Journal des débats de la Commission de l'économie et du travail
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
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Le
jeudi 26 septembre 2024
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Vol. 47 N° 67
Étude détaillée du projet de loi n° 68, Loi visant principalement à réduire la charge administrative des médecins
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Intervenants par tranches d'heure
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D'Amours, Sylvie
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Boulet, Jean
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Cadet, Madwa-Nika
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Cadet, Madwa-Nika
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D'Amours, Sylvie
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Marissal, Vincent
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Caron, Linda
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D'Amours, Sylvie
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Boulet, Jean
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Cadet, Madwa-Nika
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Marissal, Vincent
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Caron, Linda
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D'Amours, Sylvie
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Caron, Linda
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Boulet, Jean
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Marissal, Vincent
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D'Amours, Sylvie
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Caron, Linda
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Boulet, Jean
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D'Amours, Sylvie
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Caron, Linda
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Boulet, Jean
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D'Amours, Sylvie
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Caron, Linda
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Boulet, Jean
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D'Amours, Sylvie
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Caron, Linda
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Boulet, Jean
11 h 30 (version révisée)
(Onze heures quarante et une minutes)
La Présidente (Mme D'Amours) : Ayant
constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de l'économie et du
travail ouverte.
La commission est réunie afin d'entreprendre
l'étude détaillée du projet de loi n° 68, Loi visant principalement à
réduire la charge administrative des médecins.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Boivin Roy (Anjou—Louis-Riel) est remplacée par Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice); M. Dufour (Abitibi-Est) est remplacé par Mme Haytayan
(Laval-des-Rapides); Mme Mallette (Huntingdon) est remplacée par M. Lemieux
(Saint-Jean); Mme Lakhoyan Olivier (Chomedey) est remplacée par Mme Caron
(La Pinière); et M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve) est remplacé par M. Marissal
(Rosemont).
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Avant de député... débuter, pardon, les remarques préliminaires, je dépose le
mémoire reçu depuis la fin des auditions, soit celui de la Fédération des
chambres de commerce du Québec.
Nous débutons avec les remarques
préliminaires. M. le ministre du Travail, vous disposez de 20 minutes. La
parole est à vous.
M. Boulet : Merci, Mme
la Présidente. D'abord, permettez-moi de saluer les collègues gouvernementaux
qui sont avec nous pour le début de l'étude détaillée d'un projet de loi visant
à réduire le fardeau administratif des <médecins...
M. Boulet :
...pour
le début de l'étude détaillée d'un projet de loi visant à réduire le fardeau
administratif des >médecins, saluer mes collègues du Parti
libéral<i>, collègue de Bourassa-Sauvé et son équipe, et saluer, bien sûr,
les gens de mon ministère et les gens du ministère de la Santé. Parce que ce
projet de loi, même s'il n'est pas volumineux, il est quand même le résultat
d'un travail d'équipe. Et je ne voudrais pas qu'on voie le projet de loi comme
une finalité. Je pense qu'il y a un fort consensus au Québec que les médecins
ont trop de paperasse. 25 % de leur travail est consacré à des tâches
administratives, et ce projet de loi est un des éléments du casse-tête qui va
nous permettre de contribuer à la réduction de ce fardeau-là.
Essentiellement, ça vise à interdire aux
compagnies d'assurances ou aux compagnies qui gèrent des régimes d'avantages
sociaux d'exiger des services médicaux pour obtenir le remboursement de
services professionnels. On réfère souvent aux psychologues, aux
physiothérapeutes, aux ergothérapeutes. Mais ça, c'est le premier élément clé
de ce projet de loi là, donc, qu'on puisse obtenir le remboursement sans
nécessairement être requis d'aller voir un médecin. Le deuxième, c'est de même
nature. Avant d'obtenir le remboursement d'une aide technique... on réfère
souvent aux cannes, aux béquilles, et autres... que l'assureur ou
l'administrateur d'un régime d'avantages sociaux ne puisse non plus exiger un
service médical avant de rembourser la personne qui a besoin de ladite aide
technique.
Troisièmement, et ça réfère aux
prestations d'invalidité qui sont continues dans le temps, qui se répètent à
une certaine fréquence, de ne pas permettre de s'immiscer dans la fréquence et
la pertinence établies par le médecin traitant. Et ça, ça réfère notamment à
des personnes qui ont des états dépressifs majeurs, ou qui ont une fracture, et
que le médecin traitant décide que la personne a à revoir le médecin après une
période déterminée par le médecin traitant, que l'assureur n'exige pas une
autre fréquence que celle déterminée par le médecin traitant.
Le quatrième élément qui m'apparaît
fondamental dans ce projet de loi là, c'est en ce qui concerne les normes du
travail, qu'un employeur ne puisse exiger un document justificatif quand une
personne s'absente pour une rhume... un rhume, une gastro ou, peu importe... des
fois, c'est à titre de proche aidant, des fois, c'est pour d'autres motifs qui
sont prévus dans des articles de la Loi sur les normes du travail... pour trois
périodes de trois journées consécutives, au plus, annuellement. Donc, ça va
permettre aux personnes d'exercer des droits, de s'absenter de manière légitime
et de ne pas engorger ou de ne pas requérir systématiquement un document
justificatif ou un certificat médical, dépendamment des cas. Évidemment, si une
personne, à l'intérieur de cette période-là, s'absente trois journées de façon
répétitive, là, on entre dans un champ qui permet à l'employeur d'exercer ses
droits de direction, et de considérer que c'est un abus, et, éventuellement,
exiger un document justificatif.
Et, si vous me permettez, Mme la
Présidente, on a déposé en liasse les amendements. Je pensais bien faire. J'ai
cette habitude-là, pour des raisons de pédagogie. Si certains considèrent que
ça a été trop, puis trop peu, trop tard, bien, évidemment, on avait un conseil
des ministres hier, ça a été entériné hier après-midi, et j'ai cru opportun de
les transmettre. Je vais les résumer, ils sont très, très simples. Le premier,
on a scindé l'article 29.1 pour bien préciser ce que nous voulions dire
pour les prestations d'invalidité, et donc on réfère à la fréquence
prédéterminée, en fait, la fréquence établie par le médecin traitant. Donc,
c'est simplement une précision qui nous a été demandée par certains groupes
lors des consultations particulières.
Le deuxième, c'est pour éliminer des
difficultés pratiques. Plutôt qu'il y ait un audit par un... une personne
externe pour obtenir un rapport de conformité à la loi, on va requérir des
inspecteurs de <Santé...
M. Boulet :
...personne
externe pour obtenir un rapport de conformité à la loi, on va requérir des
inspecteurs de >Santé Québec qu'ils obtiennent un tel rapport de
conformité. Les assureurs ont tous des groupes de conformité, et c'est ce que
l'Association canadienne des compagnies d'assurances de personnes est venue
nous confirmer. Donc, on a allégé cette obligation légale là pour que ce
rapport de conformité puisse être fourni par l'assureur ou l'administrateur
d'un régime d'avantages sociaux.
L'autre, le formulaire... c'est le
troisième amendement... je pense que, systématiquement, les groupes l'ont dit,
ce qui serait encore plus percutant, c'est d'avoir un formulaire prédéfini, ou
unique, ou... Et donc on a fait un amendement donnant un pouvoir au ministre de
la Santé de déterminer ou de restreindre les informations qui apparaissent sur
ce formulaire-là, et aussi d'établir un formulaire qui sera défini par
l'expertise qui est détenue au ministère et à Santé Québec, donc, d'imposer
l'utilisation d'un formulaire unique. Et moi, les commentaires que j'ai décodés
puis les discussions que j'ai eues, ça va avoir un impact considérable sur la
réduction du fardeau administratif. Évidemment, il y en a qui disent : On
fait ça plus la fin de semaine, les soirs ou les fins de semaine, mais le temps
sans valeur ajoutée, il peut être transformé en temps à valeur ajoutée. Et
c'est l'objectif ultime d'un projet de loi comme celui-ci d'accroître l'accès à
des soins de santé pour la population du Québec.
Le quatrième amendement, ça, c'est la
prescription, qui devient de cinq ans. Ça, c'est simplement en harmonie avec
d'autres lois en matière de santé, maladie, puis la Loi sur l'assurance
médicaments. Il y a trois lois particulières qui nous ont inspirés pour qu'on
ait un délai de prescription qui soit analogue. Et le cinquième, souvenez-vous,
là, c'est la présomption, qui était d'une année, qui disait, par exemple, à
l'assureur : Si ton contrat d'assurance n'est pas conforme à la loi, tu es
présumé l'avoir violé. Donc, la demande qui nous a été présentée en
consultations particulières, c'est de repousser ce délai-là, et on l'a mis à
trois ans, parce que c'est une présomption irréfragable. Donc, si le contrat
d'assurance n'est pas adapté aux prescriptions de la loi, bien là, il y aura
une présomption qu'il y a une incompatibilité ou une violation de la loi.
Donc, c'est les cinq amendements centraux
auxquels... autour desquels s'articulent des amendements de concordance, mais
c'est, essentiellement, cinq amendements qui font suite aux consultations
particulières, qui démontrent qu'on a entendu, qu'on a analysé avec sérieux et
considération l'ensemble des mémoires. Même les groupes qui ne sont pas venus
lors des consultations particulières, on a fait l'analyse des mémoires, et
c'est la suite qu'on peut donner à ces consultations.
Je le répète, ce n'est pas hypercomplexe,
mais c'est un assouplissement qui va alléger le fardeau administratif, qui va
diminuer la paperasse. Je pense que c'est un objectif qui est consensuel, on
l'a entendu de tous les groupes. On est dans la bonne direction. Il ne faut
pas... Encore une fois, je répète mon mot d'ouverture, ce n'est pas une
finalité, ce n'est pas avec ça qu'on va tout faire. Il y a plein d'autres
initiatives, amorcées dans un vaste plan plus global, parrainé par mon collègue
à la Santé, pour alléger le travail administratif de nos médecins. Et je pense
que ça va contribuer, à sa façon, à transformer le système de santé et donner
un meilleur accès, à chaque citoyen, à des soins médicaux de qualité et en
quantité suffisante.
Alors, sur ce, Mme la Présidente, je vous
remercie. Je souhaite à tous ceux et celles qui sont dans la salle une
excellente étude détaillée, que nous allons faire, encore une fois, dans
l'intérêt des Québécois et des Québécoises. Merci, Mme la Présidente.
• (11 h 50) •
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
M. le ministre. J'invite maintenant la porte-parole de l'opposition officielle
et députée de Bourassa-Sauvé de faire ses remarques préliminaires pour une
durée maximale de 20 minutes.
Mme Cadet : Bonjour, Mme la
Présidente. Merci beaucoup de me passer le micro aujourd'hui. Bonjour, M. le
ministre. Bonjour, chers collègues, bonjour à ma collègue de La Pinière
également, qui a le bonheur, donc, de m'accompagner dans l'étude <détaillée...
Mme Cadet :
...bonjour à ma collègue de
La Pinière également,
qui a le bonheur, donc, de m'accompagner dans l'étude >détaillée de ce
projet de loi.
Je commencerais mes remarques
préliminaires, donc, par les derniers propos, donc, du ministre, donc, qui nous
a souhaité, donc, une excellente étude détaillée du projet de loi, dans
l'intérêt des Québécoises et des Québécois. C'est certainement notre... c'est certainement
notre volonté, à l'opposition officielle, puis je pense que le ministre, il le
sait, il nous a vus toujours être en mode collaboration, d'être en mode
coopération sur les différents projets de loi sur lesquels on a eu le plaisir
de collaborer au cours de, bientôt, donc, les deux dernières années, donc au cours,
donc, de la dernière année et demie.
Bien, justement, donc, dans cet esprit de
collaboration, Mme la Présidente, je ne peux pas m'empêcher d'intégrer à mes
remarques préliminaires, donc, des commentaires sur la transmission tardive des
amendements. Je sais que le ministre, donc, en a également fait mention, puis
ça ne me fait pas plaisir d'en parler, Mme la Présidente, je pense que vous
commencez un peu à me connaître, puis je pèse mes mots, mais par... mais,
compte tenu du travail qui était fait de notre côté, le ministre le
mentionnait, de son côté, il a trouvé opportun, ses équipes ont trouvé opportun
d'analyser les différents mémoires que nous avons reçus, là.
Lorsque j'ai eu l'occasion de faire mon
intervention en Chambre sur l'adoption du principe du projet de loi, j'ai nommé
les différents groupes qui avaient pris le temps de déposer des mémoires,
d'articuler leur pensée, de la coucher sur papier, de se préparer pour venir
témoigner en commission... en commission parlementaire, en consultations
particulières, et de nous exposer leur vision des faits. Puis ce travail-là, on
l'a aussi fait avec sérieux, Mme la Présidente. Nos équipes... mais nos... la
députée de La Pinière et moi, donc, ont également, donc, pas juste
feuilleté ces mémoires-là, mais les ont épluchés pour être capables, donc, de
bien saisir l'essence de ce qui nous a été communiqué. Puis, vous comprendrez,
vous voyez il y a combien de personnes de l'autre côté, Mme la Présidente, puis
nous, on est combien de ce côté-ci. Ça... on n'a pas nécessairement, donc, les
mêmes ressources pour faire ce travail.
Donc, j'entends le ministre par rapport
aux délais, puis je sais que le ministre est toujours de bonne foi, mais, ceci
dit, c'était impératif pour moi, Mme la Présidente, de le mentionner, de le
souligner, sachant que... et on aura l'occasion de le faire, de déposer, de
notre côté aussi, des amendements, donc, dans ce sens, parce qu'on le sait
bien, on l'a bien dit donc, de façon macro, donc, c'est un projet de loi qui
fait consensus. Donc, on n'est pas... on n'est pas du tout, donc, dans une
optique, donc, de rendre les travaux difficiles, mais, au contraire, de nous
assurer que ce que nous... ce que... ce qui fera l'objet de débats au cours des
prochaines heures, donc, sera donc au bénéfice des Québécois et des
Québécoises, à l'avantage de ceux-ci. Et c'est dans cette optique-là qu'on se
dit qu'on... ils les ont étudiés dans la perspective d'être capables d'apporter
des bonifications. Le ministre mentionne souvent que tout projet de loi est
perfectible. Puis, dans cet esprit, nous avions fait, donc, ce travail,
justement, pour ne pas être en mesure, donc, de les préparer un peu sur le
banc.
Je sais que, Mme la Présidente, donc, la
dernière fois, donc, on avait fait cette préparation-là, mais, parfois, on
était... on pouvait être amenés à déposer... bien, à préparer un peu, donc, des
amendements sur le banc, donc à suspendre pour les préparer. Donc, on a fait
notre travail en amont. Et là on a été un peu... pas qu'on ne s'attendait pas à
ce que le ministre dépose des amendements, c'est certain, mais je prends la
peine de mentionner que, pour nous, malheureusement, et, encore une fois, ça ne
me fait pas plaisir... que ça a été un peu un irritant. Mais je comprends que
le ministre a fait du mieux qu'il pouvait dans les circonstances. Mais
puisqu'il est à l'écoute, je suis persuadée que ça nous permettra à tous, donc,
de nous améliorer pour les prochaines fois. Mais sachez que...
Là, je comprends que le ministre, donc, il
nous a parlé, dans sa... ses remarques préliminaires, de cinq grands
amendements phares, et que les autres... Parce qu'on a quand même reçu
24 pages d'amendements ce matin, pendant que nous étions tous en période
de préparation des travaux cet avant-midi. Je... certainement que nous les
étudierons et nous assurer que les 19 autres amendements, et même les
cinq, là, qu'il vient de mentionner sont donc... que leur essence est celle qu'il
nous communique. On lui fait confiance, bien évidemment, mais ça fait partie,
donc, de notre travail d'opposition officielle, ça fait partie de notre travail
de parlementaire surtout, de législateur, donc, de bien prendre connaissance de
ce qui nous sera soumis. Je sais que le ministre en fera la lecture exhaustive,
comme il le fait toujours, et qu'on aura l'occasion de poser des questions,
mais je prends le temps, donc, de mentionner au ministre que nous ferons, donc,
le nécessaire pour bien étudier les nouveaux amendements, qui sont plus
nombreux que le nombre d'articles au projet de loi que nous avons sous les
yeux.
Puis, enfin, pour clore un peu cette
parenthèse-ci, je <pense...
Mme Cadet :
...que
nous avons sous les yeux.
Puis, enfin, pour clore un peu cette
parenthèse-ci, je >pense qu'un des éléments qui... Puis, c'est sûr, on
est en début de session, quand même, mais on travaille fort, puis, dans tout
ça, je pense que l'un des éléments qui a peut-être été un irritant, c'est que,
oui, donc, plusieurs de ces groupes sont venus en commission parlementaire. Donc,
le ministre, donc, a tenu à faire, donc, des modifications, et de celles...
celles qu'il nous mentionne, je veux dire, pour le moment, de façon générale,
on les salue mais on sait que le ministre a consulté ces groupes. Ce projet de
loi, il a été déposé au printemps dernier, Mme la Présidente, il y a eu des
consultations pendant l'été, le ministre a tenu à mentionner qu'il y a eu des
consultations pendant la période estivale, les groupes nous l'ont confirmé.
Parfois, ils l'ont dit au micro, parfois, ils l'ont indiqué dans leur mémoire.
Donc, j'ai de la difficulté à croire que c'était tellement nouveau qu'il
fallait attendre le dernier Conseil des ministres de... la journée précédant,
donc, le moment, donc, du début de l'étude détaillée du projet de loi pour les
soumettre, à ce moment-là, donc, à l'attention de ses collègues et d'être en
mesure de nous les communiquer cet avant-midi, alors que nous sommes tous des
parlementaires très occupés et, encore une fois, avec des équipes réduites et
des ressources réduites.
Maintenant, sur le contenu du projet de
loi, je l'ai... vous avez eu l'occasion de m'entendre, encore une fois, lors de
l'adoption du principe. Heureusement, Mme la Présidente, ça ne prendra pas
autant de temps, et, manifestement, la commission ne me le permet pas. Mais,
tout de même, de façon générale, et on l'a dit hier, donc, on était pour
l'adoption du principe, c'est un principe qui fait consensus. On parle
d'allègement réglementaire. C'est certain que nous, ma collègue de La Pinière
et moi, nous, au Parti libéral du Québec, on va toujours être pour ça, de la
législation, de la réglementation, donc un cadre qui tend vers un certain
allègement réglementaire pour ce qui est dans le projet de loi. Et, je rassure
le ministre, il n'y aura pas un angle didactique comme celui qu'il a écouté,
puis je le salue d'avoir été présent pendant toute mon intervention sur l'adoption
du principe afin, donc, d'écouter, donc, les éléments, donc, que nous avions à
dire sur le sujet. Donc, je le rassure, donc, il n'y aura pas un angle
didactique comme je l'ai fait, à ce moment-là, dans cette Chambre.
Mais donc, sur les quatre points, là,
qu'il vient de mentionner, donc, les modifications, d'une part, à la Loi
favorisant l'accès aux services de médecine de famille et de médecine
spécialisée et, d'autre part, les modifications à la Loi sur les normes du
travail, dans l'ensemble, qui font consensus, le ministre, donc, a déposé
certains amendements, notamment le premier qu'il a mentionné, pour venir
préciser que... bien, en fait, là, que l'objectif, là, de... bien, en fait,
l'objectif qui sous-tendait, donc, l'article 29.1, alinéa 1°,
paragraphe 3°, de mémoire, avait pour objectif, comme on pouvait le lire
dans le mémoire au Conseil des ministres, une analyse d'impact réglementaire,
de faire en sorte que ce soit le médecin traitant, donc le médecin soignant qui
détermine la fréquence des rendez-vous de suivi des patients en situation
d'invalidité, et donc souhaitant, donc, obtenir, donc, des prestations, se
faire obtenir, donc, des prestations, donc, pour leur période, donc, d'absence,
d'invalidité.
• (12 heures) •
J'entends que le ministre, donc, comme je
l'avais mentionné, donc, lors de l'adoption du discours sur l'adoption du
principe, comme il l'a entendu, lors des consultations particulières, par ...,
notamment, mais également, donc, par d'autres groupes, le Conseil
du patronat<i>, même, dans son mémoire, donc, il n'est pas venu en
commission particulière, mais qu'il... en commission parlementaire, mais qu'il l'avait
indiqué dans son mémoire, indiquait bien que... on comprenait bien, là, de leur
demande d'amendement, qui était de biffer, tout simplement, donc, le paragraphe
3°, que la volonté du législateur n'était pas tout à fait bien reflétée dans le
libellé précédent de ce projet de loi. Nous avions un amendement, donc, à
soumettre. Je crois comprendre que le ministre semble nous avoir un peu copié,
là, là-dessus, le libellé semble assez, assez similaire. Mais, blague à part,
donc, je crois comprendre que cette... que cette demande-là, donc, elle a été
entendue, comme juriste, et... le ministre est juriste également, avec une
longue feuille de route et une longue expérience. J'imagine que ça devait faire
consensus un peu, autour de la table, que ça aurait pu causer certains
différends par la suite, sachant que la volonté du législateur, encore une
fois, ne se retrouvait pas tout à fait bien reflétée, donc, dans la formulation
précédente.
Maintenant, donc, sur les autres points,
donc, modifiant, donc, cette Loi favorisant l'accès aux services de médecine de
famille et de médecine spécialisée, j'entends... bon, je ne pense pas que... le
ministre ne semble pas avoir déposé, donc, de grands amendements sur cette
portion-ci. Nous en aurons, Mme la Présidente, et, encore une fois, ici, donc,
cette partie-là, donc, elle fait consensus, de s'assurer, donc, de ne pas requérir
un billet du médecin avant, donc, d'aller consulter un autre spécialiste lorsqu'on
est une personne assurée et de ne pas avoir à aller consulter, donc... de
consulter un médecin pour rendez-vous, comme on a indiqué qu'il n'est pas à
valeur ajoutée...
12 h (version révisée)
Mme Cadet : ...spécialiste,
lorsqu'on est une personne assurée, et de ne pas avoir à aller consulter,
donc... bien... bien, consulter un médecin pour un rendez-vous, comme on l'a
indiqué, qui n'est pas à valeur ajoutée afin, encore une fois, donc... bien,
plutôt cette fois-ci, donc, de requérir une aide technique. Ça, c'est très
clair.
Il y a modification à la Loi sur les
normes du travail. Donc, je crois comprendre qu'il y aurait un amendement pour
que la période d'un an ne soit pas à partir du 1er janvier, mais sur une
période de 12 mois, qui vient... qui viendrait répondre à des... à d'autres
considérations, d'autres préoccupations que nous avions, mais que de ce
côté-ci, donc, dans l'ensemble, les groupes, les... en fait, l'ensemble, donc,
de... bien, en fait, oui, des groupes et des... de ceux ayant, donc, déposé des
mémoires, des experts, nous disent, donc, que ce sont, donc, des avancées.
Maintenant qu'on... qu'on a précisé que,
pour les éléments principaux de ce que le projet de loi n° 68 vient
modifier, tu sais, on vient dire : OK, on s'entend, tout le monde, tous
les groupes se sont succédé pour dire : OK, on s'entend là-dessus, je le
mentionnais encore une fois en... en adoption de principe, que manifestement l'enjeu
du projet de loi, ce n'était pas tant ce qu'il y a dedans. Puis, oui, bon, il y
a des modifications, j'entends, donc, l'entrée en vigueur, le principe de
présomption, puis... puis on le verra, mais le gros de ce qui était difficile,
de ce qui... ce qui semblait préoccupant pour les groupes qui sont venus nous
voir, ce n'était pas tant ce qu'il y avait dans le projet de loi, mais c'était
beaucoup ce qu'il n'y avait pas dans le projet de loi. Puis les deux enjeux
principaux qui nous ont été communiqués à ce moment-là, moi, je les mets
vraiment en deux catégories distinctes, c'est tout ce qui concerne le contenu
des formulaires puis ce qui concerne la quantité des formulaires.
D'abord sur le contenu. Donc, j'entends
que... Et on aura l'occasion de l'étudier dans toutes ses ramifications puis...
pour nous assurer que ça répond aux besoins. Puis j'ai eu l'occasion, donc, de
lire l'article du <i>Devoir aussi ce matin, donc, qui en parlait,
que le ministre, il compte déposer... nous présenter, donc, un amendement
permettant, donc, de créer, donc, un formulaire unique, qu'on puisse tendre
vers ça, comme il se fait en Nouvelle-Écosse, comme on nous l'a mentionné
maintes et maintes fois, et comme il a été également, donc, indiqué dans l'analyse
d'impact réglementaire et dans le mémoire au Conseil des ministres. Parce que,
bon, tous les... presque tous les groupes, là, sont venus nous dire à quel
point cette lourdeur... il était... en fait, il était là, le vrai problème,
pour eux, de dire : Mon Dieu! On a... par...
Puis je réitère cet exemple-là. Pour une
même personne... Pour un même patient, parce que le médecin, lui, il voit un
patient, il ne voit pas une personne assurée... pour le même patient,
dépendamment de... qui a la même condition, il change d'emploi et, là, il
doit... parce qu'il change d'emploi, là, il y a un tout autre formulaire avec
toutes sortes de questions, des questions qui semblent parfois peu pertinentes
puis parfois... Puis, bon, on nous expliquait... c'est parce que, bon, ce
formulaire-là, il est... il n'a pas été nécessairement mis à jour, l'autre, il
a été créé un peu plus tard, il y a eu, donc, des changements des assureurs,
bref, pour toutes sortes de motifs. Le médecin, qui, lui, n'a pas... n'est pas
tributaire de ces changements-là, n'était pas tributaire de cet univers-là,
donc, il a à composer avec cette lourdeur-là, qui, et ça, je suis en... je suis
tout à fait en accord avec le ministre... donc, qui joue sur la capacité de
recrutement, qui joue sur le nombre, donc, de rendez-vous à valeur ajoutée que l'on
peut inclure dans le système.
Donc, c'est absolument... pour moi, c'est
absolument crucial qu'on étudie cet amendement-là. Au besoin, avec ce que nous
avions également préparé, donc, on viendra... on viendra le bonifier. On
viendra s'assurer qu'on tend toujours, donc, vers cet objectif d'allègement
réglementaire là. Parce que c'est ce qu'on voit, hein, avec le PL 68. On est là
pour réduire la charge administrative des médecins. Puis, donc, de jouer sur le
contenu de ces formulaires-là, donc formulaire unique, mais également, donc, qu'est-ce
qu'on demande aux médecins, je pense, Mme la Présidente, que ça va être très
important qu'on puisse... qu'on puisse le faire. Tant mieux que le ministre ait
entendu les doléances et qu'il nous... m'ait entendue, pendant l'adoption du
principe, en parler en long, en très long et en large afin qu'il saisisse bien,
donc, toute... toute l'importance de cet enjeu-là. Puis même des groupes... En
fait, l'ACAPQ est venue nous dire : Bien, ils l'ont fait en
Nouvelle-Écosse, puis ce sont les mêmes assureurs, hein, partout au Canada, à
part peut-être Desjardins qui est ici, mais sinon, les autres... les autres, ça
a bien fonctionné. Donc, il y a une faisabilité au niveau de cet... de cet
amendement-là qui, certainement, viendra, donc, réduire la charge
administrative des médecins. Donc, c'est... c'était, donc, un grand cheval de
bataille pour nous, madame... Mme la Présidente.
Puis notre autre gros cheval de bataille,
l'autre gros manquement, tu sais, qu'on a vu, que quelques groupes sont
également venus nous... nous souligner, c'est qu'en fait dans tout ça, tu sais,
c'est bien beau... Puis on <voyait...
Mme Cadet :
...dans
tout ça, tu sais, c'est bien beau... Puis on >voyait, je pense que
c'était la FMSQ, Mme la Présidente, qui, dans son mémoire, nous disait, bien,
qu'ils avaient consulté pendant la période estivale leurs membres et que
plusieurs nous disaient... plusieurs leur disaient : Bien, on n'est pas
sûrs que ce projet-là va vraiment faire quelque chose. Parce que, bon, eux
aussi avaient identifié la grande problématique de la diversité et de la
disparité des formulaires. Mais... Mais également, donc, ce qu'on entendait...
puis on l'a surtout entendu dès le départ avec le premier groupe, le Collège
des médecins du Québec, qui sont venus nous dire : Bien, c'est parce que,
dans ce projet de loi ci, c'est... c'est bien beau, mais on ne vient pas
toucher à tout ce qui ne relève pas, donc, du domaine des assureurs privés.
Puis ça, je tiens à le souligner, Mme la
Présidente, parce que le... C'est comme si le gouvernement venait dire :
On va jouer dans la cour de tout le monde, on va jouer du côté des assureurs
privés, on va jouer du côté des administrateurs, donc, de régimes d'avantages
sociaux, puis tant mieux, c'est... c'est exactement ce qu'il faut faire, puis
on est en accord avec ce principe-là, puis on est d'accord avec la façon de le
faire aussi, mais il ne vient pas jouer dans sa propre cour. J'ai... J'ai hâte
d'entendre le ministre, Mme la Présidente, j'ai hâte d'entendre le ministre sur
les motifs qui sous-tendent cette disparité-là. Je l'entends quand il nous dit :
Le projet, ce n'est pas une finalité. Il nous répète ça depuis... depuis tantôt,
il nous... il l'a mentionné également lors de son discours sur l'adoption du
principe puis également dans ses remarques préliminaires, dès le début des
consultations particulières. Mais au-delà de dire : OK, ce n'est pas un
tout, je veux... en fait, ce qu'on va vouloir savoir, c'est quelles sont les
prochaines étapes. Parce que ça nous semble un peu incongru qu'on dise : OK,
bien, vous, réduisez ces formulaires-là, mais quand la RAMQ a besoin, donc, de
faire, donc, des remboursements, donc, de... donc... donc, soit, donc, d'aides
techniques ou d'examens d'imagerie médicale, par exemple, bien, qu'eux vont
demander que le patient, il aille voir, donc, un médecin... un médecin... un omnipraticien
pour aller obtenir son billet du médecin pour être capable d'aller chercher
son... bien, d'aller voir, donc, un autre médecin spécialiste ou d'aller, donc,
recevoir, donc, son aide technique.
Puis le... le Collège des médecins du
Québec nous a donné trois exemples patents là-dessus. Ils nous on dit, par exemple,
je vous parlais d'examens d'imagerie médicale, ceux qui sont prescrits par les
podiatres, ils ne sont pas remboursés par la RAMQ lorsque... c'est ça, donc,
une personne qui n'est pas... une assurance privée, ça fait qu'ils ne sont pas
remboursés par la RAMQ. Mais ils devraient pouvoir l'être sans qu'ils aient...
sans que ces podiatres-là aient à référer leurs patients sans assurance à un
médecin.
C'est exactement la même logique qui
prévaut dans le projet de loi qui nous a été présenté le printemps dernier par
le ministre de la Santé, le ministre du Travail, le ministre de l'Éducation
puis la ministre de l'Enseignement supérieur pour les autres mesures qui
touchaient leur domaine. C'est un peu difficile de comprendre, tu sais,
pourquoi est-ce qu'on ne s'est pas aventurés là. Puis j'ai... Puis j'ai relu
l'analyse d'impact réglementaire, puis j'ai... j'ai relu le mémoire au Conseil
des ministres, je veux dire, on en... c'est... ça n'a même pas été examiné. Donc,
on se dit : Est-ce que le gouvernement, tu sais, va... se dit : Ah!
c'est trop compliqué pour nous? Mais les assureurs sont venus nous dire que pour
eux, ce n'est pas compliqué. Donc, pourquoi est-ce que nos administrateurs, on...
on va les appeler assureurs publics, là, dans ce cadre-ci, donc ceux qui
administrent des régimes publics d'indemnisation, mais également ceux qui
administrent, donc, des régimes publics d'assurance médicaments, d'assurance
maladie... donc pourquoi est-ce que la CNESST, la SAAQ puis la RAMQ, là, dans
les faits, viendraient donc émettre, donc, ces mêmes types d'exigences?
Pourquoi ça... Pourquoi ça ne vaudrait pas, tu sais, ce qu'on est en train,
donc, de mettre, et avec justesse... Et tout le monde l'a dit, incluant les
assureurs, donc les assureurs privés. Donc pourquoi ces mêmes conditions-ci? On
se dit : OK, on veut simplifier la vie du patient, mais pourquoi est-ce
qu'on ne... pourquoi est-ce que le projet de loi ne viendrait pas couvrir ce
qui se passe au niveau, donc, des assureurs publics?
Les médecins nous l'ont dit, c'est... en
termes de nombre, c'est pour ça que je parlais de quantité de formulaires ici, le
poids de ce que l'État demande en termes de rendez-vous médicaux qui ne sont
pas à valeur ajoutée est si imposant qu'il vaudrait la peine d'explorer cette voie.
Et je souhaite entendre le ministre sur ces avenues, sur ce qui s'en vient, sur
peut-être ce que son collègue déposera en ce sens pour qu'on puisse
véritablement et avec... avec justesse réduire la charge administrative des
médecins puis faire une différence dans la lourdeur de leur travail. Merci
beaucoup, Mme la Présidente.
• (12 h 10) •
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
Mme la députée. J'invite maintenant le porte-parole du deuxième groupe
d'opposition et député de Rosemont à faire ses remarques préliminaires pour une
durée maximale de 20 minutes.
M. Marissal : Merci, Mme la
Présidente. Content de vous... de vous revoir, collègues aussi, M. le ministre
et puis votre équipe. Vous <êtes...
M. Marissal :
...M. le
ministre et puis votre équipe. Vous >êtes... Vous êtes nombreux.
Je dois d'abord vous dire que je suis un
grand traumatisé du projet de loi n° 15 qu'on a étudié ici dans la
dernière session. Ce qui fait que chaque projet de loi subséquent me semble moins
lourd, moins... d'une ampleur moindre, quoique d'une importance non pas égale,
mais assurément d'une importance valable. C'est comme si j'avais monté
l'Everest. Chaque montagne subséquente me semble être moins... un moins grand
défi, je vais dire ça comme ça. Mais ça ne veut pas dire qu'on ne fera pas le
travail. On fera le travail, ici, un travail d'opposition, un travail
d'opposition idéalement en collaboration avec la partie gouvernementale, là.
C'est la façon dont... dont je souhaite fonctionner, puis c'est la façon dont
je fonctionne normalement.
Je ne peux pas quand même m'empêcher de
dire que de recevoir la liasse d'amendements à 8 h 53 le matin... Et
là je suis vraiment un grand brûlé du PL 15, là, parce que c'étaient tous les
jours avec le PL 15. Je souhaite que ce ne soit pas le cas ici. Et l'ampleur du
projet de loi qui est devant nous est évidemment moindre, donc je crois que ce
ne sera pas le cas, mais je le dis parce qu'on a raté une première occasion de
partir sur le bon pied. Il n'y a rien de brisé, là, ça va, on va s'entendre, mais
je fais juste vous dire que tout le monde travaille dur, ici, tout le monde
travaille fort, nos journées sont hyperremplies, dans l'opposition, je ne m'en
plains pas, au contraire, j'adore mon job, là, mais on est «multitask», là,
puis on court partout. Puis recevoir la liasse d'amendements à 8 h 53,
c'est impossible pour moi de digérer ça et de me gouverner ensuite pour prendre
des décisions et puis d'arriver avec une analyse, même primaire, de ce qu'on
m'a envoyé, nonobstant l'excellent travail qui est fait par nos équipes. Je le...
Je le dis comme ça, parce que la collaboration, c'est une route à deux sens,
comme disent les Anglais, puis je sais que le ministre est capable de le faire.
Je ne crois pas avoir jamais eu le plaisir de faire un projet de loi complet
avec vous, M. le ministre, mais je le sais, de réputation, que vous êtes
capable de le faire. Je vous tends la main tout simplement pour qu'on le fasse.
On va aller mieux, plus vite, puis généralement dans la bonne direction. Alors,
voilà.
Parlant de bonne direction, le projet de
loi qui est devant nous, il est dans la catégorie de la... du proverbial pas
dans la bonne direction. Il est probablement perfectible. Tous les projets de
loi sont perfectibles. Et j'ai entendu le ministre dire, je crois que c'est
dans les derniers jours, là, qu'il était... d'accord pour évaluer la
possibilité, notamment, du formulaire unique. C'est quelque chose qui nous a
été dit. C'est quelque chose qu'on peut faire facilement. Ce n'est pas... Ce
n'est pas de l'ordre de la grande, grande complexité. Puis je pense qu'à peu
près tout le monde... en tout cas les gens terrain, terrain nous on dit :
Vous devriez faire ça. J'apprécie l'ouverture qui a été manifestée par le
ministre là-dessus. Je pense qu'on est capables de faire quelque chose qui
rendra service évidemment au personnel traitant, aux médecins, parce que c'est...
c'est ça, le but.
Mais, le but, c'est, au-delà des médecins...
c'est les gens que les médecins servent. C'est la population. Puis c'est...
c'est déjà dur d'être... d'être malade, en particulier dans les cas de santé
mentale, par exemple, de burn-out ou d'épuisement professionnel, c'est déjà dur
d'avoir à l'accepter, de se mettre en retrait, de ne plus travailler. On vit
dans une société hyperperformante où on est valorisé beaucoup par ce que l'on
fait, plus que par ce qu'on est. C'est dans la nature de la bête de notre
société. Puis c'est déjà difficile pour quelqu'un d'admettre qu'à matin je ne
suis pas capable, me lever, je n'irai pas travailler, après ça, c'est dur
d'emmagasiner les regards de collègues ou les courriels qui disent :
Coudon, qu'est-ce que tu fais, tu n'es pas là? Puis c'est difficile maintenant.
Si, en plus, il faut se taper la bureaucratie tatillonne puis les sempiternels
formulaires qu'il faut remplir, puis là, rappelle ton médecin parce que je n'ai
pas eu ses notes de... ses notes cliniques, puis là, le médecin qui dit :
Moi je ne fais pas ça... Puis ça, c'est la personne qui est prise déjà dans un
marasme, qui est obligée de se taper tout ça. Si on ne faisait que ça, là, on
aurait déjà rendu service à bien, bien, bien du monde parce que c'est pénible de...
d'avoir à vivre ça. Puis, en plus, les gens qui sont sur le terrain, là, entre
les assureurs et le patient, là, ils nous disent : Pourriez-vous, s'il
vous plaît, assurer une meilleure fluidité?
Vous savez, j'étais... j'étais à la <Commission...
M. Marissal :
...Vous
savez, j'étais... j'étais à la >Commission de l'administration publique
la semaine dernière. Puis le Protecteur du citoyen nous parlait du manque
d'humanisme, de la déshumanisation, j'ai été capable de le dire, la
déshumanisation des services, notamment en santé. Bien, ça fait partie de ça,
ça participe de ça. Ça fait que, si le projet de loi peut justement rendre ça
moins pénible pour... pour les gens, ce sera bien.
J'ai bien compris que ça ne fait pas
l'affaire nécessairement des assureurs, ce qu'il y a dans le projet de loi.
J'ai bien compris qu'il y a des choses qui les irritent. Ils sont même venus
nous faire un portrait, nous brosser un portrait assez sombre de ce qui nous
attendait, si d'aventure on allait de l'avant avec le projet de loi tel quel.
Je ne partage pas leur avis. Puis j'ai tendance à penser que, si les assureurs
ne sont pas contents, c'est un bon signe. C'est probablement un projet de loi
qui va dans la bonne direction, cela dit en tout respect pour les assureurs.
Il y a quelques recommandations qui nous
ont été faites qui pourraient éventuellement donner lieu à des amendements de
notre part. Vous les connaissez. Par exemple, le Collège des médecins<i>,
là, qui recommande l'exigence d'obtenir un... d'un médecin... soit retirée
quand la personne a été vue par un autre professionnel de la santé. Ça, c'est
le Collège des médecins qui nous est arrivé avec une recommandation en ce sens.
Le Collège des médecins recommande par
ailleurs la mise sur pied d'un comité multipartite. Moi, ça m'apparaissait
intéressant. À voir. Je suis... Je suis hautement parlable. Mais je pense que
le Collège des médecins avait quand même un point intéressant sur ce sujet.
Formulaire unique. Je pense qu'on chemine
dans ce sens-là, et tant mieux si c'est le cas.
Puis, bon, la FMOQ, ça, c'est le dernier
détail, là... ce n'est pas un détail, tant, là, mais c'est une suggestion,
suggérait de passer à cinq jours plutôt que trois sans justifier d'absence.
Leur... Leur argument était basé beaucoup d'ailleurs sur la science et sur
l'épidémiologie, que normalement, si on doit s'exclure parce qu'on a, par
exemple, une maladie infectieuse, c'est plus sûr cinq jours que trois. Puis j'y
voyais quand même, sans être médecin ni scientifique, là... j'y voyais quand
même... j'y voyais là un argument valable. Puis c'est vrai que malheureusement,
avec la <i>COVID, on l'a vu, là, on l'a... probablement tout le monde ici
l'a expérimenté à un moment donné, où tu te lèves puis tu dis : Ouf! Ça ne
va pas fort, je pense que je ne devrais pas aller travailler. On a eu... Des
gens qui ont eu des enfants savent aussi que ce n'est pas un geste de grande
civilité, que d'envoyer un enfant avec la gastro à la garderie. Ça fait que tu
gardes l'enfant chez toi puis tu vis la gastro en famille, mais tu ne partages
pas ça avec tout le monde. Donc, c'est vrai que cinq jours, c'est peut-être
mieux que trois. Alors, je pense que c'est une suggestion qui est... qui ne
fera probablement pas l'affaire, là, notamment du patronat, mais je répète, on
est ici pour la population, pour rendre la vie plus simple, plus agréable. Et
je pense, que quand on a un milieu ou quand on a des conditions plus favorables
pour vivre soit sa maladie, soit sa condition... je pense qu'on revient plus
vite et qu'on revient mieux aussi. C'est un but, je pense, qu'on peut atteindre
aussi avec un projet de loi comme ça, qui a l'air bien technique, la paperasse,
on réduit la paperasse, mais c'est plus que ça. Moi, je pense que, si les gens
qui doivent s'absenter, notamment du travail, n'ont pas à se taper tous les
aléas et les méandres d'une bureaucratie tatillonne, ils vont revenir plus vite
puis ils seront plus en forme, et je pense que tout le monde y gagnera. Voilà,
Mme la Présidente, je... c'est tout pour moi pour le moment. Je vous remercie.
• (12 h 20) •
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup, M. le député. Y a-t-il d'autres membres qui souhaitent faire des
remarques préliminaires? Mme la députée de La Pinière. La parole est à
vous.
Mme Caron : Merci, Mme la
Présidente. Alors, bonjour tout le monde, collègues, élus et toutes les équipes
de chaque côté.
Alors, je me permettrai de dire que nos
consultations se sont terminées la semaine dernière. Et je comprends ce que le
ministre nous a dit, que le Conseil des ministres était hier, alors les
amendements ne pouvaient pas nous être envoyés plus tôt. On comprend ça.
D'autre part, de notre côté, c'est que le courriel du cabinet du ministre est
arrivé à 8 h 51 au cabinet de notre leader, et nous avons reçu le
tout à notre entrée au caucus. Donc, de notre côté aussi, il y a des impératifs
où on ne peut pas se pencher sur les amendements. Donc, ce sera à l'avance.
Alors, ce sera fort important qu'on prenne le temps de lire chaque article et
chaque amendement pour qu'on puisse faire notre travail d'opposition de manière
<sérieuse...
Mme Caron :
...faire
notre travail d'opposition de manière >sérieuse, qu'on comprenne bien ce
qui est... ce qui est modifié dans les... dans les amendements... par les amendements,
plutôt.
Alors, ce que j'aimerais dire aussi, c'est
que l'objectif de réduire la charge administrative des médecins, c'est un
objectif qui est louable. Donc, ma collègue députée de Bourassa-Sauvé l'a dit,
on est d'accord avec le principe du projet de loi. On est d'accord avec les
visées du projet de loi. C'est important.
Cela dit, pour ce qui est de l'estimation
des centaines de milliers d'heures de rendez-vous qui devraient être libérées
par ce seul projet de loi, d'après ce que les médecins nous ont dit, d'après ce
que la <i>Fédération des médecins omnipraticiens nous ont dit, ce n'est
pas tout à fait basé ou fondé sur la réalité vécue au quotidien par les
médecins puisque la majorité de la paperasse administrative se fait par les
médecins en dehors des heures de rendez-vous. Alors, il n'en demeure pas moins
que les médecins seront peut-être plus heureux, ils auront peut-être un petit
peu plus de loisirs en ayant moins d'heures de paperasse à remplir dans leur
temps hors... hors bureau, donc on est d'accord pour réduire, avec cet
objectif-là... de réduire la charge administrative des médecins. C'est plus
important que les médecins se consacrent à la pratique de la médecine plutôt
qu'à l'administration.
Par contre, comme l'a mentionné ma collègue
de Bourassa-Sauvé, je vois une grande faille dans ce projet de loi, en fait, un
rendez-vous manqué. C'est que le projet de loi ne vise que les assureurs et
régimes... administrateurs de régimes privés. C'est un petit peu comme si le
gouvernement disait : Faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je
fais. Parce que les médecins nous ont dit : Le plus gros fardeau
administratif ne vient pas des administrateurs et... de régimes et des
assureurs privés, il vient de l'État, il vient du réseau de la santé et des
services sociaux, il vient de la CNESST, il vient de la Société de l'assurance
automobile du Québec, l'IVAC même. Alors, il faudrait aussi que le gouvernement
regarde l'ensemble de ses pratiques pour que l'objectif fort louable du projet
de loi soit vraiment atteint et que les centaines de milliers d'heures de
rendez-vous puissent effectivement être libérées si le projet de loi
travaillait sur les deux plans, c'est-à-dire viser comme il le fait les
assureurs et administrateurs de régimes privés, mais aussi travailler sur soi,
je dirais, travailler sur tout ce qui est demandé par le système public, les
instances publiques.
Alors, à ce niveau-là, bien, j'aimerais
pendant peut-être nos... nos travaux que le ministre nous... nous dise ce qu'il
en pense. Peut-être, comme ma collègue de Bourassa-Sauvé le disait... peut-être
ce projet de loi est-il une première étape, y a-t-il une deuxième étape pour
travailler sur le public. Alors, ce serait important, ce serait intéressant de
savoir quelle est cette deuxième étape et quel est l'échéancier dans lequel
cette étape est visée. Parce que décidément, que ce soit, en fait, ce projet de
loi ci ou même le projet de loi n° 67 sur le Code des professions, le
gouvernement semble avoir adopté la théorie des petits pas. On fait un tout
petit pas puis peut-être on en fera un autre. On sait que pour le projet de loi
n° 67, il y en a d'autres, d'autres pas qui sont prévus pour aller plus
loin, mais dans le cas des deux projets de loi, je pense qu'il y a un... il y a
un consensus aussi qui se développe sur la nécessité d'aller plus loin et, dans
ce cas-ci, de faire en sorte que le public réduise aussi sa quantité de
formulaires et de documents administratifs, le travail administratif qui est
exigé des médecins et de bien d'autres professionnels de la santé, soit dit en
passant.
La question des formulaires, formulaires à
n'en plus finir, formulaires d'une longueur peu... peu utile. La Fédération des
médecins omnipraticiens du Québec, durant les consultations, nous parlait de formulaires
de 16 pages dans lesquels les questions ne sont pas toutes pertinentes,
d'après... d'après eux. La fédération s'était même offerte, avait offert ses
services au ministre pour siéger à un comité qui viserait à regarder le contenu
des formulaires, à réduire... à réduire le tout. Alors, j'ai cru comprendre
qu'il y aura un... qu'il y <avait...
Mme Caron :
...Alors,
j'ai cru comprendre qu'il y aura un... qu'il y >avait un amendement qui
allait demander au ministre de la Santé de se pencher là-dessus. On pourra en
rediscuter durant l'étude détaillée. Mais je pense que cette question vaut la
peine parce que c'est... c'est un peu le coeur du problème, là, quand les
formulaires sont trop longs, surtout s'ils n'ont pas valeur ajoutée.
Et on nous parlait aussi... En fait, la
fédération avait une proposition. La fédération a dit : Le formulaire qui
est utilisé par les assureurs à charte du Canada, c'est un formulaire qui est
facile à utiliser, qui est déjà standardisé. Et ce qu'il proposait, ce n'était
pas de demander au ministre de la Santé de faire un nouveau formulaire, mais
plutôt d'utiliser le même formulaire. Alors, je comprends que le gouvernement
veut peut-être avoir son propre formulaire, mais j'inviterais le ministre de la
Santé, qui répondra à cette commande, de peut-être s'inspirer du formulaire des
assureurs à charte canadiens puisque ça semble bien fonctionner, selon... selon
les médecins.
Il y a aussi des dédoublements de
formulaires qui existent. C'est une chose qu'il faudrait regarder. Pour les
hébergements dans les CHSLD, il faut qu'un médecin aille remplir un formulaire
en passant derrière le travailleur social, alors que le travailleur social est
tout à fait compétent pour le faire, et qu'il n'y aurait pas besoin d'avoir un
médecin qui passe derrière. Ça, ça pourrait économiser
18 000 consultations. Alors, ce n'est quand même pas rien quand on
pense que les médecins sont surchargés, que tant de personnes au Québec, y
compris les aînés, n'ont pas de médecin de famille, ils n'ont pas espoir d'en
avoir un bientôt. Alors, on veut leur permettre d'avoir accès aux médecins
quand ils ont besoin de soins, et non pas dédoubler les formulaires.
• (12 h 30) •
Il y a une chose dont on reparlera
peut-être pendant... pendant l'étude détaillée, parce que le ministre s'était
montré intéressé durant les consultations particulières à regarder une étude
réalisée, je crois, par un professeur de... dans le réseau de l'Université du
Québec, mais une étude en Ontario qui montrait que la période d'indemnisation
pour les accidentés du travail était... était plus courte lorsque l'accidenté
du travail pouvait consulter en premier, donc plus rapidement, un
chiropraticien pour des... une blessure ou des douleurs musculosquelettiques
que lorsqu'il avait à attendre de voir un médecin pour que le médecin l'envoie
en référence au chiropraticien, et que cette référence permette au travailleur
accidenté de se faire rembourser par son régime d'assurance les frais de... ou
une partie des honoraires de consultation du chiropraticien. Alors, ce n'est
pas parmi les cinq points que le ministre a mentionnés dans... en décrivant
généralement ses amendements tout à l'heure dans ses remarques préliminaires, mais
je serais intéressée à voir... savoir ce qu'il a vu dans cette étude et est-ce
qu'il y a quelque chose qui peut être intégré à ce projet de loi pour faciliter
les choses et pour réduire la période d'indemnité des accidentés du travail, ce
qui est dans... l'intérêt de tout le monde, du travailleur en premier, d'abord
réduire ses douleurs, lui permettre de reprendre son travail. On sait que plus
une personne peut retourner tôt à son travail, mieux elle va... elle va se
réintégrer. Et, quand ça prend trop de temps, parfois, c'est difficile pour la
personne de retourner au travail, carrément.
Alors, là-dessus, Mme la Présidente, je
vais conclure mes remarques. Et on va travailler, comme le disait ma collègue
de Bourassa-Sauvé, dans un esprit de collaboration, mais on veut prendre le
temps de le faire. Ce n'est pas une question d'étirer le temps, c'est une
question de bien faire notre travail de parlementaires. Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
Mme la députée. D'autres remarques préliminaires?
Donc, je vous avise que j'autorise le
dépôt sur Greffier les amendements déposés par le ministre.
Une voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) :
Sur Internet. Oui. Parfait. Sur Internet. Je vous avise donc que ce sera
déposé.
Nous en sommes aux motions préliminaires.
Est-ce qu'il y a une motion préliminaire? S'il n'y en a pas, nous allons
immédiatement commencer l'étude du projet de loi.
Nous en sommes maintenant à l'étude des
articles du projet de loi. Est-ce qu'il y a consentement afin que le projet de
loi soit étudié par sujets selon le plan de travail transmis par le ministre?
Il n'y a pas de consentement. Donc, M. le ministre, s'il vous plaît, faire la
lecture de l'article 1...
12 h 30 (version révisée)
La Présidente (Mme D'Amours) : ...M.
le ministre, s'il vous plaît, faire la lecture de l'article 1, s'il vous
plaît.
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente. Donc, les quatre premiers articles sont des articles pour placer le
chapitre qui nous concerne dans la Loi favorisant l'accès aux services de
médecine de famille et de médecine spécialisée.
Donc, 1 : L'article 3 de la Loi
favorisant l'accès aux services de médecine de famille et de médecine
spécialisée est modifié par le remplacement de «de la présente loi» par «du
chapitre II».
Commentaires. Donc, c'est une modification
de concordance à l'article 3 de la Loi favorisant l'accès aux services de
médecine de famille et de médecine spécialisée afin de tenir compte des
changements de structure... à la structure de cette loi qu'emporte l'insertion
de nouvelles mesures relatives à la charge administrative des médecins. Merci, Mme
la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires sur l'article 1? Mme la députée.
Mme Cadet : Oui, merci, Mme
la Présidente. Donc, juste ici, là, je comprends... parce que, là, je comprends
que le ministre, il a déposé... bien, il va... bien, là, ils sont déposés, donc,
un amendement, là, qu'on voit, pour revoir, donc, l'intitulé du chapitre II.
Donc là, ce n'est pas visé, là. C'est vraiment juste... donc, c'est l'assujettissement
ici à l'article 1.
M. Boulet : Simplement. Puis
il n'y a pas d'amendement.
Mme Cadet : Parfait. Et juste
vous préciser, Mme la Présidente, donc, tel que prévu à l'article 245 et
conformément à notre jurisprudence, pour cette étude détaillée, je demande à ce
que les articles de ce projet de loi soient étudiés alinéa par alinéa et
paragraphe par paragraphe, là où c'est applicable, et à ce que chacun des
articles qu'on propose de modifier ou d'ajouter dans les lois existantes soit
étudié séparément.
La Présidente (Mme D'Amours) : Parfait.
Mme Cadet : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Ce sera fait, Mme la députée.
Commentaires?
S'il n'y a pas de commentaire, l'article 1
est-il adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Adopté. L'article 2, M. le ministre.
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente. 2. L'intitulé du chapitre II de cette loi est modifié par le
remplacement de «Accès aux services» par «Médecins».
Commentaires. Cet article propose de
préciser le titre du chapitre II de la Loi favorisant l'accès aux services
de médecine de famille et de médecine spécialisée compte tenu de l'insertion
dans cette loi de nouvelles mesures relatives à la charge administrative des
médecins.
Donc, ça complète, mais il y a un
amendement. Est-ce que je le présente tout de suite, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui.
M. Boulet : Donc, qui est
déposé au bureau du Greffier.
Donc, article 2 : Retirer l'article 2
du projet de loi.
Commentaires. Cet amendement retire l'article 2
du projet de loi qui modifiait l'intitulé du chapitre II de la Loi
favorisant l'accès aux services de médecine de famille et de médecine
spécialisée. Cette modification n'est plus opportune compte tenu de l'amendement
modifiant l'intitulé du chapitre III de la Loi favorisant l'accès aux
services de médecine de famille et de médecine spécialisée. C'est tout,
simplement. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires sur l'amendement? Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : OK, non. Je pense
que je comprends ce que... je regarde la page suivante, c'est qu'en fait on va
venir le... on va venir le... remplacer cet intitulé dans un autre amendement.
C'est ça?
M. Boulet : Totalement, oui.
Mme Cadet : Donc... Donc, on
n'aurait plus besoin de l'article 2. Il viendrait... Il y a un autre
article qui va venir changer l'intitulé par la suite. OK.
M. Boulet : Tout à fait.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
commentaires sur l'amendement?
Mme Cadet : J'ai peut-être
juste...
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui,
Mme la députée de Bourassa-Sauvé?
Mme Cadet : ...n'est plus
opportune compte tenu de l'amendement modifiant l'intitulé du chapitre III...
OK. C'est que, dans le fond... Évidemment, je les regarde un peu en tandem
parce que je pense qu'ils sont liés, là, puis monsieur... puis le ministre va
venir le déposer par la suite. Ah! c'est que, dans le fond, on va... Pardon. C'est
que j'essaie de voir, donc, la... Dans la loi, la distinction entre le chapitre II
et le chapitre III, c'est que, dans le fond, au préalable, bien, ce qu'on
voulait changer... l'intitulé qu'on voulait changer, donc, pour le chapitre II,
donc, en l'intitulant «Médecins», donc, tout ce qui était compris dans ce qui
venait être au chapitre II, maintenant, ça va être au chapitre III?
M. Boulet : Exact.
Mme Cadet : OK. Merci. Merci,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Parfait.
Merci. Est-ce que... d'autres commentaires sur l'amendement?
S'il n'y a pas d'autre... commentaire, pardon,
est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Donc,
si l'amendement est adopté, nous retirons l'article 2.
Nous serions rendus à l'article 3, M.
le ministre, s'il vous plaît.
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente. Le chapitre III de cette loi en devient la section IV du
chapitre II.
Commentaires. Donc, ça place les
dispositions du chapitre III de la loi dans une nouvelle section à la fin du
chapitre II de cette <loi...
M. Boulet :
...place
les dispositions du chapitre III de la loi dans une nouvelle section à la fin
du chapitre II de cette >loi. Donc, ça vise à rassembler, dans le
chapitre II de la loi, l'ensemble des dispositions portant sur les mesures
d'accès aux services de médecine visant les médecins. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires sur l'article 3?
S'il n'y a pas de commentaire, je vais
mettre aux voix l'article 3. Est-ce qu'il est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
L'article 4, M. le ministre.
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente. L'article 29 de cette loi, modifié par l'article 855 du chapitre 34
des lois de 2023, est de nouveau modifié par le remplacement de «de la présente
loi» par «du présent chapitre», partout où cela se trouve.
Commentaires. Donc, c'est essentiellement
une modification de concordance à l'article 29 de la loi afin de tenir compte
des changements à la structure de cette loi qu'emporte l'insertion des
nouvelles mesures relatives à la charge administrative des médecins. C'est
tout. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires sur l'article 4?
Est-ce que l'article 4 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Adopté. L'article 5, M. le ministre.
M. Boulet : Il faut que je
lise tous les alinéas aussi, hein?
La Présidente (Mme D'Amours) : M.
le ministre, je vous suggère, si vous le voulez bien, de lire l'article
introduit article par article, on va les travailler et ensuite on votera, à la
fin, sur votre article complet.
Ça fait que, donc, pour en faire la
lecture...
M. Boulet : Donc, je vais
faire toute la lecture, puis, après ça, on va travailler...
La Présidente (Mme D'Amours) : ...je
vous suggère de faire le 21... de 29.1, faites-en la lecture, on va le
travailler, et vous ferez la lecture du 28.2. Ensuite, on travaillera...
M. Boulet : 29.2, oui. OK.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...au
lieu de vous faire lire...
M. Boulet : Donc là, je me
limite à lire jusqu'à la fin de 29.1. OK.
La Présidente (Mme D'Amours) : Voilà.
Bien, c'est à votre choix, mais...
M. Boulet : Ah! bien, moi, je
n'ai pas de problème. Si ça convient aux collègues...
• (12 h 40) •
La Présidente (Mme D'Amours) : Ça
convient? M. le député de Rosemont, ça vous convient?
M. Boulet : Ça va peut-être
accélérer le processus.
La Présidente (Mme D'Amours) : Allez-y,
M. le ministre.
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente. Cette loi est modifiée par l'insertion, après l'article 29, du
chapitre suivant :
«Chapitre III
«Assureurs et administrateurs de régime
d'avantages sociaux
«Section I
«Recours aux services médicaux
«29.1. Un administrateur... Un assureur — excusez-moi — ou
un administrateur de régime d'avantages sociaux ne peut, même indirectement,
exiger d'un assuré, d'un adhérent ou d'un bénéficiaire qu'il reçoive un service
médical aux fins suivantes, sauf dans les cas et aux conditions déterminés par
règlement du gouvernement :
«1° obtenir de cet assureur ou de cet
administrateur qu'il rembourse ou assume autrement le coût des services d'un
intervenant du domaine de la santé ou des services sociaux;
«2° obtenir de cet assureur ou de cet
administrateur qu'il rembourse ou assume autrement le coût d'une aide
technique;
«3° maintenir le versement de prestations
d'invalidité.
«Pour l'application du présent chapitre :
«1° un assureur s'entend d'un assureur
autorisé au sens de la Loi sur les assureurs;
«2° un régime d'avantages sociaux s'entend
d'un régime d'avantages sociaux non assurés, doté ou non d'un fonds, et qui
accorde à l'égard d'un risque une protection qui pourrait être autrement
obtenue en souscrivant une assurance de personnes.»
Il y a un amendement... en fait, il y en a
deux, amendements. Je vais les lire tout de suite, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme D'Amours) : ...l'article
introduit 29.1?
M. Boulet : Oui.
La Présidente (Mme D'Amours) : Parfait.
Si vous voulez bien nous en faire la lecture, s'il vous plaît.
M. Boulet : Oui. Article 5,
donc article 29.1 de la loi : Supprimer le paragraphe 3° du premier alinéa
de l'article 29.1 de la Loi favorisant l'accès
aux services de médecine de famille et de médecine
spécialisée, proposé par l'article 5 du projet de loi.
Commentaires. L'amendement propose
le retrait de ce paragraphe, puisque le sujet de ses dispositions sera plutôt
abordé dans un article distinct introduit par amendement.
Comme je le disais dans mes remarques
préliminaires, c'est simplement pour que ce soit plus clair, plus précis, dans
le contexte des prestations d'invalidité, que l'assureur ne pouvait pas
s'immiscer dans la fréquence et la pertinence des rendez-vous déterminés par le
médecin traitant. Donc, on avait besoin d'éclaircir, et c'est ce qu'on a fait
en <scindant...
M. Boulet :
...traitant.
Donc, on avait besoin d'éclaircir, et c'est ce qu'on a fait en >scindant
29.1.
Le deuxième amendement...
La Présidente (Mme D'Amours) : Si
vous le permettez, on va finir le premier amendement. J'aimerais... Est-ce que...
M. Boulet : C'est parce que
le deuxième complète le premier.
La Présidente (Mme D'Amours) : Complète
aussi? Donc, on fera vote par vote. Si...
M. Boulet : Oui. Je ferais le
deuxième amendement, avec votre accord, là. C'est...
Mme Cadet : ...même, celui
que vous venez de lire, M. le ministre, là.
M. Boulet : Non. Le premier,
on retire, on supprime le paragraphe 3°, puis, le deuxième amendement, il va
venir dire qu'est-ce qui va le remplacer.
Mme Cadet : Et vous avez
l'amendement sur l'intitulé du chapitre? Ah! vous allez le faire à la fin.
M. Boulet : On va le faire à
la fin, oui.
Mme Cadet : Ah! OK. OK.
M. Boulet : Donc, le deuxième
amendement : Insérer, après l'article 29.1 de la Loi favorisant l'accès
aux services de médecine de famille et de médecine spécialisée, proposé par
l'article 5 du projet de loi, le suivant :
«Aux fins de maintenir le versement d'une
prestation d'invalidité, un assureur ou un administrateur de régime d'avantages
sociaux ne peut, même indirectement, exiger d'un assuré, d'un adhérent ou d'un
bénéficiaire qu'il reçoive un service médical à une fréquence prédéterminée
différente de celle jugée appropriée par le médecin traitant de cet assuré, de
cet adhérent ou de ce bénéficiaire.
«Un règlement du gouvernement peut
déterminer les cas ou les conditions auxquels il peut être fait exception au premier
alinéa.».
Commentaires. Cet amendement vise à
reprendre la mesure prévue initialement au paragraphe 3° du premier alinéa de
l'article 29.1, tout en resserrant la portée de cette mesure afin de
limiter la complexité appréhendée du règlement à être pris pour son
application.
Donc, c'est... comme j'ai expliqué dans
les remarques préliminaires, on vient scinder, on vient diviser 29.1 pour avoir
un alinéa spécifique aux cas qui s'appliquent en matière d'invalidité, pour
référer spécifiquement à la fréquence... au respect de la fréquence et de la
pertinence des rendez-vous déterminées par le médecin traitant.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
M. le ministre. Pour... J'aime bien travailler de la bonne façon. J'aurais dû
demander à ce qu'on suspende le premier amendement pour faire la lecture du
deuxième amendement. Donc, les prochaines fois, je vous inviterai à cette façon
de faire.
Maintenant, nous revenons à
l'amendement 1, et l'amendement 1, pour la discussion... La
discussion est ouverte pour les collègues. Donc, est-ce qu'il y a des
commentaires sur l'amendement 1?
Mme Cadet : Ça va être...
Parce qu'ils ne sont pas numérotés, Mme la Présidente. Donc, c'est lequel,
l'amendement 1? C'est juste...
La Présidente (Mme D'Amours) : Le
29.1.
Mme Cadet : Les deux sont à
29.1.
La Présidente (Mme D'Amours) : 29.1.1.
Mme Cadet : Ah! OK.
M. Boulet : ...Madwa.
Mme Cadet : OK. Donc, ici, on
est dans l'amendement sur : Supprimer le paragraphe 3°?
M. Boulet : ...
Mme Cadet : Parfait. Bien, on
avait exactement le même amendement, Mme la Présidente, pour celui-ci, donc on est
en accord. C'est la même formule, c'est exactement la même façon de procéder
que nous avions. Mais je veux vous signaler que je vais avoir un autre
amendement sur le paragraphe précédent, celui que le ministre vient de lire.
Je...
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
Mme Cadet : Sur 29.1, donc
avant, donc le troisième paragraphe de l'alinéa un, qui est supprimé ici. Donc,
on va en avoir un qui précède ce moment-là, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Donc...
Mais, sur l'amendement 1, maintenant, sur... que le ministre vient de
déposer?
Mme Cadet : Oui. Non, il n'y
a pas d'enjeu.
La Présidente (Mme D'Amours) : Il
n'y a pas d'enjeu. M. le député de Rosemont, avez-vous des commentaires sur
l'amendement 1?
M. Marissal : Non.
La Présidente (Mme D'Amours) : Pas
de commentaire. Donc, l'amendement un est-il adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
Maintenant, l'amendement 2 du ministre, est-ce qu'il y a des commentaires? Mme
la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui. Merci, Mme
la Présidente. Donc, je vois, donc, le deuxième amendement qui est soumis ici,
donc créant l'article 29.1.1. Nous, on l'avait mis, tout simplement, en
alinéa deux, là, qui précédait le deuxième alinéa, mais je vous entends sur les
façons de procéder. J'aimerais vous entendre sur, même indirectement, ici, donc
à 29.1.1. Parce que je le vois, donc, pour ce qui est, donc, de la nécessité,
donc, de demander un billet du médecin à l'alinéa précédent, là, qu'on va
revenir étudier. Mais ici, pour ce qui est, donc, de... donc : «Aux fins de
maintenir, donc, le versement d'une prestation d'invalidité, un assureur, un
administrateur de régime d'avantages sociaux ne peut exiger d'un assuré, d'un
adhérent ou d'un bénéficiaire qu'il reçoive un service médical à une <fréquence...
Mme Cadet :
...assuré,
d'un adhérent ou d'un bénéficiaire qu'il reçoive un service médical à une >fréquence
prédéterminée». Dans quelles... Dans quelles circonstances ça pourrait être,
même indirectement, pour ce cadre-ci?
Des voix : ...
Mme Cadet : C'est qu'ici,
donc, ayant scindé l'article 29.1, donc il y a 29.1, alinéa un,
paragraphe 3°, donc on est tous d'accord, je l'ai mentionné dans mes
remarques préliminaires, ça ne fonctionnait pas. Maintenant, en venant le
scinder, on a repris le libellé de 29.1, initialement, où on disait même
indirectement : «L'assureur ou l'administrateur de régime d'avantages
sociaux ne peut exiger», donc ce qui suit.
À 29.1, le nouveau 29.1, donc qui ne
comprend pas le troisième paragraphe, on comprend... donc, on dit, donc, qu'il
ne peut pas, indirectement, donc, demander, donc, d'aller voir un médecin, de
demander un billet du médecin avant de recevoir une aide technique ou avant
d'avoir un autre service de professionnel de la santé. Mais ici, donc, dans le
cas, donc, de déterminer... bien, en fait, d'exiger, donc, une fréquence
prédéterminée de rendez-vous médicaux, de suivis médicaux, dans quelles
circonstances, selon vous, ça pourrait être même indirectement? Est-ce qu'il
est nécessaire dans le nouveau libellé ici?
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
M. Boulet : Oui. Donc, vous
connaissez ce concept-là. On l'avait dans l'alinéa introductif de 29.1. Et
c'est essentiellement pour éviter des façons différentes de faire ce que tu ne
peux pas faire directement. Est-ce que ça peut être d'appeler? Est-ce que ça
peut être de demander à la personne assurée d'obtenir un autre service qu'un
service médical? C'est pour s'assurer que ce soit étanche. Tu sais, je n'aurais
pas d'autre commentaire.
Puis on le répète tellement souvent, quand
on fait nos projets de loi, il faut s'assurer que ceux à qui on restreint des
façons de faire, ceux à qui on empêche de faire des choses, qu'ils ne puissent
pas le faire indirectement. En fait, c'est ce que ça visait à faire,
essentiellement, sans plus. Mais, tu sais, on peut s'imaginer plein de façons
de faire puis on est... on présume de la bonne foi des compagnies d'assurance,
mais je pense que, dans un contexte comme celui-là, il faut s'assurer que ce
soit clair.
Mme Cadet : Parfait. Puis
vous confirmez que c'est le libellé, donc «ne comprend pas les situations où un
assuré irait de son plein gré consulter son médecin»?
M. Boulet : ...
Mme Cadet : Parfait.
• (12 h 50) •
M. Boulet : Non.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
commentaires, Mme la députée? Vous avez terminé? M. le député de Rosemont.
M. Marissal : Oui. Merci, Mme
la Présidente. Bon, j'avais une question sur 29.1, je viens d'y répondre
moi-même à 29.9. Ça, ça règle l'affaire. À la fin de 29.1.1, là, «un règlement
du gouvernement peut déterminer», «peut», on a souvent ce genre de débat
sémantique, là, peut, doit, devrait, fera, pourquoi le «peut» ici?
M. Boulet : Bien, parce que
c'était un pouvoir habilitant. Le ministère pourra déterminer, dans l'avis,
dans la mise en application de ce projet qui deviendra, nous le souhaitons
tous, une loi, déterminer qu'il peut y avoir des exceptions, par exemple, puis
là je vais peut-être un peu loin, dans les aides techniques, tu sais, sur
l'interprétation ou l'application qui en sera faite. Tu sais, je pense qu'en
étude détaillée, je peux clairement dire qu'une canne ou des béquilles, ça fait
partie des aides techniques. Mais il y a des aides techniques qui sont plus
sophistiquées, plus complexes, plus grosses et beaucoup plus coûteuses, où il
pourrait y avoir une exception par un règlement. Ça peut être...
Une voix : ...
M. Boulet : Ça peut être, par
exemple, collègue, ça pourrait être un lit d'hôpital. Est-ce que c'est une aide
technique? Tu sais, c'est un exemple peut-être un petit peu excessif, mais, au
moins, que le ministère ait la capacité, le pouvoir de déterminer les cas où il
peut faire... être fait exception, mais avec les conditions, collègue. Comme
vous savez, il va y avoir un processus de consultation puis de publication
avant que ce règlement-là soit adopté. Donc, c'est une réponse...
M. Marissal : OK. Je
comprends bien. Mais, est-ce que vous voyez, dans les exceptions qui pourraient
être amenées par règlement, une exception, ou libellé, là, à la lettre du
libellé, qui dit qu'on ne peut pas, même indirectement, exiger du bénéficiaire
qu'il reçoive un service médical? Parce que, là, vous me donnez un exemple très
précis d'aide technique, là, c'est du matériel, mais est-ce que vous pouvez
imaginer une situation où on <donnerait...
M. Marissal :
...d'aide
technique, là, c'est du matériel, mais est-ce que vous pouvez imaginer une
situation où on >donnerait... on accorderait des exceptions pour qu'il y
ait cette intervention, que l'on cherche à éviter, par ailleurs, dans le
premier alinéa?
M. Boulet : C'est une bonne
question. Ma réponse, c'est non. Un règlement, c'est essentiellement pour
permettre une application d'une loi. Mais votre question m'amène à dire : le
règlement ne pourrait pas contredire ou ne pourrait pas créer des exceptions
qui sont en contradiction avec le droit substantif, là. L'interdiction d'exiger
un service médical, le règlement ne pourrait pas aller jusque-là, si j'ai bien
compris votre question.
M. Marissal : Ça répond.
M. Boulet : C'était une
question intelligente.
M. Marissal : Ça répond de
façon intelligente à ma question. Merci.
M. Boulet : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
commentaires, M. le député de Rosemont?
M. Marissal : Non, merci. Ça
va. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée de La Pinière.
Mme Caron : Merci, Mme la
Présidente. Alors, la question que j'ai, c'est à propos du libellé de «fréquence
prédéterminée différente de celle jugée
appropriée par le médecin traitant de cet assuré,
de cet adhérent ou de ce
bénéficiaire.» Donc, je comprends ce qu'on veut
faire, on l'a dit déjà par le passé, on veut que le médecin demeure maître de
la fréquence des rendez-vous pour le patient et non que ce soit imposé par un
assureur. C'est ce que... C'est ce que je comprends.
Bon, peut-être que la réponse va venir...
va venir modifier ma compréhension, mais ce que j'aimerais savoir, c'est que...
Est-ce que, soit avec le libellé «même indirectement», soit avec le libellé de «fréquence
prédéterminée», est-ce que ça veut dire que, par exemple, dans le cas d'une
assurance invalidité, une personne qui est en situation d'invalidité... et quand
son changement de... quand il y a un changement de sa condition médicale, quand
il y a un retour envisagé au travail, quand il y a des informations nouvelles,
peut-être, dans le dossier ou bien même un changement de définition de
l'assurance de soins de longue durée, est-ce que ça veut dire que, dans ces
moments-là, ce que les assureurs appellent des moments jalons, est-ce que ça
veut dire que l'assureur n'aurait pas droit de demander à l'assuré ou d'exiger
à l'assuré qu'il consulte un médecin pour avoir un avis médical, par exemple?
Est-ce que ça, c'est empêché par le libellé du projet de loi original ou avec
amendement?
M. Boulet : En fait, je
reviens au principe, celui qui est maître de la fréquence et de la pertinence
des visites, c'est le médecin traitant. C'est lui qui connaît le patient, son
état de santé, son évolution. Si c'est une fracture, clairement, qui requiert
une visite dans deux mois, l'assureur ne pourrait pas dire : Il faut que
tu ailles voir ton médecin à toutes les semaines. Si c'est une... un état de
santé mentale, «un» état de santé, excusez-moi, qui requiert une visite dans
trois mois, l'assureur ne pourra pas dire «à toutes les deux semaines».
Encore une fois, je reviens au cœur de la
problématique qui a souvent été soulevée et qui créait des visites sans valeur
ajoutée. Parce qu'on peut imaginer qu'aller voir un médecin à une fréquence
déterminée par l'assureur ou requise par l'assureur, ce n'est pas compatible
avec l'amélioration de l'état de santé puis ça n'a aucune valeur ajoutée. Puis
ça enlève des périodes où lesdits médecins pourraient prodiguer les soins de
santé.
Ceci dit, s'il y a des aspects ponctuels
qui requièrent, de manière justifiée, une visite, ça sera analysé, là, mais, tu
sais, la règle, c'est, d'abord et avant tout, d'interdire. Mais, s'il y a des
éléments évolutifs qui font en sorte que l'état de santé est modifié puis que
c'est confirmé par le médecin, il pourrait y avoir une demande de l'assureur.
Je pense qu'il y a un groupe qui le soulevait, là, ce qu'on appelle les visites
ponctuelles dans le jargon connu, moi, je ne vois pas de problématique, là. Ce
qu'on vise, essentiellement, aussi avec ces visites-là, c'est d'aider le
patient, de l'aider à être consolidé, à être guéri le plus rapidement possible.
Mme Caron : Maintenant, vous
dites...
La Présidente (Mme D'Amours) : ...collègues,
je suis dans l'obligation d'arrêter les travaux, de suspendre les travaux parce
que nous sommes au salon rouge, et il y a des travaux qui reprennent à 13
heures.
Ça fait que, donc, pour permettre aux gens
de prendre place et qu'on débute les travaux à 13 heures pour le salon rouge,
je suspends les travaux jusqu'à 14 heures. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 57)
14 h (version révisée)
(Reprise à 14 h 04)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. Donc, la Commission de l'économie et du travail reprend
ses travaux.
Nous poursuivons l'étude détaillée du projet
de loi n° 68, Loi visant principalement à réduire la charge administrative
des médecins.
Lors de notre suspension, nous étions
rendus à l'étude de l'amendement 2 de l'article... de l'amendement 2,
29.1.1, et c'était une discussion entre le ministre et la députée de La Pinière.
Mme la députée, si vous voulez bien continuer votre discussion.
Mme Caron : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Alors, rebonjour à tout le monde.
Donc, la question que je veux creuser et
ce que je veux comprendre pour que ce soit clair pour les personnes qui nous
écoutent, les personnes en situation d'invalidité, les assureurs, surtout les
médecins : Est-ce que...
Puisqu'on dit : On comprend que les
assureurs ne peuvent plus... ne pourront plus imposer de rendez-vous à telle
fréquence, et ça, c'est parfait, on est d'accord avec ça, ça, c'est clair. Ce
qui est moins clair, c'est que, dans une situation d'invalidité, ça se peut qu'au
bout de six mois, au bout d'un an, deux ans, trois ans, l'état physique de la
personne change, la personne qui est en invalidité, son état peut changer, peut-être
que ses protections d'assurance invalidité vont changer aussi à la hausse, à la
baisse, en fonction de ce qu'elle peut ou ne peut pas faire.
Pour ça, pour déterminer ça, un assureur a
besoin d'un avis médical. Est-ce qu'on est en train de dire que ça va prendre
une analyse? Parce que M. le ministre, vous avez utilisé le mot «analyse»
tantôt, c'est ça qui m'a mélangé un petit peu dans votre réponse.
Est-ce que... pour qu'une personne qui est
invalide, dont la situation de santé change, est-ce que ça veut dire que son
assureur ne pourra plus lui demander d'aller voir le médecin pour avoir un avis
médical et statuer sur la suite des choses, sur son invalidité? Ce n'était pas
clair pour moi.
M. Boulet : Bien, très brièvement,
je pense que j'ai répondu le plus clairement possible ce matin. Et là vous
rajoutez des éléments.
Si au bout de deux ans, trois ans, quatre
ans, la situation évolue puis qu'il y a une nécessité de revoir le médecin — puis
le médecin, il fait le suivi aussi — ce n'est pas prohibé, c'est de
ne pas pouvoir exiger des rendez-vous, des rendez-vous médicaux à une fréquence
qui est incompatible avec celle déterminée par le médecin traitant. Pour moi, c'est
très simple.
Mme Caron : OK. Ça va. Merci.
Alors donc, je comprends qu'un assureur qui a besoin, à un moment donné, dans
le cas d'une invalidité, d'avoir un avis médical qui n'est pas à fréquence
déterminée, mais qui peut avoir lieu, comme je disais, à un... après un certain
nombre de mois ou peu importe, ce ne sera pas prohibé vous avez dit, donc ça
veut dire que M. et Mme Tout-le-monde peut <comprendre...
Mme Caron :
...vous
avez dit, donc ça veut dire que M. et Mme Tout-le-monde peut >comprendre
que si son assureur lui demande d'aller voir le médecin pour obtenir un avis
médical sur son état de changé... son état de santé qui a changé, il n'y aura
pas de problème, l'assureur ne sera pas dans le trouble, le médecin non plus
puis le patient va... ou le patient... la personne en situation d'invalidité va
avoir tout le support nécessaire, là, de son assureur dans le cadre de son
assurance invalidité.
M. Boulet : Non, je n'irai
pas jusqu'où vous... Tu sais, il y a quand même une... il y a un devoir légal
qui est clairement exprimé dans le projet de loi : On prohibe à l'assureur,
il ne peut pas exiger des services médicaux, des rendez-vous médicaux,
essentiellement sans valeur ajoutée, à une fréquence ou suivant la pertinence
déterminée par le médecin traitant.
Là, vous m'amenez dans des situations où,
potentiellement, l'assureur essaierait de faire indirectement ce qu'il ne peut
pas faire directement.
Ça fait que j'ai répondu à votre question.
S'il y a une évolution particulière d'un cas d'invalidité, parce que c'est
l'exemple que vous soulevez, au bout de deux, trois ou quatre ans, là, c'est la
période de temps, bien sûr que l'assureur pourrait requérir une... un service
médical dans un contexte comme celui-là, là.
Le but, ce n'est pas de pénaliser la
personne qui est patiente, là, c'est de s'assurer... Ultimement, là, ce que...
ce que nous devons faire, c'est de s'assurer que la personne soit rétablie,
qu'elle ne soit pas dérangée, qu'on allège le fardeau administratif des
médecins et que la personne soit consolidée.
J'ai le même objectif que les compagnies
d'assurance de personnes. C'est que la personne soit consolidée — on
dit ça en santé et sécurité du travail — ou guérie de façon à être
fonctionnelle dans les délais tels qu'anticipés par son médecin traitant.
Mme Caron : OK. Donc, je
voulais... je voulais que ce soit clair, parce que peut-être que pour vous,
c'était clair, pour moi ce n'était pas clair que l'assureur peut toujours
exiger à un moment donné... mais évidemment pas imposer une fréquence, mais
s'il y a un... des faits nouveaux ou un changement d'état de santé qu'à ce
moment-là il n'y a pas de difficulté, là, à consulter.
• (14 h 10) •
M. Boulet : ...qui est
documenté, s'il y a un changement dans l'état de santé, il pourrait, mais,
encore une fois, je ne veux pas tracer une ligne où tout est noir et tout est
blanc.
Mais je pense que le libellé de la loi
puis le sens de l'article de la loi, ça m'apparaît clair.
Mme Caron : D'accord. Alors,
on sera... le verbatim de cette commission sera clair sur l'intention du
législateur. C'est le but, c'était le but de ma question pour m'assurer que je
comprenais bien.
M. Boulet : Si vous trouvez
ça clair, tant mieux.
La Présidente (Mme D'Amours) : Autres
commentaires sur... Oui, M. le député de Rosemont.
M. Marissal : Oui. Merci, Mme
la Présidente. Juste pour être sûr, là, que je ne manque rien. La fréquence des
visites médicales telle que déterminée par le médecin ou l'équipe traitante,
là, sera communiquée à l'assureur?
M. Boulet : Bien sûr, parce
que... Là, on parle de prestations d'invalidité, puis ces prestations-là sont
versées de façon épisodique ou de façon répétée dans le temps.
Mais si le médecin dit : C'est une
fracture franche du tibia puis il n'y a pas de pertinence à ce que vous me
revoyez avant deux mois, trois mois — puis ça peut être un état de
santé mentale — l'assureur ne peut pas dire : Non, tu vas y
aller à toutes les trois semaines. Ça, c'est défendu.
M. Marissal : Je comprends
bien, M. le ministre. Qui a la responsabilité de transmettre à l'assureur,
l'assuré ou le médecin?
M. Boulet : Généralement...
Des voix : ...
M. Boulet : Bien, normalement,
c'est l'assuré, mais ça arrive que ce soit le médecin. Comme en santé et sécurité
du travail — c'est une bonne question — c'est le médecin
désigné qui, normalement, achemine le papier d'assurance, mais on me dit que
c'est aussi l'assuré, là, mais...
Du moins, il faut absolument, pour obtenir
le versement des prestations, que le papier médical soit soumis à l'assureur.
M. Marissal : OK. Ça me va.
Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Donc, l'amendement du ministre d'introduire le 29.1.1 est-il adopté?
Des voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
Là, je vais expliquer pour les gens qui nous... qui suivent nos travaux, qui
n'étaient pas ici ce matin. Nous sommes à l'article 5, et, dans
l'article 5, il y a des paragraphes, dont la collègue de Bourassa-Sauvé
avait demandé qu'on travaille paragraphe par paragraphe, qu'on appelle ici
article introduit. Nous étions au 29.1. Le ministre avait <déposé...
La Présidente (Mme D'Amours) :
...qu'on
appelle ici article introduit. Nous étions au 29.1. Le ministre avait >déposé
deux amendements qui, un, concernait le 29.1 et l'autre qui ajoutait le 29.1.1.
Nous aurions dû faire ça en deux séquences. Ça a été mon erreur.
Donc, j'ai... c'est la première et la
dernière fois que l'on fait ça pour que les gens puissent bien nous suivre,
qu'ils suivent nos travaux correctement et pour que le secrétariat aussi ait
moins de travail à faire, parce que c'est compliqué même si ça ne le semble
pas.
Donc là, nous serions... nous avons...
nous venons d'adopter l'amendement 29.1.1, mais je me dois de demander au
29.1, tel qu'amendé, s'il y a d'autres discussions qui auraient lieu sur le
29.1. Mme la députée de La Pinière.
Mme Caron : Oui. Merci, Mme
la Présidente. Alors, on avait un amendement qu'on souhaitait apporter au 29.1.
La Présidente (Mme D'Amours) : Est-ce
que l'amendement avait été déposé sur Greffier?
Mme Caron : Oui, il est...
Bien, il a été envoyé au secrétariat.
La Présidente (Mme D'Amours) : Est-ce
que la partie gouvernementale ne l'a pas eu?
Je vais suspendre les travaux quelques
minutes, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 14 h 14)
(Reprise à 14 h 21)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. Et je demande à la députée de La Pinière de bien
vouloir nous faire la lecture de sa motion... de sa... de son amendement,
pardon, s'il vous plaît.
Mme Caron : Oui. Merci, Mme
la Présidente. Article 5. Article 29.1 de la Loi favorisant l'accès
aux services de médecine de famille et de médecine spécialisée.
Insérer dans l'article 29.1, tel que
proposé par l'article 5 du projet de loi, après «assureur»... ajouter de «public
ou privé» et après «avantages sociaux», «public ou privé».
Alors, l'article modifié se lirait comme
suit : 29.1. Un assureur public ou privé ou un administrateur de régime
d'avantages sociaux public ou privé ne peut, même indirectement, exiger d'un
assuré, d'un adhérent ou d'un bénéficiaire qu'il reçoive un service médical aux
fins suivantes, sauf dans les cas ou aux conditions déterminées par règlement
du gouvernement :
1° obtenir de cet assureur ou de cet
administrateur qu'il rembourse ou assume autrement le coût des services d'un
intervenant du domaine de la santé ou des services sociaux;
2° obtenir de cet assureur ou de cet
administrateur qu'il rembourse ou assume autrement le coût d'une aide
technique;
3° maintenir le versement de prestations
d'invalidité.
Pour l'application du présent chapitre :
1° un assureur s'entend d'un assureur
autorisé au sens de la Loi sur les assureurs (chapitre A-32.1);
2° un régime d'avantages sociaux s'entend
d'un régime d'avantages sociaux non assurés, doté ou non d'un fonds, et qui
accorde à l'égard d'un risque une protection qui pourrait être autrement
obtenue en souscrivant une assurance de personnes.»
Alors, le but de l'amendement, d'ajouter
les mots «public ou privé» après «assureur» et puis <après...
Mme Caron :
...une
assurance de personnes.»
Alors, le but de l'amendement, d'ajouter
les mots «public ou privé» après «assureur» et puis >après
«administrateur de régime d'avantages sociaux», c'est justement pour venir
combler ce que j'appelais dans mes remarques préliminaires la faille du projet
de loi, dans ce sens que le projet de loi vise uniquement les assureurs privés
et les régimes... les administrateurs de régimes d'avantages sociaux privés,
alors que si on ajoutait le public, ce serait aussi la RAMQ, ce serait aussi la
CNESST, ce serait aussi la SAAQ, bref, les gros producteurs, selon les... ce que
les médecins nous ont dit en consultations, les gros... les personnes qui...
les organismes qui sont à l'origine de beaucoup, beaucoup de paperasserie, paperasserie
administrative.
Et puisqu'on vise à réduire la charge
administrative des médecins avec ce projet de loi, c'est la proposition que je
faisais pour qu'on ratisse plus large qu'uniquement les assureurs privés.
Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : M.
le ministre.
M. Boulet : Oui. Merci, Mme
la Présidente. En fait, les assureurs qui sont concernés par le projet de loi
sont ceux en vertu de la Loi sur les assureurs. Si vous référez à d'autres
assureurs publics, ils ont leur propre régime.
Souvenez-vous, à la CNESST, au mois de
février dernier, j'avais annoncé avec mon collègue à la Santé exactement la
même approche pour les indemnités de remplacement de revenu suite à une lésion
professionnelle, que ce soit un accident de travail ou une maladie
professionnelle.
Ce qu'on appelle les rapports médicaux
d'évolution, la CNESST a accepté qu'ils ne soient requis par la CNESST que
lorsque le médecin traitant du travailleur accidenté ou malade prévoit... Donc,
le respect de la fréquence et de la pertinence des rendez-vous médicaux plutôt
que systématiquement à toutes les deux semaines ou à tous les mois, là,
dépendamment de la durée de la période de consolidation.
Et, avec la CNESST, on a estimé... ce
n'est jamais des calculs mathématiques, mais l'estimation, c'est qu'on
récupérait 138 000 rendez-vous à peu de valeur ajoutée. Puis, bon, mon
collègue, vous connaissez un peu le régime d'indemnisation de la santé et sécurité,
ça a été bien accueilli.
Et ça se fait aussi en éducation. Mon
collègue à l'Éducation a annoncé, d'une autre manière, là, mais que les
absences des enfants, sauf lors des examens, jusqu'à cinq jours ne... on ne
pouvait pas demander de billets médicaux.
Mais je reviens à ça. La CNESST, ça a été
fait. Il y a une structure de gouvernance au ministère de la Santé, ils
travaillent avec beaucoup de partenaires. Et la RAMQ puis la SAAQ, ils ont des
régimes aussi qui sont particuliers, et il y a des travaux qui se font avec
eux, mais on n'a pas besoin d'intervenir de manière législative.
Là, on se devait, avec les assureurs
privés, d'intervenir de façon légale pour exiger, pour interdire. Et pour les
autres, les travaux se continuent.
C'est un des éléments du grand casse-tête
que j'appelle le fardeau administratif excessif qui repose sur les épaules des
médecins.
Alors, c'est la raison pour laquelle on
s'est intéressés, dans ce projet de loi là, qui n'est pas une finalité, mais
aux assureurs en vertu de la Loi sur les assureurs.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée.
Mme Caron : Merci. Donc, on
peut penser... est-ce qu'on peut penser qu'avec les travaux qui se font, sur la
RAMQ par exemple, une personne qui a besoin d'un appareil auditif n'aurait plus
l'obligation qui lui est faite par la RAMQ de consulter un ORL, alors qu'un
audiologiste ou un audioprothésiste peut tout à fait donner... poser le
diagnostic et prescrire l'appareil auditif? Est-ce que c'est quelque chose
qui... qui pourrait tomber avec les travaux qui se font actuellement?
M. Boulet : Là, je ne veux
pas excéder ma compétence, parce que je ne connais pas tous les détails des
régimes d'indemnisation gérés par certains assureurs publics. Celui que je
connais mieux puis, en fait, que je maîtrise bien, c'est celui de la CNESST, mais
les autres, je ne les maîtrise pas, ça fait que je ne me risquerais pas à
répondre.
Mais ce que je peux vous donner comme
réponse, c'est que les travaux du groupe qui s'appelle RCAM, là, réduction de
la charge administrative des médecins, s'intéressent à la question que vous
avez posée et vont essayer de trouver les réponses les plus en adéquation avec
l'objet du projet de <loi...
M. Boulet :
...de
trouver les réponses les plus en adéquation avec l'objet du projet de >loi.
Mme Caron : OK. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée?
Mme Caron : Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires sur l'amendement? M. le député de Rosemont.
M. Marissal : À quand
remontent les changements dont vous parlez à la CNESST?
M. Boulet : En février cette
année, 2024. Et votre collègue était particulièrement heureux de ça aussi.
Parce que ce qui était tannant, c'est que
les travailleurs victimes d'un accident de travail devaient, de manière assez
répétitive, aller revoir le médecin puis ce n'était pas un grand formulaire,
mais c'est un... ils appellent ça des «slips», là, un rapport médical
d'évolution, où le médecin doit redire, admettons, le diagnostic, la durée
probable ou la durée prévisible de consolidation, est-ce qu'il y a une atteinte
permanente, est-ce que des limitations fonctionnelles, est-ce que... quelle est
la durée, la nature, la pertinence des soins et traitements, et ça, c'était
particulièrement...
Tu sais, c'était quasiment du... tu sais,
pour les médecins, ça n'avait aucune valeur ajoutée, c'étaient des formulaires
qui leur faisaient perdre du temps. Alors ça, ça a été éliminé et la CNESST se
gouverne dorénavant de cette manière-là.
Donc, il faut respecter ce que le médecin
traitant du travailleur a établi comme fréquence et pertinence.
M. Marissal : Donc, les mêmes
paramètres qui sont devant nous maintenant.
M. Boulet : Exactement la même
affaire.
M. Marissal : Je vous posais
la question de la date d'entrée en vigueur parce que je...
Ma question était à savoir : Est-ce
que ça fonctionne? Mais il est peut-être trop tôt pour que vous ayez des
indications de.
Vous parliez de 138 000 plages
horaires libérées. Bon, c'est une façon de le calculer, mais il y en a d'autres,
là. Je ne sais pas s'il est peut-être trop tôt, là. Ça fait quoi, au moins deux...
ça fait sept mois, là? Je ne sais pas...
• (14 h 30) •
M. Boulet : Mais c'est une
très bonne question, parce que, tu sais, dans les lois, souvent, on prévoit un
rapport de mise en application.
Puis j'ai fait la même affaire avec le
conseil d'administration de la CNESST qu'il y ait un suivi, qu'on s'assure que
ce soit bien respecté, puis, sans que ce soit un rapport de conformité, on va
être en mesure d'évaluer les répercussions positives, puis on fera les
ajustements qui s'imposent, là.
Puis je le fais beaucoup, là, parce qu'avec
votre collègue, là, on fait des suivis de ces dossiers de cette nature-là.
M. Marissal : Très bien.
Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Donc, l'amendement déposé par la députée de La Pinière, est-il adopté ou
rejeté?
Des voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : Rejeté.
Nous revenons à 29.1 tel qu'amendé. Y a-t-il encore d'autres discussions à y
avoir? S'il n'y a pas d'autre... Oui, Mme la députée de La Pinière.
Mme Caron : Oui. On avait un
autre amendement qui a aussi été envoyé au secrétariat sur le 29.1.
La Présidente (Mme D'Amours) : Est-ce
que nous l'avons reçu?
Mme Caron : Est-ce qu'on peut
suspendre une minute, le temps que...
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
vais suspendre les travaux quelques minutes, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 14 h 31)
14 h 30 (version révisée)
(Reprise à 14 h 36)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux, et, Mme la députée de La Pinière, vous aviez un
amendement à nous lire, s'il vous plaît.
Mme Caron : Merci, Mme la
Présidente. Alors, article 5, article 29.1 de la Loi favorisant l'accès
aux services de médecine de famille et de médecine spécialisée. Supprimer, dans
l'article 29.1 tel que proposé par l'article 5 du projet de loi, «,
même indirectement,».
L'article modifié se lirait comme suit :
«29.1. Un assureur ou un administrateur de
régime d'avantages sociaux ne peut exiger d'un assuré, d'un adhérent ou d'un
bénéficiaire qu'il reçoive un service médical aux fins suivantes, sauf dans les
cas et aux conditions déterminés par règlement du gouvernement :
«1° obtenir de cet assureur ou de cet
administrateur qu'il rembourse ou assume autrement le coût des services d'un
intervenant du domaine de la santé ou des services sociaux;
«2° obtenir de cet assureur ou de cet
administrateur qu'il rembourse ou assume autrement le coût d'une aide
technique;
«3° maintenir le versement de
prestations d'invalidité.
«Pour l'application du présent chapitre :
«1° un assureur s'entend d'un
assureur <autorisé au sens de la Loi sur les assureurs...
Mme Caron :
...un
assureur s'entend d'un assureur >autorisé au sens de la Loi sur les
assureurs (chapitre A-32.1);
«2° un régime d'avantages sociaux s'entend
d'un régime d'avantages sociaux non assurés, doté ou non d'un fonds, et qui
accorde à l'égard d'un risque une protection qui pourrait être autrement
obtenue en souscrivant une assurance de personnes.»
Alors, l'amendement, donc, est d'enlever
les mots «même indirectement». Ce qui nous avait été signalé par le Conseil du
patronat du Québec, c'était que l'emploi du terme «indirectement» semblait
superflu puisque l'interdiction est déjà énoncée, puis la règle de droit est
claire, dans notre système, que personne ne peut faire indirectement ce qu'elle
ne peut faire directement. Alors, l'article s'en trouve alourdi et peut
peut-être créer de la confusion.
Et la question qui se posait aussi, c'est
comment on interpréterait le fait qu'une personne assurée se rende elle-même,
de son propre chef, consulter son médecin parce que son état de santé a changé,
par exemple, je donnais comme exemple tout à l'heure... dans un cas
d'invalidité, et qu'elle va... qu'elle va consulter son médecin, justement,
puis le diagnostic pourrait donner... lui donner accès à d'autres... d'autres
couvertures ou services prévus par son assurance ou son régime d'avantages
sociaux.
Alors, est-ce que le fait que la personne
irait de son propre chef, comme ça... pourrait être interprété comme faire
indirectement ce qu'on... ce qu'on défend de faire aux assureurs dans le cadre
de ce projet de loi?
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. le ministre, commentaires?
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente. La réponse, je l'ai donnée ce matin à une question de votre
collègue de Bourassa-Sauvé. En droit, c'est un concept qui est courant. Puis là
je vais faire un peu de... faire référence à un élément qui, pour moi, est bien
important quand tu interprètes une loi. Si on a mis «même indirectement» puis
on l'enlève, c'est comme si on ouvrait la porte à ce qu'il le fasse
indirectement. Je ne sais pas si vous me suivez. Ça fait que c'est sûr que je
n'irais pas dans cette direction-là, pas par... mais je respecte... mais il y a
une disposition qui est claire. Un assureur ne peut exiger d'un assuré qu'il
reçoive un service médical, mais, s'il lui demande une information ou même un
diagnostic sur la nature d'un soin ou d'un traitement, on ne veut pas que
l'assureur fasse indirectement ce qu'il ne peut pas faire directement. Puis
c'est sûr que j'aurais bien des cas, mais, ceci dit, je le fais en présumant de
la bonne foi des assureurs, mais je ne peux pas enlever un terme, puis, après
ça, ça va être interprété comme : Le ministre l'avait mis ou le
législateur l'avait mis puis l'enlever, et ça, ça doit être interprété comme
nous ouvrant la porte à pouvoir le faire d'une autre manière. Voilà.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
Mme Caron : Non. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires sur l'amendement? Est-ce que l'amendement est adopté ou rejeté?
Une voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : Rejeté.
Merci. Nous revenons à l'article 29.1 tel qu'amendé. Est-ce qu'il y a des
commentaires?
Mme Caron : ...amendement.
La Présidente (Mme D'Amours) : Vous
avez un autre amendement à l'article 29.1 tel qu'amendé?
Mme Caron : Oui, qui a été
envoyé.
La Présidente (Mme D'Amours) : Parfait.
Je suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 14 h 41)
(Reprise à 14 h 46)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. Maintenant, Mme la députée de La Pinière, si vous voulez
bien nous faire la lecture de votre amendement, s'il vous plaît.
Mme Caron : Merci, Mme la
Présidente. Alors, article 5, article 29.1 de la Loi favorisant
l'accès aux services de médecine de famille et de médecine spécialisée. Remplacer,
dans le premier alinéa de l'article 29.1 tel que proposé par
l'article 5 du projet de loi, «médical» par «assuré».
L'article modifié se lirait comme suit :
«29.1. Un assureur ou un administrateur de
régimes d'avantages sociaux ne peut, même indirectement, exiger d'un assuré,
d'un adhérent ou d'un bénéficiaire qu'il reçoive un service assuré aux fins
suivantes, sauf dans les cas et aux conditions déterminés par règlement du
gouvernement :
«1° obtenir de cet assureur ou de cet
administrateur qu'il rembourse ou assume autrement le coût des services d'un
intervenant du domaine de la santé ou des services sociaux;
«2° obtenir de cet assureur ou de cet
administrateur qu'il rembourse ou assume autrement le coût d'une aide
technique;
«3° maintenir le versement de
prestations d'invalidité.
«Pour l'application du présent chapitre :
«1° un assureur s'entend d'un
assureur autorisé au sens de la Loi sur les assureurs (chapitre A-32.1);
«2° un régime d'avantages sociaux
s'entend d'un régime d'avantages sociaux non assurés, doté ou non d'un fonds, et
qui accorde à l'égard d'un risque une protection qui pourrait être <autrement
obtenue en...
Mme Caron :
...et
qui accorde à l'égard d'un risque une protection qui pourrait être >autrement
obtenue en souscrivant une assurance de personnes.
Alors, il s'agit donc de remplacer... au
lieu d'avoir «service médical», de parler de service assuré. On avait, en consultations,
une recommandation du Collège des médecins, qui trouvait le terme «service
médical» trop... trop restrictif. En fait, il souhaitait qu'il soit défini plus
largement ou remplacé par un terme plus inclusif d'autres professions. Et on
avait aussi l'ACCAP, donc l'Association canadienne des compagnies d'assurances
de personnes, qui estimait nécessaire de préciser ce terme-là, qui est quand
même un terme clé, parce que la notion de service médical, tel qu'indiqué dans
le projet de loi, n'est pas définie par la loi.
Alors, en raison de l'interprétation large
qui peut en être faite, il était estimé que ce serait meilleur de remplacer le
terme par un... «service médical» par le terme «service assuré», comme c'est
défini dans la Loi sur l'assurance maladie du Québec, et ce qui militait en
faveur de ce changement, c'est que le terme «service assuré» est bien compris
et utilisé en assurance, et on notait aussi que l'article 29.8 du projet
de loi fait référence aux coûts payés en vertu de la Loi sur l'assurance
maladie du Québec, ce qui est en lien avec les services assurés. Alors, pour
éviter de créer... d'ajouter de l'incertitude ou de la confusion sur
l'interprétation du terme «service médical», donc on proposait, donc, de le remplacer
par «service assuré». Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. le ministre, commentaires sur l'amendement?
M. Boulet : Je pense que le
concept de service médical, Mme la Présidente, est beaucoup plus large. La
notion de service assuré, qui réfère à la Loi sur l'assurance maladie, c'est ce
qui est couvert par la RAMQ. Puis je vais utiliser le terme qu'on a discuté
tout à l'heure. Je ne voudrais pas qu'indirectement ça rouvre la porte à des
services consentis par le privé, là, parce que ce qui est assuré, c'est
limitatif. «Service médical», c'est plus large, et c'est ce que nous voulons
couvrir. Donc, voilà.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée.
Mme Caron : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
commentaires? Est-ce que l'amendement est adopté ou rejeté?
Une voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : Rejeté.
Merci. D'autres commentaires sur 29.1 tel qu'amendé?
Mme Caron : Un autre
amendement, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Parfait.
Est-ce qu'il est sur Greffier?
Mme Caron : Il est en train
d'être envoyé?
La Présidente (Mme D'Amours) : Pas
encore? Je vais suspendre les travaux quelques minutes, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 14 h 51)
(Reprise à 14 h 55)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. Mme la députée de La Pinière, si vous voulez bien nous
faire la lecture de votre amendement, s'il vous plaît.
Mme Caron : Merci, Mme la
Présidente. Alors, article 5, article 29.1 de la Loi favorisant l'accès
aux services de médecine de famille et de médecine spécialisée. Remplacer, dans
le premier alinéa de l'article 29.1 tel que proposé par l'article 5
du projet de loi, le mot «médical» par «professionnel».
L'article modifié se lirait comme suit :
«29.1. Un assureur ou un administrateur de
régimes d'avantages sociaux ne peut, même indirectement, exiger d'un assuré,
d'un adhérent ou d'un bénéficiaire qu'il reçoive un service professionnel aux fins
suivantes, sauf dans les cas et aux conditions déterminés par règlement du
gouvernement :
«1° obtenir de cet assureur ou de cet
administrateur qu'il rembourse ou assume autrement le coût des services d'un
intervenant du domaine de la santé ou des services sociaux;
«2° obtenir de cet assureur ou de cet
administrateur qu'il rembourse ou assume autrement le coût d'une aide
technique;
«3° maintenir le versement de prestations
d'invalidité.
«Pour l'application du présent chapitre :
«1° un assureur s'entend d'un assureur
autorisé au sens de la Loi sur les assureurs (chapitre A-32.1);
«2° un régime d'avantages sociaux s'entend
d'un régime d'avantages sociaux non assurés, doté ou non d'un fonds, et qui
accorde à l'égard d'un risque une protection qui pourrait être autrement
obtenue en souscrivant une assurance de personnes.»
Alors, pour la terminologie, donc,
d'utiliser «service professionnel» au lieu de «service médical», vous vous
souviendrez peut-être que, durant les consultations particulières, le Collège
des médecins du Québec proposait cette modification et que le ministre avait
dit qu'on pourrait en reparler en étude détaillée. Donc, puisque nous sommes en
étude détaillée, c'est le temps d'en parler. Donc, la raison pour laquelle le
Collège des médecins souhaitait faire ce changement, c'était pour que ça
comprenne, ça englobe toutes les autres professions de la santé, que ce soit
plus large, et éviter que les assureurs demandent des billets aux autres
professionnels qui ne sont pas médecins. Donc, c'est pour cette raison qu'on
fait... qu'on fait cette demande d'amendement.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. le ministre.
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente. En fait, le but, l'objectif de ce projet de loi là, c'est d'alléger
le fardeau <administratif des médecins...
M. Boulet :
...en
fait, le but, l'objectif de ce projet de loi là, c'est d'alléger le fardeau >administratif
des médecins. C'est pour ça qu'on réfère au service médical. Si on parlait de services
professionnels, ça viserait toutes les personnes qui sont couvertes par un
ordre professionnel, et ce n'est pas ce que nous souhaitons. Là où on atteint
un objectif plus large, c'est en utilisant le concept d'intervenant. «Intervenant»,
ce n'est pas qu'uniquement les personnes qui sont régies par un ordre
professionnel, mais ça peut être les massothérapeutes, les kinésiologues, les
conseillers en génétique et autres, en plus des infirmières, des
physiothérapeutes, les psychothérapeutes, les psychologues. Donc, on ne peut
pas élargir à «services professionnels». C'est les médecins dont on veut
alléger le fardeau administratif. Donc, ce n'est pas compatible avec l'objet de
la loi. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires? Mme la députée de La Pinière.
Mme Caron : Merci, Mme la
Présidente. Par contre, dans le projet de loi n° 15, on parlait beaucoup
d'interdisciplinarité, là, dans le domaine de la santé. Alors, il me semble
qu'on serait en cohérence avec... avec cette interdisciplinarité si on
élargissait.
M. Boulet : ...comprendre la
mécanique de la loi... du projet de loi. C'est un service médical. Donc, on
veut alléger le fardeau administratif des médecins. Et les personnes qui sont
aussi, dans une certaine mesure, bénéficiaires, c'est les intervenants du
domaine de la santé, parce qu'il y en a qui demandaient que ce soient les
professionnels du domaine de la santé, et ça, ça aurait été limitatif. Donc, on
a voulu, en utilisant le mot «intervenant», que ce soit le plus large possible,
que les kinésiologues, les massothérapeutes, en fait, tous les intervenants
dans le domaine de la santé, soient visés par ce qui nous intéresse, mais ce
n'est pas pour alléger le fardeau administratif des physiothérapeutes, ou des
psychologues, ou des... En fait, c'est alléger le fardeau administratif des
médecins qui nous concerne dans ce projet de loi là. Je comprends votre
demande, mais ce n'est malheureusement pas concordant avec l'économie générale
du projet de loi.
Mme Caron : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...ça
va? D'autres commentaires sur l'amendement? Est-ce que l'amendement est adopté
ou rejeté?
M. Boulet : Rejeté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Rejeté.
Nous sommes toujours à 29.1 tel qu'amendé. Est-ce qu'il y a d'autres
commentaires? Mme la députée de La Pinière.
Mme Caron : Merci, Mme la
Présidente. On avait un autre amendement qui est en train d'être envoyé.
La Présidente (Mme D'Amours) : Parfait.
Je suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 15 heures)
15 h (version révisée)
(Reprise à 15 h 05)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. Et Mme la députée de La Pinière, si vous voulez bien
nous faire la lecture de votre amendement, s'il vous plaît.
Mme Caron : Merci, Mme la
Présidente.
Article 5 (Article 29.1 de la
Loi favorisant l'accès aux services de médecine de famille et de médecine
spécialisée)
Remplacer dans le premier paragraphe du
premier alinéa de l'article 29.1, tel que proposé par l'article 5 du
projet de loi, «intervenant du domaine de la santé ou des services sociaux» par
«professionnel de la santé ou des services sociaux régis par le Code des
professions (chapitre C-26) et de tout autre intervenant de la santé,
déterminé par règlement du gouvernement». L'article modifié se lirait comme
suit :
«29.1. Un assureur ou un administrateur de
régime d'avantages sociaux ne peut, même indirectement, exiger d'un assuré, d'un
adhérent ou d'un bénéficiaire qu'il reçoive un service médical aux fins
suivantes, sauf dans les cas où... et aux conditions déterminées par règlement
du gouvernement :
«1° obtenir de cet assureur ou de cet
administrateur qu'il rembourse ou assume autrement le coût des services d'un
professionnel de la santé ou des services sociaux régis par le Code des professions
(chapitre C-26) et de tout autre intervenant de la santé déterminé par
règlement du gouvernement;
«2° obtenir de cet assureur ou de cet
administrateur qu'il rembourse ou assume autrement le coût d'une aide
technique;
«3° maintenir le versement des prestations
d'invalidité.
«Pour l'application du présent chapitre :
«1° un assureur s'entend d'un assureur
autorisé au sens de la Loi sur les assureurs (chapitre A-32.1);
«2° un régime d'avantages sociaux s'entend
d'un régime d'avantages sociaux non assurés, doté ou non d'un fonds et qui
accorde à l'égard d'un risque une protection qui pourrait être autrement obtenue
en souscrivant une assurance de personnes.»
Alors, cet amendement, principalement,
vient du fait que le terme d'«intervenant du domaine de la santé» n'est pas
défini, tandis qu'on a, dans le Code des professions, la... on définit bien
«les professionnels de la santé ou des services sociaux». Alors, c'est pour
être... c'est pour être plus clairs. Et on a aussi... Dans l'un des <mémoires...
Mme Caron :
...«les
professionnels de la santé ou des services sociaux». Alors, c'est pour être...
c'est pour être plus clairs. Et on a aussi... Dans l'un des >mémoires,
on nous soulevait, soulignait que la notion d'intervenant, encore une fois,
n'était pas définie dans le projet de loi ni dans le corpus législatif, donc,
pas seulement dans ce projet de loi, mais dans le corpus législatif non plus,
et qu'il y aurait lieu de préciser davantage la nature des services visés et la
personne ainsi autorisée à les dispenser. Et, donc, c'est une modification qui
est proposée pour assurer un certain contrôle des services qui pourront être
offerts, alors que le médecin traitant n'aura pas nécessairement pu être consulté
sur la nécessité ou le bienfait de ces services.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Avant de continuer, Mme la députée, c'est le troisième amendement que vous nous
déposez. Il n'est pas... C'est le troisième, en fait, qui, à votre lecture,
n'est pas celui que l'on reçoit sur Greffier. Alors, il faudrait juste... Il
n'y a pas de conséquence, j'ai demandé au secrétariat. Mais il faudrait
peut-être faire une attention particulière pour vos prochains amendements, à ce
que quand vous faites la lecture, que ce soit sur Greffier et qu'on l'ait
aussi, là, sur nos documents.
Mme Caron : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Donc,
M. le ministre, commentaires?
M. Boulet : Bien, rapidement.
Encore une fois, Mme la Présidente, j'ai répondu à l'amendement précédent.
Donc, un intervenant du domaine de la santé ou des services sociaux, c'est
large. Ce n'est pas uniquement les personnes régies par le Code des professions
ou par un ordre professionnel, mais l'ensemble des intervenants. Donc, ça se
veut le plus libéral possible et ce n'est pas par voie de règlement qu'on va
déterminer... Un règlement sert à appliquer une loi. Et la loi, elle est... Le
concept d'intervenant, il est bien défini, aussi, de manière littérale par les
dictionnaires, puis c'est le plus large possible. Et les partenaires qui ont
été consultés étaient confortables avec un concept comme celui-là.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée.
Mme Caron : Merci, Mme la
Présidente. Alors, on préfère se référer aux définitions dans les dictionnaires
que d'avoir une définition dans le projet de loi lui-même ou...
• (15 h 10) •
M. Boulet : Bien, c'est parce
que c'est clair, un intervenant, quelqu'un qui intervient dans le domaine de la
santé ou des services sociaux. Si on limite ça aux professionnels... Puis,
encore une fois, c'est santé et services sociaux... ou services sociaux, les
professions que je mentionnais tout à l'heure, les infirmières, les
physiothérapeutes, les psychothérapeutes, les acupuncteurs, les psychologues,
ils offrent des services puis ils sont requis d'être membres d'un ordre
professionnel. Alors que les kinésiologues, par exemple... En fait, tous les
intervenants du domaine de la santé ou des services sociaux qui ne sont pas des
professionnels, ils ne seraient pas concernés alors qu'ils sont aussi visés par
la qualité des soins. Puis le patient peut décider d'aller voir un kinésiologue
ou avoir besoin de voir un kinésiologue, ou un massothérapeute, ou un
conseiller, tu sais, dans des services sociaux particuliers, là. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée.
Mme Caron : Bien, en fait, on
ne met pas de côté tout autre intervenant de la santé, puisque l'amendement,
c'est d'avoir «professionnels de la santé ou des services sociaux régis par le Code
des professions et de tout autre intervenant de la santé». Alors, on n'exclut
pas, là, dans l'amendement, les autres intervenants.
M. Boulet : Bien, non, mais
vous mettez «déterminé par règlement du gouvernement». En fait, les
intervenants inclus, c'est un concept suffisamment large pour inclure les
professionnels. Là, ce que vous faisiez, c'était limité aux professionnels,
puis demander au gouvernement de faire un règlement pour déterminer ce qu'est
un intervenant. Et non, je pense que la loi est suffisamment précise, large et
libérale pour s'appliquer à tous les intervenants.
Mme Caron : Merci.
M. Boulet : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Donc,
l'amendement est-il adopté ou rejeté?
Des voix : Rejeté.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Rejeté. Nous sommes toujours au 29.1 tel qu'amendé. Est-ce qu'il y a encore
d'autres commentaires?
Mme Caron : Il va avoir un
autre amendement qui vous est... qui est en train de vous être envoyé.
La Présidente (Mme D'Amours) : Parfait.
Je suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 15 h 12)
(Reprise à 15 h 18)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. Et Mme la députée de La Pinière, si vous voulez bien
nous faire la lecture de votre amendement, s'il vous plaît.
Mme Caron : Merci, Mme la
Présidente.
Article 5 (Article 29.1 de la
Loi favorisant l'accès aux services de médecine de famille et de médecine
spécialisée)
Insérer après le paragraphe 2° du premier
alinéa de l'article 29.1, proposé par l'article 5 du projet de loi,
les articles suivants :
«3° obtenir de cet assureur ou de cet administrateur
qu'il rembourse ou assume autrement le coût de médicaments d'exception qui
étaient préalablement remboursés par un autre assureur.
«4° obtenir de cet assureur ou de cet
administrateur qu'il rembourse ou assume le changement d'un médicament biologique
à un médicament biosimilaire à des fins économiques.»
L'article modifié se lirait comme suit :
«29.1. Un assureur ou un administrateur de
régime d'avantages sociaux ne peut, même indirectement, exiger d'un assuré,
d'un adhérent ou d'un bénéficiaire qu'il reçoive un service médical aux fins
suivantes, sauf dans les cas et aux conditions déterminées par règlement du
gouvernement :
«1° obtenir de cet assureur ou de cet
administrateur qu'il rembourse ou assume autrement le coût des services d'un médicament,
d'un intervenant du domaine de la santé ou des services sociaux;
«2° obtenir de cet assureur ou de cet
administrateur qu'il rembourse ou assume autrement le coût d'une aide
technique;
«3° obtenir de cet assureur ou de cet
administrateur qu'il rembourse ou assume autrement le coût de médicaments
d'exception qui étaient préalablement remboursés par un autre assureur;
«4° obtenir de cet assureur ou de cet
administrateur qu'il rembourse ou assume le changement d'un médicament
biologique à un médicament biosimilaire à des fins économiques.
«Pour l'application du présent chapitre :
«1° un
assureur s'entend d'un assureur autorisé au sens de la Loi sur les assureurs
(chapitre A-32.1);
«2° un régime d'avantages sociaux s'entend
d'un régime d'avantages sociaux non assurés, doté ou non d'un fonds et qui
accorde à l'égard d'un risque une protection qui pourrait être autrement
obtenue en souscrivant une assurance de personnes.»
Alors, l'ajout des deux paragraphes
s'explique par le fait que les informations qui sont nécessaires au
remboursement d'un médicament d'exception ou d'un médicament selon la mesure du
patient d'exception devraient être transférées directement au nouvel assureur
plutôt que de forcer le médecin à devoir recommencer inutilement le processus
depuis le début. Alors, je pense que ça s'inscrit dans la réduction de la
charge administrative des médecins et, aussi, lorsqu'un médicament biologique
est remplacé par un biosimilaire à des fins économiques, le patient ne devrait
pas avoir à consulter à nouveau son médecin pour continuer à bénéficier du
remboursement d'un médicament d'exception ou d'un médicament selon la mesure du
patient d'exception. Alors, ça simplifierait le processus actuel, encore une
fois, pour réduire la charge des médecins. C'était une proposition qui avait
été faite, d'ailleurs, par la Fédération des médecins spécialistes du Québec.
• (15 h 20) •
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Avant de continuer, il faut faire une correction de forme. Mme la députée, vous
aviez lu, dans le premier paragraphe, là, c'était marqué, en fait, «insérer
après le paragraphe 2° du premier alinéa de l'article 29.1 proposé
par l'article 5 du projet de loi, les…» Vous avez lu… Vous avez dit :
«articles suivants», mais le mot, c'est bien «les paragraphes suivants».
Donc, c'est une correction de forme. Maintenant, M. le ministre, vos
commentaires, s'il vous plaît.
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente. C'est vraiment des cas exceptionnels. Puis, non, on n'a pas... Encore
une fois, le but est atteint par le libellé actuel. Là, s'intéresser à un
médicament d'exception d'un assureur à un autre, je pense que ça devient un peu
complexe, puis on embarque dans une matière qui est purement contractuelle
d'application d'un contrat d'assurance, puis d'impact d'une personne qui change
d'un assureur à un autre, ce qui n'est vraiment pas fréquent. Moi, je pense
qu'on embarque dans une subtilité qui n'a pas véritablement d'utilité. Puis les
médicaments biologiques à un médicament biosimilaires à des fins économiques,
je pense qu'on n'a pas intérêt à embarquer dans des nuances de cette nature-là.
Je n'en vois pas la nécessité, puis je ne me vois pas non plus embarquer dans
la définition ou dans le libellé des contrats d'assurance qui <interviennent...
M. Boulet :
...puis je ne me vois pas non plus embarquer dans la
définition ou dans le libellé des contrats d'assurance qui >interviennent
entre des assureurs puis des personnes qui en bénéficient. C'est tout.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée.
Mme Caron : Merci, Mme la
Présidente. Alors, je veux juste préciser que ce sont les médecins qui
demandent ça, parce que si un... Par exemple, si une personne qui reçoit un
médicament d'exception change d'employeur, par exemple, et qui a... cet
employeur-là a un régime différent, ça veut dire que le médecin va être obligé
de recommencer toute la paperasse pour que la personne puisse continuer d'avoir
le médicament d'exception couvert par son assureur. Alors, c'est vraiment du...
plus du côté des médecins de ne pas avoir à faire toute une demande à cause
qu'il y a un changement d'assureur.
M. Boulet : Je le comprends,
mais là, vous mettez l'accent sur le changement d'assureur, mais il y a le
concept de médicament d'exception puis il y a aussi le concept de médicament
biologique. Puis n'oubliez pas l'alinéa introductif, l'assureur ne peut pas
exiger un service médical pour faire le remboursement. Puis là, on va plus
loin, on dit «si c'est un médicament d'exception». Moi, je ne suis pas prêt à
aller là, je trouve que c'est... c'est excessif pour l'atteinte des objectifs
qui sont prévus dans la loi. Puis l'impact, à mon avis, il n'est même pas
mesurable. Puis c'est quoi, un médicament d'exception? Puis c'est quoi, un
médicament... le changement d'un médicament biologique à un médicament
biosimilaire à des fins économiques? Moi, je ne vois pas... je ne vois pas la
nécessité d'embarquer dans des nuances de cette nature-là.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée.
Mme Caron : Merci, Mme la
Présidente. Bien, je pense que si les médecins spécialistes ont pris la peine
de demander ça dans leur mémoire, c'est parce que c'est quelque chose qui doit
arriver plus qu'une ou deux fois par année, là, ça ne doit pas être si
exceptionnel que ça. Et il y a des... On vise à modifier, là, à réduire la
charge administrative des médecins, de toute évidence, c'est quelque chose qui
représente une charge pour eux. Alors, de mon point de vue, je trouve que c'est
une demande qui était tout à fait pertinente de la part des médecins
spécialistes pour alléger la charge administrative qui, selon ma compréhension,
va... s'inscrit parfaitement dans l'objectif du projet de loi.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
commentaires sur l'amendement? S'il n'y a pas d'autre commentaire, est-ce que
l'amendement est adopté ou rejeté?
Des voix : Rejeté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Rejeté.
Nous sommes toujours à 29.1 tel qu'amendé. Est-ce qu'il y a d'autres
commentaires?
Mme Caron : J'ai un autre
amendement, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Je suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 15 h 25)
15 h 30 (version révisée)
(Reprise à 15 h 35)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux et je demande maintenant à la députée de La Pinière de
bien vouloir nous faire la lecture de son amendement, s'il vous plaît.
Mme Caron : Merci, Mme la Présidente.
Article 5 : Article 29.1 de la Loi favorisant l'accès aux
services de médecine de famille et de médecine spécialisée : Insérer après
le paragraphe 2° du premier alinéa de l'article 29.1, tel que proposé par
l'article 5 du projet de loi, l'alinéa suivant :
«Le ministre doit consulter des organismes
ou professionnels compétents et dûment reconnus dans l'élaboration du règlement.»
L'article modifié se lirait comme suit :
«29.1. Un assureur ou un administrateur de régime d'avantages sociaux ne peut,
même indirectement, exiger d'un assuré, d'un adhérent ou d'un bénéficiaire
qu'il reçoive un service médical aux fins suivantes, sauf dans les cas et aux
conditions déterminés par règlement du gouvernement :
«1° obtenir de cet assureur ou de cet administrateur
qu'il rembourse ou assume autrement le coût des services d'un intervenant du
domaine de la santé ou des services sociaux;
«2° obtenir de cet assureur ou de cet
administrateur qu'il rembourse ou assume autrement le coût d'une aide
technique;
«Le ministre doit consulter des organismes
ou professionnels compétents et dûment reconnus dans l'élaboration du
règlement;
«Pour l'application du présent chapitre :
«1° un assureur s'entend d'un assureur
autorisé au sens de la Loi sur les assureurs (chapitre A-32.1);
«2° un régime d'avantages sociaux s'entend
d'un régime d'avantages sociaux non assurés, doté ou non d'un fonds, et qui
accorde à l'égard d'un risque une protection qui pourrait être autrement
obtenue en souscrivant une assurance de personnes.»
Alors, l'ajout que nous proposons vient
répondre à des préoccupations des médecins spécialistes et des médecins
omnipraticiens. Alors... pardon, ce que les médecins demandent, en fait, c'est
qu'avant que le... avant que le règlement soit publié dans la Gazette
officielle du Québec, concernant les conditions qui permettraient aux
assureurs et aux administrateurs d'exiger d'un assuré, d'un adhérent ou d'un
bénéficiaire qu'ils reçoivent un service médical aux fins indiquées à cet
article, ainsi que sur tout autre projet de règlement pertinent... Donc, les
médecins souhaiteraient être consultés avant que le... avant la publication
dans la Gazette officielle du règlement. Et puis, c'est la même chose de
la part des médecins omnipraticiens qui disent que, à propos des exceptions qui
seront encadrées par ce règlement, ils souhaitent pouvoir discuter du contenu
du règlement avant publication.
Pourquoi? Parce qu'ils restent... ils
veulent rester vigilants face à toute tentative de vouloir s'interposer de
façon intempestive dans la relation médecin-patient ou face à toute autre
mesure de récupération de la <part...
Mme Caron :
...dans
la relation médecin-patient ou face à toute autre mesure de récupération de la
>part de la Régie de l'assurance maladie du Québec. Alors, les... selon
eux, les conditions de pratique de leurs membres sont en jeu dans ce dossier.
Et l'exemple récent du règlement émergeant du projet de loi n° 11 a
démontré les dangers de vouloir dresser une liste d'exceptions sans tenir
compte de l'avis des médecins de famille. Alors, c'est pour cette raison que
nous proposons cet amendement.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires, M. le ministre?
M. Boulet : Oui, Mme la
Présidente, dans la mesure où c'est nécessaire, si je peux calmer des
appréhensions, je référerais seulement toutes les personnes à la lecture des
articles 10 et 11 de la Loi sur les règlements, pour qu'on comprenne bien
qu'un règlement, ça se fait absolument avec des consultations après une
publication de 45 jours dans la Gazette officielle du Québec.
Pourquoi une publication? C'est pour
permettre que toutes les parties intéressées puissent faire des commentaires et
permettre au ministre d'adapter son règlement. Donc, on n'écrira pas, dans le
projet de loi, ce qui relève substantiellement du respect des articles 10
et 11 de la Loi sur les règlements. Alors, je le dis, je pense, pour le
bénéfice de ceux qui ont exprimé, là... les groupes auxquels vous faites
référence, si ça peut atténuer les appréhensions, il n'y a pas de problème. Ça
fait que c'est tout.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée.
Mme Caron : Merci, Mme la
Présidente. Alors, effectivement, les règlements sont publiés dans la Gazette
officielle. Ils peuvent être consultés pendant 45 jours. C'est que
selon le temps ou le moment où ils sont... où ils sont publiés, parfois, ce n'est
pas... ça passe sous le radar. Alors, je pense que c'est une raison pourquoi
les médecins tenaient à être consultés sur ces fameuses exceptions.
• (15 h 40) •
M. Boulet : Simplement pour
répéter, là, parce que... pour atténuer ces craintes-là, là, ils peuvent
commenter quand c'est publié, ils peuvent faire des commentaires, ils peuvent
discuter, envoyer des documents, faire des échanges. Et le règlement, il n'est
pas adopté, après ça, de manière... systématiquement, en tenant compte de son
contenu initial. Ça fait que je pense qu'il n'y a pas de crainte à avoir de ce
côté-là. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée.
Mme Caron : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Maintenant,
est-ce que l'amendement de la députée de La Pinière est adopté ou rejeté?
Des voix : Rejeté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Rejeté.
Toujours à l'article 29.1 tel qu'amendé, est-ce qu'il y a d'autres
commentaires? Nous passons maintenant à l'article introduit, 29.2. M. le
ministre, si vous voulez bien nous en faire la lecture, s'il vous plaît.
M. Boulet : Est-ce que 29.1
est adopté?
La Présidente (Mme D'Amours) : On
n'adopte pas l'article introduit. On va adopter l'article 5 avec tous les
articles introduits.
M. Boulet : C'est vrai. Vous
avez raison.
La Présidente (Mme D'Amours) : On
travaille maintenant paragraphe par paragraphe qui est... Nous sommes rendus...
Étant donné que vous avez déposé un amendement, qui a été voté, 29.1.1, on ne
le discute pas, il a été adopté, nous serions rendus au 29.2. M. le ministre.
M. Boulet : OK. Ça me va.
Merci, Mme la Présidente. 29.2 : «Lorsqu'un contrat d'assurance, une
attestation d'assurance ou un régime d'avantages sociaux contient une clause
permettant à l'assureur ou à l'administrateur de régime d'avantages sociaux
d'exiger, contrairement à l'article 29.1, d'un assuré, d'un adhérent ou
d'un bénéficiaire qu'il reçoive un service médical, cet assureur ou cet
administrateur est réputé avoir exigé un tel service.»
J'ai un amendement que je présenterais
tout de suite, avec votre permission, Mme la Présidente : Insérer, dans l'article 29.2
de la Loi favorisant l'accès aux services de médecine de famille et de médecine
spécialisée, proposé par l'article 5 du projet de loi, et après «29.1»,
«ou à l'article 29.1.1».
Commentaires. Bon, évidemment, c'est en
concordance avec ce que nous venons de discuter, là, l'amendement introduisant
29.1.1 de la loi pour plus spécifiquement les prestations d'invalidité.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires sur l'amendement? Mme la députée de La Pinière.
Mme Caron : Sur l'amendement,
d'ajouter «pour les prestations d'invalidité»...
La Présidente (Mme D'Amours) : Ce
que M. le ministre vient de lire, oui.
Mme Caron : Bien oui, en
fait, je... vous me direz si c'est sur... si c'est sur l'article lui-même ou
l'amendement. Je pense que c'est en lien avec l'amendement sur cet...
La Présidente (Mme D'Amours) : ...Mme
la <députée, je...
Mme Caron :
...ou
l'amendement. Je pense que c'est en lien avec l'amendement sur cet...
La Présidente (Mme D'Amours) :
...Mme la >députée, je... vous l'avez sur écran, vous l'aviez
déjà reçu. Donc, on discute sur l'amendement présentement, et ensuite on pourra
discuter sur le... sur le paragraphe intitulé... Ça fait que, donc,
l'amendement, est-ce que vous avez des commentaires? Pas de commentaire. Est-ce
que l'amendement est adopté?Adopté. Nous revenons à 22.2 tel qu'amendé.
Est-ce qu'il y a des commentaires? Mme la députée de La Pinière?
Mme Caron : Merci, Mme
la Présidente. Alors, la... j'aurai un amendement.
Des voix : ...
Mme Caron : On va envoyer un
amendement.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...je
suspends les travaux quelques minutes, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 15 h 43)
(Reprise à 15 h 50)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. Maintenant, je demande à Mme la députée de La Pinière de
bien nous faire la lecture de son amendement, s'il vous plaît.
Mme Caron : Merci, Mme la
Présidente. Article 5, article 29.2 de la Loi favorisant l'accès aux services
de médecine de famille et de médecine spécialisée : Remplacer l'article
29.2, tel que proposé par l'article 5 du projet de loi, par le suivant :
«29.2. Un contrat d'assurance individuel,
qui contient une clause ou une partie de clause permettant à l'assureur d'exiger,
contrairement aux articles 29.1 et 29.1.1 d'un assuré ou d'un bénéficiaire
qu'il reçoive un service médical, est réputé modifié pour se conformer à ces
articles.
«Lorsqu'un contrat d'assurance collective,
une attestation d'assurance ou un régime d'avantages sociaux contient une
clause permettant à l'assureur ou à l'administrateur de régime d'avantages
sociaux d'exiger, contrairement à l'article 29.1, d'un assuré, d'un
adhérent ou d'un bénéficiaire qu'il reçoive un service médical, cet assureur ou
cet administrateur est réputé avoir exigé un tel service.»
Alors, Mme la Présidente, il y a deux...
il y a deux points principaux qui expliquent cet amendement. Premièrement, vous
pouvez constater que les paragraphes sont scindés, c'est-à-dire qu'on parle,
dans le premier paragraphe, de contrats d'assurance individuelle et, dans le
second, d'un... des contrats d'assurance collective. La raison pour ça, c'est
que, dans les contrats d'assurance individuels, les contrats ne sont pas...
bien, ils sont... en fait, ils sont comme pour toujours. Il n'y a pas de
renouvellement qui se fait chaque année, ou aux trois ans, ou aux cinq ans,
comme dans le cas des contrats d'assurance collective.
Ce qui fait qu'admettons qu'une personne a
une assurance invalidité privée personnelle dans un... donc, un contrat
individuel, si la personne déménage, elle ne va pas nécessairement aviser
l'assureur qu'elle a déménagé. Alors, ça fait en sorte que les assureurs n'ont
pas nécessairement les coordonnées à jour de tous les détenteurs de ces... de
ces contrats d'assurance individuels et ne pourraient pas, par exemple, leur
envoyer à tous un amendement pour... qui découlerait de... pas un amendement,
pardon, un avenant qui découlerait de... du projet de loi. Et donc ils se trouveraient
finalement à ne pas respecter la loi dans le cas des contrats d'assurance
individuels.
Pour l'assurance collective, ce n'est
pas... ce n'est pas une difficulté. Alors, c'est pour ça que l'amendement
propose un premier paragraphe qui porte sur les contrats d'assurance
individuels et un second qui porte sur les contrats d'assurance collective et
qui... finalement, qui correspond à l'article du projet de <loi...
Mme Caron :
...d'assurance
collective et qui... finalement, qui correspond à l'article du projet de >loi.
La deuxième raison qui modifie... qui
vient justifier cet amendement, c'est la question de la présomption, où on
préférerait une présomption positive plutôt qu'une présomption négative,
précisément pour les contrats d'assurance individuels, pour ne pas que, dès que
la loi est en vigueur... que les assureurs se trouvent à être en défaut avec
ces... pour les contrats individuels. Voilà.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
M. le ministre, commentaires sur l'amendement de la députée?
M. Boulet : Bien, Mme la
Présidente, je comprends de nouveau cet amendement, sauf que je ne suis pas d'accord.
Je pense que le contrat d'assurance est la loi des parties, et il y a un assuré
qui n'est pas dans la même position qu'un assureur. Et là l'interdiction est
clairement exprimée dans la loi. Il y a beaucoup de ces contrats, même
individuels, qui sont presque des formules standards ou des... je n'irais pas
jusqu'à dire «des contrats d'adhésion», mais je pense que c'est un incitatif
pour permettre aux assureurs de s'adapter et c'est une sécurité additionnelle
pour les assurés de le prévoir comme nous l'avons. S'il contient une clause qui
permet d'exiger, il est réputé avoir exigé.
On verra plus loin, il y a un article sur
la durée d'application de la présomption, là, je pense que c'est
l'article 13, là. S'il n'a pas fait les ajustements qui s'imposent sur une
période de trois ans, il est réputé avoir contrevenu, puis il y a une sanction,
là. Mais je... non, les présomptions ici, c'est pour s'assurer... puis là on ne
rentre pas tant dans l'objectif de la loi, là, mais de la sécurité dans la
relation contractuelle entre un assuré puis un assureur. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée, autres commentaires?
Mme Caron : Bien, en
fait, oui, plus question. Vous dites qu'à l'article 11 on va parler de... il
y a la question de délai de trois... trois à cinq ans. Parce que ce qui... ce
qui m'importe, c'est que les assureurs ne soient pas, dès l'entrée en vigueur
de la loi, en défaut avec... pour les contrats individuels, alors que, comme je
l'expliquais tout à l'heure, ce n'est pas... ils ne peuvent pas modifier
nécessairement les contrats individuels, puisque les personnes ne vont pas, par
exemple, dans ceux qui déménagent, et tout ça... n'avisent pas nécessairement
l'assureur. Ils vont communiquer avec l'assureur quand ils ont besoin
d'utiliser la garantie d'assurance. Alors, comment ces... comment toutes ces
personnes pourraient être rejointes et recevoir un avenant à leur contrat si
l'assureur n'est plus en... n'a plus moyen de les recevoir? C'est la...
M. Boulet : Je le
comprends puis je respecte ça. Puis ce n'est pas de trois à cinq ans, c'est
d'un an à trois ans. Je pense que c'est l'article 13, dont nous
discuterons plus tard, et nous discuterons plus tard de l'entrée en vigueur.
Mais à ce stade-ci, il faut vraiment prévoir que, lorsqu'un contrat contient
une clause qui permet à l'assureur de faire quelque chose qui est contraire à
la loi, ici l'article 29.1, je pense que c'est tout à fait légitime, et
sain, et sécurisant pour les personnes assurées, la vaste majorité des patients
au Québec, bien, il sera réputé avoir exigé un tel service médical,
contrairement à la loi.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...députée.
Mme Caron : Merci.
Alors, pourquoi la présomption positive est bonne dans le cadre des lois du
travail, mais pas... ne serait pas bonne dans le cadre de cette loi-ci?
M. Boulet : Mon Dieu!
c'est totalement différent. Il y a des présomptions. Par exemple, dans la <i>Loi
sur les accidents de travail, si tu as une blessure, il faut que tu fasses une
preuve d'une blessure pendant tes heures de travail, puis qu'il y a un lien,
que c'est survenu par le fait ou à l'occasion de ton travail. Il y a des
éléments à mettre en preuve.
Ici, c'est... Puis là, c'est une
présomption qui est favorable à une personne qui n'est pas dans la même
situation qu'un employeur. Pour faire la preuve ici, c'est l'assureur. Et là ce
que vous dites, un contrat d'assurance individuel qui est contraire à la loi,
il est réputé être compatible avec la loi, moi... parce que c'est un contrat
individuel. On verra plus tard la durée que ça prendra, mais je pense qu'il
faut qu'il y ait un incitatif clair pour adapter les contrats d'assurance puis
il faut qu'il y ait une sécurité claire pour les <personnes...
M. Boulet :
...adapter
les contrats d'assurance puis il faut qu'il y ait une sécurité claire pour les
>personnes assurées. Alors, je pense que j'ai tout dit.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
Mme Caron : Merci, Mme la
Présidente. Bien, évidemment, les contrats, on parle des contrats qui
étaient... qui sont... qui sont existants et où, semble-t-il, c'est très
fréquent que l'assureur perd la trace des assurés dans... par exemple, dans les
assurances invalidité de longue durée, que les gens prennent mais parfois
n'utilisent jamais, on leur souhaite de ne pas avoir à s'en servir. Alors, dans
ces cas-là, c'est là que ça devient très difficile pour les assureurs, les
contrats d'assurance individuels. Alors, comment... comment on fait pour
s'assurer qu'on n'a pas... on n'a pas des centaines ou des milliers de contrats
qui sont, du jour au lendemain, incompatibles avec la loi, alors qu'ils
l'étaient jusqu'ici, là?
M. Boulet : Bien, on vit dans
une société où il y a des règles de droit, puis les assureurs vont respecter
cette loi-là. Il y aura un délai. Comme j'ai mentionné, il y a un amendement
que j'ai expliqué ce matin, où on va passer d'une année à trois ans. Il faut
qu'il y ait une période de transition. On va parler plus tard d'entrée en
vigueur, de durée d'application de ce que j'appelle, moi, une compagnie qui est
réputée avoir contrevenu, et donc susceptible de la sanction qui est prévue
dans la loi, mais c'est... Ultimement, je le répète, puis là peut-être un peu pour
la dernière fois, il faut s'assurer que les assureurs aient des contrats qui
respectent la loi, que les assurés, n'oubliez pas, les assurés, collègue de La
Pinière, que les assurés aient une sécurité aussi. Et ça, à la fin, c'est
véritablement la loi des parties. Puis la loi des parties, ce n'est pas
toujours des parties contractantes qui ont le même niveau de connaissance
juridique, là. Ça fait que...
Mme Caron : Je demanderais
une suspension, quelques minutes, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Pour
quelle raison? Pour quelle raison, Mme la députée?
Mme Caron : J'ai besoin de
discuter quelques minutes avec mon recherchiste.
La Présidente (Mme D'Amours) : Avec
votre recherchiste. Je suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 16 heures)
16 h (version révisée)
(Reprise à 16 h 03)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. Mme la députée de La Pinière, la parole est à vous.
Mme Caron : Ça va, madame, j'ai...
La Présidente (Mme D'Amours) :
C'est terminé?
Mme Caron : Oui, j'ai terminé
ma consultation.
La Présidente (Mme D'Amours) :
Parfait. Donc, l'amendement de la députée est-il adopté ou rejeté?
Des voix : Rejeté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Rejeté.
Nous revenons à l'article 29.2. Y a-t-il d'autres commentaires, discussions?
Nous passerions à l'article 23... 29.3, pardon. M. le ministre, si vous
voulez bien nous en faire la lecture.
M. Boulet : Oui. Merci, Mme
la Présidente. «29.3 Santé Québec peut exiger d'un assureur...
La Présidente (Mme D'Amours) :
Je m'excuse. Je vous ai peut-être induit en erreur. Vous aviez un amendement, 22...
M. Boulet : Oui, 29.2.
La Présidente (Mme D'Amours) :
29.2.2, .1. Parce que j'aurais ça en note.
M. Boulet : Non, je l'ai
présenté à 29.2.
Une voix : ...
M. Boulet : Oui, 29.2.1, OK,
il ne m'avait pas été remis, je suis désolé. Donc, un amendement.
Article 29.2.1 :
Insérer, après l'article 29.2 de la Loi
favorisant l'accès aux services de médecine de famille et de médecine
spécialisée, proposé par l'article 5 du projet de loi, la section suivante :
«Section I.1
«Encadrement des renseignements demandés
aux médecins
«29.2.1. Le ministre peut, par règlement,
restreindre les renseignements de santé et de services sociaux qui peuvent être
demandés d'un médecin par un tiers qui n'a pas reçu de ce médecin un service
médical. Il peut, dans ce règlement, exiger l'utilisation d'un formulaire qu'il
publie sur son site Internet.
Un règlement pris en vertu du premier
alinéa n'a pas pour effet de permettre la communication d'un renseignement de
santé et de services sociaux auquel ce tiers n'a pas accès en vertu de la Loi
sur les renseignements de santé et de services sociaux ni d'entraver l'accès à
un renseignement ou sa communication en application des chapitres III, IV
ou VI de cette loi.» Commentaires : Cet amendement vise à alléger le
fardeau administratif — je pense que ça faisait quasi-unanimité
auprès des groupes qui sont venus devant nous lors des consultations particulières — donc
en permettant de simplifier, d'uniformiser les formulaires qu'ils sont appelés
à compléter. Puis je répète que ça sera certainement bien accueilli, là, comme
amendement, et ça va contribuer à permettre un meilleur accès à des soins de santé,
parce que, si on diminue là, ça va libérer des plages de temps sans valeur
ajoutée pour le bénéfice des Québécois et des Québécoises. Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires sur l'amendement qui apporte le 29.2.1? Mme la députée de La
Pinière.
Mme Caron : Merci, Mme la
Présidente. Alors, ma question. À la fin du premier paragraphe «il peut, dans
ce règlement, exiger l'utilisation d'un formulaire qu'il publie sur son site
Internet», alors s'agit-il du formulaire qui sera rédigé, disons, par le
ministre de la Santé dont vous aviez parlé... dont vous aviez parlé plus tôt?
Non99
M.
Boulet : Oui, par le ministre, lui, individuellement... Non,
sérieusement, par le ministre qui... évidemment, tous les ministres travaillent
en collaboration avec une équipe puis il y a des personnes, comme la personne
qui est à ma droite, qui est sous-ministre associée au ministère de la Santé et
toute l'équipe que vous voyez derrière. C'est un formulaire qui visera à simplifier,
à uniformiser, à standardiser. Appelons ça comme on veut.
Les groupes sont tous venus, l'épithète
différait, mais il faut qu'on ait la possibilité d'éviter que des médecins
passent des heures à compléter 14 puis 15... en tout cas, l'exemple qui m'a été
donné, là, il y avait un formulaire de 17 pages puis des formulaires qui
variaient en fonction de l'identité de l'assureur. Je le dis avec tout le
respect pour les personnes qui représentent l'Association canadienne des
compagnies d'assurances de personnes, mais c'est le but visé par cet
amendement-là. Et votre collègue de Bourassa-Sauvé, on s'en est parlé ce matin
puis, bon. C'est tout. Merci.
Mme Caron : Merci, Mme la
Présidente. Effectivement, je ne voyais pas le ministre de la Santé écrire
lui-même le formulaire. Alors, je faisais référence au formulaire dont il avait
été question ce matin pour m'assurer que c'est bien de cela dont il était
question dans cet article. Et puis je rappelle que les médecins vous avaient
dit en consultation qu'effectivement, un formulaire standardisé serait le
bienvenu et ils nous proposaient même d'aller vers le <formulaire des
assureurs...
Mme Caron :
...standardisé
serait le bienvenu et ils nous proposaient même d'aller vers le >formulaire
des assureurs. Maintenant, que ce soit celui des assureurs ou celui dicté par
le ministre de la Santé, en autant qu'il y a une standardisation, une
simplification, c'est ce que vise le projet de loi. Alors, merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Donc, l'amendement du ministre, 29.2.1, est-il adopté ou rejeté?
Des voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
Poursuivons maintenant, M. le ministre, avec le 29.3. Si vous voulez bien nous
en faire la lecture, s'il vous plaît.
M. Boulet : «29.3 — puis
j'aurai un amendement — Santé Québec peut exiger d'un assureur ou
d'un administrateur de régime d'avantages sociaux qu'il lui fournisse un
rapport portant sur la conformité de ses pratiques à l'article 29.1,
préparé par un auditeur.
«Santé Québec peut déterminer, par
règlement, les critères de sélection et les modalités de nomination de
l'auditeur ainsi que la teneur de ce rapport.
«Les articles 124 et 127 de la Loi
sur les assureurs s'appliquent à l'occasion d'un tel audit, avec les
adaptations nécessaires. L'administrateur de régime d'avantages sociaux est
assimilé à un assureur autorisé aux fins de l'application de ces articles.
L'amendement est le suivant : Retirer
l'article 29.3 de la Loi favorisant l'accès aux services de médecine de
famille et de médecine spécialisée, proposé par l'article 5 du projet de
loi.
Commentaires : Cet amendement vise à
supprimer le pouvoir de Santé Québec, comme j'ai expliqué ce matin, là,
d'exiger un rapport de conformité préparé par un auditeur, parce que ça
générait, bon, on l'a vu aux consultations particulières, des difficultés
pratiques qui sont susceptibles, là, de rendre périlleux l'exercice d'un tel
pouvoir. Donc, ça va plutôt être confié à un inspecteur de Santé Québec qui va
demander un rapport de conformité directement à l'assureur — puis je
sais que les compagnies d'assureurs ont des groupes de conformité — ou
à l'administrateur d'origine d'avantages sociaux, là, la même affaire. Je pense
que c'est pas mal complet.
• (16 h 10) •
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée de La Pinière, commentaires?
Mme Caron : Bien, en fait, on
souhaitait retirer cela aussi, alors ça me va. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Ça
vous convient? Donc, l'amendement du ministre, à 29.3, est-ce qu'il est adopté
ou rejeté?
Des voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
Donc, s'il n'y a pas d'autres interventions, nous allons procéder... nous
allons procéder à la mise aux voix de l'amendement, je viens de le faire. Et
nous vous demandons aussi : Est-ce que l'amendement retirant
l'article 29.3 est adopté?
Des voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : L'article 29.3
est donc retiré. L'article 29.4, s'il vous plaît.
M. Boulet : Et puis il y aura
un amendement. «29.4 : Aux fins de vérifier l'application du présent
chapitre, un inspecteur autorisé en vertu de l'article 741 de la Loi
visant à rendre le système de santé et de services sociaux plus efficace peut
pénétrer, à toute heure raisonnable, dans tout lieu où un assureur ou un
administrateur de régime d'avantages sociaux exerce ses activités.
«Il doit, sur demande, se nommer et
exhiber le document attestant sa qualité.
«L'inspecteur dispose des pouvoirs prévus
aux articles 742 et 743 de cette loi, avec les adaptations nécessaires.»
L'amendement : À l'article 29.4
de la Loi favorisant l'accès aux services de médecine de famille et de médecine
spécialisée, proposé par l'article 5 du projet de loi:
«1° remplacer, dans le premier alinéa,
«peut pénétrer, à toute heure raisonnable, dans tout lieu où un assureur ou un
administrateur de régime d'avantages sociaux exerce ses activités» par «dispose
des pouvoirs prévus aux articles 7 42 et 7 43 de cette loi, avec les
adaptations nécessaires. Il peut également, à ces fins:
«1° pénétrer, à toute heure raisonnable,
dans tout lieu où un assureur ou un administrateur de régime d'avantages
sociaux exerce ses activités;
«2° exiger d'un assureur ou d'un
administrateur de régime d'avantages sociaux un rapport portant sur la
conformité de ses pratiques aux articles 29.1 et 29.1.1 selon la teneur
déterminée par règlement de Santé Québec.»;
«2° supprimer le troisième alinéa.»
Commentaires : Bon, c'est un
amendement de concordance avec les amendements qui introduisent la scission 29.1.1
et 29.2.1 de la loi, puis ça reprend le pouvoir d'exiger un rapport de <conformité
des pratiques...
M. Boulet :
...29.1.1
et 29.2.1 de la loi, puis ça reprend le pouvoir d'exiger un rapport de >conformité
des pratiques des assureurs en leur... en confiant à l'inspecteur et en
prévoyant qu'il est produit directement par cet assureur ou par cet
administrateur. Donc, c'est vraiment des explications complémentaires à
l'article précédent, qui était 29.3. C'est tout.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée de La Pinière.
Mme Caron : Merci, Mme la
Présidente. Alors, la première question que j'aurais, c'est : Quand on
parle de pénétrer à toute heure raisonnable dans tout lieu, qu'est-ce qu'on
entend par «toute heure raisonnable» et «en tout lieu»?
M. Boulet : C'est comme ça
dans systématiquement toutes les lois du Québec, là, que j'ai consultées et
avec lesquelles j'ai travaillé. Une heure raisonnable, ce n'est pas à des
heures déraisonnables. Je ne sais pas s'il y a des décisions de jurisprudence
sur le concept d'«heure raisonnable», mais c'est du cas par cas, je vous
dirais.
Puis «en tout lieu», c'est le lieu qui est
requis ou qui est nécessaire pour l'exercice de ses fonctions où il peut
obtenir l'information qui est pertinente. En gros, c'est ce que je vous dirais,
là. Tu sais, il ne peut pas y aller en pleine nuit s'il n'y a pas personne, là,
ce n'est certainement pas une heure raisonnable, puis, dans certains cas, il
doit d'ailleurs préaviser qu'il va se déplacer sur les lieux ou s'il y a des
circonstances qui lui permettent de ne pas le faire. Mais c'est vraiment du cas
par cas.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée.
Mme Caron : Merci. Et est-ce
qu'on prévoit un préavis?
M. Boulet : Encore une fois,
c'est vraiment circonstanciel.
Mme Caron : Alors, qui va
décider que c'est...
M. Boulet : Bien,
l'inspecteur de Santé Québec, puis c'est comme ça pour les inspecteurs de la
CNESST, de la Régie du bâtiment<i>, ils déterminent en fonction de ce
qu'ils doivent obtenir comme information puis en fonction de ce qui est requis,
je vous dirais, là, parce que c'est du cas par cas, là. Mais, tu sais, s'il y a
une situation d'urgence qui requiert une intervention immédiate, il va y aller.
Mais, s'il est en mesure d'aviser d'avance, il va le faire. Mais ça, c'est plus
de l'éthique puis c'est laissé au bon jugement des inspecteurs.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme Caron : Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée.
Mme Caron : Merci. Alors...
et qu'est-ce qui est... qu'est-ce qui arrive en cas de situation de télétravail
où les documents se trouvent... où la personne à consulter, le professionnel à
consulter se trouve en situation de télétravail?
M. Boulet : Bien, le
télétravail... Moi, j'ai demandé un avis, souvenez-vous, au Comité consultatif
du travail et de la main-d'oeuvre. Toutes les lois s'appliquent aux
télétravailleurs et télétravailleuses, et même en santé-sécurité. Évidemment,
tout se fait dans le respect de la... du respect à la vie privée, mais il faut
trouver un équilibre. Comme, par exemple, si la personne est à la maison, à
moins de circonstances exceptionnelles, tu téléphones, tu l'avises ou tu lui
envoies un courriel. Mais, tu sais, il y a des situations, là... puis là, je
sors de la loi, là, mais si on a des motifs raisonnables de croire que la
personne est en danger ou qu'il y a un risque pour sa santé et sa sécurité, son
intégrité, on n'avisera pas. Mais, dans les façons usuelles de procéder, sauf
urgence ou circonstances exceptionnelles, tu envoies un avis raisonnable.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée.
Mme Caron : Merci. Et...
Alors, est-ce que je comprends qu'un inspecteur pourrait entrer dans le
domicile d'un télétravailleur, d'un assureur?
M. Boulet : Bien, si c'est
requis par son enquête, je ne sais pas, je n'ai pas de cas en tête, mais, si
c'est nécessaire, s'il y a de l'information à obtenir puis s'il a donné un
préavis...
Une voix : ...
M. Boulet : Puis, au-delà de
ça, comme me mentionne le sous-ministre associé, ici, il peut faire une demande
par courriel, là, tu sais, il n'a pas besoin d'aller là pour... Il va demander
l'information puis il va l'obtenir, là. Tu sais, ce n'est pas une enquête
criminelle, ce n'est pas une enquête où la vie d'une personne est en danger, ce
n'est pas une enquête où il y a eu des blessures corporelles graves, là, peu
importent les exemples, mais il va écrire, puis il va appeler, puis il va
demander les renseignements.
Mme Caron : Je comprends, je
comprends qu'il ne s'agit pas d'une enquête criminelle, mais c'est parce qu'on
dit qu'il peut pénétrer en tout lieu à toute heure... toute heure raisonnable.
Alors, si le lieu de travail est le télétravail, ça voudrait dire que, si je me
fie à la lettre, là, ce n'est pas d'envoyer un courriel ou de répondre à un
courriel, c'est vraiment parce que l'inspecteur va se rendre là où la personne
travaille, si c'est son domicile, c'est-à-dire que l'inspecteur va entrer <dans
la maison des gens...
Mme Caron :
...là
où la personne travaille, si c'est son domicile, c'est-à-dire que l'inspecteur
va entrer >dans la maison des gens.
M. Boulet : Mais,
collègue, c'est aux fins de l'application de la présente loi, qu'est-ce que dit
la présente loi. On interdit à un assureur d'exiger. On demande un rapport de
conformité. Vous pouvez imaginer beaucoup de cas, là, mais l'inspecteur, son
champ de compétence, sa juridiction est limitée au respect de la présente loi
puis aux informations qui peuvent lui permettre de déterminer si c'est
conforme, si ce qui se fait dans la pratique est conforme à la loi, tout
simplement, là. Ce n'est pas plus que ça.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée.
Mme Caron : Merci. Et
qu'est-ce que le document qu'il doit exhiber pour se présenter? Est-ce que
c'est un document précis?
M. Boulet : Mon Dieu!
Encore une fois, la personne se présente. Elle est inspecteur de Santé Québec.
Moi, je vous dirais... Puis là on fait du... vraiment du cas d'espèce, là, mais
si la personne doute, elle pourra demander une lettre confirmant qu'elle est
bien un inspecteur de Santé Québec. Ce n'est pas des documents ou des
renseignements qui doivent nécessairement être obtenus dans l'heure qui suit,
là. La personne peut avoir un délai, peut s'informer, peut savoir quel est le
but de la demande de renseignements. Puis non, moi, je ne vois pas d'inquiétude
là. Je pense que c'est un pouvoir d'inspection qui est tout à fait concordant avec
tous ceux qu'on retrouve dans les lois du Québec, là.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée.
Mme Caron : Merci. Et
puis, est-ce que vous pouvez nous parler du rapport portant sur la conformité?
Qu'est-ce que... Qu'est-ce que ça contient? Qu'est-ce que...
M. Boulet : Vous savez
autant que moi ce qu'un rapport de conformité contient. Un rapport de
conformité, il va donner les renseignements qui seront demandés par Santé
Québec pour s'assurer de ce que l'assureur ou l'administrateur d'un régime
d'avantages sociaux fait pour respecter la loi, là. La conformité, un rapport
de conformité, c'est essentiellement ça, là.
• (16 h 20) •
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée.
Mme Caron : Merci, Mme
la Présidente. Alors, M. le ministre, je sais que vous savez ce qu'est un
rapport de conformité, mais je vous posais la question aussi parce qu'il y a
des personnes qui nous écoutent qui ne savent peut-être pas qu'est-ce qu'on
veut... qu'est-ce qu'on veut mettre là-dedans, dans le cadre de cette loi-là.
Alors...
M. Boulet : Bien, si les
personnes nous écoutent, qui sont ici, il y a des groupes de conformité au sein
de chaque assureur et il y a des personnes qui sont des experts en matière de
conformité et qui pourraient nous donner des réponses tout à fait complètes.
Puis les personnes de Santé Québec vont s'assurer de bien travailler pour
déterminer le contenu d'un rapport de conformité, qui va être développé par
l'assureur lui-même pour confirmer qu'il respecte la loi, mais je ne suis pas
un expert en conformité ni en éthique ni en... Mais les assureurs... S'il y a
des personnes ici qui le savent moins, bien, ils pourront communiquer avec les
personnes du ministère de la Santé qui pourront leur donner l'information
pertinente, puis j'espère qu'ils nous écoutent.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée.
Mme Caron : Merci, Mme
la Présidente. En fait, je ne m'inquiétais pas pour les assureurs non plus
parce que...
M. Boulet : Bien, je ne
sais pas...
Mme Caron : ...je pense
qu'ils savent... Je pensais à... quand je parlais des personnes qui nous
écoutent, je pensais à nos concitoyens, dans nos comtés, qui nous écoutent et
qui pourraient se poser la question.
M. Boulet : Mais ce
n'est pas à eux qu'on demande un rapport de conformité, ce n'est pas aux
Québécois puis aux Québécoises, c'est aux assureurs puis aux administrateurs de
régimes d'avantages sociaux, là. Les citoyens et citoyennes, là, ils devraient
se réjouir que l'assureur ne lui redemande pas d'aller voir un médecin avant de
consulter un physiothérapeute et de se faire rembourser. Même affaire pour un
psychologue, même affaire pour un ergothérapeute, même affaire pour se faire
rembourser une canne ou des béquilles, même affaire pour se faire demander
d'aller voir et revoir un médecin pour continuer de recevoir des prestations
d'invalidité puis des indemnités de remplacement de revenu.
Moi, pour moi, c'est les... Je veux
rassurer, là, les Québécois, Québécoises, ce n'est pas un fardeau additionnel
pour les Québécois, Québécoises, c'est plutôt les soulager de l'impératif
d'aller voir et revoir un médecin. Et c'est pour les médecins, tel que
démontré, un pas en avant. Je ne dis pas, encore une fois, que c'est une finalité,
mais un allègement qui est nécessaire, qui est requis. C'est 25 % de leur
travail qui est en administratif. Ça fait qu'on peut-tu se dire : À chaque
fois qu'on va faire une avancée, on va contribuer non seulement à alléger leur
travail, mais aussi <permettre un meilleur accès...
M. Boulet :
...faire
une avancée, on va contribuer non seulement à alléger leur travail, mais aussi >permettre
un meilleur accès à des soins?
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée.
Mme Caron : Merci, Mme la
Présidente. Alors, évidemment, comme on l'a dit d'entrée de jeu, dans les
remarques préliminaires, autant ma collègue de Bourassa-Sauvé que moi, et
c'était assez consensuel, je dirais, dans les... durant les consultations, tout
le monde est d'accord avec la visée du projet de loi de réduire la charge
administrative des médecins. Alors, il n'y a pas de... il n'y a pas d'ambiguïté
là-dessus.
Et, quand je référais aux personnes qui
nous écoutent, aux citoyens et citoyennes dans nos comtés, c'est que, bien
entendu, ce n'est pas eux qui vont remplir les rapports de conformité, comme M.
le ministre nous l'a dit. Mais c'est que, s'ils écoutent, ce n'est pas pour
rien qu'on est télévisé, c'est parce qu'il y a des citoyens qui s'intéressent à
ce dont on discute et qui peuvent être intéressés par les questions qu'on pose
pour clarifier certaines choses. Alors, je vous remercie, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Donc, s'il n'y a pas d'autre commentaire, est-ce que l'amendement du ministre
est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
D'autres discussions sur 29.4 tel qu'amendé? S'il n'y a pas d'autre discussion,
nous serions rendus à l'article 29.5. M. le ministre.
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente.
«Santé Québec peut désigner une personne
pour enquêter sur toute matière relative à l'application du présent chapitre.
«Dans le cadre d'une enquête autre que celle
relative à une infraction prévue à la section V, l'enquêteur a les pouvoirs et
l'immunité des commissaires nommés en vertu de la Loi sur les commissions
d'enquête, sauf le pouvoir d'ordonner l'emprisonnement.»
Commentaires : Donc, ça permet — en
fait, c'est un complément à Santé Québec — de désigner une personne
pour enquêter sur toute matière relative à l'application des dispositions du
projet de loi. Puis la personne désignée pour enquêter, elle a les pouvoirs et
l'immunité des commissaires, sauf si cette enquête a pour objet l'imposition de
sanctions pénales, bon, etc. En fait, c'est une immunité qui permet à la
personne de faire son enquête sans risque d'être poursuivie.
Mme Caron : Merci.
Commentaires sur 29.5? Mme la députée de La Pinière.
Mme Caron : Merci, Mme la
Présidente. Alors, comment... quel est le processus pour désigner une personne?
Qui peut être désigné pour enquêter par Santé Québec?
M. Boulet : Bien, Santé
Québec aura à déterminer la personne appropriée, dépendamment de la nature du
cas. En fait, c'est du cas par cas, mais il y a des personnes qui ont des
expertises d'enquête dans les matières qui sont concernées par cette loi-là. Ça
fait que, moi, j'anticipe que Santé Québec développe un groupe restreint de
personnes qui ont les habilités pour faire des enquêtes sur toutes matières
relatives à l'application de la présente loi. Donc, c'est comme ça que ça va se
faire.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée.
Mme Caron : Merci. Alors donc,
on parle de ces personnes qui vont faire des enquêtes. À l'article précédent, à
29.4, on parlait d'inspecteurs. Alors, quelle est la différence entre ces
enquêteurs et ces inspecteurs? Est-ce que ce n'est pas le même rôle ou c'est
différent?
M. Boulet : Bien,
l'inspecteur, c'est plus pour s'assurer de la conformité. L'enquête, c'est
pour... on soupçonne, on a des motifs raisonnables de croire qu'il y a des
activités particulières, disons. Je n'entrerai pas dans du cas par cas, mais
l'enquête confère à celui qui a le mandat d'enquêter. Les pouvoirs d'un
commissaire d'enquête et l'immunité, on va le voir à l'article suivant, d'un
commissaire d'enquête, mais on a des raisons de croire qu'il y a de quoi de... comment
je dirais ça, là, sans blesser personne, là, il y a de quoi de... il y a un
risque d'une pratique ou de choses qui sont... qui peuvent mener à des
sanctions pénales ou des activités qui sont de nature autre aussi, là.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée.
Mme Caron : Merci, Mme la
Présidente. Quels pourraient être les motifs d'enquête, par exemple?
M. Boulet : Mon Dieu!
Des voix : ...
M. Boulet : Je n'ai pas de
cas spécifique en tête, mais il pourrait y avoir matière à enquête, ce sera déterminé
par Santé Québec, et l'enquêteur aura à faire un rapport avec des conclusions.
Il y aurait, par exemple, <au-delà de la conformité...
M. Boulet :
...l'enquêteur
aura à faire un rapport avec des conclusions. Il y aurait, par exemple, >au-delà
de la conformité, un assureur, je ne le sais pas, qui a pris des moyens
détournés pour obtenir des avantages ou a des pratiques qui ne sont pas dans
l'intérêt des Québécois, Québécoises. Il y a plusieurs matières, là, qui
peuvent faire l'objet d'une enquête, mais je n'ai pas de cas spécifique, là.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée.
Mme Caron : Merci. Mais
est-ce que ces enquêtes se limitent aux questions qui sont, dans le projet de
loi, sur la charge administrative des médecins? Donc, ça pourrait être une
enquête, je ne sais pas, moi, sur le fait qu'on se rend compte, après avoir
épluché le rapport de conformité, disons, que l'assureur a exigé des
rendez-vous médicaux ou a exigé des billets médicaux qu'on ne... qui n'étaient
pas... qui étaient interdits par la loi, ou a exigé, d'une manière détournée,
une fréquence de rendez-vous, alors qu'on veut mettre fin à ça. Est-ce que
c'est le genre de...
M. Boulet : En fait, puis je
vais répondre plus précisément, là, tu sais, c'est dans le cadre d'une enquête
autre que celle relative à une infraction prévue à la section V. Donc, c'est
assez large. Et votre question, pouvez-vous me la répéter, s'il vous plaît?
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui,
je voulais savoir si les enquêtes allaient porter sur des manquements à la loi.
Par exemple, une fois qu'on a... l'inspecteur est allé chercher un rapport de
conformité, a épluché le rapport, peut-être qu'il y a des soupçons qui
s'éveillent, alors là, à ce moment-là, Santé Québec désignerait un enquêteur
pour aller faire une enquête là-dessus, mais donc ça serait limité sur le fait
que l'assureur, peut-être, a exigé une fréquence de rendez-vous qu'il n'aurait
pas dû faire parce qu'on est on interdit ça ou aurait exigé des billets de
médecin, ou des consultations pour rien, alors que le projet de loi...
Autrement dit, est-ce que l'enquête va être limitée aux objets du projet de
loi?
M. Boulet : Oui, c'est...
La Présidente (Mme D'Amours) : Compte
tenu de l'heure, M. le ministre, vous répondrez mardi matin.
M. Boulet : C'est bon.
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
vous remercie pour votre collaboration, et j'ajourne les travaux au mardi
1er octobre à 9 h 45. Merci, tout le monde.
(Fin de la séance à 16 h 30)