Journal des débats de la Commission de l'économie et du travail
Version préliminaire
43e législature, 2e session
(début : 30 septembre 2025)
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Le
jeudi 11 décembre 2025
-
Vol. 48 N° 10
Étude détaillée du projet de loi n° 3, Loi visant à améliorer la transparence, la gouvernance et le processus démocratique de diverses associations en milieu de travail
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11 h (version non révisée)
(Onze heures vingt-quatre minutes)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la commission de l'économie et du travail ouverte. La Commission est réunie
afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi numéro 3, Loi visant à
améliorer la transparence, la gouvernance et le processus démocratique de
diverses associations en milieu de travail. M. le secrétaire, est-ce qu'il y a
des remplacements ce matin?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Jeannotte (Labelle) est remplacée par M. Gagnon
(Jonquière), M. Thouin (Rousseau), par Mme Schmaltz (Vimont), Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce) par Mme Prass (D'Arcy-McGee), MmeRotiroti (Jeanne-Mance—Viger), par Mme Cadet
(Bourassa-Sauvé) et M. Fontecilla (Laurier-Dorion), par M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve).
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Alors, si vous vous souvenez, lors de l'ajournement d'hier, nous étions sur la
motion préliminaire déposée par la députée d'Hochelaga-Maisonneuve. Alors, je
vais vous céder la parole d'entrée de jeu, il vous reste 6 minutes, 15 secondes.
La parole est à vous.
M. Leduc : Merci, M. le
Président. Bonjour, tout le monde, content de vous retrouver aujourd'hui pour l'étude
détaillée. Alors j'étais en train de lire quand on s'est quitté le mémoire de,
pardon pour le micro, des professeurs de l'Université de Montréal, là, Mme Mélanie
Laroche, M. Jordan Wilson et Pierre-Antoine Harvey. Je vais donc le terminer
comme j'avais prévu de le faire, il m'en restait une page ou deux.
Alors j'y vais : Dans les systèmes de
relations industrielles, la démocratie syndicale repose sur des mécanismes
institutionnalisés : assemblées générales, élections internes, mandats
délibératifs et participation aux instances décisionnelles. Le rôle du
législateur ne devrait pas consister à substituer ces mécanismes par des
prescriptions uniformes, mais plutôt à créer des conditions permettant aux
membres de prendre eux-mêmes les décisions relatives à la gouvernance
financière et démocratique de leur organisation. Ce sont les membres, et non
l'État, qui sont habilités à définir les modalités spécifiques destinées à
renforcer la transparence, la reddition de comptes et la vitalité démocratique
de leur institution collective.
Conclusions et recommandations. En
définitive, nous soutenons que le projet de loi 3 repose sur une prémisse qui
n'est nullement démontrée par les données scientifiques : rien n'indique
que les syndicats québécois bénéficient d'un rapport de force supérieur à celui
des employeurs. Au contraire, les études disponibles montrent un... un
équilibre souvent fragile, modulé par des contextes économiques, sectoriels et
institutionnels. Baser une réforme majeure sur l'idée que les organisations
syndicales jouiraient d'un pouvoir excessif revient donc à ignorer la réalité
empirique, à caricaturer les dynamiques de négociation et à fragiliser un
système de relations de travail qui repose, avant tout, sur la recherche d'un
juste équilibre entre les parties.
Dans ce contexte, comment expliquer que la
représentation syndicale exercée à l'extérieur des établissements soit
désormais encadrée, alors que ces contraintes ne s'appliquent pas aux autres
acteurs du système de relations du travail qui pourront, sans...
M. Leduc : ...train de
continuer à influencer les politiques économiques et sociales. Faut-il rappeler
que les syndicats figurent déjà parmi les acteurs soumis aux obligations
démocratiques directes envers leurs membres les plus importants? On ne peut
s'opposer au souci de favoriser de saines pratiques de gouvernance. L'État et
les organisations syndicales ont tout intérêt à les promouvoir. Il est
certainement possible d'en tracer les grandes lignes, mais il revient aux
membres de déterminer les modalités qui seront réellement adaptées à leurs
besoins et à leur réalité interne.
La réflexion sur les mécanismes favorisant
la participation démocratique des membres doit dépasser le seul cadre du
contrôle externe des organisations syndicales. Elle doit plutôt s'inscrire dans
une logique institutionnelle visant à renforcer les pratiques démocratiques
internes, tout en tenant compte des contraintes organisationnelles réelles
auxquelles les acteurs sont confrontés. Dans cette perspective, la
participation active et éclairée des membres ne relève pas uniquement de
l'autonomie syndicale, elle constitue un enjeu partagé entre le syndicat et
l'employeur, dans la mesure où elle conditionne la qualité, la représentation
collective et la stabilité des relations de travail.
Premièrement, il conviendrait de permettre
aux syndicats d'établir des exigences minimales de participation aux assemblées
générales comme condition d'éligibilité au vote. Une telle mesure s'inscrit
dans une approche de démocratie délibérative. La décision collective est
précédée d'un processus de discussion informée. Elle vise à valoriser
l'implication des membres et reconnaître que la prise de décision syndicale ne
peut être réduite à une simple consultation individuelle décontextualisée.
Deuxièmement, les employeurs devraient
être tenus de mettre à la disposition des syndicats des espaces de
rassemblement adéquats, accessibles et adaptés afin de favoriser la
participation du plus grand nombre. Cette obligation s'appuie sur une logique
de partenariat institutionnel. Une organisation représentative ne peut
fonctionner efficacement sans un environnement permettant l'expression
démocratique de ses membres. En garantissant des conditions matérielles de
participation, l'employeur contribue à la qualité du dialogue social et à la
prévention des conflits.
Troisièmement, il serait opportun de
rendre obligatoire la libération syndicale des membres afin qu'ils puissent
participer aux assemblées lors des votes stratégiques. Cette mesure reconnaît
que la participation démocratique a un coût temporel et organisationnel qui ne
peut être assumé unilatéralement par les travailleurs. Les votes portant sur
les orientations majeures, renouvellement de conventions collectives,
stratégies de mobilisation, affiliation à une centrale, nécessitent une
participation informée, rendue possible par une libération adéquate du temps de
travail, ainsi que d'imposer... ainsi, plutôt que d'imposer des mécanismes de
contrôle uniformes et déconnectés des réalités syndicales, il est nécessaire de
soutenir les conditions institutionnelles permettant aux membres de s'engager
réellement dans la vie démocratique de leur organisation. Le renforcement de la
démocratie syndicale n'est pas l'affaire du seul législateur, il repose sur une
coresponsabilité entre les syndicats, les employeurs et les membres eux-mêmes,
chacun contribuant à créer l'espace, le temps et les règles nécessaires à une
participation authentique et constructive.
En somme, notre mémoire a montré pourquoi
la distinction entre cotisation obligatoire et facultative est non seulement
peu souhaitable, mais constituerait un frein à l'efficacité du système de
relations du travail au Québec. Nous pensons néanmoins que des mécanismes
peuvent être mis en place par des organisations syndicales pour accroître la
transparence et la reddition de comptes, mais certainement pas selon les
modalités prescrites par le projet de loi 3.
S'ensuit, donc, un résumé des différentes
recommandations que je n'aurai pas le temps de vous lire. Je voudrais terminer
cette intervention de ma dernière motion préliminaire sur le projet de
loi 3, M. le Président, en soulignant à quel point c'est important
d'entendre les experts dans notre société, dans les débats démocratiques que
nous avons ici. Ça a été une de mes grandes déceptions de pas être en mesure
d'en inviter davantage. On avait eu l'occasion d'en avoir quand même
quelques-uns lors du précédent projet de loi 101. On a vu au préavis, au
feuilleton, le ministre va déposer demain un projet de loi sur l'ordre des professions.
J'assume et j'espère que la prochaine séance d'audiences qui aura lieu sur le
prochain projet de loi du ministre contiendra un nombre réaliste d'experts,
parce que seulement en avoir entendu deux, ce n'était pas du tout à la hauteur
de ce que nous devons, comme débat démocratique, aux experts qui passent leur
vie à approfondir des matières puis à nous fournir des connaissances et des
réflexions. Et ce n'était pas non plus à la hauteur de ce qu'on doit aux
Québécois et aux Québécoises qui nous écoutent et qui s'attendent à ce que nous
prenions des décisions éclairées ici, dans cette Chambre et dans ce Parlement.
Et si on ne peut pas être éclairé par leurs lumières, c'est difficile de
pouvoir évoluer et de débattre sainement. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) :
Merci à vous. Mme la députée de d'Arcy-McGee.
• (11 h 30) •
Mme Prass : Merci, M. le
Président, je vais commencer par... mon collègue n'a pas eu le temps de lire
les recommandations, donc je vais le faire pour lui. Donc,
recommandation : Conséquemment, nous recommandons aux membres de
l'Assemblée nationale du Québec de retirer les articles du projet de loi qui
visent à imposer une distinction entre les dépenses liées aux activités
principales et facultatives. Retirer les obligations de mission d'examen
comptable ou de mission d'audit imposé à tous les syndicats. Rendre statutaire
la nomination d'un comité interne d'audit des finances. Ce comité constitue...
constitué d'un minimum de deux salariés de l'unité d'accréditation qui n'ont
pas d'autres postes électifs, aurait pour fonction d'analyser et vérifier le
budget et les états financiers de leurs syndicats et de recommander les mesures
nécessaires pour assurer la transparence financière. Maintenir l'élargissement
de l'article 47.1 du CT afin de rendre obligatoire pour les unions,
fédérations centrales ou confédérations auxquelles sont affiliées ou
appartiennent des associations accréditées...
11 h 30 (version non révisée)
Mme Prass : ...et de présenter
leurs états financiers en assemblée et de les rendre disponibles gratuitement
aux membres qui en font la demande. De retirer l'obligation d'un vote
référendaire pour l'ensemble des salariés cotisants sur la cotisation
facultative et substituer l'obligation que l'exercice de certains votes se
fasse sur une période d'au moins 24 h par des mesures favorisant la
participation démocratique qui s'adapte aux différentes réalités syndicales.
Donc, nous allons appuyer la motion du
collègue, comme ça s'est dit plusieurs fois hier, il n'aurait pas dû avoir de
plages vides lors des consultations. Chaque plage horaire aurait dû être
remplie par la présentation d'un groupe. Ceux qui se sont désistés, bien, il y
en avait d'autres qui ont levé la main et, entre autres.... je ne sais pas si
le Centre était disponible pour venir, mais on ne le saurait pas parce qu'on ne
leur a pas posé la question. Donc, le Centre de recherche interuniversitaire
sur la mondialisation et le travail, c'est une perspective, également, qu'on n'a
pas beaucoup entendue lors des consultations, celle des relations
industrielles. Et on voit juste dans la... la bibliographie du mémoire de ce Centre,
le travail exhaustif qui a été fait pour aller voir ce qui se fait ailleurs,
pour aller voir... pour faire des comparaisons et pour voir, contextuellement,
comment les propositions du ministre dans le projet de loi, qu'est ce qu'ils
auraient comme conséquences quand on regarde ce qui se fait ailleurs et ce qui
se pourrait faire... ce qui se fait ailleurs. Donc, encore une fois, une voix
qu'on n'a pas nécessairement entendue lors des consultations, qui aurait pu
amener une perspective différente, qui aurait pu, lors des échanges avec le
ministre, peut-être, amener certains points auxquels lui, il n'avait pas... qu'il
n'avait pas réalisé. Donc, nous allons également, comme j'ai dit, appuyer la
motion de mon collègue. Merci.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme la députée de d'Arcy-McGee. D'autres interventions? S'il n'y a pas d'autres
interventions.... Oui, M. le ministre, allez-y.
M. Boulet : Oui, peut-être
quelques minutes. Bonjour, tout le monde. Évidemment, je veux revenir sur
certains éléments, là, quand on fait référence à des drapeaux rouges à l'interne
et qu'il faut faire une alerte au public. Ce n'est pas une alerte au public que
les personnes qui transmettent l'information veulent faire, c'est informer le
député de Québec solidaire, mon collègue d'Hochelaga-Maisonneuve. Et, pour moi,
c'est participer à la joute politique, et ce n'est pas le devoir d'une personne
qui travaille dans un ministère. Pour moi, c'est de la pure déloyauté. Ceci
dit, on peut diverger d'opinion, mais pour moi, c'est clair.
L'autre élément que je voulais partager
avec vous, selon l'amendement qui va être déposé, il y en a quand même peu qui
vont être soumis à des missions d'examen puis les missions d'audit. On laisse
faire la mission première qui était celle qu'on appelait «de compilation», ça,
ça ne s'applique pas. Encore une fois, c'est de la transparence qui va venir de
l'interne, c'est des états sommaires, c'est important de le redire. Puis la
mission d'examen va s'appliquer à 10.6 % des accréditations qui
représentent 9.4 % des salariés concernés et l'audit, 9.9 % des
accréditations pour 74 % des travailleurs. Et vous vous demandiez quel est
le pourcentage des syndicats qui font des audits? Il faudrait leur demander, mais
la plupart qui sont venus ici nous ont dit que oui. Ah, puis je reprends tout
le temps mon terme, tout le monde a des pratiques exemplaires, mais le projet
de loi, c'est trop. Donc c'est... où est l'équilibre? Puis, c'est ça, notre
objectif à nous, de trouver un équilibre qui est respectueux de la capacité de
payer un CPA externe et, surtout, équilibre avec le droit des travailleurs de
savoir comment leurs cotisations syndicales sont utilisées. Mais le pourcentage
de ceux qui font des audits, il faut leur demander, mais tous ceux qui sont
venus devant nous ont dit : Nous, on fait déjà ça, nous, on se soumet déjà
à toutes les meilleures pratiques en matière de transparence, donc je trouve ça
quand même intéressant de le relever de nouveau.
Sur les postes électifs, là, revenez... Puis
je vous invite simplement à lire 20.1 du Code du travail qui le dit déjà :
Lorsqu'il y a une élection à une fonction à l'intérieur d'une association
accréditée, elle doit se faire au scrutin secret, puis à défaut de dispositions,
dans les statuts et règlements de l'association, prévoyant...
M. Boulet : ...que l'élection
doit se faire au scrutin secret, elle doit se tenir au scrutin secret. Il y a
déjà un encadrement au Code du travail qu'on vient bonifier, qu'on vient
ajouter, pour s'assurer que les pratiques soient harmonieuses et respectent les
objectifs du projet de loi : transparence, saine gouvernance et bonne
démocratie. Bon, écoutez, là, je pourrais dire à quel point j'ai du respect
pour le groupe du CRIMT. J'ai rencontré à plusieurs reprises, lors des
consultations particulières, des professeurs puis des participants à ce
centre-là qui jouent un rôle que je considère extrêmement bénéfique à
l'avancement du monde des relations de travail au Québec. Et il y a des groupes
qui se sont annoncés qui devaient venir et qui ont annulé la veille. C'est sûr
qu'il y a eu quelques plages horaires vides, mais je le répète, on analyse les
mémoires et on s'assure de considérer les recommandations. Moi, j'ai énormément
de respect, tu sais, quand on me parle de consultations, les consultations,
elles se font ici, beaucoup, beaucoup, beaucoup à l'intérieur de notre
parlement, avec tout le monde. Puis il y a des syndicats, puis d'autres groupes
qui sont venus puis qui ont fait des recommandations constructives. Le premier
amendement qu'on va déposer est le reflet de la capacité d'écoute qu'on a
démontré.
Maintenant, j'aimerais ça, M. le
Président, avec votre accord, céder la parole à ma collègue de Hull, qui pour
moi, a un parcours extrêmement intéressant, qui a été même présidente de
syndicat, 10 000 membres, à la Fédération autonome de l'enseignement. Elle
a fait des assemblées, elle a vécu, elle a été sur le terrain et elle est
d'accord avec la raisonnabilité des dispositions qui sont dans le projet de
loi, parce qu'elle est une fervente partisane de la transparence puis des
règles de gouvernance qui respectent ceux qui doivent payer la cotisation
syndicale et de la démocratie. Donc, je lui céderais la parole, M. le
Président.
Le Président (M. Allaire) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée de Hull, vous avez 10 minutes. La parole
est à vous.
Mme Tremblay : 10 minutes?
Merci, M. le Président. Effectivement, je suis contente, je suis très heureuse
en fait, là, d'être aux côtés, là, du ministre dans ce projet de loi-là, qui
est, il l'a répété à maintes reprises, mais un projet de loi qui traite de la
transparence puis de la saine gouvernance. Mais il faut savoir, là, ce qui est
important, puis le ministre l'a... l'a mentionné aussi, la majorité des
syndicats, puis ils sont venus nous le dire, ils appliquent déjà une bonne
partie, bien, la majeure, je dirais, même, partie de ce qui est dans le projet
de loi. Pour avoir passé, il l'a dit, la majorité de ma carrière sur le terrain
dans le milieu syndical, à titre de présidente de syndicat, évidemment, tout ce
qui est dans le projet de loi, là, la gestion des assemblées, tout ce qui
touche les statuts et règlements, les missions d'audit puis plusieurs
syndicats, là, sont venus ici, puis sont venus à mentionner que... mais ils le
faisaient déjà. Donc... et il y a certains syndicats que ça va demander,
peut-être un ajustement, mais c'était déjà bel et bien présent dans le monde
syndical.
• (11 h 40) •
Qu'est-ce que ça l'a pour effet, ce projet
de loi-là, notamment, notamment parce que je l'ai... je l'ai vu, mais c'est
venu parler des cotisations syndicales dans l'esprit public à l'heure actuelle.
Donc, on amène ce projet de loi-là et ça fait en sorte que les travailleurs qui
paient ces cotisations-là syndicales, mais se dit : Oui, c'est mon argent,
puis je pense que c'est légitime, qui aient l'information. Et ce projet de
loi-là ne vient pas dire qu'ils n'avaient pas l'information. L'information,
elle était déjà disponible, puis ils sont venus le dire. Mais ça leur permet...
ça leur permettra peut-être de pouvoir en discuter, de s'intéresser davantage à
leur vie, à leur démocratie syndicale puis ça, je trouve ça très, très
important que les gens, puis je suis sûre vous pouvez être d'accord avec moi,
se présentent dans leur assemblée. Moi, j'ai été longtemps sur le terrain et
c'est... et on souhaite que les membres soient présents, participent,
s'expriment et prennent des décisions, et c'est ce que ce projet de loi-là
vient dire. On veut que les membres viennent, participent et prennent les
décisions, peuvent amender ce qui leur est présenté, puis c'est déjà possible
de le faire, et ça sera toujours possible de le faire, évidemment. Et dans mon
parcours, moi, ce qui est important, ça a toujours été dans les négociations,
dans les relations de travail que j'ai eues avec mes vis-à-vis, c'est...
Mme Tremblay : ...c'est que le
membre doit rester le membre, le salarié, le travailleur, puis si on parle de
travailleurs et salariés, il doit rester au cœur des discussions. Puis c'est ça
qui fait que la relation, puis d'ailleurs c'est important le mot relation dans
la relation de travail, puis c'est ce qui a... ce qui a guidé mes actions tout
au long de ma carrière dans le monde syndical, c'est que moi, la personne, le
travailleur était au cœur des décisions, puis des discussions, puis ce projet
de loi là aujourd'hui fait en sorte que ce qu'on souhaite, c'est que, par la
transparence, la saine gouvernance, la démocratie syndicale, c'est que le
travailleur soit au cœur des discussions, puis au cœur des décisions. Alors, je
pense que c'est sain de le faire ici, comme le ministre le dit, puis c'est une
personne équilibrée, c'est une personne qui, le ministre, qui est à l'écoute,
il a été à l'écoute des différents groupes, puis moi, je suis confiante qu'on
va continuer de travailler tout le monde ensemble à partir des discussions
qu'on va avoir. Évidemment, les projets de loi sont toujours perfectibles, on a
déjà parlé d'amendements, on poursuivra de nombreuses discussions parce qu'un
jour on va rentrer dans le cœur des articles et au fur et à mesure qu'on va
avancer, bien moi, je suis certain qu'on trouvera, il y a déjà des amendements
annoncés, mais que les discussions feront en sorte qu'on... le travailleur sera
au centre des préoccupations que l'on a.
Après tout, puis je pense qu'on ne peut
pas être contre le fait que c'est leur argent qui est prélevé sur leur paye,
c'est des montants importants, hein, puis chaque syndicat peut fixer le
pourcentage qui est prélevé, donc ça varie d'un syndicat à l'autre. Certains
syndicats, c'est 1.25, d'autres ça peut aller jusqu'à 2 % du salaire, donc
c'est énormément d'argent et de remettre le travailleur, je pense, au centre
des décisions, bien je pense que c'est ce qui est la transparence, la saine
gouvernance et moi, comme ça se faisait déjà beaucoup, je pense qu'il y aura
peut-être des ajustements.
Évidemment, il y a une notion qui est
beaucoup plus nouvelle, qui est celle des cotisations, là, facultatives. On
aura des discussions sur... à travers les articles qui vont avancer dans les
prochaines semaines, mais il faut savoir que dans les états financiers d'un
syndicat, évidemment qu'on ne se séparait pas ces... ce vote-là, comme on va
l'amener, mais il y avait déjà des postes budgétaires : qu'est ce qui
était réservé pour les relations de travail? Combien le syndicat investit dans
la publicité? Comment un syndicat va mettre dans le côté plus action
démocratique, action mobilisation? Alors, il y a déjà des postes budgétaires,
dans plusieurs syndicats c'était déjà séparé de cette façon-là. Nous, on vient
apporter la notion maintenant de facultative. Évidemment, on aura la chance
d'en discuter ensemble et de voir avec les différentes recommandations qui ont
été faites.
Mais aujourd'hui, je pense que c'est
important de dire que la démocratie, la transparence, la gouvernance, ça se
passe déjà bien au Québec, puis il faut en être fiers. Moi, j'en suis fier, en
tout cas, parce que j'ai été sur le terrain, j'ai été dans le monde syndical et
on apporte certains changements et on va en débattre, on va en discuter. Les
projets de loi sont perfectibles, mais il ne faut jamais oublier que ce qu'on
fait, c'est remettre le travailleur au cœur de nos décisions, c'est leur
cotisation, c'est leur argent. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci
à vous, Mme la députée de Hull. D'autres interventions? S'il n'y a pas d'autres
interventions, nous allons procéder à la mise aux voix de cette motion
préliminaire... déposée par la députée d'Hochelaga-Maisonneuve. Donc, est-ce
que cette motion préliminaire est adoptée? Par appel nominal, M. le secrétaire,
s'il vous plaît.
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. Pour, contre, abstention, M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Pour.
Le Secrétaire
: M. Boulet
(Trois-Rivières)?
M. Boulet : Contre.
Le Secrétaire
: Mme Mallette
(Huntingdon)?
Mme Mallette : Contre.
Le Secrétaire
: Mme Hébert
(Saint-François)?
Mme
Hébert
:
Contre.
Le Secrétaire : Mme Tremblay
(Hull)?
Mme Tremblay : Contre.
Le Secrétaire
: Mme Schmaltz
(Vimont)?
Mme Schmaltz : Contre.
Le Secrétaire
: Mme Dorismond
(Marie-Victorin)?
Mme Dorismond : Contre.
Le Secrétaire
: Mme Prass
(D'Arcy-McGee)?
Mme Prass : Pour.
Le Secrétaire
: M. Allaire
(Maskinongé)?
Le Président (M. Allaire) :
Abstention.
Donc cette motion préliminaire est
rejetée. Est-ce que d'autres membres de cette commission souhaitent déposer une
motion préliminaire? Non? Donc, on peut poursuivre, on s'en va maintenant à
l'étude article par article du projet de loi. Deux options s'offrent à nous. La
première, c'est de passer à travers le projet de loi, article par article, mais
dans l'ordre usuel qui nous est présenté dans le projet de loi, où vous avez
sûrement vu la feuille de route qui est déposée sur le Greffier par la partie
gouvernementale qui propose d'y aller, sujet par sujet. Si on y va sujet par
sujet, j'ai besoin de votre consentement. Est-ce que j'ai votre consentement
pour procéder à l'étude détaillée article par article par sujet? Consentement,
parfait. Excellent. Alors, allons-y. M. le ministre, je serais prêt à vous
céder la parole pour l'article huit. Vous pouvez en faire la lecture, s'il
vous...
Le Président (M. Allaire) : ...plaît,
et les échanges vont suivre.
M. Boulet : Oui, tout, à fait.
Le Président (M. Allaire) : La
parole est à vous.
M. Boulet : Oui, pas mal de
lecture, puis on a un amendement, ça fait que je vais lire le... le premier
article 8 qui apparaît dans le plan de travail, donner les commentaires et
après ça, soumettre l'amendement. En fait, les commentaires, ils vont être très
succincts, je présenterai l'amendement par la suite. Merci, M. le Président.
8 : L'article 47.1 de ce code est remplacé par les suivants :
47.1 : Une association accréditée doit, chaque année, préparer ses états
financiers selon les principes comptables généralement reconnus et les
présenter à ses membres lors d'une assemblée. Une association accréditée qui
représente de 50 à 199 salariés doit soumettre ses états financiers à une
mission d'examen et celle qui représente 200 salariés ou plus doit les
soumettre à une mission d'audit. Une association accréditée doit remettre
gratuitement à tout salarié inclus dans l'unité de négociation qu'elle
représente et qui en fait la demande une copie de ses états financiers. Une
union, une fédération ou une confédération à laquelle est affiliée ou
appartient à une association accréditée, doit, chaque année, préparer ses états
financiers selon les principes comptables généralement reconnus, les soumettre
à une mission d'audit et les présenter lors d'une assemblée aux membres de
l'association accréditée qui y est affiliée ou qui y appartient. Elle doit
également en remettre gratuitement une copie au salarié qui en fait la demande
et qui fait la partie de l'association accréditée qui y est affiliée ou qui y
appartient. Donc, comme vous avez vu, l'article 8 remplace 47.1 du Code du
travail, puis introduit les articles 47.1 à 47.1.3. Donc...
Le Président (M. Allaire) : Juste...
M. Boulet : Oui?
Le Président (M. Allaire) :
Juste un instant, M. le ministre, avant de vous laisser continuer, je vous
rappelle juste que l'article 8 introduit 4 nouvels articles. Donc, nous
allons-y aller article introduit par article introduit. Nous allons voter
seulement à la fin, sauf s'il y a des amendements, comme c'est le cas
actuellement. Donc, M. le ministre, vous pouvez y aller avec votre amendement,
on va pouvoir procéder, ensuite, aux échanges. Allez-y.
M. Boulet : Oui, merci. Donc,
à l'article 47.1 du Code du travail proposé par l'article 8 du projet
de loi. 1 : Supprimer, dans le premier alinéa, «selon les principes
comptables généralement reconnus». 2 : Remplacer le deuxième alinéa par le
suivant : «une association accréditée qui se fait remettre annuellement un
montant de 150 à 300 000 $ à titre de cotisation doit soumettre ses états
financiers à une mission d'examen et celle qui se fait remettre annuellement un
montant de plus de 300 000 $ à titre de cotisation doit soumettre ses
états financiers à une mission d'audit. Ces associations doivent également
préparer leurs états financiers selon les principes comptables généralement
reconnus». 3 : Remplacer, dans le troisième alinéa, «inclus» par
«compris». Quatre : Remplacer, dans le quatrième alinéa, «les soumettre à
une mission d'audit et les présenter lors d'une assemblée aux membres de
l'association qui y est affiliée ou qui y appartient. Elle doit également remettre
gratuitement une copie au salarié qui en fait la demande et qui fait partie de
l'association accréditée qui y est affiliée ou qui y appartient» par «et les
soumettre à une mission d'audit. Elle doit également les rendre accessibles
gratuitement sur son site Internet ou par tout autre moyen approprié à tout
salarié compris dans l'unité de négociation de l'association accréditée qui y
est affiliée ou qui y appartient».
• (11 h 50) •
Commentaire : Donc, 47.1 concerne la
préparation des états financiers et il y a une modulation qui est différente
maintenant. Donc, ça a pour objet de retirer l'obligation pour les associations
accréditées de préparer leurs états financiers selon les principes comptables généralement
reconnus. On en a parlé hier avec le mémoire de l'Ordre des comptables
professionnels agréés. Ces associations devront tout de même, malgré ce
retrait, présenter minimalement un relevé des actifs et des passifs et un
résumé des recettes et des dépenses, et ça, on en a parlé aussi, c'est
compatible avec l'état de la jurisprudence. L'amendement a aussi pour objet de
revoir les exigences des associations prévues au deuxième alinéa de 47.1, pas
en fonction du nombre de salariés, mais en fonction du montant que se fait
remettre annuellement l'association...
M. Boulet : ...de cotisations.
L'amendement prévoit aussi que les états financiers de ces associations doivent
être préparés cette fois-ci selon les principes comptables généralement reconnus.
L'amendement qui remplace inclus par compris au troisième alinéa, «est de
nature légistique» afin d'assurer la cohérence dans les expressions utilisées.
L'amendement vise enfin à supprimer l'obligation prévue au quatrième alinéa
pour l'Union, la fédération ou la Confédération à laquelle est affiliée ou
appartient une association accréditée, de présenter ses états financiers lors
d'une assemblée aux membres de l'association accrédités qui y est affilié ou
qui y appartient. De plus, l'amendement remplace l'obligation de transmettre
les états financiers sur demande par une obligation de les rendre accessibles.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va? Voud voulez ajouter d'autres choses, M. le ministre?
M. Boulet : Oui, c'est
complet.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va, parfait. Des interventions sur cet amendement? M. le député de... Mme la
députée D'Arcy-McGee, allez-y.
Mme Prass : Merci, M. le
Président. Qu'est-ce qui... comment est-ce que vous êtes arrivés au chiffre de
150 000 à 300 000?
M. Boulet : On s'est fié aux
recommandations des groupes parce qu'il n'y a pas de recette magique, mais
notamment la CSD parlait d'un chef plus bas en excluant les cotisations qui
sont versées à la centrale ou à la fédération. Donc on s'est inspiré de ces
chiffres-là, de ceux qui ont été présentés par la CSQ et d'autres syndicats. Et
évidemment, on fait toujours le ratio avec les coûts que ça implique jusqu'à
150 000, comme il n'y a pas la mission de compilation, on évite le 1000 à 5 000 $
de coûts pour un CPA entre 150 et 300 dépendamment du CPA, le volume de
cotisation justifie une vérification qui s'exprime par une mission d'examen
avec le concept de plausibilité et au-delà de 300, c'est toujours aussi en
tenant compte de cette capacité-là de payer et en tenant compte de la
vérification qui s'inspire du concept de raisonnabilité, là, parce qu'il n'y a
jamais un absolu en matière de vérification des états financiers.
Je pense que, donc, globalement, c'est un
amendement qui démontre, je l'ai dit, puis ce n'est pas pour qu'on puisse se
targuer de ça, que nous avons écouté, on respecte la capacité de payer des
petits syndicats et on tient compte aussi de la capacité de faire des
centrales, des unions ou des fédérations pour la présentation et l'accès à leur
état financier.
Mme Prass : Et vous venez de
vous... nous mentionner vous-même, vous avez mentionné l'élément après la...
bien, le montant, excusez-moi, après la déduction des cotisations versées aux
organisations auxquelles elles sont affiliées. Est-ce... et vous l'avez dit au
micro, pourquoi ce n'est pas précisé dans le... parce que vous l'avez dit
vous-même que le montant était après... devait être après déduction des
cotisations versées aux organisations auxquelles elles sont affiliées.
M. Boulet : Ça l'inclut.
Mme Prass : Mais c'est ça,
pourquoi, mais, vous venez de dire vous-même que lors des consultations, on va
a suggéré...
M. Boulet : Non, la CSD a dit
80 000 en excluant la cotisation et c'est beaucoup plus simple de le faire à un
montant qui est plus élevé, presque le double, mais qui inclut la... le montant
ou le pourcentage de la cotisation que tu verses qui est envoyé à la centrale.
Mme Prass : Mais pourquoi
vous... d'après vous, parce que ça... l'argent qui est envoyé à la centrale, il
faut le déduire du montant total parce que c'est le montant avec lequel le
syndicat va rester pour pouvoir payer ses différents travaux, ses différentes
fonctions.
M. Boulet : Non, c'est le montant
de la cotisation totale. Chaque centrale, je le répète, là, applique
pourcentage qui lui est propre, qui varie d'une organisation à un autre, mais
ça laisse suffisamment d'espace en haut de 150 000, entre 150 000 et 300 000.
L'espace, la marge de manœuvre est nettement suffisante. Tu sais, si on prend
80 000 de la CSD. Ils disaient que, lui, ça variait entre 50 % et
60 %, donc on est à 150 000. Ce qui nous préoccupait, c'était les petits
syndicats.
Mme Prass : Oui, mais
justement, si on est à 150 000, puis là vous avez parlé d'un 50 %. Donc,
en réalité, parce que... par exemple, disons qu'il y a un syndicat dont le
montant est 150 000. Et là, eux, leurs syndicats affiliés vont leur demander,
disons, 30 %, 40 %...
Mme Prass : ...pourcent. Ils
ne vont plus être au seuil minimal de 150.
M. Boulet : Mes collègues...
la transparence pour un travailleur, c'est de savoir combien ils paient, puis
de scinder ça pour les fins d'application des mécanismes de transparence, c'eût
été complexe, extrêmement difficile à uniformiser, puis ça aurait été
susceptible de créer de la confusion chez les travailleurs qui paient. Là, il
aurait fallu... Tu sais, on me demande de simplifier, puis là on simplifie,
puis là vous faites un commentaire qui nous amènerait à complexifier, puis à
mettre en place une mécanique qui est complexe. Les travailleurs, là, qui
paient 100 piastres de cotisation, c'est 100 piastres qui paient, et on n'aura
pas à leur dire : Là, il va falloir déduire ce que tu paies à la centrale
pour déterminer votre niveau qui détermine votre obligation de faire vérifier
ou non les états financiers. Ça fait que c'est beaucoup plus simple comme ça et
c'est beaucoup plus respectueux de chacun des travailleurs quant au calcul réel
de sa cotisation. Puis quand on parle de simplifier, je ne sais pas si vous
l'avez noté, puis sûrement que vous l'avez fait dans cet amendement-là, non
seulement on ne module plus en fonction du nombre de salariés, on module en
fonction d'aspects financiers, puis quant à la présentation, bien, ça évite,
là, est-ce qu'on peut dire une «run de lait», là, aux centrales de se déplacer
dans chaque association, dans chaque unité d'accréditation syndicale, mais
quand même de rendre accessible leurs états financiers.
Donc, c'est quand même des amendements qui
simplifient énormément la mécanique d'application, puis moi, que je trouvais
simple, mais c'est des amendements qui sont quand même bénéfiques, là. Puis la
CSD, je vous rappellerai, on me le rappelle, la CSD est la seule centrale qui
déduisait le montant versé à la centrale. Toutes les autres y mettaient des
montants, comme la CSQ, ils parlaient de 300 000, puis 500 000, si mon souvenir
est bon.
Mme Prass : Donc, des
montants fixes plutôt que des pourcentages?
M. Boulet : Exact. Beaucoup
plus simple d'application. En tout cas, il faut rechercher la simplicité.
Mme Prass : Mais aussi, on va
revenir à l'origine, disons, de l'article qui est le fait que les syndicats
vont... devront produire ses états financiers, puis on l'a entendu lors des
consultations, il y a beaucoup de syndicats qui le font déjà de leur propre
gré, et les syndicats, indépendamment de leurs revenus, doivent présenter un
bilan et un budget lors de leur assemblée générale. Pour vous, qu'est-ce qui
est la distinction entre justement, ce qui est déjà... ce qui est présenté et
l'audit que vous demandez?
M. Boulet : Ce n'est pas moi
qui va le dire, c'est une mission d'examen, c'est fait par un CPA, puis une
mission d'audit, c'est fait par un CPA. Ce n'est pas moi qui va guider ce que
va contenir l'audit ou l'examen, c'est fait selon des principes comptables
généralement reconnus. Et je veux juste revenir, pour les petits syndicats, il
n'y a rien de nouveau. Non seulement ce n'est pas une mission de compilation,
c'est des états financiers puis ça existait déjà à 47.1 du Code du travail.
Puis on le dit, c'est : actifs, passifs, recettes, dépenses. Le reste? Les
syndicats, ils sont libres de présenter comme ils le veulent, là, mais il faut
que ces états financiers-là soient accessibles, en fait, l'audit ou l'examen.
Mme Prass : Et pour vous, là,
ils présentent un bilan, un budget, je comprends que c'est évidemment les
comptables qui vont... qui vont décider ce qui se retrouve comme élément dans
les audits, mais... pour... pour vous, qu'est-ce qui manque présentement que
l'audit va amener de plus au niveau d'informer les travailleurs des syndicats?
• (12 heures) •
M. Boulet : Bien, tout.
Actuellement, 47.1 s'appelait... s'appliquait indépendamment du montant de
revenus de cotisations générées par les travailleurs, travailleuses, et ce
n'est pas le CPA qui va décider. Le CPA, il est guidé par des règles, il est
guidé par un manuel. Donc, ce qui change, c'est qu'à partir de 150 000, il y a
une obligation de faire une mission d'examen, puis en haut de 300 000, une
mission d'audit. Puis le collègue d'Hochelaga-Maisonneuve pourrait me demander
c'est quoi le pourcentage des syndicats qui le font déjà? J'espère le maximum,
mais je n'ai pas fait de sondage, je n'ai pas fait d'enquête. Mais si j'ai bien
compris, la FIQ, l'APTS, la CSQ, puis bien d'autres, ils le font déjà. Ça fait
que c'est juste d'harmoniser. Moi, j'appelle ça les pratiques minimales de
transparence. Comme la Loi sur les normes du travail contient des conditions
minimales de travail, ici, on a des conditions minimales de transparence et ce
sera la même affaire quand on...
12 h (version non révisée)
M. Boulet : ...on arrivera aux
articles de gouvernance et de démocratie.
Mme Prass : Je pense que vous
avez mal compris ma question. Ma question, c'est que présentement, il y a des
syndicats qui produisent déjà un bilan et un budget qu'ils présentent à leurs
membres lors des assemblées générales. Pour vous, qu'est-ce qui... qu'est ce
qui n'est pas complet dans ces informations-là, que vous voulez, justement, que
le dit soit fait?
M. Boulet : Bien, pour donner
une assurance aux travailleurs, tu sais. Là, je peux relire ce que le... le
document de l'ordre des CPA, mais une mission d'examen, ça assure la... la
plausibilité, c'est le concept que les CPA utilisent, alors que la mission d'audit
assure la raisonnabilité de son contenu. Puis, vous en avez déjà vu, des états
financiers, tout ce que ça peut comporter. Donc, c'est l'assurance. Quand on
dit aux travailleurs : vous avez le droit de savoir, il ne faut pas qu'ils
sachent uniquement par un état sommaire de revenus/dépenses. Il y a eu des
litiges, au tribunal administratif du travail, où des salariés n'étaient même
pas capables d'avoir un état sommaire. Puis ces états financiers là vont
permettre de donner une assurance et vont protéger la plausibilité puis la
raisonnabilité des informations qui y sont contenues. C'est uniquement notre
objectif. Ce n'est pas très compliqué.
Mme Prass : Et, par exemple,
il y a des montants qui vont se retrouver dans plusieurs audits. Par exemple,
vous avez le montant qui va être inscrit dans le... dans... pour le syndicat
qui y est affilié, pour la fédération ou confédération, donc, il y a des fois
où on va voir le même montant qui va se retrouver dans plusieurs audits, n'est-ce
pas? Parce que, dépendamment de la cotisation qui a été relevée des... des
différentes instances, ça va être le même chiffre qui peut se retrouver dans
différents audits, dépendamment de qui que ça relève.
M. Boulet : Bien, moi, je ne
suis pas un CPA, ce n'est pas moi qui va les guider, mais... c'est important
pour moi de redire, aussi, que cette transparence-là va donner une meilleure
légitimité aux syndicats et aux personnes qui occupent des postes électifs. Ça
va permettre de dire : C'est préparé par un CPA. Bien, d'ailleurs, les
syndicats le font déjà beaucoup. Ça fait qu'il n'y a rien de neuf là-dedans.
Mme Prass : Et pour vous, les
principes comptables prévus, est-ce qu'ils conviennent aux... à toutes les
tailles d'associations ou est ce que, par exemple, les associations, justement,
qui sont plus petites, peut-être... les... les principes comptables feront en
sorte que ça ne s'applique pas nécessairement à leur réalité, à leur contexte?
M. Boulet : Je... bien, je ne
comprends pas. En haut de 150, c'est une mission d'examen, puis en haut de 300,
c'est une mission d'audit. Donc... pour les petites associations accréditées,
il y avait déjà application de l'article 47.1. Puis, bon, il n'y a même
pas de mission de compilation, donc ça va être aux travailleurs de se fier à la
présentation des actifs/passifs, puis des recettes et dépenses, soumise par les...
les délégués syndicaux ou les officiers syndicaux, plutôt.
Mme Prass : Et... pour vous,
par exemple, aussi, on parle de... il va falloir présenter ces données-là lors
d'une assemblée. Est-ce que ça doit être une assemblée particulière ou ça peut
être une assemblée qui est jumelée avec une autre activité...
M. Boulet : C'est une
assemblée générale annuelle, puis c'est prévu dans les statuts et règlements,
puis ce sera présenté aux salariés, aux travailleurs syndiqués, à ce moment-là.
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) : ...Hochelaga-Maisonneuve,
la parole est à vous.
17935
17899
M. Boulet : Ah,
puis, vous avez noté, aussi, qu'on a retiré les principes comptables
généralement reconnus aussi pour les petites associations. Ça fait que c'est
un... en respect total...
Mme Prass : ...répond à ma
question.
M. Boulet : OK. Excusez.
Le Président (M. Allaire) :
Allez-y.
M. Leduc : J'aimerais
commencer par comprendre le cheminement intellectuel du ministre, parce que
tout ça, ça lui avait été présenté abondamment lors du projet de loi 101. Tout
ça, là, cette question là de l'enjeu, des petites... locales, les... la...
le... les recommandations d'aller par palier de revenus plutôt que par membre,
tout ça, ce débat-là, a été fait au projet loi 101, mais il a été ramené
intégralement selon sa version originale dans le PL-3, là, on avait tous
compris que le ministre, il ne voulait pas changer d'idée. On aurait eu le même
débat ici, pendant les audiences du PL-3, là, il a changé d'idée. Qu'est-ce qui
était plus clair cette fois-ci qui ne l'était pas la première fois?
M. Boulet : Bien, les
consultations particulières...
M. Leduc : Mais ils vous
avaient dit exactement la même chose la première fois.
M. Boulet : ...sur le PL-101...
M. Boulet : ...c'est le reflet
de notre capacité d'écouter ce que les groupes syndicaux sont venus partager
avec nous.
M. Leduc : OK. Bon, parfait.
M. Boulet : Ce n'est pas plus
compliqué que ça.
M. Leduc : Deuxième fois, il
fallait... il fallait y retourner un deuxième tour, pour la deuxième fois.
M. Boulet : Bien, est-ce que
ça vous arrive aussi de repenser ce que vous faites?
M. Leduc : Oui, puis ça me
donne envie de refaire des nouveaux débats avec vous, peut-être, M. le
ministre, sur d'autres sujets.
M. Boulet : Continuons, c'est
d'ailleurs le but d'une étude détaillée comme ça.
M. Leduc : Parfait. Question
pour vous, M. le ministre, combien y-a-t-il de manières de percevoir une
cotisation en ce moment dans les milieux syndical au Québec?
M. Boulet : C'est combien il
y a de manières?
M. Leduc : Oui.
M. Boulet : Bien, je connais
celle qui est prévue dans le Code du travail, la retenue à la source sur le
salaire versé aux salariés du montant de la cotisation versée par la suite aux
syndicats.
M. Leduc : Je parle vraiment
de la manière dont l'argent se ramasse dans la section locale.
M. Boulet : Est-ce qu'il y a
d'autres... Ah, bien, je... la mécanique, vous voulez dire, je ne comprends pas
votre question.
M. Leduc : C'est ça, comment
ça fonctionne? Comment l'argent se ramasse dans le compte de banque de la
section locale?
M. Boulet : C'est...
évidemment, ça peut varier d'un syndicat à l'autre, là, mais chacun reçoit le
montant des cotisations prélevées par l'employeur et c'est... l'employeur
retient sur le salaire, puis ça peut varier dans la pratique, là, mais selon ce
qui est prévu au Code du travail, il doit retenir sur le salaire de tout
salarié qui est membre d'une association, le montant spécifié par cette
association à titre de cotisation. Là maintenant, comment ça lui est
acheminée... l'employeur doit de plus retenir sur le salaire de tout autre
salarié faisant partie de l'unité... parce qu'ils ne sont pas tous membres, il
y en a qui sont dans l'unité mais qui ne sont pas membres, ils n'ont pas leur
carte, pour laquelle cette association a été accréditée à un montant égal à
celui prévu au premier alinéa. Donc le troisième alinéa, l'employeur est tenu
de remettre mensuellement à l'association accréditée les montants ainsi retenus
avec un état indiquant le montant prélevé de chaque salarié et le nom de
celui-ci.
M. Leduc : Et qui possède
l'accréditation?
M. Boulet : Bien, ça dépend
de chaque accréditation, ça dépend de qui est le requérant. La...
M. Leduc : Il y a deux
modèles, est-ce que vous les connaissez?
M. Boulet : Il y a deux
modèles?
M. Leduc : Qui possède... qui
possède l'accréditation?
M. Boulet : Bien expliquer
moi-le.
M. Leduc : Bien, je ne serais
pas supposé vous expliquer ça, vous êtes le ministre du Travail.
M. Boulet : Bien oui, mais
j'en... des requêtes en accréditation, qui possèdent l'accréditation?
M. Leduc : Oui.
M. Boulet : Ça dépend de l'association
qui est indiquée dans la requête en accréditation syndicale qui est soumise au
ministère du Travail et ça varie, là. Affiliée à la CSN, ça peut être
l'Association des travailleurs et travailleuses de telle usine avec la CSN
entre parenthèses, là, mais...
M. Leduc : OK, bien, je vais
vous l'expliquer, mais je pense que je ne devrais pas avoir à vous expliquer
ça, parce que ça devrait être déjà dans votre acquis comme ministre qui est en
train de jouer avec le droit du travail, puis avec les cotisations. Il y a deux
façons, soit l'accréditation est possession de la section locale.
M. Boulet : Bien oui.
M. Leduc : C'est souvent le
cas à la CSN, à la CSQ, par exemple.
M. Boulet : C'est ce que je
viens de dire.
M. Leduc : Oui, mais c'est
souvent aussi l'accréditation appartient au syndicat.
M. Boulet : Exact.
M. Leduc : Et c'est souvent
plus le cas, par exemple, à la FTQ. Métallos, AFPC...
M. Boulet : Ça varie d'un
syndicat à l'autre.
M. Leduc : C'est les deux
grands modèles.
M. Boulet : Il y en a
plusieurs. Disons qu'il y a plus que deux.
M. Leduc : Oui, mais c'est
les deux grands modèles, c'est important ce que je suis entrain de vous
expliquer.
Quand c'est le syndicat maire, en quelque
sorte, possède la station, c'est lui qui va recevoir le chèque de l'employeur
comme il possède l'accréditation au sens de la loi. Moi, quand j'étais
responsable de ma section locale, à l'UQAM, on était le syndicat des auxiliaires
de recherche et d'enseignement, le SÉTUE, syndicat des étudiants employés de
l'UQAM, ceux qui font de la recherche ou qui font de la correction de travaux,
là. On est affilié à la fonction publique du Canada, qui est un des syndicats,
qui est affilié au Québec à la FTQ. Ce n'est pas ma section locale qui recevait
le chèque des cotisations perçues par l'employeur, c'était l'AFPC, la maison
mère. L'AFPC réglait les portions des cotisations et ensuite nous envoyait un
chèque à la section locale de notre portion de la cotisation. Ce n'est pas
comme ça que ça fonctionne dans d'autres centrales.
• (12 h 10) •
À la CSN, c'est l'inverse. C'est... comme
le certificat appartient à la section locale, c'est la section locale qui
reçoit l'entièreté de la somme et ensuite va signer un chèque à sa centrale, à
sa fédération, à son conseil central. Ça veut dire que la manière dont vous
avez écrit votre amendement ne fonctionne pas parce que ce n'est pas le même
montant qu'on va recevoir d'une section locale à l'autre en fonction de son
affiliation. Une section locale de la CSN va retenir... va avoir son entrée
d'argent, là, 100 % de la cotisation, puis une section locale de la FTQ,
grosso modo, va recevoir, seulement la portion qui lui appartient. Ça, vous auriez
dû le savoir.
M. Boulet : Bien, on le sait.
M. Leduc : Vous auriez dû le
savoir dans votre rédaction de votre amendement.
M. Boulet : Puis ça varie
aussi en fonction...
M. Leduc : Puis vous l'auriez
su, M. le ministre, si vous aviez fait des consultations préalables avec le
milieu qui vous aurait tout expliqué.
M. Boulet : Bien, la CSQ l'a
fait et ils l'ont fait en fonction des...
M. Boulet : ...montants en
fonction des seuils de montants de cotisation. Ça a été expliqué par plusieurs
syndicats lors des consultations particulières sur le PL101, et moi, ce qui
m'intéresse, c'est ce que le Code du travail prévoit. Ça a toujours été prélevé
de la même manière, c'est remis à l'association accréditée, puis des requêtes
en accréditation, oui, il y a des sections locales, oui, il y a des
centrales...
M. Leduc : Vous comprenez mal
mon point.
M. Boulet : ...il y a une
confusion des deux, puis il y a les syndicats indépendants aussi...
M. Leduc : Vous comprenez mal
mon point.
M. Boulet : ...dont les façons
de faire peuvent varier aussi. La FISA, l'APTS, la FIQ, chacun a sa façon de
faire, mais je ne veux pas jouer dans la gestion interne des syndicats
collègues d'Hochelaga-Maisonneuve...
M. Leduc : Vous le faites, de
facto.
M. Boulet : ...ce n'est pas ce
qui me préoccupe, non...
M. Leduc : Je vous... Je vous
réexplique mon point...
M. Boulet : ...Non, non,
mais...
Le Président (M. Allaire) :
Juste un instant, Messieurs...
M. Boulet : ...laissez-moi
terminer...
Le Président (M. Allaire) :
...Messieurs, M. le ministre, juste un instant. M. le ministre, votre micro est
coupé deux secondes. Je vais vous ramener vers moi. Si vous commencez à jouer
au ping-pong comme ça, vous interpeller un après l'autre, là, ça ne marchera
pas, là. Entre autres pour l'audiovisuel, pour la compréhension, mais aussi ça
fait que ça fait des échanges qui sont peut-être un peu moins respectueux dans
ce temps-là. Donc, je vous invite à la prudence. M. le ministre, vous pouvez
poursuivre, s'il vous plaît. Merci.
M. Boulet : Donc, l'objectif,
ce n'est pas de jouer dans la gestion interne. Vous m'avez répété à plusieurs
reprises puis dans plusieurs mémoires de respecter l'autonomie associative. Les
façons de faire peuvent varier, même d'une section locale à une autre, peuvent
varier d'une centrale ou d'une fédération à l'autre. Ce qui nous préoccupe ici,
c'est d'avoir un encadrement général. Puis peu importe la nature de la loi qui
concerne les employeurs, ça peut varier d'un employeur à un autre, la façon de
faire, la façon d'appliquer. Moi, ce qui me préoccupe, c'est 47.1 : le
prélèvement de la cotisation, le montant indiqué par le syndicat qui est
accrédité, donc le syndicat qui est accrédité, après ça, comment il partage? Il
n'y a pas deux syndicats qui m'ont expliqué ça de la même manière, mais chacun
a son approche. Puis il y a des chefs syndicaux qui m'ont dit que pour certaines
centrales, c'était 30 % qui étaient divertis à la centrale, d'autres,
c'est au-delà de 50 %. Moi, là, je n'ai pas d'intérêt dans le projet de
loi à m'immiscer là-dedans, on va respecter la façon de faire, les pratiques
des syndicats. On vient simplement dire : au-delà d'un certain montant, il
y a une obligation de vérification financière. Et l'employeur...
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Boulet : ...ce que le Code
du travail dit, je vais finir avec ça, ce que j'ai lu tout à l'heure : il
est tenu de remettre à l'association accréditée. Puis vous avez lu souvent des
décisions d'accréditation syndicale, vous le savez, dans la requête, le nom de
l'association accréditée, il est là. C'est ça, la loi. Ça fait que ce n'est
pas... Est-ce qu'il y en a qui le font remettre à d'autres que l'association
accréditée? Ça, ça ne serait pas à ma connaissance.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député.
M. Leduc : Bien, ça devrait.
Vous êtes ministre du Travail...
M. Boulet : Oui.
M. Leduc : ...Pour préparer un
projet de loi sur ça. Ça devrait être votre connaissance. Je suis sidéré que
vous ne connaissez pas ça. Ça vous a été expliqué.
M. Boulet : Bien, moi, je
suis sidéré...
M. Leduc : Et là, je vais
juste terminer cette fois-ci...
Le Président (M. Allaire) :
...M. le ministre.
M. Boulet : ...Oui.
M. Leduc : ...Je vais terminer
cette fois-ci, je vous ai écouté, c'est à mon tour...
Le Président (M. Allaire) :
Allez-y, oui.
M. Leduc : ...Ça veut dire
que la façon que vous avez écrit votre article, qui démontre que vous ne
connaissez pas le milieu, fait en sorte qu'un syndicat de même taille, deux
syndicats de même taille, CSN, FTQ, vont être dans deux catégories différentes.
Parce que le syndicat CSN, lui, reçoit l'entièreté, il se fait remettre un
montant plus gros parce qu'il reçoit l'entièreté de la cotisation, puis le
syndicat FTQ, lui, ne reçoit pas l'entièreté de la cotisation. Il ne se fait pas
remettre annuellement un montant de la même nature, même s'ils sont de la même
taille.
M. Boulet : Ce que vous ne
comprenez pas, là, puis vous voulez générer de la confusion, je pense que vous
méconnaissez l'article 47.1 du Code du travail. Ce qui nous intéresse... On
n'exclut pas rien, on n'exclut pas la portion, on n'exclut pas même la totalité
qui est versée à la centrale, ce qui nous importe, c'est ce qui est prélevé par
l'employeur et c'est ce qui est remis par l'employeur...
M. Leduc : Bien, ce n'est pas
ça qui est écrit.
M. Boulet : ...Bien, oui,
c'est ça qui est écrit. C'est ça qui est écrit...
M. Leduc : Moi, je me faisais
remettre...
M. Boulet : ...47.1,
c'est : on remet mensuellement à l'association accréditée les montants
retenus sans égard à la répartition qui est faite d'un... d'une centrale à
l'autre ou d'un syndicat à l'autre.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député.
M. Leduc : ...Quand j'étais
responsable de ma section locale à l'UQAM, je ne me faisais pas remettre une
maudite cent de mon employeur, ça passait par mon syndicat mère et je recevais
un chèque de mon syndicat mère. C'est comme ça que ça fonctionne.
M. Boulet : ...
Le Président (M. Allaire) :
Juste...
M. le ministre. Laissez le député d'Hochelaga-Maisonneuve continuer.
M. Leduc : Bien, oui, mais la
façon dont vous avez écrit ça, moi, j'aurais «fitter» dans une catégorie X ou
une autre en fonction de mon affiliation CSN ou FTQ...
M. Boulet : ...Pas du tout...
M. Leduc : ...Bien...
M. Boulet : ...C'est ça qui
est simple d'application, ce qui est prévu dans notre projet de loi. On tient
compte du montant prélevé. Le précompte syndical, c'est clair, c'est :
doit retenir sur le salaire...
M. Boulet : ...le montant
spécifié par l'association accréditée à titre de cotisation, sans égard à sa
séparation, sans égard à sa répartition, c'est ça qui est simple d'application
et je pense que vous devriez... puis on ne s'accusera pas de méconnaître ou de
connaître, vous avez eu une vie syndicale que je respecte, mais quand vous
aviez votre cotisation à payer, normalement, votre employeur devait le verser à
l'association qui est accréditée en vertu de la loi, en vertu d'une décision
d'accréditation qui est rendue par le tribunal.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Juste... juste avant, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, il ya le député de
Saint-Jérôme qui souhaite intervenir après votre intervention. Allez-y.
M. Leduc : Je sais que vous
aimez ça dire, M. le ministre, que c'est simple, la réalité, c'est que ce ne
l'est pas, puis il y a plusieurs mondes qui vous le disent. C'était... votre
version un n'était pas simple, puis on... ça a pris deux fois pour que vous
entendiez un peu raison, puis là, votre V2, honnêtement, ce n'est pas bien,
bien mieux. Tantôt vous avez dit la CSD nous a suggéré 80 000 $ à
150 000 $ de revenus annuels nets excluant les redevances. Vous avez
dit : c'est la seule centrale qui a dit ça. Ce n'est pas exact, la CSQ a
dit la même chose, avait un autre montant, mais disait la même chose, excluant
les cotisations aux fédérations. Donc erreur, erreur de votre part, ce n'est
pas la... ce n'est pas... erreur, donc. Je veux comprendre votre méthodologie
parce que là, la CSD dit... là, vous avez décidé de pogner la CSD puis de dire
on part avec ça. OK. Eux autres disent 80 000 $ à 150 000 $
en excluant les... excluant les cotisations à verser aux affiliations. Comment
vous êtes parti de ça, donc leur proportion de 80 000 à 150 000 pour
arriver à 150 000, 300 000? Vous avez juste fait une fois deux?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Boulet : Bien, si vous me
laissez répondre, quand on utilise une méthode simple, vous tentez de la
complexifier en disant ce n'est pas comme ça que ça marche, alors que la loi,
le code est clair. Le précompte syndical, c'est une cotisation dont le montant
est déterminé par l'association accréditée. On n'embarquera pas dans comment
c'est réparti, comment c'est divisé, qu'est-ce qui va à la centrale. C'est un
seuil annuel, c'est 150 000 de cotisation. Indépendamment de comment on va
l'utiliser, on requiert une mission d'examen qui va permettre aux travailleurs,
notamment quand c'est combiné à un rapport sur l'utilisation des ressources
financières, de savoir comment leurs cotisations sont utilisées. Ce n'est pas
compliqué, c'est l'employeur est tenu de remettre mensuellement, puis là c'est
un seuil annuel, à l'association accréditée les montants retenus. Puis ça fait
partie d'un état qui indique le montant prélevé de chaque salarié et le nom de
celui-ci.
Et on a tenu compte de l'argument de la
CSD. En fait, il n'y a pas que la CSD. La CSQ nous l'avait partagé aussi lors
des consultations particulières, de même que d'autres syndicats, mais
rappelez-vous la CSD disait il peut y avoir plus que 50 travailleurs, mais
si on est par exemple dans un marché d'alimentation, il y a beaucoup de temps
partiel occasionnel, ce qui fait que ça va nuire à la capacité des petits
syndicats de payer. Donc, on aurait pu avoir en haut de 50 salariés, être
contraints de payer une mission d'examen, même s'ils auraient... les revenus
générés par les cotisations ne sont pas élevés. C'est la raison pour laquelle
on a adhéré à cette thèse-là et à 150 000... il n'y a pas de critères
objectifs, comme je l'ai dit à la collègue de D'Arcy-McGee, mais on s'est
inspiré des consultations particulières et ça nous apparaît être un seuil
suffisamment raisonnable pour déterminer le niveau de vérification des états
financiers qui doivent être produits.
Le Président (M. Allaire) :
Oui, allez-y, vous pouvez poursuivre.
• (12 h 20) •
M. Leduc : ... comment il
est... c'est quoi la méthodologie qu'il a utilisée pour passer du seuil de
80 000 $ à 150 000 $ proposé par la CSD duquel il dit
s'être inspiré à 150 000 $, 300 000 $?
M. Boulet : J'ai... on s'est
inspiré de l'ensemble des recommandations des syndicats, mais notamment la
recommandation de la CSD, notamment. Ce n'est pas la seule qui prévoyait un
seuil de 80 000 en faisant abstraction, puis M. Vachon l'a super bien expliqué,
il n'y a pas personne ici qui n'a pas compris, quand même que vous essaieriez
de confondre ce qui a été expliqué par M. Vachon, il a dit : Ça fait
abstraction de ce qui est payé à la CSD, puis quand on lui a demandé, j'ai
demandé le pour cent, il dit : Ça peut varier d'un syndicat à l'autre. Il
n'y a pas personne qui a une formule magique où il y a une méthode unilatérale.
Chaque syndicat a son autonomie décisionnelle, a son autonomie, on le respecte,
l'autonomie associative, mais il m'a dit ça varie, puis c'est complexe. Même
pour un président de Centrale, c'est complexe, mais il m'a dit : ça peut
varier autour...
M. Boulet : ...de 50 %.
C'est ce qu'il a dit. Et donc, c'est certainement, je ne dirais pas on s'est
inspiré de la CSD, mais c'est une des unités de mesure qu'on a considérée, et
ce qui était notre guide central, c'était d'éviter d'affecter la capacité des
petites associations.
M. Leduc : ...
M. Boulet : Et plus de 50...
OK. Excusez.
Le Président (M. Allaire) : Allez-y,
M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Je vous invite à
l'appeler sur l'heure du dîner, M. Vachon, voir ce qu'il pense de votre
suggestion, de votre nouvel amendement. Je serais curieux de l'entendre. Moi,
j'y ai parlé à M. Vachon, puis il n'était pas très content de votre amendement
puis je suis pas mal certain qu'il ne serait pas très content que vous
inspiriez de son amendement pour justifier le vôtre aujourd'hui, parce que je
pense qu'on retourne à la case départ. C'est ça que j'essaie de vous expliquer,
M. le ministre. Les suggestions qui vous ont été faites de basculer vers un
montant sur les revenus étaient toutes en fonction d'un revenu après les
paiements des affiliations. Autrement, ils auraient suggéré des montants
infiniment plus élevés. Puis c'est... Votre règle de deux que vous faites entre
les montants de la CSD puis de le vôtre, c'est ça que je comprends que vous
avez fait, vous avez regardé, bon, CSD c'était 80, 150 000, bien, on va
faire un fois deux, parce que là, ça va donner... Je ne vois pas d'autre
explication pourquoi vous arrivez avec ce seuil-là. Si vous voulez un seuil de
revenu total, on peut jouer dans ce film-là, mais faut qu'il soit, mon Dieu, au
moins deux fois plus élevé que ça.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Boulet : ...puis je vais y
aller poliment : je n'aurai jamais l'adhésion ou l'accord... les syndicats
ne seront jamais contents avec quelque article que ce soit, quelque amendement
que ce soit. On a discuté, nous, et vous étiez d'accord avec un passage aux
revenus. Tout le monde était d'accord avec un passage aux revenus. Évidemment,
je savais que vous alliez arriver pour dire : Ce n'est pas assez élevé. Ça
ne sera jamais assez. Mais nous, on considère que c'est tout à fait sensé puis
raisonnable d'avoir des seuils de cette nature-là. Est-ce que vous pouvez au moins
convenir avec nous que c'est un accroissement considérable du seuil où 47.1
s'applique?
M. Leduc : Êtes-vous capable
de le démontrer?
M. Boulet : ...Bien, oui. Là,
je reviens au propos...
M. Leduc : Bien, non, mais
avec un tableau, là. Le nombre...
M. Boulet : Non, on n'a pas
de tableau comme ça, je veux dire...
M. Leduc : Bien, vous
devriez...
M. Boulet : ...quand on
veut...
M. Leduc : ...C'est votre
travail.
Le Président (M. Allaire) :
Juste un instant. Un instant.
M. Boulet : Bien, oui, mais
vous ne l'avez même...
Le Président (M. Allaire) : Messieurs.
M. Leduc : C'est votre
travail.
Le Président (M. Allaire) :
Messieurs, Messieurs, Messieurs, Messieurs, OK.
M. Boulet : ...Avec votre
niveau de connaissances...
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre. M. le ministre, là, ça va trop loin. Je manque de patience ce
matin. Je vous ramène officiellement vers moi, OK? Tout le monde, de part et
d'autre, vous allez vous retourner vers moi, vous allez me demander des
interventions, je vais vous donner le droit de parole, puis on va continuer
comme ça pour le reste de la commission. Puis si je vois que ça va mieux, que
les tensions baissent un petit peu, vous pourrez continuer à vous échanger
parce que je trouve que c'est plus fluide quand que vous échangez ensemble
directement. Donc, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, je vous cède la
parole.
M. Leduc : Merci. Moi, ce que
j'aurais aimé que le ministre me prépare pour justifier sa nouvelle méthode,
c'est un tableau avec : Voici quelques exemples d'accréditations
syndicales, le nombre de membres, le nombre de revenus total de leur centrale
et le nombre d'argent qui leur reste dans leur compte local. Puis là, on aurait
pu voir si sa nouvelle méthode est un changement concret par rapport à sa V1.
Moi je ne pense pas que... je ne sais même pas si c'est une amélioration, c'est
peut-être... c'est peut-être pire. Je n'ai pas de tableau pour justifier, pour
voir si c'est mieux ou pas, parce que ce qui a été proposé ce n'est pas ça.
C'est des chiffres après déduction et ce n'est pas ce que le ministre nous
présente. Alors, je ne sais même pas si c'est une avancée aujourd'hui. Et c'est
une autre façon de fonctionner, d'accord, mais ce n'est pas ça qui a été
proposé.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le ministre, je vous ramène vers moi.
M. Boulet : Oui.
Le Président (M. Allaire) :
Allez-y.
M. Boulet : Juste revenir à
des commentaires précédents, là, tu sais, les méthodes que vous connaissez, que
vous partagez avec nous, ne sont pas compatibles avec ce qui est prévu dans le
Code du travail, puis nous, on respecte le Code du travail. Maintenant, quant aux
chiffres. Je vais faire une réflexion là-dessus, je vais regarder les chiffres
que je peux partager avec vous, mais minimalement vous dire qu'il y a eu une
analyse d'impact. Et la cotisation moyenne qui est payée au Québec, c'est un
peu plus que 1100 $, donc à 150 000 $, on est à peu près à un potentiel de
150 travailleurs. On n'aura jamais de chiffres précis parce que ça varie d'une
accréditation à l'autre. Puis 150 000 $, c'est à peu près 150 salariés. Si
la cotisation moyenne... C'est pour ça que ça varie d'un à l'autre, puis le
chiffre, la statistique que vous me demandez, elle est inexistante. Puis si par
exemple, la cotisation moyenne payée, c'est 1500, ça veut dire c'est 100
travailleurs, mais c'est forcément beaucoup plus que 50. Puis c'est forcément,
comme le disait à juste titre M. Vachon, beaucoup plus respectueux de la
capacité de payer des petites organisations là où il y a beaucoup de temps
partiel occasionnel. Il y aurait pu avoir 80 travailleurs, mais dont la moitié
sont à temps partiel ou plus, puis générer un montant de cotisation qui est à
peu près de 50 000. Ça peut varier...
M. Boulet : C'est pour ça que
les cas de figure peuvent tellement varier qu'il n'y a pas une statistique qui
dit un pourcentage x ou un pourcentage y, mais votre question c'est de savoir
est-ce qu'il y a eu une amélioration? Je dirais une nette amélioration. Oui,
parce que l'exemple du 80 travailleurs dans un marché d'alimentation
versus la cotisation moyenne qui était calculé dans l'ensemble du Québec, c'est
à peu près 1,5 milliard de cotisations syndicales, puis à peu près 1,5 ou
1,6 million de travailleurs... Oui, excusez-moi.
Le Président (M. Allaire) : Non,
non, non.
M. Boulet : De travailleurs
syndiqués. On vous regarde penser, hein?
Le Président (M. Allaire) : C'est
correct, j'allais vous le dire, mais vous avez compris.
M. Boulet : Oui, désolé, mais
ça... ça peut varier d'un cas de figure à l'autre, mais manifestement, et vous
le savez très bien, vous connaissez trop bien les relations de travail pour me
dire démontrez-moi que c'est une amélioration. Je peux vous le démontrer avec
plein de cas de figure.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député de Saint-Jérôme souhaite intervenir, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve,
ça fait quand même longtemps sur le même sujet. Allez-y, M. le député de Saint-Jérôme.
M. Chassin :Je me pose un peu la question, M. le Président, puis je
suis en accord avec mon collègue d'Hochelaga-Maisonneuve, là, ça peut soulever
des enjeux. La définition dans le Code du travail d'association de salarié et
d'association accréditée n'est pas la même. Et moi, ce que je veux savoir,
c'est parce que c'est un enjeu qui est soulevé, mais je... est-ce qu'on est
certain qu'avec le libellé qui est là, s'il y a des sections locales à une
association accréditée, ça veut dire qu'il y a une association accréditée qui
reçoit effectivement des cotisations, hein, un montant qui va lui être remis
peut-être par différents employeurs, mais ces sections locales reçoivent un
versement de cette association accréditée. Ça fait que là, l'association de
salarié local, l'association accréditée qui est l'association mère dont on
parlait, ça veut dire que telle que libellé par le nouvel article la
préparation des états financiers, de le soumettre à une mission d'examen ou
d'audit, puis la présentation aux membres ne serait pas dans les sections
locales, ça serait seulement à l'ensemble des membres de l'association
accréditée, l'association mère. Est-ce que... on comprend dans le fond, moi,
c'est ce que je comprends du collègue d'Hochelaga-Maisonneuve, ça veut dire
qu'entre une association de travailleur local où il n'y aurait pas ce besoin de
transparence parce qu'elle n'a pas l'accréditation, c'est une section locale
d'une association accréditée mère, à ce moment-là, il n'y aurait pas de
transparence de la même façon?
Le Président (M. Allaire) : Le
ministre.
M. Boulet : Il y a un
accès... il y a un accès gratuit, puis ce qui est important, c'est que les
travailleurs auraient cet accès-là pour savoir, pour influencer, puis pour
s'exprimer. Et vous me permettrez, collègue de Saint-Jérôme...
M. Chassin :En fait, c'est l'agrégat. L'agrégat, il est lequel? Est-ce
que c'est ma section locale?
M. Boulet : Et la centrale
aussi. L'Union, la fédération, la centrale, oui.
M. Chassin :Oui, mais si ce n'est pas une centrale, c'est l'association
accréditée...
M. Boulet : Oui, bien,
l'association accréditée, c'est elle qui est soumise à la mission d'examen.
M. Chassin :
Exact.
M. Boulet : Oui, tout à fait.
M. Chassin :Donc moi, si je suis la section locale, je ne sais pas moi,
FTQ 302, c'est la FTQ qui présente ses états financiers, pas la 302.
M. Boulet : Non, ton
association locale a une obligation, dépendamment de ton seuil de revenu, de
faire préparer des états sommaires ou une mission d'examen ou une mission
d'audit. C'est exactement ça.
M. Chassin :Peut-être que dans... Mme la sous-ministre ou... mais vu la
distinction actuelle dans le Code du travail entre associations de salariés et
associations accréditées, je veux juste être certains, on ne perd pas ce...
• (12 h 30) •
M. Boulet : Ah, tout à fait.
Non, totalement, c'est un bon point.
M. Chassin :
Puis par ailleurs, bien là, je suis d'accord avec le député
d'Hochelaga-Maisonneuve, ça serait le fun d'avoir un tableau. J'imagine que ce
n'est pas possible de le produire parce qu'évidemment le ministre du Travail
n'a pas cette information, n'est-ce pas?
M. Boulet : Oui, mais on l'a
colligé. Mais...
M. Chassin :
Ça se demande, certain.
M. Boulet : Si vous me
permettez, M. le Président, je regardais les chiffres de la FTQ, puis la FTQ ne
fais pas de distinction non plus dans son mémoire. Les revenus annuels de
l'association accréditée, c'était moins de 250 000, 250 000 à
500 000, plus de 500 000, puis moins de 250 000 c'est un rapport
financier approuvé par un comité de vérification interne, ce qui est tout à
fait possible. Nous, on est à 150 000, eux à 250 000 et ils ne font
pas de distinction, là. Vous...
12 h 30 (version non révisée)
M. Boulet : ...essayez de
confondre un peu le monde en disant qu'on ne sait pas comment ça se promène d'une
section locale à une centrale... je ne sais pas qui vous écrit, là, mais...
puis entre 250 000 à 500 000, c'était une mission d'examen, excusez-moi, c'est
une mission d'examen réalisée selon les normes professionnelles reconnues, plus
de 500 un audit externe réalisé selon les normes professionnelles reconnues et
la FTQ disait : il s'agit d'une voie de passage pragmatique et réaliste.
Moi, j'ajouterais simple. Est-ce que... est-ce que vous... est-ce qu'on se
comprend, collègue?
M. Chassin :
Bien, évidemment...
M. Boulet : Non, non, mais là,
je parlais à tout...
M. Chassin :J'image que vous ne vous adressez pas nécessairement à moi,
mais ceci étant dit, ce que je comprends moi, c'est que comme c'est libellé à l'heure
actuelle, c'est... on se fait remettre des cotisations, donc à titre de
cotisation, après ça est-ce que c'est de l'argent sonnant et trébuchant dans un
compte de banque d'une section locale? Ou est-ce que c'est une écriture
comptable de dire bon, on vous retient une cotisation ou vous allez nous verser
de toute façon? Là, on peut peut-être le discuter, mais ça demeure imprécis, à
mon avis.
M. Boulet : Rien d'imprécis,
même la FTQ dit c'est pragmatique et réaliste, puis on colle à la réalité de 47,1,
c'est ça la formule Rand, collègue de Saint-Jérôme. Je voulais vous dire, pour
les pourcentages, on a...
Le Président (M. Allaire) : Juste...
juste M. le ministre peut-être replacez votre micro en face de vous, s'il vous
plaît. Merci.
M. Boulet : Puis je le dis,
là, pour le bénéfice de mes trois collègues, là, je peux vous remettre une
copie de ce que j'ai mentionné hier. Je le dis au collègue
d'Hochelaga-Maisonneuve aussi. Est-ce que vous êtes à l'écoute? Oui? On a les
seuils selon les nouveaux revenus, on a l'équivalent en salariés. On a le
nombre de pourcentages, le pourcentage des accréditations visées, puis le pourcentage
des salariés visés. Et vous allez voir que de 0 à 150 000, c'est équivalent en
salariés de 1 à 132, c'est-tu assez clair? Le pourcentage d'accréditations
visées : 79,5. Salariés : 16,7. La mission d'examen, entre 150 et 300,
c'est environ 133 salariés. Donc, c'est une avancée, vous allez... vous allez
peut-être le reconnaître, peut-être que vous ne voudrez pas convenir que c'est
une avancée par rapport à ce qu'il y avait avant. Mais... moi, je veux vous
convaincre. C'est environ 133 salariés, 10.6 % des accréditations,
9.4 % des travailleurs, puis l'audit, plus de 300 000, c'est environ 267
salariés et c'est 9,9 % des accréditations. Puis là, j'ai mis plus les
centrales, parce que c'est une mission d'audit pour les centrales, et c'est
74 % des salariés visés. Si vous voulez, un collègue, je peux vous le...
le remettre, ce tableau-là.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Simplement l'envoyer à l'adresse courriel de la commission puis on va le
distribuer à l'ensemble des membres de la commission.
M. Boulet : OK. Puis on a on
a aussi... on peut remettre l'équivalent pour les nombres de salariés, c'est la
même...
(Consultation)
M. Boulet : Parce que vous
allez voir, aussi, collègue d'Hochelaga-Maisonneuve, je pense que vous y faisiez
référence. On a un tableau, le PL tel que déposé, 0-50, 50-200, plus que 200,
puis là, on a notre amendement en bas. Alors ça, je pense que... en tout cas,
pour vous convaincre que c'est une amélioration plus que considérable, je ne
vois pas autre chose. Si je ne suis pas capable, bien... bien, on va plaider,
puis on demandera à un juge de décider.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre. Oui, merci. M. le député de Saint-Jérôme, en terminant.
M. Chassin :C'est juste une distinction, puis... parce que je ne suis peut-être
pas avocat ou pas avocat en relations industrielles non plus, mais associations
de salariés, associations accréditées, parce qu'on n'arrête pas de parler de l'accréditation,
l'association accréditée, l'association de salariés versus l'association
accréditée. Est-ce que dans les définitions du Code du travail... là, je ne
comprends peut-être pas tout, mais j'ai l'impression qu'il y a une distinction
claire qui est faite, là.
M. Boulet : Bien, certain,
puis vous irez voir les définitions, mais une association accréditée, ces collègues,
des travailleurs qui se regroupent ensemble, qui décident de s'associer...
M. Chassin :Et qui sont reconnus par un tribunal?
M. Boulet : ...puis le
syndicat a fait signer les cartes d'adhésion, puis s'il y en a plus que
35 %, généralement, ils vont faire une requête en accréditation syndicale
au ministère du Travail, puis s'ils ont en haut de 50 %, normalement, ils
sont accrédités sur-le-champ...
M. Boulet : ...entre 35 et
50 %, il y a un vote qui est tenu pour permettre aux travailleurs de
décider s'ils adhèrent ou non. Et l'accréditation, quand elle est émise, le
collègue de Hochelaga-Maisonneuve connaît ça, moi, j'apprécie ses
connaissances. Il sait qu'à partir du moment où il y a l'accréditation, ça
confère un monopole de représentation de la collectivité des travailleurs. Et
là s'organise la vie associative des travailleurs. Processus que je respecte,
d'ailleurs, on n'est pas revenus... je sais que vous le souhaitiez, collègue de
Saint-Jérôme, qu'on revienne sur la procédure d'accréditation syndicale. Ce
n'est pas dans le PL. Le PL s'intéresse à la transparence, la gouvernance puis
la démocratie.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Vous pourrez y revenir, M. le député de Saint-Jérôme, je m'excuse, la députée
de D'Arcy-McGee souhaite intervenir, allez-y.
M. Chassin :Parce qu'on m'a... on m'a défini «accréditée» mais pas...
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre, M. le député de Saint-Jérôme, non. Merci, vous reviendrez. M. le
député de D'Arcy-McGee, allez-y.
Mme Prass : Merci, M. le
Président. Pour revenir sur les seuils, parce que vous avez cité la CSD plus
tôt, et lors des consultations dans leur mémoire... Parce que là, on s'entend
qu'une mission d'examen coûte à peu près 15, 20 000 $. Alors, par exemple,
disons qu'on parle d'un syndicat où le montant... leurs... leurs revenus annuels
sont de 150 000 $. Là, ils vont devoir faire la déduction des cotisations
versées aux organisations auxquelles ils sont affiliés. Donc, on est... je vais
recommencer, d'accord, merci.
Donc, pour le seuil de 150 000 $, par
exemple, le 150 000 $, comme on l'a dit, s'applique avant la
déduction des cotisations versées aux syndicats affiliés. Et vous avez
mentionné la CSD plus tôt qui, dans leur mémoire, eux... alors donc, le coût
d'une mission d'examen, c'est entre 15 et 20 000 $ à peu près présentement.
Donc... donc si on prend l'exemple d'un syndicat qui a 150 000 $ avant la
déduction de la cotisation, donc, son...son revenu annuel va être moins de
150 000. Parce que là, on précise que le gouvernement utilise la balise de
10 % dans ses propres programmes pour juger une charge administrative
raisonnable. Donc si on prend le seuil de 150 000, qu'on enlève les déductions
de cotisations et ensuite qu'on enlève le montant qu'ils vont devoir payer pour
la mission d'examen, bien, c'est un frais administratif qui est au-delà de
10 %. Une règle que le gouvernement applique à lui-même mais qui ne sera
pas appliquée aux syndicats.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Boulet : Bon, puis après
ça, on pourra suspendre, on va vous partager le tableau. La mission d'examen,
je le répète, c'est pour déterminer si les informations sont plausibles compte
tenu des critères appropriés, selon l'ordre des CPA, ce n'est pas 15 à
20 000 $, c'est environ 7 500 $. Une mission d'examen, ce
n'est pas comme une mission d'audit. Ils tiennent compte... je référais à la
plausibilité, mais le CPA n'est pas tenu de recueillir des éléments probants de
sources internes ou externes à l'appui de ces informations, ni d'étudier, ni
d'évaluer le contrôle interne. Et ça, c'est un tableau qui nous a été remis par
l'ordre des CPA, ça fait que ce n'est pas 15 à 20 000 $, puis je le
répète : on n'est pas dans le même niveau d'exigence qu'on avait dans le
PL initial. Là, on est rendus jusqu'à 150 000 $, c'est zéro, puis c'est ça,
puis c'est là que sont les petits syndicats. Il n'y a aucune charge. La mission
de compilation, c'est entre 1000 $ et 5000 $. Ça, on exclut ça. Puis
oui, 150 000 $, puis il ne faut pas exclure les cotisations. La FTQ ne le fait
pas non plus, la solution simple, pragmatique et réaliste, c'est la cotisation
telle que prévue au Code du travail. Le reste, ça appartient à l'association, à
la... moi, ce que j'appelle, c'est l'autonomie associative des syndicats. Et la
mission d'audit en haut de 300 000 $, c'est 15 000 $. Là, ça va dépendre, mais
c'est autour de 15 000 $, puis ça peut être 17 000 $, mais
ce n'est pas les catégories de prix que vous nous partagiez.
• (12 h 40) •
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Simplement, avant votre intervention, on a reçu le document, il est distribué
sur Greffier.
Une voix : Merci.
Le Président (M. Allaire) :
Allez-y.
M. Boulet : Est-ce qu'on peut
peut-être suspendre quelques minutes, donner à tout le monde l'opportunité de
regarder ce tableau-là? Parce que ce qui était central, c'était vraiment :
C'est quoi l'évolution par rapport à notre position initiale?
Le Président (M. Allaire) :
Pas de problème.
M. Boulet : Puis, le collègue
de Saint-Jérôme, l'association de salariés, ce n'est pas l'association locale,
mais c'est généralement une association de salariés qui n'est pas accréditée,
donc qui n'est pas...
M. Boulet : ... syndiqués.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. On va suspendre les travaux quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 42)
(Reprise à 12 h 45)
Le Président (M. Allaire) :
Alors nous allons reprendre les travaux. D'autres interventions sur
l'article 8 où on introduit l'article 47.1, et on est sur un
amendement, Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci, M. le
Président. Donc, je vais continuer ma question. Alors là, le ministre nous dit
qu'une mission d'examen, c'est plutôt 7-8 000 $. C'est le prix présentement,
on se comprend qu'une fois que ça devienne une obligation, ça se peut que le
coût de... de la mission d'examen augmente. Mais ma question de base, je
reviens, est que le gouvernement utilise une balise de 10 % dans ses
propres programmes pour juger une charge administrative raisonnable. Est-ce que
la même règle va s'appliquer aux syndicats? Et sinon, pourquoi pas? Pourquoi ce
qui est bon pour le gouvernement n'est pas bon pour les syndicats?
Le Président (M. Allaire) : Le
ministre...
M. Boulet : On a fait la
distinction hier. Un syndicat, ça représente des intérêts particuliers. Faire
une comparaison avec un gouvernement qui est là pour le bien commun, ce n'est
pas une...
M. Boulet : ...comparaison que
j'accepte, donc les critères, on pourrait en trouver de différentes natures,
des critères parfois objectifs, des critères parfois subjectifs. Ici, on répond
à des problématiques, on répond à des problématiques de transparence, de saine
gouvernance, puis je ne reprendrai pas l'inventaire de tous les cas qui ont été
révélés sur la place publique, d'autres qui ne l'ont pas été. Mais ça requiert
un remède que nous considérons proportionnel à la gravité des fautes. Puis les
travailleurs, travailleuses méritent ça. Ça fait que moi, de me dire : Ça
devrait être la même affaire pour le gouvernement. Vous faites partie d'une
organisation politique qui a déjà gouverné, puis de comparer un syndicat à un
gouvernement, je regrette, ce n'est pas la même chose.
Le Président (M. Allaire) : Mme
la députée?
Mme Prass : Bien, en tant que
contribuable, on paye nos taxes au gouvernement qui est responsable en tant que
syndicat, on paye nos cotisations. Il y a quand même des similarités qui
peuvent être... qui peuvent être amenées. Je vous pose une autre question, et
pour le public : la différence entre une mission d'examen et un audit?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre?
M. Boulet : Pardon?
Mme Prass : La différence
entre une mission d'examen et un audit?
M. Boulet : Bien, je... je
peux reprendre mon document. Oui, une mission d'examen. Je vais le lire :
«L'examen repose essentiellement sur des demandes d'informations, des
procédures d'analyse, des entretiens qui portent sur les informations fournies
au CPA par l'association accréditée». Ce n'est pas très complexe, ce n'est pas
une PME diversifiée. Tu sais, j'ai une collègue qui me disait récemment :
Les PME qui empruntent, ils doivent fournir des états financiers audités,
généralement. Je ne vois pas ce qui est si compliqué. D'ailleurs, collègue, la
plupart des syndicats qui sont venus ici me disent : On n'a pas de
problème avec les obligations de transparence, on le fait déjà et parfois plus.
Ça fait que... Mais je vais le réexpliquer, là, si c'est ce que vous
souhaitez : «L'objectif du CPA dans une mission d'examen, c'est de
déterminer si les informations devant faire l'objet du rapport d'examen sont
plausibles, compte tenu des critères appropriés.» Dans ce contexte, l'adjectif
«plausible» est employé dans le sens, entre guillemets, «qui semble digne de
foi».
«Le CPA n'est pas tenu de recueillir des
éléments probants de sources internes ou externes à l'appui de ces
informations, ni d'étudier ou d'évaluer le contrôle interne.» Puis la mission d'audit,
c'est : «L'audit fournit une assurance raisonnable que les états
financiers pris dans leur ensemble sont exempts d'anomalies significatives, que
celles-ci résultent de fraudes ou d'erreurs.» Donc, tu sais, même le collègue
d'Hochelaga-Maisonneuve, qu'est ce que le PL-3 va permettre de détecter ou
d'éviter? Il n'y a pas que le rapport sur l'utilisation des ressources
financières, il y a la mission d'audit dans les plus importantes associations
accréditées.
«L'assurance raisonnable constitue le concept
clé en matière d'audit et ne correspond pas à un niveau absolu d'assurance. Il
est impossible de parvenir à l'assurance absolue en raison des limites
inhérentes à l'audit, qui font que la plupart des éléments probants sur
lesquels l'auditeur s'appuie pour tirer des conclusions et fonder son opinion
sont convaincants plutôt que concluants.» Puis là, bien, vous le savez, il y a
des... des référentiels d'informations financières qui sont dans ce qu'on
appelle les principes comptables généralement reconnus. C'est le PCGR, là,
c'est un... un PCGR, c'est un manuel canadien, là, des normes comptables
applicables. Donc, c'est ça, la différence entre les deux.
• (12 h 50) •
Mme Prass : Pour vous, à part
le coût, disons... hypothèse, ça coûtait la même chose. Pourquoi la nécessité?
Pourquoi pas une mission d'examen pour tous? Pourquoi la nécessité d'un audit
pour les plus grands?
M. Boulet : Une mission
d'examen pour tout le monde? Dans le PL-101, on ne parlait que d'audit, on ne
parlait pas d'états financiers vérifiés. La mission d'examen est approuvée...
bien, est apparue dans le PL-3 parce que c'est plus respectueux des seuils, des
capacités de payer puis de la nécessité d'avoir des informations qui sont
fiables pour l'ensemble des travailleurs syndiqués.
Mme Prass : Et est ce qu'il y
aurait une ouverture, par exemple, encore, on retourne au seuil de 150
000 $ avant les déductions de cotisations, si un syndicat plus... plus
petit vous dit... et comme j'ai dit, premièrement, les montants, je pense
aussi, pour les missions d'examen peuvent varier...
Mme Prass : ...d'une région à
l'autre également, considérant s'il y a une pénurie ou non de comptables dans
cette région-là. Donc, hypothèse : c'est 15 000 $ pour faire une
mission d'audit... excusez-moi, une mission d'examen. Et un organisme contacte
le ministère du Travail et dit : Moi, c'est 150 000 $ par année avant
que je verse mes cotisations, et là, je dois payer pour la mission d'examen qui
fait en sorte que moi, il ne me restera pas assez d'argent pour pouvoir
offrir... ou l'administratif pour les conventions ou quoi que ce soit, est-ce
qu'il y aurait une ouverture de la part du ministère du Travail, si un
organisation... un syndicat peut démontrer que le... que le coût de la mission
d'examen fera en sorte que ça va réduire... drastiquement réduire le montant
qui leur reste? La question, c'est : est-ce qu'il y a une ouverture? Parce
que pour vous, le 150 000 à 300 000 $, c'est une chose, les syndicats, ils
ne sont pas d'accord. Moi, je veux savoir s'il y aurait de l'ouverture, si
jamais ça peut vous être démontré, que la mission d'examen... le coût pour la
mission d'examen serait vraiment détrimental au montant que retient le
syndicat?
Le Président (M. Allaire) :
...ministre.
M. Boulet : La réponse
simple, c'est : non. Il n'y a pas d'ouverture parce que ça devient
compliqué. Puis on rend de quoi de potentiellement contentieux un élément qui
est simple pour les travailleurs, travailleuses. Puis ce n'est pas le ministère
qui va avoir à dire ou à décider si ça peut affecter drastiquement la capacité
financière d'une association de salariés accréditée, puis il n'y a pas de
décision à rendre. Tout ce qu'on fait dans le PL, il n'y a aucune reddition de
comptes à faire, d'ailleurs, à notre ministère ni à l'État québécois, c'est des
outils qu'on donne aux travailleurs pour s'assurer qu'ils aient accès à de
l'information fiable. Puis ce qu'on dit avec une mission d'examen puis un
audit, c'est de l'information fiable. Je ne dis pas que ce n'est pas fiable
quand c'est fait par un comité de vérification interne, notre collègue d'Hochelaga-Maisonneuve
a vécu beaucoup dans des syndicats puis il sait que les comités de vérification
interne font... montre de beaucoup d'intégrité et de probité. Donc, non, je
n'ai pas cette ouverture-là parce que c'est complexifier de quoi qui est
simple. Puis deuxièmement, les coûts, vous le savez, hein, collègue de D'Arcy-McGee,
c'est associé à la pénurie de main-d'œuvre. Tu sais, plus tu as une pénurie,
plus il y a un impact à la hausse sur les honoraires professionnels. C'est la
même affaire pour les conseillers, pour les ordres professionnels. Mais ceci
dit, l'Ordre des CPA disait : Les craintes liées à des défis de ressources
ne devraient en aucun cas nous permettre de lésiner sur la qualité de la
reddition de comptes et la transparence des organisations syndicales, ils
écrivent envers leurs membres. C'est une philosophie que je partage totalement,
puis est-ce qu'on aurait pu mettre 100 000? Oui, on aurait pu mettre 100 000.
Je pense qu'on tient compte d'un agrégat de mémoires, puis j'ai répété tout à
l'heure, notamment la CSD, notamment la FTQ, notamment la... en fait, tous les
groupes qui ont proposé des seuils de revenus. L'avancée... puis je pense que
le collègue d'Hochelaga-Maisonneuve va peut-être me le dire, l'amendement est
une avancée considérable en termes d'impact sur le nombre d'associations
accréditées visées par des missions d'examen et des missions d'audit, et le
nombre de salariés aussi. Ça fait que je pense qu'on est au bon endroit, que
c'est équilibré, puis que c'est pragmatique et réaliste, comme le disait la
FTQ, d'avoir ça en fonction des revenus.
Mme Prass : De ce que vous
avez cité du mémoire des CPA, ils admettent eux-mêmes le potentiel d'une
pénurie. Ils disent que ça ne changera pas la qualité du travail, etc., mais
eux-mêmes admettent que c'est une possibilité...
M. Boulet : Bien, vous avez
tellement raison, parce que s'il n'y avait pas de pénurie puis que ça coûtait
1500 piastres pour une... comme pour une mission de compilation pour tout le
monde, ça n'aurait pas été compliqué. Donc, d'où l'importance et l'énorme
pertinence d'avoir une modulation.
Mme Prass : Mais également la
grande possibilité que le coût de ces... de ces missions d'examen audit
augmente, parce que s'il y a une pénurie, puis là, la demande va augmenter...
M. Boulet : Totalement.
Mme Prass : ...donc, le
montant que vous... le...
Mme Prass : ...8 000 $
par exemple, vous avez....
M. Boulet : 5 500, oui.
Mme Prass : 5 500, ne
sera pas nécessairement à 5 000, justement, avec la pénurie et la demande.
M. Boulet : Il pourrait être
un peu moins, il pourrait être un peu plus, ça, je ne le sais pas, mais ce
n'est pas des... ce n'est pas des... ce n'est pas des organisations si
complexes que ça, là. Tu sais, ceux qui ont en bas de 150 000, ils font des
états sommaires, puis c'est revenu... en fait, recettes et dépenses, puis actif
et passif, ce n'est pas... Est-ce qu'on peut anticiper que ça soit plus que 5
500? Disons que je me fie à l'ordre des CPA, puis je ne dirais pas ça va être
moins ou un peu plus, ça peut varier aussi d'une région à l'autre ou d'un
secteur à l'autre.
Mme Prass : Et pour vous, les
montants qu'ils vont devoir payer soit pour la mission d'examen ou d'audit,
vous pensez que c'est une bonne... une bonne façon de dépenser l'argent des
travailleurs?
M. Boulet : Totalement. On
fait ça pour les travailleurs, pour, je le répète, une information fiable, puis
pas besoin de vous étaler puis refaire un inventaire de tous les cas qui ont
été largement documentés sur la place publique. Et ça justifie nettement qu'on
donne cet outil-là aux travailleurs et travailleuses. N'oublions pas,
collègues, la formule Rand constitue une forme de privilège que je respecte,
mais qui oblige tous les employeurs où il y a une accréditation syndicale à
retenir le montant des cotisations déterminées par le syndicat-là, donc c'est une
obligation. Au Québec, il y a des personnes qui voudraient remettre en question
la formule Rand, mais...
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre, vous pouvez poursuivre.
M. Boulet : Bon, ce n'était
pas volontaire, mais... donc, si tu es salarié, là, tu peux ne pas être membre
du syndicat, tu peux ne pas signer une carte d'adhésion et tu es contraint de
payer ta cotisation, puis ça aussi je la respecte. Je sais qu'il y en a qui ne
souhaitent pas ça, mais ça impose une certaine réciprocité. Vous m'avez
entendu, tu sais, si tu es obligé de payer, il me semble que tu devrais avoir
accès à de l'information, puis avoir des règles de gouvernance, puis je le dis,
la plupart des syndicats en ont déjà des règles de transparence et de
gouvernance, comme la loi sur les normes du travail, il y a plusieurs
employeurs, même de la FCEI, qui viendrait me dire on est en haut du salaire
minimum, on est en haut du nombre de congés qui est prévu dans la loi sur les
normes, on est en haut dans telle et telle condition, mais on a un seuil
minimal. Et voyons ce PL-là comme étant un seuil minimal de saines pratiques de
gestion, tout simplement.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Ça va? Oui, en fait je regarde l'heure, M. le député, c'est correct si on va à
cet après-midi? Parfait. Donc, compte tenu de l'heure, je suspends les travaux
jusqu'à 15 h. Merci, tout le monde!
(Suspension de la séance à 13 heures)
14 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 15 h 01)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît. La Commission de l'économie et du travail reprend
ses travaux. Nous poursuivons l'étude détaillée du projet de loi n°3, Loi
visant à améliorer la transparence, la gouvernance et le processus démocratique
de diverses associations en milieu de travail. Avant de commencer, on a
augmenté le chauffage un petit peu. Donc j'espère que c'est un peu plus
confortable. Faites-moi signe si jamais ce n'est pas le cas. Lors de la
suspension, si vous vous souvenez, nous étions sur un amendement déposé par la
partie gouvernementale, par M. le ministre. C'est le député d'Hochelaga-Maisonneuve
qui souhaitait intervenir, donc à l'article 8, qui introduit 47.1. Donc, je
répète, on est sur un amendement. Donc, M. le ministre, vous êtes prêts? Oui, M.
le député d'Hochelaga-Maisonneuve, vous êtes prêts aussi? Allez-y.
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) : Vous
voulez suspendre un petit peu? On va suspendre les travaux quelques instants, merci.
(Suspension de la séance à 15 h 02)
15 h (version non révisée)
(Reprise à 15 h 03)
Le Président (M. Allaire) : À
l'ordre, nous allons reprendre les travaux. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve,
je vous cède la parole, je pense que c'est vous qui vouliez intervenir avant la
suspension de ce matin. Alors, la Parole est à vous.
M. Leduc : Merci. M. le
Président. D'abord, je veux remercier le ministre pour le tableau qu'il nous a
cheminé un peu avant la pause du dîner. C'est, en effet, instructif pour...
pour nos réflexions. Moi, j'ai joué un peu avec les chiffres, puis je pense qu'on...
on prend le problème... on prend le problème du mauvais bord, dans le sens où
on devrait partir du chemin inverse, le ministre part du chemin, là, des
gradations des revenus. Moi, j'aimerais ça qu'on parte d'un autre chemin, puis
j'aimerais ça l'entendre. Il a eu un échange avec ma collègue un peu, tantôt,
mais je... je veux vraiment synthétiser sa pensée, ou du moins bien saisir sa
pensée. Selon le ministre, ce serait quoi la part maximale qu'un syndicat local
devrait investir pour faire faire un audit ou un examen de ses états
financiers? Est-ce que c'est 5 %, 10 %, 20 %, à partir de
combien de pour cent, ça commence à devenir un peu exagéré d'investir autant de
la proportion de son revenu local dans un exercice de mission d'examen?
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le ministre.
M. Boulet : Je n'ai pas d'idée
précise en tête. Je pense que... le... la dimension de l'organisation, le
volume des cotisations recueillies et un élément intangible, c'est-à-dire la
formule Rand, sont suffisamment d'éléments qui confirment la nécessité d'avoir
des états financiers. C'est sûr que ce que l'Ordre des CPA nous confirme, bon,
dans la mission de compilation, on la met de côté. La mission d'examen, si c'est
autour de 7 500 $, ça veut dire que si tu collectes, par le précompte
syndical, 150 000 $, je n'ai pas calculé le pourcentage parce que ce
n'était pas un indicateur objectif pour nous autres, là, mais... je n'ai pas de...
en fait, puis ce n'est pas des... des associations dont le niveau de complexité
va générer des honoraires qui sont particulièrement importants. Quand je lis...
je ne sais pas si tu as le document que je lisais tout à l'heure, des CPA. Tu
sais, c'est beaucoup de... du recueil d'informations. Puis ils vérifient si les
informations sont plausibles, compte tenu d'un certain nombre de critères, puis
ils ne sont pas tenus de recueillir des éléments probants. Ça fait que c'est
sûr que... puis ce n'est pas par... parce que je mésestime, mais ce n'est pas
un niveau de sophistication qui est très élevé. Une association de salariés
accrédités, il y a des recettes, des dépenses, puis selon...
M. Boulet : ...ce que nous
avons constaté dans la pratique avec 47.1, c'était des états financiers
relativement sommaires. Ça fait que là, c'est une mission d'examen qui repose
essentiellement sur des demandes d'informations. Ça fait que non, je n'ai pas
d'idée. C'est sûr que je ne suis pas insensible au fait qu'il y a une pénurie
puis que ça a engendré une augmentation des honoraires professionnels, je le
répète, mais j'adhère aux propos de l'Ordre des CA qui dit que la pénurie ne
peut jamais nous permettre de lésiner sur l'impératif de transparence au
bénéfice des travailleurs. C'est plus comme ça que je l'analyse, je ne lui ai
pas dit : Il ne faut pas que ça dépasse tel plafond en termes de montant
ou tel plafond en termes de pourcentage.
M. Leduc : Bien, je
comprends, c'est pour ça que j'essaie de vous amener par un autre chemin, dans
le sens de le voir par un autre chemin. Il y a des... où est-ce que quand
l'État donne des subventions à différents organismes, ils exigent que
l'administration de ces subventions-là ne représente pas plus que 10 % des
frais. Moi, je trouve, là, après ça, tout un chacun peut avoir son opinion,
mais que quand on est rendu mettons à cause d'une obligation étatique à
consacrer presque 20, peut-être 30 % de son budget à un exercice
comptable, ça commence à être un peu ridicule. On va... On passe 30 % de
son budget à calculer et à vérifier le reste du 70 ou 80 %. On est dans un
drôle de milieu, ça fait que c'est pour ça que j'aimerais ça comprendre, vous,
M. le ministre, votre... le seuil psychologique raisonnable, il est... il est à
quoi? Parce qu'on s'entend que plus l'association est grosse, plus le fonds
local est gros, forcément, plus la proportion qui est demandée, parce que c'est
un prix assez fixe, hein, le... bien, fixe, qui ne varie pas tant que ça, les
audits, là. C'est alentour de 10 000 selon ce que vous avez mis dans votre
document. Ça va peut-être varier un petit peu là, mais...
M. Boulet : ...
M. Leduc : ...C'est rendu
15 000? Mon Dieu.
M. Boulet : ...les audits,
les audits. Ce qui est audité. Il faut distinguer entre l'examen puis l'audit.
L'examen, c'est 7 500...
M. Leduc : Oui, moi j'avais
vu 10 000 dans votre document.
M. Boulet : ...Non, j'ai dit
15 000 à la collègue de D'Arcy-McGee.
M. Leduc : Ah...
M. Boulet : Mais là, si vous
voulez baisser...
M. Leduc : ...Moi, je parlais
du document de septembre. Je sais que c'est délicat de parler de tout ça, mais
c'était 10 000 qui était dans le document de septembre. Tant mieux, on va
mettre 15 000, alors ça va être encore moins le fun parce que plus
l'association est grosse, plus cette proportion-là du 15 000 mettons, on va
dire 15 000 maintenant, elle devient plus petite parce que le budget est plus
gros vu que le... ce montant-là est fixe. C'est un des seules variables qui ne
varie pas tant que ça, justement. Il va de la même logique pour les plus
petites associations ou les moyennes associations, là, on est alentour de 8000
selon les chiffres que vous avez donnés pour une mission d'examen. Mais quand
on est à la frontière, puis je vous explique pourquoi je vous pose la question,
dans votre nouveau système à 150 000 brut avant les dépenses d'affiliation,
j'ai vérifié durant l'heure du dîner avec les différentes centrales, quelle
était la proportion des cotisations qui restaient dans la section locale versus
qui partaient à la centrale ou à la fédération. Ça varie vraiment, hein, d'une
place à l'autre, mais en gros...
M. Boulet : ...peut varier
d'une année à l'autre, oui.
M. Leduc : En gros, ça tourne
alentour de 30, 40 %, souvent plus alentour de 30, 35 qui restent dans la
section locale.
M. Boulet : Et il y en a que
c'est beaucoup plus, là, mais oui...
M. Leduc : Mais la... en
majorité.
M. Boulet : ...Disons qu'à la
CSN, c'est à peu près ça, là.
M. Leduc : C'était... C'était
mon souvenir quand j'étais dans... plus actif dans le milieu syndical. Souvent,
c'est... c'est grosso modo un tiers, deux tiers. Pourquoi? Parce que ce qui
coûte le plus cher, c'est les ressources humaines, puis les conseillers
syndicaux sont payés par la fédération, les avocats, les experts en
communication, en mobilisation, les conseillers qui font la négo, les
conseillers qui font les griefs, etc. C'est pour ça qu'historiquement, dans la
plupart, la majorité des syndicats, là, je synthétise, mais c'est grosso modo
un tiers dans la section locale, puis deux tiers dans la fédération ou la
centrale. Si je prends la frontière de votre... de votre nouveau système à
150 000 puis que je mets 30 % de cotisations locales, ça veut dire qu'il
reste 45 000 de ce 150 000-là, puis si je mets 8000 de frais, environ, de
missions d'examen sur le 45 000 qui reste, ça donne 17 %. Ça fait qu'une
section locale de 150 000 qui rentre dans le plus bas seuil de votre nouvelle
catégorie de missions d'examen, elle va devoir consacrer 17 % de son
budget dans sa mission d'examen. Moi, je trouve qu'on a défoncé le seuil de
raisonnabilité quand on est rendu à payer 17 % de son budget pour se faire
faire une mission d'examen. Je ne trouve pas que c'est raisonnable.
• (15 h 10) •
M. Boulet : C'est une
discussion raisonnée. Ceci dit, quand vous avez commencé avec le 20 % ou
30 %, c'est quoi ma limite? Un, comme je l'ai mentionné, je n'ai pas de
limite. Ma seule limite, c'est de m'assurer que les travailleurs aient accès à
une information fiable. Puis 20 % sur 150 000, ça représente à peu près
30 000 $. 30 000 $ pour...
M. Boulet : ...mission
d'examen, puis 150 000 ce n'est pas un audit, on est loin, loin, loin du
30 000. 5 500, c'est à peu près 5 %, c'est loin du 20 % ou du
30 %. Le 30 % auquel vous faisiez référence, ça représente
45 000 $ sur des revenus de 150 000, des revenus bruts, là, je comprends
ce que vous dites, tu sais, de la cotisation, il y en a une partie qui va à
telle instance, une partie... tu sais, ça peut aller à un conseil, ça peut
aller à une fédération, ça peut aller à la centrale, je le comprends, mais
c'est pour ça qu'il faut baisser considérablement vos pourcentages, puis sur
150 000, si... dans certains syndicats, il y a peut-être 30 ou 40 % qui
vont à la centrale, puis vous le savez, il y a des syndicats où c'est
l'inverse. Mais si par exemple... je vais prendre votre scénario extrême, si
c'est un tiers, deux tiers sur 50 000, que 7 500 servent à assurer une
information fiable à des travailleurs, ça ne m'émeut pas, je trouve que c'est
tout à fait raisonnable. C'est mon opinion, puis je grossis ça, là, parce
qu'avec une autre centrale, mettons c'est la CSD, si c'est 50/50, bien il y a
75 000, il y a 5 500 qui est utilisé pour des états financiers, ça
veut dire 10 %, on est loin de votre scénario de 20 ou 30 %. Ça fait
que je ne suis pas... je trouve qu'on est dans des... dans des... moi, je
trouve que nos chiffres sont tout à fait respectueux de la réalité et surtout
tout à fait proportionnels avec les objectifs de transparence qu'on recherche.
M. Leduc : Juste clarifier
pour qu'on se parle des mêmes chiffres, là, tantôt, là, vous m'avez dit que
l'audit, ça risque plus d'être 15 000$ que 10 000 $, mais la mission
d'examen c'est quoi le chiffre magique, là, avec lequel on joue ici?
M. Boulet : C'est 7 500.
M. Leduc : Puis ça, c'est
basé sur...?
M. Boulet : Sur l'Ordre des
CPA.
M. Leduc : Le prix actuel.
M. Boulet : Oui.
M. Leduc : Qui va... qui va
certainement augmenter, cela dit.
M. Boulet : Ah, bien qui peut
baisser ou augmenter, comme je l'ai dit ce matin, ça peut être plus bas dans
certaines...
M. Leduc : Comment ça peut
baisser?
M. Boulet : Non, non, mais
dans certaines... Non, je dis ça peut être plus bas dans certaines régions,
plus haut dans d'autres régions, puis les honoraires professionnels, ça va
varier d'une unité à l'autre. Il y a des unités, je le répète, c'est basé sur
des demandes d'informations. Il y a... avec des unités d'accréditation
syndicale où ça peut être moins que 7 500, puis d'autres unités où ça peut
être plus, là, vous le savez, là.
M. Leduc : Oui, je comprends,
c'est juste que...
M. Boulet : Il n'y a rien de
linéaire dans le monde, des relations de travail.
M. Leduc :
On s'entend, on s'entend. Moi,
je sais juste que vous me dites 7,5, ça va peut-être baisser, je n'y crois pas
parce que dans un contexte de pénurie de pénurie de main-d'oeuvre...
M. Boulet : Je ne dis pas que
ça va baisser, que ça peut être plus bas.
M. Leduc : Je vais juste
terminer, M. le ministre, dans un contexte de difficile pénurie de
main-d'œuvre, si tout à coup, il y a plein de nouvelles accréditations
syndicales qui doivent faire un exercice de comptabilité, puis il n'y a pas
beaucoup de comptables, ça va monter, ça ne va pas baisser.
M. Boulet : Mais là, vous
prenez pour acquis qu'il y en a peu qui le font. Moi, ce n'est pas l'écho que
j'ai eu lors des consultations particulières, la plupart le font déjà.
M. Leduc : Des missions
d'examen, je ne pense pas. Des grosses sections locales qui font des audits, ça
je pense qu'il y a quand même une certaine... mais je ne le sais pas, je pense
qu'il y en a une certaine proportion.
M. Boulet : Oui, oui, mais on
m'a parlé des états... Bien moi, j'ai entendu de plusieurs syndicats qui sont
venus qu'ils ont étudié ce que nous avions en matière de transparence, puis ils
le faisaient déjà, puis j'ai souligné leurs pratiques exemplaires. Vous me
l'avez un peu reproché, mais c'est comme... je reviens avec la loi sur les
normes du travail, tout le monde a des pratiques exemplaires, supérieures à la
Loi sur les normes du travail. En matière de transparence, bien, je souhaite,
je fais le même souhait, là, je n'ai aucun problème avec ça, mais on ne peut
pas dire 20 %, puis 30 %, c'est...
M. Leduc : Non, non, j'ai
donné un exemple pour voir c'était quoi votre seuil psychologique, vous m'avez
dit : Je n'ai pas de chiffres. Après ça, je vous ai dit j'ai fait des
calculs, vous pouvez bien continuer avec le 20 %, 30 % si vous
voulez, mais les calculs que j'ai faits par rapport à votre... à votre tableau
que vous m'avez fourni, que je vous remercie encore d'ailleurs, m'amène dans le
cas des missions, puis là je viens de le recalculer à 7 500 plutôt que
8 000, m'amène à 16,6 %. C'est bien trop d'argent pour un budget de
consacrer 16 % de votre budget.
M. Boulet : Bien, je ne sais
pas comment vous faites... je ne sais pas comment vous faites votre calcul,
mais...
M. Leduc : Bien je vous l'ai
expliqué, je vous le réexplique si vous voulez.
M. Boulet : Non, non, mais si
c'est le tiers...
M. Leduc : 150 000...
M. Boulet : ...si c'est le
tiers...
Le Président (M. Allaire) :
...les deux en même temps, c'est sûr et certain, là. Aviez-vous terminé M. le
député d'Hochelaga-Maisonneuve?
M. Leduc : Je vais le
réexpliquer.
M. Boulet : On se...
Le Président (M. Allaire) :
Oui, c'est bien.
M. Leduc : Bien oui, c'est
bien correct.
Le Président (M. Allaire) :
Allez-y, M. le député.
M. Leduc : Vous mettez une
fourchette, là, à partir de 150 000 on tombe dans la mission d'examen, parfait,
je prends cette fourchette-là. 150 000, là j'ai choisi le 30 %,
30 % qui... qui reste dans la section locale, 150 000, 30 %, ça
fait 45 000. Là, à la place de faire le 8 000 sur 45 000, je
prends votre chiffre 7 500, 7 500 de 45 000 ça donne 16,6 %.
Moi, je ne trouve pas ça normal qu'on exige de dépenser 16 %, 16,6 %
de son budget total dans une mission d'examen, ça me semble démesuré. Dans le
fond, ce que je suis en train de vouloir dire au ministre parce que j'ai fait
de l'exercice aussi pour l'audit, j'ai pris le 300 000...
M. Leduc : ...frontière du
300, la nouvelle fourchette, là, à 300 000 $, à 30 %, ça fait
90 000 $. Là, on va le recalculer, 15 à la place de 10, c'est vos chiffres à
vous... bien là, on est à la même place, 16,6 %. 16,6 %, donc 15 000$
pour 90 000$ de section... de budget local, c'est 16,6 %, ça me semble
démesuré. Ce n'est pas normal de dépenser autant d'argent en proportion de son
budget local pour faire vérifier des chiffres, je veux dire, honnêtement, moi,
c'est... mon seuil me semble tolérable à 10. J'aurais aimé mieux que ça soit
plus bas, puis ça le sera à mesure qu'on avance dans la... dans catégorie, dans
la fourchette, ceux qui sont à 300 000 $ ou à 299, puis qui auront à
faire la mission d'examen, je ne l'ai pas calculé, mais ça va être certainement
en bas de 10 %. Moi, ce que je vous dis, c'est qu'il y a... si vous voulez
qu'on sorte d'ici avec, je pense, un compromis intéressant, il faudrait
rehausser un peu vos deux seuils pour qu'on quitte ces zones-là, en haut du
10 % du budget local qui sera consacré à la mission d'examen qui me semble
complètement déraisonnable.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Boulet : Bien, écoutez,
vous allez prendre le worst case scenario, nous, on va prendre un
meilleur scénario. Si je prends la fourchette d'en bas, parce que vous avez
raison, entre 150 et 300, plus on se rapproche de 300, plus c'est raisonnable.
Puis en haut de 300, plus on monte en haut de 300, plus le pourcentage diminue.
C'est pour ça que moi, j'ai pris un scénario intermédiaire. J'ai dit 7
500 $ à 150 000 $, c'est 5 %, 7500 $ ou 15 000$ pour un
audit à 300 000 $, c'est 5 %. Mettons qu'on double, c'est 10 %. Ça
m'apparaît tout à fait raisonnable. Et ce que je trouve intéressant, c'est que
là, on s'éloigne du... de ce que vous appelez votre pire scénario, là, 20 à
30 %, là, on est très, très, très loin de ça. Puis j'apprécie que vous souligniez
la qualité de ce tableau-là, c'est fait par notre équipe, au ministère, par
l'équipe de ma sous-ministre, puis je pense que c'est bénéfique. Puis nous, on
travaille avec les revenus bruts. C'est le Code du travail. Puis, plus on
s'éloigne du Code du travail, plus il y a des risques de ne pas le respecter.
Moi, le revenu brut, c'est la cotisation qui est prélevée par l'employeur. Moi,
je pense que c'est ça, notre unité de mesure. Puis je reviens... puis, vous
n'aimerez pas que je le répète, mais la FTQ disait que c'était la solution
pragmatique et réaliste. Et donc on adhère à ça, à ce que la FTQ nous a partagé
dans son mémoire. Mais non, ça ne m'apparaît pas déraisonnable, collègue. Je
pense que j'aurai pas mal tout dit...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. Boulet : ...sur les deux
chiffres.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Je prends la... la
FTQ, je prends le ministre au mot et je vais déposer un sous-amendement par
rapport à ce que la FTQ a proposé.
Le Président (M. Allaire) :
Parfait. Est-ce que vous souhaitez suspendre? On l'a reçu, déjà, est-ce qu'on
enchaîne?
M. Leduc : On peut y aller
tout de suite.
Le Président (M. Allaire) :
Parfait.
Une voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
Ah, ça ne sera pas long. Bien, on va suspendre les travaux quelques instants,
merci.
(Suspension de la séance à 15 h 20)
15 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 15 h 46)
Le Président (M. Allaire) : À
l'ordre, nous allons reprendre les travaux. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve,
avant la pause, vous aviez mentionné votre intérêt de déposer un sous-amendement.
Avec la pause, des discussions s'en sont suivies, mais vous voulez toujours
déposer un amendement que je peux vous laisser lire et commenter.
M. Leduc : Je n'avais pas lu
le précédent, c'est ça?
Le Président (M. Allaire) :
Non.
M. Leduc : Donc, je n'ai pas
besoin de le retirer.
Le Président (M. Allaire) : Non.
M. Leduc : Merveilleux! Article
8, dans l'amendement à l'article...
M. Leduc : ...47.1 proposé par
l'article 8 du projet de loi, remplacer 150 000 $ à
300 000 $ et plus de 300 000 $ par respectivement 250 000 $
à 500 000 $ et plus de 500 000$. Je veux remercier les collègues du
ministère, je pense, qui ont rédigé l'amendement, et remercier le ministre. Je
pense que c'est une belle piste d'atterrissage parce que, dans les calculs que
j'ai faits, puis dans l'espèce de seuil psychologique de 10 % des... des
montants qui pourraient être... jusqu'à 10 % qui pourraient être investis
dans des états financiers, là, soit audités ou en mission d'examen. C'est ce
que j'avais comme calcul. Donc, dans un scénario avec un 30 % qui restait
dans la section... section locale avec la fourchette de 250, si on dit
30 %, ça fait 75 et, forcément 7.5, le... le prix allégué d'une mission
examen, 7.5 de 75 %, bien, c'est 10 %. Et même chose, 30 % de
500, ça faisait 150 et le 15 000 $ que ça coûte, un audit, 15 000 $ de 150,
bien, c'est aussi 10 %. Alors, on comprend que plus on avance dans la
fourchette, plus cette portion-là va descendre. Ce pourcentage là va descendre,
ce qui est bien, mais ça ne pourra donc pas, ou très rarement, dans certaines
occasions extrêmement rares, mais là, on a réduit les occasions, dans le fond,
substantiellement, où une section locale paierait plus de 10 %, ce qui est
déjà beaucoup, là, mais moi, c'était mon seuil maximal, maximal. Je suis
content de voir qu'il y a de l'ouverture du côté du ministre là-dessus.
Le Président (M. Allaire) :
Merci, M. le ministre.
M. Boulet : En fait, je veux
simplement me servir de... de cette proposition là, de notre collègue
d'Hochelaga-Maisonneuve, qui constitue une démonstration claire de notre
capacité d'avancer, ne serait-ce que cet article-là, où on impose, quand même,
une obligation de transparence via des missions d'examen et des missions
d'audit. C'est un pas en avant pour les travailleurs et les travailleuses du
Québec, qui sont au coeur... plusieurs des syndicats sont venus le répéter, qui
sont au coeur des organisations syndicales et je trouve que c'est un grand
bénéfice, puis je pense qu'il faut continuer d'aller dans cette direction-là.
Puis, si c'est des pratiques qui sont déjà en place, bien, tant mieux. Alors,
merci au collègue d'Hochelaga-Maisonneuve.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
D'autres interventions? Oui, M. le député de Saint-Jérôme.
M. Chassin :Évidemment, on avait une réflexion, aussi, sur l'espèce de
conversion, je dirais, de... des seuils monétaires versus les employés
syndiqués ou, en tous cas, les salariés dans une unité, qui change un peu... je
ne sais pas si c'est vraiment une règle de trois, là, qu'on peut faire pour
l'estimation, là, mais ça donnerait à peu près quoi, si on regarde les tableaux
qui nous avaient été fournis?
M. Boulet : Bien écoutez,
comme j'ai partagé tout à l'heure, collègue, si on regarde une mission d'examen
à un coût de 7 500 $, pour 150 000 $ de cotisation, ça représente
5 %. Évidemment, ce pourcentage-là serait décroissant plus les revenus
sont au-delà de 150 000 $. Et pour une mission d'audit, c'est le même calcul qui
aboutit à 5 %, parce qu'une mission d'audit, dans l'hypothèse d'un coût de
15 000$, 300 000 $, c'est 5 %, mais ce pourcentage-là serait
décroissant, plus on va au-delà de 300 000 $.
M. Chassin :
Je parlais peut-être plus...
• (15 h 50) •
M. Boulet : Ceci dit, la
démonstration faite par le collègue d'Hochelaga-Maisonneuve est fondée sur une
réalité. Évidemment, chaque syndicat a ses structures. Il y a des façons de
répartir la cotisation, nous, ce qui nous intéresse pour les seuils, c'est le
montant brut des cotisations. Après ça, chaque syndicat a son autonomie pleine
pour décider comment ce sera réparti entre... au sein de leur structure. Mais
il y a des syndicats où ce qui est envoyé dans les structures intermédiaires
jusqu'à la centrale représente 70 % ou les deux tiers du montant de la
cotisation. Ça fait que c'est sûr que ce qu'alléguait et plaidait le collègue
d'Hochelaga-Maisonneuve la note, puis avec raison, je le comprends, c'est que
ça réduit la marge de manœuvre financière. Quand tu es à 150 000 $, bien, ça
peut doubler ou ça a un impact sur le pourcentage, puis la même affaire en haut
de 300 000 $. Donc, c'est des seuils qui nous apparaissent raisonnables,
respectueux de la capacité financière, puis recommandés, par ailleurs, par un
certain nombre de syndicats. Et je trouve que c'est une belle voie de...
M. Boulet : ...passage.
M. Chassin :
Puis, bien, en fait, moi je parlais peut-être plus de la conversion entre le
seuil de 500 000 plutôt que 300 000 en termes de nombre de salariés. Est-ce que
c'est simplement une règle de trois dans le sens où on divise par une
cotisation approximative de 1124 $ pour avoir un nombre de salariés?
C'est... Je m'intéresse tout le temps aux chiffres parce que je suis
économiste, évidemment.
M. Boulet : Oui, je va vous
les donner. Je les ai à côté de moi...
M. Chassin :
...Parfait.
M. Boulet : ...si vous me
permettez, une minute.
M. Chassin :
Oui.
Le Président (M. Allaire) : On
peut suspendre les travaux aussi quelques instants, si vous préférez.
M. Boulet : Oui, s'il vous
plaît.
Le Président (M. Allaire) : On
va suspendre les travaux pour quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 15 h 52)
(Reprise à 15 h 56)
Le Président (M. Allaire) :
Alors, nous allons reprendre les travaux. M. le ministre, je vous cède la
parole.
M. Boulet : Alors, on n'a pas
le chiffre précis, là. On l'avait pour le 0 à 150, 150 à 300, puis en haut de 300,
ça fait qu'on a des calculs complémentaires à faire. Mais c'est sûr que pour de
0 à 250, tu sais, à 150, on était à 80 %, 79.5 % des accréditations.
On va probablement se rendre à peu près à 85 % des accréditations puis
probablement 20, 22 % des salariés. C'est mon approximation. On pourra
vous fournir le montant plus précis entre 250 et 500, ça serait risqué pour
moi, là, de le dire, ça serait trop approximatif, puis en haut de 500, mais je
pense qu'on couvrirait encore la vaste majorité des salariés, mais pas un si
gros pourcentage que ça des accréditations syndicales...
M. Chassin :...la vaste majorité, au-delà de 50 %, disons.
M. Boulet : Ah bien oui, bien
oui, bien sûr, bien sûr. Puis, il ne faut pas négliger non plus l'impact de la
mission d'examen, parce que même à plus de 300, on avait déjà 9,9 % des
accréditations, puis 74 % des travailleurs, ça fait fait qu'on en a...
c'est quand même... une mission d'examen, c'est quand même le degré de
plausibilité, ce n'est pas peu, c'est complètement novateur, puis c'est
bénéfique pour l'accès à des informations fiables.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. Boulet : Puis ça, ça
s'applique bien sûr aux accréditations syndicales locales, puis ce qui est
défini comme étant un syndicat dans le code, les unions, fédérations et
confédérations, mais pas toutes les structures intermédiaires, là, il y en a
qui peuvent varier d'un syndicat à l'autre. Par exemple, pas un Conseil
central, c'est unions, fédérations, confédérations. Mais il y a des
complexités, là, qui varient d'un syndicat à l'autre, là.
Le Président (M. Allaire) : Député.
M. Chassin :
Puis là, je me permets une deuxième question, mais...
M. Boulet : Oui, bien sûr.
M. Chassin :Vraiment... en tout cas, je pense que c'est facile à
régler, mais dans les deux cas, que ce soit une mission d'examen ou que ce soit
une mission d'audit, dans les deux cas, on parle des revenus, dépenses, actifs,
passifs? C'est juste le degré de plausibilité, assurance de... c'est ça, hein?
Ce n'est pas nécessairement le contenu.
M. Boulet : C'est... jusqu'à
250, c'est 47.1, le premier alinéa qui s'applique, c'est-à-dire des états
financiers, mais sommaires, ça veut dire les recettes, les dépenses, les actifs
et les passifs. Puis ça, généralement, c'est fait par un comité de vérification
interne. C'est fait par le groupe lui-même.
M. Chassin :Puis, donc, c'est ça, puis, donc, la vérification, que ce
soit l'audit ou l'examen, porte sur le même type de...
M. Boulet : Ah, totalement.
M. Chassin :...en fait, d'informations présentées, on va dire.
M. Boulet : Absolument. Puis,
je vais y aller encore rapidement, là, la mission d'examen, c'est les
informations... en fait, le CPA, il recueille les informations, puis il
s'assure du caractère plausible des informations, alors que la mission d'audit,
il ramasse les informations, puis le concept clé en matière d'audit, c'est un
niveau d'assurance, pas un niveau absolu d'assurance, mais une assurance
raisonnable. Puis évidemment, c'est des états financiers qui ne sont pas
exempts d'anomalies significatives, là, mais ils peuvent, dans leur ensemble,
permettre de les déceler, là, notamment les fraudes et les détournements, puis...
M. Chassin :Puis, puis... parce que dans le fond, c'est ça, par
exemple, s'il y avait, puis là, j'essaie de voir, hein, une hypothèse, mais si
par exemple il y a un syndicat ou une fédération de syndicats qui prêtent de
l'argent à un projet immobilier en se disant bien, on pense avoir un rendement
intéressant, mais que c'est très éloigné, par exemple, de la mission du
syndicat, ou que ça peut soulever d'autres enjeux par proximité, par exemple,
du promoteur avec des gens sur l'exécutif du syndicat, à la limite, le fait que
ça soit bien enregistré, puis bien présenté aux états financiers, ce n'est pas
la nature, tu sais, de la transaction ou des possibles liens que la mission va
regarder, là, c'est vraiment juste est-ce que c'est bien présenté, puis si
c'est là que c'est bien présenté, c'est correct? On a l'assurance raisonnable
qu'il n'y a pas d'anomalie, disons.
• (16 heures) •
M. Boulet : Oui, bien... oui,
moi, je me fis... tu sais, dans le fond, les états financiers, ils respectent
toujours ce qu'on appelle, là, le manuel canadien, là, ce que je mentionnais,
là...
M. Chassin :
Les PCGR, là.
M. Boulet : Le PCGR,
effectivement, et il y a beaucoup d'informations là-dedans, mais ça donne aussi
la possibilité de savoir, la possibilité de poser des questions et de savoir,
mais... puis on va voir un peu plus loin le rapport sur l'utilisation des
ressources financières. Il y a des dépenses, là, au-delà d'un certain montant,
on avait dit 5 000, puis on a un amendement, là, pour le hausser, là,
quand les revenus sont supérieurs à 300 000, mais ça aussi, ça peut
permettre de détecter, puis il y a les dépenses de fonction, le trésorier, là,
dans la brasserie Labatt, là. Puis, dans le fond, oui, oui, puis il y a les
annexes, là. Tu sais, dans les états financiers, il y a l'état des résultats,
ça fait que tu as les revenus, tu as le détail des dépenses, tu as le bénéfice,
tu as la présentation des actifs, des passifs, des...
16 h (version non révisée)
M. Boulet : ...capitaux
propres, là, s'ils ont des... s'ils ont des immeubles, aussi, à un moment
précis, bien sûr, il y a les flux de trésorerie, donc toutes les entrées et
sorties de trésorerie. Excusez-moi de revenir à l'affaire Labatt, mais c'est...
Les flux de trésorerie... puis, je sais que mes collègues, que ce soit D'Arcy-McGee,
Bourrassa-Sauvé, Hochelaga... on a tous le même objectif. On ne veut pas qu'un
trésorier fasse... puis comme on ne voulait pas, dans d'autres lois, que des
employeurs utilisent des enfants de neuf ans puis les mettent à risques
physiques ou psychosocials, mais... Donc, il y a ça, il y a les
investissements. Il y a aussi les... les activités de financement. Puis ça
permet à tout le monde, là, de savoir, puis de prendre des décisions éclairées,
là, sur la santé financière de cette association-là ou de cette centrale, bien,
en fait, union, fédération ou confédération.
M. Chassin :
Le trésorier ayant un problème de jeu qu'on... de ce qu'on comprenait dans les
articles, bien, il aurait été aidé plus tôt, peut-être, alors...
M. Boulet : Oui, il avait la
maladie du jeu pathologique, là, je pense.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
d'autres interventions? M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Deux questions. Je
remercie encore le ministre pour... l'amendement, mais je me dis qu'on peut peut-être...
oui, on va voter l'amendement, puis je reviendrai sur la principale.
Le Président (M. Allaire) : Pas
de problème. Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : ...simplement
pour dire que nous sommes en accord avec l'amendement présenté par le collègue
d'Hochelaga-Maisonneuve et... et accepté par le ministre.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
D'autres interventions? S'il n'y a pas d'autres interventions, nous allons
procéder à la mise aux voix de ce sous-amendement à l'article 8, qui
introduit l'article 47.1. Donc, est-ce que le sous-amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Allaire) : Adopté?
Parfait. On revient donc à l'amendement sous-amendé. J'ai compris que le député
d'Hochelaga-Maisonneuve souhaitait peut-être déposer d'autres sous-amendements.
Donc, vous souhaitez qu'on...?
M. Leduc : J'ai deux
questions d'abord.
Le Président (M. Allaire) : OK,
parfait, allez-y.
M. Leduc : La première. Les
montants qu'on vient de hausser, c'est très bien, je suis content. Par contre,
le... l'Ordre des comptables, dans son mémoire, nous disait que de passer d'un
seuil du nombre de membres à un seuil de... d'un seuil de revenus, de dollars,
posait le problème de la longévité de ces seuils-là dans le temps, avec l'indexation,
il y a des années qu'il y a des indexations plus basses, plus hautes. Qu'est-ce
que le ministre nous recommande de faire pour ne pas que dans 5, 10 ou 15 ans,
ces seuils-là soient rendus moins effectifs que ce qu'ils sont en ce moment?
M. Boulet : Moi, je suis un
partisan, vous le savez, je vous ai partagé ce... cette conviction-là, c'est
que les lois ne doivent pas rester intactes. Il faut que les lois s'adaptent à
l'évolution du marché du travail et il y aura des amendements. Enfin, si on
réalise dans 8 ans, dans 10 ans, que ces seuils-là sont déconnectés,
que les cotisations sont beaucoup plus importantes ou qu'il y a des changements
qui justifient que les seuils soient modifiés, que le législateur, au moment
opportun, intervienne. Puis ça, c'est ma croyance, plutôt que de faire des
indexations qui vont mêler tout le monde.
M. Leduc : OK. Donc un
prochain ministre dans dix ans...
M. Boulet :
C'est... c'est
votre ambition, je le sais. Puis bon, allons-y. étape par étape.
M. Leduc : Étape par étape,
parfait.
Le Président (M. Allaire) : ...allez-y.
M. Leduc : Deuxième question.
Qu'en est-il des syndicats regroupés? Vous connaissez les syndicats regroupés,
hein, qui ont plusieurs accréditations? Je parle d'un syndicat local, pas une
fédération. Comment ça va marcher pour eux autres?
M. Boulet : C'est par
accréditation.
M. Leduc : Donc, mettons,
syndicat, je pense aux cols bleus, là, le syndicat regroupé des cols bleus, qui
ont différentes accréditations des villes défusionnées, si je ne me trompe pas.
M. Boulet : Oui, c'est par
accréditation syndicale, puis c'est comme ça que c'est répertorié au ministère
du Travail, aussi.
M. Leduc : Oui, mais je ne
suis pas sûr qu'ils ont des comptes en banque différents pour chacun des leurs
accréditations.
M. Boulet : Mais, écoute,
ça... écoutez, excusez-moi, ce qui est prévu dans le projet de loi, c'est
véritablement par association accréditée. Donc ce n'est pas : On se
regroupe puis ça fait plus que 500 000 $, c'est par... puis c'est même
bénéfique pour ces associations-là. Ça va peut-être réduire le seuil leur
imposant une vérification financière, là. Mais c'est ça qu'est la loi,
collègue.
M. Leduc : Donc, mettons que...
parce que je pense à d'autres syndicats regroupés, aussi, j'ai en tête des syndicats
Unifor, là, qui regroupe souvent les petites sections locales étant plus
petites, par définition, plus difficiles d'avoir une organisation, donc ils se
mettent plusieurs sections locales petites...
M. Boulet : Oui, mais dans...
M. Leduc : ...d'une région X
pour avoir des moyens financiers plus intéressants, ça fait que c'est... c'est individuellement
qu'on devrait regarder chacune de ces accréditations...
M. Boulet : Accréditation par accréditation,
puis dans le cas d'Unifor, les accréditations que j'ai en tête, souvent, elles
ne seront...
M. Boulet : ...soumises qu'à
une vérification interne et seulement 47.1 des états financiers sommaires. Moi,
je me limiterais à répondre ça.
M. Leduc : Mais si mettons
j'ai une dizaine d'accréditations, puis il y en a trois là-dedans qui tombe
dans la catégorie des missions d'examen, il faut que je fasse trois missions
d'examen pour ces trois-là?
M. Boulet : Oui, oui. Tout à
fait.
M. Leduc : Même si j'ai
regroupé ma comptabilité pour réunir les forces de tout le monde?
M. Boulet : Ça prend des
missions d'examen pour chacune des accréditations.
M. Leduc : Mais ça ne
marche... Mais ça ne marche pas comme ça parce que quand tu es un syndicat
regroupé, tu fusionnes... c'est ça le but, c'est de mettre en commun tes
ressources.
M. Boulet : Mais le Code du
travail est fait de cette manière-là. Donc, le PL3 adhère aux principes, aux
concepts et à la façon de faire du Code du travail. Si des syndicats par
convention se regroupent ou des accréditations se regroupent, ce n'est pas
comme ça que s'articule le Code du travail, et le PL est tout à fait concordant
avec le Code. Ça fait que pour répondre simplement à votre question, c'est
accréditation par accréditation. Puis les CPA, ils savent comment faire ça, si
c'est accréditation par accréditation. Puis le 28 ou les 28 travailleurs,
travailleuses qui sont ensemble, bien, ils n'auront qu'à se limiter à 47.1.
M. Leduc : Mais j'insiste
pour dire que ce n'est pas comme ça que ça marche dans un syndicat regroupé
parce que quand vous avez, encore une fois, mettons dix accréditations
différentes de différents milieux de travail...
M. Boulet : Bien, oui...
M. Leduc : ...tout le monde
cotise un montant donné, c'est un pot commun, puis ce pot commun-là, il sert à
faire une assemblée générale, à élire un exécutif, à faire des dépenses X ou Y.
On ne peut pas commencer mettons l'assemblée générale... on ne peut pas
commencer à compartimenter le coût de l'assemblée générale en fonction du
pourcentage...
M. Boulet : Mais je regrette,
là, mais les accréditations syndicales au Québec, vous le savez sûrement, c'est
établissement par établissement.
M. Leduc : Oui.
M. Boulet : Donc, c'est
employeur par employeur. Donc, l'employeur qui fait le précompte de son groupe,
de son accréditation, ils peuvent être même sur le même site, mais ça peut être
des accréditations syndicales distinctes, donc indépendamment des
regroupements. Ce que je vous dis, c'est que les seuils que nous discutons,
c'est unité par unité, établissement par établissement, puis en fonction des
décisions rendues par notre tribunal.
M. Leduc : Il n'y aurait pas
un moyen de préciser pour les sections locales regroupées que ça peut être l'un
ou l'autre, parce qu'il y a certainement des cas de figure auxquels moi, je
n'ai pas tous les détails, et certainement j'imagine vous non plus, qui va...
qui va... Parce que j'essaie de penser, là. Moi, quand j'étais, encore une
fois, je prends mon exemple personnel à l'UQAM, quand j'étais à l'UQAM, mon
syndicat, on avait deux accréditations. Des fois, quand vous faites une requête
d'accréditation, vous pouvez essayer de faire des regroupements, des fois c'est
possible, des fois ce n'est pas possible. C'est une chimie assez particulière.
On avait deux accréditations. Ça, ça veut dire que quand venait le temps de
ratifier la convention collective, il fallait faire deux votes distincts, mais
c'était la même assemblée générale...
M. Boulet : Oui.
M. Leduc : ...parce qu'à deux
virgules près, c'était la même convention collective, bien, la même assemblée
générale, j'ai payé une seule facture pour la louer, ma salle d'assemblée
générale.
M. Boulet : Mais je ne suis
pas d'accord avec ça. Je sais que ça peut se faire comme ça pour des
ratifications, mais je reviens là-dessus, puis la jurisprudence est
claire : l'accréditation se fait établissement par établissement puis
c'est l'employeur. C'est qui ton employeur? C'est qui qui est contraint au
précompte syndical? C'est lui qui va faire en sorte de retenir à la source les
cotisations...
M. Leduc : Oui.
M. Boulet : ...déterminées par
son syndicat. Et c'est vraiment accréditation par... Au sein d'une même
organisation, il peut avoir plus d'accréditation, même d'employés qui font du
fonctions différentes, comme vous savez, qui n'ont pas nécessairement une
communauté d'intérêts entre eux et elle, mais c'est accréditation par
accréditation.
• (16 h 10) •
M. Leduc : Oui, mais c'est
ça. Des fois, il peut avoir plus qu'une accréditation avec le même employeur,
ça arrive très souvent en fait.
M. Boulet : Oui, mais c'est
par accréditation. Le montant de la cotisation peut varier d'une accréditation
à l'autre. Il peut y avoir différents syndicats, là, qui sont accrédités dans
une même institution ou dans un même organisme.
M. Leduc : Oui, je sais, puis
dans le même syndicat...
Le Président (M. Allaire) : Juste
pour bien vous guider pour la suite, là, parce qu'il vous reste deux minutes
sur votre amendement. Juste vous mentionner que lorsque vous déposez un
sous-amendement...
M. Leduc : Bien sûr.
Le Président (M. Allaire) :
...la lecture, le temps de lecture, se fait sur votre amendement. Ça fait que
je veux juste le préciser...
M. Leduc : Dans ce cas-là, je
vais...
Le Président (M. Allaire) :
...pour être sûr que vous ayez suffisamment de temps parce qu'on a déjà reçu
deux de vos amendements.
M. Leduc : Merci de le
préciser. Je vais donc procéder, je reviendrai sur ce sujet-là plus tard. Il y
aura peut-être d'autres moyens. Allons-y avec l'autre amendement que je voulais
déposer.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
On va suspendre les travaux quelques instants.
M. Leduc : Oui.
M. Boulet : Est-ce que je peux
juste faire un petit commentaire?
Le Président (M. Allaire) : Bien,
on va suspendre les travaux quand même, si ça ne vous dérange pas, M. le
ministre. Merci.
(Suspension de la séance à 16 h 12)
16 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 17 heures)
Le Président (M. Allaire) : À
l'ordre, nous allons reprendre les travaux. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve,
vous souhaitez déposer un sous-amendement, donc je vous laisse la parole pour
en faire la lecture et commentaire.
M. Leduc : Merci, M. le
Président. L'amendement proposé modifiant l'article 47.1 introduit par l'article 8
du projet de loi ajouté à la fin du paragraphe... le paragraphe suivant : cinq,
ajouter, à la fin, l'alinéa suivant : «Dans le cas d'associations
accréditées ayant des finances regroupées, les seuils et obligations prévues au
deuxième alinéa s'imposeront au regroupement.»
J'explique la situation, M. le Président.
Il existe dans plusieurs milieux de travail la volonté, surtout quand il y a
des petites sections locales, des petits employeurs... il y a deux scénarios
soit c'est des plusieurs petits employeurs, donc des petits nombres de
travailleurs et travailleuses qui n'auraient pas beaucoup de ressources s'ils
étaient tout seuls pour se payer des conseils juridiques, se payer des salles,
des mobilisations, etc., alors ils décident de se regrouper. Ça, ça veut dire
que, bien sûr, leur accréditation, puis leur convention collective reste la
même avec leur employeur, mais tout le reste de l'organisation, de leur vie
syndicale est comme en quelque sorte, j'oserais dire fusionner, ou le bon
terme, c'est regrouper donc avec d'autres milieux de travail différents, et ils
ont donc le loisir de partager la même comptabilité. Donc toutes les
cotisations, le précompte, c'est fait de manière régulière, mais ce n'est pas
envoyé individuellement à chacune de ces petites accréditations-là, c'est
envoyé à un syndicat regroupé qui... Des fois, ça peut avoir plusieurs dizaines
d'accréditations. Alors ça, c'est un scénario qui existe quand même assez
régulièrement, je pense entre autres à des...
17 h (version non révisée)
M. Leduc : ...amis qui sont à
Unifor, qui ont développé toute une filière pour essayer de syndiquer les
petits milieux. C'est un défi quand même dans le milieu syndical de syndiquer
des petits milieux, notamment parce que quand tu es tout petit, il y a du
roulement, ce n'est pas facile de construire et de pérenniser une vie syndicale,
tandis que si on fait partie d'un plus grand ensemble, il y a plus de chances que
quelque chose dans le temps puisse survivre et se construire. Ça, c'est un des
scénarios, il y a d'autres scénarios, par exemple, que c'est des gens qui sont
dans un secteur similaire, je pense entre autres aux cols bleus, là je pense
aux gens, entre autres, qui sont au STFP, un autre syndicat de la FTQ, donc des
cols bleus, entre autres dans le milieu municipal, donc, qui sont dans
différentes villes, mais d'une même région qui décide aussi donc de se
regrouper. Ils ont encore une fois des conventions collectives, parfois
distinctes, souvent distinctes, avec leur ville respective, mais ils mettent en
commun des ressources, alors ils ont un seul compte en banque, encore c'est la
même chose, une seule organisation syndicale, un seul exécutif.
Il y a aussi des scénarios où est-ce que
dans une même entreprise, puis c'est ce que j'avais vécu quand j'étais, encore
une fois avec mon exemple des employés de l'UQAM, on était dans un syndicat
local, mais on avait trois accréditations distinctes dans la même unité. Trois
unités, trois accréditations dans le même syndicat, même exécutif, même compte
de banque, même structure démocratique. Bien sûr, encore une fois, c'était des
conventions collectives différentes, il fallait des assemblées différentes pour
les ratifier, les conventions collectives, mais le reste de la vie syndicale
était regroupé.
Dans le précédent échange qu'on a eu, le
ministre et moi, il y avait... je trouvais qu'il y avait un peu de flou sur
comment ça allait s'opérationnaliser ces trois catégories-là, ces trois seuils-là
qu'on a eus à discuter tantôt, là, à savoir le zéro à 250 000, 250 000 à
500 000 et le 500 000 et plus. Puis, je me disais, dans les cas des
syndicats regroupés, si un syndicat regroupait a à l'intérieur de ces
accréditations plus qu'une qui rentre dans l'un ou l'autre de ces seuils-là,
comment ça va marcher vu que c'est la même comptabilité? Ce n'est pas divisible
d'une section à l'autre, alors je me disais ça serait plus clair avec un ajout
comme ça, puis peut-être que le ministre pourrait clarifier la situation, puis
je puisse retirer mon amendement s'il est jugé non-nécessaire, mais ça me
semblait la logique de dire que c'est le total du syndicat regroupé, c'est l'addition
du nombre, c'était le nombre de membres avant, c'est maintenant le montant des
revenus, c'est le total de ces montants de revenus là qui va situer le syndicat
regroupé dans l'un ou l'autre de ces seuils-là. Puis c'est l'idéal dans le
fond, parce que plus le montant est gros, plus il a des chances d'être... de
bénéficier du meilleur audit possible plutôt qu'une mise en examen ou de le...
de rien du tout finalement. Et ce... mettons que là on parle d'un syndicat qui,
avec l'addition de plusieurs accréditations, tombe dans la catégorie du 500...
de 500 000 et plus, donc doit faire un audit, bien, l'entièreté des
accréditations et des membres de ces accréditations-là auront accès à cet audit-là
qui aura lieu d'être présenté évidemment à travers les différentes modalités du
Code du travail.
Alors, peut-être que le ministre pourrait
clarifier ce qui va se passer avec les syndicats regroupés comme je le
soulignais tantôt. J'ai un amendement ici, peut-être qu'il est... être modifiés
potentiellement pour être rédigés différemment ou peut-être que le ministre
peut nous clarifier verbalement quelle était l'intention du législateur avec
cet amendement-là sur les fameux trois critères... trois seuils, pardon,
devrais-je dire, qu'est-ce... comment ça va fonctionner pour les syndicats
regroupés?
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le ministre, est-ce que vous souhaitez qu'on suspende pour que vous preniez
connaissance avec votre équipe de ce sous-amendement?
M. Boulet : En fait, très,
très brièvement, puis on a eu une discussion, M. le Président. On n'a pas
besoin, on n'est pas d'accord avec l'amendement, c'est déjà capté et c'est déjà
possible dans le cas d'associations qui sont regroupées au niveau des finances,
les seuils et les obligations qui sont prévues au deuxième alinéa s'appliquent
aux regroupements, et c'est tout à fait possible que ce soit fait de cette
manière-là, sans aucune nécessité d'amendement.
M. Leduc : Donc pour être
parfaitement clair, même sans l'amendement-là, dans la version actuelle de
votre amendement à vous, c'est l'addition des revenus des différentes
accréditations au sein du syndicat regroupé qui va définir la place du syndicat
regroupé dans l'une ou l'autre des cases.
M. Boulet : Oui, mais les
seuils peuvent s'appliquer individuellement, c'est selon le libellé du code, mais
vous pouvez aller au-delà de ça, puis l'appliquer au regroupement, ce qui
amènerait vraisemblablement à des états financiers audités, je ne sais pas si
vous comprenez.
M. Leduc : Exact.
M. Boulet : Mais oui, tout à
fait.
M. Leduc : Puis, encore une
fois, pour être parfaitement clair, à l'intérieur d'un regroupé où il y aurait
plus qu'une accréditation, des fois il y en un... une accréditation pourrait
être, elle seule, en audit, une autre pourrait être, elle seule, en examen, une
autre pour être, encore, à elle seule, en audit. Il n'y aura pas deux audits
plus un examen, ça va être un audit pour tout le monde.
M. Boulet : Mais elles
pourraient, en syndicat regroupé parce que ces syndicats-là, ces accréditations-là,
sont effectivement regroupés, appliquer le seuil à ce regroupement-là.
M. Leduc : Donc, un audit
pour tout le monde.
M. Boulet : Exact.
M. Leduc : C'est ça, pas deux
audits plus un...
M. Leduc : ...examen, pour
deux examens plus un audit. C'est le plus gros dénominateur commun, dans le
fond?
M. Boulet : Puis il serait
présenté par accréditation, mais c'est un état...
M. Leduc : Bien sûr.
M. Boulet : ...c'est des états
financiers audités.
M. Leduc : Mais c'est donc le
plus gros dénominateur commun...
M. Boulet : Oui.
M. Leduc : ...qui le déplace.
M. Boulet : Exact.
M. Leduc : Bien, dans ce
cas-là, M. le Président, c'est parfaitement clair, maintenant, l'intention du
législateur. Ça me rassure, pour la suite. Je pourrais consentir à retirer mon
amendement, mon sous-amendement dans cette situation-là, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Donc, j'ai besoin de votre consentement pour retirer ce sous-amendement. Est-ce
que j'ai votre consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Allaire) :
Parfait. Donc...
M. Boulet : Est-ce qu'il est
déposé, notre...
Le Président (M. Allaire) : Est-ce
qu'on l'a reçu? Oui? Parfait. On va prendre le temps de l'afficher. Ça ne sera
pas tellement long.
Une voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
Oui. C'est bon. On va suspendre les travaux quelques instants, merci.
(Suspension de la séance à 17 h 08)
(Reprise à 17 h 16)
Le Président (M. Allaire) : À
l'ordre, nous allons reprendre les travaux. M. le député
d'Hochelaga-Maisonneuve, vous souhaitez déposer un nouvel sous-amendement, la
parole est à vous pour lecture et commentaires.
M. Leduc : Merci, M. le
Président. Dans l'amendement, à l'article 47.1, proposé par l'article 8 du
projet de loi, tel que sous-amendé : 1, remplacer le paragraphe 3 par
le suivant : «3, dans le troisième alinéa...
M. Leduc : ...remplacer
«inclus» par «compris»; b) ajouter, à la fin de la phrase suivante : «Elle
doit également rendre accessibles ses états financiers gratuitement sur son
site Internet par tout autre moyen approprié à tout salarié compris dans
l'unité de négociation qu'elle représente.»
Deux, remplacer le paragraphe quatre par
le suivant : quatre, dans le quatrième alinéa : remplacer «, les
soumettre à la mission d'audit et les présenter lors d'une assemblée aux
membres des associations accrédités qui y est affiliée ou qui y appartient» par
«et les soumettre à une mission d'audit»; b) insérer, à la fin, ce qui
suit : «ainsi que rendre accessible gratuitement ses états financiers sur
son site Internet ou par tout autre moyen approprié à tout salarié compris de
l'association accréditée qui y est affiliée ou qui y appartient.»
C'est une discussion que nous avons eue,
là, en bonne partie à micro fermé, M. le Président, puis je remercie encore une
fois le ministre d'être ouvert à la suggestion et à ses collègues du ministère
pour la rédaction. Moi, dans le fond, quand j'étais dans les différents
syndicats dans lesquels je me suis impliqué, on mettait nos états financiers
locaux sur notre site Internet, c'était accessible à tout le monde. J'ai été
sensibilisé par mon collègue député de Saint-Jérôme qui me disait, là, qu'il y
avait eu une femme, notamment là, qui avait dû aller en justice pour mettre la
main sur les états financiers, j'imagine qu'il pourra peut-être nous donner les
détails à son tour. Ce n'est pas quelque chose qui est souhaitable, bien sûr,
puis ça ankylose le système de justice inutilement alors que c'est si simple
lorsqu'il y a un site Internet, parce que je ne voudrais pas non plus forcer
tous les syndicats locals, les 8400 accréditations du Québec à s'ouvrir un
site Internet juste pour faire ça. Alors, la façon dont c'est écrit, c'est que
s'il y a un site Internet, bien, le syndicat met ses états financiers dessus,
la section locale met les états financiers dessus et s'il n'y en a pas, bien il
y a d'autres moyens qui peut être utilisés pour... tous autres moyens
appropriés pour transmettre, à la demande d'un salarié, les états financiers
locaux. Bien, c'est très bien parce que la plupart des sections locales d'une certaine
taille ont déjà un site Internet qu'ils utilisent pour mettre des documents,
les statuts règlements, des nouvelles, des documents de formation, des guides
de comment comprendre ses conditions de travail, sa convention collective.
Bien, il aura juste, et c'est souvent le cas, il y aura juste un petit onglet
supplémentaire sur les états financiers de l'année en cours. Voilà.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
D'autres interventions sur ce sous-amendement. Pas d'interventions, nous allons
procéder à sa mise aux voix. Est-ce que ce sous-amendement déposé à
l'amendement qui est déposé à l'article 8, qui introduit le 80... le 47.1,
pardon, est-ce qu'il est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Allaire) : Adopté,
parfait. Donc, on revient donc à l'amendement qui est sous-amendé deux fois
plutôt qu'une. Est-ce qu'il y a des interventions? Ça c'est la... là on revient
à l'amendement, on va l'afficher. Est-ce que vous avez une intervention M le
député de Saint-Jérôme?
M. Chassin :Ah oui, merci. Permettez que je le lise...
Le Président (M. Allaire) : Donc,
ça va?
M. Chassin :Vous permettez que je le lise, parce qu'il est comme
copieux, rendu là.
Le Président (M. Allaire) :
Vous avez quand même accès sur Greffier, M. le député, si vous souhaitez. Si...
ça va? Bon, parfait.
M. Chassin :Je n'ai pas d'interventions.
Le Président (M. Allaire) : Vous
n'avez pas d'intervention, donc nous allons procéder à la mise aux voix de l'amendement
sous-amendé deux fois, est-ce que cet amendement est adopté?
Adopté, parfait. Donc, on poursuit, M. le
ministre, avec l'article introduit 47.1.1, je vous laisse en faire la lecture.
Non, elle... elle est juste à la fin.
M. Boulet : 47.1, on ne
l'adopte pas tout de suite.
Le Président (M. Allaire) : Non
parce que c'est un article introduit, donc on va adopter l'article huit à la
toute fin, qui introduit les quatre nouveaux articles.
M. Boulet : Ah, super.
Le Président (M. Allaire) :
Donc, 47.1.1, M. le ministre.
• (17 h 20) •
M. Boulet : Oui, 47.1.1, puis
un amendement.
Donc, pour l'application de
l'article 47.1, le nombre de salariés représentés par une association
accréditée est la moyenne du nombre de ses salariés. Cette moyenne est établie
en fonction du nombre de salariés inscrits sur le registre de l'employeur par
période de paie au cours de l'exercice financier sur lequel portent les états
financiers.
Amendements : retirer
l'article 47.1.1 du Code du travail proposé par l'article 8 tel
qu'amendé.
Alors, l'amendement vise à retirer du
projet de loi 47.1.1 du code du travail qu'il était... qu'il était proposé
d'introduire. Maintenant, puisque la modulation des exigences relatives aux
états financiers va être effectuée en fonction du montant que se fait remettre
annuellement à une association à titre de cotisations plutôt que nombre de...
l'article n'est plus nécessaire, en fait, c'est un amendement de concordance,
M. le Président, c'est tout.
Le Président (M. Allaire) : Des
interventions sur cet amendement? S'il n'y a pas d'intervention, nous allons...
Le Président (M. Allaire) : ...allons
procéder à sa mise aux voix. Est-ce que cet amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Allaire) :
Adopté? Parfait. Donc, M. le ministre, on poursuit 47.1.2, et je crois que vous
allez avoir un amendement également.
M. Boulet : Oui, totalement.
Ça fait que... de la belle lecture. Merci, M. le Président. 47.1.2 : Une
association accréditée doit, à chaque exercice financier, produire et présenter
à ses membres, lors d'une assemblée, un rapport sur l'utilisation de ses
ressources financières pour l'exercice financier précédent, faisant état des
renseignements suivants, le cas échéant. 1 : Le montant de la cotisation
principale et, le cas échéant, le montant de la cotisation facultative, ainsi
que tout montant prélevé à une fin et pour une durée déterminée, que ce montant
soit de la nature d'une cotisation principale ou facultative. 2 : Le
montant des cotisations transmises à l'union, à la fédération ou à la
confédération à laquelle elle est affiliée ou appartient, ainsi que la part de
ce montant relative à la cotisation facultative, le cas échéant. 3 : Le
nom, le titre... et le titre de chacune des personnes qui occupent une charge
élective et ceux du plus haut dirigeant non élu, ainsi que la rémunération qui
leur a été versée et les autres avantages dont ils ont bénéficié. 4 : Le
total des dépenses de fonction de chacune des personnes qui occupent une charge
élective et du plus haut dirigeant non élu assumé par l'association, dont les
frais d'hébergement, de déplacements et de repas. 5 : Les dépenses
effectuées avec les cotisations facultatives ainsi que les renseignements
relatifs à chacune d'elles, dont le montant et l'objet de la dépense. 6 :
Les dépenses de plus de 5 000 $, à l'exception de celles visées au
paragraphe 4 et 5, ainsi que les renseignements relatifs à chacune
d'elles, dont le montant et l'objet de la dépense. 7 : Toute autre
information que l'association accréditée juge utile à ses membres. Une copie de
ce rapport doit être transmise gratuitement au salarié compris dans l'unité de
négociation que l'association représente et qui en fait la demande. Une union,
une fédération ou une confédération à laquelle est affiliée ou appartient une
association accréditée, doit, à chaque exercice financier, produire un rapport
sur l'utilisation de ses ressources financières pour l'exercice financier
précédent, lequel doit être présenté annuellement aux membres de l'association
accréditée qui y est affiliée ou qui y appartient. Une copie de ce rapport doit
être transmise gratuitement au salarié faisant partie d'une telle association
et qui en a fait la... et qui en fait la demande.
Donc, c'est complet. Est-ce que
l'amendement...
Une voix : ...
M. Boulet : Oui, je vais quand
même lire mes commentaires, puis après ça, je présenterai l'amendement parce
qu'on a changé les seuils, là, comme on a convenu un peu plus tôt, ce n'était
pas fait?
Une voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
C'est bon.
M. Boulet : Ah, c'est juste
que le Greffier, vous l'avez, mais on n'a pas la version papier.
(Consultation)
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
Allez-y pour vos commentaires, M. leministre
M. Boulet : En fait, ça
introduit l'obligation pour une association de salariés, dans le volet
transparence, il y a trois volets, là, au projet de loi : transparence,
gouvernance et démocratie. Dans le volet transparence, il y a les états
financiers, puis il y a le rapport sur l'utilisation des ressources
financières. On a complété pour les états financiers, maintenant, c'est le
rapport qui doit être produit à chaque exercice financier, puis inclure les
renseignements que vous avez aux paragraphes 1 à 7 et qui portent sur
l'exercice financier précédent. Le deuxième alinéa prévoit qu'une copie doit
être transmise, bon... au salarié compris dans l'unité qui en fait la demande.
Puis, c'est les mêmes obligations pour l'union, la fédération ou la
confédération. C'est annuellement, aux membres affiliés, une copie de ce
rapport est transmise gratuitement au salarié représenté qui en fait la
demande. Donc, maintenant, je vais vous lire l'amendement, s'il vous plaît. M.
le Président, donc, amendement à l'article 47.1.2 du Code du travail
proposé par l'article 8 du projet de loi tel qu'amendé. 1 : Dans le
premier alinéa, excusez-moi, insérer dans le paragraphe 1...
M. Boulet : ...et après «cotisation
facultative», «prélevés sur le salaire des salariés»;
b) remplacer dans le paragraphe 2°, «le
montant des cotisations transmises», par «le montant que se fait remettre
annuellement l'association à titre de cotisations aux fins de l'application du
troisième alinéa de l'article 47 ainsi que le montant transmis à titre de
cotisations»;
c) remplacer le paragraphe 5° par le
suivant :
«5° un résumé des activités financées avec
les cotisations facultatives et une ventilation des dépenses qui y sont
associées»;
d) remplacer le paragraphe 6° par le
suivant :
«une liste des dépenses, autres que celles
visées aux paragraphes 4° et 5°, qui mentionne l'objet de chacune d'elles,
lorsqu'il s'agit :
a) de dépenses de plus de 5 000 $
effectuées par une association accréditée qui se fait remettre annuellement un
montant de 500 000 ou moins à titre de cotisations;
b) de dépenses de plus de 10 000 $
effectuées par une association accréditée qui se fait remettre annuellement un
montant de plus de 500 000 $ à titre de cotisations;
c) de dépenses de plus assez... de
dépenses de plus de 10 000 $ effectuées par une union, une fédération ou
une confédération»;
2° remplacer, dans le troisième alinéa, «,
lequel doit être présenté annuellement aux membres de l'association accréditée
qui y est affiliée ou qui y appartient. Une copie de ce rapport doit être
transmise gratuitement au salarié faisant partie d'une telle association et qui
en fait la demande» par «Une copie de ce rapport doit être rendue accessible gratuitement...
accessible gratuitement sur le site Internet de cette union, de cette
fédération ou de cette confédération ou par tout autre moyen approprié au
salarié compris dans l'unité de négociation de l'association accréditée qui y
est affiliée ou qui y appartient.»
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) : On
va suspendre les travaux quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 17 h 29)
17 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 17 h 47)
Le Président (M. Allaire) : À
l'ordre, nous allons reprendre les travaux, désolé. M. le ministre, donc, on s'était
rendu compte d'une petite... d'une petite erreur dans l'amendement. Je
comprends que je... vous allez le retirer, votre amendement, exact?
M. Boulet : Oui.
Le Président (M. Allaire) : Donc,
j'ai besoin de votre consentement pour retirer l'amendement, est-ce que j'ai
votre consentement?
M. Boulet : Consentement.
Le Président (M. Allaire) :
Consentement, parfait. Nous allons donc afficher le nouvel amendement déposé
par la partie gouvernementale.
M. Boulet : Oui, est ce qu'il
faut que je le lise, mais j'ai...
Le Président (M. Allaire) : Oui,
s'il vous plaît.
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) : Ça
s'en vient.
M. Boulet : OK, il ne l'avait
pas fait imprimer.
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) : Donc,
il est là. Est-ce que vous êtes capable de le lire, M. le ministre?
M. Boulet : ...
Le Président (M. Allaire) : Regardez,
vous l'avez sur l'ordinateur. Allez-y, s'il vous plaît. Merci.
M. Boulet : Oui. Merci, M. le
Président. À l'article 47.1.2 du Code du travail, proposé par l'article 8 du
projet de loi tel qu'amendé. 1 : Dans le premier alinéa, a : Insérer,
dans le paragraphe 1, «et après cotisation facultative prélevée sur le salaire
des salariés». b : Remplacer, dans le paragraphe 2, «le montant des
cotisations transmises» par «le montant que se fait remettre annuellement l'association
à titre de cotisation aux fins de l'application du troisième alinéa de l'article
47, ainsi que le montant transmis à titre de cotisation.» c : Remplacer le
paragraphe 5 par le suivant : 5 : Un résumé des activités financées
avec les cotisations facultatives et une ventilation des dépens, là... il
manque un... des dépenses qui y sont associées. Il y a une petite faute ici,
là. d : Remplacer le paragraphe d par le... le paragraphe 6 par le suivant :
6 : «Une liste des dépenses autres que celles visées au paragraphe 4 et 5,
qui mentionne l'objet de chacune d'elles, lorsqu'il s'agit A : de dépenses
de plus de 5 000 $ effectuées par une association accréditée qui se fait
remettre annuellement un montant de 500 000 $ ou moins à titre de
cotisation. B : de dépenses de plus de 10 000 $ effectuées par une
association accréditée qui se fait remettre annuellement un montant de plus de
500 000 $ à titre de cotisation. C : des dépenses de plus de 10 000 $
effectuées par une union, une fédération ou une confédération.
2 : Dans le deuxième alinéa, insérer
à la fin, la phrase suivante : Elle doit être... elle doit également
rendre accessible ce rapport gratuitement sur son site Internet ou par tout
autre... tout autre moyen... il manque «approprié», à tout salarié compris dans
l'unité de négociation qu'elle représente. Est-ce que ça va?
Des voix : ...
M. Boulet : OK. 2 : Dans
le troisième alinéa, A : supprimer «Lequel doit être présenté annuellement
aux membres de l'association accréditée qui y est affiliée ou qui y appartient.»
B : Insérer, à la fin, la phrase suivante : «Une copie de ce rapport
doit également être rendue accessible gratuitement sur le site Internet de
cette union, de cette fédération ou de cette confédération, ou par tout autre
moyen approprié au salarié compris dans l'unité de négociation de l'association
accréditée qui y est affiliée ou qui y appartient.» Donc, tel qu'amendé, est-ce
qu'on a les commentaires?
• (17 h 50) •
Une voix : ...
M. Boulet : C'est complet, M.
le président.
Le Président (M. Allaire) : C'est
complet, j'ai quand même compris qu'il y avait peut-être deux... deux
coquilles, une ou deux coquilles, là?
M. Boulet : Oui.
Le Président (M. Allaire) : Il
va falloir, encore une fois, nous renvoyer l'amendement corrigé.
M. Boulet : Donc, on
retirerait celui-là.
Le Président (M. Allaire) :
Exactement.
M. Boulet : Puis il faut que
je le relise?
Le Président (M. Allaire) : Non,
non, ça, c'est correct, là. On va... on va...
M. Boulet : Il y a des
limites à la rigidité parlementaire.
Le Président (M. Allaire) : Donc,
est-ce que j'ai votre consentement pour retirer cet amendement?
M. Boulet : Consentement.
Le Président (M. Allaire) : Consentement?
Donc, on va suspendre les travaux quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 17 h 51)
(Reprise à 17 h 59)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. Avant de laisser la parole au ministre, j'ai
besoin de votre consentement pour poursuivre la séance au-delà de l'heure
permise jusqu'à 18 h 30. Est-ce que j'ai votre consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Allaire) :
Excellent, parfait. M. le ministre, donc, on a votre amendement que vous allez
déposer. Je vais vous laisser peut-être simplement faire la lecture des
paragraphes où il manquait un mot, par exemple, là, je pense qu'il y en a deux.
Donc, je vous cède la parole.
M. Boulet : Alors, merci, M.
le Président. Donc, au paragraphe 5° :
«un résumé des activités financées avec
les cotisations facultatives et une ventilation des dépenses qui y sont
associées.»
Et au deuxième paragraphe, dans le
deuxième alinéa, insérer à la fin, la phrase suivante :
«Elle doit également rendre accessible ce
rapport gratuitement sur son site Internet ou par tout moyen approprié à tout
salarié compris dans l'unité de négociation qu'elle représente.»
Donc, c'est là où il y avait deux
coquilles, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur cet amendement?
Le Président (M. Allaire) : M.
le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Oui, il va en
avoir deux, trois.
M. Boulet : ...
Le Président (M. Allaire) : OK,
c'est bon. M. le député de...
M. Leduc : Voulez-vous qu'on
retire puis qu'on redépose, Monsieur?
Le Président (M. Allaire) : ...Non,
non, ça va, là... Allez...
M. Leduc : Troisième
tentative.
M. Boulet : Il n'est pas 10 h
encore.
M. Leduc : Non, hein? C'est
correct. Peut-être qu'on aurait dû prendre la pause à 18h, par exemple.
Le Président (M. Allaire) : Allez-y.
• (18 heures) •
M. Leduc : Bon, blague à part,
cet article-là, M. le Président, donc, est amendé par le ministre à quelques
endroits. J'aimerais ça comprendre l'économie générale, dans le fond, de ces
amendements, parce qu'on aura le loisir peut-être de parler, je pense qu'on
n'aura peut-être pas le choix de faire les deux en même temps, là, mais de
l'article en général. Moi, j'essaie d'abord de comprendre qu'est-ce qu'on
recherche ici comme valeur ajoutée avec ce nouveau document par rapport au
document qui sera présenté par les comptables, soit en mission d'examen ou en
audit. Qu'est-ce qui est plus intéressant et/ou différent avec ce document-là
par rapport à ce qui est déjà présenté dans le document d'audit ou de mission
d'examen?
M. Boulet : Bien,
essentiellement, M. le Président, l'économie générale de l'article, c'est
toujours dans une perspective de transparence et d'information sur des
ressources financières quant à leur...
18 h (version non révisée)
M. Boulet : ...l'utilisation
de manière plus précise. Donc on réfère aux dépenses de fonction l'hébergement,
les voyages, les repas, on répond... on réfère aussi aux dépenses de plus de
5 000 $. Évidemment, on a fait un amendement pour le monter à
10 000 $, quand on est dans un contexte où il y a plus que 500 000 $
de revenus émanant des cotisations et pour les cotisations facultatives, on
vient dire comment le faire, là, de façon plus générale plutôt que de façon
très, très détaillée.
Donc je peux vous lire les commentaires
maintenant pour ne rien échapper. Donc ça concerne le rapport sur l'utilisation
des ressources financières, c'est des changements qui sont en concordance avec
47.1. On dit en concordance, mais ils sont aussi complémentaires avec 47.1 et
dans ces informations-là, ça permettrait de détecter, de décoder des
problématiques particulières qui n'apparaissent pas nécessairement dans les états
financiers, qui sont des documents un petit peu plus complexes à lire et à
comprendre dans leur entièreté, donc ils sont aussi de nature à faciliter l'application
du projet de loi.
Donc on propose de modifier a) 1 pour
préciser le montant de la cotisation principale, le montant de la cotisation
facultative et le montant de la cotisation spéciale, montant prélevé à une fin
et pour une durée déterminée que doit inclure l'association dans son rapport. Bon,
la cotisation, évidemment, ce qui est prélevé sur le salaire des salariés.
a) 2, c'est afin de préciser que l'association
doit inclure le montant qu'elle se fait remettre annuellement à titre de
cotisation. Bon, je viens de le mentionner, cotisation principale, facultative,
ou spéciale. Là, c'en est un de concordance avec l'amendement qu'on a apporté à
47.1 du Code relatif à la préparation des états financiers.
On modifie 5 afin de préciser que l'association
doit inclure dans son rapport un résumé des activités financées avec la
cotisation facultative qu'on verra à définir... qui est défini plus tard. Je
vous ai déjà informé d'avance qu'on a l'intention d'éclaircir la définition, de
la simplifier pour que son opérationnalisation soit aussi appliquée de la façon
la plus simple possible. Donc un résumé des activités financées avec la
cotisation facultative et une ventilation des dépenses corrélatives à ce résumé,
plutôt que de devoir inclure dans son rapport toutes les dépenses effectuées
avec les cotisations facultatives. Ça fait écho à des commentaires qui ont été
partagés avec nous lors des consultations particulières. Il va falloir dire si,
il va falloir dire ça, ce qui n'est pas le cas. En tout cas, je pense que c'est
un amendement qui est bénéfique dans l'application du projet de loi et ça vise
à diminuer le fardeau administratif des associations, puis faciliter, comme je
viens de le mentionner, l'application du projet de loi.
Modifie aussi le paragraphe 6 afin d'ajuster
les exigences relatives aux dépenses que doit inscrire l'association dans son
rapport, là, en fonction des montants que se voit remettre annuellement l'association
à titre de cotisation, puis pour faciliter l'application du projet de loi. C'est
en cohérence avec l'amendement apporté à 47.1 du Code pour la préparation des
états financiers.
L'amendement au troisième alinéa, bon, ça
vise à supprimer l'obligation pour l'union, la fédération ou la confédération à
laquelle est affiliée ou appartient une association accréditée, de présenter
son rapport lors d'une assemblée aux membres de l'association accréditée qui y
est affiliée ou qui y appartient. Donc ce qu'on appelle la run de lait, là.
Plusieurs nous ont reproché, là, puis je pense qu'on s'en était... je pense que
c'est une démonstration claire qu'on a écoutée là, pour éviter que la centrale,
par exemple, se promène, je dis run de lait, pour aller présenter ses rapports,
puis ses documents à chaque association accréditée. On remplace l'obligation de
transmettre ce rapport sur demande... non, ça, ce n'est pas le cas, là, on a
fait les adaptations, j'en fais... OK. Puis dans le fond, essentiellement,
collègues, ça répond aux demandes de l'Ordre des conseillers en ressources
humaines agréés qui nous ont mentionné les volets I, transparence, et II, gouvernance,
on est relativement à l'aise, si je les comprends bien...
M. Boulet : ...mais le
volet III sur la démocratie, là, ils avaient plus de réserves, mais ça je
le comprends, puis on aura à en discuter plus tard, mais c'est aussi des
amendements qui sont compatibles avec...
Une voix : ...
M. Boulet : Pour la run de
lait, les syndicats qui ont demandé de la retirer, il y a la CSQ, la CSD, le
SPGQ, la FIQ, la FQPPU, le SQESS-298, puis le Syndicat canadien de la fonction
publique, puis il y a aussi l'Association provinciale des enseignantes et
enseignants du Québec. Donc en gros, c'est ce que j'avais à vous partager pour
cet article. Merci.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Des interventions? Député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Oui, bien, il me
semble, si j'ai bien compris le mémoire du CRHA qui proposait de retirer
plusieurs articles, notamment le 4, 5 et 6 si je ne m'abuse. Alors vous disiez
sa réponse à CRHA... pas tout à fait, là. Eux autres, ils disaient retirer nous
ça, ce n'est pas une bonne idée.
Je vais lire d'ailleurs un extrait de
leurs mémoires, ils disent : concernant le libellé numéro 4, il
serait plus raisonnable de permettre la divulgation des données agrégées plutôt
qu'individuelles, qui représentent un niveau d'information très détaillé. Il
est normal d'exiger une transparence sur les dépenses élevées de postes qui
sont financées à même les fonds publics, ce qui n'est pas tout à fait le cas
des organisations syndicales. De la même façon, le libellé 5 demande de
détailler chacune dépense de l'activité, alors qu'une donnée totale atteindrait
l'objectif souhaité. Si le législateur souhaite conserver cette modalité, le
libellé numéro 6, il pourrait être judicieux d'éviter un seuil unique en
optant pour un autre avenue.... une autre avenue. Une modulation en fonction de
la taille de l'organisation, comme c'est le cas aux États-Unis, ou un seuil de
signification basé sur un pourcentage des revenus ou des dépenses, pratique
courante des firmes comptables lors des audits des états financiers, serait
appropriée. L'une ou l'autre de ces avenues permettrait d'identifier les
dépenses relevant d'un caractère d'importance plus élevée. Finalement, bien que
l'Ordre, c'est le bout le plus intéressant, bien que l'Ordre soit en faveur de
la transparence financière, il faut faire attention à ne pas exiger un niveau
trop détaillé sous peine de noyer l'information et de finir par rendre la
compréhension et l'appréciation plus ardues.
M. Boulet : Oui, en fait, ce
que l'Ordre nous proposait parce qu'il était d'accord avec l'objectif, la
finalité, mais ce que j'ai compris, c'est qu'il souhaitait qu'on simplifie,
puis qu'on regroupe. Tu sais, je pense qu'il faisait référence à des dépenses
agrégées, là, mais ils ne remettaient pas en question, sous réserve là, est-ce
qu'il remettait le mérite du partage.
M. Leduc : Oui, tout à fait,
leur recommandation c'est retirer le libellé 4, 5 et 6.
M. Boulet : Il ne parlait pas
de les agréger? Moi c'est...
M. Leduc : Bien,
c'est-à-dire, leurs recommandations, c'est de les retirer. Après ça, ils vous
disaient...
M. Boulet : OK, non, non.
Mais dans le texte... dans le dans le texte de leur mémoire, ils parlaient
d'agrégation là, ou de regroupement.
M. Leduc : Bien, ils
disaient, ils vous donnaient des pistes de moins... d'amoindrir les effets de
votre affaire, mais leur proposition, c'était de les retirer. Ça fait que si
vous voulez faire référence au CRHA, ça ne me dérange pas, mais il faudrait
préciser qu'ils profitaient... qu'ils proposaient de les retirer.
• (18 h 10) •
M. Boulet : Regardez, on a
tous les deux raison, ils disent retirer ou modifier, ça fait que tu sais, ce
n'est pas nécessairement retirer, là. C'est modifié pour agréger ou simplifier,
puis je pense qu'on a simplifié avec notre amendement à bien des égards, à
beaucoup d'égards, pour la run de lait, pour la présentation des cotisations
facultatives, pour éviter le détail, éviter la complexification, moi ce que
j'appelais la quasi-confusion que quand on écoutait certaines personnes, on
avait de la misère à se reconnaître dans le libellé du projet de loi. Puis ce
n'est pas compliqué, c'est un rapport sur l'utilisation des cotisations, des
ressources financières. C'est quoi des dépenses? C'est des frais de repas, des
frais de voyage, des frais d'hébergement, des dépenses de fonction, ce qu'on
appelle. C'est des dépenses au-delà de 5 000 $ ou 10 000 $ si on est
en bas ou en haut de 500 000 $. Puis c'est quoi qu'on va utiliser, puis c'est
peu la cotisation facultative, tu sais, il y a des syndicats qui nous disaient
ce n'est pas un pourcentage important des cotisations qui sont pour des
campagnes de publicité ou des mouvements sociaux ou des activités politiques,
mais c'est le principe que les travailleurs puissent savoir, c'est simplement
ce rapport-là qu'on tient.
Le premier bloc, transparence, c'est tout
le temps une information qui est juste, fiable et accessible. C'est quoi de
permettre à des travailleurs qui sont obligés de payer une cotisation de
savoir... c'est quoi le problème? Alors que plusieurs, d'ailleurs, disent
qu'ils ont déjà des façons de faire qui sont similaires à ce qu'on a dans le
projet de loi. Sincèrement, là, c'est...
M. Boulet : ...le même débat
que pour les états financiers. C'est complémentaire puis c'est... c'est facile
à comprendre.
M. Leduc : Au Québec, pour
des raisons auxquelles je n'adhère pas nécessairement, mentionner les salaires
personnels de des individus, ça peut être un peu délicat. On l'a vécu aux
audiences, quand j'ai demandé que nos amis de l'IEDM et de l'AFECEI dévoilent
leur salaire, parce qu'ils étaient bien d'accord à ce qu'on oblige les
syndicats à dévoiler le leur, mais là, quand c'était leur salaire à eux, ah,
là, ils étaient bien gênés tout à coup. Ils n'ont pas voulu le dire. Au Québec,
c'est ça, la culture, on est... on est gêné de dévoiler le salaire des gens.
Là, vous obligez le milieu syndical à dévoiler le salaire de tous les élus.
M. Boulet : Mais... mais
collègue, on ne peut pas faire de comparaison. Quand vous avez posé la question
à l'Institut économique de Montréal, il n'y a pas de formule Rand là-bas. Il
n'y a pas d'obligation légale depuis 1977, non, faite à un employeur de retenir
à la source les cotisations déterminées par le syndicat, puis il n'y a pas
d'obligation d'être membre d'une unité de négociation quand il y a eu un vote
qui a été tenu conformément au Code du travail du Québec. Donc, ce n'est pas la
même réalité. Puis les associations patronales, pour la vaste majorité d'entre
elles, l'adhésion, ou le membership, il est facultatif. Puis je voulais juste
vous préciser, collègue, le... toutes les dépenses de plus de 5000 et leur
nature, il nous proposait de moduler cette exigence en fonction de la taille du
syndicat. Puis on répond à la demande de l'Ordre des conseillers en ressources
humaines, je ne sais pas si vous, ils communiquent avec vous, là, mais non,
c'est parce que des fois...
M. Leduc : Je gère le souper
à la maison, c'est ça que je suis en train de faire.
M. Boulet : Ah, je comprends,
désolé. Mais on répond à ça en le haussant à 10 000 $ pour les syndicats
de plus... de taille plus importante. Ça fait que non, on est pas mal en ligne,
pas parfaitement, je ne le dirais pas, puis je ne prétendrai pas que c'est tout
à fait compatible avec ce que l'Ordre propose, mais dans son économie générale,
ce qu'on a dans le premier bloc et dans le deuxième bloc, c'est compatible
avec... puis beaucoup de syndicats ont fait référence, puis là, je le répète,
là, mais à des pratiques similaires à ce qu'on a dans les blocs un et deux.
M. Leduc : Moi, je pense que
ma...
M. Boulet : Le...
M. Leduc : ...Oui?
M. Boulet : ...Oui?
M. Leduc : ...Ma question à
l'Institut économique de Montréal en particulier était... était pertinente
parce qu'ils sont financés par des dons à 30 % de crédits d'impôt, des
fois un peu plus, selon le palier. Alors, nous, vous, moi, tous les gens dans
cette salle, nous acquiesçons à une dépense fiscale importante de 30 %
pour financer l'Institut économique de... Ça fait qu'une partie de leur salaire
est financé par une dépense fiscale collective. Alors, je pensais que c'était
tout à fait pertinent. Est-ce que c'est la même chose qu'une cotisation
syndicale? Évidemment, je ne suis pas... je ne suis pas là pour dire ça. Je dis
juste que si eux ils sont bien d'accord pour qu'on dévoile le salaire de gens
qui sont payés, pas avec leur argent, même pas proche, bien, moi, j'aimerais ça
savoir eux avec mon argent, de ma dépense fiscale pour leur payer leur salaire,
j'aurais aimé ça le savoir.
M. Boulet : Ce volet-là, je
suis d'accord, mais ça me permet de dire que sur le à peu près 1.5 milliard de
cotisations obligatoirement payées est remis aux syndicats, il y a aussi la
déductibilité de ces cotisations-là qui représente à peu près 145 millions pour
l'État québécois. Donc, ça coûte à peu près aussi 145 millions aux Québécois.
Ce volet-là, je le comprends. Je ne sais pas pour l'Institut économique de
Montréal, ce que ça peut représenter pour les Québécois, aucune commune mesure,
à moins que notre collègue de Saint-Jérôme me contredise, mais ce n'est aucune
commune mesure d'une part. Et deux, il n'y a pas la formule Rand, il n'y a pas
cette obligation-là de précompte syndical. Ça fait que... Mais je comprends
votre point, puis j'ai entendu votre réponse et je n'ai pas dit que c'était
impertinent. Vous avez le droit, vous êtes un parlementaire puis vous êtes à la
recherche de vérité, puis vous aviez le droit de poser cette question-là, et
vous avez eu la réponse qui vous a été partagée.
Le Président (M. Allaire) :
...
M. Boulet : Le collègue de
Saint-Jérôme veut peut-être...
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
Oui, vous pouvez poursuivre, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Oui, oui, merci.
Toujours sur la question des charges électives, c'est un débat qu'on va avoir
plus tard sur les assemblées, que j'ai posé une question au salon Rouge pas
plus tard qu'avant-hier : qu'est-ce qu'une charge élective? Parce que dans
un syndicat, il y a des... il y a un exécutif, hein, la plupart du temps, un
président, vice-présidence, deux, trois postes comme une trésorerie, etc., je
ne sais pas qui va vouloir faire la trésorerie à cette heure, ça fait qui vont
devoir faire cette affaire-là, là. On verra bien, mais il y a d'autres charges
électives dans un...
M. Leduc : ...syndicat. Un
délégué syndical, c'est une charge élective. Des fois, il y a des libérations
pour être un délégué syndical, ce n'est pas un... c'est une forme de salaire,
c'est un revenu, certainement. Il y a un comité de retraite, il y a un comité
d'affaires sociales, un comité pour réviser les statuts, un comité X ou Y.
C'est toutes des charges électives, à moins que ça soit défini à quelque part,
puis si c'est le cas, vous me le préciserez, puis ça sera clair pour tout le
monde. Mais une charge élective, c'est extrêmement large.
M. Boulet : Bon, vous connaissez
l'article 20.1 du Code du travail. Je vais vous lire l'article 20.1, puis je
vais vous référer à la doctrine qui est relative à cet article-là. Donc,
«lorsqu'il y a élection à une fonction à l'intérieur d'une association
accréditée, elle doit se faire au scrutin secret, conformément aux statuts ou
règlements de l'association, puis à défaut de dispositions dans les statuts ou
règlements, prévoyant que l'élection doit se faire au scrutin secret, elle doit
avoir lieu au scrutin secret des membres, aux intervalles prévus dans les
statuts ou règlements, ou, à défaut, tous les ans.» On n'invente rien, on
n'invente rien, on harmonise. C'est... je le répète, c'est l'équivalent d'une
loi sur les normes du travail et la doctrine relative à 20.1, collègue fait
référence à la notion de dirigeant syndical et non toute personne élue. En
1977, le Code du travail fut amendé pour imposer le vote au scrutin secret des
syndiqués lorsqu'il s'agit d'élire des dirigeants. Les délégués syndicaux ne
sont pas... ils ne sont pas concernés à 20.1 ni dans le libellé de l'article du
Code du travail ni dans la doctrine.
M. Leduc :
Vous... à
47.1.2, parce que dans le 20.1, ça parle de fonction, ici, ça parle de charge
élective, ce n'est pas les mêmes mots. Pour vous, c'est un synonyme, charge
élective et fonction?
M. Boulet : Bien, c'est parce
qu'à 20.1, on dit «lorsqu'il y a élection à une fonction à l'intérieur d'une
association accréditée». Ça fait que le mot «fonction élective» est tout à fait
compatible avec le libellé de 20.1, puis la doctrine que je vous ai lue
relative à ça, ça fait référence aux dirigeants syndicaux et ça a été amendé en
1977, le Code, justement, pour s'assurer qu'on réfère aux dirigeants syndicaux
et non les délégués syndicaux.
M. Leduc : Ça ne fait pas
référence aux dirigeants syndicaux, à 20.1.
M. Boulet : Non, 20.1,
c'est... on a pris la fonction ou la charge élective, là, parce qu'à 20.1, on
dit «lorsqu'il y a une... une élection à une fonction à l'intérieur d'une association
accréditée.» Puis la doctrine réfère bien... fait référence à la notion de
dirigeant syndical. 20.1, là, ça fait référence à la notion de dirigeant
syndical. Je peux le répéter là, mais la doctrine le redit : c'est pour
imposer le vote au scrutin secret des syndiqués lorsqu'il s'agit d'élire des
dirigeants.
M. Leduc : C'est bien beau,
M. le ministre, mais là on fait du... on fait du nouveau droit, ici.
M. Boulet : Oui.
M. Leduc : On fait du nouveau
droit avec votre avec... avec votre article 47.1.2.
M. Boulet : Ah, mais on
conserve...
M. Leduc : Bien, non.
M. Boulet : ... une cohésion
avec les concepts qui sont dans le Code du travail. On amende le Code du
travail et on fait une loi.
M. Leduc : Bien, si vous...
si vous faites référence explicitement à un autre article ou à un même terme,
je peux comprendre. Mais là, vous changez le terme.
• (18 h 20) •
M. Boulet : Bien...
M. Leduc : Vous ne dites plus
«fonction», vous dites «charge élective».
M. Boulet : ...non, moi,
quand je lis le libellé, ça m'apparaît être l'utilisation d'un terme qui est
correct, qui est compatible avec...
M. Leduc : Pourquoi vous
n'avez pas écrit «un dirigeant», d'abord?
M. Boulet : Bien... moi, que
ce soit écrit conformément à ce que... Si vous souhaitez l'éclaircir, moi, je
n'ai aucun problème.
M. Leduc : Bien, oui, c'est
ça, je me... c'est ça que je fais depuis 10 minutes.
M. Boulet : On précisera, là.
M. Leduc : OK. C'est déjà plus
clair comme ça, pour éviter de la confusion.
M. Boulet : Mais c'est les
dépenses de fonction de ces dirigeants syndicaux là.
M. Leduc : On préparera
peut-être un amendement en ce sens là. Ça fait qu'il y a ça de réglé : ce
n'est pas un délégué syndical, ce n'est pas un comité de retraite, etc. C'est
toujours bien ça qui est clarifié. Maintenant, si on parle d'un dirigeant,
c'est bien. On parle aussi d'un haut dirigeant non élu. Ça, est-ce que c'est
défini ailleurs dans le Code?
M. Boulet : Non.
M. Leduc : Le... on dit...
là, dans la façon que vous l'avez libellé, c'est un seul, le... du plus haut
dirigeant non élu.
M. Boulet : Pardon?
M. Leduc : Vous avez dit, dans
l'article 4, vous... on sous-entend que vous parlez de tous les membres du
comité exécutif, tous les dirigeants syndicaux. Bien, d'ailleurs, précisons ça,
un dirigeant, j'assume que sur un exécutif de cinq personnes, présidence,
vice-présidence, trésorerie, mobilisations, comms, c'est cinq...
M. Leduc : ...dirigeant, selon
vous?
M. Boulet : Bien, c'est des
dirigeants...
M. Leduc : Ou c'est juste la
présidence qui est la dirigeance?
M. Boulet : C'est des
dirigeants syndicaux... bien non.
M. Leduc : Toutes les
personnes qui sont sur l'exécutif.
M. Boulet : Bien oui. Bien
oui, c'est des personnes élues, c'est des dirigeants syndicaux.
M. Leduc : Les officiers?
M. Boulet : Appelons-les des
officiers, mais c'est des dirigeants syndicaux. Oui, dans ma... dans mon
esprit, oui.
M. Leduc : OK. Ça fait que si
mettons il y a un conseil général, puis les gens peuvent siéger au conseil
général, ça ce n'est pas... c'est une instance intermédiaire entre l'exécutif,
puis l'assemblée.
M. Boulet : Bien, un
directeur... est-ce que vous pensez au fond, aux non élus là, ou...?
M. Leduc : Là, restons dans
les élus.
M. Boulet : Oui.
M. Leduc : Souvent dans les
associations syndicales, il y a un exécutif, il y a l'Assemblée générale, puis
parfois, dans des grosses sections locales, on crée un conseil général avec
des... souvent c'est des délégués, ils siègent dans une instance qui prend des
décisions.
M. Boulet : Oui.
M. Leduc : Pour vous, ça, ce
n'est pas des officiers au sens de l'article 4, ici?
M. Boulet : Bien si c'est des
délégués qui ne sont pas élus, ce n'est pas des officiers.
M. Leduc : Ils sont élus. Tous
les délégués sont élus.
M. Boulet : Mais... tous les
délégués sont... oui, mais les délégués tous... tous les délégués sont élus?
M. Leduc : Bien oui, bien oui.
M. Boulet : Moi on m'informe
qu'ils ne sont pas tous élus. Il y a des délégués syndicaux qui ne le sont pas
nécessairement, mais bons, prenons pour acquis qu'ils sont... tous les délégués
syndicaux sont élus?
M. Leduc : Moi je connais...
c'est quoi l'option, ils sont nommés? Par qui? Bien, souvent, les délégués sont
élus, mais par acclamation là, ils sont élus pareil. Ce n'est pas l'exécutif
qui va nommer les déléguées. Ils sont élus par acclamation, souvent par
acclamation, mais ils sont élus pareil. Peu importe. Donc, selon vous, si on
est un délégué syndical élu puis qu'on siège à un conseil général intermédiaire
entre l'Assemblée générale, l'exécutif, on n'est pas un officier.
M. Boulet : Le terme qu'on
utilise...
M. Leduc : C'est une charge
élective, au sein du syndicat, être un délégué syndical.
M. Boulet : Oui, oui. Bien, si
c'est élu. Moi, ce qu'on me dit, c'est que parfois c'est par acclamation ou
parfois il n'y a pas d'élections au scrutin secret parce que 20.1 on dit quand
même quand il y a élection à une fonction et ce n'est pas moi qui l'a inventé
avec le PL-3, je vous rappellerai. Revenons à la base, parce que là, vous
essayez de créer de la confusion. Est-ce que 20.1...
M. Leduc : ...M. le
Président, on prête des intentions ici.
Le Président (M. Allaire) :
Effectivement, faites attention, je suis d'accord. M. le ministre, vous prêtez
des intentions.
M. Boulet : OK, excusez-moi,
vous ne m'en prêter jamais, ça fait que... Alors moi, je retire les mauvaises
intentions, ça fait que... La réciprocité, ça existe aussi, hein, collègues.
Mais revenons à la base, là, parce que quand il y a élection à une fonction à
l'intérieur d'une association accréditée, ça doit se faire au scrutin secret.
M. Leduc : Oui.
M. Boulet : Est-ce que c'est
respecté? Est-ce que... répondez aux questions, là, parce que vous me demandez
d'interpréter un libellé d'un article qui est déjà existant... à une fonction
lorsqu'il y a une élection, selon les statuts au règlement.
M. Leduc : Mais vous
connaissez le concept d'acclamation?
M. Boulet : Bien oui.
M. Leduc : C'est juste...
bien, il n'y a pas d'élection... bien il y a une élection, mais il n'y a pas
d'élection.
M. Boulet : Il y en a qui
disent élection par acclamation là, mais bon.
M. Leduc : Oui c'est ça. Mais
il n'y a pas de scrutin secret.
M. Boulet : Il est élu par
acclamation. Il n'y a pas de vote au scrutin secret, mais est-ce que c'est
compatible avec 20.1? C'est un peu la question que vous me demandez.
M. Leduc : Bien là, j'espère.
Vous dites que non?
M. Boulet : Posez la
question, donnez une réponse, mais est-ce que c'est compatible avec 20.1? Ce
n'est pas...
M. Leduc : Vous êtes en train
de me dire qu'un délégué...
M. Boulet : Relisez-le. Est-ce
que vous l'avez devant vous?
M. Leduc : 20.1?
M. Boulet : Lorsqu'il y a une
élection à une fonction.
M. Leduc : Oui.
M. Boulet : Lorsqu'il y a une
élection, ça doit se faire au scrutin secret. Comment, selon les statuts
règlements d'une association. Puis, s'il n'y a rien de prévu, ça doit se faire
minimalement de façon annuelle. Ça fait que... Vous me poser des questions sur
des textes qui sont relativement clairs, est-ce que c'est élu ou non? Si ce n'est
pas élu, ce n'est pas visé, si c'est élu... c'est quoi la raison de ça? C'est
de rendre transparentes les dépenses que tu fais quand tu es élu. Est-ce que
quand tu es élu, tu fais des dépenses? Si tu n'en fais pas, tu n'as rien à
divulguer, si tu en fais, tu les partages.
M. Leduc : Je ne crée pas de
la confusion, M. le Président, pour reprendre le terme interdit...
M. Boulet : Mais pourquoi
qu'on ne le reprend pas? Moi, je n'ai pas de problème amender.
M. Leduc : Non, mais laissez-moi
terminer.
M. Boulet : On va prendre
20.1...
M. Leduc : Laissez-moi
terminer. Si je suis moi, là, un triste trésorier qui a levé la main, puis qui
doit à partir de maintenant appliquer 40...
M. Boulet : Un triste?
M. Leduc : Un triste trésorier
qui doit appliquer 47.1.2, puis là je lis, là, le numéro quatre. Comment ça
s'applique? Une charge élective, ça... ça inclut-tu, oui ou non, les délégués?
Parce que j'ai... il faut que je les libère des fois pour faire leurs tâches,
ça inclus une forme de dépense, ça se peut qu'il aille faire une organisation,
une assemblée, ça se peut qu'il y ait des déplacements, ça se peut qu'il y ait
des frais... Est-ce qu'ils sont inclus ou pas les délégués?
M. Boulet : Bien, ils sont
inclus dans la mesure où c'est élu, puis si c'est élu...
M. Leduc : Mais vous venez
juste de me dire il y a cinq minutes qu'ils ne l'étaient pas.
M. Boulet : Non. Parce que
quand je vous ai dit ne sont pas élus dans la mesure où ils n'ont pas...
M. Boulet : ...être élus, ils
n'ont pas... ils ne font pas partie des fonctions électives. 20.1, là, si le
libellé, pour vous, est plus clair, on va adapter notre projet de loi, puis on
va reprendre le même libellé que la loi, c'est là depuis 1977. Vous n'avez
jamais questionné cet article-là? Jamais, collègue, dans aucun de nos
15 projets de loi, et là, tout d'un coup, c'est compliqué, une fonction
élective. On va reprendre ce qui est là. Et le but ce n'est pas de débattre
c'est quoi une fonction élective et une fonction non élective, c'est d'informer
que quand tu as accès à de l'argent, quand tu es un triste trésorier puis que
tu te fais des chèques de 500 piastres trois fois par semaine, t'es un
triste trésorier qui doit divulguer tes dépenses. Il a été élu, c'est une
fonction élective. C'est tout ce qu'on prévoit de façon complémentaire à 20.1.
20.1, tu es élu à scrutin secret, puis le PL-3, tu dis ce que tu as dépensé
pour voyager, pour manger, pour t'héberger et pour faire tes activités qui sont
payées par les travailleurs. C'est juste ça. Je pense qu'on... là-dessus... il
faut revenir à l'objectif que vise le projet de loi 3.
M. Leduc : Oui, justement,
puis moi, je pense qu'on doit clarifier les choses, puis je suis plus confus
que tantôt.
M. Boulet : OK.
M. Leduc : Je suis plus
confus que quand on a commencé parce que tantôt vous m'avez dit : 20.1,
c'est la fonction. Moi... honnêtement, je ne trouve pas ça particulièrement
clair. La fonction à l'intérieur d'une association, ça peut être bien des
affaires. Puis là, vous m'avez dit : Non, c'est la doctrine qui précise
les dirigeants. OK... ce n'est peut-être pas écrit dans 20.1, mais c'est la
doctrine, la doctrine...
M. Boulet : Non, la doctrine
qui explique ce qu'est 20.1. La doctrine, c'est la littérature légale, la
doctrine...
M. Leduc : Oui, je sais c'est
quoi la doctrine.
M. Boulet : ...c'est un moyen
d'interprétation d'un article de loi. La doctrine...
M. Leduc : Je vous rappelle
que j'ai fait un certificat en droit du travail, je sais c'est quoi, la
doctrine, merci.
M. Boulet : Donc, on est sur
la même longueur d'onde, on ne peut pas débattre ce qui est une fonction
élective ou non. Moi, là, je vous le dis, là, 20.1 est clair, reprenons 20.1
dans le PL-3. On l'a toujours interprété de cette manière-là, puis ça va
simplifier. L'important, c'est que ces personnes-là, qui sont élues, divulguent
ce qu'ils font avec l'argent sur la... à laquelle ils ont accès. C'est tout,
simplement.
M. Leduc : OK, mais vous avez
changé votre réponse. Quand j'ai commencé ma ligne de questions, tantôt, vous
avez dit...
M. Boulet : Bien, si j'ai mal
répondu, je regrette. Si un délégué syndical n'est pas élu, il n'en fait pas
partie. S'il est élu, il en fait partie. Bien, en fait, les dirigeants
syndicaux, parce que... le délégué...
M. Leduc : Est-ce qu'un
délégué est un dirigeant syndical? C'est ça, ma question.
M. Boulet : Bien, un délégué
syndical, là, qu'est ce qu'il fait? C'est quoi, ses fonctions?
M. Leduc : Vous ne le savez
pas?
M. Boulet : Bien oui, il y en
a qui se promènent sur le plancher, qui sont des délégués sociaux...
Une voix : ...
M. Boulet : Mais ils ne sont
pas élus.
Une voix : ...
M. Boulet : Mais ils ne sont
pas dans les officiers... ils ne sont pas dans les dirigeants syndicaux.
M. Leduc : Ça fait qu'ils ne
sont pas couverts par... On revient à la position de départ.
M. Boulet : Non, ce n'est pas
des officiers... ils sont... bien, ce n'est pas des officiers selon 20.1.
M. Leduc : Fascinant.
M. Boulet : On... on va aller
manger.
Le Président (M. Allaire) :
Merci, effectivement... merci.
M. Boulet : On débat d'une
notion qui est secondaire.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
tout le monde, compte tenu de l'heure, la commission suspend ses travaux
jusqu'à 19 h 30. Merci, tout le monde. Bon souper.
(Suspension de la séance à 18 h 30)
19 h (version non révisée)
(Reprise à 19 h 32)
Le
Président (M. Allaire) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît. La
Commission de l'économie et du travail reprend ses...
19 h 30 (version non révisée)
Le Président (M. Allaire) : ...travaux.
Nous poursuivons l'étude détaillée du projet de loi n°3, Loi visant à améliorer
la transparence, la gouvernance et le processus démocratique de diverses
associations en milieu de travail. Donc, si vous vous souvenez...
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
...Ah, je vous demanderais votre attention, s'il vous plaît, parlez un petit
peu moins fort, merci. Donc, si vous vous souvenez, nous étions à l'article 8 qui
introduit le 47.1.2, la partie gouvernementale, par... de M. le ministre, a
déposé un amendement, et c'est le député d'Hochelaga-Maisonneuve qui était sur
une lancée. Et là, j'attends qui finisse une petite gâterie. Oui, allez-y, M. le
député d'Hochelaga-Maisonneuve. La parole est à vous.
M. Leduc : Merci beaucoup. J'espère
que le souper a été agréable pour tout le monde. Nous étions en train de tenter
de clarifier que veut dire «charge élective», et en fait, par souci de clarté,
on va préparer un amendement, un sous-amendement, devrais-je dire, pour que ce
soit bien, bien clair. Puis là, je vais lire c'est quoi la version finale du
ministre, là, mais que ça inclut les dirigeants, on va le dire de même,
dirigeants. Je ne sais pas si le ministre a eu l'occasion d'atterrir sur une
posture, là, parce qu'on avait eu différents échanges. On a fait référence à 20.1,
on a fait référence à la doctrine de 20.1. Ça, c'est bien intéressant, mais
reste que le texte, il faut qui doit... il doit être clair aussi pour l'applicabilité,
notamment des gens qui auront... qui devront faire cette lourde tâche.
Et là, dans le fond, l'amendement, il n'est
pas prêt, évidemment, on va... on va le rédiger, mais il viendra. Peut-être que
pendant qu'on prépare ça de notre côté, je peux continuer sur l'autre thème que
j'avais, toujours sur le paragraphe 4, une autre clarification. J'espère que le
ministre ne trouvera pas que je tombe trop dans les détails, mais c'est encore
une fois un moment important, je pense, quand on adopte un projet de loi comme
ça, de clarifier qu'est-ce que ça veut dire, qu'est-ce que ça ne veut pas dire.
Je ne sais pas si le ministre est au courant, auquel cas, je l'informe :
il y a grosso modo deux manières de faire pour payer un dirigeant syndical.
Soit c'est des libérations qui sont négociées à même la convention collective
et que dans le fond, l'employeur continue de verser le salaire au dirigeant
syndical, comme s'il était au travail puis de fait, il est au travail parce qu'il
occupe une fonction syndicale, mais il est libéré de ses tâches de travail pour
faire le syndicat. Donc, là, il y a une banque d'heures qui est négociée par la
convention collective et le syndicat pige dans cette banque d'heures-là en
fonction de ses différents officiers, souvent pour libérer à temps plein son
président ou sa présidente, puis s'il y a plus de banques d'heures, bien, il
peut libérer d'autres personnes, deux, trois, quatre, cinq, selon la grosseur
de l'accréditation, puis de ce qui a été négocié. Ça, c'est la version
classique.
Il existe aussi des versions où, en
supplément de cette banque d'heures-là qui a été négociée, la section locale
décide de créer un budget, donc un budget d'heures de libération, un salaire
supplémentaire qui est payé par le syndicat, par les cotisations syndicales.
Alors, si c'est des charges, si c'est des dépenses faites par l'accréditation
syndicale à partir de ces cotisations, j'assume, de la manière dont c'est
libellé, que c'est ce genre de dépenses-là qui seront demandées d'être rendues
publiques. Mais si c'est des libérations syndicales, si le président par
exemple, d'une section locale, est payé par des libérations syndicales, ça veut
dire qu'il n'y aura pas de passage monétaire à travers le compte du syndical
local pour payer le... encore une fois, mettons le président, parce qu'il est
libéré de sa tâche pour faire ça. Est-ce que... Donc, pour simplifier, M. le
Président, est-ce qu'un président de section locale qui est libéré par des
heures de libération, est-ce qu'il est tenu d'afficher son salaire en vertu de
la façon dont est décrit le paragraphe quatre de 47.1.2?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Boulet : C'est certain que
ce sur quoi ça met l'accent, c'est qu'il faut s'assurer d'avoir une définition
peut-être un peu plus claire que 20.1 que la doctrine qui explique...
M. Boulet : ...d'un, et de
l'utilisation du concept de charge élective que nous avons dans le projet de
loi 3. On va entendre votre amendement, mais je suis assez d'accord avec
le concept de dirigeants syndicaux. Puis, tu sais, c'est sûr que, pendant le
souper, on m'a parlé des délégués syndicaux, il y en a, ça dépend, qui sont
élus, d'autres ne sont pas élus et certains ont beaucoup de responsabilités,
d'autres en ont moins, puis il y a les concepts de délégués sociaux ou autres,
là, mais je pense qu'il va falloir être assez précis, puis assez restrictif
pour respecter l'objectif qu'on a dans le projet de loi : c'est d'informer
et de partager les informations relatives aux dépenses des dirigeants
syndicaux.
Je vous retournerais la question. Bon, je
connais les concepts, là, les banques... de libération syndicale, j'en ai
négocié souvent, pas du même côté que vous. Évidemment, c'était même un enjeu
dans beaucoup de négociations de renouvellement de conventions collectives de
travail, on tenait compte du nombre de travailleurs, les enjeux, les risques et
de l'état du climat de relation de travail, ces banques-là apparaissent dans la
convention collective et sont négociées. Ça fait que normalement, c'est payé,
c'est assumé. Maintenant, l'autre budget supplémentaire d'heures qui sont
votées pour assumer des libérations additionnelles, il faudrait voir. Moi, en
fait, je vais attendre votre définition que vous allez nous proposer par
amendement, puis nous, on travaille sur les délimiter les paramètres d'un
nouveau concept qui serait celui de dirigeants syndicaux plutôt que de charges
électives, là, puis je pense que c'est... puis je relisais 20.1, puis même
20.1, puis ça a été intégré au Code du travail en 1977, puis je n'ai pas vu
aucune décision de jurisprudence. Tu sais, puis quand tu réfères à la doctrine,
la doctrine ce n'est pas le moyen d'interprétation qui est en haut de la
hiérarchie des règles d'interprétation, on le sait, des articles de loi, ça
fait que je pense qu'on a intérêt, dans notre contexte du PL-3, tenant compte
de ces objectifs, de bien la définir. Puis je vais attendre votre amendement,
mais je suis tout à fait ouvert.
M. Leduc : Parfait, bien on
est en train de rédiger pour l'aspect charge élective, ça, c'est très bien, je
suis content qu'on semble... en tout cas, on verra, mais on semble se diriger à
la même place.
Mais je reviens sur la question de
libération versus heures, parce que quand on dit le total des dépenses de
fonction... Le total des dépenses de fonction, bien techniquement, un président
de section locale qui est libéré à temps plein en vertu de la convention
collective, il n'y a aucune dépense de la... qui viennent de la cotisation des
membres. Ça fait que j'en comprends qu'il serait exempté.
• (19 h 40) •
M. Boulet : Je comprends un
peu. Puis, si je saisis bien la nature de votre question, moi, je ne pense pas
que doit apparaître dans ce rapport-là le montant associé aux heures de
libération qui sont dans une banque négociées et intégrées à la convention
collective de travail. Je pense qu'il faut dissocier ces montants-là de la
fonction de dirigeant syndical. Si c'est le président élu conformément 20.1 et
que c'est un dirigeant syndical, mais dans ses dépenses, il ne faut pas
tenir... en fait, ce qui est conventionné, ce qui est dans la convention est
connu de la part des travailleurs et est ratifié lors d'un vote tenu au scrutin
secret, moi, ma compréhension c'est non, mais les budgets d'heures
supplémentaires de libération, oui. C'est, si je vous comprends bien, ce serait
ma lecture, ma compréhension de notre PL.
M. Leduc : Parce que vous
voulez clarifier comment est dépensé l'argent des cotisations.
M. Boulet : Oui, oui, exact.
M. Leduc : Et un président de
section locale qui est libéré ce n'est pas des cotisations.
M. Boulet : Ce n'est pas des
cotisations. Bien, oui, bien oui, on en a tous... on en a tous les deux
négocié.
M. Leduc : Ça fait que là
mettons à trois et à quatre... parce que, je vous donne un exemple, moi, quand
j'étais, je reprends mon vécu, hein, c'est de là compare évidemment,
nécessairement, quand j'étais au syndicat de l'UQAM, des employés de l'UQAM,
des étudiants employés de l'UQAM...
M. Boulet : Combien de
syndicats, coudon?
M. Leduc : Trois.
M. Boulet : Quand même.
M. Leduc : J'en ai fondé un,
puis j'ai été sur deux exécutifs.
M. Boulet : Ah oui?
M. Leduc : Oui.
M. Boulet : Ça fait que vous
pourriez placoter longtemps avec ma collègue de Hull, hein?
M. Leduc : Ça me ferait
plaisir.
M. Boulet : Puis ma collègue
aussi...
M. Leduc : Certainement. Ça
ferait beaucoup de choses à se dire. Donc, je reviens à mon exemple, j'étais à
l'UQAM, on avait une banque d'heures...
M. Leduc : ...de libération,
puis sur un exécutif, on était sept. Sur un exécutif de sept, on n'avait pas
assez d'heures pour libérer tout le monde. Donc, de mémoire, là, on était, je
pense, quatre sur sept à être libérés par la banque d'heures de l'UQAM, donc
directement sur notre salaire de base. Tandis que les trois autres sur sept
étaient libérés par une banque d'heures budgétée à partir de notre cotisation
syndicale. Ça, ça veut dire qu'on avait un autre employeur. Il fallait faire un
T4 aussi, mais ce n'est pas la même chose. Mais là, la façon je lis ça, ça
voudrait dire qu'un syndicat comme ça, où l'exécutif est en partie libéré à
travers les libérations conventionnées et une autre partie libérée à partir du
budget, et donc, des cotisations syndicales, j'aurais à révéler, à travers le
rapport exigé par 47 1.2, une seule partie de l'exécutif. Tandis que l'autre ne
serait pas besoin d'être révélée parce qu'elle est... Ça fait que c'est un
scénario qui existe, je l'ai vécu, à quel point il est répandu, là, je ne le
sais pas, mais le... je vous explique, donc on aurait une partie qui serait
révélée, puis l'autre qu'il ne le serait pas du même exécutif.
M. Boulet : Bien, oui, je
pense que c'est ce qu'on vient de discuter, totalement. La source des revenus
diffère : une provient des heures de libération conventionnée et provenant
d'une masse salariale assumée par l'employeur, alors que l'autre provient des
cotisations syndicales prélevées par le syndicat. On se comprend totalement de
cet avis-là.
M. Leduc : Dans le rapport
d'un syndicat comme ça, il y aurait les trois salaires des trois dirigeants
syndicaux payés par les cotisations syndicales, mais il n'y aurait pas les
quatre salaires des quatre autres... des quatre autres dirigeants syndicaux
payés par les libérations.
M. Boulet : En fait, puis
c'est intéressant de le noter, parce que ce qui provient des banques d'heures
de libération syndicale, c'est connu, tu sais. Puis le but de la transparence,
c'est de faire connaître. Donc, les travailleurs sont en mesure de savoir
quelle est la banque d'heures de libération syndicale et d'être informé
convenablement, d'avoir une information là-dessus, alors que l'autre, ce n'est
pas la même source.
M. Leduc : Intéressant que
vous dites ça, parce que ça m'amène à l'autre point. La banque de libération,
elle est pour le groupe, elle n'est pas ventilée par personne et c'est aux
loisirs de la section locale de la dépenser comme elle le souhaite. Ça fait que
ce n'est pas connu... je reviens avec le thème de : on commence-tu à
savoir le salaire de tout un chacun. On sait qu'au Québec, c'est un peu délicat
cette question-là. La banque d'heures, elle est agrégée dans le fond, elle est
pour un groupe. On peut la dépenser toute pour une personne, trois, quatre
personnes. On aurait pu théoriquement la saupoudrer sur les sept exécutants,
puis rajouter un autre saupoudrage des sept avec la banque de libération des
cotisations. Ce que je veux vous dire, c'est qu'avec une banque comme ça, on ne
connaît pas le montant individuel de chacune des personnes. On a une idée pour
le collectif, pour le comité exécutif. Tandis que là, avec la banque des
libérations syndicales de... issues de la cotisation, telle que libellée, ça va
être chaque individu dont on connaîtra le salaire exact.
M. Boulet : Oui, c'est ma
compréhension, puis vous avez totalement raison.
M. Leduc : Pourquoi dans ce
cas-là, on n'irait pas préciser que pour les libérations syndicales payées par
la cotisation, ça serait également agrégé? Pourquoi il faut absolument que ça
soit individuellement chacun des officiers syndicaux... connaisse le salaire
personnel?
M. Boulet : Ah, bien, moi,
là-dessus, je ne suis pas à l'aise avec ça. Je pense qui faut savoir ce que les
dirigeants syndicaux pris individuellement font. C'est ça, le but visé. Là, je
vous demande de faire preuve de toute l'empathie que je vous connais, puis entrez
dans les souliers des travailleurs. Est-ce que les travailleurs veulent avoir
une information agrégée où ils sont intéressés, où ils sont en droit de savoir
ce que chacun des dirigeants syndicaux a reçu? Et c'est ça, la question à
laquelle il faut répondre. Donc, la façon dont le PL est rédigé, ce n'est pas
des dépenses agrégées. On a fait référence aux cotisations facultatives pour
éviter que ce soit dans le détail. Mais ici, pour les dirigeants syndicaux, il
faut que ce soit clair, là.
M. Leduc : Bien, M. le
ministre, les payeurs de taxes du Québec ne connaissent pas le salaire
individuel de tout le monde qui travaille dans la fonction publique.
M. Boulet : ...les hauts
fonctionnaires, oui. Absolument. Vous voulez savoir le salaire de Mme Merizzi?
C'est publié.
M. Leduc : Moi, je n'y tiens
pas.
M. Boulet : C'est publié
annuellement. Les hauts fonctionnaires...
M. Boulet : ...ceux qui ont
des emplois supérieurs, tout est public. Ça fait que c'est une excellente
comparaison, puis je le répète, comparer une organisation syndicale qui défend
l'intérêt de particuliers, ce n'est pas la même affaire qu'un État ou un
gouvernement qui représente le bien commun. Ceci dit, en matière de
transparence pour les salaires, puis les dépenses, oui. C'est... Puis je le dis
parce que ma sous-ministre est là, mais pour les emplois supérieurs, il y a une
liste. Le Journal de Montréal l'a même utilisé pour faire état des salaires de
beaucoup de hauts fonctionnaires au Québec. Ça fait que j'aimerais ça que, par
respect pour ces personnes là, vous ne prétendiez pas qu'il y a de l'opacité
dans le salaire des emplois supérieurs du gouvernement.
M. Leduc : Je ne prétendais
pas ça du tout.
M. Boulet : OK, mais vous y faisiez
allusion.
M. Leduc : Tout à fait, je
fais juste signifier qu'on n'a pas accès à ce niveau de détails là pour toutes
les fonctions publiques du gouvernement.
M. Leduc : Donc vous
comprenez... Oui, puis si vous voulez qu'on fasse la comparaison pour les
dirigeants syndicaux, il y a énormément plus d'opacité. Est-ce que les salaires
des dirigeants syndicaux au Québec sont connus? Vous allez me dire oui,
peut-être, puis si c'est oui, on est dans une loi de pratiques minimales, c'est
parfait, mais si ce n'est pas connu, est-ce qu'un travailleur a le droit de
savoir? Ma réponse, c'est oui. Est-ce qu'il a le droit de savoir les dépenses?
Je le répète, d'un repas, de voyage, d'hébergement, les dépenses de plus de
5 000 $ ou de 10 000 $, oui, il a le droit de le savoir. Il
a le droit de savoir comment ses cotisations sont utilisées et les salaires, je
sais que ça peut agacer, mais je pense que c'est important de savoir que
quelqu'un gagne 100 000 $, 150 000 $ ou 200 000 $.
Vous les connaissez mieux que moi, puis je le reconnais, les salaires des
dirigeants syndicaux, vous les savez. Puis si vous voulez les partager, ou si
les syndicats veulent les partager, ils le font peut-être. Il y en a qui vont
me dire on le fait, mais au moins que la loi, encore une fois, qui est une loi
de normes minimales en matière de transparence le requiert.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre. M. le député Deux-Montagnes, c'est le même principe que tantôt,
pour mieux vous guider il vous reste moins de trois minutes, puisque vous avez
déjà signifié votre intérêt à déposer un sous-amendement...
M. Leduc : Je pense qu'il
est... qu'il est rendu.
Le Président (M. Allaire) :
Oui, on l'a.
M. Leduc : Allons-y, alors.
Merci.
Le Président (M. Allaire) : Oui,
allez-y.
M. Boulet : Et si vous voulez
savoir le salaire de mon directeur de cabinet, il est aussi public. Ça fait que
collègue de Saint-Jérôme le sait là, mais c'est une comparaison intéressante à
faire. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre. Donc, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve souhaite déposer un
sous-amendement, je vous laisse la parole, allez-y, lecture et commentaire.
M. Leduc : Merci, M. le Président.
Dans l'amendement à l'article 47.1.2, proposé par l'article 8 du
projet de loi, remplacer, partout où cela se trouve, «qui occupe une charge
élective» par «dirigeantes».
Puis c'est... dans le fond, c'est parce
qu'il y a à différents endroits, ce n'est pas juste à 4, là, à 3 aussi c'est
là, je pense que ça l'est aussi ailleurs, sauf erreur... En tout cas, il y a
différents endroits, au moins deux, là, où on fait référence à charge élective
et ces personnes qui occupent une charge élective, c'est donc une personne
dirigeante. Ça clarifierait, je pense, la situation pour être certain qu'on ne
parle pas ici des délégués, des délégués sociaux, du membre du comité de
retraite, du comité de party de fin d'année, du comité... je veux, il y en a
plein des comités dans des syndicats, puis c'est bien, c'est ça la vie
démocratique, puis c'est des charges électives qu'on est élu en assemblée
générale, souvent par acclamation, mais que ce n'est pas des gens qui seront
susceptibles de se retrouver... dans un rapport comme celui-là.
• (19 h 50) •
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Ah, Mme la députée de Bourassa-Sauvé, allez-y.
Mme Cadet : ...par précisions
ici, donc, ce serait les personnes dirigeantes élues et non élues? Parce que à
chacune des personnes dirigeantes et ceux du plus haut dirigeant... OK, donc on
garderait ceux du plus haut dirigeant dans...
M. Leduc : Exact.
Mme Cadet : OK.
M. Leduc : Exact.
Mme Cadet : Donc chacune des
personnes, donc, élues, qui sont dirigeantes... plus hauts dirigeants non élus,
mais là ce n'est pas...
M. Leduc : C'est... le bout
qu'on retire, c'est «qui occupent une charge élective» qu'on remplace par
«dirigeante». Donc une personne dirigeante et du plus haut dirigeant non élu...
Mme Cadet : Donc, il
faudrait... OK, je comprends le fond, il faudrait le remodeler, là, pour que ça
puisse fonctionner, là, mais je comprends l'objet de l'amendement.
M. Boulet : Oui, ce n'est pas
clair, oui. J'avais exactement la même
compréhension, mais c'est avec votre permission,
bien, moi, je demanderais une suspension.
Le Président (M. Allaire) : ...suspendre
les travaux quelques instants, merci.
(Suspension de la séance à 19 h 52)
20 h (version non révisée)
(Reprise à 20 h 10)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. Pour assurer une cohérence avec les
dernières discussions, j'ai besoin de votre consentement pour retirer le sous-amendement
déposé par le député d'Hochelaga-Maisonneuve. Est-ce que j'ai votre
consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Allaire) :
Consentement. J'ai aussi besoin de votre consentement pour retirer l'amendement
déposé par la partie gouvernementale. Est-ce que j'ai votre consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Allaire) : Excellent.
M. le ministre, je vous cède la parole pour déposer un nouvel amendement. Allez-y.
M. Boulet : C'est bien
apprécié, M. le Président. Article 8, donc 47.1.2 du Code du travail :
À l'article 47.1.2 du Code du travail,
proposé par l'article 8 du projet de loi tel qu'amendé :
1° dans le premier alinéa :
a) insérer, dans le paragraphe 1° et après
«cotisation facultative», «prélevés sur le salaire des salariés»;
b) remplacer, dans le paragraphe 2°, «le
montant des cotisations transmises», par «le montant que se fait remettre
annuellement l'association à titre de cotisations aux fins de l'application du
troisième alinéa de l'article 47 ainsi que le montant transmis à titre de
cotisations»;
c) dans le paragraphe... là, il y a
peut-être un «s»... paragraphe 3° :
I. remplacer «chacune des personnes qui
occupent une charge élective», par «chacun des dirigeants élus»;
II. insérer après «versées par l'association»;
d) dans le paragraphe 4°, remplacer «chacune
des personnes qui occupent une charge élective», par «de chacun des dirigeants
élus»;
e) remplacer dans le paragraphe 5° par le
suivant :
«5° un résumé des activités financées par
les cotisations facultatives et une ventilation des dépenses qui y sont
associées»;
f) remplacer le paragraphe 6° par le
suivant :
«6° une liste des dépenses, autres que
celles visées aux paragraphes 4° et 5°, qui mentionne l'objet de chacune d'elles,
lorsqu'il s'agit :
a) de dépenses de plus de 5 000 $...
M. Boulet :
...effectuées
par une association accréditée qui se fait remettre annuellement un montant de
500 000 $ ou moins à titre de cotisation. B : De dépenses de plus de
10 000 $ effectuées par une association accréditée qui se fait remettre
annuellement un montant de plus de 500 000 $ à titre de cotisation.
C : De dépenses de plus de 10 000 $ effectuées par une union, une
fédération ou une confédération. 2 : Dans le deuxième alinéa, insérer, à
la fin, la phrase suivante : «Elle doit également rendre accessible ce
rapport gratuitement sur son site Internet ou par tout autre moyen approprié à
tout salarié compris dans l'unité de négociation qu'elle représente». 3 :
Dans le troisième alinéa, A : supprimer «lequel doit être présenté
annuellement aux membres de l'association accréditée qui y est affiliée ou qui
y appartient». B : Insérer, à la fin, la phrase suivante : «Ce
rapport doit également être rendu accessible gratuitement sur le site internet
de cette union, de cette fédération ou de cette confédération, ou par tout
autre moyen approprié au salarié compris dans l'unité de négociation de
l'association accréditée qui y est affiliée ou qui y appartient». C'est
complet, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
simplement pour vous aviser que nous allons faire une petite correction de
forme. Quand vous regardez l'amendement à 1C, dans le paragraphe, il y a un s à
«paragraphe», nous allons l'enlever. Donc, pas besoin de l'enlever puis de nous
renvoyer... un amendement. Des interventions?
Une voix : ...
Le Président (M. Allaire) : M.
le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Bien, simplement
dire que je remercie le ministre, là, de son ouverture, là, c'est finalement
«chacun des dirigeants élus», c'est très bien comme ça, «versé par
l'association», deux clarifications qui, je pense, seront fort utiles. Merci
beaucoup.
Le Président (M. Allaire) : Parfait,
merci. D'autres interventions? Mme la députée de Bourrassa-Sauvé?
Mme Cadet : Oui, simplement
vous dire que nous sommes en accord avec le libellé modifié de l'amendement qui
vient d'être présenté par le ministre.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Encore une fois, d'autres interventions? S'il n'y a pas d'autres
interventions... M. le député de Jean-Talon, ça va? Vous voulez intervenir ou
c'est correct?
Une voix : ...
Le Président (M. Allaire) : M.
le député de Saint-Jérôme?
M. Chassin :
...
Le Président (M. Allaire) :
Sur l'amendement?
M. Chassin :
Ah, pas sur l'amendement, non.
Le Président (M. Allaire) :
Parfait.
M. Chassin :
...
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) : Non,
non, c'est l'amendement.
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
J'ai tu dis sous-amendement? Je m'excuse.
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
C'est ça, là, ici, là, on est sur l'amendement. C'est ça, c'est correct?
Mme Cadet : ...dans le fond,
tout ça, c'est un seul nouvel amendement.
Le Président (M. Allaire) :
Oui.
Mme Cadet : Donc, on a changé,
donc, le... Donc, oui, on a eu une discussion, donc, sur l'amendement de façon
générale. Tu sais, je ne sais pas, je pense... peut-être qu'il pensait que
la... la discussion portait juste sur chacun des dirigeants. C'est juste ça que
je voulais dire.
Le Président (M. Allaire) : OK,
c'est bon, merci pour la précision. Ça va? Parfait. Donc, pas d'autres
interventions? Nous allons procéder à la mise aux... oui, M. le député de...
d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Bien, moi, j'en
avais une autre, mais je voulais laisser la... l'occasion...
Le Président (M. Allaire) : Non,
il ne souhaite pas intervenir, alors, allez-y.
M. Leduc : Donc, sur l'autre
sujet, le ministre augmente de 5 000 $ à 10 000 $ les
dépenses. J'aimerais ça qu'il nous explique le rationnel de ce chiffre-là.
D'abord, pourquoi il avait choisi 5000 $, puis pourquoi il bascule à 10 000 $?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre?
M. Boulet : Bon, écoutez,
5 000 $... c'est un montant suffisamment important pour requérir
l'attention des travailleurs et faire l'objet d'une divulgation. Évidemment, on
a fait l'adaptation, monter ce montant-là à 10 000 $ quand c'est une
association qui génère plus de 500 000 $ à titre de cotisation, donc, de
façon à respecter les amendements que nous avons acceptés préalablement à 47.1.
Donc, on a fait l'adaptation, puis c'est des... des montants qu'on considère
raisonnablement importants pour justifier que ce soit divulgué, pour éviter
d'entrer dans trop de détails des dépenses qui sont moins importantes. Donc,
c'est le rationnel qui nous a guidés.
M. Leduc : Bien, c'est-à-dire,
j'imagine que c'est le montant que vous avez considéré suffisamment, mais... en
rapport à quoi? Quel genre de type de réponses... de dépenses? Est-ce qu'il y a
d'autres comparables dans d'autres lois? Vous n'avez pas sorti ça de votre
chapeau, là, ce chiffre-là.
M. Boulet : Oui, je les ai.
Je comprends mieux votre question. Ça ne sera pas long.
(Consultation)
M. Boulet : Bon, il y a
évidemment l'acquisition de véhicules, la participation à des congrès de
formation professionnelle. On a parlé de frais de déplacement, d'hébergement,
mais là, c'est le 5 000 $ et des frais d'inscription qui dépassent le
seuil de 5 000 $. Des frais publicitaires au delà de 5000 $, des
honoraires professionnels engagés pour des services juridiques de consultation
dans le cadre de négociations de renouvellement de conventions collectives ou
de défense de droits, c'est des...
M. Boulet : ...exemples, le
seuil a été fixé pour cibler les... les dépenses, collègue, qui ont un impact
réel sur la gestion des syndicats. Tout en évitant de créer une charge
administrative qui est importante, puis ça, ça a été à maintes fois réitéré
lors des consultations particulières, ce qui nous a légitimés de doubler ce
montant-là à 10 000 $. Donc, c'est des plus petites dépenses. Donc, c'est
un compromis entre la transparence financière et l'efficacité administrative.
Je pense que c'est les deux concepts qui nous guidaient constamment,
d'ailleurs, dans les amendements qu'on a proposés depuis le début des
discussions sur le bloc transparence, vous le constatez, c'est l'équilibre
entre la transparence puis l'efficacité. Donc, je n'ai pas d'autre réponse que
ça.
M. Leduc : Aujourd'hui, on a
eu un débat au Salon rouge sur les... les blocs d'électricité puis là, il y a
eu tout un échange entre la ministre de l'Énergie puis notre collègue de... de
Nelligan sur les documents révélés et les informations sensibles, etc. Est-ce
qu'à travers... on est dans un autre ordre, là, mais quand même, est-ce qu'à
travers cette obligation-là, ça ne va pas forcer des syndicats, des plus gros,
en particulier, à rendre publics des montants versés à des fournisseurs, à des
tierces parties, qui peuvent être dans un environnement concurrentiel et qui n'ont
pas envie que les montants qu'ils facturent à des... à leurs clients,
notamment, ici, une centrale syndicale, soient rendus publics.
M. Boulet : Bien, ça... ça me
force à redire que... faire un jeu de comparaisons, ce n'est jamais avantageux.
Puis, je le répète, 1977, obligations légales intégrée dans le Code du travail,
obligeant les employeurs à retenir à la source les cotisations déterminées par
le syndicat et leur remettre. Ce n'est pas la même réalité qu'ailleurs et
ailleurs, il y a beaucoup de transparence. Puis tu sais, vous le savez, même
ici, on fait des études de crédits, il y a les dépenses qui sont connues
publiquement, il y a les salaires, les avantages sociaux, les régimes de
retraite, les régimes d'assurance collective... tout est... les contrats qui
sont consentis, les appels d'offres, les soumissions, les... tout est public.
Il y a des affaires sensibles qui sont ce qu'on appelle couvertes par un
privilège de confidentialité. Il y a des... Mais il n'est pas ici question de
sensibilité au point de nuire à la compétitivité à laquelle vous faites
référence, là, entre guillemets, entre les syndicats. C'est un travailleur qui
est obligé de payer 1.5 %, 1.8 %, 2 % de son salaire à titre de
cotisation. Est-ce que c'est 1 000 $? Est-ce que c'est 800 $? Est-ce
que c'est 1 200? Il me semble que quand tu payes, tu as droit de savoir.
Il me semble que quand tu payes, tu as droit d'influencer. Il me semble que
quand tu payes, tu as le droit de t'exprimer.
• (20 h 20) •
C'est simplement ça. C'est cette
obligation réciproque que les syndicats doivent assumer à l'égard, pas des
employeurs, je le répète, ce n'est pas des redditions de comptes, ni à l'égard
du gouvernement, ni à l'égard des employeurs, ni à l'égard de mon ministère.
C'est les travailleurs, on informe les travailleurs, ce n'est pas... ce n'est
pas les employeurs, puis ce n'est pas l'État. Il n'y a pas de redditions de
comptes, je le répète. Donc, c'est simplement ça que nous visons à faire. Donc,
je ne vois pas en quoi c'est sensible qu'on puisse, par une loi, permettre à un
travailleur d'avoir accès, de bénéficier de la transparence et que les
syndicats se soumettent à des pratiques, d'ailleurs, ils le font, la plupart
des syndicats, puis je regrette de souvent répéter, mais les syndicats ont des
pratiques similaires à ça à bien des égards et je n'ai jamais entendu un
syndicat me dire : Si je donne des salaires ou si je donne des
informations relatives à des avantages, ça va nuire à ma compétitivité. Il n'y
a aucun des... Bien, c'est ce que j'ai compris, là, parce que vous faisiez le
parallèle avec des fournisseurs ou avec... en matière d'énergie.
M. Leduc : Je ne parlais pas
de la compétitivité du syndicat, je parlais d'un... d'un fournisseur, puis j'ai
une idée qui me vient à l'esprit... mettons, un fournisseur de logiciels
Internet. Un syndicat voudrait avoir un logiciel pour gérer, je ne sais pas
trop, moi, des finances ou autre chose, ou sa liste de membres ou je ne sais
pas trop. C'est un milieu qui est très...
M. Leduc : ...compétitif, les
logiciels informatiques. Est-ce que, là, si j'achète un logiciel X ou Y, puis
que là, évidemment, c'est certainement en haut de 5 000 $, là, je suis
obligé de le rendre public, que j'ai acheté tel logiciel à telle firme?
M. Boulet : ...l'étude de
crédits aussi, on le fait à l'étude de crédits, on est... tout est ouvert, vous
nous poser des questions pendant je ne sais pas combien d'heures, là, c'est 200
heures, je pense, en tout, les études de crédits, mais tout est... tout est
ouvert. Nos fonctionnaires sont là. Dans mon cas, les PDG de la CNSST de la
RBQ, la Commission de la construction du Québec, de l'IRSST, là, de l'Office
des professions du Québec. Ces gens-là sont là pour répondre. C'est une étude
de crédits, puis je ne veux pas qu'on transforme les syndicats en responsables
de faire des études de... On demande simplement d'informer, d'écrire. Puis je
ne veux pas banaliser, puis je le répète, il y a beaucoup de syndicats qui le
font déjà.
M. Leduc : Vous dites qu'il
faut faire attention avec les comparaisons, M. le ministre, mais les études de
crédits, c'est l'argent public. Là, on ne parle pas de l'argent public, ici.
M. Boulet : Oui, bien...
Une voix : ...
M. Leduc : On parle d'une...
on parle d'une organisation privée, ici.
M. Boulet : Oui, on parle
d'organisations privées...
M. Leduc : Ni vous ni moi
n'avons cotisé pour ces... pour ces choses-là.
(Consultation)
M. Leduc : Là, vous dites,
aucun...
M. Boulet : Mais je le
répète, qui est au cœur des syndicats? C'est les travailleurs, travailleuses.
Qui a accès à l'information? C'est les travailleurs, travailleuses. Point
final. C'est, je le répète, c'est le coffre où il y a des outils qui permettent
aux travailleurs de savoir, d'influencer, de s'exprimer. Puis, il me semble, ce
n'est pas compliqué. Puis je pense qu'on a eu des discussions raisonnées, puis
intéressantes, puis intelligentes à tous égards. Sur le... tu sais, le premier
bloc, là, la transparence, il y a les états financiers puis il y a le rapport.
Puis les états financiers, on a trouvé des voies de passage. Puis sur le
rapport, je pense qu'on a trouvé des voies de passage intéressantes. Je suis
encore prêt à discuter, mais le bloc transparence, je pense qu'il n'y a pas
grand monde qui n'adhéraient pas aux objectifs visés par ce bloc-là.
M. Leduc : Tout ce que je
vous dis, moi, M. le ministre, pour cette partie-là, c'est que je ne suis pas
certain que les fournisseurs tierces parties, ont toute... tripperaient toutes
de savoir qu'à partir de maintenant, s'ils font affaire avec un syndicat, les
frais qu'ils chargent sont rendus publics. S'ils font affaire avec l'État, avec
l'argent public, c'est une chose, puis ils sont en connaissance de cause, mais
ça, ce n'est pas l'état, c'est un syndicat.
M. Boulet : Non, mais les
fournisseurs sont payés par les travailleurs, par les cotisations versées
obligatoirement par les travailleurs. Donc oui, moi, si j'étais dans les
bottines d'un travailleur, j'aimerais savoir combien on a payé à ce
fournisseur-là. Pourquoi garder opaques l'information relative aux paiements ou
aux honoraires versés à un fournisseur ou à un bureau ou peu importe. Il me
semble, c'est... ça devrait être su, puis ce n'est pas de l'information
divulguée pour le bénéfice de l'État ou de quiconque, c'est pour le bénéfice
des travailleurs, purement et simplement. Puis, moi, je pense qu'un fournisseur
qui a une relation d'affaires avec un syndicat devrait raisonnablement savoir
que le syndicat, il assume le paiement avec les cotisations des travailleurs.
Il devrait raisonnablement savoir que c'est une information qui va être
divulguée, là, il me semble...
M. Leduc : Je me trompe ou
vous avez rajouté que ce... ce rapport-là va être rendu accessible sur le site
Internet de l'union?
Une voix : ...
M. Boulet : Ou... non, non,
mais comme on a «ou par tout autre moyen approprié», oui, on l'a ajouté pour le
mettre... pour que ce soit en cohésion avec ce qu'on a déjà discuté.
M. Leduc : Mais c'est ça,
donc, ça... l'information du fournisseur, puis les frais qu'ils chargent, ce
n'est pas juste pour les travailleurs astheure, si c'est sur le site Internet.
M. Boulet : Bien... c'est le
site Internet pour ceux qui l'ont, c'est vous qui nous l'aviez proposé.
M. Leduc : Non, je n'ai pas
proposé ça pour ça.
M. Boulet : Vous avez un
problème à ce que ça, ce ne soit pas sur le site Internet. J'ai.... c'est ce
que vous nous proposiez vous-même, plus tôt, pour les états financiers.
M. Leduc : Moi, ce que je
vous dis...
M. Boulet : Puis, dans les
états financiers, je regrette, là, mais il y a l'état des revenus et des
dépenses, puis vous en avez lu souvent, des états financiers, puis les
fournisseurs, il y a accès, puis il y a des annexes aux états financiers, qui
donnent des détails. Puis les salariés qui écoutent, qui lisent un état
financier, peuvent poser des questions. On a payé tant en honoraires
professionnels, par exemple, c'est un fournisseur de services professionnels,
puis si ce n'est pas sur Internet, «tout autre moyen approprié», c'est ce qu'on
a discuté ce matin... un peu plus tôt cet après-midi, et vous aviez limité ça à
Internet, pis c'est nous qui vous...
M. Boulet : ...avons proposé
«ou par tout autre moyen approprié» puis vous avez... vous êtes... vous étiez
d'accord avec ça. Donc, on... c'est juste par souci de cohésion avec les
discussions qu'on a eues cet après-midi, là. Ce n'est pas plus compliqué que
ça, là.
M. Leduc : Tout ce que je
vous dis, là, c'est qu'il y a des centrales qui sont venues ici nous dire que
ça pourrait complexifier leurs relations d'affaires avec des fournisseurs qui
n'auraient pas envie que leurs frais qu'ils chargent, qui, pour des raisons X
ou Y, n'ont pas envie de se retrouver dans l'espace public pour des raisons de
compétitivité, de confidentialité. Mais là, mécaniquement, ça sera impossible.
Parfois, dans un état financier, s'il y a une information sensible d'un fournisseur
qui veut bien faire affaire avec vous mais qui n'a pas envie que ses frais
exacts soient disponibles pour tout un chacun, il y avait moyen de le mettre
dans un regroupement ou un item financier plus large, agrégé, comme on disait
tantôt, mais là, ce n'est plus possible, il faut que tout soit précisé à la
virgule près.
M. Boulet : Oui mais, s'il ne
veut pas que ce soit accessible largement, ça peut être par tout autre moyen
approprié. Mais si on a, dans les états financiers ou dans un rapport sur
l'utilisation des cotisations, des ressources financières, des montants
d'honoraires professionnels, il est possible que si c'est un bureau d'avocats
ou un bureau de comptables, qu'il faille donner le montant, puis... le bureau
d'avocats ou le bureau de comptables ou le fournisseur d'un service ou de
biens, il sait qu'en faisant affaire avec un syndicat, c'est susceptible d'être
connu par les travailleurs qui payent. Il me semble que vous, collègue, dans
Hochelaga-Maisonneuve, quand vous payez pour des réparations chez vous ou pour
des services, peu importe la nature, vous savez les montants, là, c'est les
travailleurs qui payent. Puis, je ne veux pas simplifier outre mesure, mais les
travailleurs ont le droit de savoir.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre. Juste après vous, il y a le député de Saint-Jérôme qui souhaite
intervenir, et le député de Jean-Talon ensuite. M. le député de Saint-Jérôme,
allez-y.
M. Chassin :Ah, bien... j'avoue que j'ai quelque chose, peut-être, d'un
peu plus général, mais je pense que c'est important comme contribution au débat
par rapport à la transparence. Puis, je reviens un petit peu en arrière parce
qu'effectivement, on a posé la question... le député de...
d'Hochelaga-Maisonneuve a posé la question à la FCEI, à l'IEDM : Quels
sont vos salaires à vous, messieurs, si vous êtes d'accord? D'ailleurs, moi
,personnellement, les salaires des dirigeants... je ne sais pas, tu sais. Ce
n'est pas... Est-ce qu'on veut avoir tel nom, tel salaire, je ne sais pas. Mais
ceci étant, c'est vrai que s'il y a un... une particularité dans ce qui est des
cotisations obligatoires, on... on contrevient à la liberté d'association.
C'est justifié dans une société libre et démocratique selon la Cour suprême. En
tout cas, du moins, selon Lavigne.
En obligeant une cotisation, est-ce qu'il
y a une responsabilité avec ça? Moi, je pense que oui. Et là, l'idée étant
que... parce que ce n'est pas volontaire, cette responsabilité-là, elle est
d'autant plus grande. Est-ce que ça veut dire que ceux qui ne sont pas
volontaires...ceux qui sont volontaires, par contre, que ce soit, par exemple,
les... justement, les organismes de bienfaisance, que ce soit des associations
patronales. Est-ce qu'ils n'ont aucune reddition de comptes? Bien, c'est là où
je pense que non, et d'ailleurs, pour informer le collègue
d'Hochelaga-Maisonneuve, si on va en ligne sur l'Agence du revenu du Canada, eh
bien, tout ce qui a un numéro de charité doit rendre des comptes.
• (20 h 30) •
Et d'ailleurs, si vous voulez savoir le
salaire de n'importe qui à l'Institut économique de Montréal ou à l'Institut du
Nouveau Monde, vous pouvez aller voir. Évidemment, il n'y a pas les noms, mais
il y a : Combien avez-vous d'employés à temps plein et dans quelle catégorie
de payes ils se situent? Ça fait que vous avez le plus payé, en fait, c'est les
10 plus payés de tous les organismes de charité. Et puis, il y a des banques de
données qui se font avec ça, puis on peut faire des recherches, etc. C'est...
c'est intéressant de savoir, peut-être, combien d'argent par année lève
l'Institut économique Montréal. Évidemment, il y a un chiffre auquel on... on
s'attend toujours, mais c'est qu'il y a les subventions reçues de la part des
gouvernements, puis année après année, à l'Institut économique Montréal, c'est
zéro. C'est assez rare, ça fait que c'est digne de mention. Puis, je pense que
c'est aussi... dans tout le débat qui nous occupe, là, c'est... c'est évident
que pour le ministre, puis pour le ministère, il y a une volonté de dire :
Bien, on veut rendre ça disponible à ceux qui la payent, la cotisation, donc...
l'utilisation, les dépenses. Évidemment, quand on dit : Bien...
20 h 30 (version non révisée)
M. Chassin :...c'est privé aussi, comme les syndicats, mais si on
obtient un avantage, bien ça vient avec des obligations de reddition de comptes,
moi, je trouve que c'est tout à fait naturel. Ça fait qu'autrement dit, dans
tous les cas, on a les obligations, puis ici, il me semble à tout le moins que
l'obligation, elle n'est même pas qu'auprès des membres et je trouve ça en fait
assez particulier parce que j'étais bien d'accord avec l'amendement proposé par
le collègue d'Hochelaga-Maisonneuve, il m'avait même lui-même dit :
Heille, il y a peut-être quelque chose que tu vas... tu vas aimer, là, que je
vais avoir à proposer. Puis c'est vrai, c'était très chouette, puis, en fait,
dans la version retravaillée par le ministère, bien ce n'est pas tout à fait la
même chose. Ce n'est pas si on a un site Internet, on peut le rendre disponible
en ligne, puis à la limite, je pense que c'est peut-être le souci, là, du
mécanisme. De base, disons, le... je ne me rappelle plus comment le ministre le
formule, là, mais l'espèce de prérequis minimale parce qu'il me semble que je...
bien, rendu en 2025, là, c'est assez facile de partager sur Internet, puis il y
en a qui le font, puis après ça, si quelqu'un veut vraiment se donner la peine
d'aller chercher des états financiers d'un syndicat, bien, il va peut être
pouvoir le faire, mais de rajouter que c'est finalement non pas public ou sur Internet,
c'est vraiment pour les gens qui sont membres de l'unité de négociation, puis
qu'on rajoute aussi sur Internet ou tout autre moyen qui peuvent être des
moyens privés, bien on évite une transparence plus grande, alors que c'est
effectivement, quant à moi, cette transparence plus grande qui est légitimée
par un pouvoir de taxation délégué, qui est légitimé par un traitement fiscal
avantageux, les cotisations syndicales, des fonds de grève, des fonds de
travailleurs, à la limite.
Donc là-dessus, c'est là où il manque
quelque chose dans le projet de loi. C'est cette transparence envers les
contribuables et les citoyens et là-dessus, pour moi, c'est un combat
important, mais c'est même une évidence parce qu'il y a une presque unanimité
dans la population par rapport au soutien, à la transparence des états
financiers des syndicats envers l'ensemble des contribuables. Est-ce qu'il y a
des gens qui sont contre? Oui. Est-ce qu'il y a des cas aussi qui peuvent être
des exceptions? Moi, je pense que oui. Personnellement, un fond de grève, là,
est-ce que c'est une information stratégique qu'on peut vouloir ne pas
divulguer? Moi, je suis assez d'accord, ça fait que dans les actifs, passifs,
peut-être que le fonds grève, on le garde privé, ça se peut. Moi, je serais
tout à fait flexible et équilibré là-dessus, ouvert à des amendements, mais il
y a un principe fort et phare qu'on manque ici, c'est cette transparence plus
générale. Évidemment je fais mon point un peu éditorial, M. le Président, mais
vous comprenez qu'il y a quelque chose pour moi fondamental là-dedans.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Intervention, M. le ministre?
M. Boulet : Oui. Bien, merci
de votre intervention. Je l'ai déjà mentionné, il n'est pas question de
remettre.... de repenser la formule Rand, puis il n'était pas question, dans le
projet de loi, d'imposer aux syndicats des obligations de transparence envers
la population. Je connais le discours, je suis assez d'accord avec vous, les
cotisations syndicales sont déductibles, ça coûte à peu près 145 millions
à l'État, alors qu'il y a un 1,5 milliard de cotisations syndicales
versées par l'ensemble des travailleurs syndiqués au Québec, là, il y en a à
peu près 1,6 million, mais ce qui nous intéressait dans ce projet de loi
là, c'est la transparence pour les travailleurs, ce n'est pas la transparence
pour ni l'État ni les contribuables, mais je comprends très bien votre point.
M. Chassin :
Pourquoi c'était l'un et pas l'autre?
M. Boulet : Il y en a qui
remettent en question la déductibilité des cotisations syndicales, c'est... moi
je n'ai pas pensé à remettre en... mais oui, il y a des personnes de la société
civile qui en parle de remettre en question la déductibilité des cotisations
syndicales. On en est... ce n'est vraiment pas le but de ce projet de loi là. Puis
je voulais juste donner... Oui je finis, juste une petite info complémentaire,
là, il ne faut pas oublier que c'est les dépenses de 5 000 $ ou 10 000 $
là, ce n'est pas toutes les menues dépenses de 200 $ ou les fonds...
M. Boulet : ...ça là, c'est
les dépenses. On dit bien 5 000 $ effectués par une association accréditée
qui reçoit 500 000 $ ou moins, puis les dépenses de
10 000 $... qui se fait remette un montant de 500 000 $ ou
plus à titre de cotisation, puis les autres pour les unions, fédérations,
confédérations, c'est au-delà de 10 000 $. Mais je reviens à vous,
collègue de Saint-Jérôme, je comprends très bien votre point de vue, puis je le
respecte totalement. Puis d'ailleurs, c'est un forum qui permet ce dialogue-là.
Oui, vous vouliez... allez-y.
M. Chassin :C'est peut-être une question toute simple, mais le choix de
dire dans ce projet de loi là, la transparence, c'était ciblé sur ceux qui
paient des cotisations.
M. Boulet : Oui.
M. Chassin :Il y a un choix, donc, très clair, puis il vient d'où?
Pourquoi avoir décidé de se limiter à ça?
M. Boulet : Oh mon Dieu,
bien, j'en ai parlé abondamment parce qu'il y a un besoin qui était communiqué
de différentes façons. Par un ensemble de cas qui ont été largement documentés
par les médias, un ensemble de cas qui ont fait l'objet d'analyses par des
bureaux d'enquête et le cas le plus récent, bien là vous... je ne sais pas si
vous souhaitiez que je le rappelle, le trésorier du syndicat CSN à Labatt à
LaSalle en 2021-2022 qui s'est fait des chèques à son ordre de 500 $ par
chèque. Trois fois par chèque...
M. Chassin :Mais ça m'explique la nécessité de la transparence. Pardon,
oui.
M. Boulet : Oui, bien on est
dans la transparence, actuellement.
M. Chassin :Pas pourquoi moins de transparence envers le grand public?
M. Boulet : Bien, c'est les
travailleurs qui sont les principaux bénéficiaires de la transparence et c'est les
travailleurs qui sont les principaux pénalisés par le manque de transparence.
C'est tout ce que j'ai à dire.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Merci. Donc,
ici, l'intention est louable, vous venez d'avoir un échange avec le collègue de
Saint-Jérôme là-dessus, on veut plus de transparence et donc on veut donner...
vous vous dites suffisamment de détails dans le rapportage financier sur les
dépenses que vous jugez importantes. Là vous dites bien, 5 000 $,
10 000 $, c'est quand même des dépenses d'une certaine envergure. Ce
dont on parle, donc, c'est le seuil de matérialité. C'est un principe comptable
bien connu, largement appliqué, donc, par... dans toutes les missions d'audit,
dans toutes les missions d'examen, dans toutes les missions... en fait, chaque
fois qu'on étudie des états financiers et donc qu'on reçoit l'information
financière. Vous avez donc décidé de fixer des montants 5 000 $
lorsque l'association se fait remettre annuellement un montant de
500 000 $ ou moins. Et à 10 000 quand c'est 500 000 ou
plus, ou pour les unions, les fédérations, les confédérations. La question vous
a été posée tout à l'heure, mais j'aimerais... je n'étais pas tout à fait
satisfait de la réponse, j'aimerais savoir comment vous avez fixé ces
seuils-là. Est-ce que vous avez regardé les normes comptables canadiennes?
Est-ce que vous avez regardé les normes comptables pour le secteur privé, le
secteur associatif, le secteur gouvernemental? Je voudrais savoir qu'est-ce qui
a guidé votre choix dans les montants qui ont été choisis pour les seuils?
• (20 h 40) •
M. Boulet : Oui. J'aurais
deux volets à ma réponse.
Des voix : ...
M. Boulet : OK, le seuil de
matérialité, ce n'est pas un chiffre fixe, puis je le lis, c'est subjectif.
Puis ça peut varier en fonction de la taille, mais c'est vraiment un chiffre
qui est subjectif. Puis par exemple, une dépense de 5 000 $ ou une
dépense de 10 000 $, ça peut être négligeable pour un, important pour
un autre, ça peut être négligeable pour une grande organisation, super
significatif pour une petite. Et les vérificateurs, les CPA, ils doivent
choisir des critères pertinents, mais c'est vraiment un chiffre qui permet au
travailleur de savoir, puis ce n'est pas toutes les menues dépenses, puis ce
n'est pas un état financier auquel on réfère ici, c'est un rapport sur
l'utilisation des ressources financières, ça fait qu'il y a une complémentarité
dans mon esprit entre les deux. Bon, j'ai expliqué abondamment c'était quoi la
différence entre une...
M. Boulet : ...mission
d'examen, une mission d'audit puis une mission de compilation. Mais là, on
n'est plus... puis on a étudié, évidemment, ces articles-là, on a trouvé des
voies de passage, mais tu sais, là, on n'est plus dans les critères qui nous
permettent de faire une mission ni de compilation, ni d'examen, ni d'audit. On
est à un seuil qui est un chiffre qui est subjectif, qui est important, et on
aurait pu aller à 2000 $, je ne sais pas si vous avez ça en tête, il y a
des travailleurs qui pourraient vouloir savoir. À 2 000 $, à
3 000 $, à 5 000 $, on avait 5 000 $, puis on
pense que c'est un seuil qui est important, on avait, tout à l'heure, le seuil
de 5 000 $. Ce que j'ai mentionné, tout à l'heure, pour cibler les
dépenses, c'est des dépenses qui ont un impact sur la gestion des syndicats,
tout en évitant de créer une charge administrative excessive pour le suivi des
petites dépenses, donc, c'est un montant qui constitue, oui, un chiffre
subjectif qui n'est pas fixe, mais qui est le résultat d'une discussion pour
trouver un équilibre entre l'efficacité et le suivi des dépenses. Donc, c'est
constamment ce qui nous guide puis c'est un compromis entre la transparence
financière puis l'efficacité administrative. Je le répète souvent, puis je l'ai
mentionné, vous m'avez entendu tout à l'heure, c'est les véhicules, c'est les
congrès, c'est les campagnes publicitaires. On ne parle pas de menues
campagnes, on parle de... campagnes au-delà de 5 000 $ ou 10 000 $,
selon le cas, là, si on est en haut de 500 000 $ ou en bas de...
500 000 $ de revenus. Donc, essentiellement, c'est ça, le seuil de matérialité,
puis le seuil de matérialité, il s'applique de la façon dont je vous l'ai
décrite, et ça, ça provient aussi de l'ordre des conseillers en... les CPA.
M. Paradis : J'ai bien
compris la... J'ai bien compris, je connais bien la différence. Lorsqu'on parle
du seuil de matérialité entre le rapportage fait par les comptables dans leur
mission, audit ou examen, etc., et ce que vous imposez comme obligation de
transparence à la fin de l'année avec un rapport. Mais c'est justement parce
qu'il y a ces deux éléments-là que je veux bien comprendre votre logique. Parce
que là, vous rajoutez une couche, et donc là vous incluez, dans les dépenses,
dans cet article-là, des éléments que des comptables qui, eux, sont ceux qui
arrivent avec l'oeil le plus fin, puis l'obligation la plus importante, puis
vous allez dire : Oui, mais même si eux, ils sont passés, puis ils disent
qu'une... qu'une dépense X ou Y ne dépasse pas le seuil de matérialité pour que
je la rapporte ou que je l'étudie, en particulier dans la mission d'examen ou
dans la mission d'audit, vous, vous allez dire à l'association, vous allez
dire : Je veux quand même que tu la mettes dans ton rapportage au
syndicat. Ça fait que je veux bien comprendre la logique que vous faites entre
les deux, puis je veux bien comprendre pourquoi, donc, vous avez choisi ces
seuils-là. Parce que c'est beaucoup, vous le savez, je vous ai beaucoup parlé
de ça, pour moi, c'est le niveau de paperasse, de procédures, d'argent que vous
allez demander à dépenser à beaucoup de monde, qui me préoccupe, puis je veux
savoir, donc, c'est quoi, la logique? Je veux savoir c'est quoi, la logique?
Et donc, la deuxième question, parce que
là, je... vous m'avez dit, vous m'avez expliqué la... la question seuils de la
matérialité, mais je ne sais pas exactement pourquoi vous avez choisi ça, parce
que vous avez raison, vous avez dit, tout à l'heure : C'est subjectif. Je
pense que vous vouliez... vous me corrigerez si je me trompe, mais vous vouliez
plutôt dire : C'est relatif. Parce que ce n'est pas subjectif, c'est une
norme objective mais qui est relatif, par exemple, au type de dépense ou à la
somme d'argent gérée. Est-ce que je suis, est-ce que vous êtes d'accord, c'est
ce que vous vouliez dire? C'est relatif, relatif à.
Des voix : ...
M. Paradis : Je présume que
oui, c'est ça que vous vouliez dire.
M. Boulet : Bien, c'est parce
que... puis, vous connaissez bien les distinctions entre la compilation,
l'examen, puis l'audit. Puis, la compilation, c'est fait par un comité de
vérification interne. L'examen, c'est selon le test de plausibilité, puis c'est
les informations accumulées par le CPA pour donner un caractère suffisamment
plausible à l'information qui apparaît dans la mission d'examen. Alors que
la... l'audit, lui, c'est le test de raisonnabilité. Il ne peut pas tout
détecter, alors que là, ce n'est pas ce que nous cherchons à faire, c'est dans
un rapport, c'est de donner la nature puis les montants qui ont été dépensés à
même la cotisation qui a été versée par le travailleur. Moi, pour moi, c'est
complémentaire, mais à moins que vous me disiez... tout ce que vous demandez
dans le rapport et dans les états financiers, ce n'est pas le cas. Ce n'est pas
le cas, puis les dépenses de fonction, puis les salaires...
M. Boulet : ...tes dirigeants
syndicaux ne sont pas dans les états financiers. On peut avoir une agrégation
de rémunérations, mais il n'y a pas les salaires puis les dépenses d'au-delà de
5 000, 10 000. Je le répète, puis c'eût pu être 2 000, c'eût pu
être6 000, mais je pense que 5 000 ou 10 000, ça aurait
minimalement pu permettre de détecter des fraudes puis des détournements de
fonds, collègue. Le rapport permet de détecter des choses que les états
financiers, même audités, ne permettent pas de décoder.
Le Président (M. Allaire) :
...
M. Paradis : Oui, je saisis
bien votre intention, mais je veux bien comprendre le rapport que vous faites
entre les deux, parce que vous, vous dites c'est complémentaire. La
question qui vient, c'est : est-ce que ce n'est pas du dédoublement, et
est-ce que ce n'est pas des charges administratives, de la bureaucratie, de la
paperasse, que vous allez créer? Et vous savez, parfois, en disant : On
veut plus de transparence, vous pourriez arriver avec un paquet d'informations
qui noient les informations importantes. Vous savez que c'est une autre
stratégie d'opacité. Puis là, je ne parle de personne, mais tout le monde est
au courant de la stratégie : t'envoies un paquet d'informations pour être
certain que l'information qui compte ne sera pas repérée. Donc, vous ne voulez
pas non plus avoir l'effet inverse, puis l'effet inverse, il est possible. Il y
a plusieurs événements organisés par les associations dont on parle, des
grandes mobilisations, tiens, pendant qu'on avait nos consultations
particulières, M. le... M. le ministre, vous vous souviendrez que la FTQ avait
son congrès juste de l'autre côté de la rue. Vous imaginez le nombre de
dépenses qui seraient couvertes par votre obligation? Est-ce que vous voulez
que tout ça apparaisse à chaque fois? C'est ça, la question que je vous pose.
Est-ce que vous voulez aller dans ce niveau de détail-là?
M. Boulet : Non.
M. Paradis : Et si vous allez
là, est-ce que vous ne croyez pas que vous allez avoir l'effet inverse de ce
que vous recherchez? Parce que moi, je veux bien comprendre, donc, votre
intention. Alors là, vous voyez ce que je recherche, là, comme réponse.
Mais je veux revenir un peu en arrière
parce que je vous ai demandé comment vous avez établi le seuil. Maintenant, je
voudrais savoir quel portrait vous avez... de combien d'associations on parle
dans le paragraphe a), de combien d'associations on parle dans le paragraphe
b), puis de combien d'associations on parle dans... ou de fédérations d'union
ou de confédérations on parle dans le paragraphe c)? Parce que je serais
curieux de comprendre l'analyse pratico-pratique que vous avez faite avant
d'arriver à vos solutions. Puis je ne m'en cache pas, vous savez pourquoi je
vous pose cette question-là, je l'ai mentionné à plusieurs reprises, je suis de
ceux qui pensent que vous avez peu ou pas consulté et vous n'avez pas parlé aux
gens qui sont les principaux concernés. Donc, je veux savoir quel portrait vous
avez de la situation pour avoir fixé vos seuils et les organisations visés aux
paragraphes a), b), c)?
M. Boulet : ...c'est sûr
que...
Le Président (M. Allaire) :
Juste...
M. Boulet : ...oui, je vais...
Le Président (M. Allaire) : ...M.
le ministre. Faites attention pour ne pas prêter des intentions, vous êtes sur
la ligne. C'est encore correct...
Une voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
Oui, je pense que oui. «Peu ou pas... peu ou pas consulté», c'est comme un peu
prêter des attentions. Quand je vous dis que c'est proche de la ligne, c'est
correct, vous émettez une opinion en même temps, mais je fais juste une petite
mise en garde.
M. Paradis : ... C'est
important, M. le Président, je ne prête pas d'intentions, je parle de faits, et
vous savez, j'ai posé la question à toutes les personnes qui sont venues en
consultations particulières. Toutes, sans exception, m'ont répondu la même
chose. Donc, M. le Président, je ne pense pas que je prête des intentions. Je
rapporte les faits tels que je les ai constatés lors des consultations
particulières, mais le ministre pourra me dire autre chose, c'est ça, la... Je
lui donne l'opportunité de me dire qu'il a vraiment étudié en pratico-pratique
les paragraphes et les seuils et les organisations qu'il vise par ses
paragraphes a), b), c). C'est le but de ma question, M. le Président.
• (20 h 50) •
M. Boulet : OK...
Le Président (M. Allaire) :
Je... Oui, allez-y... Juste pour terminer ce petit bout-là, je comprends, M. le
député, sauf qu'à plusieurs reprises, M. le ministre a mentionné qu'il avait
fait ses consultations. Juste... On ne peut pas remettre la parole d'un
collègue en doute, je veux juste le préciser. M. le ministre, vous pouvez...
vous pouvez poursuivre. Merci.
M. Boulet : Oui, merci, M. le
Président. Bon, c'est sûr que je vais reprendre un partage d'information que
j'ai fait à de multiples reprises aujourd'hui. Dans un premier temps, pour dire
que quand tu dis : As-tu été consulté? La réponse peut être non, parce
qu'on l'interprète à sa façon. Si tu demandes à la personne : Est-ce qu'on
t'a demandé de partager tes meilleures pratiques en matière de transparence? La
réponse aurait été totalement différente, puis je l'ai fait avec un président
de centrale qui est venu. Est-ce que c'est être consulté? Oui, mais ce n'est
pas comme ça qu'il me l'a demandé. Ça fait que vous savez comment ça
s'interprète, une question, puis comment la réponse peut être en fonction de la
nature et de la façon dont la question peut être posée. Donc, si vous me
demandez si j'ai fait un forum pour consulter la réponse...
M. Boulet : ...c'est non, je
le dis avec beaucoup de candeur. Mais si vous me demandez si j'ai obtenu de
certains oui, de d'autres non, mais j'ai tenté d'obtenir les meilleures
pratiques, puis je les ai eues. D'ailleurs, il y a beaucoup de syndicats que
vous avez entendus dont des syndicats indépendants comme la FIQ, la PTS, qui
sont venus partager d'excellentes pratiques, puis d'autres, la CSQ aussi. Donc
ça, les consultations, je l'ai aussi dit... Deuxièmement, la charge administrative.
Non, je la répète, c'est un équilibre entre la transparence, puis le fardeau
administratif. Puis le seuil de matérialité, j'ai répondu, puis la pénurie
de... puis l'Orde des CPA nous disaient : Les craintes liées à des défis
de ressources ne devraient en... en aucun cas nous permettre de lésiner sur la
qualité de la reddition de comptes et la transparence des organisations
syndicales envers leurs membres. Et ça, c'est l'Ordre des CPA et tout le monde
en convient. Quant aux chiffres, j'ai distribué des tableaux au courant de la
journée, on va vous le transmettre, mais le PL-3 déposé, le PL-3 amendé et je
veux juste partager avec vous, collègues de Jean-Talon, aucune exigence, en
fait... Bon, quand on n'avait aucune exigence, collègue, les seuils de revenus
de 0 à 150 000, là on est rendus à 300 000, ça représentait 79,5 des
accréditations syndicales, 16.7 % des...
Le Président (M. Allaire) : ...vous
avez le tableau sur greffier, ça va?
Une voix : ...
Le Président (M. Allaire) : OK,
excellent, c'est beau.
M. Boulet : Bon, oui, votre
collègue... Oui, vous étiez... Oui, c'est ça. Donc, 16.7 % des salariés
concernés, donc on peut... entre 150 000 $ et 300 000 $,
c'est 10,6 % des... puis, je vous reviens là, entre 0 et 150 000 $,
maintenant entre 0 et 300 000 $, c'est une mission de compilation.
Selon l'ordre des comptables agréés, c'est entre 1000 $ et 5 000 $
d'honoraires, ça vous va? La mission d'examen, c'est entre... autour de
7500 $, puis la mission d'audit à peu près 15 000 $. Non, mais
je veux finir avec ce tableau-là, c'est 10,6 % des accréditations,
9,4 % des salariés, puis le plus de 300 000 $, on est à
9,9 % des associations plus les centrales, fédérations, unions et
74 % des salariés. Les calculs, puis les statistiques existent, puis
collègues de Jean Talon... puis avec les nouveaux montants... ça, il faudrait
peut-être partager le tableau, là, mais de 0 à 250 000 $, c'est
90 % des accréditations syndicales. Puis entre 250 et 500, c'est
5,1 % des accréditations, puis en haut de 500 000 $, 4,8 %
des accréditations. Donc, le fardeau, c'est dans le premier jusqu'à
250 000, c'est zéro honoraires, c'est de l'information qui est normalement
colligée, je présume, en haut de 5 000 ou en haut de 10 000 qui est
colligé, donc qui apparaît dans un rapport sur l'utilisation des informations
complémentaires. Et je veux juste compléter, collègues, si je n'ai pas
l'information là, vous me le demandez, puis si je ne l'ai pas, on va le
préparer, puis on va le partager avec vous, comme j'ai toujours fait pendant
les commissions parlementaires, mais il ne faut pas, je pense, compliquer ce
qui est simple. C'est un état financier, puis on a discuté abondamment, puis là
on parle d'un rapport sur des dépenses. Il me semble que ce n'est pas si sophistiqué
que ça a préparé...
Le Président (M. Allaire) :
Merci.
M. Boulet : Puis je le dis
avec respect, là, collègue, là.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre. M. le député Jean-Talon, après vous le député de Maisonneuve et
la députée de D'Arcy-McGee qui souhaite intervenir, mais là je vous cède la
parole.
M. Paradis : J'ai... bon,
j'ai cru comprendre que vous citez un autre tableau qu'on n'aurait peut-être
pas eu, si c'est le cas, oui, j'aimerais que vous nous le transmettiez, parce
que j'ai bien vu les tableaux qui ont été distribués et pour l'instant, ça ne
répond pas à la question que je pose là, parce que... bien, mais non, mais il y
en a combien des associations de... qui ont... qui gèrent 500 000 $
et moins? Puis à l'intérieur de ça, est-ce que vous avez une idée du spectre?
Parce que...
M. Paradis : ...il y a
peut-être vraiment plusieurs des... une grande variation. Puis quelqu'un qui
gère 10 000 $, puis quelqu'un qui gère 490 000$, une association qui gère
490 000 $, bien...
M. Boulet : On s'entend, il y
a 8440 accréditations syndicales au Québec, et en haut de 500 000 $, il y a
4.8 % de ces 8400... écoutez, la réponse est extrêmement claire.
M. Paradis : ...ça, c'est
l'autre, ça, c'est l'autre tableau, c'est ça?
Le Président (M. Allaire) :
Oui, oui, c'est ça, exact. M. le ministre...
M. Boulet : ...de vous
partager.
Le Président (M. Allaire) : Si
vous voulez partager, simplement nous l'envoyer, puis on va être capable de le
partager.
M. Boulet : ...on l'a mis à
jour, mais votre question, celle-là était claire. Je pense que ma réponse est
claire.
M. Paradis : Mais... on veut
bien vous suivre, vous avez les chiffres devant vous, on ne les a pas, donc, ça
va être apprécié que vous nous transmettiez le document à votre plus proche
convenance. Là, je comprends que vous me les donnez oralement. Je vous pose une
sous-question : Est-ce que vous avez une ventilation? Parce que là vous me
donnez... qui a un... vraiment une très grande quantité qui sont dans le
paragraphe A, mais est-ce que vous avez une idée de la ventilation puis du...
du nombre par degré? Parce que... c'est ça, là. Est-ce que... est-ce que ce
sont les bons seuils? Et est-ce que ce sont... ce sont les bonnes... les bonnes
classifications? C'est ça, ma question. Parce que, M...., M. le ministre, vous
allez changer beaucoup de choses et je vais vous citer au mot : «Il ne
faut pas compliquer ce qui est simple», et peut-être que vous êtes en train de
compliquer ce qui est simple. Peut-être que c'est ce projet de loi qui est en
train de le faire. Mes questions visent à savoir comment vous avez préparé ça.
Parce que c'est bien beau d'arriver, de dire : Bien, écoutez, on va... on
va avoir plus de transparence, puis on va simplifier la vie pour les
travailleurs. Mais peut-être que ce que vous êtes en train de faire va
compliquer la vie des associations et ne simplifiera pas nécessairement la vie
des travailleurs qui veulent avoir l'accès à l'information, la bonne
information, de la bonne façon. Mes questions, elles visent à ça, parce que je
vous l'ai dit, on est d'accord avec la transparence, on est d'accord avec le
rapportage, on est d'accord avec l'intention. Je l'ai dit depuis le début, ce
sont les mécanismes que vous... que vous utilisez dans le projet de loi qui
sont souvent mystérieux ou qui ne semblent pas nécessairement appropriés, puis
ici, vous êtes arrivé avec un changement, avec un amendement. Pourquoi? Parce
que... ça peut vous faire sourire, M. le ministre, mais ça ne serait pas la
première fois que ce gouvernement dit : Ah, bien nous, on va faire ça,
tiens! On va faire des garderies pour les jeunes de quatre ans, puis il n'y a
rien, il n'y a pas d'étude, on ne sait pas d'où ça vient. Tiens, on va
construire un troisième lien qui va passer en plein milieu de la ville, puis on
ne sait pas d'où ça vient. Je vous demande d'où ça vient.
Le Président (M. Allaire) : ...juste
un instant, M. le député de Jean-Talon, Mme la députée de Vimont, vous avez...
Mme Schmaltz : ... sujet, là,
s'il vous plaît, parce qu'on est hors sujet, là, on parle du troisième lien,
là, s'il vous plaît, là.
Le Président (M. Allaire) : ...soulevé,
soulevé...
Mme Schmaltz : Oui, s'il vous
plaît.
Le Président (M. Allaire) :
Lequel? La pertinence?
Mme Schmaltz : Hors sujet.
Le Président (M. Allaire) :
Hors sujet?
Mme Schmaltz : Oui.
Le Président (M. Allaire) : La
pertinence?
Mme Schmaltz : Hein?
Des voix : Pertinence.
Mme Schmaltz : Oui, oui,
pertinence, excusez-moi.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Simplement de revenir sur l'amendement autant que possible, M. le
député de Jean-Talon, allez-y.
M. Paradis : Je... j'utilise
des images pour illustrer mon propos, qu'on veut savoir d'où viennent les
solutions qu'ils ont proposées, le gouvernement, pour les exemples que je viens
de nommer comme pour ce dont je parle, parce que le ministre sourit. Il a l'air
de trouver ça... que c'est drôle comme question, mais M. le ministre, ce sont
de bonnes questions parce que ça va avoir un impact sur la vie quotidienne des
organisations qui sont visées et sur les travailleurs qui sont visés. Je
comprends vos bonnes intentions, je me demande si vous avez les bonnes
solutions, et mes questions, bien, c'est ça, c'est... ces seuils-là, combien,
puis... il y en a combien? Celles qui vont être à 490 000 $ dans votre chiffre,
là, de 80 %, il y en a combien qui sont là? Puis, il y en a... parce que
pour celles-là, ça va être plus facile.
• (21 heures) •
M. Boulet : J'ai donné la
réponse et le dernier tableau mis à jour, je vais le partager avec vous.
Essayons constamment d'être raisonnés, puis de se dire que la transparence,
notre but, ce n'est pas de rendre ça complexe, d'ailleurs, la plupart des
syndicats le font déjà. Et une association qui ne comptabilise pas les dépenses
de plus de 5 000 $, à mon avis, ça n'existe pas. Puis, je défie la centrale
syndicale qui ne le fait pas. Et là, ce qu'on demande, c'est de le dire, de le
mettre dans un rapport. La compilation, l'examen, puis l'audit, on a tous
convenu des trois premiers articles que... on a fait des amendements, des
sous-amendements, on a eu des discussions raisonnées. Il faut continuer de
rester dans le coeur du projet de loi. S'il y a de quoi qui est compliqué,
collègue, dites-moi-le, partagez-moi ce que vous souhaitez. Le collègue
d'Hochelaga-Maisonneuve le fait depuis le début de la journée, et si vous
voulez le faire, faites-le. Mais moi, je ne me sens pas bien quand vous accusez
mon gouvernement. Je ne me sens pas bien quand vous accusez un gouvernement de
faire des lois qui sont avec des épithètes que je ne partage pas...
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre... M. le ministre, là, c'est à vous que je vous demande de faire
attention, vous...
21 h (version non révisée)
Le Président (M. Allaire) : ...prêtez
des intentions. Je vous demande de poursuivre.
M. Boulet : Désolé, je retire,
moi, je ne veux pas prêter des intentions, puis j'espère que vous ne m'en avez
pas prêté non plus. Je pense qu'à cet égard-là, on s'est toujours respecté tous
les deux. Mais moi, je suis convaincu qu'un rapport qui dit : a), b), c),
en termes de dépenses puis de conditions de travail, ce n'est pas très
compliqué, mais s'il y a une façon plus simple de le faire, expliquez-moi l'est.
Puis ce n'est pas pour les seuils de 250 et 500, on en a abondamment discuté
aujourd'hui. On a expliqué la rationalité derrière ces seuils-là et on a
expliqué le pourcentage d'accréditation et le nombre de travailleurs qui
étaient visés par ces seuils-là. Maintenant, la question qui était claire,
c'est vous me disiez : C'est quoi, le pourcentage d'accréditation
syndicale? J'ai répondu clairement. Si vous avez une autre question où peut-être
que je n'aurai pas la réponse, mais je vais la chercher, puis je vais tout
faire pour vous donner une réponse. Mais le but, encore une fois, c'est d'être
transparent envers les travailleurs qui sont contraints de payer une
cotisation. Puis on a fait l'inventaire des cas, collègue, puis vous les
connaissez les récents, là : les pompiers de Shawinigan, les employés de
la brasserie Labatt à la Ville de Montréal, vous les connaissez, les cas. Je
pense que la transparence, de toute façon, vous êtes d'accord avec ça.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Je suis d'accord
avec ça, je l'ai expliqué à plusieurs reprises et les questions que je vous
pose visent justement à ce qu'ensemble on puisse faire le meilleur travail
possible. Et le sens de mes questions, c'est : est-ce que vous avez mis
les bons montants pour le bon type d'association? Ce n'est pas compliqué. Moi,
les réponses aux questions que je vous pose, je ne les ai pas, je n'ai pas l'appareil
gouvernemental derrière moi, et afin de faire des bonnes propositions, il faut
savoir de quoi on parle. C'est pour ça que le tableau que vous avez, j'ai bien
hâte de le recevoir pour voir est-ce que c'est les bons montants. Parce que ce
n'est peut-être pas 5 000, le bon montant, ou le bon seuil, ce n'est peut-être
pas les organisations de 500 000 et plus et 500000 et moins. Je n'ai pas la réponse à ces
questions-là, mais c'est pour ça que je vous les pose et c'est pour ça qu'elles
sont importantes, parce qu'il est possible qu'un certain nombre de vos
organisations dans le haut du seuil de a), par exemple, une dépense de 5000 $, il va en
avoir vraiment beaucoup.
Puis ce n'est pas vrai, M. le ministre, je
suis désolé, ou, en tout cas, je pense qu'il serait illusoire de penser que ce
n'est pas du travail additionnel, bien qu'elles soient toutes comptabilisées, ça,
c'est sûr. Mais vous savez que la préparation, vous avez été... je connais
votre passé, vous connaissez le mien. Je peux vous dire que la préparation des
états financiers d'une organisation à chaque année, je sais, là, on parle de d'autres
choses, c'est complexe, ça prend du temps, ça mobilise des ressources, d'une
part. Là, vous imposez une autre obligation. Vous pouvez être sûr, M. le
ministre, puis les gens qui nous écoutent doivent être sûrs que ça va demander
du travail, que ça va demander du temps, qu'à va... que ça va demander de l'énergie,
et c'est pour ça qu'il faut bien doser. Parce que, oui, on est d'accord pour de
la transparence, oui, on est d'accord pour que les travailleurs aient le plus d'informations
possible. Mais est-ce qu'on a visé le bon seuil... le bon seuil... je l'appelle
encore le seuil de matérialité, pour cette obligation de rapportage qui est
additionnelle, qui s'ajoute à l'obligation d'audit puis de participer à l'audit.
C'est ça, mes questions, j'aimerais vous dire : Non, je vais vous proposer
10000 pour celles-là,
puis 20000 pour
celles-là, mais c'est pour ça que je vous pose les questions. Je veux savoir
comment vous avez mis votre curseur, vous me donnez une partie de la réponse. J'ai
hâte de voir votre tableau, mais...
Le Président (M. Allaire) :
Vous l'avez... Juste pour précision, vous... On l'a reçu, il est sur Greffier.
M. Boulet : ...respect depuis
le début de la journée qu'on a discuté des seuils. Souvenez-vous, on était à
des seuils qui étaient inférieurs. On était à 150 et 300, les nouveaux seuils
sont à 250 et 500. On a eu pendant des heures des discussions et tout le monde
était sur la même longueur d'onde. On n'a pas haussé ces seuils-là en claquant
des doigts, on l'a fait en dialoguant. Là, c'est sûr que revenir sur les
seuils, c'est me ramener sur les états financiers. On a eu cette discussion-là
abondamment, ça fait que vous pouvez comprendre un peu mon impatience. Puis je
n'essaie jamais d'être impatient, j'essaie de respecter, mais vous comprenez
quand vous revenez sur les seuils, c'est une discussion qui est terminée. Mais
si vous voulez la reprendre, on pourra la reprendre. Puis quant au seuil de
matérialité, j'ai répondu suffisamment, puis j'ai donné les exemples de
dépenses. J'ai parlé d'équilibre entre la transparence puis...
M. Boulet : ...efficacité
administrative, puis je le répète, c'est des pratiques qui ne sont pas
nouvelles.
M. Paradis : M. le ministre,
si je ne me trompe pas, la discussion était sur les seuils, mais par rapport à
la mission d'examen, la mission d'audit, etc. Là, vous ajoutez c'est
l'obligation de rapportage face aux travailleurs avec des montants, c'est un...
c'est un sujet lié, mais qui n'est pas exactement le même. Donc, c'est
important qu'on ait aussi cette conversation-là.
M. Boulet : Ce n'est pas les
seuils d'états financiers. Si c'est les 5 000 $, 10 000$, j'ai
répondu. Puis on a fait un amendement parce qu'on était à 5 000 $,
indépendamment des seuils, on a doublé le seuil pour les organisations en haut
de 500 000 $. Donc je pense qu'on a fait les adaptations, on a agi
par souci de cohésion avec les discussions qu'on a eues toute la journée pour
les états financiers, donc on a fait les adaptations qui s'impose pour le
rapport sur l'utilisation des ressources financières, je ne vois pas en quoi on
complique, je ne vois pas en quoi c'est compliqué pour un syndicat de dire si
on génère plus de 500 000 $ de revenu de cotisation, c'est quoi les
dépenses supérieures à 10 000$. Puis vous avez le plus récent tableau, puis
vous savez maintenant que pour les amendements au PL-3, puis là je reviens aux
états financiers, mais c'est utile pour le rapport : aucune exigence, sauf
la fiabilité, 90,1 % des accréditations syndicales. Je vous rappelle qu'il
y en a 8 440. Donc le fardeau administratif indu auquel vous faites
référence... puis c'est 26 % des travailleurs, la mission d'examen,
5,1 %, puis c'est une transmission d'informations au CPA suivant le test
de plausibilité, 10,5 % des travailleurs et les audits, 4,8 %. Vous
l'avez le tableau devant vous? 63,5 %, donc il y a 74 % des
travailleurs qui vont bénéficier soit d'une mission d'examen ou d'un audit alors
que c'est 9,9 % des accréditations syndicales. Je pense qu'on a trouvé un
point d'équilibre qui est extrêmement intéressant. Puis le seuil de
matérialité, bien, je vous l'ai expliqué, ce n'est pas un montant fixe, c'eut
pu être, encore une fois, 2 000 $, c'eut pu être 4 000 $,
5 000 $ 10 000 $. C'est un... c'est des seuils qui
apparaissent raisonnables pour savoir les honoraires, les montants à payer à
des fournisseurs au-delà de 5 000 $ ou au-delà de 10 000 $.
Moi... en tout cas, je ne vois pas en quoi c'est compliqué, puis vous pouvez
être en désaccord, c'est ce que je constate, mais c'est ça.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député de Jean-Talon, je vous rappelle que la députée de D'Arcy-McGee
souhaite intervenir sur le même sujet. Je peux vous laisser continuer quand
même, allez-y.
M. Paradis : Vous.... est-ce
que vous avez des inspirations sur cette obligation-là que vous créez pour les
associations visées avec des seuils de rapportage des dépenses ici au Québec,
pour d'autres types de corporations, d'associations ou ailleurs dans le monde?
Est-ce que vous avez eu des inspirations? L'idée vient d'où, ou...
• (21 h 10) •
M. Boulet : Vous voulez
probablement m'amener sur le terrain d'une loi, mais ce n'est pas ici, au
Québec, c'est une loi fédérale qui a été soumise en 2012, où le seuil était à
5 000 $, puis cette loi-là a été abrogée par le Parti libéral en
2014-2015, si c'est de ça dont vous voulez me parlez, c'est dans ma
connaissance. Parlez-moi de l'Alberta, parlez-moi des cotisations facultatives,
parlez-moi de l'opting out individuel en Alberta, de la difficulté
d'opérationnalisation pour les entreprises, parlez-moi de la cotisation
facultative quand on réfère à des dons à des organismes de bienfaisance, don
qui a été décrié par les syndicats, qui n'est pas dans notre projet de loi,
parlez-moi des comparatifs. Oui, je suis en quête d'équilibre. Oui, je regarde,
il n'y a pas mal plus à droite que nous, il y a plus à gauche, on a quand même
une formule Rand, on a un bel équilibre, mais pensez à tous les cas que vous
connaissez, puis il y en a probablement beaucoup, beaucoup de cas, puis vous
lisez les médias, puis vous savez ce qui se passe dans le monde des relations
de travail au Québec. Et je pense que la transparence et la saine gouvernance,
les gens adhèrent à ça. Puis je ne référerais pas au sondage que la Fédération
canadienne, l'entreprise indépendante, a partagé avec nous 80 %,
90 %...
M. Boulet : ...puis Léger a
fait ces sondages-là quand même que... tout à l'heure vous m'accusiez de
sourire, là, mais je vois dans votre visage que vous n'êtes pas d'accord non
plus, mais c'est ça la réalité, c'est des sondages que la fédération
canadienne, l'entreprise indépendante, a partagé avec nous que même notre
collègue... on a parlé pendant votre absence de la Fédération canadienne de
l'entreprise, hein... Là, je vais arrêter.
Le Président (M. Allaire) : Oui
effectivement. Vous savez, M. le ministre, on ne peut pas signifier la présence
d'un... l'absence d'un collègue, pardon.
M. Boulet : Ah non, désolé.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député de Jean-Talon, vous souhaitez poursuivre? Allez-y.
M. Boulet : Merci.
M. Paradis : Oui. Oui, en
fait, pour tout vous dire, M. le ministre, je pense... je pense qu'il faut
faire attention au mot accusation, parce que je soulignais que vous souriez
parce que vous souriez et là je souriais, je vais vous dire très franchement
pourquoi je souriais, c'est parce que là vous me disiez parlez moi, parlez moi,
alors je pensais que vous alliez finir par me dire, comme dans la chanson
Parlez-moi d'amour, mais ça n'a pas été... ça n'a pas été... ça n'a pas été
votre conclusion.
M. Boulet : Ça s'en vient.
M. Paradis : Donc, ma
question, ce n'était pas : moi, je voulais vous parler de. Je voulais que
vous me parliez de vos inspirations, d'où viennent ces obligations-là et donc
je comprends que c'est l'Alberta qui vous a inspiré.
M. Boulet : Pas du tout. Pas
du tout. Non. C'est un travail d'équipe, puis les seuils, on en a discuté ce
matin, la consultation la plus démocratique, là, collègue, là, selon moi, c'est
celle qu'on a faite ici. Dans notre processus démocratique, qui est à mon avis
extrêmement sain au Québec, il faut se rappeler que l'Assemblée nationale a
compétence exclusive pour adopter des lois, il faut se rappeler qu'à
l'Assemblée nationale a un processus qui s'appuie sur des commissions
parlementaires et la première étape, c'est les consultations particulières.
Tout le monde a l'opportunité de présenter un mémoire, certains viennent ici le
présenter, nous soumettre des recommandations, c'est sain comme processus de
consultation. Puis je pense qu'en Alberta, dans leur loi, ils n'ont même pas
d'obligation de transparence, ils s'articulent beaucoup autour de la notion de
cotisation facultative avec l'opting out individuels, mais la transparence, on
peut-tu se permettre d'être un peu en amont de ce qui se fait, un peu de faire
des lois qui répondent à des besoins sociaux, à des impératifs en matière de
relations de travail. On est bien plus inspirés par ça et stimulés par le fait
d'avoir des lois au Québec qui permettent aux travailleurs qui ont une
obligation de payer de savoir, de s'exprimer et d'influencer et surtout de
connaître la façon dont leurs cotisations sont utilisées. C'est ça... mon
inspiration, c'est ça. Puis, si je leur répète encore 20 fois, je le
ferai.
Le Président (M. Allaire) : Vous
avez terminé? Mme la députée de D'Arcy-McGee, la parole est à vous.
Mme Prass : Merci, M. le
Président. Moi, je voudrais parler plutôt des dépenses de plus de
10 000 $ qui devront être inscrits pour les unions, les fédérations
et les confédérations, parce qu'il y a des unions, des fédérations, des
confédérations qui ont des dizaines de millions de dollars et quand on va
commencer à faire ça par tranche... bien, pour toutes les dépenses de
10 000 $ et plus, ça va faire de la surinformation. Et je vous
rappellerai que, lors de la commission Gallant, je pense que c'est le chef de cabinet
du premier ministre qui a cité cet exemple, qui avait un fonctionnaire qui
lui... qui a envoyé des documents à ne plus en finir et est-ce que la
possibilité pour ça, c'était justement que des choses se perdraient? Et ça
semble, selon vos collègues, ça semble être ce qui est arrivé avec SAAQclic,
mais la question est justement, tu sais, 10 000 $ plus, c'est des
enjeux de location de salles, c'est des frais de formation, des frais pour les
événements, des frais de publicité, matériel technologique, etc., etc. Et comme
je l'ai dit, quand on a des unions, confédérations, fédérations qui ont des
dizaines de millions de dollars, quand on commence à diviser ça par tranche de
10 000 $, ça fait beaucoup d'informations, que ça va être facile pour
les gens de se perdre dans tout ça. Donc si votre but est la transparence... je
pense que c'est une drôle de façon d'aller de l'avant, parce que tout ce que ça
va faire, c'est, ça va... comme je l'ai dit, il va avoir de la surinformation,
il va y avoir tellement d'éléments, il va y avoir tellement de pages, les gens,
ils ne vont même pas prendre le temps, ils vont... ils vont... ils vont être
découragés de passer à travers tout ça parce qu'il y aura tellement
d'informations. Donc, moi, j'ai de la difficulté à comprendre pour des
organisations de 500 000 $ et plus, et comme je l'ai dit, dont plusieurs
ont des dizaines de millions, comment les gens vont se retrouver dans toutes
ces informations-là et c'est quoi le but? Parce qu'encore une fois, il va y
avoir...
Mme Prass : ...tellement
d'éléments qu'ils ne prendront pas le temps, et donc, ça... c'est un peu le
contraire de la transparence.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Boulet : C'est
intéressant, mais il faut rappeler qu'en haut de 500 000 $, là, 10 000 $,
ce n'est pas des millions. Puis, les ministères et les organismes publics au
Québec, je ne veux pas faire cette comparaison-là. L'... a des budgets de
plusieurs millions de dollars et ils sont capables de ventiler leurs dépenses,
même en bas de 5 000 $, ils ventilent leurs dépenses. Il me semble que
c'est normal qu'un syndicat informe une association accréditée, ainsi que les
centrales, les grandes centrales sont visées par ça, mais ils ont des états
financiers audités. Ils ont des... des vérificateurs internes qui peuvent
colliger les dépenses. Je ne vois pas en quoi, et je le répète, je suis
convaincu qu'il n'y a pas d'associations qui ne savent pas ou qui ne sont pas
capables d'écrire sur un rapport puis de partager cette information-là. Les
ministères, mon ministère, les organismes publics, je le répète, c'est des
dizaines de millions de dollars puis les dépenses sont ventilées, ce n'est pas
très complexe, comme rapport. Puis bon, on a eu toutes les discussions pour les
missions d'examen, les missions d'audit et les missions de compilation, je
pense que c'est convenable, c'est raisonnable, puis je pense qu'on en a tous
convenu. Puis moi, je n'ai pas l'impression que les centrales, les fédérations
puis les unions auront de la difficulté à s'y soumettre. Il y en a plusieurs
qui sont venus me dire : On fait déjà plus que ça. Puis, je ne veux pas
les reciter pour ne pas mal les représenter, mais il y en a plusieurs qui m'ont
dit... ils sont venus débattre. Les cotisations facultatives, on va le faire,
le débat. J'y crois fondamentalement, sous réserve de simplifier la définition
puis de s'assurer d'une simple opérationnalisation.
Mais en matière de
transparence/gouvernance, oui, il y a des syndicats qui nous ont fait des recommandations
sur des seuils de revenus plutôt que des nombres de salariés, ce que nous avons
fait. On a fait les amendements appropriés, mais je regrette là-dessus, je
diverge d'opinion avec vous autres. Ce n'est pas parce que... c'est
10 000 $ pour une organisation qui génère plus que 500 000 $ de
cotisations, non, c'est un seuil de matérialité qui respecte l'équilibre. J'ai
dit que c'était notre guide entre la transparence, la nécessité de la
transparence, n'a pas lésiné sur la transparence selon l'ordre des CPA et le
fardeau administratif que ça impose. Je ne pense pas que, selon notre
tableau... entre 0 à 249, à 250 000 $, c'est de 1 à
222 salariés. Les dépenses en haut de 5 000 $... Jusqu'à 500 000
$, puis en haut de 500 000 $, il y a 444 salariés. Les dépenses en haut de
10 000 $, il me semble que ça devrait être connu. Mettez-vous, encore
une fois, je vous invite à rentrer dans les souliers d'un travailleur ou d'une
travailleuse syndiquée. Aimeriez-vous savoir? Si vous me dites non, vous avez
le droit. On donne la possibilité, la faculté aux travailleurs, travailleuses
de savoir puis d'être informés. C'est aussi simple que ça.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Mme la députée, vous pouvez poursuivre.
• (21 h 20) •
Mme Prass : Oui, ce n'est pas
question que ça soit difficile, pour les syndicats, de colliger cette
information. La question, c'est pour les travailleurs pour lesquels vous voulez
que ces... ce travail soit fait. Encore une fois, si c'est une centrale qui a
des dizaines de millions de dollars, puis que oui, le travailleur veut
s'informer et que là, il voit qu'il y a des pages et des pages, et des pages et
des pages d'éléments. Bien, encore une fois, est-ce qu'il va être vraiment
encouragé d'aller vérifier chacun d'entre eux pour trouver ce qu'il cherche?
Parce que... il y a... il y aura tellement d'informations que ça va être facile
de se perdre, ils vont être dissuadés de... d'aller consulter ces
informations-là, parce que ça va être à ne plus en finir. Donc, on comprend,
encore une fois, le but, c'est la transparence puis on est tous d'accord, mais
aussi, on veut faciliter la réalité des travailleurs qui veulent avoir accès à
ces informations-là, donc... qui est de la surinformation et, comme j'ai dit,
des pages à ne plus en finir parce qu'il y a 10 000 $, comme on... j'ai
dit, pour une centrale, il y a énormément d'éléments qui vont se retrouver dans
cette liste-là. Et si vous voulez vraiment faciliter la transparence pour les
travailleurs, il me semble que leur donner trop d'informations, ce n'est pas
la...
Mme Prass : ...la solution
parce qu'ils vont être découragés.
M. Boulet : Bien, on peut
diverger d'opinion. Moi, je suis un fervent partisan de la transparence et
qu'on ne doit pas lésiner sur la transparence. Je l'ai répété, je suis content
de savoir que ce n'est pas tant le fardeau qui vous préoccupe que la
surinformation. Moi, je diverge d'opinion : jusqu'à 250 000, c'est un
comité de vérification interne, c'est l'état des revenus, en fait, l'état des
recettes et des dépenses, les actifs et les passifs. Puis est-ce que les
travailleurs vont s'y intéresser? Pas tous, certains, oui, mais on leur donne
la possibilité de savoir.
C'est la même affaire pour le rapport. Ce
n'est pas un rapport de 250 pages, c'est un rapport qui donne les dépenses puis
les salaires. Et ce qui est au-delà de 10 000 $ en campagnes de publicité
ou en honoraires professionnels ou en honoraires payés à un fournisseur. Il me
semble que quand tu es dans une organisation à Trois-Rivières ou à Saguenay ou
à Rouyn-Noranda, tu as le droit de savoir à quoi sert ta cotisation. Et ceux
qui trouvent que c'est trop, moi, j'ai beaucoup d'estime pour les travailleurs,
travailleuses, puis il y'en a beaucoup qui veulent savoir puis qui sont
préoccupés par les multiples cas de détournement de fraude qui ont été révélés
et qui existent.
Puis je ne dis pas qu'ils sont pires, les
syndicats. Moi, je pense, puis le collègue d'Hochelaga-Maisonneuve le sait, je
suis d'accord qu'à bien des égards, c'est des modèles de démocratie, puis ils
ont une vie associative qui peut être riche. Mais je pense qu'on peut
l'enrichir, puis ce qui est là-dedans, c'est une loi sur les normes minimales
de transparence. Moi, aller en bas de ça, c'est revenir dans l'opacité qui n'est
pas souhaitée. C'est un projet de loi sur la transparence, et même on revient à
l'Ordre des CRHA, on l'a dit, l'Ordre des CRHA, avec les nuances qu'on a faites
cet après-midi, adhère aux principes.
Puis là, me dire c'est trop pour les
travailleurs, moi, je pense que ce n'est jamais trop, puis ils peuvent regarder
l'information qui les intéresse, puis ça peut varier d'un travailleur ou d'une
travailleuse à l'autre. Mais mon Dieu, on leur donne la possibilité, puis ça
peut être sur une page, dépendamment de la grosseur de l'association, ou sur
cinq pages. C'est tout à fait possible. Les dirigeants syndicaux, ce n'est pas
la même réalité dans la vaste majorité des accréditations syndicales. Là, on
l'a vu.
Le Président (M. Allaire) :
Merci.
M. Boulet : OK...
Le Président (M. Allaire) : Ça
va?
M. Boulet : ... Je pourrais
parler longtemps, mais c'est correct.
Le Président (M. Allaire) :
Après vous, le député d'Hochelaga-Maisonneuve, et la députée de Bourassa-Sauvé
ensuite.
Mme Prass : Oui...
M. Boulet : On peut-tu, deux
minutes... si ça ne vous fait...
Le Président (M. Allaire) : Ça
va?
Mme Prass : Oui.
Le Président (M. Allaire) : On
va suspendre les travaux quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 21 h 25)
21 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 21 h 34)
Le Président (M. Allaire) : Alors
nous allons reprendre les travaux. Mme la députée de D'Arcy-McGee je vous cède
la parole.
Mme Prass : Merci, M. le
Président. Donc, pour faire suite à mes questions, en prenant spécifiquement l'exemple
des grandes centrales, encore une fois compte tenu des montants qu'ils possèdent
et avec la distinction des dépenses de 10 000 $ et plus, est-ce qu'il
y aurait une ouverture à changer le montant pour ces grandes centrales-là qui ont,
comme je l'ai dit, des dizaines de millions de dollars qui pourraient faire en
sorte qu'il y ait des pages et des pages et des pages d'items qui représentent
des dépenses de 10 000 $, plus de 10 000 $, plutôt?
M. Boulet : Bon, la question,
est-ce qu'il y a une ouverture? Pour le 5 000 $ jusqu'à 500 000 $,
pour le 10 000 $ au-delà de 500 000 $? Non, mais on sait
que, au-delà des associations accréditées locales, il y a les unions,
fédérations, confédérations, là, ou unions, centrales, fédérations, s'il y a
une ouverture, oui, je ne suis jamais fermé. Si vous me faites une proposition
à l'unisson avant 10 heures, moi, je suis totalement ouvert. Non, mais je
fais une blague, on s'est dit qu'on allait parler un peu plus d'autres choses d'ici...
Non mais sérieusement, collègue, si vous me faites une proposition, ce n'est
pas fermé à 10 000 $ pour les centrales.
Mme Prass : Excellent. Et je
pense que c'est ça, bien, à tout le moins, c'est ce qu'on recherche parce qu'encore
une fois, tu sais, je comprends une association accréditée qui a 500 000 $
et plus, disons jusqu'à 1 million, ou quoi que ce soit, je comprends. Je
comprends que, tu sais, on peut quand même faire la lecture de ces informations
sans s'y perdre. Mais, encore une fois, quand on parle d'une union, fédération,
confédération avec des dizaines de millions, c'est là que ça devient plus
difficile de se retrouver quand il va y avoir d'innombrables pages. Donc on va...
bien, premièrement... donc, vous ne ferez pas la distinction... vous ferez
juste la distinction union, fédération, confédération, pas un montant plus de?
Parce que là, par exemple, on fait la distinction entre les organisations 250 000 $
à 500 000 $, ensuite 500 000 $ et plus, est-ce que pour les
unions, fédérations, confédérations, on ferait un autre... une autre... une
distinction montant de plus que ça appliquerait plus que 10 000 $? On
viendrait avec ça?
M. Boulet : Exact.
Mme Prass : OK. Donc pour
vous, ça serait... quel est le montant... quel montant... On... je vais voir à
quel point vous êtes prêt à y aller, puis là on va jaser, mais...
M. Boulet : On m'a toujours enseigné
à ne jamais déposer la première offre.
Mme Prass : On est bien dans
une commission sur le travail. Moi, je vous dirai... parce qu'il doit y avoir
quoi, moins d'une dizaine d'unions confédérations, fédérations...
Mme Prass : ...ça toucherait.
(Consultation)
M. Boulet : Mais des
fédérations, il y en a... tu sais, mettons, à la CSN, il doit y avoir six,
sept fédérations...
(Consultation)
M. Boulet : Donc, les unions,
confédérations, il y a certainement les quatre centrales : CSN, CSD, CSQ
et FTQ. Puis il y en a qui ont des fédérations, je pense qu'à la CSN, il doit y
en avoir sept, huit, la FTQ, il y en a probablement une dizaine. Donc, ça
varie, mais...
Des voix : ...
M. Boulet : La... la FIQ en a
neuf, donc ça varie, mais il n'y en a pas tant que ça. Puis ils sont contraints
de faire des missions d'examens. Donc, votre demande d'ouverture, c'est pour
ces unions, fédérations, confédérations, si on est prêts à aller un peu en haut
de 10 000 $? La réponse, c'est oui.
Mme Prass : Est-ce que vous
serez ouverts à ce que ça soit 100 000 $?
M. Boulet : Non.
Mme Prass : Est-ce que vous
serez ouverts à ce que ce soit... écoute, on... on... je m'essaie. Est-ce que
vous serez ouverts à ce que ça soit 50 000 $? Est-ce que vous seriez ouverts à
ce que ça soit...
M. Boulet : Mais j'aime ça,
la méthode de négociation, il y a des syndicats qui...
Mme Prass : Tu sais, on va y
arriver à un moment donné, il va... tu sais, on va arriver au même endroit.
Donc...
Des voix : ...
Mme Prass : OK, là, comme si
on est dans une enchère, 40 000 $ ? 30 000 $? J'imagine que vous
allez dire oui pour 20 000$?
M. Boulet : Bien, 20 000 $,
on... c'est certain qu'on ferait une réflexion.
Mme Prass : D'accord.
M. Boulet : Parce que là,
c'est doubler le montant de 5 à 10, et là d'aller à un montant double... 20 000
$? Tu sais, il y a quand même des dépenses, là, importantes, là, à
12 000 $, à 15 000 $, 20 000 $... C'est sûr que si vous
nous faites une proposition à 20 000 $, moi, je vais l'analyser, puis je vais
la considérer.
Mme Prass : Donc, je vous
fais une proposition de 20 000 $ que vous allez considérer et analyser, puis on
pourra s'en reparler.
M. Boulet : Bien, est-ce que
vous voulez faire une proposition d'amendement?
Mme Prass : Est-ce qu'on peut
suspendre pour déposer quelque chose?
M. Boulet : Bien oui, bien
sûr.
Le Président (M. Allaire) : Un
sous-amendement? Pas de problème, on va suspendre les travaux quelques
instants, merci.
(Suspension de la séance à 21 h 39)
22 h (version non révisée)
(Reprise à 22 h 03)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. Mme la députée de D'Arcy-McGee, vous avez un
sous-amendement déposé. Alors, je vous laisse le lire, et commentaires.
Mme Prass : Oui, merci, M. le
Président. Donc, l'article 8 (article 47.1.2 du Code du travail) :
Remplacer, dans l'amendement au sous-paragraphe
c du paragraphe 6° du premier alinéa de l'article 47.1.2 du Code du
travail, proposé par le sous-paragraphe f du paragraphe 1° de cet
amendement, «10 000 $» par «25 000 $».
Le Président (M. Allaire) : Parfait,
merci. Commentaires? M. le député de Jean-Talon, allez-y.
M. Paradis : Bien, donc, on a
eu des discussions pendant la pause. Ici, je comprends qu'il y a une
inspiration ailleurs dans la loi, ça faisait partie d'un de nos échanges. Donc,
ici, on a un critère objectif qui vient d'une autre loi, la Loi sur les
contrats des organismes publics. Par ailleurs, M. le ministre, on a évoqué la
possibilité de passer par des pourcentages, c'est-à-dire que ce qui est géré
comme revenu par l'Union, la fédération, ou même chose pour les associations
locales, servent de critères avec un pourcentage, par exemple 1 % ou
2 % ou 5 % du montant du revenu. Je vous demandais si c'est une
solution qui pourrait être envisagée pour avoir un critère qui correspond plus à
la... aux revenus ou aux montants gérés par chaque association. Donc, je vous
pose la question.
M. Boulet : ...beaucoup la
proposition, mais je considère que c'est beaucoup plus simple pour les
travailleurs, travailleuses, pour lesquels on fait ce travail-là, permettant d'avoir
accès à de l'information, que ce soit en fonction de montants plutôt que de pourcentages.
Donc, la simplicité au-delà de la complexité. Et quant à l'amendement proposé
par notre collègue de D'Arcy-McGee, oui, nous, on va voter «pour», puis il y a
des éléments... il y a un élément objectif qui est cher au collègue de Jean-Talon,
à l'article 22 de la Loi sur les contrats des organismes publics, la LCOP. On
réfère à ce montant-là pour donner tous les renseignements des contrats au-delà
de 25. Donc, pour les unions, fédérations, confédérations, ce serait 25 000. Merci.
M. Paradis : Très bien.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va?
M. Paradis : Mais donc...
Le Président (M. Allaire) :
Interventions? Oui, M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : ...Mais donc,
pour préciser, je comprends que si on vous avait proposé un sous-amendement qui
visait à remplacer les montants par des pourcentages, ce n'est pas une solution
avec lequel vous auriez pu avancer avec nous, c'est ça?
M. Boulet : Effectivement.
M. Paradis : Très bien,
merci.
M. Boulet : Merci à vous.
Le Président (M. Allaire) : Interventions?
S'il n'y a pas d'interventions, nous allons procéder à la mise aux voix de ce
sous-amendement. Est-ce que le sous-amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Allaire) : Adopté.
Parfait, merci. Donc, on revient à l'amendement qui est sous-amendé. Est-ce
qu'on est prêt à le voter?
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) : Ah,
OK! C'est bon. Bon...
M. Boulet : On voulait finir
sur une bonne note.
Le Président (M. Allaire) : Oui.
En vertu de l'article 165 du règlement, je fais motion pour que la Commission
ajourne ses travaux. Est-ce que cette motion est adoptée?
Des voix : Adoptée.
Le Président (M. Allaire) : Excellent.
Bonne soirée tout le monde, merci.
(Fin de la séance à 22 h 06)