Journal des débats de la Commission de l'économie et du travail
Version préliminaire
43e législature, 2e session
(début : 30 septembre 2025)
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Le
mardi 24 février 2026
-
Vol. 48 N° 19
Étude détaillée du projet de loi n° 3, Loi visant à améliorer la transparence, la gouvernance et le processus démocratique de diverses associations en milieu de travail
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9 h 30 (version non révisée)
(Neuf heures quarante-sept minutes)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission de l'économie et du travail ouverte.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 3, Loi visant à améliorer la
transparence, la gouvernance et le processus démocratique de diverses
associations en milieu de travail.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplaçants ce matin?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Thouin (Rousseau) est remplacé par M. Gagnon
(Jonquière); Mme McGraw (Notre-Dame-de-Grâce), par M. Kelley
(Jacques-Cartier); MmeRotiroti
(Jeanne-Mance—Viger) par Mme Prass
(D'Arcy-McGee); et M. Fontecilla (Laurier-Dorion), par M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve).
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme la secrétaire. Si vous vous souvenez, lors de l'ajournement, nous étions à
l'article introduit à l'article 7, donc plus précisément à 47.0.1. Nous étions
sur un amendement déposé par la partie gouvernementale. Il y a deux sous-amendements
qui ont été également adoptés. Donc, on revient à l'amendement initial sous-amendé.
Est-ce qu'il y a des interventions? M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci, M. le
Président. D'abord, bonjour à tout le monde. J'espère que vous avez eu une
belle fin de semaine ensoleillée. C'était mon cas, en tout cas, malgré la
défaite du hockey. C'était dur, c'était dur.
Il me reste, moi, sur cet article-là, M.
le Président, grosso modo, deux trucs à éclaircir, puis, de mémoire, le
ministre m'avait dit qu'il nous reviendrait avec des définitions plus pointues.
Mes deux trucs à éclaircir concernent le mouvement social. On avait commencé à
avoir un échange, mais on n'avait pas terminé.
Le Président (M. Allaire) : ...député
d'Hochelaga-Maisonneuve, je veux juste... juste pour vous situer dans le temps,
il vous reste moins de deux minutes, juste pour que vous le sachiez.
M. Leduc : Parfait.
Le Président (M. Allaire) :
Allez-y.
M. Leduc : Bien, je vais
faire un amendement...
Le Président (M. Allaire) : Donc,
vous voulez qu'on...Est-ce qu'il est prêt ou...
M. Leduc : Non.
Le Président (M. Allaire) : On
ne l'a pas reçu? C'est bon.
On va suspendre les travaux quelques
instants. Merci.
(Suspension de la séance à 9 h 48)
(Reprise à 9 h 59)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. Je cède la parole immédiatement au député d'Hochelaga-Maisonneuve
qui souhaite déposer un sous-amendement. La parole est à vous.
M. Leduc : Merci, M. le
Président. Dans l'amendement proposé à l'article 7 du projet de loi,
supprimer, au paragraphe 2 du premier alinéa de l'article 47.01 de cette
loi, les mots «ou toute participation au mouvement social» et «ou ce mouvement
social». Dans le fond, il y a deux grandes catégories, là, que le ministre nous
propose, là, dépenses facultatives, les poursuites et les campagnes de
publicité ou de participation. Je ne suis pas d'accord, mais je comprends son
argument sur les campagnes de publicité, on a eu des longs échanges, mais celui
sur la participation au mouvement social, d'abord, il faut dire que c'est des
frais extrêmement marginaux, là, dans des budgets syndicaux. Être membre d'une
coalition, soutenir une action, logistiquement, de cette coalition là, c'est
souvent du milieu communautaire. C'est vraiment des dépenses marginales, autant
dans une section locale que dans une centrale. Alors, de s'imaginer qu'il y a
là des grandes dépenses, contrairement en effet, peut-être à des budgets de
publicité où là, des dépenses plus substantielles, faire partie d'une
coalition, faire partie d'un mouvement social, c'est extrêmement court comme
dépense, alors, je ne vois pas la pertinence de rajouter ça dans une
administration qui va être quand même très lourde, une gestion qui va être très
lourde, des dépenses.
• (10 heures) •
Philosophiquement aussi, on souhaite que
les syndicats s'impliquent dans des causes de société, les travailleurs sont
impactés par plein de choses, je pense, par exemple, au droit du logement. Les
travailleurs sont impactés par le droit du logement. Pourquoi leurs syndicats
ne pourraient pas faire une petite contribution, que ça soit soit un don ou
prêter un peu de temps ou des affiches ou du matériel à un groupe communautaire
ou à une fédération de groupes communautaires dans une ville ou dans une région
qui se mobilise parce qu'il n'y a pas assez de logements pour les travailleurs
et travailleuses de cette région-là? Ce n'est pas la condition de travail
directe de son patron, de sa convention collective, mais c'est certainement une
condition d'existence fondamentale, d'être bien logé, pour un travailleur ou
une travailleuse, syndiqué ou non, d'ailleurs. Donc, je ne suis pas tout à fait
la pertinence de mettre la participation sociale dans cet article-là.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. M. le ministre.
M. Boulet : D'abord, bonjour,
tout le monde, bon retour en ce mardi matin. Je n'ai pas de commentaire à ce
stade ci, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va?
M. Boulet : J'ai déjà répondu
à la question à de multiples reprises.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, vous souhaitez poursuivre?
M. Leduc : Bien, quand on
s'était laissés, l'autre jour, c'était, entre autres, là où est ce que vous
deviez nous revenir avec des définitions plus claires, parce que là, il y avait
un... un flou sur leur mouvement social, organismes de bienfaisance, numéro de
charité. Il y avait comme une espèce de trilogie de ces trois choses-là. Est-ce
que... est-ce qu'il faut avoir un numéro de charité pour être un organisme de
bienfaisance...
10 h (version non révisée)
M. Leduc : ...ou un mouvement
social, puis vous deviez nous revenir avec ça. Puis ça n'a pas été clarifié.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Boulet : Bien, vous vous
souvenez, on avait... On ne tient pas compte des organismes de bienfaisance, c'était
dans le projet initial. Peut-être que vos idées sont restées Au diapason du
projet initial qui vous avait été malheureusement partagé par quelqu'un de mon
équipe. Et c'est ce qui est fait en Alberta. Donc, les participations ou les
dons de charité à des organismes de charité, de bienfaisance sont contenus dans
la notion de cotisation facultative, ce qui n'est pas notre cas.
Le mouvement social, je l'ai défini à
plusieurs reprises... et on n'est pas intéressé par les organismes de
bienfaisance. Il y a eu un effet un peu contraire à ce qui était anticipé. D'ailleurs,
en Alberta, ça a eu pour effet d'engendrer un certain sous-financement des
organismes de charité, et je n'ai jamais adhéré à cette thèse-là. D'ailleurs, c'est
une version pas mal différente de ce qui a été adopté puis mis en application
en Alberta. Là, ça fait que ce n'est pas... c'est... le mouvement social ne
fait pas référence à des organismes de bienfaisance. Ça fait que c'est ma
réponse, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. M. le député.
M. Leduc : Merci pour la
réponse. Puis, ce bout-là, on l'avait en effet clarifié. Le bout de ce qu'on
avait... on s'était laissé, c'était qu'est-ce qui définit un organisme de... de
bienfaisance? Est-ce que c'est le fait qu'il détient un numéro de charité et qu'il
fait des reçus de charité?
M. Boulet : Bien, normalement,
il y a une loi fédérale, oui, il y a des numéros, mais tu sais, je ne veux pas
entrer dans ce détail-là. Ce n'est pas d'intérêt, ce n'est pas un sujet d'intérêt
dans notre projet de loi.
M. Leduc : Bien, je vous
explique pourquoi je pense que ce l'est. Parce que, quand on parle, mettons, de
Centraide, en effet, les centrales syndicales, souvent, vont faire des
cotisations, même à la source. Moi, j'ai déjà fait ça quand j'étais syndiqué, sur
ma paie, je donnais directement un montant à Centraide, au même titre qu'on
pouvait cotiser directement pour un fonds d'épargne des travailleurs, le fonds
de solidarité, par exemple. C'était très bien. Ça permettait donc à Centraide d'avoir
des fonds stables. Les syndicats étaient impliqués de manière bénévole, quand
même, là, puis M. le ministre avait déjà dit qu'il s'était impliqué aussi avec
Centraide dans sa région, si je me souviens bien. Il y avait certainement des
syndicats à l'entour de la table de sa région, donc impliqués dans ces
campagnes-là. C'est le cas dans à peu près toutes les régions du Québec.
Alors, la raison pour laquelle j'insiste juste
un peu, M. le ministre, là-dessus, c'est parce que, si l'organisme de
bienfaisance... si c'est le numéro de charité qui le définit, puis je pense que
c'est le cas, bien, des numéros de charité sont donnés à plusieurs groupes
aussi, qui peuvent être à la fois un organisme de charité et à la fois un
mouvement social. Je vais prendre pour exemple les mouvements sur le droit du
logement. Ce n'est pas pour rien que je donnais l'exemple à l'instant. La
plupart des organismes communautaires en droit du logement détiennent un numéro
de charité et émettent des reçus de charité. Il y a des reçus de charité pour
bien des organismes. On a reçu l'Institut économique de Montréal, vous vous
rappelez? J'ai eu un échange assez chaud avec eux. Ils ont, à ma grande
surprise, un reçu de charité. Est-ce que l'Institut économique est un organisme
de bienfaisance? Mais ils ont un numéro de charité, ça fait qu'aux yeux du gouvernement
fédéral, ils le sont.
M. Boulet : C'est la finalité
du mouvement qui est importante. Quand c'est un organisme de charité, de
bienfaisance, c'est... Centraide est un bel exemple. Puis, oui, j'ai été
effectivement impliqué dans des campagnes, puis c'est un organisme, d'ailleurs,
qui est un parapluie à plusieurs organismes communautaires, puis ils font le
financement beaucoup par les déductions à la source, dans des milieux de
travail. Ils s'impliquent par la voie de délégués sociaux dans les milieux de
travail. Et ce n'est pas un mouvement social. Là, ce que vous m'amenez à dire :
Est-ce qu'il pourrait y avoir un enregistrement, être un organisme de
bienfaisance, en vertu de la loi fédérale, et ne pas s'intéresser à la charité
ou à la bienfaisance? Oui. L'Institut économique de Montréal n'est pas un
organisme de charité ou de bienfaisance. Alors, je pense que l'intention est
claire. J'ai défini c'était quoi, le mouvement social, sa finalité, et je pense
que la réponse était claire.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : On a parlé un peu, en
effet, du mouvement social, sauf que ce n'est défini dans aucune autre loi,
certainement pas dans le Code du travail. Il y a des doctorats complets qui se
publient sur les mouvements sociaux. C'est un champ d'études en soi, notamment en
sociologie, en sciences politiques, en histoire, dans les sciences sociales au
sens large. C'est un concept un peu fourre-tout, si vous me permettez l'expression,
M. le Président. Puis, encore une fois, on est toujours dans la... dans l'application.
Je vous donne un autre... un autre exemple. Si...
M. Leduc : ...si dans le
syndicat X, un syndicat local, il y a un membre qui est bien gros impliqué dans
l'aide aux enfants qui ont besoin de répit. Puis là, dans sa circonscription,
dans sa région, il y a une maison d'hébergement qui aide les familles qui ont
besoin de répit puis qui peuvent garder un peu les enfants, bien, c'est un
organisme communautaire. C'est-tu un mouvement social ou c'est un organisme de
charité? Mettons, ils reçoivent des familles, là, pour le répit, là, ils le
font dans quelle case? Si je leur fais un don, si le syndicat fait un don à cet
organisme-là, c'est-tu du principal ou du facultatif, une maison d'hébergement
pour des familles qui cherchent du répit?
M. Boulet : J'ai bien
défini ce qu'était un mouvement social. Faire des dons, dont l'objectif ou la
finalité est la bienfaisance humaine ou la charité humaine, ce n'est pas un
mouvement social. Le mouvement social, c'est celui dont le but est la
modification ou la transformation d'un ordre social ou d'institutions
existantes, puis il y en a, on a donné beaucoup d'exemples. Puis je ne vais pas
revenir là-dessus, c'est que je reprends des réponses que j'ai déjà données, M.
le Président.
Le Président (M. Allaire) :
...
M. Leduc : Je vais un
peu plus loin. La maison d'hébergement en question, ils sont souvent membres
d'une fédération. Ils vont faire des représentations politiques. Il y en a une
dans ma «circo» qui a même fait un sommet pour mettre de la pression sur le
gouvernement, sur le rapport Laurent, pour que ça aille plus loin, sur la DPJ,
puis qu'il y ait une charte des enfants. Puis j'ai même parrainé une pétition.
Ça fait que là, quand ils font plus de l'hébergement puis du soutien aux familles,
c'est de la charité, de la bienfaisance, mais là, à temps partiel, ils font
aussi un peu de politique avec des sommets, puis des revendications, puis des
pétitions. Là, ça devient-tu un mouvement social? À quelle heure ça devient un
mouvement social?
M. Boulet : Je n'ai pas
de commentaire, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Vous
pouvez continuer, M. le député.
M. Leduc : Bien, vous
voyez, M. le Président, c'est encore un autre exemple du flou de ce projet de
loi là qui émet un grand principe, mais qu'après ça, quand on le teste avec des
applications concrètes, on n'a pas de réponse.
M. Boulet : Je regrette,
M. le Président, j'ai donné maintes fois des réponses. On réfère à des
manifestations, réfère à des colloques, et, quand ce n'est pas lié à la
convention collective, c'est là que la question se pose. Je pense que vous
voulez générer de la confusion là où il n'y en a pas. On a parlé des cas des
sommets internationaux en matière d'environnement, les réformes du mode de
scrutin électoral, les conflits en Palestine... La définition est claire dans
le dictionnaire Larousse. Donc, c'est du cas par cas. Mais je ne vais pas, en
commission parlementaire, donner des opinions. Il n'y a pas... la langue
française a aussi ses caprices. Il y aura peut-être des enjeux d'interprétation
ou d'application, mais le but est simple. La mission centrale d'un syndicat,
c'est quand c'est lié à la représentation ou à la défense en application de la
convention collective de travail. Collègue, vous le savez, vous en avez fait,
des cas puis des cas puis des cas. On a bien défini la campagne de publicité,
le mouvement social, incluant l'activité politique, où on a dit : On ne
s'intéresse pas à ce qui est dans la Loi électorale. C'est en dehors de la
période électorale.
J'ai donné toutes les réponses, mais j'ai
l'impression que vous pourriez me présenter 200 cas d'espèce, mais je ne
suis pas en mesure de donner... On n'est pas un tribunal, on n'est pas ici à...
Je pense que c'est clair. C'est surtout, ce qui est important, c'est que ce
soit clair.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Après vous, le député de Jean-Talon souhaite intervenir. Vous pouvez continuer.
• (10 h 10) •
M. Leduc : ...une
dernière pour l'instant. Vous me donnez des exemples faciles. Le conflit en
Palestine, un sommet international sur l'environnement, c'est des exemples
faciles. Moi, je vous donne des exemples difficiles. Des salariés qui sont
impliqués dans les causes locales, dans leur région, dans leur village, dans
leur ville, il y en a plein qui vont aller chercher du financement. Je ne vous
parle même pas des équipes sportives. Il y en a plein, ça, des équipes
sportives qui veulent aller chercher une petite, une petite subvention ou un
petit don de leur syndicat. Ça fait tout ça. Ce n'est certainement pas un
mouvement social, mais ce n'est pas tout à fait un organisme de charité.
M. Boulet : Il a la
réponse dans sa question. En fait, je n'ai pas de commentaire, M. le Président.
M. Leduc : Donc, donner
un petit 1000 $ pour l'équipe de baseball de l'usine, ça, c'est correct.
C'est du principal. C'est ça je déduis.
M. Boulet : Je n'ai pas
de commentaire.
M. Leduc : Fascinant.
Le Président (M. Allaire) : Il
n'y a pas de problème. Juste vous rappelez que l'article 82, vous avez le
droit de ne pas répondre, M. le ministre, c'est à votre discrétion. Donc, M. le
député de Jean-Talon.
Allez-y.
M. Paradis : Bon...
M. Paradis : ...avec intérêt
cet échange.
Et, M. le ministre, je pense que c'est
important qu'on clarifie l'intention du législateur ici. Et vous le savez comme
moi, comme tout le monde ici, nos discussions vont servir à établir l'intention
du législateur. Quand on compare... Moi, je comprends très bien l'intention du
collègue d'Hochelaga-Maisonneuve avec son amendement. Mais j'écoute vos
réponses, M. le ministre, puis je ne suis pas sûr que le texte du paragraphe un
et du paragraphe deux de l'article 47.01, tel que vous le proposez, dit
exactement ce que vous mentionnez dans vos réponses. Je vais... Je vais vous
indiquer pourquoi.
Au paragraphe un, dont on a déjà discuté à
d'autres moments, M. le ministre, l'exception se lit comme suit, c'est à la...
c'est à la cinquième ligne de l'article, donc : Lorsqu'une contestation
est faite, une contestation judiciaire, ici, le premier paragraphe parle
d'aller devant les tribunaux, donc on dit : Ça, ça va être couvert par...
ou ça va devoir être couvert par la cotisation facultative, «sauf lorsque cette
contestation est faite dans le cadre de la représentation d'un salarié en lien
avec l'application de sa convention collective ou de ce qui en tient lieu, ou
lorsque cette contestation est invoquée en défense.» C'est ça, votre exception,
au paragraphe un.
Au paragraphe deux, ce n'est pas rédigé de
la même façon. L'exception, ça dit que, bien, une campagne de publicité ou un
mouvement social, ça va aller dans la cotisation facultative, «sauf si ça
concerne en tout ou en partie un sujet... en fait, ou un sujet non lié aux
conditions de travail, à la convention collective des salariés représentés ou
ce qui en tient lieu.» Donc, votre dernière phrase, c'est ça qui couvre ce qui
continue à être dans la principale. On est d'accord? Ce n'est pas la même
chose. Moi, je vois notamment «ou un sujet». Donc, c'est-à-dire que, si c'est
un sujet lié aux conditions de travail, à la convention collective des salariés
représentés ou à ce qui en tient lieu, ça va dans la cotisation principale. Ici,
ce n'est pas limité, comme au premier paragraphe, aux conditions de travail
puis aux griefs, ce qui est le critère que vous avez établi la semaine dernière
dans nos discussions. Ici, c'est si c'est «un sujet lié aux conditions de
travail, à la convention collective des salariés représentés ou en ce qui en
tient lieu». C'est deux choses différentes.
Donc, moi, un mouvement social qui parle
de conditions de travail, c'est couvert par la principale en vertu de votre
formulation ici. Donc, des gens qui décident de faire un mouvement social, qui
décident de faire une campagne de publicité pour parler du régime de retraite,
pour parler des congés, pour parler de la contestation de la loi 21, c'est
lié à leurs conditions de travail et c'est couvert par votre exception. Ça va
dans la principale en vertu de votre propre libellé, M. le ministre.
M. Boulet : Ma réponse est
oui. Ma réponse est oui. Puis j'ai répondu à plusieurs reprises à cette
question-là. J'ai même donné le cas d'une manifestation sur l'augmentation du
salaire minimum par les salariés syndiqués de Renaud-Bray, que c'était dans la
cotisation principale, là, parce que c'est une participation à des mouvements
sociaux liés à la convention. Là, vous faites référence aussi aux conditions de
travail. La réponse est oui.
En fait, gardons ça simple. C'est simple.
Puis on pourrait parler... Malheureusement, en droit, puis vous le savez, on
peut complexifier. Puis on va prendre n'importe quelle loi du corpus législatif
québécois puis on peut compliquer. Mais ce n'est pas compliqué.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député de Jean-Talon.
M. Boulet : La réponse, c'est
oui. Puis vous allez m'excuser, si je ne donne pas beaucoup de commentaires
outre ça, là, parce que j'ai vraiment l'impression de redire et de redonner les
mêmes réponses, mais de façon différente.
M. Paradis : Bien... Puis là,
M. le ministre, je fais attention parce que je... Mais vous avez encore, dans
votre échange que vous venez d'avoir avec le député d'Hochelaga-Maisonneuve...
vous avez dit : Bien, quand c'est lié à la convention collective, ça va
dans l'exception. Moi, ce que je vous dis ici, puis vous me répondez oui, puis,
là, c'est très clair, puis c'est dans... ça va être dans... ça va être inscrit
dans nos... dans nos débats, moi, tout ce qui touche les conditions de travail
des travailleurs, y compris ce qui n'est pas directement lié à une convention
collective, à un grief, à ce qui touche une unité dans un lieu de travail, tout
ça, c'est couvert par l'exception, donc ça va être... ça va pouvoir être
couvert par la cotisation principale, pas la facultative. Donc, moi, je vois ça
très large, cet article-là... cette exception-là.
M. Boulet : Bien, dans le
deuxième paragraphe, oui, vous lisez bien, on lit le même texte. Je ne sais pas
quel...
M. Boulet : ...quelle est la
nature de la question, mais...
M. Paradis : Bien, je veux
vous faire préciser. Parce que tout à l'heure, dans l'échange, vous vous
concentriez encore sur la convention collective et les conditions de travail
des travailleurs, des salariés dans une unité ou qui sont dans l'association de
salariés en question. Moi, je vous dis : L'exception, elle est beaucoup
plus large que ça si c'est lié aux conditions de travail.
M. Boulet : C'est un
sous-amendement qui a été apporté. Oui, tout à fait. Vous avez raison.
M. Paradis : Donc... Mais
votre... mais votre amendement, donc... Bien là, vous dites... bien...
M. Boulet : C'était-tu un
amendement?
M. Paradis : C'est
l'amendement. C'est l'amendement, M. le ministre. C'est votre amendement.
M. Boulet : Amendement.
M. Paradis : Donc, votre
amendement, à mon sens, permet aux syndicats ou aux associations de salariés du
Québec d'organiser des mouvements sociaux, des campagnes de publicité sur tous
les sujets qui concernent les conditions de travail au Québec. C'est ce que je
prétends, puis vous m'avez répondu oui.
Le Président (M. Allaire) : D'autres
interventions? M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Bien, je vais
essayer un autre angle, je vais retirer mon amendement. Puis on vient d'envoyer
un autre... un sous-amendement, pardon. Je le retire et j'en envoie un autre.
Puis je pense que c'est un meilleur angle qui va être plus clair.
Le Président (M. Allaire) : Pas
de problème. On va suspendre les travaux quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 10 h 18)
(Reprise à 10 h 23)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. J'ai d'abord besoin de votre consentement
pour retirer le sous-amendement déposé initialement par le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
Est-ce que j'ai votre consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Allaire) : Consentement.
Donc, sous-amendement retiré. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, vous
souhaitez en déposer un nouveau, la parole est à vous.
M. Leduc : Merci. Ça va comme
suit :
Dans l'amendement proposé à l'article 7 du
projet de loi, au paragraphe 2° du premier alinéa de l'article 47.0.1 de cette
loi :
1° Insérer, après les mots «de toute
participation à un mouvement social,», les mots «dont l'organisme n'émet pas de
reçus de charité»; et
2° Insérer, après les mots «ou ce
mouvement social», les mots «dont l'organisme n'émet pas de reçus de charité».
Je pense que... encore une fois, je résume
les propos de tantôt, «mouvement social», c'est beaucoup trop vague, c'est
beaucoup trop fourre-tout. Ce n'est pas objectif. La définition d'un mouvement
social, c'est très subjectif. Par contre, est-ce que l'organisme émet ou pas
des reçus de charité, ça, il n'y a pas de subjectif là-dessus, elle en donne ou
elle n'en donne pas. Après ça, on pourra s'obstiner si tel ou tel organisme qui
donne des reçus de charité, c'est-tu un mouvement social au sens de la
sociologie. Le débat est ouvert.
Mais au sens de l'Agence du revenu du
Canada, qui, si ma compréhension est bonne, est l'organisme qui gère et
attribue... et distribue, plutôt, les capacités de reçus... d'émettre des reçus
de charité, ça, c'est... c'est objectif, tu en as-tu un ou tu n'en a pas. Ça
fait que là, au moins, on serait plus clairs dans la façon dont ça va être
appliqué, cette loi-là, plutôt que tout un chacun doit décider, et analyser, et
imaginer quelle sera l'opinion du ministre sur un don à telle ou telle
organisation, c'est-tu un mouvement social ou ce n'est pas un mouvement social,
on fait-tu un vote en assemblée générale pour voir si c'est un mouvement social
puis, si oui, on le met-tu dans... Ça fait que c'est compliqué. Il émet-tu un
reçu de charité, oui ou non? Fin de l'histoire.
Le Président (M. Allaire) : Des
interventions?
M. Boulet : On va prendre une
pause, là. C'est parce qu'on... on ne le regarde pas sous le même angle.
Participation à un mouvement social, c'est des manifestations ou des colloques,
là, selon ce que j'ai expliqué à de multiples reprises. Mais là je pense que le
collègue met l'accent sur : on fait des dons, à qui. Puis ça,
l'appréhension que vous partagez avec nous, c'est que ce soit considéré comme
relevant de la cotisation facultative. Encore une fois, je dis tout le
temps : Il n'y a rien d'interdit dans ce projet de loi là. C'est plus un
devoir d'information et, quand c'est une association accréditée, de faire un
vote.
Mais j'ai peut-être un sous-amendement à
vous proposer pour que ce soit plus clair. Ça fait que, si vous permettez, on
va suspendre une couple de minutes puis on va...
Le Président (M. Allaire) : Oui,
on va suspendre les travaux quelques instants, ça va. Merci.
(Suspension de la séance à 10 h 26)
10 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 10 h 45)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. J'ai besoin de votre consentement, dans un
premier temps, pour retirer le sous-amendement déposé par le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
Est-ce que j'ai votre consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Allaire) :
Excellent, merci. Donc, j'ai compris que la députée de Huntingdon souhaitait
déposer un sous-amendement, la parole est à vous.
Mme Mallette : Merci, M. le Président.
Il se lit comme suit : Insérer, dans le deuxième alinéa de l'article 47.0.1
du Code du travail, proposé par l'amendement à l'article 7 du projet de
loi et après premier alinéa, «les contributions à des fins de bienfaisance et».
Le Président (M. Allaire) : Parfait,
merci. Avant de vous céder la parole, M. le ministre, pour les commentaires, simplement
pour vous dire qu'on va faire une correction de forme, là, sur ce que vous
voyez à l'écran, il manque le mot «des» à la troisième ligne du premier
paragraphe, là, «contributions à des fins de bienfaisance». M. le ministre, je
vous cède la parole pour commentaire.
M. Boulet : En fait, très
simplement, ça fait suite aux discussions qu'on a eues, notamment, avec le
collègue d'Hochelaga-Maisonneuve. On utilisait le mot «dons» au départ, mais le
mot «contributions» est plus englobant, il plus large, ça implique les dons et
ça implique le temps, l'énergie et tout. C'est un terme qui est assez générique...
M. Boulet : ...Alors, je
trouvais que c'était important de le mentionner comme ça parce que c'était
vraiment mon intention. Puis, vous vous souvenez, dans le projet de loi
initial, que vous aviez partagé, c'était comme ça. Ça fait que je l'ai enlevé nommément
pour éviter tout problème d'interprétation.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Bien, je remercie
le ministre et son équipe. C'est en effet très, très proche de ce que je
souhaitais comme amendement, que je venais juste de déposer. Ça fait que ça me
fait plaisir de souscrire à sa lecture. En effet, «contribution», c'est plus
large que «don», c'est parfait, puis allons-y comme ça. Moi, je proposais, tu
sais, d'aller jouer dans le mouvement social, le ministre préfère garder le
terme «mouvement social» tel quel puis de venir insérer ailleurs dans l'article
qu'on ne touchera pas, donc, aux contributions à des fins de bienfaisance, puis
ça me convient aussi. Donc, c'est très bien, ça clarifie un peu plus la
situation.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Merci. D'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder à la mise aux voix de cet... de ce sous-amendement. Est-ce qu'il est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Allaire) : Adopté.
Parfait. J'ai-tu compris sur division? Oui. Sur division. Parfait. Merci.
Une voix : ...
Le Président (M. Allaire) : Non?
Ah! M. le député de Jean-Talon, j'avais compris sur...
Une voix : ...
Le Président (M. Allaire) : Ah!
mon Dieu, il est adopté, pas sur division. C'est bon. Tout le monde est
heureux. Bravo!
Une voix : ...
Le Président (M. Allaire) : Oui.
Oui, oui, un beau consensus. Donc, on poursuit, on revient donc à l'amendement
déposé par la partie gouvernementale. M. le député Jean-Talon, allez-y.
M. Paradis : J'aurais un
sous-amendement à déposer.
Le Président (M. Allaire) : ...
M. Paradis : Bien, on va
prendre une petite pause. Je vous l'envoie à l'instant, parce que je vais tenir
compte du sous-amendement qu'on vient de déposer.
Le Président (M. Allaire) : Ça
me va.
On va suspendre les travaux quelques
instants. Merci.
(Suspension de la séance à 10 h 48)
(Reprise à 10 h 57)
Le Président (M. Allaire) :
Alors, nous allons reprendre les travaux. M. le député... pas «d'Hochelaga-Maisonneuve»,
député de Jean-Talon, je vous cède la parole pour votre sous-amendement.
M. Paradis : Merci, M. le Président.
Donc, sous-amendement à l'article 7 :
Dans l'amendement proposé à l'article 7 du
projet de loi, supprimer, au paragraphe 2° du premier alinéa de l'article
47.0.1, les mots «à caractère politique» et les remplacer par les mots «de
politique partisane».
Le paragraphe en question se lirait comme
suit, donc :
«47.0.1. Lorsqu'elles sont financées par
des cotisations, les activités d'une association accréditée, d'une union, d'une
fédération ou d'une confédération à laquelle est affiliée ou appartient une
association accréditée comprise dans les catégories suivantes, doivent être
financées exclusivement par les cotisations facultatives.»
Je vais tout de suite au paragraphe
2° :
«toute campagne de publicité, excluant
celle destinée aux membres, ou toute participation au mouvement social, lorsque
cette campagne de publicité ou ce mouvement social concerne, en tout ou en
partie, un sujet de politique partisane, une affaire visée au paragraphe 1° ou
un sujet non lié aux conditions de travail, à la convention collective des
salariés représentés ou à ce qui en tient lieu.»
Et, M. le ministre, l'explication est la
suivante. Nos échanges ici, ils sont importants, ils sont intéressants. Donc,
je vous ai entendu à quelques reprises évoquer le fait que, notamment, ce qui
était visé par ce qui, selon vous, est un mouvement politique ou un mouvement
social qui n'irait pas dans la cotisation principale mais qui irait dans la
cotisation facultative... vous avez parlé de mouvement de politique partisane.
Donc, je suggère de le clarifier, que c'est ce que vous visez dans ce deuxième
paragraphe. Et c'est parce que je suis convaincu, M. le ministre, aussi, que
vous êtes un grand démocrate. On vous connaît, vous aimez les débats vigoureux
ici, dans cette commission parlementaire, et à l'Assemblée nationale. Je suis
convaincu que, comme moi, vous savez à quel point les associations de salariés
et les syndicats ont contribué à façonner nos politiques publiques, à faire
avancer le Québec et que c'est important de ne pas... de ne pas contraindre
indûment cette capacité à faire en sorte que les droits des travailleurs, que
leurs conditions de travail, au sens large, puissent faire partie de leurs
activités couvertes par la cotisation principale plutôt que la facultative.
Donc, ce qu'on veut, c'est ajouter cette
procédure, là, que vous créez avec la... avec la cotisation facultative,
lorsqu'il s'agit de mouvements sociaux ou de campagnes publicitaires qui sont
liés à de la politique partisane. Autrement, ça... c'est au cœur de ce qu'est
le travail d'une association de salariés que de défendre largement les
conditions de travail des travailleurs du Québec. On a eu cette discussion-là
la semaine dernière, M. le ministre. C'est d'ailleurs dans la définition même
de ce qu'est une association de salariés au Québec. C'est dans sa mission,
c'est ça que le Code du travail dit qu'elles doivent faire. Donc, je nous
invite à clarifier le deuxième paragraphe comme proposé.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le ministre.
M. Boulet : Merci. On va
prendre une pause de quelques minutes, puis je veux revenir de façon...
Le Président (M. Allaire) : Pas
de problème. On va suspendre les travaux quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 11 heures)
11 h (version non révisée)
(Reprise à 11 h 15)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. J'ai d'abord besoin de votre consentement
pour retirer le premier sous-amendement déposé par le député de Jean-Talon.
Est-ce que j'ai votre consentement. Consentement. Parfait. M. le député de
Jean-Talon, je vous cède la parole pour une nouvelle sous-amendement, oui.
M. Paradis : Très bien. Donc,
à l'article 7, insérer, dans le paragraphe 2 du premier alinéa de l'article 47.0.1
du Code du travail, proposé par l'amendement à l'article 7 du projet de loi, et
après «caractère politique», «et de nature partisane».
Donc, ça va se lire comme suit :
Lorsqu'elles sont financées... si on peut
juste remettre le premier paragraphe... lorsqu'elles sont financées par des
cotisations, les activités d'une association accréditée, d'une union, d'une
fédération ou d'une confédération à laquelle est affiliée ou appartient une
association accréditée comprise dans les catégories suivantes doivent être
financées exclusivement par des cotisations facultatives. Et ensuite, au
deuxième paragraphe :
Toute campagne de publicité, excluant
celles destinées aux membres, ou toute participation à un mouvement social lorsque
cette campagne de publicité ou ce mouvement social concerne, en tout ou en
partie, un sujet à caractère politique et de nature partisane, une affaire
visée au paragraphe 1 ou un sujet non lié aux conditions...
M. Paradis : ...du travail à
la convention collective des salariés représentés ou à ce qui en tient lieu.
Donc, c'est une formulation un peu
différente de l'amendement précédent que j'ai déposé. Pourquoi? Parce que cette
formulation se retrouve ailleurs dans le corpus législatif québécois.
L'intention est la même, et c'est conforme aux échanges qu'il y a eu avec le
ministre dans les derniers jours sur le fait que, ce qu'on vise, ce sont des
mouvements sociaux ou des campagnes de publicité de nature politique partisane.
Si ce n'est pas de nature politique partisane, les associations accréditées,
les syndicats peuvent organiser des mouvements sociaux, peuvent mettre sur pied
des campagnes de publicité à même la cotisation principale, parce que c'est ce
qui concerne donc les conditions de travail des salariés, en général, au
Québec. Et je sais que le ministre est un démocrate, j'en suis convaincu, qu'il
ne veut pas restreindre la faculté des associations de salariés du Québec de
faire avancer notre société, de faire avancer, justement, le corpus législatif,
de façon à ce que les travailleurs soient bien représentés. Je le dis, c'est la
définition du rôle d'une association de salariés en vertu du Code du travail.
Ça ne dit pas que c'est facultatif et qu'ils peuvent faire ça, ça dit que c'est
leur travail de faire ça.
Et j'ajouterais que, si on ne clarifie pas
cette partie du deuxième paragraphe, on aurait une exception... on aurait un
principe qui est énorme. Parce que, si on lit dans le dictionnaire ce qui est
politique, c'est énorme, ce que ça couvre, parce qu'on... il y a beaucoup de
choses qui sont de nature politique. Ça, on le dit dans le Larousse, par
exemple, là, relatif à l'organisation des pouvoirs dans l'État à son exercice,
relatif... la définition de ce qui est politique, relatif à une conception
particulière du gouvernement et des affaires publiques, relatif à ceux qui
détiennent ou veulent détenir le pouvoir dans l'État. C'est énorme. Le ministre
ne peut pas vouloir contraindre ou limiter l'exercice par les syndicats de leurs...
de leurs facultés, en fait de leur... de leur travail de remettre en question
des politiques publiques qui affecteraient les conditions de travail des
salariés du Québec ou qui est, donc, de nature politique. Et je suis convaincu
que les tribunaux non plus ne laisseraient pas passer une règle qui est
aussi... qui ratisse aussi large, parce que ça fait partie de la conception de
la démocratie au Québec depuis trop longtemps, que ces organisations de la
société civile doivent pouvoir s'exprimer, doivent pouvoir agir comme des
contrepoids, des contre-pouvoirs, et c'est dans un but de faire de notre
société une société meilleure, comme ça s'est passé si souvent dans les
dernières décennies.
Qu'en seraient-ils des régimes de
retraite, de l'égalité entre les femmes et les hommes en milieu de travail, des
mesures qui ont permis vraiment de faire du Québec un endroit où les droits des
travailleurs sont bien protégés, mais aussi dans l'intérêt des employés... des
employeurs, des entreprises du Québec d'avoir des conditions qui sont bonnes
pour l'ensemble de notre société?
Le Président (M. Allaire) :
Merci, M. le député Jean-Talon. M. le ministre.
M. Boulet : On va prendre une
pause de quelques minutes, avec votre permission, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) :
Bien oui, c'est clair. On va suspendre les travaux quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 20)
11 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 11 h 41)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. Alors, dans un premier temps, suite aux
discussions hors micro, j'ai compris que nous allions suspendre le sous-amendement
déposé par le député de Jean-Talon. Exact? J'ai besoin de votre consentement.
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Allaire) : Excellent,
parfait. Ensuite, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, vous avez envoyé un
sous-amendement, on va juste valider pour être sûr que c'est le bon, donc, on
va le mettre à l'écran. Ah, il va être affiché? Parfait, bon, alors, voici, c'est
bien celui-là? M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, je vous cède la parole
pour lecture et commentaire.
M. Leduc : Merci, M. le
Président. C'est-tu le bon? Oui, parfait. Dans l'amendement proposé à l'article 7
du projet de loi, insérer, au troisième alinéa de l'article 47.01 de cette
loi, après les mots «les salaires», les mots «des employés qui travaillent
principalement sur des projets relevant des paragraphes 1 et 2». Je m'explique :
On a eu une longue discussion, la semaine dernière, sur ce qui m'apparaît être
une mauvaise pratique de ressources humaines, à savoir la microgestion des
heures travaillées de tous les employés qui relèvent soit d'une section locale,
d'une fédération ou d'une confédération. Je pense que c'est inopérant, là,
comme façon...
M. Leduc : ...façon de
fonctionner... En plus de mon appréciation ou de ma non-appréciation de
pratiques de ressources humaines. Ensuite, ça va être un chaos kafkaïen
d'essayer de déterminer qu'est-ce... les nombres d'heures de tout un chacun. En
plus, il y a beaucoup de salaires dans le milieu syndical qui sont payés à
l'année. Ce n'est pas des salaires horaires, contrairement à la pratique que M.
le ministre connaissait plus dans les cabinets d'avocats. Alors, qu'est-ce qui
est la bonne proportion du travail? C'est-tu la... C'est-tu le travail
rémunéré, le travail effectué? C'est un casse-tête sans nom.
Alors, je propose de simplifier
légèrement, ce n'est pas parfait, mais en précisant que c'est principalement,
donc, un salarié. Ça existe, des salariés qui sont embauchés pour faire
principalement des activités politiques qui vont éventuellement relever du
paragraphe un ou deux. Bien, si c'est en effet dans sa définition de tâches ou
dans sa pratique que c'est principalement ça qu'il fait, lui, à la journée
longue puis à l'année longue, bien, c'est correct, là, ce sera clair que lui,
son salaire, en effet, est comptabilisé dans les dépenses facultatives. Tandis
que pour la... pour bien d'autres salariés qui travaillent sur 50 projets
en même temps, bien, s'il y en a un ou deux de leurs 50 projets qui sont
en effet plutôt... ils relèvent plutôt de paragraphe un ou deux, ça ne vaut pas
la peine de commencer à microgérer le pourcentage d'heures effectuées sur un ou
deux.
C'est un casse-tête. C'est beaucoup plus
simple si on le garde, donc, dans cette logique-là, que... seulement les
employés qui travaillent principalement sur des projets relevant de 1 et 2
seront comptabilisés comme des cotisations facultatives. Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci
à vous. M. le ministre.
M. Boulet : On va arrêter
quelques minutes.
Le Président (M. Allaire) : Pas
de problème. On va suspendre les travaux quelques instants. Merci!
(Suspension de la séance à 11 h 43)
(Reprise à 11 h 46)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. M. le ministre, allez-y. Il faut y aller, M.
le ministre.
M. Boulet : Donc, on
comprend, mais en même temps, on n'adhère pas à ce sous-amendement-là. Ce ne
sont pas que des projets. Le mot «principalement» ajoute un terme
d'interprétation, une difficulté d'application. Puis les employés, comme on a
souvent parlé, qui sont appelés, puis les syndicats, à gérer par projet, vont
être en mesure de computer le temps qui est consacré à l'activité qui relève de
la définition de cotisation facultative. Donc, c'est la réponse que j'ai à
partager.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Bien, c'est
dommage, parce que je l'ai dit au ministre, que ça marche... Ce n'est pas du
tout la culture, dans le milieu syndical, de fonctionner comme ça, par projet,
avec des budgets, là. C'est-à-dire que, oui, il y a des équipes qui se créent à
l'intérieur d'une centrale, intercentrale, à l'intérieur d'un syndicat local,
mais ils ne fonctionnent pas par budgets spéciaux, là. C'est-à-dire qu'on a un
projet, on...
M. Leduc : ...c'est
certainement les salaires... ne sont pas comptabilisés là-dedans. Ça veut dire
que s'il y a un projet X, il va avoir un budget de «comm», il va avoir un
budget de mobilisation, mais il n'y aura pas de budget de salaire. Le salaire,
si on est un conseiller syndical avec un budget annuel, des semaines, on fait
plus d'heures, des semaines on en fait moins. Certaines centrales ont des
heures plus strictes puis ils accumulent pour faire du temps, récupérer par la
suite. Mais même l'application, le ministre ne m'a pas répondu, dans des
situations où est-ce que c'est un salaire annuel. Qu'est-ce qu'on comptabilise?
Il n'y a pas de taux horaire dans un salaire annuel.
M. Boulet : ...le temps
consacré à l'activité qui relève de la notion de cotisations facultatives, il
est «computable». Ça se fait... tout le monde le fait. Tous ceux qui ont à
gérer par projet, tous ceux qui ont à gérer par la nature des activités
exercées, ça, j'ai répondu plusieurs fois, là. Si ce n'est pas dans la culture,
si ce n'est pas dans les façons de faire des syndicats, la loi n'a pas à
s'adapter exclusivement aux façons de faire des syndicats. Mais les façons de
faire des syndicats vont devoir s'adapter à la loi qui requiert une gestion par
fonds. C'est tout, je pense, je l'ai... OK. C'est tout.
M. Leduc : Il n'y a
juste personne qui va faire ça, M. le ministre. Votre loi ne servira à rien.
C'est correct.
Le Président (M. Allaire) :
D'autres interventions?
M. Leduc : Moi, je pense
qu'avec ça, ça aurait été plus simple d'application. Ça aurait été plus clair,
qui est comptabilisé, qui ne l'est pas. On va laisser ça flou puis ça va juste
n'avoir rien changé dans le quotidien de personne.
Le Président (M. Allaire) : D'autres
interventions? S'il n'y a pas d'autres interventions, nous allons procéder à la
mise aux voix de ce sous-amendement. Est-ce que le sous-amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Rejeté.
Le Président (M. Allaire) :
Il est rejeté. Alors, on revient donc sur l'amendement. Des interventions sur
l'amendement?
M. Leduc : ...si le
ministre le veut bien, en attendant qu'on revienne à celui de mon collègue.
Le Président (M. Allaire) : Donc,
vous avez un nouveau sous-amendement?
M. Leduc : Il y en a un
deuxième, en effet.
Le Président (M. Allaire) :
Parfait, on va suspendre les travaux quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 49)
(Reprise à 11 h 54)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, je
vous cède la parole pour un nouveau sous-amendement.
M. Leduc : Merci, M. le
Président. Dans l'amendement proposé à l'article 7 du projet de loi,
remplacer, dans le deuxième alinéa de l'article 47.0.1 de cette loi, les
mots «visées par les... par le paragraphe 2°» par les mots «visés par le
paragraphe 1° et 2°».
Une petite erreur, c'est «par»... bien, on
comprend. Donc, dans l'original, on fait faire référence au paragraphe 2°,
quand on parle des campagnes, publicités, etc., avec les exceptions. Puis là
ils ont... on en rajoute une autre, là, dans le deuxième paragraphe puis on dit
que, si ça concerne les obligations liées à la formation... administration syndicale,
c'est correct des publicités. Et je ne m'explique pas parce que, dans la
version originale du projet de loi, on avait quelque chose qui ressemblait à ça
et que ça faisait référence aux deux paragraphes, 1° et 2°. Bref. Alors, moi,
je dis : Pourquoi on ne garde pas ça la même chose?
Puis j'ai un cas précis que je veux
soumettre au ministre, à savoir mon ancien syndicat, j'y fais parfois
référence, Alliance de la fonction publique. L'AFPC avait poursuivi le
gouvernement sur la loi sur les syndicats professionnels et associations
professionnelles... je ne sais plus du nom exact de la loi, mais vous comprenez
laquelle... à laquelle je fais référence, qui interdisait aux non-citoyens
d'être élus à une charge syndicale. Moi, j'étais d'accord, bien sûr, avec cette
idée-là de poursuivre pour modifier la loi. Ça a monté... je ne me souviens
plus jusqu'à quel degré de cour, mais ça a été emporté, ça a été gagné par la
partie syndicale. Et, à partir de ce moment-là, des travailleurs non citoyens
du Canada peuvent être élus à une charge syndicale, ce qui n'était pas le cas
avant. Donc, une loi a été modifiée suite à une poursuite d'un syndicat.
Et moi, je pense que cette poursuite-là,
qui concerne les obligations, les droits de ses membres, ce n'est pas une
condition de travail, hein, de pouvoir être un élu syndical, mais ça relève
foncièrement de la nature même d'un syndicat. Moi, je pense que ça devrait
relever de la principale. Je ne vois pas pourquoi ça serait considéré comme du
facultatif. On n'est pas en train de dire, là : C'est une lutte externe à
l'immédiateté de la fonction du syndicat ou du... en anglais, on dit du «core
business». Au contraire, qui peut se présenter sur une charge syndicale, c'est
pas mal sur... c'est pas mal à ça que ça sert, notamment, à un syndicat.
Ça fait que c'est un exemple que je
soumets pour dire : Bien, je pense que, quand on parle des poursuites, il
faut qu'on élargisse à la question de la formation de l'administration du
syndicat. Peut-être que le ministre aurait un autre libellé à me soumettre, je
suis ouvert, mais je pense qu'il peut souscrire à mon objectif de dire que,
quand un syndicat poursuit, par exemple, pour permettre... poursuit le
gouvernement du Québec pour permettre aux non-citoyens de devenir exécutants d'un
syndicat, d'être des élus syndicaux...
M. Leduc : ...élus syndicaux,
pardon, et bien, je pense que c'est tout à fait logique et ça fait partie de la
mission même du syndicat et que ça devrait donc être une cotisation principale
qui puisse payer la poursuite. Merci.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. M. le ministre.
M. Boulet : Oui, je comprends
le sous-amendement, mais je reviens au projet de loi initial, il y avait quatre
catégories. Puis, en ce qui concerne la contestation d'une loi qui est dans le
premier paragraphe, il n'y avait pas de réserve, alors que, là, dans les
amendements, on a rajouté une réserve en disant : Sauf quand la
contestation est faite dans le cadre de la représentation en lien avec
l'application de la convention collective ou quand c'est invoqué en défense,
toujours en application de la convention collective de travail.
Là, en ajoutant ce qui découle des droits
ou obligations liés à la formation ou à l'administration, on vient tellement
élargir qu'il n'y a à peu près plus de contestation qui relèverait de la
cotisation facultative. Donc, c'est d'élargir de façon excessive la notion de
cotisation principale, qui est liée à la contestation du caractère opérant ou
de l'applicabilité constitutionnelle d'une loi, et pour ces raisons-là, c'est
ça aussi qu'on appliquait aux campagnes de publicité, au mouvement social,
incluant l'activité politique. Là, on venait dire que n'était pas visé ce qui
découlait des droits ou obligations liés à la formation ou à l'administration
d'un syndicat, mais pas pour le premier. Donc, c'est intentionnel puis on ne
veut pas aller... Je pense que c'est de revenir aussi à la base, hein? Ce qui
est facultatif, ce n'est pas maudit, là. Ce qui est facultatif, c'est
simplement qu'on peut le faire, il n'y a rien d'interdit, on fait juste
informer nos travailleurs et, dans le cas des associations accréditées, la
possibilité de s'exprimer. C'est tout simplement ça. Alors, merci, M. le
Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Juste avant de vous céder la parole, simplement pour vous dire que, comme vous
l'avez dit, on va faire la correction de forme, là, et enlever «parlait». Donc,
la bonne façon de le dire, c'est : «visé par le paragraphe 2». M.
le...
M. Leduc : Autant pour moi que
pour le... Merci, M. le Président. Autant pour moi que pour l'article original,
là, le ministre nous explique que ce n'était pas tout à fait ça puis je pense
qu'il a raison. Néanmoins, mon argumentaire reste le même. Quand dans le
dossier de la FPC qui poursuit pour élargir la possibilité de pouvoir se
présenter à une charge syndicale, en quoi c'est... en quoi c'est
philosophiquement du facultatif?
M. Boulet : Je ne comprends
pas ce que vous dites.
M. Leduc : L'exemple que je vous
ai soumis, la poursuite de la FPC pour modifier la loi sur les syndicats
professionnels pour permettre à des non-citoyens d'être élus sur une charge
syndicale. En quoi ça, ça aurait dû être du facultatif?
M. Boulet : La réponse
simple, facile, c'est que ce n'est pas en application de la convention
collective de travail.
M. Leduc : Oui, mais c'est la
nature même d'un syndicat.
M. Boulet : Mais... je sais,
je comprends la nature de votre sous-amendement, c'est là que vous voulez rajouter
tout ce qui est inhérent à la formation ou l'administration d'un syndicat. Moi,
je vous dis : l'exception qu'on a, c'est tout ce qui découle et ce qui est
en lien avec l'application de la convention collective de travail.
• (12 heures) •
M. Leduc : Mais c'est parce
que je trouve ça inquiétant. Mettons, là, avant-hier, M. le Président, on avait
dans les journaux une annonce que les syndicats poursuivaient le gouvernement
sur le projet de loi n° 101 qu'on a traité ici il y a à peu près quelques
mois, là, notamment sur l'article qui détermine des mécanismes de prévention
différents pour la santé, l'éducation, c'est un peu là où le bât blesse. Est-ce
que ça... Est-ce que ça, ça serait couvert par du principal ou du facultatif?
La (panne de son) qui a été déposée hier contre le gouvernement pour le projet
de loi n° 101, est-ce que c'est ça... est-ce que ça va relever du
principal ou du facultatif?
M. Boulet : Ça, je n'ai pas
vu le libellé de la poursuite, j'ai vu qu'il y avait un pourvoi, je l'ai vu ce
matin, je n'ai pas lu la procédure...
M. Leduc : Bien vous savez
c'est quoi, c'est l'article, là, qui détermine le régime particulier pour la
santé et l'éducation.
M. Boulet : Oui, mais sous
réserve, là... sous réserve... sous réserve d'en faire un examen et en faire
une lecture, je ne vous répondrais pas par une réponse hypothétique, je veux
d'abord la lire, je veux voir s'il y a un lien avec l'application de la
convention collective de travail et dépendamment du contenu de la procédure, ma
réponse va dépendre de ça.
M. Leduc : J'imagine que ça
va être plaidé sur le volet constitutionnel avec la discrimination basée sur la
fonction...
M. Boulet : Donc, je présume
aussi, probablement, qu'il invoque, ce que j'ai vu, discrimination en raison
des secteurs santé et services sociaux où c'est à prépondérance féminine. Oui,
c'est sûr que ça rentre dans le un, et c'est de déterminer si cette... c'est
dans le cadre de la représentation d'un salarié avec... en application de la
convention collective de travail, mais...
12 h (version non révisée)
M. Boulet : ...vous allez voir
dans le transitoire, mais qu'on adopte le 47.0.1, j'ai un schéma à présenter
dans le transitoire. Puis, dans le transitoire, vous allez voir que tant que ce
n'est pas sanctionné puis pour une période de temps, ça va rester dans le
principal.
M. Leduc : Puis...
M. Boulet : La loi n'aura pas
d'impact là-dessus jusqu'à la fin de la première instance. On va le voir dans
le transitoire.
M. Leduc : Bon, à suivre. Sur
votre...
M. Boulet : Oui, à suivre,
mais je pense que je réponds quand même en bonne partie à votre question.
M. Leduc : Oui, oui, oui. Si
un... les syndicats, puis on peut certainement penser qu'ils vont le faire,
poursuivre le gouvernement avec le projet de loi trois, là, celui qu'on est en
train de discuter. Peu importe la forme finale qu'on va... qu'on va déterminer
dans les prochaines heures, prochains jours, poursuivre le projet de loi trois,
là, sur la transparence puis sur les cotisations facultatives, ça va-tu être
utilisé avec des cotisations principales ou facultatives?
M. Boulet : Bien, avec... Si
je lis encore, c'est la même réponse. Est-ce que c'est en application de la
convention collective de travail? C'est hypothétique, la loi n'est pas
sanctionnée, mais dans les dispositions transitoires, je vous rassurerai, parce
qu'entre la sanction et le sixième mois, il va y avoir une utilisation, là,
permise. Tu sais, si c'est fait à l'intérieur de ce six mois-là, ça peut
demeurer une principale. Sinon, mon interprétation, c'est que ça devient du
facultatif, là, ce n'est pas en application.
M. Leduc : C'est... c'est
quand même étonnant. C'est quand même étonnant, là, si on veut faire une
campagne de pub contre le projet de loi trois, parce que ça touche visiblement
la formation et l'administration d'un syndicat, les cotisations puis la
transparence, si je veux faire une campagne de pub, ça, c'est correct, c'est du
principal. Mais si je veux poursuivre le gouvernement sur le projet de loi
trois, woups! tout à coup, ça devient du facultatif.
M. Boulet : Non, absolument
pas. Moi, je suis totalement à l'aise. Quand on réfère à une contestation
constitutionnelle, le test peut être différent. Moi, que ce soit analysé de
façon distincte et tenant compte de la réalité de chaque circonstance, non, je
suis à l'aise avec ça.
M. Leduc : Mais juste... Donc,
si je fais une campagne de publicité en fonction du deuxième paragraphe, contre
le projet de loi trois qui touche visiblement la formation et l'administration
d'un syndicat, ça, c'est correct, c'est du principal.
M. Boulet : Ça... ça, moi, ma
compréhension, là, collègues, ce serait du principal, une campagne de publicité.
M. Leduc : On s'entend.
M. Boulet : La contestation,
non. Que ce ne soit pas la même réalité légale, je le comprends aussi. C'est ce
sur quoi vous êtes un peu moins d'accord, là. Ce que vous dites, c'est que la campagne
de publicité ne devrait pas être traitée de façon différente de la
contestation. Moi, je vous le dis, avec les textes que nous avons, oui.
M. Leduc : Ça fait qu'il va
falloir qu'on twiste le plaidoyer...
M. Boulet : Bien non...
M. Leduc : ...contre le PL no 1,
en soumettant la charte, où là la charte est considérée faisant partie de la
convention collective, et donc des conditions de travail. Puis là on pourrait
le payer avec le principal. Ça va dépendre du plaidoyer, c'est ça que vous me
dites.
M. Boulet : C'est totalement
hypothétique, mais, je la répète, si la contestation a lieu dans... on va le
voir dans le transitoire, je vais vous présenter un schéma, dès qu'on aura fini
47.0.1. Puis ça va vous rassurer, comme je l'ai fait pour le Règlement sur les
mécanismes de prévention et de participation des travailleurs.
M. Leduc : OK. Je trouve juste
ça particulier qu'on peut dire clairement, qu'on peut mobiliser... faire de la
publicité contre une loi, et ça va être du... considéré comme du principal,
parce que, là, cette loi-là, elle touche l'administration de mon syndicat, mais,
si je... si je fais l'étape suivante, qui est la poursuite, là, ça va tomber
potentiellement dans du facultatif, mais ça va dépendre en même temps du
plaidoyer. Puis, après ça, on me dit que c'est simple d'application.
M. Boulet : Ce l'est. Merci, M.
le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le député. D'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous
allons procéder à la mise aux voix de... du sous-amendement. Est-ce que le sous-amendement
est adopté? Est-ce que le...
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) : Je
n'entendais pas. Donc, le sous-amendement est rejeté. On revient donc à l'amendement
déposé par la partie gouvernementale. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? M.
le député de Jean-Talon.
M. Paradis : J'ai un
amendement qui est... un sous-amendement qui est suspendu. Alors...
M. Boulet : ...on va prendre
mes notes, s'il vous plaît...
Le Président (M. Allaire) :
Très bien. On va suspendre les travaux quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 06)
(Reprise à 12 h 28)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. Dans un premier temps, j'ai besoin de votre
consentement pour ouvrir le sous-amendement qui avait déjà été déposé par le
député de Jean-Talon. Est-ce que j'ai votre consentement? Parce qu'il était suspendu,
je dois l'ouvrir puis l'enlever après. Consentement. Parfait.
J'ai besoin de votre consentement pour le
retirer, maintenant, est-ce que j'ai votre consentement? Consentement. Parfait.
M. le député de Jean-Talon, je vous cède la parole pour le nouvel
sous-amendement.
M. Paradis : Très bien.
Insérer, dans le paragraphe 2 du premier alinéa de l'article 47.0.1 du Code du
travail, proposé par l'amendement à l'article 7 du projet de loi, après les
mots, «un sujet à caractère politique», les mots, entre guillemets, donc, «de
nature partisane».
Donc, l'article se lirait comme
suit :
47.0.1. Lorsqu'elles sont financées par
des cotisations, les activités d'une association accréditée, d'une union, d'une
fédération ou d'une confédération à laquelle est affiliée ou appartient une
société à une association accréditée comprise dans les catégories suivantes
doivent être financées exclusivement par les cotisations facultatives. Et
ensuite, on va au deuxième paragraphe : Toute campagne de publicité,
excluant celles destinées exclusivement aux membres, ou toute participation à
un mouvement social lorsque cette campagne de publicité ou ce mouvement social
concerne, en tout ou en partie, un sujet à caractère politique de nature
partisane, une affaire visée au paragraphe 1 ou un sujet non lié aux conditions
de travail, à la convention collective des salariés représentés ou à ce qui en
tient lieu.
J'ai présenté tout à l'heure les
intentions de cette modification, et c'est... là, c'est un changement de
libellé pour que ça cadre mieux dans le corpus législatif québécois.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
D'autres interventions? S'il n'y a pas d'intervention, nous allons procéder à
la mise aux voix. Est-ce que ce sous-amendement est adopté? Adopté.
On revient donc à l'amendement. Est-ce qu'il
y a des interventions? S'il n'y a pas d'intervention, nous allons procéder à la
mise aux voix de l'amendement sous-amendé. Donc, est-ce que l'amendement est
adopté? Adopté. Excellent. Parfait.
Je regarde l'heure, c'est l'heure d'aller
dîner. Donc, merci pour votre collaboration ce matin.
Je vais suspendre les travaux jusqu'à cet
après-midi. Merci. Bon dîner, tout le monde.
(Suspension de la séance à 12 h 30)
15 h (version non révisée)
(Reprise à 15 h 20)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît. La Commission de l'économie et du travail reprend
ses travaux, nous poursuivons l'étude détaillée du projet de loi n° 3,
Loi visant à améliorer la transparence, la gouvernance et le processus
démocratique de diverses associations en milieu de travail. Si vous vous
souvenez, lors de la suspension, nous avions... nous étions rendus à... au
nouvel article introduit à 47.0.2. Donc, M. le ministre, je vous céderais la
parole pour lecture et commentaire.
M. Boulet : Ah, oui...
Le Président (M. Allaire) : Et
il y a un amendement, donc, vous pourrez faire la lecture de votre amendement.
Des voix : ...
M. Boulet : Oui, puis il y a
un amendement. M. le Président, donc, 47.0.2 L'Association accréditée présente
à ses membres, au moins une fois par année, lors d'une assemblée, la cotisation
facultative dont elle entend demander le prélèvement pour financer les
activités visées à l'article 47.0.1. Le cas échéant, elle présente aussi,
lors de cette assemblée, les cotisations qu'elle prévoit transmettre à l'union,
à la fédération ou à la confédération à laquelle elle est affiliée ou
appartient, en identifiant la part relative à la cotisation principale et celle
relative à la cotisation facultative. Au plus tard le jour de l'assemblée, l'association
accréditée transmet à chaque salarié compris dans l'unité de négociation qu'elle
représente un document qui indique la cotisation facultative qu'elle prévoit
dédier au financement des activités visées au premier alinéa et qui les informe
de leur droit de vote en cette matière. Amendement : Remplacer l'article 47.0.2
du Code du travail, proposé par l'article sept du projet de loi, tel qu'amendé,
par le suivant : 47.0.21 Une association accréditée présente à ses
membres, au moins une fois par année, lors d'une assemblée, 1 : Le montant
de la cotisation facultative...
M. Boulet : ...qu'elle
souhaite inclure dans le montant de la cotisation qu'elle spécifie à
l'employeur ainsi que la part du montant de la cotisation facultative qu'elle
prévoit allouer à chacune des deux catégories d'activité visées aux paragraphes
un et deux du premier alinéa de l'article 47.0.1 qu'elle identifie;
«2 le montant des cotisations qu'elle
prévoit transmettre à l'union, à la fédération ou à la confédération à laquelle
elle est affiliée ou appartient, en identifiant la part relative à la
cotisation principale et celle relative à la cotisation facultative.
«Au plus tard le jour de l'assemblée et
pendant au moins un an suivant cette assemblée, cette association accréditée
rend accessible sur son site Internet ou par tout autre moyen approprié aux
salariés compris dans l'unité de négociation qu'elle représente un document qui
résume le contenu de la présentation et qui les informe de la procédure leur
permettant d'exercer leur droit de vote sur la cotisation facultative, ainsi
que du moment où doit se tenir ce vote.»
Commentaires : Enfin, on en a déjà
fréquemment parlé, mais bon, ça prévoit que l'association accréditée doit
présenter en assemblée certaines informations relatives aux cotisations
syndicales. L'amendement, il remplace 47.0.2 que le projet de loi propose
d'introduire. Deux modifications sont apportées. Au paragraphe un du premier
alinéa de l'article 47.0.2, l'amendement prévoit l'obligation d'indiquer,
lors de la présentation, la part du montant de la cotisation facultative que
l'association prévoit allouer à chacune des deux catégories d'activité prévues
à ce qu'on vient d'accepter à 47.0.1. Puis au deuxième alinéa, en ce qui
concerne le document qui résume le contenu de la présentation, on remplace
l'obligation de le transmettre à chaque salarié compris dans l'unité par une
obligation de le rendre accessible au salarié pendant au moins un an suivant la
présentation.
Donc, la présentation, ça porte sur le
montant de la cotisation facultative et non sur toutes les activités précises
que pourrait entreprendre l'association accréditée. Donc, c'est le montant.
Même si l'association accréditée doit indiquer le montant de la cotisation
facultative qu'elle prévoit allouer à chacune des deux catégories, collègues,
aucune disposition du projet de loi ne l'empêche d'utiliser la cotisation
facultative dans une catégorie, l'utiliser dans l'autre catégorie, donc une
flexibilité accrue pour les syndicats. Donc, catégorie un, c'est les
contestations, deux, c'est les campagnes, les mouvements. Si tu utilises un
dans l'autre, ce n'est pas prohibé de quelque manière que ce soit. Ça assure
une flexibilité complète au syndicat.
L'infraction pénale générale. Bon. On va
le voir plus tard, je pense, l'infraction pénale. Je ne sais pas pourquoi je
l'ai ici, là. OK.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va? Des interventions? M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : J'essaie de bien
comprendre l'explication du ministre. Donc, si je me vote... si je me vote un
montant de cotisation facultative en précisant grosso modo dans quel poste de
dépenses je vais le faire... je prévois le faire, une fois que c'est voté puis
que la... que ça commence à être cotisé, récolté, je peux le dépenser dans l'un
ou l'autre de ces postes-là comme un budget normal, tant que ça reste dans
l'espèce de sous-enveloppe facultative.
M. Boulet : Exact.
M. Leduc : C'est un peu la
même logique avec le budget général de toute façon.
M. Boulet : Totalement.
M. Leduc : C'est entre les
deux budgets que je ne peux rien faire. C'est-à-dire, je ne peux pas déplacer
d'argent du budget facultatif vers le principal ni vice versa?
M. Boulet : Exact.
M. Leduc : Mais, si j'ai...
Pourquoi c'est des deux bords? Parce que je comprends qu'on puisse... dans
votre logique, qu'on ne puisse pas prendre du principal puis le mettre dans le
facultatif. Mais, si on s'est voté du facultatif, pourquoi on ne pourrait pas
le mettre dans le principal par la suite?
M. Boulet : Bien, tu peux
prendre du facultatif puis l'envoyer dans le principal. C'est le principal que
tu ne peux pas envoyer dans du facultatif.
M. Leduc : Je viens juste de
vous demander l'inverse, puis vous m'avez dit oui. Donc là, on va... on va
reformuler.
M. Boulet : OK. Mais ce
n'était pas clair.
M. Leduc : Quand je vous
dis : Dans les deux sens?, vous avez dit : Non. Donc, je me...
M. Boulet : Je pensais entre
les... OK. Allez-y.
M. Leduc : Je ne peux pas
prendre du principal pour payer du facultatif. Ça, on a compris votre logique.
Mais je peux prendre du facultatif pour payer du principal.
M. Boulet : Bien oui...
M. Boulet : ...bien sûr.
M. Leduc : N'importe quand,
n'importe comment?
M. Boulet : Oui, en autant
que tu respectes les montants qui sont prévus dans chacune des deux catégories.
M. Leduc : C'est-à-dire?
M. Boulet : Bien, que tu
n'excèdes pas l'enveloppe globale, que tu as budgété les deux catégories
additionnées l'une sur l'autre.
M. Leduc : OK. Mais là
pourquoi je ferais des transferts de montants si ce ne serait pas pour faire
bouger les enveloppes globales? Si je me suis budgété...
M. Boulet : Bien, si tu as
mis 50 $ dans une catégorie puis 50 $ dans l'autre catégorie, tu
pourrais excéder dans une catégorie et utiliser ce que tu as mis dans l'autre
catégorie. Donc, c'est des vases communicants.
M. Leduc : Je donne un cas de
figure pour mieux comprendre. Si je me suis budgété... Vous utilisez vous-même,
souvent, l'exemple de la... d'une manifestation sur le dossier de la Palestine.
Des voix : ...
M. Boulet : Bien, on n'est
pas sûrs de la question, là. Ma sous-ministre n'est pas certaine, là...
M. Leduc : OK. Je vais vous
donner un cas de figure. Ça va peut-être clarifier ma question, désolé si elle
est floue. Si on s'est budgété une cotisation facultative pour organiser une
manifestation sur la Palestine, sur le dossier de la Palestine, puis finalement
elle n'a pas lieu, la manifestation, pour x, y raisons, l'argent que j'ai
budgété dans le facultatif pour cette manifestation-là, pourquoi je ne pourrais
pas le ramener dans la principale?
M. Boulet : Bien, moi, j'ai
dit oui à ça. Oui.
M. Leduc : OK. Ça, c'est
clair.
M. Boulet : Oui, là, c'est
plus clair. Oui.
M. Leduc : Mais l'inverse
n'est pas vrai.
M. Boulet : Non.
M. Leduc : Si j'ai une
deuxième manifestation sur la Palestine la semaine d'après, je ne peux pas
aller piger dans mon budget général, principal pour payer une deuxième
manifestation sur la Palestine.
M. Boulet : Non, je ne vois
pas comment ça se... non.
M. Leduc : Si j'ai épuisé mon
budget facultatif, là.
M. Boulet : Tu ne peux pas
aller chercher dans le principal pour te renflouer.
M. Leduc : Mais l'inverse est
vrai, je peux aller prendre du facultatif...
M. Boulet : Bien, «l'inverse
est vrai»... En fait, c'est que tu n'utilises pas ton facultatif, donc tu peux
l'utiliser dans ton principal.
M. Leduc : C'est ça,
nonobstant les montants total du budget interne.
M. Boulet : Oui.
M. Leduc : Ça fait que je
pourrais m'être voté un... Tu sais, mettons, j'ai une cotisation... vous dites
souvent le 100 $, puis je me suis voté un 15 $ de facultatif à partir de
mon 100 $, mais, si, finalement, je n'utilise pas le 15 $ dans le
facultatif, il reste dans mon budget puis il peut être dépensé dans l'enveloppe
globale.
M. Boulet : Bien oui.
M. Leduc : C'est beau. Ça,
c'est réglé. Merveilleux! Je ne sais pas si c'est clair dans le texte, par
exemple... mais, en tout cas, au moins c'est réglé verbalement ici.
Prochaine question, toujours sur 47.0.2,
de nouveau, vous faites... vous jonglez avec deux concepts : celui de
membre et de salarié. Ils n'ont pas...
M. Boulet : ...
M. Leduc : Membre, à l'ouverture
de 47.0.2 : «...présente à ses membres», puis après ça, à la fin, vous
dites les salariés. Ça fait qu'on... Il y a deux catégories de personnes qui
n'auront pas les mêmes obligations ou du moins les mêmes droits en matière
d'accès à des informations.
• (15 h 30) •
M. Boulet : Donc, si je
comprends bien votre question, ce qui est écrit là, c'est que l'assemblée,
c'est les membres, et le vote sur la cotisation facultative, c'est les
salariés, donc tous ceux qui sont contraints de payer la cotisation.
M. Leduc : Puis les salariés
ne pourront se... les salariés non membres, parce que les membres sont salariés
aussi, forcément, les salariés non membres seront contraints de se prononcer
seulement... ou du moins ne pourront se prononcer seulement que sur le résultat
final de la cotisation facultative.
M. Boulet : Exact.
M. Leduc : Ne pourront pas
l'amender ou la sous-amender?
M. Boulet : Les salariés
peuvent voter sur la cotisation facultative, mais, à l'assemblée, c'est les
membres qui sont présents, mais le document explicatif est envoyé aux
salariés... est rendu accessible aux salariés, pas transmis, accessible aux
salariés.
M. Leduc : Quand vous
dites...
M. Boulet : ...je pense que
ça serait opportun d'avancer. J'ai... J'ai... J'ai préparé un schéma qui va
nous aider à simplifier la compréhension. Puis il a l'air à y avoir beaucoup de
texte, mais c'est parce qu'on répète, pour éviter... pour assurer une bonne
compréhension.
Le Président (M. Allaire) : ...au
secrétariat. On va pouvoir le mettre sur Greffier. Il va être plus facile à
consulter.
M. Boulet : OK. Alors, est-ce
qu'on peut prendre une pause deux minutes?
Le Président (M. Allaire) : Pas
de problème.On va prendre une pause quelques minutes, s'il vous plaît.
Merci.
(Suspension de la séance à 15 h 31)
15 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 15 h 39)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. Tel que discuté avant de suspendre, nous
avons reçu le document, il est sur Greffier. M. le ministre, je vous cède la
parole.
M. Boulet : Bon, collègue de Jean-Talon,
on a fait 47.0.2, on a répondu à un certain nombre de questions, et j'ai
partagé un schéma pour nous permettre d'accélérer nos discussions et d'être
tous au même endroit pour le processus d'adoption de la cotisation facultative.
Puis je vais y aller... il y a des répétitions de mots, mais vous avez... Je ne
sais pas si vous avez une copie, tout le monde? Donc, vous avez, à gauche, la
centrale, début du processus. Donc, la centrale informe l'association
accréditée du montant de la cotisation, incluant la part facultative dont elle
estime avoir besoin avant la présentation. Puis ce qu'on a expliqué un peu plus
tôt, c'est : il y a deux catégories, et c'est le montant de la catégorie 1
et le montant de la catégorie 2.
Ensuite, on s'en va à droite. Le mode de
convocation, c'est selon les statuts et règlements de régie interne de l'association
accréditée. Après ça, on s'en va en assemblée générale, juste la flèche en bas,
au moins une fois par année, on présente le montant de la cotisation facultative,
ventilé par catégorie. Donc la catégorie 1, c'est les contestations. La 2, c'est
publicités, mouvements sociaux. On présente, deuxièmement, la part de la
cotisation transmise à la centrale, incluant la facultative, et période de
questions accessible pour les membres durant cette assemblée-là.
• (15 h 40) •
Le total... comme j'expliquais un peu plus
tôt, le total du montant des deux catégories doit être respecté. Si le total
est dépensé, un nouveau vote est requis, mais le total des deux catégories
prises dans son ensemble. Le dépassement du montant d'une catégorie est permis
tant que le total n'est pas dépensé. Les montants non utilisés et dépensés
peuvent être cumulés, et l'être... en fait, les montants non utilisés peuvent
être cumulés et dépensés l'année suivante.
On s'en va en bas, à gauche, le document
explicatif sur la cotisation facultative, donc présentation portant sur la
cotisation facultative. On informe, à ce moment-là, de la procédure...
M. Boulet : ...et le moment où
il doit se tenir, il est accessible au salarié au plus tard le jour de la
présentation et au moins... et pendant au moins un an suivant cette
assemblée... en fait, le document qui est accessible aux salariés. Le vote tenu
au plus tard 30 jours après. Le vote scrutin secret des salariés, la durée
minimale de 12 heures, c'est déjà adopté, majorité simple, doit avoir lieu pour
qu'il y ait dépenses, puis, selon la procédure prévue dans les statuts et
règlements de régie interne du syndicat. L'application, donc, l'association
ajuste le montant de la cotisation selon le résultat du vote et engage les
dépenses en fonction du vote.
Mon estimation, quand même, c'est que,
généralement, les votes seront favorables. On informe la centrale du résultat
du vote puis on spécifie à l'employeur le montant à prélever à l'ensemble des
salariés, compris dans l'accréditation.
Là... Oui, puis, pour la centrale, je
reviens à l'application, on engage les dépenses en fonction du total des
cotisations facultatives transmises par les associations accréditées. Puis le
rapport annuel sur les dépenses, il est en bas, on indique le montant de la
cotisation facultative, prélevé sur le salaire par l'employeur, un résumé des
activités financées avec la cotisation facultative, ventilation des dépenses
qui y sont associées. Mais ça, tout ça, ça a été adopté, puis et on rend
accessible le rapport, donc, on rend accessible le rapport des dépenses par la
centrale.
Oui, puis il y a des éléments là-dedans
qui s'en viennent, là, mais une bonne partie, ça avait déjà été discuté dans le
volet transparence, une partie dans le volet gouvernance. Donc, c'est un schéma
général auquel il faut constamment référer. Puis, encore une fois, moi, je
considère ça clair, mais il y a des zones, parfois, où ça va laisser place à de
l'interprétation ou de l'application. C'est pour ça que vous me... vous
m'excuserez, parfois, si je reviens au tableau. Puis, s'il y a des exemples
spécifiques, je ne pourrais pas donner des réponses, des opinions juridiques à
chacun des exemples, mais je pense que globalement, le fil conducteur est assez
facile à comprendre, puis ça permet aux membres, comme je le dis souvent,
d'être informés.
La définition de cotisation facultative,
on vient de l'adopter, de la définir. Là, on est dans la mécanique. Alors, en
gros, c'est ce que j'avais à présenter. Puis, quand on arrivera aux
dispositions transitoires, j'ai un schéma équivalent pour vous permettre de
bien comprendre quand... à partir de quand ça va s'appliquer.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre. Je vous rappelle qu'on est toujours sur l'amendement. Des
interventions? Mme la députée de D'Arcy-McGee m'avait demandé tantôt... Est-ce
que vous souhaitez toujours intervenir?
Mme Prass : Oui, merci.
Le Président (M. Allaire) :
Allez-y.
Mme Prass : Donc, juste pour
bien comprendre, par exemple, si lors de l'Assemblée, le syndicat... le montant
du budget des cotisations facultatives n'est pas entièrement dépensé dans ce
qu'ils vont présenter. Donc, on a un montant, mais on se laisse une petite
réserve. Par exemple, s'il y a quelque chose qui arrive au courant de l'année
qu'on voudrait ajouter. Ça, ça convient. Donc, lors de la présentation à
l'Assemblée générale, on n'a pas besoin de ventiler le budget entier des
cotisations facultatives? OK. Et donc au cours de l'année, il peut y avoir
d'autres assemblées qui seraient appelées, si on ajoute des éléments, par
exemple, pour lesquels on veut des dépenses.
M. Boulet : ...on ajoute des
éléments, on ne va pas s'ingérer dans la façon d'utiliser les cotisations.
L'important, c'est de dire dans quelle catégorie sont les dépenses. Et, s'il y
a eu respect des budgets, il n'y a pas... puis même s'il y a un non-respect du
budget dans une des deux catégories, ça peut être utilisé dans l'autre
catégorie.
Mme Prass : OK, donc ça n'a
pas besoin d'être... Il peut y avoir des ajouts au courant de l'année s'il y a
des réserves dans ces budgets-là.
M. Boulet : ...l'important,
c'est que le budget soit respecté, le budget global.
Mme Prass : Vous avez
mentionné : Si jamais il y a des surplus, c'est de l'argent qui peut
être...
M. Boulet : ...l'année
suivante, cumulés et utilisés l'année suivante.
Mme Prass : Pour les années
suivantes. OK. Parfait.
M. Boulet : Je pense que
c'est simple, en tout cas.
Mme Prass : Oui. Bien, je vais
continuer...
M. Boulet : ...bien, oui, les
argents, ce qu'elle disait, les argents non utilisés...
Mme Prass : Sont rapportés.
M. Boulet : ...sont accumulés
puis reportés l'année suivante. C'est ça que j'ai répondu.
Mme Prass : Donc là, on
comprend aussi, évidemment, pour chacune de ces assemblées générales, surtout
quand c'est pour des... des syndicat national, il faut qu'il y ait... il faut
que ça se fasse de façon locale dans chaque syndicat accrédité local, n'est-ce
pas?
M. Boulet : Oui.
Mme Prass : Donc,
premièrement, pour ceux qui sont plus petits, parce que là on veut que ça soit
sur 24 heures, évidemment, il y a des... 12 heures, oui, excusez-moi,
plutôt, il y a des coûts reliés à tout ça. Évidemment, c'est plus facile de
faire ça de façon en ligne, mais ce n'est pas des coûts qui sont négligeables
également. Donc, pour certains syndicats qui sont plus petits, c'est de
l'argent qui va être...je ne veux pas utiliser le mot «détourné», mais c'est de
l'argent qui devrait aller envers les activités de leur vie syndicale, qui
seront plutôt dépensées pour s'assurer que le vote se passe sur, minimum,
12 heures.
M. Boulet : OK, si je
comprends bien, c'est que ce n'est pas nécessairement en continu, le
12 heures, ça peut être fragmenté.
Mme Prass : Ça peut être
fragmenté.
M. Boulet : Oui, exact.
Mme Prass : OK, parfait. Mais,
encore une fois, là il y a des syndicats national qui vont avoir des centaines
de locaux... des centaines d'accréditations locaux. Donc, chacun va faire son
vote de façon locale, ensuite, il va y avoir un autre vote au niveau national.
M. Boulet : Il n'y en a pas de
vote au niveau national. Et c'est ça aussi qu'on a... on s'est assuré de que ce
soit gardé dans sa plus simple expression, les centrales. J'inclus dans les
centrales les unions, fédérations, confédérations, ils n'ont pas de membres.
Donc, les membres, les 8 400 accréditations syndicales qu'on a au
Québec, c'est au niveau local, c'est là que les membres paient la cotisation,
et c'est à ce forum-là qu'on s'exprime. Et donc les centrales n'ont pas à faire
des votes.
Mme Prass : ...et donc, par
exemple, on a un syndicat national avec ses différents accréditations locaux.
Il y en a, par exemple, qui vont voter pour, il y en a qui vont voter contre
dans les... locaux. Donc, est-ce que c'est... j'imagine, il va y avoir un
cumulatif de... des résultats pour voir c'est quoi, la majorité, n'est-ce pas?
M. Boulet : Oui, c'est la
majorité simple qui est requise, donc, 50 % plus un.
Mme Prass : Mais les
discussions n'ont pas... ne sont pas toujours pareilles dépendamment...
M. Boulet : Ça varie d'une
accréditation syndicale à l'autre. Si c'est les employés de l'entreprise X,
puis ils sont 22 à Trois-Rivières, bien, ils vont s'exprimer à leur assemblée
générale annuelle. Puis l'autre accréditation syndicale à leur assemblée
générale annuelle, il peut avoir 108 travailleurs. Ils font des assemblées
générales annuelles, et c'est là que l'expression de la volonté des
travailleurs se fait.
• (15 h 50) •
Mme Prass : Et, évidemment,
chacun veut avoir ses conversations, avoir des questions, des informations
selon les questions qui sont posées. Donc, ce n'est pas tout le monde qui va
avoir accès aux mêmes informations dans le sens que, dans une accréditation
locale, il y a une conversation qui va savoir... il y a des questions qui vont
se poser, qui, peut-être, vont éclairer les personnes autour de la table,
tandis que, dans un autre, les mêmes questions ne seront pas posées, donc, les
mêmes informations ne seront pas nécessairement diffusées, dépendamment des
conversations qui vont savoir et des questions... des questionnements qui vont
se faire.
M. Boulet : Mais vous avez
raison, vous dites en fait que ça peut varier d'une association accréditée à
l'autre.
Mme Prass : Bien, qui n'ont
pas nécessairement... Ils ne vont pas nécessairement baser leurs décisions sur
les mêmes informations, parce que, lors des assemblées, il y a des questions
qui pourront être posées par les différents membres, et peut-être, comme j'ai
dit, c'est des... des questions... les réponses aux questions qui vont éclairer
certaines personnes. Mais dans une autre, une autre accréditation locale, on
n'a pas ces...
M. Boulet : Vous avez raison,
puis le modèle des relations de travail est bâti comme ça au Québec.
L'association accréditée, elle est établissement par établissement. Donc,
chaque association accréditée peut avoir sa réalité qui lui est propre.
Mme Prass : Et pour la période
entre l'assemblée et le vote, est-e qu'il y a possibilité que des membres
puissent continuer à poser des questions? Est-ce que les questions sont
vraiment à l'assemblée en tant que telle? Et entre le temps de l'assemblée et
le temps du vote, bien...
Mme Prass : ...et chacun se
fait une tête plutôt que de poursuivre la discussion.
M. Boulet : Oui. Puis ça, il
faut respecter les statuts et règlements internes du syndicat, et c'est ce que
vous avez ici, au centre, là, le document explicatif qui porte sur la
cotisation facultative. Il y a un résumé de la présentation, il y a
l'information sur la procédure de vote, le moment, puis c'est accessible au
salarié au plus tard le jour de la présentation, le document, et pendant au
moins un an suivant l'assemblée générale.
Mme Prass : D'accord, merci.
Le Président (M. Allaire) :
Ça va? M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : M. le ministre,
je me demandais... je reviens sur le tableau que vous nous avez présenté puis
qui clarifie la mécanique des articles que nous allons étudier ensemble, je me
demandais si vous aviez fait un exemple de votre procédure, mais avec des
temps. Comment... Combien ça dure de temps, tout ça? Qu'est-ce qui... qu'est-ce
qui nous permet de croire que ça va être suffisamment efficace pour permettre,
par exemple, quand c'est quelque chose qui peut nécessiter une action rapide,
d'y aller de manière de manière efficace? Est-ce que vous l'avez fait, le
scénario, là, selon ce que... vous dites que vous avez eu des conversations
avec des...
M. Boulet : Vous voulez dire
si on dépense...
M. Paradis : ...juste pour
terminer ma question, là, mais vous dites vous avez eu des discussions avec les
associations, notamment, les membres des syndicats. Donc, est-ce que vous avez
fait un scénario, là? Disons que ça commence la journée là où il y a eu une
information de la part, par exemple, d'une centrale qui veut mener une
campagne, puis que, là, on s'en va à l'association accréditée, puis que, là,
elle tient son assemblée générale, présente les documents, fait un vote,
applique le vote, envoie ça. Est-ce que vous avez fait un scénario?
M. Boulet : Non, on n'a pas
fait de scénario parce qu'on se fie beaucoup aux statuts et règlements de régie
interne des associations. Donc, ça va varier d'une à l'autre, l'important,
c'est que le vote soit tenu au plus tard 30 jours après. Mais non, je n'ai
pas fait de scénario chronologique, là, mais ça va se ressembler pas mal là.
Mais les dates d'assemblée générale peuvent varier d'une association à l'autre,
là.
M. Paradis : Bon. Donc,
vous... Bien, c'est vrai qu'il y a des distinctions entre les statuts des
différentes associations accréditées et des unions, des confédérations et des
centrales, mais, selon votre estimation, ça peut prendre combien de temps?
Disons, prenons une contestation judiciaire d'une loi adoptée par un
gouvernement, un mouvement social, ça peut prendre combien de temps selon votre
estimation, là? Parce que je suis certain quand même que vous y avez réfléchi.
De A à Z, le processus prend combien de temps?
M. Boulet : En fait, pas une
contestation, ce que vous dites : Est-ce que, si on pense le jour 1,
début du processus, jusqu'à la fin... Est-ce que c'est ce que vous voulez
savoir? Je ne suis pas sûr.
M. Paradis : Oui, oui,
j'aimerais savoir, là, disons...
M. Boulet : Si je prends le
jour 1, c'est le jour où la centrale informe...
M. Paradis : Jusqu'à ce qu'on
arrive à l'application.
M. Boulet : ...jusqu'à ce que
le vote soit tenu.
M. Paradis : Oui, parce que
là il y a plusieurs étapes, puis ça, c'est... tu sais, il n'y a pas de cachette
dans ma question puis il n'y a pas de piège non plus. C'est qu'on a souvent eu
ces discussions-là, vous et moi, vous les avez eues avec le collègue
d'Hochelaga-Maisonneuve. Vous dites que c'est quand même assez simple, que
c'est... que ce n'est pas trop long. Puis nous, on vous dit : Ça va être
complexe parce que ça inclut aussi d'aviser l'employeur du nouveau montant, de
faire appliquer ça pour que ça soit prélevé sur les talons de paie, etc., donc,
du début du processus jusqu'à son application effective. Parce que l'idée,
c'est de permettre une action, donc, une certaine contestation judiciaire ou
toute contribution à ces contestations, ou certaines campagnes de publicité et
certaines participations à des mouvements sociaux. Donc, c'est d'arriver à
permettre une action. Puis on ne peut pas vraiment faire l'action avant de
savoir si, oui ou non, on va avoir les fonds, si on va avoir la capacité de le
faire.
Donc, vous, vous estimez que, dans le cas,
par exemple, d'une grande campagne nationale ou d'une contestation x ou d'un
mouvement social y, vous pensez que ça peut prendre combien de temps du début à
la fin du processus?
M. Boulet : Bien, ils le font déjà,
quand il y a des... il y a des circonstances exceptionnelles, ils peuvent
demander une cotisation spéciale. Et donc, nous, on ne se mêle pas de ça, c'est
selon leurs statuts et règlements. Ce qu'on dit, ce qui relève du facultatif,
mettons, une contestation, puis là, des fois, je ne suis pas sûr de bien
comprendre la question, mais ce que vous me dites, si la contestation n'était
pas prévue dans le document explicatif, quand on a présenté aux travailleurs de
l'association accréditée, c'est quand même un budget, puis on ne demande pas de
définir la nature des contestations. Donc, si une contestation...
M. Boulet : ...qui est faite
en cours d'année, est-ce que c'est ça que vous voulez dire, qui se décide en
cours d'année, six mois après l'assemblée générale annuelle, qui fait en sorte
qu'on dépasse le budget de la globalité des deux catégories, là, à ce
moment-là, on ferait le processus. Mais les syndicats qui planifient...
M. Paradis : C'est... Non,
mais... M. le ministre, mais vous allez déjà...
M. Boulet : Oui, oui. Non,
mais c'est intéressant.
M. Paradis : Ça, ça pourrait
être la deuxième série de questions, donc, quand on est en cours d'année. Moi,
je vous demande... Même au départ, là, disons qu'on est dans la planification
de l'année puis là une centrale planifie dans l'année de faire quelque chose,
un mouvement social, moi, je vous dis que c'est rare qu'on va être capable de
voir à l'avance qu'est-ce qui va se passer dans l'action gouvernementale. On a
eu ces discussions-là, je vous dis. C'était... c'est planifié au début, là. Ça
prend combien de temps, selon votre estimation? Parce que je suis certain que
vous avez réfléchi à ça. C'est le coeur de votre projet de loi.
Donc, à partir du moment où il y a une
centrale qui dit : Voici ce qu'on va faire cette année, puis là ça...
selon l'interprétation du ministre, c'est dans la cotisation facultative,
disons... allons-y avec un mouvement social planifié bien longtemps à l'avance,
ce qui est rare, ou une campagne publicitaire planifiée bien longtemps
d'avance, c'est rare... Ça fait que, là, on est au... on est dans votre
processus régulier. Il n'y a rien d'exceptionnel. Ça prend combien de temps
entre le moment où la centrale envoie un avis à ses associations accréditées
puis que, là, on fait tout le processus? Parce qu'il y a un seul délai. Vous
avez raison, il y a un seul délai de rigueur, c'est celui du vote après
30 jours. Mais le reste, moi, je veux savoir, puisque vous avez tant consulté
les associations syndicales, combien ça prend de temps, votre processus au
complet, pour avoir une cotisation facultative prélevée sur le talon de... sur
le chèque de paie d'un salarié?
• (16 heures) •
M. Boulet : Bien, écoutez,
c'est comme si vous me demandiez : Ça prend combien de temps à un syndicat
pour planifier? Et tout le monde, toutes les organisations, les entreprises
privées dans le secteur public, parapublic, on prépare des budgets. Il y a des
choses qu'on ne peut pas anticiper mais qu'on peut prévoir dans une enveloppe
budgétaire. Et, à l'intérieur de l'enveloppe budgétaire, il y a une marge de
manoeuvre totale et complète, donc... Puis je ne veux pas éviter les syndicats
à le faire, mais ils vont être en mesure de préparer des budgets les plus
compatibles possibles à la réalité prévue au moment de la présentation et
anticipant dans l'année en cours si jamais il y a un imprévu qui fait exploser
un budget. C'est la réalité de toutes les organisations qui gèrent des fonds et
qui tiennent compte des projets qu'ils ont à gérer. C'est la meilleure réponse
que je peux vous donner. Parce que je ne peux pas dire : Ça va prendre
10 jours, ça va prendre 30 jours. Je pense, il faut laisser une marge
de manoeuvre. Il ne faut pas appréhender et il ne faut pas penser que le projet
de loi s'immisce dans la façon de faire. Tout ce qu'on vient dire, collègue...
Puis on vient d'adopter la définition. Le reste, c'est de la mécanique, et on
laisse ça aux syndicats pour qu'elles soient opérationnalisées selon leurs
statuts et règlements. Et c'est pour ça que c'est difficile pour moi de
dire : Ça va prendre cinq jours, ou 10 jours, ou 15 jours, ou
deux mois. Ça varie d'une organisation à l'autre en fonction de sa
planification. Mais, les planifications stratégiques, collègues, j'en vois, des
planifications de deux ans, puis trois ans, puis cinq ans, tu sais, là, on
planifie en fonction des cotisations qu'on va imposer à des travailleurs.
M. Paradis : Mais, avec
égard, je suis quand même un peu surpris de vos réponses parce que c'est le
coeur de votre projet de loi. Nous avons eu plusieurs associations, plusieurs
syndicats qui sont venus ici en consultations particulières vous dire que non
seulement, oui, malgré ce que vous venez de dire, c'est une ingérence dans les
affaires internes des organisations syndicales, mais surtout que vous allez
créer beaucoup de procédurite, vous allez créer de la paperasse. Ça va être
long puis ça va être difficile à gérer. Par exemple, selon les statuts de
plusieurs associations accréditées, l'organisation d'une assemblée, il y a une
certaine complexité autour de ça, est-ce que ça se tient en personne? Si ça se
tient de manière virtuelle, il faut quand même organiser tout ça. Et c'est un
thème récurrent dans les nombreuses commissions parlementaires qu'on a eues
ensemble. Je vous demande : Mais quelles données avez-vous ou quelles...
quelles analyses avez-vous faites de l'impact pratico-pratique? Et, ici, on est
vraiment au coeur de l'affaire. Donc, vous nous proposez... Le tableau,
j'avoue, clarifie beaucoup les choses de la mécanique, mais moi, je veux savoir
votre estimation à vous de combien ça prend de temps. Parce que, là, vous avez
dit : Peut-être 10 jours, peut-être...
16 h (version non révisée)
M. Paradis : ...30 jours,
moi, j'ai l'impression que vous parlez de beaucoup plus long que ça, parce que
c'est de se rendre d'un avis d'une centrale à une association accréditée qui
doit organiser une assemblée générale, qui doit fournir les documents
explicatifs, qui doit tenir un vote secret, qui doit ensuite aviser l'employeur
de faire les changements dans toute la mécanique de prélèvement des cotisations
sur les salaires, puis ensuite l'appliquer. Sérieusement? Souvenez-vous, je
sais que ça fait plusieurs fois que je le... que je le... je le réitère, mais
il y a des gens ici qui sont venus nous dire : Sans même ce projet de loi,
nous avons tenté... nous avons eu un vote, nous, pour faire changer le montant
de la cotisation, puis ça fait six mois, puis les autorités gouvernementales n'ont
même pas encore été capables de changer le montant prélevé sur notre chèque de
paye. Vous, vous proposez une mécanique qui ferait en sorte que ça pourrait
arriver plusieurs fois par année dans plusieurs ministères, dans plusieurs
sociétés d'État. Je pense que vous devriez avoir une évaluation de ce que ça
veut dire pour les principaux concernés ce que vous proposez puis si vous
pensez que ça peut durer moins que plusieurs mois ou plusieurs semaines, j'aimerais
ça que vous m'expliquiez l'analyse que vous en avez faite après avoir rencontré
les principaux concernés.
M. Boulet : ...rencontré les
principaux concernés. En fait, les délais sont clairs. Et ce que les groupes
sont venus dire en consultations particulières, c'est notamment de partager
leur crainte de devoir revenir plusieurs fois durant l'année et c'est ça qu'on
a simplifié. On a précisé la définition, ce qu'on a fait ce matin, on a
simplifié l'application, puis on n'a pas de ligne de temps, ça varie d'un
syndicat à l'autre, c'est de la planification d'un budget et les syndicats
décident eux-mêmes des délais de convocation, l'avis de convocation, les
modalités de tenue du vote, les délais prescrits, l'accessibilité du document
et la tenue du vote au maximum 30 jours... à l'intérieur d'une période de
30 jours, puis on transmet l'info à l'employeur pour le prélèvement. C'est
déjà prévu dans le code du travail que le montant du prélèvement qui est fait
par l'employeur, c'est celui communiqué par l'association accréditée, ça fait
que... Tout ce à quoi ça réfère, ce que je décode de votre propos, c'est que ça
va complexifier la gestion des syndicats.
Ceci dit, avec respect, je suis totalement
en désaccord. Tout ça se planifie bien. Tout ça se présente bien dans deux
catégories. Une première catégorie, c'est des contestations puis ils peuvent se
fier aux années précédentes, ils planifient. C'est de la planification
budgétaire. Appelons ça de la planification stratégique. On le sait, ce qu'on
dépense année après année pour des contestations non liées à l'application de
la convention et ce qu'il y a à l'application de la convention collective. Donc,
la catégorie un, moi, j'ai confiance à la capacité des syndicats de dire :
Mon estimation, c'est 50 $. Puis la deuxième catégorie, collègues, c'est
la publicité, puis les mouvements sociaux, ce qu'on a défini ce matin. Donc, ce
qu'on anticipe et ce qu'on budget. Dans le fond, on ne peut pas me reprocher de
rendre la planification budgétaire des syndicats complexes. On ne peut pas nous
accuser de s'immiscer dans la façon de faire des syndicats. Bien, on peut être
en désaccord... puis je peux comprendre que vous ne soyez pas en accord, mais
me dire que ce que nous avons expliqué sur un schéma... ce n'est pas la loi la
plus complexe que vous avez côtoyée, collègue de Jean-Talon. Ceci dit, avec
respect, pas parfaite. Vous allez toujours me dire : Ce n'est pas parfait.
Mais une loi qui est restée non corrigée en raison de problématiques d'application
pendant cinq ans, 10 ans, ça peut devenir un enjeu. Mais ici, c'est du
droit nouveau, on l'explique le plus simplement possible et le but recherché, c'est-à-dire
de permettre aux travailleurs de s'exprimer un, de savoir et deux de s'exprimer,
justifie, collègues, que les syndicats fassent une planification qu'ils font
déjà. Les syndicats en font de la planification budgétaire. On demande de
rajouter dans cette planification-là deux catégories. Peut-être que je... Mais
ce schéma-là, il est compatible avec le projet de loi n° 3,
tout ce que nous avons adopté à date, là, c'est simplement le 47.0...
M. Boulet : ...c'est la
présentation de la cotisation facultative et de rendre accessible un document
explicatif. Ça fait que... Mais on peut diverger d'opinions, mais je pense que
j'ai pas mal tout dit, là. Ça fait que, si, plus tard, je ne donne pas d'autres
explications, ce n'est pas par manque de respect, mais ce schéma-là, il est
extrêmement révélateur de la réalité la plus simple possible que nous
souhaitons découler de l'application de ce projet de loi là.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Oui, mais là ce
n'est pas parce qu'on schématise la mécanique d'un projet de loi que, là,
soudainement, on rend... on rend plus simple la mécanique en question qu'il
prévoit. Merci pour l'effort de schématisation, mais là il faut se demander
cette mécanique-là, elle a quel impact réel sur le terrain. Et vous me dites,
je vous cite : «Je suis absolument en désaccord avec ce que vous dites»,
en parlant de que ce je vous soumets, une complexification de la procédure à
suivre pour autoriser une action qui serait couverte par la cotisation
facultative, mais ce n'est pas moi qui présente le projet de loi. Moi, je vous
pose des questions et je vous dis : Sur quelles données repose cette
opinion que vous nous donnez, que vous êtes absolument en désaccord puis que,
oui, ça va être bien simple?
Et je pense que c'est extrêmement
important parce que... bon, d'une part, on en a rencontré plusieurs, ils sont
venus en consultations particulières réitérer quelques messages, dont un en
disant : Lorsque le ministre parle d'information, de transparence, de
planification, nous sommes d'accord, nous en faisons déjà beaucoup, et, si on
le précise dans le projet de loi, ce n'est pas notre problème. Notre problème,
c'est avec la complexification, la procédurite, la paperasse que ça va créer.
J'en ai... puis je vous l'ai mentionné, M. le ministre, j'en ai rencontré plusieurs
ensuite puis j'ai dit : Bon, là, disons... je comprends, là, que vous
n'êtes pas d'accord, mais disons que c'est accepté demain, ce projet de loi là,
pouvez-vous m'expliquer, vous... dites-moi comment ça marche, et la plupart des
gens arrivaient difficilement à faire rentrer ça dans une période de temps
raisonnable. Ça prenait du temps, ça coûtait cher, ça coûtait cher en énergie,
en procédures. Et donc, manifestement, les principaux intéressés ne sont pas
d'accord avec vous, et c'est eux qui vivent leur démocratie interne. Donc, si
vous arrivez avec une opinion qui est : Je suis absolument en...
complètement en désaccord, sur quelles données repose cette opinion?
• (16 h 10) •
Et j'ajoute un élément. Je siège en même
temps à la commission parlementaire sur le projet de loi n° 11 qu'a déposé
votre gouvernement, votre collègue le ministre délégué à l'Économie et aux PME,
qui vise un allègement administratif et réglementaire, qui fait exactement
l'inverse de ce projet de loi. L'idée, c'est d'arrêter de faire des
procédurites puis d'obliger les gens de passer par 18 canaux différents pour
arriver à quelque chose. Je siège en même temps à la commission parlementaire
qui étudie le projet de loi n° 5 déposé par votre gouvernement, par votre
collègue le ministre des Finances, qui cherche à faire exactement l'inverse que
vous faites dans ce projet de loi, c'est celui qui vise l'accélération des
projets. Et, dans ce projet de loi, dans cet autre projet de loi qui procède en
même temps, M. le ministre, vous faites... votre gouvernement fait exactement
le contraire. Il a vu plein de processus où il y a plein de flèches, exactement
comme sur votre tableau, puis il dit : Bien, il faut arrêter de faire ça
parce qu'on se... on se complexifie la vie.
Donc, c'est pour ça que je vous repose la
question à la lumière de ce qui est pourtant la philosophie de votre
gouvernement, de viser un allègement des processus au Québec, et pourquoi, ici,
vous semblez faire le contraire.
Et j'ajoute... je vous mets une autre
balle au jeu en même temps, parce que ce n'est pas la première fois, mais
c'est... ce n'est pas seulement pour les associations syndicales, c'est qu'à la
fin, tout ça, ça a un impact sur les employeurs, ça a un impact pour beaucoup
de monde au Québec qui vont devoir ensuite gérer cette question de la
cotisation facultative. Et j'ai bien peur que, malgré ce que vous dites, ça ne
sera pas simple. Des problèmes de systèmes informatiques, je pense que votre
gouvernement, il connaît ça, là, que même les choses les plus simples peuvent
devenir très, très complexes. Donc, moi, quand vous dites : Bien oui, là,
ça va... ça va se faire en... vous avez dit 10 jours, 30 jours, puis là,
soudainement, ta cotisation facultative va être prélevée sur ton chèque de
paie, ce n'est pas ce que les acteurs du terrain m'ont donné comme évaluation.
Donc, je pense que cette conversation-là, elle est importante.
Donc, au-delà de votre ligne : Je
suis en désaccord, vous avez eu le temps de le préparer, vous êtes un ministre
studieux, vous avez eu le temps de le préparer, votre projet de loi. Il n'y a
pas... Il n'y a pas 200 centrales syndicales au...
M. Paradis : ...Québec, il y
en a quelques-unes, là. Je pense qu'on a assez de doigts sur les deux mains
pour les... puis, même là, pour les compter. Ce n'est pas... Ce n'est pas
difficile de prendre des hypothèses puis de dire : Bien, regardez, avec
cette centrale-là, puis on va prendre une... association accréditée locale, si
tout fonctionne bien, ça pourrait prendre tant de temps. J'espère que vous avez
fait ça. J'espère.
M. Boulet : En fait, là où on
n'est peut-être pas tout à fait sur la même longueur d'onde, c'est que nous, on
estime que les syndicats planifient. Nous, on estime que les syndicats
préparent des budgets. On en est même convaincus, de la saine gestion de leur
budget. Or, tout ce qu'on vient dire ici, c'est de dire qu'est-ce qu'on
anticipe dans notre budget dépensé dans la catégorie un et dans la catégorie
deux, et permettre aux travailleurs de s'exprimer. Ce n'est pas un fardeau
administratif que de dire. Ils le font. Ils ont un processus budgétaire comme
n'importe quelle entreprise. Donc, je pense qu'il faut estimer les syndicats à
leur juste valeur.
Et je le répète, la transparence impose de
donner cette information-là. La transparence... impose aux syndicats de dire ce
qu'on va faire avec la cotisation. La formule Rand, qui est une obligation
faite aux employeurs, en vertu du Code du travail, de retenir à la source, les
employeurs, on leur dit le montant à retenir. Ce n'est pas un fardeau pour les
employeurs. Et, pour les syndicats, c'est une façon de dire : Dans votre
planification budgétaire, puis ils le font déjà, considérez ce que vous allez
utiliser à cette fin-là et ce que vous allez utiliser à cette fin-là, vous en
informez les travailleurs.
Je ne nierai pas que c'est des nouvelles
obligations, mais c'est des nouvelles obligations qu'on a voulu les plus
simples possible pour respecter le devoir de réciprocité que les syndicats, qui
bénéficient de la formule Rand, ont envers chacun, chaque travailleur et chaque
travailleuse syndiquée au Québec qui est obligée de payer 1 000,
1 200 puis 1 500, en moyenne, par mois... par année, excusez-moi, par
année. Donc, il me semble que c'est simple. Puis la transparence et la saine
gouvernance imposent qu'on aille dans cette direction-là. Puis les syndicats,
je les ai entendus en consultations particulières, puis leur principale
crainte, c'était : Il faut revenir. Non. Il ne faut pas revenir. À moins
que tu excèdes ton budget. Puis c'est la même réalité, la même dynamique dans
chaque organisation, peu importe sa nature. En tout cas.
Le Président (M. Allaire) : ...
M. Paradis : Je vous entends,
mais je demeure surpris que vous n'ayez pas la réponse à ces questions-là, M.
le ministre, parce que c'est... Quand on parle de l'importance de bien... de
bien se préparer et d'arriver avec de véritables études qui disent : Voici
l'impact que je vois venir pour ce projet de loi là. Vous avez déposé une étude
d'impact réglementaire, mais qui ne parle pas de ça. Il y a une question des
coûts. On pense que ça pourrait coûter ça. Mais il y a une question aussi de
délais et d'impact sur l'efficacité, autant pour les travailleurs que les
employeurs. Et... Sérieusement, là, ce n'est pas... ce n'est tellement pas une
question piège. J'aurais préféré que vous me disiez : M. le député de
Jean-Talon, puis là, vous me sortiez votre document : On les a faits, les
scénarios, on les a faits, les hypothèses, voici ce que ça donne, voici ce que
ça donne pour telle centrale, avec telle association accréditée, etc., donc on
pense qu'en moyenne ça va aller relativement vite parce qu'on l'a fait. Mais
vous ne l'avez pas fait. C'est ça, le problème.
Et là il y a des gens qui nous écoutent,
il y a des gens qui nous regardent, M. le ministre, puis je ne la nommerai pas,
là, mais il y a déjà une centrale qui m'écrit, qui dit : Nous, on regarde
le tableau, et on regarde les articles du projet de loi, et on pense que c'est
un processus qui pourrait prendre jusqu'à un an. Qu'est-ce que vous en pensez?
Ils disent : Nous, on voit ça, là, puis, que ça se rende, là, jusqu'à la
fin de votre flèche, parce que, là, là, il y a une, deux, trois, quatre, cinq,
six étapes dans votre processus pour l'application...
M. Boulet : ...synthétiser,
là, si vous souhaitez. Et vous avez fini votre question en disant quoi? Le...
M. Paradis : Bien, donc, moi,
j'en ai qui m'écrivent, ils disent : Nous, on pense que ce processus-là
pourrait durer jusqu'à un an. Est-ce que vous avez des études? Est-ce que vous
avez des données...
M. Paradis : ...qui vous
indique le contraire, parce qu'imaginez si ça prend un an, faire ce que vous
demandez dans le projet de loi. Vous ne trouvez pas que c'est excessivement
long? Que... que ça impose trop de procédures, trop de paperasse, trop
d'étapes?
M. Boulet : Ce n'est pas
supposé être excessivement long. Ceci dit, on va voir les dispositions
transitoires plus tard pour voir les marges de manœuvre dans l'écoulement du
temps, mais la planification qui est faite par les syndicats, moi, je ne suis
pas un spécialiste de gestion budgétaire des syndicats. Ça peut varier, je ne
le sais pas, est ce que c'est... est-ce que c'est deux mois? C'est quatre mois?
Bien, on planifie un budget, puis on va en assemblée générale expliquer ce
qu'on a l'intention de dépenser. Moi, je... on... nous, on ne s'ingère pas
là-dedans. C'est laissé à la saine gestion de chacun des syndicats. Merci, M.
le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Juste un petit rappel, là, juste vous rappeler que le tableau qui a été
distribué est disponible pour les membres uniquement, donc, il n'est pas
distribué de... au public, là.
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
Juste... juste pour être clair.
M. Paradis : Non, non, ils
l'ont...
M. Boulet : Je ne sais pas
qui leur a transmis, moi, je ne connais pas les règles, là, mais est-ce que ce
qui est sur le Greffier est accessible à tous ceux qui sont...
Le Président (M. Allaire) : Non,
c'est ça que je viens de dire, c'est disponible juste pour nos travaux ici,
peut-être qu'ils l'ont entendu, puis ils ont entendu le processus, ça, ça se
peut, par exemple, mais...
M. Paradis : Mais... mais je
vais préciser...Je vais préciser mes propos, M. le ministre, moi, je...
on n'a transmis ça à personne. Je ne... je ne sais... puis je ne pense pas que
personne ne l'ait. Les gens nous regardent, c'est ça que je veux dire, ils regardent
notre discussion actuellement, les gens...
M. Boulet : ...le tableau, ils
se disent...
M. Paradis : Non, mais moi,
je regarde le tableau, je ne peux pas prétendre que quelqu'un le regarde, là,
ce n'est pas ce que je voulais dire. Les gens nous regardent, OK? Donc, je veux
préciser, là, je n'ai aucune information à cet effet-là, puis il n'y a personne
qui m'a parlé du tableau, mais les gens nous écoutent, les gens nous regardent
discuter actuellement, et là, il y a des gens qui disent : Bien,
l'évaluation qu'on a, c'est que ce processus-là, il pourrait durer jusqu'à un
an, parce que vos amendements puis le projet de loi sont connus. Alors, c'est
tout ce que je dis, puis vous dites : Bien, moi, je ne suis pas un
spécialiste en gestion des budgets syndicaux, mais vous êtes un spécialiste en
votre projet de loi. Et là, je vous donne une évaluation du temps que ça
pourrait prendre, lors, je vais vous poser la question autrement, vous
dites : J'ai... je ne le sais pas, je ne suis pas un spécialiste en
gestion de combien ça peut te prendre de temps, cette procédure-là. Mais donc,
là, je vais vous le poser plus précisément : Est-ce que vous vous êtes
assis avec des gens de terrain, avec des gens des organisations syndicales pour
leur dire : Bien, si ça, ça se concrétise comme projet de loi, comment
vous allez le faire puis combien de temps ça va vous prendre? Est-ce que vous
leur avez demandé?
• (16 h 20) •
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Boulet : Dans des... les
exemples des syndicats accrédités, on a les avis de convocation de
10 jours pour une assemblée générale ou une assemblée extraordinaire. Ça,
c'est le syndicat des cols bleus regroupés de Montréal, donc, il y a un
10 jours d'avis de convocation, puis après ça, on s'en va du côté de
l'association accréditée dans notre schéma. Puis dans les... au niveau des
centrales, on a des exemples, puis c'est pour ça que ça varie d'une centrale à
l'autre, mais de 15 jours à 60 jours, mais pour un congrès, ce qui
est pas mal plus gros, c'est... mais c'est 15 à 60 jours pour un congrès.
Ça fait que ça... encore une fois, ça varie d'un statut ou d'un règlement à
l'autre. Est-ce qu'on peut ajourner deux minutes? C'est parce que j'ai un
téléphone...
Le Président (M. Allaire) : Si
vous aimez mieux...
M. Boulet : Suspendre, oui,
excusez-moi, j'ai...
Le Président (M. Allaire) : On
va suspendre nos travaux quelques instants, merci.
(Suspension de la séance à 16 h 21)
(Reprise à 16 h 27)
Le Président (M. Allaire) :
Alors, nous allons reprendre les travaux.
D'autres interventions? M. le député de Jean-Talon, aviez-vous terminé?
Allez-y.
M. Paradis : Je pense que...
Ce n'est pas le ministre qui avait la parole au moment où on a suspendu?
Le Président (M. Allaire) :
...ministre.
M. Boulet : Simplement
compléter. Moi, je fais parfaitement confiance aux syndicats, qu'ils vont bien
gérer l'application de ce projet de loi là, qui est, somme toute, simple. Je ne
veux pas diminuer le fardeau peut-être additionnel que ça leur impose, mais, je
le répète, les travailleurs puis les travailleuses qui doivent payer une
cotisation le méritent totalement.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. Paradis : Très bien, mais
donc est-ce que vous avez rencontré les centrales ou les associations locales
pour faire des hypothèses, des scénarios avec eux sur le processus qui est
proposé par votre projet de loi? Est-ce que vous en avez, des données là-dessus?
M. Boulet : Non, on n'a pas
fait de scénario en collaboration avec les syndicats.
M. Paradis : Est-ce que
lorsqu'ils vous disent, au moment où ils ne regardent actuellement, que le
processus que vous prévoyez pourrait prendre jusqu'à un an... est-ce que vous
pensez que c'est possible et est-ce que vous trouvez que c'est raisonnable, le
cas échéant?
M. Boulet : Je ne peux pas
m'immiscer là-dedans. Nous, on voit le processus qui est prévu dans le projet
de loi. Maintenant, celui qui précède l'avis de convocation, moi, je n'ai pas
de contrôle là-dessus, puis ça va varier d'un syndicat à l'autre.
M. Paradis : Mais donc, vous
ne niez pas que ça puisse, dans certains cas, prendre jusqu'à un an pour venir
à bout du processus que votre projet de loi met en place.
M. Boulet : J'espère que
l'équivalent d'à peu près 1,6, 1,8 milliard de cotisations justifie qu'il
y ait une planification qui soit adéquate, qui se déroule dans le temps, qui va
varier en fonction de chacun des syndicats, mais la planification budgétaire le
requiert. Moi, je suis... je fais totalement confiance aux syndicats là-dessus.
M. Paradis : Bien, on est
contents de vous entendre dire que vous leur faites confiance, mais vous
ramenez ça souvent à la question de l'information et de la planification, mais
votre projet de loi prévoit beaucoup plus que ça. Il prévoit une procédure
complexe, avec, ici, dans le tableau que vous nous avez produit, d'ailleurs,
que je suggère qui est d'intérêt public, il devrait être publié parce qu'il est
très intéressant, il permet de bien schématiser et de comprendre... mais donc
ça prévoit plusieurs étapes à partir du moment où une centrale, par exemple,
avise ses associations accréditées qu'elle veut mener une action à terme.
• (16 h 30) •
Quand on passe toutes les étapes pour
arriver au moment où il y a... où il y a prélèvement d'une cotisation
facultative, il y a plusieurs étapes. Ce n'est pas uniquement que de la
planification puis de l'information, ça nécessite la mise en œuvre de beaucoup
de ressources pour passer à travers les étapes que vous prévoyez. Donc, je
comprends que vous concevez que ça pourrait prendre, dans certains cas, jusqu'à
un an. Et donc ma question, c'est : Est-ce qu'à ce moment-là c'est raisonnable?
Est-ce que c'est ce que vous cherchez à faire par votre projet de loi?
M. Boulet : Oui, totalement.
Puis le langage est usuel, il est connu des syndicats. C'est une convocation.
Puis on aurait pu fusionner, si vous trouvez que le schéma est compliqué, mais
j'apprécie beaucoup votre commentaire, qu'il est clair, le schéma, et qu'il
simplifie le processus, il aide à comprendre la simplification qu'on a voulu
faire. Mais c'est une convocation, une assemblée générale, c'est un vote à
scrutin secret comme il y en a plein en vertu du Code du travail avant le PL n° 3.
Il y a un document explicatif, puis je ne peux pas dire plus que ça, là, tu
sais. Est-ce que c'est... Je pense que c'est usuel pour un syndicat.
M. Paradis : Bien, je réitère
que j'aurais aimé que vous ayez des scénarios, parce que c'est vraiment le cœur
de votre projet de loi, puis je suggère que le tableau, de fait, soit déposé
sur Greffier puis soit accessible au public parce qu'il aide vraiment à
comprendre ce dont on va discuter.
M. Boulet : Bien, je ne
comprends pas ce que ça veut dire. Est-ce qu'il est déposé au Greffier, le
tableau?
Le Président (M. Allaire) :
...public, il reste entre nous.
M. Paradis : Le rendre
public.
M. Boulet : ...pour favoriser
notre... Moi, je suis en étude détaillée avec mon collègue de... avec vous, les
collègues des partis d'opposition, pas... j'imagine, pas avec les syndicats,
puis les associations patronales, puis les partenaires. Je ne vois pas pourquoi,
moi, je déciderais de rendre le document public. On travaille ensemble.
M. Paradis : Vous êtes...
16 h 30 (version non révisée)
M. Boulet : ...une étude
détaillée article par article. C'est avec vous, collègue, en qui j'ai aussi
totalement confiance, ainsi que le collègue d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Paradis : Et vous avez
tout à fait raison. Je suggère que c'est un document qui aide à bien comprendre
ce qu'on fait. Puis je vous le dis, là, je le trouve bien fait, votre document.
Je vois que ça montre, ça schématise ce que vous prévoyez dans votre projet de
loi. Plus on donne d'information au public et aux personnes intéressées, mieux
on s'en... mieux on s'en porte.
Le Président (M. Allaire) : Simplement,
peut-être pour ajouter, vous avez le droit de rendre publique cette information-là,
si vous le souhaitez. C'est à la discrétion de la personne qui le dépose.
Parfait. On poursuit. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve. Allez-y.
M. Leduc : Donc, c'est là...
Ce n'est pas une fois qu'il est déposé au... à la commission qu'on peut le rendre
public, c'est le déposeur qui maintient comme un genre de copyright, dans le
fond.
Le Président (M. Allaire) : Oui,
en fait, c'est... c'est son auteur qui décide de le rendre public ou pas. Nous,
on peut le rendre public, mais là pour le moment, il est seulement disponible
aux membres de la commission.
M. Leduc : C'est la même chose
pour les amendements?
Le Président (M. Allaire) :
Ah! c'est une bonne question. Est-ce que c'est la même chose pour les
amendements? Les amendements, c'est seulement pour le moment, à nous, pour la
commission. Exactement.
M. Leduc : Mais si je suis à
déposeur d'un amendement, je peux l'envoyer à qui je veux, au même titre que je
dépose un document.
Le Président (M. Allaire) : C'est
une excellente question. On va en reparler. Je vais vous revenir avec la...
M. Boulet : Entre nous.
Le Président (M. Allaire) : Pour
le moment, ils restent entre nous. C'est clair. Là, si vous spécifiez qu'il
peut... que vous voulez qu'il soit public, on pourra vérifier, là, pour être
certain, là, que je ne vous induise pas en erreur. Je vais vous revenir.
M. Leduc : Ça, je comprends
ça, c'est juste... J'apprenais que c'était le porteur du document et/ou de l'amendement
qui décidait s'il était public ou pas, ça, j'apprends ça aujourd'hui. Ça se
peut que je ne le savais pas.
Le Président (M. Allaire) :
Bien pour un document qui est déposé là, mais là est-ce que c'est la même chose
pour un amendement?
M. Leduc : Bien, c'est ma... On
peut répondre ça plus tard, ce n'est pas grave, là, c'est... c'est une
curiosité d'ancien leader parlementaire.
Le Président (M. Allaire) :
Oui, exact s'il vous plaît. On va juste prendre le temps de vérifier. Ça va.
M. Leduc : J'ai des questions
de fond, cela dit. J'ai des questions de fond, donc, sur l'article. Au moment
où on se parle, M. le ministre, est-ce qu'il y a un article de la loi, du code
qui interdit à un syndicat de faire un déficit annuel dans son budget?
M. Boulet : M. le Président,
je n'ai pas de commentaire. Je pense qu'on a expliqué l'article qui est sous
étude. Présentation de la cotisation facultative et rendre accessible un
document explicatif. Là, je comprends qu'on peut parler longtemps, longtemps,
là, puis j'écouterai les questions, mais je n'ai pas de commentaire.
Le Président (M. Allaire) :
Pas de problème. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Bien, la réponse à
la question, c'est non. Il n'y a rien dans le Code du travail qui interdit à
une section locale, un syndicat, à la limite aussi, une fédération... de faire
un déficit. C'est normal, c'est une association collective, mais de nature
privée, qui ne concerne que les membres, qui collecte de l'argent puis qui...
je veux dire, ça ne concerne personne d'autre. Ce n'est pas de l'argent public.
Là, le ministre nous dit dans son tableau,
que, là, je n'ai pas le droit de montrer, mais c'est correct, je vais y faire
référence... que ça ne peut pas dépasser le total des deux budgets qu'on a votés,
à savoir le budget principal puis facultatif. Donc, est-ce que je déduis que,
de facto, le ministre vient d'introduire une impossibilité technique d'enregistrer
des déficits pour les syndicats? C'est quand même une nouvelle donnée majeure
que moi, je n'avais pas perçue, dans le projet de loi originale. Puis j'aimerais
ça bien comprendre quels articles... Parce que, là, je le vois dans le tableau,
c'est écrit noir sur blanc. Mais dans quel article, on a peut-être déjà voté puis
je ne m'en suis pas rendu compte, ce sera peut-être ma faute... Mais où, dans
le projet de loi, on interdit nommément à des... à des associations accréditées
d'enregistrer des déficits?
M. Boulet : Je... Il ne faudrait
pas que je fasse de commentaire, mais on ne s'intéresse pas aux déficits. On n'interdit
pas les déficits. On dit simplement qu'il y a du facultatif qui est accepté ou
non. Puis ici, tu n'as pas assez budgété pour le facultatif, tu reconsultes tes
membres, puis le facultatif qui n'est pas voté favorablement, bien, il n'est
pas prélevé, tout simplement. Tu sais, il n'y a pas question de déficit, M. le
Président.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Je ne sais pas si
on parle deux langues différentes, là, mais ici, dans votre tableau, vous dites :
Le total du montant des deux catégories, principale, facultative, doit être
respecté. Si le total voté est dépassé... un nouveau vote est requis. Bon. Mais
le dépassement d'un montant de catégorie est permis tant que le total n'est pas
dépassé. De facto, on interdit le déficit. On ne peut pas dépasser le total.
M. Boulet : Non, non. Simplement
que ce n'est pas possible de dépenser du facultatif qui n'est pas autorisé. Bon,
pas d'autre commentaire.
Le Président (M. Allaire) :
Député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Boulet : ...cinq fois à ça.
Là, vous essayez de mêler ce qui est simple.
M. Leduc : Là, on me prête des
intentions ici, M. le Président, mais c'est correct.
M. Boulet : OK. Je m'excuse.
M. Leduc : Il n'y a pas de
problème.
M. Boulet : Je sais que ce n'est
pas votre intention.
M. Leduc : Donc, je vais... C'est
peut-être moi qui ai mal compris. Puis, si c'est le cas, tant mieux. J'aimerais...
Je serais content d'avoir mal compris ça. Donc, vous me dites qu'il y a un
budget total, on le subdivise en principale puis en facultative. À l'intérieur
de ces budgets-là, il faut respecter...
M. Leduc : ...le montant qui a
été voté, mais l'enveloppe totale que ça représente, comment on fait pour avoir
un déficit s'il faut respecter les deux enveloppes internes? C'est là que...
c'est là que je ne comprends pas, je pense.
Une voix : ...
M. Boulet : OK, elle pense
que vous ne comprenez pas ou vous...
M. Leduc : Visiblement, je ne
comprends pas. Ça se peut très bien.
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
...ça va?
M. Boulet : ...si on comprend
bien, ce qui vous intéresse, c'est la cotisation facultative.
M. Leduc : Pas nécessairement.
M. Boulet : Donc, la
cotisation facultative, elle est scindée dans le budget en deux catégories, si
elle n'est pas autorisée, elle ne peut pas être dépensée. C'est ce que j'ai dit
tout à l'heure. Donc, c'est ça, la réponse que vous...
M. Leduc : Et le principal?
On peut dépasser le principe.
M. Boulet : On ne touche pas
à ça. Bien oui, bien oui, le principal, il n'y a aucune... aucun impact. Puis
je pense que vous le savez ou, tu sais, en tout cas, mais il n'y a aucun
impact, je réponds.
M. Leduc : Parce que tantôt,
on parlait des surplus, ça, c'était clair, mais vous ne faisiez jamais
référence à des dettes.
M. Boulet : ...l'enveloppe,
le budget facultatif qui nous intéresse, le budget principal, on ne touche pas
à ça, là.
M. Leduc : Ça fait que, ça,
c'est clair que le facultatif, il n'y a pas de dette possible, les surplus sont
possibles.
M. Boulet : Ça ne nous
intéresse pas le... le principal.
M. Leduc : C'est ça, mais le
facultatif, pas de dette possible à l'intérieur de...
M. Boulet : ...dépenser ce
que tu n'as pas... ce qui n'a pas été autorisé.
M. Leduc : Ça, on l'a
clarifié, c'est pour ça que je veux être bien clair. Parfait.
Donc le facultatif, pas de dette possible.
On peut utiliser des surplus d'une année à l'autre à l'intérieur du facultatif,
à l'intérieur du facultatif, puis tu as le principal, on peut faire des
surplus, on peut faire des dettes.
M. Boulet : Totalement.
M. Leduc : Le budget total
peut donc varier.
M. Boulet : Totalement.
M. Leduc : Tant que la portion
facultative reste fixe, ça peut être un accordéon...
M. Boulet : Vous comprenez
tout. Oui, totalement. Vous comprenez tout.
M. Leduc : Ça fait que quand
vous dites «le total du montant des deux catégories doit être respecté, si le
total voté est dépassé, un nouveau vote est requis», vous êtes en train de me
dire que dans le...
M. Boulet : Simplement dans
le facultatif.
M. Leduc : Non, ce n'est pas
ça que ça dit ici, là : «Le total du montant des deux catégories doit être
respecté, si le total voté est dépassé, un nouveau vote est requis». Mais,
donc, il n'y a pas de déficit.
M. Boulet : ...les deux
catégories, la première catégorie, c'est les contestations, puis la deuxième
c'est campagne de publicité puis mouvements sociaux. Donc c'est ça les deux
catégories, collègue.
M. Leduc : D'accord, c'est
les catégories un et deux du précédent, ce n'est pas les deux catégories de
cotisations.
M. Boulet : Bon. Des fois, je
me dis on n'explique pas clairement, là, mais oui.
M. Leduc : C'est beau, bien,
c'est clair, maintenant. Eurêka! M. le Président, ce bout-là est réglé.
Merveilleux. Je suis content d'avoir mal compris. Très content d'avoir mal
compris.
M. Boulet : ... je ne vous
rapproche pas ça du tout, du tout, du tout, parce que ça m'arrive à moi aussi.
M. Leduc : Je le sais, M. le
ministre, je le sais. J'ai néanmoins un amendement sur un autre thème de 47.0.2
qui est déjà acheminé.
Le Président (M. Allaire) :
...le temps qu'on l'affiche à l'écran, c'est un sous-amendement.
M. Boulet : On va suspendre.
• (16 h 40) •
Le Président (M. Allaire) :
Oui, juste un petit instant, juste apporter les précisions que vous m'avez
demandées. Il y a une distinction à faire entre les amendements et les
documents déposés. Les amendements de facto deviennent publics parce qu'ils
sont lus, donc c'est pour ça qu'on vous demande de lire, ils sont rendus
disponibles au public à la fin de chaque séance, tandis que les documents doivent
être autorisés par la présidence à chaque fois, que ce soit déposé par la
partie gouvernementale ou les partis de l'opposition. Par la présidence, par
moi. Suite à votre demande. Vous comprenez? Ça fait que, tu sais, je vois... je
vois mal comment je pourrais refuser un document que vous demandez d'être rendu
public. Je pourrais le faire, mais je vois mal comment je pourrais le faire.
M. Leduc : Ça fait que là,
si, moi, je vous demande de rendre le tableau du ministre public...
Le Président (M. Allaire) : Vous
n'en êtes pas l'auteur. Comme je l'ai dit tantôt, là, c'est l'auteur qui peut
rendre public...
M. Leduc : Ah! voilà, les
deux sont là. OK. C'est vous qui autorisé, mais c'est le porteur qui doit aussi
autoriser.
Le Président (M. Allaire) : Exactement.
Oui.
M. Leduc : Parfait.
M. Boulet : ...
Le Président (M. Allaire) : Ça
va? M. le ministre, allez-y. On est en ondes.
M. Boulet : Non, je n'ai pas
d'autres commentaires.
Le Président (M. Allaire) : C'est
bon. Parfait. Il n'y a pas de problème. Donc, on a reçu... On va continuer
parce qu'on a reçu le sous-amendement. Donc, M. le député...
Des voix :
Le Président (M. Allaire) : M.
le député d'Hochelaga-Maisonneuve, je vous cède la parole pour lecture et
commentaires.
M. Leduc : Merci. On achève,
M. le Président. Dans l'amendement proposé à l'article sept du projet de loi,
insérer, à la fin de l'article 47.0.2 de cette loi l'alinéa suivant :
«L'employeur fournit une demande... sur demande du syndicat, la liste complète
des coordonnées de l'ensemble des salariés, incluant les membres.»
Je précise ici, j'ai une petite discussion
tantôt à la volée avec le ministre pendant une suspension, là, je ne sais pas
s'il a eu le temps de réfléchir à cet enjeu-là. Pourquoi je mets ça ici, M. le
Président? Parce que, là, je ne suis pas d'accord, mais je comprends la logique
du ministre, il dit : Il y a deux catégories, il y a les membres, ceux qui
ont signé une carte de membre, puis les salariés, ceux qui travaillent dans
l'entreprise, qui cotisent, vu que c'est la formule Rand, mais qui n'ont pas
signé une carte de membre ou qui ont dé-signé, là, qui ont déchiré leur carte
de membre. Donc c'est les membres qui vont devoir discuter entre eux, entre
membres, déterminer le montant de la cotisation facultative qui sera soumise au
vote...
M. Leduc : ...mais ce n'est
pas les mêmes personnes qui vont voter sur l'autorisation finale de percevoir
cette cotisation-là, que ceux qui vont voter pour en déterminer les contours.
Je ne sais pas si vous me suivez, M. le Président. Le syndicat, les syndicats
ont, bien sûr, la liste de leurs membres qui leur est fournie par le... par
l'employeur, ça va de soi, mais les syndicats n'ont pas la liste des
non-membres. Quand on n'est pas membre du syndicat, quand on ne fait que
cotiser sans... une carte de membre, sans participer aux assemblées générales,
etc., le syndicat, pas accès à ça. Là, la question qui se pose, assez concrète
de logistique simple, c'est : Comment voulez-vous diable organiser une
assemblée générale pour voter les fameuses cotisations dites facultatives, si
vous n'avez même pas accès à l'ensemble des membres, leurs coordonnées, leurs
noms, numéros de téléphone, un courriel idéalement? Surtout, surtout si c'est
un vote électronique que vous faites, comment vous allez les rejoindre pour
savoir qu'ils veulent voter électroniquement, vous n'avez même pas accès à
leurs coordonnées à eux?
Alors c'est un truc assez de base. J'ai
proposé un libellé. Certainement que le ministre, s'il veut, peut demander à
son équipe de le rédiger d'une autre manière ou, à la limite, de le placer
ailleurs dans la loi, je n'ai pas de problème. Mais le principe élémentaire que,
si on demande aux syndicats d'organiser un vote pour les non-membres, bien, il
faut toujours bien qu'on ait les coordonnées des non-membres.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. M. le ministre.
M. Boulet : On va prendre une
pause.
Le Président (M. Allaire) :
Parfait. On va suspendre les travaux quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 16 h 43)
17 h (version non révisée)
(Reprise à 17 h 08)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. J'ai d'abord besoin de votre consentement
pour retirer le sous-amendement déposé par le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
Est-ce que j'ai votre consentement?
Une voix : ...
Le Président (M. Allaire) : Consentement,
excellent. Ensuite, j'ai compris que, Mme la députée de Huntingdon, vous souhaitez
déposer un sous-amendement. La parole est à vous.
Mme Mallette : Merci, M. le
Président :
Ajouter, à la fin du deuxième alinéa de l'article
47.0.2 du Code du travail, proposé par l'amendement à l'article 7 du projet de
loi, la phrase suivante : «Les salariés qui veulent se prévaloir de leur
droit de vote transmettent à l'association accréditée de l'unité de négociation
qui les représente les renseignements nécessaires à l'exercice de leur droit de
vote.»
Merci.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Commentaires? M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : ...le ministre et
son équipe pour une réécriture, je pense, lumineuse par rapport à ce que j'avais
déposé. Ce n'est pas le même chemin, mais ça... ça atteint le même objectif,
encore une fois. Moi, j'avais la crainte qu'on exerce une espèce de double
fardeau, pour la partie syndicale, de chercher les salariés non membres sans
avoir les outils pour les rejoindre, puis qu'après ça échouer, puis là les
salariés non membres qui n'ont pas été contactés pour voter se plaignent, puis
là que ça part dans une espèce de roue infernale de... de trouver qui est à
blâmer dans cette histoire-là.
Là, c'est très clair avec le libellé, c'est
le travail du salarié non membre qui veut se prévaloir de son droit de vote de
se rendre auprès de la partie syndicale et de s'inscrire. Au début, je me dis :
Bien là, s'il s'inscrit, comment on fait pour savoir qu'il est vraiment membre,
c'est-à-dire qu'il est vraiment salarié? Bien, on... je me suis rappelé que,
dans le fond, quand on est une partie syndicale, on reçoit, à des intervalles
réguliers, la liste des cotisations, où est-ce qu'on a le nom de la personne. La
personne, elle a cotisé x dollars. Tu n'as pas toutes les coordonnées, tu peux
les avoir au complet quand c'est tes membres, mais pour les non-membres, en
tout cas, tu n'as pas toutes les coordonnées.
• (17 h 10) •
Ça fait que si un membre... si un salarié
se présente au syndicat pour dire : Je veux m'inscrire pour voter, moi, le
syndicat, je peux vérifier, dans ma liste de cotisants, oui, oui, Jean Tremblay
est bien un cotisant. Puis là j'ai Jean Tremblay qui vient pour s'inscrire,
puis là je vais prendre son courriel, si c'est un vote électronique, ses
coordonnées, son téléphone, etc., pour que le vote puisse avoir lieu de manière
démocratique et efficace, surtout. C'était ma crainte principale, puis, avec
ça, je trouve que ça la... ça la règle.
Le Président (M. Allaire) : ...interventions?
S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix de
ce sous-amendement. Est-ce qu'il est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Allaire) : Adopté,
excellent. On revient donc à l'amendement à l'article introduit, 47.0.2. Est-ce
qu'il y a d'autres interventions? Allez-y.
M. Leduc : ...J'ai eu une
conversation à micro fermé avec... avec le ministre puis je voudrais juste qu'on
la résume à micro ouvert. J'étais un peu achalé par le bout, toujours dans le
dernier paragraphe, quand on dit «pendant au moins un an suivant cette assemblée»,
parce que là, on donne l'obligation, à la partie syndicale, de présenter...
pardon, de rendre accessible son document qui résume le contenu de la
présentation, qui informe des procédures permettant d'exercer leur droit de
vote à l'ensemble des salariés. Mais quand on a fait référence, dans des
articles précédents, au site Internet, on n'avait pas la référence à «au moins
un an». On disait : soit une fois par année ou sur demande. Puis, évidemment,
pour un site Internet, c'est assez facile, tu sais. Pendant au moins un an, bon,
bien, tu mets le document sur ton site Internet pendant au moins un an.
Mais le site Internet n'est pas la voie
obligatoire, c'est une voie optionnelle, hein, c'est : le site Internet ou
tout autre moyen approprié. Et là je me disais, peut-être, une petite
accréditation qui n'a pas nécessairement décidé d'avoir une page Internet, à
cause de l'entretien que ça nécessite, puis les ressources que ça nécessite, il
faut qu'ils rendent... il faut qu'ils rendent accessible. Ce n'est pas la même
chose que sur demande. Rendre accessible, c'est comme si c'était un... c'était
un fardeau supplémentaire, comme... comme partie syndicale. Qu'est-ce qui...
est-ce que le ministre le voit différemment? Ma question, dans le fond, c'est :
Est-ce que le ministre voit ça, le «pendant au moins un an», différemment des
autres articles ou, dans le fond, essentiellement, c'est de répondre à quelqu'un
qui vient demander le document de lui donner?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Boulet : De répondre
différemment. En fait, la réponse que je vous ai donnée, c'est pour permettre l'accès
aux personnes nouvellement embauchées ou embauchées...
M. Boulet : ...pendant
l'année avant la prochaine assemblée générale annuelle. C'est le seul objectif.
M. Leduc : ...encore une
fois. Dans les autres articles précédemment, on disait, tu sais : Rendre
disponible sur demande, mais là est-ce que... Pour vous, quand on dit :
Pendant au moins un an, rend accessible par tout autre moyen approprié,
c'est-tu la même chose pour vous ou c'est juste une autre écriture mais qui
renvoie à la même fardeau? Est-ce que c'est moi, le syndicat qui doit courir
après le nouveau salarié pour être certain que je lui ai rendu accessible?
M. Boulet : Non, c'est lui
rendre accessible. Ce n'est pas... En fait, le salarié qui veut savoir a accès.
Je...
M. Leduc : C'est ça, mais
c'est d'abord le salarié qui doit se mobiliser pour aller trouver cette
information-là.
M. Boulet : Oui, mais... Puis
c'est compatible avec l'économie générale du projet de loi. On donne des outils
aux travailleurs, encore faut-il que les travailleurs veuillent et puissent
avoir accès.
M. Leduc : Parfait. Ça
clarifie les choses pour moi. Merci.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Merci. D'autres interventions sur l'amendement? S'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à la mise aux voix de l'amendement qui a été
sous-amendé. Est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Allaire) : Adopté.
Parfait. Donc, M....
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Allaire) : Ah!
adopté sur division. Merci. Alors, on poursuit, M. le ministre, on passe au
troisième article introduit, 47.0.3. Je vous cède la parole pour lecture et
commentaires. Et il y a un amendement également.
M. Boulet : Oui. Merci, M. le
Président.
«47.0.3. Une association accréditée peut
inclure dans le montant de la cotisation qu'elle spécifie à l'employeur, aux
fins de la retenue qui doit être faite sur le salaire de tout salarié en vertu
de l'article 47, une cotisation facultative.
«Le prélèvement de la cotisation doit être
autorisé, au moins une fois par année, au scrutin secret, par un vote
majoritaire des salariés qui sont compris dans l'unité de négociation et qui
exercent leur droit de vote.
«Le scrutin se tient dans les
30 jours suivant la présentation faite aux membres en vertu de
l'article 47.0.2, mais il ne peut plus débuter dans les 72 heures
suivant cette présentation. Le droit de vote doit s'exercer pour une durée d'au
moins 24 heures.
«Lorsque le prélèvement d'une cotisation
facultative est autorisé, la décision prise par la majorité des salariés
conformément au premier alinéa prend effet le jour où s'est tenue la
présentation prévue à l'article 47.0.2 et s'applique à tous les salariés
de l'unité de négociation, peu importe leur date d'embauche. L'association
accréditée transmet alors au salarié nouvellement embauché le document visé au
deuxième alinéa de l'article 47.0.2 au plus tard 15 jours après la
date de son embauche.»
Amendement. À l'article 47.0.3 du
Code du travail, proposé par l'article 7 du projet de loi tel
qu'amendé :
1° remplacer, dans le deuxième alinéa, «Le
prélèvement de la cotisation» par «Le montant de la cotisation facultative»;
2° dans le troisième alinéa :
a) supprimer, dans le troisième alinéa, «,
mais il ne peut débuter dans les 72 heures suivant cette présentation;».
Donc, ça, c'est supprimé. Puis :
b) remplacer «24» par «12»;
3° remplacer le quatrième alinéa par le
suivant :
«La décision prise par la majorité des
salariés conformément au présent article prend effet le jour où s'est tenue la
présentation prévue à l'article 47.0.2 et s'applique à tous les salariés
compris dans l'unité de négociation, peu importe leur date d'embauche.»
Donc, commentaires c'est de l'autre
bord... Bon, c'est les règles, là, qui permettent... on les a expliquées dans
le schéma, là, mais qui permettent à l'association d'inclure la cotisation
facultative. L'amendement propose d'introduire... Bon, il y avait une
correction de légistique, là, parce qu'il... ce n'était pas exact de référer à
l'autorisation d'un prélèvement. C'est le montant qui doit faire l'objet d'une
autorisation, à la suite de laquelle... à la suite de laquelle il y a un
prélèvement. L'employeur ne prélève pas... bon, il prélève la cotisation,
laquelle inclut une cotisation facultative.
Au paragraphe 2°, on retire l'exigence de
tenir le scrutin dans les 72 heures suivant cette présentation. Puis il
peut se tenir dès la fin de la présentation, en assemblée, au plus tard dans
les 30 jours et il doit pouvoir s'exercer sur une période d'au moins
12 heures.
Au paragraphe 3°, on retire l'obligation
de transmettre au salarié nouvellement embauché le document sur la cotisation
facultative.
Puis là c'est en concordance avec 47.0.2,
qu'on vient de discuter, qui a pour effet de rendre...
M. Boulet : ...le document
relatif à la cotisation facultative à l'ensemble des salariés pour une durée
d'un an, ce qui inclut les nouveaux embauchés. C'est tout.
Le Président (M. Allaire) : Mme
la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Donc, juste pour
bien comprendre, le montant qui sera présenté par le syndicat pour les
cotisations facultatives, si, au courant de l'année, ce montant ne... est
dépassé, disons, on a dépensé tout l'argent, et là il y a un nouveau élément de
société qui est arrivé, donc le syndicat veut intervenir, j'imagine qu'il
peut... est-ce qu'il peut, au cours de l'année, une fois avoir dépensé... de
budget des cotisations facultatives, retourner aux membres pour leur demander
un montant additionnel selon le contexte?
M. Boulet : Il pourrait,
mais, selon moi, ça va arriver à de très rares occasions. Mais il pourrait.
Mme Prass : C'est ça, parce
que la possibilité existe. Parce que, quand même, il est difficile de prévoir
les besoins qu'on peut avoir une année. Dans une année, il peut y avoir plein
de choses qui se passent.
Puis, juste pour bien comprendre, pour les
cotisations principales, c'est uniquement les membres qui vont voter, mais
pour... c'est ça, excusez-moi, uniquement les salariés qui vont voter ou
uniquement les membres, non, plutôt. Puis, pour les cotisations principales...
facultatives, plutôt, c'est l'ensemble des salariés. C'est bien ça?
M. Boulet : En fait, à
l'Assemblée, c'est les membres. Puis le vote sur la cotisation facultative,
c'est l'ensemble des salariés. Pourquoi l'ensemble des salariés? Parce que
c'est tous les salariés qui sont contraints de payer la cotisation syndicale,
donc ont un droit de vote, comme on en a parlé à l'article précédent, là.
Mme Prass : Mais pour le
principal et le facultatif?
M. Boulet : Pour la
cotisation principale, c'est les membres.
Mme Prass : C'est ça. Donc,
on a quand même deux de groupes différents qui vont voter. Pourquoi est-ce
que... et, peut-être, je suis...
M. Boulet : Bien, nous, on ne
s'intéresse qu'à la facultative. Les membres n'ont pas à voter sur la
cotisation principale à moins qu'il y ait une modification. C'est les membres
seulement pour la cotisation principale, oui.
Mme Prass : D'accord. OK,
merci.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va? D'autres interventions? M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci pour les
clarifications. J'avais les mêmes questions de ma collègue. J'en ai d'autres
aussi. Vous retirez, là : «il ne peut débuter dans les 72 heures
suivant cette présentation». Donc, dans l'original, on tenait notre assemblée
générale où on présentait le plan de cotisation facultative. Et, dans
l'original, on ne pouvait pas commencer le vote tout de suite, il y avait un
72 heures. C'était bien ça? Là...
M. Boulet : ...transmettre
l'info, mais on l'a discuté dans le bloc transparence, puis on l'a enlevé, le
72 heures. Ça fait qu'en concordance avec ce qu'on avait fait, on
l'enlève, oui.
M. Leduc : Parfait, c'est ça
que je voulais vérifier, puis là on a concordance aussi du 24 vers le 12.
M. Boulet : Exact.
• (17 h 20) •
M. Leduc : Est-ce que ça veut
dire qu'on peut commencer le vote durant l'assemblée générale? Si ce n'est pas
un vote électronique... bien, remarque... si c'est un vote papier...
M. Boulet : ...le document
explicatif à ce moment-là.
Des voix : ...
M. Boulet : En fait, le vote
est au plus tard 30 jours après.
M. Leduc : Oui. Moi, je fais
mon assemblée générale. Là, j'ai 200 membres qui viennent voter sur le
document des...
M. Boulet : Oui, puis le
document explicatif est présenté.
M. Leduc : Bien sûr. Puis là
moi, je n'ai pas envie de dépenser de l'argent dans un vote électronique, je
vais faire un vote papier, un vote classique, puis là j'ai 200 membres
puis ils sont tous là, ils sont tous prêts à voter. On ne va pas les refaire
venir demain pour revoter sur quelque chose qu'ils ont déjà vu. Ils n'ont pas
besoin d'un délai de... ils n'ont pas besoin d'un petit dodo pour dormir là-dessus,
ils peuvent voter tout de suite.
M. Boulet : OK, je vais le
vérifier ici, tenant compte du libellé. Merci.
Le Président (M. Allaire) :
...merci.
(Suspension de la séance à 17 h 21)
(Reprise à 17 h 22)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. M. le ministre.
M. Boulet : Merci, M. le Président.
Oui, la réponse, c'est oui. Donc, le vote peut commencer dès que le document
explicatif a été présenté. Les délais, c'est au plus tard 30 jours et la
période minimale, c'est 12 heures. Mais, oui...
M. Leduc : ...donc le 30
jours, ce n'est pas... quand on dit suivant mon assemblée générale, ce jour-là,
le jour... c'est le jour un, du 30 jours.
M. Boulet : Oui.
M. Leduc : Puis le lendemain,
c'est le jour deux. Le jour un, ce n'est pas le lendemain de l'assemblée
générale, c'est le jour même.
M. Boulet : Oui.
M. Leduc : Parfait. Sinon, je
vous aurais soumis un amendement, parce que j'aurais trouvé ça bête qu'on
mobilise autant de personnes dans une assemblée, qui sont tous prêts à voter,
ils ont vu ça...
M. Boulet : ...oui, tout à
fait.
M. Leduc : Pourquoi il faut
attendre demain puis repartir...
M. Boulet : Non, non, maximum
de flexibilité.
M. Leduc : Parfait.
M. Boulet : Je suis content de
le préciser. C'est un bon point.
M. Leduc : Très clair pour
ça. Je pense que c'est... J'avais une autre question, oui. Donc, sur le dernier
paragraphe, quand on dit : «La décision prise par...», là vous
biffez, là, le paragraphe complet, vous le remplacez par un autre énoncé qui
dit : «La décision prise par une majorité des salariés, conformément au
présent article, prend effet le jour où s'est tenue la présentation prévue
à l'article 47.0.2 et s'applique à tous les salariés compris dans l'unité
de négociation, peu importe leur date d'embauche.» Pourquoi vous dites ça, «peu
importe leur date d'embauche»?
M. Boulet : Un instant.
(Consultation)
Le Président (M. Allaire) :
Voulez-vous...
M. Boulet : En fait, ça
s'applique pour l'année. Et donc, s'il y en a qui arrivent après, qui sont
embauchés après, bien, peu importe leur date d'embauche, bien, la décision
prise par la majorité des salariés s'applique à eux autres aussi. Ça fait que
c'est pour éviter le... la zone grise d'une personne qui est arrivée après puis
qui dit que ça ne s'applique pas à lui. Tu sais, ça fait que ça s'applique à
tous les salariés qui sont compris dans l'unité de négociation, indépendamment
de leur date d'embauche. Je pense que c'est...
M. Leduc : ...juste surpris
qu'on le précise parce que, pour moi, ça allait de soi. Dans la vie, tu as une
décision démocratique, peu importe laquelle...
M. Boulet : Mais c'est ça.
Des fois, ça va de soi, des fois, ce n'est pas tout à fait clair, ça fait
que...
M. Leduc : Parce que ce n'est
pas un droit individuel ici, là, c'est un droit... c'est un droit collectif.
M. Boulet : ...exactement.
M. Leduc : Toi, tu peux avoir
ton opinion individuelle, bien sûr, aller la plaider si tu veux ou pas auprès
de tes collègues...
M. Boulet : Oui, mais, des
fois, s'il y a eu un vote qui est serré... Mais je pense que c'est important de
le dire.
M. Leduc : Ah! je comprends.
Donc, si... un vote qui passe par une ou deux... deux voix...
M. Boulet : Tu sais, puis tu
embauches dans l'année huit salariés sur 34, des fois...
M. Leduc : Puis eux autres
disent : Oui, mais moi, je n'étais pas là...
M. Boulet : ...ils se
regroupent puis ils sont six, sept qui disent : Ah! on n'aurait pas voté
comme ça. Je pense, c'est clair.
M. Leduc : Dans le fond, ça
leur dit : Bonne chance l'année prochaine.
M. Boulet : C'est votre
expression, que je comprends et...
M. Leduc : Mais, si...
M. Boulet : Oui.
M. Leduc : Est-ce qu'ils
peuvent convoquer s'ils sont membres? Ça se pourrait qu'ils soient membres,
hein?
M. Boulet : ...regarde pas.
Tu veux dire convoquer une assemblée?
M. Leduc : On ne peut pas
retenir un nouveau vote pour renverser le vote précédent?
M. Boulet : Non, non.
M. Leduc : D'aucune manière?
M. Boulet : Bien, à moins
qu'il y ait des statuts ou règlements qui le prévoient. Moi... Est-ce que vous
pensez que oui?
M. Leduc : Bien, en général,
on peut toujours revenir... il y a toujours des procédures dans les statuts et
règlements pour revenir sur un vote.
M. Boulet : Bien, peut-être
annuler un vote qui n'a pas respecté les règles qui sont prévues dans les
statuts internes.
M. Leduc : Non, non, non,pour
changer de position. On a une position x sur un enjeu, puis là il y a une
évolution.
M. Boulet : Bien, le titre
d'un chapitre c'est Démocratie syndicale, donc c'est... démocratie, c'est le
pouvoir des travailleurs. Là, là-dessus, je ne peux pas m'exprimer.
M. Leduc : Parce que, tantôt,
on a eu un échange où vous disiez : Si on veut dépasser... Si on a tout
dépensé la cotisation facultative puis on en voudrait plus, là, il faut
retourner.
M. Boulet : Si tu as dépassé
ton budget des deux catégories combinées. Les deux... Oui?
M. Leduc : Mais, tantôt, on a
dit que, le budget principal, on pouvait le dépasser, il n'y avait pas de
problème.
M. Boulet : Pas le... C'est
toujours les deux catégories, c'est...
M. Leduc : Les deux
catégories... oui, oui
M. Boulet : Puis votre
collègue, il vous l'a répété aussi... je l'ai entendu, à voix douce, là,
mais... On ne s'intéresse qu'à la portion facultative. Il est peut-être un peu
plus tard, collègue, là.
M. Leduc : ...deux
catégories, j'ai toujours les deux cotisations.
M. Boulet : Oui, je
comprends.
M. Leduc : Mais vous, c'est
les deux catégories de la cotisation facultative. On va finir par y arriver.
M. Boulet : Je m'excuse, je
le répéterai.
M. Leduc : C'est bien
correct. Là, j'ai perdu ma... Oui. Donc, une fois que cette décision-là est
prise sur la cotisation facultative, les deux catégories, elle est figée, dans
le fond, on ne peut pas y revenir, sauf pour la bonifier.
M. Boulet : Sauf pour... s'il
y a un excès de budget...
M. Leduc : C'est ça.
M. Boulet : ...puis que là on
a... Oui, exact. Vous avez bien compris.
M. Leduc : Mais la décision
originale, si... il n'y a personne qui pourrait venir dire : J'aimerais ça
qu'on vote de nouveau?
M. Boulet : Non.
M. Leduc : Même si les
statuts, règlements le permettent?
M. Boulet : Ah! bien là,
est-ce qu'il y a des statuts, règlements... mais, selon la loi, non.
M. Leduc : Mais là c'est-tu
écrit en quelque part qu'on ne peut pas revenir sur cette...
M. Leduc : ...décision-là dans
la loi?
M. Boulet : Bien non. C'est
un vote annuel. Ça fait que certainement qu'on ne peut pas revenir sur le vote,
là.
M. Leduc : Ça fait que,
mettons... Parce que, tu sais, des fois, des élections d'un exécutif, il peut y
avoir un président syndical contesté, il peut se faire démis de ses fonctions.
Il y a des statuts prévoient ça.
M. Boulet : ...s'il y a un
vice de vote ou un vice de procédure. Je ne vois pas... Selon le PL, c'est
effectif pour l'année.
M. Leduc : Ça fait que, même
s'il y a une pétition d'une majorité des membres pour dire : J'aimerais ça
qu'on fasse un nouveau vote?
M. Boulet : C'est effectif...
C'est effectif pour l'année.
M. Leduc :
C'est barré. OK. Coudon. Parfait.
Le Président (M. Allaire) : ...pas
d'autre intervention? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder
à la mise aux voix de l'amendement. Donc, est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) : Adopté
sur division. On revient donc à l'article introduit. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'article introduit qui a été amendé à 47.0.3? S'il n'y a pas
d'autre intervention, on s'en va au suivant, 47.0.4. M. le ministre, je vous
cède la parole pour lecture et commentaires. Ah! puis il y a un amendement.
C'est vrai.
M. Boulet : ...0.4. Merci, M.
le Président. Bien, c'est l'infraction pénale à .4 puis le recours pénal à .5.
«Il est interdit à une association
accréditée, à une union, une fédération, une confédération, d'effectuer une
dépense avec des cotisations facultatives pour une activité visée à
l'article 47.0.1 sans le prélèvement d'une cotisation facultative ait été
autorisé conformément à l'article 47.0.3. Il est également interdit à une
association accréditée, à une union, à une fédération ou à une confédération
d'effectuer une dépense avec des cotisations principales pour une activité
visée à l'article 47.0.1.»
Donc, on a un amendement, M. le
Président : Remplacer l'article 47.0.4 du Code du travail, proposé
par l'article sept du projet de loi tel qu'amendé, par le suivant :
«47.0.4. Il est interdit à une association
accréditée, à une union, à une fédération ou à une confédération à laquelle est
affiliée ou appartient une association accréditée d'effectuer une dépense avec
des cotisations principales pour une activité visée à l'article 47.0.1.»
Donc, commentaires : C'est
l'infraction pénale lorsque des activités visées à 47.0.1 sont financées avec
des cotisations principales. L'amendement remplace .0.4 afin de retirer le
premier alinéa du projet de loi tel que présenté afin de n'en conserver que le
deuxième, qui prévoit l'interdiction d'effectuer une dépense avec des
cotisations principales pour une activité qui relève du facultatif.
L'interdiction n'est pas... prévue à 47.0.4 n'est pas nécessaire, a été
retirée, comme il n'est pas possible d'effectuer une dépense avec des
cotisations facultatives sans qu'elles ne soient autorisées, il n'est pas
requis de l'interdire. C'est tout.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Des interventions sur l'amendement? M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Je vais avoir
besoin d'un petit temps de rédaction, s'il vous plaît, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Pas
de problème. Nous allons suspendre les travaux quelques instants. Merci!
(Suspension de la séance à 17 h 30)
17 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 17 h 36)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve
souhaite déposer un sous-amendement. Je vous cède la parole pour lecture et
commentaire.
M. Leduc : Merci, M. le
Président. Dans l'amendement proposé à l'article 7 du projet de loi,
insérer, à la fin de l'article 47.0.4 de cette loi, les mots «jusqu'à
concurrence de 30 %». Le ministre nous dit qu'il souhaite de la
flexibilité, qu'il veut que ça soit simple d'application, bon, tout le monde
aura son opinion sur la simplicité ou non de sa loi en général et de ces
articles-ci, en particulier. Moi, je pense qu'il y a un bout qui manque dans...
dans la discussion. Tu sais, on a eu, tantôt, une clarification qu'on pouvait
prendre des cotisations facultatives pour payer des éléments de... de budget
principal. Cependant, la vie étant surprenante, des fois, on peut avoir épuisé
ou avoir...
M. Leduc : ...presque épuisé
notre budget facultatif, pour x, y raisons, et ne pas avoir le temps ou la
logistique de retourner nécessairement en assemblée générale tout le temps,
comme le souhaite le ministre. C'est long, c'est compliqué, c'est ardu. On a
autre chose à faire, quand on a un syndicat, que de retourner systématiquement
en assemblée générale pour, chaque fois, revoter des virgules de budget.
Donc, moi, je propose un élément de
contingence. J'ai mis 30 %, ça peut être plus bas, honnêtement, ça peut
être 20, honnêtement, ça pourrait même être 10. J'ai mis 30 % comme
chiffre de départ, pour discuter. Plus haut... plus c'est haut, plus je
comprends que ça entre en concurrence avec l'objectif du ministre, encore une
fois, objectif auquel je n'adhère pas du tout, mais c'est pour ça que je l'ai
mis relativement bas, mais je peux le baisser encore si ça peut faire pencher
le ministre en faveur de l'amendement.
C'est de dire qu'en effet on dépense le
facultatif, on dépense le facultatif, puis là la vie étant pleine de
contingence, woups!, il y a des affaires qui dépassent. Ce n'est pas facile et
logistiquement réaliste de retourner en assemblée générale, pour me voter une
plus grosse cotisation facultative. Ça fait que je peux utiliser, pour une
dépense facultative, jusqu'à concurrence de 30 % de mon budget principal
pour payer cette dépense-là, particulière. Et ça ne viendrait pas complètement
détruire l'économie générale du projet de loi du ministre. On reste dans les
mêmes logiques, encore une fois, auxquelles je n'adhère pas, mais j'essaie de
trouver des aménagements pour que ce soit plus vivable pour les pauvres
malheureux et malheureuses qui auront levé la main pour être trésoriers et
trésorières de leurs sections locales.
Je trouve que cet outil-là qu'on... que je
soumets au jeu permettrait cette flexibilité-là dans le fin détail, de ne pas
avoir à toujours recommencer des brassages de structures puis des consultations
à ne plus finir. Voilà.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Boulet : Bien assez
rapidement, je comprends le but visé. Alors, moi, je propose plutôt, parce que
je ne serai pas d'accord avec l'amendement, que cette contingence-là soit
présentée dans le document, et ça va être beaucoup plus simple, les
travailleurs vont le savoir, puis ça peut être une contingence de 10, 20 ou 30 %,
mais en fonction du budget, des activités qui relèvent de la cotisation
facultative, donc de 47.0.1. C'est tout. Ça va être beaucoup plus transparent
comme ça que de mettre un pourcentage dans la... dans la loi.
M. Leduc : Vous dites qu'à même
le budget du facultatif vous proposeriez que les syndicats se mettent une
espèce de...
M. Boulet : De contingence.
M. Leduc : ...réserve
d'avance.
M. Boulet : Et la présentent,
et la présentent aux travailleurs. Puis je pense que c'est normal que, dans un
budget, il y ait un certain montant ou un certain pourcentage qui s'appelle les
contingences.
M. Leduc : Quand vous
proposez plutôt d'avoir un état financier extrêmement détaillé puis un budget
extrêmement détaillé à proposer, pour vous, ça ferait partie de ça, le 20 ou
30 % de contingence dans la facultative?
M. Boulet : Là, je ne suis
pas sûr que je comprends, là.
M. Leduc : Quand vous
dites : Il faut que... pour que... pour se positionner, là.
• (17 h 40) •
M. Boulet : ...des
cotisations de nature facultative. Les deux catégories, ce que vous proposez
dans votre amendement, c'est que, jusqu'à concurrence de 30 %, les
cotisations de nature principale soient utilisées à titre facultatif.
M. Leduc : Puissent. Puissent
être utilisées.
M. Boulet : Puissent, c'est ce
que j'ai dit, alors que moi, je dis : Plutôt que de prévoir de quoi dans
la loi pour la complexifier, simplement dire que les syndicats se préparent une
contingence et la soumettent aux travailleurs.
M. Leduc : C'est intéressant,
comme piste.
M. Boulet : Et ça va être beaucoup
plus simple.
M. Leduc : Mais elle n'est
pas... elle n'est pas contradictoire avec ce que je vous soumets, en ce sens
que, si jamais on a prévu un 5 % de contingence dans notre budget
facultatif...
M. Boulet : ...pas heurter le
principe. Ce n'est pas à la loi à décider, c'est aux travailleurs à décider, et
les travailleurs doivent décider en connaissance de cause. Puis on dit :
Ce qui n'est pas... ce qui relève de la définition de cotisation facultative,
elle est présentée par les syndicats, et que les syndicats soumettent aux
travailleurs cette contingence-là, puis les travailleurs vont pouvoir
s'exprimer. Moi, je... L'objectif est atteint.
M. Leduc : Bien, je pense
qu'on peut faire un bout de chemin là-dessus, M. le ministre, mais, encore une
fois, je ne pense pas que c'est en contradiction avec ce que je vous soumets.
Si, en effet, je prévois une contingence dans mon budget facultatif que je
mets... que je soumets aux membres, ça se peut que je l'épuise pour x, y
raisons...
M. Boulet : ...beaucoup plus
souple de le...
M. Leduc : ...puis que là...
M. Boulet : Oui, OK.
M. Leduc : ...mais que je n'ai
pas nécessairement la logistique pour retourner dans une assemblée générale
pour refaire un nouveau vote, pour augmenter encore. Si je pouvais juste avoir
une petite dépense qui viendrait, tu sais, juste faire une petite correction
dans mon budget facultatif, puis je pouvais faire juste qu'un petit bout avec
la principale, je n'aurais pas besoin de refaire tout l'exercice.
M. Boulet : ...une marge de
manœuvre, un buffer, une contingence dans votre document explicatif. Je n'ai
pas d'autre commentaire, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : D'autres
interventions? Bien, ça s'appliquerait aussi dans un cas où est-ce qu'un
syndicat local, par exemple, aurait décidé de dire : Bien, cette année,
nous, on n'en a pas, des projets...
M. Leduc : ...dit facultatif,
ça peut arriver, pas besoin de facultative cette année, ça fait qu'on n'en a
pas budgété puis on ne l'a pas mis au vote. Puis là, woups, en cours d'année,
il passe une petite dépense, un petit, je ne sais pas moi, un petit
1 000 $ pour dépenser en soutien d'une manifestation dans la région
x, où est-ce que le syndicat habite. On va-tu initier... pas cette assemblée
annuelle, toute la procédure de vote pour un petit 1 000 $, alors
qu'on ne l'a pas budgété, on a zéro cenne.
M. Boulet : Je vais répéter la
même affaire. Une contingence, c'est ce à quoi ça sert, ou une marge de
manœuvre, ou un «buffer», là, comme on dit. Mais j'ai répondu, moi, je pense
que l'objectif est atteint et que je trouve louable.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député.
M. Leduc : Je baissais le
pourcentage, M. le ministre, je mettais même à 10 %, il n'y aurait pas de
marge de manœuvre, là.
M. Boulet : ...pas de
contingence, je pense que c'est plus flexible de même.
M. Leduc : Il y a... le mur de
Chine, pour vous, il est complètement étanche entre ces deux budgets-là.
M. Boulet : Je ne sais pas
pourquoi vous appelez ça un mur de Chine...
M. Leduc : Bien, entre le
budget principal...
M. Boulet : ...une muraille de
Chine...
M. Leduc : ...vers le
facultatif, il n'y a pas une maudite cenne qui va traverser ce mur-là.
M. Boulet : ...je ne comprends
pas votre point.
M. Leduc : J'essayais de
reformuler. Vous dites que le budget principal puis le budget facultatif, on en
a parlé tantôt, on peut dépenser des trucs avec du facultatif dans le
principal, mais l'inverse n'est pas vrai. C'est ce qu'on est en train de voter,
là, 47.0.4.
M. Boulet : Bien oui, parce
que les travailleurs s'expriment sur le facultatif, ça fait que le principal ne
peut pas être utilisé à des fins facultatives. Les travailleurs se sont
exprimés là-dessus. Donc, ils ont dit oui à majorité. Ça fait qu'il me
semble... Moi, je n'appelle pas ça, une muraille de Chine. Une muraille de
Chine, ça vise à maintenir une étanchéité complète, ce n'est pas le cas. Puis,
tu sais, en plus, on va voir avec les dispositions transitoires pour les
argents accumulés, puis six mois après la date de la sanction, puis à la fin de
l'année, s'il y a du facultatif non utilisé, il va être cumulé pour l'année
suivante. Tu sais, il n'y a pas... en fait, je n'aime juste pas le mot «muraille
de Chine», c'est tout, mais ce n'est pas important.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, d'autres interventions?
M. Leduc : Non, c'est beau.
Le Président (M. Allaire) :
Parfait. C'est bon? Donc, on va procéder à la mise aux voix du sous-amendement.
Est-ce que le sous-amendement est adopté?
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) : Il
est rejeté.
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
J'ai compris rejeté.
Une voix : Un vote par appel
nominal.
Le Président (M. Allaire) :
Vous le demandez pour de vrai?
Une voix : Non.
Le Président (M. Allaire) :
OK, c'est beau. Ça aurait pu. Donc, on revient à l'amendement. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions sur l'amendement? M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Je vais prendre un
temps de rédaction, s'il vous plaît, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) :
Pas de problème. On va suspendre les travaux quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 17 h 45)
(Reprise à 17 h 53)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve
souhaite déposer un sous-amendement. Je vous cède la parole pour lecture et commentaire.
M. Leduc : Merci, M. le
Président. Dans l'amendement proposé à l'article 7 du projet de loi,
insérer, à la fin de l'article 47.0.4 de cette loi, les mots «jusqu'à
concurrence de 1 % des dépenses facultatives annuelles». C'est une variation,
là, du précédent amendement... du précédent sous-amendement, pardon, je
m'explique : Là, M. le ministre était moins intéressé, là, à ce qu'on ait
une dépense particulière de 30 % qui... une dépense particulière dont
30 % puisse être assumée par les cotisations principales. Je prends un
chemin différent, je me dis : Bon, sur le budget global des dépenses
facultatives annuelles, on peut-tu au moins avoir juste un petit 1 % de
prévu qui pourrait être utilisé par des cotisations principales, le cas échéant?
Puis j'ai... encore une fois, je donne des cas de figure, une section locale
qui n'a pas prévu de facultatives ou un montant minuscule de facultatives, puis
là, woups, il se passe quelque chose, ça fait qu'ils n'ont pas accumulé de
surplus, puis là, il faut qu'ils fassent une petite dépense de rien, bien là,
c'est embêtant parce qu'ils n'ont pas... ils n'ont pas de surplus puis ils
n'ont pas de budget. Il y a une petite dépense de rien, là, ils vont-tu
vraiment réenclencher toute la machine d'une consultation, d'une assemblée
spéciale, d'un vote des salariés pour une petite dépense de rien? Parce que
j'ai mis 1 %, là, ce n'est pas grand-chose, là. Il me semble que ça serait
très, très simple d'application, qu'il n'y aurait pas de risque inhérent à une
petite fenêtre comme ça, qu'on permet, surtout pour les sections locales, qui
peuvent avoir des dépenses plus fluctuantes, là, j'insiste pour dire que les
fédérations syndicales, les confédérations, les centrales, d'une année à
l'autre, c'est assez stable, mais une section locale, ça peut... C'est assez
stable parce que c'est plein de sections locales ensemble, c'est regroupé, mais
une section locale, il y a des années avec une forte mobilisation, d'autres
années, on n'a pas de comités, personne dans les comités, puis là, woup, trois
ans plus tard, ça repart, un comité de solidarité internationale qui se crée,
puis là, ils ont besoin d'argent pour faire des activités de sensibilisation,
parce qu'il y a un syndicaliste qui a été emprisonné au Mexique où je ne sais
trop où. Donc, il me semble que ça manque un peu de flexibilité d'application,
là, et j'emmène juste une toute petite... un petit degré de flexibilité que je
penserais bienvenu dans le contexte.
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
M. Boulet : Mais s'il n'y a
pas de montant budgété dans le facultatif, le 1 % n'a pas de valeur ou n'a
pas d'impact, mais moi, je le dis : La flexibilité, elle réside beaucoup
plus dans la capacité du syndicat de déterminer elle-même le montant ou le pourcentage
de sa marge de manœuvre dans son budget des deux catégories de nature
facultative. Et donc, ça peut être une contingence de 5 %, ça peut être un
montant d'argent, mais pour ces raisons-là, et en plus, ce que nos juristes
nous disent, c'est qu'on ne peut pas mettre ça dans du pénal parce que la
preuve de ça serait extrêmement complexe à faire. Donc, pour toutes ces
raisons, M. le Président, on serait prêts à voter.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va, mais je veux m'assurer qu'il n'y a pas d'autres d'interventions. M. le
député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Juste pour
préciser, je comprends, en effet, que 1 % de non-dépenses, c'est zéro, là,
on s'entend là-dessus, mais si on le réécrivait en disant : 1 % des
dépenses globales, ça ne serait pas un chiffre très différent dans les faits,
est-ce que ça serait plus recevable aux yeux du ministre dans ce scénario-là?
Une voix : ...
M. Boulet : Non, j'ai... le
pénal. Merci.
Le Président (M. Allaire) : M.
le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Bien, je trouve ça
dommage, parce que si on oblige une section locale à engendrer tout le
processus pour aller valider une petite dépense, si, dans un scénario X, ils
n'avaient pas prévu de facultatives pour ne pas se taper tout le processus
parce que ça va être un peu ardu, quand même, bien là, on les oblige à
repartir, ça fait que là, pour une petite dépense, on y va, on reconvoque une
assemblée générale...
M. Leduc : ...dans une salle
qu'il faut louer avec des dépenses. On convoque un vote, peut-être électronique
ou pas, avec des membres... des salariés. Ça... Dans le fond, le processus
pourrait coûter plus cher que la petite dépense qu'on pourrait faire. À la
limite, si le ministre veut, on peut mettre un montant, jusqu'à concurrence
d'une dépense de, je ne sais pas, moi, 500 $ à 1 000 $. Ça serait
déjà un minimum plus flexible.
M. Boulet : La marge de
manoeuvre a beaucoup plus de flexibilité qu'un montant comme ça. Merci.
M. Leduc : Bien, c'est comme
si le ministre me dit qu'il souhaite ardemment que les... locales fassent des
cotisations facultatives pour prévoir des budgets, prévoir potentiellement des
surplus. Il y a peut-être des... locales qui ne sont pas intéressées à faire
des facultatives, mais que, là, ils vont devoir le faire, peut-être dans le but
d'un jour s'en servir, même s'ils n'en ont pas besoin maintenant. C'est
particulier, là. Alors qu'on devrait dire : Si vous n'en avez pas besoin,
faites-en pas, point barre, surtout tapez-vous pas tout le bataclan des
assemblées, puis des votes, puis etc., faites-en pas. Et, si vous n'en faites
pas puis, finalement, il y a une petite dépense qui arrive inopinément,
dommage, il faut... il faut repartir la machine.
Le Président (M. Allaire) : D'autres
interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la
mise aux voix de ce sous-amendement. Est-ce que le sous-amendement est adopté?
Il est rejeté. Alors, on poursuit, on revient sur l'amendement. Est-ce qu'il y
a d'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder à la mise aux voix de l'amendement. Est-ce que l'amendement est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Allaire) : Adopté.
Parfait.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Allaire) : Adopté
sur division, s'il vous plaît, Mme la secrétaire. Donc, on revient donc à
l'article introduit, 47.0.4. Est-ce qu'il y a des interventions? S'il n'y a pas
d'intervention, nous allons poursuivre. M. le ministre, 47.0.5, je vous cède la
parole, lecture et commentaires.
M. Boulet : Merci, M. le
Président.
«L'inobservation des articles 47.0.1
à 47.0.4 ne donne ouverture qu'à l'application du chapitre IX.»
Commentaires. Donc, ça énumère les
dispositions pour lesquelles seules les dispositions pénales du Code du travail
sont applicables. C'est de même nature, en fait, que 20.4, là, qui a été
introduit par l'article 4 du projet de loi, là.
Donc, ça réfère aux articles 47.0.1,
et c'est l'énumération des catégories... ce n'est pas... c'est les catégories
financées par la cotisation facultative, le 47.0.2, c'est la présentation, le
47.0.3, c'est le vote puis le puis le 47.0.4, c'est l'infraction pénale, tout
ce qu'on vient de voir. Merci. C'est tout.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Des interventions? Oui, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci, M. le
Président. Donc, simple question de compréhension, tous les échanges qu'on
avait eus il y a quelques jours, en effet, sous le précédent chapitre à savoir,
là, la séquence qu'il y aurait d'abord une plainte...
M. Boulet : ...
M. Leduc : ...dans la Cour du
Québec, que le DPCP, il n'apparaît pas dans le portrait... j'essaie de me
rappeler...
M. Boulet : C'est le Code de
procédure pénale, oui. C'est...
M. Leduc : La Cour du Québec,
c'est tout. La CNESST n'est pas impliquée non plus.
M. Boulet : Non, ni le TAT.
M. Leduc : Puis on avait
précisé que c'est... pas besoin d'avoir un avocat, on peut le faire tout seul
sur... administratif.
M. Boulet : Exact. Tout à
fait.
M. Leduc : Ça fait que c'est
la même chose, dans le fond, pratiquement.
M. Boulet : Oui. Vous aviez
posé toutes les questions puis ça allait, oui.
M. Leduc : Vous n'êtes pas
intéressé à ce que je les repose à nouveau? C'est ce que je comprends.
M. Boulet : Bien, parlez-en à
mes collègues. Moi, je suis... j'ai la réputation d'être très patient.
• (18 heures) •
M. Leduc : C'est vrai, je
suis d'accord avec ça. Je suis d'accord avec ça. Je n'ai pas d'autre question,
M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
M. Leduc : Je vais faire
plaisir à mon collègue le ministre. Je n'aurai pas d'autre question.
Le Président (M. Allaire) : Je
suis convaincu que oui.
Une voix : ...
M. Leduc : Aux collègues. Le
plaisir est partagé, si je comprends...
Le Président (M. Allaire) : C'est
la... Donc, ça met fin aux discussions à l'ensemble des articles introduits, il
y en avait cinq. Donc, on revient à l'article sept dans sa globalité. On va
procéder à sa mise aux voix. Est-ce que l'article 7...
Une voix : ...
Le Président (M. Allaire) : ...tel
qu'amendé, est adopté? Donc, par appel nominal, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
M. Boulet : Pour.
La Secrétaire : Mme Mallette
(Huntingdon)?
Mme Mallette : Pour.
La Secrétaire : M. Gagnon
(Jonquière)?
M. Gagnon : Pour.
La Secrétaire : Mme Hébert
(Saint-François)?
Mme Hébert : Pour.
La Secrétaire : Mme Dorismond
(Marie-Victorin)?
Mme Dorismond : Pour.
La Secrétaire : Mme Prass
(D'Arcy-McGee)?
Mme Prass : Abstention.
La Secrétaire : M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Contre.
La Secrétaire : Et M. Allaire
(Maskinongé)?
Le Président (M. Allaire) : Abstention.
Alors, l'article 7, tel qu'amendé, est adopté.
On poursuit, M. le ministre, dans le même
bloc Démocratie, on s'en va à l'article 9. Je vous cède la parole pour
lecture et commentaires.
M. Boulet : Merci, M. le
Président. Ce code est modifié par l'insertion, après l'article 146, du
suivant :
«147. Toute association accréditée, toute
union, toute fédération ou toute confédération qui contrevient à
l'article 47.0.4 est passible d'une amende de 5 000 $ à 50
000 $.»
Commentaires. Bon, c'est la nouvelle
disposition dans le Code du travail, les montants des amendes.
Puis c'est le financement, c'est en
rapport avec le financement des activités visées à 47.0.1, sans que
l'autorisation prévue ait été obtenue.
Alors, c'est tout, M. le Président. Je
pense, ça va de soi.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Merci...
18 h (version non révisée)
Le Président (M. Allaire) : ...Mme
la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci, M. le
Président. Donc, comme le collègue vient de le rappeler, évidemment, ces
infractions-là sont déterminées ou sont le produit d'une plainte qui aurait été
faite?
M. Boulet : Ou sont le?
Mme Prass : Ces amendes-là
sont pour des infractions qui auraient été révélées par une plainte d'un membre
d'un syndicat. N'est-ce pas?
M. Boulet : Oui.
Mme Prass : Oui. Est-ce qu'il
y a... Où, ailleurs dans la loi, ou pour quel groupe similaire ou... similaire
est-ce qu'on a des amendes de 5 000 $ à 50 000 $?
M. Boulet : En fait, c'est
établi en harmonie avec l'équipe du ministère de la Justice, qui tiennent
compte de la proportionnalité entre la nature de l'infraction puis le montant
de l'amende et qui considèrent la cohésion du corpus législatif québécois.
Donc, c'est comme ça que sont établis le montant des amendes. Puis les
récidives, c'est le double, puis après ça, c'est le triple.
Une voix : ...
M. Boulet : Oui. Bien, c'est
ça, ce que je viens de dire, en collaboration avec le ministère de la Justice,
qui a sa grille d'analyse. Puis c'est la détermination des montants. Puis il y
a un principe d'harmonisation des peines, là. Puis la détermination des
montants a tenu compte des montants prévus dans la loi R-20, les relations
de travail, la gestion de la main main-d'œuvre et la formation professionnelle
dans l'industrie de la construction.
Mme Prass : ...que c'est... c'est...
c'est par infraction et ce n'est pas regroupé. Par exemple, s'il y a plusieurs
infractions... Je vous donne l'exemple, parce que 5 000 $, par
exemple, pour un petit syndicat, ça peut... représenter énormément d'argent qui
serait dépensé. Sinon, ce serait dépensé pour la vie syndicale. Donc, je vous
donne un exemple. Il y a deux infractions par le même syndicat, un petit
syndicat. Est-ce que le 5 000 $, ça va être encore une fois par
infraction ou est-ce que ça peut être regroupé?
M. Boulet : C'est par
infraction.
Mme Prass : C'est par
infraction. Et vous ne trouvez pas que 5 000 $, ça peut être un petit
peu disproportionné pour un syndicat?
M. Boulet : ...je me fie
beaucoup au principe d'harmonisation des peines et le principe de
proportionnalité, conformément à la grille d'analyse utilisée par les avocats
du ministère de la Justice. Ça fait que ça dépend de la gravité puis... Oui.
Mais, tu sais, entre vous et moi...
Mme Prass : Ça dépend de la
gravité. Par contre, c'est un minimum de 5 000 $.
M. Boulet : C'est... Oui. C'est
entre 5 000 $ et 50 000 $.
Mme Prass : C'est entre 5 000 $
et 50 000 $. Parce qu'encore une fois, 5 000 $, ça peut
représenter énormément pour un petit syndicat, de l'argent qui pourrait plutôt
aller vers la vie syndicale plutôt que... Puis on se comprend, tu sais,
dépendamment de la situation, ça peut...
M. Boulet : ...qui va le
déterminer selon la gravité puis les circonstances.
Mme Prass : Donc, il y a la
possibilité qu'ils vont prendre une situation, du cas par cas, et on verra par
la suite. Parfait.
M. Boulet : Tout à fait.
Mme Prass : Et, si une amende
est à payer, j'imagine que ça va venir de la cotisation principale?
M. Boulet : Bien oui.
Mme Prass : Ça ne viendrait
pas des cotisations facultatives?
M. Boulet : Bien, c'est sûr
que ça vient de la cotisation principale parce que...
Mme Prass : OK. C'est ça.
M. Boulet : Oui. Tout à fait.
Mme Prass : Non. C'est ça. Je
veux juste m'assurer.
M. Boulet : Oui, oui.
Mme Prass : Parfait. Merci.
Le Président (M. Allaire) : ...
Mme Prass : Oui.
Le Président (M. Allaire) : D'autres
interventions? M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Ça peut-tu être...
Ça pourrait-tu être une amende où on n'a pas respecté la charte ou ça n'a pas
rapport? Parce que tantôt on a eu le débat sur les poursuites... les
poursuites...
M. Boulet : ...
M. Leduc : Ça n'a pas
rapport, hein?
M. Boulet : Non. C'est
uniquement Code du travail. C'est la procédure habituelle. Pour toutes les
autres infractions, à différents articles du Code du travail, vous le savez,
là, de mémoire, c'est 142, 143, 144. C'est tous ces articles-là que vous
connaissez bien.
M. Leduc : J'avais les mêmes
questions que ma collègue. C'est très bien. C'est répondu. Je reste quand même
dubitatif sur les montants.
M. Boulet : Je comprends.
M. Leduc : C'est beaucoup d'argent,
là, 50 000 $. Tout ça pour un... des trucs qui pourraient être,
comment je dirais ça, laissés à la discrétion de tout un chacun, là, sur son
importance. Tu sais, j'ai en tête, il y a quelques jours à peine, on avait un
jugement, là, de... il y avait des scabs au Renaud-Bray de Québec, d'ailleurs,
si je ne me trompe pas, là, puis le montant, c'était 7 000 $, tu sais. C'était
une blague, là, pour le chiffre d'affaires, une entreprise comme Renaud-Bray.
Là, on parle de 5 000 $ à 50 000 $. Ça fait que ça me fait
quand même sourire que, pour un vote de salarié, de cotisation facultative,
peut-être, pas peut-être, on pourrait aller jusqu'à 50 000 $, mais
pour un Renaud-Bray, une grosse entreprise qui est en grève puis qui utilise
des scabs, puis c'est démontré, c'est...
M. Leduc : ...il se tape sur
les doigts de 7000. Il y a...
M. Boulet : ...les gros
syndicats aussi puis, en même temps, c'est un outil qu'on met dans les mains
des travailleurs. Est-ce qu'il va y en avoir des plaintes? Présumons que non.
Si on regarde les pratiques actuelles des syndicats, qui sont similaires ou
même supérieurs à ce qu'il y a dans le projet de loi, on ne peut pas anticiper
ou on ne peut pas appréhender de plaintes. S'il y en a, ce sera un travailleur
qui décidera de la véhiculer, puis c'est la Cour du Québec qui exercera son
pouvoir d'analyser les circonstances, puis, en fonction du mérite des faits, va
déterminer le montant. Mais je comprends ce que vous me dites. C'est laisser...
Je ne ferai pas plus de commentaires, parce que c'est vraiment établi par les
avocats du ministère de la Justice qui analysent vraiment la nature de
l'infraction, qui respecte le principe d'harmonisation, puis la
proportionnalité des peines. C'est tout. Merci.
M. Leduc : Avez-vous songé à
moduler ça en fonction de la grosseur de l'accréditation ou de la... ou de la
fédération? Parce que, tu sais, on a eu ce débat-là sur la partie des états
financiers, là, on a eu une longue discussion sur les états financiers
vérifiés, pas vérifiés, machin, puis là on mettait des grosseurs. On est allé
au début par nombre de membres, finalement c'était par revenu, mais il y avait
une gradation. Là, il n'y a pas de gradation, mais en principe, une petite
section locale, en théorie...
M. Boulet : ...adhérer au
principe d'harmonisation puis de proportionnalité. C'est important de
mentionner, par exemple, vous... je ne sais pas si vous connaissez ça, là, mais
il ne peut pas y avoir de condamnations multiples pour la même infraction, ça,
vous connaissez ce principe-là. Tu sais, j'avais écrit, là, un comportement...
tu sais, les mêmes faits, les mêmes gestes ne peuvent amener plus d'une
condamnation à l'égard d'une infraction sur une deuxième poursuite pour la même
situation. Généralement, les procureurs en défense ou les personnes invoquent
la règle contre les condamnations multiples. On utilisait ça comme étant la
règle de la chose jugée, là, ou la règle sur les plaidoyers autrefois, bon, ça,
c'est les moyens de défense, là. Il n'y a pas de distinction dans le code dans
les grosseurs des associations, puis il y a beaucoup d'amendes, collègue, dans
le code, on me le rappelle, de 5000 à 50 000 $, puis toutes les
amendes qu'on a, là, dans les articles 40 quelques et suivants, là, ils ne
tiennent pas compte de la dimension de l'accréditation. Tu sais, quand les
grèves, ... , intimidation, services essentiels, il y en a beaucoup que c'est
de 5 000 à 50 000. Ça fait qu'ils ont tenu compte aussi de ça, là.
Merci.
M. Leduc : Mais, quand vous
dites qu'il n'y a pas de considération de la grosseur dans le code, maintenant,
ce n'est plus vrai maintenant. Il y en a une pour les états financiers, on l'a
adopté ensemble.
M. Boulet : ...transparence,
mais pour le pénal. Je comprends, pour les obligations relatives à la
transparence syndicale, les états financiers audités, les missions d'examen,
puis les états sommaires, mais pas pour le pénal. Pour le pénal, ça n'existe
pas. C'est la Cour qui décide entre un montant et un autre, un montant minimal
et un montant maximal. Je ne peux pas dire autre chose que ça.
M. Leduc : Je vais demander
un temps de rédaction, s'il vous plaît.
Le Président (M. Allaire) :
Pas de problème. Je suspends les travaux quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 18 h 10)
(Reprise à 18 h 22)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, vous
souhaitez déposer un amendement à l'article 9. Je vous cède la parole pour
lecture et commentaires.
M. Leduc : Merci, M. le
Président :
Remplacer, dans l'article 9 du projet de
loi, les mots «5 000 $ à 50 000 $» par les mots «1 000 $
à 2 000 $».
Donc, assez simple, d'un point de vue de
forme. Je suis allé me rattacher à différents articles, là, d'autres lois
présentées par le ministre, notamment le projet de loi n° 101. On a eu une
période de questions aujourd'hui où j'ai fait référence au fait qu'il est...
qu'elle est comme beaucoup d'autres lois du travail, contestée devant les
tribunaux en ce moment. Donc, néanmoins, on introduit, à 458.1 de cette loi-là,
une nouvelle infraction pour une personne ou un... ou bien, dans ce cas-ci,
une... une entreprise, ou un employeur, ou une entité, donc, qui tente
d'obtenir ou obtient le dossier médical auquel il n'a pas droit d'accès. Alors,
c'est quand même un principe grave, là, d'avoir accès à un dossier médical
d'une personne qu'on n'a pas le droit d'avoir accès comme employeur, c'est
assez majeur, comme infraction, puis, à ce moment-là, on a mis un maximum de
2 000 $, c'est 1 000 $ à 2 000 $.
Ça fait que, quand vous allez fouiller
dans la SST, en particulier, c'est fondamental, là, l'importance de la sécurité
de votre dossier médical. Donc, quand on va... quand un employeur va fouiller
dans un dossier médical auquel il n'est pas supposé d'avoir accès, c'est,
maximum, 2 000 $. Je ne peux pas comprendre qu'on pourrait considérer
que c'est plus important, la... toute l'histoire des cotisations facultatives,
qui mériterait qu'on matte... qu'on mette, pardon, des amendes pénales trois à
quatre fois plus... bien, plus que ça, même, trois ou quatre fois le montant
minimum, donc, 5 000 $ de départ puis 50 000 $ de
cotisations.
Je rappelle, là, très concrètement,
50 000 $ d'amende, pour la majorité des accréditations syndicales
locales, c'est la... c'est la faillite, c'est la... on met la clé dans la
porte, puis c'est terminé, on ferme l'accréditation. Je sais que c'est un
argument qui avait sensibilisé le ministre quand on a eu la discussion sur les
différents paliers de vérification d'états financiers. On lui disait :
Votre nouvelle contrainte, elle est trop élevée, elle va mettre en faillite les
petites accréditations. Ça l'a fait réfléchir, puis on a trouvé des compromis.
Mais là je pense qu'une amende dont la fourchette est de 5 000 $ à
50 000 $, c'est complètement irréaliste, en particulier pour les
accréditations de petite taille. Le ministre n'est pas nécessairement intéressé
à aller faire des gradations, c'est correct, je ne suis pas allé dans ce
chemin-là non plus. Cela étant dit, je ne peux pas croire que le ministre pense
qu'on pourrait monter de... Puis même, 5 000 $ pour une petite accréditation
de 20, 30 membres, c'est énorme, c'est beaucoup d'argent.
Alors, c'est beaucoup trop élevé pour un
sujet qui n'est pas si important que ça, là, les cotisations facultatives, on
va se le dire. Nous, on passe beaucoup de temps ici, là... mais il n'y a
personne qui va s'empêcher de dormir au Québec avec ou sans des cotisations
facultatives. Ça fait que là, de me dire qu'on va aller mettre des amendes de
50 000 $ pour une potentielle accréditation de quelques membres ça me
semble complètement surréaliste, alors que dans une autre loi adoptée par le
ministre... déposée par le ministre, un maximum de 2 000 $ pour un
dossier... l'accès à un dossier médical, qui est, dans le domaine de la santé
et sécurité, fondamental, comme protection de données... Je trouve qu'il y a là
un exercice de cohérence et de concordance qui valait la peine d'être soumis à
votre attention aujourd'hui. Merci.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le ministre.
M. Boulet : Simplement
mentionner, là, que les autres amendes qui sont prévues dans le PL n° 3, c'est entre 1 500 $ et 7 500 $.
Vous le savez, le 5 000 $ à 50 000 $, c'est seulement pour
le non-respect... passer outre la volonté des travailleurs, donc utiliser des
cotisations facultatives alors qu'elles n'auraient pas été votées par la
majorité des travailleurs. Donc, je le répète, je reviens tout le temps aux
principes d'harmonisation, de proportionnalité et de grille d'analyse des
avocats du ministère. Ça fait que c'est les mêmes commentaires que ce que j'ai
fait. Merci.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. le député? Pas d'autre intervention? S'il n'y a pas d'autre intervention,
nous allons procéder à la mise aux voix de l'amendement. Est-ce que
l'amendement est adopté?
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
Rejeté.Alors, on poursuit.M. le ministre, on est donc toujours
à l'article 9. Est-ce qu'il y a d'autres commentaires? S'il n'y a pas d'autre
commentaire, nous allons procéder à sa mise aux voix. Est-ce que l'article 9
est adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Allaire) : Il
est adopté sur division. L'article 10, M. le ministre, lecture et commentaires.
M. Boulet : Merci :
L'article 148 de ce code est
modifié :
1° par le remplacement de «une
disposition des articles 20.2 ou 20.3» par «l'une ou l'autre des dispositions
des articles 20.1.1 à 20.3.4 ou 47.1 à 47.1.2»;
2° par l'ajout, à la fin, de l'alinéa
suivant :
«Une poursuite pénale pour une infraction
à une disposition des articles...
18 h 30 (version non révisée)
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) : Ça
va? OK.
M. Boulet : Donc... excusez-moi
M. le Président.
Le Président (M. Allaire) :
Ça va. Allez-y.
M. Boulet : 6. L'article 47
de ce code est modifié par l'insertion, à la fin du premier alinéa, de :
Lequel inclut le montant de la cotisation
principale et, le cas échéant, celui de la cotisation facultative.
Commentaires, si besoin. Bon, ça modifie
47 afin qu'un employeur soit autorisé à prélever le montant de la cotisation,
incluant la part de ce qui porte sur la cotisation facultative.
Donc, c'est simplement une modification
qui est en cohérence avec les nouvelles dispositions concernant la cotisation
facultative.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci, M. le
Président. Une question : Est-ce que ça va être... Est-ce que ça va être
un montant qui va être prélevé du salaire et ensuite la cotisation principale
et facultative va se faire auprès du syndicat, ou est-ce que c'est deux
prélèvements, une pour la cotisation facultative et une pour la cotisation
principale qui vont se faire?
M. Boulet : Oui, c'est le
montant.
Mme Prass : Donc, c'est un
montant et ensuite ça sera divisé pour les deux.
M. Boulet : Exact.
Mme Prass : Parfait. Merci.
Le Président (M. Allaire) : D'autres
interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la
mise aux voix de l'article 6. Est-ce que l'article 6 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Allaire) :
Adopté. Parfait. M. le ministre, vous avez un amendement à 6.1... Ah! c'est M.
le député d'Hochelaga-Maisonneuve, pardon. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve,
on va le mettre à l'écran. Je vous cède la parole pour lecture et commentaires.
M. Leduc : Merci. Alors, 6.1 :
Le code du travail (chapitre VII-20... C-27), pardon, est modifié par l'insertion,
dans son article 47.3, des mots «pour un motif autre que celui d'être l'auteur
d'une violence à caractère sexuel au sens de la Loi sur la santé et Sécurité au
travail» (chapitre S-2.1) après le mot «disciplinaire». Juste une
suspension, un instant.
Le Président (M. Allaire) : Oui.
On va suspendre les travaux quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 18 h 35)
(Reprise à 18 h 37)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, vous
aviez la parole avant de suspendre. Je vous la redonne.
M. Leduc : Oui, bon, donc, c'est
un débat qu'on a tenu il y a, mon Dieu, deux ans peut-être déjà avec... le
ministre et moi, puis le ministre connaît, là, mon...
M. Leduc : ...mon petit dada
sur le dossier du 47.2. J'en ai parlé avec d'autres collègues de la banquette
gouvernementale, aussi, dans les dernières années, que je considère être un
fléau, là, où je l'ai... bien, pas que je l'ai vécu personnellement, mais dans
mes années dans le milieu syndical, il y avait quand même beaucoup d'énergie
gaspillée dans ce 47.2 là, qui a été fait à une autre époque, où il y avait
peut-être plus de favoritisme dans le milieu patronal. Mais parfois, malheureusement,
il faut le reconnaître, du favoritisme dans le milieu syndical aussi. Et on...
on visait, dans le fond, avec le 47.2 et 47.3, à éviter les effets de gang. Où
est-ce que là, si c'est la bonne gang qui est à l'exécutif, vous allez vous
faire défendre puis si ce n'est plus la bonne gang, personne ne va s'occuper de
vous. Je pense qu'on a dépassé ce stade-là depuis longtemps.
Cela étant dit, au lieu de remettre en
question l'entièreté de la philosophie du 47.2, qui nécessiterait peut-être un
exercice plus large de réforme du Code du travail au grand complet, dans le
cadre du projet de loi n° 42, où est-ce qu'on voulait aller resserrer la
vis dans les milieux de travail sur la question du harcèlement psychologique et
sexuel, j'avais soumis l'idée de dire qu'on pourrait exempter la partie
syndicale de la défense tous azimuts de tout le monde, peu importe ce qu'ils
ont fait. C'est ça, la loi actuelle, puis les gens ne la connaissent pas. Vous
connaissez toujours... vous avez toujours tous et toutes déjà entendu :
Ah! les syndicats défendent les pourris. Oui, parce qu'ils sont obligés à cause
de 47.2 et 47.3.
Et là on dit... Moi, j'avais soumis l'idée
au ministre de dire : On peut-tu juste tracer la ligne un petit peu plus
loin? Donc, ne pas la remettre en question fondamentalement. On pourrait avoir
de longs débats là-dessus, mais là, franchement, quand on parle d'enjeux de
violence à caractère sexuel puis qu'on fait une analyse, là, sommaire de la
situation, où il y a visiblement eu anguille sous roche, là, on est-tu obligés
de passer du temps et d'utiliser les cotisations des membres pour défendre
quelqu'un qui a visiblement fait une violence à caractère sexuel? Je soumets...
M. le ministre, l'époque disait : Oui, mais là le droit à la justice, etc.
Moi, je lui soumettais la chose suivante : si vous voulez avoir un
changement de culture profond et sincère dans le milieu de travail, de savoir
tout à coup que vous ne serez pas automatiquement défendu par votre syndicat si
vous avez commis une violence à caractère sexuel, moi, je pense que ça va
refroidir une couple de bonhommes. Je dis «bonhomme» parce que l'immense
majorité des violences à caractère sexuel sont faites par des hommes. Il y a
des femmes qui en font aussi, bien sûr, mais les chiffres sont astronomiquement
malheureusement en faveur d'un sexe plutôt que de l'autre.
• (18 h 40) •
Alors, je souhaite ce changement de
culture là puis je trouvais que ça aurait été une manière rapide et efficace
d'y arriver. Puis je sais qu'à l'époque, le ministre, ça l'avait chicoté un
peu, il avait réfléchi à ça. Il avait fini par basculer dans le rejet de mon
approche, mais je ne pouvais pas me passer de l'occasion, peut-être, la
dernière de cette législature, d'ailleurs, de rouvrir le Code du travail et de
lui resoumettre à nouveau cette réflexion-là. Puis, s'il veut que je le mette
en dépôt ce soir pour qu'il puisse y penser puis qu'on y revienne demain, ça me
ferait plaisir. On n'est pas obligés de le trancher là, mais je tenais, par
acquit de conscience, à ressayer cette approche-là auprès du ministre, parce
que je la trouve progressive, autant progressiste que progressive, si je peux
m'exprimer ainsi, dans le sens où on veut faire avancer le droit à un
environnement sain de travail, puis on veut aussi y aller étape par étape. On
ne remet pas en question les fondements du 47.2, le droit à la représentation,
mais on trace une nouvelle limite en disant : Ce n'est pas vrai que le
syndicat est obligé de défendre tout le monde tout le temps. Quand c'est une violence
à caractère sexuel, il y a un petit peu plus de libre arbitre, le syndicat,
pour décider si oui ou non il défend le membre ou le salarié.
Le Président (M. Allaire) :
Merci, M. le député. M. le ministre.
M. Boulet : J'aimerais ça
qu'on le mette en suspend. Je vais juste faire une réflexion additionnelle,
puis peut-être que je vous proposerai de quoi. On va vraisemblablement finir
demain matin, mais j'aimerais ça qu'on... Puis je vais certainement le prendre
en délibéré. OK. Je vais vous revenir avec de quoi demain matin là-dessus.
Le Président (M. Allaire) :
...
M. Leduc : J'apprécie le geste
du ministre, puis ça me fait plaisir de proposer de le mettre en dépôt, pour
l'instant, M. le Président...
Le Président (M. Allaire) :
Parfait. J'ai besoin de votre consentement pour le suspendre. Est-ce que j'ai
votre consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Allaire) :
Excellent. Parfait. M. le ministre. On poursuit. Alors, on s'en va à 12 qui
introduit trois nouveaux articles. Il y aura des amendements pour chacun d'eux.
D'ailleurs, je vous cède la parole pour le premier article introduit à 38.1.
M. Boulet : Est-ce qu'on peut
obtenir le consentement pour me soustraire de l'obligation de lire l'article et
je ne lirais que l'amendement.
Le Président (M. Allaire) :
Avec consentement, on peut.
M. Boulet : De toute façon,
tout ce qu'il reste, c'est de la concordance avec R-20...
Le Président (M. Allaire) :
Est-ce que j'ai votre consentement?
M. Boulet : ...jusqu'aux
dispositions transitoires.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va. J'ai le consentement.
M. Boulet : Merci.
Le Président (M. Allaire) :
Allez-y, M. le ministre, pour l'amendement.
M. Boulet : Oui. Donc,
l'article 12...
M. Boulet : ...l'article 38.1
de la Loi sur les relations de travail, la formation professionnelle, et la
gestion de la main-d'œuvre dans l'industrie de la construction. Remplacer l'article
38.1 de la Loi sur les relations du travail, la formation professionnelle et la
gestion de la main-d'œuvre dans l'industrie de la construction, proposé par
l'article 12 du projet de loi, par le suivant :
«38.1. Lorsqu'elles sont financées par des
cotisations syndicales, les activités d'une association visées au paragraphe a
ou b du premier alinéa de l'article 1 d'une association de salariés affiliée à
une association représentative, de la Centrale des syndicats démocratiques, de
la Confédération des syndicats nationaux ou de la Fédération des travailleurs
et travailleuses du Québec, comprise dans les catégories suivantes doivent être
financées exclusivement par les cotisations facultatives :
1° toute contestation dans une affaire
civile, administrative, pénale ou criminelle du caractère opérant, de
l'applicabilité constitutionnelle ou de la validité d'une disposition, d'une
loi, d'un règlement, d'un décret du gouvernement ou d'un arrêté ministériel, ou
toute contribution à une telle contestation, incluant celle préalable à une
telle contestation, sauf lorsque cette contestation est faite dans le cadre de
la représentation d'un salarié, en lien avec l'application de sa convention
collective ou de ce qui en tient lieu, ou lorsque cette contestation est
invoquée en défense;
2° toute campagne de publicité, excluant
celles destinées aux membres ou toute participation à un mouvement social
lorsque cette campagne de publicité ou ce mouvement social concerne en tout ou
en partie un sujet à caractère politique de nature partisane, une affaire visée
au paragraphe 1 ou un sujet non lié aux conditions de travail et à la
convention collective des salariés représentés ou à ce qui en tient lieu.
Ne sont pas visées par le paragraphe 2 du
premier alinéa les contributions à des fins de bienfaisance et les activités
d'une association visées au paragraphe 1... il manque un x, ici, là... au
paragraphe a ou b du premier alinéa de l'article 1 ou d'une association de
salariés affiliée à une association représentative qui concerne ses droits ou
ses obligations liés à sa formation ou à son administration.
C'est complet. Donc, c'est de la pure
concordance, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
On va faire les corrections de forme, le x, et ajouter le s à «paragraphe»,
également. Des interventions sur cet amendement? S'il n'y a pas d'intervention,
nous allons procéder à sa mise aux voix. Est-ce que l'amendement est adopté?
Adopté. Parfait.
On revient donc à l'article introduit,
38.1. Est-ce qu'il y a des interventions? S'il n'y a pas d'intervention, on
passe au suivant, 38.2. M. le ministre. Il y aura un amendement également.
M. Boulet : Oui. Donc, avec
le même consentement, je vais me limiter à l'amendement.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Est-ce qu'il y a consentement? Il y a consentement. Allez-y. Juste
l'amendement.
M. Boulet : Oui. Remplacer
l'article 38.2 de la Loi sur les relations du travail, la formation
professionnelle et la gestion de la main-d'œuvre dans l'industrie de la
construction, proposé par l'article 12 du projet de loi tel qu'amendé par le
suivant :
«38.2. Une association visée au paragraphe
a ou b du premier alinéa de l'article 1 ou une association de salariés affiliée
à une association représentative présente à ses membres, au moins une fois par
année lors d'une Assemblée;
1° le montant de la cotisation facultative
qu'elle souhaite inclure dans le montant de la cotisation syndicale ainsi que
la part du montant de la cotisation facultative qu'elle prévoit allouer à
chacune des deux catégories d'activités visées aux 1 et 2 du premier alinéa de
l'article 38.1 qu'elle identifie;
2° le montant des cotisations syndicales
qu'elle prévoit transmettre, le cas échéant, à l'association représentative à
laquelle elle est affiliée, à la Centrale des syndicats démocratiques, à la
Confédération des syndicats nationaux ou à la Fédération des travailleurs et
travailleuses du Québec en identifiant la part relative à la cotisation
principale et celle relative à la cotisation facultative, au plus tard le jour
de l'assemblée et pendant au moins un an suivant cette Assemblée.
Cette association rend accessible à ses
membres, sur son site Internet ou par tout autre moyen approprié, un document
qui résume le contenu de la présentation et qui les informe de la procédure
leur permettant d'exercer leur droit de vote, sur la cotisation facultative,
ainsi que du moment où doit se tenir ce vote. Donc, même chose, R-20,
concordance. Merci.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Des interventions? Pas d'intervention. Nous allons procéder à la mise aux voix
de l'amendement. Est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.On revient donc à 38.2. Des commentaires, interventions? Parfait. On passe
à 38.3. M. le ministre.
M. Boulet : Merci. À
l'article 38.3 de la Loi sur les relations du travail, la formation
professionnelle et la gestion de la main-d'œuvre dans l'industrie de la
construction, proposé par l'article 12 du projet de loi tel qu'amendé :
1° remplacer, dans le deuxième alinéa...
par «montant»;
2° deux, dans le troisième alinéa,
supprimer «mais il ne peut débuter dans les 72 heures suivant...
M. Boulet : ...cette
présentation»;
b) remplacer «24» par «12»;
3° remplacer le quatrième alinéa par le
suivant :
«La décision prise par la majorité des
membres conformément au présent article prend effet le jour où s'est tenue la
présentation prévue à l'article 38.2 et s'applique à tous les salariés,
peu importe leur date d'embauche.»
C'est tout.
Le Président (M. Allaire) : ...sur
l'amendement? Pas d'intervention. Nous allons procéder à la mise aux voix.
Est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Allaire) : Adopté.
On revient donc à 38.3. Des interventions? Pas d'intervention. On va procéder à
la mise aux voix de l'article 12 tel qu'amendé. Est-ce que
l'article 12, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Allaire) :
Adopté.
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
Adopté sur division. Parfait. M. le ministre, on poursuit. 11, s'il vous plaît,
lecture et commentaire.
M. Boulet : ...amendement à
11. OK.
L'article 38 de la Loi sur les
relations de travail, la formation professionnelle et la gestion de la
main-d'œuvre dans l'industrie de la construction est modifié par l'insertion,
après «cotisation syndicale», de «laquelle inclut le montant de la cotisation
principale et, le cas échéant, le montant de la cotisation facultative». C'est
complet. Merci.
Le Président (M. Allaire) : Des
interventions sur l'article 11? S'il n'y a pas d'intervention, nous allons
procéder à sa mise aux voix. Est-ce que l'article 11 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Allaire) : Adopté.
Parfait.
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
Adopté sur division. Alors, on poursuit. L'article 17. M. le ministre, il
va y avoir un amendement. La parole est à vous.
M. Boulet : Oui. Je lis l'amendement,
avec le même consentement.
Le Président (M. Allaire) : Est-ce
que j'ai consentement?
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre vient de demander le consentement pour ne pas lire l'article. Un
consentement? Donc, allez-y, M. le ministre, pour l'amendement.
M. Boulet : Merci. Remplacer
l'article 114 de la Loi sur les relations du travail, la formation
professionnelle et la gestion de la main-d'œuvre dans l'industrie de la
construction, proposé par l'article 17 du projet de loi, par le
suivant :
«114. Il est interdit à une association
visée au paragraphe a ou b du premier alinéa de l'article 1, à une
association de salariés affiliée à une association représentative, à la
Centrale des syndicats démocratiques, à la Confédération des syndicats
nationaux ou à la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec
d'effectuer une dépense avec des cotisations principales pour une activité
visée à l'article 38.1.
«Toute contravention au premier alinéa
rend passible son auteur d'une amende de 5 000 $ à 50 000 $.»
Donc, c'est tout, c'est complet.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Des interventions sur cet amendement? S'il n'y a pas d'intervention, nous
allons procéder à sa...
M. Leduc : ...
Le Président (M. Allaire) :
Oui. Allez-y, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : ...M. le Président,
tu sais, juste noter, évidemment, que le 5 à 5 000 ne fait pas plus mon
affaire ici que dans le précédent. Ça fait que c'est tout.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va? C'est tout? Parfait. On va procéder à la mise aux voix, donc, de
l'amendement. Est-ce que l'amendement est adopté?
• (18 h 50) •
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Allaire) :
Adopté. Parfait.
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
Adopté sur division. Donc, on s'en va maintenant à l'article 17. On est...
On est prêts à le voter. Est-ce que l'article 17, tel qu'amendé, est
adopté?
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) :
Adopté. Adopté sur division, Mme la secrétaire. Donc, on s'en va à... on change
de bloc, en fait, on s'en va au bloc Dispositions transitoires et finales. M.
le ministre, l'article 19.
M. Boulet : J'aimerais ça...
puis je pense que ça peut accélérer les dispositions transitoires, j'aurais un
schéma à vous présenter. Vous avez aimé le premier, vous allez encore plus
apprécier le second.
Le Président (M. Allaire) : ...c'est
possible de l'envoyer pour qu'on puisse le rendre disponible sur Greffier comme
tantôt?
M. Boulet : Oui. Puis je vais
le présenter en cinq, 10 minutes, puis j'ai l'impression qu'on pourrait
continuer demain matin, là, si tout le monde est d'accord, là.
Le Président (M. Allaire) : À
vous de juger.
M. Boulet : Ça fait qu'à 7
heures on pourrait terminer ça. À moins, Elisabeth, que tu...
Mme Prass : ...
Le Président (M. Allaire) : Je
n'ai pas de problème.
M. Boulet : On est tous
pareils, hein?
Le Président (M. Allaire) :
Ah! il est déjà là. Parfait...
Des voix : ...
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Il est déjà sur Greffier dans la rubrique Documents distribués. Donc, M. le
ministre, on va le mettre... on ne l'affichera pas, naturellement, là, mais, M.
le ministre, vous pouvez commencer.
M. Boulet : Non, pas public.
J'aime trop mes collègues pour le rendre public.
Le Président (M. Allaire) :
Allez-y, M. le ministre.
M. Boulet : Oui. Alors...
Donc...
Des voix : ...
M. Boulet : Si vous l'avez,
je vais vous le présenter sommairement.
Une voix : ...
M. Boulet : Pardon?
M. Leduc : Vous nous l'avez
distribué en papier tantôt, celui-là, je pense.
M. Boulet : Peut-être, oui.
M. Leduc : C'est lui?
M. Boulet : Oui.
M. Leduc : C'est beau.
M. Boulet : Mon Dieu, est-ce
que c'est...
M. Leduc : Je l'ai montré à
la caméra, M. le Président. Je ne sais pas si là je...
M. Boulet : C'est un fin
stratège, hein? Donc, on a sanction du projet de loi, entre la sanction et le
sixième mois puis...
M. Boulet : ...puis six mois
après la sanction. Ça fait que c'est bien détaillé.
À la sanction, poursuite du financement
des procédures judiciaires en cours avec des cotisations syndicales détenues
avant la sanction ou avec des cotisations considérées être principales à
compter de la sanction, peu importe la nature de la poursuite, et ce, jusqu'à
la décision mettant fin à l'instance en cours.
Même chose, financement d'un contrat ou
d'une entente en cours avec des cotisations détenues avant ou avec des
cotisations considérées principales à compter de la sanction, peu importe la
nature de l'activité, jusqu'à la date de la fin du contrat ou de l'entente.
Les cotisations prélevées sont considérées
des cotisations principales tant qu'une facultative n'a pas été autorisée par
un vote majoritaire des salariés au scrutin secret.
Puis entrée en vigueur des dispositions
pénales, notamment pour le non-respect des dispositions transitoires.
Entre la sanction et le sixième mois.
Utilisation permise de l'ensemble des
cotisations perçues et accumulées avant, pour financer des activités de toute
nature, jusqu'à leur épuisement — il y a une note infra. Pour les activités
visées par le facultatif, ce qui provient de la cotisation principale demeure
permis jusqu'au premier vote sur la cotisation facultative.
Bon, adopter le contenu des statuts ou
règlement de régie interne.
Déclencher le processus menant au scrutin
secret.
Rendre accessible : présentation du
montant des cotisations détenues, répartition de ce montant... les deux
catégories d'activité.
Puis, six mois après la sanction.
Contrats ou ententes, sans date de fin,
qui financent une activité devant l'être par une cotisation facultative. Ils
pourront se poursuivre au moyen d'une cotisation facultative autorisée par un
vote majoritaire.
Même affaire pour les activités visées par
une facultative, on... les contestations, les contrats ou ententes.
Puis les dispositions relatives aux états
financiers, préparation, vérification et... entrent en vigueur dans l'exercice
financier qui suit celui en cours au moment de la sanction.
Donc, je pense que c'est assez clair. On a
fait des amendements qui sont reproduits dans ce tableau-là. Puis il y a 19,
20, 21, 22, 24, 25, 26, mais c'est tout repris dans ce schéma-là. Ça fait que,
si tout le monde était d'accord, je vous laisserais le digérer puis qu'on se
revoie demain matin.
Le Président (M. Allaire) : ...pour
tout le monde? Parfait. Dans le contexte... Alors, en vertu de l'article 165 du
règlement...
Une voix : ...
Le Président (M. Allaire) : Ah!
Ah! parfait. Pas de problème. On va suspendre les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 18 h 55)
(Reprise à 18 h 56)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux, mais, très rapidement, nous allons ajourner.
Donc, en vertu de l'article 165 du
règlement, je fais motion pour que la commission ajourne ses travaux. Est-ce
que cette motion est adoptée?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Allaire) : Adopté.
Parfait. Merci, tout le monde. Passez une belle soirée. On se voit demain.
(Fin de la séance à 18 h 56)