Journal des débats de la Commission de l'aménagement du territoire
Version préliminaire
43e législature, 2e session
(début : 30 septembre 2025)
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Le
jeudi 26 février 2026
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Vol. 48 N° 19
Étude détaillée du projet de loi n° 13, Loi visant à favoriser la sécurité et le sentiment de sécurité de la population et modifiant diverses dispositions
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11 h 30 (version non révisée)
(Onze heures cinquante et une minutes)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bon matin à tous. Ayant le quorum, je déclare la séance de la Commission de l'aménagement
du territoire ouverte. La commission, je vous le rappelle, est réunie pour
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 13, Loi visant à
favoriser la sécurité et le sentiment de sécurité de la population et modifiant
diverses dispositions. Est-ce qu'il y a des remplaçants ce matin, M. le
secrétaire?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Gagnon (Jonquière) est remplacé par Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac), M. Ciccone (Marquette) par Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis), M. Kelley par Mme Prass (D'Arcy-McGee) et Mme Labrie
(Sherbrooke) par M. Fontecilla (Laurier-Dorion).
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, de l'ajournement de la dernière séance, nous étions à l'article
six, qui introduit par l'article 2 du projet de loi. Alors, je sais que M. le
ministre venait de lire l'article, alors j'imagine qu'il y a des questions en
lien avec l'article. M. le ministre, je vous donne la parole.
M. Lafrenière : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, bonjour, chers collègues des oppositions, chers
collègues de nos équipes qui sont avec nous aujourd'hui. M. le Président, je
commencerais par une petite entorse en présentant des gens qui sont dans la
salle avec nous aujourd'hui, M. le Président, et ce sont des policiers de
Trois-Rivières. Je les ai présentés à mes collègues des oppositions qui ont mis
en place un outil de prévention qui est vraiment, vraiment intéressant, M. le
Président, ça s'appelle la trousse anti-troll. Et là, leur premier défi, ils
vont apprendre que dans une salle de commission comme ça, quand on veut se
lever, c'est difficile de ne pas partir avec la table. Alors je vais commencer
avec Maxime Gagnon qui est avec nous, Samuel Milot, Alexandrine Garceau et
Isabelle Blanchette. Alors, ils nous ont... ils étaient de passage aujourd'hui
à l'Assemblée pour parler de cet outil-là qui est disponible en ligne pour les
gens qui nous écoutent à la maison et qui va être déployé aussi dans des
écoles. Alors, merci d'être avec nous, merci de votre beau projet de prévention,
bien content de vous voir. Voilà, M. le Président. Bien oui.
(Applaudissements)
M. Lafrenière : Voilà, M. le Président.
Alors, on revient à l'article six. La dernière fois, j'avais fait la lecture,
mais on n'est pas à une lecture près, si mes collègues le demandent avec
beaucoup d'insistance, je vais la relire.
Il y a eu beaucoup d'insistance. Alors, M.
le Président, l'article six : «Nul ne peut exposer à la vue du public,
notamment en le portant, en le diffusant, en l'affichant ou en l'étalant, tout
objet identifiant une entité inscrite sur la liste des entités à dessein
criminel établie par le ministre qui exhibe l'un des symboles ou des noms
suivants :
«1° un symbole, tel un emblème, un insigne
ou une représentation, utilisé par l'entité ou qui lui est associé ou un
symbole susceptible d'être confondu avec un tel symbole;
«le 2° le nom de l'entité ou un autre nom,
tel un sigle ou un acronyme, utilisé par elle ou qui lui est associé ou un nom
susceptible d'être confondu...
M. Lafrenière : ...avec un de
ces nombres. L'interdiction prévue aux premiers alinéas s'applique à un objet
identifiant une entité inscrite sur la liste des entités à dessein criminel à
compter de la date de la publication à la Gazette officielle du Québec,
en vertu du premier alinéa de l'article 8 de la décision du ministre d'inscrire
le nom de l'entité sur cette liste.»
Comme commentaires, M. le Président :
L'article 6 interdit l'exposition à la vue du public d'un objet identifiant une
entité inscrite sur la liste des entités à dessein criminel, laquelle sera
établie par le ministre. De plus, l'article définit ce que constitue un tel
objet et précise à compter de quel moment l'interdiction à son égard sera
applicable.
M. le Président, on en a parlé la dernière
fois, je nous rappelle que l'objectif de tout ça, c'est de rétablir
l'équilibre, l'équilibre entre la population et le crime organisé. Cette
interdiction vise particulièrement à réduire la visibilité des entités à
dessein criminel. On veut affaiblir leur notoriété, leur force d'attraction,
notamment pour lutter contre l'exploitation et le recrutement des jeunes. Ça,
ma collègue de l'opposition officielle et moi-même, on en a parlé beaucoup
récemment. De plus, on veut diminuer le sentiment de peur et d'insécurité
qu'elles inspirent au sein de la population, notamment pour lutter contre
l'intimidation et je vous dirais même, M. le Président, l'extorsion, qui est
quelque chose de bien, bien, bien présent. Je sais que c'est un sujet qui est
très cher pour ma collègue, l'extorsion, les crimes qui sont commis contre les
commerçants. Alors, on veut affaiblir cette notoriété-là et le fait que
d'exposer ces signes-là puisse contribuer à l'extorsion ou l'intimidation, M.
le Président, voilà.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Est-ce que nous avons des questions? Députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Oui, j'ai
plusieurs questions. J'ai du mal à déterminer où je dois commencer...
Une voix : ...
Mme Maccarone : Oui, mais
c'est parce que j'ai plein de débuts, alors je pense que je vais commencer avec
le titre. Le ministre a entendu, puis je sais qu'il a lu les mémoires, on a eu
plusieurs groupes, entre autres, l'Association des directeurs de police qui
nous disent que, peut-être, on ne devrait pas utiliser la terminologie qui
existe déjà puis l'expression «entité à dessein criminel». Ils proposent qu'on
utilise «organisation criminelle».
Leur argumentaire, c'est que c'est déjà la
terminologie qui est utilisée dans la jurisprudence, dans le Code criminel,
c'est accepté dans la jurisprudence, c'est déjà connu puis c'est une expression
aussi large qu'entité à dessein criminel... ouvre aussi la discussion de :
on arrête où, ça comprend quoi? Ça peut être ouvert à plusieurs
interprétations. Je partage aussi leur point de vue, ça fait que... Quelle est
la réponse du ministre en ce qui concerne cette proposition?
Le Président (M. Schneeberger) :
...
M. Lafrenière : Oui, merci
beaucoup, M. le Président, puis merci à ma collègue pour la question. Un,
exactement, on ne fait pas référence au Code criminel parce qu'on ne fait pas
de législation au niveau criminel, on y va beaucoup plus large, M. le
Président, quand on parle d'une entité à dessein criminel. Et quand je lis
l'article 6, puis on l'a déjà fait dans le passé, il faut quasiment référer aux
autres articles où on va aller confirmer de quelle façon les groupes vont être
inscrits, M. le Président. Et c'est une entité policière, on l'a déjà échangé
avec les collègues des oppositions, le Service de renseignement criminel du
Québec, le SRCQ, qui aura cette tâche de mettre les entités criminelles... des
entités à dessein criminel. On a utilisé ce terme-là parce que c'était plus
large, c'était plus englobant, M. le Président. Et je comprends ce que ma
collègue veut amener comme point en disant : Bon, parfait, mais comment on
va se mettre une mesure de sûreté, de sécurité pour ne pas qu'il y ait d'abus?
C'est vraiment une liste qui va être faite par les entités policières et non
pas les entités politiques, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) :
Mme la députée.
Mme Maccarone : Merci. Vous le
savez sans doute, M. le ministre, que même la SQ ont dit que l'application
éventuelle importe de souligner la technologie... la terminologie «entité à
dessein criminelle», puis là, je cite, «serait nouvelle dans le corpus
législatif et que les critères établis par le projet de loi pour qu'une entité
puisse être listée en tant que telle laissent une grande latitude à leur
application, contrairement à la définition d'organisation criminelle prévue au
Code criminel, qui a été amplement éprouvée et interprétée par les tribunaux».
Puis eux, ils disent, encore une fois, la SQ : «Qu'il serait important de
suivre avec attention toute décision judiciaire relative à l'application de
cette loi afin d'en soupeser les impacts. Bien, on ne dit pas qu'on devrait
faire référence à le Code criminel, mais on dit qu'il y a quand même de la
jurisprudence qui existe, on a déjà une terminologie qui est existant.
Et moi, j'essaie de comprendre pourquoi
qu'on a besoin d'être plus large. Parce que, si la terminologie «organisation
criminelle» fonctionne, est reconnue, on a de la jurisprudence, on a besoin
d'être plus large parce que qui ne sera pas, qui ne fera pas partie d'un groupe
qui identifie comme organisation criminelle? On s'attend que ça comprend tout
le monde, mais c'est qui qui ne sera pas capté par cette définition? On a
besoin d'avoir une terminologie...
Mme Maccarone : ...entité à
dessein criminel, parce qu'il y a du monde qui ne tombe pas sous la définition
d'organisations criminelles, c'est ça que j'essaie de comprendre. On veut être
plus large, mais pourquoi? Qui ne sera pas capté par la définition proposée par
la SQ puis par l'ADPQ?
Le Président (M. Schneeberger) :
M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci
beaucoup, M. le Président, deux points importants, le premier, puis je le dis
d'emblée, c'est vrai que... c'est nouveau, ce qu'on fait, on l'a dit souvent,
puis je pense qu'avec les collègues, on s'est rappelé à plusieurs reprises à
quel point on était dans du nouveau, puis c'était... c'est intrigant, c'est
intéressant, mais ça veut dire de... d'aller à des... dans des chemins qui sont
différents. Ce qu'on ne voudrait pas faire, M. le Président, c'est se faire,
justement, taxer ou, je vous dirais, challenger, même, devant les tribunaux, en
disant qu'on a tenté, indirectement, d'aller dans le droit criminel, c'est pour
ça qu'on est resté loin des définitions de «criminel» là-dessus.
• (12 heures) •
Cependant, M. le Président, je vais peut-être
vous lire quelque chose qui va nous aider à comprendre : L'objectif est
d'avoir un terme suffisamment large afin de ne pas restreindre l'application
des dispositions aux groupes organisés. D'ailleurs, le terme «entité» est
utilisé dans le corpus législatif québécois pour viser des groupes au statut
juridique plus ou moins défini. Alors, on l'a déjà dans le corpus législatif
québécois. Je comprends très bien, en passant, que les groupes policiers qui
sont venus nous voir en disant : On applique déjà le Code criminel, c'est
un terme qu'on connaît, mais ici, notre... notre intention, M. le Président,
c'est de légiférer non pas dans un but d'appliquer le Code criminel, mais c'est
vraiment différemment, ce qu'on veut faire, on veut agir, puis on a parlé souvent
de prévention, on va agir sur ces groupes-là pour... pour s'assurer d'affaiblir
leur position de force, leur position attractive, aussi, pour aller chercher
des jeunes qui seraient intéressés à joindre les rangs, et je vous dirais,
aussi, le pouvoir d'intimidation, c'est pour ça qu'on s'est détaché du Code
criminel, ici, M. le Président.
Mme Maccarone : Est-ce que ça
veut dire, en utilisant la terminologie «entité à dessein criminel» au lieu
d'«organisations criminelles», on va pouvoir dire que ça s'applique à des
organisations terroristes?
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le ministre.
M. Lafrenière : M. le
Président, j'entends la question de la collègue, honnêtement, j'y allais
d'expérience policière où je n'ai jamais vu d'affichage pour un groupe
terroriste.
Une voix : ...
M. Lafrenière : À l'étranger,
puis on faisait référence à des groupes qu'on a vus à l'extérieur, M. le
Président, mais en toute bonne foi, en toute transparence, on parlait des
groupes émergents, on parlait des groupes, pour ne pas nommer, les motards, les
groupes de motards criminalisés qui nous écoutent sûrement, ils m'ont déjà
promis de contester notre loi, mais notre but est vraiment de viser ces groupes
là qui, présentement, font de l'intimidation, font de l'extorsion. Je vous
dirais, M. le Président, des groupes comme ISIS ou des groupes comme ça, je
n'avais pas prévu, là, qu'ils porteraient nécessairement des couleurs ou des
patches pour faire de l'intimidation, de l'extorsion, mais s'ils le faisaient,
puis je me tourne en même temps devant mes légistes, je pense qu'ils seraient
inclus dans cette définition-là. Mais, vous savez que les légistes, si on le
souhaite, peuvent venir nous expliquer cette définition-là et, M. le Président,
j'ai deux nouveaux légistes aujourd'hui, parce qu'ils sont tous excellents,
puis il y a toujours de la rivalité entre elles, à savoir qui était là, qui a
parlé, puis ils ont beaucoup apprécié, puis là, je fais affaire avec des gens
qui n'étaient pas là la dernière fois.
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le ministre, nous avons un vote au Salon rouge, alors, je vais devoir
suspendre... suspendre, nous allons revenir dans quelques... quelques minutes.
Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 12 h 03)
12 h (version non révisée)
(Reprise à 15 h 20)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux étant donné que le vote au salon rouge a été fait.
Je donne... À qui je donne? M. le ministre, vous aviez la parole, je pense.
M. Lafrenière : Oui,
absolument, M. le Président, et, avec le consentement de mes collègues, on
pourrait entendre Me Noémie Potvin.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Alors, j'ai besoin du consentement. Oui. Parfait. Alors, Mme Potvin, veuillez vous
nommer par votre nom et titre.
Mme Potvin (Noémi) : Oui.
Bonjour. Noémi Potvin, je suis avocate aux affaires juridiques du ministère de
la Sécurité publique. Si je comprends bien, là, parce qu'il y a quelques
minutes qui se sont écoulées quand même depuis les dernières interventions,
vous voulez que j'explique pourquoi on s'est écartés de la définition d'organisation
criminelle du Code criminel et pourquoi on a fait un régime autoportant, c'est
bien ça? OK. Ce qu'il faut savoir, c'est un choix qu'on aurait pu faire,
référer à la définition d'organisation criminelle dans le Code criminel, sauf
que ce n'est pas une liste précise, hein, c'est des critères qui définissent ce
qu'est une organisation criminelle. Donc, chaque fois qu'il y a un procès
criminel qui met en jeu ces définitions-là, bien, il faut refaire la preuve que
l'organisation répond bien à la définition d'organisation criminelle. Donc,
cette preuve-là peut se faire par des experts, ça peut se faire aussi via une
jurisprudence abondante, là. On connaît quand même des groupes où c'est
notoire, là, la jurisprudence a reconnu qu'ils étaient des organisations
criminelles.
Maintenant, nous, on a décidé de faire un
régime autonome parce qu'on n'a pas besoin de référer à ces définitions-là,
même ça nous compliquerait la vie. Pourquoi? Parce que, un, on ne veut pas être
pris avec la jurisprudence qui a été rendue en vertu du Code criminel parce que
c'est autre chose qu'on fait. Il y a aussi des groupes qu'on veut viser qui
pourraient ne pas répondre à la définition d'organisation criminelle au sens du
code, mais pour lesquels c'est important de lutter contre l'attractivité que
ces groupes-là peuvent susciter ou contre l'intimidation qu'ils peuvent
générer, par exemple, chez les commerçants. Bien, là, je n'ai pas d'exemples
comme ça, mais, dans les échanges qu'on a eus avec les milieux policiers, on
parlait de groupes émergents, par exemple, qui sont en constante mouvance, on
va dire, donc, qui n'ont pas, là... Je n'ai pas de nom à vous donner, là,
malheureusement, mais donc, ces groupes-là pourraient être sur la liste des
entités à dessein criminel. Cette liste-là peut être mise à jour assez
facilement. On va le voir un petit peu plus loin dans le projet de loi.
Donc, nous, ce qu'on a établi comme
régime, ça, ça va être à l'article 9, bien, c'est que le Service du
renseignement criminel du Québec va faire l'analyse des critères qui sont là,
qui sont prévus à l'article 9. Il va regarder : Est-ce que c'est
nécessaire d'inscrire l'entité sur la liste... de recommander, en fait, au
ministre d'inscrire l'entité sur la liste en vue de lutter contre l'attractivité
qu'elle peut susciter ou l'intimidation qu'elle peut générer? Et puis, après
ça, la recommandation va être faite. Et là la liste va être publiée et il va y
avoir tous les noms des organisations. Le mécanisme qui est prévu est assez
agile, donc elle va pouvoir être modifiée souvent, ce qui va permettre de
suivre les groupes émergents, comme ça, qui sont appelés à être en constant
mouvement, bref.
Je ne sais pas si c'est assez clair. Pour
nous aussi, c'était plus avantageux. Justement, il n'y aurait pas d'incidence
entre un procès pénal où est-ce qu'on viendrait se faire dire : Bien,
écoutez, nous, on a eu une décision au niveau criminel qui est venue nous dire :
On n'est pas une organisation criminelle. Bien, c'est correct. Là, avec notre
régime, ça n'a pas d'impact sur nos poursuites à nous.
Mme Maccarone : ...vous
sauve, là, avec des explications de même.
M. Lafrenière : ...aussi, M.
le Président, si vous voulez parce que la... Pendant l'échange...
Mme Maccarone : Oui, allez-y.
J'ai d'autres questions, mais allez-y.
M. Lafrenière : Pendant l'échange,
j'ai eu des belles choses qui ont été partagées. Merci beaucoup, maître. Puis je
relisais, en passant, M. le Président, ce que la Sûreté du Québec est venue
nous dire. Je pense que c'est important de le rappeler. Cependant, le fait qu'une
infraction ne viserait que les entités inscrites sur la liste par le ministre,
suivant une recommandation d'une composante du milieu policier qu'il désigne
dont le mandat est en lien avec la gestion du renseignement criminel, devrait
permettre de limiter les risques associés à la latitude de cette nouvelle
définition. Et, par ailleurs, pour le prochain article, là, la Sûreté du Québec
nous dit que la composante du milieu policier devrait être SRCQ. M. le
Président, parce qu'on parle d'exemples, pendant qu'on se parle...
M. Lafrenière :
...présentement, il y a une opération policière de la Sûreté du Québec à
Montmagny, qui vise un groupe émergeant qui s'appelle le BFM. Alors, peut-être,
ce groupe-là ne serait pas défini par le Code criminel comme une organisation
criminelle, mais peut-être, le CRCQ depuis... Puis là on donne des cas
d'exemple, là. On aurait pu décider de le mettre sur la liste des entités,
alors ça nous permettrait d'agir quand même. Et, tout à l'heure, ma collègue
avait posé une question hypothétique pour les groupes terroristes qui agissent
ailleurs dans le monde, on va le voir tout à l'heure, mais il faut se rappeler
qu'un des éléments qu'on rajoute dans notre projet de loi, il faut que ce soit
des groupes qui agissent sur le territoire québécois. C'est des limites qu'on
s'est mis. Je reviens tout le temps avec mon exemple du carré de sable, là, on
a voulu s'assurer, justement, qu'on agisse sur des groupes qui ont des intérêts
ou qui agissent ici, sur le territoire québécois.
Mme Maccarone : Merci. C'est
clair. Merci beaucoup. La raison de la question que je posais, M. le ministre,
c'est parce que, si on va, mettons, sur le site du gouvernement du Canada, on a
des listes des entités terroristes inscrites, écoute, ce n'est pas petit, c'est
quand même volumineux, le nombre d'entités qui se sont inscrites. Et, l'année
passée, quand on était aux crédits budgétaires, on avait posé une question par
rapport à le cartel... Puis on a eu une réponse de M. Dubé, parce que c'était
son article où il a dit... C'est vrai, dans l'article, il a dit trois
fois : Je suis inquiet, parce qu'on voit qu'il y a une émergence ici, puis
nous avons se préoccuper d'eux. Mais ces gens d'affaires qu'il me semble, on a
autres groupes, puis on dit qu'ils sont ici au Canada... ils sont ici à Canada.
On a aussi le combat 18, c'est un réseau néonazi international qui se
retrouve aussi au Canada. Ça fait que de la question que je posais, c'était de
m'assurer que ces groupes-là vont aussi se retrouver.
Et les critères pour déterminer, je sais
qu'on s'en va... ça, ça va être à l'article 9, mais les critères, il me
semble, sont sont très importants parce que... puis aussi les gens qui vont
nous aider à élaborer la définition puis de soumettre les noms. On a entendu
les groupes, on souhaite avoir peut-être une définition plus large de qui peut
élaborer la liste par des recommandations, par des mises à jour. Je suis
surprise d'entendre que BFM, c'est un groupe émergeant, parce que fait
longtemps depuis qu'on parle de BFM, ça fait que ça m'aiderait aussi d'avoir
une meilleure définition. Mais... ce n'est pas clair s'ils sont ici ou pas ici,
ça fait que, est-ce que ça veut dire qu'ils vont faire partie de listes des
entités? Parce qu'on dit que c'est émergeant, il s'en vient, mais ils ne sont
pas actuellement peut-être sur le sol québécois.
Le Président (M. Schneeberger) :
M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. Puis on l'a fait depuis le début, ça fait qu'on ne
se privera pas de le refaire encore aujourd'hui. Je vais. Je vais référer à
l'article neuf, parce que je pense que la discussion va nous aider pour deux
articles, puis je veux pas prêter des intentions qu'on va toutes adopter ça en
même temps, ça va peut-être nous aider à comprendre l'article 9 aussi.
Alors, dans l'article 9, on donne
des conditions, M. le Président, des membres de l'entité ou des personnes qui y
sont associées ou liées sont actifs sur le territoire du Québec, première
condition. Deuxième, il existe des motifs raisonnables de croire que des
membres de l'entité ou des personnes qui y sont associées ou liées poursuivent,
individuellement ou collectivement, un dessein criminel en commettant ou en
tentant de commettre des infractions criminelles, en participant ou en
collaboration à la commission de telles infractions, ou en facilitant ou en
faisant la promotion de la commission de telles infractions. Ça, tantôt, je
vais y revenir, M. le Président. Celle-là est très importante pour éviter,
justement, des dérives avec des gens au pouvoir qui pourraient décider
d'exclure certaines opinions politiques, exemple, là, cela est... c'est très
important de s'en souvenir. Trois, des membres de l'entité ou des personnes qui
y sont associées ou liées sont susceptibles d'exposer à la vue du public un
symbole ou un nom visé par le premier alinéa de l'article 6. Alors,
M. le Président, ma collègue, tout à l'heure, quand j'ai parlé de groupes
émergents, puis je ne veux pas faire... je ne veux pas embarquer trop loin sur
le crime organisé, on laissera des experts le faire, parce que, justement, la
beauté de la chose, on veut que ce soit une entité qui est complètement
autonome, qui n'est pas reliée au gouvernement, c'est-à-dire c'est le CRCQ
qu'on veut utiliser. On veut que ce soit eux qui mettent sur la... cette liste-là,
les groupes qui doivent en faire partie, les entités, et ce ne sera pas une
commande politique, on fait référence au ministre, parce c'est lui qui va le
publier, mais c'est vraiment la composante policière qui va mettre les noms à
jour, on va en reparler tantôt avec... à quelle fréquence. Je sais que ma
collègue avait une interrogation là-dessus, sur la fréquence de remettre à jour
cette liste, mais c'est une liste qui va être composée vraiment par une entité
policière.
Et pourquoi on qualifie le BFM de groupe
émergeant, même si ça fait longtemps qu'il émerge? C'est parce que ce n'est pas
des groupes traditionnels comme on a connu, c'est-à-dire les motards
criminalisés, le crime organisé traditionnel italien, le COTI, on connaît bien
ceux qui l'appellent, la mafia. Alors vous comprenez, c'est ce qu'on qualifie
dans les groupes émergents, mais oui, ils pourraient faire partie de la liste,
mais ce ne serait pas au ministre en poste de le décider, ce serait vraiment la
composante policière.
Mme Maccarone : Si je
comprends bien, il faut qu'ils sont actifs, c'est ça qu'on dit dans le
paragraphe 1°.
M. Lafrenière : Absolument.
Mme Maccarone : Pourquoi qu'on
arrête là? Le cartel que je viens d'élaborer...
Mme Maccarone : ...Tren de
Aragua, c'est un réel problème dont nous sommes confrontés. La SQ sont à
l'affût de cette tendance. Ils disent que nous devons se préparer. Ça s'en
vient des États-Unis. Puis la façon qu'ils infiltrent les communautés, c'est
«quietly», tu sais, on... tu sais, c'est bien caché, en douceur, en douceur. Ça
fait que, des fois, ça ne paraît pas, puis là c'est deux ans, trois ans plus
tard que, maintenant, on est au courant, oups, puis c'est presque trop tard. Ça
fait que je trouve bien que la SQ, ils sont en train de... qu'ils sont
préoccupés. Comme je le dis, ça a été nommé trois fois dans un article. Quand
la SQ dit qu'ils sont inquiets, je suis inquiète. Ça fait que je suis contente
de savoir que c'est une préoccupation, mais pourquoi attendre? La SQ l'a déjà
soulevé comme une préoccupation pour eux.
• (12 h 30) •
Le Président (M. Schneeberger) :
M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui. Merci,
M. le Président. Puis, encore une fois, je veux juste qu'on soit prudents pour
ne pas mélanger les deux concepts. Ça ne veut pas dire que les autorités
policières, les enquêtes pas ne font pas de travail sur eux.
Mme Maccarone : Je ne parle
pas de ça.
M. Lafrenière : Je vous
rappelle que notre projet de loi qu'on dépose aujourd'hui, c'est pour faire en
sorte que les gens ne puissent pas s'afficher. Puis ma collègue disait qu'ils
le faisaient vraiment d'une façon qui était cachée, tout ça. Alors, s'il n'y a
aucun symbole qui peut être affiché ou aucune façon pour eux de se faire connaître...
parce que, vous savez, il y a deux façons de faire du côté criminel, soit on
s'affiche parce qu'on fait de l'intimidation ou soit on le fait en sous-marin
puis on s'assure que personne ne le sait jamais. Cependant, je veux rassurer la
collègue, je ne parlerai pas au nom des policiers, mais je sais très bien
qu'ils font des enquêtes sur un paquet de groupes qu'on ne connaît pas ici,
aujourd'hui.
Cependant, je vous donne l'exemple des
cartels qui, présentement, sévissent au Mexique, je pense que tout le monde a
vu ce qu'il se passe, alors est-ce que le CRCQ pourrait mettre le nom d'un de
ces cartels sur la liste parce qu'il y aurait un sigle, ils décideraient de
s'afficher, puis, je vous dis, il y a un paquet de groupes qu'on connaît comme
ça, oui, il pourrait le faire si ça répond aux trois critères qu'on a mis. Et
je veux rassurer la collègue, même s'ils ne sont pas visés par cet article-là,
ça n'empêche pas les autorités policières québécoises, canadiennes de faire
leurs enquêtes, de les enquêter, de les accuser, mais, vraiment, ce qu'on
présente ici, M. le Président, c'est pour les gens qui s'exposent, qui exposent
donc un logo, on a dit un logo, un nom, un acronyme aussi. Vous savez pourquoi,
M. le Président? Parce qu'on connaît entre autres les Hells Angels qui aiment
utiliser le 81, huitième lettre de l'alphabet pour le H, première lettre de
l'alphabet pour le A, donc support 81, pour essayer de contourner certaines
règles à certains endroits.
Alors, on a vraiment tout mis ça dans
notre projet de loi, mais c'est... ce qu'on cible aujourd'hui, c'est vraiment
les gens qui s'exposent publiquement. Pour les autres, je peux vous rassurer,
les policiers n'arrêteront vraiment pas d'enquêter puis de les accuser s'il le
faut. Parce que, oui, il y a des groupes qui fonctionnent d'une façon
différente. Je ne me rappelle pas, moi, comme policier, d'avoir vu le COTI, le
crime organisé traditionnel italien, vraiment avoir des écussons, des façons
très visibles, parce qu'ils agissent normalement pour que les gens ne les
voient pas, ne les reconnaissent pas. Ça fait que ce n'est pas mieux, ce n'est
pas pire, c'est juste deux outils différents.
Mme Maccarone : Bien, je ne
m'en doutais pas qu'il y avait des enquêtes. Ce n'était aucunement le sens de
mon intervention, c'est plus de...
M. Lafrenière : Non, non,
mais s'ils s'affichent, on va les... ce sera à la CRCQ de décider.
Mme Maccarone : La CRCQ qui
va décider. J'avoue que j'aurais voulu avoir une réponse plus : Vous
n'êtes pas bienvenus parce qu'on est au courant. Si je regarde sur le site,
encore une fois, du gouvernement du Canada Tren de Aragua, ils disent que Tren
de Aragua a recours au crime, à la violence, à l'intimidation, à contrôler des
nouveaux territoires. On dit qu'ils sont connus de venir pour les organisations
illicites... ouf! c'est une grosse affaire, je ne suis pas capable de voir,
qu'ils viennent de New York, puis on sait qu'ils s'en viennent chez nous, au
Québec. Puis je ne peux pas vous dire si... je n'ai pas vérifié, je ne sais pas
s'ils ont un logo, mais, même s'ils sont connus... pour moi, là, le fait qu'ils
sont connus sur un nom, tu sais, des fois c'est assez. Parce que la définition
de symbole, un signe ou, tu sais, BFM, on sait que c'est un acronyme, mais
peut-être c'est comme ça qui s'identifient, puis il n'y a pas d'acronyme puis
il n'y a pas de symbole, mais ils font partie de ces groupes. Ça fait que j'ai
de la misère à comprendre, avec une définition plus large parce qu'on a «entité
à dessein criminel» et non «crime organisé», pourquoi qu'on ne peut pas les
mettre sur la même liste.
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le ministre.
M. Lafrenière : Oui, M. le
Président. Puis ma collègue fait référence à cette liste des groupes criminels,
puis c'est important pour les policiers pour accuser des gens, des individus de
gangstérisme, en passant, puis c'est un outil qui est extrêmement important. Je
nous rappelle ce qu'on fait aujourd'hui, puis je sais que ma collègue veut
aller à la bonne place, là, ça fait que je veux juste qu'on s'aide à
comprendre. Si un groupe ne s'affiche pas, il n'utilise pas soit son nom, soit
un dessin, soit un sigle, soit peu importe quoi, M. le Président, notre
article, bien, ne nous aidera pas vraiment à agir sur ces gens-là s'ils ne
s'affichent pas, s'ils ne se font pas connaître comme ça.
Alors, je reviens avec le nom de certains
cartels, certains types de crimes organisés, qui sont beaucoup moins forts
sur...
12 h 30 (version non révisée)
M. Lafrenière : ...comment se
faire connaître et reconnaître, ça ne veut pas dire qu'ils sont meilleurs pour
autant. On va les avoir d'autres façons, les policiers vont pouvoir les accuser
de gangstérisme. Nous, ce qu'on veut venir faire aujourd'hui, M. le Président, pour
que ce soit très clair, c'est à partir du moment, puis on prend l'exemple du
BFM, si, d'aventure, je prends le terme que le député de Lafontaine utilise
souvent, si d'aventure le BFM avait décidé de se faire... même si ce n'est pas
un logo, juste de mettre les toilettes BFM sur un manteau, sur un capuchon, sur
un drapeau, sur ce qu'ils veulent et que le nom figurait sur la liste, bien, oui,
notre réglementation qu'on veut faire ensemble aujourd'hui s'appliquerait à
eux. Alors, ce n'est pas juste les motards criminalisés, je veux ça soit très
clair, M. le Président, tout groupe qui utilise un nom, un acronyme, un
dessein, «name it», bien, notre réglementation va pouvoir s'appliquer à eux.
L'autre volet qui est super important, ce que
la collègue fait mention, c'est le côté criminel, puis c'est pour ça que c'est
vraiment deux volets. Alors, les accuser de gangstérisme, sans aucun problème.
Nous, on veut venir réagir, puis j'appellerais ça en prévention, parce que
notre prétention, M. le Président, puis ma collègue de l'opposition et moi, on
a rencontré des commerçants voilà pas très, très longtemps qui ont vraiment
fait comprendre à quel point ils vivaient un calvaire quand ces gens-là
rentrent dans leurs commerces puis ils disent à partir de maintenant, c'est de
même ça va marcher. Et c'est clair que la patch qu'ils ont dans le dos ou le
nom avec qui ils font référence, ça fait peur aux gens. C'est ceux-là qu'on
veut cibler, mais il y a beaucoup d'autres outils, dans le Code criminel entre
autres, qui vont venir chercher les gens qui font du gangstérisme.
Mme Maccarone : ...la raison
du «mention» puis la raison que je voulais quand même vider la question, c'est
parce que ça paraît déjà sur la liste Canada, puis ils ne sont pas
nécessairement sur le sol canadien, puis il y a une liste longue, longue, longue,
écoute, je ne sais même pas combien de pages que c'est, là, mais il y a des
centaines de noms qui sont là. Ça fait que je vois ça comme un mesure de
prévention, puis je ne sais pas s'il va y avoir un lien ou des vérifications
avec ça, parce que, là, on parle du terroriste, pas nécessairement de la notion
de crime organisé typique dont nous sommes en... en train d'ici d'en débattre,
Hell's Angels, BFM, etc. Mais je comprends le point de vue du ministre. J'ai
une autre question...
M. Lafrenière : Juste un
instant, si vous me permettez, parce que la collègue amène un point intéressant,
puis je ne m'étendrai pas beaucoup sur le sujet parce qu'il y a beaucoup de
détails qu'on ne donnera pas, là, mais les gens qui font partie de ces listes-là,
que la collègue fait référence, pourrait se voir interdit de séjour s'ils
veulent venir aussi dans le pays. Donc, c'est utilisé à plusieurs entités le
CRS, la SFC et compagnie. Alors, il faut comprendre, le but est différent, mais
elle a raison de dire qu'il faut être à l'affût de ce qui se passe dans le
monde, parce que ça a un impact chez nous. C'est vrai.
Mme Maccarone : OK, merci. J'ai...
j'ai une autre question, puis vous savez sans doute que ça s'en vient, Hell's
Angels. Tu sais, je comprends l'article 6, puis ce qu'on souhaite faire. Ils
sont déjà sortis sur la place publique pour dire que, nous, là, on a l'intention
de contester. Puis, si moi, je regarde sur les sites Internet fédéral, on voit
que, sur le rubrique d'index, Hell's Angels, c'est un marque de commerce enregistré,
leur logo, c'est un marque de commerce enregistré. Comment allons-nous appliquer
l'article 6 face à ces informations-là?
Le Président (M. Schneeberger) :
M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci, M.
le Président. Je veux bien comprendre la question de ma collègue. Le fait qu'il
soit enregistré ne change pas grand-chose dans ce qu'on met en place aujourd'hui,
M. le Président. Alors, leur prétention, pour eux, puis je ne vais pas parler à
leur place, parce que vous pouvez être assuré que je vais faire bien des choses
dans la vie, mais je ne serais jamais leur porte, eux, ils vont venir nous dire
que, dans le fond, c'est une entité sociale qui aide les gens plus âgés qui
veulent faire de la motocyclette. Puis on aura des spécialistes des entités
policières qui vont venir dire à quel point ils peuvent pourrir la vie de gens
dans certaines communautés. Je comprends, mais je comprends aussi leur
prétention de venir dire : Écoutez, vous nous ciblez. Mais, nous, ce qu'on
cible aujourd'hui, là, ce sont des gens, puis on le définit tout à l'heure, là,
qui commettent des crimes puis qui font de l'extorsion. Alors, le fait qu'il
soit enregistré, qu'il soit incorporé, je comprends ce que ma collègue vient de
dire, puis je vais aller faire une vérification du côté des légistes, mais je
ne vois aucun changement pour notre application.
Mme Maccarone : C'est... La
raison de l'intervention, ce n'est pas pour être à la défense de crime
organisé, mais c'est parce que c'est un marque de commerce reconnu puis ils ont
des droits. Ça fait que, qu'est-ce qu'on fait avec ça?
M. Lafrenière : M. le
Président, encore une fois, dans un souci d'équité, parce que, dans nos
dernières sessions, les légistes a parlé entre deux et trois fois, ça fait qu'on
peut retourner avec une de nos légistes qui trépignent d'impatience de nous
expliquer, parce c'est une bonne question. Et je comprends qu'on parle des
droits des... des membres de ces groupes-là, mais je vous dirais, comme société...
je vous parlais tout à l'heure que je veux ramener l'équilibre aussi. Ils ont
des droits puis ils ont des responsabilités, mais, maître, vous pouvez
répondre, Me Potvin, vous pouvez répondre à cette question.
Mme Maccarone : Juste avant
de répondre, je veux préciser, parce que quand c'est un marque de commerce, ils
ont droit de l'afficher. Ça fait que c'est ça que j'essaie de voir, parce que
je comprends, eux, leur point de vue, pas que je sanctionne, mais je comprends
qu'ils viennent avec ça, puis, si eux, ils peuvent, puis il y a autres groupes
qui y vont enregistrer leur marque de...
Mme Maccarone : ...commerce
aussi, mais là comment est-ce qu'on va appliquer cet article?
M. Lafrenière : ...
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui.
M. Lafrenière : ...
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui. Alors, elle s'est présentée tout... tout à l'heure, ça fait que c'est...
c'est correct, il n'y a pas de problème. Allez-y...
Mme Potvin (Noémi) : Oui.
Donc, écoutez, c'est sûr qu'on le sait, hein, nous aussi, on a lu les articles,
ça va être contesté, évidemment. Ce que je voudrais vous dire : Je ne veux
pas embarquer dans les arguments qu'on a à faire valoir pour des raisons
évidentes, mais sachez que cet aspect-là, marque de commerce, on l'a considéré,
on a consulté les équipes spécialisées en droit constitutionnel, ça a été
réfléchi, et on pense qu'on a des sérieux arguments à faire valoir pour dire
que, comme province, on a le droit d'agir sur les aspects qu'on a ciblés, soit
de supprimer les conditions qui facilitent le crime. Donc, je ne veux pas
vous... je ne peux pas vraiment vous donner plus de réponse que ça, mais on
pense qu'on est en droit de faire ça.
• (12 h 40) •
Mme Maccarone : Est-ce qu'on
a consulté le gouvernement fédéral pour comprendre un peu leur rôle? Moi,
j'essaie de comprendre comment que ça se fait qu'on peut avoir une marque de
commerce d'un crime organisé protégée par la charte. Comment ça se fait? Puis
est-ce qu'eux, ils ont un rôle à jouer pour nous aider à appliquer l'article 6?
M. Lafrenière : ...Me Potvin.
Écoutez, je fais toujours attention parce que je ne veux pas non plus
déclencher leur frustration, mais ce n'est pas parce qu'ils sont enregistrés
qu'ils font des bonnes actions pour autant. Et vous savez, M. le Président,
clairement, quand ils se sont enregistrés, je ne pense pas qu'ils aient déclaré
que leurs buts dans la vie étaient de commettre des meurtres et de vendre de la
drogue. Alors, c'est sûr que ça a été un autre type d'enregistrement. On le
sait, il y a même des gens dans le passé qui ont voulu utiliser une image qui
ressemblait, et ce groupe criminalisé a poursuivi les gens qui l'ont fait.
Mais ici, M. le Président, nous, notre
prétention... Puis il y a deux volets. Rappelez-vous, depuis le début, je vous
parle de deux volets. Le premier, je veux nous rappeler, puis on a eu cette
discussion-là avec les collègues pas plus tard que cette semaine, quand on a
parlé des manifestations, moi, je serais heureux aujourd'hui que les gens nous
entendent et qu'ils décident de ne plus porter leurs vestes, qu'ils décident de
ne plus mettre de drapeaux, qu'ils décident de ne plus s'afficher. S'ils le
font puis on n'est pas obligés de mettre en place l'article, je serai l'homme
le plus heureux du monde, M. le Président, parce qu'au final ce qu'on veut
ensemble, c'est faire en sorte que les restaurateurs, les opérateurs de
commerces puissent tenir leurs commerces sans se faire intimider, sans se faire
harceler.
Cependant, pour avoir fait de la police
quelques années, M. le Président, malheureusement, toujours un 5 % de gens
qui ne se conforment pas à ça. C'est pour ça qu'on se donne un outil pour
dire : On va vous aider. Et on va même aider les commerçants, M. le Président,
parce que, pour le commerçant, le fait d'avoir des gens qui rentrent dans son
commerce avec des écussons, et tout, lui, il va avoir un outil en disant :
Vous ne pouvez pas rester ici, moi, je vais contribuer à l'infraction, je vais
être dans le trouble, vous devriez quitter.
Alors, c'est des outils de plus qu'on
donne pour nos policiers pour agir, c'est vrai, puis aussi pour envoyer un
message, puis un message aux jeunes, M. le Président. On a vu toutes sortes de
séries qui étaient fort intéressantes, Sons of Anarchy, qui était très,
très, très intéressante. Ça a amené un engouement où les gens voulaient voir ce
que c'était, certains qui s'affichent sur la limite. Alors, M. le Président,
nous, ce qu'on cible, ça va être des entités qui vont... sur cette liste-là.
Puis je vais devancer la question. Il y a d'autres groupes, des groupes de
vétérans qui mettent des écussons dans leurs dos, et tout. Vous comprenez que
ce qu'on va cibler, c'est vraiment la liste des entités qui va être faite par
la ressource policière et non pas quelque chose qui ressemblerait à. Il faut
être prudent là-dedans aussi, M. le Président.
Mme Maccarone : ...
Le Président (M. Schneeberger) : ...
Mme Maccarone : Est-ce que je
peux juste poser une dernière question?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Parce que... souci d'alternance, là.
Une voix : ...
Mme Maccarone : Juste une
dernière question, parce qu'on est là-dessus. Est-ce qu'on s'est inspirés des
autres provinces aussi? Parce que je comprends qu'on a besoin d'avoir des
arguments, mais on a... on a demandé une recherche de la bibliothèque puis on
sait, comme par exemple, Saskatchewan avait une disposition qui a été
invalidée, Manitoba aussi, une disposition qui a été abrogée. Qu'est-ce qu'on
fait, nous, qui est différent pour s'assurer que notre article ne sera pas
abrogé ou invalidé?
M. Lafrenière : ...alors,
oui, on s'est inspirés des meilleures pratiques, entre autres de la Nouvelle-Zélande.
Au Canada, il y a eu des tentatives, la Saskatchewan l'a tenté. On a appris...
Moi, j'aime bien dire qu'on apprend des des «best practices», des meilleures
pratiques puis des pas si meilleures pratiques que ça. Alors, oui, ça a été
partagé. On a regardé ce qui avait causé des... ce qui avait causé la fin de ce
règlement-là, puis je ne le partagerai pas ici aujourd'hui, M. le Président, on
s'en est inspirés puis on s'est assurés de ne pas prendre le même chemin, M. le
Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Député
de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Oui. Merci,
M. le Président. Évidemment...
Le Président (M. Schneeberger) : Votre
micro, M. le député.
M. Fontecilla : Ah! oui.
Le Président (M. Schneeberger) :
Ça va aller mieux.
M. Fontecilla : Merci. Donc,
évidemment, c'est un article qui... avec lequel nous sommes foncièrement
d'accord, mais il suscite quand même un certain niveau de questionnement
concernant l'étendue, l'étendue de cette nouvelle...
M. Fontecilla :
...capacité-là, les prérogatives que cela donne aux corps policiers, entre
autres. Et la question est à savoir... Et évidemment, c'est un... comme l'a dit
le... comme l'a dit le ministre, c'est un outil de plus, un outil très
intéressant, mais qui... qui ne va pas... qui n'est pas non plus une formule
magique, hein, c'est... C'est sûr qu'une... qu'un symbole peut avoir un effet,
comment dire, intimidateur, là, sur... sur certains commerçants, sur certaines
victimes de façon générale, là, mais on n'a pas besoin de porter ce symbole-là
pour être intimidateur, là, c'est... Et puis, je suis convaincu que les... les
criminels sont assez intelligents pour s'adapter très rapidement au nouvel
environnement légal, là. Donc, c'est un outil important, utile, mais qui n'est
pas... qui n'est pas... qui ne va pas régler l'ensemble de la situation. Quoi
qu'il en soit, je pense que c'est un outil, c'est éminemment utile de
l'utiliser.
Moi, je voudrais avoir... je voudrais bien
clarifier dans mon esprit, là, l'existence du nouveau régime qu'on est en train
de créer, là, mais, en fait, en ce moment, en ce moment, il y a un régime, là,
qui est la liste. On a... on a nommé... on a nommé, et corrigez-moi si je me
trompe, l'organisation criminelle qui est détenue par... qui est sous
juridiction fédérale. Et je suis allé... allé voir, là, puis je pose la
question en même temps... au même titre. Ce n'est pas des organisations
criminelles, mais c'est des organisations terroristes, OK? Évidemment, tous les
terroristes sont des criminels, mais tous les criminels ne sont pas
terroristes. Je... il y a une... comment dire, il y a une sémantique importante
à utiliser, à mettre... à mettre en place. Et donc, en ce moment, je vais
utiliser le... les noms qui... comment dire, le nom de la liste qui est... qui
est, en ce moment, utilisé. C'est la question que je voudrais poser. En ce
moment, les corps policiers du Québec, là, utilisent à des fins d'enquête de...
afin... pour porter des accusations et etc., là, utilisent, lorsque... lorsque
ça s'impose, la liste d'entités terroristes inscrites au fédéral. C'est...
c'est ce qui est utilisé en ce moment, là.
M. Lafrenière : ...Président,
pour des accusations terroristes...
M. Fontecilla : Criminelles.
M. Lafrenière : Terroristes.
M. Fontecilla : Ah!
Terroriste.
M. Lafrenière : Si on y va
par du gangstérisme... et là il va falloir le prouver dans le cas par cas,
puis, M. le Président, ce qu'on ne voulait pas faire ici, au Québec, c'est
revivre ça. Imaginez, si, à chaque fois qu'un policier voulait remettre un
constat à une personne qui porte une veste marquée H1, on devait aller devant
les... les tribunaux, pardon, et faire la preuve que c'est une organisation... une
organisation criminelle, pardon, M. le Président, on ne veut pas faire ça, mais
on s'entend, on parle du Code criminel, on s'est détaché du Code criminel, on
n'est pas là...
M. Fontecilla : Tout à fait.
M. Lafrenière : ...on n'agit
pas dans le Code criminel. Lui, Il a une liste, une liste qui sera mise à jour,
une liste qui va être populée par des services policiers et non pas par une
volonté politique. Et c'est comme ça que les gens vont avoir des constats parce
qu'ils portent une veste. La grande différence que le collègue parle, parce
qu'il y a comme trois niveaux, encore là, j'aime les dessins, là. Le premier
niveau, quand on parle d'entités terroristes, c'est une chose, de faire partie
d'une entité terroriste, on peut être accusé. Et, si on veut aller dans du
gangstérisme, les policiers vont devoir prouver justement comment les gens ont
travaillé ensemble et comment ils faisaient du gangstérisme.
M. Fontecilla : Je veux
comprendre, monsieur... M. le ministre, quand vous parlez de gangstérisme,
est-ce que c'est... de facto c'est une organisation terroriste aussi?
M. Lafrenière : Absolument
pas.
M. Fontecilla : Absolument
pas. Expliquez-nous, s'il vous plaît.
M. Lafrenière : Oui, je suis
obligé de remonter dans le temps, mais ça va bien aller. Alors, entité
terroriste, on s'entend. Puis le collègue, à juste part, fait référence à une
liste qui existe déjà. Tantôt, je le disais, pour les organisations policières,
pour les douanes, pour différentes agences de renseignement, bien, c'est
utilisé pour même empêcher des gens d'avoir un séjour au Canada, on s'entend,
ce sont des groupes terroristes. Premier volet.
Nous, on se retrouve à l'autre... l'autre
extrême, où on vient dire : Lorsque... pour des motifs de prévention...
puis c'est ce qu'on veut faire, hein? Puis, après ça, je vais revenir sur le
point du collègue qui disait : Les criminels vont s'ajuster, ils vont
changer, je vais m'inscrire en faux, puis il va comprendre pourquoi. Nous, ce
qu'on veut faire, c'est affaiblir leur notoriété, parce que c'est tellement
vrai, M. le Président, qu'avant même que notre projet de loi soit en force il y
a déjà une organisation qui a dit : On va contester. S'ils n'y tenaient
pas tant que ça, ils laisseraient ça aller. Je pense qu'ils y tiennent
beaucoup. Puis ce n'est pas juste parce que c'est des belles couleurs, puis ça
paraît bien, ce n'est pas juste parce que c'est enregistré ou incorporé, c'est
parce qu'ils savent très bien quelle est l'utilité derrière tout ça, c'est de
faire de l'extorsion. C'est notre... notre prétention, M. le Président. Puis ça
fonctionne parce qu'on le voit, pour des humains, des gens... des gens, M., Mme
Tout-le-monde qui vivent sur la Côte-Nord, qui vivent un calvaire grâce à eux
ou à cause d'eux. Et c'est pour ça qu'on veut agir.
Si on veut parler d'individus qui
pourraient être accusés... Puis là je fais attention, là, je pourrais être
accusé de gangstérisme, mais là les policiers vont devoir faire cette
preuve-là, et c'est quelque chose de complètement différent. Ça fait que je
fais les trois niveaux pour que les gens comprennent bien, ici, à la maison, ce
qu'on fait aujourd'hui, une liste qui va mettre les entités criminelles...
M. Lafrenière : ...et sur cette
liste-là, les groupes vont être mentionnés parce qu'il y a des... le service de
renseignements qui va le mettre à jour, et là les policiers vont pouvoir
remettre des constats à ceux qui portent une veste, qui s'affichent :
veste, chandail, casquette, drapeau. Alors, vous comprenez, tout pour
intimider, pour faire comprendre qu'ils sont forts, qu'ils sont... de nos lois,
au-delà de nos lois.
Puis, M. le Président, je parle beaucoup
d'équilibre, vous pourrez comprendre que ces gens-là, normalement, lorsqu'ils
vont porter une veste, c'est parce qu'ils ont commis un crime. Ils viennent
nous le dire, à l'ensemble de la société : Moi, j'ai commis un crime,
c'est comme ça que j'ai pu avoir cette veste-là, puis ils viennent narguer les
citoyens aussi et leur faire peur.
M. Fontecilla : Très bien.
Écoutez, avant... Une question que vous avez sans doute prévue, là, parce que
ça tombe du sens, et je veux la poser tout de suite, mais je veux revenir sur
la question de l'entité, là... Il y a des... il y a, évidemment, des symboles
qui sont affichés publiquement, tout objet, etc., un emblème, un insigne, une
représentation, mais qu'arrive-t-il lorsque c'est... parce que ça existe,
lorsque ces emblèmes-là sont portés sur la peau, un tatouage? Vous avez... Vous
devez avoir la réponse, là...
• (12 h 50) •
M. Lafrenière : Je veux
rassurer mon collègue, on ne l'enlèvera pas sur-le-champ.
M. Fontecilla : Wow! Bonne
nouvelle!
M. Lafrenière : J'espère que
ça le rassure. On ne peut pas agir à ce moment-là, M. le Président.
M. Fontecilla : OK, parfait,
c'est exclu de facto. OK. Très bien.
M. Lafrenière : La raison
l'emporte, M. le Président.
M. Fontecilla : Très bien.
Donc, les services policiers du Québec vont confectionner une liste à part, là,
pour les fins de cet article-là seulement, là, pour les emblèmes, les insignes,
etc., et... mais ils vont... Pour qualifier une organisation d'entité à dessein
criminel, est-ce qu'ils... quels critères vont-ils utiliser? C'est les critères
définis par le Code criminel? Comment vont-ils faire pour identifier : tel
groupe, on va l'inscrire sur cette liste-là, et que ce soit évidemment... que
ça passe le test juridique, là?
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président. Puis je veux rassurer mon collègue, la liste va être faite et elle
va être publique. Les gens vont pouvoir voir s'ils sont sur la liste. Alors,
des groupes, des organisations de bienfaisance qui veulent faire la promotion
de la motocyclette qui ne seraient pas heureux de se retrouver sur la liste
pourraient contester ça, et ça, on va le voir plus loin, M. le Président. On a
même prévu comment les gens vont pouvoir contester.
Alors, tantôt, à l'article 9... puis ce
qu'il y a de bien, c'est qu'on va dans tous les articles, ça fait que ça va
passer tellement vite tantôt... Alors, on va dire que le nom d'une entité peut
être inscrit sur la liste des entités à dessein criminel et on donne des
caractères, dont 1° des membres de l'entité ou des personnes qui y sont
associés ou liés sont actifs sur le territoire du Québec. On l'a dit
tantôt : il existe des motifs raisonnables de croire que les membres...
Puis ça, motifs raisonnables de croire, avec mon collègue, on a eu une belle
discussion, dans les manifs, où on disait : Ce n'étaient pas des soupçons,
donc, ce sont des motifs raisonnables de croire que des membres de l'entité ou
des personnes qui y sont associées ou liées poursuivent individuellement ou
collectivement un dessein criminel. Alors, ça, c'est très clair. Et 3° des
membres de l'entité ou des personnes qui y sont associés ou liés sont
susceptibles d'exposer à la vue du public un symbole ou un nom visé au premier
alinéa de l'article 6.
Alors, c'est ce qui va être utilisé par
une entité qui... sa job, dans la vie, c'est de faire du renseignement, donc,
c'est d'aller... guider, de proposer ces noms-là. Et, M. le Président, la
raison pour laquelle je reviens souvent là-dessus, je l'ai déjà dit : Moi,
je trouve que l'article, on est à bonne place, il est important pour la prévention.
On veut s'assurer que, dans un futur, personne n'utilise ça pour empêcher des
gens d'avoir une opinion différente. Ça va être vraiment une entité policière
qui va se baser sur les critères que je vous ai donnés là, donc, poursuivre un
dessein criminel.
M. Fontecilla : Très bien. Et
je suppose qu'en ce moment les organisations policières du Québec ont déjà une
liste, peut-être en vertu de la liste fédérale, parce que, bon, leur travail,
là, c'est le renseignement, là, c'est... Le ministre va nous éclaircir. Donc,
cette liste-là n'existe pas présentement, elle va être élaborée. Est-ce que ça
va être élaboré à travers le temps? Est-ce qu'il y a déjà... il y a déjà des
groupes qui ont été identifiés? Justement, je trouverais ça étrange que la
police n'ait pas déjà une certaine idée des groupes criminels qui sont actifs
sur le territoire, là, qui pourraient correspondre à cette... à cette
définition-là, mais au-delà, à des fins d'accusations criminelles, carrément,
là, comme les motards, etc.
Le Président (M. Schneeberger) :
...
M. Lafrenière : Oui. Merci,
M. le Président. Mon collègue a raison que les organisations policières
connaissent les groupes. Il y a du renseignement, c'est vrai, mais il n'y a pas
de liste présentement. Et avec ce qu'on s'apprête à mettre en place, M. le
Président, on charge une entité dont le travail à temps plein est de faire du
renseignement pour mettre cette liste-là, pour la mettre publique, et là on
verra les noms qui vont y figurer, selon ce qu'on a énoncé tout à l'heure à
l'article 9. Alors, il n'y a pas de liste pour l'instant. Ça va être fait, ça
va être public.
Je vous dirais qu'il y a un sens de
prévention aussi, M. le Président, où les gens vont pouvoir aller voir la liste
des groupes... les groupes, les noms, les acronymes...
M. Lafrenière : ...alors, il y
a un but éducatif aussi, M. le Président, puis un but... un but préventif.
M. Fontecilla : Pour bien
comprendre, les groupes qui... susceptibles de... ou qui seront inscrits sur
cette liste-là ne pourront jamais... ne pourront pas, en fait, être poursuivis
criminellement, criminellement parce qu'ils sont sur cette liste-là? On a... On
va... On va avoir recours à un autre...
Le Président (M. Schneeberger) : ...
M. Lafrenière : La réponse,
M. le Président, est non, oui. Pourquoi non, oui? Pas à cause de la liste, mais
parce qu'ils sont des criminels.
Je recommence mon explication, M. le
Président. Puis je prends pour acquis, peut-être, je me trompe, peut-être que
les Hells Angels vont être sur la liste. Ils pourraient recevoir un constat
parce qu'ils ont mis une patch, un écusson des Hells Angels. Cependant, s'ils
commettent des crimes, ils peuvent être accusés au criminel. Ça va être deux
choses. Mais pas parce qu'ils sont sur la liste.
M. Fontecilla : Donc, la
liste en soi n'est pas une preuve?
M. Lafrenière : J'ai regardé
tout le monde, M. le Président, puis c'est unanime avec la famille, la réponse
est non.
M. Fontecilla : Très bien...
M. Lafrenière : Et c'est pour
ça, M. le Président... Je veux juste terminer cette réponse-là. Puis ça,
tantôt, quand je vous disais : Il y a le Code criminel puis il y a ce
qu'on présente aujourd'hui, ce n'est pas pour rien que j'ai pris mes deux mains
pour faire un geste d'être à part. On ne vient pas agir en droit criminel
aujourd'hui. C'est un règlement que le Québec se donne pour faire la
prévention, M. le Président.
Et je crois comprendre que mes deux
collègues devaient nous quitter un peu plus tôt. Alors, moi, je... Il y aurait
consentement pour suspendre nos travaux, si c'est correct pour les collègues,
M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
fait que c'est ça. Compte tenu de l'heure, nous allons suspendre les travaux
jusqu'à 14 h.
(Suspension de la séance à 12 h 56)
14 h (version non révisée)
(Reprise à 14 h 06)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bon après-midi. Nous sommes de retour à la Commission de l'aménagement du
territoire.
Alors, je... vous rappelle que nous
poursuivons toujours le projet de loi numéro 13, Loi visant à favoriser la
sécurité et le sentiment de sécurité de la population et modifiant diverses
dispositions.
Alors, avant la pause, nous étions
toujours à l'article six. Je ne sais pas s'il y avait d'autres questions.
Député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Oui.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui?
M. Lafrenière : ...le permet,
M. le Président, lorsqu'on a étudié ensemble la première partie du projet de
loi, on avait parlé du registre des délinquants sexuels à haut taux de
récidive. Et je m'étais engagé à remettre aux collègues la description des cinq
membres. Alors, ça nous permet de continuer de travailler, M. le Président,
mais je voulais, juste pour les fins de l'enregistrement, vous confirmer que
vous l'aurez dans Greffier, mais je vais le partager aux collègues
physiquement. Ils auront une copie. Je tenais juste à tenir ma promesse. Chose
dite, chose faite aujourd'hui, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Député
de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Oui, merci,
M. le Président. J'aurais deux... deux éléments à soulever, là. Et le premier
concerne le symbole, l'emblème, l'insigne, la représentation utilisée par l'entité
ou qui lui est associée. Évidemment, l'article nous dit qu'il va y avoir une
entité... une liste d'entités à dessein criminel. Très bien, là. Ensuite, l'article
nous informe que tout symbole associé à cette entité-là est, bien, passible d'être...
d'être... sanctionné, selon cet article-là. La question que je voudrais lui poser,
c'est : Est-ce que, dans la liste des entités à dessein criminel, elle va
être accompagnée des symboles, l'emblème, l'insigne ou la représentation? Vous
savez, M. le Président, on vit dans une société de l'image, là. Il y a... Il y
a des images, il en circule, des symboles, il en circule peut-être plus que
jamais. Et donc il peut y avoir toutes sortes de variantes d'un symbole, de...
etc., etc. Mais est-ce que... On nous dit qu'il va y avoir spécifiquement une
liste d'entités à dessein criminel, le groupe criminel Y, mais est-ce qu'il va
y avoir... Est-ce que ce groupe criminel va être associé à des symboles
spécifiquement dans cette liste-là ou c'est laissé à... C'est... Comment ça va
être déterminé, le symbole, en quelque sorte?
Le Président (M. Schneeberger) : ...
M. Lafrenière : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. Puis, en même temps que le collègue pose la
question, je voudrais m'assurer de ce qui était pour être fait. Puis la liste,
on l'a dit plus tôt aujourd'hui, M. le Président, que cette liste-là était
pourrait être publique aussi, donc les gens vont y avoir accès. Ça va être le
nom de l'entité, M. le Président, qui va figurer sur la liste. Cependant, l'entité,
puis on y fait référence depuis quelques jours déjà, le SRCQ va avoir comme
tâche, justement, de diffuser à l'interne, aux services de police, les
acronymes, les desseins, tout ce qui peut en résulter. Mais, sur la liste, ça
va être le nom de l'entité. Ça fait que, si on prend un cas de figure, là,
qui... au hasard, comme ça, M. le Président, là, Hell's Angels serait
possiblement sur la liste, ce qui en découlerait, support 81, H-A, dessein,
tout ce qu'on peut connaître avec eux, ce serait diffusé par le SRCQ aux
policiers, mais ce ne serait pas sur la liste publique. Ce serait seulement
Hell's Angels...
M. Fontecilla : ...Très bien.
Donc, il va y avoir une liste, comment dire, publique et ensuite il va y avoir
une liste interne avec des emblèmes, des symboles, etc., qui sera... comment
dire, il va y avoir une compilation faite par les corps policiers, là, mais
c'est à la discrétion des corps policiers, ces emblèmes-là, là. Parce
qu'écoutez, on peut jouer au chat et à la souris longtemps, là, c'est-à-dire,
au lieu de H, A, ça peut être cinq lettres plus loin, etc., qui renvoient à la
chose, et puis, voilà, là, ça n'a plus de fin, là. Parce qu'encore une fois, le
symbole, les emblèmes, là, sont infinis, là.
• (14 h 10) •
M. Lafrenière : Oui, M. le
Président. Puis mon collègue le disait plus tôt aujourd'hui, que les gens
s'ajustaient rapidement. Puis, dans le mot «crime organisé», il y a le mot
«organisé», ça fait qu'on sait qu'ils vont trouver d'autres façons de tenter de
contourner. L'information va être mise à jour rapidement, là, par le CRCQ,
cependant, je nous rappellerais un autre point cependant, M. le Président, s'il
devait faire une notion qui serait tellement codée que personne ne les
reconnaîtrait, ils perdraient de... ils perdraient leur but, c'est-à-dire de
faire de l'intimidation, de faire connaître qui ils sont. Ça fait que, oui, ils
vont trouver des façons peut-être de passer à côté ce qu'on veut faire
aujourd'hui, mais le CRCQ va donner l'information aux policiers. Mais je nous
rappelle que leur but quand ils mettent l'écusson, ce n'est pas de se cacher,
sinon ils ne la porteraient pas.
M. Fontecilla : Parfait. Je
pense que c'est intéressant, ce que le ministre nous dit là, c'est parce que
l'article, l'objectif, c'est d'envoyer un message public qui est intimidant en
soi, là, ce n'est pas à des fins d'identification entre eux. Ça, c'est
important. Parce... parce qu'en termes de preuve, là, je suppose, là, si
l'utilisation est faite pour démontrer à un certain public, ou à une victime,
ou, etc., que j'appartiens à telle organisation, et, par conséquent, ce serait
mieux que tu agisses comme je te dis d'agir, là, et non pas pour s'identifier
entre eux avec un code tellement secret, etc., là. Je soumets cette nuance-là
qui me paraît... qui me paraît importante.
M. Lafrenière : Oui, M. le
Président, c'est tellement vrai que mon exemple fictif que j'ai pris, cette
organisation-là a même cru bon en faire une marque de commerce et
l'enregistrer.
M. Fontecilla : Oui, mais
quand on... Tout à fait, et je suis tout à fait d'accord pour... concernant les
Hells Angels, mais il y a toutes sortes d'organisations qui existent
maintenant, qui vont exister dans le futur, etc. Donc, on doit... comment dire,
on légifère pour une organisation, mais on doit, en même temps, légiférer pour
l'ensemble d'organisations qui viendront, là. Il y a d'autres organisations qui
peuvent avoir toutes sortes de... peuvent avoir les deux objectifs,
c'est-à-dire intimider avec un symbole, mais, en même temps, de se reconnaître
entre eux. Et tout dépendamment du moment politique, on va dire, entre
guillemets, entre eux, là, ils vont privilégier une identification ou une
autre.
M. Lafrenière : Oui,
absolument, M. le Président. Puis c'est important, ce que mon collègue dit,
puis c'est pour ça que, tout à l'heure, on va arriver à l'article, parce que ça
va bien, on va arriver à l'article où on dit que ça doit être mis à jour. C'est
clair que cette liste-là doit être mise à jour parce que les gens vont changer.
Il va y avoir des nouveaux groupes. Plus tôt ce matin, avec la collègue de Westmount—Saint-Louis,
on parlait justement de d'autres groupes émergents. Ça fait que c'est clair,
cette liste-là va être mise à jour. Et le but, c'est justement de proscrire le
fait de faire de l'intimidation et de... même d'attirer des jeunes dans leur
membership. C'est ça, le but aussi. On se rappellera les deux buts, hein,
diminuer l'extorsion, l'intimidation et diminuer l'intérêt d'avoir une
allégeance avec ce groupe-là pour les jeunes qui voudraient aller retrouver
cette organisation-là.
M. Fontecilla : Très bien.
Une dernière question concernant cet aspect-là, le ministre m'indique que...
nous informe que l'emblème, l'insigne, la représentation va être... ne sera pas
publique. Mais si jamais il y a une décision... comment dire, un litige, on va
l'appeler comme ça, là, qui se rend devant les tribunaux, est-ce que les corps
policiers, le ministre prévoit que cette liste-là, c'est... comment dire, le
symbole, l'insigne, la représentation sera présentée devant un tribunal et, par
conséquent, va être... ça va être public, là?
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le ministre.
M. Lafrenière : Oui. Merci,
M. le Président. On l'a dit plus tôt, il y a deux volets. Le premier volet avec
le CRCQ, c'est la liste qui va être populée, et qui va être publique. Les gens
vont voir le nom des organisations, des entités qui sont présentes. Et, par la
suite, ce que le collègue dit, exemple, encore là, un cas fictif, une
organisation qui aurait deux lettres dans le dos, HA, et qui voudrait aller
devant le tribunal pour contester le fait qu'ils sont reliés à une entité qui
est criminelle, bien, oui, il y a une preuve qui sera faite par le CRCQ qui
devra venir étaler, si vous voulez, le renseignement qu'on a sur ce groupe-là,
mais on garde ça flexible parce que le collègue a tellement raison, il y a des
groupes qui vont... qui vont s'ajouter, pardon, ça va bouger dans le temps, ça
fait qu'on va être flexible et on veut suivre... on veut suivre tout ça.
M. Fontecilla : Très bien.
Deuxième élément, à deux reprises, à tout le moins, aujourd'hui, là, le
ministre...
M. Fontecilla :
...ministre a dit que ce ne serait pas lui qui va inscrire des entités dans
cette liste-là. Pourtant, dans l'article qui nous est présenté, c'est
clairement identifié comme quoi le ministre va présenter, va... va inscrire le
nom de l'entité sur cette liste-là. Et je cite l'article. Est-ce qu'il prévoit
nous présenter un amendement pour corriger cette... cette notion-là?
Le Président (M. Schneeberger) : ...
M. Lafrenière : Merci, M.
le Président. Non, c'est un arrêté ministériel. Alors, le SRCQ ne pourrait pas
faire un arrêté ministériel, ça va être fait par le ministre de la Sécurité
publique qui sera là. Mais la liste... va être faite par le SRCQ. Je ne veux
pas jouer sur les mots, mais je fais une différence entre le ministre qui
décide de mettre une entité sur la liste et le ministre qui présente la liste,
qui la dépose pour que ce soit public. Ça passe ici.
M. Fontecilla : Excusez-moi,
là, j'ai de la difficulté à... vous avez parlé d'un arrêté ministériel. Là,
ici... ici je lis qu'en vertu du premier alinéa de l'article 8 qu'on
va étudier, là... «L'interdiction prévue au premier s'applique à un objet
identifiant une entité inscrite sur la liste des entités à dessein criminel, en
vertu du premier, de la décision du ministre d'inscrire le nom de l'entité sur
cette liste-là.» Là, le ministre nous dit que ça va être une entité... un arrêt
ministériel, que ça va être les services de renseignements criminels du Québec.
Mais, pourtant, moi, ce que je lis ici, c'est que c'est le ministre qui inscrit
les noms, là... Est-ce que c'est le ministre ou ce n'est pas le ministre?
Grosso modo.
Le Président (M. Schneeberger) : ...
M. Lafrenière : Oui.
Merci... merci beaucoup, M. le Président. Puis, depuis le début, on le fait, on
se promène d'un article à l'autre, ça fait que ça ne me dérange pas. Ça va nous
aider à comprendre l'ensemble des articles puis ça va nous permettre d'aller
plus vite par la suite. On lit plus loin que : «Toute décision du ministre
est publiée à la Gazette officielle du Québec.» Alors, oui, le ministre
est lié par la recommandation de la composante du milieu policier, c'est-à-dire
le CRPQ... SRCQ. Je m'excuse. Il ne peut décider de son propre chef d'inscrire
une entité sur la liste ou de la retirer. C'est vraiment ce que le SRCQ va
présenter. Le ministre le dépose à la Gazette officielle.
M. Fontecilla : Mais
dans l'article tel qu'on le lit, il n'y a pas cette mécanique-là. Pourquoi ne
pas l'inscrire... si je comprends bien le ministre, c'est... c'est le service
de l'enseignement criminel du Québec qui produit une liste qui est, je ne sais
pas, validée et ensuite présentée par et inscrite à la... publiée à la Gazette
officielle du Québec.
Le Président (M. Schneeberger) : ...
M. Lafrenière : ...Président.
Je vais lire l'article 8.
M. Fontecilla : OK.
Allez-y.
M. Lafrenière : Je pense
que ça va nous faciliter la vie, parce que je vois qu'on se promène d'un
article à l'autre. Alors, je pense qu'à la lecture, on va prendre un instant,
on va le décanter puis vous allez voir, c'est assez clair : «Le ministre
inscrit le nom d'une entité sur la liste des entités à dessein criminel visées
pour l'application de l'article 6 ou l'en retire sur recommandation
motivée d'une composante du milieu policier dont le mandat est en lien avec la
gestion du renseignement criminel qu'il désigne.» Et là, il faut bien comprendre
qu'on parle du SRCQ : «Toute décision du ministre est publiée à la Gazette
officielle du Québec. La composante du milieu policier désignée peut
consulter tout corps de police aux fins de faire toute recommandation au
ministre en application de la présente section.»
Alors, je reviens à l'explication. Le SRCQ
détermine le groupe, et le ministre va le déposer à la Gazette officielle. Ça
ne peut pas être fait par le SRCQ à la Gazette officielle.
M. Fontecilla : Très
bien. Ça ne peut pas être fait... Expliquez-moi la mécanique institutionnelle.
C'est le ministre qui peut inscrire quelque chose sur la Gazette officielle
du Québec pour une composante?
M. Lafrenière : ...la
réponse est oui.
M. Fontecilla : Très
bien. Le ministre dit que la composante du milieu policier désigné... Quelle
est la mécanique pour désigner formellement cette... cette composante-là?
Est-ce que c'est le ministre qui dit, bien, ça va être le service de police de
Longueuil, ou ça va être le Service du renseignement criminel du Québec? Quelle
est la mécanique qui sert à désigner cette composante-là?
Le Président (M. Schneeberger) : ...
M. Lafrenière : Oui.
Merci, M. le Président. Je l'ai dit clairement, ce n'est pas un service de
police, c'est le SRCQ. La raison pour laquelle je le dis, il n'y est pas écrit,
c'est... on a une mécanique à faire de notre côté pour qu'il y en soit désigné
puis que ce soit son mandat. Mais ce sera le Service du renseignement criminel
du Québec et non pas une... et non pas un service de police. Ça fait que, juste
pour... m'assurer que mon collègue comprenne ce que ça veut dire. Puis j'ai été
au renseignement pendant une période de temps de ma vie. Alors, on a des
policiers qui sont prêtés de plusieurs entités qui sont là, qui font une
composante. On s'assure d'avoir de l'information de vraiment partout, de ne pas
y aller avec une sûreté municipale ou la Sûreté du Québec ou un autre corps de
police. C'est vraiment, si vous voulez, une composante mixte. Et c'est pour ça
que ça allait de soi, M. le Président.
M. Fontecilla : Très
bien. Le ministre est catégorique, ça va être le Service du renseignement
criminel du Québec...
M. Fontecilla : ...mais
pourquoi ne pas l'inscrire? Pourquoi ne pas l'inscrire formellement dans la
loi? Pourquoi laisser cette... comme une situation de floue, comme quoi...
comme si le ministre pouvait désigner une composante qui n'est pas... qui est
plutôt vague comme terme, hein?
M. Lafrenière : ...M. le
Président, oui, excusez-moi, je me suis retourné vers la famille, que j'aime
bien décrire, et on peut demander à nos légistes, on sait à quel point ils
trépignent d'impatience de témoigner à tour de rôle. Mais sinon, je vais
prendre une première... une première tentative, puis mon collègue me le dira,
c'est que c'est un... c'est comme une unité mixte, si vous voulez, M. le
Président, mais il n'y a pas d'existence légale du SRCQ. Alors, c'est un groupe
qu'on va... c'est comme n'importe quelle unité mixte qui existe, les policiers
sont là, ils sont prêtés, mais on ne peut pas y faire référence dans le cadre
de loi, mais avec toute tentative de volonté... Ah! je vois que mon collègue
est très d'accord, alors, M. le Président, on pourrait faire témoigner une de
nos légistes.
• (14 h 20) •
M. Fontecilla : Je veux
comprendre.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
alors... je ne sais pas...
M. Lafrenière : C'est à tour
de rôle.
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, madame, excusez-moi, je ne connais pas votre nom. Veuillez vous... Bien,
premièrement, consentement de la table?
Oui. Alors, veuillez vous présenter par
votre nom et titre, s'il vous plaît.
Mme Dufour (Julie) : Julie
Dufour, de la Direction des affaires juridiques pour le ministère de la
Justice. En fait, on ne peut pas désigner le SRCQ directement dans la loi parce
que le SRCQ, c'est... c'est simplement une entité administrative, là, qui n'a
pas d'existence dans notre corpus législatif. Donc, si on le désignait dans la
loi, on ne saurait pas à quoi ça réfère. Puis, pour que la loi reste stable,
bien, c'est mieux d'utiliser un terme qui est général. Le ministre, lui, va
pouvoir prendre une décision pour désigner le service de renseignement
criminel. Si jamais le service de renseignement criminel, qui n'existe pas dans
la loi, change de nom éventuellement, bien, le ministre aura juste à changer sa
décision, mais on n'aura pas besoin de changer la loi. C'est pour ça.
M. Fontecilla : ...donc, elle
n'a pas d'existence... c'est une entité administrative, n'a pas d'existence
légale, mais on... formulé, mais en même temps, on dit une composante, c'est ce
n'est pas plus plus spécifique que ça. Et moi, ce qui m'intéresse, c'est de
formaliser les choses en quelque sorte. Vous avez parlé, M. le ministre, d'un
arrêt ministériel. Est-ce qu'il va y avoir une décision publique un moment...
un moment donné, qui dit : Le ministre de la Sécurité publique désigne
telle instance, en l'occurrence le service de renseignement criminel du Québec,
pour faire cette liste-là? Ou ça va rester sur... ça reste dans le vague?
Mme Dufour (Julie) : Ça ne
peut pas rester dans le vague, là, quand même. Le ministre, lui, doit faire une
action pour désigner le service de la manière qu'il décidera de le faire, là, il
peut prendre une simple décision, pas nécessairement publier à la Gazette, mais
il peut quand même la rendre publique après, quand elle sera prise, sa
décision. Après, il pourra changer l'entité... la composante, en fait, si
nécessaire.
M. Lafrenière : ...pour
compléter la réponse de maître, merci beaucoup, je pense que ça fait... d'après
moi, je dois être rendu à peu près à 12 fois, puis je m'engage d'ici la
fin de l'étude du projet de loi de l'utiliser minimalement un autre
12 fois, le nom du SRCQ, et ce n'est pas très contraignant, M. le
Président, pour peu importe qui va être assis dans cette chaise-là pour le
futur, c'est l'entité de choix, ce sont les spécialistes du renseignement
criminel. Je comprends très bien ce que mon collègue dit, puis je suis... vous
savez comment j'aime la clarté, moi aussi, mais là on arrive avec une étape
légale, où on dit : Bon, bien, c'est une entité administrative, ce n'est
pas comme un corps de police qu'on peut désigner, mais je vous dirais, M. le
Président, je vois très mal comment quelqu'un pourrait désigner un autre
service de police que l'entité qui existe, c'est-à-dire le SRCQ.
M. Fontecilla : Encore une
fois, et malheureusement le ministre n'est pas éternel dans son... Et,
aujourd'hui, le ministre nous a dit 12 fois il va nous le dire un autre 12
fois que c'est le service de renseignement criminel. Mais, après-demain, il va
y avoir le quatrième ministre de la Sécurité publique après lui, qui peut très
bien dire : Bien, ce n'est plus le service de renseignement pour je ne
sais plus quelle raison, ça va être autre chose, une autre composante, la
police de Longueuil, etc., etc. Donc, on nous... Et c'est quand même important
parce que ça fait... ce service-là va produire une liste officielle qui, du jour
au lendemain, selon la décision du ministre, peut... peut changer. Aujourd'hui,
c'est... Et il peut y avoir des décisions, comment dire, controversées, en tout
cas, certains groupes peuvent recourir au... au système judiciaire pour
contester et le ministre, là, bon, mais là, aujourd'hui, ça peut être telle
entité, telle composante, demain matin, ça peut être une autre qui produit des
listes des groupes, là, qui sont passible de tomber sous la...
M. Fontecilla : ...juridiction
de ces articles-là. Il me semble qu'il y a une... comment dire... il y a... on
ouvre la porte à une dose d'arbitraire dans cette... dans ce domaine-là. Ce
serait mieux de formaliser les choses. Je ne sais pas... je ne sais pas
comment, hein? Parce qu'on me dit que le service de renseignements criminels du
Québec est une instance administrative. Mais il n'y aurait pas... est-ce qu'on...
c'est-à-dire, il n'y a pas un précédent où est-ce qu'on... on renvoie à une
instance administrative la responsabilité légale de faire quelque chose? Je
pose la question.
Le Président (M. Schneeberger) :
...
M. Lafrenière : Oui, merci.
Merci beaucoup, M. le Président. Puis je l'avais dit 12 autres fois, je l'ai
dit une fois, ça fait que je vais tomber à 10. Le CRCQ, pourquoi je suis si à
l'aise de le répéter? Je vais relire avec vous l'article 8, puis je veux dire,
on ne peut pas être plus précis que ça. Là, on dit : «Le ministre inscrit
le nom de l'entité sur la liste des entités à desseins criminels visées par
l'application de l'article 6 ou l'en retire sur recommandation motivée», et,
attention, c'est là que ça arrive, «d'une composante du milieu policier dont le
mandat est en lien avec la gestion du renseignement criminel.» M. le Président,
je suis d'accord avec mon collègue, on dit... bon, écoutez, on n'a pas marqué
«CRCQ», sauf que la seule entité qui s'occupe de la gestion du renseignement
criminel aujourd'hui, c'est la CRCQ. Je ne sais pas si je réponds assez? Pas
directement? Là, je suis rendu à neuf fois.
Ça fait que je comprends ce que mon
collègue dit, puis moi aussi, je veux la même chose, puis je veux qu'on soit
béton, et tout. Mais admettons, M. le Président, qu'un autre ministre est assis
ici plus tard, puis il décide, lui, que la CRCQ, pour, peu importe la raison,
ça n'existe plus, puis c'est la Sûreté du Québec ou une autre entité qui gère
le renseignement criminel avec ce nouveau mandat, bien, on n'aurait pas besoin
de se rasseoir ici, M. le Président, on pourrait continuer d'opérer. Mais c'est
écrit clairement. Quand je dis... je vais le relire dans cet ordre-là, là, «une
composante du milieu policier», donc ça ne peut pas être une autre organisation
de bienfaisance, ou quoi que ce soit, «dont le mandat est en lien avec la
gestion du renseignement criminel». C'est le seul organisme présentement. M. le
Président.
M. Fontecilla : Je n'ai pas
d'autres questions.
Le Président (M. Schneeberger) :
...oui, députée de D'Arcy-McGee. Bonjour.
Mme Prass : ...M. le
Président. Quels vont être les critères par lesquels le... SRCQ va établir
quels sont les groupes qui vont être sur la liste?
M. Lafrenière : Oui, merci,
M. le Président. On va le répéter, parce que c'est important pour les gens qui
sont à la maison. On a fait un petit bout de travail tantôt là-dessus, à
l'article 9. C'est toujours bon de répéter, puis ça va nous permettre d'avancer
rapidement après.
Alors : «Le nom d'une entité peut
être inscrit sur la liste des entités à desseins criminels en vue de lutter
contre le sentiment d'insécurité ou l'attractivité qu'elle peut susciter aux
conditions suivantes.» Première condition, M. le Président, «des membres de
l'entité ou des personnes qui y sont associées ou liées sont actifs sur le
territoire du Québec». Deuxième condition, «il existe des motifs raisonnables
de croire que les membres de l'entité ou des personnes qui y sont associées ou
liées poursuivent, individuellement ou collectivement, un dessein criminel en
commettant ou en tentant de commettre des infractions criminelles, en
participant ou en collaborant à la commission de telles infractions, ou en
facilitant ou en faisant la promotion de la commission de telles infractions».
Troisième condition, M. le Président, «des membres de l'entité ou des personnes
y sont associés ou liées sont susceptibles d'exposer à la vue du public un
symbole ou un nom visé au premier article... au premier alinéa, pardon, de
l'article 6.» Ça fait que c'est les trois conditions, M. le Président.
Mme Prass : D'accord. Donc,
je vous donne le scénario des néonazis et swastika, parce qu'on sait que, par
exemple, il y a de la... trafic de... ils sont impliqués, par exemple, dans le
trafic de drogue. Est-ce que... Bien, deux questions. Premièrement, s'il y a
des entités qui ne sont pas sur la liste dont le ministre trouve... devraient
être sur la liste, est-ce qu'il peut faire une recommandation à la SRCQ pour
l'ajouter? Et, je vous demande, l'exemple du swastika et des néonazis, qui...
On a parlé d'un sentiment d'insécurité. Bien évidemment, ça amène un sentiment
d'insécurité, et le fait que c'est... c'est du crime organisé. Donc, je vous
pose la question.
M. Lafrenière : Oui, merci,
M. le Président, puis merci à la collègue pour sa question, parce qu'elle est
importante, puis je pense qu'on va éclaircir quelque chose. Je comprends ce que
ma collègue dit, puis, aujourd'hui, on me fait confiance, puis on a un bon
lien. Mais imaginons, dans un futur, qu'il y ait quelqu'un d'autre qui est
assis ici qui déciderait de demander au CRCQ de mettre le nom d'une entité
politique, le nom d'un groupe qui a des visions différentes, que le ministre
n'aime pas, ou que son parti politique aime pas. Ce serait une dérape, M. le
Président. Alors, le CRCQ, on veut que ce soit eux qui soumettent la liste. On
ne veut pas qu'il y ait d'interférence politique, on ne voudrait pas... Puis,
présentement, on est toutes des bonnes personnes, puis je sais que mon collègue
dit souvent : Il faut penser au futur, mais, dans un futur, d'avoir
quelqu'un ici qui prendrait la décision qu'un groupe ils ont des propos qui le
dérangent un peu, puis de les mettre sur une liste, comme ça, ce serait
vraiment dangereux, M. le Président. Alors, c'est le CRCQ qui va le soumettre.
Mais je veux rassurer ma collègue. Pour
avoir travaillé aux renseignements moi-même pendant deux ans, les gens sont
bien à l'affût de ce qui se passe et ils ne s'empêcheront pas de rajouter des
groupes, si ça correspond aux trois critères qu'on leur donne là. Mais je pense
que ma collègue va comprendre que le danger, ce serait qu'un individu, un parti
politique décide de rajouter des gens sur cette liste-là. Ce serait vraiment
dangereux.
Mme Prass : Et dans...
Mme Prass : ...même sens.
Est-ce que des membres de la population peuvent faire des suggestions, par
exemple à la SRCQ, qui prendrait la décision finale, mais les sensibiliser à la
réalité que certaines personnes vivent sur le terrain? Donc, question
d'intimidation, question de sentiment d'insécurité, etc. Est-ce que la
population peut avoir un mot à dire? Pas dans la décision finale, mais peut
suggérer des groupes compte tenu de la réalité qu'ils vivent?
Le Président (M. Schneeberger) :
...
M. Lafrenière : Oui, merci, M.
le Président. Directement, non, mais indirectement, oui. Puis je vais vous dire
comment, avec le quatrième pouvoir. C'est très clair, quand il arrive des
événements, quand les gens se sentent en situation d'insécurité, parce qu'il y
a des nouveaux groupes ou des tendances, hein, on parle de groupes, des
entités. Ça peut être une tendance. Clairement, par le biais des médias, de
sensibiliser par le biais des oppositions, par le biais des élus dans cette
Assemblée, de venir le dire pour que ça ressorte publiquement, c'est très clair
que le CRCQ va suivre ce qui se passe. Mais, encore une fois, je comprends très
bien ce que ma collègue dit, puis je viens... je viens vraiment de mettre un
mur entre les deux, un mur que tout le monde va devoir respecter. Ça fait que
oui, d'être entendu, mais de parler directement puis tenter d'influencer, moi,
je ne voudrais pas vivre dans un monde comme ça.
• (14 h 30) •
Mme Prass : Non, mais on veut
quand même que la population puisse s'exprimer et puissent...
M. Lafrenière : Absolument,
ils vont le faire puis ça va être entendu, M. le Président, mais directement,
je pense qu'on aurait tous un malaise.
Mme Prass : D'accord. Et là on
parle d'enseignes, d'objets, etc. Il y a certaines entités criminelles, par
exemple les Bloods et les Crips, qui n'ont pas de... oui, mais aussi c'est des
couleurs. Des fois, c'est juste porter un bandana rouge ou un bandana bleu,
pour des gangs, justement, qui s'identifient avec des couleurs plutôt que des
symboles, mais qui pourraient être inscrits sur la liste, comment est-ce qu'on
fait la distinction pour les repérer dans... avec ce qui est proposé dans le
projet de loi?
Le Président (M. Schneeberger) :
...
M. Lafrenière : ...M. le
Président, puis ma collègue se joint à nous. On a eu une bonne partie de la
discussion là-dessus en disant : Le danger de tomber dans les... Ce que
j'appelle les apparences vestimentaires. Puis ce qu'on vous propose ici, M. le
Président, ça ne vient pas tout régler, on l'a dit dès le départ, on y va pour
l'attractivité. On veut contrer l'attractivité... ne pas la favoriser, mais la
contrer. On veut contrer aussi le phénomène de faire de l'extorsion. Est-ce que
ça va tout couvrir? Puis tantôt, quand ma collègue parlait, j'ai pris la peine
de faire un geste des doigts que je ne referai pas, qui n'était pas méchant
envers elle du tout, c'était pour identifier comment les groupes
s'identifiaient entre eux autres. On ne réglera pas ça, M. le Président. On ne
pourra pas intercepter quelqu'un, l'interpeler ou donner un constat parce qu'il
a fait un signe. Les signes sont bien connus dans le milieu des gangs de rue,
des gangs émergents, exemple. Ça ne vient pas régler ça, M. le Président.
Et le danger à ça, parce qu'on a... on en
a parlé quand on a consulté, c'est... Exemple, si on arrivait avec quelque
chose de très large en disant «le bleu», on sait qu'il est relié à un groupe
que je ne nommerai pas, mais là on embarque dans une... dans une approche qui
pourrait avoir une dérive ou quelqu'un qui porte un chandail bleu pourrait se faire
intercepter puis dire : Tu n'as pas le droit d'avoir un chandail bleu à
tel coin de rue. Et on n'est pas là, M. le Président. On est très, très,
très... Je mets tout le temps le signe du petit carré de sable, je mets ça très
serré, parce que, oui, c'est comme... tu sais, on s'entend que la liberté
d'expression, elle est importante, mais là ce qu'on cible, ce n'est plus la
liberté d'expression du tout, c'est des gens qui utilisent ça à mauvais
escient.
Mme Prass : Également, comme
ça a été mentionné, je pense, plus tôt, les Hells Angels, ils ont quand même...
C'est quand même une marque de commerce reconnu au Canada, et ils peuvent
continuer à vendre leurs marchandises sur des sites Web, que les gens peuvent
commander, même des sites comme Temu qui vend plein de reproductions puis des
«knock-off», la possibilité qu'eux, ils vont continuer à vendre des
«knock-off», des... de la marchandise des Hells Angels. Donc, je commande mon
chandail et je le porte chez nous, derrière les portes closes. Est-ce que j'ai
le droit de le porter? Est-ce que j'ai le droit de l'acheter? Comme c'est
disponible en ligne avec une marque de commerce reconnue au Canada. Et
allez-vous avoir des conversations avec vos homologues fédérals, justement?
Parce que, si c'est une marque de commerce qui est reconnue, mais que là, c'est
interdit au Québec, il y a une certaine contradiction.
Le Président (M. Schneeberger) :
...
M. Lafrenière : Oui, merci, M.
le Président, puis on a eu la discussion plus tôt, sur la marque de commerce,
puis on va... on va le répéter, ce n'est pas parce que la marque de commerce
est enregistrée que ça devient légal et que ça devient correct pour autant de
l'utiliser. Et ma collègue amène un bon point, par exemple, si demain matin...
Puis là je fais attention, j'ai tout le temps le malaise de donner des idées,
mais les gens vont les avoir, les idées eux-mêmes, là, de décider de vendre ça
sur le Web, est-ce que ça devient... est-ce que c'est une facilité pour les
policiers d'intervenir? La réponse, c'est non. Les gens vont pouvoir l'acheter,
se le faire livrer, mais ils ne pourront jamais le porter à la vue du public.
Alors, si on revient à la base, que le but ultime de tout ça, c'est quoi? C'est
d'être capable d'intimider, d'être capable de faire de l'extorsion parce qu'on
le porte au vu et au su de tout le monde. Est-ce que les policiers vont aller
dans la maison des gens pour voir quel chandail, quelle veste qu'ils ont? La
réponse, c'est non. Mais s'ils le portaient à l'extérieur, peu importe où il
l'a acheté, peu importe que ce soit une marque qui soit enregistrée, notre
règlement est très clair. Et, plus est, M. le Président, tantôt, on va en
parler à l'article 14, mais, au niveau des amendes pour une personne
physique, c'est-à-dire pour un...
14 h 30 (version non révisée)
M. Lafrenière : ...quand on
arrive avec un commerce, pardon, l'amende peut aller de 3 000 $ à 15 000 $,
dans les autres cas, quand ce n'est pas une personne physique. Alors, tout le
monde connaît le fameux camion qui se promène d'événement en événement avec le
«Support 81», où ils vendent des vestes, des chandails pour supporter un
groupe. Eux auraient des amendes de 3 000 $ à 15 000 $.
Alors c'est assez dissuasif pour ceux qui vont vouloir le vendre, ceux qui vont
vouloir l'afficher et le mettre dans leur commerce au vu et au su de tout le
monde. Juste ça, pour un commerçant, serait de 3 000 $ à 15 000 $.
Mme Prass : ...exemple,
quelqu'un fait un don de vêtements à une friperie, y compris un t-shirt des
Hell's. Est-ce que la friperie va être tenue responsable parce qu'ils vendent
sans... sans nécessairement savoir que c'est une infraction à la loi, sans
nécessairement reconnaître c'est quoi, au juste? Est-ce que la friperie, par
exemple, peut être en infraction sans savoir qu'elle l'est?
M. Lafrenière : J'ai compris.
J'ai compris, M. le Président. Puis je comprends, on veut aller dans les cas d'exception.
Puis c'est important parce que souvent le diable est dans le détail.
Mme Prass : C'est des
scénarios. C'est ça.
M. Lafrenière : Je le
comprends. Là, finalement, ce qui est de bon, M. le Président, tantôt, ça va
aller vite parce que toutes les articles, on va en avoir jasé. Je pense, le
sept, c'est seul qu'on n'en avait pas parlé. Ça fait que j'ai l'impression que
tantôt, on va être comme un «auction», là, ça va aller très... une mise aux
enchères, ça va aller très vite.
Je vais lire l'article sept, si vous me
permettez, M. le Président : «Il est fait... Il est fait exception, au
premier alinéa de l'article six, dans les cas où un objet identifié à une
entité inscrite sur la liste des entités à dessein criminel est, de bonne foi
et de manière raisonnable, exposé à la vue du public dans l'un des contextes
suivants :
«1 dans un contexte journalistique.
On comprendra, M. le Président, que si un
journaliste voulait faire un reportage et que d'aventure, dans ce reportage-là,
il devait l'exposer puis démontrer la veste d'un groupe criminalisé, on a une
exception.
«2 dans un but éducatif ou pédagogique.
Alors, encore une fois, formation des
policiers du SRCQ, il pourrait l'utiliser.
«Troisième contexte, dans un contexte
artistique ou culturel, dans la mesure où l'exposition de cet objet est
nécessaire dans le cadre de représentations de l'exposition, la diffusion ou de
la distribution d'une œuvre.
On le comprendra aussi. Dans le cas
judiciaire, on se retrouve devant un procès dans un palais de justice. On ne
pourra pas accuser les gens d'avoir exhibé une veste.
«4 tout autre contexte où l'exposition de cet objet
est manifestement pertinente ou dans... ou pour l'intérêt public.»
M. le Président, vous savez, quand on a
parlé des manifestations avec le collègue de Laurier-Dorion, on a parlé du
pouvoir discrétionnaire du policier aussi. Puis ce que ma collègue apporte
comme... comme exemple, je pense, c'est un exemple parfait du pouvoir
discrétionnaire du policier qui pourrait arriver dans un endroit. Mais... Puis,
on s'entend, les policiers n'iront pas fouiller dans les friperies pour voir s'il
y a des chandails à l'effigie des Hell's. Mais un citoyen de bonne foi pourrait
rentrer dans le commerce puis dire : Écoutez, j'ai vu un chandail, parce
que la personne n'a jamais vu ça. Mais là le policier va avoir son pouvoir
discrétionnaire. Puis s'il ne l'avait pas, M. le Président, parce que, là, on
peut continuer avec des si, s'il ne l'avait pas, que ça se retrouverait devant
les tribunaux, on verra bien quelle serait la décision qui serait prise. Mais
on peut en douter largement.
Mme Prass : ...de la discrétion
du policier. Mais je veux juste noter que dans l'article sept, les contextes
suivants, il n'y a pas de vente au détail qui est... qui est compris. Donc, l'exemple
que je vous ai donné ne tombe pas nécessairement...
M. Lafrenière : C'est le...
Mme Prass : C'est ça.
M. Lafrenière : Je voulais...
Je voulais démontrer, M. le Président, parce qu'on ne l'avait pas lu encore,
puis c'est... J'avais beaucoup d'envie de le lire, mais je donnais tous les
exemples où il n'y avait pas d'accusation. Mais, en plus de ça, il y a toujours
le pouvoir discrétionnaire.
Mme Prass : Pouvez-vous me
dire ou indiquer que la police a un pouvoir discrétionnaire justement à cet
égard?
M. Lafrenière : C'est... En
bon français, c'est de la common law, M. le Président. C'est établi. C'est
clair. Pour les policiers, c'est clair, le pouvoir discrétionnaire.
Mme Prass : Mais est-ce que c'est...
C'est... C'est inscrit où dans la loi?
M. Lafrenière : Ce n'est pas
inscrit dans l'article de loi que je vous présente aujourd'hui, comme ce n'est
pas écrit dans tous les articles de loi, M. le Président.
Mme Prass : Donc, on prend
pour acquis qu'ils sont sur...
M. Lafrenière : On ne prend
pas pour acquis. Je vous ai dit : C'est de la common law. Je peux demander
à un légiste de nous expliquer la common law. Là, on va avancer dans notre
cours de légiste aujourd'hui, mais c'est de la common law.
Mme Prass : Oui, je voudrais
l'explication, s'il vous plaît.
M. Lafrenière : On est rendu
au tour de? Ce ne sera pas long, M. le Président.
Mme Potvin (Noémi) : Oui.
Bonjour. En fait, le pouvoir discrétionnaire du policier, c'est un concept, là,
justement de common law. La common law, c'est... c'est quelque chose qui est
développé par les pratiques au fil des années. Ça a été reconnu par les
tribunaux canadiens depuis très longtemps. Il y a aussi un arrêt, l'arrêt
Beaudry, qui est venu, il y a plusieurs années, expliquer, là, l'étendue du
pouvoir discrétionnaire du policier. Il l'a dans toutes les circonstances, donc
ce n'est pas quelque chose qui est prévu dans les lois spécifiques. Vous ne
verrez jamais ça, en tout cas dans une loi au Québec, là, de dire : «Le
policier à la discrétion de». Ce n'est pas quelque chose qu'on rédige. Puis
je... je n'ai pas vraiment d'explication supplémentaire à ça, là. C'est... Ça
fait vraiment le tour.
Mme Prass : Donc, on est pour
l'article en question, mais comme j'ai dit, je pose la question. Donc, si la
police a un pouvoir discrétionnaire, il n'y a pas besoin de cette loi pour
aller voir quelqu'un et dire : Vous portez un signe qui représente...
Mme Prass : ...non, je pose la
question...
Le Président (M. Schneeberger) : ...M.
le Président, parce que vous comprenez qu'un policier... si on disait que le
policier, vu qu'il a un pouvoir discrétionnaire, peut agir comme il veut... je
ne pense pas qu'on veut ça, là. Je veux bien comprendre la question.
Mme Prass : Non, bien, c'est
ça, moi, je veux comprendre l'encadrement du pouvoir discrétionnaire, justement.
M. Lafrenière : Il y a un
article, et le pouvoir discrétionnaire n'est pas d'inventer une loi qui
n'existe pas. Le pouvoir discrétionnaire du policier, à l'inverse, c'est de
dire : Dans des circonstances exceptionnelles, je ne l'applique pas.
Sinon, on ne voudrait pas qu'à la discrétion de chacun des policiers, il y en a
15 000 au Québec, que chacun décide ce qui, pour lui, est correct ou n'est
pas correct. Et on comprend que c'est des cas d'exception, mais je veux
rassurer la collègue, encore une fois, s'il fallait, d'aventure, que la
personne qui a une boutique qui vend des vêtements usagés ait un chandail comme
ça puis se retrouve devant les tribunaux, on peut s'imaginer quel serait le
résultat.
• (14 h 40) •
Mme Prass : Et je comprends
que, dans les dernières années, justement, la police a pu identifier des
membres de gangs criminels. Par exemple, on a entendu à plusieurs reprises, il
y a un bunker des Hell's, puis les membres arrivent, la police n'est pas loin,
prend des photos des différents membres puis ils peuvent les identifier,
justement, parce qu'ils portent des logos, des emblèmes de cette gang-là.
Est-ce que ça ne va pas faire en sorte que ça va rendre cette tâche plus
difficile, d'identification? Parce que, là, les criminels, justement, n'auront
plus le droit de porter ces dessins-là. Donc, est-ce que ça ne va pas rendre le
travail des policiers de les identifier en amont plus difficile?
Le Président (M. Schneeberger) :
...
M. Lafrenière : Oui, merci,
M. le Président. C'est une très bonne question. La réponse est non, parce qu'on
a des beaux albums de famille de ces gens avec et/ou sans patch, mais la
question est bonne.
On se rappellera que le but premier de
notre... de notre loi, aujourd'hui, ce qu'on présente, c'est de venir diminuer
ou de réduire l'attractivité de ces groupes criminels avec des jeunes et...
d'un autre côté, de faire de l'extorsion. Alors, oui, si ma collègue me demande :
Est-ce qu'il peut y avoir un inconvénient? C'est vrai, mais quand je regarde la
balance des pour et des contre, il y a beaucoup plus de pour que de contre. Ça
va demander à nos policiers de regarder d'autres attributs physiques, de
confirmer que c'est bien la bonne personne, mais je veux la rassurer à chaque
fois qu'il y a un événement tel un mariage, tel un «first run», à chaque fois
qu'il y a un déplacement, on se fait... les policiers, pardon, se font plaisir
de remettre leurs albums photos à jour pour avoir des beaux portraits de ces
gens-là.
Mme Prass : Parce qu'on
s'entend que les photos, les albums photos sont de membres existants ou membres
qui existaient. Pour les futurs membres, ça va être plus difficile.
M. Lafrenière : Ah! puis il y
a beaucoup de changement. M. le Président, je peux vous dire que leurs
ressources humaines fait en sorte qu'il y a beaucoup de changement aussi. Je le
dis en restant très sérieux, M. le Président.
Mme Prass : Et vous avez
mentionné plus tôt que la liste des entités va être rendue disponible dans la Gazette
officielle, mais qu'uniquement les policiers auraient accès aux images.
M. Lafrenière : Ce que je
disais, M. le Président, un petit peu plus complexe que ça, c'est que la liste
va exister, les gens vont pouvoir la consulter. Cependant, comme ce sont des
gens qui sont... qui se débrouillent... comme je dis souvent, dans le mot
«crime organisé», il y a le mot «organisé», ils vont sûrement trouver des
subterfuges, des façons de se faire reconnaître ou connaître. Alors le SRCQ va
s'assurer, avec les organismes policiers, de mettre à jour les acronymes, ce
qui est utilisé comme dessin. S'ils décidaient de changer l'aile traditionnelle
pour la mettre dans l'autre sens, tout ça serait mis à jour pour pouvoir
refléter la réalité, M. le Président.
Mme Prass : Et, justement,
est-ce que ce ne serait pas utile que le public ait accès à ces images-là,
également? Par exemple, je suis un parent d'un adolescent, je vois que mon
enfant porte un certain chandail, je ne sais pas si c'est lié à un gang
criminel ou non et je voudrais aller consulter, justement, les images que la
police, que les forces de l'ordre ont entre les mains, justement, pour
déterminer si ça représente un dessin qui serait illégal dans ce sens-là. Donc,
pourquoi est-ce que le grand public ne pourrait pas avoir également accès à ces
images qui leur permettraient, eux aussi, d'identifier ces personnes-là et
potentiellement, justement, faire une dénonciation auprès des forces de
l'ordre?
Le Président (M. Schneeberger) :
...
M. Lafrenière : Oui, M. le
Président. Le but étant d'être le moins limitatif possible, parce que, si on
faisait une liste en disant : Voici, il faudrait la remettre à jour
fréquemment. Mais je tiens à rappeler deux éléments à la collègue. Tantôt,
quand j'ai lu l'article 7, j'ai rappelé que, dans un but journalistique, il y
avait la possibilité pour les journalistes de mettre au vu et au su, exemple,
un logo, une image, le nom d'un groupe criminel. Puis je veux nous rappeler une
autre chose, ici, pour on en a parlé plus tôt, en l'absence de ma collègue...
mais bref, on en a parlé plus tôt, excusez-moi, parce que je ne suis pas
supposé de dire que quelqu'un n'est pas là, ça fait que je fais attention,
mais, bref, on a parlé avec un autre collègue qui n'avait pas la même coupe de
cheveux et, quand on a parlé de cette réalité-là, on s'est rappelé à quel point
les groupes criminalisés nous attendent déjà en disant qu'ils veulent nous
amener en cour avec ce règlement-là, parce qu'ils tiennent à leurs noms, ils
tiennent à leurs images. Alors, oui, ils vont peut-être essayer de trouver des
petits subterfuges, mais, au final, ils y tiennent énormément. La preuve, ils
sont prêts à aller en cours avec nous pour rappeler qu'ils ont le droit de
porter ça.
Alors je fais attention, je dis : Il
va y avoir des dérivés, mais, entre ça puis faire quelque chose de tellement
secret que personne ne va les reconnaître, il n'y a plus aucun avantage...
M. Lafrenière : ...s'ils
mettent un signe que personne ne connaît, on va être tous très heureux de ça,
parce qu'ils ne feront pas d'intimidation puis ça ne dérangera pas grand monde.
Mme Prass : Et, justement,
pour la question des recours potentiels, est-ce que vous avez fait un avis
juridique? Parce que, là, on voit que dans d'autres provinces, par exemple...
il y a eu des situations à Saskatchewan, par exemple, où ils ont mis une loi
similaire de l'avant, qui a été retournée par les cours. Donc, je suis curieuse,
justement, avec cet exemple-là, est-ce qu'il y a eu un avis juridique, et, pour
vous, quel est le potentiel que ce qui s'est produit au Saskatchewan se
produise au Québec?
M. Lafrenière : M. le
Président, on en a parlé un peu plus tôt aujourd'hui, on s'est inspirés des
meilleures pratiques, puis on s'est aussi inspirés des moins bonnes pratiques.
Ce que je veux dire par là... En Nouvelle-Zélande, ça a très bien fonctionné,
on s'est inspirés de leurs pratiques. En Saskatchewan, ils ont eu des ratés, on
s'est assurés de ne pas prendre le même chemin qu'eux, mais je ne donnerai pas,
M. le Président, devant les gens qui nous écoutent, les points qu'on n'a pas
voulu reproduire, parce que ce serait un petit peu de donner des moyens de
défense à ces groupes criminalisés.
Mme Prass : Donc, selon
l'avis juridique que vous avez reçu, c'est à partir de ces données ou ces
informations que vous avez choisi de procéder de façon différente.
M. Lafrenière : Ce n'est pas
avec ma collègue qu'on a eu ce très beau débat sur les avis juridiques, qu'on a
passé, je pense, une demi-heure en présentiel, une heure en caucus. C'était un
moment qui était merveilleux, qu'on va tous se rappeler longtemps, mais, en
tout respect, on a vraiment passé au travers ce point-là. On a dit qu'il n'y
avait pas d'avis juridique, qu'on travaillait que les juristes, je les ai
qualifiés avec beaucoup d'amour, de boulets, c'est-à-dire qu'à chaque fois que
je dois déposer un changement, un mot... bien, je le regarde à chaque fois pour
me faire pardonner, mais c'était très gentil. En disant ça, ce que je voulais
dire par là, c'est qu'on ne peut rien présenter sans que les juristes aillent
se valider au droit constitutionnel avec la... alors, il n'y a rien qui est
présenté là qui n'est pas passé entre les mains, entre autres, des avocats,
mais il n'y a pas un avis juridique que je peux vous remettre pour chacun des
points qu'on fait.
Mme Prass : Donc, pour vous,
vous vous sentez assuré que ce qui est arrivé à la loi en Saskatchewan, ça
n'arrivera pas ici, avec certains changements que vous avez faits au niveau
de...
M. Lafrenière : Je vais
répondre avec plus de nuances dans ce que ma collègue dit. Est-ce que je pense
qu'on a la bonne loi? Oui. Est-ce que j'ai confiance? Oui. Est-ce que je peux
vous assurer que ça n'arrivera pas? Je serais tout un devin, M. le Président,
je pense que j'aurais une autre job. Ça fait que moi, je pense que ce qu'on
dépose aujourd'hui, avec tout ce qu'on a reçu, comme avis qu'on a vérifiés...
moi, je suis très confiant, mais je ne peux pas promettre qu'on ne sera jamais
devant les tribunaux et je ne peux pas promettre qu'on va gagner, mais moi, je
suis... j'ai vraiment confiance. Pourquoi j'ai confiance? Parce que les
citoyens s'attendent de nous à ce qu'on agisse. Avec la collègue de Westmount—Saint-Louis,
on a rencontré plusieurs commerçants qui sont vraiment, excusez l'expression,
M. le Président, à bout, ils sont tannés de se faire écœurer, intimider, puis
je pense, M. le Président, que l'ensemble des Québécois qui nous écoutent sont
vraiment écœurés de ça, de savoir que les gens rentrent dans leurs communautés
avec des patches, qu'ils rentrent dans les commerces en disant : À partir
de maintenant, vous allez me remettre 500, 1 000 $ par semaine, parce
que c'est moi le «king» de la place. Les gens sont tannés de ça, ils sont
tannés de voir du monde qui se promène avec des vestes qui viennent confirmer
que les individus qui les portent ont fait un crime pour avoir cette veste-là.
Moi je parle souvent de ramener
l'équilibre là. Ça vient me chercher au cœur parce que je pense aux victimes,
M. le Président, je pense aux victimes collatérales. On se souviendra tous,
l'an passé, quand, dans un certain cimetière, il y avait une pierre tombale
avec un logo des Hell's qui était là, à quel point les gens étaient choqués en
disant : Moi, j'ai perdu un de mes proches, puis ils viennent me narguer
jusqu'au dernier repos. Alors, je comprends, M. le Président, que les citoyens
s'attendent de nous à ce qu'on agisse, puis on a eu des bonnes discussions
ensemble, ils s'attendent à ce qu'on agisse avant que l'été arrive, avant
qu'ils fassent leur première grande randonnée de motocyclette, puis qu'on
puisse les accueillir avec tout ce qu'ils ont de besoin, c'est-à-dire des
constats d'infraction.
Mme Prass : Vous avez
mentionné aussi que la liste serait mise à jour. Elle va être... À quelle
fréquence est-ce qu'elle sera mise à jour?
M. Lafrenière : Je pense que
c'est un des articles qu'on n'avait pas lus. Ce que j'aime... M. le Président,
je pense qu'on va avoir passé au travers tous les articles. J'en ai mis un de
côté, je vais le relire après, puis on pourrait peut-être l'adopter en bloc, M.
le Président. Alors... Vous savez que je fais des boutades, là, on aime bien
trop travailler ensemble. Alors, à l'article 11, la liste des entités à dessein
criminel doit faire l'objet d'une révision aux cinq ans. À cette fin, la
composante du milieu désigné vérifie pour chacune des entités que les
conditions prévues à l'article 9 sont remplies.
Là, je veux faire un petit point
important, M. le Président... bien, je vais vous lire aussi le commentaire
comme si on faisait l'article, l'article 11 impose la vérification quinquennale
de la liste des entités à dessein criminel par la composante du milieu policier
désigné, qui devra, à cette fin, vérifier que l'inscription de chaque entité
est toujours conforme à la loi.
Puis là je veux faire attention, M. le
Président, parce qu'en continu la liste va être mise à jour. Cependant, ce
qu'on vient de dire... aux cinq ans, on demande à l'entité : Regardez tout
ça, là, il y a peut-être des groupes qui ne sont plus d'actualité, il y a
peut-être des choses qu'on devrait changer, mais tantôt on reparlera de
l'article 11, mais c'est... comme barème, là, on pourrait dire qu'au... au
maximum, pardon, aux cinq ans, on impose à l'entité : Repars sur les
groupes parce qu'il y a peut-être des groupes qui ont complètement changé, qui
n'existent plus. On veut s'assurer que c'est d'actualité.
Mme Prass : ...se faire de
façon continue.
M. Lafrenière : Au quotidien.
Si ça va mal, au quotidien, parce qu'il y aura trop de groupes criminels.
Mme Prass : C'est ça...
Mme Prass : ...puis là, dans
l'article sept, on dit : Un symbole, tel un emblème, un enseigne, une
présentation utilisée par l'entité qui lui est associée ou un symbole
susceptible d'être confondu avec un tel symbole. Encore une fois, il y a des
«knock-off», tu sais, qui se vendent. On veut juste s'assurer qu'un jeune qui
porte un... Tu sais, des fois, il y a... il y a... il y a comme des t-shirts de
parodie. Alors, ça va être... ça va... ça va ressembler au symbole original,
mais il va y avoir un langage différent. Donc, tu sais, plutôt que Hells
Angels, je vous donne un exemple, Bell's Angels, quoi que ce soit, là, mais
juste pour s'assurer que... parce qu'on parle là, un symbole susceptible d'être
confondu avec un tel symbole. Donc, on veut juste s'assurer que quelqu'un qui
ne... qui porte un symbole qui ressemble à celui qui... qui sera probité par la
loi et le fait de bonne foi, dans le sens que, tu sais, ce n'est pas parce
qu'ils ont une relation avec une entité criminelle. Comment est-ce qu'on va
s'assurer de faire ces distinctions-là?
• (14 h 50) •
M. Lafrenière : M. le
Président, ce qu'on cible ici, c'est si d'aventure un groupe criminalisé
décidait d'inverser son logo, de le mettre à l'envers, d'écrire Hells Angels,
puis je ne m'amuserai pas le dire à l'envers, là, je vais l'échapper, là. Mais,
s'ils s'amusaient à faire ça pour essayer justement de passer au travers, qu'on
agisse. Puis je veux juste rassurer ma collègue, quand elle dit : Un nom
qui s'inspirerait de, moi, j'espère que ça va être les policiers qui vont
tomber sur ce jeune-là et non pas le groupe criminel, parce qu'ils n'ont pas
tendance à être très cléments avec les gens qui utilisent leur logo ou leur
image. Je pense que ce serait mieux que ce soit un policier avec un pouvoir discrétionnaire
qui va dire au jeune : Tu es sur la mauvaise voie puis ce soit mieux que
ce soit moi qui te vois qu'un membre du groupe criminel.
Mme Prass : Puis je comprends
que le collègue a évoqué la question des tatous plus tôt aujourd'hui, parce qu'on
parle d'intimidation, puis on se comprend, si on rentre dans un bar puis que
notre tatou est là, et on porte un chandail avec des manches courtes, l'effet
de l'intimidation est toujours là.
M. Lafrenière : Absolument, M.
le Président, je n'ai aucune prétention qu'on va tout régler, puis je ne pense
pas que j'aurais pu présenter à ma collègue un projet de loi où je me... je
proposais aux policiers de retirer le tatou sur le champ, je ne pense pas que
ça aurait été accepté ici. Alors, malheureusement, ce cas-là, on ne pourra pas
le régler, M. le Président, mais on règle tout le reste. Mais, s'il y a une
marque... une marque physique, si la personne s'est brûlée au fer rouge avec le
nom d'un groupe criminalisé, on ne pourra pas le retirer, mais les bagues, les
pendentifs, n'importe quoi d'autre qui peut être retiré, c'est oui, mais un
tatou, ça ne règle pas ça.
Mme Prass : Est-ce qu'on...
Mais est-ce qu'on ne pourrait pas demander, par exemple, qu'il ne soit pas
visible? Donc, si tu en as un sur... sur ton bras, qu'il faut que tu portes un
chandail qui fait en sorte qu'il n'est pas visible.
M. Lafrenière : Tantôt, je
vous disais, je vous parlais amicalement de mes amis Boulet que j'avais avec
moi, quand on a vérifié justement qu'elle était... Parce qu'à chaque fois,
hein, qu'on fait une législation, on évalue ce qu'on... ce qu'on enlève comme
droits aux gens versus ce qu'on fait. Quand on parle d'une pièce de vêtement,
on trouvait que c'était dans l'acceptable, ce qui pouvait passer le test de la
loi, M. le Président. Dès qu'on arrivait avec un symbole, que je pourrais même
vous dire physique ou sur la peau, ça devenait beaucoup plus difficile à
justifier. Alors, pour l'instant, on parle vraiment de pièces que les gens
peuvent exhiber. Et, en passant, on parle beaucoup de vestes, mais on peut
parler d'un drapeau aussi. Alors, un endroit où, par un pur hasard, il y aurait
un drapeau qui représente un ange qu'on connaît... d'un logo qu'on connaît très
bien, bien oui, on pourrait demander de retirer, sinon il y aurait une
infraction pour ça aussi. Ça fait qu'il n'aurait pas plus le droit, devant leur
bunker, de mettre un drapeau des Hells.
Mme Prass : Puis, par exemple,
si, sur sa moto, il y a... c'est peinturé, le symbole des Hells ou quoi que ce
soit, est-ce qu'on va leur demander d'enlever ce symbole sur leur... sur leur
moto?
M. Lafrenière : Alors, M. le
Président, vous allez voir tout à l'heure, on va arriver avec un autre article
qui s'appelle la récidive en dedans de deux ans. Alors, sur le champ, je
peux... je peux... je peux expliquer au motard qu'est-ce qu'il a sur sa moto ou
sur son réservoir d'essence, c'est illégal, lui remettre un constat
d'infraction. Je ne peux pas lui demander de retirer ça sur le champ. Je ne
pourrais pas comme policier peinturer par-dessus. Alors, il va devoir le
retirer, mais, encore là, s'il se fait réintercepter puis il l'a encore, là, on
peut parler de récidive. Puis, M. le Président, on va même doubler le plaisir
en donnant une amende qui va être doublée aussi.
Mme Prass : Puis avec les
vêtements, justement pour s'assurer que la personne ne récidive pas, est-ce
qu'il y a un pouvoir de saisie qui va être accordé au policier?
M. Lafrenière : M. le
Président, dans l'article qu'on vous dépose... dans ce qu'on vous dépose
aujourd'hui, non, mais ça existe en vertu du Code de procédure pénale, ça,
c'est appliqué par les policiers en cas de récidive. Alors, prenez un cas
d'espèce. Je suis devant une personne qui porte une veste, je lui remets un
constat, puis je lui dis qu'à partir de maintenant, de le retirer, sinon il va
poursuivre l'infraction. Il refuse. Je peux saisir l'objet, il refuse, je peux
même l'arrêter, M. le Président.
Mme Prass : Et la...
M. Lafrenière : Et ça, ça se
passe dans toute infraction, ce n'est pas spécifique à ce qu'on a aujourd'hui,
c'est en vertu du Code de procédure pénale...
M. Lafrenière : ...et ça, les
policiers le connaissent et l'appliquent.
Mme Prass : Donc, la même
chose s'appliquerait à, encore une fois, le logo peint sur une moto.
M. Lafrenière : Là, M. le
Président, c'est comme d'ordonner à quelqu'un d'arrêter d'être en état
d'ébriété, c'est difficile à exécuter. Alors, vous comprenez, s'il y a ça
physiquement sur sa moto, je ne peux pas lui ordonner que ça disparaisse sur le
champ, c'est pour ça qu'on parle de pouvoir discrétionnaire. On va lui donner
un constat en disant : Tu te refais réintercepter, parce que tu t'en
retournes à ton domicile ou à un endroit X, tu vas pouvoir ravoir un autre
constat, puis ça peut être... ça peut être désagréable. C'est des gros
constats, M. le Président.
Mme Prass : Mais là, ce n'est
pas question de constats, c'est questions de saisies. Parce que, là, vous avez
dit qu'on peut saisir, par exemple, un vêtement, est-ce qu'on ne peut pas
saisir une moto, par exemple, après une... à partir d'une deuxième infraction?
M. Lafrenière : Puis là, je
ne veux pas... encore là, je veux faire attention dans ce que je vais dire, je
ne donnerai pas les techniques policières. Mais, encore là, se retrouver devant
les tribunaux pour avoir dit : Je l'ai saisie parce qu'il refusait de
mettre fin à l'infraction, vous comprenez, M. le Président, il va falloir faire
la preuve devant la cour qu'ils auraient pu mettre fin à l'infraction.
Mme Prass : OK. Également,
là, sur les réseaux sociaux, malheureusement, c'est une... c'est une manière
pour les gangs d'aller recruter nos jeunes et de faire de la publicité, disons,
pour leur aider. Donc, les TikTok, par exemple, on a un gang qui représentait
un dessin qui n'est plus permis. Qui va aller sur TikTok? Puis ils sont à
Montréal ou ils sont au Québec, quelque part au Québec, puis ils vont faire,
disons, un vidéo qui fait la promotion de leur gang. Est-ce qu'il y a des
discussions qu'il pourrait y avoir entre le gouvernement du Québec puis les
TikTok, etc., de ce monde pour leur dire : Justement, là, vous êtes en
train de faire rayonner la criminalité, et ça contredit un petit peu,
justement, ce que vous proposez dans le projet de loi. Est-ce que c'est des
conversations que vous pourrez avoir, justement, avec ces entités-là?
M. Lafrenière : ...ma
collègue amène un bon point, puis malheureusement, je n'ai pas eu le plaisir de
travailler avec elle quand on a fait la Commission spéciale sur l'exploitation
sexuelle des mineurs, parce qu'elle aurait entendu les propos peu élogieux que
les gens ont eus envers Tik Tok, qui demeure un endroit malheureusement de
recrutement numéro un pour l'exploitation sexuelle des mineurs. Alors si vous
me parlez de Tik Tok, c'est sûr que ça vient me chercher, puis c'est pour ça
que mes filles n'ont pas eu cet outil-là jusqu'à récemment. M. le Président,
j'avoue notre limite à agir sur les médias sociaux puis je veux être très
transparent avec ma collègue, parce qu'on a parlé beaucoup dans cette
commission spéciale ensemble en se disant... on peut se dire les choses, là,
d'agir avec quelqu'un physiquement sur la rue, c'est une chose, mais quand on
se retrouve face aux médias sociaux où on sait très bien qu'on a un fournisseur
qui est dans un pays X, on peut avoir les serveurs dans un pays Y, je vous dis,
comme policier, quand... par la suite, on veut même avoir un mandat pour aller
chercher de l'information, excusez l'expression, M. le Président, mais c'est un
calvaire par la suite.
Alors, oui, on continue de travailler avec
le fédéral. On avait demandé, suite à la commission spéciale même de définir le
lieu différemment dans le Code criminel pour inclure le Web. Mais, M. le
Président, je dois être transparent avec vous, je l'ai dit dès le départ, ce
que je vous présente aujourd'hui, c'est ce qu'il y a de mieux à présenter.
Est-ce que ça règle tout? La réponse est non. Est-ce que ça va compliquer...
Est-ce que ça va continuer d'être compliqué sur le Web? La réponse est oui.
Mme Prass : Je ne sais pas si
vous êtes familière, il y avait une émission aux États-Unis il y a quelques
années, Sons of Anarchy, qui faisait un petit peu la glorification, si
on veut, puis là, c'est... il y a une...
M. Lafrenière : SOA.
Mme Prass : Oui, il y a un
spin-off... Non, mais, là, il y a un spin-off... Tout ça pour dire, disons
qu'il y avait une production québécoise qui... pas un documentaire, mais une
série télévisée qui voulait... de fiction, mais qui faisait, disons... bien,
c'est ça, qui mettrait de l'avant des gangs criminalisés avec des symboles
connus, par exemple, qui sont reconnus dans la loi. Encore une fois, est-ce que
c'est une conversation que le gouvernement pourrait avoir avec ses lieux de
production pour leur sensibiliser à la réalité de la loi et leur demander
d'abstenir de faire la promotion, disons, de ces logos.
M. Lafrenière : Cette
question a l'air tellement simple, facile, gentille, anodine, mais je sais
qu'il y en a qui attendent juste de voir ma réponse, parce que c'est le milieu
artistique, M. le Président. Est-ce qu'on va empêcher la tenue d'une pièce de
théâtre? Est-ce qu'on va empêcher le tournage d'une série télévisée? La réponse
est non. Cependant, M. le Président, je... comme je viens d'un monde qui était
le monde policier, du monde artistique aussi, comme j'étais comme consultant,
je peux vous dire que même des séries policières, si vous avez suivi de très
bonnes séries comme 19-2, là, c'est sûr je me fais plaisir en le disant, vous
avez même remarqué que ce n'était pas marqué le SPVM, mais ce n'était pas le
logo du SPVM. Alors, normalement, les compagnies ne prendront jamais le même
logo par crainte de se faire poursuivre ou quoi que ce soit. Cependant,
l'exemple de ma collègue est très bon. On va pouvoir continuer de porter son
chandail SOA, parce que, c'est en blague, pour...
M. Lafrenière : ...pourquoi?
Parce que ce n'est pas ciblé du tout par ce qu'on parle aujourd'hui. Parce que
ce qu'elle dit est vrai, il y a, oui... il y a des séries, il y a d'autres
choses qui sont des «look-alikes», un petit peu, tu sais, des... que les gens
aiment, je ne vous dirai pas... certaines marques de... même de jeans, de
manteaux de cuir, ou c'est un autre nom, mais ce n'est pas une entité
criminelle. Alors, on n'agit vraiment pas sur le look vestimentaire des gens.
C'est vraiment les entités criminelles. Puis ça, c'est important, M. le
Président. Parce que, quand on a commencé en a parlé, il y avait des enjeux,
des gens qui disaient : Est-ce que vous allez commencer à agir sur comment
les gens sont habillés? La réponse, c'est non. C'est vraiment les entités criminelles.
Alors, je vous donne l'exemple de... là, mais ça peut être beaucoup d'autres
qui existent, on n'agira pas là-dessus. Screaming Eagle, des marques de
vêtements, ça, ça n'a pas rapport avec ce qu'on fait aujourd'hui. Puis ça, je
pense que c'est important de rassurer les gens.
• (15 heures) •
Mme Prass : D'accord. Et vous
avez mentionné... tantôt la loi qui existe en Nouvelle-Zélande. Je ne crois pas
qu'il y a des données en tant que telles pour démontrer qu'il y a
nécessairement un lien entre la loi qu'ils ont mis en vigueur et la baisse de
criminalité. Donc, je vous demande : Au Québec, comment est-ce que... Une
fois que cette... cette loi est adoptée, comment est-ce que vous allez faire
pour établir si c'est à mesure de succès ou non? Est-ce que ça va être question
de combien d'infractions ont été remis, la réduction de la criminalité? Mais ça
va être difficile quand même de faire la corrélation. Donc, je suis curieuse,
comme j'ai dit, comment vous allez établir que cette loi est un succès ou non.
M. Lafrenière : M. le
Président, c'est toujours difficile quand on parle de prévention. Puis, comme
policier et comme pompier, je l'ai toujours vécu. Quand on veut dire le nombre
d'infractions qu'on a données, ça se fait bien, le nombre d'arrestations qui
ont été faites, ça se fait bien. Combien de crimes on a pu prévenir, combien
d'incendies on a pu prévenir : la prévention, c'est dur à chiffrer.
Cependant, sans être baveux avec certaines organisations, M. le Président, je
dois vous avouer que, voyant leur sortie médiatique pour dire qu'ils voulaient
contester notre loi, je pense qu'on peut se dire collectivement qu'on a déjà
une petite réussite.
Mme Prass : Et j'imagine que
ça s'applique bien évidemment en prison. Parce qu'en prison c'est là où souvent
on fait du recrutement, que les organisations criminelles veulent chacun
s'afficher et exposer, ils font partie de cette gang-là. Donc, j'imagine que
c'est quelque chose qu'on va garder pas mal à l'oeil dans les prisons
également? Bien non. C'est ça. On va... On va s'assurer que ça ne puisse pas.
M. Lafrenière : On ne gardera
pas ça à l'oeil. C'est déjà le cas. Ils n'ont déjà pas le droit de les porter
en prison.
Mme Prass : OK. Parfait. Et
quelqu'un qui vient d'une autre province ou d'un autre pays, encore une fois,
qui a une affiliation, est-ce qu'eux, ils vont être tenus également d'avoir
l'infraction? Ou est-ce que la réponse, ça va être : Bien, tu sais, moi,
moi je repars cet après-midi, donc...
M. Lafrenière : M. le
Président, quand on traverse les douanes, quand on arrive au Québec, même si
aux États-Unis c'est permis d'avoir un détecteur de radar, même si aux
États-Unis il y a d'autres choses de permis, ça ne fait pas en sorte que la
permission s'étire au Canada. Et à l'inverse non plus. Si vous passez les
douanes, je vous lance le défi, M. le Président, de traverser avec de la
marijuana, vous allez apprendre à vos... à vos risques et périls que vous
n'avez pas le droit de le faire. Alors, même les gens qui nous visitent. Puis,
en passant, s'ils veulent nous visiter en moto, il va falloir minimalement que
ce soit la limite terrestre pour se rendre jusqu'ici. Ils n'auront pas plus le
droit d'avoir leurs «patches». Même si c'est marqué Nouvelle-Zélande, c'est
marqué London en arrière, c'est dommage, ça va être un constat pareil, M. le
Président.
Mme Prass : Et je comprends
bien, parce qu'on dit dans l'article six : «Nul ne peut exposer à la vue
du public». Donc, par exemple, on est dans une activité privée, on est... il y
a un mariage, un événement de gang de motards, tout le monde porte un manteau
d'hiver, aucun symbole. On rentre à l'intérieur de l'espace, on est dans un du
privé à ce moment-là, on enlève nos manteaux puis on porte tous des symboles.
Donc, je comprends que ça s'applique seulement évidemment quand les forces de
l'ordre ont l'habilité de voir que la personne porte un symbole, donc derrière
les portes clos, ils peuvent continuer à le faire.
M. Lafrenière : C'est
vraiment la meilleure place pour le faire, M. le Président, parce que leur
possibilité d'attractivité, si personne ne les voit, est pas mal nulle. Puis la
possibilité de faire de l'extorsion ou de l'intimidation envers les gens est
pas mal nulle. Ça fait que je leur suggère d'être tout seuls, chez eux, avec
leurs «patches». C'est la meilleure chose.
Mme Prass : Donc, c'est
vraiment question d'encore une fois il faut qu'ils s'exposent de façon
publique. Et, ce qu'ils font derrière les portes clos ou dans un lieu privé, ça
leur appartient. Donc, c'est... Donc, on... Ils ne sont plus permis dans
l'espace public, mais ça continue d'être permis dans le privé.
M. Lafrenière : Pour mettre
ça clair, M. le Président, on dit bel et bien «à la vue du public». Je n'ai pas
parlé d'espaces publics. «À la vue du public». Alors, je reviens à ce que... ce
qu'on disait plus tôt...
15 h (version non révisée)
M. Lafrenière : ...la personne
se retrouve toute seule dans son salon à écouter une série télévisée avec sa
page dans le dos, honnêtement, ça ne s'applique pas, mais pas du tout.
Cependant, s'il est visible du public, là, il ne peut pas porter son emblème.
Il ne peut pas le mettre sur un mode drapeau qu'il aurait sur son terrain. Il ne
peut pas faire ça, M. le Président.
Mme Prass : Donc, on
participe à un mariage, qui se passe dans un hall, que quelqu'un a loué, quoi
que ce soit, mais il y a des employés qui sont là pour l'aménagement, pour
distribution d'alcool, de bouffe, quoi que ce soit. Eux, ils voient la personne
ou les personnes porter ces symboles-là. Est-ce que pour vous, ça, c'est un cas
d'intimidation, un cas... Parce que c'est quand même dans... s'exposer à vue
publique?
M. Lafrenière : M. le
Président, je comprends très bien ce que ma collègue veut dépeindre. On veut
trouver la limite, et la limite va être simple, c'est à la vue du public.
Alors, je reprends son exemple, puis, écoutez, j'ai couvert plusieurs... Puis c'est
le fun qu'elle prenne l'exemple du mariage, parce que c'est souvent l'endroit
où on en profite beaucoup pour remettre nos albums à jour. Je ne sais pas pourquoi,
il y a un taux de mariage assez élevé. Alors, quand ils vont ensemble, rarement
les gens vont se cacher, alors c'est de leur vue. Le but, c'est de montrer à
tout le monde, en bon français, de «show force», de montrer la force, alors ils
vont même faire la fameuse haie d'honneur avec leurs écussons, puis ça, ça va
être un non, M. le Président. Mais à l'intérieur d'une salle... je reviens
encore à ce que je disais tantôt, ce n'est pas de courir après les gens puis
voir si quelqu'un tout seul chez eux est comme ça, mais, à la vue du public, donc
c'est à l'extérieur, c'est quand les gens peuvent voir.
Et là je vais faire attention, M. le
Président, parce que les tribunaux s'amuseront énormément avec tous les cas qui
seront amenés, mais je vous dis, l'intention du législateur, c'est à la vue du
public. Pourquoi? Parce qu'on sait qu'ils font de l'intimidation, on sait qu'ils
peuvent recruter en démontrant : Écoutez, cette organisation-là, excusez l'expression,
c'est vraiment cool, on est fort, ça fait qu'on va te recruter, puis, si tu ne
veux pas, on va te forcer. Et, pour le bénéfice de ma collègue qui n'était pas
là à ce moment-là, je témoignais d'un exemple sur la Côte-Nord, à Sept-Îles, où
un groupe de motards criminalisé a demandé à un jeune de vendre de la drogue
pour eux, à défaut de quoi ils s'en prenaient à sa mère et sa sœur. Et comment
il a fait de peur à ce jeune-là? Bien, c'est justement avec la force de cette
image là, puis c'est ce qu'ils font pour faire de l'extorsion, pour faire peur
au monde. Puis c'est ça qu'on veut combattre aujourd'hui, M. le Président, tout
le monde ensemble.
Mme Prass : Et on s'entend
que... je comprends votre réponse à propos des tattoos, mais, tu sais, quand on
parle de diminuer l'intimidation ou de vouloir mettre fin à l'intimidation avec
les symboles, premièrement, ils vont trouver d'autres façons de se... de s'exposer,
disons, qu'ils font partie d'un réseau criminel. Encore une fois, le tattoo...
la personne qui rentre avec le tattoo, avec la chemise à manches courtes, ça a
le même effet d'intimidation. Donc, qu'est-ce que... quelles autres mesures
pourriez-vous voir... Bien, pas mesures. L'intimidation va continuer, donc si c'est
le cas, avec ce que vous proposez aujourd'hui, est-ce que ça limite cette
réalité? Mais ça ne met certainement pas fin à cette réalité.
M. Lafrenière : M. le
Président, la personne qui va se présenter devant vous en disant qu'elle va
mettre fin au crime organisé, je vous suggère de ne pas l'écouter et de ne pas
le croire, s'il vous plaît. Ce n'est pas ce qu'on va faire aujourd'hui. Mais l'outil
qu'on met en place... On veut ramener... Moi, j'ai tout le temps parlé de
ramener l'équilibre. C'est un équilibre qui a été rompu, puis c'est pour ça que
les citoyens nous demandent d'agir. On s'entend, les Hells, les gens avant moi
auraient pu agir bien avant ça, hein? Ça fait des années que ça existe, dans les
années 70 en Californie. Et là, pourquoi on agit aujourd'hui? Ce n'est pas
parce que je les hais puis je me réveille la nuit pour les détester, c'est que
les citoyens nous demandent d'agir parce qu'on vit, puis j'en ai parlé beaucoup
avec la collègue de Westmount—Saint-Louis, avec des commerçants qui disent :
Là, ça n'a plus d'allure, là. L'équilibre... Parce qu'on sait qu'ils étaient
là, ils vendaient de la drogue, et tout, ils étaient présents, depuis la nuit
des temps, ils sont là, mais là ils ont rompu cet équilibre-là, et là ils le
font d'une façon qui est vraiment décomplexée. Ils s'affichent, ils viennent
écœurer nos jeunes. Là, ça ne marche plus, il faut ramener l'équilibre.
Alors, ce qu'on propose aujourd'hui, c'est
un outil de plus pour ramener l'équilibre, mais ce n'est pas le seul, M. le
Président, je vous rassure. Les opérations policières qu'on a... présentement pendant
qu'on se parle, il y a une opération policière de la Sûreté du Québec où on
agit contre les groupes criminels. Alors, ce n'est pas la solution toute seule,
là. Ce qu'on vient faire, on vient ramener cet équilibre-là puis on va
continuer de faire des opérations contre les groupes criminalisés. Puis vous
allez voir, M. le Président, dans tout mon plan que j'ai présenté, on a
commencé par la prévention pour faire en sorte que les jeunes n'adhèrent pas
aux groupes criminalisés. Par la suite, ce qu'on annonce, c'est des opérations
où vous allez voir une multitude d'actions qu'on va mettre en place pour serrer
la vis au crime organisé, parce que les citoyens, ils nous le demandent.
Mme Prass : Merci, M. le
Président. Puis je rappelle qu'on est pour l'article, c'est juste vraiment
poser des scénarios pour qu'on puisse mieux comprendre l'applicabilité du
projet de loi.
Vous avez mentionné la Nouvelle-Zélande
plus tôt. Est-ce que vous savez s'il y a eu des analyses d'impact qui ont été
faites pour savoir si ça a fonctionné?
M. Lafrenière : Ce qui nous a
été rapporté, M. le Président, c'est que l'affichage avait diminué énormément,
mais je ne peux pas vous donner de chiffres puis de rapports, mais je suis transparent
sur ce qu'on a eu comme information...
M. Lafrenière : ...on sait que
l'affichage avait diminué énormément. Cependant, je veux juste nous rappeler,
au Québec, la particularité... malheureusement, les clubs de motards
criminalisés sont ici depuis plusieurs années, on le sait. On sait qu'ils sont
très présents. On sait qu'ils circulent beaucoup ici. Alors, c'est une réalité
qui existe, mais oui, il y a eu un changement, ils sont moins affichés. Est-ce
que je peux vous dire... Comme je disais tantôt, je parlais... la prévention,
c'est dur à chiffrer, combien de crèmes ont été prévenus, puis tout ça, c'est
très difficile de mettre des chiffres là-dessus, mais ça a donné des résultats
qui sont bons, mais comme je vous dis, il faut le combiner avec d'autres
choses.
Mme Prass : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : ...alors,
s'il n'y a pas d'autre question, est-ce que... est-ce que l'article n° 6
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article n° 7, M. le ministre.
• (15 h 10) •
M. Lafrenière : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. Nous sommes sur une lancée. Alors, l'article
7 :
«Il est fait exception, au premier alinéa
de l'article 6, dans le cas où un objet identifié à une entité inscrite sur la
liste des entités à dessein criminel est, de bonne foi et de manière
raisonnable, exposé à la vue du public dans l'un des contextes suivants :
Premier contexte, M. le Président,
journalistique;
Deuxième contexte, éducatif ou
pédagogique;
Troisième contexte, artistique ou culturel,
dans la mesure où l'exposition de cet objet est nécessaire dans le cadre de la
représentation, de l'exposition, de la diffusion ou de la distribution d'une
œuvre;
Quatrième contexte, judiciaire;
Cinquième contexte, tout autre contexte où
l'exposition de cet objet est manifestement pertinente pour l'intérêt public.»
Commentaires : L'article 7 vise à
permettre, dans certains contextes, qu'un objet identifiant... identifié à une
entité, pardon, inscrite sur la liste des entités à dessein criminel puisse
être exposé à la vue du public sans que cela ne constitue une infraction. Et
ça, tantôt, M. le Président, on a eu le plaisir de commencer à parler de cet
article-là en disant : Voici les cas d'espèce où ça pourrait être
possible, ce serait permis. Alors, je le représente à mes collègues. Je pense
qu'on a eu déjà une bonne discussion.
Le Président (M. Schneeberger) : Est-ce
qu'il reste des questions? Députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Deux questions en
particulier. Quand on dit, au numéro 4, judiciaire, pour vous, c'est quoi, la
définition de judiciaire? Est-ce que ça comprend les forces de l'ordre, par
exemple? Parce que, là, la fédération des policiers municipaux, eux, auraient
voulu voir que ce soit amendé pour judiciaire ou policier.
Le Président (M. Schneeberger) :
...M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci,
M. le Président. Au point 5, «tout autre contexte où l'exposition de cet objet
est manifestement pertinente pour l'intérêt public». Alors, je comprends très
bien, quand on parle du judiciaire, c'est tout le processus judiciaire, M. le
Président, je donne l'exemple, on se retrouve dans une salle de cour et un juge
doit trancher, à savoir si le fait d'avoir porté un sigle, tout ça, était
nécessaire. Puis c'est exposé par la salle de cour, il n'y a pas personne qui
va se faire arrêter pour ça ou qui va recevoir un constat. Ça fait qu'on
comprend, ce sont des cas d'exception. Et pour ce qui est du travail policier,
il faudrait qu'une plainte... Donc, quelqu'un se serait plaint en disant :
Il y a un policier qui a déjà eu une veste dans ses mains pour... Puis là on
dit : Tout autre contexte où l'exposition de cet objet est manifestement
pertinente pour l'intérêt public, si c'était une saisie d'une veste puis on
devait la faire cheminer au processus judiciaire, pour moi, c'est manifestement
de l'intérêt public.
Mme Prass : Avez-vous d'autres
exemples de manifestations pertinentes pour le public?
M. Lafrenière : Si on a pris
la peine de l'écrire comme ça, M. le Président, c'est qu'on voulait laisser de
la marge de manœuvre en disant : On comprend... Puis, quand je parlais
du... du pouvoir discrétionnaire, c'est de ça, on parle, M. le Président, en
bon québécois, quand ça fait du sens, comme dirait ma fille.
Mme Prass : Puis vous avez
parlé de drapeaux, on va parler d'affiches, de posters. Donc, dans... la
question artistique ou culturelle, par exemple, un peintre qui reproduit le
symbole des Hells dans une peinture, est-ce que ça, ce serait permis, qui
serait affiché dans un lieu public, dans... dans... dans un commerce, par
exemple?
M. Lafrenière : M. le
Président, je vais relire l'article. Donc, au numéro trois : «Artistique
ou culturel, dans la mesure où l'exposition de cet objet est nécessaire dans le
cadre de la représentation, de l'exposition, de la diffusion ou de la
distribution d'une œuvre.»
Et je reviens aussi à l'article sept où on
dit : «De bonne foi, de manière raisonnable.» Alors, M. le Président, je
ne veux pas être à la place d'un juge. Mais, si j'étais un juge et quelqu'un me
disait que l'œuvre a été peinte de façon permanente sur un bâtiment, puis je me
disais : Hum, est-ce que c'est de bonne foi et de manière raisonnable?
Grand doute pour moi, M. le Président.
Mme Prass : Donc, je vous
donne l'exemple d'un artiste qui décide de faire une série de peintures sur le
crime organisé. Et, comme je dis, il va faire une peinture qui sera exposée,
pas nécessairement de façon permanente ou même en vente, qui reproduirait un de
ses symboles ou même des photos qui auraient été prises de club house ou quoi
que ce soit. Est-ce que l'artiste qui dit : Bien, moi je fais une série
sur cette réalité-là... Est-ce que ça, ce serait considéré comme vous... vous
venez de l'exposer dans l'article sept?
M. Lafrenière : Je comprends
les cas qui sont amenés, M. le Président. Puis, d'un autre côté, je ne veux pas
donner des idées à des gens malfaisants qui pourraient se dire : Écoutez,
savez-vous quoi? Moi, je vais prendre une photo du logo, je vais l'imprimer sur
un t-shirt, puis je vais le vendre, puis ça va être...
M. Lafrenière : ...Je reviens
à l'article : «de bonne foi, de manière raisonnable», je pense qu'on
pourrait facilement contredire ça.
Mme Prass : Oui, mais les...
M. Lafrenière : Mais je
prends l'autre exemple, M. le Président. Je suis un artiste — ce
n'est pas le cas, rassurez-vous — je fais une belle peinture que je
mets dans une exposition parmi d'autres œuvres, est-ce que c'est de bonne foi,
de manière raisonnable? Je pense qu'on vient de se répondre.
Mme Prass : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Député
de Laurier-Dorion, ça va?
Ah, OK, parfait. Alors, s'il n'y a pas
d'autre question, est-ce que l'article 7 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) :
Adopté. Article huit.
M. Lafrenière : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. L'article huit : «Le ministre inscrit le nom
d'une entité sur la liste des entités à dessein criminel visées pour
l'application de l'article 6 ou l'en retire sur recommandation motivée
d'une composante du milieu policier dont le mandat est en lien avec la gestion
du renseignement criminel qu'il désigne. Toute décision du ministre est publiée
à la Gazette officielle du Québec.
«La composante du milieu policier désignée
peut consulter tout corps de police aux fins de faire toute recommandation au
ministre en application de la présente section.»
Comme commentaire, l'article huit prévoit
des modalités de l'inscription du nom d'une entité sur la liste des entités
desseins criminels et de son retrait, ainsi que la publication de la décision
du ministre à cet effet. Il prévoit également que la composante du milieu
policier désigné par le ministre pour lui faire une recommandation peut
consulter les corps de police à cette fin.
Encore une fois, M. le Président, on a eu
une bonne discussion tout à l'heure, puis c'est ça qui est facilitant dans
notre façon de travailler ensemble. On peut... on peut déjà regarder certains
articles puis comprendre la portée. Alors, M. le Président, je l'ai dit tout à
l'heure, je pense qu'il me restait encore 7 fois à le mentionner, je veux
rassurer tout le monde, c'est bel et bien le SRCQ qui va être mandaté par le
ministre pour mettre cette liste à jour, parce que, selon moi, la SRCQ, c'est
la meilleure entité pour faire ça.
Le Président (M. Schneeberger) : Question
sur l'article 8? Oui, je vais commencer avec le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Très bien, je
comprends l'article, les arguments du ministre. En ce moment, il y a une entité
qui fait du renseignement, c'est le SRCQ et... mais, encore une fois, je
reviens, demain matin, on a... ou dans d'autres juridictions, là, on a
amplement la... il peut y avoir plusieurs systèmes de renseignement, système de
renseignement contre le terrorisme, système renseignement militaire ou
criminel, ou pour les ports, ou que sais-je. Et donc aujourd'hui, c'est le
ministre qui désigne le seul qu'il y a, mais demain, ça peut... ça peut... un
autre ministre peut décider de changer le nom et scinder, etc., etc., et la
question va se poser, et éminemment, et là, ça va être une, comment dire... ça
va être une décision, ce n'est pas nécessairement mauvais, là, mais ça va être
laissé au... ça va être une décision discrétionnaire du ministre, je choisis A
ou B ou C, puis j'espère qu'à ce moment-là, il va... le ministre ou la ministre
en question va justifier sa décision, là.
Et, donc, on est à l'article...
excusez-moi, là, à l'article 8, n'est-ce pas? Et je m'interroge...
écoutez, sur la question de «retire sur recommandation», les motifs de retirer,
j'ai de la... j'ai de la difficulté à voir dans quel... certains groupes
criminels, là, qu'est-ce qui pourrait motiver, là, qu'un groupe criminel soit
retiré dans... bien entendu, dans la mesure où un groupe criminel peut
toujours, comme on dit, là, tel un sphinx, renaître de ses cendres, mettons les
Hells Angels pour... pas parce qu'on n'a pas... on parle d'eux ou d'un notre
groupe, là.
M. Lafrenière : ...M. le
Président, puis je veux rassurer mon collègue parce que, quand on relit
l'article, je pense qu'il y a un petit élément qu'il a échappé. On dit :
«composantes du milieu policier, dont le mandat est en lien avec la gestion du renseignement
criminel». Ça ne peut pas être du renseignement militaire, ça ne peut pas être
du renseignement terroriste, c'est vraiment du renseignement criminel. Et si
d'aventure il devait avoir trop d'entités au Québec avec un mandat de la
gestion du harcèlement criminel, ça sera juste positif parce qu'on aura
plusieurs entités qui vont le faire. Mais, ce que je veux dire, M. le
Président, c'est que, présentement, le SRCQ, c'est le seul qui a ce mandat-là.
Si l'organisme, pour une raison X, dans un autre gouvernement, devait
disparaître et que le ministre devait se retourner vers, je ne sais pas, moi,
la Sûreté du Québec, ce serait le mandat qui serait donné à la Sûreté du Québec
de faire le renseignement criminel à ce moment-là. Ça fait que je comprends ce
que mon collègue veut éviter, puis je suis d'accord avec lui, mais je pense
qu'avec la façon que c'est écrit là on est vraiment blindés.
M. Fontecilla : C'est beau
pour moi.
Le Président (M. Schneeberger) :
Ça va? Députée de Westmount-Saint-Louis, bonjour.
Mme Maccarone : Bonjour.
Bonjour, M. le ministre.
M. Lafrenière : Bonjour.
Mme Maccarone : Ça a bien été
ton lunch?
M. Lafrenière : Super. Content
de vous revoir.
Mme Maccarone : Moi aussi. Moi
j'aimerais... J'ai... Bien, j'ai deux questions. Un, la définition d'une
«composante du milieu policier». Je sais que l'APPQ aussi ont posé la question,
est-ce qu'on est mieux de la définir? Qu'est-ce que ça veut dire...
Mme Maccarone : ...qu'est ce
que ça mange, une composante du milieu policier?
M. Lafrenière : La raison
pour laquelle je riais, M. le Président, c'est qu'on a une super belle
discussion tout à l'heure, mais ça ne me dérange pas de la reprendre. Ce n'est
pas grave, ce n'est pas grave. Ça a duré à peine 2 heures. Alors, M. le
Président...
Mme Maccarone : Oh!
M. Lafrenière : C'est une
blague. J'ai rassuré tantôt les collègues, puis je vais reprendre la discussion
pour les gens qui nous écoutent, puis vous vous excusez pour la redite, mais je
pense que c'est important. Ce qu'on expliquait tout à l'heure, M. le Président,
puis je vais relire comme il faut l'article : «Le ministre s'inscrit le
nom de l'entité sur la liste des entités à dessein criminel visé par
l'application à l'article 6 ou l'en retire, sur recommandation motivée,
une composante du milieu policier dont le mandat est en lien avec la gestion du
renseignement criminel». J'arrête là, M. le Président, parce que, ce que je
disais tout à l'heure aux deux collègues, c'est que, présentement, l'entité qui
a le mandat en lien avec la gestion du renseignement criminel et le SRQ, le
service de renseignement criminel du Québec... puis la question du collègue de
Laurier-Dorion, c'était de dire : Bon, écoutez, si c'est cette
composante-là n'existe pas, pourquoi ne pas la nommer? Parce que, premièrement,
ce qui pourrait arriver, M. le Président, c'est que cette composante-là, qui
n'est pas encore policier en passant, c'est comme une unité mixte. Si elle
devait fermer, être nommée, quoi que ce soit, ça nous permet de ne pas revenir
ici pour la redesigner.
• (15 h 20) •
Alors présentement, c'est la seule entité
qui existe. Tantôt, j'avais promis de le dire 12 fois, je pense qu'il m'en
reste trois encore en banque. Le SRCQ est vraiment la meilleure composante pour
faire ça présentement, et la seule. Si d'aventure elle devait arrêter son
travail, bien, ça pourrait être la Sûreté du Québec qui serait confiée le
mandat, mais le mandat devrait être confié à quelqu'un. Ça fait que ça nous
blinde quand même pas mal, M. le Président, sur le choix de l'entité qui
pourrait faire ce travail-là. Présentement, il y en a une entité. S'il devait
arriver quelque chose, il faudrait qu'un mandat soit donné à une autre entité
comme la Sûreté du Québec. Ça fait que ça ne laisse pas une kyrielle de choix,
là, qui pourraient amener vers une dérive.
Mme Maccarone : OK, merci.
Puis, quand on parle de toute décision du ministre est publiée à la Gazette
officielle...
Des voix :
Mme Maccarone : Quand on parle
de toute décision du ministre est publiée à la Gazette officielle du Québec,
ça, on parle des noms qui seront inscrits dans ce registre?
M. Lafrenière : C'est ce
qu'on expliquait tout à l'heure, c'est que le SRCQ va remettre la liste au
ministre qui va le déposer dans la Gazette pour que ce soit public.
Donc, la liste de ces entités-là va être publique, M. le Président, mais ce
n'est pas le choix du ministre.
Mme Maccarone : Non, je
comprends.
M. Lafrenière : Puis ça,
c'est perméable des deux côtés, parce que, tantôt, on a eu une discussion à
savoir : Est-ce que le ministre pourrait demander au SRCQ de rajouter un
organisme? La réponse, c'est non. On ne veut pas ça.
Mme Maccarone : Est-ce qu'on
a jasé de c'est qui qui va... qui va fournir les noms puis faire les mises à
jour? On n'est pas rendu là encore.
M. Lafrenière : On n'est pas
loin d'être rendus là, M. le Président.
Mme Maccarone : C'est ça,
mais on n'est pas rendu là encore.
M. Lafrenière : On n'est pas
là, mais, dans le sens qu'on a dit tout à l'heure, c'est que le SRCQ va
consulter l'ensemble des services policiers, les noms vont être mis là-dessus,
puis, aux cinq ans, on va revisiter tout ça pour être sûr. Puis tantôt, la
question, c'était de voir comment une entité pourrait être enlevée de cette
liste-là. Je ne vais pas faire de la publicité pour un groupe de motards qui
n'est plus là, mais les Popeyes ne sont plus vraiment là. Alors, après cinq
ans, l'entité pourrait dire : Écoutez, savez-vous quoi? Ça fait au moins
15 ans qu'on ne les a pas vus sur l'asphalte, je pense qu'on va les enlever
parce qu'on perd de la crédibilité.
Mme Maccarone : Ça fait que
ça va être les membres de cette composante du milieu policier qui prendra la
décision.
M. Lafrenière : Ça va être
leur travail de remettre ça à jour maximalement aux cinq ans.
Mme Maccarone : Quand il y a
des gens qui sont supprimés de cette liste, est-ce qu'il y a une autre
publication de la Gazette qui sera envoyée? Parce que c'est comme une
mise à jour parce qu'on a enlevé des noms.
M. Lafrenière : J'étais pour
vous répondre oui, puis on me chuchote à l'oreille : J'avais raison, ça va
être oui.
Mme Maccarone : OK, c'est
bon. Une autre question...
M. Lafrenière : Puis, il ne
faut pas oublier, M. le Président, puis, sans blague, qu'une entité qui se
retrouve sur cette liste-là peut contester cette nomination-là. Elle peut se
faire entendre pour dire qu'ils ne sont pas contents d'être sur la liste des
entités criminelles.
Mme Maccarone : Je peux
imaginer.
M. Lafrenière : Ils ont déjà
annoncé que ça leur tentait de le faire. J'ai hâte de les entendre.
Mme Maccarone : OK. Je ne
sais pas si vous avez lu le mémoire du service... le SRCQ. Entre autres, on
parle d'eux puis ils ont dit que c'est eux qui seront la composante du milieu
policier. C'est eux qu'ils vont désigner. Mais eux, ils font une recommandation
d'analyser ce qu'ils ont fait en Alberta, en Nouveau-Brunswick, puis ce qu'ils
ont fait là-bas, c'est... ils ont enchâssé dans leurs lois un règlement sur
leur version du RACJ, la possibilité pour un agent de la paix d'exiger qu'une
personne identifiée comme membre ou associée à un gang criminel soit expulsée
d'un établissement licencié, et même si cet individu ne porte pas de signe
distinctif associé à une organisation criminelle. J'aimerais savoir, est-ce que
le gouvernement a analysé cette possibilité puis, si oui, c'est quoi, le
résultat de cette analyse. C'est-tu favorable? Puis, si ce n'est pas favorable,
bien, dans le fond, les explications, pourquoi?
M. Lafrenière : M. le
Président, ce que la collègue mentionne, puis c'est à juste part, ça se fait
déjà, pas exactement de la façon qu'elle l'a dit, puis je veux être transparent
avec elle, cependant, il y a des propriétaires de...
M. Lafrenière : ...établissements
qui perdent leur permis de boisson pendant des périodes déterminées. Ça peut
être de courte ou de longue période. Parce que, ce qui est prouvé par les
policiers, c'est qu'il y a des gens reliés au crime organisé qui sont sur
place. Donc, en bon québécois, ce n'est pas eux autres qui opèrent le
restaurant ou le bar, mais ils sont souvent sur place. Et ça, on peut le
prouver à la RACJ, ça peut retirer le permis, M. le Président. Et ça, c'est un
impact qui est majeur pour les commerçants. Vous comprenez que si vous ne
pouvez pas opérer votre commerce pendant 15 ou 30 jours, c'est un impact
qui est majeur.
Puis là, l'étape de plus que ma collègue
nous mentionne, c'est d'être capable d'expulser une personne qui serait en lien
avec le crime organisé. M. le Président, vous comprenez que je vais revenir
avec le sigle que je fais souvent dans ce projet de loi, là, où il faut être
prudent. J'étais moi-même en charge du groupe Éclipse, qui est à Montréal, où
notre travail était d'aller dans les bars, justement, puis identifier les gens
qui étaient reliés au crime. Vous savez que présentement, tout ce qui est
l'identification des gens et les procédures qui sont mis en place pour
identifier et interpeler est même devant les tribunaux, alors il y a grande
prudence à avoir là-dessus pour ne pas faire de profilage, M. le Président.
Mme Maccarone : Oui, je
comprends. Mais c'est... Leur question, c'est : N'est-ce pas un outil
qu'on peut utiliser pour lutter contre la criminalité? Ça... Est-ce que ça peut
aider?
M. Lafrenière : La réponse,
c'est oui. Mais est-ce que, présentement, c'est un bon temps de faire ça? La
réponse est non, malheureusement, à cause de ce qui se passe avec les
politiques d'interpellation.
Mme Maccarone : OK. Puis
on...
M. Lafrenière : Parce que ce
qui est arrivé, M. le Président, pour les gens qui nous écoutent, dans le
jugement, une personne qui est à l'intérieur d'un restaurant, d'un bar, reliée
au crime organisé ou peu importe, qui... un policier d'un groupe est rentré à
l'intérieur, qui a vu qu'il y a quatre personnes attablées puis qui a pris ça
en note d'interpellation, il y a un jugement présentement qui dit que cette
personne-là a été lésée dans ses droits, même si les policiers ne lui ont pas
parlé. Ça fait que ça devient très difficile, si on voulait aller dans la voie
que ma collègue nous suggère, bien que je sois en total accord avec elle.
Mme Maccarone : Ce n'est pas
moi qui suggère.
M. Lafrenière : Oui, mais
elle l'a dit. Ça fait que je trouve que c'est une bonne.
Mme Maccarone : C'est le...
C'est le SRCQ.
M. Lafrenière : Oui. C'est
une bonne idée, mais présentement, le problème qu'on vit, c'est que, là, ça
vient un petit peu en contravention avec ce qui se passe sur le milieu.
Mme Maccarone : Ça fait que
moi, j'essaie de voir le pratico-pratique. Je comprends la nature de leur
recommandation. Puis je comprends ce que vous êtes en train de partager comme
argumentaire. Mais, si l'article six fonctionne, puis on le mettre à l'œuvre,
mais là, il n'y aura pas de patch. Ça fait que j'essaie de voir pourquoi qu'on
ne peut pas poursuivre avec leur recommandation s'il n'y a déjà pas de «patch».
Parce que c'est... Je pense que c'est la nature. Il n'y a personne... La
personne qui est identifiée. Mais, article 6, si c'est en vigueur, ça fait
que le criminel en question ne porte pas de patch, mais il souhaite quand même
poursuivre, parce qu'on sait que c'est un membre identifié du crime organisé.
Ça fait que j'essaie de voir, dans la mise en œuvre, le pratico-pratique,
pourquoi, d'abord, on ne peut pas poursuivre. Parce que, là, on parle... on
saute une autre étape. Voilà.
M. Lafrenière : ...on se
rappelle le but visé par notre article. Puis je le disais toujours, hein? On ne
réglera pas tout avec notre article. On ne mettra pas fin au crime organisé.
Mais ça fait partie d'une série d'actions qu'on met en place. Prévention avec
les jeunes, ma collègue le sait bien, on a annoncé beaucoup d'argent pour aller
faire de la prévention chez les jeunes pour éviter l'adhésion aux groupes
criminalisés. On a rencontré ensemble des commerçants qui disent : Là, on
est à boutte, faites de quoi. On va empêcher les groupes criminalisés de
s'afficher. Pourquoi? Parce que c'est comme ça qu'ils font de l'extorsion. On
veut limiter l'adhésion des jeunes à des groupes criminalisés puis on veut
aussi limiter leur pouvoir de faire de l'extorsion.
Le geste de plus que les policiers nous
demandent... Puis, comme policier qui avait en charge le groupe, justement, qui
est ciblé, qui est Éclipse, c'est clair que l'outil qu'ils demandent, je le
comprends très bien. Mais présentement, si on faisait ça, on se met...
complètement en contradiction avec ce qui se passe sur le terrain, c'est-à-dire
les politiques d'interpellation, c'est-à-dire les causes devant les tribunaux
qui viennent dire que le fait d'interpeler une personne, même si on sait qui
est reliée à un groupe criminalisé, parce qu'au final, M. le Président, il
faudrait quand même l'interpeler, il faudrait quand même aller lui demander de
s'identifier. Je ne pourrais pas le dire devant un juge : Je ne lui ai pas
parlé, mais je sais que c'est un... M. YXZ. Alors malheureusement, ça nous
ramène à la base, en disant qu'on est dans une situation qui est trouble. Ce
n'est pas ce qu'on veut faire. Mais, M. le Président, je veux rassurer ma
collègue. Ce qu'on fait là, puis tantôt je disais qu'il y a des opérations qui
ont lieu présentement, il va y avoir beaucoup d'opérations policières pour
mettre la pression sur le crime organisé. Puis, ça, on va continuer.
Mme Maccarone : Oui. Bien...
Bien, ça, je ne m'en doute pas. C'est encore... C'est... Ce n'est pas une
inquiétude de ma part. C'est juste, tu sais, j'essaie de voir la mise en œuvre.
Je sais qu'on n'est pas rendu à l'étape où on parle des sanctions pénales, mais
ça s'en vient. Moi, je questionnais beaucoup quand Dominique Roberge a passé
puis il faisait le témoignage : Bien là, on va leur demander d'enlever
leurs patchs. J'essaie de voir la mise en œuvre de tout ça. C'est parce qu'on
enlève, on ne l'enlève pas, il va y avoir des sanctions. Comment que nous
allons fonctionner? Puis, pour moi, ça rentre dans le sens de cette question.
Puis je vais... j'aimerais distribuer la
note que nous avons de la bibliothèque. C'est éclairissante, là. C'est... Ils
font de l'excellent travail. Ils ont donné un mise en contexte. Ils ont parlé
de tout ce qu'on fait, Canada, à l'échelle internationale, tout ce que vous
avez évoqué, Nouveau-Zélande, etc. On s'inspire un peu de...
Mme Maccarone : ...de ça, mais
on sait que tout a quand même tombé à l'eau à quelque part. Mais c'est parce
qu'il y a peu d'études qui ont évalué, puis là je cite, «l'efficacité des lois
visant à porter des... des signes associés à des groupes criminels». Ça fait
que j'essaie... bien, c'est parce que j'essaie de voir... Même s'ils n'ont pas
de patch, c'est quand même intimidant, ces groupes-là, quand ils vont être là,
tu sais, c'est quand même... Je ne porte pas de patch, là, je vous demande de
l'enlever. La police, ils rentrent, il faut que vous enleviez votre manteau,
votre teeshirt, votre veste, là, parce qu'il y a un patch, ça fait qu'il faut
que vous l'enlevez, mais il reste dans le bar, puis c'est encore intimidant,
malgré qu'il ne s'affiche pas.
Le Président (M. Schneeberger) :
M. le ministre.
• (15 h 30) •
M. Lafrenière : ...M. le
Président, oui, merci. Et, en passant, juste corriger un petit fait, parce
qu'on regardait en même temps que la collègue l'amenait, pour la
Nouvelle-Zélande, ça fonctionne toujours. La loi est toujours en vigueur en
Nouvelle-Zélande. Cependant, ma collègue a raison pour la Saskatchewan, puis on
l'a mentionné plus tôt, là. Puis, écoutez, M. le Président, ça ne change pas sa
question. Je voulais juste le mettre clair pour les gens qui nous écoutent. Nouvelle-Zélande,
ça fonctionne, et on me dit que le taux de... ou d'exhiber une patch a diminué
de beaucoup.
Ceci étant dit, là, on va y aller avec...
dans le pratico-pratique, comme la collègue l'a dit. Ce qu'on fait aujourd'hui,
M. le Président, on ne vient pas dire que les membres des groupes criminalisés
n'ont plus de lieu, ne peuvent plus aller en public, il n'y a rien, on ne
serait pas capable, M. le Président, on aurait un test légal qui ferait en
sorte qu'on ne pourrait pas agir. Ce qu'on vient de dire, cependant, nous, on
n'est pas... sur le côté criminel. On vient dire que le fait de s'afficher, ça
permet à des jeunes de peut-être adhérer à ce groupe-là et, deuxièmement, de
faire de l'extorsion.
Alors, la personne que les policiers vont
interpeler, puis je me rappelle très bien du témoignage de notre collègue de la
Sûreté du Québec, ils vont lui demander de retirer son écusson en lui disant
qu'il va avoir un constat pour ça. La personne refuse, en vertu du Code de
procédure pénale, il pourrait être arrêté. Ce que notre collègue de la Sûreté
du Québec est venu dire, il est venu dire : Pourquoi vous ne donnez pas un
pouvoir de saisie dans votre règlement? Puis ce n'est pas là qu'on va, M. le
Président, on le laisse avec... en vertu du Code de procédure pénale. Donc,
trois, trois possibilités, on demande à l'individu de s'identifier. Il le fait.
Il garde son écusson, en disant : Pour moi, c'est à la vie, à la mort, je
le garde. On peut saisir l'écusson, il refuse, on peut l'arrêter aussi, M. le
Président. Et ça, ce n'est pas dans notre loi, dans notre règlement, ça existe
en vertu du Code de procédure pénale.
Mme Maccarone : ...ça arrive
quand, la sanction pénale?
M. Lafrenière : Ça s'en vient
bientôt à vitesse... bientôt, bientôt.
Mme Maccarone : Non, non, non,
je veux dire, dans votre mise en scène.
M. Lafrenière : Mais ça
dépend, M. le Président, parce qu'on va en parler tantôt aussi. Les villes
auraient le pouvoir aussi de sanctionner. Ça fait que ce qu'on va regarder,
est-ce que la ville de Montréal pourrait dire à ses policiers :
Pouvez-vous mettre un constat sur les lieux? Est-ce qu'on y va par un rapport
général? Mais ils veulent le donner sur place. Mais ça va dépendre plus tard,
on va le regarder ensemble, il y a une possibilité, pour les municipalités,
d'eux-mêmes remettre cette infraction-là.
Mme Maccarone : OK, ça fait
que ça va être appliqué... ça peut être appliqué de six, sept, 10, 12, 24...
M. Lafrenière : Non, deux, il
y en a deux.
Mme Maccarone : ...juste deux
façons.
M. Lafrenière : C'est sur
place, avec un constat abrégé, ou c'est un rapport qui est envoyé. Même chose
que pendant la COVID, M. le Président, mais désolé de faire référence à ce
moment trouble où les gens étaient identifiés et ils recevaient un constat par
la suite. Il n'y a pas 24 façons, il y en a deux, puis ça existe déjà. Je
peux intercepter une personne, moi, M. le Président, pour un excès de vitesse.
Puis, pendant que je l'intercepte, j'ai un appel urgent, je vais dire au
conducteur : Je suis désolé, vous allez recevoir votre prix de présence
par la poste. Je quitte, puis le constat est émis plus tard, ça se fait déjà,
soit sur le coup ou plus tard, mais, dans les deux cas, il va en recevoir un.
Mme Maccarone : OK, ça que ça
veut dire, peu importe la situation, il va avoir un... il va avoir une
contravention, Je rentre... Bien, moi, là, je suis la policière, je rentre dans
le bar. Vous, vous portez un patch, c'est une contravention, mais je vous
demande d'enlever quand même votre veste, mais peu importe.
M. Lafrenière : Donc, vous
continuez l'infraction, vous continuez l'infraction. Si vous la continuez, je
peux vous donner des constats jusqu'à tant que mon crayon soit vide d'encre.
Mme Maccarone : OK, ça fait
que l'inverse est vrai aussi, ça veut dire je rentre, je vous demande d'enlever
votre veste, mais vous aurez... puis il dit : Oui, pas de problème, je
l'enlève, puis il aura quand même une contravention.
M. Lafrenière : Absolument.
Mme Maccarone : OK, c'est
clair.
M. Lafrenière : Et je m'en
vais, puis, un an plus tard, il la porte, il pourrait avoir une autre
infraction, puis là on va y arriver tantôt, comme c'est une récidive en dedans
de deux ans, on va doubler le plaisir.
Mme Maccarone : OK. Puis,
juste pour la bonne compréhension des collègues, le document, on va
l'envoyer...
Une voix : ...
Mme Maccarone : ...c'est déjà
envoyé. Puis, à moins que les collègues qui travaillent à la bibliothèque, qui,
encore une fois, font un excellent travail, merci, ont fait erreur, ils ont
dit : Par ailleurs, en Nouvelle-Zélande, un règlement interdisant
l'affichage... d'organisations criminelles dans les lieux publics a été adopté
en 2009 dans le district de... Oui, ce règlement a été invalidé un an plus
tard. Ça fait que juste... juste pour dire que je n'ai pas inventé ça là, c'est
parce qu'ils sont revenus en 2024.
M. Lafrenière : Ils sont
revenus en 2024, absolument, M. le Président. Puis ça, c'est toujours valide,
ce qui a été mis en place en 2024...
15 h 30 (version non révisée)
M. Lafrenière : ...c'est en...,
M. le Président, mais la collègue n'a pas tort, là. Il y a une période trouble,
là, mais elle... en vigueur depuis 2024. Malheureusement, je n'ai pas pu aller
sur place voir comment ça se passait.
Mme Maccarone : Parce qu'ils
ont adopté quelque chose plus tard. OK. C'est bon pour moi. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) :
Ça va? Pas d'autre question? Est-ce que l'article numéro huit est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article n° 9. Monsieur...
M. Lafrenière : Oui, ce ne
sera pas bien long, M. le Président. Parfait. Alors, à l'article neuf : «Le
nom d'une entité peut être inscrit sur la liste des entités à dessein criminel,
en vue de lutter contre le sentiment d'insécurité ou l'attractivité qu'elle
peut susciter, aux conditions suivantes :
«1° première condition :des membres
de l'entité ou des personnes y sont associées ou liées sont actifs sur le
territoire du Québec;
«2° deuxième condition : il existe
des motifs raisonnables de croire que des membres de l'entité ou des personnes
qui y sont associées ou liées poursuivent, individuellement ou collectivement,
un dessein criminel, en commettant ou en tentant de commettre des infractions
criminelles, en participant ou en collaborant à la commission de telles
infractions ou en facilitant ou en faisant la promotion de la commission de
telles infractions;
«3° troisième condition : des membres
de l'entité ou des personnes y sont... qui y sont associées ou liées sont
susceptibles d'exposer à la vue du public un symbole ou un nom visé au premier
alinéa de l'article 6.»
Commentaires : l'article neuf fixe
les conditions devant être remplies pour que le nom d'une entité puisse être
inscrit sur la liste des entités à dessein criminel. Ces conditions seront
analysées par la composante du milieu policier désigné par le ministre en vertu
de l'article 8, afin de lui produire une recommandation relative à une
entité. L'article précise également les fins poursuivies par l'inscription du
nom d'une telle entité sur la liste.
Voilà, M. le Président. Tout ça, on en a
parlé un petit peu tout à l'heure, c'est vraiment les conditions qui font en
sorte qu'une entité va se retrouver sur la liste.
Le Président (M. Schneeberger) : Questions?
Député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Oui, merci, M.
le Président, là. Donc, c'est un article important dans la mesure où il établit
les raisons pour lesquelles une entité peut se retrouver dans la liste et donc
être paisible d'application de cet article et l'article 2 est névralgique,
là, «il existe des motifs raisonnables de croire», et la question... l'inquiétude
que j'ai, c'est que cela ouvre la porte à inscrire des entités et sous la base
d'une... comment dire, non pas d'une... de l'établissement d'une preuve, là,
comme quoi c'est un groupe criminalisé, mais sur la base d'une... comment dire,
d'une certitude qui n'a pas nécessairement une assise juridique, là, prouvée et
testée devant des membres de tribunaux et comme quoi la nature de cette entité-là
est d'ordre criminel.
Donc la question est à savoir, parce que,
là, le ministre parle souvent des membres criminalisés les Hells Angels, est-ce
que c'est cette bande-là en particulier, a déjà été reconnue comme une bande...
comme un groupe criminalisé par un tribunal?
Le Président (M. Schneeberger) :
M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci, M.
le Président. Quand je regarde les trois... les trois points qui sont assez
précis, puis tantôt on a eu cette discussion-là, quand on faisait la
distinction entre ce qu'on fait aujourd'hui et, exemple, la liste des groupes
terroristes, alors on n'est pas à la même place. Mais c'est important que les
trois points soient bien connus, M. le Président. Le premier, c'est des membres
de l'entité ou des personnes qui y sont associées ou liées qui sont actifs sur
le territoire du Québec. Ça, c'est assez simple. Le deuxième, il existe des
motifs raisonnables de croire que des membres de l'entité ou des personnes qui
y sont associées ou liées poursuivent individuellement ou collectivement un dessein
criminel en commettant ou en tentant de commettre des infractions criminelles,
en participant ou en collaborant à la commission de telles infractions ou en facilitant
ou faisant la promotion de la commission de telles infractions.
Alors, M. le Président, comme on disait
tout à l'heure, c'est sûr que si un groupe se retrouvait sur cette liste-là d'aventure
et voulait challenger, voudrait venir contester ce fait-là, il pourrait le
faire et là, c'est sûr que la preuve devra être faite par l'entité policière
pour dire comment ils sont arrivés à ce résultat-là, M. le Président. Alors, c'est
sûr que le... quand on regarde quelle serait la mesure de sécurité ultime, les
tribunaux pourraient renverser cette décision-là, M. le Président.
M. Fontecilla : Donc, il
revient au groupe en question qui est visé par cette interdiction-là d'entreprendre
les procédures pour faire annuler l'inclusion, si jamais il trouve que ce n'est
pas... ce n'est pas approprié ou c'est injuste ou que ce n'est pas légal.
M. Lafrenière : Absolument, M.
le Président, puis il y a déjà un groupe qui nous a fait comprendre qu'il
voulait contester cette décision-là avant même de se retrouver sur la liste.
M. Fontecilla : Tout à fait.
M. Lafrenière : Peut-être...
peut-être qu'ils ont eu de la vision, puis s'imaginent déjà qu'ils vont être
sur la liste. Je ne sais pas.
M. Fontecilla : Et, encore
une fois, on revient à la réalité et...
M. Fontecilla : ...de notre
finitude physique, le ministre ne sera toujours pas ministre de la Sécurité
publique, et il peut être tentant, pour un autre gouvernement, dans un avenir
très lointain, de dire qu'il y a des groupes qui pourraient faire partie de
cette liste-là, et sur la base... sur des motifs raisonnables, sans
nécessairement l'avoir prouvé.
Je veux... Je veux vous donner un exemple
peut-être, bien, historique. On ne va pas regarder dans le passé... dans le
futur, on va regarder dans... dans l'avenir... dans le passé, pardon. Qu'est-ce
qui... Qu'est- ce qui aurait empêché, par exemple, d'inclure dans cette
liste-là les carrés rouges, que vous connaissez bien, là?
• (15 h 40) •
Le Président (M. Schneeberger) : ...
M. Lafrenière : Oui, merci,
M. le Président. Bien, plusieurs choses. Il aurait fallu prouver
qu'individuellement ou collectivement les gens voulaient commettre des actes
criminels. Puis je n'embarquai pas sur ce dossier-là aujourd'hui, M. le
Président.
Mais allons-y avec un autre exemple qui va
être plus facile pour moi, n'importe lequel, M. le Président. Un, il faudrait
que ce soit soumis par le SRCQ. Et, on l'a dit tout à l'heure, parce qu'il y
avait une question des gens de l'opposition officielle : Est-ce que le
ministre peut demander qu'un groupe soit ajouté? La réponse, c'est non. Prenons
un groupe, puis je veux prendre un exemple fictif. Une personne qui a une
opinion... politique différente de la mienne, comme ministre, dans un groupe
politique. Puis je déciderais de faire mal paraître ce groupe-là puis de mettre
sur la liste. Un, je ne peux pas le demander au SRCQ, premièrement.
Deuxièmement, une fois que la liste est faite, elle... elle va être publique,
deuxièmement. Donc, les gens vont voir ce qui aurait été fait comme démarche.
Et troisièmement l'article 10, qu'on devance, ce groupe-là peut demander
d'être retiré. Il peut le faire par écrit. Puis on va y revenir tout à l'heure.
Alors, vous comprenez, M. le Président, que c'est sûr qu'avec un policier... un
background de policier, j'ai... moi, j'ai de la misère à dire que c'est
infaillible. Il faut toujours mettre le plus d'étapes possible pour se donner
une sécurité optimale. Puis, là-dedans, là, avec les étapes que je viens de
vous dire, un, c'est le SRCQ, puis il y a un mur entre le SRCQ puis le
ministre, deux, c'est mis sur la Gazette officielle, tout le monde va le voir.
Ça fait que, vous savez, des listes obscures, ça ne peut pas être là. Ça va être
public. Puis trois, le groupe qui se retrouve là, l'entité qui se retrouve là,
à l'article 10...
Puis on va le faire tout de suite, ça va
nous faciliter la tâche. À l'article 10 : «Une entité inscrite sur la
liste des entités à dessein criminel qui estiment que les conditions prévues à
l'article neuf ne sont pas remplies, peut, par écrit, demander au ministre d'en
être retiré en indiquant les motifs de sa demande. La composante du milieu
policier désignée prend connaissance des motifs de l'entité et vérifie que ces
conditions sont remplies. Le ministre informe l'entité de la suite donnée à sa
demande dans un délai raisonnable.».
Alors, encore là, M. le Président, on a
mis une mesure de plus pour s'assurer, justement, qu'il n'y ait pas de mesures
arbitraires. Ça va être donc l'entité policière, le SRCQ, qui va devoir...
publier cette liste-là. On va la diffuser. Puis, si quelqu'un se retrouve sur
la liste, comme un groupe nous a déjà fait comprendre, que s'il fallait qu'il
se retrouve sur la liste, je ne sais pas comment qu'ils pensent qu'ils vont
déjà être là, mais il voulait le contester, mais c'est une des avenues
possibles.
M. Fontecilla : Très bien. Je
vais y aller en deux... en deux temps, là. Tout d'abord, le ministre a soulevé
un élément important, là. Le ministre ne peut pas, en tant que tel, faire... de
faire la demande d'inclure un groupe. Vous l'avez... Ni de l'exclure. Ça doit
venir du centre...
M. Lafrenière : ...du Québec.
SRCQ. Il me reste une fois.
M. Fontecilla : C'est ça.
C'est ça. Mais en même temps, M. le ministre, vous... vous n'êtes pas... vous
n'êtes pas naïf, vous le savez comment ça fonctionne, la politique, là.
J'entrevois demain... dans deux semaines, lorsqu'on va revenir en Chambre, il y
a des événements malheureux, un groupe criminalisé qui surgit, et il y a un
député d'opposition, un responsable de la sécurité publique, comme moi, par
exemple, qui se lève et qui vous dit : Qu'est-ce... Que fait-il, le... Que
fait le ministre pour empêcher que ce groupe-là s'exhibe publiquement? Et je
vous applique de la pression politique, parce que c'est comme ça que ça se
passe dans le... dans le concret...
M. Lafrenière : Vous faites
de la pression politique.
M. Fontecilla : C'est... C'est...
Vous semblez... Vous semblez être très, très surpris.
M. Lafrenière : Et déçu.
M. Fontecilla : Et vous allez
me répondre : Moi, je ne peux rien faire parce que, etc., etc. Mais là, il
n'y a pas juste un député. Il y a un autre député d'une autre formation
politique. Vous ouvrez les journaux, et tout le monde met de la... demande une
intervention du ministre, là. Le ministre se défend en disant : Je ne peux
rien faire, je ne peux pas, et, etc., etc. Mais il y a différentes façons d'agir,
hein? Est-ce que le ministre, et ce ne sera sans doute pas vous... mais va-t-il
être en mesure de ne pas... ne pas céder à cette pression politique et
s'arranger par voie détournée d'informer discrètement le service de
renseignement criminel, de dire : Bien là, écoutez, là, ce serait
peut-être, hein, pertinent, ce serait pertinent d'inclure ces groupes-là?
Je vous pose ce cas de figure-là,
monsieur.
M. Lafrenière : Oui. M. le
Président, un, je suis vraiment déçu de voir que mon collègue a voulu
influencer le ministre de la Sécurité publique. Mais, blague à part, vous
savez, M. le Président, j'ai fait la police pendant 28 ans, ça fait mon
deuxième mandat, huit ans, comme... comme élu, très heureux de mes deux
travails. Puis je peux vous dire qu'il y a un petit mur entre les deux. Puis
c'est important...
M. Lafrenière : ...garder
cette distance-là. Puis ce que mon collègue vient de dire, on en a parlé tout à
l'heure comme un exemple, c'est-à-dire qu'il se passe de quoi dans l'actualité.
Le SRCQ, en passant, va réagir, ils vont voir les choses changer, c'est-à-dire
d'une semaine à l'autre, il y a des groupes qui vont être ajoutés. Ça va
arriver, M. le Président. Ils n'attendront pas à la fin de l'année,
disant : En janvier, la personne a fait un crime, puis là on voit qu'il y
a une problématique au Québec, mais on va attendre en décembre. D'habitude, en
décembre, on met ça à jour. Donc, c'est des gens qui vont changer, qui vont
rajouter des groupes, ils vont voir ce qui se passe dans l'actualité. Mais ce
qui est important de vous dire, M. le Président, ils vont réagir parce qu'ils
voient des choses dans l'actualité, pas parce qu'ils ont entendu le député de
Laurier-Dorion, que j'aime beaucoup, pas parce qu'ils m'ont entendu, moi, parce
qu'ils vont avoir vu ça puis va... eux vont devoir le prouver par la suite.
Alors, M. le Président, ils ne rajouteront pas un nom sur une liste sans être
capables, par la suite, de se présenter devant un tribunal puis de dire :
Vous savez quoi? Ce groupe-là, voici pourquoi on l'a rajouté à la liste. Ça va
prendre des faits. Puis on a déjà eu cette discussion-là, le député de
Laurier-Dorion et moi, pas sur des... des soupçons. Ça va prendre des motifs
valables.
M. Fontecilla : Tout à fait.
Mais le... on vient toujours juste d'en parler. C'est à postériori que le
service de renseignement va devoir... Excusez-moi, mais je crois avoir compris
que les groupes, les services de renseignement criminels du Québec inscrit un
groupe sur la base de motifs raisonnables. C'est rendu public. Si le groupe en
question n'est pas... est en désaccord avec cette mesure-là, il va contester.
Quand je dis «a posteriori», c'est ça. Mais donc, la question est que c'est le
groupe en question n'a pas besoin d'être... d'avoir été condamné, d'avoir été
trouvé coupable ou qualifié formellement par une instance judiciaire de... d'un
groupe criminel pour être inscrit sur la liste, sur la base des motifs
raisonnables qui peuvent être contestés a posteriori. Établissons...
établissons cela, là.
M. Lafrenière : M. le
Président, je comprends. Puis, quand, tantôt mon collègue mentionnait a
posteriori, je pensais qu'il voulait dire que le SRCQ ne réagirait pas de façon
proactive. Vous allez comprendre que le renseignement ce n'est pas... ce n'est
pas ce qui sort dans les médias. Les gens ont de l'information.
Je veux corriger un point cependant,
parce que le collègue fait référence à un groupe qui serait condamné pour des
actions criminelles. Un groupe ne peut pas être condamné pour des actions
criminelles, les individus qui en font partie... puis, si on revient à
l'article, on dit : Un ou des individus. Alors, c'est sûr qu'il y a
quelqu'un qui a commis des actes criminels, qu'il soit condamné ou pas. Il y a
une preuve qui va devoir être démontrée. Puis je ne ferai pas la divulgation
aujourd'hui, M. le Président, mais vous comprenez qu'on ne parle pas de
soupçons. Eux vont devoir, la SRCQ va devoir... expliquer un jour devant un
tribunal ce qu'ils ont comme preuves. Ça fait que comprenez que ce n'est pas un
soupçon. Et je veux rassurer le collègue, comme on se disait tout à l'heure, au
final, si cette liste-là sort, si le groupe est en désaccord, il peut se faire
valoir. Et ça, ça va être public, ça va être vu, ça va être su. Puis je suis
persuadé que mon collègue de Laurier-Dorion va sauter sur l'occasion s'il est
en désaccord avec ce qui a été mis sur la liste.
M. Fontecilla : Dites-moi, M.
le ministre, est-ce qu'un groupe... Est-ce que dans notre... Comment dire,
notre système institutionnel, un groupe peut être qualifié... parce qu'il vient
de le nommer, là, de groupe criminalisé ou pas? Au-delà des responsabilités
individuelles des membres qui composent ce groupe-là, le groupe Y, un... il y
a... est-ce qu'il peut y avoir un verdict juridique disant : Le groupe Y
est un groupe criminalisé et il est proscrit? Enfin, je ne sais pas, là, ou
c'est les individus qui sont qualifiés de criminels?
M. Lafrenière : Ce qui est
complexe, M. le Président, c'est pour ça qu'on se consulte... parce que là, on
mélange deux éléments avec le Code criminel, là. Ce qu'on vient dire, c'est que
les individus ont pu commettre des actes criminels, des crimes, mais de
condamner, c'est une chose. Est-ce que... Puis on en a parlé plus tôt, est-ce
qu'on peut se faire accuser de gangstérisme? Absolument, si on fait partie
d'une entité qui commet des crimes ensemble. Je ne sais pas si ça... ça aide le
collègue, là.
M. Fontecilla : Parfait. Un
groupe qui est... qui a été... dont... dont on a fait la preuve qu'il... qu'il
est un groupe qui a des activités... qui est gangster, est-ce qu'il pourrait
automatiquement se retrouver sur cette liste-là? J'imagine que oui.
M. Lafrenière : C'est le
service de renseignement. Puis encore là, ce n'est pas le ministre qui va le
décider, mais le SRCQ pourrait les mettre, là. Puis là, j'ai dit... SRCQ.
M. Fontecilla : Tout à fait,
mais il y a des motifs. S'il a déjà été reconnu coupable comme étant un groupe
faisant du gangstérisme...
M. Lafrenière : C'est sûr, ça
va contribuer à les mettre sur la liste. C'est sûr.
M. Fontecilla : De facto, on
pense qu'il... il pourrait être dans cette liste-là, mais il va y avoir une
décision du centre de renseignement...
M. Lafrenière : Absolument.
M. Fontecilla : OK. L'autre...
l'autre élément qui me... qui m'intrigue, M. le ministre, là, c'est lorsque...
lorsqu'il y a un groupe... non, pardon, lorsqu'il y a un membre d'un groupe qui
est condamné pour un geste criminel, est-ce que, de facto, la culpabilité d'un
membre ou des membres de ce groupe...
M. Fontecilla : ...pourrait
être étendu à tous les groupes. Je veux vous donner un cas d'exemple. Il y a
un... il y a un conflit syndical très aigu, et un membre du syndicat ou des
membres du syndicat sont accusés ou... accusés d'avoir commis des méfaits dans
le cadre de ce conflit-là. Ce n'est pas une situation exceptionnelle, ça s'est
déjà vu à quelques reprises dans l'histoire, en tout cas, du Québec, là. Est-ce
que le syndicat en question pourrait être considéré comme un groupe criminalisé
parce qu'un ou des membres du syndicat ont été trouvés coupables d'avoir commis
des méfaits?
• (15 h 50) •
M. Lafrenière : La réponse,
M. le Président, elle est simple, c'est non. À moins que mon collègue me prouve
que ce groupe syndical est réuni dans le but de commettre des crimes, puis là
on se relie à l'article 6... Le danger, dans tout ce qu'on fait, là, c'est tout
le temps de prendre un petit élément de la courtepointe, de le faire tout seul.
Il faut vraiment tout le relier ensemble. Il faut se rappeler... puis là je
vais relire les trois points, ça va nous aider, le point 3, c'est des membres
de l'entité ou des personnes qui y sont associées ou liées sont susceptibles
d'exposer à la vue du public un symbole ou un nom visé... 1, des membres de
l'entité ou des personnes qui y sont associées sont sur le territoire
québécois. Mon collègue fait référence à un syndicat. Ça se peut, en passant,
même une grande entreprise pourrait avoir un de ses employés qui a fait un
crime, ça ne fait pas d'elle une entité criminelle.
M. Fontecilla : Tout à fait. Tout
à fait.
M. Lafrenière : Bien, ce n'est
pas ce qu'on dit du tout. Quand on leur relit, au 2 : Il existe des motifs
raisonnables de croire que des membres de l'entité ou des personnes qui y sont
associées ou liées poursuivent individuellement ou collectivement un dessein
criminel. Alors, à moins que le syndicat ait un dessein criminel... Puis moi, j'ai
beaucoup de respect pour les syndicats, je ne pense pas qu'ils poursuivent un
dessein criminel.
M. Fontecilla : Tout à fait.
M. Lafrenière : Donc, on
s'est disqualifié au point 2 puis on n'avance plus, on prend un serpent puis on
descend.
M. Fontecilla : Oui, mais,
encore une fois, là, c'est parce que c'est sur la base de l'existence de motifs
raisonnables. Donc, il y a une... il y a une part de discrétionnaire d'un
groupe en disant : Ce groupe, il a des motifs raisonnables de croire que
le groupe ou un groupe de personnes qui y sont associées ou liées poursuivent
individuellement ou collectivement, c'est écrit, un dessein criminel. Donc, il
y a une... il y a une part de... il y a une décision, une décision qu'un groupe
de personnes, dans ce cas-ci, dans... le Centre de renseignements criminels du
Québec prennent cette décision-là selon les faits qu'ils ont devant eux, mais
aussi des biais. Et ça existe.
Donc, la question... la question que je
pose, là, c'est est-ce que... et le ministre m'a répondu, mais je veux
l'entendre clairement, c'est que ça ne s'applique pas à des groupes comme des
syndicats, des groupes qui ont des revendications soit de travail ou politique,
de façon générale.
M. Lafrenière : Ma réponse
est que ça s'applique à tous les groupes si...
M. Fontecilla : Ah!
M. Lafrenière : Attention, là,
écoutez la fin de la phrase, par exemple, parce que sinon on manque une ligne.
M. Fontecilla : Je vous
écoute.
M. Lafrenière : S'ils ont un
dessein criminel. Alors, si vous me dites qu'un syndicat, demain matin, parce
que, là, on est ensemble, tout va bien, un jour, un syndicat, un groupe de ce
que vous voulez, M. le Président, un groupe religieux, décident qu'ensemble,
eux autres, là, ce qu'ils veulent faire, c'est faire des crimes puis c'est
clairement ça, bien, ils ne pourront pas plus le faire parce que c'est un
syndicat, un groupe religieux ou les filles d'Isabelle, là, ils ne pourront pas
plus le faire.
Cependant, il faut poursuivre un dessein
criminel, et c'est là que ça change la donne. Je... à mon collègue, est-ce
qu'on pourrait mettre un groupe parce qu'il est syndical? La réponse, c'est
non. Est-ce qu'on pourrait ne pas mettre un groupe parce qu'il est syndical? La
réponse, c'est non, non plus, mais présentement ce n'est pas le cas. Ça fait
que je fais bien attention. La question est hypothétique, puis je veux
répondre, là, ça ne se prend pas tout seul, tout ça, là, c'est ensemble. Il
faut poursuivre. S'il y a un membre de ce groupe-là qui est criminalisé, est-ce
que ça peut être de facto qu'il est sur la liste? La réponse est non. Il faut
poursuivre un dessein criminel puis il faut aussi faire en sorte que le logo,
le symbole qu'on a incite à ce qu'on a dit plus tôt. Alors, dans le cas qui est
proposé par le collègue, ça... en bon français, ça n'a pas rapport.
M. Fontecilla : Très bien.
Le Président (M. Schneeberger) : D'autres
questions? Oui, députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci. Le
SRCQ, c'est une instance gouvernementale?
Des voix : ...
M. Lafrenière : La raison
pour laquelle je consultais... Parce que tantôt on a eu cet échange-là où on
disait: Ce n'est pas un corps de police, ce n'est pas une entité légale qu'on
peut... Parce que, sinon, on aurait nommé le SRCQ dans notre projet de loi. On
me disait : C'est comme une équipe mixte, si vous voulez, c'est une entité
administrative, ce qu'on a expliqué tout à l'heure, puis c'est les procureurs
qui nous l'ont bien expliqué, nos avocats, mais ce n'est pas une entité légale,
c'est une entité administrative.
Mme Maccarone : Oui. Ce n'est
pas ma question. Est-ce que c'est une instance paragouvernementale?
Des voix : ...
Mme Maccarone : Je vais vous
aider à déterminer.
M. Lafrenière : Aidez-moi,
oui.
Mme Maccarone : Qui finance
le SRCQ?
M. Lafrenière : Bien, c'est
les corps de police parce que ce sont... les membres qui font partie de cette
entité sont des policiers.
Mme Maccarone : Ça fait que
c'est les municipalités, parc qu'eux...
M. Lafrenière : Bien, c'est
tout, il y a la Sûreté du Québec, il y a le SPVM, il y a Longueuil, la GRC...
Mme Maccarone : ...bien,
selon... Si je vais sur le site Web pour comprendre leur mandat, il dit qu'il
accompagne et conseille la SQ. Il n'accompagne pas puis conseille les
policiers... les policiers municipaux. Il parle uniquement de la SQ, il ne
parle pas d'autres groupes de forces de l'ordre.
M. Lafrenière : «Le SRCQ est
une unité mixte composée de policiers et d'analystes provenant des services de
police de la ville de Montréal, le SPVM, la Sûreté du Québec et de la
Gendarmerie royale du Canada. Il a comme principale mission de pouvoir... de
promouvoir, pardon, et de dynamiser le renseignement entre les différents corps
de police, organismes et intervenants concernés en vue de combattre la
criminalité, plus particulièrement celle du crime organisé.
Mme Maccarone : Oui, puis ça
dit ici : La gestion du renseignement criminel, le SRCQ, assure la gestion
du renseignement criminel et prend les mesures requises en vue de favoriser
leur... au besoin. À ce titre, le SRCQ doit accompagner et conseiller la SQ
dans la gestion et le développement du système central de renseignements
criminels, qui est continu, là, coordonner et planifier, liaison,
l'établissement. Ça fait que c'est-tu une instance paragouvernementale? Je
comprends un peu la composition, qui était ma deuxième question, mais est-ce
que c'est financé par le gouvernement, c'est paragouvernemental?
Le Président (M. Schneeberger) :
...
M. Lafrenière : ...deux
réponses à l'élément que ma collègue a apporté parce qu'on faisait référence
aux banques de données, qui est le CRPQ, qui est géré par la Sûreté du Québec.
Puis c'est pour ça, quand on disait le CRCQ a le mandat d'aider la Sûreté du
Québec avec ça, la réponse, c'est oui, mais le budget... c'est les corps
policiers... Quand j'étais au SPVM, on détachait, on fournissait des effectifs
au SRCQ, qui a un rôle-conseil avec toutes les organisations. Alors, c'est...
On fait la vérification en même temps, Je ne pense même pas qu'il y a un budget
qui était... qui était octroyé à eux. Nous, on fournissait des ressources.
Des voix : ...
M. Lafrenière : Peut-être le
secrétariat, un petit peu comme on a dit quand on a parlé, dans le fond, de
notre volet un projet de loi, où on disait : Le secrétariat est assuré par
la Sûreté du Québec. C'est le volet, mais, sinon, les effectifs ne sont pas embauchés
par le SRCQ, là, des effectifs qui viennent des corps policiers.
Mme Maccarone : Oui, ça je
comprends, c'est des ETC qui sont partagés, sont prêtés...
M. Lafrenière : Oui. Ils sont
prêtés, oui.
Mme Maccarone : ...mais il doit
y avoir des services administratifs, tout ça. Ça fait que j'essaie de voir leur
statut, j'ai une question supplémentaire lorsque je comprends leur statut,
c'est-tu paragouvernemental parce qu'il reçoit un financement du gouvernement
ou est-ce que c'est uniquement les prêts de services de tous les corps de
police, incluant la SQ?
M. Lafrenière : ...en même
temps parce que la question est pointue de la part de ma collègue, on le
vérifie, puis si ma collègue veut continuer, peut-être, pour nous guider puis
qu'on trouve la bonne information.
Mme Maccarone : Oui, pendant
que... Je dirais, basé sur ce que vous m'avez répondu, qu'ils font un
accompagnement à travers tous les corps de police... il faut modifier le site
Web, premièrement, le site Web du gouvernement, actuellement, dit que ça
accompagne et conseille uniquement la SQ, ça fait qu'il y aura un mise à jour à
faire, puis c'est bien correct.
La raison de ma question, c'est un peu le
contraire de ce que mon collègue de Laurier-Dorion a posé. Ce n'est pas une
question d'influencer le ministre, c'est : Est-ce que c'est un instance
indépendant? Puis, si c'est un instance indépendant, comment qu'il fonctionne
pour assurer qu'on a ce mur, pour assurer qu'il n'y aura pas une influence qui
vient en contrepartie, pas qu'on veut influencer le ministre, mais que le
ministre n'influence pas le SRCQ. Ça fait que vous voyez un peu.
M. Lafrenière : Merci
beaucoup à la collègue, M. le Président, ça me permet de répondre une réponse
plus claire, parce qu'on vérifie en même temps. Et, tout à l'heure, on l'a dit,
plus tôt, le mandat du SRCQ va devoir être changé parce que ce qu'on vient de
nous dire, là, ce n'est pas ce qu'ils font présentement. Ce qu'on fait
aujourd'hui, ce n'est pas leur mandat, puis c'est ce que... on va les mandater
pour le faire. Puis, quand je parle de les mandater, je parle de la fameuse
liste, qui n'existe pas, qui va être créée, c'est le «task» qu'on va leur
donner.
Mme Maccarone : Ça, c'est dans
un règlement que c'est fait, le mandat de leur mission?
M. Lafrenière : C'est un
décret qui va être fait, M. le Président.
Mme Maccarone : Un décret, OK.
M. Lafrenière : Quand on
revient, cependant, à la protection puis le mur de Chine, là, qui va devoir
exister, si je dis que ce sont des policiers qui sont nommés par chacune des
organisations, il y a déjà ce mur-là qui existe. C'est pour ça que tantôt
j'étais très à l'aise de répondre à la collègue, comme policier au SPVM, je ne
pouvais pas recevoir une commande politique, que ce soit de Québec ou même de
Montréal. Comme policier, je suis protégé puis je ne perdrai pas ma job à cause
de ça. Donc, je ne suis pas un employé du SRCQ en disant : J'ai un emploi
à statut qui serait précaire, je suis employé de mon service de police, alors
je ne reçois pas de commande de la part du ministère à part le mandat, mais
l'ingérence au niveau d'un groupe ou pas, ça ne veut pas aller là. Et c'est un
décret, je pourrais le lire, là, mais, écoutez, là, on tombe dans le technique.
Mme Maccarone : Bien, pas
besoin, je voulais plus savoir la mise en marche, comment ça fonctionne,
c'est-tu à temps plein, quand on fait ce prêt de services, c'est-tu quelque
chose qui est fait juste au besoin, ça fait qu'on fait un prêt quand on a
besoin?
M. Lafrenière : C'est un...
c'est à temps en plein. Moi, je prenais l'exemple chez moi, là. Je me rappelle
que la personne avec qui j'étais, on l'avait prêtée pour une période de deux
ans. Alors, c'est des prêts de services, mais c'est sûr qu'on vient... Puis ce
qu'on fait...
M. Lafrenière :
...aujourd'hui, on change un petit peu leur mandat, c'est tant mieux, hein, je
pense que tout le monde va être très d'accord dans le milieu policier, il faut
leur donner un rôle beaucoup plus prédominant que ce qu'on a présentement.
Mme Maccarone : Surtout si on
parle de comment que ça va être... ça va englober tous les corps de police,
parce qu'honnêtement on parle uniquement à la SQ, ça fait que je pense que ça
va être bien d'avoir une mise à jour, une actualisation. Moi, je souhaite
savoir, parce que pas nécessairement en lien, mais la mise en œuvre du SRCQ,
comment il fonctionne, parce que je vois que vous mettez beaucoup d'importance
sur leur rôle qui, je comprends, c'est la composante du milieu policier qui est
favorisé. Mais comment ça fonctionne avec le Service canadien de renseignements
criminels? Comment qu'il fonctionne en termes d'information? Parce que je vois,
sur le site Web, on partage des renseignements. Ça fait que, est-ce que ça se
peut qu'ils peuvent recevoir de l'information de le Service canadien du
renseignement criminel qui... de l'information puis qu'ils disent : Bon,
bien, voilà, SRCQ, on a des noms pour vous, on a des noms pour vous qu'on
souhaite que vous placez sur votre liste ou vice versa?
• (16 heures) •
M. Lafrenière : La raison pour
laquelle je parlais en même temps, c'est très très, très sensible ce que la
collègue apporte, puis je m'en rappelle très bien aux renseignements, il y a de
l'information qui peut arriver dans un sens, mais pas dans l'autre. Ça fait
qu'il y a des protocoles qui font en sorte, M. le Président, qu'il y a de
l'information qu'on ne peut pas populer dans un sens et vice versa, puis ça,
c'est souhaité, souhaitable. Alors... et, encore là, je ne partagerai pas toute
la liste, mais des informations qui ne peuvent pas arriver d'une autre liste,
ce qu'on ne veut pas, c'est contaminer.
Mme Maccarone : Non, mais il
dit qu'on partage les renseignements.
M. Lafrenière : Oui, il y a
l'information, mais ce n'est pas tous les renseignements, il y a certains
renseignements peuvent être partagés...
Mme Maccarone : OK.
M. Lafrenière : ...puis ça, il
y a des protocoles, il y a même des organismes avec qui on ne peut pas partager
de renseignements. C'est complexe puis c'est correct, c'est pour la protection
des citoyens, au final.
Mme Maccarone : Non, non, non,
mais je voulais... moi, je voulais savoir si c'est réciproque. Je comprends
qu'eux, ils partagent l'information, corps de police, SQ puis aussi le Service
canadien de renseignements criminels. Mais est-ce que le service de
renseignements criminels, au niveau fédéral, est ce qu'eux, ils partagent
l'information avec nous au niveau provincial?
M. Lafrenière : Des
informations...
Mme Maccarone : Des
informations.
M. Lafrenière : ...pas tout,
dans les deux sens, ce n'est pas tout. Il y a des limites qui sont mis quand
même, il y a des renseignements qui ne sont pas partagés ni dans un sens ni de
l'autre.
Mme Maccarone : Est-ce que je
peux avoir un exemple?
M. Lafrenière : Pas vraiment.
Mme Maccarone : Pas vraiment,
hors micro, peut-être.
M. Lafrenière : Oui.
Mme Maccarone : OK.
M. Lafrenière : Pourquoi, M.
le Président? Parce c'est justement pour protéger, parce que ce qui est arrivé
dans d'autres cas, puis pas ici, je pense, dans d'autres juridictions,
l'information qui partait d'une source x, qui se ramassait à un niveau y, et là
ça a laissé des traces pour le dossier d'une personne. Ça fait qu'on va être
prudent dans ce qui est partagé, puis c'est correct, je pense que c'est
souhaité, souhaitable.
Mme Maccarone : OK. Merci.
Oui.
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, est-ce que l'article n° 9 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) :
Adopté. N° 10.
M. Lafrenière : M. le
Président, j'aimerais juste amener une petite information rapide pour ma
collègue. Il y a 16 ressources présentement au SRCQ. C'est ça que
j'attendais en tapant du pied. Là, présentement, il y a 16 ressources au
SRCQ.
Alors, l'article 10, M. le
Président : «Une entité inscrite sur la liste des entités à dessein
criminel qui estime que les conditions prévues à l'article 9 ne sont pas
remplies peut, par écrit, demander au ministre d'en être retirée en... en
indiquant — pardon — les motifs de sa demande.
«La composante du milieu policier désignée
prend connaissance des motifs de l'entité et vérifie que ces conditions sont
remplies. Le ministre informe l'entité de la suite donnée à sa demande dans un
délai raisonnable.» Commentaire. L'article 10 prévoit les modalités
applicables lorsqu'une entité inscrite sur la liste des entités à dessein
criminel estime qu'elle devrait être retirée.
Ça, on en a parlé tout à l'heure, M. le
Président, mais c'est vraiment un mécanisme qu'on se donne en se disant :
Si une personne se retrouve sur cette liste-là qui est publique et trouve que
ça ne devrait pas être le cas, mais elle peut contester, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) :
Questions? Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : ...un délai
raisonnable.
M. Lafrenière : M. le
Président, on fait la vérification en même temps, mais mon premier... mon
premier réflexe, c'est de dire : Ça dépend ce qui est allégué aussi par le
groupe, puis ça dépend c'est qui le groupe, puis s'ils nous disent :
Écoutez, vous alléguez... puis là je ne veux pas prendre d'exemple parce qu'à
chaque fois je reçois des messages après. Mais un groupe x qui dirait :
Écoutez, vous nous avez mis sur cette liste-là, puis ce n'est pas vrai, on n'a
pas commis de crime et... Mais ça demande des vérifications, M. le Président,
ça ne pourra pas être répondu sur un coin de table. Alors, c'est pour ça qu'on
a mis un délai raisonnable, puis on n'a pas mis 10 jours, on a mis...
C'est sûr que c'est le plus tôt possible, M. le Président.
Mme Maccarone : Oui, mais moi,
je parle de leur informer : «Le ministre informe l'entité à la suite
donnée à sa demande dans un délai raisonnable.»
M. Lafrenière : Oui, c'est une
fois que les vérifications sont faites, M. le Président. Pour certains groupes,
ça va être rapide, pour d'autres groupes, on parle de... On reprend le chemin,
M. le Président, le SRCQ fait ses vérifications, rajoute le nom sur une liste
qui est publique. Un groupe vient dire : Wo! Vous vous trompez à mon
sujet. Ce n'est pas juste de dire : Heille! on est désolé, tu sais, parce
qu'il y a un chemin qui nous a menés jusque-là. Pour défaire ce chemin-là, ça
va demander des vérifications et peut-être même de demander d'autres
indications au groupe, en disant : Mais venez nous prouver pourquoi. Puis
je vous l'ai dit plus tôt, il y a déjà un groupe de motocyclistes qui sont bien
connus, qui m'ont déjà dit qu'ils voulaient contester...
16 h (version non révisée)
M. Lafrenière : ...décision,
bien, les arguments qu'ils vont amener vont demander des réflexions, des
vérifications pour... contre une genre de contre-expertise, M. le Président.
Mme Maccarone : Qui décide le
délai? C'est-tu le ministre parce qu'on dit «le ministre informe» mais c'est
qui qui va déterminer ça? C'est-tu la SRCQ, c'est-tu le ministre? Parce que là,
on précise que c'est vous.
M. Lafrenière : Comme le
ministre ne prend pas de décision à savoir qui doit être sur la liste ou pas,
puis ça, on l'a déjà dit plus tôt, c'est le SRCQ qui va commander ça. Le
ministre, au final, va être la personne qui va informer, c'est-à-dire la lettre
officielle qui va sortir, mais les vérifications vont être faites par le SRCQ,
M. le Président, parce qu'on a dit : Le ministre ne peut pas demander à un
groupe d'être ajouté ou retiré, ça fait qu'on va attendre que la SRCQ... puis
encore là, on prend des cas hypothétiques, là.
Mme Maccarone : Pourquoi que ce
n'est pas eux qui informent, d'abord?
Une voix : ...
M. Lafrenière : C'est par
arrêté ministériel, donc ça veut dire qu'il va falloir changer, aussi, ce qu'on...
ce qu'on a mis comme cette liste là, ça fait que c'est... c'est ça, la... l'imputabilité
d'un ministre.
Mme Maccarone : Hein? OK. M.
le ministre, j'ai une autre...
M. Lafrenière : ...
Mme Maccarone : ...si... si
quelqu'un... si, mettons, une entité se retrouve sur la liste puis souhaite...
contester, est ce que, pendant cette évaluation, le nom reste sur la liste ou
est-ce que c'est supprimé pendant l'enquête?
M. Lafrenière : L'entité va
rester sur la liste, M. le Président. Puis ça, c'est plate, vous allez me dire,
puis d'un autre côté, je pense qu'il y a des groupes qui se feraient plaisir de
contester juste pour enlever leur nom temporairement, là, ils vont rester sur
la liste.
Mme Maccarone : Puis le
recours, après?
M. Lafrenière : Ah, ils vont
pouvoir poursuivre par la suite si cette entité-là, qui a pour but de
promouvoir la motocyclette chez les personnes plus âgées, puis s'ils décident
que leurs droits ont été lésés, ils vont pouvoir poursuivre, M. le Président.
Mme Maccarone : Ça fait que c'est
les tribunaux.
M. Lafrenière : Absolument.
Mme Maccarone : OK, merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Bon,
ce que l'article dit, c'est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) :
Adopté. Article 11.
M. Lafrenière : M. le
Président, je vous demanderais de prendre une pause de 30 secondes, j'aimerais
parler à ma collègue de l'opposition officielle, s'il vous plaît.
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui, pas de problème.
(Suspension de la séance à 16 h 07)
(Reprise à 16 h 15)
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, nous reprenons les travaux. M. le ministre, je vous laisse la parole.
M. Lafrenière : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. Je vais lire l'article 11. Je sais que ma
collègue m'a déjà annoncé qu'ils avaient un amendement à nous proposer, mais je
vais le lire, M. le Président.
L'article 11 : «La liste
des entités à dessein criminel doit faire l'objet d'une révision aux cinq ans.
À cette fin, la composante du milieu policier désigné vérifie pour chaque
entité les... que les conditions prévues à l'article neuf sont remplies.»
Comme commentaires, l'article neuf impose
la révision quinquennale de la liste des entités à dessein criminel par la
composante du milieu policier désigné qui veillera à cette fin à vérifier que
l'inscription de chaque entité est toujours conforme à la loi.
Le Président (M. Schneeberger) :
... et Mme la députée de Westmount—Saint-Louis. Alors...
Mme Maccarone : J'ai un
amendement.
Le Président (M. Schneeberger) :
Si vous avez un amendement, alors, je vous laisse faire les commentaires. Et
vous... Est-ce que... secrétaire, vous l'avez?
Mme Maccarone : C'est en
transit.
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui. Alors, oui. Bon...
M. Lafrenière : ...
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui. Alors, oui, bien, c'est ça, le temps que ça... Vous pouvez justement...
Mme Maccarone : Bien moi, je
peux le lire si les... si on a le consentement entre collègues.
Des voix : Consentement.
Mme Maccarone : Merci. Alors,
c'est... amendement, excusez-moi. Article deux, article 11 de la Loi
favorisant... visant à favoriser la paix, l'ordre et la sécurité publique au
Québec, remplacer, dans l'article 11 de la Loi visant à favoriser la paix,
l'ordre et la sécurité publique au Québec, proposé par l'article deux du projet
de loi, «aux cinq ans» par «annuel».
Alors, c'est un amendement qui vise à
modifier la fréquence de la révision des listes à entités de dessein criminel.
Nous, on avait entendu les groupes qui ont témoigné, on a aussi entendu l'APPQ.
eux, ils souhaitaient qu'on brime complètement notre notion de date pour que ce
soit révisé au besoin, mais je trouve que la fréquence, si on fait ça à chaque
12 mois annuellement, au lieu de cinq ans, ça donne plus de souplesse et
l'habilité d'assurer qu'on a une liste à jour sans attendre cinq ans pour faire
cette mise à jour.
Le Président (M. Schneeberger) :
...le ministre, avez-vous des commentaires?
M. Lafrenière : Oui, M. le
Président. Un petit commentaire rapide. Quand on a écrit l'article, on a mis de
façon quinquennale, aux cinq ans, parce qu'on prenait pour acquis, M. le
Président, puis c'est normal, que le SRCQ va continuellement faire des
allers-retours, remettre la liste à jour. Cependant, on se disait :
Écoutez, c'est comme un grand ménage, là, une fois de temps en temps, c'est bon
d'aller revoir si on n'a pas oublié des groupes. Alors, M. le Président, comme
on travaille dans la joie et l'allégresse et que ça se passe bien, je... Ce
n'est pas un problème d'y aller sur une façon annuelle. De toute façon, c'est
ce qui va se faire dans les faits, M. le Président.
Mme Maccarone : Parfait.
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, à ce moment-là...
Mme Maccarone : Je demanderais
un vote par appel nominal, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui, mais je vais... On va quand même attendre... l'avoir déposé parce que...
Mme Maccarone : Ce n'est
toujours pas là?
M. Lafrenière : On me souffle
à l'oreille qu'il est là.
Mme Maccarone : On a écarté le
débat.
M. Lafrenière : Nos débats
vont plus vite que les... les messages. C'est une bonne idée comment ça va
bien, hein?
Mme Maccarone : On est plus
efficaces que la technologie.
M. Lafrenière : Ah! C'est là, M.
le Président.
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, l'amendement. Voilà. Est-ce que l'amendement proposé par la députée de Westmount—Saint-Louis
sur l'article 11 est adopté?
M. Lafrenière : Par appel
nominal, ma collègue a demandé.
Le Président (M. Schneeberger) :
Par appel nominal. Alors...
Le Secrétaire
: Oui, M.
le Président. Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis)?
Mme Maccarone : Pour.
Le Secrétaire
: M. Lafrenière
(Vachon)?
M. Lafrenière : Pour.
Le Secrétaire
: Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac)?
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) : Pour.
Le Secrétaire
: Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Pour.
Le Secrétaire
: M. Rivest
(Côte-du-Sud)?
M. Rivest : Pour.
Le Secrétaire
: Mme Blais
(Abitibi-Ouest)?
Mme Blais : Pour.
Le Secrétaire
:M.Schneeberger (Drummond―Bois-Francs)?
Le Président (M. Schneeberger) :
Abstention. Alors, l'amendement est adopté. Est-ce quem justement, il y avait
des questions sur l'article 11 tel qu'amendé? Aucun. Alors, est-ce que
l'article 11, tel qu'amendé, est adopté? Adopté. Article 12. M. le
ministre.
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président. «Quiconque contrevient aux dispositions de l'article trois est
passible d'une amende de 250 $ à 1 250 $, s'il s'agit d'une personne
physique, et de 750 $ à 3 750 $ dans les autres cas.»
Comme commentaires, l'article 12
établit la peine applicable en cas d'infraction à l'interdiction de manifester
à moins de 50 mètres de la résidence d'un élu, d'un député ou d'un préfet
au suffrage universel ou de l'organisation d'une telle manifestation. Alors, M.
le Président, on a déjà discuté de... de l'article. Maintenant, ce qu'on vient
de dire, c'est pour une première infraction, ce sera 250 $ pour un
individu et 750 $ pour une organisation qui a voulu faire cette
manifestation-là.
Le Président (M. Schneeberger) :
Questions...
Mme Maccarone : ...où est-ce
que ça vient, cette échelle? Le montant, c'est basé sur qu'est-ce qu'on a de
base ailleurs puis on s'inspire de ça? Parce que c'est nouveau, hein, comme on
est en train d'édicter une loi.
M. Lafrenière : ...Président,
ce n'est pas des amendes qui sont faites de façon aléatoire, c'est... quand on
vérifie avec la Justice, c'est le créneau qui est normalement appliqué, M. le
Président.
Mme Maccarone : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Alors, est-ce que l'article 12 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 13.
• (16 h 20) •
M. Lafrenière : L'article 13 :
«Quiconque contrevient aux dispositions de l'article 4 est passible d'une
amende de 500 $ à 5 000 $ s'il s'agit d'une personne physique et
de 1 500 $ à 15 000 $ dans les autres cas.»
Comme commentaire : L'article 13
établit la peine applicable en cas d'infraction à l'interdiction de posséder ou
de projeter certains objets ou certaines substances lors d'une manifestation.
Alors, même explication que pour le
précédent article, et là on parle des manifestations, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Questions? Aucune. Est-ce que l'article 13 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 14.
M. Lafrenière : Article 14,
M. le Président : «Quiconque contrevient aux dispositions au premier
alinéa de l'article 6 est passible d'une amende de 1 000 $ à
5 000 $ s'il s'agit d'une personne physique et de 3 000 $ à
15 000 $ dans les autres cas.»
Comme commentaire : L'article 14
précise la peine applicable à quiconque expose à la vue du public un objet
identifiant une entité inscrite sur la liste des entités à dessein criminel,
contrairement aux dispositions de l'article 6.
Je vous avais prévenu, M. le Président,
qu'on était pour aller en mode d'une mise aux enchères. Alors, c'est allé
rapidement, mais ça fait suite aux discussions qu'on a eues. Et là c'est
vraiment le volet qu'on pourrait qualifier d'anti-patch, M. le Président.
Mme Maccarone : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Allez-y.
Mme Maccarone : Les
récidivistes?
M. Lafrenière : M. le
Président, c'est le fun parce qu'on... c'est le prochain article.
Mme Maccarone : C'est le
prochain. Bon.
M. Lafrenière : Alors, moi,
je suis prêt à passer au vote...
Mme Maccarone : Je vais vous
donner la liberté de respirer pendant que vous faites votre lecture.
M. Lafrenière : Bien,
prochaine prochaine. C'est 17, mais on va avancer tellement vite, M. le
Président. C'est à l'article 17, je veux corriger.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
est-ce que l'article 14 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 15.
M. Lafrenière : Parfait, M.
le Président, je vais ralentir la cadence. Article 15 : «Quiconque,
par un acte ou une omission, aide ou, par un encouragement, un conseil, un
consentement, une autorisation ou un ordre, amène une personne à commettre une
infraction visée par la présente loi commet lui-même cette infraction.»
Comme commentaire : L'article 15
vise à sanctionner de manière pénale quiconque qui est complice de
l'infraction, par exemple les personnes morales.
Alors, M. le Président, comme policier,
c'est une référence qu'on connaît. Quand une personne ne le fait pas lui-même
mais demande à quelqu'un de le faire ou le conseille, c'est ce qu'on retrouve
ici, M. le Président.
Mme Maccarone : ...question.
Est-ce qu'on voit ça ailleurs? On est comme accessoire. Oui. Me Poirier a
dit... a dit oui. Merci. C'est bon... Le non-verbal fonctionne.
M. Lafrenière : Puis le
verbal aussi.
Mme Maccarone : Oui.
M. Lafrenière : On serait
prêts à voter, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) :
OK. Questions? Pas d'autres questions? Alors, est-ce que l'article 15 est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 16.
M. Lafrenière : Article 16 :
«Lorsqu'une personne morale, un agent, un mandataire ou un employé de celle-ci,
d'une société de personnes ou d'une association non personnalisée commet une
infraction à la présente loi, l'administrateur ou le dirigeant de la personne
morale, de la société ou de l'association est présumé avoir commis lui-même
cette infraction, à moins qu'il n'établisse qu'il a fait preuve de diligence
raisonnable en prenant toutes les précautions nécessaires pour en prévenir la
perpétration.
«Pour l'application du présent article,
dans le cas d'une société de personnes, tous les associés, à l'exception des
commanditaires, sont présumés être administrateurs de la société en l'absence
de toute preuve contraire désignant l'un ou plusieurs d'entre eux ou un tiers
pour gérer les affaires de la société.»
Comme commentaire : L'article 16
établit une présomption à l'effet que l'administrateur ou le dirigeant de la
personne morale, de la société ou de l'association qui a commis une infraction
est présumée avoir lui-même cette infraction, à moins qu'il n'établisse qu'il a
fait preuve de diligence raisonnable en prenant toutes les précautions
nécessaires pour en prévenir la perpétration.
M. le Président, c'est quelque chose qu'on
voit quand même assez fréquemment. C'est pour s'assurer qu'une personne morale,
une entreprise ne pourra pas dire : Écoutez, nous autres, c'est... ce
n'est pas nous, on n'est pas au courant. C'est pour ça qu'on vient les
responsabiliser avec cet article.
Mme Maccarone : ...peut-être
répondre rapidement à la préoccupation du CSQ, qu'eux, ils se sentent visés,
évidemment, puis nous demandent de retirer l'article. Ça fait que peut-être
vous pouvez juste leur rassurer, en ce qui concerne l'application de cet
article, qu'on ne vise pas nécessairement les syndicats, mais comment que ce
serait vu sur la place publique.
Le Président (M. Schneeberger) :
...
M. Lafrenière : ...merci, M.
le Président. Puis je vais vous donner un exemple. Je vais répondre comme j'ai
répondu au collègue de la troisième opposition tantôt : on ne vise pas les
syndicats, c'est très clair, mais ça n'exclut pas les syndicats. Je veux... Je
veux m'expliquer.
Si un syndicat d'aventure décidait
d'envoyer une note à ses employés en disant : Présentez-vous à la
résidence de l'élu X à telle adresse, bien, il pourrait être accusé. Et, je
pense, c'est correct. C'est la responsabilité qu'on s'attend...
Mme Maccarone : ...c'est
clair. Puis, si ce n'est pas le cas, puis ils gardent la paix et l'ordre, bien,
ils sont exclus de l'application de ces articles.
M. Lafrenière : J'entends ma
collègue, et je fais juste penser en même temps parce qu'on est allé vite, là.
Écoutez, s'il y a des membres...
Mme Maccarone : On
respecte...
M. Lafrenière : Regardez, on
va se donner un exemple. Puis je me ferai corriger. Je vais ouvrir l'oreille si
je reçois quelque chose. Mais, si des membres d'un syndicat, parce qu'on prend
l'exemple syndical, décidaient d'aller manifester à un endroit, on ne tiendra
pas pour responsable le syndicat. Cependant, si dans l'organisation ils ont
payé un autobus, je vous donne des exemples, là, ils ont dirigé les gens vers
un endroit, on n'est pas fou non plus. Ça fait que, oui, ils vont être tenus
responsables.
Mme Maccarone : OK. OK.
Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Pas
d'autre question? Est-ce que l'article 16 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 17.
M. Lafrenière : Voilà, M. le
Président, réponse à ma collègue qui l'a posée tout à l'heure. «Les montants
des amendes prévues par la présente loi sont portés au double en cas de
récidive.»
Comme commentaire : L'article 17
prévoit que les montants des amendes doublent en cas de récidive. Et, pour la
connaissance générale, M. le Président, on parle d'un délai de deux ans. Donc,
pendant une période de deux ans, si on refait la même infraction, c'est une
récidive.
Mme Maccarone : ...pas le
deux ans.
M. Lafrenière : Ça vient du
Code de procédure pénale, M. le Président, à l'article 236. C'est comme ça
que c'est édicté. Ça existe déjà. C'est déjà écrit dans le CPP.
Mme Maccarone : Puis, quand
on dit «sont portés au double en cas de récidive», est-ce que ça veut dire...
Là, je vous vois, c'est doublé parce qu'à l'intérieur des deux ans il y a deux
sanctions. Mais là, s'il y a un troisième, un quatrième, un cinquième, comment
ça fonctionnerait? Est-ce qu'on double le double qui est déjà là? Ça fait que
c'est deux fois quatre, quatre fois deux? Vous savez qu'est-ce que je veux
dire.
M. Lafrenière : Absolument,
M. le Président. Puis ce n'est pas une mise aux enchères. J'ai bien compris ma
collègue. Elle se dit : Est-ce que... La première amende était de
250 $, je le refais la semaine après, c'est 500 $, je le refais la
semaine après, c'est 1 000 $, je le refais la semaine après, c'est
2 000 $? Ce que j'étais pour répondre, si on se rappelle tantôt quand
on a fait les amendes, on a mis une fourchette, on a mis de 250 $ à
750 $, alors on peut demander une amende plus plus importante. Et, à ce
moment-là, tantôt je parlais d'un constat remis sur les lieux, on va y aller
plutôt avec un rapport puis on va demander que ça passe devant la cour. Puis, à
ce moment-là, la personne pourrait avoir un constat avec une amende plus
élevée.
Mme Maccarone : OK. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : ...17
est adopté?
M. Lafrenière : Adopté, M. le
Président.
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 18.
M. Lafrenière : Ce ne sera
pas bien long. Ça va plus vite que moi. Article 18 : «Une...» Et ça,
ça va répondre à ce qu'on a jasé tantôt, M. le Président. «Une municipalité
locale peut intenter une poursuite pénale pour une infraction prévue à la
présente loi qui a été commise sur son territoire. L'amende appartient à la
municipalité qui a intenté la poursuite. Une poursuite visée au premier alinéa
est intentée devant toute cour municipale ayant compétence sur le territoire où
l'infraction a été commise. Les frais relatifs à la poursuite intentée devant
une cour municipale appartiennent à la municipalité dont dépend cette cour,
sauf si la partie des frais remis par le percepteur à un autre poursuivant, en
vertu de l'article trois 55.2 du Code de procédure pénale
(chapitre C-25.1) et sauf les frais remis au défendeur ou imposés à cette
municipalité en... en vertu de l'article 223 de ce code.»
Commentaires : L'article 18
permet à une municipalité... locale d'intenter une poursuite pénale pour une
infraction prévue à la présente loi qui a été commise sur son territoire. Dans
ce cas, l'amende appartient à la municipalité et la poursuite est intentée devant
la cour municipale ayant compétence sur le territoire où l'infraction était
commise. L'article précise à qui appartient les frais relatifs à la poursuite.
Le Président (M. Schneeberger) : Questions?
Mme Maccarone : M. le
ministre, je propose qu'on suspend cet article puis qu'on poursuit pour être en
mesure de débuter la prochaine section. Parce que j'ai beaucoup de questions et
j'aimerais peut-être discuter avec vous, sans poursuivre, parce qu'il nous
reste très peu de temps.
M. Lafrenière : Sur le 18?
Mme Maccarone : Sur le 18.
Beaucoup des questions qui sont... qui ont été partagées par la FQM, par la
ville de Laval.
M. Lafrenière : OK.
Mme Maccarone : Voilà. Mais
c'est pour vous. On peut continuer.
Le Président (M. Schneeberger) : De
toute façon, il est...
M. Lafrenière : Non, mais
j'étais pour dire : Si ma collègue veut juste nous guider un petit peu,
puis on va se reparler, de toute façon, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Il
reste une minute, là.
M. Lafrenière : Il me reste
1 min 15 s On a déjà dit qu'on se parlerait la semaine prochaine
pour les amendements, côté contrôleurs routiers. Mais celle-là, ce que je
comprends, c'est que les questions, c'est au sujet de la perception des
infractions et des procédures?
Mme Maccarone : Oui.
M. Lafrenière : Parfait.
Alors, M. le Président, je suis d'accord avec la proposition de ma collègue de
suspendre. Puis on va continuer nos travaux dans les prochaines semaines parce
que ce n'est pas des vacances.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, étant donné que de toute façon il est 16 h 29, alors, étant
donné l'heure, nous allons ajourner la commission sine die. Et je vous souhaite
un bon retour à la maison. Merci beaucoup!
(Fin de la séance à 16 h 29)