en ce qui a trait
à la lecture du troisième alinéa de l'article 48 : «À la demande du
transporteur d'électricité ou du distributeur d'électricité faite au cours des trois
années tarifaires visées».
Donc, ça veut dire qu'on est en 2028, on
est en révision tarifaire, puis là on est en train de <regarder les
tarifs...
Mme Garceau :
...veut
dire qu'on est en 2028, on est en révision tarifaire, puis là on est en train
de >regarder les tarifs... le tarif qui va être fixé pour 2028, 2029,
2030... c'est ça, 2030 : «Au cours des trois années tarifaires visées par
une révision tarifaire effectuée en vertu du premier alinéa, en raison de
circonstances particulières, la Régie effectue une révision tarifaire visée à
cet alinéa de la manière qui y est prévue.»
À titre d'exemple, admettons qu'il y a eu
des surplus à Hydro-Québec pour les années précédentes, avant la révision
tarifaire, conformément à l'article 52.3, mais, en vertu de l'article 48,
troisième alinéa, Hydro-Québec dit : Oui, mais là, pour les trois
prochaines années, un instant, avant de fixer, moi, je prévois un manque à
gagner, donc, pour la fixation des tarifs en 2028, conformément, maintenant, à
l'article 48, troisième alinéa, la régie va pouvoir tenir compte des prévisions
de manques à gagner, et peut-être que le tarif va être plus élevé qu'il aurait
dû être. Est-ce que j'ai raison dans la lecture de ces deux articles?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Donc,
advenant qu'il y ait un manque à gagner qui est prévu par Hydro-Québec, on va
en tenir compte, et on va en tenir compte, aussi, des surplus ou des manques à
gagner qui seront survenus dans les trois dernières années, une fois qu'elles
auront été traversées.
• (12 h 40) •
Mme Garceau : On se comprend,
dans les trois dernières années. Moi, je suis en train de voir avec vous, Mme
la ministre, pour la prévision, les trois prochaines années. Donc, on va tenir
compte également...
Mme Fréchette : On va tenir
compte. S'il y a un manque à gagner prévu dans les trois prochaines années, ça
va être pris en considération.
Mme Garceau : C'est ça, ça va
être pris en considération, pas en 2030, ça va être pris en considération pour
fixer en 2028... OK. Donc, il y a quand même une marge et... C'est parce que,
là, c'est au bénéfice d'Hydro-Québec. On se comprend que, s'il y a des surplus,
puis, après ça, on dit : Bien, on devrait, basé sur l'article 52.3, fixer
les tarifs en fonction des trois dernières années, des trois années précédentes
à la révision, mais là l'enjeu avec le 48, alinéa trois, fait en sorte que,
bien, savez-vous, Hydro-Québec, puisque vous avez des prévisions de manques à
gagner qui vont... je présume, chiffrées par Hydro-Québec, qui ne seront pas
rendues publiques, en plus que, là, d'après moi, il y a un grand manque de
transparence, et là la régie va fixer des tarifs vraiment basés sur trois
ans... six ans, pas juste trois ans, là, on est en train de regarder une
période de six ans, encore une fois, Mme la ministre, les consommateurs du
Québec sont en train de subir les risques, les risques de ce mécanisme, qui est
la lecture de 52.3 et du 48, alinéa trois.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Donc, je ne vois pas pourquoi la députée présume qu'on n'aurait pas
l'information de la part d'Hydro-Québec sur ses prévisions. Tout va être...
tout va devoir être justifié. Donc, ce n'est pas simplement des estimés
qu'Hydro-Québec va faire, et pour lesquels on n'aura aucune <garantie que
c'est assis sur du solide...
Mme Fréchette :
...simplement
des estimés qu'Hydro-Québec va faire et pour lesquels on n'aura aucune >garantie
que c'est assis sur du solide. On va avoir ces informations-là. Ça devra être
mis de l'avant par Hydro-Québec. Et le mécanisme qu'on est en train de mettre
en place vient justement enlever le risque qui pourrait être associé à des
prévisions puisqu'on devra corriger. S'il y a eu un écart entre les prévisions
et le réel, ça pourra être rétabli, l'écart va disparaître.
Mme Garceau : Mais, madame, en
termes de transparence et aussi un élément de confiance... que le public doit
avoir un élément de confiance dans tout le système, ici, de fixation de tarifs,
que les chiffres dans... Les chiffres, les montants, les surplus, les manques à
gagner, il y avait une obligation auparavant que ça soit public. Vous allez prévoir
un mécanisme dans lequel ces informations vont être... vont être rendues
publiques comme c'était auparavant ou c'est juste une question de... on va
informer... c'est juste la régie qui va être informée de cette information-là?
Mme Fréchette : Alors, M. le
Président, je rappelle que ça va se faire à la régie, et il y a une audience
publique qui va être tenue. Donc, en termes de transparence, il n'y a pas plus
transparent, là, comme mécanique, en termes d'accès aux informations.
Mme Garceau : Bien là, vous
allez... Quelqu'un va peut-être corriger... me corriger si j'ai tort, mais le
fait que l'information soit transmise à la régie, ça ne veut pas dire que c'est
public. L'audience est publique, mais ça ne veut pas dire que les documents
sont publics.
Mme Fréchette : Quand il y a
une audience publique, les documents sont publics.
Mme Garceau : OK. Donc,
comment est-ce que le public va avoir accès aux documents que la régie est en
train d'étudier?
Mme Fréchette : Tout est
publié sur le site Internet.
Mme Garceau : OK. Donc,
pourquoi est-ce qu'on n'inclut pas dans... un amendement dans ce projet de loi,
parce qu'il n'est jamais trop tard pour amender, d'inclure cette obligation
d'Hydro-Québec de fournir de façon annuelle les surplus ou les manques à
gagner, que ça devienne public?
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Bien,je
rappelle que c'est, dans le cadre de la cause tarifaire, un processus qui est
public et qui va se tenir aux trois ans, pour lequel l'ensemble de
l'information sera rendue publique.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. D'autres interventions? Mme la députée.
Mme Garceau : OK.Est-ce
que vous pouvez confirmer, Mme la ministre, que, dans le cadre de la révision
tarifaire qui découle des articles, là, dont nous sommes en train d'étudier,
incluant celui de l'article 48... qu'Hydro-Québec aura une obligation de
transmettre tous les documents concernant les surplus et les manques à gagner à
la régie avant la révision tarifaire?
Mme Fréchette : Oui, c'est ce
que prévoit l'article.
Mme Garceau : C'est bien.
Le Président (M. Montigny) : D'autres
interventions? Oui, M. le député de Maurice-Richard, vous avez la parole.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Je vais juste continuer un peu la conversation pour être sûr de
comprendre. Donc, Hydro-Québec arrive avec un certain nombre de preuves à la
régie pour expliquer, en gros, les calculs qu'ils ont faits. Les autres
intervenants à la régie devraient être capables de contester les calculs de
coûts qu'Hydro-Québec présente. C'est bien ça?
Mme Fréchette : Oui. C'est
pour ça qu'il y a une audience publique qui est tenue, c'est pour pouvoir
challenger, permettez l'anglicisme, les chiffres.
M. Bouazzi : Et combien de
temps à l'avance les autres intervenants auront accès aux documents et aux
calculs <d'Hydro-Québec avant l'audience...
M. Bouazzi : ...l'avance
les autres intervenants auront accès aux documents et aux calculs >d'Hydro-Québec
avant l'audience?
Mme Fréchette : Je vais
vérifier. Ce ne sera pas long.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 49)
(Reprise à 12 h 52)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
au moment de la suspension de nos travaux, Mme la ministre, vous aviez la
parole.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Bien, j'aimerais préciser que la régie est maître de sa procédure.
C'est la régie qui détermine à quel moment les documents doivent être déposés à
l'avance, combien d'avance, à quel endroit, de quelle manière, et il est
précisé, dans le mandat de la régie, que la régie, avant de tenir une audience
publique, donne des instructions écrites dans lesquelles elle fixe la date du
dépôt de tous les documents et tous les renseignements pertinents à l'appui des
arguments que les participants entendent faire valoir. Donc, c'est ça, c'est
dans sa cour. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Je vous pose ces
questions parce que je vous avouerais qu'il y a une certaine inquiétude qui se
rajoute un peu à ce que mes collègues ont dit, mais c'est évidemment la dissymétrie
d'information. C'est-à-dire, si on se retrouve dans une situation... c'est...
évidemment, ça coûte de l'argent. Il faut de l'expertise, il faut analyser des
documents, etc., etc. Pour les différents clients d'Hydro-Québec, soit les
particuliers, donc, à travers les différentes associations de protection des
consommateurs, mais aussi les grandes industries ou les représentants des PME
autour de la table, il y a vraiment une crainte d'asymétrie d'accès à
l'information, et qui ne permettrait, donc, pas à la société civile de bien se
défendre face à des augmentations de coûts qui seraient présentées par <Hydro-Québec
et que les autres intervenants...
M. Bouazzi :
...bien
se défendre face à des augmentations de coûts qui seraient présentées par >Hydro-Québec,
et que les autres intervenants n'auraient pas la capacité de contester. Est-ce
que... est-ce que vous pensez que c'est assez équilibré? Est-ce qu'il y aurait
moyen d'équilibrer plus?
Mme Fréchette : Écoutez, vous
vous en remettez régulièrement au rôle de la régie, et là on a un processus qui...
qui valorise l'importance de la régie, qui valorise le fait que c'est elle qui
sait et qui peut déterminer de la manière... la manière avec laquelle ça doit
procéder. Donc, comme je le mentionnais, elle est maître de son processus.
Maintenant, si le gouvernement considère qu'il y a des informations
additionnelles qui doivent être rendues publiques, il y a la possibilité aussi
d'en ajouter sur ce que la régie demande déjà, mais la... tarifaire, c'est
déposé au mois d'août, et ça comporte une évaluation des surplus pour les fins
des fixations des tarifs pour les trois prochaines années, et, s'il y a une
volonté d'en ajouter, eh bien, il y a une possibilité de le faire, mais, à la
base, c'est un processus qui relève de la régie.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Alors, est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec la
proposition d'amendement? Oui, M. le député de Jacques-Cartier, je vous laisse
la parole.
M. Kelley : Oui, c'est juste
une question, parce qu'on parle de le fait que la régie, c'est public, certains
documents sont publics, mais la régie peut tenir des audiences, des fois, à
huis clos. C'est possible?
Mme Fréchette : Donc, pour
les révisions tarifaires, c'est systématiquement des audiences publiques.
M. Kelley : Toujours
publiques? Il n'y a aucune autre instance où il peut y avoir une discussion qui
est à huis clos avec la régie?
Mme Fréchette : Pas dans le
cadre d'une cause tarifaire.
M. Kelley : Puis, j'imagine,
certains secrets commercials sont protégés par des autres lois comme l'accès à
l'information. Alors, ce n'est pas toujours, en effet, toute l'information qui
est... qui est donnée, juste certains éléments d'information qui est donné. Il
n'y a pas une obligation encore, nécessairement, pour...
Mme Fréchette : On va
vérifier s'il y a des informations qui ne peuvent être divulguées, là.
M. Kelley : OK.
Le Président (M. Montigny) : Préférez-vous
suspendre quelques instants?
Mme Fréchette : Le député
a-t-il d'autres... d'autres questions?
Le Président (M. Montigny) : Est-ce
qu'il y a...
M. Kelley : ...pour la
réponse. Je pense que ma collègue a des...
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 56)
(Reprise à 12 h 57)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous reprenons donc nos travaux. Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Oui. Alors,
Me Marois nous a trouvé la référence qui détermine la règle qui s'applique.
Alors, c'est à l'article 30 de la loi sur la régie. Ça dit : «La Régie
peut interdire ou restreindre la divulgation, la publication ou la diffusion de
renseignements ou de documents qu'elle indique, si le respect de leur caractère
confidentiel ou l'intérêt public le requiert.»
Le Président (M. Montigny) : Merci.
M. le député.
M. Kelley : Et, j'imagine, ça
s'applique aussi à Hydro-Québec. Ce n'est pas juste pour les entreprises.
Mme Fréchette : Pour
l'ensemble des procédures qui relèvent de la régie.
M. Kelley : OK.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. D'autres interventions? S'il n'y a pas d'intervention, nous pouvons
passer à la mise aux voix de l'amendement. Oui, Mme la députée.
Mme Garceau : Je vais
peut-être revenir là-dessus, mais, avant, Mme la ministre, vous aviez référé au
nouveau mécanisme qui va être déposé lors de la première cause tarifaire.
Comment est-ce que ça va être déposé, par voie de règlement ou autrement?
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre, il reste à peu près 1 min 15 s.
Mme Fréchette : D'accord.
Bien, c'est Hydro-Québec qui, dans le cadre de la demande de cause tarifaire,
dépose les documents, et s'ensuit tout le processus, qui relève de la régie,
pour la fixation des tarifs.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la députée de Robert-Baldwin, en une minute, je suis désolé.
Mme Garceau : C'est correct.
Je veux revenir sur l'échange ce que vous avez eu avec mon collègue de Jacques-Cartier
<concernant les documents, et particulièrement...
Mme Garceau :
...sur
l'échange ce que vous avez eu avec mon collègue de Jacques-Cartier >concernant
les documents, et particulièrement les documents qu'Hydro-Québec a déposé,
surtout dans tout ce processus de révision tarifaire, et, compte tenu de
l'article que vous... que Me Marois a trouvé, ça veut dire qu'il pourrait y
avoir des circonstances dans lesquelles Hydro-Québec ne va pas déposer certains
documents financiers parce qu'on va soulever un élément d'intérêt public. Est-ce
qu'il y a une possibilité...
Le Président (M. Montigny) : Alors,
je vous remercie pour votre collaboration, mais, compte tenu de l'heure, la
commission suspend ses travaux jusqu'à 14 heures.
(Suspension de la séance à 13 heures)
14 h (version révisée)
(Reprise à 14 h 07)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît! La Commission de l'agriculture, des pêcheries, de
l'énergie et des ressources naturelles reprend ses travaux.
Nous poursuivons l'étude détaillée du
projet de loi n° 69, Loi assurant la gouvernance responsable des
ressources énergétiques et modifiant diverses dispositions législatives.
Lors de l'ajournement de nos travaux, en
avant-midi, nous étions à l'étude de l'amendement qui est proposé par Mme la
ministre à l'article 35.
Je crois qu'à ce moment-ci, Mme la députée
de Robert-Baldwin, vous aviez fait une intervention. Je vous relaisserais la
parole à nouveau.
Mme Garceau : Merci, M. le
Président. Merci. On s'est laissé, Mme la ministre... Il y a toute la question
de... puis ça revient à la préoccupation qu'a formulée mon collègue de Jean-Talon
concernant le manque d'obligations, en ce moment, dans le projet de loi qu'Hydro-Québec
dépose tous les documents financiers, particulièrement ceux qui vont démontrer
un surplus ou un manque à gagner dans le contexte de révision tarifaire.
Et vous avez misé... Vos réponses au fait
qu'il n'y a pas d'obligation, mais on va les voir, ces documents-là, parce que
les audiences de la régie sont publiques.
Donc, oui, les audiences sont publiques,
et, en raison de ça, ça veut dire que les documents également vont être rendus
publics, mais là je comprends qu'en vertu de l'article 30 de la régie on
peut restreindre : «La régie peut interdire ou restreindre la divulgation,
la publication ou la diffusion de renseignements ou de documents qu'elle
indique si le respect de leur caractère confidentiel ou intérêt public le requièrent».
Donc, on pourrait toujours soulever...
surtout que ce soit dans le cas de surplus ou de manque à gagner, il y a un
élément <confidentiel...
Mme Garceau :
...ce soit dans le cas de surplus ou de manque à gagner, il y a un élément >confidentiel,
un élément qu'on ne veut pas divulguer, qu'on ne veut pas que ce soit sur la
place publique.
Donc, ces documents-là, on ne va pas les
rendre publics. Est-ce que ça, c'est une possibilité, Mme la ministre?
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre, quand vous serez prête.
Mme Fréchette : Donc,
effectivement, c'est la régie qui a le contrôle sur la nature des documents qui
sont rendus publics. Et elle peut refuser, par exemple, qu'un dossier reste
confidentiel si elle juge que ce n'est pas... ce n'est pas requis, en fait.
Donc, elle peut s'assurer de rendre public
quelque chose, même s'il y a une demande dans le sens contraire qui lui a été
soumise. C'est elle qui juge.
Donc, elle peut questionner aussi.
Advenant qu'il y ait des dépôts de documents pour lesquels elle a des
questions, la régie peut questionner pour obtenir davantage d'informations sur
les documents qui ont été déposés.
Donc, je rappelle, elle est maître de son
processus, en fait.
• (14 h 10) •
Mme Garceau : OK. Je
prends votre réponse, Mme la ministre, et là je la mets de côté pour l'instant,
que la régie est maître, là, de ce processus de divulgation de documents, et
donc quels documents vont être rendus publics ou pas, mais là on est dans un
contexte très particulier qui est la révision tarifaire à tous les trois ans,
qui est quand même très, très important en ce qui a trait aux consommateurs
afin de voir est-ce qu'à un moment donné les tarifs vont diminuer.
Et là je veux revenir à votre réponse
avant le dîner, concernant le dépôt du nouveau mécanisme, et ça, c'est lié, aux
documents qui vont être déposés dans le cadre d'une révision tarifaire.
Et est-ce que j'ai bien compris votre
réponse que c'est Hydro-Québec qui va déposer ce mécanisme? Je voulais juste
vérifier avec vous.
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Hydro-Québec
va déposer une proposition et la régie dispose donc de la proposition. Elle
évalue si c'est acceptable tel quel, ou si ça doit être remanié. Voilà. Donc,
la régie va s'assurer que ça cadre avec les besoins.
Mme Garceau : OK. Donc,
j'avais bien compris votre réponse que c'était Hydro-Québec qui va déposer et
qui va même... on va aller un petit peu plus loin, c'est Hydro-Québec qui va
déterminer le mécanisme de dépôt de documents pour une révision tarifaire. Je
veux bien m'assurer qu'on parle de la même chose ici.
Mme Fréchette : ...j'ai
indiqué qu'Hydro-Québecpropose, la régie dispose. Donc, ultimement, c'est la
régie qui a le dernier mot.
Mme Garceau : OK. Mais
comment se fait-il que c'est Hydro-Québec qui... qui propose et non pas la
régie? Parce qu'elle est maître de son processus de révision tarifaire, parce
que ça va être les documents qui vont être utilisés dans le cadre de cette
révision-là. Il me semble que ça devrait être la régie qui va préparer et
transmettre le mécanisme.
Pourquoi est-ce que c'est Hydro qui est en
train de proposer la façon... ou peut-être même la nature des documents qui
vont être déposés dans le mécanisme de révision tarifaire de la régie?
Mme Fréchette : Bien, je
rappelle la mission de la régie. En fait, c'est de surveiller le secteur
énergétique pour que ce soit équitable et pour assurer aussi la conciliation
entre l'intérêt public, les intérêts du transporteur d'électricité, l'intérêt
des distributeurs, la protection des consommateurs.
Et donc la régie va s'assurer que tous ces
intérêts-là soient pris en considération et c'est elle qui aura le dernier mot
sur le mécanisme.
Mme Garceau : Mais Mme
la ministre, est-ce que la régie n'est pas la meilleure placée, puisque c'est
la régie qui va déterminer, puis qui va fixer les tarifs, et également va
entendre les parties à ce... lors de cette audience publique?
Il me semble que ça va de soi que c'est la
régie qui détermine le mécanisme de transmission de documents et les documents
qui vont être utiles à son évaluation de... lors de la révision tarifaire.
Mme Fréchette : C'est
exactement ce pourquoi c'est la régie qui a le dernier <mot...
Mme Garceau :
...de...
lors de la révision tarifaire.
Mme Fréchette :
C'est
exactement ce pourquoi c'est la régie qui a le dernier >mot et c'est la
régie qui décide, c'est parce qu'elle...
Mme Garceau : Ça, je
comprends...
Mme Fréchette : ...elle doit
concilier tous les intérêts.
Mme Garceau : Oui, oui, je
comprends...
Mme Fréchette : Qu'elle parte
d'une proposition d'Hydro, si c'est pour faire, comment dire, une suggestion de
départ, puis après ça il y a l'évaluation et le regard, la grille d'analyse qui
est mise en... apposée par la régie.
Mme Garceau : Sauf qu'Hydro
est dans un conflit d'intérêts là-dedans.
Mme Fréchette : Mais ce n'est
pas elle qui décide ultimement du mécanisme.
Mme Garceau : Non, mais c'est
elle qui va... ça va être en fonction des documents qu'Hydro-Québec va déposer,
dans lesquels on va déterminer s'il y a des surplus ou un manque à gagner.
Et, encore, on va encore plus loin parce
qu'en raison de l'article 48, l'alinéa 3°, Hydro-Québec pourrait dire :
Ah! bien là, j'ai eu des surplus, mais, pour les prochaines trois années, je
vais avoir un manque à gagner, donc on va regarder, là, pour les six ans, sur
une période de six ans, quels seraient les tarifs qu'on va déterminer trois ans
avant.
Donc, pour moi, puisque... Hydro-Québec
devrait être quand même un peu à l'écart du... du processus en termes de... le
dépôt d'un projet, d'un mécanisme, si je peux dire, là, ou de détermination du
mécanisme. Il me semble que ça devrait émaner de la régie, c'est bien plus
logique.
Mme Fréchette : Alors, M. le
Président, ça me permet justement de rectifier quelque chose que j'ai dit tout
à l'heure.
En mode prévisionnel, il ne peut pas y
avoir de manque à gagner. On m'a informé de cette précision-là. Donc, les
manques à gagner ne font pas partie des options dans le mode prévisionnel,
donc.
Mais je rappelle que c'est la régie qui
décide ultimement de la nature du mécanisme puis de la façon qu'il aura de
fonctionner.
Mme Garceau : OK. Sauf que,
Mme la ministre, à l'article 35 qu'on étudie en ce moment,
l'amendement, c'est... on l'indique, c'est surplus ou c'est manque à gagner,
lesquels peuvent être prévisionnels.
Le Président (M. Montigny) : Juste
avant de donner la parole à Mme la ministre, il vous reste un peu plus d'une
minute pour votre intervention en lien avec cette proposition d'amendement.
Mme Garceau : Merci, M. le
Président.
Mme Fréchette : Les surplus ou
les manques à gagner auxquels il est fait référence, c'est des surplus ou
manques à gagner passés.
Mais, pour le mode prévisionnel, il ne
peut pas être question d'avoir un manque à gagner dans le manque... dans le
mode prévisionnel, c'est seulement en mode réalisé qu'il peut y en avoir.
Mme Garceau : Mais, compte
tenu qu'à l'article 35, l'amendement à l'article 35, on fait
référence à l'article 48 au troisième alinéa, est-ce que là vous êtes en
train de me dire, Mme la ministre, que si Hydro-Québec mentionne que, pour les
trois prochaines années qui vont être visées, il va y avoir un manque à gagner,
ce manque à gagner ne sera pas... la régie ne va pas tenir compte de ce manque
à gagner là dans la fixation des tarifs? Parce que ce n'était pas ma compréhension
avant notre pause.
Des voix : ...
Mme Fréchette : ...Me Marois
à amener une précision. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Alors, Me Marois, vous avez la parole.
M. Marois (Samuel) : Je pense
qu'il faut éviter de faire la confusion entre...
Le moment où on fait la révision
tarifaire, c'est le moment où on fixe les tarifs, donc on prend une photo sur
la base de prévisions pour le futur, donc de prévisions de coûts. Puis là on ne
parle pas de manque à gagner à ce moment-ci parce qu'on prévoit les revenus
dont on a besoin.
Donc là, ça, c'est une chose, mais, quand
on fait cette révision tarifaire là, non seulement on dit combien j'ai besoin
pour le futur pour fixer les tarifs, mais, en plus, on va pouvoir tenir compte
du réel des années passées.
Donc, il y a des prévisions qui sont
faites, on fixe les tarifs, la prochaine fois qu'on va fixer les tarifs on va
tenir compte du réel du passé qui permettrait d'augmenter ou réduire les
tarifs.
Donc, c'est un cycle qui permet de... de
prévoir, tenir compte du réel, et ainsi de suite.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. Mme la députée, quand vous serez prête.
Mme Garceau : Bien, c'est
parce que l'article... Je comprends votre explication, Me Marois, mais,
l'article à l'étude en ce moment, on parle de la révision tarifaire, des
surplus, on prend… on tient en <compte...
Mme Garceau :
…parle
de la révision tarifaire, des surplus, on prend… on tient en >compte des
surplus ou des manques à gagner cumulés au cours des années tarifaires visées
par la révision tarifaire précédente. On ne parle pas du futur ici, on parle
des années antérieures.
Donc là, je dois vous avouer, je suis un
petit peu mélangée parce que là je pensais qu'on parlait au… Avant la pause, on
regardait les trois années précédentes à la révision tarifaire.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Il ne vous reste plus de temps, mais, par contre, il y a du temps pour la
réponse, si jamais.
Le Président (M. Montigny) :
Me Marois, je vous laisse la parole.
M. Marois (Samuel) : Bien,
quand on fixe les tarifs, c'est sur la base de prévisions. On a vu à 52.1 qu'il
y avait plusieurs composantes de coûts. Donc, ce qu'on rajoute avec cet… ce
nouvel article-là, c'est qu'on tient compte aussi des surplus puis des manques
à gagner. Donc, on tient compte de toutes les composantes de coûts qui rentrent
dans les tarifs, des surplus, des manques à gagner, qui peuvent faire varier
les revenus requis.
Donc, effectivement, on tient compte du
passé, c'est… Les prévisions, c'est la photo au moment où on fixe les tarifs de
ce qu'on pense avoir besoin. Puis là, ici, c'est : On tient compte de la
réalité passée.
• (14 h 20) •
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Me Marois. Est-ce qu'il y a d'autres interventions avec la
proposition d'amendement à l'article 35? Oui, M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui, M. le
Président, je veux juste peut-être reviens un petit peu à la question globale,
parce qu'on revient, plus ou moins, avec l'enjeu de les trop-perçus.
Ici, on parle un petit peu de la façon
qu'on va regarder ça, c'est certain qu'il n'y a pas un chèque qui va être
envoyé directement aux citoyens, mais je veux juste s'assurer… parce que je me
rappelle très, très bien, quand la coalition avenir du Québec était dans
l'opposition, en 2007, les trop-perçus, c'était un grand cheval de bataille
pour eux autres.
Et je veux juste citer une déclaration
d'une députée de l'époque, de Repentigny, qu'«Il est temps pour les libéraux de
comprendre les difficultés de nos familles. Non seulement on a augmenté les
tarifs de 11 % en quatre ans — c'est intéressant, parce que le
gouvernement propose d'augmenter les tarifs sur quatre ans à un montant de
12 %, alors, c'est… peut-être, j'ai trouvé ça intéressant — mais
on a leur imposé une taxe déguisée en surfacturant les factures depuis huit
ans. Alors, où il y a une gêne, il n'y a pas de plaisir. À quand un
remboursement des trop-perçus pour soulager nos familles?»
Puis je sais qu'à l'époque, en 2018, le
premier ministre a promis de rembourser des clients directement. Il y a quand
même eu une pétition qui a récolté beaucoup de signatures de la députée de Saint-Hyacinthe,
mais, bref, je sais qu'en 2019 le gouvernement a décidé de ne pas rembourser
vraiment les citoyens à 100 % l'argent des trop-perçus. Je pense que
c'était un chèque à 50 %. Mais, quand même, l'argumentaire, c'était :
Bien, c'est parce qu'on va avoir les tarifs qui sont moins élevés, ça va être fixer
l'inflation, c'est comment on va régler cet enjeu.
Alors, pour quelque chose qui était
problématique, on semble de revient un petit peu à la base qu'on pense qu'on va
avoir des trop-perçus. C'est quand même peut-être quelque chose qu'Hydro-Québec
va calculer, parce qu'ils sont… ils pensent qu'ils vont faire…
Mais, comme je vous dis, on a eu une
discussion sur les manques à gagner puis les surplus, mais c'est très possible
qu'ils vont surfacturer des clients d'Hydro-Québec, mais ça demeure pas hyper
clair comment les citoyens et les consommateurs, les Québécois vont gagner avec
cet article ici.
Je pense qu'après toutes les interventions
de mes collègues de Jean-Talon, de Maurice-Richard et Robert-Baldwin
que le grand gagnant ici, c'est Hydro-Québec. Et s'il y a un manque de… un
manque à gagner ou quand même des surplus, on va trouver une façon de s'assurer
qu'Hydro-Québec sorte gagnante et que l'État sort dans tout ça, mais le
consommateur, c'est moins évident.
Alors, je pense que c'est très important,
parce que, comme je l'ai dit, comme je l'ai mentionné, ce n'est pas la première
fois dans notre société qu'on revient puis on discute l'enjeu des trop-perçus. Quand
même, si on ajoute un article ici…
Puis je pense qu'il y a des groupes comme Option
consommateurs qui ne sont pas nécessairement complètement convaincus avec
qu'est-ce que le gouvernement est en train de déposer ici. C'est les échos que
nous avons eus.
Et je sais qu'Hydro-Québec a déposé…
excusez-moi, que le gouvernement avec Hydro-Québec ont regardé des amendements,
ils ont déposé. Ils n'ont pas nécessairement fait une consultation très large
avec les différents acteurs des différentes parties pertinentes qui ont, depuis
des années, lutté sur l'enjeu des trop-perçus.
Alors, encore, je sais que je viens faire
un long <commentaire...
M. Kelley
:
...des trop-perçus.
Alors, encore, je sais que je viens
faire un long >commentaire, mais je veux juste que peut-être la ministre
rassure ou explique comment on va éviter de se trouver dans une situation que,
dans huit ans, on regarde le passé, me dis : Bien, en 2025, ils ont eu une
chance de vraiment peut-être mieux réfléchir le système des trop-perçus puis s'assurer
que les consommateurs étaient bien protégés, mais en place on a un système où Hydro-Québec
va continuer peut-être à être le vrai gagnant avec les trop-perçus.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Alors,
écoutez, merci, M. le Président, je vais réitérer des choses que j'ai... que
j'ai dites d'entrée de jeu.
C'est un mécanisme qui a existé déjà, et
qui a été au bénéfice des consommateurs, et qui va l'être à nouveau à partir du
moment où on implante.
Alors, c'est une mécanique qui sert les
intérêts des consommateurs. Et ce n'est pas une demande d'Hydro-Québec, c'est
une demande des PME, c'est une demande d'associations du milieu des affaires.
Alors, voilà, je vais... je voulais
simplement réitérer ces informations.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec la proposition
d'amendement à l'article 35? Il n'y a pas d'autre intervention. Parfait.
Nous pouvons passer à la mise aux voix de l'amendement en lien avec
l'article 35.
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Oui,
par appel nominal. Parfait. On va procéder par appel nominal, Mme la
secrétaire.
La Secrétaire
: Pour,
contre, abstention. Mme Fréchette (Sanguinet)?
Mme Fréchette : Pour.
La Secrétaire
: M. Bussière
(Gatineau)?
M. Bussière : Pour.
La Secrétaire
: M. Sainte-Croix
(Gaspé)?
M. Sainte-Croix : Pour.
La Secrétaire
: M. Tremblay
(Dubuc)?
M. Tremblay : Pour.
La Secrétaire
: M. Poulin
(Beauce-Sud)?
M. Poulin : Pour.
La Secrétaire
: M. Kelley
(Jacques-Cartier)?
M. Kelley
:
Contre.
La Secrétaire
: Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Contre.
La Secrétaire
: M. Bouazzi
(Maurice-Richard)?
M. Bouazzi : Abstention.
La Secrétaire
: M. Montigny
(René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) :
Abstention. Donc, la proposition d'amendement est donc adoptée.
Nous revenons donc à l'étude de
l'article 35 tel qu'amendé. Et, oui, des interventions. M. le député de Jean-Talon,
je vous laisse la parole. Je me doute un peu pourquoi, mais je vous laisse
aller.
M. Paradis : Oui, comme
vous l'aviez si bien prévu, M. le Président, et après discussion avec le
secrétariat, c'est ici donc que je déposerais une proposition d'amendement.
Le Président (M. Montigny) :
Alors, nous avons reçu si je crois. Non, pas... pas encore. On va suspendre nos
travaux.
(Suspension de la séance à 14 h 26)
(Reprise à 14 h 29)
Le Président (M. Montigny) :
Alors, nous reprenons nos travaux. Nous avons bien reçu la proposition
d'amendement de la part du député de Jean-Talon en lien avec l'article 35.
Alors, M. le député, je vous invite à
présenter votre proposition d'amendement.
M. Paradis : Ajoutez un
deuxième alinéa à l'article 52.3 de la Loi sur la Régie de l'énergie,
remplacé par l'article 35 du projet de <loi...
M. Paradis :
...
la
Loi sur la Régie de l'énergie, remplacé par l'article 35 du projet de >loi :
«La Régie peut exiger, pour chacune des années tarifaires visées par la
révision tarifaire précédente, que le transporteur d'électricité ou le
distributeur d'électricité fournisse toutes les informations permettant
d'établir les surplus ou les manques à gagner cumulés dont le transporteur
d'électricité ou le distributeur d'électricité demande à la Régie de tenir
compte en vertu du premier alinéa.»
Fermez les guillemets. Le texte modifié,
bien, le premier alinéa ne change pas, M. le Président, et le deuxième alinéa,
je viens de le lire.
Le Président (M. Montigny) :
Alors, c'est très clair. Je vous écoute.
• (14 h 30) •
M. Paradis : Bon. Très
bien. Explications. De quoi parlons-nous? On parle... la dernière fois qu'on a
eu l'information, on parle d'un surplus, d'un trop-perçu de 1,5 milliard
de dollars.
Hydro-Québec s'est en quelque sorte
trompée dans ses prévisions et avait perçu 1,5 milliard en trop par ses
tarifs, parce que la loi telle qu'elle est conçue actuellement elle prévoit
qu'il ne devrait pas y avoir de surplus ni de manque à gagner.
L'idée, c'est de calculer les coûts d'Hydro-Québecet
de demander à la régie de lui permettre d'obtenir les revenus pour compenser
les coûts. C'est ça, l'architecture de la loi. Il ne devrait pas y avoir de
surplus ni de manque à gagner.
En 2017, il y avait 1,5 milliard de
dollars pris dans les poches des consommateurs québécois en trop. C'est là, le
débat.
Et ce qu'il y a d'intéressant c'est que la
CAQ, alors dans l'opposition, en a fait un grand cheval de bataille. Il y a eu
des campagnes, des pétitions déposées à l'Assemblée nationale. Redonnez-nous
nos 1,5 milliard de dollars payés en trop, c'était ça, la campagne de la
CAQ à l'époque. Et lors des élections générales de 2018, c'était une des
promesses. Le gouvernement de la CAQ est donc élu. Et qu'est-ce qui se passe en
2019? Magie! le problème des trop-perçus d'Hydro-Québec disparaît.
Bon. Ce qu'on apprend, c'est qu'il y en
aurait 500 millions qui auraient été, de fait, retransférés à travers les
tarifs aux consommateurs québécois, mais il en restait 1 milliard de
dollars. Que s'est-il passé avec ce milliard de dollars? Mystère et boule de
gomme, M. le Président, parce que c'est ça, le tour de magie, grâce au projet
de loi n° 34 du gouvernement de la CAQ, toutes les informations qui
permettaient d'établir si oui ou non il y a un manque à gagner ou un trop-perçu
ont disparu des rapports financiers d'Hydro-Québec. Il y avait des dispositions
dans la loi qui disaient : Hydro-Québec doit fournir cette information-là,
ce qui permet à la régie d'abord, au préalable, d'établir le prix de référence,
le montant de référence. C'est ça, les revenus, dont Hydro-Québec a besoin.
Puis là tout le monde au Québec connaît ce chiffre-là. C'est le montant de
référence. J'ai besoin des revenus pour couvrir ce montant-là. Si j'en ai plus,
surplus, si j'en ai moins, manque à gagner. Alors ça, c'est le premier tour de
magie.
Et là le deuxième tour de magie, il est en
train de se dérouler sous nos yeux. Sur division, le même gouvernement de la
CAQ vient d'aller encore plus loin, non seulement il n'améliore pas la
situation et l'empire, parce que là il donne les bonbons à Hydro-Québec en lui
disant : Quand on va faire une révision tarifaire après trois ans, Hydro-Québec
va pouvoir, va avoir le choix de dire à la régie : Oui, je me suis
trompée. Vraiment désolée. Il me manque, disons, 500 millions. Donc,
régie, fixe des tarifs plus élevés pour tous les Québécois pour couvrir ce
500 millions qui est mon erreur. Ne mets pas ça dans le dividende que je
vais verser au gouvernement, mets-le dans les tarifs. Moins de déficits pour le
gouvernement. C'est ça qui se passe.
Là, l'article dit : Oh! quand il y a
un trop-perçu, là il devrait servir à diminuer les tarifs des Québécois. Je ne
me souviens pas que ce soit déjà arrivé.
Donc ça, c'est l'architecture de ce qui
est en train de se passer. Donc, 2019, magie, 2025, magie, magie. Le
gouvernement s'est donné tous les moyens, à lui et à Hydro-Québec. Donc, tout
le monde au Québec voit actuellement qu'ils sont en train de marcher main dans
la main, qu'ils ont signé un pacte, là, ils marchent main dans la main.
Puis là, maintenant, Hydro-Québec qui a
toutes les informations, tous les comptables est capable de faire ce qu'elle
veut...
14 h 30 (version révisée)
M. Paradis : ...là,
maintenant, Hydro-Québec, qui a toutes les informations, tous les comptables,
est capable de faire ce qu'elle veut, parce qu'il n'y a toujours aucune
obligation de rendre compte d'une quelconque façon de ces fameux surplus ou manques
à gagner pour les trois années précédentes. Aucune obligation nulle part, pot
de bonbons, les deux mains dedans, envoie, vas-y, aucune obligation.
C'est pour ça que la toute première
question que j'ai posée tout à l'heure à la ministre, c'est : Où sont les
obligations qui viennent avec ça? Parce qu'avant votre premier tour de magie,
en 2019, quand vous avez, pouf!, tout fait disparaître d'un coup de baguette
magique, il y avait une obligation. Tout le monde était capable de faire les
calculs. Là, il n'y a plus personne qui est capable de faire les calculs.
Alors, le pot de bonbons revient, sans obligation. C'est ça, l'objectif de cet
amendement, c'est de faire le minimum requis.
J'aurais espéré qu'on aurait toutes sortes
d'amendements qui viennent avec le 52.3, qui nous font revenir, en quelque
sorte, à ce qu'était la situation avant 2019. Dans le rapport de fin d'année,
Hydro-Québec, le transporteur, le distributeur sont obligés de donner cette
information-là, de mettre tous les chiffres qui permettent à tout le monde d'avoir
le montant des surplus ou des manques à gagner. Mais non, il n'y a rien.
Alors donc, moi, je me suis mis devant mon
ordinateur, là, ce midi, et c'est ça... c'est ça, l'obligation, c'est le
minimum. Et je ne sais pas comment le gouvernement, comment la ministre va
pouvoir refuser ça. Parce que ça, ce que ça dit, c'est qu'Hydro-Québec, si
jamais, dans la révision tarifaire, tu demandes à la régie de tenir compte de
surplus ou de manques à gagner, tu vas nous expliquer c'est quoi, tes calculs,
tu ne garderas pas ça secret par chez vous, en disant : J'ai un surplus,
tant de centaines de millions. Ça va surtout être : J'ai un manque à
gagner de 1 milliard, augmentez les tarifs. Non, il va falloir que tu
démontres d'où vient ton calcul, puis pas juste les cumulés sur trois ans, à
chaque année tarifaire, montre-moi tes calculs pour l'année moins 3, pour l'année
moins 2, pour l'année moins 1, qui fait que tu me demandes de réviser les
tarifs. Ça, c'est le minimum.
S'il n'y a pas ça, ce que vous avez mis, Mme
la ministre, à 52.3 est inéquitable. Et ça, je ne peux croire, je suis... Bon.
Non, attendez. J'ai de la difficulté à m'imaginer que les PME du Québec vont...
vous ont demandé 52.3 sans ce qui vient avec. J'ai beaucoup de difficulté. Et
les quelques conversations que j'ai eues à l'heure du midi m'indiquent que pas
mal tout le monde qui consomme de l'électricité au Québec, c'est-à-dire tout le
monde, toutes les PME, toutes les PME de la Beauce, toutes les grandes
industries au Saguenay, tous les consommateurs de la Gaspésie ou de l'Outaouais,
ils vont vouloir qu'Hydro-Québec rende compte puis ils vont vouloir être
capables de regarder les calculs qu'Hydro-Québec a faits. Alors donc, ça, c'est
ça, le mécanisme, tu es obligé de donner tes calculs. La régie va te dire :
Montre-moi ce dont il... ce dont il est question.
Et là, je vous dirais, magie, magie,
magie, mais dans le bon sens, soudainement, on revient au moment où on avait l'information
sur les surplus ou les manques à gagner pour les tarifs d'électricité. Et c'est
important parce que c'est une mesure de transparence, d'efficacité et d'imputabilité.
Et, en 2025, dans une période où le contexte financier est ce qu'il est, c'est
ça qu'on veut exiger d'une société d'État comme Hydro-Québec. Voilà l'explication
de cet amendement.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Merci. Merci,
M. le Président. Alors, j'ai écouté le député de Jean-Talon. Et, écoutez, je
voudrais simplement dire qu'il essaie d'enfoncer une porte qui est déjà
ouverte, parce que la régie a déjà la possibilité de faire ça. Et je vous amène
à l'article dont il est question, c'est l'article 23 du projet de loi, et
que l'on a adopté, et qui dit, à 34.1 : «La Régie peut ordonner à toute
personne de lui fournir tout renseignement ou document nécessaire à l'exercice
de ses fonctions.» Alors, si la régie juge qu'elle a besoin de connaître les
calculs d'Hydro-Québec, elle n'a qu'à lui demander, point à la ligne. C'est
déjà dans ses possibilités, ça fait partie de son autonomie. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. D'autres interventions? M. le député.
M. Paradis : Bien, vous l'aviez
un petit peu invoqué dans nos échanges précédents, Mme la ministre, ça fait
que, là-dessus, je vous ai vue venir, là. Vous me citez un article général,
alors qu'ici on est dans une situation précise où on veut lancer un message.
C'est clair que la régie peut faire ça, mais là il faut lancer le message.
Parce que c'est <drôle...
M. Paradis :
...un message. C'est clair que la régie peut faire ça, mais là il faut lancer
le message. Parce que c'est >drôle, il y a des moments, là, quand vient
le temps de restreindre les pouvoirs de la régie, quand vient le temps de
donner plein de petits passe-droits puis de facilité à Hydro-Québec, heille! là
vous le précisez, les présomptions en faveur d'Hydro-Québec, comment on calcule
les tarifs, là. La porte que vous avez ouverte hier pour venir modifier l'interfinancement,
heille! ça, on prend la peine de le préciser.
• (14 h 40) •
Mais pas ça, la mesure de transparence?
Ça, c'est un régime, là, il était beaucoup plus détaillé que ça avant 2019. C'est
ça qui permettait d'établir les surplus et les manques à gagner. Puis là
vous... vous pensez que c'est rassurant pour tout le monde au Québec de juste
dire : Oui, il y a le pouvoir général de la régie? Non. Là, moi, j'aurais
préféré, je vous le dis tout de suite, que le législateur, lui, prenne le temps
de revoir ce qui existait avant 2019, quand vous avez fait disparaître tout ça,
pour revoir : Voici ce qu'on a besoin de mettre, où là, c'est l'obligation,
Hydro-Québec doit fournir ceci. C'était notamment dans l'annexe II, les
informations qui sont dans l'annexe II. C'était aux articles, je pense, 75,
et suivants. Ce serait ça, l'idéal.
Moi, comme député de Jean-Talon, là, dans
l'heure que j'avais ce midi, je n'avais pas le temps de faire ça. Ça, c'est l'idéal,
ce serait de forcer, d'obliger Hydro-Québec. Ce n'est même pas la régie qui a
la faculté de lui demander. C'est : tu obliges Hydro-Québec à fournir ça.
C'est encore le plan a, Mme la ministre, que je vous propose. Je proposerais de
suspendre l'article, l'article général qu'on est en train d'étudier, pour dire :
Vous avez le temps d'aller refaire vos devoirs puis de nous arriver avec toutes
ces obligations-là à Hydro-Québec. C'est le minimum, là. On parle de milliards
de dollars, potentiellement. Ça, c'est le plan a.
Le plan b que je vous propose, c'est d'au
moins lancer clairement le message ici qu'Hydro-Québec, c'est à ça qu'elle doit
s'attendre. Elle va devoir fournir tous les chiffres qui va permettre à chaque
année de calculer s'il y a un surplus ou un manque à gagner. Si vous ne le
faites pas, vous ne lancez pas le message puis vous êtes en train de dire :
Non, non, non, ça, on va laisser ça dans le gros sac là-bas des pouvoirs
généraux de la régie.
Bien, tant qu'à ça, madame... si c'est ça,
Mme la ministre, la logique, je vais vous dire de faire sauter une bonne
cinquantaine d'articles dans la loi qui disent que la régie peut faire ça, que
la régie doit faire ça, parce qu'on va juste dire : On a juste besoin de l'article 30,
que vous m'avez cité, ou l'article, je ne me souviens plus lequel. Ah! La
régie...
Une voix : ...
M. Paradis : Comment? 23,
l'article 23. On a juste besoin de l'article 23, la régie peut demander
ce qu'elle veut. Bien non. Voyez-vous? Vous avez détaillé à plein d'endroits ce
que la régie peut faire et doit faire. Ici, s'il y a un endroit où il faut le
préciser, où c'est absolument fondamental, parce qu'on parle de milliards, puis
on parle de combien vont payer toutes les industries, toutes les PME et tous
les citoyens du Québec leur électricité, c'est le temps de le faire. Il faut
absolument le faire.
Je... je ne comprends même pas la
résidence... la résistance à le faire, sinon, sinon, Mme la ministre, qu'il y a
un intérêt quelque part à ce que l'information ne soit pas rendue publique, à
ce qu'on soit dans l'opacité plutôt que la transparence puis à ce que personne
au Québec ne sache c'est quoi, les surplus ou les manques à gagner d'Hydro-Québec,
sauf elle, qui va pouvoir ensuite les invoquer pour faire modifier les tarifs d'électricité
à sa guise.
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Alors, cela... Mme la ministre, souhaitez-vous...
Mme Fréchette : ...s'il vous
plaît.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 14 h 43)
(Reprise à 14 h 59)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous reprenons donc nos travaux. Avant de reprendre les ondes, là, on m'a fait
une demande, ça fait que j'aimerais peut-être laisser la partie gouvernementale
expliquer leur demande. Si vous voulez, je peux aussi l'expliquer.
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Bon.
Simplement, très, très simple, la demande, c'est, pendant qu'ils font des
vérifications en lien avec l'étude de l'amendement proposé, il est demandé de
le <suspendre...
Le Président (M. Montigny) :
...pendant
qu'ils font des vérifications en lien avec l'étude de l'amendement proposé, il
est demandé de le >suspendre pour le temps de vérification, mais, pour
ne pas retarder les travaux de la commission, on pourrait travailler sur
deux... sur d'autre chose, là, pour... pendant ce temps-là, là, pour ne pas
tout arrêter, parce que visiblement ça prend un certain délai avant d'avoir
l'information.
Alors, la demande, c'est de suspendre
l'étude de l'amendement, qui a été demandé. M. le député, je vous laisse la
parole brièvement. Après ça, je vais valider s'il y a consentement.
M. Paradis : Est-ce que ce
sont des informations actuellement qui sont recherchées par l'équipe
gouvernementale ou on réfléchit à un libellé, ou tout ça? Est-ce qu'on peut
nous donner un peu plus d'information pour guider nos travaux?
Le Président (M. Montigny) : Bien.
Normalement, il n'y a pas de débat, mais, dans ce contexte-là, je vais vérifier
s'il y a une réponse.
Mme Fréchette : Effectivement.
Donc, c'est des informations qu'on a demandées et pour lesquelles on attend des
réponses en lien avec l'amendement.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
est-ce que nous avons consentement pour suspendre l'étude de l'amendement du
député de Jean-Talon? Est-ce que nous avons consentement?
M. Paradis : Suspension, s'il
vous plaît, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Nous
allons suspendre quelques instants nos travaux.
(Suspension de la séance à 15 heures)
15 h (version révisée)
(Reprise à 15 h 11)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous reprenons donc nos travaux. Au moment de...
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Nous
avons déjà repris, je suis désolé, à moins que quelqu'un me demande de
suspendre. Ce que je dois compléter, c'est... M. le député, vous aviez la
parole, je vous laisse la parole à nouveau.
M. Paradis : Oui, je vous
demanderais de nouveau de suspendre de quelques secondes, le temps qu'on
précise ce qu'on va faire pour la suite des choses. Ça ne sera vraiment pas
long.
Le Président (M. Montigny) : Vous
savez, je n'ai aucun problème avec ça, moi, je vais suspendre les travaux.
M. Paradis : Oui, mais je
sais qu'il y a des gens qui nous regardent, là, alors... Donc, voilà.
(Suspension de la séance à 15 h 12)
(Reprise à 15 h 13)
Le Président (M. Montigny) : Nous
avons donc repris nos travaux. Nous étions à l'étude de l'amendement du député
de Jean-Talon, bien évidemment, à l'article 35. Nous avions demandé si on
avait le consentement pour suspendre l'étude de l'amendement du député de
Jean-Talon. Est-ce que nous l'avons?
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Nous
avons donc consentement. Donc, nous allons suspendre l'étude de l'amendement apporté
par le député de Jean-Talon. Donc, cet amendement est suspendu.
Ça nous amène donc à l'étude de
l'article 35. Est-ce que vous souhaitez aussi <étudier quelque chose...
Le Président (M. Montigny) :
...à
l'étude de l'article 35. Est-ce que vous souhaitez aussi >étudier
quelque chose à 35 ou suspendre le 35?
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Il
est déjà amendé, l'article 35. Si je ne m'abuse, il y a aussi un 35.1.
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Mais
c'est comme un nouvel article qui a été ajouté. Le 35.1 a déjà été adopté.
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Non,
il n'a pas été adopté. Donc, comme le 35.1 n'a pas été adopté, à moins que vous
vouliez parler du 35.1.
M. Paradis : 35, il faut le
suspendre.
Le Président (M. Montigny) : Si
vous ne voulez pas, nous pouvons...
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Il
n'a pas été étudié, le 35.1. On pourrait étudier 35.1, si vous souhaitez, on
n'aurait pas besoin de suspendre rien, on irait directement étudier 35.1. Moi,
je peux faire ça sans problème. Je n'ai pas besoin de ni consentement ni rien,
mais je veux juste m'assurer que les gens sont à l'aise avec ça.
M. Bouazzi : ...suspendre le
35 pour passer au 35.1.
Le Président (M. Montigny) : Oui,
il faudrait quand même suspendre 35, vous avez raison, parce que c'est un
nouvel article, ce n'est pas un amendement.
M. Bouazzi : C'est bon.
Exact.
Le Président (M. Montigny) : Donc,
on pourrait proposer la suspension de l'article 35, ça nous permettrait de
travailler aux 35.1. Est-ce que nous avons consentement pour suspendre le 35
pour aller travailler le 35.1?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Montigny) : Parfait,
consentement. Ça nous amène maintenant au travail de l'article 35.1. Mme
la ministre, vous pouvez présenter le 35.1.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Mes hommages à nouveau.
Alors : 35.1 : Insérer, après
l'article 35 du projet de loi, le suivant:
«35.1. L'article 52.4 de cette loi
est remplacé par le suivant:
«52.4. Les montants d'aide financière et
les montants alloués dans le cadre d'ententes en matière d'affaires autochtones
visés à l'article 52.1 sont, respectivement, établis suivant la base
d'amortissement déterminée par la Régie et amortis sur une base de 50 ans,
en tenant compte de la portion non amortie de ces aides financières ou de ces
montants et, le cas échéant, du rendement applicable.»
Donc, c'est un amendement, en fait, qui
prévoit que les coûts alloués par Hydro-Québec dans le cadre des ententes avec
les PNI pour le règlement des différends liés à des activités ou à des ouvrages
construits par Hydro-Québec sont amortis sur une période de longue durée, soit
50 ans.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Des interventions en lien avec le 35.1? Oui, M. le député de
Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui, M. le
Président. Je sais qu'on a fait le tour un peu quand l'amendement a été déposé,
mais je pense, c'est important juste de... reviens parce que c'était un exemple
qui a franchement tombé du ciel. Puis, pour nous, le côté de l'opposition, on
peut faire notre mieux possible de vérifier avec différents acteurs du milieu
autochtone qu'est-ce qu'ils pensent de ça. Et je sais que le cabinet de la
ministre a eu des discussions avec le grand chef de l'association des Premières
Nations du Québec et du Labrador. Je sais que j'ai déjà soulevé un peu ce point
aussi, qu'encore... et je dois... reviens que l'enjeu des tensions sociales
sont réelles. Je sais, on ne peut pas tout prendre les commentaires des médias
sociaux et dire : Ça, c'est comment toute la société pense, mais
malheureusement, si on regarde les commentaires sur le post du journaliste
Thomas Gerbet sur Facebook, c'est déplorable, il y a plein de choses qu'ils
disent qui ne sont pas correctes. Mais je pense que ça, c'était un peu le fait
que ça a sorti dans un... à un moment comme ça, à sortir dans le projet de loi
n° 100, une vraie concertation avec différents partenaires autochtones
où... sans être bien communiqué, crée un peu de malaises un petit peu partout.
Quand même, certains acteurs de le côté consommateurs disent : Bien,
pourquoi c'est nous qui doit payer pour ça et pourquoi on met ça dans la fracture
de distribution?
Mais, bref, je peux confirmer que presque
tout le monde a dit : Ça n'a dû pas arriver comme ça. Il y a une personne
qui m'a dit que ça a quand même jeté des roches dans la machine vers la
réconciliation, qu'il n'y a aucun, aucun chef autochtone ni communauté qui a
demandé ça. Puis c'est eux autres qui, malheureusement, sortent comme si c'est
leur faute, que Mme Tremblay au Saguenay va payer pour certaines ententes
avec les peuples autochtones. Ça a créé des inquiétudes un petit peu partout.
Alors, j'espère, et je sais qu'après que
j'ai eu une discussion avec le grand chef, il y a d'autres amendements à venir
qui ont clairement indiqué au cabinet de la ministre qu'il veut voir que... ses
intérêts <dans ce projet de loi...
M. Kelley :
...au
cabinet de la ministre qu'il veut voir que... ses intérêts >dans ce
projet de loi. Ils ont dit : Ça, ce n'est pas notre enjeu. Ça, c'est une
décision d'Hydro-Québec, qui n'a aussi pas vraiment consulté qui que ce soit
là-dessus. Il dit : C'est une décision gouvernementale. Nous, on est là
pour parler des investissements, d'avancées. C'est bien correct, mais une
petite mise en garde. Je pense, c'est important juste de dire que, si jamais
des choses comme ça arrivent encore, qui touchent quand même les communautés
autochtones, et c'étaient tous des consommateurs, c'est peut-être mieux de
faire un petit peu un tour de la table avec tout le monde pour s'assurer que
tout le monde est d'accord puis ils ont bien compris l'intention de le gouvernement.
Alors, je pense, c'est important de faire
ce point encore, que ce n'est pas après le fait qu'on fait les consultations,
mais bien avant. Merci beaucoup, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, M. le député de Jacques-Cartier. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? Mme la ministre, souhaiteriez-vous intervenir à ce stade-ci?
Non. M. le député de Jean-Talon, vous avez la parole.
M. Paradis : En fait, c'est
des sujets dont on a déjà discuté. Là, j'essaie de me souvenir si c'était dans
votre commentaire explicatif, parce qu'on n'a pas les commentaires explicatifs,
contrairement à ce qui est dans le projet de loi original. Donc, c'était en
fonction de quels articles dont on a déjà discuté, ça? Ça, c'est les... c'est
les...
• (15 h 20) •
Mme Fréchette : ...
M. Paradis : Si vous
pouvez...
Le Président (M. Montigny) :
52.1, on m'a dit.
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Me Marois, souhaiteriez-vous préciser?
Une voix : ...
Mme Fréchette : ...30 du
projet de loi.
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre, votre micro n'était pas tout à fait ouvert. Je vous
demanderais de le répéter.
Mme Fréchette : Oui,
d'accord. Alors, c'est à l'article 30 du projet de loi.
Le Président (M. Montigny) :
Parfait. L'article 30.
Mme Fréchette : Tel
qu'amendé.
Le Président (M. Montigny) :
30 tel qu'amendé. Alors, M. le député, ça... de Jean-Talon, ça vous va?
M. Paradis : Oui. Si on
pouvait suspendre juste une minute, là, pour voir la concordance. Merci.
Le Président (M. Montigny) :
Oui, nous allons suspendre quelques instants, on va se replacer, tout le monde.
(Suspension de la séance à 15 h 21)
(Reprise à 15 h 26)
Le Président (M. Montigny) : Alors
nous sommes de retour. M. le député de Jean-Talon, vous aviez la parole au
moment de la suspension, je vous laisse la parole à nouveau.
M. Paradis : Très bien. Merci.
On est... on est quand même dans des articles qui ont leur importance parce que
c'est encore la façon dont on calcule les tarifs d'électricité pour tout le
monde et ce qu'on inclut, donc, dans le coût du calcul. Ici, on parle de
l'amortissement. Donc, quand il y a un paiement, quand il y a un coût
important, sur combien d'années on peut le répartir, donc sur combien d'années
il va y avoir de l'impact sur les tarifs et à quelle hauteur à chaque année.
Donc, on parle de deux choses différentes,
ici, Mme la ministre, si je comprends bien. On réfère aux montants d'aide
financière accordés pour le transport collectif en vertu de l'article 39.0.1,
d'une part, et on parle ensuite des ententes conclues avec les Premières
Nations, d'autre part. Dans le cas des ententes pour le transport collectif, ou
des subventions, ou des montants accordés pour le transport collectif, c'est la
régie qui va établir la base d'amortissement, combien d'années, et pour les
ententes avec les autochtones, c'est 50 ans. Est-ce que vous pourriez nous
expliquer les raisons pour ce choix? D'abord, pour le fait que la régie établit
la base d'amortissement. Généralement, l'amortissement, en principes
comptables, confirmez ce que je dis, le cas échéant, mais c'est la durée de vie
d'un actif. Donc, j'imagine que c'est la régie qui va établir la durée de vie
des actifs. Donc, ça, j'aimerais comprendre ce choix-là. Puis ensuite,
j'aimerais comprendre le choix de 50 ans dans le cas des ententes
autochtones. Pourquoi 50 ans?
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre, si vous souhaitez prendre la parole.
Mme Fréchette : Oui. Merci,
M. le Président. Donc, comme vous le savez, ces ententes, d'une part, sont
importantes. Elles devront... elles seront assurément plus nombreuses au cours
des prochaines années, des prochaines décennies, puisque le développement
énergétique requiert le plus souvent la collaboration, le partenariat avec des
Premières Nations et Inuits. Donc, souvent, ça s'est associé à des ententes, et
ces ententes-là couvrent plusieurs décennies, on parle parfois de 25 ans,
30 ans. Donc, c'est à long terme, en fait, que ces ententes-là sont
convenues.
Donc, pour faire un effet miroir, je vous
dirais, au fait que ce sont des ententes de très longues durées et pour
également lisser l'impact de ces ententes-là sur les tarifs, puisque ça va être
inclus dans les tarifs, eh bien, il a été convenu, estimé que 50 ans, c'était
une période adéquate, à la fois pour refléter l'idée, donc, que ce sont des
ententes de long terme et également pour lisser l'impact dans le temps.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Paradis : Pour les fins du
débat, là, pour les gens qui nous regardent, on réitère que l'ensemble des partis
de l'opposition... en tout cas, moi, j'ai beaucoup... je me suis beaucoup
exprimé là-dessus, nous sommes toujours contre le principe d'allocation au
consommateur d'électricité du prix de ces ententes, du coût de ces ententes. Ce
n'est pas le bien-fondé de l'entente, c'est le fait que ce soit comptabilisé,
maintenant, pour dire : Bon, bien, votre tarif d'électricité va augmenter
d'autant. Ça devrait être les contribuables, à travers les comptes du
gouvernement du Québec, qui paient. Là, on est la deuxième étape. Donc, on
était contre le principe au départ, mais là on est sur la deuxième étape,
c'est : Ça va coûter combien à chaque année? Parce que, là, ça peut faire <varier
les tarifs à la hausse...
M. Paradis :
...mais là on est sur la deuxième étape, c'est : Ça va coûter combien à
chaque année? Parce que, là, ça peut faire >varier les tarifs à la
hausse. Actuellement, les montants, si je me souviens bien, on parlait de
60 millions environ, les ententes déjà signées, mais on le sait que, dans
l'avenir, il pourrait y en avoir pour des montants très, très, très importants.
Ça pourrait se compter par centaines de millions, par milliards. Je n'ai aucune
prédiction, là, je fais juste dire des hypothèses. Et donc ça pourrait avoir un
effet important sur les tarifs d'électricité que paient les Québécois. Et donc
la durée de l'amortissement est importante.
Mme la ministre, je comprends que vous
parlez de l'effet miroir, mais il y a des ententes qui, pour les nations autochtones,
parlent de siècles d'appropriation qui doivent être compensés. Parfois, c'est
par rapport à la construction d'ouvrages. Certains datent des années 60.
Certains sont un peu plus tard. Est-ce que c'est une moyenne que vous avez
faite? Cet effet miroir, là, comment il est calculé? Puis, tu sais, est-ce
qu'il y a une base de calcul pour le 50 ans ou est-ce que c'est entendu
avec les communautés autochtones, cette durée là d'amortissement, et donc
l'effet, la durée dans le temps de l'effet sur les tarifs et le montant de
variation des tarifs à chaque année?
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui.
Merci. Donc... Bien, comme je l'indiquais, en fait, elles sont peu nombreuses
encore, ces ententes-là. Il y en aura davantage dans l'avenir. Maintenant, on
ne peut pas prédire l'avenir, on ne peut pas réécrire l'histoire non plus.
Donc, pour ce qui est des discussions qu'on a eues avec les Premières Nations,
et en fait l'APNQL, pour être plus précise, bien, ils sont d'avis que, ça, ça
va donner davantage de flexibilité pour la conclusion d'ententes avec les
communautés autochtones.
Maintenant, pour ce qui est du
50 ans, donc ce n'est pas une moyenne, c'est parce qu'on est plus dans la
prospective. On veut ouvrir la porte à différents types d'ententes. Mais
assurément, ces ententes-là vont s'inscrire dans le long terme et il nous
apparaît qu'avec une durée de 50 ans, à la fois on est dans le long terme
et on permet d'amortir sur une longue période, de telle sorte que ça vienne
lisser l'impact sur les clients.
• (15 h 30) •
Le Président (M. Montigny) :
Allez-y, M. le député, vous avez la parole.
M. Paradis : Et dans ce
cas-ci, Mme la ministre, pourquoi ne pas avoir laissé la possibilité à la régie
de l'établir au cas par cas? C'est-à-dire que lorsqu'il y a une entente qui est
signée, Hydro-Québec vient plaider son dossier, et donc parle de l'entente qui
vient d'être signée, du coût de l'entente, et voici pourquoi on pense qu'elle
devrait être amortie sur telle période de temps plutôt qu'à telle période de
temps, ce qui permet aussi aux nations autochtones concernées de venir dire
leur avis, puis à toute personne intéressée, notamment les représentants des
consommateurs, des PME des industries, de venir s'exprimer sur l'impact que ça
va avoir sur les tarifs d'électricité que tous les Québécois paient.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Merci.
Alors, c'est pour une question, je dirais, à la fois de simplification et de
prévisibilité. Donc, dans la mesure où le traitement sera le même pour
l'ensemble des ententes futures, voilà, c'est plus simple et plus prévisible.
M. Paradis : Oui, je
comprends. Puis c'est vrai que c'est une logique qui a du sens. À l'inverse,
est-ce que vous ne convenez pas, Mme la ministre, qu'une entente... Et là,
encore une fois, là, ce sont des hypothèses, mais ce sont des hypothèses qui
pourraient s'avérer, parce qu'on en est au début du processus de réconciliation
avec les Premières Nations. Et ne convenez-vous pas avec moi que l'impact d'une
entente comme celles qui sont signées, là, par exemple, 28 millions ou
32 millions, c'est très différent d'une entente de 1 milliard ou
500 millions et que peut-être que ça vaut la peine de les considérer,
chacune de par sa nature, de par son montant, de par les faits historiques, de
par l'ampleur de ce qui est... de ce qui est reconnu ou pas dans l'entente en
question.
Mme Fréchette : Quelque
part, il y a une question de choix. Je pense qu'on a opté... on a voulu opter
pour quelque chose de bien prévisible et plus simple. Donc, c'est l'option qui
a été... qui a été retenue.
Le Président (M. Montigny) :
M. le député, vous avez la parole.
M. Paradis : Bon, je
comprends. Qui a suggéré 50 ans?
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre, quand vous serez prête.
Mme Fréchette : Donc,
c'est le gouvernement. C'est le gouvernement qui a proposé cette durée.
M. Paradis : C'est-à-dire que
c'est vous.
Mme Fréchette : Bien, c'est
le Conseil des ministres...
15 h 30 (version révisée)
M. Paradis : ...c'est-à-dire
que c'est vous?
Mme Fréchette : Bien, c'est
le Conseil des ministres.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci.
M. Paradis : Est-ce que... Est-ce
que... Parce que, là, bon, je comprends votre logique, là, puis je... puis ça
pourrait être la bonne, mais je suis préoccupé par le fait que vous fixiez un
cadre... bien, j'allais dire «rigide», mais, en tout cas, déterminé pour toutes
les ententes et, je pense que vous-même, vous l'avez évoqué, les ententes
pourraient être très, très, très différentes.
Est-ce que vous seriez ouverte à une
modification... Parce qu'avant de la faire, j'aime mieux vous... m'informer
tout de suite, là. Mais est-ce que vous seriez plus... Est-ce que vous seriez
ouverte à plutôt enlever le fait que, pour les ententes avec les Premières
Nations, c'est nécessairement 50 ans, et dire, comme dans l'autre cas...
Parce que les ententes pour le transport
collectif peuvent aussi être d'envergure très différente. Le coût d'un REM ou
le coût d'un tramway peut différer d'un coût d'amélioration d'un réseau. Donc
là, vous laissez à la régie l'opportunité de s'adapter aux circonstances.
Pourquoi on ne le fait pas? Est-ce que vous seriez ouverte à ce qu'on fasse...
à ce qu'on applique la même logique pour les ententes avec les autochtones?
Mme Fréchette : Alors, ça... tel
que je l'indiquais tout à l'heure, notre choix a été fait, et il nous semblait
que le cadre de 50 ans était le plus approprié à la fois pour des questions de
simplification et de prévisibilité. Donc, c'est l'option que l'on a retenue, et
je ne serais pas ouverte à l'idée de reconsidérer ça.
Le Président (M. Montigny) : ...
M. Paradis : Bon. Donc... Bon,
je comprends que c'est ça, votre position, mais j'essaie de voir aussi, là,
votre détermination est appuyée sur quoi, puis c'est... Je comprends qu'il y a
peut-être une analyse, là. C'est ça que je cherche à déterminer. Quand vous
avez pris la décision, vous l'avez fait sur quelles bases? Est-ce qu'il y a des
consultants? Est-ce qu'il y a des... vous avez parlé aux nations autochtones?
Vous envisagez quelque chose pour les montants, puis là vous dites «50 ans»?
Parce que, vous savez, là, c'est... encore une fois, là, les ententes,
actuellement, il y en a une pour 28 millions puis il y en a une pour 32, je
pense, si j'ai... si je me souviens bien. Bon, je comprends que... Si c'est ça,
si c'est à l'aune de ces ententes-là que vous avez déterminé 50 ans, s'il y a
une entente de 500 millions, 200 millions, 1 milliard qui s'en
vient dans le futur, qu'est-ce qui fait que 50 ans va encore être la bonne
solution, là?
Puis, je le redis, pour l'instant, ça peut
avoir l'air anodin, mais ça, c'est un impact direct sur les coûts d'électricité
pour tous les Québécois. Donc, à chaque fois qu'on met quelque chose... Je
réitère qu'on était contre qu'on mette ça. Ça ne devrait pas avoir un impact
sur les tarifs de distribution. Mais là, ça, c'est votre choix.
Donc, maintenant, comment vous... qu'est-ce
que ça va avoir l'air... qu'est-ce que ça va avoir comme impact direct? J'aimerais
avoir plus d'informations, parce que ça peut être important, ça peut faire
varier de manière très importante, ce que M. et Mme Tout-le-monde paient, ce
que les PME paient, ce que les industries paient comme tarifs d'électricité.
Donc, le 50 ans, là, qui... sur lequel
vous êtes bien déterminée, sur quelles bases vous l'avez choisi? Et pourquoi il
est bon, peu importe le montant de l'entente?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Oui. Merci,
M. le Président. Bien, je pense que, déjà, il est établi que ces ententes-là
couvrent plusieurs décennies. Même si on n'en a que deux, ce sont dans les deux
cas des ententes qui couvrent plusieurs décennies, et je pense qu'il est clair
que les prochaines couvriront également plusieurs décennies. On a voulu
minimiser l'impact. En l'amortissant sur une période de 50 ans, c'est sûr que l'impact
est beaucoup moindre que si ça avait été sur 10 ans, par exemple. Donc, il y a
cette idée-là derrière notre choix, également l'idée de simplifier la
procédure, également l'idée d'avoir une prévisibilité avec la procédure. Donc,
c'est pour l'ensemble de ces raisons que notre choix s'est arrêté sur le 50
ans.
M. Paradis : Donc, aujourd'hui,
vous êtes convaincue, Mme la ministre, que si, un jour — encore une
fois, je ne dis pas que c'est ça qui va se passer, là, mais ce sont des
hypothèses plausibles — si, un jour, on décide de signer pour la Baie-James
tout le développement LG, ou si, un jour, on décide de signer une entente pour
la Côte-Nord, la Manic, tous les barrages Manic, ou...
Tiens, prenons quelque chose de plus
immédiat. On a déjà annoncé... Je l'ai mentionné la dernière fois, Michael
Sabia a annoncé qu'il va y avoir une entente pour Churchill Falls, et là ça peut
être pour des montants beaucoup plus importants, et là ça peut avoir un impact
à chaque année sur le tarif d'électricité que les Québécois vont payer. Vous
êtes encore convaincue qu'en parlant, disons, de centaines de millions ou de
milliards, ou des milliards, votre solution à 50 ans, c'est la bonne. Pourquoi
pas, à ce moment-là, 75 ans ou 100 ans pour ce type d'entente là? <Je...
M. Paradis :
...milliards,
votre solution à 50 ans, c'est la bonne. Pourquoi pas, à ce moment-là, 75 ans
ou 100 ans pour ce type d'entente là? >Je ne sais pas, mais je ne
comprends pas que ça soit le même amortissement pour toutes les ententes, qui
vont nécessairement être très différentes les unes des autres.
Le Président (M. Montigny) :
...Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. Bien, j'ai déjà répondu sur le pourquoi de notre choix. Il faut
tracer une ligne, et c'est ce qu'on a fait.
M. Paradis : Bon, je vais
terminer avec ça, mais avez-vous une étude, avez-vous... Sur quelles bases, là?
Parce que... Ça vient d'où, ça, 50 ans? Je... Pourquoi ce choix-là?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Une décision
devait être prise. On a évalué différents cas de figure, et c'est la ligne que
l'on a tracée, à l'effet que, 50 ans, ça nous apparaissait être la durée la
plus appropriée pour l'ensemble des objectifs souhaités et des critères que je
vous ai énoncés.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. Est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien
avec l'étude de cet article?
Comme il n'y a pas d'intervention, nous
allons passer au...
Oui, Mme la députée de Robert-Baldwin. Je
n'étais pas très sûr. Je vous laisse la parole.
• (15 h 40) •
Mme Garceau : Moi non plus,
mais... Mme la ministre, vous mentionnez que... parce que c'étaient des
surprises au Conseil des ministres, que vous avez analysé différents cas de
figure. Dans quel sens? Parce que vous vous êtes basée sur... Donc, c'était
quoi, les cas de figure?
Mme Fréchette : Un des cas de
figure, c'était, par exemple, d'appliquer le montant d'une redevance à l'année
en cours. Donc, par exemple, appliquer le montant d'une redevance de 32
millions sur l'année où ça s'est signé. Ça, c'était un cas de figure. C'est sûr
que ça aurait eu un impact beaucoup plus notable, visible qu'un étalement dans
le temps sur 50 ans d'amortissement. Donc, ça, c'en est un, cas de figure.
L'autre cas de figure que j'évoquais,
c'est sur une courte durée, 10 ans, par exemple. Mais, là encore, l'effet
aurait été beaucoup plus perceptible que sur 50 ans. Et considérant que ces
ententes-là se déploient sur des décennies, il nous apparaissait plus judicieux
et raisonnable d'appliquer ça sur un amortissement de plusieurs décennies également.
Mme Garceau : Est-ce que vous
avez, dans cette analyse... Parce que je présume que, dans les cas de figure,
on a... Je comprends qu'il y a eu 60 millions, les deux ententes, qui
représentent des ententes autochtones, à date. Il va y en avoir d'autres. Donc,
dans les cas de figure, est-ce qu'on a déterminé, bon, avec un certain
nombre... est-ce qu'on a déterminé un certain nombre d'ententes d'une certaine
valeur? À titre d'exemple, d'autres ententes ayant une valeur totale de 1
milliard, dans les prochaines années, donc amorties sur 50 ans, ça fait... Est-ce
qu'on a fait ce genre d'exercice?
Mme Fréchette : Je ne saurais
m'avancer sur le nombre de cas de figure qui ont été analysés, mais, au terme
de cette analyse-là, c'est ce qui a été retenu, à savoir une période
d'amortissement de 50 ans.
Le Président (M. Montigny) : ...merci.
Mme Garceau : Est-ce qu'on a
embauché les services d'une firme externe pour cette analyse, ce cas de figure,
pour arriver à cet amortissement de 50 ans dont vous restez ferme à ne pas
modifier?
Mme Fréchette : À ma
connaissance, ça a été à l'intérieur même de l'appareil gouvernemental que ça a
été évalué.
Mme Garceau : Et on ne
voudrait pas, juste pour un peu... selon ce qui avait été mentionné par mon
collègue de Jean-Talon... Parce que je vois, dans le projet de loi, des... dans
le projet de loi, certaines dispositions. Il y a un espace pour des
circonstances particulières, circonstances exceptionnelles. Est-ce qu'on ne
pourrait pas mettre... Parce qu'il pourrait y avoir, dans certains cas, surtout
dépendamment de la valeur des ententes à venir, et plus particulièrement,
peut-être, juste une entente d'une valeur très élevée, que peut-être le 50 ans
ne sera pas efficace ou va être moins efficace, et donc on aimerait l'amortir
sur une base beaucoup plus longue. Est-ce qu'on ne pourrait pas prévoir, règle
générale, 50 ans, mais la régie aurait... il y aurait comme une porte... je ne
veux pas dire une porte de sortie, mais une certaine discrétion à modifier cet
amortissement, dépendamment d'une entente ou des ententes à venir, qu'il y
aurait une exception, <qu'on...
Mme Garceau :
...une
certaine discrétion à modifier cet amortissement, dépendamment d'une entente ou
des ententes à venir, qu'il y aurait une exception, >qu'on... qu'il y ait
une marge de manœuvre dans des circonstances particulières, quelque chose comme
ça.
Mme Fréchette : Oui, je
comprends ce que vous voulez dire, mais, ultimement, ça va être la moyenne qui
va... qui va prévaloir, qui va être d'importance. Il pourrait y avoir une
entente qui portera sur 60 ans, 70 ans, mais, si, en moyenne, on est autour du
50 ans ou en dessous du 50 ans, je pense qu'on sera... on sera au bon endroit.
Donc, je serais étonnée qu'une... un grand
nombre d'ententes surpasse la période de 50 ans, là, parce que ce serait quand
même, à mon avis, plutôt exceptionnel. Ce qui a été signé pour l'instant, ça
tourne autour de 23, 25 ans ou 30, donc on est en dessous du 50 ans déjà, là.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien.
Mme Garceau : C'est...
Le Président (M. Montigny) : Allez-y,
Mme la députée.
Mme Garceau : Oui. C'est
juste parce que, là, en ce moment, la façon que l'article est rédigé, la régie
n'a aucune flexibilité en ce moment. Là, on est en train de dicter à la
régie... je pensais qu'on ne voulait pas faire ça, mais là on est en train de
dicter à la régie que ça va être 50 ans, nonobstant la valeur de l'entente ou
des ententes à venir. Il me semble qu'on devrait, dans le cadre de cet article,
laisser une marge de manœuvre, dépendamment de l'envergure des ententes à
venir.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Bien, je
rappelle que c'est pour une question de simplification et de prévisibilité que
le... la durée de 50 ans a été retenue.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien.
Mme Garceau : Est-ce qu'on a
validé, Mme la ministre, l'amendement avec la régie?
Mme Fréchette : L'amendement
antérieur?
Mme Garceau : Cet amendement
ici.
Mme Fréchette : Ah! celui-ci?
Mme Garceau : Oui.
Des voix : ...
Mme Fréchette : ...présenté. On
me dit que ça leur a été présenté.
Mme Garceau : OK. Présenté.
Et ils étaient d'accord avec l'amendement?
Des voix : ...
Mme Fréchette : ...pas exprimé
de réserves, là.
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : ...est-ce
qu'il y a d'autres interventions en lien avec la proposition d'amendement à
35.1?
Alors, comme il n'y a pas d'intervention,
nous pouvons passer à la mise aux voix de l'article 35.1, l'amendement, en
fait. Oui?
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Par
appel nominal. Tout à fait. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Fréchette (Sanguinet)?
Mme Fréchette : Pour.
La Secrétaire
: M. Bussière
(Gatineau)?
M. Bussière : Pour.
La Secrétaire
: M. Sainte-Croix
(Gaspé)?
M. Sainte-Croix : Pour.
La Secrétaire
: M. Tremblay
(Dubuc)?
M. Tremblay : Pour.
La Secrétaire
: M. Kelley
(Jacques-Cartier)?
M. Kelley
: Contre.
La Secrétaire
: Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Contre.
La Secrétaire
: M. Bouazzi
(Maurice-Richard)?
M. Bouazzi : Abstention.
La Secrétaire
: M. Montigny
(René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) : Abstention.
Alors, l'amendement, l'article 35.1, est donc adopté. Ça nous amène
maintenant à l'étude de l'article 35.2. Mme la ministre, je vous laisse...
Des voix : ...
Mme Fréchette : D'accord, M.
le Président. Alors, article 35.2 : Insérer, après l'article 35.1 du
projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
35.2. Cette loi est modifiée par
l'insertion, après l'article 52.4, du suivant :
«52.4.1.Le gouvernement peut, aux
fins d'une révision tarifaire visée au premier alinéa ou au troisième alinéa de
l'article 48 et pour les années tarifaires et les tarifs domestiques de
distribution d'électricité qu'il détermine, établir un taux maximal applicable
à la hausse de ces tarifs. La Régie est tenue de fixer les tarifs concernés de
manière que leur hausse n'excède pas ce taux.»
Donc, c'est un amendement qui modifie la
Loi sur la Régie de l'énergie afin de permettre au gouvernement d'établir par
décret un taux maximal de hausse des tarifs domestiques de distribution
d'électricité d'Hydro-Québec. La Régie de l'énergie continuera de fixer les tarifs,
mais leur hausse, pour une année tarifaire donnée, ne devra pas excéder ce taux
maximal. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Alors, c'est bien. M. le député de Jacques-Cartier, vous avez la parole.
M. Kelley : ...je suggère une
suspension et peut-être laisser le temps pour les gens de bouger. On arrive
presque à mi-chemin de le bloc de quatre heures.
Le Président (M. Montigny) : Très
bonne suggestion.
Nous allons suspendre quelques instants.
Merci.
(Suspension de la séance à 15 h 49)
16 h (version révisée)
(Reprise à 16 h 07
)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous reprenons nos travaux. Au moment de la période de suspension, M. le député
de Jacques-Cartier, vous aviez la parole. Je vous redonne la parole. M. le
député Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui, M. le
Président. Je sais qu'il n'y a pas des notes ou des commentaires, je me... pour...
pour ces amendements, mais peut-être la ministre peut bien nous expliquer
pourquoi cet amendement est important pour le gouvernement.
Le Président (M. Montigny) : Tout
à fait. Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Oui, merci, M.
le Président. Donc, on l'a annoncée, là, depuis plusieurs mois, notre volonté
de limiter la hausse des tarifs pouvant s'appliquer pour la clientèle
domestique d'Hydro-Québec. On le sait, on est dans une période économique qui a
été difficile pour les Québécois. Il y a eu la pandémie qui a fait son oeuvre,
l'inflation qui s'est... qui a émergé, en fait, qui... qui a créé une pression
économique et financière sur les ménages québécois. Alors, il y a une volonté
de limiter la pression financière sur les clients domestiques d'Hydro-Québec,
et c'est ce pour quoi on s'est engagés à appliquer un tarif de hausse maximale
de 3 % sur la clientèle domestique.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. M. le député.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Alors, nous avons un commentaire avant qu'on se lance dans le fond des choses.
Juste quand on regarde... Et on a fait la lecture de l'article, ma collègue,
puis moi, et notre recherchiste extraordinaire. On était en train de regarder
la partie qui dit alors : «Le gouvernement peut, aux fins d'une révision
tarifaire visée au premier alinéa au... ou au troisième alinéa de l'article 48
et pour les années tarifaires et les tarifs domestiques et de distribution d'électricité
qu'il détermine, établir un taux maximal applicable à la hausse de ces tarifs.»
On a trouvé que l'ajout de le «et» avant «les tarifs domestiques»... Est-ce qu'on
est en train de ne pas juste parler spécifiquement des tarifs domestiques ou
est-ce qu'on inclut les autres types de tarifs? Est-ce que le gouvernement va
avoir la capacité d'aller directement à la régie pour demander une fixation des
tarifs pour les autres... des autres tarifs L? C'est juste une clarification
pour notre part de <bien...
M. Kelley :
...C'est
juste une clarification pour notre part de >bien comprendre le sens et
l'article. Oui.
Mme Fréchette : ...donc,
c'est concernant que les tarifs domestiques, mais c'est pour les années
tarifaires qu'il déterminera. Donc, c'est à la fois le tarif domestique
seulement et les années tarifaires qu'il déterminera.
M. Kelley : OK. Alors, je
pense que ça répond un peu à notre question sur ce juste élément là.
Mme la ministre, je sais que le
gouvernement a pris une décision. On s'entend, c'était politique. Ce n'est pas
la première fois non plus. Je sais que votre prédécesseur a fait la même chose,
et je sais que le premier ministre a pris des engagements de fixer les tarifs à
un certain niveau. Mais est-ce que le gouvernement a des études sur les impacts
économiques de fixer des tarifs... ou de plafonner, excusez-moi, à 3 %?
C'est quoi, les impacts économiques sur les grandes industrielles et sur nos
petites et moyennes entreprises à le long terme, si eux autres sont obligés, de
plus en plus, manger la facture de tous les investissements d'Hydro-Québec?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Alors, M. le
Président, donc on a... En fait, je pourrais dire que les prémisses du plan de
développement d'Hydro-Québec d'ici 2035 intègrent ce plafond maximum de
3 % pour la clientèle domestique. Il a été estimé également que la hausse
prévisible pour les autres types de clientèle serait d'entre 4 % et
5 %.
• (16 h 10) •
M. Kelley : ...on comprend.
Mais, quand on veut aller plus loin que ça, est-ce qu'on sait... Comme je vais
prendre un exemple. Mon... Mon collègue de Jean-Talon... en Chambre, la période
des questions, a soulevé tout l'enjeu de la production privée, qu'on se prive,
3 milliards de dollars directement, peut-être, d'Hydro-Québec. On a
eu comme un chiffre clair, une analyse qui a été faite, dit : Ah! ça,
c'est problématique, on a un manque de 3 milliards de dollars,
peut-être, dans les coffres de l'État, de l'Hydro-Québec, etc.
J'ai essayé de chercher plus
l'augmentation de ces tarifs sur plusieurs années. On peut dire que 15 %,
peut-être, ça va être un petit peu plus que 15 %. Ce n'est pas... Ce n'est
pas grave, parce que les autres juridictions, c'est pire. Mais, quand même,
pour les entreprises qui regardent la facture devant eux autres, puis il dit :
Bien, chaque année, je dois être obligé de payer en plus, en plus, la facture
d'électricité, qu'on sait pour plusieurs entreprises c'est une grande partie de
leurs dépenses, est-ce que vous avez une idée, c'est quoi, l'impact en général?
Est-ce qu'on va voir moins les investissements? Est-ce qu'on va voir moins les
emplois? Est-ce que le gouvernement a demandé à Hydro-Québec? Ou, quand même,
est-ce que le gouvernement a fait une analyse approfond sur cette question-là?
C'est bien correct de dire : On va essayer de protéger le portefeuille des
Québécois, mais c'est quoi, l'impact, si on augmente les tarifs pour le côté
industriel, pour nos PME? Je pense que c'est important d'avoir cette
discussion-là sur peut-être les impacts sur les emplois, sur les
investissements.
Mme Fréchette : Oui. Je
comprends votre préoccupation. Et, bien sûr, on s'assure, de notre côté, de
rester compétitifs au niveau des prix d'électricité. Et c'est ce pour quoi je
vous mentionnais et citais hier des chiffres apparaissant dans ce rapport
d'Hydro-Québec qui montre une comparaison des prix d'électricité dans les
grandes villes nord-américaines pour différents types de clientèle. Et
manifestement on est positionnés très avantageusement. On veut s'assurer, bien
sûr, de rester compétitifs au niveau des prix pour les tarifs clients...
clients commerciaux et industriels. Alors, voilà, ça, c'en est un, élément
d'analyse, d'étude qui a été faite. Et puis il y a les chiffres que je vous ai
donnés en termes d'impacts estimés, impacts prévus, qui sont d'entre 4 %
et 5 %.
Alors, ça nous amène à constater qu'on
reste compétitifs parce qu'il y a déjà un écart de prix significatif avec
plusieurs grandes villes et États fédérés. Et, à partir du moment où les autres
ont des rehaussements dans plusieurs régions, considérables, annuels, eh bien,
je pense qu'on va rester compétitifs pour plusieurs années.
M. Kelley : D'accord. Pour
demeurer compétitifs, je comprends, on parle des tarifs ici. C'est encore juste
de bien comprendre les chiffres qu'on discute ici. Le plan d'Hydro-Québec
présentement, le plan qui a été déposé par M. Sabia, c'est des
investissements de 200 milliards de dollars environ. C'est entre ici
et 2035. C'est ça?
Mme Fréchette : ...les investissements
vont aller au-delà de... de 2035, là.
M. Kelley : Au-delà de ça.
Alors, est-ce que nous avons une idée, c'est quoi, les chiffres? C'est quoi... <Combien...
M. Kelley :
...idée,
c'est quoi, les chiffres? C'est quoi... >Combien d'argent Hydro-Québec
va dépenser, entre ici et 2035, de ce 200 milliards de dollars?
Mme Fréchette : La part? Je
vais... Je vais aux informations.
(Consultation)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
souhaitez-vous prendre un moment de suspension?
Mme Fréchette : ...question,
et puis je vous reviens dès que j'ai la réponse.
M. Kelley : C'est correct. Parce
que la prochaine question que je veux poser... On est en train de parler d'un
3 % pour le côté résidentiel puis un tarif de 5 % pour le côté
industriel. On assume que qu'est-ce que M. Sabia dit, c'est... c'est la vérité,
je prends ça pour acquis, M. le Président, mais en même temps, de le côté de
l'opposition, nous n'avons jamais vu une étude, une analyse... une étude
d'impact de ce sens-là. Si c'est 150 milliards de dollars entre ici et
2035, si on augmente de 5 % le côté industriel et pour les PME, puis on
garde le 3 %, «is the math mathing»? Est-ce qu'on va vraiment arriver à un
calcul où ça va couvrir tous les coûts qui est nécessaire puis Hydro-Québec? Ou
est-ce qu'Hydro-Québec va dire : Bien non, ça va prendre plus d'argent
pour nous parce qu'on a fait des investissements majeurs? Puis, si le 30 %...
on va garder ça à 3 %, bien, ça dit : Le 5 % doit augmenter.
Et, je pense, ça, c'est une grande crainte,
maintenant qu'on a décidé politiquement de jouer un peu dans les tarifs. Et cet
amendement-là donne au gouvernement beaucoup de pouvoir de décider, année
électorale, on... bien, les tarifs, cette année, sont zéro pour le côté résidentiel,
aucune augmentation, ça va... ça va rester pareil ou, quand même, on va réduire
ça. Je ne sais pas.
Mais, bref, je pense qu'on doit être aussi
responsables d'avoir une discussion, M. le Président, de fond, est-ce qu'on est
capables de couvrir la facture d'Hydro-Québecavec les chiffres qui étaient mis
de l'avant pour nous, les élus, d'en discuter, de 3 % et 5 %. Et, je
pense, c'est très, très important. Et, si le gouvernement ou Hydro-Québec a des
documents qu'il peut déposer pour notre lecture ou, quand même, Hydro-Québec
peut faire un briefing technique, démontrer toutes les études, les analyses que
leurs économistes, ils ont faites ou, genre, des différentes solutions. Mais,
je trouve, de notre côté de l'opposition, c'est un peu difficile maintenant. On
doit avoir une discussion de... profonde sur cet amendement-là, mais je trouve
qu'on manque certaines informations. Alors, je dis... Mme la ministre, j'ai
fait un commentaire, mais il y a quand même des éléments de questions dans
qu'est-ce que je viens de dire, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : C'est
bon. Merci.
Mme Fréchette : ...
Le Président (M. Montigny) : Oui,
allez-y, Mme la ministre. Vous avez la parole.
Mme Fréchette : Bien, je me
ravise, en fait, parce que le 150 à 185 milliards, il est prévu d'être
dépensé d'ici 2035. Je pensais que ça débordait un peu de 2035, mais non, c'est
d'ici 2035.
Et par ailleurs, je rappelle que sous les
libéraux, le gouvernement avait adopté la non-indexation du tarif L. Donc,
ce pouvoir-là, il a déjà été exercé par votre gouvernement. Donc, c'est une
mesure qui a déjà été mise en place, mais pour un autre type de clientèle.
Nous, ce qu'on... ce qu'on veut protéger, c'est le portefeuille des Québécois.
M. Kelley : Oui, mais, Mme la
ministre, si on charge ou on passe la facture plus à nos PME, l'exemple qu'on a
utilisé aujourd'hui en... pendant la période des questions... Et j'ai calmé un
peu. J'ai mangé des biscuits de pot puis je suis zen «now, man»! C'est une
blague. Ce n'est pas vrai! Ce n'est pas vrai. Je ne fume pas de pot. Je mange…
Une voix : …
M. Kelley
: Non,
mais...
Une voix : ...
M. Kelley
: Envoie des
bonbons!
C'est une blague. Je suis plus calme, je
suis plus zen, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Comme
président, je me dois de vous rappeler à l'ordre.
Alors, maintenant, la parole est au député
de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Je suis plus zen.
Il faut avoir du plaisir dans la vie, M. le Président. Mais je répète encore,
je n'ai pas mangé quoi que ce soit, je n'ai pas fumé de pot aujourd'hui ni
cette année ni dans les années précédentes. En tout cas, ne va pas là.
Mais, M. le Président, encore, c'est juste,
c'est vrai que pour les petites PME, les petites dans notre coin, dans nos
villages, là, eux autres, ils assument la facture d'électricité, qui augmente.
Puis ils regardent leurs coûts. Souvent, c'est des petites entreprises, trois,
quatre, cinq personnes qui travaillent là-bas, <un…
M. Kelley :
...trois,
quatre, cinq personnes qui travaillent là-bas, >un propriétaire ou deux.
Puis eux autres regardent : Bien, nos coûts, là, une chose qui continue
d'augmenter, c'est les tarifs d'électricité, puis, OK, ça dit qu'il y a moins
des profits pour nous, ou ça dit que je n'embauche pas une autre personne, ou,
quand même, je dois augmenter mes prix comme je vais peut-être assumer une
partie de ces coûts-là, mais pas la totalité. Alors, l'effet que, si on répète
ça pour toutes nos petites et moyennes entreprises, c'est qu'on voit que les
prix augmentent, et c'est les Québécois, c'est les consommateurs qui doit payer
plus pour les produits qui sont faits par les entreprises d'ici.
Et moi, je prends juste l'exemple, le
petit restaurant de coin, la boulangerie, le petit café, oui, CoCo & Bean.
On a tous ces exemples dans nos comtés, mais on peut aussi penser à des
entreprises de moyenne taille puis celui qui sont plus grandes, c'est le même
calcul qu'il doit fait aussi. Alors, quand même, cette pression de transférer
le fardeau sur leur dos, c'est le fait que des prix vont augmenter probablement
pour les consommateurs.
Et moi, je suis d'accord quand le
gouvernement parle qu'il faut acheter plus des produits locaux, acheter des
entreprises d'ici. Je suis d'accord, mais si on voit que des prix des produits
comme continuent d'augmenter et, quand même, pour les services, c'est
problématique que des Québécois paient, finalement, quand même. Alors, c'est
pourquoi je demande s'il y a une analyse qui a été faite.
Et merci, Mme la ministre, pour le chiffre,
que c'est 150 milliards de dollars entre ici et 2035. J'imagine, parce
que M. Sabia a dit pendant les études de crédits le fait qu'ils étaient rendus
à 200 milliards de dollars dans leur... leur analyse, c'est en partie
parce qu'on a ajouté Churchill Falls, qui n'était pas prévu dans le plan de
2032... excusez-moi, le plan qui... Quand il a été déposé en 2023, ils ont...
ils n'ont pas ajouté ça. On comprend tout ça. Et ça, ce n'est pas réglé de tout
non plus.
• (16 h 20) •
Alors, tout ça pour dire, c'est juste
encore difficile pour nous de dire... On comprend la volonté de protéger le
portefeuille avec la facture mensuelle pour les clients résidentiels, mais en
même temps, chaque fois qu'il va à l'épicerie de coin, peut-être certaines
choses vont coûter plus. Alors, est-ce qu'on a vraiment avancé? Est-ce qu'on a
vraiment avancé quand on va introduire à l'article 65 un programme de...
grosso modo transférer de l'argent... un programme pour transférer l'argent à
Hydro-Québec pour couvrir cette décision du gouvernement de la CAQ de plafonner
des tarifs à 3 %? C'est quand même des impôts qui vont aller directement
dans les mains d'Hydro-Québec. Alors, tout ça.
Et c'est très important d'avoir une
discussion de fond parce que c'est une grande décision. Et ça va être très
difficile pour le prochain gouvernement puis le gouvernement d'après ça de ne
pas nécessairement avoir le réflexe d'utiliser un pouvoir comme ça. Parce que
qui veut augmenter maintenant le prix de la facture mensuelle des clients
d'Hydro-Québec? Qui va avoir le courage politique, le faire, si c'est
nécessaire? Je pose la question parce qu'on est tous des politiciens autour de
table, puis il n'y a aucune personne veut aller faire du campagne porte-à-porte
dire : Je suis ici pour augmenter votre facture d'électricité. Sauf que
ça, c'est qu'est-ce qu'on est en train de faire pour nos petites et moyennes
entreprises et les grandes industries, entreprises du Québec, les grosses
industrielles.
Alors, Mme la ministre, je ne sais pas si
vous avez des commentaires, mais, je pense, c'est important de mettre tout ça
sur la table, M. le Président.
Mme Fréchette : Un petit
commentaire à l'effet que, bon, si... En imposant, en fait, le plafond de
3 %, eh bien, le citoyen, le client domestique d'Hydro-Québec, je pense,
ça va être davantage d'argent dans son portefeuille pour ensuite aller
consommer soit chez les PME ou d'autres types de commerces.
Et je rappelle que c'est les industriels
qui ont été protégés sous votre gouvernement et non pas les PME, donc c'est un
autre type de clientèle. Mais un gouvernement pourra décider de ne pas
intervenir. Dans quelques années, si cette volonté-là émerge, eh bien, il y a cette
possibilité-là qui demeure.
M. Kelley : ...la ministre,
est-ce que vous avez des études qui dit dans quelles années est-ce ça va être
nécessaire que le gouvernement arrête d'intervenir sur les tarifs et juste dire :
On retire de ce débat-là, on va... ce pouvoir-là? Est-ce qu'il y a une idée? Je
sais qu'on a eu une discussion un peu hier, mais c'est comme cette idée que ça
va rester, le plafond va être 23 % pour les prochains 20 ans, là.
Est-ce que c'est vraiment faisable? Est-ce que c'est possible avec tous les
investissements qu'Hydro-Québec est en train de faire entre ici et 2035? Je
pose la question parce qu'encore c'est une facture énorme. C'est des montants
énormes.
Mme Fréchette : Alors, comme
je le précisais, les prémisses d'Hydro-Québec sont basées sur ce 3 % pour
son plan de développement d'ici 2035.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. D'autres interventions? Oui. M. le député de Maurice-Richard.
Je vous laisse la parole.
M. Bouazzi : ...
Le Président (M. Montigny) : <
...
Le Président (M. Montigny) : >
...
M. Bouazzi : Le suspens
est... Ah! merci.
Ça fait que d'abord, juste pour être...
pour être clair, donc, ici, un exemple concret serait, imaginons que votre... prenons
l'exemple de votre gouvernement, dise : Moi, je veux caper à 3 %.
Vous arrivez, vous dites à la régie : Prenez ça en considération. Et eux,
ils... Et imaginons que, si vous n'aviez pas fait ça, l'augmentation aurait été
de 4 %, bien, le manque à gagner, le 1 %, il serait distribué sur les
autres consommateurs. C'est... C'est ça, l'idée de ce...
Le Président (M. Montigny) : ...pour
votre micro.
Mme Fréchette : Alors, c'est
bien ça. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
M. Bouazzi : Et les autres
consommateurs, si on simplifie, c'est... c'est principalement les PME d'un
côté, les industries de l'autre. Est-ce qu'il y a des instructions
particulières ou la régie fait... distribue ça comme elle veut?
Le Président (M. Montigny) : ...ministre.
Mme Fréchette : Alors, ce
sont effectivement les clients commerciaux et les clients industriels. Et c'est
la régie qui détermine la répartition.
M. Bouazzi : OK. Bon. C'est
très bien. Donc concrètement, vous avez... vous aviez d'autres mécanismes
possibles qui ne viennent pas intervenir dans le calcul de la régie, mais qui
viendraient rajouter votre ristourne dans les factures des Québécois et
Québécois. Pourquoi ne pas avoir juste laissé le mandat de la régie de faire ce
qu'elle a à faire et, de l'autre côté, d'accorder des ristournes sur les
augmentations? Même d'un point de vue... Pourquoi? Je fais référence, par
exemple, au mécanisme qui avait été utilisé pour le programme PAFI pour
diminuer les factures d'un certain nombre d'industriels.
Mme Fréchette : Donc, cette
mécanique-là, en fait, nous permet d'intervenir en amont du processus. Donc, la
régie conserve sa compétence de déterminer les tarifs. On vient toutefois
ajouter une contrainte relativement à un profil de clientèle, soit celle qui
est domestique.
M. Bouazzi : Est-ce qu'il est
attendu de la régie de revenir pour dire : Si je n'avais pas eu cette
contrainte, ça aurait été 4 % et, en fin de compte, c'est 3 % parce
que le gouvernement me dit c'est 3 %? Ou on n'aura pas droit à cette
transparence, ça fait que, si c'est 3 %, on ne peut pas savoir si c'est le
résultat du calcul? Comment vous voyez les choses?
Mme Fréchette : On ne dicte
pas la voie à suivre.
M. Bouazzi : Si, vous dictez
le 3 %. Donc, imaginez, vous...
Mme Fréchette : ...auquel
vous faites référence. On ne dicte pas une conduite à prendre.
M. Bouazzi : OK. Donc, si le
résultat est 3 %, et que c'est, je ne sais pas, moi, 4 % pour...
4 % pour les grandes industries, 5 % pour les PME, on ne peut pas
savoir a priori si on ne demande pas à la régie de nous dire est-ce que, oui ou
non, le 3 % est le résultat de l'utilisation de cet article ou pas, là.
Mme Fréchette : On ne se
prononce pas là-dessus.
M. Bouazzi : OK. Et est-ce
que vous, vous voudriez que la régie soit transparente sur ce calcul-là?
Mme Fréchette : On ne se
prononce pas là-dessus, donc.
M. Bouazzi : Mais imaginons
que c'est une proposition électoraliste, Mme la ministre, je pense que ce
serait mieux, même pour vous, que ce soit transparent, en tout respect. Que
vous disiez : Ça aurait dû être 5 %, mais grâce à nous, c'est 3 %,
ce n'est pas mauvais pour vous, là. Mais vous, vous dites : Personne ne va
savoir si le 3 % d'augmentation est dû ou pas au fait que je maximise.
Voilà.
Concrètement, la nouvelle électricité,
elle ne vaut pas 3 % plus cher, là, ou pas 10 %, pas 100 %, elle
vaut 400 % plus cher à produire que l'électricité patrimoniale. Hier, vous
avez dit que l'électricité patrimoniale représente 90 % de l'électricité
qu'on vend. Si vraiment on double la taille d'Hydro-Québec, à terme, la... l'électricité
patrimoniale va représenter 40 %, 45 % de la totalité. Et le
50 % qui se rajoute est 400 % plus cher. Ça fait que, si on fait une
règle de trois facile, le prix de production augmente de 200 % dans les
25 prochaines années. Comment vous êtes capable de nous expliquer qu'on
est capables de tenir une promesse comme celle-là? Comment on réconcilie 200 %
d'augmentation avec 3 % <d'augmentation...
M. Bouazzi :
...200 %
d'augmentation avec 3 % >d'augmentation annuelle?
Mme Fréchette : Bien, comme je
l'indiquais hier, dans le cadre de la consommation, c'est 90 % de
l'énergie consommée qui provient du bloc patrimonial pour lequel le coût a été
amorti déjà depuis longtemps. Donc, c'est, je veux dire, une part de tarte
particulièrement imposante, là.
M. Bouazzi : On est d'accord.
Et c'est pour ça qu'on est capable de vendre l'électricité pas trop cher en ce
moment. Sauf que cette part de tarte, elle va passer de 90 % à 45 %,
si on double la taille d'Hydro. Est-ce qu'on est d'accord sur ce chiffre, Mme
la ministre?
Mme Fréchette :
Malheureusement, je n'ai pas vu de calcul qui vient confirmer ce que... ce que
vous mettez de l'avant comme chiffres.
M. Bouazzi : Bon, bien,
faisons les calculs ensemble, Mme la ministre. C'est très facile. On a 200
téras aujourd'hui. Il y en a 90 % qui sont patrimoniales. On veut en
rajouter 200 téras de pas patrimonial, ça fait que ça va faire 400 en tout. La
partie patrimoniale n'augmente pas. Ça fait... Ça fait 160 téras de 400 téras,
donc ça fait moins de 50 % qui sera patrimonial. C'est facile, madame. Si
on... Tu sais, si on double la taille d'Hydro, étant donné que tout ce qui est
nouveau n'est pas patrimonial, il est évident que la patrimoniale va être en
dessous de 50 %. Est-ce qu'on est d'accord là-dessus?
• (16 h 30) •
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Est-ce que... Est-ce que vous souhaitez suspendre ou si nous
attendons? On va attendre.
(Consultation)
Le Président (M. Montigny) :
Alors, Mme la ministre, quand vous êtes prête.
Mme Fréchette : J'ai... Je
n'ai pas noté si votre... votre proposition de répartition était pour 2035 ou
2050.
M. Bouazzi : 2050.
Mme Fréchette : Ah! 2050. D'accord.
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : C'est un...
C'est un calcul, en fait, qu'on va étudier dans le cadre du PGIRE. Donc, ça, ça
va être à confirmer suivant les prévisions qui vont en découler.
M. Bouazzi : Mme la ministre,
on n'a pas besoin d'un PGIRE pour savoir si on double la taille d'Hydro. Le
patrimonial sera moins de 50 %. C'est difficile d'avoir une conversation
si on bloque sur une règle de trois, Mme la ministre.
Le Président (M. Montigny) : ...la
ministre, je vous laisse compléter la réponse.
Mme Fréchette : Ça va nous
permettre notamment de confirmer si c'est 200 TWh qui seront requis,
quelle sera la part exacte des... de l'efficacité énergétique. Ça, c'est des
éléments qui pourraient bouger, donc c'est en ce sens-là que je dis que c'est à
confirmer.
M. Bouazzi : Et, pour... pour
la vision jusqu'à 2035, est-ce que c'est à confirmer aussi?
Des voix : ...
Mme Fréchette : C'est ça. On
est plus, comment dire, sur la... sur l'objectif pour 2035 parce que c'est
davantage prévisible que 2050. Et puis, comme vous savez, l'exercice du PGIRE
se déroule en ce moment puis au cours de la prochaine année, donc la
modélisation va être davantage précise au terme de cette... de cette année-ci
pour 2050.
M. Bouazzi : Pour 2035, c'est
combien de térawattheures qu'Hydro-Québec prévoit augmenter?
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Souhaitez-vous
suspendre quelques instants ou...
M. Bouazzi : Bien, je viens de
trouver la réponse.
Mme Fréchette : ...
M. Bouazzi : C'est 60... 60 TWh.
Comme on en a 200 actuellement, ça fait que ça augmente. 60 divisé par 200, je
vais perdre tout le monde, là, ça fait 35... 30... 30 % d'augmentation. Ça
fait que c'est un 30 % d'augmentation qui est 400 % plus cher que le
patrimonial. Est-ce qu'on est d'accord, Mme la ministre?
Le Président (M. Montigny) :
Alors, Mme la ministre, je vous laisse la parole.
Mme Fréchette : Oui. Écoutez,
c'est des calculs, là, qui seront confirmés dans le cadre d'autres types de
processus que de celui de l'analyse de l'amendement. Alors, je ne voudrais pas
induire les gens en erreur en confirmant ou en infirmant parce qu'on n'est pas
dans ce type de processus ici.
Le Président (M. Montigny) :
M. le député...
16 h 30 (version révisée)
Le Président (M. Montigny) :
...M. le député.
M. Bouazzi : Bien, Mme la
ministre, il y a des familles qui passent des fins de semaine en ce moment à
calculer, à la cenne près, comment ils vont y arriver. Il y a à peu près
15 %, c'est ça? 17 %, 15 % des gens qui sont en précarité
énergétique. Et donc, c'est des gens qui choisissent entre manger et payer le
loyer ou payer l'électricité et qui, eux, calculent tout à la cenne près. Ça
fait que si vous voulez bien, on va quand même prendre le temps de faire les
calculs pour que les... pour que... Et vous faites une promesse, vous dites :
On va bloquer à 3 %.
La nouvelle électricité, Hydro-Québec nous
dit : Elle nous coûte 0,30$ du kilowattheure, l'électricité patrimoniale
nous coûte autour de 0,03$, voire même moins que trois, mais restons à trois. Ça
fait 400 % de plus cher. 30 % de la nouvelle électricité d'ici 2035 va
être non patrimoniale. Donc, le pourcentage de patrimonial ne fait que baisser.
Et j'essaie de voir comment, quand on rajoute 30 % qui coûte 400 %
plus cher, comment on est capables de garantir une augmentation de 3 %
annuel... Je veux bien et je respecte les principes de cette commission, c'est-à-dire
qu'on croit à la parole, mais il faudrait... Il faudrait qu'on voie comment les
équations fonctionnent. Pour l'instant, j'ai du mal à voir.
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre.
Mme Fréchette : M. le
Président, donc, c'est un choix, c'est un choix du gouvernement. Ce n'est pas
une garantie, c'est un choix, c'est un engagement. Donc, c'est différent d'une
assurance qu'on va arriver à ce chiffre-là. C'est un choix qui est fait.
M. Bouazzi : OK. Je vais
faire les calculs, étant donné que je comprends que la partie gouvernementale a
promis un 3 % d'augmentation sans jamais vraiment calculer qu'est-ce que
ça voulait dire par rapport au prix de la nouvelle électricité. Je vais passer
la parole à mes collègues et je vais reprendre la parole plus tard, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) :
D'autres interventions, juste avant, Mme la ministre, vouliez-vous... Non. M.
le député de Jean-Talon, je vous laisse la parole.
M. Paradis : Bon, j'ai
une question, mais sur le... Pour être dans la foulée des commentaires et des
questions de mes collègues de Jacques‑Cartier et de Maurice-Richard,
est-ce que la ministre convient que la part patrimoniale, c'est-à-dire le bloc
patrimonial — j'essaie de simplifier pour les gens qui nous regardent — la
part d'électricité, notamment, qui est produite avec les barrages qui datent
déjà, que cette part-là, elle est appelée à diminuer dans le mixte global d'énergie,
donc que l'électricité postpatrimoniale, qui coûte plus cher, est appelée à croître.
Est-ce que la ministre convient de ça?
Mme Fréchette : Oui.
M. Paradis : Donc, que
les pourcentages dont on discute actuellement vont changer. La ministre en
convient?
Mme Fréchette : ...
M. Paradis : Et la
ministre a parlé de 90 %, mais d'autres disent — puis là, j'ai
des tableaux, j'ai des chiffres — qu'on est peut-être plus autour de
80 %, mais que de toute façon ça va diminuer, donc, que la part de l'électricité
qui coûte plus cher va augmenter. On est d'accord là-dessus?
Mme Fréchette : Oui.
M. Paradis : Donc, que l'impact
de l'article dont on est en train de discuter, et des pourcentages choisis à la
discrétion du gouvernement comme plafond d'augmentation, l'impact va changer
dans le temps, peut-être même l'année prochaine, parce que l'électricité va
être achetée à un coût plus élevé. Donc, ça augmente les coûts du distributeur
qui sont plafonnés. On est d'accord là-dessus comme principe?
Mme Fréchette : ...
M. Paradis : Très bien.
Maintenant, l'article... L'article qu'on a devant nous, là, l'article 52.4.1,
est-ce qu'il existe actuellement un pouvoir de cette nature dans la Loi sur la
Régie de l'énergie?
Le Président (M. Montigny) :
Alors, Mme la ministre, quand vous serez prête.
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Alors, souhaitez-vous... Souhaitez‑vous suspendre?
Mme Fréchette : Pardon.
Est-ce que vous pourriez répéter la question? Pardon. Parce que j'étais avec...
en discussion avec un collègue.
M. Paradis : L'article
qui nous a été proposé, l'article 52.4.1, qui permet au gouvernement
d'établir un <taux...
M. Paradis :
...L'article
qui nous a été proposé, l'article 52.4.1, qui permet au gouvernement d'établir
un >taux maximal applicable à la hausse des tarifs lors d'une révision
tarifaire de la régie, taux maximal dont la régie est tenue de tenir compte
pour fixer les tarifs, est-ce qu'un pouvoir de cette nature-là existe
actuellement dans les lois du Québec?
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Je vais
inviter Me Marois à se prononcer sur cet élément.
Le Président (M. Montigny) :
...alors, Me Marois, vous avez la parole.
M. Marois (Samuel) : Oui.
Je pense que vous faites référence au décret qui a été pris en 2025 en vertu de
la Loi sur Hydro-Québec, l'article 22.0.1. Ce qu'il faut voir ici, c'est
que c'est un pouvoir qui est d'une nature un peu différente parce qu'il s'agit,
à la différence du décret, là, qui a été pris pour 2025, de la fixation d'un
taux de hausse maximale qui va s'appliquer, puis la régie va devoir respecter.
Mais ça, ça se passe avant la fixation des tarifs, donc ce n'est pas tout à
fait le même mécanisme.
M. Paradis : Je vous
remercie de la précision, Me Marois. Je vais reposer la question à la ministre,
compte tenu de la précision que vous venez de donner : Est-ce qu'il existe
un pouvoir permettant au gouvernement de faire ça actuellement dans la loi, de
fixer, d'établir un taux maximal applicable à la hausse des tarifs, taux
maximal dont la régie doit tenir compte? Est-ce que ce pouvoir-là existe
actuellement dans les lois du Québec?
• (16 h 40) •
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Alors,
M. le Président, bien, je m'en remets à la réponse de Me Marois sur cette même
question qui a été répondue.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci. M. le député de Jean‑Talon.
M. Paradis : Me Marois
a indiqué à la commission que c'était un autre mécanisme, celui du décret. Moi,
je vous pose une question pour bien comprendre l'intention du gouvernement
derrière l'article 52.4.1. Parce que souvent je vous ai posé cette
question-là, puis là, la réponse de Me Marois ou la vôtre, c'est : Ah oui,
mais ça, c'est du cosmétique, ça existe déjà, on modifie un petit peu un
pouvoir. Vous m'avez tout le temps a répondu ça : Ça existe déjà... en
tout cas, souvent, ce n'est pas vrai, je rectifie, vous m'avez souvent répondu
ça.
J'aimerais savoir, pour l'article 52.4.1,
quelle est l'intention du gouvernement? Est-ce qu'un pouvoir de cette nature
existe actuellement quelque part dans les lois du Québec, dans la Loi sur la
Régie de l'énergie, dans la Loi sur Hydro-Québec, dans des règlements? Je veux
savoir si ce pouvoir-là existe actuellement.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : J'ai
déjà répondu à cette question, et notre intention, comme je l'indiquais, c'est
de protéger le portefeuille des Québécois.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. M. le député de Jean‑Talon.
M. Paradis : C'est
intéressant qu'il y ait un refus de répondre sur cette question-là, parce qu'on
est sur un des articles les plus importants dans la série d'amendements que
vous nous avez envoyés en liasse en pleine commission parlementaire la semaine
dernière. Sur... Article sur lequel personne au Québec n'a été consulté. Les
consultations particulières n'ont pas eu lieu là-dessus. Alors, est-ce que
c'est quelque chose dont vous avez parlé avant, que vous avez annoncé, sur
lequel... une annonce sur laquelle les gens qui sont venus en commission
parlementaire ont eu... auraient eu l'occasion de se prononcer? Ou est-ce qu'il
y a quelque part, dans les lois du Québec, un pouvoir similaire sur lequel les
gens auraient pu déjà se prononcer?
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Oui, M.
le Président. Bien, ça a été annoncé de longue date, cette intention du
gouvernement de plafonner à un maximum de 3 % la hausse tarifaire pour la
clientèle domestique. C'est depuis plusieurs mois que c'est annoncé dans la
sphère publique.
M. Paradis : Est-ce qu'à
votre... Oui... Est-ce qu'à votre connaissance, Mme la ministre, il y a une
organisation qui représente les PME, les industries, les consommateurs, qui est
venue se prononcer sur une disposition de la loi actuelle ou du projet de loi 69,
tel que vous l'avez initialement proposé, qui était à cet effet-là?
Le Président (M. Montigny) :
Très bien...
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Alors, est-ce que vous souhaitez suspendre? Oui. Nous allons donc suspendre <quelques...
Des voix :
...
Le Président (M. Montigny) :
Alors, est-ce que vous souhaitez suspendre? Oui. Nous allons donc suspendre >quelques
instants. Merci.
(Suspension de la séance à 16 h 44)
(Reprise à 16 h 57)
Le Président (M. Montigny) :
Alors, nous avons donc repris nos travaux. Au moment de la suspension, nous
attendions une réponse, je crois, du côté ministériel. Alors...
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Alors pour la réponse, Mme la ministre, quand vous êtes prête.
Mme Fréchette : Oui.
Merci, M. le Président. Donc, on nous demandait s'il y avait eu des
interventions dans le sens d'un plafonnement. Alors, je voulais vous souligner,
en fait, que dans les recommandations de l'Union des consommateurs, il était
inscrit qu'ils proposaient d'inscrire dans la loi un plafond de 3 % pour
l'augmentation annuelle des tarifs d'électricité résidentiels, conformément à
l'engagement du gouvernement. Donc, voilà, ils voulaient s'assurer que ce soit
formel comme engagement et proposaient de l'inclure dans la loi.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci, Mme la ministre. M. le député de Jean-Talon, vous avez la
parole.
M. Paradis : Oui.
Réponse intéressante, parce que ce n'est pas ça que vous faites, ce n'est pas
ça, l'article qui est devant nous. L'article devant nous, ça donne le pouvoir
discrétionnaire au gouvernement de fixer le plafond comme il l'entend. C'est
ça, l'article. Il n'y a pas de chiffre dedans, il n'y a pas de 3 %. Et, mon
point, puis c'est pour ça qu'on n'a pas de réponse, c'est que ça n'a jamais été
annoncé, ce que vous faites là, jamais, nulle part. Il n'y a personne qui a
demandé ça. Ça n'a jamais été annoncé et c'est un changement fondamental à la
façon dont on détermine les tarifs d'électricité de tous les Québécois. Ça
concerne les 9 millions de Québécois, ça concerne toutes les PME, 100 %
des PME du Québec puis ça concerne 100 % des industries du Québec. Et vous
ne vous êtes jamais annoncés, puis il n'y a pas eu de consultation là-dessus.
C'est ça, mon point.
Très bien. Vous avez procédé cette année,
donc, à moins que vous soyez capables de me répondre, puis là, je n'en ai pas,
de réponse, jusqu'à maintenant, il n'y a rien d'analogue, de similaire, de
proche de ça dans le régime tarifaire québécois actuellement, rien. Parce que
ça, ce que ça fait, c'est que tous les articles, il y a au moins une <dizaine...
M. Paradis :
...Parce
que ça, ce que ça fait, c'est que tous les articles, il y a au moins une >dizaine
d'articles qui expriment comment ça fonctionne depuis des décennies, les
tarifs, comment on... Qu'est-ce qu'on... Qu'est-ce que la régie... Qu'est-ce
que... Qu'est-ce qu'Hydro-Québec peut demander, qu'est-ce que la régie peut
considérer dans les coûts pour établir ce qu'on va demander en revenus et donc
fixer les tarifs. Et là, cet article-là, en fait, il dit, tout ça, peu importe,
c'est moi qui va décider de la réponse après, comme gouvernement. Très bien.
Vous avez procédé cette année pour le
faire par votre décret 464-2025, qui se fonde sur le deuxième alinéa de
l'article 22.0.1 de la Loi sur Hydro‑Québec, qui dit : Bien oui, là,
il y a toutes les règles sur les tarifs, mais, de manière très exceptionnelle,
le gouvernement peut identifier un contrat spécial, un contrat spécial pour
dire : Là, je vais fixer les tarifs par décret pour ce contrat spécial. Et
là, vous avez fait quelque chose d'extraordinaire, dans le sens «hors de
l'ordinaire», complètement, vous avez déterminé, dans votre décret 464-2025,
que tous les contrats, 100 % des contrats des consommateurs du Québec sont
un contrat spécial. Magie, magie, magie. Ce n'est pas extraordinaire, ça?
Donc, vous, pour faire ça, vous avez fait
une recommandation. C'est ça que ça dit, l'article. Sur la recommandation du
ministre, en l'occurrence de la ministre, et du ministre des Finances, vous
avez fixé ça, vous avez décidé ça.
Quand vous êtes arrivée au Conseil des ministres,
Mme la ministre, j'aimerais savoir, est-ce que vous aviez des précédents de ça?
Est-ce qu'il y a une jurisprudence de la Régie du logement qui vous a inspirée...
Une voix : ...
• (17 heures) •
M. Paradis : ...de la
Régie de l'énergie — excusez-moi — une décision ou une
jurisprudence de la Régie de l'énergie qui vous a inspirée à faire ça? Est-ce
que vous avez déjà vu ça, vous, quelque part avant, dans la jurisprudence de la
Régie de l'énergie, une place où on dit qu'en vertu du deuxième alinéa de
l'article 22.0.1, tous les contrats du Québec sont un contrat spécial?
Le Président (M. Montigny) :
Alors, Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, M.
le Président. Donc, on va... On va vérifier.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. D'autres interventions?
M. Paradis : ...on
suspend, ou on...
Mme Fréchette : ...revenir...
M. Paradis : Bien, c'est
parce que, pour la suite des échanges, ça pourrait être une information utile.
Le Président (M. Montigny) :
S'il y a des collègues qui veulent quand même prendre la parole, ce n'est
pas... ce n'est pas interdit.
M. Paradis : Bon, alors,
on verra, on verra. Mais, en attendant, ce que j'ai déjà dit ici, en commission,
et que je réitère — parce que, là, on est à l'article dont il est…
dont il est le… qui est le plus important et qui illustre le plus — c'est
que là, on a pris une disposition d'exception pour la transformer en une
disposition qui permet de contourner toutes les règles de la Régie du logement…
de la Régie de l'énergie, excusez-moi. La Régie de l'énergie, on lui dit :
Voici comment ça va se faire, comment on va faire le calcul des tarifs
d'électricité pour tous les Québécois, puis là, on les a contournés.
C'est important. Puis j'ai hâte de voir
quelle va être la réponse, parce que, d'une part, d'une part, il y a quelque
chose qui est en train de se passer avec les amendements qu'on a reçus et on ne
sait toujours pas comment ça va fonctionner, puis là, la ministre ne pourra pas
dire que c'est d'autres qui font ça, là, c'est elle. Depuis quelques jours, on
voit toutes sortes de trucs qu'on est en train d'ajouter dans ce qu'on va
considérer dans le calcul qu'on va... qu'on va ajouter, donc, des frais, des coûts
qui vont faire augmenter les tarifs. Ce n'est pas nous, là, c'est le
gouvernement de la CAQ qui fait ça.
On vient de voir, tout à l'heure, les
surplus. Donc là, quand il va y avoir des surplus, mais surtout des manques à
gagner, s'il y a un manque à gagner... Ça fait qu'Hydro-Québec dit : Dans
les trois dernières années, finalement, j'ai manqué d'argent, ça fait que là,
je peux en rajouter pour faire augmenter les tarifs dans la prochaine révision
tarifaire, les ententes avec les Premières Nations, les ententes avec les
sociétés de transport. Quoi d'autre qu'on a vu? Donc, on rajoute plein de
choses dans les tarifs, mais là, en même temps, on dit : On va faire un
décret.
Ça, c'est le principe que j'expliquais
hier, là, c'est ce que tout le monde a vu quelque part sur une vidéo sur
Internet, c'est-à-dire qu'on va mettre un cachet... du Mentos dans une boîte...
dans une bouteille de boisson gazeuse, on va bien le brasser, ça ne marchera
pas, ça va exploser à un moment donné. Vous mettez plein de nouveaux trucs pour
faire augmenter les tarifs, puis vous dites que vous allez maintenir un
plafond. Bien, vous dites que vous allez protéger, je ne sais pas comment vous
allez le faire, parce que vous faites une chose et son contraire.
Deuxièmement, alors que vous dites que
vous voulez protéger...
17 h (version révisée)
M. Paradis : ... vous
faites une chose et son contraire.
Deuxièmement, alors que vous dites que
vous voulez protéger, vous vous êtes ménagé des dispositions, dans le projet de
loi n° 69, pour faire l'inverse. On l'a vu hier. Vous avez pris la peine d'inclure
une disposition qui va vous permettre de modifier l'interfinancement, donc de
modifier la protection pour les tarifs avantageux pour les ménages. Vous vous êtes...
C'est écrit noir sur blanc, vous vous laissez la possibilité de faire ça. Donc,
vous dites une chose, mais vous vous ménagez la possibilité de faire le
contraire.
Ensuite, il y a toute une série de
dispositions. On n'y est pas encore, mais vous prévoyez, dans la loi, la
création d'un fonds spécial financé par les contribuables pour compenser les
effets de la hausse des tarifs domestiques. C'est les mots... C'est vous qui
employez ces mots-là. Donc, tout le projet de loi contient des dispositions qui
vont vous permettre d'augmenter les tarifs, mais vous maintenez que vous allez
les protéger, mais sans le spécifier. Option consommateurs, ils disent :
Je veux voir 3 %. Vous, vous ne le faites pas. Vous dites : Je me
réserve le pouvoir discrétionnaire de le faire.
À la fin — puis j'aimerais avoir
vos impressions là-dessus —, c'est que vous êtes en train de
révolutionner le mode de fixation des tarifs, au Québec. C'est une véritable
révolution. Ce n'est même pas un changement majeur, c'est une révolution. Ce
qui existait avant, c'était un régime objectif pour fixer les tarifs avec des
règles. La Régie de l'énergie tient compte de ces règles-là, de ces calculs-là.
Mais là, vous dites : Peu importe tous ces articles qu'on vient de voir, à
la fin, c'est nous qui allons décider. Ça, c'est une révolution. Mais ça n'a
pas été annoncé. En fait, les règles du jeu n'ont pas été annoncées. Je vais
être obligé de dire un mot, M. le Président, parce que je veux évoquer un jeu
qui est bien connu au Québec, qui s'appelle le Trou de cul. Il y a une version
avec révolution. C'est que là, quand tu arrives avec un quadruple, quadruple
huit, quadruple valet, quand tu mets ça sur la table, tout vire à l'envers,
puis tout change. Là, on a rentré en commission parlementaire, on a commencé l'étude
du projet de loi n° 69, puis on ne savait pas que c'était cette version-là
du jeu qu'on jouait. Mais c'est ça. Cet article-là, là, l'article 52.4.1,
c'est exactement ça qu'il fait. Il vire tout à l'envers.
Le Président (M. Montigny) :
M. le député, j'ai un autre député, là, qui m'a demandé la parole, M. le député
de Dubuc.
M. Tremblay : ...on a
des auditeurs, puis il y a des notes qui sont prises. Je vous inviterais au
choix des mots. J'ai été offusqué ou traumatisé, à la limite. Alors, voilà.
M. Paradis : Je suis
désolé d'avoir bouleversé le député Dubuc, mais j'ai comme l'impression qu'il a
déjà joué, comme moi, à ce jeu-là.
Le Président (M. Montigny) :
Merci. Merci, collègue. Merci, collègue.
M. Paradis : C'est... c'est
le nom du jeu. Si le député de Dubuc a un nom alternatif, moi, je n'en connais
pas d'autres.
Le Président (M. Montigny) :
J'ai bien compris. M. le député, je vous laisse continuer. À moins que vous
ayez fini.
M. Paradis : Bien, je
trouvais que... je trouvais que l'image, M. le Président, elle est importante,
parce que c'est exactement ça. Quand tu joues le jeu dont on parle, avec cette
version-là, tu sais que ça va changer en cours de route. Mais là, ça n'a été
annoncé à personne. Et je veux le redire, cet article-là, est-ce que la
ministre convient que ça change radicalement la façon dont on fixe les tarifs
au Québec?
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci, M. le député, pour la réponse.
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Alors, quand vous serez prête, Mme la ministre.
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Alors,
souhaitez-vous suspendre quelques instants? Non? Allez-y, Mme la ministre. La
réponse... la parole est à vous.
Des voix : ...
Mme Fréchette : Alors, M.
le Président, donc, bien, j'aimerais rappeler qu'en fait, le décret dont il a
été question a été pris, donc, en vertu des pouvoirs que le gouvernement a,
donc il était en capacité de procéder. Et, par ailleurs, bon, pour répondre à
la présumée révolution du député de Jean-Talon, j'aimerais rappeler, quand même,
que la régie conserve sa compétence de déterminer les tarifs, mais qu'avec
notre approche, on vient ajouter une contrainte relativement à un profil de
clientèle en particulier. Et après ça, il sera à la discrétion des
gouvernements d'utiliser la possibilité, l'outil qui est, qui est créé.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. D'autres interventions? M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Je vais essayer
de le dire de la <façon...
Le Président (M. Montigny) :
...Très
bien. D'autres interventions? M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis :
Je
vais essayer de le dire de la >façon la plus parlementaire possible,
mais ce ne sera pas la première fois que la ministre va trouver des mots pour
euphémiser ou dire autre chose que la loi mentionne précisément. Parce que, là,
il y a un chapitre 4, dans la Loi sur la Régie de l'énergie, qui prévoit
tout un processus de tarification, ce qu'on calcule, etc. Puis là, bien, ça, ça
peut arriver à... Comme cette année ou comme la dernière révision, Hydro-Québec
disait : Bien, ça prend des tarifs augmentés de 3,9 %. La régie a dit
3,6 %. Vous, vous avez décidé 3 %. Puis vous l'avez fait par un
décret dont... là, on attend toujours la réponse, mais qui me semble sans
précédent, qui dit... qui utilise un truc, donc qui dit : Oui, la
disposition d'exception, on va en faire... tous les contrats du Québec sont un
contrat spécial. Et, par ailleurs, on a bien dit, en tout cas, qu'il n'y a
aucune disposition similaire à celle que vous nous proposez ici. Donc, vous
arrivez avec un chiffre qui est complètement différent de celui qui a été
déterminé en fonction des dispositions du chapitre 4 de la Loi sur la
Régie de l'énergie.
Est-ce que vous ne convenez pas qu'avec
l'article 52.4.1 que vous proposez, désormais, à chaque fois qu'il y aura
une révision tarifaire, peu importe ce que vont donner les calculs qu'on va
faire à 48... tous les articles suivants du chapitre 4 de la Loi sur la
Régie de l'énergie, à la fin, la réponse, c'est le gouvernement qui va la fixer
et que ce n'est pas comme ça que fonctionne, jusqu'à aujourd'hui, la fixation
des tarifs d'électricité que tout le monde paie au Québec?
• (17 h 10) •
Le Président (M. Montigny) : Alors,
d'autres interventions? Oui, Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Oui, merci.
Merci, M. le Président. J'ai oublié tout à l'heure d'ajouter l'élément, là, de
réponse pour lequel on m'avait interpellée. Donc, je voudrais rappeler, en
fait, que le dossier est judiciarisé, donc il est en cours sur le sujet, puis
ce n'est pas le forum, ici, qui est tout indiqué pour faire un débat
jurisprudentiel. Donc, je me limiterai à ça.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Très bien. Merci, Mme la ministre. D'autres interventions? M. le député
de Jean-Talon.
M. Paradis : Non, on ne fait
pas référence à ce dossier-là, bien qu'il concerne les sujets dont on est en
train de parler, mais nous, on est en train de comprendre quelle est
l'intention du gouvernement, d'où tire-t-il les bases, notamment juridiques, ou
historiques, ou de pratique qui expliquent ce qu'on vient de faire. Et, jusqu'à
maintenant, je n'en ai pas entendu beaucoup. Et, donc, j'aimerais que la
ministre convienne... — parce que ça, ce n'est pas l'objet du litige
qui est devant les tribunaux actuellement — je lui demande si elle convient
que ce qu'elle propose avec l'article 52.4.1, ça va nécessairement
toujours trouver une réponse qui ne sera pas celle à laquelle on arrive quand
on applique l'ensemble des dispositions du chapitre 4 de la Loi sur la
Régie de l'énergie, qui énonce les règles qui permettent de fixer des tarifs.
Parce que les tarifs, c'est fondé sur du concret, sur combien ça coûte pour
produire l'électricité, et donc, de quels revenus on a besoin pour vendre cette
électricité aux Québécois.
Là, vous dites : Ce n'est plus ça qui
s'applique, ce n'est pas une question de coûts et de revenus, c'est une
question politique, comment le gouvernement le décide. Est-ce que vous convenez
de ça?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Alors, pour la réponse, Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. Alors,
je pense que l'intention du gouvernement a été énoncée de longue date, et le
gouvernement s'est donné le pouvoir de fixer un tarif avant que la régie ne
détermine les tarifs. Donc, c'est un pouvoir qu'on se donne.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Bien, on
s'approche. Donc, ce n'est plus une question de revenus nécessaires pour
couvrir les coûts de production puis de transport puis de distribution
d'électricité, parce que c'est ça que prévoit le chapitre 4 de la Loi sur
la Régie de <l'énergie...
M. Paradis :
...puis
de distribution d'électricité, parce que c'est ça que prévoit le
chapitre 4 de la Loi sur la Régie de >l'énergie. Maintenant, c'est une
question politique décidée par le gouvernement.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, bien,
j'ai rappelé que notre gouvernement a énoncé depuis longtemps sa volonté de
plafonner la hausse de tarifs pour la clientèle domestique. Les partis
d'opposition ont fait d'autres choix, antérieurement, ils voulaient plutôt
protéger les industriels. Nous, on pense que pour une question d'équité, il
faille indexer les clientèles industrielles et qu'il faille protéger le
portefeuille des Québécois. On est dans une période où la pression financière a
été importante, ces dernières années, et ça nous apparaissait important
d'œuvrer pour diminuer cette pression financière.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. D'autres interventions? M. le député de Jean-Talon. Il vous reste moins
de... bien, un peu plus d'une minute quelque, là.
M. Paradis : Merci. On a
encore, de nouveau, parlé des tarifs industriels. Est-ce que la ministre peut
nous rappeler ce qu'elle a fait, ce que son gouvernement a fait avec les tarifs
industriels depuis qu'ils sont au pouvoir, depuis sept ans? Est-ce qu'il y a eu
une variation? Est-ce que vous avez indexé les tarifs industriels?
Mme Fréchette : C'est
exactement ce qu'on propose dans ce projet de loi ci.
M. Paradis : Est-ce que vous
l'avez fait dans les sept dernières années?
Mme Fréchette : C'est ce
qu'on propose dans ce projet de loi ci, qui est une refonte, en fait, du cadre
réglementaire qui s'applique au secteur énergétique, question de moderniser ce
cadre réglementaire et de nous engager dans la transition énergétique, comme on
le sait.
M. Paradis : La réponse,
c'est que vous avez fait comme les gouvernements précédents, là-dessus. Donc,
c'est un argument politique qui ne fonctionne pas et ça démontre exactement le
point que je suis en train de faire : les tarifs, avec ce que vous
proposez, deviennent une question politique plutôt qu'une question de revenus
nécessaires pour couvrir les coûts. Changement radical, révolution dans la
fixation des tarifs au Québec
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Alors, on
rétablit une équité, on renverse une iniquité qui existait depuis 2013.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci. Alors, d'autres interventions? Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Merci, M. le
Président. J'entends les échanges. Et, Mme la ministre, je dois vous dire, puis
je dois vous admettre que quand on a reçu cet amendement-là, et compte tenu de
la décision d'avoir fixé les tarifs domestiques à 3 %, je dois vous avouer
que j'ai été vraiment étonnée de voir qu'avec tout ce que le gouvernement... je
ne veux pas dire le mot «vente», mais qu'est-ce qui est important, ici, c'est
le maintien de l'indépendance de la régie dans la fixation des tarifs. Et ça,
on se comprend, c'est important, c'est un principe fondamental. Et même, il est
repris à l'article 48 du projet de loi amendé. On le réitère, que «la régie
peut, de la manière qu'elle détermine — que la régie détermine — répartir
une hausse tarifaire d'une ou de plusieurs des années tarifaires visée par la
révision sur ces trois années.» C'est le rôle de la régie de déterminer les
hausses et la répartition des hausses des tarifs entre le domestique,
l'industriel et le commercial. N'est-ce pas, Mme la ministre, que c'est le rôle
de la régie de faire ça et non pas le rôle du gouvernement?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Alors, je
rappelle que la régie conserve, là, sa compétence de déterminer les tarifs. En
fait, on vient ajouter une contrainte relativement au profil... à un profil de
clientèle, mais ce sera sur la base de la volonté des gouvernements d'utiliser
cette capacité d'ajouter une contrainte ou pas. Il en reviendra au gouvernement
de choisir.
Le Président (M. Montigny) : Mme
la députée.
Mme Garceau : OK. Mais, Mme
la ministre, c'est beaucoup plus qu'une contrainte, ici. Il faut regarder
l'objectif visé. L'esprit de cet article, c'est de dire à la régie : Nous,
on va s'ingérer dans vos pouvoirs, votre discrétion en ce qui a trait aux
tarifs domestiques. C'est nous, le gouvernement, qui va décider, et, en plus de
ça, Mme la ministre, où le bât blesse, dans tout ça, c'est qu'on aurait pensé
qu'un gouvernement responsable, dans la fixation du 3 %, <aurait...
Mme Garceau :
...et,
en plus de ça, Mme la ministre, où le bât blesse, dans tout ça, c'est qu'on
aurait pensé qu'un gouvernement responsable, dans la fixation du 3 %, >aurait
fait des analyses de l'impact économique de ce 3 %, le plafond sur
l'industriel et les PME, qui traversent, en ce moment... puis nous le savons
très bien, avec l'augmentation du taux d'inflation puis qu'est-ce qui se passe
dans le sud avec les tarifs de Trump. Puis la raison pour laquelle vous
avez même suspendu l'étude détaillée de ce projet de loi, c'est parce qu'on
voulait voir qu'est-ce qui était pour se passer suite à l'élection du président
et les tarifs qui s'en venaient et l'ampleur des tarifs et l'impact économique
des tarifs sur notre économie et sur nos industries. Et là, vous faites un peu
la même chose, parce qu'avec un plafond de 3 % qui n'a même pas... il n'y
a pas d'appui d'analyse économique pour justifier le 3 %, c'est un choix
du gouvernement! C'est un choix du gouvernement, sans fondement, qui n'est pas
vraiment justifié puis c'est comme l'imposition de tarifs additionnels sur les
industries, les industriels et les PME que le gouvernement est en train de
faire.
• (17 h 20) •
Et, en plus de ça, Mme la ministre, je ne
vois pas comment on peut dire que : Ah! le 3 %, bien, il va rester
comme ça pendant des années et des années, avec le plan du gouvernement, la
transition énergétique et les coûts que le gouvernement va ajouter, les coûts
de contrats, probablement des milliards de dollars dans les prochaines années.
Puis comme j'ai dit hier, que le coût de la transition énergétique, bien, c'est
les consommateurs québécois qui vont assumer le prix, et avec le plafond de
3 %, qu'à un moment donné va être complètement irréaliste de maintenir
parce qu'il va y avoir un choc tarifaire entre l'industriel et les PME. Il n'y
aura plus question de demeurer compétitifs, ils vont faire faillite parce que
la pression économique va être beaucoup trop élevée. Et c'est en fonction,
maintenant, de ce nouveau régime dans lequel vous êtes en train de dicter... le
gouvernement... et même, vous êtes en train de dicter les tarifs domestiques et
vous êtes en train de politiser, en même temps, le processus, le mécanisme de
détermination ou de fixation de tarifs au Québec. Mon collègue de Jean-Talon
parle de révolution, c'est... c'est extraordinaire et ce n'est pas justifié
dans le contexte où le principe fondamental, dans notre société, c'est
l'indépendance de la régie.
Donc, pourquoi est-ce qu'on a cet
amendement, à ce stade-ci? On aurait pu... vous auriez pu le mettre dans le
projet de loi initial, et, donc, on aurait pu avoir des consultations
particulières à ce sujet. Et je présume qu'il n'y aurait pas grand personnes
qui auraient voté favorablement en ce qui concerne cet amendement-là... je veux
dire, cette proposition-là, donc... Et, en plus, vous venez de dire à mon
collègue qu'en vertu du décret, vous aviez le pouvoir, de toute façon, de fixer
un tarif. Donc, si vous avez déjà les pouvoirs, comment ça se fait que vous
avez déposé un amendement?
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. Merci,
M. le Président. J'aimerais rappeler, en fait, que l'amendement n'impose pas,
là, un plafond. Il prévoit la possibilité d'en établir un. Donc, on ne
contraint pas les futurs gouvernements à adopter cette approche-là et on
n'altère pas non plus les compétences de la régie. Donc, je pense que c'est
important de rétablir ces éléments-là, de rappeler ces éléments-là.
Mme Garceau : Bien, avec
égard, Mme la ministre, vous ne pouvez pas mentionner que vous n'êtes pas en
train <d'altérer...
Mme Fréchette :
...Donc,
je pense que c'est important de rétablir ces éléments-là, de rappeler ces
éléments-là.
Mme Garceau :
Bien,
avec égard, Mme la ministre, vous ne pouvez pas mentionner que vous n'êtes pas
en train >d'altérer les pouvoirs de la régie, parce que vous avez
répondu à mon collègue que la fixation, que l'application, la mise en œuvre de
cet article-là, vous allez déterminer ou fixer les tarifs domestiques avant le
processus de révision tarifaire. Donc, lorsque la régie va commencer son
processus de révision tarifaire, celui pour les tarifs domestiques, il va être fixé
par le gouvernement. Donc, le gouvernement empiète carrément sur les pouvoirs
de la régie. Et le gouvernement... Vous auriez pu, même, rédiger l'article,
d'attendre la décision, je ne sais pas, même d'attendre la décision de la régie
pour voir... la régie, suite à l'analyse de toutes les données, est-ce que la
régie va arriver à un tarif qui, d'après le gouvernement, serait raisonnable?
Mais on ne laisse même pas à la régie la possibilité d'exercer ses pouvoirs,
qui sont des pouvoirs législatifs, pour déterminer quel devrait être le tarif
domestique compte tenu de toutes les données économiques.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Je répète qu'on n'altère pas les compétences... la compétence de la
régie en matière de fixation de tarifs, puis la preuve en est, c'est que si,
dans 10 ans, un gouvernement décide de ne pas utiliser la possibilité
d'avoir un plafond, on n'aura pas à changer quoi que ce soit dans le mode de
fonctionnement de la régie. Tout est là, tout est là, en termes de compétence
de la régie.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la députée.
Mme Garceau : Mme la
ministre, avec égard, là, vous savez très bien que cet article-là change
complètement la donne en ce qui a trait à la fixation des tarifs au Québec, et
vous êtes en train de vous confier un pouvoir que vous ne devriez pas avoir.
Vous ne devriez pas avoir ce pouvoir. Et vous êtes en train de le faire à un
moment où... Il y a un amendement, qu'on a reçu la semaine passée, qui n'a pas
été étudié par différents groupes pour venir exprimer leurs voix en ce qui a
trait à ce changement fondamental. On n'a même pas eu la possibilité de
recevoir des groupes, de recevoir des Québécois et des Québécoises pour venir
nous exprimer leur opinion en ce qui a trait à cet amendement qui change
complètement la façon que nous allons déterminer les tarifs au Québec.
C'est sérieux, c'est sérieux, comme geste,
et ça va avoir des conséquences assez importantes, parce que si on arrive ici
avec un 3 %, sans aucune analyse économique, et on va continuer à faire la
même chose, c'est notre économie qui va être encore de plus en plus affectée
par les choix de ce gouvernement.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
d'autres interventions? Alors... Oui, M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Donc, je suis allé chercher beaucoup de calculs, Mme la ministre, et
je dois vous donner raison, déjà, je commence par ça, c'est que le pourcentage
du patrimonial dépasse le 90 % de la consommation au Québec, parce qu'on a
165 térawattheures de patrimonial et on a un autre 12 térawattheures
de non patrimonial qu'on consomme ici, et un 15 qu'on vend à l'extérieur,
ça fait que suivant quelle taille on prend, de notre production, bien, c'est...
évidemment, si on prenait <aussi...
M. Bouazzi :
...qu'on
consomme ici, et un 15 qu'on vend à l'extérieur, ça fait que suivant quelle
taille on prend, de notre production, bien, c'est... évidemment, si on prenait >aussi
ce qui est consommé, ce qu'on vend sur les marchés étrangers, ce serait moins de
93 %, mais ce qui nous intéresse, c'est ce qui se passe au Québec. Donc,
c'est 93 % de notre consommation qui vient du patrimonial, qui,
aujourd'hui, est à 0,035 $ le kilowattheure. Et le 12 térawattheures
qui nous vient des éoliennes est à peu près à 0,07 $ le kilowattheure et
représente 6,9 % de ce qu'on consomme au Québec. Ça fait que si on fait la
moyenne de tout ça, en moyenne, Hydro-Québec achète l'électricité, que ce soit
à Hydro-Québec production ou au privé, 0,0375 $ le kilowattheure.
Si on prend les plans d'Hydro-Québec
jusqu'à 2035, on a un 65 térawattheures qui se rajoute. C'est ce que nous
dit le plan d'Hydro-Québec. Donc, en tout, on monterait à 242 térawattheures.
La partie patrimoniale, évidemment, ne bouge pas, reste à 165 térawattheures.
Ça fait que là, la proportion de patrimonial passerait de 93 %, en 2025, à
73 %.
Si on fait le même calcul, on se retrouve
à 0,035 $ du kilowattheure, pour le patrimonial, fois 73 %, plus,
actuellement, 0,07 $ du kilowattheure fois 5 % du non patrimonial
actuel. Et ce que nous dit M. Sabia, c'est que la nouvelle électricité sera
autour de 0,11 $. Là, j'ai pris 0,10 $, juste pour revoir à la baisse
et être conservateur, 0,10 $ le kilowattheure, pour le nouveau 65 térawattheures
qui va être livré d'ici 2035, fois 22 %, parce que c'est ce qu'il
représente. Ça fait qu'on se retrouve, en 2035, à acheter à 0,051 $ le
kilowattheure.
• (17 h 30) •
Alors là, j'ai fait exprès de ne pas
indexer, parce que, Mme la ministre, après vérification, chacun de ces coûts
d'achat sont indexés. Donc, on n'a pas besoin de les prendre en compte, on peut
comparer les dollars tels quels, entre le 0,0375 $ le kilowattheure, en ce
moment, à l'achat, et le 0,051 $ le kilowattheure. Et ça, Mme la ministre,
ça fait une grosse différence. On s'entend que le coût — et je vais
le calculer avec vous — ça fait 0,051 $ moins 0,0375 $...
woups! ça, c'est sûr que si j'oublie des virgules... 0,051 $ moins 0,0375 $,
divisé par 0,0375 $, ça fait... ça fait 40 % d'augmentation, si je ne
me trompe pas. Et donc, on est vraiment très, très, très loin d'une
augmentation de 3 % annuelle.
Ça fait que comment est-ce que vous
arrivez à accorder votre promesse avec ce qui s'annonce en frais d'augmentation
du prix d'électricité? Je ne le comprends pas. J'ai beau... Je comprends qu'on
n'a pas... Vous nous donnez très peu de chiffres sur les prédictions que vous
donnez, et tout, là, mais celle-là, elle est quand même vraiment très, très,
très dure à comprendre. Comment... S'il y a un Québécois, là, à qui vous vous
adressez, vous dites : Je vous promets, là, je plafonne à 3 %,
l'électricité va, en fin de compte, coûter 40 % plus cher dans 10 ans
exactement, comment vous arrivez à lui expliquer que vous gardez ça à 3 %?
Est-ce que, vraiment, on va refiler tout cet argent-là aux industries et aux
PME?
Le Président (M. Montigny) : Alors,
d'autres interventions?
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre, oui. Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Mme la députée
voulait intervenir.
Le Président (M. Montigny) : Vous
voulez céder votre place?
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Moi,
j'ai donné la parole à Mme la ministre. À moins qu'elle souhaite vraiment ne
pas prendre la parole.
Mme Fréchette : Bien,
écoutez, moi, je réitère le fait que ce 3 %-là, c'est la prémisse avec
laquelle a travaillé Hydro-Québec pour son plan de développement 2035.
Alors, ça a été validé et puis...
M. Bouazzi : Bien, je
comprends ça, Mme la ministre, mais ce n'est pas Hydro-Québec qui définit le
prix, c'est la régie. Ça fait qu'à moins que vous me disiez que la régie a
analysé...
17 h 30 (version révisée)
M. Bouazzi : ...mais ce n'est
pas Hydro-Québec qui définit le prix, c'est la régie. Ça fait qu'à moins que
vous me disiez que la régie a analysé, jusqu'à 2035, les prix que ça va être et
a déjà donné un avis, qu'Hydro-Québec nous dise : C'est correct d'augmenter
juste de 3 %... Je comprends qu'il y a un accord, effectivement, assez
évident entre l'exécutif d'Hydro-Québec et l'exécutif que vous représentez,
mais ça, ça ne nous permet pas de comprendre comment ça fonctionne. Si l'électricité,
en moyenne, nous coûte 3,75 aujourd'hui et va nous coûter 5,1 en 2035, c'est-à-dire
36 % plus cher, comment est-ce qu'on est capable de garantir que vous
allez juste augmenter de 3 %? Ou même, Hydro-Québec, vous les avez crus,
ils vous ont donné une équation pour vous dire : C'est bon, on y arrive?
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. Merci, M.
le Président. Donc, Hydro-Québec nous indique que, dans ses prévisions pour
2035, ça balance avec le fait d'avoir un plafond qui est établi à 3 %. Par
ailleurs, Hydro-Québec va utiliser différents moyens, par exemple la
tarification dynamique peut être un de ces moyens-là, pour faire en sorte que
tout balance. Alors, voilà, je pense qu'on peut...
M. Bouazzi : Et Hydro-Québec
vous a dit ça en quelle date à peu près? C'était quand qu'il vous a dit ça?
Mme Fréchette : L'automne
dernier, cet hiver.
M. Bouazzi : Ça fait qu'il
était déjà au courant des amendements qu'on allait recevoir?
Mme Fréchette : Bien, le
3 %, ce n'est pas nouveau. C'est un des premiers sujets que j'ai abordés
après avoir été nommée le 5 septembre dernier. À mon souvenir, c'est lors
de ma première intervention publique que j'ai parlé du 3 %. Alors, on
était la semaine du 5 septembre.
M. Bouazzi : Donc, suivons...
suivons le raisonnement. Vous, tout ce que vous... Parce que ce que ce que nous
dit le projet de loi, c'est : Débrouillez-vous, régie. Hydro-Québec va
venir et va dire : Moi, si j'ai besoin de faire payer tant, la régie va
prendre tous les coûts qu'Hydro-Québec a le droit de présenter et va revenir
avec un coût au kilowattheure pour chacune des catégories des consommateurs.
Hydro-Québec, là, qu'on bloque l'augmentation des particuliers à 3 % et qu'on
change celle des PME 50 % plus chère, si ça répond aux besoins d'Hydro-Québec
pour couvrir leurs dépenses, évidemment que ça marche. Je veux dire, ça change
quoi à leur vie? Ça ne change rien.
Donc, Hydro-Québec, il peut bien dire :
Bien oui, moi, tout ce que je veux, c'est être capable de donner tous les coûts
et donner ça à la régie, la régie se crunche. Vous, vous dites à la régie :
Pour les particuliers, c'est 3 % maximum. Et puis la régie ressort des pourcentages
qui, évidemment, répondent aux besoins d'Hydro-Québec. Et Hydro-Québec, qu'il y
en ait un qui soit à 3 % ou à 20 %, ça ne change rien. Tout ce qu'ils
veulent, c'est que leurs coûts soient couverts.
Donc, je... Est-ce que, donc, dans cette
simulation... sachant, là, qu'il y a 35 % d'augmentation du coût d'achat
de l'électricité, quelle simulation ça donne sur les PME ou sur les grosses
industries? Est-ce qu'Hydro-Québec vous a dit?
Le Président (M. Montigny) :
Alors, Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. Bien, en
fait, on l'a entendu. Hydro-Québec a indiqué que, selon ses prévisions, les
hausses du côté commercial et industriel seraient de maximum 5 %. Par
ailleurs, il y a des gros chantiers, là, qui sont en place ou qui vont être mis
en place, notamment en matière d'efficacité énergétique. On sait qu'on a des
gisements d'efficacité énergétique, là, dans lesquels il faut aller plonger. Et
voilà. Donc, Hydro-Québec s'est avancée aussi sur ces autres dimensions.
M. Bouazzi : Et sur les
5 % que vous avez dits, pour les PME, ça, c'était jusqu'à 2035, vraiment? Ce
n'était pas juste pour les prochaines années? C'est sur 10 ans, ils ont
dit : Nous, on est capables?
Mme Fréchette : Je n'ai pas
souvenir que ce soit un engagement jusqu'à 2035. J'irais plutôt dans les années
qui viennent.
M. Bouazzi : Est-ce que...
Est-ce que vous pourriez nous revenir... on n'a pas besoin de suspendre, mais
nous revenir avec une date? Parce qu'encore une fois il n'y a pas de miracle, Mme
la ministre. Si la nouvelle électricité coûte cher et que le pourcentage d'électricité
patrimoniale ne fait que baisser, le prix va vraiment augmenter beaucoup. Et
plus on va produire de la nouvelle électricité, plus le prix va augmenter pour
les particuliers et beaucoup, beaucoup plus vite que 3 %. Je veux dire, la
différence entre 35 %... Et puis je vous l'accorde, hein, c'est... c'est
des calculs de coin de table, ça fait que c'est peut-être 30 %, c'est peut-être
40 %, mais la différence entre 30 % et 3 %, c'est 1000 % de
différence, là, c'est beaucoup. Donc, je ne comprends pas. Et puis je <pense...
M. Bouazzi :
...entre
30 % et 3 %, c'est 1000 % de différence, là, c'est beaucoup.
Donc, je ne comprends pas. Et puis je >pense que les Québécoises et
Québécois seraient en droit de savoir d'où vient...
Ça fait que si... Est-ce que vous pouvez
nous revenir avec jusqu'à quelle date Hydro-Québec s'est dit qu'en gros ils
s'attendaient à une augmentation de 5 % pour les PME et les industries?
Le Président (M. Montigny) : Alors,
est-ce que vous souhaitez suspendre quelques instants?
Mme Fréchette : Non, ce ne
sera pas nécessaire.
Le Président (M. Montigny) : Non?
Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Donc, après
vérification, donc, le 4 % à 5 %, comme prévision, ça s'applique
jusqu'en 2035.
M. Bouazzi : OK. Et est-ce
que vous pourriez... Est-ce qu'Hydro-Québec vous a partagé une simulation, un
calcul, une équation qui expliquerait ça?
Mme Fréchette : C'est un
résumé de l'analyse interne.
M. Bouazzi : On a adopté
plein d'articles qui ont un impact sur le prix. J'imagine qu'Hydro-Québec n'a
pas pris ces articles-là en compte quand il a projeté qu'est-ce que ça allait
coûter, que ce soit le 3 %, le 4 %, les PME? À moins que vous me
dites que tout ce qu'on a adopté, là, n'a pas vraiment d'influence sur les
prix, là, comment Hydro-Québec est capable de simuler à 2035 avec un projet qui
change aussi drastiquement les équations de calcul?
• (17 h 40) •
Mme Fréchette : Bien, M. le
Président, je rappelle que la semaine du 5 septembre, déjà, on parlait de
ce 3 %, donc c'est dans la sphère publique depuis longtemps.
M. Bouazzi : Non, mais là il
n'y a pas juste... Il n'y a pas juste le 3 %, Mme la ministre, là, il y a
toutes sortes de coûts qui ont été introduits dans la distribution, dans la
production, etc. On en parle... on en parle depuis le début de la semaine,
peut-être même depuis la semaine dernière, les journées sont longues, là, je
peux me tromper.
Donc... Et puis c'est toujours intéressant
de voir qu'Hydro-Québec est capable de dire : Bien, moi, je pense que je
peux rester à 3 % pour les particuliers, à 5 % d'augmentation pour
les PME, sachant que ce n'est pas Hydro-Québec qui définit le prix, là, c'est
quand même intéressant, et que c'est la régie. Ça fait que j'ai du mal à voir
comment ça marche.
Et puis la marche entre ce que va coûter
en moyenne le kilowattheure, là, d'après calcul rapide, autour de 35 %
plus cher, la marche entre ça et 3 % d'augmentation, c'est quand même
quelque chose, Mme la ministre, c'est une grosse marche, là. Il faudrait
réussir à l'expliquer, parce que, si on la refile toute aux PME, c'est plus que
5 %, là.
Je rappelle que tous les coûts d'achat
dont j'ai parlé, que ce soit le patrimonial, que ce soient les éoliennes qu'on
a déjà en fonction ou les futures, évidemment, bien, c'est comme ça que ça
marche, sont indexés. C'est-à-dire, de toute façon, à chaque année, en fonction
du coût de la vie, c'est indexé. Ça l'est au Québec pour le patrimonial depuis
2014. Ça fait que, de toute façon, tout ceci va augmenter, là, donc, au coût de
la vie, à part le 36 % dont j'ai parlé, d'augmentation de coûts d'achat
pour Hydro-Québec.
Ça fait que je dois avouer, à chaque fois...
Je veux dire, j'essaie... Je me rends bien compte que d'abord le projet de loi,
il est quand même assez compliqué et cryptique, puis moi j'arrive avec des
équations, on s'entend que ce n'est pas de la com, là, c'est du fond, là.
J'aimerais bien juste comprendre comment est-ce que vos équations... J'ai du
mal à comprendre comment en investissant 80 milliards, comment on vient
nous dire : On va augmenter de 65 TWh, ce qui est vraiment, vraiment
beaucoup, là. La Romaine c'est 8,5 TWh. Là on va augmenter, d'ici 2035, de
65 TWh. C'est vraiment beaucoup, et on nous dit 3... Je veux dire, on
peut-tu avoir... C'est tellement d'argent, tellement d'efforts, tellement de
négociations, tellement d'éoliennes de 200 mètres partout, de chemins dans
les forêts, c'est beaucoup de choses, là, on peut-tu avoir des équations qui
nous prouvent quelque chose? On peut-tu, vraiment?
Est-ce que... donc, est-ce que je
comprends, parce que je ne suis pas sûr d'avoir entendu la réponse... Est-ce
que, quand Hydro-Québec vous dit : Oui, ne vous inquiétez pas, le
3 %, on peut vivre avec, on augmentera de 4 % à 5 % les PME, les
industries, est-ce que vous avez reçu une simulation, un document qui vous <explique...
M. Bouazzi :
...on
augmentera de 4 % à 5 % les PME, les industries, est-ce que vous avez
reçu une simulation, un document qui vous >explique comment ça va
fonctionner?
Le Président (M. Montigny) : Juste
pour point d'information, M. le député de Maurice-Richard,
il vous reste un peu plus d'une minute.
M. Bouazzi : C'est bon.
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Bien, j'ai
répondu antérieurement, là, à la question précédente.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. D'autres interventions?
M. Bouazzi : Mais, juste pour
être sûr, parce que j'ai raté la réponse. Est-ce qu'il existe une simulation
que vous avez vue ou vous... ou il y a juste... un courriel? C'est comment
est-ce qu'Hydro-Québec vous a informés, en fait, que ça marchait?
Mme Fréchette : Bien, je
l'indiquais qu'il y avait des analyses internes qui avaient été partagées.
M. Bouazzi : Donc, est-ce que
vous pouvez nous les partager?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : C'est
confidentiel.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien.
M. Bouazzi : Est-ce que...
C'est confidentiel, pour quelle raison au juste?
Mme Fréchette : Ça peut être
débattu à la régie dans le cadre d'une cause tarifaire.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. D'autres interventions? Oui, M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui, j'ai combien
de temps qu'il reste, M. le Président?
Le Président (M. Montigny) : On
va le vérifier. Je vous reviens. Allez-y.
M. Kelley : Merci.
Le Président (M. Montigny) : Il
vous reste autour de huit minutes. Je suis désolé.
M. Kelley : Parfait. OK. Mme
la ministre, je veux juste parler, maintenant, le processus autour de déposer
un décret comme ça. J'imagine, ça va être une discussion autour de la table le Conseil
des ministres, ou quand même directement avec le bureau de le premier ministre.
C'est quoi, le processus quand le gouvernement décide qu'on va envoyer notre
décision à eux autres?
Mme Fréchette : Bien, comme
on l'a souligné à quelques occasions, quand on veut s'exprimer en tant que
gouvernement, on procède par décret.
M. Kelley : C'est par décret,
mais le processus d'écrire, préparer un décret, le contenu qui va aller dedans
ça, la discussion politique, j'imagine, ça commence sur votre bureau, au
ministère de l'Énergie, mais j'imagine que les autres ministres sont impliqués
dans ces discussions-là puis le bureau du premier ministre, j'imagine.
Mme Fréchette : Les membres
du Conseil des ministres sont solidaires. Donc, tout un chacun qui a, comment
dire, un lien plus direct est appelé à contribuer à l'échange, à la discussion
ou à la réflexion.
M. Kelley : D'accord, mais
j'imagine que le ou la ministre de l'Énergie ne peut pas probablement envoyer
un décret directement à la régie sans peut-être vérifier avec le ou la ministre
des Finances et probablement de parler avec le premier ministre ou le chef de
cabinet de le premier ministre, valider le contenu, valider...
Le Président (M. Montigny) : Alors,
très bien. Mme la ministre, quand vous serez prête.
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Alors, Mme la ministre.
Mme Fréchette : Donc, je
rappelle, quand il y a une décision du Conseil des ministres du gouvernement
qui est en cause, eh bien, chaque ministre ou ministère a été appelé à
intervenir, à s'exprimer dans ce contexte-là.
M. Kelley : D'accord. Alors,
excuse-moi, juste de bien comprendre, discussions, décret, ça va sur le site de
Greffier pour le Conseil des ministres, ça s'en vient, on va avoir une
discussion au minimum, tous les documents vont être déposés autour de la table le
Conseil des ministres, peut-être vous ou un autre... dans l'avenir, là, un
autre ministre va être obligé de faire le point autour des collègues pour dire :
Voici une décision qu'on va prendre tous ensemble. Tout le monde est d'accord
et comprend. Ça, c'est un petit peu le processus.
Ça ne passe pas par un comité à côté,
parce qu'il y a un comité, par exemple, que vous siège sur, de mémoire, avec M. Sabia,
le premier ministre, le ministre de l'Économie, je pense qu'on a créé un comité
spécial. Je me souviens, ça, c'était dans les crédits que j'ai vu qu'il y a un
comité qui existe. Mais bref, je sais qu'il y a des comités à côté, comités
économiques, plein des autres comités à côté le Conseil des ministres où on
discute de dossiers spécifiques qui touchent plusieurs ministères. Alors, ça,
c'est le genre, le type de chose qui peut peut-être passer par un comité à côté
le Conseil des ministres.
Mme Fréchette : Je peux
préciser que le seul comité qui précède le Conseil des ministres, c'est un
comité ministériel.
M. Kelley
: Exact.
Mme Fréchette : Donc, ce n'est
que des ministres, ça précède le Conseil des ministres.
M. Kelley
: OK. Il n'y
en a aucune, obligation, d'avoir un discussion en commission, parler avec les
autres <partis...
M. Kelley :
...Il
n'y en a aucune, obligation, d'avoir un discussion en commission, parler avec
les autres >partis politiques autour d'une décision qui est très
importante pour tous les consommateurs d'électricité au Québec... C'est
vraiment le gouvernement qui décide. Il n'y a pas nécessité d'avoir un débat
public.
Mme Fréchette : Le
gouvernement se prononce via des décrets. Alors, ça passe par le comité
ministériel et, ensuite, le Conseil des ministres, le plus souvent.
M. Kelley : M. le Président,
je trouve qu'on a un peu un déficit démocratique. Alors, nous avons un
amendement à suggérer. Je demande une suspension à... qu'on peut déposer notre
amendement.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous suspendons quelques instants.
(Suspension de la séance à 17 h 50)
(Reprise à 17 h 58)
Le Président (M. Montigny) : Nous
sommes de retour pour nos travaux. Il nous reste quelques minutes avant la
suspension pour l'heure du souper, en fait, mais nous avons reçu une
proposition de sous-amendement à l'article 35.2. Cette proposition de
sous-amendement, je vais la laisser présenter, qui ajouterait, comme, en
réalité, un autre... une suite à l'amendement qui était à l'étude. M. le député
de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. Alors, je vais lire : L'amendement introduisant
l'article 35.2 du projet de loi est modifié par l'ajout, à la fin, de
l'alinéa suivant :
«La commission compétente étude, pour une
durée maximale de trois heures, la proposition du gouvernement avant que
celui-ci ne prenne la décision finale.»
Alors, je ne sais pas si vous voulez que
je commence à faire mes argumentaires ou on n'a pas... peut commencer le débat
après...
Le Président (M. Montigny) : Vous
pouvez l'expliquer brièvement. Il vous reste quand même une minute, si vous
voulez. Sinon, si vous pensez que ce n'est pas justifié, je vais...
M. Kelley : Parfait. Merci
beaucoup. Je vais juste commencer avec la première partie. Moi, je crois
fortement dans les chartes, les constitutions, les contre-pouvoirs à un
gouvernement. Et qu'est-ce que je trouve est problématique avec l'amendement du
gouvernement qu'on est en train de sous-amender, qui va devenir un article <éventuellement...
M. Kelley :
...du
gouvernement qu'on est en train de sous-amender, qui va devenir un article >éventuellement,
c'est cet fait-là, c'est le ou la ministre, avec probablement l'accord de le
premier ministre et peut-être Hydro-Québec, ou pas, qui va prendre une décision
qui peut avoir un énorme impact sur notre société, sans débat, sans discussion,
pas juste avec les oppositions officielles, mais aussi peut-être avec la
société civile. Alors, c'est les raisons pourquoi... pour juste commencer, je
vais continuer l'intervention après l'heure de souper, mais c'est pourquoi j'ai
déposé ça, M. le Président. Merci beaucoup pour votre écoute.
Le Président (M. Montigny) : Bien
oui. Aucun problème. Je vous remercie, je vous remercie pour votre
collaboration.
Compte tenu de l'heure, la commission
suspend ses travaux jusqu'à 19 heures.
(Suspension de la séance à 18 heures)
19 h (version révisée)
(Reprise à 19 h 06)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît! La Commission de l'agriculture, des pêcheries, de
l'énergie et des ressources naturelles reprend ses travaux. Nous poursuivons l'étude
détaillée du projet de loi n° 69, Loi assurant la gouvernance responsable
des ressources énergétiques et modifiant diverses dispositions législatives.
Lors de l'ajournement de nos travaux tout
à l'heure, nous étions en train d'étudier l'étude d'un sous-amendement qui
était proposé par le député de Jacques-Cartier à l'amendement qui introduisait
le nouvel article 35.2. Maintenant, M. le député, est-ce qu'il y a d'autres
interventions en lien avec votre proposition d'amendement?
M. Kelley : Oui, M. le
Président, mais c'est une question, une demande peut-être des oppositions. On
comprend que la ministre a une proposition à l'amendement proposé par le député
de Jean-Talon. Alors, je pose la question si on suspendre ça pour... revient à
qu'est-ce qu'on a suspendu sur... plus tôt aujourd'hui, pour closer le débat
là-dessus puis revient sur ça, que, j'imagine, on va discuter pour le reste de
la soirée, probablement, revient demain ou la prochaine fois qu'on siège.
Une voix : ...
M. Kelley : Pas... La
prochaine fois qu'on siège. C'est une proposition...
Le Président (M. Montigny) : Oui,
bien...
Mme Fréchette : ...
M. Kelley : OK.
Le Président (M. Montigny) : Oui.
Oui. En fait, on est à l'étude d'un sous-amendement d'un... d'un amendement d'un
article, alors ça nous ferait tout déposer l'un après l'autre, là. Alors, comme
il n'y a pas consentement, on va continuer pour le sous-amendement que vous
avez déposé, M. le député.
M. Kelley : D'accord. Oui.
Alors, M. le Président, encore la raison pourquoi j'ai déposé le
sous-amendement, c'était d'adresser cette question-là qu'on est en train de
donner des pouvoirs pas mal exceptionnels à le gouvernement, là, d'envoyer des
directives claires, nettes et précises à la Régie de l'énergie. Et le
gouvernement peut déterminer des tarifs, comme on a vu avec le plafond à
3 %.
Mais je pense que tous mes collègues ont
soulevé la possibilité que, bien, c'est une année électorale, on va baisser ça
à 0 %, il n'y a aucune augmentation, cette année, on va s'assurer qu'aucune
personne ne paie plus sur leur facture d'électricité ou, quand même, faire ça
sur un horizon de deux ans. Deux ans, tout le monde va, bien, voir la réalité
que des factures d'électricité sont gelées grâce à le gouvernement au pouvoir.
Alors, au minimum, ça, c'est une décision que le gouvernement peut prendre sans
consultation avec aucun acteur sur le terrain. C'est une décision qui peut être
prise seulement pour les raisons politiques.
Alors, pourquoi ne pas ajouter un petit
peu un élément plus démocratique dans cet processus décisionnel, que la ou le
ministre doit... quand ils sont en train de préparer leur directive, leur avis,
il doit aller en commission pour expliquer leur motif, concernant une décision
qu'ils sont en train de prendre sur les tarifs, et d'avoir un débat, laisser
aussi le public et la société civile à prendre connaissance de qu'est-ce que le
gouvernement est en train de faire, puis avoir des experts qui peuvent donner
leurs avis là-dessus, puis, oui, avoir une vraie discussion, une vraie
consultation?
Parce que, quand même, cet article, cet
amendement, M. le Président, qu'on est en train de débattre, le sous-amendement
que j'ai déposé en conséquence, on a fait ça parce que l'amendement que la
ministre a déposé, ce n'était pas dans le projet de loi <original...
M. Kelley :
…en
conséquence, on a fait ça parce que l'amendement que la ministre a déposé, ce
n'était pas dans le projet de loi >original. On n'a pas eu l'avis des
experts qui ont présenté des mémoires en commission, qui ont venu ici pour les
audiences publiques, puis on a eu la chance de poser plein de questions sur les
différents articles. Et c'était certain que... si ça, c'était dans le projet de
loi original, c'est certain que tout le monde a eu une opinion là-dessus.
• (19 h 10) •
Bien, maintenant, on joue un peu, M. le
Président, en recul, et on a essayé d'avoir quelque chose qui… débattre quelque
chose qui est super fondamental pour notre société. Puis moi, je pense que les
oppositions doivent avoir leur mot là-dessus, mais pas juste les oppositions,
mais la société civile. Et trois heures… J'ai essayé quand même, M. le
Président, je sais que le ou la ministre est pas mal occupé, responsable pour
l'Énergie, mais également l'Économie et l'Innovation. Alors, trois heures,
j'imagine, peut-être certains de mes collègues vont dire : Bien, on a
besoin de plus de temps, mais au minimum, dans trois heures, on peut avoir une
vraie discussion de fond sur pourquoi un gouvernement décide de prendre une
décision, et de critiquer eux autres pas juste dans une période de questions où
l'opposition a une minute pour une question, 30 secondes pour une deuxième
et 30 secondes pour une troisième, avec des réponses de la ministre qui
sont... ou le ou la ministre qui sont 1 min 15 s, 40 s…
45 s, 45 s. Ce n'est pas une façon d'avoir un débat de fond sur
quelque chose qui est hyperimportant comme ça.
Alors, moi, je pense que cet amendement
est vraiment un bon ajout à cet amendement… excusez-moi, le sous-amendement,
c'est un bon ajout à l'amendement de la ministre, qui va devenir un article à
un certain moment. Puis on renforce notre démocratie, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci de vous être exprimé sur le sous-amendement. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions en lien avec le sous-amendement qui est affiché à
l'écran? Mme la ministre, je vous laisse la parole.
Mme Fréchette : Bien, rapidement,
juste pour dire, en fait, que, là, on tente d'intégrer, dans un… une décision
qui relève du gouvernement, dûment élu, un processus législatif parlementaire.
Donc, je trouve ça étrange comme... comme chemin à prendre pour une décision,
là. Le Conseil des ministres en soi est dûment élu et mandaté, dans le fond,
pour prendre des décisions. Donc, pour moi, en ce sens-là, c'est légitime
d'avoir un Conseil des ministres qui se prononce sur la question.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. M. le député.
M. Kelley : C'est vrai,
peut-être c'est bizarre de mettre ça dans la... dans l'amendement comme ça, M.
le Président, mais nous sommes souverains de prendre des décisions comme les
législateurs. Tout est possible, tout est possible, M. le Président, j'ai
entendu ça souvent en commission que nous avons la capacité de prendre des
décisions. Et c'est vrai, le Conseil des ministres est… a été dûment élu. Il y
a un processus démocratique de ce côté-là, mais nous, nous sommes aussi élus démocratiquement
par la population pour poser des questions, pour bien comprendre l'intention du
gouvernement et d'avoir des discussions de fond sur les décisions qui sont
hyperimportantes.
Et souvent ces types de discussions d'une décisionnelle…
une décision que le gouvernement prend dans… au sein de le Conseil des
ministres, autour de la table de le Conseil des ministres n'est pas nécessairement…
on débat de ça pas nécessairement à un point exhaustif pour bien comprendre
l'intention du gouvernement. Ça passe par les médias, ça passe par la période
de questions, mais ça n'arrive pas, en commission, où on peut poser et avoir
des bons échanges avec la ministre, le ministre, leurs équipes, les
fonctionnaires.
Alors, encore, je pense, c'est au minimum
une façon d'ajouter un contrepoids à un pouvoir exceptionnel que nous sommes en
train de donner le gouvernement, et quelque chose qui peut avoir un impact,
comme j'ai mentionné, sur les campagnes électorales. Le côté de l'opposition,
on n'a pas le pouvoir de modifier des tarifs, c'est dans les mains seulement de
le gouvernement. Et ce n'était jamais fait comme ça avant, que c'était juste
le… Bien, je pense qu'on peut aller en arrière dans l'histoire, probablement dans
les années de Duplessis, et ces époques-là, que, peut-être, les tarifs, on
était capables de jouer avec ça par décrets, mais on a changé ça.
C'est vrai, le Parti québécois a mis en
place la Régie de l'énergie dans les années 2000 pour essayer de moins
politiser les tarifs d'électricité. Puis, depuis 2018, j'avoue, pas juste moi,
mais les experts, qu'il y a une réduction dans le rôle de la Régie de l'énergie
à déterminer des tarifs. Alors, ça, c'est mes raisons pourquoi j'ai déposé cet
amendement. Je pense que c'est un bon amendement, je pense que c'est bon pour
notre société puis j'espère que, sur le côté du gouvernement, je vais avoir
l'appui d'une couple de députés pour s'assurer que ça passe.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, M. le député. D'autres interventions en lien avec le
sous-amendement? M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Je me demandais
si la ministre voulait réagir aux derniers commentaires du député de Jacques-Cartier.
Mme Fréchette : Je n'avais pas
de commentaire additionnel.
M. Paradis : Très bien. Je...
je ne veux pas présumer des <intentions…
M. Paradis :
...de
Jacques-Cartier.
Mme Fréchette : Je n'avais
pas de commentaire additionnel.
M. Paradis :
Très
bien. Je... je ne veux pas présumer des >intentions du député de
Jacques-Cartier, quoique c'est vrai qu'on a eu des discussions là-dessus, puis
je pense qu'il vient de l'exprimer en ses propres mots. Moi, je le dirais
autrement. C'est sûr que ce n'est pas le plan A, ce qui est proposé ici, probablement
pas le plan B, ni le plan C, ni le plan D, peut-être le plan E. Bon. Mais je le
dis en tout respect, mais c'est parce qu'on essaie de sauver la mise, c'est ça
qu'on essaie de faire par cet amendement.
Parce que c'est la discussion qu'on avait
avant. Cet article en particulier du projet de loi change radicalement la donne
par rapport au projet de loi qui a été présenté au départ. Il y a toute une
structure de détermination des tarifs qui existe dans la loi actuelle. Vous
proposiez des ajustements dans le projet de loi n° 69 initialement
présenté, sur lequel projet de loi les gens sont venus se prononcer. Et là, par
un amendement de dernière minute, vous changez du tout au tout. Aucune
consultation des Québécoises et des Québécois sur comment on va déterminer à
l'avenir leurs tarifs d'électricité. Ça, c'est au moins une toute petite
ouverture à ce qu'il y ait un débat démocratique, à la limite, au moment où le
gouvernement veut fixer la hausse des tarifs.
Parce que ce qu'il y a d'intéressant,
c'est que, dans l'amendement que vous proposez, il n'y a aucun critère, aucune
route de tracée, aucune balise. On ne sait pas d'où vient la décision
gouvernementale, sinon que c'est une décision politique. Et une décision
politique, elle tient compte d'intérêts politiques. Et ça fait plusieurs fois
que je l'évoque et je vois que mon collègue de Jacques-Cartier l'a aussi évoqué
dans sa dernière intervention, d'aucuns pourraient prétendre que ça permet, par
exemple, avant une période électorale, d'artificiellement mettre un plafond peu
élevé. Donc, c'est-à-dire que, là, on semble protéger les taux, et puis
ensuite, tout de suite après l'élection, faire autre chose ou laisser au
prochain gouvernement l'odieux d'avoir à augmenter les taux.
Parce que, on le redit, il se passe deux
choses dans ce projet de loi. On rajoute plein d'éléments qui visent à faire
monter les tarifs d'électricité. C'est ça dont on a discuté dans les derniers
jours. C'est ce gouvernement, le gouvernement de la CAQ, qui dit : Bon,
maintenant, on va ajouter ça, on va ajouter, bon, les ententes avec les Premières
Nations, ensuite on va ajouter les manques à gagner des années précédentes,
ensuite on va ajouter les différences de tarifs pour les redistributeurs
d'électricité. Bon, on va rajouter plein de trucs. Puis là, en même temps, on
dit : Ah! on va plafonner les taux. Il va se passer quelque chose à un
moment donné. Ça va être insoutenable. Puis c'est le gouvernement qui crée ça.
La deuxième chose qui se passe, c'est que,
bien qu'on fasse beaucoup de communication sur la fameuse protection des taux,
qui est entièrement laissée à la discrétion du gouvernement... c'est qu'on se
ménage toutes sortes de portes de sortie. Le projet de loi prévoit lui-même,
dans ses termes, la création d'un fonds pour compenser les impacts de la hausse
des tarifs d'électricité domestiques. Ce n'est pas moi qui le dis, ce sont les
termes des articles du projet de loi. Et ce fonds-là va être payé par qui? Par
les contribuables.
On a vu hier qu'on a créé un nouvel
article qui permet au gouvernement lui seul de dire à la régie : Ah!
terminé, l'interfinancement qui protège les tarifs bas pour les clients
domestiques, je fais sauter ça. Donc, ça permet de politiser les taux.
Politiser les taux, c'est comme... ce serait comme un peu le troisième lien du
projet de loi n° 69. On dit quelque chose avant les élections de 2018, on
ne le fait pas pendant la... tout le premier mandat. Puis là on dit quelque
chose avant les élections. Bien, on le promet encore de nouveau avant les
élections de 2022, puis là on fait quelque chose de différent après. Il peut se
passer la même chose pour les tarifs. Et c'est pour ça qu'on ne veut pas ce
genre de dispositions qui donnent plein de discrétions au gouvernement.
Et l'idée, je pense, derrière l'amendement
du député de Jacques-Cartier, il l'a dit, c'est qu'on consulte. Et on se
souviendra qu'au début de l'étude détaillée... Parce que le contexte avait
beaucoup changé entre le moment où le projet de loi a été présenté, on se
souviendra que c'était au printemps de l'année dernière, après des soi-disant
consultations qui avaient eu lieu l'été précédent. Donc, en 2022, on disait :
Le contexte a beaucoup changé, guerre tarifaire, changements économiques, etc.
Puis on disait : Ça... il faut... il faut <entendre...
M. Paradis :
...beaucoup
changé, guerre tarifaire, changements économiques, etc. Puis on disait :
Ça... il faut... il faut >entendre les gens pour qu'ils nous guident
dans nos décisions. Donc, encore plus maintenant qu'on change radicalement le
projet de loi.
• (19 h 20) •
Alors, est-ce que la ministre ne convient
pas que ça... Je le réitère... puis j'ai compris sa réponse, ce n'est peut-être
pas l'idéal, mais c'est une moindre mesure, une façon de s'assurer qu'il y a
le... un soupçon de démocratie dans ce qu'on est en train de faire, vu qu'il
n'y a eu aucune consultation sur l'article 52.4.1 que vous proposez, et
qui change tout. Je le dis, cet article-là, il change une vingtaine d'articles
de la Loi sur la Régie de l'énergie. Il vient, en fait, en quelque sorte, les
rendre à peu près inopérants, parce qu'il dit : Peu importe les calculs
que vous allez faire en vertu de la loi, c'est moi qui vais décider du montant.
Est-ce que... est-ce que la ministre ne convient pas que ça, ça ouvre un petit
peu à ce qu'on consulte les gens ou qu'on ait un débat démocratique?
Le Président (M. Montigny) : Alors,
cher collègue, simplement vous dire que nous sommes à l'étude du
sous-amendement qui est affiché à l'écran. Je vous inviterais à essayer de
rester sur le sujet du sous-amendement. C'est tout, je ne fais que dire ça.
Alors, est-ce qu'il y a des... est-ce qu'il y a des... d'autres commentaires en
lien avec le sous-amendement à l'article 35.2? Merci, Mme la députée, vous
avez la parole.
Mme Garceau : Merci, M. le
Président. Juste en termes de... le commentaire que vous venez de porter, c'est
sûr et certain qu'il y a un lien entre nos représentations, à ce stade-ci, sur
cet... sur ce sous-amendement, en raison de la façon que l'amendement a été
déposé, et du fait qu'il n'y a eu aucune consultation particulière, qui fait en
sorte que, oui, on est en train de... Honnêtement, on ne devrait même pas être
ici... On ne devrait même pas avoir une discussion, honnêtement, M. le
Président, parce que ça, cet article-là, 52.4.1, ne devrait pas être, on ne
devrait pas l'avoir déposé. Et c'est pour ça que... l'importance d'au moins
avoir ce sous-amendement, qui fait en sorte qu'il y aurait, oui, un peu de
démocratie dans toute cette question de fixation de tarifs, les tarifs
domestiques, par le gouvernement.
Parce que, là, c'est... Et je reviens à...
au décret publié le 26 mars 2025, du gouvernement, et dans lequel,
dans le préambule, on le mentionne, c'est clair comme de... c'est très, très
clair, la Régie de l'énergie a compétence exclusive, exclusive, notamment, pour
fixer ou modifier les tarifs et les conditions auxquelles l'électricité est
distribuée par Hydro-Québec. Comment se fait-il qu'on a retiré un élément très,
très important de la compétence exclusive de la régie par un article? Un
article fait en sorte, M. le Président, qu'on change complètement la donne, et
ainsi l'importance d'avoir...
Surtout parce que, tel que mentionné par
mon collègue de Jean-Talon, il n'y a... il n'y a aucune balise d'encadrement.
La ministre l'avait expliqué que... Parce que ce n'est pas dans l'article non
plus en ce qui a trait... ou à quel moment est-ce que le gouvernement va
émettre sa décision à la régie que le tarif ou les tarifs domestiques vont...
vont être de x. Est-ce que ça va être 3 % l'année prochaine? Est-ce que ça
va être 2 %? Est-ce que ça va être 1 % parce qu'on s'en va en
élections? On ne le sait pas, parce qu'il y a une discrétion entière du
gouvernement de fixer le... les tarifs domestiques.
Et donc avoir cet amendement, qui dit que
la commission compétente va étudier, pour une durée maximale de trois heures...
Vraiment, trois heures, là, on va se le dire, dans le contexte actuel, ce n'est
pas beaucoup, c'est un minimum, un minimum, la proposition du gouvernement,
avant qu'une décision finale soit prise. Et c'est dans <l'optique...
Mme Garceau :
...un
minimum, un minimum, la proposition du gouvernement, avant qu'une décision
finale soit prise. Et c'est dans >l'optique aussi que peut-être avec un
échange... qu'il y ait des experts et aussi avec les partis d'opposition afin
de comprendre, de voir comment le gouvernement est arrivé à augmenter.
Peut-être que ça va être plus que le 3 %, est-ce qu'on va le maintenir,
est-ce qu'on va le diminuer? D'avoir au moins cet échange avant qu'une décision
finale soit prise. Donc, pour moi, c'est comme le minimum dans le contexte
actuel, compte tenu de l'article 52.4.1 qui a été déposé par le
gouvernement.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Monsieur... M. le député
de Maurice-Richard, je vous laisse la parole.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Je rappelle aux gens qui nous écoutent que c'est... on est en train
d'être sur un amendement sur un article qui a été introduit dans un amendement
la semaine dernière, mercredi dernier, dont on ne savait pas l'existence, et
qui permet, en gros, au gouvernement d'imposer un changement... en tout cas de
ne pas faire les... à la... à la régie, et que la régie ne fasse pas les
équations.
Et, tout à l'heure, j'ai fait un calcul
pour voir, en gros, comment évoluerait le prix du kilowattheure en fonction de
la quantité d'électricité patrimoniale. Et, en fin de compte, j'ai
l'impression... J'ai peut-être... j'ai peut-être... il y a quelque chose que
j'ai peut-être mal compris. Parce que, Mme la ministre, vous nous avez dit
qu'il y avait 90 % d'électricité patrimoniale, en gros, dans ce qui est
vendu au Québec. Et moi, je... je vous ai donné raison sur la base du fait
qu'il y a un 15 térawattheures sur les 200, à peu près, qu'on produit qui
sont vendus à l'étranger, donc qui ne rentrent pas dans le calcul. Est-ce que
je dois... est-ce que je comprends bien que l'électricité patrimoniale est
priorisée en date d'aujourd'hui dans la consommation des Québécoises et
Québécois chez eux avant de la vendre à l'étranger?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Oui, merci,
M. le Président. En fait, c'est une question qu'on a abordée, là, plus tôt
aujourd'hui, là, quand je parlais de la piscine à l'intérieur de laquelle se
retrouve l'ensemble des électrons. Mais j'aimerais que Me Marois nous précise,
parce que c'est sur le plan comptable, en fait, qu'il y a une distinction.
Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Me Marois.
M. Marois (Samuel) : Vous
comprendrez que je n'ai pas l'expertise comptable, là, par exemple. Mais c'est
la discussion qu'on avait hier. En fait, c'est l'article 71.1 de la Loi
sur la Régie de l'énergie qui prévoit actuellement que les besoins sont
satisfaits en priorité par la fourniture d'électricité autre que patrimoniale
puis, lorsque cette fourniture est écoulée, par l'électricité patrimoniale. On
comprend que ce n'est pas les... ce n'est pas l'électron, là. On parle des
coûts, là. C'est la loi actuelle.
M. Bouazzi : ...ça, c'est la
loi actuelle. Et donc, à ce moment-là, comment on arrive à la conclusion... Et
j'ai peut-être mal compris. Parce que, si on a 160 téra de patrimonial sur 200,
et qu'en gros on en consomme 177, au Québec, des 200, comment on arrive à la conclusion
que 90 % de ce qu'on consomme au Québec est... est patrimonial, si, en fin
de compte, on priorise la consommation de ce qui ne l'est pas? Ça fait qu'à ce
moment-là ce serait l'inverse. C'est-à-dire que le taux de patrimonial serait
beaucoup plus bas que 90 %, parce que... Vous voyez, j'ai du mal à
comprendre la logique.
On a... on a 200 térawattheures en
tout. On en consomme 177 au Québec. Il y en a 160 qui est patrimonial. Ma
question, c'est : Quel pourcentage de patrimonial il y a dans ce qu'on
consomme au Québec? Il y a deux manières de voir les choses, ou bien on
priorise tout ce qui est intermittent, en gros, qui sort des éoliennes en
premier dans le calcul comptable, si on parle des électrons, et à ce moment-là
le pourcentage de <patrimonial...
M. Bouazzi :
...dans
le calcul comptable, si on parle des électrons, et à ce moment-là le
pourcentage de >patrimonial est spécialement bas, ou on priorise tout ce
qui est patrimonial dans le calcul comptable de ce qu'on consomme au Québec, et
à ce moment-là la partie patrimoniale est spécialement haute. Moi, j'ai
l'impression... Enfin, je ne comprends pas. Si on est sûrs du 90 %, ça
voudrait dire qu'on priorise le patrimonial pour le Québec et que, dans la
comptabilité, ce qui nous coûte un peu plus cher à travers les coûts des
éoliennes, c'est ce qu'on vend sur les marchés étrangers.
• (19 h 30) •
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. J'ai une demande de prise de parole par le député de Gaspé. Je vous
écoute, M. le député de Gaspé. M. le député de Gaspé, ce ne sera pas long, là,
le micro va s'ouvrir. Et voilà!
M. Sainte-Croix : Merci. 211,
pertinence.
M. Bouazzi : Ah! c'est très
pertinent. Ça, c'est facile, là.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
simplement là-dessus, le discours doit porter sur le sujet en discussion. Par
contre, ce n'est pas à la présidente... à la présidence de juger à ce stade-ci,
M. le député. Alors, je vais simplement demander de rester, là, sur un sujet
qui concerne le sous-amendement. C'est tout. Alors, est-ce qu'il y a quelqu'un
qui... Mme la ministre, souhaitez-vous...
Mme Fréchette : Je pense que
la sous-ministre adjointe pourrait intervenir.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Alors, Mme la sous-ministre, aujourd'hui...
Mme Deschênes (Dominique) : Dominique
Deschênes, sous-ministre adjointe à l'Énergie.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Est-ce que nous avons consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Mme la sous-ministre, je vous laisse la parole.
Mme Deschênes (Dominique) : Donc,
oui, c'est vrai que l'électron n'est pas tagué, mais, quand même, quand Hydro
fait son bilan auprès de la Régie de l'énergie sur les plans d'approvisionnement
puis ce qu'il a desservi au niveau du marché québécois, il lui remet un tableau
sur les mentions. Ça fait que l'électron n'est pas traçable dans le réseau.
Mais, principalement, les ressources hydrauliques sont considérées normalement
dans le bloc patrimonial, donc on les considère.
M. Bouazzi : Ma question,
c'est : est-ce que, donc, ces électrons hydrauliques, appelons-les comme
ça... Et puis d'un point... On est d'accord que, qu'ils viennent du vent ou de
l'eau, ça ne change rien, c'est de la comptabilité. Est-ce qu'ils sont
priorisés pour la consommation québécoquébécoise, si on veut, au Québec, ou ils
sont répartis de manière proportionnelle sur ce qu'on vend sur des contrats
qu'on a signés avec les Américains, par exemple, et/ou sur le marché spot et le...
la consommation québécoise, ou au contraire ils sont priorisés dans ce qu'on
vend... dans ce qu'on vend à l'extérieur du Québec?
Et, si je prends le chiffre de 90 %
de patrimonial dans la consommation québécoise, pour que ce chiffre-là
fonctionne, que Mme la ministre nous avait donné, bien, il faudrait que le
patrimonial soit priorisé pour la consommation québécoise. Donc, nous, on a...
on a 160 de patrimonial, ensuite on a 12 plus 15, 27, à peu près, de... ou une
trentaine qui ne l'est pas, c'est ça, 30... 30 térawattheures qui ne l'est
pas. Et, sur le 30, bien, la majorité de ce qui n'est pas patrimonial
rentrerait dans la comptabilité de ce qu'on vend sur le marché spot. C'est
possible, ça, ou... On le distribue comment, le patrimonial?
Mme Deschênes (Dominique) : Bien,
comme on le dit, le bloc patrimonial est principalement destiné au marché
québécois, mais, quand il a été déterminé à l'époque en 165 térawattheures,
on ne le consommait pas tout... pas au complet.
M. Bouazzi : Exact, c'est...
il y en avait une partie qui partait, oui.
Mme Deschênes (Dominique) : Donc,
avec le temps, maintenant on est rendus qu'on le consomme, donc tout ce qui est
hydraulique est principalement destiné au marché québécois.
M. Bouazzi : Exact.
Mme Deschênes (Dominique) : Mais
c'est... mais ce n'est pas une priorité qui est absolue au jour le jour, au...
l'heure, ça dépend vraiment des circonstances de l'hydraulicité, par exemple,
de la température qui est...
M. Bouazzi : De ce qui est
disponible, dans le fond?
Mme Deschênes (Dominique) : Exact,
oui, mais c'est...
M. Bouazzi : Donc, si à un
moment il y a beaucoup de vent et que nous, on n'utilise pas l'électricité,
bien...
Mme Deschênes (Dominique) : Hydro-Québec
va optimiser en fonction...
M. Bouazzi : Et on va vendre,
c'est ça, et puis... OK. Et alors, ma question, c'est par rapport à ce qu'on a
adopté hier. C'est hier, là, qu'on avait dit qu'Hydro-Québec Distribution priorise,
en gros, l'électricité intermittente. Honnêtement, je perds la notion du temps,
c'est peut-être avant-hier, mais en tout cas, disons, il n'y a pas longtemps,
il n'y a pas longtemps. Est-ce que ça voudrait dire en fin de compte qu'on
priorise le non-patrimonial pour la... pour la consommation québécoise,
justement?
Mme Deschênes (Dominique) : Bien,
en termes de comptabilité, là, le fait que le bloc patrimonial est très peu
cher, là, c'est destiné principalement au marché québécois. Ça, c'est... c'est
priorisé...
19 h 30 (version révisée)
Mme Deschênes (Dominique) : ...peu
cher, là. C'est destiné principalement au marché québécois. Ça, c'est priorisé
pour que le coût pour les Québécois soit le moins dispendieux possible. Si on
parle d'approvisionnement puis d'électrons, là, c'est un autre aspect.
M. Bouazzi : Donc, ce qu'on
a... OK, je comprends. Donc, ce qu'on a adopté hier, qui dit qu'on consomme
avant tout l'intermittent dans la distribution, ce n'est pas... ce n'est pas la
comptabilité, c'est l'électron.
Mme Deschênes (Dominique) : Exact.
M. Bouazzi : OK, d'accord, je...
d'accord. Bon, maintenant, si on revient à l'amendement dans son détail, juste
pour dire que nous, on pense, c'est une bonne idée, effectivement, d'avoir un
petit trois... trois heures où il y a des échanges d'information pour
mieux comprendre la situation au minimum. Ça fait que j'informe mes collègues
qu'on va appuyer l'amendement.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
M. le député. D'autres interventions en lien avec le sous-amendement? M. le
député de Jean-Talon.
M. Paradis : Donc, c'est un
amendement... c'est un sous-amendement qui vise à faire en sorte qu'on a un
minimum de dialogue social sur une disposition vraiment importante. Est-ce que
la ministre... En fait, comment... comment la ministre évalue-t-elle le niveau
de consultation et d'acceptabilité sociale de cette disposition précise
actuellement? Commençons par la consultation. Comment elle qualifierait les
consultations qu'elle a menées ou pas avant de présenter cet amendement?
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Bien, je
rappelle que c'est une proposition qui est dans l'espace public, à l'effet de
plafonner à 3 %, depuis plusieurs mois. Je mentionnais que, dès la prise
de mes responsabilités, ça faisait partie du discours, et il y a des groupes,
comme on a vu, qui se sont prononcés dans le cadre de la commission qu'on a eue
en début d'automne. Alors, ça a été discuté publiquement, l'objectif, comme tel,
de plafonner à 3 %, et en Chambre également.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Alors, je
reprends vos mots. C'est dans l'espace public que vous voulez plafonner à
3 %. Voulez-vous me dire où, dans votre article 52.4.1, on voit le
3 %? Où est-ce que c'est... où est-ce que c'est dit que c'est 3 % dans
cet article-là?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre, je vous laisse la parole.
Mme Fréchette : Comme je l'indiquais
précédemment, l'article donne la possibilité d'établir un taux. Nous, ce
taux-là, on a annoncé qu'il était de 3 %.
Le Président (M. Montigny) : M.
le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Donc, dans la
réponse précédente, vous me dites : C'est dans l'espace public qu'on va
plafonner à 3 %. Et là, dans la réponse suivante, vous me dites : L'article
donne la possibilité de plafonner. Est-ce que vous convenez que ce n'est pas la
même chose?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Alors, Mme la ministre.
Mme Fréchette : Je me suis
prononcée déjà sur l'intérêt de l'amendement qui est proposé. Donc, je
proposerais qu'on revienne au libellé de l'amendement et qu'on poursuive les
interventions des collègues, s'il y a lieu.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Alors, M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Bien, je
comprends qu'il n'y a pas de réponse parce que la réponse, tout le monde l'a
comprise en écoutant l'échange qu'on vient d'avoir, ce n'est pas la même chose.
Et pourquoi je pose la question, c'est parce qu'ici on parle du problème avec
le niveau de consultation. Le projet de loi sur lequel il y a eu des
consultations publiques, ce n'est pas ce qu'il disait. Il disait quelque chose
de complètement différent, pas juste : On a fait un petit ajustement, on a
eu une petite coquetterie de libellé législatif. Ce n'est pas de ça dont on
parle. On parle d'un changement radical.
Je ne veux pas répéter le nom du jeu de
cartes, je ne veux pas bouleverser le député de Dubuc une nouvelle fois, puis
il ne m'a pas, d'ailleurs, suggéré encore un autre nom pour ce jeu de cartes
bien connu au Québec, mais c'est ça qui s'est passé. C'est une révolution, dans
le sens... un changement <complet de l'ordre législatif...
M. Paradis :
…mais
c'est ça qui s'est passé, c'est une révolution, dans le sens d'un changement >complet
de l'ordre législatif. C'est de ça dont on parle.
Ici, le député de Jacques-Cartier essaie
de sauver le minimum, et c'est pour ça que, compte tenu des deux réponses
qu'elle vient de nous donner... que, sur la place publique, elle a dit «plafonner
à 3 %», bien, que l'article, ce n'est pas ça du tout ce qu'il dit.
L'article donne la possibilité au gouvernement de plafonner au taux qu'il
détermine en fonction d'intérêts politiques parce que, ça, on l'a déterminé
dans nos échanges précédents.
Donc, quelle note d'auto-évaluation la
ministre se donne-t-elle ou donne-t-elle à son gouvernement quant au niveau de
consultation sur la solution qu'elle propose ici? Et je vais faire comme mon
collègue de Maurice-Richard. Je vais rappeler qu'il s'agit d'amendements qu'on
a reçus en liasse. Donc, ça veut dire qu'on nous a garroché un paquet
d'amendements alors qu'on était en train de siéger la semaine dernière, et tout
le monde, tous les commentateurs qui ont vu ça disent exactement la même chose :
Ça change radicalement le projet de loi.
Je lui repose la question parce que je ne
lui ferai pas de surprise. Mon point, après, c'est : Ce projet de loi doit
être retiré pour qu'il y ait le dialogue social national dont on a besoin sur
comment on gère notre secteur de l'énergie et qui va payer quoi comme facture
d'électricité. C'est ça, mon point. Alors, si la ministre ne veut toujours pas
retirer le projet de loi n° 69, quelle note se donne-t-elle, mettons, sur
10, sur la qualité, la quantité, l'ampleur des consultations qu'elle a menées
publiquement sur l'article qu'elle nous propose, qui va être le cœur désormais du
régime tarifaire québécois?
• (19 h 40) •
Le Président (M. Montigny) : Alors,
M. le député de Maurice-Richard, vous avez demandé la parole.
M. Paradis : Non, mais est-ce
que… est-ce que la ministre comptait répondre ou pas?
Le Président (M. Montigny) : Bien,
moi, je ne veux pas couper la parole à Mme la ministre, là, mais...
Mme Fréchette : Bien, j'ai
dit que j'allais écouter les interventions en lien avec la proposition, mais là
je ne pense pas qu'on soit sur la proposition. Si on parle de donner une note
sur 10 de l'évaluation du processus, je pense qu'on n'est pas sur l'amendement.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
M. le député de Maurice-Richard, vous aviez demandé la parole.
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Bien,
c'est parce qu'il me l'a demandée à plusieurs reprises, puis je veux juste
assurer l'équilibre. M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Oui, si c'est
juste une phrase, oui, allez-y.
Le Président (M. Montigny) :
Allez-y, allez-y, allez-y, M. le député, d'abord, de Jean-Talon.
M. Paradis : Bien, c'est
parce que la ministre dit que ça n'a pas rapport, mais c'est exactement ça dont
on parle. La proposition de sous-amendement du député de Jacques-Cartier
cherche à sauver le minimum de dialogue démocratique sur le cœur de ce que va
être le régime tarifaire québécois à partir de l'adoption du projet de loi
n° 69. Donc, c'est complètement pertinent, c'est de ça dont on parle. Si
vous me disiez, Mme la ministre : J'ai eu plein, plein, plein de
consultations, puis tout le monde au Québec est d'accord, on pourrait dire :
Bon, le sous-amendement n'était pas nécessaire, mais c'est l'inverse. Il y a eu
zéro consultation là-dessus, zéro, zéro. Donc, est-ce que vous voulez répondre
de nouveau sur l'auto-évaluation que vous faites de la qualité et de la
quantité de consultations que vous avez faites sur cet article pour nous dire
pourquoi le sous-amendement devrait être rejeté ou accepté?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Pour le bénéfice de tous, simplement rappeler à l'ensemble des membres de
la commission que c'est au choix de la ministre de répondre ou non, là. Ce
n'est pas à moi à l'obliger à répondre, alors, simplement. Alors, M. le député
de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Je vais revenir, malheureusement, aux questions de chiffres, et je
regarde peut-être les gens autour de vous, Mme la ministre, dans l'amendement,
parce qu'il est… il est vrai qu'effectivement l'électricité patrimoniale est priorisée
pour la consommation québécoise, pas de problème. Il est vrai aussi que, quand
on a commencé ça, il en restait, il y en avait, des surplus, ça fait qu'on en
vendait aussi, de la patrimoniale, à l'extérieur.
Aujourd'hui, on dépasse, on dépasse de pas
beaucoup, mais on dépasse... on est autour... on est un peu plus... mais, bref,
on est capables de la consommer au complet, pour les industries, les PME et les
Québécois sur le territoire. Et donc, sur le 160… sur le
200 térawattheures qu'on produit, il y a en 165 qui est patrimonial, il reste
au Québec, il y en a 12 qui ne vient pas du patrimonial, qui reste au Québec,
et puis il y en a 15 qui est vendu à l'étranger, et donc qui n'est pas
patrimonial. Est-ce qu'on est d'accord? C'est ça, aujourd'hui, la situation.
Techniquement, ça vient des chiffres du rapport d'Hydro, là, ça fait <que
ça devrait être bon…
M. Bouazzi :
...aujourd'hui,
la situation. Techniquement, ça vient des chiffres du rapport d'Hydro, là, ça
fait >que ça devrait être bon.
Et là ce qui m'inquiète énormément, et
j'espère avoir mal compris, c'est que, dans ce qu'on a adopté hier, ce qu'on
dit, c'est : «Les coûts des approvisionnements en électricité autres que
ceux visés aux paragraphes», etc. Donc, ça, c'est ce qu'on a... c'est
l'amendement de l'article 33, 52.2. «Toutefois, en cas d'approvisionnement
excédentaire au cours d'une année tarifaire, les coûts des approvisionnements
en électricité visés au premier alinéa sont établis de manière à tenir compte,
d'abord, de l'ensemble des coûts des contrats d'approvisionnement en
électricité dont la livraison ne peut être reportée et, ensuite, d'une partie
des coûts des autres approvisionnements en électricité.»
Est-ce que je comprends bien qu'à partir
du moment où ce projet de loi est adopté la partie non patrimoniale est
priorisée pour la consommation au Québec? Parce que ça, c'est de la
comptabilité, ce n'est pas des électrons, là. On parle de coûts.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la sous-ministre, vous avez la parole. Ça va? Non, ce n'est pas le bon, ça
s'en vient. Mme la sous-ministre, oui, maintenant, ça va. Merci.
Mme Deschênes (Dominique) : Merci.
Dans le fond, ce qu'on... ce qu'on expliquait hier, c'est qu'on va valoriser
les contrats fermes en premier. Ce n'est pas nécessairement des nouveaux
projets éoliens. Ça peut être des contrats existants, aussi, d'échange
d'énergie avec des provinces voisines. C'est ça qu'on voulait dire. On passe
les contrats fermes en premier, puis, quand on est capables de stocker de
l'énergie par des barrages, tout ça, bien là, eux, on va les optimiser, mais ça
ne veut pas nécessairement dire que... On ne cherche pas à dire que le
Québécois va payer plus cher puis il va payer tous les nouveaux
approvisionnements en premier. Ce n'est pas ça, l'objectif de l'amendement.
M. Bouazzi : Je comprends, mais
j'essaie juste de comprendre où on continue à assurer que l'électricité
patrimoniale est priorisée pour la consommation québécoise, et, moi, ce que je
lis de cette phrase-là, c'est exactement l'inverse, parce que cette phrase-là
est rattachée à la distribution, qui, elle, est rattachée à la consommation
locale, et ce qu'elle dit, c'est qu'on priorise d'abord l'ensemble des coûts
des contrats d'approvisionnement en électricité dont la livraison ne peut être
reportée. On est d'accord que ce n'est pas la patrimoniale, celle-là. Il y a
peut-être d'autres... d'autres barrages qui ne sont pas patrimoniaux, et que ça
peut être reporté, mais les contrats d'approvisionnement en électricité dont la
livraison ne peut être reportée, ce n'est pas la patrimoniale, et hier on
parlait d'intermittent clairement, parce que, si c'est le cas, c'est un...
c'est un terrible, c'est un immense changement, là, mais vraiment immense, là,
et puis, si vous arrivez à garder le 3 %, je n'aimerais pas être une PME
ou une industrie, là.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre, je vous laisse la parole.
Mme Fréchette : Oui, bien, M.
le Président, j'inviterais le député de Maurice-Richard à s'en remettre à
l'article 111 du projet de loi, où il est mentionné que «la Société doit
assurer par tout moyen les approvisionnements requis pour la satisfaction des
besoins des marchés québécois en électricité patrimoniale pour un volume de
165 térawattheures». Donc : «Doit assurer par tous les moyens les
approvisionnements requis pour la satisfaction des besoins des marchés
québécois en électricité patrimoniale pour un volume de 165 térawattheures.»
M. Bouazzi : Et comment on
concilie cette phrase-là avec le fait qu'on doit prioriser l'électricité... les
contrats fermes d'électricité intermittente dans l'amendement, ou il y a un
problème de cohérence entre... entre les deux articles?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien.
M. Bouazzi : Excusez-moi, le
111, il fait 12 pages, là.
Une voix : ...
M. Bouazzi : Ah! le premier.
Le Président (M. Montigny) : Tout
simplement, pendant la période... juste rappeler, là, pour le <bénéfice
de tout le monde...
Le Président (M. Montigny) :
...tout
simplement, pendant la période... juste rappeler, là, pour le >bénéfice
de tout le monde, que nous sommes à l'étude du sous-amendement à un amendement
qui a été déposé à l'article 35.2.
M. Bouazzi : Je vais
demander...
Le Président (M. Montigny) : M.
le député.
M. Bouazzi : ...oui, une
suspension, juste le temps de lire ce que nous a... ce dont nous a parlé la
ministre.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 19 h 50)
20 h (version révisée)
(Reprise à 20 h 11)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous reprenons donc nos travaux. Nous sommes toujours à l'étude du
sous-amendement à l'article 35.2. Est-ce qu'il y a des interventions? M.
le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Bon. Donc, on
est sur un sous-amendement qui vise à assurer un minimum de dialogue social sur
ce changement fondamental. J'aimerais savoir, parce que j'imagine que, bon, la
ministre ne semble pas en faveur de ce sous-amendement-là, est-ce qu'elle est
au courant, depuis que son amendement a été déposé, 52.4.1, donc l'amendement
principal qu'on veut sous-amender... est-ce qu'elle est au courant d'une
organisation, d'une association, de groupes qui se sont prononcés en faveur de
ce qu'elle propose. Puis on l'a dit tout à l'heure, c'est elle qui l'a bien
identifié, on ne parle pas du plafonnement à 3 %, on dit de donner au
gouvernement le pouvoir discrétionnaire de plafonner ou pas au taux qu'il
décide lui-même. Est-ce qu'il y a quelqu'un quelque part, dans la dernière
semaine, qui s'est prononcé en faveur?
Le Président (M. Montigny) : Bien.
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. On m'a déjà posé la question antérieurement, donc j'ai déjà répondu.
Merci.
Le Président (M. Montigny) : M.
le député de Jean-Talon.
M. Paradis : La réponse
est... La réponse est non, à ce que je sache. Par contre, la ministre semble
réussir quelque chose d'assez extraordinaire, elle réussit à faire pas mal l'unanimité
contre cette proposition-là.
Professeur des HEC Montréal Sylvain
Audette, qui a fourni des conseils stratégiques au gouvernement, l'an dernier,
sur la planification énergétique : «C'est scandaleux. Michael Sabia ne
peut plus... ne veut plus de pouvoir juridique dans ses pattes, et Legault est
d'accord.» C'est lui qui dit ça.
Norma Kozhaya, vice-présidente à la
recherche du Conseil du patronat du Québec : «Les modifications proposées
sont majeures et viennent diluer significativement le rôle de la Régie de
l'énergie. En matière d'énergie, la prévisibilité, la transparence et l'équilibre
entre les parties sont essentiels. En retirant des pouvoirs à la régie sans
consultation suffisante, nous politisons le dossier de l'énergie et
compromettons un processus éprouvé, sur lequel les acteurs économiques s'appuient
pour planifier leurs investissements à long terme.»
François Vincent, de la Fédération
canadienne de l'entreprise indépendante : «C'est le pire changement que la
ministre pourrait faire avec son projet de loi. Ce serait tourner le dos aux
PME.»
Julie White : «Dans le contexte
tarifaire que nous connaissons et qui exerce déjà une pression importante sur
les entreprises, il est essentiel d'éviter toute mesure qui viendrait alourdir
davantage leur fardeau. Les entreprises ont besoin de conditions stables et
prévisibles qui permettront de soutenir leur compétitivité.»
Option consommateurs, qu'on citait tout à
l'heure, voici ce qu'ils disent : «...estime qu'il est essentiel de
dépolitiser la fixation des tarifs d'électricité et de respecter les décisions
prises par la Régie de l'énergie pour éviter des hausses marquées à l'avenir.»
Jean-Pierre Finet, du regroupement des
organisations en environnement et en énergie : «Une bombe tarifaire à
retardement.»
On n'a pas pu avoir de consultations. À
défaut, j'en propose ici un petit florilège. Qu'est-ce que la ministre pense de
tout ça?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Des interventions? Est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec l'article 35.2?
Non? Il n'y a pas... Oui, M. le député de <Jacques-Cartier...
Le Président (M. Montigny) :
...Non?
Il n'y a pas... Oui, M. le député de >Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui, M. le
Président. Peut-être une question pour la... pour la ministre ou pour maître...
Me Marois, si vous savez si une autre instance ou une commission existe...
excusez-moi, que ce type d'idée existe dans un projet de loi, une autre...
excusez-moi, dans une autre loi où le ministre doit aller en commission pour discuter
un décret.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, M. le député.
Des voix : ...
Mme Fréchette : ...pas
d'exemple à vous soumettre.
M. Kelley : Bon, c'est... c'est
correct.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien.
M. Kelley
: Peut-être,
on est en train de créer un précédent, M. le Président. Puis on aime ça, on est
créatifs, là, c'est... c'est une bonne chose, M. le Président, mais je pense
que... Encore, je veux juste répéter, cet amendement propose une façon de
peut-être ouvrir le débat plus large pour avoir une discussion sur les
éléments... un élément qui est très important pour notre société, mais, je
comprends, on a fait le tour. Je veux remercier mes collègues qui ont fait des
interventions et pour l'appui.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. M. le député de Jean-Talon, toujours sur le sous-amendement à
l'article 35.2.
M. Paradis : Si cet
amendement est refusé puis qu'il n'y a pas eu de consultations, est-ce qu'il y
a quelque chose qui peut être fait pour ouvrir le dialogue? Parce qu'on vient
de voir quelles sont les réactions d'à peu près tous les intervenants dans le
secteur de l'énergie sur cet article-là, qui est vraiment, vraiment, vraiment
important, révolution tarifaire au Québec, puis il n'y en a pas, là,
d'organisation qui appuie la ministre. Est-ce qu'elle propose quelque chose?
Parce qu'actuellement... Je ne sais pas comment... Il y a une chanson de Roch
Voisine qui me vient en tête : «Seul sur le sable, les yeux dans l'eau». Vous
êtes bien seule, Mme la ministre, là, le gouvernement de la CAQ est bien seul,
vous ne trouvez pas?
Le Président (M. Montigny) : M.
le député de Dubuc.
M. Tremblay : Ce n'est quand
même pas La mélodie du bonheur.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
M. le député de Dubuc. Mme la ministre, peut-être? Mme la ministre.
Mme Fréchette : Bien, j'ai
une suggestion, en fait : de soumettre l'amendement au vote. Alors, ce
serait ma proposition.
Le Président (M. Montigny) : Bien.
M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : C'est
intéressant, la suggestion de la ministre, parce que ça exprime la vision de la
démocratie. Parce que, là, c'est sûr, on va soumettre ça au vote, puis les
députés du groupe ministériel ont la majorité puis vont battre l'amendement.
C'est ça, le problème. Puis avoir la majorité dans un Parlement, c'est une
chose, mais consulter la population et les parties prenantes sur la pièce
maîtresse de ce projet de loi ou, en tout cas, une des pièces maîtresses...
Ah! bien oui, absolument, Mme la ministre,
vous changez complètement le régime tarifaire au Québec. Puis pourquoi, pourquoi
c'est arrivé, pourquoi c'est arrivé à la fin, dans une liasse d'amendements qui
nous sont présentés à quelques jours de la fin de la session parlementaire,
alors qu'on a déjà commencé après les consultations particulières? Il fait — un,
deux, trois, quatre, cinq — cinq lignes, votre amendement. C'est
parce qu'il n'était pas prêt il y a deux ans? Je voudrais comprendre, là,
pourquoi ça nous est arrivé à la dernière minute comme ça, qu'est-ce qui
explique ce changement radical. Puis, en plus, vous aviez déjà adopté votre
décret, là, dont il est inspiré. Ça, c'était au mois de mars. Puis, votre
politique, c'est vous-même qui l'avez annoncée il y a des mois. Qu'est-ce qui
fait qu'on reçoit ça à deux semaines? Ça, est-ce qu'il y a une... est-ce qu'il
y a une réponse à cette question-là ou ça va demeurer sans réponse?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Je rappelle pour les auditeurs que nous sommes toujours à l'étude du
sous-amendement de l'article 35.2 déposé par le député de Jacques-Cartier.
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. Bien,
j'aimerais, en fait, mentionner que la pièce maîtresse de ce projet de loi là,
c'est le plan de gestion intégrée des ressources énergétiques. C'est un
exercice qu'on fait pour la première fois au Québec, et on consulte l'ensemble
des acteurs intéressés par le secteur de l'énergie, et on est en train de tenir
une tournée. Et d'ailleurs c'est mon collègue, notre président de commission,
qui pilote cette tournée, qui est allée dans un ensemble de régions. Je pense
qu'on a un total de 14 régions qui sont visitées. On consulte les
Québécois, on veut les entendre sur le mix énergétique du Québec des
25 prochaines années. C'est la première fois que ça se fait, c'est la
première fois qu'on consulte les gens, et on le fait en collaboration avec les
acteurs du milieu pour justement <s'engager...
Mme Fréchette :
...et
on le fait en collaboration avec les acteurs du milieu pour justement >s'engager
dans un processus qui va nous faire avancer sur la voie de la transition
énergétique.
Le Président (M. Montigny) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions en lien avec le sous-amendement? Oui, M. le
député de Jean-Talon, vous avez la parole.
M. Paradis : Encore une fois,
cette réponse-là, elle est illustrative. La ministre nous dit : Bien oui,
la réponse à ça, c'est qu'on va faire des consultations pour le prochain plan
de gestion intégrée des ressources énergétiques, mais je vais avoir décidé
avant, parce que la ministre ne s'est pas engagée... depuis plusieurs jours, on
lui a demandé, à moins qu'elle me dise le contraire aujourd'hui, mais elle ne s'est
pas engagée à ne pas procéder par bâillon puis elle ne veut pas retirer le
projet de loi n° 69. Donc, elle va déjà avoir tout
décidé par bâillon, le Québec va être pris avec ça, puis les gens auront beau
dire : Ce n'est pas ça qu'on voulait, on ne vous a jamais demandé ça, vous
ne nous avez pas consultés, il va être trop tard, le gouvernement va déjà avoir
donné la réponse, comme c'est le cas dans tout son projet de loi, parce qu'elle
écarte la régie, elle écarte les règles de fixation des tarifs puis elle dit :
C'est moi qui va la donner, la réponse.
• (20 h 20) •
Le Président (M. Montigny) : D'autres
interventions? M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley :
Oui, M. le Président. Je vais prendre
le temps d'exercer mes droits constitutionnels. I think it's important right
now, because our people, they do listen to us on occasion in English, so...
Comme... Comme je dis à mes collègues, je ne vais pas... je ne vais pas dire
des choses que je n'ai pas déjà dites en français, je veux juste répéter qu'est-ce
que j'ai dit en français en anglais. I think it's important just to situate where we are, because this is a very important discussion and debate for all Quebeckers of all walks of life.
So, the Government… just to recap why I tabled
this... oh boy! now, I get to translate a «"sous-amendment" en anglais»... a subamendment, a subamendment, there we go, yes...
Une voix : …
M. Kelley
: …a subamendment to the amendment, and the
amendment that the Minister tabled, which will, at some point in time, become
an article, that is completely new, that's being introduced into this piece of
legislation, will give the Government the ability to pass by a decree the
order, which will go to the Régie de l'énergie to say : Well, the
Government would like us to have tariffs fixed at this certain rate. And the
example that we're using right now, of course, is the fact that the Government
has made the promise, the engagement politically to make sure that that is
capped at 3%, which is, you know, a political decision that is made, and it's…
what the amendment does is that it gives that Government a pretty large amount
of the discretionary power. And it turns our discussion about rates... it turns
them into something that becomes quite political.
And we can just think,
Mr. President, of the... or Mr. Speaker, it's always hard to know, but we'll
stay in one or the other, I'll say Mister… I'll say Mr. Speaker, that anytime
we're going towards an election, well, a government can just say : Well,
I'm going to put it, you know, at 2%, or I'm going to even put it down to 0%
over two years, nobody in Québec… election's coming up, we're going to keep
your electricity bills at the same rate, nothing's going to change. It's quite
a tremendous power, it's quite an important power that we're handing over, and
I think it's important, again, to concentrate the discussion back on the fact
that we're going to keep things at 3%. We... The Government has said and
Hydro-Québec has said that the rates for our large industrial players and our
small and medium businesses will be around 4% to 5%, and that should be OK to
cover the $150 billion that Hydro-Québec intends to invest in Québec
between here and 2035. For us, as opposition critics, it's difficult because we
don't have… we don't have all the studies from Hydro-Québec, we don't have all
the data before us to know if all… is that it all true, is it already add up,
is the math mathing, as I said before.
So, again, the impact is…
the fact where we're keeping at 3%, there are direct links to what's going to
happen to our businesses, whether they be large or small or medium. And what
we're seeing right now is that those rates are increasing, and we know that, at
least for the next couple of years, there will be 5%, 5%, 5%, and the result of
that is, if you think of the small little shop in your… you know, your local
village, the local «dépanneur», the local coffee shop, the local restaurant,
the local dry cleaner, whatever it may be, those small… small businesses, well,
their rates are going to go up, and it could be thousands of dollars for them
on a <year…
M. Kelley :
…
rates are going to go
up, and it could be thousands of dollars for them on a >year. And we know that, more often than not, it's one or two people
who own the business together, employ a few people from the community, and
they're going to have to look at, you know, the revenues that are coming in,
their expenses, and say : Well, maybe this year we can't hire more people,
or, you know, we're going to have to force people to pay more for our products.
So, in the end of the day, well, I'm not having my bill go up by more than 3%.
Well, you know, maybe the bill of the dry cleaner is going to go up by 4%, by
5%, you know. And, in the end, if you go across the board that all of our
small, medium businesses have to do that, the large industrial players, it adds
up, and it's going to come out of the pocket of Quebeckers and the consumer anyways.
So, it's a fundamental
discussion and it's one that is worth… worth having. And the reason why we
tabled this is to say : Well, the Government can go ahead and do that, the Minister
can speak around the cabinet table, take a decision with her fellow colleagues,
with the Premier's office, and say : We're going to do this, maybe even
talk to Hydro-Québec, but we, as an opposition, don't have our word, we don't
have a moment to necessarily criticize. This decision is just made, and then we
all kind of have to live with it.
So, what my subamendment
to the amendment proposes is that at least, in parliamentary commission, we
start… we would ask there'll be a parliamentary commission of three hours,
where the Minister would… would come, present the arguments for why is it
necessary to send this decree to the Régie de l'énergie to keep electricity
rates capped at whatever percentage it could be, and put all the data before us,
but more important than just consult with the opposition parties, allow enough
time for civil society to also examine the proposal, what is taking place, and
give their feedback. I think that's one of the crucial elements… is missing
from this extremely important amendment that the Government has tabled is that
democratic ability to exercise everyone's right to consult, to have their
voices heard, and not just go through the media or, as I mentioned before, in
question period, where you have one minute, as an opposition critic, to pose
your first question, 30 seconds for the second and 30 seconds for the third, where
the Minister responds 1 min 15 s, 45, 45 seconds. It's short.
It's not something where you can go into depth about the importance of
something like this, that will have an impact on our society over the long
term.
So, those are the
principal reasons why I thought it was important, along my colleagues… it was
important to at least put this forward. It's a minimal. It's… It's plan not A, B,
C, it's D. This is the last option. We're just trying to get a little bit of a
change or trying to get an openness to try and have an ability to have a more
democratic process around the discussion of electricity rates, because it's a
bit lopsided right now. There's a tremendous amount of power on one side, in
the hands of the Government, in the hands… for them to decide something that is
crucial and has an impact on our entire society and economy.
So, those are the
reasons. This is what we're discussing. If anyone out there is trying to fall
asleep or, you know, wants to learn a little bit more about what we're studying
in Bill 69, and they ended up falling on this and cop this little
intervention in English, I just thought it was important, because this is one
of the most crucial amendments, probably, of the entire bill.
Alors, merci
beaucoup, M. le Président, pour l'écoute. Puis, encore, j'espère que le
gouvernement va réfléchir un petit peu, mes collègues de le côté gouvernemental
vont dire : Finalement, ce député de Jacques-Cartier, il a vraiment eu des
bons arguments, puis je vais voter en faveur de le sous-amendement qu'il a
déposé cet après-midi. Alors, merci beaucoup, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci beaucoup. M. le député de Jean-Talon, vous avez demandé la parole.
M. Paradis : C'est
intéressant. Ça me trotte dans la tête, là, ce que la ministre a dit juste
avant, que, ah! la pièce maîtresse, finalement, ce n'est pas ce dont on est en
train de discuter, c'est le PGIRE, le plan de gestion intégrée des ressources
énergétiques. Moi, je ne pense pas que ce soit le cas, mais, si c'est le cas,
alors, pourquoi déjà avoir cadenassé la route que les gens vont pouvoir ou vont
devoir suivre? Parce que, là, on donnerait déjà une grande partie des réponses
dans le projet de loi n° 69. Pourquoi ne pas l'avoir fait avant? Parce
qu'on avait déjà le plan d'Hydro-Québec qui, déjà, aussi, trace la voie. Puis
là, maintenant qu'on voit que le gouvernement et Hydro-Québec marchent main
dans la main, là, gambadent ensemble, bien, ça semble déjà tout décidé. Mais,
surtout, si c'est ça, si c'est le PGIRE qui est la pièce maîtresse... Mais
alors je pose la question à la ministre : Pourquoi radicalement changer le
régime tarifaire puis le processus de fixation des tarifs? C'est elle, c'est
ses mots, elle dit : Ah! c'est le <PGIRE...
M. Paradis :
...processus
de fixation des tarifs? C'est elle, c'est ses mots, elle dit : Ah! c'est le
>PGIRE le plus important. Pourquoi ne pas l'avoir fait avant? Et
pourquoi, pourquoi changer radicalement le processus tarifaire?
Le Président (M. Montigny) :
Très bien.
Mme Fréchette : M. le
Président...
Le Président (M. Montigny) :
Allez-y.
Mme Fréchette : ...je me suis
prononcée déjà sur la proposition d'amendement. J'ai exprimé mes vues. Merci.
• (20 h 30) •
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci, Mme la ministre. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Alors, comme il n'y a pas d'intervention en lien avec le sous-amendement à
l'article 35.2, nous pouvons passer à la mise aux voix...
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
...par appel nominal. Merci. Mme la secrétaire, par appel nominal.
La Secrétaire
: Pour,
contre, abstention. M. Kelley (Jacques-Cartier)?
M. Kelley
: Pour.
La Secrétaire
: Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire
: M. Bouazzi
(Maurice-Richard)?
M. Bouazzi : Pour.
La Secrétaire
: Mme Fréchette
(Sanguinet)?
Mme Fréchette : Contre.
La Secrétaire
: M. Bussière
(Gatineau)?
Une voix : Ce n'est pas fini.
Ce n'est pas fini.
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Alors, nous reprenons le vote. À l'ordre, s'il vous plaît!
La Secrétaire : M. Bussière
(Gatineau)?
M. Bussière : Contre.
La Secrétaire
: M. Sainte-Croix
(Gaspé)?
M. Sainte-Croix :
Contre.
La Secrétaire
: M. Tremblay
(Dubuc)?
M. Tremblay : Contre.
La Secrétaire
: M. Poulin
(Beauce-Sud)?
M. Poulin : Contre.
La Secrétaire
: M. Montigny
(René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) :
Abstention. Alors, le sous-amendement à l'article 35.2 est rejeté.
Nous revenons donc à l'amendement à 35.2.
Nous allons prendre le temps d'afficher à nouveau l'amendement. Nous allons
prendre le temps d'afficher l'amendement. Et voici. Et nous avons l'amendement.
Nous avions déjà débuté l'étude de l'amendement, nous lui... nous revenons. M.
le député de Maurice-Richard, vous avez demandé la parole.
Je vous laisse la parole.
M. Bouazzi : Oui, M. le
Président. On vous a envoyé un sous-amendement à cet amendement.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Nous allons prendre le temps de...
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Nous
ne l'avons pas reçu.
Nous allons donc suspendre quelques
instants.
(Suspension de la séance à 20 h 32)
20 h 30 (version révisée)
(Reprise à 20 h 38)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous avons reçu une proposition de sous-amendement, qui a été déposée, nous
allons l'ouvrir sur Greffier dans quelques instants, sous-amendement qui
provient de M. le député de Maurice-Richard. Il est donc affiché à l'écran. M.
le député, je vous invite à en faire la présentation.
M. Bouazzi : Merci beaucoup, M.
le Président. Donc, l'amendement... Le sous-amendement... Zut! On a une erreur,
mais c'est juste...
Une voix : ...
M. Bouazzi : Ah oui! C'est
parfait. Merci... Donc, l'amendement, à l'article 35.2 du projet de loi,
est modifié par le remplacement du mot «établir» par les mots «indiquer
préalablement à la Régie ses préoccupations conformément à l'article 109.1,
et proposer»; et
2° le remplacement des mots «est tenue
de» par le mot «peut». Voilà.
Le Président (M. Montigny) : On
va juste le monter un peu pour avoir une vue d'ensemble. À cette heure-ci, ça
peut nous aider. Voilà. M. le député, je vous laisse la parole à nouveau.
M. Bouazzi : Alors, je vais
lire, donc, rapidement : Donc, le gouvernement... Bon, bref, l'idée, c'est
<d'adoucir...
M. Bouazzi :
... je
vais lire, donc, rapidement : Donc, le gouvernement... Bon, bref, l'idée,
c'est >d'adoucir un peu les ordres qui viennent du gouvernement. Et je
dois avouer, Mme la ministre, que je me suis inspiré de votre propre travail,
que vous nous avez... que nous avons adopté hier, donc, à l'article 30, où
vous aviez la possibilité d'indiquer préalablement à la régie des
préoccupations que la régie... dans ce qui a trait à la... au... à la fixation
des tarifs de transition pour un consommateur qui passe à une autre catégorie
de consommateurs. Bref, ça vient ici atténuer le pouvoir. Ça vous en laisse,
mais ça laisserait aussi la marge de manœuvre du tribunal et donc ça laisserait
le tribunal jouer... jouer son rôle par rapport à sa prérogative qui est de
fixer les tarifs.
• (20 h 40) •
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Très bien. Merci, tout le monde. Merci. Alors, sur cette proposition
d'amendement, Mme la ministre, on vous écoute.
Mme Fréchette : Oui. Merci,
M. le Président. Donc, bien, je rappelle, en fait, que notre engagement pour
plafonner à un maximum de 3 % la hausse tarifaire pour le tarif domestique
pour Hydro-Québec, bien, c'est un engagement ferme. Alors, pour nous, un décret
de préoccupation ne pourrait pas nous permettre de respecter notre engagement,
parce que c'est une invitation à ajouter un élément additionnel à la réflexion
de la régie, un décret de préoccupation. Et, dans notre cas, c'est un
engagement. Alors, ce n'est pas compatible, je dirais, avec notre ambition,
notre intention, notre engagement.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. M. le député.
M. Bouazzi : Oui. Le
problème, Mme la ministre, c'est qu'à long terme, là, disons sur 10 ans,
l'idée de plafonner à 3 %, si vraiment on va construire toute cette
nouvelle électricité et qu'on va la consommer, bien, c'est une promesse qui
sera à peu près impossible à tenir. Grâce à cet amendement, vous pourrez
dire : Bien, on a vraiment essayé, mais la régie a trouvé mieux. Ça règle
un problème pour vous aussi, là, et puis ça permet, si c'est correct, d'avoir
le 3 %. Vous avez dit qu'Hydro-Québec pouvait vivre avec le 3 %
aussi. Ça fait que tout le monde serait heureux, et on respecterait... Je ne
vais pas développer plus, peut-être que mes collègues voudront, là. Mais je pense
que c'est une bonne... un bon équilibre qui permettrait peut-être de rassembler
tout le monde, y compris vous, Mme la ministre.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
toujours sur le sous-amendement apporté par le député de Maurice-Richard, est-ce
qu'il y a des interventions? Il n'y a pas d'intervention... Oui, M. le député
de Jean-Talon.
M. Paradis : Bien, je suis,
de fait, curieux d'entendre un peu plus longuement la ministre, parce que ça me
semble, de fait, être un compromis intéressant. C'est-à-dire que le
gouvernement peut agir, indiquer préalablement à la régie ses préoccupations
conformément à l'article dont on a déjà discuté, 109.1, qui n'est pas encore
adopté, d'ailleurs, mais sur lequel on aura des commentaires, et proposer un
taux maximal, puis ensuite la régie décide.
J'imagine, encore une fois, et je...
peut-être que le député de Maurice-Richard pourra le
préciser, là, pour moi, ce ne serait pas un plan A. Moi, je pense que le plan
A, c'est de retirer complètement cet article, cet amendement à 52.4.1, pour
toutes les raisons dont on a déjà discuté. On change radicalement le régime,
personne n'a été consulté là-dessus et surtout que personne n'est d'accord,
actuellement, personne n'est d'accord : politisation des tarifs,
contournement de toutes les règles qui existent depuis longtemps pour fixer les
tarifs. On sort complètement de la logique. On calcule les coûts pour fixer les
revenus requis, donc, à quel tarif on devrait facturer les Québécois. On sort
de tout ça.
Donc, moi, le plan A, ce serait d'éliminer
cet article-là qui vient, d'ailleurs, en quelque sorte, boucher un trou dans la
coque du navire gouvernemental. Parce que cette année il a fait ça, mais sans
base juridique, sans... sans que ce soit possible de le faire, il a contourné,
là, par des trucs dont on a déjà discuté aussi, l'utilisation d'une disposition
d'exception, etc. Donc, mon plan A : l'enlever. Ça, c'est comme un plan de
secours. À la limite, au moins, ce n'est pas le gouvernement qui décide de
tout, il propose.
C'est la logique, hein, d'ailleurs,
actuellement, de la loi. Le gouvernement tente de sortir de cette logique-là,
mais, en quelque sorte, l'amendement nous y... nous y ramènerait, et ce qui
serait... ce qui ne serait quand même pas une mauvaise chose. C'est-à-dire que
le gouvernement a le droit de discuter avec la régie, il a le droit de faire
ses points politiques, notamment, dont la ministre nous a parlé, <mais
ensuite la régie...
M. Paradis :
... a
le droit de faire ses points politiques, notamment, dont la ministre nous a
parlé, >mais ensuite la régie décide, et d'autres ont la capacité aussi
de venir dire autre chose. Parce que ça, c'est l'autre problème avec
l'amendement proposé, personne ne peut rien dire. Le gouvernement décide, c'est
tranché, c'est terminé, voici. Là, ici, ça donne l'occasion d'avoir un dialogue
sur la solution proposée par le gouvernement et la comparer à ce que les autres
en pensent, et la régie décide. Je vais voter en faveur de cet amendement.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. D'autres interventions...
M. Paradis : Quoique je ne
vote pas, mais...
Le Président (M. Montigny) : ...en
lien avec ce sous-amendement? Oui, M. le député de Jacques-Cartier, vous avez
la parole.
M. Kelley : Oui. Merci, M. le
Président. Dans le même sens que mon collègue de Jean-Talon, je vais appuyer le
sous-amendement de mon collègue de Maurice-Richard. Je pense, on revient à la
base. Ce n'est n'est pas la solution a ni la solution d, mais c'est une...
c'est entre ça, là, c'est au minimum quelque chose qu'on... C'est une bonne
avance, selon moi, c'est meilleur que le texte dans sa forme actuelle. Je pense
qu'on a eu une méthode, avant, que le gouvernement peut communiquer avec la
régie. Ça semble que le gouvernement a utilisé ça. Alors, pourquoi juste garder
qu'est-ce que nous avons déjà en place ou quelque chose similaire? Mais, bref,
je pense, c'est une bonne suggestion. Puis c'est une bonne suggestion et puis
une... c'est une bonne suggestion, proposition par mon collègue de
Maurice-Richard. Merci beaucoup.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Très bien. D'autres interventions? Oui, Mme la députée, je vous laisse la
parole.
Mme Garceau : Oui. Merci, M.
le Président. Merci pour le sous-amendement. Parce que, compte tenu... On
reprend, dans cet amendement, les termes qui sont prévus déjà dans le projet de
loi, particulièrement en ce qui a trait aux préoccupations et, si je me
souviens bien, là, que ce soient des préoccupations économiques, sociales ou
environnementales.
Et c'est important, cet amendement, compte
tenu de... le sous-amendement, compte tenu de l'amendement qui a été déposé,
parce que cet... ce sous-amendement fait en sorte qu'on est en train de
dépolitiser le processus proposé maintenant, un nouveau processus proposé par
le gouvernement. Puis, je vais le dire, la mesure... la disposition 52.4.1,
elle est antidémocratique. Elle a été déterminée de façon unilatérale par le
gouvernement, sans aucune consultation des acteurs de la société civile. Et ça,
M. le Président, c'est grave, c'est fondamental.
Et, au moins, on parle d'un engagement du
gouvernement, on veut le maintenir, mais honnêtement on ne devrait pas
politiser la régie. L'indépendance de la régie est fondamentale. Le projet de
loi fait en sorte qu'on devrait le maintenir, mais malheureusement il y a
d'autres articles qui fait en sorte qu'on est en train d'atténuer ou de
diminuer l'indépendance de la régie. Mais cet article, la disposition 52.4.1,
fait en sorte qu'on est en train carrément de politiser le processus, et c'est
vraiment regrettable dans notre démocratie, dans notre société québécoise, M.
le Président.
Et donc, à la lumière de ce
sous-amendement, que je demanderais à la banquette gouvernementale de
sérieusement considérer, puisque vous pouvez... C'est une voie de passage, et
vous pouvez atteindre l'objectif, l'objectif souhaité, qui serait de fixer des
tarifs domestiques ou, au moins, donner votre opinion à la régie, compte tenu
de vos préoccupations. Parce que, le 3 %, dont vous avez déterminé de
façon unilatérale, vous avez des motifs. On espère que c'est des motifs
probablement liés à l'environnement... ou à l'économie, je <devrais
dire...
Mme Garceau :
...des
motifs probablement liés à l'environnement... ou à l'économie, je >devrais
dire. Mais, ceci dit, c'est une proposition très, très importante, que nous
allons appuyer favorablement.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
est-ce qu'il y a d'autres interventions? Tout à fait, oui, M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : ...nos
collègues, là-bas, voulaient réagir.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Alors, très bien, nous allons... mise aux voix de... du sous-amendement à
l'article... Juste le remonter, là, par contre, pour que tout le monde voie,
là, la partie du haut. Merci. Alors...
• (20 h 50) •
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Par
appel nominal? Tout à fait, nous allons y aller. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Bouazzi (Maurice-Richard)?
M. Bouazzi : Pour.
La Secrétaire
: Mme Fréchette
(Sanguinet)?
Mme Fréchette : Contre.
La Secrétaire
: M. Bussière
(Gatineau)?
M. Bussière : Contre.
La Secrétaire
: M. Sainte-Croix
(Gaspé)?
M. Sainte-Croix : Contre.
La Secrétaire
: M. Tremblay
(Dubuc)?
M. Tremblay : Contre.
La Secrétaire
: M. Poulin
(Beauce-Sud)?
M. Poulin : Contre.
La Secrétaire
: M. Kelley
(Jacques-Cartier)?
M. Kelley
: Pour.
La Secrétaire
: Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire
: M. Montigny
(René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) : Abstention.
Alors, le sous-amendement à l'article 35.2 est rejeté. Nous revenons donc
à l'amendement d'origine. Voilà, il est maintenant affiché. Nous sommes de
retour à l'amendement à l'article 35.2. Alors, sur cette proposition
d'amendement, est-ce qu'il y a des interventions? M. le député de
Jacques-Cartier.
M. Kelley : J'ai un dernier
amendement... sous-amendement à déposer, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Allez-y,
nous avons le temps.
M. Kelley : Alors, je demande
une suspension.
Le Président (M. Montigny) : Nous
allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 20 h 51)
(Reprise à 20 h 53)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous sommes donc de retour pour continuer nos travaux. Il nous reste quelques minutes.
Mais nous avons reçu une proposition de sous-amendement, qui est affichée à
l'écran. M. le député de Jacques-Cartier, je vous invite à en faire la
présentation.
M. Kelley : Merci beaucoup,
M. le Président. Alors, option f, on avance, on continue. L'amendement
introduisant l'article 35.2 du projet de loi est modifié par l'ajout, à la
fin, de l'alinéa suivant :
«Le gouvernement doit publier le décret, à
la gazette officielle, au minimum de 45 jours avant le processus de
révision tarifaire.»
Alors, M. le Président, la raison pourquoi
je dépose ça. Si on ne peut pas avoir une discussion en commission, je
comprends, la ministre ou le ministre est probablement trop occupé de faire
quelque chose comme ça. Je comprends, ça arrive, des ministres sont occupés.
Mais ça, ça, c'est simple. Le gouvernement va écrire et préparer un décret, ça
va être fait, il va y avoir des discussions. Alors, le moment que la décision
est prise, avant que c'est... bien, c'est transféré directement au Régie de
l'énergie, ça va être publié, puis on va avoir 45 jours. Pourquoi 45 jours?
Parce qu'on a dit que des règles...
Une voix : ...
M. Kelley
: C'est comme
les règles, oui. Les règlements, c'est 45 jours. Alors, il y a du logique,
ça <suit la logique...
M. Kelley :
...
C'est comme les règles, oui. Les règlements, c'est 45 jours. Alors, il y a
du logique, ça >suit la logique gouvernementale. Alors ça, ça va
permettre, M. le Président, à le...
Le Président (M. Montigny) : ...M.
le député. Alors, il nous reste très peu de temps...
M. Kelley : Oui, tout le
monde est excité par l'idée, j'aime ça.
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : S'il
vous plaît... À l'ordre, s'il vous plaît, tout le monde! Il nous reste très peu
de temps. Ceux qui ont vraiment besoin de discuter en lien avec le
sous-amendement, faites-le en chuchotant. M. le député a la parole. On aimerait
l'entendre. Merci.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Alors, je pense, ça, c'est encore... c'est la solution f. C'est loin d'être
parfait, ce n'est pas meilleur que le dernier amendement que j'ai déposé... sous-amendement
que j'ai déposé. Mais, quand même, le moment que ça, c'est déposé, on va avoir
45 jours que des gens peuvent prendre connaissance de qu'est-ce qui a été
écrit. Parce que ma collègue a bien pris le dernier décret de le gouvernement, elle
a utilisé plusieurs éléments, ce n'est pas juste un petit «blurb», là, avec une
couple des mots, il y a des explications. Alors, les gens vont avoir, minimum,
45 jours, dire : Heille! Ça, ça arrive, faire les interventions
auprès de le gouvernement, jaser avec la ministre, au minimum lancer un type de
dialogue où le gouvernement, la ou le ministre, les ministres, des fois, on ne
sait pas... Mais, au minimum, il va y avoir un débat au sein de notre société,
autour de quelque chose qui est hyperimportant.
Alors, j'ai hâte d'entendre qu'est-ce que la
ministre pense de notre solution f, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
très bien. Nous sommes toujours à l'étude du sous-amendement, article 35.2,
proposé par M. le député. Alors...
Mme Fréchette : Oui, je vais
prendre un petit moment. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Oui.
Nous allons donc suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 20 h 56)
(Reprise à 20 h 59)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous sommes de retour. Par contre, je vous remercie pour votre collaboration, compte
tenu de l'heure, la <commission ajourne...
Le Président (M. Montigny) :
...
contre, je vous remercie pour votre collaboration, compte tenu de l'heure, la
>commission ajourne ses travaux sine die.
(Fin de la séance à 21 heures)