Journal des débats de la Commission de l'aménagement du territoire
Version préliminaire
43e législature, 2e session
(début : 30 septembre 2025)
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Le
vendredi 13 février 2026
-
Vol. 48 N° 14
Interpellation de la députée des Mille-Îles à la ministre responsable de l’Habitation sur le sujet suivant : Génération locataires : le legs caquiste en matière de logement
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10 h (version non révisée)
(Dix heures une minute)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bon matin à tous. Je déclare la Commission de l'aménagement du territoire
ouverte. Alors, je demande à toutes les personnes de bien vouloir vérifier leur
sonnerie de téléphone et appareils électroniques. La commission est réunie, ce
matin, afin de procéder à l'interpellation de la députée des Mille-Îles à la
ministre responsable de l'Habitation sur le sujet suivant : Génération
locataire : le legs caquiste en matière de logement. Est-ce que nous avons
des remplaçants, Mme la secrétaire?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Blais (Abitibi-Ouest) est remplacée par Mme Jeannotte
(Labelle); M. Ciccone (Marquette) est remplacé par Mme Dufour
(Mille-Îles) et Mme Labrie (Sherbrooke) est remplacée par
M. Fontecilla (Laurier-Dorion).
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, conformément à l'entente prévue pour la 43ᵉ législature... que
le député des Îles-de-la-Madeleine nous a informé de son intention de
participer à la séance, le deuxième groupe d'opposition interviendra lors des
troisième et septième séries d'intervention et le député indépendant lors de la
cinquième série d'interventions. Alors, pour débuter, je cède la parole à la
députée des Mille-Îles, vous avez 10 minutes d'introduction.
Mme Dufour : Merci beaucoup, M.
le Président. Ça fait longtemps qu'on ne s'était pas vus dans une commission,
donc, je suis bien contente d'être avec vous à cette commission que j'adore,
celle de l'aménagement du territoire. D'abord, j'aimerais saluer la ministre,
la nouvelle ministre de l'Habitation. Je pense que c'est la première fois qu'on
a l'occasion d'échanger plus longuement sur le dossier de l'habitation.
Évidemment, j'en profite pour saluer tous les gens qui l'accompagnent, les
députés du gouvernement, de la banquette ministérielle et tous les
fonctionnaires qui sont à leurs côtés. Je salue également les oppositions qui
sont avec nous. Député de Laurier-Dorion, député des Îles-de-la-Madeleine. On a
fait plusieurs projets de loi ensemble en habitation, donc, c'est toujours un
sujet qui nous passionne tous, donc, merci à tous d'être ici, et je suis
désolée, encore une fois, de vous retenir un vendredi, mais c'est un sujet qui
est d'importance.
Dans les dernières années, on a beaucoup,
beaucoup parlé de logement abordable, de la crise du logement, qu'il manquait
de logements locatifs. Mais aujourd'hui, ce n'est pas de ça que je veux vous
parler, M. le Président, je veux vraiment parler de l'accès à la propriété. C'est...
Aujourd'hui, on a vu que, malheureusement, on constate après... après presque
huit ans au pouvoir, que les finances publiques ne sont pas en bon état, M. le
Président, on peut dire que le gouvernement a laissé un legs de... une dette
assez importante. Il y a une dette de finances publiques, mais il y a aussi,
maintenant, une dette qui va... qui va laisser à... nos générations futures :
Le rêve, le grand rêve québécois de devenir propriétaire, il est... il est
pratiquement devenu inaccessible, malheureusement. J'ai oublié de partir mon...
c'est...
Une voix : ...
Mme Dufour : OK parfait, merci,
j'avais oublié de partir de... de partir ma... OK, parfait, parce qu'il n'est
pas à l'écran, hein, M. le Président?
Le Président (M. Schneeberger) :
...
Mme Dufour : Pardon?
Le Président (M. Schneeberger) : Il
est à l'écran du haut.
Mme Dufour : C'est huit
minutes... Ah! OK, c'est mon temps. Parfait, merci beaucoup. Je reprends, donc,
le grand rêve de devenir propriétaire est malheureusement devenu complètement
inaccessible. Lorsque mes parents étaient jeunes, ils ont formé un ménage. La
première chose qu'ils ont fait, c'est s'acheter une propriété. Ils ont eu une
petite fille, qui était moi même, mais aujourd'hui, ce n'est presque plus
accessible. On l'a vu, d'ailleurs, ce matin, dans le journal, que même l'accès
à la propriété était en train de devenir un frein à la natalité. Est-ce qu'on
peut vraiment se permettre ça au Québec, alors que pour la première fois, il y
a... on rentre dans une ère où il y a plus de décès que de naissances? Donc, on
doit tout faire pour aider...
Mme Dufour : ...nos jeunes
ménages, les premiers acheteurs, puis, de plus en plus, ça vient tard dans la
vie, de devenir... de devenir propriétaire. Aujourd'hui, ce n'est pas parce que
les gens ne travaillent pas fort, ils travaillent très fort, les jeunes
ménages. Et d'ailleurs, à l'époque de mes parents, il était possible d'acheter
une propriété avec un seul revenu. Aujourd'hui, avec deux revenus, ce n'est
même plus possible. Donc, c'est vraiment rendu problématique. Donc, ça met une
pression très... très grande sur les familles et, sans mesure fiscale
constructive, malheureusement, on risque de voir le mur, devant ces premiers
acheteurs là, s'accentuer. Et je vais en parler, là, tout au long de cette
interpellation, M. le Président.
Donc, quelques faits, comme je disais,
aujourd'hui, ce n'est plus possible de devenir... d'acheter une propriété. La
hausse des prix a été telle... n'a jamais été aussi abrupte que sous le
gouvernement de la CAQ. Et tout ce qui se construit depuis deux... deux ans
environ, ce sont des logements locatifs. Donc, c'est sûr que ça répond à une
demande, mais ça ne répond pas à la demande des premiers acheteurs qui se
cherchent une propriété. Donc, si, aujourd'hui, on cherche à acheter, bien, ce
qu'on retrouve sur le marché qui se construit, bien, c'est de la location.
Donc, on ne peut pas devenir propriétaire lorsqu'on n'a que de l'offre de
locatif...
Des voix : ...
Mme Dufour : Non, J'ai
10 minutes, M. le Président, et j'aimerais pouvoir terminer mes
10 minutes sans être interrompue. Je crois que je n'ai pas manqué de
respect, là... Donc, je reviens, tout ce qui se construit, c'est du logement
locatif et je donnerai des chiffres un peu plus tard. Et ça, évidemment, ça
amène une pression qui est devenue insoutenable pour les jeunes ménages. Juste
donner une idée, un prix médian des propriétés, des maisons, là, des propriétés
qu'on peut acheter, donc, pas du locatif, à Montréal, c'est rendu
615 000 $. C'est absolument... c'est très, très élevé. Et,
évidemment, pour s'acheter une telle propriété, bien, ça exige une mise de
fonds qui est considérable. Et donc les gens doivent s'éloigner de plus en plus
des grands centres pour pouvoir acheter une propriété à la hauteur de leurs
revenus. On parle que, dorénavant, le coût des... des propriétés, le coût
médian des propriétés représente plus de la moitié du revenu disponible médian.
Donc, si on parle... si le revenu médian,
on a un revenu médian et qu'on souhaite acheter une propriété de niveau médian,
bien, c'est la moitié de notre revenu qui va aller au paiement hypothécaire,
les taxes municipales, et tout ce qui vient avec l'achat d'une propriété. On
dit que ça ne devrait pas dépasser 30 % pour que ce soit... pour que ça
puisse respecter la capacité de payer des acheteurs, C'est d'ailleurs la règle
qu'on se donne aussi en locatif, le 30 %. Et, ça aussi, on l'a vu, il y a
eu des hausses de loyers importantes. On en a parlé beaucoup dans les dernières
années. Il y a eu une énorme pression, des logements qui retombaient sur le
marché, qui augmentaient. Et ce que ça a fait, bien, évidemment, ceux qui
avaient... qui souhaitaient acheter une propriété avaient de moins en moins de
liquidités disponibles pour faire des économies et se mettre une mise de fonds
de côté. C'est une réalité. Donc, la hausse des loyers réduit d'autant plus
l'accès à la propriété.
• (10 h 10) •
D'ailleurs, la moitié des jeunes estiment
aujourd'hui avoir besoin de leurs parents pour la mise de fonds. Bon,
heureusement, il y a quand même une génération qui a accumulé des sommes, qui
peut peut-être aider leurs enfants, mais ça amène une discrimination assurée
pour ceux qui n'ont pas ces moyens. Et ce qui n'aide pas dans tout ça, ce
sont... c'est la hausse des coûts de construction. Je vais en parler aussi dans
un des blocs, M. le Président. Un chiffre, 71 %, 71 % depuis 2017,
ça, c'est la hausse des coûts de construction, 51 % depuis la pandémie.
Donc, c'est certain que ça, ça met une pression énorme parce que ce qui se
construit coûte plus cher. Et, comme je vous le disais, les loyers qui coûtent
plus cher, c'est aussi, en partie, dû au fait que les coûts de construction ont
augmenté. Mais qu'est-ce qu'on a fait pour traiter... voyons, tenter de réduire
ces coûts de construction? Pas grand-chose, malheureusement. Et, comme je vous
disais, ça a une pression directe sur le prix des propriétés, les salaires dans
l'industrie...
Mme Dufour : ...ce n'est
pas... il n'y a pas de critique ici, mais c'est un constat. Les salaires vont
augmenter de 22 % dans les quatre prochaines années. Puis ça, c'est dû à
la nouvelle convention collective qui a été négociée. Donc, ça, ça va amener
encore plus de pression. Donc, si on ne travaille pas sur les coûts des
matériaux, si on ne travaille pas sur l'efficacité de la façon qu'on construit,
bien, on va voir les coûts augmenter encore davantage, parce que 22 % en
quatre ans juste pour les salaires, c'est quand même beaucoup. Et, comme je le
dis, ce n'est pas une critique de la convention elle-même, il faut travailler
sur l'ensemble des coûts.
Et je rappellerai qu'il y a une pénurie de
main-d'œuvre dans le domaine de la construction. Ça fait que, ça aussi, ça
amène de la pression. Et juste hier... cette semaine? C'est cette semaine, oui,
l'ACQ, l'Association de la construction du Québec, était ici, à l'Assemblée
nationale. Ceux qui les ont rencontrés auront entendu le chiffre de
16 000. 16 000 travailleurs qui manquent actuellement dans le domaine
de la construction à chaque année. Mais je vais vous donner un autre chiffre.
L'APCHQ, une autre association dans le domaine de la construction, nous parlait
que 25 % de la main-d'œuvre dans le domaine de la construction prendrait
sa retraite d'ici 10 ans. On en manque déjà 16 000. Donc, c'est très,
très inquiétant. Et ça aussi, ça va mettre une pression sur les coûts.
Je terminerais, M. le Président, en
parlant aussi du fait qu'on ne travaille pas assez pour protéger l'existant.
Donc, il existe des propriétés, et malheureusement, on en perd. Et je vais vous
parler de la mérule pleureuse, notamment, je vais revenir sur le programme
RénoRégion. Il n'y a aucun programme digne de ce nom pour la rénovation
actuellement au Québec, malgré qu'on soit en pénurie, par exemple, d'énergie
hein? On veut construire des barrages, mais il y a de l'énergie qu'on pourrait
récupérer dans nos bâtiments. Aucune mesure fiscale digne de ce nom.
Alors, je termine, M. le Président, en
souhaitant sincèrement qu'aujourd'hui, on va parler d'accès à la propriété,
parce qu'à toutes les fois qu'on a posé des questions dans les derniers mois
sur l'accès à la propriété, et même dans les dernières années, bien,
finalement, on avait des réponses qui avaient rapport avec les logements
sociaux, les logements abordables. C'est un sujet super important, mais
aujourd'hui, j'aimerais qu'on parle d'accès à la propriété.
Merci beaucoup, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci,
Mme la députée de Mille-Îles. Alors, nous allons du côté du gouvernement.
J'entends la ministre pour
10 minutes.
Mme Proulx : Merci, M.
le Président. Donc, l'interpellation, le legs de la CAQ, en termes
d'habitation, notre stratégie, c'est construire et accompagner nos clientèles.
C'est ça, le mandat principal de la ministre responsable de l'Habitation. Et
des défis en matière d'habitation, d'autant plus en ce qui a trait à la
disponibilité et l'abordabilité des logements, c'est bien réel. Puis notre
gouvernement, M. le Président, en est conscient. C'est pourquoi on va
poursuivre nos efforts, là, pour continuer d'optimiser les pratiques au
bénéfice des différents acteurs. Nous, on veut continuer de mieux répondre aux
besoins, aux réalités des ménages québécois dont on se soucie. On va poursuivre
tous le même objectif : répondre à cette crise du logement et mettre tous
les outils à notre disposition pour donner un grand coup de frein à cette crise
du logement. On s'est donné l'objectif d'agir, d'innover pour gagner en
efficacité. Chaque geste compte et chaque initiative compte. Et c'est
l'implication, M. le Président, de tous les partenaires, qui est nécessaire
pour arriver à nos fins.
On a bien entendu les points de la députée
de Mille-Îles. On parle de fiscalité ici, mais, nous, en ce qu'il y a matière
pour faire... évoluer, pardon, la situation en ce qui a trait à la crise du
logement, vous le savez, M. le Président, le manque de logements, ça ne date
pas d'hier. Ce manque ne se fait pas seulement sentir au Québec, et les causes
de la crise sont diverses, sont multiples, sont complexes. On parle d'une
situation économique, d'une pénurie de main-d'œuvre, d'une hausse du taux
d'intérêt, du coût des matériaux, comme l'a mentionné la députée, la migration
de la population des grands centres vers nos régions, la hausse rapide de la
démographie, l'immigration, le fameux «pas dans ma cour», donc, on a agi, on a
été proactifs face à cette crise-là du logement. On a créé des conditions
propices pour construire plus vite, mieux, à moindre coût. On a également
réussi à augmenter l'offre de logement social et abordable, parce que, d'abord
et avant tout, c'est ma responsabilité, M. le Président, en protégeant les
ménages qui sont vulnérables au Québec.
Question de nous donner une feuille de
route, on a, en 2024, déployé une Stratégie québécoise en habitation, une
première : bâtir ensemble pour mieux se loger. On met vraiment, et
véritablement, la lumière sur des efforts collectifs pour atteindre le marché
résidentiel équilibré, préserver l'abordabilité. On va le souligner, M. le
Président, il s'agit d'une première en termes de stratégie au Québec, depuis
fort longtemps, qu'une telle stratégie n'avait pas été déployée. Signe que nous
avons été ambitieux...
Mme Proulx : ...et qu'on
continue de l'être.
Vision claire des enjeux, qui nous permet
de mieux coordonner l'intervention gouvernementale et celle des acteurs du
milieu. Je vous confirme, M. le Président, qu'on va poursuivre tous le même
objectif, que chaque ménage puisse se loger selon ses besoins, tout en
respectant ses capacités financières, la stratégie qui se déploie, M. le
Président, sur 65 initiatives pour agir concrètement sur notre terrain. Ce qui
est... primordial, pardon, soutenir la productivité dans le secteur de la
construction parce qu'il est nécessaire de mieux outiller les partenaires
municipaux pour favoriser le développement résidentiel. Puis parce qu'aussi on
doit préserver l'offre existante, favoriser l'accessibilité, mais également
l'abordabilité, M. le Président.
L'implantation de sa stratégie, bien, ça
se déroule rondement. L'automne dernier, on avait déjà plus de la moitié des
initiatives prévues qui étaient complétées, puis la vaste majorité étaient déjà
en cours. M. le Président. Des investissements considérables qui ont été
réalisés pour améliorer l'accès au logement abordable, des modifications très
importantes qui ont été apportées à des lois, nouvelles façons de faire,
d'intervenir, qui ont été mises en place pour être plus efficaces. Et
l'objectif, c'est de livrer plus ville... plus vite, pardon.
Je vais insister sur le 7 milliards,
là. On semble oublier la portée d'un chiffre comme celui-là. Comme si ce
n'était rien, 7 milliards de dollars, depuis 2018, en logement
abordable, en programme d'aide au paiement des loyers, des mesures pour le
crédit d'impôt solidarité, les exemples des programmes Réno Région. C'est plus
de 14 000 logements sociaux et abordables qui ont été livrés, M. le
Président, à travers diverses mesures, 16 000 autres qui sont en chantier
pour 2026, uniquement, 9 000 logements abordables vont être livrés. C'est
du jamais vu depuis de nombreuses années.
Ceci étant dit, on doit continuer de
construire plus rapidement et rénover davantage. C'est dans cette optique-là
que de 2023 à 2028, 3,6 milliards ont été investis dans la rénovation des
HLM par le gouvernement du Québec et du Canada. Puis si on compare 2027‑2028
sur 2018‑2019, à l'arrivée de notre gouvernement, c'est près de
415 millions d'investissements de plus, M. le Président, qui ont été
injectés. Annonce récente d'une conclusion de principe de collaboration avec le
fédéral pour le développement de maisons au Canada, au Québec, ça va permettre
de rendre disponibles plus de logements abordables aux Québécois, mieux servir
et soutenir nos ménages qui sont à faibles revenus.
Puis on a adopté des lois qui ont permis,
entre autres, de renforcer les outils qui sont à la disposition des
municipalités et des MRC pour être en mesure d'agir plus efficacement,
notamment en matière d'habitation, et c'était des demandes qui nous étaient
faites, des mesures qui visent à renforcer l'équilibre des droits, mieux
protéger les locataires les plus vulnérables, QS en a fait la démonstration en
point de presse ce matin, favoriser le maintien du parc de logements locatifs
existants. Bref, les municipalités peuvent, entre autres, à travers ces
mesures-là, accorder une aide pour l'hébergement transitoire, entre autres, des
personnes dans le besoin de logements sociaux, abordables ou encore pour
étudiants.
Les municipalités peuvent adopter des
programmes d'aide qui favorisent la construction, l'aménagement de logements
locatifs jusqu'en 2027. Les municipalités ont un pouvoir, qu'on va souhaiter
garder plus longtemps, M. le Président, pour continuer à monter du logement
social et abordable.
Puis, dernière mesure, M. le Président,
non pas une moindre mesure, on a déposé, cette semaine, M. le Président, le
projet de loi n° 20, Loi édictant la Loi visant à favoriser l'accès au
logement, modifiant diverses dispositions concernant le domaine de
l'habitation.
M. le Président, tout ça pour faire la
démonstration qu'au fil des ans, des huit dernières années, parce que
l'interpellation, on parle de ce que la CAQ a fait en domaine d'habitation...
dans le domaine de l'habitation... On a donc déposé un nouveau projet de loi
qu'on aura l'occasion d'étudier avec des collègues au cours des prochaines
semaines pour venir ajouter, donc, des mesures pour aider à protéger et à faire
en sorte que le locatif au Québec soit préservé, là. Ça fait partie de la
grande stratégie. On est cohérents avec la stratégie, qui évolue, et nous aussi,
on évolue en temps réel avec cette stratégie-là.
• (10 h 20) •
D'ailleurs, le projet de loi, M. le
Président, c'est important de le dire... on a répondu, entre autres, à une
demande qui avait été signifiée par la Vérificatrice générale dans son rapport
de 2025. Donc, des mesures qui vont continuer de s'inscrire...
Mme Proulx : ...dans la
poursuite de nos efforts qui sont déployés suivant les recommandations de la VG
en 2025, mais également de 2019 et de 2020.
Droits des locataires, droits des
locateurs, là aussi on fait en sorte de renforcer de façon qu'il soit plus
équilibré, qu'il réponde à plusieurs préoccupations, plusieurs dispositions ont
été introduites afin de notamment de mieux encadrer le marché, préserver
l'équilibre, moratoire de trois ans sur les évictions pour motif
d'agrandissement, subdivision, changement d'affectation. Est-ce qu'il y a moyen
de faire plus? On y travaille, M. le Président.
Même chose pour nos... résidences, pardon,
pour personnes aînées. Des mesures qui ont été apportées de mieux prévenir la
perte de logement pour les locataires aînés d'un immeuble qui, par exemple,
pourrait changer d'affectation, alors qu'auparavant il était entièrement
destiné aux personnes aînées.
Modifications sur le bail. Je pense que
c'est assez clair, ces modifications-là sont entrées en vigueur récemment, on a
voulu simplifier pour les locateurs et les locataires. Il y avait des mesures
qui étaient complexes à comprendre. On est passé de plus d'une dizaine de
mesures à quatre mesures. Des campagnes de sensibilisation qui d'ailleurs on
entend présentement sur les ondes radio, sur le web, sur la télé... à la télé,
pour s'assurer que toutes les nouvelles mesures qui ont été mises en place sont
bien comprises. Le ministère est disponible, la ministre est disponible. Le
ministère de l'Habitation, le TAL également, sont là pour offrir des
explications complémentaires aux gens qui pourraient peut-être être perdus dans
ces nouvelles mesures-là.
Bref, le domaine de l'habitation, M. le
Président, ça ne concerne pas juste un acteur, mais l'ensemble des partenaires,
le privé, le public, on va continuer de travailler sur cette énergie-là, on a
créé des liens très précieux, entre autres avec des fonds, ceux de la FTQ, ceux
de Desjardins, des investisseurs privés également qui se sont joints à l'effort
gouvernemental pour monter davantage de logements plus rapidement. Bref, M. le
Président, au cours de cette interpellation-là, on ira... on aura l'occasion
d'aller davantage en détails et de présenter, donc, au public les mesures qui
ont été présentées au fil des ans par le gouvernement du Québec.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci,
Mme la ministre. Nous retournons du côté de la députée des Mille-Îles pour cinq
minutes.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. J'aurais espéré qu'on parle d'accès à la propriété, comme je le
mentionnais. Ce que je comprends, c'est qu'on parlait beaucoup, beaucoup de
logements locatifs puis beaucoup de logements abordables, puis de logement
social. Mais le sujet de l'interpellation, c'est l'accès à la propriété. Moi,
je vais continuer sur le sujet... Je vais continuer sur le sujet et j'aimerais
que le député de Labelle cesse de m'interrompre, M. le Président.
Donc, comme je le disais dans mon
introduction, le Québec est entré dans une nouvelle ère... de nouvelles
réalités démographiques. Il y a plus de décès que de naissances. On le sait,
notre population vieillit rapidement. Le taux de natalité est en forte baisse,
puis on voyait ce matin... ce matin un article. Moi, ça m'a beaucoup troublée.
On le savait, on s'en doutait, on pouvait l'imaginer parce qu'on a tous
voulu... Bien, tous ceux qui ont voulu fonder une famille ont voulu acheter une
propriété. Mais quand qu'on lit, c'est ça, que la surchauffe immobilière, c'est
l'un des frais... des freins, pardon, à la natalité, c'est... c'est très
inquiétant. Et on constate donc que, bien, les Québécois, les Québécoises
attendent plus longtemps avoir des enfants et parfois font même le choix de ne
pas en avoir parce qu'ils n'ont pas accès à une propriété qui leur permette de
les avoir, soit un logement assez grand, mais aussi l'accès à acheter une
propriété. Et je dirais que ça, c'est vraiment l'angle mort du gouvernement, l'accès
à la propriété puis je pense que l'intervention de la ministre, là, on n'a peu
de mesures, on n'a pas entendu de mesure qui touche l'accès à la propriété.
Et puis on le voit, là, ça recule partout
au Québec. Ça, c'est un constat accablant. C'est pour la première fois en
50 ans que le taux de propriété a diminué au Québec. Ça a toujours
augmenté pendant 50 ans, et c'est sous la CAQ que ça a reculé pour la
première fois, alors que c'était une fierté de viser de devenir propriétaire.
Mais pour ça, il faut qu'il y ait une offre, il faut que ce soit accessible. La
propriété, c'est un outil d'enracinement, c'est... tu sais, en région, c'est ce
qui permet de retenir les gens, ça stabilise les familles, ça encourage des
projets de vie à long terme. Donc, c'est important qu'on mise sur, encore, que
la propriété, on ne peut pas juste créer une génération de locataires et ne
viser qu'à avoir seulement des locataires. D'ailleurs, c'est beaucoup de gens
qui ont accédé à la propriété, par exemple en achetant un duplex, est devenu
leur fonds de pension...
Mme Dufour : ...la propriété
de façon générale. Dans mon cas, c'est mon fonds de pension, ma maison. Et ceux
qui n'auront pas accès à une propriété n'auront pas cette chance-là. Est-ce
qu'on va appauvrir notre génération future? Moi, ça m'inquiète. Un des
éléments, c'est qu'il y a un écart grandissant entre le prix des maisons et les
revenus. Je l'ai mentionné d'entrée de jeu que le revenu... j'ai parlé de
revenu médian, mais c'est revenu moyen que... que je revois dans les articles.
En 2019, c'était encore réaliste pour un ménage de s'acheter une maison, à peu
près partout, pour 30 % de son revenu. Mais aujourd'hui, il reste presque
plus d'endroits à Montréal où c'est possible. Dans la région de Montréal, il faut
s'éloigner de plus en plus loin. Mais Laval, oubliez ça, moi, je suis de Laval,
c'est rendu inaccessible, là, maintenant, il faut aller, L'Assomption,
Lavaltrie, Saint-Jean-sur-Richelieu, c'est... Il faut s'éloigner des grands
centres pour avoir accès. Même la région de Québec, la ville de Québec, il n'y
a à peu près plus... il y a un endroit seulement, à Québec, où c'est encore
possible que... que le... de s'acheter une propriété pour respecter ce seuil
des 30 % des revenus. Le prix médian, à Québec, dans l'agglomération de
Québec, d'une maison unifamiliale, a connu une hausse de 17 % juste en un
an, M. le Président, donc, c'est passé à 450 000 $. C'est devenu
très, très, très difficile, comme je le disais, d'accéder à une propriété.
Pour le Québec, le prix moyen, c'est rendu
495 000 $, donc ça, c'est le prix moyen, 495 000 $, un demi-million
de dollars, et là, à Montréal, on oublie ça, là, on est dans des eaux beaucoup
plus élevées et il n'y a pas de mesures structurantes pour aider à la mise de
fonds. Puis ça, je vais y revenir, là, je pense que c'est dans mon prochain
bloc que je vais parler des mises de fonds. Mais c'est devenu une pression
financière insoutenable pour les jeunes ménages, comme je le disais, il faut
les soutenir d'une façon ou d'une autre si on ne veut pas, finalement, avoir
une génération plus pauvre que celles qui nous a... qui les aura précédés et
«celles», je parle avec un S, parce que toutes les générations passées ont pu
accéder à la propriété, mais celle-ci, comme c'est le portrait actuellement,
c'est la première qui pourrait ne pas accéder à la propriété, alors, c'est
important de stimuler l'offre mais aussi d'aider à la demande, M. le Président,
en les soutenant. Je vais y revenir dans le prochain bloc.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Alors, nous retournons du côté de la députée de... Labelle?
Mme Jeannotte : Ah! D'accord,
merci, M. le Président. Ce n'est pas la ministre...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui...
mais la ministre...ou la ministre? Oui? Alors... Parfait, parce que, là, vous
me regardiez, les deux... OK. Parfait.
Mme Proulx : Je regarde
toujours...
Le Président (M. Schneeberger) :
À vous, Mme la ministre.
Mme Proulx : Merci, M. le
Président. Je veux juste apporter une petite précision, ici. Le titre de
l'interpellation : Génération locataire : le legs de la CAQ en
matière de logement. Je suis responsable du logement, M. le Président, je ne
suis pas là pour établir des mesures d'accès à la propriété qui relèvent du
ministre des Finances qui en a déposé, M. le Président, des mesures pour
l'accès à la propriété. Donc, je vais profiter de la tribune qui nous est
offerte aujourd'hui pour parler, donc, au fil des ans, ce que ma prédécesseure,
présidente du Conseil du trésor aujourd'hui, a déposé au fil des ans pour
faciliter l'accès au logement pour les clientèles qu'on dessert, M. le
Président. Entre autres, le Règlement sur les critères de fixation du loyer,
qui est rentré en vigueur le 1ᵉʳ janvier dernier. Quand on parle de laxisme, je
pense que, rendu à 40 ans, M. le Président, où il n'y a aucune modification
réglementaire qui a été faite en ce qui a trait à la fixation du loyer, alors
que, bien avant notre arrivée, on le voyait, cette tendance d'une crise qui
s'en venait sur le loyer, aucun, ni le Parti libéral ni le Parti québécois
n'ont osé lever la main pour revoir les critères de fixation du loyer, ce qu'on
a fait.
• (10 h 30) •
Quelques précédents, comme je le
mentionnais lors de la précédente intervention, on parlait de 13 variables,
d'une méthode qui était complexe, où tout le monde, ou à peu près tout le monde
et son voisin se perdaient. On a réduit, M. le Président, à quatre de ces
critères-là qui va permettre... qui va permettre d'assurer pleinement la
pérennité, entre autres, du parc locatif, de planifier, de récupérer de matière
réaliste des investissements liés aux travaux majeurs. Parce que, M. le
Président, il faut s'assurer qu'il y a des investissements qui soient faits
dans le parc locatif, on n'a pas les moyens, au Québec, de perdre des
appartements parce qu'il y aurait un... un sous financement. Donc, la méthode
de calcul actuelle, plus facile à comprendre pour tout le monde, basée sur des
revenus, des dépenses, qui est remplacée par une prise en compte de l'évolution
moyenne de l'indice des prix à consommation générale, ce qu'on appelle l'IPC
sur trois ans, des ajustements aussi sont possibles. C'est des dépenses d'immobilisation
très importantes...
10 h 30 (version non révisée)
Mme Proulx : ...et l'augmentation
des taxes ou des assurances le justifie. Primordial de protéger la qualité des
services offerts, entre autres dans les résidences des personnes aînées. Donc,
cette année, M. le Président, l'augmentation de base 3,1 aurait été de 4,9
selon l'ancienne méthode. Dans tous les cas, on est très, très loin du 5,9 l'an
dernier. C'est une méthode qui est juste, qui est claire, qui aide à maintenir
le parc locatif en bon état. C'est ce qu'on souhaite. C'est vrai que le coût de
la vie est élevé, que la part que représente le loyer peut être lourde dans un
budget pour certains ménages, donc important qu'ils puissent mieux anticiper
ces hausses de loyer là selon l'évolution du coût de la vie. Les nouvelles
méthodes améliorent assurément la transparence, facilitent un dialogue entre
les locataires et les locateurs, en ce qui a trait à la hausse des loyers. Et
lorsqu'il y a entente sur le prix du loyer, bien, ça évite de devoir recourir
au Tribunal administratif du logement. Meilleure compréhension des types de
travaux qui sont considérés comme des dépenses d'immobilisations, M. le
Président. On offre aux locateurs un contexte plus favorable aux
investissements, à l'entretien des logements, notamment parce que le pourcentage
applicable aux dépenses est maintenant fixe, M. le Président, à 5 %.
Les avis de modification de bail ont...
également... on est, pardon, également intervenus afin de préserver cet
équilibre-là entre le droit des locateurs et des locataires pour la
reconduction du bail. On a ajouté des éléments de précisions. On a également le
choix, les choix du locataire, on est venu prévoir le contenu obligatoire d'un
avis de modification dans le bail. C'était important de le faire. On retrouve
aussi obligatoirement les options disponibles aux locataires. Les droits et les
obligations de chacune des parties en lien avec le renouvellement du bail. Si le
locataire refuse l'augmentation et souhaite demeurer dans le logement, le locateur
peut demander au tribunal de fixer le loyer dans le mois qui suit la réponse du
locataire. À défaut de le faire, le bail est renouvelé, M. le Président, au
même loyer.
Donc, encore ici, tout le monde peut faire
sa part, doit faire sa part. On garde en tête que la nouvelle méthode permet
une meilleure prévisibilité, une formule qui va être comprise par tout le monde
et, au bout du compte, tant le locateur que le locataire vont être gagnants, M.
le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Il nous reste du temps du côté ministériel, et j'attends la députée de Labelle pour
cinq minutes.
Mme Jeannotte : Merci, M. le
Président. Donc, je vais rester sur le titre de la motion d'aujourd'hui :
Locataire, le bilan caquiste en habitation. Mais, puisque ma collègue parle d'accès
à la propriété, je vais être bon joueur, puis on s'adapte, M. le Président.
Donc, vous savez, notre gouvernement va
toujours répondre présent pour appuyer celles et ceux qui veulent accéder à la
propriété. Il faut garder la tête... en tête qu'être propriétaire, c'est parfois...
c'est parfois ce qu'attendent des jeunes couples pour fonder une famille. Donc,
c'est très important pour nous. Donc, avant tout, c'est une question d'équité
intergénérationnelle puis s'assurer que les jeunes peuvent accéder à la
propriété. On le comprend. Depuis 2018, on a fait énormément de progrès pour
faciliter l'achat d'une première propriété, M. le Président. Plusieurs mesures
fiscales ont été mises en œuvre pour aider les premiers acheteurs. Le régime d'accession
à la propriété, le RAP, a été modifié en 2024, permettant désormais de retirer
jusqu'à 60 000 $ d'un régime enregistré d'épargne-retraite, REER,
sans imposition. Les cotisations au compte d'épargne libre d'impôt pour l'achat
d'une première propriété, le CELIAPP, sont déductibles d'impôt jusqu'à
concurrence de 40 000 $ à partir de 2027. Le crédit d'impôt non
remboursable pour l'achat d'une première habitation a été augmenté en 2022, M.
le Président, il offre une aide pour couvrir certains frais liés à l'achat d'une
première propriété, comme les frais d'inspection et les honoraires. Les
propriétaires qui achètent une habitation neuve de moins de 300 000 $
et qui l'occupent comme résidence principale obtiennent un remboursement
partiel de la taxe de vente du Québec.
Mais comme l'appellation d'aujourd'hui
était sur notre bilan, M. le Président, je veux revenir sur ce qu'on a fait.
Vous savez, on a posé des gestes forts en habitation, très, très forts. D'abord,
on a nommé une ministre responsable de l'Habitation. J'ai été son adjointe parlementaire.
Il n'y a rien qu'on n'a pas fait, M. le Président. On a... on a tourné toutes
les pierres, on a revu les programmes. Ma collègue ministre en a parlé. On a
revu la législation. On a... on a vraiment travaillé fort. On a revu des
outils, on a fait... On a eu des partenariats nouveaux. C'est incroyable tout...
Mme Jeannotte : ...qu'est-ce
qu'on a fait. Donc, c'est important de parler de faits et non pas de discours
sémantique. On peut critiquer dans l'opposition, mais, vous savez, je reviens
sur les programmes parce que c'est l'outil principal. J'aimerais revenir sur la
PHAQ. Je veux rappeler pourquoi ce programme existe, ce qu'il a corrigé et
surtout ce qu'il a permis de livrer. Soyons honnêtes, là, moi, je me souviens,
j'étais en commission parlementaire, M. le Président, en administration
publique, puis j'ai été témoin de la Vérificatrice générale qui disait qu'avec
AccèsLogis ça ne fonctionnait pas. Il y avait 15 000 projets qui ne
sortaient pas de terre, M. le Président. La grande force du PHAQ, ça a été de
dire : Écoutez, si vous ne livrez pas en dedans de 12 mois, on tire
la plug, en bon Québécois. Mais ça, là, c'est majeur, M. le Président. On a non
seulement mis de l'argent, comme ma collègue le disait, 7 milliards, mais
on a revu nos outils. Savez-vous quoi? Le PHAQ fonctionne, puis il donne des
résultats concrets.
Je suis très étonnée de l'interpellation d'aujourd'hui,
M. le Président. 'est le livrable le plus... pour moi, c'est un livrable
incroyable, la preuve aujourd'hui, c'est, les taux d'inoccupation remontent.
Donc, on est en train de passer... on travaille très fort pour passer à travers
cette crise du logement. Puis, honnêtement, ça bouge, M. le Président.
Pourquoi? Parce que c'est une crise... c'était une crise très importante, puis
on y a vu. Donc, le PHAQ, M. le Président, ce nouveau programme, il introduit
de la prévisibilité, de la discipline et surtout de l'efficacité, ce qu'il n'y avait
pas avant sous les libéraux. Il permet aux organismes, aux municipalités et aux
partenaires de savoir exactement à quoi s'en tenir. Écoutez, depuis 2018, c'est
majeur, 14 000 logements sociaux et abordables ont été livrés. M. le
Président, 16 100 autres sont en chantier ou à différentes étapes de
réalisation. C'est concret, là. Dans mon comté, M. le Président, je suis
tellement fière, j'ai 130 logements sociaux et abordables dans les
Hautes-Laurentides, 34 millions en subventions, c'est du jamais-vu, puis
ça, c'est comme ça dans toutes les régions du Québec. Donc, ce n'est pas... ce
n'est pas des promesses, ce sont des faits, ce sont des logements où des
Québécois vivent aujourd'hui, là, ou vivront très bientôt. Donc, oui, on
vit actuellement des années record de construction de logements abordables au
Québec, et on en est très fiers, c'est grâce à nous. Donc, cette accélération,
elle est directement liée aux outils que nous avons mis en place dont ce
nouveau programme PHAQ. Le succès du PHAQ repose aussi sur une autre innovation
majeure : la capacité de travailler avec des partenaires solides, puis ça,
ça n'existait pas. Vous savez, le travail qui a été mis là-dedans pour avoir
des nouveaux partenariats puis être capable de livrer, ça, c'est nous. Donc, des
partenariats nouveaux avec Desjardins, le Fonds immobilier FTQ, Fonds
d'actions, Mission Unitaînés, on a élargi le coffre à outils de la Société
d'habitation du Québec. M. le Président, c'est sans précédent, c'est sans
précédent. Ça, là, ces partenariats, ça a permis d'accélérer les mises en
chantier, de sécuriser le financement...
Le Président (M. Schneeberger) :
Désolé. Plus de temps. Alors, nous allons du côté de la députée de Mille-Îles.
Cinq minutes.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. Écoutez, générations locataires, le titre de la motion, c'était
évidemment pour dire que le legs de la CAQ, c'était de laisser une génération
de locataires au lieu de leur permettre d'accéder à la propriété. Je ne pensais
pas devoir expliquer le jeu de mots, mais c'était le titre de l'interpellation,
c'était pour dire qu'on... qu'elle ne pouvait plus accéder à la propriété. Et
j'ai compris de la ministre que c'était le ministre des Finances qui était
responsable de l'accès à la propriété. J'ai entendu, et je ne le sais pas si
c'était un lapsus, qu'elle a dit qu'il était la ministre du Logement, mais moi,
je croyais qu'elle était la ministre de l'Habitation. Donc, je croyais qu'on
avait, dans le mot «habitation», la propriété. Il semble que ça devrait faire
partie de la mission puisque ce n'est pas juste du logement.
Ceci dit, je vais revenir avec mon bloc,
ce que j'avais prévu de parler dans ce bloc, M. le Président. Comme je le
disais, le prix des maisons, c'est devenu... les prix sont tellement élevés que
c'est très difficile d'y accéder. Je vous ai dit un chiffre tout à l'heure,
615 000, comme prix médian à Montréal, mais ça, c'était en... bien,
c'était plus tôt, parce que là, dans un article très récent du Journal de
Montréal, on parlait 790 000 comme prix médian des maisons
unifamiliales au Québec, parce que c'est sûr qu'à 115 000 là-dedans,
probablement qu'il y a des condos, mais 790 000, ça, c'est le prix médian
à Montréal. Vous comprendrez que le commun des mortels ne peut pas se payer une
telle propriété.
• (10 h 40) •
Et d'ailleurs on avait un témoignage très
touchant, cette semaine, dans... je pense, c'est le Journal de Montréal,
d'une famille. Dans le fond, monsieur... madame est gestionnaire de projets, M.
Charpentier, menuisier. Quelle ironie! Ils n'arrivent pas à rien trouver dans
le secteur. Ils ont dû s'éloigner tellement qu'ils sont allés jusqu'à
Cowansville pour être capables de se payer une propriété à la hauteur de
leur...
Mme Dufour : ...moyens,
et pour le faire, ils ont dû requérir à l'argent aussi de leurs parents tous
les deux. Donc, ça, ça donne une idée à quel point c'est difficile pour un
jeune ménage aujourd'hui d'avoir accès... gestionnaires de projet,
charpentiers-menuisiers n'ont pas accès à une propriété, sauf en allant à
Cowansville. C'est loin, M. le Président. Puis ils le disent, ils se sont
vraiment éloignés de leurs familles. C'est loin. Ce n'est pas loin pour tout le
monde, évidemment, il y a des gens qui habitent dans ce secteur-là, mais pour
eux, c'était très, très loin.
Et d'ailleurs, c'est en 2024, je crois
bien, oui, les chiffres, c'est ça, 2024, 27 % de tous les acheteurs
québécois, 27 % de tous les acheteurs québécois ont reçu un don pour payer
leur mise de fonds avec un montant moyen de 49 000 $. Une année plus
tôt, c'était 18 %. Donc, on est en hausse. Et les chiffres les plus
récents indiquent que c'est 49 % des répondants qui estiment que l'aide
pour une mise de fonds est nécessaire pour l'achat d'une propriété, donc, ça ne
va qu'en augmentant puis ça va avec le prix justement des propriétés. La mise
de fonds pour accéder à la propriété aujourd'hui est telle... je vais vous
donner quelques chiffres, si on vise juste 5 %, mais on va... si on
parlait d'une propriété de 615 000 $, là on est dans le
30 000 $ d'argent comptant... Bon, ça semble, 30 000 $, ça
semble raisonnable, mais il faut ajouter les frais de notaire, la taxe de
bienvenue, taxes municipales, les frais d'inspection, les frais de... bien, les
frais de notaire, je l'ai dit, les ajustements, peut-être des rénovations de
base, bref.
Aujourd'hui, on devrait viser probablement
plutôt un genre de... un montant beaucoup plus élevé, puis à ce montant
s'ajoute évidemment les frais d'assurance. Si on veut les épargner, ces frais
d'assurances là, bien, là, il faut penser plutôt à 120 000 $ de mise
de fonds. Donc, c'est rendu inatteignable. Puis, comme je le disais, avec le
prix des loyers qui est tel, ce n'est à peu près pas possible de se mettre de
l'argent de côté actuellement, quand que les loyers sont rendus à
1 500, 1 600, 1 800 par mois, bien, mettre l'argent suffisant
pour faire une telle mise de fonds, pratiquement impossible.
Donc... Et l'autre élément, comme je
disais, l'offre de maison a diminué. Il ne se construit plus que du logement
locatif. C'est problématique. En 2025, 80 % de ce qui s'est construit,
c'était du logement locatif. À Laval, dans ma région, il ne s'est rien
construit pendant 18 mois, aucun condo pendant 18 mois, et 88 %
des unités construites en 2025, c'était du locatif. Donc, même si quelqu'un
voudrait acheter, l'offre ne cesse de diminuer. Et quand l'offre diminue,
qu'est-ce que ça fait? Bien, ça met de la pression sur les prix, donc,
l'existant va augmenter encore davantage de prix, il va devenir encore plus
inaccessible.
Ça termine mon intervention pour ce bloc,
M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous retournons à la ministre.
Mme Proulx : Merci, M.
le Président. Ministre responsable de l'Habitation. Sous sa responsabilité
ministérielle, une société d'État qui s'appelle la Société d'habitation du
Québec, qui a principalement, M. le Président, deux mandats : construire
de l'abordable et du social, ce qui font très bien, et service clientèle,
accompagnement pour les gens qui, avant qui se ramassent à la rue, ou qui ont
des enjeux, M. le Président, qu'on accompagne à travers programmes, divers
programmes. Alors, c'est ça, la responsabilité de la ministre de l'Habitation.
Pour ce qui est de l'accès à la propriété,
je tiens à préciser que ça relève du ministre des Finances du Québec. Moi, je
suis responsable d'une société d'État à qui je demande et qui exécute
extraordinairement bien, au fil des ans, la construction du loyer abordable et
social, d'apporter des modifications à ces programmes pour qu'on puisse, de
façon plus ingénieuse, lever du logement abordable et social, travailler avec
les équipes du ministère pour arriver avec des projets de loi qui vont limiter
les dégâts sur les évictions, venir protéger nos personnes vulnérables,
protéger les femmes, les enfants qui sont victimes de violences, quelles
qu'elles soient. Là aussi, on a des programmes de soutien pour accompagner ces
gens-là, M. le Président. Alors, c'est ça, la responsabilité de la ministre de
l'Habitation et sa responsabilité de sa société d'État, qui s'appelle la SHQ.
Maintenant, si on souhaite répondre à
d'autres questions, il faudrait peut-être avoir un titre qui est un peu moins
alambiqué, Mme la Présidente, parce que, moi, mon devoir, c'est de tenir en
compte des réalités des personnes les plus vulnérables. Puis, avant toute
chose, je veux remercier le député...
Mme Proulx : ...de
Laurier-Dorion, ce matin, qui a tenu un point de presse hautement émouvant. Je
suis allé rencontrer... Il est là, Roger? Il est ici? Bonjour, Roger, je pense
que vous êtes au deuxième étage. Bonjour, Roger. C'est ça, la responsabilité,
avec l'aide du collègue de Laurier-Dorion, d'accompagner des gens qui sont
victimes, je vais être polie, M. le Président, de petits coquins, de petits
coquins qui essaient de profiter de gens pour les mettre à la rue. Bien, moi,
ma responsabilité, comme ministre de l'Habitation, avec les collègues, c'est de
protéger ces gens-là.
C'est des programmes de soutien au loyer,
c'est d'améliorer la colocation, entre autres, HLM, c'est les... moratoires,
pardon, sur les rénovictions, entre autres, M. le Président, des outils qu'on a
mis sur le marché. Concrètement, ma job, là, c'est d'aider aujourd'hui plus de
40 300 ménages avec un supplément au loyer, M. le Président, pour ne pas
qu'ils soient dans la rue, d'aviser nos offices d'habitation qu'il y a
certaines personnes qui n'ont pas les documents quand ils se présentent pour
avoir un programme de soutien au loyer, d'afficher de la flexibilité, de les
aider, ces gens-là. Bien, c'est ça. La Société d'habitation du Québec demande,
entre autres, aux OH de faire preuve de flexibilité, ce qu'ils ont fait encore
récemment, à la suite d'un article qu'on avait vu dans la presse. Alors, c'est
des rappels qu'on fait auprès de nos offices d'habitation.
La colocation HLM, j'en parlais, M. le
Président, 4 février, entrée en vigueur... la semaine prochaine, d'un règlement
qui modifie l'attribution du logement à loyer modique. Pourquoi le changement?
Parce que, dans un contexte de pression sur le parc de logements sociaux, on
devait optimiser l'occupation des HLM, améliorer l'accessibilité. 19 février,
la colocation va être permise dans l'ensemble des loyers modiques, y compris
ceux qui sont destinés aux familles. Concrètement, bien, ça veut dire que deux
amis peuvent vivre ensemble. M. le Président.
C'est ça, la responsabilité de la ministre
de l'Habitation, c'est de protéger nos locataires, d'arriver avec des mises à
jour de nos projets de loi, de nos programmes, de voir comment ils répondent
aux besoins et d'afficher une extraordinaire agilité pour répondre en temps
réel aux besoins des gens qui ont besoin de notre appui, du côté de la Société
d'habitation du Québec et ddu gouvernement du Québec. Moi, ma job, c'est d'agir
avec sensibilité, détermination pour que chaque personne au Québec puisse
accéder à un logement digne, sécuritaire et abordable.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Nous allons maintenant du côté du député de Laurier-Dorion pour un cinq
minutes. Allez-y, M. le député.
M. Fontecilla : Merci, M. le
Président. Donc, à mon tour de saluer la ministre de l'Habitation et mes
collègues, députés de Labelle et de Jonquière, ainsi que ma collègue députée de
Mille-Îles, pour cette interpellation. Et je voudrais aussi d'emblée saluer la
présence de M. Roger Fournier, qui s'est déplacé particulièrement de Montréal,
a fait un grand effort. Merci beaucoup d'être ici pour témoigner des situations
inacceptables que lui font vivre certains propriétaires qui exploitent
carrément les locataires pour les pousser à la rue et ainsi pouvoir augmenter
les loyers. Merci beaucoup de votre témoignage. Je remercie aussi la ministre
de l'Habitation de s'être déplacée personnellement pour venir s'enquérir sur la
situation de M. Fournier et voir à des possibilités de vous aider concrètement,
dans votre cas particulier.
• (10 h 50) •
Et nous sommes ici pour la question de...
le bilan de la CAQ sur... dans le secteur de l'habitation, et particulièrement
sous l'angle de l'accès à la propriété, mais ce qu'il faut comprendre, c'est
que l'accès à la propriété dépend d'un système, un système immobilier où il y
a... dans lequel il y a plusieurs secteurs, plusieurs facteurs. Tout d'abord,
il y a évidemment le secteur de la résidence privée, que ce soit un condominium
ou un bungalow, etc., il y a le secteur locatif, il y a d'autres... le logement
social et communautaire. Et aussi il y a d'autres déterminants, facteurs qui
entrent en ligne de compte, les prix des matériaux de construction, les prix de
la main-d'œuvre et un facteur déterminant, que le Québec ne contrôle pas, c'est
les taux d'intérêt. C'est le facteur principal pour avoir accès à la propriété.
Évidemment, les revenus d'un ménage, est-ce qu'il va y avoir assez d'argent
pour payer les hypothèques mensuelles ou encore...
M. Fontecilla : ...pour
effectuer la mise de fonds. Donc, c'est tout un secteur qui est étroitement
imbriqué et l'un dépend de l'autre. C'est comme un système, M. le Président, de
poupées russes. Et le secteur... la... le secteur le plus... le plus
fondamental, c'est le secteur locatif qui... qui regroupe des centaines, voire
des millions... 1,3 million de ménages au Québec vivent dans le locatif.
Les prix, dans le locatif, influencent directement le prix de... du résidentiel
privé. C'est des vases communautants... des vases communicants. Et tout en
augmentation dans le secteur du locatif va produire des augmentations dans
des... des résidences privées.
À quoi on assiste depuis une... depuis
plus de 20 ans, c'est un processus spéculatif qui fait augmenter les prix
de l'ensemble du secteur immobilier, en particulier du locatif, parce que
certains... certains spéculateurs se sont rendu compte qu'à cause des taux
historiques, des taux d'intérêt historiquement bas, il était plus payant de
diriger des capitaux vers le secteur immobilier, où traditionnellement au
Québec, là, c'est un marché moins cher que le marché des autres... d'autres
marchés canadiens, et même partout en Amérique du Nord. Donc, il s'agissait de
faire une pression et de faire en sorte d'augmenter les loyers pour obtenir des
taux de rendement plus... plus efficaces. C'est ça, le fond de l'histoire, M.
le Président. Il y a un processus de financiarisation qui fait en sorte de
transformer l'habitation, les logements, les chez-soi dans un produit financier
pour obtenir des gains, des gains monétaires, pécuniaires intéressants. Donc, à
quoi on assiste? C'est à ce processus spéculatif, là qui affectent tout
particulièrement d'emblée tous les secteurs, mais tout particulièrement le...
le secteur locatif.
Écoutez, j'ai un tableau ici qui vous montre
l'augmentation des loyers depuis l'arrivée de la CAQ, et on parle du legs de la
CAQ en habitation, depuis 2018. La ligne rouge, là, c'est le réel de
l'augmentation des loyers... quelques... à 65 %, là, d'augmentation, alors
que l'inflation, on arrive à quelque 25 %. Et c'est là, Le TAL, le
Tribunal administratif du logement, il y aurait... selon les indices, là, il y
aurait eu une augmentation recommandée de seulement 18 %, là. Donc, on
voit que, sous... sous le gouvernement de la CAQ, il y a eu des augmentations
faramineuses des... des loyers.
Et évidemment, vous savez, M. le
Président, les modèles traditionnels, surtout au Québec, là, c'est que, pour
avoir accès à la propriété, beaucoup de jeunes ménages, en particulier, vivent
longtemps, soit dans des... les logements communautaires, des coopératives
d'habitation par exemple, à loyer plus... plus bas ou dans le secteur locatif
privé à loyer moins cher. Et ils accumulent de l'argent pour effectuer une
mise, une mise de fonds. Et, à un moment donné, ils sont en mesure de postuler
à un prêt hypothécaire. Ça, c'est ça, le modèle traditionnel... Pardon?
Le Président (M. Schneeberger) :
En terminant.
M. Fontecilla : En terminant,
c'est que la CAQ n'a rien fait pour améliorer la situation.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Nous retournons du côté de la ministre pour cinq minutes.
Mme Proulx : Merci, M. le
Président. Oui, bien, nous, la protection des locataires face aux pratiques
abusives d'augmentation de loyer, c'est une des priorités, M. le Président,
puis je suis résolument, résolument engagée à coincer ces petits coquins là.
Puis, je vais demeurer polie, M. le Président. Je l'ai fait quand j'étais
ministre du Tourisme avec les petits coquins qui déjouaient les règles. Je ne
me gênerai pas comme ministre de l'Habitation pour prêter main-forte aux
oppositions, collègues de l'opposition, pour venir nommer ces pratiques
abusives là. Le cas de Roger que le député a présenté ce matin est beaucoup
trop flagrant.
Construire, augmenter l'offre, répondre à
la demande, très important aussi de s'assurer que nos citoyens ne ressentent
pas l'insécurité qui vient avec des augmentations de loyer abusives. Il y a
trop de Québécois qui ont de la difficulté à se loger. Cette réalité-là, c'est
préoccupant. On reconnaît la détresse vécue par ceux et celles qui peinent à
trouver un endroit où se loger dignement, M. le Président. Mécanismes de
contrôle de l'augmentation des loyers sont déjà en place sous la surveillance,
la gestion du Tribunal administratif du logement. Ces petits coquins là, là,
qui... qui utilisent pour augmenter les loyers de façon détournée, je vais le
dire, c'est dégueulasse, c'est inacceptable. Puis, on est là pour les
accompagner avec la SHQ. Les locataires ont le droit de refuser des hausses
abusives. Je les invite à déposer une demande au TAL lorsqu'ils se retrouvent
dans ce genre de situation là. On est là pour les accompagner...
Mme Proulx : ...je répète, ma
responsabilité, construire du logement abordable et social et service
clientèle. Service clientèle, c'est pour des gens comme Roger, la SHQ est là
pour les accompagner. PL-31, on a adopté, sanctionné en 2024, où on réaffirme
l'importance de la transparence des propriétaires envers leurs locataires.
Renforcer la clause G. On a accordé des délais plus raisonnables pour entamer
des recours sur la fixation du loyer. Bref, M. le Président, on a amélioré,
donc, les mesures mises à la disposition des locataires, justement pour faire
face à ces petits coquins qui essaient d'enfirouaper, comme dirait ma mère, des
gens dans le milieu locatif. Propriétaire ne remet pas une copie du bail dans
les 10 jours suivant la signature, omet de déclarer le montant du loyer
dans une section, le nouveau locataire a deux mois à compter du début du bail
pour ouvrir une demande de fixation au TAL. Si le locataire fait une fausse
déclaration, une fixation du loyer peut être demandée au TAL dans les deux mois
après la connaissance de ce fait-là. Une omission consciente, donc on fait
exprès, M. le Président, ou on fait une fausse déclaration par le locateur? Ça
peut être soumis à un litige ou le TAL lui ordonne de payer dommages et
intérêts punitifs au profit du locataire qui a été floué et où on va s'assurer
que ça demeure comme ça.
Il y a des gens qui misent sur un registre
des loyers. C'est une fausse bonne idée. On parlait des spéculateurs, bien,
c'est ça. On l'a vu en Ontario, en Colombie-Britannique, des spéculateurs
immobiliers qui, à travers ces listes-là, ce registre-là des loyers ont fait de
la prospection d'immeubles où les loyers sont bas afin de pouvoir faire ce type
de transaction-là. On ne parle même pas du coup, là, M. le Président, d'avoir,
entre autres, ce registre-là, là, on parle d'un coût initial de 50 millions
première année, un budget d'exploitation de 20 millions par année. Moi, ma
job, comme ministre de l'Habitation, c'est de m'assurer que les gens puissent
avoir accès, donc, à un logement.
Des condamnations, des dommages, intérêts
punitifs. On va y voir, M. le Président. Est-ce qu'il y a moyen de revoir la...
condamnation, pardon, les dommages et intérêts punitifs? On va y travailler au
cours des prochains mois puis des prochaines semaines. Bref, le bilan de notre
gouvernement en matière d'habitation, grande avancée au cours des dernières
années, des sept dernières années et demie pour les citoyens, pour les
locataires afin de s'assurer qu'ils puissent, M. le Président, avoir accès à un
loget... un logement, pardon, digne de ce nom pour les Québécois et les
Québécoises.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup, Mme la ministre. Je donne la parole au député de Jonquière pour cinq
minutes.
M. Gagnon : Merci, M. le
Président. Merci à l'ensemble des collègues. Je ne l'avais peut-être pas pensé
en introduction, mais comme ma collègue parlait davantage de Laval, je vais le
faire aussi, moi. Vous avez devant vous un député qui aura le privilège dans
son mandat, du moins pour l'instant, d'avoir annoncé, là, 153 logements
pour les personnes les plus vulnérables en lien avec l'habitation. Alors, c'est
quand même une fierté, il faut le marteler.
Content d'être ici ce matin. Moi, je
travaille avec... je suis ici avec une ministre que j'apprécie, je ne m'en
cache pas pour le dire, une ministre qui est réaliste. Quand on parle de
réalité, bien, il faut parler de la situation en habitation au Québec, hein? Je
pense que ça va de soi. Deux enjeux majeurs, hein? Il faut se rappeler
l'inflation post-pandémique, puis, bien, il faut le dire, la grande croissance
de notre population, je ne veux pas tomber dans le débat de l'immigration, mais
je pense qu'on doit tous reconnaître qu'il y a plus de monde au Québec.
• (11 heures) •
Alors, le Québec a vécu plusieurs
déstabilisations, là, dans le domaine de l'habitation, ce qui nous amène à deux
répercussions que beaucoup de collègues ont mentionnées, que je martèle à
nouveau, qui semblent aussi être le débat de la députée de Mille-Îles,
c'est-à-dire l'achat, la propriété et la location. Quand on parle des deux
secteurs, c'est-à-dire l'inflation post-pandémique puis la croissance des
habitants au Québec, bien, ça fait une forte hausse de la demande et donc une
forte hausse sur la demande des prix, ça met de la pression. Aujourd'hui, on
est ici pour mentionner que le gouvernement est en action. Alors, qu'est-ce
qu'on a fait comme première action, M. le Président, bien, c'est-à-dire
stimuler l'offre. C'est pourquoi, je le mentionne, dans l'axe un de la plus
récente stratégie québécoise d'habitation, on a voulu...
11 h (version non révisée)
M. Gagnon : ...donner un
impact pour une croissance de l'offre, des gains de productivité dans le
secteur de la construction avec quelque chose qui est, à mon sens, là, majeur, c'est-à-dire
la loi de... modernisation, pardon, la loi qui modernise l'industrie de la
construction. Qu'est-ce que ça permet, M. le Président? Ça permet la
polyvalence de la main-d'œuvre, favoriser la mobilité des travailleurs de la
construction sur le territoire québécois et, bien sûr, facilite la... la
réalisation des travaux dans les offices d'habitation pour accélérer la remise
en état du parc de logements sociaux sur leurs responsabilités. Je sais que,
peut-être, on ne veut pas aller directement, là, sur le logement, mais je me
permets de le dire parce que je suis un député qui a vu toute l'innovation qu'on
peut faire dans le parc des HLM, c'est-à-dire qu'il y a eu un incendie, chez
nous, dans le bloc des HLM, et rapidement, on y a été vers une première québécoise,
c'est-à-dire vers les blocs modulaires. Alors, j'ai eu la chance d'assister et
de vivre à ces... à cette première construction-là de blocs modulaires, et
aujourd'hui, j'ai hâte que la ministre vienne dans la région pour montrer, une
première au Québec où est ce qu'on a été... on a maintenu le respect des coûts
et où est-ce qu'on a respecté les délais, Mme la ministre, c'est ça, aussi, l'innovation.
Pour arriver à une productivité puis
stimuler la main-d'œuvre, il faut aller vers une productivité dans le domaine
de la construction. C'est pourquoi le gouvernement a déployé, là, plusieurs
mesures, là, avec le temps qui me manque... Oh, le temps qui va très vite,
d'ailleurs, je vais focusser sur deux mesures, c'est-à-dire l'opération main-d'œuvre,
hein, on le sait : Requalifier environ 55 000 travailleurs et
travailleuses dans le domaine de la construction, à ça s'ajoute l'offensive de
formation en construction. Stimuler l'offre, productivité de... en construction
et, bien entendu, la main-d'œuvre que je viens de parler. Et en plus, on est
allé plus loin. Qu'est-ce qu'on a fait? On est allé s'harmoniser avec la RBQ. La
RBQ s'est donné le mandat de lever des obstacles pour accélérer et faciliter la
réalisation de projets, la RBQ va harmoniser les normes de construction et de
sécurité des bâtiments. On le dit, puis je le redis : L'industrie de la...
de construction ne fait pas partie du problème, l'industrie de la construction,
elle fait partie de la solution. Encore une fois, en rafale, on est allé
stimuler, on est allés vers la productivité dans le domaine de la construction.
On est allés stimuler la main-d'œuvre, on est allés harmoniser avec le RBQ. Et
qu'est-ce qu'on a fait en second lieu? On est allés travailler avec les
municipalités, on a permis aux municipalités de nouveaux leviers à la
disposition de leur milieu. Trois grands axes : le pouvoir de dérogation,
le pouvoir fiscaux et, bien entendu, quelque chose qui... je veux mentionner,
en dernier, le zonage incitatif et différencié, l'impact, puis la vision de la
ministre qui est à ma gauche, c'est de construire plus, puis bien entendu, de
construire mieux. Mais on n'est pas déconnecté, au gouvernement. On sait que
les loyers demeurent plus élevés qu'avant la pandémie, puis que l'abordabilité
reste un défi pour plusieurs familles québécoises. C'est pourquoi, je résume en
une chose, il faut augmenter l'offre de logements.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci. Alors, nous allons du côté de la députée de Mille-Îles, des Mille-Îles,
pardon.
Mme Dufour : Vous pouvez dire
«de Mille-Îles», comme on dit «de Trois-Rivières». M. le Président, je veux
saluer le député de Jonquière, qui a fait un discours bien senti et qui était
sur le sujet, parce que plusieurs des mesures qu'il a... qu'il a mentionnées
sont effectivement reliées à l'accès à la propriété. Il a parlé de productivité,
d'innovation, de logements modulaires. Il a même parlé du zonage différencié
que j'ai proposé et qui, enfin, que le gouvernement a finalement accepté, et je
salue l'ancienne ministre des Affaires municipales, Andrée Laforêt, qui avait
accepté de l'intégrer dans un projet de loi. Donc, ça, effectivement, l'innovation,
c'est nécessaire et la productivité également. Il y a eu, certes, des avancées
dans le projet de loi... n° 51, pardon, projet de loi sur l'industrie de la
construction, mais je dois dire que ce sont des avancées somme toute mineures.
Et c'est là que je voudrais... Ça, c'était mon... mon graphique que je voulais présenter,
je ne l'ai pas imprimé en gros, mais j'aimerais qu'on... présenter, ça, c'est
des corps de métiers par province et dans le domaine de la construction, et le
Québec est bien, bien, bien loin devant les autres, a 25, toujours... pardon,
toujours 25 corps de métier, contrairement à l'Ontario, qui n'en a que sept. Et
ça, le projet de loi n° 51 n'a pas changé cette réalité, malheureusement. On
aurait souhaité qu'il y ait des regroupements, que ce soit plus flexible. Il y
a, certes, une flexibilité dans l'intérieur d'une journée, mais c'est loin de
ce qu'on peut voir en Ontario, dt d'ailleurs, les coûts de construction en
Ontario sont toujours moindres qu'au Québec. Ce n'est pas normal non plus que
ce soit plus long, trois fois plus long que...
Mme Dufour : ...Québec de
construire une propriété, une maison qu'en Ontario. Il y a encore beaucoup de
travail. Je salue ce que le ministre du Travail a fait, mais, moi, j'étais sur
ce projet de loi là. J'ai dit : Il faut aller beaucoup, beaucoup plus loin
que ça, parce que les coûts ne cessent d'augmenter. Les coûts de... Tu sais,
j'ai mentionné des chiffres de 71 % d'augmentation depuis 2017, 51 %
juste depuis la pandémie. Donc, clairement, il y a une inflation, et on le sait
que les conventions collectives vont amener un surcoût sur les salaires de
22 % dans les prochaines... dans les prochains quatre ans.
Donc, c'est essentiel qu'il faut
travailler sur les autres facteurs, sinon la pression va être encore plus
accrue. Et d'ailleurs, on le voit, là, les propriétés qui sortent de terre,
quand on parle de montants, là, j'entends des chiffres de 350 000 $ à
400 000 $ la porte, que ce soit du condo ou du locatif, c'est trop.
C'est beaucoup trop par rapport à ce que les... ce qu'on peut se payer. Il y a
moyen de faire mieux, parce que j'ai fait le tour du Québec, j'ai rencontré des
entreprises, vous avez parlé de modulaire, le modulaire, c'est une solution.
Mais quand le modulaire sort toujours à 400 000 $ la porte, bien, il
y a un problème, alors que je sais qu'il y en a d'autres qui arrivent à le
faire à 250 000 $. Il faut se poser des questions du pourquoi. Est-ce
qu'il manque de l'automatisation, de la robotisation? J'ai rencontré des
entreprises qui travaillent, qui font des... du «préfab», du préfabriqué, mais
tout est fait à la main, tout est fait à la main et elles dépendent fortement
sur une main-d'œuvre étrangère. Donc, est-ce qu'il y a moyen de faire mieux?
Définitivement, parce qu'il va falloir travailler très, très fort pour réduire
les coûts, les coûts de construction.
Je parlais, c'est ça, du manque
d'assouplissement qui est toujours présent, mais la pénurie de main-d'œuvre
aussi. Tu sais, j'ai parlé des hausses de salaire, mais il y a un chiffre très
préoccupant que j'ai mentionné en introduction : 16 000 travailleurs.
C'est ce qu'il manque à chaque année actuellement dans le domaine de la
construction. Évidemment, s'il y a une certaine automatisation, peut-être qu'on
va absorber, mais quand on regarde les projets majeurs qui sont annoncés par Hydro-Québec,
Alto, et d'autres projets publics aussi, Contrecoeur, il y a énormément de
projets majeurs qui s'en viennent, qui vont requérir de la main-d'œuvre. Hydro-Québec
nous parle qu'ils vont avoir besoin de 35 000 travailleurs. Il en
manque déjà 16 000. Il y a quelque chose qui ne fonctionnera pas. Et je
vais rajouter le fait que 25 % des travailleurs de la construction vont
prendre la retraite d'ici 8 ans. 25 %. Donc, déjà, on est en déficit,
il y a des projets majeurs qui vont faire une pression supplémentaire, et en
plus, il y en a le quart qui vont prendre la retraite. Le quart.
Donc, il faut absolument travailler sur
l'amélioration de l'industrie de la construction, sur la productivité, mais il
va falloir le faire à la vitesse grand V, là. Les petits changements qui ont eu
lieu dans les huit dernières années, là, on ne peut pas aller à cette
vitesse-là, là, pour le prochain mandat. Il va falloir accélérer de façon
phénoménale, autrement, bien, c'est ça, ça fait encore une fois une pression à
la hausse sur les propriétés.
Merci, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. J'aurais besoin du consentement de poursuivre quelques minutes après
12 h pour ne pas pénaliser le député de Laurier-Dorion. Consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Schneeberger) :
Parfait. Alors, Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Proulx : Merci, M.
le Président. Projet majeur, bien oui, projet majeur, on le fait ici, du côté
du gouvernement. Je suis sensible à ce que la députée de Mille-Îles a dit. On
travaille étroitement avec le ministre du Travail, là, moi aussi, j'ai
rencontré les gens de la construction, M. le Président, depuis le début de mon
mandat. Oui, il y a des enjeux liés aux employés de la construction.
Ceci dit, on a visité quelques
établissements. On souhaite recruter d'ailleurs davantage de femmes dans le
milieu de la construction. On y arrive lentement mais sûrement. Viens bâtir
ton avenir à l'ÉMOICQ, on a eu l'occasion, donc, de rencontrer ces gens-là.
Des jeunes dédiés à travailler, donc, dans l'industrie de la construction. Et,
nous, comme gouvernement, la volonté de travailler, donc, avec des partenaires,
des partenaires sérieux, notamment le fonds de la FTQ, qu'on a rencontré encore
récemment à mes bureaux, Fédération des caisses Desjardins, Mission Unitainés,
d'ailleurs, dès lundi, on va en inaugurer d'autres, qui sont des partenaires
vraiment exemplaires, qui sont novateurs... Bien, on est plus forts en groupe
que tous seuls, M. le Président.
• (11 h 10) •
C'est la raison pour laquelle on s'est
associé, donc, avec des fonds fiscalisés tels que la FTQ et Desjardins. Un
écosystème d'habitation qui est riche de ses expertises. On ne se privera pas
des expertises, entre autres, de la FTQ. Il faut en profiter, miser sur les
compétences, les...
Mme Proulx : ...de chacun.
Maximiser les retombées sur l'investissement public, c'est ce qu'on veut. C'est
ce que... le loyer des locataires soit le moins cher possible. On vise ici, M.
le Président, l'abordabilité. Bien... bien évidemment, on travaille avec nos
partenaires de toujours, les organismes à but non lucratif. On développe aussi
des projets avec le secteur privé. Là, comme je l'ai mentionné, les fonds
fiscalisés sont devenus vraiment des partenaires de premier plan. On va
continuer de travailler avec eux. Ce partenariat très, très précieux avec
Mission Unitaînés, qui est vraiment un super succès. Lundi, à Laval, pelletée
de terre symbolique qui va marquer le début de la construction d'un nouveau
projet. Puis, en fin de journée, on ira du côté de... Longueuil, pardon, pour
une autre inauguration d'un nouvel immeuble.
Puis tous les projets Unitaînés, M. le
Président... Bien, celui-là, il sera entièrement abordable, moderne,
fonctionnaire, des beaux locataires, des gens de 65 ans et plus qui sont
vulnérables, M. le Président, sur le plan économique, mais... mais autonomes,
mais vulnérables sur le plan économique. Puis cette première phase là du projet
Mission Unitaînés, ça fait partie, donc, de cette première phase du projet.
Ajouter... l'objectif, c'était d'ajouter, en deux ans,
1 100 logements abordables au parc immobilier québécois par la
construction de 11 bâtiments de 100 logements dans 11 villes
différentes. Deuxième étape, qu'on a annoncée l'été dernier, M. le Président,
on a apporté le nombre total de nouveaux logements à construire à 1 700
dans 17 villes. Investissement impressionnant de 370 millions de
dollars. Puis c'est ça, des partenaires, M. le Président, M. Luc Maurice, entre
autres, qui a eu l'idée de ce grand, grand projet là, qui contribue personnellement
à faire en sorte que ces personnes de 65 ans et plus qui sont vulnérables
sur le plan économique, mais autonome... Je salue l'initiative de M. Maurice de
contribuer personnellement, donc, et les autres acteurs, pour... lever, pardon,
du logement abordable.
Mission Unitaînés, construire rapidement,
construire bien. Construire vite, dans un contexte actuel, la rapidité, c'est
essentiel pour répondre aux besoins de ces gens-là. Des ententes qui donnent
des bons résultats. Juin dernier, on a annoncé la création de
1 000 nouveaux logements abordables au cours des trois prochaines
années, dans le cadre du partenariat lancé en 2022, entre autres avec
Desjardins, qui est un autre important partenaire.
Tu sais, au fil du temps, que ce soit avec
les... FTQ, que ce soit avec Desjardins, que ce soit avec nos autres
partenaires, on enlève du logement abordable, M. le Président, partout au
Québec, puis de garantir cette abordabilité là pendant au moins, entre autres,
35 ans, avec un partenaire, entre autres, comme... comme Desjardins.
Innover, sortir des sentiers battus, on n'a pas ménagé les efforts pour
répondre à la crise du logement. C'est ce qu'on m'a mandaté de faire, M. le
Président, et c'est ce qu'on va continuer de faire, M. le Président, avec des équipes
avec lesquelles on s'est entouré au fil des ans.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci. Je donne la parole au député des Îles-de-la-Madeleine. Cinq minutes,
monsieur.
M. Arseneau : Merci, M. le
Président. Merci, Mme la ministre, de vous prêter au jeu de cette
interpellation sur un sujet qui est extrêmement important. Je salue votre
équipe, les députés de la banquette ministérielle ainsi que les députés de
l'opposition ici présents. C'est un sujet dont on discute depuis sept ans, sept
ans et demi, mais je vous dirais qu'on est partis de loin. Souvenez-vous que,
dès le départ, là, on parle de 2018-2019, on faisait face à un gouvernement qui
niait la crise du logement. Le mot «crise» était banni, le mot en c, c'était
tabou. Alors, on a... on est partis de loin, et c'est pour ça que le démarrage
de l'action, pour faire face à cette crise-là, il a pris quand même beaucoup de
mois et d'années. Au point où, au début du deuxième mandat de la CAQ,
souvenez-vous, la ministre de l'Habitation députée de Bertrand avait fait
preuve, là, quand même d'une incompréhension et d'une certaine insensibilité,
je dois le dire, face à la crise du logement puis à ces locataires qui se
retrouvaient en pénurie de logements, leur avait dit : Bien, si vous manquez de
logements, investissez dans l'immobilier.
Alors, trois ans et demi plus tard, bien,
je pense que c'est... c'est l'heure des bilans. Et l'effet, comme on va... le
démontrer, a tendance à nous...
M. Arseneau : ...à nous
indiquer l'échec de la CAQ en matière d'habitation selon les indicateurs qui
sont à notre disposition. Parce que ce qui est dramatique là-dedans, c'est que
les locataires, surtout les jeunes au Québec, mais les plus vulnérables, se
voient avec des difficultés importantes parce que l'offre ne répond pas à la
demande. Et le gouvernement, dès le départ, avait la détermination de casser
AccèsLogis, on n'a jamais trop saisi pourquoi, pour le remplacer par un
programme, un nouveau programme. On a vu que, je dirais, l'intention, la
volonté du gouvernement était davantage de brasser les structures plutôt que
s'attaquer à la crise en tant que telle. Et pendant des années cruciales où les
loyers des appartements disponibles augmentaient de 10, 15 % par année,
bien, la CAQ, elle, elle a mis sur pause AccèsLogis, le temps d'élaborer un
nouveau programme qui devait être la solution à tous les problèmes, le
Programme d'habitation abordable du Québec. AccèsLogis est resté au point mort,
le PHAQ qui devait multiplier les mises en chantier, bien, il a été jusqu'à
présent un échec retentissant. On parle de 633 logements qui ont été
construits et on ne parle pas, nécessairement, là, de logements sociaux, on
parle de logements abordables. Et l'abordabilité ici est questionnable. Encore
aujourd'hui, si on regarde sur le site de la SHQ, il n'y a aucun appel d'offres
pour des projets à déposer au PHAQ, et tout cela pendant qu'on a un déficit de
1,2 million de logements au Québec. On en a créé, je le répète, 633 logements
abordables à travers ce nouveau programme. Donc, au moment où on devait agir,
la CAQ a pris essentiellement quatre années à se réorganiser, quatre années
d'incertitude aussi en matière d'action gouvernementale, avec un programme qui
n'a jamais vraiment décollé.
L'obstination du gouvernement, donc, à
nier l'évidence de la crise et la politique d'immigration excessive, tant du
côté d'Ottawa que du côté de Québec, ont eu des conséquences qu'on pourrait
qualifier d'irréversibles sur le prix des loyers. Avec l'explosion de la
demande, en quelques années seulement, le prix du loyer médian au Québec est
passé de 765 $. M. le Président, en 2018, à 1 275 $ en 2026,
c'est une augmentation de 66 %. Ça a pratiquement doublé en huit ans.
Le loyer moyen, lui, dans la dernière année, a augmenté de 7,2 %. On parle
de... de loyers en général, on ne parle pas des loyers disponibles qui sont
absolument hors de prix, parce que des propriétaires, évidemment, en profitent
et de façon... en fait, sans gêne et tout à fait impunément. Le gouvernement a
refusé obstinément de mettre en place un registre des loyers, un registre
d'ailleurs qui a été... qui leur a été offert par Vivre en ville gracieusement.
On refuse donc un contrôle plus serré des loyers. Cas vécu, là, un appartement
qui se libère à 1 250 $ au cours des prochaines semaines, là, il a
été affiché par son propriétaire à 1 800 $ pour le mois prochain. Là,
on parle de 46 %. Évidemment, à moins d'une recherche, des gens mal pris
vont devoir payer ce coût-là.
J'aurais voulu parler également de... du
lien entre la crise du logement et l'accès à la propriété, parce qu'avec des
coûts de loyer qui sont beaucoup plus élevés, mais c'est beaucoup plus
difficile pour les jeunes, pour les plus vulnérables d'épargner. Donc, plus de
difficultés à avoir accès à la propriété, alors que non seulement le logement
est en hausse, mais l'accès à la propriété l'est tout autant, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Nous retournons du côté de la ministre.
Mme Proulx : Merci, M. le
Président. Merci au collègue des Îles-de-la-Madeleine. Mais où était le
gouvernement du PQ alors qu'il avait l'opportunité de revoir le calcul des
loyers? Rien, rien, rien fait, M. le Président. Idem du côté du Parti libéral.
Je le répète, là, c'est 40 ans d'immobilisme pour revoir le calcul des
loyers.
Pour ce qui est du registre Vivre en
ville, ce n'est pas un mandataire, ce n'est pas un mandataire de... de la SHQ.
Ça, ça me fait penser à Inside Airbnb où il y a des doublons, c'est à peu près
n'importe qui qui dresse une liste. Ça prend des mandataires. Et on a fait la
démonstration avec l'Ontario et la Colombie-Britannique que c'était dangereux,
ça attirait les spéculateurs, ce qu'on souhaite sortir du marché.
• (11 h 20) •
Maintenant, pour ce qui est de changer des
programmes, bien, c'est d'être à l'écoute du milieu, M. le Président. On ne
s'assoit pas sur nos mains, quand la situation évolue, on revoit les
programmes. C'est ça, notre responsabilité, de revoir les programmes. Puis, je
tiens à préciser au député des Îles-de-la-Madeleine que le volet 2 et le
volet 4, je m'excuse, on est très techniques ici, mais le volet 2 et
le volet 4 sont ouverts à l'année, là...
Mme Proulx : ...il n'y a pas
d'appel à projets pour les volets deux et les volets quatre. Maintenant, est-ce
qu'on peut encore améliorer le PHAQ qui, honnêtement, a fait la démonstration
qu'on est capable de lever rapidement du logement abordable et social au
Québec? Bien la réponse, c'est oui. C'est ça, là, l'idée d'un programme, c'est
de ne pas faire comme les vieux partis, comme le PQ : Ah! Ça, c'était bon,
ce programme-là, on va rester là-dedans, poussiéreux, qui ne répond plus aux
demandes de la clientèle. Bien, ce n'est pas ça, notre responsabilité, c'est de
voir comment le marché évolue, comment on adapte nos programmes, puis je tiens
à le préciser encore une fois, M. le Président, il n'y a pas d'appel à projets
pour le volet II et le volet IV, et on est à regarder avec des
équipes du ministère et de la SHQ comment on peut améliorer tous les volets du
programme du PHAQ.
C'est quoi, l'objectif du PHAQ, M. le
Président? Accroître l'offre de logements abordables adéquats, améliorer les
conditions de logement des ménages visés par le programme, soutenir la construction
de bâtiments de qualité qui intègre des mesures environnementales, optimise les
pratiques de construction résidentielle. 31 décembre 2025, déjà construit,
le PHAQ, 624; le nombre d'unités en chantier s'élève à près de 4000; un peu
plus de 3700 logements étaient en développement pour un total de 8200, M.
le Président. Le PHAQ a été mis en œuvre il y a moins de cinq ans, la volonté
d'accélérer les mises en chantier abordable au Québec, bien, on en fait la
démonstration. 8002 ans... 8200, pardon. Les livraisons d'unités de
logements abordables s'accélèrent grâce à des programmes qui sont plus agiles.
On doit répondre rapidement, on met sur pied des programmes qui sont agiles.
Je pense que c'est important aussi, M. le
Président, de rappeler qu'auparavant, il n'y avait pas de contraintes quant à
la durée d'un projet, à l'étape de développement. Qu'est-ce que ça donne, si ça
traîne 18, 24, 36 mois, 48 mois? Ça ne donne rien. On a déterminé à
travers le programme du PHAQ des livrables 12 mois, 18 mois dans
certaines conditions particulières, mais 12 mois. Pour répondre à la crise
du logement, on ne peut pas attendre que la... arrive dans trois ans, M. le
Président. On a... C'est la raison pour laquelle on a donné, donc, des outils à
travers ce programme-là pour pouvoir monter plus rapidement, accélérer les
mises en chantier puis que les projets ne dorment plus. Il me semble que ce
qu'on appelle le gros bon sens.
Expérience jumelée avec la qualité des
partenaires permettent d'améliorer encore davantage la réalisation des volets
du Programme d'habitation abordable Québec. Ça permet, je le répète, le dépôt
de projets en tout temps. Deux autres volets dans le cadre de l'appel à projets,
mais le volet deux et le volet IV, 24/7, M. le Président, 24/7.
Donc, au fil des ans, on a amélioré, on y
est venu peaufiner, donc, ces outils. Le programme, c'est un outil. On cherche
constamment à améliorer nos outils. On va le faire encore, c'est normal, c'est
le mandat qui m'a été donné avec les équipes de mon cabinet, que je salue, que
je n'ai même pas salué, que je remercie chaleureusement d'être présents et mes
collègues députés que j'ai oublié de saluer également. On veut que les choses
évoluent, M. le Président. On veut livrer du logement hors marché puis le faire
sans délai indu. C'est ce qu'on veut pour les Québécois et les Québécoises, M.
le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Nous retournons du côté de la députée des Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. Merci, M.
le Président. Bon, pour ce qui est du PHAQ, j'y reviendrai peut-être en
conclusion pour démontrer... je pense que le collègue des Îles-de-la-Madeleine
a mentionné 633 logements réalisés, c'est très peu et c'est loin de ce
qu'on pourrait dire un programme extraordinaire et qui a fait la démonstration
qu'il peut construire rapidement. Il n'y a aucune unité qui est sortie de terre
dans les 18 mois qui étaient supposés. Et on... la ministre a mentionné
qu'il fallait revoir les programmes, que c'était nécessaire de le faire. Mais,
en fait, la plupart des unités qui sont sorties de terre dans les dernières
années ont été faites hors programme. Donc, au lieu d'améliorer les programmes
existants, on a plutôt été hors programme. Mais je vais revenir à ce que je
voulais parler dans ce bloc, M. le Président, puis j'en parlerai davantage de
ça en conclusion.
Donc, j'ai mentionné qu'il y avait une
absence de mesures fiscales, là, pour favoriser l'accès à la propriété. La
députée de Labelle a mentionné qu'il y avait une exemption de TVQ sur les
constructions neuves. Elle l'a mentionné que c'était... le seuil était
300 000 $. Je ne sais pas si elle réalise, avec les chiffres que j'ai
dits tout à l'heure, à quel point c'est déconnecté de la réalité...
Mme Dufour : ...300 000.
Il n'y a... aucune unité, actuellement, neuve qui se qualifie dans cette
exemption de TVQ. Et ça, ça aurait dû être vu, ça n'a pas été fait. C'est une
proposition que nous avions fait. On l'a ramenée à plusieurs reprises.
La ministre... la ministre de l'Habitation
a mentionné que c'était le ministre des Finances qui devait mettre en place ce
genre de mesures. Bien, j'aimerais savoir qu'est-ce qu'elle a proposé au
ministre des Finances, qu'est-ce que sa prédécesseure a proposé au ministre des
Finances, parce qu'il n'y en a pas eu, de mesures fiscales qui ont aidé à la
construction ou qui ont aidé à accéder à la propriété. Il n'y a pas d'aide pour
la mise de fonds. J'ai fait une une proposition superintéressante à ce sujet,
qui a été déposée... qui avait été proposée, d'ailleurs, par Laurence... Mon
Dieu, bien... mon Dieu! Prével, en tout cas, Mme... de Prével, là, la PDG de
Prével, qu'il n'y aurait pas de coûts pour l'État, un fonds qui permettrait,
donc, d'avoir accès à une mise de fonds, et que ce fonds-là se rembourse par la
vente de la propriété. Il n'y aurait pas de coût pour l'État, mais ce serait un
très... un coup de main important pour les premiers acheteurs.
Je voudrais parler aussi du fait que
les... il y a eu des demandes qui ont été alourdies pour les... les
entrepreneurs. L'ACQ était ici, cette semaine, ils ont parlé du responsable
santé et sécurité qui a été ajouté, et alors qu'il y a déjà des responsables de
santé et sécurité sur les chantiers. Là, c'est un dédoublement qui a ajouté une
somme de 300 millions en frais, qui représente 1 000 $ à
1 500 $ la porte. Ce n'est peut-être pas une somme énorme, mais ça
s'ajoute à une multitude de nouvelles demandes qu'on fait aux entrepreneurs. Il
faut travailler sur les coûts, la réduction des coûts de la construction.
Puis j'aimerais souligner aussi... J'ai
parlé au début de la préservation de l'existant. La ministre a parlé de
programmes, mais il y a des programmes qu'elle a abolis ou, en fait, que sa
prédécesseure a abolis, la mérule pleureuse, je vais le mentionner parce que
c'est un... Puis j'aimerais l'entendre. J'ai envoyé une lettre la semaine
dernière ou... en fait, plutôt, c'était lundi, je crois, pour demander la
réactivation du programme. La réalité, c'est que lorsque le champignon
s'attaque à la maison, s'il n'y a pas de travaux qui sont faits rapidement,
bien, c'est une maison qui va être, finalement, démolie. Et, au départ, ça a
été mis en place par Lise Thériault, Parti libéral du Québec, et le
gouvernement s'est mis à resserrer les critères tellement que, ah! il s'est mis
à y avoir moins de demandes. Puis, après ça, bien, on a dit qu'il y a moins
de... il n'y a pas assez de demandes pour maintenir le programme, mais, dans
les faits, c'est parce qu'on les a... on a resserré. Donc, je pense qu'il faut
ramener ce genre de programmes, comme Réno Région avait été coup, et face à
la... face, disons, à la levée de boucliers, on l'a ramené, mais ce sont des
programmes nécessaires pour maintenir le bâti existant.
Dernier point, M. le Président, j'aimerais
entendre aussi la ministre peut-être, dans sa dernière intervention, sur
l'intérêt de ses collègues pour l'accès à la propriété et le nouvel intérêt de
la députée de Sanguinet, qui a mentionné que ce serait sa première, première
mesure, l'accès à la propriété. Donc, j'aimerais savoir si, pour elle, c'est
important. C'est peut-être sa future chef, c'est peut-être la future première
ministre. Bien, qu'est-ce qu'elle... qu'est-ce qu'elle pense de la la
proposition d'abolir la taxe de bienvenue? C'est une proposition qu'on avait
fait, en fait, le Parti libéral. Dans ce cas-ci, la proposition c'est plutôt un
remboursement majeur des droits de mutation. Donc, j'aimerais l'entendre sur ce
sujet.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Nous retournons du côté de Mme la ministre pour cinq minutes.
Mme Proulx : Merci, M. le
Président. Je travaille étroitement, là, avec le ministre du Travail, encore
cette semaine. Moi aussi, j'étais à la rencontre, M. le Président, de
l'Association de la construction du Québec, très, très belle rencontre,
d'ailleurs, avec ma collègue ici présente, très dynamique. On comprend les
demandes qui ont été faites. Elles ont été faites également au ministre du
Travail, elles m'ont été faites à moi, M. le Président, puis je vais laisser le
soin au ministre de pouvoir annoncer ce qu'il aura annoncé. Et on a très, très,
bien entendu, là, les préoccupations.
Et ce n'est même pas des préoccupations,
M. le Président, je vais vous le dire, là, c'est des éléments facilitants qui
nous ont été présentés de la part de l'ACQ. Puis en temps et lieu, le ministre,
avec qui je travaille étroitement, là, va répondre à ces questions-là. Je ne
jouerai pas dans la talle de mon collègue, comme dirait l'autre.
• (11 h 30) •
Moi, ma job, c'est accompagner les
personnes les plus vulnérables, M. le Président, au risque de me répéter, et
c'est la raison pour laquelle on a mis sur pied là, depuis quelques années, un
réseau d'entraide, de soutien à la recherche...
11 h 30 (version non révisée)
Mme Proulx : ...logement, pas
de toit, c'est clairement une des épreuves les plus difficiles qu'on puisse
traverser dans sa vie. Aider quelqu'un à conserver son logement, à en trouver
un autre, ça, c'est un engagement dans lequel on s'est investis, mon équipe et
moi. C'est un engagement que je vais renouveler encore cette année.
Puis ce qu'on met en place concrètement, c'est
vraiment une opération nationale de soutien, une opération, évidemment, qui
atteint son point culminant au 1er juillet, mais, à longueur d'année, la SHQ,
qui est le maître d'oeuvre de tout ça, là, avec ses partenaires, soit les
municipalités, les réseaux de la santé, des services sociaux, évidemment nos
offices d'habitation, ne ménage absolument aucun effort pour soutenir nos ménages
qui pourraient se retrouver dans le besoin. Les OH sont nombreux, nombreux à
avoir mis sur pied un service d'aide à la recherche de logement. À quoi ça
sert? Informer, orienter, accompagner nos ménages dans leurs recherches de
logement locatif. Aujourd'hui, M. le Président, là, on parle à peu près d'une
quarantaine de services d'aide à la recherche de logement qui sont en action un
peu partout au Québec pour répondre aux besoins spécifiques des locataires. Les
organismes d'aide aux locataires sont également mobilisés, M. le Président. En
fait, on fait tout pour que chaque personne qui fait appel à ces services-là, M.
le Président, puisse avoir accès à un TAL... avoir accès à un toit, pardon.
2024, c'est 17 000 demandes qui ont été
traitées par le service de recherche de logement l'an dernier, c'est près de 15
500 ménages qui ont fait appel à nos services. Des ménages, ce n'est pas juste
des personnes qui vivent seules, M. le Président, ça peut être deux, trois,
quatre, cinq personnes. On répond à beaucoup, beaucoup de gens. On va continuer
d'encourager les offices d'habitation et les municipalités qui n'ont pas encore
instauré ce type de service d'aide à la recherche de logement à venir se
joindre à notre grand mouvement national pour aider, donc, à trouver un
logement. Accompagner les ménages, c'est une des mesures qui fait partie du
coffre d'outils de la Société d'habitation du Québec, qui accompagne...
concrètement, pardon, ces 15 500 ménages.
Il y a des campagnes publicitaires qui
sont présentement en ondes à la radio, à la télé, sur le web pour campagne d'information
qui doit descendre dans la population, rappeler, entre autres, aux gens qui
vont déménager prochainement de débuter leurs recherches de logement rapidement.
Il ne faut surtout pas attendre. Tu sais, on passe des messages comme : Ne
résiliez pas votre bail avant d'avoir trouvé un nouveau logement, appelez... appelez-nous,
venez nous voir pour les services d'aide à la recherche de logement, de comment
s'informer aussi sur le droit des locataires. C'est des publicités qui sont en
ondes. On peut taper également quebec.ca, recherche logement. Malgré le fait,
là, qu'il y a un taux d'inoccupation... le marché se détend un petit peu, les
logements abordables demeurent rares, et donc c'est un accompagnement qui est
très important pour ces familles-là partout au Québec. On permet, donc, d'arrimer
rapidement les actions de la SHQ avec les villes, les municipalités et les MRC.
Pour la mérule pleureuse, le programme n'est
pas en vigueur, mais on travaille déjà à l'intégrer dans un programme de
construction. Je rassure la députée de Mille-Îles, ce sont des demandes qui ont
été faites auprès de mon ministre des Finances du Québec, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci beaucoup. Alors, nous retournons du côté... Ah! nous restons du côté
ministériel avec la députée de Labelle.
Mme Jeannotte : Merci, M. le
Président. La collègue de l'opposition m'accuse d'être déconnectée de la
réalité, mais, M. le Président, les actions prouvent le contraire pour l'accès
à la propriété. Pourquoi? Parce qu'on a aidé aussi les gens dans le
portefeuille à... on a aidé les citoyens aussi. Depuis 2018, on a remis, chaque
année, de l'argent dans les... dans les poches des Québécois. Ça représente
désormais plus de 7 milliards de plus par année. On a baissé les impôts, on a
baissé les taxes scolaires pour les propriétaires, on a augmenté les
allocations familiales, on a remis 2 000 $ aux aînés les plus
vulnérables, on a plafonné à 3 % la hausse de plusieurs tarifs :
tarifs de garde, tarifs d'électricité, droits de scolarité. Ça fait que ça, c'est
toutes des actions concrètes. Ça fait que c'est facile, dans l'opposition, de
critiquer, mais nous, on est dans l'action, M. le Président, puis on agit.
Permettez-moi de revenir sur les outils
aussi pour arriver à renverser cette tendance qui était, là, la crise du
logement. On a posé, comme je le disais...
Mme Jeannotte : ...plusieurs,
plusieurs, plusieurs actions concrètes qui visent à améliorer la situation qui
traînaient depuis des décennies. Donc, le Tribunal administratif du logement,
le TAL, c'est un outil formidable, le projet de loi n° 31, le projet de
loi n° 65, pour contrer la hausse des loyers abusive. Malgré le fait que
certains membres des partis d'opposition n'aiment pas entendre cette réponse,
le problème de fond, c'est celui de l'offre et de la demande. Mais, au Québec,
le taux d'inoccupation se situait à 1,8 en 2024. En 2025, il est maintenant à
2,7. On commence à entendre parler des propriétaires qui disent qu'ils vont
offrir les appareils ménagers tellement que... C'est nouveau, M. le Président.
Oui, on a besoin de plus de logements.
J'adore l'approche de ma collègue qui dit : On va travailler, on va
continuer de travailler, puis la collaboration est là, parce que c'est tout le
monde qui faut s'y mettre. C'est simple, c'est ça, la réalité. Nous, on est
dans les actions concrètes. On a fait... on en a fait une priorité depuis notre
entrée au pouvoir en 2018, contrairement à ce qui est dit du côté des
oppositions. Oui, on doit construire plus, oui, on doit construire plus
rapidement, puis c'est ce qu'on fait. On a réduit la bureaucratie pour faciliter
le processus d'approbation des projets et accélérer la mise en chantier. J'ai
eu la chance, M. le Président, d'être adjointe parlementaire quand c'était la
ministre prédécesseure, puis je salue la nouvelle ministre qui prend ça à
bras-le-corps aussi, mais moi aussi, je tiens à saluer les équipes de la Société
d'habitation du Québec. Je les ai vues à l'oeuvre. C'est incroyable comment ces
gens-là travaillent fort, M. le Président. Puis on l'oublie, puis on doit les
remercier puis on doit les saluer, parce que c'est incroyable le travail qui se
fait dans cette société d'État.
Je vais revenir sur un des outils
fondamentals. En habitation, là, ça passe par les villes puis les municipalités
aussi. On ne fait pas de miracles, là. C'est des projets immobiliers. Puis la
première chose qu'il faut avoir, c'est un permis pour pouvoir construire. Mais,
nous, on a agi, M. le Président. C'est très, très important ce qu'on a fait
avec la loi n° 31 adoptée en 2024. Au début, je me
souviens, les collègues de l'opposition critiquaient. Ce n'était pas la bonne
chose à faire. Aujourd'hui, les municipalités nous disent merci. Les
municipalités de 10 000 habitants ou plus, dont le taux d'inoccupation
des logements est de moins de 3 %, peuvent désormais autoriser tout autre
projet d'habitation de trois logements ou plus, qui déroge également à la
réglementation d'urbanisme en vigueur. Ça, là, c'est majeur. C'est des pouvoirs
qui sont applicables pour une période de trois ans. Puis moi, je me souviens,
j'étais en commission parlementaire, puis ça faisait du... comment qu'on
appelle ça? Du... En tout cas, on a perdu du temps là-dessus. C'était
épouvantable.
Mais aujourd'hui, là, savez-vous quoi? Ce
sont des choses qu'on a faites puis qui produisent des résultats incroyables.
Il sera possible de les renouveler aux deux ans par arrêtés par la ministre. On
autorise de plein droit des logements accessoires. Ça, aussi, c'est nous, qui
avons fait ça, pendant une période de cinq ans, M. le Président. La loi
permet... la loi n° 31 permet à une municipalité,
jusqu'au 21 février 2027, d'autoriser un projet résidentiel de trois
logements ou plus, même si celui-ci déroge à la réglementation d'urbanisme
existante. Puis ça, là, ça a fait un tremblement de terre, parce que, là, nous
autres, on brassait la cage, M. le Président. Mais savez-vous quoi? Ça donne
des résultats. Je vais continuer. Ça fait que, ça, c'est pour une municipalité
et non pas une ville. Puis les conditions pour qu'un projet soit admissible,
bien, il doit être situé dans le périmètre d'urbanisation, il doit respecter le
schéma d'aménagement, ça fait que ce n'est pas qu'on déroge à tout, là, mais où
les affectations du sol prévues au plan d'urbanisme. Il peut être situé dans un
secteur à contraintes de sécurité, santé publique ou protection
environnementale. Donc, ça, M. le Président, ça permet aux municipalités...
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Merci beaucoup. Alors, je vais du côté du député de Laurier-Dorion.
Dernière intervention pour vous,
M. Dorion... député de Dorion.
• (11 h 40) •
M. Fontecilla : Merci,
M. le Président. Donc, le but de l'interpellation, c'est le bilan de la CAQ en
matière d'habitation, là. Mais, c'est très simple, c'est très simple, là,
qu'est-ce que la... La CAQ est arrivée au pouvoir en 2018, presque huit ans
plus tard. Bien, en 2018, il y avait déjà une crise du logement qui affectait
durement le... qui frappait durement le Québec. Huit ans plus tard, quelle est
la situation? On a encore une crise du logement qui frappe durement les
locataires et l'ensemble du marché immobilier, là. Et la CAQ, ça a déjà été dit
par mon collègue des Îles-de-la-Madeleine, là, à partir de son premier mandat,
à toutes fins pratiques, là, a nié l'existence de la crise du logement. Et
devant la pression populaire, devant la gravité de la crise du logement, devant
les cas désespérés comme celui qu'on a...
M. Fontecilla : ...entendu ce
matin de M. Roger Fournier. Devant la pression des oppositions dont nous,
à Québec solidaire, il a été obligé de prendre un peu... de considérer la crise
du logement un peu au sérieux et mettre de l'avant, là, des mesures qui, au
fond, malheureusement, oui, il y a eu des mesures, qui ne changent pas
fondamentalement la... la dynamique, là, et on continue à vivre une crise du...
du logement.
La ministre de l'Habitation l'a affirmé
tantôt, j'étais content de l'entendre, l'objectif principal ici, c'est
d'atteindre l'abordabilité d'un toit sur notre tête, que ce soit par l'accès à
la propriété, que ce soit par le secteur locatif, là, principalement par le
secteur locatif, parce qu'il concerne une partie de la population qui est
moins... qui est moins nantie. Et on voit que cette abordabilité est de plus en
plus inaccessible. Les loyers coûtent de plus en plus cher. J'ai montré tantôt
un... un tableau démontrant la hausse faramineuse des loyers. Et, en
huit ans, les mesures mises en place par la CAQ n'ont pas été en mesure de
contrecarrer cette... cette dynamique-là des loyers, d'augmentation des... des
loyers.
Donc, la CAQ, non seulement n'a pas fait
ce qu'il fallait pour contrôler un marché détraqué, un marché qui nécessite une
régulation, mais il a en quelque sorte mis de la... du charbon dans la
fournaise, là, en alimentant, par exemple, un calcul de... un règlement de
fixation de loyers qui, justement, favorisent les hausses des... des loyers.
Bon.
La CAQ dit qu'ils ont mis un effort
particulier à créer des... des nouveaux logements sociaux, ce qui est une
solution véritable à la crise du logement parce qu'il produit des... des loyers
moins chers à... à long terme. Et j'entendais la collègue députée de Labelle nous
dire qu'il y avait eu 14 000 logements qui avaient été livrés par la
CAQ. C'est curieux, je viens de faire... regarder le tableau de la Société
d'habitation du Québec, là, les trois programmes, là, mis en place, là, le
PHAQ, le fonds fiscalité... fiscalisé et le développement qualifié, d'après les
chiffres mêmes du tableau, le tableau de bord de la Société d'habitation du
Québec, on arrive au chiffre de 3 862. On est loin de 14 000 qui nous
a été... qui a été exprimé aujourd'hui par la ministre de Labelle. Donc, il
s'agit... est facile de s'embarquer dans un débat de chiffres, mais l'effort
est nettement insuffisant.
On arrive à une situation aujourd'hui, où,
selon des études qui sont... sont parues récemment, là, l'insécurité
alimentaire des locataires augmente de façon vertigineuse. Et ça frappe même,
ça frappe même des... une grande quantité de ménages de classe moyenne qui
doivent sacrifier... qui doivent dépenser moins en nourriture pour leur
famille, pour leurs enfants, pour être en mesure de payer le loyer. Et d'autre
part, une étude... Ça, c'était des chiffres de l'institut... de l'Observatoire
des inégalités au... au Québec, là. Une autre étude qui vient de paraître il y
a quelques semaines nous démontre que les locataires ont de plus en plus de la
difficulté à payer leur... leur loyer. Un locataire sur... sur quatre, l'an dernier,
a eu de la difficulté à payer son loyer et un sur cinq partout au... au Québec,
là.
Donc, pour... concernant le projet de...
le projet PHAQ en logement, construction de logements sociaux, il n'y a eu
aucun appel de projets pour le volet 1, qui sont les... les logements
social tels qu'on les connaît, où les ménages ne payent pas plus que 25 %
de leurs revenus. Et on a, de plus, créé une nouvelle... on a fait de
l'architecture financière, on a créé un nouveau programme de logements... des
logements abordables qui produisent des loyers abordables intermédiaires, qui
produisent des logements excessivement chers pour la capacité de payer des
ménages.
Donc, le bilan de la CAQ est jusqu'à
présent catastrophique en matière de lutte à la crise du logement.
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le député de Laurier-Dorion. Nous allons maintenant en conclusion avec Mme la
ministre. Vous avez 10 minutes.
Mme Proulx : Merci, M. le
Président. Ma job? Assurer aux ménages québécois de pouvoir accéder à un
logement adéquat et abordable. C'est ça, ma job. Et ma job, ce n'est pas
l'affaire d'un parti politique, mais c'est l'ensemble des acteurs au sein de
notre société civile, M. le Président, qui doit mettre la... l'épaule à la
roue. Ce n'est pas juste la job du gouvernement à lui seul, mais celle de tous
les partenaires en habitation. Je le répète parce que c'est vraiment un élément
important.
On pose des bons gestes pour loyer
convenablement les ménages dans toutes les régions du Québec. Est-ce qu'il reste
du travail à faire, M. le Président...
Mme Proulx : ...la réponse,
c'est oui. Plusieurs facteurs ont créé la crise du logement. Ça a mobilisé
plusieurs ministères, plusieurs organismes. Et on va toujours prêter l'oreille
à regarder ce qui est innovant sur le terrain pour continuer de répondre à la
mission qui m'a été donnée par le premier ministre du Québec.
La Stratégie québécoise en habitation, ça
fait la démonstration que les défis actuels et la lecture qu'on a eue à
l'élaboration de cette stratégie-là, bien, c'est d'avancer dans des objectifs
qui sont communs. On va continuer de diversifier nos interventions, on va
multiplier nos partenaires, on va diversifier nos modes de financement, parce
que c'est vrai, comme l'a dit le député de Laurier-Dorion, ça peut représenter
un tracas énorme pour certains ménages au Québec, on le sait. Je sais que vous
le savez, que je le sais. Il n'est pas question, M. le député, de laisser des
personnes, des familles habiter dans des résidences qui sont trop petites, qui
sont en mauvais état, qui sont insalubres. On va continuer de faire preuve
d'audace, puis on va prendre vraiment en considération les préoccupations de
tous les intervenants, puis on va aligner nos idées, nos interventions pour
aller encore plus loin dans nos actions.
On a fait un pas de plus pour améliorer la
crise actuelle, pour livrer plus et plus rapidement des logements sociaux et
abordables. Je rappelle, là, ce n'est pas rien, là, 7 milliards depuis
2018, 7 milliards. Je pense qu'on a perdu un peu la valeur des sommes, M.
le Président. 7 milliards, c'est énorme, en investissements.
On a créé des outils, des leviers adaptés
aux besoins de nos partenaires, milieu municipal, comme le disait la députée de
Labelle, des locataires, des locateurs, des propriétaires. On a pensé à
beaucoup de monde, aux familles, aux personnes seules, aux personnes aux
besoins particuliers, aux aînés, hein, mes chers aînés. On a développé des
programmes d'habitation abordable, on a noué des partenariats innovants, FTQ,
Desjardins, Mission Unités Aînés. Je pense également aux développeurs qualifiés
qui ont obtenu... entre autres, Angus, et Utile, et bien d'autres. Je rajoute
qu'on a aussi modernisé les méthodes de financement, créé plus de logements
abordables. Un autre exemple, ma collègue en a parlé, les logements
préfabriqués, on a multiplié les initiatives. On veut être de plus en plus
agiles. On a modernisé des programmes de développement, les moyens de
financement en matière d'habitation. On l'a fait, on a osé et on va continuer
de le faire.
Les résultats sont là. Est-ce qu'on doit
faire plus? La réponse, c'est oui, et c'est mon intention, une étape à la fois.
Si on avait eu une solution magique, M. le Président, je pense qu'on l'aurait
trouvée, qui va faire disparaître les enjeux actuels en habitation puis faire
apparaître des logements là, maintenant. Est-ce qu'il y a une solution magique
qui va tout régler? La réponse, c'est non.
Il y a des signaux encourageants, on les
voit. Ma collègue de Labelle l'a mentionné, avec certaines gratuités. Nos
interventions portent fruit. Il reste encore du travail à faire, puis, pour ce
faire, il faut miser au-delà des investissements. Je pense vraiment que la
Stratégie québécoise en habitation, c'est une clé pour y arriver, une clé pour
surmonter des défis aujourd'hui et demain, la nécessité d'augmenter l'offre de
logements, d'accélérer la cadence, modifier nos façons de faire, c'est au cœur
de cette stratégie-là. Tous les acteurs sont conviés, compte tenu de l'ampleur
des besoins qui se présentent au Québec. On est en train de créer un
environnement propice à la croissance et l'offre de logements, M. le Président.
On va soutenir... la productivité, pardon, dans le secteur de la construction
en vue de produire davantage de logements avec des ressources disponibles et
réduire au maximum les délais de livraison. On va outiller nos partenaires
municipaux, favoriser les investissements, faciliter le développement d'une
offre résidentielle à la fois suffisante et diversifiée. Et l'objectif, c'est
évidemment de préserver le parc actuel pour en assurer un accès durable et
réduire la nécessité de nouvelles constructions.
Par ailleurs, M. le Président, la question
de l'équilibre des droits entre les locateurs et les locataires va demeurer,
pour mon gouvernement, une priorité. Je vais m'assurer... on va s'assurer que
toutes nos démarches portent fruit. On va continuer de protéger les ménages et
les personnes qui sont vulnérables, M. le Président.
• (11 h 50) •
Dans les situations d'éviction pour
agrandissement...
Mme Proulx : ...subdivision,
changement d'affectation d'un logement, bien au-delà de la majoration de la
compensation financière, un moratoire est toujours en cours et nous étudions
très sérieusement, M. le Président, de pouvoir allonger ce moratoire-là. Je
suis persudée que la... persuadée que la nouvelle méthode de calcul de fixation
de loyers va améliorer la transparence de fixation en offrant davantage de
prévisibilité, tant pour les propriétaires que les locataires, faciliter le
dialogue entre les locataires et les locateurs à propos, entre autres, des
hausses de loyers, qu'elle va encourager la conclusion d'ententes sur le prix
du loyer sans devoir nécessairement recourir aux services du TAL. Pour faire
valoir les droits d'un et de l'autre, ça passe par l'adoption de pièces
législatives. C'est ce qui m'amène à vous dire que notre proactivité en matière
d'optimisation du cadre législatif va demeurer... primordiale de poursuivre nos
efforts afin de donner plus de pouvoir aux municipalités pour améliorer l'offre
de logements, plus d'outils au TAL, à la SHQ. Des projets de loi, c'est des
outils extraordinaires qui peuvent permettre de changer les paradigmes, de
faire naître des nouveaux régimes ou encore améliorer les pratiques, tout ça
toujours dans l'intérêt des citoyens.
C'est la raison pour laquelle, M. le
Président, on a déposé, et pas plus tard qu'avant-hier, le projet de loi
n° 20, pour continuer d'améliorer, donc, les mesures que le gouvernement
peut mettre en place pour optimiser les efforts qu'on met pour l'accès au
logement, venir donner vraiment la responsabilité au TAL de service clientèle
et de réduire, donc, ces personnes qui se ramassent au TAL plutôt que d'avoir
en amont des gens avec qui on peut discuter pour, entre autres, parler de loyer
et de fixation du loyer, M. le Président.
Je vais conclure cette séance-là sur ces
derniers mots. Je pense qu'on a démontré que notre gouvernement a la volonté de
réaliser d'autres projets qui vont permettre de faire lever de terre du
logement à court, à moyen terme. Il faut aussi penser au long terme pour les
générations de demain. L'important, M. le Président, c'est qu'on ait tous
l'intention de moderniser nos pratiques en partenariat. L'habitation, c'est une
priorité de toutes les collectivités au Québec. Trop tôt encore pour mesurer
l'ensemble des retombées de la stratégie. Les progrès accomplis à ce jour
laissent par compte, M. le Président, entrevoir une amélioration tangible de la
situation, et ce, au cours des prochaines années. Les avancées placent le
Québec sur une voie prometteuse vers un marché de l'habitation plus équilibré,
plus durable, vers... et vers la conviction d'avoir fait une réelle différence
dans la vie de nos ménages québécois. C'est encourageant, ce n'est pas la fin.
Des résultats, il y en aura bien d'autres, mais on parle de résultats qui se
concrétisent sur des années encore et tout dépendra du niveau d'engagement de
chaque partie prenante qui voudra investir afin que tous les Québécois aient
accès à un toit convenable. On va demeurer ambitieux, M. le Président. On va
poser des gestes ambitieux pour soutenir la productivité de l'industrie de la
construction, outiller nos partenaires puis accélérer, donc, le développement
de projets porteurs.
Je veux remercier toutes les équipes qui
ont été présentes ici aujourd'hui en commission... en...
Une voix : ...
Mme Proulx : Interpellation,
merci. La députée de Mille-Îles, le député de Laurier-Dorion, le député des
Îles-de-la-Madeleine, le député de Labelle et de... aide-moi donc.
Une voix : ...
Mme Proulx : Jonquière, c'est
ça je disais. Toutes les équipes ministérielles, merci infiniment, les équipes
de la SHQ et du ministère de l'Habitation. Et merci à vous, M. le Président,
pour la tenue de ces travaux aujourd'hui.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup, Mme la ministre. Alors, nous allons terminer avec la députée des
Mille-Îles pour 10 minutes.
Mme Dufour : Merci beaucoup,
M. le Président. Je vais peut-être revenir sur un élément que la ministre a
mentionné. Elle a dit : Ma job, c'est de m'assurer que les Québécois aient
le logement... un logement adéquat et abordable. Pourquoi je suis ici, M. le
Président? C'est pour parler des jeunes... des premiers acheteurs, des jeunes
ménages, des jeunes familles, pour qu'eux aussi aient accès à un logement
adéquat et abordable. Et ça ne signifie pas, dans leur cas, nécessairement un
logement, comment je pourrais dire... un logement locatif, mais bien plusieurs
aspirent encore à avoir une cour...
Mme Dufour : ...à pouvoir
voir leurs enfants jouer dans cette cour. D'autres... D'autres aspirent à avoir
un logement où chacun des enfants pourra avoir sa chambre, et ça, ça implique
des logements beaucoup plus grands que ce qui se construit présentement. Donc,
je pense qu'effectivement c'est aussi son travail, de s'assurer que ces
jeunes-là, que ces familles-là ne soient pas abandonnés, qu'ils ne soient pas
dans l'angle mort de ce gouvernement. Elle n'est pas la ministre du Logement,
elle est la ministre de l'Habitation, et donc je pense que c'est nécessaire
aussi de mettre un angle sur cet aspect-là.
Par contre, je vais revenir sur, quand
même, des éléments qui ont été mentionnés par rapport à la crise du logement et
les actions qu'ils ont mentionnées... qui ont été mentionnées. Donc, la crise
du logement, je le rappelle, et le député des Îles-de-la-Madeleine l'a bien
dit, qu'elle a été niée très longtemps par ce gouvernement. Pendant trois ans,
on en a... on a nié complètement : Ça n'existe pas, ça n'existe pas. Puis
c'est à la toute fin, juste avant les élections de 2022, qu'on a fini par
admettre que ça existait. Donc, on a perdu un temps précieux. Et, pendant ce
temps, bien, les coûts ont explosé. On a perdu vraiment une grande opportunité
de... Par exemple, je vais vous donner l'exemple des HLM. Ça a pris trois ans
avec une... avant qu'une entente soit signée pour la rénovation des HLM. Le
fédéral offrait l'argent, mais le Québec tardait à signer l'entente. Pendant ce
temps-là, les coûts de rénovation ont augmenté, presque doublé. Alors, on
s'entend qu'en tardant aussi longtemps, bien, on en a fait deux fois moins que
ce qu'on aurait pu faire avec le même argent. Et c'est la même chose pour le
fait qu'on ait nié la crise du logement, on aurait pu intervenir plus tôt.
J'ai entendu la ministre mentionner le 7
milliards qu'elle a... que le gouvernement a investi. Elle a dit : On a
perdu la valeur de cette somme. Mais j'aimerais lui rappeler qu'elle a aussi
oublié de mentionner qu'il y avait plus de 3 milliards de cette somme-là qui
venait du gouvernement fédéral, donc... Et, à chaque... à chacune des ententes,
on a tardé longtemps avant de les signer, mais, quand on les a signées, une des
exigences, c'était que le Québec apparie dans... le montant. Donc, on peut se
poser la question : Est-ce qu'on aurait investi en logement si le fédéral
n'avait pas mis autant d'argent? J'aurais aimé que la ministre, au moins, le
reconnaisse, qu'il y a eu cette injection du fédéral.
Elle a parlé... le collègue... je
félicite, d'ailleurs, le collègue de Laurier-Dorion, qui a mis... qui a mis
beaucoup de l'avant le dossier des... de ce qui était... on appelait les
rénovicteurs, il a mis beaucoup de travail là-dessus dans les dernières années,
et la ministre l'a souligné aussi, mais moi, je ne sais pas les actions
concrètes que... qui ont été prises de la part du gouvernement. Tu sais, j'ai
assisté au projet de loi n° 31, mais... et j'ai vu toutes les mesures, mais,
concrètement, sur le terrain, où sont-elles, ces mesures-là, et comment on
évite qu'il y en ait encore aujourd'hui? Malheureusement, est-ce qu'il manque
d'inspecteurs? Est-ce qu'il manque... Les délais au TAL sont... ne cessent
d'augmenter. Et ça, évidemment, ça bénéficie à ceux qui veulent contourner le
système. Donc, moi, je ne les ai pas vues, les actions concrètes contre les
rénovicteurs spécifiquement.
Elle a aussi mentionné que ça faisait 40
ans que le calcul des loyers n'avait pas été revu. Félicitations! Mais, ceci
dit, dans les dernières années, avant que la CAQ soit là, il n'y avait pas
d'enjeu avec le calcul... la formule de calcul des loyers. Ces enjeux-là, on
les a vus seulement dans les trois dernières années, quand il y a eu comme une
inflation très importante, et là ça a amené un déséquilibre complètement. Mais,
auparavant, s'il n'y a pas eu d'action, c'est parce qu'il n'y en avait pas,
d'enjeu. Mais j'aimerais quand même le souligner, là, ce n'est pas parce que le
Parti québécois n'a pas agi ou le Parti libéral n'a pas agi, c'est qu'il n'y
avait pas d'enjeu avec la formule à l'époque.
J'ai entendu, on a parlé du PHAQ, à quel
point qu'il est extraordinaire, ce programme, mais les chiffres parlent
d'eux-mêmes. 633 logements réalisés, c'est très peu. Et on a été loin, loin,
loin des 18 mois qui étaient promis. D'ailleurs, j'avais eu des échanges avec
la députée de Bertrand à l'époque. Je mentionnais, c'était... ce ne serait pas
réaliste, les 18 mois qu'elle proposait. 18 mois... Je vous rappelle, M. le
Président, que le permis allait... il allait être perdu une fois les 18 mois
passés. Bon, heureusement, là, ça, ça a été changé, il y a eu de la souplesse,
mais le tableau de bord n'indique pas du tout les chiffres que la députée de
Labelle mentionne.
• (12 heures) •
Je voudrais aussi mentionner, elle a dit
que je lui avais dit, la députée de Labelle, là, qu'elle était déconnectée de
la réalité. Je ne parlais pas d'elle, je parlais du seuil de 300 000 $
pour une nouvelle propriété pour qu'elle soit exempte de TVQ. Aujourd'hui...
Nous, on propose que ça augmente à 500 000 $ parce que...
12 h (version non révisée)
Mme Dufour : ...la... la
réalité a complètement changé, la propriété moyenne et de près d'un demi-million.
Donc, à 300 000, on peut s'attendre qu'à peu près aucune propriété ne
rentre dans cette... cette mesure, ne bénéficie de cette mesure.
La ministre, puis là c'est dommage, j'aurais
aimé qu'elle entende ce que je vais dire, mais elle... elle assistera à une
pelletée de terre, donc d'Unitaînés ce lundi. J'ai visité Unitaînés à
Terrebonne, c'est... c'est vraiment un très beau projet, et je félicite Luc
Maurice et toute l'équipe qu'il a mise en place pour réduire les coûts de
construction de façon vraiment extraordinaire. Et c'est le... un modèle qu'on
devrait répliquer, assurément, mais aussi dans le logement, dans les logements
neufs, c'est-à-dire qui ne sont pas du logement abordable ou social. Il faut
absolument travailler sur la structure de coûts, c'est problématique. Et... et
je vais souligner qu'elle rencontrera peut-être mon conjoint parce qu'il est
conseiller municipal de l'endroit où sera inaugurée... la pelletée de terre, en
fait, d'Unitaînés lundi.
Ensuite, elle a parlé du super pouvoir, la
députée de Labelle. Elle a dit le super pouvoir qui permet aux villes d'autoriser,
là, de façon exceptionnelle des... d'octroyer des permis qui ne répondent pas,
là, aux normes d'urbanisme. Mais je rappellerai qu'il n'y a toujours pas de
bilan de ce super pouvoir. Donc, c'est difficile de se faire une tête et de
savoir si c'est vraiment un succès parce qu'on n'a pas eu le bilan, alors que ça
fait déjà plus d'un... plus d'un an, là, que c'est en vigueur.
Il y a un élément majeur que je voudrais
mentionner, c'est que, et ça, c'est important, moi, je considère que la CAQ a
abandonné le logement social. On parle de logements abordables et on a ouvert l'an
passé au logement abordable intermédiaire. Il n'y a plus rien d'abordable dans l'abordable
intermédiaire. Je vais vous donner des chiffres. À Montréal, un quatre et demi
pour qu'il soit considéré abordable intermédiaire, on parle de 1 583 $
par mois et dans... à Gatineau, 1 678 $. Je ne sais pas qui... qui
peut se payer, dans les gens... dans nos... les gens les plus démunis de notre
société, qui peut payer 1 678 $ par mois. C'est... c'est... ce sont
des logements, certes plus... moins chers pour peut-être une classe moyenne, mais
on ne peut pas dire que ce sont des logements abordables. On est.. On s'est
éloigné, on a abandonné le logement social.
Maintenant, je vais revenir à... il me
reste peu de temps, mais sur les mesures importantes pour soutenir l'aide... l'accès
à la propriété. Il faut augmenter la productivité dans la construction, s'assurer
que les mises en chantier ne soient pas que du locatif, il va falloir qu'on
soutienne aussi les... les constructions neuves si on veut que nos... nos
jeunes ménages puissent accéder à... aux nouvelles propriétés. Le... le
collègue de Jonquière a parlé d'harmoniser les normes de construction, que la
RBQ travaillait là-dessus. Ça, ce serait une grande avancée, mais il faut le
faire aussi avec l'ensemble des municipalités. La robotisation, l'automatisation,
ce sera nécessaire. Il va falloir soutenir ce changement-là dans l'industrie de
la construction. Autrement, on dépend... Il y a certaines usines que j'ai
visité qui dépendent presque à 80 % de main-d'œuvre étrangère. L'aide à la
mise de fonds, c'est très important, il faudra mettre en place un programme
pour l'aide à la mise de fonds. On a fait une proposition dans ce sens-là, et j'invite
le gouvernement à la regarder.
Et je terminerais en mentionnant que la
députée de Sanguinet a fait de l'accès à la propriété sa priorité. Alors, j'espère
qu'on verra non pas seulement les droits de mutation, la taxe de bienvenue,
mais aussi une aide à la mise de fonds qui pourrait être à coût nul pour l'État.
C'est la proposition qu'on a faite.
Et je termine aussi en mentionnant, je n'ai
pas eu de réponse de la ministre, mais la mérule pleureuse, si elle peut
réactiver le programme pour qu'on puisse maintenir l'existant et prévenir de
perdre de... des propriétés.
Et finalement, M. le Président, bien, je
vous remercie. Je remercie la ministre, les députés de Labelle et Jonquière, et
les députés de l'opposition pour la présence, et tout le monde de la SHQ qui
était ici.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci,
députée de Mille-Îles. Alors, ce qui met fin à ce... à cet échange aujourd'hui.
Je voulais vous remercier pour le respect du temps de chacun et les échanges
très courtois. Ça me facilite la... la tâche. Alors, merci à tous.
Compte tenu de l'heure, la commission,
ayant accompli son mandat, ajourne ses travaux au mardi 17 février à
9 h 45. Merci beaucoup. Bonne journée à tous.
(Fin de la séance à 12 h 05)