Journal des débats de la Commission de l'aménagement du territoire
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Le
jeudi 12 septembre 2024
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Vol. 47 N° 71
Consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 70, Loi modifiant la Loi sur la protection sanitaire des animaux
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Intervenants par tranches d'heure
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Schneeberger, Sébastien
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Lamontagne, André
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Fortin, André
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Schneeberger, Sébastien
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Lamontagne, André
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Poulet, Isabelle
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Fortin, André
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Schneeberger, Sébastien
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Lamontagne, André
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Girard, Eric
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Fortin, André
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Schneeberger, Sébastien
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Lamontagne, André
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Fortin, André
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Fortin, André
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Schneeberger, Sébastien
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Lamontagne, André
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Poulet, Isabelle
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Fortin, André
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Lamontagne, André
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Schneeberger, Sébastien
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Lamontagne, André
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Schneeberger, Sébastien
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Poulet, Isabelle
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Fortin, André
11 h 30 (version révisée)
(Onze heures quarante et une minutes)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bon matin à tous. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
de l'aménagement du territoire ouverte. Je souhaite la bienvenue à tout le
monde. Et juste peut-être vérifier vos sonneries, des fois qu'elles seraient
encore ouvertes.
Alors, la commission est réunie afin d'entreprendre
les consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 70,
Loi modifiant la Loi sur la protection sanitaire des animaux.
Est-ce qu'il y a des remplacements, Mme la
secrétaire?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Ciccone (Marquette) est remplacé par M. Fortin
(Pontiac).
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait,
merci beaucoup. Alors, nous allons débuter par les remarques préliminaires des différents
groupes ici présents, mais aussi, je voudrais juste souligner que, ce matin,
nous recevons l'Ordre des médecins vétérinaires du Québec et la Fédération des
producteurs d'œufs du Québec, en visioconférence.
Alors, M. le ministre, je vous laisse la
parole pour des remarques préliminaires. Un maximum de six minutes vous est
alloué.
M. Lamontagne : Merci
beaucoup, M. le Président. Bien, salutations à vous, très heureux d'être à
votre... à votre commission aujourd'hui. Alors, merci de nous accueillir.
Salutations à mon collègue député de Pontiac, avec qui... depuis déjà un bon
bout de temps, là... Il y a une stabilité au niveau de l'opposition officielle,
au niveau de son critique, que j'apprécie beaucoup, alors très heureux qu'on
ait à faire ce projet de loi là ensemble. Et merci à toute l'équipe du
ministère. J'ai avec moi Mme Nathalie Canac-Marquis, qui est directrice
générale par intérim de la direction générale expertise, santé et bien-être des
animaux. J'ai ma directrice de cabinet, qui est Geneviève Bélisle, et l'équipe
du ministère, puis mes collègues, la députée de Laporte et le député de Lac-Saint-Jean.
Dieu sait que moi, qui viens du Lac-Saint-Jean, comment je suis en symbiose
avec mon collègue député de Lac-Saint-Jean. Et puis on vient d'avoir mon
collègue le député de Sorel aussi, qui se joint à nous. Alors, très heureux de
vous accueillir.
Juste... Aujourd'hui, le projet de loi qu'on
commence à étudier, c'est la loi 70, Loi modifiant la Loi sur la
protection sanitaire des animaux. En réalité, on a une loi au Québec, la loi 42,
qui date... là, je vais vous dire un chiffre, M. le Président, là... quasiment
100 ans, et puis cette loi-là, ce qu'elle vise à faire elle agit sur les
risques pour la santé des animaux, elle agit sur les risques pour la santé des
personnes qui côtoient les animaux, elle agit sur les risques des gens qui
consomment des animaux, puis elle agit sur les risques... sur les gens qui
consomment les produits qui viennent des animaux. Alors, on s'entend que cette
loi-là, qui date de très longtemps, porte exclusivement, là, sur une question
sanitaire liée aux animaux. Les dernières modifications qui ont été apportées à
la loi... je ne sais pas si c'est en... les années... l'an 2000, alors c'est
plus de 20 ans où on a eu des changements à cette loi-là.
Alors, le projet de loi qu'on a devant
nous puis qu'on commence à étudier aujourd'hui par nos consultations
particulières, son principal objectif là, c'est de mieux outiller le Québec
pour assurer une meilleure protection de la santé animale puis de la santé
publique, pour préserver la santé économique du secteur bioalimentaire. Puis on
a juste à voir ce qui se passe avec toutes les épizooties d'influence
aviaire... d'influenza aviaire, qui touchent, entre autres, l'Amérique du Nord,
la dispersion de la peste porcine africaine. Il y a quelques années, on a eu la
maladie délibitante des cervidés. Il y a plusieurs années, c'était la fièvre
aphteuse. Alors, il arrive, là, qu'on a des épisodes qu'on appelle des épizooties
de maladie, qui viennent toucher une ou des espèces particulières dans des
régions ou une région sur des territoires, et puis il est important d'avoir une
loi, d'avoir des... une réglementation qui permet à nos responsables de santé
publique, à nos responsables qui s'occupent de toute la question sanitaire liée
aux animaux de poser les gestes qui vont aller dans le sens de la santé des
animaux, mais qui vont aller aussi dans le sens de la santé des citoyens et des
citoyennes du Québec.
Alors, les changements qui sont proposés
dans la loi... on s'aperçoit que c'est quand même assez technique, si on veut,
là... visent à répondre de façon plus efficace aux urgences sanitaires. Parce
que dans le mot «urgence», là... ça veut dire que plus on est habilités pour
agir rapidement, plus on peut prévenir puis on peut circonscrire les dommages
potentiels d'une épizootie qui peut se déclarer sur le territoire. Et puis,
bien, l'inverse est aussi vrai, c'est que moins on est habilités puis organisés
pour réagir <rapidement...
M. Lamontagne :
...Et
puis, bien, l'inverse est aussi vrai, c'est que moins on est habilités puis
organisés pour réagir >rapidement... bien, il peut y avoir des
conséquences, ultimement, qui peuvent être très graves pour nos cheptels, pour
nos animaux, mais aussi pour la population du Québec.
L'autre volet aussi qu'on a dans cette
loi-là, c'est toute la question de la lutte à l'antibiorésistance. On a vu, on
a des rapports qui nous indiquent, tu sais, une augmentation de la résistance,
si on veut, des animaux à toute la question des antibiotiques. Alors, il est
important de se doter de pouvoirs pour élargir notre surveillance de
l'utilisation d'antibiotiques puis des autres médicaments d'importance pour
lesquels, bien, on... qui vont pour nos animaux, mais qu'on veut améliorer la
traçabilité.
Alors, une chose certaine aussi, c'est que
ce projet de loi là, la dernière chose qu'on veut faire avec ça c'est
d'alourdir le fardeau administratif des gens. Parce que j'ai lu... dans les
différents mémoires qui ont été déposés, il y a une crainte quand on dit :
Le gouvernement veut se donner des outils pour réglementer davantage. Réglementation,
on veut alourdir. Écoutez, M. le Président, on est engagés depuis plusieurs
mois, vraiment, dans un chantier pour alléger, si on veut, toute la question
administrative pour tout le secteur agricole, le secteur bioalimentaire, alors
on ne viendra, avec ce projet de loi là, faire le contraire de ce qu'on cherche
à faire depuis des mois.
L'autre chose aussi, c'est que le projet
de loi P-42 va nous permettre d'harmoniser ce que le Québec va faire. Mais si
on se compare avec les autres provinces canadiennes, si on se compare à ce qui
se fait en Amérique du Nord, si on se compare, ultimement, à ce qui se fait
dans le monde... Parce qu'on doit se le confesser, M. le Président, c'est que,
depuis... tu sais, depuis 2000, les réalités ont changé au point de...
justement, des maladies, les réalités ont changé sur la façon de circonscrire
puis de s'attaquer à la propagation de ces maladies-là sur le territoire, et le
Québec est un peu à la traîne, en termes de ses façons de faire puis les outils
dont il dispose.
Alors, ce qu'il est important de retenir,
c'est, avec le projet de loi n° 70, ce qu'on veut faire, c'est gagner en
flexibilité pour faire face aux défis des prochaines années. Puis je veux
remercier tous les groupes qui ont participé. Ça fait des mois que ça se
prépare, avec nos équipes du ministère, pour faire en sorte qu'on dépose ce
projet de loi. Je veux les remercier pour les mémoires. Et puis je nous
souhaite, à tous et à toutes, là, le meilleur travail possible au cours des
jours et des semaines qui s'en viennent. Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci beaucoup, M. le ministre. Alors, nous allons maintenant du côté de
l'opposition officielle, et j'entends le député de... et j'ai un blanc de
mémoire, pardonnez-moi... alors...
M. Fortin :
Je ne vous aide pas.
Le Président (M. Schneeberger) :
...Pontiac, excusez-moi. Voilà, voilà.
M. Fortin :
Merci, M. le Président. À mon tour de saluer tout le monde autour de la table, en
commençant par vous, M. le Président, mais M. le ministre également, toujours un
plaisir. Et, parlant de stabilité, effectivement, vous avez une stabilité dans
vos critiques d'opposition, mais on ne peut pas dire que le ministère de
l'Agriculture ne dispose pas d'une belle stabilité au niveau de son ministre
lui-même. Je salue les collègues de Laporte, du Lac-Saint-Jean et de Sorel. Il
me semble qu'on parle beaucoup de Sorel ces jours-ci, mais, bon, c'est toujours
une bonne chose quand on parle de nos circonscriptions, habituellement. Je
salue l'ensemble des équipes qui sont là et les gens qui vont témoigner et nous
faire part de ce qu'ils pensent du projet de loi présenté par le ministre et
son équipe.
Bon, on est, M. le Président, à discuter
de la Loi modifiant la Loi sur la protection sanitaire des animaux. Disons... Je
ne pense pas, M. le Président, qu'on sera dans une très longue étude qui sera
particulièrement houleuse. Je pense que la protection des animaux, c'est
quelque chose qui... que tout le monde a à cœur au Québec, notamment des gens...
je vois les vétérinaires, l'ordre des vétérinaires qui est ici, notamment les
agriculteurs, des gens qui travaillent au quotidien avec des animaux.
Ce qu'on voudra s'assurer... et c'est pour
ça que mes remarques d'introduction seront toutes simples, M. le Président...
ce qu'on voudra s'assurer, c'est que ce projet de loi là, d'un côté, va assez
loin, c'est-à-dire qu'il offre tous les mécanismes nécessaires pour assurer une
pleine protection des animaux et de leur bien-être, mais en même temps, qu'il
atteint un certain équilibre et c'est ce que... ce à quoi le ministre faisait
référence, c'est-à-dire cette préoccupation-là de divers groupes par rapport à
une surrèglementation possible.
• (11 h 50) •
Alors, bien évidemment, moi, j'étais
content d'entendre, de la part du ministre, dans ses remarques d'ouverture,
qu'on va chercher à harmoniser certaines pratiques, parce que, de ce qu'on
entend, de ce qu'on voit, de ce qu'on lit, certaines provinces canadiennes ont
pris une certaine avance, disons, au niveau des meilleures pratiques en la
matière, font une meilleure utilisation peut-être, de certaines technologies
également, ce qui ne nous est pas toujours permis.
Alors, on voit ça d'un bon œil, M. le
Président, mais, encore là, je pense qu'il faut avoir dans nos discussions au
cours des prochains jours ou des prochaines semaines, toujours en tête que les <gens...
M. Fortin :
...nos discussions au cours des prochains jours ou
des prochaines semaines, toujours en tête que les >gens qui travaillent
avec les animaux, c'est-à-dire nos agriculteurs, que ce soient nos
vétérinaires, que ce soient... que ce soient d'autres groupes, ces gens-là, ils
ont, d'abord et avant tout... eux-mêmes, ils ont à cœur le bien-être des
animaux. Eux-mêmes travaillent, dans le cas des agriculteurs, pour maximiser
leurs investissements, et ils n'ont très certainement aucun intérêt à ce que
leurs animaux soient maltraités, ou de mauvaise qualité, ou n'aient pas tous
les outils pour être aussi aussi productifs que possible.
Alors, dans le cadre de nos discussions,
je nous encouragerai à avoir cette confiance-là envers les différents groupes
qu'on entendra et les gens qu'ils représentent. Mais, M. le Président, je m'en
tiens à ça pour l'instant. Je salue le dépôt de ce projet de loi et j'espère
que les discussions qu'on aura seront productives pour assurer cet
équilibre-là.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci,
député de Pontiac. Alors, nous allons terminer les remarques préliminaires.
Alors, nous accueillons ce matin le premier
groupe, qui est l'ordre des vétérinaires du... pardon, c'est ça, l'ordre des
vétérinaires du Québec. Alors, bonjour à vous trois. Alors, je veux présenter
les trois personnes qui sont ici présentes. Alors, il y a Mme Patricia
Noël, M. le Dr Gaston Rioux et Mme la Dre Danielle Beaulieu. Alors, vous avez un
10 minutes pour faire votre présentation, et, par la suite, nous allons
procéder à une période d'échange avec les élus. Allez-y.
M. Rioux (Gaston) : Merci, M.
le Président. Donc, M. le Président, honorablement, M. le ministre et les
députés qui vous accompagnent et de l'opposition, je vous remercie de me donner
l'occasion de m'exprimer au nom de l'Ordre des médecins vétérinaires du Québec,
qui regroupe près de 3 100 médecins vétérinaires oeuvrant dans des
domaines variés, tels que la santé animale, la santé publique et
l'agroalimentaire. Notre mission est de protéger le public en encadrant la
pratique vétérinaire et en veillant au développement des compétences des
médecins vétérinaires. Aujourd'hui, nous sommes ici pour discuter du projet de
loi n° 70, une initiative législative qui vise à
améliorer la protection des santés animales publiques au Québec.
Les médecins vétérinaires jouent un rôle
crucial dans la gestion des risques liés aux agents pathogènes, à la lutte
contre l'antibiorésistance, à la gestion des épizooties, domaines d'activité
explicitement visés par le présent projet de loi. En effet, environ un tiers de
nos membres travaillent dans les secteurs agricole et agroalimentaire, contribuant
à la surveillance des grandes productions animales, à l'inspection des viandes,
aux services diagnostiques dans les laboratoires gouvernementaux, à
l'épidémiosurveillance, à l'enseignement et à la recherche. Les médecins
vétérinaires sont donc les professionnels les mieux outillés pour évaluer les
propositions que nous fait le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de
l'Alimentation par le... par le biais, pardon, de ce projet de loi. Précisons
que l'ordre a pris soin de consulter les associations vétérinaires des domaines
des grands animaux, de l'industrie animale et des animaux de compagnie avant de
formuler ses remarques et d'émettre ses recommandations.
Spécifions, d'entrée de jeu, que nous
appuyons le projet de loi n° 70, qui renforce les
capacités du gouvernement à réagir face aux urgences sanitaires, à améliorer
l'épidémiosurveillance et à lutter contre l'antibiorésistance, grâce à
l'utilisation judicieuse des médicaments. Toutefois, nous souhaitons formuler
quelques recommandations pour renforcer le projet de loi et en faciliter la
mise en œuvre. Je vous présenterai à l'instant celles que nous jugeons les plus
importantes. Vous pourrez, évidemment, consulter l'ensemble de nos remarques et
recommandations dans le mémoire que nous vous avons transmis plus tôt cette
semaine.
Tout d'abord, nous souhaitons la... nous
soutenons, pardon, la nomination d'un médecin vétérinaire en chef au sein du
MAPAQ, un poste crucial pour la gestion des crises sanitaires. Cependant, nous
recommandons que la législation prévoie également la nomination d'un médecin
vétérinaire adjoint ou substitut de façon permanente, et non ponctuelle, pour
pallier toute absence ou empêchement du médecin vétérinaire en chef, surtout en
situation de crise. Cela garantirait la continuité des services de santé
publique et animale sans interruption.
Dans sa modification législative à
l'article 1.5, le MAPAQ apporte de nombreuses précisions sur les animaux
visés par cette loi, et il cite notamment les animaux destinés à la consommation
humaine. En effet, le projet de loi, tel que rédigé, s'applique uniquement aux
animaux destinés à la consommation humaine. Or, certains animaux d'élevage sont
destinés à la consommation animale. En retirant ce terme, cela permettrait de
protéger non seulement la santé animale, mais aussi la <santé...
M. Rioux (Gaston) :
...En
retirant ce terme, cela permettrait de protéger non seulement la santé animale,
mais aussi la >santé des humains qui sont en interaction avec les
animaux nourris avec des aliments contenant de la viande.
Le projet de loi permettra la tenue
d'études épidémiologiques pour identifier et prévenir la propagation des
maladies. Nous soutenons cette proposition. Toutefois, nous recommandons
d'indiquer l'instance détenant le pouvoir d'ordonner de telles enquêtes. Nous
suggérons que ce soit le médecin vétérinaire en chef du Québec. De plus, nous
suggérons d'inclure la notion de surveillance continue de certaines maladies
telles la rage, le virus du Nil occidental ou l'encéphalite équine de l'Est,
pour garantir une vigilance constante face aux menaces sanitaires ayant une
incidence grave sur la santé publique.
Le projet de loi stipule également que,
s'il y a des motifs raisonnables de croire à la présence d'un agent, un médecin
vétérinaire ou un inspecteur peut ordonner la mise en place de toute mesure
permettant de contenir ou d'empêcher sa propagation. Nous soutenons
l'importance de clarifier la définition du terme «agent» à
l'article 2.0.3, en incluant les risques économiques et les risques liés
au bien-être animal dans les raisons justifiant une intervention. En outre, les
mesures visant à contenir ou éliminer un agent pathogène peuvent avoir un
impact économique significatif sur les producteurs, notamment pour les plus
petits élevages. Il est essentiel que le gouvernement prévoie un soutien
technique et financier pour accompagner les producteurs dans l'application des
mesures prévues par la loi. Également, lorsque de telles mesures sont
ordonnées, nous recommandons d'ajouter l'obligation, pour le médecin
vétérinaire ou l'inspecteur, de fournir des explications et des pièces
justificatives expliquant la décision.
Le projet de loi apporte des
clarifications quant à l'obligation, pour un médecin vétérinaire, de déclarer
tous les cas où il soupçonne la présence d'une maladie contagieuse ou
parasitaire, d'un agent infectieux ou d'un syndrome, ou la survenance de
situations graves. Nous sommes satisfaits de ces précisions. Toutefois, par
peur de faire l'objet d'une telle déclaration, nous craignons que certains
producteurs ne s'abstiennent de consulter leur médecin vétérinaire, augmentant
ainsi les risques sanitaires, mais également les préjudices en matière de
bien-être animal. Encore une fois, pour une meilleure application de la loi, nous
recommandons la mise en place de mesures de soutien aux producteurs et le
développement de communications les rassurant à cet effet.
Nous saluons les modifications qui
indiquent notamment que le ministre peut exiger l'élaboration et la mise en
place d'un plan de biosécurité. Cependant, aucun critère précis n'est donné
quant à leur contenu. Nous recommandons que les médecins vétérinaires soient
explicitement impliqués dans l'élaboration de ces plans, car leur expertise est
cruciale pour la santé animale et la mise en œuvre de mesures de biosécurité
efficaces. De plus, le système de traçabilité animale proposé ne concerne
actuellement, à notre connaissance, que les bovins et les ovins. Nous
recommandons d'étendre ce système à d'autres espèces pour renforcer la santé
publique, améliorer le contrôle des zoonoses et réduire les problèmes de
salubrité alimentaire.
Le projet de loi propose la mise en place
de registres sur l'utilisation des médicaments. Bien que nous soutenons cette
initiative, nous soulignons l'importance de veiller à ce que ces registres
soient compatibles avec les systèmes existants, afin d'éviter de doubler le
travail et de réduire la charge administrative pour les médecins vétérinaires.
Nous offrons dès maintenant notre
collaboration pour les travaux visant à déterminer les divers documents qui
devront être tenus ou fournis au regard de la modification proposée à
l'article 55.9, paragraphe 7.1°. Nous considérons important d'être
consultés, puisque de nombreux renseignements sont déjà colligés, en vertu,
notamment, du Règlement sur les ordonnances des médecins vétérinaires. Nous
suggérons également que le soutien technique et financier soit offert pour les
divers intervenants, incluant les médecins vétérinaires, dans les changements
qui seront nécessaires.
• (12 heures) •
En conclusion, nous soutenons pleinement
les objectifs du projet n° 70. Pour assurer le
succès de son application sur le terrain, nous considérons essentiel que le
MAPAQ s'appuie sur l'expertise des médecins vétérinaires et continue de les
consulter. En effet, les médecins vétérinaires sont des acteurs incontournables
dans la protection de la santé publique, animale et économique. Nous offrons
notre entière collaboration pour les futures consultations et la mise en place
des règlements qui découleront de cette loi. Nous vous remercions de votre
attention et de votre engagement pour la protection de la santé animale et
publique du Québec. Merci...
12 h (version révisée)
M. Rioux (Gaston) : ...la mise
en place des règlements qui découleront de cette loi.
Nous vous remercions de votre attention et
de votre engagement pour la protection de la santé animale et publique du
Québec. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci, Dr Rioux. Alors, nous allons procéder à une période d'échange. M.
le ministre, c'est à vous pour une période de 11 min 30 s.
M. Lamontagne : Parfait.
Merci beaucoup, M. le Président. Bien, salutations à vous, Dr Rioux, Mme Noël,
Mme Beaulieu. C'est un plaisir de vous accueillir. Puis j'ai lu avec grand
intérêt le mémoire déposé par <i>l'ordre des vétérinaires par rapport à
ce projet de loi là. Et puis soyez assurés, d'entrée de jeu, quand vous parlez
de l'importance de la collaboration, quand vous parlez de l'importance de
référer à l'expertise des vétérinaires, vous savez combien qu'on a de
vétérinaires au ministère, vous savez combien ces gens-là travaillent en
collaboration aussi avec des gens qui sont à l'extérieur du ministère, puis,
quand c'est le temps d'élaborer des politiques de santé animale, quand c'est le
temps d'élaborer un peu comment tout ça va se coordonner puis se gérer, bien,
je veux dire, les vétérinaires sont toujours appelés à contribuer dans cette démarche-là.
Ça fait que soyez assurés, là, que, ce qui s'en vient par en avant, là, on ne
changera pas la recette, puis on va continuer à collaborer avec vous tous.
Une chose importante, puis en lisant les
mémoires... Tu sais, le projet de loi qu'on a, ce qui est important, là, porte
sur la protection sanitaire des animaux, puis la loi P-42 porte sur la
protection sanitaire des animaux. Tout ce qui touche le bien-être animal et la réglementation
en lien avec le bien-être animal, c'est notre loi B-3.1.
Alors, oui, effectivement, si on fait les
choses de façon très correcte au niveau de la protection sanitaire des animaux,
ultimement ça va... il peut y avoir un impact sur le bien-être des animaux.
Mais les travaux qu'on a à faire puis la loi qu'on vient modifier ne portent
pas sur le bien-être animal, mais portent sur la protection sanitaire des
animaux. Je vous dis ça parce qu'il y a quelques interventions qui sont faites
dans votre mémoire, là, puis des fois il peut y avoir un... tu sais, le... une
petite confusion entre les deux, mais on aura l'occasion plus tard, si on a
besoin de clarification, là, de vous... de vous parler pour ces
clarifications-là.
D'emblée de jeu, je vous dirais, c'est...
l'ordre des vétérinaires, vous avez salué, pour vous, l'importance d'avoir une
vétérinaire en chef ou un vétérinaire en chef. Bien, je vais vous demander, tu
sais : Comment, selon vous, le fait d'avoir ce titre-là... bien, comment
ça va assurer une meilleure surveillance ou comment ça va assurer une plus
grande agilité en cas de... en cas de crise sanitaire au point de vue animal,
là?
M. Rioux (Gaston) : Bien, les
responsabilités qui seront conférées au médecin vétérinaire en chef, je pense
que... vont lui permettre d'agir rapidement, parce qu'en situation d'urgence,
je pense que tout le monde reconnaît, peut reconnaître que le succès pour
contrer des épizooties ou des épidémies, c'est la rapidité d'action, puis en
ayant un médecin vétérinaire en chef au courant puis porteur de ce dossier-là,
avec les responsabilités qui lui sont conférées... va être en mesure justement
d'agir très rapidement pour mettre en place des mesures soit de surveillance soit
d'examen, de prélèvement, de nécropsie, etc., pour évidemment contrer
potentiellement ces agents-là avant qu'ils ne causent trop de dommages sur le
territoire québécois.
M. Lamontagne : Parfait.
Merci. Puis on a parlé de l'importance d'agilité. C'est certain que ce qu'on s'est
aperçu, on l'a vu avec la maladie débilitante du cervidé et les épisodes qu'on
a eus récemment au niveau de la grippe aviaire, bien, ce qui nous manque un
peu, c'est cette capacité-là. Moi, l'expression que je vais dire : Est-ce
qu'on peut se revirer sur un dix cents pour poser des gestes rapides? Puis
c'est certain que, dans la... dans les modifications qu'on est en train de
faire, encore là, tu sais, on a des invitations à essayer d'être le plus précis
possible sur telle chose, telle chose, mais, on sait, plus on vient mettre un
carcan au point de vue législatif, réglementaire, bien, plus on s'éloigne de
cette agilité-là ou des fois de cette capacité-là à se revirer sur un dix cents.
Ça fait qu'il y a tout ce dosage-là qu'on a à faire.
Vous l'avez exprimé d'emblée un peu, les
responsabilités puis l'apport d'avoir un médecin vétérinaire en chef. Mais
après ça, c'est : le médecin vétérinaire en chef ou la médecin vétérinaire
en chef a cette capacité-là, à un moment donné, là, de... à travers tous les
outils qui peuvent être disponibles, de faire les justes choix, puis après ça
de nous engager dans des gestes puis des façons de faire avec lesquels on va
aller rallier des gens, là, pour pouvoir mettre ça en application. Alors, bien,
merci pour votre commentaire, puis tout ça.
Un deuxième point, c'est justement... On a
vécu quand même, au cours des dernières années, là, des crises sanitaires
importantes au niveau des animaux. On l'a vécu avec la grippe aviaire, on l'a
vécu avec la maladie débilitante du cerf. Selon vous, là, de l'angle que vous
étiez, là, les principaux apprentissages qu'on a pu faire de ces <deux
épisodes-là...
M. Lamontagne :
...les
principaux apprentissages qu'on a pu faire de ces >deux épisodes-là qu'on
a eus, là, depuis 2018 un peu, qu'est-ce que... qu'est-ce que... Vous,
comme vétérinaire, là, qu'est-ce que vous apprenez du vécu... notre vécu par
rapport à ces deux crises-là, là?
M. Rioux (Gaston) : Bien,
c'est la rapidité de mobilisation, l'agilité, comme vous mentionnez aussi, mais
la capacité d'agir en concertation avec le milieu puis avec l'industrie.
Là-dessus, je salue ce que... les investissements que le gouvernement a pu
faire dans le passé aussi. Par exemple, on parle de l'Équipe québécoise de
santé porcine, on parle de <i>l'équipe québécoise des maladies aviaires.
C'est vraiment avec des sous qui proviennent des gouvernements... ont pu
établir des modus operandi pour justement agir rapidement, que ce soit au
niveau du transport, que ce soit au niveau de la délimitation de ces zones-là à
risque. Là-dessus, je vous dirais, je me permets d'aller un petit peu plus
loin.
Présentement, au Québec, ce n'est pas
toutes les productions puis ce n'est pas toute l'industrie qui a la possibilité
d'avoir ce type d'organisation là. Il y a des petites productions, puis, ceux
qui savent qu'est-ce que je fais dans ma deuxième vie au niveau professionnel,
les petits ruminants, entre autres, n'ont pas de structure similaire que la
production porcine et aviaire, n'ont pas les outils nécessaires. Évidemment,
les maladies, les urgences sanitaires, ils ne choisiront pas nécessairement les
grandes productions, ils pourraient choisir les petites productions. À ce
moment-là, il va falloir, je dirais, au niveau de l'industrie, au niveau la
collaboration ministérielle du ministère de l'Agriculture, prévoir du soutien à
ces industries-là. On peut parler des lapins, on peut parler de... de tout ça
qui peut mettre en danger l'ensemble des autres... des autres producteurs.
Je pense que... Moi, je salue ce que
fait... ce que font ces équipes-là. Puis, au niveau des aviaires, ça a très
bien fonctionné aussi pour circonscrire. Je pense... Je n'ai pas les données en
mémoire nécessairement de tout ça, mais je pense que le Québec fait bonne
figure au niveau du contrôle, entre autres de l'influenza aviaire hautement
pathogène, parce que, justement, on a des réseaux d'épidémiosurveillance. Oui,
il y a peut-être des provinces qui font différent de nous ou mieux, mais ici,
au Québec, on a des réseaux de laboratoires qui sont performants. Vous avez,
vous l'avez mentionné puis je le répète, des professionnels vétérinaires au
sein de votre ministère, avec lequel dans différentes vies... que j'ai
collaboré, puis je collabore encore, qui sont très compétents. Mais je pense
qu'il faut s'en servir aussi, puis il faut continuer à travailler en
concertation au niveau de l'industrie.
M. Lamontagne : Merci. Je
vais passer la parole à un collègue.
Le Président (M. Schneeberger) : La
députée de... Laporte, c'est ça, oui. Alors, ça veut dire que j'ai ... vous
avez... j'ai tout des nouveaux membres à la CAT. Alors, aujourd'hui, on va...
je suis comme moins habitué. Alors, députée de Laporte, allez-y.
Mme Poulet : Oui, merci, M.
le Président. Alors, M. Rioux, Mmes Beaulieu, Noël, merci beaucoup de votre
présence et d'enrichir la discussion pour ce projet de loi. J'ai une question.
Justement, concernant les catégories d'animaux et d'espèces visés par la loi,
votre organisation appuie ce changement. Pourquoi c'est important pour vous?
M. Rioux (Gaston) : Bien,
c'est... Évidemment, c'est d'être en mesure... Un projet de loi... Je ne suis
pas un politicien, mais un projet de loi doit être le plus large possible pour
ne pas avoir des zones grises ou des zones écartées. Puis ce qu'on mentionnait,
entre autres au niveau des animaux destinés à la consommation humaine, on
considère important d'enlever «humaine» ou d'ajouter «animale», «consommation
humaine ou animale», parce qu'évidemment... Je suis moins spécialiste des
animaux exotiques, peut-être que ma collègue pourra en rajouter, mais, exemple,
on peut élever des rats pour nourrir nos serpents, on peut élever des animaux
pour nourrir les oiseaux de proie. Ça fait qu'évidemment ces animaux-là peuvent
être porteurs de maladies ou... et contagieuses qui peuvent être
potentiellement dangereuses pour les humains.
Ça fait que c'est pour ça qu'ils sont en
contact avec ces animaux-là d'élevage. Ça fait que ça nous... considérait qu'on
ne devrait pas les oublier. Et j'ai aussi en mémoire, puis je vais peut-être
sortir un petit peu du cadre du projet de loi, mais tous les cas de
salmonellose au niveau des jeunes enfants qui... suite à l'alimentation des
chiens avec de la viande crue. Ça fait que ça, c'est très préoccupant. Donc,
c'est pour ça qu'on ne voulait pas oublier cette catégorie-là d'animaux qui
peuvent servir aussi puis qui peuvent avoir un impact majeur au niveau de la
santé humaine.
Mme Poulet : OK. Bien, merci.
Intéressant. J'en aurais... Est-ce... Combien de temps qu'il me... qu'il reste?
Le Président (M. Schneeberger) : Vous
avez deux minutes.
Mme Poulet : OK. Je ne sais
pas si un collègue voulait poser une question. J'en aurais une autre, si vous
me permettez.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
députée de Laporte, allez-y.
• (12 h 10) •
Mme Poulet : Alors, dans
votre mémoire, on peut lire : «L'ordre salue le désir du ministère de
documenter l'utilisation des médicaments, ce qui contribuera à leur utilisation
judicieuse.» Pouvez-vous nous dire ce que vous entendez par une utilisation
judicieuse? Et quels sont les avantages que vous <voyez...
Mme Poulet :
...judicieuse?
Et quels sont les avantages que vous >voyez à faire de cette
modification à la loi?
M. Rioux (Gaston) : Évidemment,
puis je reviendrais sur un chiffre qui peut faire peur, là-dessus, c'est que
les spécialistes vont nous dire qu'en 2050, la principale cause de mortalité
mondialement, ça va être des bactéries qui sont résistantes aux antibiotiques.
Ça fait que ça, c'est très alarmant. Donc, il faut s'assurer que le contrôle
des médicaments se fasse bien. On parle des antibiotiques, oui, mais il y a
aussi tout ce qui est pesticides, vermifuges, etc. Je pense qu'au niveau de la
volonté aussi de tout le monde d'avoir des aliments sains et sans résidus... je
pense qu'on peut utiliser des stratégies où on devrait mieux, encore mieux
utiliser dans notre domaine vétérinaire, oui, dans le domaine humain, oui,
parce que ça a des répercussions évidemment globalement sur la santé humaine,
oui, mais la santé animale aussi, où des phénomènes de résistance sont déjà
présents. Donc, de choisir les bons produits et aussi d'avoir la possibilité de
répertorier puis de contrôler l'utilisation par des registres d'utilisation.
Nous, la position de l'ordre a toujours été que ce contrôle-là au niveau de
l'utilisation des médicaments puis des antibiotiques soit obligatoire parce que
ça a de l'importance vraiment au niveau de tous les secteurs de la santé.
Mme Poulet : OK. Bien, merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Alors, s'il n'y a plus de questions, nous allons du côté de l'opposition
officielle avec le député de... Pontiac, pardon.
M. Fortin :Merci. Merci, M. le Président. Bonjour, Dr Rioux, Dre Beaulieu,
Mme Noël, merci de votre présence. Puis je vous le dis d'entrée de jeu,
là, et ça arrive souvent quand on a des médecins, des gens avec une certaine
expertise autour de la table : Ne vous gênez pas pour aller au bout de
votre argument parce que vous ne pensez pas qu'on le comprend. Ça va arriver,
là, vous allez pousser les députés autour de la table à essayer de comprendre
des concepts qu'ils ne comprennent pas dans le fin détail, alors allez au bout
de votre pensée, même si vous voyez que, dans nos yeux, là, vous nous avez
peut-être perdus, là.
Sur la traçabilité, vous en avez fait état
dans votre mémoire, là, vous dites essentiellement que c'est bien, il faut
maintenir un système de traçabilité, mais qu'il y a juste les bovins puis les
ovins qui sont essentiellement inclus, là, dans le règlement, puis vous
aimeriez voir d'autres espèces animales. Là, jusqu'où il faut aller dans cette
traçabilité-là? Parce que là vous faites référence à la dangerosité canine,
etc. Donc, est-ce que vous avez quelque chose de spécifique en tête?
M. Rioux (Gaston) : Bien,
évidemment, le succès de toute intervention d'urgence au niveau du contrôle des
maladies puis des épizooties, c'est savoir où sont les animaux puis savoir...
d'être en mesure de les dépister. Évidemment, c'est cette volonté-là. Puis
évidemment les... au niveau des animaux de production, avec des aliments qui
s'en vont directement à la consommation humaine, entre autres, bien, je pense
que c'est important d'avoir cette traçabilité-là sans faille. Évidemment, il y
a des productions, comme au niveau des chèvres, où on n'a pas ça. Ça s'en vient
apparemment, mais c'est un dossier qui dure, je vous dirais, depuis presque
20 ans. Mais évidemment je pense qu'il faut aller là-dessus. Puis c'est la
volonté aussi des gens de... au niveau du micropuçage, au niveau de la
dangerosité, d'être capable d'être en mesure de reconnaître les... de savoir où
sont ces animaux-là pour circonscrire soit un territoire ou aller les dépister,
s'il y a eu des mouvements d'animaux d'une région à une autre, entre autres.
M. Fortin :Est-ce qu'il y en a... Est-ce qu'il y a des types d'animaux
où c'est plus pressant que d'autres, là, si vous aviez à nous dire :
Concentrez-vous sur quelque chose, là, parce que ça, ça presse plus
qu'ailleurs?
M. Rioux (Gaston) : C'est une
bonne question. Mais je vais me mouiller, c'est... il faut se mouiller, je
dirais tout ce qui est animaux de production, je pense que c'est vraiment
l'urgence aussi. Par contre, les gens du domaine des animaux de compagnie vont
peut-être vous dire le contraire, mais ça sera à eux de défendre leur position.
Je pense que les impacts que peuvent avoir
sur la santé humaine et animale vont vraiment au niveau de la traçabilité. Il y
a quand même Attestra qui est là, où il y a vraiment... c'est une entreprise
qui recueille ces données-là, qui est déjà... je pense, qui serait en
possibilité d'expansion pour ça. On a vu le dossier du micropuçage avec des
chiens qui s'en vont aux États-Unis potentiellement, où le gouvernement
américain exige le micropuçage. Tout le contrôle au niveau des municipalités,
qui auraient peut-être leur travail à faire là-dessus. Il y en a, des
municipalités qui exigent le micropuçage au niveau des animaux de compagnie,
mais ça, ça devrait être étendu potentiellement à l'ensemble du territoire
québécois, évidemment.
Puis, au niveau protection du public,
bien, les chiens dangereux, c'est quand même un argument. On a juste à se
reporter aux Îles-de-la-Madeleine, où deux chiens dangereux ont été
euthanasiés par erreur parce qu'ils n'étaient pas micropucés. Ce n'était pas
des chiens dangereux, c'est... les chiens dangereux n'ont pas été euthanasiés
parce que c'était impossible pour le médecin vétérinaire de reconnaître les
bons animaux sans <micropuçage...
M. Rioux (Gaston) :
...c'était
impossible pour le médecin vétérinaire de reconnaître les bons animaux sans
>micropuçage.
M. Fortin :Très bien. Je vais vous citer, dites-moi si je l'ai fait...
je le fais correctement, là. Tantôt, vous avez dit : L'urgence sanitaire
ne choisit pas juste les grandes productions, elle peut également choisir les
petites productions. Et vous avez fait référence à un soutien nécessaire pour
les petits producteurs, là, dans un cas comme celui-là. Qu'est-ce que vous avez
en tête? Et, si ce soutien-là ne vient pas, qu'est-ce qui vous inquiète qui
pourrait... qui pourrait arriver?
M. Rioux (Gaston) : Bien, je
pense que, pour avoir déjà consulté ce que c'est, l'Équipe québécoise de santé
porcine puis tout ça... je pense que c'est... ce modèle-là devrait être exporté
à toutes les productions animales, à tous les types de productions animales.
Mais évidemment, quand on parle d'à peine 400 producteurs... 450 producteurs
ovins au Québec, un cheptel de 150 000, ils n'ont pas les moyens de leurs
ambitions. Ils voudraient probablement le faire, mais l'industrie n'a pas les
outils puis le financement nécessaire pour avoir des copies conformes de
l'EQSP. Ça fait que ça, c'est vraiment préoccupant.
Puis ça, bien, si une maladie peut entrer,
par exemple, la fièvre aphteuse pourrait venir d'un autre continent, entrer au
Québec au niveau de la production ovine, et ça pourrait avoir des répercussions
dans la production porcine, dans la production bovine, etc. Ça fait que ça,
c'est un danger que... puis excusez l'expression, que le maillon le plus faible
de la chaîne fasse tout dérailler. Ça fait que ça, c'est une préoccupation que <i>l'Ordre
des médecins vétérinaires tenait à vous faire part.
M. Fortin :Une des choses, je pense, qu'il faut éviter à travers de
la... quand on vient jouer dans les lois et les règlements, quand on vient
faire des modifications, c'est de s'assurer qu'on n'a pas un effet repoussoir,
c'est-à-dire que, par exemple, des agriculteurs n'évitent pas d'aller voir des
vétérinaires parce qu'ils pourraient être affectés par une réglementation
peut-être excessive.
À l'inverse, et je pense qu'on vous a bien
entendu là-dessus, mais à l'inverse, il y a également beaucoup de producteurs
agricoles aujourd'hui qui nous disent... qui continuent à nous dire qu'ils ont
de la misère à voir des vétérinaires ces jours-ci. Alors là, je vous sors
peut-être un peu du cadre spécifique du projet de loi. Et est-ce que les
nouvelles... les nouveaux projets pilotes qui ont été mis en place, est-ce que
les... Est-ce qu'on en fait assez pour s'assurer que, partout au Québec, les
gens ont accès à un médecin vétérinaire?
M. Rioux (Gaston) : Me
donnez-vous une demi-heure?
M. Fortin :Moi, je vous la donnerais, mais le Président, je pense
qu'il va nous taper sur les doigts.
M. Rioux (Gaston) : Bon...
Bien, je vois M. Lamontagne avec... qui a travaillé très fort pour le campus
satellite à Rimouski, ça, c'est à saluer, mais il y a beaucoup d'autres... puis
de 15 étudiants qui rentrent à chaque année avec un profil agricole, puis
il y a 12 dans le campus à Rimouski. C'est salué, puis je salue aussi... elle
n'est pas ici aujourd'hui, Me Sonia LeBel qui a déposé le projet de loi
n° 67, qui va... et ce qu'on veut éventuellement, avoir des permis
restrictifs permanents. Justement, les permis restrictifs permanents, c'est
pour aller chercher des médecins vétérinaires étrangers, pour qu'ils puissent
commencer à travailler sur le territoire québécois plutôt que ça prend... ça
prenne quatre ans avant d'avoir tous les permis et peut-être un
investissement de 30000 $
à 40 000 $, bien, selon le profil de compétences que l'ordre pourra
juger, ils pourront aller dans un secteur comme les abattoirs, l'inspection des
viandes dans les abattoirs, dans certaines productions aussi animales, pour
justement contrer tout ça, cette préoccupation-là. Et l'Ordre des médecins
vétérinaires a fait un travail aussi. Ils travaillent à tous les jours,
là-dessus, je vous dirais, pratiquement, pour assurer aussi que nos médecins
vétérinaires conservent un niveau de santé pour... ça prend un médecin
vétérinaire en santé, soit physique et psychologique, pour assurer la
protection du public puis un bon service. Ça fait que, donc, pour l'Ordre des
médecins vétérinaires, c'est une préoccupation constante, et on continue à
travailler très fort là-dessus.
M. Fortin :Je vous dirais, sur la... et vous avez raison de mentionner
la santé des médecins vétérinaires, notamment des médecins vétérinaires qui
travaillent avec la production... la production animale, là, parce que ces
gens-là font des énormes distances, parce qu'ils sont sollicités à toutes les
heures du jour et de la nuit, parce que ce n'est vraiment pas un mode de vie qui
est facile. Mais, en même temps, ça demeure que, dans certaines régions du
Québec, les médecins vétérinaires, ils sont loin, ils ne sont pas toujours
disponibles.
Alors, j'aimerais ça vous entendre sur la
consultation à distance, sur les outils technologiques qui sont, de ce qu'on
entend, pas mal plus présents dans d'autres provinces canadiennes. Alors, quand
on parlait d'harmoniser les pratiques, tantôt, là, ça en fait partie, ça.
Est-ce qu'on.... Est-ce qu'on a des modifications à faire au Québec pour s'assurer
que les médecins vétérinaires sont pas mal plus disponibles?
• (12 h 20) •
M. Rioux (Gaston) : ...on a
fait des modifications aussi au niveau... ça, pour rendre plus accessible la
télémédecine. On parle juste au niveau de la relation client-vétérinaire-patient
parce que... qui était quand même important. On sait... On a adapté notre
politique à ce qui se fait dans d'autres professions, notamment au niveau du Collège
des médecins<i>, pour la <télémédecine...
M. Rioux (Gaston) :
...au
niveau du Collège des médecins, pour la >télémédecine. Il y a des
projets comme, je crois, à Baie-Comeau, avec un projet de télémédecine,
justement, d'une vétérinaire à distance, avec une équipe technique à Baie-Comeau,
pour justement assurer des soins de base... ça, puis on a aussi fait des
webinaires, des... pour justement introduire la télémédecine au niveau de la
pratique vétérinaire. Il y a aussi des projets pilotes, là, qui... je pense,
qui concernent entre autres le MAPAQ, l'AMVPQ puis l'UPA, qui font aussi...
pour ça.
M. Fortin :...tantôt, vous avez dit, là : Des fois, il faut se
mouiller, là. Est-ce que ce que vous voyez des projets pilotes, est-ce que ça
fonctionne bien? Est-ce qu'il y a des changements à faire? Est-ce que c'est
quelque chose qui, selon vous, selon ce que vous entendez des médecins qui... des
médecins vétérinaires qui en font usage, ça pourrait être mis de façon
permanente au Québec?
M. Rioux (Gaston) : Bien, je
pense que... Bien, c'est sûr que je n'ai pas les résultats du projet... de ces
projets pilotes là, je... Si j'avais les résultats du projet pilote puis les
conclusions... Parce que, de mémoire, si... je n'ose pas me tromper, ils sont
encore en cours.
Donc, il y aura une concertation, parce
qu'on a été consultés, on veut continuer d'être consultés là-dessus, pour que
cet outil-là soit bien utilisé, et avec les bons équipements. Parce que ça
aussi, ça peut poser problème, notamment dans les abattoirs, notamment dans
différents secteurs, d'avoir aussi les bons outils pour aussi permettre la
confidentialité et aussi le respect du dossier vétérinaire versus client. Il y
a tout ça qu'il faut rentrer en ligne de compte puis travailler. Ça fait que ça
aussi, si j'avais ma demi-heure, on pourrait en parler longuement.
M. Fortin :Qu'est-ce qu'il reste, M. le Président?
Le Président (M. Schneeberger) : 1 min 20 s.
M. Fortin :1 min 20 s. Rapidement, vous avez demandé à
ce qu'il y ait un médecin vétérinaire en chef adjoint, là.
M. Rioux (Gaston) : Oui.
M. Fortin :Vous pouvez juste nous dire pourquoi? Parce que moi aussi,
je salue l'arrivée d'un médecin vétérinaire en chef. Mais pourquoi vous en
demandez un de plus?
M. Rioux (Gaston) : Bien,
c'est... Évidemment, moi... Vous parliez des vétérinaires des animaux de ferme
qui font des urgences, puis tout ça. Bien, j'en ai fait pendant 35, 40 ans.
Bon, les urgences, ça ne choisit pas du 9 à 5, ça ne choisit pas le 1er janvier,
ça peut choisir le 1er janvier. Évidemment, le vétérinaire en chef, il a
le droit à des vacances, il a le droit à des congés de maladie. Mais, si on
veut avoir l'agilité puis la rapidité d'intervention, je pense qu'il faut qu'il
y ait une autre personne habilitée à prendre la relève à pied levé, si on veut,
mais très rapidement. C'est pour ça qu'à partir du moment où on pense qu'il
pourrait y avoir justement... ça serait justifié d'avoir un médecin vétérinaire
en chef substitut, bien, il aurait déjà le background, la formation adéquate
pour prendre la relève très rapidement.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. 10 secondes. Ça fait que...
M. Fortin :Non, c'est... Bien, merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va être comme ça. Parfait. Alors, merci pour votre contribution à la
commission.
Alors, j'invite... à prendre une pause pour
laisser le prochain groupe prendre place. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 23)
(Reprise à 12 h 26)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons la séance. Alors, nous accueillons maintenant en visioconférence
la Fédération des producteurs d'oeufs du Québec. Alors, bonjour à vous deux.
Alors, nous avons Éric Bouchard,
conseiller aux communications, et M. David Lefebvre, membre du conseil
d'administration. Bonjour à vous deux.
Vous avez 10 minutes pour faire votre
présentation, et par la suite nous allons procéder à une période d'échange avec
les députés et le ministre. Alors, je vous laisse la parole.
M. Lefebvre (David) : Parfait.
Bonjour. Merci, M. le Président. Mon nom est David Lefebvre, je suis producteur
d'oeufs au Québec et membre du conseil d'administration de la Fédération des
producteurs d'oeufs. Donc, il me fait un grand plaisir d'être ici avec vous
aujourd'hui. Un grand merci pour l'invitation pour nous permettre de nous
exprimer sur un sujet aussi important que la santé de nos animaux sur les
fermes.
Alors, notre mémoire est assez succinct.
Je propose de faire la lecture de ce que nous avons pensé du projet de loi,
mais ce sera assez rapide, là, dans notre cas. Donc, si ça vous va, là, je
procéderai avec la lecture.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
allez-y.
M. Lefebvre (David) : Donc,
je commencerais par parler de la mission de la fédération pour bien nous
positionner. Donc, la Fédération des producteurs d'œufs du Québec représente
200 producteurs d'oeufs et 109 éleveurs de poulettes dont les fermes
sont réparties sur l'ensemble du territoire. Le cheptel québécois s'élève à
plus de 5,9 millions de poules pondeuses et la production annuelle
totalise 1,9 milliard d'oeufs, un volume qui permet de répondre à la
demande des consommateurs d'ici.
Créée en 1964, la fédération est le
premier regroupement agricole spécialisé provincial à s'être doté d'un plan
conjoint de mise en marché et de production. Les objectifs de ce plan sont de
favoriser le développement durable de l'industrie québécoise des œufs,
notamment par le respect de l'environnement et le bien-être des animaux, en
procurant un revenu équitable aux intervenants du secteur et en répondant aux
attentes des consommateurs avec des œufs et des produits de haute qualité. La
structure organisationnelle de la fédération lui permet de s'impliquer dans la
promotion des œufs auprès des consommateurs et d'administrer la gestion de
l'offre. Elle coordonne des campagnes de publicité et d'information visant
notamment à mettre en valeur les qualités nutritives des œufs.
Les mécanismes en place permettent un
approvisionnement exceptionnel et un choix d'oeufs plus varié que jamais dans
les marchés d'alimentation.
Donc, en ce qui a trait plus précisément à
nos commentaires quant au projet de loi, donc, ça va comme suit. La fédération
appuie le projet de loi tant dans ses objectifs que dans les propositions sur
trois axes de modification de la <i>loi sur la protection des
animaux.
Nous saluons la nomination du médecin
vétérinaire en chef et nous voyons d'un bon oeil les nouveaux pouvoirs
réglementaires pour le ministre en matière de santé animale. Les nouveaux
pouvoirs permettront d'intervenir plus rapidement pour venir en aide aux producteurs
qui seront des victimes directes ou indirectes d'une éclosion d'une maladie
connue ou d'un nouvel agent biologique, chimique ou physique susceptible de
porter atteinte à la santé des animaux ou des personnes qui les côtoient, qui
les consomment et qui présente un risque élevé de propagation. Dans le même
esprit, la définition, l'amélioration, la gradation et l'identification de
celui qui donne les pouvoirs d'ordonnance faciliteront toutes les interventions
de la suspicion d'un agent à la confirmation de sa présence sur un site. Enfin,
l'optimisation des pouvoirs en inspection facilitera le travail d'inspection et
permettra au ministre de nommer des enquêteurs.
Une fois que le projet de loi sera adopté,
la fédération aimerait que les fonctionnaires responsables de l'écriture des
règlements travaillent de concert avec elle, avec l'Équipe québécoise de
contrôle des maladies avicoles, que l'on surnomme l'EQCMA, ainsi qu'avec tous
les partenaires de la filière ovocole. L'expertise développée au cours des
épisodes de grippe aviaire, notamment, dans les dernières années fait des
intervenants de la filière ovocole des consultants sans égal en matière de
protection des animaux, des producteurs et donc du public.
• (12 h 30) •
Nous suggérons au gouvernement de former
rapidement après l'adoption du projet de loi un groupe de travail qui se
penchera sur les règlements qui viendront compléter les modifications
législatives du projet de loi n° 70.
Nous vous remercions de l'invitation à
nous exprimer sur ce sujet qui viendra améliorer le processus d'intervention
lors de la suspicion de la présence d'un agent sur une de nos fermes.
Meilleures salutations.
Et c'est signé Sylvain Lapierre, président
de la Fédération des producteurs d'oeufs, et j'abonde en ce sens.
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, vous avez terminé? Oui...
12 h 30 (version révisée)
M. Lefebvre (David) : ...et j'abonde
en ce sens.
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, vous avez terminé? Oui?
M. Lefebvre (David) : Oui,
oui. Terminé.
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, merci beaucoup. Alors, nous allons procéder à la période d'échange avec...
en débutant avec le ministre, alors M. le député de Johnson, mon collègue que
je partage depuis de nombreuses années maintenant.
M. Lamontagne : Plus de 10 ans!
Le Président (M. Schneeberger) :
Plus de 10 ans, exactement.
M. Lamontagne : Merci et
salutations à vous, M. Lefebvre, M. Bouchard. Vous êtes dans quel coin, M.
Lefebvre, avec votre production?
M. Lefebvre (David) : On est
dans le coin de la... (panne de son) ...plus précisément Saint-Charles-sur-Richelieu...
(panne de son) ...Ange-Gardien.
M. Lamontagne : C'est bon. Puis
dans les épisodes qu'on a vécus depuis un an et demi, deux ans, là, étiez-vous
proches des épicentres un peu où vous étiez... les épisodes d'influenza aviaire?
M. Lefebvre (David) : ...on a
été très échaudés par l'épisode de grippe aviaire. On a été nous-mêmes
infectés, malheureusement, donc nous sommes à bien de comprendre les risques
sanitaires qu'on court dans la production.
M. Lamontagne : Oui. Bien
écoutez, je ne suis pas content d'entendre ça, on s'entend là-dessus, là. Mais
d'avoir quelqu'un qui a eu les deux mains dedans, si on veut, dans les
dernières années, on ne peut pas avoir quelqu'un qui est plus qualifié que vous
pour comprendre, c'est ça, le pourquoi de ce pour quoi on est ici aujourd'hui.
Mais justement, par rapport à ce qu'on a vécu puis, vous, ce que vous avez vécu,
comme éleveurs, mais en même temps ce que vous avez vécu comme organisation,
parce que j'ai été aux premières lignes pour voir comment vous vous êtes
mobilisés puis les défis que vous avez rencontrés, si vous avez des
apprentissages à avoir fait, là, de ce qu'on a vécu depuis deux ans, là, qu'est-ce
que vous nous... qu'est-ce que vous diriez par rapport à ces apprentissages-là?
M. Lefebvre (David) : Bien, je
dirais qu'il faut mettre à profit l'expérience de toute la filière. Dans les
premiers cas qui sont apparus d'influenza aviaire au pays, disons que la
communication était plutôt difficile entre les instances gouvernementales, à ce
moment-là, et les producteurs. Et il y a eu des situations qui ont été non
souhaitables, là, au niveau notamment de la santé psychologique des
producteurs, notamment au niveau des risques sanitaires eux-mêmes. Donc, je
pense que c'est vraiment... l'apprentissage qu'on a à avoir de ces épisodes-là,
c'est vraiment de travailler en concertation, tout le monde, tous les acteurs
de l'industrie, tant les... tant les instances gouvernementales, que la
fédération, que les producteurs eux-mêmes, que l'EQCMA qui nous soutient
beaucoup là-dedans, que...
Je peux parler... Dans notre cas, ça s'est
très bien passé parce que, justement, il y a une très bonne collaboration de
tout le monde. Déjà, il y avait une expérience, tant l'Agence canadienne d'inspection
des aliments, à ce moment-là, que les classificateurs, que la fédération, il y
avait déjà eu des épisodes, puis on avait bâti une expérience. Donc, il y a
beaucoup d'étapes quand vient le temps de dépeupler, de décontaminer puis de
sécuriser les sites qui sont autour. Puis l'expérience qu'on avait, l'expertise
qu'on avait nous a permis d'avoir une séquence d'actions, d'interventions
optimales et efficaces pour s'assurer de limiter les dégâts.
M. Lamontagne : C'est bon. C'est
sûr que, quand vous me dites «communication difficile avec les instances
gouvernementales», moi, ça m'allume, parce que moi, à travers tous ces
épisodes-là, je suis en contact constant avec nos équipes pour m'assurer,
justement, de quelle sorte de coordination se fait sur le terrain. Parce que,
tu sais, il y a le producteur, il y a votre association, il y a l'EQCMA, après
ça il y a Québec, mais il y a après ça la CIA, puis là c'est de voir comment
tout ça se coordonne puis... Mais c'est certain que le souci d'avoir des
communications qui sont fluides, là, puis qui sont constantes est très, très,
très important. Puis de travailler ensemble, tu sais... C'est sûr que la
contribution importante qu'on a fait à l'EQCMA pour, justement, mieux
comprendre les enjeux puis se donner davantage de moyens va dans cette... dans
cette direction-là, puis je pense que ça avait été très bien accueilli, mais c'est
surtout très, très utile.
Je vous entendais sur l'importance de
collaborer, quand vous dites, mettons, pour des règlements futurs... Bien, d'abord,
je vous dirais, puis je dis ça aussi pour mon collègue, là, à la suite de l'adoption
du projet de loi... Des fois, on adopte des projets de loi puis, après ça, on
entre dans un cycle d'écriture de règlements pour venir... toutes les
habilitations, si on veut, du projet de loi. Bien, dans ce projet de loi là, ce
n'est pas prévu que, suite à l'adoption, là, qu'on commence à développer toutes
sortes de règlements, là. Les outils qu'on va chercher en termes de flexibilité
puis d'agilité, en fonction d'événements qu'on ne connaît pas puis dont on ne
connaît pas, justement, un peu, l'ampleur puis on ne connaît pas aussi... et
quel bouton on va devoir presser... Alors on n'est pas, on n'est pas... on n'est
pas à se <préparer, là, à...
M. Lamontagne :
...
on va devoir presser... Alors on n'est pas, on n'est pas... on n'est pas à se
>préparer, là, à toutes sortes de règlements.
Mais je veux vous assurer, parce que vous
l'avez vécu dans le passé, moi, j'ai été témoin aussi de la grande
collaboration entre les spécialistes du ministère et puis votre organisation, quand
c'est le temps de contempler de la réglementation ou de contempler des réponses
à des difficultés qu'on a... On l'a vu pendant la pandémie, il y a des demandes
qui ont été faites pour des projets pilotes, un peu, pour disposer de certains
animaux, et tout ça, puis je vois comment vous travaillez ensemble. Mais soyez
assurés que cette communication-là avec votre organisation, s'il y a des
règlements à développer, puis tout ça... Bien, je veux dire, c'est certain que
vous allez faire partie, vous allez être aux premières loges, là, de... du
processus de collaboration, là, qui va mener à... ultimement, à la présentation
de règlements puis, ultimement, à leur édiction. Ça fait que je veux... je veux
vous rassurer à ce niveau-là.
Je ne sais pas si j'ai des collègues qui
veulent... Oui, mon collègue député du Lac-Saint-Jean.
Le Président (M. Schneeberger) : ...allez-y.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : ...dans
votre mémoire, vous êtes d'accord avec la nomination d'un médecin vétérinaire
en chef, c'est ce que vous mentionnez. Puis je voudrais savoir un peu les...
quels bénéfices que vous y voyez versus, un peu, ce que vous avez vécu. Parce
que vous dites que vous avez eu aussi les deux mains dedans. Donc, si vous
pouvez faire une comparaison, si vous êtes en mesure de me le mentionner.
M. Lefebvre (David) : Oui,
merci... Merci... (panne de son) ...pour vos propos, là, quant à nous... (panne
de son) ...par rapport à nos... (panne de son) ...sans dire «préoccupations»,
mais notre demande.
Oui, pour répondre à la question, je
pourrais faire un parallèle à... Ce qui a beaucoup facilité les échanges, dans
le cas des épisodes de grippe aviaire, c'est qu'il y avait, d'une part, au
niveau du producteur, une personne en charge de communiquer avec l'instance
gouvernementale qui était, à ce moment-là, l'Agence canadienne d'inspection des
aliments. Puis, ayant seulement deux personnes qui se parlaient, bien qu'il y
avait beaucoup de dossiers à régler de part et d'autre, tant du côté du
producteur que du côté de l'agence, bien, il y avait seulement ce canal-là, il
y avait... les deux instances se parlaient seulement par ces personnes-là. Je
pense qu'il peut y avoir quelque chose de très positif à ce qu'il y ait un...
une personne en chef qui vient, disons, chapeauter... chapeauter la situation
pour une question de plus grande efficacité, de plus grande réactivité, d'une
plus grande agilité, selon... selon moi et selon nous. Je ne sais pas si ça
répond bien... (panne de son).
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Intéressant.
Mais je ne sais pas si d'autres collègues, là, veulent... veulent... M. le
ministre, oui?
M. Lamontagne : ...juste pour
rajouter, en lien avec la question puis la réponse de M. Lefebvre. Tu sais, ce
qu'on voit avec, justement, d'avoir un ou une vétérinaire en chef, c'est toute
la question, par exemple, des pouvoirs d'ordonnance. Tu sais, jusqu'à
maintenant, dans ces situations-là, on pouvait avoir quelqu'un du ministère qui
représentait le ministère pour aller dans des... dans des rencontres ou dans
des... de l'information, du partage d'information, mais qui n'avait pas ces
pouvoirs-là, si on veut. Ça fait qu'après ça, c'est se revirer de bord, puis là
revenir au ministère, puis : Qu'est-ce qu'on peut faire? On n'a pas la
réglementation. Est-ce qu'il y a... Est-ce qu'on pourrait édicter une
directive, quelque chose rapidement? Tu sais, on est dans un mode où il faut
créer de toute pièce, essayer de créer une réponse, tandis qu'à partir du
moment où on a une personne qui est en charge puis, de par le processus
législatif, a la capacité de poser certains gestes, bien, à ce moment-là, ça
vient aider dans... vous disiez, de cette collaboration-là, mais ça va venir
aider aussi beaucoup dans la question de l'agilité, puis du temps de réponse,
puis d'avoir des réponses appropriées par rapport à ce qui ressort du terrain,
si on veut, là.
M. Lefebvre (David) : Exactement,
c'est... Nous pensons aussi, là, qu'avec un médecin vétérinaire en chef on
va... on va s'assurer d'avoir une grande... (panne de son) ...meilleure
réactivité face aux situations.
M. Lamontagne : Oui. Moi,
j'aurais le... Tu sais, tout votre secteur, tu sais, un, de par la formation,
là, de l'équipe de contrôle des maladies aviaires, là, vous êtes vraiment
novateurs, mais aussi vous êtes vraiment mobilisés puis engagés, si on veut. Ça
fait quand même, je pense, une dizaine d'années, là, que vous avez créé cette
organisation-là, puis c'est tout à votre bénéfice. Bien, les modifications
qu'on se prépare à apporter à la loi, comment vous voyez que ça va vous
permettre d'appuyer encore davantage les mesures de surveillance, là, que...
déjà qui sont en place puis avec lesquelles vous travaillez?
• (12 h 40) •
M. Lefebvre (David) : Bien,
écoutez, c'est sûr que chacune des instances a son terrain de jeu. Donc, par
exemple, l'EQCMA a sa limite au niveau de jusqu'où il peut intervenir, l'agence
canadienne a ses limites, la fédération a ses limites. Donc, je crois que c'est
bien que le ministère... que le MAPAQ puisse également intervenir de son côté
via le projet de loi qui est déposé. Parce que c'est sûr qu'il va arriver des
situations où il va y avoir... il va y <avoir des trous...
M. Lefebvre (David) :
...
qui est déposé. Parce que c'est sûr qu'il va arriver des situations où il va y
avoir... il va y >avoir des trous où il va falloir, comme on dit en bon
Québécois, se revirer sur un 10 cennes. Donc, c'est comme ça que je
l'entrevois, que nous l'entrevoyons, là, que ça viendrait compléter un peu le
travail de chacune des instances.
M. Lamontagne : Parfait.
Merci. Les collègues, est-ce qu'il y a d'autres commentaires ou... Non? Bien,
ça va être tout pour moi. Je vous remercie beaucoup, M. Lefebvre, M. Bouchard,
pour votre contribution. Très apprécié.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci,
M. le ministre. Alors, nous allons maintenant du côté de l'opposition
officielle. Et j'entends le député de Pontiac pour 16 min 30 s
maximum.
M. Fortin :Merci. Merci, M. le Président. Bonjour, messieurs. Merci,
merci, M. Lefebvre, de nous avoir un peu... un peu expliqué comment vous voyez
la situation puis les bienfaits, disons, de certaines modifications qui sont
proposées.
Moi, j'ai une question par rapport...
Justement, vous avez dit tantôt que vous étiez un peu dans l'épicentre puis que
votre propre production avait eu des difficultés lors de la propagation, entre
autres... ça, je pense que c'était la grippe aviaire. <i>L'Ordre des
médecins vétérinaires était ici juste avant vous et ils nous ont dit quelque
chose qui ressemblait, là, je paraphrase, à... bien : Les maladies ne
choisissent pas juste les grandes productions, des fois, ils choisissent des
petits producteurs, puis ces gens-là ne sont pas nécessairement équipés pour
faire face à tout ça.
Là, je ne connais pas l'ordre de grandeur
de votre... de votre production, mais est-ce que c'est quelque chose que
vous... Oui, j'en doute que c'est... vous n'êtes pas un des plus petits au
Québec, là. Mais est-ce que c'est quelque chose que vous avez vu au cours,
disons, de cet épisode-là? Est-ce que, vraiment, vous avez vu certains de
vos... de vos voisins, de vos collègues, des gens... des membres de votre
fédération qui ont eu peut-être... c'était clair qu'ils n'avaient pas les
moyens pour répondre à quelque chose comme ça? Parce que, l'ordre, ce qu'ils
nous disent, c'est qu'il faut... il faut donner un soutien additionnel à des
producteurs de petite taille.
M. Lefebvre (David) : C'est
une bonne question, merci beaucoup. Je vous dirais que, dans l'ensemble, là, de
ma connaissance au sein des producteurs d'oeufs et éleveurs de poulets du
Québec, il y a eu un accompagnement égal, que ce soit un petit ou un grand
producteur. Mais toutefois les plus petits peuvent manquer de ressources, je
dirais, internes pour faire face à ces situations-là. Parce que c'est le genre
de situation qui demande de mobiliser beaucoup de personnes pour s'assurer de
dépeupler, décontaminer un site, par exemple, qui est infecté. Donc, oui, un
plus petit, selon moi, peut être plus impacté du fait qu'il n'a pas... il n'a
pas autant de ressources pour faire face à la situation. Puis même, parfois,
ces personnes-là, si c'est un plus petit producteur, bien, c'est le
propriétaire qui travaille sur... directement, tous les jours sur la ferme.
Donc, au niveau psychologique, c'est sûr qu'il peut avoir un plus gros impact
si... (panne de son) ...n'est pas... n'est pas adéquat.
M. Fortin :Oui, je comprends ce que vous dites. C'est certain que...
Je ne pense pas que les ministères, les agences font une différenciation
dans : On va donner plus d'aide à un que l'autre, mais le fait qu'il y ait
une aide égale partout, bien, ça fait en sorte que des petits producteurs vont
peut-être... en ont plus... plus lourd sur leurs... sur leurs épaules, là.
Alors, je pense que c'est quelque chose, M. le ministre, qu'on se doit
d'entendre comme... comme préoccupation de la part de l'Ordre des médecins
vétérinaires. Moi, j'ai juste...
M. Bouchard (Éric) : J'aurais
un petit commentaire...
M. Fortin :Oui, allez-y.
M. Bouchard (Éric) : ...par
rapport à ça. Dans le fond, il y a... Quand on parle de petits producteurs, il
faut... il faut savoir, tu sais, de quoi vous voulez parler. Parce que les
moins de 100 poules, c'est ceux qui ne font pas partie de la fédération, et
donc, l'aide qui est donnée par la fédération, de concert avec l'EQCMA, de
concert avec tout le monde, bien, on ne peut pas aider ces membres-là parce
qu'ils ne sont pas membres. Donc, il y a beaucoup d'aide aussi qui vient de la
part du personnel de la fédération à ses membres puis de concert, vraiment,
avec toute... tous les ministères, que ce soit fédéral ou le Québec, puis avec
l'EQCMA. Maintenant, pour les plus petits producteurs, là, on ne peut pas
répondre, dans ce cas-là, ceux qui ont moins de... moins de 100 poules. Juste...
juste une précision que je voulais faire.
M. Fortin :Pas d'enjeu si M. le ministre veut prendre la parole, M. le
Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Alors, allez-y. Consentement.
M. Lamontagne : Je veux venir
compléter notre échange. Parce que, quand on parle d'échelle, là, un des gros
défis qu'on a eus quand ça a commencé à sortir, c'est justement de venir
localiser les petits, petits. C'est sûr qu'à partir du moment où ils sont
membres de la fédération, ils ont plus que 100 poules, déjà, ils ont
comme... quasiment une puce d'attachée sur eux autres parce qu'il y a comme un
suivi qui se fait. Mais nous, on s'est ramassé dans des régions, là, avec des
employés du ministère, là, partir avec leur voiture, puis, quand ils voyaient
de quoi qui pouvait peut-être ressembler, tu sais, à un élevage ou qui pourrait
avoir quelques poules, là, d'aller cogner à la porte, de <laisser un
papier...
M. Lamontagne :
... élevage
ou qui pourrait avoir quelques poules, là, d'aller cogner à la porte, de >laisser
un papier pour les identifier, puis commencer à les accompagner par rapport à
ce qui se passait, puis chercher à faire en sorte qu'ils aient des
comportements qui soient compatibles avec une bonne gestion de tout ça. Mais
c'est sûr que plus c'est petit, moins ils sont sur le radar, plus c'est
compliqué, tu sais?
M. Fortin :...et là, on fait... vous faites référence à un épisode
bien précis. Mais l'enjeu de traçabilité qui nous a été expliqué tantôt sur les
différentes productions mène peut-être à un peu moins d'épisodes comme ceux-là
où on y va au hasard, on cogne sur les portes, on voit un bâtiment qui
ressemble à quelque chose qui pourrait héberger une production ou une autre.
Moi, pour des gens de la fédération, là,
moi, je... Nous, on est ici essentiellement pour bonifier le projet de loi,
pour changer le projet de loi, pour voir s'il y a des améliorations à faire.
Est-ce que vous avez des pistes à nous suggérer à ce niveau-là ou si vous nous
dites : Non, tout est beau, adoptez-le, il n'y a pas de problème? Juste...
juste... parce que je n'en vois pas dans votre mémoire, mais si vous en avez en
tête, on est preneurs.
M. Lefebvre (David) : Suite à
la lecture, là, du projet de loi, du texte de règlement, là, il n'y avait
pas... on était d'accord avec toutes les orientations et les grandes lignes,
là, puis les différents axes. Donc, on n'a pas de suggestion supplémentaire à
faire, là, sur le projet de loi.
M. Bouchard (Éric) : Puis une
des raisons pour laquelle on suggère de peut-être voir s'il y a... il y avait
des règlements... Mais là ce que je comprends, bien, c'est qu'il n'y aura pas
de règlement. Mais c'est sûr qu'après ça, dans le détail des situations, c'est
sûr que M. Lefebvre, ayant vécu un épisode, bien, il est en mesure de
dire : Ah! vous proposez telle façon de faire, mais non, ce n'est
peut-être pas la meilleure chose à faire puisque... C'est une bonne intention
que vous avez, comme fonctionnaires, très, très bonne, mais dans la réalité ça
ne se passe pas de cette façon-là. C'est peut-être plus ça.
Maintenant, s'il n'y a pas de projet de
règlement, peut-être une consultation plus... pas comme aujourd'hui sur le
projet de loi, mais sur qu'est-ce qui arrive s'il y a un épisode de grippe
aviaire, ou autres, comment on peut aider des producteurs, sans que ce soit un
projet réglementaire.
M. Fortin :Oui, effectivement, juste dans l'application de la chose...
que dans la législation comme telle, là. OK. Puis je vous soumettrai, M. le
ministre, qu'effectivement, dans un épisode de... comme celui qu'on a vécu, où
les gens du ministère sont impliqués pour tenter de toutes les façons
possibles, comme celles que vous avez décrites, là, de trouver un animal ou un
oiseau qui pourrait porter une maladie... Vous le savez, l'agriculture change
beaucoup. Alors, des petites productions comme celles que M. Bouchard
décrivait, il y en a de plus en plus puis il y en a dans nos villes. Il y en a,
des gens qui ont une, deux, trois, quatre, cinq poules en ville, il y en a
partout. Alors, c'est un exercice, disons, de longue haleine. Je ne sais pas
comment vous allez vous y prendre puis je ne sais pas comment vous allez faire
ça, mais ça fait partie de ce que le ministère va devoir considérer dans des
épisodes comme ceux-là. Surtout que ce n'est pas déclaré toujours, c'est... En
fait, au contraire, ce n'est souvent pas déclaré du tout. Alors, vous avez du
pain sur la planche pour trouver la façon de s'y prendre. Je ne sais pas si
vous avez déjà quelque chose en tête, mais je pense que ça va être nécessaire,
rapidement, de trouver... de trouver ces façons de faire là, d'où l'enjeu de
traçabilité qui nous a été soumis tantôt par l'Ordre des médecins vétérinaires.
Ça va pour moi, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Parfait. Alors, ce qui met fin à nos échanges. Alors, je vous remercie pour
votre contribution.
Nous allons suspendre pour l'heure du
dîner. Alors, nous sommes de retour à 14 heures. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 49)
14 h (version révisée)
(Reprise à 14 h 01)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bon après-midi à tous. Alors, la Commission de l'aménagement du territoire reprend
ses travaux. Je demande de bien vouloir fermer toutes vos sonneries, s'il y en
a qui sont ouvertes.
Nous poursuivons les consultations
particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 70,
Loi modifiant la Loi sur la protection sanitaire des animaux.
Alors, cet après-midi, nous recevons la
SPCA de Montréal, L'Union des producteurs agricoles et Les Éleveurs de porcs du
Québec. Alors, nous commençons tout de suite en visioconférence avec la SPCA de
Montréal et j'accueille madame... Me Sophie Gaillard, directrice de la défense
des animaux et des affaires juridiques gouvernementales, et Mme Émilie-L.
Sauvé, responsable de campagne, Défense des animaux et éducation à la
compassion. Alors, bonjour à vous deux. Vous avez 10 minutes pour faire
votre présentation et, par la suite, nous allons procéder avec une période d'échange
avec les élus... les élus et le ministre. Allez-y.
Mme Gaillard (Sophie) : Merci.
Bonjour, M. le Président, Mmes et MM. les députés. Fondé en 1869, la SPCA de
Montréal fut le premier organisme de protection animale au Canada et est
aujourd'hui le plus important organisme de ce type au Québec. En plus d'opérer
un refuge qui accueille plus de 14 000 animaux par année, nous avons
une équipe de constables spéciaux qui sont mandatés pour appliquer les
dispositions du Code criminel relatives à la cruauté envers les animaux, ainsi
que la Loi sur le bien-être et la sécurité de l'animal et ses règlements.
Notre équipe de défense des animaux, dont
Mme Sauvé et moi-même font partie, est responsable des initiatives qui
visent à renforcer les lois et les politiques publiques en matière de
protection animale aux niveaux municipal, provincial et fédéral. Nous avons été
l'un des principaux moteurs de la réforme du droit animal québécois en 2015, à
l'occasion de laquelle le Québec a reconnu les animaux comme des êtres
sensibles dans son Code civil<i> et a adopté la Loi sur le bien-être et
la sécurité de l'animal. Nous remercions la commission de nous avoir invités
aujourd'hui à commenter le projet de loi n° 66.
De manière générale, la SPCA de Montréal
salue les modifications législatives proposées dans ce projet de loi, nous
croyons toutefois qu'il pourrait être bonifié à plusieurs égards. Nous appuyons
l'article 1.2 du projet de loi qui propose la désignation d'un médecin
vétérinaire en chef pour le Québec. Toutefois, nous estimons que ce rôle ne
devrait pas se limiter à la santé animale, mais également comprendre un volet
bien-être animal, comme c'est le cas dans la plupart des autres provinces
canadiennes.
D'abord, depuis la réforme de 2015, le
bien-être animal est reconnu comme une valeur importante en droit québécois. On
reconnaît expressément dans le préambule de la Loi sur le bien-être et la
sécurité de l'animal que la condition animale est devenue une préoccupation
sociétale, que l'espèce humaine a une responsabilité individuelle et collective
de veiller au bien-être et à la sécurité des animaux et que l'État estime
essentiel d'intervenir afin de mettre en place un régime juridique et
administratif efficace afin de s'assurer du bien-être et de la sécurité de l'animal.
Cette reconnaissance par le législateur du bien-être animal comme une valeur
fondamentale devrait être reflétée dans la création d'un poste aussi important
en matière animale que celui de vétérinaire en chef du Québec.
Ensuite, le bien-être animal est aussi
intimement lié à la santé animale et à la santé publique. En effet, comme l'expliquera
dans un moment ma collègue, les conditions d'élevage intensives qui
caractérisent la vaste majorité des exploitations animales au Québec favorisent
la propagation de maladies et de pathogènes à un rythme accéléré et créent la
nécessité d'avoir recours aux antibiotiques de manière préventive. Une lutte
efficace contre l'antibiorésistance nécessite donc nécessairement une
amélioration de... des conditions de vie des animaux d'élevage.
Enfin, un double mandat en matière à la
fois de <santé...
Mme Gaillard (Sophie) :
...amélioration
de... des conditions de vie des animaux d'élevage.
Enfin, un double mandat en matière à la
fois de >santé et de bien-être animal pour un vétérinaire en chef est
répandu dans les autres provinces et aussi au niveau fédéral. Nous recommandons
donc de définir clairement dans le cadre législatif proposé par le projet de
loi n° 66 un mandat relatif au bien-être animal pour cette fonction. Nous
recommandons également que les responsabilités du vétérinaire en chef du Québec
relatives au bien-être animal comprennent l'obligation de faire rapport
annuellement au ministre de l'état du bien-être animal au Québec, en consultation
avec les organismes de protection animale, dont la SPCA, ainsi que le pouvoir
d'émettre des recommandations au gouvernement quant à l'amélioration du
bien-être animal dans notre province.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Vous avez terminé? Oui.
Mme Gaillard (Sophie) : Je
vais céder la parole à ma collègue, Mme Sauvé.
Le Président (M. Schneeberger) : Ah!
OK, parfait.
Mme Sauvé (Émilie-Lune) : Oui.
Bonjour, M. le Président. Bonjour, Mmes et MM. les députés. Donc, pour faire
suite à notre première recommandation, qui vous a été exposée par Me Gaillard,
soit l'inclusion d'un mandat de bien-être animal dans le rôle du vétérinaire en
chef, je vais vous exposer ici deux problématiques distinctes, toutes les deux
reliées à des crises sanitaires pour lesquelles ce mandat de bien-être serait
particulièrement judicieux. Étant donné l'interconnectivité entre les
conditions de vie des animaux, les risques sanitaires et la santé humaine, il
est essentiel que ces enjeux soient abordés de façon cohésive.
Le premier volet de mon intervention
concerne les opérations de dépeuplement qui pourront être l'objet d'une
ordonnance par le vétérinaire en chef lors de menaces sanitaires. Il s'agit
d'opérations où l'on doit procéder à la mise à mort de grands groupes d'animaux
dans des délais rapides et dans des environnements qui ne sont pas conçus à des
fins d'abattage. Évidemment, nous le comprenons bien, les situations de crises
sanitaires exigent des interventions efficaces. Toutefois, ces stratégies
d'intervention doivent s'articuler en respect de la nature sensible des animaux
impliqués et sans contrevenir aux obligations provinciales et fédérales en
matière de bien-être animal telles qu'établies dans la législation et la
réglementation. L'État doit donc s'assurer en amont de mettre en place des
stratégies de réponse sanitaire qui sont conformes aux recommandations des
instances vétérinaires nationales.
Seules les méthodes d'euthanasie ou
d'abattage favorisant une perte de conscience rapide devraient être
considérées. L'Association canadienne des médecins vétérinaires estime que les
protocoles de dépeuplement de masse doivent assurer une perte de conscience
efficace et irréversible et que le bien-être animal doit rester une priorité,
même lors des opérations de dépeuplement d'urgence. De concert avec
l'association canadienne vétérinaire, nous recommandons donc la mise sur pied
d'un registre où seraient consignées les méthodes, les sources d'expertise et
les données en lien avec les dépeuplements.
Ensuite, la SPCA de Montréal est
préoccupée par la possible mise sur pied de stratégies de dépeuplement qui ne
rencontreraient pas les critères minimaux en termes de bien-être animal,
notamment la méthode par arrêt de ventilation assortie du chauffage, qui
pourrait même contrevenir à certaines exigences provinciales et fédérales
relatives à la cruauté animale, une méthode qui pourrait être envisagée ici, au
Québec, notamment pour des maternités porcines et pour le secteur de la
volaille. Donc, la méthode par arrêt de ventilation assortie du chauffage
consiste en l'arrêt du système de ventilation d'un bâtiment dans lequel se
trouve un groupe d'animaux afin de laisser la température augmenter jusqu'à ce
qu'éventuellement les animaux présents meurent d'hyperthermie. La science nous
indique que ces animaux sont susceptibles d'éprouver de la douleur, de
l'anxiété, des nausées, de la détresse, de l'essoufflement, et ce, durant
plusieurs heures avant la perte de conscience.
L'association vétérinaire américaine a
indiqué pour cette méthode de dernier recours des critères impératifs qui sont
détaillés dans notre mémoire et qui, selon la littérature scientifique, sont
tout simplement irréalistes en milieu de production. L'Union européenne a
interdit cette méthode et encadre plutôt le recours à des méthodes qui
induisent la perte de conscience en moins d'une minute. Aux États-Unis, le
recours à cette méthode et son financement ont été contestés devant les
tribunaux et deux projets de loi ont été déposés à cet effet.
Nous croyons qu'une distinction doit être
faite entre les événements occasionnant des risques à la santé publique et ceux
pouvant être la cause de pertes financières. Dans le cas de la peste porcine et
de l'influenza aviaire, au Québec, il ne s'agit pas de zoonoses posant un
risque immédiat à la santé publique. Il est donc raisonnable d'envisager, en
réponse à ces menaces, des méthodes s'appuyant sur des procédés plus
normalisés. Nous avons joint à notre mémoire une liste exhaustive des méthodes
les plus récentes que nous invitons le gouvernement à consulter. Notre
recommandation principale ici consiste donc en la création d'un comité
consultatif sur les méthodes de dépeuplement au sein duquel la SPCA de Montréal
serait invitée à participer.
• (14 h 10) •
Ceci nous amène donc au dernier volet de
notre intervention, soit l'amélioration du bien-être animal comme outil de
prévention en santé publique. La SPCA de... Montréal, pardon, salue la volonté
du gouvernement de lutter plus efficacement contre l'antibiorésistance et
souligne le rôle précurseur du Québec qui est, à ce jour, la seule province
canadienne à interdire l'utilisation à titre préventif des antibiotiques de
catégorie 1 chez les animaux élevés pour la consommation. La vaste
majorité des antibiotiques utilisés sur la planète le sont chez les animaux
d'élevage. Leur rôle dans la création de bactéries multirésistantes fait
l'objet d'un large consensus scientifique. Les impacts de l'antibiorésistance
spécifiques au Canada et ses coûts <anticipés...
Mme Sauvé (Émilie-Lune) :
...scientifique.
Les impacts de l'antibiorésistance spécifiques au Canada et ses coûts >anticipés
au pays sont détaillés dans notre mémoire. Mais l'urgence de légiférer sur ces
enjeux a été reconnue, entre autres par les pays nordiques qui ont interdit aux
vétérinaires de tirer profit des ventes d'antibiotiques en agriculture.
La volonté du projet de loi de mieux
encadrer l'utilisation des médicaments chez les animaux doit s'accompagner
d'une réflexion sur la relation de causalité entre les conditions de vie des
animaux et la nécessité d'une utilisation abondante d'antibiotiques. En effet,
c'est précisément grâce à l'usage généralisé des antimicrobiens qu'il a été
possible de maintenir des pratiques intensives. Les environnements de
production où de grands groupes d'animaux vivent en proximité extrême
favorisent la transmission accélérée de divers pathogènes et leur causent un
stress constant qui les rend plus susceptibles aux infections. Évidemment, une
réduction de l'utilisation des antibiotiques sans une amélioration des
conditions d'élevage pourrait entraîner d'importants problèmes de santé et de
bien-être chez les animaux. La réduction doit donc impérativement s'accompagner
d'amélioration des conditions de vie des animaux.
Et c'est dans ce contexte que nous jugeons
qu'il est donc plus que jamais nécessaire pour le gouvernement de combler le
vide juridique actuel, c'est-à-dire l'exemption prévue à la Loi sur le
bien-être et la sécurité de l'animal pour les pratiques agricoles et l'absence
d'encadrement réglementaire du bien-être des animaux d'élevage. Cette question
est abordée plus en détail dans notre mémoire et nous vous invitons donc à nous
poser des questions à ce sujet, si vous voulez.
En terminant, notre mémoire comprend
également des pistes détaillées d'amélioration de pratiques agricoles
spécifiques pour chaque espèce qui, selon la littérature scientifique,
permettent justement de réduire l'utilisation d'antibiotiques. C'est ce qui
conclut notre intervention.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci à vous deux pour la présentation. Nous débutons la période d'échange avec
M. le ministre. M. le ministre, c'est à vous.
M. Lamontagne : Oui. Bonjour.
Merci. Salutations à Mme Gaillard, on a déjà eu l'occasion de se
rencontrer quand j'étais allé visiter vos installations à Montréal. Et puis,
Mme Sauvé, merci beaucoup pour votre contribution, votre participation.
Encore là, la loi, le projet de loi n° 70, qui vient amender, si on veut,
la loi P-42, cette loi-là, la loi P-42, date, j'expliquais ce matin,
de presque 100 ans, puis la dernière mise à jour été faite en... je crois,
c'était au début des années 2000. Elle porte essentiellement sur la
protection sanitaire des animaux, la protection de ceux qui côtoient les
animaux, la protection de ceux qui consomment puis la protection de ceux qui
consomment les produits des animaux.
Et puis, un, première des choses, je
reconnais l'importance, puis, je veux dire, c'est votre ADN, toute la question
du bien-être animal. Puis, je veux dire, les préoccupations que vous avez,
soyez assurés que je... que je les partage, mais, dans... dans le projet de loi
que l'on... que l'on contemple actuellement, ça vise vraiment sur la question
sanitaire. Mais on s'entend qu'il peut y avoir des gestes qui sont posés en
lien avec la protection sanitaire des animaux, qui, de façon indirecte ou
directe, va avoir un impact sur le bien-être des animaux, mais, à l'intérieur de
la... du projet de loi qu'on a, c'est vraiment en lien avec la loi qui traite
du volet sanitaire, si on veut, ce n'est pas... ce n'est pas en lien avec toute
la question qui est couverte par B-3.1, là, qui touche le bien-être animal.
Alors, juste, tu sais, tout ce qui touche, exemple, la possession,
l'administration de médicaments, d'antibiotiques, ces choses-là, ça, encore là,
c'est traité par la <i>loi sur la médecine vétérinaire, il y en a que
c'est traité par la <i>loi des pharmacies. Puis je comprends l'intérêt, à
un moment donné, de tout vouloir lier ça ensemble, là, mais, pour les fins du
travail qu'on a à accomplir, là, c'est... c'est vraiment autour de ce qui
s'appelle la protection... la protection sanitaire des animaux.
Vous avez... vous avez commenté la
question des antibiotiques, la question de l'antibiorésistance, puis vous
mentionnez, à raison, que Québec est un précurseur dans... dans ce volet-là.
J'aimerais peut-être vous entendre un petit peu... un petit peu davantage,
votre compréhension puis votre lecture de... justement, de l'état des lieux
présentement et puis aussi pourquoi, au Québec, on fait quand même bien les
choses à ce niveau-là, là.
Le Président (M. Schneeberger) :
...
Mme Sauvé (Émilie-Lune) : Bien,
écoutez, la distinction... Est-ce que c'est normal qu'on m'entende en écho?
Le Président (M. Schneeberger) : Non,
non, on vous... on vous entend correctement.
Mme Sauvé (Émilie-Lune) : D'accord.
Donc, la distinction du Québec, bien évidemment, c'est d'avoir été la première
province, là, à interdire l'utilisation des antibiotiques de première
importance pour la santé humaine en prévention chez les <animaux...
Mme Sauvé (Émilie-Lune) :
...des
antibiotiques de première importance pour la santé humaine en prévention chez
les >animaux d'élevage. Donc, à ce sujet-là, on a salué cette
avancée-là. Par contre, l'ensemble de nos recommandations sont à l'effet qu'on
lie justement... on ait une volonté de cohésion entre les conditions de vie
actuelles des animaux et l'utilisation d'antibiotiques. Parce qu'avec la
volonté du gouvernement de réduire cette utilisation, qui est tout à fait
évidemment justifiée, on doit améliorer de façon substantielle les conditions
de vie des animaux. Et, pour le faire, il nous apparaît essentiel qu'il y ait
un encadrement réglementaire de la part de l'État.
M. Lamontagne : Excellent.
Merci. En... dans l'idée de la protection sanitaire puis du projet de loi qui
est en place, est-ce que vous avez des recommandations spécifiques, là, qui
touchent le volet sanitaire, si on veut, là, par rapport à la pièce
législative, là, qui est devant vous, là?
Mme Sauvé (Émilie-Lune) : Une
des recommandations que nous avons détaillées dans le mémoire... Bien là, vous
avez expliqué en préambule que, possiblement, ce ne sera pas dans ce projet de
loi ci que ça puisse être appliqué, mais ce serait de prendre l'exemple des
pays nordiques. Et là les initiatives nordiques ont été documentées dans notre
mémoire, mais notamment, bon, de possiblement émettre un plafond sur le profit
qui peut être engendré par la vente d'antimicrobiens par les vétérinaires à
l'industrie agricole, précisément, parce qu'on souhaite des objectifs de
réduction importants de ce côté-là.
M. Lamontagne : Excellent.
Bien, écoutez, moi, M. le Président, ça va être tout pour moi puis pour les
collègues aussi, là.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va. Du côté ministériel? Non, ça va. Alors, s'il n'y a pas d'autre question,
nous allons passer du côté...
Mme Gaillard (Sophie) : M. le
Président?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
allez-y.
Mme Gaillard (Sophie) : Je ne
sais pas si c'est possible de juste répondre aussi aux remarques introductives
de M. le ministre?
M. Lamontagne : ...oui.
Mme Gaillard (Sophie) : Oui,
juste très rapidement. Bonjour, M. Lamontagne. Donc, évidemment, on comprend
bien que ce projet de loi est très ciblé sur des modifications apportées à la
Loi sur la protection sanitaire des animaux. Par contre, je pense qu'au niveau
de la création de la... du rôle de vétérinaire en chef, ou plutôt sa
redéfinition dans le cadre du présent projet de loi, il y a nécessairement une
réflexion au niveau administratif qui va se faire sur quel est ce rôle
exactement et quels sont les mandats qui le composent. Donc, je pense que, même
si on peut considérer que le bien-être... la question du bien-être dépasse le
cadre de ce... du texte de loi en tant que tel, il pourrait donner lieu à une
réflexion de votre côté sur le rôle et l'étendue du rôle du vétérinaire en
chef.
Et d'ailleurs, c'est ce qu'on voit dans
les autres provinces canadiennes, là, j'ai fait... on a fait le tour de...
l'inventaire a été répertorié dans notre mémoire sur comment s'articule le rôle
de vétérinaire en chef dans les autres provinces et au niveau fédéral. Et ce
qu'on voit, c'est que ce n'est pas toujours dans... dans une loi en tant que
telle que le mandat de bien-être est reflété. Mais très clairement sur les
sites gouvernementaux et dans la compréhension de l'administration publique de
ce rôle-là, parce que j'ai eu la chance de discuter avec quelques vétérinaires
en chef, d'ailleurs, au pays, le bien-être est très clairement... fait très
clairement du... partie du mandat. Donc, même si ce n'est pas dans le cadre du
texte de loi comme tel, on vous invite, avec votre cabinet et votre équipe, à
réfléchir à ce rôle-là d'un point de vue administratif puis, au niveau
administratif, est-ce qu'il n'y aurait pas lieu de clarifier que le bien-être
animal fait aussi partie de ce rôle.
M. Lamontagne : Bien, Mme
Gaillard, pour vous rassurer, la première des choses, tu sais, vous êtes une
organisation avec tout un pedigree en termes de compréhension des enjeux animals
puis aussi de certaines directions que notre grande communauté devrait prendre,
ça fait que soyez assurés que ce que vous nous avez soumis comme suggestions,
votre mémoire, et tout ça, là, ça fait... ça vient certainement alimenter des
réflexions. Puis, quoique... quoique le projet de loi qu'on a avec nous
présentement, ça touche spécifiquement le volet sanitaire, bien, la question
plus large du bien-être animal puis comment aussi on s'occupe de ça sur le
territoire, là, c'est un... c'est un travail qui est toujours en progrès. Puis,
que vous contribuez à ces réflexions-là, là, soyez-en... soyez-en assurés.
• (14 h 20) •
Je vous dirais, une particularité, c'est
sûr qu'en amenant le côté du médecin vétérinaire en chef ou la médecin
vétérinaire en chef, première des choses, tout ce qui se fait en lien avec la
protection sanitaire doit se faire aussi en... tout à fait en respect avec la
loi 3.1, là, sur... sur le bien-être animal. Alors, tu sais, de penser
qu'il y a des pratiques qui pourraient être systématisées, qui viendraient à
l'encontre de la loi ou qui viendraient à l'encontre de pratiques reconnues
qui... auxquelles on devrait adhérer, tu sais, je ne peux pas... je ne peux pas
<imaginer...
M. Lamontagne :
...pratiques
reconnues qui... auxquelles on devrait adhérer, tu sais, je ne peux pas... je
ne peux pas >imaginer, là, qu'on chercherait à mettre en place, tu sais,
des politiques qui feraient en sorte qu'on ne serait pas dans le respect de...
tu sais, des meilleures pratiques, si on veut, ou de la loi, là. Mais un volet
aussi qu'on a, par contre, c'est que le médecin vétérinaire en chef ou la
médecin vétérinaire en chef a dans ses pouvoirs de s'occuper de bien-être
animal, de santé animale, mais aussi toute la question des mandats
administratifs, tu sais, il y a tout ce volet-là aussi, là.
Ça fait que je veux vous rassurer que, tu
sais, les commentaires puis votre contribution, que ce soit aujourd'hui, mais
de façon plus large à toute la question animale, là, ça vient toujours
alimenter les réflexions des professionnels au ministère, là, pour... pour apprécier
comment on fait les choses aujourd'hui, puis après ça comment... apprécier
comment on peut faire évoluer les choses, là. Ça fait que je vous remercie à ce
niveau-là, là. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : ...M.
le ministre. Alors, s'il n'y a pas d'autre question, nous allons maintenant du
côté de l'opposition officielle, et j'entends le député de Pontiac pour
16 min 30 s, maximum.
M. Fortin :Merci, M. le Président. Bonjour, bonjour à vous deux, merci
de votre participation aux travaux de la commission. Sur le dernier point que
vous venez de faire, Me Gaillard, notamment... en fait, sur la question de...
d'un vétérinaire en chef qui n'a pas seulement le rôle... un rôle au niveau de
la santé animale, mais également au niveau du bien être-animal, il y a eu des
représentations par le passé à savoir, tu sais, qui au Québec devrait être en
charge du bien-être animal. Est-ce que ça devrait être au MAPAQ? Est-ce que ça
devrait être ailleurs dans l'appareil gouvernemental? C'est quoi, votre point
de vue là-dessus?
Mme Gaillard (Sophie) : C'est
une excellente question, une à laquelle on réfléchit depuis longtemps, et
effectivement nous considérons que ce serait intéressant d'un point de vue
institutionnel de songer à créer une agence indépendante qui serait responsable
du bien-être animal au Québec. C'est un mouvement qu'on voit un peu partout
dans le monde actuellement, une tendance vers... vers vraiment la création
d'agences ou de rôles au gouvernement qui sont indépendants d'autres intérêts
et qui visent uniquement la protection du bien-être des animaux. Donc, c'est
une réflexion qu'on se fait aussi du côté de la SPCA, à savoir : Est-ce
que ce ne serait pas le temps ou, disons, un horizon relativement proche de
réfléchir à ces questions-là au Québec aussi?
Avec la réforme du droit animal que je
décrivais, en 2015, on voit vraiment que les choses sont en train d'évoluer au
niveau de la société, au niveau de la législation, au niveau des tribunaux sur
comment on... on songe au bien-être animal et à l'importance de cette
question-là dans notre société, dans notre système juridique, dans notre
système politique. Et est-ce qu'au niveau institutionnel on ne devrait pas
aussi songer à refléter cette... cette importance-là en créant une institution
indépendante d'autres mandats qui pourrait vraiment se concentrer uniquement
sur le bien être-animal? Donc, c'est... pour répondre à votre question, c'est
une réflexion qui nous intéresse beaucoup, du côté de la SPCA, et c'est quelque
chose qu'on serait vraiment intéressés à voir se développer.
M. Fortin :Et vous avez parlé de vos interactions, là, des... avec
d'autres médecins vétérinaires en chef dans les provinces canadiennes. Là, vous
faites référence à, disons, une façon de faire à l'international. Est-ce que,
dans les... Comment ça se passe dans les autres provinces canadiennes pour les
médecins vétérinaires en chef qui ont justement cette... ce rôle-là, ce
mandat-là de travailler au bien-être animal?
Mme Gaillard (Sophie) : Bien,
ce qu'on voit dans les autres provinces, c'est qu'en fait la plupart des autres
provinces, leur vétérinaire en chef a très clairement un rôle à jouer au niveau
du bien-être animal, et non seulement la santé animale. Je pense que la
province pour laquelle ce mandat-là est le plus étayé, où on... il est le plus
communiqué, disons, publiquement, c'est au Manitoba, où le vétérinaire en chef
a des fonctions au niveau du bien-être des animaux en cas de catastrophe ou
d'urgence et également est chargé de protéger le bien-être des animaux et,
c'est précisé, que ces animaux-là soient gardés pour les... pour des fins
économiques ou pour d'autres fins. Donc, c'est le Manitoba, en fait, qui a
la... pardon, qui a la description la plus complète au niveau de... du rôle
administratif du vétérinaire en chef.
Au niveau fédéral aussi, c'est très
clairement un volet de... du travail du vétérinaire en chef au niveau national.
Et, au Royaume-Uni, parce qu'on a regardé aussi un petit peu à l'extérieur du
Canada comment ça se passe, au Royaume-Uni, le vétérinaire en chef agit comme
porte-parole principal sur les questions de santé et bien-être< animal...
Mme Gaillard (Sophie) :
...en
chef agit comme porte-parole principal sur les questions de santé et bien-être
>animal. Il joue aussi un rôle clé dans l'élaboration de la politique
publique en matière de bien-être des animaux dans l'ensemble du Royaume-Uni et
veille à sa mise en œuvre, donc a vraiment un rôle assez étendu en termes de
bien-être animal. Et ce serait intéressant, justement, que le... la création de
ce... ou la redéfinition de ce rôle-là au Québec comprenne un volet comme ça,
bien-être animal, très bien étayé, et que ce soit vraiment quelqu'un qui est
imputable au niveau du public sur les questions de bien-être animal.
M. Fortin :Très bien. Je veux juste revenir, parce que vous passez une
bonne partie de votre... de votre mémoire, là... et fait état de préoccupations
qui sont peut-être à l'extérieur du projet de... du projet de loi, mais qui,
pour vous, n'en sont pas moins importantes, j'imagine, là. Je pense qu'il y a
un bon trois ou quatre pages sur vos préoccupations sur les méthodes et les
stratégies de dépeuplement.
Je veux juste qu'on soit clairs, là, les
stratégies auxquelles vous faites référence ici, là, l'espèce de «shutdown» de
la ventilation, ça ne se fait pas au Québec, là. Je ne voudrais pas qu'on...
qu'on laisse penser dans la sphère publique aujourd'hui que ça se fait au
Québec. Alors, elle vient d'où, votre préoccupation à ce point importante pour
que vous passiez une partie importante de votre mémoire là-dessus?
Mme Sauvé (Émilie-Lune) : On
est... on est heureux de l'entendre, si ce n'est pas une méthode qui est
actuellement utilisée au Québec. Selon notre...
M. Fortin :...si vous pensez que ce l'est, mais moi, je ne... je ne
connais pas de producteur qui utilise cette méthode-là, et j'espère ne pas en
connaître non plus, là.
Mme Sauvé (Émilie-Lune) : D'accord.
Bien, je vous entends. En fait, c'est selon de l'information publiée par le
ministère de l'Agriculture suite à une demande d'information, une information
qui se trouve en ligne comme quoi ce serait une méthode qui pourrait éventuellement
être utilisée. Et notre principale recommandation, là, pour revenir au projet
de loi, en fait, c'est qu'étant donné le rôle du vétérinaire en chef, qui
est... qui aura la possibilité de... d'ordonner des dépeuplements, on aimerait
qu'il y ait un répertoire en amont des méthodes et des expertises suite à un
comité consultatif au sein duquel les organismes de protection animale
pourraient participer.
M. Fortin :OK. Donc, juste pour bien comprendre, là, le... ce que vous
nous dites, c'est que vous avez fait une demande d'accès à l'information, puis
la réponse que vous avez eue laisse sous-entendre que c'est quelque chose qui
pourrait un jour être accepté par le MAPAQ. C'est ce que j'entends de votre
voix?
Mme Sauvé (Émilie-Lune) : Bien,
en fait, je... nous n'avons pas personnellement fait de demande d'accès à
l'information, mais il y a une demande d'accès à l'information qui se trouve en
ligne, là, sur ce sujet-là, qui peut être trouvée, là, dans une recherche
exhaustive sur ce sujet-là, qui effectivement laisse entendre que c'est une
méthode qui est à l'étude. Tout ça a été mis en référence dans notre... dans
notre mémoire.
M. Fortin :Oui, je la vois, je l'ai devant moi, là, effectivement, là,
la... ce que vous... ce à quoi vous faites référence. Cependant, je pense que
c'est important de le dire, là, on n'est pas... on n'en est pas là pour
l'instant. J'entends votre préoccupation si vous pensez que le MAPAQ pourrait
autoriser de telles... une telle stratégie. Mais, en même temps, il faut juste
faire attention à ne pas alarmer les gens non plus, là. On n'en est pas là au
Québec en ce moment.
Mme Gaillard (Sophie) : Si je
peux me permettre de juste rajouter quelque chose à ce sujet. Comme vous... comme
vous l'a expliqué ma collègue, c'est ça, c'est... de ce qu'on comprend par
rapport à la situation actuellement des méthodes de... dépeuplement, pardon,
dépopulation ou dépeuplement, les deux termes sont utilisés, c'est que la
méthode habituelle utilisée au Québec est avec le... avec du gaz, avec du CO2
et qu'il y a actuellement une problématique au niveau de l'approvisionnement de
CO2. Et donc il y a une réflexion sur des alternatives à la méthode CO2. Et on
veut surtout se prémunir contre... le fait d'envisager la méthode par arrêt de
la ventilation.
• (14 h 30) •
Donc, on voudrait... on est heureux
d'entendre que ce ne serait pas quelque chose que le ministère autoriserait,
parce qu'actuellement c'est une méthode qui est utilisée aux États-Unis, qui
soulève beaucoup de controverse. Et, étant donné que, de ce qu'on comprend, la
méthode usuelle CO2 au Québec pose certains problèmes et qu'il y a une
réflexion qui semble être en train d'être faite au niveau d'alternatives à
cette méthode-là, on veut justement s'assurer que cette méthode-là...
14 h 30 (version révisée)
Mme Gaillard (Sophie) : ...à
cette méthode-là. On veut justement s'assurer que cette méthode-là, par... par
arrêt de la ventilation, ne soit pas adoptée au Québec. Donc, si le ministre
est prêt à nous rassurer à ce niveau-là, on serait très heureuses de l'entendre
de sa bouche.
M. Fortin :Bien. Il vient... de lever la main, donc...
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
j'ai juste besoin du consentement. Puis, étant donné que le parti ministériel,
il lui restait du temps, alors je pense que ce n'est pas...
M. Fortin :
Sans problème.
Le Président (M. Schneeberger) :
...que ça ne cause pas un problème. Alors, consentement.
M. Lamontagne : Oui. Non,
juste... Mme Gaillard, là, vous rassurer. Première des choses, toute la
question présentement, là, des problématiques qui peut être associée au gaz,
effectivement, il peut y avoir des enjeux à ce niveau-là. Mais il y a des
gestes qu'on a posés de financement pour faire en sorte qu'il y ait des
réserves qui sont mises en place, faire en sorte qu'il y a maintenant des
unités mobiles, si on veut, pour venir assister sur les sites. Alors, il y a...
il y a... En fonction des défis qu'on a rencontrés, les dernières années, là,
on a... on s'est quand même revirés de bord assez vite au ministère, là, pour
venir donner de l'accompagnement.
Ceci étant dit, il y a tout un travail... Vous
parlez de répertorier puis d'analyse, tout ça, des méthodes de dépeuplement, il
y a un travail. Les gens au ministère sont à l'affût de ce qui se fait. Mais
aussi il y a une grande collaboration qui se fait avec tous nos... nos partenaires
canadiens puis avec le gouvernement fédéral pour faire ce travail-là de façon
collaborative. Alors, c'est vraiment quelque chose qui est... qui est sur notre
radar. On a juste à penser, tu sais, la peste porcine africaine, là, tu sais. C'est
quelque chose qu'on souhaite qui ne nous arrive jamais, mais les enjeux qui
vont être liés au dépeuplement, s'il devait y avoir ça, ils vont être énormes.
Alors, il y a vraiment un travail avec les meilleures têtes, si on veut, que ce
soit au Québec ou que ce soit de façon collaborative au Canada, là, pour...
pour évaluer, regarder puis, après ça, pondérer un peu, là, les meilleures
façons, les meilleures pratiques, là, pour ce qui s'en vient, là. Ça fait que
je veux... je veux vous rassurer à ce niveau-là, là.
Le Président (M. Schneeberger) : C'est
bon. Alors, nous retournons du côté de l'opposition officielle. Député de Pontiac.
M. Fortin :Ça va, M. le Président, je crois bien saisir les
préoccupations qui ont été énoncées par la SPCA de Montréal. Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va?
M. Fortin :Oui.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, nous avons terminé. Alors, merci beaucoup pour votre contribution à la
commission.
Nous allons suspendre quelques instants
pour accueillir le prochain groupe. Merci et bonne journée. Au revoir!
(Suspension de la séance à 14 h 33)
(Reprise à 14 h 37)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux. Nous recevons le prochain groupe, qui est L'Union
des producteurs agricoles, en compagnie de M. Paul Doyon, deuxième
vice-président général, et M. Guylain Charron, conseiller en agronomie. Alors,
bonjour à vous deux. Vous avez un temps de 10 minutes pour faire la
présentation de votre mémoire, et comme les autres, par la suite on aura un
temps d'échange avec le ministre et les députés. Alors, je vous laisse la
parole.
M. Doyon (Paul) : Merci
beaucoup, M. le Président, M. le ministre, MM. et Mmes les députés. Mon nom est
Paul Doyon. Je suis le premier vice-président général de L'Union des
producteurs agricoles. Je suis avant tout producteur agricole, producteur
laitier et acéricole à Saint-Joseph-des-Érables dans la région de Chaudière-Appalaches.
Avec moi aujourd'hui, Guylain Charron, de la Direction recherches et politiques
agricoles de l'UPA. Merci de nous permettre d'exposer le point de vue des
productrices et des producteurs agricoles concernant le projet de loi
n° 70.
D'entrée de jeu, je tiens à mentionner que
la protection sanitaire des animaux destinés à la consommation est primordiale
pour les producteurs agricoles puisque l'élevage constitue une activité
économique importante des entreprises agricoles. Dans la mesure où ils côtoient
leurs animaux au quotidien, les producteurs agricoles sont en première ligne
pour déceler une situation anormale dans leur état de santé. D'ailleurs, la
grande majorité des secteurs d'élevage suivent des codes de pratique pour le
soin et la manipulation des animaux développés sur la base de données
scientifiques les plus récentes. Au regard du traitement des animaux, les codes
préconisent notamment la prévention des maladies et des blessures ainsi que
leur détection rapide, suivie par des traitements vétérinaires appropriés.
De plus, il faut rappeler que l'UPA et ses
groupes affiliés participent à différents comités, groupes de travail et
initiatives en lien avec la santé et le bien-être animal. Pensons au groupe de
pilotage de la stratégie québécoise de santé et bien-être des animaux, le
comité d'orientation pour une stratégie sur l'antibiogouvernance, le comité sur
la relève et le maintien des services vétérinaires en milieu agricole et la
traçabilité des animaux, pour ne citer que ceux-là. De plus, plusieurs secteurs
d'élevage ont également mis en place des programmes internes qui couvrent
différents aspects liés à la santé animale, tels la biosécurité, la salubrité,
le bien-être animal, etc.
Par conséquent, il importe que le MAPAQ
travaille en complémentarité avec les organismes et les associations d'éleveurs
ainsi qu'avec l'Équipe québécoise de contrôle des maladies avicoles et l'Équipe
québécoise en santé porcine afin d'éviter le dédoublement de procédures déjà
mises en place. Les producteurs agricoles sont des professionnels qui
travaillent en collaboration avec leurs médecins vétérinaires. Il faut
continuer de s'assurer que les éleveurs aient un accès adéquat à ces services
professionnels et aux médicaments vétérinaires.
• (14 h 40) •
Or, le <i>Programme d'amélioration
de santé animale du Québec, qu'ils appréciaient, sera profondément modifié en
passant de programme négocié dans le cadre d'une entente entre quatre parties
signataires à un programme normé dès le printemps 2025. Alors que le tarif
horaire pour les services et les marges sur les médicaments étaient auparavant
convenus entre les parties, ce sera le retour au libre marché dans le cadre du
nouveau programme. Nous perdrons ainsi l'uniformité qui existait auparavant sur
tout le <territoire...
M. Doyon (Paul) :
...qui existait auparavant sur tout le >territoire québécois concernant
ces frais. Ce faisant, des iniquités pourront apparaître pour différents tarifs,
particulièrement entre les régions centrales et les régions éloignées
desservies par un moins grand nombre de cliniques vétérinaires. Ces changements
soulèvent des inquiétudes importantes auprès des associations de producteurs. C'est
pourquoi l'UPA demeure convaincue que le gouvernement doit assurer un accès
physique et économique adéquat aux services vétérinaires afin que toute
nouvelle responsabilité qui incomberait au producteur ou à un gardien... ou au
gardien d'un animal suite à l'adoption du... présent projet de loi ou
modification au règlement puisse être accompagnée d'un soutien vétérinaire au
besoin.
D'autre part, le projet de loi n° 70
introduit de nouveaux articles à la loi dans lesquels une personne autorisée
par le ministre peut prendre diverses dispositions ou ordonnances et réaliser
diverses actions sur les animaux sur les lieux d'élevage ou du transport. Ces
pouvoirs les autorisent à mettre en place des mesures permettant de contenir ou
d'empêcher la propagation de l'agent, notamment, des mesures de quarantaine,
d'isolement ou de contrôle des entrées et sorties du lieu de garde, et ce, sur
la base de motifs à croire à la présence d'un agent. L'application de tels
pouvoirs peut entraîner des conséquences importantes sur la santé financière
des entreprises en élevage. C'est pourquoi il est... primordial que tout
inspecteur ou analyste autorisé par le ministre reçoive une formation continue
assurant les compétences requises et qu'un processus de consultation avec un
médecin vétérinaire ou le médecin vétérinaire en chef soit prévu afin que
l'application des dispositions de la loi et de tout règlement en découlant soit
réalisée de manière uniforme et équitable pour tous les types de production et
dans toutes les régions, et que les mesures de prévention ou de contrôle soient
appliquées selon une progression restrictive évolutive.
De plus, le projet de loi mentionne qu'une
personne dite autorisée peut, et je cite le projet de loi, «exiger de suspendre
ou de restreindre, pendant la durée de l'inspection, toute activité ou toute opération
auxquelles s'applique la présente loi». Pour nous, il est important de
minimiser le recours à ce pouvoir et, à défaut, de prévoir un dédommagement aux
producteurs pour les temps consacrés à la durée de l'inspection lorsque sa...
sa présence est exigée ou qu'ils doivent interrompre une activité.
À la lumière de tout ce qui précède, il
importe d'assurer que les changements proposés ne représenteront pas un
accroissement de la charge administrative des entreprises agricoles ou un
dédoublement avec des mesures découlant de la législation fédérale en matière
de santé animale. Nous désirons aussi rappeler l'importance de maintenir une
cohérence avec le plan de réduction du fardeau administratif du ministère de
l'Agriculture publié le 30 avril 2021, qui mentionne, et je cite, que «l'allègement
réglementaire et administratif est l'une des priorités du gouvernement du
Québec afin d'accroître la compétitivité... de l'environnement d'affaires et de
stimuler le développement des petites et moyennes entreprises».
Le projet de loi... PL... Le projet de loi
n° 70 introduit plusieurs changements visant à permettre au gouvernement,
par règlement, d'assujettir une personne ou une catégorie de personnes à la
tenue d'un registre d'acquisition ou d'administration des médicaments, de
prémélanges médicamenteux ou d'aliments médicamenteux destinés à un animal.
Puisque les modifications apportées par le projet de loi n° 70 à la loi
actuelle feront en sorte que le Québec devienne la première province au Canada,
à notre connaissance, à implanter un... un tel système de monitorage des
médicaments vétérinaires, tous frais supplémentaires pour les producteurs
agricoles affecteront leur compétitivité par rapport aux producteurs des autres
provinces. Il faut savoir que certains groupes d'élevage ont déjà mis en place
des outils de gestion des médicaments vétérinaires pour leurs éleveurs,
notamment dans le cadre de certifications, de codes de pratique ou programmes...
ou programmes de salubrité à la ferme. Il sera par conséquent important que
l'implantation d'un tel système de monitorage considère les outils de suivi
déjà existants, s'assure que les différents outils de tenue de registre
présentent une interface permettant de transférer automatiquement les données
d'un outil à l'autre, et n'impose pas de frais aux producteurs agricoles pour
les nouvelles plateformes développées à cette fin, et que l'implantation d'un
système de monitorage soit accompagnée d'une aide financière, et s'assure, en
terminant, que les informations exigées par ces registres soient dans un format
simplifié visant à réduire au minimum le temps nécessaire pour l'entrée de ces
données.
Finalement, nous comprenons que le projet
de loi n° 70 permettra d'actualiser à la hausse les dispositions pénales
de la Loi sur la protection sanitaire des animaux. Les amendes passeraient du
simple au double selon que le contrevenant est une personne physique ou
considérée comme autre cas, soit des personnes morales. L'Union des producteurs
agricoles est très préoccupée par cette situation car près de 60 % des
entreprises agricoles sont considérées comme des personnes morales ou des
sociétés de personnes au sens de la loi, et ce, bien qu'elles demeurent en
réalité des entreprises familiales. Elles ne peuvent ainsi être comparées aux
compagnies manufacturières comme des fabricants et des vendeurs d'intrants
agricoles, considérées une personne <morale...
M. Doyon (Paul) :
...agricoles,
considérées une personne >morale comme entité juridique ayant... ayant
un revenu net de loin supérieur et non comparable à celui des entreprises
agricoles. Nous déplorons qu'il y ait... qu'il n'y ait toujours pas de
distinction pour le secteur agricole entre une personne physique et morale, et
autres cas, pour utiliser la terminologie du projet de loi n° 70.
Les amendes auprès de ces entreprises agricoles s'en trouvent inévitablement
démesurées. Nous pensons que les montants doivent être dissuasifs sans être
abusifs pour les entreprises agricoles. Dans ce contexte, nous demandons que
les entreprises agricoles soient considérées comme des personnes physiques pour
l'application des montants des amendes prévues à la loi ainsi que pour tous les
autres règlements qui seraient pris ou modifiés.
Nous comptons sur cette consultation afin
que les membres de la commission ainsi que le ministère de l'Agriculture, des
Pêcheries et de l'Alimentation prennent en considération les préoccupations des
productrices et producteurs agricoles. Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci beaucoup pour votre mémoire. Alors, nous allons débuter la période
d'échange avec M. le ministre. Vous avez un 16 min 30 s. À vous.
M. Lamontagne : Merci. Bien...
bienvenue, M. Doyon. C'est un plaisir de vous accueillir. Et puis
effectivement, je veux dire, s'il y en a qui sont concernés puis qui sont aussi
impactés puis... par toute la question... toute la question de la protection
sanitaire des animaux, bien, on s'entend que c'est nos... nos producteurs, nos productrices,
qui ont comme les deux mains dedans à chaque jour.
Puis j'avais des notes ici. J'avais marqué
«UPA» puis j'avais marqué «pas de dédoublements, pas de lourdeurs
additionnelles». Puis là je vous entends. Bien, tu sais, je veux... je veux vous...
vous réconforter, si on veut, là.
Première des choses, bien, vous le savez,
toutes les initiatives, là, qui viennent toucher notre secteur agricole, quand
c'est le temps de contempler une initiative, il y a toujours une grande
consultation, il y a toujours une étroite collaboration entre L'Union des
producteurs agricoles puis les différents responsables, spécialistes au
ministère. Et puis, c'est entendu, là, maintenant, on est dans, tu sais, le
projet de loi n° 70, mais soyez assurés, là, que, tu
sais, cette... cette pratique-là, de collaboration puis de concertation, bien,
elle va toujours continuer. Elle va toujours à être là, dans un sens que, tu
sais, s'il y a des gestes à poser, bien, les premières personnes à qui... avec
qui tu t'assoies, bien, c'est les personnes qui vont être impactées par ces
gestes-là pour bien comprendre la réalité puis, après ça, de voir comment
l'intervention qu'on va faire va être le mieux arrimée possible avec... avec
cette réalité-là. Ça fait que je veux vous... vous réconforter à ce niveau-là.
Puis vous réconforter aussi, tu sais. Bien,
on parle de formation, on parle de s'assurer de l'uniformisation quant à la
mise en oeuvre de certaines réalités qui vont ressortir de l'application de la
loi, encore là, je veux... je veux vous réconforter, là. C'est vraiment dans
les intentions du ministère de s'assurer de la compréhension des réalités qui
vont découler de l'application de ce projet de loi là, mais après ça, de la
formation des personnes qui vont avoir à appliquer ou qui vont être liées de
près, là, à l'application de cette nouvelle modalité là. Ça fait que ça, je
veux... je veux vous rassurer de tout ça.
Pour la question des frais, nous, on s'est
inspirés un peu de la <i>loi des produits... des produits alimentaires,
où on distingue les personnes morales puis les personnes individuelles. Mais on
s'entend, là, monsieur... M. Doyon, là, que, je veux dire, au Québec, la
définition de «personne morale», oui, il y en a que, vraiment, on peut associer
ça à des individus, mais on peut faire le tour de la classe agricole, puis il y
a des personnes morales que c'est pas mal des grosses affaires, puis c'est pas
mal des grosses business, puis on n'est plus juste au niveau du seul individu. Alors,
il y a vraiment... il y a vraiment cette distinction-là qu'on... qu'on est
appelés à faire ou qu'on est... s'invite à faire par le projet de loi. Comme je
vous dis, on le retrouve ailleurs dans la Loi sur les produits alimentaires. Mais
de penser qu'il y aurait seulement qu'une considération puis ce serait la
considération au point de vue individuel, là, ce n'est pas quelque chose qui
serait envisagé.
Je vous dirais, la meilleure façon de
palier aux impacts que peut avoir la section pénale, bien, c'est d'être en
règle, puis de poser les bons gestes, puis s'assurer qu'on n'a pas à... on n'a
pas à subir les impacts de la loi pour des raisons qui fait en sorte qu'on n'a
pas eu les pratiques qu'on avait à avoir, puis que les pratiques qu'on a eues
ont pu générer des problématiques.
• (14 h 50) •
Puis moi, je regarde souvent dans un autre
domaine, mais qui est l'inspection. Moi, j'ai des rapports qui m'arrivent sur
mon bureau quand on inspecte des restaurants, différents établissements
alimentaires. Puis, avant qu'on agisse puis que vraiment... que ça... que ça pince
un peu pour le propriétaire, là, tu sais, des fois, c'est six, puis c'est sept,
puis c'est huit, puis c'est neuf, tu sais, retours, puis demandes
d'amélioration, et tout ça, puis... Ça fait qu'il y a... il y a comme, quand
même, toujours le gros bon sens, tu sais, qui <s'applique...
M. Lamontagne :
...gros
bon sens, tu sais, qui >s'applique.
Dans le cas qui nous concerne ici, par
contre, la protection sanitaire, je vous dirais, il y a le volet, des fois,
urgence. Puis, des fois, si on dit : Il faut que telle pratique soit en
place, puis que, pour une raison x, les gens ne mettent pas cette pratique-là
en place, puis ultimement, ça met en danger, pas seulement que leur troupeau,
mais ça met en danger tous les voisins, bien là, à un moment donné, on ne
niaise pas avec la puck, là, tu sais. À un moment donné, il faut... il faut que
les gens se conforment puis que les gens agissent, là. Ça fait que juste en
réponse à quelques commentaires... Mais je veux juste vous assurer, là, de la
collaboration puis de la concertation.
Puis aussi, comme j'ai expliqué au groupe
précédent, il n'est pas prévu, là, suite à l'adoption de la loi, qu'il va y
avoir des règlements, là, qu'on va commencer. Parce que souvent on adopte une
loi, puis déjà, il y a tout un corpus réglementaire qu'on développe, là, pour
venir mettre des habilitations, tout ça. Mais là, dans le cas du projet de loi
n° 70, on adopte le projet de loi, puis à court terme, là, il n'y a pas...
il n'y a pas de règlements de prévus. Mais, s'il devait y avoir une
réglementation pour un volet x, soyez assurés, là, de toute la consultation.
Juste, moi, une question pour vous. Parce
que vous en avez parlé, mais, tu sais, vous êtes plusieurs filières, plusieurs
associations, puis il y a vraiment beaucoup de choses qui sont faites, des
programmes de santé animale. Pouvez-vous nous donner des exemples un petit peu,
peut-être différents de vos groupes, là, qu'est-ce qui est fait, qu'est-ce qui
est mis de l'avant, là, justement dans le volet de prévention puis protection
de la santé animale?
M. Doyon (Paul) : Bien,
il y a plein de programmes d'assurance... qualité qui sont obligatoires pour
des associations de producteurs, ce qui est une condition à... pour avoir un
accès au marché. Ça fait qu'on a, exemple, le programme ProAction au niveau des
producteurs de lait, il y en a, on a toute la liste ici, on pourrait vous la...
vous la partager, le programme national de biosécurité par... au niveau des
éleveurs de porcs, ils vous en parleront peut-être tantôt, les éleveurs de la
volaille, il y a le programme de salubrité, biosécurité canadien, reconnu par
l'Agence canadienne d'inspection des aliments. Et il y a plein d'exemples comme
ça qu'on pourrait vous... vous partager.
M. Lamontagne : Excellent.
Est-ce que j'ai des collègues, député de Sorel, Lac-Saint-Jean, collègue de Laporte,
qui auraient des questions? Oui.
Le Président (M. Schneeberger) : ...
Mme Poulet : ...des animaux
et la santé économique des entreprises agricoles. Comment est-ce que les
modifications apportées dans le projet de loi peuvent permettre aux entreprises
de demeurer compétitives?
M. Doyon (Paul) : Bien, il
faut que... Dans le cas où est-ce qu'il y a... il y a une intervention pour
différentes raisons, bien, il faut que ces règles-là fassent en sorte que ces
entreprises-là puissent demeurer compétitives. Alors que, s'il n'y en a pas,
s'il n'y a pas ce genre de règlement là, de loi là dans d'autres provinces,
bien, il faut que ça vienne... il faut que ça... il faut que nos entreprises
demeurent compétitives sur les marchés avec les autres provinces ou les autres
pays.
Mme Poulet : Vous avez... On
a parlé tantôt que le Québec était quand même distinctif par rapport... Est-ce
que ça peut être un avantage aussi pour les agriculteurs ou un désavantage?
Parce que, là, il y a quand même... un monitorage supplémentaire.
M. Doyon (Paul) : Je pense
qu'on peut... Les deux réponses sont bonnes, là, dans le sens qu'il y a des...
il y a des avantages pour parfois avoir accès à certains marchés, mais il y a
aussi des inconvénients parfois, considérant que ces mesures-là peuvent faire
en sorte que ça vienne augmenter le coût de production et rendre les... les
entreprises agricoles moins compétitives. Ça fait que les deux...les deux... il
y a... il y a du pour et du contre.
Mme Poulet : OK.
Le Président (M. Schneeberger) : ...alors,
s'il n'y a pas d'autre... Oui. Monsieur... M. le ministre.
M. Lamontagne : Non, c'est
juste qu'on a... on a... vos collègues, là, les producteurs bovins qui nous ont
soumis un mémoire, malheureusement, qui ne sont pas avec nous aujourd'hui. J'ai...
Si vous pourriez juste nous... nous parler un peu de... parce qu'il y a quand
même des efforts importants qu'ils font à ce niveau-là, là, les programmes de
qualité qu'ils ont, eux autres, en termes de santé animale, là, au point de vue
de la filière bovine.
M. Doyon (Paul) : Oui.
Bien, mon collègue va vous les... vous en faire part, le Veau vérifié et VGQC, qu'on
appelle, là, j'ai de la misère avec l'acronyme là.
M. Charron (Guylain) : Veau
de grain Québec certifié.
M. Doyon (Paul) : C'est ça. Merci.
Et puis il y en a d'autres, là. Vas-y, Guylain.
M. Lamontagne : Ça, c'est
comme des cahiers de charges, si on veut, que les producteurs ont. Puis on...
Il y a... Il y a comme une vérification, par la fédération ou l'association, de
s'assurer que chacun des producteurs est comme vraiment certifié à ce niveau-là,
là.
M. Charron (Guylain) : C'est
des programmes de certification, effectivement, dans... dans le veau de grain
puis dans le veau de... dans le veau de lait aussi. Puis il y a un autre
programme qui s'appelle... bien là, je m'excuse, j'ai juste le nom en anglais,
mais c'est comme ça qu'on le présente sur le site, là, c'est Verified Beef Production,
qui est là depuis 2004. Et encore là, dans les bouvillons, c'est un programme
de certification des producteurs <agricoles...
M. Charron (Guylain) :
...certification des producteurs >agricoles.
M. Lamontagne : OK. Puis
qu'est-ce qui se passe... Mettons qu'un... qu'un producteur n'est pas en
conformité avec les exigences d'une certification qui vient... est une sorte de
garantie pour la santé animale, là, quand il n'est pas conforme, qu'est-ce qui
se passe?
M. Doyon (Paul) : Bien, je
sais qu'au niveau de l'exportation, il y a des règles à suivre où est-ce qu'ils
sont... ils doivent déposer des documents en lien avec des animaux ou des lots,
là, d'animaux qui pourraient être exportés, soit des animaux vivants ou des
animaux... de la viande qui serait exportée en fonction de la traçabilité de
certains lots de bovins. Ça fait qu'il y a des... il y a des mesures de prises
aussi.
M. Charron (Guylain) : ...que
c'est une certification obligatoire pour la mise en marché des produits, selon
en tout cas le <i>Règlement de la production et de la mise en marché des
veaux de grain, là, pour... dans le cas du veau de grain.
M. Lamontagne : Ça fait que
quelqu'un, exemple, qui est un producteur de veau de grain qui doit adhérer, là,
qu'il y ait des charges de veau de grain certifié, puis qu'ultimement la... la
fédération ou les producteurs se rendent compte qu'il n'est pas conforme, bien,
il y a des gestes, là, il y a des actions qui seraient prises en lien avec ce
producteur-là pour s'assurer qu'il se conforme ou sinon, qu'il ne puisse plus
mettre en marché ses produits, là.
M. Doyon (Paul) : ...où
est-ce qu'il y a... des inspecteurs peuvent débarquer sur les entreprises,
regarder le niveau de conformité des identifiants par rapport au registre.
C'est... C'est...
M. Lamontagne : OK. Parfait. Bien,
ça va être tout pour moi, M. le Président. Oui. Merci. Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) :
Parfait. Merci beaucoup. Alors, nous allons maintenant du côté de l'opposition
officielle avec le député de Pontiac pour un 16 min 30 s,
maximum.
M. Fortin :
Merci, merci, M. le Président. Bonjour, M. Doyon, M. Charron. Merci d'être là.
Je... Je salue au passage M. Caron, qui s'est joint à nous lors de votre... de
votre exposé. C'est toujours un plaisir de recevoir l'UPA puis de bien
comprendre la réalité... la réalité des agriculteurs et des producteurs
québécois.
Je vous ai bien entendu, M. Doyon, tout à
l'heure faire l'exposé essentiellement de l'importance de la compétitivité des
producteurs québécois, puis je pense que c'est en réponse à la collègue de Laporte,
mais de dire essentiellement : Bien, si on rajoute des couches de
réglementation, qu'elles soient bonnes ou moins bonnes, là... mais si on
rajoute des couches de réglementation, il faut s'assurer qu'on ne met pas notre
producteur québécois à un désavantage par rapport à ceux des autres provinces.
Et là, ici, dans... dans le cas du projet de loi n° 70, encore là, on aura
le débat sur est-ce que l'entièreté de ce qui est proposé est bon, est moins
bon ou est-ce que ça met une surcharge sur certains producteurs.
Vous avez fait état notamment du système
de monitorage des médicaments vétérinaires. Et, si j'ai bien compris, on serait
la première province à avoir un tel système. Alors, vous avez suggéré, bien, il
faut que ça vienne avec une espèce de compensation ou un mécanisme pour
s'assurer qu'on ne perd pas une certaine compétitivité. Qu'est-ce que ça peut
représenter, pour des producteurs agricoles, un système comme ça?
M. Doyon (Paul) : ...départ,
il faut prendre soin de regarder tout ce qui existe, parce qu'il existe déjà
des choses au niveau de registres, prescription des médecins vétérinaires en
lien avec les registres qu'on doit fournir pour les programmes d'assurance qualité.
Et puis après ça, bien, si c'est encore de quoi de supplémentaire, bien, là,
c'est là qu'il faut commencer à penser à compenser les écarts qui pourraient
être créés sur la compétitivité des entreprises avec les marchés qui nous
entourent. Mais, au départ, il faut commencer par regarder ce qui existe,
essayer d'amalgamer tout ça ensemble, rendre ça conforme pour que les systèmes
puissent se parler entre eux pour faire en sorte qu'on n'ait pas à écrire le
même... la même information huit fois, là... bien, peut-être quatre fois.
M. Fortin :
Oui. Je vous entends là-dessus, là. Puis, de toutes les... de toutes les
discussions qu'on a avec des producteurs agricoles, l'enjeu de la paperasse, de
la redondance, de s'assurer qu'on ne leur demande pas des charges
administratives excessives revient tout le temps, continuellement. Alors
effectivement, là, je nous encourage, dans les débats qu'on aura autour du
projet de loi n° 70, à s'assurer qu'on n'est pas en train de rajouter des
couches. Puis ça, ça va aussi pour le ministre et son équipe par la suite dans
l'application du projet de loi, bien... bien évidemment.
Je vous entends d'ailleurs sur la
question, dans votre mémoire, de la complémentarité des actions. Ce que vous
venez de dire, c'est qu'il y a déjà plusieurs secteurs d'élevage où il y a des
procédures pour encadrer, encadrer des pratiques, encadrer la coordination de
la gestion des maladies. Mais est-ce qu'il y a des secteurs, selon vous, où
très clairement, là, on n'en fait pas assez en ce moment, des secteurs où soit
il y a des nouvelles maladies qui apparaissent, soit on... l'encadrement laisse
énormément à désirer? Est-ce qu'il y a des secteurs d'activité au Québec où
vraiment, là, on... vous êtes à même de nous dire : Il y a lieu de prendre
un grand pas par en avant?
• (15 heures) •
M. Doyon (Paul) : Bien,
c'est... c'est sûr que tous les types d'élevage...
15 h (version révisée)
M. Doyon (Paul) : ...écoutez,
c'est sûr que tous les types d'élevages ne sont... ne sont pas au même niveau,
évidemment que des plus petits groupes qui sont moins organisés ont
peut-être... ont peut-être moins de moyens, là, pour y arriver, mais il y a...
tout le monde a un minimum, là, à tout le moins.
M. Fortin :Oui.
M. Doyon (Paul) : Et puis, il
y a... Également, tantôt, quand on parlait de compétitivité, là, aussi, on... c'est
en lien avec les produits qui arrivent de l'extérieur, tu sais, c'est...
parfois c'est nos produits qu'on souhaite exporter, mais parfois, quand les
exigences sont trop élevées... Dimanche, j'étais avec les producteurs ovins, il
y a quelques jours, où est-ce que le... ce qui arrive dans l'autre bout du
monde coûte vraiment moins cher. Bien, c'est... Si on en ajoute encore plus, bien,
ça va être encore plus difficile pour ces productions-là. Et puis, il y a eu
des enjeux au niveau des producteurs caprins, il y a quelques années. Mais là,
au niveau du ministère de l'Agriculture, on avait un groupe, là, avec le CEPOQ,
à La Pocatière, où est-ce qu'ils ont travaillé sur des choses. Mais votre
question, je fais une longue réponse, là, qui n'est pas bonne, c'est... votre
question, c'était... votre question, c'était : Est-ce qu'il y en a qui
devraient faire un plus grand pas? Oui, mais ils méritent d'être accompagnés,
ces groupes-là, parce que c'est des petits groupes avec peu de producteurs qui
ont un petit marché compétitionné par les autres, c'est... Oui, il y en a qui
devraient faire des plus grands pas et ils mériteraient d'être accompagnés
par... par le ministère de l'Agriculture.
M. Fortin :Est-ce que cet accompagnement-là, nonobstant du projet de
loi n° 70, là, des... des fédérations, des types de productions qui sont,
peut-être, de plus petites tailles avec des petits producteurs qui n'ont
peut-être pas les moyens, etc., est-ce que vous sentez que cet
accompagnement-là, pour ceux qui lèvent la main déjà, j'imagine qu'il y en a,
là, qui ont vécu des maladies dans les dernières années puis qui se disent :
OK, il faut vraiment améliorer nos pratiques puis nos façons de faire. Est-ce
que cet accompagnement-là, il existe et il est adéquat, de la part du ministère,
aujourd'hui?
M. Doyon (Paul) : Il existe à
géométrie variable, mais il y a toujours de l'écoute de la part du ministère,
là, pour accompagner ces gens-là.
M. Fortin :OK. Mais si je comprends bien votre mémoire, il faut juste s'assurer
qu'au niveau de l'accompagnement, au niveau de la compensation, au niveau de l'aide,
au niveau de tout ça, si on met de la réglementation supplémentaire, on n'a pas
le choix, à ce moment-là, de le faire. Là, si les gens le font sur une base,
que ce soit volontaire ou que... peu importe, c'est correct, mais à partir du
moment où le gouvernement met de la réglementation, ça prend une espèce d'aide
équivalente.
M. Doyon (Paul) : Absolument.
M. Fortin :OK, on s'entend là-dessus. Oui.
M. Lamontagne : Je peux-tu
faire un petit commentaire?
M. Fortin :Sans problème.
M. Lamontagne : Oui?
Le Président (M. Schneeberger) :
Consentement, M. le ministre.
M. Lamontagne : M. Doyon,
vous voyez comment on est en mode collaboratif?
M. Doyon (Paul) : C'est bon.
M. Lamontagne : Oui. Non,
juste pour parler d'accompagnement. Le défi, des fois, parce que... c'est qu'on
a des filières, puis elles ont le tonus, déjà, pour être bien structurées, puis
là, à ce moment-là, tu sais, quand tu dis : Il y a toujours une ouverture,
puis on est tout le temps en mode accompagnement, on veut que les gens puissent
faire... tu sais, c'est... puissent faire ce qu'ils ont à faire pour prospérer.
Mais le défi qu'on va avoir, des fois, c'est que tu vas faire des filières,
mais elles-mêmes, les filières, tu sais, ne sont pas organisées ou manquent d'outils,
ça fait que, tu sais, nous autres, on a des outils, exemple, le Programme de
développement de marchés<i> ou le programme de développement sectoriel,
dans lequel on peut fournir des ressources, on peut fournir des sous. Mais,
ultimement, c'est sûr que la filière, il faut qu'elle ait un minimum de
structure puis d'organisation pour qu'après ça, pouvoir être accompagnée, parce
que sinon, ça... tu sais, c'est compliqué dans ce temps-là, là, tu sais, c'est...
M. Doyon (Paul) : ...
Une voix : Pardon?
M. Doyon (Paul) : Il y a eu
les... dans les dernières années, les accompagnements de ces plus petits
groupes de producteurs là par les programmes PISAQ, là, où est-ce qu'il y avait
des campagnes d'identifiées avec des thématiques identifiées pour améliorer tels
types de conditions, et puis ça l'a été... ça l'a été intéressant pour ces
petits groupes-là, et puis ça a été apprécié.
M. Fortin :Les producteurs, de façon générale, là, ils ne mettent pas la
santé de leur... de leurs animaux en compétition avec la santé financière de
leur entreprise. En fait, l'un va avec l'autre, là. Si c'est un producteur qui
perd des animaux parce qu'ils ne sont pas en bonne santé, il y a... la santé
financière de son entreprise est mise à risque assez rapidement merci.
M. Doyon (Paul) : Absolument.
M. Fortin :Sur la... Parlant de la santé financière, sur la question
des amendes que vous avez évoquées lors de votre discours initial, là, j'ai...
si j'ai bien compris votre propos, là, il va y avoir essentiellement deux types
d'amendes : une pour les personnes physiques, une pour les personnes
morales, mais parce qu'il y a une proportion, disons, des entreprises agricoles
qui sont des personnes morales, il y en a qui vont se retrouver à payer plus
que d'autres, là.
M. Doyon (Paul) : Oui,
considérant le statut juridique de l'entreprise, où est-ce que c'est une
personne morale, souvent c'est une entreprise familiale où le monsieur et la
madame sont copropriétaires, et ça devient une entreprise à statut juridique
moral, et puis, parfois, ça peut être une très, très petite entreprise, là, où
est-ce que des amendes importantes pourraient les achever, là.
M. Fortin :Oui. Bien, moi, je peux comprendre votre point de vue,
parce qu'effectivement, il peut y avoir de très <minimes...
M. Doyon (Paul)T :
...importantes
pourraient les achever, là.
M. Fortin :
Oui. Bien, moi, je peux comprendre votre point de
vue, parce qu'effectivement, il peut y avoir de très >minimes
différences dans la réalité quotidienne de l'entreprise... d'une entreprise
versus une autre, mais ils pourraient se retrouver avec des amendes très, très,
très différentes, même si le contexte... le contexte de l'entreprise est
similaire, quoique différent, au niveau de l'enregistrement de l'entreprise.
Dernière chose de mon côté, M. Doyon, M.
le ministre, tantôt, parlait de l'étroite collaboration constante, et j'entendais,
dans son propos, le ministre dire : Mais vous savez, quand on propose des
réglementations, quand... c'est certain qu'on va toujours voir les gens qui
sont concernés pour faire ça ensemble, etc. Dans l'élaboration du projet de
loi, est-ce que vous avez été consultés ou est-ce que vous l'avez vu apparaître
en même temps que tout le monde?
M. Doyon (Paul) : Bien, on
savait qu'il s'en venait quelque chose, là, mais on l'a... on n'a... on ne l'a
pas... on n'a... je n'ai pas su qu'on avait été consultés précisément pour ça.
Oui?
M. Charron (Guylain) : Bien,
on nous a dit qu'il y a un projet de loi qui s'en venait. Tant que le projet de
loi n'est pas présenté par le ministre, on ne peut pas nous...
M. Fortin :Non, mais le... ça arrive souvent que le gouvernement va
donner des grandes orientations par rapport à ce qu'il veut faire, puis aller
en jaser avec les groupes. Sur la question spécifique de la protection
sanitaire des animaux, vous n'aviez pas émis de commentaire envers l'arrivée
prochaine d'un projet de loi là-dessus?
M. Doyon (Paul) : Non.
M. Fortin :OK.
M. Doyon (Paul) : Mais là,
c'est ce qu'on fait là.
M. Fortin :Oui, parfait. Excellent. C'est pour ça que vous êtes là.
M. Doyon (Paul) : Bien oui.
M. Fortin :Excellent. C'est beau.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va?
M. Fortin :C'est tout pour moi, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, merci pour votre présentation, M. Doyon, M.... Toujours un plaisir de
vous recevoir.
Nous allons suspendre quelques instants
pour accueillir le prochain groupe.
(Suspension de la séance à 15 h 07)
(Reprise à 15 h 14)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux. Et, enfin, pour ce dernier groupe de la journée,
nous accueillons Les Éleveurs de porcs du Québec. Alors, bonjour à vous deux.
Alors, nous recevons Raphaël Bertinotti,
directeur Santé, qualité et Recherche et développement, et M. René Roy,
président des Éleveurs de porcs de la Beauce.
Alors, vous avez 10 minutes pour
faire votre présentation et, par la suite, nous allons procéder à une période
d'échange avec les élus.
M. Roy (René) : Merci, M. le
Président. Je me présente en premier, René Roy, producteur de porc dans la
région de la Beauce et administrateur aux Éleveurs de porcs du Québec. Je suis
également responsable des dossiers Santé et Antibiotiques pour l'organisation.
Je suis accompagné, aujourd'hui, de M. Raphaël Bertinotti, qui est notre
directeur Santé, qualité et Recherche et développement pour les éleveurs de
porcs et coordonnateur des dossiers des Maladies endémiques porcines et Antibiotiques
pour la filière.
Premièrement, Les Éleveurs de porcs du
Québec souhaitent vous remercier pour cette occasion de faire valoir notre
point de vue sur cet enjeu stratégique. Les Éleveurs de porcs du Québec forment,
depuis 1966, une fédération agricole affiliée à l'Union des producteurs
agricoles, l'UPA, et au Conseil canadien du porc, et nous représentons les
intérêts de plus de 2 500 éleveurs, répartis dans 12 régions
administratives au Québec. Notre mission est de représenter et promouvoir les
intérêts des éleveurs et des éleveuses de porcs du Québec et de les rendre
fiers en valorisant leur profession et leurs produits. Nous veillons également
à ce que les conditions de marché et d'élevage permettent d'assurer la
prospérité et la pérennité des entreprises porcines québécoises.
Les Éleveurs de porcs du Québec avons pris
connaissance du <projet...
M. Roy (René)T :
...d'assurer la prospérité et la pérennité des entreprises
porcines québécoises.
Les Éleveurs de porcs du Québec avons
pris connaissance du >projet de loi n° 70 et nous l'accueillons
favorablement, avec, toutefois, certains commentaires. La santé et
l'antibiorésistance sont stratégiques pour notre secteur et nous investissons
beaucoup d'efforts dans ces dossiers, et on le fait en filières depuis de
nombreuses années, en collaboration, également, avec nos gouvernements. Nous
nous attendons à ce que le projet de loi apporte une plus grande efficacité
dans le contrôle des maladies, notamment en accélérant les interventions en ce
qui a trait aux maladies.
Cependant, nous voulons apporter à votre
attention les réserves suivantes. Tout d'abord, il est essentiel de ne pas
dédoubler les systèmes déjà en place. Il faut s'appuyer sur les organisations,
les expertises, les processus, outils numériques et documents qui sont déjà
existants. Le partenariat pour l'élaboration de nouveaux règlements est crucial,
en adoptant une approche de collaboration et de consultation avec le secteur.
Les règlements doivent être clairs, basés sur des critères objectifs et
mesurables pour garantir une application uniforme et équitable.
Et, finalement, un... les exigences
évoquées dans le projet de loi, tout spécialement lors d'une intervention à la
ferme, doivent être totalement compensées financièrement pour répondre aux
exigences demandées par la loi. J'invite maintenant M. Bertinotti à élaborer
sur le contexte et le type de travail que nous faisons à tous les jours aux Éleveurs
de porcs du Québec.
M. Bertinotti (Raphaël) : Oui.
Bonjour à tous. Donc, Les Éleveurs de porcs du Québec, en collaboration avec
nos partenaires de la filière, ont fait de la santé porcine une priorité depuis
des années. En 2013, l'Équipe québécoise de santé porcine, regroupant les
éleveurs, les abattoirs et les fournisseurs d'intrants, a été créée pour gérer
les enjeux de santé, d'abord pour les maladies à déclaration obligatoire, comme
la peste porcine africaine, puis pour les maladies émergentes, comme la
diarrhée épidémique porcine, puis, aujourd'hui, pour les maladies endémiques et
le dossier Antibiotiques.
Notre mobilisation a permis de maintenir
le Québec exempt de DEP, c'est un succès en comparaison des autres provinces
canadiennes et des États-Unis. Depuis 2020, la filière a mis en place un plan
ambitieux pour lutter contre deux maladies endémiques virales : le SRRP et
l'influenza. Ce plan inclut notamment une surveillance stricte, des mesures de
biosécurité renforcées, des actions de sensibilisation et le déploiement à
succès d'un vaccin provincial contre l'influenza porcin, d'ailleurs, en
collaboration avec le MAPAQ.
En 2020, nous nous sommes dotés du premier
règlement en santé dans le domaine porcin pour réduire l'impact du SRRP. En
parallèle, depuis 2006, les éleveurs ont intensifié leurs efforts pour une
utilisation judicieuse des antibiotiques en réponse à la menace croissante de
l'antibiorésistance. Plusieurs initiatives ont permis de mieux suivre l'usage
des antibiotiques, d'offrir des formations et de sensibiliser toute la filière.
On s'était fixé un objectif ambitieux de réduction de 20 % de
l'utilisation de nos antibiotiques entre 2016 et 2020, puis on l'a largement
dépassé grâce à une mobilisation collective. Donc, c'est bien l'implication
conjointe des éleveurs, des abattoirs, de l'AQINAC, de nos vétérinaires, du
MAPAQ, d'autres partenaires qui continue de porter ses fruits avec des actions
concrètes pour garantir la santé des troupeaux, tout en minimisant l'apparition
d'antibiorésistance.
M. Roy (René) : Nous allons
maintenant rentrer... nous allons maintenant rentrer avec un peu plus de
précision dans les commentaires que nous voudrions apporter au projet de loi.
Premièrement, en ce qui a trait à la nomination du vétérinaire en chef, nous
soutenons la nomination d'un médecin vétérinaire en chef pour faciliter
l'application des mesures en santé animale. Toutefois, en raison de la
diversité de dossiers, nous demandons la... la création d'un comité d'experts
composé de vétérinaires de terrain pour soutenir ce vétérinaire en chef dans
ses missions.
• (15 h 20) •
En ce qui a trait à la gestion des
éclosions des maladies, nous approuvons les nouveaux pouvoirs accordés au
gouvernement pour limiter la propagation des maladies animales, en particulier
les arrêtés d'urgence de 30 et 60 jours. Toutefois, nous insistons sur la
nécessité d'une collaboration étroite avec l'Agence canadienne d'inspection des
aliments lorsque cette dernière est impliquée, pour éviter les dédoublements
administratifs. Nous souhaitons être impliqués dans la gestion des maladies à
travers notre organisation santé, qui est l'Équipe québécoise de santé porcine,
afin de faire profiter les parties prenantes existantes.
En ce qui a trait à l'aide financière, les
coûts associés à la mise en place de mesures sanitaires à la ferme peuvent être
très importants. Les éleveurs soutiennent donc la <création...
M. Roy (René)T :
...En
ce qui a trait à l'aide financière, les coûts associés à la mise en place de
mesures sanitaires à la ferme peuvent être très importants. Les éleveurs
soutiennent donc la >création d'un programme d'aide financière pour la
surveillance des maladies et pour que les fermes se conforment aux ordonnances sanitaires
du gouvernement. Il est reconnu qu'une aide financière adéquate et préétablie
favorise les bons comportements. Nous préconisons également l'élaboration, en
temps de paix, c'est-à-dire lorsque la maladie n'a pas frappé, d'un plan
d'action pour différentes maladies, incluant des programmes d'aide financière
et des arbres de décision objectifs afin d'assurer une gestion efficace en cas
de crise. Nous savons que mieux vaut prévenir que guérir. Finalement, nous
insistons sur l'importance d'offrir un accompagnement psychologique pour les
éleveurs en temps de crise.
Au sujet de la traçabilité, le système de
traçabilité que nous avons dans le porc, le porc tracé, est déjà mis en place
au niveau fédéral et doit être reconnu par le MAPAQ. Nous nous opposons à
l'imposition de nouvelles exigences provinciales en matière d'identification
des porcs ou de tenue de registres, car cela entraînerait des complications
administratives et nuirait à la fluidité des processus et à la numérisation que
nous sommes en train de faire.
La lutte contre l'antibiorésistance. Nous
soutenons les modifications liées à la gestion des médicaments vétérinaires et
à la lutte contre l'antibiorésistance, mais nous insistons sur la consultation
préalable des parties prenantes avant l'adoption de nouvelles règles. Nous
voulons également mettre en garde le comité contre des règlements provinciaux
qui pourraient désavantager les éleveurs québécois par rapport aux autres
producteurs canadiens ou internationaux, notamment américains. La compétitivité
du secteur porcin est fragile et doit être considérée lors de l'établissement
de ces lois ou règlements. Nous souhaitons que les aides financières permettent
aux producteurs de se conformer aux exigences en lien avec l'antibiorésistance
et l'antibiogouvernance.
Finalement, l'uniformité de l'application
des règlements en respect de la biosécurité. Les inspecteurs chargés de
l'application de la loi doivent être formés et qualifiés pour garantir une
application uniforme et équitable des règlements. Ils doivent aussi respecter
les normes de biosécurité des fermes porcines du Québec afin de ne pas propager
de maladies autres que celles visées par leur intervention. Et, lors... dans le
système de pénalités qui est proposé, il est crucial que le règlement... les
règlements soient clairs, basés sur des critères objectifs et facilement
mesurables pour permettre une application uniforme et équitable.
Nous vous remercions à nouveau de votre
invitation à partager notre perspective à propos du projet de loi. Et nous
sommes disponibles, bien sûr, pour répondre à vos questions. Nous restons
disponibles, par la suite, si vous avez besoin d'autres informations à la suite
de cette audition. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci, M. Roy, pour votre présentation. Nous débutons une période d'échange
avec le ministre pour un maximum de 16 min 30 s.
M. Lamontagne : Merci.
Salutations, M. Roy. C'est un plaisir de vous accueillir. M. Bertinotti, un
plaisir de vous accueillir.
Bien, d'entrée de jeu, vous avez statué
vos attentes, vous avez dit deux choses : plus grande efficacité puis
accélérer les interventions. Bien, ce matin, là, si vous avez écouté les
commentaires préliminaires qu'on a pu faire, l'objectif de la loi, là, c'est
exactement ça, parce qu'on a une loi qui existe depuis presque 100 ans qui
a été mise à jour, la dernière fois, en l'an 2000, puis avec ce qu'on a
vécu depuis un certain nombre d'années, on s'est aperçu des enjeux qu'on avait
au point de vue agilité, flexibilité, pouvoir d'intervention, si on se compare,
aussi, avec d'autres législatures au Canada, aux États-Unis ou en Europe. Puis
d'ailleurs, le... de mettre en place le poste de vétérinaire en chef avec les
pouvoirs d'ordonnance puis les différents pouvoirs que le médecin vétérinaire
va avoir, déjà, ça sous-tend toute cette agilité-là puis cette flexibilité-là.
Alors, soyez assurés que les objectifs du projet de loi rencontrent... vont
rencontrer vos attentes à ce niveau-là.
Rapidement, là, les craintes ou les
commentaires que vous faites, là, tu sais, là, au point de vue de dédoubler...
Vous avez parlé de la traçabilité. Présentement, on utilise un système de
traçabilité qui est canadien. Il n'est pas du tout dans les intentions du
Québec de faire développer un système parallèle. L'objectif, quand on parle,
encore là, d'efficacité, là, c'est... c'est de faire en sorte que ce qui
fonctionne, aujourd'hui, bien, qu'on se rattache à ce qui fonctionne
aujourd'hui puis qu'on soit tous un peu sur le <même...
M. Lamontagne :
...en
sorte que ce qui fonctionne, aujourd'hui, bien, qu'on se rattache à ce qui
fonctionne aujourd'hui puis qu'on soit tous un peu sur le >même... sous
la même source de pouvoir, si on veut. Alors, je veux vous rassurer à ce
niveau-là, encore là, j'en ai parlé tantôt, mais la question de l'uniformité de
l'application, la standardisation de l'application, ultimement, de ce qui va
découler de la mise en œuvre du projet de loi n° 70, on est tout à fait à
la même place... à la même place que vous. La nécessité de collaboration.
Aujourd'hui, il y a cette collaboration avec l'ACIA, il y a cette collaboration
avec l'équipe de santé porcine. Puis on voit le travail, tout ce qui se fait,
aussi, du côté de la peste porcine africaine. Bien, encore là, M. Roy, là,
soyez assuré que l'objectif, ce n'est pas qu'il y ait moins de collaboration
puis de concertation, mais, je vous dirais, c'est qu'il y ait une concertation
puis une collaboration soutenue, mais quand il y a à intervenir, bien, c'est
que le Québec ne soit pas à la traîne puis que le Québec ne soit pas limité.
Moi, j'ai des exemples à donner. Juste
avec la question aviaire, tu sais, des fois, il y a des groupes qui ont des
petits élevages puis qui font des petites rencontres une fois de temps en temps
pour se montrer leurs poules puis tout ça, puis à un moment donné, avec la
propagation de la grippe aviaire, bien, il ne fallait pas qu'il y ait de ces
rencontres-là, là, il ne fallait pas qu'on permette que les gens commencent à
se promener sur le territoire, puis, bien, avec les dispositions qu'on a
présentement, là, ça a été très, très, très compliqué de chercher à faire en
sorte que, pendant un bout de temps, ils ne puissent pas se rassembler. Tu
sais, ça fait qu'on veut plus vivre ça, là, parce qu'à un moment donné, ça va
vite quand ça se met à mal aller, ou si on veut prévoir. Alors, l'idée, c'est
de conférer à nos professionnels au Québec, là, des outils qui vont être aussi
en synchronicité avec ce qu'il y a ailleurs au Canada, ce qu'il y a ailleurs
dans les autres provinces, pour être agiles puis pouvoir intervenir rapidement.
Mais aussi, tu sais, il y a de la prévention. Quand, à un moment donné, il y a
un doute sur quelque chose, d'avoir un moyen d'aller mettre le doigt dessus
puis de valider notre... tu sais, ce qu'on pense qui est en train de se passer
là, avant qu'il y ait de quoi qui se développe puis qui se propage. Puis si,
à un moment donné, on a à inspecter des lieux, on a à inspecter des véhicules,
on a à inspecter... ou on soupçonne qu'il pourrait y avoir des traces de
quelque chose, il faut pouvoir le faire. Si on a quelqu'un qui fait analyser
des animaux ou des prélèvements à quelque part, bien, il faut être capables
d'avoir accès à ces prélèvements-là. Si quelqu'un sort du Québec pour faire
analyser quelque chose, il faut avoir la possibilité de savoir le résultat, tu
sais, de... Ça fait que c'est toutes des choses qu'on veut... qu'on veut
pouvoir faire.
Au point de vue de l'aide financière, ce
qui est important, c'est... bien, des choses qui vont être initiées par le
ministère, naturellement, bien, je veux dire, c'est le ministère qui a la
responsabilité d'assumer des coûts. Après ça, s'il y a des politiques à être
mises en place, c'est toutes des choses qui sont discutées avec les groupes qui
sont organisés. Puis après ça, dans la loi, là, on a l'article 6, aussi,
qui donne, justement, les balises puis le pouvoir, aussi, de venir accompagner.
Mais c'est certain que si, mettons, on est dans un cas où on a quelqu'un qui
est un délinquant puis qu'ultimement, se ramasse à avoir des conséquences liées
à sa délinquance en fonction de cette loi-là, bien, on ne l'encouragera pas en
mettant en place des programmes pour venir le soutenir, on va lui dire :
Corrige-toi au plus vite parce que sinon, ça va mal aller pour ton
organisation. Tu sais, ça fait qu'il y a ce... de démarquer ça, là, mais, en
bout de ligne, tu sais, on l'a vu dans le passé, il y a des gestes qu'on a
posés avec les sangliers sauvages, avec... Ça a été avec la MDC, tu sais, on a
mis en place des programmes d'accompagnement pour faire en sorte que les gens
qui ont à faire face à ces événements-là, bien, ne soient pas tout seuls
là-dedans, là, mais qu'il y ait un accompagnement du ministère. Ça fait que je
veux vous rassurer encore à ce niveau-là.
Moi, j'aurais une question avant de céder
la parole à mes collègues. Tu sais, le secteur porcin, vous avez parlé que vous
avez agi, puis il y a eu une diminution importante au point de vue de votre
performance, l'utilisation d'antibiotiques. J'aimerais ça que vous m'en parliez
davantage, un petit peu. Qu'est-ce qui a été fait, là, puis, c'est ça, les
résultats que ça a donnés, là?
M. Roy (René) : Je vais
inviter Raphaël à commencer, il a été au centre de tout l'effort, donc, après
ça, je vais reprendre la parole.
• (15 h 30) •
M. Bertinotti (Raphaël) : Oui,
bien, en 2016, en fait, on avait eu un projet de... pour évaluer, en fait,
notre... avoir un portrait de notre consommation d'antibiotiques au Québec dans
l'élevage porcin, parce qu'en fait, si on veut s'améliorer, il faut mesurer
comment est-ce qu'on les utilise. D'avoir des patrons d'utilisation, c'est la
base, en fait, de notre capacité à comprendre comment est-ce qu'on peut trouver
des pistes d'amélioration. Puis, en 2020, on a répété l'exercice puis on s'est
fixé un objectif par rapport à l'enquête qu'on avait fait en 2016. Il faut
comprendre que l'enquête, on la sous-traite à l'Université de Montréal, on la
délègue, en fait, à l'Université de Montréal pour son expertise puis sa
neutralité. Et puis, on l'a fait dans toutes nos... On a fait sur un gros
échantillon, je pense, puis c'était une première au niveau canadien, toutes
espèces confondues, environ 205 sites de production, stades de production,
tous types d'antibiotiques, toutes les voies d'administration, donc, que ce
soit dans l'eau...
15 h 30 (version révisée)
M. Bertinotti (Raphaël) : ...puis
c'était une première au niveau... au niveau canadien, toutes espèces confondues,
environ 205 sites de production... stades de production, tous types d'antibiotiques,
toutes les voies d'administration, donc, que ce soit dans l'eau, injectable ou
dans la moulée, et puis ça nous a donné un portrait précis d'où est-ce qu'on se
situait, puis ça nous a permis aussi de mesurer le progrès entre 2016 et 2020,
puis, pour vous donner une idée... puis on a formé et sensibilisé l'ensemble de
nos vétérinaires... plutôt, de nos producteurs, puis nos vétérinaires les ont
accompagnés pour atteindre cet objectif-là. Pour vous donner une idée de
réduction en engraissement dans la moulée, on a réduit de 65 % de notre
consommation antibiotique.
Donc, quand je disais qu'on a largement
dépassé l'objectif, c'est le secteur... puis c'est dans... c'est surtout les
antibiotiques administrés via la moulée, c'est là qu'on a fait le plus de
progrès. Et puis, au niveau des catégories 1, qui sont les antibiotiques les
plus importants en médecine humaine, on a réduit de plus que 98,5 %. Ça
nous amène au... Quand on a demandé à l'Université de Montréal de nous comparer
au niveau international, on est dans les cinq à 10 meilleurs mondiaux sur
ce critère-là. Donc, ça, c'était très important pour nous parce que c'est
comme... L'utilisation... l'utilisation judicieuse des médicaments, c'est mieux
et moins. Le mieux, c'était utiliser le moins possible de catégorie 1, puis c'est
ce qu'on a réussi à faire. On a réussi à baisser l'ensemble de la quantité d'antibiotiques
qu'on a... des autres catégories, mais surtout les antibiotiques de catégorie 1,
et puis, c'est ça, donc, on était très fiers du résultat puis on continue le
travail.
D'ailleurs, on est la première filière, je
pense, à être intéressée à participer au projet de monitorage que le MAPAQ met
en place et on travaille activement avec vos équipes pour justement qu'on
puisse être prêts le plus rapidement possible et qu'on puisse avoir des données
nouvelles à moindre coût, parce qu'il y a tout l'aspect efficacité de la
capture de données, parce que, dans les enquêtes qu'on a faites, ça nous
coûtait quand même... ça coûtait quand même... c'est deux enquêtes à 300 000 $,
donc 600 000 $. Donc là, tout le projet nouveau de monitorage que le
MAPAQ veut mettre en place, on le voit d'un très bon œil, puis ça permettra d'avoir
notre... un portrait de notre filière plus large, et puis, comme je le disais,
à moindre coût, puis de manière plus efficace puisqu'en fait l'information sera
captée directement auprès des pharmacies ou auprès des meuniers.
M. Lamontagne : Bien, merci
beaucoup. Puis, ici, honnêtement, je vous entends, puis au bénéfice des
collègues puis des gens qui nous écoutent, là, le témoignage que vous venez de
faire, c'est le témoignage d'une filière qui est résolument engagée à être
meilleure à chaque jour, puis, tu sais, si on remonte dans les coupures de
journaux il y a 30 ans, ce qui se disait par rapport à la filière porcine,
puis on regarde aujourd'hui où vous êtes en termes de bien-être animal, où vous
êtes en termes de... on parle d'antibiorésistance, où vous êtes en termes de
vos engagements au point de vue des gaz à effet de serre, tu sais, tout votre
bilan environnemental, et tout ça, qui fait en sorte que notre filière porcine
québécoise, ça se compare avec les grandes filières dans le monde... On est
dans les meilleures, tu sais, puis moi, je le sais, comme ministre, il y a
beaucoup de discussions avec votre filière, et tout ça, parce que vous arrivez
souvent avec toutes sortes de projets, puis ces projets-là, ils ont un
dénominateur commun, c'est être meilleurs à tous les jours, puis ça, bien, je
veux... je veux le saluer, je veux que ça se sache, puis le témoignage que vous
venez de faire sur les antibiotiques, l'antibiorésistance, bien, ça témoigne de
cette volonté-là de faire que vous êtes les meilleurs. Ça fait que bravo pour
ça.
Les collègues, si vous avez des questions
pour nos gens des <i>Éleveurs de porcs...
Le Président (M. Schneeberger) : ...à
la députée de Laporte. Alors, allez-y.
Mme Poulet : Oui, bonjour.
Bienvenue et merci de votre participation. Vous savez que de plus en plus de
Québécois portent une attention particulière à nos animaux d'élevage. Pour
faire un suivi avec qu'est-ce que le ministre mentionnait au niveau de votre...
que vous étiez les meilleurs, pouvez-vous nous parler de votre programme d'excellence
du porc canadien, qui regroupe PorcSALUBRITÉ, PorcBIEN-ÊTRE, PorcTRACÉ, alors
nous parler de ces programmes-là, s'il vous plaît?
M. Roy (René) : Oui. Nous
avons... En tant que producteurs, on un cahier de charges qui comprend trois
piliers qui ne sont pas seulement au niveau québécois. On l'applique au niveau
québécois, mais c'est au niveau canadien. Donc, tous les producteurs canadiens
sont sous cette égide-là de cahier de charges.
Donc, le PorcTRACÉ, c'est vraiment la
portion traçabilité de notre produit. Donc, le produit, le porc, est tracé de
sa naissance jusqu'à l'abattoir. Nous, on s'occupe de suivre l'animal... de toutes
les étapes, puis c'est enregistré, c'est numérisé. Ensuite, il y a PorcSALUBRITÉ,
qui est toute la question de la salubrité pour les humains, puis que notre
produit soit de très haute qualité, puis aussi qu'il soit... qu'il soit bon <pour
les produits...
M. Roy (René) :
...soit
de très haute qualité, puis aussi qu'il soit... qu'il soit bon >pour les
produits... l'exportation puisque nous exportons plus de 70 % de nos
produits à travers le monde, puis une des raisons pourquoi on le fait, c'est
parce que notre produit est reconnu comme d'excellente qualité, puis on a accès
à des marchés de haute... à haute valeur ajoutée. Et, finalement, le PorcBIEN-ÊTRE,
qui est lié avec le code de bonnes pratiques, donc on a un cahier de charges
sur les bonnes pratiques de bien-être animal à suivre.
Puis ces trois piliers-là font notre
programme de qualité en production porcine, et ça nous permet, en tant que
producteurs, d'avoir accès au marché. Si on est suivis par un inspecteur qui
vient inspecter sur notre ferme, un valideur, qu'on appelle, sur notre ferme
pour voir si on suit tous les cahiers de charges, si ce n'est pas suivi
correctement, le producteur doit apporter... le ou la productrice doit apporter
des mesures correctives, et, si, ultimement, mais ça arrive très peu parce que
les... on veut bien faire, c'est ça, notre objectif, on veut réussir... s'il y
avait une problématique, l'éleveur ou l'éleveuse n'aurait plus accès au marché.
Il y aurait une suspension de la mise en marché de son produit.
Mme Poulet : Il me reste
encore du temps?
Le Président (M. Schneeberger) : D'autres
questions? Ça va?
Mme Poulet : J'ai-tu encore
du temps?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
oui.
Mme Poulet : Oui. Vous parlez
de valideur, et le médecin vétérinaire en chef, il vient faire quoi par rapport
à un... versus le valideur, et qu'est-ce que ça peut apporter, le bénéfice de
ce médecin en chef là, pour votre filière? Je m'excuse mon inexpérience dans le
domaine. C'est tout nouveau pour moi. Peut-être juste m'expliquer, s'il vous
plaît.
M. Roy (René) : Sans
problème, sans problème. Dans le domaine... dans le domaine animal, un
vétérinaire en chef viendrait nous aider à pouvoir coordonner... notamment, là,
dans le projet de loi présent, viendrait nous aider à pouvoir coordonner des
actions en cas d'urgence, notamment. Si une maladie qui aurait un impact
important sur notre industrie venait à arriver, on a certains outils de mise en
marché qu'on peut mettre en place, nous, en tant qu'éleveurs, que la loi nous
permet, mais il y a d'autres outils qu'on n'a pas puis que ce projet de loi
nous permettrait de pouvoir mettre en place.
Par exemple, au niveau de... le
déplacement des animaux, avoir une suspension du déplacement des animaux, au
niveau réglementaire, ça permettrait que les animaux ne bougent pas pour
justement éviter la propagation des maladies. C'est un cas précis, un exemple
précis où un vétérinaire en chef pourrait dire : J'allume l'interrupteur,
la lumière allume, il ne faut plus que ça bouge au Québec au niveau du porc,
par exemple, pour éviter un cas suspect ou éradiquer une maladie spécifique.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va, Mme la députée de Laporte?
Mme Poulet : Oui, oui, oui, c'est
sécurisant.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
D'autres questions? Non, ça va? Alors, nous allons maintenant du côté de
l'opposition officielle avec le député de Pontiac pour 16 min 30 s.
M. Fortin :Merci. Merci, M. le Président. Bonjour. Bonjour à vous
deux. Merci d'être avec nous et de nous partager ce que... ce qui se passe dans
le monde des éleveurs de porcs, notamment au niveau de ce qui nous concerne
aujourd'hui, la protection sanitaire et tous les efforts que vous faites, qui,
de toute évidence, sont louables et qui font en sorte que la qualité du porc au
Québec, elle est sans contredit une des meilleures à travers le monde.
Vous l'avez mentionné, vous en avez fait
un élément central de votre présentation, de votre mémoire, et vous n'êtes pas
le seul groupe qui en a parlé d'ailleurs, la nécessité d'avoir une certaine
forme de compensation pour des mesures réglementaires introduites qui
viendraient affecter votre industrie, et vos producteurs, et vos éleveurs. Je
me pose la question : Si ça revient si souvent à travers les différents
mémoires qu'on a eus, est-ce que c'est parce que vous sentez qu'habituellement
cet accompagnement ou cette aide-là, lorsqu'une nouvelle réglementation,
qu'elle vienne du MAPAQ ou d'une autre instance gouvernementale... lorsqu'elle
est introduite, vous êtes un peu laissés à vous-mêmes?
• (15 h 40) •
M. Roy (René) : Merci. Merci
pour la question. C'est une... Au niveau... Je vais faire un parallèle au
niveau canadien. S'il y a une maladie à déclaration obligatoire qui est
détectée dans une ferme, la <ferme va être suivie...
M. Roy (René) :
...maladie
à déclaration obligatoire qui est détectée dans une ferme, la >ferme va être
suivie, va avoir une prise en charge par <i>l'agence d'inspection des
aliments, puis les coûts liés à cette éradication-là, toute l'intervention qui
aurait lieu est supportée financièrement et compensée, puis une des raisons
principales, c'est que ça permet d'avoir des comportements qui encouragent...
encourager les bons comportements. Si ce n'est pas présent, premièrement, ça
peut décourager les bons comportements, de un, et, de deux, ça amène énormément
d'incertitude, dans le secteur, dans la façon que la prise en charge va
arriver.
La COVID est un exemple concret, si on
fait un parallèle avec les humains, où... lorsque le gouvernement a dit : OK,
on voit la situation d'urgence, il y a une incertitude dans la population, regardez
qu'est-ce qu'on va faire pour s'assurer que vous ne tombez pas... vous ne tombez
pas à rien, vous ne tombez pas sans ressource, voici ce qu'on va faire, on va
supporter de telle, telle, telle façon. C'est le même parallèle qu'on demande
au niveau des interventions pour éviter justement des problématiques qu'on
veut... qu'en tant qu'industrie on ne veut pas voir.
M. Fortin :Oui, bien, vous faites bien de le demander parce que vous
avez raison, là, s'il n'y a pas cette aide-là, on pourrait se trouver à
encourager, bien... bien malgré la bonne volonté de tout le monde, là, des
comportements qui ne sont pas idéaux. Alors, j'apprécie ce que vous êtes en
train de dire.
M. Roy (René) : Si je peux me
permettre, je dirais : Décourager des bons comportements.
M. Fortin :Voilà. Vous avez parlé de la... Dans votre point sur la...
cette forme de compensation là qui doit être... qui doit être faite, vous avez
parlé de l'accompagnement psychologique des éleveurs. Pouvez-vous peut-être
juste en dire un peu davantage? Parce qu'il y a la composante financière sur
tout ce qui doit être fait à la ferme pour des... l'élevage, mais vous avez
fait le lien un peu entre la compensation financière puis l'accompagnement
psychologique. Pouvez-vous juste élaborer sur ce que vous cherchez et ce que
vous voulez?
M. Roy (René) : Dans un
contexte de support, on a parlé du support financier, mais il y a aussi un
support qui peut être psychologique. Lorsqu'on travaille énormément dans notre
entreprise, on y met notre cœur, on y met nos ressources financières, on y met
notre temps. On se dévoue à ça. Notre business, c'est que nos animaux soient
bien, puis, du jour au lendemain, une maladie arrive, l'incertitude arrive, c'est
extrêmement déstabilisant.
Puis on a vu des cas dans différents
domaines, notamment dans... lors du triste événement de l'encéphalopathie
spongiforme bovine, la vache folle, dans l'Ouest ou dans le Canada au complet,
où il y a eu des événements très malheureux, puis ça nous a appris... entre
autres, c'est un des exemples, ça nous a appris qu'il faut aussi supporter du
côté psychologique puisque c'est extrêmement perturbant. Notre business, c'est que
nos animaux aillent bien, pas l'euthanasie, puis c'est extrêmement difficile,
pour les éleveurs et les éleveuses, de faire face à une situation comme
celle-là. Donc, un support spécifique au niveau psychologique doit être
considéré.
M. Fortin :Bien, vous avez raison. Et d'ailleurs j'étais... j'étais content
d'entendre le point, un peu plus tôt ce matin, qui a été fait, notamment en
lien avec des plus petites productions, à quel point ça peut être pesant parce
qu'on n'a pas... on manque d'aide à la ferme, mais également,
psychologiquement, ça peut être... ça peut être encore plus... encore plus
prenant si on est habitués de travailler seul, entre autres.
Je veux vous amener sur les
articles 22.1 à 22.6. Dans votre mémoire, vous parlez essentiellement de
la réglementation fédérale, là, la réglementation sur la santé des animaux, et
de tout le travail qui doit déjà être fait pour déclarer les mouvements
d'expédition, de réception, et là ce que vous demandez au gouvernement,
c'est... au gouvernement du Québec, c'est de s'assurer que, déjà, ce
système-là, il est reconnu, puis qu'on ne revienne pas en rajouter une couche.
Alors, je me permets, M. le Président,
parce qu'on le fait depuis... depuis tantôt, d'échanger... d'échanger avec le
ministre, s'il le veut bien, peut-être... Alors qu'on a <i>Les Éleveurs
de porcs ici, là, qui... qui font ce point-là, peut-être que vous pouvez
clarifier votre intention et peut-être rassurer les gens qui sont ici en leur
disant que ce n'est pas ça que vous allez faire. Vous n'allez pas rajouter une
couche. Vous allez reconnaître le <système qui est déjà en place au
fédéral...
M. Fortin :
...une couche. Vous allez reconnaître le >système
qui est déjà en place au fédéral.
M. Lamontagne : Bien,
c'est-à-dire...
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
M. le ministre, c'est juste... Bien, je pense qu'il y a un consentement étant
donné que, bon, il y a juste une personne. Alors, consentement pour prendre la
parole, M. le ministre.
M. Lamontagne : Oui, bien,
tantôt, j'ai expliqué... au niveau de la traçabilité, là, il faut... il faut
que ça soit bien, bien, bien clair, le système qui est en place est un système
qui fonctionne bien, puis on n'a pas l'intention ou il n'est pas dans l'intention
du ministère de venir en rajouter, si on veut, mais, de façon plus large, je
l'ai spécifié ce matin d'entrée de jeu puis je le répète encore, tu sais, ce
qui est cherché par le projet de loi, c'est d'amener de l'agilité, d'amener...
de pouvoir agir plus rapidement, mais la dernière intention... il y a... non, pas
la dernière, il y a zéro intention de faire en sorte que ça, ça se traduise par
un fardeau administratif additionnel pour les producteurs. On est très, très...
On n'est pas là du tout, pas là du tout, pas là du tout.
M. Fortin :Mais je vous entends. De façon large, je pense, ici, ce
qu'on vient dire, c'est qu'on veut que le système de traçabilité fédérale soit
reconnu d'emblée.
M. Lamontagne : Oui, oui,
c'est ça, mais c'est ce que je dis, là, il n'y a pas... il n'y a pas de...
Est-ce je pourrais ajouter deux petits points, monsieur...
M. Fortin :Bien sûr, bien sûr.
M. Lamontagne : Tantôt, on
parle de soutien, OK, puis, vraiment, un soutien psychologique, tu sais, il y
a... exemple, ce qu'on a vécu, parce que M. Roy vient de la Beauce, on a vécu des
grandes difficultés dans le secteur porcin puis, à un moment donné, on a
vraiment activé... On a eu la collaboration du ministère de la Santé, du CIUSSS
Chaudières-Appalaches, le MAPAQ. On a envoyé des fonds à Au Cœur des familles
agricoles pour faire en sorte que tout ce monde-là puisse... puisse travailler
ensemble.
Alors, il y a... C'est certain qu'au
ministère on n'a pas... on n'a pas les équipes, même si on a des... Tous nos
premiers répondants au ministère ont tous suivi des formations avec l'Association
québécoise de prévention du suicide. On a plus que 250 employés qui ont
suivi des formations, mais on s'entend que les professionnels, c'est le
ministère de la Santé, c'est Au Coeur des familles agricoles. Alors, il y a
cette volonté-là, là, d'être au diapason puis de... Tu sais, on était conscients
que c'était difficile, ce qui se passait. L'autre chose aussi quand on parle
d'accompagnement... Pardon?
Le Président (M. Schneeberger) : On
a 10 secondes.
M. Fortin :Ça va, il peut être sur mon temps, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui?
Bon, alors, s'il y a un consentement...
M. Lamontagne : Juste... juste,
tu sais, quand on a eu la MDC, la maladie, voyons...
Des voix : ...
M. Lamontagne : ...débilitante
du cervidé, bien, c'est sûr que l'ACIA, dans les dépeuplements, et tout ça,
bien, ils viennent... ils ont des programmes. Bien, on est arrivés avec un
programme complémentaire, là, pour venir accompagner l'action de l'ACIA parce
qu'on a plusieurs producteurs qui étaient vraiment impactés de façon importante
d'un point de vue financier. Alors, il y a cette volonté-là, là, d'agir en
complémentarité, là, avec l'ACIA dans ces dossiers-là.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci,
M. le ministre. On retourne à l'opposition officielle.
M. Fortin :Ça va pour moi. Je vous remercie. Ah! allez-y, M. Roy, si
vous avez quelque chose à ajouter.
M. Roy (René) : Si je
pourrais ajouter deux points...
M. Fortin :Bien sûr.
M. Roy (René) : Premièrement,
on reconnaît... on reconnaît le travail de collaboration, ce que M. le ministre
a évoqué, là, dans le support psychologique... pas seulement dans le support
psychologique, là, mais, dans... il y a un énorme travail de collaboration avec
le gouvernement. On est fiers de ce qu'on... de ce qu'on accomplit, mais on
l'accomplit en collaboration avec le gouvernement, puis ça, on le reconnaît.
Lorsqu'on lit le texte de loi, on voulait porter à votre attention des points
précis en reconnaissant que la façon qu'on travaille aujourd'hui, c'est très
bien, mais que le texte ne rend pas justice à tous les aspects hors législation
qu'on travaille, de un.
L'autre point que j'aimerais... Si vous le
permettez, j'aimerais souligner... On a entendu un petit peu plus tôt... ça me
touche en tant que producteur, on a entendu plus tôt qu'il y aurait la
possibilité de fermer les «fans» pour... Je vous... juste vous assurer
là-dessus, là, puis ce n'est pas un travail seulement d'industries, là, le
gouvernement a participé, puis ce n'est pas considéré dans les méthodes
d'euthanasie, ni dans le code de bonnes pratiques, qui est au cœur du PorcBIEN-ÊTRE,
du programme PorcBIEN-ÊTRE, ni dans les intentions. On a investi pour s'assurer
d'avoir des méthodes de dépeuplement qui seraient utilisables puis reconnues au
niveau du bien-être, notamment en utilisant des installations d'abattage qui
existent déjà pour le dépeuplement, puis on a investi dans ça, le gouvernement
avec l'industrie.
Donc, je voudrais juste, premièrement,
rassurer et rétablir les faits. Je sais que certains députés au comité l'ont
fait, mais ça... en tant que producteur, il y a des poils qui ont grouillé un
peu quand j'ai entendu ça.
• (15 h 50) •
M. Fortin :Mais vous faites bien de le faire, M. Roy, parce que ça
fait partie... ce que vous venez de dire là, ça fait partie des raisons pour
lesquelles, je pense, énormément de Québécois sont... sont, entre autres, fiers
de l'industrie porcine au Québec, des façons qu'on... qu'on procède, et de toute
l'importance de la santé et du bien-être animal <qu'accordent les
producteurs à leur élevage...
M. Fortin :
...de la santé et du bien-être animal >qu'accordent
les producteurs à leur élevage. Alors, je vous félicite de le dire. J'espère
qu'au minimum la séance de cet après-midi aura permis de rassurer certaines
personnes qui étaient peut-être inquiètes, sans juste raison, par rapport à ça.
M. Bertinotti (Raphaël) : ...de
réponse par rapport à la question que vous avez posée sur le soutien
psychologique. Vous savez, pour limiter le besoin d'avoir recours à du soutien
psychologique, il faut... il faut limiter les incertitudes, puis les
incertitudes, elles sont de deux types, elles sont financières puis sur ce qui
va nous arriver. Quand on... Je ne sais pas, quand on a une maladie ou quand
nos animaux ont une maladie, bien, qu'est-ce qui va m'arriver? Donc, il faut
avoir une visibilité. Puis j'ai entendu M. le ministre ce matin dire qu'il
fallait se... tu sais, c'était de l'agilité puis pouvoir agir vite, mais il
faut aussi planifier, se préparer pour, justement, que cette visibilité-là,
elle soit possible, puis elle soit transmise, et elle soit communiquée à nos
producteurs pour qu'ils n'aient pas de doute sur ce qui risque de leur arriver
en cas de difficultés, puis je pense que c'est à ça qu'on travaille notamment à...
mais ça va être... c'est aussi important dans les autres... dans plusieurs
autres situations de crise, essayer d'anticiper les scénarios et de s'y
préparer adéquatement.
M. Fortin :Vous faites bien de le dire, parce qu'on pense souvent que
la détresse de certains producteurs, elle vient au moment de l'incident, ou de
la maladie, ou peu importe, mais le stress de tout ça pèse bien lourd bien
avant. Pour un producteur qui, peut-être, est déjà dans une santé financière
précaire, peut-être, c'est... il peut reconnaître l'impact que ça aurait sur sa
production. Donc, vous faites bien de le dire, que ce travail-là, il doit être
fait tout de suite en amont de situations comme celles-là. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci beaucoup. Alors, ce qui met fin pour cette journée... Alors, je vous
remercie pour votre contribution.
Alors, la commission ajourne ses travaux
au mardi 17 septembre, 9 h 45, où nous allons poursuivre
nos auditions particulières. Merci.
(Fin de la séance à 15 h 52)