(Quinze heures quatre minutes)
Le Président (M. Ciccone) : Alors,
ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de
l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
ouverte.
La commission est réunie afin de procéder à
l'étude du portefeuille Agriculture, Pêcheries et Alimentation pour l'exercice
financier 2026‑2027. Une enveloppe de trois heures a été allouée pour
l'étude des crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Caron (Portneuf) est remplacé par M. Provençal
(Beauce-Nord) et M. Bouazzi (Maurice-Richard), par Mme Zaga Mendez
(Verdun).
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup. Nous allons procéder à une discussion d'ordre général par blocs
d'environ 20 minutes, incluant les questions et les réponses. La mise aux
voix de ces crédits sera effectuée à la fin du temps qui leur est alloué, soit
après-midi, vers 18 heures.
Puisque nous avons débuté nos travaux à
15 h 05 et qu'une période de trois heures doit être consacrée à l'étude de ces crédits après-midi, y a-t-il
consentement pour poursuivre nos travaux au-delà de l'heure prévue, soit
18 h 05? Merci beaucoup.
Discussion générale
Sur ce, je
suis maintenant prêt à entendre et reconnaître M. le député de Pontiac pour une
intervention de 22 min 4 s.
M. Fortin :
22 minutes, très bien,
merci. Merci, M. le Président. Bon après-midi, tout le monde. M. le ministre,
bon après-midi. Bienvenue à vos premiers crédits. Ça va bien se passer, je n'en
ai aucun doute.
OK, j'aimerais ça qu'on commence en parlant de
la relève agricole, si ça vous... si ça ne vous dérange pas trop, bon, même si
ça vous dérange, mais... OK, le programme de subvention à la relève agricole,
là, on en a... on en parle régulièrement, là, on en parle quasiment à chaque
année dans les crédits ici, mais on en parle à chaque année parce que c'est un
enjeu majeur pour beaucoup de jeunes qui tentent de se faire une place dans
le... en agriculture.
Moi, j'ai une
question toute simple pour vous, M. le ministre, là. L'an dernier, dans ce
programme-là, il y avait 444 subventions aux jeunes agriculteurs
qui avaient été... qui avaient été offertes, qui avaient été octroyées. Cette
année, il y en a 360. Qu'est-ce qui s'est passé?
M.
Martel : Si vous me permettez, M. le député, je ferais
peut-être juste une brève salutation, là, premièrement, à vous. Vous
savez, ça fait 14 ans... ça va faire 14 ans que je suis député. J'ai
fait beaucoup de choses comme député, mais c'est la première fois que j'assiste
ou je témoigne, je ne sais pas comment qu'on appelle ça, mais... aux crédits.
Je vous avoue que c'est un exercice qui est quand même... pas stressant, mais
ça fait partie de la démocratie. Ça fait que
je veux saluer mes collègues du Parti libéral, de Québec solidaire, du Parti
québécois. Je veux saluer, évidemment, mon adjoint parlementaire, mes collègues
de l'Assemblée nationale, mais je veux prendre une petite minute aussi pour
saluer les organismes, mon sous-ministre, tous les gens du ministère de
l'Agriculture.
Je tiens à le mentionner, je l'ai dit souvent,
mon prédécesseur a fait un bon travail de fond au niveau du ministère de
l'Agriculture, un bon sous-ministre. Les gens sont bien placés. Puis j'ai fait
beaucoup de tournées au Québec puis, à toutes les fois, je suis accueilli... ou
je vais visiter des gens du ministère, puis sincèrement, on a un bon ministère
de l'Agriculture. On a des employés dévoués dans chacune des régions du Québec.
Ça vaut la peine. Tu sais, des fois, on est critiques, on est sévères envers
nos fonctionnaires, mais je tiens à le mentionner, les employés du ministère de
l'Agriculture, c'est des employés loyaux et dédiés. C'est un beau ministère. Ça
fait que je veux les remercier. Je veux remercier mon sous-ministre, mais aussi
tout mon cabinet. Je suis content d'avoir Valérie avec moi. Elle va beaucoup me
sécuriser. Puis je vous salue, M. le Président, pour la relève, extrêmement
important.
Je vais me limiter un petit peu, parce qu'on
prépare une annonce, sincèrement, qui va... Vous savez, j'ai rencontré la
relève régulièrement. Ils ont... Je vous dirais qu'ils ont deux revendications.
Puis la relève... Je regardais justement des chiffres tantôt. Je pense que
l'âge moyen des agriculteurs était 51 ans, voilà pas si longtemps, puis
aujourd'hui, il est 54 ans. Ça fait que ce n'est pas juste... C'est
vraiment une nécessité. Ça prend de la relève parce que les propriétaires agricoles actuels, actuellement, l'âge augmente,
et, d'un autre côté, le prix des terres est extrêmement cher, et ça
coûte cher, produire. Donc, deux revendications. Il y a un...
M. Fortin :
Oui, mais je n'ai pas... On va y arriver, M. le ministre, là, peut-être, à
votre annonce, puis au détail de leurs revendications, mais là je veux savoir
ce qui s'est passé dans la dernière année, là. Pourquoi on est passés de 444 agriculteurs, qui bénéficiaient du Programme
d'appui financier à la relève agricole, à 360. C'est quoi, votre évaluation de
ça?
• (15 h 10) •
M.
Martel : Bien, moi,
je pense que, principalement, il y a deux choses. Il y a le prix. Quand on
regarde l'évolution des terres agricoles, ça a augmenté beaucoup. Donc, il y a
une accessibilité à la propriété, je vous dirais, c'est la première chose. Puis
la deuxième, que j'ai beaucoup entendue, c'est que, notamment pour les
programmes, il faut que tu travailles... que tu n'aies pas un travail à temps
plein, à part d'avoir ton travail à la ferme. Je vous dirais que c'est une
barrière, ça. On est en train de regarder ça. C'est pour ça que je vous
dis : Soyez très attentifs très prochainement. On travaille un dossier
pour faire des belles annonces par rapport à la relève, parce que ça me
préoccupe beaucoup. Je n'ai pas fait le préambule pour rien. Quand je dis que
l'âge moyen des propriétaires est 54... il était 51, 54... Moi, je regarde, là,
par chez nous, évidemment, il y a quelques fermes qu'il y a de la relève, c'est
fondamental, mais, si les parents, souvent, n'étaient pas là, le défi serait
encore plus grand.
Ça fait que, pour répondre concrètement, c'est
le prix, et le coût de produire, puis peut-être les restrictions par rapport aux
critères d'admissibilité.
M. Fortin : OK,
mais les deux premiers critères, là, mettons que... mettons que vous faites une
annonce, là, sur les critères d'admissibilité, là, ça ne touchera pas au prix,
là. Le prix des terres ne va pas changer, ne va pas aller dans la bonne
direction demain matin. Donc, le critère, le premier que vous avez identifié,
là, ça, ça ne changera pas, là, puis je ne pense pas qu'il n'y a rien qui s'en
vient là-dessus de votre part, là.
M.
Martel : Par
rapport à quoi?
M. Fortin : Par
rapport au prix des terres.
M.
Martel : Non. C'est
sûr que le prix des terres, on n'a pas beaucoup de contrôle par rapport à l'augmentation.
Vous savez, M. le député, j'étais directeur général de la MRC de Nicolet-Yamaska
pendant 19 ans puis j'avais un service d'évaluation foncière. Ça fait
qu'on suivait ça, évidemment, et je me rappelle que, peut-être, à la fin des
années 90, début des années 2000, dans le coin de Baie-du-Febvre, là,
les terres étaient évaluées à peu près à 7 000 $ l'hectare. On a fait un
nouveau rôle d'évaluation, on l'a augmenté à 14 000 $.
M. Fortin :
Mais ça, ça, je n'en ai aucun doute. Vous avez... Je suis sûr que c'est vrai
dans votre coin, c'est vrai dans mon coin, c'est vrai, probablement, dans le
coin du député d'Arthabaska puis de plusieurs autres, mais, quand je vous
entends dire : Bien, il y a... il n'y a pas grand-chose, il n'y a pas rien
qui s'en vient sur le prix des terres... Tu sais, il y a quand même des
mécanismes qui vous ont été soumis ou qui ont été soumis au ministère de
l'Agriculture au fil des ans, là. Moi, je me souviens de certains députés
autour de la table qui parlaient, entre autres, d'un registre des transactions
foncières agricoles, quelque chose que vous avez toujours, au ministère ou à la
CAQ, refusé de faire, là. Ça, ce n'est pas dans les cartons non plus, si je
comprends bien.
M.
Martel : Bien,
refuser de faire... Je pense qu'on s'est engagés à mettre sur pied un registre.
M. Fortin : On
s'est engagés, oui.
M.
Martel : Bien,
engagés, on travaille là-dessus. Peut-être, là... Je regarde mon équipe, là,
mais probablement que, d'ici quelques semaines, on va être en mesure de
proposer un modèle, mais c'est quelque chose qu'on s'est engagés... sur lequel
on travaille.
Mais, si vous
me permettez, M. le député, juste pour finir mon histoire, à la MRC, le prix
des terres était de 7 000 $ puis il avait monté à
14 000 $. Je me souviens, il y a des tracteurs qui étaient venus sur
les terrains de la MRC. Les propriétaires étaient en furie parce que
l'augmentation... puis j'avais un maire qui était agriculteur, puis il
disait... à sa gang, il disait : Tu sais, gang, là, si le prix des terres
est à 14 000 $, c'est parce qu'on les paie 14 000 $. Tu
sais, l'évaluation foncière, la base des... La base de faire un rôle
d'évaluation foncier, c'est de regarder les transactions qu'il y a eu la
dernière année et demie et plus, puis, si on arrive à une évaluation à
14 000 $, c'est parce que les terres se vendaient au moins
14 000 $, puis, quand on regardait c'est qui qui les achetait, les
terres, bien, c'étaient des propriétaires agricoles. Souvent, quelqu'un qui
paie plus cher parce que la terre est contiguë, bien, ça fait en sorte de
l'augmenter.
M. Fortin : OK,
là, je... là, on va y aller, là, sur le... puis vous me direz ce que vous
voulez me dire puis ce que vous ne voulez pas me dire, là, s'il y a quelque
chose qui s'en vient dans... que vous avez en idée, mais je veux essayer de
comprendre le concept de... où vous en êtes, parce que moi, j'ai entendu des
affaires différentes au cours des derniers mois. J'ai entendu... Sur le
Programme d'appui financier à la relève agricole, j'ai entendu les
revendications, hein, de la relève agricole. Vous étiez avec moi, on était
ensemble, d'ailleurs, à leur congrès, il n'y a pas très longtemps, qui,
effectivement... et ce qu'ils nous disent : Le temps plein, temps partiel,
là, ça ne marche pas, on n'est plus dans la réalité d'il y a 30, 40, 50 ans, là.
C'est normal qu'on doive également, quand on veut lancer... quand on veut se
lancer en agriculture, qu'on doive avoir, pendant un temps, un revenu... je ne
veux même pas dire d'appoint, là, mais un revenu pour soutenir le lancement,
mais ça, c'est... ça, c'est ce que la relève agricole demande.
Dans le cadre de sa course
à la chefferie, là, votre nouvelle cheffe, la première ministre, là, elle aussi
a parlé de ce dossier-là, mais elle en a parlé différemment. Elle n'a pas dit,
elle : Le temps plein, le temps partiel, c'est un enjeu. Elle a dit :
Je veux lever le plafond de la subvention, donc je veux l'augmenter de
30 %, de passer de 50 000 $ à
65 000 $. Alors, moi, je veux juste savoir, là, vous, c'est quoi que
vous préférez comme approche, là. C'est-tu l'approche qui est suggérée
par votre première ministre ou c'est l'approche qui est demandée par la relève
agricole?
M. Martel : Moi, j'aime beaucoup ma
première ministre, vous le savez.
M. Fortin : J'espère. Si vous m'aviez dit le contraire aujourd'hui, je
ne suis pas sûr qu'on aurait fini les crédits ensemble.
M. Martel : Ça aurait peut-être été
mes premiers puis mes derniers crédits.
M. Fortin : J'arrête là.
M. Martel : Bien, soyez patient, OK,
quelques jours. On va annoncer ça, mais je suis à peu près convaincu que la
relève va être très satisfaite des annonces qu'on va faire. On a travaillé
fort. Il y a déjà eu des résistances à des endroits parce que c'est un débat,
hein? Est-ce qu'un propriétaire agricole peut réussir son entreprise agricole
en ayant un travail à temps plein? Tu sais, la question... la question, elle se
pose. Moi, j'ai des amis agriculteurs, puis ils ont, je ne sais pas, moi,
100 vaches, ils ne pourraient pas avoir un autre job à temps plein, là. Puis
là tu dis : Lui, il part, il peut-tu... mais la réalité, c'est que, des
fois, ils n'ont pas le choix.
M. Fortin :
Bien oui.
M.
Martel : Ils n'ont
pas le choix, parce que le coût que ça coûte, aujourd'hui, acquérir une terre
agricole ou une ferme... Puis, des fois, ils sont capables d'aménager leur
horaire de travail, de dire : Je vais travailler 60 heures par
semaine dans mon travail, là, au mois de novembre, décembre, janvier, février,
mars, puis, quand va arriver la fin du printemps, l'été, l'automne, je vais
avoir plus de disponibilité. Donc, moi, je l'ai bien entendu, je l'ai très bien
entendu, et on va essayer de répondre de façon satisfaisante...
M. Fortin : OK, mais là je comprends votre... Je comprends que vous
n'avez pas répondu pantoute à ma question, mais que vous avez dit qu'il y a une
préoccupation pour la chose puis que vous avez entendu le message de la relève.
Tu sais, vous me dites : D'un côté, j'ai entendu le message de la relève,
de l'autre, j'aime ma première ministre. Alors, je cherche à faire la part des
choses, là, parce qu'il y a deux propositions différentes. La proposition de la
première ministre, qui était de lever le plafond, c'est-à-dire de l'augmenter à
65 000 $, est-ce que c'est une mesure efficace? Je vais vous le poser
comme ça. Je ne vous dis pas : Est-ce que vous allez le faire, est-ce que
c'est ça qui s'en vient, est-ce que... Est-ce que c'est une mesure efficace?
M. Martel : Moi, je pense qu'il faut
augmenter la partie de subvention auprès de la relève agricole. OK?
M. Fortin : Très bien, mais je vous pose la question dans ce cas-là,
parce que moi, ce que je comprends, là, c'est que la... ce que j'essaie de
savoir, c'est combien... parce qu'il faut que... Si vous avez des sommes à votre
disposition, là, bien, dans le 250 millions par année que l'ancien premier
ministre, là, a laissé à sa successeure, là, vous avez... vous allez faire une
utilisation d'une partie de ces sommes-là. Je veux m'assurer qu'on le fasse
comme il faut pour remplir la demande de la relève agricole.
Il y en a combien qui atteignent le plateau du
50 000 $, en ce moment, qui atteignent le montant maximal? Parce que
moi, je comprends que la moyenne, là, est quand même pas mal plus basse que le
50 000 $. Alors, je veux juste savoir... Si on est pour relever le
plafond, parfait, mais est-ce que les gens qui reçoivent la subvention sont
déjà accotés dans le plafond ou ils reçoivent pas mal moins?
M. Martel : Je ne sais pas si je
vais répondre correctement, là, mais, si on joue avec les critères de travail à
temps plein, OK, si on joue là-dessus, puis
là je sais que vous voulez me faire parler, puis je vous ai dit que je
ferais...
M. Fortin : C'est le but de l'exercice d'aujourd'hui, oui.
M. Martel : Je vous ai dit que je ne
ferais pas les annonces aujourd'hui, là, OK? Ça fait que j'essaie de... Donc,
si on touche aux critères du travail à temps plein, on est plus lousses par
rapport à ça. Bien, moi, je fais le pari qu'il va y avoir plus de personnes qui
vont avoir accès au maximum des subventions disponibles.
M. Fortin : Bien, potentiellement pas... Vous avez raison à ça. Ma question,
là, c'est combien, aujourd'hui, là, parce
que, moi, ce que je comprends, là, c'est que, des 360 demandes qui ont été
acceptées l'an dernier, il y en a 192 qui étaient la subvention à temps
plein. OK? Donc, il y en a une partie... Puis le montant moyen, c'est
31 000 $ que les gens qui sont à temps plein sont allés chercher. Alors,
combien d'entre eux sont... sont déjà au 50 000 $? Est-ce que vous le
savez? Est-ce que vous avez ces chiffres-là?
M.
Martel :
Est-ce que... est-ce que vous le savez? Est-ce que vous le savez?
Le Président (M. Ciccone) : Un
instant, un instant, un instant. Il faut que je demande le consentement.
M.
Martel : Oui, mais
c'est là que j'allais.
Le Président (M. Ciccone) : J'ai le
consentement pour donner la parole à M. Stéphane Labrie, M. le député?
M. Fortin :
Bien sûr.
Le Président (M. Ciccone) : Oui? OK.
Juste vous présenter et votre poste, s'il vous plaît.
• (15 h 20) •
M. Labrie
(Stéphane) : Oui. Alors,
bonjour. Stéphane Labrie, président-directeur général de La Financière
agricole.
M. Fortin :
Juste pour le mentionner, là, M. le Président, là, je suis... ça me fait très
plaisir d'entendre le président-directeur de La Financière agricole, parce que
ça fait sept ans, je pense, qu'on demande à entendre le président-directeur
général de La Financière agricole, puis que le ministre de l'Agriculture refuse
net, carré qu'on l'entende. Alors, c'est la première fois en huit ans de
crédits que le PDG de La Financière s'exprime, puis ça, je pense que c'est une
bonne affaire.
M.
Martel : J'ai-tu
fait une gaffe?
M. Fortin :
Vous ne pouvez pas lui enlever son droit de parole, non.
M. Labrie (Stéphane) : Alors, les
chiffres que vous avez, M. le député, sont exacts en date du 28 février.
J'ai des chiffres actualisés au 31 mars, et il y a une hausse
substantielle, qui nous amène à 554 dossiers de relève, pour un montant de
9,9 millions de dollars au total, ce qui est une légère baisse par
rapport à l'année dernière, mais moins marquée que celle que l'on a constatée
au 28 février.
M. Fortin : OK,
mais, sur la question : Il y en a combien qui sont accotés au
50 000 $?, est-ce que vous avez la réponse à ça?
M. Labrie (Stéphane) : Je n'ai pas
la ventilation sur l'écart entre le 28 février et le 31 mars. Les
chiffres que vous avez au 28 février, temps plein, temps partiel, vous
avez les bons chiffres.
M. Fortin : OK.
Je veux juste... Je vais clore le débat, là, sur cet enjeu-là. Peut-être que
mes collègues vont y revenir.
M.
Martel : Mais
peut-être juste... Si on trouve, d'ici quelque temps... je vais te la donner.
M. Fortin :
Très bien. Je l'apprécie, M. le ministre. C'est chic de votre part.
Le Président (M. Ciccone) : Un
instant. Alors, vous vous engagez à déposer les chiffres, l'information?
M.
Martel : J'ai juste
mentionné que, si on le trouve...
Le Président (M. Ciccone) : Ah! si
vous le trouvez? Parfait.
M.
Martel : ...d'ici
la fin de l'étude, je vais les mentionner.
Le Président (M. Ciccone) : C'est
parfait. Merci.
M. Fortin :
Très bien, mais pour... pour clore, là, le débat sur le programme d'aide à...
d'appui financier à la relève agricole, on a hâte de voir votre annonce. Ça
fait des années qu'on demande ça au gouvernement. On espère que ça va être fait
correctement et selon les demandes de la relève agricole, qui sont différentes
que ce que la première ministre s'est engagée à faire.
OK, autre promesse de la première ministre, le
montant que les agriculteurs doivent payer à la bourse carbone. OK? La première
ministre a pris un engagement, et les gens de l'UPA vont le répéter jusqu'à en
être bleu dans le visage parce que c'est important pour eux autres, là, mais
elle a pris un engagement à ce que les sommes qui sont mises dans la bourse
carbone par les agriculteurs... qu'ils reçoivent une compensation pour ça, et
là, moi, ce que j'en comprends, ce que l'UPA en comprend... Tu sais, je suis
allé à l'UPA la semaine dernière, là, puis on leur a parlé, là, ils comprennent
que ça va être fait là, là. Ce n'est pas une promesse électorale, là, qu'ils
veulent par-dessus la promesse électorale de la chefferie, là. Ils comprennent
que ça va être fait dans les prochains mois. Est-ce que vous pouvez nous
confirmer ça?
M.
Martel :
La première ministre s'est effectivement engagée à rembourser le paiement de la
taxe carbone. C'est une promesse qu'on entend réaliser dans les prochains
jours.
M. Fortin : OK,
mais...
M.
Martel : On va
donner les détails, encore là, un peu comme la relève, là, puis, s'il y a un
adon, peut-être qu'on va faire les deux en même temps, je ne sais pas, mais on
va donner les détails, mais on travaille... Le ministère, moi, mon cabinet, on
travaille là-dessus depuis l'assermentation de la première ministre. C'est une
commande très claire qu'elle nous a passée. On est en train de regarder ça. On
a eu des discussions avec l'UPA, parce que, tu sais, la taxe carbone, ce n'est
pas 8 % à la pompe qu'ils paient, tu sais. C'est compliqué comme trouver
exactement la partie... mais on a travaillé avec La Financière agricole. On a
beaucoup de... on a beaucoup d'informations par rapport aux états financiers
des agriculteurs, ce qu'ils paient, notamment, en carburant, tout ça.
Donc, mon objectif, c'est qu'on soit le plus
près de la réalité possible, que ce soit le plus simple possible. Je me suis
engagé au niveau de l'allègement réglementaire et c'est une promesse que j'ai
envie de tenir. Donc, on va essayer de faire ça le plus simple possible, le
plus efficace, mais que les gens puissent toucher leur argent avant le milieu
de l'été, mettons.
M. Fortin : Sans vous demander ce qui s'en vient, là, c'est quoi, votre
estimation de ce que les agriculteurs paient à la bourse carbone par année?
M. Martel : Moi, je dirais que c'est
à peu près... c'est à peu près 40 millions.
M. Fortin : 40 millions par année?
M. Martel : Oui.
M. Fortin : OK. L'estimation de l'UPA est un peu plus élevée que ce que
vous avancez, là, mais c'est correct, c'est... En fait, on vous demande un...
On vous demande votre estimation. Donc, ça, c'est l'estimation du ministère de
l'Agriculture.
M. Martel : Ce n'est pas mon
estimation. Vous comprenez que...
M. Fortin : Ce n'est pas la... ce n'est pas la vôtre, personnelle, là,
c'est celle du ministère et des...
M.
Martel : Bien, il
y a... on a des gens très compétents,
qui ont fait beaucoup de calculs. C'est... tu sais, il y a... il peut y
avoir une différence d'interprétation, mais, d'après moi, elle n'est pas si
grande que ça, sincèrement, entre nous puis l'UPA.
M. Fortin : Je vous laisse... je vous laisse faire votre annonce cette
semaine, là, mais j'ai...
M. Martel : Bien, peut-être pas
cette semaine, là.
M. Fortin : Bien, les prochains jours, mon Dieu!
M.
Martel : J'ai dit
«bientôt».
M. Fortin : OK, bientôt, bientôt, et on va la suivre avec intérêt,
comme beaucoup de gens dans le milieu agricole, là, je n'en ai aucun doute, et
on va revenir sur votre notion d'allègement réglementaire plus tard, là, sur
d'autres enjeux, mais je veux juste m'assurer qu'on dit la même chose, là. Ce
que la première ministre a promis dans sa course à la chefferie, c'était que
c'était un retour direct aux agriculteurs, c'est-à-dire, ce n'est pas un
programme sur lequel ils doivent appliquer comme tous les autres programmes,
là, c'est un retour direct. Est-ce que cette promesse-là, elle tient encore?
M. Martel : Je pense que ce qu'on va
dévoiler va répondre, je vous dirais, presque en totalité. Ce que...
M. Fortin : Bien, c'est sûr que ça va répondre à ma question, c'est un
oui ou un non, mais...
M. Martel : Non, pas la vôtre, pas
la vôtre. Ça va répondre presque en totalité, OK? Le souhait de l'UPA, qu'ils
nous ont fait dans les rencontres, les demandes qu'ils nous ont faites, on va
être très, très près de satisfaire les demandes à 100 %.
M. Fortin :
Pardon?
Le Président (M. Ciccone) : ...
M. Fortin : Ça va. Ça va, M. le
Président. Vous pouvez le reporter au prochain bloc, s'il reste
30 secondes. Merci.
Le Président (M.
Ciccone) : Merci. Quelque chose à ajouter en 30 secondes? Non, M.
le ministre, c'est beau? Parce que je ne peux pas reporter le temps, M. le
député. Parfait. Nous sommes prêts maintenant à entendre la députée de Verdun
pour un temps total de 14 min 43 s.
Mme Zaga
Mendez : Merci beaucoup, M. le Président. Merci beaucoup, M. le
ministre, puis je remercie aussi l'opposition.
J'avais une question
semblable. Je veux juste creuser un peu plus avec les données qui nous
viennent... de nous être aussi ventilées par le PDG de La Financière agricole.
Peut-être, pour revenir sur la question de la relève agricole, moi, ce que j'avais
puis, peut-être, j'aimerais ça confirmer ces données-là, c'est que, depuis le
4 avril 2025, seulement 18 millions ont été autorisés, sur une
enveloppe totale de 100 millions, pour le Fonds d'investissement pour la
relève agricole. Là, on vient de nous dire qu'il y avait 9,9 millions pour
554 dossiers qui sont donnés en date du 31 mars. Combien qu'il nous
reste dans le... dans le Fonds d'investissement pour la relève agricole? Parce
qu'il est budgété à 100 millions. Nous, l'impression qu'on avait, c'est
qu'il y a 18 millions qui ont été autorisés sur le 100 millions
budgété. Peut-être de nous donner un peu plus de détails là-dessus.
M.
Martel :
M. le Président, si ma collègue veut, je pense que le président de La
Financière a l'information.
Mme Zaga
Mendez : Merci beaucoup, oui.
M. Labrie
(Stéphane) : Je ne l'ai pas sous la main, Mme la députée, mais je vais
la retracer.
Mme Zaga
Mendez : Parfait.
Le Président (M.
Ciccone) : Excusez, est-ce que... Je m'attends à ce que vous allez le
déposer aujourd'hui, donner l'information aujourd'hui?
M. Labrie
(Stéphane) : Je devrais être en mesure de le déposer aujourd'hui.
Le Président (M.
Ciccone) : Parfait. Merci.
Mme Zaga
Mendez : Alors, ma question... puis pourquoi ce serait important,
bien, je vais discuter à partir de ce que j'ai devant moi, là, je vais partir
de cette hypothèse-là. C'est que c'est quand même seulement 20 %, si ce
chiffre est maintenu, là, mais mettons qu'on a une augmentation de 10 millions,
là, on est quand même à 20 %, 30 % du Fonds d'investissement pour la
relève agricole. Nous, ce qu'on entend sur le terrain, puis juste pour faire du
pouce, là... on a quand même des besoins, là. Vous les avez nommés. Vous
semblez très, très sensible. Donc, s'il y a une annonce d'un rehaussement du
plafond, là, si je vois le budget disponible, là, en tout cas, il ne manque pas
de fonds, ma question, c'est : Quels critères vont être pris en...
pourraient être pris en considération pour bonifier? Parce qu'on a des coûts
qui sont... qui augmentent de plus en plus. Quand on parle un peu
d'augmentation de ce plafond-là, ça, c'est une indexation qui reflète autant
les coûts de production, mais aussi les besoins pour que la relève puisse
reprendre... le repreneuriat des entreprises familiales. Ça fait que j'aimerais
ça vous entendre un peu plus sur, là, si on a la marge de manoeuvre et comment
ce plafond-là pourrait être indexé.
• (15 h 30) •
M.
Martel :
Je vais revenir avec les plafonds indexés, OK, mais, je pense, j'aimerais ça si
je donnais la parole au sous-ministre pour... peut-être qu'on mêle deux fonds.
J'aimerais ça que le sous-ministre fesse la... fasse, désolé.
Mme Zaga
Mendez : Oui, la différenciation, parfait. On est là pour ça. On est
là pour ça.
M.
Martel :
Parce qu'il peut fesser sur moi, mais... Exactement. Ça fait que...
Le Président (M.
Ciccone) : J'ai votre autorisation? Consentement?
Mme Zaga
Mendez : Oui, bien sûr.
Le Président (M.
Ciccone) : OK. Est-ce que je peux avoir votre nom et votre poste, s'il
vous plaît?
M. Verret
(Bernard) : Bernard Verret, sous-ministre. Bonjour.
M. le Président, la question, c'est qu'on parlait
du... un programme pour la relève agricole qui s'appelle le PAFRA. C'est les chiffres que M. Labrie a donnés tout à
l'heure, là, qui, aussi, fait... en lieu de la promesse de Mme la première
ministre, de regarder... la discussion qu'on avait juste avant, et le
fonds pour la relève agricole, c'est une annonce de l'année dernière, à
100 millions, qui est aussi à La Financière agricole, et c'est deux choses
séparées. Un, c'est un fonds pour aider les investissements pour acheter des
terres, l'autre, c'est une subvention.
Ça fait que le PAFRA,
c'est une subvention pour aider les jeunes à la relève. Le FIRA, ça aide aussi
la relève, ça peut aider la relève pour acheter des terres. Et puis le fonds de
100 millions est... il est là pour quelques années, et puis il diminue tranquillement,
et, quand la... et, quand il va venir plus bas, bien, La Financière va demander
de rehausser le plafond du FIRA.
Mme Zaga Mendez : OK, bien, vous
répondez en partie à ma question, parce que, comme il était nouveau... En
effet, là, on entend les annonces pour la relève. Donc, pour le programme, pour
revenir au programme, est-ce qu'on a des surplus? Est-ce que ce programme-là...
Est-ce qu'on va chercher tout l'argent qui est disponible en termes de
subventions? La façon qu'il est calculé, est-ce qu'il est toujours calculé en
nombre... en termes de demandes ou est-ce qu'on se garde toujours une marge
de...
M. Verret (Bernard) : Le programme
PAFRA, à La Financière, c'est un programme à la demande. S'il y a
400 jeunes qui se présentent, il y a 400... Il n'y a pas de plafond à ce
programme-là et c'est... ça fait partie des programmes de La Financière
agricole... est dans leur... et La Financière agricole reçoit de l'argent dans
son transfert de base du ministère année après année.
Mme Zaga Mendez : Parfait, OK. Je
vais continuer. Vous avez répondu à ma question, parce qu'on avait eu, hein, le
fait... de comprendre le fait de cette annonce.
J'ai le goût de nous amener... Moi, je veux
aller de l'agriculture à l'alimentation, puis, de l'alimentation, on reviendra
à l'agriculture, parce qu'il y a une grande préoccupation en ce moment, les
Québécois et Québécoises qui se demandent... là, moi, c'est quelque chose
qui... sur lequel je travaille beaucoup, là, les coûts des denrées d'épicerie.
Tout ce qui se passe au niveau de l'épicerie, on ne peut pas le déconnecter non
plus de notre capacité de... à l'autonomie alimentaire, à la souveraineté
alimentaire, puis juste nous rappeler, là, il y a... Le coût de la vie
augmente, les denrées alimentaires augmentent.
Juste aujourd'hui, M. le ministre, vous étiez
présent, on a quand même discuté d'une motion concernant les effets de la
tarification personnalisée, dynamique. On a des géants de l'épicerie, comme
Loblaws, qui se sont associés avec des nouvelles technologies qui arrivent en
alimentation, là, usage de l'intelligence artificielle, usage aussi des données
personnalisées, des algorithmes, qui vient un peu comme... même, des experts,
comme M. Charlebois, disent, là, il peut y avoir des expériences personnalisées.
Moi, je veux savoir, du côté du MAPAQ, du côté
de l'alimentation, est-ce que vous vous penchez là-dessus, comment ceci peut
venir avoir un effet sur le marché. Il y a ce qui peut être fait du côté de la
protection du consommateur, mais, en termes de vers où ceci peut évoluer,
comment on fait pour protéger autant les consommateurs, mais aussi les
producteurs là-dedans? Vous comprenez qu'on veut que ce soit fait de façon
juste. J'aimerais ça commencer par entendre vos réflexions là-dessus.
M.
Martel : Bien,
c'est superintéressant puis c'est une grande préoccupation, parce
qu'effectivement on a connu beaucoup d'inflation, les dernières années, puis,
peut-être, ce qui a frappé le plus personnellement puis le plus de monde, c'est
l'inflation au niveau de la nourriture. Quand on regarde le panier d'épicerie,
il y a quelques années, par rapport à cette année, c'est vraiment... c'est
vraiment gigantesque comme augmentation qu'il y a eu.
Tu sais, le ministère de l'Agriculture, des
Pêcheries, de l'Alimentation, c'est quand même un volet assez large. Il y a
toute la question de la production agricole mais il y a toute la question de
l'alimentation aussi. Et, au niveau de l'alimentation, il y a eu une initiative
de mon prédécesseur, le député de Johnson, qui a joué un leadership, je pense,
qu'on n'a pas assez reconnu au Québec. Tu sais, des fois, on est pris dans la
partie... la game partisane, un peu, mais le ministre de l'époque a convaincu
les autres provinces de négocier un code d'éthique à l'ensemble des grandes
chaînes d'alimentation. Il y a eu beaucoup de négociations. Finalement, les
grandes chaînes ont accepté de signer ce code d'éthique là, qui fait en sorte
qu'il y a des barèmes qu'on s'est mis puis il y a des processus... Si des
épiceries, si des distributeurs trouvaient qu'ils n'étaient pas bien traités,
bien, il y a des mécanismes, maintenant, pour porter plainte puis de...
regarder ça pour voir comment qu'on peut aligner les choses. Ça fait que, tu
sais, pour la partie alimentation, je le relève, parce que mon prédécesseur a
fait un travail extraordinaire, puis je veux lui rendre crédit de ça.
Mme Zaga Mendez : Je veux juste
revenir, là, sur ce code d'éthique là. Là, moi, j'amène un sujet qui est tout à
fait nouveau, là, qui arrive, l'utilisation de cette nouvelle technologie, des
algorithmes, de la personnalisation, l'utilisation des données personnelles. Je
ne pense pas qu'au moment même ça a pu être salué comme une bonne initiative,
je ne pense pas qu'à ce moment-là on avait le niveau de connaissances, puis il
n'y en avait pas, non plus, un contrat, qui est déjà signé, là, par un géant
canadien, là, avec ChatGPT, entre autres, là, pour le nommer. On a Instacart
qui a fait la même chose aux États-Unis.
Bref, je veux juste comprendre, en ce moment,
mettons, dans ce code d'éthique là, est-ce que le MAPAQ serait prêt à prendre
un rôle de leader pour mettre un moratoire ou permettre de mettre une... tracer
une ligne, quand même, en ce qui concerne la tarification dynamique et personnalisée?
M.
Martel :
Honnêtement, je pense qu'il faut le regarder, mais quand vous avez parlé de ça,
ce matin, moi, le premier réflexe que j'avais, c'était beaucoup plus à la
protection du consommateur. Puis je me demande si ça ne relèverait pas plus du
ministre de la Justice, par rapport à la protection du consommateur, parce que
ça peut s'appliquer pour l'alimentation, mais ça peut
s'appliquer pour les voitures, ça peut s'appliquer pour un paquet de choses. Ça
fait que... Puis on le sait qu'il y a des logiciels qui peuvent se développer,
on le sait jusqu'où, maintenant, tu sais, on est en train... Tu sais, en moins
d'un an, là, comment je pourrais dire ça, l'espèce de contact qu'on a eu...
rappelez-vous, reculez d'un an, là, la relation qu'on avait avec l'intelligence
artificielle, puis aujourd'hui, c'est gigantesque, comme différence.
Mme Zaga
Mendez : Bien, merci pour votre réponse. C'est certain qu'il y a un
bout qui doit être fait par l'Office de protection des consommateurs. Ça, on
est d'accord. Puis il y a, de l'autre côté, quand même, des changements de
pratiques au niveau de l'alimentation... donc, je vais continuer parce que j'ai
d'autres questions, mais que... par exemple, Walmart ont développé, aux
États-Unis, puis on sait très bien que les choses qui se développent ailleurs
arrivent ici par la suite et qu'elles peuvent changer même la façon de
distribuer, de vendre des denrées alimentaires.
Je vais aller plus
sur un autre sujet, sur lequel j'ai eu la chance, quand même, de parler avec
votre prédécesseur et pour lequel j'ai travaillé, également : le
gaspillage alimentaire. Bon, vous connaissez les chiffres, là, RECYC-QUÉBEC, même
si c'est du côté de l'Environnement, qui travaille en concert avec vous, là...
on parle quand même de 15 % de tous les aliments que nous retrouvons au
Québec qui finissent par être gaspillés. 40 % de tous ces résidus
alimentaires sont comestibles et pourraient servir encore, c'est-à-dire, à
nourrir la population. On a une personne sur trois, au Québec, qui s'endette
pour payer l'épicerie, on a de plus en plus de personnes qui sont en insécurité
alimentaire.
Au tout début, le
gaspillage alimentaire, on parlait beaucoup du côté environnement, mais moi...
de plus en plus, il y a un côté de venir répondre à un besoin. Moi, quand j'ai
regardé les cahiers des crédits, là, j'ai bien lu, là, toutes vos réponses. Les
groupes qui étaient financés, ce que moi, j'ai vu... qu'il y avait juste quatre
projets pour la réduction, qui nous sont présentés à la page 27 des
cahiers de crédits qui nous sont donnés, concentrés la plupart à Montréal,
hein, la plupart, j'enlève Banques alimentaires des... mais que, quand même,
pour moi, ça me semblait très peu, comparé aux efforts qu'on doit mettre puis
les attentes de la société. Donc, on est... Moi, ce que je sens, de ce qui nous
est présenté jusqu'à maintenant, c'est qu'on est à des années-lumière
d'atteindre les objectifs qu'on s'est donnés. J'aimerais ça vous entendre
là-dessus, comment ça se fait qu'on a juste quatre projets qui sont financés
par cette stratégie-là, dans la réduction.
• (15 h 40) •
M.
Martel :
Peut-être deux choses que je voulais vous mentionner. Dans un premier temps,
vous le savez, je me suis beaucoup, beaucoup promené, depuis que je suis
ministre. Je suis allé dans les fermes, je suis allé dans les entreprises de
transformation, mais je suis allé aussi dans les Moisson, les banques
alimentaires régionales où, à partir de là, il y a une distribution qui se
fait. Je suis allé... Notamment, j'ai eu une rencontre, pour moi, qui a été
vraiment significative, c'est à Moisson... je pense que c'est Estrie, et j'ai
vraiment été impressionné du travail qu'ils faisaient là. J'ai été impressionné
de la collaboration des épiceries avec leurs... Ils sont connectés sur les
Moisson, ils vont... ils peuvent même prévenir : Voici ce que je vais vous
envoyer, éventuellement. Et, assez surprenant, un de leurs bons
collaborateurs... Puis, des fois, on peut avoir des préjugés sévères à l'égard
des gros distributeurs, mais ils disaient que Costco, entre autres, c'était un
de leurs bons partenaires, qu'il leur amenait toujours des choses dans les
délais prévus, puis en quantité, puis avec une fraîcheur.
Et ce que je trouvais
intéressant de Moisson Mauricie, c'est toute la... pas Mauricie, Estrie, toute
la transformation. On peut même aller dîner sur place. C'est une façon de
générer des revenus. Ils font un travail extraordinaire. Puis il y a un aspect
que j'ai aimé, qui est très entrepreneurial, à l'intérieur de ça, puis moi,
j'encouragerais tous les Moisson...
Le Président (M.
Ciccone) : En terminant.
M.
Martel :
...à agir de la sorte.
Mme Zaga
Mendez : Je vais revenir là-dessus. Merci.
Le Président (M.
Ciccone) : Merci beaucoup, Mme la députée. Et je cède maintenant la
parole au député de Pontiac et j'ai rajouté votre 32 secondes, M. le
député.
M.
Fortin : OK. J'ai tellement aimé ça, je me demande si je peux
poser une autre question au président de La Financière agricole.
M.
Martel :
...il ne pouvait plus répondre.
M.
Fortin : Oui, les choses ont évolué, hein, de... OK. Avez-vous
trop d'argent, à La Financière agricole?
M.
Martel :
J'autorise, hein, je...
M. Labrie
(Stéphane) : Bien, je demanderais au député de préciser sa question.
M.
Fortin : Bien, je regardais les crédits budgétaires, 2025‑2026,
c'était 461 millions qui étaient octroyés pour la Financière agricole.
Cette année, c'est 446 millions. Avez-vous dit au ministre : J'en ai
trop, je n'en ai plus besoin?
M. Labrie (Stéphane) : On a des
crédits d'opération qui sont attribués en fonction des budgets sur cinq ans,
qui sont planifiés. On a des fonds qui doivent être renfloués lorsque les...
c'est... les programmes requièrent des compensations,
d'une année à l'autre. Alors, les montants de la subvention que verse le
gouvernement à La Financière est en fonction des résultats de l'année
précédente et des projets au niveau de l'administration et des opérations que
La Financière peut avoir. Alors, il y a deux volets. Il y a le volet administration,
il y a le volet gestion des fonds et compensation en vertu des programmes.
M. Fortin : OK,
mais je veux... En fait, la question plus large, là, elle s'adresse au
ministre, parce que, si je regarde... si je regarde les crédits de transfert
qui ont été indiqués au budget, là, que ce soit dans le programme 1, pour
le développement des entreprises bioalimentaires, que ce soit pour le programme
2, les organismes d'État, soit La Financière
ou l'ITAQ, tout le monde reçoit moins d'argent cette année. Alors, moi, je ne
pense pas que La Financière vous a dit : J'ai besoin de moins
d'argent. Je ne pense pas que l'ITAQ non plus vous a dit : J'aimerais ça,
recevoir moins de crédits cette année.
Alors, êtes-vous satisfait, M. le ministre, de
ce que vous avez obtenu dans le budget, là? Parce que le total du programme 1
et programme 2, là, que ce soit le développement des entreprises
bioalimentaires ou des organismes d'État, c'est une diminution de budget.
M. Martel : Honnêtement, si je
n'étais pas satisfait, là, je serais un ministre de l'Agriculture assez
difficile. Moi, j'ai été nommé au mois de septembre 2025, on a rajouté, comme
disponibilités aux agriculteurs, une dispense de contribuer au fonds de santé,
qui était à peu près de... je vais dire 130 millions. Ensuite de ça, on
avait, à l'époque, la première... je vous dirais, un remboursement de la taxe
carbone, on avait parlé de 30 millions. Ça fait 160 millions. On a...
J'ai émis une... comment on appelle ça, une initiative ministérielle, programme
AgroPerformance, qu'on avait déjà parlé, mais, quand même, 50 millions. Ça
fait que ça, c'est tous des montants qui n'étaient pas nécessairement dans le
budget de l'Agriculture. Puis là je vous parle sur une période de sept mois, on
a rajouté à peu près 200 millions pour les deux prochaines années.
Ça fait que moi... puis, je pense, c'est la
vision du gouvernement. Il y a un resserrement des dépenses à faire pour
l'ensemble des postes budgétaires de l'État québécois, mais on a une
préoccupation à l'égard de l'agriculture pour faire en sorte que, si jamais...
puis c'est déjà arrivé, je pense, entre autres, à la crise du porc qu'il y
avait eue à un moment donné, s'il manque des sous, on va trouver une façon de
compenser. L'agriculture, c'est fondamental, pour le gouvernement du Québec.
C'est important de soutenir nos entreprises agricoles, nos transformateurs.
Donc...
M. Fortin : Pensez-vous que c'est... OK, je vais prendre l'exemple de
l'Institut de technologie agroalimentaire du Québec, là. À ce moment-ci, là, la
formation...
M. Martel : Peux-tu juste reprendre,
juste le début?
M. Fortin : Oui, excusez-moi, je... On a parlé deux secondes de La
Financière agricole, là, mais je veux parler de l'Institut de technologie
agroalimentaire, là. Moi aussi, je suis... moi aussi, je suis allé. Je ne doute
pas que vous êtes allé il n'y a pas
longtemps, mais moi aussi, je suis allé il n'y a pas longtemps. Puis la valeur
de cet institut-là, là, elle est inestimable, là, et la qualité de l'enseignement
est de premier ordre, mais là vous avez... Et je comprends que vous me dites,
là, de façon générale, au gouvernement, on veut dépenser aux bons endroits.
D'accord, tous les gouvernements disent ça, mais là vous avez quand même une
diminution de leur budget, à l'ITAQ, là. Est-ce que l'ITAQ, spécifiquement,
peut fonctionner de la même façon avec des budgets moindres?
M. Martel : Bien, la réponse, c'est
oui. Puis, si vous voulez, je peux donner la parole au sous-ministre, parce que
c'est un dossier qu'il a travaillé beaucoup, mais j'ai rencontré l'ITAQ au
moins deux fois. Il y a eu la fusion de Saint-Hyacinthe avec... puis je pense
que ça a été un grand succès, mais il y a eu vraiment un travail de
restructuration vraiment important qui s'est fait. Puis je lève mon chapeau à
la nouvelle directrice générale, qui est là depuis
deux, trois ans, peut-être... le président Chalifoux, c'est ça, hein,
M. Chalifoux. Ils ont pris ça vraiment à bras-le-corps. Ils ont
fait une transformation superintéressante, à l'ITAQ, de sorte que, quand je les
ai rencontrés, je pense que ça a fait... ça ne fait même pas un mois, il y
avait des enjeux par rapport à quelques infrastructures, mais, tu sais, une
bonne partie du financement, c'est un peu comme le financement pour les cégeps,
ça va beaucoup en fonction du nombre d'étudiants qui sont là. Donc, c'est sûr
que les budgets... si le nombre d'étudiants augmente, bien, les budgets, ils
vont augmenter en même temps, là.
M. Fortin : OK. Un des enjeux, là, que l'ITAQ soulève, là, c'est par
rapport... c'est par rapport à la formation, notamment en agroalimentaire.
Tantôt, M. le ministre, vous nous avez dit : Dans ma tournée, là, j'en ai fait, de l'agroalimentaire. Puis vous n'êtes pas
sans savoir qu'ils sont sous pression énorme à cause de la main-d'oeuvre.
Il y a eu des restrictions au niveau des étudiants étrangers, et les programmes
en agroalimentaire, à l'ITAQ, là, ils étaient beaucoup utilisés par des
étudiants qui venaient de l'étranger, à tel point que je ne suis pas convaincu
qu'ils vont être capables de maintenir des cours pour les
étudiants québécois à cause du faible nombre d'étudiants québécois. Est-ce que
vous avez une solution à ce problème-là?
M. Martel : Honnêtement,
ça ne m'a pas été... ça ne m'a pas été présenté de la façon que vous me le
présentez. Ça ne m'a pas été présenté comme ça. Ce qu'on me disait, c'est qu'il
y a comme une espèce de recrudescence aux inscriptions. Le fait d'avoir reformé,
au niveau de l'ITAQ, est-ce que ça a joué au niveau des inscriptions?
Peut-être, mais l'information qu'on m'a donnée, puis je pense que ça fait trois
semaines, un mois, c'est qu'on était un peu en augmentation, ce qui est très
encourageant. Puis moi, je pense que, tu sais, la relève agricole... tantôt, on
en a parlé beaucoup, c'est important d'avoir une relève propriétaire, mais
c'est important d'avoir une relève de travailleurs également.
• (15 h 50) •
M. Fortin : Bien, l'ITAQ va faire des pieds et des mains, là, pour
sauver ses programmes puis s'assurer qu'ils sont capables de donner une
formation, mais on ne peut pas prétendre que le fait qu'il y ait moins
d'étudiants étrangers, ça ne leur... ça ne leur rentre pas dedans, là. Ça a un
impact significatif sur le nombre d'étudiants dans... notamment en
agroalimentaire.
Bien, je veux quand
même rester sur le sujet de l'agroalimentaire, là. Dans leurs revendications
prébudgétaires, le Conseil de la transformation agroalimentaire a quand même
dit qu'il était déçu que le ministre responsable,
qui n'est pas vous, là, mais... ait exclu toute clause de droits acquis alors
que le gouvernement de la CAQ avait démontré une ouverture à ce qu'il y
ait une clause de droits acquis, lors des audiences en commission
parlementaire, pour les travailleurs en agroalimentaire. Moi, je n'ai aucun
doute, là, que l'enjeu numéro un que vous entendez en matière agroalimentaire,
c'est la main-d'oeuvre, et vous le savez comme moi qu'il y en a énormément, des
travailleurs étrangers temporaires qui font fonctionner la transformation
alimentaire au Québec. Sans eux, là, ça ne fonctionnerait simplement pas à
plusieurs endroits.
Alors, est-ce que
vous pouvez nous dire pourquoi cette restriction-là n'a pas eu lieu ou cette...
disons, cette ouverture-là n'a pas eu lieu, à une exclusion, alors que votre
gouvernement avait démontré une certaine ouverture?
M. Martel :
Il y a une bonne partie du programme qui est géré au niveau fédéral.
M. Fortin : C'est vrai.
M. Martel :
Moi, je pense, ce qu'on a dit puis ce qu'on veut faire, c'est mettre le
secteur... parce qu'il y a des secteurs stratégiques, hein? On parle de la
santé, on parle de la construction. Ce qu'on a dit, c'est qu'on voulait mettre les usines de transformation un peu dans la
même catégorie d'emplois qu'on veut protéger. Donc, très sensible, je
les ai rencontrés hier, justement, c'est un enjeu, mais ce n'est pas... ce
n'est pas le seul enjeu qu'ils ont, là, mais...
M. Fortin : Non, je suis d'accord, mais ce n'est pas réglé non plus,
sauf que vous ne pouvez pas... on ne peut pas se dire que l'industrie de la
transformation alimentaire peut fonctionner comme elle fonctionne aujourd'hui,
s'il n'y a pas des protections pour ces travailleurs-là.
M. Martel : Oui,
mais, en même temps, hier, c'est justement, je parlais avec... Il y a des
enjeux, souvent, de compétitivité aussi avec des entreprises où les salaires
vont être plus élevés, mais, quand on regarde, il y a des régions où le taux de
chômage a augmenté dans les dernières années. Ça rend une main-d'oeuvre quand
même plus disponible, donc, tu sais, c'est... Puis je tiens à le mentionner,
les employés qui travaillent... puis je le dis souvent à mon cabinet, puis je
pense que je l'ai dit au ministère, les employés qui travaillent dans les
usines de transformation, que ce soit au niveau de la transformation des
viandes, que ce soit des poissons, j'ai une admiration exceptionnelle par
rapport au travail qui se fait là. C'est des travaux qui se font dans des
conditions qui ne sont pas toujours faciles, des milieux humides, des milieux,
des fois, froids, tu vas dans un congélateur, tu vas dans un frigidaire.
C'est important,
toute la question de la salubrité. Il y a une chaîne de production, tu sais. Il
y a beaucoup d'emplois qui sont essentiels, au Québec, là, mais les emplois de
transformation agroalimentaire, moi, je leur lève mon chapeau, ils font un
travail extraordinaire.
M.
Fortin : Bien, vous avez raison de le
faire. Moi, je vous lève mon chapeau sur un truc, M. le ministre, quand même,
même si je ne peux pas dire que j'ai eu réponse parfaitement à ma question,
mais vous avez quand même donné de l'information par rapport au taux de chômage
qui change dans plusieurs régions. C'est rare qu'on entend quelqu'un de votre
gouvernement dire ça. D'habitude, on entend le ministre des Finances quand le
taux de chômage diminue, mais c'est rare que quelqu'un au gouvernement a
l'honnêteté de dire que, dans plusieurs régions, ça ne s'en va pas dans la
bonne direction.
OK. Vous avez parlé
d'allègement réglementaire, tantôt, alors je me permets de revenir sur le
thème, là. Le règlement sur les pratiques agroenvironnementales, ça n'a pas
l'air à vous rendre heureux.
M.
Martel :Ah! bien oui, oui.
M. Fortin : Oui? OK. Les producteurs auxquels on parle nous disent que
le règlement, là, il va alourdir le fardeau administratif des agriculteurs, il
va augmenter les coûts puis il va fragiliser la compétitivité des entreprises d'ici
par rapport à ceux d'ailleurs. Est-ce que vous êtes d'accord avec eux?
M. Martel : On
a reçu... je pense que c'est 200 mémoires qu'on est en train d'éplucher.
M. Fortin : Bien, je suis certain que vous avez lu celui de l'UPA,
entre autres.
M. Martel : Oui, mais il faut savoir
que l'entente qu'il y a eue, c'est historique, hein? Il y avait le MAPAQ, il y
avait le ministère de l'Environnement puis il y avait l'UPA. Moi, ce que j'ai
annoncé, là... Quand on a déposé le projet de règlement puis que j'ai fait
l'annonce au congrès de l'UPA, j'étais très, très fier de dire que ça avait été
négocié avec l'UPA. Donc, la base de ce règlement-là, elle est très... elle
était très, très consensuelle.
Évidemment, le diable est dans les détails, mais
il faut se rappeler, là, que ce règlement-là levait un moratoire sur
l'agrandissement des terres agricoles qui était demandé probablement depuis
plus de 30 ans. Ça a été une très grande avancée. Je pense que tout le
monde souhaite que les pratiques agricoles soient le plus environnementales
possible. Donc, c'est un peu ça, le but de cette entente-là, c'est-à-dire on va
vous permettre d'agrandir vos terres agricoles, mais, en échange, on va vous
demander d'avoir des pratiques qui sont plus sécurisantes au niveau
environnemental.
M. Fortin : Oui, mais les agriculteurs ne sont pas contre ça, là. Ils
ne sont pas contre avoir des meilleures pratiques au niveau
agroenvironnemental, là, au contraire, ils veulent bien faire les choses, puis
c'est eux qui investissent leur temps, leur énergie pour protéger la qualité de
leurs sols, pour réduire leur empreinte. Ils font ce travail-là, les
agriculteurs, puis ils veulent faire ce travail-là, mais ils sont inquiets, là,
parce qu'ils se disent... ils se disent :
D'un côté, là, on est en train d'imposer des exigences qui sont à peu près les
plus strictes en Amérique du Nord... bien souvent, on est déjà là, mais
là on va imposer des exigences qui sont les plus strictes en Amérique du Nord,
puis, de l'autre, on dirait qu'on est en train d'alourdir encore un fardeau
administratif. Ça, ce n'est pas moi qui le dis, là, ça vient du mémoire de
l'UPA-Montérégie, entre autres, là.
Alors, est-ce que vous êtes capable de
reconnaître, là, que le RPAE, il vient fragiliser la compétitivité des
entreprises d'ici, là, sans leur donner l'espèce de mécanisme pour compenser
l'écart?
M. Martel : Est-ce que je dois vous
appeler chef de l'opposition? Je pense que oui, hein?
M. Fortin : Vous pouvez m'appeler... vous pouvez m'appeler n'importe
comment. Je vous donne libre cours de m'appeler ce que vous voulez.
M. Martel : Non, mais tantôt, j'ai
dit «le député»... mais c'est quand même...
M. Fortin :
Oui, député, c'est le plus beau titre que... vous savez ça, M. le
ministre.
M. Martel : Bien, il y a eu
200 mémoires, on a fait beaucoup de rencontres. Il y a beaucoup de
députés, dans mon caucus, qui proviennent du monde... du milieu agricole. Je
peux vous dire qu'il y a des flags qui se sont levés très rapidement, dans
notre caucus. Ça m'a fait prendre conscience... puis, tu sais, toutes les
sorties que je fais, tu sais, je le mentionne, probablement que les gens au
ministère sont tannés de m'en entendre parler : Il faut rendre la vie plus
facile aux agriculteurs, je veux que vous passiez plus de temps dans vos
tracteurs que dans vos bureaux. Pour moi, c'est... Tu sais, je me dis, je ne
sais pas combien de temps je vais être ministre de l'Agriculture, mais cette
partie-là de mon engagement, pour moi, elle est fondamentale et sincère.
Ça fait qu'on arrive à la fin, OK, on va voir
les derniers libellés, mais je suis extrêmement préoccupé par rapport à ça.
Puis la journée qu'on va le laisser aller dans sa version finale, je pense que
je vais être très satisfait.
M. Fortin : Oui, OK, sauf que là, là, il y a un règlement qui, selon ce
que les agriculteurs disent eux-mêmes, là... Puis, encore là, moi, je ne doute
pas de la bonne volonté des agriculteurs, au contraire, je pense qu'ils veulent
ce mariage-là entre leur travail puis la protection de l'environnement. C'est
les premiers à en bénéficier. Mais, si vous nous dites, là, aujourd'hui :
Moi, je pense qu'au net, là, à la fin, là, ça va fonctionner, ça veut dire que
vous reconnaissez qu'aujourd'hui, là, ça ne fonctionne pas, ce qui est sur la table.
Est-ce que vous êtes capable de dire que ce qui est sur la table aujourd'hui...
M.
Martel : ...
M. Fortin :
Est-ce que vous êtes capable de dire que ce qui est sur la table aujourd'hui,
ça alourdit le fardeau administratif?
• (16 heures) •
M. Martel : Je serais prêt à dire
qu'il y avait peut-être des pièges, mais c'était de bonne volonté, sincèrement.
M. Fortin : Je ne dis pas le contraire, mais...
M. Martel : Non, non, bien, je n'ai
pas dit que vous disiez le contraire. Je pense que... puis il faut se rappeler,
là, c'est historique, il y a une entente que l'UPA était très, très fière de
signer. Quand je suis allé faire l'annonce au congrès de
l'UPA, les gens étaient vraiment contents. Donc, la base, là, sur quoi qu'on
s'entendait, là, tout le monde était satisfait de ça. Quand on a eu les
premiers écrits, il y a des flags qui se sont levés, et on est en train de les
atténuer le plus possible. Puis ce que je vous dis, c'est que, quand on va
donner la version finale, moi, je pense... moi, je pense que je vais être
content parce que ce qu'on va apporter va être important pour le développement
de l'agriculture puis ne sera pas chargeant au niveau administratif pour nos
producteurs agricoles.
M.
Fortin : Bien, le problème, c'est que ce
n'est pas ça qu'on a en ce moment, là. En ce moment, là, l'Ordre des
agronomes... je ne sais pas si vous êtes rendu à leur mémoire, là, mais l'Ordre
des agronomes affirme que la réforme, elle est impossible à appliquer à court
terme, impossible. Ils demandent un délai de 22 mois avant son entrée en
vigueur. Est-ce que, selon vous, là, c'est logique d'avoir un délai pour
l'Ordre des agronomes, comme l'Ordre des agronomes le demande, là, avant
l'entrée en vigueur? Parce qu'il y a des éléments dans le RPAE en ce moment qui
font en sorte que ce n'est juste pas applicable.
M. Martel : Je
vous ai dit qu'à la fin, le dernier libellé qu'il va y avoir, je veux être
satisfait de ça. Puis, si ça implique qu'on échelonne des choses...
M.
Fortin : Qu'on... pardon, qu'on...
M. Martel : ...qu'on échelonne des
choses dans le temps, bien, ça voudra... il y aura des échelons dans le temps.
M.
Fortin : Bien, moi, je suis content de
vous entendre dire ça, mais vous savez que votre collègue au ministère de
l'Environnement ne dit pas la même chose, là. Le ministère de l'Environnement
puis de la Lutte aux Changements climatiques n'envisage pas de reporter une
quelconque partie de la mise en oeuvre, là. Ils le disent clairement, là.
Alors, est-ce que
vous avez eu des discussions avec votre collègue pour... Est-ce que vous avez
fait votre lobbying? Parce que, noir sur blanc, là, en ce moment, là, ce n'est
pas ça, la position du ministère de l'Environnement.
M. Martel : On
s'entend, on s'entend très bien. Puis honnêtement, on est dans la recherche de
solutions, tous les deux, mais nos deux ministères aussi.
M.
Fortin : OK, mais est-ce que le... Si on
va aux crédits du ministère de l'Environnement puis on leur demande :
Est-ce qu'un report est possible, ils vont nous dire la même chose que vous?
Parce que ce n'est pas ça qu'ils disent aujourd'hui.
M. Martel : Il
faudrait que vous alliez leur demander, puis on va voir ce qu'ils vont... ce
qu'ils vont répondre.
M.
Fortin : Bien, ce n'est pas ça qu'ils nous
disent, aujourd'hui. Alors, il y a comme quelque chose qui ne marche pas entre
les deux ministères.
M. Martel : Bien,
c'est parce que ça m'étonnerait qu'ils n'aient pas dit ça. Je pense que... Ils
sont-tu en même temps que nous autres ou... un petit peu après nous autres...
M.
Fortin : Parfait. On va demander avant
qu'ils entendent le «tape» ici. Parfait. Non, mais, en fait, là, ce que je veux
comprendre, M. le ministre, là, c'est... pour vous, là, et là vous avez lu la
moitié, trois quarts, 80 % des mémoires, là, c'est quoi, la première chose
que vous voulez changer?
M. Martel : Bien,
moi, je pense que le fond, il est bon, mais il ne faut pas que ça entraîne des coûts
excessifs, avoir recours à des professionnels... de trop, tu sais. On veut
donner le temps aux gens de faire les choses correctement, de s'adapter. On
veut prendre conscience... Tu sais, il y a des pratiques des agriculteurs qui
peuvent être extrêmement instructives.
M. Fortin : Mais là, dans le fond, vous êtes en train de nous dire, M.
le ministre, là, que vous voulez faire à peu près le contraire de ce qu'il y a
dans le RPAE en ce moment, parce que le RPAE, c'est ça qu'il fait, là. Il met des
nouvelles exigences, il augmente les coûts. Il n'y a pas de garantie pour des
gains environnementaux proportionnels aux
coûts, là. Ça, c'est ce que l'UPA vous dit, en ce moment. Alors, vous, vous
êtes en train de nous dire : Bien, il y a un règlement, je veux
faire des changements puis je veux faire des changements sur à peu près tout.
Vous avez du travail devant vous.
M. Martel :
M. le chef...
Le Président (M.
Ciccone) : ...il n'y a plus de temps, pour cette intervention.
M. Martel : On peut-tu
reprendre ça?
Le
Président (M. Ciccone) : Oui, c'est tout le temps ça. Maintenant, je
reconnais le député d'Arthabaska. Vous avez 14 min 43 s.
M. Boissonneault :
Merci, M. le Président. M. le ministre, collègues députés, les équipes,
merci. C'est ma première, moi aussi, première étude des crédits. Donc, on fait
ça ensemble, M. le ministre.
Je vais avoir
plusieurs questions d'ordre plus général, je vais revenir sur certains éléments
qui ont été soulevés par notre collègue le député de Pontiac, mais j'aimerais
commencer en parlant d'un cas plus précis. Puis je le sais que vous connaissez
ce cas-là, on en a déjà discuté ensemble, un producteur agricole de
Saint-Valère, dans le Centre-du-Québec, M. Hébert, qui, malheureusement, a
été victime d'un incendie. Moi, je lui avais parlé, déjà, au sortir de ma
campagne, l'année dernière, parce qu'il y avait déjà un bâtiment qu'il voulait
reconstruire, il n'avait pas les autorisations. Là, il a perdu un autre
bâtiment de ferme, avec sa production. Il a un contingent de lait, c'est un
producteur laitier, il doit reconstruire en 24 mois, sinon il perd son
contingent. Or, là, il est pris dans des limbes où il n'y a pas les
autorisations, parce que, semble-t-il, il est en zone inondable, mais selon les
nouvelles cartes des zones inondables, il ne
serait plus là-dedans. Donc, j'aimerais juste savoir, premièrement, qu'est-ce
qui accroche, là-dedans, M. le ministre.
M. Martel :
Bien, premièrement, merci d'amener ce cas-là. Je suis allé, justement, les
rencontrer, puis peut-être pour les... les biens des gens, tu sais, le
gouvernement peut parler, on peut travailler, même si on n'est pas dans la même
formation politique. On est là pour aider nos contribuables. Je suis allé sur les
lieux, puis la personne a vécu deux drames, hein? Il y a eu l'effondrement d'un
bâtiment devant chez eux, puis ils passent au feu. Moi, je suis allé... le
cours d'eau, il est peut-être à un mile de chez eux. C'est plat comme une
galette. Là, tu te dis, pour qu'il y ait des inondations ici, là, ça prendrait
probablement l'arc de Noé, là, parce qu'il va y avoir beaucoup d'eau.
Donc, ce qui... La
MRC a des cartes, actuellement, ces cartes-là vont être modifiées. Ce qu'on
voit, c'est que probablement, les prochaines cartes, elles vont être... elles
vont autoriser... Mais moi, ce que j'ai demandé... puis c'est... si vous voulez
qu'on en parle ici... parce que, je pense, Geneviève, justement, je l'ai
emmenée au ministère, tu sais, je lui
dis : À un moment donné, il faut regarder les cas avec humanité. Ça, c'est
un beau cas. Ça fait que peut-être... Moi, j'ai demandé qu'on aille les
rencontrer. Y a-tu des affaires qui peuvent faire en sorte qu'il pourrait... Tu
sais, compte tenu qu'il va pouvoir construire, éventuellement, il peut-tu
prendre de l'avance? Donc, il est censé y avoir, dans les prochains jours, une rencontre avec les gens du ministère puis,
je pense, avec les gens du ministère de la Forêt. Ça fait que, si vous
êtes d'accord, je peux prêter la parole à Geneviève.
Le Président (M.
Ciccone) : Est-ce que j'ai le consentement pour...
M. Boissonneault :
Oui.
Le Président (M.
Ciccone) : Oui. Vous présenter et votre poste, s'il vous plaît.
Mme Masse
(Geneviève) : Oui, bonjour. Alors,
Geneviève Masse, je suis sous-ministre adjointe au développement durable,
territorial et sectoriel au MAPAQ.
Alors, pour
compléter, là, l'intervention du ministre, en effet, dans le cas de ferme
Valayre, là, présentement, dans les cartes, là, de zones inondables, ils sont
dans une zone, là, de grands courants. Il y a un vaste exercice qui est en
cours du côté du ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les
changements climatiques, de la Faune et des Parcs pour revoir les cartes de zones inondables, et le
bassin versant de la rivière Bécancour fait partie, là, des premiers
versants... bassins versants pour lesquels il y a une nouvelle cartographie.
Donc, ces cartes-là, présentement, font l'objet d'une consultation
auprès du milieu municipal qui va se terminer incessamment, et tous les efforts
sont faits pour que le gouvernement puisse adopter les nouvelles cartes le plus
rapidement possible.
Cela dit, vendredi,
mon équipe régionale et celle du ministère de l'Environnement ont une rencontre
prévue avec le producteur agricole pour être en mesure, là, de clarifier
également, avec lui, la démarche à suivre et quelles sont les étapes, quels
types de travaux pourraient être faits en amont, là, de l'adoption des
nouvelles cartes, pour faire en sorte que le dossier puisse cheminer, là, de
façon diligente une fois les cartes adoptées.
Et j'ai fait un petit
lapsus, j'ai indiqué le bassin versant de la rivière Bécancour, mais c'est
Nicolet. Je m'en excuse.
M.
Boissonneault : Donc, est-ce que je comprends... pour clore ça, parce
j'ai d'autres questions aussi, M. Hébert pourra construire... parce que,
là, le problème, c'est qu'on a un enjeu de temps, là. Il y a seulement... Il y
a déjà une année de passée. Il a deux ans, lui, pour pouvoir reconstruire, pour
garder son contingent de lait. Est-ce que je comprends, donc, qu'il pourra
commencer les travaux?
Mme Masse
(Geneviève) : Une fois les nouvelles
cartes adoptées, donc...
M. Boissonneault :
Bien là, le problème, c'est que les nouvelles cartes, c'est incessamment,
mais ça fait déjà un certain temps que ça dure. M. Hébert a déjà fait des
démarches puis il n'a jamais les réponses qu'il demande.
• (16 h 10) •
Mme Masse
(Geneviève) : Oui, mais c'est vraiment
incessamment, puisque la consultation sur les projets de cartes est en cours
auprès du milieu municipal. Donc, les cartes, elles existent, elles sont en
consultation. Donc, c'est une question... c'est vraiment à très court terme
qu'elles seront adoptées. Et, à compter...
M. Boissonneault : Est-ce qu'on
peut lui donner une date, à M. Hébert?
Le Président (M. Ciccone) : ...s'il
vous plaît, M. le député. Merci.
Mme Masse (Geneviève) : Je
ne pourrais pas m'avancer pour les collègues du ministère de l'Environnement,
puisque ça ne relève pas, là, du champ de juridiction du MAPAQ, mais on a
vraiment une excellente collaboration de leur part, là, pour que le dossier
évolue rapidement.
M. Boissonneault : M. le
ministre, est-ce que vous pourriez intervenir, utiliser un pouvoir
discrétionnaire pour pouvoir s'assurer qu'il puisse construire, si le
«incessamment» vient à se prolonger, pour la reconstruction?
M. Martel : C'est un dossier,
honnêtement, que je vais regarder. J'ai donné mon assurance au propriétaire. Ce
n'est pas pour rien que j'ai demandé que les gens aillent le rencontrer parce
que... y a-tu des choses... tu sais, moi, je comprends qu'il ne peut pas
commencer à poser des planches puis à planter des clous, là, mais y a-tu du
travail, en amont, qu'il pourrait commencer pour faire en sorte que, quand que
la réglementation sera applicable, en vigueur, bien, qu'il puisse commencer à
travailler, à construire le lendemain matin? Mais c'est un dossier, je l'ai
mentionné, qu'il faut regarder avec beaucoup
d'humanisme. La personne a vécu deux drames... il y a... je pense qu'il y a
deux gars qui travaillent avec lui.
Autrement dit, ils sont trois de la même famille. C'est un cas qui m'intéresse,
qui m'interpelle beaucoup.
M. Boissonneault : Parce qu'au
fond...
Mme Masse
(Geneviève) : Si je...
M. Boissonneault : Oui, pardon.
Mme Masse (Geneviève) : Si
vous me permettez, peut-être, un complément à M. le ministre, là, M. le député,
par ailleurs, là, il est possible pour les producteurs... pour le
producteur, s'il y avait un enjeu lié au délai de 24 mois, de demander une exemption, là, en vertu de
l'article 36 de la loi sur la mise en marché des produits
agroalimentaires... agricoles agroalimentaires, donc, auprès, là, des
producteurs laitiers du Québec.
M. Boissonneault : Merci. Parce
que c'est... en fait, c'est son gagne-pain. Ce qu'on aimerait avoir, ce serait
un engagement, de dire à M. Hébert : Écoutez, vous allez avoir une
ferme dans six mois, un an, vous allez pouvoir reprendre la production. Est-ce
que vous pouvez vous engager auprès de M. Hébert?
M. Martel : C'est vraiment ma
volonté. C'est vraiment ma volonté.
M. Boissonneault : Merci. Là,
je change... j'élargis un peu la discussion pour revenir un peu sur les enjeux
de fardeau administratif. Évidemment, moi, dans les questions que je pose, je
m'inspire beaucoup des discussions que j'ai eues avec les producteurs sur le
terrain, avec l'UPA aussi, avec les organisations qu'on a rencontrées. Donc, je
vais y aller quand même en rafale sur certains enjeux précis dont on m'a parlé,
entre autres sur ce qu'on appelle les certificats d'autorisation et les
inspections.
Comment est-ce qu'on peut expliquer qu'une demande
de certificat d'autorisation pour des travaux ciblés entraîne, lorsqu'on... par
exemple, on veut ajouter un bâtiment de ferme, construire, élargir la
production, donc, un certificat d'autorisation pour des travaux ciblés qui peut
parfois entraîner une inspection complète de l'ensemble des bâtiments
agricoles. Comment se fait-il que, quand on veut ajouter un bâtiment, il faut
inspecter tous les bâtiments qui existent déjà, ce qui cause, vous comprenez
bien, de sérieux problèmes aux producteurs, là?
M. Martel : Juste, peut-être,
préciser votre question. Par rapport à quel certificat vous parlez? Parce qu'il
y a des certificats au niveau environnemental, il peut y avoir des demandes au
niveau des municipalités. J'aimerais ça comprendre de quel certificat vous
faites allusion.
M. Boissonneault : Moi, ce que
j'avais ici, comme information, c'est le certificat d'autorisation pour les
travaux ciblés, un certificat qui ferait, par exemple, qu'on pourrait
construire une dalle de béton pour pouvoir bâtir un bâtiment de ferme. Alors
là, ce que moi, je comprends, ce qu'on m'a dit sur le terrain, c'est que, pour
le producteur, il va falloir inspecter l'ensemble des bâtiments pour pouvoir
faire cette modification-là. Or, s'il n'y a pas de modification, s'il n'y a pas
de travaux à réaliser, la personne n'aura pas besoin d'inspecter les bâtiments
pour 25 ans, là, il n'y aura pas de problème. Mais, pour la personne qui
veut améliorer sa production, qui veut construire un bâtiment de ferme, c'est là
qu'il doit y avoir l'ensemble des inspections. Donc, c'est comme si on venait
décourager l'amélioration ou l'augmentation de la production pour les fermes.
M. Martel :
Je vais essayer d'avoir un peu plus d'informations par rapport à ce que
vous dites, là, mais ce que je peux mentionner,
c'est que, notamment au niveau de la CPTAQ... tu sais, les autorisations de la
CPTAQ, déjà, on a retiré beaucoup de choses
qui demandaient un permis, puis, je pense, ça a fait en sorte, là... puis le
sous-ministre, il peut me corriger, là, mais... ou le président de la
CPTAQ, on a réussi à enlever au-dessus de 20 % des dossiers et là on est
en train de réviser un règlement qu'on a déposé, on va probablement rajouter un
autre 10 %.
Mais une des choses,
moi, qui... tu sais, quand je parle d'alléger de façon réglementaire... Quand
j'ai été nommé ministre de l'Agriculture,
j'avais des anciens employés, qui travaillaient à l'UPA, puis je leur
disais : Qu'est-ce qui pourrait faire en sorte... Moi, je veux
rendre service au milieu agricole. Qu'est-ce que je pourrais faire qui serait
significatif? Puis la personne me disait : Dans la gestion des cours
d'eau, l'entretien des cours d'eau... C'était sous ma responsabilité, quand
j'étais à la MRC. Tu as... Si tes travaux sont 500 mètres et moins,
d'entretien, pas un nouveau cours d'eau, mais d'entretien, tu peux avoir juste
une déclaration que tu vas faire au niveau du ministère de l'Environnement,
puis la MRC va pouvoir donner les mandats pour que les travaux se fassent. La
personne me disait : Si tu étais capable d'amener ça à un kilomètre, ça
serait extraordinaire, parce que ça couvrirait, probablement, 80 % de tous
les dossiers d'entretien de cours d'eau.
On est en train de
faire ça, on est justement en train de l'intégrer, peut-être, à notre nouveau
règlement pour faire en sorte que... Si, par exemple, chez vous, tu avais un
cours d'eau, il y avait un entretien de 600 mètres, ça t'aurait pris un
certificat de l'Environnement. Dans ce cas-là, bien, ça prend des plans d'ingénieurs,
ça prend du temps. Des fois, c'est des dossiers qui traînent sur deux, trois
ans. Ça fait que les gens, plutôt que demander 600 mètres, bien, ils se
prenaient sur deux ans pour faire deux déclarations. Donc, on est en train
d'apporter ce genre d'amélioration là. J'ai eu, évidemment, la collaboration du
ministère là-dedans, j'ai eu la collaboration du ministère de l'Environnement,
mais je vous dis qu'on va régler un fichu problème avec l'amélioration de cette
situation-là.
M. Boissonneault :
Vous avez sûrement entendu parler des plans agroenvironnementaux de
fertilisation et des bilans phosphore. Moi, j'en entends beaucoup parler sur le
terrain. C'est un fardeau pour plusieurs producteurs aussi, là, qu'on me...
bien, on parle de la difficulté de réaliser ces bilans-là puis ces plans-là, on
dit... Puis là, bien, c'est ma question : Comment est-ce qu'on peut
justifier l'obligation actuelle de produire un rapport annuel au MAPAQ pour
l'ensemble des producteurs, peu importe le niveau de risque? Est-ce qu'il y
aurait une possibilité d'être plus flexible, à ce niveau-là? Puis je vous
ferais même une... là-dessus, peut-être une bonne suggestion, mais, en tout
cas, voir si vous l'avez considéré.
Est-ce que vous avez
évalué la possibilité, par exemple, de remplacer l'exigence par un régime de
vérification aléatoire qui serait accompagné, par exemple, de sanctions en cas
de non-confirmité... conformité, comme ça se fait, par exemple, dans les
Pays-Bas? Est-ce que vous avez ce genre de flexibilité là? Parce que moi, on me montrait des piles de documents chez des
producteurs, ils disaient : C'est extrêmement lourd, en ce moment, tout
ça.
M. Martel :
Oui, on regarde ça. La situation actuelle, les agriculteurs, ils sont
obligés de faire faire un... Comment qu'on appelle ça, un PAF?
M. Boissonneault :
PAEF.
M. Martel :
Oui, exactement. Et il y a des suivis à faire par rapport à ça, ce qu'on
essaie de faire. Puis vous comprenez qu'on est en négociation avec le ministère
de l'Environnement puis on essaie de s'entendre. C'est que le recours à ces
spécialistes-là, si on était capables de les concentrer dans une seule fois,
moi, je serais content.
M.
Boissonneault : Je pense que les producteurs seraient assez contents
aussi. Il me reste une minute.
Très rapidement, il y
a un projet de règlement qui a été déposé, au début de l'année, qui concerne
les conditions d'hébergement des travailleurs agricoles, plusieurs producteurs
qui ont dénoncé ça en disant qu'il y a souvent des normes qui sont encore plus
contraignantes que ce qu'on pourrait retrouver pour des maisons ou des
logements, même habités par des Québécois ou des... les agriculteurs y compris.
Par exemple, il y a l'exigence que les logements soient à 30 mètres de
toute voie de circulation, ce qui est souvent inapplicable sur une ferme où le
zonage nous oblige à regrouper les bâtiments. Donc, j'aimerais ça savoir si
vous êtes ouvert à revoir certaines exigences, par rapport à ce règlement-là,
et si oui, lesquels.
M. Martel :
Je suis vraiment content que vous me posiez cette question-là. Puis, tu sais,
tantôt, on parlait de l'environnement. Moi, je connais beaucoup d'entreprises,
j'en ai visité beaucoup qui logent des travailleurs et les... je l'ai mentionné
sur toutes les tribunes, les premières personnes, là, qui sont intéressées à ce
que les travailleurs, quand ils se présentent le matin pour aller faire la
grosse besogne, là, ils soient en forme, là, c'est les personnes qui les
embauchent...
Le Président (M.
Ciccone) : Merci beaucoup, M. le ministre. Vraiment désolé. Nous
sommes maintenant prêts à reconnaître un
membre de la partie gouvernementale. C'est le député de Gaspé...
Oh! M. Beauce-Nord... Gaspé?
M. Sainte-Croix :
Gaspé.
Le Président (M.
Ciccone) : Gaspé. À vous la parole.
• (16 h 20) •
M. Sainte-Croix :
Merci, M. le Président. Si vous me permettez, j'aimerais d'abord procéder
aux salutations habituelles, à commencer par vous, à titre de président.
Salutations à M. le ministre pour son baptême de séance des crédits.
Salutations aussi à vos équipes de professionnels, c'est toujours un plaisir de
les côtoyer. Salutations aux collègues de la banquette gouvernementale, les
oppositions, les associations, les regroupements de... au niveau du secteur halieutique, principalement. Puis, bien
évidemment, M. et Mme Tout-le-Monde qui nous regardent, là, à la télé.
Je vais, si vous me
le permettez, M. le Président, faire un petit détour des champs vers les quais,
dans un... dans des régions de bord de mer, le Québec maritime, Gaspésie, Îles-de-la-Madeleine,
Côte-Nord, Basse-Côte-Nord, Bas-Saint-Laurent, dans un univers où les produits
du secteur halieutique, la capture, la transformation, la distribution,
recherche-développement, innovation constituent un secteur d'activité
monumental pour nos communautés.
Chez nous, en
Gaspésie, on comprendra que nous sommes, là, dans le... ce qu'on appelle le
«prime time» du secteur homard, donc, pour le délice de bien des Québécois, des
Québécoises et bien d'autre monde à l'extérieur de notre... de notre pays, bien
évidemment. Donc, des... une période, actuellement, fébrile sur les quais, dans
les usines. J'ai eu le bonheur, le privilège d'accompagner mon ministre, en fin
de semaine dernière, aux Îles-de-la-Madeleine, pour un événement absolument
incroyable. On parle de la 151e édition du début de saison de pêche aux
homards, et ça se concrétise par ce qu'on appelle, dans le jargon local, la
mise à l'eau... puis là il faut rajouter la mise à l'eau des cages, un
événement qui s'étale sur la fin de semaine. On a été invités à cet
événement-là de façon très cordiale, un accueil absolument incroyable. Et puis,
on a du plaisir, d'une part, à aller rencontrer nos communautés, discuter avec
les acteurs du milieu, et aussi, il faut le dire, se bourrer la face, comme on
dit, au niveau des produits de la mer. C'est vraiment un événement
extraordinaire, et j'ai eu le plaisir aussi de côtoyer des collègues qui
étaient là pour une autre occasion, là, durant le week-end, au niveau
d'activités politiques.
On parle, en 2025,
d'une industrie qui a généré des revenus à quai, débarquements à quai, de près
de 493 millions de dollars. Donc, vous vous imaginez que, grosso
modo, 493 millions de dollars, dans des secteurs ruraux, bords de
mer, petites communautés et villages, littéralement, hein... moi, c'est mon
comté, c'est un chapelet de villages les plus intéressants les uns que les
autres. C'est beaucoup d'argent, c'est beaucoup d'emplois, c'est beaucoup
d'histoire, de fierté et d'identité, et nous y tenons, à tous ces attributs qui
font que les secteurs maritimes ont quelque chose d'un peu particulier, là, au
niveau de l'histoire du Québec. Bien évidemment, ces activités-là halieutiques... puis je l'ai dit, au niveau de la
capture, de la transformation, de la distribution, la recherche-développement,
innovation... parce qu'on va se le dire, on parle beaucoup au niveau agricole,
puis c'est fascinant d'écouter ça, parce que c'est très loin de... d'où je
viens, mais les défis, les défis de l'environnement, les défis de la relève,
les défis des capitaux, l'explosion de la valeur du territoire agricole, chez
nous, bien, c'est la question de l'adaptation aux changements climatiques,
c'est aussi la question de la relève, c'est aussi la question de l'innovation,
et ça prend des tournures absolument assez incroyables.
Il y a des très
belles histoires en région, des histoires de résilience, des histoires
d'adaptation, de transferts d'entreprises et d'enjeux qui sont monumentaux
aussi, mais pour lesquels nos communautés sont vraiment en mode solution. Je pense que M. le ministre a eu la
chance de pouvoir le constater le week-end dernier, aux Îles-de-la-Madeleine, on a affaire à des gens qui sont à leur affaire depuis très
longtemps, de père en fils et, de plus en plus aussi, de père en fille. Ça, il
faut le dire, c'est beau à voir. Puis honnêtement, il y a vraiment, là, de
belles histoires au niveau du secteur halieutique.
J'aimerais qu'on
fasse... qu'on prenne le temps de faire un retour, M. le Président, sur,
essentiellement, trois éléments qui m'ont... qui retiennent mon attention pour
l'exercice d'aujourd'hui. D'une part, on vous le disait, hein, la question de
l'innovation, le développement, l'adaptation de l'industrie. Bien, on a un
outil, au Québec, qu'on a développé conjointement avec le partenaire fédéral,
qu'on appelle le Fonds des pêches du Québec. On a débuté cet exercice-là en
2019. Ça a pris fin au 31 mars dernier, 2026. C'est un outil qui a généré,
grosso modo, là, en termes d'investissements, nous, là, comme partenaires
gouvernementaux, 34,1 millions de dollars. Donc, c'est un outil
important.
C'est un outil qui
accompagne le secteur halieutique dans ses nombreux défis. Je vous parle
strictement, là, pour la question des projets soutenus sur l'ensemble du Québec
maritime, c'est important de le dire, là, on parle de tout près de
200 projets soutenus par nos gouvernements à l'intérieur des différentes
initiatives de notre industrie. Donc, je pense qu'il faut le saluer. C'est un
programme qui est apprécié, c'est un programme qui livre des résultats puis
c'est un programme, M. le ministre, puis vous êtes bien placé pour le savoir,
là, qui fait l'objet de négociations, qui fait l'objet d'une reconduction. Le
fédéral semble très favorable à aller de l'avant. On nous a... On nous a
précisé ces intentions-là. Il reste la grande annonce, le grand jour. Donc, on
la souhaite très prochainement aussi, considérant que ce projet-là... ce
programme-là, pardon, est attendu par les communautés et il est très apprécié.
Donc, je pense que c'est important de le dire. Il y a des mesures
intéressantes, des mesures d'accompagnement appréciées, et il se trouve que
c'en est l'une d'entre elles.
On a aussi, dans le
dernier budget... Donc, je souligne le budget 2026‑2027 de notre collègue
des Finances, où il y a deux mesures, là, vraiment, qui font une grosse
différence, là, au niveau de nos petites et moyennes entreprises, des mesures
qui soulagent le fardeau fiscal et administratif de nos entreprises. Parce que
j'écoutais le collègue de Pontiac me parler de la montagne de paperasse
nécessaire à faire avancer nos entreprises agricoles. Bien, je peux vous le
dire que c'est aussi le cas en pêcherie, c'est aussi le cas en foresterie.
Donc, je pense qu'il faut le souligner, là aussi, on a eu une bienveillance,
là, dans le contexte que l'on connaît, en termes géopolitiques et économiques,
pour essayer aussi, au niveau des secteurs des ressources naturelles, de
favoriser un allègement puis favoriser le fait aussi de
soulager le portefeuille de nos petites et moyennes entreprises. Je parle ici
du crédit d'impôt sur la masse salariale, qui a été reconduit jusqu'en 2030.
Donc, ça, c'est une
mesure très importante pour le secteur agricole, forestier et le secteur des
pêches. C'est une mesure qui, comme je le disais, élimine de la paperasse,
ramène du... de l'argent sonnant. Et il faut comprendre que ces
contributions-là, à partir du moment où les secteurs visés l'ont dans leurs
poches, bien, souvent, ça sert à venir supporter une mise de fonds, à favoriser
un projet d'innovation, à favoriser de l'achat d'équipement, de la
modernisation dans nos entreprises. Puis il y a des enjeux, là, vraiment
importants, si on veut être capables de concurrencer des produits qui viennent
d'ailleurs sur la planète, qui, souvent, n'ont pas les mêmes réglementations
environnementales. Et ça, ça se traduit beaucoup par une question de
concurrence, là, sur le marché. Donc, ça, je le souligne, c'est bienvenu. Moi,
quand on a fait cette annonce-là dans le budget, ça a été automatique, là, j'ai
eu plusieurs pouces en l'air par bon nombre de partenaires de notre industrie.
Donc, je suis très fier que notre gouvernement ait bougé dans ce sens-là pour
amener une aide spécifique, là, concrète, au niveau de nos agriculteurs, de nos
forestiers et de nos pêcheurs et transformateurs.
La deuxième mesure,
M. le Président... Oui, il me reste du temps, toujours?
Le Président (M.
Ciccone) : Oui, 5 min 30 s.
M. Sainte-Croix :
Ah! tabarouette!
Le Président (M.
Ciccone) : ... que j'ai dit? Ah! tabarouette...
M. Sainte-Croix :
«Tabarouette», ça, ça ne se dit pas, ça?
Le Président (M.
Ciccone) : C'est accepté.
M. Sainte-Croix :
OK.
Le Président (M.
Ciccone) : C'est accepté, c'est accepté.
M. Sainte-Croix :
Je trouve ça drôle, moi.
Le Président (M.
Ciccone) : C'est accepté. Non, non, non, arrêtez.
• (16 h 30) •
M. Sainte-Croix :
C'est bon. OK, bon, oublions ce qu'on vient de dire pour certaines
oreilles. Le congé de deux ans de la cotisation au fonds de services santé, ça
aussi, c'est très, très bien accueilli. C'est favorable puis, tu sais,
honnêtement, avant qu'on m'annonce ça, moi, je ne savais pas vraiment trop à
quoi ça référait, cette mesure-là. J'ai fait mes devoirs, ça fait que, là
aussi, c'est une mesure qui soulage, c'est une mesure qui favorise que plus de
moyens restent dans les poches de nos... de notre monde. Puis ça, je pense que
c'est le très bienvenu à ce niveau-là.
Tu sais, on ne le dit
pas assez souvent mais, très honnêtement, le secteur halieutique, le secteur de
la capture, de la transformation, de la distribution, c'est essentiel à
l'économie de nos régions. Je pense aussi que le Québec a tout à découvrir sur
la richesse de nos produits. Vous savez, M. le Président, on a le bonheur, des
fois, de sortir de notre petit Québec pour aller voir comment ça se passe
ailleurs. Puis, si vous saviez la valeur ajoutée et la valeur ressentie de nos
produits, à l'échelle mondiale, c'est absolument incroyable, puis je pense que
tout le monde est en mesure de le reconnaître, lorsque vient un événement comme
dimanche dernier, la fête des Mères, où c'est, pour plusieurs Gaspésiens et
Québécois, le premier repas de homard. Alors, j'encourage tous les Québécois et
Québécoises à consommer plus de produits marins. C'est... je pense que nous
devons nous donner cette obligation-là. On a la chance d'avoir ça chez nous,
dans notre Saint-Laurent, puis honnêtement, on en est très fiers.
C'est ce que j'avais
à vous dire aujourd'hui. Je laisserais la parole à mes autres collègues, parce
que je sais qu'il y a des questions qui aimeraient être adressées à M. le
ministre. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Ciccone) : Merci beaucoup. Alors, il vous reste
3 min 30 s.
M. Provençal :
Trois minutes...
Le Président (M.
Ciccone) : 30 secondes, pour ce bloc.
M. Provençal :
Alors, je peux juste... Ce sera, M. le Président, uniquement une
introduction, parce que là, si je commence à saluer tout le monde, le trois
minutes va être écoulé. Quand je reviendrai, avec mon droit... mon droit de
parole, je vais vous entretenir sur certaines filières, notamment sur la
filière laitière, parce qu'il y a eu un investissement, je dirais même,
historique, à Beauceville, chez Agropur. Et je me permettrai d'élaborer sur cet
investissement-là. Et je parlerai,
éventuellement, d'un autre dossier qui a été réglé par le ministre, au niveau
de la filière du boeuf, qui est très important pour eux autres, parce que ça a
enlevé une pression que cette filière-là avait.
Alors, dans la prochaine
intervention, M. le Président, je serai un petit peu plus volubile sur tout
l'aspect de l'aide financière qui a été donnée à la filière laitière, parce que
c'est un élément... J'ai quand même toutes les filières chez moi, mais la
filière laitière est quand même très présente, comme la filière porcine. Il
reste combien de minutes?
Le
Président (M. Ciccone) : Il reste deux minutes, mais on peut le rapporter,
là, sur votre temps dans l'autre bloc.
M. Provençal : Si vous me dites
qu'on peut le rapporter...
Le Président (M. Ciccone) : Bien
oui, on va le rapporter.
M. Provençal : Merci beaucoup,
M. le Président. Ça va être plus facile pour moi. Merci.
Le Président (M. Ciccone) : Parfait.
Merci. À moins qu'il y ait d'autres collègues de la partie gouvernementale qui
aient des questions? Non, c'est beau? Parfait. Je vais maintenant reconnaître
le député de Pontiac. Vous avez 22 min 4 s.
M. Fortin : Merci, M. le Président.
Vous devez avoir hâte d'avoir une question, M. le ministre. OK. La Financière
agricole... comment je vous dirais ça? OK, je vais vous le... je vais
vous le dire comme ça, moi, j'ai toujours perçu, là... puis je pense qu'il y a
beaucoup de Québécois, là, qui aimeraient que la Financière agricole soit un
vrai moteur de développement de l'industrie, hein, qu'elle joue un rôle pas
juste... pas juste de protection, un rôle d'assurance, là, qu'elle occupe...
elle a des programmes d'assurance, mais elle a aussi des produits de
financement, hein, la Financière. Puis, au fil du temps, moi, la question que
je me pose, c'est : Est-ce que, vraiment, la Financière joue pleinement le
rôle qu'elle pourrait jouer, au Québec, dans le développement de notre filière
agricole? Je me demande si vous vous posez la même question.
M. Martel : Vous me posez la question,
là?
M. Fortin :
Oui.
M. Martel : Quand
je suis arrivé en fonction, on prend... puis, tu sais, ça faisait 13 ans
que j'étais... presque 13 ans que j'étais député puis... Mais, quand tu
arrives en fonction au ministère de l'Agriculture, l'étendue du mandat, il
est... il est vraiment... il est vraiment large. Il y a des institutions comme
la CPTAQ, la régie des marchés, La Financière agricole. Il y a tout le
ministère, toutes ses régions. Et, on regarde, juste d'apprendre des outils qui
sont à la disposition, tous les acronymes, c'est... c'est vraiment...
Et quand je
suis arrivé, moi, presque en même temps que moi, il y avait un changement de
garde à La Financière agricole. C'est là que Stéphane est arrivé. On est
rentrés en fonction à peu près en même temps. On a eu des bonnes discussions pour
justement... Parce que j'avais quand même des connaissances puis j'avais eu des
cas de comté aussi. Moi, ce que j'ai demandé à Stéphane, principalement,
c'est : J'aimerais ça que tu sortes, que tu fasses sortir tes subalternes
pour qu'on aille sur le terrain, aller sur le terrain pour comprendre la
réalité des agriculteurs. C'est important que, tu sais, on se donne... Puis je
vous... Sincèrement, là, pour avoir parlé à d'autres ministres de l'Agriculture
dans d'autres régions, il y en a beaucoup qui envie ça, La Financière agricole
qu'on s'est donnée ici. Ça fait qu'on a un outil extraordinaire, mais on
peut-tu optimiser son potentiel? Puis sincèrement, je pense que Stéphane...
puis, si vous voulez l'interroger, ça va me faire plaisir.
M. Fortin : Non, mais là j'aimerais avoir une discussion plus politique
avant d'avoir une discussion plus, peut-être, sur les chiffres, et tout ça, là.
Parce que moi, ce qui me frappe avec La Financière agricole, là, c'est qu'on a
entre les... entre nos mains, au gouvernement du Québec, là, un outil
fantastique, mais on ne l'utilise pas à sa pleine capacité. On ne l'utilise pas
à sa pleine capacité de vraiment agir comme levier pour favoriser
l'investissement agricole au Québec, pour s'assurer que le démarrage d'entreprise
puis le financement de nouveaux projets... et que le premier, le premier
endroit où on se tourne, là, c'est vers La Financière. On a des produits de
financement, mais, d'année en année, on dirait qu'ils sont moins utilisés,
c'est moins le réflexe naturel des agriculteurs de se tourner vers La
Financière agricole. Puis c'est de valeur, parce que moi, j'ai l'impression
qu'il manque quelque chose. Il manque quelque chose dans l'offre, appelons ça
gouvernementale, là, mais on n'utilise pas un levier qu'on devrait utiliser à
sa pleine capacité.
Puis là je vous le soumets, M. le ministre, mais
je suis convaincu que vous avez regardé les derniers rapports annuels de La
Financière, puis il y a tout le... il y a tout le volet assurance puis il y a
tout le volet financement. Puis, quand je regarde les dernières années, les
programmes, les produits de financement, là, le financement agricole et forestier autorisé, donc les garanties de prêt,
là, qui sortent de La Financière agricole, en 2020, c'était 1,6 milliard;
en 2021, c'était 1,5 milliard; en 2022, c'était 1,4 milliard;
en 2023, c'était 1,2 milliard; et, l'année dernière, c'était
1,1 milliard. À chaque année, ça diminue. À chaque année, on utilise de
moins en moins les produits de financement de La Financière agricole.
Puis moi, je vous avoue, ça me fait rager, ça.
Je ne peux pas croire que le réflexe... bien, «je ne peux pas croire», je peux
le croire, mais, nos outils, soit ils sont mal adaptés aux besoins des
agriculteurs, soit on ne leur donne pas le meilleur
rendement possible, mais il y a quelque chose qui ne fonctionne pas, là. Je
veux savoir si vous êtes d'accord avec moi.
M. Martel : Bien...
Le Président (M.
Ciccone) : Juste un instant, M. le ministre. Quand vous faites
référence à Stéphane, vous faites référence à M. Labrie, PDG de La Financière
agricole.
M.
Martel :
...
Le Président (M.
Ciccone) : Parfait, pour que les gens nous comprennent à la maison.
M. Martel : Oui,
exactement. Sincèrement, dans tous les... Bien, je reviens à ce que je
mentionnais tantôt, OK? On a une institution qui est un joueur important. Moi,
j'ai demandé au président-directeur général de sortir, d'aller sur le terrain
pour s'assurer... Lui, il arrive en poste, il a des yeux de nouveau qui arrive,
là. Puis le challenge qu'on se fait mutuellement, c'est... il faut adapter nos
produits aux besoins des agriculteurs. Mais, une fois que j'ai dit ça, puis je
vous le dis très sincèrement, je ne le sais pas, combien de rencontres que j'ai
faites avec des agriculteurs, avec des UPA régionales, je n'ai pas eu beaucoup
de griefs à l'égard des services qui étaient donnés par La Financière agricole.
M.
Fortin : Mais ce n'est pas...
M.
Martel :
Non, non, je...
M.
Fortin : On ne parle pas des services, là. On n'est pas sur les
services, là, on n'est pas sur la qualité des intervenants de La Financière,
mais, de toute évidence, là, si on passe de 1,6 milliard à
1,1 milliard en cinq ans... Puis, quand on regarde les données, les autres
données, si on va voir les chiffres de Desjardins, là, Desjardins nous disent
qu'ils sont le leader en crédit agricole au Québec. Ils sont rendus à
39,8 % des parts. Moi, j'entends les agriculteurs nous dire, là :
Bien, le financement de Financement agricole Canada, c'est pas mal plus simple,
puis j'ai peut-être des meilleures opportunités. Alors, un agriculteur
québécois, là, ce serait pas mal plus le fun qu'il se tourne vers La Financière
que se tourner vers Financement agricole Canada.
• (16 h 40) •
Alors, moi, c'est...
ce n'est pas le service qui est offert. Ça, je n'en ai aucun doute, que les
agents puis les employés de La Financière, là, c'est des gens dédiés qui
veulent servir les agriculteurs, mais, de toute évidence, l'agriculteur, il va
se tourner vers le levier qui est le plus profitable pour lui, pour son projet,
puis ce n'est pas ça qu'il est en train de faire. Alors, au-delà des services
de La Financière, les programmes eux-mêmes puis les... il y a quelque chose qui
ne fonctionne pas derrière ça, là.
M.
Martel :
Bien, on est à la même place, dans le sens qu'on a un outil formidable, on
peut-tu l'adapter? Mais évidemment les institutions financières sont très
agressives, compte tenu que, quand tu fais un prêt sur une terre... sur une
terre agricole, avec l'augmentation qu'il y a année après année, il n'y a pas
beaucoup de risques pour les institutions financières de financer des terres
agricoles. Ça fait qu'elles peuvent être très agressives par rapport à ça, ce
qui peut compliquer la vie de... Mais je veux vous donner un exemple puis
j'aimerais ça... parce que, là, vous me le faites penser, dans les rencontres
que j'ai eues, entre autres je me rappelle, avec les producteurs de boeuf, les
gens, ils disaient : Le boeuf, c'est bon actuellement dans...
M.
Fortin : Les prix sont bons, vous voulez dire.
M.
Martel :
Les prix pour les producteurs, c'est intéressant de produire du boeuf. Ça fait
qu'ils disaient : Le problème, Donald, c'est que ça coûte cher, acheter un
veau, puis on ne veut pas de subventions, on voudrait avoir du financement plus
facile. On s'est revirés de bord, vers la Financière. J'aimerais ça que le PDG
vous explique, là, les garanties de prêt. On s'est... Je prends l'exemple que
vous donnez, là, on s'est virés... Moi, j'étais très content de la proposition,
si vous voulez, j'aimerais ça, pour la dire précisément, là...
M.
Fortin : Bien, moi, j'aimerais ça qu'on y arrive, mais avant,
là, je veux juste... parce que c'est quand même, là... Je comprends, M. le
ministre, que c'est votre première étude de crédits, votre première année en
fonction, là, mais ça fait cinq ans que ça diminue à chaque année, là. Alors,
oui, on peut arriver avec un programme ciblé dans un ou une... un levier ciblé
dans un secteur où il y a de l'intérêt en ce moment, mais il y a quelque chose
qui se passe, là. Il y a une tendance lourde, au cours des cinq dernières
années, alors que votre gouvernement est en place.
Puis moi, j'ai de la
difficulté à accepter l'explication de La Financière agricole. Alors, je vais
poser la question peut-être au PDG de La Financière, là, mais la seule
explication qu'on nous donne, c'est : La baisse des sommes prêtées au
cours des dernières années est directement liée à la baisse du nombre de
projets en agriculture. Moi, je ne crois pas ça. Moi, je ne crois pas ça. Quand
je regarde les chiffres de Desjardins, puis je regarde les chiffres
des autres institutions financières, puis on regarde les rapports de
Financement agricole Canada, je ne peux pas croire qu'on a baissé de
500 millions en cinq ans, juste parce qu'il y a moins de projets agricoles
au Québec.
Le Président (M.
Ciccone) : ...
M.
Martel :
Bien, est-ce...
M.
Fortin : Bien, soit... et à la fois, là, pour votre explication
sur le programme du boeuf, je n'ai pas de problème à l'entendre, mais je veux
aussi que le PDG nous dise que ce n'est pas vrai qu'il y a juste ça, là. Ça ne
se peut pas.
M.
Martel :
Bien, j'allais juste rajouter que... Je vous ai mentionné tantôt, puis je ne
taxe pas l'ancien... l'ancienne direction, là, mais c'est des discussions qu'on
a eues, moi puis le nouveau PDG, pour s'assurer d'être optimal dans notre offre
de services et dans le support à nos agriculteurs. Puis je vous donnais un bel
exemple où c'est ce genre de réflexe là que je souhaite de La Financière. J'ai
soulevé un problème par rapport à la... au financement des producteurs de
boeuf, et on est arrivés avec une solution, puis j'aimerais ça qu'on
l'explique, parce que ça vaut la peine.
M.
Fortin : Si on me répond, je n'ai pas de problème.
M.
Martel :
Bien là, il y aurait deux...
Le Président (M.
Ciccone) : ...M. Labrie. Allez-y, M. Labrie.
M.
Fortin : Oui, oui, allez-y sur deux fronts, si vous voulez.
M. Labrie
(Stéphane) : Les deux fronts? Alors, il y a une ouverture de crédit
qui a été mise en place à la suite des interventions des producteurs de boeuf
auprès du ministre. L'ouverture de crédit est un produit qui est beaucoup plus
simple. C'est une lettre de cautionnement qu'émet La Financière à l'endroit de
l'institution financière qui accorde du crédit court terme. Le montant maximal
de la garantie est rehaussé de 500 000 $ à 1 million de
dollars, ce qui permet aux producteurs d'avoir une ouverture de crédit de
2 millions avec cette garantie de 50 %. Ça, c'est un produit qui est
flexible, qui est augmenté, qui va permettre aux producteurs... on parle des
producteurs de boeuf, mais c'est un produit qui est aussi accessible à d'autres
producteurs, d'autres productions, mais d'avoir une ouverture de crédit
simplifié, en termes d'administration pour le producteur, envers La Financière.
C'est avec son prêteur court terme et c'est un produit qui va donner une
flexibilité et un accès à un crédit d'opération pour les producteurs, dans le
cas qui nous concerne, pour payer le coût d'acquisition des veaux, qui est
particulièrement élevé par les temps qui courent.
Sur le positionnement
de La Financière en financement, j'ai lu le même rapport annuel que vous et,
depuis mon entrée en fonction, j'ai fait une tournée, j'ai rencontré les gens
dans les centres de services, j'ai visité des producteurs, j'ai rencontré des
intervenants dans différentes activités auxquelles La Financière participe,
notamment des institutions financières. Je suis obligé de vous dire que ce que
je constate depuis mon arrivée en fonction m'amène à conclure que l'énoncé qui
apparaît dans le rapport annuel est vrai, mais peut-être incomplet.
Le constat que moi,
je fais, c'est que, depuis cinq, six, sept ans, depuis que La Financière
administre le programme PICD, qui a été un programme très populaire, programme
d'accès à la relève aussi, le PAFRA, ça a fait en sorte que nos équipes ont eu
un volume de travail imposant qui les a maintenues dans les bureaux. Et on a
administré des dossiers de demande de subvention et de garantie de prêt auprès
des institutions financières au bénéfice des producteurs. Et tout ça a
peut-être fait en sorte que nos conseillers en financement ont été moins
présents sur le terrain, jumelé au fait que, dans les cinq dernières années, on
a un nombre imposant de conseillers en financement qui ont quitté et qui ont
été remplacés par des conseillers en financement qui n'ont pas eu instruction
ni eu le temps d'aller sur le terrain. Je vous dirais que ça, c'est le constat
que je fais au niveau de ce que La Financière peut faire.
On parlait des
programmes tantôt, c'est des choix d'opportunité que le gouvernement fera, le
cas échéant, mais il y a des choses que, comme PDG, comme équipe de direction,
on peut faire actuellement. Et, depuis mon arrivée en fonction, je vous dirais,
depuis le mois de janvier, on a un plan de formation pour ramener nos gens à mieux maîtriser les programmes. Parce que,
souvent, on se fait dire que c'est long, le traitement des dossiers à La
Financière, on a des conseillers qui parfois ne maîtrisent pas tous les
programmes. On a un plan de formation qui est en marche, qui va se terminer à
la fin de l'été. Chaque centre de services a un plan de développement des
affaires pour reprendre des positions sur le terrain, retourner voir les
producteurs chez eux. Ça, ce sont des choses, comme équipe de direction, qu'on
peut faire.
M. Fortin : OK.
Moi, j'apprécie... j'apprécie l'intervention, là, du PDG, là, mais autant M.
le... M. le ministre, tantôt, donnait des tapes dans le dos de son
collègue, là, on... il n'y a pas grand tape dans le dos à donner par rapport à
ça, là. Ce que moi, j'entends, là, c'est qu'on a mis de côté... on a mis de
côté le développement de plusieurs entreprises agricoles, pour toutes sortes de
raisons, là, bonnes ou pas bonnes, là, mais La Financière s'est tournée vers d'autres choses, avait d'autres choses en tête, avait
d'autres préoccupations, avait d'autres enjeux internes. Mais ça, ça a fait en
sorte que des producteurs se sont moins tournés vers La Financière agricole,
puis ça, j'ai de la misère à accepter ça. Année après année, une diminution si
importante que ça puis qu'on a laissé aller les choses, je ne pense pas que
c'est particulièrement de quoi être fier.
Sur la... Vous m'avez
souvent entendu, là, M. le ministre, au fil des années, là, on a parlé d'une
réforme significative des programmes de La Financière, notamment des programmes
d'assurance de La Financière. Et une des choses qu'on nous a toujours dites,
c'est... bien, on y travaille, on y va, tranquillement pas vite, on y va avec
les différentes fédérations, avec les producteurs pour voir c'est quoi, leurs
besoins, mais il y a quelque chose qui nous bloque, c'est-à-dire la
transformation numérique de La Financière agricole. Ça nous bloque, ça fait en
sorte qu'on n'est juste pas capables d'avancer, pas capables d'offrir des
meilleurs produits, pas capables de changer nos programmes d'assurance, pas
capables d'avoir de la flexibilité nécessaire.
Alors là, je... moi,
je comprends, là, des rapports annuels de La Financière, que c'est une
priorité. Puis, si on n'est pas capables de changer nos programmes à cause de
ça, bien, j'espère que c'est une priorité. Bien là, j'aimerais ça savoir où
c'est qu'on est rendus, puis ça avance-tu, là, parce que, vous le savez comme
moi, là, vous regardez tous les dossiers de transformation numérique à... de
l'État, puis ça fait peur dans certains dossiers. Alors, moi, j'aimerais ça
savoir ce qui se passe à La Financière sur le projet Amiral.
M. Martel : Je
peux commencer.
M.
Fortin : Bien sûr, bien sûr.
• (16 h 50) •
M. Martel : Puis
peut-être que le PDG pourra compléter, mais c'est un dossier, évidemment, que
j'ai pris connaissance. Vous avez raison quand vous dites qu'on arrive à une
espèce de... on a dépassé, tu sais, les... nos besoins sont plus grands que ce
que notre système informatique nous offre. On a fait un premier appel d'offres
en fonction des budgets qu'on avait. Et là je n'ai pas les chiffres par coeur,
mais je suis certain que le PDG les a, mais, les soumissions qu'on a eues, je
pense qu'ils étaient deux fois plus élevés que le budget qu'on avait pensé
initialement. Donc, on s'est tournés vers d'autres projets.
On a travaillé avec,
entre autres, le ministère de la Cybersécurité pour voir s'il ne pouvait pas y
avoir une optimisation des ressources, est-ce qu'il y a des choses qu'on peut
développer. On a regardé différentes alternatives et aujourd'hui on n'a pas de
solution. On parle avec un fournisseur potentiel. On avait regardé une avenue,
je ne sais pas si on va être capables de la réaliser. C'était peut-être quelque
chose de plus gros, au niveau de l'État, je ne suis pas certain que ça va
fonctionner. Ça fait qu'on est à regarder les alternatives, mais on est
conscients du délai, on est conscients du temps, qu'il faut... qu'il faut
bouger bientôt, là.
M.
Fortin : Bien, juste comme ça, là, en
quelle année La Financière a... s'est rendu compte que le programme
informatique actuel ne permettait pas, justement, de répondre aux besoins, là?
Parce que ça fait longtemps qu'on en parle, là. J'aimerais ça savoir si vous le
savez, M. le Président, ce serait utile.
M. Labrie
(Stéphane) : Il y a deux dossiers d'affaires sur le projet Amiral. Il
y a un dossier d'affaires qui vise l'assurance, la gestion clientèle et la
gestion des comptes et un autre dossier d'affaires qui vise le financement. Le
dossier d'affaires financement a été autorisé par les autorités en 2022. Le
dossier d'affaires en financement a été autorisé en 2024, et, en 2024, La
Financière a lancé l'appel d'offres combiné sur les deux dossiers d'affaires
pour avoir un intégrateur. Ça a donné lieu à une ouverture de soumissions au
mois de juin 2025.
M.
Fortin : OK. Donc... et là il est arrivé
ce que le ministre vient de décrire par la suite de l'ouverture de l'appel
d'offres.
M. Labrie
(Stéphane) : À la... Bon, là, les soumissions étaient trop élevées, et
le conseil d'administration a décidé de suspendre l'appel d'offres et de
retourner en repositionnement, et c'est... Oui.
M.
Fortin : Très bien, mais là ce que
j'entends, là, tant du ministre que du PDG de La Financière, c'est que ce
problème-là, depuis au moins 2022, au moins, là, on sait qu'il y a un impact
sur la capacité de La Financière agricole, et qu'aujourd'hui, en 2026, on n'a
pas de solution à portée de main, là. Et là on n'est pas encore dans... on
n'est pas encore dans le nouveau processus d'appel d'offres, on n'est pas
encore dans le choix d'un... le choix d'un fournisseur, on n'est pas encore
dans le déploiement, on n'est pas encore dans tout ça, là.
Donc, est-ce que la
capacité de La Financière agricole de modifier ses programmes, de faire les
changements nécessaires, de répondre à la demande va continuer d'être affectée
négativement par le fait qu'on n'a toujours pas de solution et qu'on n'en a pas
dans le court terme non plus?
M. Martel : Ce sur quoi on
travaillait, on était dans le court terme. Comment ça va aboutir? Je ne peux
pas m'engager, là, je ne sais pas comment ça va aboutir, mais on regardait une
solution, là, vraiment à court terme. On est là-dedans. Est-ce que ça va
fonctionner? Je ne le sais pas, mais le sous-ministre, il me prête un écrit
ici, on a fait des choses quand même. C'est vrai qu'on est... on n'obtient pas
l'optimisation au niveau de notre logiciel informatique,
mais ça ne nous empêche pas d'être créatifs puis d'ajuster nos programmes en
fonction des besoins qu'il peut y avoir.
Entre autres, ce qu'il me prêtait, c'est
l'annonce des baisses des primes pour les entreprises de grande culture. Donc,
on a été capables de proposer quelque chose qui convenait à la situation,
malgré le fait qu'on n'avait pas le logiciel. Je pense que c'est un outil
que... qui est souhaitable, c'est un outil sur lequel on travaille, mais en
même temps, tu sais, les capacités financières, il faut en tenir compte aussi,
là.
M. Fortin : Est-ce que le fait qu'il n'y a pas de nouvelle solution
technologique à La Financière... est-ce que ça limite votre capacité à soutenir
adéquatement des producteurs agricoles?
M. Martel : Moi, il n'y a personne
qui m'a dit qu'à cause de ça... Est-ce qu'on a l'efficacité qu'on voudrait?
Peut-être que non, mais qu'on... qu'on n'ajuste pas nos programmes en fonction
des agriculteurs, moi, j'espère que, non, là. Si c'est le cas, il n'y a personne
qui m'a dit ça, là.
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup, M. le ministre. Je reconnais maintenant la députée de Verdun pour
14 min 43 s.
Mme Zaga Mendez : Merci beaucoup, M.
le Président. On a parlé rapidement des différents programmes qui sont
disponibles pour nos agriculteurs en termes d'assurance récolte puis aussi de
stabilisation du revenu. Une des grandes préoccupations des producteurs
agricoles, je pense, c'est le soutien, surtout dans des contextes économiques,
mais, je dirais aussi, climatiques qui sont de plus en plus instables. Il y a
quand même eu des efforts, puis on va le reconnaître, parce qu'on a eu quelques
réponses concernant l'ASREC puis son évolution, en prenant en considération les
défis climatiques.
On nous a promis ici à multiples reprises qu'on
allait finir avec la mise à jour des programmes, que ce soit à l'ASREC ou
l'ASRA, en fonction des défis climatiques. Moi, je veux savoir, est-ce qu'on
est arrivés au bout? Puis c'est quand... Parce que, bien qu'on voie, là, des
actions pour le maraîcher, pour les petits fruits... mais tout se fait de façon
très étalée dans le temps, là, puis on... ça fait cinq... quatre, cinq ans
qu'on parle des effets des changements climatiques. On a eu des agriculteurs
qui se sont mobilisés.
Donc, ma question, c'est : Quand ces deux
programmes-là vont être mis à jour complètement considérant les conditions
climatiques actuelles?
M. Martel : Peut-être juste, avant
de répondre à votre question, on s'était laissés tantôt par rapport aux...
Mme Zaga Mendez : Je vais y revenir,
oui.
M. Martel : ...aux demandes que vous
aviez pour le FIRA. On pourrait vous donner les réponses, puis je ne sais pas
si, la question que la députée de Verdun a posée, vous pouvez aussi y répondre
en même temps.
Mme Zaga Mendez : OK. Ça me va... me
faire plaisir.
M. Labrie (Stéphane) : Bien, j'avais
mal capté votre question, j'étais encore dans le PAFRA, je cherchais le
plafond. Le FIRA, c'est 100 millions. Il y a 18 millions dans... le
FIRA 2, hein, parce qu'il y a un premier FIRA, on est dans le FIRA 2,
il y a 18 millions d'engagés actuellement.
Mme Zaga Mendez : OK. Merci. Vous
confirmez les chiffres que j'avais. Puis, après ça, ce qui nous a été expliqué
pour ce programme-là, c'est qu'à chaque année il y a des projets jusqu'à tant
qu'on écoule le 100 millions. C'est ça?
M. Labrie (Stéphane) : Exact.
Mme Zaga Mendez : OK. Puis c'est
juste une année, ça fait qu'une année, 20 %.
M. Labrie (Stéphane) : Les actionnaires,
les contributeurs au fonds que sont La Financière... le Fonds de solidarité et
Desjardins ont convenu que c'était 20 millions par année maximum. Alors,
on est là.
Mme Zaga Mendez : OK, je comprends.
Ça répond à ma question précédente. Et, concernant la mise à jour de nos
différents programmes, je ne sais pas si c'est une...
M. Labrie (Stéphane) : Voulez-vous
enchaîner?
M. Martel : Oui, mais si vous voulez
continuer...
M. Labrie (Stéphane) : On revient à
Amiral, puis, si vous me permettez, je vais parler d'Amiral un peu plus... de
façon un peu plus globale. Amiral, à La Financière, c'est un projet de
transformation organisationnelle, qui a un volet TI, bien
sûr, dont on parlait tantôt, mais il y a des travaux qui se font, qui se
poursuivent malgré la suspension de l'appel d'offres sur le volet TI, qui se
poursuivent pour améliorer l'organisation du travail, pour améliorer les
programmes. Et, si on parle de l'ASREC, il y a des choses qui se font et qui
continuent de se faire pour améliorer le traitement des demandes et la
couverture.
C'est sûr que, lorsqu'on parle du foin,
on parle d'une couverture, d'une assurance qui n'est pas individuelle, qui est
collective, qui donne des résultats à la suite d'événements qui proviennent de
tours de stations météo. Ça donne un niveau de précision qui n'est pas toujours
parfait quant au niveau de dommages que subit un producteur. L'intention de
tous, incluant le gouvernement, La Financière, les producteurs, c'est de
transformer éventuellement cette assurance collective en assurance
individuelle, ce qui permettra d'avoir une lecture et une indemnisation qui va
correspondre aux dommages subis par un producteur sur ses terres.
Il y a actuellement des outils qui sont à
l'essai, de l'imagerie satellite, les drones. Éventuellement, on va avoir un
projet pilote pour avoir des attestations de dommages par un tiers qui vont
permettre d'avoir une lecture plus précise du dommage subi par un producteur, à
l'intérieur de cette couverture collective, avec un constat plus précis de son... de sa terre. Éventuellement,
transformer complètement l'ASREC en... au niveau du foin, par exemple,
au niveau des assurances collectives en assurances individuelles, il va falloir
compléter le volet numérique d'Amiral.
• (17 heures) •
Et, pour compléter ma réponse de tantôt, La
Financière travaille actuellement, depuis le mois de juin dernier, au
repositionnement, à la poursuite des travaux préparatoires dans l'objectif de
présenter au conseil d'administration un dossier d'affaires pour retourner en
appel d'offres sur le volet assurances, gestion des comptes et relations
clientèle. La cible, c'est le CA du mois de juin, ce qui nous permettrait de
retourner en appel d'offres sur ces composantes-là à l'automne et arriver avec
un intégrateur qui commencerait ses travaux d'implantation d'une solution
logicielle, sur ces trois modules-là, au courant de... on espère au début de
l'année 2027. Donc, c'est un dossier qui est en mouvement. C'est un
dossier sur lequel les équipes à La Financière travaillent très fort. J'ai bon
espoir qu'on va pouvoir y arriver et relancer le projet... le volet numérique
du projet Amiral.
Mme Zaga Mendez : Merci. Le temps
file. J'aurais tellement de sous-questions. Donc, en juin, vous allez à un
nouvel appel d'offres. Puis c'est quand votre objectif, là, de rendre... de
partir du collectif à individuel? Est-ce que vous avez une date?
M. Labrie (Stéphane) : Je n'ai pas
de date, mais vous me permettez de préciser que La Financière a revu la
séquence d'implantation des différents modules devant supporter les différents
programmes, et on a priorisé, après la gestion du dossier client, l'ASREC.
Mme Zaga Mendez : OK. Merci. Je vais
continuer, parce que sinon je n'aurai pas le temps de poser mes autres
questions.
Tout à l'heure, on a parlé quand même rapidement
de gaspillage alimentaire. Je veux juste vous relancer avec une question
courte. C'est qu'ailleurs, que ce soit en France, mais aussi en Californie, en
État de New York, pour aller plus vite, pour atteindre des cibles... parce que
j'entends, M. le ministre, que vous avez bien aimé vos visites aux banques
alimentaires du Québec, et on est en admiration, là, de tout ce qui se fait,
mais tout se fait sur une base volontaire.
Et, dans les réponses que nous, on a reçues, il
ne semblait pas y avoir un suivi d'objectifs de réduction avec des vraies
cibles et des... un suivi de combien on est en train de réduire avec les
millions de dollars qui sont donnés. Ailleurs, on a opté pour des cadres qui
donnent un objectif de 50 % de réduction, qui donnent les mêmes moyens,
qui accompagnent, mais, de l'autre côté, quand même, qu'on donne une
responsabilité d'avoir des contrats de réduction du gaspillage alimentaire.
Pourquoi on n'est pas allés vers là quand on est rendus dans un point aussi
critique, surtout en termes de sécurité alimentaire?
M. Martel : C'est une bonne question
que vous posez. Est-ce que c'est le rôle du MAPAQ d'aller dans cette... d'aller
aussi loin que ça? Je ne sais pas. La question est bonne. Moi, je pense que le
rôle... Si j'ai parlé tantôt de Moisson Estrie, c'est... je les ai visités.
Parce que la façon que le MAPAQ intervient, c'est de fournir des sous pour
acheter, par exemple, des réfrigérateurs, des congeleurs... des congélateurs,
pour faire en sorte d'éviter, justement, du gaspillage, d'être en mesure de
conserver les produits le plus longtemps possible. Donc, c'est ça qui m'a amené
à visiter Moisson Mauricie, et je trouvais que l'investissement qu'on faisait
était tout à fait approprié. Puis, je voulais le mentionner, c'est que, tu
sais, souvent, on se retourne vers les gouvernements puis on est en attente
toujours de solutions gouvernementales, mais là moi, je voyais des gens qui...
au-delà de la mission qu'ils ont, ils ont développé un esprit entrepreneurial
qui faisait en sorte qu'ils contribuent, eux autres aussi, à éliminer le
gaspillage, offrir...
Mme Zaga Mendez : Je vous remercie.
Merci. Je vais aller à un autre thème. Je n'ai pas eu de réponse à ma question.
C'est possible de... Pour vous... répondre à votre question, c'est-à-dire le
MAPAQ peut le faire. J'ai même déposé un projet de loi deux fois, où on peut voir
exactement ce que le MAPAQ peut faire pour s'attaquer à cette question.
Je vais aller sur l'achat local puis la
consommation des... dans l'achat local dans nos institutions. Très... on le
sait très bien, ceci est de la responsabilité du Conseil du trésor. Ceci étant
dit, nos producteurs agricoles, moi, je pense, ils sont
représentés autour du Conseil des ministres. J'espère que c'est le ministre de
l'Agriculture qui représente ses intérêts. Ils nous le disent, là, sans cesse,
que ce n'est pas facile d'avoir une place, par exemple, au centre
d'approvisionnement gouvernemental, pour avoir des produits québécois dans nos
institutions publiques. On travaille avec des cibles, encore une fois, qui ne
sont pas toujours connues. On est encore à 52 % de l'approvisionnement qui
s'est fait du côté du Conseil du trésor.
Du côté... comme ministre de l'Agriculture, quel
est votre poids et votre influence, en ce moment, pour que... pas seulement
qu'on atteigne des cibles, mais qu'on aille des vraies exigences envers nos
institutions publiques pour offrir un marché et assurer aussi des revenus à nos
producteurs agricoles?
M. Martel : Bien, je pense
qu'avec l'institut d'hôtellerie du Québec, on a parti un programme, là,
l'abréviation, je ne suis pas certain, là, SNAAQ, c'est-tu ça...
Une voix : ...
M.
Martel : ...la
SNAAQ. Mais, tu sais, l'important, c'était... parce qu'avant ça, il n'y avait
aucune référence, combien qu'on achète de nos distributeurs locaux. On n'avait
aucune référence... mais ça, en place, on est en mesure de connaître exactement
où est-ce qu'on est puis jusqu'où on peut aller. Donc...
Mme Zaga
Mendez : ...ces chiffres-là,
parce que nous, on a un aperçu de 52 % pour tout l'approvisionnement,
mais, quand on dit, mettons, de...
M. Martel : Je pense qu'on l'a
même par... 46 %, 46 %.
Mme Zaga Mendez : 46 %.
OK.
M. Martel : Mais l'objectif,
c'est vraiment de connaître où est-ce qu'on est, d'aller un petit peu plus
loin. Mais je veux vous mentionner, j'ai regardé le documentaire La bouchère...
Mme Zaga Mendez : J'entends, M.
le ministre. Désolée de vous interrompre. Je dois continuer. Il me reste
quelques minutes. Mais je ne sais pas si vous avez d'autres informations sur
comment on atteint une cible plus grande.
M. Martel : Non, bien, c'était
important, ce que je voulais vous...
Le Président (M. Ciccone) : Un à la
fois, s'il vous plaît.
M. Martel : ...on
est dans la même discussion. C'est important, ce que je voulais vous dire,
parce que, oui, encore une fois, on regarde, l'État, qu'est-ce qu'on fait. J'ai
regardé le reportage... le documentaire sur la bouchère... La bouchère de
Trois-Pistoles, je pense. Et, dans le reportage, je vous invite à regarder,
je pense que c'était le cégep, mais la personne qui était en charge de la... de
la cafétéria du cégep, elle se déplaçait d'un endroit à l'autre pour s'assurer
qu'il y avait des produits locaux disponibles.
Puis pourquoi je vous fais cette réponse-là?
C'est qu'on a, tout le monde, un rôle à jouer dans la consommation des produits
québécois, même des gens qui travaillent dans nos institutions. Ce n'est pas
toujours être obligé de mettre des règlements, mettre des directives. Je pense
qu'individuellement on peut faire une partie puis je trouvais que cet
exemple-là était extraordinaire.
Mme Zaga Mendez : J'entends.
Malheureusement, en ce moment, on continue sur le volontariat puis on n'arrive
pas à atteindre les cibles. 46 %, c'est très bas. On est capables d'avoir
encore plus des pommes, des carottes et d'autres produits québécois. Nos
producteurs nous entendent là-dessus depuis des années.
Je vais finir avec quelques... une question sur
le prix du panier d'épicerie. On a eu quand même une discussion tout à l'heure.
Il n'y a pas beaucoup de places où est-ce qu'on peut intervenir, en fait, en ce
qui concerne le prix d'un panier d'épicerie. On veut quand même continuer à
donner un prix qui est juste à notre producteur. Ce qu'on voit dans son modèle,
qui met beaucoup de pression, d'un côté, pour réduire les coûts de
production... Le producteur continue à, quand même, épauler tous les coûts de production
qui augmentent. On leur demande, les grandes, grandes chaînes... parce que,
vous savez, c'est 80 % de la distribution de la vente entre quelques
joueurs qui mettent la pression, mais ces grands joueurs là accumulent des
profits qui ont quand même augmenté depuis six ans. 580 millions de
dollars qui ont été donnés à des actionnaires de Loblaws dernièrement.
Comment vous voyez ce qu'il est possible de
faire pour intervenir, voir plafonner les marges de profits? Parce que ce n'est
pas possible de voir ces marges-là augmenter quand on demande... on fait la
pression à nos producteurs puis, de l'autre côté, on a des personnes qui
n'arrivent pas à se nourrir convenablement et qui s'endettent, qui sortent la
petite carte de crédit pour payer l'épicerie.
M. Martel : Je suis content que
vous m'ameniez là. Je vous ai parlé tantôt du code d'éthique, OK, les grands
distributeurs. Maintenant, on a des épiceries un peu partout au Québec. J'ai
entendu votre idée, en fin de semaine, d'une espèce de
Costco québécois. Honnêtement, puis je le dis en tout respect, je me
disais : Proposer quelque chose comme
ça, il ne faut pas connaître beaucoup les régions. Moi, je regarde, là, chez
nous, à Deschaillons, Jean-Claude Dubuc, propriétaire du Metro,
Jean-Claude, il s'implique dans toutes les causes. Aussitôt qu'on a besoin, il
est là pour rendre service à la communauté. Je pense à Martin Auger ou François
Arsenault, qui sont chez IGA à Nicolet. Tournois de baseball, tournois de
hockey, ils sont toujours là. Luc Vigneault ou Mario Beaumier...
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup, monsieur... Merci, Mme la députée.
Mme Zaga Mendez : ...
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup. Merci beaucoup. On va... Je reconnais maintenant le député
d'Arthabaska pour un temps limite de 14 min 43 s.
• (17 h 10) •
M. Boissonneault : Merci, M. le
Président. Je vais faire un peu de pouce sur ce que disait la députée de
Verdun. À l'automne 2020, vous avez... bon, le gouvernement de la CAQ a
annoncé la Stratégie nationale d'achat d'aliments québécois. Selon cette
stratégie-là, on est supposés d'être rendus à 100 % des institutions qui
se sont dotées d'une cible. Est-ce que c'est bien le cas?
M. Martel : Peut-être qu'on peut...
mais je pense que oui. On peut faire confirmer par le sous-ministre, mais les
derniers chiffres que j'avais vus, il me semble que oui.
M. Boissonneault : Très bien. Donc,
toutes les institutions auraient une cible.
Le Président (M. Ciccone) : M. le
député, est-ce que vous acceptez que M. le sous-ministre...
M. Boissonneault : Oui, j'accepte.
Le Président (M. Ciccone) : ...M.
Verret, à vous la parole.
M. Verret (Bernard) : Dans la marge
d'erreur du 100 %, on est à 96,1, mais c'est... Le 100 %, il y a une
institution qui ferme, une autre qui rouvre. Ça fait que, pratiquement, on est
à 100 %.
M. Boissonneault : OK. Juste pour
être bien clair, on n'est pas à 100 %, parce qu'il y a des changements
institutionnels ou...
M. Verret (Bernard) : Exact.
M. Boissonneault : Mais l'objectif
est toujours d'avoir 100 %.
M. Verret (Bernard) : Oui.
M. Boissonneault : Comment
allez-vous vous assurer... Donc là, on a une cible. Comment est-ce que vous
allez vous assurer que les institutions respectent ces cibles-là pour faire une
plus grande place aux produits québécois?
M. Verret (Bernard) : Je vais
redonner la parole à M. le ministre, parce que c'est avec l'ITHQ et l'outil
développé par l'ITHQ, qui s'appelle Tracéco... M. le ministre, vous vous en
alliez là tout à l'heure.
M. Martel : Bien, effectivement, il
y a des objectifs qu'on a fixés. Maintenant, il y a des... il y a des commandes
qui se sont faites à partir du Conseil du trésor, parce qu'au niveau des
produits alimentaires, c'est une chose, mais l'objectif gouvernemental, c'est
que tous les contrats de l'État priorisent les produits québécois. Le monde a
changé. On voit ce qui se passe avec les États-Unis au niveau du libre-échange.
C'est important de ne pas être naïf par rapport à toute cette situation-là.
Donc, il y a des commandes qui sont faites pour inciter les gens. Puis
l'avantage qu'on a, c'est qu'on est capables de le mesurer, on est capables de
poser des questions : Comment ça se fait que vous n'avez pas avancé plus
que ça?
Ça fait que je pense que le départ, c'était
vraiment de se fixer des... connaître la réalité. Maintenant, c'est d'être un
peu plus exigeant par rapport aux résultats.
M. Boissonneault : Est-ce qu'on a
une moyenne pour les cibles qui sont... qui pourraient représenter un peu les
cibles que les institutions se sont données?
M. Martel : Moi, je ne les ai pas par
coeur. Je ne sais pas si on les a ici.
M. Verret (Bernard) : Je peux
répondre.
M.
Boissonneault : En moyenne, là, une idée.
M. Verret
(Bernard) : Tout à l'heure, le 46 %, c'était la moyenne. Il y en
a... il y en a qui sont plus élevés, il y en a qui sont plus bas, mais ça varie
probablement entre... aux alentours de 30 à 70 %, parce que ce n'est pas
tous des produits qui viennent du Québec, parce qu'on ne produit pas tous les
produits, on ne produit pas de bananes. Et puis l'idée, c'est que, maintenant,
avec l'ITHQ... l'ITHQ rencontre régulièrement les acheteurs des institutions,
essaie d'adapter les menus et, avec l'outil Tracéco, l'ITHQ est capable de
suivre l'évolution de chacune... des achats québécois dans chacune des
institutions. C'est ça qui a pris quelques années à mettre en place, et là on a
bien... on va être capable de suivre l'augmentation des aliments du Québec dans
les institutions. Et puis le Trésor, le secrétariat du trésor regarde comment
travailler avec les groupes d'achats pour diminuer les quantités à acheter,
comment adapter pour que ce soit... pour que les institutions soient capables
d'acheter des produits québécois sans augmenter les coûts pour les hôpitaux ou
pour les institutions.
Ça fait qu'il faut
adapter les menus aux saisons, mettre des... mettre des carottes en automne et
puis... Ça fait que c'est tout un ajustement, vraiment particulier et vraiment
individualisé. C'est pour ça que ça va être un travail qui va être lent.
M.
Boissonneault : Est-ce que vous vous êtes donné un échéancier pour
pouvoir respecter ces cibles?
M.
Martel :
Bien, peut-être... vous le savez, il y a eu la course à la chefferie dans notre
parti politique...
M.
Boissonneault : Je suis au courant, oui.
M.
Martel :
...vous avez suivi ça. La première ministre a pris des engagements par rapport
à l'achat local. On a eu un conseil des ministres tantôt, on en a parlé encore.
Donc, il y a des annonces qui vont se faire très bientôt par rapport à cette
stratégie.
M.
Boissonneault : Je change de sujet. Vous n'êtes pas sans savoir que le
gouvernement fédéral offre maintenant un programme aux entreprises d'abattage
puis une aide financière de 40 millions de dollars, sur six ans, pour
conformer leurs produits aux caractéristiques religieuses, soit casher et
halal. Est-ce qu'il y a un programme comme celui-là au Québec?
M.
Martel :
Non, absolument pas.
M.
Boissonneault : Est-ce qu'il y aurait... Est-ce que vous êtes d'accord
avec ce programme fédéral?
M.
Martel :
Si vous me demandez d'un point de vue personnel, j'ai un certain malaise, mais,
en même temps, ça fait partie de la réalité. C'est de juridiction fédérale. Le
fédéral a fait des choix. La composition de la population a beaucoup changé.
Nous, je pense que c'est 99 % des animaux abattus, ils sont abattus sous
l'égide fédérale. Notre pouvoir n'est pas très, très grand par rapport à ça.
Mais je vous dis, tu sais, quand j'entends ça, d'un point de vue personnel,
j'ai toujours un petit malaise, mais il y a une réalité qui est là.
M.
Boissonneault : Est-ce que vous pourriez demander formellement au
gouvernement fédéral un retrait du programme et utiliser ce montant-là pour
favoriser, par exemple, l'abattage de proximité? Parce qu'on en entend beaucoup
parler aussi.
M.
Martel :
Bien, je pense qu'un n'empêche pas l'autre, là. Les abattages de proximité,
moi, j'ai annoncé des choses par rapport à ça qui sont vraiment importantes. Je
pense que, tu sais, à la fin, là, c'est... ça fait drôle de parler de bien-être
ou de sécurité animale quand on parle d'abattage, là, parce que la fin, on la
connaît. Donc, il faut faire ça dans le respect le plus... le plus grand
respect possible des animaux.
Mais je suis content
que vous m'ouvriez la porte pour les abattoirs de proximité, parce que le
règlement qu'on veut mettre en vigueur, à partir de cet été, va faire en sorte
qu'on va donner beaucoup plus de latitude à nos abattoirs de proximité. Vous
savez, avant, l'abattage... l'abattoir de proximité, si vous aviez un boeuf,
vous l'ameniez là, vous le faisiez abattre, vous mangiez le boeuf ou vous le
partagiez dans la famille. Là, ce qu'on va pouvoir faire, c'est... vous allez
pouvoir le vendre à la ferme, vous allez pouvoir aller le vendre au marché
public. Donc, c'est une façon, je pense, conviviale, originale, pour faire en
sorte de donner une vie à nos abattoirs, parce qu'on a vraiment un manque au
niveau des abattoirs du Québec. Là, on élargit le mandat des abattoirs de
proximité. Donc, je pense que c'est intéressant.
M.
Boissonneault : L'UPA a comparé les règles des différentes provinces,
entre autres sur l'abattage, pour voir de quelle façon on pourrait faire mieux
ici, puis que ce soit plus convivial, plus flexible. L'organisation conclut que
le modèle de la Colombie-Britannique est intéressant, qui permet, entre autres,
de vendre la viande des animaux qu'ils ont... que le producteur a abattus
lui-même. Est-ce que c'est quelque chose qu'on pourrait envisager au Québec,
ça?
M.
Martel : On peut toujours s'inspirer de ce qui se fait à
l'extérieur. Là, actuellement, on discute beaucoup avec l'Ontario, parce que je
pense... entre autres dans la région de l'Abitibi, les abattoirs sont plus loin
puis si... parce que c'est deux juridictions provinciales. Si l'animal est
abattu dans une province, tu ne peux pas vendre la viande de cet animal-là dans
l'autre province, même si l'animal, par exemple, vient du Québec. Donc, on
essaie d'avoir une espèce d'échange. Je pense qu'il y a des choses comme ça
qu'il faut mettre de l'avant pour s'assurer... Mais évidemment, s'il y a des...
Puis on en parle, tu sais, on en a, des abattoirs. Moi, je pense, chez nous,
l'abattoir... l'abattoir Côté ou l'abattoir Massicotte qui a fermé en Mauricie,
que je trouve malheureux, puis je dis : Comment qu'on peut faire pour...
On n'a pas les moyens de perdre des abattoirs.
Donc, je vous dirais
que la réflexion, j'en parle souvent au niveau du ministère, c'est, comment
rendre ça plus rentable, plus adapté aux besoins de nos producteurs agricoles.
Je pense qu'on peut s'améliorer par rapport à ça.
M.
Boissonneault : J'aimerais ça, puisque le temps file, revenir sur la
question que je vous avais posée avant que mon temps se termine, là, à propos
des travailleurs temporaires, parce que, franchement, on a vraiment entendu
beaucoup parler de ça sur le terrain, puis vous sembliez avoir une réponse par
rapport à ça. Donc, changement ou règlement, il y a des normes plus strictes,
et les producteurs nous disent que, parfois, c'est... c'est quasiment
inapplicable, par exemple, l'exigence des logements, qu'ils soient à moins... à
30 mètres de toute voie de circulation, ce qui est assez problématique
compte tenu du fait qu'il faut regrouper les bâtiments dans une ferme. Donc,
c'est presque impossible de répondre à des normes comme celles-là, selon les
producteurs qu'on a écoutés.
Est-ce que vous êtes
prêt à revoir certaines exigences du règlement, à penser à des allègements, par
exemple? Et quels seraient ces allègements, si oui?
• (17 h 20) •
M. Martel : Je
ne me rappelle pas ce que j'allais dire tantôt, mais je me rappelle, c'est
intéressant... j'avais une bonne idée puis je ne m'en rappelle plus. Mais, sur
le fond, sincèrement, je disais tantôt que les agriculteurs, ils ont intérêt à
ce que leurs travailleurs soient en forme. Donc, les conditions de logement,
pour moi, ils sont adaptés. Puis je n'aime pas qu'on propage l'idée que ces
gens-là pourraient être mal logés ou... s'il y en a, qu'on soit sévère avec ces
gens-là, mais qu'on ne parte pas du préjugé que les travailleurs étrangers qui
travaillent sur des fermes n'habitent pas dans des logements adaptés.
Évidemment, j'ai parlé de ça à mon collègue Jean Boulet. Il est très sensible à
ça, et, sincèrement, je pense qu'on va arriver à une solution qui va protéger
nos producteurs agricoles.
M.
Boissonneault : Donc, je comprends qu'il va y avoir des allègements,
qu'il va y avoir... on va revoir certaines exigences.
M. Martel : Comment
je peux dire ça? Le ministre a entendu mes récriminations.
M.
Boissonneault : Vous ne savez pas s'il va... il dit oui, s'il...
M. Martel : Mais
c'est parce que, là, il y a un bout qui est à lui, là, vous comprenez? Mais
moi, je suis à la même place que vous, pour moi, c'est important de défendre
les producteurs.
M.
Boissonneault : J'aimerais ça aussi vous entendre sur... parce que, tant
qu'à parler de la main-d'oeuvre étrangère dans le secteur agricole, on sait que
le secteur agricole dépend beaucoup de cette main-d'oeuvre étrangère là, qui
fait un travail considérable. En 2024, il y avait 23 600 travailleurs
étrangers. Il y a eu des resserrements du gouvernement du Canada et du
gouvernement du Québec pour diminuer le nombre de travailleurs étrangers dans
les entreprises agricoles. C'est bien, c'est une main-d'oeuvre qui est
importante, mais, en même temps, ce n'est pas la seule façon d'améliorer notre
productivité puis de répondre aux besoins. On pense, entre autres, à
l'automatisation, à la robotisation.
J'aurais aimé savoir
ce qui se fait dans ce domaine pour diminuer le recours aux travailleurs
étrangers. Est-ce que le... il y a un plan en place? Est-ce qu'on accompagne
les productions agricoles pour s'assurer qu'on ne dépende pas toujours de la
main-d'oeuvre étrangère?
M. Martel : Il
y a de l'innovation qui se fait, évidemment, mais il y a quelque chose quand
même de... tu sais, on n'est pas... probablement que ça va évoluer beaucoup
avec les années. Ça se fait rapidement. Juste... moi, j'ai fait l'initiative
AgroPerformance pour voir quelle façon qu'on pouvait, dans une optique
environnementale, améliorer notre production à la ferme, et les demandes qu'on
a eues, c'était... ça nous a jetés en bas de notre chaise, là. Il y a une réponse à ça. Je pense que les
agriculteurs, ils sont ouverts à ces modifications-là, parce que, tu sais,
au-delà d'avoir la dépendance de la main-d'oeuvre étrangère, tu as un
grand souci d'économies, tu sais, comment être le plus compétitif possible en
fonction de ma production agricole.
Donc, tout ce qui
peut amener, compte tenu de la compétitivité... Tu sais, tantôt, on parlait du
panier d'épicerie, tout ce qu'on peut faire
pour diminuer les coûts... je pense que c'est envisagé, et la diminution de la
main-d'oeuvre, ça en fait certainement partie.
M.
Boissonneault : Mais évidemment, les producteurs vont devoir être
accompagnés là-dedans aussi. Puis, par exemple, est-ce qu'on pourrait utiliser
le fonds d'électrification et de lutte aux changements climatiques pour accompagner, dans l'automatisation et la robotisation, les
producteurs agricoles, pour qu'il y ait moins de dépendance aux travailleurs
étrangers?
M.
Martel :
Bien, je ne suis pas sûr, si ce n'est pas compatible, moi, là. Il faudrait
peut-être vérifier. On le fait? Mais, peut-être, complétez...
Mme
Masse (Geneviève) : Donc, merci beaucoup,
M. le ministre. Donc, bien, le ministre a évoqué, là, l'initiative
ministérielle AgroPerformance. Donc, sur la totalité de l'enveloppe, là, qui a
été octroyée en mars dernier, là, qui a dépassé, là, les 52 millions de
dollars, de cette somme-là, près de...
Le Président (M.
Ciccone) : En terminant, s'il vous plaît, en terminant.
Mme
Masse (Geneviève) : Pardon?
Le Président (M.
Ciccone) : En terminant.
Mme
Masse (Geneviève) : ...près de
20 millions de dollars provenaient du Fonds d'électrification et de
changements climatiques, parce que les équipements achetés par les producteurs
contribuaient à améliorer leur résilience.
Le Président (M.
Ciccone) : Merci. Merci beaucoup. Merci beaucoup. Je reconnais
maintenant le député de Pontiac pour un temps de 22 min 4 s.
M.
Fortin : Merci, M. le Président.
Amicalement, amicalement, messieurs, mesdames, je pense qu'on peut quand même
saluer la Pépinière Éco-Verdure à Saint-Eustache, qui produit des bananes
québécoises.
M. le ministre,
est-ce que vous aimez, ça, vous, des champignons qui viennent de la Chine?
M. Martel : J'aime
les champignons, mais j'aime les produits du Québec.
M.
Fortin : Est-ce que vous aimez les
asperges qui viennent de la Chine?
M. Martel : J'aime
beaucoup les asperges, mais j'aime beaucoup, surtout à ce temps-ci, les
asperges du Québec.
M.
Fortin : Est-ce que vous aimez les
carottes polonaises?
M. Martel : Les
quoi?
M.
Fortin : Les carottes qui viennent de
Pologne.
M. Martel : Les
carottes polonaises, je ne sais pas si j'ai déjà mangé ça, là.
M.
Fortin : Bien, moi, je vous soumets... je
vous soumets, M. le ministre, que, si vous préférez les produits du Québec, là,
je ne vous souhaite pas de vous retrouver dans un... je ne vous le souhaite pas
de façon générale, mais je ne vous souhaite pas de vous retrouver dans un
hôpital ou un CHSLD montréalais, parce qu'aux dernières nouvelles, là,
100 % des champignons surgelés qu'on y retrouve viennent de la Chine,
100 % des asperges, des poivrons, des épinards, la quasi-totalité des
courgettes proviennent de Chine, les... 90 % des carottes proviennent de
Pologne. Puis là je pourrais continuer la liste comme ça longtemps, là.
Là, je vous ai
entendu tantôt dire : Ah oui! mais, vous savez, on est en train de
développer ou on a développé quelque chose pour mesurer où on est, là, puis
aller plus loin. Moi, je veux savoir ce que ça veut dire, aller plus loin, là,
parce que les résultats, ils ne sont pas au rendez-vous jusqu'à maintenant.
M. Martel : On
est conscients de cette situation-là. Puis pourquoi j'ai parlé... Je pense que
c'est important de savoir d'où est-ce qu'on partait. Je l'ai mentionné tantôt,
on est à la veille d'annoncer une nouvelle stratégie pour justement acheter plus local. Mais je le
mentionnais tantôt, puis ce n'est pas de se décharger de cette
responsabilité-là, mais ça m'a marqué, sincèrement, le reportage que je
faisais allusion tantôt. Je ne sais pas si vous l'avez regardé.
M. Fortin : Oui, mais je l'ai écouté... Puis honnêtement, M. le
ministre, je trouve que de remettre ça sur les épaules de quelqu'un qui
travaille dans la cuisine d'un hôpital, là... oui, ils peuvent faire leur part,
je n'en ai aucun doute, mais vous, comme gouvernement, là, vous avez une part
de responsabilité. Puis ce qui s'est passé dans les dernières... ce qui
continue de se passer dans nos hôpitaux, dans nos CHSLD, ce qui se passe au
niveau de l'achat gouvernemental de façon plus large, là, c'est déplorable, là.
Vous le savez, M. le ministre, que Nortera a fermé une usine, là, a fermé une
usine après avoir perdu un contrat d'achat gouvernemental. Ils ont perdu un
contrat d'une valeur de 15 millions de dollars
pour desservir des hôpitaux du Québec au profit de produits qui viennent de la
Chine et ils ont fermé leur usine de Saint-Césaire, en conséquence.
Alors, oui, on peut dire, il y a un reportage,
puis il y avait une personne qui, vraiment, était bien intentionnée, puis elle
faisait tout ce qu'elle pouvait à l'intérieur d'une cuisine pour aider des...
les producteurs québécois, mais le gouvernement du Québec a donné un contrat
pour importer des produits qui viennent de Chine, des légumes qui viennent de
Chine, puis Nortera a fermé son usine à Saint-Césaire. Ça, c'est la réalité.
M. Martel : Non, mais il faut... il
faut améliorer ça. On va annoncer des choses prochainement. Mais, tu sais, en
même temps, M. le chef de l'opposition, moi, j'ai été nommé en septembre. J'ai
vu Sollio, La Fernandière, qui a fait un investissement de quelques centaines
millions de dollars. Je suis allé visiter l'entreprise. Je suis allé chez
Montpak qui est dans la transformation, entre autres, du veau. Je suis allé où
qu'on a fait un investissement encore important. Mon collègue, tantôt, de la
Beauce a parlé d'Agropur, un investissement de 1 milliard ici, puis en...
je pense, c'est au Nouveau-Brunswick, mais le gros de l'investissement est ici.
On est allés chez...
M. Fortin : Mais vous me parlez...
M. Martel : Non, mais ce que je veux
vous dire...
M. Fortin : ...c'est deux choses différentes, là.
M. Martel : Non, non. Ce que je veux
dire, c'est que, oui, il peut y avoir des fermetures puis il faut s'assurer
d'acheter plus local. Je vous suis à cent milles à l'heure.
M. Fortin : Mais moi, je vous dis, moi, je vous dis, Nortera a fermé
une usine à Saint-Césaire parce qu'ils ont perdu un contrat du gouvernement.
Vous, vous me dites : La Fernandière est en expansion à Trois-Rivières.
Absolument, mais ce n'est pas à cause qu'ils ont eu un contrat du gouvernement,
là. Ils ne sont pas en expansion à cause que les hôpitaux du Québec, ils ont
décidé d'acheter du pain québécois. Ce n'est pas ça qui se passe, là.
• (17 h 30) •
M. Martel : Mais l'information que
moi, j'ai, là, c'est fin des activités de l'usine de Saint-Césaire et transfert
des opérations vers l'usine de Saint-Denis, projet de 28 millions.
M. Fortin : Oui, ça, ça s'appelle une restructuration d'entreprise,
mais le... Si vous demandez au PDG de Nortera, si vous demandez à M. Boisvert,
là, il va vous le dire, là. Ce qui s'est passé avec ce contrat-là, ça nuit à
leur compétitivité, ça nuit à leur entreprise. Puis c'est
7 millions de livres de légumes québécois par année qui ont été
remplacés par des produits de la Chine. Ça, ça n'aide pas à garder des
entreprises en vie. Ce n'est pas vrai, là.
M. Martel : Non, non, mais on est à
la même place, il faut acheter plus local. D'ailleurs, il y a quelques
semaines, j'ai envoyé une lettre au ministre fédéral pour lui demander de faire
une enquête sur le phénomène des dumpings puis des importations de légumes,
parce qu'on demande à nos institutions que ça coûte le moins en moins cher...
le moins cher possible. Ils font leur possible, puis, en même temps, quand on
reçoit des légumes ici, qui ont été produits dans des conditions différentes de
ce qu'on demande à nos producteurs, il y a une espèce de déséquilibre,
d'injustice là. Donc, c'est une situation qu'on essaie de régler.
M. Fortin : Est-ce que vous pouvez me dire aujourd'hui, là... parce que
là vous me dites : On va avoir une approche différente, là. En tout
respect, là, le discours du précédent premier ministre puis le discours de la
première ministre actuelle par rapport à l'achat local, c'est le même, tu sais,
presque mot pour mot la même chose. Le problème, c'est qu'il ne s'est rien
passé. Alors là, est-ce que vous pouvez me dire, aujourd'hui, là, que le modèle
qu'on a, qui fait en sorte qu'on va trop souvent avec le plus bas prix, là,
c'est au détriment de nos retombées économiques? Est-ce que c'est ça que vous
allez changer?
M. Martel : On veut favoriser
l'achat local. Je l'ai mentionné tantôt, le monde a changé, la compétitivité a
changé, il faut... Puis on a connu aussi la pandémie, où on a vu que
l'autosuffisance alimentaire, ça devenait un projet de société. Donc, il y a
beaucoup de choses qui a changé. Mais juste pour... par rapport à la demande
que j'ai formulée au ministre fédéral, c'est une annonce du gouvernement
fédéral ici qui dit que le tribunal — ça vient du gouvernement du
Canada — «le
tribunal ouvre une enquête de sauvegarde concernant certains produits de
légumes». C'est le Tribunal canadien du commerce extérieur, c'est un communiqué
de presse ici.
Donc, on essaie de faire bouger les choses. Tu
sais, je pense qu'il ne faut pas dire que... C'est exactement la même chose que
voilà une couple d'années, c'est des choses concrètes, ça, là.
M. Fortin : OK. Est-ce que... Pendant qu'on est sur l'achat de produits
québécois, les Québécois, là, les dernières années, ils ont, en très forte
majorité, là, fait leur part pour acheter des produits québécois. Ils veulent,
là. Vous allez à l'épicerie comme moi, là, puis vous en avez nommé quelques-uns
tantôt, des épiceries dans votre circonscription. Grand bien vous en fasse, je
vous ai trouvé très éloquent là-dessus. Puis on en a tous, des épiceries
locales qui participent à la vie communautaire, là. J'en pense à quelques-uns
chez nous, moi aussi, là. Mais, quand vous allez à
l'épicerie, là, vous le voyez, là. Moi, je vois, là, des étalages de pommes
québécoises, là, où il n'y en a presque plus puis des étalages de poires
américaines qui continuent à... qui débordent. Les gens, ils veulent faire leur
part, mais il y en a un, phénomène, qui existe pour vrai puis ça s'appelle le
bleu-blanchiment.
M. Martel : Le quoi?
M. Fortin : Le
bleu-blanchiment, c'est-à-dire... Vous savez à quoi je fais référence?
Certaines épiceries, là, qui indiquent «produit du Québec»... sont des produits
qui ne viennent pas pantoute du Québec. Est-ce que vous pouvez nous dire
pourquoi il n'y a aucune vérification proactive de la part de votre ministère
là-dessus?
M. Martel : Je pense qu'on
marche beaucoup sur des plaintes, honnêtement. Peut-être que, le sous-ministre,
il peut vous informer, là, de la procédure, mais moi, ce que je sais... parce
qu'on a eu le cas du sirop d'érable, là, qu'on a connu voilà quelques semaines,
là, puis j'ai posé des questions, comment ça se fait que ça arrive, puis des
choses comme ça. Donc, il y a des inspections, il y a des plaintes qu'on
reçoit. Je ne sais pas si vous voulez que...
M. Fortin :
Je vais peut-être poser une question directe, là, soit à vous ou soit au
sous-ministre, et sentez-vous bien libre de répondre... qui est celui
qui a l'information, là, mais vous faites des inspections en épicerie pour la
salubrité alimentaire. Vous êtes déjà là. Alors, pourquoi vous ne faites pas
des inspections sur le bleu-blanchiment pendant que vous y êtes?
M. Martel : Bonne question.
M. Verret (Bernard) : Comme
j'avais répondu, on fonctionne en fonction des plaintes, et c'est une... C'est
de la façon qu'on fonctionne.
M. Fortin :
Mais comment voulez-vous que le monde le sache? Moi, je rentre à l'épicerie,
là, c'est marqué «produit du Québec», là, je présume de la bonne foi de tout le
monde dans la chaîne d'approvisionnement, là. Je ne le saurai pas, quand je
vais croquer dedans. Peut-être, la fraise... la fraise, je vais peut-être le
savoir, si je suis en train de goûter une fraise québécoise versus une fraise
américaine. En fait, je suis pas mal certain que je vais le savoir, mais il y a
des produits pour lesquels ça va être difficile, là, sur le coup, de les
différencier. Alors, comment on peut juste dire : On fonctionne par
plainte? Le consommateur, lui, il va avoir de la misère à dire : Telle
épicerie fait une pratique qui est indécente comme ça.
M. Martel : Bien,
je vous le dis, en tout respect, là, peut-être que la situation est
problématique, puis peut-être qu'elle ne l'est pas tant que ça, puis il
faut juste faire attention. Tu sais, je pense, entre autres, au sirop d'érable,
là, tu sais, on a pris une personne qui a été très malhonnête par rapport à ça,
et ça entache la réputation de notre sirop, qui est quand même un emblème
extraordinaire pour le Québec. Puis, quand on regarde, quand on fait des
vérifications, parce qu'il y en a, du... aléatoires, là-dedans, notre sirop, il
est bon, il est pur, et il n'y a pas de marché noir par rapport à ça. On est...
on a fait des vérifications à cause de ce cas-là.
Donc, il faut faire attention. Tu sais, moi, je
pense à toute la stratégie d'Aliments du Québec, où on veut faire la promotion
des produits. Tu sais, s'il y a des cas qui arrivent, qui sont sérieux, un peu
comme les produits de l'érable, je pense qu'il faut le dénoncer haut et fort,
mais je vous invite sincèrement à... Il faut faire attention. Est-ce qu'il y a
vraiment un problème par rapport à ça? Moi, je vais à mon épicerie, la même
affaire que vous, il n'y a jamais personne qui m'a parlé de ça, là.
M. Fortin : Je fais confiance à la très, très, très grande majorité,
mais il y en a...
M.
Martel : C'est
juste de ne pas...
M. Fortin : Il
y en a, des enjeux, puis vous le savez comme moi, là. Ce n'est pas...
M. Martel : C'est
juste de... ce que je vous dis, en tout respect, c'est juste de ne pas enfler
une situation qui n'est peut-être pas si problématique que ça.
M. Fortin : OK. Vous voulez parler de... vous voulez parler de sirop
d'érable, ça va me faire plaisir de parler de sirop d'érable. Ça ne fait pas
très longtemps, là, moi, j'ai vu un article qui nous disait : On va
frapper un mur en production de sirop d'érable au Québec... en fait, pas très
longtemps, c'était il y a... c'était il y a deux jours, et ce qu'on comprend,
là, c'est que, malgré les nouvelles entailles qu'on a émises, on n'est pas
capables de mettre du sirop en réserve en ce moment. C'est une bonne chose. Ça
veut dire qu'il y a un marché, on l'écoule, c'est très bien, mais notre production,
elle ne répondra pas à la demande très bientôt. Donc, on va perdre des
opportunités pour nos producteurs acéricoles.
Dans ce contexte-là, pourquoi le gouvernement
est revenu sur une entente de 2 000 hectares en forêt publique pour
les produits... pour la production acéricole quand on a besoin d'augmenter
notre production rapidement?
M. Martel : Je
vais répondre assez brièvement à cette question-là, OK, parce c'est un dossier
que j'ai suivi. Les propositions qui avaient été faites initialement ont été
renouvelées, d'accord, mais, quand l'autre partie... Puis je l'exprime
publiquement, là, mon grand malaise, là, tu sais, si on dit : On te
donne... c'est la forêt publique, on te donne 50 % de la forêt pour
faire... Je ne dis pas que c'est 50 %, là, les chiffres, arrêtez-vous pas à la
précision des chiffres, là, c'est le principe que je veux vous... que je veux
vous expliquer. On donne une autorisation sur un pourcentage pour la production
de l'érable... puis que la personne... puis c'est l'entente qui avait été...
initialement, là, puis ça ne convient pas parce qu'on veut avoir un pouvoir de
décider sur l'autre partie de la forêt publique. Moi, je regrette, là,
sincèrement, la forêt publique, là, ça le dit, c'est public, ça appartient à
tous les Québécois. Ça fait que moi, qu'une entité refuse, c'est leur droit,
mais qu'ils mettent une pression pour avoir un pouvoir sur l'autre partie, moi,
ça, j'ai de la difficulté, sincèrement.
Ça fait que ce que je peux vous dire, c'est que
la proposition qui avait été faite, elle a été renouvelée. S'ils ne l'ont pas
refusée...
M. Fortin :
Mais, juste pour qu'on se
comprenne, là, 2 000 hectares de forêt publique au Bas-Saint-Laurent... puis je comprends que vous
avez avancé un chiffre, là, en disant que ce n'est pas le bon chiffre, là, mais
2 000 hectares de forêt publique au Bas-Saint-Laurent, c'est
0,2 % de la forêt publique, 0,2 %.
• (17 h 40) •
M. Martel : Non, mais ce n'est pas...
ce n'est pas en jeu, ça. On l'a renouvelée, cette proposition-là. Ce que je
vous dis... ce que je vous dis, c'est que la contrepartie, ils voulaient avoir
une espèce de droit sur l'autre partie qu'on
ne leur cédait pas. C'est ça que moi... puis ce n'est pas mon dossier, là. Moi,
je défends la production... je défends la production de l'érable, puis
je l'ai fait, mais, quand mon collègue des... C'est quel ministère?
Une voix : ...
M.
Martel : ...des
Forêts m'arrive avec ça puis il dit : Donald, ils veulent absolument avoir
un droit de gérance sur l'autre partie, bien là, moi, je débarque, là. Je
débarque.
M. Fortin : Le collègue, vous voulez dire... quand vous dites «mon
collègue», vous voulez dire «ma collègue», là?
M.
Martel : Pardon?
M. Fortin :
Vous voulez dire «ma collègue», j'imagine, des Forêts?
M. Martel : Bien, c'était mon
collègue à l'époque.
M. Fortin : Oui, mais votre collègue, quand il a quitté, les
producteurs acéricoles ont émis un communiqué pour féliciter le gouvernement de
l'avoir remercié de ses services parce que...
M. Martel : C'est conflictuel, je
l'entends, mais on a consulté tous les élus de ce secteur-là, là, les préfets. Ça
fait que moi... Vous avez une version, c'est supercorrect. Puis moi, je vais
toujours défendre, c'est tellement important, la production de l'érable au
Québec. Je vais être le plus grand défendeur, mais, en même temps, il y a des
principes dans la vie. Notamment, des choses qui appartiennent au public, bien,
pour moi, elles appartiennent au public.
M. Fortin : OK. Moi, je veux faire un dernier point. Combien de temps
il reste, M. le Président?
Le Président (M. Ciccone) : ...
M. Fortin : OK, parfait. Je veux
faire un dernier point, là, avec le temps qui nous reste, là, les travailleurs
de rang. Vous n'êtes pas sans savoir l'importance des travailleurs de rang, là.
Moi, je le dis, je le redis parce que je pense qu'on n'en parle pas assez, de
cet enjeu-là, là. Moi, il y a deux producteurs agricoles du même village, il y
a quelques années, dans ma circonscription, qui ont commis l'irréparable pour
toutes sortes de raisons, là, mais le poids de l'agriculture, c'en est une,
raison, le poids de la solitude, le poids de générations de travail sur leurs
épaules, le poids familial... puis il y en a un paquet d'autres aussi, là.
Tantôt, vous avez nommé le fait que les
producteurs finissent par passer une grande partie de leurs journées à faire de
la paperasse au lieu de faire le travail qu'ils aiment, là. Tout ça, là, ça,
c'est une accumulation, mais les travailleurs de rang, là... Moi, j'ai beaucoup
de misère, M. le ministre, quand j'entends qu'à cause de... à cause de coupures
il y a des travailleurs de rang qui sont perdus. C'est ça qui est arrivé au...
en Abitibi-Témiscamingue dernièrement, à cause de coupures, la région a perdu
une travailleuse de rang, et ils avaient... Je pense que c'est ça qu'on a fait
partout au Québec, là, on a promis un financement stable de ça, et Santé Québec
a... les a forcés à réorganiser leurs
finances en Abitibi-Témiscamingue, et il y a moins de travailleurs de rang
aujourd'hui qu'il y en avait.
Ça, j'espère qu'en...
j'espère qu'en défenseur de l'agriculture et des agriculteurs, et vous êtes la
personne autour du Conseil des ministres, là, qui peut soulever ces enjeux-là,
là... j'espère que vous en avez fait un cheval de bataille,
parce que je ne vois pas comment on peut accepter que des travailleurs de rang
perdent leur emploi par restrictions budgétaires.
M. Martel : Bien,
merci du témoignage. Pour moi, je n'ai pas baissé les bras. C'est une
initiative de notre gouvernement, d'avoir lancé ce genre d'initiative là à
partir des budgets communautaires dans les CIUSSS. C'est quelque chose qu'on
veut poursuivre. Évidemment, il y a toujours une partie où il y a un conseil
d'administration qui est autonome dans ses décisions, mais, pour moi... Tu
sais, vous faites état de difficultés psychologiques reliées à l'agriculture,
puis, tu sais, c'est terrible, mais, en plus de ça, la ferme continue. Quand il
arrive un drame, là, la ferme continue. Il reste encore des animaux, il y a des
trains à faire, il y a des champs à s'occuper. Il y a une dynamique incroyable.
Donc, on a peut-être encore un petit peu de pédagogie à faire par rapport à ça,
mais ce que je peux vous dire, c'est que je vais toujours défendre ce milieu-là
puis je n'ai pas baissé les bras.
M.
Fortin : Je vais vous le demander, là,
spécifiquement. Qu'est-ce que vous avez fait, suite à la réorganisation de
Santé Québec... à la perte de travailleurs de rang en Abitibi?
M. Martel : On
a des discussions avec les collègues, là.
M.
Fortin : Avez-vous espoir que ça va mener
à quelque chose?
M. Martel : Je
vous ai dit que je n'avais pas baissé les bras.
M. Fortin : Mais
je... moi, là, je comprends, là, que vous me dites : Santé Québec ont un
conseil d'administration puis ils sont indépendants. Ça, c'est... en
tout respect, ça aussi, c'est votre décision, comme gouvernement, ça aussi,
c'est votre décision. On a voulu dépolitiser, là, certains aspects du réseau de
la santé, bien, c'est ça que ça donne aussi. C'est ça que ça donne. C'est que
vous, comme ministre, en théorie, là... et votre collègue à la Santé n'a plus
de discrétion là-dessus.
Le Président (M.
Ciccone) : En terminant, M. le député.
M.
Fortin : C'est ça que ça... c'est ça que ça veut dire. Alors,
moi, j'ai de la misère à accepter ça, qu'on n'ait aucun pouvoir, comme élus,
comme ministre, sur le fait qu'on coupe des travailleurs de rang.
Le Président (M.
Ciccone) : Merci beaucoup. Merci beaucoup, M. le ministre. Je passe
maintenant la parole au député de Beauce-Nord pour, on a rajouté votre temps
reporté, 16 min 33 s.
M.
Provençal : Merci beaucoup, M. le Président. Écoutez, d'entrée de jeu,
là, avant de vous reparler de la filière laitière, je pense que, tout à
l'heure, on a pris la peine de saluer tous les gens qui étaient dans la pièce,
puis c'était parfait, mais je pense qu'il faut saluer nos productrices et nos
producteurs agricoles au Québec parce que ces gens-là nous donnent des produits
frais, des produits de qualité. Et c'est probablement la seule profession au
Québec où les gens s'achètent un travail sept jours sur sept, 24 heures
sur 24, et qu'ils sont confrontés avec mère Nature au quotidien. Alors, moi, je
veux les saluer parce que ces gens-là méritent notre admiration, méritent nos
félicitations.
Le Président (M. Ciccone) :
M. le député, avant de poursuivre votre intervention, on va prendre une
petite pause parce qu'il y en a qui ont des problèmes de ménopause puis il y a
des... il y a des hommes qui ont des problèmes de prostate aussi. Alors, on va
prendre une petite pause à la demande de M. le ministre. Merci beaucoup. On
prend une pause, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à
17 h 48)
(Reprise à 17 h 53)
Le Président (M.
Ciccone) : Alors, nous reprenons. Nous étions au député de
Beauce-Nord. À vous la parole, M. le député.
M.
Provençal : Merci, M. le Président. Comme je le mentionnais, c'est
important de remercier l'ensemble des producteurs du Québec, quel que soit le
type de production. On a des familles qui s'investissent corps et âme pour nous
donner des produits de qualité, des produits frais, et c'est tout à leur
honneur.
Un premier point
avant de reparler de ma filière laitière, je voulais parler de la filière du
boeuf, parce qu'au niveau de la filière du boeuf il y avait une dette qui
traînait, de 19,7 millions, et notre gouvernement a épongé cette dette-là, ce qui a permis à nos producteurs de ne
pas être obligés de continuer à mettre de l'argent dans un fonds. Il y avait
2,8 millions, déjà, d'accumulés dans ça, et le gouvernement a
dit : Ce 2,8 millions là, il va servir aux producteurs pour
l'adaptation aux changements climatiques, et autres. Alors, je pense que ça, il
fallait le souligner, parce que ça n'a pas
fait beaucoup de bruit, mais moi, je peux vous dire que, quand j'étais à une
rencontre des producteurs de boeuf, chez moi, à
Saint-Frédéric, chez le président des producteurs de boeuf du Québec, M.
Sébastien Vachon, que je salue, quand la nouvelle a été annoncée, je
peux vous dire qu'il y avait beaucoup de producteurs qui étaient très contents
d'apprendre cette nouvelle-là.
Maintenant, ça,
c'était ma petite introduction par rapport aussi aux producteurs de boeuf. Je
vais revenir maintenant à l'industrie laitière. Chez moi, j'ai une très bonne
concentration de producteurs laitiers. Il y a des entreprises phénoménales. Je
pense, entre autres, à la ferme St-Hilaire, Alain St-Hilaire, avec ses enfants,
sa conjointe. Si vous venez qu'à venir dans la région, je vous inviterai à
aller faire un tour puis aller les visiter. Vous allez être impressionnés de
voir comment ces gens-là ont regroupé leurs activités en termes d'industrie
laitière.
Comme je le
mentionnais, 24 avril dernier, une annonce de notre gouvernement pour
soutenir la coopérative Agropur, 102 millions, 100 millions pour... du
ministère de l'Économie et 2 millions non remboursables qui venaient du
ministère de l'Agriculture. Vous savez, une annonce comme ça, là, dans une
municipalité comme Beauceville, qui est une municipalité que je connais pas
mal, là, ça fait 70 ans que... 71 ans que je reste à cet endroit,
c'est une annonce phénoménale, puis je pense qu'historiquement c'est
probablement la plus grosse annonce qui a été faite au niveau de l'agriculture
dans le comté de Beauce-Nord.
Agropur... Je pourrais vous faire tout
l'historique d'Agropur, parce qu'initialement, là, c'est des gens de
Saint-Jules, qui faisaient du fromage, qui ont parti ça, mais, de fil en
aiguille, au fil des années, on a eu un regroupement. Et c'est une fierté chez
nous, Agropur, parce qu'autant au niveau des employés que de la qualité des
produits réalisés chez Agropur...
Cet investissement-là,
premièrement, ça va permettre d'automatiser, d'agrandir, mais surtout il y a un
élément qui est très intéressant au niveau de la productivité puis de la
compétitivité de l'entreprise, c'est qu'on va utiliser une matière qui
s'appelle des solides non gras. C'est une protéine qui est très riche et qui va
permettre de produire des produits à valeur ajoutée. Alors, on va faire du
développement, on va faire une nouvelle transformation et on va permettre à nos
producteurs laitiers que, s'ils veulent produire un peu plus de lait, on va
être capables de l'accepter puis le transformer, parce que, souvent, dans
n'importe quelle production, toute la notion de transformation... Je pense
qu'il faut être très vigilant puis penser à toute la notion de la transformation
et de la mise en marché par la suite.
Quand on regarde ce
qu'Agropur va faire... Je parlais avec le maire dernièrement, pour lui, là,
c'était une super de bonne nouvelle, considérant que cet investissement-là va
amener la création, au fil des années, d'une soixantaine d'emplois. Alors, je
pense qu'il n'y a pas de municipalité qui refuse ce type... d'avoir de nouveaux
emplois chez elle.
Moi, je veux
mentionner que la présence d'Agropur, ça nous permet, par la qualité des
produits, aussi, de rayonner au Québec, là. Il ne faut pas oublier, ça, c'est
un élément qui est extrêmement important. En même temps, bien, je pense que ça
a été un signal très, très, très clair que notre gouvernement voulait soutenir
cette filière-là comme il l'a fait dans d'autres types de filières, comme j'ai
mentionné, au niveau des producteurs bovins. Puis un épisode qui a été moins
drôle, là, la fermeture d'Olymel à Vallée-Jonction, dans le... dans le volet
porcin, ça a été difficile. Ça fait qu'une annonce comme celle-là, ça vient un
petit peu donner un genre d'équilibre dans ce qu'on a eu comme pertes et ça
vient bonifier, comme je l'ai mentionné...
On sait, M. le
ministre, là, qu'on veut renforcer notre autonomie alimentaire. Parce qu'avant
que le président... me dire: As-tu une question?, je vais vous la poser.
Une voix :
...
M.
Provençal : C'est juste pour vous taquiner un petit peu, M. le
Président, puis, avant de vous poser la... On veut renforcer l'autonomie
alimentaire avec cet investissement-là. Par contre, si je peux compléter avec
une complémentaire en lien avec mon introduction, dans le cadre des
négociations de l'ACEUM, on peut dire que la gestion de l'offre demeure non
négociable. Pour moi, ce sera toujours non négociable, et j'aimerais avoir
votre position sur ce sujet-là, M. le ministre. Merci.
• (18 heures) •
M.
Martel :
Bien, merci. Merci pour l'exposé, puis c'est vrai que le projet d'Agropur, il
est fondamental pour la région, mais il est fondamental pour tout le Québec.
Puis, tu sais,
tantôt, je ne sais pas si j'ai complété ma... je ne sais pas si j'ai complété
ma réponse, je ne sais pas si c'était avec la cheffe de l'opposition, mais, tu
sais, depuis que je suis ministre... Tu sais, est-ce que l'agroalimentaire,
c'est de l'économie? Quand on regarde les grosses annonces qu'ils ont eues dans
la dernière année, là, j'ai fait allusion tantôt à Agropur, chez vous, j'ai
fait allusion à Montpak à Laval, j'ai fait allusion à Jefo à Saint-Hyacinthe, à
Solio, La Fernandière à Trois-Rivières-Ouest, je veux dire, l'apport
économique... Oui, il y a la production sur le territoire, mais toute la
transformation... Tu sais, s'il y en a qui doutent de l'apport économique de...
L'agroalimentaire, au Québec, c'est fondamental.
Puis je regarde une région comme la vôtre, la
Beauce, chez nous, Nicolet-Bécancour, tu sais, ici, il n'y a pas de ferme, là.
En termes d'activité économique, on a le parc industriel, par contre, de
Bécancour. Il faut que je le glisse toujours... Mais donc, c'est fondamental,
puis la gestion de l'offre... Tu sais, il y a des secteurs agricoles... puis
là, là, je ne parle pas juste comme ministre, là. J'ai été député puis PDG
avant. Tu sais, quand on regarde les oeufs, on regarde la volaille, on regarde
le lait, tu sais, c'est des secteurs qui ne nous causent pas trop... Je ne dis
pas qu'il n'y a pas de problème, mais c'est des secteurs qui vont relativement
bien, notamment à cause de la gestion de l'offre. Quand
on regarde l'apport économique que ça apporte dans les régions, mais pour toute
l'économie du Québec, tu sais, il faut... il faut protéger... Moi, chez nous,
j'ai des fermes laitières, là, ils s'en vont sur la huitième génération, ce
n'est pas des blagues, là, tu sais, ça fait partie de notre patrimoine, ça fait
partie de notre trésor national.
Donc, c'est fondamental de conserver ça. Vous
vous rappelez, puis mon collègue va s'en rappeler, j'ai déposé une motion pour
réaffirmer notre volonté de protéger la gestion de l'offre. J'ai trouvé ça
malheureux que le collègue de Saint-Jérôme, c'est le seul... Tout le monde
s'est levé pour applaudir. Le collègue de Saint-Jérôme, qui, tristement,
faisait partie de notre formation politique, pour quelle raison, je ne le sais
pas, il a refusé qu'on l'adopte. J'ai trouvé ça malheureux, mais je pense que
le signal qu'on a envoyé, tout le monde, qu'on s'est levés debout en même temps
pour dire : On appuie la... on appuie et on demande de la protection de la
gestion de l'offre. Je pense que ça fait vraiment consensus au Québec puis
c'est important de surveiller ça. Il ne faut pas... il ne faut pas être naïf,
c'est négocié au niveau fédéral. Donc, on a des personnes qui sont déléguées
pour assister... La première ministre en a reparlé, elle a rencontré le
négociateur en chef aux États-Unis, elle a mentionné ça aussi.
Le Président (M. Ciccone) : En
terminant.
M.
Martel : C'est
fini?
Le Président (M. Ciccone) : Oui,
c'est terminé. Zéro... une, c'est terminé. Parfait. Alors, merci beaucoup,
chers collègues. Merci de votre coopération, et surtout votre grande cordialité.
Adoption des crédits
Le temps alloué à l'étude des crédits
budgétaires du portefeuille Agriculture, Pêcheries, Alimentation étant écoulé,
nous allons maintenant procéder à la mise aux voix des crédits.
Le programme 1, intitulé Développement des entreprises
bioalimentaires et qualité des aliments, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Ciccone) : Sur
division. Le programme 2, intitulé Organismes d'état, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Ciccone) : Sur
division. Finalement, l'ensemble des crédits budgétaires du portefeuille
Agriculture, Pêcheries, Alimentation pour l'exercice financier 2026-2027
est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Ciccone) : Sur
division.
Documents déposés
En terminant, je dépose les réponses aux
demandes de renseignements de l'opposition.
Compte tenu de l'heure, la commission ajourne
ses travaux au jeudi 14 mai, à 11 h 30, où elle
entreprendra l'étude du volet Énergie des crédits budgétaires du portefeuille
Économie, Innovation et Énergie. Bonne soirée, tout le monde. Merci.
(Fin de la séance à 18 h 05)