(Neuf heures trente minutes)
Le
Président (M. Allaire) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Je déclare la
séance de la Commission de l'économie
et du travail ouverte. Merci de prendre quelques secondes pour éteindre
l'ensemble de vos sonneries, de vos multiples appareils électroniques, s'il
vous plaît.
La commission est réunie afin de procéder à
l'interpellation de la députée de Jeanne-Mance—Viger au ministre délégué à
l'Économie régionale sur le sujet suivant : Le gouvernement caquiste
déconnecté des réalités économiques régionales du Québec.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Hébert (Saint-François) est remplacée par M. Sainte-Croix
(Gaspé); M. Thouin (Rousseau), par Mme Grondin (Argenteuil); M. Fontecilla
(Laurier-Dorion), par M. Grandmont (Taschereau); et M. Paradis
(Jean-Talon), par Mme Gentilcore (Terrebonne).
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Conformément à l'entente prévue pour la 43e législature, le deuxième
groupe d'opposition interviendra lors de la deuxième série d'interventions, et
le député de Jean-Talon interviendra lors de la quatrième série
d'interventions.
Alors, on débute. Déclarations d'ouverture. Mme
la députée de Jeanne-Mance—Viger,
je vous cède la parole 10 minutes. La parole est à vous.
Exposé du sujet
Mme Filomena
Rotiroti
Mme
Rotiroti : Merci, M. le Président. Bon matin à tous. Alors, a
priori, j'aimerais prendre quelques minutes... de dire... de saluer le nouveau ministre délégué au Développement
régional ainsi que député d'une région, du Lac-Saint-Jean, mais
responsable, surtout, de la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean, ainsi que l'ensemble de mes collègues des autres formations
politiques qui sont parmi nous aujourd'hui.
Alors, c'est une discussion très importante que
nous amorçons aujourd'hui, et j'espère qu'elle permettra d'éclairer les
véritables enjeux qui vivent dans nos régions... qui vivent nos régions. Le
dossier ou l'enjeu que nous allons aborder aujourd'hui est important, et vous
comprenez tous que la santé économique de nos régions au Québec dépasse
largement des lignes partisanes. Ce n'est pas une question de couleur
politique, c'est une question d'équilibre, de prospérité collective et de
justice territoriale.
M. le Président, vous le savez, la santé et le
dynamisme économique de l'ensemble de nos régions sont essentiels économiquement
et bénéficient à tous les Québécois, mais ce dynamisme doit se faire
équitablement, de l'est à l'ouest, de
nord... du nord au sud de la province. Quand une région s'appauvrit, c'est tout
le Québec qui recule. Quand une région progresse, c'est tout le Québec
qui avance.
M. le
Président, soyons clairs, depuis plusieurs années maintenant, le signal qu'on
reçoit de la part des régions pointent
toutes dans la même direction. Nous avons un gouvernement qui s'éloigne des
réalités économiques régionales, qui improvise, qui gère dans la panique
et, ultimement, laisse des secteurs entiers sans vision ou soutien. Les
entreprises et PME de régions nous le disent régulièrement : La machine
gouvernementale caquiste est trop lourde, trop
lente et profondément déconnectée. Je rappelle à tous ici qu'en fin 2018 la CAQ
promettait la réduction de la paperasse. Sept ans plus tard, où sont les résultats espérés et promis? On attend
toujours. Les entrepreneurs, eux, n'attendent plus, ils abandonnent ou
ils retardent des projets.
Depuis plusieurs mois maintenant, nous
multiplions des tournées régionales au Québec, et je dois vous dire, M. le Président, que l'ensemble des groupes,
entreprises, agriculteurs, travailleurs et même dans l'industrie forestière,
les villes... les villes et MRC qu'on
rencontre nous disent toutes la même chose : ce gouvernement n'écoute pas
ses partenaires, n'écoute pas les entreprises, les
PME et les acteurs municipaux. C'est problématique. C'est un gouvernement
qui a tout centralisé et est de plus en plus
interventionniste. Ce gouvernement n'a aucune vision économique d'ensemble.
La vision économique présentée par le gouvernement manque de précision, de
concret. On a dressé un catalogue de bonnes intentions sans priorité, sans
calendrier, sans moyen clair. Puis que dire de l'environnement d'affaires? Le
premier ministre nous promet... nous a promis un environnement d'affaires
simple. Les entrepreneurs, eux, savent très bien qu'il fait l'inverse depuis sept
ans. La bureaucratie a explosé, la machine de l'État s'est alourdie. Les délais
sont allongés. Difficile de parler de
crédibilité économique quand on passe son temps à compliquer la vie de ceux qui
créent la richesse.
On l'a vu
dans la mise à jour économique présentée la semaine dernière, gain de
productivité anémique à chaque année, les entreprises n'investissent pas
ou très peu. L'environnement d'affaires n'est pas du tout prévisible avec ce gouvernement. Il décourage l'investissement et les régions
en sont les premières victimes parce que ce sont elles qui dépendent de ces investissements locaux pour
maintenir des emplois de qualité. On a en face de nous un gouvernement
de plus en plus interventionniste, qui tente de choisir les gagnants plutôt que
de créer des conditions gagnantes.
M. le Président, je peux vous parler de les gros
deals, hein, qui étaient supposés nous amener de la richesse ici, au Québec, qui finalement ont été un échec
monumental. Quand on parle de Northvolt, c'est des millions; Recyclage
Carbone Varennes, 365 millions; Lion Électrique, TY Moteurs, Flying
Whales, Panier bleu, et j'en passe, M. le Président. Imaginez qu'est-ce qu'on
aurait pu faire avec ces millions de dollars là s'ils avaient été investis dans
nos régions et dans nos PME à travers le Québec. Au total, le gouvernement a
injecté 5,1 milliards dans le Fonds de développement économique depuis
2019 pour compenser pour des pertes qu'on a subies en investissements à coups de millions. 5,1 milliards de dollars,
ce n'est quand même pas rien, là, avoir gaspillé cet argent-là. C'est sans
compter le grand nombre de
gaspillages des fonds publics, puis là j'en passe, M. le Président, SAAQclic,
1 milliard, les fonctionnaires de plus en plus, qui nous coûtent
600 millions, d'autres projets qui ont été arrêtés, mal gérés ou
incomplets.
Ces erreurs de gouvernance, les investissements
improvisés, les programmes mal arrimés, tout cela finit à créer un
environnement instable pour nos PME, qui a un effet sur l'ensemble de
l'écosystème économique de nos régions.
Quand l'économie manque de direction, les régions manquent d'oxygène. Quand le
gouvernement improvise, ce sont nos travailleurs, nos entrepreneurs et
nos jeunes qui en subissent les conséquences directes. Ce sont des projets
reportés, des agrandissements annulés, des investissements qui se déplacent
ailleurs. Quand les entrepreneurs régionaux doivent se battre contre la
paperasse, la bureaucratie, plutôt que d'investir dans des projets, quand nos industries clés, comme le secteur forestier, sont
laissés à eux-mêmes, quand le gouvernement coupe des organismes d'accompagnement
à nos PME et centralise l'aide pour choisir les gagnants, quand nos PME qui
veulent des travailleurs étrangers temporaires essentiels à l'économie
régionale font face à une bureaucratie qui les décourage ou les bloque tout court, cela nous révèle un
gouvernement profondément déconnecté de ceux qui vivent dans nos régions.
Aujourd'hui,
nous allons parler des vrais enjeux, des vrais obstacles et des vrais besoins.
Nous allons demander des réponses claires au ministre, mais surtout nous
allons lui partager ce que les entrepreneurs et les travailleurs nous ont dit à travers le Québec. J'espère
qu'aujourd'hui le ministre ne nous donnera pas les lignes politiques qu'on
entend depuis les sept dernières années. J'ose espérer que, comme député
d'une région névralgique comme le Saguenay—Lac-Saint-Jean, puis je répète, il
est responsable, en plus, dans son titre, là, il est responsable de la région,
j'espère qu'aujourd'hui il a les réponses à des enjeux vraiment concrets, là.
J'ai parlé de paperasse, de bureaucratie, j'ai parlé des travailleurs temporaires. C'est tous des éléments qu'on va discuter
tout le long de notre échange ce matin. J'ose espérer, là, j'ose espérer, M. le Président, qu'aujourd'hui
on va avoir un début d'un commencement d'un ministre qui est vraiment
connecté dans sa propre région et qui va nous, quand même... qui va nous donner
des pistes de solution.
Moi, je veux savoir, depuis qu'il est arrivé
comme ministre, puis il est assis autour de la table du Conseil des ministres, s'il est d'accord avec certaines
politiques que... mises de l'avant, de son gouvernement. J'aimerais ça
l'entendre là-dessus. J'espère...
L'objectif de cette interpellation ce matin, c'est vraiment un cri du coeur, M. le Président. J'ai été nommée dans l'Escouade PME avec mon collègue de
Marguerite-Bourgeoys, et on a fait la tournée du Québec. On visite plusieurs
régions. Je vais vous dire, les enjeux partout au Québec sont les mêmes. Il n'y
a pas un entrepreneur, une PME qui ne nous
parle pas de ces enjeux-là. Alors, quand le facteur commun, les... les enjeux à
travers le Québec sont les mêmes, il me semble qu'un gouvernement qui
est à l'écoute doit s'attaquer à ces enjeux-là au lieu de faire des annonces. Tu sais, ils font des belles
annonces, mais qu'est-ce qu'on entend, c'est que l'argent n'arrive jamais.
L'argent n'est pas là, les outils... Un gouvernement qui veut s'assurer
que le Québec peut prospérer dans un environnement prospère est là pour donner les outils, les outils nécessaires à ces
entrepreneurs, pas pour leur dire quoi faire et comment gérer leurs entreprises.
Ils n'ont pas besoin de ça. D'ailleurs, la plupart nous disent : Bien, que
le gouvernement sorte de là, on n'a pas besoin d'eux, de nous dire quoi faire
dans notre propre entreprise pour être plus productifs puis aller chercher des contrats, on sait comment faire,
laissez-nous gérer nos affaires, gérez, vous, les vôtres. Alors, donnez-leur
les outils, c'est juste ça qu'ils en demandent. Le reste, ils vont s'en
occuper, M. le ministre. Merci, M. le Président.
Le
Président (M. Allaire) : Merci à vous. Alors, on continue ce bloc de
déclarations d'ouverture. M. le ministre, la parole est à vous,
10 minutes.
Réponse du ministre
M. Eric Girard
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Pardon?
Le Président (M. Allaire) : La
parole est à vous pour 10 minutes.
• (9 h 40) •
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : 10 minutes. Merci. Merci, M. le Président. Je
tiens à saluer ma collègue en face de
moi, députée de... Jeanne-Mance—Viger,
pardon, ainsi que mes trois collègues qui sont ici avec moi. Merci d'être présents.
J'ai aussi les gens, là, qui m'accompagnent, du cabinet et du ministère.
Donc, je souhaite remercier l'Assemblée de me
donner la chance aujourd'hui de m'exprimer sur un sujet qui me tient
extrêmement à coeur, le développement économique régional. C'est un dossier que
le premier ministre m'a accordé en septembre dernier, et j'ai la volonté ferme
de défendre vigoureusement le développement économique régional.
J'aimerais
commencer, M. le Président, tout d'abord en... en déboulonnant ce mythe qu'on
entend parfois : le gouvernement caquiste est déconnecté des réalités
économiques régionales du Québec. C'est faux, M. le Président, et j'ai bien
l'intention de vous prouver tout le contraire aujourd'hui.
Comme
ma collègue le mentionnait, je suis moi-même originaire d'une région, le Saguenay—Lac-Saint-Jean, pour laquelle j'assume aujourd'hui avec une grande fierté le rôle de
ministre responsable. Vous savez, M. le Président, avant ma carrière politique, j'ai évolué dans le
milieu agricole, un secteur qui joue un rôle socioéconomique essentiel, là,
dans plusieurs régions du Québec, dont la mienne aussi et la vôtre aussi, M. le
Président. J'ai aussi été maire d'une municipalité, de... d'un village,
on va dire, d'un village de 2 000 habitants au Lac-Saint-Jean. Alors,
je... je considère que je suis bien placé pour connaître la réalité régionale
comme le fond de ma poche et la comprendre aussi.
Dans ma région,
l'industrie forestière, l'agroalimentaire, l'industrie de l'aluminium et le
manufacturier sont essentiels. Avec les années, j'ai développé des
connaissances approfondies dans ces domaines et sur les enjeux que les entreprises vivent. Puis j'ai été à même de
constater aussi l'importance de l'entrepreneuriat pour la création de richesse
collective, mais aussi l'importance pour les entrepreneurs d'avoir les
bons outils en main pour réussir.
Bon. Vous savez, le
soutien au développement économique régional, c'est primordial, M. le
Président. On sait que le succès du Québec,
ça passe par nos régions. Bien entendu, on est dans un contexte géopolitique
qui est changeant, qui est en changement. On a des voisins avec qui on fait
affaire, avec qui ce n'est pas facile, on en est tous conscients. Et c'est d'ailleurs pourquoi l'une des... d'une...
d'une des prémisses de base de notre vision économique de notre gouvernement qui
a été annoncée par le premier ministre le 10 novembre... On sait que nos
régions disposent de nombreuses forces qui font du Québec un véritable acteur
économique vert et prospère aujourd'hui et pour les générations à venir. Puis moi, mon rôle, c'est de m'assurer que nos
entreprises, on a ce qu'il faut pour déployer davantage nos forces, et ça, en
travaillant de concert avec les intervenants, les organismes de
développement économique présents dans notre région.
Oui, on est dans les régions, oui, on annonce des subventions, des aides
gouvernementales, mais on est là aussi pour rencontrer les organisations
de développement économique régional, puis de travailler avec eux, puis
s'assurer qu'ils aient les bons outils nécessaires.
D'entrée de jeu, on
fait des choix stratégiques, aussi, et audacieux dans plusieurs secteurs de
notre économie, des choix qui nous ont permis de gagner en productivité,
d'améliorer notre niveau de vie et d'augmenter le pouvoir d'achat des
Québécois. Moi, je peux vous dire, M. le Président, que, malgré le contexte, on
peut s'appuyer sur un bilan positif avec des investissements qui ont profité à
l'ensemble de nos régions. Depuis 2018, le gouvernement a en effet investi plus de 25 milliards de
dollars pour soutenir des projets partout au Québec, dont la valeur totale
s'élève à 94 milliards de
dollars. C'est énorme. À chaque dollar investi par Québec, M. le Président,
c'est 3,7 $ d'investissement, directement dans notre économie.
On a aussi réalisé
quelque 25 000 interventions avec Investissement Québec, dont près de
95 % ont été faites auprès de PME, qui sont le fondement de notre économie
régionale, M. le Président. Puis, de plus, là, la moitié des projets qui ont été réalisés l'ont été dans des
MRC non urbaines. Le nombre d'entreprises québécoises soutenues par le
gouvernement a augmenté de près de 44 % depuis notre arrivée au
gouvernement. Alors, je pense que c'est important de mentionner ces
chiffres-là à l'échelle du Québec.
On
a aussi un plan PME. Ce sont près de 500 millions de dollars en
interventions financières qu'on va réaliser... qui seront réalisées
d'ici 2028 pour bonifier l'accompagnement et le soutien aux PME partout au
Québec. Donc, notre objectif, M. le Président,
c'est de stimuler encore plus leur croissance et leur productivité, grâce, bien
entendu, à sept mesures-phares qui sont déployées dans l'écosystème
entrepreneurial. Puis, une des pièces maîtresses de notre plan PME, c'est le
Réseau accès PME. Je rappelle que ce réseau propose un accompagnement-conseil
aux entrepreneurs partout au Québec, peu importe leur secteur d'activité, pour
leur stade de développement. Ce réseau offre à... plus de
450 professionnels répartis en province... donc, c'est réparti dans
100 MRC. C'est un soutien direct pour leur projet d'affaires, que ces gens-là aident nos entreprises. C'est des références
vers les services et les programmes régionaux et nationaux, et c'est une aide pour leurs démarches de financement. C'est
plus de 10 000 projets d'entreprises, 8 000 référencements qui
ont été faits par ces gens-là dans la dernière année. Ce sont nos yeux et nos
oreilles sur le terrain, M. le Président. Donc,
ça démontre que nous, on déploie des organisations sur le terrain qui connaissent
le milieu et qui sont les mieux placés afin d'orienter, de diriger les
entreprises, les PME qui sont dans des municipalités, qui sont situées dans des
régions. Ça fait qu'on a prolongé Réseau
accès PME encore pour deux ans. Donc, on y croit, M. le Président, dans la mise
à jour économique qui a été faite.
Sur
ce point, je rappelle aussi que notre gouvernement a mis en place des leviers
en réponse aux défis actuels, notamment liés aux tarifs douaniers
américains, je le disais tout à l'heure, justement pour aider nos PME à
accroître leur productivité et leur compétitivité. Je l'ai déjà mentionné, on
est dans un contexte géopolitique en mouvance. On a mis quelque chose en place,
puis on va poursuivre là-dessus. On veut surtout que nos entreprises en région
aient accès aux nouvelles technologies et qu'elles puissent se moderniser,
innover et se démarquer. Puis je suis bien placé pour le voir et le comprendre parce que le contexte géopolitique actuel
affecte, entre autres, beaucoup tout ce qui est la question des ressources. Mais on est présent, on
continue d'être là, puis nos programmes s'adaptent en fonction justement du
contexte actuel. Juste, par exemple, FRONTIERE, qui vient offrir un financement
rapide aux entreprises qui ont besoin
de liquidités pour ajuster leur modèle d'affaires ou leur chaîne
d'approvisionnement. Puis on a une autre mesure aussi, M. le Président, qui est le Chantier productivité, il vient... il
vise à améliorer la productivité des entreprises en offrant des aides financières flexibles pour les projets
d'investissement, puis il est complémentaire au programme Essor à l'initiative
grand V d'Investissement Québec, qui vient aussi encourager et accompagner les
entreprises dans leurs projets de croissance et d'innovation et de
productivité durable, M. le Président.
Un autre élément qui est important, puis qu'on
n'en parle pas assez souvent, qui est aussi nos fonds locaux d'investissement
qui sont dans nos MRC, dont les MRC sont délégataires, qui sont un levier
extrêmement important, qui génèrent de l'économie, qui
viennent en aide, justement, à nos entreprises sur le terrain et qui sont très
appréciés aussi de la part du milieu. Ces
fonds locaux d'investissement là permettent à nos entreprises de se développer,
d'investir, de faire du repreneuriat. On vient réaliser des projets à travers
le Québec avec ces fonds locaux d'investissement là, et aussi on est
partenaire avec les FLS qui sont les fonds locaux, aussi, de solidarité.
Je mentionnais aussi que pour les entreprises
qui ont subi des impacts liés aux tarifs, il est possible aussi d'obtenir un
moratoire de six mois sur le remboursement d'une aide issu d'un fonds local
d'investissement. Donc, c'est important, vous voyez, on s'adapte, on va
continuer de s'adapter, M. le Président, parce que c'est en écoutant puis en
étant présent sur le terrain, avec les gens qui font le développement, qui
connaissent leur milieu, qui sont au fait aussi des enjeux de leur milieu...
Donc, ils nous font des recommandations, ils nous demandent des choses, de s'adapter, puis c'est ce qu'on fait, M. le
Président, avec ces tournées-là. Donc... OK, alors je m'arrête là-dessus.
Merci, M. le Président.
• (9 h 50) •
Le Président
(M. Allaire) : Parfait.
Merci, M. le ministre. On débute la période d'échange avec la première série
d'interventions. Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger, je vous cède la parole pour
cinq minutes.
Argumentation
Mme Rotiroti : Merci. Merci, M. le
Président. Écoutez, j'aurais voulu... Je vois que le ministre nous sert quand
même les mêmes lignes de son gouvernement. J'aurais pensé puis j'aurais osé
espérer, aujourd'hui, en ayant un ministre
de région devant moi, qu'il aurait été un peu plus... un peu plus... Il dit
qu'il a fait la tournée, qu'il parle à les MRC. Lui-même, comme ancien
entrepreneur dans le secteur agricole et ancien maire, il me semble
qu'aujourd'hui je lui donne l'opportunité de s'adresser à les entrepreneurs et
les gens en région qui nous écoutent ce matin, et je vois qu'il nous sert les
mêmes recettes de son gouvernement.
Ceci dit, il parle toujours de contexte
géopolitique. C'est toujours la faute des autres, hein, quand c'était... quand
ce n'est pas la pandémie, c'est la faute des tarifs, c'est la faute des autres,
c'est la faute à une époque des libéraux,
qui a quand même laissé un surplus de 7 milliards dans le coffre. Alors,
moi, je vais... j'aimerais... moi, là, je vais aborder des sujets
extrêmement précis, M. le Président, puis j'aimerais ça avoir des réponses
précises aussi.
Alors, il a parlé de plusieurs choses, entre
autres le plan PME 2025-2028. Alors, parlons-nous du programme PME 2025-2028 qui, dans le fond, succédait l'ancien
Plan québécois en entrepreneuriat, là, qui s'appelait le PQE 2022-2025. Sur papier, on annonce, le
gouvernement annonce 219 millions. Seulement 116 millions sont réellement
de l'argent nouveau. Le reste provient des
crédits déjà existants. Ça fait qu'on va mettre ça au clair. Dans ce
6 millions, c'est 6 millions de moins que le précédent plan pour les
PME. Alors, je répète, c'est un nouveau plan qui reprend essentiellement
des mesures qui existaient. Ça fait que, dans le fond, il reconduit les mesures
puis l'enveloppe qui était... qui était là, et il n'y a rien de... il n'y a pas
grand-chose de nouveau. Alors, il y a très peu de moyens dans ce plan-là pour
soutenir les PME et les défis qu'ils ont présentement.
Alors, juste pour vous dire à quel point
c'est... le ministre pense que son... le plan PME, c'est un bon plan, je vais
vous citer quelques quelques commentaires. Alors, je cite la PDG de la Fédération
des chambres de commerce du Québec, Véronique Proulx, qui dit, concernant le plan
PME : «Le plan PME 2025-2028 ne répond ni aux besoins ni aux attentes prioritaires des PME et des
entrepreneurs du Québec. C'est un plan axé sur la continuité, avec des moyens
financiers réduits», réduits, M. le ministre. «C'est nettement
insuffisant pour tenir compte du contexte qui a changé depuis 2022.» Vous aimez
ça, parler de le contexte géopolitique, bien, il me semble que ça aurait dû
être pris en compte avec le nouveau plan.
Alors, des mesures, c'est beau. Si elles ne sont pas accompagnées des fonds qui
viennent avec, ça ne donne absolument rien. Et je continue la
citation : «Nos entreprises doivent composer avec la menace des tarifs douaniers américains, des contre-tarifs
canadiens, la hausse de l'inflation et des tarifs d'électricité, les
restrictions imposées aux
travailleurs étrangers temporaires et l'alourdissement constant du fardeau
réglementaire. Face à ces défis, le gouvernement doit en faire plus, pas
moins.» Pas moins. C'est exactement qu'est-ce que vous faites.
La Chambre de commerce de l'industrie
Saguenay-Le Fjord est très claire. Ça, c'est dans la région du ministre. Elle
dit ceci concernant son plan : «Ce plan ne répond pas véritablement aux
besoins des PME.» Sa PDG, Sandra Rossignol, résume : «Le gouvernement ne
tient pas compte des besoins réels. Les mesures sont politiques, sans impact concret.» Politiques, sans impact
concret. Elle ajoute que «la paperasse demeure imposante, et les normes augmentent
sans cesse». Elle souligne plusieurs problèmes majeurs : l'absence
d'écoute, la complexité réglementaire persistante, l'obligation accrue en santé
et sécurité et aucune mesure fiscale forte.
Le ministre a fait allusion quand il a parlé du
plan PME... il a parlé de Réseau accès PME. Selon, toujours, sa PDG de sa
chambre de commerce... dit ceci : «Ce sont des mêmes ressources déjà mises
en place en 2020 avec Accès entreprise Québec.» Ça ne change rien pour les
entrepreneurs, absolument rien. Espaces PME innovation, une autre mesure dans
son programme, mesure jugée insuffisante à l'échelle des besoins...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Vous aurez le temps de revenir avec une autre intervention, plusieurs autres
interventions. M. le ministre, je vous cède la parole pour cinq minutes.
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : OK.
Merci, M. le Président. Puis j'aimerais continuer encore, M. le Président,
en mentionnant qu'on a aussi, notre gouvernement, on a agit aussi sur la
requalification des travailleurs. Ça, c'est important parce que je pense que
c'est quelque chose qui vaut la peine d'être mentionné, en fait, concernant
toute la question des barrières commerciales au Canada et la diversification
des marchés. Puis je veux quand même continuer aussi pour nos exportateurs québécois qui
souhaitent diversifier leurs exportations ailleurs qu'aux États-Unis.
Investissement Québec a mis en place la solution Panorama, M. le Président,
pour les accompagner, les soutenir financièrement. Donc, c'est important de le
mentionner.
Et vous savez, M. le
Président, j'insiste sur le fait que, pour moi, il est essentiel, il est
primordial de donner tous les outils nécessaires à nos entreprises, bien
entendu, pour qu'elles atteignent leur plein potentiel. Je sais aussi que mes
consoeurs et mes confrères députés vont vous donner, au cours de cette
interpellation, des exemples, aussi, concrets de projets réalisés dans nos
régions, bien entendu, grâce à nos mesures qu'on a mises en place ces dernières
années. Je pense qu'il n'y a rien de mieux
que de donner des exemples pour démontrer l'efficacité de nos interventions.
Vous savez, M. le
Président, depuis nos débuts, on est présents, on est présents partout au
Québec pour soutenir, bien entendu, et
accompagner nos entreprises et pour collaborer aussi étroitement avec elles
afin de créer de la richesse pour
l'ensemble des Québécoises et des Québécois. Tu sais, les chiffres, tout à
l'heure, que j'ai sortis viennent le démontrer. Vous verrez que les retombées
de nos investissements en matière de développement économique régional sont tangibles, M. le Président. Je l'ai mentionné
tout à l'heure, il y a des exemples concrets aussi qui se font sur le terrain.
Quand on fait nos tournées, aussi, régionales, on le voit, les gens nous en
parlent.
Je veux quand même
vous dire, M. le Président, que je veux... je suis très fier, en fait, de
travailler au succès de toutes les régions
du Québec, parce qu'il y a des belles choses qui se font au Québec, il y a des
beaux projets. On a des régions qui sont diversifiées, on a des régions
qui se développent, M. le Président. On est sur le terrain à la rencontre de
nos entrepreneurs et à leur écoute aussi, M. le Président. C'est essentiel pour
moi de comprendre leur réalité et de travailler avec eux pour trouver des
solutions à leurs enjeux, et c'est ce qu'on fait, et avec mes collègues aussi,
M. le Président. Les enjeux sont... ne sont pas toujours financiers, bien au
contraire. Les enjeux sont autres bien souvent, et c'est là-dessus qu'on
travaille.
Le développement
économique régional, à mes yeux, ça signifie d'abord et avant tout de donner
aux communautés les moyens de bâtir leur avenir selon leurs forces et leurs
particularités. Puis c'est ce qu'on est en train de faire, M. le Président, on adapte nos programmes aux particularités
régionales, parce que chaque région du Québec possède ses richesses, ses
talents et son potentiel à développer. Puis on y croit, nous, M. le Président,
ici, c'est important. Puis notre rôle, comme gouvernement, c'est de créer des
meilleures conditions possibles pour qu'elles puissent,
bien entendu, se réaliser pleinement. Et c'est ce qu'on fait, M. le Président,
depuis plus de sept ans. Je sais que ce
n'est pas parfait, mais, en ce moment, M. le Président, ce qu'on me dit sur le
terrain, c'est que ça répond, ça répond, nos programmes sont là, on a
besoin que vous nous aidez. Puis c'est ce qu'on fait, M. le Président. Puis on
parlait tout à l'heure du réseau... du plan PME, puis je veux juste retourner
un peu sur le... le... en fait, le Réseau accès PME. C'est... Vous savez, c'est important d'avoir renouvelé ce... ce
programme, parce que la FQM, dès mon entrée en poste, la FQM, c'est ce qu'ils
m'ont demandé. C'était leur priorité. Dans ma région, j'ai été interpelé par
mon préfet aussi, qui m'a dit : M. Girard, M. le ministre, si vous
avez quelque chose que vous pouvez faire en ce moment, c'est le Réseau accès PME, il est essentiel pour nous. Puis c'est
ce qu'on a fait, M. le Président. On a écouté le milieu, M. le Président,
en renouvelant le programme — avec
mon collègue ministre des Finances — qui
a été dans la mise à jour économique, M. le Président.
On a apporté des
choses aussi à la mise à jour économique. C'est... Je le dis, c'est... ce n'est
pas parfait, et c'est interministériel, mais on a amené des choses, justement,
pour aider nos entreprises. Dans le contexte actuel, on va continuer de le
faire, M. le Président. Il y a d'autres mesures aussi qu'on travaille en ce
moment pour justement venir s'adapter aux réalités régionales dans les contextes
actuels.
Alors,
M. le Président, sur ce, je pense que je vais céder la parole à mes... à mes
collègues, je... qui ont des choses à dire aussi. Merci, M. le
Président.
Le Président (M.
Allaire) : Merci à vous. Effectivement, on enchaîne avec la députée de
Labelle. La parole est à vous pour cinq minutes.
• (10 heures) •
Mme
Jeannotte : ...bonjour, collègues des oppositions et de la banquette
gouvernementale.
Vous savez, M. le
Président, la semaine dernière, mon collègue le ministre des Finances a annoncé
sa mise à jour économique, qui vise à
protéger le pouvoir d'achat des Québécois et notre économie. C'est une annonce
importante et responsable. Nous sommes un gouvernement qui est engagé
pour soutenir nos régions, et les mesures annoncées en sont la preuve.
C'est important de
parler du contexte. On a surmonté plusieurs épreuves et incertitudes dès notre
arrivée au pouvoir, vous le savez. Un
gouvernement, quand on arrive en poste, il faut toujours arriver avec un
contexte. On a vécu une pandémie, ensuite, une pénurie de main-d'oeuvre,
et puis là c'est la... les guerres tarifaires. Puis ma collègue oublie que quand on est dans un contexte de guerre
tarifaire comme ça, les entreprises ne sont pas très enclines à investir
parce qu'ils détestent l'incertitude. Donc, il faut les comprendre, puis un
gouvernement doit s'adapter. Puis c'est ce dont mon collègue ministre vient de
parler.
On a commencé notre
gouverne avec un objectif précis. Ça, c'est de la vision : atteindre un
niveau de richesse comparable à celui des... de nos partenaires commerciaux. Ce
que nous avons accompli, M. le Président. Grâce à nos initiatives pour
augmenter la productivité de nos marchés, le Québec a pu faire un rattrapage
significatif par rapport à l'Ontario et le reste du Canada. Puis ça, c'est du
leadership.
Notre niveau de vie a
augmenté de 4,9 % versus des reculs de 0,3 % pour l'Ontario et de
0,9 % pour le reste du Canada. Donc, ça, c'est des résultats concrets. Le
pouvoir d'achat des Québécois a crû de 9,2 %, alors qu'il n'a augmenté que
seulement de 5,1 %, M. le Président, en Ontario et le reste du Canada. Si
ce n'est pas grâce à nos actions, je me demande bien c'est quoi.
Mais notre ambition économique ne se
limite pas à ça. Nous avons une vision pour augmenter notre autonomie.
Encore là, c'est du leadership, c'est de la vision, vouloir augmenter notre
autonomie. Nous ne pouvons pas dépendre que
de nos partenaires, il faut qu'on soit capables de se prévaloir de nos propres
ressources, entreprises et marchés pour s'adapter rapidement aux changements et bouleversements, souvent
imprévisibles à l'échelle internationale. On le sait, on a affaire à un
voisin du sud particulier.
Alors, pour y... pour
soutenir tout ça, on a accéléré l'accélération de la productivité d'énergies
renouvelables pour tendre vers la
souveraineté énergétique, appuyer la décarbonation et soutenir la réalisation
des projets économiques. Ça, là, moi,
je n'ai jamais vu ça dans le passé, là, M. le Président. J'ai travaillé pendant
plus de 15 ans en développement économique régional, et ça, là,
c'est du nouveau, contrairement à ce que disent les oppositions.
La
création d'un environnement d'affaires plus simple et efficace pour les
entreprises, ça aussi, M. le Président, c'est une priorité. Puis on a été capables de s'ajuster. Pourquoi? Parce
que les entreprises nous le disent : C'est trop lourd, il y a trop
de bureaucratie, trop de réglementations. Puis on s'y attaque, M. le Président,
en se dotant d'un État plus performant, en mettant en place une voie rapide
pour les projets stratégiques.
Il
y a des exemples partout, M. le Président : à Charlevoix, au
Centre-du-Québec, dans l'Estrie, dans les Laurentides. Malheureusement,
je n'ai pas assez de ce bloc de cinq minutes pour en parler. J'aurais tellement
aimé ça, mais je n'ai pas le temps. Mais le soutien à la croissance et à la
pénurie des entreprises québécoises, notamment par des mesures pour soutenir
l'innovation... parce qu'on le sait à quel point l'innovation est importante et
le repreneuriat, ça aussi, c'est tout à fait important, tout en favorisant la
diversification des marchés et le développement des infrastructures
stratégiques, on y est, M. le Président, solidement. Donc, le positionnement du
Québec comme acteur clé dans la sécurité et la défense, ainsi que la filière
des minéraux critiques et stratégiques, si ce n'est pas du nouveau, ça, M. le
Président, je ne le sais pas, c'est quoi. Donc c'est essentiel pour la
transition énergétique et technologique. Ça veut dire qu'on oublie... ça ne veut pas dire qu'on oublie d'autres secteurs,
là. Ça veut dire qu'on priorise ceux-là. Hier, j'étais avec ma collègue ministre du Tourisme. On est
très, très impliqués en tourisme. On est impliqués... On pourrait en nommer
comme ça, le numérique, le métal, on pourrait
toutes les nommer, mais on a... on pose un geste stratégique en priorisant
la sécurité, la défense et les minéraux critiques et stratégiques.
À cette fin, mardi
dernier, on a révélé notre intention d'investir 8,3 milliards de
dollars sur cinq ans pour protéger le pouvoir d'achat des Québécois et
Québécoises et notre économie, d'où 2,5 milliards qui seront dédiés à nos entreprises — ce n'est pas rien — notre main-d'oeuvre, nos régions et la recherche
dans les domaines d'importance stratégique.
M. le Président, plus
concrètement, dans le cadre de cette interpellation, ce sont
400,6 millions de dollars qui seront octroyés pour le développement
économique des régions et ils seront distribués dans des secteurs comme
l'agriculture, la forêt, les pêches. Et on en est très fiers.
C'est
tout le temps dont je dispose, malheureusement, parce que j'aurais pu tout
expliquer encore plus en détail comment, mais je vous remercie pour ce
temps.
Le
Président (M. Allaire) :
Merci. Merci, Mme la députée de Labelle. On débute la deuxième série
d'interventions. M. le député de Taschereau, la parole est à vous pour
cinq minutes.
M. Grandmont : Oui. M. le Président, merci beaucoup. D'abord, je salue le ministre,
nouvellement nommé au Développement économique régional. Je remercie
aussi la députée de Jeanne-Mance—Viger
pour son... la question d'interpellation, très pertinente.
C'est clair que le
gouvernement a des failles, ne fait pas son travail en termes de développement
économique régional. On a un gouvernement qui s'était présenté comme un
gouvernement de l'économie et un gouvernement des régions. Or, ça a été une grande faillite, M. le Président, sur les
deux tableaux. La stratégie du gouvernement a été d'abord d'aider
les multinationales, hein, on... je vais en parler un peu. Il y a plusieurs...
Le premier ministre parle tout le temps de moyenne au bâton. Ça a été une vraie
catastrophe, la moyenne, très basse, puis, de l'autre côté, bien, on a
abandonné, du côté gouvernemental, nos champions locaux, qui souffrent, oui,
des perturbations économiques au sud de la
frontière, mais qui souffrent aussi des changements dans lesquels nous nous
inscrivons actuellement, notamment au regard des changements climatiques. Je
vais en nommer quelques-uns, je parle de la moyenne au bâton du premier
ministre, là, il se rappelle... il nous rappelle souvent ça.
Des
articles, il y en a plusieurs, j'ai choisi celui du Journal de Québec paru
récemment, là, le 19 novembre dernier. Plusieurs entreprises ont
été subventionnées, ont fait l'objet des largesses financières budgétaires du
gouvernement, notamment dans la filière batterie, cinq annonces ont été faites.
On se souvient notamment de Northvolt, où on ne sait pas, toujours pas si 240 millions sur les 270 vont pouvoir
être récupérés. On parle aussi, là, du projet de Lion Électrique. En
fait, on a perdu environ 200 millions de dollars qui a été investi
dans Lion Électrique. Puis, les projets Ford et GM ont tous deux du plomb dans l'aile. Le projet Airbus, bon,
en 2020, une grosse décision, quand même, du gouvernement, il a dû radier
un investissement de 1,3 milliard qui a été fait en 2016 par le précédent
gouvernement, mais, quand même, on a décidé de réinvestir là-dedans, du
côté du gouvernement de la CAQ, et actuellement c'est plus de
3 500 personnes qui travaillent pour Airbus à Mirabel. Puis,
évidemment, on est bien contents qu'ils travaillent pour Airbus à Mirabel, mais
voyez le coût que ça occasionne pour l'ensemble des Québécoises et des
Québécois : chaque emploi coûte
500 000 $ à l'État québécois. On pourrait parler de Recyclage Carbone
Varennes, on pourrait parler de Sonder, de AppDirect, Agropur, Kraft Nordic,
Kruger, des investissements dans lesquels, finalement, le gouvernement met
beaucoup d'argent, mais il y a peu de retombées.
Pendant ce temps-là, bien,
l'industrie forestière a bien de la misère, M. le Président. Il n'y a pas
longtemps, Marc-André Despins, qui est directeur général de la Coopérative
forestière du Haut-St-Maurice, disait : Comment on peut dire ça sur le coin d'une table, que 50 % des emplois vont
disparaître au profit de jobs éphémères dans le domaine de l'énergie? M.
le Président, ça n'a pas de bon sens de jouer comme ça avec les jobs des gens.
Même chose du côté des acériculteurs. On leur
avait fait miroiter des investissements... en fait, des... l'accès à des terres, des terres de la couronne. On leur
avait promis l'octroi de 500 000... de 50 000 hectares, répartis
dans toutes les régions de la province, pour les 20 prochaines années,
c'était l'équivalent, à peu près, là, de la taille de l'île de Montréal, qui s'ajoutaient aux 45 300 déjà sous
permis en forêt publique. Bien, tout ça, ça a été coupé, M. le Président.
Pour vrai, c'est difficile de suivre la CAQ là-dessus.
Ce qu'on
comprend, par contre, c'est que, pour marquer... masquer ses échecs
économiques, et particulièrement en région, le gouvernement, lui,
préfère partir des guerres contre d'autres secteurs ou d'autres acteurs de la
société, par exemple, contre les syndicats,
le projet de loi n° 3, notamment. On n'a pas de problème aussi à taper
sur la tête des personnes issues de
l'immigration. On s'invente des menaces, comme l'islamisme radical. On se
souviendra encore, là, du discours inaugural du premier ministre.
On recule sur les ambitions climatiques du
Québec. Moi, je suis actuellement sur les consultations sur les cibles de GES,
avec le ministre de l'Environnement, puis c'est très, très clair, dans la...
dans la tête de bien, bien tout le monde, là, qu'on devrait repousser... que le
ministre va vouloir repousser les cibles à 2035, plutôt que 2030. Ce qu'il
faudrait faire, en fait, c'est s'assurer de faire profiter de notre
inventivité, de notre énergie propre, de notre résilience à l'ensemble des
Québécoises et des Québécois. On devrait, notamment, garder les cibles à 2030,
s'assurer de travailler à une transition juste, assurer qu'aucune job ne se
perde, s'assurer que les travailleurs et les travailleuses qui sont dans des secteurs à risque, à cause des
changements climatiques, puissent se réorienter vers des bons secteurs
d'avenir.
Puis il faudrait aussi travailler à développer
notre filet social. Regardez ce qui se passe actuellement, le nombre de
personnes qui sont dans les banques alimentaires. Notre filet social est
inadéquat actuellement. Il faudrait s'assurer que, dans cette transition juste
là, personne n'ait à souffrir du manque de compétence de la CAQ sur les enjeux
économiques.
• (10 h 10) •
Le
Président (M. Allaire) :
Merci, M. le député de Taschereau. On poursuit avec M. le ministre. Cinq minutes.
La parole est à vous.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Merci,
M. le Président. J'aimerais vous parler un peu d'économie sociale. Je pense que
c'est un secteur d'activité économique extrêmement important au Québec, et
c'est un modèle unique au Québec, parce qu'on est des leaders mondiaux en
économie sociale, entre autres, avec nos coopératives. Juste un peu vous donner
quelques chiffres. On parle de plus de 11 000 entreprises d'économie
sociale. C'est 54 milliards de revenus, 248 000 personnes
salariées, et on parle de 11,5 millions de membres. On a lancé le
programme d'action gouvernemental en économie sociale 2020-2025, M. le
Président. En fait, on parle d'investissements totaux de 531 millions de
dollars en économie sociale, ce qui a généré près de 3 200 activités
d'accompagnement et de financement
d'entreprises réalisées, et c'est des retombées économiques qui ont été
évaluées à 219 millions de dollars pour une création ou un
maintien, en fait, de beaucoup d'emplois partout au Québec.
On sait que c'est des... beaucoup d'entreprises
d'économie sociale se retrouvent dans les régions du Québec. C'est des
entreprises qui ont un rôle, en fait, d'ancrage, de mobilisation des acteurs. À
titre d'exemple, moi, j'en ai une dans ma
région, qui est les entreprises Coderr, que le gouvernement du Québec a
soutenues de façon considérable depuis plusieurs années, et ils ont fait un
nouveau projet, qui était du logement abordable et social. On a été présents,
M. le Président, et, encore plus, cela s'est
fait en collaboration aussi avec d'autres ministères pour régulariser des
situations. Donc, c'est un... un bel
exemple, là, de démonstration d'un gouvernement qui est connecté aux réalités du
terrain, parce qu'on croit à ces entreprises d'économie sociale. On en a
partout au Québec. C'est des entreprises qui oeuvrent dans des... différents
secteurs d'activité économique, agricole, au niveau du logement, au niveau
environnemental, au niveau de la santé.
Et juste un peu vous... pour vous dire, au
niveau, là, du renouvellement des travaux du PAGES 2025-2030, en fait, ces
travaux-là ont donné lieu à quatre ateliers de travail avec les partenaires de
l'économie sociale. C'est le ministère qui
fait ça, en collaboration avec les gens du Chantier de l'économie sociale. En
fait, on a tenu trois groupes de discussion, une consultation publique, il y a
eu des consultations interministérielles qui ont été réalisées, et les
informations préliminaires ainsi que les orientations qui ont guidé, bien
entendu, l'élaboration du nouveau PAGES 2025-2030, qui ont été présentées
par le ministre délégué à la Table des partenaires en économie sociale en
janvier 2025, et savez-vous, M. le Président, qu'ils ont reçu un accueil
favorable du milieu en économie sociale? Donc, juste vous dire, le nouveau Plan
d'action gouvernemental en économie sociale a été lancé, le 11 juillet
dernier, en présence des partenaires. On prévoit des interventions financières,
M. le Président, de l'ordre de tout près de 142 millions. On sait que
l'ancien plan, lui, prévoyait des interventions de 136. Donc, on a préconisé
une approche pragmatique et stratégique, puis on s'appuie sur les principes
suivants, ça, c'est vraiment important, M. le Président, c'est de centrer les
interventions sur les entreprises d'économie sociale, leurs besoins, leur
croissance afin de faciliter leur essor et renforcer leur réponse aux besoins
des communautés, des communautés locales. On vient aussi optimiser les structures
d'accompagnement. On vient aussi améliorer les outils financiers existants en
consolidant l'offre de service des partenaires et en améliorant la
complémentarité des services sur l'ensemble du territoire, M. le Président. On
s'assure aussi d'un cadre gouvernemental qui est favorable au développement des
entreprises d'économie sociale en travaillant de concert
avec les ministères et les organismes pour accroître leur compréhension et la
prise en compte, entre autres, de ce modèle d'affaires dans les interventions
gouvernementales.
Donc, M. le
Président, on renforce l'action en économie sociale puis on le fait avec le
milieu. Ce n'est pas nous, mais c'est le milieu qui nous donne ces
besoins.
Le
Président (M. Allaire) :
Merci. Merci, M. le ministre. On poursuit avec le député de Gaspé,
cinq minutes. La parole est à vous.
M.
Sainte-Croix : Merci, M. le
Président. Salutations à M. le ministre, ses équipes, collègues du gouvernement,
collègues des oppositions.
Très heureux,
M. le ministre, d'être ici, en cette Chambre, pour parler de développement
économique régional. À titre de député, moi, de la région de la Gaspésie, comté
de Gaspé, vous comprendrez que c'est un sujet qui me tient à coeur.
C'est un sujet aussi qui touche l'essentiel des régions du Québec. Donc, on est
très heureux de la nomination de notre ministre, qui voit très spécifiquement
au développement régional dans chacune des régions du Québec. Il est
présentement en tournée, il nous visite, il vient rencontrer nos entreprises. On
échange de nos enjeux et, honnêtement, c'est très agréable, et puis c'est
rassurant de voir quelqu'un qui a une compréhension régionale de l'économie du
Québec, qui est aussi lui-même, avec son bagage d'entrepreneur, très au fait
des réalités de nos milieux. Donc, c'est rassurant, et puis, bien évidemment,
comme député, bien, on est très à l'écoute de nos milieux et puis on se fait un
devoir, là, de transmettre le plus fidèlement possible nos réalités au cabinet
de notre ministre.
Vous dire que notre gouvernement, M. le
Président, est un gouvernement qui se qualifie de gouvernement des régions,
gouvernement de l'économie, et force est de constater qu'à travers les sept
dernières années, les résultats parlent par eux-mêmes. Un gouvernement qui est
sensible aux réalités des visages de nos régions et, concrètement, ce que ça
veut dire, bien, les régions du Québec sont comprises, écoutées, entendues, et
il y a des actions qui sont déterminantes dans chacune des régions du Québec.
Malgré ce que peuvent dire nos collègues des oppositions, les régions du Québec
sont touchées, là, de façon assez importante au niveau des investissements qui
sont consacrés pour le développement économique de notre province.
Je prends le cas de l'Abitibi et son secteur
minier, un secteur foisonnant, prometteur d'avenir dans le contexte des
investissements qui se font nommément au niveau des minéraux critiques. Tout le
monde a entendu parler, là, dans les derniers... dernières semaines, derniers
mois, dernières années même, de l'engouement pour les minéraux critiques et
stratégiques. Ce sera le nerf de la guerre dans l'électrification des
transports et plus largement dans la
transition climatique du point de vue global. En septembre dernier, le premier
ministre et ministre responsable de la Région s'est déplacé en Abitibi
pour annoncer l'octroi d'un bloc de 25 mégawatts d'énergie nécessaire pour
développer la future mine Odyssée.
En investissant dans ce domaine, M. le
Président, on vient à la fois créer des emplois payants en région et également
positionner le Québec comme un leader dans cette grande industrie. En d'autres
mots, on fait d'une pierre deux coups.
Le ministre délégué au Développement régional
était récemment de passage en Gaspésie pour annoncer un soutien au Groupe AEM
Canada afin qu'il puisse augmenter la production d'alumine de haute pureté à
son usine située à Cap-Chat. C'est un
support de 7 millions, M. le Président, 7 millions, conjugué avec
l'octroi de 10 mégawatts qui permettra à l'entreprise de doubler sa
capacité de production et de créer plus de 50 emplois bien rémunérés en
région. Il convient de rappeler que, selon une étude récente, il est estimé que
le marché de l'alumine de haute pureté devrait connaître un taux de croissance
annuel de 18 % d'ici 2028. On parle d'investissements structurants, vous
en avez une belle preuve. Ça, c'est de la vision, M. le Président. Investir
dans les secteurs qui créeront de la richesse dans 10, 20, 30 ans, c'est
ce qu'on s'est donné comme objectif.
La vision, c'est aussi de supporter les
Québécois là où ils s'épanouissent. Cet aspect-là est crucial dans un contexte
de l'imposition des tarifs par notre voisin au sud. Je pense ici aux multiples
industries québécoises qui sont durement touchées et surtout aux travailleurs
québécois qui en souffrent. Notre gouvernement est sensible à leur réalité et c'est pourquoi, dans le cadre du point
sur la situation économique et financière du Québec, nous avons annoncé
un appui financier supplémentaire aux secteurs de l'agriculture et des pêcheries.
Également, notre gouvernement va investir 65 millions de dollars pour
prolonger le crédit d'impôt pour la Gaspésie et certaines régions maritimes du Québec. Je dis bien «investir ici», parce que,
lorsque les régions du Québec ont du succès, c'est tout le Québec qui en
profite. Je pourrais continuer encore longtemps, M. le Président...
• (10 h 20) •
Le Président (M. Allaire) : Merci,
merci. Effectivement, c'est moi qui vous arrête. Merci, M. le député de Gaspé. Alors, je me retourne vers vous. Mme la
députée de Jeanne-Mance—Viger,
troisième série d'interventions, vous avez cinq minutes, la parole est à
vous.
Mme Rotiroti : Merci, M. le
Président. Juste pour corriger... de clarifier quelque chose pour mon collègue de Gaspésie, là, il se pète les bretelles pour
l'annonce que vous avez faite pour avoir donné 25 mégawatts, là,
d'électricité, ça, c'est pendant que vous avez privé l'ensemble des PME
à travers le Québec pendant sept ans, parce que vous avez mis toutes vos billes d'électricité dans Northvolt
qui a fait échec. Alors, moi, je ne me péterais pas trop les bretelles
là-dessus.
Ceci dit, il y a quelque chose que le ministre a
dit dans son intervention en disant qu'il y a des belles choses qui se font en région, et j'avoue que je suis d'accord
avec lui. Pourquoi qu'il y a des belles choses qui se font en région?
Parce que c'est grâce à les hommes et des femmes qui se lèvent à tous les
matins, qui mettent la main à la pâte et qui travaillent
extrêmement fort malgré tous les obstacles, tous les obstacles que ce
gouvernement-là met pour eux. Malgré tout ça, eux, ils ont leur région à coeur,
eux, ils se battent à tous les jours, tous les jours pour garder leurs
travailleurs au travail et de s'assurer qu'ils contribuent à l'essor économique
de leur région. Ça, là, je suis tout à fait d'accord avec vous, M. le ministre.
Ça, là, il faut féliciter ces hommes et ces femmes-là qui se tiennent debout
pour leur région malgré le... le soutien qu'ils ne reçoivent pas de ce
gouvernement.
Je vais juste rapidement revenir, parce que le
ministre a mentionné plusieurs aspects de le plan PME, puis on ira sur la...
tout ce qui est bureaucratie par la suite. Alors, ça va laisser le temps de le
ministre de trouver ses fiches sur la paperasse. Juste vous dire, là, dans les
programmes qui étaient dans le plan PME, il y avait cinq organismes qui étaient
financés, on parle de l'Espace-Inc, La Ruche, OSEntreprendre, programme
Persévérance du Think Tank en entrepreneuriat et le Réseau Mentorat, cinq
organisations qui étaient extrêmement appréciées par nos PME, surtout en
région. Mais devinez quoi? Deux d'entre elles sont déjà fermées, dont
Espace-Inc qui annonce en juillet qu'il ferme ses portes à cause d'une coupure,
tenez-vous bien, M. le Président, 75 % de son financement qui a été coupé.
Qu'est-ce qu'il faisait, cet organisme-là? On laisse 170 entrepreneurs
sans accompagnement. C'est ça. C'est ça le soutien que le gouvernement donne. Réseau
Mentorat, le ministre en a parlé dans son intervention, Réseau Mentorat. Bien,
figurez-vous, M. le Président, là, juste vous donnez un petit peu... c'est
14 000 entrepreneurs, OK? On accompagne 3 600 en mentorat, c'est
67 organismes. Qu'est-ce qu'ils ont fait, le gouvernement, M. le
Président? Devinez. Ils ont coupé. Ils ont
coupé 4,5 millions de dollars sur un autre programme qui travaillait
extrêmement bien.
Parlons des
CCTT. Il devrait connaître ça, M. le ministre, vous en avez un dans votre
région. C'est 59 centres, ça représente 155 millions de
chiffre d'affaires, 13 000 projets menés par 2 400 experts
pour 5 600 entreprises. Gouvernement, voulez-vous savoir comment vous
les aidez, les CCTT? Vous avez coupé 20 % de leur financement public,
20 % du financement. Ça, là, ça s'appelle accompagner nos entreprises,
n'est-ce pas, M. le Président?
Alors, écoutez, quand le... je comprends que les
députés du gouvernement veulent... puis ils ont des textes devant eux puis ils doivent lire, mais,
sincèrement, je m'attendais un petit peu plus des collègues de régions. Le
ministre dit qu'il est en tournée présentement. Très bien. Alors, ils
doivent entendre les mêmes choses qu'on entend. S'il rencontre des
entrepreneurs, s'il rencontre ses partenaires principales, les PME, les MRC, comme
ancien maire, j'imagine qu'il va voir ses anciens collègues, je ne peux pas
croire qu'il n'entend pas la même chose qu'on entend. C'est partout, partout pareil. Si une chose qui fait l'unanimité partout
à travers les régions, c'est que gouvernement-là est totalement déconnecté. Vous ne
pouvez sincèrement être devant moi aujourd'hui, puis avec tous les gens qui
vous écoutent, puis dire que vous écoutez vos... les régions. C'est impossible,
M. le Président.
Alors, le temps file. Cinq minutes, ce n'est pas
beaucoup. Je vais revenir sur tout qu'est-ce qui est bureaucratie. J'ose espérer que le ministre devant moi a parlé à son
collègue qui a été très fier de dire qu'il va continuer dans la
continuité de l'ancien ministre aux PME, c'est-à-dire déposer un cinquième
projet de loi pour alléger la paperasse. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci à
vous. M. le ministre, je vous cède la parole pour cinq minutes.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Merci,
M. le Président. Écoutez, on peut parler de différents sujets ici, mais moi, ce
qui est important aussi, c'est d'amener ce que les gens me parlent sur le
terrain aussi, puis qui est positif. Les... nos entrepreneurs, nos agents de
développement local, nos gens sont des personnes dévouées. On l'a dit, on les
rencontre, les gens sont motivés, les gens sont résilients, aussi, malgré le
contexte. Ils ont des solutions, les gens. Puis justement, on est là pour les
soutenir. Puis moi, là, mon but, c'est de les aider.
On va revenir tout à l'heure sur l'allègement
réglementaire, oui, j'ai bien hâte, mais je veux aussi vous mentionner d'autres
choses qui sont des organisations qui aident justement le développement
économique régional, nos petites PME, à se diversifier, à aller sur les marchés
aussi, entre autres dans des régions, dans des régions comme chez nous. Puis tout à l'heure, j'entendais mes
collègues, oui, en Gaspésie, durant les tournées. Je suis allé aux Îles-de-la-Madeleine aussi, vraiment des
gens dynamiques, avec des enjeux particuliers. Tout à fait. Mais on a ramené
des choses. Il y a des affaires qui se font en ce moment, puis en Gaspésie, au
Centre-du-Québec... je suis allé en Abitibi-Témiscamingue rencontrer plusieurs
entreprises, plusieurs personnes, plusieurs acteurs du développement local. Puis je reviens un peu avec la Gaspésie,
des gens qui sont dynamiques, qui sont fiers de leur région, oui, qui ont des
enjeux, qu'on a des discussions avec mon collègue à ce niveau-là, qui est bien
au fait aussi de ces dossiers, de ces enjeux.
Vous avez vu
aussi en ce moment, là, trois ou quatre régions qui se sont entendues au
niveau, là, du plan fédéral, au niveau... pas du plan fédéral, oui, avec
la construction d'un navire, tout ça, Gaspésie, Saguenay—Lac-Saint-Jean, Lévis. Ça,
c'est des choses que les régions, avec ce qui est amené des gouvernements, se
mettent ensemble, puis ça donne une force.
Mais je veux revenir aussi... je veux revenir
sur les créneaux d'excellence du Québec, M. le Président, parce que c'est important. On est ici aussi pour parler
des choses, des choses qui sont adaptées pour notre milieu, qui viennent
en aide aussi à notre milieu. Les créneaux d'excellence, qui sont issus d'une
démarche stratégique de développement économique,
M. le Président, régionale, puis ça a été lancé, ça, par une décision du Conseil des ministres du gouvernement du Québec en avril 2002, on a poursuivi ça, M. le Président. Les
créneaux d'excellence sont importants. Moi, j'y crois pour... justement,
ils viennent s'appuyer sur des forces régionales, sur la mobilisation, sur le
dynamisme des gens d'affaires en région. Ça
vient favoriser des alliances, M. le Président, des partenariats, les réseaux
et le maillage entre les entreprises, les organismes de développement
économique, les centres de recherche et les institutions d'enseignement
aussi, M. le Président, qui sont aussi des vecteurs d'économie régionale, nos
centres.
Puis je fais une
parenthèse. J'étais à l'université, hier, l'université... à l'UQAC. C'est
majeur, les retombées économiques. Ils
travaillent autour d'une vision commune de développement sectoriel. Puis il y a
eu une modernisation, aussi, de la
démarche ACCORD, qu'on a réalisée, M. le Président, en 2024. Ces travaux, là,
ça a permis, entre autres, de conserver, M. le Président, nos créneaux les plus
performants et d'ajuster leur financement en fonction de leur niveau de maturité. On parle soit en démarrage, en
croissance ou établis, M. le Président. On a 24 créneaux d'excellence
qui sont répartis dans 14 régions et
dans 12 secteurs d'activité économique stratégiques pour le Québec, M. le
Président. Ces créneaux-là viennent, bien entendu, favoriser le
développement économique. Moi, dans ma région, j'en ai trois. J'en ai un, entre autres, qui est un créneau
d'excellence au niveau agricole. Dernièrement, ils ont fait une journée, une
thématique, du réseautage, du maillage, et c'est là qu'on voit à quel point ils
ont de l'importance, qu'ils viennent aider
nos entreprises à se diversifier, à aller sur les marchés, à faire du
partenariat. Ils soutiennent aussi des petites PME en région, dans des milieux... c'est très local.
Quand on parle de mise en marché des produits agricoles, quand on parle
d'atteindre de la clientèle, de favoriser... de faire du développement, parfois
ils n'ont pas les ressources, ils n'ont pas tout le personnel. Donc, ces organisations-là viennent les aider, justement,
à réaliser leurs projets, à faire du développement, puis à atteindre des
marchés, puis à se faire connaître, M. le Président.
• (10 h 30) •
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre. On poursuit avec la députée d'Argenteuil. Je vous cède la parole
pour cinq minutes.
Mme Grondin : Merci, M. le
Président. Donc, mes salutations à vous, au ministre, à mes collègues députés
du gouvernement et à mes collègues de l'opposition.
M. le Président, il y a une perception que le
gouvernement investit seulement dans les grandes entreprises, notamment
étrangères, ou, comme la députée de Jeanne-Mance—Viger dit, qu'on préfère les gros
deals. Mais, cette perception, je pense
qu'elle est propagée probablement par les oppositions et dans les médias, ou
vice et versa, comme le disait
d'ailleurs le député de Taschereau. Mais, M. le Président, je vais détricoter
cette croyance, qui est, à mes yeux, un peu crédule.
Il suffit de
vivre en région pour comprendre que les économies sont structurées autour d'entreprises
qui prennent des risques, qui innovent, qui stimulent le développement
économique et la vitalité de nos communautés. On investit, M. le Président, plus de 90 % dans nos PME,
et, en cinq minutes, je vais vous donner des exemples concrets où nous avons
posé des gestes pour soutenir certains projets portés par nos PME dans nos
régions.
Allons
d'abord en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine. Mon collègue de Gaspé peut certainement
témoigner que... de l'importance de l'industrie de la pêche pour les Gaspésiens
et les Madelinots. C'est pourquoi on a octroyé un prêt de
3 millions à la Coopérative des Pêcheurs du Cap Dauphin pour soutenir un
projet d'expansion de plus de 8 millions. C'est un support vital, je pense
que mon collègue va en convenir mais l'ensemble de mes collègues aussi, c'est un support vital pour une industrie clé qui
profite à tous les Québécois. C'est aussi une façon, évidemment, de protéger
nos traditions culinaires et de mettre en valeur notre terroir.
Mais, au-delà du homard, le Québec jouit aussi
d'une industrie brassicole qui est extrêmement dynamique. M. le Président, on parle ici de retombées
économiques annuelles qui dépassent les 3 milliards de dollars. Donc,
l'industrie de la bière est très porteuse pour nos régions. Elle participe
activement à l'achat local, en plus de contribuer à faire rayonner notre
industrie agrotouristique. Tout récemment, le ministre délégué à l'Économie a
annoncé un prêt de 2,4 millions pour le développement de la Microbrasserie
Le Prospecteur, à Val-d'Or. Il soulignait d'ailleurs que c'est avec des projets comme celui du Prospecteur que
les microbrasseries québécoises vont continuer d'assurer leur croissance.
Ça reflète bien nos ambitions quant à la valorisation des bières brassées ici,
au Québec.
Mais, dans nos régions, M. le Président, on ne
produit pas juste des produits alimentaires. Je vous donne des exemples, comme
dans Lanaudière, où on investit conjointement, avec le gouvernement fédéral,
dans l'entreprise familiale Mélymax, qui est
une PME, fondée en 1997, qui fabrique des portes d'acier haut de gamme. Ces
aides financières vont aider
l'entreprise à doubler ses capacités de production. Je pense aussi à Galveco,
dans Charlevoix, où on soutient la construction et l'exploitation d'une
usine écoresponsable de galvanisation à chaud à Saint-Urbain. Ça va nous permettre aussi de poursuivre notre engagement
pour créer une économie verte, parce que cette création d'usine va aussi
permettre de réduire 19 000 tonnes équivalant de CO2 par
année. C'est quand même une... la création de 100 emplois de qualité dans cette belle région qui est surtout
récréotouristique. Donc dans chaque région, on a des besoins différents, on
est bien implantés dans chacune d'elles. Mes collègues, je peux vous l'assurer,
M. le Président, ils comprennent bien la réalité sur le terrain.
Je voudrais
aussi dire qu'on investit également pour soutenir nos entreprises dans
l'exportation. Et, en somme... Il me reste peu de temps. J'aurais voulu
poursuivre sur toute cette question-là de notre réseau de délégations dans les différents États. Mais, en somme, on est un
gouvernement nationaliste. On... on aide les PME, les entreprises québécoises,
mais on ne va pas non plus perdre de vue les opportunités que l'international
peut nous fournir. Donc, je vous remercie, M. le Président.
Le
Président (M. Allaire) :
Merci à vous, Mme la députée d'Argenteuil. Alors, on poursuit avec la quatrième
série d'interventions. Mme la députée de Terrebonne, la parole est à vous pour
cinq minutes.
Mme
Gentilcore : Merci, M. le
Président. Donc, seulement cinq minutes, je vais aller droit au but. J'aimerais
commencer par parler des forêts, hein, on le
sait, le gouvernement de la CAQ a abandonné, l'été dernier, sa réforme du régime forestier. Moi, ma première question pour le
ministre, ce serait de savoir comment il s'est senti, le 10 novembre dernier, quand il était au centre-ville de
Montréal, à côté du premier ministre, et qu'on a appris la perte de 30 000 emplois pour le secteur forestier. Hein, on le
sait, M. le ministre est dans la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean, la forêt, il y en a mur à mur dans sa
région. Et là on se retrouve à faire une annonce comme celle-là, à des milliers
de kilomètres, à des centaines de
kilomètres, milliers de kilomètres des régions qui sont touchées au
centre-ville de Montréal. Donc, moi je serais curieuse de savoir comment
il s'est senti puis surtout comment sa région a réagi à ça. Nous, on a eu des échos évidemment des différentes régions,
notamment de la sienne, et les gens ont très mal réagi, trouvaient que ça
manquait de sensibilité. Donc, ça, ce serait ma première question.
Ensuite de ça,
parlant de sensibilité, on a appris aussi, dans les journaux, là, il y a
quelques semaines, que Yanick Baillargeon,
qui est le préfet de la MRC du Domaine-du-Roy, justement, dans la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean, mais qui est aussi le président de l'Alliance Forêt boréale,
bien, il nous disait qu'il n'avait pas encore pu rencontrer M. le ministre, hein, que M. le ministre n'avait
pas trouvé de temps dans son agenda pour le rencontrer, alors que c'est un
interlocuteur tellement important dans l'industrie forestière. Donc là, je
serais curieuse de savoir : Est-ce que cette rencontre-là a pu avoir lieu?
Est-ce qu'ils ont finalement pu se parler? Et, si tel est le cas, je serais
curieuse de savoir ce que
M. Baillargeon a pensé, là, des mesures d'aide qui ont été soumises par le
gouvernement de la CAQ lors de la mise à jour économique récente, là,
c'est-à-dire de donner congé de taxe pour les masses salariales dans
l'industrie de la forêt. On s'entend que,
quand on est dans une industrie où on n'est certainement pas en train
d'employer qui que ce soit, ou carrément les entreprises sont à l'arrêt,
un congé taxe sur la masse salariale, ce n'est pas ce à quoi on s'attendait dans cette industrie-là. On a eu de nombreux
retours là-dessus également. Donc, M. le ministre, là, qui habite, somme
toute, à une heure de chez M. Baillargeon, très curieuse de savoir si
cette rencontre-là a eu lieu et ce qu'il a pensé des récentes annonces.
Autre
sujet que j'aimerais aborder, qui est un sujet qui me touche particulièrement,
celui des zones d'innovation. J'étais
à la tête de Numana, qui est un organisme en technologies émergentes, donc, la
grappe des technologies émergentes du Québec. Et, à l'époque, on avait un
projet extrêmement porteur avec la zone d'innovation en quantique qui se
trouve à Sherbrooke. C'est une zone d'innovation qui connaissait beaucoup de
succès, qui connaît encore beaucoup de succès, donc, vraiment une alliance
entre les parties publiques, les entreprises privées, tant les PME que les grandes entreprises, et évidemment le réseau
universitaire, donc, la recherche et le développement. Puis, on le voit,
ça a créé des emplois, ça fait en sorte qu'on est... que le Québec est un chef
de file, vraiment un leader en... en matière
de quantique. Mais là il y a plusieurs zones d'innovation qui attendent des
nouvelles, là, du ministre puis qui nous disent qu'ils s'attendent à ce
qu'il se passe quelque chose par rapport à leurs zones d'innovation, dont
celles d'innovation minière à Rouyn-Noranda notamment, la zone d'innovation
bleue dans le Bas-Saint-Laurent et le centre d'innovation en aluminium à
Chicoutimi. On a eu l'occasion d'aller à Chicoutimi à plusieurs reprises, là,
Chicoutimi, encore une fois, la région du ministre, dernièrement, puis on
attend des nouvelles à ce niveau-là. Leur plan
est prêt. J'ai rencontré tous les intervenants de ce projet-là, puis le projet
ne se passe pas, il n'y a rien qui se passe finalement. Donc, on le sait, là,
ces zones-là sont importantes, ce sont des leviers économiques importants, ça
permet de former de la main-d'oeuvre,
ça... c'est au coeur de la vitalité économique, là, quand je pense entre autres
à celle en quantique à Sherbrooke, c'est un véritable village qui est en
train de se créer autour de cette zone-là. Donc, curieuse de savoir ce qu'il en sera de ces zones
d'innovation là et des promesses qui ont été faites par la CAQ par rapport à
ça.
Puis, dernière petite
chose dont j'aimerais parler, M. le Président, c'est évidemment tout ce qui se
passe en Abitibi-Témiscamingue. Là, je parlais justement de la Zone
d'innovation minière à Rouyn-Noranda. On le sait, il y a des attentes de tout
le secteur minier en Abitibi-Témiscamingue. Pendant trois ans, on n'a pas une
ministre déléguée à la région. Là, vu le retard qu'on a pris, on a nommé le
premier ministre comme ministre responsable de la région. Donc, moi, j'aimerais savoir c'est quoi, là, le
plan du ministre pour le développement de l'industrie minière, notamment
en Abitibi-Témiscamingue. Ces gens-là
attendent des réponses. Il reste 10 mois pour agir. Puis je serais bien
curieuse de connaître le plan du ministre.
• (10 h 40) •
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme la députée de Terrebonne. Donc, on enchaîne avec vous, M. le ministre, pour
cinq minutes. La parole est à vous.
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Merci, M. le Président. Bien, tout d'abord,
M. Baillargeon a mon numéro de téléphone
et on a eu des discussions ensemble, puis c'est toujours un plaisir d'avoir des
discussions avec M. Baillargeon, entre
autres, avec tous les préfets de ma région, effectivement. Donc, on est en
mesure de se rejoindre à n'importe quel moment. J'ai son numéro et il a
mon numéro de téléphone.
Je
veux revenir un peu sur le réseau... bien, en fait, sur le plan PME, j'ai parlé
du Réseau accès PME, mais, vous savez,
du temps que j'étais entrepreneur, ce n'était pas aussi accessible que ça l'est
maintenant, parce que le plan PME vient intégrer, en fait, tout
l'écosystème, ce que nous n'avions pas avant. Donc, on a... En fait, je veux
quand même prendre le temps de les passer, parce que j'ai parlé beaucoup du
Réseau accès PME, en fait, qui est la mesure 1 du plan PME et qui était,
en... une priorité, comme je l'ai dit, de la part des MRC, qu'on a annoncé lors
du congrès de la FQM, en octobre, novembre et qu'on a prolongé. Donc, j'en ai
parlé, on sait l'importance du Réseau accès PME, mais il y a aussi d'autres choses
dans les mesures, dans les sept mesures. On a aussi l'espace PME innovation.
Puis, lorsque j'ai été nommé ministre, ça ne
fait quand même pas longtemps, j'ai regardé ça puis j'ai été agréablement
surpris de voir qu'il y avait quand
même beaucoup de choses, entre autres, dans cette mesure, Espaces PME
innovation, qui est un soutien aux PME en favorisant les projets
innovants, de la concertation des acteurs de l'écosystème régional d'innovation
afin d'assurer des services qui répondent, bien entendu, aux besoins de nos
entrepreneurs. On parle d'implantation d'une culture d'innovation dans les
régions. C'est important, l'innovation, de plus en plus, on en parle de plus en
plus, parce qu'il faut innover, justement, dans nos régions.
Il y a aussi toute la question
du financement. Bien entendu, c'est important d'avoir accès au financement
aussi dans nos projets d'entreprises. Ça prend des conditions qui sont
flexibles, M. le Président, qui sont adaptés aux besoins des entreprises. Il
faut accroître la productivité, il faut renforcer la position, il faut
optimiser la croissance de nos PME. Puis,
entre autres, on a aussi des leviers de financement, hein, j'en ai parlé tout à
l'heure. On a le programme d'Investissement Québec, dont le programme
Essor. On a les fonds locaux d'investissement, les FLI, qui sont sous la
responsabilité des MRC. On a aussi des fonds qui sont spécialisés, qui sont
aussi sous la responsabilité d'organismes partenaires,
qu'on mentionnait tout à l'heure. On a Investissement Québec, qui sont présents
dans le plan PME. On a aussi d'autres organisations.
Vous savez,
les FLI, là, on n'en parle pas souvent, mais je veux quand même faire une
petite parenthèse là-dessus. Tu sais,
on parle de financement, là, sous forme de contribution remboursable jusqu'à
150 000 $, là. Tu sais, ce n'est pas... c'est quand même important, c'est important dans
nos petits milieux. C'est important dans les régions pour nos PME. Donc...
Puis justement, à ce niveau-là, c'est un dossier, là, qui me touche
particulièrement.
On a aussi des objectifs, M. le Président, pour
la relève d'entreprises. De plus en plus, on le sait, on a besoin aussi de
repreneuriat de plus en plus. Donc, on a même un... on paie même jusqu'à un
montant maximum de 5 000 $ pour des honoraires professionnels. C'est
important, c'est des montants qui viennent vraiment en aide à des PME de deux,
trois, quatre, cinq employés. C'est des montants qui sont extrêmement
importants. On s'en fait parler aussi.
On a aussi
MicroEntreprendre qui... une organisation qui... qui offre ses services. En
fait, c'est des organismes membres,
on parle d'accompagnement, de soutien à la rédaction du plan d'affaires, des
ateliers collectifs pour renforcer les compétences, même aussi du
financement par prêts qui peuvent aller jusqu'à 20 000 $.
Une mesure
qui est extrêmement importante, Evol, M. le Président. On sait, c'est
Femmessor. Justement, on a assisté à l'assemblée générale, puis elles sont très
contentes, très fières de travailler en collaboration avec le ministère
à la poursuite, justement, du développement,
là, des femmes en affaires. C'est... On en a de plus en plus, on y croit, donc on
les soutient. Il faut être présents avec eux à ce niveau-là. Puis le programme
Evol est quand même un programme extrêmement important.
Puis il y
aurait... je pourrais vous en nommer d'autres, M. le Président, l'École des
entrepreneurs du Québec, donc...
Le
Président (M. Allaire) : Merci, merci, M. le ministre. Ça met fin à votre
bloc à vous. Donc, M. le député de Gaspé, on poursuit.
Cinq minutes. La parole est à vous.
M.
Sainte-Croix : M. le Président, je vous ai laissé, lors de mon
premier bloc, en vous parlant d'un investissement de 65 millions
associé au crédit d'impôt pour la Gaspésie et autres régions maritimes du
Québec. Je pourrais aussi vous parler du maritime en général, bien placé comme
député pour vous en parler. Quand on parle de maritime, on parle, là, dans les...
dans les derniers mois au niveau des investissements de notre gouvernement, de
145 millions de dollars dans le capital
du Groupe Océan. C'est qui, ça, Océan? C'est un leader en conception et
fabrication de navires. C'est une entreprise qui détient des chantiers
maritimes ici, à Québec, bien évidemment, de l'autre côté du fleuve, à L'Isle-aux-Coudres, et aux Méchins. On parle de 1 000 employés au Québec,
principalement dans les régions du Québec.
Je vous parle
de la Gaspésie, mais je pourrais vous parler de l'ensemble des régions du
Québec : la Côte-Nord, l'aluminerie, on parle de
1 000 emplois; le Bas-Saint-Laurent, Premier Tech,
500 emplois directs; le Saguenay, son port,
la multitude des industries qui tournent autour du port de Saguenay; la
Montérégie avec le... l'innovation agricole; la Mauricie, textile,
industrie historique du Québec, le Centre-du-Québec, économie circulaire;
l'Estrie, avec son... sa nouvelle économie technologique. Ce sont des régions
du Québec, ce sont des innovations de nos milieux, et c'est ces gens-là qu'on
accompagne à tous les jours.
Alors, M. le
Président, quand j'entends de ma collègue que nous sommes déconnectés des
régions économiques du Québec, bien, je serais plutôt porté à dire le
contraire : Vous semblez déconnectée sérieusement de ce qui se passe dans
chacune des régions du Québec.
Je pourrais vous parler d'énergie aussi, M. le
Président, une industrie historique au Québec, hein, avec notre potentiel
hydroélectrique, mais aussi la nouvelle réalité du développement énergétique,
énergie verte. Je pourrais vous parler d'énergie éolienne, une énergie très
importante pour bon nombre de régions, et ça ne fait que grandir. Je pourrais
vous parler de l'Est-du-Québec, région que je connais bien, le berceau du
développement éolien.
C'est, dans les derniers mois, là, quand on
regarde concrètement, là, les investissements du gouvernement du Québec, l'ensemble des parties prenantes qui sont
associées à ces chantiers-là, c'est quelque chose de très intéressant,
stimulant. Et, bien évidemment, c'est historique en termes d'innovation et
d'investissement.
En... Au mois
d'août, pas plus tard qu'au mois d'août dernier, le premier ministre était à
Gaspé pour annoncer un partenariat historique avec la nation Micmac pour
la construction d'un parc éolien d'envergure. On parle d'un potentiel
énergétique de 6 000 mégawatts. 6 000 mégawatts, M. le
Président, c'est l'équivalent de la consommation de l'île de Montréal. Ce n'est
pas pour rien que le premier ministre a qualifié ce partenariat de la plus
grosse annonce de l'histoire de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent.
C'est à travers des des projets comme ça que la
signature de notre gouvernement économique se fait sentir.
Le mois
dernier, avec l'Alliance de l'énergie de l'Est, une autre annonce, 1 500 mégawatts
d'énergie éolienne dans les MRC de Montmagny, L'Islet, Kamouraska,
Rivière-du-Loup et Témiscouata, un ensemble de comtés, de MRC, de villages, de
communautés réunis à travers la région de l'Est-du-Québec. Cette annonce
a été faite à Cacouna. On a évoqué la
création de milliers d'emplois. On pourrait aussi évoquer l'accord historique
entre Terre-Neuve et Labrador, qui garantit la... garantira, pardon, de
l'énergie à bas coûts pour les générations futures. Des grands projets, des
projets nourris d'ambition, et c'est ce qu'on accompagne à tous les jours, M.
le Président. D'ici 2027, strictement sur la Côte-Nord et
dans le Nord-du-Québec, nos chantiers énergétiques devraient créer
8 000 emplois. 8 000 emplois, M. le Président, dans des régions comme les nôtres, c'est quelque chose
de majeur, c'est quelque chose de structurant, et on est très fiers
d'être à ce rendez-vous.
On a aussi, vous le... vous le savez, le Plan
pour une économie verte 2030, la politique-cadre d'électrification et de lutte contre les changements climatiques du
Québec. Ce plan comprend un investissement de plusieurs milliards de dollars pour assurer sa mise en oeuvre, plusieurs
milliards de dollars, M. le Président, qui, là aussi, vont accompagner des
entreprises de nos milieux, des initiatives de nos milieux, et avoir des
résultats concrets pour l'ensemble des Québécois et des Québécoises.
Donc, on est très fiers, M. le Président, d'être
au rendez-vous du point de vue économique, d'être en synergie serrée avec nos
communautés.
• (10 h 50) •
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le député de Gaspé. Donc, on débute la sixième série d'interventions. Mme la
députée de Jeanne-Mance—Viger,
cinq minutes. La parole est à vous.
Mme Rotiroti : Oui, merci, M. le
Président. Juste pour clore le dossier de le plan PME 2025-2028, je vais
vous lire une citation de la Chambre de commerce du Saguenay-Le Fjord, qui est
dans le comté... c'est la chambre de commerce
du ministre. La PDG, la PDG du... de la chambre dit ceci, et je cite : «Ce
plan ne répond pas véritablement aux besoins des PME. Le gouvernement ne
tient pas compte des besoins réels. Les mesures sont politiques, sans impact
concret.» Elle ajoute que «la paperasse demeure imposante, et les normes
augmentent sans cesse». Et ça tombe bien, parce que je voulais aborder la
question de la paperasse, toute la bureaucratie qui a été mise en place depuis
que ce gouvernement, là, a pris le pouvoir.
Je vais juste, pour des fins... pour qu'on se
situe... On parle de 278 000 PME à travers le Québec, réparties dans
17 régions économiques. Malgré les nombreuses promesses du gouvernement,
en disant qu'ils vont réduire la bureaucratie, ils font exactement le
contraire. Il n'y a jamais eu autant de paperasse dans le processus
administratif de nos entreprises et nos PME. Le temps consacré à la
bureaucratie prend le dessus, imaginez-vous, prend le dessus sur le temps
consacré à l'innovation, à la production et la croissance de l'entreprise.
Depuis cinq ans, depuis que la CAQ est là, les entrepreneurs québécois voient
leurs charges administratives exploser. 80 % des PME disent que le fardeau
a augmenté. 65 % estiment que cela freine directement leur productivité,
parce qu'au lieu d'avoir une ressource sur... en train de travailler, et
d'accroître la productivité de l'entreprise, et peut-être même accepter un
contrat, bien, qu'est-ce qu'ils font, c'est... il faut qu'ils mettent une
ressource pour remplir les nombreux documents et formulaires requis et redditions
de comptes qu'ils doivent faire pour le gouvernement. Un rapport de la FCEE, en
janvier 2025, nous a confirmé : 735 heures, en moyenne, que passent
nos entreprises à gérer la paperasse, et le poids financier du fardeau
réglementaire a augmenté de 2,4 milliards depuis votre arrivée, depuis
votre arrivée.
Savez-vous qu'est-ce que les entrepreneurs
pensent quand le gouvernement dit : Bien, nous, on veut réduire la
paperasse puis, si on veut aider les PME à se concentrer sur être... sur la
productivité, se concentrer, d'aller chercher des contrats? Savez-vous
qu'est-ce que les entrepreneurs pensent de ce gouvernement-là? 11 %,
11 % croient que le gouvernement comprend leurs défis, 11 % des
entrepreneurs croient que le gouvernement comprend leurs défis. Si ce n'est pas
ça, être déconnecté de la réalité de qu'est-ce qui se passe avec nos
entreprises et nos PME, je ne sais pas c'est quoi, M. le Président. 7 %
croient que le gouvernement veut réellement réduire la bureaucratie. Dans le fond, là, M. le ministre, il n'y a personne
qui vous croit quand vous dites : Bien, attendez, attendez, on va réduire,
on va réduire la paperasse.
J'ose espérer... J'aimerais ça savoir si le
ministre a fait des représentations auprès de son collègue, le ministre
responsable des PME, qui, lui, quand il a été nommé ministre, au lieu de
dire : Bien, écoutez, je vais prendre le temps de consulter, de regarder
qu'est-ce qu'on peut faire pour alléger ce fardeau-là de nos entreprises... Il
vient de la Beauce, c'est un autre... un autre député, il vient de la région de
la Beauce. On a été dans la Beauce. Les gens nous disent la même chose. Comme
je vous dis, là, c'est des enjeux, puis ces défis sont partagés à travers le
Québec, dans toutes les régions du Québec. Alors, j'ose espérer que le ministre
devant moi aujourd'hui a eu la chance d'échanger avec son collègue responsable
des PME, parce que lui a dit : Bien, moi, je vais continuer, je vais
continuer dans la même enlignée de... que mon prédécesseur. Qu'est-ce que ça
veut dire, ça, de continuer? Ça veut dire de déposer pas un, pas deux, pas
trois, pas quatre, M. le Président, cinquième projet de loi pour réduire la
bureaucratie, cinquième. Puis vous voulez que les entrepreneurs aujourd'hui
puis les PME vous croient? Qu'est-ce que vous allez faire dans le cinquième
projet de loi que vous n'avez pas pu faire dans le premier, le deuxième, le
troisième puis le quatrième?
Je vais m'arrêter là, M. le Président, parce
que, écoutez, on va... on va aller à... dans le prochain bloc, sur les
travailleurs temporaires. Moi aussi, j'aurais... j'aurais aimé aborder un petit
peu le secteur forestier...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Mme
Rotiroti : ...mais
on aura l'occasion dans le prochain bloc.
Le
Président (M. Allaire) : Assurément. Merci, Mme la députée. M. le ministre,
cinq minutes. La parole est à vous.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Oui, M.
le Président. J'entends bien ma collègue, mais j'aimerais aussi vous parler de
quelque chose d'extrêmement important, puis, bien, en fait, c'est de l'économie
sociale, nos coopératives, nos coopératives agricoles — agricoles... — nos
coopératives dans tous les domaines d'activité. Puis on a déposé le projet de loi n° 111, M. le Président, justement, pour
aider nos coopératives, justement, à se... à moderniser la loi pour aider nos coopératives pour que... en fait,
on veut offrir un cadre plus flexible et adapté aux réalités économiques
et sociales actuelles.
Vous
savez, le modèle coopératif, on parle de près de 2 800 coopératives
non financières, c'est 1,5 million de membres,
53 000 personnes qui travaillent, 20 milliards de retombées
économiques. Donc, ce n'est pas rien, M. le Président. Puis c'est un... c'est des organisations qui sont
dans le développement économique mais qui sont aussi dans le
développement social, dont les tissus sont dans nos communautés.
Puis, dans notre projet de loi, bien, M. le
Président, on va soutenir l'innovation, la croissance et la vitalité des
coopératives partout au Québec. Et ce n'est pas un projet de loi qui vient du
ministre — oui,
je le dépose — c'est
un projet de loi qui vient du milieu coopératif, qui attend depuis près de
20 ans... depuis 10 ans, parce que la dernière modification s'est
faite en 2015, qu'on arrive avec un changement au niveau de nos coopératives.
Et, justement, ce changement-là vient aider nos coopératives au niveau de la
paperasse, de toute la question des formulaires, de toute la question de la flexibilité. On vient aussi
introduire la notion de coopérative d'intérêt collectif. En fait, on va
reconnaître celles qui oeuvrent dans
l'intérêt d'une collectivité, M. le Président. Puis on vient réaffirmer, là,
des principes fondamentaux de
coopérative, en fait, la propriété collective, le contrôle démocratique, la
contribution au développement des communautés. Puis, quand on parle de
modernisation au bénéfice des entreprises, on renforce, M. le Président, la
gouvernance et la transparence. Nos coops le
demandent, elles en ont besoin. On va aussi venir encourager l'innovation, la
diversification des activités. Puis
c'est sûr qu'on favorise l'économie sociale, parce qu'on le sait, ça représente
plus de 236 000 emplois au
Québec. Bien entendu qu'on va contribuer à une économie plus durable et
inclusive, M. le Président. Puis, parfois... En fait, le projet de loi
n° 111, je pense, c'est important de le mentionner, tu sais, on dit qu'on
vient adapter le cadre légal aux réalités économiques et sociales
aujourd'hui, on introduit, entre autres, la notion de coopérative d'intérêt
collectif pour bien répondre aux besoins des communautés puis on harmonise
aussi avec d'autres lois, d'autres dispositions législatives, parce que, les
coopératives, nous, on y croit. C'est des acteurs clés de l'économie sociale. Ils contribuent à la vitalité économique de nos régions,
à la création d'emplois, à la lutte contre les inégalités aussi, partout
au Québec.
Puis on veut s'adapter, M. le Président, à la
réalité, à la réalité actuelle. Donc, on s'adapte, M. le Président, avec ce projet de loi là, parce que, de l'économie...
quand on parle d'économie d'entreprise, l'économie passe par tout type
d'organisation. Tu as des organisations de développement économique, tu as des
entreprises, des compagnies, des sociétés en
nom collectif, mais tu as de l'économie sociale aussi qui fait de l'économie.
Puis ça a été démontré que durant la pandémie, c'est ceux qui s'en sont
le mieux sortis, qui ont passé le mieux au travers de la situation actuelle,
par la force des membres, par l'ancrage dans le milieu. M. le Président.
Donc, encore une fois, on vient reconnaître...
on donne plus de flexibilité. Juste au niveau de la gouvernance, au niveau des
fonds dédiés à d'éventuelles ristournes, de l'allègement réglementaire, M. le
Président, on en parle, les comptables sont venus en commission, puis ils en
ont parlé. Ça va permettre aussi plus de facilité à avoir accès à du
financement. Et je sais que ma collègue de l'opposition officielle, avec ses
collègues, on a travaillé ça ensemble lors des consultations, puis on est tous
au même point, à la même place, on veut améliorer l'environnement d'affaires de
nos coops. Puis le projet de loi qu'on
dépose vient le faire. Donc, si on améliore l'environnement d'affaires de nos
coops, de notre système coopératif et de la mutualisation, bien, on
vient justement améliorer le développement économique de nos régions. On a des
modèles exemplaires dans nos coops qui sont bien établis dans nos communautés.
On les retrouve dans nos villages puis dans
différents types de... dans différents secteurs, puis, de plus en plus, les
coopératives se font connaître par les ministères. Donc, c'est un
dossier qui me tient énormément à coeur puis qui est très important pour nous,
M. le Président.
• (11 heures) •
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre. On enchaîne avec la députée de Labelle. Cinq minutes, la parole
est à vous.
Mme
Jeannotte : Merci, M. le Président. Je suis un peu surprise
d'entendre la députée de Jeanne-Mance—Viger
nous faire des leçons en matière de développement économique régional parce que
s'il y a un gouvernement qui a coupé dans les CLD, c'est bien le Parti
libéral avant nous. Puis au contraire, nous... Je suis aussi surprise de
l'entendre se plaindre de cinq projets de
loi pour réduire la paperasse. Au contraire, justement, ça prouve qu'on veut
déréglementer puis qu'on est à l'écoute du terrain. C'est tout à fait le
contraire, M. le Président. Puis c'est facile, quand on est dans l'opposition, de dire des anecdotes, de parler de
sondages ou de dire... des gens qui en voudraient toujours plus, mais, quand
on gouverne, c'est autre chose, M. le Président.
Puis, tout à l'heure, je n'ai pas eu le temps de
vous parler d'exemples concrets, je vais continuer sur ça. C'est
400,6 millions qui seront octroyés pour le développement économique des
régions, pour appuyer le secteur de l'agriculture,
de la forêt et des pêches. Ça, c'est vraiment de l'aide aux régions.
254,7 millions qui vont permettre de soutenir des secteurs
essentiels à la vitalité régionale, je l'ai dit, l'agriculture, la forêt, les
pêches avec un congé temporaire de taxe sur
la masse salariale. Comme je le disais, il va toujours s'en trouver pour dire
que c'est passé. C'est tout à fait normal. Mais quand on gouverne, on a
des décisions à prendre puis on est dans la bonne direction avec ces
mesures-là. 30 millions pour la compétitivité du secteur agricole.
4 millions pour prolonger le mécanisme de ristourne à impôt différé des coopératives agricoles.
1,7 million pour prolonger le mécanisme d'étalement de revenus pour les
producteurs forestiers.
Oui, je lis, M. le Président, je lis parce que
c'est sur des faits concrets et non pas des anecdotes tirées n'importe où. Ça fait que c'est pour ça que je
suis obligé de lire, pour m'en tenir à des faits. Concrètement, cette mesure
va permettre aux propriétaires de forêt privée d'étaler
la déclaration de leurs revenus, de vendre sur une période de 10 ans. Ça
s'adresse à tous les producteurs québécois qui ont un capital versé inférieur à
50 millions. Puis la mesure va permettre la réduction du fardeau fiscal
d'environ 350 producteurs forestiers. Ce n'est quand même pas rien, ça.
Avec l'annonce du ministre des Finances, la mesure est prolongée de deux ans
afin de minimiser le choc financier lié à la
guerre commerciale et stimuler la mise en marché de bois provenant des forêts
privées. Pour soutenir les entreprises de
la Gaspésie et certaines régions maritimes du Québec dans leurs investissements
de projets de modernisation pour le prolongement du crédit d'impôt,
65 millions sur quatre ans, M. le Président. Et finalement,
45,2 millions de dollars pour renouveler le financement pour le
Réseau accès entreprise, dont je parlais tantôt, que le Parti libéral a coupé
avant nous, un service de proximité qui offre une porte d'entrée et de l'accompagnement-conseil
pour les entreprises dans leurs démarches de
structuration, de développement et accélération de leurs projets d'affaires. Ce
montant permet aux équipes de
développement économique des MRC et de leurs organismes associés faisant partie
du réseau à maintenir les ressources qu'ils consacrent à
l'accompagnement des entreprises.
On ne peut pas nier que la situation économique
actuelle et les défis uniques à chacun ont frappé de plein fouet nos secteurs
d'activité dans les régions. C'est ça, le contexte, c'est sûr. Les tarifs
douaniers qui nous ont été imposés ont amené une hausse des coûts
d'approvisionnement et d'exploitation. Les changements climatiques intensifient
davantage les défis vécus par ces industries dont leur activité repose essentiellement
sur l'exploitation des ressources
naturelles. Vous savez, c'est ça, là, quand on parle d'adaptation à des
contextes. C'est certain qu'on fait face à ces défis-là.
Dans le cas de l'industrie forestière, la baisse
des prix de leurs produits réduit la liquidité et la rentabilité des entreprises. Dans plusieurs régions, les volumes
de bois récoltés s'avèrent insuffisants par rapport à la capacité de
production. Mais notre gouvernement, M. le Président, ne les laissera
pas tomber. On entend soutenir la transformation de l'industrie forestière et
la simplification de leur environnement d'affaires pour renforcer la
résilience, l'agilité et la compétitivité. Également, on peut rassurer les
producteurs agricoles de la pêche que leur gouvernement est là pour eux. On continuera de veiller à leur intérêt, et
nous ferons tout notre possible pour les aider à protéger et à accroître leur productivité.
Vous savez,
M. le Président, c'est reconnu, on est un gouvernement des régions, le parti
présent... on est le parti présent dans toutes les régions du Québec. Ce
n'est pas nouveau. C'est avec cette pensée en tête que nous prenons des
décisions pour les Québécois partout sur le territoire. Merci, M. le Président.
Le
Président (M. Allaire) : Merci à vous, Mme la députée de Labelle. On débute
le dernier bloc. Vous êtes la seule à intervenir, cinq minutes. La
parole est à vous.
Mme
Rotiroti : Merci. M. le Président, juste pour corriger ma
collègue de Labelle, ce n'est pas des anecdotes, Mme la députée, c'est
des gens, c'est des cris de coeur des gens, des PME, des organismes qui
appuient nos PME à tous les jours. Alors, je
trouve ça un peu réducteur de dire que c'est des anecdotes qu'on prend... qu'on
tire de n'importe où. Ce n'est pas des anecdotes, Mme la députée. C'est des
faits et c'est des gens qui parlent publiquement pour dire à quel point
que vous êtes déconnectés comme gouvernement.
J'ai dit au ministre que je reviendrais sur les
travailleurs étrangers temporaires. C'est un enjeu de pénurie de main-d'oeuvre, c'est... J'imagine que le ministre
doit être très au fait de tous les débats qui entourent ces travailleurs-là.
Juste vous dire que, dans... Puis je ne
rentrai pas dans des chiffres, mais juste vous dire qu'il y a une conséquence
néfaste, une conséquence directe dans nos entreprises et nos PME à
travers les régions. C'est des travailleurs qui arrivent ici, qui, la plupart
du temps, sont choisis par les entreprises, par les PME dans des domaines assez
spécifiques et c'est des travailleurs, dans
le fond, qui sont totalement intégrés, qui contribuent à l'essor économique de
la région, mais qui, aussi,
s'assurent que l'entreprise peut accélérer dans sa productivité, dans
l'innovation puis est capable de remplir, dans certains cas, les
contrats qu'elles ont pris et de peut-être voir si elles peuvent en accepter
d'autres.
Alors, le Saguenay, entre autres, qui est la
région d'où vient le ministre, il doit sans doute savoir que ça entraîne des conséquences directes, immédiates et,
dans certains cas, dramatiques pour le développement économique de sa
région. Ce n'est pas l'opposition qui le dit, encore une fois, ce sont les
employés, les chambres de commerce, les manufacturiers, les acteurs du terrain
dans les régions. Alors, ce n'est pas nous, c'est eux qui vous le disent. Puis je n'ai pas de raison de croire que le ministre
est en tournée à travers le Québec, au contraire, mais, s'il est en tournée
puis il rencontre ces acteurs-là, c'est impossible, impossible, que ces
gens-là ne lui parlent pas des enjeux de pénurie de main-d'oeuvre. C'est
impossible. Nous, avec l'Escousade PME, avec mon collègue le député
Marguerite-Bourgeoys, nous aussi, on est en
tournée à travers le Québec. Je vais vous dire, là, que c'est... Je vous
dirais, c'est presque l'enjeu principal dans tous les secteurs, dans
toutes nos entreprises à travers le Québec.
Alors, j'aimerais ça savoir, le ministre, là,
s'il a eu l'occasion de discuter avec son collègue à l'Immigration de ces
défis-là, de ces défis-là, de ces travailleurs-là qui, je répète, sont
francisés, sont complètement intégrés dans la région.
Et je vais vous dire que les gens de la région même nous disent : On a
besoin de ces gens-là, on veut qu'ils restent. Ils parlent même de voir si le gouvernement peut avoir une clause grand-père
pour s'assurer que ces gens-là demeurent en région, qu'ils demeurent à
l'emploi de l'entreprise. Dans le fond, les... les entreprises, qu'est-ce
qu'elles nous demandent, qu'est-ce qu'ils demandent du gouvernement, c'est un
peu de prévisibilité. Puis le mot «prévisibilité», ça aussi, c'est récurrent dans toutes, toutes les régions du Québec. Vous
faites du mur-à-mur, M. le ministre, sans prendre en considération les
spécificités des régions. Vous dites : On fait ça, mais ça, c'est à
travers... Vous ne regardez pas les effets
que ça peut avoir. Je vous dis, les travailleurs temporaires, là, il va y avoir
un effet néfaste pour l'économie du Québec, néfaste.
Alors, j'aimerais ça
savoir, le ministre, parce que lors de... en 2022, lui-même disait, à propos de
la pénurie de main-d'oeuvre, puis je... je le cite : «...est un problème à
la fois conjoncturel et structurel» et avance quelques pistes de solution. Il
dit : «Tous les enjeux liés à la pénurie de main-d'oeuvre, il s'agit d'un
problème conjoncturel, structurel, qu'on vit à la grandeur du pays.» Là-dessus,
je suis d'accord avec M. le ministre. «La requalification des employés et la
question sur l'immigration, de même que la robotisation et l'innovation doivent
faire partie de la solution.» Vous-même, en
2022, M. le ministre, vous avez dit que l'immigration faisait partie de la
solution par rapport à la pénurie de main-d'oeuvre. Est-ce
qu'aujourd'hui, avec votre chapeau de ministre, vous avez changé d'idée?
Conclusions
Le
Président (M. Allaire) : Merci, Mme la députée. On débute donc le dernier
bloc, les conclusions. Vous avez 10 minutes, M. le ministre. La
parole est à vous pour 10 minutes.
M. Eric Girard
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Bien, écoutez, M. le Président. Ça fait... ça fait...
ça fait 1 h 30 min, là, qu'on... qu'on fait la démonstration
devant cette assemblée des actions qu'on a... qu'on a entreprises et qu'on va
continuer d'entreprendre partout au Québec en faveur du développement
économique régional. Je remercie ma collègue la députée de, justement, soulever tout le dossier du
développement économique régional, qui est extrêmement important. Vous avez entendu mes consoeurs, mes confrères députés qui
ont donné des exemples concrets de projets qui ont été réalisés sous l'impulsion
de notre gouvernement dans leur région.
• (11 h 10) •
Et j'ai mentionné aussi d'entrée de jeu la place
centrale que les PME occupent, entre autres, dans notre vision économique. Puis on a une vision économique qui a
été présentée le 10 novembre dernier, puis j'aimerais ça en parler un peu
aussi, de cette vision économique là, parce qu'elle va être profitable aussi
pour les régions du Québec, pour nos entreprises.
Puis je veux mettre en lumière, à la fin de cette interpellation, les grands
engagements de notre gouvernement en matière d'économie pour les années
à venir, parce que ça touche justement nos régions, ça touche aussi à la
richesse, puis c'est des emplois importants aussi, puis on... C'est un défi, en
fait, du contexte actuel, puis il faut saisir aussi les nouvelles occasions
d'affaires.
Puis, on cible quatre grandes priorités pour
notre vision économique, entre autres, justement, vous en doutez, on veut miser sur le... sur notre énergie
renouvelable et augmenter massivement, en fait, notre production, notamment grâce
à Hydro-Québec. Je pense que tout le monde est d'accord ici, là, il n'y a pas
personne qui est contre ça. On sait que notre production hydroélectrique est
l'une des plus importantes au monde, M. le Président, elle constitue le
fondement du pouvoir québécois. Puis c'est le fun, parce que l'entièreté de nos
grandes centrales hydroélectriques se trouvent en région. Ce sont nos
territoires éloignés qui alimentent le Québec, M. le Président, en énergie
propre et renouvelable. Puis c'est grâce à eux que nous pouvons offrir une
électricité abordable et décarbonée à l'ensemble des Québécois.
Vous savez,
le gouvernement a pris l'engagement, avec Hydro-Québec, d'augmenter massivement
la production d'électricité renouvelable d'ici 2050 pour sécurité...
sécuriser notre avenir. On n'a pas le choix, c'est important. On parle non
seulement d'hydroélectricité, mais aussi des autres formes d'énergies
renouvelables, comme l'éolien qu'on développe et aussi le solaire qui est en
développement puis qui est important. Puis c'est important de le mentionner,
que ça se fait en collaboration, bien entendu, avec les Premières Nations et
les communautés inuites. Et l'efficacité énergétique sera au coeur de notre
stratégie pour consommer mieux tout en produisant plus. Et mon collègue de la
Gaspésie tout à l'heure mentionnait justement une entreprise dans son milieu, à
Cap-Chat, qui a eu besoin d'un bloc d'énergie.
Puis ça démontre à quel point c'est important pour la création d'emplois aussi.
On sait que le plan de gestion intégrée des ressources énergétiques qui
est en cours d'élaboration va porter sur toutes les sources d'énergie, je l'ai mentionné, en accordant une importance particulière
à l'efficacité et à la sobriété énergétique.
Deuxièmement, on souhaite aussi être plus agiles
dans la réalisation des projets stratégiques. Et je vais rejoindre ma collègue
et réduire la bureaucratie pour un État plus performant. Ça, c'est bien entendu,
durant mes tournées, les gens me parlent, là, dans nos programmes, de nos... de
notre plan PME, d'Investissement Québec. Et je vous dirais que, dans
l'ensemble, ils sont satisfaits, satisfaits des programmes de financement, des
programmes d'aide. Mais on me parle beaucoup de bureaucratie, de lourdeur
administrative, M. le Président. Donc, on s'engage à intensifier des efforts d'allègement réglementaire et administratif pour
simplifier toujours la vie de nos entrepreneurs, mais ce n'est pas
facile. Ça ne se fait pas en un claquement de doigts, M. le Président. Mais il
y a des actions qui ont été faites. On a réussi à réduire de 11 %, depuis
2020, de 11 % le nombre de formalités administratives au Québec, puis on a
diminué de 23 % le coût de ces formalités, M. le Président. Donc, ça, ça
vient permettre des économies annuelles pour nos entreprises. Puis on a aussi
abaissé de 7 % le volume des formalités. Donc, ce n'est pas vrai qu'il ne se fait rien, au contraire. Regardez ce qui...
ce qui est fait. Mais, comme je le dis, ça ne se fait pas en un claquement de
doigts. Puis actuellement, oui, on est en train d'élaborer un projet de loi
omnibus, dont le dépôt est prévu sous peu, pour continuer d'alléger le
fardeau administratif des entreprises. Et je sais que je vais pouvoir compter
sur la collaboration de nos collègues à l'opposition officielle. Puis on
échange. Moi et mon collègue aux PME, on a des échanges constructifs avec notre
ministre. On est une équipe à l'Économie, puis on échange sur des enjeux justement
qui concernent nos entreprises, parce que c'est important, parce qu'on veut
avoir un environnement d'affaires plus agile et compétitif pour nos
entreprises, pour qu'ils puissent croître davantage. Puis, lors de mes
tournées, lors de mes rencontres,
on m'en parle régulièrement, c'est un enjeu, c'est une question qu'on me parle
sur le terrain, M. le Président. Je l'ai vécu moi-même comme
entrepreneur, je le comprends, je comprends bien ça. Et il faut continuer à
travailler justement à améliorer la vie de nos organisations, de nos organismes
de développement économique local, mais aussi de nos entreprises. Puis c'est ce
qu'on fait, M. le Président, on a justement des chiffres qui viennent le
démontrer. Mais on ne s'arrête pas là. On continue justement, là, à améliorer
l'environnement d'affaires de nos entreprises en termes d'allègement
réglementaire puis faciliter la vie de nos entrepreneurs, nos entrepreneuses.
On veut aussi déployer plus d'efforts pour faire
grandir nos entreprises au Québec puis, c'est important de le dire, d'ouvrir nos horizons en développant de
nouveaux marchés et partenaires aussi. Donc, on veut mobiliser davantage
nos acteurs économiques. On n'arrête pas là. On nous dit qu'ils sont présents,
les gens sont impliqués, dont Investissement Québec et la Caisse de dépôt pour
accompagner nos PME dans leur croissance à long terme. En fait, on veut que nos
entreprises deviennent de véritables fleurons de notre économie puis tout en
protégeant la propriété québécoise. C'est important pour nous.
Nos entreprises doivent être soutenues par
l'écosystème en place. On continue justement de soutenir l'écosystème,
notamment en matière d'innovation aussi. L'innovation est importante, ma
collègue le mentionnait. Donc, dans notre
vision économique, les établissements d'enseignement supérieur, les centres de
recherche et les zones d'innovation auront un rôle considérable à jouer,
M. le Président.
On aussi... on a aussi une occasion qui... qui
nous est offerte par le secteur de la défense, entre autres, celui des minéraux
critiques et stratégiques, pour que toute l'économie québécoise en ressorte
plus forte à long terme. Puis je suis content parce que justement, déjà dans ma
région, ils ont salué l'effort à ce niveau-là, au niveau, là, de toute la question des minéraux stratégiques et critiques.
On en a un port à Saguenay, on a des... des infrastructures qui sont là.
Donc, ça a été souligné d'ailleurs par les... la Chambre de commerce de
Saguenay. Puis, sur ce dernier point, c'est important de préciser que près de
70 % des entreprises sur le marché de la défense sont des PME qui
participent activement à notre développement économique régional. Vous savez,
M. le Président, notre vision économique les concerne au premier plan. Entre
autres, la défense, c'est un marché stratégique pour notre économie, mais on
voit également une croissance des dépenses dans cette industrie partout dans le
monde. Et nous avons l'occasion de tirer notre... notre épingle du jeu, M. le
Président. Le gouvernement fédéral et l'Union... européenne, pardon, veulent
augmenter considérablement leurs dépenses en défense. On veut être un
partenaire important dans les chaînes d'approvisionnement de la défense, M. le
Président, au Canada et à l'international, puis on le sait qu'on est capables
d'y arriver. On a le potentiel, on a les ressources. Donc, on continue de
renforcer nos collaborations, à se positionner clairement et à innover, M. le
Président.
Puis, quant au secteur des minéraux critiques et
stratégiques, ça représente une occasion de développement à long terme pour le
Québec. On sait que les perspectives de croissance augmentent rapidement pour
assurer la transition énergétique et technologique en... en cours partout sur
la planète. Puis je reviens encore sur l'exemple de l'annonce qu'on a faite, d'alumine. Ils ont des marchés
internationals incroyables, la troisième plus grosse, justement, en termes de production dans le monde, de
l'alumine de haute pureté. Ça en est, ça, des stratégies, puis c'est des exemples
concrets, justement, pour pousser des PME dans nos régions puis dans nos
municipalités.
Je reviens sur les mines. On sait qu'on a
27 mines qui sont actives au Québec. Ils sont tous en région. Ils nous
permettent de réduire notre dépendance aux importations puis de bâtir une économie
forte puis résiliente. Donc, on veut multiplier ça par 20 d'ici 2040. C'est
extrêmement important. Bien entendu, ça passe par un plan PME, par nos... Investissement
Québec, avec nos allègements réglementaires au niveau de la paperasse, tout en
conservant les mesures environnementales en
place. Puis c'est un écosystème, c'est un système qui est mondial. Alors, ça va
prendre énormément de ressources aussi pour en arriver là, M. le
Président.
Puis, vous
savez, on est partout présents. On a fait des visites dans les régions. On
rencontre des entrepreneurs. Puis je le dis, là, il n'y a personne qui va être
oublié, M. le Président, personne, pas une région du Québec. On est là
pour s'occuper de tout le monde, M. le Président, puis c'est ce qu'on fait. Le contexte
n'est pas facile. On a été présents, on a
travaillé, on continue d'être là, on va continuer. On le fait pour le bien du
Québec, le bien de nos régions puis le bien de nos communautés, M. le
Président. Merci.
• (11 h 20) •
Le
Président (M. Allaire) : Merci à vous, M. le ministre. Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger,
c'est vous qui avez demandé cette interpellation, c'est vous qui avez
l'opportunité de conclure. La parole est à vous pour 10 minutes.
Mme Filomena
Rotiroti
Mme Rotiroti : Merci,
M. le Président. Alors, on est déjà rendus à la fin de l'interpellation. Ça va
extrêmement vite.
Je n'ai pas pu... Je vais juste effleurer
l'industrie forestière, parce que c'est quand même... c'est quand même une industrie qui... elle est extrêmement
importante et structurante pour le Québec. Écoutez, la seule chose que j'ai à
dire là-dessus, c'est que l'industrie
se sent totalement abandonnée par ce gouvernement-là. Quand on a un premier
ministre qui va à Washington puis qui est prêt à faire des importantes
concessions dans le... dans ce secteur clé pour notre économie, quand le premier
ministre est prêt à sacrifier un secteur complet, un secteur stratégique comme
la forêt en disant : Bien, c'est
60 000 emplois... parce que c'est ça, 60 000 emplois, quand
même, là, l'industrie forestière, à travers le Québec, puis qu'il
dit : Bien, ce n'est pas grave, là, ces employés-là, ils pourront aller
dans le nord puis travailler à Hydro-Québec, là, je pense, ça démontre à quel
point qu'on a du respect pour cette industrie-là.
Le repreneuriat. Sachez, M. le ministre, là, si
vous voulez... vous attaquer à un enjeu comme le repreneuriat, sachez
qu'aujourd'hui c'est plus facile de céder une entreprise à l'étranger que ça
l'est pour le céder à un membre de la famille. Alors, je
vous invite que vous posez des questions dans votre tournée à cet effet-là.
Vous allez voir, là, parlez à la jeune
Chambre de commerce, parlez à des entrepreneurs qui, aujourd'hui... parce qu'on
a tout le... les baby-boomers, là, qui sont prêts, probablement dans
quelques années, de céder une entreprise qui est viable, qui est productive, et
qu'ils ne savent pas comment s'y prendre. Alors, je répète, M. le ministre,
c'est plus facile à vendre à l'étranger que
de céder à un membre de la famille. Et ça, c'est des entreprises qu'on veut
garder ici, au Québec. Alors, je vous
invite peut-être de... dans votre prochaine tournée, de poser la question. Vous
allez avoir la réponse, j'en suis sûre.
Alors, on est déjà rendus à la fin de notre
interpellation, et je pense que les régions du Québec et les entrepreneurs qui
nous écoutent aujourd'hui comprennent bien qu'on n'a pas eu des... beaucoup de
réponses à des questions quand même assez précises, que ça soit au niveau de la
paperasse, que ce soit au niveau de la relève, que ça soit au niveau des
travailleurs, que ça soit au niveau de l'industrie, le repreneuriat. On a parlé
beaucoup du plan PME 2025-2028, puis je pense que les faits parlent
d'eux-mêmes. C'est un plan qui a n'aucune ambition, qui, dans le fond, n'a pas
vraiment des nouvelles sommes, elles sont très minimes par rapport à l'ampleur
de les défis que nos PME peuvent vivre dans toutes les régions du Québec.
Je veux dire
qu'on a eu un discours d'ouverture à la session parlementaire, un discours dans
lequel il n'y avait rien sur nos forêts, rien pour nos agriculteurs,
rien pour l'industrie névralgique en région. Pour les régions, c'est un message
clair : On ne vous voit pas. Et, dans bien des municipalités, ce silence a
été interprété non seulement comme un oubli, mais comme un désintérêt profond.
Le premier ministre a prorogé la Chambre, a procédé à un remaniement
ministériel, a promis des nouvelles orientations, mais, finalement, sur le
terrain, rien. Ce n'est que de la poudre aux yeux et nos régions restent sur
leur faim. Encore une fois, les attentes étaient extrêmement élevées et les
résultats ne sont pas au rendez-vous. Même au niveau de le caucus de la CAQ, M.
le Président, on a vu, il y a des députés qui se sont levés debout pour leur
région. On a juste à penser au député de l'Abitibi-Ouest qui a... Est,
excusez-moi, de l'Abitibi-Est qui a été exclu de son propre caucus parce qu'il
a eu le courage de se lever, de se lever puis parler de sa région, puis
défendre sa région par rapport à les défis qu'ils ont, et ça, ça mérite
qu'aujourd'hui il est assis dans les banquettes indépendantes. On a
l'ex-ministre de la Forêt qui, elle, dit clairement qu'elle avait reçu les
orientations pour sa politique par le bureau du premier ministre. Aujourd'hui,
on est rendus à la case de départ, puis la députée de Rimouski est assise dans
les banquettes des indépendants.
Pendant l'échange, pendant l'interpellation ce
matin, nous avons entendu les mêmes incohérences, les mêmes excuses, les mêmes
lacunes. Et finalement, ce que nous avons ici est clair, c'est un gouvernement
qui promet de réduire la paperasse, mais qui en génère plus que jamais, un
gouvernement, qui ignore les signes de détresse des agriculteurs, des
travailleurs forestiers et d'autres industries vitales au Québec, un
gouvernement qui lance un plan PME sans
cible, sans vision et moins d'argent, un gouvernement qui ne comprend pas
l'urgence d'agir dans les dossiers des travailleurs migrants et qui,
ultimement, laisse les travailleurs étrangers temporaires et les employés
québécois dans une bureaucratie incroyable. Ces exemples s'ajoutent à une
longue série de décisions improvisées, incohérentes, mal arrimées aux réalités
du terrain depuis que vous êtes au gouvernement. Brouillons envers nos régions,
brouillons envers nos PME, brouillons envers
l'économie locale, brouillons, finalement, pour aider les Québécois. On ne
gouverne pas l'économie régionale
avec des demi-tours, des reculs et des... des correctifs improvisés. Pendant ce
temps-là, partout sur le territoire,
des entrepreneurs, des travailleurs, des élus municipaux, des organismes de
développement économique tirent la sonnette d'alarme. C'est vraiment un cri de
coeur, M. le Président. Tous disent la même chose : Le gouvernement
fait la sourde oreille. Les régions sont le coeur économique du Québec. Il faut
qu'on les écoute, et qu'on les respecte, et
qu'on leur donne les moyens de prospérer. C'est juste ça que nos entreprises
demandent, M. le ministre. Tassez-vous, donnez-leur les outils pour
qu'ils puissent être plus productifs, pour qu'ils puissent innover. C'est ça
qu'ils veulent. Arrête d'intervenir. Arrêtez d'intervenir dans le quotidien de
nos entreprises. Ils savent. Nos entrepreneurs, là, c'est... c'est des
innovateurs de... Ils ont l'esprit entrepreneurial. Ils savent, ils savent
comment gérer leur entreprise. Ils n'ont pas besoin du gouvernement à leur dire
comment gérer leur entreprise. Qu'est-ce qu'ils ont besoin d'un gouvernement,
c'est de croire en eux, de leur donner les outils nécessaires, d'être à leur
écoute. Parce que, je vous le dis, sans ces
entreprises-là, les régions, là, ne pourront pas aller de l'avant. On en a
besoin. C'est le coeur, c'est le poumon économique de nos régions qui
lance ce cri du coeur là, et le gouvernement, je répète, font la sourde
oreille.
J'ai parlé
tout à l'heure de le mot «imprévisible». Je vous ai dit aussi que, nous, pour
le Parti libéral du Québec, les régions sont extrêmement importantes,
d'aller à leur rencontre et de les écouter par rapport à leurs besoins. On est dans la... On n'est pas, nous, dans la philosophie
du mur-à-mur. Nous, on est dans la philosophie de dire : Bien, chaque
région a sa spécificité, chaque région a des besoins particuliers. Et nous,
comme gouvernement, il faut s'assurer qu'on donne ces outils-là pour qu'ils
puissent aller de l'avant.
Aujourd'hui, nous avons illustré que plusieurs
acteurs disent depuis des années que le gouvernement a perdu contact avec la
réalité économique régionale, que c'est... ce n'est pas un jugement politique,
c'est un constat factuel basé sur des témoignages d'acteurs du terrain,
d'entrepreneurs et des enjeux des élus locaux.
Pour nous, l'objectif est simple, c'est bâtir et
développer avec les régions, qui sont les meilleures placées pour développer un
véritable plan économique, pour soutenir la croissance de nos entreprises et
renforcer le tissu entrepreneurial à travers
le Québec. Parce que personne n'est mieux placé que nos entrepreneurs pour
définir les solutions dont ils ont vraiment besoin.
Je pense qu'aujourd'hui, M. le Président, on...
le gouvernement vient d'illustrer qu'ils sont... ils n'ont jamais été le parti
de l'économie et ils ne seront jamais le parti de l'économie. Merci, M. le
Président.
Le
Président (M. Allaire) : Merci à vous. Ça met fin à cette interpellation.
Merci à tous pour votre collaboration mais surtout pour les échanges
respectueux. Bravo!
Alors, compte tenu de
l'heure, je lève la séance, et la commission, ayant accompli son mandat,
ajourne ses travaux sine die. Merci. Bon dîner, tout le monde.
(Fin de la séance à 11 h 30)