(Treize heures cinquante-neuf
minutes)
Le Président (M. Allaire) : Alors, à
l'ordre, s'il vous plaît! La Commission de l'économie et du travail reprend ses
travaux.
La commission est réunie afin de procéder à
l'étude du volet Travail des crédits budgétaires du portefeuille Travail pour
l'exercice financier 2026-2027. Une enveloppe de 1 h 15 min...
1 h 45 min, pardon, a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Mallette (Huntingdon) est remplacée par Mme Gendron (Châteauguay); Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce), par Mme Dufour (Mille-Îles); Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), par Mme Cadet (Bourassa-Sauvé); et M. Fontecilla
(Laurier-Dorion), par M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve); et monsieur...
Pardon, voilà, c'est tout.
Travail
Discussion générale
Le Président (M. Allaire) : C'est
parfait. Merci. Comme je le dis tout le temps, là, c'est moi qui dois... bien,
je dis «malheureusement» ou «heureusement», équilibrer le temps. Donc, M. le
ministre, quand je fais ça comme ça, là, c'est pour... vraiment pour équilibrer
le temps entre les questions et les réponses. Donc, je vous invite à conclure,
là, lorsque je fais ce geste-là. Mme la députée de Bourassa-Sauvé, on commence
avec vous. Vous avez 17 min 10 s. La parole est à vous.
• (14 heures) •
Mme Cadet : Merci beaucoup, M. le
Président. Salutations à M. le ministre et salutations à l'ensemble des
professionnels du ministère du Travail ainsi que des dirigeants de différents
organismes également, donc, sous la responsabilité du ministre du Travail.
Donc, c'est un grand plaisir pour moi, donc, de prendre part, pour une
quatrième fois, à cet exercice avec vous, M. le ministre.
D'entrée de jeu, avant de vous poser ma première
question, je trouvais important, M. le ministre, donc, de revenir sur les
événements troublants des dernières semaines et vous dire... vous témoigner,
donc, de notre... de notre appui, de notre soutien. Les gestes qui ont été
posés étaient totalement inacceptables, et, peu importent les allégeances
politiques, il n'y a aucune place au Québec pour l'intimidation, des menaces ou
la banalisation de la violence envers les élus et leurs familles. Donc, je veux
vous témoigner de notre soutien, M. le ministre.
Ceci dit, donc, nous commençons donc cet
exercice, donc, pour faire votre bilan comme ministre du Travail et de veiller
à ce que le travail se soit exercé de manière adéquate au cours des dernières
années, et je commencerais peut-être, M. le ministre, avec, bon, d'abord,
l'affirmation, donc, de votre nouvelle cheffe, la première ministre du Québec
nous dit... qui nous a dit la semaine passée, lors de son discours inaugural,
qu'il s'agissait d'un nouveau gouvernement, avec une nouvelle approche, avec
des nouvelles façons de faire. Je pense que vous nous avez entendus bien
souvent, en période de questions, M. le ministre, vous dire : Bien,
écoutez, nous, on a l'impression qu'il n'y a pas vraiment eu beaucoup de
changement, et, quoique je vous félicite pour votre reconduction au rôle de
ministre du Travail, force est de constater que la chose n'a pas beaucoup bougé
en Travail au cours des dernières années.
Donc, concrètement, j'aimerais savoir, donc,
selon vous, qu'est-ce qui sera si différent, alors, en matière de travail, en matière, donc, de relations avec le
milieu, parce qu'on sait que ça a parfois pu être difficile. Alors, qu'est-ce qui
va changer concrètement puisqu'il s'agit, selon vous, d'un nouveau
gouvernement?
Le Président (M. Allaire) : M. le
ministre.
M. Boulet : Oui, merci, M. le
Président. Salutations à tous les collègues gouvernementaux, les collègues des
partis d'opposition, les équipes, notamment le Tribunal administratif, la Régie
du bâtiment, la Commission de la construction, la CNESST et les personnes qui sont
présentes
Et merci pour votre empathie, si je peux
m'exprimer ainsi, et, évidemment, la liberté d'expression, il faut la
reconnaître. C'est un droit fondamental, mais il faut reconnaître qu'il y a
cependant des limites, puis, bon, je vais limiter mes commentaires à ce que je
viens de mentionner.
Le changement dans les relations de travail...
Vous le savez, les relations de travail, c'est une dynamique qui est
constamment évolutive, qui s'appuie beaucoup sur le paritarisme et le dialogue
social. Évidemment, dans la dernière année et demie, on a adopté des lois pour
considérer davantage les besoins de la population en cas de grève et de
lock-out. On a adopté une loi pour améliorer la transparence syndicale et la
gouvernance, de même que la démocratie au sein des
associations de salariés. Ça fait qu'il y a eu, dans cette période de temps là,
un dialogue social différent. Le ton n'était pas le même que dans les années
précédentes, et je pense qu'on a repris les habitudes qui nous permettent
d'avoir un dialogue social qui est sain.
D'ailleurs,
vous le savez, on a donné... J'ai donné un mandat au Comité consultatif du travail et de la
main-d'oeuvre de me faire des recommandations sur la façon d'utiliser et
d'intégrer les systèmes d'intelligence artificielle dans les milieux de
travail. On a eu un rapport consensuel. J'étais extrêmement content. J'ai eu
des communications avec les leaders patronaux, les leaders syndicaux, et ce
nouveau ton là, je pense qu'il est le reflet d'une approche...
Le Président (M. Allaire) : ...
M. Boulet : Est-ce que ça veut dire
encore cinq minutes ou...
Le Président (M. Allaire) :
...conclure votre argumentaire actuel.
M. Boulet : D'accord. Alors, je
pense que je l'exprimerais de cette façon-là, un changement, mais dans la
continuité de relations de travail qui sont au bénéfice de tout le monde.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée.
Mme Cadet : Oui, rapidement,
là-dessus, est-ce que ça signifie que vous désavouez le style de votre ancien
chef, alors?
M. Boulet : Non, absolument pas.
Quand on fait de la politique... Puis, vous le savez, vous avez eu des
changements de chef de votre côté aussi. Je pense que tous les partis vivent
ça. La politique, c'est apprendre à s'adapter, et travailler en équipe, et
c'est ce que je fais, et je peux vous assurer qu'avec la nouvelle cheffe de la
CAQ et la première ministre j'ai beaucoup d'affinités idéologiques et
d'approche, et c'est sans égard à ce que son prédécesseur pouvait adopter comme
ton ou approche.
Mme Cadet : Merci beaucoup, M. le
ministre. J'aimerais maintenant saluer, donc, les représentantes de l'union des
travailleurs... travailleuses et travailleurs accidentés ou malades, l'UTTAM,
qui sont présents aujourd'hui, ainsi que le travail important qu'ils
accomplissent auprès des travailleurs accidentés partout au Québec. Voilà, je
vois que vous prenez le temps de les saluer aussi, M. le ministre.
Donc, plusieurs groupes du milieu nous parlent,
depuis quelques années, d'une préoccupation grandissante concernant la
complexité et la judiciarisation du régime de réparation des lésions
professionnelles. De nombreux travailleurs accidentés nous disent avoir
l'impression qu'après avoir subi une blessure ou développé une maladie
professionnelle ils doivent ensuite traverser un processus extrêmement lourd,
complexe et souvent très long avant d'obtenir une décision finale concernant
leur dossier, mais plusieurs employeurs nous disent également trouver le régime
difficile à naviguer.
Donc, lorsque le système devient tellement
complexe que toutes les parties ont le sentiment de devoir constamment se...
disons que... de trouver... que toutes les parties, donc, le trouvent
excessivement complexe, je pense qu'il est légitime de se demander si
l'équilibre recherché fonctionne réellement. M. le ministre, est-ce que vous
reconnaissez qu'il existe actuellement, donc, une problématique importante à ce
niveau-là, au niveau de la complexification du régime de réparation de lésions
professionnelles?
M. Boulet : Bien, permettez-moi de
ne pas être totalement en accord. Quand on a fait la grande modernisation, qui
est entrée en vigueur au mois d'octobre de l'année 2021, du régime de
santé et sécurité, un des axes prioritaires, c'était de faciliter l'accès.
Donc, on a mis beaucoup l'accent sur la simplification des processus, et, parce
que je suis limité dans le temps, je dis aux travailleurs puis aux
travailleuses qui subissent un événement dans le
cadre de leur travail, par le fait ou à l'occasion de leur travail :
L'employeur a un devoir d'assister cette personne-là pour remplir un
formulaire de réclamation, bien décrire l'événement, s'assurer qu'on puisse
corriger le tir dans l'avenir, et la réclamation est transmise à la CNESST, qui
traite les dossiers de façon diligente, et on a simplifié des processus.
Notamment, alors qu'on devait systématiquement
aller en révision administrative avant d'aller au Tribunal administratif du
travail, dans certains cas déjà déterminés dans la loi, on peut opter pour
aller soit en révision administrative ou au TAT. On a mis beaucoup l'accent
aussi sur les alternatives de résolution avec des processus de conciliation
améliorés, raffermis, qui permettent aux travailleurs, travailleuses et l'employeur
de trouver des solutions qui sont entérinées par des décisions si c'est avant
une audience au Tribunal administratif du travail, mais le processus, de
l'extérieur, peut paraître compliqué, mais les personnes qui le vivent
obtiennent, dans la majorité des cas où on répond bien à la définition d'un
accident de travail ou d'une maladie professionnelle... obtenir des indemnités
pour remplacer leurs revenus pendant leur période d'absence.
Mme Cadet : Mais est-ce que le
processus... parce que je vous entends sur la finalité, mais est-ce que le
processus, à votre sens, est... est suffisamment rapide? Ce que vous dites,
donc, voici la réforme qu'on a... qu'on a faite, mais force est de constater
que, là, ça fait quand même cinq ans. Cinq ans?
M. Boulet : Oui.
Mme Cadet : Et ce sont des
revendications que l'on entend en date d'aujourd'hui. Donc, il y a eu certaines
avancées, certes, mais, si des... si les groupes eux-mêmes... Donc, il est
là... Donc, je vous ai parlé du temps, mais je l'ai mentionné dans ma prémisse également, donc il y a
des employeurs qui nous disent que, oui, le régime est peut-être aussi
difficile à naviguer, qu'il est très, très, très technique, de plus en plus
judiciarisé. Est-ce que... Dans ce sens-là, est-ce qu'on a véritablement
atteint le point d'équilibre à ce moment-là? Est-ce qu'il n'y aurait pas
d'autres avancées à prendre?
• (14 h 10) •
M. Boulet : Bien, un, j'apprécie que
vous référiez aux avancées et je ne suis pas la personne qui va dire qu'il n'y
a rien de perfectible. Le problème, c'est qu'on a attendu 40 ans sans rien
faire. Ça fait qu'il y avait un gros ménage législatif à faire puis il y en
aura encore à faire. D'ailleurs, on a déposé un projet de loi où il y a encore
des améliorations, mais souvenez-vous,
collègue, qu'il n'y avait même pas 25 % des milieux de travail au Québec
où il y avait des mécanismes de prévention et de participation des
travailleurs et travailleuses pour réduire la fréquence et la gravité des
lésions professionnelles.
Là, on peut dire que c'est 100 % des
milieux de travail. On a fait des avancées, mais il y a encore du travail à
faire pour réduire les délais, simplifier les processus. On avait parlé, puis
le collègue d'Hochelaga-Maisonneuve s'en souvient, éventuellement d'abolir la
Direction de la révision administrative. On a plutôt diminué le nombre de
dossiers qui pouvaient ou qui, selon la faculté des parties impliquées, se...
être soumis devant la révision administrative, mais on ne pouvait pas, là,
parce que la Loi sur la justice administrative prévoyait un recours en révision
systématique pour toutes les décisions administratives qui sont de nature quasi
judiciaire.
Donc, on a maintenu quand même la Direction de
la révision administrative, mais il y a encore du travail à faire, c'est sûr.
Toutes les lois méritent d'être revues constamment puis de façon épisodique
pour les améliorer. Et on a un taux de satisfaction de la clientèle, collègue,
il faut que je le dise, 88 %, 85 % puis 89 % pour... pour la
réintégration.
Mme Cadet : M. le ministre...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Mme Cadet : Merci. Là, vous dites,
donc, et vous le dites souvent... on a l'occasion de faire plusieurs projets de
loi ensemble, de travailler sur plusieurs projets de loi ensemble, donc vous
dites souvent, donc, que tout est perfectible, et je sais aussi que, M. le
ministre, vous êtes un homme de consensus. Donc, est-ce que vous êtes ouvert à
ce que la... bien, en fait, qu'il y ait une commission qui se penche formellement
sur les enjeux de judiciarisation et de complexification du régime?
M. Boulet : Est-ce que je suis
ouvert à...
Mme Cadet : Par exemple, bien là on
parle... Là, dans ma question, je parlais de... Donc, la Commission de
l'économie et du travail, donc, se penche là-dessus, mais de... Mettons, si je
la reformule ou si je pose la question différemment : Est-ce que vous
enverriez ça, donc, par exemple, à un comité paritaire pour se pencher sur
cette question-là?
M. Boulet : Comment simplifier...
bien, analyser, oui, moi, je trouve que c'est une idée qui est intéressante, et
je travaille beaucoup avec le comité consultatif travail et main-d'oeuvre, où
sont les quatre grandes associations patronales, les quatre grandes centrales
syndicales, et, oui, je leur ai constamment confié des mandats. On a référé à
l'intelligence artificielle il y a un certain temps...
Mme Cadet : Ce mandat-là, par
exemple.
M. Boulet : ...sur la santé
psychologique, sur la simplification des processus. Absolument, je pourrai
certainement le considérer.
Mme Cadet : Parfait. Puis est-ce que
vous acceptez de rencontrer l'UTTAM à ce sujet rapidement?
M. Boulet : Moi, j'ai énormément de
respect, puis je ne sais pas ce que Félix en dirait, mais, à chaque fois...
non, non, mais on me... à chaque fois qu'on me demande que l'UTTAM soit
présente à des consultations particulières, je dis oui. À chaque fois, l'UTTAM prépare à des mémoires qui sont
fouillés, structurés et intéressants. C'est sûr qu'on ne va pas toujours dans
la direction qui est souhaitée par l'UTTAM, mais les travailleurs accidentés
qui ne sont pas membres d'une accréditation syndicale ont une voix au chapitre.
Et là, si votre question est : Est-ce que vous acceptez de les
rencontrer?, Félix, tu connais, tu sais mes coordonnées, puis avec plaisir.
Mme Cadet : Merci, M. le ministre.
Maintenant, l'été dernier, l'été 2025, on apprenait que la CNESST devait
abolir environ 250 postes en équivalents temps complet pour respecter les
cibles budgétaires qui sont... qui ont été imposées par
le gouvernement. À ce moment-là, il y avait plusieurs inquiétudes qui avaient
été soulevées sur les conséquences possibles de ces coupes sur les services à
la population, notamment en matière de traitement de dossiers. D'ailleurs, un
peu plus tôt, là, vous disiez que... qu'il y avait, donc, les ressources à
la... à la CNESST. Bon, plusieurs mois plus tard, donc, on voit que, bon, ces
coupes-là, donc, ont été réalisées. Est-ce que vous maintenez qu'il n'y a pas
eu de détérioration des services à la population à la suite des différentes
abolitions de postes?
M. Boulet : Oui, je le maintiens. La
cible de compressions, c'est effectivement 250,2 ETC...
Mme Cadet : ...comme cible.
M. Boulet : ...par le Conseil du
trésor pour 2025-2026, mais c'est combiné à une gestion qui est rigoureuse,
responsable, une utilisation optimale des ressources, et, oui, il n'y a pas
d'impact sur le service à la clientèle, puis les sondages, là, le 89 %
pour la réintégration puis le 85 % de taux de satisfaction générale de la
clientèle de la CNESST, c'est quand même assez révélateur que...
Mme Cadet : Sondages que vous utilisez
comme indicateurs?
M. Boulet : Mais, non, c'est un des
indicateurs. Il y a une planification stratégique à la CNESST. Je trouve que
c'est quand même un élément qui est probant, parce que vous me parlez des
services à la clientèle. Donc, ça, ça m'apparaît pertinent à la question que
vous me posez.
Mme Cadet : Et à part... alors, à
part les sondages, quels sont les autres indicateurs?
M. Boulet : Bien, dans la
planification stratégique, je n'ai pas de liste des indicateurs devant moi. Si
vous me permettez, je demanderais à la présidente-directrice générale de la
CNESST de répondre, si tu as, Anouk, les...
Mme Cadet : Consentement.
Le Président (M. Allaire) : Pas de
problème, j'ai le consentement?
Mme Cadet : Rapidement, oui.
Le Président (M. Allaire) :
Consentement. Parfait. Simplement prendre le temps de vous présenter, avec
votre titre, et la parole est à vous.
Mme Gagné (Anouk) : Oui, bonjour.
Anouk Gagné, présidente-directrice générale de la CNESST.
Donc, oui, effectivement, les coupures
d'effectifs ont été rencontrées quand même assez rapidement, de manière très
diligente, dans le but de maintenir le service à la clientèle. L'ensemble de
nos indicateurs à la déclaration de services aux citoyens sont atteints pour
2025. Donc, oui, on affirme qu'évidemment le service à la clientèle est
maintenu.
Mme Cadet : Mais c'est vous qui
parliez de rupture de services dans un article de La Presse il
n'y a pas si longtemps, non?
Mme Gagné (Anouk) : Quand on parle
de rupture de services, ce qui est sorti dans les médias, c'est qu'on a fait
des analyses à l'interne pour s'assurer d'identifier les risques. Donc, pour
éviter les ruptures de services, nous, on a mis en place différentes mesures d'optimisation,
soit de réorganisation du travail, des mesures pour automatiser à l'occasion
certaines portions de services pour nous aider à faire face à la diminution
d'effectifs, et que ce soit fait de façon transparente par rapport, évidemment,
à nos clientèles.
Mme Cadet : Il n'y avait pas une
note qui mentionnait que «retirer une part significative des ressources
intégrées aux équipes dans les dernières années, en plus d'occasionner une
perte d'expertise importante, vient mettre en péril la qualité d'efficience des
activités prioritaires auprès des clientèles dans ce contexte particulier»?
Mme Gagné (Anouk) : Bon, moi, je
vous répondrais qu'évidemment, quand on vit, là... On ne le niera pas, là, on
vit une diminution d'effectifs. Ça amène une certaine pression, mais c'est une
pression à laquelle on a su très bien s'organiser. On a su mettre en place des
mesures pour être capables de, parfois, faire des blitz, où on allait déplacer
des services à l'intérieur de l'organisation pour répondre aux besoins qui
pouvaient être émergents... ou les lieux où on avait peut-être des pointes de
service plus importantes. Donc, c'est toujours une question de gestion de
risque, d'ajustement à l'interne, pour être en mesure de répondre, dans le
fond, aux besoins de nos différentes clientèles, qui a été faite.
Mme Cadet : On dit aussi : «En
dépit de ces efforts d'optimisation, des impacts négatifs sur les opérations
prioritaires et sur le taux d'application de la Loi sur l'équité salariale sont
inévitables.»
Mme Gagné
(Anouk) : C'était quelque... Comme je vous dis, ça, c'est quelque
chose qu'on a anticipé. Vous savez, quand on a reçu, la première fois,
l'annonce, 250...
Le Président (M. Allaire) : 30
secondes.
Mme Gagné (Anouk) : ...on regarde ça,
et là on regarde qu'est-ce qui pourrait arriver et, en identifiant certaines
probabilités pour éviter ces risques-là, on a fait des ajustements. Les
secteurs où on avait parfois des besoins plus importants... On a modulé, dans
le fond, les... Je vous dirais, on a fait des interventions chirurgicales, je
vais utiliser le terme, là, pour être capables de venir diminuer le nombre
d'effectifs, mais en maintenant, encore une fois, les services à la population
et là où on avait des besoins.
Mme Cadet : ...avaient été
surestimées, c'est ce que vous dites, au départ?
Mme Gagné (Anouk) : On a... Je pense
que, dans toute saine gestion, saine gouvernance, on a évalué le pire pour être
en mesure de bien choisir là où on allait apporter les ajustements. Le secteur
de l'équité salariale n'a pas eu davantage de compressions que dans les autres
secteurs, et on a même protégé... Je vous dirais, on est très conscients, là...
On a un service de première ligne où on répond à nos différentes clientèles.
Que ce soit en santé, sécurité, normes du travail, équité salariale, il n'y a
eu aucune compression d'effectifs du côté du service de relations clients
directement.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Merci, Mme Gagné. On poursuit avec le deuxième groupe de l'opposition. M. le
député d'Hochelaga-Maisonneuve, vous avez 17 min 5 s.
M. Leduc : Merci, M. le Président.
Bonjour à vous, M. le ministre. Bonjour à tout le monde qui l'accompagne,
toujours un plaisir de vous voir ici. Et salutations aux gens derrière vous, M.
le ministre, qui sont des travailleurs, travailleuses de chez Renaud-Bray, oui,
donc qui ont subi des fermetures, on pourrait dire, sauvages dans les dernières semaines. C'est là-dessus que
je veux qu'on aille dans le premier... dans un premier temps, M. le ministre.
Vous savez, Renaud-Bray est une entreprise qu'on
pourrait quand même qualifier de voyou en matière de droit du travail au
Québec, là. Ils ont été condamnés, le 12 février dernier, pour briseurs de
grève, le 5 août 2024 pour entrave aux activités syndicales puis pour
négociation de mauvaise foi, donc, des peines quand même assez sévères dans le
droit du travail. Ils ont récemment, donc, fermé leurs deux succursales, là, à
Galeries de la Capitale puis à Laurier Québec, qui étaient sous la même
accréditation, qui étaient donc en grève. Ils ont converti un commerce, juste à
côté, en Renaud-Bray, qui leur appartient aussi.
Donc, ils sont en cour, aujourd'hui même,
là-dessus, mais ce n'est pas là-dessus que je veux vous entendre, M. le ministre.
Je veux vous entendre sur l'économie générale de votre Code du travail. Ça fait
huit ans que vous êtes ministre du Travail. Ce n'est pas votre code, mais vous
l'avez transformé et vous l'avez façonné à travers de nombreux projets de loi
qu'on a travaillés ensemble, et je sais que vous êtes toujours soucieux de
viser l'équilibre, l'équilibre des rapports de force dans le droit du travail.
Est-ce que vous considérez que la situation que vivent les collègues, derrière
vous, de chez Renaud-Bray, c'est une relation équilibrée en matière de droit du
travail?
• (14 h 20) •
M. Boulet : Bien, un, moi, je veux
saluer les travailleurs, travailleuses. Êtes-vous plusieurs qui travaillez chez
Renaud-Bray? C'est certain que ce n'est pas agréable de côtoyer des personnes
qui perdent leur emploi dans un contexte où les relations de travail sont
ardues, sont confrontationnelles, et où ça nous amène à penser à de la
négociation de mauvaise foi, à la violation des dispositions antibriseurs de
grève. Vous le savez, à mon ministère, on a un service de
conciliation-médiation. On a nommé une personne pour accompagner les parties,
pour embarquer dans un processus de recherche de solutions. Ça n'a pas marché.
Il y a eu, bon, on me confirme, 31 séances de conciliation, mais, oui, ça
m'ennuie considérablement.
Et vous avez été à mes côtés, collègue d'Hochelaga-Maisonneuve,
avec le projet de loi n° 101. On a fait... on a fait
en sorte d'augmenter les amendes pour les cas de négociation de mauvaise foi de
1 500 $ à 7 500 $ puis, pour la violation des dispositions
antibriseurs de grève, de 2 500 $ à 25 000 $. C'est sûr que
ça, ça ne règle pas... Les amendes, c'est des pénalités. C'est sûr qu'il faut
encore, je pense, au Québec, faire de la pédagogie auprès des parties, puis je
me fie beaucoup au comité consultatif, mais aux centrales syndicales, aux
syndicats puis aux associations
d'employeurs. Il faut faire de la négociation raisonnée. Des négociations
classiques du type de Renaud-Bray, disons que je ne suis pas un ardent
défenseur de cette approche-là parce que ça ne donne jamais de bons résultats.
Le Président (M. Allaire) :
Merci.
M. Boulet : Et ici on aboutit à
des fermetures de deux succursales de Renaud-Bray, il y a Laurier puis il y a
Galeries de la Capitale, hein, les deux à Québec.
Le Président (M. Allaire) :
Merci, M. le ministre. M. le député, allez-y.
M. Leduc : Dans le fond, c'est
que le système que vous présidez, M. le ministre, que vous avez façonné à
travers les nombreux projets de loi que vous avez gérés, produit ce rapport de
force là inégal envers les travailleurs, travailleuses.
On fait... Vous faisiez référence aux amendes pour les scabs. On était même en
séance, ici, sur le projet de loi n° 3, puis, je vous
l'avais souligné, ils ont eu 7 000 $, Renaud-Bray, 7 000 $
pour une reconnaissance objective d'avoir trahi la loi, de ne pas avoir
respecté la loi, sur un chiffre d'affaires de 400 millions par année.
Heille! aujourd'hui même, on a... notre collègue, là, du parti... l'ancienne
collègue du Parti libéral qui va avoir une amende de 8 000 $ pour ne
pas avoir respecté le code d'éthique. Renaud-Bray, lui, il embauche des scabs à
la pelletée, puis on lui donne 7 000 $... C'est quand même un peu
absurde. Ne trouvez-vous pas qu'il y a là une révision urgente à faire sur les
montants des amendes pour des entreprises qui font 400 millions de
dollars de chiffre d'affaires?
M. Boulet : Bien, on en a parlé
à l'occasion de quelques commissions parlementaires, que le quantum des amendes
devrait tenir compte du chiffre d'affaires des entreprises. J'ai toujours
compris cet argument-là. En même temps, il faut respecter l'indépendance de nos
cours de justice, de nos cours administratives, et les montants des amendes
sont établis par le ministère de la Justice afin d'assurer une cohésion dans le
corpus législatif québécois. Ils veulent s'assurer que le montant de l'amende
soit un juste reflet de la gravité de l'infraction. Et donc est-ce que la
gravité de l'infraction... est-ce que c'est plus grave parce que tu fais plus
d'argent, est-ce que c'est moins grave parce que tu es une petite entreprise?
Pas nécessairement. Ce n'est pas le raisonnement qui est tenu par les avocats
du ministère de la Justice, mais c'est une question d'harmonisation du montant
des amendes en fonction de la gravité des infractions. Ceci dit...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci, M. le ministre. M. le député.
M. Leduc : Le but, c'est
d'avoir un effet dissuasif avec des amendes. Visiblement, à 7 000 $
sur un chiffre d'affaires de
400 millions, il n'y en a pas, d'effet dissuasif. Rappelons aussi, pour
mémoire, que, dans le projet de loi n° 3, si on met
une virgule à la mauvaise place dans nos états financiers, ça peut être jusqu'à
50 000 $ pour une accréditation syndicale. Ça fait que la
comparaison, quand même, est intéressante.
Passons à un autre sujet, celui des surjudiciarisations.
Ma collègue en parlait tantôt, de l'UTTAM, qui sont là aussi aujourd'hui, qui
ont préparé un document assez intéressant puis une campagne vraiment fascinante
sur la surjudiciarisation.
Le Président (M. Allaire) : ...
M. Leduc : Ah! désolé, parce
que je veux montrer un graphique. Je ne sais pas si vous me permettez celui-là.
Le Président (M. Allaire) :
Merci, ça va.
M. Leduc : Alors, un petit
graphique sur la surjudiciarisation, il est un peu petit, là, mais, vous voyez,
ici, ça, c'est la ligne des contestations, en santé et sécurité du travail, des
employés, et la ligne en bleu qui explose ici, c'est la contestation des
employeurs. Alors, on a calculé ici, avec l'UTTAM... Bien, en fait, l'UTTAM a
calculé qu'il y a une augmentation de 1 167 % du nombre de
contestations des employeurs entre 1997 et 2024, qui est la dernière année où
on a des chiffres.
Alors, il y a un phénomène fascinant,
regrettable, de surjudiciarisation, et malheureusement la loi n° 59...
le projet de loi n° 59, qu'on a travaillé ensemble,
n'a pas participé à réduire la situation parce que, quand on regarde les
années 2022, 2023, 2024, on est à 66 000, 66 000 encore et
71 000. Donc, ça va encore en progression, le nombre de contestations.
Alors, est-ce qu'il n'y a pas là lieu de faire un constat assez négatif que le
projet de loi n° 59 n'a pas réussi à casser cette
tendance à la surjudiciarisation?
M. Boulet : 1 167 %...
M. Leduc : Entre 1997 et 2024.
M. Boulet : Et est-ce que c'est
des demandes de révision à la Direction de la révision administrative de même
que les contestations au Tribunal administratif du travail, collègue?
M. Leduc : Exact.
M. Boulet : Mais, si c'est
effectivement le cas, 1 167 % d'augmentation du nombre de
contestations des employeurs, je l'apprends, je l'avoue, il faudrait que je
voie la méthodologie de calcul, puis je pourrais en parler avec Félix, puis
l'UTTAM, mais, oui, ça me préoccuperait puis c'est certain que je demanderais
qu'on l'analyse et qu'on voie les façons de résorber cette augmentation-là,
parce que ça existait avant la modernisation, puis un des objectifs de la
modernisation, c'était effectivement de diminuer le nombre de recours. On l'a
fait en partie avec la révision administrative, on l'a fait en renforçant les
processus de conciliation, mais il ne faut pas oublier qu'il faudrait regarder
d'autres chiffres.
C'est quoi, l'augmentation du pourcentage de
règlements? C'est quoi, l'augmentation du pourcentage de désistements? Il y a
certainement des données statistiques qui viendraient atténuer ce que vous
venez de mentionner, parce que les révisions
administratives, là, sans judiciarisation, parce que vous le savez que c'est
des observations qui sont faites, là, il n'y a pas d'audience avec des témoins
puis des arguments, des conseillers ou des procureurs, 99,1 % ont été
réglées en 90 jours. Ça fait que, même s'il y a eu une autre augmentation
aussi impressionnante que ce que... je dis «Félix», là, mais l'UTTAM, 1 167 %,
oui, ça me préoccupe, mais il faudrait voir les règlements, les désistements,
puis, en révision administrative, sans judiciarisation, 99,1 %, je pense
qu'il faut le noter, puis ça, c'est un effet de la modernisation.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci, M. le ministre. M. le député.
M. Leduc : Ce qu'il faut noter, là,
c'est que le deux tiers... plus que le deux tiers des contestations sont faites
par les employeurs. Donc, c'est un système qui est fait pour les employeurs,
puis là vous me direz que je fais un procès d'intention, mais pour stâler, pour
faire de la pression psychologique sur le travailleur. On en avait parlé
pendant le PL n° 59, le 10 juin 2021,
d'ailleurs, où je vous avais demandé, et vous aviez dit oui, de faire une
lettre mandat, puis vous aviez dit, dans... je cite un extrait, là : «Dans
les deux ans de la sanction de la présente loi, le mandat va être confié au CA
de la CNESST d'examiner et de faire des recommandations sur les règles de financement pour ôter cette pression-là.» Ça n'a
jamais été fait. Je suis revenu là-dessus pendant le projet de loi n° 101,
le 9 octobre 2025, vous m'avez dit : Oui, ce n'est peut-être pas le
forum idéal, on en reparlera à l'étude des crédits. Bien là, je suis à l'étude
des crédits. Allez-vous faire la fameuse lettre mandat d'ici la fin du mandat?
M. Boulet : Bien, quand tu
t'exprimes comme ça, tu t'attends à ce qu'il y ait un suivi. Donc, est-ce que
le CA de la CNESST a fait une analyse de la situation? Je vais le vérifier puis
je vous reviendrai là-dessus, mais rappeler quand même...
M. Leduc : ...la lettre mandat. Vous
ne l'avez jamais envoyée, la lettre mandat.
M. Boulet : Bien, est-ce que mon
équipe l'a envoyée? C'est sous réserve, là... mais je dis... Je vais le vérifier
puis je vous... je pourrai vous faire un suivi à cet égard-là, mais je l'ai dit
à deux reprises, puis je me souviens de l'avoir dit dans le contexte du
PL n° 59, et je me souviens de l'avoir dit dans
le contexte du PL n° 101, mais ce n'est pas
après la fin de l'audience parlementaire que j'ai écrit la lettre, là, mais
est-ce que mon équipe ou mes équipes l'ont préparée ou la CNESST, qui était
présente, a fait un suivi? Ça, ça reste à vérifier, mais...
Le Président (M. Allaire) : Juste...
juste m'assurer avant qu'on aille plus loin, c'est parce que c'est un
engagement, M. le ministre, parce que nous, on fait des suivis après...
M. Boulet : Un engagement de
vérifier, oui, tout à fait, si ça a été fait.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Donc, c'est un engagement. Merci. Vous pouvez poursuivre.
M. Boulet : Oui, puis, sur la...
puis...
Le Président (M. Allaire) : ...encore
une fois, une question d'équilibre. M. le député, allez-y.
M. Leduc : Bien, je suis content que
le ministre vérifiera, puis je l'apprécie. Des solutions, il en existe, hein?
On pourrait abolir... abolir les mutuelles de contestation. On pourrait abolir
le BEM. On pourrait faire un service de représentation des non-syndiqués. Le
document de l'UTTAM est particulièrement bien fouillé. Vous pourrez aller piger
là-dedans pour trouver des pistes.
Je vous amène sur peut-être le... On verra si
c'est le dernier sujet, là, mais le projet de loi n° 89, là, qui visait à
limiter le droit de grève, vous l'avez utilisé très rapidement. Vous avez même
voulu devancer, hein... Vous avez fait un projet de loi pour devancer son
application quand il y avait la grève à la STM. Après ça, vous l'avez tout de
suite appliqué dans... au CPE... je pense que c'est P'tits Loups, dans le coin
de Saguenay, pour limiter, donc, le droit de grève là-bas.
Par contre, au moment où on se parle, ça fait
déjà plusieurs semaines, donc, depuis le 30 mars dernier, que l'autobus...
le service d'autobus La Québécoise, qui fait la ligne Sherbrooke—Trois-Rivières
et Sherbrooke-Québec, est interrompu par un lock-out. D'ailleurs, c'est assez
dur, là, ils leur exigent des reculs salariaux importants puis une stagnation
salariale, mais, bon, on ne s'immiscera pas dans la négo. Cela étant dit, c'est
un lock-out.
Moi, je vous avais soumis, pendant le PL n° 89, que j'avais la crainte que votre projet de loi
serait un projet de loi antigrève. Vous m'aviez dit : Non, non, non, ça va
s'appliquer aux lock-out aussi. Mais je remarque que vous avez été très vite
sur le piton pour pouvoir l'appliquer sur la STM, très vite sur le piton pour
l'appliquer pour le CPE des P'tits Loups, mais que ça fait plusieurs semaines,
maintenant, qu'on attend, puis, à ma connaissance, ce n'est pas sur votre écran
radar de faire quelque chose pour le lock-out de La Québécoise. Qu'en est-il?
• (14 h 30) •
M. Boulet : Bon, on pourrait en
parler longtemps. La Société de transport de Montréal, ça faisait l'unanimité à
Montréal, le chaos humain, social et économique que la grève des salariés
d'entretien provoquait, et donc qu'on ait considéré de devancer de deux
semaines l'entrée en vigueur du projet de loi n° 89
pour que les besoins de la population soient considérés,
parce qu'il y avait des préjudices épouvantables à l'égard de toutes les
catégories de personnes humaines qui ont besoin des services du transport en
commun...
C'est Les Jardins de Robi, là, ce n'est pas les
P'tits Loups, là, c'est à Roberval et c'est un CPE, puis 80 enfants, puis
il y en a beaucoup qui sont en situation de déficience, qui ont besoin
d'accompagnement de la direction de la protection de la jeunesse et...
M. Leduc : ...
M. Boulet : Oui, je vais y revenir,
pour dire que La Québécoise, ce n'est pas de même nature. La Québécoise, quand
on s'en est parlé, récemment, au salon rouge, avec votre collègue, j'ai demandé
un état de situation, mais il n'y a rien de colligé à ce jour quant aux
dommages que ça pourrait engendrer à la population. Donc, avant de considérer
les besoins de la population, encore faut-il évaluer l'impact. Est-ce que
l'impact est disproportionné sur la sécurité économique, par exemple, d'une
partie de la population?
Et le mécanisme 1 du projet de loi
n° 89 pourrait s'appliquer à la demande d'une des parties. Si une des
parties peut demander ou si on est capables de documenter l'impact
préjudiciable sur la population, le premier mécanisme pourrait s'appliquer,
puis ça pourrait mener à une décision d'assujettissement du Tribunal
administratif du travail, exactement comme ça a été fait dans le dossier Les
Jardins de Robi. Mais ça me préoccupe. Puis ce n'est pas parce que c'est un
lock-out que c'est différent. Cette loi-là s'applique autant à un lock-out
qu'une grève. Ce qui est important, c'est qu'on met l'accent sur les besoins de
la population, soit par le mécanisme 1 pour maintenir des services plus
compatibles pour respecter les besoins de la population ou pour mettre fin à
une grève en demandant à un arbitre de différends d'intervenir quand la conciliation-médiation
aura été infructueuse.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre.
M. Boulet : Merci, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci à
vous.
M. Leduc : Il vous reste quelques
semaines comme ministre du Travail en fonction ici, dans cette Chambre, M. le
ministre. C'est à vous de démontrer que ce n'était pas une loi juste contre les
grèves puis que ça s'appliquait aussi pour les lock-out. Puis, pour l'instant,
cette démonstration-là, elle n'est pas faite.
Dernier sujet dans les minutes qu'il me reste,
M. le Président : les formations accélérées en construction que vous aviez
mises en place, il y a un an et demi ou presque deux, pour soi-disant, donc,
aider les gens, là, à se trouver une formation. Ça avait été critiqué. On
vous... On vous avait dit que vous étiez allé trop vite, sans consultation du
milieu, sans approbation du milieu. C'est sorti assez vite qu'il y avait eu des
gens qui s'en servaient pour rénover leurs chalets, hein? C'était 750 $
par semaine puis ça a été annulé.
Est-ce que vous êtes capable aujourd'hui de
reconnaître que c'est un échec et de nous dire combien d'argent on a gaspillé
collectivement dans cette aventure-là?
M.
Boulet : ...d'argent, on va le régler rapidement, ce n'est
pas de mon ministère que ça vient. Mon ministère a un périmètre d'action, c'est la Commission de la construction du Québec. Et il y avait une grave pénurie de
main-d'oeuvre. Avec la Commission de la construction du Québec, on avait
identifié cinq métiers : charpentier-menuisier, opérateur de pelle,
opérateur d'équipement lourd, ferblantier, frigoriste. La plupart, c'était
charpenterie-menuiserie. Il y en a eu en tout 4 442 qui ont complété leur
formation. Donc, c'était compatible avec l'objectif. Ils ont eu une attestation
d'études professionnelles. 3 034 charpentiers-menuisiers. Je vais me
limiter à ça parce que je suis limité dans le temps. Et, de ces personnes-là,
combien ont obtenu le certificat compétence apprenti, c'est...
M. Leduc : ...pas allés travailler
dans l'industrie après...
M. Boulet : ...2 736.
M. Leduc : Mais ils ne sont pas
allés travailler dans l'industrie après. C'est ça, le problème.
M. Boulet : Bon, les
charpentiers-menuisiers...
M. Leduc : Ça fait que combien...
combien d'argent on a dépensé, on a gaspillé là-dedans?
M. Boulet : C'est parce qu'il y a
une nuance qu'on ne fait pas quand on dit ça. Il y a des cas anecdotiques.
Mais, pour travailler dans le domaine résidentiel, notamment la rénovation, tu
n'as pas besoin de certificat compétence apprenti.
M. Leduc : Très bien. Pourquoi vous
l'avez arrêté, d'abord?
M. Boulet : Donc, il y en a
62 % qui ont obtenu un certificat compétence apprenti dans les cinq métiers...
M. Leduc : Pourquoi
vous l'avez arrêté si ça marchait bien?
M. Boulet : ...et, dans les
38 %, on peut... on n'a pas... on n'a pas eu un suivi de chacun des
diplômés, mais, s'il y en a la moitié de ces 38 % là qui ont intégré le
secteur de la construction résidentielle rénovation, parce qu'ils n'avaient pas
besoin de certificat compétence apprenti, donc on n'était pas capables de les
comptabiliser à la Commission de la construction du Québec... je ne dis pas que
c'est un grand succès, mais je ne peux pas dire que c'est un échec.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. Boulet : Il y a des chiffres qui
sont révélateurs...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci, M. le ministre. M. le ministre, merci. Ça met fin à ce volet avec le
deuxième groupe de l'opposition.
M. Boulet : J'aurais pu en parler
longtemps...
Le Président (M. Allaire) : On
revient à l'opposition officielle. Mme la députée de Bourassa-Sauvé,
17 minutes, la parole est à vous.
Mme Cadet : Merci, M. le Président.
Bien, vous dites... vous pourriez en parler longtemps. Bien, continuons d'en
parler, alors, M. le ministre. C'est...
Une voix : ...
Mme Cadet : ...exactement, c'est si
bien commencé. Parce que, là, vous nous dites... vous ne pouvez pas dire que
c'est tout à fait un succès, mais... mais vous ne pourriez pas dire que c'est
un échec non plus. Mais, je m'excuse, M. le ministre, mais je pense que le...
la preuve est dans le pouding, là, comme on dit. Je veux dire, les chiffres
sont quand même assez édifiants. Donc, pourquoi, selon vous, ce n'est pas un
échec? Pourquoi vous n'êtes pas prêt à dire que c'est un échec?
M. Boulet : Bien, parce que les
chiffres sont quand même assez révélateurs. Puis il n'y avait pas que
l'obtention d'une attestation d'études professionnelles, il y avait la
promotion, il y avait l'intérêt que ça suscitait, la valorisation des métiers
de la construction.
Mme Cadet : Mais, quand vous avez
présenté le programme, ce n'était pas...
M. Boulet : Et, cette année, il y a
eu une augmentation de 17 % des inscriptions par rapport à 2024. Puis, si
vous voulez me laisser répondre plus longtemps...
Mme Cadet : Allez-y, allez-y.
M.
Boulet : ...je vais vous les
partager, les chiffres. Il y a eu 3 300... 3 034 finissants en
charpenterie-menuiserie, 308 ferblantiers, 309 frigoristes, 791
opérateurs de pelle, ça fait 4 442. Le taux d'attraction estimé pour les
charpentiers-menuisiers, là, qui ont terminé : 69 %. Puis...
Mme Cadet : ...travaillent sur nos
chantiers?
M. Boulet : 69 % qui ont obtenu
un certificat compétence apprenti...
Mme Cadet : Alors, combien...
M. Boulet : ...donc leur donnant
accès aux chantiers de construction. Puis, dans ceux qui n'ont pas de
certificat de compétence apprenti... il y en a à peu près la moitié, du travail
résidentiel rénovation, qui ne requiert pas de certificat compétence apprenti.
Donc, pour les charpentiers-menuisiers, où la pénurie de main-d'oeuvre est
particulièrement aiguë, on est... on ne peut pas parler d'échec. Ce n'est pas
moi qui va porter le diagnostic, mais ça a donné des résultats. Puis c'est à
peu près la même affaire pour les ferblantiers, 71 % a obtenu un certificat
de compétence apprenti. Donc, c'est quand même des taux qui sont intéressants.
Donc, je ne qualifierai pas ça d'échec.
Mme Cadet : Mais, M. le ministre,
combien travaillent sur nos chantiers? C'est ça, la question.
M. Boulet : Bien, je viens de le
répondre.
Mme Cadet : Non, vous avez dit,
donc, ceux qui ont obtenu les certificats...
M.
Boulet : Ceux qui ont obtenu des certificats compétence apprenti,
c'est qu'ils ont des garanties d'heures puis ils ont accès aux chantiers de
construction.
Puis ce qui est
intéressant aussi, puis là, encore une autre fois, c'est un chiffre qui est
révélateur, 82 % des détenteurs d'AEP ayant intégré l'industrie n'avaient
aucune expérience préalable. Donc, c'est certainement significatif que la
mesure a permis d'attirer une nouvelle main-d'oeuvre, un nouveau potentiel de
jeunes et de moins jeunes qui étaient en quête d'un nouveau défi ou qui étaient
en quête d'un emploi.
Mme Cadet : Si
c'était si bon, alors, pourquoi vous avez mis fin au programme?
M. Boulet : Bien,
on est... on... C'était temporaire. C'était limité dans le temps. C'était...
Vous le savez, on fait des offensives,
parfois, de recrutement, on fait des offensives de prévention, on fait des
offensives de sensibilisation, on fait des campagnes, et ça... oui.
Mme Cadet :
Alors, qu'est-ce...
M. Boulet :
Mais c'est juste que je ne peux pas adhérer à la conclusion facile, en se
basant sur une anecdote rapportée par des médias, que c'est un échec. Est-ce
qu'il y a des personnes qui ont fait ce que vous avez révélé tout à l'heure,
qui ont fait ça pour réparer ou pour rénover un sous-sol? Dans tous les centres
de formation professionnelle, dans toutes les écoles secondaires, les cégeps,
les universités, il y a des personnes qui étudient puis qui ne font pas ce dans
quoi ils ont étudié. Il y a des personnes qui bénéficient de prêts et bourses.
La nature étant ce qu'elle est, ce n'est pas symptomatique de ce programme-là.
C'est simplement ce que je veux dire. Est-ce qu'il y en a qui ont fait des affaires
ce pour quoi l'attestation était dédiée? Certainement.
Mme Cadet : Mais
il y a toujours une pénurie. Alors, c'est quoi, la prochaine offensive? Si vous
dites que ça, bon, c'était... temporaire, donc on ne l'a pas... on ne l'a pas
arrêté parce que ça ne fonctionnait pas, on l'a arrêté parce que, bon, tout
simplement, donc, c'était ponctuel. Alors, j'imagine qu'il va y en avoir une
autre, offensive, parce que la pénurie est toujours bien présente dans le
secteur.
• (14 h 40) •
M. Boulet : Ah!
bien, c'est parce que, la pénurie de main-d'oeuvre, on ne la combat pas
seulement qu'avec une offensive de cette nature-là. Puis là je vais demander à
la présidente-directrice générale de la Commission de la construction du Québec
de vous parler d'alternance travail-études, collègue de Bourassa-Sauvé, de vous
parler du projet de loi n° 51 pour l'accès des groupes issus de la
diversité, de l'augmentation, grâce au programme d'accès, des femmes dans le
milieu de la construction. Il y a au-delà de 8 300 femmes dans
l'industrie de la construction. Il y a une panoplie de mesures. Il ne faut pas
limiter les moyens que le gouvernement prend pour lutter contre la pénurie de
main-d'oeuvre dans l'industrie de la construction à cette formation accélérée
là, c'est un des moyens, donc... Puis, je... sur
l'alternance travail-études, si vous le permettez et vous y consentez, la
PDG de la Commission de la construction du Québec peut poursuivre, là.
Mme Cadet :
On n'aura...
Le Président
(M. Allaire) : Souhaitez-vous un complément d'information? Ça va
comme ça?
Mme Cadet :
Non. On n'aura, malheureusement, donc, pas le temps de parler d'alternance
travail-études.
Le Président
(M. Allaire) : Parfait.
M. Boulet :
Je comprends, je comprends.
Mme Cadet :
Oui, mais, justement, donc, parlons donc des différentes initiatives. Donc,
on a vu, donc, un assaut contre les comportements toxiques sur les chantiers,
qui a été annoncé un peu plus tôt. Comment ça, ça se déroule, cette
initiative-là?
M. Boulet :
Pour lutter contre...
Mme Cadet :
Les comportements toxiques sur les chantiers.
M. Boulet :
Bien, on a lancé une campagne, il y a à peu près deux semaines à Montréal — puis Mme Murray était présente, tous les
partenaires de l'industrie, tant du côté syndical que patronal, étaient
présents — pour
un climat sain. Puis je réfère tout le temps au sondage qui avait été
fait par Léger à la demande de la Commission de la construction, qui révélait
que trop de personnes observaient ou subissaient des menaces, de
l'intimidation, de la discrimination dans les chantiers de construction. Il y a
énormément de conscientisation qui a été faite. Il y a une campagne, il y a le
projet de loi où vous avez contribué, la loi pour lutter contre le harcèlement
psychologique puis les violences à caractère sexuel dans les milieux de
travail. Il y a beaucoup plus de prévention, beaucoup plus d'information, de
sensibilisation. Puis la campagne est une autre mesure qui va nous permettre
d'avoir des chantiers, des entreprises où il y a... la sécurité, l'inclusion
sont au rendez-vous.
Mme Cadet : Toujours
à la CCQ. Vous nous avez vus, M. le ministre, donc, vous parler, donc,
énormément, donc, au cours des derniers mois, de tout ce qui concerne les
virages numériques, les grands projets numériques. Donc, nous voulons nous
assurer que ceux-ci, donc, se déroulent donc de manière à respecter l'argent
des contribuables, mais également qu'ils se déroulent, donc, également, donc,
dans les meilleurs délais. Il y a un virage numérique qui a été effectué
récemment à la CCQ. Donc, j'aimerais savoir, alors, comment... comment ça se
passe.
M. Boulet : Je serais hyper
bien préparé à répondre, mais Audrey Murray a été trop la pierre angulaire du
succès du virage numérique à la CCQ, alors je vais lui demander, avec votre
consentement, de vous...
Mme Cadet : Consentement.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
J'ai votre...
M. Boulet : ...partager
l'information.
Le Président (M. Allaire) : J'ai
votre consentement. Mme Murray, prenez le temps de vous présenter, avec
votre nom au complet et votre titre, s'il vous plaît. La parole est à vous.
Mme Murray
(Audrey) : Oui. Alors, bonjour. Audrey Murray,
présidente-directrice générale de la Commission
de la construction du Québec.
Donc, en effet, peut-être parler de pourquoi il
y a eu ce virage numérique. Donc, à mon arrivée, bien sûr, le projet était déjà
débuté il y a deux ans et demi pour cause de désuétude technologique et de
difficulté à améliorer l'expérience client. Vous savez, la Commission de la
construction du Québec, c'est près de 500 000 clients qu'on dessert à
travers notre rôle d'assureur, à travers notre rôle pour la retraite, bien sûr
la qualification de la formation, et donc il fallait jeter les bases de... d'un
nouveau modèle dans la façon d'interagir avec notre clientèle. Donc, un projet
qui a fait l'objet, quand même, de... comment dire, de redressements au cours...
et d'apprentissages, mais dont on est très fiers.
On a ouvert à notre clientèle le nouveau portail
le 12 janvier avec, bien sûr, un travail en amont sur la visibilité de la
santé de notre projet, sur l'assurance qu'on avait fait tous les tests et qu'on
avait aussi pris la mesure de préparation de nos gens qui allaient accompagner
notre clientèle dans les premiers mois de l'année. Et bien sûr qu'il y a eu...
ce n'est jamais parfait, c'est des gros... des gros projets, comme on dit,
avec... qui nécessitent beaucoup d'énergie. Je salue, d'ailleurs, le travail,
là, de mon... de mon équipe pour... pour ce projet-là.
Donc, écoutez, aujourd'hui, on est toujours en
stabilisation, mais ce qu'on peut dire, c'est qu'on a plus de 100 000
comptes clients qui ont été créés correctement, que les rapports mensuels...
Donc, vous savez, à tous les mois, les employeurs doivent nous déposer
déclaration des heures associées à des cotisations qu'ils doivent payer pour
leurs travailleurs, travailleuses en lien avec les conventions collectives.
Donc, on a reçu cinq mois de rapports mensuels...
Le Président (M. Allaire) :
Merci.
Mme Murray (Audrey) :
...bien sûr... donc, avec la nouvelle plateforme. Donc, on peut dire que ça
fonctionne.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Mme la députée.
Mme Cadet : Merci beaucoup, M.
le Président. Donc, vous dites que ça fonctionne bien, mais je pose ces
questions parce que, dans un article du 28 janvier dernier, on voyait
plusieurs entreprises de l'industrie qui décrivaient une situation extrêmement
difficile depuis le déploiement des nouveaux systèmes informatiques. Certaines entreprises affirmaient que rien ne
fonctionne et, je cite, que «tout le monde est en train de virer fou depuis
la mise en place du nouveau système informatique de la CCQ». Qu'est-ce que vous
leur répondez, à ces entrepreneurs-là?
Mme Murray (Audrey) : Oui. Bien, en fait, on a parlé à cette dame, bien sûr.
Puis, comme je le disais tout à l'heure, tu sais, ce n'est jamais parfait, le
déploiement d'une grande... d'un grand projet technologique. Donc, dans le
processus, il était... certains de nos employeurs ou certains comptables qui
offrent des services aux entreprises de construction devaient naviguer avec une
offre... avec Desjardins ou avec différentes firmes avec qui ils transfèrent
les données. Donc, il y a eu des soucis dans l'arrimage avec nos partenaires,
mais qu'on a pu régler très rapidement. Donc, la journée où l'article est
sorti, en fait, on a parlé à notre cliente et on a pu résoudre le problème
qu'elle a rencontré. Donc, c'est certain que ça s'est apaisé, je dirais...
Mme Cadet : ...depuis?
Mme Murray (Audrey) :
...en quelques heures, là. Donc, pour nous, ça faisait partie... Puis on a eu
beaucoup d'empathie, bien sûr. Cette dame, elle représentait plusieurs
entreprises à qui elle offrait des services comptables pour déposer les
rapports mensuels à la CCQ, donc...
Mme Cadet :
Par exemple, on rapportait des logiciels de paie paralysés. Est-ce que ça, ça a
toujours cours, oui ou non?
Mme Murray (Audrey) :
Bien, non, en fait, tout ça, c'est réglé, là.
Mme Cadet : Tout ça, c'est réglé.
OK.
Mme Murray (Audrey) :
Ça s'est réglé vraiment, là, dans... dans la même journée, dans la même
semaine. Ça faisait partie des éléments de stabilisation.
Mme Cadet : Des données devant
être entrées manuellement, ça, est-ce que ça a toujours cours?
Mme Murray (Audrey) :
Non, non, tout ça, c'est réglé.
Mme Cadet : Non plus. Donc,
tout ça...
Mme Murray (Audrey) :
Oui.
Mme
Cadet : Et les temps
d'attente importants pour obtenir de l'aide technique, donc, tout ça, c'est
réglé aussi?
Mme Murray (Audrey) :
Exact.
Mme Cadet : OK. Et à combien
vous évaluez, donc, les coûts de la première phase?
Mme Murray (Audrey) :
On est à 363 millions. On a décidé, avec le conseil, de prolonger, dans
les derniers mois, la période qu'on appelle d'«hyper care». Donc, on a ajouté
un montant supplémentaire, là, dans les derniers mois, oui. Donc, on est à
33 % de dépassement de coûts sur le montant initial.
Mme Cadet : Oui. C'était effectivement, donc, ce que je
notais après... avec près de trois ans de retard. Est-ce que vous
trouvez ces dépassements-là normaux?
Mme Murray (Audrey) :
Bien, écoutez, je pense que les grands projets technologiques, là, font l'objet
et ont fait l'objet d'un examen important. Donc, ce que je peux dire, c'est que
les décisions ont été bien prises, depuis deux ans et demi dans le projet, pour
s'assurer que nos clients ne subissaient pas de contrecoup à cette nécessaire
transformation technologique là. Donc, c'est des grands apprentissages, bien
sûr, qu'on fait.
Vous savez, ces systèmes informatiques là ont
50 ans, et c'est la première fois qu'on les rénove de façon importante. J'ai tendance à utiliser l'image du
spaghetti, un peu, là, pour expliquer. C'est des systèmes technologiques
qui... les patrimoniaux, j'entends, là, qui se sont développés au fur et à
mesure des besoins. Donc, quand on vient pour les basculer dans des nouvelles
plateformes, bien sûr que c'est beaucoup de travail, et parfois on... comment
dire, on a des apprentissages à faire, là, oui.
Le Président (M. Allaire) : ...
Mme Cadet : Parfait. Merci
beaucoup. Je reviens à vous, M. le ministre, avec le temps qu'il nous reste. On
est vraiment, donc, dans un autre sujet. L'Association des camps du Québec ont
soulevé des préoccupations, j'imagine que vous êtes au courant, M. le ministre,
des préoccupations concernant le projet de règlement sur les conditions
d'hébergement des travailleurs. Je pense que, d'entrée de jeu, c'est très clair
de préciser que personne ne remet en question l'importance d'assurer des conditions
d'hébergement sécuritaires et dignes aux différents travailleurs, là.
L'Association des camps ne le remet pas du tout en question. Mais, pour avoir
rencontré les camps de vacances il y a quand même un moment, ils nous disaient
craindre que l'application intégrale du règlement puisse entraîner des coûts
extrêmement importants pour des organismes qui fonctionnent... qui sont
majoritairement à but non lucratif et qui ont des ressources financières
limitées. Ils nous disent aussi que les infrastructures des camps reposent sur
un modèle d'hébergement qui... bon, qui est plutôt rustique. Donc, on est
vraiment, donc, dans un... dans un autre... disons, dans un autre univers.
Je vous avais transmis une question par
feuilleton à ce sujet-là il y a déjà quelque temps. Le ministre, donc, vous
nous disiez qu'il y a certaines exceptions particulières qui sont prévues pour
les travailleurs de camps qui effectuent de la surveillance de nuit auprès de
la clientèle. Donc, pouvez-vous élaborer sur ces exceptions-là maintenant qu'on
a l'occasion de pouvoir en parler de vive voix?
Le Président (M. Allaire) : M.
le ministre.
• (14 h 50) •
M. Boulet : Bon, évidemment,
pour les conditions d'hébergement, on avait un cadre juridique qui était
dépassé, qui devait être adapté. Sans entrer dans tous les dédales
décisionnels, il y a eu quand même un comité paritaire conseil qui a été formé
à la CNESST, quand je dis paritaire : des représentants d'employeurs et de
syndicats, pour élaborer des nouveaux paramètres
d'hébergement pour les travailleurs étrangers temporaires, notamment la taille
des chambres, le nombre de travailleurs maximum pouvant occuper les chambres,
le recours aux lits superposés, les ratios d'équipement de cuisine, les ratios
d'équipement sanitaire, les mesures de prévention.
Bon, évidemment, c'est un projet de règlement
qui a été publié à la Gazette officielle du Québec. Beaucoup m'en ont
parlé personnellement, des députés de toutes les formations politiques. Puis
j'ai eu des rencontres avec L'Union des producteurs agricoles, les producteurs
maraîchers, et j'ai réalisé que... Bon, il y a eu une publication, on a obtenu
beaucoup de commentaires. Ils sont en voie de finalité et d'analyse à la
CNESST. On va voir le suivi qu'on va... qu'on va accorder à ce...
Des voix : ...
M. Boulet :
OK.
Mais donc le suivi n'est pas encore déterminé, mais j'ai des préoccupations
parce que, puis je vais être extrêmement transparent, là, collègue, vous... il
y a eu parfois des confusions entre des camps de vacances, des camps d'été, des
camps forestiers puis des entreprises agricoles puis il y a eu des mesures, il
y a eu des ratios qui n'étaient pas tout à fait compatibles avec, en fait, ce
que L'Union des producteurs agricoles m'a rapporté. Donc, mon niveau de
satisfaction par rapport au contenu de ce projet de règlement là, si je me fie
aux commentaires qui m'ont été partagés par des collègues députés puis par des
associations externes, il n'est pas très élevé. C'est une façon diplomate de
m'exprimer, disons.
Le Président (M. Allaire) : Une
minute.
Mme Cadet : Merci. Il nous reste peu
de temps, M. le... M. le ministre. Je vous amène peut-être, donc, sur un
article publié le 4 mai dernier sur un problème de surenchère et de
contournement de règles dans certains secteurs de l'industrie de la
construction. Est-ce que vous êtes inquiet de voir se développer une culture où
les entreprises qui respectent les conventions collectives et les règles
fiscales se sentent désavantagées? Je ne sais pas si vous voyez, donc, de quel
article je parle, là, sur les pratiques de rémunération irrégulières dans
l'industrie de la construction.
M. Boulet : Bien, écoutez, comme
praticien en relations de travail avant de faire de la politique, ça m'ennuie.
La convention collective de travail, c'est la loi des parties. Si c'est la loi
des parties, les parties doivent la respecter. Et les salaires et les
conditions de travail à incidence monétaire doivent être respectés, sinon la
Commission de la construction du Québec a des mécanismes pour s'assurer que ce
soit respecté. Puis il y a des montants de salaire qui sont prévus. C'est sûr
qu'il y a la convention du résidentiel où ça peut jouer, mais, normalement, il
y a des salaires minimums, il y a des salaires maximums ou il y a des échelles
de salaire, et ça doit être respecté. Puis ce que j'ai vu dans les médias,
c'est qu'il y a des travailleurs qui recevaient à peu près l'équivalent de
18 % plus que leur salaire parce que les entrepreneurs étaient confrontés
à la pénurie de main-d'oeuvre. Ils voulaient les attirer et surtout les
retenir...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. Boulet : ...puis c'est...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci. Ça met fin à ce bloc d'échange avec l'opposition officielle. On pourra y
revenir tantôt. M. le député de Jean-Talon, la parole est à vous,
17 min 10 s.
M.
Paradis : Bonjour, M. le ministre. Bonjour à vous toutes et
tous des institutions du milieu du travail. M. le ministre, j'ai été
intéressé par votre échange de tout à l'heure sur le changement de ton et je
voudrais creuser cette question-là un petit peu, parce que, quand il y a un
changement, c'est parce qu'il y avait quelque chose à changer. Est-ce que, M.
le ministre, vous auriez fait certaines choses différemment — est-ce
que c'est ce que vous êtes en train de nous dire? — dans vos relations
avec les travailleurs du Québec et dans l'agenda législatif que vous avez
proposé?
M.
Boulet : Non. Le ton, ce n'est pas le fond. Les deux lois
auxquelles j'ai fait référence un peu plus tôt, j'y adhérais fondamentalement.
Les grèves qui avaient des impacts disproportionnés sur la population qui était
parfois prise en otage — je
sais que vous n'aimiez pas ce terme-là, je le dis quand même — ça
m'irritait considérablement. Et le foyer le plus révélateur de cet ennui-là, ça
a été le conflit à la société de transport en commun à Montréal. Parce que
c'est une loi d'exception qui va être appliquée de manière très, très, très
limitée. Donc, j'y adhérais par principe, et c'était compatible avec mes
valeurs. Donc, sur le fond, j'étais à l'aise.
Sur la transparence syndicale, bien, vous le
savez, je l'ai répété souvent, il y a eu beaucoup d'abus syndicaux, puis là je
le dis de journalistes chevronnés qui ont fait référence à des abus syndicaux,
qui requerraient qu'on ait une loi minimale de pratiques de gouvernance saine
au sein des syndicats, comme la Loi sur les normes du travail, qui prévoit des
seuils minimums. Il y a déjà des syndicats qui me l'ont partagé, qui ont déjà
ces pratiques-là minimales...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. Boulet :
...de saine gouvernance.
Le Président (M. Allaire) : Merci, M.
le ministre.
M. Boulet : Et donc, non,
j'adhère...
Le Président (M. Allaire) : M. le
député.
M.
Paradis : Bon, c'était une assez longue réponse pour une
question pourtant courte, M. le ministre. Vous-même, vous dites
«changement de ton». Bon, vous me dites, donc, pour l'agenda législatif, ça ne
change rien, mais là vous me... vous me redites les choses de la même façon.
Vous parlez d'abus, vous parlez de prendre la population en otage. Donc,
c'est... c'est quoi, le changement? Parce qu'à ce que je sache vous êtes
toujours le même ministre du Travail, c'est le même ministre du Travail qui est
là, c'est pas mal le même cabinet, donc avec le même bilan législatif.
Qu'est-ce que... Qu'est-ce que vous changez exactement dans votre ton? Et
est-ce que vous êtes en train de dire, en quelque sorte, que la façon dont ces
projets de loi, dont vous parlez... vous dites : J'y adhère toujours,
c'est moi qui les a présentés, mais, dans la façon de les présenter, dans la
façon de les expliquer, est-ce que ça veut dire qu'il y avait des choses qu'il
fallait faire différemment? Parce que vous savez que le ton a, de fait, pas mal
monté. Est-ce qu'il y a des choses que vous auriez faites différemment sur le
ton?
M. Boulet : En fait, comme j'ai
mentionné un peu plus tôt, la politique, c'est aussi s'adapter. Et c'est des
lois où j'ai réalisé qu'il y avait un impact considérable sur le dialogue
social, et je ne pouvais pas maintenir le... la qualité du dialogue social
québécois de la même manière avec des lois qui polarisaient.
Et, ceci dit, j'ai participé à l'élaboration
puis à l'adoption de lois qui polarisaient dans l'autre sens. L'encadrement du
travail des enfants, j'ai eu beaucoup de groupes patronaux qui étaient moins à
l'aise, quand on a parlé de violence à caractère sexuel, quand on a parlé de
santé et sécurité du travail, quand on a parlé de nouvelles maladies professionnelles
présumées, quand on a ajouté des présomptions à la loi.
Les relations de travail, par nature — puis
vous le savez, collègue, on a la même formation, un parcours qui est assez
similaire — ça
polarise, et j'ai réalisé qu'on était dans un environnement qui était plus
propice à la confrontation. Et c'est la
raison pour laquelle, quand j'ai donné le mandat au Comité consultatif travail
et main-d'oeuvre d'essayer de dégager
un consensus associations patronales et syndicats sur la façon d'intégrer les
systèmes d'intelligence artificielle dans les milieux de travail puis
leurs impacts sur les lois du travail, ça a donné des bons résultats...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
M. Boulet : ...et le dialogue est
revenu...
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le ministre. M. le député, allez-y.
M. Paradis : Fort bien, mais je...
permettez-moi de, de nouveau, revenir avec la même question, parce qu'il y en a
eu beaucoup, de la... de la conflictivité à la suite des projets de loi qui ont
été déposés. Vous le savez, il y a eu beaucoup de manifestations, il y a eu
beaucoup... Vous l'avez vous-même dit, là, c'est la qualité du dialogue social
qui a pu... il a pu y avoir des impacts sur la qualité de ce dialogue social.
Donc là, j'essaie de comprendre, parce que c'est
vous... Puis je ne vous ferai pas de reproche de changer des choses, parce que
c'est bien de changer, mais là je veux comprendre. Est-ce que vous êtes en
train de me dire que, finalement, non, vous ne changez rien dans le ton ou vous
changez quelque chose? Et, si oui, qu'est-ce que c'est? Qu'est-ce que vous
changez?
M. Boulet : Bien, vous ne me ferez
pas dire ce que vous tentez de... Ce que je dis, c'est qu'il faut s'adapter.
Quand on réalise que nos activités législatives ont un impact qui polarise les
parties, il faut savoir s'adapter et adapter notre ton à cette nouvelle réalité
là, ce que je fais, ce que j'ai toujours fait et ce que je vais continuer de
faire. Puis on repart sur des nouvelles bases, mais on ne renie pas ce qu'on a
fait dans le passé. Je le répète, j'ai adhéré et j'ai défendu les valeurs puis
les principes au soutien des deux projets de loi puis des deux lois qui ont été
adoptées, puis il y a déjà des effets bénéfiques dans les deux cas. Ça fait
que...
M. Paradis : Très bien. Je vais...
Je vais peut-être vous donner une occasion, là, on va voir ce que... ce que
c'est, ce que ça donne, mais... puis vous ne serez pas étonné de me voir
arriver avec ça, parce que vous et moi, on a souvent un dialogue, en commission
parlementaire, sur l'importance des données probantes qui justifient les
mesures qui sont proposées par le gouvernement. Et, un nombre incalculable de
fois, vous avez, vous-même, M. le ministre, de
même que le gouvernement, invoqué des statistiques sur les grèves au Québec qui
justifiaient votre projet de loi n° 89, et l'expression que vous
avez toujours utilisée, c'est une «hausse historique du nombre de grèves», et
vous utilisiez des statistiques qui étaient fondées sur des statistiques
provenant de Statistique Canada. Or, il a été révélé par Statistique Canada, plus tard, que ces
statistiques n'étaient pas bonnes, elles étaient erronées. C'est Statistique
Canada qui dit ça. Est-ce que, de
fait, c'était le cas? Est-ce que vous voulez revenir là-dessus ou vous
maintenez vos statistiques?
• (15 heures) •
Et
je peux tout de suite vous poser la question qui suit, là, comme ça on pourra
faire d'une pierre deux coups, mais j'aimerais savoir si vous avez des chiffres
à jour, notamment sur le nombre de conflits de travail, sur le nombre de
grèves. Depuis l'adoption du projet de loi n° 89, là, qui est... qui est
maintenant force de loi, est-ce que vous avez des données, notamment sur
l'effet? Puis, s'il n'y en a pas, parce qu'il faut voir dans le temps, là, je
le comprends... mais j'aimerais savoir si vous avez des données depuis
l'adoption du projet de loi.
M. Boulet : Oui.
Allez sur le site du ministère du Travail, mois par mois, tout est là. Il y a
deux méthodes de calcul, collègue, puis je vais essayer de le résumer bien,
bien simplement, parce que je n'ai jamais appuyé... D'ailleurs, on a fait... on
a vérifié, je n'ai jamais appuyé le projet de loi visant à considérer les
besoins de la population, en cas de grève, sur le nombre de grèves, mais il y
avait eu, effectivement, une augmentation importante du nombre de grèves. Il y
a deux façons de calculer.
Je vais vous donner
l'exemple que je prends souvent. S'il y a 30 CPE réunis sous un même
comité patronal de négos qui transmettent chacun un avis de grève au ministère,
dans la population, c'est 30 grèves vécues distinctement par les employés
et les citoyens. Ça peut être à Saguenay, ça peut être à Québec, ça peut être à
Sherbrooke, Trois-Rivières aussi puis peut-être Louiseville. Mais, pour les
fins statistiques, ce qui... il y a une méthode de calcul qui dit : C'est
un seul conflit, parce qu'il y a un seul comité patronal de négos. Mais, en
droit, c'est un conflit. Parce que l'accréditation syndicale, comme vous savez,
en vertu du Code du travail du Québec, c'est par établissements. Et c'est ça
que Statistique Canada utilisait puis Emploi et Développement social Canada.
Puis je sais que la CSN a dit : Non, les chiffres du ministre ne sont pas
fondés. Ce n'est pas vrai. Il y a deux méthodes de calcul, et vous pouvez
adhérer à une ou l'autre. Mais, quand il y a un regroupement au sein d'un même
comité puis que c'est le même syndicat, il y a un arrêt de travail, mais il y a
30 grèves ou il peut y en avoir 15. C'est deux façons de calculer. Donc,
oui.
Puis
ce qui m'intéressait dans ce projet de loi là, c'est véritablement
l'augmentation des impacts disproportionnés sur la population que les
grèves engendraient.
Le Président (M.
Allaire) : Merci, M. le ministre. M. le député.
M. Paradis : Donc,
dans les chiffres que vous avez produits, que vous avez utilisés vous-même,
vous êtes en train de dire qu'il n'y avait aucune référence aux chiffres de Statistique
Canada? Parce qu'en tout cas, pour les chiffres de Statistique Canada, c'est Statistique
Canada elle-même qui dit : Nos chiffres étaient erronés. C'est la
porte-parole Nathalie Huneault qui dit : Nos chiffres étaient erronés. Et
moi, j'étais clairement sous l'impression que vous aviez, notamment, un tableau
avec une très... une hausse très marquée, notamment en 2024, qui était
exactement basé sur ces chiffres-là. Vous dites que non, donc, vous dites, vos
chiffres sont tout à fait les bons?
M. Boulet : Vous
irez voir sur le site Web du ministère du Travail, les deux méthodes de calcul
sont accessibles. Statistique Canada, je ne sais pas quel est le niveau de
précision qui a été utilisé. Puis Emploi, Développement social Canada a aussi
ses propres statistiques. Mais nous, on parle du Québec, ce qui nous intéresse,
collègue, puis vous allez me comprendre, c'est le Québec, avec le Code du
travail du Québec, puis nos arrêts de travail, puis nos grèves. C'est deux
choses. Il peut y avoir un arrêt de travail sous le parapluie d'un même comité
patronal de négociation avec un syndicat, il peut y en avoir 30, CPE.
Mais, entre vous et moi, convenez que la famille qui vit à Trois-Rivières ne
vit pas la même réalité préjudiciable que la famille qui vit à Québec.
Le Président (M.
Allaire) : Merci. M. le député.
M. Paradis : Bon,
donc, je comprends que vous maintenez vos chiffres, malgré que Statistique
Canada, eux, disent... Parce que c'étaient des chiffres du Québec basés sur ces
chiffres-là. Mais, bon, on a bien discuté de ça, j'ai compris votre réponse.
Est-ce
que vous avez... Là, est-ce que je peux avoir une réponse brève? Si la réponse
est non, c'est non. Est-ce que vous avez des chiffres, depuis l'adoption
du projet de loi n° 89, sur le nombre de conflits?
Parce que vous me référez au site Internet. Puis j'aimerais que vous me le
disiez là, si, oui ou non, vous avez des chiffres et si vous voyez un impact de
l'adoption du projet de loi. Oui ou non.
M. Boulet : Oui.
Bien oui, on l'a sur notre site Web, là. Le nombre de conflits, vous voulez dire,
selon les deux méthodes de calcul, comme je viens de le mentionner...
M. Paradis : Est-ce
que vous voyez déjà un impact à l'adoption du projet de loi?
Des voix :
...
M. Boulet : Ah!
selon les données regroupées, il y a 25 conflits depuis l'adoption de la
loi. C'est ce que tu me confirmes? Est-ce que c'est ça, la question?
M. Paradis : Oui,
je veux savoir si vous voyez déjà un impact, oui ou non.
M.
Boulet : Ah bien, l'impact le plus révélateur, c'est la Société de
transport de Montréal. On a évité le chaos que la poursuite de la grève des
2 400 salariés d'entretien affiliés à la CSN aurait pu engendrer à
Montréal. Puis Les Jardins...
M. Paradis : Bien
là, vous m'en nommez un, mais, statistiquement, est-ce que vous avez...
M. Boulet : C'est
une loi d'exception. C'est une loi qui va s'appliquer de façon très, très
limitée. Mais Les Jardins de Robi, vous connaissez le dossier, il y a quand
même eu une décision du Tribunal administratif du travail, au Saguenay—Lac-Saint-Jean,
qui assujettit les parties, où il y a 80 enfants, où il y avait une grève
depuis quelques mois...
M. Paradis :
Je voudrais...
M. Boulet :
Non, mais c'est...
M. Paradis : C'est
parce que je ne voudrais pas aller sur des cas particuliers. Mais c'est parce
que vous avez annoncé que votre intention, c'était de réduire le nombre de
conflits de travail, le nombre de grèves. Puis je peux comprendre, M. le
ministre...
M. Boulet :
Je n'ai jamais dit que...
M. Paradis : Je
peux comprendre, M. le ministre, que vous n'avez pas encore de statistiques,
mais...
M. Boulet : Je
n'ai jamais...
Le Président (M.
Allaire) : ...
M. Boulet : ...jamais
dit que mon intention, c'était de réduire le nombre de grèves, mais c'est de
réduire l'impact sur la population. C'est ça, le titre de la loi. Je n'ai
jamais dit : Notre loi va permettre de réduire les grèves. Je n'ai jamais
dit : On va subir une diminution... En tout cas, moi, j'ai...
M. Paradis : Non,
vous n'avez jamais dit ça?
M. Boulet : Non,
jamais.
Le Président (M.
Allaire) : M. le député, vous pouvez poursuivre.
M. Boulet : Contrôler
l'impact des grèves, oui.
M. Paradis : OK.
Très bien. Très bien. Je vais vous donner un exemple, aussi, parce que c'est un
exemple qui a des impacts dans ma circonscription, puis ça va nous permettre
d'évaluer aussi l'impact de ce projet de loi là. Les paramédics sont sans
convention collective depuis longtemps. Ça a des impacts importants sur les
services à la population. Ça en a dans ma circonscription. Et, notamment, une
des choses qu'ils disent, ils disent : Bien, d'un côté, le ministre a dit
que, bien, il avait besoin du projet de loi n° 89, hein, pour favoriser
des règlements puis s'assurer qu'il y en ait moins ou que ça aille mieux pour
les régler, mais, de l'autre côté, ils se... je le cite, il dit : «De
l'autre côté, le gouvernement se traîne les pieds puis ne règle pas des
problèmes, des conflits de travail comme celui-ci.» Qu'est-ce que vous leur
répondez?
M. Boulet : Bien,
d'abord, puis vous connaissez la loi, qui est devenue le projet de loi
n° 89, ça ne s'applique pas là où il y a maintien des services essentiels.
Donc, on n'est pas dans les services publics dans notre loi. Maintenant, c'est
une négociation qui relève de ma collègue qui est présidente du Conseil du
trésor, donc je ne me risquerai pas à dire l'état du processus de négociation.
Mais il y a quand même maintien des services essentiels. Je comprends qu'il y a
des services qui ne sont pas maintenus, là, plus de nature administrative. Mais
je sais que les tables de négociation sont actives, mais... Et on a un
médiateur au dossier, tout à fait.
M. Paradis : Mais
est-ce que vous convenez, là, en parlant de ton, puis de principes, et de
convictions, si vous avez adopté tant de projets de loi qui visent à
dire : Bien, il faut qu'on règle, parce que c'est ça que la population
veut, qu'il n'y ait pas de conflit de travail, mais que, par contre, ce qu'on
entend, c'est que vous prenez du temps, que c'est long et qu'on ne règle pas
des conflits... Celui-là, il dure depuis longtemps, là.
M. Boulet : Non,
mais...
M. Paradis : Est-ce
que c'est logique? Est-ce que c'est cohérent?
M.
Boulet : Je vais revenir. Je n'ai jamais dit qu'on faisait... Puis ce
n'est pas des lois, c'est une loi qui vise à contrôler l'impact sur la
population des grèves. Et, dans le cas présent comme dans tous les cas de
négociation, on a des services d'amélioration du climat de relations de
travail, on a des conciliateurs, médiateurs qui sont chevronnés, qui sont
expérimentés dans ce dossier-là.
Il
y a toujours des motivations qui font que les processus de négociation sont
longs. Dans le cas de Renaud-Bray, malheureusement, ça a achoppé puis ça
a donné lieu à une fermeture de succursales qui est extrêmement malencontreuse
pour les personnes. Puis, bon, je veux dire, ça défait des vies. Mais ce n'est
pas... il n'y a pas de contradiction, et on n'empêchera pas les grèves, on
n'empêchera pas... La grève est un droit fondamental, selon la Cour suprême du
Canada, ça fait partie intégrante de la liberté d'association. Ça fait que je
n'aurai jamais une loi...
Le Président (M.
Allaire) : Merci...
M. Boulet :
...qui vise à éliminer les grèves.
Le Président (M.
Allaire) : Merci. 1 min 15 s.
M. Paradis : Je
vous invite, M. le ministre, en tout cas, à vous assurer que l'ensemble des
membres du gouvernement fait ce qu'il prêche. C'est-à-dire que, si on veut de
l'efficacité dans le règlement, il faut aussi qu'on soit là, à la table, pour
les régler, notamment avec les paramédics.
J'aimerais terminer
avec un autre élément sur les données probantes. Et là je fais un suivi à notre
discussion de l'année passée aux crédits, c'était à propos des résultats de
votre programme de formation accélérée en construction, à 750 $ par
semaine. Je vous avais demandé, à l'époque, le coût total du programme, le
nombre de participants ayant terminé la formation, le taux d'abandon, le nombre
de diplômes... de diplômés toujours actifs dans l'industrie et le coût réel par
travailleur qui est intégré dans le secteur de la construction. Vous m'avez
dit, à l'époque, vous n'aviez pas ces chiffres-là. Un an plus tard, je vous
repose les mêmes questions. Pourriez-vous faire un bilan chiffré de votre
programme? Parce que ça a coûté très cher aux Québécois.
M. Boulet : Bien, je l'ai fait tout à l'heure et je pourrai
vous le partager, là. Il y a eu 4 442 finissants, 3 034 en...
charpentiers-menuisiers, 308 ferblantiers, 309 frigoristes,
791 opérateurs de pelle mécanique, slash, opérateurs d'équipement lourd.
Le taux d'attraction estimé, globalement, 62 %. Mais il y en a...
• (15 h 10) •
Le Président (M.
Allaire) : Merci, merci, M. le ministre. Ça met fin à ce bloc
d'échange avec le député de Jean-Talon. M. le ministre...
M. Boulet : ...
Le Président (M.
Allaire) : M. le ministre! M. le ministre...
M. Boulet :
...
Le Président (M.
Allaire) : M. le ministre! M. le... L'information que vous venez de
partager, vous avez dit qu'il est possible pour vous de la partager
officiellement. Donc, est-ce que c'est un engagement? Les statistiques que vous
venez de donner, vous avez dit au député de Jean-Talon que vous pourriez le
fournir...
M. Boulet :
...ce que je viens de faire verbalement. Et c'est vous qui me demandez si
je suis d'accord à la partager?
Le Président
(M. Allaire) : Bien, c'est vous qui l'avez dit.
M. Boulet :
J'ai-tu dit... Oui, je pourrai vous la partager. Alors, si je l'ai dit, je
suis prêt à la partager.
Le Président
(M. Allaire) : Excellent.
M. Boulet :
En fait, tu veux savoir le coût? Je ne l'ai pas.
Le Président (M. Allaire) :
C'est parfait...
M. Boulet :
Mais le...
Le Président
(M. Allaire) : M. le ministre, je vous ramène à moi. Je vous
ramène à moi. Le bloc d'échange est terminé. Juste parce que vous l'avez dit,
moi, je dois valider, parce qu'on fait les suivis pour s'assurer qu'on l'a,
l'information. Rigueur... C'est notre rigueur à nous. Mme la députée des Mille-Îles,
on est rendus avec vous. Donc, vous avez 16 min 20 s. Allez-y.
Mme Dufour : Oh!
16 min 20 s. Merci, M. le Président. Alors, bonjour à tous. C'est la
première fois que je participe aux crédits Travail. M. le ministre, un grand
plaisir de vous parler. J'ai des questions aujourd'hui concernant les normes de
construction, et là ça va peut-être être un peu technique, alors, je vous le
dis, si vous souhaitez passer la parole à la RBQ, n'hésitez pas à le faire, M.
le ministre, moi, je vais consentir.
Donc, d'abord, j'aimerais savoir, en fait, quand
une nouvelle norme est adoptée, une norme de construction, est-ce que... est-ce
qu'il y a un impact des coûts-bénéfices qui est fait sur cette norme-là? Est-ce
qu'il y a des groupes qui sont consultés, M. le ministre?
M. Boulet : Merci de la
question, merci de votre participation à l'étude des crédits du ministère du
Travail. Et, avec le consentement, je comprends qu'on a le consentement, je
vais demander à Michel Beaudoin, qui est président-directeur général de la Régie
du bâtiment du Québec, de collaborer et de répondre. Est-ce que ça vous va,
M. Beaudoin...
Le Président (M. Allaire) : ...j'ai
votre consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président
(M. Allaire) : Parfait.
Allez-y. Vous présenter, peut-être avec votre titre, et la parole est à vous.
M. Beaudoin (Michel) : Oui.
Bonjour. Michel Beaudoin, président-directeur général de la Régie du bâtiment
du Québec. Toute norme est faite en consensus, en consultation, et il y a
toujours des études d'impact qui sont, bien sûr, analysées, faites. D'entrée de
jeu, il faut juste rappeler que le cycle de vie d'une norme est de cinq ans,
sauf dans un cas particulier où durant la pandémie, en 2019, on a dû,
malheureusement, approuver la norme en 2020, donc c'est venu un peu créer un
«backlog» sur de nouvelles normes. Mais la réponse est oui.
Mme Dufour : Donc des groupes
ont été consultés. Moi, j'aimerais savoir, pour la norme, la norme sismique,
quel groupe a été consulté pour établir la norme sismique.
M. Beaudoin (Michel) : OK.
Merci pour la question. D'entrée de jeu, la norme sismique est publiée par le
Conseil canadien des normes, conseil national de recherches. C'est basé sur la
science. L'ensemble des provinces sont consultées à l'intérieur des normes.
C'est une norme qui date et qui identifie des zones à risque, plus
particulièrement, entre autres, au Québec, en Ontario et en
Colombie-Britannique. Ces normes-là ont été discutées à l'intérieur des comités
avec des architectes, des ingénieurs.
Et pour, bien sûr, prévoir une de vos questions,
on sait que les gens nous demandent d'essayer de revoir cette norme-là. Alors,
dans les dernières semaines, on a mis en place un comité, on va consulter les
locaux, les gens locaux, les ingénieurs, les architectes, les technologues, on
aura aussi des professionnels. C'est une norme, bien sûr, basée sur la science.
Personne ne veut un tremblement de terre. On ne sait pas quand est-ce que ça
peut arriver. On a eu des petites secousses. Si vous allez sur le site du
conseil canadien, vous allez comprendre qu'il y a quand même des tremblements
de terre.
Mme Dufour : Oui. Mais sur
quelles probabilités reposent les nouvelles normes sismiques qui visent qu'on
ait des bâtiments qui soient adaptés à un tremblement de terre de 7,5? Et là je
vais juste vous rappeler qu'historiquement
la dernière fois qu'on a eu un 7, un 7, pas un 7,5, un 7, c'est estimé...
c'était dans... c'était en 1600, dans les... le siècle 1600, là,
1660, quelque chose comme ça. Donc, j'aimerais juste savoir sur quelles
probabilités on a estimé qu'il fallait atteindre cette norme-là.
M. Beaudoin (Michel) : Bien,
écoutez, le 7,2 est une norme, bien sûr, scientifique nationale. Il n'y a pas personne à travers le Québec, ou le Canada, ou aux
États-Unis qui va avoir une norme en bas du 7,2. On a eu, en 1988, de
mémoire, ou 1986, un 6,8. Il n'en demeure pas moins que ces normes-là sont
scientifiques et requestionnées. Bien sûr, c'est des scientifiques qui le font
et qui font des recommandations pour s'assurer éventuellement à ce que cette
norme-là soit respectée dans la mesure du possible. Mais, en même temps, à
travers les provinces et le Canada, les normes ne sont pas les mêmes. Alors,
bien sûr que cette consultation-là est faite à l'intérieur du Conseil national
de recherches scientifiques, et, bien sûr, cette base-là étant scientifique, on
adhère de façon adéquate.
Mme Dufour : Oui. Je vais quand
même préciser que le dernier gros séisme qu'on a eu, c'était 6,5 en 1870. Donc,
du 6,8, à l'exception que je vous disais, du 1663, on n'a pas eu ça au Québec.
Et est-ce qu'on prend en compte la... la... disons, la... comment je pourrais
dire ça, là, la réalité régionale? C'est-à-dire qu'à Charlevoix c'est là où les
risques sismiques sont plus élevés, chez nous, versus le reste du Québec. Mais,
même là, on s'entend, là, qu'on n'est pas dans les... des 7,2, là, à
Charlevoix, là. Mais est-ce qu'on prend en compte cette réalité-là? Parce que,
là, on impose des normes sur l'ensemble du Québec pour une probabilité somme
toute très, très, très mince.
M. Beaudoin (Michel) : Je comprends,
mais il y a quand même la partie 10 qui est quand même importante, hein. Quand on fait une rénovation d'un bâtiment
existant, on doit se conformer aux normes. La partie 10 nous amène
à faire en sorte qu'éventuellement on peut aller... Si c'est une modification
mineure, le parasismique n'apparaît pas. Si c'est une
modification majeure, on se doit de le regarder. Bien sûr, tout le fait de... à
votre question, à... ça peut arriver demain matin comme ça peut prendre
200 ans, et j'en conviens. Mais il n'en demeure pas moins que, lorsqu'on
met une norme, on a la possibilité de venir voir la Régie du bâtiment du
Québec, de discuter de notre projet et d'utiliser des mesures supplétives
différentes pour être capable, bien sûr, quand on nous présente les projets,
d'atténuer ces impacts-là, et peu importe la norme, que ce soit en sismique ou
d'autres... autres types d'ordres.
Mme Dufour : Oui. Bien, d'ailleurs,
il y avait un registre public de mesures d'équivalence qui était supposé d'être
en place. Où en est votre réflexion à ce sujet?
M. Beaudoin (Michel) : Ça a été
fait, c'est en ligne déjà. C'est suite à une discussion avec l'IDU et le
ministre, où on est arrivés, éventuellement, à mettre en place ça. Il y a des
droits sur les mesures équivalentes, on doit discuter avec les architectes et
les ingénieurs pour nous permettre éventuellement de mettre ces mesures-là en
ligne. Mais, oui, la mesure a été mise en place.
Mme Dufour : Mais vous avez parlé,
là, de la partie 10 qui fait en sorte que, dès qu'il y a une mise aux... dans
le fond, une rénovation, il doit y avoir une mise aux normes. La mairesse de
Longueuil est sortie, la mairesse... l'ex-mairesse ou... je pense... en tout
cas, la mairesse de Lachine, à l'époque, Maja Vodanovic, était aussi sortie.
Dans les deux cas, c'est des anciens couvents de mis aux normes qui... les
coûts sont tels que, finalement, ça devient prohibitif, et ils ne seront pas
mis aux normes. Dans le cas de Longueuil, on parle d'un couvent où habitent des
femmes 24 heures sur 24 depuis, mon Dieu! 200, 300 ans, et il n'y a
pas d'enjeu. Et là, par contre, si on veut y loger des organismes
communautaires quelques heures par jour, bien là, soudainement, la facture
monte à 50 millions. C'est pour ça que je posais la question si on avait
évalué les coûts-bénéfices des normes...
M. Beaudoin (Michel) : Quand on a vu
ça, on a appelé à la ville voilà un an et demi, durant l'élection, pour
s'enquérir du projet. On a parlé aux gens là-bas et on attend encore des
discussions sur le projet. On n'a pas vu de projet, on n'a pas eu de projet qui
nous a été présenté. Et, bien sûr, on les invite à faire en sorte de venir en
amont pour qu'on soit capables de discuter de ce projet-là. On est tout à fait
au fait de ça, de ce projet-là, mais en même temps on est en attente de la
conception. Et, bien sûr, on fait preuve d'ouverture, là. Je vous répète, il y
a PAX, que vous connaissez peut-être, le projet à Joliette qui a été travaillé
en collaboration avec la Régie du bâtiment, et ça a permis d'atténuer les
impacts de la norme. De mettre une mesure équivalente et différente, c'est un
outil fort intéressant et que les gens doivent utiliser, et malheureusement ils
ne l'utilisent pas.
Mme Dufour : Oui. Je comprends que
vous n'ayez pas eu de plan de la ville de Longueuil, parce qu'ils ne veulent
pas aller de l'avant s'ils ont à mettre aux normes le bâtiment aux normes
d'aujourd'hui. C'est un... C'est un bâtiment qui est aux normes de 1984, avec
des gicleurs, etc. Et c'est le cas de plein de projets. Puis là je vous parlais
des coûts-bénéfices, il y a trois projets. Le ministre a reçu une lettre, il y
a quelques jours à peine, de trois projets : UTILE, Unitaînés, LÜDIQ. Ce
sont trois organismes qui sont extrêmement rigoureux dans les coûts de
construction, qui ont réussi à atteindre des coûts minimaux. Et là on parle,
juste Unitaînés, 1 million supplémentaire pour un bâtiment de
100 logements s'ils construisent après le 17 octobre, qui est
l'entrée en vigueur du nouveau code. Ça, c'est 10 000 $ par logement.
Est-ce qu'on fait cette analyse-là?
M. Beaudoin (Michel) : Oui, oui,
tout à fait. Et, je le répète, le code 2025 a été mis en place en...
excusez, 2020 en avril 2025. Il y a une période transitoire de 18 mois. On
a rencontré ces intervenants-là, et je pense qu'ils sont satisfaits des
discussions qu'ils ont eues avec la Régie du bâtiment du Québec. UTILE, je les
ai vus la semaine dernière, on a eu des discussions avec ces gens-là. Et, bien
sûr, l'ouverture de la régie à faire en sorte d'atténuer les normes, d'atténuer
les impacts dans l'industrie de la construction... Je répète : une mesure
équivalente et différente, si c'est utile pour faire en sorte d'atténuer
potentiellement les enjeux.
• (15 h 20) •
Mme Dufour : Là, à ce moment-là, ça
devient du cas par cas, et, à chaque fois, il faut refaire des plans. Ça coûte
cher, les plans. Je vais vous donner un exemple. La maison René-Lévesque, hein,
qu'on connaît tous, l'an dernier, le gouvernement a fait faire une étude
pour... pour mettre aux normes le bâtiment, la maison. Ça avait coûté
7 500 $. Là, il y a eu une nouvelle étude, cette... bien, cette
année, oui, dans la dernière année, parce que les normes, les nouvelles normes
rentraient en vigueur, et là ça a coûté 25 000 $, mettre à jour l'étude
de la mise aux normes. Ça commence à coûter cher. Puis ça, c'est un exemple,
mais là imaginez pour des bâtiments d'ampleur de centaines de logements, là. Ça
commence à coûter très, très cher.
M. Beaudoin (Michel) : Et je répète
la même chose, et, je pense, c'est important, et on le répète continuellement,
que ce soit avec l'IDU, avec l'ensemble des consultations, on a reçu à peu près
1 200 demandes dans certains des dossiers, et, oui, il y a des cas
particuliers, oui, il y a des enjeux particuliers, entre autres touchant les
bâtiments patrimoniaux, et on invite les gens à venir nous voir et à s'asseoir
ensemble. Et je peux vous dire que les équipes qui sont là, là, on siège sur
80 comités différents pour faire évoluer les normes. Ces mêmes comités-là,
aussi, on a des préoccupations plus locales.
Et, bien sûr, hier, j'étais avec l'Ordre des ingénieurs, l'Ordre des architectes,
tous ces gens-là sont conscients qu'on doit au préalable... et la régie est
prête à être interpelée dans l'ensemble de ces dossiers-là.
Mme
Dufour : Mais, quand on doit y aller au cas par cas, est-ce
qu'il y a moyen d'être plus efficace? Tu sais, si chaque cas devient un
problème, c'est peut-être la norme, l'enjeu. Puis je vais rappeler les propos
de François Legault, l'ancien premier ministre du Québec, qui a dit lors
de la... de son discours d'ouverture, en septembre dernier : Il faut
changer notre mentalité d'extrême prudence et prendre des risques mesurés.
Est-ce que la régie est dans cette optique-là où on est dans les... tu sais, on
y va avec risque zéro, mais ça coûtera ce que ça coûtera?
Le Président (M. Allaire) : Juste...
Juste un petit rappel qu'on appelle les collègues par leur titre. L'ancien
premier ministre est toujours député, député de L'Assomption. Mais c'est
correct, c'est juste un rappel sympathique.
Mme Dufour : Excusez-moi, c'est
parce que ça fait longtemps qu'on ne l'a pas vu, j'avais oublié qu'il siégeait
encore. Je suis désolée.
Le Président (M. Allaire) : C'est
correct. Vous savez aussi qu'on... il faut faire attention de ne pas rappeler
l'absence d'un collègue. Allez-y, vous pouvez poursuivre.
M. Beaudoin (Michel) : C'est pour ça
que les codes évoluent aux cinq ans. C'est pour ça que les codes sont discutés
à faire une évolution aux cinq ans, de permettre justement à l'innovation, de
permettre aussi aux idées et aux mesures différentes et équivalentes. C'est un
code qui n'est pas prescriptif, c'est un code minimal qu'on doit atteindre. Et
vous êtes, vous, anciennement... Bien, écoutez...
Mme Dufour : Si, à 7,2, c'est
minimal pour le sismique, ça commence à être pas mal élevé comme minimum, là.
M. Beaudoin (Michel) : Mais je vous
répète qu'il y a aussi des codes, dans les municipalités, qui peuvent amener à
faire des décisions différentes et à faire augmenter les coûts. Nous, on fait
un code au niveau du Québec, et je pense que, dans ce contexte-là, les
structures qui sont mises en place pour mettre en place, entre autres... pour
pouvoir faire vivre l'innovation, faire grandir les codes, il est toujours
possible, entre les codes, de faire évoluer les choses. Et c'est pour ça qu'on
invite les gens à venir nous voir. On a les équipes pour ça.
Mme Dufour : Oui, mais, entre-temps,
ça va coûter beaucoup, beaucoup, beaucoup plus cher. Là, je vous avais donné un
cas, d'Unitaînés, mais il y a le cas de LÜDIQ qui estime que ça va coûter au
moins 2 à 2,5 millions supplémentaires pour un projet de
99 logements. Là, on est rendus à 25 000 $ par logement,
c'est... Tu sais, on le sait, on a parlé de crise du logement, on sait à quel
point les coûts des loyers sont élevés. À chaque fois qu'on rajoute une norme,
bien, à chaque fois, ça rajoute des coûts, ça fait en sorte que c'est de plus
en plus inaccessible pour le commun des mortels, là.
M. Beaudoin (Michel) : Et on est
attentifs à ça. Pour nous, et les discussions qu'on a eues à travers le... les
autres provinces, c'est de dire, lorsqu'il y a un code... c'est d'essayer
d'avoir des coûts le plus minimum possible. Les codes, ce n'est pas nouveau, là,
ce n'est pas d'hier, c'est... les ingénieurs, les architectes sont consultés à
l'intérieur de l'évolution de ces codes-là. Je vous rappelle qu'autant les
ingénieurs conseillers que les architectes, que les technologues, que les
entrepreneurs, tout le monde est dans le coup quand un code évolue. Et, bien
sûr, quand il n'y a pas unanimité, on ne le fait pas.
Mme Dufour : Mais là on dirait que,
disons, le... on a rehaussé, tu sais, un seuil qui est bien supérieur à ce qui
avait été fait dans le passé.
Puis là je vais passer aux normes
d'accessibilité. Est-ce que... Est-ce qu'on a eu une réflexion à savoir si c'était nécessaire que les normes d'accessibilité
s'appliquent à 100 % des logements dans tous les bâtiments? Et est-ce qu'on
a évalué combien de logements on ne pourrait pas construire en augmentant la
taille, par exemple, de la salle de bain, qui est rendue telle que ça a
augmenté de, quoi, de 15 %, 25 %, je pense, en taille, 15 % à
25 %? J'ai visité un studio, là, que la salle de bain, elle fait quasiment
le tiers du studio.
M. Beaudoin (Michel) : Je suis allé
visiter moi aussi, j'ai été voir des entrepreneurs, des gens qui ont des
projets, il y a des groupes que vous êtes allés voir. L'évaluation des impacts
sur l'accessibilité, on a une population vieillissante, on a une population
aussi qui est en droit, on parle de 22 % ou... 23 % de la population
qui est à mobilité réduite. L'idée derrière ça, et ce qui était demandé par les
offices de la protection des personnes handicapées, c'est de rendre
accessibles, bien sûr, ces loyers-là, ce qui veut dire ne pas nécessairement
les mettre immédiatement accessibles pour une personne handicapée. Mais, si
quelqu'un voudrait éventuellement avoir accès à un logement en tout temps, ce serait de... de lui permettre de pouvoir
l'adapter, et c'est l'objectif du code. Et là aussi...
Le Président (M. Allaire) : ...
M. Beaudoin (Michel) : ...excusez,
mais quand les... je vais juste finir, quand les...
Le Président (M. Allaire) : Merci,
merci. On va laisser la députée poser sa dernière question. Allez-y.
Mme
Dufour : Bien, si... s'il y a des études, je pense que ce serait
pertinent qu'on les voie. Peut-être une dernière question. La
norme CSA B44 pour les ascenseurs, est-ce qu'on a déjà évalué...
est-ce qu'on a réfléchi à la... à la modifier pour peut-être s'adapter à celle
européenne et le reste du monde entier? Parce que celle-ci aussi coûte cher aux
projets.
M. Beaudoin
(Michel) : On le regarde.
Mme Dufour :
...
Le Président (M.
Allaire) : Oui. Il reste 30 secondes.
M. Boulet :
OK. Bon, c'est un bel échange. Puis simplement conclure en disant qu'une norme
ça n'apparaît pas du jour au lendemain.
Comme M. Beaudoin dit, il y a beaucoup de consultations, il y a beaucoup
d'analyses, il y a beaucoup de littérature scientifique qui est
impliquée. Mais souvenez-vous la loi qu'on a adoptée en novembre 2024 pour
augmenter la qualité de la construction puis améliorer aussi la sécurité du
public. Les mesures équivalentes, là, il ne faut pas y aller nécessairement cas
par cas. Tu sais, s'il y a 200 RPA qui ont besoin de la même mesure
équivalente, elle peut être reproduite d'un RPA... d'une RPA à l'autre. Et ça,
c'est rendu possible grâce à cette nouvelle loi là...
Le Président (M.
Allaire) : Merci...
M. Boulet :
...mais c'est vraiment un outil pour alléger et diminuer les coûts. Mais je
vous le dis parce que...
Le Président (M.
Allaire) : Merci. Merci, M. le ministre. Merci, ça met fin à l'échange
avec l'opposition officielle. Dernier bloc
de la journée. Alors, on y va avec la partie gouvernementale. Mme la députée de
Châteauguay, vous avez 16 min 19 s. La parole est à vous.
Mme Gendron :
Merci beaucoup, M. le Président. J'aimerais saluer tous et toutes qui sont ici,
toutes les équipes. M. le ministre, bien heureuse de vous avoir et de poser des
questions en ces études de crédits.
J'aimerais faire du
pouce un peu sur ma collègue des Mille-Îles, là, en fait, elle parlait de
construction, et tout ça. Puis pour l'avoir vécu déjà dans le passé, il y a
énormément de vices de construction dans les résidences. Malheureusement,
beaucoup vivent cette réalité-là. Puis, dans un cadre où est-ce que les...
malheureusement, l'accès à la propriété est de plus en plus difficile, oui, les
jeunes ont leurs difficultés, bien, ça fait monter les coûts considérablement.
Je vous ai déjà
entendu dire qu'en fait c'était beaucoup plus dispendieux de réparer quelque
chose après la construction que de l'avoir fait déjà lors de, justement... des
travaux de construction de la maison. Je pense, même, vous aviez dit de huit à
15 fois plus cher d'effectuer les corrections par la suite que dès le
départ. En fait, j'ai particulièrement apprécié, là, la loi que vous avez
déposée en 2024 en lien, justement, avec la qualité et la sécurité de la
construction. Mais aussi il y a plusieurs critères qui définissent puis qui
s'assurent que les nouvelles constructions offertes au public soient de
meilleure qualité que ce qu'elles ont déjà été.
Ce que... Ma question
pour... pour vous aujourd'hui, j'étais curieuse à savoir si c'est possible de
m'expliquer comment ces mesures-là vont permettre, justement, une plus grande
qualité. Puis quelles seront les dispositions, justement, de cette... de cette
loi?
• (15 h 30) •
M. Boulet :
Oui. Merci pour la question, hein, collègue de Châteauguay. Et ça démontre
votre intérêt pour non seulement la qualité de la construction, mais la
sécurité de la population.
C'est une loi qui a
été adoptée le 27 novembre 2024 à l'Assemblée nationale. Et les problèmes
qu'on avait, on va continuer d'en avoir, là, mais c'est des vices de
conception, des vices de construction qui engendrent des affaissements
partiels, ou des incendies, ou des problématiques qui ont... qui causent des
dommages humains importants. On l'a vu dans le quartier Notre-Dame, à Montréal,
on l'a vu dans un condo à Sainte-Thérèse, où il y a eu des affaissements
importants, avec des blessures corporelles graves, parfois des décès, parfois
des enfants qui sont... qui sont affectés de façon importante.
On n'avait pas, au
Québec, d'inspection quand on construit, ce qui fait que, des fois, les murs
étaient fermés, sans qu'on ait regardé la qualité des travaux d'électricité
puis de plomberie. Donc, un des trois piliers de cette loi-là, c'est :
Dorénavant, il devra y avoir un minimum de trois inspections à des époques
charnières de la construction, par exemple au début, vers le milieu et avant la
fin des travaux, avant notamment de fermer les murs. Vous pouvez vous imaginer
que, des travaux d'électricité mal faits, il y a des incendies, des travaux de
plomberie mal exécutés, il y a des problèmes d'eau. Et donc, en ayant une
obligation de faire inspecter à trois moments charnières au minimum...
Parce que, dans la loi, on a demandé à la RBQ de faire un règlement avec les
ingénieurs, les architectes, les technologues professionnels et d'autres
associations pour déterminer quand sont ces moments charnières là et quelles
sont les catégories de bâtiments qui y sont assujettis. Donc, ça va passer par
des inspections.
Puis, ce à quoi vous
référez, c'est Garantie de construction résidentielle. C'est un assureur, là,
pour des bâtiments nouveaux, là, jusqu'à quatre unités, là, ou à
quatre étages, qui démontrait que ça coûte 8 à 15 fois plus cher de
réparer après avoir détecté plutôt que si on l'avait détecté en amont, on
aurait évité ces coûts-là, de réparation, de rénovation ou de remise en état.
Et c'est majeur.
Et un autre élément. Les
entrepreneurs, partout au Québec, là, je suis allé parfois à des réunions
d'associations d'entrepreneurs, ils faisaient des sondages de fin de rencontre,
là, puis 95 %, 98 % étaient d'accord à ce qu'il y ait un minimum de
trois inspections obligatoires au moment de la construction. Il n'y en
avait pas. Et ça, il va falloir que ce soit compatible à un plan de
surveillance. Et, ce qu'on a prévu, c'est que les ingénieurs puissent la faire,
les architectes. Et, parce qu'il y a une pénurie d'ingénieurs et d'architectes,
on permet aussi aux technologues professionnels de le faire. Il y a un bassin,
il y a un potentiel beaucoup plus important, et ça nous permet de lutter contre
la pénurie d'architectes et d'ingénieurs dans certaines régions.
Donc, inspections, plan de surveillance...
compatibles avec un plan de surveillance et, à la fin, une attestation de
conformité. Donc, cette attestation de conformité là vient dire que c'est
compatible aux normes de construction. On est convaincus... en fait, tout le
monde est convaincu que ça va améliorer la qualité de la construction, les
entrepreneurs aussi. Et ça va éviter les impacts tellement préjudiciables pour
la population québécoise, des vices de conception puis des vices de
construction qui génèrent à peu près tout ce que vous pouvez imaginer. Donc,
c'est nouveau. Et je pense que le coût-bénéfice va être extrêmement avantageux,
même pour les entrepreneurs, parce qu'on a une pénurie de travailleurs, on a
une pénurie, des fois, d'entrepreneurs pour faire les réparations que les
affaissements ou les dommages provoqués par les vices peuvent provoquer.
Mme Gendron : Merci. C'est très
intéressant, vraiment. Puis je pense que ça va permettre justement une plus...
une plus grande qualité au niveau des constructions résidentielles, entre
autres.
Je vous amène sur un tout autre sujet. On va
parler un peu d'économie. On le sait, la réalité actuelle est quand même
difficile, en lien avec nos voisins du Sud, avec l'administration, mais
également, bon, avec la politique, justement, commerciale américaine
actuellement. On le constate auprès de nos entreprises à tous les niveaux.
Puis, concrètement, leur rentabilité est affectée. Puis ça l'a un impact sur
l'industrie, mais également sur l'économie qu'on a ici, au Québec. En fait, je
pense qu'il y a plusieurs solutions qui ont été mises sur la table, entre
autres, justement, la diversification des marchés, mais également
l'optimisation, justement, et la productivité de nos entreprises au Québec. Puis, dans cette ligne-là, en fait, pour
être de plus en plus compétitives, les entreprises cherchent à optimiser.
Et puis vous avez... En fait, en ce qui a trait
à la machinerie de production, bon, c'est le coeur des activités de beaucoup
d'entreprises, puis ils vous ont interpelé à ce sujet-là. Puis je pense que
vous êtes très à l'écoute de nos entrepreneurs, puis vous avez d'ailleurs
récemment publié un projet de règlement dans ce sens-là, en fait, c'est
concernant la machinerie de production, qui a un fort potentiel pour aider,
justement, notre économie et puis nos entreprises de chez nous. Je voulais
avoir plus d'informations sur ce projet-là et de quelle façon, justement, le
règlement impactera ou favorisera positivement, justement, les entreprises
qu'on a ici, au Québec.
M. Boulet : Bon, on pourrait
parler d'économie. C'est un sujet que j'affectionne particulièrement. Mais
c'est important de rappeler que, oui, dans le contexte extrêmement mouvant au
plan économique, nos PME ont accès à des... à des institutions comme Investissement
Québec, comme le ministère de l'Économie, Innovation et Énergie, comme le Fonds
de solidarité FTQ, des institutions financières. On a un écosystème
d'accompagnement et d'aide financière qui est extrêmement sophistiqué et
bénéfique pour notamment nos PME. D'ailleurs, je pense que c'est... 94 %
de nos interventions sont faites auprès d'entreprises qui ont moins de
250 employés.
Pour la machinerie de production, je vais
essayer de le résumer, parce que ça aussi, on pourrait en parler longtemps,
mais, en 2008, il y a eu une décision judiciaire avec la prémisse que les
travaux d'entretien et réparation sur la machinerie de production ne
requéraient pas nécessairement une expertise professionnelle qu'on retrouve
dans l'industrie de la construction. Donc, ça a été sorti du champ
d'application de la loi R-20, relations de travail, gestion de la
main-d'oeuvre, formation professionnelle, et ça a donné lieu, bien sûr, à la
négociation de conventions collectives en vertu du Code du travail plutôt qu'en
vertu de la loi R-20. Et, avec la loi R-20, il y a un système de
référencement syndical que nous ne retrouvons pas quand il y a des syndicats
accrédités en vertu du Code du travail.
Donc, le but du projet de règlement, c'est de
faire en sorte que l'entretien et réparation puissent être assujettis de
nouveau à la loi R-20. Bon, il y a beaucoup d'entrepreneurs. Il y a une
association d'entrepreneurs en mécanique industrielle qui le souhaite
particulièrement, il y a des syndicats qui le souhaitent. C'est que ces
travaux-là puissent être réassujettis, donc, à la loi R-20, avec la
prémisse que les conventions collectives, dans la loi R-20, sont d'une
durée de quatre ans, alors qu'en mécanique industrielle il y a souvent des
conventions de plus courte durée, il n'y a pas les mêmes services de
référencement, il n'y a pas le même encadrement qu'on fait à la Commission de
la construction du Québec, il n'y a pas les mêmes conditions de travail que
celles négociées par les quatre grands secteurs, là, résidentiel,
institutionnel, commercial, les... les routes et grands travaux, puis le
secteur du génie. Donc, c'est un souhait, c'est une volonté.
C'est un projet de règlement qui permettrait
d'être réassujetti quand les travaux de... sur la machinerie de production sont
exécutés par les employés d'un employeur qui embauche exclusivement des
travailleurs qui sont salariés de l'industrie de la construction. Donc, c'est
une option qui est consentie, qui permettrait de réassujettir leurs travaux
d'entretien et réparation de la machinerie de production à la loi R-20.
Bon, il y a des avantages en termes de conditions de travail, en termes de
conditions financières. C'est un projet de règlement qui est publié jusqu'à, je
pense... jusqu'au 23 mai. On va attendre de recevoir les commentaires des
employeurs, des syndicats, d'autres parties prenantes et on prendra la décision
qui s'impose quant au suivi à assurer à ce projet de règlement là.
Mme Gendron : Merci. Merci
beaucoup pour les informations. J'aimerais aussi vous amener à discuter, là,
rapidement — je
pense qu'il me reste quelques minutes — du projet...
Le Président
(M. Allaire) : ...
• (15 h 40) •
Mme Gendron : ...parfait, du
projet de loi n° 27. Je vais... je vais citer. En
tout cas, lors du discours d'ouverture de la première ministre, elle a vraiment
appuyé la capacité de livrer et... de l'allègement administratif, puis c'est
une des priorités pour aider le Québec, justement, à travers le contexte actuel
qu'on... qu'on vit. En lien avec ce que Mme la première ministre a mentionné,
puis pour vous avoir souvent entendu aussi parler de moderniser les lois du
travail et puis... également pour mettre en accord, en fait, toute la société
actuelle, les façons de faire, j'aimerais savoir, pour vous... il y a une série
de mesures qui visent particulièrement le secteur de la construction et des
décrets aussi de conventions collectives dans cette... ce projet de loi
n° 27. Si vous avez quelques minutes, j'aimerais ça que vous pouviez nous
expliquer de quelle façon ce projet de loi va permettre d'alléger, justement,
le fardeau administratif et d'améliorer, justement, la capacité de livrer puis
de quelle façon tout ça sera bénéfique aussi, là, pour l'ensemble des
travailleurs et des entrepreneurs.
M. Boulet : Bon, question
intéressante. Encore une fois, collègue, merci. D'abord, on parlait tout... de
pénurie de main-d'oeuvre, on parlait du programme d'accès à... pour permettre à
plus de femmes d'accéder à l'industrie de la
construction. C'est un dossier qui est très cher à Mme Murray notamment.
On a eu une augmentation. Il y a encore du travail à faire. Puis ça
passe par des climats de travail plus sains, ça passe par de la valorisation du
travail. Puis, aujourd'hui, moi, je suis allé visiter des chantiers, puis il y
a des électriciennes, il y a des plombières, il y a des peintres, il y a... il
y a... il y a de tout, les... puis les femmes... des opérateurs de pelles aussi
qui sont des femmes. Moi, je valorise ça énormément parce que c'est un capital
humain dont on ne peut se dispenser. Je vois ma collègue de Saint-François,
dont le conjoint est aussi dans l'industrie de la construction.
Et sachons-le tous, quand une femme est
enceinte, parce qu'elle ne bénéficie pas du maintien du lien d'emploi, parce
qu'elle est soumise à beaucoup de mobilité d'un chantier à l'autre, elle perd
son accessibilité au programme de maternité sans danger. Donc, ça, c'est une
des innovations majeures, qui sera portée par la CCQ puis la CNESST, pour
permettre aux dames de continuer de bénéficier d'un programme de maternité sans
danger, donc d'une indemnisation même si elles sont mises à pied, même si un
chantier arrête d'opérer et qu'elles attendent un certain temps pour travailler
sur un autre chantier. Ça, ça m'apparaît majeur. Puis c'est un message qu'il
faut constamment dire pour permettre d'attirer et de retenir plus de femmes
dans l'industrie de la construction.
Le Président (M. Allaire) : Une
minute.
M. Boulet : Dans ce projet...
Pardon?
Le Président (M. Allaire) : Une
minute. Il vous...
M. Boulet : On ne peut pas faire une
demande d'extension? Non, mais... Un autre, d'abord, les OSBL en matière
d'habitation puis les SEPAQ. Actuellement, ils ont besoin souvent d'entretenir
ou de remettre... de réparer pour rendre de nouveau des logements sociaux ou abordables
accessibles à du monde. Comme ça doit être fait sous l'égide de la
loi R-20, il faut qu'ils fassent des appels d'offres, ça leur coûte cher,
il y a peu de travailleurs. Là, avec cette loi-là... ce projet de loi là, ils
pourraient le faire faire par leurs employés. Ils ont des employés permanents
qui, au lieu d'être assujettis à la loi R-20, continueraient leur lien
d'emploi et pourraient faire des travaux pour remettre en état des logements et
les rendre de nouveau accessibles à la population. Plus rapide, moins cher et
bénéfique à tout le monde en matière d'habitation.
Mme Gendron : Merci. Merci, M. le
ministre.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
Merci à vous tous.
Adoption des crédits
Alors, le temps alloué à l'étude du volet
Travail des crédits budgétaires du portefeuille Travail étant presque écoulé,
nous allons maintenant procéder à la mise aux voix des crédits.
Donc, première question pour vous, le programme
I, intitulé Travail, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Allaire) : Parfait.
C'est adopté sur division.
Adoption de l'ensemble
des crédits
Finalement,
l'ensemble des crédits budgétaires du portefeuille Travail pour l'exercice
financier 2025... pardon, 2026‑2027 est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Allaire) : Adopté
sur division, Mme la secrétaire.
Documents déposés
Donc, en terminant, je dépose les réponses aux
demandes de renseignements de l'opposition.
Et, comme vous voyez, il est 3 h 44.
Donc, compte tenu de l'heure, la commission ajourne ses travaux au
mardi 26 mai 2026, à 15 h 30, où elle entreprendra l'étude
du volet Emploi des crédits budgétaires du portefeuille Emploi et Solidarité
sociale.
Merci, tout le monde. Bon retour.
(Fin de la séance à 15 h 45)