Journal des débats de la Commission de l'économie et du travail
Version préliminaire
43e législature, 2e session
(début : 30 septembre 2025)
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Le
jeudi 12 février 2026
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Vol. 48 N° 14
Étude détaillée du projet de loi n° 3, Loi visant à améliorer la transparence, la gouvernance et le processus démocratique de diverses associations en milieu de travail
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11 h 30 (version non révisée)
(Onze heures quarante et une minutes)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
à l'ordre s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la
Commission de l'économie et du travail ouverte. La commission est réunie afin
de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 3,
Loi visant à améliorer la transparence, la gouvernance et le processus
démocratique de diverses associations en milieu de travail.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme McGraw (Notre-Dame-de-Grâce) est remplacée... par Mme Prass
(D'Arcy-McGee), pardon, et M. Fontecilla (Laurier-Dorion) par M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve).
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme la secrétaire. Avant de reprendre l'étude détaillée, je dépose le mémoire reçu
d'ici la dernière séance que nous avons eue. Donc, à titre de rappel, si vous
vous souvenez, nous avons décidé d'étudier l'ensemble du projet de loi par
sujet. Nous sommes sur le sujet de la transparence. Nous étions principalement
à l'article 8 du projet de loi. À l'article 8 du projet de loi, il y
a un amendement qui avait été déposé par le ministre, qui avait été sous-amendé
et adopté par Mme la députée de D'Arcy-McGee. On revient donc à cet amendement.
M. le ministre, je vais vous céder la
parole quand même pour nous remettre un peu en contexte, là, sur le sujet de l'amendement,
et nous allons donc ensemble poursuivre les travaux.
M. Boulet : Oui, merci, M.
le Président. Alors, bon retour. On avait, comme vous savez, entrepris l'étude
détaillée article par article du projet de loi n° 3
au mois de décembre. Donc, nous poursuivons. Souvenons-nous, pour se remettre
tous ensemble dans le bain, qu'il y avait trois volets dans ce projet de loi là :
un volet transparence, un volet gouvernance et un volet démocratie. Donc, on
avait amorcé le premier volet, c'est-à-dire transparence. On avait adopté des
amendements pour les états financiers. Souvenez-vous, les états financiers, on
avait, dans le projet de loi initial, des impératifs ou des obligations en
tenant compte du nombre de salariés. On a amendé pour plutôt tenir compte de
seuils de revenus jusqu'à 250 000, des états financiers sommaires entre 250 000
et 500 000, une mission d'examen, puis en haut de 500 000, un état
financier audité.
Par la suite, dans le volet transparence,
il y a ce qu'on appelle le «rapport sur l'utilisation des ressources
financières». Puis, dans le rapport sur l'utilisation des ressources
financières, il y a les dépenses, notamment. Et donc, on était à ce sujet-là
quand on s'est laissés et on a discuté des montants de dépenses. Ce qui a été
convenu et adopté, oui, suite à un amendement de notre collègue de Notre-Dame-de-Grâce,
c'est que le montant des dépenses apparaissant...
Une voix : ...
M. Boulet : ...D'Arcy-McGee.
Excusez-moi. J'ai dit quoi?
Une voix : Notre-Dame-de-Grâce.
M. Boulet : Ah! c'est...
c'est Désirée, oui. Je vous parle tellement de ces temps-ci. Oui, excusez-moi.
Donc, c'est 5 000 $, le montant des dépenses qui devront apparaître dans
le rapport sur l'utilisation des ressources financières, jusqu'à 500 000 $
de seuils de revenus, 10 000 $ en haut. Et, suite à l'amendement de notre
collègue de Notre-Dame-de-Grâce...
Une voix : D'Arcy-McGee.
M. Boulet :
...D'Arcy-McGee, excusez-moi, c'est 25 000 $ pour les unions
confédération, fédération. Donc, c'est ça qui a été adopté...
M. Boulet : ...suite au
sous-amendement ou à l'amendement, des fois, je suis un peu mêlé, là, mais
notre collègue de D'Arcy-McGee. Alors, voilà, nous étions là et on avait un
sous-amendement à vous déposer ce matin par ma collègue de Huntingdon, de
l'équipe gouvernementale, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Parfait,
il n'y a pas de problème, sauf quand nous ne l'avons pas reçu. On va suspendre
les travaux quelques instants, le temps de recevoir le sous-amendement. Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 45)
(Reprise à 11 h 51)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. J'ai compris que la partie gouvernementale
souhaitait déposer un sous-amendement qui sera déposé par la députée de
Huntington, je vous cède la parole pour lecture, et les commentaires seront conjoints
avec le ministre, allez-y.
Mme Mallette : Merci, M. le
Président. Dans l'amendement à l'article 47.1.2 du Code du travail proposé
par l'article 8 du projet de loi tel qu'amendé, remplacer les sous
paragraphe C et D par les suivants : C. Remplacer le paragraphe trois par
le suivant : Le nom et le titre de chacune des personnes élues a une
fonction à l'intérieur de l'association, et ceux de la personne non élue ayant
la plus haute autorité au sein de l'association, ainsi que la rémunération qui
leur a été versée par l'association et les autres avantages dont elles ont
bénéficié. D. Remplacer le paragraphe 4 par le suivant : Le total des
dépenses assumées par l'association, dont les frais d'hébergement, de... de
déplacement et de repas. A. Pour chacune des personnes élues à une fonction à
l'intérieur de l'association et pour la personne non élue ayant la plus haute
autorité au sein de l'association. B. Pour l'ensemble des autres personnes qui
en ont bénéficié.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Commentaire, M. le ministre.
M. Boulet : Oui. Merci. Donc,
en fait, ce sous-amendement, on avait eu des discussions sur le concept, là, de
personnes qui étaient assujetties à ces obligations-là, de transparence, donc,
c'est un sous-amendement qui remplace la notion de dirigeants élus, au pluriel,
par personnes élues à une fonction à l'intérieur de l'association, dans les
paragraphes 3 et 4, en concordance avec les termes utilisés à 20.1 du Code
du travail. On en avait parlé aussi. Donc, le sous-amendement remplace aussi...
aussi la notion de plus haut dirigeant non élu par personne non élue ayant la
plus haute autorité, dans les paragraphes 3 et 4, afin de distinguer cette
personne de dirigeant.
L'autre volet, c'est qu'on ajoute au
paragraphe quatre l'obligation de divulguer, dans le rapport sur l'utilisation
des ressources financières, le total des dépenses assumées par l'association
pour l'ensemble des autres personnes, tels que les frais d'hébergement, de
déplacement et de repas. Donc, ce ne serait pas dans leur code nominalisé, ils
ont un budget, ils peuvent engager des dépenses, soit d'hébergement, de repas
ou de déplacement. Mais dans leur cas, ce serait l'enveloppe qui devrait
apparaître, le montant global qui devrait apparaître dans le rapport sur
l'utilisation des ressources
financières. Peut-être des notes additionnelles,
ça finissait mes commentaires, mais «fonctions à l'intérieur d'une association
accréditée», c'est prévu à 20.1. Souvenez-vous, 20.1, on dit...
M. Boulet : ...lorsqu'il
y a élection à une fonction à l'intérieur d'une association accréditée, bon, ça
doit se faire au scrutin secret, conformément aux statuts ou aux règlements de
l'association. Donc, l'expression «fonction à l'intérieur d'une association
accréditée» prévue à 20.1 du Code du travail est interprétée par la
jurisprudence et la doctrine comme référant au dirigeant syndical ou à
l'administrateur d'un syndicat qui est une personne habituellement élue, ce que
la jurisprudence nous enseigne, faisant partie de l'organe supérieur de
direction du syndicat, lui-même subordonné à l'assemblée générale des membres.
Sur le remplacement de l'expression «le plus haut dirigeant non élu» par «la
personne non élue ayant la plus haute autorité», c'est pour éviter toute
confusion ayant le terme «dirigeant», qui réfère en droit du travail aux
personnes élues dans un organe supérieur... Serait visé, par exemple, la
directrice... la directrice québécoise du Syndicat canadien de la fonction
publique, qui dirige notamment l'équipe de conseillers et conseillères du SCFP.
L'expression «l'ensemble des autres
personnes», au paragraphe 4°, ça inclut toutes les personnes, exemple des
salariés pour lesquels l'association assume des dépenses, peu importe le statut
de ces personnes. L'expression «dépenses de fonction» a été retirée puisqu'elle
réfère, selon l'Office québécois de la langue française, à frais inhérents à
l'exercice de certaines fonctions prestigieuses. Considérant que les dépenses
visées ne concernent plus que les personnes qui occupent des postes de
direction, l'expression «de fonction» a été retirée.
Le Président (M. Allaire) :
Parfait...
M. Boulet : Ça complète,
M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : ...Ça
va? Parfait. Merci, M. le ministre. Des interventions sur ce sous-amendement?
M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Je suis en
train de... Bien, rebonjour, tout le monde, d'abord. La dernière fois qu'on
s'est vus, c'était en 2025. À cette place ici, en tout cas. On se remet dedans,
on se remet dans le bain, là. On se... on se réchauffe. J'ai l'impression que
c'est un peu le jour de la marmotte, M. le Président. Il me semble qu'on a eu
précisément cette discussion-là. Je suis en train de relire les extraits du
pourquoi, là, on avait réglé ça, puis là, on revient...
M. Boulet : Ce n'était
pas réglé, on a un sous-amendement pour préciser, suite aux discussions qu'on
avait eues.
M. Leduc : Mais ce qu'on
avait réglé, c'était que vous ne faisiez pas référence à toutes les fonctions
syndicales, un délégué syndical, par exemple. Ça, on l'avait réglé. Vous aviez
dit au micro-ci : Nous, ce n'est pas ce qu'on comprend. Mais je ne suis
pas sûr que vous clarifiez ça avec votre amendement aujourd'hui, votre
sous-amendement...
M. Boulet : Oui, bien,
c'est parce qu'on avait eu des débats sur le libellé de 20.1, et c'est ce qui
nous a incités à faire les précisions que nous venons de faire, pour que ce
soit plus clair et plus précis, plus facilement applicable.
M. Leduc : Parce que, je
le lis en direct quand je vous parle, mais vous faisiez référence dans nos
échanges en 2025 à 20.1. Là, vous me dites que vous faites ça aujourd'hui pour
cimenter la discussion que nous avions eue en décembre dernier?
M. Boulet : Oui, oui.
M. Leduc : Bien, il va
falloir que je prenne une suspension, M. le Président, pour aller relire tout
ça un peu, là.
Le Président (M. Allaire) :
Oui...
M. Leduc : À moins que ma
collègue ait des questions aussi, en attendant.
M. Boulet : On va
prendre une suspension.
Le Président (M. Allaire) : Mme
la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Donc, je
comprends, avec votre sous-amendement d'aujourd'hui, que, justement, là, pour
l'alinéa 4... On élargit ça pour l'ensemble des personnes qui bénéficient
des indemnités ou des...
M. Boulet : Qui
bénéficient d'un compte de dépenses ou des personnes pour lesquelles
l'association assume des dépenses. Puis ça, ça fait suite notamment,
rappelons-nous, sur le concept de déléguer, là. Il y a des fois des délégués
élus, il y a des délégués non élus, là, mais les délégués sont inclus dans
d'autres... autres personnes.
Mme Prass : Donc, pour
vous, c'est vraiment question d'élargir au niveau de la transparence que toutes
les dépenses qu'un individu qui est affilié...
M. Boulet : Oui, mais...
Oui, exactement.
Mme Prass : OK. Et,
bien, pour vous, mais on se comprend aussi que ça va au-delà d'un délégué
syndical et des élus, si, tiens, un représentant de syndicat qui se présente à
une conférence, par exemple... Donc, ces personnes-là, également, leurs
dépenses seraient comprises dans... dans... bien, qui devraient les révéler
également.
M. Boulet : En fait,
c'est les dépenses engagées, assumées par l'association. En fait, le premier,
c'est... bon, à titre de cotisation...
M. Boulet : Oui. Donc c'est
le total des dépenses assumées par l'association, dont hébergement, déplacements,
repas pour chacune des personnes élues à une fonction à l'intérieur de
l'association et pour la personne non élue ayant la plus haute autorité au sein
de l'association et B, c'est pour l'ensemble des autres personnes qui en ont
bénéficié.
• (12 heures) •
Mme Prass : Et pour vous,
évidemment, cet... cet amendement-là, c'est dans l'esprit, encore une fois,
d'avoir une plus grande transparence pour que tous ces... toutes les dépenses,
quoi que soit le rôle de l'individu à l'intérieur du syndicat, soit... soit
révélées.
M. Boulet : Oui.
Mme Prass : Oui. Je suis juste
curieuse, je ne veux pas en rajouter, mais parce que vous avez fait allusion à
l'hébergement, les déplacements, les repas. Je suis juste curieuse aussi, par
exemple, le prix de rentrer pour une conférence, est-ce que ça se retrouverait
là dedans également ou...
M. Boulet : Ça fait partie
pour les personnes qui sont ici, pour les personnes élues, c'est oui, mais pour
le concept, pour l'ensemble des autres personnes qui en ont bénéficié, les
autres personnes, ça ne sera pas nominalisé, on n'aura pas le nom des
personnes. Puis ça, je me souviens qu'en consultations particulières, c'était
important pour certaines centrales pour ne pas des désinciter des personnes à
faire des choses.
Mme Prass : Bien, c'était un
petit peu le but, justement, qu'on... qu'on veut s'assurer que, bien, chacun
puisse faire son travail sans se faire nécessairement identifier. Également...
Alors là, vous avez changé la terminologie pour avoir une... concordance avec
ce qui existe déjà dans la loi du travail, et... mais j'aurais une question à
propos de votre amendement original, l'alinéa n° 7,
ce que vous retirez, entre autres, dans le deuxième paragraphe, si vous
retirez... bien, lequel doit être présenté annuellement, on parle, là, des
états financiers, aux membres de l'association accréditée qui est affiliée ou
qui appartient. Vous avez retiré cette phrase-là dans votre amendement
original.
M. Boulet : Je ne sais pas où
vous êtes, là.
Mme Prass : L'alinéa 7,
c'est dans le sous-amendement également.
M. Boulet : Ah! C'est parce
qu'on avait rendu... suite à les discussions, c'est parce que c'est rendu
accessible sur le site Internet, c'est pour ça qu'on l'avait retiré.
Mme Prass : Donc, c'est ça,
donc, la présentation...
M. Boulet : Exactement, puis
en concordance avec les autres textes, mais ça, c'était suite aux discussions
qui avaient été provoquées, notamment, par le collègue d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Prass : Parfait, oui, je
voulais juste m'assurer que c'était là que nous étions rendus. Je vais laisser
la parole à mon collègue.
M. Boulet : On peut peut-être
profiter de la suspension...
Le Président (M. Allaire) : M.
le député d'Hochelaga-Maisonneuve, voulez-vous suspendre toujours?
M. Leduc : Oui.
Le Président (M. Allaire) : On
va suspendre les travaux quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 03)
12 h (version non révisée)
(Reprise à 12 h 12)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, la
parole est à vous.
M. Leduc : Oui. Bon, bien, j'ai
eu le temps d'aller relire un peu nos échanges, là, de décembre dernier, puis
on en a parlé un peu hors micro, là, le ministre et moi, puis là je vais
essayer de voir si j'ai bien compris son intention, première chose, puis après
ça on aura peut-être une discussion sur le fond de la chose. Donc, pour
vérifier ma compréhension, on avait discuté dans... en 2025, donc, la dernière
fois qu'on s'est vus ici, que moi, j'étais inquiet que son paragraphe trois
inclut les délégués syndicaux. Le ministre, et on avait eu un long échange, il
avait dit oui, il avait dit non, mais il avait fini par atterrir sur non, ça n'incluait
pas les dirigeants syndicaux.
Ça fait que, là, on... quand on avait
modifié les dirigeants élus, moi, je trouvais que c'était plus clair, mais là
on revient à «personnes élues à une fonction à l'intérieur de l'association»
qui, moi, je trouve, est trop large. Moi, je lis une personne élue à une
fonction. Délégué syndical, c'est une fonction. Le comité de retraite, c'est
une fonction. Le... je veux dire, le comité social qui organise des activités sociales,
c'est une fonction, là, au sein du syndicat. M. le ministre m'avait dit :
Non, non, non, la jurisprudence, etc. Moi, je me satisfais rarement de la
jurisprudence, surtout si on fait du droit nouveau comme on est en train de
faire avec le projet de loi trois. Au moins, si on peut clarifier dans les
notes, puis que ce soit absolument clair dans le verbatim si jamais ça a à être
contesté en cours, que ce n'est certainement pas l'intention du législateur au
paragraphe trois, ici, d'inclure les délégués syndicaux dans sa version de
«personnes élues à une fonction à l'intérieur de l'association», qu'on fait
référence ici uniquement aux membres de l'exécutif syndical.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Boulet : Oui, mais ce qui
est important, c'est qu'on avait eu une discussion. Puis il pouvait y avoir une
ambivalence sur le statut de délégué syndical, c'est la raison pour laquelle on
est revenu à un libellé qui est compatible avec 20.1, qui existe depuis 1977
dans le Code du travail. Et la jurisprudence et la doctrine sont à cet
effet-là, que le dirigeant, c'est une personne qui est élue, habituellement,
faisant partie de l'organe supérieur de direction du syndicat. Donc, ça n'inclut
pas les membres des comités de retraite, ça n'inclut pas les délégués syndicaux
qui, en ce qui concerne la divulgation des dépenses, font partie d'une
enveloppe. Et c'est là qu'on dit à b de notre amendement : C'est l'ensemble
des autres personnes qui en ont bénéficié, donc qui ont bénéficié de dépenses.
Mais, dans leur cas, les dépenses n'ont pas à être divulguées personne par
personne. Ils font partie d'une enveloppe...
M. Boulet : ...quatre délégués
syndicaux, ça fait partie de l'enveloppe de dépenses. Ce n'est pas a, b, c, d,
ou s'il y en a 20, ou, peu importe, là.
M. Leduc : Bien, si vous
permettez, M. le ministre, on ira sur le paragraphe 4 ensuite, mais je veux
essayer de comprendre, d'abord, pour être certain qu'on soit la même page sur
le paragraphe 3. Vous venez de me reciter la jurisprudence en disant : En
effet, moi, comme ministre, mon intention de législateur, ce n'est pas
d'inclure dans mon nouveau paragraphe 3... quand je dis «personne élue à la
fonction à l'intérieur de l'association», ce n'est personne d'autre que les
gens sur... vous appelez ça l'instance suprême, on appelle ça communément
l'exécutif.
M. Boulet : ...supérieur.
M. Leduc : Supérieur.
M. Boulet : L'instance
suprême, c'est peut-être...
M. Leduc : C'est un peu
plus...
M. Boulet : Ça, c'est votre
interprétation.
M. Leduc : Bien, écoutez, on
est à un mot près, on est à un mot près. Blague à part, donc...
M. Boulet : Ce serait une
nouvelle doctrine, collègue, hein?
M. Leduc : Bien oui. Je ne
suis pas sûr que j'ai envie de jouer dans ce film-là. En tout cas, on verra.
Blague à part, M. le ministre, c'est que moi, j'ai une longue expérience dans
le milieu syndicat, vous le savez, puis, des fois, il y a des délégués
syndicaux qui sont nommés qui sont un peu des représentants d'un établissement
particulier ou d'un domaine particulier à l'intérieur d'une entreprise, puis ça
peut arriver qu'un syndicat, surtout quand... je dirais, moyenne, grosse
taille, un syndicat local se crée un organe intermédiaire, donc, entre
l'assemblée générale et l'exécutif, puis ça s'appelle souvent un conseil
général. Donc, un Conseil, moi, j'avais ça, quand j'étais sur... aux
auxiliaires d'enseignement et de recherche à l'UQAM. On avait un conseil
général, puis qui avait des pouvoirs, qui pouvait convoquer l'assemblée
générale, qui pouvait adopter des ordres du jour, des choses comme ça. C'était
un pouvoir qui était partagé avec l'exécutif. Donc, ce n'était pas l'organe
supérieur comme l'exécutif, mais c'était un organe de pouvoir.
Donc, s'il y a un... si on est délégué
syndical puis qu'on siège sur un conseil général, si je me fie à ce que vous
m'avez dit, donc, ce n'est toujours pas l'organe supérieur, ça demeure
l'exécutif, et même si on est un délégué syndical qui siège un conseil général,
on n'est pas visé par votre nouveau paragraphe 3. Est-ce qu'on est d'accord
là-dessus?
M. Boulet : C'est ma
compréhension, oui.
M. Leduc : Bien, c'est votre
intention.
M. Boulet : Oui, tout à fait.
M. Leduc : OK, parfait. Pour
moi, le 3 est clarifié. Maintenant, allons sur le 4. Là, c'est une autre
affaire, parce que, dans le 4, original, on avait eu le même débat là, une
personne... charge élective ou dirigeant... élu puis haut dirigeant non élu,
quoique haut dirigeant non élu faisait plutôt consensus. Mais là vous divisez
ça en deux, vous introduisez un a et un b puis vous gardez la même... la même
logique : il faut qu'il y ait divulgation du total des dépenses assumées
par l'association.
Là, vous êtes plus précis, par exemple.
Dans le 4 original, il n'y avait pas... ce n'était pas détaillé. Ah non! Ce
n'est pas vrai... «frais d'hébergement, déplacement et repas». Donc, vous
reprenez ça, d'accord, vous reprenez ça, mais vous divisez ça en deux catégories.
Vous dites : A, pour chaque personne élue à une fonction à l'intérieur de
l'association, donc là on s'entend que c'est la même définition que le 3
précédent, on n'inclut pas les délégués syndicaux, même s'ils siègent sur le
conseil général, dans le paragraphe a.
M. Boulet : Vous avez raison.
M. Leduc : Mais le b, par
contre, là, vous ouvrez à plus large, pour »l'ensemble des autres personnes qui
en ont bénéficié«.
M. Boulet : Oui. C'est les
autres personnes qui ne sont pas incluses dans a, dans leur cas, les dépenses
n'auraient pas à tenir compte de l'identité de la personne qui a bénéficié des
dépenses assumées par l'association, ou la centrale, ou la fédération, ou...
Donc, c'est dénominalisé, ça vise à simplifier. On maintient la transparence
qui est souhaitée ou souhaitable, mais ça évite, comme certains syndicats nous
mentionnaient, de désinciter des personnes par appréhension d'être nommé et
qu'on les associe à un montant spécifique de dépenses, que ce soit
l'hébergement, les voyages ou les repas. Je pense qu'on se comprend bien et je
pense que vous êtes, sur le fond, totalement d'accord avec mes intentions.
M. Leduc : Ah! vous présumez
de mes intentions, M. le ministre, vous présumez de mes intentions. Mais je
veux, encore une fois, bien comprendre...
M. Boulet : Est-ce que c'est
prêter des intentions, ça?
M. Leduc : ...prêter.
Présumez, présumez. Je fais attention à mes mots, M. le ministre, je fais attention
à mes mots. Je veux bien comprendre. Donc, par exemple, un délégué syndical qui
s'intéresse à la santé-sécurité dans une usine x ou y, qui est nommé élu, donc,
délégué syndical, puis qui siège sur son comité de santé-sécurité local, puis
qui s'en va passer une journée de formation à un colloque de mise à jour de la
jurisprudence en santé-sécurité à la FTQ, par exemple, c'est quelque chose qui
se fait à chaque année, alors, s'il se rend à l'hôtel puis qu'il a des dépenses
de déplacement, d'hébergement, de repas, il faut que ce soit comptabilisé
maintenant dans b.
M. Boulet : Exactement. Vous
le dites très bien.
M. Leduc : Puis ça, ça va
compter pour n'importe quel dossier, le délégué social aussi. Vous connaissez
les délégués sociaux?
M. Boulet : Bien oui, bien
sûr. J'étais favorable à ça, d'ailleurs.
M. Leduc : Donc, si je vais
suivre une formation sur le suicide, par exemple, sur la prévention du suicide,
je suis un délégué social, il y a un hébergement, il y a un repas, ça rentre
dans b.
M. Boulet : Absolument.
M. Leduc : Au même titre
qu'un président de syndicat pourrait faire ça aussi. Ça fait que, dans ce
cas-là, à b, peu importe qu'on soit président ou délégué...
M. Boulet : Non, non, non,
parce que le président, lui, il rentre dans a.
M. Leduc : Va compter dans a,
va être versé dans a.
M. Boulet : Exact.
M. Leduc : D'accord. Puis
vous, vous vous attendez que, dans le rapport, ce soit divisé en deux sections
différentes.
M. Boulet : Bien, qu'il y ait
des informations permettant de répondre à ça. Ceci dit, collègue, moi, je vais
faire confiance aux syndicats, tu sais, ce sera...
M. Boulet : ...guide
permettant de préparer le rapport sur l'utilisation des ressources financières,
et les dépenses vont devoir être identifiées en fonction de a) et de b).
M. Leduc : C'est ça.
Donc, ça va être... ce ne sera pas un seul, une seule colonne.
M. Boulet : Non, ce ne
sera pas l'enveloppe pour toutes les dépenses, mais pour a), pour les personnes
élues à une fonction à l'intérieur de l'association ou une personne non élue
qui a la plus haute autorité, là, on va devoir le mentionner. Mais pour les
autres, ça va devoir être dans l'enveloppe.
• (12 h 20) •
M. Leduc : Est-ce que ça
va être anonymisé, les deux? C'est-à-dire la section, la ligne...
M. Boulet : Non, le a), il
n'est pas anonymisé, mais le b), il est anonyme.
M. Leduc : Parce que,
quand vous dites pour chaque des personnes élues, il va avoir leur nom.
M. Boulet : Bien oui,
bien sûr.
M. Leduc : Ou leur
fonction, j'imagine.
M. Boulet : Bien oui.
M. Leduc : Président,
secrétaire, trésorier...
M. Boulet : Et le nom,
et la fonction, tout à fait.
M. Leduc : Puis là,
après ça, il va avoir une autre section, une autre ligne pour dire : b)
l'ensemble des délégués syndicaux.
M. Boulet : Vous allez
dans les détails très pratiques, là, mais moi, je vais faire confiance beaucoup
aux syndicats, mais ce que vous soumettez, si vous étiez dans un syndicat et
que vous leur partagiez ce conseil-là, je serais totalement d'accord.
M. Leduc : Mais
savez-vous pourquoi, M. le ministre, je vais dans les détails parce que vous...
On va en parler tantôt, il y a des... il y a des dispositions pénales que vous
mettez dans le projet de loi.
M. Boulet : Oui.
M. Leduc : Ça peut coûter
de l'argent, là. Puis là, il y a des trésoriers, des vraies personnes, des
trésorières, parfois rémunérées, parfois bénévoles, qui vont devoir faire et
appliquer ce que vous votez ici. Ça fait que je trouve ça particulièrement
important qu'on nomme ces détails-là puis que ce soit clair.
M. Boulet : Ah!
totalement. Puis c'est les travailleurs qui pourraient ultimement faire des
plaintes. C'est présenté, ça, une fois par année à l'Assemblée générale
annuelle. Les travailleurs vont pouvoir poser des questions et les syndicats
vont développer une culture de présentation qui va permettre aux syndicats, aux
travailleurs de savoir. Tu sais, dans le fond, ça fait partie du volet
transparence. Il y a un, les états financiers, puis deux, c'est comment on
utilise les ressources financières pour permettre à un travailleur qui est
obligé de payer une cotisation, de savoir, de pouvoir s'exprimer et de poser
des questions. C'est simplement ça. On peut découper, on peut en parler
longtemps, longtemps, longtemps, mais moi, je le vois simplement. Puis je pense
que... Puis j'ai des amendements qui vont suivre par la suite, tout le temps
pour préciser les définitions puis pour simplifier l'application. C'est ce que
j'ai l'intention de faire, c'est ce que j'ai fait depuis le début et que j'ai
l'intention de continuer de faire jusqu'à la fin du PL.
M. Leduc : Bien, je
salue...
M. Boulet : Puis...
Oui...
M. Leduc : Allez-y.
M. Boulet : Non, non.
M. Leduc : OK.
M. Boulet : Saluez cette
volonté.
M. Leduc : Je salue
votre volonté, en effet, de vouloir préciser. Puis, tu sais, M. le ministre, on
ne refera pas tout le débat sémantique, mais moi, je vous ai dit à plusieurs
reprises, en micro puis hors micro, que je trouvais que c'était un cauchemar
administratif, tout ça. Ça fait que je trouve ça vraiment important qu'on
prenne du temps ici pour venir préciser vos attentes, parce qu'encore une fois,
c'est beaucoup de gens qui se retrouvent avec cette espèce de nouvelle façon-là
de procéder. Vous me dites des fois, il y en a certains qui le faisaient déjà.
Oui, en effet, moi, j'ai déjà vu ça, des rapports financiers avec quand même
beaucoup de détails, d'autres rapports qui étaient plus généraux, des fois,
c'est les membres qui réclamaient ça, mais c'est important qu'on le précise
parce qu'il y a des dispositions pénales. Des gens pouvaient se faire donner
des amendes salées potentiellement pour non-respect.
Puis ma question, donc, est la
suivante : Justement, pour bien départir a) et b), puis qu'est-ce que doit
contenir a), qu'est-ce que doit contenir b), une personne trésorière, là, dans
une section locale qui ne sait pas quoi faire exactement, qu'est-ce que vous
lui conseillez?
M. Boulet : Bien...
M. Leduc : Mettons que
c'est adopté dans les prochains mois, là, puis que là, ça entre en vigueur je
ne sais pas trop quand...
M. Boulet : ...si je
parle d'un...
M. Leduc : ...vous êtes
un trésorier d'une section locale, là, puis vous trouvez ça compliqué,
qu'est-ce que vous lui conseillez de faire?
M. Boulet : ...Bien, si je
parle d'un conseil exécutif, par exemple, d'une centrale, il y a un président,
il y a une personne qui est vice-présidente, il peut y en avoir une deuxième,
il peut y en avoir une troisième, il peut y en avoir une quatrième, le
secrétaire-trésorier, puis il y a la personne non élue avec la plus haute
fonction, qui est directrice générale. Tu sais, les directeurs ou les
directrices généraux, c'est les personnes qu'on vise dans la personne non élue
ayant la plus haute autorité au sein de l'association. Dans les fédérations, je
ferais la même affaire. Dans les fédérations qui dépendent des centrales, même,
même processus, même raisonnement.
M. Leduc : Bien, vous ne
répondez pas à ma question. Quelqu'un qui se sent perdu, là, trésorière de
section locale qui se sent perdue, qu'est-ce que vous lui suggérez de faire?
M. Boulet : Est-ce que
c'est une personne élue à une fonction à l'intérieur de l'association? La
réponse est oui. On s'en va dans a).
M. Leduc : Mais elle est
comme... va falloir qu'elle compte sur sa fédération. Dans le fond, vous
dites : Si vous êtes une section locale ou une trésorière de section
locale, vous êtes perdu dans l'application de ça, vous vous tournez vers qui?
Vous vous tournez vers votre fédération... votre affiliation nationale, FTQ,
CSN, CSQ, peu importe?
M. Boulet : Bien oui,
bien oui. Bien oui. Puis il y a des syndicats affiliés, mais la réponse, c'est
oui.
M. Leduc : ...
M. Leduc : ...vous faites
confiance au milieu syndical pour ce...
M. Boulet : Ah, pour
l'appliquer, bien oui, bien sûr, puis, tu sais, l'important c'est de
transmettre de... tu sais. Et puis ça, ça découle des consultations
particulières en plus de nos discussions, c'est ce qu'on a fait quand on est
passé du nombre de salariés au seuil de revenu pour éviter d'affecter les plus
petites associations accréditées qui avaient beaucoup de temps partiel
occasionnel et qui pouvaient avoir des montants ne justifiant pas, par exemple,
une mission d'examen en haut de 50, là, ça pouvait être 60, 62. Je pense que
c'est un amendement qui appartient à nous tous, ici, parce qu'on a entendu, aux
consultations particulières, puis je l'ai proposé, on a monté ces seuils-là suite
à nos discussions. Je le répète, puis je vais le répéter tout le temps,
préciser les définitions, simplifier l'application. Ça va simplifier
considérablement, on s'est entendus. Là, ici, on est dans le volet de dépenses,
en fait, l'utilisation des ressources financières dans le volet dépenses, c'est
ce que nous venons de discuter.
M. Leduc : Je reviens sur
les... les hauts dirigeants non élus, notamment, là, les cadres, dans le fond,
qu'on... c'est à ça qu'on fait référence, j'imagine, les hauts dirigeants non
élus? C'est un autre... c'est un autre terme, là, pour dire cadre, on parle
d'un cadre, ici.
M. Boulet : Oui, mais ce
qu'on dit, ici, pour la nominalisation, peut-être que je prends les devants,
là, mais la personne non élue, la personne non élue ayant la plus haute
autorité au sein de l'association.
M. Leduc : Bon, bien, ça
arrive. Encore une fois, une précision importante. Vous savez qu'à la... il y
a toutes sortes de syndicats, toutes sortes de centrales. Il y a des centrales
qui sont basées uniquement au Québec, puis il y a des centrales qui ont des
syndicats qui sont soit pancanadiens ou nord-américains, c'est-à-dire dont le
siège social est à... aux États-Unis. Puis... puis ça peut arriver qu'une
personne cadre, justement, son salaire ne soit pas payé par l'organisation
québécoise, mais bien par l'organisation pancanadienne ou nord-américaine. Est
ce que ça veut dire... ce n'est donc pas des cotisations purement québécoises
qui payent son salaire? Comment on fonctionne avec ça?
M. Boulet : OK, je veux être
sûr de bien comprendre. C'est une personne dont le salaire provient des
États-Unis ou du reste du Canada, mais qui exerce ici, au Québec?
M. Leduc : Je vais donner,
encore une fois, un exemple vécu. Moi, j'étais toujours à l'Alliance de la
fonction publique du Canada, comme... pour représenter les étudiants et
employés de l'UQAM, puis la personne qui était la plus haute cadre au bureau de
l'AFPC Québec, n'était pas payée par l'AFPC, Québec, elle était payée par
l'AFPC Ottawa. Vous comprenez? Donc, ce n'était pas des cotisations purement
québécoises qui payaient son salaire. Est ce qu'on doit quand même...
M. Boulet :...association,
donc, on devrait normalement avoir accès à l'information qui est prévue dans le
rapport sur l'utilisation des ressources financières, il me semble que oui.
M. Leduc : Ce n'est pas des
cotisations purement québécoises qui payent ça?
M. Boulet : Bien oui.
M. Leduc : Bien c'est...
encore une fois, je veux préciser, parce qu'il y a...
M. Boulet : Bien, tout ce qui
est inhérent à la cotisation québécoise, toute la dépense qui est inhérente,
qui est liée de façon intime à la cotisation québécoise, devrait normalement.
Puis tu sais, collègue, on n'ira pas fouiller... on ne fera pas des... on
n'enverra pas des vérificateurs comptables partout pour faire ces
distinctions-là. Je vous dis, moi, si j'étais travailleur qui était contraint
de payer une cotisation, oui, j'ai droit de savoir, bien, tu sais, le reste,
dans l'application, je pense que oui, normalement, oui.
M. Leduc : Non, mais,
évidemment que ni vous ni votre cabinet va passer des heures à aller fouiner
dans les différents rapports, il n'a jamais été question de ça, évidemment. Mais
vous connaissez...
M. Boulet : On n'a pas accès,
puis d'ailleurs, il n'y a aucune reddition de comptes, hein, j'en profite pour
le redire, il n'y a aucune reddition de comptes à l'égard du gouvernement, puis
il n'y a pas d'accès, puis il n'y a pas d'ingérence dans la façon de faire. On
donne des outils aux travailleurs pour leur permettre de savoir. Ce premier-là,
volet transparence, je vais conclure là-dessus, c'est des guides minimals de
pratiques exemplaires, comme la Loi sur les normes du travail, le PL 3,
d'ailleurs, il est guidé par cet état d'esprit là. Puis il y a des syndicats
qui vont au-delà de ça, il y en a qui ne vont malheureusement pas jusque là en
matière de transparence. Mais c'est sûr, collègue, on va aller dans un cas, un
cas, un cas, oui, on peut aller dans le fin détail pour créer de la confusion,
mais il n'y a pas un projet de loi qui est à l'abri de toute difficulté
d'interprétation ou d'application. On en a fait 15, ensemble, on n'en aura
jamais adopté un qui est... qui démontre ou qui est complètement immune à
l'égard de difficultés d'interprétation ou d'application. La langue française a
aussi ses caprices.
M. Leduc : Bien, M. le
ministre, tu sais, bien respectueusement, tu sais, on peut bien s'accuser de
créer de la confusion d'un bord et l'autre, là. Mais il reste que c'est votre
initiative, c'est votre projet de loi sur un sujet extrêmement pointu et
complexe, puis vous me pardonnerez de...
M. Leduc : ...ma job
d'opposition puis de vous demander comment ça va s'appliquer dans x, y
situations.
M. Boulet : Ah! bien oui. Et
vous la faites très bien.
M. Leduc : Je la fais
tellement bien que vous avez... vous avez dit que vous allez déposer une
deuxième version des cotisations syndicales plus tard dans le cours du... du
projet de loi. Ça fait que j'imagine que c'est les différentes questions que je
vous ai posées tout au long de ce parcours vous ont poussé notamment, peut-être
pas exclusivement, mais notamment.
• (12 h 30) •
M. Boulet : Une deuxième
version. En fait, ce que j'ai dit : Une deuxième définition de la notion
de cotisation syndicale pour la préciser. Et je suis allé plus loin que ça. On
va aussi simplifier l'application pour éviter, là, les perceptions qu'il y a
des allers-retours à faire deux fois, trois fois, six fois par année. C'est une
fois par année. Mais on... on y viendra. Mais il y aura des amendements, je
vous l'ai dit, puis on les déposera.
M. Leduc : ...dans un article
aussi. Puis c'est bien correct, ça, M. le ministre. D'ailleurs, vous avez
toujours la bonne habitude de déposer tout de suite. Là, vous dites que vous ne
déposez pas tout de suite, mais je vous soumets que ce serait beaucoup plus
efficace pour la commission que vous les déposiez maintenant, puis qu'on ait le
temps d'en discuter puis de les analyser. Parce que sinon, quand vous allez le
déposer, c'est sûr qu'on va suspendre un bon moment pour la comprendre puis
aller consulter puis jaser. Ça fait que je vous le soumets que vous auriez
vous-même avantage à le déposer maintenant, votre nouveau système, votre V2 sur
les cotisations pour le bien de la commission.
M. Boulet : Je ne dis pas non
à ça, un collègue. On fait transparence puis gouvernance, là, puis je verrai
les amendements, là, mais, dans beaucoup d'études détaillées, ça se fait au fur
et à mesure. Mais je comprends.
M. Leduc : Je vous le soumets
respectueusement.
M. Boulet : Oui, oui, je
comprends.
M. Leduc : Je vous suggère peut-être
une salade protéinée sur l'heure du dîner. Je sais que vous aimez ça puis ça a
toujours une bonne... un bon succès.
Je termine peut-être, M. le Président,
rapidement, avant de passer la parole, en effet, à mon voisin. Pourquoi je vous
parlais tantôt de la précision puis de... c'est que, comme sur le 47.2, il
existe des... des plaideurs quérulents. Tu sais, comme je vous disais, je
faisais la blague, là, je sais que vous ni votre cabinet, vous n'allez pas
commencer à aller fouiner dans les états financiers des différentes sections
locales du Québec, là, les 8 000, c'est-tu ça,
8 000 accréditations? Je ne me souviens plus du...
M. Boulet : ...
M. Leduc : 8 400. Mais
il existe des plaideurs quérulents, tu sais. Ça fait que ça va générer
potentiellement, on espère que non... mais ça peut générer potentiellement un
ankylosement... un ankylosant, en tout cas un ralentissement important, comme
on le vit avec le 42.1. Le 42.2, c'est un vrai problème qui est documenté. On a
déjà... Je vous ai déjà soumis des propositions de solutions là-dessus. Mais
j'ai la crainte que plus on y va pointu comme ça dans votre projet de loi, plus
on va générer aussi encore du ralentissement puis des plaideurs quérulents qui
vont trouver encore une fois une belle pogne pour aller gosser, en bon
Québécois, leurs sections locales.
Sur ce, je vais passer la parole, M. le
Président, à mon voisin.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : M. le ministre,
ça fait plusieurs fois que je vous entends parler des meilleures pratiques.
Puis là, vous dites : Ah! ça, là, on... c'est... c'est en vertu des
meilleures pratiques. Et là, vous vous imposez des obligations très détaillées.
Et vous connaissez, je pense, mon expérience passée, là, dans le rapportage,
là. Je regarde votre amendement ou votre sous-amendement sur ce qu'on doit
inclure, notamment dans le rapportage. Donc, dans une autre vie, j'ai été
avocat d'affaires, j'ai été à plusieurs conseils d'administration de sociétés
et de corporations. Ensuite, j'ai été directeur général d'une OBNL qui faisait
du rapportage et qui a beaucoup travaillé sur la bonne gouvernance. Et j'essaie
de trouver des exemples, dans la loi ou la réglementation québécoise, où on
invoque, où on impose de tels détails, et je n'en trouve pas.
Je regarde, par exemple, le Guide des
meilleures pratiques d'Espace OBNL Québec, qui est une organisation reconnue,
qui fait des recommandations, notamment sur le rapportage, je suis allé voir
sur le site d'Éducaloi, qui parle des bonnes pratiques dans les... dans les
organisations sur le rapportage, je suis allé voir la Loi sur les compagnies,
je suis allé voir la Loi sur les sociétés par actions, j'essaie de trouver où
est votre inspiration ou si c'est quelque chose qui va s'imposer uniquement à
une seule forme d'organisation au Québec, puis ça va être les syndicats. C'est
la question que je me pose. Donc, j'aimerais savoir, M. le ministre, où sont
les bonnes pratiques dont vous vous inspirez et auxquelles vous faites si
souvent référence.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Boulet : Oui. Deux choses.
Bien, c'est sûr que je pourrais vous référer notamment à la Loi sur la fonction
publique, mais ici, on est dans un contexte qui est vraiment particulier. Il y
a la formule Rand que vous connaissez. Depuis 1977, c'est une chose qui
n'existe pas dans aucun autre secteur, une obligation faite à tous les
employeurs, incluant les PME, de retenir à la source le montant des cotisations
demandé par un syndicat. Mais oui, collègue, c'est ça, la réalité. Et donc, ils
les remettent à ce syndicat-là. Dans notre esprit, ça impose une obligation de
réciprocité pour ceux qui bénéficient de la formule Rand de partager. Puis les
états...
12 h 30 (version non révisée)
M. Boulet : ...financiers, ce
n'est pas nouveau. Et les meilleures pratiques, les syndicats sont venus nous
le dire. Puis, avec les amendements qu'on a faits à la mi-décembre, il y a des
syndicats qui le disent, qu'ils sont au-delà, les grandes centrales, pour le
volet gouvernance et le volet transparence. Pour le volet démocratie, pour les
cotisations facultatives, on y reviendra. Mais les états financiers, ce n'est
pas nouveau, puis la divulgation des dépenses au-delà de certains montants, ce
n'est pas nouveau. Puis on en a discuté, puis on s'est mis d'accord là-dessus,
mais je n'ai pas le répertoire de toutes les lois ou de tout ce qui se fait en
matière de transparence, parce que la formule Rand, au Québec, je ne sais pas
dans quel autre secteur ça existe.
Le Président (M. Allaire) :
...
M. Paradis : Bon, je pense
que, pour l'appartenance... Bon, vous dites que tout ça dépend de la formule
Rand. Donc, pour ceux qui nous regardent, on se souvient, c'est cette formule
qui fait en sorte que, quand il y a un syndicat dans une unité, il y a une
obligation, donc, de cotiser, d'en faire partie. Fort bien. Je dirais que je
pense que, dans le domaine de la construction, M. le ministre, il y a des
associations patronales qui ont des formules qui ressemblent à ça. Il y a
plusieurs organisations de la société civile où si tu ne fais pas partie de l'association,
tu n'es pas là où tu devrais être. Donc, je... le caractère complètement
exceptionnel de la formule Rand, je ne sais pas si je suis entièrement d'accord
avec vous là-dessus.
Mais je repose ma question : Éclairez-nous,
M. le ministre. Là, vous dites : Ah! peut-être la Loi sur la fonction
publique. Je trouve étrange que vous compariez, donc, un syndicat à la fonction
publique, mais je suis curieux de voir quels sont les standards qui vous ont
inspiré dans la fonction publique. Mais je le redis, je vous ai entendu, là, je
l'ai noté, vous parlez tout le temps des meilleures pratiques. Je vous demande,
s'il vous plaît, de nous éclairer. Quelles sont les meilleures pratiques dont
vous dites vous inspirer pour ce qui est des organisations de la société
civile? Parce qu'ici on parle d'organisations de la société civile.
M. Boulet : Ce n'est pas «peut-être»,
j'ai dit : la Loi sur la fonction publique. Puis notre approche s'inscrit
dans une logique qui est comparable à celle de cette loi-là, qui impose la
divulgation des salaires, si vous voulez savoir le salaire de la personne qui
est à ma droite, et des dépenses des hauts fonctionnaires, et ces informations-là
vont être accessibles. Et ici c'est qu'au-delà de ça il y a une cotisation
obligatoire. Puis je ne pense pas que ce soit exact de comparer avec des
associations patronales. La formule Rand, elle existe dans le Code du travail,
puis vous verrez comment c'est prévu, mais c'est une obligation faite aux
employeurs.
Moi, là, les cas qui ont été divulgués
puis les cas qui ont été rapportés, qui ont été analysés justifient qu'il y ait
de la... En fait, j'ai l'impression de plaider pour la pertinence de la
transparence syndicale. Moi, je pense que la démonstration est faite. Il y a eu
des cas même la semaine où on a déposé le projet de loi n° 3, collègue de
Jean-Talon, souvenez-vous, la FTQ-Construction. Puis je leur ai rendu hommage,
ils ont déposé une politique de transparence pour le remboursement des
factures, notamment salées, que ce soient les voyages, l'hébergement, et qui
prévoit, si je ne m'abuse, de ne plus rembourser les frais d'alcool.
Donc, qu'on ne vienne pas me dire que ce n'est
pas pertinent, la transparence. Je pense que c'est un impératif et c'est un
devoir envers les travailleurs qui paient la cotisation. Puis les syndicats
sont d'accord avec ça, la transparence, ça fait que... C'est tout. Merci.
Le Président (M. Allaire) : ...
M. Paradis : Oui, vous avez
raison. L'ensemble des représentants des groupes de travailleurs, des syndicats
sont venus nous dire qu'ils sont d'accord avec la transparence et qu'ils sont d'accord
avec les principes que vous énoncez, raison pour laquelle ils les appliquent.
Regardez les états financiers des organisations syndicales et vous allez en
trouver plein, d'informations financières.
Je réitère ma question, parce que c'est
vous, M. le ministre, qui vous basez sur la question des meilleures pratiques.
Il y a des milliers d'organisations patronales puis des milliers d'organisations
de la société civile au Québec. Je vous demande où sont les meilleures
pratiques les concernant que vous invoquez. J'aimerais le savoir. Où est-ce...
Où est-ce qu'il y a d'autres... des obligations imposées par la loi? Parce que
ce sont des organisations qui appartiennent à leurs membres, on est d'accord? À
quel autre endroit la loi, au Québec, impose des obligations similaires à d'autres
associations?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Boulet : Dans la Loi sur
la fonction publique. Et c'est intéressant, ce que vous dites aussi. Les
syndicats se soumettent à ces pratiques-là. Et j'ai parlé avec des dirigeants
syndicaux, puis vous connaissez le dossier de la brasserie Labatt...
M. Boulet : ...Est-ce que vous
connaissez ce dossier-là? En 2020, 2021, le trésorier du syndicat, qui avait le
livret de chèques, se faisait des chèques, à son ordre, de 500 $ deux,
trois fois par semaine, et, sur une année et demie, ça représentait un montant
global de 507 000 $. C'est une unité d'accréditation syndicale.
Savez-vous combien il y a de travailleurs là-dedans? 307 travailleurs, à peu
près, un peu plus que 300. Et ça a duré pendant des années, et ça n'a été
révélé que des années plus tard. La question que je vous pose, et qu'on
pourrait poser... mais les syndicats me disent tous que c'est bénéfique, les
mesures de transparence. Si on avait eu un rapport sur l'utilisation des
dépenses, cedit trésorier aurait été détecté, on aurait évité que, pendant des
années, ce montant-là ait pu être utilisé à l'insu... et de manière que je ne
qualifierai pas, là, mais tout à fait en contravention des lois, que ce soient
les lois civiles ou les lois en matière criminelle. Donc, c'est ça qui nous
impose...
• (12 h 40) •
Et, je le dis, l'exemple que je peux vous
donner... je ne vous donnerai pas 20 lois, je n'en... je n'en connais pas, 20 lois.
C'est un milieu particulier, qui bénéficie d'un privilège, qui est la formule
Rand, et donc il y a une obligation de réciprocité en vertu... pour les
travailleurs. Puis c'est un coffre à outils qu'on met dans les mains des
travailleurs. Le gouvernement ne s'en mêle même pas, mais c'est pour éviter les
excès du syndicalisme québécois, il y en a, puis... et, malheureusement, on
doit tenir compte de ces excès-là pour le bien public. Mais la majorité des
syndicats qui sont venus en consultations particulières sont venus nous
dire : On le fait déjà. Bien, tant mieux. Dans la Loi sur les normes du
travail, les mêmes syndicats seraient tous venus nous dire : On le paie le
salaire minimum, et plus, on a plus que le 8 congés prévus dans la Loi sur les
normes du travail. On a des régimes de retraite, d'assurance collective, on a
du temps supplémentaire en bas du 40 heures qui est prévu dans la Loi sur
les normes du travail.
C'est ça qu'on fait au Québec, se donner
une loi qui va être bénéfique pour les travailleurs pour leur permettre de
savoir, tout simplement. Le reste, on peut argumenter longtemps. «Mais pourquoi
vous ne le faites pas pour... pour tel groupe, pourquoi vous ne vous êtes pas
inspirés de telle autre façon de faire?» C'est le modèle qu'on a présenté et
qu'on est prêts à défendre, suite aux consultations particulières. Puis, je le
répète, on a quand même beaucoup d'amendements pour préciser puis simplifier.
Puis si vous avez des amendements à nous proposer, faites-le.
M. Paradis : On a souvent eu
cette discussion-là, vous et moi, M. le ministre, parce que vous dites :
Proposez des amendements, si vous en avez, mais la première chose, c'est de
savoir sur quelles bases vous avez travaillé, là, vous, avec tout l'appareil
étatique qui avait préparé ce projet de loi n° 3,
quelles sont les données dont vous disposez, et pourquoi vous avez choisi ces
solutions-là. Et là, M. le ministre, M. le ministre, je vous parle de moyens,
puis vous revenez sur le principe. Là, j'aimerais qu'on passe la discussion sur
le principe. Nous sommes d'accord. Les organisations syndicales sont venues
dire : On est d'accord, on veut tous éviter les excès, on veut de la
transparence, on veut une meilleure démocratie syndicale. Tout le monde est
d'accord avec ça. Mais où est-ce qu'on fixe la barre? Parce qu'ici, la raison
de... le collègue d'Hochelaga-Maisonneuve a raison, là, il y a beaucoup de
détails, et nous, comme législateur, il faut qu'on sache est-ce qu'on fixe la
barre au bon endroit, est-ce qu'on est équitables envers les différentes
organisations du Québec?
Vous me dites que les meilleures pratiques
dont vous vous inspirez, c'est la... c'est la Loi sur la fonction publique.
Donc, j'aimerais que vous nous disiez quels articles, quels règlements, quelle
loi. Et j'aimerais que vous m'expliquiez comment ça se fait que les syndicats
deviendraient, donc, de facto, par votre projet de loi n° 3,
les seules organisations de la société du... de la société civile du Québec qui
sont soumises aux mêmes obligations que des organisations qui font partie de
l'appareil de l'État. Parce que... À moins que vous me disiez qu'il y a
d'autres organisations de la société civile à qui on impose les mêmes
obligations au Québec, et que c'est ça, la meilleure pratique. Je comprends que
vous dites : Ah! je regarde le standard du gouvernement et je l'applique
aux syndicats. C'est pour ça que je vous pose la question. S'il y en a
d'autres, éclairez-nous. Moi, je n'en ai pas trouvé, d'autres lois et
règlements du Québec qui imposent ce niveau de détail dans le rapportage.
Est-ce qu'on est équitables? Est-ce qu'on
fixe la barre au bon endroit, M. le ministre?...
M. Paradis : ...la question
que je nous pose comme législateurs, il me semble que c'est une question
légitime, pas sur le principe, on est d'accord avec le principe : Éviter
les excès, plus de transparence. C'est sur le moyen dont on est en train de
discuter, ici, en commission parlementaire.
M. Boulet : Merci pour la
question. Oui, elle est légitime. Je crois y avoir répondu, peut-être
erronément, mais je vais limiter mes commentaires à ce que j'ai mentionné.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va. Merci. D'autres interventions? M. le député de Saint-Jérôme. Ah! M. le
député de Jean-Talon, vous souhaitez poursuivre?
M. Paradis : Oui.
Le Président (M. Allaire) :
Peut-être après le député de Saint-Jérôme et ensuite, le député
d'Hochelaga-Maisonneuve. Allez-y, M. le député de Jean-Talon.
Une voix : Micro.
Le Président (M.
Allaire) : Ah, le micro. Député de Jean-Talon?
Des voix : ...
M. Paradis : Est-ce que vous
m'entendez?
M. Leduc : Presque, presque.
Oh! C'est bon.
M. Paradis : C'est bon,
merci. Je... je veux... je comprends, là, M. le ministre, vous pensez que
l'échange est terminé, mais j'aimerais savoir, là, donc, est ce que vous pouvez
nous citer... Vous avez dit : Ce n'est pas peut-être, c'est la loi sur la
fonction publique. J'aimerais savoir, là, quels sont les articles, quelles sont
les normes qui sont l'inspiration, et j'aimerais que vous me confirmiez si, oui
ou non, dans les meilleures pratiques que vous évoquez, il y a de ces pratiques
qui concernent des organisations de la société civile qui ne sont pas
gouvernementales ou paragouvernementales. Parce que je veux qu'on s'entende sur
le terme que vous utilisez : Meilleures pratiques.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Boulet : ...tellement
longtemps, puis, je vais le faire par respect pour vous. Dans la société
civile, non, mais donnez-moi des exemples, dans la société civile, où on
bénéficie de la formule Rand. Vous n'en trouverez pas. Ça, c'est clair pour
moi. Maintenant, il y a... vous connaissez aussi la loi sur l'accès aux
documents des organismes publics, l'article 4, vous irez le lire, il est
extrêmement détaillé, là. Un organisme public doit diffuser, sur un site
internet, des documents puis des renseignements, et là, il y en a une
liste : L'organigramme, des noms, des titres, des noms de responsables,
des plans de classification, des fichiers, des études. Tu sais, il y a tout,
là-dedans, puis dans cette loi là, vous la connaissez, puis il y en a plusieurs
articles qui prévoient des obligations de divulgation, puis c'est des fonds
publics, puis évidemment, ça provient de personnes qui ont une obligation de
payer. Ça fait que je le répète : Dans la société civile... posez-moi la
question 20 fois, je n'en ai pas, de comparables, mais je n'en ai pas, de
comparables, de... d'organismes de la société civile qui bénéficient de ce qu'il
y a dans le Code du travail, ça fait que... Puis, j'ai trop de respect pour
vous pour... m'éviter de répondre, là, puis on pourra avoir les échanges en
dehors de la commission parlementaire. Moi, je n'ai aucun problème, mais j'ai
une croyance fondamentale en la capacité d'un projet de loi comme celui-là,
puis là, vous ne me croirez peut-être pas, mais d'accroître la légitimité
syndicale au Québec, parce que la réputation des syndicats est parfois affectée
par des cas malheureux, puis il ne faut pas généraliser, parce que la plupart
des syndicats, ils n'ont pas les cas auxquels je faisais référence pour la
brasserie Labatt, mais il y en a eu trop, malheureusement. Puis ce n'est pas
tous les employeurs qui utilisaient les services d'enfants de huit ans puis 10 ans,
mais parfois, on doit légiférer pour contrôler des abus, contrôler les excès,
et c'est ce que nous faisons, puis je le répète, c'est des pratiques
exemplaires. Quand même qu'on essaierait de me ramener à des critères
objectifs, oui, on en a, puis la transparence, ça passe par les dépenses puis
les états financiers, puis on aurait détecté beaucoup des excès dont on fait
référence, non seulement sur la place publique, mais des cas que nous
connaissons. Ça fait que... Là, puis vous m'excuserez si je ne réponds pas à
d'autres questions, mais je... je pense que je ne peux pas dire plus que ça.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député de Jean-Talon.
M. Boulet : Merci beaucoup.
M. Paradis : Mais vous voyez,
M. le ministre, au-delà du respect mutuel qu'on se porte l'un et l'autre, et
qui importe dans nos... dans nos débats, notre échange vient de donner la
réponse, finalement, à la question. Vous nous dites que, donc, il y en... Non,
mais c'est vrai, c'est important. Il y a... il n'y en a pas, d'autres
standards, parce que pour vous, la clé... puis je comprends que c'est légitime,
la clé, c'est la formule Rand. Donc, vous dites... parce que vous avez souvent
évoqué ces meilleures pratiques, mais vous dites : Non, on est en train de
fixer une nouvelle norme qui va s'appliquer aux syndicats, juste à eux, parce
qu'à cause de la formule Rand, c'est une... bien, c'est pour les... pour les
débats parlementaires qui vont rester dans l'histoire, c'est important que vous
ayez finalement clarifié ça au terme de l'échange. Il reste l'autre partie de
ma question, j'aimerais avoir la réponse parce que vous-même avez insisté sur
le fait qu'il y a des normes qui sont celles de la Loi sur la fonction
publique. Je n'ai pas trouvé exactement ce à quoi...
M. Paradis : ...faites
référence, j'aimerais ça que vous nous indiquiez clairement c'est quoi la norme
à laquelle vous faites référence, où est-ce qu'elle se trouve. Parce que, je
trouve, je continue à trouver particulier que vous imposiez des obligations, ou
que le standard, que la barre que vous fixiez, c'est celle de la fonction
publique ou des institutions publiques et parapubliques pour une organisation
de la société civile. Parce que, rappelons-nous, on ne parle pas toujours de
grosses machines puis de grosses organisations. On parle de plein de sections
locales, de plein d'organisations. Vous l'avez vous-même mentionné, où il n'y a
pas beaucoup de travailleurs, où les finances sont limitées, où le temps et
l'énergie est limité. Et vous créez, et ça, je pense que vous en êtes
conscient, vous créez beaucoup de nouvelles obligations, ça, je l'ai mentionné
souvent, qui vont générer, donc, de la paperasse, des obligations, etc. D'où
l'importance de fixer la barre au bon endroit.
• (12 h 50) •
M. Boulet : Permettez-moi
de ne pas être totalement d'accord sur la paperasse. Il y en a plusieurs qui
sont venus témoigner pour dire qu'ils allaient au-delà de ça. Les articles de
la loi sur la... bien, vous connaissez la loi sur l'accès aux documents des
organismes publics, vous connaissez, il y a une loi similaire dans le secteur
privé, la Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur
privé, vous avez plein d'articles là-dedans qui concernent l'accès, la
divulgation puis l'information financière puis sur les conditions de travail.
Puis, dans la Loi sur la fonction publique, j'ai demandé qu'on identifie sur un
article ou des articles qui peuvent être utiles pour vous. Mais, ceci dit, la
base fondamentale, ce n'est pas ça. Ce n'est pas ça qui m'a inspiré autant que
la réciprocité inhérente à ce que constitue la formule Rand, tu sais, le
privilège qui découle de cette obligation-là. C'est ça qui m'a inspiré.
Mais le reste, les lois sur l'accès
public, la loi sur l'accès privé, vous pouvez en prendre connaissance. Puis sur
la Loi sur la fonction publique, on en a parlé la dernière fois, il me semble,
c'était sur les contrats des organismes publics, là, le 5, 10, 25 dans la LCOP,
on s'est inspirés. Le 25, qui a été demandé par notre collègue de D'Arcy-McGee,
il s'inspirait de cette loi-là. Ça fait que ça, c'était un bon critère objectif
qu'on a convenu à la mi-décembre, si je me... le 10 ou le 11 décembre,
collègue, vous vous en souvenez, j'espère?
Bon.
Le Président (M. Allaire) :
Ça va?
M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Bon, je...
donc, je ne veux pas vous mettre des mots dans la bouche, corrigez-moi, M. le
ministre, là, si c'est une mauvaise interprétation, mais là, je comprends
finalement, de cette série de questions et de réponses, que vous avez fixé un
nouveau standard qui est un peu unique, parce que, dites-vous, dans vos
mots : C'est la réciprocité, c'est l'effet miroir de la formule Rand. Mais
là, si je comprends bien, à la fin de nos échanges, vous le dites, c'est un
standard unique qui s'applique aux organisations syndicales, parce que c'est ni
les standards du gouvernement... puis il n'y en a pas d'autres similaires.
Avez-vous fini par dire dans vos... dans une... dans la réponse précédente, il n'y
en a pas d'autres pour la société civile? Est-ce qu'on est... est-ce que ça
résume bien cet échange?
M. Boulet : ...assez
d'accord avec ça. Puis on peut se dire entre nous qu'il y a du droit nouveau,
mais il y a surtout du droit qui confirme des façons de faire. Il y a surtout
du droit qui confirme des pratiques exemplaires ou des pratiques qui devraient
l'être, dans un monde où les travailleurs sont contraints de payer une
cotisation. On peut s'entendre là-dessus.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Ça va?
M. le député de Saint-Jérôme.
M. Chassin :
Alors, évidemment, j'écoute attentivement, puis je trouve la discussion fort
intéressante. Je voudrais quand même mentionner qu'il y a le député de Jean-Talon
qui choisit bien ses mots parce qu'il demande des référents pour les bonnes
pratiques dans les lois québécoises. Mais évidemment, on peut aller voir
ailleurs, parce qu'il y en a, des obligations de transparence ailleurs. Puis je
pense que, là-dessus, je ne veux pas laisser, là, l'impression aux gens qui
pourraient nous écouter puis évidemment, là, au cabinet du ministre aussi, que,
quand on parle de bonnes pratiques, il faut nécessairement s'appuyer que sur le
corpus législatif québécois. Il y en existe ailleurs qui sont très demandantes.
Il y en a évidemment au fédéral, même pour les organisations de charité, hein?
Donc, si on veut aller voir, par exemple, le financement, voire les salaires
des employés de l'Institut économique de Montréal, où j'ai travaillé, bien, on
peut aller sur des sites, et puis les données financières de cet organisme de
charité privé, hein, avec un reçu d'impôt qu'on paie tous collectivement, bien,
on peut voir, là... Puis, à la limite, ce n'est pas si compliqué de déduire
parfois...
M. Chassin :...le salaire, par exemple, d'un invité en commission
parlementaire à qui on demande, comme l'a fait le député d'Hochelaga-Maisonneuve :
Mais quel est votre salaire? Non, on a une marge. Alors, évidemment, c'est des
brackets, ce n'est pas un salaire pour une personne avec son nom à côté, mais
on a... dans un cas, par exemple, comme celui-là, d'une dizaine d'employés,
c'est assez facile de deviner. Et ça, c'est de la transparence financière
imposée à des organisations privées sur la simple base d'un traitement
avantageux en termes de fiscalité, non pas un pouvoir de taxation délégué,
comme on a donné aux syndicats avec la formule Rand. Ça, c'est à un autre
niveau complètement.
Alors, je pense qu'on a ici... puis là je
veux... évidemment, je m'entends certainement avec le député de Jean-Talon,
mais je discute du principe, mais on a certainement ici des précédents. C'est
canadien. Aux États-Unis, c'est rendu public. Puis là je vous donne... c'est en
1959 qu'on a adopté une loi sur... là, je vais vous le dire... alors la
Labor-Management Reporting and Disclosure Act. Donc, ça, c'est une source de
bonnes pratiques mais qui est beaucoup plus contraignante que ce qui existe.
En fait, c'est... c'est intéressant parce
qu'il y a tellement d'informations au Department of Labor aux États-Unis qu'à
un moment donné il y avait une journaliste du Devoir bien connue, Hélène
Buzzetti, qui avait été chercher là-dedans les dépenses d'un syndicat affilié à
l'international, mais un syndicat canadien, qui avait versé une contribution en
contravention avec la Loi électorale canadienne au NPD. Bon, évidemment, le
député d'Hochelaga-Maisonneuve me disait : Oui, bon, c'est comme pour
avoir une présence dans un endroit où il y avait comme un congrès. Alors, on
peut contester, mais l'information qu'un syndicat canadien avait donné des sous
à un parti politique canadien avait été obtenue par une journaliste du Devoir.
Comment? Avec les données financières publiées aux États-Unis, parce qu'eux ont
davantage de transparence syndicale. Moi, je pense que c'est révélateur. Et,
après ça, bien, on peut se dire : Bien, les États-Unis, on sait bien, les États-Unis.
Bon, OK. À ce moment-là... Depuis 1959, quand même, ça a été maintenu, donc y
compris sous Barack Obama.
Mais mentionnons quand même que ce n'est
pas que là. Il y a des... la transparence financière qui est aussi un principe
fort et inscrit dans la loi en France, avec... puis là ils ont des titres
absolument merveilleux, en France, dans la Loi portant rénovation de la
démocratie sociale et réforme du temps de travail. C'est quand même chouette.
«Portant rénovation», c'est la première fois que j'entends ça en français.
Mais, bref, tout ça pour dire que je pense
que c'est tout un corpus qui existe et qui nous indique, un, que, sur le
principe, ce n'est pas qu'un sondage qui montre que 80 % de la population
québécoise pense qu'on devrait avoir davantage de transparence pour les
syndicats, c'est vraiment... Il y a effectivement des pratiques qui sont
exercées ailleurs. Il y a des textes législatifs qui existent ailleurs qui
peuvent certainement nous inspirer. Puis, à mon avis, on a, dans ces éléments,
par exemple, ici, là, une espèce d'équilibre entre qu'est-ce qu'on va demander
aux syndicats comme charge de travail, qu'est-ce qu'on cherche à obtenir, puis
les syndicats nous ont indiqué : Bien, pour certains éléments, on ne veut
peut-être pas que ce soit nominatif. Moi, je pense que c'est tout à fait
légitime de laisser une certaine marge de manœuvre là-dessus. On les a entendus,
on convient de certains sous-amendements, mais, sur le principe, je demeure
ferme, puis j'espère et j'encourage le ministre à demeurer ferme. Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
D'autres interventions? M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Oui. Je veux
revenir sur l'aspect nominatif ou non nominatif, là, à 4° a et 4° b, parce que
là, en ayant introduit le 4° b, qui va toucher tout le monde, donc en
particulier les délégués syndicaux... C'est-à-dire, le 4° a touche les élus de
l'exécutif, le 4° b touche les délégués syndicaux. Dans le 4° b, on n'est pas
dans le nominatif. Le ministre a dit : C'est pour préserver la volonté
d'implication. Je trouve ça intéressant. Il dit : Ça a été soulevé pendant
les présentations. J'essaie juste de comprendre pourquoi ce n'est pas le même
argument pour 4° a, pourquoi là il faut y aller nominativement, mais on est
correct de ne pas y aller nominativement pour les délégués syndicaux parce que
la volonté de vouloir s'impliquer...
M. Leduc : ...sans être...
M. Boulet : Dans la hiérarchie
syndicale, là. C'est le statut et conformément à la jurisprudence que nous
avons partagée ce matin. C'est comme ça dans la Loi sur l'accès aux
informations des organismes publics, là, c'est les salaires des hauts
dirigeants, là. Je ne sais pas comment ils appellent ça précisément, là, mais
pour l'ensemble des autres personnes qui en ont bénéficié, ce n'est pas la même
dynamique, puis ça répond à ce que je vous ai mentionné un petit peu plus tôt,
là, pour ne pas désinciter de faire...
Le Président (M. Allaire) : Merci,
merci, merci. Je regarde l'heure, et on a entendu un signal qui nous a rappelé
que c'est l'heure de dîner.
Donc, compte tenu de l'heure, je vais
suspendre les travaux jusqu'à 14 heures. Merci, tout le monde. Bon dîner.
(Suspension de la séance à 13 heures)
13 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 14 h 02)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
à l'ordre s'il vous plaît! La Commission de l'économie et du travail reprend
ses travaux.
Nous poursuivons l'étude détaillée du
projet de loi numéro trois, Loi visant à améliorer la transparence, la
gouvernance et le processus démocratique de diverses associations en milieu de
travail.
Si vous vous souvenez, lors de l'ajournement,
nous sommes à l'article huit, plus... plus précisément à un sous-amendement
déposé par la députée de Huntingdon de la partie gouvernementale. M. le député
d'Hochelaga-Maisonneuve, c'est vous qui aviez la parole, donc on va commencer
avec vous. Allez-y.
M. Leduc : Merci, M. le Président.
Bonjour, tout le monde ou rebonjour, tout le monde, devrais-je dire.
On s'est laissé, là, notamment sur des
échanges concernant la capacité... pas la «capacité», mais l'anonymisation ou
pas, là, des dépenses pour chacun des dirigeants syndicaux. Tu sais, je
soulignais que dans le 4b, on avait décidé d'y aller à l'anonymisation pour
les... pour les délégués parce que... ne voulait pas être un frein à l'implication.
Mais, quand... Mais je ne comprenais pas pourquoi ce n'était pas le même
argument pour 4a et pour trois, pourquoi on n'avait pas anonymisé les
dirigeants élus. Parce que je suis allé voir sur le site Internet de la CSN,
qui mettent leurs états financiers publics depuis quand même un certain nombre
d'années, puis c'est écrit, là, donc, depuis des années, le titre... pas le
«titre», pardon, mais le montant total de l'ensemble de l'exécutif élu. Donc, c'est
écrit «les élus», puis là, on a un montant. Ça fait que je ne sais pas si le
ministre avait reçu des plaintes particulières de membres de la CSN qui étaient
insatisfaits de ne pas avoir le salaire nominatif de chacun de ces élus-là puis
pourquoi le salaire plus global anonymisé n'est pas suffisant comme pratique...
comme bonne pratique que le ministre dit qu'il faut suivre.
M. Boulet : Je n'ai pas eu de
plainte sincèrement. En même temps, je trouve ça tout à fait normal, comme on
en a parlé pour les emplois supérieurs, que les travailleurs puissent savoir la
rémunération de ces personnes-là qui sont élues et qui font partie de la... on
va utiliser l'organe supérieur du syndicat. Alors, ça se résume à ça.
M. Leduc : Mais,
contrairement aux taxes et impôts qui paient les emplois supérieurs, duquel on
ne peut échapper, là, on dit souvent qu'il y a deux... deux fatalités dans la
vie, la mort et les impôts, les cotisations syndicales, éventuellement, si on
ne veut vraiment plus en payer, on peut convaincre ses collègues de se
désyndiquer, puis il n'y en aura plus, de cotisations syndicales.
M. Boulet : Ah! pas... pas de
vous!
M. Leduc : Mais on ne peut
pas convaincre son voisin de ne plus payer son impôt. Les impôts sont là
forcément au niveau municipal, provincial et fédéral.
M. Boulet : ...je comprends.
Mais je pense que c'est normal puis c'est accessible. Puis ils l'ont mentionné,
dans certains cas, que les travailleurs puissent savoir le salaire du
président, du VP puis du trésorier. Dans le fond, ce n'est pas compliqué.
M. Leduc : Je suis allé,
après ça, vérifier.
M. Boulet : Est-ce qu'on s'entend
que ce n'est pas compliqué?...
14 h (version non révisée)
M. Boulet : ...mais quant au
mérite, c'est...
M. Leduc : Bien, c'est parce
que je ne comprends ça répond à quel besoin. Vous dites vous-même que la CSN le
fait depuis des années, mettre le salaire des dirigeants de manière nominative...
pas nominative mais globale, puis vous dites que vous n'avez reçu absolument
aucune plainte. Ça fait que là, je cherche on cherche à régler quel problème.
Moi, ma fille, là, de huit ans, là, elle me demande toujours : Qu'est-ce
que tu fais, papa? C'est quoi, un député? C'est quoi ça fait, dans la vie? Je
dis : On essaie de régler des problèmes. Puis là j'essaie de chercher c'est
quoi, le problème qu'on essaie de régler en insistant pour que ce soit
nominatif, le salaire des dirigeants.
Là où je veux vous amener, M. le ministre,
c'est que, pendant la pause dîner, je suis allé vérifier puis je me suis
demandé... Tu sais, vous dites que c'est vraiment le fait que ce soit la formule...
qui vous donne la légitimité d'aller faire cette application-là. Puis, comme
mon collègue de Jean-Talon le soulignait tantôt, il n'y a aucune autre
organisation qui est adjointe à ce genre de précision là, d'avoir les salaires
nominatifs de ses dirigeants.
Je suis allé voir. J'avais deux exemples
en tête, qui me venaient à l'esprit. D'abord, les sociétés de développement commercial,
il y en a dans plusieurs quartiers, dans plusieurs villages. Donc, ça, c'est un
tronçon de rue où on détermine que tous les commerces qui ont enseigne sur
cette... sur ce tronçon de rue là doivent faire partie de la SDC, la Société de
développement commercial, et donc sont obligés de payer une forme de
cotisation. Mais, à ma connaissance, puis on me corrigera, j'ai essayé de
trouver l'information, je ne l'ai pas trouvée... mais, à ma connaissance, on n'oblige
pas les élus de la SDC qui siègent sur le CA ni le DG à dévoiler publiquement
son salaire nominatif. À ma connaissance.
Par contre, j'ai aussi été vérifié, et ça,
je suis certain de mes affaires, les comités paritaires dans une industrie... Puis
on a eu l'occasion de parler beaucoup de comités paritaires, puis les rumeurs
disent qu'on en reparlera peut-être bientôt, des comités paritaires, mais, dans
la loi des décrets de conventions collectives, la LDCC, on prévoit la même
chose que pour un secteur donné où s'applique un décret : les employeurs
sont obligés de cotiser. Et là, bon, ça veut dire que c'est une forme d'obligation.
On pourrait le comparer, d'une certaine manière, avec des nuances, bien sûr,
mais on pourrait le comparer avec la formule...
Mais allons creuser. Qui administre le
comité paritaire? C'est moitié... ça le dit, hein, «paritaire», employeurs,
moitié employés. Est-ce qu'ils sont obligés de dévoiler leurs salaires
nominatifs eux aussi? Bien non. Quand on va fouiner un peu dans la loi, je
pense que c'est l'article 5 de la loi qui dit que c'est anonymisé... ou le
règlement, plutôt, l'article 5 du règlement, c'est anonymisé, la reddition de
comptes de ces salaires-là. Je suis allée encore plus pointu, vérifier, je suis
allé imprimer les états financiers du comité paritaire des agents de sécurité.
J'en ai trouvé un, comme ça, un peu presque au hasard. Je suis allé voir puis j'ai
trouvé celui, sur leur site Web, du 31 décembre 2024. Puis on voit clairement,
administration générale c'est juste écrit le salaire, ce n'est pas écrit le nom
des gens. Et puis même chose pour les présences, puis les gens qui forment le
conseil, dans le fond. Ça fait que ni la haute direction, les cadres, ni les
élus, dans le fond, en quelque sorte, qui siègent au comité paritaire ne
doivent, dans la loi, préciser leur salaire d'un point de vue nominatif.
M. Boulet : Je n'entrerai pas
dans la discussion de faire des parallèles avec x, y ou z, parce qu'il y a des différences,
que ce soit une société de développement commercial ou un comité paritaire en
vertu de la LDC. Ce n'est pas des comparaisons similaires. Je reviens sur le
mérite. Puis vous me parlez de votre fille de huit ans, Jeanne. Posez-lui la
question : Jeanne, si tu es obligée de payer 2 $ pour ça, est-ce que
ça t'intéresserait de savoir comment ça va être utilisé? Posez-lui la question,
puis elle va vous répondre simplement : Papa, oui.
Alors, c'est tout ce qu'on fait. Si, moi,
je paie 1 200 $, 1 500 $ par année, j'aimerais savoir ce
que mon président, mon VP ou ma VP, là, excusez-moi, ou mon trésorier mets dans
ses poches. C'est aussi simple que ça. Ça fait que je n'entrerai pas dans le
jeu des comparaisons, parce que ce qui nous préoccupe, ici, c'est le Code du
travail puis la loi R-20, c'est tout.
M. Leduc : Je veux juste
rajouter, si la DPJ nous écoute, je n'oblige pas ma fille à payer pour quoi que
ce soit, elle n'a pas de cotisations, tout est...
M. Boulet : Non, je n'ai pas
dit... venant de toi...
M. Leduc : Je suis un père,
là, à son affaire, je fournis un toit, des vêtements, elle n'a pas à payer pour
ça.
M. Boulet : Je sais à quel
point vous êtes un bon père de famille. Puis j'ai déjà rencontré Jeanne, ça fait
que je le sais.
M. Leduc : Ça, c'est réglé.
Merveilleux! Mais la comparaison, notamment avec le comité paritaire, moi, je
la trouve éclairante, M. le ministre. Puis je l'ai dit d'emblée, évidemment,
les comparaisons, elles ont toujours une limite, mais, dans l'échange que vous
avez eu avec le collègue de Jean-Talon, vous étiez allé loin, vous avez dit, dans
le fond, l'essence, tout ce qui reste, dans le fond, comme...
M. Leduc : ...pour aller dire
dans un groupe privé qui est un syndicat et non une société d'État comme les
fonctionnaires ou les hauts fonctionnaires, tout ce qui me permet d'aller
exiger la publication nominative publique des salaires des dirigeants élus et
du plus haut... et du plus haut cadre, c'est le fait que ce soit une formule
obligatoire, que ce soit une cotisation obligatoire, c'est la seule chose qui
vous attache, c'est votre seul argumentaire. Mais après ça, je regarde d'autres
milieux, parce qu'il n'y en a pas tant que ça, où il y a des cotisations dites
obligatoires. Le plus comparable, c'est certainement le comité paritaire, on
oblige même des entrepreneurs à cotiser de manière obligatoire.
• (14 h 10) •
M. Boulet : ...je vais vous
soumettre une hypothèse de travail. On va... on peut le régler dans un prochain
projet de loi, là, si vous le souhaitez, là, pour les comités paritaires, pour
moi, ce n'est pas des comparaisons similaires. Il y a des différences, mais, si
jamais vous me convainquez que c'est exactement la même chose, on peut... on
peut y penser. On peut y penser pour l'appliquer, vous souhaiteriez que ça
s'applique au comité paritaire?
M. Leduc : Puis aux sociétés
de développement commercial aussi, vous voulez obliger les entreprises à
dévoiler les salaires de leurs dirigeants?
M. Boulet : C'est totalement
en dehors de mon périmètre d'action, vous le savez, ministre du Travail, j'ai
des lois du travail et c'est les lois qui m'intéressent et qui me préoccupent
ici, c'est simplement par souci de transparence. Puis je regrette, je ne
voulais pas dire que Jeanne se faisait imposer, mais si elle avait à payer
2 $ en vertu d'une quelconque obligation que ce soit, elle aimerait savoir
comment ce 2 $ là va est utilisé.
M. Leduc : Je lui demanderai
tantôt ce qu'elle en pense. Je vous tiendrai au courant la semaine prochaine.
M. Boulet : Oui.
M. Leduc : Je vous tiendrai au
courant la semaine prochaine. Moi, ce que... ce que j'entends, puis ce que je
retiens de notre échange, M. le ministre, c'est qu'il n'y a pas d'assise concrète
à cette nécessité-là. Vous m'avez confirmé que vous n'aviez reçu absolument
aucune plainte des membres de la CSN d'une quelconque façon qui exigeait la
publication nominative de chacun des salaires de leurs dirigeants. Ça fait que
si la CSN n'a pas reçu de plainte, on assume... Sinon, ils l'auraient peut-être
modifié eux-mêmes. Si vous, vous n'avez pas reçu de plainte, qu'est-ce qu'on
fait à parler de ça ici, là?
M. Boulet : Est-ce qu'il faut
que je redise ma réponse? Ou...
Le Président (M. Allaire) : Non,
M. le ministre, en vertu de l'article 82, vous avez le choix de répondre ou
pas. Ça vous appartient.
M. Boulet : Avec respect,
je... je pense avoir répondu peut-être erronément, mais je n'ai pas d'autres
commentaires.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député d'Hochelaga-Maisonneuve, c'est à vous. Ça va? Pas d'autres
interventions? Donc, nous allons procéder à la mise aux voix du
sous-amendement. Est-ce que le sous-amendement est adopté?
Une voix : Adopté...
Le Président (M. Allaire) : Adoptépar... par appel nominal, s'il vous plaît, Mme la secrétaire.
La Secrétaire
: Pour,
contre, abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
M. Boulet : Pour.
La Secrétaire
:
Mme Mallette (Huntingdon)?
Mme Mallette : Pour.
La Secrétaire
:
Mme Jeannotte (Labelle)?
Mme Jeannotte : Pour.
La Secrétaire
: Mme Hébert
(Saint-François)?
Mme
Hébert
:
Pour.
La Secrétaire
: Mme Dorismond
(Marie-Victorin)?
Mme Dorismond : Pour.
La Secrétaire
:
M. Thouin (Rousseau)?
M. Thouin : Pour.
La Secrétaire
:
Mme Prass (D'Arcy-McGee)?
Mme Prass : Pour.
La Secrétaire
:
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Abstention.
La Secrétaire
: Et M. Allaire
(Maskinongé)?
Le Président (M. Allaire) :
Abstention. Le sous-amendement est donc adopté. Alors, on revient donc à
l'amendement à l'article introduit 47.1.2, de l'article huit. Donc, il est
maintenant sous-amendé deux fois plutôt qu'une. Donc, est-ce qu'il y a des
interventions concernant l'amendement qui a été sous-amendé? S'il n'y a pas
d'autres interventions, nous allons procéder à la mise aux voix de l'amendement
sous-amendé. Est-ce que l'amendement sous-amendé est adopté?
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Par appel nominal, Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
M. Boulet : Pour.
La Secrétaire
: Mme Mallette
(Huntingdon)?
Mme Mallette : Pour.
La Secrétaire
: Mme Jeannotte
(Labelle)?
Mme Jeannotte : Pour.
La Secrétaire
: Mme Hébert
(Saint-François)?
Mme
Hébert
:
Pour.
La Secrétaire
: Mme Dorismond
(Marie-Victorin)?
Mme Dorismond : Pour.
La Secrétaire
: M. Thouin
(Rousseau)?
M. Thouin : Pour.
La Secrétaire
: Mme Prass
(D'Arcy-McGee)?
Mme Prass : Pour.
La Secrétaire
: M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Abstention.
La Secrétaire
: Et
M. Allaire (Maskinongé)?
Le Président (M. Allaire) :
Abstention. Donc, l'amendement sous-amendé est adopté. Alors, on revient donc à
l'article introduit, 47.1.2, qui a été amendé. Est-ce qu'il reste des
interventions, chers collègues?
M. Leduc : ...
Le Président (M. Allaire) :
Oui, exact. On ne le votera pas... oui, deux fois... encore une fois,
sous-amendé. Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention sur l'article introduit,
on ne le vote pas tout de suite, on va voter le bloc à la fin, donc on va aller
aller au dernier article introduit, 47.1.3. Ça va pour tout le monde? M. le
député d'Hochelaga-Maisonneuve, ça va? OK, parfait. M. le ministre, je vous
laisse la parole pour faire la lecture de 47.1.3 et commentaires.
M. Boulet : Oui. Merci, M. le
Président. 47.1.3. «L'inobservation des articles 47.1 à 47.1.2 ne donne
ouverture qu'à l'application du chapitre IX.»
Commentaires...
M. Boulet : ...Donc, en fait,
simplement, M. le Président, ça énumère les dispositions pour lesquelles seules
les dispositions pénales du code sont applicables. C'est de même nature que
20.4 et 47.0.5 du code, introduit respectivement par les articles quatre et
sept du projet de loi. Donc, ça réfère à 47.1, production, présentation,
transmission des états financiers. Puis, à .1.2, c'est production,
présentation, transmission du rapport sur l'utilisation des ressources
financières.
Bon. Puis, peut-être, je vais donner
d'autres explications, là, pour... Je sais les questions qui peuvent venir, là.
Mais les plaintes à l'égard des contraventions, ils sont du ressort du tribunal
judiciaire, ils doivent être déposés devant un tribunal de droit commun. C'est
exclu de la compétence du Tribunal administratif du travail. Puis la
jurisprudence du Tribunal administratif du travail a souligné plusieurs fois
qu'il ne dispose pas d'un pouvoir général de surveillance sur l'ensemble des
activités d'une association accréditée et encore moins sur celles qui sont en
dehors de la relation salarié-employeur. Donc, il y a une décision, là, en
fait, qui a été rendue dans... CIUSSS, CSN, c'est en 2021, du tribunal
administratif. Il était question du remboursement des sommes dues en vertu d'une
politique de remboursement des salaires et des dépenses du syndicat. Puis le
tribunal a décliné compétence en disant que c'était une affaire de la gestion
courante du syndicat.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Des interventions? Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci, M. le
Président. Donc, on comprend bien qu'une plainte qui serait à la nature de
l'article, il faudrait que ça vienne de la part d'un membre du syndicat?
M. Boulet : Oui. Totalement.
Je l'ai... Je l'ai répété. Oui. C'est les travailleurs.
Mme Prass : C'est ça. Donc,
ceux qui sont impliqués, parce que sinon, on ne veut pas, surtout que les états
financiers vont être mis sur le site Web... on ne veut pas que ce soit une
personne à l'extérieur du syndicat qui puisse amener cette plainte-là. Et les
contraventions, je comprends que ça va être devant les tribunaux, mais
avez-vous une idée du montant que les contraventions pourraient représenter?
M. Boulet : Ah! excellente
question. Pour mauvaise utilisation des cotisations, donc par exemple utiliser
les cotisations principales pour une activité qui doit être payée par la
facultative, c'est 5 000 $ à 50 000 $. Pour les autres
manquements du Code du travail ou à la loi R-20, comme ne pas respecter les
autres règles prévues dans ces lois, mettons, le vote au scrutin secret, le
rapport sur l'utilisation des dépenses, le contenu minimal des statuts, c'est
1 500 $ à 7 500 $. C'est les mêmes amendes que dans le Code
du travail. Pour une première récidive, c'est le double, pour une troisième...
en fait, une deuxième récidive, c'est une amende triplée. Donc, je peux y aller
avec, tu sais, le rapport financier incomplet, les règles de financement non
respectées... tu sais, c'est tout entre 1 500 $ puis
7 500 $, je vous dirais.
Mme Prass : Donc, j'imagine,
dépendamment de la taille également et les capacités du syndicat, ça va varier?
M. Boulet : Bien oui. Bien
oui. Mais ça... Bien oui. Le tribunal a un certain nombre de critères. Mais, tu
sais, entre nous, il n'y en aura pas, de plaintes, ou il y en aura peu, parce
que les syndicats, selon moi, puis dit avec respect, en matière de transparence
puis de gouvernance, ce que j'ai entendu durant les consultations
particulières, leur principale revendication, je pense qu'on y a donné suite.
Et il y en a qui vont au-delà de ce qu'on a dans notre projet de loi. Ça fait
que je n'anticipe pas. Mais, tu sais, le collègue d'Hochelaga-Maisonneuve
disait : Oui, il peut peut-être y avoir une personne quérulente. Ça, je ne
peux pas contrôler ça. Mais les tribunaux sont alertes aussi, puis on a un
système de droit, puis c'est entre 1 500 $ puis 7 500 $. Ça
fait qu'il faut suivre au tribunal, en fait, il va suivre toute la procédure du
Code de procédure pénale. Puis, moi, j'ai confiance en notre système
judiciaire, contrairement à ce qui peut arriver dans d'autres pays,
malheureusement.
Mme Prass : Parfait. Bien,
c'est ça, je veux juste m'assurer que, bien, comme vous avez dit, ça va aller
devant le tribunal. Donc, chaque cas va être jugé de façon individuelle, et
selon les capacités du syndicat, et selon la plainte de l'individu qui sera
décortiquée, disons, par les tribunaux?
M. Boulet : Bien, je ne
rentrerai pas dans les bottines d'un juge, là, mais c'est sûr que, si c'est une
petite association qui a des moyens financiers limités puis qui fait une
infraction...
M. Boulet : ...pas grave, le
tribunal va le considérer, là. Puis, encore une fois, oui, c'est ma
compréhension.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
• (14 h 20) •
M. Leduc : Merci, M. le
Président. C'est mon erreur de lecture ou, M. le ministre, dans votre première
version, dans le document que j'avais réussi, là, à mettre la main dessus, là,
vous étiez plutôt en train de vous... d'aller vers le TAT pour ça, mais,
finalement, dans le projet de loi que vous avez déposé, vous n'avez pas été
vers le TAT, vous avez été vers les tribunaux réguliers, et donc la Cour du
Québec. Je me trompe?
M. Boulet : Oui, exactement.
M. Leduc : Qu'est-ce qui vous
a fait migrer entre votre idée initiale, d'aller au TAT?
M. Boulet : Bien, la
juridiction, la compétence. Puis on ne voulait pas surcharger nécessairement,
puis créer une division, ou... tu sais, avec tous les arguments que vous me
partagez, projet de loi par-dessus projet de loi. On n'anticipe pas un fort
volume, et la Cour du Québec, en respect du Code de procédure pénale, va très
bien le faire. Puis, tu sais, vous la connaissez, la jurisprudence assez
constante du TAT, là, qu'il ne se mêle pas de ce qui concerne... ce qui est en
dehors de la relation entre les travailleurs puis les syndicats, là.
M. Leduc : Donc, le TAT, on
oublie ça. C'est... c'est le cas pour le reste du projet de loi, hein, on ne
fait pas référence...
M. Boulet : Oui, mais dans
Code du travail, c'est ça, Oui.
M. Leduc : Donc, ça reste la
Cour du Québec.
M. Boulet : Comme dans les
autres articles du Code du travail, oui.
M. Leduc : Ça coûte combien,
environ, monter un dossier comme ça? Parce qu'on ne peut pas, contrairement au
TAT, on ne peut pas se représenter tout seul, à la Cour du Québec, il faut être
représenté par un avocat, si je ne me trompe pas.
Des voix : ...
M. Leduc : Quand... quand on
va au TAT, là, ou au Tribunal du logement, c'est un tribunal administratif, on
peut se représenter soi-même, est-ce que je me trompe?
M. Boulet : Pardon?
M. Leduc : Si je me rappelle
bien de mes cours de droit social et du travail à l'UQAM, le TAT et le TAL sont
des tribunaux administratifs?
M. Boulet : Il peut agir
personnellement.
M. Leduc : Mais pas... mais
pas à la Cour du Québec?
M. Boulet : Oui, il peut agir
personnellement, je pense que c'est prévu à... je pense que c'est
l'article 192 du Code de procédure pénale, si je me souviens.
M. Leduc : OK.
M. Boulet : Tu peux y aller
seul.
M. Leduc : Ah, ça, je ne suis
pas au courant.
M. Boulet : Oui. Oui, oui, tu
peux agir personnellement...
M. Leduc : On peut se
représenter seul à la Cour du Québec?
M. Boulet : Hein? C'est ça,
mon souvenir est bon.
M. Leduc : On n'est pas
obligé d'avoir un avocat?
M. Boulet : Je vais le
répondre une troisième fois...
M. Leduc : OK.
M. Boulet : ...effectivement.
M. Leduc : Je... je pensais
que c'était obligatoire d'avoir un avocat quand on est à la Cour du Québec.
C'est-tu en fonction du... du montant qu'on réclame? Qu'est ce qui fait
qu'on...
M. Boulet : Non, tu as le
droit de te représenter devant le tribunal, là.
M. Leduc : OK, il n'y a
aucuns tribunaux qui est obligé d'avoir un avocat?
M. Boulet : Bien, il y a-tu
les des tribunaux où il y a une obligation formelle d'avoir un avocat?
Des voix : ...
M. Boulet : ... il y a parfois
des exceptions où ça peut être quelqu'un d'autre qu'un avocat. Mais ma
question...
Une voix : ...
M. Boulet : Bien oui, j'ai
toujours eu... Moi, en droit, j'ai toujours appris ça, là, qu'on pouvait se
représenter seul, puis il y a des fois, souvenez-vous, il y a des... des juges,
il y a des juges, les amicus curiaes, là, il y a des juges qui proposent à une
personne qui est seule d'être représentée par un avocat, avocate, la personne,
elle dit :Je ne connais pas personne. Puis le tribunal va lui-même lui
proposer...
M. Leduc : Lui suggérer des
gens. Donc, en théorie, on peut se présenter seul.
M. Boulet : Il y a...
cependant, puis on me rappelle... ce à quoi vous pensez, peut-être, tu n'as pas
le droit d'être représenté par avocat aux petites créances, mais le reste, tu
peux être là seul.
M. Leduc : Parfait. Et
comment ça coûte, introduire un... un recours comme ça?
M. Boulet : Ah, je n'ai
pas... je n'ai pas... je n'ai aucune idée, là...
M. Leduc : C'est des frais
administratifs qui sont perçus par la cour?
M. Boulet : ...les... la
personne... Bien oui, puis, c'est des formulaires à remplir, là, si je ne
m'abuse, là, mais il va devoir demander l'autorisation au juge s'il souhaite
intenter une procédure pénale, puis si c'est autorisé, bien là, il ouvre un
dossier aux greffes de la cour. Là, on fait signifier au défendeur un constat
d'infraction... C'est la même affaire dans le Code du travail, collègue
d'Hochelaga-Maisonneuve, constat d'infraction qui a... qui comporte
l'autorisation de poursuivre, puis là, il y a possibilité de faire un plaidoyer
de culpabilité ou non-culpabilité. Après ça, c'est transmis au Bureau des
procureurs de la Couronne, il y a un constat d'infraction, puis, bon, après ça,
le plaidoyer puis le paiement doivent... Bien, c'est ça, c'est la procédure
habituelle, là.
M. Leduc : Vous n'avez pas
idée d'à peu près ça... ça coûte combien, ouvrir un dossier comme ça? Ou
peut-être qu'on peut vérifier pendant qu'on...
M. Boulet : Il faudrait que je
le vérifie, ça coûte, c'est quoi...
M. Leduc : ...introduire une
instance comme ça?
Des voix : ...
M. Boulet : On le vérifiera.
M. Leduc : Oui, on peut
continuer à discuter pendant qu'on vérifie...
M. Boulet : Parce que c'est
des frais qui peuvent évoluer dans le temps, ça fait que...
M. Leduc : Pour avoir une
idée, environ. Oh, on a de la visite. Bonjour.
Le Président (M. Allaire) :
Juste... ça me permet de saluer les gens qui sont avec nous. C'est les gens
du...
Le Président (M. Allaire) : ...Séminaire
Saint-Joseph, que d'ailleurs le ministre connaît très bien. Donc, c'est des
étudiants qui viennent de partout de la Mauricie. Je salue le Pr Alexandre, qui
fait cet exercice-là chaque année. Honnêtement, bravo pour les introduire à la
vie politique!
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
Oui, c'est parfait. Vous le faites sans bruit, c'est parfait. Vous pouvez le
faire à plusieurs reprises. Donc, salutations.
M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, je
vous cède la parole.
M. Leduc : On va... on
va essayer de leur faire un bon show, M. le ministre.
Le Président (M. Allaire) :
Oui.
M. Leduc : On va essayer
de leur faire un bon show.
M. Boulet : ...rencontré
un peu plus tôt, salutations, puis, si vous sentez le besoin de me protéger
lors de la commission parlementaire, n'hésitez pas, vous levez la main. Merci
d'être là, hein?
Le Président (M. Allaire) : Merci.
On poursuit. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve
M. Leduc : Si jamais ils
veulent se syndiquer aussi, on peut leur présenter des gens, mais en tout
cas...
Des voix : ...
M. Leduc : ...On s'arrête
là.
M. Boulet : N'oubliez
pas que si vous êtes syndiqués, vous allez devoir payer une cotisation. C'est
une obligation.
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) : OK,
ça va, tout le monde. Je vous ramène, je vous ramène, je vous ramène vers moi.
M. le ministre. Ça va? On revient s'il vous plaît.
M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve,
allez-y.
M. Leduc : Allons-y,
allons-y. Les salutations sont faites.
M. Boulet : ...
M. Leduc : Oui, allons-y.
M. Boulet : Il n'y a
aucuns frais. En première instance, il n'y a aucuns frais qui doivent être
assumés par la personne qui se plaint. Comme les autres dispositions qui sont
prévues au Code du travail.
M. Leduc : Donc,
prenez-moi par la main, là, puis expliquez-moi les démarches. Je suis un
salarié, je trouve qu'un des trois articles ici n'a pas été respecté. Comment
ça marche? J'appelle à la Cour du Québec, je leur dis : Bonjour, je
m'appelle Jean Tremblay puis je veux déposer une plainte en vertu de l'article 47.1.3
M. Boulet : Je
m'appelle... je m'appelle Alexandre Boulet, j'appelle aux greffes de la cour à Trois-Rivières,
au palais de justice, puis je dis que je veux faire une plainte. Là, ils vont
lui expliquer qu'il va devoir obtenir l'autorisation d'un juge. Puis pour
l'avoir, cette autorisation-là, il doit aller dans son district judiciaire, si
tu es dans une autre ville, c'est un autre district judiciaire. Et ce qui est
important, c'est le district judiciaire, où est la personne qui a commis l'infraction,
comme dans tous les dossiers. Il peut agir personnellement ou par l'entremise
d'un procureur, il ne peut pas agir pour d'autres salariés. Donc, c'est une
plainte de nature individuelle. C'est important de le rappeler, parce qu'on est
dans un contexte de rapport collectif, mais il fait une plainte individuelle.
Sa demande est présentée par écrit aux greffes, comme je viens de le présenter,
puis ça peut même être présenté oralement, collègue, au personnel du greffe. Tu
rentres au palais de justice de Trois-Rivières puis il y a des vitrines, tu
peux parler à la personne et tu peux le faire oralement. Donc, elle est
produite, après ça, il y a un modèle de constat d'infraction général qui est
disponible en format PDF. Puis après ça, bien, je l'avais ici, aucun frais
n'est exigible puisque le préavis, en première instance, n'est pas nécessaire.
Donc, la deuxième étape, si tu es
autorisé, le dossier est ouvert. Là, il y a une signification qui est faite au
défendeur du constat d'infraction, puis vous l'avez vu en pratique fréquemment,
là, des constats d'infraction, vous savez comment c'est fait. Puis là, tu as
une partie où tu peux plaider coupable ou non coupable. Après ça, c'est
transmis au DPCP, il y a un double du constat d'infraction. Là, on poursuit
avec la signification, après ça, l'autre étape, c'est le plaidoyer puis le
paiement dans le cas d'un plaidoyer de culpabilité, c'est transmis avec une
partie détachable aux greffes de la Cour du Québec. Puis s'il y a une audience
parce qu'il y a un plaidoyer de non-culpabilité, là, encore une fois, il peut
être représenté ou être seul. Il ne peut toujours pas représenter d'autres
salariés. Puis, dans la loi R-20, les poursuites pénales sont intentées
par le DPCP dans le Code du travail, elles peuvent aussi être intentées par le
DPCP ou par un membre d'une association accréditée compris dans l'unité de
négociation. Un membre de l'unité, quand il est question d'une infraction en
lien avec un vote de grève, signature d'une convention, bon... C'est tout.
M. Leduc : Je pense
qu'on les a ennuyés, là, M. le ministre. Ils s'en vont.
Le Président (M. Allaire) : Non,
c'est l'autre groupe qui s'en vient, je vous rassure, M. le ministre.
M. Leduc : C'est l'autre
groupe qui s'en vient, OK.
M. Boulet : C'est le
groupe d'Hochelaga-Maisonneuve qui s'en vient.
M. Leduc : Donc, je comprends
que... là, vous me dites une information nouvelle, c'est le DPCP aussi... peut
faire la poursuite.
M. Boulet : Oui, à
l'article 9 de la loi du code...
M. Boulet : ...procédure
pénale, c'est prévu, là. Ça peut être le DPCP qui poursuit.
M. Leduc : Mais le DPCP, il
ne se lève pas un bon matin puis il dit : Tiens, tiens, je vais
poursuivre. Il a reçu une plainte d'un individu.
M. Boulet : Oui, oui, oui,
mais c'est le DPCP qui prend la décision. Puis là je ne connais pas l'aspect
pratique, là, comment...
• (14 h 30) •
M. Leduc : Mais donc le
salarié peut à la fois dire : Je vais faire une plainte... je vais partir
ma petite affaire moi-même au greffe, puis, en parallèle, il peut aussi faire
une plainte au DPCP?
M. Boulet : Non, c'est...
cette plainte-là, s'il y a un constat d'infraction, c'est lui qui va aller la
plaider. Ce que le Code de procédure pénale prévoit, c'est que c'est le
poursuivant ou ça peut être le DPCP.
M. Leduc : OK. Si c'est le
DPCP...
M. Boulet : Mais c'est la
même plainte. Le DPCP ne fait pas une plainte parallèle, là, c'est : la
plainte... mettons, il y a violation d'un article en matière de transparence,
le plaignant va l'expliquer, mais il se pourrait que le DPCP fasse la
représentation devant le tribunal. C'est simplement ça.
M. Leduc : Oui, mais,
peut-être qu'on dit la même chose, là, le salarié soit il va lui-même au greffe
puis il part sa patente...
M. Boulet : Oui.
M. Leduc : ...ou soit qu'il
fait une plainte au DPCP puis là...
M. Boulet : Non, non, il fait
une plainte, il va faire sa plainte oralement ou par écrit au greffe, mais,
après ça, la plainte est cheminée au tribunal par lui ou par le DPCP.
M. Leduc : Mais pourquoi il...
pourquoi depuis tantôt on dit qu'il va se représenter tout seul? Parce que, si
c'est le DPCP qui est dans le coup, il n'aura jamais de représentation seul.
M. Boulet : Bien oui, il peut
décider de se représenter seul, il peut décider que c'est lui qui le fait.
M. Leduc : Même si c'est le
DPCP qui dépose?
M. Boulet : Bien, je ne sais
pas si le DPCP...
M. Leduc : C'est le DPCP,
c'est ça, la logique, là, c'est que c'est lui qui représente, d'habitude, si
j'ai bien compris. Peut-être qu'on peut suspendre, M. le Président?
M. Boulet : ...
Le Président (M. Allaire) : Pas
de problème, on va suspendre les travaux quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 14 h 31)
(Reprise à 14 h 33)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. Ça me permet de saluer le deuxième groupe du
séminaire Saint-Joseph. M. le ministre vient aussi de les saluer. N'oubliez
pas, à votre tour, de dire à Olivier, mon garçon, que son papa est très, très
bon pour présider, OK? Oubliez-le pas.
Une voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
Non, non, ils ne sont pas là. Ma fille n'est plus au secondaire, mais mon
garçon est... secondaire V.
Une voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
Oui. Donc, on... on poursuit, s'il vous plaît. M. le ministre.
M. Boulet : Mes deux enfants
sont allés là aussi. Salutations! Mais le groupe qui vous a précédé, du
séminaire Saint-Joseph, il y avait plus de gars, puis là il n'y a que des
filles, hein, je pense. Est-ce que c'est ça? Vous êtes partagés en deux
groupes. Heille! on vous salue. Puis bienvenue, encore une fois. À tout à
l'heure!
Donc, juste pour reprendre la procédure,
en vertu du Code du travail, c'est le salarié qui va faire sa plainte oralement
ou par écrit, le constat d'infraction, après ça il va s'en occuper. Et, pour
que le dossier soit soumis au DPCP, ça requerrait une enquête du ministère du
Travail en vertu du Code du travail et le soumettre au DPCP, ce que nous
n'avons pas le pouvoir de... En tout cas, on n'est pas impliqués dans le...
dans le projet de loi n° 3, ce que nous ne ferons pas.
M. Leduc : Ça fait que, si un
salarié écrit à votre cabinet ou au ministère en disant : Je constate une
infraction à 47.1.3, j'aimerais que le ministère fasse enquête, vous allez lui
dire...
M. Boulet : Non...
M. Leduc : ...Faites une
plainte au greffe.
M. Boulet : Exactement. C'est
un outil, puis je l'ai constamment répété, qu'on donne aux travailleurs pour
leur permettre d'être dûment informés. Puis ça, c'est les plaintes en vertu du
Code du travail. C'est comme ça systématiquement.
M. Leduc : Puis ça, c'est
vous qui me dites ça comme éditorialement parlant ou c'est constitutif au
ministère du Travail?
M. Boulet : Bien, en vertu du
Code du travail, c'est ça pour toutes les infractions. Si... Toutes les
infractions du code, c'est comme ça, Alexandre.
M. Leduc : Non, mais, je veux
dire, le fait... mais le fait que vous ne ferez pas enquête, c'est éditorial ou
c'est comme constitutif dans la loi, que ce n'est pas...
M. Boulet : Non, c'est dans
les dispositions pénales du Code du travail...
14 h 30 (version non révisée)
M. Boulet : ...on n'a pas de
pouvoir d'enquête. On n'a aucun pouvoir d'enquête.
M. Leduc : OK, ça fait que,
mettons qu'Éric Duhaime devenait ministre du Travail, il ne pourrait pas
décider que là, à partir de maintenant...
M. Boulet : Il pourrait amender
le Code du travail, conférer un pouvoir d'enquête au ministère, puis là, à ce
moment-là, ça pourrait ultimement, pour les infractions au Code du travail, se
ramasser avec le DPCP.
M. Leduc : Pour amender le Code
du travail, il faudrait qu'il fasse un projet de loi. Puis là, il faudrait
qu'il se pogne...
M. Boulet : Là, c'est très,
très hypothétique comme question, hein, c'est une question...
M. Leduc : ...des heures et
des heures avec le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Boulet : ...Des heures et
des... Oh mon Dieu! Quelle hypothèse! Mais ça pourrait être l'inverse, aussi.
M. Leduc : Ça pourrait être l'inverse
aussi, c'est vrai.
M. Boulet : Ça pourrait
être...
M. Leduc : Bon, écoutez...
Le Président (M. Allaire) : Ça
va?
M. Leduc : ...Non, non, on
continue, on continue. J'ai d'autres questions.
Le Président (M. Allaire) :
Allez-y.
M. Leduc : Là, c'est plus
clair pour moi. Donc, l'individu va aux greffes, loge sa plainte, pourrait, en
théorie, passer par le DPCP à ce moment-là, mais, vu qu'il n'y aura pas d'enquête
ou de pouvoir d'enquête du ministère du Travail, ça ne sera pas le cas. Donc,
on va procéder, d'un point de vue individuel, à la Cour du Québec, qui va
entendre, juger, puis après ça, c'est, en théorie, Cour d'appel... Cour
supérieure, Cour d'appel, Cour suprême?
M. Boulet : Oui, mais les motifs
d'appel à la Cour supérieure, dans le cas de la Cour du Québec, c'est assez
restrictif.
M. Leduc : On s'entend, mais,
théoriquement, ça pourrait monter, c'est le chemin qui pourrait, en théorie,
monter jusqu'à la Cour suprême.
M. Boulet : Oui. Tu sais, je
pense, rien qu'en matière de révision judiciaire, là, ou à peu près, là.
M. Leduc : On s'entend que
c'est peu probable, mais, en théorie, ça peut monter jusqu'en Cour suprême.
M. Boulet : Mais oui, c'est
le cheminement...
M. Leduc : Là, on a dit tantôt
qu'il n'y avait pas de frais pour aller aux greffes puis inscrire une cause...
M. Boulet : Hé! mesdames, à
bientôt, hein?
M. Leduc : Bonne journée.
M. Boulet : Puis est-ce que vous
retournez à Trois-Rivières cet après-midi?
OK. Aïe! Bon retour. Salut.
Une voix : Il ne veut pas un
lift?
M. Leduc : Oui, c'est ça. Y
a-tu de la place dans la... l'auto du ministre ou... un autobus vers Trois-Rivières?
M. Boulet : Non, mais, Alexandre.
On peut-tu... c'était tous les gars tout à l'heure, puis là, c'est toutes les
filles.
Le Président (M. Allaire) :
Là, je vous rappelle qu'on est en ondes, M. le...
M. Leduc : Donc, pas de frais
pour introduire une instance, pas de frais pour introduire une plainte aux
greffes? Est-ce qu'il y a des frais pour faire appel? J'imagine que oui, rendu
là.
M. Boulet : Ah! là, je ne
suis pas en... Bien, là, s'il se représente seul, il n'y a pas de frais, là, à
la limite, là. Moi, je connais des personnes...
M. Leduc : Mais il y a frais administratifs
pour introduire une cause.
M. Boulet : ...À la Cour d'appel,
c'est peut-être des frais administratifs, là, mais je ne suis pas en mesure de
dire...
M. Leduc : Quand on fait
appel d'une cause, ce n'est pas gratuit, d'habitude, il y a... un petit
montant, quand même.
M. Boulet : Bien, il y a des
procédures à préparer, là, il y a des inscriptions en appel dans... Pour
l'appel, on ne le sait pas.
M. Leduc : Pas de problème. Mais
au pire, on le trouvera tantôt. Ce que j'aimerais savoir aussi, c'est, moi, je
m'inquiète, là, des plaideurs quérulents, puis je m'inquiète des fois de
certains milieux qui ont un anti-syndicalisme un peu... vorace, si je pourrais
dire ainsi, si d'aventure, dans un cas où est-ce qu'un individu, donc, part en justice,
inscrit son cas aux greffes, puis là, le...
M. Boulet : Est-ce que je
peux répondre à votre question tout de suite?
M. Leduc : Oui, allez-y.
M. Boulet : Pour une demande
de permission d'appeler ou appel de plein droit, c'est 247 $, à la Cour
d'appel, en tout cas.
M. Leduc : OK. Ce qui coûte
cher, c'est les frais d'avocat, pas tant les frais administratifs de...
M. Boulet : Oui.
M. Leduc : D'accord.
Justement, c'est là que je m'en allais. Si un individu fait, donc, une plainte
aux greffes, s'en va à la Cour du Québec, on assume que la partie syndicale va
se défendre. On assume que la plupart du temps, les parties syndicales ont un
département légal ou travaillent avec des firmes, bien oui, de conseillers ou
travaillent avec des firmes d'avocats avec un contentieux. Est-ce que, si je
suis, mettons... si, mettons, je suis une radio, que je ne qualifierai pas,
mais d'une certaine idéologie anti-syndicale, puis que je me dis : Aïe! Moi,
j'aimerais ça sociofinancer un avocat pour que Jean... Jean Tremblay puisse
aller se défendre contre la grosse machine syndicale. J'utilise des termes qu'on
pourrait entendre à ladite radio. Est-ce que ce serait légal, ça, de faire un...
qu'il y ait un sociofinancement pour financer un avocat d'un individu qui
déciderait d'aller poursuivre son syndicat en fonction de l'un des trois... des
trois articles?
M. Boulet : Bien, je ne peux
pas me prononcer là-dessus. Est-ce que quelqu'un... Tu sais, la question est
super hypothétique, là. Est-ce que quelqu'un est capable de sensibiliser une
partie de la population à un recours? Il faudrait que ce soit une infraction
particulièrement importante, j'imagine, pour faire une campagne de
sociofinancement, que vous dites. Je ne le sais pas. Je ne suis pas en
mesure...
M. Leduc : Moi, je pars du
principe que, tu sais, des fois, il y a des grèves plus populaires que d'autres
ou moins populaires que d'autres, devrai-je dire...
M. Boulet : Comme?
M. Leduc : ...Je vous laisse
les deviner, on en a discuté amplement il y a quelques mois. Je m'inquiète du
fait qu'il pourrait y avoir une espèce d'appel, pour dire : On va essayer
de bombarder une organisation syndicale de recours puis qu'on aurait des appels...
M. Leduc : ...à la radio, qui
disait : Écrivez-nous, on va vous aider à vous trouver un avocat puis on
va les neutraliser en les... en les ensevelissant de plaintes en vertu de
47.1.3, puis ils vont être pognés avec ça pour des siècles et des siècles.
• (14 h 40) •
M. Boulet : Bien, je vais
vous donner mon opinion. Franchement, les organisations puis... syndicales que
je connais, elles sont de profondes partisanes du dialogue, de la conciliation
puis de la concertation. Tu sais, s'il y a un mécontentement d'un salarié
syndiqué qui paie une cotisation, avant même d'aller au greffe de la Cour du
Québec, il va y avoir des discussions, ou, même s'il ne le fait pas, quand il y
aura un constat d'infraction, il y a des personnes du syndicat, de la centrale
ou de la fédération qui vont pouvoir intervenir puis discuter, là. Tu sais,
dans le fond, je le répète, c'est... c'est un outil. Tu sais, ça pourrait se
faire... Même, tu sais, en vertu du Code du travail, il y en a plein d'autres,
infractions, là, les votes au scrutin secret pour élire des personnes ou pour
ratifier une convention ou un protocole de retour au travail. Tous les votes
au... pour une grève, par exemple, vous parlez de grève. Il y en a plein
d'opportunités, déjà, pour les... ce que vous appelez les plaideurs quérulents.
Tout ce qu'on fait, nous, c'est de
rajouter des notions de transparence, de gouvernance. Je ne vois pas pourquoi,
soudainement, alors qu'il y a beaucoup d'infractions potentielles dans le Code
du travail, il y aurait quelqu'un de quérulent qui dirait : Bon,
maintenant, là, moi, je vais décider... je vais faire une plainte. Mais, si
c'est le cas, on s'assoit avec puis on règle la problématique, là. Puis c'est
bien, bien hypothétique comme question, mais pourquoi ce qui n'existe pas actuellement
existerait avec le PL n° 3?
M. Leduc : ...un élément de
réponse, qui est une bonne question que vous posez. C'est que...
M. Boulet : Ah! oui, je
comprends.
M. Leduc : ...c'est que vous
faites référence à d'autres éléments, en effet, le vote de grève, des
ratifications de conventions collectives. C'est des éléments objectifs, on sait
de quoi on parle, puis ce n'est pas... c'est ça, puis ce n'est pas autre chose.
Tandis que là, à savoir si on a mis la virgule à la bonne place dans le rapport
financier, en vertu des cotisations puis des... c'est pas mal plus subjectif
que tout le reste qu'on a évoqué. C'est ça qui m'inquiète, M. le ministre,
c'est la subjectivité de... et le flou alentour des nouvelles procédures que
vous mettez en place, qui ouvriraient une espèce de nouveau front pour des
antisyndicaux primaires, qui iraient là. Bien, parfait, on va aller jouer
là-dedans, on va aller ankyloser la patente. Puis, tu sais, je prends exemple
sur le 47.2, qui est un énorme fléau, que j'ai essayé de vous sensibiliser
qu'il faudrait régler. Je n'ai pas réussi encore, après... après huit ans, à
vous sensibiliser là-dessus. Mais je crains, donc, qu'il puisse se passer la
même chose, que ce soit un nouveau front typique, similaire au 47.2 qu'on
connaît.
M. Boulet : On peut se
permettre d'être en désaccord. Un vote de grève, ça engendre souvent beaucoup,
beaucoup de mécontentement. Puis il y a des votes qui sont pris à 52 %,
puis à 58 %, puis je n'ai pas vu de plaintes, de tenues de scrutins
secrets, non respectueux des règles, qui sont soit dans les statuts,
règlements, ou pas respectueux du scrutin secret. On n'a pas... je n'ai pas cet
historique-là.
Puis je reviens à ma thèse. Moi, là, se
soumettre, de la part d'un syndicat, à des obligations de transparence et de
gouvernance, comme on a dans le PL n° 3, ça va même
être bénéfique pour le développement du mouvement syndical. Vous allez trouver
que j'en mets peut-être un peu trop, mais les travailleurs qui sont obligés de
payer la cotisation syndicale, je pense qu'ils vont être plus satisfaits
qu'insatisfaits. Donc, moi, je n'ai pas d'appréhension. Vous pouvez soulever
l'hypothèse, puis je le comprends, mais je n'ai pas cette... je ne la partage
pas, cette appréhension-là.
Savez-vous combien on a eu, entre 1964 et
2024, de constats d'infraction pour... Tu sais, puis il y a plusieurs articles,
là, qui prévoient les peines applicables, là. Pendant 1964 à 2024, là, c'est
quand même un bon échantillon, 31 constats d'infraction en vertu du Code du
travail. C'est extrêmement révélateur. Donc, quand on va adapter le PL n° 3, je ne pense pas qu'il va y avoir soudainement une
flopée de plaintes alors qu'il y a des votes qui sont pris qui ont bien plus
d'impact que les états financiers. Puis les états financiers, je regrette, là,
mais tous les syndicats, à moins qu'il y en ait qui ne l'aient pas exprimé, ils
sont plutôt confortables avec ce qu'on a.
M. Leduc : Je suis quand même
un peu surpris que vous me serviez cette statistique-là, parce que je peux la
revirer exactement à l'envers, puis vous la renvoyer. Pourquoi on est en train
de discuter d'un PL n° 3 s'il y a eu...
M. Leduc : ...plainte dans le
milieu syndical depuis 60 ans.
M. Boulet : Bien, ce n'est
pas pour les mêmes...
M. Leduc : C'est quand même
surréaliste qu'on est en train de discuter un projet de loi pour régler
30 plaintes depuis 60 ans.
M. Boulet : Ah, soyez...
soyons...
M. Leduc : Non, mais, on
joue, M. le ministre, on joue.
M. Boulet : Non, non, mais
là, c'est vous qui parlez des quérulents, mais c'est une autre... C'est une
autre réalité légale, là, c'est du droit nouveau.
M. Leduc : Votre statistique
n'incluait pas 47.2. Votre statistique ne parlait pas du 47.2.
M. Boulet : Non, je n'ai pas
dit le 47.2, j'ai dit les plaintes pénales.
M. Leduc : Oui, mais moi,
c'est de ça que je parlais.
M. Boulet : Oui, mais le
47.2, c'est une autre affaire, tu sais, ça prend de la négligence ou de la
mauvaise foi d'un syndicat dans son devoir de représentation des salariés. Je
sais qu'il y a eu des enjeux beaucoup. Est-ce que c'est aussi aigu que ce
l'était? Il me semble que c'est moins pire depuis un certain nombre d'années,
mais... Mais oui, il y a... ce n'est certainement pas une application toujours
harmonieuse de cet article-là.
M. Leduc : Le... Seul le
temps pourra nous le dire, hein, M. le ministre, si c'est moi ou vous qui aviez
raison, mais moi, ma crainte, et je termine là-dessus, sur ce... cette
section-là, j'ai la crainte que ça devienne un nouveau 47.2, votre...
votre projet de loi, puis en particulier cet article-là. Peut-être une ou deux
petites dernières questions, M. le Président, sur 47.1.3. Si... si un salarié
dépose la plainte, procède avec la poursuite devant la cour et que le syndicat
envoie, donc, un conseiller syndical, là, de l'interne, un salarié qui s'en va
défendre la bonne préparation des états financiers, par exemple. Est-ce que ça
sera considéré comme des cotisations facultatives? Est-ce que le salaire du
conseiller syndical interne qui s'en va défendre l'organisation syndicale
contre un salarié qui se plaint en vertu du 47.1.3, dans quelle colonne je le
mets? C'est-tu dans le facultatif ou pas?
M. Boulet : Principal.
M. Leduc : Principal?
M. Boulet : Oui. On va y
revenir sur la définition, mais essentiellement, c'est les contestations de loi
qui ne concernent pas... puis je l'ai rajouté, la défense de droit en vertu
d'une convention ou... soit en représentation ou en défense, puis après ça, ça
s'articule autour des mouvements sociaux, les campagnes de publicité puis les
activités politiques, qui sont interdites, déjà, dans certains syndicats, là,
mais c'est... ce à quoi vous référez, c'est manifestement du principal.
M. Leduc : Parce que ce n'est
pas une condition de travail, là.
M. Boulet : Non, mais c'est
des activités syndicales, là...
M. Leduc : Ça fait que ça,
c'est principal?
M. Boulet : Bien oui.
M. Leduc : Parfait. Si c'est
un avocat d'une firme externe qui vient faire la même job?
M. Boulet : C'est des
activités... ah, qu'il va défendre?
M. Leduc : Oui. C'est la
même...
M. Boulet : C'est
totalement... c'est une activité assumée par la cotisation principale.
M. Leduc : Principale aussi?
M. Boulet : Oui.
M. Leduc : Tant mieux.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va?
M. Leduc : Oui.
Le Président (M. Allaire) : Donc,
je comprendsqu'il n'y a pas d'autre intervention concernant l'article
introduit à 47.1.3, à l'article 8. Ah! M. le député de Saint-Jérôme,
excusez-moi, je ne vous avais pas vu. Allez-y, la parole est à vous.
M. Chassin :Mais en fait, je... juste rattraper un peu, là, parce que
j'ai manqué un petit bout, mais là, on est à l'article? Ce n'est pas un
amendement ou un...
Le Président (M. Allaire) :
Non.
M. Chassin :
On est à l'article lui-même.
Le Président (M. Allaire) : ...tantôt,
on a voté l'amendement et le sous-amendement.
M. Chassin :
C'est ça qu'on...
Le Président (M. Allaire) :
Oui.
M. Chassin :
Parfait.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va?
M. Chassin :
Merci.
Le Président (M. Allaire) :
Parfait. Donc, s'il n'y a pas d'autres interventions, on revient donc
globalement à l'article 8. Je comprends qu'il y a plus d'autres
interventions, on est prêts à procéder à sa mise aux voix. Est-ce que
l'article 8, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Allaire) :
Par appel nominal?
Une voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
Bien oui, on est rendus là.
Une voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
Parfait, oui, par appel nominal, Mme la Secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention, M. Boulet (Trois-Rivières).
M. Boulet : Pour.
La Secrétaire : Mme Mallette
(Huntingdon).
Mme Mallette : Pour.
La Secrétaire
:
Mme Jeannotte (Labelle).
Mme Jeannotte : Pour.
La Secrétaire : Mme Hébert
(Saint-François).
Mme
Hébert
:
Pour.
La Secrétaire
: Mme Dorismond
(Marie-Victorin).
Mme Dorismond : Pour.
La Secrétaire
: M. Thouin
(Rousseau).
M. Thouin : Pour.
La Secrétaire
: Mme Prass
(D'Arcy-McGee).
Mme Prass : Pour.
La Secrétaire
:
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve).
M. Leduc : Abstention.
La Secrétaire : Et M. Allaire
(Maskinongé).
Le Président (M. Allaire) :
Abstention. L'article 8, tel qu'amendé, est adopté. Alors, selon le plan
de travail qu'on s'est donné, on s'en va à l'article 14. Je crois qu'il va
y avoir des amendements aussi, M. le ministre, la parole est à vous.
M. Chassin :
...mon Dieu.
Le Président (M.
Allaire) : ...
M. Chassin : Avant de sauter à l'autre article, puis là, je m'excuse, je
voulais peut-être ajouter un amendement que je suis en train de faire après, en
fait, le 47.1.3, dans... dans le fond, dans un article 8.1 du projet de
loi.
Le Président (M. Allaire) : OK.
Mais... vous voulez introduire 8.1?
M. Chassin :Au nouvel article, oui.
Le Président (M. Allaire) : À
8.1?
M. Chassin :
Oui.
Le Président (M. Allaire) :
OK, parfait, on va suspendre les travaux.
M. Chassin :...14, si on peut.
Le Président (M. Allaire) : On
va suspendre les travaux quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 14 h 49)
15 h (version non révisée)
(Reprise à 15 h 10)
Le Président (M. Allaire) :
Alors nous allons reprendre les travaux. M. le député de Saint-Jérôme, vous
souhaitez déposer un amendement. Je vous cède la parole pour lecture et
commentaires.
M. Chassin :Merci, M. le Président. Puis là, vous voyez, là, on m'aide
beaucoup, alors je remercie le secrétariat, parce que j'apprends, hein, à déposer
des amendements, ce n'est pas quelque chose qu'on fait toujours de l'autre côté,
donc...
Je voulais proposer l'amendement... dans
le fond, l'article... la création d'un article 8.1 suite à l'article huit
du projet de loi, introduire un article 8.1, le 8.1 étant inséré après l'article 47.1
du Code du travail, l'article suivant 47.2 :
«Suite à la présentation des états
financiers, l'Assemblée se prononce sur l'opportunité de rendre ceux-ci publics.»
Donc, sans imposer aux syndicats l'obligation
de rendre publics ces états financiers, les syndiqués réunis en instance ont
ainsi la possibilité de se prononcer sur une transparence plus grande. Puis
vous comprendrez que c'est vraiment de donner cette possibilité à l'instance
démocratique des syndicats.
Puis je voudrais quand même mentionner que...
puis je l'ai dit... je l'ai dit tout à l'heure, là, ce n'est pas juste parce qu'on
a un sondage que... a réalisé par Léger que huit Québécois sur 10 sont en
faveur d'avoir des obligations de transparence de la part des syndicats de
nature comparable à celle des organismes publics, c'est ça, la question, là, qu'ils
ont posé dans le sondage, mais c'est aussi, à mon avis, dans le discours d'ouverture
du premier ministre au début de la session, cette réflexion sur le 145 millions de
dollars de crédits d'impôt qui est payés par tous, en quelque sorte, comme
dépenses fiscales. Ça m'apparaît intéressant de le reconnaître puis que ça
puisse en... pour plusieurs personnes et pour plusieurs mêmes syndicats,
constituer, dans le fond, une belle justification, une belle preuve, là, de
transparence puis de montrer patte blanche. Comme le disait le ministre — et
je suis assez d'accord avec lui — la transparence est de nature à
renforcer la légitimité des organisations syndicales. Alors, je pense qu'avec
le temps, c'est un mécanisme qui va certainement être utilisé. Puis là, ça
serait de prévoir simplement la possibilité de.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Merci, M. le député de Saint-Jérôme. M. le ministre, vous souhaitez suspendre
pour en discuter ou ça va?
M. Boulet : Bien, écoutez, je
vais simplement faire un commentaire sur l'intention que nous avions. C'était
de... avec ce projet de loi là, c'était de donner des outils aux travailleurs,
pas nécessairement de les rendre publics. Ce que vous proposez, moi, je ne
ferais pas d'autres commentaires, là, je comprends que ce que vous souhaiteriez
avec cet amendement-là, c'est que l'Assemblée générale décide à la majorité si
les états financiers doivent être rendus publics.
M. Chassin :
Et... Exact. Donc, dans une perspective où... Moi, je pense que ça devrait être
rendu public de façon systématique, mais je comprends justement l'objet de
votre projet de loi, M. le ministre, puis je pense que, dans un esprit de
compromis, d'outiller les travailleurs, hein, de donner une possibilité aux
syndiqués de se prononcer, simplement. Puis à la limite, évidemment, l'exécutif
syndical pourra faire des recommandations à l'assemblée, là. On se comprend.
M. Boulet : C'est sûr, j'ai
de la misère en termes de compatibilité avec l'intention que nous avions
initialement. Je vais laisser cependant les collègues s'exprimer, mais je
comprends très bien votre amendement.
M. Chassin :...mes collègues des oppositions.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions? M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Je l'ai vu passer.
Je réfléchis encore, parce que, tu sais, on a vu... on a eu une discussion, là,
sur l'opportunité de les mettre publics sur le site Internet. C'est un peu la
même chose que vous voulez faire ici, c'est-à-dire avant de les mettre sur le
site Internet, vous voudriez qu'il y ait une... l'opportunité de se...
M. Chassin :Alors, évidemment, quand c'est sur le site Internet...
M. Chassin :...ça peut être sur le site internet derrière une page
protégée, par exemple, donc ce n'est pas nécessairement être public, là. Mais,
si on souhaite le rendre public, la CSN le fait, par exemple, donc, tu sais,
est-ce que c'est le cas partout? Certainement pas. Est-ce qu'il y a des
syndiqués qui pourraient vouloir se prononcer là-dessus? Moi, je pense que ça
pourrait être un outil, là, simplement pour susciter la réflexion dans les
assemblées, que ce soit demander aux membres qui sont présents. Puis là on se
comprend qu'en général, tu sais, je veux dire, si l'exécutif syndical a une
recommandation à faire, un souci, par exemple, là, d'une information qui est
dans les états financiers, qui pourrait être sensible ici, ils vont le
mentionner, puis ça ne se fera pas. Mais donc, moi, j'ai l'impression que c'est
vraiment d'outiller, dans la vie démocratique d'un syndicat, les membres pour
qu'ils se prononcent.
M. Leduc : Puis ce serait
quoi, mettons?
M. Chassin :J'essaie d'être soft, tu sais...
M. Leduc : Non, non, mais je
trouve... la démarche pertinente. Ce serait quoi, un argument pour dire on ne
veut pas que ce soit public?
M. Chassin :Mettons, de dire : Écoutez, on a, tu sais,
l'impression, là, dans les négociations, que ça ne va pas super bien, puis on a
augmenté notre fonds de grève de façon considérable, mais on ne veut pas
nécessairement le dire à l'employeur tout de suite, là, tu sais, ça fait que ce
ne serait pas un bon moment, là, maintenant de les rendre publics, votons donc
pour ne pas les rendre publics puis on se revoit l'année prochaine. Ça pourrait
très bien se faire.
M. Leduc : En effet. Souvent,
le fonds de grève, cela dit, est géré par la centrale, parce qu'un fond de
grève locale, ça ne serait jamais suffisamment gros.
M. Chassin :Oui, c'est ça, mais là, ça dépend de tous les cas. Mais
moi, je vous donne un exemple, là, juste pour montrer l'opportunité de
dire : Bien, on ne va pas les rendre publics tout de suite, là, tu sais.
M. Leduc : Pourquoi pas.
M. Chassin :...syndicale, loin... loin s'en faut.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va? D'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder à la mise aux voix de cet amendement... qui a été déposé par le député
de Saint-Jérôme. Non. M.... M. le ministre, vous souhaitez intervenir?
M. Boulet : On va peut-être
demander une suspension de deux minutes. Je veux juste voir dans
l'ordonnancement des articles, là, avant qu'on puisse procéder au vote, là. Il
y a... C'est parce que ça réfère à 47.2. 47.2, c'est un article existant dans
le Code du travail, mais ce serait-tu dans... OK. Est-ce qu'on peut suspendre
deux minutes? Je veux juste voir pour...
Le Président (M. Allaire) : Pas
de problème. Nous allons suspendre les travaux quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 15 h 17)
15 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 15 h 41)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. Dans un premier temps, j'ai besoin de votre
consentement pour retirer l'amendement déposé par le député de Saint-Jérôme, est-ce
que j'ai votre consentement?
Est-ce que j'ai votre consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Allaire) :
Consentement, merci. Donc, M. le député de Saint-Jérôme, vous allez déposer un
nouvel amendement. Donc, je sais que vous l'avez sous les yeux avec votre
ordinateur, donc, peut-être prendre le temps de le lire, avec vos commentaires.
Allez-y.
M. Chassin :Donc, le nouveau libellé, c'est de l'article 8.1. Insérer,
après l'article 8 du projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
«8.1. Ce code est modifié par l'insertion,
après 47.1.3 du suivant;
«47.1.4, ça respecte la numérotation...
Une association accréditée, une union, une fédération et une confédération à
laquelle est affiliée ou appartient une association accréditée se prononcent à
chaque année sur l'opportunité de rendre ses états publics... ses états
financiers, publics.»
Le Président (M. Allaire) :
Ça va?
M. Chassin :
Donc, c'est un nouveau libellé, puis là, ce que je comprends, c'est que l'association
accréditée, c'est celle qui a une assemblée générale, mais il y en a d'autres
qui n'ont pas d'instance comme celle-là. Et donc, pour essayer d'englober les
différentes réalités à différents niveaux, c'est un libellé qui... qui remporte
la palme.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Merci. Des interventions?
Oui, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Bien, j'ai
une plus globale puis une plus pointue, là. On va préparer un amendement pour
venir préciser, on va l'écrire, là, mais j'aimerais qu'on précise, à l'exception
des fonds de grève locaux, parce que les fonds de grève locaux qui viennent s'additionner,
s'ajouter aux fonds de grève nationaux ont une pertinence particulière dans le
rapport de force d'une section locale avec son employeur. Quand c'est un fonds
de grève national, celui de la CSN, celui du SFP, celui d'un grand syndicat,
c'est un fonds de grève national. Ça fait qu'on est une section locale, qu'on
sache c'est quoi le fonds, celui de la CSN, du SFP, c'est déjà public, ça, là,
le fonds de grève national. C'est de là que vient l'essentiel, donc, de la paie
de grève. Tandis qu'il y a quand même certains syndicats qui se font un petit
supplément parce que ce n'est pas des gros montants, bien sûr, un fonds de
grève, même s'il est national, il y a des sections locales qui se font un petit
supplément local. Et la connaissance de ce montant-là, de la réserve du fonds
de grève local, par l'employeur dans une négo difficile, pourrait avoir une
influence dans le rapport de force à la table de négo. Ça fait que moi, j'exclurais,
j'exclurais les fonds de grève locaux de cet article-là, là. Ça fait que ça,
c'est un amendement qu'on est en train de rédiger.
Maintenant, sur la globalité, je ne sais
pas trop, mais peut-être... on verra l'amendement précisément, là, mais je me
demande à quel point on... on n'est pas en train de faire de la microgestion,
là. Parce qu'en théorie, il pourrait déjà le faire, là, ce qui est écrit là, il
n'y a rien qui empêche en ce moment quelqu'un, un syndicat, une fédération de
le faire. Certains le font déjà d'ailleurs. Je pense qu'ils n'ont même pas eu
besoin de vote pour le faire. Mais là on vient de, dans les faits... de
rajouter une obligation presque contractuelle, là, dans la loi, légale en tout
cas, l'obligation légale d'avoir une assemblée avec un ordre du jour puis un
vote systématiquement à chaque année. Ça fait que, déjà que l'économie générale
du pl n° 3 rajoute un tas d'obligations, à mon avis... pas farfelues mais
exagérées ou du moins pas toujours essentielles, là, c'est comme si on ajoutait
une goutte supplémentaire. Ça fait que je comprends, tu sais... vous l'avez
présenté, cher collègue, tantôt, comme une espèce d'alternative, mais là, le
ministre, il semble l'accepter, mais il ne va pas retirer aucun...
M. Leduc : ...autre article
de son projet de loi en échange de ça, ça fait qu'au regard, je ne suis pas sûr
qu'on atteint l'objectif de remplacer quelque chose. En tout cas, je suis
curieux de débattre puis d'échanger, on peut le faire, d'ailleurs, pendant
qu'on est en train d'écrire l'amendement.
Le Président (M. Allaire) : Oui.
M. le ministre.
M. Boulet : …permettez, il
faut envisager cette possibilité-là de la façon la plus simple possible, je
suis d'accord avec vous, collègue, que ça peut déjà se faire. Donc, ça confirme
une situation qui est possible. En même temps, quand c'est dans une loi, ça
informe de cette possibilité-là. Et j'ai fait attention pour ne pas utiliser le
mot «assemblée», parce que les centrales, les unions, les fédérations, unions,
confédérations où c'est des délégués, là, les membres, c'est dans les
associations accréditées, donc, il n'y a pas le mot «assemblée». C'est qu'ils
puissent se prononcer à chaque année, puis on n'est pas rentrés dans les
aspects pratiques puis les détails, le but étant de laisser libre court aux
syndicats sur la façon de faire, comment se prononcer, comment le faire. Je
n'ai pas voulu qu'on embarque dans des aspects pratiques, j'ai dit à mon
équipe : Dans le fond, on n3 fait que confirmer un État de droit, mais on
le prévoit dans le PL 3. Quant à l'exclusion des fonds de grève locaux, c'est
ce que vous soumettez, moi, je vous proposerais peut-être de quoi, là, moi,
j'aurais fini mes commentaires, mais je voudrais vous rencontrer pour vous
proposer de quoi.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député de Saint-Jérôme.
M. Chassin :Puis évidemment, là, je voulais juste, peut-être,
mentionner, parce que c'est important, des fois, d'avoir des yeux neufs, là, et
donc, le collègue d'Hochelaga-Maisonneuve soulève un enjeu. C'est sûr qu'au
départ, moi, je le voyais comme étant vraiment consécutif, là, on présente des
états financiers, que ce soit des délégués, des représentants ou aux membres
syndiqués réunis en assemblée. Suite à quoi on a cette opportunité de leur
demander : Est-ce qu'on est... public? Et donc, c'est la même instance,
c'est la même... tu sais, c'est une séquence dans le même espace-temps, là,
où... Ça fait que donc, c'est... vous avez raison que... je ne vais
certainement pas rajouter un fardeau réglementaire et administratif, même pas
aux syndicats. Donc, tu sais, là-dessus, c'est vraiment juste une espèce de...
de possibilité, puis... puis dans le fond, bien, ça permet, effectivement, à
des syndiqués de dire: Bien, nous, on pense que. Mais après ça, c'est un débat
démocratique à l'interne. Puis là, comme c'est là, c'est vrai qu'il n'y a pas
le consécutif, là, suite à la présentation, mais ça prévoit tous... tous les
niveaux, toutes les échelles. Puis moi, je veux peut-être juste rajouter que
sur le spécifique du fonds de grève local, je suis très à l'aise si on
l'intègre, si on trouve une façon de... de l'intégrer, moi, je... je serais
très en faveur de garder cette confidentialité des fonds de grève locaux si
besoin est, là, c'est sûr.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le ministre.
M. Boulet : Si on peut
suspendre deux minutes, j'aimerais ça qu'on convienne de...
Le Président (M. Allaire) : Pas
de problème. On suspend les travaux quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 15 h 48)
(Reprise à 15 h 56)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. J'ai compris que nous allions suspendre
l'amendement déposé par le député de Saint-Jérôme. Est-ce que j'ai votre
consentement?
Une voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
Oui, exact. Consentement. Excellent, donc on poursuit. M. le ministre, on est à
l'article 14. Donc, je vous cède la parole pour lecture et commentaires.
M. Boulet : OK. Puis il y a
un amendement, mais, comme il y a quelques pages, est-ce qu'on peut avoir le
consentement pour ne pas tout lire le... relire le texte lors de l'amendement?
Le Président (M. Allaire) : Avec
le consentement, on peut tout faire.
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) : Juste...
On me précise, et à juste titre, que vous allez quand même devoir lire, M. le
ministre, l'amendement, mais, naturellement, pas le texte qui est corrigé avec
l'amendement. Donc, commencez par lire l'article 14, s'il vous plaît.
M. Boulet : C'est beau :
Cette loi est modifiée par l'insertion,
après l'article 93.1, des suivants :
«93.1.1. Une association visée au
paragraphe a ou b du premier alinéa de l'article 1 et une association de
salariés affiliée à une association représentative doivent, chaque année,
préparer leurs états financiers selon les principes comptables généralement
reconnus et les présenter à leurs membres lors d'une assemblée.
«Une telle association qui représente de
50 à 199 salariés doit soumettre ses états financiers à une mission d'examen et
celle qui représente 200 salariés ou plus doit les soumettre à une mission
d'audit.
«Une telle association doit également
remettre gratuitement à tout membre qui en fait la demande une copie de ses
états financiers.
«Pour l'application du deuxième alinéa, le
nombre de salariés représentés par une association est la moyenne du nombre de
ses salariés. Cette moyenne est établie en fonction du nombre de salariés
inscrits sur le registre de l'employeur par période de paie au cours de
l'exercice financier sur lequel portent les états financiers.
«La Centrale des syndicats démocratiques,
la Confédération des syndicats nationaux et la Fédération des travailleurs et
travailleuses du Québec doivent, chaque année, préparer leurs états financiers
selon les principes comptables généralement reconnus, les soumettre à une
mission d'audit et les présenter aux membres de l'association qui y est
affiliée ou qui y appartient lors d'une assemblée. Elles doivent également en
remettre gratuitement une copie au membre qui en fait la demande.»
C'est complet. Je vais lire
l'amendement :
À l'article 93.1.1 de la Loi sur les relations
de travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d'œuvre dans
l'industrie de la construction, proposé par l'article 14 du projet de
loi :
1° supprimer, dans le premier alinéa,
«selon les principes comptables généralement reconnus»;
2° remplacer le deuxième alinéa par
le suivant :
«Une telle association qui se fait
remettre annuellement un montant de
250 000 $ à 500 000 $ à titre
de cotisations syndicales doit soumettre ses états financiers à une mission
d'examen et celle qui se fait remettre annuellement un montant de plus de
500 000 $ à titre de cotisations syndicales doit les soumettre à une
mission d'audit. Ces associations doivent également préparer leurs états
financiers selon les principes comptables généralement reconnus.»;
3° dans le troisième alinéa, ajouter,
à la fin, «et les rendre accessibles gratuitement à tout membre sur son site
Internet ou par tout autre moyen
approprié.»;
4° supprimer le quatrième alinéa;
5° remplacer, dans le cinquième
alinéa, «, les soumettre à une mission d'audit et les présenter aux membres de
l'association qui y est affiliée ou qui y appartient lors d'une assemblée.
Elles doivent également en remettre gratuitement une copie au membre qui en
fait la demande.» par «et les soumettre à une mission d'audit. Elles doivent
également en remettre gratuitement une copie, sur demande, au membre d'une
association représentative qui lui est affiliée ou qui lui appartient et, le
cas échéant, au membre d'une association de salariés affiliée à cette association
représentative ainsi que les rendre accessibles gratuitement sur leur site
Internet ou par tout autre moyen approprié à tout membre de ces...
M. Boulet : ...donc,
c'est... c'est tout, pas de commentaire.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va? Des interventions sur l'article 14? M. le député
d'Hochelaga-Maisonneuve.
• (16 heures) •
M. Leduc : Bien comprendre,
donc, cela, on est dans la loi R-20 qui concerne la construction, puis on
est... Par contre, depuis le début des audiences, on est... de l'étude
détaillée, pardon, on est sur le Code du travail, mais là, on bascule dans
R-20. Est-ce qu'il y a d'autres moments dans la loi qu'on va basculer dans
R-20? Oui, je pense, plus tard dans gouvernance.
M. Boulet : En fait, 14, là,
les deux 14, c'est les effets miroirs du Code du travail. C'est exactement la
même affaire. On passe du nombre de salariés à des seuils de revenus.
M. Leduc : Ça fait que
toutes les discussions qu'on a eues sur hausser le seuil?
M. Boulet : Exact. Tout ce
qui a été adopté dans huit, c'est exactement un miroir.
M. Leduc : Pourquoi, dans
l'article de... de base que vous rajoutiez puis qui est maintenu avec
l'amendement, on faisait référence à CSD, CSN, FTQ?
M. Boulet : Parce que c'est
écrit comme ça dans la loi R-20. C'est exactement le libellé qu'il y a
dans la loi R-20. Ça fait qu'on...
M. Leduc : Mais c'est...
c'est plus une question de compréhension. Donc, on ne fait pas référence aux
autres syndicats de la construction?
M. Boulet : Non. Ils sont
tous là. Ceux qui sont des associations représentatives dans la loi R-20,
c'est celles-là.
M. Leduc : Mais il y en a
cinq, non? Là, j'en... j'en vois juste trois dans la liste. Il n'y a pas l'Inter,
aussi, puis le Syndicat québécois de la construction?
M. Boulet : Il y a la CSD,
il y a la CSN, Conseil provincial est là aussi, la FTQ, Syndicat québécois de
la construction. C'est le même libellé que ce qui est dans la R-20.
Une voix : Ah! c'est parce
que c'est les seuls... c'est les seuls qui ont des centrales. Mais, dans les
définitions de la loi R-20, c'est eux autres qui sont là. Ils sont là, les
cinq.
M. Leduc : OK, mais
l'article s'applique juste aux centrales, ici? De toute façon, centrales... les
centrales ne sont pas touchées par la loi R-20, c'est leurs sections de
construction qui sont touchées par la loi R-20.
M. Boulet : Non, mais les
centrales sont concernées dans la loi R-20. C'est les associations
représentatives. Oui, la FTQ-Construction, c'est une centrale.
M. Leduc : Bien non.
Une voix : Oui.
M. Leduc : Mais c'est comme
une fédération de différents... Bien, l'inter aussi, non?
M. Boulet : Non.
Une voix : L'inter aussi.
M. Boulet : Non, mais c'est
parce qu'ils sont dans les définitions, pas dans l'article.
Des voix : ...
M. Boulet : ...Alexandre, à
93.1.1, on dit «une association visée au paragraphe a ou b du premier alinéa de
l'article 1 et une association de salariés», puis ils sont tous mentionnés
là. Et là ce qui est le plus bas, c'est les centrales, fédérations ou
confédérations. C'est juste ça, c'est les maisons mères.
M. Leduc : Mais donc, les
maisons mères, elles vont avoir des obligations en vertu du code et de R-20?
M. Boulet : Non, ils sont
aussi concernés. Mais l'association visée à a ou b du premier alinéa de
l'article 1, les cinq sont visées aussi, et une association de salariés
affiliés à une association représentative.
M. Leduc : Donc, au premier
paragraphe de 93.1.1, les cinq syndicats de la construction sont concernés.
M. Boulet : Absolument.
M. Leduc : Parce qu'on fait
référence...
M. Boulet : Aux centrales.
M. Leduc : Paragraphes a et
b... OK, mais là, plus tard, on fait référence aux centrales parce que...
M. Boulet : Parce qu'on dit,
les unions, les fédérations, confédérations, puis c'est les trois seuls qui en
sont.
M. Leduc : Mais c'est quoi,
leurs obligations supplémentaires qu'ils ont à faire?
M. Boulet : Bien, il n'y a
pas d'obligation supplémentaire. Ils doivent préparer leurs états financiers.
Une voix : ...
M. Boulet : ...purement
miroir, Alexandre, avec ce qui est...
M. Leduc : Oui, sur les
éléments, là, techniques, là, des seuils, puis tout, je comprends, mais je ne
réussis pas à me rationnaliser pourquoi on nomme juste les trois centrales
ici...
M. Boulet : C'est construit
comme ça dans la loi R-20, là. On n'a rien, rien changé, là.
M. Leduc : Mais c'est-à-dire
qu'on rajoute une loi... On insère un nouvel article ici, là, ça fait qu'on
change quelque chose, non? On ne modifie pas un article existant, on introduit
un nouvel article dans la R-20.
M. Boulet : Bien, pour les
obligations, mais on respecte... par cohésion, on respecte le libellé qui
existe déjà dans la R-20, dans les définitions puis dans les obligations en...
16 h (version non révisée)
M. Boulet : ...avec les états
financiers.
M. Leduc : Je ne sais pas si
mes collègues ont des questions, mais sinon, je vais peut-être prendre une
légère suspension pour être bien sûr de comprendre.
M. Boulet : On peut suspendre
deux minutes, c'est beau.
Le Président (M. Allaire) : On
va suspendre les travaux quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 16 h 05)
(Reprise à 16 h 07)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. Donc, est-ce que d'autres interventions sur
l'amendement? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à sa mise
aux voix, est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Allaire) :
Adopté, parfait. Compris, M. le ministre? Vous pouvez faire la lecture du 93.1.2
et vous allez avoir un amendement également.
M. Boulet : Oui, c'est
exactement la même affaire. «Une association représentative et une association
de salariés affiliée à une telle association doivent, à chaque exercice
financier, produire et présenter à leurs membres lors d'une assemblée un
rapport sur l'utilisation de leurs ressources financières pour l'exercice
financier précédent faisant état des renseignements suivants, le cas échéant :
1° le montant de la cotisation principale et, le
cas échéant, le montant de la cotisation facultative ainsi que tout autre
montant prélevé à une fin et pour une durée déterminées, que ce montant soit de
la nature d'une cotisation principale ou facultative;
2° le montant des cotisations syndicales
transmises à l'union, à la fédération ou à la confédération à laquelle elle est
affiliée ou appartient ainsi que la part de ce montant relative à la cotisation
facultative, le cas échéant;
3° le nom et le titre de chacune des personnes qui
occupent une charge élective et ceux du plus haut dirigeant non élu ainsi que
la rémunération qui leur a été versée et les autres avantages dont ils ont
bénéficié;
4° le total des dépenses de fonction pour chacune
des personnes qui occupent une charge élective et du plus haut dirigeant non
élu, assumées par l'association, dont les frais d'hébergement, de déplacement
et de repas;
5° les dépenses effectuées avec les cotisations
facultatives ainsi que les renseignements relatifs à chacune d'elles, dont le
montant et l'objet de la dépense;
6° les dépenses de plus de 5 000 $, à
l'exception de celles visées aux paragraphes 4° et 5°, ainsi que les
renseignements relatifs à chacune d'elles, dont le montant et l'objet de la
dépense;
7° toute autre information que l'association juge
utile à ses membres.
Une copie de ce rapport doit être transmise
gratuitement à tout membre qui en fait la demande.
La Centrale des syndicats démocratiques (CSD), la
Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs
et travailleuses du Québec (FTQ) doivent, à chaque exercice financier, produire
un rapport sur l'utilisation de leurs ressources financières pour l'exercice
financier précédent, lequel doit être présenté annuellement aux membres des
associations représentatives qui leur sont affiliées ou qui leur appartiennent
et, le cas échéant, aux associations de salariés affiliées à ces associations
représentatives. Une copie de ce rapport doit être transmise gratuitement...
M. Boulet : ...au membre qui
en fait la demande.
Est-ce que j'ai lu tout l'amendement, collègue?
Des voix : ...
M. Boulet : Est-ce qu'on peut
consentir à ne pas le lire au complet ou c'est...
Le Président (M. Allaire) : Pas
l'amendement à l'article. Vous auriez pu le faire, mais l'amendement... Je
préfère que vous lisiez.
• (16 h 10) •
M. Boulet : OK. À l'article
93.1.2 de la Loi sur les relations de travail, la formation professionnelle et
la gestion de la main-d'œuvre dans l'industrie de la construction, proposé par
l'article 14 du projet de loi tel qu'amendé :
1° dans le premier alinéa, insérer, dans
le paragraphe 1 et après «cotisation facultative», «...compté sur le salaire
des salariés»;
b) remplacer, dans le paragraphe 2, «le
montant des cotisations transmises» par «le montant que se fait remettre
annuellement l'association à titre de cotisation syndicale aux fins de
l'application du deuxième alinéa de l'article 93.1.1 ainsi que le montant transmis
à titre de cotisation»;
c) remplacer le paragraphe 3 par le
suivant :
Le nom et le titre de chacune des
personnes élues à une fonction à l'intérieur de l'association et ceux de la
personne non élue ayant la plus haute autorité au sein de l'association, ainsi
que la rémunération qui leur a été versée par l'association et les autres
avantages dont elles ont bénéficié;
d) remplacer le paragraphe 4 par le
suivant :
4° le total des dépenses assumées par
l'association, dont les frais d'hébergement, de déplacement et de repas :
a) pour chacune des personnes élues à une
fonction à l'intérieur... l'association et pour la personne non élue ayant la
plus haute autorité au sein de l'association;
b) pour l'ensemble des autres personnes
qui en ont bénéficié;
e) remplacer le paragraphe 5 par le
suivant...
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
...amendement, c'est plus difficile parce qu'on vient jouer dans l'article.
M. Boulet : ...5° un résumé
des activités financées avec les cotisations facultatives et une ventilation
des dépenses qui y sont associées;
f) remplacer le paragraphe 6 par le
suivant :
6° une liste des dépenses autres que
celles visées aux paragraphes 4 et 5 qui mentionne l'objet de chacune d'elles
lorsqu'il s'agit :
a) de dépenses de plus de
5 000 $ effectuées par une association représentative et une
association de salariés affiliée à une telle association qui se fait remettre
annuellement un montant de 500 000 $ au moins à titre de cotisation.
Le Président (M. Allaire) : ...prendre
le relais. Alors, on est rendu au paragraphe b : de dépenses de plus de
10 000 $ effectuées par une association représentative et une
association de salariés affiliée à une telle association qui se fait remettre
annuellement un montant de plus de 500 000 $ à titre de cotisation;
c) de dépenses de plus de
25 000 $ effectuées par une union, une fédération ou une
confédération;
2° remplacer, dans le troisième alinéa,
«lequel doit être présenté annuellement aux membres des associations
représentatives qui leur sont affiliées ou qui leur appartiennent et, le cas
échéant, aux associations de salariés affiliées à ces associations
représentatives. Une copie de ce rapport doit être transmise gratuitement aux
membres qui en fait la demande.» par «Elles doivent également rendre une copie
accessible gratuitement sur le site Internet ou par tout autre moyen approprié
aux membres des associations représentatives qui leur sont affiliées ou qui
leur appartiennent et, le cas échéant, aux associations de salariés affiliées à
ces associations représentatives.
M. Boulet : Merci. Merci.
Merci.
Le Président (M. Allaire) : Commentaires?
M. Boulet : C'est tout. Pas
de commentaire.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député d'Hochelaga-Maisonneuve, lui, en a. Allez-y.
M. Leduc : ...
Le Président (M. Allaire) : Non,
non, allez-y.
M. Leduc : C'est une blague.
C'est une blague. J'ai une question d'application. Si ma compréhension est
bonne, dans le dossier de la construction, quand on vote pour adhérer à un
syndicat, ce qui est une procédure obligatoire, on adhère à la fédération, en
quelque sorte, là, à la FTQ-Construction ou à la CSN Construction. Si ma
compréhension est bonne, on devient comme membre individuel temporaire de la
FTQ-Construction, puis, après ça, on est versé dans une de ses constituantes,
je pourrais dire, ou de ses syndicats affiliés.
M. Boulet : Absolument.
M. Leduc : Ce qui fait donc de
la FTQ-Construction, par exemple, à la fois une fédération puis à la fois une
organisation qui a des membres individuels.
M. Boulet : Oui.
M. Leduc : Bien, comment ça
fonctionne? Lequel des deux prévaut en fonction des différents critères, là, qu'on
énumère ici, là, de 1 à 7?
M. Boulet : Je ne comprends
pas la question... de maraudage, collègue, pendant laquelle tous les salariés
de la construction sont appelés à voter pour quel syndicat ils adhèrent. Puis,
après ça, les votes se tiennent en fonction de leurs adhésions. Les
négociations de renouvellement de convention collective se font de la même
manière. Et ils travaillent sur les chantiers, puis il y a beaucoup de mobilité
de main-d'œuvre et...
M. Boulet : ...la raison pour
laquelle ça fonctionne de même.
M. Leduc : Bien, c'est parce
que, là, quand vous ouvrez, à 93.1.2, puis j'aurais pu vous poser, je pense, la
même question à l'article précédent, mais j'avais mal saisi, là, quand on dit
«une association représentative et une association de salariés affiliée à une
telle association», donc, dans le fond, la FTQ-Construction, c'est les deux en
même temps. Elle est à la fois une représentative et elle est à la fois
affiliée, ou, on parle plutôt ici, mettons, je ne sais pas trop, du local 9.
Elle est à la fois une association représentative et une association de
salariés affiliée, elle a comme les deux chapeaux?
M. Boulet : Je ne comprends
pas trop la question. Est-ce que quelqu'un...
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) : Voulez-vous,
peut-être, répéter, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve?
M. Leduc : Surtout, là, à 6,
6, a, b, c, là, une liste de dépenses, etc., visées aux paragraphe 4 et 5... de
chacune d'elles lorsqu'il s'agit de dépenses de plus de 5 000 $, par
une association représentative et une association de salariés affiliée. Mais,
si la FTQ-Construction a les deux chapeaux, ça s'applique comment? Elle fait...
elle fait ça une seule fois, elle n'a pas à refaire sa comptabilité parce
qu'elle a deux chapeaux?
Des voix : ...
M. Boulet : Oui. Une fois, collègue.
M. Leduc : Il n'y a pas de
dédoublement, à ce moment-là.
M. Boulet : Non.
M. Leduc : Pas nécessaire même
si elle joue les deux fonctions.
M. Boulet : Exact.
M. Leduc : OK. Ça va.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va? D'autres interventions? Oui, Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Juste une
question, parce que, dans l'article tel qu'amendé, les montants pour les
dépenses sont toujours à 10 000 $ plutôt que 25 000 $, au b
et au c du sixième alinéa.
M. Boulet : ...5, 10 et 25
dans l'amendement.
Mme Prass : Oui, mais c'est
parce qu'en bleu, c'est l'amendement qui est... bien, la façon dont l'article
va paraître suite à l'amendement, n'est-ce pas?
M. Boulet : Oui, exact.
Mme Prass : Mais je vois 5,
10 et 10 au sixième.
M. Boulet : Dans l'article
tel qu'amendé. Bien, ce n'est pas ça qui compte, c'est une erreur qui a été
faite.
Mme Prass : OK. Bien, c'est
ça, parce qu'en haut vous dites que l'intention, c'est de 25, mais dans
l'article...
M. Boulet : Mais ça n'a pas
d'impact sur l'approbation.
Mme Prass : OK, parfait, je...
m'assurer de ça.
M. Boulet : C'est bon.
M. Leduc : Je reformule ma
question, je pense que je n'étais pas assez clair. Quand on parle de la
FTQ-Construction, ici, puis qu'on fait référence à a, b ou c, elle est dans
laquelle des trois, dans le fond? Est-ce qu'elle est considérée... Est-ce que
c'est son statut d'association représentative de salariés, vu que des membres y
rentrent individuellement? Est-ce que ça veut dire qu'elle bascule dans le a
ou, vu qu'elle est plutôt cofédérative ou fédérative, là, je ne sais pas trop
les termes que vous utilisez, elle est dans le c? Laquelle des deux? Parce que,
je vous disais, les deux ne peuvent pas se superposer, dans le fond, c'est
l'une ou l'autre. Est-ce que vous prenez le plus petit dénominateur commun ou
est-ce que vous prenez la plus grosse fonction, la plus importante? Parce que,
si je comprends bien, dans le fond, c'est temporaire. Les salariés qui rentrent
à la FTQ-Construction, c'est temporaire, ils sont rapidement...
M. Boulet : Oui, mais c'est en
fonction d'un seuil de revenu. Donc, si la FTQ-Construction... tu sais, ça
dépend du seuil de montant de cotisations.
Des voix : ...
M. Leduc : C'est quoi, le
niveau de ventilation qu'elle doit faire, dans le fond, elle fitte dans
laquelle des trois cases?
M. Boulet : ...dans le c, ce
serait les trois qui sont nommées, les trois centrales, unions, fédérations.
Elle serait dans celle-là. Elle serait dans c, collègue.
M. Leduc : Oui, mais la
FTQ-Construction est dans laquelle.
M. Boulet : Dans c.
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) : voulez-vous
qu'on suspende les travaux quelques instants?
On va suspendre les travaux, s'il vous
plaît. Merci.
(Suspension de la séance à 16 h 19)
(Reprise à 16 h 20)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux, M. le ministre.
M. Boulet : Donc, ça
tomberait dans b, parce qu'en... en vertu de l'article 28, il y a cinq associations
représentatives qui sont nommées, dont la FTQ Construction. Ça... ça
règlerait...
M. Leduc : Ça fait que son
statut est clair, même s'il y a des salariés individuels qui passent
temporairement à cause du vote, son statut est clair, c'est b, c'est une
association représentative.
M. Boulet : Oui, 28 est clair.
M. Leduc : C, c'est vraiment
pour la grande confédération qu'on appelle soit union, fédération ou...
M. Boulet : Exact, la maison
mère.
M. Leduc : Exact. Puis après
ça, a, c'est les sections dites locales comme le local neuf, par exemple...
M. Boulet : Exactement.
M. Leduc : Ça fait que les
trois catégories sont pour ça. Merci.
M. Boulet : Tout à fait.
Merci.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va? Pas d'autres interventions? S'il n'y a pas d'autres interventions, nous
allons procéder à la mise aux voix de cet amendement. À l'article
introduit 93.1.2, est ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Allaire) :
Adopté. Parfait, donc, on poursuit. Ça clôt donc les discussions sur
l'article 14. Nous allons procéder à la mise aux voix de
l'article 14. Est-ce que l'article 14, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
Une voix : Par appel nominal.
Le Président (M. Allaire) : Adopté.
Par appel nominal, Mme la Secrétaire.
La Secrétaire
: Pour,
contre, abstention. M. Boulet (Trois-Rivières).
M. Boulet : Pour.
La Secrétaire
:
Mme Mallette (Huntingdon).
Mme Mallette : Pour.
La Secrétaire
:
Mme Jeannotte (Labelle).
Mme Jeannotte : Pour.
La Secrétaire
:
Mme Hébert (Saint-François).
Mme
Hébert
:
Pour.
La Secrétaire
:
Mme Dorismond (Marie-Victorin).
Mme Dorismond : Pour.
La Secrétaire
:
M. Thouin (Rousseau).
M. Thouin : Pour.
La Secrétaire
:
Mme Prass (D'Arcy-McGee).
Mme Prass : Pour.
La Secrétaire
:
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve).
M. Leduc : Abstention.
La Secrétaire
:
M. Paradis (Jean-Talon).
M. Paradis : Abstention.
La Secrétaire
: Et
M. Allaire (Maskinongé).
Le Président (M. Allaire) :
Abstention. Donc, l'article 14, tel qu'amendé, est adopté. M. le ministre,
on passe à l'article 13 dans le... dans le... en fait, c'est le dernier
article du bloc Transparence. Je vous cède la parole pour lecture et
commentaire. Oui.
M. Boulet : Oui, merci.
L'article 93.1 de cette loi est modifié par le remplacement, dans le
deuxième alinéa de Une telle association doit faire vérifier par sous réserve
de 93.1.1, une telle association doit faire auditer. 93.1, toute association
visée par l'un des paragraphes ABC ou C.2 du premier alinéa de l'article 1
et toute association de salariés affiliée à une association représentative doit
tenir et diviser sa comptabilité de manière à ce que chaque genre de service et
avantage accordé aux membres puisse être administré séparément et faire l'objet
de caisses aux fonds distincts. Sous réserve de l'article 93.1.1, une
telle association doit faire auditer ses états financiers chaque année selon
les principes comptables généralement reconnus et en transmettre gratuitement
copie à tous ses membres, elle doit aussi en transmettre copie au ministre
accompagnée de la déclaration dont le contenu est fixé par arrêté du ministre.
La déclaration est publiée sur le site Internet du ministère du Travail, le
ministre peut exiger de l'association tout renseignement qu'elle juge utile à
la suite de son examen de la déclaration et des états financiers, ainsi que
soumettre ses dernières nouvelles vérifications.
Commentaire : Donc, c'est une modification
de concordance pour les états financiers. On modifie deuxième alinéa de 93.1
afin de déplacer dans le nouvel article les obligations relatives aux états
financiers applicables aux associations. Donc, ça vise aussi à remplacer le
terme «vérifié» par le terme «audité», donc de la simple concordance. Merci.
Le Président (M. Allaire) : Merci
à vous, M. le ministre. Des interventions sur l'article 13? S'il n'y a pas
d'intervention, nous allons procéder à ses mises aux... oui? M. le député de
Saint-Jérôme.
M. Chassin :Je m'excuse, hein, ça va super vite, mais là,
l'article 13, c'est aussi dans R20? Juste pour être certain?
Une voix : ...
M. Chassin :
C'est ça, hein?
Une voix : Oui.
M. Chassin :
OK. Juste avoir la confirmation, c'est aussi dans R20?
Une voix : Oui.
M. Chassin :
Puis là, il y a la transmission d'états financiers puis de déclarations... juste
parce que... Ça va vite un peu, mais la déclaration, là, ça, c'est quelque
chose qui est transmis au ministre puis qui est peut-être... Parce que c'est...
je veux dire, c'est le ministre qui l'arrête en....
M. Boulet : ...dans R20, tout
simplement...
M. Chassin :
...qui est déjà existant.
M. Boulet : ... qui est déjà
là. On ne modifie rien.
M. Chassin :OK, parfait, c'est bon.
M. Boulet : Merci.
Le Président (M. Allaire) :
Parfait, donc, on est prêts à procéder à la mise aux voix de l'article 13.
Est-ce que l'article 13 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Allaire) :
Adopté, parfait. Donc, on poursuit, on change de bloc, on s'en va au bloc
Gouvernance, M. le ministre. Oui?
M. Boulet : ...du collègue de
Jean-Talon dire qu'on a mis les amendements pour le deuxième bloc Gouvernance
au Greffier. Donc, pour mardi prochain, on sera prêts à amorcer puis... puis
évidemment, il va y avoir des... tu sais, il va y avoir des concordances, là,
mais je pense que ça va vous permettre d'avoir une idée globale, comme vous
l'avez demandé.
Le Président (M. Allaire) : Oui,
sauf que, juste... Nous, ce qu'on a reçu, c'est seulement deux amendements, à
moins que vous me dites qu'il y a juste deux amendements?
M. Boulet : ...mais pour le
Bloc gouvernance, il y en a-tu que deux?
Une voix : ...
M. Boulet : Il me semble
qu'il y en a plus...
Le Président (M. Allaire) : ...OK,
donc, dès qu'on les a reçus, on va les mettre sur Greffier.
M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Moi, je vais
juste soumettre au ministre que tantôt, ma suggestion, ce n'était pas juste
pour gouvernance, là. C'était pour démocratie aussi, pour la cotisation
facultative. Si vous avez une V2, mettez-la tout de suite sur le Greffier, ça
va nous donner demain, en fin de semaine et lundi, pour réfléchir, consulter.
M. Boulet : Il y a des
affaires à finaliser, mais dès que ce sera prêt, je vais tous les mettre.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va? Parfait. M. le ministre, l'article 1... Oui, M. le député de Jean-Talon?
M. Paradis : Donc, ce que
vous venez de mentionner, c'est celles... les amendements pour le bloc gouvernance
seraient tous maintenant sur Greffier ou vont...
M. Boulet : Bien là, on
m'a dit qu'il y en avait que deux, là, mais j'ai demandé qu'on les mette tous.
Mais, tu sais, c'est sûr que, dans ce projet de loi là, j'aimais mieux le faire
au fur et à mesure parce que ça requiert souvent des explications. Mais bon,
vous le souhaitez, moi, je n'ai pas de problème, pour le bénéfice de
l'avancement de nos travaux, ça peut vous aider.
M. Paradis : Seulement
pour gouvernance ou pour démocratie?
M. Boulet : Non,
seulement pour gouvernance, mais il y en a quand même pas mal...
M. Paradis : Très bien.
Merci.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va?
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) : Ah!
OK. C'est maintenant que vous voulez le traiter.
M. Boulet : En tout ou
en partie, est-ce que ça va, Youri?
Le Président (M. Allaire) : Oups!
Monsieur, cher collègue, on est toujours en ondes. On se rappelle qu'on... on
appelle les collègues par leur titre.
M. Boulet : Ah! excusez.
M. Chassin :...dirais de ne pas aller avec en tout en partie...
M. Boulet : Il n'y a pas
de concept légal fonds de grève. C'est parce qu'on a convenu, pour le bénéfice
du collègue de Jean-Talon, que si les membres décident de rendre publics les
états financiers, ils pourront le faire, les rendre publiques. Puis là, le
collègue d'Hochelaga-Maisonneuve, voulait qu'on exclue les fonds de grève
locaux, on était d'accord, mais ça n'existe pas. Ça fait que ce que les avocats
nous proposaient, c'est qu'on mette en tout ou en partie. Si c'est ça, on peut
l'adopter rapidement.
M. Chassin :Moi, j'ai peut-être juste une suggestion, mais c'est une
question aux juristes, peut-être...
Le Président (M. Allaire) :
...Allez-y.
M. Chassin :
...s'il n'existe pas de concept légal de fonds de grève local, est-ce que le
vocable du langage usuel fonds de grève local, ne référera pas précisément au
fonds de grève local? Tu sais, on n'est pas obligés de le définir dans la loi.
Je veux dire, c'est langage courant.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
On va suspendre les travaux quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 16 h 27)
(Reprise à 16 h 30)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. Merci pour votre belle collaboration
aujourd'hui. Donc, compte tenu de l'heure...
Le Président (M. Allaire) : ...la
commission ajourne ses travaux au mardi 17 février à
9 h 45, où elle poursuivra son mandat. Merci, tout le monde. Bon
retour.
(Fin de la séance à 16 h 31)