Journal des débats de la Commission de l'aménagement du territoire
Version préliminaire
43e législature, 2e session
(début : 30 septembre 2025)
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Le
mardi 17 février 2026
-
Vol. 48 N° 15
Étude détaillée du projet de loi n° 13, Loi visant à favoriser la sécurité et le sentiment de sécurité de la population et modifiant diverses dispositions
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9 h 30 (version non révisée)
(Neuf heures quarante-huit minutes)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bon matin, tout le monde. Ayant quorum, je déclare la séance de la Commission
de l'aménagement du territoire ouverte.
Alors, je vous rappelle que la commission
est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet d'une loi... de loi,
pardon, n°13, Loi visant à favoriser la sécurité et le sentiment de sécurité de
la population et modifiant dispersent... diverses dispositions.
Est-ce qu'il y a des changements ou des
remplacements, M. le secrétaire?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Bogemans (Iberville) remplace M. Gagnon (Jonquière); M. Reid
(Beauharnois) remplace M. Rivest (Côte-du-Sud); et Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis) remplace M. Ciccone (Marquette).
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, à la dernière séance, nous venions d'adopter l'amendement sur
l'article huit de la loi édictée. Alors, il y avait des changements qui étaient
proposés des deux côtés de la chambre, alors, pour ça, nous allons suspendre
quelques instants afin de permettre ces changements ou ces amendements.
Alors, nous allons suspendre. Merci.
(Suspension de la séance à 9 h 49)
11 h (version non révisée)
(Reprise à 11 h 17)
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, la commission est prête à reprendre ses travaux. On s'excuse pour le
très long délai et on remercie les gens de bien nous avoir attendus. Suite aux
discussions qu'il y a eu, j'ai besoin du consentement pour retirer l'amendement
qui avait été adopté précédemment, de l'article 8. Alors, est-ce que j'ai le
consentement pour le retrait de l'amendement de l'article 8?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Schneeberger) :
Consentement. Parfait. Alors là, suite aux discussions, il y a une nouvelle... un
nouvel amendement de l'article 8 qui vient le remplacer. Alors, je pense que c'est
la députée de Mont-Royal-St-Louis qui va le déposer.
Mme Maccarone : C'est Westmount—Saint-Louis,
mais je comprends, des fois, c'est compliqué, oui. Bien, juste avant de faire
la lecture, M. le Président, il me semble que ce que nous avons convenu hors
micro... il nous manque un petit élément dans cet amendement. Alors, ça me
désole de vous demander de peut-être suspendre encore une fois, juste quelques
instants, pendant que nous sommes en train de valider les dernières
informations.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui...
M. Lafrenière : M. le
Président, ma collègue a raison, il y a comme deux versions qui se promènent, ça
fait que... Excusez-nous.
Mme Maccarone : OK, ça fait
que ça se peut que je n'aie pas la bonne version.
M. Lafrenière : ...prenons un
instant. Le but étant d'arriver à la bonne place avec nos travaux puis que... Pour
les gens qui nous écoutent, vous voyez, on travaille ensemble, on est à la
recherche de solutions, mais il semble y avoir deux versions, ça fait que... un
petit 30 secondes.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Alors, nous allons resuspendre. Désolé.
(Suspension de la séance à 11 h 18)
(Reprise à 11 h 21)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux. Je donne la parole à Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : ...un
amendement à l'article 1, qui est l'article 8 de la Loi sur la
divulgation publique de renseignements concernant certains délinquants sexuels
à risque élevé de récidive. Remplacer l'article 8 de la Loi sur la
divulgation publique de renseignements concernant certains délinquants sexuels
à risque élevé de récidive, proposé par l'article 1 du projet de loi, par
le suivant : 8. Le comité transmet au ministre au plus tard le
30 juin de chaque année et pour la période du 1er avril au
31 mars qui précède un rapport de ses activités. Ce rapport contient
notamment les renseignements suivants :
1° le nombre de séances tenues par le
comité;
2° le nombre de dossiers analysés par le
comité;
3° le nombre de délinquants sexuels ayant
fait l'objet d'une divulgation publique et les principales caractéristiques de
ceux-ci, notamment s'ils ont été libérés par le Service correctionnel du Canada
ou par les services correctionnels du ministère de la Sécurité publique;
4° le nombre de diffusions ayant pris fin
ou ayant été suspendues, ainsi que le motif pour lequel elles ont pris fin ou
ont été suspendues;
5° le nombre de délinquants sexuels dont
les renseignements divulgués ont fait l'objet de mises à jour et de... le nombre
de réexamens effectués.
Il contient tout autre renseignement que
le ministère requiert. Le ministre rend public le rapport sur le site Internet
de son ministère dans les 60 jours de sa réception.
Et le but de cet amendement, c'est d'avoir
du contenu avec des précisions annuelles pour les activités du comité ainsi que
d'aider comme on l'avait déjà discuté, ça fait que je pense qu'on devrait
remercier les... les gens qui ont été patients par rapport à cet amendement. On
a discuté de ceci la semaine passée aussi. On entend tellement de gens qui nous
ont dit, soit en consultation ou bien dans les mémoires qu'on reçoit, qu'on n'a
pas de données probantes, on n'a aucune idée si le registre fonctionne, parce
qu'on n'a jamais eu une analyse, on n'a jamais eu de preuve. Ça fait que le but
dans ceci, c'est de s'assurer qu'on peut avoir le plus de données possibles,
soit pour aider le ministère ou bien, dans un futur, peut-être aider les
chercheurs qui vont vouloir creuser plus loin, ça fait qu'on va pouvoir leur fournir
cette information. Puis, je... je tiens à dire qu'il contient tout autre
renseignement que le ministre requiert, je trouve ça intéressant, parce que le
ministre va probablement prendre la parole pour expliquer, il y a quand même
des contraintes dont nous faisions face actuellement. Alors, on va probablement
aller par le biais d'un règlement, à avoir des précisions. Encore une fois,
tout dans le but d'avoir le plus de renseignements possibles. Je souhaiterais
remercier le ministre ainsi que son équipe. Il y a eu beaucoup de va-et-vient
pour assurer qu'on avait des précisions, puis une version qui nous plaisait, et
aussi rejoigner ce qui était possible ainsi que les positions du gouvernement.
Ça fait que je remercie beaucoup de leur ouverture.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis. Est-ce qu'il y avait des
questions ou commentaires? M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. Puis, merci à mes... mes collègues des oppositions
pour le travail qu'on a réussi à faire. Le but étant d'avoir un rapport qui
donne plus de précision, de bien guider les gens qui vont faire le suivi dans
les prochaines années de ce qu'on aura mis en place.
Et, M. le Président, il y a deux points
importants que je voulais mentionnés. Un, ma collègue de Sherbrooke nous
parlait du taux de fréquentation du site Web, qui est une très bonne
information, mais, pour les gens qui nous écoutent depuis le début de nos
travaux, on n'a jamais confirmé le site Web, c'est-à-dire où il était hébergé.
Est-ce que c'est la Sûreté du Québec? Est-ce que c'est québec.ca? Alors, c'est
pour ça, dans une législation, on ne peut pas aller le préciser. Cependant, ce
que je veux mettre très clair au micro aujourd'hui, M. le Président, en vertu
de la Loi sur la police, à l'article 277, comme ministre, je peux demander
à une organisation policière de nous donner tout chiffre qui est important pour
notre gestion...
M. Lafrenière : ...donc, si c'est
bel et bien la Sûreté du Québec qui héberge le site, je vais demander à la
Sûreté du Québec de nous transmettre les chiffres de fréquentation pour nous
donner un aperçu, un aperçu de comment c'est reçu.
L'autre point, M. le Président, qui est
important de mentionner : on n'a pas parlé de site Web parce que, oui, il
y a le site Web qui est un des outils, mais on ne se limite pas à ça. Ça peut
être les médias sociaux, il peut y avoir d'autres outils qui seront utilisés
pour communiquer avec la clientèle. Alors, voilà où on s'en va.
Et ce que ma collègue disait quand on
parlait de voie réglementaire... Au cours de la prochaine année, on s'est dit
qu'on avait des règlements à mettre en place, on va consulter aussi des groupes
comme le CAVAC, des groupes comme ça. Alors, on ne s'empêchera pas de leur
demander de quelle façon on peut étudier ce qu'on met en place pour les
prochaines années. C'est vraiment un travail qui commence à petits pas, qui va
changer dans le futur. Alors, nos collègues nous ont bien guidés aujourd'hui
pour qu'on puisse avoir un rapport qui va nous aider là-dedans, M. le
Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci, M. le
ministre, pour l'engagement pris pour la divulgation de... des données de
fréquentation. Est-ce qu'il existe une possibilité que ce ne soit pas
nécessairement un service policier qui héberge le site Web? Parce que la
réponse du ministre, c'est qu'en vertu d'un article il a le pouvoir, comme
ministre de la Sécurité publique, de demander à un service policier de lui
donner ça, mais, si jamais c'était confié à une autre instance...
M. Lafrenière : Oui. Merci,
M. le Président. Puis vous vous rappelez, à l'article 3, on est venus dire que
c'est la Sûreté du Québec qui assurait le secrétariat. Alors, sans dire que
c'est sûr à 100 %, 99,9 %, dans notre vision, c'est ce qu'on a.
Pourquoi on se laisse la porte ouverte? On veut juste voir, dans nos travaux
qui vont suivre, par voie réglementaire, entre autres, ce qui est le plus
approprié. Jusqu'à présent, tout nous indique que ça devrait être là, comme les
criminels les plus recherchés au Québec. On veut un endroit où les gens, ils ne
chercheront pas, là, ça va être assez simple, mais, c'est pour ça, on se laisse
la porte ouverte à voir est-ce que ça pourrait être quebec.ca. Si c'est le cas,
on va avoir les données quand même assez facilement.
La raison pour laquelle j'évoquais la Loi
sur la police, c'est que, comme c'est un... une entité qui, normalement, est
autonome, je peux, via la Loi sur la police, avec l'article 227, demander des
chiffres, mais ça ne pourrait pas être d'autre chose que ça, là, quand on
regarde. Ça ne pourrait pas être une entité complètement inconnue ou qui n'a
aucun lien avec le ministère. Donc, on se retrouvait dans la position où ma
collègue dit : Je n'aurais pas accès aux chiffres, ça ne serait pas le
cas, là.
Mme Labrie : Donc, peu
importe le scénario qui sera finalement retenu par le ministère, dans tous les
cas, le ministre va s'assurer d'obtenir les chiffres et de les faire publier
dans le rapport annuel.
M. Lafrenière : Oui, c'est
notre volonté, M. le Président. Puis je veux toute de suite faire un nota bene
en disant : Prudence, cependant. Pourquoi? Parce qu'on parle de d'autres
outils. Ça fait que, oui, exemple, il pourrait y avoir tant de milliers de
fréquentations sur le site, mais on pourrait avoir des communiqués de presse,
on pourrait avoir d'autres outils qui auraient été utilisés. Ça fait que je tiens
à dire la petite mise en garde en disant, bien que ça va aider, que ça ne soit
pas limitatif, là, il y a d'autres façons de rejoindre les gens aussi, M. le
Président.
Mme Labrie : Je vous
remercie.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va?
Mme Labrie : C'est bon.
Le Président (M. Schneeberger) : Est-ce
qu'il y avait d'autres questions? Non?
Mme Maccarone : ...M. le
Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Ah!
oui. Bien, alors, nous sommes prêts à passer au vote. Alors, est-ce que
l'article 8, tel qu'amendé, de la loi édictée est adopté? Et avec un vote
nominal, M. le secrétaire.
Le Secrétaire
: Oui, M.
le Président. Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis)?
Mme Maccarone : Pour.
Le Secrétaire
: Mme Nichols
(Vaudreuil)?
Mme Nichols : Pour.
Le Secrétaire
: M. Lafrenière
(Vachon)?
M. Lafrenière : Pour.
Le Secrétaire
: Mme Blais
(Abitibi-Ouest)?
Mme Blais : Pour.
Le Secrétaire
: Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Pour.
Le Secrétaire
: Mme Bogemans
(Iberville)?
Mme Bogemans : Pour.
Le Secrétaire
: M. Reid
(Beauharnais)... (Beauharnois), pardon?
M.
Reid
: Pour.
Le Secrétaire
: Merci. Mme Labrie
(Sherbrooke)?
Mme Labrie : Pour.
Le Secrétaire
:M.Schneeberger (Drummond—Bois-Francs)?
Le Président (M. Schneeberger) :
Abstention. Alors, l'article tel... l'article 8, tel qu'amendé, est adopté.
Nous en sommes à l'article 9 de la loi édictée. M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. À l'article 9 :
«Tout corps de police communique, dès que
possible à la Sûreté du Québec, les renseignements qui lui sont communiqués par
le Service correctionnel du Canada en application...»
Le Président (M. Schneeberger) : ...j'ai
fait une erreur, étant donné que c'est un amendement, et c'est... l'article, il
est amendé, et il faut adopter l'article 8 final. Alors, excusez-moi. Alors...
M. Lafrenière : J'étais bien
parti.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
vous étiez bien parti, mais je ne suis pas inquiet pour vous, là, vous êtes
capable. Alors, désolé. Alors, nous allons mettre au vote maintenant l'article
8 tel qu'amendé. Est-ce que l'article 8, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Parfait. Alors là, je vous laisse la parole, M. le ministre, pour le 9.
• (11 h 30) •
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président. Alors, l'article neuf :
«Tout corps de police communique, dès que
possible à la Sûreté du Québec, les renseignements qui lui sont communiqués par
le
Service correctionnel du Canada en application du
paragraphe 3 de l'article
25 de la Loi sur le système correctionnel et la
mise en liberté sous conditions concernant une personne incarcérée pour une
infraction à caractère sexuel qui est en voie de libération du fait d'avoir
purgé entièrement sa peine d'emprisonnement.»
Comme commentaire, M. le Président :
Cet article oblige les corps de police à communiquer, dès que possible à la
Sûreté du Québec, l'ensemble des renseignements relatifs à une personne
incarcérée pour une infraction à caractère sexuel qui est sur le point d'être
libérée du fait de l'expiration de sa peine et qui constitue une menace qui lui
ont...
11 h 30 (version non révisée)
M. Lafrenière : ...communiqué
par le Service correctionnel du Canada, en application du paragraphe trois, de
l'article 25 de la Loi sur le système correctionnel et de la mise en
liberté sous conditions, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) :
Est-ce qu'il y a des questions sur l'article 9? Députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : J'aimerais que le
ministre aborde la question du fait d'avoir purgé entièrement sa peine d'emprisonnement.
Je comprends, on a déjà eu des échanges à l'effet que, quand la personne est
libérée avant la fin de sa peine, il existe encore certains moyens par lesquels
l'État peut exercer une forme de surveillance ou de contrôle sur cette personne-là.
Mais le fait que ça échappe complètement au comité d'analyser la possibilité d'être
sur le registre pour ces cas-là, alors qu'il pourrait y avoir des risques de
récidive, j'aimerais quand même que ça nous soit expliqué.
Le Président (M. Schneeberger) :
M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. Puis on a eu un échange sur ce sujet-là la semaine
dernière. Complexe, parce qu'il y a deux volets qu'on va devoir scinder aujourd'hui.
La peine fédérale, donc quand on parle de deux ans et plus et la peine
provinciale, deux ans moins un jour. Ce qu'on cible aujourd'hui, M. le
Président, avec notre projet, ce n'est pas les libérations conditionnelles,
donc les gens qui se retrouvent à être en libération conditionnelle, on veut la
réinsertion. Alors, à ce moment-là, ce n'est pas les gens qu'on cible.
Cependant, quand ils ont terminé leur peine, si on se rappelle tout ce qu'on a
bâti depuis deux semaines, c'est de dire que c'est le moment où il n'y a plus
vraiment de filet de sécurité.
Mais je veux rassurer ma collègue aussi
pour les peines provinciales. Lorsqu'une personne est libérée aux deux tiers,
dans certains cas, c'est...on va dire qu'il est libéré d'office. Alors, ça s'appliquerait
à ce moment-là, M. le Président. Ce qu'on ne veut pas cibler, c'est les gens
qui sont en libération conditionnelle, donc ils vont aller dans une maison de
réinsertion. Donc, on va... On va tout mettre en œuvre pour les aider à revenir
sur la bonne voie. Alors, pour nous de les mettre sur le registre, ça
deviendrait un petit peu caduc, comme... comme... comme chemin. Puis ça, c'est pour
ça que je faisais la distinction entre les peines fédérales, les peines
provinciales. Mais, M. le Président, cette discussion-là, on l'a eue. Puis je
comprenais bien où ma collègue voulait aller. Mais c'est sûr que, si on veut
permettre à quelqu'un de se réinsérer, de faire ce qu'il a fait pour revenir
sur le droit chemin, si on le met sur le registre à ce moment-là, d'après moi,
ça... ça ne permettra pas une réinsertion sociale du tout.
Mme Labrie : Donc, dans le cas
où une personne est libérée d'office aux deux tiers de sa peine, elle pourra
être considérée par le comité pour éventuellement figurer dans le registre.
M. Lafrenière : Au provincial,
tu sais, parce qu'on parle des libérations d'office.
Mme Labrie : Et s'il y avait
des libérations d'office avant la fin de la peine pour quelqu'un qui est incarcéré
au fédéral, qu'est-ce qui va se passer?
M. Lafrenière : Oui, au
fédéral, ce n'est pas une notion qui est en place. Normalement, quand ils vont
être libérés aux deux tiers, c'est une libération conditionnelle. Donc, ils
vont être sous conditions. Il va y avoir plusieurs... plusieurs moyens, si vous
voulez, de garder ces gens-là puis les aider à se réinsérer. Alors que, du côté
provincial, quand on dit libération d'office, ça devient comme s'il avait purgé
l'entièreté de sa peine. Donc, ça va s'appliquer.
Mme Labrie : OK. Donc, il n'y
a pas de cas de figure pour que ça s'applique au fédéral.
M. Lafrenière : Non.
Mme Labrie : Il y a toujours
des conditions finalement, quand quelqu'un est libéré avant...
M. Lafrenière : Absolument. Notre
filet de sécurité arrivera juste au terme de tout ça. Si on veut permettre aux
gens de se réinsérer. C'est ma croyance profonde. Je pense que c'est ce qu'on a
comme système. On veut... on se lest dit, en passant, M. le Président, on se
rappellera que le registre, on a grandi dans tout ça. On sait... on est arrivé
en se disant : OK, est-ce que vraiment ça va amener les changements qu'on
veut? Pourquoi on amène ça s'il y a déjà d'autres... d'autres actions? Là, c'est
vraiment ce que j'appelle le filet, un petit peu, de dernier recours. Alors, on
veut permettre aux gens de se réinsérer socialement, s'ils le peuvent.
Mme Labrie : Puis est-ce que
le ministre peut nous expliquer qu'est-ce qui fait en sorte que parfois une
personne serait libérée d'office avant la fin de sa peine, même si elle serait
considérée à haut risque de récidive?
M. Lafrenière : Oui, merci, M.
le Président. Je regardais l'équipe parce qu'on a eu cette discussion-là ce
matin, là. Puis, tu sais, je ne peux pas sortir de chiffres aujourd'hui, M. le
Président, là, mais sans méchanceté, la majorité des cas qu'on va voir vont
être du côté fédéral, avec des peines qui sont plus sévères, si on parle de
haut taux de récidive, si on parle de crimes à caractère sexuel. Puis, encore
là, je ne suis pas spécialiste, là, mais la majorité des cas, ça va arriver du
côté fédéral. Ça fait que, si je continue la question de ma collègue... notre
pyramide, là, majoritairement des peines plus lourdes, fédéral. Après ça, au
niveau provincial, est-ce que quelqu'un pourrait se retrouver libéré d'office
ayant commis un crime grave? Vous comprenez que, dans la pyramide, on va être
dans les cas d'espèce.
Mme Labrie : Donc, ce serait
extrêmement rare. Là, ce n'est pas... Ce n'est pas... ce n'est pas le cas
typique, là.
M. Lafrenière : Encore là, je fais
attention, là, mais en toute logique, c'est... c'est les peines fédérales qui
vont se retrouver là.
Mme Labrie : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci. Alors, nous allons du côté de la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols : Merci, M. le
Président. Je comprends les explications du ministre, mais, quand je relis l'article,
je trouve que ce n'est pas... ce n'est pas la compréhension de l'article. Puis
je comprends bien, là, la différence, là, quand... quand le ministre prend la
peine, là, d'expliquer, là, la libération conditionnelle puis qu'il nous parle,
là...
Mme Nichols : ...de la
différence entre, entre autres, le fédéral, le provincial, ça, ça me va, mais
je trouve que l'article, ça ne reflète, ça ne reflète pas ça. Je me demandais
s'il n'y avait pas... s'il n'y avait pas une façon de... de l'écrire peut-être
autrement ou de venir le préciser dans l'article en tant que tel?
Le Président (M. Schneeberger) :
M. le ministre.
M. Lafrenière : M. le
Président, la remarque est adéquate. Dans 9, on y va du côté fédéral, dans 10,
c'est le volet provincial...
Le Président (M. Schneeberger) :
...
Mme Nichols : Dans le 9,
fédéral, oui, parce qu'on parle des services correctionnels du Canada...
M. Lafrenière : Et dans
10, on va du côté Québec.
Mme Nichols : OK. Puis
est-ce que le ministre, est ce que le ministre, l'a l'information, c'est quoi,
les statistiques, là, des gens qui font leurs peines au complet? Est-ce qu'on
les a ces statistiques-là?
M. Lafrenière : M. le
Président, je n'ai pas ça à portée de la main. On pourrait faire des
vérifications. Je vais peut-être continuer de comprendre ma collègue, puis ça
va me permettre de trouver l'information.
Mme Nichols : Oui.
Est-ce qu'il y a une différence entre le fédéral puis le provincial? Est-ce
qu'au provincial il y a plus de gens qui... qui font leur peine au complet, ou
est-ce qu'on libère plus tôt, ou on donne une libération conditionnelle plus
souvent aux deux tiers de la peine, ou...
M. Lafrenière : M. le
Président, c'est le genre de données que je pourrais trouver, là. Je ne les ai
pas présentement, mais je pourrais faire les vérifications. Puis je reviens à
mon explication de base que j'ai donnée tout à l'heure, bien entendu, ce qu'on
voit présentement, là, avec ce qu'on vous présente aujourd'hui, c'est beaucoup
plus de peines fédérales que provinciales qui vont se retrouver dans le
système, mais on couvre les deux. C'est pour ça qu'on les couvre, ma collègue a
raison, la 9 et à 10, on est deux volets, mais pour nous, on couvre les deux,
là, bien qu'on pense plus fédéral, on couvre les deux quand même.
Mme Nichols : Parce que
j'ai lu, entre autres, tu sais, j'ai lu, j'ai lu les mémoires, puis il y avait,
entre autres, dans l'association des directeurs de police, je comprends, c'est
Québec, là, qui s'interrogeaient, entre autres, sur les termes. Mais peut-être
ça peut s'appliquer, entre autres, en 10 ou en 9, là, mais je peux l'apporter
ici quand même, là. Quand ils demandent s'ils doivent comprendre que les
délinquants qui vont être libérés avant de leur peine seraient soustraits à
l'application du régime de divulgation, ils demandaient aussi :
Serions-nous alors en train de créer deux catégories de délinquant sexuel à
risque élevé de récidive, ou soit ceux dont on divulguerait la présence après
la fin d'emprisonnement complète, ou ceux qu'on passerait, entre autres, là,
sous le silence? Ça fait que c'était une de leurs questions dans leur mémoire,
puis je trouvais ça pertinent qu'on puisse répondre, entre autres, à cette
question-là, parce que, d'un point de vue de sécurité publique, je pense qu'il
y a cet enjeu-là qui doit définitivement être abordé.
M. Lafrenière : M. le
Président, ça revient beaucoup à notions de base, puis ma collègue l'amène avec
justesse, là. Quand on se rappelle, au début de notre discussion qu'on a eue,
c'est l'équilibre entre permettre la réinsertion sociale et de permettre à la
société de connaître ces cas-là qui passent dans le dernier filet de sécurité.
C'est pour ça qu'à partir du moment où les gens sont encore en libération
conditionnelle, donc, qu'on leur donne les outils pour se réinsérer. Puis j'y
crois, puis j'espère, comme société, qu'on réussit à réinsérer les gens,
pendant cette période-là, puis, je comprends, de mémoire, ce qu'ils venaient
dire, c'est : La personne qui est libérée aux deux tiers, on ne la met pas
sur le registre, on attend qu'elle ait terminé sa peine avant de la mettre là.
Mais ça amène le volet de réinsertion en disant : Dans libération
conditionnelle, il y a encore des outils, il peut encore retourner à
l'intérieur des barreaux s'il ne suit pas ce qui a été donné comme règle, là,
on a encore un outil envers ce délinquant-là, alors que la personne qui a terminé
sa peine, elle a terminé sa peine. Ça fait que ça... elle a payé ce qu'elle
avait à payer à l'État, à la société. Là, on n'a plus vraiment d'outils, c'est
pour ça qu'on rajoutait... Oui, il y a le 810 qu'on va reparler plus tard, là,
mais il n'y a pas vraiment d'outils, ça fait que c'est pour ça qu'on propose
aujourd'hui ce filet-là.
Puis on revient encore aux chiffres, dans
volumétrie, on pense qu'il y a un certain nombre de dossiers qui vont être
soumis. De ce nombre-là, peut-être la moitié, le tiers vont se retrouver sur le
registre. On veut vraiment que ce soit une mesure d'exception, parce que c'est
clair que ce qu'on propose aujourd'hui, M. le Président, pour ramener
l'équilibre, là, il faut le garder parce que c'est très, très fragile. On va quand
même à l'encontre de droits de certaines personnes qui vont se retrouver sur le
registre, quand on calcule les risques pour la société, c'est ce qu'on vous
présente aujourd'hui, puis c'est pour ça qu'on est très prudents dans les cas
où il y a encore une libération conditionnelle pour permettre à la personne de
se réinsérer.
• (11 h 40) •
Mme Nichols : Puis,
quand on parle de réinsertion, là, je comprends que vous dites, tu sais,
l'outil, là, mais si... Ça arrive, là, des cas, là, où, à la fin, ça ne
fonctionne pas, on va dire que l'outil ne fonctionne pas ou... ça fait qu'à ce
moment-là, est-ce que cette personne va être, va réapparaître sur la liste puis
va être inscrite... tu sais, l'outil, l'outil c'est pour un temps, l'outil, on
parle de réinsertion de... c'est ce que vous faites référence quand vous parlez
de l'outil, puis c'est pour ça qu'on ne les inscrit pas...
Mme Nichols : ...entre autres.
Parce qu'on met en œuvre la réinsertion. Si ça ne fonctionne pas, la
réinsertion, j'imagine, c'est parce qu'il va y avoir un... il va y avoir un
autre, puis je ne veux pas dire un crime, là, mais il va y avoir un autre... il
va y avoir une faute, une infraction qui va être soulevée. Ça fait que ça va
repartir le compteur à zéro? On va... On va repartir le compteur à zéro, puis
ça va être, bien, un nouveau, tu sais... une nouvelle plainte, un nouveau
procès, une nouvelle peine, une nouvelle...
Le Président (M. Schneeberger) : ...
M. Lafrenière : Oui, merci,
M. le Président. Puis je voulais juste vérifier parce que c'est une question
qui est bien... bien précise. Puis, je pense, ça va nous demander de reculer
d'un petit pas. Ça va être rapide, là. Rappelons-nous quand la personne reçoit
sa sentence, à ce moment-là, le juge peut lui imposer aussi d'être mis sur un
registre, un registre qui n'est pas public à ce moment-là. Puis ça, c'est fait
dès le départ. Notre registre va arriver à la fin. Pourquoi? On veut permettre
à la personne se réinsérer. Puis on se dit aussi, pendant la période de temps
qu'il va être incarcéré, son comportement peut changer. Donc, on veut mettre ça
comme une mesure finale.
Je reprends le cas d'espèce que ma
collègue faisait... faisait allusion. La personne est en libération
conditionnelle, ne respecte pas ses conditions et retourne à l'intérieur, elle
retourne incarcérée. Puis, à la fin de sa sentence, c'est là qu'on pourrait
arriver avec cette mesure-là, en disant : Le filet de sécurité va
s'appliquer à cette personne-là. Il y a un groupe de cinq experts qui vont la
regarder, comment il s'est comporté à l'intérieur, l'évaluation qui sera fait
des professionnels. Ça fait que la période du deux tiers qu'on fait allusion,
je comprends, là, pour les gens à la maison qui se disent : Il se passe
quoi? Pourquoi c'est différent? Cette personne-là n'est pas libérée. Elle est
encore sous condition, maison de transition, il y a plusieurs choses qui
s'appliquent à cette personne-là. Si elle ne respecte pas, on la ramène à
l'intérieur. Alors qu'à la fin de la sentence, quand la personne quitte, elle
est libérée, on n'a pas cet outil-là. Tout ce qui va nous rester, c'est le
registre et aussi l'engagement à garder la paix, avoir une bonne conduite, le
810, et compagnie. Puis c'est pour ça que c'est l'outil de... je ne veux pas
dire de dernier recours, mais de fin de parcours.
Allez. Je veux entendre ma collègue.
Mme Nichols : Oui. Oui.
Pas... Fin de parcours. Oui.
M. Lafrenière : Mais le
délinquant aura... Ce que je veux dire... Regardez, je vais mettre ça plus
simple. Le délinquant aura purgé sa peine, il aura remboursé ce qu'il devait à
la société, dans le sens que c'est la peine qui lui a été imposée, cependant,
comme société, on se dit que dans certains cas, puis c'est quelques cas, bien,
bien que la peine soit terminée, ce sont encore des gens qui pourraient être...
qui ont un grand risque de récidive, c'est pour ça qu'on les met sur le
registre. C'est peut-être plus... plus approprié de cette façon-là.
Mme Nichols : Dans... Bien,
merci, merci pour les précisions. J'ai... J'ai manqué quelques articles au
début, là, donc j'apprécie que vous fassiez un petit... un petit rappel.
Toujours dans l'article neuf, peut-être
sur un autre sujet, là, mais c'est mentionné, entre autres, là, «dès que possible».
Qu'est-ce qui fait... Qu'est-ce qui fait que le... le «dès que possible», il
vient de... Tu sais, c'est : «Tout corps de police communique dès que
possible à la Sûreté du Québec». Ça fait que, j'imagine, le... Pourquoi on ne
dit pas «immédiatement»? C'est quand même... Ce n'est quand même pas rien là.
Tu sais, je veux dire, c'est quand même important, là, les mesures qu'on prend
puis...
Le Président (M. Schneeberger) : ...
M. Lafrenière : Oui,
absolument. Puis j'écoutais d'une oreille. On fait ça tout le long, là.
Mme Nichols : Oui, oui. Non,
ça va, je comprends...
M. Lafrenière : Je veux
rassurer ma collègue. Mon premier réflexe, c'était de dire : c'est «dès
que c'est matériellement possible». Dans le sens que le corps de police est
avisé, je dis n'importe quoi, un jeudi, vendredi, le temps qu'ils ramassent
leur information de leur côté aussi parce qu'ils vont le transférer à la Sûreté
du Québec. C'est pour ça qu'on dit «dès que possible». La marge de manœuvre, c'est
juste de façon opérationnelle, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va?
M. Lafrenière : Puis je vais
juste... de rajouter une information, par exemple, pour rassurer les gens. Ça
ne dépasse pas la peine. Je veux juste qu'on mette ça clair, là. Quand
l'information va être transmise, là, on sait que la personne va être libérée,
là. On ne peut pas vous dire les semaines ou les mois avant, parce que, je
pense, ça dépend comment qu'il est évalué. Mais je veux juste mettre ça clair,
parce que, je comprends, là, je comprends un petit peu plus où ma collègue veut
aller. Je veux mettre ça clair. Si le service de police apprend le vendredi, il
n'apprendra pas le vendredi que l'individu est remis sur l'asphalte le lundi
matin, il va le savoir quelques semaines d'avance. C'est pour ça qu'on dit «dès
que possible». Mais il faut... Je comprends très bien ma collègue, en
disant : Écoutez, s'il l'apprend, puis l'information passe dans un système
plus tard que sa remise en liberté, bien, on ne met plus notre outil en place,
là. Mais ce n'est pas de ça qu'on parle. Puis, quand on faisait référence
surtout dans les peines fédérales où c'est des peines quand même assez longues,
il y a un délai qui est... qui est là-dedans. Parce que, rappelez vous, M. le
Président, quand on vient dans nos travaux, l'information est transmise, le
comité se réunit pour évaluer puis après ça décide. Puis la personne qui... le
délinquant a la capacité, lui aussi, de... d'un petit peu challenger notre
décision. Ça fait qu'il y a un délai à ça, là. Ce n'est pas les jours... Ils ne
l'apprennent pas quelques jours avant que la personne soit libérée.
Mme Nichols : Non. Je
comprends, là, tu sais, qu'il y a un... qu'il y a un... qu'il y a un délai qui
s'applique, là. Mais le «dès que possible» ou «dans les meilleurs délais» ou
«immédiatement», tu sais, pour moi, c'est trois significations différentes. Tu
sais, «dès que possible», selon moi, c'est facile de trouver des arguments que
ce n'était pas possible, c'était un...
Mme Nichols : ...vendredi, on
est samedi, dimanche. Tu sais, j'ai... puis c'est quand même... tu sais, ce
n'est quand même pas banal, là, comme information qu'on transmet.
Ça fait que, tu sais, c'est pour ça, je me
disais... Je comprends que le «immédiatement», c'est peut être trop... ça,
c'est peut-être trop contraignant. Puis je ne veux pas... je ne veux pas non
plus faire de la sémantique, puis je ne veux pas nécessairement jouer avec les
mots, mais, tu sais, je ne voudrais surtout pas qu'on puisse donner, avec le
«dès que possible», un argument pour dire : Oui, mais là, ce n'était pas
possible parce que, tu sais, je manque d'employés aujourd'hui, ou je n'avais
pas personne qui répondait au téléphone, ou, tu sais, je suis en manque de personnel,
ou je suis à effectif réduit, ou je.... Tu sais, si on mettait, mettons, tu
sais, je ne sais pas, là, «dans les meilleurs délais» ou... Puis le
«immédiatement», là, tu sais, je le comprends que c'est peut-être un peu
contraignant, là. Ça, c'est comme : Il faut que ça se fasse tout de suite
sans... Mais, j'ai... Tu sais... puis là c'est peut-être une déformation en
droit, là, hein, entre le «peut» puis le «doit», le... Je ne sais pas. Je le
soumets... je le soumets au ministre.
M. Lafrenière : Oui, je
comprends très bien ce que ma collègue apporte. Puis on faisait des
vérifications normalement au niveau du service correctionnel canadien, là,
c'est 90 jours, trois mois. Minimalement trois mois avant la libération.
Mme Nichols : Heille, c'est
long en tabarouette.
M. Lafrenière : Minimalement.
Ça fait que donc, ça laisse un délai par la suite, parce qu'on parlait de notre
comité, des gens qui doivent se réunir. Tout ça, là, ça laisse le temps de voir
que la personne va être libérée. Un.
Deuxièmement... Puis là on est en train de
vérifier comment ça a été utilisé dans d'autres législations, mais le «dès que
possible», on l'utilise à 42 reprises dans des lois. C'est quelque chose
qui est utilisé quand même assez souvent. Puis moi, je voyais ça plus
contraignant que le fait... Puis j'essaie de reprendre le terme que ma collègue
a utilisé, mais «dès que possible», «matériellement possible», pour moi,
c'est... sans dire que c'est immédiat, c'est... On peut comprendre qu'opérationnellement,
il y a un petit délai, mais ça ne peut pas être un délai de plusieurs jours,
là. Je ne sais pas si ça répond à la question de ma collègue, cependant.
Mme Nichols : Bien, oui, tu
sais, oui, là. Puis j'aime toujours ça avoir les statistiques, le nombre de
fois que ça a été nommé dans d'autres... tu sais, dans d'autres projets de loi
ou dans d'autres... dans d'autres lois. Mais, tu sais, ici, on parle quand même
d'un prédateur à haut risque de récidive. Encore là, tu sais, c'est la latitude
autour du «dès que possible» qui, moi, m'embête. Puis je ne suggère pas
«immédiatement». Pour vrai, je trouve qu'«immédiatement», c'est trop
contraignant. Donc, ce n'est pas ça que je soumettrais, mais je me dirais qu'il
faudrait peut-être quelque chose de plus fort pour ne pas que l'impossibilité
soit soulevée si facilement que ça. Tu sais, dans les... tu sais, «dès que
possible», je trouve que c'est... comme je disais, là, c'est facile de
dire : Bien, je n'avais pas les effectifs, ce n'était pas possible pour
moi ou j'étais dans l'impossibilité de. On le dit sur une boîte vocale. Ça fait
que...
M. Lafrenière : Bien, je
comprends la réflexion de ma collègue. Je peux peut-être répondre à deux volets
à ça. L'intention du législateur, je vais le dire de façon crue, là, si
l'information rentre le vendredi, on peut comprendre que le lundi matin, ce
soit transféré. Ça fait que, pour moi, c'est dès que possible. C'est dans le
très rapide. Un.
Deuxièmement, juste se rappeler, puis ma
collègue l'a bien mentionné, il s'agit de cas de personnes avec un haut taux de
récidive. Vous savez que toutes nos... puis je n'ai pas été ici pendant
28 ans, toutes nos lois, règlements s'appliquent. Ça fait que le service
de police a une responsabilité puis les policiers ont une responsabilité aussi,
là, il y a une information qui rentre pour une personne qui va être libérée.
Alors, encore là, je comprends la notion
de ma collègue. Au niveau juridique, au niveau déontologique, au niveau de la
responsabilité policière, tout le monde a le même... puis ce n'est pas juste
du... ce n'est pas juste un un espoir, ils ont des règles, règlements puis ils
ont une déontologie qui s'applique. Alors, l'intention du législateur, M. le
Président, c'est... Dès que possible, pour moi, c'est encore plus fort que
«dans les plus brefs délais». «Dès que possible», ils doivent le faire dès que
ça se fait. Ça fait qu'on parle de journées, on ne parle pas de semaines. Puis
l'intention du législateur, c'est ça.
Puis c'est pour ça que je prends la peine
de le dire au micro, l'intention du législateur, c'est dès que possible. Ça ne
peut pas être immédiatement. Ma collègue l'a bien dit, mais, pour nous, c'était
le petit entre-deux, là, entre la personne qui est là le lendemain matin ou le
surlendemain. C'est comme une comparution pour moi, là, ça doit être rapide,
très rapide.
• (11 h 50) •
Mme Nichols : Bien, ça doit
être personnel, là. Moi, comme juriste, j'aime mieux «dans les meilleurs
délais», parce que le délai, s'il est injustifié, il faut quand même argumenter
puis venir dire pourquoi il est injustifié, le délai. C'est pour ça que j'aime
mieux «dans les meilleurs délais» au lieu que «dès que possible», parce que
j'ai l'impression que la possibilité, ça repose... ça donne un fardeau, ou, en
fait, la possibilité, on peut la faire reposer sur le manque de personnel, sur
le moyen de technologie : Heille, on n'avait pas déterminé...
Mme Nichols : ...l'Internet ne
fonctionnait pas, tu sais, alors que si on dit «dans les meilleurs délais»,
bien, écoute, prends un pigeon voyageur puis envoie-le si... tu sais. Je donne
un exemple, là, un peu exagéré, là, mais je trouve que le délai... tu sais, je
trouve que ça met une responsabilité sur... je ne veux pas dire la force...
Moi, je trouve que ça parle plus en disant «dans le meilleur délai», parce que
justifie-moi pourquoi tu ne l'as pas fait dans le meilleur délai, tu sais. Si
tu me dis que c'est parce que tu n'avais pas de réseau, que tu n'avais pas
d'Internet, que... ce n'est pas justifié. C'est pour ça que j'aime mieux le
«dans le meilleur délai»... «dans les meilleurs délais» que dans le «dès que
possible».
Je ne sais pas si c'est partagé. J'imagine
qu'il y a des juristes aussi, des juristes aussi qui sont... Puis, pour vrai,
je vais me... tu sais, je vais me fier à la... à la qualité des... des juristes
de l'État, mais je continue à dire que le... que dans la... en droit, là, la
force... la force est différente. Puis, le fardeau repose aussi... le fardeau
repose différemment. La possibilité.
M. Lafrenière : M. le
Président, puis c'est intéressant comme réflexion ce que ma collègue apporte,
parce que, justement, c'est ça que je discutais avec les juristes. Nous, on
disait que... on trouvait que c'était plus difficile de prouver une
impossibilité, de démontrer que c'était impossible de le faire qu'un délai.
Mais je comprends ma collègue, c'est pour ça qu'on faisait référence aux
42 fois dans la législation où on l'a utilisée. Puis, c'est vrai que ma
collègue dit : Écoutez, c'est quelque chose d'important, ce qu'on vient
faire aujourd'hui.
Puis, M. le Président, je vais rajouter un
élément juste pour notre compréhension générale. Quand on la... regarde,
pardon, l'article 25.3 de la Loi sur le système correctionnel, la mise en
liberté sous condition, ça dit : S'il a des motifs raisonnables de croire
que le détenu en instance de libération, du fait de l'expiration de sa peine,
constituera une menace pour une autre personne, le service est tenu, en temps
utile, avant la libération du détenu communiquer à la police des renseignements
qu'il détient. Ça fait que déjà là, dans la Loi sur le système correctionnel,
ça vient dire aux gens qu'ils doivent aviser. Nous, ce qu'on a comme
information, c'est dans leurs règles internes qu'ils se sont données, c'est
minimalement 90 jours avant l'expiration de la peine, donc trois mois pour
que le comité se réunisse, reçoive le dossier, l'évalue, et nous, de... de
demander le service policier. Puis, encore là, on s'attend, quand on regardait
notre pyramide, majoritairement, on avait des cas, exemple, avec la Sûreté du
Québec ou des grands services policiers qui reçoivent cette information-là, le
communique par l'agent de liaison à la Sûreté du Québec, comité se réunit,
l'évalue. Nous, c'était dans notre compréhension. Puis, je comprends très bien
ce que ma collègue veut dire, on est à la même place, c'est juste dans le
chemin, on n'avait pas le... nécessairement le même. Mais, pour nous, puis je
le dis encore une fois, l'intention du législateur, c'est de dire, là, il va
falloir qu'il prouve son impossibilité de le faire puis toute la... la
responsabilité revient au service policier qui le reçoit aussi, là. Ça fait que
moi, j'ai comme l'impression, avec la déontologie, ce qui existe déjà, le
sentiment d'urgence que ma collègue nous témoigne aujourd'hui, je sens la même
chose pour les services policiers.
Mme Nichols : Oui, parce que
c'est... comme je le dis, là, on parle... tu sais, on est dans de la sécurité
publique, protection des... de la population puis... Puis, je comprends la
vérification aussi dans d'autres lois, là, mais, comme je disais, c'est quand
même une question de... une question de sécurité. Je vous le dis, là, ce
terme-là m'embête, m'embête quand même.
Est-ce que... Est-ce que le ministre a eu
des échanges avec le Service correctionnel du Canada pour mettre en place ce
régime-là? Je me demandais. Parce que, tu sais, on va avoir besoin d'eux autres
aussi, là. Là, on parle à l'article 9, là, c'est... on parle au niveau
fédéral, puis, à l'article 10, là, provincial, là. Mais je me
demandais : Est-ce qu'il y a eu des échanges avec le Service correctionnel
du Canada?
Le Président (M. Schneeberger) :
...
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président. La réponse, c'est oui, de façon administrative, absolument. Mais je
veux juste rassurer la collègue, parce que ce qu'elle nous dit, comme on fait
de la nouvelle législation, on introduit une nouvelle chose qui est le registre
pour s'assurer qu'on va avoir l'input, qu'on va l'information qu'on a besoin
pour le tenir. Mais déjà, dans la loi qui existe, bon, il n'y avait pas le
registre qui existait, là. Dans la loi qui existe, il y avait l'obligation, de
la part du service correctionnel de transmettre l'information à la police. Ça
existait déjà. Ça fait que ça, on ne crée pas quelque chose de nouveau. Ce
qu'on crée de nouveau, c'est à partir du moment que le service de police est au
courant, maintenant, de transmettre l'information à la Sûreté du Québec, pour
mettre en place ce qu'on a comme comité, et tout ça. Mais l'information
arrivait déjà, ce n'est pas la même fin, mais elle arrivait déjà. Ça fait que
ça, ça me rassure parce que c'est... c'est une pratique qui est courante, qui
est obligatoire, c'est dans... dans leur loi. Alors ça, on n'a pas besoin de
créer quelque chose de nouveau. Ce qui change, à partir du moment où
l'information est transmise au service policier, il le transmet à la Sûreté du
Québec, on a notre comité. Ça, ça change, mais de l'information qui arrive du
SCC, du service correctionnel canadien, c'était déjà en place. Il y a déjà
cette obligation-là dans l'article 25.3 que j'ai lu tout à l'heure.
Ça fait que ça, ça me rassure, ça existe déjà, parce que c'est vrai, tu sais,
on a beau mettre en... en place le meilleur registre qui n'existe pas, si
l'information ne se rend pas, ça ne donnera pas grand-chose. Mais c'est déjà
là, ça se fait déjà, ça.
Mme Nichols : Ça fait qu'on
reçoit déjà de l'information, mais présentement...
Mme Nichols : ...on ne fait
rien... on ne fait rien avec cette information-là? Oh! je... oui, je vois!
Le Président (M. Schneeberger) : ...ministre.
M. Lafrenière : C'est... Il y
a un petit raccourci pour la fin, là. On reçoit l'information. De dire qu'on ne
fait rien, c'est... c'est inexact. Mais il n'est pas sur un registre public.
Mme Nichols : OK. Sans dire
qu'on ne fait rien, c'est que maintenant on va faire quelque chose. On va créer
un registre.
M. Lafrenière : ...va être
sur un registre public. Non. Mais, avant ça, ce que je veux dire, puis là, je
vais... je vais être prudent, il y a quand même des notions d'enquête, il y a
d'autres choses qui se faisaient, mais ce n'était pas un registre public. Le
point que je voulais corriger, c'est : ce n'est juste pas exact de dire
que présentement, on ne fait rien, là, on a les deux mains en arrière de la
tête puis ça va bien, là.
Mme Nichols : Non, non. Mais
c'est... ce n'est pas... ce n'était pas ma prétention non plus, là.
M. Lafrenière : Non, mais je
veux juste rassurer tout le monde. Il y a des choses, mais c'est plus au niveau
enquête, au niveau... Il y a d'autres choses qui se font, mais ce n'est pas un
registre public. Puis c'est ça qu'on rajoute aujourd'hui.
Mme Nichols : Donc, on... on
rajoute le comité, le registre.
M. Lafrenière : Absolument.
Ça, c'est une nouvelle donne, complètement.
Mme Nichols : OK.
M. Lafrenière : Avant ça, les
policiers étaient au courant, les enquêteurs, les gens qui travaillent dans le
secteur étaient au courant, mais pas la population. C'est ça, la différence.
Mme Nichols : Puis, ce que je
comprends, c'est que le 25.3, c'est l'article qui dit que les services
correctionnels du Canada ont l'obligation de transmettre les renseignements à
un corps de police lorsqu'un détenu a... a purgé entièrement sa peine.
M. Lafrenière : Je vais le
relire, M. le Président. Puis il n'y a rien de mieux que de l'avoir
textuellement, là : «S'il y a des motifs raisonnables de croire que le
détenu en instance de libération, du fait de l'expiration de sa peine,
constituerait une menace pour une autre personne, le service est tenu, en temps
utile, avant la libération du détenu, de communiquer à la police les renseignements
qu'il détient à cet égard.» Donc, ce n'est pas toute la population carcérale du
Canada, une fois qu'il est libéré, que les corps policiers sont au courant.
Mais quand... Parce qu'on en a parlé dans les autres rencontres, de
l'évaluation qui était faite à l'intérieur des barreaux. Quand il est évalué,
puis qu'il dit : Écoutez, il y a un... parce qu'on parle ici de haut taux
de récidive, quand il y a un risque, là, il y a l'obligation de.... de
transmettre l'information à la police.
Le Président (M. Schneeberger) : Est-ce
que ça va comme ça, députée de Vaudreuil?
Mme Nichols : Oui. Oui.
Mais... Oui. Puis le ministre nous rassure puis nous dit que ça se passe déjà
bien, qu'on a déjà... Mais, dans le fond, c'est parce qu'on ne serait pas
capable d'évaluer si on ne l'a pas... Si le Service correctionnel Canada ne
nous envoie pas l'information, on n'est pas en mesure d'évaluer si on l'a ou si
on ne l'a pas. Je veux dire... pas... Tu sais, on prend pour acquis qu'ils
font... qu'ils le font automatiquement, mais on n'a rien pour... Tu sais, c'est
contraignant, on le met dans une loi, on dit qu'ils ont l'obligation de le
faire. Bien, je veux dire, ils ne le feraient pas, puis on... ils ne le
feraient pas, puis on ne le saurait pas, là. Je... Il y a... Il y a... Il n'y
aurait pas de moyen de le savoir.
M. Lafrenière : Je vais
répondre «noui», M. le Président.
Mme Nichols : «Noui.»
M. Lafrenière : Non, en toute
honnêteté, on n'a pas de base de données qui vient nous dire : Il y a tant
de détenus au Canada qui sont... On n'a pas ça. L'autre côté... Puis là, je
vais m'en remettre aux professionnels qui travaillent dans le système
correctionnel tout comme les policiers. Puis, encore là, comme je disais
tantôt, ce n'est pas... là. Ils ont une déontologie. Ils ont des règles à
suivre. Ils ont mis une loi en place, s'ils ne la respectent pas, bon, il y a
l'effet punitif. Il y a bien pire que ça. C'est qu'on met en liberté une
personne qui a un haut danger, et éthiquement, moralement parlant, ces gens-là,
ils vont falloir... il va falloir qu'ils dorment avec le fait qu'ils ont mis
quelqu'un qui était avec un haut risque de récidive puis ils n'ont rien fait
pour prévenir ça. Moi, j'ai confiance dans les... dans les agents correctionnels
autant québécois que canadiens, en plus de tout ce qu'on a dit, là, les lois,
les règlements qui ont été mis en place. En plus de ça, ce sont des
professionnels puis ce sont eux qui les évaluent. Moi, je ne vois pas une
personne, sur quelle... sur quelle base, pourrait décider sciemment de ne pas
le transmettre. Et c'est un système en place. Si c'était un individu, puis on
se remet au bon vouloir de l'individu, je comprendrais, là. Il y a un système.
Il y a une loi.
Ça fait que je comprends ce que ma
collègue dit. Mais, moi, je pense, c'est assez restrictif... si on met en place
leur loi, et tout. Cependant, elle a raison, je n'ai pas un... des chiffres
nationaux annuellement en disant : Voici combien qu'on aurait dû en
recevoir. C'est vrai. Mais on se fie aux gens qui sont en place, puis aux
règles, puis aux lois qu'ils ont mis en place aussi.
Mme Nichols : Mais je fais le
point, là. Je ne prête pas de mauvaise intention à personne, là. Ce n'est
pas... Tu sais, j'essaie... Vous le savez, on fait des projets de loi, on
essaie tout le temps, un, de bonifier les projets de loi, puis on essaie de
prévoir tous les cas, hein? C'est le... Le législateur, on est là pour ça.
Mais... Puis je ne prête pas de mauvaises intentions à personne, de mauvaise
foi à personne non plus, là. Je fais juste... J'essaie de prévoir, là, les cas
aux extrêmes ou sinon les cas... Mais là, ce que je comprends de la réponse du
ministre, c'est qu'il y a toujours eu une belle... il y a toujours eu une
collaboration, puis il y a toujours...
M. Lafrenière : ...M. le
Président. Puis je veux rassurer ma collègue. Je pense, ça peut... Je ne lui
prêtais pas de mauvaise intention non plus. Je répondais juste de façon très
transparente en disant : On n'a pas les chiffres. Puis j'ai confiance dans
ce qui a été mis en place. C'est tout.
• (12 heures) •
Mme Nichols : Puis, par
curiosité, eux... On parlait tantôt, là, dans «dès que possible» ou «dans le
meilleur délai», là. «Dès que possible», pour eux, vous m'avez dit que ça
représentait 90 jours, là, «dès que possible». Tu sais, c'est... c'est...
c'est quelque chose, là, 90 jours. Mais est-ce que c'est déjà arrivé que
vous en avez reçu en dehors de ce 90 jours là?...
12 h (version non révisée)
M. Lafrenière : ...juste pour
mettre ça très clair, pour le service correctionnel canadien, ils doivent
aviser le service policier minimalement 90 jours avant la libération. Ils n'ont
pas 90 jours pour le nommer.
Mme Nichols : Ah! OK, OK, OK.
M. Lafrenière : C'est minimalement.
Ça fait que, exemple, la personne devrait être libérée au 1er juillet, donc, 90
jours avant sa date de libération, ils ont l'obligation de le faire avant.
Donc, ils laissent, en bon québécois... Puis je voyais vos yeux, tout à l'heure,
puis j'aurais dû réagir, je m'excuse.
Mme Nichols : OK. Non, non,
c'est correct.
M. Lafrenière : Je ne
comprenais pas, ça m'arrive, là. Mais donc ce que ça vient dire, c'est que,
minimalement, le service policier doit avoir trois mois de notification, si
vous voulez, là, trois mois d'avance...
Mme Nichols : Avant la
libération.
M. Lafrenière : C'est pour ça,
je disais tout à l'heure : Ça nous laisse le temps pour notre comité, nos
affaires. Là, je comprends pourquoi elle réagissait comme ça. Ça laisse
minimalement 90 jours, ce qui est un délai qui est raisonnable. Compte tenu des
changements, compte tenu du caractère, que la personne peut changer à l'intérieur,
trois mois, ça nous apparaît un délai qui est raisonnable.
Mme Nichols : OK.C'est
bon. Merci de la précision. Moi, j'avais compris que c'était 90 jours après que
l'information était là. Je me disais...
M. Lafrenière : Là, je ne
serais pas ici, M. le Président. Notre filet serait percé dès le premier jour. C'est...
Ce n'est pas ça.
Mme Nichols : OK.Parfait.
Bien, c'est une précision... précision importante. Parfait. Donc, le 90 jours,
c'est le... avant la date de libération. Parfait.
Puis, je me demandais, dans le... dans
le... dans la loi, dans... nous, là, dans notre projet de loi, là, est-ce qu'on
ne devrait pas, justement... puis, là, c'est parce que je suis en train de le relire
en même temps, là, puis là je suis entre le 9 puis le 10, là, entre l'article 9
puis l'article 10, mais je vais poser ma question, là. Je me demande est-ce qu'on
ne devrait pas préciser, dans la loi, un temps minimum, mettons, pour que l'établissement
informe le corps policier qu'un délinquant va être libéré. Parce que, là, vous
me dites, entre autres, que le fédéral le fait avec le... avec le 90 jours.
Nous, on ne l'aborde pas dans le projet de loi, mais je me demandais est-ce que,
justement, là, l'établissement ne pourrait pas aviser le comité, pareil comme là
on le fait au fédéral, là... devrait aviser le comité trois mois d'avance. Ou
peut-être que trois mois c'est trop, là. Ou est-ce que ça ne pourrait pas être
trois semaines d'avance? Mais, tu sais, nous, on ne la prévoit pas, cette
obligation-là. Le... Là, ce que j'ai compris, c'est que le fédéral nous le donne,
le 90 jours d'avance, minimum, hein, on a dit minimum.
M. Lafrenière : Avant la
libération.
Mme Nichols : Oui, ça, je l'ai
compris, minimum trois... 90 jours avant la libération. Donc, est-ce que nous,
on ne devrait pas le prévoir dans le... dans le projet de loi?
M. Lafrenière : Deux points, M.
le Président, juste pour revenir sur notre dernière discussion, parce qu'en
même temps on fait des recherches. L'Alberta, le Manitoba, la Saskatchewan
utilisent le même système, c'est-à-dire le fait qu'ils reçoivent l'information
du fédéral 90 jours avant, et tout, ça fonctionne bien. Ça fait que ça, c'est
un... c'est un... quand on se compare, c'est intéressant à savoir,
premièrement.
Deuxièmement, pour ce qui est de la
question précise... Puis ma collègue fait bien de le mentionner, que c'est des
peines qui sont plus courtes. Donc, c'est deux ans moins un jour. On peut
parler de presque le tiers, le quart de la sentence, là, je suis en
vérification là-dessus pour bien expliquer ce que ma collègue demande. Même si
on s'est dit ensemble que la majorité des cas vont nous arriver du fédéral, des
peines beaucoup plus longues, je fais quand même une vérification. Ça fait qu'on
peut continuer d'échanger, mais, sur cela, on fait une vérification. Je veux
répondre la bonne chose.
Mme Nichols : ...ça pourrait
être... ça pourrait être pertinent... ça pourrait être pertinent pour le comité.
Des voix : ...
M. Lafrenière : ...
Mme Nichols : Bien non, bien
non, ça va...
M. Lafrenière : On faisait
des vérifications parce que... puis, encore là, c'est parce qu'on fait les... on
fait un petit peu les deux articles, ça fait que ce qu'il y a de rassurant :
ça va aller vite tantôt avec... avec 10, mais on parle de dès que possible du
côté de... du côté du Québec, on n'a pas l'équivalent de cet... de cet article-là
sur la Loi sur le système correctionnel. Ma collègue disait : À prime
abord, c'est peut-être du fait des sentences, la durée des sentences, c'est
peut-être une possibilité, M. le Président.
Ça fait que peut-être qu'on peut... on
peut regarder l'article 10 tout à l'heure, là, mais, pour nous, c'était... l'information
était transmise, là, par le MSP, chez nous. Puis on est dans le même ministère
aussi. M. le Président, hein? Je ne dis pas que ça règle tout, mais ça change
beaucoup. Là, on parle du service correctionnel canadien, qui nous transmet de
l'information, mais du MSP, je veux dire, c'est... ça fait partie de ce qu'on a
comme ministère, c'est-à-dire dans mon... dans mon portefeuille, le
correctionnel fait partie de nos organismes. Ça fait que, pour moi, je... ce n'est
pas de l'information qui nous arrive de l'externe, là, au niveau des délais.
Mme Nichols : Mais, avec... OK.
Puis, avec l'information qui va être transmise au comité aussi? Quand vous
dites : C'est... C'est le MSP puis ça va rester... donc le comité aurait
le...
M. Lafrenière : ...dans 10...
Bien, deux choses. La raison pour laquelle... Puis vous savez comment on
fonctionne avec nos lois, quand on a un partenaire externe, là, c'est eux, c'est
dans leurs lois qu'ils donnent un délai de 90 jours. Je ne pourrais pas leur
imposer parce que c'est fédéral. Dans l'article 10, qu'on va regarder ensemble
tout à l'heure, ce qu'on vient dire pour le système correctionnel québécois, c'est...
M. Lafrenière : ...doivent le
transmettre dès que possible avant sa libération. Ça fait que nous, c'est la
notion de dès qu'ils ont... encore là, on va revenir à notre discussion, ils
doivent le transmettre rapidement. Puis, je n'ai pas un officier de liaison, je
n'ai pas besoin de personne externe, c'est dans notre ministère. C'est là que
ça change un petit peu les choses, M. le Président, mais on va en parler tantôt
dans 10. Mais, comme les deux sont intimement reliés, je trouve que l'échange
est à propos, là.
Mme Nichols : Bien, ça me va
pour... Oui, ça me va pour le... le 9, là, la partie... la partie fédérale. Je
comprends qu'on est limité dans les obligations qu'on peut leur... leur
imposer, mais je comprends aussi que le...
M. Lafrenière : Ça marche
bien.
Mme Nichols : Que ça
fonctionne bien. Je reviendrai peut-être sur le 10 au niveau provincial, entre
autres avec ce délai-là, je... je le soumets, je soumets qu'un délai peut... je
soumets à l'équipe, au ministre et à l'équipe du ministre, là, qu'un délai
pourrait sûrement être... à transmettre au comité, un peu comme le... le
fédéral le fait.
Le Président (M. Schneeberger) : Il
n'y avait pas d'autres questions sur l'article 9? Non? Alors, est-ce que
l'article 9 de la loi édictée est adopté?
Une voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) :
Adopté?
Une voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) :
Adopté. L'article 10, M. le ministre.
M. Lafrenière : ...puis on a
débuté la... la conversation, on va la poursuivre. Merci à ma collègue. La
Sûreté du Québec communique au comité, parmi ceux qui lui sont communiqués par
un corps de police, en application de l'article 9 ou par le Service
correctionnel du Canada, en application du paragraphe 3° de l'article 25
de la Loi sur le système correctionnel et de la mise en liberté sous conditions
(Loi sur le service correctionnel, 1992, C-20) les renseignements déterminés
par règlement du gouvernement qui concernent un délinquant sexuel dès que
possible avant sa libération. S'ils ont des motifs raisonnables de croire qu'un
délinquant sexuel qui est en voie de libération du fait d'avoir purgé
entièrement sa peine d'emprisonnement est à risque élevé de récidive, les
services correctionnels du ministère de la Sécurité publique communiquent au
Comité les renseignements déterminés par règlement du gouvernement qui le
concernent dès que possible avant sa libération. Pour l'application de la
présente loi, délinquant sexuel désigne un délinquant sexuel tel que défini par
règlement du gouvernement.
En commentaires, M. le Président,
l'article 10 oblige la Sûreté du Québec à communiquer au comité par les
renseignements qui lui sont communiqués par un corps de police ou par le
Service correctionnel du Canada certains renseignements qui concernent une
personne incarcérée pour une infraction à caractère sexuel et qui est en voie
de libération du fait d'avoir purgé entièrement sa peine d'emprisonnement et
précise le moment pour le faire. Cet article oblige également les services
correctionnels du ministère de la Sécurité publique à communiquer au comité
certains enseignements s'ils ont des motifs raisonnables de croire qu'un
délinquant sexuel qui est en voie de libération du fait d'avoir purgé
entièrement sa peine d'emprisonnement est à risque élevé de récidive et précise
le moment pour le faire. Les renseignements qui doivent être communiqués au
comité par la Sûreté du Québec et les services correctionnels du ministère de
la Sécurité sont déterminés par règlement du gouvernement. Enfin, cet article
habilite le gouvernement à établir par règlement ce que désigne un délinquant
sexuel pour l'application de la loi. Voici, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup pour les explications. Est-ce qu'il y a des questions sur
l'article 10? Députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Le ministre va
s'en souvenir, on avait eu un peu plus tôt des discussions sur les situations
où la personne avait été incarcérée suite à des... bien, pas des accusations,
rendu là, quand la personne est trouvée coupable de chefs qui ne concernent pas
des... un volet sexuel, mais que la personne est quand même dans une situation
de dangerosité élevée à ce niveau-là. Donc, je voulais juste m'assurer que...
Le ministre nous a expliqué qu'on ne pouvait pas... Le milieu carcéral, dans le
fond, lui, il ne va pas identifier que cette personne-là a une dangerosité au
niveau des violences sexuelles, si ce n'était pas ça, les accusations qui l'ont
amenées à être incarcérée. Mais quand le ministre va définir son règlement,
moi, j'aimerais qu'il trouve un moyen pour que le comité puisse se pencher sur
ces situations-là, parce qu'on nous a amenés en audition des exemples très
précis qui se sont passés, là, dans... dans l'histoire du pays, où il y avait
des personnes qui avaient un risque de dangerosité élevé, de récidive au niveau
des violences sexuelles, mais qui n'avaient pas eu une peine en lien avec de la
violence sexuelle, notamment la personne avait purgé une peine pour meurtre.
Donc, moi, je voudrais que le règlement du ministre nous permette de s'assurer
que ça va couvrir aussi les situations qui vont être exceptionnelles, mais qui
vont exister, où la personne n'aurait pas eu d'accusation de nature sexuelle.
Puis, je trouve ça important, parce qu'on sait aussi que, dans les
négociations, les chefs d'accusation... ça fait l'objet de négociations entre
les avocats de la défense et de la Couronne pour toutes sortes de raisons qui
leur appartiennent. Mais, à la fin du processus, des fois, même s'il y avait
des accusations de nature sexuelle au départ, elles ne s'y retrouvent...
Mme Labrie : ...et donc on
pourrait échapper des gens comme ça.
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le ministre.
• (12 h 10) •
M. Lafrenière : Oui, monsieur
le... merci, M. le Président. Puis c'est une discussion qu'on a eue puis ça a
amené toute une réflexion, parce que ce que la collègue apporte comme... comme
cas, c'est sûr que ça... on y pense à tous les jours, on se dit : OK, comment
on peut ne pas l'échapper? D'un autre côté, M. le Président... puis là, dans un
principe de justice, de demander à un comité d'évaluer des crimes pour lesquels
la personne n'a pas été trouvée coupable, ça, c'est une pente qui est
dangereuse aussi. Ça fait que c'est... je suis déchiré entre les deux, parce
que ce que ma collègue apporte, comme père de famille, comme... comme citoyen
du Québec, ça me touche, puis je me dis : OK, comment on peut ne pas
l'échapper?
Bien entendu, quand on parle de crimes
sexuels... puis on connaît tous des exemples qu'on a en tête là, de cas qui ont
été négociés avec d'autres peines, que ce soit pour meurtre, ou d'autres
choses. Je veux juste vous... nous rappeler, cependant, que le comité, quand il
va se réunir, il va regarder les antécédents aussi. Ça fait que là, vous allez
me dire : OK, bien, tu sais, si c'était la fois... ce n'était pas
plusieurs crimes qui étaient commis. Mais là où j'ai... je n'arrive pas à...
puis on a fait des recherches, on s'est creusé la tête... de demander à un
comité d'étudier un crime pour lequel la personne n'a pas été tenue coupable,
donc qui aurait été accusée de la... Puis, en passant, ça peut être une
négociation où ça aurait pu... pour différentes raisons, la personne n'est pas
trouvée coupable. Déjà que notre registre, on s'en va dans une zone qui est
différente, M. le Président, on fait du nouveau, on le fait ensemble puis on y
va tranquillement, parce qu'on se dit : Attendez, ça va créer quoi?
Je trouve que c'est une pente très dangereuse
que de considérer des crimes pour lesquels la personne n'a pas été trouvée
coupable. Cependant, dans les antécédents, le groupe des cinq, je vais
l'appeler le groupe des cinq, va en tenir compte. Cependant, aussi, quand on
parle de la description, là, de délinquants sexuels, on y va par voie
réglementaire. Pourquoi? Parce qu'on veut se donner de la latitude dans le
futur, voyant comment les choses vont changer, d'adapter aussi notre définition
de crime sexuel. J'ai été policier pendant 28 ans et je peux vous dire que
ça a changé avec le temps, ce qui est... je ne veux même pas dire, ce qui est
toléré, mais de la façon qu'ils sont approchés, ces types de crimes là les
choses ont bien changé, on voulait se laisser de la latitude. Mais... Puis ce
que ma collègue dit, là, je suis là, mais si je veux encore, là, respecter, le
droit, la façon qu'on applique le droit, d'étudier un crime pour lequel la
personne n'a pas été trouvée coupable c'est non. Cependant, les antécédents
vont l'être. Ça fait que, s'il y a eu d'autres crimes comme ça, ça va être
analysé par le... par le groupe des cinq.
Mme Labrie : Puis quand le
ministre fait référence aux antécédents, ça concerne spécifiquement des
accusations pour lesquelles la personne aurait été trouvée coupable ou ça
pourrait concerner aussi des choses qui n'ont pas terminé de cheminer en cour,
ou autres?
M. Lafrenière : Dans notre
principe de droit, c'est vraiment les crimes pour lesquels la personne a été
trouvée coupable, avec tout ce que ça amène. Puis je comprends ce que ma
collègue dit, là, mais, encore là, on vit dans une société de droit. Moi, j'ai
un grand, grand malaise d'étudier des crimes pour lesquels la personne n'a pas
été trouvée coupable, pour toutes sortes de raisons, même si je comprends très
bien ce que ma collègue dit. Puis n'ayez pas peur, je suis 100 % là, mais
c'est une pente très dangereuse.
Mme Labrie : C'est bon, je
comprends.
Le Président (M. Schneeberger) :
Ça va?
Mme Labrie : Ça crée une
faille, quand même, ça crée une faille, parce que les exemples qu'on nous a
apportés en auditions étaient... étaient factuels, là, ce n'est pas un exemple
fictif. Tu sais, si c'était théorique, je n'en ferais peut-être pas un cas,
mais on nous a apporté un exemple, qui n'était... qui n'était pas théorique, de
personnes qui n'auraient pas pu figurer dans le registre, que le comité
n'aurait pas pu étudier, puis je me dis : Hi! si ce n'est pas pour ce
genre de personnes là que le ministre veut créer un registre, bien, ça va être
pour qui? Donc, c'est... moi, il me reste une forme de questionnement.
Je comprends ce que le ministre nous
explique, je comprends la pente glissante qu'il veut éviter. Moi, tout ce que
je souhaite, c'est que ça va amener peut-être, dans le processus judiciaire,
des comportements différents, en fait, pour s'assurer que, peut-être, on ne
négocie pas pour retirer des accusations comme celles-là, parce que, si, au
final, ça a pour effet de faire passer entre les mailles du filet cette
personne-là, bien, on a un problème. Donc, je comprends ce que le ministre dit,
puis ce principe-là, il est important. J'espère juste que ça va amener une
façon différente de traiter ces enjeux-là au niveau juridique.
M. Lafrenière : M. le
Président, la collègue amène des bons points, puis je veux juste rajouter
certains éléments. Premièrement, il y a toujours les registres non publics qui
existent. C'est-à-dire, le registre des délinquants dangereux, ça existe, et
bien que ce ne soit pas un crime sexuel. Un. Puis je sais très bien à quoi on
fait référence. Vous le savez, j'ai été impliqué moi-même comme policier, à
Montréal, quand... puis je ne veux pas la nommer, mais... Karla Homolka est
revenue. C'était un cas qui a été très suivi, qui a été très médiatisé. Ça fait
que c'était mon autre point que je voulais amener, ça n'empêche pas, non plus,
la médiatisation. Donc, dans ce cas-là, je pense que tout le monde la
connaissait. À preuve, c'est que... j'ai souvent parlé de l'effet négatif... il
a fallu qu'on la relocalise à deux reprises. Ça fait qu'il y a toujours la
partie des données ouvertes, «open sources», exemple, avec les médias sociaux
et compagnie, de voir ce qui s'est passé.
Mais ma collègue amène un autre bon point
aussi pour les victimes qui ont vécu des crimes à caractère sexuel. C'est que,
clairement, j'imagine qu'avec les procureurs c'est une information qui va
circuler, en disant : On ne peut pas... on ne peut pas laisser...
M. Lafrenière : ...ce type
d'accusations là. Ça fait que je la comprends. Mais je veux rassurer en disant
que ce n'est pas le seul outil. Il y a plusieurs outils. On le rajoute. Mais ce
que ma collègue dit, c'est vrai.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Oui, députée de Vaudreuil.
Mme Nichols : ...M. le
Président. Je comprends le point puis... puis je comprends le... je comprends
la position du ministre aussi. Puis, oui, la ligne... oui, la ligne est mince.
Mais, tu sais, il faut aussi penser... Puis toujours en présumant que tout le
monde le fait superbien, son travail, là, mais, tu sais, moi, j'ai une
inquiétude à l'effet qu'il ne faudrait pas que les... tu sais, il ne faudrait
pas qu'on en arrive à négocier des peines ou changer des chefs d'accusation,
justement, pour éviter... en disant : Oui, mais regarde, là, tu sais, si
tu plaides coupable à tel chef d'accusation, bien, ça va t'éviter d'être dans
un registre, ou si tu... ça va t'éviter d'être dans... dans le registre ou...
Tu sais, ça peut... C'est sûr que ça va avoir un impact sur le... sur les
négociations, tu sais. Puis il y en a beaucoup.
Vous... tu sais, vous le savez, là, vous
êtes dans... vous êtes dans le domaine, vous êtes dans le milieu, vous en avez
vu, des procès. Il y a beaucoup de choses qui se négocient dans... dans les
corridors, puis on arrive devant le juge, puis on... tu sais, les parties...
les parties se sont entendues ou... Ça fait que moi, ma préoccupation, ce
serait au niveau des négociations, tu sais. Je trouverais ça vraiment terrible
qu'on en arrive à dire... Parce que c'est majeur, là, quand même, là, de faire
un registre pour... un registre de la sorte. Personne ne veut être dans le
registre. Ça fait que, tu sais, de dire : Bien, regarde, on va... on va...
on va négocier quelque chose puis... je ne veux pas dire, par la porte d'à
côté, là, tu sais... Je trouve que... Puis je ne veux pas faire de raccourcis
non plus. Mais je suis certaine que le ministre comprend les propos de ma
collègue de Sherbrooke puis les miens en.... Puis ça a été soulevé aussi, là,
en commission parlementaire, lors des auditions, là, bien, cette partie-là, là,
de négociation. Puis, même si ce n'est pas fait de mauvaise foi, c'est quand
même quelque chose qui va... on l'a vu, là, c'est quelque chose qui va... qui
va arriver, là.
M. Lafrenière : Bien, M. le
Président, ce que... Et puis merci pour le point que ma collègue soulève, qu'on
n'aime pas entendre. On n'aime pas l'entendre parce que, comme société, ça ne
nous rassure pas. Moi, dès les premiers jours qu'on a parlé du registre, j'ai
toujours expliqué que le registre arrivait à la fin d'une peine, ce qui me
rassurait, parce que, lorsque le délinquant arrive à l'intérieur des barreaux,
si on lui disait à l'avance que, peu importe ce qu'il va faire, au final il va
être... il va être mis sur un registre, l'incitatif à se prendre en main, à
agir, à consulter, à faire tout ce qu'il y a à faire pour changer son
comportement ne serait pas là.
Alors, d'arriver à la fin d'une
sentence... ce que je trouve rassurant, moi, parce que les deux autres
registres qui existent déjà, c'est lors d'une sentence. La personne se fait
mettre sur un registre de délinquants sexuels à contrôler, ça, c'était à la
sentence. Nous, on vient dire : Ce n'est pas là, là, ça va dépendre de
comment tu agis à l'intérieur des murs. Est-ce que tu fais les travaux que tu
devrais faire? Est-ce que tu essaies, justement, de travailler sur toi, est-ce
que, est-ce que, est-ce que... Et là tu peux faire du cinéma pendant une
semaine ou deux, mais pendant 12, 15, 20 ans, là, tu as la chance de
changer ton comportement. Puis c'est pour ça qu'on veut laisser cet outil-là à
la fin en disant... Parce qu'il y en a qui vont entrer dans le système avec des
problèmes sérieux, qui vont réussir à travailler sur eux, puis c'est ce qu'on
croit comme système, on croit à la réhabilitation, en réinsertion. Puis de le
changer... Moi, j'aime laisser cette possibilité-là puis dire : Ceux qui
n'auront rien fait, ceux que les gens à l'intérieur, nos professionnels qui les
évaluent, vont dire : Il est encore une bombe à retardement, ça ne passe
pas...
Ça fait que ce que ma collègue dit pour la
négociation de plaidoyer, je le comprends. Là ou ça me rassure dans ce qu'on
présente aujourd'hui, comme ça arrive à la fin d'une sentence c'est un petit
peu différent qu'au niveau du... de plaider coupable ou non coupable à une
accusation ou une autre. Ça fait que ça... J'entends ce qu'elle me dit, puis il
n'y a pas personne qui va pouvoir se tenir devant vous en disant : Ça
n'arrivera pas. C'est une... c'est une réalité qui est malheureuse. Je pense
qu'avec le temps les choses ont changé beaucoup, il y a beaucoup de pression
maintenant pour les... Je pense que ça met de la pression sur le milieu aussi.
Puis, vous savez... directement ou indirectement, je ne mettrai pas de pression
sur les procureurs, M. le Président, mais c'est une réalité qui est connue, qui
est sue.
Mais notre registre, là, la personne va le
savoir à la fin de sa peine, et non pas au début de sa peine. Ça fait qu'il y a
avantage à travailler sur lui, parvenir à une personne qui suit les règles puis
qui est une bonne personne pour la société. Ça fait que ça répond en partie à
ce que ma collègue dit. Pour les négociations de peines, je ne suis pas capable
de dire d'autre chose que : Je comprends ce que ma collègue dit.
Le Président (M. Schneeberger) : Députée
de Vaudreuil.
• (12 h 20) •
Mme Nichols : Oui, bien,
c'est... Puis je le comprends, là, tu sais, on... ça, à la limite, c'est...
c'est... je ne veux pas dire que c'est hypothétique, là, mais, tu sais, c'est
des choses qui vont hors de notre contrôle, je vais dire, hors de notre
contrôle. On fait des hypothèses ici, même s'il y a des choses qu'on ne peut...
qu'on ne peut pas contrôler.
Puis je pense que vous en avez parlé avec ma
collègue de Westmount—Saint-Louis, mais...
Mme Nichols : ...je pose la
question quand même, là, le juge ne pourrait pas lui ordonner qu'il s'en
aille... qu'il soit inscrit au registre, ça doit absolument passer par le
comité puis par le juge? Le juge ne pourrait pas dire : Écoutez, tu sais,
moi, quant à moi... Puis j'ai compris votre point à l'effet que vous donnez...
vous voulez donner la possibilité d'être réhabilité, la réinsertion, tout ça,
là. Je comprends ces principes-là, mais il n'y a pas un juge... parce qu'il y a
quand même bien un procès, puis il y a des faits, là, qui sont... qui sont
démontrés. Mais le juge ne pourrait pas dire : Bien là, tu sais, étant
donné... Il fait sa propre enquête et en arriver à ses propres conclusions que
là c'est vraiment big, c'est gros puis, bon, je ne vois pas comment on pourrait
y arriver, donc... ou il pourrait dire : Je veux qu'il soit inscrit dans
le registre pour un an, après, on pourra le retirer ou il n'y a pas cette
possibilité-là qu'un juge en vienne à cette conclusion ou ordonne.
M. Lafrenière : M. le
Président, le juge peut ordonner qu'il soit mis sur deux registres qui sont non
publics, puis ça, ça existe déjà. Ce qu'on propose, nous, c'est une mesure que
j'appellerais d'exception. Vous comprenez, là, qu'on va publier le nom, les
coordonnées d'un individu publiquement. C'est une mesure d'exception, il faut
vraiment la limiter. Puis c'est pour ça que, depuis le début de nos travaux, on
dit tout le temps : Commençons petit, soyons prudents. C'est vraiment une
mesure d'exception. Ce qui nous permet de le justifier, c'est tout ce qu'on
a... tout ce qu'on explique à chaque fois, de dire que toutes les chances... le
mot «chances», mais toutes les opportunités ont été données aux délinquants
pour se corriger, pour venir sur la bonne voie. Mais, ultimement, si tout ça
est fait à la fin de mon entonnoir, c'est pour ça que je le dessine comme ça,
la mesure d'exception sera là.
Ça fait qu'un juge, exemple, qui
prononcerait une sentence de 12 ans, en disant : À la fin de votre
sentence, vous allez être sur le registre, ça ne suit pas du tout
l'argumentaire qu'on développe puis le fait qu'on dit que c'est vraiment une
mesure d'exception qu'on met en place, M. le Président. Mais il y a déjà le
registre sur lequel... le rejet qui est non public, le registre des délinquants
sexuels, des délinquants dangereux que le juge peut ordonner pour le mettre
là-dessus, oui, absolument, l'approbation, oui, absolument. Puis ce
registre-là, c'est vraiment, puis je refais encore mon image, là, c'est à la
fin de tout le processus qui existe déjà. C'est une mesure de plus qu'on a mis
là. Puis nous, on veut rassurer la population, parce qu'il y en a qui nous ont
demandé d'aller plus loin, c'est vrai, M. le Président, de rajouter même
d'autres crimes. Il y en a même d'autres qui sont venus nous voir, en
disant : Vous ne laissez pas grand chances à ces gens-là de se réinsérer.
Moi, j'essaie de rester dans le centre de
tout ça, en disant : Voici, commençons de façon très ciblée, et de le
donner au début... même, au prononcé d'une sentence, j'aurais de la misère à
justifier qu'on le fait dans l'intérêt public, avoir tout tenté.
Mme Nichols : ...
Le Président (M. Schneeberger) :
Ah oui! Parfait.
Mme Nichols : Est-ce que ma
collègue avait d'autres questions...
Le Président (M. Schneeberger) :
Députée de Sherbrooke, ça va?
Mme Nichols : Ah! OK, mais
j'ai une autre question. Je m'excuse.
Le Président (M. Schneeberger) :
Parfait. Alors, s'il n'y a n'y a pas d'autre... Oui.
Mme Nichols : Oui, oui, j'ai
une question.
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui. Alors, allez-y, députée de Vaudreuil.
Mme Nichols : Oui, dans l'article 10,
le deuxième paragraphe, puis c'est peut-être une bizarre de question, mais on
revient encore avec... avec le mot «entièrement», on dit «s'ils ont des motifs
raisonnables de croire qu'un délinquant sexuel, qui est en voie de libération,
du fait d'avoir purgé entièrement sa peine d'emprisonnement, est à risque élevé
de récidive», le «entièrement», si, moi, ça porte à confusion, parce qu'on a
parlé, là voilà peut-être quelques minutes, là, du deux tiers... du deux tiers
de la peine, puis le ministre a pris la peine de bien expliquer, de faire les
distinctions, mais, en ramenant ce mot-là, je trouve que ça ramène encore... ça
ramène une certaine confusion.
Le Président (M. Schneeberger) :
M. le ministre.
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président, et c'est vrai pour le commun des mortels, ce n'est pas clair. Et
pour les gens du système correctionnel, ça l'est un peu plus, puis je vais vous
le lire, M. le Président «tel que prévu par la Loi sur le système correctionnel
du Québec, le délinquant qui est relâché aux deux tiers de sa peine», ce qui
équivaut à une peine complète. Alors, à partir du moment qu'au Québec il a
purgé son deux tiers qu'on disait... comme on disait tantôt, l'équivalent de
libéré d'office, c'est considéré comme une peine complète, donc, il serait assujetti.
Au fédéral. M. le Président, ce qu'on disait tout à l'heure, liberté
conditionnelle, là on comprend que la personne va en maison de transition, la
personne va... Il y a d'autres possibilités, puis il y a d'autres agissements,
puis on ne veut pas lui imposer ça. Mais, au provincial, lorsque le deux tiers
est atteint, c'est considéré comme une peine complète pour l'application de ce
qu'on fait là, M. le Président.
Mme Nichols : Puis là je veux
pas l'air d'avoir la petite fille, tu sais, qui pointille, là, mais pourquoi on
n'utilise pas le mot «complète» au lieu d'«entièrement»? Ça serait bien
moins... ça porterait beaucoup moins à confusion, surtout après la définition
que vous venez de nous lire, il y a une corrélation directe à faire entre la définition
puis le texte ici. Si on... en voie de libération du fait d'avoir purgé... de
façon complète sa peine d'emprisonnement, je n'aurais probablement même pas...
Mme Nichols : ...trébucher sur
le mot «entièrement». Je trouve ça... je trouve ça... je trouve complète la
définition du ministre. Je trouve complète la réponse du ministre à ma
question.
M. Lafrenière : ...je ne suis
pas entièrement d'accord avec ma collègue, mais... Je fais une blague sur un
sujet qui est tellement sérieux, M. le Président, mais c'est ce qui est utilisé
dans la Loi sur les services correctionnels, c'est le mot «entièrement», c'est
pour ça que c'est une concordance, qu'on revient avec le même terme qui est
utilisé. Cependant... vraiment rassurer ma collègue en disant : Lorsque la
personne est relâchée au deux tiers de sa peine, ça équivaut à une peine
complète. Donc, c'est pour ça qu'ils utilisent le mot «entièrement», ce qui est
utilisé dans le corpus pour la loi de... sur le système correctionnel québécois.
C'est vraiment une question de... Ça fait que tout ce qu'elle dit, ce n'est pas
faux, sauf qu'on utilise le même terme pour les autres... les autres règles.
Mme Nichols : Mais la
définition que vous nous avez lue, c'était la... cette définition-là venait
d'où?
M. Lafrenière : Non, c'est
une... c'est des notes qui ont été prises pour expliquer. Ce n'est pas dans
un... Je ne vous ai pas lu un article de loi, c'est des notes pour expliquer.
Mme Nichols : Bien, c'est
parce que je... tu sais, je n'ai pas pris ça non plus dans les airs ou dans un
nuage, là. Ça vient, entre autres, de l'Association des directeurs de police,
qui le disait, entre autres, qu'il y avait une confusion ou que ça portait à
interprétation.
M. Lafrenière : Mais... Puis,
encore là, puis je ne veux pas relancer ma collègue, là, parce que je me
rappelle avoir bien entendu nos collègues chefs de police... puis ce qu'ils
amenaient comme point, c'était vraiment de l'histoire du deux tiers, deux
tiers, puis on fait référence au fédéral, là, parce que, du côté provincial,
comme je vous dis, lorsqu'ils sont libérés aux deux tiers, c'est considéré
comme une peine qui est complétée, qui est terminée. Au fédéral, où on a la
libération conditionnelle, la personne pourrait rester pendant deux, trois ans,
vous comprenez, là, pourrait être sous une libération conditionnelle pendant
deux, trois ans, puis, à terme, se retrouver sur notre registre, mais il y
aurait une période... puis je ne veux pas contredire, là... de ce que j'ai
compris, la personne serait donc en institution carcérale, dans un pénitencier.
Il y a une libération conditionnelle, vous comprenez qu'il revient à
l'extérieur des murs pendant une période x, et, par la suite, il pourrait
revenir sur le registre public. Il ne sortirait pas de prison, il ne sortirait
pas de pénitencier, vous comprenez? Il y aurait une période où il aurait été en
libération conditionnelle, et il pourrait se retrouver quand même sur le
registre à la fin de tout ça. C'est ça, la distinction qu'on amène.
Ça fait que, de ce que je me rappelle
avoir compris, ce que les gens disaient, c'est que... puis je vois ma collègue
qui fait signe que non, là, mais la personne, imaginez, est dans un
pénitencier, elle fait son temps, elle est libérée conditionnellement, elle
revient sur l'asphalte avec M. et Mme Tout-le-monde, à terme, quand la peine
serait terminée, avec son deux tiers de libération conditionnelle, elle
pourrait être mise sur le registre et ne pas sortir de pénitencier. Mais
j'écoute ma collègue, puis on est tout ouïe.
Mme Nichols : Oui... Oui,
merci, je l'apprécie, mais, bien, je ne pense pas que l'Association des
directeurs de police, là, faisait référence, entre autres, au fédéral, mais ils
ont quand même soulevé que c'était... que c'était... que ce n'était pas clair
quand on arrivait avec... avec cette terminologie-là. Puis pourtant c'est
vraiment beaucoup plus clair quand le ministre utilise le mot... le mot
«complète», parce que j'ai l'impression que le mot «complète» comprend le deux
tiers de la peine, mais le «entièrement» ne comprend pas le deux tiers de la
peine. C'est deux tiers... En fait, là, on va y aller mathématiquement, là, un
deux tiers, ce n'est pas... ce n'est pas un entier, ce n'est pas complet, c'est
le deux tiers. Alors, que, tu sais, si on dit «complète», bien, complète, vous
l'avez vous-même, M. le ministre, là, tu sais, bien défini en disant que ça
comprenait le deux tiers. Ça fait que... est-ce que ce ne serait pas
vraiment... Moi, je suis d'avis que ça serait beaucoup plus logique d'utiliser
le mot «complète», parce que ça va comprendre le deux tiers de la peine, que
l'«entièrement» ou... Entièrement, moi, dans... moi, quand c'est entier, c'est
entier, hein, un entier, ce n'est pas deux tiers, trois quarts, un tiers, une
demi, c'est un entier, un nombre...
Le Président (M. Schneeberger) :
...
• (12 h 30) •
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président. Puis ça nous a permis... merci, ça nous a permis de sortir,
justement, la référence que ma collègue faisait pour le mémoire de l'ADPQ,
quand on disait : «L'ADPQ s'interroge quant au terme «qui est en voie de
libération du fait d'avoir entièrement purgé sa peine d'emprisonnement». Notre
interrogation vise spécifiquement le recours au mot «entièrement «. Doit-on
comprendre que les délinquants qui sont libérés avant la fin de leur peine
d'emprisonnement aux deux tiers seraient soustraits de l'application du régime
de divulgation?»
C'est un petit peu l'explication que je
donnais tout à l'heure à ma collègue. Quand je regarde l'exemple au fédéral,
c'est vrai que la personne pourrait être libérée aux deux tiers et ne serait
pas sur le registre. Il serait libéré, il serait sur l'asphalte en libération
conditionnelle et, à la fin de cette peine, il pourrait être mis sur le
registre.
De ce que je comprends en lisant le
mémoire de l'ADPQ, la confusion venait à dire : La personne est incarcérée
en peine, est libérée conditionnellement, puis se retrouverait sur le registre
après la partie conditionnelle. La réponse, c'est oui...
12 h 30 (version non révisée)
M. Lafrenière : ...à leur
question, la réponse est oui, ça amènerait ça qui serait particulier parce que
la personne serait... libération conditionnelle, serait peut-être même... puis
on jase, là, hypothétiquement, peut-être même sur le registre non public. Il
pourrait être sur le registre qu'il aurait été condamné à sa sentence, mais il ne
serait pas sur le registre public que nous autres, on met en place aujourd'hui.
Mme Nichols : Je comprends,
là, que le ministre nous dit qu'il répond oui à la question de l'ADPQ en disant
que, oui, le deux tiers, ça égale à «entièrement», nais mon point revient quand
même, là, c'est que ce n'est pas... ce n'est pas représentatif, ça... Je
regarde le président, qui est impatient.
M. Lafrenière : Oui, je pense
qu'on dépasse notre temps, là.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Alors, je pense qu'on n'est pas rendus à l'adoption ou, en tout cas, à la mise
aux voix de l'article 10. Alors, compte tenu de l'heure, je vais devoir
ajourner la commission sine die. Je vous souhaite un bon midi à tous.
(Fin de la séance à 12 h 31)