Journal des débats de la Commission de l'aménagement du territoire
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
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Le
jeudi 5 décembre 2024
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Vol. 47 N° 85
Consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 79, Loi édictant la Loi sur les contrats des organismes municipaux et modifiant diverses dispositions principalement aux fins d’allègement du fardeau administratif des organismes municipaux
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Intervenants par tranches d'heure
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Schneeberger, Sébastien
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Laforest, Andrée
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Girard, Eric
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Prass, Elisabeth
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Grandmont, Etienne
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Schneeberger, Sébastien
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Laforest, Andrée
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Girard, Eric
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Setlakwe, Michelle
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Grandmont, Etienne
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Schneeberger, Sébastien
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Girard, Eric
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Laforest, Andrée
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Setlakwe, Michelle
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Setlakwe, Michelle
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Schneeberger, Sébastien
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Laforest, Andrée
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Laforest, Andrée
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Schneeberger, Sébastien
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Setlakwe, Michelle
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Grandmont, Etienne
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Arseneau, Joël
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Schneeberger, Sébastien
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Laforest, Andrée
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Schneeberger, Sébastien
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Laforest, Andrée
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Setlakwe, Michelle
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Grandmont, Etienne
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Arseneau, Joël
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Schneeberger, Sébastien
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Laforest, Andrée
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Setlakwe, Michelle
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Grandmont, Etienne
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Arseneau, Joël
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Schneeberger, Sébastien
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Laforest, Andrée
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Laforest, Andrée
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Schneeberger, Sébastien
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McGraw, Désirée
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Setlakwe, Michelle
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Grandmont, Etienne
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Arseneau, Joël
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Schneeberger, Sébastien
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Laforest, Andrée
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Setlakwe, Michelle
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Arseneau, Joël
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11 h 30 (version révisée)
(Douze heures trois minutes)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bon matin à tous. Il y a le quorum. Je déclare la Commission de l'aménagement
du territoire ouverte.
Je rappelle que la commission est réunie
afin de poursuivre les consultations particulières et auditions publiques sur
le projet de loi n° 79, Loi édictant la Loi sur les contrats
des organismes municipaux et modifiant diverses dispositions principalement aux
fins d'allègement du fardeau administratif des organismes municipaux.
Alors, ce matin, nous recevons deux
groupes, la Société de transport de Montréal, qui est avec nous directement en
visioconférence, et, par la suite, nous aurons l'Association des vérificateurs
généraux municipaux du Québec. Alors, je vous salue. Étant donné que le temps
est plus court, je vous avais prévenus. Alors, j'ai besoin, premièrement, avant
de commencer, du consentement pour finir à 13 heures. Consentement.
Et est-ce qu'il y a des remplacements, Mme
la secrétaire?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Ciccone (Marquette) est remplacé par Mme Prass
(D'Arcy-McGee); M. Kelley (Jacques-Cartier), par Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce); et M. Fontecilla (Laurier-Dorion), par M. Grandmont
(Taschereau).
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous entamons les poursuites. Alors, je vous laisse la parole
avec un 10 minutes, vous présenter, et, par la suite, on va enchaîner avec
la période d'échange avec les députés.
M. Lyrette (Étienne) : Merci
beaucoup, M. le Président. Mme la ministre des Affaires municipales, chers
députés membres de la commission, je me présente. Je m'appelle Étienne Lyrette.
Je suis directeur général adjoint, stratégies et relations...
12 h (version révisée)
M. Lyrette (Étienne) : ...municipales.
Chers députés, membres de la commission, je me présente, je m'appelle Étienne
Lyrette. Je suis directeur général adjoint, stratégie, relations partenaires et
communications à la Société de transport de Montréal. Je suis aujourd'hui
accompagné par le Me Mohammed Chkikar, chef de division, affaires
juridiques, projets majeurs et construction, également à la STM. Je propose de
vous faire un bref survol de notre positionnement par rapport au projet de loi.
Ensuite, moi et Me Chkikar, on pourra répondre évidemment à vos questions
et engager la discussion.
Brève présentation de la STM. Évidemment,
la Société de transport est un leader en mobilité durable. Bon an, mal an, c'est
plus de 1 million de déplacements chaque jour. Mais, facette moins connue
de la STM également, on est un joueur économique d'importance pour le Québec.
Chaque année, c'est environ 15 000 contrats de toutes sortes qui sont
émis par la société et des retombées dans 14 régions administratives au
Québec sur les 17. Donc, l'impact économique de la STM va bien au-delà des
limites administratives de la ville de Montréal ou encore de sa grande région.
La STM, c'est également un des plus grands
donneurs d'ouvrage au Québec en matière de construction. Annuellement, environ
2 milliards en contrats qui sont octroyés, puis dans les cartons, pour les
10 prochaines années, en projets de développement et de modernisation de
nos actifs, on a un portefeuille à venir d'une valeur de 25 milliards de
dollars.
La STM, c'est évidemment 150 ans d'histoire
et une expertise unique au Québec en matière de grands projets. Donc, dans un
contexte comme celui-ci, il est clair pour nous qu'on accueille très
favorablement le projet de loi 79 qui offre une modernisation d'un cadre
qui en avait bien besoin, à notre avis. La STM souligne aussi au passage les
efforts du gouvernement pour donner plus d'agilité et plus de flexibilité à
notre industrie. Le gouvernement a été très actif au niveau de son agenda
législatif au cours des derniers mois, et on s'est fait un devoir de contribuer
à cette réflexion.
Le projet de loi 79, pour nous, vient
clairement simplifier puis offrir beaucoup plus d'agilité et de flexibilité
dans le cadre actuel d'approvisionnement. Concrètement, pour nous, ce que ça
veut dire, c'est des projets moins coûteux, menés à terme plus rapidement.
Donc, c'est très gagnant, évidemment, pour les finances publiques, mais aussi
pour nos clients qu'on doit desservir chaque jour.
Il y a plusieurs leviers dans la pièce législative
qui nous intéressent aujourd'hui, là, qui vont permettre ces améliorations-là.
Au premier chef, je me dois de souligner l'accès aux contrats en partenariat
qui va permettre des modes... des projets en mode collaboratif extrêmement
utiles dans le cadre de projets présentant un niveau de complexité élevé. Et
ça, à la STM, il y en a beaucoup. Bien, c'est une... C'est une demande de
longue date de la STM qui a été clairement exprimée aussi lors des
consultations sur le PL 61, PL 62. On a été entendus. Donc, on vous
en remercie.
Il y a aussi d'autres mesures clés fort
utiles pour adresser l'accélération des processus d'approvisionnement. On peut
nommer comme exemple la capacité à demander des prix pour des services
professionnels à des... à des entreprises qui auraient été, au préalable,
préqualifiées. Je souligne également la volonté, là, de s'adapter à la réalité
des sociétés publiques, notamment une réalité comme celle de la STM qui opère
24 heures par jour, sept jours sur sept, un service qui est essentiel pour
la population, donc la possibilité d'y aller plus facilement en gré à gré dans
une situation d'urgence. C'est clé pour une entreprise comme la nôtre. On l'a vu,
on a eu plusieurs défis, plusieurs situations d'urgence. Évidemment, on peut
penser à la COVID, mais aussi à ce qui s'est passé à la station Saint-Michel,
que ça a fait un peu les manchettes récemment. Donc ça, c'est une flexibilité
qui est franchement appréciée pour la réalité d'une entreprise comme la STM.
Ce sont donc des mesures qui auront un
impact positif certain, étant donné évidemment le nombre de projets que la STM
a à déployer dans les prochaines années, leur envergure et surtout leur
complexité. Je peux peut-être vous mentionner quelques exemples concrets, là,
de projets ou d'initiatives qui pourraient en bénéficier. Évidemment, le métro
de Montréal, le réseau original a 60 ans, c'est clair qu'il faut s'en
occuper, c'est clair qu'il faut le moderniser, comme beaucoup d'infrastructures
au Québec. Ce sont, pour la plupart, des projets extrêmement complexes.
Remplacer les infrastructures du réseau d'origine, des nouveaux postes de
ventilation mécanique, remplacer la membrane d'étanchéité d'une station — ça,
c'est, grosso modo, refaire le toit de la station dans des milieux fortement
urbanisés, fortement très denses aussi — ça relève d'une complexité
considérable. Et ce genre de projet là va s'accélérer dans les années à venir.
On peut aussi penser à la rétroinstallation d'ascenseurs dans des stations qui
n'ont pas été <conçues...
M. Lyrette (Étienne) :
...les
années à venir. On peut aussi penser à la rétroinstallation d'ascenseurs dans
des stations qui n'ont pas été >conçues pour cela à l'époque, complexité
très élevée, ou encore toute l'infrastructure qui va être nécessaire de
déployer pour accueillir les nouvelles voitures de métro, là, qui remplaceront,
dans une douzaine d'années, 10, 12 ans, les voitures qu'on a achetées en
1973 et qui sont toujours en service. Donc, à l'échelle de la STM, c'est
25 milliards d'argent public en valeur de projets qui vont pouvoir
bénéficier de ces nouveaux leviers.
• (12 h 10) •
Évidemment, on a quelques propositions à
vous soumettre pour compléter et bonifier le projet de loi dans sa forme
actuelle. D'abord, il y a certains leviers existants à la loi sur les sociétés
de transport qu'on juge particulièrement utiles et qui devraient suivre dans la
nouvelle pièce législative, à notre sens. Je vais vous mentionner, à titre
d'exemple, la possibilité pour une société comme la STM de transiger
directement avec le Centre d'acquisitions gouvernementales ou le ministère de
la Cybersécurité, par exemple, là, pour des acquisitions de biens et de
services.
Dans le même esprit, il y a certains
leviers qui sont accessibles aux organismes gouvernementaux qu'on aimerait
retrouver également dans le PL 79. On a là une belle opportunité, là, de
tendre vers une meilleure uniformisation des leviers disponibles pour les
entités publiques. On peut penser, par exemple, à la capacité à rejeter des
soumissions d'entreprises qui ont manqué à leurs obligations contractuelles ou
encore la capacité de prendre en compte le coût... les coûts totaux
d'acquisition d'un bien ou d'un service.
L'essentiel... C'est pas mal l'essentiel
de ce que j'avais à vous mentionner. Ce que je peux vous dire, c'est que pour
nous, le projet de loi actuel est très porteur, utile, en phase avec les
besoins d'une entreprise comme la nôtre. Évidemment, il y a beaucoup plus de
détails dans notre mémoire que vous avez tous eu copie et il nous fera plaisir
d'en discuter avec vous. Merci beaucoup, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci beaucoup pour votre présentation. Nous débutons une période d'échange
avec la ministre. Vous avez 7 min 45 s.
Mme Laforest : Oui. Merci,
M. le Président. Bonjour, M. Lyrette et Me Chkikar. J'ai... Je ne sais pas
si c'était ici, dans la salle, mais le son n'était pas excellent, donc c'est
sûr que je vais essayer... Peut-être, je vais poser des questions, mais je ne
sais pas si vous avez déjà répondu. Parce que, dans le projet de loi, en fait,
on va permettre aux sociétés de transport en commun de détenir des immeubles en
copropriété, puis je voulais savoir : Est-ce que vous avez tout de suite
des projets en attente? Avez-vous des exemples de projets que vous pourriez
nous donner ou nous expliquer, dont la mesure du projet de loi 79
serait... serait intéressante à utiliser pour vous?
M. Chkikar (Mohammed) : Oui.
Bonjour, Mme la ministre. C'est clair que présentement, la STM n'a pas
d'intérêts dans des fractions d'immeubles détenus en copropriété divise. Mais
c'est sûr, avec les pouvoirs que les sociétés de transport viennent d'avoir
grâce au PL 61 qui a été justement adopté hier et qui permettrait du
développement immobilier, c'est une possibilité qui est là, puis on salue les
mesures qui ont été incluses dans l'article 205 du projet de loi.
Mme Laforest : D'accord.
Je voulais savoir aussi... J'aimerais ça savoir comment ça se passe avec votre
société de transport concernant l'utilisation du mode de négociation avec des
modes qui impliquent les critères de qualité et les critères de prix. Comment
ça se passe? Avez-vous remarqué qu'il y a de moins en moins d'entreprises qui
répondent aux appels d'offres publics?
M. Chkikar (Mohammed) : Bien,
c'est clair que... Puis, je pense, c'est un constat pas mal, je dirais,
généralisé, il y a une surchauffe de marchés. Et, c'est sûr... C'est pour ça,
on salue l'ouverture du gouvernement à d'autres modes d'octroi du contrat. M. Lyrette
a parlé de mode collaboratif tout à l'heure, mais il y a aussi la possibilité
présentement de qualifier, pour des services professionnels, des entreprises,
et par la suite aller directement sur le prix. On salue aussi l'extension de la
possibilité d'octroyer des contrats à commande aux services et à construction
pour lorsqu'on a des besoins qui sont approximatifs, qu'on... qu'on n'est pas capables
de déterminer avec précision. Donc, ça vient un peu varier le coffre à outils
qu'on a. Comme ça, on va utiliser des modes d'octroi qui sont adaptés aux
besoins, mais aussi adaptés à la réalité des marchés, au lieu d'avoir juste ce
qu'on a présentement, c'est deux trois, modes, donc, qui ne sont pas toujours
bien applicables dépendamment des besoins et de la <complexité...
M. Chkikar (Mohammed) :
...applicables
dépendamment des besoins et de la >complexité aussi de certains projets.
Mme Laforest : D'accord.
Il y a aussi un élément qui est nouveau, là, dans le projet de loi. J'aimerais
savoir... Parce que, oui, il va... Vous allez pouvoir conclure des contrats de
partenariat avec... La même chose qu'on a instaurée avec le projet de loi 62.
Et j'aimerais savoir, au niveau des négociations, encore une fois, comment vous
pouvez ou comment vous pensez utiliser ces leviers-là, comme les leviers qu'on
a donnés dans le PL 62 pour votre société de transport? Puis, en fait,
concrètement, comment votre société de transport va bénéficier de ces
leviers-là qu'on accorderait maintenant?
M. Lyrette (Étienne) : C'est
clair qu'avec un portefeuille de 25 milliards sur les 10 prochaines
années, il y a beaucoup de projets qui pourront bénéficier de l'ensemble des
mesures. Évidemment, l'accès aux contrats en partenariat, c'est clé, c'est
franchement utile, c'est démontré dans le cas de projets plus complexes, et la
phase de modernisation du métro de Montréal qui est lancée regorge de projets
de cette nature-là.
C'est aussi une formule qui est utilisée
ailleurs au Canada. Nos collègues à Toronto qui vivent des enjeux relativement
similaires en matière de modernisation des actifs à peu près du même âge ont
accès à ce type... ce type de fonctionnement, et c'est fait... C'est réalisé
actuellement, il y a des projets en cours actuellement qui sont faits dans le
cadre de projets d'agrandissement, de modernisation d'infrastructures
existantes. Donc, on sait que c'est une recette qui fonctionne, on sait que ça
aura des impacts.
Maintenant, pour les projets qui
présentent un niveau de complexité peut-être un peu moindre, évidemment,
l'ensemble du portefeuille, du coffre à outils, là, qui s'élargit aura un
impact franchement bénéfique. J'ai donné quelques exemples de projets, là, je
vous en ai donné des très gros, là, mais il y a plein de projets de moindre
envergure, la réfection d'escaliers mécaniques, la sonorisation dans le métro,
un paquet d'éléments qui ont un impact direct sur la pérennité de l'infrastructure
et sur l'expérience de nos clients. Donc, je vous dirais, dans le portefeuille
qu'on a, la majorité des projets pourront bénéficier d'une façon ou d'une autre
des nouveaux leviers.
Mme Laforest : D'accord.
Mon collègue député de Lac-Saint-Jean a aussi des questions. Alors, moi, pour
moi, c'est... C'est complet. Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Merci beaucoup, Mme la ministre. Alors, député de Lac-Saint-Jean.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
Oui. Bonjour à vous deux. Vous avez vu dans le projet de loi qu'on va... On
va ajouter les contrats à commande en service et en construction. Mais, avant,
je voudrais savoir... un peu, que vous m'expliquez comment ça s'est déroulé
pour votre organisation parce que... au niveau des contrats à commande en
approvisionnement.
M. Chkikar (Mohammed) : Oui.
Bien, ça se passe... Ça se passe très bien parce que ça rajoute une
flexibilité, parce que sinon ça s'adresse plus à des cas où on a des besoins
récurrents qu'on n'est pas capables de déterminer, et sans cette
possibilité-là, ce qui arrive, c'est qu'à chaque fois on est... on est obligés
d'aller à la pièce au lieu d'aller faire jouer la concurrence au sein du
marché, avec une approximation, bien sûr, et, dans ce cas-là, on achète au fur
et à mesure.
Et ce qui est aussi bénéfique, c'est la
possibilité d'avoir plus qu'un adjudicataire, comme ça, on n'est jamais mal
pris. On a fait jouer la concurrence, mais, si le premier, il ne peut pas, pour
toutes sortes de raisons, le plus bas, on peut passer au deuxième, on peut
passer au troisième. Et là, on se réjouit que c'est étalé présentement, dans le
projet de loi, aussi aux services et aux travaux de construction, parce que
parfois on a de menus travaux, on doit intervenir au niveau de nos
infrastructures et, à chaque fois, on va les donner... C'est en bas du seuil,
on va aller de gré à gré. Donc là, c'est possible de regrouper le tout dans un
appel d'offres, d'aller chercher deux, trois adjudicataires. Donc, ça donne
plus d'agilité. C'est un... C'est un outil de plus qu'on... qui va être à la disposition
des sociétés de transport.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
OK. Est-ce que vous pensez que votre organisation serait... serait des
bénéficiaires, en fait, des contrats à commande, là, au niveau... on parle de
construction, ce que le projet de loi vient rajouter?
M. Chkikar (Mohammed) : Bien,
comme je viens de vous le mentionner, définitivement, oui.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
Bon. C'est tout... C'est tout pour moi.
Le Président (M. Schneeberger) : C'est
bon? Parfait. Alors, nous allons maintenant du côté de l'opposition officielle
avec la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci, M. le
Président. Merci de votre participation aujourd'hui. Merci de votre mémoire.
On a vu les enjeux de maintien d'actifs à
la STM avec la fermeture de la station Saint-Michel, et moi, je voudrais savoir,
est-ce que vous pensez que le projet de loi qui est devant nous, projet de loi 79,
vous offrirait des moyens de faire face à des défis comme celle-ci?
M. Lyrette (Étienne) : Bien,
c'est... c'est un défi... Merci pour votre question. C'est vraiment... Tu sais,
la modernisation du réseau de métro, c'est un... c'est un défi de fond, là, qui
va au-delà, même, de la STM, là. Les infrastructures qui ont été construites
dans les années 60 ont besoin de <modernisation...
M. Lyrette (Étienne) :
...qui
va au-delà, même, de la STM, là. Les infrastructures qui ont été construites
dans les années 60 ont besoin de >modernisation. C'est clair qu'en
élargissant le coffre à outils dont on dispose pour s'approvisionner, donner
des contrats, faire des contrats en mode collaboratif, c'est certain que ça va
avoir une incidence sur notre capacité, notre rapidité puis notre agilité à
faire des travaux de cette... de cette nature‑là, c'est officiel. On peut
penser aussi à d'autres leviers, là. Je parlais de réagir en cas d'urgence, à
se donner un peu plus de latitude, de fluidité, bien, c'est clair que dans des
cas comme Saint-Michel, on n'en veut pas d'autres. Est-ce que c'est possible
que ça arrive? Bien, je vais... Je vais être transparent avec vous, là, il est
possible que ça arrive encore, même si on travaille fort à rattraper le retard
qui a été cumulé dans les dernières décennies. Donc, cette latitude-là aussi
nous permettrait d'agir de façon plus proactive dans l'intérêt public. Ça fait
que, oui, il y a des modes collaboratifs, il y a des économies, mais il y a
aussi cette agilité, cette flexibilité-là qui va avoir un impact sur nos
projets de modernisation, tout comme nos projets de développement, dans les
deux cas, oui.
• (12 h 20) •
Mme Prass : Merci. Là,
je veux venir à votre deuxième recommandation, qui est de modifier
l'article 20 de la LCOM pour que l'obligation de réaliser une estimation
pour tout contrat comporte une dépense de plus de 100 000 $ doit être
complétée avant l'ouverture des soumissions. Pourquoi est-ce que c'est
important pour vous que ce soit avant plutôt que de ce qui est proposé dans le
projet de loi?
M. Chkikar (Mohammed) : Merci
pour votre question, Mme la députée. Effectivement, parce que, présentement,
dans la loi sur les transports en commun, l'estimation doit se faire au plus
tard avant l'ouverture des soumissions, alors que, le projet de loi,
l'article 20, ce qu'il prévoit, c'est de le faire avant le lancement
d'appels d'offres. Ce qu'il faut comprendre... Puis c'est... Notre demande,
c'est... c'est de maintenir le statut actuel. C'est que parfois, on va faire
une estimation avant le lancement d'appels d'offres, mais pendant la période
d'appel d'offres, il va arriver des ajustements, des demandes parfois des
marchés, certaines conditions qui peuvent changer, qui viendraient impacter
l'estimation du prix du contrat. Donc là, on va avoir une estimation qui est
faite avant le lancement, mais qui ne tient pas compte des addendas, des
ajustements qui vont avoir lieu pendant la période d'appel d'offres, donc
l'estimation ne refléterait pas nécessairement l'objet précis du contrat qui
intégrerait les addendas qui ont été publiés.
Mme Prass : D'accord.
Et, dans votre mémoire, vous demandez de maintenir une capacité de gré à gré
pour certains contrats. Est-ce que le projet de loi vous permet... ne permet
pas déjà une capacité accrue à octroyer des contrats gré à gré pour certaines
exceptions?
M. Chkikar (Mohammed) : C'est
sûr qu'on se réjouit de certains ajouts. L'article 33, il permet... Il y
a... il y a une adaptation qui a été faite par rapport à la LCOP, mais les
sociétés de transport, puis, je pense, les autres organismes municipaux, avaient
d'autres exceptions. Je donne juste un exemple, la possibilité de donner des
services nécessaires dans le cadre d'un litige. Vous comprendrez qu'aller en
appel d'offres pour exposer toute la stratégie pour défendre les intérêts d'un
organisme public, ce n'est pas adapté, la possibilité d'avoir des contrats de
gré à gré avec des organismes qui sont assujettis à la Loi sur l'accès à
l'information. Bref, il y avait déjà des exceptions qui étaient prévues, et
notre demande, c'est de le réintégrer dans le texte du projet de loi. On a
entendu, lors des échanges avec les groupes précédents, qu'il y aurait une
volonté du ministère de les intégrer dans un règlement. Nous, notre souhait,
c'est de les intégrer directement dans la loi, mais si la volonté est d'aller
avec un règlement, bien sûr, la STM est disposée à contribuer puis à commenter,
le cas échéant.
Mme Prass : Il me reste
combien de temps?
Le Président (M. Schneeberger) : 1 min 14 s.
Mme Prass : Parfait. Là,
en référence à votre recommandation n°7, pouvez-vous nous en dire plus sur la
prise en compte des coûts totaux d'acquisition?
M. Chkikar (Mohammed) : Bien,
en fait, ce qu'on veut, c'est une clarification qu'on tend à en tenir compte.
Parce que, parfois, je donne des exemples, un exemple où on va intégrer un
nouveau logiciel, un nouvel équipement, mais que ça vient avec de la formation,
avec de l'entretien, avec des coûts d'installation, donc si on va uniquement
avec le prix dans des circonstances comme ça, c'est sûr que ça va coûter
beaucoup plus cher à l'entreprise, si elle doit faire de l'adaptation, de la
formation, etc. Donc, en quelque sorte, c'est un faux «plus bas conforme»,
parce que le prix, il n'intègre pas les autres coûts qui sont... qui vont être
assumés par la société. C'est pour ça, on veut comme une indication, une
clarification de l'article 40 pour indiquer <clairement...
M. Chkikar (Mohammed) :
...on
veut comme une indication, une clarification de l'article 40 pour indiquer
>clairement que les sociétés peuvent tenir compte du coût total pour
l'attribution d'un contrat de services ou de biens.
Mme Prass : Et dernière
question avec le temps... Bien — excusez-moi — avec le
temps qu'il reste. Vous demandez, là, vous parlez de cohérence et votre
première recommandation, c'est de maintenir la capacité des sociétés de
transport...
Le Président (M. Schneeberger) :
...
Mme Prass : Ah! désolée.
Le Président (M. Schneeberger) :
...c'est parce que vous n'avez plus de temps. Excusez-moi.
Mme Prass : ...
Le Président (M. Schneeberger) :
Nous allons maintenant du côté de la deuxième opposition. Et j'entends le
député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui.
Merci, M. le Président. Bonjour, messieurs. Merci beaucoup pour votre mémoire
et votre... votre présentation. Bon, évidemment, là, dans les sociétés de
transport, particulièrement la STM, les volumes puis les projets sont
importants, peuvent être importants, peuvent être complexes. Notamment, là,
vous êtes beaucoup, évidemment, dans le maintien des actifs, vous êtes dans
l'approvisionnement de matériel roulant. Ce n'est quand même pas rien non plus
comme type d'approvisionnement. Vous êtes dans la construction de garages et
autres bâtiments d'utilité. Est-ce que, selon vous, le PL 79, tel qu'il est
écrit, vous aide sur chacun de ces types d'approvisionnement sur lesquels vous
avez à opérer à chaque année?
M. Lyrette (Étienne) : En
fait, la réponse est très simple, c'est... C'est oui. Je veux dire, l'impact
concret du PL 79, c'est d'élargir notre coffre à outils, grosso modo, le
moderniser et l'adapter à une nouvelle réalité. Je pense que c'est... Quand je
parlais de modernisation du cadre, c'est-à-dire ce qui fonctionne déjà, ça va,
on peut suivre, on peut l'adapter. Mais cette ouverture‑là prend en
considération l'évolution des besoins, l'évolution du marché, et en toute
transparence, avec le virage modernisation de métro qu'on doit... qu'on doit
prendre dans les prochaines années, des projets d'envergure en milieux
fortement urbanisés, extrêmement complexes, vont évidemment bénéficier au
premier chef, ça, c'est certain. Bien, à 15 000 contrats par année,
c'est officiel, là, qu'on va pouvoir bénéficier de l'élargissement du coffre à
outils.
M. Grandmont : Merci.
Oui, 15 000, c'est quand même un chiffre assez impressionnant, c'est
parlant. Après ça, bien, il y a toute la question du financement. Ce n'est
peut-être pas le bon projet de loi pour en parler, mais on y reviendra. On va
continuer à travailler à l'Assemblée nationale là‑dessus. Par rapport à votre
recommandation 7, là, pouvez-vous peut-être... Puis je fais du pouce un
peu sur ce que ma collègue avait commencé avec vous, là. Qu'est-ce que ça...
Qu'est-ce que ça implique, en fait, là, comme... En fait, expliquez un peu le
sens de votre recommandation 7, ça serait plus simple de le formuler comme
ça.
Le Président (M. Schneeberger) :
Rapidement, s'il vous plaît.
M. Chkikar (Mohammed) : Oui,
le coût... C'est le coût total d'acquisition. Bien, en fait, c'est ça, comme...
comme déjà expliqué, ça permet vraiment d'intégrer des coûts d'impact qui ne
sont pas... qui sont réellement assumés par les sociétés... ils font certaines
acquisitions qui vont nécessiter des adaptations soit au niveau de l'entretien,
de la formation, de l'installation. Donc, ça permet de payer, en quelque sorte,
le prix juste. Si on se limite juste au prix coûtant, prix unitaire, façon de
parler, c'est sûr qu'on n'utilise pas de façon efficace, selon nous, les fonds
publics, à cet égard.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci. Merci beaucoup. Alors, je vous remercie pour votre apport à la
commission.
Nous suspendons quelques instants afin
d'accueillir le prochain groupe.
(Suspension de la séance à 12 h 28)
(Reprise à 12 h 29)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux. Nous recevons le deuxième groupe de ce matin qui
est l'Association des vérificateurs généraux municipaux du Québec. Alors,
bonjour à vous deux. Dans un premier temps, vous vous présentez à tour de rôle
et enchaînez avec votre présentation.
Mme Lessard (France) : Parfait.
Merci, M. le Président. Mme la ministre des Affaires municipales, Mmes, MM., membres
de cette commission, mon nom est France Lessard, je suis vérificatrice générale
de la ville de Laval et présidente de l'Association des vérificateurs généraux
municipaux du Québec. Je suis accompagnée aujourd'hui de M. Daniel
Rancourt, vérificateur général de la ville de Québec et secrétaire-trésorier de
l'association.
• (12 h 30) •
Notre association réunit les vérificateurs
généraux des 11 municipalités du Québec de 100 000 habitants et
plus. L'association a notamment pour but de mettre en commun les expertises
particulières des vérificateurs généraux et de relayer les préoccupations de
ceux-ci auprès du ministre des Affaires municipales et de l'Habitation ainsi
que du législateur. C'est avec intérêt que les vérificateurs généraux
municipaux du Québec participent aux auditions publiques du projet de loi 79.
À titre de présidente de l'association, je vous remercie de cette invitation.
Quant au rôle du vérificateur général
municipal, permettez-moi de rappeler que la fonction du vérificateur général
revêt une importance cruciale au sein des grandes municipalités du Québec.
Celui-ci doit informer objectivement le conseil municipal et les contribuables
de la rigueur de la gestion des activités de la municipalité. Le maintien de
son indépendance et de son autonomie financière sont essentiels afin de lui
permettre d'exercer pleinement son rôle. C'est dans ce contexte que l'AVGMQ
fait état de ses observations au regard au projet de loi 79 et qu'elle
propose divers changements législatifs relatifs à la fonction du vérificateur
général.
Dans un premier temps, l'AVGMQ expose les
observations suivantes relativement à l'article 55 du projet de loi 79.
Relativement à la modification proposée au paragraphe 1°, soit le
remplacement du seuil visé dans le premier alinéa de l'article 107.9, de
100 000 par 250 000, l'AVGMQ salue cette modification proposée pour
les raisons invoquées dans notre mémoire, dont voici les grandes lignes. Que le
seuil a été fixé en 2001, obligeant ainsi les organismes recevant des subventions
de plus de 100 000 $ à transmettre au vérificateur général des états
financiers audités. Ce montant n'a pas été indexé depuis. Que les frais d'audit
ont augmenté pour les organismes visés depuis l'entrée en vigueur de ces
dispositions. Que le nombre d'organismes a doublé ou triplé dans certaines
municipalités. Des exemples concrets sont indiqués dans notre mémoire.
Cependant, l'AVGMQ est d'avis que ce montant ne devrait pas être rehaussé
au-dessus de 250 000 $, considérant que cette hausse réduit le bassin
des organismes visés d'environ 60 % pour les trois plus grandes
municipalités.
L'AVGMQ profite également de l'opportunité
afin de proposer un second amendement à l'article 107.9, soit de
transférer la responsabilité à la personne morale au lieu de son vérificateur
l'obligation de transmettre au vérificateur général les documents requis par le
deuxième alinéa. En vertu des règles d'indépendance auxquelles sont assujettis
les comptables professionnels agréés, les CPA, les documents préparés par le
vérificateur de la personne morale appartiennent à cette dernière et sont
sujets au secret professionnel selon l'article 39 du code de déontologie
des CPA. Il doit donc octroyer son consentement si ce dernier doit transmettre
à une tierce personne les documents visés. Ce qui nous amène à proposer la
troisième... la modification au troisième alinéa.
Dans un deuxième temps, l'AVGMQ profite de
l'opportunité afin de proposer certains amendements à la Loi sur les cités et
villes. Dans le cadre du projet de loi 39, sanctionné le 8 décembre 2023,
l'article 107.2 a été modifié, permettant ainsi au conseil municipal de
prolonger de trois ans le mandat du vérificateur général sans que ce dernier
excède 10 ans. La discrétion laissée au conseil municipal de prolonger le
mandat du vérificateur général, bien que reposant sur des motifs légitimes,
entrave la norme d'indépendance à laquelle sont soumis les CPA. Ce dernier doit
se conformer au code de déontologie. Nous sommes donc d'avis qu'il est
essentiel que son indépendance ne soit pas entachée d'aucune menace ou
d'apparence de menace, qu'elle soit fondée ou non. Par conséquent, l'AVGMQ
recommande cette modification afin de préserver l'indépendance de la fonction
du vérificateur général. L'AVGMQ propose donc de remplacer l'article 107.2
afin qu'il soit nommé pour un mandat unique de 10 ans. Cette modification
est importante...
12 h 30 (version révisée)
Mme Lessard (France) : ...de
remplacer l'article 107.2 afin qu'il soit nommé pour un mandat unique de 10
ans. Cette modification est importante pour l'AVGMQ afin d'accorder dès
maintenant toute la latitude requise à la fonction du vérificateur général puisque
deux municipalités se sont déjà prévalues de cette option de prolongation.
L'AVGMQ propose également des
modifications à l'article 107.7, soit de remplacer le montant de 500 000 $
au paragraphe 1° du deuxième alinéa de l'article 107.5 de la LCV par un
montant de 650 000 $ pour les raisons suivantes. Le seuil a été fixé
en 2018 dans le cadre du PL n° 155 afin d'établir un
seuil minimal de 500 000 $, proposition qui avait été accueillie
favorablement par l'AVGMQ. Depuis cette date, ce seuil n'a pas été revu ou
indexé. Dans l'objectif de conserver son pouvoir d'achat, et considérant l'inflation
des dernières années, et plus particulièrement des honoraires professionnels,
nous recommandons de rehausser ce seuil à 650 000 $.
Finalement, l'AVGMQ propose l'ajout d'un
nouvel article. Dans le cadre de l'adoption du projet de loi n° 155, les
articles 107.14 et 107.15 ont été abrogés. En abrogeant ces deux
dispositions, un flou législatif a été créé concernant la transmission du
rapport du vérificateur général lorsque celui-ci décide d'exécuter des travaux
pour la vérification des états financiers de leur municipalité et des personnes
morales concernées en vertu de 107.7.
Rappelons que certains vérificateurs
choisissent de procéder à cette vérification notamment en raison de l'apport du
vérificateur général lors de ces vérifications, considérant son expertise
pointue et sa connaissance avancée de la municipalité ainsi que des économies
lorsque celui-ci réalise une partie des travaux, ce qui peut représenter environ
50 % des frais dans certaines municipalités. Nous proposons donc d'ajouter
un article précisant à qui le vérificateur général doit transmettre son rapport
dans le cas où il effectue la vérification des états financiers de la
municipalité ou d'une personne morale.
Les vérificateurs généraux ont à cœur de
poursuivre leur mission et ont confiance que les modifications législatives
auront pour effet de protéger davantage leur autonomie, leur indépendance et
leur pérennité. Voilà les éléments sur lesquels nous voulions insister aujourd'hui.
Je vous remercie de votre attention, et nous sommes disponibles à répondre à
vos questions.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci beaucoup pour votre présentation. Nous allons procéder à une période d'échange
en débutant avec Mme la ministre. Vous avez un neuf minutes pile.
Mme Laforest : C'est le
député de Lac-Saint-Jean.
Le Président (M. Schneeberger) : Ah!
excusez-moi, je pensais que c'était vous. Alors, député de Lac-Saint-Jean, excusez-moi.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Bien,
bonjour à vous deux. Je voudrais que vous me... vous me décriviez un peu plus
concrètement les effets, dans vos organisations, là, de passer de 100 000 $
à 250 000 $. J'aimerais ça le savoir, vraiment, là, concrètement, c'est
quoi, l'effet dans vos pratiques. Qu'est-ce que ça va apporter?
Mme Lessard (France) : Dans
la pratique, bien, c'est que ça va réduire beaucoup le bassin. Présentement,
là... Bien, je vais prendre mon exemple. Moi, je vais parler pour Laval. Présentement...
Daniel, tu pourras renchérir pour Québec. J'ai déjà été aussi à Montréal, je
pourrais vous parler de Montréal, mais, essentiellement, c'est que ça a
augmenté beaucoup dans les années... Il y a beaucoup de programmes qui se sont
mis en place, surtout depuis la COVID. Donc, entre autres, à Laval, dans le
passé, vers les années 2015, on était à peu près à 20 organismes qui
dépassaient le 100 000 $. Aujourd'hui, on parle plutôt de 65 organismes.
Ce qu'il faut comprendre aussi, c'est que,
quand on exige un état financier audité, bien, il y a des frais, quand même,
qui sont considérables pour ces organismes-là. Donc, comme le seuil n'a pas
suivi l'augmentation des frais d'audit, bien, ça vient créer un impact sur...
En fait, on vient réduire un peu la subvention, là, qu'on donne aux organismes,
et donc ça fait en sorte que, de plus en plus, on a de la difficulté à recevoir
les états financiers audités. Les gens nous envoient peut-être un autre type d'état
financier, et ça fait en sorte que ces organismes-là ne sont pas conformes à la
loi puisqu'elle exige d'avoir des états financiers audités pour 100 000 $
et plus.
Donc, grosso modo, il y a deux... il y a
deux éléments, là, que je pourrais dire, c'est que, de un, le nombre a
augmenté, les frais d'audit pour ces organismes-là ont augmenté, et, je vous
dirais, c'est sensiblement ça, l'impact, là, qu'on revoit, là, dans nos
travaux. Daniel, tu peux peut-être bonifier, là, pour Québec?
M. Rancourt (Daniel) : Bien,
peut-être, pour vous donner un exemple, pour la ville de Québec, on est passés
de... en 2015, de 62 organismes à près de 120 organismes en 2023. Donc, ça a
augmenté de 100 %.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Puis
donc c'est un... bien, en tout cas, je considère que c'est un juste équilibre.
Vous trouvez que c'est quand même un juste équilibre?
M. Rancourt (Daniel) : Oui, tout
à fait...
Mme Lessard (France) : C'est-à-dire
<d'augmenter le seuil...
Mme Lessard (France)T :
...c'est-à-dire >d'augmenter le seuil?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Oui,
c'est ça, mais...
M. Rancourt (Daniel) : ...d'augmenter
à 250 000 $, oui, c'est un juste équilibre pour nous.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : OK,
puis, dans le cas qu'on se retrouve en bas du seuil, en bas de
250 000 $, là, j'aimerais ça un peu que... vous entendre, tu sais, au
niveau de, peut-être, vos observations ou vos recommandations, parce qu'on dit
que ça reviendrait aux municipalités concernées d'exiger ou non un examen des
états financiers des organismes, tu sais, quand on est en bas du seuil. Ça
serait quoi, vos observations ou vos recommandations face à ça?
Mme Lessard (France) : Là,
est-ce que vous faites référence à notre mémoire? Parce que nous, on ne parlait
pas d'examen dans notre mémoire. On parlait vraiment d'état financier audité si
le seuil est supérieur à 250 000 $.
• (12 h 40) •
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Non,
mais c'est parce qu'en fait c'est ça, c'est de vous laisser, aux villes, de le
gérer et non de l'imposer, c'est ça que je veux... que je veux vous entendre...
c'est ce qu'on veut dire.
Mme Lessard (France) : Bien,
en fait, les villes ont, dans leur entente avec les organismes, différents
mécanismes de reddition de comptes. Tout dépendant des programmes, parfois, ils
vont demander des pièces justificatives pour justifier la dépense ou
l'admissibilité à la dépense. Ils vont demander des programmes... des
redditions de comptes annuelles. Donc, il y a différents modes que la municipalité
peut utiliser pour faire, en fait, un suivi des sommes qu'elle a octroyées. Le
législateur, à l'époque, en 2021... 2001, pardon, avait donné cette
opportunité-là au vérificateur de recevoir les états financiers pour les
organismes de 100 000 $ et plus, mais, ceci dit, ça n'empêche pas...
malgré ces articles-là, ça n'empêche pas les exigences que la ville peut
demander aux organismes auxquels elle octroie des subventions.
Ça fait que, pour moi, c'est comme deux
choses différentes. La ville, elle maintient son suivi, mais, par contre, à
250 000 $, on ajoute quelque chose, un élément particulier, où on dit :
Là, tu as reçu quand même un montant plus important, tu dois transmettre au
vérificateur général tes états financiers audités. Donc, c'est la différence. À
ce moment-là, elle pourrait, si elle choisit cette option-là, de demander
effectivement un état financier avec une mission d'examen qui est peut-être
moins en profondeur qu'un audit financier, mais, somme toute, ça pourrait être
quand même une pratique qui serait jugée adéquate, mais, cependant, pour moi,
ce volet-là devrait être au sein de la municipalité et non pas dans la série
des articles 107, par exemple.
Et, ceci dit, je pourrais peut-être juste
ajouter le pourquoi qu'on est en accord avec... Bien, on le mentionne dans
notre mémoire, là. Si on manque de temps, on peut peut-être passer outre, mais
on a quand même l'opportunité, en vertu de 107.10, dans le cas où on a des
doutes sur l'utilisation d'une subvention, de demander à l'organisme qui a reçu
de nous ouvrir ses livres et d'aller voir, dans le fond, qu'est-ce qu'ils ont
fait avec la subvention de la municipalité. Donc, c'est pour ça qu'on est à
l'aise avec le 250 000 $ puisque, celui-ci, je pense qu'il va quand
même pallier à des lacunes, là, présentement, le fait que les frais d'audit
sont quand même importants, et que ça vient retrancher une partie de la
subvention dans le cas où un organisme a reçu 100 000 $, par exemple.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Bien,
parfait. C'est clair pour nous. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va comme ça? Parfait. Alors, pas d'autre question du côté ministériel? Alors,
nous allons maintenant du côté de l'opposition officielle, et j'entends la
députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Merci, M. le
Président. Merci à vous deux pour votre présentation, pour votre mémoire. On
comprend que votre mémoire traite de... ou vous donnez des commentaires sur les
modifications qui sont intégrées dans le projet de loi n° 79. Vous en
proposez... vous proposez d'autres modifications. J'imagine que ce que vous
voulez dire, c'est : Profitons de cet omnibus municipal pour venir faire
d'autres modifications qui ont été suggérées dans le passé. C'est ce qu'on
comprend.
Et donc vous visez, entre autres,
l'article 107.2, qui traite de la durée du mandat du vérificateur général.
Vous en avez parlé brièvement, puis c'est important, là, c'est une question de
préserver l'indépendance. Vous référez, dans votre mémoire, à une lettre de
l'Ordre des comptables professionnels agréés du Québec, qui avait été adressée
à la ministre plus tôt cette année, à laquelle vous adhérez entièrement.
Pouvez-vous juste nous... élaborer un peu plus sur ce... sur l'importance,
selon vous, de venir modifier le texte de loi pour que ce... que... puis, moi,
ce que je comprends, c'est que vous souhaitez que le terme de 10 ans ne puisse
pas être prolongé.
Mme Lessard (France) : En fait,
ce qu'on dit, c'est que, présentement, les termes sont sept ans. La plupart des
vérificateurs généraux ont été renouvelés en 2024. Donc, dans le fond, au 23...
au 8 décembre, pardon, 2023 a été ajoutée la possibilité que le mandat
soit sept ans, mais que la municipalité pourrait extensionner de trois ans.
Donc, si je prends pour mon cas, par exemple, ou un cas d'un vérificateur
général qui aurait été nommé cette année, ça veut dire qu'en <2031 la
municipalité va avoir l'option de...
Mme Lessard (France) :
...d'un
vérificateur général qui aurait été nommé cette année, ça veut dire qu'en >2031
la municipalité va avoir l'option de dire : Je te prolonge de trois ans
pour ne pas... en fait, pour se rendre à 10 ans. Ce serait le maximum qui
serait permis, 10 ans.
Nous, ce qu'on dit, c'est qu'on ne devrait
pas... il ne devrait pas y avoir cette possibilité-là. Ça devrait être 10 ans
d'emblée. On est tout à fait à l'aise avec le 10 ans, mais par contre il ne
devrait pas y avoir la possibilité de prolonger ou que le conseil municipal ait
cette option-là pour ne pas laisser aucune menace d'apparence... C'est sûr
qu'on a des règles d'indépendance à suivre. Je ne suis pas en train de dire que
les vérificateurs généraux manqueraient d'indépendance, mais, des fois, la
menace d'indépendance, qu'elle soit fondée ou non, est parfois plus forte
qu'une menace comme telle. Donc, on veut éviter toute cette situation-là, qu'il
y ait un doute qui s'installe, qu'au moment où le vérificateur général aurait
été prolongé, par exemple, bien, qu'il n'aurait pas été indépendant par rapport
à ça.
Donc, je ne sais pas si je vous explique
bien. Daniel, tu peux peut-être renchérir si tu le souhaites, là.
M. Rancourt (Daniel) : Bien,
dans le fond, je pense que c'est assez clair, qu'est-ce que tu as dit, puis je
pense que c'est... Comme vous le savez, l'apparence est aussi importante, je
dirais, que la réalité, hein? On le sait, même en politique, je pense que, pour
vous, c'est très clair. Ça fait que, dans le fond, c'est ce qu'on veut éviter,
c'est qu'on veut éviter d'avoir l'air, en apparence, en conflit, ce qui
remettrait... On pourrait remettre en doute l'indépendance du vérificateur
général, alors que ce n'est pas... On comprend que l'objectif qui était prévu
avec ce prolongement-là, c'était de... c'était d'essayer d'éviter d'avoir des
problématiques pour combler les postes de vérificateurs généraux. Donc, c'est
ça, le... c'est ça, l'objectif. Nous autres, on dit : Bien, quant à ça,
nommons tout le monde pour 10 ans.
Mme Setlakwe : Merci. Puis
vous faites un parallèle avec le mandat de... mais c'est une dame actuellement,
de... du Vérificateur général du Québec, qui est la Vérificatrice générale en
l'occurrence. Son mandat n'est pas renouvelable, son mandat de 10 ans.
Mme Lessard (France) : Exactement.
Dans le fond, c'est des termes uniques de 10 ans comme c'était le cas pour
nous, à l'époque, mais de sept ans. Puis aussi ce qui est important pour
l'AVGMQ, c'est que, vraiment, il y a deux municipalités qui se sont prévalues,
présentement, de ces prolongations-là. Donc, on ne veut pas non plus... En
fait, on voudrait que l'indépendance du vérificateur soit vraiment protégée,
là, qu'il n'y ait pas aucune perception qu'on est en manque d'indépendance.
Mme Setlakwe : Merci.
Votre... oui, puis vous jouez un rôle important, là, dans les grandes... les
grandes villes du Québec. Vous proposez aussi d'autres modifications, encore
une fois, en lien avec votre autonomie, votre indépendance, votre pérennité.
Est-ce que vous souhaitez élaborer sur ce qui est mentionné dans votre mémoire?
Mme Lessard (France) : Oui,
tout à fait. En fait, les plus petits bureaux législatifs... en fait, en 2018,
il y a un montant qui avait octroyé, un seuil minimal de 500 000 $,
pour s'assurer que ces bureaux-là aient toute l'autonomie et de pouvoir exercer
leur rôle. Évidemment, ce montant-là, depuis 2018, n'a pas été indexé, et on
sait très bien que les salaires sont en hausse, mais surtout ces bureaux-là ont
peu de ressources, donc vont devoir aller se procurer des ressources auprès de
différentes firmes ou consultants à titre d'honoraires professionnels. Et on
sait que les honoraires professionnels ont considérablement augmenté dans les
dernières années, donc ce qui fait qu'on est un petit peu disproportionnés avec
2018 parce qu'évidemment ces bureaux-là qui sont plus petits ont perdu quand
même un pouvoir d'achat important. Donc, ça fait en sorte que, bon, ils sont
quand même un peu plus limités, là, dans leur rôle, le fait qu'ils sont limités
à 500 000 $. Donc, on parlait d'indexer ce montant-là à
650 000 $, qui aurait été sensiblement l'indexation, là, qui aurait
suivi au fil des années si on avait eu une méthode d'indexation, là, du
montant.
Mme Setlakwe : Merci. Je
pense qu'il me reste un petit peu de temps. Je poserais une question d'ordre
général. Étant donné votre rôle auprès des grandes villes, vous avez vu, au fil
des ans, à quel point les villes ont des responsabilités grandissantes, vous
avez été témoin de ça, comment... Est-ce que vous croyez que le projet de loi
n° 79 règle une bonne partie des défis? Qu'est-ce que vous constatez, là, qui
sont les défis les plus importants auxquels font face les villes dans le cadre
de votre travail? Et est-ce qu'on pourrait aller plus loin avec le projet de
loi n° 79?
Mme Lessard (France) : Bien,
je pense que le projet de loi est louable. C'est vrai que... Puis j'ai écouté,
là, les séances précédentes. Je pense qu'il y a eu beaucoup de projets de loi
qui ont amené des responsabilités auprès des municipalités. Je pense que ce qui
est important, c'est qu'ils aient les outils et quelque chose de très clair
aussi pour la mise en application parce qu'il n'y a rien de pire qu'un flou, et,
à ce moment-là, bien, ça crée des situations d'ambiguïté. Moi, je vous dirais
que ce qui est important, c'est de garder un bon équilibre entre les allègements
et aussi le maintien des contrôles, là, pour s'éviter des situations comme on
l'a vécu dans le passé. Donc, c'est d'avoir un bon équilibre, d'avoir les bons
outils, clairs, définis, qui permettent aux municipalités, là, de bien
appliquer les nouvelles règles.
Mme Setlakwe : Merci. Est-ce
que vous croyez que la loi pourrait être plus précise? Parce qu'on <sait
qu'il y a...
Mme Setlakwe :
...merci.
Est-ce que vous croyez que la loi pourrait être plus précise? Parce qu'on >sait
qu'il y a des... il y a des éléments qui vont être traités dans des règlements.
Est-ce que vous pensez qu'il y a une trop large part de modalités à venir dans
des règlements et puis que ça pourrait venir complexifier le travail des villes?
Mme Lessard (France) : Bien,
ce que je pourrais vous dire, là, parce que, là c'est quand même abstrait. On
parle des règlements à venir, puis effectivement, là, c'était mentionné dans
certaines présentations, on ne sait pas qu'est-ce que va comporter le règlement.
Je vous dirais que le danger, quand on a une loi puis un règlement à part,
c'est être capables de faire des liens puis d'être sûrs, là, de ne pas rien
échapper. Donc, c'est sûr que, oui, l'idéal, c'est d'avoir tout au même
endroit, mais je pense que, si les règlements sont bien définis, que les liens
sont bien attachés, à mon avis, je vois moins de risques.
Daniel, je ne sais pas si tu veux bonifier
sur quelque chose ou une situation quelconque?
• (12 h 50) •
Le Président (M. Schneeberger) : On
n'a plus vraiment le temps, malheureusement.
Mme Lessard (France) : Ah!
parfait, OK.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
parfait.
Mme Lessard (France) : Je
vous remercie.
Le Président (M. Schneeberger) : Nous
allons maintenant du côté de la deuxième opposition avec le député de
Taschereau pour un 2 min 30 s.
M. Grandmont : Merci, M. le
Président. Mme Lessard, M. Rancourt, merci pour votre mémoire. Merci
pour votre travail aussi que vous faites dans l'ombre, mais qui est fort utile.
Merci pour votre exposé et vos recommandations aussi.
J'aimerais... En fait, j'ai
essentiellement une question, là. Ça touche la limite fixée, que vous
recommandez de faire passer de 100 000 $ à 250 000 $, pour des
organismes qui ont des contrats avec les pouvoirs municipaux. J'aimerais savoir
quels types d'organismes sont généralement visés. Vous les... vous ne les
nommez pas. Vous dites que... Vous donnez des statistiques sur ces
organismes-là, mais quels types d'organismes ça touche principalement?
Mme Lessard (France) : Beaucoup...
en fait, beaucoup proviennent de programmes du fonds des régions et des
ruralités. Donc, dans ces programmes-là, il y a beaucoup de contributions qui
sont octroyées, beaucoup d'organismes sociocommunautaires, culturels. Donc,
essentiellement, ce sont beaucoup de ces organismes qui sont visés, mais on
voit de plus en plus, quand même, des organismes qui s'attachent à des
programmes, comme soit, bon, des incubateurs ou des choses au niveau des
entreprises. Là, il y a des programmes qui sont vraiment définis, là, par le fonds
des régions et des ruralités. Donc, on en voit de plus en plus, là, ces
exemples-là.
M. Grandmont : Donc, on
comprend qu'il y a une variété assez grande de type d'organismes qui sont
touchés par ça, mais, en même temps, qui ont des budgets qui peuvent être très
variables aussi, d'autres avec des plus grands budgets, d'autres avec des plus petits
budgets.
Mme Lessard (Francine) : Tout
à fait.
M. Grandmont : Entre des
états financiers vérifiés puis des audits, parce que c'est un peu ça, l'enjeu,
là, c'est quoi, la différence de montants à dépenser pour un organisme?
Mme Lessard (France) : En
fait, un audit puis un vérifié, c'est la même chose. «Vérification», c'est
l'ancienne terminologie,«audit», c'est la nouvelle terminologie. Probablement
que vous voulez faire allusion entre une mission d'audit et une mission
d'examen, j'imagine.
M. Grandmont : Exact. Merci
de me corriger, oui, c'est ça.
Mme Lessard (France) : OK, parfait.
Donc, dans une mission d'audit, l'auditeur va aller beaucoup plus en
profondeur, va regarder l'ensemble des contrôles internes, des processus, va faire
des tests de détail beaucoup plus approfondis, dont les normes vont beaucoup
plus loin. Évidemment, les frais sont beaucoup plus importants. Dans le cas
d'une mission d'examen, ce que l'auditeur va faire, on va avoir quand même une
connaissance générale de l'entité, mais on n'ira pas aussi en détail dans
certains processus.
M. Grandmont : ...impact ça a
sur le prix à débourser par l'organisme?
Mme Lessard (France) : Ah!
bien, le prix, ça dépend beaucoup, là, des organismes, mais je vous dirais que
c'est quand même... c'est quand même important, là, entre les deux types
d'audits, là, mais ça dépend de la grosseur de l'entreprise, ça dépend d'un
paquet de facteurs. Là, je ne pourrais pas vous donner d'ordres de grandeur
parce que c'est vraiment tout dépendant, là, des... de la grosseur de
l'organisation, là.
M. Grandmont : Je vous
remercie.
Mme Lessard (France) : Merci
à vous.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, merci beaucoup. Merci pour l'apport à la commission.
Alors, compte tenu de l'heure, nous
suspendons jusqu'à 14 heures.
(Suspension de la séance à 12 h 53)
14 h (version révisée)
(Reprise à 14 h 06)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bon après-midi à tous. La Commission de l'aménagement du territoire reprend ses
travaux. Je souligne que nous poursuivons les consultations particulières et
auditions publiques sur le projet de loi n° 79, Loi édictant
la Loi sur les contrats des organismes municipaux et modifiant diverses
dispositions principalement aux fins d'allègement du fardeau administratif des
organismes municipaux.
Alors, cet après-midi, nous recevons cinq
groupes. Alors, nous commençons par la Corporation des officiers municipaux
agréés du Québec. Alors, bonjour à vous quatre. Vous avez un 10 minutes
pour faire votre présentation et aussi vous présenter en même temps. Alors, je
vous laisse la parole.
M. Quirion (Patrick) : Merci,
M. le Président. Mme la ministre, membres de la commission, je me présente,
Patrick Quirion, directeur général adjoint à la ville de Sainte-Julie et
président de la COMAQ. Je suis accompagné aujourd'hui de Me Pier-Olivier
Fradette, conseiller juridique, de Mme Mélanie Normandin, directrice à la
Direction de l'approvisionnement de la ville de Longueuil, et de Mme Julie
Faucher, directrice générale de la COMAQ.
La Corporation des officiers municipaux
agréés du Québec représente près de 800 membres gestionnaires municipaux
occupant des fonctions reliées à l'administration générale des municipalités,
dont le secteur de la gestion contractuelle. La COMAQ est privilégiée de
pouvoir participer aux consultations particulières sur le projet loi n° 79, et nous remercions la Commission de l'aménagement du
territoire de nous permettre d'exprimer notre point de vue.
Le rapatriement des dispositions de la
gestion contractuelle des organismes municipaux dans la Loi sur les contrats
des organismes municipaux ainsi que l'introduction de nouvelles procédures d'attribution
de contrats est un élément central de l'administration et de la gestion des
municipalités pour les décennies à venir. Nous appuyons le contenu du projet de
loi n° 79 et y voyons plusieurs avancées majeures pour accorder aux
organismes municipaux des moyens adéquats pour atteindre des objectifs
contractuels variés dans leurs natures, leurs complexités et leurs envergures
monétaires.
Quant aux allègements administratifs, il s'agit
certainement d'un pas dans la bonne direction à la suite de la signature de la déclaration
de réciprocité concernant le nouveau partenariat entre le gouvernement du
Québec et les gouvernements de proximité.
Ayant pu bénéficier des commentaires
avisés de plusieurs spécialistes de la gestion contractuelle, nous soumettons
respectueusement des observations qui porteront sur la substance des
dispositions et les impacts de celles-ci sur la pratique quotidienne de la
gestion contractuelle dans les organismes municipaux. Nous avons priorisé nos
observations en fonction de leur importance. Et, par souci d'économie de temps,
nous nous en tiendrons aujourd'hui à nos huit principales recommandations, la
version intégrale de notre mémoire vous ayant déjà été partagée précédemment.
Dans la partie du projet loi, que nous
appellerons la LCOM, voici donc nos principaux commentaires.
D'abord, l'article 11 ne prévoit pas
de définition pour les contrats relatifs aux technologies de l'information. Ces
contrats sont pourtant de plus en plus fréquents et onéreux dans le monde
municipal. Ils sont à la frontière entre les contrats de service et d'approvisionnement,
ce qui pose des problèmes quant aux règles qui leur sont applicables, notamment
celle d'intégrité dans les marchés publics.
Nous proposons donc, comme première
recommandation, d'ajouter une définition, pour les contrats dans le domaine des
technologies de l'information, qui tient compte de la réalité moderne de ce
domaine, c'est-à-dire les services infonuagiques, les services d'entretien de
plateformes numériques, les mises à jour de logiciels et les renouvellements
des droits <d'utilisation...
M. Quirion (Patrick) :
...
plateformes numériques, les mises à jour de logiciels et les renouvellements
des droits >d'utilisation.
À l'article 18, concernant
l'évaluation des besoins et objets du contrat, tel que rédigé,
l'article 18 inclut les contrats de gré à gré, ceux attribués à la suite
d'une invitation écrite et ceux ayant suivi une procédure ouverte. Ainsi, la
disposition ne fait pas de distinction dans le niveau d'effort à investir dans
l'évaluation... dans l'évaluation préalable des besoins selon le montant de
dépense qui sera engagé par l'organisme municipal.
Nous suggérons donc de modifier
l'article 18 pour que l'alinéa un ne s'applique qu'aux contrats dont le
montant de la dépense excède le seuil monétaire décrété par le ministre
requérant une procédure ouverte. Le gouvernement pourrait permettre que, pour
les contrats dont la dépense est inférieure à ce seuil, les mesures
d'évaluation préalables des besoins doivent être déterminées par l'organisme
municipal dans son règlement de gestion contractuelle.
• (14 h 10) •
La COMAQ constate une réduction importante
du nombre d'exceptions prévues à l'article 5... à l'article 33 de la
LCOM, comparativement à l'actuel article 573.3 de la LCV, au bénéfice de
nouvelles exceptions déjà prévues à la LCOP. Le retrait de ces exceptions
occasionne une perte de latitude qui bénéficie actuellement aux villes. Par
ailleurs, le dernier alinéa de l'article 33 de la LCOM apporte une
limitation majeure aux pouvoirs contractuels délégués légalement par un conseil
municipal en faveur du comité exécutif ou de certains fonctionnaires
municipaux.
Notre troisième recommandation est à
l'effet que les exceptions aux obligations des articles 29 et 30 de la
LCOM... Nous recommandons l'ajout, à l'article 33, des exceptions déjà
prévues à l'article 573.3 de la LCV et la bonification des exceptions
prévues à 573.3, alinéa un, paragraphe 6° relativement aux progiciels et
logiciels, pour y inclure la migration des licences perpétuelles vers le mode
de souscription, autrement dit à l'abonnement, et à leur renouvellement. Quant
au dernier alinéa de l'article 33, considérant que cette information est
publique sur SEAO, nous suggérons de retirer cette obligation.
Le libellé de l'article 41
complexifie la rédaction des spécifications techniques pour deux raisons :
d'abord, parce qu'il cumule les critères de rédaction de spécifications
techniques en obligeant leur description en termes de performances et
d'exigences fonctionnelles, plutôt que selon l'un ou l'autre de ces critères, et
ensuite parce qu'il interdit la description d'une spécification technique, en
termes de conception, ce qui pourrait empêcher l'utilisation de plans et devis déjà
préparés par des professionnels.
Notre quatrième recommandation est à
l'effet de maintenir l'exigence telle qu'on la retrouve dans la LCV,
c'est-à-dire de décrire ces spécifications en termes de performances ou
d'exigences fonctionnelles, plutôt qu'en termes de caractéristiques
descriptives. Nous proposons en outre de retirer l'interdiction de rédiger une
spécification technique en termes de conception.
La COMAQ remarque que le libellé des
articles 50, 52, 53 et 65 utilise le terme «le contrat est attribué»...
semble plutôt attribuer le contrat plutôt que d'indiquer la règle à respecter
par le conseil lors de l'attribution ou le rejet des soumissions. Nous
proposons de modifier le libellé de ces articles pour qu'il se lise plutôt d'une
manière telle qu'il soit attributif de discrétion quant à l'attribution des
contrats, soit que le contrat ne peut être qu'attribué qu'aux soumissionnaires
en fonction des différents critères.
L'effet combiné des articles 62 et 63
de la LCOM est de rendre publics les rapports qui seront ainsi déposés au
conseil en vertu de l'article 63. Ainsi, en exigeant que le secrétaire du
comité de sélection rédige un rapport aussi détaillé que le prévoit
l'article 62, notamment quant au nombre de points qui ont été attribués
pour chacun des critères d'évaluation et en prévoyant que ce rapport soit
déposé au conseil avant que ne soit attribué le contrat, la COMAQ voit là...
voit là une atteinte aux dispositions de la Loi sur l'accès aux documents des
organismes publics et sur la protection des renseignements personnels. Nous
suggérons plutôt de modifier l'article 63 afin qu'il ne soit pas exigé que
le rapport mentionné au troisième alinéa de l'article 62 soit déposé au
conseil.
La disposition de l'article 66
retarde, à la suite de l'ouverture des soumissions, la divulgation, pour les
soumissionnaires, du facteur variant entre 0 et 50 points. Ce faisant, les
soumissionnaires n'apprennent alors qu'après avoir établi leurs prix et élaboré
leurs stratégies d'affaires quelle est l'intention de l'organisme municipal
dans la pondération de la qualité et du prix dans la note finale. Cela limite
considérablement l'impact de ce facteur sur l'atteinte de l'objectif... par
l'organisme municipal, soit de prioriser la qualité ou le prix.
Nous recommandons de retirer la dernière
phrase du premier alinéa de l'article 66 afin que les fournisseurs soient
en mesure de mesurer d'abord l'objectif de la ville.
Enfin, les dispositions de
l'article 94... est substantiellement modifié par rapport à son
équivalent, soit l'actuel article 573.3.0.4 de la LCV. En effet, la LCV
prévoit... <qu'uniquement...
M. Quirion (Patrick) :
...
équivalent, soit l'actuel article 573.3.0.4 de la LCV. En effet, la LCV
prévoit... >qu'uniquement le contrat accordé à la suite d'une demande de
soumissions qui ne peut être modifié que si cette modification est accessoire
et ne modifie pas la notion du contrat original. En retirant l'expression
«accordé à la suite d'une demande de soumissions», l'article 94 de la LCOM
assujettit tous les contrats accordés par l'organisme municipal, peu importe
leur valeur et leur mode d'attribution, à cette condition préalable de
modification contractuelle.
Nous recommandons donc de réintroduire
l'expression «accordé à la suite d'une demande de soumissions» dans la
rédaction de l'article 94.
Je vous invite enfin à consulter les pages
de nos commentaires importants et de nos commentaires à considérer, qui, nous
le croyons, pourraient bonifier encore la version finale de la Loi sur les
contrats des organismes municipaux. Ces commentaires sauront également vous
inspirer dans les analyses futures de cette loi.
Quant au chapitre II sur les mesures
d'allègement, sachant que la priorité à court terme est la Loi sur les contrats
des organismes municipaux, nous... nous convenons qu'il s'agit là d'un début de
discussion avec le milieu municipal. Nous souhaitons que le gouvernement rende
permanent ce chantier sur la charge administrative des municipalités et nous
vous assurons de notre collaboration dans cet important dossier.
Alors, je remercie grandement les membres
de la commission de votre accueil.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci beaucoup. Nous procédons à une période d'échange. Alors, je pense, c'est
le député de Lac-Saint-Jean qui pose la première question. Oui.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Oui.
Bien, merci. Merci de participer, justement, au chantier de travail, là,
concernant l'allègement, là, au niveau municipal mais aussi en matière de... en
matière de gouvernance versus tout le pacte de réciprocité. Puis ma question va
être très simple : Est-ce que... Est-ce qu'il y a vraiment une avancée
majeure, là, au niveau, là, justement, de l'allègement réglementaire pour les
municipalités dans ce projet de loi là?
M. Quirion (Patrick) : En
fait d'allègements réglementaires, il y a plusieurs éléments intéressants qui,
additionnés, font... font quelque chose de majeur, effectivement. Mais il y a
encore, je pense, aussi beaucoup de travail à continuer dans le dossier. Puis
je pense qu'il y a déjà un autre projet de loi qui s'en vient.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Oui.
Puis, dans le projet de loi, aussi, on propose... Bien, vous vous rappelez,
dans le projet de loi n° 62, on avait aussi permis aux organismes publics
de faire affaire, aussi, des contrats qu'on parlait, publics, tout ça. Puis je
veux savoir un peu, là, le lien avec les deux. Tu sais, est-ce que c'est... ça
va être utile? Parce qu'on en parle encore dans ça. Puis avez-vous une idée des
projets, là, justement, là, qui pourraient être faits, là, en partenariat, là,
public-municipal?
Mme Normandin (Mélanie) : Oui.
Bien, dans le fond, l'intérêt des contrats de partenariat, c'est vraiment le
partage de risques avec l'entrepreneur. Donc, la plupart de nos contrats, que
ce soient des contrats dans des bâtiments existants, par exemple, où on ne
connaît pas nécessairement toutes les conditions, si vous voulez, à l'intérieur
des murs, bien là, à ce moment-là, je pense que, tu sais, c'est... ce type de
contrat là pourrait être intéressant. On a des investissements majeurs au
niveau des usines d'eau potable, au niveau des... du traitement des eaux usées,
tous les bâtiments aussi au niveau culturel puis au niveau des... sportif,
c'est des projets qui pourraient être faits par... avec ce nouveau type de processus
là.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : C'est
intéressant quand vous parlez des projets sportifs aussi. On sait que ça coûte
assez cher, là, maintenant, là. On parle entre autres de toute la... des
centres sportifs, multisportifs aussi, des arénas, donc c'est quelque chose
d'intéressant, puis, justement, en lien avec la construction. Parce qu'on
mentionne aussi que, lors des consultations, l'industrie de la construction
avait exprimé le souhait que le milieu municipal améliore, en tout cas de
manière générale, les délais de paiement. Ça, c'est... c'est quelque chose qui
est... qui était ressorti, là, au niveau des consultations, dans le mémoire.
Puis, tu sais, peut-être nous expliquer un peu, de façon opérationnelle,
justement, tu sais, comment on pourrait aller plus rapidement dans les délais
de paiement des fournisseurs. Ce seraient quoi, les pistes, exemple, pour
accélérer ces délais de paiement là?
Mme Normandin (Mélanie) : Bien,
dans le fond, ce n'est pas nécessairement au niveau de... ni de la LCOM ni de
la Loi sur les cités et villes qu'on retrouve les mesures qui font que les
délais de paiement sont longs. C'est vraiment dans les pratiques du domaine de
la construction. Donc, c'est avec les devis normalisés, exemple, au niveau du
BNQ qu'on vient déterminer c'est quoi, les règles.
C'est certain qu'une des problématiques,
là, qui est rencontrée, c'est qu'exemple, si on a des certificats de paiement,
donc, on a des contrats de plusieurs millions, on a un certificat de paiement
de 500 000 $, puis il y a un litige sur une partie du certificat de
paiement ou il manque une quittance pour un des sous-traitants, bien,
l'ensemble du certificat de paiement est mis en attente de paiement jusqu'à
tant qu'on ait l'entièreté des documents. Alors que sur un paiement, exemple,
de 500 000 $, c'est possible qu'il y ait des litiges seulement sur
25 000 $. Donc, ça, ça pourrait peut-être être une piste ou une
avenue où est-ce qu'on pourrait libérer une partie des paiements à ce niveau-là.
Mais je pense que c'est plus au niveau de
l'industrie de la construction, au niveau des devis normalisés, au niveau...
Parce que souvent on travaille avec le BNQ ou avec le CCDG du ministère des...
du ministère des... pas des Transports, mais du MTQ, donc, à ce moment-là, tu
sais, c'est comme... c'est la <pratique générale...
Mme Normandin (Mélanie) :
...
Transports, mais du MTQ, donc, à ce moment-là, tu sais, c'est comme... c'est la
>pratique générale et non la Loi sur les cités et villes qui provoque
ces délais au niveau des retards de paiement.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Bien,
merci beaucoup.
Mme Laforest : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre. Allez-y.
Mme Laforest : Vous... On
propose d'ajouter la définition des contrats dans le domaine de la technologie
de l'information, vous avez vu? J'aimerais vous entendre à ce sujet-là, parce
que c'était quand même demandé en général, là. Comment vous voyez ça, vous?
Mme Normandin (Mélanie) : Bien,
c'est certain qu'on a, comme, beaucoup de difficulté à l'appliquer, là, c'est,
comme, la seule définition qu'on avait dans la Loi sur les cités et villes, on
utilisait, dans le fond, la notion de logiciel et progiciel. Donc, à l'époque,
quand la mesure avait été introduite, on parlait plus, là, tu sais, d'une
application, là, qu'on installait sur les serveurs, puis ensuite on payait pour
une licence perpétuelle pour ce type de logiciel là puis on avait des contrats
de service.
Maintenant, on parle beaucoup
d'abonnement, on parle de... d'infonuagique, donc c'est des... On doit payer,
annuellement, pour un service, et là c'est, comme... la loi n'est pas claire, à
savoir est-ce que c'est de l'approvisionnement. Quand on parlait de logiciel, à
l'époque, puis de licence, c'étaient systématiquement des contrats de biens,
puis quand on parlait au niveau des contrats de service, bien là, à ce
moment-là, tu sais, c'était clair est-ce que c'est un contrat de service ou un
contrat de biens. Solution infonuagique, c'est un... on est comme dans le
néant, on ne sait pas si c'est des contrats de biens ou des contrats de
service.
• (14 h 20) •
Puis l'impact que ça a, c'est qu'on ne
sait pas si... — voyons! — l'attestation de l'Autorité des
marchés publics est requise ou non. Donc, c'est là que ça vient, comme, créer
une ambiguïté puis qui fait qu'on a de la difficulté au niveau de cette
interprétation-là. Puis souvent c'est, comme... on peut avoir des contrats où
est-ce que mon soumissionnaire va être, exemple, un intégrateur, ou ça pourrait
être considéré comme un contrat de service, puis lui, il va, comme, nous
revendre des licences d'une entreprise, mais son sous-contrat serait un contrat
de biens. Donc, si on était capables de pouvoir le définir clairement, c'est
certain qu'au niveau de l'applicabilité, pour l'Autorité des marchés publics,
ça nous faciliterait grandement la tâche.
Mme Laforest : C'est bon.
Merci. L'évaluation sérieuse des besoins. Parce que c'était quand même demandé,
puis on sait que, pour aller en appel d'offres, ça prend quand même une bonne
évaluation des besoins, ce qui est plus ou moins pratiqué généralement,
aujourd'hui, partout. Donc, c'est sûr que, nous, ce qu'on disait : C'est
important d'avoir une étude sérieuse des besoins. Mais vous avez des
commentaires à ce sujet-là. Pourquoi à ce moment-ci?
Mme Normandin (Mélanie) : Bien,
la problématique avec l'évaluation des besoins, c'est qu'on ne précise pas,
dans le fond, le type de contrat et on l'applique à l'ensemble des contrats.
Donc, elle est plus là, la problématique, c'est... c'est autant pour un achat
de 5 $ que pour un appel d'offres de 25 millions. Donc, nous, ce
qu'on recommande, c'est que l'évaluation sérieuse des besoins soit requise pour
les appels d'offres, là, qui requièrent une procédure ouverte. Mais c'est
certain qu'on s'entend qu'en bas de ce montant-là il y a quand même une
évaluation qui est faite, mais selon l'importance, là, des besoins, là.
Mme Laforest : OK. C'est bon.
Je comprends très bien. Maintenant, on propose de retirer l'interdiction de
rédiger une spécification technique, en termes de conception.
Mme Normandin (Mélanie) : Bien,
dans le fond, j'ai regardé qu'est-ce qui était écrit, parce qu'on a repris le
libellé qui est au niveau de l'AECG, donc, dans l'accord avec l'Union
européenne, pour ce qui est du devis de performance. Par contre, au niveau de
l'AECG, de la façon que c'est libellé, c'est qu'à l'intérieur du devis
technique, lorsqu'on parle de matériel ou de services, on doit en faire la
description en termes de performance ou de description fonctionnelle et on ne
doit pas, à ce moment-là, faire une description de conception. Mais, quand on
parle de description de conception, c'est vraiment pour les biens matériels
qu'on retrouve à l'intérieur de l'appel d'offres. Mais, si on n'y va pas avec
cette précision-là, bien là, ça nous empêche d'avoir, comme, un appel d'offres
de construction basé sur de la conception, chose qui... qu'on fait
continuellement, là, lorsqu'on fait des appels d'offres de construction en mode
traditionnel.
Mme Laforest : Je comprends.
Vous êtes assez... C'est très clair, c'est bien expliqué. La divulgation du
facteur variant entre 0 et 50, vous êtes... vous recommandez de retirer cette
phrase-là dans un des premiers alinéas de l'article 66. Le facteur 0
et 50, pourquoi le retirer à ce moment-ci?
Mme Normandin (Mélanie) : Le
facteur 0 et 50 nous permet de déterminer, dans le fond, l'importance
qu'on veut donner à la qualité versus le prix. Donc, si... Normalement, on
donne la formule qui va être applicable aux soumissionnaires pour que,
lorsqu'ils vont préparer leurs soumissions, les soumissionnaires soient en
mesure de savoir est-ce qu'on recherche plus de la qualité ou est-ce qu'on
recherche un prix plus bas. Donc, ça peut avoir un impact sur les choix,
exemple, des ingénieurs qu'ils vont nous proposer. Ça fait que, si on met plus
de... plus d'importance au niveau de la qualité, ils vont nous proposer des
gens avec plus d'expérience, <tandis que, si c'est...
Mme Normandin (Mélanie) :
...
de la qualité, ils vont nous proposer des gens avec plus d'expérience, >tandis
que, si c'est un prix qu'on recherche, parce qu'exemple on fait juste refaire
un resurfaçage de rue puis on n'a pas besoin d'avoir beaucoup d'expérience, bien
là, à ce moment-là, ils vont mettre des gens qui ont moins d'expérience puis
ils vont nous soumettre des prix qui vont être plus intéressants. Mais pour
pouvoir déterminer ce niveau-là, ils doivent connaître le facteur en question.
M. Quirion (Patrick) : C'est
ça, notre proposition est vraiment à l'effet de divulguer le facteur aux
différents soumissionnaires lorsqu'ils feront le travail, et non pas après
coup, là.
Mme Laforest : OK. Dans
l'article 4, vous dites d'ajouter l'expression «avec les adaptations
nécessaires» après la phrase «qui remplit l'une des conditions suivantes».
Pourquoi ajouter «les adaptations nécessaires»?
Mme Normandin (Mélanie) : Bien,
dans le fond, c'est au niveau de la définition des organismes municipaux, là.
Donc, c'était pour reprendre le libellé qui était présentement au niveau des
lois sur les cités et villes. Si je peux vous donner un exemple, peut-être, le
conseil municipal, bien, c'est sûr qu'un organisme municipal qui serait un OBNL
ou... donc, n'aura pas de conseil. Ça fait que c'est pour ça que, normalement,
pour pouvoir l'assujettir avec l'ensemble des exigences, normalement, ce serait,
comme, «avec les adaptations nécessaires», comme on a présentement, là.
Mme Laforest : Merci. Il
y avait l'autre question... Mon collègue a posé la question, mais en même
temps, j'aimerais peut-être qu'on aille plus loin. Parce que, dans tous les
mémoires qu'on a reçus, l'industrie de la construction dit vraiment qu'on
souhaite que le milieu municipal améliore les délais de paiement. Mais vous,
vous dites, à ce moment-ci, ça va plus au domaine... à l'industrie de la
construction, mais eux disent que ce serait plus pour les municipalités, dans
l'octroi des contrats. Donc, pourquoi vous, vous dites c'est beaucoup plus la
responsabilité de l'industrie de la construction d'être plus précise? Ou j'ai
mal entendu peut-être.
Mme Normandin (Mélanie) : Dans
le fond, ce n'est pas directement l'industrie de la construction, mais il y a
des devis qui sont normalisés. Donc, dans le fond, c'est, comme, les règles de
base qui sont utilisées dans la plupart des contrats. On a, comme, le BNQ pour
tout ce qui est génie civil puis on a, comme, le CCDC pour tout ce qui est
bâtiment. C'est à l'intérieur de ces... de ces clauses-là qui sont
standardisées qu'on vient établir les règles au niveau du paiement. Donc, les
gens réutilisent cette fonction-là, puis, dans le fond, tant et aussi longtemps
que tous les documents n'ont pas été fournis par l'entrepreneur, les gens
peuvent faire des dénonciations de contrat. Donc, si quelqu'un dénonce son
contrat, bien, à ce moment-là, je n'ai pas le droit de payer l'entrepreneur,
tant et aussi longtemps que le sous-traitant ne me confirme pas par écrit qu'il
a reçu le paiement de ces honoraires-là. Donc, l'entrepreneur a l'obligation de
financer tous les sous-traitants et, tant et aussi longtemps qu'il n'a pas reçu
tous les documents, bien, lui, il ne peut pas être payé de son côté. Ça fait
que c'est certain que ça prend, excusez l'expression anglaise, là, un cash-flow
important au niveau des entrepreneurs pour être capable, là, de pouvoir assumer
ce type de contrat là.
M. Quirion (Patrick) : ...dont,
effectivement, les quittances des sous-traitants, mais également les preuves de
règles... comme quoi ils sont en règle avec la CNESST et avec Revenu Québec.
Donc, il y a un paquet d'éléments à fournir que les entrepreneurs doivent faire
pour pouvoir être payés. Et ça, c'est basé sur toutes les... évidemment, les
protections juridiques qu'on se met en place pour, un, protéger la municipalité
qui ne veut pas être obligée de payer, par exemple, la CNESST à la place de
l'entrepreneur ou payer le sous-traitant à la place de l'entrepreneur. Donc,
c'est un peu toutes ces protections-là qui donnent... qui font un cadre, qui
viennent étirer le temps, là.
Mme Laforest : Merci.
Juste une question en terminant. Parce qu'en fait, la Corporation des officiers
municipaux agréés du Québec, est-ce qu'on avait déjà eu une demande, dans les
années précédentes — là, je vais en dehors du projet de loi — pour
un changement de nom? Est-ce que ça avait... Non? OK. OK. Parce qu'il me semble
qu'on avait dit, les officiers municipaux, qu'on pourrait...
Mme Faucher (Julie) : Je
suis là depuis 24 ans.
Mme Laforest : OK.
Mme Faucher (Julie) : Bien,
si vous nous dites qu'on peut garder notre projet de loi privé, celui dont on
bénéficie depuis 57 ans... Mais on est nés à la suite de l'adoption d'un
projet de loi privé de l'Assemblée nationale, et l'appellation, dans ce
temps-là, c'était «officiers municipaux agréés».
Mme Laforest : C'est ça,
mais, moi, on m'avait dit que ça se peut qu'il y ait une demande pour un
changement de nom. Mais bien... c'est bien, vous me le précisez, c'est clair,
là. Bien, moi, je n'aurais pas d'autre question, M. le Président. Merci. Merci
à vous quatre, M. Quirion, Mme Normandin, Mme Faucher et
Me Fradette. Merci beaucoup.
Le Président
(M. Schneeberger) : Merci. Nous allons maintenant du côté de
l'opposition officielle avec la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Merci, M.
le Président. Merci à vous quatre pour votre présentation et pour votre
mémoire. Vous avez des recommandations très précises puis, dans le cadre de vos
échanges avec mon collègue le député de <Lac-Saint-Jean et la...
Mme Setlakwe :
...
précises puis, dans le cadre de vos échanges avec mon collègue le député de
>Lac-Saint-Jean et la ministre, vous êtes allés en détail, puis on
pourra y revenir. Mais je pense qu'on a couvert quand même plusieurs de vos
recommandations. Moi, j'aurais des questions plus d'ordre général, pour que
vous puissiez illustrer, là, vos propos par des exemples, tu sais, pour les...
le bénéfice de la commission et des gens qui nous écoutent.
Puis moi, j'ai oeuvré dans le domaine
municipal aussi, comme conseillère, je sais qu'au fil des ans la réalité a
changé, il y a beaucoup de responsabilités sur la charge des municipalités, il
y a... les dossiers se complexifient. Il faut qu'on ait des processus, aussi,
d'attribution de contrats qui se modernisent, qui se simplifient. Quels sont...
Donc, ma question générale, c'est : Quels sont les plus grands irritants
qui sont... auxquels vous êtes confrontés?, puis, tu sais, pour démontrer que
c'est au bénéfice de la population, aussi, de venir alléger ces processus. Sans
parler techniquement, là, des recommandations, quels sont les irritants qui
sont rencontrés puis en quoi, donc, ce qu'on propose dans le projet de loi va
venir bénéficier la population?
• (14 h 30) •
Mme Normandin (Mélanie) : Bien,
c'est certain que... je vous dirais, là, moi, ça fait une quinzaine d'années à
peu près que je suis dans le monde municipal, il y a eu énormément de
changements qui ont eu lieu. Dans les irritants, c'est sûr qu'on peut retrouver
toutes les obligations qui sont applicables sur des contrats inférieurs au
seuil d'appels d'offres publics. C'est difficile à mettre en application. Parce
que, je vais vous donner un exemple, là, tu sais, à la ville de Longueuil, on
est 3 000 employés. C'est sûr que tout ce qui passe, tout ce qui est
à partir de 25 000 $, puis c'est comme ça dans plusieurs
municipalités, va passer par le service de l'approvisionnement. Ça fait que,
pour nous, tu sais, c'est normal puis c'est facile de faire des validations. Mais,
par contre, là, c'est comme à chaque fois qu'on fait des achats, que ce soit
aux travaux publics, aux loisirs, aux... pour des bâtiments, d'avoir à faire
les validations sur... sur l'ensemble des contrats, ça vient alourdir
énormément, là.
Ça fait que, là, ici, on parle, là,
exemple, de l'OQLF, là, la validation, là, c'est... normalement, là, c'est,
comme, à chaque fois qu'on fait un achat, on devrait demander : Vous avez
combien employé au Québec? Une fois qu'on sait combien que la personne a
d'employés, dépendamment si c'est plus ou moins que 50, il faut aller faire une
validation pour savoir s'il a son certificat. S'il n'a pas son certificat de
francisation, bien là, à ce moment-là, il faut faire d'autres validations. Ça
fait que c'est une lourdeur. L'attestation de l'AMP qui est requise aussi, qui
a été rajoutée, il y aurait des moyens de simplifier ce type d'attestation là.
Si les gens pouvaient aller s'enregistrer directement sur le site de l'Autorité
des marchés publics pour aller confirmer qu'ils respectent, dans le fond, les
articles, là, de la LCOP, là, parce que c'est un petit peu ça, l'attestation
d'intégrité qui est demandée, bien là, à ce moment-là, ils pourraient, comme,
juste simplement nous donner la confirmation comme quoi qu'ils se sont
inscrits, et l'AMP aurait la possibilité, à ce moment-là, de pouvoir voir qui sont
les contractants avec les municipalités.
Ça fait que, ça, ça pourrait peut-être
être un allègement, là, qui pourrait être intéressant, là, puis ça viendrait
faciliter le travail de notre côté. Parce que je dois vous avouer que c'est
extrêmement difficile, à chaque fois qu'on fait un bon de commande, de demander
aux gens de nous fournir une attestation d'intégrité, là. Donc, en théorie, on
parle avec une commis qui passe une... Tu sais, on appelle pour faire un bon de
commande. Cette personne-là, elle n'a pas l'autorité de signer cette
attestation-là. Donc, dans le fond, elle n'a aucune valeur. Puis elle ne peut
pas confirmer, là, la personne qui est au bureau de commande, si, oui ou non,
ils respectent. Donc, c'est vraiment... ça, ça fait partie des lourdeurs. Tout
le processus de plainte, aussi, si on le met en bas du seuil d'appels d'offres
publics. Les contraintes au niveau des modifications, ça aussi, ça a des
impacts.
Mme Setlakwe : Merci. Est-ce
que vous avez des exemples de dossiers ou de... qui n'ont pas été menés à terme
ou, tu sais, dans le cadre d'un processus de soumission parce que, justement,
vous manquez d'outils? On essaie d'illustrer, là, que ce soient des... par le
biais des contrats de partenariat, vous avez donné des exemples, ça peut être
les contrats de gré à gré qui vont vous permettre d'aller plus rapidement
déployer des projets ou faire des acquisitions pour le bénéfice de la
population.
Mme Normandin (Mélanie) : Bien,
on a des problématiques. Exemple, là, c'est... si on veut faire l'acquisition
d'une dizaine de véhicules électriques, on tombe au-dessus des seuils d'appels
d'offres publics. Et honnêtement, les concessionnaires automobiles, ils n'ont
pas de difficulté à vendre les... l'inventaire de véhicules électriques qu'ils
ont, donc ils ne sont pas intéressés à remplir l'ensemble de la documentation
qui vient avec. Donc, on n'a pas de soumissionnaire, quand on va en appels
d'offres, et on a l'obligation d'aller en appel d'offres pour ce genre de
projet là, donc ça, ça peut être une problématique.
Une autre problématique qu'on a eu
dernièrement : systèmes informatiques, où est-ce qu'on vient changer les
exigences au niveau des appels pour le 9-1-1. L'ensemble des municipalités qui
ont un service de 9-1-1 sont parties en appels d'offres en même temps. Il y en
a deux, joueurs, sur le marché, donc ils n'étaient pas en mesure de répondre
aux soumissions, ils ne sont pas capables d'être capables de faire
l'implantation dans les délais qui sont impartis. Ça, c'est une des
problématiques qu'on vit.
Là, on parlait de contrat de partenariat. C'est
sûr que c'est important de bien l'attacher, également, avec les programmes de
subvention, parce que des fois on a, comme, des exigences, dans les programmes
de subventions, qui fait qu'on ne peut pas...
14 h 30 (version révisée)
Mme Normandin (Mélanie) : ...parce
que, des fois, on a comme des exigences dans les programmes de subvention qui
fait qu'on ne peut pas utiliser n'importe quel type de processus d'acquisition.
Donc, ça aussi, c'est important, là, de faire un lien à ce niveau-là. Ça fait
que, par exemple, s'il faut faire un concours d'architecture puis qu'on est
obligé de respecter les règles de la LCOP, donc, tu sais, c'est... ou, des fois,
on est obligé d'y aller en mode traditionnel, on nous impose le mode
traditionnel alors qu'on pourrait faire un contrat de partenariat. Ça fait que
ça, c'est sûr que c'est important de bien l'attacher à ce niveau-là aussi.
Mme Setlakwe : Merci.
Est-ce que... est-ce que, parfois, vous avez des... vous avez l'impression qu'on
allège à un endroit, peut-être, puis on salue, là, les efforts, là, de la
ministre et de son ministère, mais est-ce que, parfois, c'est dans le cadre...
c'est d'autres ministères qui viennent alourdir la tâche des municipalités de
façon peut-être exagérée, selon vous?
Mme Normandin (Mélanie) : Est-ce
que c'est exagéré? Je ne suis pas en mesure de pouvoir évaluer...
Mme Setlakwe : Non, je n'ai
peut-être pas le bon... Non, ce n'est peut-être pas le bon terme, mais est-ce
que parfois vous avez l'impression qu'il y a des... il y a des exigences qui
peuvent venir, peut-être, d'un autre ministère, qui vous semblent superflues ou
qui... qui retardent les projets?
Mme Normandin (Mélanie) : Bien,
je vous dirais, des fois, que c'est plus sur... sur le type de contrat sur
lequel ça s'applique que ça devient comme complexe, là, tu sais. C'est quand on
dit qu'on doit faire la validation sur chacun des contrats, tu sais, il faut
comprendre qu'un contrat, là, dans le fond, c'est comme, c'est n'importe quel achat,
là, donc, c'est... Quand on prend cette terminologie-là, ça a un impact majeur
sur nos opérations. Quand c'est juste de rajouter un formulaire à l'intérieur
de nos formulaires pour les appels d'offres, normalement, tu sais, c'est...
Bon, ça vient alourdir le processus, mais c'est quand même facile à gérer,
contrairement aux autres processus.
M. Fradette (Pier-Olivier) :
Bien, je peux répondre à votre question, madame, pour vous donner un
exemple, là. L'avènement de l'exigence de l'OQLF, en 2022, je pense, ou 2023,
vient d'un autre ministère et est venu vraiment jouer contre les mesures d'allègement
dans le domaine municipal. Et ça, ça s'applique à l'ensemble des contrats, peu
importe leur valeur. Et dans les municipalités où on a peu de personnel pour
vérifier ces choses-là, c'est vraiment un coup dans les jambes, là, qui
ralentit beaucoup le processus et qui alourdit considérablement le fardeau.
Mme Setlakwe : Et on
peut penser que le fardeau est d'autant plus lourd dans les petites municipalités.
Là... devant vous, Mme Normandin, vous êtes à Longueuil avec des milliers
d'employés, mais les plus petites municipalités sont d'autant plus alourdies,
là, ils voient leur fardeau alourdi. Puis parlez-nous donc un peu de cette...
de ce manque de personnel, qu'est-ce que vous entendez sur le terrain, est-ce
qu'il y a... Il y a donc des employés municipaux qui... dont les tâches sont
multipliées et qui, finalement, peut-être, doivent délaisser les services aux
citoyens.
Mme Normandin (Mélanie) : C'est
certain que... tu sais, on a... on a souligné, là, l'élimination du rapport,
là, le 477.3 de la Loi sur les cités et villes. C'est les contrats... C'est une
reddition de compte mensuelle qui est à faire pour tous les contrats de plus
que 2 000 $, qui totalisent plus que 25 000 $.
Personnellement, à la ville de Longueuil, j'avais une ressource qui devait
travailler trois semaines par mois à réussir à aller chercher les transactions,
parce que c'est un rapport qui est extrêmement complexe, puis qu'on n'a pas
réussi à automatiser dans nos systèmes financiers. Donc, tu sais, ça, c'est un
genre de reddition de comptes, là, qui est extrêmement lourde de notre côté.
Mais, dans les petites municipalités...
M. Quirion (Patrick) : ...on
a retrouvé le greffier-trésorier qui joue également, donc, il fait les
finances, il fait le greffe, le juridique, fait un peu d'urbanisme, donne des
permis. Donc, cette même personne là, c'est cette même personne-là qui fait les
validations à l'OQLF, les validations avec les différents fournisseurs, les
validations de la RBQ, pour les chiens dangereux, etc. Donc, c'est la même
personne, ils sont trois dans l'hôtel de ville, dans la municipalité. Donc, c'est
certain que c'est une réalité qui est très difficile pour ces gens-là.
Mme Setlakwe : ...c'est
exactement ce genre d'exemple que vous... On apprécie beaucoup que vous
puissiez mettre de l'avant, là, ces problématiques, ces réalités. Est-ce qu'il
y a d'autres éléments? Votre mémoire est vraiment bien structuré, puis Mme la
ministre vous a questionnés sur, je pense, presque toutes les recommandations.
Est-ce qu'il y en a... il y en a quelques-unes sur lesquelles vous aimeriez
élaborer, qui n'ont pas déjà été couvertes par des questions? On vous laisse le
plancher. Il me reste un peu de temps, M. le Président?
Le Président (M. Schneeberger) :
Il reste du temps.
Mme Normandin (Mélanie) : Bien,
c'est certain qu'on n'a pas parlé beaucoup de l'article 33. Je pense que,
dans le fond, toutes les personnes qui sont venues à la commission en parlent,
là, au niveau des exceptions. Il y a une avancée intéressante, là, tu sais, au
niveau des exceptions pour l'octroi des contrats de gré à gré avec,
premièrement, l'exception au niveau de la confidentialité. Donc, on avait
effectivement des problématiques à ce niveau-là.
Des fois... tu sais, on a des données qui
sont confidentielles. Je peux vous donner un exemple. Quand on fait la
construction d'un poste de police, on n'a pas nécessairement de... envie de <mettre
les plans...
Mme Normandin (Mélanie) :
...des
données qui sont confidentielles. Je peux vous donner un exemple. Quand on fait
la construction d'un poste de police, on n'a pas nécessairement de... envie de >mettre
les plans détaillés du poste de police en ligne, publics, disponibles à tous.
Donc, ça, ça peut être un exemple, là. Donc, oui, on va faire un appel d'offres
public pour aller chercher des entrepreneurs, mais on ne veut pas
nécessairement donner les plans détaillés.
Au niveau des exceptions, là, c'est comme...
dans le fond, je ne sais pas si on l'a bien compris, il y a une exception qui
dit «ne dessert pas l'intérêt public». Est-ce que ça veut dire que les
anciennes exceptions vont être transigées via cette exception-là? Si c'est le
cas, on se posait la question, parce qu'on apprécie cet ajout-là au niveau
de... des exceptions pour le gré à gré, mais on doit faire un avis d'intention,
puis on se posait la question : Si ça ne dessert pas l'intérêt public de
faire un appel d'offres public, en quoi l'avis d'intention, où on demande aux
gens de se manifester, devient comme pertinent à ce moment-là? Donc... Ça fait
que ça, on se posait la question à ce niveau-là.
• (14 h 40) •
C'est certain qu'on avait une exception au
niveau des compagnies d'utilité publique. On fait des travaux, on doit déplacer
des poteaux d'Hydro-Québec, bien, le contrat va être octroyé directement à
Hydro-Québec pour le déplacement des poteaux, directement à Bell, Vidéotron,
Gaz Métropolitain. Ça, cette exception-là, elle n'est plus là.
Au niveau des logiciels, c'est sûr que ça
va avoir des impacts importants si l'exception n'est pas là. Donc, quand on
fait l'implantation d'un logiciel, c'est coûteux, ça prend des années. Puis
normalement, tant et aussi longtemps que nos besoins ne changent pas puis que
le logiciel continue à répondre à nos besoins, l'objectif n'est pas de refaire
une implantation. Ça fait que ça, c'est une exception importante aussi. On a retiré
les biens culturels. Ça fait que normalement, là, il y avait comme tous les
achats de livres à la bibliothèque, là, qu'on utilisait cette exception-là.
Donc, maintenant, on parle juste d'artistique, peut-être que ça va venir
couvrir aussi, là, mais on était comme... ce n'était peut-être juste pas clair
pour nous.
Le transport de la neige avec le poste de
camionnage en vrac aussi, c'est une exception qui est importante pour nous, là,
qui n'a pas été reprise au niveau des exceptions.
Mme Setlakwe : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : D'autres
questions? Non. Ça va? Parfait. Alors, c'est ce qui met fin à notre échange.
Alors, je vous remercie pour votre apport à la commission.
Nous suspendons quelques instants afin
d'accueillir le prochain groupe.
(Suspension de la séance à 14 h 42)
(Reprise à 14 h 47)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux. Alors, j'accueille l'Association de la construction
du Québec. Bonjour à vous quatre... ou cinq, là, je vois une autre personne
derrière, alors on n'est pas certain, mais bonjour à vous cinq. Vous avez
10 minutes pour faire votre présentation, et puis aussi vous présenter
aussi vous-mêmes à tour de rôle. Alors, je vous laisse la parole.
M. Laurendeau (Martin) : Merci.
Merci, M. le Président. Mme la ministre, Mmes et MM. les députés, membres de la
commission. Je me présente, Martin Laurendeau. Je suis membre du conseil
d'administration de l'Association de la construction du Québec, mais je suis,
d'abord et avant tout, un entrepreneur général copropriétaire de Comco
Construction, une entreprise établie à Sherbrooke depuis plus de 25 ans.
Je fais affaire avec plusieurs municipalités, petites et grandes au quotidien.
Je suis accompagné aujourd'hui de Félix Rhéaume, directeur des affaires
publiques et gouvernementales, de Me Cristina Argento, avocate à la Direction
des affaires juridiques de l'ACQ, de même que Steve Boulanger, directeur
général de la Corporation des maîtres mécaniciens en tuyauterie du Québec.
Steve est ici à titre de porte-parole de la Coalition contre les retards de
paiement dans l'industrie de la construction.
J'aimerais débuter en vous remerciant de
l'opportunité qui nous est offerte de partager notre point de vue de l'ACQ et
du milieu de la construction concernant le projet de loi 79. Pour ceux qui
sont moins familiers avec notre association, l'ACQ est un réseau de
10 associations régionales implantées dans 17 villes au Québec. Nous
sommes l'agent patronal négociateur pour les secteurs institutionnel,
commercial et industriel et, à ce titre, nous représentons plus de
20 000 entrepreneurs qui oeuvrent dans toutes les régions du Québec. Selon
les chiffres du ministère, il s'est octroyé 21 000 contrats de plus
de 25 000 $ l'année dernière dans le monde municipal, totalisant
17,6 milliards de dollars.
De ce nombre, près du tiers représentent
des contrats de construction. On parle notamment des travaux pour les usines de
traitement des eaux, les hôtels de ville, les casernes de pompiers ainsi que
toutes les institutions publiques municipales. C'est pour vous dire à quel
point nous accordons de l'importance au projet de loi 79, qui vise
notamment à simplifier le régime contractuel. Pour le vivre quotidiennement, je
peux témoigner que les conditions générales d'un document d'appel d'offres,
pour un contrat municipal va fréquemment dépassé la centaine de pages et va
varier considérablement <d'un appel d'offres...
M. Laurendeau (Martin) :
...que
les conditions générales d'un document d'appel d'offres, pour un contrat
municipal va fréquemment dépasser la centaine de pages et va varier
considérablement >d'un appel d'offres à un autre.
Les recommandations que nous vous
soumettrons visent notamment à simplifier et à uniformiser le processus de soumissions
et la gestion contractuelle. Le but est certes de faciliter le travail des
entrepreneurs, mais également de faire croître l'attractivité des projets
municipaux. L'harmonisation des documents d'appel d'offres et des clauses
contractuelles aurait plusieurs bénéfices. Premièrement, elle permettrait aux
soumissionnaires de préparer des soumissions plus précises. Deuxièmement, elle
permettrait d'élargir le bassin de soumissionnaires. Donc, ultimement, cela
ferait bénéficier aux organismes municipaux de meilleurs prix et permettrait à
tous les contribuables de réaliser des économies.
Je vais maintenant céder la parole à Félix
Rhéaume, directeur des affaires publiques et gouvernementales de l'ACQ.
• (14 h 50) •
M. Rhéaume (Félix) : Merci,
Martin. Donc, à mon tour de vous saluer, M. le Président, Mme la ministre,
ainsi que tous les membres de la commission. D'emblée, l'Association de la
construction du Québec souhaite souligner qu'elle adhère aux objectifs et aux
principes du projet de loi 79, qui vont dans le même sens que les
revendications de l'industrie de la construction, qui souhaite voir des
processus plus efficaces et mieux adaptés aux réalités des entrepreneurs.
Rappelons que l'ACQ avait également soutenu les principes du projet de loi 62
qui visaient à offrir davantage d'agilité dans la réalisation des projets
d'infrastructure. Le projet de loi 79 s'inscrit dans cette même lignée en
introduisant de nouveaux modes d'octroi de contrats. L'ACQ appuie également
sans réserve les mesures du projet de loi qui visent à accélérer la
construction de logements en donnant davantage de pouvoirs aux municipalités.
Je vais maintenant faire un bref survol de
nos recommandations qui visent à bonifier le projet de loi avec, toujours en
tête, l'objectif de favoriser l'efficacité, l'uniformité et l'équité. L'industrie
de la construction joue un rôle déterminant dans le développement de nos
collectivités. Pour que ce rôle s'exerce pleinement, il est crucial que les
règles encadrant les appels d'offres et l'exécution des contrats reflètent des
standards élevés de transparence. Le projet de loi pourrait être amélioré par
des ajustements visant à harmoniser les pratiques et instaurer des mécanismes
de contrôle plus rigoureux. Il est essentiel d'assurer une plus grande uniformité
dans la gestion des contrats municipaux. Comme l'a mentionné Martin, les
disparités actuelles entre les différents organismes municipaux entraînent une
complexité inutile. Le manque de cohérence fait en sorte qu'il est difficile
pour un entrepreneur de naviguer entre les exigences applicables d'une
municipalité à l'autre, ce qui peut même aller jusqu'à les dissuader de
soumissionner.
À cet égard, l'ACQ préconise l'adoption de
règlements-cadres unifiés et élaborés en collaboration avec les parties
prenantes, y compris, bien évidemment, les villes et les municipalités. Ces
règlements standardisés permettraient de clarifier et rendre prévisibles les
exigences et d'éviter les malentendus. La transparence et l'équité dans les
processus d'appel d'offres doivent également être renforcées. Il est impératif
que tous les soumissionnaires aient accès aux mêmes informations de façon
uniforme, notamment lorsque des précisions techniques ou financières sont
apportées en cours de processus. Cette approche garantirait une concurrence
juste et empêcherait tout avantage indu. De plus, nous croyons qu'un mécanisme
indépendant d'analyse des soumissions, notamment pour les prix anormalement
bas, offrirait une protection additionnelle contre des pratiques déloyales, tout
en augmentant la traçabilité des décisions.
Un autre aspect fondamental selon nous est
l'évaluation de la performance des entreprises. Ce processus, bien que
nécessaire pour garantir la qualité des services, doit être basé sur des
critères objectifs et transparents. L'ACQ insiste sur l'importance de confier
cette évaluation à un tiers neutre, avec la possibilité, pour les entreprises,
de contester ces évaluations de rendement. Ce mécanisme assurerait non
seulement l'équité, mais aussi la confiance des entrepreneurs envers le
système.
Enfin, nous voulons souligner l'importance
d'un dialogue constructif entre toutes les parties prenantes. Les défis
opérationnels et administratifs propres aux contrats de partenariat, par
exemple, nécessitent une collaboration étroite pour identifier et mettre en
œuvre des solutions adaptées. La mise sur pied d'un groupe de travail,
regroupant les organismes municipaux, les entrepreneurs et les représentants
gouvernementaux, pourrait offrir une plateforme pour surmonter ces défis de
manière concertée. Une approche graduelle et un accompagnement,
particulièrement pour les plus petites municipalités, nous apparaissent comme
la façon la plus efficace de garantir le succès de ces contrats de partenariat.
L'ensemble de ces propositions s'inscrit
dans une vision claire, celle d'une industrie de la construction qui évolue
dans un cadre réglementaire équitable et prévisible. Nous croyons fermement que
des pratiques standardisées, des mécanismes de contrôle renforcé et une
collaboration accrue entre les parties prenantes sont la clé pour atteindre cet
objectif. Je l'ai mentionné d'entrée de jeu, nous saluons le projet de loi 79.
Nos recommandations visent à bonifier un texte législatif qui va déjà dans la
bonne direction. La prévisibilité est un élément essentiel, tant pour les
organismes municipaux, que pour les entrepreneurs au moment de soumissionner
ainsi que dans l'exécution des travaux. C'est pourquoi nous soulignons qu'il
manque <un élément majeur...
M. Rhéaume (Félix) :
...pour
les organismes municipaux, que pour les entrepreneurs au moment de
soumissionner ainsi que dans l'exécution des travaux. C'est pourquoi nous
soulignons qu'il manque >un élément majeur au texte du projet de loi 79,
et qu'il s'agit d'une occasion incontournable d'introduire des dispositions
pour encadrer les délais de paiement des organismes municipaux envers les
entreprises de construction.
Depuis de nombreuses années, l'ACQ est
membre de la Coalition contre les retards de paiement pour s'attaquer à cet
enjeu. Pour vous en dire plus sur cette question cruciale pour l'attractivité
des contrats des organismes municipaux, je cède maintenant la parole à Steve
Boulanger, porte-parole de la coalition.
M. Boulanger (Steve) : Merci.
Il est important pour la coalition de pouvoir participer aujourd'hui aux
consultations particulières entourant le projet de loi dans le but de faire une
seule recommandation, mais ô combien importante pour les entrepreneurs et le
monde municipal, celle d'introduire, dans le projet de loi, des mesures qui
encadrent le paiement aux entrepreneurs et le règlement rapide des différends
pour les contrats municipaux. C'est une proposition qui est fondamentale pour
la survie de plusieurs petites entreprises qui constituent le tissu de la
construction, qui est également au... et leur permettre d'accéder aux marchés
publics municipaux, à l'avantage des organismes municipaux et, ultimement, du
public.
Vous avez plusieurs données dans le
mémoire, mais, en 2021, une étude qui a été conduite par Raymond Chabot Grant
Thornton, pour mesurer le niveau d'intérêt des entrepreneurs envers les marchés
publics, révélait que les municipalités figuraient au premier rang des donneurs
d'ouvrage pour qui l'intérêt des entrepreneurs à soumissionner a le plus
diminué. La raison première, les délais de paiement. En 2023, l'Union des
municipalités du Québec conduisait, elle aussi, une étude pour mesurer l'impact
des prix de la construction dans le milieu municipal, et, parmi les pistes de
solution de cette étude de l'UMQ, on retrouve : raccourcir les délais de
paiement. Donc, force est de constater qu'il faut agir, et on a l'occasion en
or de le faire par le projet de loi 79, que vous êtes à étudier
présentement.
Donc, on recommande d'introduire, dans le
projet de loi, des dispositions qui vont encadrer un calendrier de paiement aux
entrepreneurs et un mécanisme de règlement des différends qui est efficace et
rapide, comme le gouvernement l'a fait, dans la Loi sur les contrats des
organismes publics, avec l'introduction du chapitre 5.2, par le projet de
loi 12 en 2022. Donc, la loi met le cadre de certaines dispositions qui
pourront être détaillées, dont les modalités pourront être détaillées par la
suite dans un projet de règlement. Et ce règlement-là devrait être, à notre
avis, provincial, unique, d'ordre public, applicable à l'ensemble des
organismes municipaux pour fins de cohérence, d'uniformité et de faciliter l'utilisation.
Donc, la coalition a une expertise dans le
domaine des délais de paiement. On offre toute notre collaboration pour
bonifier le projet de loi et l'éventuel règlement en ce sens. Et on pense qu'il
faut vraiment saisir l'occasion qui nous est offerte pour permettre aux
municipalités, elles aussi, d'avoir l'opportunité de posséder un outil concret
pour améliorer la gestion contractuelle. Et ça passe par l'introduction de
mesures de paiement rapide dans la LCOM. Merci beaucoup pour votre attention.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, vous êtes pile-poil dans le temps. Alors, nous allons procéder
à une période d'échange avec la ministre ou député de... Non, la ministre.
Parfait.
Mme Laforest : Bien, je peux
commencer, ensuite...
Le Président (M. Schneeberger) : Vous
avez la parole.
Mme Laforest : OK. Bien, je
vais... je vais prendre tout de suite la balle au bond, parce que vous parlez
des délais de paiement. Vous n'êtes pas les seuls à en avoir parlé. Sauf que,
vous le savez, là, dans les municipalités, le conseil municipal est, en
général, est, oui, obligatoirement, une fois par mois. Mais, à ce moment-ci...
Vous dites, soit former un comité, soit former... faire un nouveau règlement.,
mais, à ce moment-ci, est-ce que vous n'auriez pas un montant minimum? Parce
que, exemple, des projets de 3, 4, 5, 10 millions, ça passe une fois par
mois au conseil municipal. Je donne ça comme exemple. Mais, pour des montants,
auriez-vous une échelle ou encore un montant maximum pour dire : À partir
de ce montant-là, on comprend que ça peut prendre un peu plus de temps?
Avez-vous évalué certains contrats que vous avez dans les municipalités puis
qu'il y a un montant qui pourrait dire : OK, en bas de ce montant-là, ça
devrait être plus rapide?
M. Boulanger (Steve) : Ça
devrait... C'est quelque chose qu'on voudrait regarder, effectivement. On est
plus au niveau de loi-cadre, d'introduction de mécanismes dans la loi pour nous
permettre ensuite de détailler par règlement. Mais je vous donne un exemple. On
est en train de travailler présentement avec le Secrétariat du Conseil du
trésor pour les contrats publics, puis il y a deux éléments qui sont venus en
jeu, de part et d'autre, pour satisfaire la volonté du gouvernement puis les
réalités des donneurs d'ouvrage et des entrepreneurs.
Donc, il va y avoir... Ce qu'on prévoit,
c'est une entrée en vigueur progressive avec des plafonds contractuels au
niveau des montants, puis également des contrats de plus courte durée auxquels
le règlement ne pourrait... pourrait ne pas s'appliquer, par exemple, un court
contrat qui pourrait s'effectuer à l'intérieur de quelques semaines uniquement.
Donc, je pense que c'est à travailler avec les municipalités. Et, oui, il va
falloir tenir compte de la particularité des mécanismes municipaux pour
débourser. Mais je pense qu'il y a vraiment un travail à faire là, et le chemin
<est déjà tracé...
M. Boulanger (Steve) :
...tenir
compte de la particularité des mécanismes municipaux pour débourser. Mais je
pense qu'il y a vraiment un travail à faire là, et le chemin >est déjà
tracé, je pense, avec ce que le gouvernement veut faire au niveau des
organismes publics.
Mme Laforest : D'accord. Mais
vous n'avez pas, par exemple, un secteur d'activité que vous pourriez dire :
Ça, c'est, exemple, des montants, que ça devrait passer beaucoup plus
rapidement, parce que c'est des... je ne sais pas, là, on pense à l'entretien
ou encore quelque chose comme ça. Mais je pensais que vous aviez peut-être un
maximum de montant pour dire ou un minimum. OK.
• (15 heures) •
Bon. Dans votre mémoire... J'aimerais vous
entendre, parce qu'on parle énormément de conclure des contrats de partenariat
avec... comme avec le PL 62. Puis est ce que vous pensez que les contrats
de partenariat avec les entreprises, parce que moi, je me dis : Ça vient
vraiment favoriser des beaux projets avec les entreprises, avec les
municipalités, j'imagine, c'est bien accueilli?
M. Rhéaume (Félix) : Bien oui,
tout à fait. Alors, un petit peu comme on l'avait fait dans le cadre du projet
loi 62, on accueille ça très favorablement. On pense effectivement que
c'est... ça apporte quelque chose de supplémentaire au niveau de la flexibilité
dans le cadre de la réalisation des différents... différents projets. Donc, ça
ouvre différentes possibilités. Évidemment, on croit qu'il faut y aller de
façon graduelle, c'est-à-dire que les contrats de partenariat, ce n'est pas
nécessairement pour tous les types de projets, peut-être pas nécessairement non
plus pour tous les types de municipalités. Donc, ça prend différentes
ressources également. Donc, peut-être les plus petites municipalités sont moins
bien outillées pour mettre en place ce genre de contrat de partenariat là. Une
de nos recommandations va justement dans le sens d'avoir un accompagnement,
autant au niveau... avec les entrepreneurs, que les municipalités, dans la mise
en place de ces nouveaux modes de réalisation là. Mais, globalement, on
accueille ça très favorablement.
Comme je le mentionnais, je pense que la
clé, c'est d'y aller de façon graduelle, peut-être que ça se prête davantage
aux projets d'une plus grande envergure, sans nécessairement fixer de seuil. Je
ne sais pas si Martin, tu voulais renchérir sur ce point.
M. Laurendeau (Martin) : Mais
je crois que c'est un changement fondamental au niveau de la façon d'opérer les
contrats par rapport à des contrats sur appel d'offres traditionnels avec des
plans et devis détaillés. Puis il faut que les moeurs se bâtissent. Puis la
meilleure façon que les moeurs se bâtissent et se démocratisent dans le réseau,
c'est peut-être de commencer avec un nombre limité de contrats dont la nature
est plus importante, parce qu'il y a plus de... il y a plus d'intervenants, il
y a plus de structures à même ces contrats-là à la base, puis éventuellement
les enseignements vont... les corrections vont se faire puis vont pouvoir se
répartir avec des contrats de plus petite envergure. On peut prendre, par
exemple le déploiement du BIM qui a eu lieu voilà... dans les cinq à
10 dernières années, où on a vu des strates partir à partir de
100 millions, 50 millions et en descendant. Je ne vous dis pas que
c'est nécessairement le barème à adopter, mais il faut bâtir les moeurs pour
faciliter la réalisation des plus petits mandats.
Mme Laforest : À ce
moment-ci, ça m'amène à vous poser une question : Pourquoi vous me
demandez de retirer, par exemple, l'article 74 sur les modalités pour les
contrats de partenariat? Dans l'article 74, vous dites : Vous devriez
retirer toutes les modalités de...
M. Rhéaume (Félix) : Oui, en
fait, l'enjeu qu'on a avec l'article 74, tel qu'il est formulé, donc,
notre recommandation est à l'effet de le retirer, mais peut-être qu'il y aurait
moyen de trouver une formulation différente. Mais l'enjeu principal qu'on a
avec l'article 74, c'est qu'on veut s'assurer que le donneur d'ouvrage
parle avec tous les gens impliqués puis que tous les soumissionnaires aient la
même information. Donc, dans la formulation actuelle, ça ouvrait la porte à
avoir des discussions avec des soumissionnaires de façon individuelle. Et ça,
ça va dans la... dans la lignée de notre recommandation, disons, générale
sur... au niveau de l'équité. Donc, on voyait une problématique précise avec
l'article 74 au niveau des discussions qui peuvent avoir lieu de façon
individuelle.
Donc, comme je disais, de façon globale,
on suggérait de le retirer, mais il y a peut-être lieu de trouver un ajustement
ou une formulation plus précise, mais c'était vraiment au niveau de s'assurer
de l'équité entre l'ensemble des soumissionnaires, ne pas ouvrir la porte à
certaines dérives potentielles.
Mme Laforest : D'accord. Dans
votre recommandation n° 10, vous suggérez de créer un
comité indépendant chargé de l'analyse des prix anormalement bas. C'est certain
que je veux vous entendre, là, pour les prix trop bas, là.
M. Rhéaume (Félix) : En ce
moment, ce qui est prévu dans le projet de loi, c'est que l'analyse des
soumissions qui sont anormalement basses sont laissées à l'appréciation de
l'organisme municipal. On pense qu'il devrait avoir une distance supplémentaire
et que le comité indépendant aura le recul nécessaire pour avoir une évaluation
objective de ces soumissions qui sont jugées anormalement basses. On pense que
c'est plus prudent que de laisser ça à l'appréciation de chaque organisme
municipal, et également on recommande que le comité fasse rapport à votre ministère.
Donc, pour avoir une vue d'ensemble des différents cas où on a des soumissions
qui sont jugées anormalement basses, parce que, sinon, ça peut être à la pièce
dans chaque municipalité...
15 h (version révisée)
M. Rhéaume (Félix) : ...on
recommande que le comité fasse rapport à votre ministère, donc, pour avoir une
vue d'ensemble des différents cas où on a des soumissions qui sont jugées
anormalement basse, parce que sinon ça peut être à la pièce dans chaque
municipalité. Est-ce que ça arrive souvent? Est-ce que ça n'arrive pas souvent?
Selon quels critères également? Donc, si on a un comité indépendant, ça
augmente l'indépendance, là, le nom le dit, mais également au niveau de la
traçabilité des décisions, puis d'une vue d'ensemble de ces cas de soumissions
qui sont jugées anormalement basses. Puis j'ai la chance d'avoir avec moi
aujourd'hui Martin, qui est un entrepreneur, qui vit au quotidien ces
réalités-là. Ça fait que, d'avoir une perspective très concrète, je vais le
laisser... je vais le laisser poursuivre.
Mme Laforest : Oui, j'aimerais
avoir des exemples, s'il vous plaît.
M. Laurendeau (Martin) : Merci,
Mme la ministre. Effectivement, je peux parler d'une expérience personnelle où
on a eu à... pas réaliser, mais à être confrontés au processus de soumissions
anormalement basses, qui est une des nôtres, dans un projet collaboratif de petite
envergure, là. Je parle d'agrandissement d'écoles modulaires, entre autres.
Dans le cas qui nous concerne, on a présenté une soumission qui était de 3,2 millions,
puis le soumissionnaire qui nous suivait était à 5,4. Vous comprendrez que...
Et ça montait jusqu'à 8 millions. Puis l'organisme, bon, nous a adressé
une demande comme quoi notre soumission était anormalement basse, semblait
anormalement basse et était en deçà... en deçà d'ailleurs des évaluations des
professionnels.
Là, il faut comprendre qu'on est... on est
quand même en conception-construction. Il y a plusieurs éléments qui peuvent
rentrer en ligne de compte. On a plaidé notre cause. On a obtenu le contrat d'ailleurs.
Mais moi, j'ai senti... À ce moment-là, l'organisme public qui était une
commission scolaire devait répondre au Secrétariat du Conseil du trésor, si je
ne m'abuse, et ça mettait une indépendance. Parce que, quand on est en
conception-construction, souvent il y a une proximité entre les concepteurs,
les joueurs aussi qui veulent obtenir ces contrats-là et le donneur d'ouvrage.
Je ne dis pas que c'est malsain, mais il se bâtit une certaine relation de
confiance. Puis, quand il arrive un joueur qui n'était peut-être pas prévu puis
qui peut présenter une soumission plus basse, ça peut être tentant de le
rejeter.
Et d'avoir... Puis, comme on est une petite
municipalité où... en tout cas, du moins, que ça ne relève pas du gouvernement,
l'absence de distance d'avoir un indépendant qui vient appuyer ou qui va devoir
être redevable de cette décision-là, on trouve que ça donne une protection pour
nous, les entrepreneurs. Et d'ailleurs je peux vous confirmer qu'on a été bien
contents de le faire, ce contrat-là, pour vous.
Mme Laforest : ...en
même temps, vous l'avez eu, le contrat.
M. Laurendeau (Martin) : Tout
à fait.
Mme Laforest : Donc,
votre prix était anormalement bas.
M. Laurendeau (Martin) : À
leurs yeux.
Mme Laforest : On peut
dire ça comme ça, parce que là, admettons, c'est... Le deuxième soumissionnaire
était à 5 millions. Donc, s'il y avait eu un comité, possiblement que vous
auriez perdu le contrat, peut-être.
M. Laurendeau (Martin) : Non,
je ne crois pas. Sauf erreur, Mme la ministre, nous, on a... On a rencontré le
comité, et le comité devait répondre au Conseil du trésor, de sa... de sa
décision. Et nous, on a plaidé qu'on voulait réaliser le contrat. On était
confiant avec notre prix. Puis on a réalisé le projet, puis on l'a livré dans
les délais et dans les prix.
Mme Laforest : Puis est-ce
qu'il y a eu des coûts...
M. Laurendeau (Martin) : Supplémentaires?
Mme Laforest : Oui.
M. Laurendeau (Martin) : Non.
Mme Laforest : Pas du
tout?
M. Laurendeau (Martin) : De
façon très marginale, en fait.
Mme Laforest : OK. Au
niveau des délais, vous ne pensez pas que ce serait plus long, admettons, s'il
y a un comité d'évaluation des soumissions basses?
M. Laurendeau (Martin) : Moi,
je ne pense pas que l'intérêt est vraiment d'avoir... Comprenons-nous bien, là,
ça prend un mécanisme que le comité à même l'organisation municipale soit là, du
moment qu'il y a un externe et que le comité est redevable, que ce soit à l'Autorité
des marchés publics, au ministère, le MAMH, que ce soit au Conseil du trésor,
peu importe. Mais je crois que les gens doivent être redevables de leurs
décisions pour ne pas exclure pour rien des joueurs. Puis, dans un milieu aussi
fermé que les municipalités, là, on s'entend, là, ce n'est pas... ce n'est pas
un organisme aussi gros que le gouvernement, c'est facile d'avoir établi des
liens avec des gens. Puis, encore là, je ne vous dis pas que c'est malsain,
mais d'exclure des gens qui mériteraient d'avoir les contrats.
Mme Laforest : Je
comprends très bien.
M. Rhéaume (Félix) : Puis
vous amenez un bon point sur la question des délais, si je peux me permettre,
parce qu'on s'est posé la question dans le sens où il y a deux, deux intérêts
qui sont en jeu ici, là, l'impartialité du processus puis évidemment l'efficacité
du processus. Donc, selon notre recommandation, il faudrait s'assurer que ce
comité-là ne retarde pas le processus. Donc, évidemment, le diable est dans les
détails, mais on pense quand même important qu'il y ait un certain recul. Mais
on avait la même préoccupation que vous sur cet autre aspect là.
Mme Laforest : Sur les
délais?
M. Rhéaume (Félix) : Oui,
tout à fait.
Mme Laforest : Vous...
Au niveau du traitement de plaintes qu'une procédure modèle d'un traitement de
plaintes soit inscrite dans... qu'une... soit inscrite dans un règlement qui
découlerait de la loi.
M. Rhéaume (Félix) : Oui.
Un peu dans... Tu sais, je disais... je vous parlais au niveau de l'uniformité
et de l'équité. Donc, au niveau de l'uniformité, ça, c'est un élément qui nous
apparaît important, que les critères d'une plainte soient les mêmes pour tous,
que l'analyse soit la même, peu importe la <municipalité...
M. Rhéaume (Félix) :
...soient
les mêmes pour tous, que l'analyse soit la même, peu importe la >municipalité.
Donc, on comprend qu'il y a... il y a des disparités régionales, des disparités
entre les différentes municipalités, mais on veut le plus possible que ça soit
dans le cadre d'un cadre unifié, donc, au niveau du traitement des plaintes
également, que ça soit le même principe, donc que le traitement des plaintes
soit le même, peu importe la municipalité, que ce soit traité de la même façon
et qu'en bout de ligne tous les entrepreneurs, tous les soumissionnaires sont
sur un pied d'égalité.
• (15 h 10) •
Mme Laforest : Merci. Bien
entendu. Je vais vous poser la question : Avec le pouvoir temporaire qu'on
a donné pour les projets en habitation pour déroger de la réglementation
d'urbanisme... c'est sûr que c'est quand même récent, mais comment ça se passe?
M. Rhéaume (Félix) : C'est...
Effectivement, c'est encore récent. Juste vous dire que, selon notre
connaissance, ça se passe bien. C'est quelque chose qui était attendu et
apprécié. Puis je l'ai mentionné dans mon introduction, on salue également
l'ouverture que le projet de loi apporte pour étendre ces pouvoirs qui sont
octroyés aux municipalités. Je sais qu'il y a... il y a des exemples concrets
dans différentes villes qui étaient en attente de se déployer pour un usage
mixte. Donc, on pense que c'est un des outils pour s'attaquer, entre autres, à
la crise du logement, là, je pense que tout le monde reconnaît l'ampleur de cet
enjeu. Donc, je ne peux que saluer cette ouverture dans le projet de loi. Notre
mémoire n'en traite pas énormément simplement parce qu'on le salue puis on
pense que c'est un aspect positif.
Mme Laforest : Merci. Le...
Pour parler des projets mixtes, il y en a ici qui sont venus dire que,
admettons, dans les projets mixtes, ce serait trop d'avoir 50 %, exemple,
de services commerciaux et 50 % d'habitation. Est-ce que vous voyez un
enjeu, vous, 50-50, ou il n'y a pas de... en autant que le projet soit demandé
dans la communauté?
M. Rhéaume (Félix) : Je vous
dirais qu'on ne s'est pas penchés sur la question d'un pourcentage, mais nous,
on est en faveur... une plus grande... Plus les projets vont se réaliser, plus
les projets vont se réaliser rapidement, pour nous, on pense que c'est... c'est
un point positif. Donc, si le souhait des promoteurs, c'est d'aller avec un
plus grand pourcentage commercial versus habitation... Évidemment, le but de
ce... cet article-là, tel qu'on le conçoit, c'est de répondre, entre autres, à
l'enjeu de la crise du logement. Donc, évidemment, je pense que c'est important
qu'il y ait une proportion qui demeure élevée au niveau du logement, mais, de
notre point de vue, essentiellement, c'est vraiment de pouvoir faciliter
l'accélération des projets.
Puis Martin pourrait certainement en
témoigner longtemps, là, un des enjeux, c'est la complexité et le temps que ça
met pour mettre un projet en terre, pour... pour mettre la première pelletée de
terre. Donc, cette disposition-là va en ce sens-là pour faciliter le lancement
de projets. Donc, évidemment, on le salue.
Au niveau de la... du pourcentage, comme
je disais, on ne se prononce pas là-dessus.
Mme Laforest : J'aimerais ça
quand même... ce n'est pas dans le projet de loi, mais les permis dans les
municipalités. On travaille beaucoup avec l'UMQ, la FQM, Québec, Montréal, vous
savez, puis on nous dit qu'il y a eu énormément d'amélioration, mais je
voudrais vous entendre.
M. Rhéaume (Félix) : Je vais
laisser Martin...
M. Laurendeau (Martin) : Bon.
Moi, ma fenêtre est peut-être moins diversifiée. Je suis quelqu'un de... des Cantons-de-l'Est,
en Estrie. Je vous dirais qu'historiquement ça allait bien en Estrie. Bon, il
est arrivé... il y a eu... il y a eu beaucoup, là, de... avec la pandémie, le
télétravail et ces choses-là, puis je vous dirais que, pour nous, ça a été...
ce n'est pas encore réparé. Il y a eu une dégradation dans le délai d'émission
des permis, là. Quand je suis... Dans la municipalité, là... Dans les
municipalités autour de chez moi où on travaillait, on parlait de trois à
quatre semaines, des fois même en bas de ça, pour avoir des permis, là. Je
suis conscient, je ferais l'envie des gens de Montréal, là, mais on est rendus
à trois à quatre mois par moment. Puis, oui, il y a une augmentation de
volume, mais on dirait que la volonté s'est perdue un petit peu.
Mme Laforest : Parce qu'il y
a eu un effet aussi. Il y a eu quand même deux ou trois projets de loi,
là, comme la densification, augmenter le pourcentage de densification, le
zonage. C'est pour ça que, possiblement, les villes aussi doivent s'ajuster
avec nos... ces pouvoirs-là récents. Mais, bref, il y a encore beaucoup de
place à amélioration. Le message est passé, je comprends très bien.
M. Rhéaume (Félix) : Je pense
qu'on peut dire ça sans se tromper. Puis il y a d'autres groupes qui vont
suivre, je suis...
Mme Laforest : Non, mais il
faut le dire, ce n'est pas grave, là.
M. Rhéaume (Félix) : Non,
non, non.
Mme Laforest : Voyez, on est
là pour le... pour le dire. Puis il faut s'améliorer. S'il faut s'améliorer,
les municipalités sont là aussi pour nous aider. Est-ce que j'ai d'autres
questions? C'est assez clair, votre mémoire.
Le Président (M. Schneeberger) : ...de
toute façon.
Mme Laforest : Il n'y a plus
de temps?
Le Président (M. Schneeberger) : Non.
Mme Laforest : Merci
beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, nous allons du côté de l'opposition officielle, et j'entends la députée
de Mont-Royal—Outremont?
Mme Setlakwe : Oui.
Le Président (M. Schneeberger) : Voilà.
Merci.
Mme Setlakwe : Merci, M. le
Président. Merci à vous quatre pour votre présentation, pour votre mémoire.
Déjà, on a touché à des points très... très précis, là, dans le cadre de
l'échange avec la ministre. Moi, j'ai une question plus générale, parce que là
on... évidemment, nous, dans le cadre de notre travail, on veut chercher un... le
bon équilibre. On veut que les municipalités puissent jouir d'une <autonomie...
Mme Setlakwe :
...le
bon équilibre. On veut que les municipalités puissent jouir d'une >autonomie,
on veut leur faciliter la vie, alléger... alléger la lourdeur, faire en sorte
qu'il y ait un processus de gestion contractuelle qui soit efficace, qui donne
lieu à des... bien, à plusieurs soumissions, dans le fond, puis que ce soit
fait de façon agile, etc.
Ma question : Est-ce que... Est-ce
que, généralement, il y a un désintérêt pour les marchés publics auprès des
entrepreneurs? Qu'est-ce que vous entendez particulièrement au niveau
municipal, évidemment?
M. Rhéaume (Félix) : Bien, la
réponse, c'est oui, et ça a été documenté dans une étude qu'on a réalisée en 2021,
si je ne me trompe pas. Puis je laisserais Steve poursuivre, parce que c'était
noté que, particulièrement dans les contrats des organismes municipaux, il y
avait un désintérêt des entrepreneurs à soumissionner pour différentes raisons,
ça peut être la complexité, ça peut être la disparité des règles, ça peut être
les délais de permis. Et un élément majeur, c'était la question des délais de
paiement, donc, dans les municipalités, d'où la présence d'une de nos
recommandations phares à l'égard des délais de paiement. Puis je passe la
parole à Steve pour compléter sur cet enjeu particulier. Mais définitivement,
la réponse, c'est oui.
M. Boulanger (Steve) : C'est
la cause première du désintérêt. Et les municipalités figuraient au premier
plan du désintérêt de la part des entrepreneurs documentés, là, très
précisément en 2021. Puis c'est dommage parce que, collectivement, on perd à
éliminer des joueurs qui ont du savoir-faire, mais qui, en raison de retards
dans les paiements, n'arrivent pas à vouloir soumissionner sur des contrats
publics.
Alors, plusieurs nous disent : Je
serais intéressé, mais connaissant le délai que ça va prendre... Et on ne parle
pas de payer plus vite pour des travaux mal faits, là, hein, entendons-nous.
Depuis le début, c'est : Si les travaux sont mal faits, il y a des
processus puis on retient l'argent. Mais quand les travaux sont bien faits, il
faut le payer dans les délais. Parce qu'imaginez-vous l'entrepreneur qui
travaille aujourd'hui, le 5 décembre, bien, l'entrepreneur paie ses
salariés et ses matériaux, puis il va facturer simplement le 1er janvier,
puis il espère être payé le 30 janvier si tout va bien, et c'est ce que le
calendrier de paiement qu'on veut mettre en place apporterait. Or, ce n'est pas
ce qui se passe et c'est dommage, parce qu'on en est rendus à exiger des
dispositions réglementaires et législatives pour faire appliquer des contrats,
finalement, parce que le calendrier de paiement est calqué sur la plupart des
contrats présentement dans le monde de la construction. Puis on n'est pas les
seuls, là, c'est un constat qui se fait à l'échelle internationale puis qui
s'est fait à l'échelle canadienne également. Il y a une législation mur-à-mur,
pour tous les contrats de construction en Ontario, qui est en vigueur depuis 2019.
Alors, je comprends qu'on a fait le choix
d'y aller par étapes, mais je pense qu'il faut saisir cette occasion-là pour
outiller les municipalités puis avoir un minimum. Alors, on pourra payer
davantage rapidement. Et il y a des donneurs d'ouvrage qui le font, qui en
retirent des bénéfices. Mais, au moins, on aura une loi-cadre, un règlement
plancher en deçà duquel on ne pourra pas aller pour attirer les entreprises qui
ont du savoir-faire, mais qui n'ont peut-être pas les leviers économiques pour
survivre à des délais de paiement trop longs.
M. Rhéaume (Félix) : ...
Mme Setlakwe : Oui, oui,
allez-y.
M. Rhéaume (Félix) : La
conséquence de ça, évidemment, le... il y a le désintérêt des entrepreneurs à
soumissionner, ça fait en sorte qu'il y a moins de soumissionnaires, bien
évidemment, et donc ça... pardon, ça entraîne les prix à la hausse. Donc, les
villes finissent par payer plus cher pour leurs projets et, en bout de ligne,
bien, c'est le citoyen qui écope parce que les revenus des villes vont être
affectés. Donc, il y a vraiment des conséquences importantes à l'enjeu des
délais de paiement.
Mme Setlakwe : Merci. Est-ce
que donc votre proposition, là, de prévoir un calendrier de paiement ou, en
tout cas, d'encadrer un calendrier de paiement, ça existe ailleurs, ça existe
dans d'autres juridictions ailleurs au Canada?
M. Boulanger (Steve) : Oui.
Plusieurs provinces au Canada ont mis ça en jeu, dont l'Ontario pour l'ensemble
de leurs contrats. Puis la voie qu'on propose, on pourra le travailler, là,
avec les parlementaires, mais la voie qu'on propose nous semble déjà tracée par
le nouveau chapitre V.2, qui est introduit dans la LCOP, là, Loi sur les
contrats des organismes publics, où on a mis un cadre très précis qu'on est en
train de détailler dans des règlements. Il y a eu une première publication d'un
projet de règlement cet été qui, selon notre connaissance, sera bonifié dans
les prochaines semaines. Mais on a beaucoup travaillé à trouver les mécanismes
qui seront satisfaisants pour toutes les parties prenantes aux contrats. Et la
discipline qu'on veut imposer aux donneurs d'ouvrage envers l'entrepreneur
général, donc le contractant, celui qui contracte avec l'État, cette même
discipline-là, on veut qu'elle soit applicable entre l'entrepreneur général,
les sous-traitants et les sous-sous-traitants. Donc, c'est une discipline que
tous doivent se donner, parce que le nerf de la guerre, c'est que l'argent
circule pour que les travaux puissent se poursuivre rondement et soient bien
faits.
Mme Setlakwe : Non, non, ça
on comprend bien. Donc, c'est les... surtout les petits entrepreneurs, là, qui
se trouvent écartés?
M. Boulanger (Steve) : Tout à
fait.
Mme Setlakwe : Et est-ce que
vous <entendez...
Mme Setlakwe :
...écartés?
M. Boulanger (Steve) :
Tout
à fait.
Mme Setlakwe :
Et
est-ce que vous >entendez qu'il y a certains entrepreneurs qui ne
veulent plus soumissionner du tout dans certaines municipalités? Est-ce que ça,
ça existe sur le terrain?
M. Boulanger (Steve) : Moi,
je l'ai entendu, certaines municipalités et envers le gouvernement du Québec
aussi. Alors, l'entreprise... Moi, j'ai des entrepreneurs qui me disent :
J'ai... Je regarde le SEAO, j'ai des appels de promoteurs privés, alors j'ai
mon tableau devant moi et je choisis, parce que mon carnet de commandes avance
puis j'ai une capacité de soumissionner, ça prend du temps et de l'énergie, des
ressources pour soumissionner, alors je choisis les contrats qui sont davantage
avantageux. Et souvent on nous dit : Bien, les contrats publics sont en
bas de la liste, malheureusement.
• (15 h 20) •
Mme Setlakwe : Oui.
Ultimement, on pense... on pense que les citoyens ne sont pas... sont
désavantagés, évidemment. Si certains entrepreneurs ne sont pas intéressés, il
y a moins de soumissionnaires, les prix sont... sont plus élevés. Mais là on a
bien... évidemment, on a bien pris connaissance de votre... de votre mémoire,
mais, peut-être juste pour illustrer, là, vous parlez du fait que... vous
appréhendez, là, qu'est-ce que... un manque d'uniformité, puis que ça vienne
compliquer... compliquer de façon indue, là, le travail des soumissionnaires.
M. Laurendeau (Martin) : Je
peux à nouveau vous parler d'expériences là-dessus. Moi, je vous parle des
contrats publics depuis plus de 20 ans puis j'ai connu l'arrivée du
Règlement sur les contrats de construction des organismes publics, là, il y a
environ une dizaine d'années, puis ça l'a eu un grand bénéfice. Ce règlement-là
est imparfait, je vous le dis, par contre, il y a... ça l'a réussi à créer de
l'uniformité dans les différents réseaux puis tout ce qui était les organismes
publics au niveau de la gestion contractuelle, de la présentation des
soumissions, la gestion des changements en cours de route.
Puis, quand on tombe dans les organismes
municipaux, il y aurait un grand bénéfice à avoir l'application de ce
règlement-là. Parce que ce qu'il faut comprendre, c'est que nous, on est
entrepreneurs généraux, mais on traîne 25 sous-traitants en arrière de
nous, qui eux-mêmes ont des fournisseurs. Puis de toujours avoir à changer la façon
qu'on travaille et puis qu'on présente nos contrats, nos changements, nos
soumissions, c'est... c'est beaucoup d'enjeux de non-conformité, c'est beaucoup
de lourdeur administrative. Puis la majorité, des fois, ce n'est pas le manque
de capacité de construction qui nous empêche de répondre à un appel d'offres.
C'est la lourdeur administrative, où on qualifie le donneur d'ouvrage puis le
groupe de projet, puis on dit : Non, ce type de projet là nous coûte trop
cher à administrer... administrer, trop de pression, on va aller ailleurs. Mais
il y a des donneurs d'ouvrage publics, et même municipaux, là...
Je vous le dis, il n'y a pas juste des cas
d'horreur, là. Moi, j'ai des clients municipaux qui sont de très bons clients,
qui paient bien, qui appliquent correctement la réglementation puis qui font...
qui font en sorte aussi que c'est un travail d'équipe, de faire un projet de
construction. Parce qu'il ne faut pas oublier une chose, là, à la base, ce
n'est pas facile, faire de la construction. C'est conflictuel. C'est un
prototype à chaque fois. Quand on a l'impression de travailler avec une équipe
de travail, de régler nos problèmes et de les fermer, ces projets-là, on est...
on est appelés à retourner chez ces donneurs d'ouvrage là.
Mme Setlakwe : L'idée, là,
d'un règlement-cadre unique, est-ce que ça a été discuté avec les unions?
Est-ce que vous sentez qu'il y a... qu'il y a une certaine ouverture ou...
M. Rhéaume (Félix) : On a
hâte d'entendre leur point de vue là-dessus. C'est une idée qu'on... qu'on
lance, évidemment. Puis on est très sensibles... puis vous venez du monde
municipal, là, on est très sensibles à la question de l'autonomie des
municipalités. On le comprend parfaitement, il y a des réalités qui sont
différentes d'une municipalité à l'autre, d'une région à l'autre, mais on pense
quand même qu'il y a un cadre commun sur lequel on peut s'entendre, un cadre
commun qui va permettre également aux entrepreneurs de savoir sur quel pied
danser puis de mieux se préparer en vue de la préparation de leur soumission.
Comme Martin le détaillait, parfois, la réalité, c'est qu'ils sont... c'est
tellement complexe dans certaines municipalités, une par rapport à l'autre, que
ça va juste décourager d'aller soumissionner. Donc, si on peut s'entendre sur une
base commune, sur les éléments centraux qui ne divergeaient pas d'une
municipalité à l'autre, avec un espace, par exemple, pour les marges de... les
éléments pour refléter la réalité particulière de chaque municipalité, c'est ce
qu'on propose.
Mme Setlakwe : Merci. Je ne
sais pas s'il me reste un peu de temps.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Il reste une minute.
Mme Setlakwe : Je voudrais
vous entendre un peu sur l'idée de permettre des contrats en mode collaboratif,
là, le partenariat pour finalement répartir le risque ou partager le risque.
Vous pensez quoi de cette idée-là?
M. Rhéaume (Félix) : On pense
que c'est une très bonne idée, on pense que c'est une très bonne idée. Mais,
comme je le mentionnais, il y a lieu d'y aller de façon graduelle. C'est-à-dire
que c'est une très bonne idée, mais pas dans chaque cas. Donc, ce n'est pas
tous les projets qui devraient se réaliser de cette façon-là. Il y a une
certaine... une certaine... Des projets d'une certaine ampleur s'y prêtent
davantage, peut-être d'ailleurs pour les municipalités qui sont d'une plus
grande taille, qui ont plus de ressources également.
Donc, de façon générale, on pense que
c'est une très bonne chose de le permettre, mais juste de garder en tête que ce
n'est pas une recette magique pour l'ensemble des projets <et...
M. Rhéaume (Félix) :
...ce
n'est pas une recette magique pour l'ensemble des projets >et... d'où le
sens de notre recommandation également, là, de mettre en place un comité de
travail ou de l'accompagnement pour les municipalités en collaboration avec les
entrepreneurs, aussi pour voir comment on va apprendre de ces nouveaux modes
là, comment on va les appliquer et voir quels projets s'y prêtent davantage,
quels projets s'y prêtent moins. Donc, voilà, dans le détail, mais globalement
on est très favorables.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Nous allons maintenant du côté de la deuxième opposition, et
j'entends le député de Taschereau pour 3 min 28 s.
M. Grandmont : Merci, M. le
Président. Bonjour à vous quatre. Recommandation 10, vous dites que vous
recommandez qu'«un comité indépendant soit chargé de l'analyse des prix
anormalement bas». Est-ce que, dans le fond, c'est vraiment juste pour la
partie des prix anormalement bas ou c'est tout le processus? C'est vraiment
juste ça, là, il faut vraiment le lire littéralement comme... quand il y a un
prix dans un appel d'offres qui est trop bas par rapport aux autres, c'est
juste à ce moment-là que ce comité-là est sollicité.
M. Rhéaume (Félix) : Oui.
Spécifiquement sur... sur cet article-là, pardon, où, dans le projet de loi
actuel, on le confiait à l'organisme municipal, donc la ville, dans... la tâche
d'évaluer si le prix est anormalement bas, comme Martin le détaillait tantôt,
ça peut induire une certaine proximité. Ça ne va pas nécessairement procurer un
avantage indu, mais on veut éviter toute cette possibilité-là. On pense que
d'avoir un recul supplémentaire avec un comité va permettre d'éviter ces
situations potentielles là. Puis l'autre élément que je mentionnais également :
l'importance d'avoir un rapport au ministère de ces cas-là pour avoir une vue
d'ensemble.
M. Grandmont : Quel est le
déclencheur? À partir de quand on détermine qu'un prix est anormalement bas et
qu'on doit, dans le fond, référer à ce comité-là?
M. Laurendeau (Martin) : C'est...
C'est difficile d'établir un pourcentage parce que...
M. Grandmont : Moi, je veux
savoir : C'est quoi, le déclencheur? À partir de quand une municipalité va
dire : OK, il est bas? Selon quels critères? Puis à quel... à quel moment
je l'envoie, dans le fond, à ce comité-là, là?
M. Laurendeau (Martin) : Mais,
en fait, là, tu sais, moi, je n'ai pas de problème à ce que ce comité-là soit
appelé à se pencher, peu importe le cas, parce que c'est à l'entrepreneur de
plaider sa cause puis de démontrer qu'il veut obtenir le contrat ou qu'il n'a
pas fait d'erreur dans sa soumission. Moi, l'enjeu...
M. Grandmont : Mais donc c'est...
Donc, c'est à la demande de l'entrepreneur qui se jugerait lésé?
M. Rhéaume (Félix) : ...d'établir
des critères qui sont communs pour tout le monde, donc, encore une fois,
d'enlever l'arbitraire et d'avoir des standards uniformes pour l'ensemble des
municipalités, l'ensemble des contrats puis l'ensemble des soumissionnaires.
Donc, ça pourrait être un cadre qui est unique à tout le monde, qui établirait
quel... quel est le déclencheur, est-ce que c'est un pourcentage d'écart ou
autres, qui serait par la suite analysé par le comité mis en place.
M. Grandmont : Donc, je
comprends que ce serait à déterminer par la suite. Est-ce que vous avez
consulté l'UMQ, la FQM là-dessus?
M. Rhéaume (Félix) : Non, ça
n'a pas été...
M. Grandmont : Donc, ça n'a
pas été fait. D'accord.
M. Rhéaume (Félix) : C'est...
Vous comprendrez que le projet de loi a été déposé récemment. On a eu des
délais...
M. Grandmont : Oui, on est au
courant aussi.
M. Rhéaume (Félix) : Je suis
convaincu que vous avez la même réalité. Mais, bref, nos consultations ont été
plus à l'interne.
M. Grandmont : Parfait. Et
rapidement sur la... Je m'excuse de vous presser, là, mais...
M. Rhéaume (Félix) : Non,
non, il n'y a pas de problème.
M. Grandmont : ...recommandation 12,
vous dites que vous recommandez «la mise en place d'un groupe de travail qui
réunit les parties prenantes pour surmonter les défis opérationnels de ce type
de contrat». On parle des contrats collaboratifs, dans le fond?
M. Rhéaume (Félix) : Oui, exact.
M. Grandmont : Est-ce que
vous avez... À travers ça, est-ce qu'on doit comprendre que vous craignez que
les modes collaboratifs favorisent davantage les grands joueurs, c'est-à-dire
les grandes entreprises québécoises ou internationales, mais que ça favorise
des plus gros joueurs, finalement, au détriment des plus petits?
M. Rhéaume (Félix) : C'est
une... C'est une possibilité, surtout si on y va rapidement puis qu'on commence
à faire ces modes-là à un grand éventail de projets. Je crois qu'aujourd'hui ça
favoriserait peut-être les plus gros joueurs qui ont déjà une certaine
expérience au détriment de ceux qui ne les ont pas encore apprivoisés, d'où ce
qu'on suggère, d'y aller de façon graduelle avec les projets d'une certaine
ampleur, voir l'expérience. Ça permettrait aux plus petits joueurs également
d'apprendre de ces expériences-là. Et je crois, là, ça... comme je disais, on
ne les a pas consultés, mais de ce que j'ai entendu des commentaires
précédents, je pense que l'UMQ et la FQM étaient un peu dans cette lignée-là
aussi, là, reconnaissent que ce n'est pas nécessairement applicable par toutes
les municipalités ou pour tous les projets.
M. Grandmont : Merci
beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Merci beaucoup. Nous allons maintenant du côté des Îles-de-la-Madeleine pour 2 min
38 s.
M. Arseneau : Merci, M. le
Président. Merci, messieurs, madame. Je voulais revenir sur la question des
délais de paiement. Est-ce que je dois comprendre que c'est juste le processus
municipal qui est beaucoup trop lent ou long, ou est-ce que ce sont des délais
indus liés à des facteurs, je ne sais pas, moi, de stratégie ou d'incompétence,
selon vous?
M. Rhéaume (Félix) : Je vais
laisser Steve...
M. Boulanger (Steve) : ...ce
n'est pas une situation qui est unique aux municipalités, loin de là. Quand on
a documenté la situation, les contrats publics étaient pires que les contrats
privés. Ça incluait les contrats municipaux. Je ne pense pas que ce soit de la
mauvaise foi. On est conscients qu'il peut y avoir un manque de ressources. On
est conscients qu'il y a des approbations au niveau des travaux qui ne peuvent pas
se faire. Ce qu'on dit, c'est : Mettons en place les <conditions...
M. Boulanger (Steve) :
...
Ce qu'on dit, c'est : Mettons en place les >conditions. Ce n'est
pas à l'entrepreneur à subir la problématique de gestion contractuelle. On peut
la comprendre, mais il faut mettre les moyens en place, quand on décide d'y
aller avec un contrat de construction, pour pouvoir arriver à temps et suivre
la cadence. Mais je ne pense pas que ce soit... sauf exception, là, mais de la
mauvaise foi. Mais il y a beaucoup, je pense, d'incompréhension en disant :
Bien, je te paierai six semaines ou un mois, ou mon professionnel
n'est pas disponible pour faire le décompte, on... ce sera le mois suivant.
Mais, dire ça, c'est une incompréhension de la réalité des entrepreneurs qui
doivent payer au jour le jour leurs fournisseurs, leurs taxes, leurs
prélèvements, etc.
• (15 h 30) •
M. Arseneau : Puis, lorsque
les municipalités vont chercher, eux, les montants de taxes, bien, ils ne
donnent pas beaucoup de délais.
M. Boulanger (Steve) : Il n'y
a pas beaucoup de délais de grâce.
M. Arseneau : Ils sont
imposés des frais d'intérêt. On vous comprend là-dessus. Le processus de
plainte, j'aimerais savoir de quoi on parle, de quel type de plainte, là, votre
recommandation 4. Pouvez-vous nous donner des exemples du fait que le
processus, il est... il est inadéquat?
M. Rhéaume (Félix) : En fait,
on ne dit pas que le mécanisme est inadéquat. On dit juste que le... Ce qui est
formulé dans le projet présentement, c'est de dire que chaque ville doit
élaborer un mécanisme de plainte... un mécanisme de plainte dans son règlement
de gestion contractuelle. Donc, ce qu'on dit, nous, c'est... dans une optique
d'uniformité, c'est que ça devrait être le même processus pour l'ensemble des
municipalités. Donc, ce n'est pas tant qu'il y a un problème, actuellement.
C'est vraiment juste de s'assurer que ce soient les mêmes critères, le même
traitement qui soit appliqué de façon globale.
M. Arseneau : Excellent! Je
comprends bien. Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va. Merci beaucoup. Alors, cela met fin à nos échanges. Alors, merci beaucoup
pour votre apport à la commission.
Nous suspendons quelques instants afin
d'accueillir le prochain groupe.
(Suspension de la séance à 15 h 31)
15 h 30 (version révisée)
(Reprise à 15 h 38)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous poursuivons les travaux. Nous recevons maintenant l'Institut du
développement urbain du Québec. Alors, bonjour à vous deux. Alors, j'invite à
vous présenter, par la suite, enchaîner avec votre présentation. J'allais dire
l'ancienne députée de Verdun, alors, bonjour à vous. Bien... Bon retour à l'Assemblée
nationale. Alors, je vous laisse la parole.
Mme Melançon (Isabelle) : Merci.
Bonjour. Isabelle Melançon, PDG de l'Institut du développement urbain du
Québec. Aujourd'hui, je suis accompagnée de Stéphane Dion, qui est le directeur
du conseil régional de Québec, qui est la permanence de l'IDU de Québec. Alors
Stéphane m'accompagne aujourd'hui. Alors, mes salutations, M. le Président, Mme
la ministre, aux députés de la banquette ministérielle, aux députés des
oppositions. Salutations.
L'IDU, comme vous le savez, c'est le plus
important réseau de professionnels de l'immobilier commercial du Québec. C'est
plus de 350 organisations membres, propriétaires, développeurs,
investisseurs, firmes d'architecture, d'urbanisme et d'avocats. L'IDU est un
organisme qui fait de la recherche pour favoriser les meilleures pratiques de
développement en milieu urbain, en s'appuyant, pour formuler ses avis, sur l'expérience,
l'expertise de ses membres. Ceux qui construisent 95 % de tout le cadre
bâti, là, au Québec, dans les logements, par année, c'est les membres de l'IDU,
ceux que nous représentons.
Depuis plusieurs mois, les enjeux et les
défis qui touchent l'industrie de l'habitation au Québec se multiplient et se
complexifient. La crise du logement et celle des changements climatiques
s'intensifient et les besoins sont criants. On ne peut pas miser sur une seule <mesure...
Mme Melançon (Isabelle) :
...climatiques
s'intensifient et les besoins sont criants. On ne peut pas miser sur une seule
>mesure, c'est important de le dire. Pour venir à bout de cette crise,
ça prendra un bouquet de mesures. Ce que l'on sait, c'est que nous devons
augmenter l'offre de logements. Et, pour ce faire, il faut bien sûr avoir des
mesures incitatives comme l'exemption de la TPS, introduite par le gouvernement
fédéral, sur les constructions d'immeubles locatifs. D'ailleurs, à ce sujet, M.
le Président, vous me permettrez de répéter que l'on souhaite toujours que le
gouvernement du Québec puisse emboîter le pas avec l'exemption de la TVQ sur la
construction d'immeubles locatifs, comme l'a fait l'Ontario et plusieurs autres
provinces du Canada, pour pouvoir justement augmenter l'offre et les mises en
chantier.
• (15 h 40) •
Pour relancer la construction en ces temps
incertains, la solution passe aussi par une densification planifiée de nos
milieux de vie, de fonds pour les infrastructures et un plus grand soutien pour
le développement urbain. Se loger, ça fait partie de la base de la pyramide de
Maslow. En ce sens, cela concerne la majorité des missions et des
responsabilités du gouvernement et des municipalités. Par conséquent, des
pistes de solutions et les différents leviers relèvent de plusieurs ministères
et nécessitent une offensive concertée, une offensive qui implique les
gouvernements, les municipalités et l'ensemble des acteurs de l'habitation.
Le chantier, il est titanesque. C'est
pourquoi la collaboration de tous est absolument nécessaire. Je tiens à vous
rappeler qu'à l'IDU on cherche des solutions. Et, lorsque l'occasion se
présente pour agir ou intervenir, l'IDU est toujours présente.
Si l'on souhaite véritablement ajouter
1,2 million de logements d'ici la fin de 2030, au Québec seulement, pour
rétablir l'équilibre et l'abordabilité, comme l'estiment la SCHL, il faut
absolument élargir les outils des villes pour favoriser le développement là où
on le souhaite le faire et là où c'est possible de le faire.
Et, quand le gouvernement pose les bons
gestes, bien, on le souligne. J'applaudis aujourd'hui la ministre des Affaires
municipales qui, avec le projet de loi n° 79 qu'elle... qu'elle a déposé
le 7 novembre dernier, introduit certaines mesures qui pourraient
notamment permettre aux villes d'accélérer l'approbation de projets de
construction d'habitations et de contrer les effets négatifs des processus de
consultation.
Dans son ensemble, le projet de loi
n° 79 vise à moderniser et à simplifier le cadre de gestion contractuelle
municipale sans compromettre l'intégrité des différents processus. Il permettra
également de donner aux municipalités les leviers nécessaires pour accélérer la
construction de logements. Vous aurez compris, M. le Président, que le dernier
objectif intéresse plus particulièrement l'IDU et est davantage en lien avec sa
mission première. Nous laisserons donc le soin à d'autres organisations, comme
l'a fait l'ACQ précédemment, de développer l'expertise nécessaire et de
commenter les mesures visant le régime contractuel.
C'est pourquoi, parmi l'ensemble des
mesures législatives mises de l'avant avec le projet de loi n° 79, notre
attention s'est portée exclusivement sur les suivantes : abolir le recours
au citoyen auprès de la Commission municipale du Québec dans le régime
d'aménagement du territoire; réduire de 25 % les délais accordés à la
ministre des Affaires municipales pour donner son avis sur la conformité aux
orientations gouvernementales en aménagement du territoire d'une modification à
un schéma d'aménagement et de développement; prévoir l'entrée en vigueur d'un
règlement dès son adoption s'il a été adopté sans changement par rapport à un
projet de règlement jugé conforme aux orientations gouvernementales en
aménagement du territoire; et finalement, élargir aux projets mixtes,
résidentiel et commercial, le pouvoir temporaire aux municipalités d'autoriser
des projets d'habitation qui dérogent à la réglementation d'urbanisme.
On ne le dira jamais assez, la crise de
l'habitation que nous vivons actuellement requiert que nos gouvernements posent
des gestes significatifs avec des mesures incitatives pour que l'on construise
davantage, plus rapidement, plus rapidement, tous les types de logements. En ce
sens, nous sommes d'avis que les mesures introduites par la ministre avec le
projet de loi no 79 constituent un grand pas dans la bonne direction.
Voici en quelques mots nos commentaires
motivant notre appui à ces mesures. Récemment, un sondage commandé par l'APCHQ
révélait que près de 75 % de la population québécoise s'inquiète de
l'impact des nouveaux projets dans des zones non développées telles que les
territoires agricoles, les milieux naturels en raison de leur potentiel à nuire
à l'environnement et à l'autonomie <alimentaire...
Mme Melançon (Isabelle) :
...en
raison de leur potentiel à nuire à l'environnement et à l'autonomie >alimentaire.
Ces données montrent que le rejet marqué de l'étalement urbain et renforcer
l'idée de la densification dans des zones urbaines déjà existantes est la
solution.
Où le bât blesse, c'est que, si une
majorité de Québécois se disent en faveur de la densification, malheureusement,
l'expérience démontre que beaucoup de projets immobiliers se butent au syndrome
du «pas dans ma cour». En pleine crise logement et en urgence climatique, c'est
un non-sens que l'intérêt d'une infime partie... d'une infime minorité mobilisée
puisse primer sur l'intérêt collectif. Parmi l'éventail des outils à la
disposition de citoyens souhaitant s'opposer à des projets immobiliers, on
retrouve le recours citoyen auprès de la Commission municipale du Québec, la
CMQ, dans le régime d'aménagement du territoire.
En effet, les citoyens d'une municipalité
locale peuvent demander à la CMQ de donner son avis sur la conformité de
certains règlements d'urbanisme aux plans d'urbanisme à la suite d'une
modification de ce dernier. Concrètement, la CMQ ne peut pas se prononcer sur
la légalité d'un règlement municipal ni sur son opportunité. C'est la Cour
supérieure qui a compétence pour vérifier si un règlement est légal et c'est le
conseil municipal qu'il juge de son opportunité. Malgré tout, cet outil ne
requiert que la signature de cinq citoyens et, dans les faits, permet de
ralentir un projet immobilier dans leur municipalité. Les délais qui en
résultent s'ajoutent aux longues listes des autres délais et contraintes vécues
par les développeurs. Conséquemment, ce sont des coûts supplémentaires pour les
projets et donc des logements plus chers pour les futurs locataires,
propriétaires. Dans le contexte actuel, enlever ce recours est la bonne chose à
faire.
Nous saluons l'intention de réduire de 25 %
le délai sur la conformité des orientations gouvernementales en aménagement du
territoire d'une modification à un SAD. C'est aussi... C'est aussi vrai pour la
mesure prévoyant l'entrée en vigueur d'un règlement dès son adoption, s'il a
été adopté sans changement par rapport à son projet de règlement jugé conforme
aux orientations gouvernementales en aménagement du territoire. Une initiative
d'exemplarité qui devrait inciter d'autres, les municipalités, à faire de même
selon nous. Si l'on veut résoudre la crise que nous vivons présentement, la
réduction des délais devrait être la priorité des gouvernements et des
administrations municipales.
Enfin, nous saluons également
l'élargissement aux projets mixtes, résidentiels et commerciales, de
superpouvoirs temporaires accordés aux municipalités. Idéalement, cette mesure
aurait pu se retrouver au PL 31 de la ministre de l'Habitation, adopté
l'an dernier. Ainsi, on aurait pu permettre à certains projets, avec mixité
d'usage, de démarrer plus tôt. En effet, l'IDU croit que de développer des
milieux de vie complets en densifiant de vastes terrains à usage commercial
unique et en rendant multifonctionnel est la bonne chose à faire pour rendre
nos villes plus résilientes, contrer l'étalement urbain, accroître l'offre de
logement, favoriser l'abordabilité et valoriser les actifs existants pour
augmenter les revenus des villes : une solution gagnante pour tout le
monde. La bonification que nous y voyons à ce moment-ci, ce serait d'assouplir
le règlement de façon permanente pour justement gagner en prévisibilité auprès
des promoteurs.
Avant de conclure, j'aimerais faire une
mention, une petite mention spéciale à Mme la ministre, en soulignant sa
volonté d'encadrer le recours aux redevances de développement par les municipalités,
introduite à la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme du projet de loi n° 39,
adoptée il y a un an. Vous n'êtes pas sans savoir que c'était une demande
formulée à maintes reprises de la part de notre institut.
Depuis que la LAU accorde du pouvoir aux
municipalités de prélever des redevances de développement, son utilisation n'a
cessé de progresser. Encore, récemment, des villes ont pris la décision, dont
Candiac et Gatineau, qui imposent respectivement des redevances de 10 000
et de 3 900 $ par unité, par porte. On additionne les redevances et,
dans certaines municipalités, on arrive avec une facture de 36 000 $
par porte supplémentaire, qui sont passés au propriétaire ou au locataire. Or,
la plupart de ces initiatives ne respectent pas le cadre légal sur lequel elles
s'appuient. Ça ressemble davantage à une taxe foncière additionnelle imposée
aux futurs résidents, qu'ils soient locataires ou propriétaires. C'est pourquoi
nous encourageons la ministre à aller de <l'avant...
Mme Melançon (Isabelle) :
...ou
propriétaires. C'est pourquoi nous encourageons la ministre à aller de >l'avant
rapidement avec la mise en place du règlement qui viendra encadrer
l'utilisation des redevances. Je suis maintenant prête à répondre à vos
questions. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, vous avez la parole, Mme la ministre.
Mme Laforest : Oui, merci. Merci,
Mme Melançon, M. Dion, évidemment. Je vais y aller... parce que je
n'ai pas de... Je n'ai pas le mémoire.
Mme Melançon (Isabelle) :
Non.
Mme Laforest : C'est bon, OK. Mais
on se rencontre, on se parle quand même régulièrement. Je vais y aller avec mes
questions en rafale, parce que je veux voir... Écoutez, là, merci pour les bons
points que vous mentionnez, la densification, les redevances, les projets
mixtes. Mais moi, mes questions, au niveau des redevances, avez-vous un montant
que vous dites : Écoutez, plus haut que ça, c'est impensable de faire un
projet d'habitation? Avez-vous... Je sais qu'il y a des exemples, des montants
dans certaines municipalités que c'est vraiment trop élevé, est-ce que vous
établissez un prix... le meilleur montant des redevances, avez-vous un montant?
• (15 h 50) •
Mme Melançon (Isabelle) : Bien,
je vais y aller assez simplement, là, actuellement, tous les proformats,
lorsqu'on veut monter... lorsqu'on veut faire monter des étages, quand on veut
avoir des projets, ça ne fonctionne pas à l'heure où on se parle, parce que les
taux d'intérêt ont été élevés. Le taux... les matériaux coûtent plus cher, la
main-d'oeuvre coûte plus cher, tout a explosé en frais de coût. Donc, chaque
coût supplémentaire vient donner un coup dans l'abordabilité. Ça fait que vous
arrivez avec un montant, Mme la ministre, pour moi, ce serait vraiment contre-productif
à ce moment-ci.
Moi, ce que je... ce qu'on souhaite, c'est
pouvoir bien sûr pouvoir encadrer les municipalités puis leur dire : C'est
nouveau, là, redevances de développement... Vous le savez, vous avez eu des
exemples, là, il y a des municipalités qui se sont payé des hôtels de ville,
des agrandissements d'hôtel de ville avec des trucs en développement, alors que
ce n'est pas ça dont on a besoin actuellement. Ce dont on a besoin, c'est
d'essayer de diminuer l'abordabilité le plus rapidement possible. On voit que
les coûts sont très, très élevés.
Et il y a quelque chose qui ne fait comme
pas partie actuellement du radar de personne, mais ce sont les conditions de
prêt auxquelles... dans lesquelles sont plongés les promoteurs actuellement. Les
banques exigent de plus en plus dans les conditions de prêt. C'est-à-dire
qu'auparavant, lorsqu'on voulait bâtir un 120 unités de condos, bien, on
nous demandait d'avoir une trentaine de condos de vendus, puis, par la suite,
la banque venait puis il avait le prêt.
Aujourd'hui, les conditions de prêt ont
explosé. On demande près de 80 %, dans certains cas, de vendre
préalablement avant d'obtenir un prêt. Vous comprenez qu'actuellement ça ne
fonctionne tout simplement pas. C'est pour ça que les mises en chantier,
malheureusement, sont en recul. On l'a vu, là, 2023, la pire année depuis 1955,
on l'a vécu en 2023. Et lorsque j'entends certaines personnes, là, qui sont un
peu plus jovialistes nous dire : Ça va bien, il y a une augmentation de
14 %, 15 % en moyenne sur le territoire québécois, actuellement! Bien,
15 % par rapport à la pire année, vous comprenez qu'on n'y arrivera tout
simplement pas si on veut augmenter l'offre à court terme pour justement avoir
un équilibre dans les prix et pour pouvoir justement loger convenablement les
gens partout sur le territoire.
Mme Laforest : Excellent.
Merci. Juste pour vous rassurer, j'ai rencontré la mairesse de Gatineau, il y a
une semaine, il y a deux... la semaine passée. Puis justement les projets comme
vous parlez en attente ou les projets bloqués, disons qu'elle allait tout faire
pour tout débloquer les projets. Puis elle a vraiment des beaux projets chez
elle, donc on va lui... on va lui faire confiance, puis je n'ai pas aucune
inquiétude que ça devrait débloquer ses projets en habitation. La CMQ, pour les
cinq citoyens, vous savez que c'est retiré, on enlève la possibilité.
Mme Melançon (Isabelle) : C'est
pour ça qu'on applaudit, Mme la ministre, aujourd'hui.
Mme Laforest : Oui, oui, exactement.
Parce qu'en même temps il faut le mentionner, les gens questionnaient la CMQ
pas pour la pertinence du projet, pas pour les questions sur le projet, c'était
vraiment plus pour : Je ne veux pas ce projet-là à côté de chez moi,
c'était plus ça. Donc là, les... le fait de canceller ou annuler des projets,
ou ne pas voir des projets à cause de cinq citoyens seulement, ce sera... ce
sera impossible.
Donc, les redevances, la Commission
municipale du Québec. J'aimerais vous entendre également les terrains vacants,
parce qu'on a dit : Les municipalités qui ont des terrains vacants, il
faut absolument qu'on construise rapidement sur les terrains vacants. Est-ce
que vous voyez une petite amélioration pour les terrains vacants?
Mme Melançon (Isabelle) : Bien,
probablement que je pourrai demander même à Stéphane de finaliser la réponse.
Je veux simplement vous rappeler qu'il y a des municipalités actuellement qui
ont des idées de taxer des terrains qui sont laissés vacants actuellement, mais
je veux aussi qu'on se rappelle qu'il y a des municipalités qui n'offrent plus <d'infrastructure...
Mme Melançon (Isabelle) :
...mais
je veux aussi qu'on se rappelle qu'il y a des municipalités qui n'offrent plus
>d'infrastructure pour qu'on puisse faire du développement sur les
terrains vacants. Il commence à y avoir des moratoires un peu partout sur le
territoire, parce qu'il y a des municipalités qui sont incapables d'offrir
justement les infrastructures, des moratoires comme à Lévis. Là, je vais nommer
la ville de Lévis. Vous avez vu ça... ça a été partout dans l'actualité dans
les dernières semaines. Stéphane, est-ce que tu as des...
M. Dion (Stéphane) : Oui.
Bien, en fait, on pense que c'est... Il y a un peu une pensée magique derrière
l'idée qu'une surtaxe sur un terrain vacant desservi va automatiquement amener
le développement. Il n'y a pas de promoteur qui achète des terrains pour ne pas
les développer, il y a toujours une volonté de développer les terrains. Et le
meilleur outil que nos promoteurs identifient comme incitatif au développement,
c'est un zonage qui permet d'avoir des projets rentables. Alors, l'enjeu,
l'enjeu est là, alors... et de limiter le plus possible le «pas dans ma cour»,
le... comme vous l'avez fait avec la Commission municipale, mais dans le reste
aussi de la LAU, qui est un peu bâtie, depuis les dernières décennies, derrière
cette idée-là de pouvoirs importants à quelques citoyens riverains situés dans
quelques zones contiguës qui, des fois, sont découpées de façon à ce qu'il y
ait très peu d'électeurs qui puissent empêcher la réalisation d'un projet qui
va amener plusieurs logements puis répondre aux besoins de plusieurs ménages.
Mme Melançon (Isabelle) : Et
d'ailleurs, si je peux me permettre, Mme la ministre, c'est très difficile pour
un promoteur de faire sortir des gens qui sont d'accord avec son projet parce
que les locataires ou les futurs propriétaires ne sont toujours pas là, alors
que ceux qui ne veulent pas avoir, justement, un projet proche de chez eux, peu
importe le projet, qu'ils soient en logement social ou en privé, bien, à un
moment donné, c'est... c'est comme... C'est comme contre-intuitif, on va dire
ça comme ça, pour un promoteur de dire : Bien, je veux bien, là, mais qui
va dire : Ah oui, moi, je suis d'accord avec un nouveau projet, je ne l'ai
pas vu, je ne sais pas ce que c'est puis je n'y habite pas, alors qu'il y a des
gens qui vont se sentir lésés d'avoir un projet près de chez eux parce que ça
peut amener plus de monde qui... ça va amener peut-être plus de circulation? On
l'a vu, vous lisez les journaux comme on les lit de notre côté.
Mme Laforest : Oui, puis on
espère aussi qu'à Lévis ça va... ça va se passer rapidement, malgré qu'il faut
voir que l'essentiel c'est d'avoir assez d'eau pour faire les projets en
habitation des fois. Donc, il y a des études qui se font pour la nappe
phréatique. Donc, c'est sûr qu'il y a des vérifications à faire, mais on espère
que les projets vont reprendre très, très rapidement.
J'y vais encore une fois rapidement. Les
projets mixtes. C'est demandé vraiment, parce que, nous, c'est sûr, pourquoi on
met la mesure, c'était vraiment demandé, mais vous n'avez pas... Est-ce que
vous avez des exemples de dire : Les projets mixtes, en général, nous,
c'est 50 % de commerce ou encore 25 % de commerce? Avez-vous un
pourcentage dans la plupart de vos réalisations?
Mme Melançon (Isabelle) : Les
promoteurs, là, mettent tellement d'argent en jeu qu'eux autres, ils y vont
aussi avec une base du marché. Rarement ils vont dire : Bien oui, je
vais... je vais bâtir quelque chose pour ne pas... pour ne pas avoir de
locataire, qu'il soit locataire résidentiel ou commercial. Donc, je pense qu'il
y a un équilibre qui se fait de marché, mais il y a une chose qui est
importante et qui a vraiment changé au fil des années, c'est qu'on construit
maintenant des milieux de vie. Ce qu'on veut faire de plus en plus... Et c'est
ça, le but avec les TOD, c'est de pouvoir créer un milieu de vie où les gens
vont être capables d'habiter, de travailler, d'aller faire l'achat à la
boulangerie, de pouvoir vivre bien là où ils demeurent. Donc, d'un territoire à
un autre, difficile pour moi de vous dire aujourd'hui : Ça prend du
50 % ou plus ou moins. Ça dépend où est-ce qu'on va bâtir, bien entendu.
Vous allez avoir, du côté du Saguenay, des besoins qui ne seront peut-être pas
les mêmes, vu la grandeur du territoire, que dans l'urbain, Québec.
Mme Laforest : D'accord. Vous
savez aussi que les projets avec les sociétés de transport... Est-ce que vous
êtes au courant qu'il y a des projets en attente, oui?
Mme Melançon (Isabelle) : Il
y a des projets en attente. Et vous savez quoi? On souhaite... On souhaite,
parce que ce ne sera pas la... Juste que ce soit bien entendu, parce que,
souvent, nos membres nous posaient des questions, avec la société de transport,
ils viennent se chercher un promoteur qui va les aider justement à bâtir. Ce
n'est pas la société de transport qui se transforme en promoteur. Ce qu'ils
savent le mieux faire, les sociétés de transport, bon, ça va être d'offrir du
transport en commun. Mais, de notre côté, on va faire ce qu'on sait le mieux
faire, c'est-à-dire de bâtir.
Mme Melançon (Isabelle) : Excellent.
Excellent. Puis il faut mentionner aussi que Montréal a obligé 120 jours
au maximum pour donner les permis. Alors, j'espère que ça... ça devrait bien
aller. Il y a des... Les permis, je sais qu'il y a des municipalités qui sont <exemplaires...
Mme Laforest :
...ça
devrait bien aller. Il y a des... Les permis, je sais qu'il y a des
municipalités qui sont >exemplaires, puis il y a eu énormément
d'améliorations. Je sais qu'il y a d'autres améliorations à faire dans
certaines municipalités, mais avec tous les pouvoirs qu'on donne présentement,
je ne sais pas qu'est-ce qui... qu'est-ce qui ferait que les permis ne seraient
pas octroyés rapidement.
Mme Melançon (Isabelle) : Je
vais me permettre une...
Mme Laforest : Avez-vous...
• (16 heures) •
Mme Melançon (Isabelle) : Oui,
je vais me permettre une réponse, Mme la ministre. Deux choses, la première
chose, de dépendre uniquement de la volonté politique, c'est quand même
dangereux. On est en année électorale du côté des municipalités, et de laisser
uniquement la pression à un maire qui, je le disais tout à l'heure, là, des
citoyens qui sont dans le «pas dans ma cour» vont faire beaucoup plus de
pression auprès d'un maire ou de conseillers municipaux que des futurs
potentiels résidents d'un complexe quelconque. Donc, de la volonté politique,
il y en a à certains endroits, il y en manquera plus on va se rapprocher de
l'élection, je vais dire ça ainsi, et probablement que ça repartira en 2026,
mais on n'a pas le pouvoir d'attendre plus longtemps dans la crise de logement
dans laquelle nous sommes actuellement. Donc, c'est pour ça que je parlais de
pérennité, bien sûr, des super pouvoirs. Si c'est possible de le faire, nous on
appuie le tout.
Et concernant les délais, lorsqu'on parle
de 120 jours du côté de Montréal, on parle de 120 jours pour des
projets qui sont en plein droit. Vous comprenez que des projets plein droit,
mes membres n'en font pas. On est toujours dans des demandes de dérogation
parce que ce sont de gros projets que nous faisons. Donc, le 120 jours,
malheureusement, ne viendra rien changer auprès de... auprès des membres de
l'IDU qui, je le rappelle, construisent 95 % des logements actuellement,
là. Donc, malheureusement, il n'y aura pas une formule magique.
Pour le reste, est-ce qu'il y a des municipalités
qui font bien? La réponse est oui et j'en ai visité. J'ai fait du terrain dans
les... dans les derniers mois, on a vu... et je ne sais pas si vous avez vu
Radio-Canada qui a été capable d'aller chercher combien de temps ça prenait
selon certains... certaines études, mais tu sais, il y a des endroits où à
Laval ou à Longueuil, on est à 71 jours. C'est bon. Est-ce que c'est
parfait? La réponse, c'est non, mais on n'est pas dans du 300 jours. Puis
je vous invite à aller lire l'histoire... l'histoire de Radio-Canada, là, avec
Rachel Julien. Honnêtement, un projet formidable où il y a
1 000 logements sociaux. Ça va faire plaisir à plein de monde, là. 1 000 logements
sociaux. Ils ont déposé le projet en 2019, puis finalement, on va finir de
bâtir en 2027. Dites-moi si vous trouvez ça normal? Moi, pas.
Mme Laforest : Bien là,
certainement non, parce que, là, avec la densification, le zonage, les super
pouvoirs, la Commission municipale du Québec, c'est certain que... dites-vous
que le gouvernement est prêt. On est prêt. On a passé plusieurs projets de loi.
Bien, vous étiez d'ailleurs là dans certains projets de loi. Donc, on fait tout
notre possible. Il faut que les... J'ai confiance. La plupart des municipalités
sont... sont en action, mais il y a toujours place à l'amélioration.
J'avais... j'avais une dernière question.
Les projets... en fait, les projets... Je vous donne... Je vous pose une
question, parce qu'on a eu quand même certains commentaires. Un projet en habitation
avec une bibliothèque municipale, un projet mixte, évidemment, comment vous
voyez ça, l'IDU? Êtes-vous d'accord? Oui. Mais avez-vous des réticences?
Comment...
Mme Melançon (Isabelle) : Bien,
je vais vous le dire, là. Les promoteurs actuellement veulent que les projets
puissent fonctionner. Il y a de l'ouverture pour voir qu'est-ce qui peut être
fait. Mais je vais revenir avec une chose, c'est le manque d'infrastructures
actuellement qui nous fait le plus craindre, Mme la ministre, pour la suite des
choses. De pouvoir introduire, que ce soit du logement social, que ce soit une bibliothèque,
que ce soit... ça pourrait être à plein niveau, les gens se disent : Bien,
on est prêt à faire plein de... plein de compromis — je vais le dire
comme ça, là — puis ils sont prêts à s'asseoir. Puis regardez, ils se
cassent la tête à journée longue, puis ils veulent faire atterrir les chiffres
puis les projets, parce que c'est ce qu'ils savent le mieux faire.
Mais la base dans tout ça, on va avoir
besoin, puis on va avoir besoin de vous là-dessus, c'est de pouvoir avoir une
entente le plus rapidement possible. Bien sûr, avec le gouvernement fédéral
pour les infrastructures, mais aussi pour la suite des infrastructures. J'étais
avec le maire de Trois-Rivières...
Le Président (M. Schneeberger) : En
terminant.
Mme Melançon (Isabelle) : ...il
n'y a pas très longtemps et le maire de Trois-Rivières nous disait ça : Tu
sais, à un moment donné, ça va être soit je mets un toit sur la tête de
l'humain, soit je vais être obligé de faire de la surverse dans le fleuve.
C'est l'humain ou c'est le fleuve. Est-ce que ça peut être les deux? Moi, je
pense que ça doit être les infrastructures...
16 h (version révisée)
Mme Melançon (Isabelle) : ...ou
c'est le fleuve? Est-ce que ça peut être les deux? Moi, je pense que ça doit
être les infrastructures.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci. On n'a plus de temps.
Mme Laforest : C'est
important quand même de...
Le Président (M. Schneeberger) :
En tout cas...
Mme Laforest : C'est une
bonne information à donner, là. Mais allez-y.
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui. Alors, nous allons maintenant du côté de l'opposition officielle avec
la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Merci, M.
le Président. Merci à vous deux. On va continuer sur le même... le même sujet,
là, la question des infrastructures. Je pense qu'il faut y aller plus à fond.
On a entendu, il y a des cas qui sont rapportés dans les médias, il y a des cas
qui sont médiatisés. On a parlé de Lévis. Là, vous étiez sur le cas de Trois-Rivières,
mais je pense qu'on va vous laisser poursuivre, là, sur le même sujet, puis je
pense... Puis là, je vais juste me permettre d'ajouter, dans ma propre
circonscription, il y a le site de l'hippodrome. Ce n'est pas que je veux faire
une grosse parenthèse, mais c'est un site qui est là, qui est inoccupé puis
dont on parle depuis des années. Je sais que la question des infrastructures
est pertinente aussi. Je vous laisse... Je vous laisse continuer dans ce vers
quoi vous vous dirigiez, là.
Mme Melançon (Isabelle) :
Bien, je fais partie... Je suis membre du comité GALOPH, donc, pour l'accélération,
hein, justement, pour le site de l'hippodrome. Il y a aussi Bridge-Bonaventure,
qui est l'entrée, hein, sur Montréal lorsqu'on arrive par Champlain, puis... là
où il n'y a pas d'infrastructure, actuellement, là, à Montréal. C'est... c'est
un immense terrain qui est celui de l'hippodrome que vous connaissez mieux que
quiconque, mais qui a zéro infrastructure. Il faut qu'on puisse y penser.
Montréal, la ville à elle seule, ne sera jamais capable d'arriver, justement,
avec des infrastructures. Ça va prendre des nouveaux... des nouveaux
supérieurs, bien sûr, des fonds, puis le gouvernement fédéral, ils doivent être
au rendez-vous, là. Puis on a invité le gouvernement fédéral à quelques
reprises, à dire : Bien, on a besoin d'argent si on veut être capables...
si on veut être en mesure de pouvoir développer des sites comme ceux-là, qui
vont pouvoir accueillir des dizaines et des dizaines de milliers de personnes.
Alors qu'actuellement, on le sait, là, lorsque je regarde à Montréal, certes,
là, le taux d'inoccupation est très bas, mais on peut aussi parler de régions.
Moi, quand je vais à Trois-Rivières puis
que je vois que le taux d'occupation est à 0,4 %, tu sais, on est mieux de
dire presque zéro, là. C'est la même chose du côté de Saguenay et à Rimouski, à
0,3 %, on le sait à quel point, un peu partout, il y a des problématiques,
mais ce qui est aussi problématique, c'est que les infrastructures sont
vieillissantes, puis il y a des... il y a des infrastructures qui ne peuvent
pas accueillir... Et c'est le cas du côté de Lévis, là. Stéphane était avec le
maire Lehouillier pas plus tard que la semaine dernière. À un moment donné, ils
se disent : Bien, je ne suis pas capable. On a eu un beau, beau, beau
développement, mais là, je ne suis plus capable d'en recevoir. Et Lévis était
la ville où il y avait le plus de développement qui se faisait, et du jour au
lendemain, on va arriver avec un moratoire, ça n'ira pas en améliorant les
chiffres, malheureusement.
M. Dion (Stéphane) : Puis
si je peux ajouter, un des enjeux qui nous a été indiqué, c'est qu'il est ultra
important que les programmes gouvernementaux Québec-Ottawa financent le
maintien puis la réhabilitation des infrastructures existantes, mais aussi le
développement de nouvelles infrastructures. Par exemple, un site comme Chauveau,
à Québec, va demander énormément d'infrastructures, pas juste à cause du
tramway, mais à cause des quelques milliers d'unités d'habitation, du commerce puis
de l'industriel léger qui va... qui va s'y implanter.
Mme Setlakwe : On en a
déjà parlé, la ministre et moi, des programmes. Il y a des programmes au
Québec, on ne dit pas car il n'y en a pas, mais est-ce que... Puis là, je fais
la distinction, mais vous venez de la faire, entre maintien... maintien du
déficit d'actifs, puis ça, c'est documenté à chaque année avec des... avec des
rapports, il est énorme, mais il y a aussi tout ce que ça prend pour alimenter
des nouveaux développements. Donc... Puis il y a le fédéral, aussi, ou est-ce qu'il
y a de l'argent qui... qui ne se rend pas du fédéral à Québec?
Mme Melançon (Isabelle) : Bien,
actuellement, je sais qu'il y a des... il y a des... il y a des négociations.
Il y a des négociations qui ont cours actuellement. Donc, je pense qu'on est
sur le point d'arriver avec des ententes, mais on a besoin que cet argent-là
puisse atterrir le plus rapidement possible, bien sûr. Et il y a quelque chose
que vous n'avez pas mentionné, Mme la députée, c'est aussi les changements avec
l'adaptation aux changements climatiques. Hein, ça, c'est un autre volet, là,
qu'on pourrait ajouter. Donc, c'est beaucoup, beaucoup, beaucoup de demandes
qui sont faites, qui... et qui doivent... qui doivent avoir cours, là, puis on
le sait que ce n'est pas très sexy d'investir dans des tuyaux qui sont sous
terre, mais en même temps, c'est le... c'est le nerf de la guerre pour faire du
développement, pour pouvoir, justement, sortir des logements de terre le plus
rapidement possible.
Mme Setlakwe : Non, non,
c'est très important, il faut en parler, puis je pense qu'on en parle de plus
en plus. D'ailleurs, moi, je suis dans un secteur qui est développé, là, à ville
Mont-Royal, puis la moitié des gens que je <connais...
Mme Setlakwe :
...D'ailleurs,
moi, je suis dans un secteur qui est développé, là, à
ville Mont-Royal,
puis la moitié des gens que je >connais à ville Mont-Royal a subi des...
dont le... les sous-sols ont été inondés, cet été, suite aux fortes pluies du
mois d'août, moi, inclusivement, mais... Puis on pointe... Honnêtement, moi, je
ne suis pas en mode «on pointe du doigt l'administration locale», la ville
de... Nos réseaux ne suffisent plus. On a reçu des quantités de pluie, en une
soirée, équivalente à... c'était record, là, à plus d'un mois de pluie. Donc,
ça, c'est une autre réalité à laquelle il faut faire face.
Je vous amène maintenant sur le terrain
de... Vous avez mentionné brièvement la question du congé de TVQ. Vous, vous
continuez de militer pour que ce soit... ce soit fait au Québec comme c'est
fait dans d'autres provinces. J'aimerais vous entendre un petit peu plus, un
petit peu plus là-dessus.
• (16 h 10) •
Mme Melançon (Isabelle) : Bien,
oui, tout à fait, on a on a milité, on a... Dans les dernières années, on a
déposé des demandes prébudgétaires en ce sens là et on va continuer de le faire
parce que, du côté de l'Ontario, ils ont accepté de retirer leur TVQ
ontarienne. Ils l'ont fait du côté de Terre-Neuve, on l'a fait du côté de la
Nouvelle-Écosse. Il y a plusieurs, plusieurs, plusieurs exemples de provinces
canadiennes qui l'ont fait. Ma grande préoccupation et la grande préoccupation
des gens de l'IDU, actuellement, c'est que j'ai plusieurs de mes membres qui
travaillent de façon pancanadienne. Et vous savez que les capitaux,
actuellement, vont là où je suis capable de sortir plus rapidement à meilleur
coût possible, c'est certain, là, il y a du calcul qui est assez simple à
faire. À partir du moment où, en Ontario, il n'y a pas de «TVQ-O», on va
l'appeler comme ça, actuellement, vous comprenez que ça amène un avantage
extraordinaire. Donc, j'ai des grands groupes qui sont membres chez nous et qui
nous disent : Moi, là, quand je vais plaider pour le Québec, bien, ils me
disent : Bien non, les capitaux, on va les mettre en Ontario, à Terre-Neuve,
en Nouvelle-Écosse. Et là, ravoir des capitaux par la suite, au Québec, ça
devient hyper complexe, hyper compliqué.
Et la ministre parlait, tout à l'heure, de
la mairesse de Gatineau. Moi, j'ai eu des appels de Gatineau et des gens du
monde municipal qui m'ont dit : C'est terrible, le monde prenne le pont,
là, puis ils traversent en Ontario parce que c'est là où ça se passe
actuellement. Il y a une valeur ajoutée extraordinaire juste en traversant le
pont. Donc, à partir du moment où on est dans une iniquité entre les autres...
avec les autres provinces qui sont nos voisins immédiats, bien, ça vient mettre
une pression supplémentaire sur les fonds qui peuvent atterrir au Québec, et
c'est ce qu'on a voulu faire valoir. On nous avait expliqué, bien sûr, qu'il y
était pour y avoir une diminution des taux d'intérêt, mais les taux d'intérêt,
même avec la diminution qu'on a vue jusqu'à présent, ne permettent pas, au pro
forma, de fonctionner.
Mme Setlakwe : Merci. La
question du «pas dans ma cour». Je pense qu'on a fait du progrès, quand même,
dans les dernières années. Le mot «densification» n'est peut-être plus le mot
toxique qu'il était il y a quelques années. Mais vous avez raison, vous
soulevez un bon point, on est dans la dernière année du mandat des élus
municipaux. J'ai des craintes, moi aussi, que malgré tout le courage qu'ils
ont, ces élus, ils vont penser : Ce n'est peut-être pas le temps de mettre
de l'avant des projets audacieux, des projets de... qui vont bousculer certains
quartiers, même si c'est... le message, maintenant, est véhiculé qu'il faut
densifier. Vous l'avez dit aussi au départ, la population est d'accord qu'on ne
peut plus continuer dans l'étalement... dans l'étalement, qu'on ne peut plus
développer sur des terrains agricoles, etc. Est-ce que vous pensez, là, qu'on
a... que le message doit venir... puis je pense qu'il est en train de venir,
là, du niveau provincial? Mais qu'est-ce qu'on peut faire de plus, dans le
fond, pour les épauler, nos élus municipaux, pour qu'ils puissent aller de
l'avant avec des projets, puis que les projets reçoivent l'acceptabilité
sociale, puis que les résidents n'aient pas comme réflexe : Ah, bien,
ce... cet élu-là, moi, je ne vote plus pour lui, ça va trop changer ma qualité
de vie, on veut un changement, on va tourner en rond?
Mme Melançon (Isabelle) : Bien,
vous savez, rapidement, là, lorsqu'on parle de densification, on ne parle pas
toujours de 48 étages. Moi, c'est toujours la première chose dont je... on
commence toujours par ça, en disant : Calmons-nous, là, il y a des
endroits où, de la densification, on ne peut pas en faire de façon monumentale.
Stéphane a vécu une expérience, côté... pour un projet. Peut-être que ton
témoignage pourrait éclairer les gens.
M. Dion (Stéphane) : En fait,
l'enjeu, c'est vraiment que le fardeau politique de retirer le droit de
contestation des résidents riverains repose sur les seules épaules des élus
municipaux locaux. Tout l'enjeu, tout l'enjeu demeure là. Ce qui fait que,
cette année, PL n° 31, on s'attend malheureusement à
une année tranquille de ce côté-là, et l'expérience dont parle Isabelle, en
fait, c'est une soirée de consultation LAU tout ce qu'il y a de plus standard.
Mais le <projet...
M. Dion (Stéphane)T :
...et
l'expérience dont parle Isabelle, en fait, c'est une soirée de consultation LAU
tout ce qu'il y a de plus standard. Mais le >projet, c'était des
semi-détachés puis des habitations de trois étages, à Québec, tous accessibles
au programme Accès Famille de la ville de Québec, qui permet un premier achat
avec un accès à la propriété. Et puis, c'est un terrain qui n'est pas
construit, évidemment, mais qui sert à des gens riverains pour.... Puis ça a
été dit verbalement, là, aller promener leur chien, aller prendre des marches,
tout ça, puis, bien, ça devient un droit acquis, en fait, pour ces gens-là.
Puis, même, beaucoup de ces riverains-là étaient certains que le terrain était
de propriété municipale, alors qu'il est de propriété privée depuis quelques
années.
Donc, tant que le... les articles du PL n° 31 ne seront pas automatiques, c'est-à-dire que le
pouvoir ne sera pas transféré au conseil municipal d'autoriser les projets
d'habitation, bien, ça va prendre une décision politique diffusée publiquement,
ça va être difficile...
Le Président (M. Schneeberger) : Merci...
M. Dion (Stéphane) : Pardon,
c'est parce que je ne vous avais pas entendu.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
bien, c'est parce que là, je veux bien tirer, mais à un moment donné, il y a
des limites, là, pour être juste avec tout le monde. Alors, merci. Alors, nous
allons maintenant du côté de la deuxième opposition avec le député de Taschereau.
M. Grandmont : Merci, M. le
Président. Mme Melançon, M. Dion, bonjour. Merci d'être là aujourd'hui. Vous
parlez d'infrastructures, ça peut être des infrastructures de transport aussi,
évidemment, et en milieu urbain, évidemment, on pense aux transports en commun.
La date butoir du 15 décembre s'en vient très prochainement. Est-ce que vous
êtes aussi impatients que moi d'avoir une entente avec la CDPQ Infra pour la
réalisation du tramway?
Mme Melançon (Isabelle) : La
réponse, c'est oui, bien entendu. Vous m'avez déjà entendue sur le sujet,
d'ailleurs. Et, pour nous, de notre côté, on a participé, justement, aux
discussions qui ont eu lieu avec CDPQ Infra. On a été invité, Stéphane, Michel
Ayotte du Groupe MACH, nous étions avec Immostar, avec François Pelchat, et
nous sommes allés expliquer quelle était notre position face aux projets que
nous appuyons toujours et sur lesquels nous souhaitons qu'il n'y ait plus de
tergiversation.
M. Grandmont : Merci. Content
de l'entendre. On a beaucoup parlé, lors des audiences, des superpouvoirs
octroyés par le PL n° 31, notamment. Il y a des municipalités
qui sont venues nous dire... faire des représentations pour que ce soit octroyé
aux municipalités qui font moins de 10 000 habitants, entre autres. Il y a
d'autres interlocuteurs qui nous ont parlé aussi de la possibilité d'élargir,
d'enlever la temporalité de ces mesures-là, puis ils parlaient de densification
de plein droit. J'aimerais vous entendre un peu sur les meilleures mesures pour
être capables de sortir de cette crise du logement là, au regard des
propositions que je viens de vous nommer, là.
Mme Melançon (Isabelle) :
Stéphane?
M. Dion (Stéphane) : Bien,
tout ce qui va permettre de réaliser des projets et qui va laisser le pouvoir
décisionnel aux élus qui sont élus par les gens, qui ont le pouvoir fiduciaire
et légitime de prendre ces décisions-là, et que les mécaniques locales reliées
à des zones, là, qui sont souvent assez peu peuplées, les zones contiguës aux
projets, vont permettre de réaliser des projets plus rapidement, tout
simplement. Alors... Puis si les citoyens, dans leur ensemble, considèrent que
les décisions qui seront prises par le conseil municipal x ou y ne sont pas les
bonnes, bien, tu sais, il y a des moyens démocratiques qui s'appellent une
élection, puis ça fonctionne très bien.
M. Grandmont : Parfait. Est-ce
que vous avez beaucoup de vos membres... Vous disiez que vous aviez 95 %
de la construction commerciale et résidentielle, dans le fond, qui était du
fait des membres de l'IDU, est-ce que, donc, il y a de vos membres qui
construisent régulièrement dans les municipalités de moins de 10 000 habitants?
Mme Melançon (Isabelle) : Bien,
on en a de plus en plus...
M. Grandmont : De plus en
plus.
Mme Melançon (Isabelle) : ...ce
n'était pas notre marché principal, je vais dire ça ainsi, mais avec la crise
du logement qui sévit maintenant partout sur le territoire, j'ai eu le grand
bonheur d'aller dans la région de la ministre, il y a un an à peu près, jour
pour jour, parce que je me rappelle, on était ici au PL n° 39,
et je m'en allais dans la région de la ministre. On est allés du côté de la
Mauricie. On a eu des demandes pour aller du côté de Drummondville, de Granby.
Alors, oui, il y a de nos membres qui sont de plus en plus appelés. Et c'est ce
que je dis à la ville de Montréal, je leur rappelle que, maintenant, Montréal
est mise en compétition avec l'ensemble du territoire, chose qui... c'est tout
à fait nouveau.
Alors, si, à Montréal, on a plus de
difficultés à arriver avec l'émission de permis, avec la densification ou le
zonage qu'on souhaite obtenir, bien, c'est certain qu'il y a des membres de
l'IDU qui regardent à Longueuil, à Laval, à Brossard, et maintenant, aussi, à
Granby, à Sherbrooke, à Gatineau, à Saguenay, un peu partout sur le territoire.
M. Grandmont : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : OK.
Merci beaucoup. Alors, nous allons maintenant du côté du <député...
M. Grandmont :
...Merci.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci beaucoup. Alors, nous allons maintenant du côté du >député
des Îles-de-la-Madeleine pour 2 min 38 s.
17947 M. Arseneau : Merci
beaucoup, M. le Président. Bonjour, Mme Melançon. Bonjour, monsieur. Les
projets sont dérogatoires... Les projets de vos membres sont à peu près tous
dérogatoires. Ça m'a beaucoup étonné. Est-ce que ça, à sa face même, ce n'est
pas un problème? Pourquoi les villes ne prévoient-elles pas que des grands
projets peuvent se réaliser?
• (16 h 20) •
Mme Melançon (Isabelle) : Ah!
Bien là, là, là, vous êtes dans le noeud, vraiment, puis dans le problème en
même temps. C'est qu'au fil des ans, on a ajouté des couches de réglementations
et on n'a jamais fait le ménage, à savoir : La première couche qu'on a
mise, est-ce qu'elle est encore bonne, est-ce que c'est encore à jour? Puis la
deuxième? Mais là, on a... on a alourdi le fardeau, qui fait qu'à un moment
donné, une chatte en perd ses chatons, là, puis c'est ça qui fait que ça
devient extrêmement lourd.
Mais je veux faire un clin d'oeil,
notamment, à la ville de Québec, je vais me permettre de le faire, où
maintenant, un promoteur arrive à la ville de Québec, il se fait donner à...
par un... une forme de guichet unique, un fonctionnaire qui va aller cogner à
chacune des portes pour faire progresser un dossier. Nous, on dit à ça :
Bravo! Laval a fait exactement la même chose, c'est tout nouveau et ça
fonctionne bien. Est-ce qu'à chaque fois, c'est parfait? La réponse, c'est non.
Mais est-ce qu'on a... on est capable de mieux accompagner les promoteurs pour
réaliser des projets? La réponse, c'est oui.
À Montréal, je tiens quand même à rappeler
qu'ils ont déposé le PUM, le plan d'urbanisme et de mobilité, au courant de
l'automne. L'IDU, on s'est penchés, on a fait un important mémoire, on est
allés le présenter devant l'Office de consultation publique de Montréal, où on
a dit : C'est chouette, là, on veut parler de densité. Ils semblent
vouloir avoir plus de densité, plus de mobilité. Le problème, c'est qu'il n'y a
que des mots, il n'y a pas de chiffres. Moi, les promoteurs, là, ils
fonctionnent avec des chiffres. C'est quoi, la hauteur qui est permise? Me
faire dire : Une hauteur possiblement plus élevée, ça ne me donne pas
grand-chose sur papier et en chiffres, et malheureusement, à un moment donné,
on tombe dans... Il y a des fonctionnaires qui vont regarder ça d'un oeil, puis
l'autre fonctionnaire va regarder ça d'un autre oeil, et on tombe dans le
discrétionnaire, et là, là, ça cause des problèmes.
M. Arseneau : Exact.
M. Dion (Stéphane) : C'est
l'approche prescriptive par lots qui est l'enjeu. Alors, comme la grille de
zonage est pour un lot qui est un terrain, dans le fond, et qui va prescrire la
hauteur, les marges latérales, les marges... les marges avant, arrière, tout
ça, c'est presque impossible de faire des projets qui sont conformes, à moins
qu'ils soient très petits puis sans marge de manoeuvre pour aller chercher une
rentabilité, alors que l'approche par milieux de vie, plus large, le
«form-based code», qu'ils appellent, permet d'avoir une lecture plus large du
milieu de vie et de donner une marge de manoeuvre, en termes d'approbation de
projets, aux villes puis aux promoteurs pour réaliser les projets. J'ai parlé
vite, pour...
M. Arseneau : Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Merci beaucoup. Alors...
M. Arseneau : Bien, vous avez
pu rentrer dans notre temps. Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : C'est
bon. Alors, ce qui met fin à votre... à la commission pour vous. Alors, merci
pour votre apport à la commission. À ce que je remarque, vous n'avez pas perdu
de votre éloquence. Alors... alors, merci beaucoup. Nous suspendons quelques
instants pour accueillir le prochain groupe.
(Suspension de la séance à 16 h 23)
(Reprise à 16 h 28)
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, nous reprenons les travaux. Nous en sommes maintenant au groupe de l'Ordre
des urbanistes du Québec, en visioconférence. Alors, bonjour à vous deux. Dans
un premier temps, étant donné que vous êtes sur le même écran, vous vous présentez
à tour de rôle, ça, c'est pour la régie, et puis par la suite, vous pouvez
enchaîner avec votre présentation. Vous avez 10 minutes.
Mme Prud'homme (Nathalie) : Alors,
bonjour, je me présente, Nathalie Prud'homme, présidente à l'Ordre des
urbanistes du Québec. Je suis accompagnée de M. David Alfaro Clark, conseiller
en communication et en relations gouvernementales. Alors, Mme la ministre, M.
le Président, mesdames et messieurs les membres de la commission, merci de nous
recevoir et de permettre à l'Ordre des urbanistes du Québec de pouvoir
s'exprimer sur ce projet de loi qui vise à moderniser le cadre de gestion
contractuelle des municipalités et à réduire les formalités administratives
pour alléger le fardeau des organismes municipaux. Les commentaires et
observations de l'Ordre des urbanistes toucheront plus spécifiquement le
deuxième objectif de ce projet de loi.
Avant de débuter notre présentation,
j'aimerais vous mentionner quelques mots sur notre ordre professionnel. Il est
le gardien et le promoteur de la compétence en aménagement du territoire et en
urbanisme. Il défend l'intérêt du public à travers la promotion d'un
aménagement du territoire intégré et durable. L'ordre regroupe quelque
1800 professionnels.
Le projet de loi n° 79 s'inscrit dans
la continuité d'une démarche d'assouplissement réglementaire amorcée depuis
quelque temps. Cette approche vise, entre autres, à répondre à une crise du
logement et à donner les moyens aux municipalités pour accélérer l'émission des
permis et favoriser la densification. Ce contexte de crise du logement a
largement été imputé à la <lourdeur...
Mme Prud'homme (Nathalie)T :
...l'émission
des permis et favoriser la densification. Ce contexte de crise du logement a
largement été imputé à la >lourdeur réglementaire dans les
municipalités.
Pour nous, il est une des causes, mais pas
la seule, mais nous convenons que les municipalités doivent actualiser leurs
réglementations d'urbanisme à la lumière des défis actuels afin de cerner
l'essentiel de ce qui est à protéger, valoriser et développer sur le
territoire.
La solution offerte par le gouvernement, à
travers le projet de loi n° 31, a été d'accorder aux conseils municipaux
un pouvoir extraordinaire en leur permettant d'approuver des projets
d'habitation qui ne respectent pas leur réglementation d'urbanisme, et ce, sous
certaines conditions, pour une durée de trois à cinq ans.
L'ordre soutient la densification et le
redéveloppement mais appelle à une vision d'ensemble et des règles
transparentes, et non pas des mesures discrétionnaires à la pièce. L'ordre
souhaite une densification réfléchie, planifiée et ordonnée. Nous avons donc
accueilli avec préoccupation ce superpouvoir et nous avons appelé aux
municipalités à l'utiliser avec prudence et transparence.
• (16 h 30) •
Aujourd'hui, nous sommes ici pour
commenter des ajustements à apporter à ce superpouvoir ainsi qu'aux diverses
propositions de modifications à la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme. De
manière générale, nous accueillons positivement ces changements tout en
apportant quelques mises en garde et des propositions d'ajustement.
Concernant la mixité des projets autorisés
via le superpouvoir, tel que formulé dans le PL n° 31,
le superpouvoir ne s'applique qu'aux projets résidentiels, alors que la mixité
des fonctions et le rapprochement des services aux résidents font partie des
bonnes pratiques reconnues en urbanisme. Dans le projet de loi n° 79, le
pouvoir est élargi pour autoriser explicitement les projets mixtes à condition
d'être majoritairement résidentiels. Cet élargissement est tout à fait
bénéfique s'il favorise l'émergence de services de proximité pour desservir les
nouveaux résidents.
Toutefois, nous croyons qu'il ne faudrait
pas que cet élargissement puisse être utilisé pour autoriser des projets de
redéveloppement majeurs à fortes composantes commerciales, il ne faudrait pas
donner une voie rapide à des projets qui sont jusqu'à 50 % non
résidentiels en évoquant la crise du logement.
Par conséquent, nous recommandons de
réduire la proportion d'usage non résidentiel permis dans les projets
bénéficiant d'une autorisation via le superpouvoir soit en augmentant le seuil
minimal de pourcentage résidentiel ou soit en limitant les usages non
résidentiels seulement au rez-de-chaussée.
Au-delà du superpouvoir, le gouvernement
doit poursuivre la réforme de la LAU et proposer des solutions durables plutôt
que des palliatifs temporaires. Nous demandons à la ministre de concrétiser le
chantier sur la consultation publique et les référendums promis l'année dernière
et à procéder à une réforme globale des référendums en urbanisme.
Concernant la conformité des règlements
aux plans d'urbanisme, le projet de loi prévoit l'abolition du recours par
lesquels cinq citoyens peuvent demander à la Commission municipale du Québec d'examiner
la conformité d'un règlement d'urbanisme à un plan d'urbanisme. Nous ne nous
opposons pas à ce retrait et nous partageons la lecture de la ministre que
c'est un recours peu et surtout mal utilisé.
Cependant, le projet de loi supprimerait
non seulement le mécanisme de vérification, mais aussi l'obligation explicite
de conformité des règlements aux plans d'urbanisme. Ce changement pourrait
ouvrir la porte à un décalage plus important entre la vision du développement
consacrée par les plans et la réglementation réellement applicable aux projets
de développement.
De plus, cela nous paraît... incohérent,
pardon, avec l'article 0.1 de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme, qui
confère aux documents de planification un rôle prépondérant et fédérateur,
ainsi qu'avec la volonté de valorisation de la planification inscrite dans la Politique
nationale de l'architecture et de l'aménagement du territoire.
Nous recommandons donc de maintenir et de
renforcer l'obligation de conformité des règlements d'urbanisme aux plans
d'urbanisme, et ce, malgré la suppression de la procédure de vérification de la
CMQ.
Concernant la réduction des délais pour
les avis gouvernementaux, le projet de loi propose de réduire les délais légaux
pour la transmission des avis sur la conformité aux orientations
gouvernementales et aux plans métropolitains d'aménagement et de développement.
Notamment, le gouvernement disposerait de 45 jours au lieu de 60 pour réagir
aux modifications...
16 h 30 (version révisée)
Mme Prud'homme (Nathalie) : ...gouvernementales
et au plan métropolitain d'aménagement et de développement. Notamment, le
gouvernement disposerait de 45 jours au lieu de 60 pour réagir aux
modifications de schéma de PMAD. L'ordre accueille favorablement cette
modification. Effectivement, un des défis du système d'aménagement québécois
est l'existence de différents paliers de planification et les délais créés par
cette réalité. Nous encourageons le gouvernement à poursuivre les réflexions
concernant d'autres mesures d'accélération.
Cependant, nous devons formuler une mise
en garde. En effet, au courant des prochaines années, le ministère des Affaires
municipales et ses ministères partenaires auront déjà une charge de travail
accrue à la suite de l'entrée en vigueur, le 1er décembre dernier, des
nouvelles OGAT et le grand chantier des révisions des schémas qui va en
découler. Il sera impératif que les ministères soient en mesure de respecter
ces nouveaux délais plus courts. Par conséquent, nous invitons le gouvernement
à prévoir des ressources supplémentaires spécialisées en aménagement du
territoire au sein des ministères impliqués dans la production des avis
gouvernementaux afin d'assurer le traitement prompt des dossiers.
En conclusion, l'ordre salue particulièrement
l'élargissement du superpouvoir afin de permettre une certaine mixité dans les
projets résidentiels et salue la réduction des délais pour les approbations
gouvernementales. Nous profitons de la présente tribune pour sensibiliser les
municipalités à revoir leur planification et leur réglementation, car les
situations d'urgence et les menaces au recours au référendum sont le fruit de
réglementations désuètes qui se sont alourdies avec le temps. Il est impératif
que les municipalités fassent la sélection des objets à réglementer, qui sont
essentiels à l'atteinte de leur vision de planification.
Alors, merci de votre écoute. Et nous
sommes tous les deux disposés à vous répondre... à vos questions.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
pour votre présentation. Nous débutons une période d'échange avec Mme la
ministre. Alors, vous avez la parole.
Mme Laforest : Oui. Alors,
merci. J'aimerais vous entendre. Vous appuyez la réduction des délais au niveau
de la conformité des schémas d'aménagement avec les orientations
gouvernementales, mais vous dites tout de suite : On voudrait plus de
ressources. J'aimerais ça, avoir des explications.
Mme Prud'homme (Nathalie) : On
voudrait être sûrs que le gouvernement, quand il s'impose une réduction de
temps pour analyser les dossiers, les demandes de conformité, qu'il ait
suffisamment de ressources pour répondre à cette exigence-là. Dans le sens que,
si le gouvernement se donne cette obligation de passer à 45 jours au lieu de 60
pour étudier les demandes de conformité, bien, il faut qu'il ait les
ressources, les capacités de répondre adéquatement à cette exigence.
Mme Laforest : OK. Parce qu'il
faut voir aussi qu'il y a énormément de transferts de documents, là, pour une
simple petite, petite modification. Il faut voir aussi que, dans ces
procédures-là, il faut revoir aussi les procédures peut-être moins utiles, là.
Ça fait que... Mais je pensais que, vous, c'était obligatoire, immédiatement :
On voudrait avoir plus de ressources.
Ma deuxième question, le superpouvoir qui
a été donné en habitation, avez-vous des exemples? Parce que votre position
est, disons... je vous ai bien entendus, là, dans votre mémoire, mais est-ce
que vous voyez des effets de son utilisation, présentement, dans certaines
municipalités?
Mme Prud'homme (Nathalie) : Il
y a... On peut dire qu'il y a certains bilans qui ont été faits. Écoutez, c'est
tout récent. On n'a pas vraiment de source ou de référence. Dans certains cas,
on dit que le superpouvoir a donné la possibilité d'avancer. L'objectif, là, de
vouloir créer plus de logements semble avoir porté fruit dans certains cas.
Cependant, on n'est pas en mesure d'évaluer l'impact que ça a pu avoir produit.
Est-ce qu'ils sont bien intégrés, ces bâtiments? Est-ce que ça répond à nos
attentes en termes... globales? Ça, je ne crois pas qu'on est en mesure de
pouvoir y répondre, compte tenu que c'est quand même un outil récent, en ces
termes-là. Mais je vais laisser la parole à mon collègue.
M. Alfaro Clark (David) : Bien,
on fait... on fait un... sur les cas d'utilisation, mais on n'a pas répertorié
tous les cas. Jusqu'à maintenant, je pense que c'est plutôt positif. On n'a pas
vu de projets vraiment aberrants qui ont été approuvés via ce pouvoir
extraordinaire, mais on n'a pas fait d'analyse fine de, vraiment, l'intégration
urbaine des différents projets autorisés. Et, comme Mme Prud'homme a dit, c'est
récent aussi. Donc, ça va être à suivre au courant des prochains mois <et...
M. Alfaro Clark (David) :
...comme
Mme Prud'homme a dit, c'est récent aussi. Donc, ça va être à suivre au courant
des prochains mois >et des prochaines années.
Mme Laforest : D'accord. Merci.
J'entends bien. Vous proposez également que l'obligation de la conformité pour
les règlements d'urbanisme aux plans d'urbanisme doive être maintenue malgré
l'abolition du recours citoyen. C'est certain que je ne peux pas vous cacher
qu'il y a énormément de projets qui sont bloqués suite à des demandes de
quelques citoyens. Est-ce que... Votre crainte, j'aimerais ça, que vous
m'expliquiez, si c'est possible.
• (16 h 40) •
Mme Prud'homme (Nathalie) : Bien,
écoutez, nous, nous pensons qu'il y a une certaine hiérarchie dans
l'approbation des projets, c'est-à-dire qu'on a les orientations
gouvernementales, on a les schémas, on a les plans d'urbanisme puis, à la toute
fin, on a les règlements. Pour nous, il est essentiel que ce qui est... ce qui
sert à appliquer les orientations soit conforme aux visions. Si on ne fait pas
ça, bien, je veux dire, il y a un gap, là, ou il y a une distance entre les
intentions réelles, comment elles sont appliquées sur le terrain. Parce que ce
qui fait... ce qui nous garantit que nos orientations sont réellement celles
qu'on veut qui soient appliquées, bien, c'est que, le règlement, il faut qu'il
soit conforme aux documents de planification, aux documents d'orientation qui
se trouvent hiérarchiquement au-dessus, si vous voulez. Alors, pour nous, c'est
fondamental de garder cette obligation de conformité des règlements avec les
outils de planification qui sont immédiatement au-dessus de cette
responsabilité-là.
Mme Laforest : D'accord.
Mais, juste pour vous mentionner, même la Commission municipale disait... a dit
également, là, que la... tous... la plupart, 99 % des citoyens qui font
des demandes à la CMQ pour des nouveaux projets en habitation, ce n'est pas sur
le projet lui-même, mais plus... les gens, comme on le dit, là, ne les veulent
pas dans leur cour, donc.
Mais il y a des obligations quand même de
respecter, dans le périmètre urbain, nos orientations gouvernementales. On est
en consultation maintenant partout au Québec présentement, donc c'est quand
même un travail de fond qui se fait très, très bien.
L'approbation référendaire, bien, je veux
vous rassurer, parce que, dès le mois de janvier... janvier, février, on va
essayer de travailler ça. Il y a une... Il y a une missive, là, qui va... qui
va... qui sera envoyée aux Affaires municipales pour travailler l'approbation
référendaire, d'ailleurs, avec l'adjoint parlementaire.
Et ensuite les... Ah oui! Limiter les
usages non résidentiels aux seuls rez-de-chaussée. Un projet d'habitation que
les bureaux, par exemple, seraient à l'étage supérieur, vous, vous voulez
vraiment que toutes les activités commerciales soient au rez-de-chaussée.
J'aimerais ça, avoir des exemples, si c'est possible.
Mme Prud'homme (Nathalie) : Bien,
écoutez, il faut comprendre que le PL 31 est né de l'urgence de créer des
logements. Par conséquent, on a donné une mesure... une mesure d'exception pour
accélérer le processus de créer des logements. On comprend également, puis ça
s'inscrit tout à fait dans la vision de la planification urbaine, d'avoir une
mixité des fonctions dans une optique de pouvoir offrir des services aux
résidents. Par contre... Puis, également, souvent, des bâtiments s'inscrivent
en continuité avec un rez-de-chaussée, une continuité commerciale au niveau du
piéton sur rue, où les fonctions au rez-de-chaussée sont plus commerciales, et
donc d'une nécessité d'avoir cette mixité-là.
Cependant, notre inquiétude, puis mon
collègue David pourra compléter, notre inquiétude, c'est que... c'est... les
proportions deviennent si importantes que, dans le fond, on accélère des
processus non pas pour l'objectif initial, qui était de créer des logements,
mais d'avoir des projets qui sont d'une... d'une proportion qui favoriserait du
commercial, ou de l'administratif, ou de l'hôtellerie, peu importe, et qui
n'était pas l'objectif initial. L'objectif initial, il ne faut pas le perdre de
vue, c'est de créer du logement. Mais ce qu'on dit, nous, c'est, dans les
bonnes pratiques, une mixité de manière à offrir au rez-de-chaussée, à tout le
moins, une mixité qui nous permet d'avoir une vie active au niveau du
rez-de-chaussée et d'avoir un maximum de logements. Notre objectif, c'est
toujours d'avoir un maximum de logements.
Mme Laforest : Je comprends
bien. Merci. Je n'ai pas d'autre question. Merci beaucoup pour votre mémoire.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Alors, nous allons du côté de l'opposition officielle avec la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Merci, M. le
Président. Merci à vous deux. Très intéressant. Moi, je... pardon?
Le Président
(M. Schneeberger) : 10 min 20 s.
Mme Setlakwe : 10 minutes.
<Je...
Mme Setlakwe :
...pardon?
Le Président (M. Schneeberger) :
10 min 20 s.
Mme Setlakwe :
10 minutes.
>Je trouve toujours passionnant d'interagir avec des urbanistes. J'étais
conseillère municipale, et puis c'est dans ce contexte-là qu'on a pu... j'ai
pu... j'ai pu être témoin, là, de l'importance de votre rôle pour bien
planifier les visions, les milieux de vie, etc.
Juste peut-être des questions précises,
là, sur vos recommandations, puis ensuite j'aurai peut-être des questions plus
générales. Là, vous avez donc élaboré sur votre recommandation 1, suite
aux échanges avec la ministre. Peut-être juste élaborer sur la
recommandation 2, s'il vous plaît, quand vous parlez de concrétiser le
chantier sur la consultation publique et les référendums, et procéder à une
réforme globale des référendums en urbanisme en étant attentifs aux
préoccupations du milieu.
M. Alfaro Clark (David) : Oui.
Bien, nous, on aimerait avoir une réforme plus... plus globale, plus
structurante. Justement, le superpouvoir est né... En lien avec le constat
qu'il y a souvent le phénomène «pas dans ma cour», il peut y avoir des démarches
référendaires qui bloquent des projets. Puis l'idée était de donner une sorte
de voie express pour éviter que cette situation se produise. Donc nous, notre
message, c'est qu'au lieu de créer des palliatifs, des «work around», ça prend
une réforme vraiment dans la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme pour venir
réformer les référendums et aussi les obligations de consultation publique,
réduire les blocages, mais aussi faire en sorte qu'il y ait quand même une
écoute pour les citoyens.
Donc, ça, c'est notre message. Puis
c'était d'ailleurs dans la déclaration de réciprocité Québec-municipalités. Il
y avait cet engagement d'organiser un chantier sur la consultation publique et
les référendums. On sait que c'est toujours l'objectif, puis on vient d'avoir
la confirmation de la ministre que ça s'en vient, mais, jusqu'à maintenant, il
y a très peu d'informations qui ont circulé. Il n'y a pas de... Il n'y a pas eu
de rencontre. Il n'y a pas eu d'orientation exprimée publiquement. Donc, on
aimerait que ce chantier se concrétise puis qu'on passe à une réforme plus
permanente, là, sur l'aménagement et l'urbanisme.
Mme Setlakwe : Est-ce
que... Généralement, là, qu'est-ce que vous constatez, dans les dernières
années, au niveau du développement et des questions de densification? Est-ce
que... Est-ce que vous croyez qu'on a mis de l'avant des objectifs d'avoir des
milieux de vie complets, une mixité d'usages? Est-ce que vous croyez qu'il y a
encore beaucoup de travail à faire au niveau, même, de l'éducation de la
population?
Là, je donne... je vais vous donner des
exemples, parce qu'il y en a eu, des projets de redéveloppement, là, moi, dans
ma circonscription, puis... Par exemple, des... il y a des centres d'achats qui
existent avec des immenses... des immenses stationnements. Il y en a dans... Il
y en a dans plusieurs endroits au Québec. C'est des anciens modèles. Puis,
quand une ville veut mettre de l'avant, donc, ces... les changements qui sont
nécessaires, on est confrontés, les... bien, les élus — là, je parle
des élus municipaux — sont confrontés à beaucoup de réticence. Il y a
une réticence au changement. Est-ce que vous pensez qu'il y a encore... qu'il y
a encore du chemin à faire avant d'avoir une acceptabilité sociale envers ces
changements-là?
Mme Prud'homme (Nathalie) : Définitivement.
On a encore beaucoup de travail à faire. Je pense qu'il y a plusieurs axes qui
peuvent être amenés. Le premier axe, c'est... les gens peuvent le réaliser
rapidement, c'est la qualité, la qualité de vie qui peut être améliorée à court
terme. Et souvent, ce qui a été remarqué, c'est quand on faisait des
expérimentations aussi. C'est qu'on peut faire des démonstrations de bien qu'on
peut faire avec des expériences. On commence, pour sensibiliser la population,
en disant : Voici, on commence dans un secteur donné, et voici ce que ça
peut donner.
Dans le concret, quand on travaille en
planification urbaine, ce qu'on a remarqué, c'est, quand on faisait des
expérimentations, des essais dans certains quartiers, on faisait les bilans des
gains obtenus, les critiques également, parce qu'il faut être conscient aussi
qu'il y a des choses qui ne marchent pas tout le temps. Mais je pense qu'il
faut avancer avec la population, faire la démonstration de.
Vous parliez de la question des centres
d'achats. Nous avons un travail de fait. Vous savez qu'aux États-Unis ça fait
longtemps qu'on commence à travailler sur le redéveloppement des terrains occupés
par les centres d'achats. Ici, ça commence un peu, on commence à densifier un
peu. Et le rez-de-chaussée, quand on parlait tout à l'heure de rez-de-chaussée,
bien, en réalité, un centre d'achats, c'est un rez-de-chaussée. Mais il y a un
grand potentiel de développement sur ces terrains-là qui en ferait des lieux
beaucoup plus conviviaux, de manière à ce qu'on ait une... une présence
24 heures sur 24 et non pas seulement sur les heures d'affaires. Il y a
énormément de perte aussi en termes de valeur foncière, le fait que ça ne soit
pas occupé dans les étages, l'espace au-dessus de ces bâtiments-là.
Donc, oui, il y a du travail encore à
faire, <et...
Mme Prud'homme (Nathalie) :
...de
ces bâtiments-là.
Donc, oui, il y a du travail encore à
faire, >et, oui, on a un travail de communication à faire, et, oui, on a
un travail aussi de démonstration pour convaincre la population des bienfaits
de certains changements. Mais c'est ce qui se fait à long terme aussi. Il faut
être patient. Parce que, si on veut trop faire rapidement, c'est là qu'on
bouscule trop les gens et c'est là qu'il y a une réaction contraire à ce qu'on
voudrait qu'il se passe.
• (16 h 50) •
Mme Setlakwe : Merci. En même
temps, il y a comme urgence en la matière.
Mme Prud'homme (Nathalie) :
Oui. Oui, beaucoup.
Mme Setlakwe : C'est ça qui
est difficile.
Encore des questions... Bien, en fait,
avant de continuer dans une question générale, est-ce que vous sentez qu'il y a
des éléments de votre mémoire, certaines recommandations qui n'ont pas été...
pour lesquelles vous comptez... vous aimeriez élaborer ou vous trouvez qu'on
n'a pas... on n'a pas insisté?
M. Alfaro Clark (David) : Bien,
juste un mot sur la question de la conformité, parce que c'est quand même un
sujet plutôt technique, puis je pense qu'il ne va pas y avoir beaucoup
d'intervenants qui vont parler de cette question. Pour nous, c'est quand même
important parce que c'est via les règlements d'urbanisme, via le zonage que les
intentions... une bonne partie des intentions d'un plan d'urbanisme, que ça se
concrétise. Donc, pour nous, c'est superimportant de maintenir un lien fort
entre la vision qui est dans le plan d'urbanisme et la réglementation qui
s'applique quand un promoteur va venir chercher son permis de construction. Et
c'est l'affaiblissement qui est proposé dans le projet de loi qui nous
inquiète.
La question du recours à la CMQ, on est
d'accord avec la lecture de la ministre, c'est peu utilisé, souvent mal
utilisée. Donc, on est... on n'a pas d'opposition à ce qu'on mette de côté ce
mécanisme de vérification, mais on a un peu le sentiment qu'on jette le bébé
avec l'eau de bain en disant : Bien, finalement, il n'y a plus
d'obligation d'assurer que les règlements sont vraiment cohérents, conséquents
avec ce qui est dans le plan d'urbanisme.
Mme Prud'homme (Nathalie) : Si
vous me permettez?
Mme Setlakwe : Oui, bien sûr.
Mme Prud'homme (Nathalie) : Par
rapport à votre question, qui était... qui était large, je ne sais pas si vous
avez encore un peu de temps, il y a... il y a quelqu'un qui l'a mentionné juste
avant nous, mais toute la question de revoir la réglementation, on a une
responsabilité aussi. Parce que c'est vrai qu'il y a un cumul. On pourrait très
bien reprendre certains articles dans certaines réglementations municipales en
disant : Ah! ça, c'était pour tel projet, on a fait tel amendement, on
retrouve telle et telle chose. Les règlements de zonage sont extrêmement lourds
parce qu'ils sont le cumul de ce qui s'est fait à travers le temps. Or, on
devrait cerner l'essentiel de ce qu'on veut réglementer et ainsi on s'assure
d'atteindre nos objectifs. Ça devient tellement lourd parce qu'on garde de
petites choses, on contrôle, on veut aller trop de façon détaillée, alors qu'on
devrait vraiment avoir une nouvelle philosophie dans la réglementation où on
cerne vraiment ce qu'on veut atteindre en bout de piste et de simplifier la
réglementation. Et, à ce moment-là, on ne se trouve pas à être obligés, dans
des situations d'urgence, d'intervenir pour pallier à une problématique comme
on le fait pour l'habitation.
Mme Setlakwe : Merci. Je
pense qu'il me reste peut-être 1 min 30 s. J'aurais une...
Le Président (M. Schneeberger) : Deux
minutes.
Mme Setlakwe : Deux minutes.
J'aurais une dernière question qui est spécifique puis qui est large en même
temps. Puis je ne sais pas si vous allez avoir une réponse, mais, en tout cas,
je serais intéressée de vous entendre. On a... Moi, je suis une élue de
Montréal, là, de Mont-Royal—Outremont, et le REM, pour
nous, est un développement qui va toucher tous les résidents de mon secteur,
mais également, on le sait, là, c'est sur... éventuellement, à terme, le réseau
va couvrir 67 kilomètres, va... va se rendre à l'aéroport, l'Ouest de
l'île, Laval, etc. Et on sait qu'on doit développer... on doit développer près
des infrastructures existantes. Mais là, avec le REM, ça doit donner lieu à du
développement à proximité des stations. C'est ce qu'on appelle les
«transit-oriented developments», etc. Je ne vous apprends rien. Mais est-ce que
vous pensez qu'on est... que la planification est là? Est-ce qu'on est en
chemin vers ces développements qui sont nécessaires? On sait que le REM n'est
pas encore en opération sur tout le réseau, mais ça va venir, là, d'ici
quelques années, on est bien avancés. Est-ce qu'en parallèle on avance bien sûr
les projets de développement à proximité des stations?
Mme Prud'homme (Nathalie) : Je
vous dirais que... Vous pouvez y aller. Oui.
M. Alfaro Clark (David) : Oui.
Bien, je pense, il y a du bon travail qui se fait. Si on regarde par exemple à
Brossard, si on regarde à L'Île-des-Soeurs, il y a quand même eu toute une
démarche de planification. Il y a toutes sortes de défis. On voit que, par
exemple, la question des infrastructures en eau qui ne sont pas toujours
adéquates, c'est compliqué, mais c'est deux municipalités... une municipalité
et un arrondissement qui sont très proactifs, qui ont mis en place des plans
pour justement permettre la densification autour des stations. Mais je pense
qu'il reste du travail à faire. Justement, il va y avoir la ligne qui va dans
l'Ouest de l'île, puis là ça va être plus compliqué parce que les nouvelles
gares, <les...
M. Alfaro Clark (David) :
...faire.
Justement, il va y avoir la ligne qui va dans l'Ouest de l'île, puis là ça va
être plus compliqué parce que les nouvelles gares, >les nouvelles
stations vont être vraiment dans des environnements de banlieue. Et j'ai l'impression
qu'il reste beaucoup de travail à faire pour planifier comment accueillir la
croissance, qu'il faut... qu'il faut trouver les moyens, parce que le REM, c'est
un métro, un métro léger. Donc, il y a... je pense qu'il y a quand même du pain
sur la planche pour beaucoup de municipalités pour lesquelles le REM va
vraiment changer la donne.
Mme Prud'homme (Nathalie) : Puis,
juste pour être... pour compléter, je vous dirais, pour s'assurer que... tout à
l'heure, vous disiez, vous étiez préoccupée par l'acceptabilité sociale. Je
pense que, dans certains cas, on a le temps de travailler la réception du REM
dans certains quartiers où ça peut être plus difficile, et ça, c'est un travail
de longue haleine qui peut s'amorcer d'ores et déjà. On n'est pas obligés d'attendre
que ça soit annoncé ou quoi que ce soit. Il y a du travail de sensibilisation
qui peut être amorcé dans... dans toutes les municipalités concernées.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup.
Une voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) :
OK. Oui. Excusez. Oui, c'est beau. Alors, merci beaucoup.
Nous allons maintenant du côté de la
deuxième opposition avec le député de Taschereau pour
3 min 28 s. Excusez-moi.
M. Grandmont : Merci, M. le
Président. Mme Prudhomme, M. Alfaro Clark, bonjour. Content de vous revoir.
Merci pour votre mémoire. Je vous amènerais... Ma première question serait sur
la... votre conclusion. Vous dites : «Nous encourageons le gouvernement à
adopter une approche équilibrée qui combine allègement des procédures et
rigueur.» Si cet équilibre-là n'est pas trouvé, selon vous, c'est quoi, les
risques qu'on encourt au Québec?
Mme Prud'homme (Nathalie) : Je
te laisse aller.
M. Alfaro Clark (David) : Bien,
je pense qu'il y a un peu un lien avec la conversation qu'on avait avec Mme
Setlakwe, c'est : on est dans une... dans un cycle de redéveloppement au
Québec, puis il y a beaucoup de... Tu sais, on prend, par exemple, un centre
commercial de l'après-guerre, qui est en fin de vie, qu'on va redévelopper
complètement. Bien, si on ne réussit pas ce redéveloppement, bien, on va
avoir... Tu sais, la nouvelle mouture de... du centre commercial, on va l'avoir
pendant 50 ans. Donc, c'est... on est tout à fait favorables à la
densification des milieux urbains. C'est absolument nécessaire pour toutes
sortes de raisons, pour l'habitation, pour la crise climatique, mais il faut
assurer quand même qu'il y a une bonne qualité, qu'on construit des milieux
urbains de qualité, parce qu'après, bien, une fois qu'on fait le redéveloppement,
c'est fait puis ça va être comme ça pendant des décennies.
M. Grandmont : Donc, est-ce
que ce que je peux paraphraser vos propos en disant que, dans le fond, on a
construit nos villes d'une façon qui n'était pas nécessairement optimale en
terme, par exemple, d'émission de gaz à effet de serre, d'occupation du
territoire. On est à la fin... On est dans un cycle, actuellement, où on a l'occasion
de redévelopper puis de bien faire les choses. Et donc les propositions que vous...
vous faites, en fait, puis l'invitation que vous faites, en fait, au
gouvernement, c'est de dire : Bien, faisons bien les choses, parce qu'on
pourrait traîner encore des boulets pendant plusieurs décennies.
Mme Prud'homme (Nathalie) : Tout
à fait. Puis il faut comprendre que chaque période de la vie va avec les
capacités que nous avons. Il fut un temps où on avait beaucoup de disponibilités
de territoire, de terrain. Maintenant, on n'a plus cette possibilité-là, de le
gaspiller. Il faut le penser, le développement du territoire, d'une manière
rationnelle.
Je vous dirais qu'une de mes
préoccupations que je vois de plus en plus, c'est comment on peut assurer avec
une densification aussi un bel équilibre avec les espaces libres, les espaces
verts aussi. Il y a une série d'éléments qu'il va falloir aussi tenir compte
parce que la qualité de vie va... va être aussi au cœur des enjeux qu'on est en
train de refaire avec une densification plus forte.
M. Grandmont : Merci
beaucoup. En terminant, dernière question, on a des... certains interlocuteurs
qui sont venus nous voir, qui ont dit qu'il faudrait élargir, élargir dans le
temps les superpouvoirs octroyés... le superpouvoir octroyé par le projet de
loi31. Notamment, on parlait de densification de plein
droit et aussi d'établir un nouveau taux d'équilibre d'inoccupation au Québec à
7 % plutôt que 3 %. J'aimerais vous entendre peut-être sur ces
enjeux-là, la densification de plein droit et 7 % de taux d'inoccupation.
Vous avez très peu de temps, mais...
Mme Prud'homme (Nathalie) : Oui,
on n'a pas beaucoup de temps, en effet, mais j'aimerais beaucoup revenir sur un
point comme quoi on a utilisé une mesure d'exception. Il ne faudrait pas en
profiter de manière indue. On devrait plutôt axer les municipalités à revoir
leur réglementation pour bien baliser le développement.
Là, on s'expose. On n'est pas en mesure de
mesurer les impacts de ce qui s'est fait. Il y a des choses heureuses dans le
sens qu'on a augmenté le nombre de logements d'une façon plus rapide.
Cependant, on n'est pas en mesure de voir s'il y a eu des impacts en termes d'intégration,
si ça a nui au développement ou à l'acceptabilité sociale.
M. Grandmont : Merci <beaucoup...
Mme Prud'homme (Nathalie) :
...si
ça a nui au développement ou à l'acceptabilité sociale.
M. Grandmont :
Merci
>beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Alors, nous allons au dernier intervenant. M. le député des Îles-de-la-Madeleine,
2 min 38 s.
M. Arseneau : Merci, M. le
Président. Merci, madame, monsieur, pour votre mémoire. Je vous avoue qu'en le
parcourant, j'ai été intrigué par l'évolution de votre pensée par rapport au
superpouvoir, parce que j'assistais, là, aux consultations particulières, lors
de l'étude du projet de loi 31, et j'aimerais comprendre où vous vous
situez, actuellement. Vous dites : On n'était pas très favorables, au
départ. Maintenant, on est favorables au fait qu'il soit élargi. Mais qu'en
est-il pour le premier volet? Est-ce qu'on souhaite toujours qu'il soit, par
exemple, revu en 2027 ou qu'on fasse un suivi d'ici là? Est-ce que vous
continuez d'avoir des craintes par rapport à ces superpouvoirs-là?
• (17 heures) •
Mme Prud'homme (Nathalie) : Oui,
tout à fait. Nous, on est plus de l'école de... Nous, quand on dit qu'on est
d'accord avec les ajustements pour la mixité, etc., écoutez, on accepte, là,
qu'il y a eu cette intervention-là, on a une situation d'urgence à combler. Mais
de jeter l'eau du bain avec le bébé en retirant les réglementations
d'urbanisme, les règlements par rapport à ça, on trouve que c'est beaucoup. On
trouve qu'il est important que les municipalités puissent baliser le
développement, quitte à réduire de façon significative les règles, les normes,
mais cerner l'essentiel de ce qu'il y a à réglementer.
Par ailleurs, on fait avec, puis on trouve
que, oui, il y a des ajustements à apporter déjà. Déjà, on voit, là,
l'importance de réglementer puis que c'est difficile de tout prévoir à
l'avance. Comme par exemple, quand on a initié le PL 31, on n'avait pas
pensé à la notion de mixité. Oups! Là, bien, on s'ouvre maintenant en disant :
Bien, ça fait partie de la réalité aussi d'avoir une certaine mixité, d'où
notre réception positive par rapport à cet ajout-là ou cet ajustement-là. Je ne
sais pas si tu as...
M. Arseneau : Face à des
groupes qui disent : Cette mesure temporaire devrait être permanente, vous
dites quoi?
M. Alfaro Clark (David) : Bien,
nous, notre message, c'est que les municipalités doivent revoir leurs
qualifications, leurs règlements de zonage pour justement permettre plus de
développement, plus de densification de plein droit. Justement, souvent, on est
obligés d'avoir recours à ce superpouvoir parce qu'on a laissé en place une
réglementation qui n'est plus actuelle, qui n'est plus arrimée aux défis, aux
objectifs d'aujourd'hui, qui souvent est très restrictive en termes de ce qu'on
peut développer. Un quartier de maisons unifamiliales, bien, on peut uniquement
construire des maisons unifamiliales, donc, puis on est plus dans une optique
de contrôler, limiter le développement.
Donc, nous, on appelle aux municipalités
de revoir leur réglementation pour ne pas être obligées de passer outre au
cadre en place. Donc, c'est ça, notre message. Donc, nous, on aimerait...
M. Arseneau : Merci. D'accord.
Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, merci pour votre apport à la commission.
Nous suspendons quelques instants afin
d'accueillir le prochain groupe.
(Suspension de la séance à 17 h 03)
17 h (version révisée)
(Reprise à 17 h 10)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous allons poursuivre la commission. Alors, nous accueillons maintenant les
gens d'Exo, qui est le... En tout cas, vous allez vous présenter, dans un
premier lieu. Alors, c'est la première fois qu'on fait ça. On est en mode
hybride. Nous avons deux personnes en visioconférence et deux personnes ici
présentes à l'Assemblée. Alors, je vous laisse aller. Vous pouvez vous
présenter à chacun de votre tour puis, par la suite, enchaîner avec votre
présentation.
Mme Fortin (Caroline Julie) : Parfait.
Merci beaucoup, M. le Président. Mme la ministre, MM., Mmes les parlementaires,
merci beaucoup. J'allais présenter mes collègues et moi-même, effectivement.
Caroline Julie Fortin, directrice, communication et affaires publiques. Je vais
te laisser te présenter, Philippe.
M. Poirier-Monette (Philippe) : Philippe
Poirier-Monette, conseiller, affaires gouvernementales et affaires publiques.
Mme Fortin (Caroline Julie) : Fanny?
Mme Gayet (Fanny) : Bonjour.
Fanny Gayet, secrétaire générale, directrice, gouvernance, affaires
commerciales et conformité.
M. Gariépy (Jérôme) : Bonjour,
M. le Président. Jérôme Gariépy, conseiller juridique principal, affaires
commerciales et conformité.
Mme Fortin (Caroline Julie) : Merci
beaucoup de nous accueillir et d'avoir accepté de nous recevoir en commission
sur ce sujet qui... qui est important pour nous parce qu'il y a plusieurs
éléments qui... qui viennent toucher différentes lois qui nous... du moins,
différents éléments qui touchent nos lois constitutives, et on voulait aussi
participer.
Je veux faire un résumé rapide de qui est
Exo simplement pour le bénéfice... Exo a été créé en 2017 dans le cadre de la
réorganisation de la gouvernance du transport collectif dans la grande région
de Montréal. Nous sommes responsables de notre côté de l'exploitation du
service de train de banlieue, d'autobus et de transport adapté sur les
couronnes nord et sud de Montréal. Notre territoire couvre quand même 4 000
kilomètres carrés, comprend les 82 villes de la Communauté métropolitaine de
Montréal, plus Saint-Jérôme et Kahnawake, et, annuellement, on parle quand même
d'environ 21 millions de déplacements, ne serait-ce que pour 2023.
On va vous partager aujourd'hui nos
recommandations concernant le projet de loi. Bien sûr, ça nous fera plaisir d'échanger
après, de répondre à vos questions. Mes collègues pourront tout autant répondre
puisqu'ils sont les experts.
De façon générale, on accueille très
favorablement... Exo accueille très favorablement le projet de loi n° 79,
d'abord, parce qu'il y a un effort de simplification qui a été fait en
regroupant sous une seule loi l'ensemble des dispositions contractuelles
propres aux organismes municipaux. De nombreux éléments ont été ajustés en
concordance avec la Loi sur les contrats des organismes publics, assurant ainsi
une uniformité, et surtout le projet de loi intègre plusieurs allègements de
nature contractuelle qui sont importants pour nous aussi. Certaines de ces mesures
faisaient d'ailleurs partie de demandes qu'Exo avait formulées à travers les
années. Certaines avaient même été présentées dans le cadre du projet de loi n° 61
qui a été adopté récemment. C'est donc important pour nous de saluer l'écoute
dont le gouvernement a fait preuve, à travers les différentes années, de ces
besoins, et qui s'exprime à travers différents éléments de ce projet de loi.
Parmi les mesures qu'on veut souligner en
particulier, il y a la possibilité d'octroyer un contrat à commandes en matière
de services ou de travaux de construction, ce qui va éviter évidemment de
devoir retourner au marché lorsqu'un contractant n'est pas en mesure de
répondre à un besoin, ce qui arrive occasionnellement, et aussi la possibilité
d'effectuer des contrats de partenariat dans le cadre d'un projet d'infrastructure
puisque cette approche collaborative nous permettra de partager les risques, d'optimiser
les projets, et surtout de limiter les impacts sur les organismes concernés en
cas, par exemple, de dépassement de coût. Nous sommes convaincus que ces
mesures vont contribuer à améliorer l'efficacité des organisations concernées
et de générer des économies récurrentes, ce que nous cherchons tous.
Toutefois, nous avons quelques
propositions que nous aimerions vous formuler toujours dans l'objectif d'optimiser
notre performance et notre flexibilité opérationnelle, en plus de réaliser des
économies au bénéfice des usagers du transport collectif. Certaines d'entre
elles concernent spécifiquement Exo, d'autres plus généralement les organismes
de transport public. Nous sommes conscients que vous avez entendu d'autres
organismes dans les derniers jours. Pour la présentation de ces
recommandations, je cède la parole à ma collègue, Fanny Gayet.
Mme Gayet (Fanny) : Merci,
Caroline Julie. Bonjour, Mme la ministre, Mmes, MM. les parlementaires. À titre
introductif, nous souhaitons rappeler à la commission que, même si Exo n'est
pas une <société de transport en commun...
Mme Gayet (Fanny) :
...nous
souhaitons rappeler à la commission que, même si Exo n'est pas une >société
de transport en commun au sens de la Loi sur les sociétés de transport, que je
me permettrais d'appeler la LSTC, ses pouvoirs contractuels sont tout de même
assujettis aux articles 92.1 à 108.2 de cette loi, lesquels seront abrogés
au terme du projet de loi n° 79. C'est donc pourquoi nos recommandations
réfèrent à la LSTC.
Tout d'abord, nous proposons des
recommandations d'amendements, au projet de loi n° 79, portant sur les
contrats de gré à gré. En effet, Exo constate que l'article 33 de la Loi
sur les contrats des organismes municipaux, vous me permettrez d'employer le
terme LCOM, énumère des situations où des contrats peuvent être soustraits aux
exigences d'appels d'offres. Plusieurs d'entre elles offrent de belles
améliorations par rapport à la LSTC.
Toutefois, certaines exceptions présentes
aux articles 93 et 101.1, LSTC, et qui sont toujours pertinentes pour les
OPTC, organismes publics de transport collectif, n'ont pas été reprises dans la
LCOM. C'est notamment le cas des contrats d'approvisionnement ou pour la
fourniture de services pour lesquels un tarif est fixé par le gouvernement du
Canada ou du Québec.
Dans le cas d'Exo, cette disposition est
particulièrement importante en regard des taximètres. En effet, Exo contracte
fréquemment avec les compagnies de taxis pour divers volets de ses opérations,
tant pour son service régulier pour que son transport adapté. Parmi les autres
contrats de gré à gré qu'il ne serait plus possible d'octroyer, nous pouvons
citer les contrats conclus avec un organisme public ou encore en lien avec la
fourniture d'espaces médias pour les fins d'une campagne de publicité ou de
promotion.
Par ailleurs, les OPTC perdraient la
possibilité d'octroyer un contrat de gré à gré à des professionnels dans le
cadre d'un recours devant un tribunal. C'est problématique puisque la
possibilité de réagir rapidement dans le cadre d'un recours juridique milite en
faveur de la possibilité d'octroyer un contrat de gré à gré. Rappelons
également que le droit d'être représenté par l'avocat de son choix constitue
une valeur fondamentale de notre système de justice.
Enfin, l'article 33 du projet de loi
n° 77... 79, pardon, ne prend pas en considération les particularités
propres à l'industrie des technologies de l'information. Nous estimons
essentiel de pouvoir conserver la possibilité offerte actuellement d'octroyer
un contrat de gré à gré pour maintenir la compatibilité des systèmes de
progiciels ou de logiciels existants.
Exo tient également porter à votre
attention que certains leviers toujours pertinents offerts par la LSTC ont été
omis et devraient être repris dans le nouveau régime de la LCOM. Nous
soulignons notamment que l'abrogation de l'article 104, LSTC, limiterait
la possibilité de mandater le Centre d'acquisitions gouvernementales ou le
ministère de la Cybersécurité et du Numérique pour l'acquisition de biens et de
services. À cet égard, il importe de souligner que les appels d'offres groupés
permettent à Exo de bénéficier de prix préférentiels, lesquels représentent des
économies d'échelle d'environ 15 % en moyenne.
De plus, malgré l'harmonisation entre le
régime de la LCOP et celui offert par la LCOM, certains outils et facilités offerts
aux organismes publics n'ont pas été transposés aux organismes municipaux. En
effet, l'article 39 du projet de loi permet de rejeter une soumission
lorsqu'une entreprise a fait l'objet d'une évaluation de rendement
insatisfaisant. Or, bien qu'Exo apprécie cette disposition, nous suggérons
d'élargir les critères en s'appuyant sur les pouvoirs prévus au règlement de la
LCOP, qui permettent également de refuser la soumission d'une entreprise dont
le contrat a été résilié pour cause ou qui a refusé d'honorer son contrat.
Également, Exo salue que l'urgence a été
ajoutée comme exception aux processus d'appels d'offres par le biais de
l'article 33 du projet de loi, dont la formulation ne concerne plus
exclusivement les cas de force majeure. Cependant, nous... Avant, excusez-moi,
j'ai omis de vous dire que je rentre dans des sujets qui sont propres à Exo.
Donc, nous avons trois demandes spécifiques à Exo.
Je vais débuter avec la première, qui
concerne le gré à gré en situation d'urgence. Je disais à cet égard qu'Exo
saluait que l'urgence avait été ajoutée comme motif d'exception au projet de
loi n° 79. Toutefois, ce motif-là est exclusif, alors que notre loi,
actuellement, l'article 105, LSTC, permet également de considérer la
perturbation sérieuse du service de transport en commun comme un motif de force
majeure. Donc, pour Exo, il est clair que cette situation devrait être ajoutée
au projet de loi. On n'a qu'à <penser à des...
Mme Gayet (Fanny) :
...clair
que cette situation devrait être ajoutée au projet de loi. On n'a qu'à >penser
à des interruptions de service ou une perturbation sérieuse du service en
raison de blocus ferroviaire.
Également, nous tenons à porter à votre
connaissance qu'il semblerait y avoir un oubli au sein de l'alinéa deux de
l'article 33 puisque les modalités d'application pour les communautés
métropolitaines sont prévues, ainsi que pour les sociétés de transport en
commun, mais rien ne prévoit les modalités d'application pour Exo, qui est
distinct, comme je l'ai mentionné plus tôt, d'une société de transport. En
effet, Exo est issu de la Loi sur le Réseau de transport métropolitain.
La deuxième situation propre à Exo, ce
sont les contrats de gré à gré avec des fournisseurs de transport adapté. On
recommande de pouvoir attribuer... de pouvoir octroyer des contrats de gré à
gré en matière de services adaptés. Rappelons qu'Exo est le seul OPTC au Québec
à devoir procéder par appels d'offres publics pour adjuger des contrats de
service de transport adapté puisqu'il ne bénéficie pas de la flexibilité
opérationnelle que permet l'article 83 de la LSTC. Il s'agit d'une
situation inéquitable pour Exo, qui constitue un irritant majeur puisque le
nombre de transporteurs est très limité, et qu'EXO dépend grandement
d'entreprises de taxi, souvent locales et de petite envergure, qui sont
réticentes à prendre part à des appels d'offres publics. Ainsi, nous
recommandons l'ajout d'un article à notre loi constitutive similaire à
l'article 83 de la LSTC.
• (17 h 20) •
Enfin, je terminerais avec, et toujours
dans l'optique d'améliorer notre efficacité opérationnelle, une proposition
aussi de restreindre les situations où l'autorisation de l'ARTM est requise
pour acquérir des biens servant à l'exploitation de notre réseau de train de
banlieue. En principe, et actuellement, chaque achat de bien, sans égard à son
prix ou au fait que le bien est acheté dans le cadre de l'exploitation courante
ou routinière d'Exo, requiert une autorisation préalable de l'ARTM, ce qui
engendre des délais administratifs importants et diffère des règles
s'appliquant aux autres sociétés de transport. À l'instar des règles
applicables pour la STM et son réseau de métro, Exo recommande que
l'autorisation de l'ARTM soit limitée aux cas d'acquisition d'un bien pour le
prolongement de son réseau de train de banlieue.
En terminant, nous nous permettons de
souligner notre appui à l'une des recommandations que l'ATUQ a formulées dans
son mémoire, relative à la négociation du prix. En effet, l'article 108.1
de la LSTC, au même titre que l'article 573.3.3 de la Loi sur les cités et
villes, article ayant été cité par l'UMQ, prévoit qu'une négociation du prix
peut être effectuée lorsque la société reçoit une seule soumission conforme.
Or, l'article 93 de la LCOM prévoit le même processus, mais uniquement si
l'organisme a reçu une seule soumission. Le retrait du mot «conforme» est un
recul majeur et enlève un outil important aux organismes publics de transport
collectif. C'est donc pourquoi Exo demande de reprendre la formulation «seule
soumission conforme» à l'article 93 de la LCOM.
Je vous remercie, Mme la ministre, Mmes et
MM. les parlementaires, pour votre attention, et je céderais maintenant à ma
collègue Caroline Julie la parole, pour le mot de la fin.
Mme Fortin (Caroline Julie) : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Aviez-vous
fini?
Mme Fortin (Caroline Julie) : Ah!
écoutez, on allait simplement conclure.
Le Président (M. Schneeberger) : OK,
parce que, là, vous êtes déjà deux minutes dépassé.
Mme Fortin (Caroline Julie) :
Parfait, sans souci, tout est dit.
Le Président (M. Schneeberger) :
Là, vous êtes sur le temps de la ministre. Alors, s'il y a consentement, on
peut poursuivre, là.
Mme Laforest : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Mme Laforest : Je vais le
prendre sur mon temps. Allez-y.
Mme Fortin (Caroline Julie) : C'était
une conclusion très simple, là, en fait, pour vous remercier de l'écoute et
simplement vous réitérer qu'on accueillait très favorablement le projet de loi,
que les... En plus des améliorations sur la gouvernance au transport collectif qu'on...
qu'Exo a soumises dans les derniers mois, on pense que ces propositions-là vont
contribuer à l'efficacité attendue par le gouvernement du Québec pour des
organismes de transport collectif, puis c'est dans cet esprit-là qu'on est
venus faire nos propositions. Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Merci beaucoup.
Mme Laforest : Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, nous procédons à la période d'échange. Mme la ministre, la parole est à
vous.
Mme Laforest : Oui. Dans votre...
la majorité de vos recommandations, la plupart concerne la possibilité
d'octroyer des contrats de gré à gré. J'ai bien lu, j'ai bien entendu, merci
pour votre présentation. Est-ce que vous avez eu souvent recours ou que vous
auriez eu recours plus souvent... me donner des exemples, s'il vous plaît, pour
que... Cette demande-là se répète, là, dans votre mémoire.
Mme Fortin (Caroline Julie) : Fanny,
veux-tu commencer avec certains exemples que je pourrai bonifier?
Mme Gayet (Fanny) : Tout à
fait. Donc, si je réfère au maintien du gré à gré dans le cadre de tarifs fixés
par le gouvernement, essentiellement, comme je le mentionnais, cette <disposition
est particulièrement importante...
Mme Gayet (Fanny) :
...par
le gouvernement, essentiellement, comme je le mentionnais, cette >disposition
est particulièrement importante en regard des taximètres. Exo contracte
fréquemment avec les compagnies de taxi pour divers volets de ses opérations.
Et donc c'est important de souligner que le gré à gré, aux taximètres, est le
mode de contractualisation le plus courant et le plus utilisé pour Exo. Donc,
pour répondre à votre question, il s'agit effectivement d'un gré à gré que...
qu'on... que l'on utilise de façon courante pour nos opérations, y aller
autrement constituerait un processus laborieux pour les compagnies de taxi,
lesquelles n'ont pas l'habitude d'effectuer ce genre de démarche. Il apparaît
également évident que peu de compagnies de taxi participeraient, ce qui aurait
pour effet d'ajouter une pression à la hausse sur les coûts des contrats.
Mme Fortin (Caroline Julie) : ...certains
exemples. Notamment, par exemple, dans le cas... On parle de l'affichage média.
Par exemple, des gré à gré nous permettraient... bien, en fait, c'est des
acquis, là, qui sont présentement dans la loi, et qu'on veut simplement pouvoir
conserver. Dans le cas actuel, pour l'affichage média, par exemple, c'est si on
fait une campagne spécifique d'aller convaincre des usagers d'utiliser le
transport collectif, par exemple, une campagne qu'on a fait récemment, qui vise
les nouveaux résidents dans certaines villes qu'on veut... dont on veut
informer des services de transport collectif et qu'on veut attirer dans le
transport collectif, bien, évidemment, on ne veut pas devoir aller en appels
d'offres pour octroyer des contrats pour faire de l'affichage publicitaire. On
veut pouvoir le faire directement, par exemple, avec un média local, que ce
soit Blainville ou Mirabel. Donc, c'est le genre d'opportunité que ça nous
donne.
Dans le cas du transport adapté aussi, je
pense que c'est important de souligner que c'est un public, c'est une clientèle
qui est plus sensible aux changements, qui... pour qui, quand il y a
régulièrement un changement de chauffeur, de transporteur, il y a un enjeu
aussi, donc, et c'est des plus petites entreprises, comme le soulignait,
d'ailleurs, Fanny, à juste titre, tout à l'heure. Donc, c'est des gré à gré qui
nous faciliteraient beaucoup la vie. Donc, dans le cas du transport adapté, ce
n'est pas quelque chose qu'on peut faire à l'heure actuelle, mais, dans le cas
des autres gré à gré, par exemple celui qui concerne le placement média, c'est
des choses qu'on fait déjà et qu'on aurait besoin de pouvoir continuer de faire
étant donné qu'on ne relève pas, par exemple, de l'UMQ ou de la FQM. Donc, on
n'aurait pas la possibilité de faire les étapes qui avaient été prévues.
Mme Laforest : OK, merci. Les
projets en habitation avec les sociétés de transport, on a discuté dans... avec
plusieurs groupes, avez-vous des projets, vous, qui seraient reliés avec...
dans certains secteurs, avec des projets en habitation, qui vous
concerneraient?
Mme Fortin (Caroline Julie) : Il
y a beaucoup de villes sur notre territoire qui ont des projets de TOD. On en
parlait tout à l'heure avec les interlocuteurs de l'OUQ. C'est certain que,
nous, ce qu'on a besoin, c'est d'avoir les leviers nécessaires pour pouvoir contribuer
à ces projets-là dans les villes pour développer leurs pôles de mobilité autour
des gares, par exemple, ou autour des terminus. En ce sens-là, le pl n° 61 a été un beau gain parce que ça va nous permettre de
faire des choses, mais c'est le genre de projet qu'on viendrait faire en
collaboration avec les villes. Donc, ce serait davantage les villes qui
travailleraient l'aspect habitation, mais c'est certain que, quand on vient
travailler, autour d'une gare, un pôle de mobilité, bien, il y a une partie de...
il y a une partie d'habitation qui serait à faire, et donc de pouvoir
travailler avec ce qui n'était pas possible jusqu'à maintenant est quand même
important, pour nous, de ce point de vue là, pour pouvoir développer mieux
autour des gares, des terminus.
Mme Laforest : Je comprends
bien. J'aimerais ça que vous nous parliez de comment ça fonctionne avec... dans
vos... quand vous utilisez le mode de négociation ou encore dans vos
discussions, là, quand c'est le temps... quand ça implique les critères de
qualité, parce que c'est assez complexe puis, quand on parle des prix...
Mme Fortin (Caroline Julie) : Je
pense que Jérôme va répondre à cette question.
Mme Laforest : Bref, comment
vous travaillez avec les critères prix et qualité?
M. Gariépy (Jérôme) : Oui,
merci, Mme la ministre, pour cette question. En fait, donc, il y a plusieurs
façons d'y aller avec la qualité dans notre loi, dans la LSTC, donc, autant la
qualité-prix avec une seule enveloppe, donc, avec différents critères, dont le
prix. Il y a la qualité-prix avec deux enveloppes, donc, avec le prix différé.
Donc, c'est sûr que cette méthode de trois contrats est des fois moins
appréciée par les fournisseurs parce qu'il y a le facteur qui vient pondérer le
pointage au niveau du prix qui peut donner une importance plus ou moins grande
au prix malgré la qualité. Donc, ça, c'est peut-être moins apprécié.
Sinon, au niveau... pour la première
enveloppe que je vous ai parlé précédemment, c'est assez apprécié, puis on a...
on a quand même des... plusieurs fournisseurs, là, plusieurs soumissionnaires.
C'est sûr qu'on commence aussi à utiliser l'évaluation avec discussion et <négociation,
qui est quand même...
M. Gariépy (Jérôme) :
...qu'on
commence aussi à utiliser l'évaluation avec discussion et >négociation,
qui est quand même... qui permet d'avoir des échanges, là, avec les
fournisseurs. Donc, ça, c'est très apprécié, puis je pense que le marché veut
de plus en plus qu'on aille vers là. Et c'est sûr que le PL n° 79
va nous permettre, par exemple, avec le nouveau mode qu'est l'attribution de...
par rapport à la demande de prix à l'attention des entreprises qualifiées et
également le partenariat... Donc, ça, c'est des nouveaux modes qui vont nous
permettre encore plus d'utiliser la qualité et d'avoir des... peut-être des
discussions, pour le dernier mode que j'ai mentionné.
Donc, je pense qu'on va avoir une belle...
une belle offre, là, de possibilités au niveau de la qualité, qui nous
permettra de choisir le bon mode avec le bon projet.
Mme Laforest : Merci, très
bien répondu. Je comprends mieux. Maintenant, les contrats à commandes pour les
approvisionnements avec vos fournisseurs, ça fonctionne comment?
• (17 h 30) •
Mme Gayet (Fanny) : Alors,
pour permettre effectivement d'accroître notre agilité et l'efficacité de nos
processus d'approvisionnement dans les cas où il est difficile de prévoir la
valeur et la fréquence de nos besoins, c'est le mode d'attribution que nous...
que nous privilégions chez Exo. Ça fait en sorte qu'on accueille favorablement,
là, l'élargissement des contrats à commandes aux services et aux travaux de
construction. C'est un type de contrat qui permet à Exo de se procurer des
biens, alors que la quantité, le rythme, la fréquence sont incertains,
indéterminés. Concrètement, Exo, dans le cadre de ses activités, utilise ce
mode d'octroi de contrats notamment pour l'acquisition d'uniformes, pour des
équipements informatiques, pour tout ce qui concerne l'huile et les lubrifiants
des locomotives. Notre dernier contrat est de l'ordre de 850 000 $. Donc,
c'est vraiment quelque chose qui... qui est très bénéfique pour les sociétés de
transport et Exo.
Mme Laforest : J'ai une
question par rapport... parce que, dans le projet de loi, il y a la possibilité
de qualifier des entreprises puis d'homologuer certains biens, mais, quand on
parle de qualifier des entreprises, tantôt, je vous entendais dire : Le
transport adapté, c'est sensible, puis c'est vrai, vous avez vraiment raison, mais
admettons qu'il y a une possibilité de qualifier des entreprises par rapport...
exemple, là, on dit : Le transport adapté, il faut travailler avec telle
compagnie pour ne pas... pour avoir le moins de changement possible. Est-ce que
vous pensez que certaines entreprises seraient pénalisées avec cette mesure-là?
Mme Fortin (Caroline Julie) : Je
ne crois pas que c'est un mode qu'on utiliserait dans tous les... dans tous les
cas de figure, là. Celui... le plus récent dont on a... puis je vais... je vais
laisser Fanny et Jérôme peut-être donner plus de détails, mais c'est un mode
qu'on va utiliser pour des plus gros contrats. Par exemple, on est en train de
l'utiliser pour... puis corrigez-moi, les collègues, si je me trompe, là, mais
pour l'octroi du service d'entretien et de conduite de nos trains, et,
là-dessus, de pouvoir travailler avec les partenaires pour qualifier, ça nous a
permis de rédiger un devis technique qui était plus performant et qui nous
assure qu'on va avoir une réponse positive dans le marché. Pour des contrats de
transport adapté, je ne sais pas, je vous avoue, si c'est le mode qu'on
choisirait nécessairement parce que c'est plus local, c'est plus petit. Là, on
parle... Tu sais, on l'a plus utilisé dans des contrats de... des contrats plus
larges d'exploitation, par exemple.
Mme Laforest : D'accord.
Mme Fortin (Caroline Julie) : Je
ne sais pas si...
Mme Laforest : Le projet de
loi permet aux sociétés de transport de détenir des copropriétés divises.
Est-ce que, pour vous, vous êtes tout de suite prêts à avoir des projets pour
cette nouvelle mesure là qui arriverait?
Mme Fortin (Caroline Julie) : Fanny,
je te laisse répondre.
Mme Gayet (Fanny) : Bien, si
vous me permettez, Mme la ministre, vous soulevez un bon point, parce que
l'article du projet de loi, qui est l'article, je l'ai sous les yeux, 205, qui
ajouterait l'article 122.1 à la LSTC, ne s'appliquerait pas à Exo. Comme
je le mentionnais au début de mon allocution, Exo est régie vraiment par une
section particulière de certains articles en matière de gestion contractuelle à
la LSTC. Donc, pour Exo, cet article-là ne s'appliquerait pas. Donc, vous me
permettez d'ouvrir la porte et de vous demander de pouvoir inclure dans notre
loi constitutive un article similaire à celui-ci afin d'éviter qu'Exo se
retrouve encore dans une situation où elle est oubliée.
Sinon, en termes d'application, pour Exo,
c'est une excellente... c'est une excellente... un excellent outil dans notre
coffre à outils, si je peux me permettre l'expression, de pouvoir être en
partenariat copropriété. Ça va nous donner davantage de pouvoir sur les
décisions, sur nos budgets. Donc, éventuellement, et avec l'adoption du projet
de loi n° 61, je pense que c'est deux... deux outils qui vont... qui vont faire
en sorte...
17 h 30 (version révisée)
Mme Gayet (Fanny) : ...au
budget. Donc éventuellement, et avec l'adoption du projet de loi n° 61, je
pense que c'est deux... deux outils qui vont... qui vont faire en sorte que nos
projets pourront bien se réaliser.
Mme Laforest : D'accord. Puis
le budget, vous parlez de budget, c'est quoi, le budget d'Exo?
Mme Gayet (Fanny) : Je te
laisse.
M. Gariépy (Jérôme) : Vous
voulez dire le budget général d'Exo?
Mme Laforest : Oui, oui.
Mme Fortin (Caroline Julie) : Je
vous avoue que je n'ai pas ça, de mémoire, moi non plus. Pourtant on est en
train de le préparer.
Mme Gayet (Fanny) : Exactement,
là. Excusez-moi.
Mme Laforest : Pardon?
Mme Gayet (Fanny) : Notre...
Notre budget, nos prévisions budgétaires ont été adoptés, effectivement,
récemment, là, ont été envoyés, mais malheureusement, je n'ai pas les chiffres
sous les yeux. Je pourrais vous... vous les communiquer.
Mme Laforest : Les fournir?
Mme Gayet (Fanny) : Oui, tout
à fait, bien évidemment. Mais effectivement, le budget a été adopté, et nos
prévisions 2025 également.
Mme Laforest : J'aimerais ça.
Vous l'enverrez à Anis Telmat, s'il vous plaît. Bien, merci, je n'ai pas d'autre
question.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous allons maintenant du côté de l'opposition officielle avec
la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Oui, merci, M.
le Président. Je voudrais tout d'abord saluer les collègues d'Exo qui sont été
récemment à notre... dans notre circonscription, à Notre-Dame-de-Grâce, avec la
ministre Guilbault et la députée de Vimont aussi. Alors, je voulais aussi
souligner le fait qu'Exo se présente fréquemment lorsqu'on a des assemblées
publiques ou des enjeux locaux communautaires. Exo est... répond toujours
présent, donc je voulais le... souligner et aussi vous saluer.
J'aimerais revenir sur les propositions des
recommandations. On va commencer avec la recommandation numéro 10. Alors,
si je comprends bien, vous saluez le fait qu'en ce qui concerne l'urgence, on
va au-delà des forces... d'une force majeure, mais on ne reconnaît seulement la
sécurité des personnes et des biens. Alors, si je comprends bien, Exo voudrait
aller plus loin et reconnaître, et que le projet de loi reconnaisse des situations
dans le cadre desquelles le service de transport en commun pourrait être
perturbé sérieusement, et qu'on parle des communautés métropolitaines et des
sociétés de transport. Mais on ne prévoit rien pour Exo, qui est une société
qui est distincte d'une société de transport.
Donc, on aimerait vous entendre plus, la
question d'urgence, et répondre aux besoins et aux réalités d'Exo.
Mme Gayet (Fanny) : Tout à
fait. Merci pour votre question. Effectivement, le fait de passer des critères
de force majeure, qui sont des critères beaucoup plus restrictifs, on parle d'un
événement imprévisible et irrésistible, versus une situation d'urgence, donc
beaucoup plus souple dans sa formulation... et qui, une fois de plus, répond à
notre demande d'être plus efficaces, opérationnellement parlant.
Au niveau des situations qui sont
actuellement reconnues par le projet de loi, donc la sécurité des personnes et
des biens, c'est ce que nous avions... c'est ce que nous avons actuellement au
sein de notre article 105 et nous avons également toute la question de la
perturbation sérieuse du service de transport en commun. Comme je le
mentionnais lors de mon allocution, en 2020, vous vous souviendrez, lorsqu'il y
a eu un blocus ferroviaire sur notre... sur les voies ferrées, notre ligne
Candiac a été complètement interrompue, ce qui a fait en sorte que nous avons
dû rapidement réagir pour venir... pour pouvoir poursuivre notre mission et
rendre le service à nos nombreux usagers qui utilisent la ligne. Et puis, si je
peux me permettre un dernier exemple qui est tout récent, qui date d'août 2024,
c'est la grève annoncée du CP. Donc, l'absence de contrôleurs ferroviaires
faisait en sorte que nous devions fermer trois lignes de train,
Vaudreuil-Dorion, Saint-Jérôme et Candiac.
Donc, ce sont deux situations très... de
très grande envergure qui ont énormément d'impacts sur notre clientèle. Et
donc, si cette situation n'était pas reconnue au terme du projet de loi, ça
viendrait vraiment mettre en péril ou sérieusement impacter nos opérations...
Mme McGraw : Merci... Oh!
oui.
Mme Fortin (Caroline Julie) : ...je
me permets un complément. Dans... Dans le cas de Candiac, effectivement, si on
n'avait pas eu, à cette époque-là, l'accès à l'article 105, que Fanny cite
très bien, il nous aurait été impossible de fournir un service alternatif aux
clients de la ligne Candiac. Donc, c'est des milliers de personnes qui auraient
dû soit rester chez eux, soit prendre la voiture pour traverser sur le... sur l'île
de Montréal, alors que l'article 105 nous a permis rapidement de pouvoir
octroyer un contrat d'autobus... un contrat à une entreprise d'autobus, et on a
pu faire des navettes, un service au <moins...
Mme Fortin (Caroline Julie) :
...des navettes, un service au >moins
alternatif pendant la durée du conflit.
Mme McGraw : ...c'est un
enjeu important pour Exo. Justement, c'est... Vous avez démontré avec des
exemples très concrets. Merci.
Là, j'aimerais revenir à... bien, juste
enchaîner sur la ministre au niveau du transport adapté. Là, si je comprends
bien, Exo est le seul organisme public de transport en commun au Québec qui a
le devoir de procéder par appel d'offres public pour adjuger des contrats de
services de transport adapté. Donc, il manque une certaine flexibilité, si je
comprends bien, opérationnelle. Et vous signifiez que ça... vous trouvez que la
situation est inéquitable pour Exo. Alors, j'aimerais vous entendre davantage
là-dessus. Je ne sais pas qui va répondre.
• (17 h 40) •
Mme Gayet (Fanny) : Je peux
peut-être débuter, Caroline ou... et tu compléteras.
Donc, effectivement, nous sommes le seul
OPTC. C'est une iniquité, mais également, c'est un... c'est un... ça a un
impact très important sur une clientèle vulnérable. La clientèle du transport
adapté, c'est une clientèle qui est composée de 67 % d'usagers atteints
d'une déficience intellectuelle, qui est très sensible à tout changement dans
ses habitudes. Donc, c'est important de prendre en compte la sensibilité, là,
au changement et de tenter d'éviter au maximum les impacts négatifs, pour ce
genre de clientèle, qui découleraient, là, d'une transition entre deux
fournisseurs.
C'est d'ailleurs la raison principale pour
laquelle l'article 83 avait été ajouté à la LSTC à l'époque, vraiment de
permettre la continuité des services pour les clients du transport adapté, qui
est une clientèle vulnérable. Donc, l'article 83, comme je le mentionnais,
ne fait pas partie des articles qui sont applicables à Exo. Donc, il y a un
manque dans notre loi. Et c'est la raison pour laquelle nous demandons de
pouvoir... pouvoir bénéficier, au même titre que les autres sociétés de
transport, du gré à gré.
Actuellement, ce que ça a comme impact
pour Exo, le fait de devoir procéder par appel d'offres, c'est que le nombre de
soumissionnaires est très limité, ça fait gonfler les prix. Si je peux me
permettre encore une fois un exemple, en 2018, nous avons lancé un appel
d'offres qui comportait 12 lots. Sur 12 d'entre eux... 10 d'entre eux plus
exactement, un seul soumissionnaire, nous avons reçu une seule soumission.
Donc, on est souvent confrontés à des lots orphelins, donc sans soumissionnaires,
en raison du manque de fournisseurs locaux dans tous les... dans tous les
secteurs.
Également, les transporteurs régionaux,
vous n'êtes pas sans savoir, soumissionnent en priorité là où les contrats sont
les plus lucratifs. Donc, tout ce contexte-là mis ensemble milite vraiment en
faveur d'avoir cette possibilité, au même titre que les OPTC, de conclure de
gré à gré ce type de contrats.
Mme Fortin (Caroline Julie) :
Je n'ai rien à ajouter.
Mme Setlakwe : Merci. Il
nous reste un petit peu de temps. J'aurais peut-être une question au niveau du...
de votre recommandation 7, «permettre à Exo de mandater directement le
CAG, le Centre d'acquisitions gouvernementales, ou tout autre organisme dont
l'activité principale consiste à gérer l'approvisionnement regroupé». L'impact
sur vous? D'ailleurs, les activités, là, du CAG ont fait l'objet d'une... du
récent rapport de la Vérificatrice générale. Juste nous élaborer sur cette
recommandation-là, s'il vous plaît.
Mme Fortin (Caroline Julie) :
Je pense que c'est Jérôme qui va... Oui.
Mme Gayet (Fanny) : Non,
je vais prendre la parole. Donc, comme je le mentionnais, effectivement, il s'agit
d'un mécanisme qui est utilisé pour Exo qui génère, nous sommes allés chercher
les statistiques, là, des économies de l'ordre de 15 % en moyenne pour Exo.
Tout ça en raison du... de l'important volume d'achats qui permet d'obtenir au
CAG et au... excusez-moi, je cherche le nom... le ministère de la Cybersécurité
et du Numérique, qui leur permet d'avoir des taux d'escompte plus avantageux
que ce que le réseau pourrait bénéficier, s'il y... s'il y allait de manière
indépendante.
Donc, actuellement, ce que... ce qu'on
comprend de l'interprétation des articles 14 à 16, c'est que ce mécanisme...
il y aurait un intermédiaire, donc, entre la société de transport et/ou Exo. Et,
le CAG, l'intermédiaire serait l'UMQ ou la FQM, ce qui est un recul dans notre
autonomie, et qui est un fardeau additionnel en termes de délais, et ce qui
vient en contradiction, bien évidemment, avec les objectifs de la présente loi.
Concrètement, le CAG, on y fait... on y
fait appel, notamment pour tout ce qui est acquisition de biens et de services,
mobilité cellulaire. On a également plusieurs contrats de courtage en
technologies de l'information, <des...
Mme Gayet (Fanny) :
...technologies
de l'information, >des acquisitions de licences de logiciels et puis
pour la fourniture de matériel bureautique, donc on parle... on pense à des
porteurs, des tablettes, des imprimantes. Donc, c'est un mécanisme qui est
utilisé chez Exo.
Pour le ministère de la Cybersécurité et
du Numérique, nous avons récemment octroyé un... mandaté un tel organisme pour
obtenir des services en infonuagique. Donc, c'est un nouveau contrat avec Microsoft
Azure, par l'entremise de Microsoft. Donc, le ministère agit vraiment à titre
de courtier en infonuagique pour le compte des organismes publics, et c'est quelque
chose qui est... qui est apprécié et qui est avantageux pour EXO.
Mme Setlakwe : Merci. Et, si
j'ai encore un peu de temps, la recommandation 8, là, sur l'obligation de
publier les appels d'offres dans les journaux, vous souhaitez qu'elle soit
retirée?
M. Gariépy (Jérôme) : Oui,
exactement, Mme la députée. En fait, le PL 79 réitère l'obligation de
publier dans les journaux, alors qu'au niveau du PL 61 on avait retiré
cette obligation-là. Donc, c'est sûr qu'on pense que ce serait beaucoup plus
bénéfique que l'obligation serait plutôt d'utiliser le SAO, comme les... bien,
on utilise déjà le SAO, mais de publier sur le SAO en plus de publier sur notre
site Internet. Donc, on pense que ça irait rejoindre beaucoup plus les
fournisseurs. À noter que le SAO est très utilisé chez Exo, là. On pense qu'il
y a plus de... autour de 80 %, 90 % des soumissions qui sont reçues,
même, par le SAO. Et c'est sûr qu'en retirant cette obligation au niveau des
journaux, on parle de réduction quand même de coûts autour d'environ 20 000 $
par année. Donc, c'est quand même notable, là, comme... comme économie.
Mme Setlakwe : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Alors, nous allons du côté de l'opposition... la deuxième opposition, pardon,
avec le député de Taschereau.
M. Grandmont : Merci, M. le
Président. Merci à vous quatre représentants et représentantes d'Exo.
On a peu de temps, mais j'aimerais vous
amener sur, peut-être, deux éléments. Le premier, votre recommandation 12,
là, qui permettrait de réduire les délais administratifs. Je comprends que des
demandes d'approbation ou d'autorisation préalables à l'ARTM, il y en a quand
même plusieurs, ça ralentit, c'est... donc ça ajoute des délais administratifs.
Est-ce que vous... vous pourriez nous donner des exemples de ces délais que
vous aimeriez voir supprimer? Puis qu'est-ce que ça changerait concrètement
pour vous, là, en gains en efficacité?
Mme Fortin (Caroline Julie) : En
fait, l'exemple que je donne toujours dans ce cas-là, on le compare toujours,
là, effectivement, à la STM dans ce cas-ci. Mais c'est, par exemple, si on doit
acheter, bon, je cite pour l'exemple quelque chose de simple, là... mais, si on
doit acheter des roues, par exemple, on doit remplacer des roues de locomotive
ou de train, il faut avoir... il faut mettre toute une procédure administrative
en place, attendre la réponse, etc., et procéder. La STM, par exemple, n'a pas
à faire ça. Ils vont... Eux autres, ils vont le faire vraiment que dans le cas
où on parle d'un prolongement important, là, d'ajout de station, des choses
comme celles-là.
M. Grandmont : ...faire ça,
alors qu'elle participe de la même façon qu'Exo, dans le fond, à... bien, en
fait, à la... elle contribue de la même façon que vous, en fait, à l'ARTM, en
quelque part, via les municipalités. Mais bref, c'est des entités qui sont
considérées comme sur un pied d'égalité, mais elle n'a pas les mêmes
obligations.
Mme Fortin (Caroline Julie) : C'est...
C'est tout le défi, du fait qu'on relève d'une loi constitutive qui est
différente, là, qui est notre loi. Donc, il y a des choses qui ont été
introduites dans la loi qui mériteraient tout simplement des ajustements. Par
exemple, dans... ça, c'est un... c'est un exemple où on se retrouve, là, des
fois, à devoir se lancer dans des processus administratifs qui sont inutiles,
tu sais. On ne peut pas... On ne veut pas catégoriser au point de dire que
c'est... c'est une question de boulons, parce qu'il y a quand même du gros bon
sens qui s'applique à travers tout ça, mais effectivement, pour certaines
demandes, on perd un certain temps, là, effectivement, à demander des... à
demander des permissions administratives, exemple, d'acquisition d'objets ou de
matériel assez simples.
M. Grandmont : Puis, dans le
fond, ce que vous... ce que vous demandez, au fond, c'est d'avoir à peu près
les mêmes obligations que les... que les sociétés de transport, comme la STM
par exemple, ont relativement à l'ARTM.
Mme Fortin (Caroline Julie) : Effectivement.
On veut vraiment réduire les délais administratifs qui sont liés à des... à
une... comme un besoin qui a été créé par la nouvelle gouvernance, là, si on
veut.
M. Grandmont : Oui, c'est ça.
Puis il y a une forme d'iniquité, en fait, au regard des autres sociétés de
transport.
Mme Fortin (Caroline Julie) : Exactement.
M. Grandmont : Parfait.
Excellent. La notion d'urgence, recommandation 10, à laquelle vous faites
référence, j'aimerais juste comprendre, en fait, comment cette notion-là, elle
serait balisée, la notion d'urgence. Vous donnez un exemple assez... assez gros,
en fait, le blocus ferroviaire. Dans quelle mesure on... Comment vous voyez le
balisage de l'utilisation de la notion d'urgence pour être capables de passer
certains contrats, par exemple?
Mme Fortin (Caroline Julie) : Comme
on l'utilise déjà, je vais laisser <mes...
Mme Fortin (Caroline Julie) :
...l'utilise
déjà, je vais laisser >mes collègues répondre. C'est déjà un cas
d'utilisation.
M. Grandmont : Allez-y. Il
vous reste juste 30 secondes, là, pour information.
Mme Fortin (Caroline Julie) : Oh!
M. Gariépy (Jérôme) : Bien,
en fait, si je peux me permettre, la notion d'urgence, c'est sûr que c'est déjà
balisé, là, dans le PL 79, entre autres avec la sécurité des personnes,
sécurité des biens. Donc, il y a quand même une balise.
Puis nous, qu'est-ce qu'on... on demande,
c'est de préciser pour des retards, là, je n'ai pas le texte... donc des
retards sérieux. Donc, le «sérieux» vient également baliser. C'est quelque
chose qui était déjà dans l'article 105 de notre loi, donc on est quand
même habitués de l'utiliser. Donc, ça peut être, par exemple, un pont qui
menace, tu sais, qui est plus ou moins solide, ou ça peut être plein de choses
de ce type-là. Mais on... C'est quand même déjà balisé, là, aux termes de
l'article.
• (17 h 50) •
M. Grandmont : D'accord. Je
comprends bien. Merci beaucoup.
Mme Fortin (Caroline Julie) : On
pourrait dire toute perturbation qui peut se prolonger sur des jours et qui
implique des complexités pour les clients.
M. Grandmont : Parfait.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Nous allons du côté du député des Îles-de-la-Madeleine pour un 2 min 38 s.
M. Arseneau : Merci, M. le
Président. Merci de votre présence, mesdames, messieurs. Merci pour votre
mémoire et votre présentation.
J'ai assisté aux consultations et
participé aux travaux sur le projet de loi n° 61, puis
encore cette fois-ci, j'ai l'impression que vous portez bien votre nom, là, Exo,
dans le sens d'exoplanète, à l'extérieur du système solaire, où il y a toujours
des exceptions, semble-t-il, qui... qui ne sont pas incluses dans les... dans
les projets de loi, et tout ça. Puis j'ai une question bien, bien simple à vous
poser : Est-ce que le problème ne vient pas de la loi constitutive? Est-ce
que... Est-ce qu'à un moment donné il y a un processus... Je ne veux pas être
complètement hors d'ordre, mais il n'y a-tu pas moyen, à un moment donné,
d'ajuster la loi constitutive pour pouvoir vous permettre de déployer vos
services sans avoir à demander des exceptions à peu près dans tout le travail
législatif qu'on fait?
Mme Fortin (Caroline Julie) : Je
me permets d'amorcer un début de réponse. C'est sûr que dans le cas de la
révision... Parce qu'à chaque... à la fin d'un projet de loi, là... à la
cinquième année d'un projet de loi, il y a toujours une révision de la loi. Puis
on avait fait toute une série de recommandations dans cet esprit-là. Le rapport
du ministre des Transports de l'époque, effectivement, soulignait qu'il y avait
des ajustements à faire. Donc, d'emblée, la réponse serait : oui, je pense
qu'il y a une série d'ajustements qui pourraient être pertinents à faire dans
la... dans la Loi sur le RTM, donc Exo. Néanmoins, il y a des articles de loi,
c'est ça, qui concernaient la LSTC, donc c'est là le degré de complexité. Puis
là je vais voir si Fanny a des ajouts à faire sur cette réponse-là, mais...
M. Arseneau : D'accord.
Est-ce que vous avez des ajouts à faire?
Mme Gayet (Fanny) : Bien,
écoutez, comme ma collègue le mentionne, effectivement, on a eu, après cinq
ans, la possibilité de faire valoir des améliorations à notre loi. Et c'est ce
qu'on... ce qu'on tente de faire valoir par l'entremise des différents projets
de loi. Notre loi nous... Avec notre modèle d'affaires, enfin faire... nous
permet de pouvoir avoir un cadre flexible, nous permet également, par
l'entremise des demandes qu'on fait, d'alléger certains délais administratifs.
Mais ça... On vit avec notre loi.
M. Arseneau : Oui.
Mme Fortin (Caroline Julie) : La
réponse est donc oui.
Mme Gayet (Fanny) : Oui.
M. Arseneau : D'accord. C'est
bon. Malheureusement, je n'ai plus de temps. Je vous remercie beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci, merci beaucoup à vous quatre pour le précieux apport à la commission.
Alors, nous allons suspendre quelques
instants et revenir avec le dernier groupe de la journée. Merci beaucoup!
(Suspension de la séance à 17 h 53)
(Reprise à 18 h 01)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux. Nous en sommes au dernier groupe de la journée et
nous accueillons l'Association des firmes de génie-conseil du Québec. Alors,
bonjour à vous deux. Premièrement, je vous inviterais à vous présenter et par
la suite enchaîner automatiquement avec votre présentation. On vous écoute.
M. Bigras (Bernard) : Excellent.
Merci beaucoup, M. le Président. Mme la ministre, membres de la commission,
bonsoir. Et merci de nous recevoir aujourd'hui pour nous entendre, entendre nos
commentaires sur le projet de loi 79.
Mon nom est Bernard Bigras,
président-directeur général de l'Association des firmes de génie-conseil du
Québec, l'AFG. Je suis accompagné aujourd'hui, ce soir, de Stéphane Gagnon, qui
est président du comité municipal de l'AFG.
D'entrée de jeu, je tiens à mentionner que
nous accueillons positivement le projet de loi et nous reconnaissons les
efforts importants qui ont été faits pour simplifier les procédures
d'attribution de contrats. Nous croyons toutefois que certaines modifications
permettraient d'améliorer significativement les pratiques en matière
d'attribution des contrats municipaux de services professionnels en ingénierie
et en architecture. Nous avons déposé un mémoire qui contient plusieurs
recommandations, commentaires et questionnements, mais je m'en tiendrai ici à
présenter seulement quelques recommandations.
Avant d'entrer dans le coeur du sujet,
j'aimerais prendre quelques instants pour présenter l'AFG, surtout le rôle de
ses membres, les firmes de génie-conseil.
L'AFG représente des firmes de toutes
tailles et présentes dans toutes les régions du Québec. Au Québec, l'industrie
du génie-conseil génère plus de 4 milliards de dollars en retombées
économiques et emploie plus de 28 000 personnes. La forte majorité
des quelque 70 firmes membres participe à des projets dans le domaine
municipal, notamment en infrastructures souterraines, gestion de l'eau, transport
collectif, routes, bâtiments, aménagement urbain, pistes cyclables, espaces
publics, et j'en passe.
Les professionnels du génie-conseil
interviennent durant tout le cycle de vie du projet. En fait, le rôle des
professionnels du génie-conseil débute dès l'identification d'un besoin ou d'un
problème. Les experts de l'industrie sont en mesure de conseiller leurs clients
et de les accompagner dans le choix de la meilleure solution en fonction des
besoins actuels et futurs, des limites budgétaires et des échéanciers.
Concrètement, les professionnels du génie-conseil identifient les solutions,
imaginent des projets, ils en ont... font la conception, préparent les plans et
devis qui permettent ensuite aux entrepreneurs en construction de construire
les ouvrages. À l'étape de la construction, les professionnels du génie-conseil
effectuent une surveillance des travaux afin de s'assurer que la construction
soit conforme aux plans et devis.
En raison de la nature des services
professionnels, soit la réflexion, la recherche de solutions, la planification,
l'innovation, la création, la conception de projets, nous croyons fermement que
les approches qui favorisent le plus bas soumissionnaire ne devraient jamais
être utilisées comme procédures d'attribution de contrats de services
professionnels en ingénierie et en architecture. En effet, la règle du plus bas
soumissionnaire représente un frein majeur à l'innovation dans un contexte où
l'on doit justement innover afin de réaliser des infrastructures plus durables et
résilientes. Dans le domaine des services professionnels, la procédure
d'attribution devrait favoriser la collaboration, l'innovation, l'optimisation
des concepts. Les procédures d'attribution qui favorisent le plus bas
soumissionnaire produisent l'effet contraire. La procédure d'attribution
suivant la soumission avec le prix proposé le plus bas...
18 h (version révisée)
M. Bigras (Bernard) : ...la
soumission avec le prix proposé le plus bas devrait donc être interdite en tout
temps pour les contrats de services professionnels, comme c'est d'ailleurs le
cas présentement. L'article 31 vient répondre à cet enjeu en grande partie,
mais le principe devrait être réitéré au premier et principal mode
d'attribution listé à l'article 27 afin d'établir clairement
l'interdiction. Pour les contrats de plus petite envergure, la procédure
d'attribution suivant une demande de prix à l'attention des entreprises
qualifiées, ou encore, l'attribution de contrats de gré à gré peuvent
parfaitement convenir.
Notre première recommandation est donc de
proscrire l'utilisation de la procédure d'attribution suivant la soumission
avec le prix proposé le plus bas pour les contrats de services professionnels
en ingénierie. Et nous proposons un amendement en ce sens dans notre mémoire.
Notre deuxième recommandation concerne la
procédure d'attribution visant un système d'évaluation globale des critères,
pour laquelle nous suggérons simplement que le prix... dévoilé après
l'évaluation de la qualité. La raison est simple. Nous croyons que si le prix
est connu du comité de sélection au moment de procéder à l'évaluation de la
qualité, cela risque fort de créer un biais cognitif qui pourrait influencer le
choix du soumissionnaire. Et nous ajoutons que l'évaluation du prix devrait se
faire sur la base du prix médian, un aspect que je vais aborder plus en détail
dans quelques instants.
Je poursuis avec notre troisième
recommandation. En décembre 2023, le gouvernement du Québec a adopté des
règlements qui modifient fondamentalement l'attribution des contrats de
services professionnels par les ministères et organismes publics, excluant les
organismes municipaux. Ces changements ont notamment permis d'introduire une
nouvelle procédure d'attribution de type qualité-prix visant le juste prix pour
les contrats de services professionnels en ingénierie et en architecture. Ce
mode implique l'évaluation du prix en fonction de la médiane du prix du marché.
Cette procédure d'attribution permet de prioriser la qualité des services
professionnels, tout en obtenant l'estimation de prix la plus juste possible.
Ce n'est pas le cas de la procédure d'attribution appelée «suivant un système
de connaissance différée du prix» prévue dans le projet de loi n° 79. En
effet, cette procédure reprend la formule qualité-prix municipale actuelle qui,
comme je l'ai déjà mentionné, favorise presque systématiquement le plus bas
soumissionnaire. Pour réaliser leurs projets, les organismes municipaux
devraient avoir la possibilité de lancer des appels d'offres qui visent
l'acquisition de services professionnels en ingénierie et en architecture de
qualité et qui suscitent un intérêt équivalent à celui des appels d'offres des
ministères et des organismes publics au niveau provincial.
Nous croyons donc que le projet de loi n° 79
aurait tout avantage à calquer les nouvelles règles en vigueur depuis janvier
2024 pour les organismes publics et ministères, et ainsi, éviter de créer une
situation de deux poids, deux mesures qui défavorise nettement les organismes
municipaux et leurs projets. Je ne vais pas entrer ici dans les détails
techniques de la méthode, mais la recette est décrite et se trouve dans le
Règlement sur certains contrats de services des organismes publics, qui relèvent
de la Loi sur les contrats des organismes publics. Le Secrétariat du Conseil du
trésor a même produit un guide d'application qui explique en détail le
fonctionnement de la formule. Nous recommandons donc de remplacer la procédure
d'attribution suivant un système de connaissance différée du prix par la
nouvelle formule de pondération qualité-prix applicable aux organismes publics
et ministères.
La dernière recommandation que je vous
présente concerne l'évaluation des besoins. L'article 18 prévoit qu'un
organisme municipal doit procéder à une évaluation sérieuse de ses besoins
avant d'entreprendre une procédure d'attribution pour un contrat. Nous croyons
que la notion d'évaluation sérieuse est plutôt vague et mériterait une
clarification législative. De plus, le terme utilisé dans le projet de loi pour
qualifier l'évaluation à réaliser devrait être plus fort afin de refléter toute
l'importance de cette étape dans le succès des projets. À cet égard, le Guide
d'application de l'évaluation selon la règle de pondération qualité-prix,
récemment produit par le Secrétariat du Conseil du trésor du Québec, fait
référence à une <description...
M. Bigras (Bernard) :
...qualité-prix,
récemment produit par le Secrétariat du Conseil du trésor du Québec, fait
référence à une >description rigoureuse des besoins. Ce même guide
comporte la liste d'éléments d'un... qu'un donneur d'ouvrage doit être en
mesure de décrire précisément pour utiliser le mode qualité-prix. Cette liste
comprend, par exemple, les services et les résultats attendus, les
particularités du projet, les orientations. C'est un aspect important, parce
que le manque de définition des besoins est une problématique récurrente, dans
les contrats municipaux, pour des services professionnels en ingénierie.
Nous avons entendu les commentaires
d'autres groupes qui ont exprimé des craintes par rapport à cet article. Nous
comprenons que l'évaluation des besoins puisse varier en fonction de
l'envergure et de la complexité du projet, mais nous réaffirmons la pertinence
de cet article, qui pourrait contribuer à corriger des lacunes importantes
constatées dans les projets municipaux. Nous recommandons donc de clarifier la
notion d'évaluation des besoins et de changer le mot «sérieuse» par
«rigoureuse», afin de rehausser encore davantage, dans une loi, l'importance
d'évaluer les besoins. Je vous remercie, M. le Président.
• (18 h 10) •
Le Président (M. Schneeberger) : Bien,
alors, merci beaucoup. Nous allons procéder à une période d'échange, en
débutant avec Mme la ministre.
Mme Laforest : Oui. Merci, M.
Bigras, M. Gagnon, merci pour votre présentation. Évidemment, comme je le
mentionnais, malheureusement, je n'ai pas eu le temps de lire votre mémoire. Je
vous ai bien entendus. Peut-être quelques petits commentaires. Je trouve quand
même intéressant que les prix dévoilés soient après que les critères de qualité
aient été analysés. Ça, je trouve ça quand même très intéressant. Je n'étais
pas du tout, du tout au courant de votre recommandation.
Ensuite, quand vous parlez de se coller
sur la... sur la LCOP, en fait, avec Trésor, bien, c'est certain qu'on va
essayer de voir qu'est-ce qu'on peut faire. C'est sûr que Trésor a énormément
de projets gouvernementaux, mais, en même temps... Comme je vous dis, je trouve
ça intéressant, mais, présentement, je vais... je vais analyser puis je vais
parler à ma collègue aussi au Trésor, parce que les projets municipaux,
parfois... bien, la plupart du temps, c'est très, très différent que les gros,
gros projets gouvernementaux. Ça fait qu'on va regarder. Puis le mot« sérieuse»
pour «rigoureuse», je trouve ça intéressant aussi.
Mais, comme je vous dis, honnêtement, j'ai
hâte de lire votre mémoire, je vais prendre le temps. Puis vos trois points, je
crois vraiment que c'est... c'est le prix médian, ensuite, les critères de
qualité selon les règles, et se coller à la... à la LCOP. Alors, merci beaucoup.
Mais, c'est ça, je n'ai pas lu, là, votre mémoire, donc, mais je suis heureuse
quand même de vos commentaires, vous avez de bonnes recommandations. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
M. Bigras (Bernard) : ...commenter?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
allez-y.
M. Bigras (Bernard) : Écoutez,
d'abord, merci pour la réception. On est conscients que vous avez eu la mémoire
tout récemment. Écoutez, pour nous, ce qui est fondamental à passer comme
message, c'est : dans une dynamique d'attribution de contrats, la preuve a
été faite que la règle du plus bas soumissionnaire pour les contrats de
services professionnels est un frein important à l'innovation. Tous l'ont
reconnu. Je ne veux pas... Et de citer aujourd'hui, de notre part, la commission
Charbonneau serait... serait audacieux, mais il faut lire la commission
Charbonneau pour comprendre que cette règle-là amène une baisse dans la qualité
des services et... amène une baisse et un système qui ne convient pas, à notre
avis, aux principes fondamentaux de l'éthique, qui est un principe phare dans
les marchés publics.
Donc, la règle du médian vise
essentiellement, quand on regarde la formule développée par le Conseil du
trésor... en collaboration avec l'industrie, en passant. On tient à souligner
le travail important, dans les deux dernières années, avec le Conseil du
trésor, qui nous a permis de développer cette formule et qui permet d'éliminer
autant ceux et celles qui soumissionnent haut que ceux qui soumissionnent trop
bas. Donc, on arrive à un prix qui est juste, pour lequel, dans ce système
d'attribution, ceux et celles... ceux... les soumissionnaires qui sont dans une
fourchette de prix qui est au centre, à l'intérieur de 5 % au-dessus ou
5 % en dessous, reçoivent 100 % des points pour le prix, et, par la
suite, bien, c'est la qualité de l'offre qui vient être le discriminant. Donc,
pour nous, c'est une... c'est une avenue qui est fort intéressante et qui
mériterait, là, d'être intégrée, là, dans le cadre de l'octroi des contrats
municipaux.
Mme Laforest : ...aux
demandes avec les <contrats...
M. Bigras (Bernard) :
...dans
le cadre de l'octroi des contrats municipaux.
Mme Laforest :
...aux
demandes avec les >contrats de services, mais je comprends votre
demande, là. On va essayer de regarder si on peut... avec mes collègues ici
présents, on va regarder qu'est-ce qu'on peut faire.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Alors, nous allons maintenant du côté de l'opposition officielle, et j'entends
la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Merci, M. le
Président. Merci à vous deux pour votre présentation, merci pour le mémoire.
Bien, dans le même sens que la ministre, là, vous comprenez qu'on était en
consultations ce matin ou après la période des questions, et tout l'après-midi.
On a reçu le mémoire en fin de matinée, mais vous vous êtes déplacés, puis
votre mémoire est clairement bien, bien détaillé, bien étoffé. On vous en
remercie.
Peut-être vous donner l'opportunité, étant
donné que vous êtes là, d'élaborer sur certaines des recommandations. Vous avez
dit d'entrée de jeu que, dans votre présentation, vous alliez vous concentrer
sur certaines des recommandations principales. On a bien compris que la
recommandation 1, ça semble être la recommandation phare de votre mémoire, mais
n'hésitez pas, là, à utiliser le temps dont on dispose pour élaborer sur
d'autres recommandations.
M. Bigras (Bernard) : Je vous
dirais qu'un des éléments qui est assez important dans la gestion de projet,
d'ailleurs dans toutes les gestions de projets d'infrastructures, c'est l'enjeu
lié à l'évaluation des besoins. Trop souvent, dans les projets
d'infrastructure, les projets sont mal ficelés, donc on part très rapidement en
appel d'offres sur des plans et devis, sans même qu'il y ait eu une évaluation
rigoureuse des besoins, comme on l'a indiqué, et sans, souvent, ne pas être
lancés en avant-projet préliminaire et avant-projet définitif avant de se
lancer en plan et devis. Donc, le danger, là, dans les projets
d'infrastructure, c'est d'aller rapidement en plans et devis.
Puis on souscrit aux objectifs de la
stratégie, en passant, des marchés publics, qui vise à réduire, hein, les coûts
et réduire les délais. Il faut comprendre qu'en matière de gestion de projet
c'est un peu le triangle d'or, hein? Vous avez, aux deux extrémités du
triangle, les délais, et vous avez les coûts, et, au sommet de ce triangle,
vous avez la portée du projet, et donc c'est requis, ces évaluations et ces
attentes. Si on décide de diminuer les coûts ou de diminuer les délais, il faut
que ce soit compensé par un certain nombre d'éléments. La réduction de la
lourdeur administrative est un élément. Le gouvernement amène, dans son projet
de loi, les contrats de partenariat. On a eu la chance de venir ici, en
commission parlementaire, sur le projet de loi n° 62.
Nous nous sommes prononcés en faveur des contrats de partenariat, même s'il y a
peu de détails qui, à ce jour, ont été exprimés. Dans la mesure où il y a un
partage des responsabilités, ça devient intéressant.
Mais, ceci étant dit, il y a beaucoup
d'éléments dans le projet de loi qui, pour nous, constituent, là, des éléments
de collaboration qui peuvent permettre d'accélérer la conception puis la
réalisation des projets. Donc, on voit d'un très bon œil le projet de loi,
mais, en même temps, on revient sur le fait qu'on pense que les projets
devraient être évalués sur le juste prix, particulièrement en matière de
services professionnels en ingénierie et en architecture. Je ne sais pas si mon
collègue veut ajouter quelque chose?
M. Gagnon (Stéphane) : Bien,
je peux peut-être rebondir, Bernard, sur un des éléments. Quand on parle de
rigueur, je peux amener, peut-être, un exemple quand on dit la définition des
besoins. Trop souvent, on voit des projets dans lesquels on a à soumissionner
pour faire une étude... ce qu'on peut appeler une étude d'avant-projet, ensuite
plans et devis et surveillance, sur un projet sur lequel la première phase,
c'est de faire l'étude. Donc, il est à peu près impossible pour nous, dans un
contexte forfaitaire, parce que, souvent, c'est sur une base forfaitaire, de
pouvoir estimer le travail à accomplir en conception lorsque la première phase
est une étude à faire et à réaliser.
Il faut comprendre que, dans les projets,
notamment les projets très complexes, usine d'épuration, usine de traitement
des eaux, qui sont... qui sont des projets importants dans le monde municipal,
avec beaucoup d'équipements, beaucoup de complexité, dans lesquels les
technologies peuvent faire en sorte que ça... la solution un, deux ou trois,
quand on étudie les solutions, peuvent faire fois un, fois deux ou fois trois
en conception. Pas parce que ça coûte plus cher. Des fois, c'est pour avoir un
meilleur ouvrage qui, au niveau opérations, maintenance, va... il va y avoir un
gain.
Donc, c'est un type d'exemple dans lequel...
comment on est... comment on peut être en mesure de bien évaluer l'entièreté du
mandat quand la première étape est l'étape... En fait, la base de la pyramide,
c'est d'évaluer les réels besoins, pour qu'on puisse après, faire un bon
projet. C'est le genre d'exemple qu'on voit encore trop souvent dans le
domaine, c'est... Et on comprend, hein, les <organismes...
M. Gagnon (Stéphane) :
...d'exemple
qu'on voit encore trop souvent dans le domaine, c'est... Et on comprend, hein,
les >organismes municipaux, parce que, quand on leur parle pourquoi, bien,
il faut aller vite, il faut essayer... excusez l'anglicisme, mais de «packager»
le projet pour... parce qu'on n'a pas le temps de retourner en appel d'offres
pour... Dans un monde idéal, ce serait faire un appel d'offres pour l'étude,
encore là, avec un arrimage du mode de rémunération qui est conséquent avec un
mode étude.
Quand on est dans une étude, on est en
échange, on développe, on innove, on a des échanges, des collaborations avec le
client, on fait un pas de côté, deux pas en avant, on recule, on se challenge
pour avoir, évidemment, le meilleur projet. Ça fait que c'est plus un mode de
rémunération, souvent, horaire qui est... qui est adéquat. Pour, ensuite, une
fois que le projet, l'étude est faite, les paramètres sont connus, le projet
est bien défini... il est possible, à ce moment-là, de retourner en appel
d'offres pour faire la conception préliminaire et détaillée et arriver avec un
projet, justement, dans lequel les paramètres sont connus, et là c'est plus
facile de...
Et, évidemment, ça fait... ça fait un
projet dans lequel, aussi, il y a moins de litiges ou de situations
litigieuses, qu'on doit évidemment, dire : Regarde, c'est inclus, exclu,
parce que ce n'était pas bien défini. Donc, c'est ça, un peu, le... ce que
Bernard dit, pour essayer de faire en sorte que la... les projets ont une
meilleure exécution dans... du point A jusqu'à la fin d'un projet, donc, de la
phase d'étude à la phase réalisation, livraison d'ouvrage.
• (18 h 20) •
Mme Setlakwe : Merci. J'aurais
peut-être une autre question. Évidemment, dans... On va étudier votre mémoire,
pour lequel on vous remercie encore une fois, et dans le cadre de l'étude
détaillée du projet de loi, on va vouloir s'assurer, évidemment, que le... on
reconnaît qu'il y a des avancées mais on veut s'assurer, évidemment, que le
projet de loi reflète l'évolution... l'évolution du marché, l'évolution de la
complexité des infrastructures, les nouveaux défis qui se présentent aux
villes, etc., et pour lesquels les firmes que vous représentez sont mises à
contribution.
Comment vous décririez, vous, dans les
dernières années, l'évolution, là, de... du milieu dans lequel vous œuvrez, là,
les projets sur lesquels vous travaillez avec les municipalités? Et donc, pour
qu'on puisse saisir les irritants, les principaux irritants qui vous... qui
affectent vos membres. Évidemment, vous avez déjà parlé de certains d'entre
eux, mais si vous pouviez un peu élaborer là-dessus.
M. Bigras (Bernard) : Bien,
d'abord, j'utiliserais le mot «complexité». Donc, on a vu une plus grande
complexité dans la réalisation puis dans la conception des projets. On est
appelés à de plus en plus intégrer les technologies, dans les systèmes de
transport plus intelligents, par exemple. Donc, on voit qu'à partir du moment
où on intègre beaucoup plus la technologie, qu'on est beaucoup plus exigeants
et à juste titre, dans la décarbonation de notre économie, ça exige,
inévitablement, de mettre à contribution l'innovation.
Et quand on parle d'innovation, bien, on
parle, essentiellement, de développer de nouvelles... de nouvelles... de
nouveaux concepts pour atteindre les objectifs fixés par les municipalités, qui
sont... qui sont tout à fait justes. Donc, le niveau de complexité des projets
se sont... s'est accentué. C'est ce qu'on constate dans notre industrie. Et
c'est la raison pour laquelle on doit passer à un mode d'attribution de
contrats qui valorise, au fond, la qualité et l'innovation, puisque de
concevoir, essentiellement, un réseau routier il y a... il y a 50, 60 ans,
bien, les enjeux ne sont plus les mêmes, tel qu'on les connaît aujourd'hui.
Donc, la complexité est venue grandement, à mon avis, là, changer la donne au
niveau des aménagements, des infrastructures, puis la conception des
infrastructures. D'autres choses?
M. Gagnon (Stéphane) : Bien,
peut-être ajouter qu'il y a... le monde municipal est en transformation, c'est
la base d'un monde qui est un peu conservateur. Donc, maintenant, avec la venue
d'innovations... Il faut faire place à l'innovation, c'est important. Si on
veut avoir des villes intelligentes... on parle de villes intelligentes, des
villes... des villes optimisées... il faut laisser place à l'innovation, et
l'innovation demande du temps, demande... demande de mettre des cerveaux autour
d'une table, de réfléchir, de brasser des idées, et les... la nature ou la
façon que les contrats sont organisés, ça laisse peu de place à ça. Donc, il
faut faire place à ça.
Mme Setlakwe : Est-ce que le
mode de construction en mode «design-build»... c'est conception-construction...
est-ce que c'est un mode qui prend plus d'importance au Québec?
M. Bigras (Bernard) : Bien,
c'est évident que l'ouverture avec le projet de loi n° 62, qui est venu,
essentiellement, intégrer ce qu'on <appelle...
M. Bigras (Bernard) :
...évident
que l'ouverture avec le projet de loi n° 62, qui est venu, essentiellement,
intégrer ce qu'on >appelle les contrats mixtes et, plus précisément, des
contrats qui sont en mode beaucoup plus collaboratif, bien sûr qu'il y a plus
de place qui est laissée à ce type de mode. Donc, on voit ces modes-là
s'étendre. Auparavant, c'étaient des modes qu'on voyait beaucoup dans le
secteur privé. On voit maintenant que, déjà, la Société québécoise des
infrastructures, avant l'adoption du projet de loi n° 62, demandait des
dérogations, en vertu de l'article 25 de la Loi sur les contrats des
organismes publics, pour pouvoir réaliser des projets en contrat mixte, en
«design-build», particulièrement dans les écoles. Et là on pense que le projet
de loi n° 62 va créer, effectivement, une nouvelle dynamique où les
contrats en conception-construction vont prendre de plus en plus de place.
Ce que j'ai à dire par rapport à ça, on ne
s'oppose pas aux projets en conception-construction, mais il faut que les
firmes d'ingénierie, les ingénieurs arrivent en amont des projets. Donc, il ne
faudrait pas être dans une dynamique où, essentiellement, les firmes de
génie-conseil deviendraient des sous-traitants des entrepreneurs dans un mode
de conception-construction. Donc, on souhaite que les firmes de génie-conseil
soient en partenariat. On parle de contrats de partenariat maintenant. On pense
que les firmes de génie-conseil devraient être en partenariat avec les
entrepreneurs afin de réaliser les projets.
Puis les projets qui ont été réalisés, les
projets pilotes réalisés par la SQI, projets d'école, ont démontré des
réductions importantes des délais de construction, des délais, là, et des
réductions de coûts. Mais, encore là, il faut que ce soit une véritable
collaboration. Il faut que ce soit des... ce qu'on appelle des PCI, là, donc,
qu'on soit vraiment en conception intégrée. Avec l'arrivée du BIM aussi, hein?
Il ne faut pas oublier que l'arrivée du BIM va aussi changer considérablement
les modes de réalisation. Mais, oui, il y a de la place pour la
conception-construction.
Et, je finirai là-dessus, il n'y a pas un
mode qui est meilleur qu'un autre. Chaque mode est adapté aux projets. Donc,
oui, dans certains cas, conception-construction, c'est intéressant, puis, dans
certains cas, bien, l'approche puis le mode traditionnel est toujours pertinent,
puis, quelquefois, ce sera des contrats de partenariat. Donc, il faut vraiment
évaluer, là, les projets et les modes de réalisation en fonction des projets, et,
dans ce sens-là, il y a de la place pour tous les modes, incluant la
conception-construction.
Mme Setlakwe : Merci.
Peut-être une dernière question. On a le temps?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Mme Setlakwe : On a beaucoup
parlé, dans le cadre d'échanges avec d'autres intervenants... bien, évidemment,
la crise du logement, le fait qu'il faut agir sur plusieurs fronts. Un des
volets qui revient souvent, c'est l'importance de s'assurer d'avoir des
infrastructures adéquates. On sait qu'il y a un déficit de maintien d'actif au
niveau des infrastructures en août. Vous avez parlé aussi des... qu'il y a
beaucoup de projets de construction de nouvelles usines. Là où je veux en
venir, c'est qu'on a un déficit de maintien, on a... ce qui inclut, évidemment,
aussi, des usines... on a un défi climatique, on a le défi d'avoir des
infrastructures plus résilientes, et donc j'aimerais vous entendre... entendre
là-dessus. Évidemment, on a l'expertise au Québec, mais en quoi est-ce que ça
vient changer, là, la... Comment je pourrais formuler ma question? J'essaie de
voir. Au niveau de la résilience des infrastructures, j'aimerais vous entendre
sur le rôle des firmes de génie-conseil, là, pour, justement, être à
l'avant-plan, être impliqués en amont, être impliqués. Comment est-ce que ça se
déploie sur le terrain pour s'assurer qu'on en arrive à avoir des
infrastructures plus résilientes?
M. Bigras (Bernard) : Bien,
écoutez, là-dessus, regardez simplement... vous parlez des usines d'épuration
des eaux, entre autres... regardez la grande région de Montréal, là, ce qui se
passe à Longueuil, à Montréal et à Laval. Déjà, là, il y a beaucoup de projets
qui sont en marche. Ce que je veux dire par rapport à ça, c'est qu'on a... on
va avoir un enjeu de capacité dans la réalisation des projets au Québec. Nous,
on le constate. Ça va demander trois choses. Premièrement, il faut arrimer les
planifications. Donc, il faut que les donneurs d'ouvrage publics, là, quels
qu'ils soient là, se parlent et arrivent à une planification plus intégrée,
parce qu'on risque d'avoir un enjeu de capacité un de ces jours. Donc,
premièrement, meilleure planification dans l'intégration des projets. Deuxième
élément important, c'est les modes de réalisation. Les modes de réalisation
peuvent nous permettre de dégager des capacités et du temps de réalisation.
Puis, finalement, puis je le dis très
humblement et très franchement, il faut s'assurer que les ingénieurs qu'on
forme ici au Québec continuent à travailler sur des projets <québécois...
M. Bigras (Bernard) :
...que
les ingénieurs qu'on forme ici au Québec continuent à travailler sur des
projets >québécois. Alors, il faut comprendre, là, qu'on est dans une
situation où les besoins et le déficit du maintien des actifs, il est réel au
Québec, mais il est réel partout, en Ontario, au Canada et en Amérique du Nord.
Donc, il faut nous assurer que l'expertise québécoise en ingénierie soit
reconnue, pour éviter que nous ayons des professionnels qui soient appelés à
travailler sur des projets dans le reste... dans le reste du Canada, par
exemple.
C'est inadmissible, à mon avis, que, faute
d'une juste rémunération pour nos professionnels, que ces derniers travaillent
sur des projets ailleurs, parce qu'on en a besoin de ces professionnels-là,
parce qu'on a des... un... vous venez de le dire, un déficit des... du maintien
des actifs. Et pour réaliser ça, il faut accorder le juste prix, parce que de
lancer un signal... maintenant, le plus bas soumissionnaire dans les projets,
bien, ça lance un très mauvais signal au marché, et il y a des risques réels,
éventuellement, qu'on perde des ressources. Moi, je vais vous dire, je suis
président de l'Association des firmes de génie-conseil du Québec, je vais
préserver les ressources du Québec.
• (18 h 30) •
Le Président (M. Schneeberger) : ...vous
couper, parce que, là, je vous ai étiré pas mal, là, mais, à un moment donné,
il faut que j'arrête. Alors, on s'en va du côté du député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Merci beaucoup.
Je sens votre passion et votre engagement. Et je n'ai pas beaucoup de temps,
alors j'aimerais juste savoir comment... parce que... comment ce modèle du prix
médian peut se transposer dans des petites municipalités. Est-ce que vous voyez
ça comme étant quelque chose d'assez simple? Parce que c'est peut-être plus
simple, à l'heure actuelle, de regarder le plus bas soumissionnaire. Bien, je
sais que la qualité peut en être affectée, mais je veux savoir comment ça peut
se... Je souscris à l'idée, mais est-ce que, pratico-pratique, c'est plus
complexe?
M. Gagnon (Stéphane) : Bien,
en fait, ce n'est pas plus compliqué qu'aujourd'hui. C'est mathématique. Donc,
aujourd'hui, c'est une équation mathématique, dans laquelle il y a une partie
d'évaluation technique qui est faite, puis, ensuite, on ouvre l'enveloppe de
prix, on rentre ça dans l'équation, et ça sort le gagnant. Donc, c'est la même
chose, c'est juste que l'équation est différente de ce qu'on a aujourd'hui. Et
donc, c'est... mais c'est, somme toute, grosso modo, la même chose.
M. Arseneau : Bien, il y a
peut-être quelque chose que je ne saisis pas dans le modèle, mais si on est
dans une petite municipalité où on a deux soumissionnaires, juste prix, comment
on évalue ça?
M. Gagnon (Stéphane) : Le
juste prix est fonction des soumissionnaires. Les deux ont déposé. À ce
moment-là, évidemment, il y a une médiane. Bon, écoute, à deux
soumissionnaires, il y a... il y a... en fait, c'est... évidemment, moins il y
a de soumissionnaires, plus c'est peut-être... donc... une sensibilité.
M. Arseneau : C'est parce que...
Je ne veux pas questionner le modèle, mais je me demande comment il s'applique
dans des cas où, justement, on n'a pas des données extrêmement larges qui nous
permettent de décréter le prix médian.
M. Bigras (Bernard) : Il faut
dire que dans la formule développée par le Conseil du trésor, il y a... il y
aurait, effectivement, deux soumissionnaires qui entreraient, mais l'estimé du
donneur d'ouvrage est pris en compte, donc, sans parler d'un troisième
soumissionnaire, donc on parle d'un troisième prix, c'est-à-dire le prix estimé,
qui serait calculé dans la formule. Mais, évidemment, là, si vous me parlez
d'un seul soumissionnaire, on est ailleurs. Mais même à deux soumissionnaires,
avec l'estimé du donneur d'ouvrage, on arrive à trois, et donc c'est toujours
possible d'en arriver à...
M. Arseneau : Puis est-ce
que... est-ce que j'ai bien saisi qu'il y a une question qui est relative à la
qualité des projets, peut-être une restriction sur la capacité des ingénieurs
ou des architectes d'innover, si j'ai bien compris ça? Mais vous avez aussi
abordé la question de la rétribution, comme si ça entraînait une baisse dans la
rétribution des professionnels. Je voudrais comprendre.
M. Gagnon (Stéphane) : Peut-être...
En fait, ce que j'ai dit, ou ce que je voulais dire, plutôt, c'est qu'il faut
être capables d'arrimer le bon mode en fonction du projet et le bon mode de
réalisation, mais aussi le bon mode de rémunération. Comme, dans mon exemple,
tantôt, je disais, c'est qu'il y a plusieurs outils dans le coffre de
l'organisme municipal, mais on a beau avoir plein d'outils dans notre coffre,
on ne peut pas utiliser tous les outils pour... en fonction de ce qu'on veut
faire comme tâche. Donc, c'est vraiment cette adéquation-là, utiliser le bon
mode.
Je parlais tantôt qu'en mode d'étude,
normalement, quand on fait une étude et qu'on a à mettre les cerveaux en commun
pour réfléchir, ça devient très difficile sur une base, par exemple,
forfaitaire parce qu'on est en réflexion, c'est... on ne peut pas estimer
convenablement, du moins, à l'avantage... C'est que c'est une gestion de
risque, hein? Donc, évidemment, si on a un forfait pour faire du brainstorm, on
sait quand ça commence, on ne sait jamais quand ça finit. Donc, l'organisme
municipal ne paiera probablement pas le juste prix par rapport à s'il irait
avec un mode de rémunération, par exemple, horaire pour cette partie-là...
18 h 30 (version révisée)
M. Gagnon (Stéphane) : ...ne
paiera probablement pas le juste prix par rapport à s'il irait avec un mode de
rémunération, par exemple, horaire pour cette partie-là. Il faut que le projet,
après... est bien... bien ficelé, bien... les paramètres sont connus, là, on
sait avec quoi il faut travailler.
Donc, un mode de rémunération forfaitaire
est peut-être plus adapté, à ce moment-là, à cet... à la suite du projet. Donc,
c'est cet arrimage-là entre le bon mode... On parlait... Encore là, il y a des
projets pour... qui sont plutôt de nature très simple, dans lesquels un mode
qui ne favorise pas nécessairement la pleine qualité, où le prix peut avoir
plus... moins de sensibilité, par exemple, ou plus de sensibilité que la
qualité, peut être suffisant. Dans des mandats très complexes... Je reviens à l'usine...
des usines de traitement, c'est des... c'est des mandats quand même très
complexes. Il y en a d'autres. À ce moment-là, ce qu'on veut favoriser d'abord,
c'est des principes de qualité plutôt que le prix. Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci. Merci beaucoup pour votre grand apport à la commission.
Alors, avant de terminer, je procède au
dépôt des mémoires des personnes et des organismes qui n'ont pas été entendus
lors des auditions publiques.
Alors, étant donné que la commission a
accompli son mandat, je l'ajourne sine die.
(Fin de la séance à 18 h 36)