Journal des débats de la Commission de l'économie et du travail
Version préliminaire
43e législature, 2e session
(début : 30 septembre 2025)
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Le
mardi 3 février 2026
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Vol. 48 N° 11
Consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 11, Loi modifiant diverses dispositions principalement aux fins d’allègement du fardeau réglementaire et administratif
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9 h 30 (version non révisée)
(Neuf heures quarante-sept)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission de l'économie et du travail ouverte. Alors, bienvenue à tous.
Prenez quelques secondes pour éteindre l'ensemble des sonneries de vos
appareils électroniques, s'il vous plaît, pour ne pas avoir de surprise. Alors,
la commission est réunie afin de procéder aux consultations particulières et
auditions publiques sur le projet de loi n° 11, Loi modifiant diverses dispositions
principalement aux fins d'allègement du fardeau réglementaire et administratif.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président, Mme McGraw (Notre-Dame-de-Grâce) est remplacée par M. Kelley
(Jacques-Cartier) et M. Fontecilla (Laurier-Dorion) par Mme Zaga
Mendez (Verdun).
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme la secrétaire, et ça me permet, puisque c'est vous qui aviez la parole il y
a quelques secondes, si vous ne l'avez pas vu, allez prendre le temps d'aller
lire l'article dans La Presse, là, qui souligne le travail, entre autres, de
notre secrétaire ici présente, de son merveilleux, mais le travail de l'ensemble
des secrétaires de commission, là, qui sont souvent dans l'ombre, donc je vous
le suggère fortement. Merci beaucoup, vraiment. Donc, ce matin, l'ordre du jour,
on débute avec la Fédération des chambres de commerce du Québec, on enchaîne
ensuite avec la Chambre de commerce de l'industrie du Québec et on finit la
matinée avec le regroupement des jeunes Chambres du commerce du Québec. Donc,
on débute avec les remarques préliminaires, M. le ministre. Je vous cède la
parole, la parole est à vous.
M. Poulin : Merci beaucoup, M.
le Président. Je dispose de combien de temps?
Le Président (M. Allaire) : Alors,
vous avez 5 minutes 55 s.
M. Poulin : Je fais ça
rapidement, alors je vous salue, merci de présider nos travaux, également. Les
gens qui vous accompagnent au niveau du secrétariat de la commission, merci
pour votre travail. Je veux saluer, tout d'abord, mes collègues du gouvernement,
alors, je vois la députée de Hull, une femme très près de ses entreprises, qui
est très près, aussi, des réalités ontariennes, parce que ça va revenir souvent
dans le cadre de ce projet de loi, l'harmonisation et l'allègement
réglementaire. Alors, merci d'être là. La députée de Labelle... j'allais dire Mont-Tremblant,
mais c'est beaucoup plus que ça, c'est une énorme circonscription, également très
près du milieu touristique, très sensible à la réalité des PME. Alors, je la
salue. La députée de Marie-Victorin, très près de son pôle économique à
Longueuil, qui nous parle régulièrement de ses réalités, alors, je la salue. Le
député de Rousseau, un vieux gaillard dans sa région, très près du milieu
économique aussi, qui a à cœur le développement des PME, alors, merci d'être
là. Je salue les représentants de l'opposition officielle, la députée de
Jeanne-Mance, qui... c'est Jeanne-Mance—Viger, encore, alors, je vous salue. Je
sais que vous avez une longue expérience parlementaire, alors ce sera un
plaisir de travailler avec vous sur ce projet de loi. Et je salue aussi le
député de Jacques-Cartier, à qui je souhaite la bienvenue, je le sais très
sensible aux enjeux économiques, d'ailleurs, préalablement, il m'avait fait des
propositions pour l'allègement réglementaire, notamment pour les boissons
alcoolisées, alors, un intérêt que nous avons ensemble et on aura la chance de
pouvoir en discuter. Je veux saluer, évidemment, le député de Jean-Talon, aussi
très près du milieu économique de notre belle capitale, qui était dans le comté
de Beauce-Sud, la semaine dernière, pour un caucus, on aura la chance d'en
discuter. Je sais que vous avez fait une belle tournée et une belle virée
économique de notre région également, vous avez laissé de l'argent, alors on
est bien contents de votre présence dans la Beauce.
• (9 h 50) •
C'est un projet de loi important, aujourd'hui,
puis vous savez, l'allègement réglementaire, on pourrait se dire : Ah, c'est
un peu... un peu aride ou, du moins, difficile à comprendre. Mais là, on a été
plus loin en annonçant un cran d'arrêt national sur la réglementation, en
instaurant le deux pour un. Alors, les ministères et organismes qui seront
assujettis, à chaque fois qu'ils voudront ajouter un règlement, devront en... en
retirer deux. Et ça, c'est important, c'est une signature, c'est quelque chose
auquel je tenais. Vous savez que j'ai été nommé ministre le 10 septembre dernier,
alors l'écriture du projet de loi, le déposer avant les fêtes, ça s'est fait
rapidement, mais on a quand même réussi à avoir des gains qui sont fort
importants avec l'instauration du deux pour un, qui est une avancée majeure.
Avant, on était un pour un dans une politique d'allègement. Là on vient mettre
le deux pour un dans la loi, alors c'est important comme avancée. Je viens
également me donner des pouvoirs, je dis ministre du «red tape», ce n'est pas
un bon français, mais du ruban rouge, qui fait en sorte qu'on puisse prolonger
des permis qui sont octroyés aux entreprises au Québec, toute la notion de
permis, souvent très lourde, on vient faire des améliorations à l'intérieur du
projet loi et on a une vingtaine d'allègements, également, qui concernent
différents secteurs...
M. Poulin : ...qui vont de
l'industrie du taxi, qui vont dans le secteur des boissons alcoolisées. Alors,
on est allé assez large, mais, somme toute, je pense qu'on fait des avancées
qui sont importantes, qui sont majeures. D'ailleurs, ce projet de loi a été
salué, applaudi, souligné par tous les groupes économiques du Québec lors de
son dépôt, parce qu'on allait encore plus loin que dans les dernières années.
Alors, je tends la main, évidemment, aux
oppositions. Alors, on est là en mode constructif, on est là pour travailler
ensemble. Je suis ouvert à toute solution qui pourrait être pertinente pour les
PME du Québec. On sait qu'ils vivent des moments extrêmement difficiles avec
l'incertitude mondiale, malgré le fait que notre situation économique réussit
malgré tout à bien s'en sortir, on n'en fera jamais trop, et il faut remettre
parfois en question des vaches sacrées et c'est ce qu'on va faire à l'intérieur
de ce projet de loi. Merci.
Le Président (M. Allaire) : Merci
à vous, M. le ministre. On poursuit avec l'opposition officielle. Mme la
députée de Jeanne-Mance—Viger, vous avez 3 min 36 s. La parole
est à vous.
Mme Rotiroti : Merci, M. le
Président. Bon matin. Alors, à mon tour de saluer mes collègues de le côté
banquette ministérielle, M. le ministre, mon collègue du deuxième groupe de
l'opposition et mon collègue de Jacques-Cartier, qui m'accompagne dans cette
commission.
Alors, bien contente, M. le ministre, de
vous entendre, de dire que vous êtes bien ouvert à des suggestions et de
bonifier. Pour nous, c'est quand même un projet de loi d'allègement
réglementaire qu'on suit depuis longtemps, parce qu'on est quand même, il faut
le dire, je pense, au cinquième projet de loi qui prend toujours l'allègement
réglementaire petit bout par petit bout. Alors, nous serons attentifs à savoir
si, cette fois-ci, l'intention affichée d'allègement réglementaire reflète bien
les effets concrets que recherchent désespérément les entreprises. C'est
d'ailleurs sur quoi nous portons une grande attention. Nous serons attentifs à
l'impact réel du projet de loi, particulièrement sur les petites entreprises,
les producteurs artisans et les acteurs en région qui subissent plus durement
la lourdeur administrative.
Un autre aspect important sera la
prévisibilité, hein, et la stabilité du cadre réglementaire. On peut penser ici
aux municipalités, mais aussi aux secteurs minier, forestier, agricole et
manufacturier. Nous regardons aussi si les mécanismes proposés sont réellement
contraignants, mesurables et transparents. On peut penser ici aux principes
annoncés comme le deux pour un.
Dans mes tournées, j'ai senti une
frustration des PME, des entreprises, quant aux délais, aux dédoublements, à la
complexité des processus d'autorisation, et j'espère vraiment, vraiment,
qu'avec ce projet de loi, on va venir faire une réelle différence à ces
problèmes-là, que je suis sur et certaine que le ministre entend parler,
d'autant plus qu'il vient d'une région de la Beauce où est-ce qu'il y a
beaucoup de PME. Et je vous dis, M. le Président, il y a un consensus sur le
terrain, là, qu'il va falloir qu'on fasse de quoi, ils sont totalement
étouffés, nos PME, avec la paperasse et la lourdeur administrative, et ils sont
rendus qu'ils mettent de côté quasiment leur productivité, dans certains cas,
de l'exploitation de nos nouveaux projets pour être capables de répondre à la
lourdeur puis à la reddition de comptes aussi qui est demandée par le
gouvernement.
Alors, j'ai hâte de savoir si ce projet de
loi là va permettre véritablement la modernisation des cadres sectoriels plutôt
que des ajustements ponctuels qui laissent... des irritants connus. Comme je
l'ai dit plus tôt, ce n'est pas le premier projet de loi de ce genre. Alors, on
va écouter les groupes et on va être très attentifs par rapport à les
recommandations. J'ai pris la peine de lire les mémoires qui se sont posés. Je
vais vous dire, ils ont des très bonnes recommandations, et j'ose espérer que cette
ouverture-là, on va la trouver en étude détaillée avec le ministre. Alors,
merci, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci
à vous. On poursuit les remarques préliminaires avec la députée de Jean-Talon,
1 min 12 s. La parole est à vous.
M. Paradis : Merci beaucoup.
J'aimerais, moi aussi, saluer tous mes collègues, l'équipe ministérielle, M. le
ministre, toutes les personnes qui viendront dialoguer avec nous. Nous saluons
cette initiative qui provient d'un ministre dont on connaît l'engagement et
l'amour pour les PME et le milieu économique. On connaît la rigueur aussi avec
laquelle il travaille. Donc, nous abordons ce projet de loi avec... de manière
constructive.
Je suis... le ministre l'a mentionné
lui-même, je sors d'une tournée qui a durée près d'un an et demi dans toutes
les régions du Québec. Je suis allé voir le milieu, les entreprises, les
organisations de la société civile, et le constat était partout le même :
nos entreprises croulent sous le fardeau administratif. Je l'ai connu moi-même
à l'époque où j'étais entrepreneur.
Le fardeau fiscal aussi est une question
importante. On a fait des propositions, nous, dans les derniers jours, alors
dans quelle mesure aussi c'est un problème qui n'a pas été amélioré dans les dernières
années. Le député de Lévis avait des recommandations ou des remarques
importantes là-dessus en fin de semaine...
M. Paradis : ...nous devrons
nous pencher sur cette question. Nous allons le faire de manière constructive.
Alors, M. le ministre, chers collègues, M.
le Président, et à tous nos invités, bonne commission.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le député de Jean-Talon. Alors, on débute les auditions. On reçoit notre
premier groupe, Mme Proulx, M. Corbeil. Donc, je vous cède la parole. Peut-être
le... prendre le temps de vous présenter avec votre titre complet, et votre
audition de 10 minutes va commencer. Va s'ensuivre la période d'échange. La
parole est à vous.
Mme Proulx
(Véronique) :Excellent. Merci. Alors,
Véronique Proulx, présidente-directrice générale de la Fédération des chambres
de commerce du Québec.
M. Corbeil (Laurent) : Laurent
Corbeil, conseiller aux affaires publiques et économiques à la Fédération des
chambres de commerce du Québec.
Mme Proulx (Véronique) :Alors, bonjour à tous. Merci à la commission de nous
permettre de prendre la parole aujourd'hui dans le cadre de l'étude du projet
de loi n° 11. Rapidement sur qui nous sommes, la Fédération des chambres de
commerce du Québec. On représente plus de 40 000 entreprises à travers le
Québec par l'entremise de notre réseau de 120 chambres de commerce. On compte
également sur 1 000 entreprises corporatives qui sont membres, qui sont
présentes dans toutes les régions, dans tous les secteurs d'activité.
Alors, notre mémoire aujourd'hui s'inscrit
dans un contexte très particulier. La guerre tarifaire et les changements
géopolitiques génèrent beaucoup d'incertitude et mettent beaucoup de pression
sur nos entreprises. Et je le dis souvent, on a peu de contrôle sur ce que le
président Trump va choisir de faire, mais nous avons, les gouvernements ont du
contrôle sur les leviers sur lesquels... qui peuvent donner de la prévisibilité
à nos entreprises, qui peuvent réduire le coût de faire affaire et qui vont les
inciter à rester ici, au Québec, et à investir ici.
À la FCCQ, nous avons quatre grandes
priorités, qui sont celles de nos entreprises, donc la main-d'œuvre, la
compétitivité, dont on va parler aujourd'hui, l'accès aux marchés et le
dynamisme régional.
Plusieurs facteurs nuisent à la
compétitivité de nos entreprises, et c'est le cas de la lourdeur administrative
et réglementaire. Pour avoir parcouru, moi aussi, le Québec au cours des
derniers mois, l'allègement réglementaire et administratif fait partie des
trois grands enjeux prioritaires dont nous parlent les entreprises. Et à juste
titre, selon le plan d'allègement réglementaire 2025, le coût indu des
formalités administratives pour nos entreprises est d'au moins 1 milliard par
année. C'est énorme.
Alors, cela nous amène aujourd'hui à vous
présenter un... un mémoire avec 16 recommandations concrètes qui concernent à
la fois les orientations générales et également des mesures sectorielles. Nous
avons également ajouté quelques recommandations qui sont des demandes-phares et
récurrentes de la part des entreprises québécoises. Je ne passerai pas au
travers de chacune des 16 recommandations dans la présentation, mais il me fera
bien sûr plaisir de vous répondre à vos questions par la suite. Alors, je me lance.
Sur le projet de loi n° 11 dans son
ensemble, la FCCQ accueille favorablement le projet de loi. L'inscription
explicite d'une règle exigeant le retrait d'au moins deux formalités
administratives pour chaque nouvelle formalité est un réel signal positif pour
les entreprises. Par contre, pour que ce principe produise des effets concrets
et durables, certaines précisions doivent être apportées. Alors, trois
précisions en particulier.
La première, qui est la recommandation un
dans le mémoire : nous recommandons que les exigences du deux pour un
soient intégrées à la loi constitutive et à la mission des ministères et
organismes concernés, en plus de la politique gouvernementale sur l'allègement
réglementaire et administratif. Deuxièmement, qui est la recommandation
trois dans le mémoire, on demande à ce que le ministre... le ministre soit en
mesure d'appliquer systématiquement l'allègement réglementaire qui est
recommandé, donc donner plus de lois... plus de mordant à la loi et plus de
pouvoir au ministre pour s'assurer que les allègements se produisent.
• (10 heures) •
Et troisièmement, qui est la
recommandation numéro trois, lorsqu'on parle du deux pour un, il faut que l'évaluation
des formalités administratives se fasse sur la base de leur impact réel, tant
en termes de coûts, de délais, de complexité et de mobilisation des ressources
internes. Et le rôle du MEIE en ce sens-là sera central. Donc, autrement dit,
si on enlève deux mesures qui ont très peu d'impact au niveau du fardeau
administratif et qu'on en rajoute une où il y a des coûts, des délais
importants, bien, l'objectif ne sera pas atteint. Alors, c'est important qu'il
y ait une évaluation beaucoup plus précise qui soit faite.
Maintenant, je vous amène du côté des
mesures sectorielles. Alors, je vais commencer par les boissons alcoolisées,
dont nous parlent plusieurs de nos membres. La FCCQ salue la modernisation des
règles relatives aux permis de réunion et l'autorisation du transport des
boissons alcooliques pour les entreprises spécialisées... par des entreprises
spécialisées. Toutefois, il y a deux demandes récurrentes qui reviennent,
depuis plusieurs années, de l'industrie et qui n'ont pas été abordées dans le
projet de loi.
La première... La première, qui est la
recommandation numéro quatre, c'est de permettre aux microbrasseries de vendre
leurs produits dans les marchés publics, qui représenterait une mesure simple,
équitable et cohérente, d'autant plus que les producteurs artisanaux y sont
déjà autorisés. Recommandation numéro cinq : la possibilité de
regrouper les établissements d'un même propriétaire hôtelier sous un seul
permis de bar ou de restaurant, qui permettrait de réduire un fardeau
administratif trop lourd sans compromettre les objectifs de contrôle ou de
sécurité publique.
Alors, deux recommandations pour
l'industrie des boissons alcoolisées.
Si je vais maintenant du côté des
ressources naturelles, vous le savez, le Québec est engagé dans une course
contre la montre pour le développement des minéraux...
10 h (version non révisée)
Mme Proulx
(Véronique) : ...ou critiques et stratégiques. Or, les délais
moyens sont de 10 à 15 ans pour passer de l'exploration à l'exploitation.
La multiplication des autorisations et le manque d'harmonisation entre les
ministères nuisent gravement à l'attractivité du Québec à l'échelle mondiale.
Et rappelons que, selon l'Institut Fraser, le Québec est passé de cinquième au
22erang au niveau des juridictions les plus attractives pour
les investissements dans le secteur minier en 2023 et 2024. Le Québec est
dorénavant déclassé par trois provinces : la Saskatchewan, l'Alberta et l'Ontario.
Alors, si le Québec souhaite réellement tirer parti de son potentiel minier,
bien, je pense que c'est important dans le contexte géopolitique actuel. Une
révision en profondeur des processus d'autorisation s'impose. Donc, il y a
quatre recommandations dans le mémoire, recommandations 6 à 10, notamment,
de réduire les délais à six mois. Et c'est bien de réduire les délais, mais
encore faut-il les respecter. Donc, plusieurs recommandations qui s'inscrivent
dans ce sens.
Maintenant, je vous amène du côté de l'immigration.
Vous le savez, la pénurie de main-d'œuvre, c'est l'enjeu numéro un de nos
petites et moyennes entreprises partout à travers le Québec, l'abolition du PEQ,
la réduction des seuils d'immigration et la non-reconduction des permis de
travail des travailleurs étrangers temporaires met beaucoup de pression à nos
entreprises. Dans ce contexte-là, au-delà de ces mesures-là, il y a des choses
que le gouvernement du Québec peut faire pour alléger le fardeau administratif.
Et là je fais référence au PSTQ.
Alors, le PSTQ, annuellement, les employés
doivent produire une nouvelle demande annuellement. Il y a de nombreux
formulaires, de nombreuses pages qui sont requises, tant pour l'employeur que l'employé,
et ça amène énormément de délais et d'incertitude. Alors, on demande
une simplification substantielle de ce processus en s'inspirant des pratiques
en vigueur dans d'autres provinces comme l'Ontario, où l'employeur gère lui-même
son profil dans un portail centralisé et où même le dépôt de documents peut
servir pour plusieurs employés. Donc, il y a des méthodes desquelles on peut s'inspirer.
J'arrive maintenant à Zone entreprise, donc,
Zone entreprise qui existe depuis maintenant huit ans, qui est un outil qui
pourrait permettre de centraliser, simplifier et accélérer les interactions
entre les entreprises et le gouvernement. Alors, nos recommandations... en
fait, il y a sept recommandations pour Zone entreprise, mais, essentiellement,
l'absence d'adhésion des ministères et l'impossibilité de centraliser l'ensemble
des parcours d'autorisation limitent fortement son efficacité. Dans un contexte
où les délais d'obtention de permis, notamment en environnement et en construction,
freinent l'investissement, un renforcement ambitieux de la Zone entreprise
permettrait d'aller beaucoup plus loin, beaucoup plus vite. C'est un levier sur
lequel vous avez du contrôle et qui permettrait d'alléger grandement le fardeau
les entreprises.
Je vous amène maintenant du côté de l'OQLF.
Alors, je ne vous cacherai pas, on nous parle partout en entreprise, PME,
grandes entreprises, filiales d'entreprises étrangères, tout le monde nous
parle de la lourdeur reliée à l'OQLF. Et personne n'est contre l'objectif de la
langue française, des objectifs qui sont visés par le projet de loi. Mais c'est
vraiment au niveau des moyens, des mécanismes qui sont en place qu'il y a
beaucoup de questionnements. Deux recommandations, 19 et 20, dans les mémoires
et, je vous dirais, il y a deux choses. Il y a, un, la création de comités de
francisation où le niveau de français est très, très élevé en région. Plusieurs
se questionnent quant à la pertinence quand 98, 99 % de la population est
francophone. Et deuxièmement, à tous les trois ans, vous devez produire des
rapports triennaux très détaillés où on vous questionne sur le nombre de
serveurs que vous avez à l'étranger, ici, le nombre de logiciels, beaucoup d'informations
qui sont requises par les employeurs, et c'est difficile de comprendre en quoi
ça contribue à l'amélioration, à l'augmentation de la langue française en
entreprise.
Alors, en conclusion, j'arrive déjà à la
fin, le projet de loi n° 11 constitue une étape importante, mais il ne
doit pas être... il doit être vu comme un point de départ et non comme une
finalité. La FCCQ invite le gouvernement à bonifier ce projet de loi afin qu'il
réponde pleinement aux attentes des entreprises puis qu'il puisse réellement
contribuer à la fois à réduire le fardeau administratif réglementaire, à
augmenter la productivité et la compétitivité des entreprises. Et, si on réduit
le fardeau administratif des entreprises, bien, nécessairement, ça va réduire
le fardeau administratif du gouvernement, des fonctionnaires. Ça va contribuer
à augmenter leur productivité, ce qui est une demande du milieu des affaires. Et,
dans un contexte de rareté de main-d'oeuvre, ça pourrait vous amener également
à dégager des ressources qui sont requises dans le secteur privé, partout à
travers le Québec.
Alors, je vous remercie de votre attention
et je vais être heureuse d'échanger avec vous pour la suite.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme Proulx. On débute la période d'échange avec la partie gouvernementale. M.
le ministre, vous avez 16 min 30 s.
M. Poulin : Merci beaucoup, et
je partagerai ce temps avec des collègues du gouvernement, si jamais ils ont
des questions. Vous dire également que je suis en compagnie des gens du
ministère de l'Économie, alors, mon sous-ministre adjoint, M. Youri Rousseau,
également, sa brigade en allègement réglementaire et juridique, en compagnie
également de ma directrice de cabinet, Vickie Fortin, et de mon conseiller
politique, M. Benoît Texier.
Bien, tout d'abord, merci pour votre
présentation, mémoire fort costaud, puis vous avez surtout élargi la
discussion. Et ça, j'aime ça, parce que vous nous amener dans l'OQLF, vous nous
amenez un peu plus en profondeur dans...
M. Poulin : ...non
alcoolisées, vous nous permettez d'élargir le spectre, et ça, j'apprécie
beaucoup. Et de toute façon, ce sont des échanges que nous avons avec vous,
avec les chambres de commerce et avec les gens sur le milieu du terrain... sur
le terrain. Alors, il n'y a pas de surprise dans ce que vous nous dites
aujourd'hui.
J'aimerais qu'on échange sur le un pour un
et le deux pour un, parce que le député de Jean-Talon le disait à juste titre
dans les dernières minutes, est-ce qu'on a réellement senti, dans les dernières
années, un allègement réglementaire? Il y en a eu, il y a eu des fusions de
formalité, il y a eu des diminutions, mais est-ce qu'on l'aurait seulement
ressenti sur le terrain? La réponse n'est pas nécessairement oui, parce qu'on
en a ajouté par la suite. Vous avez fait référence à l'OQLF notamment, on croit
tous à l'importance de la langue française, mais jusqu'où on se rend, là? Vous
parliez de logiciel tout à l'heure, je suis extrêmement sensible et mon
collègue le ministre responsable de la langue française m'entend souvent
parler, on est capable de défendre le français tout en le faisant avec le moins
de lourdeur possible. Alors, ça, c'est un élément.
Et, moi, j'ai voulu mettre le deux pour un
pour justement inverser la tendance, pour qu'on ait l'impression qu'il se passe
quelque chose. Et vous savez, c'est dans la politique d'allègement
réglementaire, il y a des exceptions auxquelles vous faites allusion. Je vous
annonce mon intention d'en avoir, le moins possible, d'exceptions. Vous
comprenez que, lorsqu'on parle de santé publique, par exemple, où un ministère,
bien là, ajoute une formalité administrative, je vous donne un exemple, à
l'industrie du tabac pour protéger la population, vous comprenez que ce ne sera
pas mon combat nécessairement. Mais lorsqu'on a des petites PME en région qui
se font ajouter, notamment par le ministère de l'Environnement, et, jusque dans
les derniers jours, on a un ministre de l'Environnement très, très, très dévoué
à diminuer l'allègement auprès de nos entreprises. Et je sais que ça va se
poursuivre avec mon collègue qui a pris ses fonctions, mais il y a tout un
travail à faire. Puis, comme je le dis souvent, l'allègement réglementaire, ça
ne peut que pas être ma responsabilité. Tous les ministres doivent avoir cette
responsabilité-là. Mais je me donne quand même certains pouvoirs.
Alors, vous nous dites que la liste des
cas d'exemption est... permissive. Je suis 100 % d'accord avec vous, et
j'ai l'intention de le modifier dans la politique. Pourquoi je ne le mets pas
dans la loi? C'est que je devrais changer la loi à chaque fois que j'enlève ou
j'ajoute un ministère, puis il faudrait que j'ouvre la loi à chaque fois que
j'ajoute ou j'enlève une exception. Alors, c'est pour ça que je j'enchâsse la
politique dans la loi, puis que je mets le deux pour un. Mais, pour vous, vous
êtes, j'imagine, dans un esprit avec le moins d'exceptions possibles, puis de
tenter, d'une certaine façon, de protéger à son maximum, surtout la PME, je
vous donne un exemple, de moins de 50 employés ou de moins de
200 employés qui, elle, a moins de ressources d'autant plus, là.
Mme Proulx
(Véronique) :Bien, le moins d'exceptions
possibles, effectivement, là, tu sais, pour aujourd'hui et pour les années à
venir. Mais je vous dirais, surtout, je reviens au deux pour un, c'est vraiment
la question de l'impact de ce qui est enlevé versus ce qui est ajouté. Et ça,
c'est une préoccupation importante pour nos membres. On l'a vu avec la loi
n° 25, on l'a vu avec la Loi sur la langue française. Toutes ces lois-là
ont leur raison d'être et ont leurs vertus, mais ça l'ajoute énormément en
termes de fardeau administratif. Et ces questions-là n'ont pas été posées au
moment où les lois ont été mises en place.
Alors, pour celles qui seront à venir,
pour nous, c'est très important que cette étude d'impact là soit faite de façon
sérieuse, rigoureuse, et qu'on en tienne compte dans le choix de la législation
qui sera déposée.
M. Poulin : Et vous dire...
Monsieur, avez-vous quelque chose à ajouter? Allez-y. On est là pour ça, oui.
• (10 h 10) •
M. Corbeil (Laurent) : Bien
oui, simplement, en fait, on est heureux d'entendre aussi, au niveau des
exemptions, que ça va être possiblement resserré, parce qu'on avait remarqué,
notamment dans le rapport sur la réglementation intelligente, là, et les
mesures gouvernementales en allègement réglementaire administratif, en fait, on
avait remarqué, il y avait les exemples qui étaient donnés, notamment sur le
fait qu'il y avait, par exemple, huit formalités administratives qui auraient
été ajoutées, puis sur ces huit-là, il y en aurait eu six qui auraient fait
l'effet, donc, d'exemption. Donc, au final, c'est ça, on veut retrouver un
impact, là, concret au niveau de ces mesures, de cette mesure-là du un pour un.
Donc, justement au resserrement du... des exemptions. On pense que c'est quand
même un bon signal que vous envoyez, là, sur ce volet-là.
M. Poulin : Ah! oui, c'est un
méchant bon signal qu'on envoie, et j'en suis très, très fier.
Puis à titre de complément, présentement,
au un pour un, c'est à peu près 18 ministères et organismes qui sont
assujettis. L'OQLF ne l'est pas. Alors, vous comprenez que j'ai l'intention
d'élargir le nombre de ministères et organismes qui sont assujettis à cette
nouvelle règle du deux pour un. Et on va bien définir dans la politique la
formalité égale. Alors, vous comprenez qu'un ministère ne pourrait pas s'en
sortir en disant : Ah! j'ai juste fusionné deux formulaires, je les ai
fait passer d'une page à deux pages. Nous ne sommes pas plus avancés si on le
fait de cette façon-là.
Puis j'aimerais vous entendre sur les
permis, parce qu'on se donne quand même un pouvoir à l'intérieur de cette
loi-là, où on dit : On va pouvoir prolonger des permis au Québec. On le
fait notamment avec les taxis, dans cette industrie, dans ce secteur d'activité
là. Et, justement, vous avez fait allusion tout à l'heure à l'hôtellerie, vous
avez fait allusion à des secteurs d'activité où il y a une lourdeur. Je suis
intéressé à vous entendre sur la notion des permis, de la durabilité, de
l'exigence, du renouvellement. J'ai déjà annoncé, ce n'est pas...
M. Poulin : ...je ferai
probablement une autre sortie prochainement et ça va intéresser mes collègues
des oppositions, toute la révision des lois sur l'alcool. Je veux dire, il y a
tellement, tellement de permis dans l'industrie de l'alcool au Québec, là. Je
veux dire, si tu fais du cidre, ce n'est pas comme si tu faisais du vin. Puis,
si tu fais de la distillerie, du grain à la bouteille, il y a une complexité.
Je sais que la députée de Jeanne-Mance—Viger a travaillé là-dedans, c'est
incroyable, ça, puis j'ai bien l'intention de faire le ménage là-dessus dans le
temps qu'il me reste. Mais qu'entendez-vous sur la notion de permis sur le
terrain? Est-ce qu'il y #a des permis qui vous viennent en tête, puis vous
dites : Ça, M. le ministre, ça n'a pas de bon sens?
M. Corbeil (Laurent) : Bien,
effectivement, déjà, sur la question des permis et des autorisations, c'est...
tous secteurs confondus, c'est vraiment un bon signal, dans le sens de pouvoir
élargir un petit peu, prolonger la durée de certains permis. Là, je dirais que,
pour ceux qui ont été allongés, dans ce cas-ci, les impacts sont... on les a
quand même mesurés, mais ça va super bien. Mais c'est sûr que, dans quelques
secteurs, exemple, on pourrait aller du côté des mines, là, sur
l'article 61 de la Loi sur les mines, en fait, pour la validité du droit
exclusif d'exploration qui est, dans le fond, la période de validité de trois
ans. Puis, après ça, la période pour le renouvellement, c'est deux ans. Nous,
on demande simplement un ajustement facile de mettre ça à trois ans aussi,
donc, tu sais, de pouvoir avoir ces petits gains là.
Parce qu'effectivement, pour tout ce qui
est permis et autorisation, si on a des délais un peu plus longs, bien, c'est
sûr que ça enlève de la paperasse, ça enlève des délais, justement, que ce soit
du côté du gouvernement, que ce soit... et du côté des entreprises, tout
simplement. Donc, oui, c'est sûr.
Puis là, au niveau des différents permis,
les autorisations, c'est sûr qu'il peut y en avoir plusieurs, mais prolongement
peut être bien accueilli, là.
Mme Proulx
(Véronique) : Particulièrement au niveau du ministère de
l'Environnement. Quand on parle de permis ou de «permitting», les gens nous en
parlent beaucoup, c'est vraiment au niveau du ministère de l'Environnement où
il y a des délais importants, des coûts engendrés, et là, d'être capable de
faciliter, accélérer ou d'étendre le permis de quelques années, bien, ça sauve énormément
de temps aux entreprises. Et, dans un contexte où on a des projets
d'infrastructure importants, je pense à Hydro-Québec, à des chantiers éoliens,
tout ce qui touche infrastructure énergie en bénéficierait grandement.
M. Poulin : Oui, exact. Puis
on parle, puisque vous y aviez fait allusion, à des fins acéricoles.
Évidemment, j'aime beaucoup l'érable, donc ça, on a prolongé notamment leur
durée. On a été également au niveau du transport rémunéré de personnes par
automobile. Puis, en me donnant le pouvoir réglementaire, j'ai l'intention de
concurrencer les ministères, de leur parler et puis de leur dire de prendre
permis par permis puis de dire : Je suis capable avec vous de pouvoir
prolonger leur validité. On n'est pas toujours dans l'exigence. Vous comprenez
qu'un permis de restauration a certaines exigences. Les inspections vont se
poursuivre, et tout. Vous avez fait référence à l'hôtellerie où il peut y avoir
quatre, cinq permis, et si l'alcool est vendu, par exemple, dans une section plus
qu'un autre, comment on peut le faire? Alors, j'ai bien l'intention, en me
donnant ce pouvoir-là, de faire un certain ménage dans la durée et tout.
Je veux vous entendre parler de Zone
entreprise. C'est parce que merci d'avoir assumé ce leadership-là et d'en
parler. N'importe qui qui se lance en affaires au Québec voit la complexité.
C'est pour ça que le gouvernement du Québec, il y a déjà plusieurs années, a
créé Zone entreprise pour essayer de regrouper tout ce qu'il y a à l'intérieur.
Mais, comme je le dis souvent, si tu perds ton mot de passe, bonne chance, là.
Je veux dire, ça va prendre 10 jours avant que tu le récupères, on te
l'envoie par la poste. Le chemin et la traçabilité est extrêmement complexe. On
a mis en place accès PME pour aider nos entreprises, justement dans ce
démarrage-là, dans cet accompagnement-là, mais il en reste encore énormément à
faire. Puis, à chaque fois qu'on ajoute quelque chose dans Zone entreprise,
moi, je dis que ce n'est pas une bonne nouvelle. Ça veut dire qu'on a rajouté
de la réglementation à quelque part. En fait, moi, j'aimerais en enlever dans
Zone entreprise, mais, bon, je comprends que ça doit des fois se faire par voie
de règlement ou législatif.
Mais de quelle façon vous voyez Zone
entreprise, pouvez-vous m'en parler, dans les prochaines années? Comment on
peut le moduler? Comment on peut l'adapter? Et le défi que moi, je trouve,
c'est que les secteurs d'activités sont tellement différents les uns que les
autres que, parfois, c'est difficile d'avoir une trajectoire dans les services
aux entreprises. Alors, comment vous voyez les choses?
Mme Proulx
(Véronique) :Oui. Alors, je vous dirais
qu'a priori... puis je vais laisser mon collègue, Laurent, rentrer dans les
recommandations plus précises, mais c'est sûr que, comme entrepreneur, quand
vous rentrez dans accès entreprise, ça vous fait un peu peur. Ce n'est pas
quelque chose qui est accessible, ce n'est pas quelque chose qui est «user
friendly», là, je m'excuse pour l'anglicisme. Puis je me suis moi-même questionnée
sur la viabilité d'accès entreprise. Est-ce qu'on va réellement réussir à
faciliter puis à alléger le traitement d'information ou la relation entre
l'entreprise et le gouvernement? Ça fait huit ans que c'est en place, ça a
évolué, mais pas toujours dans la bonne direction. Alors, Laurent, je vais te
laisser peut-être présenter les recommandations précises qui pourraient être
utiles.
M. Corbeil (Laurent) : Oui.
Puis vous savez que, tu sais, donc, pour le principe aussi de la Zone
entreprise, puis je pense, vous l'avez entendu également, souvent, plusieurs
entreprises, plusieurs secteurs, ils parlent souvent du principe d'un guichet
unique. Puis, on le sait, au niveau de l'harmonisation des différentes
autorisations des permis, mais aussi des informations qu'une entreprise doit
donner aux différents ministères et organismes du gouvernement, de pouvoir tout
centraliser ça, c'est hyperimportant. Puis, puisqu'on est dans l'optique d'un
omnibus sur l'allègement réglementaire...
M. Corbeil (Laurent) : ...allègement
réglementaire, on touche à de multiples secteurs, bien, zone d'entreprise, ça
allait de soi, selon nous, de pouvoir amener ça de l'avant un petit peu pour
dire : Bien, voici une option qui est déjà disponible qui mériterait
d'être bonifiée puis, vraiment, d'être utilisée à son plein potentiel. Donc, en
l'occurrence, là, on a deux recommandations là-dessus. Mais donc c'est que tous
les ministères et organismes, donc, fassent partie de la zone entreprise, ça,
c'est... d'une part, puis après ça qui inclut aussi tous les formulaires,
guides nécessaires, donc, de plus en plus avoir une migration vers le
numérique. Puis là, ça en... Puis là j'en viens à la deuxième recommandation,
c'est-à-dire, lorsque le gouvernement propose un nouveau règlement, une
nouvelle loi, s'assurer qu'il y a la disponibilité au niveau de la numérisation
des documents qui seront nécessaires et pour les différents ministères, là,
donc, sur la zone entreprise. Donc, voici nos deux recommandations, là, sur la
zone entreprise qu'on...
Mme Proulx
(Véronique) :Et peut-être, si je peux, la
première, c'est d'obliger les ministères à y adhérer, que ce ne soit pas
volontaire, et tous aient l'obligation de rendre disponible les documents et
les informations qui sont nécessaires aux entreprises.
M. Poulin : Oui. Et ça, j'en
suis très, très ouvert dans la politique d'allègement réglementaire que nous
allons mettre en place. Maintenant qu'elle sera enchâssée dans la loi, comment
on peut... on peut le faire? Et moi, ça me fait un peu peur de tout ce qu'on
pourrait retrouver si tout le monde se met à mettre le tout. Mais, en même
temps, ça nous donne un portrait, ça nous permet de s'améliorer puis ça nous
permet justement, peut-être, de rassurer l'entrepreneur, et tout. Alors, ça,
j'en suis à la même place avec vous là-dessus.
Peut-être... Vous m'avez parlé de boissons
alcoolisées, de canal de vente, de la possibilité pour les microbrasseries de
vendre dans des marchés publics, et ça fait un peu allusion à ce que je disais
tout à l'heure, où je pense qu'il y a une révision complète à faire de cette
industrie-là, qui date de la prohibition et qui a tellement évolué vite au
Québec, puis on a tellement de bons produits, puis il faut les aider, les
accompagner et dans un contexte aussi où nous avons la SAQ qui est là. Et vous
n'êtes pas sans savoir que la SAQ rencontre des défis ces jours-ci au niveau de
la consommation d'alcool des Québécois... en fait, des ventes, je devrais
plutôt dire, des ventes de produits, qui est aussi reliée à la consommation
d'alcool, mais de son réseau de distribution. J'ai vu le député de Jean-Talon
militer pour le maintien d'une succursale SAQ dans la région de Québec, alors
je... c'est à... et je vois la députée de Hull également. Et c'est un équilibre
qui n'est pas simple, hein? Parce que, s'il y a bien un gars qui croit à la
libéralisation du marché, c'est bien moi, mais je sais aussi le rôle que la SAQ
joue dans nos communautés en termes de taxes, de revenus qui nous permettent,
au gouvernement, de pouvoir investir en santé, en éducation et même dans l'aide
aux entreprises.
Alors, comment vous voyez la possibilité
pour des secteurs d'activité d'avoir certains canaux de vente sans
compromettre, par exemple, aussi nos dépanneurs, qui sont des PME membres de
chez vous, ou encore de compromettre la mission de la SAQ?
Mme Proulx
(Véronique) :Bien, j'ai envie de vous
dire, dans un premier temps, nous, on est favorables à la libéralisation des
marchés. Donc, si je prends l'exemple, la recommandation qu'on a mis dans le
mémoire... Puis, vous savez, on aurait pu faire un mémoire uniquement sur
l'industrie brassicole, on en... aurait pu en faire un uniquement sur la santé
et sécurité au travail, j'aimerais bien vous en reparler aussi, il y a
tellement de choses à faire. Donc là, on a priorisé certaines mesures. Mais,
dans l'industrie brassicole, l'exemple qu'on donne, c'est que les
microbrasseries ne peuvent pas vendre leurs produits dans les marchés
artisanaux, comme le Marché Jean-Talon, le Marché Bonsecours, par exemple,
alors que les produits artisanaux sont présents. Pourquoi? Pourquoi les
microbrasseries, ils ne peuvent pas le faire? Donc, il y a des règlements comme
ça qui doivent être changés.
Mais, après ça, si on parle des... si vous
revenez aux enjeux de la SAQ, je pense que plus on donne de canaux possibles de
distribution, plus les produits seront accessibles. Puis, au contraire, il
devrait y avoir un effet positif sur les ventes, ultimement, qui vont
bénéficier à la fois aux producteurs et à la SAQ, là. Alors, plus on cherche à
contraindre, à restreindre le marché, plus il y a des effets pervers et
négatifs sur l'industrie.
• (10 h 20) •
M. Poulin : Bien, c'est ça.
Puis c'est pour ça que moi, j'ai aboli le prix plancher de l'essence puis on a
remis de la compétition, puis ça profite au portefeuille des contribuables
depuis. Et... Mais c'est l'équilibre, c'est ça que... Et je trouve intéressant
ce que vous me dites parce qu'au même moment où on croit à des succursales SAQ
qui sont bonnes pour notre économie sur nos rues, sur nos quartiers, parce
qu'on sait l'impact que ça a en termes de visiteurs, autant qu'on croit que
c'est bon aussi, la SAQ, pour donner accès rapidement à des produits québécois,
donc à des PME en termes de marché, autant qu'on se dit : Bien, peut-être
que des nouveaux canaux de vente qu'on doit mettre en place pour avoir un
certain équilibre entre l'artisanal, la microbrasserie et autres. Donc, je le
regarde, je vous dis... votre proposition que vous nous faites, là, puis j'ai
rencontré l'association des microbrasseurs à quelques reprises et... je le
comprends et je le saisis, là, oui.
Mme Proulx
(Véronique) :Puis il y a l'enjeu, bien
sûr, de l'occupation du territoire. Alors, si on revient à la présence de
succursales en région, il y a également cet aspect-là. Puis je vous dirais qu'à
prime abord c'est vraiment de permettre d'ouvrir les marchés pour permettre aux
producteurs d'être en mesure d'exposer leurs produits dans les différents
réseaux de distribution qui sont disponibles.
Le Président (M. Allaire) : Une
minute.
M. Poulin : Exact, oui. Une
minute?
Le Président (M. Allaire) : Une
minute.
M. Poulin : Je ne sais pas si
des collègues avaient des questions. Sinon, de mon côté, moi ça complétait.
Alors, je vous remercie beaucoup pour les échanges...
Mme Proulx
(Véronique) :Merci à vous.
Le Président (M. Allaire) : Mme
la députée de Labelle.
Mme Jeannotte : ...je
voudrais vous entendre davantage sur le processus d'immigration. Vous expliquez
à quel point ça va... ça fonctionne beaucoup mieux en Ontario et en Alberta.
Vous dites qu'on...
Mme Jeannotte : ...pourrait
alléger les formulaires pour nos entreprises. J'aimerais vous... avez-vous...
Est-ce qu'il y a des exemples, tu sais, où est-ce que, vraiment, il y a des
entreprises qui vous ont parlé de ça puis...
Mme Proulx
(Véronique) :Plusieurs grands employeurs,
mais également des PME nous en ont parlé, des entreprises, bien sûr, qui ont
des sites à la fois au Québec et en Ontario, qui comparent les formalités
requises pour l'immigration permanente et c'est beaucoup plus lourd chez nous.
Je le mentionnais avec le PSTQ, le candidat doit annuellement redéposer sa
demande et remplir tous les formulaires à nouveau. Il y a des exigences pour le
travailleur et pour l'employeur également. C'est excessivement lourd. Puis là,
on a une juridiction juste à côté de nous, qui est l'Ontario, qui le fait de
façon plus simple. Alors, moi, j'invite le ministère de l'Immigration à
regarder ce qui se fait en Ontario, puis de voir comment on peut assurplir...
assouplir les formalités. C'est des délais, c'est des coûts, c'est des délais
de traitement pour le ministère de l'Immigration également. Et, encore une
fois, on le sait à quel point on a un enjeu de rareté de main-d'oeuvre à
travers le Québec. Bien, ça serait une façon d'alléger, de faciliter l'accès à
nos entreprises, aux travailleurs dont ils ont besoin.
Le Président (M. Allaire) : Merci...
Merci, on enchaîne avec l'opposition officielle, Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger,
12 minutes 23 secondes. La parole est à vous.
Mme Rotiroti : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. Alors, merci, Mme Proulx, M. Corbeil d'être présent
avec nous ce matin. J'ai pris le temps de lire votre mémoire et comme de
l'habitude, vous avez des excellentes recommandations. Alors, merci pour ça.
Moi, je vais vous amener directement dans
le vif du sujet parce que j'entends le ministre parler, je... ça me fait penser
à l'ancien ministre, à son prédécesseur, qui, dans le dernier projet, on était
justement dans les boissons alcoolisées et on disait : Bien, allez-y un
petit peu plus loin, allez y un petit peu loin. Puis l'expression du ministre,
à l'époque, c'était : Bien, dès qu'on tire un fil, on ne sait pas où
est-ce qu'on s'en va par la suite. Puis c'est... ça devient très lourd et très
compliqué. Alors une fois je dis ça, j'ose espérer, M. le ministre, qu'avec ce
projet de loi que vous avez déposé, on va être capables de tirer le fil au
maximum, puis vraiment faire le vrai allègement réglementaire qui était demandé
par non seulement les secteurs que vous mentionnez dans votre projet de loi,
là, mais pour l'ensemble des PME du Québec.
Une fois que je dis ça, je vous ai amené
dans votre zone entreprise, que vous faites plusieurs recommandations. Moi,
j'ai toujours vu ça comme un guichet unique où, oui, les ministères, ça serait
un bon début, si tous les ministères adhéraient à cette plateforme. Mais je
voyais ça plutôt comme une plateforme où tous les informations sont là d'une
façon simple, concis, et qu'un entrepreneur, petit qui peut l'être, peut se
retrouver dans cette plateforme-là par rapport à les besoins que lui a. Alors,
je ne sais pas si c'est votre façon de voir les choses. Me semble que ça a été
mis en place en 2017, je crois, c'est quand même... ça fait une couple
d'années. Je ne comprends pas comment le gouvernement n'adhère pas à sa propre
plateforme.
Dans le fond, j'aimerais ça savoir,
peut-être le ministre, à un moment donné, va me répondre, pourquoi qu'on l'a
mis en place? Si les ministères eux-mêmes n'adhèrent pas à ça? Et comment qu'on
peut, pour avancer... comment qu'on peut se servir justement de cette
plateforme-là pour être capable d'aider les PME à travers le Québec?
Mme Proulx
(Véronique) :Alors, merci pour la
question. En fait, c'est une très bonne question. Si vous êtes une PME, vous
avez 50 employés, vous êtes dans le service, dans le manufacturier et vous
cherchez certains formalités ou formulaires, vous cherchez de l'information sur
les programmes d'emploi... d'Emploi-Québec de Services Québec qui sont
disponibles, vous ne savez pas nécessairement ce que vous cherchez. Vous partez
d'un besoin, mais vous ne connaissez pas la finalité. Donc, dans un monde
idéal, on appelle. On appelle... on appelle le guichet, le guichet d'accès
unique et on amène nos besoins, puis il y a quelqu'un qui est en mesure de nous
accompagner, de nous aider pour trouver la bonne information, les bons
programmes, les bons formulaires. On ne peut pas demander aux entreprises
d'être des experts des programmes et des formulaires gouvernementaux, c'est
impossible. Je veux dire, on le voit, là, même la difficulté pour le
gouvernement de réunir tous les ministères sur la même plateforme.
Alors, ça nous prend un accompagnement, ça
prend quelqu'un qui va prendre l'appel, qui va être capable de comprendre les
besoins et qui va nous diriger dans la plateforme. Même si tout est disponible,
ça va prendre un accompagnement. Et ça aujourd'hui c'est défaillant. Pour avoir
fait moi-même un appel pour une entreprise, j'appelle, je cherche de
l'information sur les programmes, on me dit : Quel programme vous
cherchez? Mais je ne sais pas quel programme je cherche, moi je vous parle de
mon besoin que j'ai comme employeur. Alors il y a vraiment... il y a vraiment
un service d'accompagnement qui doit être dédié pour faciliter et accélérer la
navigation au sein de la plateforme.
Mme Rotiroti : La zone
entreprise, le guichet unique, ça serait quelqu'un qui pourrait guider selon
les besoins de l'entreprise, puis les guider à naviguer à travers le site,
c'est ça?
Mme Proulx
(Véronique) :À naviguer à travers le
site, puis à trouver la bonne information. Quand vous êtes un employeur, j'y
reviens, là, à 50 employés, 25 employés, vous n'avez pas toute une
équipe puis des ressources qui sont dédiées à la conformité puis à la recherche
d'informations dans ce que vous devez aller chercher au gouvernement. Donc, ça
prend quelqu'un pour nous accompagner, pour trouver la bonne information, tant
dans l'information qui est disponible que sur le site.
Mme Rotiroti : Parfait. Quand
vous...
Mme Rotiroti : ...parler, le
concept 2.1 qui est mis dans le... qu'on en parle dans le projet de loi, qui
était louable, je veux dire, nous, c'est ce qu'on dit depuis longtemps, c'est
de dire que c'est bien beau de vouloir modifier un formulaire ou modifier un
règlement, il faudrait aller voir qu'est-ce qui se fait puis essayer d'éliminer
et de condenser ou simplifier ce formulaire-là.
Est-ce que vous voyez une obligation des
ministères dans la loi, où est-ce qu'on oblige que les ministères doivent le
faire, à chaque fois qu'il y a un ministre qui présente un nouveau projet de
loi, dans le projet de loi même, cet exercice-là, d'évaluation, doit se faire
pour dire : OK, moi, je vais introduire telle législation, telle loi? Ça
implique, ça touche différentes lois, comme celle-là, d'ailleurs, c'est
quasiment un omnibus. Comment qu'on fait pour éliminer certains doublons?, on
va dire ça comme ça. Est-ce que vous voyez ça comme une obligation que le
gouvernement doit avoir quand il présente un projet de loi, que cet exercice
d'évaluation doit se faire automatiquement?
Mme Proulx
(Véronique) :Bien, écoutez, en fait, on
le voit très bien aussi que, là, ça devient enchâssé dans la loi pour le
ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie. Ceci étant dit, le
libellé, des fois, dans certains articles, je peux penser notamment à l'article
8.1 qui serait ajusté, donc, à cette loi-là, qui dit que le gouvernement
pourrait, sur recommandation du ministre, après un avis favorable du ministre
concerné par la loi, le règlement... Donc, essentiellement, déjà, nous, on
suggère de changer par... «peut», mais c'est «doit», donc, littéralement, puis
aussi, donc, après consultation au ministre. Donc, effectivement, il faut
consulter le ministre responsable ou la ministre responsable, là, du règlement
ou de la loi qui est concernée, mais, cela dit, si on attend un avis favorable,
on va sûrement se buter, des fois, à peut-être la machine, des fois,
gouvernementale qui ne veut pas suivre au niveau de l'allègement réglementaire,
tu sais. Donc, on considère que ce changement-là, dans le libellé, ça pourrait
permettre de venir, justement, étoffer la loi puis le pouvoir du ministre sur
ce volet-là.
Mme Rotiroti : Bien,
effectivement, le «doit» veut dire que tu n'as pas le choix, il faut que tu le
fasses, c'est ça, c'est une obligation de le faire. Puis je pense que ça
devrait être une obligation dans tous les ministères d'être capable de
dire : Bien, OK, à un moment donné, il faut faire le ménage, hein, comme
on fait dans nos maisons.
Mme Proulx
(Véronique) :Exactement. Il y a beaucoup
de rattrapage à faire. Ça fait que, tout à fait, ça permettrait justement
d'éliminer certaines mesures qui ne sont pas nécessairement nécessaires puis
qui ont un impact négatif. Parce qu'il faut se rappeler qu'à l'époque, ça ne se
faisait pas dans cet esprit-là.
Mme Rotiroti : Oui. Je vais
aller rapidement sur l'immigration parce que mon collègue de Jacques-Cartier va
aller sur les spiritueux et les boissons alcoolisées. Alors, au niveau de
l'immigration, écoutez, je ne sais pas si vous avez eu l'opportunité ou...
avoir l'opportunité de parler au ministre de l'Immigration qui... il s'entête
avec... entre autres avec le programme PEQ, et ne pas vouloir faire une clause
grand-père pour ceux qui sont déjà ici. Pour ceux qui nous écoutent, je
rappelle, c'est des travailleurs, c'est des travailleurs qui sont déjà
intégrés, des travailleurs que, dans la majorité des cas, sont en région, font
survivre, dans certains cas, des entreprises. Et là... jour au lendemain, on
change les règles en cours de route pour leur dire : Bien, écoutez, là,
malheureusement, il va falloir que vous partez... qui met en péril plusieurs
PME en région.
Mais vous parlez surtout par rapport à la
lourdeur administrative, toute la paperasse qui vient avec les renouvellements
de statut, permis, tout ça. J'aimerais ça, vous entendre un petit peu
là-dessus. Comment vous voyez... Oui, simplifier les formulaires, mais est-ce
qu'il y a d'autres choses qu'on pourrait faire pour s'assurer que ces gens-là,
qui sont totalement intégrés, demeurent ici, au Québec?
• (10 h 30) •
Mme Proulx
(Véronique) :...dans un premier temps, ça
fait partie de nos demandes, à la Fédération des chambres de commerce du
Québec, et plusieurs chambres à travers le Québec l'ont également dit, qu'on
souhaite que les gens qui sont arrivés ici sur un permis de travail temporaire
dans le but d'accéder au PEQ aient le droit d'y accéder, même si le PEQ est
maintenant fermé, parce que les gens qui sont arrivés en 2024‑2025 sont venus,
on leur a vendu qu'ils auraient accès au PEQ. Le gouvernement lui-même a fait
des missions de recrutement à l'étranger dans le secteur de la santé, dans le
secteur manufacturier, dans le secteur des services, tous secteurs confondus.
Alors, pour nous, ça, c'est un souhait.
C'est un changement que les ministres doivent faire pour leur permettre de
rester ici. Ces travailleurs-là, vous l'avez dit, ils sont en région, ils sont
intégrés, ils font de la francisation. Les employeurs les ont fait venir au
Québec, ça coûte de 12 000 à 15 000 $, faire venir un
travailleur, puis, quand on fait ça, c'est vraiment une solution de dernier
recours, là, c'est parce qu'on ne trouve pas personne dans notre région, au
Québec, qui veut occuper ces emplois-là. Puis ces emplois-là, ce n'est pas
toujours des postes d'entrée, c'est aussi des postes spécialisés. Alors, ça, il
y aurait lieu de... ça permettrait effectivement de garder les gens qui sont
ici.
C'est clair que si le gouvernement du
Québec augmentait les seuils d'immigration, la question ne se poserait pas. Ça
nous permettrait de prendre davantage de travailleurs étrangers temporaires par
voie du PEQ ou du PSTQ et de les amener vers l'immigration permanente. Et
d'ailleurs, pour avoir eu plusieurs conversations avec le fédéral, qui ne veut
pas renouveler ou enlever les restrictions...
10 h 30 (version non révisée)
Mme Proulx
(Véronique) :...liés au programme des
travailleurs étrangers temporaires, c'est ce qu'ils souhaitent que le Québec
fasse. Alors, il y a deux choses : Un, de permettre aux gens qui sont ici
d'être traités dans le PEQ, parce que c'est ce qu'on leur a promis. Et
deuxièmement, d'augmenter les seuils pour permettre aux entreprises d'avoir
accès aux travailleurs dont ils ont besoin. Et là, j'ai parlé du manufacturier,
mais je peux vous parler de Manoir Harwood qui est dans le Grand Montréal, qui
est un CHSLD privé, qui est concerné. Là, on parle de services à une population
vulnérable, donc, il y a des impacts réels, tangibles, sur notre économie et
sur la population.
Mme
Rotiroti
: Merci.
Je vais passer la parole à mon collègue de Jacques-Cartier.
Le Président (M. Allaire) : Oui,
2 min 50 s.
M. Kelley : Merci beaucoup. Je
n'ai pas énormément de temps avant d'aller sur les... peut-être... des
microbrasseries, je veux juste poser une question, peut-être une précision...
Je suis responsable pour le dossier des ressources naturelles, vous avez parlé
un peu des permis, sur le côté environnemental. Est-ce que vous avez des
exemples concrets de qu'est-ce que doit, peut-être, enlever pour nous? Vous
avez parlé qu'il y a plein des exemples où c'est problématique, mais où est
vraiment précisément un lien entre les entreprises? Qu'est-ce que vous
entendez, sur le terrain, qui disent : Ça, ça doit vraiment être changé
rapidement.
Mme Proulx
(Véronique) :Bon, je disais, il y a les
délais de six mois qu'on doit ramener, on doit respecter les délais.
Maintenant, on a... il y a un règlement qui a été publié récemment où on
demande aux entreprises de transmettre beaucoup d'informations avant de
commencer l'analyse du dossier. Donc ça, ça fait juste rallonger les processus,
Laurent, est-ce qu'on a des exemples concrets de permis?
M. Corbeil (Laurent) : Bien,
c'est sûr que je pourrais aller, peut-être, du côté environnemental et du côté
minier, entre autres. C'est sûr qu'on demande, au-delà des permis, des
autorisations, on demande beaucoup des... exemple, des séances d'information
dans... dans les travaux très préliminaires, entre autres. Donc, c'est un petit
peu d'alléger, aussi, tout ce fardeau-là dans le processus, là, ça pourrait
être dans les ressources naturelles, où ce qu'on le sait, où pour démarrer un
projet, ça prend extrêmement... ça prend beaucoup de temps. Donc, si on peut
alléger de ce côté-là, nous, ça va me faire plaisir, aussi, de pouvoir vous fournir
des informations précises sur quelques permis et autorisations, là.
M. Kelley : Oui... très
rapidement, si possible, parce que je n'ai pas beaucoup de temps. Sur les
recommandations concernant les audiences publiques, peut-être juste expliquer...
d'une façon, ça peut être vu comme... on enlève un peu de transparence, mais je
sais qu'il y a plein de moments où on parle d'un projet minier, alors, peut-être
juste expliquer rapidement cette recommandation pour un petit peu mieux comprendre
pourquoi c'est important.
M. Corbeil (Laurent) : Essentiellement,
c'est que ces séances d'information là, elles vont se tenir aussi pour des
travaux qu'on pourrait dire «non intrusifs», vraiment d'exploration. Donc
finalement, ça permet à des groupes... parfois de l'opposition, là, ou sinon,
ça permet, en fait, un processus consultatif très hâtif qui se transforme en
levier de négociation alors qu'on est vraiment dans des.... dans des étapes
très, très, très préliminaires. Donc, ça vient jouer dans la crédibilité, puis...
Mme Proulx
(Véronique) :Ça peut ralentir le projet,
alors que toutes les informations n'ont pas encore été déposées. C'est comme si
ça arrive trop tôt dans le processus.
M. Kelley : Parfait, et...
Le Président (M. Allaire) : 30
secondes.
M. Kelley : 30 secondes. Ça
met beaucoup de pression sur les entreprises, j'imagine, et peut-être va créer
des inquiétudes sur le terrain pour un projet qui va peut-être... peut-être va arriver
en cinq ans.
Mme Proulx
(Véronique) :Oui. Tant pour les projets
qui sont là que pour attirer des investisseurs étrangers dans le secteur minier,
donc ça nuit énormément à l'attractivité puis à la compétitivité.
M. Kelley : Parfait, merci
beaucoup.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le député de Jean-Talon, on enchaîne avec... Le député de Jacques-Cartier,
pardon, on enchaîne avec le député de Jean-Talon, 4 min 8 s, la parole est à
vous.
M. Paradis : 4 min 8 s! Merci
beaucoup. Bonjour. Pour savoir où aller, c'est important de comprendre d'où on
vient et où on est. Vous faites allusion, dans votre mémoire, au plan d'action
en allègement 2020-2025 du gouvernement actuel, il y a aussi un plan PME. Il y
a aussi le projet de loi n°85, modifiant diverses dispositions à des fins d'allègement
du fardeau réglementaire et administratif, c'est devenu la loi n° 8,
qui a été adoptée au printemps dernier. Quel bilan vous faites de ces actions-là?
Donc, est ce qu'on construit sur quelque chose? Est-ce qu'on a atteint les
objectifs qui avaient été fixés? Et donc on construit là-dessus, ou bien... on
est ici, aujourd'hui, parce qu'on n'a pas réussi à faire ce qu'on avait dit qu'on
allait faire?
Mme Proulx
(Véronique) :Je le mentionnais tout à l'heure,
il y a beaucoup de rattrapage à faire quand on fait du un pour un, puis qu'on n'est
pas en mesure d'évaluer l'impact réel, on est arrivé avec une volonté de
réduire, mais on n'a pas réduit, on a augmenté. Puis ça, vous l'avez entendu, moi,
je l'entends partout à travers le Québec, les gens nous disent : Les PME,
on croule sous la lourdeur administrative, puis nous, on n'a pas d'experts en
conformité. Alors, je vous dirais qu'il y a encore... il y a beaucoup de
rattrapage à faire pour nous remettre à niveau et s'assurer que, dans le futur,
avec des nouveaux projets de loi, bien, on puisse s'assurer d'avoir un réel deux
pour un.
M. Paradis : Mais donc, est-ce
qu'on a réussi? Il y avait des objectifs quand même ambitieux fixés dans le
plan sur l'allègement 2020-2025. Est-ce qu'on a atteint des objectifs? Est-ce
que le gouvernement a atteint ses objectifs?
Mme Proulx
(Véronique) :Sur le terrain, on ne le
sent pas. Les entreprises n'ont pas l'impression qu'on a réduit leur fardeau
administratif réglementaire au cours des dernières années.
M. Paradis : Pourquoi?
Mme Proulx
(Véronique) :Parce qu'il y en a toujours
qui s'ajoutent et elles sont toujours de plus en plus complexes et plus
coûteuses. Alors, le coût de faire affaire au Québec, au Canada, il est quand
même important pour une PME, pour une grande entreprise, on le voit, on est à
côté d'un géant américain qui allège administrativement...
Mme Proulx
(Véronique) : ...au niveau réglementaire aussi. Donc, que ce
soit dans le secteur minier, que ce soit dans le secteur... On parlait
d'industrie... l'industrie brassicole, tous secteurs confondus, les entreprises
croulent sous la lourdeur administrative qui leur est imposée.
M. Paradis : Dans la tournée
que j'ai effectuée auprès de plusieurs de vos membres, d'ailleurs, les gens me
parlent d'un changement de mentalité, pour ne pas dire un changement de
paradigme qu'il faut aussi opérer. Donc, oui, il y a des règles, oui, il y a de
la mathématique, mais il y a aussi de changer la façon dont on voit le rôle de
l'administration, qu'il y ait malheureusement de moins en moins
d'accompagnement vers la réussite, vers des résultats, mais plus de contrôle.
On est là pour contrôler, s'assurer que l'image, notamment du gouvernement,
n'est pas... qu'il n'y a pas de risque ou que, s'il y a des risques, bien, ce
ne sera pas la faute de l'appareil ou du gouvernement. Est-ce que ce sont des
constats que vous avez eus aussi puis sur lesquels on doit travailler?
Mme Proulx
(Véronique) : Ce sont absolument des constats qu'on a entendus,
qu'on a vus. Je le mentionnais, le coût de la conformité augmente tout le
temps, et on le sent que le gouvernement est de plus en plus dans des mesures
de contrôle avec moins de flexibilité pour les entreprises.
M. Paradis : Et, dans cette
optique-là, bon... puis là je vais vous demander un exercice difficile. Puis,
je l'ai dit tout à l'heure, donc, j'ai été entrepreneur et j'ai connu la
frustration d'avoir une partie importante des ressources humaines, financières,
du temps aussi, qui est consacrée à remplir de la paperasse où souvent on
répète la même chose. Et, même, on se demande qui lit ça à la fin. Et je suis
convaincu et tout... plein de monde me l'ont dit : Il y a des gens qui ne
lisent... ça ne se peut pas que tout ce qui est produit en documents soit lu.
Fort bien. Bien, généralement des contrôles et des réglementations, il n'y a
pas une mauvaise intention derrière. Il y a quelqu'un qui a vu un problème, de
sécurité, de salubrité, d'intérêt public. Quand vous... Quand on propose des
allègements, nous, comme décideurs, comme législateurs, comment on fait pour
s'assurer quand même que les objectifs d'intérêt public sont préservés quand on
diminue le fardeau administratif et réglementaire?
Mme Proulx
(Véronique) : Alors, je vais prendre deux exemples concrets
avec l'OQLF et le rapport triennal, d'indiquer et de donner des preuves sur le
nombre de serveurs locaux, étrangers que l'on a. Je ne vois pas, tu sais, je ne
vois pas comment ça peut contribuer à l'amélioration de la langue française en
entreprise. Donc, je pense qu'il faut requestionner quand on regarde ce qui est
mis en place, puis les requis et les exigences, se questionner sur pourquoi,
comment ça contribue à l'objectif. Quand vous êtes en affaires, vous avez un
plan stratégique, des objectifs, vous identifiez les moyens...
Le Président (M. Allaire) :
Merci.
Mme Proulx
(Véronique) : Avez-vous les bons moyens? Bien, c'est la même
chose.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Malheureusement, ça met fin à la période d'échange. Donc, merci pour
votre belle contribution à cette commission. Nous allons suspendre les travaux
quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 10 h 39)
(Reprise à 10 h 42)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux.
Nous accueillons M. Boisvert de la Chambre
de commerce et d'industrie de Québec. Alors, bienvenue. Je vous laisse vous
présenter avec votre titre complet, puis vous pouvez enchaîner avec votre
présentation de 10 minutes.
La parole est à vous.
M. Boisvert (Frédérik) : Parfait.
Donc, Frédérik Boisvert, je suis président et chef de la direction de la
Chambre de commerce et d'industrie de Québec depuis novembre 2024. Puis
d'abord, merci de me recevoir aujourd'hui. Je pense que c'est un sujet
d'importance. Ce n'est pas banal ce qu'on discute aujourd'hui. Je vais juste
mettre mon «timer» pour être sûr que je suis correct. C'est parti.
Donc, bien, merci de me recevoir ce matin.
Je représente la Chambre de commerce, la deuxième en importance au Québec. On
est plus de 5000 membres, on occupe le terrain avec vigueur depuis la
dernière année.
D'abord, avant d'entrer dans ce sujet, je
veux d'abord souligner quelque chose. Tu sais, quand les gens font des bonnes
choses, il faut le dire. Alors, ministre Poulin, félicitations pour ce
dossier-là. Je peux-tu me permettre de te tutoyer?
Une voix : ...
M. Boisvert (Frédérik) : Mais
écoute...
Le Président (M. Allaire) :
C'est sûr qu'en audition, on est un peu plus lousse, là...
M. Boisvert (Frédérik) : ...un
superbe travail en termes de vision, d'enlignement, de... puis on sait que ça
demande beaucoup de concertation ce genre de projet de loi là. Je pense que
t'avais le couteau dans les dents puis ça paraît. Donc, c'est sûr qu'il y a des
éléments là-dedans qu'on va proposer des améliorations, mais, moi, c'est quand
les gens visent à réduire le fardeau des entrepreneurs, bien, écoute, on n'a
pas le choix de saluer, voire d'applaudir. Alors, merci pour ton courage, merci
pour la règle ambitieuse du deux pour un. Je pense que ça méritait d'être
souligné.
Maintenant, je suis ici pour vous dire
trois choses. D'abord, on appuie le projet de loi n° 11.
Deuxièmement, on vous demande de l'améliorer, puis troisièmement, on vous explique
pourquoi c'est urgent.
Commençons par l'urgence. Les PME
québécoises consacrent collectivement près de 11 milliards de dollars
par année à la conformité. C'est scandaleux. 19 milliards, c'est
735 h par entreprise, par année. Ça veut dire quoi ça? C'est l'équivalent
de quatre mois et demi de travail à temps plein, juste pour remplir des
formulaires, renouveler des permis, répondre à des exigences administratives.
Ce qui est encore plus frappant, c'est ce que les entreprises nous disent...
les entrepreneurs nous disent. Ils nous disent que plus de 250 de ces
heures-là, c'est 32 jours ouvrables par année. C'est un scandale. C'est de
la paperasse qu'on pourrait éliminer sans compromettre l'intérêt public, sans
mettre personne en danger, sans affaiblir les protections environnementales ou
sociales. 32 jours par année, pensez-y, là, à faire des choses qui servent,
malheureusement, pour nous en tout cas, strictement rien.
Et ce fardeau-là, il n'est pas réparti
équitablement, parce que plus qu'une entreprise est importante, moins que ça
lui coûte d'argent de conformité par année, par employé. C'est le... c'est ce
qui m'apparaît être le plus grand scandale, parce que, lorsque tu considères
que la fabrique même de l'écosystème du Québec Inc., c'est composé majoritairement
de petites et moyennes entreprises, c'est là où que le bât blesse. C'est un
ratio de sept pour un. Autrement dit, donc, plus une entreprise est petite,
plus que le fardeau pèse lourd. C'est exactement l'inverse de ce qu'on voudrait
avoir. Donc, pour les coûts, là, une entreprise de 100 employés et plus,
c'est 1 374 $ par employé. Et pour ce qui est des entreprises de cinq
employés et moins, c'est 10 000 $ de conformité par employé, par
année.
Alors, quand le gouvernement dépose un
projet de loi pour alléger ce fardeau-là, on dit oui. On dit oui à la règle du
deux pour un, c'est un changement de paradigme, c'est le un pour un, ça
maintient le statu quo, deux pour un, ça crée une dynamique de changement qu'on
salue. Puis le Québec deviendrait la première juridiction au Canada à enchâsser
cette règle dans une loi. Ça, c'est un leadership qu'on salue. On dit oui à la
prolongation de la durée des permis. Moins de renouvellement, c'est moins de
paperasse pour l'État des entreprises également. On dit oui également aux
assouplissements pour les microbrasseries, les distilleries. Récemment, M. le
ministre, vous êtes allé visiter Labatt à Québec. Je pense que vous avez vu des
choses intéressantes là. Je pense qu'ils vous ont certainement proposé des améliorations
pour la suite, pour l'avenir. C'est un secteur qui est dynamique dans notre
région, il y a beaucoup de sous-traitance...
M. Boisvert (Frédérik) : ...puis
également, il pourrait y avoir davantage de mutuaion d'équipements... pardon,
de mutualisation d'équipements, donc ça encourage la collaboration, c'est
parfait. Alors on dit oui au pouvoir de modification réglementaire accéléré.
C'est un outil d'agilité. Ça permet de corriger des irritants rapidement, sans
attendre un projet de loi omnibus. Donc, soyons clairs, la Chambre de commerce
et d'industrie de Québec appuie l'adoption du projet de loi 11, mais on
vous demande également de l'améliorer, parce qu'un bon projet de loi peut
devenir un excellent projet de loi. Et nos entreprises ne méritent rien de
moins que l'excellence. On a quatre recommandations simples, concrètes et elles
feraient vraiment une différence selon nous.
Première recommandation : élargir la
définition de formalités administratives. En ce moment, la définition est dans
une politique gouvernementale, ce n'est pas dans la loi. Ça veut dire qu'elle
peut changer, qu'elle peut être interprétée de façon restrictive, qu'elle peut
être contournée. On vous demande d'enchâsser dans la loi une définition
englobante. Une formalité administrative, ça devrait inclure toutes exigences
imposées par l'État qui nécessite du temps, des ressources, des coûts de la
part d'une entreprise, toute exigence documentaire, toute exigence déclarative,
toute exigence procédurale. Si ce n'est pas dans la loi, ce n'est pas solide.
Deuxième recommandation : identifier
les ministères prioritaires dès maintenant. Le projet de loi nécessite... ne
précise pas quels ministères vont être assujettis à la règle du deux pour un
dès son entrée en vigueur. Cette décision-là est reportée à une politique
ultérieure. Nous on dit : N'attendez pas. Que ce soit l'environnement,
travail, revenu, transports, agriculture, CNESST, Retraite Québec, ce sont tous
des ministères puis des organismes qui ont un impact réglementaire important
sur nos PME. Nommez dans la loi assujettissez-les immédiatement, sinon on
risque de se retrouver avec une belle règle du deux pour un qui s'applique
quasiment nulle part.
Troisième recommandation : prévoir un
mécanisme de suivi mesurable. Ce qui se mesure s'améliore, ce qui ne se mesure
pas, bien, ça reste de bonnes intentions. Là, on parle... Moi, je vous suggère
un tableau de bord, mais ça peut être plein d'autres choses parce qu'on sait
qu'un tableau de bord, c'est encore beaucoup de formalités administratives,
mais quand même, ça demande quand même un monitoring, des cibles
annuelles qui permettraient de... comment je peux dire, de juger de la
performance de la loi sur une base annuelle. Puis pas juste des cibles en
nombre de formalités, des cibles en heures, parce que c'est ça qui compte au
final pour un entrepreneur, combien de temps il passe dans la paperasse. On
vous demande aussi une clause de révision après cinq ans pour ajuster le tir si
les résultats ne sont pas au rendez-vous.
Quatrième recommandation : annoncer
des étapes. Donc le projet de loi, c'est un excellent premier pas, mais le
milieu... le milieu des affaires attend la suite. On attend des avancées sur la
loi 25, la Loi sur la protection des renseignements personnels, ses
exigences sont hyper lourdes, particulièrement pour les petites entreprises,
puis vous seriez bien surpris de savoir le nombre d'entreprises actuellement
qui ne sont pas réglementaires au Québec. Parmi nos membres, il y en a encore
beaucoup, malheureusement. On s'affaire à les aider, mais il reste que c'est
quand même un gros problème partout. Si le gouvernement veut maintenant la
confiance du milieu des affaires, il doit annoncer clairement ce qui vient
également après le PL 11.
• (10 h 50) •
En conclusion, l'allègement réglementaire,
ce n'est pas un cadeau qu'on fait aux entreprises, c'est un investissement dans
la productivité collective du Québec. On sait que la productivité au Québec,
c'est un enjeu. Les derniers chiffres que je voyais, on était, par heure
travaillée, 8 $ moins productifs que le reste du Canada et on est
30 $ moins productifs que les États-Unis. C'est effarant, là. Alors, si on
regarde au niveau des statistiques, ça veut dire qu'une famille québécoise,
lorsqu'on se compare au niveau de l'OCDE, on est 12 000 $ plus pauvre que
le reste des pays membres de l'OCDE. Alors, pour moi, ça m'envoie un signal
majeur qu'au Québec, on a des entrepreneurs qui ont du talent, qui ont... qui
veulent travailler, qui veulent produire, mais il faut libérer les forces, il
faut... il faut enlever les entraves parce que sinon ça nous ramène vers le
bas. Alors chaque heure libérée de paperasse inutile, c'est une heure qu'un
entrepreneur peut consacrer à innover, à former ses employés, à servir les clients,
à développer des nouveaux marchés et surtout, également, à embaucher. Quand on
parle de productivité au Québec, et on en parle beaucoup, il faut se rappeler
que le fardeau réglementaire, c'est un vrai boulet qu'on traîne et ce
boulet-là, il pèse très, très lourd pour nos petites entreprises. Le projet de
loi n° 11 est une reconnaissance que ce fardeau-là
existe, que c'est un frein et que l'État peut agir, puis, nous, à la Chambre
des commerces de Québec, on vous dit : Adopter ce projet de loi là, mais renforcer-le,
enchâsser la définition dans la loi, nommer les ministères prioritaires,
mesurer les résultats et annoncer la suite. On est prêt à collaborer, nous, on
est disponible, on a hâte de voir le résultat puis, encore une fois,
félicitations pour ce projet de loi là. Oui, c'est vrai qu'il y a des
bonifications, c'est évident, c'est toujours le... en fait, c'est la règle
aussi des commissions parlementaires, on vous en propose. Mais, encore une
fois, bravo pour ce beau travail qui a été fait depuis quelques mois. Ça n'a
pas trop pris de temps, puis ça a été... Puis on souhaite également que, dans
les améliorations et dans la livraison de ce projet de loi là... que ça aille
aussi vite pour le plus grand bénéfice de nos entrepreneurs dans la région de Québec
et partout au Québec. Alors, voilà, c'est terminé, mon...
Le Président (M. Allaire) :
...merci, M. Boisvert. On débute la période d'échange. M. le ministre, la
parole est à vous. 16 min 30 s.
M. Poulin : Merci beaucoup, M.
Boisvert, pour vos bons mots. C'est très gentil, j'apprécie, ça me touche. Puis
effectivement on a écrit ce projet de loi là assez vite, assez rapidement. Le
deux pour un, c'est quelque chose qu'après mon assermentation j'ai voulu mettre
de l'avant, la prolongation des permis, le chantier sur les permis. Alors, on a
avancé de façon importante.
J'ai quelques questions, mais aussi j'ai
quelques précisions peut-être à apporter pour... pour les gens qui nous
écoutent. Dire tout d'abord que la politique, elle est enchâssée dans la loi à
l'article 5, c'est important de le mentionner. Et même on met dans la
politique le retrait de deux formalités avant d'en enlever une, parce que
j'aurais pu effectivement ne pas le mettre et je l'ai inscrit à l'intérieur de
la loi. Donc, là-dessus, ça a le mérite d'être clair.
Après ça, sur... l'assujettissement des
ministères et organismes à cette règle du deux pour un, là, présentement, on
est à 18 ministères et organismes dans le un pour un. J'ai l'intention de
le monter pas à peu près concernant les PME, sauf que, si je l'inscris dans la
loi, ça veut dire qu'à chaque fois je suis obligé de rouvrir la loi, revenir
devant la commission pour pouvoir le faire. Ça fait qu'on est dans un drôle de
mécanisme. Moi aussi, j'aurais été un partisan de les mettre noir sur blanc
dans un article, dire : Voici qui ont... Et à force d'échanges, à force de
discussions, on a dit : On va mettre la politique et dans la politique on
va venir... on va pouvoir le changer à chaque année. Puis, si jamais on s'aperçoit
qu'il y a un ministère qui exagère, bien, on le met.
Je vous donne un exemple : le
ministère de l'Éducation, peut-être moins relation que les entreprises, on n'a
peut-être pas besoin de le faire, mais on a, tout à l'heure, parlé de l'OQLF à
juste titre. Je pense que ça pourrait être intéressant de les assujettir. Et je
sais que pour les oppositions, on va me dire : On veut des garanties, M.
le ministre, tu sais, nous, on part de là, puis on ne le sait pas, ce que vous
allez faire, puis c'est comme quand vous faites ça par voie de réglementaire,
deux mois et demi après, puis des fois, c'est deux ans après, puis on a les
résultats. Je comprends. Je ferais la même chose à leur place. Je ferais...
hein?
Une voix : ...
M. Poulin : Non, non, mais je
sais, je sais, je ferais exactement la même chose à votre place. Mais il y a
quand même une logique, ce pour quoi je ne les inscris pas. Sur le mécanisme de
surveillance, je suis à la même place que vous, somme toute, au ministère de
l'Économie, sur une base annuelle, la Fédération des chambres de commerce vient
de se baser, la FCEI se base souvent en faisant leur palmarès. Il y a des
mécanismes de surveillance à l'intérieur de ça. Mais à l'intérieur de la
politique, je vais effectivement venir définir la formalité pour ne pas qu'on
arrive avec deux documents fusionnés qui vient en compenser un, alors ça doit
être à impact égal, à mesure égale, à coût égal. Il va falloir bien le définir,
ça fait que je ne veux pas ajouter de la lourdeur aux ministères et organismes
quand ils vont s'adresser aux PME, mais d'une certaine façon, je vais le faire
un peu parce que c'est eux qui en ajoutent tout le temps, d'une certaine façon.
Puis vous aviez raison, le un pour un venait équilibrer le tout dans une
politique à l'époque, là, on vient le mettre dans la loi, puis on vient même
dire deux pour un, donc là-dessus, il y a une avancée qui est somme toute
importante. Alors, je tenais à vous le mentionner sur le mécanisme de suivi,
sur les ministères et organismes également.
Vous m'avez parlé, aussi, des irritants
pour les entreprises. Alors, moi, je suis intéressé, évidemment, entendre tout
le monde qui souhaite me mettre des éléments de l'avant, vous m'avez parlé du
processus d'appel d'offres, il y a une consultation en cours avec ma collègue
au Trésor sur le processus, alors je suis intéressé à vous entendre là-dessus.
La loi 25, on s'était déjà parlé, aussi, de l'Office québécois de la langue
française, comment on peut mieux le travailler. Alors, je suis intéressé à vous
entendre sur ces volets-là, sur ces irritants-là.
M. Boisvert (Frédérik) :
Parfait. J'ai pris des notes parce que quand je visite les entreprises,
souvent, ils me passent des commentaires, ça fait que par exemple, au niveau
des restaurants. Ce qu'on note, c'est qu'il y a plusieurs permis, donc un
permis au MAPAQ, un permis au RACJ, le permis d'occupation de la ville, chacun
a sa propre date d'échéance. Est-ce qu'on pourrait voir à formaliser une date
d'échéance pour tout le monde ensemble? Ça, c'est un exemple, ce n'est pas de
se substituer au niveau d'un permis, mais davantage de mieux aligner les
choses, parce que sinon ça devient extrêmement périlleux de surveiller tout ça.
Au niveau du transport, donc, j'ai... j'ai
pris des notes, ici. Donc, on doit renouveler ses vignettes de la SAAQ pour
chaque véhicule, chaque fois, c'est le même processus : Formulaire, preuve
d'assurance, paiement. Pour une flotte de 25 camions, là, c'est
25 fois le même exercice. Nous, la Chambre de commerce et d'industrie de
Québec, on gère un bureau de la SAAQ à Beauport, puis je le vois de visu, là,
c'est... Il y a quand même des gros gains à avoir de ce côté-là.
Également, au niveau du secteur minier,
je me suis pris des notes ici. La prolongation des permis, dans le secteur
minier, de 2 à 3 ans, ça paraît anodin, mais pour une entreprise minière,
ça veut dire 33 % de moins de renouvellement sur une décennie. Donc de
«streamliner», un petit peu, les permis au niveau minier, je pense qu'on
gagnerait en efficacité, puis c'est un secteur qui est extrêmement lucratif, on
le sait. Puis c'est... c'est créateur d'emplois de manière importante,
notamment, également, au niveau... Tiens, tu vois, une PME manufacturière de la
capitale nationale m'a expliqué, là, qu'on doit fournir essentiellement les
mêmes informations financières à Revenu Québec, à la CNESST pour le calcul des
cotisations, et à Retraite Québec pour le RRQ, trois formulaires différents,
trois échéances différentes, trois systèmes informatiques qui ne se parlent pas.
L'État a déjà cette information là, il y a-tu moyen que ça se parle, puis qu'on
rende la vie...
M. Boisvert (Frédérik) : …à
nos entrepreneurs? Tu sais, je pourrais t'en dérouler d'autres, mais il y en a
pas mal, là.
M. Poulin : Mais tout à fait,
puis ça date des années 80, hein? Je veux dire, chaque ministère a travaillé en
silo avec leur clientèle.
M. Boisvert (Frédérik) : Je
comprends.
M. Poulin : Puis de faire ces
liens-là, ces collaborations-là. Zone entreprise, on en parlait tout à l'heure,
on veut l'accentuer. On parlait, tout à l'heure avec la députée de Jeanne-Mance—Viger,
d'obligation d'assujettir à Zone entreprise, de quelle façon on peut le faire
de façon responsable sans dédoubler, sans essayer de se trouver une raison d'être.
Puis, comme je dis souvent à mes collègues, je dis si vous demandez de changer
un règlement à ceux qui l'appliquent, ils vont vous dire qu'il est bon. C'est
normal, la nature humaine fait que tu justifies toujours ton travail, tu
justifies toujours ton département, puis finalement tu n'avances pas. C'est
pour ça que j'arrive avec un chapeau et un certain cran d'arrêt pour leur dire
je vous assujettis dans la loi, même chose sur la durée des permis. Vous nous
donnez un exemple dans différents ministères ne sont pas ou même au même
endroit, à la même date. C'est tout un défi de moine à essayer d'arriver…
d'arrimer tous ces gens-là. Je ne dis pas qu'il ne faut pas utiliser mieux
Revenu Québec parce que c'est une certaine tour de contrôle annualisé avec les
rapports d'impôt des entreprises qui nous permet d'avoir un meilleur outil,
mais c'est clair que là-dessus, il y a des améliorations à faire. Puis tout à
l'heure, c'est la collègue de Labelle qui nous parlait de l'Ontario notamment,
tu sais. Puis moi, j'ai fait le projet Loi sur les barrières commerciales où on
a éliminé des barrières et on se disait : Comment on peut aussi
s'harmoniser entre Canadiens sur notre allègement réglementaire, tu sais? Tu
sais, la construction est un bel exemple, puis peut être qu'il y a des
provinces au Canada qui peuvent être des modèles pour nous et vice versa dans
différents secteurs. On a la spécificité du français, mais bon, je pense
surtout qu'on peut… qu'on peut avancer à ce niveau-là.
Je ne sais pas si des collègues avaient
des questions? Je n'ai pas peut-être vu à l'ensemble. La députée de
Saint-François, aviez-vous des questions?
Mme Hébert : …
M. Poulin : Où ça va? Ça va.
OK, parfait.
Alors, bien, merci. Je… je salue votre…
votre dynamisme et certainement votre… votre ouverture et vos… vos bons mots
sur le projet loi. On va continuer évidemment dans les prochaines années.
M. Boisvert (Frédérik) : Merci
beaucoup.
M. Poulin : Merci.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
On enchaîne avec l'opposition officielle, Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger.
La parole est à vous.
Mme Rotiroti : Merci
beaucoup, M. le Président. Bonjour à M. Boisvert, merci d'être là. Je veux le
saluer de la part de mon député de Nelligan, notre leader qui nous regarde à la
télé. Alors, il vous envoie ses salutations.
Alors, je vais aller dans le vif du sujet
parce que vous parlez dans votre…. dans les recommandations que vous faites,
c'est de chasser dans la loi tout ce qui est reddition de comptes, mécanismes
de suivi, tout ça. Je comprends que le ministre, lui, parle de la politique.
Mais on sait, je n'ai pas à vous expliquer que mettre quelque chose dans une
politique, dans le fond, c'est un souhait, c'est une orientation, tandis que,
quand c'est chassé dans la loi, bien, il y a une obligation de résultat. Et je
pense que… puis je ne veux pas vous mettre des mots dans la bouche, mais je
pense que c'est de là que vient votre… votre recommandation de… justement de
mettre ce mécanisme-là, entre autres le mécanisme de reddition compte dans la
loi de chassée parce qu'il y a une obligation de résultat à ce moment-là.
Alors, on a eu la… la Fédération des
chambres de commerce avant vous, et je vois que Mme Proulx est encore… je ne
sais pas si elle est encore dans la salle. Elle nous a parlé de la fameuse
plateforme Zone entreprise qui a été mise en place en 2017 que moi, je voyais
comme un guichet unique, un guichet unique où, sur cette plateforme-là, on
trouverait un l'adhésion de tous les ministères et une simplification de tout
ce qui est information pour qu'un entrepreneur peut naviguer librement sur ce
site-là et obtenir surtout l'information qu'il a besoin rapidement.
Vous, comment vous voyez ça par rapport à
cette plateforme-là? Avez-vous la chance de naviguer? Moi, j'ai fait une
tournée dans le Québec avec les entreprises, puis sincèrement, ils disent que
c'est très compliqué, et 9 sur 10 quand il rentre sur cette plateforme là, ils
ne trouvent même pas ce qu'ils ont besoin.
• (11 heures) •
M. Boisvert (Frédérik) : Alors,
je ne vous raconterai pas des bobards. Je ne l'ai pas visité cette
plateforme-là, mais je tiens à vous dire, par exemple, que le concept est bon,
c'est-à-dire de centraliser l'information. Le problème lorsqu'on fait ça, c'est
que souvent on fait un «quick hit», c'est-à-dire qu'on centralise
l'information, mais il y a un travail à faire en amont, c'est que c'est beau
partager une information, mais on pourrait également se servir de cette
plateforme-là pour simplifier les choses. Donc, quand on propose des mesures
d'amélioration au niveau de l'émission, mais pourquoi pas en même temps
s'assurer que tout ça soit fasse partie de la plateforme par exemple. C'est sûr
que des projets du genre, c'est… la chose facile, c'est de rassembler l'information
puis de packager, la chose difficile, c'est de faire des changements qui
permettent aux entrepreneurs d'avoir accès à l'information utile rapidement,
mais également que ce n'est pas parce que tu as l'information rapidement pour
savoir que tu as à remplir 24 permis que ça te rend la vie plus facile. Tu
comprends? Ça fait qu'il y a aussi un travail en amont à faire, je pense, qui…
qui serait salutaire pour les entrepreneurs partout au Québec.
Mme Rotiroti : Merci...
11 h (version non révisée)
Mme Rotiroti : ...vous parlez
aussi... vous avez mentionné par rapport à... Vous allez fort dans les mots «renforcer»...
tout le concept du deux pour un, là, vous dites : Renforcer-le, l'enchâsser
dans la loi. Pouvez-vous me donner un exemple de qu'est-ce que vous voulez dire
quand vous dites renforcer-le? Dans quelle façon qu'on pourrait le renforcer?
Oui, le mettre dans la loi, ça, j'ai compris, mais il y a-tu un autre exemple
que vous pouvez nous donner qui pourrait renforcer sur le concept du deux pour
un?
M. Boisvert (Frédérik) : C'est-à-dire
qu'on pourrait la muscler davantage, la définition dans la politique... dans le
projet de loi. C'est-à-dire qu'on devrait mieux peut-être définir c'est quoi
une formalité administrative, puis qu'on inclut, comme j'ai déjà dit, toutes
exigences imposées par l'État, qui nécessite du temps, des ressources et des
coûts de la part d'une entreprise. C'est vrai que quand je vous dis ça, moi, c'est
facile, hein, je propose puis les fonctionnaires, après ça, puis les
politiciens doivent y aller, puis ça demande beaucoup d'efforts, mais... Puis
je comprends également les subtilités que le ministre nous partage en termes de
la séquence, parce qu'on ne veut pas non plus perdre le beat, on veut donner un
projet de loi, le renforcer après, mais je... En tout cas, si on peut atteindre
un meilleur équilibre, ce serait... ce serait le bienvenue, donc de peut-être
définir davantage c'est quoi une formalité administrative. Donc, je répète, qui
devrait inclure toutes exigences imposées par l'État qui nécessite du temps,
des ressources et des coûts de la part d'une entreprise, toute exigence
documentaire, exigence déclarative, exigence procédurale. Ça serait bien quand
même qu'il y ait des notions qui se retrouvent dans le projet de loi. Je
comprends que pour des raisons techniques, peut-être que ce n'est pas tout qui
pourrait s'y rejoindre, mais... se joindre au projet de loi, mais je pense qu'on
pourrait faire un effort pour rendre ça plus musclé, davantage.
Mme Rotiroti : Merci. Je vais
passer la parole à mon collègue de Jacques-Cartier.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député de Jacques-Cartier, 5 min 23 s.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Merci beaucoup pour votre présentation. Je vais continuer dans le même sens de
ma collègue. Vous avez dit : Libérer les entreprises, c'est important, ça,
c'est un projet de loi qui est un premier pas, puis j'ai trouvé la partie où
vous avez mentionné le fait qu'il y a une recommandation pour inclure, comme
dans... de préciser les organismes prioritaires : Environnement, travail,
transports, MAPAQ, etc. Et encore, on a une bonne liste d'épicerie. Mais pour
vous, sur le terrain et pour vos membres, ces différents ministères et
organismes, est-ce que vous avez des exemples concrets, des choses qu'on peut
ajouter dans ce projet de loi rapidement, que vous pouvez nommer pour nous? C'est
bien de nommer des différents organisations et ministères, mais nous... moi, je
cherche un peu plus des exemples concrets. Vous avez fait référence, je pense,
un peu, dans votre réponse précédente, mais je laisse vous la parole.
M. Boisvert (Frédérik) : Bon,
j'ai quand même partagé à M. le ministre quelques exemples concrets. Je
pourrais en ajouter, par exemple, au niveau des chantiers de construction, il
peut y avoir une inspection de la Ville, une inspection du RBQ, une inspection
de la CNESSST, une inspection d'Hydro-Québec. Chacun vient à un moment
différent, puis c'est toujours l'État du Québec qui débarque, là, mais chacun
vient à un moment différent. C'est extrêmement disrupteur au niveau des
chantiers. Pourquoi ne pas coordonner des visites? C'est aussi bête... Là,
c'est sûr que tu me dis : Bien là, on est dans des visites versus le
projet de loi. Il reste que c'est un alignement, c'est un... Le focus de
toujours, puis je pense que c'est ça, un alignement du projet de loi, M. le
ministre, c'est de réduire le fardeau auprès des chefs d'entreprise. Bien, sans
être prescriptif à la mort, comme on dira en bon Québécois, on... est-ce qu'on
peut avoir une notion, au niveau de l'État, que ce soit dans la conception... Parce
qu'on ne le se cachera pas, là, quand vous, vous recevez des projets de loi,
là, c'est... c'est long comme ça, là, c'est un kilomètre avec des centaines de
pages, puis qui a le temps de tout vraiment vérifier, en tant que législateur,
les complexités que la machine produit? Mais je pense que... Je ne sais pas si
c'est un arrêt dans la procédure où on... Les parlementaires auraient une
semaine ou deux pour examiner, je n'ai aucune idée, mais il reste que la
machine produit extrêmement de complexité, que je ne suis pas certain que le
législateur peut tout capter, puis ce qui fait qu'à la fin de la journée, ce
sont toutes des exigences qui s'ajoutent et qui coûtent à l'entrepreneur.
J'ai pris d'autres notes ici, un instant,
par exemple, l'évaluation des facteurs relatifs à la vie privée. Donc, on sait
que depuis septembre 2023, toute entreprise qui met un projet impliquant des
renseignements personnels doit réaliser une évaluation des facteurs relatifs de
la vie privée. Donc, moi, un de mes membres, une PME technologique, m'a dit qu'il
avait mis 40 heures à compléter une évaluation pour un projet de loi
relativement simple, 40 heures, ça n'a pas de sens. C'est une semaine complète
de travail. Pour une PME de 15 employés, là, ils ne peuvent pas se le
permettre. Puis l'intention est noble, et loin de moi de dire que ce n'est pas
un projet de loi qui était cohérent avec la... une complexité dans la gestion
des données personnelles. J'en suis. Mais il reste que, s'il vous plaît, lorsqu'il
y a l'application de la loi, on peut-tu penser aux entrepreneurs? Parce que si
cette Assemblée-là fonctionne aujourd'hui, si nos programmes sociaux sont
payés, là, on va leur... on va leur lever leur chapeau, parce que c'est eux
autres qui mettent l'argent dans les poches du gouvernement, puis on doit les
respecter. Moi, c'est ma préoccupation principale.
M. Kelley : Mais merci
beaucoup pour la précision, aussi, la référence vers la construction, puis on
peut penser à des exemples dans le logement, alors c'est vraiment apprécié
de... pour nous, comme les législateurs, d'avoir un exemple...
M. Kelley : ...comme ça, et
c'est vrai, parce que chaque fois qu'on est en commission parlementaire, puis
nous, dans l'opposition, souvent, on pose des questions à le ou la ministre,
mais cet article-ci, comment ça va être mis en place pour vrai, chaque fois,
c'est vrai que souvent, c'est d'avoir un fonctionnaire qui assure que cette
partie de loi est respectée. Alors, merci pour ça.
Puis je veux juste revenir rapidement, je
sais que je n'ai pas énormément de temps, mais aussi de chercher comme...
Est-ce que vous pensez qu'une... du Québec est une bonne idée? J'enlève la
politique qui était proposée, un exemple a été fait en Pennsylvanie, quand
même, dans les années 2000. Mais quelque chose qui cherche plus que d'attendre,
quand même, un un pour deux ou quoi que ce soit, mais vraiment une organisation,
un organisme qui recherche des règlements qui ne sont plus utiles maintenant...
nous faire des recommandations au niveau des élus.
M. Boisvert (Frédérik) : La
complexité, c'est qu'on parle d'ajouter un niveau de bureaucratie pour réduire
la bureaucratie. C'est le grand paradigme de l'État et des politiques publiques
au final. Mais il reste quand même que, sans créer une super agence, une super
commission, il faudrait que cette intention là, avec qui vient, que le pays qui
joue le jeu vous implore, ça ne devrait pas être un exercice partisan, c'est
que ça devait réunir tous les partis, que le législateur doit garder en tête
l'importance du fardeau pour chaque projet de loi présenté puis, écoutez, si
c'est possible, de ralentir la machine que les législateurs aient plus de temps
pour réviser les projets de loi. Je comprends que la discipline de parti, il y
a tout ça, mais quand même, ça part du bureau du ministre avec les staffeurs
qui sont là pour examiner le projet de loi. Ça découle, après, au niveau du
caucus, lorsque vous recevez des projets de loi pour les voter. Je pense que le
rôle du législateur doit être bonifié, on doit… on doit laisser plus de... on
doit mieux équiper les législateurs pour être à tout le moins de chaque projet
de loi. Ça, c'est un petit peu une intention que je vous partagerais. Puis, si
possible, oui, instaurer quelque chose de permanent qui nous permette de
suggérer, sur une base régulière, des améliorations constantes au quotidien,
puis ça devrait être le propre de chaque ministère, pas… peut-être… En tout cas
que ce soit un petit quelque chose qui supervise tout le reste, ou pour chaque
ministère, peu importe…
Le Président (M. Allaire) :
Merci.
M. Boisvert (Frédérik) : …il
faut que l'intention demeure de réduire le fardeau pour les entrepreneurs.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Ceci met fin à la période d'échange avec l'opposition officielle. Mme la
députée de Verdun, 3 min 18 s.
Mme Zaga Mendez : Merci.
Merci, M. Boisvert. Je vous entendais tout à l'heure dans l'échange concernant
le fardeau administratif, la règle du deux pour un, j'aimerais ça vous amener
sur une discussion lorsqu'il existe, parce que c'est… vous parlez de notre
travail comme législateur, ça nous arrive souvent qu'on va légiférer sur des
nouvelles technologies, sur des nouveaux aspects sur lesquels il n'existait pas
auparavant des… des permis, n'importe quel… un fardeau administratif, et nous,
nous avons pas le choix je pense… je pense entre autres à l'intelligence
artificielle qui prend de plus en plus de place. Comment vous voyez
l'application de la règle de deux pour un dans un contexte dans lequel il y a
un vide réglementaire?
M. Boisvert (Frédérik) : Bonne
question. D'abord, peut être répondre parce que je pense que l'intelligence
artificielle, juste au niveau du fardeau réglementaire, elle a un rôle à jouer,
je pense, en termes de recension des… des problématiques liées à toutes les
autres… à l'intérieur des ministères. Maintenant, c'est certain que l'IA
transforme nos vies, transforme les… les façons de faire. Il y a toute la
question aussi de la souveraineté de la donnée, tout ça, je comprends ça. Mais
je veux juste être bien sûr de comprendre votre question, dans un rapport de…
tu sais, je ne suis pas certain, là.
• (11 h 10) •
Mme Zaga Mendez : … je vous
donne un exemple. Dans le secteur agricole, on trouve une nouvelle technologie,
un nouvel usage X de pesticides ou d'intrants pour lesquels on n'a pas un
cadre. Donc, on va peut-être se pencher ici sur des exigences. Donc, comment
vous voyez l'application, parce que c'est un peu ça que j'ai en tête, la règle
deux pour un? Donc, on introduit une nouvelle exigence, mais on enlève deux.
Mais dans un domaine dans lesquels il n'y a jamais… il n'y a pas eu auparavant
aucune… aucun fardeau administratif dans ce domaine-là.
M. Boisvert (Frédérik) : …c'est
que le «piggy bank» de l'État québécois en termes de règles à enlever, là, il y
en a pour quelques décennies, je te dirais, là, à faire un ménage dans ce qui
n'est pas… ce qui n'est pas…, ce qui n'est pas, ce qui n'est pas pas pertinent,
mais qui pourrait être allégé. Donc, qu'on ajoute des règles par rapport au
reste ou à l'univers d'intelligence artificielle, j'en suis et je pense que
c'est souhaitable. Mais je crois qu'on a en masse de règles qu'on peut enlever,
qui n'ont rien à voir avec ce domaine-là, qui peut être optimisé. Ça fait que
je ne sais pas si je suis bien votre question, mais on a… tu sais, on a… tu
sais, les grands sujets de l'heure, on aura toujours place à discussion et on
pourra toujours légiférer par rapport à ça et puis à faire des règlements en
conséquence. Mais je pense qu'il y a tellement de réglementations inutiles,
superflues. La banque est pleine de ce côté-là, là. Vous… vous allez avoir du
fun pour quelques années, là, quand… avec la règle du deux pour un.
Mme Zaga Mendez : J'ai encore
un peu de temps. Mais vous répondez à ma question. Ceci étant dit, c'est un peu
la question à nous à se poser : Mais comment on va appliquer ce principe,
vu que, mettons, si on applique, selon la logique que vous exposez…
M. Boisvert (Frédérik) : Oui,
oui.
Mme Zaga Mendez : …mais dans
le …
Mme Zaga Mendez : ...dans
lequel on pourrait retirer 2, bien, ça se peut que... Est-ce... Est-ce que
c'est...
M. Boisvert (Frédérik) : Bien,
c'est parce que, par exemple...
Mme Zaga Mendez : Je me pose
la question de comment choisit, justement, comment on fait cet arbitrage.
M. Boisvert (Frédérik) : Ah!
bien, écoutez, je veux dire, des règles inutiles, il y en a à la tonne au
gouvernement. Donc, par exemple, on amènerait un projet de loi où on
légiférerait sur l'IA, par exemple, encore une fois, il n'en manque pas, là,
d'optimisation réglementaire au sein du gouvernement, là. Moi, je ne suis pas
inquiet du tout.
Puis je ne sais pas si je saisis bien
votre question, mais moi, je ne vois pas...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci. Merci. Désolé...
M. Boisvert (Frédérik) : En
fait, je vois très bien... Le cadre actuel le permet.
Le Président (M. Allaire) : Désolé.
Ça met fin à la période d'échange avec le deuxième groupe d'opposition.
J'enchaîne avec la députée de Jean-Talon. Vous avez trois min 18 s.
M. Paradis : On a eu le
projet de loi n° 85 qui est devenu la loi huit le printemps dernier, on a
le Plan PM adopté en 2024, on a eu le Plan d'allègement 2025... 2020-2025.
Est-ce que le gouvernement a atteint ses... ses objectifs? Comment ça se fait
qu'on a ces discussions-là aujourd'hui, que ça n'a pas eu l'air de diminuer,
mais ça a eu l'air d'augmenter le fardeau aux entreprises?
M. Boisvert (Frédérik) : Je
pense qu'on a noté que le gouvernement entend de plus en plus, je pense, les
entrepreneurs chialer. C'est... Ils chialaient avant, mais ils chialent encore
plus. Moi, je suis certain qu'avec le ministre Poulin, lorsqu'il se présente en
Beauce, ça doit chialer solide. Parce que tu... Il visite beaucoup
d'entreprises. Puis, moi, je pense que c'est une prise de conscience
progressive de l'importance du fardeau. Ça fait que j'en suis, là, quand vous
me parlez, là, des multiples projets de loi qui ont été avancés, il y avait le
projet de M. Skeete sur le «red tape», je ne crois pas que ça a apporté tant de
changements que ça. En fait, si ça avait changé des... ça avait changé quelque
chose, les entrepreneurs le diraient. Or, je n'ai rien entendu là-dessus.
Alors, c'est pour ça qu'aujourd'hui, lorsque je vois le P11, je suis excité, je
suis emballé, puis je souhaite que ça produise des vrais résultats. Puis c'est
pour ça qu'on l'appuie avec évidemment des suggestions d'amélioration, mais il
reste que je pense qu'il faut vraiment, là, donner un coup de barre. Puis puis
je pense que ce projet de loi là va nous le permettre.
M. Paradis : Très bien. J'aimerais
continuer un peu la discussion que vous aviez avec mon collègue de
Jacques-Cartier. Est-ce que vous avez... Parce que, là, vous nous proposez une
définition, à votre première recommandation, une définition très large des
formalités, mais en même temps, vous avez des membres, notamment, donc, dans la
Capitale-Nationale, dans la région de Québec, qui, eux, le vivent à tous les
jours. Moi, quand j'étais en entreprise, les formulaires puis les formalités
qu'on avait de trop, là, j'aurais été capable de vous les nommer, là, sur le
bout de mes doigts.
M. Boisvert (Frédérik) : Je
comprends.
M. Paradis : Plus vous allez
nous alimenter là-dessus, puis plus on va être capables de faire un travail
efficace. Puis je qualifie ma question, là, puis je vais prendre un truc assez
dramatique. Mais vous souvenez-vous du drame de L'Isle-Verte, 32 personnes
âgées qui sont... qui sont décédées dans l'incendie d'une résidence parce qu'il
n'y avait pas eu le respect des formalités pour les gicleurs?
M. Boisvert (Frédérik) : Oui.
Je m'en rappelle. Oui, oui, oui.
M. Paradis : Donc, il n'y a
personne ici, je pense, qui va dire : Bien là, ça prend moins de
formalités puis moins de sécurité. Donc, entre l'intérêt public puis le fait
que, là, on veut libérer nos entreprises puis libérer du temps aussi dans la...
dans l'appareil gouvernemental, parce que ça aussi, ça nous grève, plus vous
allez être clair dans ce qui est vraiment là où on doit agir, plus ça va nous
aider. Parce que, là, on a une formule mathématique, mais le ministre lui-même
le mentionnait, il faut aller au-delà de la formule mathématique puis faire les
bons choix.
Qu'est-ce que vous pouvez nous dire de
très concret là-dessus, de : Eille, ça, dans l'intérêt public, il faut le
conserver, mais c'est là, là, qu'on perd du temps? Parce que «paperasse
inutile», ça peut vouloir dire beaucoup de choses, mais pas tant que ça.
Le Président (M. Allaire) : En
30 secondes.
M. Boisvert (Frédérik) : Bien,
écoute, là, je vous en ai donné, des exemples, à tour de bras depuis le début
que je vous parle en termes de la restauration, évidemment, la construction. Tu
sais, j'ai pris d'autres notes. Des fois, c'est des entrepreneurs qui me
parlent des appels d'offres pour des contrats de 50 000 $ qui existent
trois années d'états... trois années d'états financiers vérifiés, des
références de contrats similaires, des plans de gestion de risques. Ces
exigences-là sont super, mais en même temps, pour un contrat de
50 000 $, c'est-tu vraiment requis? Tu sais, c'est... c'est du gros
bon sens. Il reste que c'est un travail titanesque qu'on a devant nous, hein?
On ne se le cachera pas, là, parce qu'on a bâti cet état-là avec un corpus
réglementaire gigantesque depuis une génération.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Ça met fin...
M. Boisvert (Frédérik) : Ça
va prendre du temps avant de régler ça.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Ça met fin à l'ensemble des blocs d'échange. Désolé de vous couper, là, je suis
le gardien du temps. Alors, merci à la Chambre de commerce et d'industrie de
Québec. M. Boisvert, merci pour votre contribution à cette commission.
Nous allons suspendre les travaux quelques
instants. Merci!
(Suspension de la séance à 11 h 16)
(Reprise à 11 h 18)
Le Président (M. Allaire) : À
l'ordre, nous allons reprendre les travaux. On accueille notre prochain groupe,
le Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec. Alors, bienvenue à
vous deux, je vous laisse le soin de vous présenter et vous pouvez débuter, là,
votre... la période d'allocution de 10 minutes, va s'ensuivre la période
d'échange. La parole est à vous.
M. Graff (Pierre) : Merci, M.
le Président, M. le ministre, mesdames et messieurs les députés, bonjour à
toutes et à tous. Pierre Graff, j'ai la chance d'être président-directeur
général du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec, également
membre du comité-conseil sur les allègements et... L'organisation, également
connue sous le nom RJCCQ, pour l'acronyme qu'on va certainement réutiliser, je
le précise, et je suis accompagné par ma collègue Ameline Serre, qui est
conseillère au service aux membres, et on tient sincèrement à vous remercier de
nous avoir invités à présenter nos commentaires et observations dans le cadre
de ce projet de loi n° 11.
Mme Serre (Ameline) : Je vais
enchaîner, donc, depuis plus de 30 ans, le RJCCQ, donc, soutient... réseau
d'une quarantaine de jeunes chambres et d'Ailes jeunesse un peu partout au
Québec, qui sont composées de milliers de professionnels et puis
d'entrepreneurs de moins de 35 ans. Et une réalité les touche tous : La
lourdeur administrative est aujourd'hui l'un des principaux obstacles à la
productivité des jeunes entreprises, puis même à l'entrepreneuriat. Avec des
ressources limitées, chaque heure passée sur des processus complexes est une
heure qui n'est pas consacrée à créer de la valeur, à innover ou même à se
développer. Le projet de loi n° 11, tel que déposé
par le ministre délégué à l'économie, marque un changement certain, puisqu'il
reconnaît enfin que la réduction du fardeau administratif et réglementaire des
entreprises doit devenir une priorité de l'État. Il donne au gouvernement une
partie des leviers nécessaires, ce qui était jusqu'ici très difficile.
• (11 h 20) •
M. Graff (Pierre) : Vous
comprendrez donc, mesdames, messieurs, que le Regroupement des jeunes chambres
accueille favorablement l'inscription explicite de cette responsabilité dans la
mission du ministère de l'Économie, ainsi que de l'obligation de mettre en place
une nouvelle politique d'allègement. On salue également, évidemment, la fameuse
mesure du deux pour un. On ne peut pas être contre la vertu pour accélérer la
réduction du fardeau administratif, et je pense que c'est un signal important
qui est envoyé aux entrepreneurs actuels mais aussi futurs, puisque vous savez
que le Québec a quand même certains enjeux au niveau du dynamisme
entrepreneurial.
Donc, on salue également les avancées
sectorielles, on sait qu'il y en a plusieurs, on l'a vu au niveau des boissons
alcoolisées et autres. Et ça montre aussi qu'un changement de culture est
possible, souhaitable au sein de l'administration publique, donc, un autre un
pas en avant au niveau des allègements réglementaires. On pense qu'il faut
aller plus loin, parce que c'est vrai que les impacts sont réels, sur le
terrain, on le voit d'ailleurs tous les jours, et c'est justement de cette
réalité-là, à partir d'exemples concrets, qu'on souhaitait poursuivre les
travaux.
Mme Serre (Ameline) : Donc,
on souhaite maintenant illustrer nos propos à l'aide de quelques exemples issus
des réalités du terrain. D'ailleurs, certaines améliorations peuvent être mises
en œuvre rapidement par le gouvernement, que ce soit des modifications
législatives ou encore par moyen de décrets ou de directives. De nombreux
entrepreneurs possèdent, aujourd'hui, plus d'une entreprise. En moyenne, on
parle de 2,3 entreprises par entrepreneur. Certains gèrent cinq, voire 10 ou
même plus. Cette réalité entraîne des irritants...
Mme Serre (Ameline) : ...administratifs
très concrets, notamment l'obligation de gérer cinq, voire 10 comptes clicSÉQUR
entreprise distincts, chacun avec son propre identifiant, ce qui oblige aussi
les entrepreneurs à fournir à répétition cinq, parfois 10 fois les mêmes documents.
C'est pourquoi, dans notre mémoire, nous proposons de modifier la loi sur la
publicité légale des entreprises afin d'offrir la possibilité de créer des
groupes d'entreprises rattachés à un identifiant unique. En ce qui concerne
Revenu Québec, c'est un enjeu très fréquent qui revient dans nos échanges avec
les jeunes entrepreneurs, concernant, notamment, les délais de traitement des
dossiers. Ces derniers nous parlent régulièrement de la complexité des
démarches, de la multiplication des formulaires et surtout des délais
excessifs. À titre d'exemple, selon la déclaration de service à la clientèle,
un avis de cotisation pour un citoyen est émis en moyenne en 14 jours, alors
que ce délai, pour une entreprise, est de 100 jours. Nous recommandons donc de
réduire ce délai et d'envisager un rapprochement avec ceux applicables aux
citoyens.
Dans la même logique, la question de la
transparence et de la qualité des réponses de Revenu Québec mérite également
d'être soulevée. Au-delà des délais, plusieurs entrepreneurs nous rapportent
que les décisions rendues manquent souvent d'explications claires et précises.
Et les conséquences sont bien réelles sur le terrain. Je vous donner quelques
exemples, donc, par exemple, un entrepreneur nous a expliqué avoir dû payer
4 000 $ pour régler un litige, faute d'obtenir des réponses claires et
rapides. Un autre a dépensé 50 000 $ en frais de comptables et d'avocats
pour récupérer 305 000 $ de taxes qu'il aurait normalement dû récupérer. Un
troisième nous a indiqué que l'obtention d'un retour d'appel ou d'une
explication cohérente peut prendre parfois des mois. Dans chacun de ces cas, le
manque d'informations précises et compréhensibles a entraîné des coûts
importants et une escalade inutile des démarches. Nous estimons donc qu'il
serait opportun de motiver systématiquement les décisions de refus en exposant
clairement les raisons invoquées ainsi que les éléments manquants ou non
conformes. Une telle pratique permettrait non seulement de mieux éclairer les
entrepreneurs, mais aussi de prévenir la reproduction de situations
conflictuelles tout en amorçant une confiance envers l'administration fiscale.
Les exemples que nous venons de présenter
mettent en lumière une réalité connue sur le terrain. Très souvent, les
exigences administratives imposées aux entreprises sont disproportionnées par
rapport aux objectifs visés. Dans ce contexte, le PL-11 constitue un précédent
important, puisqu'il allège de façon significative la reddition de comptes des
ministères. Cela démontre clairement que certains processus nuisaient à
l'efficacité de l'État. Cette reconnaissance doit maintenant se traduire à une
réflexion équivalente à l'égard des entreprises. Celles-ci, déjà fortement
sollicitées et contraintes par des obligations administratives multiples,
consacrent un temps et des ressources considérables à la conformité. Il est
essentiel qu'aucune entreprise ne se mette en péril pour tenter d'accéder à une
aide. De la même manière, les redditions de comptes exigées aux bénéficiaires
doivent être allégées, proportionnées et claires.
M. Graff (Pierre) : Vous
voyez que pour nos petites et moyennes entreprises, il est souvent extrêmement
difficile de suivre le flot d'exigences administratives et réglementaires, et
forcément, ça pose un enjeu. Les formulaires à travers les différents
ministères, les plateformes qui ne sont pas harmonisées, les calendriers qui ne
communiquent pas, bien, évidemment comme conséquence, ça fait que les
entreprises doivent souvent, en fait, partager des informations qu'ils
pourraient partager seulement une seule fois à plusieurs ministères, c'est un
irritant majeur et, aussi, une perte de temps considérable. J'aimerais vous
donner, d'ailleurs, l'exemple de la CNESST, qui demande des données salariales
que l'État possède déjà par Revenu Québec, notamment, à travers la déclaration
annuelle des salaires. Donc, une meilleure circulation des données au sein de
l'administration permettrait d'éviter ces types de doublons.
Pour vous amener un peu plus loin, aussi,
je voulais emmener la... l'enjeu du fardeau administratif et réglementaire dans
un cadre qui est plus grand, qui est lié au découragement des entrepreneurs.
Vous savez, en 1992, le Québec comptait 195 000 entrepreneurs pour une
population active de 3.5 millions de personnes. En 2025, on estimait, à peu
près, qu'il nous restait seulement 100 000 entrepreneurs pour une population
active qui a augmenté à 4.5 millions de personnes. C'est-à-dire que la part des
entrepreneurs, de nos créateurs de richesse, de la... de nos créateurs de
valeur, est passée de 5.5 % à 2.2 % de la population active.
Forcément, lorsqu'on leur dit, aujourd'hui, que, bien, s'ils se lancent en
affaires, bien, ils vont devoir gérer de manière disproportionnée
puisqu'évidemment, les plus petites entreprises sont touchées de manière
disproportionnée par le fardeau réglementaire et administratif, leur dire
qu'ils vont devoir faire face à ça, faire face, évidemment, à tout le stress
qui vient avec la profession d'entrepreneurs, s'ils grandissent, peut-être avoir
différents enjeux avec les syndicats, comme on le voit maintenant,
malheureusement, avec le recul du dialogue social, bien, forcément, je pense
que ça crée un contexte qui n'est pas très favorable. Donc, je pense...
M. Graff (Pierre) : ...ultimement,
c'est vraiment une approche... un changement dans l'approche vraiment au sein
de l'administration qui pourrait faire que l'on aurait de haut en bas des
personnes qui chercheraient de manière proactive lorsqu'ils dealent avec des
entreprises et avec des entrepreneurs, à identifier eux-mêmes les enjeux pour
être capables de les adresser le plus rapidement possible et être capables
justement d'avoir le Québec prospère que l'on souhaite tous.
Donc, le... tient à réaffirmer son soutien
général au projet de loi 11. Nous croyons que ce projet représente un pas
important pour instaurer un début de culture administrative plus agile, plus
cohérente et plus respectueuse du temps des entreprises québécoises. Toutefois,
pour que ces changements se traduisent en bénéfices réels et mesurables
évidemment pour les jeunes entrepreneurs et les entrepreneurs en général, il
est essentiel d'aller au-delà des principes et d'aller se coller aux réalités
du terrain.
Donc, nous vous remercions encore une fois
pour votre écoute et cette opportunité de contribuer aux travaux et nous
prendrons vos questions. Je vous remercie.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci à vous. On débute la période d'échange. M. le ministre, 16 minutes
30 secondes.
M. Poulin : Merci, M. le
Président. Salutation, M. Graff, Mme. Merci pour l'exposé.
Vraiment, c'est un mémoire très costaud,
hein? Vous allez dans plein de directions, du Registraire des entreprises du
Québec, Revenu Québec, ministère de l'Environnement, le Trésor, la Loi sur la
publicité légale, les audits externes. Félicitations, parce que c'est... c'est
vraiment important. Puis je trouve qu'il y a toute une plateforme électorale
là-dedans pour n'importe qui qui souhaite faire de la politique auprès des
entreprises. Alors, merci pour le partage. J'ai vraiment eu beaucoup de plaisir
à parcourir le tout.
Effectivement... puis merci pour les bons
mots, parce que, oui, ce projet de loi là vient donner un cran d'arrêt à la
réglementation québécoise en instaurant le deux pour un. Puis on aura la
chance, au fil des travaux, de venir travailler avec les oppositions pour
l'enforcer, pour l'incarner dans cette politique-là. Et je ne l'ai pas encore
dit depuis le début de nos travaux, mon souhait, dans les trois prochains mois,
du moins au printemps : déposer la politique d'allègement réglementaire.
Alors que quand le projet loi est terminé, on puisse y aller rapidement. Puis
la politique, vous pouvez aller la retrouver sur le site Internet, c'est
17 pages à peu près. Et on voit les exceptions, on voit les
assouplissements. Et je veux la retravailler de fond en comble. Et ce que vous
venez de nous dire, le Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec,
ce que la Fédération est venue nous dire, ce que la Chambre de commerce est
venue nous dire présentement, ça nous sert, là. Alors, c'est un travail qui est
double : oui, pour le projet loi 11, mais aussi dans le cadre de
cette politique. Alors, votre déplacement, sachez qu'il est double, même si on
reviendra vers vous, évidemment, pour retravailler cette politique-là. Alors,
je tiens à vous le mentionner.
Il y a effectivement des éléments qui
sortent un peu de la boîte, mais qui, en même temps... je l'entends comme
ministre à tous les jours et comme député de Beauce-Sud. Sur le système de
subventions provinciales, notamment dans le domaine technologique, c'est le b,
là, dans votre mémoire, se... je vous cite, «se révèle souvent lourd en raison
de la somme importante de travail nécessaire pour la préparation, entre 70 et 100 heures
de rédaction, et pour la reddition de compte, normalement, quatre dans un
projet. Les entreprises doivent justifier leur avancement, démontrer les
retombées de leur projet pour l'organisation et pour la province. Ça freine
l'agilité. Le délai d'approbation de 8 à 12 mois.» Puis on sait dans le
contexte actuel comment 8 à 12 mois en économie, ça peut être une
éternité. Et ça m'amène souvent à dire : Bien, vous savez, nous, on a la
Vérificatrice générale, qui est une institution fort importante au Québec, que,
si on ne met pas de pare-feu lorsqu'on remet des sommes financières à une
entreprise, bien, on va nous dire : Vous avez remis ça, il n'y a pas de
reddition de comptes, vous n'avez pas fait les suivis, est-ce que la machinerie
a été achetée, est-ce qu'elle fonctionne. Alors, comment on fait, et je suis
intéressé à vous entendre, dans un équilibre entre supporter le milieu
économique fiscalement, financièrement, avec des... Tu sais, on a des OTN, par
exemple, les organismes de transformation numérique. Nous, on a renouvelé Accès
PME. Puis d'ailleurs ça va être une sous-question : Accès PME doit-il
aider davantage nos entreprises à remplir cette paperasse-là, ces éléments-là?
Hier, j'avais encore des start-up de la Beauce dans mon bureau de comté, puis
je leur disais : Accès PME devrait vous aider, là. Je veux dire, moi, je
peux bien le faire, mais c'est leur devoir, puis on les finance, puis ils
devraient être au rendez-vous. Ce n'est pas juste pour les FLI puis les FLS,
là. Il faut qu'ils soient là pour aider nos PME.
• (11 h 30) •
Alors, l'équilibre de reddition de
comptes, j'aimerais vous entendre là-dessus, et les gens, le pont pour aider
nos gens à remplir cet équilibre-là en termes de paperasse que je ne pourrai
pas éliminer du jour au lendemain, notamment par des mécanismes que nous avons
au Québec qu'est la Vérificatrice générale.
M. Graff (Pierre) : Bien, M.
le ministre, vous avez bien fait de nommer, en fait, le temps d'approbation.
Parce qu'en technologie, vous savez qu'on estime que tous les six mois, on est
déjà devenus obsolètes. Alors, si on prend 8 à 12 mois pour obtenir l'aide
pour un programme, notamment dans le domaine de l'IA, qui, en ce moment, se
développe énormément au Québec, c'est problématique. Il n'y a pas de recette
miracle, mais actuellement, si on est capables aussi de démontrer, comme on l'a
fait avec notre mémoire, à partir de témoignages concrets vécus sur le
terrain...
11 h 30 (version non révisée)
M. Graff (Pierre) : ...qu'il y
a vraiment un enjeu au niveau à la fois du dépôt de demande d'aide, mais aussi
de la reddition de comptes. Vous savez, c'est un curseur, là, puis là on voit
qu'on est peut-être trop d'un côté. Donc, il faudrait chercher à couper au
maximum pour essayer de tomber un peu de l'autre bord, puis ensuite de voir si
ça fonctionne. Mais si on... si on ne fait pas un changement qui est décisif de
ce côté-là, malheureusement on ne permettra pas à nos jeunes pousses, peut-être,
d'avoir l'aide dont elles ont besoin maintenant puisque, comme je l'ai dit et
je le répète, dans le secteur technologique, c'est extrêmement important d'agir
de manière rapide et décisive. C'est là que ça se joue.
M. Poulin : Parce que oui...
oui, allez-y, madame.
Mme Serre (Ameline) : Je
voudrais juste compléter, on a justement eu un témoignage d'une entreprise qui
a une subvention, puis en fait, la subvention reçue servait uniquement à payer,
en fait, la personne embauchée qui justement s'occupait, en fait, de toute la
reddition, de suivi et donc disait : Finalement, ça n'a rien changé pour
mon entreprise parce que tous les financements obtenus servaient juste, justement,
à remplir les validations.
Puis souvent aussi, ce qui revient, c'est
vraiment lors du dépôt. C'est sûr que pour une petite entreprise, PME qui n'a
pas l'habitude forcément de faire des processus, de faire des demandes de
subventions, des demandes de soutien, bien c'est vraiment un processus, on ne
sait pas justement par où commencer, donc c'est sûr qu'un accompagnement serait
vraiment pertinent.
Puis on avait aussi mentionné dans notre
mémoire le fait que, justement, on demande des rapports d'audit externe. Donc,
c'est sûr que les rapports d'audit vraiment complémentaire puis dans ce cas-là,
c'est sûr que ça peut être vraiment pertinent. Mais il y a aussi tous les
rapports d'audit qui sont demandés, notamment, de compilation, pour notamment
des demandes de subventions qui peuvent être juste de 5 000 $. Donc,
justement aussi, on peut revoir peut-être ce qui est demandé, les documents puis
aussi le fait qu'on est souvent obligé d'aller faire appel à des experts
externes pour déposer une demande de subvention pour laquelle on n'a aucune
assurance de réussite.
M. Poulin : Puis, encore
récemment, au ministère de l'Économie, on a pu... probablement que vous êtes au
courant, on permet permet d'aider une entreprise à embaucher une personne pour
faire du démarchage au Canada ou à l'international pour la diversification et
la paperasse qu'on doit remplir pour embaucher cette personne-là, c'est assez
incroyable. Alors que le but c'est de laisser cette personne-là travailler à
faire du démarchage en entreprise. C'est toujours ça l'équilibre entre la
reddition de comptes et de pouvoir aider les gens.
Vous avez parlé du ministère de l'Environnement.
Évidemment, c'est extrêmement important, on lutte contre les changements
climatiques, on le reconnaît et je ne connais pas une entreprise au Québec qui
ne veut pas être un bon citoyen corporatif au niveau environnemental. Tout le
monde le souhaite et, justement, avec le ministre de l'Environnement, le député
de Lévis, avec le nouveau ministre de l'Environnement, le député de Deux-Montagnes,
on a cette volonté-là d'alléger notamment l'enjeu du certificat d'autorisation,
hein, parce que quand les entreprises viennent nous voir, j'en avais encore une
autre hier, dans mon bureau, différentes, c'est 300, là, obtenir un certificat
d'autorisation, ça n'a pas de sens. Oui, il y avait des terrains contaminés,
oui, il y avait des anciens véhicules véhicule a déplacé. Mais ces délais-là,
ces allers-retours-là où on doit prendre un consultant qui est des fois un
ancien fonctionnaire du ministère de l'Environnement qui connaît l'entreprise,
c'est incommensurable. Sans compter qu'on est dans 17 directions régionales
différentes qui ont des fois des avis différents sur les enjeux.
Comment pouvons... et, là, on le travail évidemment
présentement et ça n'a pas besoin de se faire par projet de loi ou règlement...
par projet de loi, on peut le faire par règlement. Comment voyez-vous ces
allers-retours-là? Est-ce que c'est au moment où la personne dépose? Il y a
cinq critères, on les remplit, c'est demandé, on ne veut pas rajouter des ETC
au Québec, des équivalents temps complet, donc des employés pour encore
analyser. Est-ce que, tout à l'heure, et je suis un peu d'accord avec vous, M.
le Président du regroupement des jeunes chambres de commerce, quand vous nous
dites... directeur général, quand vous nous dites : Bien, il faut peut-être
aller d'un côté pour après ça le ramener, donc en enlever plus, puis après ça
le refaire, mais l'équilibre, il est où? Puis si vous aviez un élément... moi
je vous parle des certificats d'autorisation, vous, vous nous dites le recours
à un consultant en raison de la complexité de la loi sur la qualité de l'environnement.
Est-ce que c'est sur la qualité de l'air? Est-ce que c'est sur... Quels sont ces
principaux irritants-là que vous voyez, là?
M. Graff (Pierre) : L'exemple
qu'on donne dans le mémoire, puis d'ailleurs ce n'est pas... il n'y a pas une
seule personne qui nous l'a partagé, c'est effectivement qu'il estimait qu'il n'y
a aucun moyen qu'un entrepreneur soit apte à remplir une demande tout seul sans
l'aide d'un consultant externe spécialisé. Vous savez comme moi que les PME, et
surtout d'ailleurs les jeunes pousses, ont des moyens limités. Et donc ça veut
dire que là, on a un exemple typique d'un règlement, d'une loi qui oblige les
entreprises, pour se développer, à faire des dépenses importantes.
Effectivement, ça peut être d'anciens d'ailleurs employés de la fonction
publique. Comme je vous dis, là, c'est encore à mon avis aux ministères de
peser. Une fois qu'on présente ces enjeux-là, on a la chance d'avoir des
personnes dévouées...
M. Graff (Pierre) : …dans la
fonction publique. Je pense qu'ils sont capables d'évaluer l'endroit où on est
capable certainement d'alléger à la fois les formulaires et, de facto, ça
améliorera évidemment les délais pour lesquels on obtient une autorisation.
Donc, j'encouragerais évidemment le ministère à être proactif de ce côté-là
pour qu'on ait un gain réel.
M. Poulin : Puis je peux vous
dire que nous, au ministère de l'Économie, là, notre volonté de… d'assujettir
au deux pour un le ministère de l'Environnement, elle est réelle. Je l'ai dit
au micro, là, aujourd'hui, je m'avance là, mais je l'assume. Alors ça, pour
moi, c'est aussi extrêmement important. Je crois que j'avais une collègue qui
avait une question.
Une voix : ...
Le Président (M. Allaire) : Mme
la députée de Labelle, la parole est à vous.
Mme Jeannotte : Merci
beaucoup. Merci pour votre mémoire. Est-ce que vous avez entendu aussi de la
part des entrepreneurs que les fonctionnaires n'ont peut-être pas assez de… de
délégation d'autorité pour agir, OK, qu'on pourrait travailler davantage sur
une culture de contrôle à une culture d'accompagnateur et une culture où… Parce
que souvent les fonctionnaires sont très, très… avec des diplômes
universitaires très, très élevés, puis eux-mêmes se plaignent de ne pas avoir
assez de possibilités de dire, bon, là, moi, c'est assez, j'exerce mon
jugement, j'ai reçu le REQ, les états financiers, j'ai reçu le plan d'affaires,
et là ils sont encore freinés parce que de l'intérieur de la machine, on leur
demande… Est-ce que vous avez entendu ce genre de choses où est-ce que c'est de
l'intérieur de la machine qu'il faut… Il faudrait peut-être faire plus
confiance aussi à nos cadres intermédiaires et à nos fonctionnaires qui sont
parfois en bas aussi parce qu'ils sont… ce sont des gens extrêmement qualifiés.
Mais là, la lourdeur administrative fait que : Ah! bon, il faut attendre
le sous-ministre, il faut attendre la ligne. Est-ce que vous avez entendu ce
genre de discours?
M. Graff (Pierre) : Merci
pour votre question. En fait, ça renvoie à ma conclusion. Comme je l'ai dit, je
pense qu'il y a vraiment une opportunité de leadership aussi bien pour le ministre
que pour les hauts fonctionnaires vraiment de faire en sorte qu'on ait vraiment
une voie de circulation qui va des deux bords, où on est capables d'aller de
haut en bas, d'expliquer vraiment à toute l'administration que ça fait partie
de leur mission et qu'ils doivent avoir la proactivité vraiment d'identifier
des irritants, des barrières à la productivité des entreprises, tout ce qui
apporte de la lourdeur et en leur donnant, bien évidemment, cette liberté qui
soit capable de les remonter pour qu'on puisse agir en conséquence puis changer
les choses. Je pense que c'est une mesure qui serait tout à fait pertinente et
je suis persuadé vraiment que ce serait un autre signal important à envoyer aux
entrepreneurs que l'État veut vraiment être un partenaire et non, évidemment,
bien, un organisme qui les freine dans leurs ambitions.
Mme Jeannotte : Merci
beaucoup.
Mme Serre (Ameline) :
J'ajouterais peut-être juste qu'actuellement ce qui est beaucoup ressorti
aussi, c'est que les entrepreneurs ont du mal à communiquer avec une personne.
En réalité, ils reçoivent souvent un message quand il manque des éléments ou...
Mais ils ont vraiment du mal à communiquer puis vraiment… la solution se fasse
rapidement, qu'on puisse comprendre quel est le problème puis qu'on trouve une
solution ensemble. Donc ça, je pense que c'est aussi… apparemment c'est quelque
chose qui se détériore. En fait, récemment, c'est de plus en plus difficile de
joindre une personne réelle.
• (11 h 40) •
Mme Jeannotte : Parce que
parfois on entend aussi : Oui, mais il ne m'est pas revenu, j'attends,
j'attends après le document. Donc, ce que vous proposez, c'est d'être proactif
et de dire : Bien, prends-le, le téléphone et dis-lui : Moi, je suis
bloqué si je n'ai pas ton plan d'affaires à jour. Donc, c'est ce genre de chose
que vous voudriez que ça change, que ce… que la personne qui… qui… qui est
imputable du dossier prenne plus… ait plus une culture proactive. Et ce n'est
pas normal que ces gens-là aient… soient obligés de payer des consultants parce
qu'en principe l'État qui analyse le dossier devrait être capable de… C'est ce
que vous dites un peu?
M. Graff (Pierre) : Absolument.
Puis on vous donne un exemple d'ailleurs dans le mémoire si vous regardez de la
manière dont ça se passe avec Revenu Québec. Alors, je ne vous cache pas que le
plus de… sans surprise, le plus de griefs qui ont été portés étaient envers
Revenu Québec. On se demande pourquoi. Mais on donnait l'exemple du système de
rappel. C'est possible pour les citoyens aujourd'hui, pour les contribuables,
d'avoir un retour lorsqu'ils appellent Revenu Québec, puis de s'inscrire pour
le rappel automatique. Ce n'est malheureusement pas possible pour les
entreprises. Je pense que c'est quand même un… comme on dit en jargon, un
«quick fix» là, un quelque chose qui pourrait être fait relativement facilement
et qui ferait vraiment une différence. Moi, j'ai un entrepreneur qui m'a
expliqué qu'une fois il a attendu une heure pour qu'on lui réponde. En une
heure, il avait raté six appels, soit de clients, soit de gestionnaires dans
son organisation. Ça, c'est un exemple extrêmement concret du manque de
productivité et à quel point ça affecte les entreprises. Il n'a pas répondu à
ses gestionnaires qui avaient peut-être besoin de l'approbation d'un président
pour être capables eux de faire leur travail à leur tour avec leurs employés,
ou peut-être bien de répondre à des clients parce qu'il avait un contrat
peut-être au bout du fil, qui va peut-être être décalé, qui va peut-être être
raté. Et dans ce temps-là, bien évidemment, c'est toute l'économie du Québec si
on met à l'échelle vraiment de toute la…
M. Graff (Pierre) : ...province
qui en pâtit. Donc, vous voyez, je pense qu'il y a aussi des actions rapides
qui n'ont pas besoin nécessairement d'un projet de loi pour être modifiées. Et
j'invite évidemment l'administration à identifier ce type de situations où ils
peuvent agir puis faire une immense différence pour les entrepreneurs au
Québec.
Mme Jeannotte : Merci
beaucoup. Ça va être tout pour moi, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme la députée de Labelle. Avant de vous céder la parole, M. le député
Jacques-Cartier, simplement de vous mentionner que, parce que vous l'avez
évoqué à plusieurs reprises, votre mémoire, on ne l'avait pas reçu à la
commission, mais on est en... on a remis la main dessus, on va le rendre
disponible sur Greffier, là, le plus rapidement possible.
M. le député de Jacques-Cartier, la parole
est à vous, 9 min 54 s.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Merci beaucoup pour votre présentation, M. Graff. Merci de souligner ce chiffre
que vous avez mentionné, le pourcentage des entreprises versus la population.
Je pense que vous avez mentionné, c'était à 5 %, versus environ 2 %,
maintenant, entre guillemets.
Question plus philosophique. Je pense que
de regarder comment on peut couper certaines règlements, rendre le processus de
lancer une entreprise plus facile, c'est des bonnes choses, mais parlez un
petit peu de climat des affaires, présentement pour les jeunes entrepreneurs
puis aussi comment eux autres voient l'avenir de l'économie du Québec. Parce
que vous êtes la relève. Je sais, c'est très philosophique, mais en même temps,
je pense, c'est important. Ça, c'est un petit pas, mais il y a plein des autres
choses qui sont associées avec la réglementation et aussi des bonnes pratiques
qu'un gouvernement peut s'assurer que notre jeunesse n'a pas des inquiétudes de
lancer une... entreprise ici au Québec. Alors, je laisse vous autres peut-être
partager votre vision avec nous.
M. Graff (Pierre) : ...M. le
député. C'est une question très ouverte, là, je vais essayer de ne pas trop
m'éparpiller, parce qu'évidemment vous vous doutez que, pour faire ce
travail-là, avec ma collègue, c'est un sujet qui nous passionne.
Il y a... il y a divers enjeux, je vous
dirais, au niveau de la relève. On avait vu dans les dernières années,
d'ailleurs, les intentions aussi d'entreprendre avaient complètement chuté au
Québec. Et je pense que ça, c'était vraiment un... signal d'alarme assez
important qui démontre justement la nécessité d'agir sur tous les fronts pour
recréer un engouement envers la profession d'entrepreneur. Parce qu'être
entrepreneur, c'est une profession comme une autre, c'est juste que c'est une
profession extrêmement difficile, qui vient avec beaucoup de pression, on le
sait, pression financière, pression stratégique, pression mentale, également.
Et donc je pense qu'alléger le fardeau
réglementaire, administratif est une solution, alléger le fardeau fiscal en est
une autre. Et je pense qu'on a tous, collectivement, une responsabilité pour
valoriser la profession d'entrepreneur et de repreneur. Et ça, je pense que
c'est l'affaire de tout le monde et... Alors, ça peut être aussi une question
de culture, on en a parlé, dans les ministères pour être capable justement
d'avoir cette proactivité, pour aider aussi, pour accompagner les jeunes
entrepreneurs. Et donc, si on travaille tous collectivement à valoriser cette
profession qu'est la vie d'entrepreneur, de repreneur, bien, je suis persuadé
que ça va aider.
Maintenant, qu'est-ce qu'on peut faire
pour les aider? Bien, il y en a plusieurs, vous savez qu'on fait face à un
transfert historique de richesses, avec 75 % des entreprises à transférer
en 10 ans, mais, aujourd'hui, c'est sûr qu'il est important de trouver aussi
des moyens de faciliter les transferts d'entreprises, puis je ne veux pas trop
en parler, je vais... sinon, je vais devenir un petit peu... je vais
m'éparpiller, comme je vous ai dit, mais je pense qu'il faut vraiment être
capable... ça puis aussi donner le goût aux jeunes d'innover. Parce que, bien,
c'est sûr que lorsqu'on leur dit : Bien, tu sais, si jamais vous voyez
quelque chose, vous n'êtes peut-être pas prêt à lever beaucoup de capital privé
ou à donner une grosse partie d'équité de votre compagnie pour lever de
l'argent, bien, il y a des programmes de prêts, des programmes de subvention
qui existent... Et, si on leur démontre qu'il y a un moyen plus facile de les
obtenir, tout en étant évidemment sérieux sur les résultats attendus et ce
qu'ils vont devoir faire pour mériter cet argent-là, parce qu'après tout c'est
les deniers publics, bien, je suis persuadé qu'on aura encore plus
d'entrepreneurs qui, comme je l'ai dit, contribueront à la prospérité du Québec
et à sa redistribution. Donc, voilà.
M. Kelley : Parfait. Mme
Serre, je ne sais pas si vous avez quelque chose à ajouter. Non? Je reviens sur
cette chute que vous avez mentionnée. Est-ce que... C'est quoi, les raisons?
Est-ce que c'est parce que les gens, présentement, regardent un petit peu le
climat mondial, l'instabilité qui existe? Est-ce qu'il y a juste un manque de
confiance envers l'économie du Québec? Qu'est-ce qui se passe chez les jeunes
dans cette courte période? Je sais qu'il y a plein de raisons, peut-être,
mais...
M. Graff (Pierre) : Alors, il
y a plusieurs raisons. Je vais vous en donner au moins deux, les principales.
La première... la première, je vous dirais, c'est que je pense qu'on n'a pas
nécessairement toujours valorisé l'entrepreneuriat à sa juste valeur. Lorsqu'un
entrepreneur réussit puis qu'on le traite de voleur ou qu'on associe vraiment
parfois...
M. Graff (Pierre) : ...marginal
qu'on condamne évidemment d'un... d'un entrepreneur qui aurait fait quelque
chose de pas bien envers les employés ou autre, ou qui aurait fraudé. Je
répète, on condamne évidemment ce type de situation, mais on a tendance à jeter
l'opprobre sur le reste des... des entrepreneurs. Donc, je pense qu'il y a
vraiment un gros travail de... de culture de ce côté-là. Puis, on travaille, en
tout cas depuis cinq, six ans, depuis que je suis à la tête de
l'organisation, à valoriser vraiment la profession d'entrepreneur puis à faire
en sorte que tout un chacun soit capable de reconnaître vraiment le sacrifice
qu'est l'entrepreneuriat pour innover et pour créer de la richesse pour tous.
Le deuxième point. Vous le savez comme
moi, on est toujours en pénurie de main-d'œuvre. Malgré évidemment le contexte
qui a freiné l'économie, on estime qu'il a encore 50 000 emplois à...
à combler actuellement au Québec. Donc, on est encore, malgré le chômage
actuel, à une situation qui se rapproche du plein emploi, qui est dû beaucoup
au chômage frictionnel et à un résidu de chômage structurel. Et donc, bien,
c'est sûr que ça a créé une guerre des salaires. On a vu que les salaires ont
beaucoup augmenté. Ça a mis beaucoup de pression sur les entreprises et ça, ça
crée une barrière à l'entrée, parce que lorsque vous devez compétitionner avec
des plus grandes entreprises pour embaucher des programmeurs qui gagnent
200 000 $ par année ou certaines professions techniques, bien,
forcément, les jeunes entreprises n'ont pas les moyens de concurrencer avec ces
salaires-là dès le départ.
Donc, ça, je vous dirais que c'est deux,
vraiment, enjeux qui... qui contribuent, je pense, au recul de
l'entrepreneuriat. Après, il y a aussi l'enjeu, comme j'ai dit, du
repreneuriat. Il y a beaucoup de jeunes repreneurs qui souhaiteraient reprendre
ont beaucoup de mal à identifier les entreprises à reprendre, ce qui ralentit
également. Donc, ça, c'est trois... trois, je vous dirais, causes assez
importantes au Québec qu'il faudrait être capable de surmonter si on veut
recréer un engouement entrepreneurial.
M. Kelley : Merci beaucoup.
C'est très intéressant, le point sur la main-d'œuvre. Et... et aussi, merci de
répondre un petit peu, parce que je sais que, dans votre introduction, vous
avez parlé un petit peu la productivité. L'exemple que vous avez donné à ma
collègue, sur le fait qu'un entrepreneur peut être sur un appel puis n'est pas
capable d'avancer son entreprise. Mais aussi, en même temps, cette réalité que
oui, on veut maximiser, c'est sûr, les gens qui sont déjà sur le territoire du Québec,
s'assurer que tout le monde a un bon emploi, etc., mais, en même temps, particulièrement,
si on regarde les domaines de l'intelligence artificielle ou quand même une
robotisation qui est la prochaine étape, c'est les pas qu'ils ont pris, des
avancées énormes. C'est sûr que ces deux domaines-là sont des... la place qu'on
trouve beaucoup les jeunes qui veut lancer des entreprises, il veut participer
dans ce mouvement hyper important pour l'économie de demain.
Alors, juste de revient un petit peu
aussi, comment vos membres regardent un petit peu ces questions-là, des
règlements, on comprend, mais aussi la productivité en termes de recrutement
des travailleurs. Mais, en même temps, est-ce que le gouvernement est capable
d'aider eux autres à mieux adapter à certains changements économiques présentement
qui passent un petit peu sur la planète?
• (11 h 50) •
M. Graff (Pierre) : La
question arriva à point. J'ai reçu ce matin un sondage sur l'intelligence
artificielle et les jeunes, qu'on va... qu'on va rendre public très
prochainement. Écoutez, l'intelligence artificielle, là, c'est simple, c'est
une course. Puis, je dis souvent que ce n'est pas un train mais une fusée, donc
on n'a pas le choix de monter dedans. Après, ce qui nous appartient... Puis je
ne suis pas contre la réglementation, je pense qu'il faut une utilisation
éthique et responsable de l'intelligence artificielle, on travaille dessus
depuis d'ailleurs 2023, on a remis différents rapports au gouvernement à ce
sujet-là. On n'a pas le choix d'utiliser et on n'a pas le choix de rendre son
adoption le plus rapide possible sur le marché du travail pour être... pour
être compétitif et productif. J'aime souvent donner une statistique que je
trouve assez éloquente. Vous savez que la productivité au Canada a augmenté de
0,5 % sur les 10 dernières années. On a fait une étude d'ailleurs
avec KPMG, où les jeunes de moins de 35 ans qui utilisaient l'IA à
60 % estimaient gagner entre une heure et 10 heures par semaine.
Si vous... si vous ramenez ça à une semaine de 35 heures, ça veut dire
qu'ils avaient un gain immédiat de productivité, écoutez bien, de 2,8 à
28 % par semaine. C'est majeur. C'est absolument majeur. Et donc, oui, il
y a certainement des enjeux qui inquiètent, d'ailleurs pas seulement les moins
de 35 ans mais tout le marché du travail. Notre étude tend à montrer, là,
j'ai... les chiffres, comme je vous dis, ils sont très, très frais, là, donc je
ne veux pas trop m'avancer, mais il y avait, je vous dirai, une minorité des
moins de 35 ans qui étaient inquiets et qui voulaient peut-être un peu
plus de réglementation. Et je pense que si on offre du moins un cadre qui va
permettre à la fois de conscientiser les gens sur les besoins vraiment
d'utiliser l'IA de manière éthique et responsable et sur les... les dangers les
plus prédominants liés à l'utilisation à l'intelligence artificielle, bien, on
sera capables d'avoir, à mon avis, un gain de productivité assez important au
Québec.
M. Kelley : Merci beaucoup.
J'ai bien hâte de lire le... le rapport. C'est correct, pas de scoop, je vais
attendre avec beaucoup de patience pour lire tous les chiffres, et tout ça. Et,
quand même, l'étude de KPMG que vous avez mentionnée, je crois que le Wall
Street Journal a eu quelque chose très similaire dans leur décision sur la fin
de semaine que...
M. Kelley : ...des gains,
c'est réel, ce n'est pas nécessairement des gains... c'est des gains
importants, mais ce n'est pas la solution à tous les enjeux non plus. Les gens
disent : On met l'intelligence artificielle à la place des logiciels, mais
ça ne sauve pas nécessairement autant de temps. Mais, bref, on va discuter ça
un autre jour, peut-être un jour on va voir une commission parlementaire ici à
Québec pour mieux discuter l'arrivée de l'intelligence artificielle et tous les
impacts sur la société. Je sais que je n'ai pas beaucoup plus de temps, mais
merci beaucoup pour votre... merci beaucoup pour votre présentation.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Mme la députée de Verdun, 3 min 18 s.
Mme Zaga Mendez : Merci.
Merci beaucoup de votre présentation.
J'ai deux questions. La première, c'est
que vous avez frôlé tout à l'heure dans votre présentation... sur la
circulation des données à l'intérieur de certains ministères, ces choses que
nous avons déjà vues. Je ne sais pas si vous voulez développer un peu l'exemple
que vous avez donné. Je pense que c'est entre Revenu Québec et la CNESST, ou
j'ai peut-être mal compris, mais qu'il n'y aurait même pas, même pas de recul à
faire, parce que, des fois, on voit enlever la paperasse, la bureaucratie comme
des reculs dans l'encadrement. Mais dans ce cas-là, je trouve ça intéressant
qu'il s'agit juste de partager les formulaires.
M. Graff (Pierre) : Exactement.
Dans le fond, on voit que certains ministères, malheureusement, communiquent un
peu en... bien, travaillent en silo. Puis l'exemple que je donnais, c'était au
niveau de la déclaration annuelle des employés. Donc, il faut être capable de
la donner à la CNESST alors que Revenu Québec en dispose déjà. Donc,
clairement, on voit qu'il y a un doublon ici. Je donne... j'aime bien donner
l'exemple aussi pour les gens qui déménagent. Lorsque les gens déménagent, on
téléphone à la RAMQ, on donne notre adresse, puis là, d'un coup, toutes les
agences sont notifiées. Bien, je pense qu'à partir du moment où on veut que nos
entreprises deviennent plus productives, il faudrait vraiment qu'on développe
ce réflexe et de faire en sorte que lorsqu'une donnée qui est utilisée par
plusieurs entités, ministères... des données des entreprises justement, bien,
on soit capable de faire en sorte qu'automatiquement, bien, tous les ministères
aient une case réservée pour ce petit document-là, puis qui viennent se remplir
dans tous les ministères lorsqu'on le partage. Je pense que ce serait quelque
chose quand même qui n'est pas si compliqué à demander. Bon, l'informatique a
parfois certains secrets qu'on a de la misère à résoudre, mais je pense que ce
serait un gain assez évident pour toutes les entreprises.
Mme Zaga Mendez : Merci.
Ça montre un peu le décloisonnement, un peu d'arrêter de travailler en silo,
mais faciliter... Tout à l'heure, on avait discuté sur l'accompagnement. Encore
une fois, on a une idée... ou en entendant certains intervenants, on
entend : Moins de bureaucratie, moins de paperasse, égale moins de
personnes, moins de personnel. J'aimerais ça vous entendre un peu là-dessus,
parce que, tout à l'heure, vous avez dit que mettre un accompagnement de
l'interne pourrait être favorable. Donc, j'imagine qu'il faut quand même un
certain niveau de... une fonction publique, pas seulement préparée, mais stable
ou présente, pour réduire de l'autre côté justement, les formalités ou lesdits
formulaires.
M. Graff (Pierre) : Oui.
Écoutez, en fait, ce que j'ai... ce que j'ai dit tantôt, c'est que le personnel
qui est en place devait avoir la proactivité pour être capable de faire
remonter des situations irritantes ou qui étaient contre-productives. Donc, je
pense que c'est avant tout ce qui doit être fait. Au niveau de
l'accompagnement, il existe déjà Réseau accès PME, il existe déjà beaucoup
d'accompagnement, puis il faut savoir qu'à la base, le secteur privé est quand
même très présent dans le milieu de l'accompagnement des entreprises, et donc,
je ne suis pas persuadé que ce soit nécessaire d'ajouter de ce côté-là.
Mme Zaga Mendez : Parfait.
Merci. Puis, rapidement, il me reste...
Le Président (M. Allaire) :
20 secondes.
Mme Zaga Mendez : 20 secondes.
Bien, juste vous remercier pour votre...
M. Graff (Pierre) :
Merci, Mme la députée.
Le Président (M. Allaire) :
Merci à vous, Mme la députée de Verdun. M. le député de Jean-Talon.
3 min 18 s.
M. Paradis : Dans les
dernières années, on a eu un plan d'allègement 2020-2025, on a eu un plan
PME, on a eu un projet de loi sur l'allègement réglementaire et administratif.
Quel bilan faites-vous de ces efforts? Est-ce qu'on s'est amélioré ou on ne
s'est pas amélioré?
M. Graff (Pierre) : Oui,
il y a plusieurs pans, hein, du plan PME, donc, de la V1, là, on est tombé sur
le nouveau plan PME avec la nouvelle mouture 2025-2028. Si on revient déjà en
2020, au niveau de la... on arrive évidemment au niveau de la pandémie, il faut
savoir qu'il y avait déjà plusieurs enjeux. On l'avait dit au niveau des jeunes
pousses. Il y avait de gros enjeux au niveau de la croissance des jeunes
pousses. Il y avait un enjeu au niveau du repreneuriat. Le terme «repreneuriat»
était quasiment inconnu, d'ailleurs, il y a cinq, six ans, là, pas grand monde
en parlait. Donc, je pense que sur ces deux points spécifiques, on l'a vu avec
le programme Hypercroissance, on l'a vu avec divers programmes qui ont eu
beaucoup de succès, je dirais, au niveau d'Investissement Québec avec Impulsion
PME et le programme ESSOR, il y a eu des programmes qui ont clairement aidé de
ce côté-là. Donc, au niveau de la croissance et du repreneuriat. Au niveau de
l'allègement réglementaire, si on regarde...
M. Graff (Pierre) :
...actuellement, il y a eu quelques gains, notamment le retrait de la
déclaration des activités de formation, là on le voit avec de nouveaux
allègements. Comme j'ai dit, je pense que, si on veut vraiment faire une
immense différence dans la vie des entrepreneurs, je pense que ça prendra aussi
des changements structurels, des changements plus culturels au sein de
l'appareil étatique.
M. Paradis : Mais c'est
important qu'on fasse un bilan pour savoir où on en est. Donc, selon vous, est
ce qu'on a réduit... est-ce qu'on a eu un succès à réduire le fardeau,
notamment pour les PME, notamment pour vos membres? Est-ce qu'on a réussi, dans
les dernières années, à faire ça?
M. Graff (Pierre) : Au niveau
de certains ministères, oui, au niveau d'autres, comme je dis, il y a beaucoup,
beaucoup de travail à faire au niveau de Revenu Québec, au niveau du ministère
de l'Environnement ou encore des agences commerciales... Aujourd'hui, c'est sûr
qu'il faudra aller plus loin. Il y a eu des gains, mais il y a encore du
travail à faire.
M. Paradis : Très bien.
J'aimerais continuer un peu dans la lignée de la collègue de Labelle, tout à
l'heure, sur l'état d'esprit dans l'appareil gouvernemental. Certains
disent : On aura beau... et aller sur des plans mathématiques, le nombre
de règlements, le nombre de formalités, mais il faut changer l'état d'esprit,
au sein de l'appareil gouvernemental, pour revenir à l'esprit d'accompagnement
pour la réussite, l'aboutissement des projets, l'aboutissement des programmes
et le succès des entreprises. Qu'est-ce que vous en pensez et comment on arrive
à faire ça ?
Le Président (M. Allaire) : En
40 secondes?
M. Graff (Pierre) : 35,
maintenant. Comme je l'ai dit, je pense que c'est vraiment un changement de
culture. Si on veut vraiment avoir un impact au niveau des entrepreneurs, il
faudrait juste déjà commencer par faire en sorte que, quand on prend le
téléphone pour avoir de l'information, on est vraiment cette culture de
bienveillance et de proactivité et sentir que, de l'autre côté de la ligne, on
a des personnes qui sont là vraiment pour les aider et non seulement pour les
ralentir. Et je pense que juste ce changement-là, si on y arrive par le
leadership qu'on a en haut, on arrivera à des grandes choses au Québec et on
changera la vie de nos entrepreneurs et leur productivité. .
M. Paradis : ...
Le Président (M. Allaire) :
Merci, merci. Malheureusement, ça met fin à cette période d'échange. Merci pour
votre excellente contribution à cette commission.
La commission suspend ses travaux jusqu'après
les avis touchant les travaux des commissions. Merci, tout le monde. Bon dîner!
(Suspension de la séance à 11 h 59)
15 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 15 h 51)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît! La Commission de l'économie et du travail reprend
ses travaux.
Donc, prenez quelques secondes pour
éteindre la sonnerie de vos de... vos appareils électroniques, s'il vous plaît.
Donc, nous poursuivant les consultations
particulières et... et auditions publiques, pardon, sur le projet de loi n° 11,
Loi modifiant diverses dispositions, principalement aux fins d'allègement du
fardeau réglementaire...
Le Président (M. Allaire) : ...et
administratif.
L'ordre du jour pour cet après-midi, on
reçoit cinq groupes. On débute avec la Fédération canadienne de l'entreprise
indépendante, on poursuit avec Manufacturiers et exportateurs du Québec. On
enchaîne avec la Fédération québécoise des municipalités, ensuite l'Union des
municipalités du Québec et on termine avec le Syndicat de la fonction publique
et parapublique du Québec.
Donc, on accueille notre premier groupe,
la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante. Vous êtes des habitués.
Je laisse le soin de vous présenter et, ensuite, vous pouvez débuter, là, votre
allocution de 10 minutes. La parole est à vous.
M. Vincent (François) : M. le
Président, M. le ministre, Mmes et MM. les députés, bonjour. Je suis François
Vincent, je suis vice-président pour le Québec de la Fédération canadienne de
l'entreprise indépendante, la FCEI, puis je suis accompagné de Vincent Pâquet,
qui est analyste principal des politiques dans notre organisation.
Vous savez, la FCEI, c'est le plus gros
regroupement de PME au pays. On a 100 000 membres au Canada puis
22 000 au Québec issus de tous les secteurs d'activités économiques. On
fait entendre les préoccupations puis les propositions des PME québécoises, de
l'entreprise manufacturière de 115 employés qui est située en Beauce, de
la microbrasserie de 25 employés, située sur la Côte-Nord, en passant par
le garagiste de Lanaudière ou de l'entreprise en démarrage en Outaouais. Nous
vous partageons le pouls de celles et ceux qui font battre l'économie de toutes
les régions économiques du Québec.
Nous sommes vraiment heureux d'être ici
aujourd'hui, car la FCEI est mobilisée depuis plus de 15 ans pour
convaincre les gouvernements de réduire la paperasserie qui freine les
entreprises. En janvier dernier, c'était notre 17e Semaine de
sensibilisation à la paperasserie. On a pu souligner les bons coups et les
moins bons coups des gouvernements. Puis, je peux l'affirmer clairement
aujourd'hui, sans le leadership et l'action de l'FCEI, l'allègement
réglementaire ne figurait probablement pas autant dans les priorités des
gouvernements, comme aujourd'hui. Et aujourd'hui, la FCEI salue le projet de
loi n° 11, qui propose de bonnes mesures, dont certaines sont nouvelles et
aideront à diminuer la paperasserie des PME. Nous demandons aux parlementaires
de le recevoir à bras ouverts, de... de l'améliorer en saisissant les
recommandations que nous présenterons et de l'adopter au pas de course .
Avant de rentrer dans l'analyse du projet
de loi, il est important de faire un rappel sur les effets néfastes de la
paperasserie. La paperasserie coûte cher aux PME. La FCEI en a fait
l'évaluation dans plusieurs études. Puis, notre plus récente démontre que les
PME du Québec paient 10 milliards de dollars pour se conformer aux
réglementations fédérales, provinciales et municipales. Selon cette même étude,
les propriétaires de PME pensent qu'il serait possible de réduire de 31 %
le fardeau administratif sans nuire à l'intérêt du public. On peut donc avancer
que la paperasserie coûte 3,4 milliards de dollars aux PME du Québec.
Puis, la paperasserie est plus lourde à supporter pour les petites entreprises.
Je dis souvent que c'est inversement proportionnel à la grandeur de
l'entreprise. Le coût annuel de la réglementation et de la paperasserie pour
les entreprises de moins de cinq employés est cinq fois plus lourd que
pour les entreprises de plus de 100 employés.
M. le Président, pourquoi pensez-vous que
cette statistique est importante à mentionner?
M. Pâquet (Vincent) : Parce
que de l'ensemble des entreprises au Québec, la moitié a moins de
cinq employés. La paperasserie, ce n'est pas juste une question d'argent,
c'est une question de temps; de perte de temps. Selon les données de la FCEI,
les PME dédient 32 jours par année à la paperasserie. En 32 jours, on
peut regarder l'intégrale de la série Game of Thrones à deux reprises, on peut
voyager à travers le Canada en voiture quatre fois. On peut aussi remplir des
formulaires gouvernementaux. Ce temps perdu aurait mieux été investi dans la
planification des projets d'expansion, le service à la clientèle, la formation
du personnel ou la vie familiale. Couper dans la... dans la paperasserie ne
coûte rien à l'État, mais ça rapporte beaucoup aux PME et à l'économie. Alors,
il faut assurer de faire atterrir le projet de loi n° 11, l'amender pour
aller plus loin et déposer un plan d'action gouvernemental rapidement.
Le projet de loi n° 11 comprend
40 mesures d'allègement profitant à 19 secteurs d'activités,
notamment la construction, l'alcool et les mines. Selon l'analyse d'impact
réglementaire, cela représente un impact positif de 7,5 millions de
dollars annuellement. Pour les mesures proposées, nous soulignons la
proactivité et le nombre élevé de secteurs visés. Nous tenons à saluer le
chantier pour identifier des...
M. Pâquet (Vincent) : ...permis
propice à une prolongation de la durée de validité. Ici, il y a beaucoup de
gain de temps et d'efficacité à faire. Nous désirons aussi mentionner les
avancées en matière de gouvernance de l'allègement réglementaire. Le projet de
loi ajoute de nouvelles responsabilités en la matière dans la mission et les
fonctions du ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie. La FCEI
se dit satisfaite de cette volonté exprimée qui s'enchâsse dans les
responsabilités d'un ministre. Elle suggère cependant d'aller plus loin en
apportant ces précisions à la Loi du ministère du Conseil exécutif, car en
venant d'un ministre attaché au MCE, les livrables arrivent plus vite.
M. Vincent (François) : La
FCEI salue également l'intention de déposer une nouvelle politique
gouvernementale en matière d'allègement réglementaire et d'y instituer la
notion du deux pour un, c'est-à-dire de retirer deux formalités administratives
quand on en crée une nouvelle. Ce serait une première au pays, et nous le
soulignons.
Maintenant, nous demandons au législateur
de franchir une étape de plus en faisant de cette politique une loi. Cette
initiative renforcerait le message, la transparence et la responsabilisation
des acteurs gouvernementaux. Enfin, pour réussir réellement à réduire
l'inflation de la paperasse, que ce soit une politique du un pour un ou du deux
pour un, il va falloir revoir la méthodologie du ministère sur ce qui est
considéré comme étant un fardeau administratif et réglementaire. Actuellement,
lorsqu'un ministère oblige une entreprise à poser une action, mais que cette
action ne requiert pas de remplir un formulaire sur un site du gouvernement...
du ministère en question, ce n'est pas considéré par le gouvernement comme
étant un fardeau administratif et réglementaire. Cette nouvelle obligation
n'existe tout simplement pas dans le décompte gouvernemental. Pourtant, ça
existe vraiment pour les entrepreneurs qui doivent prendre du temps pour s'y
conformer.
M. le Président, vous pourriez me répondre
que le projet de loi n° 11, comme tel, représente déjà des avancées
significatives. Effectivement, M. le Président, vous soulevez là un bon point.
Maintenant, je pourrais vous répondre en disant que c'est le temps, ici, de
faire plus et que c'est ce que les dirigeants de PME demandent. Oui, selon
notre sondage de novembre dernier, avec plus de 500 répondants, il y a
87 % des propriétaires de PME au Québec qui ont indiqué que le
gouvernement du Québec devrait en faire plus en matière d'allègement
réglementaire. C'est un message fort et c'est un message clair.
• (16 heures) •
Nous vous... nous vous présentons donc des
propositions pour y répondre aussi clairement et fortement. Nous vous proposons
aussi, dans notre mémoire, des points qui se retrouvent dans notre pétition sur
l'allègement réglementaire qui met de l'avant certaines distinctions propres au
Québec, une pétition signée par plus de 9 500 entrepreneurs en date
d'hier. Cette pétition demande notamment l'adoption de la Loi des décrets de
conventions collectives, la LDCC, une loi vieille de 91 ans, unique en Amérique
du Nord, qui impose des décrets de conventions collectives à certains secteurs
économiques et à certaines régions pour 10 000 entreprises assujetties.
Pour celles-ci, elles doivent éponger des coûts de conformité annuels de
47 millions de dollars. 47 millions de dollars, c'est un impact
économique de six fois plus que ce qui est présenté actuellement par le projet
de loi n° 11. La LDCC impose une taxe sur la masse salariale
supplémentaire aux entreprises mais également aux employés, une lourde
paperasserie unique au Québec, et transfère son application à des comités
paritaires qui sont juge et partie en même temps. Ça fait des lunes que le
gouvernement du Québec aurait dû l'abolir et aurait pu l'abolir. Puis
maintenant, bien, il y a une occasion à saisir avec le projet de loi n° 11
pour le faire.
Surtout que ça fait partie de la vision
économique du gouvernement, à la page 26, puis je vais le citer... Est-ce qu'il
me reste assez de temps?
Le Président (M. Allaire) :
Une minute.
M. Vincent (François) : Une
minute. «Le gouvernement n'hésitera pas à poser des gestes plus forts, comme
réévaluer la pertinence même de lois et de règlements adoptés dans d'autres
contextes, ou simplifier considérablement l'encadrement dans certains secteurs
afin d'accélérer la réalisation de projets. Des travaux sont déjà entrepris,
entre autres, dans le domaine du travail, par exemple, en ce qui concerne les
décrets de conventions collectives. Fin de la citation à la page 26. Donc, on
vous invite fortement à aller de l'avant.
Enfin, on vous invite aussi à mettre un
terme à l'injustice fiscale unique au Québec, qui empêche des plus petites entreprises
des secteurs des services et de la construction d'avoir accès aux taux d'impôt
réduit parce qu'elles sont trop petites. C'est une injustice...
16 h (version non révisée)
M. Vincent (François) : ...et qui
est unique au pays. On a plein d'autres recommandations puis on sera heureux d'échanger
avec les parlementaires sur celles-ci. Merci.
Le Président (M. Allaire) : Merci
à vous, M. Vincent. On débute les échanges avec la partie gouvernementale.
M. le ministre, vous avez 11 min 30 s. La parole est à vous.
M. Poulin : Merci beaucoup, M.
le Président. Bonjour aux représentants de la FCEI, toujours un plaisir de vous
rencontrer et d'échanger avec vous. Merci effectivement pour votre contribution
au débat public depuis plusieurs années, de porter l'enjeu de l'allègement
réglementaire. Parce que, tout comme vous, je partage qu'il y en a eu trop
depuis les années 80, notamment concernant nos PME, et qu'il faut en
enlever et qu'il faut le faire rapidement et qu'il faut le faire sérieusement.
D'ailleurs, vous saluer dans la mémoire,
vous l'avez salué lors du dépôt du projet loi, le deux pour un, on en a parlé,
qui vient enlever deux règlements avant d'en ajouter un. Vous dire aussi que la
politique, et c'est à l'article 5 où on dit : Cette politique... et
la politique est enchâssée dans la loi, où on dit : Cette politique doit
permettre le rehaussement des exigences applicables aux ministères et
organismes qu'elle désigne en matière d'allègement du fardeau réglementaire
administrative. Elle doit notamment accroître le nombre de ministères et
organismes auxquels s'applique l'exigence de proposer le retrait d'au moins une
formalité pour compenser à toute nouvelle formalité. C'est dans la loi. Pas
besoin de vous dire les batailles que j'ai menées pour que ce soit inscrit dans
la loi parce qu'on partait d'une politique qui n'avait pas réellement toutes
les dents qu'elle pouvait avoir. Et là, maintenant, on vient l'enchâsser dans
la loi puis on vient même le mettre, le mot «rehaussement». 18 organismes
et ministères sont assujettis au un pour un. Notre volonté est de le rehausser.
Ce matin, je me suis commis sur l'environnement, sur l'OQLF notamment, mais l'objectif
qu'on a, c'est de pouvoir le rehausser. D'ailleurs, on va travailler ensemble
sur cette politique-là, qui va être ce printemps. Alors, je vous ai entendu
dire tout à l'heure : Il faut assurer de faire atterrir le projet loi n° 11, là, je suis d'accord avec vous, on est en
consultation, c'est costaud en même temps. Il y aura probablement des
amendements, de nouveaux enjeux, j'écoute tout ce qui se dit aujourd'hui, mais
je pense qu'on en est tous conscients de l'urgence d'alléger la vie de nos PME.
Sur les permis également, vous dire, parce
que vous avez salué le chantier sur les permis, c'est une quarantaine de permis
présentement que nous sommes à regarder avec les ministères et organismes, puis
je tiens à le mentionner de façon publique parce que chaque ministère et organisme
a son logiciel, a ses limites, a ses renouvellements, a ses compléments de
renouvellement. Alors, c'est très, très complexe. On le fait pour le secteur
agricole, on le fait pour l'industrie du taxi dans le projet de loi, mais il y
en aura d'autres. Alors, ça, là-dessus, je tiens à vous le mentionner et à vous
rassurer à ce niveau-là.
Vous m'avez donné un diplôme la semaine
dernière, d'ailleurs, je vous remercie, concernant les barrières commerciales
et le projet de loi que nous avons mené, puis l'entente également de
reconnaissance des biens mutuels. On a fait ce travail-là avec mon adjointe de
parlementaire, la députée de Saint-François. Mais, puisque vous êtes une
entreprise... pas une entreprise, mais une organisation canadienne, je veux
vous entendre également sur la construction vis-à-vis le Québec et l'Ontario, la
différence entre le Québec et l'Ontario. On pourrait parler aussi des provinces
de l'Ouest ou de la Colombie-Britannique ou des Maritimes, mais comment pouvons-nous,
au Québec, parce que je regardais vos récents classements, tenter de s'améliorer
vite? Je pense que le deux pour un peut aider parce qu'on va venir inverser la
tendance en assujettissant les ministères et organismes avec ce qu'on fait dans
ce projet loi là, on veut aussi mieux définir la formalité administrative.
Moi, je ne veux pas qu'on fusionne deux
formulaires existants puis qu'on dise : Aïe, on a atteint ton deux pour
un. Non, non, il doit y avoir un poids financier, un poids de temps, un poids
auprès de la PME. Alors, je suis intéressé de vous entendre sur votre regard
canadien.
M. Vincent (François) : Merci
beaucoup. On pourrait dire tellement de choses. Puis d'ailleurs, oui, on a
remis un prix, un prix pour le travail que vous faites sur le comité canadien.
Merci aussi pour votre flexibilité pour prendre la photo. On a aussi remis un
prix citron avec le projet de règlement sur la loi n° 29,
qui crée une paperasserie supplémentaire au commerce de détail et qu'il n'a pas
dans le reste du Canada. Donc, on est capables de montrer notre sourire puis
montrer nos dents en même temps. C'est ce qui fait, je pense, de la FCEI, une organisation
qui est...
M. Poulin : ...le prix
citron, hein?
M. Vincent (François) : Non.
Maintenant, comment s'améliorer? Dans le bulletin provincial qu'on fait à
chaque année, le Québec obtient une bonne note, bien, une note de B+. Où on
perd des points au Québec, c'est vraiment sur le nombre de règlements parce qu'on
a une méthodologie qu'on a reprise puis qu'on fait à l'interne. Puis on va tout
calculer le nombre de «doit»... etc. On calcule le nombre de «doit» dans des
projets de loi, puis là on voit toutes les obligations qui sont demandées...
M. Vincent (François) : ...demandées
par rapport aux différentes provinces. Puis après ça, c'est sûr qu'il y a un
ratio par rapport aux grosseurs de la province pour diminuer les points qui
perdent dans cette section-là, parce que, les plus grosses provinces, c'est
normal qu'il y ait plus de réglementation. Donc, maintenant, si vous améliorez
la méthodologie pour capter réellement l'inflation réglementaire ou les
nouvelles règles qui sont imposées aux entreprises, là vous feriez vraiment...
vous changeriez la partie. C'est Martin St-Louis qui disait qu'il y a une
partie dans la partie. Bien, c'est un peu la même chose, parce que si on
regarde dans les lunettes du gouvernement, le gouvernement puis votre équipe,
puis je souligne le travail de Youri Rivest, puis de Benoît...
Une voix : ...
M. Vincent (François) :
...Youri Rousseau et Benoît Lavigne qui...
Une voix : ...
M. Vincent (François) :
...Non, pas le sondeur, là. Le sous-ministre, là... Ils ont fait vraiment un
travail extraordinaire. Puis même dans vos objectifs qui étaient nouveaux, de
diminuer le nombre de formalités, ça ne s'était jamais fait dans le temps.
Maintenant, en même temps, il y a eu des nouvelles règles qui ont été adoptées
à côté. Ça fait qu'il y a eu une réforme de la santé et sécurité au travail qui
a rajouté beaucoup de paperasse aux entreprises. Il y a eu une réforme sur la
protection des renseignements personnels qui a rajouté une paperasse énorme,
énorme. Donc, si vous allez rencontrer des entrepreneurs, vous leur
demandez : Est-ce que la paperasse a diminué? Ils vont vous répondre non.
Puis c'est pour ça qu'on a un 87.
Sur la construction, bien je vous invite à
regarder notre mémoire. La majorité... puis là, ma réponse était longue, là...
la majorité des PME qu'on a sondées considère qu'on devrait... moderniser
l'origine de la construction. Les entreprises assujetties du secteur de la
construction pensent qu'on devrait avoir un système qui ressemble au reste du
Canada. Ce n'est pas normal qu'on ait autant de métiers au Québec. Ce n'est pas
normal qu'il y a encore des régions administratives où un travailleur ne peut
pas aller travailler. Donc, ça, il y a eu un bon premier tour de roue qui a été
fait par le ministre Boulet il y a deux ans, je pense. Je pense que c'est le
temps qu'on continue à avancer en cette direction-là.
M. Poulin : Puis vous
portez ces enjeux-là de bon aloi, parce que, dans le projet de loi sur les
barrières commerciales... tout un volet aussi sur la reconnaissance des
diplômes avec la commission des professions, l'Office des professions, et je
suis en étroit travail avec ma collègue, la ministre de l'Emploi, la députée de
Repentigny, pour justement s'assurer que ça atterrisse puis qu'on soit capable
de faire reconnaître ces métiers-là, y compris de la construction. Après ça, on
a toutes nos règles internes, hein, qui proviennent de la CCQ, qui proviennent
de syndicats, qui proviennent de divers enjeux, puis le Québec, on dit qu'on
est une nation différente en Amérique du Nord, mais, peut-être qu'au niveau du
milieu économique, on gagnerait à s'harmoniser davantage.
• (16 h 10) •
Je souhaite vous parler d'alcool, votre
recommandation 9, que le gouvernement du Québec retire les exceptions,
oui, à la lettre, portant sur la circulation des boissons alcoolisées. Vous
n'êtes pas sans savoir que le premier ministre du Québec, en mars 2025, a joint
un groupe de travail pour la reconnaissance pour la vente directe d'alcool
d'une province à l'autre au Canada. D'ailleurs, ces travaux sont toujours en
cours. On souhaite pouvoir arriver d'ici, disons, le mois de juin, avec une
solution sur comment on peut faire de la vente directe d'alcool. Moi, je considère,
et, vous le dites là, que c'est bon pour notre économie, bon pour les PME
d'avoir accès à des nouveaux marchés et de pouvoir les développer, tout comme
des gens d'ailleurs pourraient y avoir accès. Mais je veux vous entendre un peu
plus sur l'esprit, la préoccupation, parce que vous dites : On ne veut pas
privatiser ou abolir la SAQ, puis c'est effectivement un enjeu que nous avons
dans nos discussions présentement, puisque la SAQ est un système québécois qui
nous permet de tirer des revenus, d'investir en santé, en éducation, on a tout
l'enjeu des canals de vente également... Alors, j'aimerais vous entendre
là-dessus.
M. Pâquet (Vincent) : Eh
bien, votre projet de loi fait beaucoup pour le secteur de l'alcool. Donc, on
accueille très bien ces mesures, mais on s'est dit : Pourquoi ne pas aller
plus loin? Donc là, on a écrit dans notre mémoire sur le commerce
interprovincial exactement les mêmes demandes, donc, de libéraliser le commerce
de l'alcool à travers le Canada. C'est une demande que nos membres appuient à
81 %. Puis c'est aussi une demande qui est appuyée par la population
canadienne et québécoise. Donc, c'est pour ça qu'on décide d'aller plus loin.
On est conscients qu'il existe une table de négociation pour améliorer la
circulation de l'alcool à travers le Canada, mais on vous incite justement à
aller plus loin puis de franchir le pas pour que ce soit réalité. Et, comme
vous avez dit, on ne veut pas le... on veut... on ne veut pas enlever le
monopole de la SAQ, on veut créer une offre parallèle, tu sais, que les
consommateurs puissent aller dans un commerce pour aller prendre un vin
d'importation plutôt qu'absolument aller à la SAQ.
M. Poulin : Tout à fait,
puis ça fait souvent partie de nos enjeux.
Je pense que j'ai une collègue qui a une
question.
Le Président (M. Allaire) : Mme
la députée de Labelle, 2 minutes. Allez-y.
Mme Jeannotte : Merci,
M. le Président.
Vous avez parlé d'une réforme dans le
secteur de la construction, puis vous avez salué quand même...
Mme Jeannotte : ...bonjour,
M. Vincent. J'ai oublié de vous saluer. C'est votre collègue... Vous avez
parlé des avancées quand même... que le ministre Boulet a quand même réussi à
faire, mais qu'il faut continuer dans la même voie. C'est sûr qu'on met
beaucoup le... Au Québec, on a tendance à penser que les parlementaires peuvent
tout faire, ce qui n'est pas le cas, parce que, quand on est parlementaire, on
a énormément la pression médiatique et, on le sait, la puissance des syndicats.
Est-ce que les PME et les groupes
pourraient... les regroupements pourraient nous aider, dans l'espace public,
pour faire avancer le débat? Est-ce que vous pourriez en faire plus pour
publier des choses, pour faire en sorte que le Québec avance plus? Parce que
j'ai tendance à croire qu'on en met beaucoup sur le dos des parlementaires. Je
ne veux pas dire qu'on n'a pas des choses à faire, on est en... on est au
travail. Mais je me pose des questions, des fois, si on ne pourrait pas vous
entendre plus encore, les PME elles-mêmes, pour décrier ce qu'elles vivent.
Parce qu'à travers vous... on vous entend en commission parlementaire, mais le
grand public, il ne le sait pas, la lourdeur que c'est. Ça fait que je voudrais
vous entendre de ce côté, ce que vous en pensez.
M. Vincent (François) : Bien,
je pense que vous avez quand même un... Oui, il y a du pouvoir de pression,
puis nous, on joue notre rôle de pression, hein? Des fois, on trouve qu'on...
en tout cas, tu sais, on ne met pas des gants blancs, là, quand on n'est pas
content. Je pense que, quand on regarde les autres associations économiques, on
a quand même un discours qui est quand même assez franc.
Mme Jeannotte : ...les PME,
là, qui sont quand même d'envergure, on entend rarement les chefs parler... Vous
parlez de milliards, c'est important, là. Donc...
M. Vincent (François) : Bien,
c'est...
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Merci, ça met fin à ce bloc d'échange avec la partie gouvernementale. M.
Vincent, ça me permet de vous dire, après une recherche approfondie, que c'est
la première fois qu'on citait Martin St-Louis sur une commission. Donc, c'est
une première. Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger, je vous cède la parole,
9 min 54 s.
Mme
Rotiroti
:
Merci, M. le Président. Alors, bonjour, M. Vincent, M. Paquet. Merci
d'être là. Alors, on va rentrer dans le vif du jeu, parce qu'on est quand même
dans notre cinquième projet de loi sur l'allègement réglementaire. Et, vous
l'avez dit vous-mêmes, malgré des petits pas, les petites avancées que vous
saluez du gouvernement, on est loin, on est loin de sentir l'impact sur le
terrain et l'impact, surtout, pour nos PME. Vous dites vous-mêmes, dans le
sondage que vous venez faire récemment, que 87 % des PME ne ressentent pas
cet impact-là de l'allègement réglementaire.
Alors, je vais vous poser une question
très simple, mais à la fois très complexe : Si vous avez à donner un coup
de barre, cette fois-ci, pour que ça soit vraiment... pour qu'on ressente un
certain allègement et un impact sur le terrain, ce serait où et comment?
M. Vincent (François) :
Mettre en application les 12 recommandations de notre mémoire. On ne le
sent pas sur le terrain puis ça revient à toute la notion de la méthodologie.
Ça, je pense que ça, c'est un gros élément parce que les ministères, puis le
ministre va travailler selon son plan d'action, ses orientations. Donc, c'est
sûr que, s'il y a des trucs qui sortent du périmètre comptable, bien, en même
temps, ils vont faire un travail extraordinaire, puis, de l'autre côté, bien,
on va quand même demander plus de temps aux entrepreneurs de remplir des... pas
des papiers, mais pas sur le site du ministère. Mais ils vont quand même
prendre plus de temps au lieu de développer leur projet d'entreprise.
Les omnibus, c'est quand même quelque
chose d'important qu'il faut maintenir, parce que, pour apporter des
allègements réglementaires, en déposant un omnibus, bien, ça accélère le fait
qu'on peut faire du changement. Ça amène le ministre à demander à ses autres
collègues de trouver des allègements puis, ensuite de ça, les mettre en
application. Ça, ça doit venir aussi avec le plan d'action.
Maintenant, c'est pour ça qu'on propose
d'orienter le... ou de faire relever le ministère d'allègements réglementaires
du ministère du Conseil exécutif. Parce que là, vous avez un ministre qui lobby
des ministres qui sont égales à lui pour demander de couper des formulaires ou
de changer des paradigmes qui sont chers aux ministères. Puis là, ensuite de
ça, bien, s'il n'y a pas une bonne entente, bien, il va y avoir de l'arbitrage
qui va se ramasser au ministère du Conseil exécutif. Donc, ça va... Tu sais, on
peut arriver à moins que ce qu'on avait espéré au départ. Donc, ça, c'est des
messages forts.
Puis peut-être le troisième élément pour
améliorer justement le... mieux définir le carré de sable, bien, c'est aussi
d'avoir une loi, tu sais, une politique puis que tous les ministères devraient
être assujettis, même les ministères qui n'ont pas un lien direct avec les
entreprises, parce que la paperasse touche aussi les citoyens...
M. Vincent (François) :
...puis cette loi... cette politique-là, même si elle relève d'un... de la loi
du ministère, est pas mal moins forte que si c'était une loi qui était adoptée
par l'ensemble des parlementaires. Donc, je vous incite fortement à suggérer ça
en étude détaillée, puis, après ça, bien...
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Merci. Mme la députée souhaite intervenir. Allez-y.
Mme Rotiroti : Oui, bien,
c'est parce que j'ai plusieurs questions, puis le temps et très limité.
D'ailleurs, je vais aller... je vais faire du pouce sur qu'est-ce que vous
dites, vous le dites dans votre mémoire, de transformer la politique
d'allègement en loi. Très bien. Et vous parlez aussi de modalités et conformité
par rapport à l'ensemble de l'appareil gouvernemental, c'est-à-dire le deux
pour un. Il faut que ce soit... il faut que ce soit vraiment réel. Alors, il y
a une plateforme sur... vous connaissez la plateforme, sûrement, qui a été
établie en 2017, on appelle ça la Zone entreprise, où est-ce qu'on met les
formulaires. Puis les PME eux-mêmes disent : C'est impossible à naviguer
là-dedans pour trouver l'information qu'on a besoin.
Est-ce que vous, vous voyez une
opportunité dans ce projet loi de... un, de bonifier cette plateforme-là, de
s'assurer que tous les ministères adhèrent et de s'assurer, en même temps, que
quand ils font... quand il introduit un nouveau formulaire, bien,
qu'automatiquement il en retire deux? Est-ce que ça, c'est quelque chose que
vous envisagez?
M. Vincent (François) : Oui,
je pense qu'on peut être ambitieux, sur Zone entreprise. C'est vraiment bon,
Zone entreprise, et on ne devrait pas aller de l'avant avec une nouvelle
obligation sans passer par la Zone entreprise. Puis, tu sais, ça fait 20 ans
que je fais de la politique publique, là, ça fait 20 ans qu'on parle de guichet
unique puis ça fait 20 ans qu'on n'est pas capable de le faire. Ça fait que, tu
sais, quand on ne sait pas quoi dire dans un mémoire, on demande un guichet
unique puis on sait que ça ne se fera pas. Maintenant, là, il y en a un qui
fonctionne bien. Je pense que ça pourrait être bien d'y aller avec la Zone
entreprise, oui.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui. Merci
beaucoup, M. Vincent. Parfait. Je vais aller essayer d'aller rapidement. J'ai
trouvé très impressionnant et inquiétant la figure numéro 1, sur le coût social
de la réglementation au Canada. Le fait qu'environ 68 % de vos membres ne conseilleraient
pas la prochaine génération de se lancer en entreprise à cause de la
réglementation. C'est comme un peu les échos qu'on a eus avant de la... le Regroupement
des jeunes chambres de commerce.
Lancez-nous un peu un message d'espoir. Je
comprends que ce projet de loi, c'est une bonne pas vers l'avant, mais comment
on peut convaincre les... les jeunes entrepreneurs de se lancer? Quels autres
gestes il faut prendre sauf... pour mettre en place toutes les recommandations
dans votre mémoire? Et une autre chose, juste parce qu'on n'a pas beaucoup de
temps. J'ai trouvé bien intéressant que vos membres disent qu'avec moins de
réglementation ils sont capables de baisser le coût de leurs produits. Dans un
moment où on en a une crise de le coût de la vie, c'est fascinant. Alors, je ne
sais pas s'il y a plus des pensées là-dessus. Je sais, on n'a pas beaucoup de
temps, mais j'ai trouvé que ce tableau était, comme je dis... très, très
important de juste poser des questions. Merci.
• (16 h 20) •
M. Vincent (François) : Bien,
pour y aller sur le positif, il faut voir l'allègement réglementaire comme
étant de l'innovation continue, donc pousser les ministères à faire mieux. Puis
le projet de loi, il y a plein de... tu sais, il y a plein de modifications
qu'on devait encore envoyer un formulaire papier, tu sais. Donc, en poussant
les ministères à faire mieux, c'est de l'innovation continue, puis je pense
qu'on peut le faire avec l'appareil public. C'est de... Ça ne coûte rien au
gouvernement puis c'est de l'argent directement dans l'économie en
développement de projets, en augmentation des salaires, en réduction de la
dette des entreprises. Puis on est prêt à se mettre au travail, hein, la FCEI,
on est prêts à s'asseoir avec les fonctionnaires du gouvernement du Québec pour
travailler dès maintenant sur quel devrait être le cadre méthodologique pour
vraiment capter l'inflation réglementaire, puis y mettre un terme maintenant.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Juste une autre question aussi. J'ai trouvé aussi l'analyse avec les autres
jurisdictions superintéressant quand on regarde un peu qu'est-ce qui se passe
en Ontario en termes de la construction. J'ai lu de mémoire, mais quels actes
est-ce qu'on peut prendre rapidement pour améliorer de... rendre plus efficace
notre processus de règlement autour de la construction? Je sais qu'on a parlé
d'envoyer des travailleurs dans les différentes régions, mais, quand même,
est-ce qu'il y a des choses concrètes que l'Ontario ou l'Alberta a fait
récemment, qu'il faut suivre ici au Québec pour s'assurer qu'on demeure
compétitif dans le domaine de la construction et réduire les coûts des
infrastructures, point?
M. Vincent (François) : Bien,
de mettre un terme à l'injustice fiscale que les plus petites entreprises du
secteur de la construction paient 259 % plus d'impôt. Ça, je pense que
c'est la première chose. Il y a plus de microentreprises en Ontario qu'au
Québec puis il y a beaucoup de microentreprises dans le secteur de la
construction. Puis, en Ontario...
M. Vincent (François) : ...moins
de cinq employés, il ne leur donne pas le taux d'impôt de la
multinationale. Ensuite de ça, bien, on a demandé à... à nos membres qui
étaient issus dans le secteur de la construction, les propositions qu'elles
avaient pour améliorer le secteur de la construction. Puis, il était question
de... de juridictions des... des... 71 % demandaient d'éliminer l'entrée
au marché du travail par l'ouverture des bassins, 67 % d'enlever les
frontières CCQ bloquant la mobilité de la main-d'œuvre puis 61 % sont
d'avis qu'il faut réduire au maximum le nombre de catégories de métiers.
M. Kelley : Parfait. Juste
une dernière question. S'il y a un ministère qu'il faut vraiment viser pour
réduire la paperasse, selon vous, est-ce que c'est le ministère de
l'Environnement puis ajouter les changements climatiques? Selon vos membres,
est-ce que c'est là qu'ils trouvent souvent des empêchements puis de paperasse
qui est problématique?
Le Président (M. Allaire) :
Une minute.
M. Vincent (François) : Oui,
le ministère de l'Environnement. On peut porter un regard là-dessus. J'ai donné
une conférence puis sur ce sujet-là en particulier. Puis, il y a comme un guide
qui accompagne le... le cadre réglementaire qui fait au-dessus 300 pages.
Puis, à l'introduction, ils disent que ce document-là n'a pas de valeur légale,
mais il faut quand même que tu lises le document de 300 pages. Donc, oui,
ça peut être complexe. On a croisé quelqu'un de l'association d'exploration
minière au Café du Parlement, puis il disait qu'il y avait aussi des règlements
qui venaient en concurrence l'un de l'autre, puis il faut que tu ailles
chercher quatre permis différents dans quatre ministères, puis après ça tu peux
recevoir une... une permission pour pouvoir faire du forage dans la glace en
ami, tu sais, tellement c'est long.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Ça met fin à ce bloc d'échange avec la... le premier groupe de l'opposition. On
enchaîne avec le député de Jean-Talon. Vous avez 3 min 18 s.
M. Paradis : Merci. J'ai
consulté avec attention votre mémoire très détaillé, puis vous arrivez avec
beaucoup de chiffres. Corrigez-moi si je me trompe, mais ce qu'on a... ce qu'on
ne voit pas dans les chiffres que vous nous exposer dans votre mémoire, c'est s'il
y a une croissance ou s'il y a une décroissance dans les dernières années, du
nombre de formalités, du nombre d'heures.
Puis, je vais poser la question, parce
qu'il y a un plan d'allègement 2000-2025 qui était en place avec des
objectifs de réduire de 10 % le nombre de formalités administratives, de
réduire de 15 % le volume des formalités administratives et de réduire de
20 % le coût des formalités administratives pour les entreprises. Et moi,
ma question, c'est : Est-ce qu'on a atteint ces objectifs-là? Donc, la question
c'est : D'où est-ce qu'on part avec le projet de loi n° 11 qui nous
est proposé? Puis là, je l'ai mentionné, mais il y a eu un... un autre projet
de loi adopté au printemps dernier, il y a un plan PME. Donc, est-ce qu'on a
accompli ces objectifs-là? Qu'est-ce que vos chiffres démontrent sur les
dernières années?
M. Vincent (François) : Mais
ça, le ministère fait le décompte de tout ça, puis nous, on le suit de près,
parce que... dans notre bulletin, s'ils ne mettent pas sur leur site Web, ils
perdent des points, ça fait que ça aide au fait que la documentation est mise
sur le site Web. Puis oui, on atteint les objectifs.
Maintenant, on revient au carré de sable.
On a atteint les objectifs, mais on fait des obligations qui sortent d'une
certaine façon du cadre périmètre comptable du gouvernement.
Puis, sur votre question, sur le plan
d'action, il a été vraiment bien, puis j'étais là à la création en 2020, à
l'annonce, puis... Mais il est terminé, là, le plan. Puis ça, j'en ai parlé au
ministre puis je le réitère, je pense que c'est important de se mettre aussi au
travail sur le plan d'action, parce que oui, la politique, c'est important.
Maintenant, si on ne se donne pas un objectif, des objectifs généraux puis
particuliers, bien, ça n'aide pas à ce qu'il y ait une... une action forte
autant que ça a été possible grâce à l'adoption du plan 2025.
Donc, oui à la politique, mais surtout à
l'adoption d'une loi. Mais maintenant ce serait bien de débuter dès maintenant
le travail pour adopter un plan d'action rapidement.
M. Paradis : Donc, ce que
vous dites, c'est que, si on calcule aujourd'hui ou par rapport il y a
10 ans, il y a moins d'heures déjà qui sont passées en paperasse, il y a
moins de formalités, il y a moins de réglementation?
M. Vincent (François) : Si je
prends le... Si je prends les lunettes de la méthodologie du gouvernement.
Maintenant, si on prend nos... nos calculs en termes de coût, ça a augmenté.
Maintenant, il faudrait que je retourne, là, c'est vraiment une question de...
de temps qui était dédié, qui faisait augmenter le coût de... de la paperasse.
Mais, tu sais, dans les dernières années, il y a beaucoup, beaucoup de
nouvelles obligations qui ont été ajoutées, puis on a l'impression que les
ministères se sont ajustés à la politique puis la contournent.
Le Président (M. Allaire) :
30 secondes.
M. Vincent (François) : Puis
ça, c'est une autre recommandation qu'on avait faite aussi, la politique
devrait être enchâssée aussi dans l'évaluation du ministère du... du Conseil du
trésor qui fait des évaluations des ministères. Ça, ça pourrait aussi inciter
à... à l'application et le respect de ladite politique.
M. Paradis : Merci.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Ça met fin à l'ensemble des échanges. Merci à vous deux pour votre
collaboration à cette commission.
Très, très courte suspension. Nous allons
reprendre rapidement. Merci. On se...
Le Président (M. Allaire) : ...on
suspend les travaux.
(Suspension de la séance à 16 h 27)
(Reprise à 16 h 28)
Le Président (M. Allaire) :
Alors, nous allons reprendre les travaux. Alors, j'accueille le prochain
groupe, qui est Manufacturiers et Exportateurs du Québec, deux habituées ici de
l'Assemblée, Mme White et Mme Gagné. Bienvenue.
Donc, je vous laisse le soin de vous
présenter, peut-être, avec votre titre complet, et la parole est à vous pour
votre allocution de 10 minutes.
Mme White (Julie) : Merci
beaucoup. Julie White, PDG de Manufacturiers et Exportateurs du Québec.
Mme Gagné (Jolyanne) : Allo.
Moi, c'est Jolyanne Gagné, conseillère principale aux affaires publiques et
relations gouvernementales chez Manufacturiers et Exportateurs du Québec.
Mme White (Julie) : Donc, M.
le Président, M. le ministre, Mmes, MM. membres de la commission, Mme la
secrétaire, qui était dans un très bel article ce matin, d'ailleurs, je vous
remercie de nous donner l'occasion de prendre la parole aujourd'hui sur le
projet de loi n° 11. Comme vous le savez, nous sommes
une association dont la mission est d'améliorer l'environnement d'affaires,
d'aider les entreprises manufacturières à être plus compétitives sur les
marchés locaux et internationaux.
Le secteur manufacturier, c'est plus de
501 000 emplois, c'est 12,3 % du PIB québécois, le plus grand
secteur en termes de contribution au PIB. C'est plus de 86 % de nos
exportations, plus de 13 700 entreprises présentes dans toutes les
régions du Québec. Cette réalité confère au secteur manufacturier un rôle
stratégique pour la prospérité, la résilience et la compétitivité du Québec.
D'ailleurs, dans sa vision économique, le gouvernement précisait, il y a
quelques semaines de ça, que notre secteur doit être renforcé car de sa bonne
santé dépend celle de l'économie dans son ensemble, dont le secteur des
services. C'est à la page 9, je le sais par cœur, si vous voulez savoir.
Nous évoluons dans un contexte économique
exigeant, un contexte marqué par des bouleversements géopolitiques, des
tensions commerciales persistantes, une remise en question des chaînes
d'approvisionnement mondiales, une pénurie de main-d'œuvre durable et une
concurrence internationale toujours plus vive. Dans ce contexte, le fardeau
réglementaire et administratif auquel font face les entreprises manufacturières
ne peut plus être abordé uniquement comme un irritant secondaire ou un simple
enjeu de paperasse, de formulaires. Dans l'environnement dans lequel on évolue,
nous devons nous concentrer sur ce que nous pouvons contrôler. La bonne
nouvelle, c'est que nous pouvons contrôler ce fardeau.
Pour mettre l'allègement réglementaire et
non seulement administratif... est une condition structurelle à la
compétitivité manufacturière. C'est un intrant économique à part entière.
Chaque nouvelle exigence réglementaire mobilise du temps, des ressources, des
expertises internes. Elle se traduit souvent par des politiques internes
additionnelles, des processus à documenter, des délais à absorber. Pour les PME
particulièrement, ces coûts sont très réels, cumulatifs et parfois déterminants
dans la capacité d'investir, d'innover ou même de maintenir certaines activités
au Québec. Mais tous ces coûts et tout ce fardeau est souvent mal comptabilisé
par le gouvernement, notamment dans le processus d'analyse d'impact
réglementaire.
Dans cette perspective, MEQ accueille
évidemment favorablement l'intention du gouvernement à travers le projet de loi
n° 11 de revoir son approche en matière de
réglementation des entreprises. C'est un changement de posture qui est
important, qui mérite d'être salué, tout en appelant à une analyse rigoureuse
de ses effets concrets sur le terrain. Donc, évidemment, on le projet de loi le
voit comme un enjeu économique en soi, et, pour nous, ça, ce n'est pas anodin,
même si on parle de ce sujet-là depuis des années. La reconnaissance du fardeau
réglementaire, et là je reviens sur le mot «réglementaire», pas juste
administratif... et se positionne dans un contexte où les dernières années ont
été marquées par une succession de réformes législatives, dont les effets
cumulatifs ont profondément alourdi...
16 h 30 (version non révisée)
Mme White (Julie) : ...alourdi
les fonctions administratives des entreprises. Sans remettre en question la
légitimité de certains objectifs poursuivis par les parlementaires, il faut
être capable de le voir et de constater ces impacts-là. La loi n° 25,
notamment. C'est un exemple qui est des plus parlants et dont on se fait parler
continuellement : analyse d'impact, désignation de responsables,
encadrement de transfert de données, gestion formalisée des incidents de
confidentialité, adaptation des pratiques numériques... Pour de nombreuses
entreprises aux ressources limitées, l'accumulation de ces exigences mobilise
un temps et des expertises considérables qu'elles n'ont pas nécessairement à l'interne,
sans qu'il soit démontré que l'augmentation du nombre d'obligations se traduise
nécessairement par une meilleure protection du public.
Cette dynamique se retrouve également dans
les nouvelles obligations découlant de la loi n° 27
en matière de prévention des risques psychosociaux, encore une fois, on ne critique
pas l'objectif, juste être clair... de formation, de documentation et de
gouvernance en santé et sécurité au travail, ainsi que certaines exigences en
lien avec l'obsolescence programmée. Pris isolément, tous ces cadres
réglementaires peuvent se justifier. Pris collectivement, ils illustrent
toutefois une superposition d'exigences qui fragilisent la capacité des
entreprises à se concentrer sur leurs activités principales : produire,
investir, innover. C'est précisément cette réalité qui rend nécessaire une
approche d'allègement réglementaire structurée, cohérente et transversale.
MEQ salue dans ce projet de loi le
renforcement du rôle du ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie
en matière d'allègement réglementaire. Pour nous, c'est important d'avoir
quelqu'un qui a le pouvoir d'agir et d'agir plus fortement auprès des
ministères pour permettre d'avancer plus rapidement. Il reste encore des
questions quand même dans la façon dont ça va se dérouler. Quels sont les
mécanismes concrets? Comment s'assurer que les efforts d'allègement ne
demeurent pas sectoriels ou très ponctuels? Comment on s'assure d'avoir des
changements qui sont réellement structurants?
Le projet de loi confère aussi au
gouvernement, sur recommandation du ministre, un pouvoir de modification
réglementaire afin d'alléger le fardeau des entreprises. C'est un levier qui a
un potentiel réel. Il peut permettre des ajustements plus rapides et ciblés,
mieux enlignés avec certaines préoccupations des entreprises. Encore une fois,
il y a plusieurs éléments clés qui restent à déterminer. Quels critères qui
guideront l'identification des règlements à modifier, la prévisibilité et la
transparence du processus pour les entreprises, la concertation avec les
ministères concernés, comment elle va se faire, la concertation des milieux
économiques, notamment dans l'implantation de ces changements-là, et, surtout,
la capacité à avoir des allègements durables et mesurables au-delà de gains
ponctuels. Ces balises seront déterminantes pour que cet outil devienne un
véritable levier de compétitivité.
Pour MEQ, l'article n° 5
est un des éléments les plus déterminants, notamment, parce qu'il veut élargir
le nombre de ministères et d'organismes qui sont soumis à la politique d'allègement
réglementaire. Il faut que ce soit une responsabilité partagée partout au
gouvernement. Aussi, la règle du un pour un qui pourrait être remplacée par le
deux pour un pour une majorité d'organismes, c'est quelque chose qu'on voit
très positivement. Toutefois, la portée de l'article n° 5
au complet va dépendre entièrement de la politique gouvernementale à venir.
Celle-ci doit venir rapidement, celle qui... il y en a une qui vient de se
terminer. Évidemment, tout le monde ici est pour la tarte aux pommes. On est
tous bien enlignés. Mais tant que la tarte n'est pas cuite, on ne sait pas si
elle est bonne. Donc, la politique gouvernementale va vraiment être critique
dans les résultats qu'on va avoir de ce projet-là.
De notre côté, évidemment, on est sensible
aux exigences, particulièrement sensibles aux exigences sur les délais d'autorisation,
les délais de permis, la planification des investissements, l'implantation ou l'expansion
de la modernisation des installations et toutes les exigences qui complexifient
le recrutement et la rétention de la main-d'oeuvre, notre plus grand enjeu dans
le secteur. C'est essentiel pour nous notamment que... Alors, dans ces circonstances-là,
c'est essentiel pour nous que la politique d'allègement inclut explicitement, évidemment,
le ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie, le ministère de l'Environnement,
de la Lutte contre les changements climatiques, le ministère des Affaires
municipales et, évidemment, le ministère du Travail. Ce n'est pas une liste
limitative, mais, pour nous, ceux-ci sont... ceux-là sont très importants à être
inclus.
Deux thèmes que je veux aborder avant de finir,
s'il me reste du temps?
Le Président (M. Allaire) :
Oui...
Mme White (Julie) : OK. La
forêt.
Le secteur forestier est dans une grande
crise actuellement à cause des barrières, bien, des tarifs douaniers. Mais c'est
aussi un secteur qui a besoin de soutien, qui est le cœur de certaines régions.
On a des gens évidemment qui produisent et qui transforment du bois. Les
communautés forestières en dépendent beaucoup. Les projets pilotes prévus dans
le projet de loi n° 11, c'est une bonne nouvelle. On
est favorables à ça. C'est important, et ça concorde avec bien des demandes de
l'industrie. Maintenant, rappelons que ce n'est pas le seul moyen qu'on a pour
soutenir l'industrie. Il y a des besoins financiers, il y a des besoins d'accompagnement
au-delà des projets pilotes qu'il faut être capable de regarder...
Mme White (Julie) : ...le
dernier point, c'est sur la Commission des partenaires du marché du travail,
nous faisons partie de la... de la commission, je suis à l'assemblée
délibérante, au comité exécutif. On reconnaît... C'est important pour nous,
c'est une instance qui est importante. On a l'éducation, le milieu
communautaire, le patronal, le syndical à la même table pour discuter des
enjeux du milieu du travail et faire des recommandations au gouvernement. Pour
nous, c'est important d'avoir ce milieu de concertation là, mais on est quand
même favorables à l'abolition des plans régionaux, c'est beaucoup de paperasse,
c'est beaucoup de difficultés, c'est beaucoup de choses à regarder, et on n'est
pas sûrs que ça donne tout le temps les résultats. Maintenant, c'est important
quand même d'avoir des plans annuels de planification de la main-d'œuvre qui
sont faits, peut-être, dans une formule plus allégée que ce qui est là, mais si
on... on abolit l'ensemble de ces plans-là, c'est difficile d'avoir un poids,
un poids très spécifique du terrain. Je vous donnerais l'exemple... On se base
encore beaucoup sur l'OPMO dans toutes nos politiques, en ce moment, l'OPMO a
été faite en 2021. Le... marché du travail... l'opération main-d'œuvre. Le
marché du travail a changé beaucoup depuis 2021, c'est pour ça qu'il faut des
instances comme la Commission des partenaires du marché du travail pour mettre
à jour certains enlignements dans les politiques. Donc, d'avoir des plans
annuels de main-d'œuvre, ça demeure quand même quelque chose de pertinent.
Évidemment, en terminant, le projet de loi n° 11
marque une évolution importante, sa réussite dépendra toutefois de sa mise en
œuvre. On réitère notre appui au principe d'un allègement réglementaire
ambitieux, et on est, évidemment, toujours prêts à collaborer avec le ministre
et ses équipes sur le sujet. Merci.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. On débute la période d'échange, M. le ministre, vous avez un peu plus de
11 minutes. La parole est à vous.
M. Poulin : Merci beaucoup, M. le
Président. Mme White, Mme Gagné, merci d'être présentes aujourd'hui. Merci pour
le bon travail dans votre mémoire qui est costaud, puis qui amène des éléments
que nous n'avons pas discutés encore dans le cadre de cette commission. Pour
revenir à la forêt, dans les prochaines minutes, parce que je sais que ce sont
vos membres et qu'il y a des enjeux qui sont réels présentement. Vous dire,
également : Vous avez raison, le deux pour un, puis vous faites bien...
d'inciter les ministères, parce que si je l'inscris dans la loi, je dois
rouvrir la loi chaque fois que je mets un ministère, alors ce qu'on a fait,
pour se donner un réel pouvoir de ministre du «red tape», tout à l'heure,
François Vincent disait : Ah, il n'a pas réellement de pouvoir, ce n'est
pas vrai, là, on met, dans la loi du ministère de l'Économie, on se donne le
pouvoir où on dit qu'on rehausse la politique d'allègement réglementaire, et en
plus, nous venons dire que le deux pour un est enchâssé dans la loi. Ça fait
que c'est du jamais vu, là, dans l'histoire du Québec, puis en plus, on se
donne des pouvoirs au niveau des permis, j'en touche à peu près deux secteurs,
mais on a une quarantaine de permis, présentement, qu'on va venir toucher. Le
secteur minier est membre chez vous, hein, j'imagine? Ou...
Mme White (Julie) : ...un peu
de formations minières, mais c'est quand même plus limité dans mon... dans mon
membership, que d'autres sous-secteurs.
M. Poulin : Excellent, mais
qui sont aussi importants dans le grand, grand secteur économique du Québec.
Alors, eux, on les aide beaucoup, boissons alcoolisées ou autres. Mais c'est
sûr, je regarde vos suggestions à la page sept, là, le ministère de l'Économie,
l'Environnement, les Affaires municipales, le Travail. On pourrait parler de
l'OQLF, également, on pourrait parler de d'autres, alors j'ai ce souci-là, et
la politique va arriver ce printemps, alors on vote le projet de loi si tout va
bien, et après ça, on fait la politique, puis on est capables de pouvoir
assujettir nos ministères et organismes à l'intérieur de ça, mais merci pour
les suggestions, puis oui, plus que moins, actuellement, c'est 18 ministères et
organismes, donc on souhaite en faire davantage.
• (16 h 40) •
Au niveau de la forêt, merci de le souligner, le projet... les projets
pilotes, parce qu'effectivement, lorsqu'il y aura une entente locale, on sera
capables de pouvoir démarrer de nouveaux modèles au niveau de... bien,
l'abattage, puis au niveau du fonctionnement de l'industrie. Qu'est ce qui vous
parle, aussi, beaucoup, l'industrie de la forêt? Je suis intéressé à vous
entendre, parce que oui, il y a l'enjeu des droits de coupe, mais il y a
l'enjeu de... du prix de la fibre, il y a l'enjeu du bureau, il y a l'enjeu de
la mise en marché, il y a l'enjeu du prix, également, pancanadien. On se
compare beaucoup à l'Ontario, à ce niveau-là, donc je suis intéressé à vous
entendre.
Mme White (Julie) : Bien,
écoutez, c'est sûr qu'on a un certain nombre de nos membres qui sont dans...
reliés à la forêt, certains producteurs, certains transformateurs, aussi.
L'accès à la... l'accès à la matière première, ça demeure l'enjeu principal,
là, puis je pense qu'il y a eu, déjà, des discussions dans une autre commission
sur une réforme du régime forestier. On n'est pas à une étape où que ça a
fonctionné, on espère que ça puisse avancer. Il y avait quand même certains
principes qui étaient corrects, mais il faut revoir la façon dont on voit les
choses. Un aménagement durable de la forêt peut se faire sans diminuer la
capacité des entreprises à avoir certains droits de coupe. Il y a aussi
beaucoup de gestion, beaucoup d'enjeux sur les coûts, là, liés à tout ce qui
est entretien des chemins forestiers, la façon dont on a accès aux différents
lots pour aller couper le bois qui vient impacter, mais c'est sûr que le plus
gros enjeu, en ce moment, pour nous, c'est toute la pression, tu sais, au-delà
de ces enjeux-là, il y a la... toute la pression financière qui vient avec
les...
Mme White (Julie) :
...puis
c'est là qu'on... c'est comme si le vase déborde un peu, là, puis nos
entreprises continuent d'opérer, là, ils sont encore là, là, elles ne sont pas
toutes... tu sais, il y en a en difficulté, mais il y en a d'autres qui réussissent
un peu à s'en sortir, mais très difficilement. Il y a des entreprises qui
payent des centaines de millions de droits de douane depuis le début de la
crise tarifaire. C'est sûr que ça affecte leur compétitivité et ça leur ferme
un marché complet. Donc, il faut être capable de dire : si on n'est pas...
on ne contrôle pas les... on ne contrôle pas les tarifs douaniers de M. Trump,
qu'est ce qu'on peut regarder dans ce qu'on fait? C'est sûr que les projets
pilotes, c'est un élément, mais il y a aussi des besoins financiers à court
terme pour certaines entreprises. Je sais qu'il y a beaucoup d'entreprises qui
ont des discussions avec le ministère de l'Économie sur ces éléments-là, la
mise à jour économique qui est donc... tu sais, il y avait des allègements,
mais c'était très, très, très limité. Il y a des gens qui ont besoin d'aide
directe en ce moment puis ce n'est pas de dire qu'il faut subventionner toutes
nos entreprises au Québec pour les sauver, c'est de voir celles qui ont un...
un potentiel encore qui... pour lequel il y a encore des besoins. Ça peut
stimuler de l'investissement pour maintenir des emplois à flot dans les
régions, c'est là-dessus qu'on veut insister. Des solutions financières sont
aussi nécessaires pour certaines entreprises et il faut le considérer même s'il
y a certaines de ces entreprises-là qui sont des PME, mais il y a aussi des
plus grandes entreprises qui sont dans des situations difficiles. C'est des...
c'est des villages et c'est des villes en régions qui en dépendent. On ne peut
pas juste se dire : Ce n'est pas grave. Les tarifs douaniers ne sont pas
là pour la majorité des entreprises, mais le petit volume d'entreprises qui
sont... ou de sous-secteurs qui sont touchés, ils sont extrêmement touchés en
ce moment et c'est catastrophique pour ces secteurs-là.
M. Poulin : J'étais...
j'étais à Roberval il y a une semaine avec l'excellente députée de Roberval,
puis on faisait une tournée et, justement, je rencontrais les concessionnaires
automobiles, hein, qui sont pour moi fondamentales dans le développement
économique de nos régions et ils vivent et ils voient l'impact. En même temps,
on a des cours qui sont pleines, alors le bois ne sort pas. En même temps, si
on met les gars au travail quand même, bien, on aura un inventaire plus élevé,
après ça on essaiera de l'écouler. Puis la production, la fabrication, le
séchage, le planage pourra suivre par la suite. Mais il n'en demeure pas moins
qu'effectivement la solution n'est pas toujours financière ou dans notre fonctionnement
de l'industrie du bois au Québec dans les dernières années. Et, moi, je vous
entends sur ce que vous me dites, puis je travaille bien avec le ministre de la
Forêt pour trouver des solutions à ce niveau-là, surtout dans le contexte des
tarifs actuellement. Peut-être que le régime forestier avait une bouche... euh,
une bouche, une bouchée, plutôt, importante à prendre et elle a été prise de
façon costaude. Il faut peut-être mieux cibler nos actions pour que l'industrie
forestière et les régions puissent en profiter et le projet pilote c'est une
avancée, mais on travaille sur d'autres éléments-là, je tiens à vous rassurer,
puis je tiens à rassurer également votre industrie à ce niveau-là. Vous parlez
du Comité des partenaires du marché du travail. On sentait votre passion, vous
parliez du comité délibérant, quand même, ce n'est pas...
Mme White (Julie) : ...délibérante,
oui, on fait partie de ça, oui.
M. Poulin : L'Assemblée
délibérante, quand même, ce n'est pas banal. Et vous nous dites que ce plan
d'action là, annuel, est important parce que, puis vous avez été, bien, la... à
être longtemps dans l'appareil gouvernemental, alors vous en avez vu des plans
d'action, des plans intégrés, des plans annuels trimestriels. Alors là, on
essaie de faire un peu de ménage là-dedans, parce qu'on met des gens pour
travailler là-dessus, puis il n'y a pas grand monde qui lit. Puis, moi, je suis
d'accord avec vous, le marché de l'emploi a évolué. Puis là, il y aura-tu une
clause grand-père, il n'y en aura-tu pas, on ne le sait pas. Il y a l'enjeu des
migrations, il y a les journaliers, il y a les soudeurs, vous êtes venus en
Beauce avec moi. Alors c'est assez, c'est assez vaste. Est-ce que c'est
nécessairement toujours la Commission des partenaires du marché du travail à
l'intérieur de ce plan d'action annuel là qui peut le définir ou votre travail
que vous faites déjà nous permet de bien le faire? J'essaie de voir si vous
nous dites qu'il est fondamental, il est important, peut-être. Mais on cherche
à alléger un peu, là.
Mme White (Julie) : Oui, puis
je comprends bien, hein, puis j'ai été... je suis quand même une des personnes
qui disent... qui dit qu'il faut que ce soit simple et que ce soit facile comme
méthode. Maintenant, quand on n'est pas connecté directement sur ce qui se
passe, puis on le voit beaucoup, puis je vais être plate, mais on a des enjeux
importants de main-d'oeuvre en ce moment dans nos secteurs. Le secteur
manufacturier, ça fait des années, là, qu'il est en pénurie de main-d'oeuvre.
Bien, l'opération main-d'oeuvre, là, elle ne prévoit pas le secteur
manufacturier comme secteur prioritaire. Je vais répéter, on est le plus gros
secteur en importance dans le PIB. Bien, c'est parce qu'à un moment donné, on
écoute certaines considérations externes, puis on ne se remet pas vers les
chiffres, puis vers les réels besoins de ce qu'on entend. Ça fait que d'avoir
cette table de concertation là avec des orientations, je pense que c'est
nécessaire. Ça va vous ramener un petit peu plus proche du terrain pour prendre
des décisions. Évidemment, moi, je... la commission a plein de leviers pour
faire ça, mais il faut que ça soit agile. Puis le fait d'avoir des plans
régionaux à chaque année, ça, ça, on est d'accord, ça fait beaucoup trop puis
c'est du temps qu'on peut économiser. Maintenant, d'avoir un plan plus...
Mme White (Julie) : ...global,
annuel sur différents secteurs pour identifier, au gouvernement... avoir un peu
plus d'agilité que de se dire : On a une Opération main-d'œuvre qui a été
faite en 2021, on est rendu à 2026, on n'a pas mis à jour qu'est-ce qui était
prioritaire, bien, c'est problématique, pour moi, ça, parce qu'on n'a pas
réajusté. Dans l'Opération main-d'œuvre, notamment, il y a la question des
technologies de l'information. Il n'y a pas de besoin actuel spécifique, en
termes de main-d'œuvre, de ce côté-là, comme c'est le cas dans notre secteur.
Il faut être capable d'avoir des politiques plus agiles en fonction de
l'évolution. L'intégration de l'intelligence artificielle, c'est quelque chose
sur lequel on se penche actuellement. Il y a plein de choses qui se disent
sur... Oh mon Dieu! Qu'est-ce qui va se passer? Il faut qu'on soit capable
d'analyser. Et les études, d'ailleurs, dans le monde, disent que les métiers,
tu sais, comme les métiers manufacturiers ou manuels, ce n'est pas ceux-là qui
vont disparaître en premier, c'est plus les métiers de service, c'est les
métiers... les comptables, les gens qui font des coms, les gens qui font... tu
sais.
Ça fait qu'il faut être capable d'avoir
ce... cette place d'information là qui reflète qu'est-ce qu'on voit sur le
terrain pour être capable de vous alimenter puis que vous fassiez les
meilleures politiques publiques possible. Puis, des fois, c'est plate, mais ça
vient avec un petit peu de temps à prendre, puis de jasage, puis de rapports,
mais le gouvernement peut vraiment bénéficier de cette instance-là si elle est
utilisée de la bonne façon.
M. Poulin : Oui, sans compter
que la commission demeure à l'intérieur...
Mme White (Julie) : Oui, oui,
oui.
M. Poulin : ...de nos
volontés, je le rappelle, c'est au niveau plan d'action annuel.
Mme White (Julie) : Mais les
plans régionaux, ça fait 17 plans à chaque année dans chaque sous-secteur,
tu sais, ça commence à faire beaucoup. Puis ce n'est pas des gens que les
CRPMT, là, les commissions régionales, tu sais, ils n'ont pas... ce n'est pas
des très grosses organisations qui ont beaucoup de... tu sais, de ressources.
Donc, tu sais, d'alléger ça, on est d'accord, mais il faut quand même que vous
veniez prendre le pouls du terrain en lien avec les différents... les
différents partenaires. Je pense que ça vous alimente, puis ça peut vous aider
à être plus agile.
M. Poulin : Parfait. Merci
beaucoup pour l'échange.
Mme White (Julie) : Merci.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. On enchaîne avec la députée de Jeanne-Mance—Viger. Vous avez
9 min 54 s.
Mme
Rotiroti
:
Oui, merci, M. le Président. Alors, bonjour, Mme White, Mme Gagné. Très
contente de vous retrouver. Alors, on va juste continuer sur la même lignée du
ministre, vu qu'on est sur le sujet, Juste bien comprendre. Mme White,
qu'est-ce que vous suggérez. Vous dites : Quand le plan d'action global
est important, les plans régionaux un petit peu moins. Avez-vous la crainte
que, si on abolit les plans régionaux — et je comprends très bien que
c'est beaucoup de paperasse, les ressources ne sont pas nécessairement au
rendez-vous — que, dans le plan général, que les spécificités de
chaque région et les besoins de ces gens-là vont se retrouver dans le plan
d'action?
Mme White (Julie) : C'est toujours
une préoccupation pour nous, Mme la députée. C'est sûr que, quand je dis ça, je
peux avoir de l'air très impopulaire face aux régions...
Mme
Rotiroti
:
Non, pas du tout.
• (16 h 50) •
Mme White (Julie) : ...mais ce
n'est pas du tout le cas. Nous, notre secteur particulièrement, c'est un
secteur qui est principalement en région. Donc, je pense qu'avec la pluralité
des partenaires qu'on a autour de la table puis avec l'expertise qu'il y a au
secrétariat permanent de la Commission des partenaires du marché du travail, on
est capable d'avoir les données pour ressortir les principales préoccupations
régionales et on est capable d'être plus agile aussi que d'aller, à chaque
fois, revoir, dans chaque région, tel élément. Tu sais, on a des comités
sectoriels de main-d'œuvre. On a le grand groupe de la commission, on a
beaucoup de monde autour de la table. Ça fait que, si on veut être plus
efficace, il faut trouver ces façons-là de faire.
Tu sais, je dirais qu'encore une fois le
gouvernement bénéficierait d'écouter et d'être très proche de cette
commission-là, parce que c'est tous des partenaires qui sont dans l'ensemble de
l'écosystème. Je pense qu'à la gang, avec l'éducation, le communautaire, nous
puis les syndicats, on vient représenter pas mal l'ensemble du Québec.
Mme
Rotiroti
:
Merci beaucoup pour la précision. Et je trouvais ça important de rassurer les
gens, parce que je vous... je vous connais et je connais votre association, et
je sais qu'ils ont cette sensibilité-là par rapport à les régions. Mais je
voulais rassurer les gens qui nous écoutent que ces spécificités-là vont se
retrouver dans leur plan d'action. Et je pense que le mot-clé, Mme White, vous
utilisez l'agilité, mais c'est aussi d'être capable d'évoluer avec le besoin du
marché. Alors, moi, je trouve que c'est un travail en continu, c'est un travail
constant. Vous parlez d'écoute? C'est ironique, parce que, depuis... depuis que
je suis en politique, puis ça fait une couple d'années que je suis en
politique, on parle de pénurie de main-d'œuvre, on parle de la contribution des
travailleurs qui vient de l'étranger, qu'on sélectionne nous-mêmes pour venir combler
ces postes-là que... Et je réitère que les Québécois eux-mêmes, on n'est pas
capables de trouver pour combler ces travailleurs-là. Et on a un gouvernement
qui, en cours de route, est en train de changer les règles qui mettent en
davantage en péril, je vous dirais, certaines entreprises en région...
Mme Rotiroti : ...parle même
de certaines entreprises qui doivent fermer parce qu'elles ne sont pas capables
de combler, que ce soit les contrats ou même continuer à travailler dans le...
de faire le travail de l'entreprise. Alors, c'est quoi, à part de dire au
gouvernement : Écoutez-nous? Nous, c'est des gens, c'est des... Moi, je
dis toujours que c'est des travailleurs avant tout, c'est des gens qui sont
déjà intégrés, des gens qui contribuent à l'essor, non seulement de
l'entreprise mais à l'essor de la région où est-ce que l'entreprise se trouve.
Vous, votre... si vous avez une recommandation à donner au ministre, qui... je
sais qu'il nous écoute très attentivement, ce serait quoi, Mme White?
Mme White (Julie) : Écoutez,
l'enjeu de la pénurie de main-d'oeuvre, c'est notre plus grand enjeu, hein? On
est dans des régions où il y a beaucoup de mécompréhension aussi de ce qu'on
fait dans le secteur manufacturier, là. On ne peut pas prendre un étudiant à
temps partiel puis le faire débarquer dans une usine pour travailler. Ce n'est
pas comme ça que ça marche. C'est toutes des jobs avec des spécialisations,
même si ce n'est pas tout avec des diplômes universitaires, c'est toutes des
jobs avec des spécialisations. Ils ont besoin de formation. Il y a des enjeux
de comprendre le métier, mais aussi de santé et sécurité au travail, notamment.
Il faut être conscient de ces éléments-là.
Nous, on a évidemment beaucoup de
travailleurs étrangers temporaires, notamment dans le secteur manufacturier,
principalement en région, parce que la courbe démographique, elle est ce
qu'elle est. On manque de travailleurs, il y a des taux de chômage très, très
bas en région, donc ça laisse un vide puis ça ne laisse pas le choix aux
entreprises qui veulent... puis là je dis maintenir leur production, je ne
parle même pas nécessairement juste d'augmenter la capacité, mais c'est le
maintien.
Il y a beaucoup de politique, en ce
moment, sur tous ces dossiers-là, beaucoup de balles qui se renvoient entre
Québec et Ottawa. J'ai déjà dit, à un micro ici, à quelque part à l'Assemblée
nationale, que j'étais pas mal tannée, là, j'aime ça, le tennis, mais juste à
la télé, là, quand je regarde... je regarde des joueurs professionnels. Je suis
tannée qu'on se renvoie la balle. Le gouvernement avait une occasion de nous
aider un peu à alléger avec le PSTQ. Dans l'appel de candidatures du mois de
décembre, il y avait 670 des places sur les 1 800 quelques du moment qui
étaient réservées au secteur manufacturier, spécifiquement à des emplois avec
des... manufacturiers. Dans les orientations qui ont été annoncées la semaine
dernière, on a enlevé cette priorisation-là alors qu'on nous avait promis que
ce serait le même genre de priorisation qui serait faite pour les autres... les
autres appels de candidatures. Ça, pour moi, c'est une très mauvaise décision.
C'est un choix qui vient mettre en péril des entreprises.
L'objectif, ce n'est pas de dire qu'on est
plus importants que les autres, mais on a moins de solutions pour aller
chercher des travailleurs québécois chômeurs qui ont... à cause des
qualifications dont on a besoin. Et, à un moment donné, c'est plate, faire des
choix, ce n'est pas nécessairement facile, de faire des choix, en politique,
mais, pour nous, les orientations de décembre étaient des orientations qui
venaient nous enlever... tu sais, ce n'était pas une solution magique à tout ce
qui se passe, mais ça venait nous enlever de la pression dans un programme qui
peut être bon. En passant, moi, je ne pense pas que le PSTQ ne peut pas être
bon. Je pense qu'il peut être mieux modulé, mais on avait là une voie de
passage. On a eu un petit espoir qu'on allait avoir de l'aide du gouvernement
pour nous soutenir là-dessus. Je peux vous dire que j'étais très, très déçue,
la semaine passée. J'ai eu la chance de parler au cabinet du ministre, là, j'ai
eu mes échanges avec eux, mais cette déception-là, elle est grande, puis je
pense que je vous... Je vais vous relire la phrase, là, dans la vision
économique, que je vous ai dit, à la page 9, là : «Le secteur
manufacturier doit être renforcé, car de sa bonne santé dépend celle de
l'économie dans son ensemble, dont le secteur des services.» Il me semble ça
aurait été un coup de main qu'on aurait pu maintenir aujourd'hui.
Mme Rotiroti : Merci
beaucoup, Mme White. Je vais passer à mon collègue de Jacques-Cartier.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le député de Jacques-Cartier. La parole est à vous.
M. Kelley
: Mme White,
Mme Gagné, bonjour. Je veux poser une question. Avec l'instabilité dans le
monde présentement avec les Américains, comment... je comprends, ce projet de
loi, c'est un bon pas dans la bonne direction, mais comment on peut s'assurer
qu'on demeure compétitifs avec nos voisins des autres jurisdictions qui prend
action rapidement pour faire la déréglementation, mais aussi de garder le cadre
administratif, un message pour passer à le ministre d'être «laser focused»,
comme on dit, sur certains enjeux? J'ai posé la question à M. Vincent dans le
dernier échange concernant, comme, le ministère de l'Environnement. Alors, je
laisse vous la parole... de répondre à ma question.
Mme White (Julie) : Oui,
bien, c'est un bon point. Puis, tu sais, j'ai parlé, là, de ce qui avait été
ajouté dans le cadre du projet de loi n° 25, la loi n° 27 et la loi n° 29,
notamment. Encore une fois, les objectifs, personne n'était contre, mais on a
rajouté des politiques internes, des guides. Je pense que, si on va regarder ça
rapidement, on vient régler un problème. Moi, les entreprises, ce qu'elles me
parlent le plus quand je vais les voir puis que je leur dis : Allègement
réglementaire, c'est quoi, votre enjeu?, c'est ces trois lois-là...
Mme White (Julie) : ...puis ces
trois lois qui ont été ajoutées récemment, qui avaient des bons objectifs
encore une fois, mais que je pense qu'on peut trouver des mécanismes plus
simples. Ça, c'est quelque chose de très, très clair pour nous. On nous parle
très peu de formulaires chez nous, tu sais, on est très peu là-dedans. C'est
beaucoup plus dans les obligations réglementaires, d'où l'importance que le
ministre fait en élargissant la piscine, là. Tu sais, avant, on était juste sur
les formulaires, c'est correct, mais l'impact est moins grand. Là, on a grandi
aux règlements, pour nous, c'est majeur. Donc, ces trois lois-là, il y a des
manières de les regarder.
L'autre chose que je dirais, c'est
évidemment la question environnementale, c'est quelque chose qui est important.
On ne veut pas... On est responsable en termes environnementals. J'ai été à la
commission sur les GES, notamment. Je pense qu'il y a des choses à faire de
façon intéressante. Ce n'est pas une question de ne pas protéger
l'environnement, c'est d'avoir des processus beaucoup plus rapides que ce
qu'ils sont là. On sera notamment, la semaine prochaine, à l'étude du projet de
loi sur les projets stratégiques notamment. Ça va aussi faire partie de nos
recommandations. Mais les processus sont encore extrêmement longs, beaucoup plus
longs que les promesses. Puis, tu sais, ce n'est pas juste une question du
gouvernement actuel, là, c'est quelque chose qui perdure dans le temps. Je
pense que ça transcende l'ensemble des gouvernements. Mais là, à vouloir bien
faire, puis c'est correct d'avoir cet objectif-là, on nuit à plein de
potentiels d'investissement, soit d'entreprises qui sont implantées ici, mais
aussi d'entreprises qui veulent venir s'implanter ici. Puis il faut... tu sais,
évidemment, il faut encourager celles qui sont déjà ici. Mais si on veut être
fort puis productif au Québec, on a besoin encore d'attirer des investissements
étrangers.
Le Président (M. Allaire) :
20 secondes.
M. Kelley
: Et
rapidement, des fois, c'est aussi un enjeu que le fonctionnaire n'est pas
capable de prendre une décision sur le règlement, puis la puck est passée les
autres.
Mme White (Julie) : Oui, c'est
sûr que, des fois, c'est... Je vais acquiescer à la réponse du ministre.
Le Président (M. Allaire) :
Oui. Merci. Ça met fin à ce bloc d'échange avec l'opposition officielle. Mme la
députée de Verdun, la parole est à vous, 3 min 18 s.
Mme Zaga Mendez : Merci. Merci
beaucoup, Mme White et Mme Gagné, pour votre exposé. J'ai deux questions. La
première, vous avez commencé à répondre un peu. Vous avez dit de cibler les
ministères à fort impact sur le secteur manufacturier, et vous avez dit...
Parce que c'est ça, ce n'est pas tant des formulaires, mais des obligations
réglementaires. Ça va, de mémoire, vous nommer quand même certains ministères,
mais je ne sais pas si vous avez un exemple pour nous, peut-être juste pour
rendre ça un peu plus concret, parce que...
Mme White (Julie) : Oui, oui,
tu sais, mais on a listé, dans cette liste-là, le ministère du Travail. Donc,
on va revenir à la question de toutes les politiques internes en matière de
harcèlement psychologique au travail, c'est bien, mais les entreprises,
notamment, les PME n'ont pas tous les moyens de faire ça, ça a coûté
extrêmement cher, ça a pris des temps, de la mobilisation. Il me semble que, si
on veut mettre des choses comme ça en place, ce qui est correct, qu'on pourrait
mieux équiper les entreprises soit avec des guides, des trousses, des... des je
ne sais pas, des formats préfaits, des «templates» — excusez mon
anglicisme — pour accompagner ces entreprises-là, au lieu de forcer
du travail qui est très fondamental, qui est très complexe. Puis, tu sais,
c'est sûr que nous... Moi, je représente, oui, de la grande entreprise, mais
j'ai aussi beaucoup de la PME, puis on oublie, tu sais, là, dans le
manufacturier industriel, tu sais, on a toujours l'impression, c'est très gros
parce qu'il y a 250 employés, mais 250 employés, quand tu as un
chiffre de jour, un chiffre de soir, puis un chiffre de fin de semaine, tes
250 employés sont sur... sont sur le plancher de production, là. Puis le
monde à l'administration, c'est souvent 10, 15 personnes, tu as les ventes
là-dedans, tu as l'approvisionnement.
• (17 heures) •
Ça fait que, tu sais, ça laisse très peu
de moyens pour ces entreprises-là. Donc, soit on enlève certaines
réglementations, soit on les accompagne mieux avec des solutions un peu clés en
main pour les aider dans ces obligations-là. Mais il faut arrêter de se dire
que la solution à tous les problèmes, c'est de faire faire un nouveau rapport,
une nouvelle politique interne, une nouvelle... Puis, tu sais, c'est quelque
chose au Québec, en général, on est très porté à faire, là, comment on va
l'appliquer, ah! il faut que chaque entreprise puisse se prendre... donc on va
faire une politique interne, mais ce n'est pas tout le monde qui est capable de
faire ça à l'interne.
Mme Zaga Mendez : Par exemple,
avoir soit des guides des bonnes pratiques, auxquels vous adhérez plutôt que...
Mme White (Julie) :
Exactement. Je pense qu'il y a d'autres façons...
Mme Zaga Mendez : ...déjà
généralisés et que vous pouvez juste accepter avec votre CA.
Mme White (Julie) : Exact, eh
oui!
Mme Zaga Mendez : Ma deuxième
question, c'est justement dans cette liste-là : Est-ce que vous ajouterez
le ministère à l'Immigration?
Mme White (Julie) : Oui. C'est
sûr qu'on a vu dans les derniers... On a beaucoup de gens qui nous disent que,
dans les derniers mois, c'est beaucoup plus difficile avec le ministère de
l'Immigration, beaucoup plus pointilleux sur les demandes de renseignements,
beaucoup plus d'allers-retours. Je ne sais pas si c'est dû au fait qu'il y a
trop d'exigences. Je ne sais pas si c'est dû au fait... au contexte actuel puis
aux attentes, au nombre de personnes, mais c'est sûr que ça devient un
problème. Nous, on a des entreprises qui n'avaient personne qui s'occupait de
recrutement de main-d'œuvre, qui ont été obligés de se doter de deux, trois personnes
qui s'occupent à remplir ces éléments-là. Ce n'est pas facile, hein, puis, tu
sais...
17 h (version non révisée)
Mme White (Julie) : ...on le...
nos entreprises estiment à, à peu près, là, en argent, là, puis, là, je n'aime
pas ça le mettre en argent parce que c'est des personnes, mais à peu près 15 000 $
par travailleur étranger temporaire qu'on va chercher, donc, d'investissement. Ça
fait que c'est sûr que c'est compliqué.
Mme Zaga Mendez : J'imagine
tout aussi... Puis c'est bien, on a des exigences en francisation, on a des
exigences en termes d'accueil, puis on veut garder ces normes-là. En tout cas.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga Mendez : oui, oui,
oui.
Le Président (M. Allaire) : On
enchaîne avec le député de Jean-Talon, trois minutes, 18 secondes.
M. Paradis : Merci. On n'a
pas commencé aujourd'hui à parler d'allègement réglementaire et administratif
parce que vous nous invitez aussi à considérer les deux. Ça fait longtemps qu'on
en parle, il y a même un plan d'allègement qui est en vigueur de 2020 à 2025,
avec des objectifs précis. Vous écrivez dans votre mémoire que le secteur
manufacturier québécois évolue sous une pression accrue qui est accentuée par
un cadre réglementaire de plus en plus complexe. Et vous dites un peu plus loin
que le projet de loi s'inscrit dans une volonté du gouvernement de modifier son
approche et qu'il s'agit d'un changement de posture important. Donc vous faites
un bilan et vous posez un constat sur ce qu'on a réussi à faire et ce qu'on n'a
pas réussi à faire, parce que ce que vous dites, c'est que vos membres n'ont
pas tellement vu de diminution, mais ont vu une augmentation.
Mme White (Julie) : Tu sais,
c'est quelque chose... Je siège au comité sur l'allègement réglementaire, ça
fait que j'ai déjà eu l'occasion de partager et ce n'est pas une question
nécessairement de bonne volonté ou de mauvaise volonté, mais le carré de sable
qui était, était uniquement sur l'allègement administratif. OK, mais, tu sais,
juste d'enlever un formulaire une fois de temps en temps pour des situations
très spécifiques, c'est correct. Il y a eu beaucoup de pas qui ont été faits
sur l'alcool. Moi, l'alcool, ça ne nous touche pas du tout, tu sais, on n'est
pas dans ça. Est ce qu'il y a... Est-ce qu'on a été vraiment touché au cœur de
ce qui a fait mal dans les dernières années à nos entreprises, c'est-à-dire les
exigences supplémentaires, notamment des lois 25, 27, 29? La réponse est
non. Mais le ministre, il n'avait pas le... Il était comme cadré dans une
piscine, là, qui était comme une petite piscine pour enfants qui est l'allègement
administratif. Là, avec l'allègement réglementaire, bien là, on vient... on
vient agrandir fortement notre piscine, on est rendu piscine olympique, là,
puis là on est peut-être capable d'avoir des différences. Ça fait que, oui,
pour nous, pour nos entreprises, est-ce qu'il y a eu un changement majeur dans
les dernières années? Non, il y a eu des petits pas qui ont été faits. Je ne peux
pas dire que c'est mauvais, mais est-ce qu'on est allé assez loin? Non, puis je
pense que là, par exemple, on se dote d'outils beaucoup plus forts pour être
capable d'aller plus loin. Mais ça va dépendre de... Je vais répéter mon
analogie de tarte aux pommes, on est tous pour la tarte aux pommes, mais tant
qu'elle n'est pas cuite, la tarte, on ne sait pas si c'est bon ou pas. Ça fait
que ça va vraiment dépendre de la politique qui va s'en venir. Si on a... si on
met vraiment le deux pour un à une majorité de ministères et organismes, si la
liste des ministères et organismes est suffisamment large, puis si on fait un
très bon suivi aussi de ce qu'on fait. J'ai fait un petit commentaire rapide
sur les analyses d'impact réglementaire que j'ai déjà fait au Comité d'allègement
réglementaire, ici M. Rousso est très conscient de ma très grande critique sur
la nature de ces documents-là, qui disent tout le temps essentiellement qu'il n'y
a pas de poids supplémentaire pour les entreprises...
Le Président (M. Allaire) : 30 secondes.
Mme White (Julie) : ...sur
aucun projet de loi, aucun projet de règlement, là, si vous allez les regarder
un peu, vous... vous pouvez le constater. Tu sais, je pense que là, il faut qu'on
prenne un, il faut qu'on le regarde comme il faut puis que le ministre puisse
dire à ses collègues, là, là c'est le temps de le prendre au sérieux.
M. Paradis : Donc, en d'autres
mots, vous nous invitez à livrer la marchandise.
Mme White (Julie) : Livrer la
marchandise, puis... oui, il faut que le plan arrive rapidement, mais je ferai
attention de ne pas se lier les mains dans une loi qui est trop restreignante puis
qui ne permet à... pas après ça de s'ajuster non plus. J'ai parlé d'agilité
dans mon message.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Ça met fin à l'ensemble des échanges. Merci à vous deux pour votre belle
collaboration à cette commission. Très, très courte suspension encore, merci.
(Suspension de la séance à 17 h 06)
(Reprise à 17 h 07)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux.
Nous accueillons le prochain groupe, la Fédération
québécoise des municipalités. Salutations à vous trois. Je vous laisse le soin
de vous présenter peut-être avec votre titre, et vous pouvez débuter votre
allocution de 10 minutes. La parole est à vous.
M. Pilote (Michaël) : Donc,
bonjour, M. le Président, M. le ministre, les membres de la partie
gouvernementale, membre des oppositions. Donc, c'est un plaisir pour nous
d'être ici présents aujourd'hui.
Donc, je me présente, Michaël Pilote, je
suis maire de la belle ville de Baie-Saint-Paul, préfet également de la MRC de
Charlevoix, nouvellement, également, depuis la semaine dernière, premier
vice-président de la Fédération québécoise des municipalités. Aujourd'hui, qui
m'accompagnent, ces deux messieurs, donc le premier, Pierre Châteauvert, qui a
sûrement plus besoin de présentation dans cette enceinte, donc directeur des
politiques à la fédération, et également Philippe Gagnon qui est conseiller aux
politiques.
Donc, la fédération des municipalités, qui
regroupe plus de 1 050 membres à travers le Québec, la totalité des
MRC. Donc, c'est quand même une belle représentation.
D'entrée de jeu, on salue la volonté du
gouvernement de vouloir, là, alléger, là, au niveau réglementaire et
administratif, là, le quotidien des PME. Je vous dirais qu'on est bien heureux
de voir ça, et on est... on espère également que ça va se reproduire dans le
monde municipal par la suite. Hein, la ministre des Affaires municipales disait
qu'elle voulait procéder aussi à un allègement, et on a bien hâte de l'avoir.
Et on a quand même encore de bons défis dans le monde municipal sur cette voie.
Donc, au niveau des MRC, je pense qu'on
est quand même de bons partenaires pour les différentes PME au Québec, on a
qu'à penser au réseau Accès PME, hein, qui font en sorte d'accompagner nos
différents entrepreneurs du début jusqu'à ce que leur entreprise fleurisse.
Donc ça, je crois qu'on est quand même très présents.
C'est un projet de loi, hein, qui va modifier
de nombreuses lois. Vous comprendrez qu'aujourd'hui on va s'attarder vraiment à
qu'est-ce qui touche le monde municipal et les régions, les MRC, tout cela, là.
Et, pour la suite, là, on laissera d'autres intervenants pouvoir réagir sur les
autres aspects.
Si on débute avec le... au niveau
forestier, ça, on salue également, là, la possibilité de voir des projets
pilotes également sur le zonage forestier. C'est quand même important, le
Québec, hein, on le sait, on le voit avec qu'est-ce qui se passe au... avec nos
voisins américains, tout ça, hein?. L'économie forestière, je pense que ça
touche de nombreuses Québécoises et de nombreux Québécois. On parle de plus de
900 municipalités au Québec, hein, qui on a des impacts positifs
économiques avec le régime forestier. Donc, ça, pour les forêts, au niveau de
la... de la FQM, on est quand même, là, bien en accord avec qu'est-ce qui est
proposé. Cependant, je pense qu'il va falloir aussi donner un coup de main, là,
à ceux et celles qui sortent de la boîte, qui ont des projets porteurs. On a
qu'à penser à deux MRC au Québec qui, je pense, font quand même un bon boulot à
ce niveau-là. On a qu'à penser à la MRC, justement, des Laurentides qui arrive
avec un projet de schéma forestier. Ça, je crois que ça mérite d'être salué. Et
celle aussi de la Matawinie qui est à regarder pour des... pour mieux
communiquer et expliquer l'aménagement forestier, là, autant aux citoyennes,
aux citoyens qu'aux décideurs publics. Donc, ça, je crois aussi que c'est des
choses qui doivent être soulignées. Puis oui, le souligner, mais, en même
temps, l'aider au niveau financier, ça, des fois, on le souligne, mais quand
c'est le temps de donner de l'aide financière, bien, ça, des fois, c'est plus
compliqué. Donc, je crois que, par le biais des différents ministères
concernés, que ce soit l'économie, que ce soit les transports, que ce soit les
affaires municipales, tout ça, je crois qu'on doit... l'environnement
notamment, on doit aider à ces projets-là pour qu'on puisse en voir d'autres au
Québec qui vont fleurir et qui vont se multiplier au cours des prochaines
années.
• (17 h 10) •
Si on regarde l'aspect financier, au
niveau des finances, qu'on puisse avoir des réserves financières pour les
infrastructures. Ça, on salue également ce fait-là. Petit drapeau rouge, de
faire attention aussi pour ne pas que ce soit trop restreint au niveau des
infrastructures, hein, c'est quand même un volet important pour le monde
municipal, les infrastructures. Donc, ça, on espère que ça va être assez large et
qu'on ne tombe pas dans un piège de tracé, précis au niveau de la loi, pour
qu'on puisse, là, travailler ardemment à ce niveau-là. Au Québec, les
infrastructures, ça, je n'ai pas besoin de faire la leçon à personne, on le
sait, hein, que les infrastructures sont vieillissantes, on aura à investir, ce
n'est jamais une dépense, hein, quand on y va dans les infrastructures, c'est
de l'investissement pour les prochaines générations, et on devra investir
beaucoup de façon marquée dans les prochaines années. Également, permettre aux
MRC de pouvoir aussi, là, dans les infrastructures, que ce soit pour les
aéroports régional ou encore les parcs régionaux, qu'on puisse avoir ces
réserves financières là de disponibles. Il ne faut pas non plus tomber dans le
piège de dire : OK. On va permettre les réserves financières, mais on va
diminuer, là, les subventions....
M. Pilote (Michaël) : ...le
gouvernement, là, pour les infrastructures, hein, dans le PQI 2025‑2035, hein,
c'est près, là, d'un demi-milliard, là, qui a été diminué pour les
infrastructures au niveau municipal. Ça touche tout le monde, là, que ce soit
l'aqueduc, les égouts, tout ça. Toutes les municipalités au Québec sont
touchées par ça, et ça, on doit continue là,r d'intervenir à ce niveau-là.
Au niveau du transport... il y a quand
même des choses au niveau du transport. Cependant, il ne faut pas non plus, là,
brimer les municipalités et les MRC dans... pour encourager, en fait, les
projets porteurs. Et actuellement c'est difficile de sortir des sentiers battus
en matière de transport collectif. On ne peut pas, comme municipalité ou encore
comme MRC, même, procéder à l'acquisition de véhicules dédiés au transport de
passagers. Et ça, on croit que ça devrait être modifié pour que les MRC et les
municipalités puissent, là, dans certaines situations, acquérir eux-mêmes des
véhicules qui sont dédiés au transport de passagers et les opérer, notamment.
Dans cette situation-là, nous, on trouve
que c'est quand même une contradiction, là, avec les orientations...
gouvernementales, pardon, en aménagement du territoire, hein, qui prônent une
planification intégrée de l'aménagement et des transports. Donc, ça, c'est une
des suggestions qu'on fait également, là, au gouvernement, d'y aller avec de la
souplesse au niveau de la loi sur les transports et de permettre aussi aux
organismes à but non lucratif de pouvoir conclure des ententes avec les
municipalités et d'être habilités comme transporteurs, ce qui n'est pas le cas,
là, au moment où on se parle.
Si maintenant je vais du côté de la Loi
sur les mines, c'est clair qu'au niveau municipal, là, ce n'est pas là où qu'il
y aura le plus d'enjeux. Cependant, le ministre des Ressources naturelles et
des Forêts, là, aura le pouvoir, là, de délivrer des autorisations pour des
travaux d'exploration, là, à impact. Et lorsque les détenteurs de ces
autorisations-là pourront le faire, il y aura quand même certaines conditions,
et, dans les conditions, notamment, il doit y avoir des discussions avec les
municipalités et les communautés autochtones, il doit y avoir des discussions
pour justement poser des questions, répondre à leurs questions. Et ça, on croit
qu'en matière de transparence, il y aurait lieu, là, de fournir un rapport des
différents échanges, là, aux communautés, là, autochtones et aux municipalités
à ce niveau-là.
Si on regarde en matière d'urbanisme, ça,
on salue aussi, là, qu'il y a certains formulaires, entre autres, pour la
délivrance des permis de construction, hein... Les fonctionnaires municipaux
devaient transmettre ce formulaire-là et là ce ne sera plus le cas. Donc, ça,
on est bien heureux de cette situation. Et c'était déjà quelque chose qui était
difficile à accomplir. On sait que nos fonctionnaires municipaux, hein... dans
plusieurs municipalités au Québec, les équipes municipales sont très modestes,
hein, il y a des municipalités qu'il y a trois ou quatre employés dans les
municipalités, donc c'est difficile de répondre à toutes les demandes. Et il y
avait une municipalité sur quatre qui transmettait ce formulaire. Donc, de
faire en sorte de laisser tomber ce formulaire-là, on croit qu'on est sur la
bonne voie.
Donc, sur ce, comme je l'ai mentionné à
quelques reprises, on croit que c'est un pas dans la bonne direction et on
invite encore une fois à garder de la souplesse à l'intérieur de la loi pour
qu'on puisse continuer cet allègement. Et, en même temps, comme je le
mentionnais d'entrée de jeu, on a bien hâte qu'au niveau du monde municipal, on
continue également, là, cet allègement-là. Et on offre également notre pleine
collaboration à la ministre des Affaires municipales pour ce dossier.
Donc, merci de nous avoir entendus, et on
est prêts pour répondre à vos questions.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. On débute avec la période d'échange avec la partie gouvernementale. M.
le ministre, 11 min 13 s, la parole est à vous.
M. Poulin : Merci beaucoup.
Je vais partager mon temps avec la députée de Saint-François et mon adjointe
parlementaire qui aune question pour vous. Bonjour aux représentants de la FQM,
M. Pilote, M. Châteauvert et M....
Une voix : Gagnon.
M. Poulin : Gagnon. Excellent!
J'ai 23 municipalités chez nous qui sont membres, alors je connais très, très
bien les réalités des petites et moyennes municipalités, également. Et vous
dire aussi que vous avez une excellente ministre des Affaires municipales, qui
a le désir, elle aussi, d'alléger à son maximum la réglementation qui importe à
nos municipalités. Puis l'allègement, là, c'est tout le monde, hein, ça va des
Affaires municipales à l'Environnement, à l'Économie. Il faut que tout le monde
ait cette responsabilité-là. Moi, je ne peux pas le faire tout seul, on doit le
faire.
Puis j'avais eu de bons échanges avec la
ministre avant d'ajouter ces trois éléments-là qui vous concernent dans le
projet de loi. Et, sur l'enjeu des infrastructures, puis je le sais, là, parce
que moi, j'ai connu le point de TVQ, j'ai connu la TEQ, j'ai connu tout ça,
puis les règlements... D'ailleurs, la TEQ, on l'a élargie, la dernière fois,
sur les infrastructures admissibles, puis je sais que ça a été salué par le
milieu municipal, même chose sur la pleine autonomie au niveau du point de TVQ.
Alors, je pense qu'on a donné cette liberté-là aux municipalités dans les
dernières années. Puis, très clairement, quand on parle des infrastructures,
et, dans le mémoire, on le dit, là, il est possible que la création de la
réserve soit rejetée par référendum, alors qu'elle peut viser une
infrastructure importante, voire nécessaire pour la collectivité, exemple, les
services liés à la sécurité publique, aux matières résiduelles, à la protection
de l'environnement ou au logement social. La création d'une réserve est
généralement reconnue comme une pratique de saine gestion financière, mais
notre objectif, c'est que vous ayez cette autonomie-là lorsque vous créez cette
réserve-là. Puis d'ailleurs...
M. Poulin : ...plus en plus,
moi, je l'ai vu à Saint-Georges, j'appelle ça le fond sur les grands projets,
là, tu sais. Puis il laisse de l'argent là pendant un certain nombre de temps,
ils nous disent oui, mais on n'a pas le droit de faire de déficit, les
municipalités. Oui, mais tu as ton fonds de grand projet, pareil, tu sais, tu
es capable d'aller chercher les sommes financières là-dedans. Mais, somme
toute, je pense que de se créer, comme vous le dites, cette réserve
financière-là, ça vous donne une autonomie, puis je tiens à me faire rassurant
sur... et on a contre-validé aux affaires municipales sur la liberté que vous
aurez au niveau des infrastructures.
Quand même, vous nous amenez des éléments
intéressants. Je sors un petit peu du projet de loi comme tel, mais vous nous
parlez de la loi sur les mines, vous nous amenez sur l'aménagement et
l'urbanisme, vous nous amener sur le transport collectif. Alors, dites-moi, si
je me concentre particulièrement aux milieux économiques, aux PME. Qu'est-ce
qui est, selon vous, le plus grand... le plus grand facilitateur qu'une
municipalité peut jouer comme rôle auprès d'une entreprise. Moi, je me souviens
notamment de la FQM qui réclamait de l'aide pour les commerces de proximité.
Alors ça, on l'a fait avec des programmes d'aide financière qui sont venus
aider nos commerces de proximité, plusieurs programmes qui ont été faits via
les Affaires municipales. ...qui nous permet de mieux développer notre zone
blanche, verte, agricole, non agricole pour pouvoir donner des permis. L'enjeu
de cohabitation aussi de certaines... de certains bureaux municipaux avec des
entreprises, de pouvoir louer des bureaux municipaux sur place. Ça, ça aide
aussi au développement de nos PME et c'est de l'allègement réglementaire. Mais
j'aimerais voir qu'est ce qu'on peut... Parce que souvent, un promoteur veut
être un partenaire de sa municipalité pour se développer sur le plan économique,
qu'est-ce qui peut vous faciliter encore plus la vie dans des projets? On
pourrait parler de logement aussi abordable, social. Qu'est-ce qui peut être le
plus simple?
M. Pilote (Michaël) : Bien,
c'est sûr que, tu sais, c'est... il n'y a pas... je pense qu'il n'y en a pas un
vraiment qu'on peut dire que c'est cette solution-là. C'est un coffre à outils
souvent que je mentionne que, dépendamment de la situation, c'est on prend tel
ou tel outil dans notre coffre. C'est sûr que, oui, le logement, c'est clair
que la question du logement, si on n'a pas de logement dans une municipalité,
souvent les promoteurs vont dire : Bon, bien, je ne viens pas investir là,
on ne sera pas capable de loger les travailleurs. La question du zonage, hein,
ça, des fois, c'est ce qui est compliqué, hein, les gens qui vont arriver puis
qui vont nous dire : Bon, bien, on veut aller s'installer sur tel ou tel
site, mais on doit procéder à la modification quand même du zonage. On le voit,
hein, souvent, des fois, c'est soumis au nouveau référendum aux personnes
habiles à voter pour des fois c'est quelques personnes qui peuvent se prononcer
au niveau d'une collectivité, hein? Du côté de La Malbaie, on l'a vu, même dans
les dernières années, hein, c'était un projet d'une clinique médicale puis
quelques citoyens pouvaient bloquer un projet collectif, des choses comme ça.
Alors que les élus municipaux étaient en faveur du projet. Donc, je pense qu'il
y a plusieurs choses, que ce soit en matière d'aménagement du territoire, que
ce soit de l'aide aux promoteurs, hein, les MRC... les MRC, souvent, c'est
celles qui détiennent l'aide financière pour les promoteurs, que ce soit...
dans la capitale nationale, on a FRCN, on a le FRA, tout ça, il y a plusieurs
programmes, mais encore une fois, il y a quand même beaucoup de redditions de
comptes, là, de la part des municipalités envers le gouvernement. Pierre,
peut-être si tu veux ajouter.
• (17 h 20) •
M. Châteauvert
(Pierre) :En fait, oui, effectivement, il
y a tous ces éléments-là, mais, depuis 2019, il s'est passé quelque chose au
Québec qui est, qui ne fait pas les premières pages de les grands quotidiens
nationaux, parce que c'est régional, c'est toute la réorganisation du
développement local et soutien de l'entrepreneur. On a fait... On a fait, ces
dernières années... on a restructuré, on a fait des gains énormes au Québec en
termes d'organisation, des discussions entre, effectivement, le gouvernement et
l'ensemble du réseau. Maintenant, ça s'appelle le réseau accès PMQ. Pour vous
dire, la performance de ce réseau-là, lors de la dernière pandémie, pour...
dans les programmes d'aide d'urgence.
M. Poulin : PAUPME.
M. Châteauvert
(Pierre) : Le... et, en fait, toutes sortes de projets, toutes
sortes de programmes avec des noms dont je ne me souviens jamais. Mais c'est...
Investisement Québec a géré, grosso modo, 700 millions d'aide et ont eu un
taux de radiation de 10,8 %. Le réseau des MRC, à l'époque il s'appelait
Accès Entreprises Québec, a géré 600 millions, taux de radiation 1,4 %.
Ça a été meilleur... Le réseau a été meilleur que les banques suisses et ce
sont des milliers, à peu près toutes les petites et moyennes entreprises ont
été soutenues, ce qui a permis de... Le premier ministre, ça lui a permis de
dire qu'effectivement, le Québec s'était relevé plus vite qu'ailleurs de la
pandémie. Et ça, c'est le réseau qui était mis en place. Moi, ce qui
m'inquiète, prochainement... On s'en va en élection, là, on ne se le cachera
pas. En fait, ça, c'est quelque chose que, ça, on va veiller au grain
là-dessus, à protéger. Vous savez, des fois là, dans l'enthousiasme, on veut
partager des choses et tout ça. Mais s'il y a quelque chose qui est efficace
puis qu'on doit encore plus consolider, c'est ainsi. M. le ministre, vous
savez, il y a des discussions sur les FLI, FRR et tout ça. Renouvellement,
donc, s'il y a des choses qui vont bien, mais il y a des décisions qui doivent
être rendues, mais, s'il y a quelque chose qui est absolument essentiel qu'on
continus puis qu'on continus à approfondir...
M. Châteauvert
(Pierre) :…pour soutenir le développement
des communautés, c'est le Réseau accès PME, puis d'aller encore plus loin, puis
ça, c'est un objectif fondamental du monde municipal en région actuellement.
M. Poulin : Bien, vous avez
entièrement raison. On se souvient d'une époque où le CLD, malheureusement,
n'avait plus ses lettres de noblesse. Alors, quand on a pu redémarrer Accès
PME, puis c'est à votre congrès que le premier ministre a reconfirmé les
montants pour la prochaine année. Alors, on a le même souci, tout à fait, merci
de le souligner.
Le Président (M. Allaire) : D'autres
interventions? Mme la députée de Saint-François, la parole est à vous.
Mme Hébert : Merci, M. le
Président, merci, M. le ministre, de me donner la parole. Alors, je joins ma
voix aussi au ministre, parce que moi aussi j'ai 12 municipalités et donc je
connais bien la réalité des petites municipalités versus que j'ai aussi un
grand territoire de la ville de Sherbrooke dans ma circonscription.
Vous avez de nombreuses recommandations
qui concernent des mesures qui sont à prendre. Moi, j'aimerais savoir c'est
laquelle que vous estimez la plus cruciale à court terme.
M. Pilote (Michaël) : C'est
une bonne question. Je pense qu'encore une fois de cerner celle la plus
cruciale, je pense qu'il n'y en a pas, mais elles sont toutes importantes. Si
on parle de transport collectif, on le voit, hein, présentement, c'est
difficile, le transport collectif, le financement même du transport collectif.
Il y aura des grandes décisions à prendre également pour le monde municipal
puisqu'actuellement, hein, le financement du ministère des Transports et de la
Mobilité durable, c'est un enjeu pour toutes les municipalités au Québec. Ce
n'est pas une municipalité, c'est l'ensemble. Et là on veut être en mesure des
fois de sortir de la boîte, de tendre… de pouvoir nous même acheter un
véhicule, tout ça, pour l'opérer, et là, ce n'est pas possible. Donc ça, je
pense que c'est une des voies, les réserves financières aussi, pour pas qu'on
soit trop, là, contraints dans le cadre législatif avec les infrastructures.
Ça, je pense que c'est une des autres pistes aussi, là, qui pourrait être très
intéressante.
M. Châteauvert
(Pierre) :Sur la réserve financière, ça,
c'est… c'est quelque chose. Vous savez, tantôt on a dit l'exemple, M. le ministre,
sur le fait, tu sais, la ville avait une réserve et tout ça… la réserve. Mais
on a une démarche collective, tout le monde, en matière de la gestion des
actifs, et la réserve est importante. Puis, même quand on a une subvention, le
ministère, supposons on fait de l'aqueduc, d'égout, le ministre ministère
refuse qu'on fasse… tu sais, qu'on calcule dans le coût le remplacement d'une
pompe puis on sait, une pompe au bout de 10 ans, excusez-moi, il faut la
remplacer, puis on n'est pas capable de le prévoir, puis on sait qu'on n'a pas
fini de payer, donc on a besoin d'une réserve, donc c'est fondamental. C'est
pour ça qu'on dit il ne faut pas baisser les subventions parce que la réserve,
c'est un outil de bonne gestion.
Mais ce que M. Pilote vient de dire sur le
transport collectif, ça c'est essentiel, puis on nous dit non depuis des
années. On nous dit on était venu ici sur les… sur les changements climatiques,
puis on nous avait dit : Qu'est-ce que vous pouvez faire pour le transport
collectif? Bien, laissez-nous l'espace de nous organiser comme on veut. On ne
peut pas… une MRC, on ne peut pas acheter nos autobus. Par règlement, ce n'est
pas permis. On est en 2026.
Puis le financement si vous voulez, on
peut… on peut vous déposer une lettre, peut-être Mme la secrétaire de la
commission, là, une lettre pour les membres de la commission, sur le
financement, le programme… la modification au programme d'aide au développement
du transport collectif, là, qui est dans l'actualité. C'est des choses comme
ça, laissez-nous créer… En fait, on est en train de… excusez, de couper les
deux jambes de certaines MRC. Je pense à la MRC de la Côte-de-Beaupré qui est
en train de lancer un service le plus… qui est vraiment… il est efficace. Il y
a plein de monde, les autobus sont pleines, puis on est en train d'arrêter ça,
là. Donc, ce qui fait… La résultante, ça va être que le boulevard Sainte-Anne
puis l'autoroute Dufferin-Montmorency vont être pleines de monde, tu sais, parce
qu'il y a des autos qui vont s'ajouter. Puis pour… Donnez-nous les moyens, de
la flexibilité, et puis aussi un financement prévisible. Donc, si on pouvait
déposer, nous autres, cette lettre-là pour les….
Le Président (M. Allaire) : Aucun
problème, simplement la faire parvenir à l'adresse courriel de la commission.
M. Châteauvert
(Pierre) : On va faire ça.
Le Président (M. Allaire) : Puis
on va la distribuer à l'ensemble des membres.
M. Châteauvert
(Pierre) :Ici, j'ai quelques copies, si
les gens en veulent, là. Donc…
Le Président (M. Allaire) : Ça
va? Merci. D'autres interventions? Ça va? Oui, oui?
Mme
Hébert
:
...du temps?
Le Président (M. Allaire) : Oui,
oui, il reste du temps, une minute. Allez-y.
Mme Hébert : Parfait.Alors,
si on parle de d'autres secteurs de l'économie par rapport... Disons qu'on se
projette dans un omnibus, là. Donc, dans un prochain projet de règlement…
d'allègement réglementaire et administratif, y a-tu un secteur de l'économie...
Vous avez parlé du Réseau d'accès PME que, moi aussi, je salue fortement, qui a
beaucoup aidé la MRC de Coaticook et la ville de Sherbrooke. Mais je voulais
savoir, de votre côté, y a-tu d'autres secteurs de l'économie?
M. Châteauvert
(Pierre) :Je vais vous dire deux choses
l'environnement et actuellement la langue française aussi, les obligations
qu'on nous impose. Quand tu es obligé, pour aller acheter 5 000 $ de bois
à la quincaillerie, il faut que tu demandes le certificat de langue française
au quincaillier alors que tu étais dans un village de la Côte-Nord, puis tout
le monde parle français, il y a comme un problème de trop.
Mais en environnement, et ce n'est pas
simple, là, je veux dire, ce n'est pas simple à faire, c'est un gros chantier,
puis on travaillait avec nos collègues de tout le monde, là, tout le monde du monde
municipal, autant l'UMQ, les… les associations de directeurs généraux, le
ministère… le ministère de l'Environnement, ce n'est pas quelque chose de
simple, mais c'est d'une complexité. C'est… Voilà.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va? Merci. Ça met fin à ce bloc d'échange avec la partie gouvernementale. On
enchaîne avec l'opposition officielle. M. le député de Jacques-Cartier, vous
avez 9 min 54 s. La parole est à vous.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Merci beaucoup pour votre présentation...
M. Kelley : ...je veux juste
reviens rapidement. C'est plus pour une clarification concernant les mines.
Alors, présentement... Encore c'est cet aspect de le transfert de... La
réponse, j'imagine, c'est l'entreprise. C'est juste... Ça tombe un petit peu du
ciel. Mais je suis... je trouve ça fascinant, parce que dans une autre partie
de le projet loi, on enlève peut-être l'obligation de faire certaines audiences
publiques. Mais, bref, je veux bien comprendre que ce qui est écrit dans votre
mémoire.
M. Pilote (Michaël) : Bien
là, ce qui est prévu, c'est surtout parce que... il va y... devoir y avoir des
échanges entre... d'information entre le titulaire de l'autorisation
d'exploitation et le monde municipal et les communautés autochtones. Donc, ce
qu'on veut, c'est que le rapport de ces échanges-là puisse être transmis autant
au niveau des municipalités qu'aux communautés autochtones.
M. Châteauvert
(Pierre) :...certains types
d'exploitation de ressources, on en a enlevé, peut-être par erreur, tout ça.
Mais là, on dit... en fait, c'est : Il faut qu'on sache qu'est-ce qui se
passe sur le territoire, il faut savoir. Voilà.
M. Kelley : Et pourquoi...
Bien, à ce stade ici, il n'y a pas d'obligation sur les entreprises de partager
ça. Mais, en même temps, ça, c'est de savoir qu'est-ce qui se passe sur votre
territoire. Mais, des fois, est-ce que ça, c'est des types de discussion, des
fois, qui sont... De leur côté des Premières Nations et des Inuit, je vais
reprendre, de leur côté, est-ce que c'est plus, des fois, des discussions pour
voir comment l'entreprise puis eux autres peut travailler ensemble? Encore j'essaie
juste comprendre l'objectif, pourquoi cette information n'est déjà pas
transférée à vous autres. C'est quoi... Comme pourquoi pas?
M. Châteauvert
(Pierre) :On n'est pas là pour dire que
les... les grandes entreprises, ça, qu'on... il n'y a pas trop de difficulté,
là, tu sais, les bonnes pratiques, et tout ça. Et que ce soit en territoire non
organisé, les grands territoires où est-ce que nous, on a... on est
responsables de la gestion que sur les territoires privés. Donc, c'est souvent
dans la prospection, là on a des problèmes. Il y a des... Il y a des
informations, puis des fois, il y a quelqu'un, tu sais, qui se présente au coin
puis là : Qu'est-ce qui se passe? Il... de creuser ou bien de faire du
carottage et de la prospection minière, puis là, bon, là, ça part, le conseil
municipal, et tout ça, alors que la municipalité n'est pas informée. Parce que
je le répète... Mais ce n'est pas tout le monde, en passant. Il y a des gens
qui travaillent extraordinairement bien et il y a de... Il y a une grande
amélioration dans secteur-là. On ne peut pas dire... L'association minière, là,
fait, tu sais, la promotion des bonnes pratiques et on l'apprécie.
M. Pilote (Michaël) : Mais...
on pense que ce n'est pas normal. C'est sûr qu'une municipalité puis une MRC
qui, dans leurs compétences, l'aménagement du territoire, c'est quand même une
compétence du milieu municipal, mais comme c'est mentionné par mon collègue,
que les municipalités ne sont même pas au courant, des fois, qu'est-ce qui se
passe, puis là, les gens appellent la municipalité : Eille, qu'est-ce qui
se passe, j'entends du bruit? Ah bien, désolé, on n'est même pas au courant
puis on ne le sait pas. Ça fait que, tu sais, je pense que c'est assez
particulier que le monde municipal ne soit pas au courant de ce qui se passe
sur leur territoire, là.
• (17 h 30) •
M. Kelley : Merci. Oh!... Et
merci beaucoup. Maintenant, je veux reviens un petit peu aussi sur des
questions que j'ai posées à MEQ juste avant vous autres. C'est sur cet
aspect-là parce que vous autres travaille souvent avec les fonctionnaires de
l'État. Des fois, est-ce que c'est un peu tannant, je vais dire ça comme ça,
qu'il y a une question autour d'un règlement, et une fonctionnaire dit une
chose à la ville, puis on revient avec une réponse, puis ça prend trop de
temps? Alors, des fois, on peut dire : On veut enlever des règlements,
mais est-ce qu'il y a aussi un enjeu de la productivité, l'État aussi? C'est
que, des fois, les fonctionnaires ne sont pas vraiment responsables pour prendre
une décision. Est-ce que vous avez des commentaires là-dessus, sur comment on
peut être aussi plus efficaces? Ce n'est pas juste une question d'enlever les
règlements ou le fardeau administratif, mais vraiment qu'on est juste plus
productif comme un appareil gouvernemental.
M. Pilote (Michaël) : Bien,
je pense que c'est de poser la question et d'y répondre, hein? Je pense que
oui, on le voit tout le monde, que ce soit dans tous les domaines, hein, le
processus d'approbation est très long. Des fois... Puis c'est même, des fois...
même à l'intérieur d'un même ministère. On faire affaire avec une direction qui
relève d'un sous-ministre adjoint, on nous donne une réponse, puis là, l'autre
volet est dans une autre direction, on nous donne complètement une autre
réponse. Ça fait que, des fois, ça ne se parle même pas à l'intérieur d'un même
ministère. Ça fait que comment on imagine, quand on a interministériel, qu'on a
plusieurs ministères, là, d'impliqués dans la boucle. Puis, oui, des fois, tu
sais, on se demande quel est le rôle de la personne qui nous demande tel ou tel
document, que là, après ça, il nous revient : Il manque tel document puis
telle, telle chose. C'est... C'est très complexe puis, de naviguer là-dedans,
c'est... c'est un bon cours pour apprendre à naviguer au sein de l'État puis
des différents ministères. Donc, c'est clair qu'il y a moyen d'être plus
efficients puis efficaces à ce niveau-là.
M. Kelley : Et selon... Je ne
vais pas poser la question directement à vous parce que vous avez l'obligation
de toujours travailler avec des différents ministères, etc. Mais, selon votre
réseau, est-ce qu'il y a certains ministères où ça arrive trop souvent que vous
autres dit : C'est vraiment lourd et difficile?
M. Pilote (Michaël) : Oui. Je
ne les identifierai pas aujourd'hui, mais oui, il y a certains ministères que
c'est...
17 h 30 (version non révisée)
M. Pilote (Michaël) : ...plus
complexes que d'autres, ça, évidemment.
M. Châteauvert
(Pierre) :On aime tout le monde, mais on
ne se gêne pas. On ne se gêne pas, on leur dit.
M. Kelley : OK. Bien, on
peut avoir cette discussion-là, mais parce que, quand même pour nous, on pose
les questions ici, on a un projet de loi, mais c'est juste que des fois c'est
comme...
M. Châteauvert
(Pierre) :Ah! mais, on reconnaît... on
reconnaît les difficultés aussi, là, parce que, quand tu travailles avec des
gens, faut que tu reconnaisses leur situation, là. Le problème de personnel, la
réalité, c'est... tout est plus exigeant, la connaissance et tout ça. Tu sais,
prenons le ministère de l'Environnement. Tu sais, ils ont un objectif de 75 jours,
ils le dépassent, bien, on intervient puis ils essaient de s'améliorer. Mais ce
n'est pas facile de leur côté aussi. Puis, nous aussi, il faut qu'on s'améliore
aussi de notre côté. Puis on a toutes nos réalités. Les redditions de compte
que notre monde ont à remplir, c'est fou. Le problème qui arrive souvent, c'est
que les gens : Ah! ce n'est pas grave ils le font déjà. Ah! ils vont le
faire, ça va juste prendre une heure, ça va juste prendre... Mais là, on
additionne, on additionne puis il n'y a pas de vision globale. Il n'est pas
question de dire c'est tel ministère, ou tel autre ministère. Non. Moi, je
pense que c'est une question d'approche globale, générale, puis on va tous se
regarder. Parce que, moi, je n'ai pas rencontré personne qui s'amusait à dire :
Regarde, je vais mettre du sable dans l'engrenage. Tout le monde veut essayer
de travailler, mais là, il y a un problème de cohésion.
M. Kelley : Merci
beaucoup, et, juste une dernière question. Je vais aller plus sur la
prévisibilité pour le financement des transports en commun. Selon vous, est-ce
que c'était une erreur que le Fonds vert, je sais que ça a un différent nom
maintenant... à une certaine époque, 33 %, je pense, qui était réservé
exclusivement pour financer le transport en commun, est-ce que ça, c'est
quelque chose que le gouvernement doit revoir? C'est vraiment que certains fonds
qu'on paie des taxes dedans doivent revenir peut-être directement vers les
municipalités pour financer des projets de transport en commun, par exemple. Et
on dit que c'est dédié. Il faut utiliser cet argent pour cet objectif
exclusivement.
M. Pilote (Michaël) : Je
pense que oui, dans le sens qu'actuellement le transport collectif, si rien n'est
fait, on va assister à une fermeture de plusieurs, plusieurs réseaux de
transport. Puis, tu sais, quand on parle de transport collectif au Québec, ce
n'est pas juste le Réseau de transport de la Capitale ou la Société de
transport de Montréal, hein. Le transport collectif, des fois, les gens ne le
savent pas, mais il y en a dans plusieurs régions au Québec. Nous-mêmes, dans
Charlevoix, on a un réseau de transport, et, actuellement, on parle de près de
400 000 $ de manques à gagner, là, avec les aides financières, là,
qui ont été nos... qui ne seront pas, là, déversées, là... qu'est-ce qui a été
annoncé par le ministère des Transports, ça fait que c'est sûr que ça l'a des
impacts, et, peu importe où va prendre l'argent... où le gouvernement va
prendre l'argent, c'est clair qu'actuellement il y aura des questions à se poser
puisque le service ne pourra pas être maintenu dans les régions du Québec si l'aide
financière en matière de transport collectif n'est pas, là... continuée.
M. Châteauvert
(Pierre) :...important de se rappeler, c'est
que les municipalités qui ne sont pas membres d'une société de transport,
sont... la dizaine, là, ça représente 30 % de la population, et ne
reçoivent que 6,8 % du financement total de soutien ou d'investissement en
transport collectif au Québec. Ça, c'est notre réalité. Effectivement, bon, on
s'est exprimé... sur la question sur les changements climatiques et tout, puis
on a été assez clair là-dessus, là. On n'était pas d'accord. Mais la réalité, c'est
que les municipalités à l'extérieur des sociétés de transport en commun ne
reçoivent... c'est 30 % de la population... Et c'est... je ne sais pas
combien de pour cent c'est trop, on ne l'a jamais fait, mais on pourrait... ce
serait énorme... Et c'est 6,8 %. Puis, ça, c'est des gens, des personnes
âgées qui ne sont pas capables d'aller à leurs prises de sang, voir leur
médecin... à cause que les services sont centralisés dans les grands centres, de
plus en plus centralisés dans les grands centres. Il est là, notre problème.
M. Kelley : Et, quand
même, juste, rapidement, en terminant... Mais, quand même, chez nous, la
municipalité de Baie-D'Urfé, le parc industriel, ils ont essayé de... avec tous
les membres, de créer un système d'autobus juste pour servir directement le
parc industriel, mais ce n'est pas permis à cause de le fait que la STM a le
monopole sur le transport en commun de la ville de Montréal. Mais, bref, petit
commentaire. Je vais passer la parole... Ah! non, elle n'est plus là. En tout
cas. Je pense...
Le Président (M. Allaire) : Ah!
il reste 40 secondes. Tu sais, c'est... Ça va?
M. Kelley : 40 secondes.
Mais, bref, quand même, merci beaucoup pour la présentation, c'était très
intéressant.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le député de Jacques-Cartier. On enchaîne avec la députée de Verdun. La
parole est à vous 3 min 18 s.
Mme Zaga Mendez : Merci,
M. le Président. Merci, M. Pilote, M.Châteauvert et M. Gagnon,
pour votre présentation.
J'aimerais ça vous entendre un peu plus,
là, j'avais des questions similaires concernant les... abrogations, pardon, des
règlements en ce qui concerne la Loi sur les mines. Je me souviens qu'on avait
travaillé, vous étiez là il y a peut-être un an et demi, là, lorsqu'on
travaillait pour un meilleur encadrement de l'exploration minière. Ça fait que,
je veux juste, pour bien comprendre votre posture ici... c'est de dire que vous
êtes favorables ou corrects, en bon québécois, avec le fait qu'on puisse
abroger...
Mme Zaga Mendez : ...et ces
articles-là, tant et autant... Ou vous préférez la transmission des rapports
d'échange qui sont faits pour la... la... On parle d'un permis de...
d'exploration avec... avec, comment... je n'ai pas le nom exact devant moi, là,
les...
Une voix : ...
Mme Zaga Mendez : Impacts,
exactement, parce qu'il y a le deuxième, là, pour lequel vous n'êtes pas
consultés, que c'est juste de... les fameux «claims», j'aimerais ça vous
entendre pour bien comprendre votre... votre posture par rapport à cet
ajout-là.
M. Pilote (Michaël) : Nous,
comme on dit, on est favorables, cependant, ce qu'on veut, c'est la
transparence de savoir... les échanges qui auront lieu, là, entre le titulaire
du permis d'exploration et, justement, les communautés autochtones, ou encore
avec les municipalités, parce que, comme je le mentionnais d'emblée tantôt, ce
n'est pas normal qu'une municipalité ne sache pas qu'est-ce qui se passe sur
son territoire, hein, on est quand même impliqués dans tout l'aménagement du
territoire et là, qu'il se passe des activités alors qu'on n'est pas informés,
bien ça, on trouve que ça fait un non-sens, donc, ce qu'on veut, c'est de la
transparence. Mais sinon, sur la permission, là, sur ce que le... le ministre
veut mettre en place pour que le ministre des Ressources naturelles et des Forêts
puisse délivrer les certificats d'exploration avec impact, tout ça, on est
favorables.
Mme Zaga Mendez : OK, pour...
parce que c'est juste une durée de deux à trois ans, puis peut-être pour vous
entendre plus largement avec l'adoption de la loi sur les mines, ça va faire un
an et demi, justement, qu'il y a eu des changements. Il y avait là l'intention,
justement, d'inclure davantage les municipalités. Est-ce que vous sentez que...
qu'il y a une amélioration ou pas du tout? Parce qu'il y avait une intention,
ça ne s'est pas concrétisé dans tout le changement dans la loi. Vous avez dit
que dans certaines entreprises, qu'il y a de meilleures pratiques que d'autres,
mais on avait suivi plusieurs cas, je me souviens, dans le sud du Québec où,
justement, c'était des surprises pour des municipalités, l'arrivée de certains
travaux d'exploration. Sentez-vous que la pratique s'améliore?
M. Pilote (Michaël) : Ça
s'améliore. Il y a encore du travail à faire, puis comme on s'attend à ce qu'il
y ait de plus en plus de projets, là, au niveau des mines, avec les minéraux
critiques, tout ça, ce qu'on veut, c'est vraiment s'assurer de mettre les
conditions gagnantes et avoir une meilleure transparence, mais ça s'améliore
quand même. Il reste encore, là, des cas où c'est plus difficile avec certains
promoteurs.
M. Châteauvert
(Pierre) :...on n'a jamais abandonné, on
n'abandonnera pas notre demande de mettre fin à la préséance de la loi...
Le Président (M. Allaire) : 30
secondes.
Mme Zaga Mendez : C'est à
peu.... C'est un peu ça que...
M. Châteauvert
(Pierre) :Ça demeure... mais, en même
temps, on... on reconnaît que la promotion des bonnes pratiques à l'intérieur
de... des compagnies minières, ça avance, on le voit, là, tu sais, les gens
nous le disent. Mais il y a encore des problèmes, là, il n'y a rien de parfait
dans ce bas monde.
Mme Zaga Mendez : Je
comprends.
Le Président (M. Allaire) : Cinq secondes.
Donc, merci, ça met fin à l'ensemble des échanges. Donc, encore une fois, bien
contribué aux travaux de cette commission. Encore une fois, très courte
suspension, on va... nous allons reprendre les travaux très rapidement. Merci.
(Suspension de la séance à 17 h 40)
(Reprise à 17 h 43)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. On accueille notre prochain groupe, l'Union
des municipalités du Québec. Donc, j'ai compris, Mme Dubois, que c'était
votre première expérience pour une allocution. Vous allez voir, ça va bien
aller, on n'est pas haïssable. Donc, je vous cède la parole. Peut-être
prendre le temps de vous présenter avec votre titre, et vous pourrez enchaîner
avec votre allocution de 10 minutes. La parole est à vous.
Mme Dubois (Geneviève) : Merci
beaucoup, M. Allaire, président de la Commission de l'économie et du
travail, M. Samuel Poulin, bonsoir, ministre délégué à l'Économie,
mesdames, messieurs les membres de la commission, je vous remercie d'abord de
donner l'opportunité à l'Union des municipalités du Québec de vous présenter
ses recommandations sur le projet de loi n° 11. Je
suis Geneviève Dubois, vice-présidente de l'Union des municipalités du Québec
et mairesse de la ville de Nicolette. Je suis accompagnée aujourd'hui Nicolas
Descroix, qui est notre directeur des politiques à l'UMQ, et de M. David
Dinelle, conseiller aux politiques à l'UMQ aussi.
D'abord, j'aimerais rappeler rapidement
que, depuis maintenant plus de 100 ans, l'UMQ rassemble des gouvernements
de proximité de toutes les régions du Québec. Les municipalités membres de
notre union représentent plus de 85 % de la population et du territoire du
Québec et 95 % des budgets municipaux. Le projet loi n° 11
s'inscrit dans la suite du plan d'action gouvernemental 2020-2025 en matière
d'allègements réglementaires et administratifs. Il vise à rendre l'État plus
efficace, à simplifier les règles et à réduire la lourdeur administrative. Ces
objectifs vont dans le même sens que l'une des quatre grandes priorités
gouvernementales annoncées par le premier ministre en septembre 2025, soit
l'efficacité de l'action publique. L'UMQ salue cette orientation, elle répond à
un réel besoin de modernisation. Cela dit, malgré certaines mesures positives
que nous soulignons aujourd'hui, le projet de loi vise principalement les
entreprises. Or, l'UMQ est convaincue qu'il est possible et nécessaire
d'étendre plusieurs de ces mesures aux municipalités. L'intervention de
l'UMQ aujourd'hui vise à rappeler l'importance d'appliquer aux relations entre
le gouvernement et les municipalités les mêmes exigences que celles imposées
aux ministères et organismes dans leurs interactions avec les entreprises. Cela
permettrait aux municipalités de mieux soutenir et faciliter l'activité
économique des PME de nos milieux. Nos propositions ne nécessitent aucun
financement supplémentaire. Elles pourraient même générer des économies. C'est
en fait une demande de réciprocité.
La politique gouvernementale sur
l'allègement réglementaire et administratif reconnaît que les obligations
imposées aux entreprises coûtent cher et mobilisent beaucoup de ressources
humaines qui pourraient être consacrées des activités plus productives. Selon
l'UMQ, ce constat s'applique tout autant aux municipalités. Une grande partie
des exigences que les municipalités doivent imposer aux entreprises découlent
directement d'obligations demandées par le gouvernement du Québec. La lourdeur
administrative demeure un enjeu majeur pour les gouvernements de proximité.
Selon une étude réalisée en 2023 par notre union, 4 600 employés municipaux
travaillent exclusivement à répondre aux exigences gouvernementales pour un
coût annuel estimé à 330 millions de dollars. Ces ressources
pourraient plutôt être investies dans les services aux citoyens, l'entretien de
nos infrastructures ou encore l'accompagnement de nos entreprises locales. Bien
sûr, la reddition de comptes est essentielle, mais la relation entre le
gouvernement du Québec et les municipalités doit aussi reposer sur la
confiance, la prévisibilité et l'efficacité.
Le projet de loi introduit la règle du
deux pour un pour les entreprises. Chaque nouvelle formalité administrative
imposée par les ministères ou organismes visés devra être compensée par
l'abolition de deux autres. C'est une avancée importante...
Mme Dubois (Geneviève) : ...cependant,
cette règle ne concerne pas les municipalités. L'UMQ recommande donc qu'elle
soit aussi appliquée aux obligations imposées aux municipalités. Si cette
approche est jugée pertinente pour les entreprises, elle l'est tout autant pour
les gouvernements de proximité. Alléger le fardeau réglementaire des
municipalités, c'est également alléger celui des entreprises qui font affaire
avec les municipalités. Ce n'est pas seulement une question administrative,
c'est une question de capacité à livrer des projets. Chaque heure passée à
remplir des formulaires est une heure qui n'est pas consacrée à la
planification d'infrastructures, à l'entretien du réseau routier ou à
moderniser les réseaux d'eau.
Le contexte est d'autant plus préoccupant
que les coûts de construction explosent. Une étude de l'UMQ publiée en décembre
2025 montre que l'accumulation des exigences réglementaires au cours des 10
dernières années entraîne des coûts supplémentaires annuels variant entre
900 millions et 1,5 million de dollars pour les municipalités. À
titre d'exemple, entre 2015 et 2025, le coût de construction d'un kilomètre
d'aqueduc a augmenté de 88 %, dont 40 % directement liés à de
nouvelles exigences réglementaires. Chaque mesure qui libère des ressources devient
donc cruciale. Moins d'exigences et moins de délais, plus d'investissements et
de retombées concrètes pour l'économie québécoise et la population.
Permettez-moi maintenant d'illustrer cette
situation avec deux exemples très concrets. Premièrement, la déclaration
d'intégrité. Cette exigence s'applique aujourd'hui à la quasi-totalité des
contrats, même les plus modestes. Pour une réparation de plomberie courante,
par exemple, la municipalité doit exiger à l'entreprise de remplir et signer
une déclaration officielle, vérifier la conformité et l'archiver, et parfois
même si un contrat a déjà été conclu avec le même fournisseur. Ces démarches
mobilisent beaucoup de ressources pour des transactions courantes.
Deuxième exemple, les exigences de
francisation. Selon la Charte de la langue française, les municipalités doivent
vérifier la conformité linguistique des entreprises avant d'accorder un contrat
ou une subvention, même pour des montants inférieurs au seuil d'appel d'offres.
Résultat : des démarches lourdes pour des montants minimes, qui
ralentissent la gestion quotidienne et complexifient inutilement les relations
avec les fournisseurs. L'UMQ propose donc d'établir des seuils plus réalistes
afin de concentrer les efforts là où les enjeux sont réellement importants.
Concentrons-nous désormais sur l'analyse
d'impact réglementaire. Selon la politique sur l'allègement réglementaire,
lorsqu'un projet de loi ou un règlement a des effets sur les entreprises, une
analyse d'impact réglementaire doit être réalisée. On y évalue les coûts, les
bénéfices et les conséquences. C'est une excellente pratique. En revanche,
aucune analyse équivalente n'est exigée lorsque de nouvelles obligations sont
imposées aux municipalités. Par exemple, en 2022, des modifications au règlement
sur la santé et la sécurité au travail ont ajouté de nouvelles obligations,
notamment pour les travaux en arboriculture. Une analyse d'impact a été
réalisée pour les entreprises, mais pas spécifiquement pour les municipalités,
malgré le statut particulier de la main-d'œuvre municipale dans ce secteur.
Cela entraîne des contraintes organisationnelles, notamment pour la
reconnaissance de l'expérience acquise par les travailleuses et travailleurs
afin d'obtenir leur certification de qualification. C'est pourquoi l'UMQ
recommande que tout projet de loi ou de règlement touchant les municipalités
fasse l'objet d'une analyse d'impact réglementaire municipale. Cela
améliorerait la prévisibilité budgétaire et la collaboration entre les
gouvernements.
• (17 h 50) •
Enfin, l'UMQ tient à reconnaître certaines
avancées contenues dans le projet de loi, dont le retrait de l'obligation de
transmission de certains renseignements à la Régie du bâtiment du Québec et
l'assouplissement au Régime des réserves financières. Cette dernière mesure va
dans la bonne direction. Toutefois, la loi maintient un plafond sur les
montants pouvant être versés dans ces réserves. Cette... cette limite, pardon,
freine la planification à long terme. Dans un contexte de besoins importants en
infrastructures, l'UMQ recommande de retirer ce plafond afin de donner aux
municipalités une réelle marge de manœuvre financière.
Pour conclure, le message des
municipalités est clair : alléger le fardeau des municipalités, c'est
aussi alléger celui de nos entreprises. Chaque formalité ou obligation imposée
aux municipalités se répercute sur les entreprises qui travaillent avec nous.
Si on souhaite que les entreprises consacrent moins de temps aux démarches
administratives et plus de temps à leur performance et à leur croissance, il
est essentiel de s'attaquer aussi au fardeau administratif des municipalités.
Alors, voilà, je vous remercie de votre attention. Nous sommes prêts à répondre
à vos questions.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme Dubois. Vous êtes amplement dans les temps. On débute la période d'échange
avec la partie gouvernementale. Donc, M. le ministre, la parole est à vous.
11 min 30 s.
M. Poulin : Merci beaucoup, M.
le Président. Bonjour à Mme Dubois. M. Descroix, M. Dinelle. Merci pour votre
travail. Puis vous m'avez fait vraiment, mais vraiment, mais vraiment plaisir
quand vous dites que le deux pour un, vous aimeriez le voir également dans le
milieu municipal. Et ça, j'en suis très heureux parce que je l'ai initié, comme
nouveau ministre délégué à l'Économie et aux PME, en le faisant inscrire dans
la loi du...
M. Poulin : ...de l'économie,
parce qu'avant c'était un pour un dans une politique d'allègement, elle n'était
pas enchâssée dans la loi. Là, on l'a fait inscrire dans la loi, le deux pour
un dans la mission, on a assujetti des ministères. Alors, on joue un rôle de
leadership. Donc, j'étais en train de texter ma collègue, la ministre des
Affaires municipales, pour lui dire à quel point le deux pour un, l'UMQ le souhaitait,
et qu'on pouvait jouer un rôle de leader ensemble à ce niveau-là. Je suis dans
l'attente d'une réponse, ça fait quelques secondes, alors j'ai hâte de le voir
pour la suite. Mais vous avez raison... Puis ça m'a fait penser, puis
probablement que la députée de Jeanne-Mance—Viger va s'en souvenir, Paul
Busque, qui était mon prédécesseur dans le comté de Beauce-Sud et adjoint
parlementaire à Martin Coiteux, il avait eu un mandat pour créer un pôle
d'expertise pour les municipalités. Puis bon, on est en fin de mandat, c'était
février 2018. Là, je suis allé relire tout à l'heure, puis je comprends qu'il y
a plein... plein d'éléments. Mais c'est vrai, quand vous parliez de paperasse,
quand vous parliez d'obligations, puis, à la limite, à l'UMQ, vous avez des
membres qui ont certains moyens, certains outils, je vais le dire comme ça.
Mais, à la FQM, où on a une directrice
municipale ou un directeur municipal qu'on souhaite payer le plus haut possible
pour, un, le garder, puis, deux, parce que ses tâches ont tellement augmenté,
c'est vrai qu'il y en a beaucoup trop. C'est vrai que c'est difficile.
L'obtention d'un certificat, l'autorisation au ministère de l'Environnement,
c'est extrêmement difficile. Heureusement, on a des PDZA, des fois, qui nous
permettent de travailler avec nos communautés, des plans de développement de la
zone agricole que, d'ailleurs, il n'y a toujours pas dans la MRC de
Beauce-Sartigan. Et je le revendique, parce que c'est une belle façon que le
milieu municipal puisse travailler avec le secteur agricole, qu'on a quand même
certains outils qui nous permettent de mieux travailler, puis d'être plus
efficaces, puis de le faire le mieux. Mais on en ajoute tout le temps, quand
même, et c'est là où ça devient extrêmement difficile.
Alors, bravo pour le deux pour un pour les
municipalités. Vraiment, je vous le dis, si j'ai une réponse de votre ministre
dans les prochaines secondes, si elle décide d'aller de l'avant, parce
qu'honnêtement c'est elle qui m'a proposé les trois... les trois propositions
que nous avons pour le milieu municipal. Puisque mon projet de loi était prêt,
on a décidé de le mettre à l'intérieur. Parlons des réserves financières. L'UMQ
propose de hausser le plafond des réserves financières, j'aimerais savoir
pourquoi. On a fait quelques vérifications où on nous dit : Je suis prêt à
vous entendre là-dessus, qu'actuellement les villes les plus proches en termes
de réserves, on est à 65 % de la limite. Alors, vous, est-ce que...
Comment vous voyez les choses à ce niveau-là? Je suis intéressé à vous entendre
davantage.
M. Descroix (Nicolas) :
Écoutez, c'est assez simple. Actuellement, il y a peu d'incitatifs pour le
monde municipal d'y aller, parce que ça reste des petits montants. Donc, nous,
ce qu'on vous propose, c'est juste de hausser ce plafond-là pour permettre aux
municipalités qui ont des projets et des projets d'envergure de pouvoir mettre
un peu plus d'argent dans ces fonds-là. Mais, déjà, la mesure que vous
introduisez est une bonne mesure, là, on tient à le dire. On aimerait aller un
petit pas plus loin, si vous êtes prêts à le faire. Donc, voilà.
M. Poulin : D'accord,
d'accord. Vouliez-vous ajouter quelque chose?
Une voix : Non.
M. Poulin : Non. Ça va? OK.
Pour le deux pour un, on me faisait remarquer, est-ce que les municipalités
seraient intéressées... à le mettre en place...
Mme Dubois (Geneviève) : À
mettre en place... Je n'ai pas compris.
M. Poulin : Est-ce que
vous-mêmes, vous pourriez mettre en place le deux pour un dans vos municipalités...
Mme Dubois (Geneviève) : Mais
nous... Bien, en fait...
M. Poulin : ...avant d'ajouter
quelque chose aux citoyens, on en enlève deux?
Mme Dubois (Geneviève) : Bien,
tout est sur la table, je vais vous dire qu'on souhaite alléger notre fardeau
puis on est prêt à contribuer, soyez assuré de ça.
M. Poulin : Non, non, c'est
bon, parce que, souvent, à chaque conseil, on en rajoute, je me dis :
C'est bon, des fois, quand on en enlève, mais c'était une parenthèse. En
matière de francisation, vous dites : Pour conclure, un contrat avec une
entreprise... puis, je pense, je dois vraiment bien citer, là,
«l'article 152.1 de la charte prévoit que l'administration, y compris les
municipalités, ne peut conclure un contrat avec une entreprise ni lui accorder
une subvention si celle-ci ne respecte pas ses obligations en matière de
francisation. Afin d'éviter l'imposition d'un fardeau administratif
disproportionné aux municipalités, l'UMQ a déjà recommandé que l'application de
l'article soit limitée aux contrats dont la valeur excède le seuil applicable
aux appels d'offres publics, soit 139 000 $.»
Et quels sont les cas de figure que vous
voyez à ce niveau-là? J'ai de la difficulté à le saisir ou à le comprendre.
M. Dinelle (David) : Bien, en
fait, c'est pour tous les contrats avec laquelle la municipalité... C'est sûr
que, pour une plus grande municipalité, ça va arriver plus vite, que le contrat
va arriver au-dessus du seuil d'appel d'offres, mais, dans les plus petites municipalités,
on va se retrouver facilement... On peut prendre l'exemple de... On engage un
peintre, par exemple, on fait un contrat d'approvisionnement et on va aller
chercher de la papeterie. Aussitôt qu'on fait affaire avec une entreprise, on
doit... l'entreprise doit respecter ses exigences en matière de francisation.
Présentement, il existe un seuil pour les transactions qui sont en dessous de
5 000 $, mais on s'entend qu'on arrive rapidement à des transactions
au-dessus de 5 000 $ pour une municipalité, là...
M. Poulin : ...mais moi,
c'était plus sous l'angle des entreprises qui sont... qui ne respectent pas la Charte
de la langue française. Est-ce que c'est quelque chose de quotidien que vous
voyez dans vos municipalités pour contracter? C'était plus sous cet angle-là,
moi.
M. Descroix (Nicolas) : On ne
dit pas que c'est quelque chose de régulier et quotidien, mais c'est un fardeau
administratif qu'on doit vérifier. Puis vous comprendrez que les entreprises ne
sont pas toutes... elles n'ont pas toutes les mêmes ressources, là. Quand on
travaille avec un plombier ou un peintre du coin parce qu'on a un contrat de
6 000 $ de peinture et qu'on doit vérifier, il se pourrait qu'il ne
soit pas inscrit puis qu'il n'ait pas fait ses démarches auprès de l'OQLF. Mais
on comprendrait que, dans certaines régions, ce n'est pas des enjeux, par
exemple, parce que la population est à 98 % francophone. Donc, on se doute
que la personne parle déjà français, on l'a devant nous, mais comme il n'est
pas enregistré ou n'a pas fait sa démarche, on ne peut pas contracter.
Et, pour nous, c'est une mesure qui limite
la multiplication des soumissionnaires ou des contractants, disons-le comme ça,
là, parce qu'avec une augmentation du nombre de personnes avec qui on pourrait
en faire, on va peut-être amener nos coûts vers le bas. Donc, dès qu'on met une
barrière à l'entrée pour un contractant, on... du même coup, on augmente un peu
les coûts pour la municipalité, là.
Mme Dubois (Geneviève) : Si
vous me permettez, peut-être, M. le ministre de vous donner un exemple un peu
concret, dans le sens où, tu sais, l'entreprise, elle doit s'inscrire à l'Office
québécois de la langue française, elle doit obtenir une autorisation... une
attestation de conformité linguistique, éventuellement mettre en œuvre un
programme de francisation si c'est le cas. Donc, c'est sûr que ce n'est pas
nécessairement courant, mais c'est des démarches supplémentaires que
l'entreprise doit faire. C'est une démarche administrative distincte, lourde,
souvent pour des plus petites entreprises. Il y a des productions de rapports,
des politiques internes, des inventaires linguistiques pour ces entreprises-là
puis la mobilisation des ressources humaines dédiées à la conformité, puis,
dans certains... dans certains, même, un refus d'embaucher afin de croître
parce qu'ils veulent rester sous le seuil des 25 employés. Donc, ça a
quand même des enjeux pour les PME.
M. Poulin : Je comprends,
c'est plus cet angle-là. Je le saisis mieux maintenant. Je pensais que,
régulièrement, vous aviez des entreprises que vous ne vouliez pas contracter à
cause qu'ils ne sont pas en conformité avec la Charte de la langue française.
Mme Dubois (Geneviève) : Non.
M. Poulin : OK, je comprends
mieux.
Puis d'ailleurs, ce que vous venez de me
dire là, j'ai la discussion avec le milieu économique aussi sur la façon dont
on peut alléger. Là, maintenant, c'est enchâssé dans la Charte de la langue
française. Avant de toucher à la charte, il faut s'y prendre de bonheur. Alors,
ce n'est pas simple ou pas facile, mais j'ai des échanges avec mes collègues à
ce niveau-là.
Peut-être me parler, attendez, j'avais
pris la note ici, de la déclaration d'intégrité. C'était... c'est un peu en
lien avec ce que vous venez de me dire en termes de fardeau, j'imagine, on est
dans la même... dans la même lignée?
• (18 heures) •
M. Dinelle (David) : C'est
exactement un peu la même chose. Encore là, c'est pour tout contrat, là... En
fait, pour tout contrat, on doit... ça doit se retrouver sur l'engagement
contractuel. Il y a une déclaration, là, qui existe, là, c'est un paragraphe de
cinq, six lignes qui dit : Je déclare avoir pris connaissance des
exigences en matière d'intégrité. On comprend que c'est pour les plus gros
contrats qui sont au-dessus du seuil d'appel d'offres. C'est quelque chose qui
peut-être, normalement, doit se retrouver dans un engagement contractuel. Mais
encore là, si je fais affaire avec un entrepreneur dans une municipalité pour
une petite réparation de routine dans le bâtiment municipal, puis il faut que
je lui fasse signer à chaque fois cette déclaration-là que je dois archiver,
que je dois mettre... puis si je refais affaire avec le même entrepreneur,
bien, je dois ressortir la... je dois lui redemander de signer.
Ça fait que nous, ce qu'on dit, c'est que,
pour les contrats au-dessus du seuil de... en dessous du seuil d'appel
d'offres, on devrait retirer cette... pour faciliter la gestion administrative.
M. Poulin : D'accord. Moi, ça
complétait. Je ne sais pas pour mes collègues du côté de la banquette
gouvernementale si on avait des questions. Non?
Le Président (M. Allaire) :
Il reste deux minutes.
M. Poulin : Il reste deux
minutes. Mme la députée de Labelle, allez-y.
Mme Jeannotte : Merci, M. le
Président. Moi, j'aurais aimé vous entendre plus sur les analyses d'impact
réglementaire. Avez-vous déjà une idée de ce que vous aimeriez qu'on fasse de
ce côté-là?
Mme Dubois (Geneviève) : Bien,
en fait, je vous dirais que, souvent, il y a des normes qui sont appliquées
puis qui ont un impact, tu sais, important dans nos municipalités. Puis je
pense que le souhait des municipalités, c'est de pouvoir travailler en amont,
de travailler mieux avec le gouvernement pour vraiment être capable d'avoir les
échanges puis de vous présenter les impacts qu'on a directement. Est-ce qu'on a
des exemples concrets, messieurs? Oui, allez-y.
Mme Jeannotte : ...les
transmettre déjà à la direction territoriale. Par exemple, quand vous vivez ce
genre de bureaucratie de complexité, parce qu'il y a énormément de règlements,
qu'est-ce qui vous empêche d'en faire part à la direction territoriale?...
18 h (version non révisée)
M. Dinelle (David) : ...des
excellents échanges dans le cadre du chantier en allègement réglementaire, mais
ça arrive toujours après, ça n'arrive jamais avant. C'est... ce qu'on dit, c'est
que quand on produit un règlement, un projet de loi, comme c'est obligatoire,
là, pour... pour les organismes visés dans le cadre du plan d'action d'allègement
réglementaire de... que... qu'on touche ces entreprises... On dit la même chose
pour les municipalités, c'est que c'est... c'est en amont qu'on devrait
analyser, voir s'il y a un impact ou quel est l'impact, puis qu'est ce que ça
va arriver.
Mme Jeannotte : ... ce soit
fait par le ministère, puis après ça, là, qu'il y aurait une communication avec
vous, afin que là, vous puissiez, peut-être, outiller vos gens, puis la
formation, à la rigueur, ça... ça, ça créé, chez vous, une incompréhension, ça
crée des délais, aussi, si je comprends bien?
Mme Dubois (Geneviève) : Oui,
ça peut créer des délais, ça peut créer, aussi, des impacts importants, puis
remettre en question certains services ou, tu sais, certaines... certains
travaux qu'on avait prévus puis qu'on ne fera pas, ça fait que oui, ça peut
avoir des impacts importants dans nos municipalités.
Mme Jeannotte : ...il n'y a pas
de format, là, tu sais, ce n'est pas déjà transmis, là, ce que vous
souhaiteriez. Ça dépend des enjeux, si on est en habitation...
Le Président (M. Allaire) : Merci,
merci, malheureusement, ça met fin à ce bloc d'échange avec la partie gouvernementale.
On poursuit avec l'opposition officielle, Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger,
9 min 54 s.
Mme Rotiroti : Oui, merci
beaucoup. Merci d'être... d'être là. Écoutez, le ministre a abordé plusieurs
enjeux que vous mentionnez dans votre... dans votre mémoire. Moi, j'irais... avant
d'adresser le petit coeur bleu que vous portez en soutien des travailleurs
étrangers temporaires, là, et toute la question de la pénurie de main-d'œuvre,
j'irais sur l'analyse, vous parlez beaucoup de l'analyse d'impact et vous
suggérez qu'il y ait une analyse d'impact sur toute la réglementation qui est
faite qui va concerner les municipalités. Est-ce que, pour vous, ça serait un
exercice qui serait fait systématiquement dans tous les ministères dès que ça
touche une municipalité? Est-ce que c'est ça que vous suggérez?
Mme Dubois (Geneviève) : Oui,
absolument.
Mme Rotiroti : Et pour vous,
ça serait une façon de s'assurer que qu'est-ce qu'on met... qu'est-ce qu'on met
en place, comme règlement, ne vient pas ajouter un fardeau sur votre
administration, c'est ça?
Mme Dubois (Geneviève) : Exact,
oui.
Mme Rotiroti : Vous, dans la
structure gouvernementale, par rapport aux programmes qui sont mis en place,
vous savez, il y a une plateforme qui a été mise en place en 2017, où ce que, normalement,
ça aurait dû être un outil qui vient faciliter la... les... que ce soit une
municipalité ou un organisme, de naviguer, de trouver les programmes, etc., qui
pourraient être à leur disposition. Un, est-ce que vous faites appel à cette
plateforme-là? Et deux, est-ce que vous trouvez que c'est assez compliqué à
naviguer à travers ça pour trouver des programmes pour répondre à vos... à vos
besoins?
M. Descroix (Nicolas) : Bien,
si je peux me permettre, nous, de notre côté, on a, avec l'Association des
directeurs généraux des municipalités du Québec, un outil qui copie, un peu,
pour l'ensemble des programmes destinés au monde municipal, afin de recenser,
entre autres, l'accès aux programmes, mais aussi, il y a d'autres associations
qui ont, par exemple, les obligations qu'une municipalité a à remplir avec des
dates, un calendrier de dates. Donc oui, on a ça, et Mme Dubois l'a mentionné, mais
nous, on a une étude qu'on a fait qui relève qu'il y a 4100 employés
municipaux qui travaillent à temps plein pour faire de la reddition de comptes
au gouvernement. 4100 employés municipaux qui... Et on ne dit pas que le
chiffre doit devenir à zéro, là, mais on pense qu'il y a un effort qui est
possible d'être fait. Et, on pourrait être surpris aussi, par exemple, on dit
tout le temps : Les municipalités, des fois, ajoutent de la réglementation
aux citoyens, mais souvent, ça découle d'une obligation qu'on se fait donner
par le gouvernement. Donc, on se fait donner une obligation qui se transforme
ensuite en réglementation municipale, qui a un impact sur nos citoyens, qui a
un impact sur nos entreprises, et l'analyse d'impact réglementaire, c'est un
peu ça, l'objectif. C'est... Au moins, le ministère, lorsqu'il va développer un
règlement, qu'il va développer une nouveau... nouvelle loi, va avoir analysé
que, bien oui, ça va coûter tant pour le monde municipal de mettre en place
cette mesure-là, comme on le fait pour les entreprises. Souvent, les projets de
loi, c'est indiqué : Il n'y aura pas d'impacts pour le milieu d'affaires
ou pour les entreprises, c'est à coût nul pour eux, de telles mesure, on
demande que, pour le monde municipal, ça soit un peu similaire, et rapidement,
on réaliserait qu'à chaque projet de loi, on vient ajouter des nouvelles
obligations, et ce n'est pas des énormes obligations, mais c'est l'addition d'obligations
qui fait en sorte qu'on se retrouve avec 4100 employés municipaux qui remplissent...
M. Descroix (Nicolas) : ...la
reddition de comptes pour le gouvernement.
Mme Rotiroti : Et c'est de...
c'est de là votre volonté de vouloir appliquer le deux pour un, j'imagine, dans
qu'est-ce que vous suggérez dans votre mémoire. Vous dites : Plusieurs
groupes qu'on entend parlent souvent de la reddition de comptes, de dire que
c'est... ça a pris une ampleur assez... phénoménale. Que ce soit dans un...
dans un PME de petite taille, que ce soit au niveau d'une municipalité, que ce
soit dans presque tous les instances, le gouvernement ajoute cette obligation
de reddition de comptes. Avez-vous l'impression que ces redditions de comptes
amènent à quelque chose?
Mme Dubois (Geneviève) : Bien,
j'espère que oui parce qu'on travaille beaucoup.
Mme Rotiroti : Mais vous,
est-ce que vous voyez l'effet de cette reddition de comptes que vous faites?
Mme Dubois (Geneviève) : Bien,
je pense que c'est, comme... comme on le disait... je pense que c'est important
d'avoir une reddition de comptes minimale pour les programmes de subvention
qu'on a. Mais parfois il y a beaucoup de paperasse à compléter puis ce n'est
pas toujours utile au projet où... qu'on est en train de mener.
Mme Rotiroti : Ça fait que
vous... Est-ce que ce serait juste de dire de simplifier et d'enlever les
doublons, dans le fond, de ces redditions de comptes là? Parce que la majorité
du temps, on fait... il y a quand même des doublons, là.
M. Dinelle (David) : C'est
pour ça qu'on amène le deux pour un aussi, là. C'est... C'est...
Mme Rotiroti : Oui. Parfait.
Je vois que vous portez le petit carré bleu en soutien de les travailleurs
étrangers. Et on sait très bien qu'on est dans une dynamique où on a... on
parle beaucoup d'avoir une écoute auprès des besoins, hein? C'est essentiel
pour être capables de bien... comme législateurs, de bien légiférer quand on
fait une loi. On est dans une loi qui touche plusieurs secteurs. Et différents
groupes nous parlent de, évidemment, la pénurie de main-d'oeuvre, surtout dans
des... dans des secteurs bien précis où non seulement qu'il y a le besoin, mais
il y a des critères par rapport à les travailleurs qu'on recherche qui sont
extrêmement... ponctuels. On avait l'Association des manufacturiers avant vous,
Exportation et Manufacturiers, qui disait : Eux, ils spécialisent dans
certaines domaines, c'est... c'est vraiment, si vous me permette de dire
l'expression, des travailleurs très nichés qu'on n'a pas ici, au Québec. Alors,
en faisant la démarche qu'on entreprendre au niveau du gouvernement de faire
quasiment du mur-à-mur, et de mettre un arrêt, et changer les règles en cours
de route pourraient mettre en péril certaines entreprises. Dans le monde
municipal, est-ce que... j'imagine, ça doit être un enjeu réel aussi que
vous... que vous subissez, dans le fond?
Mme Dubois (Geneviève) : ...comme
employeur?
Mme Rotiroti : Oui, comme
employeur.
• (18 h 10) •
Mme Dubois (Geneviève) : Ah
oui, absolument. Nous, on le vit à l'UMQ. Et on a... on a une adjointe qui est
touchée par ce programme-là. En fait, le mur-à-mur n'est jamais une bonne façon
de travailler de toute façon, peu importe le programme. Nos régions sont
tellement différentes. Le milieu rural, c'est... ce n'est pas comme... tu sais,
j'entendais la FQM tantôt parler de transport, le transport collectif en
ruralité, ça n'a rien à voir avec le transport métropolitain. Donc, le
mur-à-mur n'est pas nécessairement une bonne façon de travailler. Et
effectivement plusieurs municipalités sont touchées aussi. Et vraiment pour
nous, de porter le cœur bleu aujourd'hui, c'est une façon aussi d'être
solidaires de ces gens-là qu'on est allés chercher, qui travaillent chez nous,
qui sont, oui, dans des secteurs très, très nichés, parfois des secteurs aussi
où il n'y a pas de main-d'oeuvre disponible. C'est des gens qui font partie de
nos communautés, de nos entreprises, mais aussi de nos familles. Donc
effectivement les municipalités sont très touchées aussi.
Mme Rotiroti : Avez-vous une
évaluation de faite par rapport à les municipalités, qu'est-ce que ça pourrait
représenter comme pertes pour vous si ces travailleurs-là...
Mme Dubois (Geneviève) : Ces
travailleurs-là?
Mme Rotiroti : ...oui,
quittent?
Mme Dubois (Geneviève) : Je
pense qu'on n'a pas chiffré. Moi, je n'ai pas ces chiffres-là en tête.
M. Dinelle (David) : On n'a
pas... On peut... On peut vérifier mais on n'a pas en absolu, là, le...
Mme Rotiroti : C'est bon.
C'était... Je voulais juste savoir si vous avez une idée, mais ça. De toute
façon, on peut juste imaginer l'impact que ça peut avoir.
Mme Dubois (Geneviève) : On a
plusieurs exemples dans chacun de nos milieux, tu sais, d'entreprises touchées
avec un nombre de travailleurs, mais on n'a pas nécessairement le total. Oui.
Mme Rotiroti : Pour moi, ça
va. Merci beaucoup.
Mme Dubois (Geneviève) : Merci.
Le Président (M. Allaire) : ...Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui. Merci
beaucoup. Merci beaucoup pour votre présentation.
Je veux parler un petit plus aussi sur
comment on peut toujours améliorer l'écoute de notre côté au niveau provincial.
Puis je vais prendre un exemple d'un règlement qui était mis en place pour les
piscines, et c'était un désastre. Je vais dire que c'était un désastre. Quand
même si l'objectif est louable de protéger des enfants souvent de tomber dans
une piscine, mais après ça, on a vu qu'est-ce que sortir. Puis c'est dans le
cour, les municipalités ont mis en place ces types de règlements, c'est rendu
trop difficile. Je sais que le gouvernement fait des changements. Bref, mais
c'est un exemple...
M. Kelley : ...je trouve,
qu'on doit éviter. Alors, de votre avis, comment ce type de situation...
comment on peut éviter... excusez-moi, ça devient... Comment on peut éviter ça?
Mme Dubois (Geneviève) : L'analyse
d'impact réglementaire serait une excellente solution.
M. Kelley
: Une bonne
façon.
Mme Dubois (Geneviève) :
Exact. On a quand même des rencontres, les unions, avec, entre autres, notre
ministre des Affaires municipales, mais d'autres aussi, d'autres ministres
aussi, où, là, on peut se permettre d'avoir ces jases-là puis d'essayer de voir
en amont les impacts, mais ce n'est pas... ça ne peut pas être sur toutes vos
lois puis sur tous vos projets de loi. Donc, c'est sûr que l'analyse d'impact
serait très utile.
M. Kelley : Parfait. Merci
beaucoup. Je vais passer la puck à une de mes autres collègues.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le député de Jacques-Cartier. Mme la députée de Verdun, la parole est à
vous. 3 min 18 s.
Mme Zaga Mendez : Merci.
Merci beaucoup pour votre présentation puis pour le temps en commission. Je
n'ai pas beaucoup de questions, c'était quand même assez clair. Ceci dit, il y
avait... vous parlez la capacité des municipalités de répondre à différentes
exigences... dépendant de la taille des municipalités... tantôt, on parlait
avec la FQM, mais je veux juste prendre... peut-être, que vous nous donnez un
peu plus d'exemples. Tout à l'heure, vous parlez des obligations liées à la
francisation, mais aussi vous parlez, dans votre mémoire, des déclarations
d'intégrité, comme exemple. Est-ce que vous voulez nous dire... nous dire un
petit peu plus comment ceci devient un fardeau ou comment vous manquez de
ressources humaines ou des outils pour faire ça?
M. Dinelle (David) : Bien,
comme je mentionnais, comme on mentionne, en fait, c'est que pour tous les
contrats que la municipalité doit... engage avec un entrepreneur, on prend
l'exemple d'un plombier qui est engagé pour une réparation de routine parce que
la municipalité n'a pas cet employé-là à l'interne, bien, elle doit faire
signer cette déclaration-là, mais qui existe en vertu d'un règlement puis,
après ça, elle doit le conserver parce que c'est un engagement contractuel,
c'est des vérifications. Si on refait affaire avec la même entreprise pendant
l'année. Parce qu'il y a encore un autre cas de... un autre problème, on doit encore
refaire signer cette déclaration-là pour la conserver.
C'est toujours, tu sais, de la paperasse,
de recommencer pour... Tu sais, on comprend que, quand on signe des gros
contrats, là, tu sais, des contrats au-dessus des seuils d'appels d'offres puis
qu'on est dans de la gestion auprès de l'Autorité des marchés publics, mais,
quand on est dans les petits engagements contractuels, est-ce que ce type de...
est-ce que ça devient utile de faire ceci, là?
Mme Zaga Mendez : ...puis
juste pour avoir peut-être l'argument de l'autre côté ou qui peut justifier,
des fois, on entend que ces types de déclarations peuvent être un rempart à la
collusion. Comment vous le voyez? Est-ce que c'en est un? Parce que, bon, vous
parlez justement des contrats publics à plus grande échelle et importance,
mais, quand c'est des petits contrats, comment est-ce que cette déclaration-là
permet ou pas, selon vous, là... éviter ce type de pratique?
M. Dinelle (David) : Tu sais,
je pense que les... ça peut devenir très utile dans des plus gros contrats,
mais, dans le cas de contrats de routine, je ne sais pas c'est quoi, la... je
ne vois pas la plus-value.
Mme Zaga Mendez : OK.
Mme Dubois (Geneviève) : Si je
peux me permettre aussi, c'est que ça place les municipalités puis nos équipes,
entre autres, d'approvisionnement, qui doivent s'assurer de fournir les
contrats, tu sais, dans un mode plus de surveillance que dans un mode de
collaboration, tu sais, surtout si on doit le refaire et le refaire, tu sais.
Je pense que, parfois, on doit aussi courir un peu après les entrepreneurs pour
qu'ils nous remettent ces documents-là. Donc, ça nous place dans des positions
parfois inconfortables, puis on doit appliquer le règlement qui vient du
gouvernement. Donc, on souhaiterait être... on souhaiterait pouvoir travailler
dans un esprit de collaboration, sans avoir à ajouter d'autres normes ou
règlements.
Mme Zaga Mendez : Je
comprends. Bien, merci beaucoup pour vos réponses. Merci.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme la députée de Verdun. Ça met fin à l'ensemble des échanges. Merci à vous
trois pour votre belle contribution à cette commission. Au plaisir de vous
retrouver pour une prochaine fois.
Donc, nous allons suspendre les travaux
quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 18 h 16)
(Reprise à 18 h 19)
Le Président (M. Allaire) :
Nous allons reprendre les travaux. On accueille le prochain groupe, le Syndicat
de la fonction publique et parapublique du Québec. Bienvenue! Donc, je vous
cède déjà la parole, peut-être prendre le temps de vous présenter avec vos
titres, puis vous pouvez déjà débuter votre allocution de 10 minutes. La
parole est à vous.
M. Daigle
(Christian) : Merci beaucoup, M. le Président. Donc, Christian
Daigle, président général du Syndicat de la fonction publique et parapublique
du Québec, Je suis accompagné, à ma gauche, par M. Pierre-Alexandre Caron,
conseiller politique au bureau de la présidence, ainsi qu'à ma droite, M.
Louis-Joseph Saucier, conseiller à la recherche au SFPQ.
M. le Président, M. le ministre, Mmes et
MM. les députés, le SFPQ représente plus de 42 000 travailleuses et
travailleurs dans les ministères et organismes publics dont la mission repose
sur un cadre légal et réglementaire. Même s'il a surtout été présenté comme une
démarche qui vise à s'attaquer à la paperasse, dont seraient victimes les PME,
le PL n° 11 est, en réalité, un projet de loi omnibus
qui comporte plusieurs volets distincts, dont plusieurs ont peu ou rien à voir
avec de simples dispositions pour diminuer les exigences administratives des
petites et moyennes entreprises. Derrière l'expression de lutte à la paperasserie,
une confusion est souvent entretenue entre les allègements administratifs et
réglementaires, mais c'est important de les distinguer.
Côté allègement administratif, quand des
démarches administratives exigées du gouvernement sont simplifiées, tout en
demeurant rigoureuses et impartiales, c'est l'intérêt public qui y gagne. Mais
côté allègement réglementaire, quand des seuils réglementaires sont abaissés ou
éliminés pour faciliter la conformité des entreprises, c'est toute autre chose.
Et là il faut être très vigilant, car c'est la société qui peut en payer le
prix. Parlant de s'assurer d'une réglementation dans l'intérêt public, le PL n° 11 propose de modifier directement
61 lois et 13 règlements. Dans les modifications sectorielles, il y a
plusieurs dispositions qui viennent modifier des exigences administratives
comme la durée de permis ou la transmission de documents pour attester d'une
conformité.
Ce n'est pas sur ce que... ce n'est pas
sur quoi va porter notre attention, parce qu'il y a, dans ce projet de loi, des
propositions de modifications réglementaires qui ne sont pas banales et
méritent qu'on se questionne sur leur intérêt public. Voyons deux cas en
particulier. D'abord, il est proposé de retirer complètement à la Régie de
l'énergie la responsabilité d'autoriser ou non des projets de stockage, de
transport de gaz naturel ou de pétrole sur le territoire québécois. Alors que
la crise climatique appelle à réduire massivement notre dépendance aux
hydrocarbures, pourquoi le gouvernement de la CAQ voudrait-il enlever le
pouvoir d'examen à cette... à cette autorité respectée en matière
énergétique...
M. Daigle
(Christian) :…d'où notre recommandation
n° 1, soit de retirer le chapitre 13 du PL 11 en ce qui concerne
les projets de stockage ou de conduites de gaz naturel ou de pétrole.
Autre exemple de modification
réglementaire sectorielle inquiétante dans ce projet de loi, c'est la
proposition de mettre en place un mécanisme de projets pilotes de sylviculture
intensive sur les terres publiques sans les consultations prévues dans la loi.
Pourquoi donc chercher à instaurer un mécanisme de projet pilote en forêt
publique qui ne contiendrait même pas d'obligation de consultation des
communautés autochtones ou des acteurs locaux et régionaux, si ce n'est que
pour servir les intérêts privés de l'industrie forestière? D'où notre
recommandation n° 2, soit de retirer l'article 70 du PL 11
concernant les projets pilotes en territoire forestier public.
En revanche, une innovation sectorielle,
qui aurait une incidence absolument majeure en fait d'allègement administratif
pour toutes les citoyennes et citoyens du Québec comme pour toutes les
entreprises d'ici, serait de réclamer et d'obtenir du gouvernement fédéral le
rapport d'impôt unique administré par Revenu Québec. Il a déjà été calculé
que la déclaration d'impôt unique entraînerait une réduction des coûts de
conformité des particuliers de 39 millions, une réduction des coûts de
conformité des entreprises de 99 millions, et une réduction des dépenses
administratives inutiles et évitables du palier fédéral de 287 millions
pour une économie totale de 425 millions de dollars. Il ne manque
qu'une volonté politique pour voir obtenir cet allègement administratif
colossal. D'où notre recommandation n° 3, de déployer les efforts
nécessaires en vue d'établir la déclaration d'impôt unique administrée par Revenu
Québec.
La formule du deux dans un se veut un
carcan que nous dénonçons. L'annonce, qui a été mise au-devant des relations
publiques pour le dépôt de ce projet de loi, d'instaurer dans la politique
gouvernementale sur l'allègement réglementaire administratif, la règle du deux
pour un selon laquelle l'ajout d'une nouvelle formalité administrative pour les
entreprises doit être accompagnée du retrait de deux formalités est un non-sens
pour nous. Pourquoi se confiner à un cadre si rigide sans affaiblir la
réalisation des missions des ministères et organismes dans l'intérêt public?
S'il y a des formalités administratives qui peuvent être allégées ou abolies,
pourquoi ne pas le faire sans attendre l'ajout d'une nouvelle formalité ou un
quelconque carcan? Notre recommandation n° 4 est de laisser place à la
pleine capacité d'innovation en matière d'allègement administratif. Il faut
retirer de la politique d'allègement réglementaire administratif les exigences
du un pour un et ne pas y inclure des exigences de deux pour un.
D'ailleurs, il n'y a pas que les
entreprises qui doivent bénéficier de juste initiative d'allègement
administratif, il y a aussi d'abord les citoyens et citoyennes. Dans un souci
de rendre les services publics plus accessibles et de meilleure qualité, notre
recommandation n° 5 soutient que la politique gouvernementale sur
l'allègement réglementaire et administratif doit viser un allègement administratif,
pas seulement pour les entreprises, mais aussi pour les usagers et usagères des
services publics.
Ceci conclut nos remarques pour le volet
allègement administratif et nous amène à nos remarques sur les règlements. En
ce moment dans notre régime réglementaire au Québec, rien n'a été annoncé
publiquement. Il n'y a pas de mécanisme de consultation quand un projet de
règlement est en cours d'élaboration, tandis que les commentaires reçus sur les
projets de règlements rendus publics avant décret ne sont même pas publiés.
Notre recommandation n° 6 propose d'établir, dans la Loi sur les
règlements, qu'une première consultation publique doit avoir lieu lors de
l'élaboration de tout projet de règlement et rendre obligatoirement publics les
commentaires reçus lors de cette première consultation, comme ceux reçus au
moment de la publication du projet de règlement également.
Pour les analyses d'impact réglementaire.
Il y a 35 pays membres de l'OCDE qui exigent une évaluation des objectifs
sociaux, 33 qui exigent une évaluation des impacts sur la pauvreté et 28 qui
exigent une évaluation des effets sur l'environnement. À la lumière de ces
meilleures pratiques, notre recommandation n° 7 propose d'établir que les
analyses d'impact réglementaire portent aussi sur l'analyse des impacts sociaux
et environnementaux des projets dont une analyse différenciée des sexes dans
une perspective intersectionnelle.
Enfin, le dernier projet… le dernier volet
de ce projet de loi, qui a été très peu abordé dans l'espace public et qui
témoigne d'une volonté gouvernementale inquiétante en fait d'imputabilité
démocratique, c'est qu'il est prévu de retirer des exigences de reddition de
comptes en abolissant la production de 55 rapports gouvernementaux prévus dans
les lois. Un premier exemple est d'abroger deux articles de la Loi sur les
contrats des organismes publics qui obligent le Conseil du trésor à publier
chaque année sur son site Internet un rapport de statistique sur les contrats
des organismes publics. Ces données sont fondamentales pour permettre au public
de suivre l'évolution des coûts en matière de sous-traitance gouvernementale.
Grâce à ce rapport, le SFPQ a d'ailleurs démontré à la commission Gallant…
M. Daigle
(Christian) :...que depuis l'élection de
la Coalition avenir Québec, la valeur des contrats de sous-traitance a augmenté
de 80 %. Dans notre mémoire, il y a un autre exemple inquiétant
d'abolition de rapports portant sur la loi sur la qualité de l'environnement.
L'abolition de tous ces rapports publics n'a rien à voir avec une
simplification administrative pour alléger le coût des entreprises. Sous
prétexte d'allègement administratif, donner plus de latitude aux pouvoirs
exécutifs et rendre moins de comptes aux parlementaires et à la population,
c'est contribuer au renforcement d'une dérive autoritaire. Nous nous opposons
donc à tout changement à ce niveau et notre recommandation numéro huit, qui est
de supprimer le chapitre 16 du projet de loi 11, prévoit... qui
prévoit la suppression d'exigences de reddition de comptes pour des dizaines de
ministères et d'organismes publics. Sur ce, je vous remercie de votre attention
et nous sommes à vous pour les questions.
Le Président (M. Allaire) : Merci
à vous. On débute la période d'échange, M. le ministre. Vous avez
11 minutes, 30 secondes, la parole est à vous.
M. Poulin : Oui, bonjour,
messieurs. Vous parlez de dérive autoritaire, ce n'est pas des mots banals au
Québec. Comment vous jugez le vandalisme qui a été commis aujourd'hui par un
syndicat sur un édifice du gouvernement du Québec?
M. Daigle
(Christian) :Je ne suis pas au courant
s'il y en a... un syndicat à participer là-dessus. On a participé à la
manifestation de ce midi, mais s'il y a eu des gestes qui ont été reprochés ou
qui ont été imputés à un syndicat, bien il faudrait peut-être poser la question
à ce syndicat-là, moi, je ne suis pas au courant.
M. Poulin : C'est que vous,
vous vous occupez du syndicat la fonction publique, puis c'est sur un lieu où
se trouvent de vos membres. C'est pour ça que je pose la question.
M. Daigle
(Christian) :Ah, d'accord. Bien, sur cet
aspect-là, je veux dire, il faudrait voir c'est quoi les graffitis qui ont pu
être faits, c'est quoi les collants qui ont pu être apposés. Vous savez, en temps
de négociation, il nous arrive de poser des collants également aussi pour
montrer notre insatisfaction parfois de ce qui se passe au niveau de la
négociation. Toutefois, ces collants-là se retirent assez rapidement ou assez
facilement également aussi. Donc, c'est plus un coup d'éclat qu'on fait pour
démontrer des choses, mais il n'y a pas de dommages qui sont posés aux édifices
à ce moment-là, parce que sinon, il y a des factures qui peuvent nous être
envoyées aussi.
M. Poulin : Oui, c'est ça. Bien,
j'en ai eu, moi, à mon bureau de comté. Mais est-ce qu'on est encore rendu-là
dans la façon de manifester un désaccord avec le gouvernement de faire du... de
mettre des collants sur un édifice, parce qu'ils ne sont pas si faciles à
enlever, soit dit en passant, de prendre des cannes de peinture... Est-ce qu'on
est encore là au Québec dans notre manifestation d'un syndicat lorsqu'on est en
désaccord?
M. Daigle
(Christian) :Bien, là, on dérive... on
dérive un petit peu du projet de loi, là, mais...
M. Poulin : Oui, mais vous
parlez de dérive autoritaire, donc, tu sais, dans la grande famille de la
dérive là...
M. Daigle
(Christian) :Des fois... Bien, si on veut
aller sur ce sujet-là, je n'ai aucun problème, ça va me faire plaisir. Sur ce sujet-là,
bien...
Le Président (M. Allaire) : Juste...
oui, merci. Juste être prudent, on tombe sur un terrain glissant.
Effectivement, tantôt, vous avez employé les termes «dérive autoritaire», j'ai
laissé aller parce que je voulais un peu balancer, mais, là, on ne s'éternise
sur ce sujet-là, c'est sûr et certain, là. On va revenir sur l'objet de votre
audition aujourd'hui, qui est le projet de loi, ça fait que je vous invite
peut-être à poser une question un peu plus en lien avec le projet de loi, puis
je vous ramène un petit peu. Merci.
• (18 h 30) •
M. Poulin : Non, mais c'était
des propos qui ont été tenus dans le cadre de votre présentation, vous dites
que le gouvernement est dans la dérive autoritaire. Alors je tente de
comprendre votre définition de la dérive autoritaire lorsqu'il y a des
syndicats, encore à ce jour, qui commettent des vandalismes sur des lieux où se
trouvent de vos membres. Alors c'est cette notion-là que je cherche à
comprendre qui va m'aider aussi à mieux comprendre le mémoire.
M. Daigle
(Christian) :Bien, si on revient sur le
mot «dérive autoritaire» que j'ai utilisé ou les mots «dérive autoritaire» que
j'ai utilisés, c'est pour faire part qu'à partir du moment où est-ce qu'on
enlève des réglementations, à partir du moment où est-ce qu'on enlève des
rapports qui doivent être produits annuellement, ou à tous les 5 ans, ou à
tous les 7 ans, bien on enlève de l'information qui est nécessaire pour,
après ça, pouvoir avoir des redditions de comptes où est-ce qu'on enlève des
possibilités aux parlementaires, aux citoyens et aux citoyennes d'obtenir des
informations qui sont nécessaires afin de bien étudier les impacts que peut
avoir certains règlements, certaines réglementations que nous mettons en place
pour avoir des données qui sont sensibles, des données qui sont nécessaires,
après ça, à l'évaluation qui est fait des services que nous rendons à la
population via les différents ministères et organismes et via les missions qui
sont données par les ministères également aussi.
M. Poulin : D'accord. Vous
savez, aujourd'hui, le vérificateur général demeure en place, l'étude des
crédits demeure en place, le budget, l'exercice que l'on fait présentement en
démocratie, où on consulte des groupes, où dépose des amendements, où on
discute les différentes formations politiques ensemble, je pense que notre
démocratie se porte bien au Québec, elle est transparente. La preuve, c'est
qu'il y a des commissions d'enquête devant public qui nous permet d'avoir ces
informations-là. On a l'Unité permanente anticorruption, on a le commissaire du
lobbyisme, on a la commissaire à l'éthique, j'ai parlé du vérificateur général,
ça fait qu'on a quand même des outils qui sont forts au Québec en termes de
reddition de comptes, puis on a toutes les raisons d'être fiers. En tout cas,
je... mais, je comprends que... votre définition de dérive autoritaire.
Deux pour un, c'est quelque chose qui
m'échappe parce que c'est une première au Canada où avant d'ajouter une
réglementation, on doit en enlever deux. Même l'Union des municipalités du
Québec, qui était là avant vous, dit : Nous, on aimerait que ça s'applique
chez nous, on aimerait que le gouvernement ait cette approche-là. Nous avons
également la Fédération des chambres de commerce, exportateurs manufacturiers,
Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, regroupement les jeunes
chambres de commerce du Québec, Chambres de...
18 h 30 (version non révisée)
M. Poulin : ...commerce de la Capitale-Nationale
qui est venue nous dire que c'était une bonne idée. Puis, vous, vous nous dites :
Non, non, ce n'est pas bon, parce qu'on considère qu'on ne laisse pas assez de
créativité. Est-ce que vous voulez laisser des règlements en place pour
satisfaire ce qui se passe actuellement au Québec, donc laisser des équivalents
en temps complet pour faire appuyer de la réglementation? Est-ce que... est-ce
que derrière votre opposition au deux pour un, dans le fond, c'est de dire :
On veut protéger les emplois qui y sont reliés?
M. Daigle
(Christian) :Non, les réglementations ne
sont pas pour protéger des emplois nécessairement, elles sont pour protéger l'intérêt
des citoyens et des citoyennes. C'est pour protéger, à ce moment-là, des droits
que nous avons au niveau des communautés autochtones, des droits que nous avons
au niveau de l'utilisation de plusieurs biens que nous avons dans la société
québécoise. Et d'enlever ces réglementations-là viendrait permettre à des
compagnies d'outrepasser ou d'aller plus loin que, de faire du profit, après ça
de s'en aller tout impunément en ayant saccagé peut-être des biens publics qui
pourraient y avoir en ayant permis d'outrepasser des droits puis que la société
ne puisse plus bénéficier ou ne puisse plus utiliser les biens publics tels qu'on
le voudrait, tel qu'on le souhaiterait pour l'ensemble des... des gens du
Québec aussi, là-dessus.
M. Poulin : Si vous me
permettez, à aucun moment, dans la loi ou dans le projet de loi en lien avec le
deux pour un, on vient, là, donner des outils aux entreprises pour saccager des
lieux ou pour renier les droits des autochtones, là. Soyons clairs, là. On
vient dire qu'il faut faire de l'allègement réglementaire. Nos entreprises
coulent sous la paperasse, ça nuit à notre productivité, ça nuit au
développement économique. Vous savez de quelle façon on paie des salaires au
Québec, en santé et en éducation? C'est quand l'économie va bien. Alors, quand
nos entreprises paient des taxes et impôts, ça permet au gouvernement du Québec
d'avoir des revenus pour, après ça, offrir des services publics à la
population.
Alors, ce qu'on cherche à faire avec ce
projet de loi là, c'est au contraire, c'est de protéger les services publics à
la population en ayant un développement économique qui fonctionne dans toutes
les régions du Québec. Et de ce que je constate de votre mémoire, c'est qu'à
aucun moment vous semblez saluer aucune mesure de ce projet de loi là. Alors,
la question que je vous demande, c'est : Est-ce qu'on doit toujours
ajouter des règlements au Québec pour que ça aille mieux?
M. Daigle
(Christian) :Sur le premier aspect, puis
là je vais laisser mon collègue qui se meurt de pouvoir répondre également à la
question, sur le premier aspect, on favorise l'allègement qu'il peut y avoir.
On n'a aucun problème lorsqu'on a des allègements administratifs. Ce n'est pas
de faire de la paperasse pour de la paperasse. Ça, là-dessus, on est tout à
fait d'accord, puis on pense que les effectifs que nous représentons, les
membres que nous représentons ont suffisamment la broue dans le toupet
présentement qu'ils pourraient faire autre chose de leur temps. Ça, on a aucun
problème sur les allègements administratifs...
M. Poulin : Est-ce
que vous avez une liste d'éléments que vos membres pourraient faire autre chose
de leur temps?
M. Daigle
(Christian) :Ah! ça oui.
M. Poulin : Parce que, moi, je
vous le dis, je suis preneur. Je suis preneur.
M. Daigle
(Christian) :Ça, certainement on pourrait
le faire.
M. Poulin : OK. Merci.
M. Daigle
(Christian) :Puis, ça, il n'y a aucun
problème là-dessus. Je vais laisser mon collègue poursuivre dans la réponse à
ce moment-ci.
M. Poulin : Excellent.
M. Saucier (Louis-Joseph) :
Bien, en ce sens-là aussi, si on nous demande si on est favorables à des... à
des allègements sur le plan administratif, tout à fait, tout à fait. M. Daigle,
non seulement le disait : Pourquoi s'enfermer dans le carcan de quelque
chose comme une formule un pour un, deux pour un, qui a d'ailleurs été
critiquée largement à l'étranger comme une formule extrêmement rigide et
étouffante, voire bureaucratique, alors que... pourquoi ne pas laisser
pleinement capacité d'initiative en matière d'allègement administratif, mais
pas seulement pour les entreprises, aussi, comme M. Daigle le disait,
voire surtout, pour les citoyens et les citoyennes, dans une perspective d'améliorer
nos services publics, l'accessibilité et la qualité des services publics.
Ça fait qu'allègement administratif, oui,
tout à fait. Déréglementation, le mot tabou que depuis plusieurs années n'est à
peu près plus utilisé, mais sous le vocable un peu d'euphémisme d'allègement
réglementaire, là, il faut prendre garde à l'intérêt public.
M. Poulin : Est-ce que des
collègues avaient des questions... banquette gouvernementale?
Une voix : ...
M. Poulin : Oui? Parce que
moi, j'ai conclu Merci. J'ai terminé, oui.
Le Président (M. Allaire) :
...la parole à vous.
Mme Jeannotte : Merci, M. le
Président. Bonjour. C'est quand même étonnant votre discours, parce qu'en 2026
on se fait dire tout... on s'est fait dire toute la journée, notamment par les
PME et ceux qui travaillent pour les PME à l'intérieur de la fonction publique,
eux aussi trouvent ça difficile la complexité réglementaire parce qu'avec les
années ça s'est alourdi. Même chose du côté du monde municipal. On entendait...
tout à l'heure qu'on pourrait avoir des... des analyses d'impact réglementaire.
Tout à l'heure, vous disez vous-même, vous,
monsieur, bien, on est pour ça. Tout à fait. Mais qu'est-ce qui vous empêche de
proposer des choses au gouvernement? Qu'est-ce qui vous empêche de proposer des
choses à la... à la haute gestion pour qu'on simplifie les processus
administratifs et pour... aussi pour que... Parce que la complexité du monde
réglementaire, j'espère que vous n'êtes pas en train de nous dire que... que ce
n'est pas un fait, là. C'est... c'est de plus en plus complexe. Nos entreprises
sont dans un carcan, une camisole. Donc, forcément, les fonctionnaires qui
travaillent dans la machine aussi sont pris avec cette complexité-là. J'espère
que vous êtes d'accord avec ce que je viens d'énoncer.
M. Daigle
(Christian) :...il peut y avoir des
allègements...
M. Daigle
(Christian) : ...ça, on n'a aucun problème de ça. De dire qu'on
ne propose rien, c'est tout à fait faux. On vient de tenir chez nous les états
généraux de la fonction publique et on a reçu de 50 propositions pour
justement rendre l'État plus efficace, améliorer les choses dans les services
publics.
D'ailleurs, on vous a fait parvenir une
invitation à vouloir vous rencontrer pour en discuter avec vous. On n'a pas eu
le retour malheureusement encore, mais on espère pouvoir vous les déposer, ces
recommandations-là, et de pouvoir travailler avec vous par la suite pour les
mettre en application et avoir de meilleurs services publics au Québec, tout
comme un allègement autant pour les citoyens et citoyennes que pour les
entreprises, où est-ce qu'on pourrait travailler à ce moment-là et, oui,
alléger les choses. Mais d'alléger la réglementation, c'est autre chose parce
que les entreprises doivent quand même répondent à des exigences avant de
pouvoir traiter avec l'État ou avant de pouvoir exercer leurs fonctions
également. Ce n'est pas le Far West où est-ce qu'on doit laisser toute
entreprise faire ce qu'elle veut, comme elle veut, quand elle le veut aussi.
Mme Jeannotte : Mais ce n'est
pas ce qu'on dit non plus.
M. Daigle
(Christian) : Donc, il doit y avoir un encadrement
réglementaire à travers différents niveaux et on se doit de respecter certains
barèmes également.
Mme Jeannotte : D'accord,
merci. Ça va être tout pour moi.
Le Président (M. Allaire) :
Ça va? D'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
continuer avec l'opposition officielle. Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger,
vous avez 9 min 54 s.
Mme Rotiroti : Oui. Merci
beaucoup, messieurs, de vous rendre disponibles pour l'exercice. J'avoue que je
lis votre mémoire, puis je suis un peu perplexe par rapport à les concepts que
vous mettez de l'avant. Alors, j'aimerais ça qu'on... est capable d'échanger,
peut-être de clarifier davantage, qu'est-ce que vous proposez. Je vais vous
dire que le concept du un pour un, deux pour un, vous, vous êtes clairement
contre, même vous citez que, dans d'autres juridictions, dans d'autres
parlementaires... parlements européens, ce principe-là, dans le fond, ne traite
pas la qualité, vous dites, de la législation. Alors, j'aimerais ça vous
entendre là-dessus, parce que tous les groupes qu'on a entendus aujourd'hui
saluent cette initiative-là. Évidemment, ils amènent des exemples différents
par rapport à comment aller de l'avant pour le faire, des outils qu'on pourrait
mettre en place pour faciliter, simplifier, etc. Mais vous, vous êtes
totalement contre le concept. Alors, j'aimerais ça que vous m'expliquiez
pourquoi.
M. Daigle
(Christian) :Bien, si au niveau de l'allègement,
on peut faire un allègement sans avoir à remplacer, puis qu'on a pas besoin de
remplacer parce que l'allègement est plus facilitant sans avoir ou sans amener
de contraintes pour la population du Québec, pourquoi ne pas le faire à ce
moment-là? Pourquoi avoir besoin de remplacer, à ce moment-là, automatiquement
ou pourquoi le besoin d'attendre? Si on doit amener un nouveau règlement, une
nouvelle réglementation, pourquoi attendre de pouvoir en enlever une pour la
faire? Est-ce qu'on va devoir, à ce moment-là, mettre en contradiction le poids
d'une réglementation versus le poids de l'autre réglementation pour pouvoir
dire : On peut en enlever une ou enlever l'autre? Est-ce qu'on va donner
une valeur à une réglementation versus une autre pour pouvoir la remplacer ou
pour pouvoir aller plus loin à ce moment-là? Si elle est nécessaire ou si les
deux sont nécessaires, allons-y avec les deux. Si, à un moment donné, il y en a
qui ne sont plus nécessaires de par l'évolution de la société ou l'évolution
des entreprises ou de la nature des entreprises, à ce moment-là, nous pouvons
tout simplement les enlever ou les retirer.
• (18 h 40) •
Mme Rotiroti : Mais vous,
vous ne voulez pas qu'on s'arrête à le deux pour un, ça peut être trois pour
un, ça peut être trois pour deux. Vous ne voulez pas qu'on s'arrête sur le
concept de deux pour un, c'est ça?
M. Daigle
(Christian) :Exactement.
Mme Rotiroti : OK. Là, vous
parlez de déréglementer, déréglementer versus qu'est-ce qui est... de réduire
la paperasse, de... Bon, déréglementer est tout une autre chose, ce n'est pas
le même concept. Quand on dit déréglemente, ça veut dire qu'on enlève, on
retire... on enlève des règles, dans le fond, OK? l'État intervient moins dans
l'entreprise, exemple, et, tu sais, on peut même retirer des plafonds de prix,
etc. Le projet de loi en tant que tel est là pour alléger et simplifier
certains fardeaux. Oui, tout qu'est-ce qui est fiscal, mais aussi l'allègement
réglementaire.
Vous, dans le fond, si je comprends bien,
vous allez plus vers totalement déréglementer. Si vous avez un choix à faire ou
une suggestion à faire, allez-y plus dans la déréglementation que dans
l'allègement réglementaire.
M. Daigle
(Christian) :C'est le contraire. On dit
d'aller vers l'allègement administratif. Ce qu'on souhaite, puis qu'on veut
travailler, puis qu'on est prêts à travailler avec le gouvernement, c'est de
vouloir alléger administrativement le fardeau des PME.
Mme Rotiroti : Donnez-moi un
exemple de cet allègement.
M. Daigle
(Christian) :Bien là, je n'ai pas les...
Peut-être que mes collègues en ont, là, mais, je veux dire...
Mme Rotiroti : Ça peut
ressembler à quoi?
M. Daigle
(Christian) :Bien, au niveau des
différents papiers que les compagnies ont à fournir, mettons, bien, il y a
peut-être un moyen... au lieu d'avoir à faire affaire avec trois ministères
différents ou peut être...
M. Caron (Pierre-Alexandre) :
..
M. Daigle
(Christian) : Oui. Je vais laisser mon collègue y aller plus
spécifiquement, là, mais j'aurais...
M. Caron (Pierre-Alexandre) : Ça
peut être au niveau de la durée d'un permis ou du renouvellement d'un permis
qu'on simplifie pour les entreprises. Ça, on va parler d'allègements
administratifs, ce qui est différent quand même d'un allègement réglementaire,
où là, on entend règlement au sens strict d'un règlement, là, qui est adopté
par décret, là, par le gouvernement...
M. Caron (Pierre-Alexandre) : …compare,
voilà.
M. Saucier (Louis-Joseph) : Donc,
dans le même sens, c'est d'ailleurs dans la politique gouvernementale, il y a
une définition de ce que sont les exigences administratives, là, et il peut
s'agir aussi de déclarations, par exemple, d'autorisation, donc des délais
autour de ça. Il y a énormément de jeu, là, pour faire des améliorations. Mais
ce qu'on se disait aussi, c'est : Pas seulement à l'attention des
entreprises, mais aussi à l'attention des citoyens citoyennes.
M. Daigle
(Christian) :Puis au niveau de la
réglementation. C'est là qu'on dit qu'il faut analyser les choses avant de
changer ou d'enlever une réglementation.
Mme Rotiroti : Oui. Vous
dites… vous êtes d'avis qu'il devrait y avoir une analyse d'impact avant de…
de…
M. Daigle
(Christian) :Tout à fait. Il faut avoir
une analyse d'impact sur la société, sur les citoyens, dans les impacts sur
l'environnement également, et de faire l'analyse différenciée selon les sexes
pour cet impact-là aussi.
Mme Rotiroti : OK. Ça, ça va
pour moi, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va?
Mme Rotiroti : Oui.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Merci beaucoup,
M. le Président. Une question pour vous autres. Je comprends que vous avez des
états à l'interne pour parler de l'efficacité vous-mêmes. Mais je peux juste
vous exprimer que dans l'esprit du public, ce n'est pas bon nécessairement de toujours
faire une généralisation des choses, mais il y a beaucoup de mes citoyennes et
les citoyens de partout au Québec qui disent : Honnêtement, avec la
fonction publique, souvent c'est trop long. On pose des questions, puis ça
prend des mois et des mois, et des mois de recevoir une réponse. Et je
comprends dans votre mémoire, souvent on vous parle des règlements comment ça
peut protéger l'eau, l'environnement, des choses comme ça, c'est bien beau.
Mais beaucoup des entreprises qui existent au Québec, je parle des petites,
petites entreprises, là, ils n'ont pas des moyens de toujours attendre pour une
réponse qui prend trop long. Et des fois ils commencent avec un fonctionnaire,
puis la fonctionnaire change après. Des fois, le fonctionnaire n'est pas très
proactif, pas très productif. Je vous partage et je sais que vous autres savent
que, ça, c'est les commentaires des citoyens du Québec, mais je veux juste
exprimer parce que c'est une chance que je suis devant vous, ça a pris de
l'ampleur dans les prochaines… les dernières couples des années. Et moi, j'ai
beaucoup de respect pour la fonction publique, pour les fonctionnaires. Je ne
dis pas que c'est tout le monde qui ne travaille pas. Mais si on ne change pas
cette réputation et si la fonction publique ne veut pas, et puis votre syndicat
ne va pas nécessairement suivre un peu la grosse vaste majorité des citoyens
que l'État doit être plus efficace, j'ai des craintes qu'un gouvernement un
jour va arriver, et je fais une mise en garde, une vraie dérive autoritaire
peut arriver. Ce gouvernement, je ne vois pas ça. Je peux faire des critiques.
Il y a beaucoup de pouvoir au sein des mains du bureau du premier ministre,
mais ce n'est pas juste au Québec. Ça, c'est une réalité dans le système
parlementaire britannique en général. Mais c'est juste une mise en garde parce
qu'on a besoin de vous autres, vous autres aussi, d'être meilleurs. Ce n'est
pas nous qui peut juste faire ça. Mais j'ai des grandes inquiétudes. Je vois
dans certains pays, je peux regarder vers l'Amérique du Sud, on a des exemples
où quelqu'un a vraiment pris la «chainsaw» à la fonction publique, et je ne
veux jamais qu'on arrive à ce point-là. Mais j'ai des inquiétudes, particulièrement
quand on regarde les jeunes, la jeunesse qui croit moins en moins dans nos
institutions. Alors, je veux avoir une bonne discussion avec vos autres, je
sais que vous êtes de bonne foi, mais peut-être juste un moment de passer le
message qu'on peut travailler vraiment ensemble pour s'assurer qu'on met
l'efficacité, productivité de l'État sur un bon chemin ensemble.
M. Daigle
(Christian) :Sur cet aspect… connaît
personne parmi les membres que je représente qui se tourne les pouces. Autant
c'est la même chose au niveau des députés puis des bureaux de députés, il n'y a
personne qui se tourne les pouces nulle part. La difficulté et les délais
viennent des effectifs qui sont manquants présentement. Avec les coupures des
milliers de postes qu'il y a eu dans la dernière année, avec le fait qu'on
change la façon de faire à travers les ministères. C'est ça qui amène une
insécurité dans savoir qu'est-ce que je peux répondre, qu'est-ce que je peux
amener. C'est ça qui amène une difficulté de pouvoir donner des réponses. Les
gens que je représente, les membres que je représente, autant au niveau des inspecteurs,
des techniciens et des employés de bureau, ce qu'ils veulent, c'est de prendre
un dossier puis, dans la demi-heure, pouvoir le régler, pouvoir donner la
réponse. C'est ce qu'ils ne sont pas capables de faire, c'est souvent parce
qu'on va compartimenter le travail, où est ce que moi je vais faire une analyse
préalable, je vais le passer à mon collègue qui lui va faire le reste de
l'analyse, qui va le passer à l'autre après ça, pour vous donner la réponse.
Quand on compartimente le travail, on le taylorise de travail, automatiquement,
nous arrivons par la suite à une augmentation du délai de réponse à une
possibilité de perdre le dossier en cours de route, à une possibilité où est ce
qu'il va manquer, au deuxième ou au troisième niveau, une information, où
est-ce qu'on va devoir rappeler la compagnie pour avoir des informations
complémentaires qui auraient dû être posées par le premier intervenant s'il
avait pris le dossier du…
M. Daigle
(Christian) :...début jusqu'à la fin et
qui va empêcher ce traitement-là efficace, où ce que la compagnie va devoir
faire par deux ou trois fois des retours d'information, retourner des... des
documents et afin... à la fin d'avoir une attente de plusieurs semaines, voire
plusieurs mois pour avoir la réponse, alors qu'avant on pouvait avoir de la
même personne, le début jusqu'à la fin, le respect de ça et avoir des délais
qui étaient plus courts.
On peut regarder la même chose qui se fait
présentement au niveau de l'aide sociale, où ce qu'on a... au lieu d'avoir une
personne qui s'occupe d'un dossier du début jusqu'à la fin, on compartimente le
travail et les usagers. Tout comme on le disait, que l'allègement devrait se
faire autant au niveau des citoyens que des entreprises, on pourrait avoir à la
faire différemment, et nous sommes ouverts à discuter avec vous justement sur
ces capacités-là de faire mieux et plus rapidement.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va?
M. Kelley
: Merci
beaucoup pour la réponse.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le député de Jacques-Cartier. Mme la députée de Verdun, trois minutes 18
secondes.
Mme Zaga Mendez : Merci.
Merci pour les échanges. Une chose que je retiens, c'est que ce projet de loi
tel quel, il a aussi les implications chez vos membres, la façon comment ça va
être appliqué, puis vous avez donné des exemples tout à l'heure des façons...
bon, avec la différenciation que vous faites entre allègement administratif et
déréglementation ou allègement réglementaire. Et, lorsqu'on fait ce changement-là,
sentez-vous que, si on implique vos membres davantage, on pourrait arriver, par
exemple, à un allègement administratif qui est plus organique?
Je vous donne un exemple. Moi, j'ai
travaillé avec la fonction publique, dans une autre vie, comme chercheur, puis
juste le partage des données, juste le fait que le formulaire, des fois, change
parce qu'une personne en haut a changé, puis là on ne veut plus le nom ici,
mais on le veut en bas...
Sentez-vous que, si on implique plus les
personnes qui sont au cœur de notre fonction publique, on pourrait arriver
rapidement à ces allègements?
M. Daigle
(Christian) :Ce serait tellement une
façon de faire qui amènerait des changements positifs, pas juste pour les
membres que nous représentons, pour les citoyens, citoyennes ainsi que pour les
entreprises, parce que, trop souvent, on n'écoute pas les membres que nous
représentons, qui sont les personnes qui appliquent ces réglementations, qui
voient les formulaires, comme vous le dites, puis qui voient que, la case, au
lieu d'être en bas, si elle était en haut, là, on économiserait peut-être une
semaine de délais, parce que, là, il faut prendre un deuxième formulaire, puis
on se retrouve quasiment comme dans Astérix. Donc, à ce moment-là, si on
pouvait impliquer les gens que nous représentons dès le départ, que nous ayons
une écoute de la part de l'employeur à ce niveau-là et que nous puissions,
après ça, mettre en pratique ça... puis quitte à faire des projets pilotes, de
ne pas aller tous azimuts en disant : On fait un changement puis on
l'applique à tout le monde en partant, mais de l'essayer, de tester une
manière, puis peut-être qu'on va réussir à trouver, à ce moment-là, ensemble
des moyens, justement, d'aller plus vite. Parce que ce que nous souhaitons,
c'est... il y a tellement de travail à faire présentement, il y a tellement de
retard qui a été pris à travers les différents ministères et organismes que, si
on pouvait alléger la tâche pour, justement, s'éviter d'avoir une surcharge de
travail puis de pouvoir aller plus rapidement pour traiter les dossiers, ça
nous ferait plaisir de pouvoir le faire. Alors, les membres que je
représente, là, sans équivoque, sont prêts à travailler avec l'employeur. Les
gens qui rentrent au gouvernement du Québec espèrent avoir un impact dans leur
travail pour pouvoir modifier ou transformer la machine puis être plus
efficaces en bout de ligne. Trop souvent, ils vont quitter la fonction
publique, quand ils la quittent par eux-mêmes, par le fait qu'ils n'ont pas
d'impact dans leurs milieux de travail. Lorsqu'on arrive puis qu'ils ont des
idées pour modifier la chose, ils se font éteindre par l'employeur à ce
moment-là. Et, malheureusement, il y a des initiatives qui seraient très
prometteuses, je pense, de leur part, à écouter.
• (18 h 50) •
Mme Zaga Mendez : Puis ma
prochaine question, c'est... On avait un échange sur le rôle de... on ne veut
pas que la fonction publique... vue comme la police... j'utilise les mots... de
surveillant, le rôle de surveillance versus le rôle d'accompagnement. Est-ce
que vous sentez que vos membres ont cette capacité d'être des accompagnateurs
ou est-ce qu'on vous met de facto dans un rôle, justement, comme vous dites, de
traiter un formulaire puis d'être dans la surveillance directe?
M. Daigle
(Christian) :On se doit d'être des rôles
d'accompagnateurs, et puis nos techniciens... nos inspecteurs avaient ce
rôle-là avant, lorsqu'ils se... pouvaient se promener sur le terrain.
Maintenant, c'est de l'auto-inspection, où ce que la personne qui est le
fermier ou qui est l'entreprise va faire une autodéclaration, mais, souvent,
cette autodéclaration-là ne respecte pas certains critères. L'inspecteur qui
allait voir l'entreprise, qui allait avoir la ferme, qui constatait des choses,
à ce moment-là, pouvait donner des indices sur comment se conformer à
l'inspection puis être conforme après ça au règlement ou... qu'il peut y
avoir...
Le Président (M. Allaire) :
Merci, merci.
Mme Zaga Mendez : Ça,
c'est... c'est quelque chose qu'on a entendu beaucoup en agriculture, justement,
oui.
Le Président (M. Allaire) : Malheureusement,
ça met fin à cette période d'échange avec le deuxième groupe d'opposition. M.
le député de Jean-Talon, trois minutes 18 secondes.
M. Paradis : Merci. Moi, si
je comprends bien votre mémoire puis votre témoignage, vous nous... vous nous
rappelez quand même que la réglementation existe dans l'intérêt public et vous
nous dites qu'il faut faire attention parce que, quand on parle d'allègement,
ça ne devrait pas équivaloir à un démantèlement de la réglementation. J'ai
évoqué ça ce matin, j'ai dit que, nous, notre rôle, c'est de voir comment on va
simplifier la vie des PME, comment on va être plus efficaces, comment on va
être plus rapides, mais il faut faire attention. Je rappelais le cas de l'Île
Verte, hein, que, bien, des drames comme ça... bien, on avait conclu qu'il
manquait de réglementation puis il manquait de contrôle. Donc, il n'y a
personne qui veut remettre ça en question, mais il faut... il faut un juste
équilibre.
Je vois, à la page 15 de votre mémoire,
que vous-mêmes vous dites, bien, qu'il va sans dire que les exigences
administratives pour s'assurer de la conformité...
M. Paradis : ...règles gagnent
toujours à être revues puis peaufinées ou même abolies. Donc, vous avez de
l'ouverture, c'est ce que vous avez dit et vous avez des suggestions à faire
valoir. Puis je vous invite à répondre à l'invitation du ministre, qu'il
dise : Bien, donnez-nous des idées, donnez-nous des suggestions parce que
vous, vous êtes de l'intérieur. Donc je vous ouvre la porte à faire ça de
nouveau dans les... dans la minute et demie qui reste. Mais je vous...
J'aimerais aussi vous entendre sur un élément que, moi, on m'a beaucoup
mentionné, dans mon année et demie de tournée à travers le Québec, on m'a
dit : Bien, une des responsabilités aussi, elle vient du gouvernement
lui-même, qui, dans les dernières années, a dit : Bien, ce n'est plus
tellement le rôle Conseil de la fonction publique qui nous intéresse, c'est le
rôle de contrôle. Vous êtes là pour contrôler puis remplir des cases parce que
vous protégez l'image, vous nous protégez des risques. Donc, en réalité, il y a
une partie de la responsabilité qui est là aussi. Qu'est-ce que vous en pensez?
M. Daigle
(Christian) :Au niveau du contrôle, on se
doit d'avoir un certain contrôle, comme le policier ou la policière doit le
faire également. Le contrôle policier est nécessaire lorsqu'on est sur
l'autoroute puis qu'on doit mettre un radar pour assurer que les gens... Mais
il y a également un rôle qu'on doit aider les gens à mieux comprendre la
situation, aider les gens à se conformer à une situation. C'est sûr que les
employés que nous représentons, les membres que nous représentons, font
également, de par leur travail. C'est malheureusement des choses qui ont été
perdues avec le temps, parce que les gens ne peuvent plus sortir pour aller le
faire, parce qu'il y a des coupures administratives, des coupures budgétaires
qui se font. On ne peut plus accompagner les gens au niveau... puis les PME
également aussi pour justement avoir cet accompagnement-là, parce que les gens
que nous représentons possèdent la notion fine, la connaissance fine des lois
et règlements et peuvent amener ces solutions-là à l'entreprise sans que ça
leur coûte mère et monde de se conformer, puis ils sont capables d'arriver avec
une solution à des problématiques souvent qui paraissent complexes pour la PME,
mais avec quelques informations qui pourraient être allégées ou faciliter au
niveau de la PME. Donc, on pense qu'on est capable, oui, d'avoir cet
accompagnement et ce rôle-là conseil, que l'État avait avant qu'on se doit
d'avoir encore aussi. Mais pour ça, il faut qu'on nous donne les coudées
franches de pouvoir faire ce travail-là. Où est-ce que lorsqu'on ne peut plus
sortir, où est-ce qu'on fait juste répondre aux urgences...
M. Paradis : La question
c'est, les avez-vous les coudés franches actuellement?
M. Daigle
(Christian) :On n'a pas les coudées
franches présentement, malheureusement. Avec les coupures budgétaires qu'il y a
eu, avec les coupures de postes qu'il y a eu, on ne fait que répondre aux
dénonciations qu'il peut y avoir. On ne va plus faire de la prévention, on ne
va plus faire de l'accompagnement comme on le faisait avant. Ce n'est plus...
ce n'est plus possible de le faire malheureusement maintenant et on aimerait
pouvoir recommencer.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci, ça met fin à l'ensemble des échanges. Donc, je vous remercie pour votre
belle contribution à cette commission.
La commission ajourne ses travaux au
mercredi 4 février 2026. Bonne soirée, tout le monde. Merci.
(Fin de la séance à 18 h 55)