Journal des débats de la Commission de l'économie et du travail
Version préliminaire
43e législature, 2e session
(30 septembre 2025 au 8 avril 2026)
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Le
mardi 24 mars 2026
-
Vol. 48 N° 25
Étude détaillée du projet de loi n° 11, Loi modifiant diverses dispositions principalement aux fins d’allègement du fardeau réglementaire et administratif
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15 h 30 (version non révisée)
(Quinze heures trente-trois minutes)
La Présidente (Mme Dufour) : Alors,
ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de l'économie
et du travail ouverte. La commission est réunie afin de poursuivre l'étude
détaillée du projet de loi n° 11, Loi modifiant diverses dispositions,
principalement aux fins d'allègement du fardeau réglementaire et administratif.
Et je vais demander, maintenant, Mme la
secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. M. Allaire (Maskinongé) est remplacé par M. Asselin (Vanier-Les Rivières);
Mme Tremblay (Hull), par M. Sainte-Croix (Gaspé); Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce), par M. Kelley (Jacques-Cartier); et M. Fontecilla
(Laurier-Dorion), par Mme Zaga Mendez (Verdun).
La Présidente (Mme Dufour) : Excellent.
Merci beaucoup. Alors, lors de l'ajournement de ses travaux, la semaine
dernière, la commission a entamé l'étude de l'amendement introduisant l'article
70.16. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur cet amendement? Mme la
députée de Verdun.
Mme Zaga Mendez : Merci, Mme
la Présidente, je... Avant de commencer, je souhaite attirer l'attention de la
commission à une lettre que nous avons reçue hier de la part de la Santé
publique, là. C'est une copie d'un échange, là, entre la directrice de la Santé
publique de l'Abitibi-Témiscamingue, là... c'est une lettre adressée à Mme
Marie-France Boudreau, que... je pense, qui vient vraiment éclairer certaines
questions, puis ça nous aide à avancer dans ce débat. Donc, ma première
question, c'est de voir si le ministre a pris connaissance de cette lettre, s'il
a des commentaires pour nous.
Une voix : ...
La Présidente (Mme Dufour) : Mme
la Présidente... Je m'excuse. M. le ministre.
M. Poulin : Pour le début, je
vous laisse me reconnaître.
La Présidente (Mme Dufour) : Oui,
oui, désolée, j'étais en train de voir les titres.
M. Poulin : Aucun problème.
Bien, bonjour à tous. Bien content de vous retrouver. Je salue mes collègues du
gouvernement, les équipes des différents ministères qui nous accompagnent
aujourd'hui, les députés des oppositions. C'est un plaisir de vous retrouver
pour ce projet de loi fort costaud, qui est très, très important pour plusieurs
secteurs d'activité. Alors, effectivement, j'ai pris connaissance de la lettre
de la Santé publique régionale qui est adressée à Mme Marie-France Boudreau,
qui est à la direction générale nationale de la santé publique. Alors, j'en ai
pris connaissance, oui.
Mme Zaga Mendez : ... st ce
que vous avez des commentaires suite à la lecture?
M. Poulin :
En fait, évidemment,
on respecte toujours les avis de la santé publique, dans ce cas-ci, de la
médecin... Alors, je n'ai pas de commentaire à faire sur la lettre. Somme toute,
j'en prends acte et j'en ai pris connaissance.
Mme Zaga Mendez : Parfait, merci.
Allons dans le détail de la lettre parce que vous dites que vous respectez les
avis de la Dre... Je nous amène au deuxième paragraphe, et je vais la citer :
«L'analyse de l'amendement et des modifications proposées vont au-delà d'une
simple prolongation de chantier initial.» Là, tout le long de la lettre, mais
au début, on nous parle de rapports additionnels, parce que l'attestation qui...
est présentée s'applique à plusieurs autres métaux, et qui repousse également
les échéances d'un plan d'action. Est-ce que vous suivez toujours l'avis de la Santé
publique lorsque vous allez au-delà d'une simple prolongation de l'échéancier
initial?
La Présidente (Mme Dufour) : M.
le ministre.
M. Poulin : Bien, évidemment
que le moment que nous utilisons en commission parlementaire aujourd'hui porte
sur l'amendement qui est déposé par le gouvernement concernant notamment la
Fonderie Horne. La députée présente aujourd'hui une lettre que nous avons reçue
dans les dernières heures, provenant de la Santé publique régionale. Nous
prenons acte de cette lettre-là qui a été déposée, je... et mes commentaires
seront... Dans le cadre de la Fonderie Horne, la députée n'est pas sans savoir
qu'il y a un équilibre entre ce que souhaite la communauté... on a vu une
décision du conseil municipal, la Santé publique et l'entreprise. Mais puisque
la députée veut parler de la lettre en question, est-ce qu'il y a un élément
qui...
Mme Zaga Mendez : ...je vous
écoute, je vous écoute.
M. Poulin : Non, non, il n'y a
pas de problème. Peut-être qu'il y avait un nouvel élément que vous vouliez
porter à mon attention. En fait, il y a un élément, peut-être, dans la lettre,
moi, qui m'a marqué. La... reconnaît la...
M. Poulin : ...complexité de
la situation marquée par des enjeux de santé, économiques, sociaux et
environnementaux. Et elle le dit : «La DSPU confirme sa volonté de
collaborer avec le gouvernement et les partenaires concernés pour convenir de
solutions pérennes assurant à la population de Rouyn-Noranda un environnement
sain tout en conciliant les enjeux de santé publique, de cohésion sociale et
les contraintes techniques de l'industrie.» C'est un élément qui m'a
particulièrement marqué, Mme la députée, de la lettre... Mme la Présidente, de
la lettre, pardon.
La Présidente (Mme Dufour) : Merci.
Mme la députée, d'autres interventions?
Mme Zaga Mendez : Merci. Oui,
j'en ai, quelques questions, parce que cette lettre, en effet, met de la
lumière sur certains enjeux qu'on n'a pas discutés ici. Et là je vais aller
dans l'amendement en prenant l'avis de la Santé publique. L'amendement vient
repousser pas seulement l'échéancier pour l'arsenic, mais on touche également à
d'autres polluants, comme le plomb. Et, dans la lettre qu'on a reçue, dans le
paragraphe 5, on nous indique très clairement qu'autant pour les cibles
d'arsenic, mais aussi pour le plomb : «Le report d'atteinte de ces cibles
exposerait des cohortes d'enfants supplémentaires à un niveau de contamination
environnementale ne permettant pas d'exclure le risque d'effets... pardon,
neurodéveloppementaux.» Est-ce que, selon le ministre, repousser les cibles
pour le plomb, ce qui n'était pas du tout la demande initiale, à notre
connaissance, vient respecter l'avis de la Santé publique?
La Présidente (Mme Dufour) : M.
le ministre.
M. Poulin : Comme je
mentionnais à la députée, nous avons pris connaissance de la lettre qui a été
signée par la Santé publique régionale dans les dernières heures. Ceci
s'ajoute, comme elle le sait, à de nombreux échanges qui ont eu lieu dans le
passé avec les différents partenaires impliqués, avec la récente décision du
conseil municipal. Puis les dialogues ont été constants dans ce dossier-là, où
il y a un équilibre à y avoir entre chacune des parties prenantes du dossier.
Et je comprends qu'elle fait référence aussi à l'annexe, là, de l'amendement.
Et voilà. Alors, bien, vous dire que ce ne sont pas des décisions qui sont
simples lorsqu'on doit atteindre un certain équilibre à ce niveau-là. Et voilà.
Mme Zaga Mendez : Je continue.
Alors, Mme la Présidente, je n'entends pas de réponse à ma question, si, oui ou
non, ceci est conforme à l'avis de la Santé publique, parce qu'ici, j'ai, dans
le paragraphe 5, les effets nocifs sur la santé lorsqu'on repousse l'échéancier
de plomb. Est-ce que le ministre ou quelqu'un dans le ministère de
l'Environnement a une étude d'impact sur le fait de repousser les cibles pour
le plomb?
• (15 h 40) •
La Présidente (Mme Dufour) : M.
le ministre.
M. Poulin : Je peux vous...
du ministère, moi, je n'ai aucun problème à ce qu'ils puissent répondre.
La Présidente (Mme Dufour) :
Est-ce qu'il y a consentement pour que... Consentement?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Dufour) :
Consentement. Veuillez vous nommer, s'il vous plaît, avec votre titre.
M. Armanda (Stéphane) : Oui.
Bonjour. Stéphane Armanda, je suis sous-ministre adjoint à l'expertise et aux
politiques en milieu terrestre et au développement durable au ministère de
l'Environnement.
On n'a pas d'étude d'impact, en tant que
tel, là, concernant les autres contaminants.
Mme Zaga Mendez : OK, merci.
Vos répondez donc à ma question. Pas d'étude d'impact concernant le plomb. Je
continue. L'autre contaminant qui est nommé et qui... je vais au-delà de
l'arsenic, c'est le cadmium, le cadmium, paragraphe 5 de la lettre de la Santé
publique. Et je cite : «De plus, compte tenu... annuelle... arsenic et de
cadmium enregistré historiquement dans le quartier Notre-Dame, certaines
personnes résidant à proximité du complexe industriel pourraient avoir vécu
pratiquement leur vie entière dans un environnement où le niveau de risque
cancérigène est considéré comme inacceptable. M. le ministre, avez-vous un
commentaire ou est-ce que vous sentez toujours que repousser la cible pour le
cadmium vient respecter l'avis de la Santé publique?
M. Poulin : Oui, bien,
puisqu'on fait référence à l'annexe, est-ce que la députée voulait étudier
l'annexe tout de suite ou... juste dans la séquence que nous avons, voir
qu'est-ce que... qu'est-ce qui est mieux. Parce qu'il y a l'article puis 70.16,
donc. Là, on fait l'annexe en même temps? Je veux juste bien comprendre la
mécanique comme telle. Peut-être que la secrétaire de commission peut nous...
Mme Zaga Mendez : Bien, moi,
pour bien comprendre... Moi, je pensais que vous aviez déposé les deux.
M. Poulin : Oui, on a déposé
les deux, mais je veux juste bien comprendre.
Mme Zaga Mendez : Bien, alors
on étudie les deux.
M. Poulin : Dans la séquence
lorsqu'on étudie un article versus l'annexe... Bien, c'est pour ça que
j'interpelle la secrétaire de la commission, parce que...
Mme Zaga Mendez : Si j'ai plus
de temps...
La Présidente (Mme Dufour) : Oui,
on est présentement en train d'étudier l'article 70.16. S'il y a volonté
d'étudier l'annexe en même temps, il faudrait suspendre, puis avec le
consentement aussi, là.
Des voix : ...
La Présidente (Mme Dufour) : OK.
Parfait. On va suspendre...
La Présidente (Mme Dufour) : ...quelques
instants.
(Suspension de la séance à 15 h 43)
(Reprise à 15 h 46)
La Présidente (Mme Dufour) :
Donc, nous étions à l'article 70.16. On a suspendu pour... pour voir si on
allait étudier... l'annexe. Mais avant de poursuivre, j'ai... j'ai besoin du
consentement. Donc, pour suspendre l'étude de l'article de l'amendement, là,
qui introduit l'article 70.16. Est-ce qu'il y a consentement? Parfait.
Donc, l'amendement est suspendu.
Maintenant, je vous... dois aussi vous
demander votre consentement pour les... pour passer, donc, à l'étude de l'amendement
qui introduit l'annexe un. Est-ce qu'il y a consentement? Parfait. Donc, c'est
un nouvel amendement qui est introduit, et M. le ministre, donc, je vous invite
à le lire.
M. Poulin : En fait, c'est
l'annexe qui concerne le détail de ce que la députée questionne. Alors,
peut-être, on peut le lire... je le lis à l'écran, c'est bien ça? Oui, OK.
Donc : Les modifications applicables à l'autorisation de Glencore Canada
Corporation pour l'exploration de l'usine de fonte et d'affinage de cuivre,
Fonderie Horne, à Rouyn-Noranda, en vertu de l'article 70.16.
Les modifications prévues par la présente
annexe concernent les parties de l'autorisation visée ci-dessous :
« 1 : condition quatre de l'action... de la section six de la partie
trois; La condition quatre de la section six de la partie trois de
l'autorisation est modifiée afin de prévoir que le titulaire de l'autorisation
de les poser aux ministres avant le (Indiquer ici la date qui suit de
15 jours celle de la sanction de la présente loi) un nouveau plan d'action
concernant la réduction des émissions de contaminants atmosphériques qui a pour
objet d'identifier les mesures mises en place pour réduire les émissions de
contaminants atmosphériques présentées à l'ensemble des stations identifiées au
tableau 5.1 de la partie cinq de l'autorisation pour les matières particulières
et les métaux;
« 2 : doit décrire les travaux
visés et prévoir un échéancier de réalisation portant, sans s'y restreindre,
sur les éléments suivants : la captation et le traitement des gaz
tertiaires du secteur de convertisseur et la mise en place d'un dépoussiérage
permanent; b) La captation et le traitement des gaz au niveau de la préparation
des... des matériaux recyclés; c) la captation et le traitement des gaz
tertiaires du secteur RX et CVN;à
«3 : de prévoir que le plan ainsi que
toute mise à jour celui... de celui-ci, doivent être transmis au ministre pour
approbation. Ce dernier doit l'approuver dans les 30 jours...
M. Poulin : ...sa réception et
peut l'assortir de condition;
«2. Condition 5 de la section 6
de la partie III.
«La condition 5 de la section 6
de la partie Ill de l'autorisation est modifiée afin de prévoir que :
«1° la seconde campagne d'échantillonnage
doit être effectuée au plus tard le 30 octobre 2030;
«2° le rapport de la seconde campagne
d'échantillonnage doit être déposé au plus tard 180 jours après la
campagne d'échantillonnage;
«3° le rapport intégrateur de la
modélisation basée sur les meilleures données disponibles, les études
antérieures et les données de qualité de l'air ambiant doit être déposé au plus
tard dans les 90 jours suivant la seconde campagne d'échantillonnage;
«3. Condition 6 de la section 6
de la partie III.
«La condition6 de la section 6 de la
partie III de l'autorisation est modifiée afin de prévoir que le titulaire
de l'autorisation doit déposer au ministre un quatrième plan d'action visant à
l'atteinte des normes privées à l'annexe K du Règlement sur l'assainissement de
l'atmosphère (chapitre Q-2, r. 4.1) qui :
«1° a pour objet d'évaluer et de prioriser
les options de réductions des émissions de contaminants dans le but d'obtenir
le meilleur gain environnemental. Le plan d'action doit présenter les mesures
visant notamment à l'atteinte des normes de l'annexe K du Règlement sur
l'assainissement de l'atmosphère aux stations de mesure de qualité de l'air
ambiant;
«2° doit être transmis au ministre, pour
approbation, le cas échéant avec conditions, au plus tard dans les 12 mois
suivant le dépôt au ministre du rapport d'échantillonnage prévu par la
condition 5 de la section 6 de la partie III;
«4. Section 7 de la partie III
«La section 7 de la partie III
de l'autorisation est modifiée afin de prévoir que l'étude III-1
concernant la réduction des émissions atmosphériques doit être déposée au plus
tard dans les 6 mois suivant le dépôt au ministre du rapport
d'échantillonnage prévu par la condition 5 de la section 6 de la
partie III;
«...6 de la partie IV.
«La section 6 de la partie IV
concernant l'évaluation de la stabilité géotechnique et de la performance
environnementale des digues du bassin Nord-Osisko est modifiée afin de
prévoir :
«1° le rapport de caractérisation
géotechnique avec une évaluation des risques environnementaux contenant les
propositions de mises à jour aux programmes de suivi et d'entretien des digues
ainsi que le plan des travaux correcteurs doit être déposé au plus tard le
31 décembre 2027;
«2° le rapport de suivi avec les
conclusions concernant la stabilité géotechnique et la performance
environnementale des digues doit être déposé au plus tard le 31 décembre
2028;
«6. Sous-section 3.1 de la
section 5... de la section 3 de la partie V.
«La section 3.1 de la section 3
de la partie V de l'autorisation concernant l'air ambiant est modifiée afin de
prévoir :
«1° que les contaminants atmosphériques
suivants, mesurés à la station AL TSP1, doivent respecter les normes annuelles
suivantes pour les périodes identifiées :
«a) pour la période du (indiquer ici la
date de sanction de la présente loi) au 15 mars 2029 :
«i. pour l'arsenic : 15 ng/m...
mètre cube, là, c'est comme ça qu'on... m3;
«ii. pour le cadmium : 9 ng/m3;
«iii. pour le plomb : 350 ng/m3;
«b) pour la période du 16 mars 2029
au 15 mars 2033 :
«i. pour l'arsenic : 15 ng/m3;
«ii. pour le cadmium :
3,6 ng/m3;
«iii. pour le plomb : 100 ng/m3
;
«Toutefois, pour les fins de calcul de la
moyenne annuelle pour la première période de la validité subséquente à cette
modification, le calcul doit être effectué sur la période du 16 septembre
2029 au 15 mars 2032;
«2° que les contaminants atmosphériques
suivants, mesures à la station ALTSP1, doivent respecter les normes
journalières suivantes à compter du 16 mars 2030 :
«a) Cuivre : 2 500 ng/m3
par période de 24 h;
«b) Nickel : 70 ng/m3 pour les
particules de moins de 10 microns (PM10) par période de 24 h;
«c) Zinc : 2500 ng/m3 par
période de 24 h;
«d) Arsenic : 200 ng/m3 par
période de 24 h;
«e) Cadmium : 30 ng/m3 par
période de 24 h;
«f) Plomb : 350 ng/m3 par
période de 24 h;
«g) Particules de moins de
2,5 microns (PM2.s) : 30 ug/m3 par période de 24 h;
«3° que l'entrée en vigueur des normes
concernant le dioxyde de soufre (SO2), prévue au plus tard le
1er septembre 2027, soit reportée au plus tard le 16 mars 2030.
«7. Tableau V-1 de la partie V
«Le tableau V-1 de la partie V de
l'autorisation concernant l'air ambiant est modifié afin d'y apporter les
ajustements de concordance requis en raison des modifications apportées par
l'article 6 de la présente annexe.»
Alors, la députée posait des questions sur
tout le processus, sur les évaluations, sur les étapes, sur la prise de relevé
à différents moments. C'est expliqué à l'intérieur de l'annexe.
• (15 h 50) •
La Présidente (Mme Dufour) : Alors,
merci, M. le ministre, pour cette lecture détaillée. Est-ce qu'il y a des
interventions? Bien, Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger.
Mme Rotiroti : Merci, merci,
Mme la Présidente, puis bienvenue à la commission. M. le ministre, dans
l'annexe que vous avez... vous venez de lire, alors là, on aborde tout ce qui
est échantillonnage, on a... dans le rapport, on a une deuxième campagne...
Mme Rotiroti : ...échantillonnage,
on parle de rapport intégrateur puis on parle du plan d'action. Alors, c'est
qu'est-ce que j'avais dit d'entrée de jeu quand on avait commencé, que ça
aurait été beaucoup plus simple d'avoir un tableau qui, dans le fond, nous
expliquait les délais qu'on accorde. Parce que, là, il y a certains qu'on
prolonge de trois ans, après ça, il y a un délai de 190 jours, ensuite, on
prolonge de 12 mois, etc. En tout cas, tout ça pour dire que c'est quand même
une démarche qui... vous avez entrepris, j'imagine, avec tous les intervenants,
que ce soit la ville en question, évidemment, la Fonderie Horne, évidemment, la
Santé publique aussi. Alors, qu'est-ce que... c'est quoi... Expliquez-nous un
petit peu comment vous avez... vous avez arrivé à la conclusion de nous
présenter cette entente-là aujourd'hui.
M. Poulin : Il y a eu
effectivement... et la députée de Jeanne-Mance—Viger pose des questions de bon
aloi... Bien, la Fonderie Horne, vous n'êtes pas sans savoir que c'est dans
l'actualité depuis de nombreuses années. Évidemment, le gouvernement du Québec,
qui est en place depuis huit ans, a eu des échanges avec l'entreprise Glencore,
les partenaires impliqués, qui concernent la possibilité d'un délai
supplémentaire pour l'atteinte de la cible de 15 nanogrammes. Et l'entreprise
doit aussi investir pour pouvoir atteindre ces cibles-là. Alors, il y a les
investissements qui sont également conditionnels à l'atteinte de la cible.
Puis je sais qu'on recherche tous ici
l'atteinte de meilleures cibles possible pour la population. Cependant,
cependant, l'entreprise se doit d'investir puis doit avoir une prévisibilité
avant de faire ces investissements-là. Il y a des vérifications aussi qui
avaient été faites, à l'époque, auprès des autorités, notamment la Santé
publique, sur l'octroi du délai supplémentaire pour atteindre ces cibles-là. Et
l'essentiel, là, et je pense qu'on partage tous cet objectif-là aujourd'hui,
c'est que l'entreprise poursuive ses démarches d'amélioration continue et que
la situation... et que la Santé publique continue de demeurer vigilante. Alors,
moi, la lettre que j'ai reçue le 20 mars, en fait, dernièrement, c'est une lettre
qui nous invite à demeurer vigilants pour la suite des choses et qui, en même
temps, lève un drapeau disant : On comprend la complexité de ce dossier-là
puis la complexité des enjeux, et l'État doit continuer d'être vigilant.
Par ailleurs, bon, évidemment, impact
économique sur la population locale dans le fait de donner cette stabilité-là,
oui, à la préservation des emplois, et on ne peut pas mettre de côté
l'importance de ces emplois-là également pour la communauté, pour la population
de Rouyn-Noranda. Donc, c'est une décision, effectivement, qui, selon nous,
vient être dans l'équilibre, dans l'équilibre pour donner une meilleure qualité
de l'air à la population dans les prochaines années, conditionnelle,
évidemment, aux investissements. Et cette décision-là, bien, c'est à la fois
les enjeux de ce genre d'industrie là, et la Santé publique le note, hein, les
limitations de l'industrie, elle les comprend, mais, en même temps, nous dit
qu'il faut être...qu'il faut être vigilant.
La question a été soumise, Mme la députée,
vous n'êtes pas sans le savoir, à la ville de Rouyn et a reçu l'assentiment du
conseil municipal pour une proposition s'étalant, pour une durée totale de sept
ans, jusqu'en 2033. Et soyons clairs, on partage le même objectif. Ce fut répété
par mes autres collègues ministres et par le premier ministre. L'important est
d'assurer la santé et la sécurité de la population de Rouyn, tout en assurant
la prospérité et la vitalité économique de la région. Alors, ça résume les
récentes interventions qu'il y a eu et les récentes consultations qu'il y a eu.
La Présidente (Mme Dufour) : Mme
la députée.
Mme
Rotiroti
:
Oui. Merci, Mme la Présidente. Merci, M. le ministre. C'est important de
comprendre comment on arrive aujourd'hui avec ça, parce que c'est quand même...
tout est... on dirait que tout a été décidé, et là on se trouve... des faits
accomplis. Alors, c'est important de savoir exactement qu'est-ce qu'on fait.
Oui, tout à fait d'accord avec vous, l'importance de maintenir les emplois en
région, c'est quand même des emplois qui sont extrêmement bien rémunérés. Je
pense qu'il y a une volonté aussi de garder la fonderie en marche,
nonobstant... de ne faire aucun compromis sur la santé, et je pense que,
là-dessus, on se rejoint. La santé, ce n'est pas... ça n'appartient pas à une
formation politique, mais à l'ensemble. C'est notre devoir, comme législateurs,
de s'assurer que cette protection-là, du public, est bel et bien un élément
important.
Quand vous... Juste dans votre annexe, dans
la section 6, la sous-section 3.1 de la section trois de la partie 5, là, vous
parlez des différentes périodes par rapport à la station ALTSP1, puis là vous
dites... Je veux juste savoir si je lis bien le document, quand vous dites...
vous mentionnez, dans la période... 15 mars 2029, vous parlez des nanogrammes
par rapport à certains éléments, le plomb, le cadmium, l'arsenic, et là vous
dites : En 2033, l'objectif, c'est de descendre ces trois-là à qu'est-ce
qu'on vous...
Mme
Rotiroti
:
...écrit là, les nanogrammes qu'on voit là, c'est-à-dire on irait de 45 à 15,
on irait de 9 à 3,6 puis on irait de 350 à 100. Je lis bien votre... votre
document?
M. Poulin : Oui, bien, disons
qu'on prend pour l'arsenic, effectivement, donc, de se rendre de 45 à 15 en 29
et de maintenir de 29 à 33 le 15. ça résume bien... toutes les campagnes
d'échantillonnage qu'on connaît et toute la surveillance qui est mise en place
en fonction de... P1.
La Présidente (Mme Dufour) :
Est-ce que vous avez d'autres interventions, Mme la députée?
Mme
Rotiroti
:
Je vais... je vais peut-être revenir, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Dufour) :
Parfait. Est-ce qu'il y a d'autres intervenants? Oui, Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga Mendez : Merci. Je
suis contente qu'on ait un peu plus de temps pour regarder l'annexe. Alors,
allons en détail. Ma première question... Parce que là, j'allais plus... Tout à
l'heure, on parlait du plomb et du cadmium. Pourquoi on change également les
délais pour ces deux polluants-là?
La Présidente (Mme Dufour) :
M. le... M. le ministre.
M. Poulin : La question est
assez technique sur la façon dont il y a une émission de... dans l'air de la
part de l'entreprise ou de la fonderie. Donc, si vous le permettez, je
permettrais aux gens du ministère de l'Environnement de répondre.
La Présidente (Mme Dufour) :
Est-ce que c'est toujours M. Armada va répondre? Oui, allez-y.
M. Armanda (Stéphane) : Donc,
le projet Aéris qui était... qui devait être mis en place , là, précédemment
par la fonderie Horne, nous permettait d'atteindre l'ensemble des cibles pour
l'ensemble des contaminants. Le fait de ne plus faire le projet Aéris fait en
sorte qu'on n'est plus en mesure d'atteindre les cibles pour l'ensemble des
contaminants. C'est pour ça qu'on doit reporter, là, au niveau de l'amendement,
l'ensemble des contaminants dont la cible n'est pas encore atteinte en date
d'aujourd'hui.
Mme Zaga Mendez : Parfait.
Pouvez-vous nous rappeler la cible de l'annexe K pour le cadmium puis le plomb?
M. Armanda (Stéphane) : C'est
3,6 nanogrammes par mètre cube pour le cadmium puis de cinq nanogrammes
par mètre cube pour le plomb.
Mme Zaga Mendez : OK. Donc, la
cible de l'annexe K est bel et bien dans la... l'attestation. Parce que moi, de
la façon que je le comprends, c'est comme si on faisait deux attestations en
un. Normalement, on négocie une attestation chaque cinq ans, et là, pour... Au
nom de la prévisibilité, on donne tout de suite les exigences pour la deuxième
attestation. C'est un peu ça, non?
• (16 heures) •
M. Armanda (Stéphane) : C'est
comme si on faisait une attestation pour sept ans.
Mme Zaga Mendez : Pardon?
M. Armanda (Stéphane) : C'est
comme si on faisait une attestation d'une durée de sept ans.
Mme Zaga Mendez : Sept ans.
Donc, la norme K, elle est dans la deuxième période ici. Est-ce que vous
connaissez le risque pour la santé des populations du Cadmium lorsqu'il y a des
émissions de neuf nanogrammes? Est-ce qu'on a étudié les risques en termes de
santé? Est-ce qu'on a un rapport à déposer par rapport à ça?
M. Armanda (Stéphane) : Je
n'ai pas de rapport à déposer par rapport à ça. Par contre, lorsqu'on a
consulté la Santé publique en octobre dernier, on a fait mention à la Santé
publique, là, que suite à la demande de modification, l'ensemble des cibles
ayant attrait à l'air ambiant devaient être reportées. Comme l'accent est
souvent mis sur le 15 nanogrammes de l'arsenic, on a reçu une réponse plus
précise sur l'arsenic. Mais nous, on a pris en considération, là, que
c'était... que c'était acceptable pour l'ensemble des contaminants, là.
Mme Zaga Mendez : Donc, si
je... je comprends bien, vous avez posé... vous avez informé à la Santé
publique en octobre et vous avez reçu seulement une réponse pour l'arsenic.
M. Armanda (Stéphane) : On a
reçu seulement une réponse plus précise pour l'arsenic.
Mme Zaga Mendez : Pour
l'arsenic. D'où ma question tout à l'heure, peut-être elle est plus pour le
ministre ou quiconque qui a la réponse. Je... je vais continuer avec le
cadmium, dans le paragraphe cinq, dans la lettre que nous avons reçue, on parle
du cadmium enregistré historiquement dans le quartier Notre-Dame. Certaines
personnes résidant à proximité du complexe industriel pourraient avoir vécu
pratiquement toute leur vie entière dans un environnement où le niveau de
risque cancérigène est considéré comme inacceptable. Est-ce qu'à la lumière de
ces informations-là, le fait d'aussi repousser les normes de cadmium sont...
respecte les avis de la santé publique régionale?
M. Armanda (Stéphane) : La
décision du gouvernement était basée, là, sur la recommandation de la santé
publique nationale et non pas régionale, qui venait mentionner que normalement,
les impacts sont calculés sur une durée de 70 ans. Donc, en gros, il
serait acceptable de reporter, là, de 18 mois une autorisation étant donné
que l'impact sur la santé est sur une durée de 70 ans.
Mme Zaga Mendez : OK. Vous
parlez de la direction nationale. Est-ce qu'on a une lettre ou une attestation
de la part de la direction nationale...
16 h (version non révisée)
Mme Zaga Mendez : ...nationale
à cet égard?
M. Armanda (Stéphane) : On a
reçu une lettre en octobre dernier de la part de la Direction nationale de
santé publique.
Mme Zaga Mendez : Parce que
la lettre du 22 octobre 2025, c'est la... que j'ai, c'est celle de...
régionale ou nationale? Parce qu'ici, juste pour vous dire que dans la dernière
correspondance que nous, on a reçue, on fait... référence à une lettre du 22 octobre
2025, qui me semble être aussi signée par la Direction régionale de la santé
publique. Est-ce que c'est la même lettre dont vous faites référence?
M. Armanda (Stéphane) : Nous,
on a reçu une lettre datée du 27 octobre 2025 qui a été transmise par le
Dre Caroline Quach.
Mme Zaga Mendez : ...est-ce
que cette lettre, elle est disponible? Est-ce qu'elle est... Est-ce qu'elle
peut être publique? Parce qu'on nous dit, quand on suit, on... on fixe ces
recommandations-là, basé sur un échange du 27 octobre 2025. Nous, la
lettre que nous avons est de la directrice régionale. Est-ce qu'on peut avoir
cet avis de la direction nationale?
M. Poulin : Comprenez, Mme la
députée, que nous ne sommes pas la Santé publique. Ça fait que si vous... Mais
votre question est très légitime. Je vais peut-être juste suspendre, parce que
vous comprenez que ce n'est pas nous qui l'avons signée, cette lettre-là.
La Présidente (Mme Dufour) : C'est
moi qui va suspendre. Oui. On va suspendre.
M. Poulin : Bien oui, je
sais, mais je...
Mme Zaga Mendez : ...je veux
juste la replacer. Je comprends que vous n'êtes pas à la santé publique.
Ceci... étant dit, on vient de changer... on change...
M. Poulin : Écoutez, Mme la
députée, là...
Mme Zaga Mendez : ...basé sur
un avis de la Santé publique nationale. J'aimerais juste savoir si cet avis...
avis-là, il est disponible, parce que c'est là qu'on... qu'on est en train de
débattre des enjeux-là, dans cette commission-ci.
La Présidente (Mme Dufour) : Donc,
je vais suspendre, le temps qu'on fasse la vérification. C'est bon.
(Suspension de la séance à 16 h 05)
(Reprise à 16 h 19)
La Présidente (Mme Dufour) : Alors,
nous sommes de retour. Il y a eu... Il y avait des... des discussions
concernant une lettre, et j'invite M. le ministre, peut-être, à nous... à nous
parler de... de la fameuse lettre de la Santé publique.
M. Poulin : Oui, absolument.
Alors, il y avait une demande de la députée de Verdun de déposer ici, à la
commission, la lettre de la directrice nationale de la santé publique,
Mme Caroline Quach-Thanh. Nous avons l'autorisation de faire le dépôt à la
commission.
La Présidente (Mme Dufour) : Parfait.
Est-ce que vous souhaitez donc faire la demande?
M. Poulin : Oui. Oui.
La Présidente (Mme Dufour) :
Excellent. Donc, je peux le... je l'autorise, Mme la secrétaire? Donc, elle
sera rendue publique. Et pour... pour la gouverne de ceux qui nous suivent, la
lettre a déjà été distribuée à tous les députés, qui ont eu le temps d'en
prendre connaissance. Donc, on peut poursuivre les échanges, donc, sur
l'annexe I. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Mme la députée de Verdun.
• (16 h 20) •
Mme Zaga Mendez : Oui. Merci
beaucoup pour le dépôt de la lettre. Je viens de faire une lecture rapide. Ma
première question, juste pour comparer l'avis avec l'amendement, c'est :
Quelle est... De combien on repousse le délai de 15 nanogrammes? Parce que
là, dans la lettre de la Santé publique, on me dit que le report...
l'amendement proposé conduirait à un report de 24 mois pour atteindre, à
la station légale LTSP1, la cible intérimaire de 15 nanogrammes.
C'est bien ça?
Une voix : ...
Mme Zaga Mendez : OK. Donc,
l'avis formulé dans la lettre, c'est un avis pour 18 mois, c'est bien ça?
M. Armanda (Stéphane) : C'est
bien ça.
Mme Zaga Mendez : Alors,
est-ce qu'il y a un autre avis ou une étude sur repousser sur 24 mois au
lieu de 18? Est-ce que vous avez eu un avis favorable pour ça?
M. Armanda (Stéphane) : On
n'a pas demandé d'avis additionnel à la Santé publique, là, pour un six mois
additionnels. On s'est basé vraiment sur la lettre du 27 octobre, qui
était pour 18 mois. Le 24 mois est basé sur la capacité de la
fonderie à respecter la cible en fonction du nouveau plan d'action.
Mme Zaga Mendez : Parfait.
Vous répondez à ma question. Donc, le 24 mois, ce n'est pas basé sur
l'avis, c'est le 24 mois est basé sur la capacité de la fonderie.
Je continue. Dans la lettre qu'on vient de
voir, on parle quand même du 45 nanogrammes. Je vais la citer, c'est assez
clair : Finalement, maintenir une concentration annuelle à 45 plutôt qu'à
15 nanogrammes augmentera le risque d'un dépassement de la concentration
quotidienne visée de 200 nanogrammes et contribuerait à la poursuite de la
contamination des sols. Est-ce que cet avis-là a été pris en considération?
M. Armanda (Stéphane) : oui.
Je dirais que l'ensemble de la lettre a été prise en considération.
Mme Zaga Mendez : OK. C'est
l'avis aussi de la Dre Sobanjo, puis je nous ramène au paragraphe 5° à la fin,
et je la cite : La cible annuelle actuelle pour l'arsenic à
45 nanogrammes représente un risque jugé inacceptable par les autorités de
santé publique. Elle ajoute une moyenne annuelle de 15 nanogrammes peut — le
peut ici qui renforce — être considéré acceptable comme cible
intérimaire. L'objectif à long terme demeurant la norme provinciale à
3 nanogrammes. J'ai deux avis, régionaux et nationaux, qui nous disent que
le 45 nanogrammes est très, très nocif puis augmente les risques. Ma
question : Pourquoi est-ce qu'augmenter les délais pour le
15 nanogrammes suivent les avis de la santé publique, régional et
national? Est-ce que repousser...
M. Poulin : En fait... en
fait, il y a effectivement un six mois, parce qu'il faut être transparent et
réaliste dans ce qui est demandé, dans la faisabilité. Alors, il y a
effectivement ce six mois-là. Et plus tôt que nous serons en mesure de donner à
la fonderie Horne cet accord-là et cette prévisibilité-là, plus tôt ils seront
en mesure d'atteindre les cibles de 15 nanogrammes qui est recherché et
qui est mentionné. Alors, effectivement, le souhait que nous avons, et je suis
convaincu que c'est le souhait de la députée de Verdun, c'est de faire en sorte
qu'à Rouyn-Noranda, les émissions de la fonderie...
M. Poulin : ...diminuent. Et
le plus rapidement possible que nous donnerons cette prévisibilité-là, plus tôt
la communauté sera assurée, plus tôt nous serons en mesure d'atteindre les
cibles, et plus tôt nous serons en mesure de se conformer, du moins à un
certain esprit de réduction de cibles... de réduction de nanogrammes, tel qui
est recommandé par la Santé publique, et mentionné par la Santé publique.
Mme Zaga Mendez : Merci pour
votre réponse. Je vous repose ma question. Là, dans l'amendement, on va aller
jusqu'au 15 mars 2029 avec une cible de 45 nanogrammes. C'est plus que 24 mois.
Les deux que je viens de citer, je pourrais le relire si vous souhaitez, mais
les deux lettres que j'ai ici, régionales et nationales, disent très clairement
que le 45 nanogrammes a un effet sévère sur la santé. Ma question : Est-ce
que repousser de 24 mois cette cible, parce que cette cible demeure... est-ce
que ceci respecte, oui ou non, les avis de la Santé publique?
M. Poulin : ...pour atteindre
la faisabilité... vous savez, on peut avoir des objectifs et des souhaits, mais
il faut atteindre la faisabilité de pouvoir le réaliser.
Mme Zaga Mendez : Ma question
est...
M. Poulin : Mais est-ce que je
peux poursuivre, Mme la députée?
Mme Zaga Mendez : Vous pouvez
continuer.
M. Poulin : Actuellement, 45
nanogrammes. Nous souhaitons... En fait, la cible est de diminuer à 15
nanogrammes d'ici 2029. Il faut tendre, il faut diminuer. Ce n'est pas 45, 45,
puis, le lendemain, on est à 15. On diminue graduellement de 45 nanogrammes à
15 nanogrammes. Plus tôt vous donnerez votre accord, Mme la députée, plus tôt
nous donnerons cette prévisibilité-là aux gens de Rouyn-Noranda pour pouvoir
atteindre la cible.
Mme Zaga Mendez : J'ai encore
des questions concernant la nature des polluants puis la science derrière.
Donc, vous m'avez confirmé tout... tout à l'heure, pour le plomb. Je ne le vois
pas dans la lettre de la Santé publique et je ne le vois pas... La santé
régionale, quand même, amène des éléments. Vous me confirmez qu'il n'y a pas
d'étude scientifique d'impact qui nous... qui justifie repousser la cible pour
le plomb?
M. Poulin : ...le
sous-ministre l'a mentionné tout à l'heure. Oui.
M. Armanda (Stéphane) : ...à
ce moment-ci. Par contre, en 2022, comme le mentionne la lettre de la Santé
publique, la Santé publique s'est basée sur un rapport scientifique de l'INSPQ
pour établir les cibles dans l'autorisation émise en 2023.
Mme Zaga Mendez : Parfait.
Merci. Je l'ai, le rapport de l'INSPQ. Pour continuer, je nous amène sur un
autre polluant, c'est le dioxyde de soufre. Dans paragraphe sept de la lettre
de la Santé publique régionale, et on cite : «Le report de la norme
du RAA pour le SO2 — donc le dioxyde de soufre — suscite
également des préoccupations en matière de santé publique.» Et là on nous parle
des dépassements : «Les concentrés observés lors des émissions qui peuvent
être fugitifs peuvent être suffisamment élevés pour présenter un risque
d'effets respiratoires chez les populations exposées, en particulier chez les
enfants, les personnes asthmatiques et les personnes âgées.» On parle des
odeurs et les symptômes irritatifs du dioxyde de soufre qui nuisent à la
qualité de vie.
Dans l'amendement que vous présentez, on a
quand même des changements considérant le dioxyde de soufre... pardon. Je veux
juste aller voir c'est où. Parfait. À la fin, là, qui est l'entrée en vigueur
concernant le dioxyde de soufre est prévue au plus tard le... est repoussée en
2030. Pourquoi on repousse également les objectifs considérant le dioxyde de
soufre?
M. Poulin : ...très
technique. Donc, je vais laisser les équipes répondre.
M. Armanda (Stéphane) : Le
projetAeris, qui était prévu être réalisé, là, dans le cadre de
l'autorisation, venait à échéance en 2028, a été annulé par la fonderie. Donc,
ça nous prend un nouveau plan d'action, un nouveau projet pour être capable
d'atteindre les cibles également au niveau du dioxyde de soufre. Donc, c'est
pour ça qu'on a dû reporter la cible à 2030.
Mme Zaga Mendez : Donc, on
est dans la même situation que pour le cadium puis pour le plomb.
M. Armanda (Stéphane) : Exactement.
Donc, tout ça était couvert par le projet Aeris. Le projet ne se faisant plus,
ça prend un nouveau projet pour être capable de ramener les cibles, là, en
fonction de l'annexe K.
Mme Zaga Mendez : Avez-vous
demandé un avis à la Santé publique considérant les effets des changements dans
les délais des émissions de dioxyde de soufre? Avons-nous un avis là-dessus,
là, pour... Comment on justifie, du côté de la Santé publique, là, ces
changements-là?
M. Armanda (Stéphane) : Ça
faisait partie de la même lettre de demandes qu'on a faites à la Santé
publique, où on parlait que l'ensemble des contaminants touchant à l'air
ambiant devaient être reportés.
Mme Zaga Mendez : OK. Dans la
lettre que vous donnez l'avis qui nous a été transmis, on ne parle pas des
autres contaminants, on donne juste un avis concernant...
Mme Zaga Mendez : ...avez-vous
d'autres correspondances que... dans lesquelles on nomme le dioxyde de soufre?
Avez-vous d'autres avis?
M. Armanda (Stéphane) : Je
n'ai aucune autre correspondance ou aucun autre avis à cet effet-là.
Mme Zaga Mendez : Alors,
juste pour rappeler, ma question, tout à l'heure... vous avez dit que vous
l'avez demandé, mais vous ne l'avez pas reçu, est-ce que c'est ça?
M. Armanda (Stéphane) : On a
fait part de la demande de modification du report des cibles pour l'ensemble
des contaminants ayant une conséquence sur l'air ambiant. On a reçu uniquement
une réponse plus précise sur l'arsenic, probablement parce que l'arsenic est le
seul contaminant dont la cible ne sera pas atteinte à la fin de l'autorisation,
alors que, pour tous les autres contaminants, ces cibles-là vont être
atteintes.
Mme Zaga Mendez : OK. Quand
même, dans la lettre que nous avons reçue hier, là, il y a quand même des
nombreuses préoccupations, là, assez alarmantes, là. On parle des populations
exposées, les enfants, les personnes asthmatiques, les personnes âgées. Moi, je
trouve ça préoccupant, là... un avis de la Santé publique, là. Qu'est-ce que le
ministre pense là-dessus, par rapport au dioxyde de soufre et par rapport aux
effets qui sont nommés dans la lettre?
M. Poulin : Bien, vous savez,
Mme la Présidente, la Santé publique est une entité indépendante qui détient,
évidemment, l'expertise et signe ses propres lettres et ses propres éléments
qu'elle porte à l'attention du gouvernement. La Santé publique mentionne, dans
sa lettre du 20 mars dernier, qu'elle «reconnaît la complexité de la situation,
marquée par des enjeux de santé, économiques, sociaux et environnementaux, et
elle confirme sa volonté de collaborer avec le gouvernement et les partenaires
concernés pour convenir de solutions pérennes assurant à la population de
Rouyn-Noranda un environnement sain tout en conciliant les objectifs de santé
publique, la cohésion sociale et les contraintes techniques de l'industrie.
• (16 h 30) •
Mme Zaga Mendez : Je partage
le fait que la Santé publique est indépendante. Elle nous donne quand même des
informations, là, importantes que... je pense que, comme législateurs, on doit
les lire, les analyser et les prendre en considération. Ceci n'est pas arrivé
comme ça, là. Je veux dire, s'il y a eu un besoin de nous envoyer... été rédigé
vendredi puis qui nous est arrivé lundi, c'est parce que, justement, on est en
train d'avoir ici un débat... un amendement qui va avoir des impacts sur la
santé des populations. Et moi, je l'interprète comme... on est en train de
sonner l'alarme, là. Bien sûr, elle est indépendante, la santé publique, puis,
bien sûr, elle n'est pas politique, mais elle est quand même en train de nous
informer des impacts. Moi, je ne vois pas comment je peux ignorer cet avis-là.
M. Poulin : Bien, je ne crois
pas qu'on l'ignore, compte tenu que vous nous avez demandé la lettre d'octobre
dernier de Mme... que nous avons partagée, et surtout que l'annexe vient
améliorer les cibles pour la population locale.
Et c'est pour cette raison-là, notamment,
que le conseil municipal a décidé d'entériner cette proposition-là, parce qu'on
sait que la qualité de l'air va s'améliorer à Rouyn-Noranda, dans les prochains
mois, pas seulement années, prochains mois, donc peut avoir un impact positif
sur la qualité de l'air. L'entreprise est prête à faire des investissements,
Mme la Présidente, sur la qualité de l'air à Rouyn-Noranda, on est prêts à
diminuer l'arsenic, et de viser cette diminution-là... puis je parle de mois,
mais c'est peut-être même les prochaines semaines.
Alors, aujourd'hui, on tente de trouver
une solution pour maintenir l'équilibre entre la santé publique, l'économie et
le tissu régional d'une population et de travailleurs, de familles qui
souhaitent, oui, une amélioration de la qualité de l'air, mais qui souhaitent
également la présence de la fonderie. Le partage du territoire, le partage de
l'air sera toujours des enjeux auxquels on devra trouver un équilibre, comme
législateurs. Et aujourd'hui nous croyons avoir trouvé l'équilibre en fonction
de ce que la Santé publique nous mentionne, notamment.
La Présidente (Mme Dufour) : Mme
la députée.
Mme Zaga Mendez : Merci. Je
vais quand même prendre le moment de lire des passages, là. J'entends le
ministre, je sais que je ne suis pas là pour le... je sais qu'il ne va pas
changer d'avis. Je veux juste être capable de ramener des avis importants. Et,
à ce sujet, c'est... le paragraphe 8 nous dit : «Pour les personnes les
plus exposées, déjà confrontées à un niveau historique de contamination, à des
enjeux d'équité environnementale et aux impacts de la zone tampon et de la
relocalisation, l'incertitude demeure élevée. Dans ce contexte, il est
raisonnable d'anticiper que tout délai supplémentaire puisse être perçu comme
une remise en cause de l'engagement des instances décisionnelles envers la
santé des citoyens.» C'est quand même lourd de sens, ça. C'est quand même de
dire que... Parce que moi, ce que je vois...
16 h 30 (version non révisée)
Mme Zaga Mendez : ...c'est qu'on
a demandé des avis. Les avis ont été formulés. L'avis national... moi, j'ai
étudié en sciences, Mme la Présidente... ce que je lis, c'est : un report
de 18 mois... ça, c'est la demande formulée initialement par la Fonderie Horne...
au respect de la norme de l'arsenic de 15 nanogrammes. Si c'était juste ça
qu'on nous mettait dans l'amendement là, je dirais : Vous avez suivi l'avis
de la Santé publique. L'amendement, ce n'est pas un amendement pour 18 mois,
et ça ne touche pas seulement l'arsenic. Donc, je sens qu'il nous manque de l'information,
il nous manque des analyses pour l'ensemble des polluants que j'ai nommés
depuis tout à l'heure, pour être capables de comprendre l'effet séparé et
cumulatif, et cumulatif de tout cela, et pour ça que la science... donc, ici,
je lis quand même en détail l'avis... nous le dit, là, on limite la possibilité
d'adapter les exigences à l'évolution des connaissances scientifiques ou des
données issues de la surveillance environnementale, et je sais que c'est un
cocktail, et que c'est voir l'ensemble de l'effet.
L'avis sur lequel le ministre se base ou
qui a été basé, c'est seulement 18 mois quant au respect de la norme d'arsenic
de 15 nanogrammes. Je ne trouve pas, malheureusement, les justifications
scientifiques qui viennent me dire les raisons et pourquoi, juste basées sur la
science puis la santé. Moi, je regarde cette partie-là, des délais de 24 mois,
de 30 mois supplémentaires et qui ont en effet sur le cadmium, plomb, et j'aurais
pu dire cuivre, nickel, zinc, les particules fines, le dioxyde de soufre. Les
réponses que j'ai eues sont des réponses concernant la capacité d'une
entreprise à atteindre ou pas, mais il n'y en a pas, d'études scientifiques,
pour l'ensemble d'éléments que j'ai nommés, ou d'avis scientifiques, parce que
ce n'est pas ça, l'avis de la Santé publique du 27 octobre.
La Présidente (Mme Dufour) :
M. le ministre.
M. Poulin : Oui. Peut-être, Mme
la Présidente, par ramener où on était. En 2020, il y avait 200 nanogrammes;
en 2021, 100; en 2024, 45, puis, en 2029, on cible 15. On va être passés, en
neuf ans, de 200 à 15. On ne peut pas se faire taxer de ne pas avoir fait des
améliorations notables pour la qualité de l'air à Rouyn-Noranda. Et si on ne
donne pas de cible, il n'y en aura pas, de projet pour diminuer les émissions
pour la population. Alors, est-ce que la députée peut reconnaître... Et elle
fait, en passant, Mme la Présidente, très bien son travail, très bien son
travail, avec une rigueur que j'apprécie. Les gens de Verdun peuvent être très
fiers de voir leur députée travailler, et je le mentionne. Mais on partage le
même objectif, elle et moi, qui est la réduction de ce que l'on retrouve dans l'air
à Rouyn-Noranda, mais sans l'adoption de cet amendement-là, Mme la Présidente,
je ne peux pas le faire, pour garantir les investissements de l'entreprise.
Alors, dans la globalité, en neuf ans, on
va être passés de 200 à 15. C'est une avancée qui est majeure et qui est
importante. Alors, ce sera mes commentaires. Merci.
Mme Zaga Mendez : L'objectif
qui est dans la loi, et l'objectif qui devrait nous occuper, je pense, tout le
monde, c'est l'objectif de l'annexe K, que peut-être tout le monde ici connaît
par cœur, c'est le 3 nanogrammes, que c'est l'objectif qui est appliqué
partout au Québec. Je vous avais posé la question la dernière fois. Et tous les
avis sont sans équivoque, l'objectif demeurant la norme provinciale de 3 nanogrammes.
Cette norme-là ne figure pas dans cette annexe, je l'ai lue et je l'ai relue.
Mais, peut-être, le ministre va m'amener... parce qu'on est capables de lire
entre les lignes... vous allez m'amener au point 3, Conditions concernant le
plan d'action visant l'atteinte des normes prévues à l'annexe K du règlement.
Mais la... Moi, je me souviens très bien de tous ces débats-là en 2021, en
2022. Je me souviens très bien de l'attestation en 2023, et il y avait là des
dates pour être capables d'atteindre le 3 nanogrammes...
Mme Zaga Mendez : ...la
population, c'était dans ce nouveau certificat d'attestation, parce qu'ici on
fait un sur sept ans, mais c'est un peu comme finir celui qui est en cours et
ouvrir un nouveau, c'est que les trois nanogrammes figurent quelque part. On
nous dit qu'on va faire éventuellement un quatrième plan d'action visant
l'atteinte des normes. Ça va être pour quand, les trois nanogrammes? C'est
quand que ça va être inscrit dans l'attestation?
M. Poulin : Bien, vous savez,
Mme la Présidente, effectivement, la députée fait référence au... à
l'article 3, où on mentionne très clairement que le titulaire de
l'autorisation doit déposer au ministre un quatrième plan d'action visant à
l'atteinte des normes prévues à l'annexe k du Règlement sur l'assainissement de
l'atmosphère. Alors, je lis la phrase au complet parce qu'il y a une obligation
à ce niveau-là.
Mme Zaga Mendez : Puis c'est
quand... c'est quand, la date que l'obligation rentre en compte? C'est quand,
cette date-là?
M. Poulin : Bien, en fait,
l'annexe est reliée à l'amendement, le vote de l'amendement, donc le tout va se
mettre en branle à partir de ce moment-là. Je ne sais pas si les équipes ont
des éléments supplémentaires à apporter.
M. Armanda (Stéphane) : Le
plan d'action doit être déposé en avril 2032, donc l'année précédente, la fin
de la prochaine autorisation.
Mme Zaga Mendez : OK, merci
pour l'information. Donc, le plan pour atteindre les trois nanogrammes devrait
être déposé en 2032. Initialement, c'était pour quand que le plan devait être
déposé?
M. Armanda (Stéphane) : Il
devait être déposé en décembre 2027.
Mme Zaga Mendez : Donc, en
décembre 2027, selon la première autorisation, et là on repousse de cinq ans.
M. Armanda (Stéphane) : Bien,
on se donne un petit peu plus de temps, par contre, pour être capable
d'analyser le plan puis de faire nos recommandations pour s'assurer que la
prochaine autorisation va tendre vers les normes de l'annexe k. Si on regarde
décembre 2027, l'autorisation venait à échéance en mars 2028, donc ça nous
donnait uniquement quatre mois pour être capable d'analyser le plan, faire nos
recommandations pour l'autorisation qui allait suivre. Alors que, là, on se
donne près d'un an pour ça.
• (16 h 40) •
Mme Zaga Mendez : Donc,
maintenant, juste pour revenir sur le plan en question, donc selon l'annexe, le
nouveau plan devrait être déposé en 2032, mais ça, c'est le plan, ce n'est pas
encore à l'atteinte de l'objectif national, c'est comment on va arriver de 15 à
3.
M. Armanda (Stéphane) :
Exactement.
Mme Zaga Mendez : OK. Et
auparavant, on demandait un plan parce que ce n'est même pas l'atteinte, on
demande un plan d'action.
M. Armanda (Stéphane) :
Exactement.
Mme Zaga Mendez : OK. Et ça,
ça avait... Moi, je me souviens, là, quand on avait eu l'attestation, on
disait : Bien, on va attendre jusqu'en 2027 pour qu'on nous dépose le
plan, puis même ça, on n'a pas de garantie. En ce moment-ci, est-ce qu'on a une
garantie d'atteindre les trois nanogrammes avec cette... avec qu'est-ce qu'il y
a dans cette annexe?
M. Armanda (Stéphane) : Il
n'y a aucune garantie qu'on va être en mesure de vous mentionner à quel moment
on va pouvoir atteindre le trois nanogrammes. Donc, on doit attendre le plan
d'action, là, pour...
Mme Zaga Mendez : Donc, on
n'a aucune garantie que la norme québécoise va être atteinte et quand elle va
être atteinte juste en me basant sur ce qui est dans l'annexe.
M. Armanda (Stéphane) : Exactement,
mais il n'y en avait pas plus avec l'ancienne autorisation non plus. Là, on
demande exactement la même chose, là, il n'y a pas de... il n'y a pas
différence.
Mme Zaga Mendez : On
repousse, donc on demande... on ne pousse pas.
M. Armanda (Stéphane) : Exactement.
Mme Zaga Mendez : J'entends.
J'avais... Il ne me reste pas beaucoup... Combien de temps qu'il me reste en ce
moment? Parce que...
La Présidente (Mme Dufour) :
Moins de cinq minutes.
Mme Zaga Mendez : Moins de
cinq minutes. Donc, je vais poser ma question tout de suite. C'est la première
fois qu'on va insérer les contenus d'une attestation en assainissement dans
l'histoire du Québec, dans la loi de la qualité de l'environnement. Ma
préoccupation... ça va être... mes dernières questions vont être là-dessus,
c'est que... qu'est-ce qui arrive en 2033? Est-ce qu'on doit venir ici ouvrir
la loi? Est-ce que... Qu'est-ce qui nous garantit, là... Parce que, là, vous
avez donné des délais, on est en train de... on est en train de voter le
contenu de l'attestation. C'est quoi, la suite après? Est-ce qu'on doit revenir
ouvrir la loi? Cet article-là demeure pour toujours? Jusqu'à quand cette
attestation-là va être valide? Quel est le processus pour la suite?
M. Armanda (Stéphane) : Avec
l'amendement qu'on dépose ici présentement, ça nous permet de faire la
modification qui a été demandée pour l'autorisation. Lorsqu'on va venir à la
prochaine autorisation, donc, en 2033, c'est le processus standard au ministère
qui va s'appliquer. Par contre, entre ça, advenant le cas où il y aurait des
modifications additionnelles qui seraient demandées par la fonderie,
normalement...
M. Armanda (Stéphane) : ...il
faudrait repasser par le biais d'un... d'un projet de loi. Non?
Une voix : ...
Mme Zaga Mendez : Donc, d'ici
2033, mettons que la fonderie vous dit : Je n'arrive pas. Il va falloir
revenir ici ou vers la loi et faire des changements.
M. Armanda (Stéphane) : ...pour
une demande de prolongation additionnelle uniquement.
Mme Zaga Mendez : Donc, il y
a une... pour toute demande de prolongation, entre temps, on peut venir et
faire une modification à un projet de loi.
M. Armanda (Stéphane) : Exactement.
Mme Zaga Mendez : Vous ne
trouvez pas que ça peut politiser ce débat-là?
M. Armanda (Stéphane) : ...commentaire.
Mme Zaga Mendez : Donc,
n'importe qui... on est en train de... Avec le fait qu'on le met dans la loi et
que c'est au-delà... c'est à côté d'un processus de... qui s'est fait par des experts
avec des études. Quand on va avoir un gouvernement qui décide de faire une
modification qui peut aller dans tous les sens. Bien... d'abord, qui est
majoritaire, ouvre la loi, puis on écrit les 3 nanogrammes. C'est ça que
vous êtes en train de me dire? Je pourrais faire ça, un gouvernement X, qui
peut aller dans un sens ou un autre, pourrait juste ouvrir la loi et modifier
l'attestation? Le contenu, l'attestation?
M. Armanda
(Stéphane)
: On la modifie présentement par un projet de loi,
donc c'est certain qu'on peut venir la remodifier avec un autre projet de loi,
là. C'est... c'est le processus. Par contre, je pense que ce qu'il faut
comprendre ici, c'est... c'est une décision qui a été prise par le gouvernement
en lien avec la demande de la Santé publique. Si on avait fait le processus
standard de renouvellement, sans passer par le processus législatif, en faisant
toutes les études nécessaires, on aurait eu besoin de 18 mois pour être
capables d'émettre une nouvelle autorisation. Donc, ce qui implique que ça
aurait pris un 18 mois additionnel avant que Glencore débute ses
investissements, donc la date de report à 2029-2030, à ce moment-là, dans une
nouvelle autorisation, ça aurait été l'atteinte du 15 en 2031-2032. Comme on
voulait faire rapidement, parce que l'atteinte du 15, selon la santé publique,
c'est de l'atteindre le plus rapidement possible, la seule façon d'y arriver,
c'était de passer via le projet de loi.
Mme Zaga Mendez : OK. Et
pour... Je veux juste bien comprendre la réponse, parce que je... peut-être,
j'étais induit en erreur par... je ne sais pas si Madame voulait intervenir,
là, excusez-moi, je vous disais : Si on veut modifiait l'attestation, il
faut réouvrir la loi.
Une voix : ...
La Présidente (Mme Dufour) :
Donc, est-ce qu'il y a consentement pour que Madame parle, et si... Oui?
Parfait, donc j'aimerais que vous vous nommiez avec votre titre, s'il vous
plaît.
Mme Gakwaya (Aurélie-Zia) : Bonjour,
Aurélie Zia Gakwaya, je suis avocate au ministère de la Justice. Donc,
peut-être juste pour préciser le processus en tant que tel, tu sais, ici, ce
qu'on est en train de faire, c'est vraiment passer par le processus législatif
pour... Puis c'est requis parce qu'il faut prolonger la période de validité de
l'autorisation en tant que telle. Puis, accessoirement, on modifie certaines
normes, le pouvoir de modifier les normes, il est déjà prévu par la Loi sur la
qualité de l'environnement. Donc, à partir du moment où est-ce que, là, il y a
la modification qui serait intégrée dans l'autorisation en tant que telle. S'il
y avait une demande de modification de l'autorisation, ça se ferait via les
processus usuels de la Loi sur la qualité de l'environnement. La seule chose
qu'on ne pourrait pas faire, par ce processus de modification là, c'est venir
prolonger la période de validité. Donc, par exemple, on est en 2030, il y a une
demande de modification de l'autorisation, mais ça pourrait se faire par les
biais des processus usuels de la LQE.
Mme Zaga Mendez : J'entends.
Dans certains cas, ce qu'on a vu, puis... c'est que quand on n'arrive pas à
négocier une nouvelle attestation, l'attestation de départ demeure. Dans le cas
où, en 2033, on a... on est dans des négociations avec la fonderie Horne, est
ce que ça veut dire que ce qui est dans l'amendement demeure? Dans l'annexe
demeure?
M. Armanda (Stéphane) : Le 15
serait maintenu, à ce moment-là, jusqu'à ce qu'on arrive avec une nouvelle
cible dans une nouvelle autorisation.
Mme Zaga Mendez : Alors,
comme on fait un cas d'exception pour être capables de donner la prévisibilité,
pourquoi ne pas avoir mis une fin claire? Parce que pour moi, là, c'est du
jamais vu, là, qu'on fasse ça dans la Loi sur la qualité de l'environnement, de
prendre les contenus tels quels d'une attestation qui devrait être évaluée et
négociée. Je comprends que l'objectif, ici, c'était les délais. Pourquoi ne pas
avoir mis aucune clause qui dit clairement jusqu'à... Pas seulement la date...
la date du compteur, là, jusqu'à où les normes, mais qui dit clairement qu'à
partir d'une date X, on ne peut plus... C'est tout... tout ce qui est dans cet
article là est complètement échu.
Mme Gakwaya (Aurélie-Zia) : Peut-être
en termes de...
Mme Gakwaya (Aurélie-Zia) : ...de
processus à suivre, donc, ce qu'on vient vraiment prévoir à 70.16, c'est que le
ministre devra intégrer le contenu de ce qu'on prévoit en ce moment dans
l'autorisation en tant que telle puis modifier l'autorisation pour qu'il y ait
une autorisation qui reflète le contenu de l'annexe au présent projet de loi.
Donc, une fois que cette étape-là est faite, ce qui devra être fait avant le
30 juin 2026, c'est vraiment l'autorisation en tant que telle qui va
contenir l'ensemble des normes. Donc, on n'aura plus besoin de faire référence au
projet de loi à l'article 70.16 ou à l'annexe, ça va vraiment être dans le
contenu, l'autorisation en tant que telle.
Mme Zaga Mendez : Et donc on
est... on va être... Je comprends, je comprends ce que vous dites, mais c'est
comme... Vous nous sortez du processus habituel, on l'insère dans la loi, puis
après on ne met rien pour encadrer ça, on nous renvoie au processus habituel,
mais pourquoi ne pas... et là, ça... moi, je demandais : Pourquoi ne pas
avoir fait le processus habituel depuis le début? C'est comme... Vous faites
une exception pour nous ramener sur quelque chose, mais on ne dit pas
clairement, puis ça, c'est notre enjeu en voyant le contenu. Puis j'annonce...
j'ai... il ne me reste même pas beaucoup... il ne me reste pas beaucoup de temps
pour ça, ça fait que je vais conclure pour qu'on passe au vote, puis j'annonce
que je vais déposer un amendement sur le contenu ici pour clarifier cette
partie.
La Présidente (Mme Dufour) : Sur
l'annexe.
Mme Zaga Mendez : Sur l'annexe.
Bien, en fait, non, ce n'est pas sur l'annexe.
La Présidente (Mme Dufour) : Un
sous-amendement.
Mme Zaga Mendez : Ça va être
sur l'article, ça va être sur l'article 70.16.
La Présidente (Mme Dufour) : OK.
Donc, 70.16, sur l'article.
Mme Zaga Mendez : Traitons
l'annexe, traitons l'article, puis je vais déposer par la suite un amendement
pour préciser...
La Présidente (Mme Dufour) : Un
sous-amendement. Parfait. Il vous reste encore un peu... un peu plus d'une minute,
là.
• (16 h 50) •
Mme Zaga Mendez : Ah! Bien,
juste dire, vous voyez très bien où est-ce que s'en va notre vote. Moi, je n'ai
pas eu de réponse satisfaisante en ce qui concerne les données scientifiques
nécessaires pour prouver le bienfait ou le non-effet sur la santé des
populations, de l'ensemble de polluants qui ont été... qui vont être... dont
leurs cibles vont être repoussées, là. Moi, je trouve... je suis très inquiète.
La Santé publique nous a écrit quand même une lettre importante, avec des
risques pour la population de Rouyn-Noranda, et je ne sens pas que l'annexe
réponde à ceci.
Alors, je sens que, oui, il y a des
impératifs économiques, que, oui, il y a des impératifs pour les travailleurs,
mais je ne sens... je ne vois pas les réponses à l'ensemble des questions et
l'ensemble des effets qui vont continuer, parce qu'ils vont continuer, là.
C'est déjà une population qui a été très sévèrement touchée autant par
l'arsenic que tous les autres contaminants que j'ai nommés. Alors, bien sûr, je
vais voter contre et je vais faire appel au vote nominal.
La Présidente (Mme Dufour) : Parfait.
Donc, on procède au vote. Mme la secrétaire.
Une voix : ...
La Présidente (Mme Dufour) : Ah
oui! Bien oui, s'il y a d'autres... bien oui, je m'excuse. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions? Bien sûr.
Mme Rotiroti : Merci, Mme la
Présidente. Alors, je... c'est... j'écoute ma collègue de Verdun et elle était
dans le technique de la chose, avec juste raison, et je vois qu'on voit son
expertise dans le domaine. Moi, je veux... je vais aller un petit peu plus
macro, M. le ministre, parce qu'à quelque part on avait un enjeu, oui,
économique dans le sens que l'entreprise avait... avait manifesté son souhait
de carrément peut-être fermer l'entreprise, et je sais qu'il y a eu des
efforts, que ça soit à différents paliers, pour s'assurer que l'entreprise
demeure, parce qu'on convient tous que c'est quand même une entreprise qui...
qui performe dans la région, mais que c'est des jobs payants pour les gens qui
habitent en Abitibi. Ceci dit, ce n'est pas nonobstant, il ne faut pas non
plus... on n'a pas à négliger la santé des gens qui habitent en Abitibi. Pour
nous, c'est un élément qui est extrêmement important. Puis ici, dans l'entente,
qu'on... oui, on repousse un petit peu les échéanciers, effectivement, que ce
soit au niveau du plan d'action, que ce soit au niveau du rapport, etc., mais
tout dans le souci de protéger le public dans le sens qu'on fait une nette
amélioration par rapport à le niveau des nanogrammes qui... dans le fond, on
exige à l'entreprise de respecter que, présentement, on est à 45 puis on s'en
va vers le 15, puis toujours avec l'optique d'arriver aux trois nanogrammes par
la suite.
Alors, je trouve, M. le ministre, qu'il
faudrait quand même rassurer la population. Parce que la protection de la
population n'appartient pas à une formation politique, ça appartient à
l'ensemble des élus ici. Je pense qu'il n'y a personne qui voudrait faire une
législation qui mettrait en péril cet élément-là. Alors, je ne sais pas si...
Puis je vous ai posé d'entrée de jeu : Comment qu'on est arrivés à cette
entente-là, les intervenants qui ont été consultés? Puis je voudrais savoir de
vous : Est-ce que... Parce qu'on a eu le Conseil de ville, l'acceptabilité
sociale, on a vu de l'article qui est sorti cette semaine, je crois, que le
conseil de ville avait pris la décision...
Mme Rotiroti : ...d'eux-mêmes,
sans nécessairement aller dans la population consultée. Alors, je veux juste
m'assurer que vous, dans qu'est-ce que vous présentez, vous... vous pouvez
peut-être rassurer l'ensemble des acteurs, incluant la population, qu'on s'en
va dans la bonne direction. Évidemment, au jour le lendemain, de dire
qu'aujourd'hui on va exiger à l'entreprise d'atteindre le trois nanogrammes, ça
serait un peu... impossible. Alors, on prend les mesures, moi... la façon que
nous, on interprète ça, c'est qu'on prend les mesures avec la capacité de
l'entreprise, le plus rapidement possible, de baisser le niveau d'arsenic dans
l'air pour s'assurer qu'on protège l'ensemble de la population, et l'entreprise
adhère à ces principes-là. Alors, je veux juste que vous réitérer, M. le
ministre, que, sincèrement, cette entente-là a été faite avec tous les partenaires
dans le souci, dans le souci, d'avant tout, de protéger la population
d'Abitibi.
La Présidente (Mme Dufour) : M.
le ministre.
M. Poulin : Tout à fait. Et
je fais miens des propos de la députée. Nous étions à 200 nanogrammes en
2020, nous sommes rendus à 45, nous voulons descendre à quinze. Alors la
tendance est vers la diminution. Si nous souhaitons que cette entreprise-là se
conforme le plus rapidement possible pour atteindre les cibles, nous devons,
pour le... d'ici 2029, viser le 15 nanogrammes, nous devons confirmer les
investissements pour permettre cette prévisibilité-là. Le conseil municipal a
donné son accord, il y a eu des échanges avec l'entreprise et nous croyons
pouvoir arriver à une proposition qui est réaliste, à une proposition où la
Santé publique a été consultée et évidemment sur lequel nous aurons, parce qu'à
l'intérieur de l'annexe, il y a les campagnes d'échantillonnage qui sont
extrêmement précises et qui vient prouver que la santé de la population, elle
est prioritaire et que rien n'est lésiné sur la surveillance de la qualité de
l'air. Alors, c'est un travail qui se poursuit, qui est continu, mais si on
veut réellement améliorer la qualité de l'air à Rouyn-Noranda, nous devons
donner de la prévisibilité à la fonderie Horne, qui est prêt à mettre l'argent.
C'est la seule fonderie de cuivre au Canada, c'est des emplois importants, elle
est prête à mettre l'argent pour améliorer la qualité de l'air. On doit aller
de l'avant.
La Présidente (Mme Dufour) : Mme
la députée.
Mme Rotiroti : Oui. Merci, M.
le ministre. Je vais juste faire... Par rapport à le plan d'action, une fois
que l'échéancier... on se donne le... 2030... 20 avril 2031, au
30 avril 2032, il y a un plan d'action qui est transmis au ministre, de
qu'est ce que je comprends dans qu'est-ce qu'on fait ici, est-ce que ce plan
d'action-là, à ce moment-là, va négocier pour arriver éventuellement aux trois
nanogrammes qui est demandé de la... de la santé publique. Par la santé
publique, c'est-à-dire.
M. Armanda (Stéphane) : Ce
plan d'action-là va être analysé par le ministère, avec la Santé publique, avec
le comité de vigie indépendante qui a été mis en place à Rouyn pour être en
mesure d'établir les prochaines cibles dans la future autorisation qui vont
nous permettre de tendre vers le trois nanogrammes.
La Présidente (Mme Dufour) : Mme
la députée.
Mme Rotiroti : Alors, vous
avez... dans... la Santé publique... Vous avez dit la Santé publique, le comité
de vigie sont consultés par rapport... toujours en l'optique de s'en aller
vers, évidemment, toujours de diminuer le nanogramme, évidemment, mais de s'en
aller à la norme qui est établie du trois nanogrammes. C'est ça?
M. Armanda (Stéphane) : Exactement.
Mme Rotiroti : Parfait. Avec
des objectifs précis, j'imagine.
M. Armanda (Stéphane) : À ce
moment-là, ça va être des objectifs précis, comme on le fait présentement, donc
des cibles annuelles de diminution.
Mme Rotiroti : Parfait. Ça va
pour moi, Mme la présidente.
La Présidente (Mme Dufour) :
Merci, Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'annexe I? Parfait. Donc on peut procéder au vote.
M. Poulin : ...je demande un
vote par appel nominal.
La Présidente (Mme Dufour) : Parfait.
Une voix : ...
M. Poulin : Bien, là j'ai
demandé le vote.
La Présidente (Mme Dufour) : Bien,
c'est pour ça que j'ai demandé...
Une voix : ...
La Présidente (Mme Dufour) :
Oui? OK. Donc, M. le député, vous voulez qu'on suspende?
M. Paradis : Quelques
secondes, ce ne sera pas long.
La Présidente (Mme Dufour) : OK,
donc je vais suspendre. Merci.
(Suspension de la séance à 16 h 57)
(Reprise à 16 h 59)
La Présidente (Mme Dufour) : Alors,
nous sommes de retour. M. le ministre, vous aviez demandé le vote, mais je veux
repréciser que Mme la députée de Verdun l'avait fait avant vous. Donc, ça va
lui être crédité. Donc, on peut, Mme la secrétaire, procéder au vote par appel
nominal.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Poulin (Beauce-Sud)?
M. Poulin : Pour.
La Secrétaire
: Mme Hébert
(Saint-François)?
Mme
Hébert
: :
Pour.
La Secrétaire
: M. Sainte-Croix
(Gaspé)?
M. Sainte-Croix : Pour.
La Secrétaire
: M. Asselin
(Vanier-Les Rivières)?
M. Asselin : Pour.
La Secrétaire
: Mme Jeannotte
(Labelle)?
Mme Jeannotte : Pour.
La Secrétaire
: M. Thouin
(Rousseau)?
M. Thouin : Pour.
La Secrétaire
:MmeRotiroti (Jeanne-Mance—Viger)?
Mme
Rotiroti
:
Pour.
La Secrétaire
: Mme Zaga
Mendez (Verdun)?
Mme Zaga Mendez : Contre.
La Secrétaire
: M. Paradis
(Jean-Talon)?
M. Paradis : Abstention.
La Présidente (Mme Dufour) : Parfait.
Donc, c'est adopté. L'amendement, maintenant qu'il est adopté... Pardon,
l'amendement est adopté, donc l'annexe un est donc introduit au projet de loi.
Et maintenant, donc, je demande le
consentement pour qu'on revienne à l'étude de l'article 70.16. Est-ce qu'il
y a consentement? Je suppose que oui. Donc, on peut revenir à
l'article 70.16. Est-ce qu'il y a des interventions? M. le député de
Jean-Talon.
• (17 heures) •
M. Paradis : Oui. Je me
demandais, M. le ministre, une question assez simple, mais je pense qu'il y a
des conséquences sur... la discussion qu'on a aujourd'hui depuis quelques
heures. Mais qu'est-ce qui fait qu'on arrive avec ces amendements et cette
discussion à ce moment-ci de l'étude d'un projet de loi qui avait au départ des
objectifs assez différents? Je vous pose la question parce que le thème dont on
parle a fait beaucoup débat au Québec. Vraiment beaucoup, beaucoup de gens en
ont parlé, et beaucoup de gens auraient été intéressés à venir nous conseiller,
comme législateurs, pour qu'on puisse bien faire notre travail sur les
questions très importantes dont on discute, qui sont des questions économiques,
qui sont des questions sociales, qui sont des questions environnementales, qui
sont des questions de santé publique. Or, rien de ce dont on discute
aujourd'hui n'a fait l'objet des consultations particulières que vous avez
lancées sur ce projet de loi. Je vous sais un ministre très à l'écoute de la
population. Et je me demande comment ça se fait que, comme législateurs, on en
est rendu là, à avoir ce débat aujourd'hui, sans qu'on ait eu l'éclairage des
organisations de la société civile, des experts, des expertes, des autorités
locales qui sont concernées au premier chef par tout ce dont on discute
aujourd'hui.
La Présidente (Mme Dufour) : M.
le ministre.
M. Poulin : Alors,
effectivement, on a... on a parlé de... un peu de ça la semaine dernière, mais
il y a... il n'y a aucun enjeu. Le conseil municipal... Bien, il y a deux,
trois éléments, là. Le conseil municipal a approuvé le tout, il y a un peu plus
d'un mois et demi, deux mois, le maire Gilles Chapados, que vous connaissez
bien, qui est un ancien député du Parti québécois dans la région de
l'Abitibi-Témiscamingue, et son conseil municipal, sans compter, comme vous savez,
les discussions, les débats qu'il y a eus au cours des années sur la présence
de la fonderie, l'atteinte de ses cibles. Comme je le mentionnais, on était à
200 nanogrammes en 2020, on est rendus à 45. On vise le 15 en 2029, donc
une amélioration constante du bilan de la qualité de l'air à Rouyn. Donc, il y
a une notion où on a eu l'accord du conseil municipal il y a quelques semaines,
et nous avions un véhicule législatif qui concernait les PME. C'est sûr que
dans le cas de la fonderie, on est dans une grande entreprise, alors on
trouvait qu'il y avait une cohérence de pouvoir insérer le tout. Et j'ai déposé
le projet loi 11, comme vous savez, avant les fêtes, donc, puis l'accord du
conseil municipal est arrivé après les fêtes. Alors, dans une séquence où nous
souhaitions avoir l'accord de la société civile, il fallait donc attendre le
conseil municipal. Donc, puisque c'est arrivé après le dépôt du projet de
loi 11, nous avons décidé de l'insérer à ce cas-ci.
M. Paradis : Et je pense que
c'est très important, donc, d'avoir eu le dialogue avec les autorités
municipales. Mais il y a aussi les organisations de la société civile, les
groupes qui représentent les citoyens. Je le redis, tout le monde le sait au
Québec, que c'est un... c'est une question qui a fait l'objet de nombreux
débats. Est-ce qu'il n'aurait pas été plus sage d'ouvrir la discussion sur les
sujets dont on parle aujourd'hui plutôt...
17 h (version non révisée)
M. Paradis : ...de les insérer
dans un projet de loi qui... qui traite au départ de toute autre question, là,
parce que rien n'annonçait non plus qu'on allait discuter de ce sujet-là de
manière plus précise quand on regarde l'économie générale de la... du projet de
loi que vous avez déposé. Est-ce que vous considérez donc que, sur le plan
démocratique, on a tout ce qu'il faut pour décider des questions que vous
abordez dans ces amendements aujourd'hui? Ça, c'est ma première question. Ma
deuxième, c'est : Au-delà des consultations avec les autorités municipales,
est-ce que vous avez été en dialogue aussi avec des groupes de citoyens, des
groupes de la société civile, dont plusieurs, en fait, se sont manifestés aussi
à... à plusieurs députés, comme vous le savez, sur ce sujet bien précis?
M. Poulin : Pour la premier...
le premier volet de la réponse, oui, je pense que nous avons les connaissances,
l'expertise pour déposer cet amendement et faire la conversation. Nous venons d'ailleurs
de le faire dans le traitement de l'annexe avec nos collègues parlementaires et
pour lequel nous avons répondu aux questions. Vous n'êtes pas sans savoir, et
même je me souviens de... de 2018, de 2022, de... des moments démocratiques
importants pour le Québec, où il y a eu des débats sur cet enjeu-là entre les
différentes formations politiques. Il y a eu l'accord du conseil municipal il y
a quelques semaines, qui a pris le pouls de la population. Il y a eu le travail
qui a été fait par la Santé publique. Alors, il y a eu un travail rigoureux qui
a été mené par le gouvernement du Québec, par les parlementaires dans ce
dossier-là.
M. Paradis : Et sur la
deuxième question, est-ce que vous avez eu depuis le dépôt de ces amendements,
donc depuis qu'ils sont publics, est-ce que vous avez eu des consultations,
vous ou votre équipe, avec des groupes de la société civile, avec des
organisations qui représentent les... les citoyens ou les organisations en
matière environnementale, par exemple?
M. Poulin : Bien, c'est sûr
qu'on a parlé tout à l'heure de la lettre du 20 mars dernier de la Santé
publique régionale qui nous a été parvenue vendredi dernier, qui vient
encapsuler la vision qu'elle porte sur cet enjeu-là. Évidemment, le conseil
municipal, dans sa prise de décision, avait l'enjeu de la date et de la
prévisibilité qu'on donnerait à... qu'on donnait à la fonderie Horne pour
atteindre ses cibles et atteindre ces objectifs. J'ai eu des échanges avec le
député de Rouyn-Noranda—Témiscamingue également, qui... qui connaît très, très
bien le dossier, connaît très, très bien les enjeux. Et, bien, c'est un travail
constant, vous savez, comme parlementaires, de pouvoir suivre l'évolution de...
de ces enjeux-là.
M. Paradis : Mais en ce qu'il
s'agit... lorsqu'il s'agit de groupes citoyens, d'organisations en matière
environnementale, est-ce que là, vous avez tâté le terrain avec elles? Est-ce
que vous avez eu des consultations depuis que vos amendements ont été rendus
publics?
M. Poulin : En fait, compte
tenu, bon, différents éléments, les... il y a des consultations qui ont été
menées dans le passé avant le dépôt de l'amendement. L'amendement effectivement
a été déposé devant la commission à la fin février, avant les semaines de
relâche. Le conseil municipal avait préalablement adopté l'esprit de ce que
nous allions faire. Et l'amendement est dans l'esprit des orientations qui
avaient été données au conseil municipal et dans la collaboration. Alors, pour
nous, on... on a la certitude d'avoir été transparents à son maximum avec la
communauté locale, surtout que nous traitons de cet article-là dans les détails
aujourd'hui devant une commission parlementaire. Alors, je pense qu'on est dans
la totale transparence auprès de la population. Et le ministère de l'Environnement
a discuté également avec différentes autorités, je ne sais pas, avec différents...
différents éléments, là, notamment le comité de vigie, je pense, c'est bien ça?
Oui.
M. Paradis : Bien, une
nouvelle fois, je salue ce dialogue avec les autorités municipales. Vous savez
que dans d'autres dossiers, dont un autre dont on parlait aujourd'hui, j'aurais
préféré qu'il y ait plus de ça. Mais, dans ce cas-ci, je le salue. On leur a
parlé aussi et on connaît leur position, donc je... je suis... je... voilà, je
salue le fait que ça soit fait en collaboration avec les autorités locales et
régionales, parce que c'est... c'est un dossier qui a vraiment un impact sur l'économie
locale, la qualité de vie, l'environnement localement, donc très important.
Mais je comprends donc qu'avec les groupes de la société civile, avec les
représentants des citoyens et des citoyennes, notamment des groupes
environnementaux, ça, vous n'avez pas eu directement de relations. Est-ce qu'il
y en a qui... qui vous ont contacté, qui ont exprimé leur avis ou une
dissidence par rapport à votre... par rapport...
M. Paradis : ...votre
proposition depuis que vous avez déposé les amendements?
M. Poulin : Nous avons
rencontré le comité de vigie. Alors, je ne sais pas si les équipes ont des
éléments à nous mentionner à ce niveau-là.
La Présidente (Mme Dufour) : M.
Armanda.
M. Armanda (Stéphane) : Bien,
peut-être juste mentionner qu'au niveau du... au niveau du comité de vigie, là,
la composition du comité, il y a deux représentants de la ville de
Rouyn-Noranda, il y a deux représentants du Conseil régional en environnement
de l'Abitibi, un représentant de la Chambre de commerce et de l'industrie de
Rouyn, un membre de la communauté autochtone, un représentant des villes et
villages en santé de Rouyn-Noranda, un représentant du cégep de Rouyn-Noranda
et deux représentants du corps... professoral proposé par le recteur de
l'Université du Québec. Donc, ça va quand même regrouper, là, certains groupes,
là, au niveau de Rouyn, là.
M. Paradis : Et donc vous les
avez rencontrés récemment?
M. Armanda (Stéphane) : On
les a rencontrés récemment pour les informer de l'amendement, et leur expliquer
le processus, et ce qu'il y avait dans l'amendement également.
M. Paradis : Et comment
ont-ils réagi?
M. Armanda (Stéphane) : Ils
auraient aimé être consultés plus tôt. Par contre, on leur a expliqué que la
consultation était très difficile, dans les circonstances. On a réussi à
obtenir une entente, là, avec les gens de la fonderie deux jours avant le dépôt
de l'amendement, donc. Puis les délais étaient très, très serrés et primordials
pour nous, parce que, si on voulait respecter les recommandations de la Santé
publique pour être capables de proposer des cibles qui étaient atteignables
rapidement, il fallait absolument passer par le projet de loi ici présent, là.
M. Paradis : Et donc ce
comité de vigilance, que conclut-il, outre la question de la consultation? Je
comprends qu'il vous dise : On aurait aimé être consultés avant. Mais que
conclut-il au terme de la présentation que vous avez faite des amendements
proposés?
M. Armanda (Stéphane) : On
n'a pas eu de feedback global du comité, là. Ça a été vraiment discussion.
C'est différent d'un membre à l'autre. Par contre, il y a eu quand même
certaines satisfactions, à savoir qu'on n'avait pas modifié les cibles parce
que certaines demandes de Glencore demandaient de modifier certaines cibles. On
a refusé. On a accepté de reporter dans le temps, le temps qu'ils mettent en
place leur nouveau plan d'action. Mais le gouvernement n'a pas accepté de
modifier certaines cibles, tel que demandé par Glencore.
• (17 h 10) •
M. Paradis : Très bien. Donc,
et outre ce comité de vigilance, est-ce que vous avez rencontré d'autres
organismes, d'autres associations?
M. Armanda (Stéphane) : Ça a
été les seuls.
M. Paradis : Très bien.
Merci.
La Présidente (Mme Dufour) : Ça
complète vos échanges? Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'article 70.16? Mme la députée de Verdun, je crois que vous aviez un
sous-amendement que vous vouliez déposer.
Mme Zaga Mendez : Oui,
mais... C'est ça. Je veux juste une question technique. Parce que, là, on vote
de l'article, et, si on veut ajouter quelque chose, c'est maintenant, en
sous-amendement, ou c'est...
La Présidente (Mme Dufour) : Oui.
Tout à fait.
Mme Zaga Mendez : C'est comme
ça. OK. Ça fait que, là, on va... On l'a envoyé comme sous-amendement? Parfait.
On m'a dit que c'était envoyé. On peut le...
La Présidente (Mme Dufour) : Oui.
Mme Zaga Mendez : Alors,
donnez-moi une seconde, je veux juste l'ouvrir. Donnez-moi une seconde.
La Présidente (Mme Dufour) : Il
est à l'écran.
Mme Zaga Mendez : Excellent.
Parce que ça va être mieux pour mes yeux. Donc, le sous-amendement qu'on
dépose : Insérer dans l'article 70.16 du projet de loi, tel
qu'introduit par l'amendement et après le premier alinéa, le suivant :
«Les conditions de normes et autres
exigences prévues par cette autorisation ne peuvent être reconduites
automatiquement ou prolongées pour une nouvelle mesure législative ou
administrative sans avoir préalablement obtenu le rapport d'une consultation
publique et d'un avis de la Santé publique.»
Donc, c'est un peu pour faire le lien
avec... Puis vous pouvez le défiler là où est-ce qu'on le mettrait, là. On
avait cette discussion-là auparavant, qu'est-ce qui arrive après. Bien sûr, je
ne suis pas d'accord avec ce qu'on a voté dans... dans l'annexe, mais on veut
s'assurer que ceci ne va pas plus loin que 2033, et que toutes les exigences
qui sont prévues ne vont pas être reconduites automatiquement ou prolongées par
n'importe quelle mesure législative. Parce que, là, on... tout à l'heure, on
nous disait que, si on veut prolonger, il faudrait passer par la loi. Ce qu'on
fait, c'est dire que, là, on le fait... on le fait une fois, et c'est tout, ou
administrative. Et ça, c'est ce que je disais tout à l'heure, c'est lorsque les
attestations ne sont... on n'arrive pas à une entente de facto. L'attestation
continue. Et donc on ne peut pas le faire sans avoir préalablement le rapport
d'une consultation publique, un avis de la Santé publique, ce qui est dans les
mœurs et les usages, et un peu comme on disait tout à l'heure, en fin de
consulter les parties prenantes.
La Présidente (Mme Dufour) : OK.
Est-ce qu'il y a des questions sur le sous-amendement déposé par la députée de
Verdun?
M. Poulin : Bien, ma première
réflexion, je remercie la députée et ses équipes pour le travail...
M. Poulin : ...ma première réflexion
est : Il est assez rare, dans une législation... parce que je sais que la
députée veut dire : Je ne veux ni attacher les mains du prochain
gouvernement, je ne veux ni attacher les mains de l'entreprise, je ne veux ni
donner des garanties, et là l'amendement, la façon dont il est composé, c'est
qu'on vient dire : Le gouvernement ne peut pas ajouter une autorisation,
ne peut pas la reconduire non plus, ni même la prolonger, même si elle a
atteint ses cibles et qu'on est satisfaits et qu'on est content, donc peut-être
même les cibles que l'on souhaite tous, sans avoir préalablement obtenu le
rapport d'une consultation publique ou un avis de la santé publique. Mais n'y
a-t-il pas une façon d'attacher le législateur davantage en faisant ça? Parce
qu'on dit : On ne peut pas la renouveler, on ne peut rien faire s'il n'y a
pas eu le rapport d'une consultation publique ou un avis de la Santé publique.
Mme Zaga Mendez : Bien, la
procédure habituelle pour faire une attestation, c'est une consultation publique
puis un avis de la Santé publique. C'est ce qu'il faut faire, ce qui a été fait
en 2022.
M. Poulin : Mais donc, vous
voulez le mettre dans la loi?
Mme Zaga Mendez : Là, on vote
un article. Je veux juste bien entendre notre objectif, là. C'est que, là,
ramenons... Cet article-là, c'est du jamais vu dans l'histoire de la LQE,
jamais. On est en train de, et on nous a expliqué pourquoi, donner le pouvoir
de changer des délais, pas de changer ce qui est à l'extérieur, de changer les
délais d'application parce que ce n'était pas possible, parce que, pour la
modification du contenu, ça se fait toujours en négociation et voilà. Ça, c'est
du jamais vu, là, qu'on est en train de mettre dans une annexe de la LQE ces
points de détail là, qu'est-ce qui va être dans une attestation.
Donc, nous, ce qu'on dit, c'est que, là,
dans cette exception-là pour laquelle, on va s'entendre, là, le contenu, nous
ne sommes pas d'accord, mais si vous êtes pour le faire, de dire que tout ce
qui est écrit, les conditions, les normes et autres exigences prévues par cette
autorisation ne peuvent pas être reconduites de façon automatique ou prolongée
par une nouvelle mesure législative de ne pas venir jouer dans la loi et ne pas
faire en sorte que cette attestation-là, de facto, elle va continuer après
2033, là, dans le fond, c'est mettre plus de pression pour... on n'a jamais
fait ça dans l'histoire du Québec, là.
M. Poulin : Bien, Mme la
députée, je suis en mode écoute, je vais suspendre. Bien, la présidente va
suspendre, si vous êtes d'accord.
La Présidente (Mme Dufour) : Merci,
M. le ministre. Donc, je comprends que je vais suspendre. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 17 h 16)
17 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 17 h 46)
La Présidente (Mme Dufour) : Parfait,
donc on vient de revenir. Je rappelle que nous étions sur des discussions qui...
sur le sous-amendement déposé par la députée de Verdun concernant l'article 70.16,
qui était déjà un amendement du ministre.
M. le ministre, vous voulez. Vous voulez
intervenir sur la proposition du sous-amendement de la députée de Verdun.
M. Poulin : Oui,
effectivement. Alors, en dehors des ondes, évidemment, dans une optique d'écoute,
et j'ai bien entendu le plaidoyer de la députée de Verdun, qui sortait, certes...
qui souhaitait certaines garanties lors du renouvellement de la durée du permis
accordé à la fonderie Horne, de l'autorisation accordée à la fonderie Horne.
Alors, je l'ai entendu. Ce que j'ai l'intention de faire, c'est de déposer à
nouveau 70.16, amendé, qui va prendre en compte certaines considérations de la
députée sans... parce que je dépose... je dois déposer l'amendement pour le
lire, alors vous comprenez que je ne peux pas, je vais donner l'esprit du
nouveau 70.16 que je souhaiterais déposer pour avoir l'accord de la
députée, peut-être même que la députée puisse retirer son amendement
ultimement. L'objectif que j'aurais à déposer un nouveau 70.16 qui correspondrait
à ce que la députée souhaite, c'est que le premier renouvellement de l'autorisation,
visée au premier alinéa, subséquent au 15 mars 2033, doit faire l'objet d'une
consultation publique, conformément aux articles 31.20 et 31.21 de la Loi
sur la qualité de l'environnement. Et, si la députée accepte, je pourrais aller
davantage en détail lors du dépôt à nouveau, de l'article total et entier de
70.7.
La Présidente (Mme Dufour) : Et
que vous devrez relire, entièrement.
M. Poulin : Je vais me
conformer à ce que vous me dîtes, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Dufour) : Donc,
Mme la députée de Verdun, je crois que vous vouliez en... vous aviez encore des
interventions sur votre sous-amendement?
Mme Zaga Mendez : Oui, j'avais
juste... Oui, parce que ce sous-amendement me... nous permettait aussi de bien
comprendre certaines mécaniques, là. J'ai posé des questions qui n'étaient pas
au micro, donc je veux juste qu'on enregistre les réponses, là.
La première, concernant, bien sûr, qu'est-ce
qu'on crée avec le 70.16 est nouveau, est complètement nouveau, donc...
Mme Zaga Mendez : ...Et là,
comme c'est enchâssé dans la loi, je veux juste qu'on... qu'on s'entende. Puis,
la réponse que j'avais eue tout à l'heure, c'est que d'ici 2033 ou
n'importe quel moment, il peut avoir des modifications à l'annexe ou à... à
ceci, de façon législatif, là. On n'a aucun contrôle pour dire : On ne
touche plus. Les dates sont fixes pour toujours. Il peut y avoir des modifications
législatives à venir si un parlementaire ou un groupe parlementaire le
souhaite.
Une voix : ...
Mme Zaga Mendez : Je ne sais
pas si vous le dire au micro.
La Présidente (Mme Dufour) :
M. Armanda.
M. Armanda (Stéphane) : Oui,
c'est exact, il pourrait y avoir d'autres modifications législatives, là, s'il
y avait un besoin dans les prochaines années.
Mme Zaga Mendez : Donc, alors
si... Est-ce que... Et ces modifications-là, c'est autant les cibles que les
délais, ou si c'est vraiment les délais, c'est-à-dire qu'on pourrait repousser?
M. Armanda (Stéphane) : C'est
sur l'échéancier de l'autorisation, donc le 2033. Pour les modifications
standards, ça passe par le processus du ministère. Donc, il pourrait y avoir
des modifications aux cibles dans l'autorisation, mais ça n'aurait pas à passer
par le législatif, ça pourrait être fait au niveau administratif par le
ministère.
Mme Zaga Mendez : OK. Alors,
notre intention avec le sous-amendement, c'est dire que rien ne pourrait être
reconduit automatiquement ou prolongé par une nouvelle mesure législative.
Donc, ce que j'entends, c'est que ceci est impossible à appliquer vu la nature
de la loi.
M. Armanda (Stéphane) :
Exactement
Mme Gakwaya (Aurélie-Zia) :
Peut-être, en termes... en termes juridiques, on ne peut pas lier en avance les
parlementaires, là. Donc, le Parlement est souverain. Donc, on ne pourrait pas,
dans une loi, venir lier en avance le pouvoir législatif.
Mme Zaga Mendez : Bon. Vous
répondez à ma première question pour la partie administrative. La... Et ça,
c'était une de nos craintes, là, c'est-à-dire que la... la fonderie Horne, vu
que c'est spécifique sur Glencore et Fonderie Horne, ne sont pas assujettis aux
mêmes obligations dans le processus de renouvellement que les autres compagnies
qui sont assujetties aux REA. Peut-être, vous nous en dire un peu plus sur les
demandes qui passent par un... le processus de renouvellement selon le REA et
les... et les compagnies qui ne sont pas... qui ne suivent pas ça.
• (17 h 50) •
Mme Gakwaya (Aurélie-Zia) : Oui,
peut-être à titre de clarification, là, donc l'ensemble des entreprises qui
sont assujetties à une autorisation qui est visée par le PRRI vont quand même
suivre le processus qui est prévu dans la Loi sur la qualité de
l'environnement, qu'elles aient été en exploitation avant l'entrée en vigueur
du RAA ou non. Donc, le processus de renouvellement ou de modification
d'autorisation est le même. Donc, dans le cas de la fonderie, ce serait le même
processus qui s'appliquerait qu'une nouvelle industrie, par exemple. Donc,
vraiment, ce qui est prévu à... à la Loi sur la qualité de l'environnement
directement, c'est ce qui s'appliquerait pour le prochain renouvellement ou
pour une prochaine demande de modification d'autorisation.
Mme Zaga Mendez : Est-ce
qu'ils sont assujettis à la consultation publique? Comme parce qu'on se
rappelle, on a eu la discussion tout à l'heure, là, mais peut-être pour
l'enregistrer, en 2022, il y a eu une consultation publique, mais ceci n'était
pas une obligation, elle était une... un pouvoir qui y était exercé, là, par du
ministère de l'Environnement. Alors, juste pour nous rappeler pourquoi ce
n'était pas une obligation puis bien comprendre parce que c'est... c'est de ça
aussi qu'il s'agit, là.
Mme Gakwaya (Aurélie-Zia) : Tout
à fait. Donc, la... la Loi sur la qualité de l'environnement prévoit, dans
certains cas, que le premier renouvellement d'une autorisation relative à
l'exploitation d'un établissement industriel doit faire l'objet d'une
consultation publique. C'est les articles 31.20 et 31.21 de la Loi sur la
qualité de l'environnement. Il y a aussi certains types de demandes de
modification qui doivent passer par ce processus-là. Dans le cas de la fonderie,
ces articles-là ne sont pas applicables à ces renouvellements, évidemment,
parce qu'elle est en exploitation depuis vraiment longtemps. Donc...
Mme Zaga Mendez : ...ils ne
sont donc pas à leur premier renouvellement.
Mme Gakwaya (Aurélie-Zia) : Ils
ne sont pas à leur première rencontre et ne rencontrent pas non plus les autres
possibilités d'ouverture pour que ces articles-là soient appliqués. Donc, ils
ne sont pas... On n'est pas liés par le processus, ils ne sont pas assujettis
au processus qui est prévu à 31.20 de la Loi sur la qualité de l'environnement.
Mme Zaga Mendez : Parfait.
Donc, ce que je comprends de l'amendement que j'ai déposé, la première partie
avec votre réponse ne peut pas s'appliquer, vu qu'on est en train d'enchâsser
les... les parlementaires. C'est la deuxième qui pourrait avoir, là, une mesure
et donc où nous allons discuter, je pense, tout à l'heure, avec M. le ministre
dans ce cas-là. Je vais quand même le dire, là, je pense retirer mon
amendement, mais... la... la procédure fait en sorte que je vais quand même
entendre votre 76.. 70.16 amendé pour qu'on puisse voir si là, il y a une
réponse, justement, à cette deuxième partie, considérant les délais
administratifs, là, puis le renouvellement...
La Présidente (Mme Dufour) :
...est-ce qu'il y a consentement pour le retrait du sous-amendement de la
députée de Verdun?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Dufour) :
Parfait. Excellent. Donc...
Une voix : ...
La Présidente (Mme Dufour) :
Oui, oui, oui, il a consenti. Donc, on retourne à l'article 70.16, l'amendement
70.16.
M. Poulin : ...conforme à
l'engagement que j'ai pris, nous allons déposer un nouveau 70.16 tel qu'amendé.
Est-ce que vous l'avez reçu?
La Présidente (Mme Dufour) : Ça
vient juste de rentrer. Je vous demanderais de suspendre, M. le ministre,
quelques instants.
M. Poulin : D'accord.
La Présidente (Mme Dufour) :
Merci.
(Suspension de la séance à 17 h 54)
(Reprise à 17 h 56)
La Présidente (Mme Dufour) :
On reprend. Alors, nous sommes de retour. M. le ministre, nous avons reçu votre
nouvelle version de l'amendement 70.16, mais avant de procéder, il faudrait le
consentement pour retirer la version précédente. Donc, est-ce qu'il y a
consentement? Parfait. Donc, c'est retiré. Donc, je vous invite à déposer, ou à
lire, plutôt, le nouvel amendement 70.16.
M. Poulin : Absolument.
Alors, insérer, après l'article 70.15 du projet de loi, tel qu'amendé, le
suivant 70.16 :
«L'autorisation n° 2023-08001,
renouvelée le 16 mars 2023 par le ministre du Développement durable, de
l'Environnement et des Parcs, avec Glencore Canada Corporation pour
l'exploitation de l'usine de fonte et d'affinage de cuivre, Fonderie Horne, à
Rouyn-Noranda, conformément au paragraphe 1 du premier alinéa de l'article 22
de la Loi sur la qualité de l'environnement (chapitre Q-2) est prolongée
jusqu'au 15 mars 2033, aux conditions, normes et autres exigences de cette
autorisation, sous réserve des modifications prévues à l'annexe 1, qui
s'appliquent à compter de (indiquez ici la date de la sanction de la présente
loi. Le ministre doit, au plus tard le 30 juin 2026, intégrer les modifications
déterminées en vertu du premier alinéa dans l'autorisation. Il peut y apporter
les modifications de forme et de concordance requise pour la mettre à jour
ainsi que pour faciliter la mise en œuvre du présent article. Jusqu'au 30 juin
2026, en cas de conflit entre les dispositions de l'autorisation et celles du
présent article et de l'annexe 1, ces dernières prévalent.
«Les modifications déterminées en vertu du
premier alinéa sont réputées être les conditions d'une autorisation délivrée en
vertu du paragraphe 1 du premier alinéa de l'article 22 de la Loi sur la
qualité de l'environnement et avoir été prescrites en vertu de l'article 25 de
cette loi. Les mesures administratives, les sanctions administratives
pécuniaires et les amendes applicables en vertu de cette loi, ainsi que, le cas
échéant, de la Loi sur certaines mesures permettant d'appliquer les lois en
matière d'environnement et de sécurité des barrages (chapitre M-11.6)
s'appliquent à tout défaut de respecter l'une de ces conditions. Le premier
renouvellement de l'autorisation visée au premier alinéa subséquent au 15 mars
2033 doit faire l'objet d'une consultation publique, conformément aux articles
31.20 et 31.21 de la Loi sur la qualité de l'environnement.
«L'article 70.15 de la présente loi ne
s'applique pas à l'autorisation visée par le présent article.»
La Présidente (Mme Dufour) : Est-ce
qu'il y a des interventions?
M. Poulin : Alors, bien,
peut-être, Mme la Présidente, si vous me le permettez, la députée...
M. Poulin : ...de Verdun a
sensibilisé les membres de la commission au renouvellement et aux conditions de
renouvellement de l'autorisation donnée à Glencore. Nous, ce que nous
soumettons aujourd'hui devant les membres de la commission, c'est qu'au
15 mars 2033, elle doit faire l'objet d'une consultation publique conformément
aux articles 31.20... 31.20, 31.21 de la Loi sur la qualité de
l'environnement. Lorsque nous allons lire les articles de la Loi sur la qualité
de l'environnement, le 31.20 et le 31.21, nous venons déterminer le processus
de consultation publique qui est fait dans le cadre d'une autorisation.
Glencore n'y était pas assujettie de façon d'office, compte tenu que
l'entreprise, sa fondation était avant la mise en place de ces articles-là.
Donc, c'est un gain important pour Québec solidaire. Mais aussi, je le mentionne,
nous venons enchâsser des conditions de renouvellement à Glencore Canada en
2033.
La Présidente (Mme Dufour) :
Donc, oui, Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga Mendez : Merci. Merci
pour la réponse et le changement, M. le ministre. Pour comprendre, en 31.20
puis 31.21, est-ce qu'on nomme le rôle et le type d'avis que la Santé publique
doit émettre, ou à quel niveau pour la consultation puis le renouvellement?
M. Poulin : Dans 31.20, on
dit, cet avis doit indiquer : «Tout groupe ou personne peut dans le délai,
selon les modalités prévues par règlement du gouvernement, soumettre des
commentaires au ministre.» Alors, on parle d'un avis annonçant la tenue d'une
consultation publique portant sur la demande de renouvellement et rendre
disponible le dossier de la demande pour une période d'au moins 30 jours. Tout
comme la Santé publique a transmis une lettre le 20 mars dernier, tout
comme elle... elle en a transmis suite à des correspondances l'automne dernier,
la santé publique, à tout moment dans le cadre d'un processus, est en mesure de
pouvoir émettre son avis. Je ne sais pas s'il y a d'autres éléments que les
professionnels souhaitaient mentionner? Non. Ça va.
Mme Zaga Mendez :
...consultation publique, c'est juste pour bien comprendre, parce que c'était
l'autre partie de l'amendement, où les consultations publiques, comme on a...
comme les gens de Rouyn ont eues l'année 2022... Et, dans cette cadre-là,
il y avait eu la Santé publique qui a été nommée, mais ça, on ne peut pas le
garantir avant, là, c'est... les groupes qui sont rentre nommés dans la liste
seront nommés par le ministère. Juste pour bien comprendre, le ministère de
l'Environnement va nommer, à ce moment-là les personnes... d'intérêt à la
consultation publique?
Mme Gakwaya (Aurélie-Zia) :
...qui est prévu à la Loi sur la qualité de l'environnement, il n'y a pas
d'engagement fixe, il n'y a pas de lien spécifique qui est fait à la Santé
publique non plus.
• (18 heures) •
Mme Zaga Mendez : ...bien, vous
répondez à ma question. Bien, bien sûr qu'on accueille ceci de façon favorable
pour mettre quand même au clair qu'est-ce qui arrive après. Donc, je salue ça.
Ceci étant dit, vu que ça se retrouve dans l'ensemble de l'amendement pour
lequel nous discutons depuis tout à l'heure, j'ai... je vais quand même me
permettre mes réserves sur la nature de ce qu'on est en train de faire, là, de
complètement modifier la Loi sur la qualité de l'environnement pour ne pas
seulement introduire à l'annexe, mais ceci. Mais j'ai quand même... j'annonce
que ceci nous semble une avancée, à l'intérieur de... d'un amendement qui
bascule aussi, selon nous, le cadre environnemental.
La Présidente (Mme Dufour) :
...non. Donc, est-ce qu'il y a d'autres interventions sur le nouvel
amendement 70.16? Non... Oui, Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger.
Mme
Rotiroti
:
...je réfléchis pendant que vous parlez, Mme la Présidente, mais non, dans le
fond, c'est le... de qu'est-ce que je comprends dans... dans la conversation
qu'on a eue hors micro, c'est que Glencore n'était pas soumis, il y avait un
droit d'acquis et là on est en train... Mais c'est important quand même de dire
qu'ils se sont quand même... La consultation a été faite. Ils sont quand même
soumis à le processus, nonobstant le fait qu'il y avait un droit acquis. Mais
là, ici, on met dans... enchâsser dans la loi, comme j'avais dit dans mon
intervention avec le ministre, une fois que le plan d'action, il y a une
échéance, les... les autorisations, comment... C'est quoi, la suite? Parce que,
là, on parle de sept ans, mais c'est quoi, la suite après sept ans? Ça fait
que, là, on vient... ici, on vient exiger à Glencore de suivre le processus
de... sur une base plus officielle, on va dire ça comme ça, parce qu'on vient de
l'enchâsser dans la loi.
M. Poulin : ...
Mme
Rotiroti
:
...obligatoire. Merci, M. le...
La Présidente (Mme Dufour) :
C'est bon? Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Donc, est-ce que
l'amendement est adopté? Appel... vote par appel nominal a été demandé. Mme la
secrétaire.
La Secrétaire
: Pour,
contre abstention. M. Poulin (Beauce-Sud)?
M. Poulin : Pour...
18 h (version non révisée)
La Secrétaire
:
...Mme Hébert (Saint-François)?
Mme
Hébert
:
Pour.
La Secrétaire
:
M. Sainte-Croix (Gaspé)?
M. Sainte-Croix : Pour.
La Secrétaire
:
M. Asselin (Vanier-Les Rivières)?
M. Asselin : Pour.
La Secrétaire
:
Mme Jeannotte (Labelle)?
Mme Jeannotte : Pour.
La Secrétaire
:MmeRotiroti (Jeanne-Mance—Viger)?
Mme
Rotiroti
:
Pour.
La Secrétaire
:
M. Kelley (Jacques-Cartier)?
M. Kelley
: Pour.
La Secrétaire
:
Mme Zaga Mendez (Verdun)?
Mme Zaga Mendez : Contre.
La Secrétaire
:
M. Paradis (Jean-Talon)?
M. Paradis : Pour.
La Présidente (Mme Dufour) :
Excellent, donc, adopté. Le prochain article, Mme la secrétaire, est ce que c'est
le 70.17 ou est-ce qu'on passe à un autre bloc?
M. Poulin : On va passer à un
autre bloc, et nous revenons un peu sur nos pas. En fonction du cadre que nous
avions, nous allons aller au bloc 16 et c'est l'article 65 du projet
de loi.
La Présidente (Mme Dufour) : OK,
donc... donc, ça prend un consentement pour revenir en... sur cet... ce bloc-là.
Donc, est-ce qu'il y a consentement pour qu'on retourne au bloc 16? Je
pense qu'il avait été suspendu, hein, c'est ça?
Une voix : ...
La Présidente (Mme Dufour) : C'est
ça. Donc, il faut le consentement pour retourner. C'est bon?
M. Poulin : Oui.
La Présidente (Mme Dufour) : Excellent.
Donc, c'est...
M. Poulin : Le bloc 16,
c'est l'article 65.
La Présidente (Mme Dufour) :
...l'article 65. OK. Donc, je comprends que ça, ça n'avait pas été lu.
Donc, j'inviterais donc M. le ministre à lire l'article...
M. Poulin : Vous me
permettrez, Mme la Présidente, de remercier les équipes du ministère de l'Environnement
pour leur précieuse collaboration. Je vous salue et je vous remercie. Alors...
Oui?
La Présidente (Mme Dufour) : Je
vais peut-être juste, vu qu'il y a beaucoup de bruit, peut-être suspendre deux
instants, le temps que les équipes changent de place, puis on reprend dans
quelques instants.
(Suspension de la séance à 18 h 05)
(Reprise à 18 h 06)
La Présidente (Mme Dufour) : Alors,
parfait, on est revenu. Donc, nous étions rendus à l'article 65, article
régulier du... (panne de son)... Je vous invite à lire l'article.
M. Poulin : 65. L'article 81
de cette loi est modifié par le remplacement de «cinquième» par «sixième».
Alors, le texte proposé : La période
de validité de permis délivré pour la culture et l'exploitation d'une érablière
à des fins acéricoles prend fin le 31 décembre de la sixième année de sa
délivrance.
Commentaires : Cet article prolonge d'un
an la période de validité d'un permis délivré pour la culture et l'exploitation
d'une érablière à des fins acéricoles dans les forêts du domaine de l'État.
Cette modification permet de modifier le règlement sur les permis d'intervention
quant à l'obligation de produire un rapport sur le volume de sève récoltée
prévu au deuxième alinéa de l'article 25 de ce règlement qui passerait d'une
fréquence annuelle à une fréquence bisannuelle afin d'harmoniser la fréquence
de production de ces rapports avec la durée de validité du permis prévu par la
Loi sur l'aménagement durable du territoire forestier. Celle-ci passerait donc
de cinq à six ans.
Alors, Mme la Présidente, près de
20 % des entailles se situent en forêt publique et nécessitent l'obtention
de ce permis. Ce dernier peut être délivré à quiconque détient ou est en voie
de détenir un contingent de productions allouées, on le sait, par les
producteurs et productrices acéricoles du Québec, et le permis acéricole permet
à son titulaire d'entailler les érables pour récolter la sève et réaliser
certaines activités d'aménagement forestier, notamment la coupe et la récolte
de bois dans le cadre de... acéricoles. Donc, on vient faire un allègement
réglementaire au niveau de la durée du permis qui passerait de cinq à six, puis
ça s'harmonise avec la fréquence également de production des rapports sur le
volume de sève récoltée, qui passerait d'une fréquence annuelle à bisannuelle.
Il sera offert aux titulaires de permis d'acquitter les droits exigibles en un
seul...
M. Poulin : ...versement
annuel. Ainsi, les droits sont exigibles en deux versements égaux, soit le
31 janvier, le 31 juillet. Et... Alors, c'est un bel allègement
réglementaire pour l'industrie acéricole, qui, d'ailleurs, est en pleine
production.
La Présidente (Mme Dufour) : Oui,
et j'ai déjà été à la cabane à sucre cette année.
M. Poulin : Ah! Génial!
La Présidente (Mme Dufour) : Donc,
est-ce qu'il y a des interventions? Oui, Mme la députée de Jeanne-Mance...
Jeanne-Mance-Viger.
Mme Rotiroti : Merci, Mme la
Présidente. Alors, ici, le ministre est en train d'alléger par rapport... le
nombre de rapports qui est soumis. Non?
M. Poulin : ...on est
vraiment sur l'acériculture, le détenteur d'un permis acéricole, qui devait le
faire, le renouvellement, aux cinq ans, il va être aux six ans.
Mme Rotiroti : Cinq ans. Là,
aux six ans.
M. Poulin : Donc, on n'est
pas dans les rapports gouvernementaux.
Mme Rotiroti : Pourquoi six
ans, M. le ministre?
M. Poulin : C'est qu'on vient
en même temps s'harmoniser avec le... je donne... La durée de validité du
permis passerait 5 à 6 ans pour s'harmoniser avec la fréquence de
production des rapports sur le volume de sève récoltée qui passerait d'une
fréquence annuelle à bi-annuelle. Et les articles 65, 66 et 67 viennent
harmoniser le tout. C'est un allègement réglementaire et ça aide à avoir un
petit peu moins de paperasse. D'ailleurs, le coût pourrait être également...
être titulaire au permis, d'avoir un seul versement annuel au niveau du
paiement. Les droits exigibles en deux versements égaux, 31 janvier et
31 juillet, et... Voilà.
Mme Rotiroti : Parfait. Ça
fait qu'on va faire juste la durée du permis plus longtemps. Mais que vous
parlez du paiement, ce serait une fois, mais il n'y a pas de changement dans le
montant du paiement.
M. Poulin : Exact.
Mme Rotiroti : On allonge le
temps.
M. Poulin : Il n'y a pas de
perte de revenus.
Mme Rotiroti : Il n'y a pas
de perte de revenus. Parfait. Merci.
La Présidente (Mme Dufour) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions? Oui. M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui. M. le
ministre, juste de bien comprendre la raison d'être de la rapport en général,
pour produire un rapport sur le volume de sève récoltée. Pourquoi on a mis ça
en place dans le... dans le premier lieu? Et c'est quoi, la nécessité d'un
rapport comme ça, en général?
• (18 h 10) •
M. Poulin : Bien, il y a
différents éléments. On a une réserve mondiale de sirop d'érable qui fait en
sorte qu'on suit le sirop d'érable qui est récolté. On a également tout l'enjeu
des émissions en... les émissions d'entailles en terres publiques qui fait en
sorte qu'on tente de surveiller le mieux possible est-ce que les changements climatiques,
est-ce que le gel, le dégel, est-ce qu'il y a des régions du Québec qui sont
pénalisées également, des régions où c'est un peu plus chaud, est-ce qu'il y a
eu un impact sur la sève récoltée. Et ça vient donner un certain équilibre puis
une certaine prévisibilité au gouvernement, à savoir si nos érablières sont en
mesure de pouvoir répondre aux souhaits et à la demande. Et c'est... c'est...
L'objectif derrière ça est davantage de pouvoir le faire, parce que vous n'êtes
pas sans savoir que c'est les producteurs acéricoles qui l'émettent.
M. Kelley : Parfait. Puis le
fait qu'on change ça de 5 à 6 ans sur les données qui sont importants,
changements climatiques, ça ne change pas énormément de choses vraiment dans
les données qui sont récoltées?
M. Poulin : Exactement. Puis
j'ai une donnée intéressante. Le renouvellement de chaque permis nécessite
environ trois jours de travail à chaque cinq ans. Pour près de 1
200 permis en vigueur, ça représente donc trois ETC au gouvernement du
Québec, qui doit gérer ça. Et, si la période de validité passe à six ans, on
estime qu'on va être à 0,5 ETC qui vont être économisés. Et donc ça va... ça va
non seulement aider à l'entrepreneur, mais en plus, le gouvernement du Québec.
M. Kelley : OK. Merci, Mme la
Présidente. Et merci, M. le ministre.
La Présidente (Mme Dufour) : Est-ce...
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 65? Non. Donc,
est-ce qu'il est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Dufour) : Parfait.
Donc, M. le ministre, on est rendus à l'article 66.
M. Poulin : 66. Les
articles 83 à 83.1 de cette loi sont abrogés.
Commentaires : Cet article abroge les
articles concernant les conditions de modification d'un permis de culture et d'exploitation
d'une érablière à des fins acéricoles dans les forêts du domaine de l'État par
concordance avec l'article 67 du projet de loi qui propose d'habiliter le
ministre des Ressources naturelles et des Forêts à prévoir par règlement les
conditions de modification des permis de culture et d'exploitation d'une
érablière à des fins agricoles... acéricoles, sûrement, acéricoles. Oui.
Pardon.
La Présidente (Mme Dufour) : Excellent.
Est-ce qu'il y a des questions, des interventions? Oui.
M. Kelley : ...qu'on est en
train d'enlever beaucoup de... beaucoup de texte dans la loi existant, alors
juste de bien prendre connaissance de ça. Merci.
La Présidente (Mme Dufour) : Parfait.
Il n'y a pas de problème.
M. Poulin : Vous dire quand
même que le... dans... Il faut garder ça en tête dans votre lecture, que le 67
protège plusieurs éléments sur les conditions... déterminer les conditions de
modification de permis. Je ne sais pas si nos légistes ont un point à apporter
sur la différence entre 66, 66.7.
La Présidente (Mme Dufour) : Il
me faudrait le nom et le titre de la personne. Et un consentement pour qu'il
prenne la parole?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Dufour) : Oui.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) :
Oui. Bonjour. Gabriel Tremblay-Parent. Je suis avocat pour le ministère de la
Justice.
En fait, c'est que l'article 66
abroge des dispositions qui prévoient...
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : ...des
conditions de modification d'un permis. Maintenant, ce sera l'article 67
qu'il va y avoir une habilitation pour prévoir ça par règlement. Donc, c'est...
c'est simplement de la concordance, parce que maintenant ça va être un autre
moyen de prévoir des conditions de modification.
M. Kelley : ...pour
l'explication. Je suis toujours en train de... en train de regarder aussi,
maintenant que le ministre a soulevé le fait qu'on va discuter de ça avec
l'article 67, qui est bien apprécié, mais peut-être aussi, juste parce
que, quand je regarde ça rapidement, on regarde «le ministre peut, à la demande
titulaire d'un permis, augmenter le superficie d'un territoire sur lequel porte
ces permis, et ce titulaire remplit les conditions suivants»... de 90 %
plus la capacité, j'allais quand même sur le point 2, pourquoi j'enlève le
fait que je vois un chiffre, puis c'est parce qu'on... je ne retrouve pas dans
la prochaine section. Alors, encore, c'est juste, on enlève certaines éléments,
je veux juste rassurer, est-ce que ça trouve ailleurs ou est-ce qu'on enlève ça
complètement? Parce que c'est un peu un détail qui était problématique pour les
producteurs. Je ne sais pas si vous comprendre le sens de ma question.
Mme Rotiroti : ...c'est que
là, tu enlèves le pouvoir du ministre, il n'est plus enchâssé dans la loi,
c'est par règlement qu'il peut changer ces conditions, tandis qu'avant c'était
dans la loi. Là, tu peux... Là, le ministre peut le faire par règlement. Moi,
c'est comme ça je le lis, là.
M. Poulin : En fait... En
fait, juste pour être... Bon, la durée de validité, ça, on l'a réglée.
Mme
Rotiroti
:
Ça, c'est beau.
M. Poulin : Parfait. L'autre,
on vient abroger les articles pour donner effectivement une flexibilité dans
l'émission, parce que le 87, là, je vais comme devancer un peu, mais «cet
article habilite effectivement le ministre des Ressources naturelles et des
Forêts à prévoir par règlement, les conditions de modification des permis de
culture et d'exploitation d'une érablière à des fins acéricoles, le fait de
prévoir les conditions de modification à la Loi sur l'aménagement durable du
forestier limitent la capacité du ministère des Ressources naturelles à faire
évoluer les conditions de modification des permis.» Donc, l'objectif est
d'avoir plus de flexibilité, puis c'est pour ça qu'à la... au 67, on vient
ajouter le point deux sur déterminer les conditions de modification d'un
permis. Déterminer ensuite les... «pour les permis autres que les permis de
culture d'exploitation d'une érablière à des fins acéricoles, les conditions de
renouvellement de permis». Alors oui, on vient le faire.
Sauf que les deux qu'on enlève, il y
avait... «déterminer le cas et les conditions selon lesquelles un permis de
culture et d'exploitation d'une érablière à des fins acéricoles peut être
modifié pour permettre le transfert d'une partie de la superficie sur
lesquelles porte un permis... compléter les travaux de construction des chemins
et bâtiments qu'il a décrits et localisés dans sa demande de permis.» Donc, nous,
on veut aller donner un peu de flexibilité, puis on vient surtout alléger le
permis en tant que tel avec les conditions qui peuvent être changées. Puis on a
consulté, notamment, producteurs acéricoles à ce niveau-là et on a... on a...
il est en accord. Je ne sais pas si vous avez des éléments à ajouter au niveau
du ministère.
La Présidente (Mme Dufour) : M.
Tremblay-Parent.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : Oui.
En fait, l'objectif de la modification, là, c'est de prendre d'abord deux
conditions de modification qui sont prévues dans la loi, là, actuelle. Deux
possibilités de modifier. D'abord, il y a l'agrandissement, là, du permis, puis
là, c'est là que le 90 % des constructions qui ont... qui ont été réalisé
conformément. Ça fait que, ça, c'est un cas où le ministre peut agrandir un
permis. Ça, ce sera repris, là, l'intention, en fait, c'est que ce soit repris
dans le règlement qui sera modifié par la suite, dans la mise en œuvre de la
modification législative. Il y a aussi un autre cas, là, qui serait le
transfert partiel d'un permis. Puis ça, encore une fois... ça, de toute façon,
déjà, ça passe par un règlement.
Donc, en bout de ligne, l'agrandissement,
ça va être juste transféré dans un règlement, puis il va y avoir aussi
maintenant de nouvelles situations qui vont être prévues par règlement pour
donner plus d'agilité puis plus de flexibilité. À titre d'exemple, là, quand on
discutait, ce serait, mettons, un cas où il y a une évolution dans
l'exploitation d'érablières qui implique des interventions, là, au cours de la
durée de sa période de validité. Et donc ce serait important d'apporter des
modifications ponctuelles aux conditions de réalisation du permis, là,
comment... comment couper, comment installer les équipements, c'est quoi, les
infrastructures qui doivent être mises. Puis ça, ça va devenir une... des
nouvelles conditions de modification d'un permis. Donc, ça va vraiment
faciliter l'évolution du permis, là, durant sa période de validité.
La Présidente (Mme Dufour) : Ça
va? Est-ce que... Oui, M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : J'imagine le fait
qu'on enlève... je reviens particulièrement à la point numéro un, le 90 %,
M. le ministre, c'est parce que c'était un niveau qui...
M. Kelley : ...peut-être trop
élevé pour permettre certains producteurs d'agrandir leurs opérations. Et je ne
sais pas si ce chiffre-là, cette cible-là a été mis de l'avant pour essayer de
serrer un petit peu, de s'assurer qu'on ne produira pas trop de sirop d'érable.
Je pose la question et je comprends aussi le point de votre sous-ministre,
particulièrement sur les travaux de constructions des chemins et des bâtiments.
On a entendu des groupes en commission que, des fois, ça devient très complexe.
Alors, d'alléger ça un petit peu, ça fait du sens. Mais je reviens sur le
90 % juste parce que maintenant ce n'est pas indiqué dans
l'article 67, parfait, je comprends, mais je suis juste... sur cette
cible-là, je suis très curieux pourquoi c'était quand même mis dans la loi dans
le passé.
La Présidente (Mme Dufour) : M.
le ministre.
M. Poulin : Bien, je vais
parler par mon expérience de député, mais peut-être qui... le plus d'entailles
en terres publiques et de... plus de producteurs acéricoles sont dans le comté
de Beauce-Sud au Québec. Puis peut-être les gens du ministère pourront...
pourront compléter. Mais, oui, effectivement, des fois il peut y avoir des
délais au niveau de la mise en entaille, de la tubulure, de l'exploitation,
mais de ce que moi, j'en connais, c'est que les gens exploitent très rapidement
les entailles qui leur sont émises à moins d'exceptions, de coûts, de
financement, d'attente, de liquidités, mais les gens exploitent très
rapidement. L'objectif est d'avoir une flexibilité.
Je ne sais pas si les gens du ministère
souhaitent en ajouter sur le 90 %, sur la raison du 90 %, du retrait.
C'était ça, la question du député.
La Présidente (Mme Dufour) : ...voilà.
D'abord, si une autre personne souhaite prendre la parole, il nous faut le
consentement. Donc, pas d'enjeu? OK. Donc, oui, M.. Donc, peut-être nommer
votre nom et votre titre, s'il vous plaît.
M. Roméo (Thierry) : Oui, donc
François Thierry Roméo. Je suis ingénieur forestier et directeur de la
coordination opérationnelle au ministère des Ressources naturelles et des
Forêts. Donc, effectivement, la condition d'avoir entaillé au moins 90 %
des entailles après deux ans de délivrance du permis, là, permet de s'assurer
que les forêts publiques sont maximisées au niveau de l'exploitation acéricole.
Donc, cette condition-là, comme mon collègue l'a énoncé, serait repris dans le
règlement.
La Présidente (Mme Dufour) : Parfait.
Est-ce que ça répond à votre question, M. le député?
M. Kelley
: Merci.
La Présidente (Mme Dufour) :
Excellent. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 66? Non.
Est-ce qu'il est adopté?
Des voix
: Adopté.
La Présidente (Mme Dufour) :
Adopté. Donc, l'article 66 est adopté. L'article 67. M. le ministre.
• (18 h 20) •
M. Poulin : ...de cette loi
est modifié par le remplacement des paragraphes deux et 2.0.1 par les
suivants :
«2 déterminer les conditions de
modification d'un permis;
«2.0.1 déterminer pour les permis autres
que les permis de culture et d'exploitation d'une érablière à des fins
acéricoles les conditions de renouvellement du permis.»
Commentaires : Cet article habilite
le ministre des Ressources naturelles et des Forêts à prévoir par règlement les
conditions de modification des permis de culture et d'exploitation d'une
érablière à des fins acéricoles. Le fait de prévoir les conditions de
modification à la Loi sur l'aménagement durable et du territoire forestier
limite la capacité du ministère des Ressources naturelles et des Forêts à faire
évoluer les conditions de modification des permis.
Notes additionnelles : Les conditions
de modification des autres types de permis d'intervention, exemple, pour la
récolte de bois de chauffage à des fins domestiques ou commerciales, sont
prévues au règlement. L'article 10 du Règlement sur les permis
d'intervention (chapitre A-18.1... .8.1) est un exemple d'article
prévoyant les conditions de modification pour un permis pour la récolte du bois
de chauffage à des fins domestiques ou commerciales. Il y a 1 170 permis
acéricoles présentement en vigueur, nombre qui est constamment en croissance.
La Présidente (Mme Dufour) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des questions, interventions? Parfait.
Excellent. Donc, est-ce que l'article est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Dufour) : Adopté.
Parfait. Donc là, on passe à l'article 64.
M. Poulin : Exactement.
La Présidente (Mme Dufour) :
Il y a un amendement, hein, à ce sujet. Mais, j'imagine, on va lire l'article
en premier. Donc, M. le ministre.
M. Poulin : Oui. Alors,
64 : La Loi sur l'aménagement durable du territoire forestier
(chapitre A-18.1) est modifiée par l'insertion, après l'article huit, du
suivant :
«8.1. Les dispositions du chapitre trois
de l'Entente concernant une nouvelle relation entre le gouvernement du Québec
et les Cris du Québec, conclue le 7 février 2022, approuvées par le décret
numéro 289-2002 du 20 mars 2002, ainsi que toute modification à celui-ci
approuvée par le gouvernement prévalent sur les dispositions de la présente
loi. Toute communauté, toute entreprise ou toute personne visée par l'entente
n'est cependant... n'est cependant exemptée de l'application des dispositions
inconciliables de la présente loi ou de ses règlements que dans la mesure où
elle respecte l'entente. Le ministre prévoit, par règlement, les normes
imposées à toute communauté, toute entreprise ou toute personne en vertu du
premier alinéa et dont la violation constitue...
M. Poulin : ...infraction
ainsi que les endroits où elle s'applique. Il prévoit également, le cas
échéant, les normes de la présente loi et de ses règlements qui font l'objet
d'une substitution et spécifie, pour chaque infraction parmi les amendes
prévues à l'article 246, celles dont est passible un contrevenant en cas
d'infraction. Un projet de règlement pris en vertu du deuxième alinéa est
préalablement soumis à l'avis des Cris du Québec et du Conseil cri Québec sur
la foresterie, au moins 45 jours avant son édiction.
Le règlement pris en vertu du deuxième
alinéa n'est pas soumis à l'obligation de publication prévue à l'article 8
de la Loi sur les règlements (chapitre R-18.1).»
Commentaires : Cet article propose de
donner préséance aux dispositions du chapitre 3 de l'Entente concernant
une nouvelle relation entre le gouvernement du Québec et les Cris du Québec,
communément appelée la paix des braves, sur les dispositions de la Loi sur
l'aménagement durable du territoire forestier. Il en est de même pour toute
modification au chapitre 3 de cette entente approuvée par le gouvernement.
Le chapitre 3 prévoit un régime forestier adapté sur le territoire de la
paix des Braves. La Loi sur les forêts, remplacée par la Loi sur l'aménagement
durable du territoire forestier, intégrait les dispositions chapitre 3 pour en
permettre la mise en œuvre.
En 2018, le gouvernement du Québec s'est
engagé, au moment de conclure l'amendement 6 à la Paix des Braves, à
procéder aux modifications législatives nécessaires pour assurer que la Loi sur
l'aménagement durable du territoire forestier soit cohérente avec cet
amendement. La modification législative proposée facilitera l'application du
régime forestier adapté par des tiers, par exemple les entreprises détentrices
de droits forestiers. Le ministre pourra préciser par voie réglementaire les
infractions applicables aux personnes qui contreviendront aux dispositions de
l'entente. Un tel règlement n'aura pas à faire l'objet de la publication
préalable de 45 jours prévue à l'article 8 de la Loi sur les règlements,
puisqu'il sera soumis par avis aux communautés cries et au Conseil cri du
Québec... Conseil cri Québec sur la foresterie prévue par la Paix des braves.
La Présidente (Mme Dufour) : Merci,
M. le ministre. Est-ce que... est-ce que vous voulez avoir la... la discussion
sur cet article-là ou introduire votre amendement? Je comprends que ce n'est
qu'une coquille, là, c'est ça?
M. Poulin : ...coquille,
alors on peut peut-être déposer la coquille tout de suite... modification de la
coquille, plutôt.
La Présidente (Mme Dufour) : Exact.
Donc, puis on dépose l'amendement 64... bien, l'article 64, là, c'est
ça. Est-ce que... oui, c'est ça, il est à l'écran, donc vous pouvez le lire, M.
le ministre.
M. Poulin : Alors, remplacer,
dans le premier alinéa de l'article 8.1 de la Loi sur l'aménagement
durable du territoire forestier, proposé par l'article 64 du projet de
loi, «celui-ci» par «ce chapitre».
Commentaire : Cet amendement précise
que ce seront les modifications de chapitre III de l'entente concernant
une nouvelle relation entre le gouvernement du Québec et les crues du Québec,
qui prévaudront sur les dispositions de la Loi sur l'aménagement durable du
territoire forestier. La rédaction actuelle pourrait laisser croire que ce sont
les modifications au décret qui prévaudront sur les dispositions de la Loi...
oui, sur les dispositions de la loi, oui.
La Présidente (Mme Dufour) : Parfait.
Merci. Des questions, des commentaires? Oui, M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley
: Pas pour...
sur... sur la...
La Présidente (Mme Dufour) :
Non, non, mais... mais je comprends, même sur l'ensemble.
M. Kelley
: Puis, on
peut... on peut faire...
La Présidente (Mme Dufour) : Oui,
on peut... on peut...
M. Kelley
: ...on peut
faire la discussion l'ensemble aussi.
La Présidente (Mme Dufour) :
Si vous le souhaitez.
M. Poulin : On peut voter,
tout ça, l'amendement.
La Présidente (Mme Dufour) : OK.
Donc, on peut procéder au vote. Est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : ...
La Présidente (Mme Dufour) : Parfait.
Donc, il est adopté. Maintenant, sur l'article principal, 64, tel qu'amendé,
des questions? Oui. M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui. M. le
ministre, j'imagine, puis ça, c'était une demande qui était... Bien, vous avez
consulté, j'imagine, les cris, puis c'est une demande qui vient directement de
la communauté crie en lien avec la Paix des braves, c'est bien ça?
M. Poulin : Oui.
M. Kelley
: OK. Pas
d'autres questions. Juste s'assurer.
M. Poulin : D'ailleurs, je
salue l'engagement de votre famille envers les communautés autochtones depuis
des années.
M. Kelley : Merci beaucoup,
M. le ministre.
La Présidente (Mme Dufour) : ...donc...
donc l'article 64 est-il adopté?
Des voix : ...
La Présidente (Mme Dufour) :
Adopté. Excellent. Donc, le prochain article, si je vois bien, c'est 69. 69, M.
le ministre.
M. Poulin : 69.
L'article 246 de cette loi est modifié par l'ajout, à la fin, de l'alinéa
suivant :
Toute communauté, toute entreprise ou
toute personne qui contrevient à une norme dont la violation constitue une
infraction selon un règlement pris en vertu du deuxième alinéa de l'article 8.1
est passible, selon ce qui est spécifié dans le règlement, de l'une des amendes
prévues au premier alinéa.
Commentaires : Cet article modifie
l'article 246 de la Loi sur l'aménagement durable du territoire forestier,
en concordance avec l'habilitation du ministre des Ressources naturelles et des
Forêts, édicté un règlement en vertu du deuxième alinéa de l'article 8.1
de cette loi, introduit par l'article 64 du projet de loi. Le règlement
concernant la mise en œuvre des dispositions du chapitre III de l'entente
concernant une nouvelle relation entre le gouvernement du Québec et les Cris du
Québec spécifie les normes dont la violation constitue une infraction ainsi que
les endroits où elle s'applique.
Dans les notes additionnelles :
Article 246 de la Loi sur l'aménagement durable du territoire forestier
prévoit les amendes applicables...
M. Poulin : ...table pour les
infractions, une norme imposée ou autorisée en vertu de l'article 40 et 82
de cette loi.»
La Présidente (Mme Dufour) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des questions? Peut-être... Je vais peut-être
prendre... Avez-vous besoin de quelques instants pour en prendre connaissance?
La députée de... Jeanne-Mance—Viger.
Mme Rotiroti : Oui, merci,
Mme la Présidente. Vous venez quand même ajouter : «Toute communauté,
toute entreprise ou toute personne qui contrevient à une norme dont la
violation constitue une infraction selon un règlement pris en vertu du deuxième
alinéa de l'article 8.1 et... passible, selon ce qui est spécifié dans le
règlement de l'une des amendes prévues au premier alinéa.» Voilà, dans le fond,
vous revenez à qu'est-ce qui est déjà déterminé, là, dans les... dans les
montants. C'est ça que vous faites? Vous faites référence à ce qui est déjà
dans la loi.
M. Poulin : Oui.
Mme Rotiroti : OK. C'est bon,
merci.
La Présidente (Mme Dufour) :
Pas d'autre question? Oui, député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Peut-être juste
rapidement, M. le ministre, un peu de contexte. Pourquoi c'était nécessaire
d'ajouter ça aux règles? Quels enjeux, qui existaient, oui.
M. Poulin : Je pense qu'il y
avait un souci de cohérence, mais je peux peut-être laisser les légistes
pour...
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : Oui.
En fait, tu sais, il faut le voir, c'est comme l'ajustement de concordance, là,
par rapport à la disposition qu'on a vu précédemment. Donc, on a, dans la paix
des braves, certaines, tu sais, dispositions qui viennent déroger à la Loi sur
l'aménagement durable du territoire forestier. Mais ces dérogations-là peuvent
prévoir des normes, là, des choses à respecter, que ce soit à la fois pour les
communautés, ça peut être pour les forestiers qui travaillent sur le
territoire. Donc, ce qu'on vient prévoir, à l'instar de n'importe quelle autre
norme prévue dans la loi, c'est des infractions pénales qui pourraient
s'appliquer, là. Donc, c'est juste de s'assurer de mettre des dents,
finalement, aux normes qui sont prévues dans la paix des braves.
M. Kelley : OK. C'est clair
pour moi, merci.
La Présidente (Mme Dufour) :
C'est bon? Donc, ce que l'article 69 est adopté?
Des voix
: Adopté.
La Présidente (Mme Dufour) :
Adopté. Parfait. Donc, on passe à l'article 68.
• (18 h 30) •
M. Poulin : Alors... oui, on
était à 69 et là on revient à 68. OK, d'accord, excusez-moi. Donc,
l'article 245... Oui?
La Présidente (Mme Dufour) :
Oui?
Mme Rotiroti : ...Mme la
Présidente, c'est parce qu'on suit quand même les travaux, puis mon
recherchiste vient de remarquer que, là, on vient de faire les amendes qui sont
liées au projet pilote.
Une voix : ...
Mme
Rotiroti
:
De 68, c'est ça.
La Présidente (Mme Dufour) : C'est
le 68 qu'on va faire maintenant.
Mme Rotiroti : C'est ça, on
va faire... on va traiter du 68 maintenant, puis après ça, on vient d'adopter
69...
M. Poulin : ...le projet
pilote.
Mme
Rotiroti
:
...
M. Poulin : Mais 69 concernait
la paix des braves.
Mme
Rotiroti
:
C'est ça, puis là 70 va retourner au projet pilote. C'est ça? Juste pour bien
suivre.
M. Poulin : 60... Oui, exact,
les projets pilotes sont regroupés.
Mme
Rotiroti
:
OK, c'est ça. OK, c'est bon.
M. Poulin : Pas de problème.
La Présidente (Mme Dufour) : Parfait.
Mme Rotiroti : ...puis
revenir à 68 par la suite, dans la logique, pour bien comprendre qu'est ce
qu'on fait?
M. Poulin : ...moi aussi, je
pense, c'est une bonne idée.
La Présidente (Mme Dufour) : Donc
il y a consentement pour changer l'ordre?
M. Poulin : Oui, bonne idée.
Des voix
: Consentement.
La Présidente (Mme Dufour) : Parfait,
donc 70. Oui, c'est quand même un gros...
La Présidente (Mme Dufour) : Alors,
je peux y aller, Mme la Présidente, sur 70.
La Présidente (Mme Dufour) : Oui,
allez-y. Oui, oui. Oui.
M. Poulin : Parfait. Cette loi
est modifiée par l'insertion après l'article 254 du titre suivant :
«254.1 Le gouvernement peut autoriser le
ministre à mettre en œuvre un projet pilote relatif à toute manière visée par
la présente loi ou ses règlements dans le but d'étudier, d'améliorer ou de
définir des normes applicables en ces matières, où pour expérimenter ou innover
en ces matières. Le projet pilote détermine les normes et les obligations
applicables, lesquelles peuvent différer des normes et des obligations prévues
aux dispositions de la présente loi ou de ses règlements. Il détermine
également les mécanismes de surveillance et de reddition de comptes
applicables, ainsi que les renseignements nécessaires à l'exercice de ces
mécanismes qui doivent être transmis au ministre pour toute personne. Un projet
pilote est établi pour une durée maximale de cinq ans, que le ministre peut,
s'il le juge nécessaire, prolonger d'aux plus de deux ans avec l'autorisation
du gouvernement. Le ministre peut en tout temps, avec l'autorisation du
gouvernement, modifier un projet pilote ou y mettre fin. Le projet pilote doit
préciser les dispositions de celui-ci, dont la violation constitue une
infraction et, pour chacune de ces infractions, l'amende dont est passible le
contrevenant parmi celles prévues à l'article 245. Les résultats d'un
projet pilote doivent être publiés sur le site Internet du ministère au plus
tard un an après la fin du projet pilote.»
Commentaires : Cet article habilite
le ministre des Ressources naturelles et des Forêts à mettre en œuvre...
18 h 30 (version non révisée)
M. Poulin : ...l'autorisation
du gouvernement, les projets pilotes relatifs à toute manière visée par la Loi
sur l'aménagement durable du territoire forestier et ses règlements. Le projet
pilote pourra déterminer des normes et des obligations que peuvent différer de
celles applicables en vertu de la loi et des règlements. Le projet pilote
pourra être d'une durée maximale de cinq ans, avec une possibilité de la
prolonger pour au plus de deux ans. Le ministre des Ressources naturelles et
des Forêts devra publier les résultats de ce projet pilote.
La Présidente (Mme Dufour) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des questions, commentaires?
Mme
Rotiroti
:
Oui.
La Présidente (Mme Dufour) :
Oui, Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger.
Mme
Rotiroti
: Merci,
Mme la Présidente. Alors, ici, vous introduisez, M. le ministre, la possibilité
de faire des projets pilotes. Vous établez les normes par règlement, puis elles
s'appliqueraient à ces projets pilotes là, qui pourraient avoir une durée de
cinq ans. Oui?
M. Poulin : Oui.
Mme Rotiroti : Qu'est-ce que
vous avez en tête de... Pourquoi vous introduisez ces... Vous avez déjà un
projet en tête qui pourrait nécessiter ce projet... projet pilote là, faites-moi
comprendre pourquoi vous... vous amenez cet article-là?
M. Poulin : Oui, bien, tout à
fait, bien, la députée n'est pas sans savoir ce que l'on vit présentement avec
l'industrie forestière, elle n'est pas sans savoir que le gouvernement, dans le
passé, via la nouvelle députée indépendante du Parti conservateur du Québec,
avait déposé un projet de loi concernant le régime forestier, qui a été retiré,
par la suite, par le nouveau ministre des Ressources naturelles. Et donc,
souvenons-nous de l'automne dernier, le 25 septembre 2025, le gouvernement
annonçait que le projet de loi n° 97 ne serait pas présenté lors de la reprise
des travaux parlementaires. Cependant, la crise forestière demeure, les
demandes demeurent et le principal objectif de ces mesures, c'est d'améliorer l'environnement
d'affaires. Et cette mesure, elle faisait partie du projet de loi n° 97, puis
elle n'était pas contestée. Les groupes étaient d'accord. Quand on a des
projets de primes au Saguenay Lac-Saint-Jean, il y en a un, d'ailleurs, qui va
permettre de voir de quelle façon l'ensemble de la communauté peut travailler
sur les coupes forestières, l'aménagement, la sylviculture puis parfois, aussi,
le partage du territoire, notamment avec la participation des communautés
autochtones. Alors, il y a... il y a certaines... certains éléments qui sont
quand même à prendre en compte, et la sélection des projets pilotes pourrait se
faire, par exemple, par le biais d'appels à projets qui seraient réalisés par
le MRNF. Les objectifs des projets pilotes seraient établis par le ministre et
par la suite, les projets retenus devraient obtenir l'autorisation du
gouvernement avant d'être mis en œuvre. Et le ministère va favoriser les
projets pilotes, dans les différentes régions du Québec, qui portent sur
différents thèmes qui pourront être arrêtés à ce moment-là.
L'objectif, c'est quoi? C'est de donner la
capacité au gouvernement de mettre en œuvre des projets en matière de gestion
forestière pour tester concrètement différents modèles concernant, par exemple,
la gouvernance, la régionalisation, la prise de décision, la collaboration en
matière de gestion de la forêt avec les Premières Nations, le zonage forestier,
la planification forestière, la conciliation des usages. Et d'ailleurs, ce fut
très bien applaudi par le Conseil de l'industrie forestière du Québec lorsque...
parce que ça, je l'ai fait en décembre dernier, les projets pilotes, là, et
vraiment tout le monde était d'accord, puis dans tous les mémoires, aucun n'a
soulevé le fait que ça n'avait pas de bon sens. On a dit : C'est une belle
façon de peut-être tester ce qui peut fonctionner, au Québec, en matière d'aménagement
de la forêt et en matière de... de coupes forestières.
La Présidente (Mme Dufour) : Oui,
M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui, merci
beaucoup, monsieur... Mme la Présidente. M. le ministre, je sais que dans
certains mémoires autour des projets pilotes, il y a une suggestion qu'il y ait
un programme gouvernemental qui est mis en place pour supporter financièrement
ces projets pilotes. J'ai regardé rapidement dans le budget, puis je n'ai pas
vu, comme, un montant dédié à des projets pilotes. Je sais que c'est très
spécifique, mais je ne sais pas si vous avez des informations pour nous sur
comment le gouvernement va appuyer ces projets avec les sous qui sont
nécessaires pour s'assurer qu'ils marchent bien?
M. Poulin : Évidemment que
les projets pilotes sont pris en charge par la communauté. Maintenant, est-ce
qu'il y a vraiment des besoins budgétaires si, par exemple, une MRC le gère? S'il
y a un porteur de ballon quelconque, je vous dirais, dans le cas des
associations de propriétaires et/ou d'entreprises, présentement, ce n'est pas
quelque chose qui a été soulevé. Maintenant, il y a eu beaucoup de l'argent
dans le budget concernant l'industrie forestière, alors, est-ce que mon collègue
pourrait décider de prendre certaines sommes pour pouvoir démarrer ces projets
pilotes là? Maintenant, c'est de voir de quelle façon il le fait. Donc, il n'y
a pas de sommes qui sont allouées dans le budget, je vais vous avouer que je n'étais
pas celui qui portait ces demandes budgétaires là.
M. Kelley : Non, et je
comprends...
M. Poulin : Si demandes
budgétaires il y a eu.
M. Kelley : Oui, si... si...
M. Kelley
: ...une
accusation non plus, parce que les budgets n'ont pas nécessairement les détails
plus chiffrés. C'est une question peut-être plus pour l'étude des crédits, mais
je pense que c'est important, parce que c'est l'AQM qui a soulevé cet enjeu-là,
que c'est peut-être nécessaire qu'il y ait un fonds attaché ou des sommes
attachés avec ces projets pilotes. Et je sais qu'il y a des détails à
déterminer à la suite de ce projet de loi avec les projets pilotes, mais je
pense que tout le monde veut s'assurer que ça marche, puis c'est un succès.
Alors, merci, M. le ministre, au minimum,
pris connaissance de ça puis peut-être faire le suivi avec le ministre
responsable, si possible, ou quand même, on va poser des questions dans l'étude
des crédits.
La Présidente (Mme Dufour) :
Merci. Députée de Verdun.
Mme Zaga Mendez : Oui, moi,
j'ai des questions concernant l'encadrement de ces projets pilotes.
L'encadrement qui est donné là, on parle beaucoup la durée maximale, mais
est-ce qu'on a une idée, en termes d'étendue...
M. Poulin : Excusez, je n'ai
pas entendu.
Mme Zaga Mendez :
...d'étendue, c'est comme... Parce que, quand on délimite un projet de pilote
en foresterie, là, ou des interventions... Parce que je sais, j'entends
l'esprit, là, c'est faire l'essai-erreur dans un sens, là, expérimenter des
choses que la triade marche ou pas, est-ce que l'aménagement... Puis on le voit
en termes d'hectare, mais il n'y a rien en termes de... Il y a un maximum
d'hectares ou un maximum de régions touchées, où est-ce qu'il y a des limites
par rapport à des forêts anciennes. Est-ce qu'il y a des limites par rapport à
des zones contestées en termes de conservation? On n'a pas là, qu'est-ce qui
limite... Où est-ce qu'on va faire les projets pilotes en gros? Et est-ce qu'un
projet pilote pourrait être fait sur, je ne sais pas, là, toute la capacité
forestière d'un territoire, là, comment on... comment on va limiter ça?
M. Poulin : Bien, ce qu'on a
vu dans nos consultations, d'ailleurs, j'étais au Saguenay Lac-Saint-Jean
récemment encore pour parler de l'industrie forestière, c'est que la communauté
veut se prendre en charge, hein, puis veut une certaine... certaine délégation
de pouvoirs, si on veut, ou une certaine délégation, déterminer ce qu'il y a
sur son territoire. Maintenant, aujourd'hui, je viens donner un pouvoir au
ministre, un pouvoir réglementaire enchâssé dans une loi, de pouvoir les
déterminer. Maintenant, on n'a pas lu le texte proposé au complet, mais il y a
quand même certaines balises qui sont proposées dans le texte : «Le gouvernement
peut autoriser le ministre à mettre en œuvre un projet pilote relatif à toute
matière visée par la présente loi ou ses règlements, dans le but d'étudier,
d'améliorer ou de définir les normes applicables en ces matières ou pour
expérimenter ou innover en ces matières. Le projet détermine les normes, les
obligations, lesquelles peuvent différer des normes et des obligations prévues
aux dispositions de la présente loi. Il détermine les mécanismes de
surveillance, la reddition de comptes applicables — donc, dans le
souci de la députée de peut-être avoir des paramètres, la reddition de comptes
est invoquée — et les renseignements nécessaires à l'exercice de ces
mécanismes qui doivent être transmis au ministre par toute personne.»
On parlait du temps, cinq ans peut être
prolongé d'au plus deux ans, et le ministre peut, en tout temps, avec
l'autorisation du gouvernement, modifier un projet pilote ou y mettre fin,
donc. Et il y a aussi tout l'enjeu des infractions que nous allons traiter à
69. Donc, il y a certaines balises, mais on donne un pouvoir réglementaire, Mme
la députée.
• (18 h 40) •
Mme Zaga Mendez : Il y a deux
choses pour lesquelles... Moi, je suis d'accord sur le principe de redonner
plus de pouvoirs pour... pour délimiter, en tout cas, j'ai vu ça dans d'autres
pays. Au Mexique, c'est comme ça que ça marche, c'est-à-dire l'État donne le
droit aux communautés locales de déterminer les zones dans lesquelles il va y
avoir des coupes ou pas, et c'est quand même assez bien géré par les communautés.
Ceci dit, et c'est ça que je ne trouve pas, il y a quand même des règles assez
claires. Parce que là on est dans le cadre d'un projet pilote, ce n'est pas la
même chose, quand on dit : Désormais, le modèle forestier, ça va être...
On donne le pouvoir aux MRC, aux régions de déterminer les lieux de coupe,
la... le débit, bref, comme toutes les... tout ce qu'on va chercher, c'est
comme...
Étant donné qu'on est dans un projet
pilote, mon questionnement est que, comment on va délimiter les zones qui vont
rentrer ou pas dans un projet pilote et jusqu'où? Parce que, si j'ai cinq ans
pour faire un projet pilote, puis je décide de le faire sur toute la couverture
forestière disponible, là, ce n'est plus un projet pilote ici, c'est un modèle
qui s'installe dans une région, là. C'est là où je veux comprendre, parce que
vous le donnez en termes d'années, mais vous ne le donnez pas en termes de
limite, en termes d'hectare, capacité forestière, nombre de tonnes qui vont
être coupées comme ça, là. C'est ça, ma crainte, puis, en termes de gestion
forestière, on ne délimite pas ça en termes d'années, c'est, on... un
territoire puis on dit que le maximum, sinon... est-ce que... Ma question,
c'est : Est-ce que la région pourrait dire : Je mets tout dans le
projet pilote?
La Présidente (Mme Dufour) : M.
le ministre.
M. Poulin : Bien, l'intention
du législateur, ce n'est pas celle-là. L'intention du législateur, c'est,
lorsqu'il y a une entreprise, si communauté autochtone il y a, si municipalité
il y a...
M. Poulin : ...s'il y a un
accord, qu'on puisse être capable d'aller de l'avant. Et je vais même plus loin
que ça dans la préoccupation que la députée nous porte, le projet pilote ne
pourrait pas aller contraire aux lois du gouvernement du Québec. Non, mais
c'est important de le dire. Si la nature du projet pilote mis en place, il
pourrait être difficile, voire impossible, de pérenniser un modèle qui va
contraire aux lois actuelles, si le projet pilote déroge du cadre législatif
qui est en vigueur. Comprenez que, disons que c'est pour cinq ans, bien, d'ici
cinq ans, il y aura un nouveau gouvernement d'élus, il pourrait y avoir une
modification qui soit faite, alors le projet pilote ne tiendrait plus la route
parce qu'il ne respecterait pas le cadre réglementaire. Donc, il a certaine
assurance que vous pouvez avoir, comme parlementaires en ce qui a trait au
cadre législatif et au respect du projet pilote.
Mme Zaga Mendez : Ceci étant
dit, vous m'avez nommé, je vais vous le citer, là, juste, ça serait le deuxième
paragraphe : «Le projet pilote détermine les normes et les obligations
applicables, lesquelles peuvent différer des normes et des obligations prévues
aux dispositions de la présente loi ou de ses règlements.» Donc, vous dites que
ça ne va pas aller contre les cadres, mais il y a quand même là, une ouverture
pour nous dire qu'il y a... certaines normes, des obligations qui pourraient ne
pas s'appliquer.
M. Poulin : En fait, c'est
que, si on souhaite tester un modèle, si on souhaite tester une approche sur
l'ensemble du projet pilote, il pourrait déroger de normes actuelles.
Cependant, si le projet pilote veut se poursuivre, il doit être dans un cadre
législatif. Tu sais, disons, là, le projet pilote, pendant cinq ans, peut le
faire, si... il peut être renouvelé deux ans, donc, disons on se rend à sept,
c'est le chiffre sept. Et donc s'il se rend en haut de sept, il pourrait et il
doit respecter le cadre législatif. Le cadre législatif doit avoir pouvoir
évoluer. Mais, pendant la durée du projet pilote, il se pourrait qu'il déroge
du cadre législatif.
Mme Zaga Mendez : Bien, c'est
là où... comment on va faire l'arbitrage, c'est-à-dire quelles normes et
quelles obligations qui vont... Donc, vous dites, là, il y a une ouverture...
Pour créer le projet pilote, il faudra donc déroger à certains cadres
législatifs, sinon on ne pourrait rien faire, j'entends. On va le dire
simplement.
M. Poulin : Pour le
pérenniser.
Mme Zaga Mendez : Mais
comment on fait, dans le cadre du projet pilote, faire l'arbitrage de quelles
normes et quelles obligations seront dérogées? C'est là où... Puis jusqu'à où
ces normes-là vont... Puis, pourquoi je vous questionne là-dessus, c'est parce
qu'on a quand même des avis, qui... quand il y a eu des consultations sur la
forêt, vous aviez des intérêts différents, il y a des intérêts des communautés,
à l'intérieur d'une communauté, on peut avoir des avis différents et en plus,
bien sûr, il y a toutes les questions en termes de conservation si un projet
pilote se fait dans des zones sensibles où est-ce qu'il y a des projets ou des
enjeux de conservation. Donc jusqu'à où on y est dans la dérogation des normes
et des obligations?
M. Poulin : Bien, deux, trois
éléments. Le projet pilote va devoir être autorisé par le ministre pour une
période de cinq ans. Le ministre va rendre publiques ses décisions concernant
les projets pilotes. Alors, des groupes qui ont des craintes sur le projet
pilote, des groupes qui sont en désaccord, des gens qui sont en désaccord, on
ne pourrait ne pas débuter le projet pilote. Cependant, puisqu'on est dans une
loi, je viens donner le pouvoir réglementaire au ministre de pouvoir l'établir.
Nous allons dans un... dans un cadre, on veut laisser une certaine flexibilité,
vous comprenez. Si, dans certains cas, il y a une facilité à démarrer un
projet, il fait l'accord de tout le monde, on laisse le ministre l'autoriser,
sinon il ne l'autorise pas.
Et également au 69, il... on a toute la
notion des infractions que nous allons traiter également, qui vient donner la
ceinture et les bretelles au respect de l'esprit d'un projet qui est conforme à
nos lois et règlements au Québec.
Alors, l'objectif est de tester un modèle
plus que de ne... d'être contraire. Puis je comprends, là, la députée me cite
«le projet pilote détermine les normes et les obligations applicables et
qu'elles peuvent différer des normes et des obligations prévues aux
dispositions de la présente loi ou de ses règlements.» Différer n'est pas
nécessairement d'être en contraire ou en infraction à un élément. Il y a un
esprit, quand même, qui est demeuré à l'intérieur de ça, parce qu'on met quand
même des mécanismes de surveillance et de reddition de comptes applicables.
Moi, je pense qu'avec ces éléments-là, il y a quelque chose à être un... à être
rassuré.
Mme Zaga Mendez : Ici, dans
le mot clé «différer», vous dites que ça ne va pas aller à l'encontre, mais il
pourrait être différent en termes de conditions? Tu sais, juste...
Mme Zaga Mendez : ...comprendre
le... le sens..
M. Poulin : Au niveau du
légiste, sur le terme «différer», je... il y a probablement une valeur légale
au mot «différer»?
M.
Tremblay-Parent (Gabriel) :
Bien, en fait, l'idée du... de la
dérogation de différer, c'est que... tu sais, pour expérimenter, pour tester
des nouvelles choses, bien, tu sais, parfois, il faut s'écarter du cadre, là,
tu sais, au niveau normatif de la loi. Tu sais, cela dit, bien, tu sais, il
faut avoir en tête que la disposition s'inscrit, là, dans la loi elle-même,
avec les principes d'aménagement durable des forêts, avec les possibilités
forestières qui doivent être respectées, là, pour les activités d'aménagement
forestier. Donc, il y a, tu sais, toutes les balises qui sont dans la loi puis
qui sont d'ordre public qui doivent quand même s'appliquer, là. Mais... mais au
niveau de comment tout doit se faire d'un point de vue plus administratif,
procédure, bien, là, évidemment, il y a des dérogations qui peuvent se faire,
là.
Mme Zaga Mendez : Pouvez...
je veux juste aller à, peut-être, des exemples plus concrets, là, là dessus.
Là, vous dites : Dans l'esprit de la loi de l'aménagement durable des
forêts, il y a certaines normes, en tout cas, des bases, par exemple, la coupe
à blanc... des choses qu'on ne permettra pas parce que ça irait à l'encontre
l'esprit de la loi. Mais quand vous dites des... les dispositions qui
dérogeraient, de quoi qu'on parle, exactement? Est-ce que c'est des travaux
sylvicoles? Est-ce que c'est les... C'est quel... c'est quel type d'obligation?
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : Bien,
je peux peut-être laisser les ingénieurs forestiers du ministère, là, donner
des exemples concrets, là, par rapport à ça.
La Présidente (Mme Dufour) : Oui,
et ça nous prendrait le consentement.
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Dufour) :
Oui, parce que madame n'a jamais... n'a pas pris la parole jusqu'à maintenant,
donc, consentement. Et votre nom et votre titre, s'il vous plaît?
• (18 h 50) •
Mme Fraser (Marie-Pier) : Oui.
Marie-Pier Fraser, je suis ingénieur forestier, puis je suis directrice par
intérim de la coordination des orientations... voyons, des orientations
stratégiques, pardon, au ministère des Ressources naturelles et des Forêts.
Bien, en fait, l'idée, là, c'est... tu sais, actuellement, le cadre législatif,
la LADTF, prévoit, oui, des normes sur comment on va intervenir en forêt via le
règlement sur l'aménagement durable des forêts, mais il y a aussi tout le... le
cadre de comment fonctionne la gestion forestière au Québec, par exemple, le
partage des responsabilités, qui fait quoi dans le cadre du régime forestier.
Actuellement, on prévoit que c'est le ministère des Ressources naturelles et
des Forêts qui assure la planification, par exemple, des travaux d'aménagement.
Ça fait que là, est-ce qu'après ça, on prévoit aussi la façon d'aller consulter
via, entre autres, les mécanismes de participation comme les tables GIRT, la...
Au niveau, aussi, de... des consultations publiques ou des autres mécanismes,
bien, par exemple, dans une région donnée, il pourrait y avoir une idée de
dire : Bien, est-ce que la planification pourrait être confiée à un autre
intervenant que le ministère? Avec, par exemple, les MRC, des communautés
autochtones, peu importe qui. Donc, ça, c'est un élément qui,
actuellement, on ne peut pas le faire parce que le cadre... On ne peut pas
déroger de ce que prévoit la LADTF en matière de planification, mettons, puis
de partage des rôles et responsabilités. Donc, bien là, ça pourrait être un
projet pilote qui est mis en place pour déroger de cet élément-là, pour aller
tester, bien, est-ce qu'il y a un autre intervenant qui pourrait, par exemple,
prendre en charge la planification puis la faire, peut-être, autrement ou selon
d'autres... d'autres façons de faire qui sont différentes de ce qui est prévu
actuellement.
Mme Zaga Mendez : Merci,
votre exemple est assez... il nous illustre bien, là. Donc, on ne parle pas...
On donne des exemples en termes de qu'est-ce qu'il permet en termes de gestion
puis aménagement, puis la planification, si je continue dans votre exemple,
pourrait revenir à la communauté... faite avec la communauté autochtone ou à
l'entreprise aussi? Parce que les entreprises... C'est... c'est là où je veux
voir jusqu'où on pourrait aller, là, c'est... ça pourrait être... c'est... ça
serait... ça va être un terrain d'expérimentation pour la planification
forestière, il est peut-être là, le... le nœud de...
Mme Fraser (Marie-Pier) : En
même temps, tu sais, on a quand même dans la... Actuellement, le cadre prévoit
aussi... La LADTF prévoit une politique de consultation où on doit aller
consulter, aussi, les parties prenantes pour plein d'éléments avant de mettre
un projet pilote en place. Il va aussi y avoir une notion d'aller, bien, voir
est ce que les intervenants en place ont... adhèrent à ce projet pilote là?
Puis c'est sûr qu'un projet pilote qui va être présenté au ministère avec,
bien, plusieurs intervenants qui sont... qui sont favorables à ce projet pilote
là, bien, va avoir plus de poids qu'un projet pilote où il y a peu de... peu
d'acceptabilité, ou, bien, il y a un seul intervenant qui présente un projet
pilote puis qui n'a pas l'adhésion des autres partenaires de la région, par
exemple, là. C'est sûr qu'on souhaite des projets pilotes les plus consensuels
possible.
Mme Zaga Mendez : OK. Donc,
ça va être un projet qui va être déposé par des acteurs du milieu, puis après
ça, vous jugerez de la...
Mme Fraser (Marie-Pier) : Bien,
à court terme, ce qui pourrait être prévu, au moyen terme, c'est vraiment de
lancer un appel à projets, là, c'est ce qui est... c'est ce qui est dans l'air,
il n'est pas encore prévu nécessairement, mais c'est ce qui est dans l'air.
Cela dit, la disposition, elle demeure, ça fait que, tu sais, est-ce qu'à court
terme, il peut y avoir un projet pilote puis....
Mme Fraser (Marie-Pier) : ...à
un autre moment, il y a un autre... d'autres projets pilotes qui sont mis en
place. Ce n'est pas juste pour une fois que le... la disposition va être là,
là.
Mme Zaga Mendez : Bien,
j'ai eu la réponse à cette question. J'ai une dernière... un dernier point, là,
si vous me permettez. C'est sur la... l'avis de l'Assemblée des Premières
Nations du Québec et du Labrador. Est-ce que vous avez... vous les avez
rencontrés? Est-ce qu'il y a eu un dialogue par rapport au projet pilote? Parce
qu'on voit, quand même, certaines critiques, là, c'est-à-dire les balises...
manque de balises claires pour exiger le consentement préalable, libre et
éclairé a été nommé, quand même, dans le... dans les discussions, là. On les a
eues ici où la... l'intention de... de... comment mettre en œuvre ce projet
pilote là dans le respect des droits de consultation des... des premiers
peuples et des Premières Nations.
M. Poulin : Oui. Bien,
vous dire deux choses. Comme je l'avais signifié un peu plus tôt dans
l'intention du législateur, mettre différents modèles qui incluent la
gouvernance, la régionalisation, la prise de décision, la collaboration en
matière de gestion de la forêt avec les Premières Nations, le zonage forestier,
la planification forestière et la conciliation des usages, suivant la
présentation du projet de loi n° 97, parce que ça
faisait partie du projet de loi de la députée qui avait été élue sur la
Coalition avenir Québec, puis qu'aujourd'hui, elle est au Parti conservateur du
Québec, il y avait eu plus de 20 groupes qui ont participé aux
consultations particulières, notamment l'Assemblée des Premières Nations du
Québec et du Labrador. 50 mémoires ont été déposés sur le site de l'Assemblée
nationale, puis il n'y a aucun enjeu qui a été soulevé concernant cette
mesure-là spécifiquement.
Mme Zaga Mendez : OK.
Bien, ça fait le tour de mes questions.
La Présidente (Mme Dufour) :
Parfait. La députée de Jeanne-Mance—Viger.
Mme
Rotiroti
:
Merci, Mme la Présidente. Dernière petite question, M. le ministre. Évidemment,
pour réussir dans les projets pilotes, parce que c'est quand même... vous interdisez
quand même, une approche un peu transversale, c'est-à-dire il y a plusieurs
ministères qui pourraient être impliqués dans... dans ces projets-là, que ce
soit l'économie, l'environnement, etc., alors, il faut qu'il y ait quand même
une coordination ministérielle, hein, pour s'assurer que ces projets-là
aboutissent et, qu'ils peuvent, à tout le moins, débuter. Alors, sans cette
coordination ministérielle là, on risque de... d'avoir des projets un peu
fragmentés, inefficaces. Dans le fond, on ne tient pas l'objectif qui est
souhaité au tout début pour le lancement du projet. Alors, moi, je ne vois rien
dans le projet de loi, dans les articles qu'on va traiter, qui assurent cette
coordination-là, ministérielle, pour s'assurer que tout le monde saute dans le
train puis que tout le monde suit et que, ne tarde pas, nécessairement ou
inutilement, non plus, ces projets pilotes là.
Alors, vous, dans vos... dans vos
discussions, avez-vous eu l'assurance que les ministères qui vont être
concernés, il y aura quand même une... une agilité que vous souhaitez pour que
ces projets de loi pilotes peuvent, à tout le moins, démarrer?
M. Poulin : Bien, c'est
une très bonne question. C'est pour ça que, dans la mécanique, c'est autorisé
par le gouvernement et non pas seulement par le ministre. Et puisque les
projets pilotes on veut qu'ils viennent d'abord du milieu puis la philosophie,
c'est pour ça qu'en faisant un appel à projets, ça va être le milieu qui va
devoir le déposer auprès du gouvernement du Québec, auprès du ministre et, par
la suite, du gouvernement du Québec. Donc, la collaboration interministérielle
se fait dans une seconde étape, dans la mesure où c'est le milieu concerté qui
va vouloir se prévaloir du projet pilote. Puis je sais que j'ai certains
collègues qui sont dans des régions très forestières, qui... qui savent que
leur communauté va, éventuellement, déposer un projet pilote de gestion
forestière. Donc, une fois que c'est déposé, analysé, bien, le travail va se
faire par le gouvernement, en termes d'autorisation. Mais... mais c'est pour ça
que l'approche vient du milieu d'abord. C'est le milieu qui doit nous déposer
quelque chose, oui.
Mme Rotiroti : Absolument.
C'est... ce n'est pas ça que je remets en question, M. le ministre. C'est rendu
à l'étape du gouvernement qu'ils doivent autoriser ou qui doivent assurer que
les permis sont donnés, qu'on ne tarde pas inutilement ce projet pilote là, qui
émane de la communauté même. Vous, vous avez l'assurance que cette
coordination-là va se faire. Je comprends que vous dites, c'est le
gouvernement. Il ne demeure pas moins que, le gouvernement, c'est le Conseil
des ministres, puis c'est le Conseil des ministres, autour de la table... tu as
les ministres concernés qui, on sait très bien que, des fois, il y a un
petit... à gauche, à droite. Alors, je veux juste m'assurer... Je comprends
qu'est-ce que vous voulez faire, nous, on voulait être le plus efficace
possible. Vous avez la garantie que ces projets pilotes là ne seront pas tardés
inutilement, parce qu'il n'y a pas un ministère qui adhère ou qui va... comment
je peux dire, retarder l'avancement du projet.
M. Poulin : C'est sûr
que vous connaissez le processus. Une fois qu'on le dépose dans les dossiers...
M. Poulin : ...les ministères
commentent, cependant, une fois que la communauté s'est pris en main puis a un
certain... pas un certain, a un accord, on pense qu'effectivement ça peut aller
rondement au niveau du gouvernement du Québec.
La Présidente (Mme Dufour) : Oui.
Oui, merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'article? Mme la députée. Ah... Oui? OK. Parfait. Oui. La députée de Jeanne-Mance—Viger.
Mme Rotiroti : ...juste de
qualifier, parce qu'on parlait de consultation. Le ministre faisait référence
de consultation avant le projet pilote. Et là, avec la députée, je pense, vous
avez... On avait parlé d'une publication...
Des voix : ...
Mme
Rotiroti
:
Oui. Un appel de projet, oui. Mais, la publication de... on parle d'un avis et
ça permettra au groupe d'émettre leur avis, mais nulle part dans l'article ça
dit... Oui, vous parlez que les... avant les projets pilotes, les gens sont
consultés, ils pourraient rendre un avis public.
M. Poulin : Oui.
Mme
Rotiroti
:
OK, mais dans le projet pilote, dans l'article qu'on vient de traité, moi, je
le... je... ce n'est pas indiqué. Alors, vous... vous dites ça... vous prenez
pour acquis que ça va se faire sans obligation, c'est ça?
M. Poulin : Non, mais c'est
une bonne question parce que présentement, puis je ne l'ai pas précisé,
présentement, il y a la politique de consultation en matière d'aménagement...
en matière d'aménagement et de gestion du milieu forestier qui est en vigueur.
Donc, ça doit être conforme à la politique du ministère des Ressources
naturelles et de la Faune et des Parcs concernant la politique d'aménagement.
Mme Rotiroti : Ça fait que
dans la politique d'aménagement, il y a cet volet de...
M. Poulin : Les consultations
sont nécessaires.
Mme Rotiroti : Consultation.
OK. Ça va.
La Présidente (Mme Dufour) :
Parfait. Donc... Est-ce que l'article 70, donc... est-ce qu'il est adopté?
Des voix
: Adopté.
La Présidente (Mme Dufour) :
Adopté. Excellent.
M. Poulin : ...
La Présidente (Mme Dufour) :
Oui, exact. Article 68. M. le ministre.
M. Poulin : L'article 245
de cette loi est modifié par le remplacement, dans ce qui précède le paragraphe
1°, de «réglementaire, dont la violation constitue une infraction selon un
règlement pris en vertu de l'article 38 est passible, selon ce qui est
spécifié dans le règlement» par «d'un règlement pris en vertu de
l'article 38 ou d'un projet pilote élaboré en vertu de l'article 254.1,
dont la violation constitue une infraction selon le règlement ou le projet
pilote, est passible, selon ce qui est prévu par le règlement ou le projet
pilote».
Commentaires : Cet article modifie
l'article 245 de la Loi sur l'aménagement durable du territoire forestier,
en concordance avec l'habilitation du ministre des Ressources naturelles des
Forêts à mettre en œuvre des projets pilotes en vertu de l'article 254.1
de cette loi, introduit par l'article 70 du projet de loi. Le projet
pilote devra préciser les dispositions qu'il contient, celle dont la violation
constitue une infraction et pour chacune des infractions, l'amende dont est
passible le contrevenant parmi celles prévues à l'article 245.
Dans les notes additionnelles,
l'article 245 de la Loi sur l'aménagement durable du territoire forestier
prévoit les amendes applicables pour les infractions au règlement pris en vertu
de l'article 38 de cette loi. Le Règlement sur l'aménagement durable des
forêts du domaine de l'État est édicté en vertu de cet article.
• (19 heures) •
La Présidente (Mme Dufour) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des... Oui, allez-y.
M. Poulin : Bien, simple
commentaire, Mme la Présidente, dans le texte proposé, nous venons enchâsser le
respect des projets pilotes. Alors, il y a une concordance et on va... et on
s'assure que les projets pilotes ne soient pas au-dessus des lois, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Dufour) : Excellent.
Très claire. Oui?
Mme Rotiroti : Bien, dans le
fond, Mme la Présidente, effectivement il y avait... on... c'est la concordance
avec qu'est-ce qu'on vient de faire, avec l'article 70. C'était... c'était
ça, mon point. On comprend mieux qu'est-ce qu'on fait en ayant à traiter déjà
l'article 70.
M. Poulin : Tout à fait.
La Présidente (Mme Dufour) :
Est-ce que ça complète les interventions? Oui? Donc, est-ce que
l'article 68 est adopté?
Des voix
: Adopté.
La Présidente (Mme Dufour) :
Parfait. Donc, ma compréhension, c'est que le prochain article est un
amendement, qui est l'article 63.1. Il va falloir le mettre à l'écran.
M. Poulin : Alors, peut-être
juste avant la lecture, Mme la Présidente, à des fins des gens qui nous
écoutent, parce que nous entamons... nous avons fait les projets pilotes pour
l'industrie forestière, mais là on va dans le vif du sujet également pour aider
l'industrie forestière. Donc, le 63.1 est le fameux amendement dont nous avions
parlé, qui concerne la tarification du bois. Donc, on va aller dans le détail
du pouvoir réglementaire du ministre sur la tarification du bois. Par la suite,
64 à 67...
19 h (version non révisée)
M. Poulin : ...davantage
de la concordance. 67, on revient à l'abolition du Bureau de mise en marché des
bois. Je dis tout ça, Mme la Présidente, parce qu'il y a beaucoup de choses qui
sont interreliées, là, dans ce bloc-là. On va... on va parler d'un règlement
sur une nouvelle tarification du bois, mais je n'aurai pas aboli le bureau de
mise en marché encore. Ça fait que c'est juste pour ça que je précise ça. Et,
70 à... 70... 70.1 à 70.18, on est dans le règlement, également. Alors, je lis
l'article :
Insérer, avant l'article 64 du projet
de loi, le suivant :
63.1. L'article 1 de la Loi sur l'aménagement
durable du territoire forestier (chapitre A-18.1) est modifié par la
suppression dans le paragraphe 5° de : «sur un marché libre à un prix qui reflète
la valeur marchande».
Commentaire. Cet amendement vise à
modifier l'objet de la Loi sur l'aménagement durable du territoire forestier,
par concordance avec le retrait de l'obligation du ministre des Ressources
naturelles et des Forêts par l'entremise de l'unité administrative, sous le nom
du Bureau de mise en marché des bois, de créer un marché libre afin d'établir
la valeur marchande des bois. La valeur marchande des bois était nécessaire
pour fixer le montant de la redevance annuelle payée par les bénéficiaires de
garanties d'approvisionnements et les taux applicables à la tarification des
bois. La redevance annuelle sera abolie par l'article 67.4 du projet de
loi tel qu'amendé, et l'approche pour fixer les taux applicables à la
tarification des bois... des bois, oui, sera remplacée par l'article 67.23
du projet de loi tel qu'amendé. Note additionnelle. La valeur marchande est
présentement établie à partir du résultat de la mise aux enchères dans environ
25 % des bois de la forêt publique.
La Présidente (Mme Dufour) :
Des questions, commentaires? Oui, Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger.
Mme Rotiroti : Bien,
effectivement, Mme la Présidente, là, ici, là, dans le fond, c'est... c'est en concordance,
parce que, plus loin, à l'article 64.1, on vient d'abolir le... le Bureau
de mise en marché des bois. Alors, je veux juste bien comprendre, qu'est-ce qu'on
va faire ici, là.
M. Poulin : En fait, l'abolition
du bureau de mise en marché est à 67.15... le 64.1... Désolé. 64.1, oui, parle
du bureau... parle du bureau de mise en marché, oui, par la concordance. Oui, c'est
ça. Exact. Alors, oui. Pour répondre à votre question.
Mme Rotiroti : Parfait.
La Présidente (Mme Dufour) :
C'est bon?
Mme
Rotiroti
:
Oui.
La Présidente (Mme Dufour) :
Est-ce que l'article est adopté... l'article 63.1?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Dufour) :
Parfait. Adopté. Donc, 64.1. C'est aussi un amendement, donc il va falloir le
mettre à l'écran.
M. Poulin : Oui. Alors :
Insérer, après l'article...
La Présidente (Mme Dufour) :
Attendez, M. le ministre.
M. Poulin : Ah! d'accord.
La Présidente (Mme Dufour) :
Juste... juste le temps qu'il apparaisse à l'écran. Merci. Vous pouvez y aller,
M. le ministre.
M. Poulin : Oui.
Insérer, après l'article 64 du projet de loi, le suivant :
64.1. L'article 46.1 de cette loi est
modifié par le remplacement, dans le premier alinéa, de «en marché par le
Bureau de mise en marché des bois» et de «fixé par le bureau par respectivement
aux enchères» et «fixé par le ministre».
Commentaire. Cet amendement vise à
modifier la terminologie utilisée à l'article 46.1 de la Loi sur l'aménagement
durable du territoire forestier, en concordance avec le retrait du marché libre
pour évaluer la valeur marchande des bois et l'abolition de l'unité
administrative nommée par Bureau de mise en marché des bois, instituée en vertu
de l'article 119 de cette loi, modifiée par l'article 67.15 du projet
de loi tel qu'amendé. Les fonctions du Bureau de mise en marché des bois seront
désormais directement attribuées au ministre dans la loi. De plus, le ministre
conservera la possibilité de faire les enchères en vertu de l'article 120
de la loi, modifié par l'article 67.16 du projet de loi tel qu'amendé.
Je vais peut-être, donner un historique,
un peu, pour les gens qui ne sont pas dans l'industrie forestière à tous les
jours. Bureau de mise en marché a été créé au sein du ministère des Ressources
naturelles en vertu d'une loi en 2010. La loi prévoit que le Bureau de mise en
marché des bois a pour mandat d'assurer un marché libre des bois, que les
volumes récoltés sont mesurés, facturés équitablement à leur juste valeur
marchande et un paiement adéquat et équitable au traitement sylvicole. Avec le
retrait proposé par le retrait du Bureau de mise en marché des bois et du
marché libre pour établir la tarification des bois récoltés en forêts
publiques, les autres mandats vont relever... relèveront du ministre. Le bureau
de mise en marché également, et c'était une demande de longue date de l'industrie,
venait faire en sorte que le prix pouvait être plus élevé pour l'acquisition du
bois par l'industrie forestière. On évalue donc que c'est de l'oxygène, de l'argent
qu'on remet à l'intérieur. Le règlement du ministre va venir vous expliquer
comment on vient protéger davantage le plus petit moulin à scie en région qui,
lui, ne haïssait pas ça, le bureau de mise en marché, parce qu'il y avait du
bois qui était tombé dans le bas du fleuve, on allait le ramasser. Ça
satisfaisait tout le monde. On pense, avec le règlement, que c'est intéressant
ce que nous avons à proposer. Et on était le seul endroit...
M. Poulin : ...en Ontario,
n'ont pas de bureau de mise en marché, c'est un règlement, ça se fait plus
facilement. Alors, c'est pour cette raison-là que nous venons l'abolir, même si
cet amendement-là, précisément, est davantage un peu de la concordance. Je ne
sais pas si nos équipes avaient des éléments supplémentaires à ajouter. Ça va?
OK.
La Présidente (Mme Dufour) : Non?
Parfait. Donc, est-ce qu'il y a des questions, commentaires? Oui, M. le député
de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Peut-être, M. le
ministre, juste expliquer un peu comment ça va avoir un impact sur le prix de
bois, comme mettre ça dans un langage plus simple, quand même, pour tout le
monde qui nous écoute. Et le... vous avez mentionné Ontario, quel gain est-ce
qu'eux autres ont eu avec le fait qu'il n'y a pas un marché de bureau...
excuse-moi, il n'y a pas un bureau de mise en marché de bois.
M. Poulin : Le bureau de mise
en marché du bois faisait que 25 % du bois devait être mis aux enchères.
Mis aux enchères, donc faisait monter le prix du bois parce qu'il y avait un
processus de mise aux enchères. Nous venons l'abolir et d'où... et là, je le
lie au règlement, qui fait en sorte que ça pouvait qu'on ait des pertes. Tu
sais, il y en a que ça profitait un peu, la mise aux enchères, ou ça donnait
une garantie d'approvisionnement qui faisait leur affaire, et le bureau donnait
une garantie d'approvisionnement. Donc, vous allez voir, plus tard dans le
règlement, on vient donner une base historique d'approvisionnement au niveau du
bois à ces entreprises-là. Donc, pour s'assurer qu'il n'y ait pas de perdant,
puis on a une période transitoire sur le coût qu'on va vous expliquer au niveau
des montants qui sont accordés. Donc, au bout du compte, le bureau a été mis en
place pour des bonnes raisons, dans un contexte économique qui n'est pas du
tout le même qu'aujourd'hui, même si on sait que les tarifs de George W. Bush
existaient puis que Donald Trump existe encore puis que les moulins à scie ont
fermé au Québec. Donc le bureau donnait une garantie d'approvisionnement, mais
avec le temps, le coût de la mise aux enchères ne faisait qu'augmenter le prix
du coût du bois pour une portion de l'industrie forestière.
M. Kelley : Alors, on espère
que, ça, ça va baisser un peu le prix, c'est...
M. Poulin : Avec le règlement
édicté par le ministre...
M. Kelley : L'industrie croit
que ça, ça va être l'impact pour une partie.
M. Poulin : Oui, le conseil de
l'industrie forestière notamment et avec le règlement dont le ministre va être
porteur, je pense, ça va être mensuel ou trois mois, là, je... mensuel qu'il
va... Puis Dieu sait que, dans le prix du bois, ça change presque à chaque mois
ou à chaque semaine, ça va permettre de donner un meilleur coût d'acquisition
pour les entreprises.
• (19 h 10) •
M. Kelley
: OK.
La Présidente (Mme Dufour) :
C'est bon?
M. Kelley
: Oui.
La Présidente (Mme Dufour) :
Pas d'autre intervention? Excellent. Donc, l'article... l'amendement 64.1
est-il adopté?
Des voix
: Adopté.
La Présidente (Mme Dufour) :
Parfait. Donc, on passe à l'amendement 64.2.
M. Poulin : Parfait. Insérer
après l'article... Oui, d'accord.
La Présidente (Mme Dufour) : C'est
juste le temps qu'il soit affiché, s'il vous plaît.
M. Poulin : Pas de problème.
La Présidente (Mme Dufour) : Je
comprends que vous êtes enthousiasme.
M. Poulin : Absolument.
La Présidente (Mme Dufour) :
Enthousiaste.
Une voix : ...
La Présidente (Mme Dufour) :
Oui, amendement 64.2. Donc, vous pouvez y aller.
M. Poulin : Insérer, après
l'article 64.1 du projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
64.2. L'article 63 de cette loi est
modifié par le remplacement de «en marché par le Bureau de mise en marché des
bois, de fixer par le bureau» par «respectivement aux enchères et fixées par le
ministre».
Commentaires : Cet amendement vise à
modifier la terminologie utilisée à l'article 63 de la Loi sur
l'aménagement durable du territoire forestier, en concordance avec le retrait
du marché libre pour évaluer la valeur marchande des bois et l'abolition de
bureau de mise en marché des bois.
Donc, Mme la Présidente, ce que l'on vient
faire avec l'article 63, on prévoit que les volumes de bois récoltés dans
la réalisation des activités d'aménagement forestier prévues dans les plans
d'aménagement, qui ne sont pas destinés à un bénéficiaire de la garantie
d'approvisionnement ou un titulaire de permis pour la récolte des bois aux fins
d'approvisionner une usine de transformation du bois, puvent être laissés...
puissent... peuvent être laissés sur pied ou vendus par le ministère des
Ressources naturelles et des Forêts. Donc, c'est une concordance avec l'esprit
du règlement que j'ai expliqué tout à l'heure à nos collègues.
La Présidente (Mme Dufour) : Merci.
Est-ce qu'il y a des questions, commentaires? Non? Mon Dieu, on va le... est-ce
qu'il est adopté?
Des voix
: Adopté.
La Présidente (Mme Dufour) :
OK. Excellent. On passe à l'article 60... à l'amendement, pardon, 64.2...
Non, 64.3.
M. Poulin : J'attends qu'il
soit affiché, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Dufour) : Oui,
oui, exact. Merci, M. le ministre. Et voilà, il est à l'écran.
M. Poulin : Insérer, après
l'article 64.2 du projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
64.3. L'article 70 de cette loi est
modifié par le remplacement, dans le troisième alinéa, «du Bureau de mise en
marché des bois, intitulés en vertu de l'article 119» par «ministre. Ce
manuel définit, pour chacune des méthodes de mesurage, l'ensemble des
instructions applicables à chacune de ces méthodes, telles les différentes
techniques de prise de mesure et d'échantillonnage, le contenu et la forme des
diverses demandes ou autres types de formulaires de mesurage, d'inventaire ou
de transport des bois».
Commentaires : Cet amendement vise à
modifier la terminologie utilisée à l'article 70 de la Loi sur
l'aménagement durable...
M. Poulin : ...territoire
forestier en concordance avec l'abolition du bureau de mise en marché des bois.
Le contenu du manuel contenant les instructions de mesurage des bois est
actuellement prévu au paragraphe 15 de l'article 120 de cette loi.
La Présidente (Mme Dufour) : Merci.
Est-ce qu'il y a des questions, des commentaires? Député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Et j'imagine, M.
le ministre, quand on parle de manuel, ça, c'est comme vraiment un manuel, un
guide que va donner l'industrie pour tout ce qui est identifié à la suite.
M. Poulin : Tout à fait. Et
on vient même définir qu'est ce que ça peut être sur les instructions
applicables, les méthodes, les techniques, le contenu, la forme diverse,
évidemment, le nombre du bois récolté, le type de bois qui a été récolté.
M. Kelley : Parfait, merci.
La Présidente (Mme Dufour) : Bien,
merci beaucoup. Écoutez, moi, je vous propose que, compte tenu de l'heure...
Des voix : ...
La Présidente (Mme Dufour) :
Ah oui! Est-ce qu'il est adopté? Excusez-moi, j'étais... j'étais trop
enthousiaste. Il est en... OK. Article... amendement 64.3, adopté. Et
donc, je vous propose que, compte tenu de l'heure, que la commission ajourne
ses travaux sine die, puis je vous remercie pour votre collaboration cet
après-midi.
(Fin de la séance à 19 h 14)