Journal des débats de la Commission des finances publiques
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
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Le
mardi 26 mars 2024
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Vol. 47 N° 35
Poursuite du débat sur le discours du budget
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Intervenants par tranches d'heure
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Simard, Jean-François
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Lemieux, Louis
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Girard, Eric
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Lemieux, Louis
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Simard, Jean-François
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Girard, Eric
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Bouazzi, Haroun
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Montigny, Yves
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Girard, Eric
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Montigny, Yves
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Simard, Jean-François
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Maccarone, Jennifer
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Maccarone, Jennifer
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Simard, Jean-François
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Girard, Eric
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Allaire, Simon
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Dufour, Virginie
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Girard, Eric
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Dufour, Virginie
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Simard, Jean-François
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Bélanger, Gilles
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Girard, Eric
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Bélanger, Gilles
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Simard, Jean-François
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Beauchemin, Frédéric
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Simard, Jean-François
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Lemieux, Louis
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Lemieux, Louis
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Simard, Jean-François
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Girard, Eric
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Bouazzi, Haroun
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Girard, Eric
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Bouazzi, Haroun
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Simard, Jean-François
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Montigny, Yves
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Beauchemin, Frédéric
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Beauchemin, Frédéric
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Girard, Eric
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Simard, Jean-François
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Chassin, Youri
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Chassin, Youri
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Girard, Eric
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Simard, Jean-François
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Kelley, Gregory
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Simard, Jean-François
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Allaire, Simon
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Girard, Eric
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Beauchemin, Frédéric
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Beauchemin, Frédéric
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Girard, Eric
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Simard, Jean-François
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Bélanger, Gilles
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Girard, Eric
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Beauchemin, Frédéric
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Simard, Jean-François
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Montigny, Yves
9 h 30 (version révisée)
(Neuf heures quarante-cinq minutes)
Le Président (M. Simard) : ...toutes
et à tous, très heureux de vous retrouver en ce mardi matin.
Comme vous le savez, la commission est
réunie afin de poursuivre le débat sur le discours du budget, conformément à l'article 275
de nos règlements.
Mme la secrétaire, bonjour. Y a-t-il des
remplacements ce matin?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Abou-Khalil (Fabre) est remplacée par M. Lemieux
(Saint-Jean); Mme Mallette (Huntingdon) par M. Chassin (Saint-Jérôme);
Mme Cadet (Bourassa-Sauvé) par Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis);
et Mme Rizqy (Saint-Laurent) par Mme Dufour (Mille-Îles).
Le Président (M. Simard) : Alors,
bienvenue aux nouveaux collègues qui se joignent à nous.
Sur ce, nous allons poursuivre nos blocs d'échange
et nous en étions rendus au bloc de la partie gouvernementale, qui dispose de
21 minutes. M. le député de Saint-Jean.
M. Lemieux : Salutations aux
collègues. Content de me joindre à vous ce matin.
Je ne vous dirais pas que j'ai insisté
pour venir ici, mais j'étais très content que ça tombe comme ça, dans les
travaux parlementaires, parce que, pas plus tard que la semaine dernière, j'ai
participé au débat sur le budget et j'étais très content de le faire.
Et, en préparant mon intervention pour le
débat sur le budget, il m'est venu plusieurs idées, mais plusieurs questions
aussi, mais on va commencer par...
Ce n'est pas une remarque, dans le fond,
je voudrais entendre la genèse de la décision du ministre, dans son budget, qui
était, ma foi, pour moi, une des plus belles surprises, je parle des invalides,
évidemment, parce que c'était dans la conclusion du discours du budget et ça
faisait suite à une grosse année, on pourrait dire deux, parce que, si je me
souviens bien, il y a déjà deux ans que le ministre avait, dans son budget,
incorporé des mesures pour essayer de réduire l'espèce de trou qui s'était
créé, avec le temps, pour les invalides lorsqu'ils atteignaient l'âge de 65 ans.
Et moi, pour un, mais je sais que c'est
vrai pour plusieurs députés, on avait à nos bureaux de comté plusieurs appels
sur le sujet. Les invalides se sont organisés, sont devenus les Invalides au
front, et ça a créé une certaine... pas une controverse, mais une certaine
conscience, prise de conscience, par le grand public, de ce que le gouvernement
savait déjà.
Et finalement le ministre a accepté, dans
son budget, d'aller jusqu'au bout de ce qu'on pouvait espérer, ce qui non
seulement m'a <réjoui...
M. Lemieux :
...d'aller
jusqu'au bout de ce qu'on pouvait espérer, ce qui non seulement m'a >réjoui,
mais m'a indiqué qu'on était capables, comme disait un ancien maire de
Montréal, marcher puis mâcher de la gomme en même temps, parce qu'à quelque
part, même si ce n'était pas un budget facile à préparer, il y avait quand même
des choses fondamentales, pour ne pas dire philosophiques, à mon sens, en tout
cas, qui s'imposaient.
J'aimerais juste connaître, vu du siège du
ministre des Finances, l'état de la situation, parce qu'on dit que ça remonte à
20 quelques années, on dit qu'on a essayé de combler une partie du problème, mais
c'est un énorme morceau qui m'a fait tellement plaisir. J'ai terminé mon
allocution au discours du budget, au débat sur le discours du budget, comme ça,
en disant que j'en étais particulièrement fier.
Alors, merci, M. le ministre, mais
j'aimerais maintenant qu'on puisse comprendre d'où on partait, où on est rendus
et ce que ça a fait comme différence.
• (9 h 50) •
M. Girard (Groulx) : Oui.
Alors, merci beaucoup pour la question. Puis j'en profite pour saluer tout le
monde qui est avec nous aujourd'hui et les...
Le débat que nous avons, il est important.
C'est un budget qui a été réalisé dans des conditions difficiles et... L'économie
du Québec tourne au ralenti sous le poids des hausses de taux des banques
centrales qui affectent tout le secteur sensible aux taux d'intérêt. Et puis,
c'est certain que, nous, s'est ajouté à ça l'impact des feux de forêt et les
négociations dans le secteur public qui amène une situation budgétaire
difficile.
Néanmoins, nous avons des responsabilités
extrêmement importantes et la question des aînés en situation d'invalidité,
c'est une question qui remonte à 1996. Et, à cette époque, le gouvernement en
place faisait face à un régime des rentes qui était sous-capitalisé. Et je
rappelle que le régime des rentes est capitalisé par les travailleurs et les
employeurs.
Et face à un régime qui était
sous-capitalisé, c'est-à-dire que la valeur présente de ses passifs excédait la
valeur présente des actifs, le gouvernement a pris des décisions que je
qualifierais de courageuses et extrêmement difficiles, c'est-à-dire qu'ils ont
coupé les prestations, ils ont augmenté les cotisations — certainement
pas des gestes populaires — et réduit la rente pour les aînés en
situation d'invalidité, c'est-à-dire qu'à l'expiration de leur rente
d'invalidité à l'âge de 65 ans ils étaient pénalisés d'approximativement
36 %, comme s'ils avaient pris leur retraite anticipée à 60 ans. Or,
de 60 à 65 ans, ils reçoivent une rente invalidité, puis là la rente
invalidité se termine, puis à 65 ans, c'est le régime des rentes qui
embarque. Puis évidemment, notre régime des rentes, plus tu prends ta retraite
tard, plus tes... ta pension est élevée et plus tu la prends tôt, plus elle est
réduite, d'où tous les incitatifs qu'on essaie de, tant par la littéracie
financière que d'autres gestes, d'inciter les gens à retarder leur prise de
retraite.
Néanmoins, pour les personnes en situation
d'invalidité, ce choix-là est souvent impossible.
Alors, cette situation-là a perduré de
1996 à... à 2021, et c'est important de le dire, là, les gouvernements qui nous
ont précédés ont fait des choix au niveau du régime des rentes.
Puis, à chaque année, le régime des
rentes, on a... à chaque six ans, on a une consultation publique, puis on doit
prendre des gestes... on doit prendre des décisions pour les six prochaines
années mais aussi pour la pérennité.
Puis il y a eu notamment eu la... Dans les
dernières années, il y a eu la création du régime supplémentaire des rentes
avec des cotisations supplémentaires, puis nous, on a aussi eu une consultation
publique où on a beaucoup discuté des incitatifs au travail, peu de la rente
invalidité, mais il y a néanmoins eu des mémoires qui concernaient la rente
invalidité, mais les partis d'opposition n'ont pas demandé une bonification de
la rente <invalidité...
M. Girard (Groulx) :
...les
partis d'opposition n'ont pas demandé une bonification de la rente >invalidité
dans le cadre des consultations publiques du régime des rentes.
Et nous, en 2021, on avait fait le tiers
du chemin. Alors, la pénalité... Puis là je généralise parce que c'est certain
que lorsqu'on parle des invalides, chaque cas est particulier et la situation
de chacun mérite d'être connue, mais, en gros, nous avions réduit une pénalité
de 36 % à 24 %, d'où mon affirmation que nous avions fait le tiers du
chemin.
Le régime, lorsqu'on a fait la
consultation publique, bien, on a fait des choix au niveau de permettre de ne
plus cotiser au régime des rentes lorsque vous travaillez et que vous avez déjà
encaissé votre régime des rentes et vous revenez au travail, par exemple. Bon.
Puis il y a eu d'autres bonifications mineures, la permission de retarder
jusqu'à 72 ans, mais aussi une qui est importante, la protection de la
rente, c'est-à-dire que lorsque vous... Puisque votre rente est fonction de vos
revenus moyens durant votre carrière, bien, si vous travaillez moins à la fin
de votre carrière, par exemple deux jours semaines, bien, vous vous trouvez à
baisser votre revenu moyen et donc à affecter votre rente. Or, beaucoup de gens
veulent continuer à travailler à l'aube ou au début de leur retraite, ou
lorsqu'ils sont plus âgés, mais ils ne veulent pas nécessairement travailler au
même rythme qu'ils ont travaillé toute leur vie. Alors, on a protégé la rente à
65 ans.
Tout ça pour dire qu'on s'est laissé un
peu de marge de manœuvre dans le régime, mais pas suffisamment pour corriger la
rente invalidité. Et puis d'ailleurs ça n'a pas été discuté spécifiquement
durant la consultation publique.
Mais vous avez raison de souligner que pour
les 77 000 personnes qui sont dans cette situation et les 23 000
qui sont entre 60 et 64 ans et qui le deviendront à 65 ans, bien,
cette réduction-là de rente dans un contexte de hausse du coût de la vie, elle
faisait particulièrement mal.
Alors, moi, je surveillais cette situation.
J'ai rencontré les différents groupes et je souligne que deux partis
d'opposition avaient amené des projets de loi visant à éliminer cette pénalité.
Néanmoins, le régime ne nous appartient pas, il appartient aux travailleurs et
aux employeurs. Puis il fallait être certain d'avoir la marge de manœuvre pour
faire ça, puis ça, c'est... Puis ça peut paraître bancal de ramener ça à une
question financière, mais c'est un régime qui est autofinancé, et s'il souffre
de sous-financement, bien, les travailleurs puis les employeurs vont cotiser.
Alors, à la page C-9, on indique que
le taux de cotisation en vigueur... Et, en fait, ce que je veux vous dire,
c'est que j'attendais l'évaluation actuarielle au 31 décembre 2023. Et
les actuaires de Retraite Québec — puis ça, c'est le passif — puis
les gestionnaires de la Caisse de dépôt — ça, c'est l'actif — bien,
ils ne sont pas habitués à mettre le régime des rentes... ils ne sont pas
habitués que le ministre appelle le 2 janvier pour savoir la valeur
marchande du régime des rentes. 2 janvier, 7 heures : Bonjour!
Pourquoi vous êtes en congé? Ça me prend la valeur présente du passif, la
valeur présente de l'actif. Puis moi, je veux savoir combien j'ai de marge de
manœuvre dans mon régime des rentes. Et puis je me suis offert pour faire les
calculs aussi si... sur enquête personnelle puis...
Et là j'ai su que le taux de cotisation
était de 10,80, puis que le taux d'équilibre en... 31 décembre 2021, mais
comprenez bien, moi, que je cherche le 31 décembre 2023, était de 10,54,
qu'on avait annoncé des bonifications de sept points de base dans le cas...
J'ai mangé sept points de base de la marge de manœuvre dans le cadre des
consultations publiques.
Mais là ça me prenait une mise à jour de
l'année 2022 puis 2023. Et il est apparu que j'avais approximativement... Parce
qu'on est dans des hypothèses actuarielles, hein, puis si vous changez les
hypothèses, c'est certain que vous allez changer les résultats. Et donc tous
ces calculs-là doivent être faits de façon <indépendante...
M. Girard (Groulx) :
...donc
tous ces calculs-là doivent être faits de façon >indépendante. Il est
apparu que j'avais 10 points de base de marge de manœuvre et que de faire
le reste du chemin en coûterait huit. Ça nous laisse donc une infime marge de
manœuvre de deux points de base, puisque nous avons décidé au budget
d'annoncer...
Puis je vais le lire, là, parce que c'est
vraiment un moment important pour le Québec. Je pense que tous les partis de
l'Assemblée nationale... Vous savez, un budget, ce n'est pas toujours... ça ne
fait pas toujours l'unanimité, pas plus celui-ci que d'autres. Mais cette
mesure-là, elle a été extrêmement bien reçue.
Alors, dans le cadre du présent budget, le
gouvernement annonce l'élimination de la réduction de la rente de retraite pour
les aînés de 65 ans ou plus en situation d'invalidité dès janvier 2025.
Donc, ce qui était approximativement une
pénalité de 24 % n'est plus. La marge de manœuvre de deux points de base,
c'est infime par rapport aux fluctuations de marché, hypothèses de longévité,
hypothèses sur qui va cotiser, etc.
Et donc je dois affirmer qu'il n'y aura
aucun autre changement au régime des rentes d'ici la prochaine consultation
publique.
Et oui, on a un petit coussin
supplémentaire parce qu'on peut dépasser le taux de cotisation sans enclencher
des cotisations supplémentaires, mais on ne veut pas se rendre là. Mais le
deux, d'un point de vue purement mathématique, peut être vu comme 12, mais
quand vous dépassez le deux, vous êtes vraiment dans le négatif, et ce n'est
pas une bonne pratique.
Mais ce que je veux vous dire, là, c'est que
le deux points de base n'enclenchera pas des changements dans les taux de
cotisation, là, si le S&P perd 8 % la semaine prochaine, là.
Mais donc on fait ce geste-là, on est
fiers de le faire. C'est un geste qu'on fait. Vous savez, le service public, on
est au service des citoyens, puis, dans ce cas-là, les
77 000 citoyens concernés, c'était extrêmement important pour eux et
donc c'était important pour nous.
M. Lemieux : M. le
Président, j'ai oublié de vous demander... Au début, j'ai oublié de partir mon
chronomètre. Combien de temps il me reste?
Le Président (M. Simard) : Il
vous reste 6 min 44 s.
• (10 heures) •
M. Lemieux : C'est très
bien. Pour vous remercier, je vais vous faire une confidence, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Pas
trop quand même.
M. Lemieux : Non, pas
trop. Depuis six ans, ce qui m'impressionne le plus de notre ministre des
Finances... je ne sais pas s'il a déjà été professeur, donc, je ne sais pas
s'il est pédagogue, mais comme député, moi, je le trouve particulièrement
efficace avec nous comme vulgarisateur.
Je vais donc lui demander un effort parce
que j'ai besoin qu'il m'explique, comme j'essaie de l'expliquer aux citoyens
qui m'appellent depuis que la SAAQ a modifié ses façons de calculer les rentes
après 65 ans pour les... à partir de 61, je pense, mais, en tout cas, au
moment de la retraite, pour les invalides, parce que, moi, j'explique à mes
citoyens : Vous savez, la SAAQ, la CNESST, la RRQ, c'est trois programmes
différents, mais prenons CNESST et SAAQ en particulier, les gens disent :
Oui, oui, mais c'est le gouvernement. Je dis : Oui, mais ça ne procède pas
de la même façon, ce n'est pas le même régime, et ils ne sont pas des vases
communicants, et ils ne sont pas ajustés.
C'est dans l'actualité ce matin, là je
vous parle des retraités invalides de la CNESST, et on a dans les journaux, en
tout cas à Radio-Canada, je m'excuse, mais j'ai la forte... la forte propension
à regarder Radio-Canada, on nous raconte que ce qu'on a annoncé pour les Invalides
au front ne se réalise pas pour la... pour les invalides de la CNESST, de la
même façon, ça ne se calcule pas de la même façon, non plus que ça ne se
calcule pas de la même façon pour la SAAQ, parce que c'était des surplus que la
SAAQ avait décidé d'attribuer à cette mesure-là, en particulier pour venir en
aide aux invalides des accidents... par cause d'accident devenus aînés.
Là où je veux en venir, c'est que je sais
très bien que la ministre de l'Emploi nous a dit depuis deux jours, dans ses
réactions sur ce sujet-là, que c'est le ministre du Travail qui est en train de
regarder comment ça se passe avec la CNESST pour ces gens-là.
Ce que je vous demande, M. le ministre, à
travers vous, M. le Président, c'est de nous vulgariser pourquoi ce sont des
régimes différents et comment ça procède au final, parce que c'est comme s'ils
étaient du mauvais côté. Pour reprendre un exemple qui m'a fait... qui m'a
crevé le coeur, j'ai un citoyen qui me disait : Vous savez, moi, si
j'étais... si j'avais perdu ma jambe dans un accident d'auto...
10 h (version révisée)
M. Lemieux : ...tomber du
mauvais côté. Pour reprendre un exemple qui m'a fait... qui m'a crevé le cœur,
j'ai un citoyen qui me disait : Vous savez, moi, si j'étais... si j'avais
perdu ma jambe dans un accident d'auto plutôt que dans un accident de travail,
j'aurais, aujourd'hui, un revenu, parce qu'il n'est pas réduit autant que ce
que la CNESST réduit ma pension, devenu aîné, à cause d'un accident de travail.
Donc, ce que j'aimerais, c'est de
comprendre mieux et davantage pour être capable, à mon tour, d'expliquer à mes
citoyens qui m'interpellent ce que sont que ces régimes différents et comment
ils procèdent, et que, dans le fond, c'est du côté du travail qu'il va falloir
que la CNESST s'ajuste éventuellement, dans la même mesure, j'imagine. Mais on
a réformé la CNESST il y a déjà trois ans, mais je ne pense pas qu'on retourne
dans ce film-là au cours des prochains mois. Alors, c'est pour ça que j'aimerais
comprendre davantage, grâce à vous, M. le ministre, en remerciant le président.
Le Président (M. Simard) : Alors,
M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Oui,
merci. Bien, d'abord, il faut... il faut être bien conscient, c'est trois
régimes différents. Vous l'avez dit, et, si on essaie de tout faire, bien là,
on ne fait rien. Alors, moi, je suis responsable de Retraite Québec, du régime
des rentes, un régime qui est... un régime qui est basé sur les cotisations des
employeurs et des travailleurs. Et la situation des invalides était une
situation qui remontait à 1996, et puis elle doit être traitée à l'intérieur du
régime des rentes. La Société de l'assurance automobile du Québec, c'est un
régime d'assurance, ce n'est pas un régime de rente associé, ce n'est pas un
régime de retraite. Ça ne fait pas partie des piliers du régime de retraite au
Canada, là, où on a la pension de sécurité de vieillesse du fédéral, le régime
des rentes, lorsque vous avez travaillé au Québec, puis le régime de pension du
Canada, lorsque vous avez travaillé au fédéral, puis le troisième pilier étant
l'épargne privée, les REER, vos régimes de retraite d'employeur, puis le
quatrième pilier, celui que j'ai inventé, qui est de poursuivre le travail à la
retraite pour complémenter vos revenus.
Alors, ces régimes-là sont différents,
même chose pour la CNESST. Et c'est certain que, lorsqu'on fait une
bonification dans un régime, bien, ça amène d'autres régimes à se poser des
questions puis à regarder. Et on... nous, au niveau du régime des rentes, on n'a
pas l'objectif d'avoir une harmonisation complète avec la SAAQ ou la CNESST. Ce
sont des régimes qui sont différents. Évidemment, la CNESST est reliée aussi au
travail, d'où le lien avec le régime des rentes. Et, bref, ce sont des régimes
distincts, financés de façon distincte, et ce n'est pas une décision du fonds
consolidé, là, ce n'est pas... ce n'est pas en tant que ministre des Finances,
responsable du fonds consolidé, qui dit : Je vais allouer tant au régime
des rentes, tant à la SAAQ, tant à la CNESST. Non, ce sont des régimes
autofinancés qui font l'équilibre entre les bénéfices, les cotisations, les
prestations, les hypothèses actuarielles. Dans le cas du régime des rentes,
nous avions la marge de manœuvre pour agir et nous avons agi. Je ne peux me
prononcer sur toute question sur les régimes dont je ne suis pas responsable.
M. Lemieux : Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Simard) : Merci,
M. le ministre. Merci, M. le député de Saint-Jean. Pendant que j'ai la parole,
je vous demanderais, s'il vous plaît, d'être vigilant par rapport à vos
sonneries. J'en entends quelques-unes, de sonneries, de...
(Interruption)
Le Président (M. Simard) : Ah!
vous voyez. Ce serait le temps qu'on arrête ça, s'il vous plaît. La parole
appartient au député de Saint-Maurice, qui dispose de 21 minutes...
Maurice-Richard, pardon, on était dans... Maurice, quand même.
M. Bouazzi : Justement, ça
tombe bien, ça tombe bien, M. le Président, je vais parler de paradis fiscaux.
On a, on a, la dernière fois, vous et moi, M. le ministre, échangé concernant
les milliardaires du Québec. Nous, on pense qu'il y a... il y a de l'argent au
Québec et puis il y a <une injustice fiscale...
M. Bouazzi :
...on
a, on a, la dernière fois, vous et moi, M. le ministre, échangé concernant les
milliardaires du Québec. Nous, on pense qu'il y a... il y a de l'argent au
Québec et puis il y a >une injustice fiscale. Donc, comment est-ce que
les... la richesse commune, si on veut, est constituée à travers notre système
fiscal? J'ai insisté sur le fait qu'à votre arrivée au pouvoir il y avait
11 milliardaires au Québec et maintenant il y en a 17, qu'ils accumulent,
ces 17 personnes, une richesse de 50 milliards de dollars. Je rappelle...
À chaque fois que je le dis, je vous avoue que ça me choque moi-même, là. Je
n'arrive pas à m'habituer au fait que, pour accumuler l'argent de ces
17 personnes, il faut mettre 100 000 $ de côté tous les ans
pendant 500 000 ans, que ces 17 personnes ont des propriétés,
des avoirs qui équivalent aux 40 % de moins nantis. Donc, ils ont autant
de choses, 17 personnes, que le 3,5 millions de Québécois en bas de
l'échelle.
Et il s'avère que ces personnes ont aussi
fait leur richesse, parce qu'ils sont actionnaires, évidemment, principaux
actionnaires souvent de grandes compagnies qui sont devenues des
multinationales, dont le siège social est à Québec. Ça fait qu'au-delà de
l'expansion de la richesse de ces personnes-là, il y a eu un rapport de l'IRIS qui
expliquait qu'entre 2011 et 2021 ils ont analysé donc les états financiers de
59 entreprises, dont 33 ont leur siège social au Québec, et que les
transferts vers le Luxembourg ont accumulé 119 milliards de dollars,
119 milliards de dollars, et qu'il y a une augmentation, depuis 2011
à 2021, de 20 % tous les ans, hein? Vous et moi, je suis sûr, avons une
bonne idée de ce que c'est qu'une équation exponentielle. Et 20 % tous les
ans, pendant 10 ans, c'est-à-dire que la 10e année, c'est 100 %
de plus que la première.
On a fait des propositions pour aller
chercher une partie de cet argent-là, M. le ministre. Est-ce que vous seriez
ouvert à ce que les aides gouvernementales, les subventions soient
conditionnelles au fait qu'il n'y ait pas ces transferts vers des paradis
fiscaux?
• (10 h 10) •
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre.
M. Girard (Groulx) : Bien, je
ne comprends pas le début de votre question puis la fin de votre question. Vous
me parlez de milliardaires au Québec, donc, leurs avoirs sont au Québec. Et
vous soulignez, à juste titre, que la plupart de ces gens-là ont créé des
multinationales présentes partout dans le monde et ont choisi de garder leur
siège social au Québec, une décision en soi que nous saluons. Et vous soulignez
le fait qu'à notre arrivée au pouvoir, ils étaient neuf, puis là ils sont 17,
puis moi, je pensais que nous tous, on aimerait qu'à la fin de ce mandat, il y
en ait 25, puis qu'à la fin du prochain mandat, il y en ait 30, puis que, peu
importe qui gouverne en 2032, bien, qu'il y en ait 36, comme ça, parce qu'on
veut créer de la richesse, puis des grandes entreprises, puis des
multinationales, puis que le siège social soit ici. Et qui dit grandes
entreprises multinationales, dit activités dans plusieurs pays, et moi, je
salue le choix que ces entreprises-là choisissent de rester au Québec.
Alors, pour ce qui est de localisation de
grandes entreprises, bien, on est en Amérique du Nord et puis on a aussi... ces
entreprises-là ont des activités en Europe. Alors, on est dans un monde
compétitif, et puis, si, par exemple, on faisait des politiques publiques,
comme l'IRIS le suggère ou vous, bien, on risque simplement de pousser la
localisation de ces sièges sociaux là dans d'autres juridictions, et on ne sera
pas plus avancés. Alors, ce qui est important, c'est que ces entreprises-là,
les employés paient des salaires, les... l'impôt sur le revenu, les dirigeants,
que l'entreprise paie des taxes... la masse salariale, de l'impôt corporatif,
et que, lorsqu'il y a des gains de capitaux qui sont impliqués pour les
actionnaires... Puis les actionnaires, c'est ceux qui ont créé <ces
entreprises-là...
M. Girard (Groulx) :
...la
masse salariale, de l'impôt corporatif, et que, lorsqu'il y a des gains de
capitaux qui sont impliqués pour les actionnaires... Puis les actionnaires,
c'est ceux qui ont créé >ces entreprises-là, mais c'est aussi votre
fonds de pension, le mien, le sien, le nôtre, puis c'est... Lorsqu'il y a des
gains de capitaux qui sont imposables, qu'ils soient imposés. C'est le régime
qu'on s'est donné au Canada.
M. Bouazzi : Donc, juste pour
être sûr, je comprends que, sur ce qui reste ici, ils paient des impôts. Sur
les transferts vers le Luxembourg, je vous ai dit qu'il y a eu, en 10 ans,
plus de 100 milliards de dollars qui ont été... qui sont passés dans les
compagnies. On parle des compagnies canadiennes, dont une bonne partie sont au
Québec, et vous, vous dites... Parce que vous savez comme moi, M. le ministre,
quand même, que, tout ça, c'est des stratagèmes pour gonfler des gains à
l'extérieur, là où on paie moins d'impôts et avoir le minimum de gains ici, au
Québec, pour payer le minimum d'impôts. Vous, vous dites : S'ils paient
sur le minimum d'impôts, on est à l'aise, on en fait assez. C'est quand même
des quantités d'argent énormes, et les conséquences de ça, c'est que l'extrême
majorité de ce qui doit être payé, et vous le savez aussi bien que moi, est
payé par la classe moyenne.
La question, ce n'est pas: Est-ce que
c'est juste? Et vous, vous dites : C'est correct, je préférerais même
avoir plutôt que 17 milliardaires, 25 milliardaires, et puis tout va
bien, là.
M. Girard (Groulx) : Oui.
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre.
M. Girard (Groulx) : Merci
pour la gestion de mon micro. Là, je comprends que je ne dois pas y toucher,
hein?
Le Président (M. Simard) : Idéalement,
non.
M. Girard (Groulx) :
D'accord. Merci. Parce qu'on est
dans une nouvelle salle, là, puis on va régler ça pour les six prochaines
heures : Ne pesez pas sur votre bouton, on s'occupe de vous.
Le Président (M. Simard) : Heureusement,
on est de très bons techniciens.
M. Girard (Groulx) : Voilà.
Mais, je veux dire, on n'est pas naïfs non plus, là. On bloque les contrats
publics aux entreprises qui ont été trouvées coupables d'évasion fiscale, là,
on n'est pas... On a une équipe, chez Revenu Québec, qui s'occupe des
planifications fiscales agressives des individus puis on travaille avec le gouvernement
canadien pour la collaboration. Puis c'est certain qu'il faut que tout le monde
paie sa juste part, mais là où je suis fondamentalement en désaccord avec vous
et l'IRIS, c'est que, moi, j'en veux plus, de compagnies comme ça au Québec. Et
vous, dès qu'une compagnie a du succès, vous faites l'hypothèse qu'ils font de
l'évitement fiscal, de l'évasion fiscale, puis que ce n'est pas des bons
citoyens.
M. Bouazzi : M. le ministre,
c'est dans leurs états financiers que ces transferts-là... Ce n'est pas une
enquête extraordinaire, là, c'est des états financiers où des transferts vers
le Luxembourg ne font qu'augmenter. Il y a d'autres compagnies, dans la filière
batterie, dans... Le siège social, il n'est pas ici, il est au Luxembourg
carrément, et ils ont reçu de l'argent de la part de votre gouvernement. La
question, c'est : Est-ce que c'est correct que ces personnes-là fassent
des stratagèmes, qui sont publics, là, dont l'objectif est de payer le minimum
d'impôts? Évidemment, mais c'est parce qu'on les laisse faire. Et la question,
c'est : Est-ce qu'on prend action pour faire en sorte qu'ils peuvent bien
continuer à faire ce qu'ils font, mais pas avec des subventions de l'État? Et
vous, vous dites : Moi, j'en veux encore plus et puis je n'ai pas de
problème avec les subventions que je donne à ces compagnies-là.
Et l'autre solution, c'est de dire :
Bien, on va être inventif sur la manière avec laquelle on évalue les revenus,
et puis il y a une évaluation qui dépend aussi de la fiscalité qui est payée
dans les paradis fiscaux. Il faudrait prendre action, et j'ai l'impression que
c'est juste normal pour vous qu'il y ait autant de milliards qui échappent aux
impôts. Parce que, comme un ancien premier ministre, je pense, avait dit :
Les gens qui paient de l'impôt, c'est ceux qui n'ont pas un bon comptable. Ici,
évidemment, on est devant des armadas de comptables qui savent utiliser les
lois, et les lois leur permettent de faire ça. Quand est-ce qu'on prend action
contre les paradis fiscaux?
M. Girard (Groulx) : Bien, on
prend action de façon multilatérale, avec l'OCDE, et le sujet que vous référez
implicitement, qui est l'utilisation des prix de transfert pour transférer des
profits dans des juridictions à taux d'imposition réduit, bien, c'est un sujet
qui est extrêmement important, qui est traité par l'OCDE, qu'on appelle le
BEPS, là, l'acronyme français, c'est... de toute façon, c'est l'érosion...
l'érosion de la base fiscale par l'évitement... je cherche le terme français,
là, mais c'est par le... bon, l'érosion de la base d'imposition par le
transfert de bénéfices, là, «Base Erosion Pricing System». Alors, c'est pour ça
<qu'on amène un impôt...
M. Girard (Groulx) :
...je
cherche le terme français, là, mais c'est par le... bon, l'érosion de la base
d'imposition par le transfert de bénéfices, là, «Base Erosion Pricing System».
Alors, c'est pour ça >qu'on amène un impôt minimum de 15 % qui fait
que, par exemple, une juridiction, comme le Luxembourg, ne pourra plus charger
un impôt corporatif inférieur à 15 %.
M. Bouazzi : Je
comprends. Évidemment, il y a toutes sortes d'exceptions, malheureusement, qui
sont en train de rentrer sur cette juridiction-là et que, de toute façon, le
Québec ne fait pas tant partie des conversations. Mais la question, c'est :
Est-ce qu'on continue à subventionner des compagnies qui envoient des milliards
dans... au Luxembourg, par exemple, ou carrément dans le siège social et au
Luxembourg? La réponse, c'est oui, la règle du jeu, elle est comme ça.
M. Girard (Groulx) : Non.
Je pense que... C'est pratiquement insultant, c'est comme si vous faisiez
l'hypothèse que nos professionnels au gouvernement du Québec étaient des
amateurs naïfs, là. On ne fait pas une subvention au ministère de l'Économie ou
chez Investissement Québec, sans regarder avec qui on transige et quelles sont
les retombées. Par exemple... par exemple, si on parle d'une entreprise
européenne, ou australienne, ou américaine, là, généralement, ces
entreprises-là, elles vont créer une filiale canadienne qui, elle, est
imposable ici. Et puis là on n'est pas des amateurs, là, où on fait une
subvention, puis l'argent est siphonné au Luxembourg puis, après ça, on ne
revoit plus jamais une cent de retombée, là... On fait des calculs sur les
revenus de... de taxe de vente, d'impôt des corporations, de taxe sur la masse
salariale, d'impôt des salariés. Et puis c'est certain qu'on regarde les
entités légales avec qui on fait affaire, là. Parce que si...
M. Bouazzi : ...mais la
question, c'est au-delà... C'est légal, là. Est-ce que vous avez fait des
calculs, si tous ces milliards-là ne partaient pas au Luxembourg, combien on a
de manque à gagner dans les impôts?
M. Girard (Groulx) : Est-ce
que, moi, j'ai fait des calculs?
M. Bouazzi : Bien, vous
me dites qu'on n'est pas naïfs. En tout respect, M. le ministre, on n'est pas
naïfs, c'est public. Ils transfèrent des milliards au Luxembourg, on s'entend
que ce n'est pas pour faire des... ou des avions, c'est pour payer moins
d'avions... moins d'impôts. Personne n'est naïf ici. La question ici, c'est que
c'est légal. Et, par ailleurs, le gouvernement prend la décision que ces
compagnies-là qui font des choses légales, qui donc paient moins d'impôt que
s'ils avaient gardé l'argent qu'ils font ici, ici, de recevoir des subventions,
de prêts à taux préférentiels, des prêts... des prêts, toutes sortes de
mécanismes de financement.
Donc, la question, c'est : Est-ce que
vous avez calculé c'est quoi, le manque à gagner de tout l'argent qui s'en va
au Luxembourg? Encore une fois, c'est des données publiques qui sont dans des
états financiers.
• (10 h 20) •
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Mais
quand vous dites, c'est des données publiques, il faut faire très attention,
là, parce que la situation fiscale des entreprises, elle n'est pas publique, OK?
Et moi, je ne commenterai pas sur la situation d'une entreprise, pas plus que
je commenterai sur la mienne, celle de ma sous-ministre, la vôtre. Ce n'est
pas... Ça, c'est du domaine privé, OK? Ce que je vous dis, c'est qu'on n'est
pas des amateurs. Il y a l'OCDE qui se penche sur cette question. Puis il y
a... évidemment, vous, vous dites le Luxembourg, mais vous auriez pu dire le
Delaware, pas besoin d'aller... pas besoin de traverser l'Atlantique pour
trouver une juridiction à taux d'imposition plus faible, là. Et, alors, nous,
lorsqu'on fait affaire avec des entreprises, bien, on fait des simulations, des
calculs, puis on regarde quelle est l'entité légale avec qui on fait affaire.
Par exemple, dans ce budget, on a toutes
sortes de... Puis j'apprécie que vous faites la distinction entre légal puis
illégal, illégal, parce que c'est la différence entre évasion puis évitement
fiscal. Mais, par exemple, dans le dernier budget, on a converti des crédits
d'impôt remboursables, on en a converti une portion en non remboursable. Et
donc, pour profiter pleinement du crédit d'impôt, vous devrez avoir une base
d'impôt des corporations à payer pour aller chercher le crédit d'impôt. Alors
ça, c'est un exemple de mécanisme que nous utilisons pour s'assurer que les
retombées sont ici.
M. Bouazzi : M. le
ministre, quand vous dites que ces informations-là ne sont pas publiques,
est-ce que... est-ce que ça veut dire que les... Je veux dire, quand elles sont
<cotées en bourse...
M. Girard (Groulx) :
...que
les retombées sont ici.
M. Bouazzi :
M.
le ministre, quand vous dites que ces informations-là ne sont pas publiques,
est-ce que... est-ce que ça veut dire que les... Je veux dire, quand elles sont
>cotées en bourse, les informations, pour vous, ne sont pas publiques?
Comment... Comment est-ce qu'un centre de recherche d'une quinzaine de
personnes est capable de feuilleter ces données-là et de sortir des données
très, très précises, de l'argent qui va à un seul de tous les... de tous les
paradis fiscaux possibles? Je ne comprends pas en quoi, est-ce que, pour celles-là,
au minimum, les informations ne sont pas publiques? Évidemment qu'elles sont
publiques, et puis il y a eu plus de 100 milliards de dollars de transférés
en 10 ans, 100 milliards de dollars, une augmentation de
20 % tous les ans. C'est une pratique, des gens qui... une pratique,
évidemment, qui est de l'évitement fiscal, dont l'objectif est de payer moins
d'impôts.
Et je pense, honnêtement, qu'on peut
évidemment s'attaquer à ça plutôt que se réjouir qu'il y a effectivement des
gens qui ont fait des milliards et des milliards basés, entre autres, sur le
fait qu'ils sont habiles à éviter de payer leur juste part, quand ici, tous
ceux qui sont des salaires, évidemment, paient leur juste part, et puis souvent
beaucoup. Peut-être...
M. Girard (Groulx) : ...
M. Bouazzi : Il me reste
juste quelques minutes...
M. Girard (Groulx) : Allez-y,
allez-y.
M. Bouazzi : ...on a
compris notre divergence. Sur la question de la dette, quel pourcentage de la
dette actuelle du Québec est détenu par... par du local, en fait?
M. Girard (Groulx) : On
n'a pas... on n'a pas les chiffres sur les détenteurs ultimes, on a les
chiffres sur la devise dans laquelle les émissions sont faites. Et, dans notre
cas, 77 % de nos émissions sont en dollars canadiens. Maintenant, une
banque centrale... une banque centrale de Chine, par exemple, pourrait avoir un
portefeuille en dollars canadiens et acheter des obligations du Québec en
dollars canadiens. Puis là, à ce moment-là, bien, évidemment, ce n'est pas un
local. Mais, bref, on ne donne pas de statistiques sur les détenteurs ultimes,
mais bien sur la devise dans laquelle elles sont émises, et la réponse, c'est
77 % local.
M. Bouazzi : Et donc, à
ce stade, on ne sait pas, par exemple, pour reprendre l'exemple que vous avez
pris, quel pourcentage de notre dette est détenu par des intérêts chinois, ou
européens, ou russes, ou américains.
M. Girard (Groulx) : Bien,
on sait que 23 % de nos émissions sont en devises étrangères puis que ces
émissions sont majoritairement détenues par des étrangers. Encore une fois, la
Caisse de dépôt, ils ont un portefeuille de dollars US, puis ils pourraient
acheter des obligations du gouvernement du Québec en dollars US. Mais je
présume qu'ils le font majoritairement dollars canadiens, bien que je n'ai
pas... d'aucune façon je ne connais l'inventaire de détention. Mais nous, on
veut une base d'investisseurs la plus diversifiée possible, là, tant
géographiquement, que par type d'investisseur. Et, bien, on a des banques
centrales, on a des caisses de retraite, on a des gestionnaires de
portefeuilles étrangers et domestiques.
M. Bouazzi : Donc, pour
vous, avoir le maximum de détenteurs de cette dette-là qui soit local au Québec
n'est pas du tout un objectif, quand vous dites de diversifier le maximum
possible.
M. Girard (Groulx) : Bien,
attendez, là. Nous, on convertit toute notre dette étrangère en dollars
canadiens, OK? Mais le Canada, c'est 2 % de l'économie mondiale. Alors, ce
serait malavisé de se restreindre à 2 % de l'économie mondiale pour
financer le Québec.
M. Bouazzi : Je vous
avouerais que je suis un peu étonné par la teneur de vos propos. Quand on sait
qu'au Japon on est à plus de 200 % du PIB de la dette, parce qu'entre
autres ils sont forts, parce que la dette appartient principalement aux
Japonais et que, de l'autre côté, en Argentine, ils ont 250 % d'inflation,
parce que, quand ça tourne mal, toute la dette qui était détenue par les gens à
l'étranger, bien, les gens tirent leurs billes, c'est un gage de stabilité de
s'assurer que le plus gros pourcentage de notre dette est détenu localement. Je
suis un peu étonné que ça ne soit pas un objectif.
M. Girard (Groulx) : Mais
non, ce n'est pas un objectif, puis ce n'est pas possible. Le Japon, c'est
la... ça a longtemps été la deuxième économie mondiale, la troisième, et puis
c'est une économie immense. Puis le Canada, c'est une goutte d'eau dans l'océan
de l'économie mondiale. Puis le Québec, c'est 20 % de la goutte d'eau...
M. Bouazzi : En tout...
en tout respect...
M. Girard (Groulx) : 22 %...
M. Bouazzi : ...en tout
respect...
M. Girard (Groulx) : ...20 %.
M. Bouazzi : ...M. le
ministre, aujourd'hui, plus de 70 % de notre dette appartient à des
intérêts locaux. Et donc c'est, bien sûr, possible, même si c'est juste
2 %.
M. Girard (Groulx) : C'est
possible, mais ce n'est pas souhaitable, parce que ce ne serait pas optimal
d'émettre seulement au Canada et de se priver, par exemple, si la Réserve
fédérale américaine pense que c'est une bonne idée de détenir des titres, ou
BlackRock, le plus grand fonds privé au monde de <gestion de
portefeuille...
M. Girard (Groulx) :
...si
la Réserve fédérale américaine pense que c'est une bonne idée de détenir des
titres, ou BlackRock, le plus grand fonds privé au monde de >gestion de
portefeuille, si ces gens-là pensent que c'est une bonne idée de détenir des
titres du Québec, ce serait malavisé de leur dire : Non merci, nous, on
veut juste émettre au Québec.
M. Bouazzi : Je suis...
honnêtement, là, pour une fois, là, je vais être vraiment inquiet par rapport
aux risques associés à toute la dette qu'on va avoir, parce que penser aussi
simplement que le fait que, tout d'un coup, on se retrouve, par exemple, avec
10, 15, 20 % de notre dette seulement, et puis avec tout ce
qu'Hydro-Québec va émettre comme dette, en plus...
Le Président (M. Simard) : En
conclusion.
M. Bouazzi : ...que ça
n'ouvre pas à des risques par rapport à nos stabilités économiques est, pour
moi, très inquiétant.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Merci, merci pour ces échanges. Nous poursuivons. Je cède maintenant la
parole au député de René-Lévesque, qui dispose d'environ 21 minutes.
M. Montigny : Bonjour,
M. le Président. Merci beaucoup. Ça me fait plaisir d'intervenir sur le budget
une fois de plus, mais je voudrais aller sur la section... en fait, la section B,
dans le budget, la partie sur l'éducation. Vous savez, moi, j'ai enseigné
pendant 11 ans au secondaire, j'ai été aussi 12 ans comme conseiller
pédagogique, particulièrement en intervention, auprès des groupes plus
difficiles, des élèves avec des difficultés d'apprentissage, difficultés de
comportement. Mais je constatais, évidemment, dans le budget, à la partie II,
là, de la section B, le titre est quand même très évocateur, M. le
Président : Favoriser la réussite éducative des jeunes. Puis je regardais
les montants, les différents montants, là, qui sont dans le budget, puis je
regardais aussi ce qu'on avait mis en place depuis 2018. C'est quand même assez
important, là, ce qu'on a fait au niveau... comme efforts pour réussir au
niveau éducatif, mais je vous amène aussi dans le titre du budget :
Priorité santé, éducation.
Alors, pour quelqu'un qui a fait presque
20... 20 quelques années de sa carrière en éducation, ça m'interpellait, ça
fait que j'avais envie de prendre le temps d'interpeller le ministre là-dessus.
Évidemment, on a mis plusieurs sommes importantes, dans les années passées,
hein, ça totalise près de 11,4 milliards de dollars, qui ont été
mises en place par le gouvernement pour accroître la réussite scolaire. On le
voit, là, des sommes d'environ 2,3 milliards ont été investies pour
soutenir les élèves en situation de vulnérabilité, spécifiquement des élèves
vulnérables. Alors, ce n'est pas rien, puis on les voit, les impacts que ça
peut avoir dans le réseau scolaire, concrètement.
• (10 h 30) •
Puis là j'ai envie d'amener le ministre
sur comment on se compare, depuis 2018, comme gouvernement, à ce qui était fait
avant. Je ne sais pas, je vais aller dans les souvenirs du ministre pour voir
comment, depuis qu'on a priorisé l'éducation, notre premier ministre le répète
souvent, que la priorité, c'est la santé, l'éducation, puis comment on peut se
comparer, nécessairement, avec la période d'avant, qui n'était pas facile. Moi,
je l'ai connue, dans le milieu de l'éducation, cette période-là où on voyait...
on avait... on anticipait l'annonce du budget puis on voyait les ministres de
l'Éducation, à cette époque-là, vivre avec des coupures, des contraintes. Ce
n'était pas le contexte d'investissement dans le domaine éducatif qu'on a
aujourd'hui.
Alors, c'est une bonne nouvelle pour le
budget actuel, mais c'étaient aussi des bonnes nouvelles depuis l'arrivée de la
CAQ, clairement, M. le Président, au gouvernement, en priorisant l'éducation. Puis
j'avais bien envie de ramener M. le ministre des Finances dans cette période
moins avantageuse pour l'éducation, qui était avant l'arrivée, en 2018, du
présent gouvernement.
M. Girard (Groulx) : Bien,
moi, je ne peux pas m'empêcher de vous répondre par une question qui intéresse
tous nos auditeurs, les députés de l'opposition et le personnel du ministère
des Finances, c'est : Quelle est la matière que vous enseignez?
M. Montigny : J'ai
enseigné plusieurs matières, mais j'ai été responsable aussi de l'implantation
de tout ce qui était renouveau pédagogique. Puis j'ai travaillé avec les
groupes difficiles. J'ai enseigné l'histoire. J'ai enseigné aussi des cours qui
n'existent plus, l'économie familiale. J'ai enseigné l'enseignement moral, mais
visiblement, ma matière de base, c'est maintenant l'éthique et culture
religieuse, si je retournais là. Et c'est une matière aussi que notre
gouvernement va remplacer. Alors, je me retrouverais dans un nouveau cours si
jamais je retournais dans les écoles.
M. Girard (Groulx) : Bien,
merci pour cette information. Et je comprends, M. le Président, que ce n'est
pas particulièrement relié à la question, mais puisqu'on passe plusieurs heures
ensemble, je suis convaincu que le député de l'opposition ne m'en voudra pas de
demander cette précision. Et je reviens à la question. Alors, c'est certain
que les taux de croissance de dépenses, il faut regarder ça sur des longues
périodes. Parce que, nous, il est arrivé un événement qui s'appelle la
pandémie, qui a propulsé la croissance des dépenses en 2021...
10 h 30 (version révisée)
M. Girard (Groulx) : ...c'est
certain que les taux de croissance de dépenses, il faut regarder ça sur des
longues périodes, parce que nous, il est arrivé un événement qui s'appelle la
pandémie qui a propulsé la croissance des dépenses en 2021 puis qui a amené le
niveau des dépenses de façon très élevée, puis ça s'est poursuivi, là, parce
que le cœur de la pandémie est en 2021. Mais évidemment, tout le monde se
souvient qu'il y avait encore... le virus était toujours présent en 2021, 2022,
puis, jusqu'à un certain point, le virus était toujours présent en janvier 2024
dans le réseau hospitalier.
Alors, le gouvernement qui nous a précédés
a eu un taux de croissance de dépenses moyennes de l'ordre de 3 %. Mais
évidemment, ce 3 %-là, il est inégal, là, c'est-à-dire qu'il y a eu ce qu'on
appelle, dans un mauvais français, du «stop-and-go» budgétaire, c'est-à-dire
que, les deux premières années, c'était de l'ordre de 1 %, puis les deux
dernières années, c'était de l'ordre de 5 %, puis, en moyenne, ça fait 3 %,
OK? Puis ce qui a fait mal au réseau, c'est évidemment les deux premières
années de 1 %.
Alors, c'est ça qui est le... Et, dans
notre cas, en moyenne, depuis cinq ans, puis cette information-là est au début
de la section B, on y apprend qu'au niveau du portefeuille Éducation les
dépenses ont crû de 14,9 milliards de dollars à 20,5 milliards de
dollars, et que ça représente 37,4 % d'augmentation pour la période de
cinq ans, puis que c'est une croissance moyenne de 6,6 %. Mais le 6,6 %
n'est évidemment pas directement comparable au 3 % pour la simple et bonne
raison qu'il y a eu une pandémie.
Mais l'éducation, c'est notre priorité
dans ce budget-ci. Encore une fois, je veux faire des mises en garde sur les
taux de croissance. On voit un taux de croissance de 9 % en éducation puis
cette année, puis c'est priorité santé, éducation. On veut avoir un taux de
croissance élevé en éducation cette année. On veut donner un coup de barre avec
du personnel, la... des réformes au niveau de la gouvernance, au niveau des
infrastructures. Mais il reste que je fais une légère mise en garde par rapport
au taux de croissance, c'est-à-dire que, comme il y a eu des grèves... puis les
grèves, c'est très important, là. On voit que les grèves, par exemple, ont
affecté le PIB du quatrième trimestre au Québec de façon importante, et donc on
baisse le niveau de dépenses au... en 2023, parce qu'il y a des grèves, puis là
on met des plans de rattrapage en 2024, parce qu'il y a eu des grèves. Alors,
vous baissez 2023 puis vous augmentez 2024, ça gonfle le taux de croissance à
9 %.
Et là, dans le budget, on dit humblement
que, l'éducation, c'est la première responsabilité du gouvernement du Québec,
puis c'est une priorité. Mais il serait plus juste de parler d'un taux de
croissance de l'ordre de 7 % une fois... un petit peu moins, là, mais je
fais des chiffres ronds, une fois qu'on ajuste pour l'effet des grèves et des
plans de rattrapage.
M. Montigny : Merci
beaucoup. J'aurais une deuxième question, toujours en lien avec l'éducation.
Vous savez, j'ai envie de vous entendre sur les diverses mesures qui sont
destinées à la partie réussite éducative des élèves puis, je voyais, dans le
budget, là, qu'on a bien ciblé aussi l'apprentissage du français, parce que,
quand j'étais dans le réseau, là, les... une douzaine d'années, je travaillais
avec des élèves en difficultés de comportement, difficultés d'apprentissage,
puis les données de recherche, les données probantes nous donnaient vraiment
des éléments spécifiques sur la réussite du français, la capacité à s'exprimer,
la compétence particulièrement sur l'expression orale, la capacité à
communiquer et le... l'aspect comportement des jeunes.
Donc, je sais que je m'en vais un peu en
profondeur dans ça, mais je veux vous amener quelque chose à titre d'exemple,
puis vous pourrez me donner des réponses sur d'autres types d'interventions qui
sont faites <pour...
M. Montigny :
...puis
vous pourrez me donner des réponses sur d'autres types d'interventions qui sont
faites >pour améliorer la réussite des jeunes. Mais on le voyait très
bien, sur la qualité du français, que quand on intervient sur l'écriture, sur
la communication, la capacité de s'exprimer, on voit directement une
augmentation au niveau des comportements des élèves. Puis, quand on voit une
augmentation des comportements des élèves dans des classes, dans des groupes,
puis qu'on voit une diminution d'élèves en difficulté de comportement, on voit
une amélioration de la qualité globale de la classe, du travail de
l'enseignant, de la qualité de l'enseignement, et clairement on voit aussi une
augmentation des taux de réussite.
Donc, quand on intervient sur le français,
sur la langue, sur la capacité de s'exprimer, sur la capacité de l'élève à lire
davantage puis à être plus, je dirais, efficace dans sa lecture, puis, quand on
enseigne de façon explicite la lecture, bien, on s'aperçoit que ça augmente,
par effet domino, la réussite éducative des jeunes.
Alors, je le voyais, dans le budget, qu'on
avait mis vraiment cette partie-là de l'apprentissage du français. Il faut
continuer à la lecture, il faut continuer très jeune l'apprentissage de la
littératie, très jeune, dès le début de la formation. Alors, est-ce qu'il y a
des mesures, M. le ministre, à titre d'exemple, des éléments additionnels, que
vous pourriez nous expliquer, qui favorisent la réussite éducative des jeunes,
que vous avez pris soin d'appuyer dans le budget pour que notre ministre de
l'Éducation puisse continuer son beau travail?
M. Girard (Groulx) : Bien,
la réponse, c'est oui, puis je pourrais vous amener à la page B.30, où il y a
la question spécifique des élèves en difficulté affectés par la situation que
nous avons connue au mois de novembre, au mois de décembre. Alors, il y a du
tutorat, de l'aide spécialisée pour les élèves avec des besoins particuliers,
les cours d'été qui seront gratuits pour les élèves de quatrième, cinquième
secondaire, soutien aux organismes et aux partenaires qui travaillent en
éducation, des offres de rattrapage pendant la semaine de relâche. Puis on me
dit que ça s'est bien passé, là, il y a eu de la demande durant la semaine de
relâche.
• (10 h 40) •
Mais vous avez raison que les compétences
de base, savoir lire, écrire, compter, sont essentielles, et la langue
française est complexe, ça nécessite des efforts, de l'aide, et c'est un
travail qui est continu puis on ne peut pas faire ce travail sans avoir le
personnel. À la base de la réussite de nos élèves, il y a le dévouement de tout
le personnel scolaire, enseignant, mais aussi les spécialistes, les directions,
les aides, et ça prend... pour la réussite scolaire, ça prend un engagement de
tous les partenaires, puis c'est pour ça que nous avons, de bonne foi, bonifié
les conditions de travail des employés du secteur public, pour avoir des
conditions de travail qui favorisent non seulement la rétention, mais
l'attraction du personnel. Et puis... puis, ça, ça va permettre de se doter de
flexibilité au niveau de la gestion.
Puis, si vous allez à la page B.5...
évidemment, nous ne sommes pas des experts de la gestion des écoles, au
ministère des Finances, mais on montre le genre d'avancées qui ont été... dont
nous nous sommes dotés dans le cadre des négociations, puis là on voit, par
exemple, qu'il va y avoir des mesures pour favoriser la prestation de travail à
temps complet, révision des statuts du personnel de soutien pour créer
davantage de stabilité dans les équipes d'école. Alors, le personnel de
soutien, souvent, avait seulement du temps partiel. On va les... Puisqu'ils
sont dans nos écoles, on va bonifier leurs horaires.
Et il y a la fameuse mesure, là, sur...
Ah! celle-là, je pense qu'elle a fait beaucoup de bruit lors de la rentrée
scolaire de l'automne 2023. Et puis une façon dont nous pourrions juger du
succès des efforts que nous faisons en éducation, c'est s'il n'y avait pas de
bruit lors de la rentrée scolaire de 2024. Alors, on parle ici, là, de
fermeture du processus <d'affectation...
M. Girard (Groulx) :
...lors
de la rentrée scolaire de 2024. Alors, on parle ici, là, de fermeture du
processus >d'affectation des classes au plus tard le 8 août, ce qui
permettra une meilleure planification scolaire et une stabilité dans
l'organisation des classes, là. C'est élémentaire, mais, en même temps, c'est
fondamental, là. Et si on commence sa cinquième année, puis on arrive à
l'école, puis notre professeur est là, puis... bien, ça facilite
l'apprentissage. Et puis, si on a une classe avec des hauts degrés de
difficultés ou de toutes sortes de défis... puis encore là je suis loin de mon
champ d'expertise, mais il y aura des aides à la classe, un deuxième adulte pour
permettre de favoriser l'apprentissage et...
Et je pense qu'il faut voir les efforts
qu'on fait en éducation comme multidimensionnels. Personnel, ressources
humaines, il n'y a pas de succès en éducation sans l'engagement du personnel
dans un nombre suffisant. Infrastructures, gouvernance, soutien à la réussite,
puis il y a toute la question de la motivation, de l'autonomie, les programmes
particuliers, l'heure supplémentaire au secondaire. Le transport scolaire fait
partie de la réussite scolaire, là. Ça prend... Il faut que l'autobus passe le
matin et il faut que la... Il faut qu'elle passe à chaque matin... Bref, la
réussite scolaire, c'est la somme de nombreux efforts. Mais s'il y a un élément
qui est clé : pas de personnel, pas de succès.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Nous pouvons poursuivre. Il reste 4 min 40 s, cher collègue.
M. Montigny : Parfait.
Merci beaucoup, M. le Président. J'aimerais revenir sur un élément qui est
important. On parle, par exemple, du personnel professionnel. Alors, dans
l'année qu'on vient d'avoir, la partie négociation, toutes les discussions
qu'on a eues, on a bien vu, là, la volonté du gouvernement de soutenir
différents types de personnels scolaires, oui, les enseignants qui sont, je
dirais, directement en service à l'élève, mais il y a des services
professionnels aussi qui le sont, en service direct à l'élève, je pense,
notamment les psychologues. Alors, intervention importante qui a été faite par
notre gouvernement pour soutenir le travail des personnes qui donnent des
services directs aux élèves, notamment ceux qui sont psychologues scolaires.
On le voit très bien dans nos écoles, les
psychologues scolaires, particulièrement en région, doivent se... circuler
d'une école à l'autre avec des territoires, des fois... qu'il y a plusieurs
centaines de kilomètres. Alors, ça demande à ce personnel-là d'avoir cette
capacité de se déplacer sur le territoire pour être capable d'intervenir auprès
de clientèles très différentes d'un milieu à l'autre. Parce qu'il y a plusieurs
communautés qui sont desservies par un centre de services scolaire.
Maintenant, il y a toute la partie aussi,
je dirais, de l'aide à l'enseignant, parce que l'enseignant dans sa classe, il
a, oui, l'enseignement à faire, il y a des notions essentielles, des savoirs
essentiels qui sont évidemment enseignés aux élèves, M. le Président, mais il y
a aussi toute la partie gestion de la classe, des groupes plus difficiles, la
gestion des comportements. Et là un élément extrêmement important qu'on a vu,
c'est l'addition d'une personne avec des compétences particulières qu'on
appelle les techniciens, techniciennes en éducation spécialisée, qui ont de la
formation spécifique pour ces élèves-là qui ont des difficultés, des fois des
difficultés d'apprentissage, qui peuvent se transformer aussi en difficultés de
comportement, où, évidemment, on le voit, M. le Président, quand un élève a des
difficultés de comportement ou d'attention, évidemment ça peut lui amener à
avoir des difficultés au niveau de ses apprentissages.
Alors clairement, l'intention de notre
gouvernement a été très, très claire, le premier ministre a été très clair
là-dessus, soutenir... en éducation, c'est soutenir les élèves pour améliorer
la réussite, puis soutenir les élèves en difficulté. Puis là-dessus je voudrais
simplement dire... Peut-être, M. le ministre, conclure sur comment vous voyez
que les changements qu'on a faits, entre autres sur la gouvernance, peuvent
avoir un impact sur la réussite des jeunes, entre autres, en lien, je vous
donne juste une piste... en lien avec cet institut qu'on a... qu'on met en
place sur... qui va regarder toutes les données probantes <pour...
M. Montigny :
...qu'on
a... qu'on met en place sur... qui va regarder toutes les données probantes >pour
s'assurer qu'on applique, dans les écoles, des choses qui reflètent des données
probantes pour assurer des meilleurs résultats. Je vous donne juste cette
piste-là, M. le ministre.
Le Président (M. Simard) : Alors,
M. le ministre, tout ça en 1 min 30 s.
M. Girard (Groulx) : Merci.
Bien, je pense que, l'Institut national d'excellence en éducation, ça servira à
la diffusion des meilleures pratiques pédagogiques, puis ça a évidemment
d'autres objectifs, mais les données probantes vont permettre des analyses sur
quelles politiques publiques fonctionnent et lesquelles ne fonctionnent pas, et
la diffusion de celles qui fonctionnent va améliorer les conditions
pédagogiques... pas les conditions, mais les méthodes pédagogiques dans nos...
dans notre école publique. Et bref, c'est vraiment la diffusion des meilleures
pratiques qui va nous aider à accomplir ce qu'on veut accomplir. Ça, c'est au
niveau des données probantes.
Mais c'est certain qu'encore une fois ça
prend du personnel. Et, par exemple, au secondaire, bien, le fait que les
techniciens en éducation spécialisée vont pouvoir agir comme aides à la classe,
bien, c'est certain que ces techniciens-là sont particulièrement aptes à aider
les élèves en difficulté, là, puis ils connaissent les élèves aussi, là. Donc,
je pense que tout ça, diffusion des meilleures pratiques, personnel en place
pour...
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Voilà.
M. Girard (Groulx) : Merci.
Le Président (M. Simard) : Alors,
nous allons poursuivre avec notre collègue de Westmount—Saint-Louis. Mais
avant, je vous avise qu'après ce bloc, nous allons faire une courte pause à
même le temps gouvernemental. Chère collègue, à vous la parole. Vous disposez
de 21 minutes.
Mme Maccarone : Merci
beaucoup, M. le Président. Bonjour, M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : ...
• (10 h 50) •
Mme Maccarone : C'est un
plaisir d'échanger aujourd'hui.
J'ai écouté les remarques de mon collègue
que j'ai trouvées intéressantes, parce qu'il a dit que c'était un titre très
intéressant, quand on parle de l'éducation. Alors, je vous amène à la page C.20
pour parler des titres. Quand on parle, en matière de famille, Appuyer les
jeunes et les familles, c'est un titre intéressant, étant donné qu'on parle
uniquement de convertir 1 000 places en service de garde. Alors, ce
n'est pas appuyer toutes les familles et tous les jeunes, c'est une infime
minorité de la population qui va en bénéficier, de cette mesure.
Puis, juste pour faire un peu la mise en
scène, pour les gens qui suivent un peu nos travaux, pour comprendre d'où
est-ce qu'on est venus, l'ancien ministre de la Famille, dans la dernière
législature... puis votre gouvernement avait quand même fait une promesse,
c'était lui ainsi que la vice-première ministre... que nous allons convertir 56 500
places pendant la campagne électorale, puis, ça, c'est il y a moins de deux
ans. L'an dernier, votre gouvernement avait fait la promesse de convertir 5 000,
puis là, maintenant, on est rendus à 1 000. Si on continue cet élan, ça va
prendre 50 ans pour convertir le réseau.
Alors, je veux juste comprendre comment ça
marche puis c'était quoi, les demandes budgétaires de la ministre de la Famille
quand elle est allée vous voir pour parler de ses besoins pour la conversion du
réseau.
Le Président (M. Simard) :
...ministre.
M. Girard (Groulx) : Oui,
merci. Bien, c'est certain que la ministre de la Famille aurait aimé qu'on
accélère le rythme des conversions. Il y a eu, au budget 2020-2021, 3 500 conversions,
au budget 2023-2024, 5 000, puis là, au budget 2024-2025, 1 000.
Alors, tout ça, ça fait 9 500, puis, si vous permettez, je vais arrondir
puis dire 10 000, mais c'est 9 500 depuis qu'on a parlé de conversions.
Et puis c'est certain que l'ordre de grandeur de ce qu'on a à faire, c'est plus
de l'ordre de 50 000, et c'est ce que la ministre de la Famille aimerait,
c'est ce qu'elle demande. Elle est dévouée...
Parce qu'il y a deux volets, là. Il y a le
fameux 6 milliards qu'on est allés chercher, sans condition, du fédéral,
qui, lui, vise le développement de 37 000 places subventionnées. Puis
là on voit que 37 000, c'était l'estimé de ce qu'on avait de besoin à ce
moment-là. Puis depuis, on une croissance de population qui est plus rapide,
probablement que le 37 000 va... ce ne sera pas suffisant, il faudra plus
de places encore que 37 000. Mais là, puisque votre question porte <sur...
M. Girard (Groulx) :
...ne
sera pas suffisant, il faudra plus de places encore que 37 000. Mais là,
puisque votre question porte >sur les conversions et le rôle de la
ministre de la Famille, c'est certain qu'elle en demandait plus que 1 000.
Mais, face à un déficit de 11 milliards de dollars, après contribution au Fonds
des générations, au 8,8 milliards, 1,5 % du PIB avant, bien, on
devait faire des choix. Puis, comme le budget s'est passé dans le cadre des
négociations dans le secteur public, le choix que nous avons fait, c'est santé
et éducation.
Mme Maccarone : ...d'abord
du Québec font... c'est eux qui sont responsables du déficit, c'est eux qui font
les frais du déficit, parce que ce que je comprends, c'est que c'est les
familles qui sont pénalisées. Le coût de la vie est très, très, très élevé,
puis, si on a fait le choix de convertir uniquement 1 000 places,
bien, on se comprend, la conversion, ce n'est pas la construction, ce n'est pas
la création de places, alors les frais sont... ce n'est pas du tout les mêmes
frais qui sont associés. Je comprends mal pourquoi le choix a été fait.
Ça fait que, moi, ma question, c'est :
La ministre, elle avait demandé de faire la conversion de combien de places?
M. Girard (Groulx) : Bien,
l'engagement électoral...
Mme Maccarone : L'engagement
électoral, c'était 56 500.
M. Girard (Groulx) : Oui.
Bien, écoutez, d'abord, il faut se rappeler d'où on part, là. On a le meilleur
régime de service de garde au Canada, là, qui est la... le modèle pour ce que
le gouvernement fédéral souhaite déployer dans les autres provinces, et je
pense qu'il ne faut pas diminuer ce qu'on a et ce qu'on va faire avec le... les
37 000 places qui vont être créées. Puis je rappelle, là, qu'il y a
un crédit d'impôt...
Mme Maccarone : Je ne
parle pas des 37 000 places, par contre. Je suis désolée de vous
interrompre, c'est juste parce que je ne parle pas de 37 000 places...
M. Girard (Groulx) : Non,
non, mais...
Mme Maccarone : ...je
parle de la conversion.
M. Girard (Groulx) : OK,
mais je vais vous parler...
Le Président (M. Simard) : ...intervention,
cher collègue?
Mme Maccarone : Je suis
désolée, M. le Président. Allez-y, M. le ministre.
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Bien,
je rappelle qu'il y a un crédit d'impôt, là. On ne peut pas comparer le taux
brut dans le privé au taux subventionné. Il faut convertir avec le crédit
d'impôt.
Puis, pour répondre précisément à votre
question, bien, la ministre de la Famille aurait souhaité 10 000 conversions.
Mme Maccarone : Elle
aurait souhaité 10 000 puis elle a eu seulement 1 000.
M. Girard (Groulx) : Oui,
parce que nous avons un déficit de 11 milliards de dollars et puis qu'il
fallait faire des choix, là. Puis vous-même, en Chambre, vous le dites, là, le
11 milliards, il est important, et puis il faut prendre des décisions. Et,
dans notre cas, la décision, c'est de... d'améliorer les services en santé et
en éducation immédiatement, et puis ça nécessite des sommes importantes, et
puis c'est le choix qu'on a fait.
Mme Maccarone : C'est
quand même un... Si vous permettez, je suis désolée, mais c'est quand même un
échec, parce qu'une promesse de 56 500, c'était un engagement. Ça fait que
vous êtes d'accord que c'est une promesse que vous avez rompue. On ne parle pas
de...
M. Girard (Groulx) : Non,
non, je ne suis pas d'accord.
Mme Maccarone : Mais on
ne parle pas de la conversion, là, on parle de... Comme j'ai dit, on avait
commencé avec une promesse de 56 500. Là, c'est baissé à 5 000. Là,
on est rendus à 1 000. Puis, juste si je fais référence à les priorités,
quand on regarde le budget aussi, le 3,9 millions de dollars qui sont attribués
pour faire cette conversion, ça, c'est même pour 2024-2025. Avec ce montant, on
comprend que ce ne serait pas avant l'année prochaine. Ça fait qu'on va avoir
encore une attente. Ça fait que ce n'est pas pour 2024, ça, ça va se réaliser
en 2025, parce que ça prend un minimum de 15 millions pour faire la
conversion de 1 000 places. Alors, c'est clair, ce n'est même pas
pour maintenant. Ça fait qu'on a des familles qui vont attendre.
Puis, juste pour faire la mise en scène,
pour faire le portrait, quand on parle de 3,9 millions, c'est quand même
deux fois moins d'argent qui a été attribué pour les L.A. Kings à venir
pour faire deux matchs hors saison.
Alors, si je parle au nom des familles qui
sont en attente, c'est quand même un portrait dévastatrice. Eux, ils se sentent
vraiment abandonnés. Pour eux, c'est des promesses qui sont rompues, en ce qui
concerne la conversion. C'est quand même très difficile pour les familles qui
sont toujours en attente.
Alors, j'essaie de comprendre pourquoi ces
choix ont été faits. Je ne nie pas qu'on a des besoins en éducation puis qu'on
a des besoins en santé, mais ça reste que c'est les familles québécoises,
surtout les femmes, qui sont en attente, qui ne peuvent pas retourner sur le
marché du travail, qui doivent subir beaucoup de frais très élevés de coût de
la vie. Comment ça se fait qu'eux, ils n'ont pas fait partie des choix
gouvernementals comme priorités?
M. Girard (Groulx) :
Bien, je vous remercie pour votre <question...
Mme Maccarone :
...comme
priorité?
M. Girard (Groulx) :
Bien,
je vous remercie pour votre >question. Et d'abord, je tiens à dire que
la promesse n'est pas rompue, on parle quand même de 9 500 conversions
en cours, et que, bien sûr, on aimerait qu'il y en ait plus, et puis c'est
simplement que le rythme de déploiement de la promesse va être plus lent.
Alors, si, au prochain budget, on a les marges de manœuvre puis que les progrès
qu'on souhaite dans le réseau de la santé puis l'éducation sont en marche,
bien, on pourra accélérer le rythme des conversions. Mais là on fait un choix
qui est...
Vous savez, vous nous reprochez d'avoir un
déficit élevé, vous nous dites qu'on ne fait pas assez de conversions, mais je
vous dirais que ces deux énoncés-là sont contradictoires, et qu'une des raisons
que le déficit est élevé, c'est qu'on fait un investissement important dans le
personnel, et que, pour livrer des services en santé puis en éducation, ça
prend du personnel et... puis qu'on fait d'autres investissements en
infrastructures, au niveau de la gouvernance.
Bref, on a le... il faut faire attention
aux messages qu'on envoie à la population. On a les meilleurs services de garde
au Canada. On a le programme de création de places le plus ambitieux au Canada.
Est-ce que la promesse de conversion est
brisée? Non. Son déploiement est ralenti en raison des conditions budgétaires.
Mme Maccarone : Pour ne
pas rompre la promesse, M. le ministre, ça veut dire qu'il faut que vous
convertissiez 25 000 l'année prochaine puis 25 000 l'année d'après,
pour réaliser la promesse, juste pour faire la mise en scène, là... Parce qu'il
reste quand même 55 000 places à convertir, puis la promesse...
M. Girard (Groulx) : Vous
avez raison. Il reste deux budgets.
Mme Maccarone : ...bien,
la promesse, c'était quand même... c'est ça que la CAQ avait fait comme
promesse. Mais là, vraiment au compte-gouttes, la façon que nous sommes en
train de convertir le réseau, ça va prendre 50 ans.
Ça fait que je comprends le ralentissement
que vous êtes en train de partager, mais c'est une promesse brisée, parce que
c'est quand même un 56 000 qui était promis. Pour réaliser, ça va être 25 000
l'année prochaine puis un autre 25 000 l'année d'après.
Le ministre dit que, tu sais, on ne peut
pas dire que le déficit est très élevé, puis évidemment on est inquiets de ça,
puis aussi demander des investissements en matière de famille pour la
conversion... mais le ministre lui-même, aujourd'hui, ainsi que la semaine
passée, en période de questions, il a répondu qu'on a eu quand même 6 milliards
du gouvernement fédéral. Qu'est-ce qui est arrivé avec cet argent-là? Combien
de cet argent a été utilisé pour la conversion?
• (11 heures) •
M. Girard (Groulx) : Zéro.
Ce 6 milliards-là va à la création de places. Le 6 milliards est pour
la création de 37 000 places. Les conversions nécessitent des sommes
additionnelles.
Mme Maccarone : Combien
de cet argent a été utilisé pour la création de places?
M. Girard (Groulx) : Le
6 milliards est budgété depuis le budget 2021-2022... l'automne,
c'est la mise à jour... 2021 ou 2022? Je vais vous le trouver. Mais l'argent
est dans le cadre financier, est prévu pour le déploiement de 37 000 places,
nouvelles places de service de garde subventionnés. Aucune de ces sommes n'est
prévue pour les conversions.
Mme Maccarone : C'est
intéressant, parce que, quand on a eu des échanges avec la ministre de la
Famille, juste l'année passée, elle a dit qu'aucun de cet argent n'était alloué
pour la création de places, puis, dans le fond...
M. Girard (Groulx) : Non,
elle n'a pas dit ça, j'en suis convaincu. Je la connais, je travaille avec
elle, là. C'est certain qu'elle n'a pas dit que le 6 milliards n'était pas
pour la création, là. C'est ça, l'entente avec le gouvernement fédéral.
Mme Maccarone : La
réponse qu'elle a dite, c'est...
M. Girard (Groulx) : Je
pense que vous interprétez mal sa réponse.
Mme Maccarone : ...cet...
c'est ça qu'ils nous ont dit en crédits l'année passée. Puis, quand j'avais le
dossier de la famille, dans la dernière législature, que nous avons... quand
l'argent a été octroyé, en 2019, par le gouvernement fédéral...
M. Girard (Groulx) : Non,
ce n'est pas en 2019.
Le Président (M. Simard) : ...de
l'autre, s'il vous plaît.
M. Girard (Groulx) :
C'est à l'automne 2021.
Le Président (M. Simard) : Bon,
M. le ministre, on va laisser notre collègue de Westmount poursuivre son
intervention, après quoi vous pourrez intervenir. Chère...
M. Girard (Groulx) : D'accord.
Mme Maccarone : Merci. Merci
pour la correction, pour la date. Ça reste que l'ancien ministre de la Famille
n'était pas capable de répondre combien de cet argent-là était utilisé pour la
création de places. Puis ce qu'on a compris, c'est que l'argent était envoyé au
fonds consolidé. Alors, j'essaie de comprendre.
Maintenant, on va passer aux crédits
prochainement, fin avril. Ça, ça veut dire que je veux poser des questions en
ce qui concerne la création de places. La ministre de la Famille...
11 h (version révisée)
Mme Maccarone : ...quand
je veux poser des questions en ce qui concerne la création de places, la
ministre de la Famille, elle va répondre que cet argent était quand même maintenant
utilisé, le montant qui était attribué. Parce qu'on a quand même un montant
attribué annuellement, là, qui était envoyé. Mais j'ai même la réponse, sa
réponse, l'année passée, elle a dit : «Il n'est donc pas possible de
distinguer l'utilisation des sommes reçues du gouvernement fédéral par rapport
aux sommes prises à même le fonds consolidé.» Ça fait que vous, vous dites :
Une précision, ça fait que je ne comprends pas.
Le Président (M. Simard) : ...
M. Girard (Groulx) : Bon.
Alors, nous sommes dans un champ de juridiction du Québec, OK, et nous avons signé
avec le gouvernement fédéral. Puis là je peux vous donner la genèse de ça, mais
je ne le ferai pas. Parce que c'est moi qui ai négocié directement avec la
ministre Freeland cette entente. Elle est sans condition. Et donc le 6 milliards,
il va sur... C'est 6 milliards sur cinq ans, là. Ce n'est pas 6 milliards,
l'an 1, là. Le... En fait, 6 milliards sur six ans, je pense. Il va
au fonds consolidé. Et nous, on s'est engagés, à l'automne 2021, à
déployer ce 6 milliards pour créer 37 000 places. Puis, dans
l'entente avec le fédéral, on parlait, je pense, de plus de 25 000 places
ou quelque chose comme ça. Alors, le déploiement se fait, puis les sommes sont
réservées. Elles ne sont pas détournées ou... Les sommes sont obtenues du
fédéral, elles vont au fonds consolidé, le déploiement des places se fait. Puis
elles sont financées, puis l'argent sort, puis tout ça, c'est fait en toute
transparence.
Le Président (M. Simard) : ...
Mme Maccarone : Merci
pour la réponse. Ça reste que c'est très compliqué de décortiquer parce qu'on
sait toujours combien de places ont été créées sur la base de l'argent que nous
avons reçu. Mais je vais attendre les crédits pour poser des questions à votre
collègue parce que je souhaite poursuivre dans le dossier de la Sûreté du
Québec.
Bien, d'emblée, je veux mentionner que ce
sera le premier anniversaire de le décès de la sergente Breau cette semaine.
Alors, je souhaite nous rappeler que... le travail risqué et essentiel des
policiers. Alors, je suis de tout coeur avec eux, je comprends que c'est un
anniversaire vraiment crève-coeur, puis je leur offre mon... mon soutien.
Puis juste... Ça fait deux semaines, votre
gouvernement a quand même voté contre un mandat d'initiative pour étudier la
croissance des violences, l'état mental perturbé, dont ce que Maureen Breau a
vécu, une mort... un décès violent face à quelqu'un qui souffre des problèmes
de santé mentale.
Je parle régulièrement avec les policiers
sous le couvert de l'anonymat. Je les rencontre, je fais... je prends des cafés
avec eux. La Sûreté du Québec, il y a quand même 5 700 membres, puis elle
attend toujours de résilier une entente de principe. Puis je sais
qu'habituellement ce n'est pas vous qui gère ces négociations, mais cette
fois-ci, c'est vous qui travaillez là-dessus. Alors, encore une fois, pour la
mise en scène, ils ont confirmé... ils ont... ils ont rejeté la première
entente de principe le 15 septembre. Puis là ils ont confirmé, le 6 décembre,
qu'il n'y avait plus d'argent dans l'enveloppe, ça fait qu'ils attendent
toujours une réponse. Le 31 mars, ça va faire deux ans depuis qu'eux, ils
n'ont toujours pas d'entente. Ça fait que je voulais savoir on est rendus où en
ce qui concerne les négociations.
M. Girard (Groulx) : Bien,
c'est une question pour le syndicat parce que nous, on a... on avait une
entente avec... de principe avec le syndicat. Puis je tiens à rappeler, là, que
c'est un régime de négociation qui est complètement distinct du... des
négociations dans le secteur public. Parce qu'en vertu de ce régime de
négociation là, il faut... il y a un ensemble de comparables, là, qui incluent
la GRC, la Police provinciale de l'Ontario, la ville de Montréal, puis, dans le
fond, on commence la négociation avec un ensemble de comparables. Et nous
avons, sur la base de cette entente... de ces comparables, nous en sommes venus
à une entente avec le syndicat, une entente de principe ou préliminaire. Puis
je ne suis pas un... Je veux... Je n'ai pas... Peut-être, je n'utilise pas les
termes justes, mais eux sont allés devant leurs membres, et leurs membres
n'étaient pas satisfaits de l'entente, et ils l'ont rejetée, qui est leur droit
démocratique. Mais nous, à la lumière de l'ensemble des comparables, notre
offre <était...
M. Girard (Groulx) :
...de
l'ensemble des comparables, notre offre >était juste en fonction des
comparables, de la capacité de payer des Québécois, de ce qui a été observé au
niveau de l'inflation, puis tout ça. Alors, nous étions de bonne foi. La
preuve, c'est que nous avions une entente.
Mme Maccarone : Ça fait que
le budget prévoit des dispositions pour le financement des négociations des
contrats avec la police, même à la suite des négociations qui ont été conclues,
ou ils sont prêts à conclure avec les autres services publics?
M. Girard (Groulx) : Si
vous... Peut-être que vous pourriez préciser votre question, parce que je ne
suis pas sûr, c'est quoi, votre question.
Mme Maccarone : Je veux juste
m'assurer que dans le budget qui a été déposé dernièrement, qu'il y a toujours
des dispositions financières pour s'assurer que, quand vous allez continuer les
négociations avec les policiers, que, dans le fond, en termes juste plats de
même, qu'il reste de l'argent pour eux.
M. Girard (Groulx) : OK.
Bien, le... ce qui est dans le cadre financier pour les négos, là, évidemment pour
des raisons de pouvoir de négociation, on ne dit pas exactement combien il y a
pour chaque groupe chaque année dans le cadre de la négociation parce
qu'évidemment ce ne serait pas particulièrement habile. Mais on donne quand
même de l'information extrêmement importante à la page G.10, où on dit que
«l'impact des négociations qui sont en cours, celles qui sont conclues et
celles qui sont toujours en cours». Donc, dans le cas de la Sûreté du Québec,
ils sont dans le deuxième groupe, bien, le cadre financier intègre plus de 3 milliards
par année. Puis ça, c'est la page G.10. Puis, si vous allez à la page G.19,
bien, vous voyez qu'en 2024-2025 les dépenses de portefeuilles ont augmenté de
3,2 milliards puis, en 2025-2026, c'est 3 260 000 000.
Alors, là-dedans, il y a l'ensemble des groupes qui sont concernés par les
négociations.
Mme Maccarone : ...les
répartiteurs d'urgence? Parce qu'eux sont toujours en attente d'avoir la
conclusion de leurs négociations aussi. Puis ça, ça tombe sur la Surêté du Québec.
Il y a un pénurie de personnel. Ils font quand même un travail qui est très
difficile. Il y a un roulement. Le processus de reclassification, ce n'est
toujours pas terminé.
M. Girard (Groulx) : Bien,
vous avez raison de souligner que ces gens-là sont extrêmement importants. Mais
moi, je dois... je dois... j'ai un devoir, là, de divulguer la même chose à
tout le monde. Et, malgré la précision de votre question, je vais être obligé
de vous référer à la page G.10 et à son complémentaire, la page G.19.
• (11 h 10) •
Mme Maccarone : ...c'est la
reclassification. C'est... C'est ça qu'ils cherchent. Ce n'est pas les négos. C'est
la reclassification.
M. Girard (Groulx) : Je suis
incapable de répondre à cette question, à savoir si la reclassification est
dans le 3,2 milliards de ce groupe particulier là. Je vous suggère de
parler à la négociatrice...
Le Président (M. Simard) : ...conclusion.
M. Girard (Groulx) : ...à la
présidente du Conseil du trésor.
Le Président (M. Simard) : Voilà.
Donc, merci à tous pour ce bloc d'échange.
Et, comme convenu, avec consentement, nous
allons procéder à une courte pause.
(Suspension de la séance à 11 h 11)
(Reprise à 11 h 17)
Le Président (M. Simard) : Bien,
chers collègues, merci à nouveau pour votre précieuse collaboration. Nous
sommes en mesure de reprendre nos travaux. Et je cède la parole au député de Maskinongé,
qui dispose d'environ 13 minutes.
M. Allaire : Merci, M.
le Président. Bon matin, chers collègues.
M. le ministre, on a plusieurs points en
commun. Vous aimez le hockey. J'aime le hockey. On a d'ailleurs eu l'occasion
de taquiner le palet ensemble à quelques reprises dans les années passées,
moins cette année, pour cette classique hivernale qui était une priorité qu'on
se donnait à chaque année. Mais <les...
M. Allaire :
...une
priorité qu'on se donnait à chaque année. Mais >les changements
climatiques obligent, cette année, on n'a pas été capables de le faire, ou je
pense que vous êtes allés cette année, mais moi, j'étais en commission, donc je
ne pouvais pas aller me joindre à vous. Mais c'est un des points qu'on a en
commun. Le tennis, c'est un autre point en commun que... que vous avez, mais on
n'a pas eu l'occasion de jouer ensemble. J'aimerais ça dire qu'on a aussi un
autre point commun, qui est le pickleball, parce que moi, j'ai fait la
transition du tennis au pickleball, mais ce n'est pas le cas, malheureusement. Je
pense que je n'ai pas réussi à vous convaincre encore. Je pourrais vous lancer
un défi, par contre. Moi, j'ai été contaminé par mon collègue de Richelieu, qui...
qui joue allégrement au pickleball, et honnêtement, j'ai... j'ai pris la
piqûre.
Un autre point qu'on a en commun, M. le
ministre, c'est... vous êtes un ancien banquier. Je suis... Je suis aussi un
ancien banquier. Vous étiez chez... à la Banque Nationale. J'étais chez
Desjardins. Et je n'ai pas la prétention que j'étais à votre niveau, là, je
pense que vous avez beaucoup, beaucoup plus d'expérience que moi, mais quand
même, ce que... ce que je veux amener, c'est le fait qu'à notre niveau,
mettons, comme gestionnaires, notre portefeuille est diversifié.
Dans le cas de... Dans mon cas à moi,
quand j'étais chez Desjardins, j'avais un demi-milliard d'actifs sous gestion,
et pratiquement le deux tiers de mon portefeuille sous gestion était lié au
secteur agricole. Et, dans Maskinongé, parce que naturellement j'étais chez
Desjardins dans Maskinongé, le secteur agricole prend toute son importance.
Puis ça se traduisait aussi via le travail que j'avais naturellement chez
Desjardins. Mais c'était comme ça pour Desjardins, mais l'ensemble des
institutions financières, naturellement, là, il n'y a pas que Desjardins. Mais
ça démontre quand même à quel point, dans Maskinongé, c'est... c'est plus qu'important,
c'est plus qu'une priorité. Je ne peux qu'être très, très sensible à ce que nos
agriculteurs vivent actuellement. Dans Maskinongé, c'est 450 fermes. Et,
chaque fois qu'il y a des turbulences dans le milieu agricole, c'est sûr que ça
se reflète sur... sur mon quotidien parce que je suis très proche du milieu
agricole. Je les connais tous, ou presque, je suis tous allé les visiter à
cause de mon passé soit en développement économique ou en financement
d'entreprise chez Desjardins. Puis, encore plus maintenant comme élu, je pense
qu'à chaque fois qu'ils... qu'ils vivent des situations particulières, ils
prennent le temps de venir me voir au bureau pour me parler de leurs différents
enjeux, de ce qu'ils vivent actuellement. Puis c'est sûr que l'impact des taux
d'intérêt actuellement a de l'impact sur... sur leurs coûts qu'ils ont à
assumer au cours de l'année. Ça fait en sorte que, veux veux pas, la marge de
profit s'est atténuée avec le temps, ça fait qu'ils doivent revoir les choses
autrement, ils doivent être créatifs. Puis c'est correct, ça, ça fait partie
aussi... C'est des entrepreneurs, ça fait partie de leur quotidien, de trouver
des nouvelles façons, là, de bonifier leurs... leurs revenus.
• (11 h 20) •
Ce que j'aime, c'est qu'on n'est pas
restés les bras croisés, M. le ministre. Avec le ministre de l'Agriculture, on
a mis en place différentes mesures quand même pour soutenir le milieu, entre
autres, le fonds d'urgence. Initialement, on était à 10 millions, on l'a
bonifié à 25. On a modulé certains paramètres pour être capables de s'ajuster.
Et je pense que c'est important de le dire. Ça caractérise aussi, je pense, qui
on est comme gouvernement. Entre autres, par rapport au secteur agricole,
c'est... on reste à l'écoute. Les gens qui sont venus me voir, on a fait des
interventions, on a parlé au ministre, qui était déjà naturellement très au
fait de la situation, mais ça l'a sensibilisé encore plus. Il était très, très,
très disponible pour nous rencontrer, mais il l'a fait aussi naturellement avec
l'UPA nationale, entre autres, avec... avec Martin Caron, que je salue
d'ailleurs, Martin Caron, qui est... qui est le président de l'UPA nationale,
mais qui est un producteur de Maskinongé. Donc, j'ai la... j'ai la chance
d'avoir... d'avoir Martin sur mon territoire, donc ça favorise aussi les
échanges que je peux avoir avec lui pour encore mieux comprendre ce que peut
vivre l'ensemble du secteur agricole.
Alors, je salue... je salue le travail
qu'on a fait au fil des derniers mois pour s'ajuster à la... à
l'année 2023, qui a été très difficile pour eux. Ça fait que je parle du
fonds d'urgence, mais je parle aussi de l'annonce qu'on a faite pour réviser
toute l'assurance récolte qui... sous gestion de la... de La Financière. Puis
je pense que c'est un élément qui va être... qui va être à suivre, à suivre de
proche, parce que ça, je l'ai beaucoup, beaucoup entendu lorsque j'ai rencontré
les agriculteurs, soit dans les dernières semaines aux différentes AGA
auxquelles j'ai participé, autant pour La relève agricole, pour l'UPA de
Maskinongé. C'est un élément qui revient beaucoup, ça va être notre capacité à
s'adapter, là, vraiment à ce que les agriculteurs peuvent... peuvent vivre
actuellement avec les changements climatiques.
Mais, mon point, M. le ministre, ça va
être davantage pour la relève, la relève agricole, qui ont besoin <d'aide...
M. Allaire :
...pour
la relève, la relève agricole, qui ont besoin >d'aide pour... pour faire
l'acquisition de l'entreprise familiale, notamment, ou pour prendre de
l'expansion, éventuellement. Et je sais qu'on est au rendez-vous quand même et
on est... on est très, très à l'écoute. J'ai participé au congrès de la relève
agricole, qui était dans... qui était en Mauricie, qui n'était pas à
Maskinongé, là, qui était dans la région de Shawinigan. Bien, l'ensemble de la
relève du Québec était... était réuni à Shawinigan la semaine dernière, et
c'est un élément qui est... qui est ressorti, de quelle façon que nous, comme
gouvernement, on peut les aider davantage à ce niveau-là.
Et ça m'amène au dernier budget, M. le
ministre. C'est quand même 50 millions qu'on a annoncés dans le dernier
budget pour favoriser la relève agricole. Ce n'est pas rien. C'est un pas
important qui a été salué d'ailleurs par les gens qui étaient présents au congrès
de la relève agricole, qui a été salué aussi par... par l'UPA à différents
niveaux, là, je vais dire, localement, régionalement, mais au niveau national.
Et j'aimerais en savoir un peu plus, M. le ministre, sur... sur ce fonds-là,
qui... qui sera mis en place, et puis qu'est-ce qui vous a peut-être motivé,
justement, à l'inclure, là, dans le... dans le dernier budget.
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre.
M. Girard (Groulx) : Bien, je
vous remercie pour votre introduction. Puis je pense que nous reconnaissons
tous que l'année 2023 a été extrêmement difficile dans le milieu agricole.
Les taux d'intérêt élevés, c'est très difficile pour tout le monde, mais
notamment dans le secteur agricole. L'inflation, c'est difficile pour tout le
monde, mais notamment dans le secteur agricole. Et l'impact des changements
climatiques amène une volatilité qui a été particulièrement défavorable au
milieu agricole. Alors, on a eu de la sécheresse et on a aussi eu, à d'autres
endroits, lorsqu'il y a eu de la pluie, de fortes pluies. Bref, on a eu des
saisons hors normes. Et, lorsqu'on ajoute des conditions climatiques hors
normes à des conditions économiques très difficiles, bien, ça crée une
situation qui est extrêmement difficile. Et c'est pour ça que La Financière
agricole du Québec a dû essentiellement passer d'un... d'un volume
d'interventions en moyenne, dans les 10 dernières années, qui était de
l'ordre de 400 millions, puis là, en 2023, ça va atteindre près de 1 milliard.
Alors... Puis là on... le ministre de l'Agriculture travaille avec le fédéral
pour... conjointement, parce qu'il y a un fonds qui permet la relance
post-difficultés climatiques, qui, lui, est financé 60 % fédéral. Et on
travaille avec eux pour en venir à une entente. Et c'est... Bon. Puis on
appelle ça le programme Agri-relance. C'est... C'est ce que je cherchais. Bon.
Et, pour ce qui est du pickleball, je vais...
je vais rester en dehors de ce champ d'activité. Puis, si je me permettais une
pointe, M. le député, je me sens encore jeune, alors je ne sens pas le besoin
de...
M. Allaire : De jouer au
pickleball.
M. Girard (Groulx) : ...de
faire du «shuffleboard» ou du pickleball. Alors...
M. Allaire : ...
Le Président (M. Simard) : ...nos...
à notre sport favori, qui est celui des finances publiques.
M. Girard (Groulx) : À nos
moutons. D'accord.
Le Président (M. Simard) : M.
le député de Maskinongé.
M. Girard (Groulx) : D'accord.
Alors, je vous amène à la page D.31, M. le Président. Puis je m'en excuse.
Le Président (M. Simard) : ...
M. Girard (Groulx) : Je m'en
excuse. Puis c'est... c'est là que je vais répondre sincèrement que nous avons
créé un fonds d'investissement pour l'acquisition de terres pour la relève
agricole. Et, depuis 2011, là, il y avait peut-être 43 millions qui
avaient été investis dans 140 projets. Puis, ce fonds-là, là, le Fonds
d'investissement pour la relève agricole, alors, 2011 à janvier 2025, c'était
43 millions. Puis là, nous, au budget, on a décidé de le bonifier de
50 millions. Puis, ce nouveau fonds là, puisque l'ancien se termine le
31 janvier 2025, bien, ça va permettre de faire des interventions,
notamment, faciliter l'accès à des jeunes entrepreneurs à la propriété <des...
M. Girard (Groulx) :
...à
des jeunes entrepreneurs à la propriété >des terres en offrant des
solutions adaptées aux défis rencontrés lors du démarrage ou du repreneuriat
d'une entreprise agricole. Et puis, évidemment, c'est... ce n'est pas tout ce
qu'on fait pour le secteur agricole, mais spécifiquement, là, pour faire face à
l'enjeu de l'acquisition des terres puis l'augmentation de la valeur des
terres, c'est ce fonds-là qui est créé dans le budget 2024-2025. Alors,
c'est décrit à la page D.31 du budget.
M. Allaire : Merci, M. le
ministre. Puis on aurait pu élaborer aussi sur les mesures fiscales. Lorsque...
Lorsque j'étais justement à l'assemblée générale annuelle, la relève agricole,
ils ont salué les mesures fiscales, là, du Québec, là, par rapport à la façon
que ça intervient dans leurs dossiers. Puis je pense qu'ils saluaient vraiment
nos interventions à ce niveau-là par rapport au gouvernement fédéral, donc on
avait une nette... un net avantage, là, qui était... qui était salué par les
gens qui étaient présents.
Je tiens aussi à souligner que, puis c'est
important de le dire, là, les gens qui travaillent à La Financière sont là pour
accompagner les agriculteurs. Puis vous l'avez dit un peu, là, juste par la
hauteur de l'aide qui a été apportée, qui est... qui est, de façon évidente,
beaucoup plus significative, là, par rapport aux années passées, mais le... les
interventions, là, terrain, là, les gens qui se déplacent pour aller un peu
constater ce qui... ce qui se passe puis qui se traduit sur les fermes, je
pense, ça se traduit aussi par davantage de ressources qui ont... qui ont été
embauchées au sein de La Financière. Et ça a de l'impact aussi. Parce que je
pense que ça faisait partie... Je me souviens, quand j'ai été... quand j'ai été
élu en 2018, là, des quelques critiques, là, que... qu'on recevait par rapport
à l'efficacité de La Financière. Mais ça, je pense qu'on a vraiment remédié à
cette situation-là, puis il y a davantage de soutien terrain qui permet de bien
accompagner les agriculteurs.
Et je vais terminer en disant que c'est un
peu ce que le ministre a mentionné haut et fort. C'est-à-dire que, dans le
contexte actuel, où c'est très, très difficile pour les agriculteurs, bien, il
s'est permis de mentionner que les agriculteurs qui lèveraient la main, qui ont
la difficulté, vont être appelés un par un pour être capable de leur offrir ce
soutien-là, de La Financière. Et, combiné à l'aide financière de l'institution
financière, bien, on va arriver à passer à travers cette crise-là. Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Simard) : ...près
10 secondes, M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Bien, je
remercie le député d'amener cette importante question. Le secteur agricole vit
des défis extrêmement importants, puis on est là pour les aider.
• (11 h 30) •
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Merci. Je cède maintenant la parole à la députée de Mille-Îles, qui
dispose d'environ 21 minutes.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. Je vais juste démarrer, voilà, enlever mon téléphone. Merci, M. le
Président. Alors, vous comprendrez qu'avec la situation qu'on vit sur la...
avec la crise du logement au Québec, bien, je suis ici pour en parler,
évidemment. Et je vais noter d'ailleurs qu'en fait, la crise du logement, c'est
ce qui n'était pas dans le budget. C'est ce qu'on n'a pas adressé dans le
budget. Celui-ci... Puis d'ailleurs, c'est ce que titrait LaPresse,
là, La crise du logement aux abonnés absents. C'est aussi ce que
plusieurs groupes, hein, puis... Puis ce budget a fait l'unanimité entre les
groupes de protection des locataires puis les groupes qui représentent les
propriétaires et les constructeurs, qui... qui nous ont rappelé que de ne rien
faire maintenant, bien, c'était accentuer la crise de l'habitation. Alors,
j'aimerais entendre davantage le ministre sur... sur, dans le fond, la raison.
Je comprends qu'il a fait des choix, mais le logement fait partie des besoins
essentiels d'une population, alors j'aimerais comprendre pourquoi il a fait le
choix de ne pas... de ne pas stimuler la construction résidentielle avec le
budget qu'il a présenté. Merci.
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Bien,
c'est... Merci pour la question. Et c'est certain qu'un budget, c'est une photo
qui ne représente pas l'ensemble des efforts qu'on fait au niveau du logement.
Alors, puisqu'à la mise à jour il y avait 1,8 milliard pour le logement,
dont la moitié financée par le gouvernement fédéral, eh bien, il faut que ces
sommes-là soient déployées, tout comme... En fait, depuis 2018, on a mis 6,3 milliards.
Puis, ce qu'on voit à la page C.13 du budget, c'est que dans ce budget-ci,
il y avait 500 millions, ça, c'est la page C.12, puis que dans ce...
dans ce budget-ci, on est allés avec la rénovation des HLM, encore une fois en
collaboration avec le fédéral. Il y aura 300 millions pour la rénovation
de HLM...
11 h 30 (version révisée)
M. Girard (Groulx) : ...il y
aura 300 millions pour la rénovation de HLM. Puis ça, c'était une chose
qui est demandée par les parties prenantes de la société, qu'on rénove les HLM.
Je pense que vous êtes d'accord avec cette... l'importance de cette activité.
Alors, il y a plus de 300 millions pour la rénovation de HLM, en
collaboration avec le fédéral.
Pour ce qui est de développer des
logements, bien, il y avait le 1,8 milliard à la mise à jour, 4 milliards
depuis qu'on est là, puis ce qu'on voit, c'est qu'il y a 23 000 unités
qui doivent être livrées puis qui sont financées. Alors, c'est un continuum.
Mme Dufour : Merci. Je
comprends, là, vous me parlez surtout des investissements en logements sociaux,
et les 1,8 milliard que vous parlez, là, c'est, si je ne me trompe, 8 000 unités,
qui vont sortir dans les cinq prochaines années, au cours des cinq prochaines
années, donc pas 8 000 par année. Mais le problème, c'est qu'on a un
déficit de logements de tout acabit et on devrait construire, selon la Société
canadienne d'hypothèques et de logement, 150 000 logements, alors qu'on n'en
a construit que 38 000 l'an dernier. Et, malheureusement, on pensait qu'il
y avait peut-être une amélioration en janvier, mais les chiffres qui sont
sortis la semaine dernière... le recul de février des mises en chantier annule
la hausse de janvier. Alors, on continue à s'en aller en décroissance pour la
construction résidentielle.
Alors, ce n'est pas des logements sociaux
que je veux parler, c'est des logements tout court. Comment on va, à travers ce
budget-là, stimuler la construction résidentielle de tous logements? Comment on
va atteindre cet objectif-là qu'on devrait viser de construire 150 000 logements
par année?
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : D'abord,
je pense que le chiffre de 150 000 puis il y a un autre chiffre qui
circule, là, 900 000, ces chiffres-là doivent être expliqués par la SCHL,
là, parce qu'on est 9 millions d'habitants. Quand j'entends la SCHL dire
qu'il manque près de 1 million de logements, intuitivement, je ne
comprends pas leur chiffre. Alors, ça, la SCHL fera ses explications.
Mais nous, au Québec, on crée, en moyenne,
là... avant la pandémie, il se créait en moyenne 44 000 unités de
logement par année. Et, durant la pandémie, il y a eu une explosion de création
de logements parce que, notamment, les taux d'intérêt étaient comprimés, là, on
est allé à 54 000 unités, en 2020, 68 000, en 2021, puis 57 000
en 2022. C'est pour ça qu'il faut faire attention au taux de croissance puis,
etc., là. Parce qu'effectivement, 2023, on a l'air d'avoir une chute plus
importante que dans le reste du Canada, mais c'est surtout parce que, 2022, on
avait une explosion plus forte que dans le reste du Canada.
Bref, on attend approximativement la
moyenne des 10 dernières années en 2024, 45 000... 43 000
unités, et je n'ai aucune raison de croire, là, après deux mois, que ce n'est
pas ça qui va se réaliser.
Mme Dufour : Donc, la SCHL,
vous ne comprenez pas d'où viennent ses chiffres. On a évidemment une
croissance de la population, on a des taux d'inoccupation qui sont presque à
zéro dans plusieurs villes du Québec, en bas de 1 dans la très grande majorité
des villes du Québec. Ça, ça veut dire qu'il n'y en a plus, de logements, M. le
ministre. Alors, moi, j'aimerais savoir c'est quoi, les besoins, selon vous? Si
le chiffre de la SCHL ne fait pas de sens, quel est votre chiffre, sur quoi
vous vous basez, c'est quoi, vos objectifs?
M. Girard (Groulx) : Bien, en
fait, on se base sur les analyses du ministère des Finances du Québec. On fait
des estimations de l'offre et de la demande, un peu comme vous faites
référence, puis taux de vacance et, etc., et on obtient des chiffres qui sont
importants mais qui ne sont pas de l'ordre de ceux de la SCHL. C'est pour ça
que je suggère que la SCHL explique leurs chiffres.
Et ce qui est important, c'est qu'on mette
les conditions en place pour construire des logements. Puis je pense que vous
avez participé à la commission parlementaire sur l'omnibus municipal et l'omnibus
en habitation, puis que, là-dedans, il y a des mesures pour faciliter la
construction au niveau des municipalités, puis c'était une demande du fédéral,
d'ailleurs, pour signer l'entente, et puis qu'ensuite on a besoin de taux
d'intérêt normalisés, parce que, présentement, ce qu'on voit c'est que le <principal...
M. Girard (Groulx) :
...on
a besoin de taux d'intérêt normalisés, parce que, présentement, ce qu'on voit c'est
que le >principal facteur qui restreint les mises en chantier, c'est la
difficulté de se financer. Et ça, c'est causé par la politique monétaire qui
vise à restreindre les secteurs qui sont sensibles aux taux d'intérêt, dont le
plus sensible de tous, c'est la construction résidentielle.
Mme Dufour : Merci, M. le
ministre, mais vous ne m'avez pas dit le chiffre. C'est quoi, le chiffre des
besoins qui ont été estimés par le ministère?
M. Girard (Groulx) : Je
pourrais vous revenir avec ça. Je n'ai pas... ce n'est pas... on n'a pas...
donné cette information dans le budget, là, il va falloir que je fasse des
recherches, mais on a une projection, effectivement, sur 10 ans, là, qui
fait une hypothèse sur la construction, qui viendra du privé, la demande, puis
ce qui doit être fait. Là... puis il faut comprendre, là où le gouvernement
doit intervenir, on a logements sociaux, logements abordables, logements
privés, et le champ d'intervention du gouvernement, c'est les logements sociaux
et abordables, là, on n'est pas dans la construction de logements privés.
Mme Dufour : Mais la crise
affecte tout le monde. Et on l'a vu partout, à travers le Canada, d'autres
provinces ont agi différemment. Ils ont aussi investi en logements sociaux,
mais ils ont fait le choix d'aussi investir pour réduire les coûts de la
construction résidentielle, pour stimuler la construction de logements
locatifs. Vous avez fait le choix de ne pas aller là. J'aimerais vous entendre
sur pourquoi vous n'avez pas retiré la taxe de vente du Québec, à l'instar des
autres provinces canadiennes et du fédéral.
M. Girard (Groulx) : Bien,
dans certains cas, ils n'ont pas fait le choix, là, parce qu'ils n'administrent
pas leur taxe de vente. C'est le fédéral qui administre la taxe de vente. Puis,
dans les faits, le fédéral a choisi pour eux.
Dans notre cas, comme vous le savez, on
a... nous administrons la taxe de vente fédérale pour le gouvernement fédéral,
et notre taxe de vente, en raison de choix qui ont été faits, je pense, par le
gouvernement de Jean Charest, qui a augmenté la TVQ à 10 %, bien, la TVQ
est grosso modo deux fois la TPS, et donc en termes de collaboration
fédérale-provinciale, que le fédéral pose un geste sans nous consulter, dont
les implications sont deux fois plus importantes pour nous, c'est
particulièrement malhabile de la part du fédéral.
• (11 h 40) •
Mme Dufour : Je m'excuse,
mais je ne parle pas du gouvernement fédéral. Je veux savoir pourquoi vous avez
fait le choix de ne pas retirer la taxe de vente du Québec.
M. Girard (Groulx) : Parce
que c'est dispendieux et que l'effet est indirect. Alors, pour ce qui est de
l'estimation, j'ai eu l'occasion de le dire à quelques reprises en Chambre,
lors de vos questions ou de celles de vos collègues, c'était de l'ordre de 1,5 milliard
sur cinq ans. Puis, comme vous le savez, nous avons une situation budgétaire
qui est difficile. On a décidé de mettre près de 1 milliard de dollars à
la mise à jour, puis c'est certain qu'on aurait pu ne pas le mettre, puis
baisser la TVQ. On aurait pu faire ça. On a fait un choix.
Et c'est un... ça a... une intervention
qui est plus directe, c'est-à-dire que chaque dollar qui est mis va aller en
construction de logements, tandis que, si on baisse la TVQ, bien, c'est...
l'intervention est plus diffuse entre le constructeur, le contracteur puis le
locataire.
Mme Dufour : Mais quelle...
L'analyse financière, d'impact financière que vous avez faite à ce moment-là,
quel scénario vous avez pris pour faire ça? Je suis curieuse de savoir si vous
avez regardé, par exemple, un retrait temporaire, le temps que les taux
baissent, puisque vous avez dit à maintes reprises que c'était... que les taux
allaient rebaisser, tout allait repartir, mais, actuellement, il y a... ça ne
se construit pas, actuellement. Donc, les logements qui ne se construisent pas,
il n'y a pas... tu sais, on ne sauve pas de TVQ, là, là-dessus, là, on n'en
gagne pas non plus, ils n'existent pas, ils ne se construisent pas. Alors, je
serais curieuse de vous entendre sur votre analyse d'impact financière.
M. Girard (Groulx) : Bien, ce
qu'il faut regarder, c'est que c'est certain que le but d'une mesure comme ça,
c'est de générer de la construction supplémentaire. Le désavantage d'une mesure
comme ça, c'est que vous devez payer pour les constructions qui se seraient
faites de toute façon. Alors, par <exemple...
M. Girard (Groulx) :
...c'est
que vous devez payer pour les constructions qui se seraient faites de toute
façon. Alors, par >exemple, si vous anticipez, je vais dire 30 000 unités
d'édifices à logements, puis que, là, vous baissez la TVQ, puis mettons que ça
monterait de 10 %, que ce serait 33 000, bien, vous devez payer sur
les 33 000, là, bien que votre effet est sur 3 000, OK? Ça fait donc
une mesure qui est très dispendieuse. Et, quant à la période qu'on a regardée,
bien, puisqu'il s'agit d'une harmonisation avec le fédéral, c'était pour la
construction entre le 14 septembre 2023 et le 31 décembre...
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : OK. La
construction doit débuter entre le 14 septembre 2023 et le 31 décembre
2030 et elle... débuter, puis se terminer avant le 31 décembre 2035.
Merci, Mme la sous-ministre. Ça, c'est l'annonce du fédéral, donc, sept ans, à
peu près, qu'ils ont annoncés.
Mme Dufour : Mais on aurait
pu faire un choix différent, de ne pas faire la même annonce que le fédéral.
Est-ce que vous avez regardé l'option de la retirer uniquement pour les projets
de logements sociaux et abordables, par exemple?
M. Girard (Groulx) : Non.
Non, je n'ai pas regardé ça. Bien, regardé ça, c'est-à-dire qu'on a commencé
par regarder combien ça coûte, s'harmoniser avec l'annonce du fédéral, ce qui
est essentiellement ce que les autres provinces ont fait. Et, encore une fois,
je tiens à dire que, si le fédéral nous avait consultés, bien, on leur aurait
sûrement suggéré de faire ça pour la période où les taux d'intérêt sont trop
élevés. Parce que, là, on s'attend... Dans le fond, cette baisse de TVQ là, là,
elle, elle correspond à peu près à 35 points de base de taux d'intérêt sur
le financement d'un projet. Puis là on anticipe des baisses de taux, cette
année, de l'ordre de 75 à 100 points de base. Puis les logements sociaux
et abordables, on les subventionne déjà, directement, contrairement aux projets
privés.
Mais bref, c'est... quand vous dites :
Est-ce qu'on aurait pu le faire pour une période plus courte? Oui, mais ce que
le fédéral a décidé, c'est ce qu'ils ont annoncé. Nous, on doit prendre la
décision si on s'harmonise ou non. À la mise à jour, on a répondu au fédéral :
Non, nous, on préfère signer une entente où vous participez conjointement,
parce que le 1,8 milliard, c'est 900-900, et là on a accéléré les
négociations pour en venir à une entente et avoir un effet direct, nous, de 900 millions...
En fait, ce que je veux dire, c'est que
l'intervention qu'on fait est beaucoup plus efficace parce qu'avec 900 millions,
on fait 1,8 milliard de différence, tandis qu'avec 1,5 milliard de
différence, je fais probablement moins que 300 millions d'impact marginal.
Mme Dufour : Mais j'ai de la
misère à voir elle est où, l'efficacité, là. On parle de 8 000 unités
sur cinq ans, avec ce 1,8 milliard là. Moi, je vous parle de dizaines de
milliers d'unités, là. On ne parle pas des mêmes eaux, là. Et, si c'est si
inefficace, comme mesure, comment ça se fait qu'en Ontario c'est... il y a un
boom, ça a augmenté? Qu'est-ce qui explique notre si... En fait, on est les
pires au Canada, en termes de mises en chantier, actuellement. Qu'est-ce qui
explique une si piètre performance au... du Québec?
M. Girard (Groulx) : En fait,
je suis en complet désaccord avec votre affirmation. Si vous regardez les
données depuis le début de l'année, pour les deux premiers mois, on fait mieux
que l'Ontario.
Mme Dufour : OK. Ce n'est pas
les chiffres que j'ai vus, là, mais, écoutez, on va continuer à parler. On
peut-tu parler juste de 2023? Québec a tiré le Canada vers le bas. Qu'est-ce
qui explique cette piètre performance du Québec?
M. Girard (Groulx) : Oui, on
peut parler de 2023, mais je vous confirme que, pour les deux premiers mois de
2024, toutes proportions gardées, on fait mieux que l'Ontario.
Mme Dufour : OK.
M. Girard (Groulx) : OK?
Mme Dufour : On va revenir...
Moi, je ne suis pas tout à fait d'accord, là, on le voit, le recul de février annule
la hausse de janvier. Ça, c'est ce qui a sorti, le dernier bulletin de l'APCHQ.
Moi, je veux vous amener sur autre chose,
M. le ministre. J'aimerais vous entendre sur la prétention que vous faites
concernant les taux d'intérêt qui serait... la baisse des taux, que ce serait
encore plus bénéfique que de retirer la taxe de vente du Québec. J'aimerais
vous entendre là-dessus.
M. Girard (Groulx) : Bien, on
estime que la mesure du fédéral correspond, sur le coût de financement d'un
projet, à approximativement 35 points de base de financement. Et donc,
après deux baisses de taux, on aura un effet du même ordre de <grandeur...
M. Girard (Groulx) :
...Et
donc, après deux baisses de taux, on aura un effet du même ordre de >grandeur.
Mme Dufour : OK. Merci.
Écoutez, moi, je vais vous lire le gouverneur du Canada, Tiff Macklem, ce qu'il
a dit. Il a dit : «Une baisse rapide des taux d'intérêt pourrait, pour le
moment, avoir un effet néfaste sur la demande de logements. Le problème est
vraiment du côté de l'offre. Il faut mettre de l'emphase sur des politiques qui
vont augmenter l'offre.» Pour lui, la baisse des taux d'intérêt, ce ne serait
pas une bonne nouvelle puisque ça augmenterait la demande, mais pas
nécessairement l'offre. Alors, est-ce que M. Macklem a une si mauvaise
compréhension économique du marché, puisque vous semblez avoir une position
complètement contraire de lui?
M. Girard (Groulx) : Non. En
fait, on dit exactement la même chose. Lui, il dit... Lorsqu'il mentionne
qu'une baisse des taux d'intérêt va stimuler la demande, il a raison, ça va
stimuler une baisse des taux d'intérêt hypothécaires, va augmenter le volume de
transactions, par exemple, sur les maisons.
Mais, pour ce qui est de la construction
résidentielle, là, de l'offre, une baisse de taux d'intérêt, c'est positif. Et
puis, si vous regardez les mises en chantier... Attendez un instant, je
cherche. Si on regarde l'investissement résidentiel en pourcentage, en 2023,
là, on a eu une baisse de 18 %, là. Ça, là, c'est directement relié à la
hausse des taux d'intérêt, là. Le secteur des mises en chantier, c'est le
secteur qui est le plus sensible aux taux d'intérêt. En fait, lorsque la Banque
du Canada augmente les taux d'intérêt, ils veulent restreindre la demande de...
ou la... ils veulent restreindre la croissance des secteurs qui sont sensibles
aux taux d'intérêt, puis ça, c'est la consommation discrétionnaire, puis la
construction résidentielle, puis les investissements des entreprises. Ce sont
les secteurs qui ralentissent. Alors, il se passe exactement ce qu'ils
voulaient, mais ils ralentissent l'offre de logements, alors qu'on manque de
logements.
Mme Dufour : Bien, écoutez,
moi, je vais... je vais vous lire une autre portion de ce qu'il a dit :
«Les changements du taux directeur ont un effet rapide sur la demande de
logements, mais les effets de la politique monétaire sur l'offre sont beaucoup
plus limités.» Donc, ça, c'est ce qu'il a affirmé. Alors, moi, ce qui
m'inquiète, c'est que, oui, les taux d'intérêt vont baisser, mais l'offre, ça
va prendre un certain temps avant de suivre. Et là, dès que les taux d'intérêt
vont baisser, c'est la demande qui va... qui va augmenter en flèche. Alors,
comme on n'est pas encore en train de stimuler l'offre, bien, quand la demande
va augmenter, on n'en aura pas, d'offre. Est-ce que vous pensez différemment
que le gouverneur de la Banque du Canada?
• (11 h 50) •
M. Girard (Groulx) : Non, je
ne pense pas différemment que le gouverneur de la Banque du Canada. Le
gouverneur de la Banque du Canada veut restreindre la demande au Canada pour
tempérer l'inflation. Puis il a beaucoup de succès, les mises en chantier sont
en baisse de 17 % en 2023 parce qu'il a augmenté les taux d'intérêt
jusqu'à... jusqu'à 5 %. Malheureusement, ça fonctionne. Et là, lorsqu'il
va commencer l'assouplissement monétaire, bien, les mises en chantier vont
recommencer.
Mme Dufour : ...va s'écouler
un an et demi avant qu'il y ait des logements disponibles, puis l'offre... la
demande, elle, va... va s'augmenter.
Le Président (M. Simard) : ...
Mme Dufour : Bref, moi, ce
que je conclus, c'est que vous ne pensez pas comme le gouverneur de la Banque
du Canada, parce que lui, il jugeait que c'était une bonne mesure.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Merci, chère collègue de Mille-Îles. Je cède maintenant la parole au
député d'Orford, qui dispose de 19 minutes. Cher collègue.
M. Bélanger : Merci, M. le
Président. C'est certain que j'aurais tendance à vouloir parler de
connectivité, mais j'ai déjà abordé ce sujet-là, sauf que je vais quand même en
parler un peu au niveau de son impact sur la productivité. Parce que je pense
qu'au Québec, on n'a pas de leçons à donner en termes de productivité sur
d'autres... les autres provinces ou des... ou des États ou des pays à travers
le monde. Et puis, quand on parle de connectivité, bien, on parle d'outils qui
permettent justement d'améliorer la performance et la rentabilité des
entreprises, que ce soit en utilisant la technologie 5G ou une meilleure
connectivité en région pour les PME. Puis je n'entrerai pas dans les détails,
parce que, bon, augmentation de productivité, ça a un impact sur les ressources
humaines, ça a un impact sur la rentabilité des entreprises.
Mais j'aimerais ça savoir du ministre
pourquoi c'est si important. On en parle toujours, d'améliorer la productivité.
Pourquoi c'est... c'est si important au niveau de l'économie du Québec?
M. Girard (Groulx) : Bien,
merci pour la question. Alors, dans la représentation <formelle...
M. Bélanger :
...du
Québec?
M. Girard (Groulx) :
Bien,
merci pour la question. Alors, dans la représentation >formelle de
l'économie, pour augmenter la production, ça prend des travailleurs, de la
productivité... Alors, ça prend des travailleurs, du capital et une partie
inexpliquée, qui sont les conditions de travail, tu sais, les conditions, le
climat d'affaires, je vais appeler ça comme ça, là, la variable inexpliquée,
c'est le climat d'affaires, la confiance puis des intangibles comme ça. Alors,
au Québec... Toutes choses étant égales, par ailleurs, votre croissance, elle
vient de la croissance du nombre d'heures travaillées et de la productivité des
heures travaillées.
Alors, au Québec, on a une croissance de
population moins rapide que nos partenaires commerciaux. La croissance de la
population du Québec est inférieure à celle de l'Ontario ou des États-Unis, et
donc, pour avoir un niveau de production du même ordre de grandeur, on doit
être plus productifs, puisque la composante travail, dans une société
vieillissante, est moins... la contribution est moins importante, donc on est
condamné à être productif pour être performant.
M. Bélanger : Donc, ça a un
impact sur la main-d'oeuvre. Mais est-ce qu'à ce moment-là l'immigration vient,
bien, aider au niveau de cet impact-là sur la main-d'oeuvre? Si on a... Et puis
en quoi la formation... parce que, si on parle d'immigration, est-ce que ces
futurs citoyens là ont la formation adéquate pour, justement, arriver dans des
tâches où il y aurait eu une augmentation de productivité, en utilisant que ce
soit la robotique ou l'automatisation? C'est quoi, l'impact? Parce que ça va
représenter quand même des sommes importantes à investir au niveau de la
formation si on modifie les méthodes de travail en rendant l'environnement de
travail plus productif.
M. Girard (Groulx) : Oui,
mais, M. le Président, il y a comme deux volets dans ce que le député d'Orford
nous parle, il y a la contribution de l'immigration puis la... et les aspects
de formation et de qualification. Alors, c'est certain que, pour une offre de
travail donnée, là, si on prend les citoyens existants sur le territoire du
Québec, c'est certain que la formation et la requalification des travailleurs
existants, c'est extrêmement important.
Et c'est pour ça, d'ailleurs, là, on
constate qu'on manque de travailleurs dans l'industrie de la construction, d'où
les formations rapides en construction. Puis d'autant plus que le secteur de la
construction, c'est un secteur qui est majoritairement masculin, puis on aimerait
qu'il y ait plus de femmes, mais il est majoritairement masculin, et puis qu'on
a un nombre de jeunes qui ne sont ni aux études, ni en emploi, ni en formation.
Alors, en faisant des formations courtes payées, on attire vers le marché du
travail des jeunes qui ne sont pas dans celui-ci, on leur donne des diplômes et
on les paie, puis, après ça, ils contribuent à la société via l'industrie de la
construction, qui en a bien besoin, OK? Et tous les investissements qu'on doit
faire en infrastructures, privées, publiques, en ont besoin. Donc, ça, c'est le
volet formation, qualification.
L'immigration permet d'augmenter l'offre
de travail totale, qui, je mentionnais, au Québec, a une très faible
croissance, et donc l'immigration, au sens économique, elle a une contribution
marginale positive, mais ça, c'est dans la mesure où on respecte la capacité
d'intégration de la société, c'est-à-dire que, si on est capable de fournir...
d'une part, de les loger, de donner accès aux écoles, que les soins de santé...
Bref, d'un point de vue économique, la contribution de l'immigration à la
société québécoise et... puis j'ai dit «économique», mais je m'excuse, j'aurais
dû dire économique et sociale, la contribution de l'immigration est
indéniablement positive, mais il faut respecter la capacité d'absorption du
Québec. Puis ce n'est pas parce que la contribution marginale est positive que
la capacité d'absorption est illimitée. Alors, il faut trouver le bon
équilibre.
Alors, les immigrants, en général, sont
plus jeunes que la population domestique et donc ils se trouvent à, par leur
arrivée, à rajeunir la pyramide <démographique...
M. Girard (Groulx) :
...domestique
et donc ils se trouvent à, par leur arrivée, à rajeunir la pyramide >démographique
du Québec et à contribuer à l'offre de travail.
Et puis, en général, ce qu'on voyait,
c'est qu'au Québec on avait une croissance d'à peu près 0,5 % par année de
population incluant naissances, décès, migration interprovinciale, immigration
et que, l'Ontario, c'était 1 %. Alors, 1 % en Ontario, 0,5 % au
Québec. Donc, pour avoir le même niveau de production, ça prenait 0,5 % de
productivité de plus au Québec qu'en Ontario. OK?
Là où il y a eu un déséquilibre, c'est
avec l'immigration temporaire et les demandeurs d'asile. Ce qu'on a vu, c'est
une croissance de population de l'ordre de plus de 2 % au Québec, puis de
plus de 3 % au Canada. Et là c'est... c'est trop d'une bonne chose, et
au-delà de la capacité d'absorption. Puis là ça crée de la pression, par
exemple, dans les écoles, les services de garde, etc., le logement
principalement. Puis là on voit que le gouvernement fédéral procède à des
ajustements parce que la population du Canada ne peut pas croître de 3 %
par année de façon soutenable, pas plus que la population du Québec peut
croître de 2 % par année.
M. Bélanger : Donc là,
je vais utiliser deux... deux termes, là, je ne veux pas confondre, là, mais
les cols blancs et les cols bleus. Et puis lorsqu'on qu'on augmente la
productivité, souvent il y a un impact au niveau... il y a une baisse au niveau
des besoins de cols bleus, il y a une augmentation au niveau des cols blancs,
les cols blancs étant, ce n'est pas péjoratif ce que je vais dire, mais souvent
plus éduqués, ça représente un salaire moyen... salaire moyen plus élevé. Ça
fait que c'est souvent le bénéfice d'augmenter la productivité : on a
moins besoin... on a moins besoin d'heures par unité de... par unité de
production. Ça fait que c'est pour ça que la productivité augmente puis la
rentabilité... la rentabilité augmente. Mais est-ce qu'à ce moment-là l'impact
au niveau de l'immigration d'avoir... Si on visait plus de cols blancs, il y
aurait peut-être un impact de réduction de besoins de formation. Ça, c'est un
commentaire, puis je ne cherche pas une réponse à ce niveau-là.
• (12 heures) •
Je veux revenir aussi au budget. Et le
budget, je pense, c'est des investissements de 8,8 milliards, puis il y en
a beaucoup en santé, il y en a beaucoup en éducation. Si je me rappelle, de ce
8,8 milliards là, il y a à peu près 1,9 milliard en économie. Moi, je
trouve ça peu, mais je comprends quand même que c'est... il y a des impératifs
au niveau éducation puis au niveau santé, mais est-ce que ça serait possible de
détailler un peu plus, justement, au niveau de ce 1,9 milliard là, et puis
lesquelles auront peut-être des impacts plus significatifs, là, au niveau de
l'économie? Mais surtout, c'est quoi le détail du 1,9 milliard dans,
justement, dans le budget?
Le Président (M. Simard) : ...M.
le ministre.
M. Girard (Groulx) : Alors,
merci beaucoup pour la question. Puis peut-être sur le premier point de votre
intervention, bien, on a besoin de beaucoup de travailleurs dans la filière
batterie. Puis ça, c'est notamment des techniciens, là, ce n'est pas... On a...
En fait, on a besoin d'une main-d'oeuvre qualifiée. Et la main-d'oeuvre
qualifiée, il ne faut pas confondre avec diplôme universitaire parce que, par
exemple, on voit, là, pour la deuxième cohorte de formation construction, on
regarde pour menuisiers, charpentiers, monteurs de ligne, là. Vous comprendrez
que monteur de ligne, là, c'est un... c'est un métier qui est extrêmement
spécialisé. Puis, oui... Bon.
Je reviens à votre deuxième point qui
est : Qu'est-ce qu'il y a pour l'économie dans le budget? Bien, il y a
1,9 milliard, que vous avez souligné, puis c'est à la page D-4, le
tableau D-1. Bien là, il y a 443 millions pour les secteurs
stratégiques. Les secteurs stratégiques au Québec, on les... on en nomme cinq :
aluminium, sciences de la vie, aérospatiale, intelligence artificielle et le
secteur batterie. Puis il y a de l'argent pour les zones d'innovation, puis les
labs industriels. Les labs industriels, ce sont des infrastructures de
recherche et d'innovation partagées. Ensuite, il y a ce qu'on a discuté
ensemble...
12 h (version révisée)
M. Girard (Groulx) : ...infrastructures
de recherche et d'innovation partagées.
Ensuite, il y a ce qu'on a discuté
ensemble, 126 millions pour l'industrie de la construction et il y a 889 millions
pour la prospérité des régions, mais ça, là-dessus, il y a plusieurs... c'est
notamment le secteur de la forêt ou le secteur agricole, il y a... il y a
plusieurs choses qui... qui s'appliquent à l'économie des régions, mais
notamment forêt, agriculture, puis je pourrais vous lister les autres éléments,
j'y arrive. Il y a aussi, bien oui, le secteur touristique puis il y a Accès entreprise
Québec, là, qui est... qui est le... ce qu'on appelait autrefois les CLD, là,
qui sont des ressources dans les MRC pour assister le développement d'entreprises.
Bon, et puis, finalement, il y a... comme
quoi vous avez beaucoup de cohérence dans vos propos, puis on brode autour d'un
thème, il y a 400 millions pour l'intégration des immigrants, puisqu'on a
parlé intégration et formation, puis il y a la francisation des personnes
immigrantes, bien, ça, on a besoin de main-d'œuvre au Québec, puis la
contribution de l'immigration est positive, mais, pour que leur contribution
soit encore plus positive, il faut les aider dans leurs efforts d'intégration
et de francisation, puis il y a 400 millions pour ça, notamment des sommes
en région.
M. Bélanger : Parlant
justement de régions, puis on va parler de changements climatiques, là, on a vu
les feux... les feux de forêt, puis ça a quand même un impact au niveau de...
au niveau de l'économie de plusieurs régions. J'allais dire : Mais
pourquoi ces forêts brûlent... pourquoi on met de l'argent autant dans la
forêt? C'est quoi... c'est quoi, l'impact? C'est quoi, l'impact économique,
justement, des forêts, là, dans ce budget-là? Est-ce que c'est uniquement
régional parce qu'on veut préserver des emplois dans certaines régions? Je ne
veux pas dévier sur le caribou, puis tout ça, mais c'est... Il me semble que c'est
un dossier qui est assez... qui est assez complexe, les forêts, puis comment,
bien, justement, on peut planifier un budget puis comment on peut planifier des
résultats sur une industrie qui semble si complexe et si malmenée avec... avec
différents vecteurs, là, récemment?
M. Girard (Groulx) : ...M. le
Président, vous n'aimez pas quand je badine, là, mais je crois comprendre, par
le sens de la question de mon collègue, qu'il a préféré le génie civil au génie
forestier lors... lors de son choix de carrière. Êtes-vous ingénieur civil, monsieur?
M. Bélanger : Industriel.
M. Girard (Groulx) : Industriel,
voilà, bon. Alors, ce n'est pas... Je sais que vous ne voulez pas que je parle
de pickleball. Alors, je m'arrête ici dans les préférences individuelles.
Le secteur... secteur forestier... bon,
bien, la situation est extrêmement difficile dans le secteur forestier parce qu'on
a eu des feux de forêt, et puis le bois qui brûle, bien, il doit être ramassé
plus rapidement, parce que, sinon, il devient contaminé puis impropre à la
consommation. Bien que la science ait évolué, puis qu'on peut certainement le
récolter plus tard aujourd'hui qu'il y a 10 ans, mais ensuite, bien, c'est
certain que ce qui brûle, bien, au-delà de ce que les modèles du Forestier en
chef avaient prévu, bien là ça veut dire que la capacité... si on brûle plus
que ce qui était prévu, comme ça a été le cas l'été dernier, bien là la
capacité forestière à long terme du Québec est réduite, et donc on doit
accélérer les plantaisons... la plantation.
Et c'est pour ça que, dans le budget,
bien, essentiellement, il y a 320 millions pour les travaux sylvicoles sur
les terres publiques et privées, puis ça, c'est pour rattraper de la capacité
forestière qui est perdue puis maintenir un écosystème qui est bénéfique pour
les populations, pour l'industrie et également pour les changements climatiques,
puisque la capacité d'absorption du CO2 par la forêt est importante,
et donc ce qui a brûlé n'absorbe plus et, en fait, même, dégage du gaz
carbonique, et donc on doit accélérer...
Et, bref, à la mise à jour, il y a eu de
l'urgence, récolte de bois puis mesures d'urgence pour les <municipalités
puis les...
M. Girard (Groulx) :
...jour,
il y a eu de l'urgence, récolte de bois puis mesures d'urgence pour les >municipalités
puis les entreprises, puis aide d'urgence, prêts d'urgence, puis là, dans le
budget, bien là on y va, à long terme, avec les travaux sylvicoles.
M. Bélanger : Je vais revenir
peut-être un peu en arrière dans le temps. Non, je ne joue pas au pickleball,
même si j'ai 66 ans, mais, dans les années 90, je me passionnais pour
les tableaux de bord, puis je travaillais au niveau de gestion des opérations
d'entreprises, puis je me rappelle d'un cas en particulier, qui s'appelait
Nortel, Nortel qui... À ce moment-là, la valorisation de cette entreprise-là
était proche de 100 $ l'action, et puis j'avais développé un tableau de
bord avec, justement, des banquiers, puis des économistes, et des fiscalistes,
qui utilisaient différents indicateurs de performance comme les retours sur les
actifs, le remboursement de la dette, différents ratios qui peuvent être
utilisés, mais des comparatifs aussi avec d'autres entreprises du secteur
public qui avaient des valorisations différentes par rapport à certains ratios,
puis je me... je vais toujours me rappeler de la rencontre.
Je ne nommerai pas qui était le CEO qui
était là, là, je vais faire... je vais faire attention, mais je me rappelle
avoir présenté ce tableau de bord là pour les exécutifs, parce qu'il y avait
différents niveaux, tableau de bord pour exécutifs, tableau de bord pour ceux
qui étaient dans les différents centres de traitement, centres de production, et
puis j'étais arrivé avec une prévision qui donnait... qui donnait le niveau du
stock à 9 $. Évidemment, je me suis fait revirer en disant : Bien
non, mais c'est impossible, etc. Mais la tendance, la prévision que je voyais
avec les indicateurs financiers, les indicateurs économiques et des
comparables, je me disais : Cette entreprise-là, elle est sursurévaluée,
puis on sait qu'avec, on sait, avec l'historique, qu'est-ce qui s'est passé.
Bon, évidemment, je n'avais pas de ces
stocks-là comme... J'ai fait le même coup avec Amazon, que je pensais que le
stock ne monterait jamais parce que je n'étais pas d'accord avec son modèle
d'affaires et je n'en avais pas... je n'en avais pas acheté, mais ma question
est... Les indicateurs, pour avoir une une prévision sur, justement, ce qui
peut arriver, moi, j'aurais voulu savoir du ministre c'est lesquels, en termes
de... au niveau des finances, quels sont ses indicateurs préférés? A-t-il une
préférence pour certains indicateurs?
• (12 h 10) •
Le Président (M. Simard) : 10 secondes,
cher collègue, malheureusement. 10 secondes, M. le ministre.
M. Bélanger : Malheureusement,
il ne pourra pas répondre en 10 secondes. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Non,
le temps est déjà révolu. La question reste en suspend. Nous allons conclure ce
bloc d'échange cet avant-midi par l'intervention du député de
Marguerite-Bourgeoys, qui dispose de 19 min 30 s.
M. Beauchemin : Merci
beaucoup, M. le Président. L'institut du Québec est sorti, ce matin, M. le
ministre, avec un rapport un petit peu inquiétant. Le dernier trimestre de
l'année 2023 est sorti négatif 0,2 %. Donc, c'est le troisième
trimestre consécutif de baisse de notre produit intérieur brut, juste rappeler,
là, pour l'auditoire qu'on avait initialement estimé, au budget de mars 2023,
que la croissance de l'année qui s'est termine... se termine le 31 mars
allait être... de l'année 2023, allait être de 0,6 %. La résultante
nette de l'ajout du dernier trimestre de 2024 au trimestre négatif... le
troisième au trimestre négatif, le deuxième... et au premier trimestre positif
de l'année, donne... de l'année 2023... «flat», trois trimestres
consécutifs qui sont négatifs.
Les mentions dans le rapport de l'Institut
de la statistique du Québec, là, c'est une baisse des dépenses d'investissement
qui est notable, 0,9 %, conséquence des taux d'intérêt. On en a discuté
tantôt, ça fait partie, là, des effets secondaires de la politique de la banque
centrale du Canada, d'avoir une baisse dans les investissements,
malheureusement. Ce que ça ne dit pas, c'est, évidemment, l'indice de
confiance. Ce que ça ne dit pas, c'est quels vont être les investissements pour
le futur, etc., mais d'autres questionnements viennent en tête quand on regarde
les résultats qui sont sortis ce matin de la part de Statistique Québec. Ça, ça
a une influence sur ce qui rentre dans les coffres de l'État, et donc <est-ce
que vous pourriez...
M. Beauchemin :
...ça
a une influence sur ce qui rentre dans les coffres de l'État, et donc >est-ce
que vous pourriez... J'assume que les calculs n'ont peut-être pas été faits,
mais vous êtes capables de donner un ordre de grandeur. En quoi est-ce que ça
va pouvoir être ressenti dans le déficit que vous avez proposé, là, aux
Québécois il y a deux semaines?
M. Girard (Groulx) : Ça
n'aura pas d'impact parce qu'au niveau des rentrées fiscales on avait déjà les
données du troisième trimestre financier, c'est-à-dire, puisqu'on est sur une
année financière, au 31 mars, on avait déjà les données financières jusqu'au 31
décembre. Alors, la révision de la croissance de 0,2 % à 0,0 %, c'est une
révision de la croissance économique, puis on pourra discuter de qu'est-ce qui explique
ça, puis c'est principalement un impact plus prononcé des grèves sur le mois de
décembre, que nous avions estimé puis qu'on avait... on a sous-estimé l'impact,
mais, pour répondre précisément à votre question, d'un point de vue financier,
que l'année 2023 soit révisée de 0,2 % à 0,0 %, ça n'a pas d'impact.
M. Beauchemin : Mais pourquoi,
donc, si vous aviez, comme vous venez de le confirmer, l'information pour ce
qui est du dernier trimestre de 2023, le Q4, là, OK, vous les aviez, pourquoi ça
n'a pas été reflété dans le tableau du budget?
M. Girard (Groulx) : Parce
que le budget, on a l'information jusqu'au... ça, c'est écrit à la page A.6 que
ce document repose sur les données budgétaires disponibles au 23 février 2024.
Et donc, au 23 février 2024, on avait des données financières jusqu'au 31
décembre, mais nous n'avions pas les données économiques jusqu'au 31 décembre
puisqu'on les a obtenues ce matin.
M. Beauchemin : Donc, il n'y
a aucune conséquence, avec ce qui est sorti ce matin, là, sur... il n'y aurait
donc aucune conséquence, avec ce qui est sorti ce matin, sur votre prévision, à
savoir aucune influence, dernier trimestre 2023... pourrait avoir sur le
premier trimestre 2024, et donc l'année qui s'en vient. Il n'y a aucun
ajustement qui va se faire en fonction de ça?
M. Girard (Groulx) : Non,
parce qu'on est... on est dans la situation que nous avions décrite,
c'est-à-dire une période de stagnation en 2023 et... stagnation à 0,0 %
pour l'année, ou 0,2 %, puis le PIB nominal, c'est 37,39. On est vraiment
dans le même ordre de grandeur. On est vraiment dans la même situation. C'est-à-dire
que la faiblesse de l'économie, elle n'est pas généralisée. La consommation
demeure positive, mais l'investissement, non, et il y a des éléments... Le 0,0
%, là, il y a des éléments temporaires associés à ça, notamment les feux de
forêt pour l'été dernier.
Puis là, pour le quatrième trimestre,
clairement, je pense que, pour décembre, bien, les services d'éducation sont en
baisse de 20 %, bien là c'est les grèves qui amènent la faiblesse. Alors,
le fait qu'il y ait eu des grèves dans le secteur de l'enseignement, il y a un
peu, quand même, un ordre de grandeur moins important dans le secteur du réseau
de la santé, là, parce que la santé, c'est un service essentiel, puis
l'éducation, non, mais, bref, dans la mesure où il n'y a plus de grève, bien,
la situation se normalise, puis, au premier trimestre, on n'a pas cet effet-là.
Alors, je vous dirais que j'aurais
souhaité que le quatrième trimestre soit positif, mais ce n'est pas comme si
j'anticipais un quatrième trimestre fort, là. Je savais qu'il y avait eu des
grèves, puis j'avais mon mois d'octobre qui était fort, puis là j'avais
novembre qui était faible, puis là la question, c'était où allait sortir
décembre, puis là décembre j'avais des grèves, ça fait qu'avec des grèves c'est
difficile à estimer, puis les <méthodes statistiques, puis qu'est-ce qui
est le prix...
M. Girard (Groulx) :
...ça
fait qu'avec des grèves c'est difficile à estimer, puis les >méthodes
statistiques, puis qu'est-ce qui est le prix, puis que... Il faut... il faut
bien savoir que ce chiffre-là, il va être révisé à chaque trimestre, mais on
est dans la situation qu'on parlait, c'est-à-dire stagnation de l'économie du
Québec en 2023 avec des éléments temporaires qui nous font dire que, pour nous,
ce n'est pas une récession, c'est une période de stagnation.
M. Beauchemin : Je vous
entends là-dessus. Le Canada a eu une croissance de 1,1 % pour l'année au
grand complet, dernier trimestre du Canada, 0,2 %, trois trimestres
consécutifs, vous dites stagnation, d'autres parlent de récession. Vous mettez
beaucoup de poids sur la négociation avec le secteur public comme conséquence
du ralentissement économique spécifique au Québec.
M. Girard (Groulx) : Bien, en
décembre.
M. Beauchemin : En décembre.
Est-ce que vous en voyez d'autres pour expliquer l'ensemble du trimestre? Parce
que les feux de forêt, c'était avant.
M. Girard (Groulx) : Les feux
de forêt, c'est principalement le deuxième puis le troisième. Bien, pour le
Canada, puisque vous le mentionnez, je pense que la production automobile est
en hausse de 35 % au Canada en 2023, et c'est tout simplement parce qu'il
y avait un ralentissement dans la production automobile en 2021 et 2022 parce
qu'il n'y avait pas de microprocesseurs. Là, ils les ont eus en 2023, puis là
il y a eu vraiment une excellente performance du secteur automobile, qui est
présent en Ontario puis qui n'est pas présent au Québec, puis, essentiellement,
ça, c'est la différence Québec, Canada 2023.
M. Beauchemin : Pour le
dernier trimestre de 2023.
M. Girard (Groulx) : Pour la
différence entre le Canada et le Québec au dernier trimestre?
M. Beauchemin : Oui.
M. Girard (Groulx) : Bien,
principalement...
M. Beauchemin : La grève?
M. Girard (Groulx) : Les
grèves. Effectivement, si on retire ces éléments-là, bien, le moins 0,2 %,
il serait de l'ordre de plus 0,2 %, là, mais je veux être clair avec les
gens qui nous écoutent, moins 0,2 % puis plus 0,2 %, c'est une
économie qui n'est pas en croissance. Ça veut dire qu'il y a des secteurs qui
sont en croissance puis il y en a d'autres qui ne sont pas en croissance. Ce
n'est pas ça, une récession. La faiblesse n'est pas généralisée, mais je ne
veux pas prétendre non plus que l'économie est forte parce que ce n'est pas le cas.
Les taux d'intérêt visent à ralentir l'économie, et, malheureusement, ça
fonctionne.
• (12 h 20) •
M. Beauchemin : C'est quand
même trois trimestres consécutifs du recul du produit intérieur brut, là. Il y
a plusieurs économistes qui vont donner une opinion autre, là, à la définition
de ce que c'est...
M. Girard (Groulx) : Je n'ai
pas... je n'ai pas entendu d'économistes dire qu'on était en récession.
M. Beauchemin : Au Québec,
rendu au troisième trimestre, il y en a qui vont dire... parce que c'est quand
même passé le terme du deux trimestres.
M. Girard (Groulx) : Non. Les
économistes savent que cette définition-là, c'est une généralisation. Il est
possible que... qu'une firme veuille affirmer que le Québec est en récession, mais
moi, je n'ai pas entendu personne spécifiquement se prononcer, dire que le
Québec était en récession en 2023. Au début de 2023, il y en a qui ont
prédit des récessions.
M. Beauchemin : On va
différer là-dessus, là. Ça a été quand même dans plusieurs journaux,
plusieurs...
M. Girard (Groulx) : Qui?
M. Beauchemin : Dans des
écrits dans... que ce soit dans la radio, que ce soit à la télévision, que ce
soit... des gens en ont parlé, la définition universitaire de récession, deux
trimestres, et tout.
M. Girard (Groulx) : Non, il
n'y a pas de...
M. Beauchemin : Donc, on
peut... on peut différencier là-dessus, je comprends, mais le point, c'était
plus de faire en sorte que, bon, il y a quand même eu un dernier trimestre où
l'estimé que vous aviez n'a encore pas été la réalité qui s'est présentée aux
Québécois. Ça fait trois trimestres consécutifs que c'est le cas. Donc, on a eu
une année 2023 avec votre prévision de 0,6 % qui ne s'est pas réalisée.
C'est juste... force est de constater que ça n'a pas été une année facile
autant pour l'économie du Québec que pour vous au niveau de votre modélisation.
Je veux vous amener sur un autre terrain,
la dette nette par rapport au PIB. Comment expliquer la hausse significative du
ratio de 5 % en seulement quelques mois par rapport à l'horizon de 2029?
5 %, là, c'est quand même non négligeable. Pour vous aider peut-être à le
voir plus net, là, OK, c'est à la page... excusez-moi, là, c'est dans le...
dans ce livre, là, votre page qui parle du ratio de la dette nette-PIB, la
ligne qui <était plus comme gris pâle...
M. Beauchemin :
...dans
ce livre, là, votre page qui parle du ratio de la dette nette-PIB, la ligne qui
>était plus comme gris pâle, 40,4 % en 2029, par rapport à la ligne
de la vue d'ensemble du budget qui a été déposé l'année précédente, à
35,9 %, la page H.8, pour cette année...
M. Girard (Groulx) : Oui,
bien, il y a une hausse... ce que vous dites, c'est qu'il y a une hausse, en
2029, de la prévision de la dette nette de l'ordre de 4 %.
M. Beauchemin : Bien, ça
ressemble plus à 5 %.
M. Girard (Groulx) : Combien?
M. Beauchemin : 4,5 %,
en fait, là.
M. Girard (Groulx) : Bon,
parfait, 4 % à 5 % entre le budget il y a un an puis le budget aujourd'hui,
OK. Alors, bien, ce qui se passe, c'est que les déficits seront plus
importants, OK, et un des éléments, c'est le niveau des dépenses qui est relevé
par les négociations dans le secteur public. Alors, l'investissement dans nos
ressources humaines amène à un niveau de dépenses plus élevé, puis ça, ça a des
impacts sur les soldes budgétaires.
Ensuite, il y a les aspects des revenus, mais,
comme vous l'avez dit, l'économie est plus faible que prévu. Puis ensuite il y
a la question des... l'élément des conditions climatiques de l'été dernier avec
un impact de l'ordre de 3 milliards sur les revenus des entreprises
d'État, Hydro-Québec, notamment, l'augmentation du PQI de 150 à
153 milliards. Ça fait que 3 milliards de PQI, 3 milliards de
revenus autonomes, des dépenses supplémentaires au niveau des conditions de
travail, des revenus autonomes qui sont plus faibles, tout ça fait qu'on doit
réviser la trajectoire, et puis deux choses à dire là-dessus.
Il y a un budget de l'Ontario. Alors, nous
sommes au 31 mars 2024, là, qui est... c'est-tu cette semaine, le
31 mars, ou la semaine... en tout cas, c'est imminent, là, on vise... on
prévoit 39 % de dette nette par rapport au PIB. L'Ontario va sortir
après-midi, puis ils avaient prévu 38 %. On verra où ils sortent, eux, ils
doivent faire des ajustements, mais, essentiellement, on va être au même niveau
que l'Ontario, selon moi. Bon, on verra, là, parce qu'eux ont des ajustements
rétrospectifs sur le salaire de leurs employés, puis la façon qu'ils traitent
ça, puis combien ils avaient en provision, puis etc., mais on devrait être au
même niveau que l'Ontario. Et là, à partir d'ici, c'est qu'est-ce qu'on fait
avec ça, cette situation difficile, puisqu'on a un objectif de 30 % en
2037-2038, et puis c'est là qu'on a tout ce qui est dans le budget, qui
explique les moyens qu'on va prendre pour repartir sur une pente descendante.
M. Beauchemin : L'objectif de
33 % pour 2032-2033, là, comment l'atteindre? Là, on a vraiment dévié
solide, là, par rapport à l'objectif initial. Comment qu'on va l'atteindre?
M. Girard (Groulx) : Bien, la
façon qu'on a structuré les cibles, la cible et la cible intermédiaire, c'est qu'on
a mis un intervalle de confiance de plus ou moins 2,5 %, et donc la borne
supérieure de 33 %, c'est 35,5%, et, nous, ce qu'on veut faire, c'est, en 2033,
définitivement être à l'intérieur de 35,5% pour respecter la loi et accélérer,
après ça, pour atteindre le 30 %.
M. Beauchemin : Donc, c'est
plus 2,5 % à chacune des échéances, finalement.
M. Girard (Groulx) : Plus ou
moins 2,5%, mais oui.
M. Beauchemin : Donc, dans ce
cas-ci, pour ce qui est de 2037-2038, l'objectif, c'est 32,5 % ou moins.
M. Girard (Groulx) : C'est
entre 27,5 % et 32,5%, centré à 30 %, 32,5 % amenant le respect de la loi.
M. Beauchemin : C'est quand
même... Si vous respectez la loi à 32,5 %, c'est quand même une déviation
par rapport à ce que la loi avant était, c'est-à-dire 30 %.
M. Girard (Groulx) : Non,
parce que la loi avant, c'était 43 % de dette brute, puis le différentiel
entre... entre le net puis le brut, c'est à peu près 4 %. Ça fait que <32,5
% serait comme...
M. Girard (Groulx) :
...puis
le différentiel entre le net puis le brut, c'est à peu près 4 %. Ça fait
que >32,5 % serait comme 36 % de dette brute.
M. Beauchemin : En 2037-2038.
M. Girard (Groulx) : Oui,
parce qu'il n'y avait pas... Dans l'ancienne loi, il n'y avait pas d'objectif à
long terme, là. Nous, c'est ça qu'on a ajouté, mais on serait inférieurs... En
fait, aujourd'hui à 39 %, ça nous fait à peu près 43 % ou 44 % de dette brute.
Ça, c'est à la page...
M. Beauchemin : Mais de votre
point de vue à vous...
M. Girard (Groulx) : 41,5 %.
La cible, c'était 45 %.
M. Beauchemin : Mais de votre
point de vue à vous, M. le ministre, là, si, en 2037-2038, on est à 32,5 %,
votre objectif est atteint.
M. Girard (Groulx) : C'est-à-dire
qu'on a respecté la loi, alors, oui, mais il va y avoir des fluctuations, là,
d'ici 2037, là. Il y a des moments où l'économie va être plus forte puis il y a
des moments où l'économie va être plus faible, puis, nous, ce qu'on avait fait
en disant 30% plus ou moins 2,5 %, c'était se donner une marge de manœuvre. Là,
clairement, la période de la nouvelle loi, puisqu'elle vient d'être adoptée,
là, on a adopté ça ensemble au mois de janvier, bien, elle commence par une
période faible économiquement. Alors là, tout de suite, on voit la justesse
d'avoir mis une borne supérieure, puis, si on avait commencé avec une période
de forte croissance, bien, on aurait vu qu'on se serait approchés de la borne
inférieure.
M. Beauchemin : Ça revient
essentiellement à ce que je disais dans ma première question. C'est sûr et
certain, donc, que, même si vous trouvez ça minime, ça va quand même avoir une
conséquence sur le cadre, l'ensemble du cadre, parce que ça retarde l'atteinte
potentielle. Ça a un risque de faire augmenter... mais, étant donné que vous
mettez cette... ces paramètres de 2,5 % d'augmentation du ratio, ça vous
permet de respecter la loi, mais, si l'objectif était initialement de 30 %...
bien, était de 30 %, en faisant ça, c'est sûr et certain que ça a une
conséquence négative, le ralentissement économique qu'on a.
Le Président (M. Simard) : En
conclusion très rapide.
M. Beauchemin : Ça va
endetter plus longtemps.
M. Girard (Groulx) : Dans la
mesure où la différence entre le 0,2 %, qui était prévu, puis le 0,0 %, c'est
un élément temporaire des grèves dans le secteur public, on va rattraper cette
croissance-là dans le temps.
Le Président (M. Simard) : Très
bien, très bien. Alors, chers collègues, merci à nouveau pour la qualité de ces
échanges.
Compte tenu de l'heure, nous allons
suspendre nos travaux. On se retrouve après les affaires courantes. Et j'en
profite pour saluer les gens dans l'audience, du grand public, qui nous
accompagnent. C'est toujours extraordinaire de vous avoir parmi nous. Au
revoir.
(Suspension de la séance à 12 h 30)
15 h (version révisée)
(Reprise à 15 h 30)
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, chers collègues, merci pour votre habituelle ponctualité. La Commission
des finances publiques poursuit ses travaux concernant le débat sur le discours
du budget.
Et j'ai cru comprendre qu'il y a
consentement afin que le député de Jacques-Cartier remplace la députée de Bourassa-Sauvé.
Ai-je bien compris? J'ai bien compris.
Et, bien sûr, avant de donner la parole au
député de Maskinongé, si je ne m'abuse... non, ce sera au député de Saint-Jean,
alors je rappelle au député de Saint-Jean toute l'importance, bien sûr, de
fermer sa sonnerie avant son intervention.
M. Lemieux : ...M. le
Président.
Le Président (M. Simard) : Ce
n'était pas vous?
M. Lemieux : Non, non, non, ce
n'était pas moi.
Le Président (M. Simard) : Ah!
désolé. C'est drôle, hein, je...
M. Lemieux : J'en ai profité
pour vérifier pour m'assurer que ce n'était pas moi. Je vous promets que ce n'était
pas moi.
Le Président (M. Simard) : Alors,
vous disposez de 19 minutes, cher collègue.
M. Lemieux : 19 minutes.
Merci, M. le Président. Rebonjour, tout le monde. Évidemment, ces moments
privilégiés, en tout cas pour moi, me permettent de mieux comprendre, de mieux
saisir ce qu'on entend à la volée dans les nouvelles, dans un extrait d'une
émission d'actualité ou même en réponse en Chambre, parfois.
Et, M. le ministre, si vous voulez bien me
suivre, on va parler de la baisse d'impôt, qui est maintenue dans votre budget,
et aussi de problèmes complexes qui nécessitent, parce qu'ils sont généralement
transversaux, qui nécessitent plusieurs points d'attaque, comme vous me l'avez
appris il y a déjà de cela plusieurs années.
Mais, avant ça, je veux parler de quelque
chose qui me tient à cœur, parce qu'à chaque fois qu'on l'entend, ce n'est pas
populaire de le dire parce que ce n'est pas nécessairement populaire de l'entendre,
mais le fait est qu'on peut faire dire à peu près n'importe quoi aux
statistiques, mais il reste que le dicton le dit : Les chiffres sont
têtus. Donc, je voudrais que vous m'expliquiez, avec le moins de chiffres
possible... Vous savez que j'ai réussi à faire mon discours sur le débat du
budget sans citer aucun chiffre. Pendant toutes mes 18 ou 20 minutes, j'ai
réussi à faire un débat sans chiffre sur le budget. Vous pouvez vous servir de
chiffres, mais je voudrais comprendre... Bon, on a dit que les salaires avaient
augmenté, que l'écart de richesses s'était réduit au cours des dernières années...
15 h 30 (version révisée)
M. Lemieux : ...que les
salaires avaient augmenté, que l'écart de richesse s'était réduit au cours des
dernières années avec nos voisins, mais on dit aussi que le pouvoir d'achat du
Québécois moyen... Il est là, le problème de la statistique, là, on est presque
9 millions, on divise par neuf, puis on finit par trouver un Québécois
moyen. On sait très bien qu'il n'existe pas, c'est pour... c'est pour ça qu'on
l'appelle lambda, là. Mais au final on dit que le pouvoir d'achat du Québécois
moyen est resté au-dessus de l'inflation depuis quatre ans. Et moi, j'ai beau
en parler avec mes amis, j'ai beau répondre ça à l'occasion dans une
conversation où on m'interpelle, ça ne convainc pas personne. Alors là, je
voudrais que vous m'aidiez à les convaincre la prochaine fois que je leur en
parle.
Je suppose et je soupçonne que c'est parce
qu'on entend tellement parler de l'inflation qu'on imagine que nous en sommes
tous victimes. Et je suis le premier à concéder que tout le monde n'est pas
dans la moyenne, et il y en a sûrement qui l'ont eu très difficile et très dur
pendant la pandémie. Ce n'est pas pour rien que le gouvernement a fait ce qu'il
a fait en allant au-devant des coûts, et en envoyant les chèques, et après la
baisse d'impôt. Mais je voudrais que vous me l'expliquiez, celle-là, le pouvoir
d'achat du Québécois moyen est resté au-dessus de l'inflation depuis quatre
ans.
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre.
M. Girard (Groulx) : Bien,
tout de suite, cher collègue, je vais devoir apporter une précision, parce que
la langue française est précise, et ce n'est pas le pouvoir d'achat du
Québécois moyen, c'est le pouvoir d'achat en moyenne, de tous les Québécois, OK?
Et, la moyenne de tous les Québécois, il y a une distribution, là, c'est-à-dire
qu'on prend les 9 millions de Québécois, on prend leur pouvoir d'achat, on
fait une moyenne, et en moyenne il s'est amélioré de 16,8 %. C'est le
revenu réel disponible... c'est la progression entre 2018 et 2023. Ça veut dire
que le revenu disponible réel, ça veut dire... réel, c'est le terme qu'on
utilise en économie pour «ajusté» pour l'inflation. Les économistes diraient qu'on
l'a dégonflé avec l'indice des prix à la consommation ou le déflateur de la
consommation, ou, dans ce cas-ci, ça peut être simplement l'inflation. Mais c'est
pour dire que le revenu disponible nominal, une fois qu'il est ajusté pour l'inflation,
il devient donc le revenu disponible réel, en moyenne a augmenté de
16,8 %, et qu'au Canada c'est 13,1 %.
Et pourquoi? Bien, il y aurait deux
facteurs. Il y aurait les hausses de salaire qui pourraient être plus élevées
que dans le reste du Canada et plus élevées que l'inflation, puis à ça s'ajoutent
les mesures du gouvernement qui étaient plus généreuses qu'ailleurs au Canada.
Puis là je regarde l'heure, parce qu'à 4 heures, il y a le budget de l'Ontario,
là, parce que ça pourrait affecter la moyenne, mais puisqu'on fait du
2018-2023, ça ne l'affectera pas. Mais les mesures du gouvernement, telles que
la baisse d'impôt ou le 2 000 $ pour les aînés, bien, font qu'en moyenne,
au Québec, le revenu réel ajusté pour l'inflation, depuis 2018, a progressé de
16,8 %. On compare ça au Canada, 13,1 %. Puis il y a une composante
salaire puis il y a une composante de soutien fiscal à cela.
Maintenant, puis c'est là que je vais
parler de chiffres sans utiliser de chiffres, je vais parler de statistiques.
Alors, une moyenne, c'est une distribution avec une moyenne, un écart type, un
biais et une kurtose. Alors, la distribution moyenne, bien, il y en a que c'est
plus que 16,8 %, puis il y en a que c'est moins, puis il y en a qui ont
tiré leur épingle du jeu plus facilement dans cette période d'inflation,
notamment ceux qui ont un pouvoir d'augmenter leur salaire. Parce qu'une des
raisons qu'on a donné le 2 000 $ aux aînés de plus de 70 ans, c'est
que nous jugions qu'ils n'avaient pas la capacité d'augmenter leur effort de
travail et de faire face à l'inflation en allant chercher des hausses de
salaire, puisque, pour la plupart, ils ne travaillent pas, d'où la nécessité de
cette excellente mesure progressiste, parce qu'elle aide les gens de plus de 70 ans
à faible revenu en amenant une mesure, qui était à 400 $, l'amène à
200 $, et, bien, il y a tout ça derrière ces gains-là. Alors, je m'arrêterais
ici puis je pense que vous avez d'autres sous-questions.
M. Lemieux : ...j'en ai...
j'en ai <plusieurs.
M. Girard (Groulx) :
...alors,
je m'arrêterais ici puis je pense que vous avez d'autres sous-questions.
M. Lemieux :
...j'en
ai... j'en ai >plusieurs.
M. Girard (Groulx) : OK.
M. Lemieux : C'est un peu nos
crédits à nous en ce moment, ce qu'on va faire dans trois semaines. Vous ouvrez
la porte à une sous-question qui s'impose. En tout cas, nous, on l'a tout le
temps, vous l'avez peut-être dans votre bureau de comté de Groulx aussi.
70 ans et plus, faible revenu avec une partie décroissante de ce crédit
d'impôt remboursable, ça, ça a été applaudi. Vous imaginez bien... en tout cas,
moi, dans mon cas, c'est... c'est ce qui m'arrive, les 66, 67, 68, 69 ans,
eux sont... sont un peu moins contents. Et je viens de comprendre, en vous
écoutant, que la logique du gouvernement derrière ça, c'était de dire : Mais
c'est parce que vous avez encore la possibilité d'améliorer votre sort
économique en allant chercher un petit peu de revenu, en travaillant un petit
peu, ce qui est à peu près... pas impossible, mais qui est beaucoup plus
difficile pour 70 ans et plus, surtout à faible revenu. Je me trompe ou c'est
pas mal...
M. Girard (Groulx) : Non.
M. Lemieux : Non?
M. Girard (Groulx) : Vous
avez tout compris.
M. Lemieux : Merci.
M. Girard (Groulx) : Et à ça
s'ajoute le fait que c'est une mesure qui est extrêmement généreuse, et donc
elle coûte près de 1,8 milliard de dollars par année. Et puis c'est
certain que, si on... on assouplit les critères d'éligibilité, bien, le coût va
augmenter. Et là une mesure fiscale d'une telle ampleur, bien, à un moment
donné, il faut tirer la ligne.
Alors, est-ce qu'on aurait pu... Par
exemple, un des choix de politique publique qu'on s'est posés, c'est :
Est-ce qu'on aurait pu, par exemple, donner 1 000 $ au lieu de 2
000 $ puis commencer à 66, ou quelque chose comme ça? Alors, on a des
professionnels au gouvernement, et puis on fait beaucoup d'efforts pour
maintenir les gens au... sur le marché du travail. Puis là, si on arrive, puis
on leur donne de l'argent sans qu'ils travaillent, bien, on fait un effort qui
est contre-productif au niveau... Bien, il est... il est productif, les gens
seraient contents de le recevoir. Il est utile, mais il n'est pas productif. Et
là on a décidé qu'après 70 ans, face à la hausse du coût de la vie, c'est
beaucoup plus difficile d'accroître ton effort de travail pour compenser pour
la hausse du coût de la vie, d'où la ligne qu'on a... que nous avons tirée.
• (15 h 40) •
M. Lemieux : Encore une fois,
vous évoquez... sans le dire dans ce cas-ci, c'est sous-entendu, mais tout à
l'heure, vous avez eu un signe la tête quand j'en ai parlé. Vous êtes...
Généralement, vous expliquez plusieurs décisions que vous prenez en disant :
Bien, c'est un problème complexe, c'est multifactoriel, c'est transversal. On
va l'attaquer de plusieurs positions, parce que, si on prend juste un angle
d'attaque, puis que ce n'est pas le bon, puis qu'il ne fonctionne pas, bien, on
se retrouve le bec à l'eau.
Moi, je trouve ça... C'est une leçon de
vie pour moi à quelque part, mais c'est dans votre leçon économique quand vous
avez expliqué certaines attitudes. Bon, évidemment, ça veut dire qu'on avoue
aussi un peu qu'on n'est pas certains de ce qui va fonctionner, mais je pense
que l'économiste ou, en tout cas, l'homme de finances que vous êtes comprend
qu'il y a des choses qu'on ne contrôle pas. Est-ce qu'en ce moment, on est
là-dedans? Grosso modo, là, donnez-moi un exemple de ce que c'est que d'utiliser
plusieurs mesures puis de reculer ou de...
M. Girard (Groulx) : ...le
logement, OK, on veut... on sait très bien qu'il manque de logements, donc il
faut en construire plus. Mais en attendant, parce que la construction de
logements, ce n'est pas instantané, bien, on se dit : Bien, on peut aussi
aider les gens qui ont déjà un loyer, qui ont des difficultés à le payer, parce
que le... un des effets de la baisse du taux de vacance, c'est l'augmentation
du coût du logement.
Alors, on a le Programme de supplément au
loyer, ça, ça subventionne les propriétaires, c'est-à-dire que ça diminue le
coût des loyers, et on a le programme d'allocation-logement administré par Revenu
Québec, qui, en fonction du revenu, vient aider les gens à payer leur loyer.
Alors, on attaque le même problème par subvention au loyer puis offre.
Ensuite, il y a la question, par exemple,
des changements réglementaires dans les municipalités. Alors, vous savez qu'il
y a des quartiers où c'est interdit d'avoir autre chose que des maisons
unifamiliales. Et, à partir du moment où on amène des changements
réglementaires, comme de dire : Bien, dans ces quartiers-là, ce sera
possible de maintenant, sur un lot, d'avoir un duplex ou un triplex, <d'augmenter...
M. Girard (Groulx) :
...dans
ces quartiers-là, ce sera possible de maintenant, sur un lot, d'avoir un duplex
ou un triplex, >d'augmenter la densité, finalement. Alors, on vient, par
exemple, dans l'omnibus habitation, faire des changements ou inciter les
municipalités à faire des changements au niveau du zonage pour stimuler l'offre
de logement. Puis ça, c'est un autre outil qu'on utilise.
Ça fait que les problèmes complexes ont
rarement des solutions simples, bien que, si on regarde les médias sociaux, il
y a certaines parties prenantes qui véhiculent des solutions simples à des
problèmes complexes. Ça arrive, là, exceptionnellement, qu'il y a des solutions
simples à des problèmes complexes, mais en général les problèmes complexes
nécessitent qu'on les attaque de plusieurs angles, et j'utilise le terme
«vecteur», qu'on utilise plusieurs vecteurs, voyez ça comme des flèches qu'on
lance vers la cible. Et idéalement on mesurerait l'efficacité de nos angles
d'attaque et on ferait moins de ce qui ne fonctionne pas et beaucoup plus de ce
qui fonctionne si on gérait optimalement. Ce qu'on a de la difficulté à faire,
parce qu'il y a beaucoup d'inertie au gouvernement, c'est très difficile
d'éliminer un programme, et tout le monde veut créer un nouveau programme.
Donc, je vous dirais qu'il y a une... un désir
de faire ce que j'appellerais des annonces. Il y a un surplus de plaisir à
annoncer des nouveaux programmes avec un drapeau du Québec, un drapeau du
Canada. Puis là on fait venir les journalistes puis on fait une nouvelle
annonce dans un champ avec des grands drapeaux. Puis, des fois, après, il ne se
passe strictement rien, mais l'annonce a généré beaucoup de plaisir. Mais, si
vous annulez un programme, par exemple, comme moi, là, je suis le méchant qui a
mis fin au programme de RénoVert en 2019... 2018, on m'en parle encore, M. le
député, on me dit encore : Vous, vous êtes l'éliminateur en chef de
RénoVert. Or, s'il y a une chose que la construction résidentielle n'a pas
besoin, c'est d'être subventionné pour être stimulé, parce qu'elle est
stimulée...
M. Lemieux : J'espère que ça
vous fait autant de bien de le dire que ça nous fait de bien l'entendre.
M. Girard (Groulx) : Mais
on... éliminer des programmes, c'est difficile, d'où la nécessité d'un examen
des dépenses fiscales et budgétaires.
M. Lemieux : Là, je veux
parler, parce que je l'ai annoncé, alors je vais au moins livrer ce bout-là, la
baisse d'impôt, j'étais de ceux qui étaient très contents qu'on passe à l'acte
et qu'on réduise les impôts. J'ai apprécié la façon dont vous l'avez fait, les
deux premiers paliers, 1 % pour les 4,7 millions de Québécois, comme
vous le répétez à chaque fois. Mais, en général, il y a un discours, qui n'est
pas prévalant, mais il y a un discours qui persiste que je n'aime pas, qui dit :
Oui, mais c'est pour les riches, ce n'est pas pour tout le monde. Y a-tu
quelque chose que je n'ai pas compris, ou le 1 %, il s'applique à tout le
monde? Et puis, quand on fait des calculs de ce que ça donne aux plus riches,
je veux bien, c'est le cas à peu près à chaque fois, dans à peu près n'importe
quelle posture économique où il y en a des mieux et des moins bien nantis.
Mais moi, j'avais aussi compris — puis
vous me direz si je me trompe, mais c'est mon collègue de Saint-Jérôme qui
m'avait appris ça dans une conversation économique il y a quelques années — que
la baisse d'impôt, c'était aussi structurant pour l'économie, que ça permettait
à ceux qui ont des opportunités de travailler plus, et donc d'avoir une
meilleure productivité... ce dont on a grandement besoin, vous en avez parlé
encore à la période des questions, je pense, la productivité, c'est la clé,
puis la productivité peut être de trouver... trouver une meilleure...
augmenter, finalement, si on baisse les impôts. Et là, bien, je me cherche un
petit peu dans... pourquoi les gens sont déçus ou pourquoi les gens qui nous
critiquent sont déçus qu'on ait diminué les impôts. Il peut juste en sortir du
bien, en tout cas, de mon point de vue. J'ai hâte d'entendre le vôtre.
M. Girard (Groulx) : Bon, tout
d'abord, il faut bien dire qu'au Québec la baisse d'impôt, c'est un sujet qui
divise, qui est polarisant, c'est-à-dire que les gens aiment bien se mettre
d'un côté de la clôture : Toi, tu es-tu dans l'équipe pro baisse d'impôt
ou tu es-tu contre les baisses d'impôt? Je veux dire, si j'avais <annoncé...
M. Girard (Groulx) :
...tu
es-tu dans l'équipe pro baisse d'impôt ou tu es-tu contre les baisses d'impôt?
Je veux dire, si j'avais >annoncé une baisse d'impôt en Saskatchewan,
là, je serais un héros, là. En Ontario, je serais porté, là, sur les épaules
des députés, là. Mais, au Québec, on a une vision différente, puis c'est
correct, puis c'est important qu'on ait des débats de société, puis les
opinions sont diverses.
Puis, en fin de semaine, il y avait un
article dans un journal sur la baisse d'impôt. Bien, l'article qui...
personnellement, je le trouvais... je trouvais que les arguments étaient
faibles. C'était un article contre la baisse d'impôt. Puis je lisais l'article
puis j'étais... je n'étais pas impressionné par le développement de
l'argumentaire, je vais dire ça comme ça, en tout respect. Et heureusement,
moi, je ne suis évidemment pas la bonne personne pour répondre à cet article
dans ce journal, bien, heureusement, il y a un prof d'université, le lendemain
ou le surlendemain, qui a déconstruit l'argumentaire d'une façon assez
éloquente.
Mais ce n'était pas ça, votre question.
Votre question, c'est : Est-ce que c'est structurant? Et moi,
«structurant», c'est un terme que j'essaie de ne pas utiliser, parce que je
considère que ça ne veut pas dire grand-chose. Parce qu'au... en politique,
tout est structurant, le transport est structurant, l'environnement est
structurant, une subvention structurante, des voies réservées structurantes. C'est...
on se... on se structure... Tout est structurant, en politique.
M. Lemieux : ...
M. Girard (Groulx) : Alors,
moi, je vous dirais que la baisse d'impôt, elle était structurelle.
C'est-à-dire qu'elle amenait le Québec à un autre niveau en poussant le PIB
potentiel de l'économie. Et elle a aussi un effet sur l'offre de travail, parce
que lorsque vous augmentez le revenu disponible réel de l'effort de travail...
Le Président (M. Simard) : ...
M. Girard (Groulx) : ...ça
encourage les gens à travailler, M. le Président. Et plus vous baissez les
impôts, plus les gens récoltent le fruit de leur travail.
• (15 h 50) •
Le Président (M. Simard) : Merci
beaucoup. Merci pour ce bloc d'échange. Nous poursuivons avec le député de Maurice-Richard, qui dispose de 20 minutes.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Honnêtement, je n'avais pas prévu de reprendre sur les baisses
d'impôt, mais le député de Saint-Jean me lance des perches. Peut-être... Tu
sais, on a... on a déjà parlé, évidemment, en long, en large, du fait
qu'effectivement, ne serait-ce que pour les gens qui gagnent plus de
100 000 $, c'est 600 millions de pertes pour les revenus de
l'État, annuels, récurrents. Et, dans le budget, à la page 35, ces baisses
d'impôt totalisent 11,1 milliards de dollars d'ici 2028-2029, alors
que la bonification des crédits d'impôt pour solidarité va représenter
seulement 359 millions de dollars. Sachant que la baisse d'impôt
exclut de facto le 30 % de Québécois le plus pauvre qui ne paient... pas
assez riches pour pouvoir payer des impôts, et donc avoir le moindre retour,
est-ce que vous trouvez que c'est une approche équilibrée par rapport aux
personnes qui ont le plus besoin de résister face à la... à la vie chère et qui
ont accès au crédit d'impôt pour solidarité?
M. Girard (Groulx) : Bien,
d'abord, je tiens à préciser que ce n'est pas l'entièreté du crédit d'impôt qui
a été...
M. Bouazzi : ...
M. Girard (Groulx) : Non.
C'est vraiment la composante logement, là, c'est face à la crise du logement.
Puis vous... vous êtes membre d'une formation qui... qui nous rappelle souvent
l'importance de ce problème. Alors, lorsque nous avons décidé de bonifier la
composante logement, je pense que c'est un geste qui était apprécié.
Pour les gens à faible revenu, bien, je
reviens aux aînés qui n'ont pas la capacité d'offrir une offre de travail
supplémentaire. Puis ça, c'est évidemment la première ligne, là, le montant
pour soutien des aînés. Puis il y a eu aussi l'augmentation du Programme de
revenu de base, qui n'est pas une mesure de notre gouvernement, dans le sens,
oui, c'est un programme qui a été annoncé, mais ce n'est pas une mesure depuis
l'automne 2022. Alors, en toute transparence, on ne met que ce qui est là
depuis le deuxième mandat. Mais, dans le premier mandat, il y a eu la bonification
du Programme de revenu de base, il y a eu aussi la bonification du crédit de <maintien...
M. Girard (Groulx) :
...bonification
du
Programme de revenu de base, il y a eu aussi la bonification du
crédit de >maintien à domicile, le crédit pour proche aidant, les
stationnements d'hôpitaux, les allocations famille. Alors, c'est un ensemble de
gestes qu'on pose. La baisse d'impôt était... puis là je vais... je veux vous
épargner votre temps, là, je vais conclure, la baisse d'impôt était proposée
par trois partis, lors de la campagne électorale, qui ont totalisé près de
70 % des votes, et nous étions le parti, des trois partis qui proposaient
une baisse d'impôt, qui avait la baisse d'impôt la plus modérée.
M. Bouazzi : Est-ce qu'il va
y avoir d'autres baisses d'impôt d'ici la fin de votre mandat en 2026?
M. Girard (Groulx) : C'est
peu probable, parce qu'avec un déficit de 11 milliards... et on veut une
amélioration rapide, puis on fait un examen, mais, en toute franchise, on... Le
plus tôt qu'on va revoir l'équilibre budgétaire au sens des comptes publics,
revenus moins dépenses, ce serait 2026-2027, et le plus tôt qu'on pourrait voir
l'équilibre, au sens après contribution au Fonds des générations, serait 2028-2029.
Donc, il n'y aura pas d'autre baisse d'impôt dans ce mandat-ci, non.
M. Bouazzi : OK.
M. Girard (Groulx) : ...au
niveau des finances publiques, d'abord.
M. Bouazzi : Vous avez à
plusieurs reprises expliqué que les impôts au Québec étaient dans le plafond,
et je vous cite... non, je cite le premier ministre, et que ça nuit à
l'économie. La France, la Norvège, la Suède, l'Allemagne ont une fiscalité plus
importante que le Québec. Est-ce que vous considérez que c'est des économies
faibles à cause de cette... à cause de leur imposition?
M. Girard (Groulx) : Bien,
loin de moi de prétendre être un expert de l'économie française, ou allemande,
puis encore moins de la Norvège, ils ont des difficultés associées, notamment, à
leur dépendance au gaz naturel russe, pour l'Allemagne, et... Bien là, en fait,
ils ne dépendent plus du gaz naturel russe, mais je pense que vous comprenez ce
que je voulais dire, transition énergétique. Mais nous, on est... on est une
société nord-américaine, là, on est une province du Canada, et puis on fait
face... notre compétition, c'est l'Ontario, l'État de New York, le Massachusetts,
puis on... on a une fiscalité, dans le contexte de l'Amérique du Nord, qui est
non compétitive.
M. Bouazzi : Croyez-le ou
non, M. le ministre, il y a quelque chose que je partage fortement avec le
premier ministre du Québec, c'est le fait qu'on pense tous les deux que le
Québec est une entité unique en Amérique du Nord, et qu'ayant fait tout ce
qu'on a fait avec Hydro-Québec, avec les CPE, avec les assurances, avec la SAAQ,
avec la Caisse de dépôt, avec toutes sortes... sans compter tous les filets
sociaux, la loi qu'on s'est dotée pour lutter contre la pauvreté, il y a toutes
sortes de mécanismes qui sont propres à nous et dont on... dont on est bien
fiers... et que d'autres soient moins bons ne nous intéresse pas tant que ça,
car c'est vrai que nous avons... vraiment, notre empreinte économique, la place
des coopératives... Bref, j'espère qu'on ne va pas se transformer en un autre
État nord-américain, là.
Peut-être... Parce que toute cette
conversation-là, qu'on a eue, que ce soit ce matin sur les paradis fiscaux ou
sur les baisses d'impôt, vient évidemment d'un constat qui est... Et là je vais
citer M. Luc Godbout, que vous citez souvent, qui parlait à son tour de Luc
Langevin, le magicien. Si on voulait... et il parlait de votre gouvernement, si
on voulait, d'un côté, garder les baisses d'impôt et, de l'autre côté, ne pas
faire d'austérité, il a dit qu'il faudrait faire appel à Luc Langevin pour
régler cette quadrature du cercle, et donc la... toute l'idée serait
d'augmenter un peu les revenus pour éviter une austérité qui s'en vient.
Dans... est-ce que je vais trouver mes
notes? Oui. Dans le cadre... dans le cadre financier... le cadre financier
prévoit que les dépenses du portefeuille auraient une croissance de 3,2 %
par an et de moins 3 % pour les autres années du cadre financier... donc
pour l'an 1, pardon, et de moins 3 % pour les autres années. Or, ce niveau
de financement a priori ne permet pas de couvrir les coûts du système. Comment
est-ce que vous <allez...
M. Bouazzi :
...a
priori ne permet pas de couvrir les coûts du système. Comment est-ce que vous
>allez... Est-ce que... est-ce que c'est une annonce d'une austérité à
venir?
Le Président (M. Simard) : ...
M. Girard (Groulx) : Oui.
C'est une question chargée d'émotion, M. le Président. Je vous réfère à la page
A-23 du budget, c'est peut-être la page la plus importante avec la
page G-7, qui montre le niveau de dépenses dans l'économie, qui était de
24,3 % en 2018-2019, qui a atteint 30 %... bien, en fait, plutôt
29 % durant la pandémie et qui, là, est à 26,7 %. Tandis que les
revenus, c'était 26,1 % puis c'est 25,5 % aujourd'hui. Donc, le poids
des revenus est stable à légèrement plus bas. Puis, comme on part d'une
situation où on a une fiscalité élevée, bien, on a bien géré l'aspect des
revenus.
Mais ce qu'on voit, c'est qu'on a un
niveau de dépenses élevé à la sortie de la pandémie. Et pourquoi? Parce que
plusieurs des mesures que nous avons identifiées comme étant temporaires durant
la pandémie sont permanentes, comme les cliniques de dépistage, prenez les
subventions aux salaires dans les résidences privées pour aînés. Nous n'avions
pas prévu qu'il faudrait continuer à subventionner des salaires dans le secteur
privé après la pandémie. Alors, on a... on a un niveau de dépenses à la sortie
de la pandémie qui est beaucoup plus élevé que prévu. Et donc nous aurons un
taux de croissance, à l'avenir, un taux de croissance plus modéré,
c'est-à-dire... Ce qui est derrière nous, c'est 6 % à 7 % de
croissance incluant le... la forte croissance de 2021, là. C'est... Si on
regarde les cinq premières années de notre gouvernement, taux de croissance de
6 % à 7 % des dépenses. Puis ce qui est devant nous, c'est un taux de
croissance des dépenses de 3 %.
Quant à la référence à la fameuse
austérité, bien là, on parle des deux premières années du gouvernement qui nous
a précédés. Puis c'était un taux de croissance de 1 %. Eux, ils ont fait
1 %, 1 %, 5 %, 5 %. En moyenne, 3 %. Alors, personne
ne se plaint du 5 %, 5 %. Puis c'est... la fameuse période
d'austérité, c'est les deux premières années à grosso modo 1 % de
croissance. Donc, 3 % de croissance, ce n'est pas l'abondance, mais ce
n'est pas l'austérité.
• (16 heures) •
M. Bouazzi : Juste pour être
sûr, parce que c'était une longue... une longue réponse. La question... Je
comprends qu'il y a des... il y a des programmes qui sont devenus permanents,
mais ils sont devenus permanents. OK, ils sont là maintenant, là, la question,
c'est de dire : Bien, vous avez un déficit de 4 milliards ou, disons,
2, suivant comment on décide de compter, qu'il va falloir le résorber, que vous
ne revenez pas sur les baisses d'impôt, qu'il n'y a pas spécialement d'effort
pour aller augmenter les recettes de l'État, que ce soit par rapport à l'argent
qui se retrouve dans des paradis fiscaux, etc. Et, de l'autre côté, vous dites :
On va le résorber sans... Et puis je pense qu'avec le vieillissement de la
population, vous êtes d'accord, vous et moi, que... Ah! peut-être pas, d'ailleurs,
en tout cas, que les dépenses de santé sont appelées à augmenter
malheureusement dans les prochaines années. Et malgré tout ça, vous dites :
L'année prochaine, moi, je vais diminuer tranquillement mon déficit, sans
jamais... sans jamais couper dans les services rendus aux citoyens.
M. Girard (Groulx) : ...ce
que la page A-23 montre, c'est qu'on n'a pas un enjeu de revenus, on a un
enjeu de dépenses. Au sortir de la pandémie, notre niveau de dépenses est
élevé. Alors, c'est sûr qu'on pourrait augmenter les revenus pour maintenir un
niveau de dépenses, mais ce ne serait pas une saine gestion, puisqu'on...
lorsqu'on regarde le niveau de dépenses en proportion de l'économie, c'est
clair que le niveau de dépenses est trop élevé. Donc, on va faire ça de manière
graduelle, progressive. C'est gérable, et, encore une fois, 3 % de
croissance de dépenses, c'est raisonnable. Et puis vous avez raison d'associer
à ça probablement 4 % de croissance de dépenses en santé, 3 % de
dépenses en éducation et 2 % de dépenses pour les autres ministères. Et
puis à ça s'ajoutent les revendications au niveau des transferts fédéraux,
puisque, si vous allez à la page G-7, vous voyez qu'il n'y a aucune...
16 h (version révisée)
M. Girard (Groulx) : ...des
transferts fédéraux, parce que, si vous allez à la page G.7, vous voyez qu'il
n'y a aucune croissance des transferts fédéraux pour les cinq prochaines
années, 0,5 %, et la possibilité de pousser l'activité économique, qui
sont les deux autres facteurs. Mais on a un enjeu de dépenses, on n'a pas un
enjeu de revenus.
M. Bouazzi : Bon,
évidemment, il y a deux colonnes dans le budget, là, mais, imagine, les...
Donc, vous avez parlé de tous les efforts que nous allons faire ou que vous
allez faire pour optimiser, donc le mot... le mot... un des... un des nombreux
adjectifs qui peut être utilisé. Et donc on vous a entendu parler des 277 mesures
totalisant 9 milliards de dépenses fiscales pour les entreprises, 40 milliards
pour les particuliers. Certaines de ces mesures sont favorables aux personnes à
faibles revenus, d'autres aux personnes qui ont des revenus plus élevés. Est-ce
que vous pouvez vous engager à faire des analyses sur ces coûts pour que les
personnes à faibles revenus ne soient pas pénalisées à travers les différents
programmes que vous allez optimiser?
M. Girard (Groulx) : Bien,
c'est certainement une considération qui est importante. Je sursimplifie des
fois le problème en disant que les... Par exemple, moi, je suis responsable de
l'examen des dépenses fiscales, là, puis c'est ma collègue au Trésor qui va
être responsable de l'examen des dépenses budgétaires, mais il y a 277 mesures,
pour un total de 50 milliards, 40 au niveau des particuliers, 10 au niveau
des entreprises, puis ce que je suggère, c'est qu'elles soient ordonnées en
fonction de l'impact fiscal, quelle est la dépense en fonction des revenus
fiscaux, l'impact économique, la dépense en fonction des retombées économiques
puis, au niveau social, la dépense en fonction des bénéfices sociaux.
Alors, la réponse générale, c'est oui. Si
vous avez... Si vous faites une référence à une méthode spécifique, là, comme
une analyse différenciée selon les revenus, des choses comme ça, je ne m'engagerais
pas à dire que je vais utiliser cette méthode, mais certainement, au niveau de
l'esprit de tenir compte pour qui ces mesures-là ont été créées puis quel est
leur objectif, c'est sûr qu'on va faire ça, là, c'est...
M. Bouazzi : Ça fait qu'on
s'attend, disons, quelle que soit la méthode que vous utilisez, M. le ministre,
à une analyse sur les questions de classes sociales qui est faite pour les
programmes qui vont être coupés.
M. Girard (Groulx) : ...je
ne dirais pas «classes sociales», je dirais des retombées sociales des mesures,
là. Ces mesures-là, ils ont des objectifs, là. Si vous prenez l'Allocation
famille, son objectif, c'est d'aider les parents à faire face aux coûts d'élever
une famille. Alors, c'est... on ne peut pas juger de l'Allocation famille comme
on juge d'un crédit d'impôt pour... pour l'achat d'une voiture électrique, là, c'est...
c'est deux... deux choses complètement différentes.
M. Bouazzi : C'est un
bon exemple, par exemple, parce que le crédit famille permet justement d'aider
les personnes qui sont plus dans le besoin... que les crédits pour l'achat de
voitures électriques. C'est une des raisons pourquoi nous serons beaucoup plus
vocaux sur le premier que sur le deuxième. Et puis j'espère... Ce n'est pas
compliqué de faire des analyses. Je suis sûr que, dans votre ministère, il y a
des gens qui sont capables d'avoir un paragraphe qui explique quel impact ça a
et sur qui. Malheureusement, je vous avouerai que, depuis que je suis élu, à
plusieurs reprises j'ai posé des questions aux différents ministres sur : Est-ce
que ça impacte plus les personnes les plus pauvres ou les plus riches?, et la
réponse, souvent, ça a été : Bien, on ne le sait pas, et...
M. Girard (Groulx) : ...famille,
elle est modulée en fonction du revenu, là, mais... mais elle a été bonifiée
par notre gouvernement. Puis je peux certainement m'engager. Je n'ai pas l'intention
de renverser les mesures que j'ai moi-même introduites, à moins qu'il soit
prouvé qu'elles soient inefficaces. Et certainement, celles que j'ai
introduites en 2018, 2019, 2020, bien, on commence à avoir suffisamment de
données pour juger de l'efficacité de celles-ci.
M. Bouazzi : Sur... Vous
avez parlé des voitures électriques. Un des enjeux, évidemment, que ma
formation politique a mis de l'avant, c'était le peu ou, en fait, l'absence d'initiatives,
de nouveaux projets de transport en commun de votre gouvernement. Est-ce qu'on
peut s'attendre à ce qu'il y ait au moins un projet qui soit initié par la CAQ
avant la fin du gouvernement, avant la fin de <2026...
M. Bouazzi :
...initié
par la CAQ avant la fin du gouvernement, avant la fin de >2026, là?
M. Girard (Groulx) : Bien, à
chaque fois que... Bon. Je comprends que vous n'accepterez pas ma réponse, là,
si je fais mention de mon comté puis je parle des voies réservées sur la 15
vers le nord, je comprends que c'est une réponse qui ne vous satisfait pas...
M. Bouazzi : ...
M. Girard (Groulx) : ...elle satisfait
les citoyens de mon comté, mais il fallait que je le dise. Puis la ligne bleue,
bien, lorsqu'on est arrivés, elle n'allait nulle part, là, c'était un projet
qui était à... essentiellement à l'étude mais qui n'avançait pas, là, puis là
on l'a débloqué, puis on s'est assurés que la fameuse dernière station
allait... par sa situation, allait permettre l'accès à l'est de l'autoroute 25,
là, parce que c'est l'autoroute 25 qui enclave l'est de Montréal dans la
partie nord, et là la ligne bleue en... dans les plans originaux, elle
maintenait cette enclave en étant uniquement à l'ouest de l'autoroute 25.
Or, il y a un paquet de monde qui reste à l'est.
Alors, la ligne bleue, ça ne vous
satisfait pas non plus. Alors là, on...
M. Bouazzi : ...c'est bien de
l'avoir continuée, effectivement, et puis d'avoir démarré ce projet-là, qui
avait démarré avant vous et puis probablement plusieurs gouvernements avant
vous, là, parce que, moi, ça fait un quart de siècle que je vis au Québec et
puis j'en entendais parler...
M. Girard (Groulx) : ...annoncé
quelques fois.
M. Bouazzi : Oui, exact.
Donc, je comprends que, cette année, on ne démarre pas le tramway à Québec.
Est-ce qu'on...
M. Girard (Groulx) : ...on va
attendre les résultats de... Moi, je suis très content qu'il y ait une
évaluation indépendante. C'est un débat où il y avait eu beaucoup de passion,
puis là on avait un projet de tramway à Québec, puis il n'y avait pas de
soumissionnaire. Et donc, là, la caisse reprend ça, va donner une évaluation
indépendante. Puis non seulement il n'y avait pas de soumissionnaire, mais il
n'y avait pas d'appui dans la population. Alors là, la caisse va nous donner
une évaluation indépendante en juin, puis, à partir de là, on pourra avancer.
M. Bouazzi : Merci, M. le
ministre.
Le Président (M. Simard) : Je
vous remercie. Je cède maintenant la parole au député de René-Lévesque, qui
dispose de 19 minutes.
• (16 h 10) •
M. Montigny : Merci, M. le
Président. D'abord, à titre de député de René-Lévesque, je vais commencer mon
intervention à propos des grandes centrales hydroélectriques d'Hydro-Québec.
Bien, évidemment, mon... ma
circonscription se nomme René-Lévesque parce que les grandes rivières, Manicouagan,
Outardes, Bersimis, en fait, qui est dans la communauté de Pessamit, on
l'appelle comme ça maintenant... bien, ces grandes rivières là ont donné
naissance à des grandes centrales hydroélectriques majeures, qui sont
d'ailleurs en train de s'optimiser au moment où on se parle, parce qu'on a des
grands besoins au niveau énergétique, particulièrement en énergie renouvelable,
puis c'est le fun parce que ces grandes centrales là, qui sont dans ma
circonscription, ont des grands réservoirs hydroélectriques. On accumule de
l'eau derrière ces grands barrages. C'est un peu comme une grande batterie dans
laquelle on conserve de l'énergie. On ne le turbine pas pour l'instant, mais on
sait qu'on pourra le turbiner davantage dans l'avenir. Ça nous permet d'avoir
des réserves puis de savoir que, quand on a des pointes importantes au niveau
des besoins en énergie, en puissance, bien, on est capables de turbiner
davantage.
Mais il est arrivé une époque, puis je
m'en souviens très, très bien, à ce moment-là je venais d'être élu dans une
autre fonction, en 2017, où on a dû ouvrir les évacuateurs de crues, notamment
à la centrale Manic-2, pour évacuer de l'eau à l'arrière des barrages, parce
qu'on n'avait pas la capacité... on pouvait turbiner davantage, mais on n'avait
pas de preneur, à ce moment-là, pour l'énergie qu'on turbinerait.
Je veux vous citer, M. le Président, un
article, qui date de 2017, où on a vraiment une personne conseillère en
relation avec le milieu chez Hydro-Québec, que je connais bien, là, avec qui je
travaille beaucoup dans ma circonscription. Elle dit : «Étant donné la
situation actuelle, on est à l'automne, il fait froid, mais on n'a pas assez
froid pour chauffer beaucoup ni assez chaud pour climatiser, on est donc dans
un creux de charge, et la demande n'est pas au rendez-vous.» Donc, on avait
besoin, à ce moment-là, d'ouvrir les évacuateurs de crues. Elle dit aussi :
«Ce qu'il faut savoir, c'est qu'on a une cote maximum d'exploitation, donc,
dans le courant, et on a aussi une cote maximale critique.» Ces deux choses-là,
elles sont <importantes...
M. Montigny :
...donc,
dans le courant, et on a aussi une cote maximale critique.» Ces deux choses-là,
elles sont >importantes pour eux dans la hauteur du niveau d'eau dans
les barrages. Évidemment, pour préserver les infrastructures de barrages, bien,
on a eu besoin d'évacuer.
Un peu plus loin dans l'article, elle
explique qu'on a deux façons de remédier aux surplus d'eau ou à la baisse d'eau
dans les barrages, dans les réservoirs de ces barrages, bien, soit qu'on
turbine plus ou qu'on turbine moins, tout dépendant, si on a plus d'eau, on
turbine plus, mais il faut, pour turbiner, avoir des preneurs pour l'énergie.
Alors, si on est dans une période où on chauffe moins, si on est dans une
période où on n'exporte pas de l'énergie puis si on est dans une période où on
climatise moins où on n'avait pas de preneur dans des dossiers économiques
majeurs, bien, on se retrouvait dans l'obligation, M. le Président, pour
diminuer les niveaux d'eau dans les barrages, d'ouvrir les évacuateurs de crues
puis de laisser aller dans l'eau salée de la Côte-Nord, de cette partie du
fleuve qui est rendue de l'eau salée, bien, cette belle eau douce des rivières
Manicouagan, Outardes et Bersimis sans les turbiner, donc sans nécessairement
de produire de l'hydroélectricité, de l'énergie verte.
Dans le contexte d'aujourd'hui, on en a
grand besoin, mais la situation est différente, et j'aimerais aborder ça avec
M. le ministre comme première question. Il y a un impact, clairement, sur le
fait que les réservoirs hydroélectriques, notamment dans ma circonscription,
Manic, Outardes, Bersimis, a moins... moins grande capacité... en fait, il y a
moins d'eau dans les réservoirs, donc moins grande capacité de turbiner, moins
grande capacité d'exportation. Alors, ça a nécessairement un impact sur le
gouvernement du Québec, parce qu'on le sait, qu'Hydro-Québec, quand il fait des
profits, bien, il est capable de nous en... d'en transférer davantage, M. le
ministre.
Alors, j'aimerais vous entendre sur ce
lien important qu'on a entre Hydro-Québec, l'eau dans les barrages et les
revenus de l'État.
M. Girard (Groulx) : Alors,
merci pour votre question et toute l'introduction. Et ça, c'est à la
page G.12, si vous voulez vous comparer à ce qui était anticipé au budget,
ou G.19, si vous voulez vous comparer à ce qui était anticipé à la mise à
jour. Et il faut savoir que, bien que nous étions conscients, à la mise à jour,
qu'il y avait eu de la sécheresse et moins d'eau dans les réservoirs l'été
dernier, bien, ce n'était pas à nous de dire quel était l'impact sur les
finances publiques, parce qu'il y a tout un processus. Il faut que les
prévisions de revenus et dépenses soient préparées par Hydro-Québec, vérifiées
par leurs auditeurs externes et puis ensuite approuvées par leur conseil
d'administration, puis nous, on intègre ça.
Alors, si je me concentre sur la
page G.12 puis je fais simplement comparer à ce qu'on anticipait au
dernier budget, à la ligne Revenus provenant des entreprises du gouvernement,
vous voyez que, pour 2023‑2024, c'est 1,6 milliard de moins; pour 2024‑2025,
c'est 1,3 milliard de moins; pour 2025‑2026, c'est 400 millions.
Alors, en gros, j'émettrais l'hypothèse et
je ferais... non, je ferais l'approximation que la faible hydraulicité associée
à la sécheresse et les feux de forêt, la situation difficile que nous avons
connue au niveau des changements climatiques à l'été 2023, nous coûte
3 milliards de revenus parce qu'il y a moins d'exportations, puis c'est...
puis c'est principalement dans les années 2023‑2024 et 2024‑2025, mais il
y a un effet résiduel en 2025‑2026.
M. Montigny : Donc, si je
vous suis bien, en fait, c'est aussi pour ça que c'est important d'avoir cette
capacité d'avoir des clients au moment où on vivrait une situation inverse, au
moment où on se retrouverait dans une situation où on aurait plus d'eau, pour
être capables de turbiner aussi puis d'être capables de trouver des clients, à
la fois sur le territoire du Québec, mais à la fois à l'extérieur aussi,
notamment des clients dans notre voisin du Sud, pour être capables d'exporter
notre électricité, pour être capables d'aller chercher des revenus pour l'État,
qui nous sert aussi à payer, à défrayer toutes sortes de frais, entre autres ce
que... toutes les <opérations...
M. Montigny :
...qui
nous sert aussi à payer, à défrayer toutes sortes de frais, entre autres ce
que... toutes les >opérations de l'État, puis on le voit bien dans nos
priorités en éducation, en santé. Mais, si on réussit davantage à avoir des
conditions gagnantes qui nous permettent d'exporter ou de vendre de l'énergie à
des clients au Québec ou à l'extérieur, bien, ça a un impact sur le budget.
Est-ce que j'extrapole bien ou j'extrapole trop? Je vous dirais, pour que ça
soit bien clair pour vous, si on est capables de turbiner davantage, est-ce que
ça nous aide dans les finances de l'État?
M. Girard (Groulx) : Bien
sûr. Il faut faire des investissements. Puis c'est certain que les mégawatts
qu'on cherche au Québec, les moins chers, c'est ceux que nous... ceux que nous
avons déjà qu'on économiserait. Ça, c'est les mégawatts les moins chers.
Ensuite, on peut faire des investissements dans les infrastructures existantes
pour en améliorer la performance comme... pour utiliser votre terme, là, optimiser
l'efficacité des turbines actuelles. Et puis on peut faire de nouveaux
investissements, et puis là il y a des coûts marginaux différents, dépendamment
de la source : solaire, vent, projet hydroélectrique, etc. Mais une des
raisons qu'Hydro-Québec a un important plan d'investissement en infrastructures
pour les prochaines années, c'est notamment pour améliorer la performance de
ses centrales existantes. En termes de PQI québécois, on dirait que c'est du
maintien d'actif.
M. Montigny : ...un petit peu
plus loin puis qu'on est capables de produire davantage, d'augmenter notre
capacité de production à cause d'optimisations ou de nouveaux projets éoliens,
solaires ou dans d'autres domaines, ça nous permet aussi d'avoir de
l'hydroélectricité ou de l'énergie verte, disons ça comme... disons le comme
ça, pour des projets économiques sur le territoire du Québec. Donc, quel est
l'impact? Parce qu'on le voit bien, là, qu'on est un gouvernement qui veut des
projets économiques. Il y a plein de demandes en mégawatts sur le territoire du
Québec, notamment dans ma région, puis on aimerait avoir plus d'énergie pour
être capables de créer de la richesse parce qu'il y a des entreprises qui
s'installent, parce qu'il y a des entreprises qui ont de la croissance, qui
consomment plus d'énergie mais qui rapportent plus aussi au niveau du reste des
finances du Québec, notamment parce qu'il y a des employés qui gagnent des bons
salaires puis qui paient des impôts.
Ça fait que j'aimerais vous entendre sur
ce lien-là de prioriser le développement économique, notamment par des projets
industriels, pour permettre au Québec d'avoir un avenir plus prospère au niveau
économique.
• (16 h 20) •
M. Girard (Groulx) : Bien,
d'abord, les grands projets sont importants parce qu'ils ont un impact marginal
plus important sur l'économie. Puis c'est certain que, si un grand projet est
dans une région à l'extérieur de Québec puis de Montréal, bien, c'est d'autant
plus important pour la région, là. Mais les... associées aux grands projets,
souvent il y a des interventions de l'État au niveau des dépenses en capital.
Alors, un projet standard, là, de... par exemple la construction d'une
aluminerie, ou d'une aciérie, ou une usine de batteries, ou une mine de
lithium, bien, généralement, les dépenses en capital, l'investissement associé
au projet, pour 1 milliard de dépenses en capital, le gouvernement fédéral
va prendre 25 %, le gouvernement du Québec, 25 % et l'entreprise
privée, 50 %. C'est le genre de structure qu'on a, et, avec ces
paramètres-là, on a des retombées économiques qui excèdent le coût de la
subvention pour la dépense en capital.
M. Montigny : Donc, si je
comprends bien, dans cette logique-là d'augmenter notre capacité de fournir en
énergie, d'optimiser nos centrales, de développer l'énergie verte,
renouvelable, en plus d'inciter des entreprises à s'installer sur le territoire
du Québec, même s'il y a de l'aide gouvernementale, on est très gagnants comme
citoyens, au Québec, dans cette logique-là, parce qu'on a des revenus
supérieurs, même s'il y a de l'aide gouvernementale pour aider ces
entreprises-là à s'installer, parce qu'on est dans un contexte de concurrence
mondiale pour attirer les grands joueurs, notamment dans les domaines d'avenir
comme le stockage d'énergie, là?
M. Girard (Groulx) : Oui, mais
chaque projet est distinct, là, il faut... il ne faut pas... Puis... Puis vous
avez <amené...
M. Girard (Groulx) :
...Oui,
mais chaque projet est distinct, là, il faut... il ne faut pas... Puis... Puis
vous avez >amené une composante supplémentaire : des externalités
environnementales. Alors, c'est certain que, pour un rendement donné, tous les
projets ne sont pas égaux, là. Et un projet qui est, par exemple, très
polluant, bien, ça n'a pas la même valeur qu'un projet qui vise à produire des
énergies renouvelables et... Par contre, un projet qui est polluant mais qui
est beaucoup moins polluant que les anciennes générations de projets dans des
secteurs qui sont essentiels... parce qu'on s'entend, par exemple, que la
production d'acier, la science n'est pas au niveau où on arrive à produire de
l'acier sans aucune émission, et certainement pas le ciment non plus, là, et
donc un nouveau projet moins polluant peut se comparer avantageusement, malgré
le fait qu'il est, toutes choses étant égales par ailleurs, polluant.
Alors, chaque projet est différent, puis
je pense qu'il faut éviter d'appliquer des solutions générales à des cas
particuliers, et c'est pour ça qu'on a besoin de professionnels au niveau d'Investissement
Québec, du ministère de l'Économie. Puis souvent, lorsqu'on embarque dans un
projet, bien, il y a des... il y a des promoteurs privés puis il y a le
gouvernement fédéral, puis c'est très sain de voir qu'il y a d'autres
partenaires dans une transaction.
Le premier feu jaune dans un
investissement privé, c'est lorsque vous êtes le seul à le financer, là. Si la
seule façon qu'un projet privé peut se réaliser c'est si le gouvernement prend,
par exemple, 50 % du projet puis que, là, on téléphone au Fonds de
solidarité, à la Banque de développement du Canada, à la Banque Nationale, à
Desjardins, à la Banque Royale puis tout le monde dit : Non merci, puis
vous, vous devez prendre 50 % du projet, bien, ça doit allumer un certain
feu jaune, là. La coparticipation a une valeur, là.
M. Montigny : J'ai une
dernière question, qui est tout en lien avec le début de mon intervention puis
de votre réponse, c'est le lien avec les Premières Nations, les partenariats
avec les Premières Nations. Hein, vous savez maintenant l'importance, et puis
notre gouvernement le dit souvent, puis notre ministre, aussi, responsable des
Premières Nations, au secrétariat aux Premières Nations et aux Inuit, le dit
souvent : On travaille de nation à nation, hein, puis on travaille
ensemble pour développer différents projets.
Alors, il y a une partie importante, puis
elle est dans le territoire de ma circonscription de René-Lévesque :
renforcer les partenariats avec les Premières Nations, notamment avec
l'entente-cadre qu'on a ratifiée, il n'y a pas tellement longtemps, avec les
Innus de Pessamit. Alors, il y a tous ces enjeux de niveau d'eau des barrages
qui est important pour les Innus du territoire, ces enjeux, aussi, de
développement de l'économie, de l'énergie renouvelable, de projets éoliens, de
tout ce qu'on fait maintenant en partenariat avec les Premières Nations, de
nation à nation, pour être capables de développer ensemble des projets,
notamment dans l'énergie renouvelable.
Alors, j'aimerais vous entendre, M. le
ministre, sur cet élément-là qui est au budget, qui est l'importance de
travailler et de soutenir les partenariats avec les Premières Nations.
M. Girard (Groulx) : Oui. Mais
ça, on a pris la peine de le mentionner dans la section D.34, renforcer
les partenariats avec les Premières Nations, qui concerne particulièrement le
partenariat dans lequel vous avez été impliqué, là, dans votre région, et ça,
bien, c'est extrêmement important. Et puis c'est certain que ce qu'on voit,
c'est une maturité dans la relation avec les Premières Nations, c'est-à-dire
qu'Hydro-Québec et les Premières Nations... Puis là il faudrait que j'utilise
les termes justes, alors je vais aller à la page D.34 et je vais vous dire
comment... la façon que nous l'avons écrit, parce que les termes sont chargés
parfois, étant donné l'histoire. Alors, on y dit que... «la mise en valeur du
territoire et des ressources qui s'y trouvent, notamment en ce qui a trait au
développement énergétique, et ce, avec la participation des communautés
autochtones, en concertation avec celles-ci», OK? L'histoire peut être chargée,
avec les Premières Nations, alors c'est dans... c'est... c'est important,
cette entente-cadre avec les... la nation innue de Pessamit. Vous étiez là, je
n'y étais pas, mais nous en bénéficierons <tous....
M. Girard (Groulx) :
...la
nation innue de Pessamit. Vous étiez là, je n'y étais pas, mais nous en
bénéficierons >tous, puis c'est très important.
Le Président (M. Simard) : 1 min 15 s.
M. Montigny : ...permettre de
faire... d'aller un petit peu plus loin sur l'importance de travailler des
projets ensemble. On le voyait encore dans l'actualité récente sur le
territoire de la Côte-Nord, cet enjeu important de se préparer à des grands
projets, notamment des projets éoliens. Alors, j'ai envie de vous lancer la
question, M. le ministre. Peut-être quelques secondes pour répondre, parce qu'il
ne nous reste plus beaucoup de temps, mais, en même temps, quelle est
l'importance, vous voyez, d'additionner des grands projets éoliens, sur
l'ensemble du territoire du Québec, en partenariat avec les communautés qui y
vivent, qui habitent le territoire, pour être capables de propulser notre
économie un peu plus loin?
M. Girard (Groulx) : Pouvez-vous
me préciser cette question-là?
M. Montigny : Bien oui, tout
à fait. En fait, comment on peut bonifier l'économie du Québec en développant
des projets éoliens en partenariat avec les communautés qui habitent les
différentes régions du Québec?
Le Président (M. Simard) : En
10 secondes, cher collègue.
M. Girard (Groulx) : Je
dirais qu'il n'y a pas de recette générale.
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
M. Girard (Groulx) : Chaque
partenariat, puisqu'on a diverses nations sur le territoire, nécessite des...
Le Président (M. Simard) : Merci,
M. le ministre.
M. Montigny : Désolé.
Le Président (M. Simard) :
Très bien. On poursuivra, M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : D'accord.
Le Président (M. Simard) : Désolé
de vous couper. Je cède la parole à notre collègue de Marguerite-Bourgeoys, qui
est le porte-parole de l'opposition officielle. Cher collègue, vous disposez de
18 min 30 s.
M. Beauchemin : Merci, M. le
Président. M. le ministre, est-ce que, pour vous, un déficit de 4,2 milliards,
c'est laisser de l'ordre dans la maison?
M. Girard (Groulx) : Bien,
c'est-à-dire que nous, on s'engage à le... à le résorber, là. Alors, si c'est
laisser de l'ordre dans la maison? Bien, c'est-à-dire que, là, on a une
projection d'un déficit structurel de 4 milliards et on s'en occupe. Il y
a des gestes immédiats, il y aura un examen. Il y a toute la question de la
croissance économique, la question des transferts fédéraux, puis l'idée, c'est
de le résorber.
• (16 h 30) •
M. Beauchemin : Mais la maison
va-t-elle être en ordre, en 2026-2027, avec un déficit de 4,2 milliards?
M. Girard (Groulx) : Bien, ce
n'est pas mon intention que... L'exercice... L'examen des dépenses fiscales
commence dès maintenant, OK? Il y avait... Le budget, il y avait des gestes
immédiats, l'examen commence dès maintenant. On pourra expliquer, à la mise à
jour, le... les processus qu'on... qu'on utilise. Et puis il y aura... il y
aura un plan de retour à l'équilibre budgétaire, d'autres gestes au budget 2025‑2026.
Et donc, lorsqu'on va arriver au budget 2026‑2027, idéalement, le budget 2026‑2027,
on verrait l'équilibre au sens comptable, puisque, là, on voit à peu près moins
300 millions. Bon, il y a un écart à résorber, il y a une provision, mais, essentiellement,
on est à moins 300 millions, au sens comptable, en 2026‑2027. Alors, la
première chose qui serait... qui montrerait une progression positive, c'est
l'équilibre budgétaire au sens comptable en 2026‑2027 et que, le déficit
structurel, après contribution au Fonds des générations, lui, bien, on soit en
voie de le résorber, donc qu'il soit plus petit.
M. Beauchemin : ...là,
l'Ontario, là, qui est sorti. Eux ont des prévisions économiques, pour 2024‑2025,
là, qui est de 0,6 %, un déficit de 9,8 milliards, un endettement...
en fait, un retour à l'équilibre budgétaire, eux, dans deux ans.
M. Girard (Groulx) : En 2026‑2027.
M. Beauchemin : Et...
M. Girard (Groulx) : C'est en
même temps que nous, là. Avec la même définition, c'est la même année.
M. Beauchemin : Et, selon ce
que je comprends en regardant les chiffres, jamais ils ne vont être au-dessus,
là, de 39,5 % au niveau du ratio, là, dette nette-PIB. Donc, cette année,
c'est 39,2 % qu'ils estiment qu'ils vont avoir, l'an prochain, excusez,
39,5 %, puis 39,1 % en 2027‑2026... 2026‑2027, pardon. Donc... Et
nous, bien, vous le savez, là, on est dans... dans les 40 %, précisément,
dans les mêmes périodes, si on regarderait. Donc, 40,3 %, 41 %, 40,6 %
et 40 %.
Donc, comme vous le... comme vous le savez,
comme vous avez vu et perçu...
16 h 30 (version révisée)
M. Beauchemin : ...donc, 40,3,
41, 40,6 et 40.
Donc, comme vous... comme vous le savez,
comme vous avez vu et perçu, ce que les marchés ont... comment ils ont réagi
suivant notre annonce la semaine dernière, bien, l'annonce que vous avez faite,
plutôt, les marchés ont ajusté le tir au niveau du prix relatif qu'on paie par
rapport à l'Ontario. Bien là, ce qu'on vient d'en voir va solidifier un peu la
perspective du marché, à savoir la raison pour laquelle l'endettement au Québec
va donc être supérieur par rapport au PIB... que l'Ontario. Donc, c'est juste
pour mettre... mettre ça, là, en considération.
Je veux revenir sur le sujet, là, donc, de
cette dette nette PIB qu'on a discuté tout à l'heure, que je comprenais qu'initialement,
en 2023... Puis ça, ce n'est pas un... ce n'est pas un exercice, là, d'ophtalmologie,
là. La partie grise ici, je vais la lire pour vous parce que c'est... ce n'est
pas un test, là, pour savoir la qualité de lunettes et non-lunettes que vous
avez, mais la dette... «Le gouvernement annonce qu'il réduira le poids de la
dette nette qui — donc l'an passé — s'établira à
37,4 % du PIB au 31 mars 2023 à 30 % du PIB d'ici 2037-2038.»
Tantôt, avant le lunch — court
lunch, en passant, 25 minutes, là, c'était serré, monter en haut,
redescendre, nettoyer la vaisselle — il y a... il y a quand même eu
un commentaire de la part du ministre au sujet comme quoi qu'il fallait
vraiment...
M. Girard (Groulx) : ...parce
qu'on a un lave-vaisselle.
M. Beauchemin : Bien, à l'opposition,
on lave à la main.
M. Girard
(Groulx) :
OK.
D'accord. Je fais des blagues. C'est... J'adore...
M. Beauchemin : Peut-être qu'un
jour vous allez voir.
M. Girard (Groulx) : Non,
non, mais j'adore laver la vaisselle, ça me permet d'écouter une période de
hockey à chaque soir. Continuez.
M. Beauchemin : Mais vous
aviez acquiescé sur le fait que, bon, l'objectif était de respecter la loi. Et
la loi, maintenant, elle est définie comme étant donc, là, à 32,5 %.
Donc, il y a M. Godbout qui a émis un
commentaire là-dessus, puis il trouvait ça assez clair, selon lui, quand il a
vu la fourchette, là, qui a été installée, qu'arriver, donc, à 32,5 %, là,
en 2037-2038, ça serait donc l'objectif atteint, plus rien d'autre à faire,
finalement, à partir de ce point-là, selon la façon que la loi est écrite.
Est-ce que c'est la bonne compréhension de la chose, si on arrive à 32,4 %,
par exemple?
M. Girard (Groulx) : OK.
Bien, ce n'est pas différent de l'ancienne loi, qui avait l'objectif de
45 % de dette brute, là. Elle avait une date. Normalement, lorsqu'on met
une cible, on met une date, puis, lorsque la cible est atteinte, bien là on se
pose des questions.
M. Beauchemin : D'accord.
M. Girard (Groulx) : Alors, l'ancienne
loi disait qu'il fallait avoir moins de 45 % de dette brute, puis il y
avait un autre critère, là, somme des déficits cumulés, qu'on n'a jamais
atteint, en passant. Et là, nous, on met... Ce qu'on dit, c'est que ça prend
des cibles à long terme. Lorsqu'on a passé la loi avec vous, bien, on a mis une
cible 15 ans plus tard qui nous amenait à la moyenne de la dette... de l'endettement
des provinces canadiennes. Évidemment, c'est la moyenne existante, puis cette
moyenne-là va évoluer dans le temps.
On voit, là, présentement, que, par
exemple, la Nouvelle-Écosse et la Colombie-Britannique, leur dette augmente
beaucoup, plus rapidement, peut-être, qu'on avait prévu. Alors, si on regarde
ces deux provinces-là, on pourrait penser que la moyenne va augmenter, mais...
on a pris une cible, 30 % de dette nette, qui était la moyenne au moment
où on se parle, au 31 mars 2023.
M. Beauchemin : Bien, l'objectif,
c'est donc d'arriver dans la fourchette.
M. Girard (Groulx) : Oui.
M. Beauchemin : Puis la
fourchette, elle commence à 32,5 jusqu'à 27,5.
M. Girard (Groulx) : Exact.
M. Beauchemin : Et donc,
arrivé à 32,4 par exemple, objectif atteint, à ce moment-là, ce que vous me
dites, finalement, c'est qu'il y aura une conversation, à savoir...
M. Girard (Groulx) : Bien,
elle aura probablement lieu avant. Puis probablement que lorsqu'on va être, par
exemple, à 35, là, bien, il y aura des questions qui vont se poser. C'est
toujours sain qu'il y ait un débat de société, il y a un objectif intérimaire.
L'atteinte de l'objectif intérimaire peut susciter un débat, mais je pense <que...
M. Girard (Groulx) :
...il
y a un objectif intérimaire. L'atteinte de l'objectif intérimaire peut susciter
un débat, mais je pense >que le débat, il est en temps continu.
Là, ce qu'on a vu... moi, ce que j'ai vu
dans la société québécoise, c'est que le déficit de 11 milliards, ou 8,8,
au sens de l'Ontario, là, si on... si on se met sur une base comparable, bien,
il amène une discussion, dans la société, où les gens disent : Nous, on ne
veut pas ça, un déficit de 11 milliards, là. Puis nous non plus,
d'ailleurs. OK? Et donc c'est sain, ces discussions-là.
Alors, je pense que la cible de 30 %,
plus ou moins 2,5 %, elle est ambitieuse, puis, à mesure qu'on va se
rapprocher de l'échéance puis de son atteinte, ça va amener des
questionnements, c'est sûr. Est-ce qu'une fois à 30, on veut aller à 25 ou, une
fois à 30, par exemple... où on va être, d'un point de vue des changements
climatiques, en 2037-2038? Peut-être qu'une fois à 30, on pourrait dire que le Fonds
des générations ne devrait plus nécessairement réduire le poids de la dette.
Peut-être qu'il pourrait avoir une autre utilisation. Bien, pour faire ça, là,
il faudrait changer la loi puis avoir tout un débat. Pour l'instant, le seul
objectif du Fonds des générations, c'est la réduction du poids de la dette.
M. Beauchemin : Puis juste
pour que ce soit clair pour tout le monde, je sais que vous, vous parlez de
solde budgétaire au sens de la Loi sur l'équilibre budgétaire, qui est un...
qui n'est pas un comparable avec l'Ontario, mais, quand on parle de dette nette
par rapport au PIB, on parle exactement de la même chose que...
M. Girard (Groulx) : La même
base comparative. Je suis d'accord.
• (16 h 40) •
M. Beauchemin : C'est la même
base. Donc, là-dessus, l'Ontario va être sous l'endettement... sous le ratio de
40 %, pendant que nous, on va être au-dessus de 40 %.
M. Girard (Groulx) : Au
31 mars 2024...
M. Beauchemin : Bien, avec
les chiffres qui sont sortis tout à l'heure, là.
M. Girard (Groulx) : ...oui,
l'Ontario serait à 38 %, puis on serait à 39 %.
M. Beauchemin : Donc, on
regarde, évidemment, tu sais, de façon relative, la diversification de leur
économie versus la nôtre, mais le premier ministre a quand même été, comment
pourrais-je dire, donc... a voulu utiliser la relativité pour justifier comme
quoi que, bon, le déficit, ce n'était pas si grave, c'était acceptable, c'était
gérable, c'était juste 1,5 %, finalement, là, de notre produit intérieur
brut. Bien, sur un petit bout de papier, là, on le voit, là, que l'Ontario,
eux, même s'ils sont passés d'une correction, en absolu, presque similaire à ce
qu'on a vécu au Québec, bien, en relatif, ils sont à 1,1 % du PIB. C'est
quand même un déficit beaucoup moins important que le déficit du Québec.
M. Girard (Groulx) : Bien, si
on prend, là, le déficit...
Des voix : ...
M. Girard (Groulx) : Bien, en
tout cas, je vais prendre votre chiffre, là. Si le déficit est de 1,1 % du
PIB, nous, on était à 1,5 %, sur une base comparable, puis la Colombie-Britannique,
à 1,9 %. Évidemment, la Colombie-Britannique, c'est une province très
riche, et ils ont une capacité fiscale qui est bien différente du Québec, mais
il reste que les trois grandes provinces, là, qui sont les principaux émetteurs
sur le marché obligataire, 1,1 %, 1,5 %, 1,9 %. Puis je ne sais
pas qu'est-ce que la ministre des Finances de la Colombie-Britannique dit sur
son déficit à 1,9 %, mais moi, je vous confirme que, sur notre déficit à
1,5 %, ce qu'on dit, c'est qu'il doit être géré et réduit rapidement.
M. Beauchemin : Bien, en
comparaison, parce que ça semble être le benchmark qu'on utilise tout le temps,
de se comparer, donc, à l'Ontario...
M. Girard (Groulx) : L'Ontario
fait mieux en 2024-2025, et c'est normal parce que, nous, il y a deux éléments
qu'eux n'ont pas, c'est-à-dire la faible hydraulicité, et nous, on a un impact
sur nos revenus de près de 1,5 milliard... en fait, c'est 1,3, en
2024-2025, associé à Hydro-Québec. Et nous, on a une entente pour les cinq
prochaines années <avec...
M. Girard (Groulx) :
...1,3,
en 2024-2025, associé à
Hydro-Québec. Et nous, on a une entente pour les
cinq prochaines années >avec nos employés qu'eux n'ont pas.
19307 M. Beauchemin : Leur
échéance pour leurs conventions?
M. Girard (Groulx) : C'est
nébuleux, je dois vous dire, parce qu'il y a une partie qui se passe devant les
tribunaux, où ils avaient une loi, et ils ont perdu, puis là ils ont des
ajustements rétroactifs. Et puis, là, pour le futur, bien là ils doivent tenir en
compte du jugement, puis j'imagine qu'il y aura des négociations. Je ne suis
vraiment pas qualifié pour commenter sur les relations de travail dans le
secteur public en Ontario, mais une chose est sûre, nous, on fait un
investissement important dans nos employés, puis notre cadre financier reflète
ça. Le fait qu'on a un contrat de cinq ans puis que la... Dans le fond,
50 % de nos dépenses, c'est des salaires, hein? Et là on n'aura pas de
volatilité sur cette variable-là parce qu'on a... les paramètres sont fixés
pour les cinq prochaines années. Ça, c'est bon.
M. Beauchemin : Tantôt, vous
avez parlé des revenus. Vous parliez comme quoi que les revenus n'allaient pas
augmenter. Quand vous aviez parlé tantôt... Les revenus tantôt, quand vous
répondiez...
M. Girard (Groulx) : ...fédéraux.
M. Beauchemin : C'étaient-tu
les transferts fédéraux? Je pense qu'on parlait plus des revenus autonomes.
M. Girard (Groulx) : Moi, je
n'ai pas parlé des revenus autonomes, je parlais des transferts fédéraux. Mais
on peut parler des revenus autonomes, si vous voulez.
M. Beauchemin : Quand vous
parliez des... vous n'aviez pas un enjeu de revenus, que c'était un enjeu de
dépenses.
M. Girard (Groulx) : Ah oui!
Oui. Ça, c'était à la page A.23. OK. Bien, c'est parce qu'il y a des gens
qui disent : Le déficit, c'est un désappariement entre les revenus puis
les dépenses. Ce n'est pas faux. Ce n'est pas faux comme affirmation. Mais, à
partir de ce point-là, vous pouvez augmenter les revenus en disant : Il y
a un désappariement entre les revenus puis les dépenses. On pourrait augmenter
les revenus puis dire : On n'a plus de désappariement entre les revenus et
les dépenses, on est à l'équilibre, par exemple, OK? Et, moi, ce que je vous
dis, c'est que, quand je regarde le poids des revenus dans l'économie, ce qu'on
voit, c'est qu'on n'a pas un enjeu... on a un désappariement entre les revenus
et les dépenses, mais on n'a pas un enjeu de revenus. On a un enjeu de poids de
dépenses dans l'économie qui est trop élevé au sortir de la pandémie.
M. Beauchemin : ...des
revenus par rapport au PIB était...
M. Girard (Groulx) : ...PIB
est beaucoup plus élevé qu'en 2018-2019.
M. Beauchemin : Et ça,
c'était à la page A?
M. Girard (Groulx) : A.23.
M. Beauchemin : À la page A.23,
un instant, je vais juste y avoir accès dans deux secondes, c'est là que vous
parliez du 25,5. Non, excusez.
M. Girard (Groulx) : 25,5,
ça, c'est le poids des revenus, OK? Puis les dépenses qui étaient à 24,3, qui
ont touché 28 durant la pandémie, sont à 26,7. Idéalement, les dépenses
convergeraient vers les revenus, donc 25. Il faut passer de 26,7 à quelque
chose comme 25,3. Mais faisons des chiffres ronds, là. On était à 24, on est
allés jusqu'à 28; on est à 27, il faut s'en aller à 25.
M. Beauchemin : Au niveau des
dépenses. Puis, au niveau des revenus, bien là je vois qu'il y a une certaine
augmentation, mais qui redescend par la suite jusqu'à... jusqu'à l'année
électorale, finalement, là. Ça s'explique comment, selon vous, le sommet atteint
en année électorale?
M. Girard (Groulx) : Le
sommet atteint... L'inflation. L'inflation a poussé... Le 2022, c'est le...
M. Beauchemin : Non, je parle
pour l'année électorale de 2026-2027. Il y a un léger sommet, là. Ce n'est
pas... Ce n'est pas le mont Everest, là. C'est plutôt le mont Royal, là.
M. Girard (Groulx) : Ah! OK, OK.
Si vous aviez grandi à Québec, vous diriez : C'est le mont Myrand, là.
M. Beauchemin : D'accord.
M. Girard (Groulx) : Mais c'est
ça, il faut... il faut probablement avoir plus de 50 ans pour être ému par
cette déclaration, là. Je pense qu'aujourd'hui... Je ne sais pas ce qu'ils font
là-dedans.
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Oui,
vous comprenez la joke du mont Myrand. La comprenez-vous, vous, M. le...
Le Président (M. Simard) : Moi,
j'ai 50 ans, je ne la comprends pas!
M. Girard (Groulx) : Bon, OK.
Le Président (M. Simard) : Je
suis un peu lent, hein? Que voulez-vous.
M. Girard (Groulx) : Alors, quelque
part, là, pas loin du cégep Garneau, il y a une pente abrupte, puis ça a déjà
été un... une pente de ski, le mont Myrand.
Le Président (M. Simard) : Ah!
oui, oui, oui.
M. Girard (Groulx) : Oui. Ça
vous dit quelque chose? Bien, c'est... bon. Je vais revenir avant que vous me
le dites, M. le Président...
Le Président (M. Simard) : ...cher
collègue, malheureusement, parce que, sur cet... sur ce rappel historique du
mont Myrand, je dois vous <demander...
Le Président (M. Simard) :
...cher
collègue, malheureusement, parce que, sur cet... sur ce rappel historique du
mont Myrand, je dois vous >demander d'interrompre. Notre temps est
terminé pour ce bloc d'échange.
M. Girard (Groulx) : OK.
Alors, vous cherchez à comprendre le...
Le Président (M. Simard) : Mais
votre bloc d'échange est terminé, cher collègue. Donc, je cède maintenant la
parole au député de Saint-Jérôme, qui pourra, éventuellement, relancer la balle
au ministre à cet effet. Vous disposez de 19 minutes, cher ami.
M. Chassin :19 minutes. Alors, si vous voulez, M. le ministre, terminez
sur le mont Myrand pour le collègue qui cherchait à comprendre, sentez-vous
bien à l'aise.
M. Girard (Groulx) : De?
M. Chassin :Si vous voulez terminer la réponse.
M. Girard (Groulx) : Non, on
va chercher la réponse. Parce que, là, j'avoue que, cette petite hausse, je ne
pourrais pas dire, là. Ça semble passer de 25,5 à quelque chose comme 25,8. Il
faudrait...
M. Chassin :
Parfait.
M. Girard (Groulx) : On va
faire des recherches puis, dans un prochain bloc, on vous donne la réponse.
M. Chassin :
Bien, pour vous donner le temps de chercher, écoutez, moi, je... je disais à
mes voisins ici, qui savaient vers quelle question j'allais me diriger et vers
quelle section, surtout, j'allais me diriger, l'excellente section E, que
j'avais, en fait, cette qualité d'être prévisible, parce qu'on sait où je loge,
évidemment, on comprend tous qu'on se donne une charge, là, sur nos épaules. On
sait, puis évidemment les oppositions le disent, on veut voir le plan de retour
à l'équilibre. C'est très bien, en fait, parce qu'on voit que c'est devenu
important pour toutes les formations politiques de revenir à l'équilibre
budgétaire, puis surtout le comment, dans le fond, qui est questionné. Puis ça
m'apparaît intéressant que, comme prémisse de base, on considère déjà d'avoir
un peu un consensus assez large, en fait, là, qu'on ne peut pas vivre au-dessus
de nos moyens durablement.
Donc, essentiellement, on veut revenir à
l'équilibre budgétaire, on veut savoir comment puis, pour le déterminer, on
s'engage. Et c'est exactement le moyen qu'on se donne dans le budget, on
s'engage dans ce qu'on appelle une optimisation, mais, dans le fond, dans cette
espèce de révision des dépenses, parce que... Puis je trouve que c'est
absolument fascinant à réaliser, et même conceptuellement, hein? Dans cette
fameuse section E, on parle donc d'une révision... un examen des dépenses, puis
tant les dépenses qui sont associées au régime fiscal, donc environ 70 milliards,
que les dépenses de programmes d'un peu plus de 130 milliards. Donc,
évidemment, entre le 136 milliards de dépenses de programmes, le 74 milliards
de dépenses fiscales, on se retrouve à peu près à 200 milliards à gérer
plus efficacement, donc, soit, évidemment, pour faire certaines économies, soit
pour réussir avec ce qu'on a comme ressources à faire mieux.
• (16 h 50) •
Puis là, évidemment, à partir de ces
données-là, pourquoi je suis prévisible? Je pense, parce qu'il y a une certaine
philosophie, tu sais, qui me porte dans mes convictions. Puis ma filleule a,
dans ses prénoms, Margaret parce que sa mère et moi vouons une admiration à Margaret
Thatcher. Je préfère Margaret Thatcher, j'adore Margaret Thatcher, mais, de
temps en temps, ça m'arrive de citer quand même Ronald Reagan, qui était, à ce
moment-là, président des États-Unis, au moment où la «Iron Lady» était première
ministre de Grande-Bretagne, puis qui avait, donc, lui-même une vision assez
particulière, tant de l'économie que du rôle du gouvernement, puis je pense que
c'était une caricature. Et, en même temps, parfois, c'est juste,
malheureusement, de certaines personnes au gouvernement par rapport à ce que...
ce que représente l'économie.
Puis, quand on étudie en économie,
évidemment, on est souvent confronté à l'espèce de réflexe qu'on a, puis je
l'entends parfois dans certains échanges, notamment au salon bleu, de dire :
Mais là on constate telle chose, il faut prendre une mesure, il faut absolument
faire quelque chose, parce que ce n'est pas juste, ce n'est pas intéressant, ce
n'est pas ce qu'on voudrait, mais on ne pense pas à l'effet que cette mesure-là
aura dans le futur.
Donc, on est tout le temps confrontés, en
économie, à l'effet dynamique des mesures plutôt que simplement à l'état
statique des choses, comme si c'était un portrait immuable. Puis, de temps en
temps, on voit ces effets-là s'accumuler puis on ne les remet pas en question.
Et c'est là où je cite un peu cette espèce de vision caricaturale de Ronald
Reagan qui, malheureusement, est trop souvent juste, en quelque sorte. Et je
suis sûr, M. le Président, que ça va vous réjouir comme citation. Puis là <permettez...
M. Chassin :
...en quelque sorte. Et je suis sûr, M. le
Président, que ça va vous réjouir comme citation. Puis là >permettez que
je la fasse en anglais, je ferai une traduction libre en français après, mais
«Government's view of the economy could be summed up in a few short phrases. If it moves, tax it. If it keeps moving, regulate it. And if it... And
if it stops… And if it stops moving — pardon — subsidize it». Puis on parlait, tout à l'heure, par exemple,
de la mesure des primes salariales pour les résidences pour aînés. Bien, on est
là un peu, tu sais? On est rendus à... en fait, à subventionner des salaires de
professionnels alors qu'on est au plein-emploi pour éviter qu'elle ferme et
qu'elle ferme sous un poids de régulation. Puis on comprend pourquoi, dans le
fond, la réglementation a été mise en place, c'est toujours plein de bonnes
intentions, mais, à un moment donné, tout ça s'accumule. Et c'est là que la
révision, je pense, des dépenses est particulièrement importante. Parce
qu'effectivement, si on ne le fait pas régulièrement, à un moment donné, on
perd de vue l'espèce de montagne qui se construit sur les épaules
d'entrepreneurs qui sont peut-être bien vaillants, mais il y a vaillance et
vaillance, puis, à un moment donné, on finit par ne plus y voir d'intérêt.
Je ne sais pas comment montrer que... à
quel point c'est important, cette... cette révision-là. Je pense qu'on a comme
un contexte quand même qui nous montre qu'on doit avoir.... Puis vous l'avez
dit avec les oppositions, mais, M. le ministre, on doit avoir cette... cette
préoccupation que ce n'est pas qu'un problème... en fait, ce n'est pas un
problème de revenus, c'est vraiment un problème de dépenses.
Puis là, dans une perspective de revenir à
l'équilibre budgétaire, il y a des facteurs qui s'en viennent, dont on... Par
exemple, on a la croissance des dépenses, la croissance des revenus, mais on
veut aussi, ne serait-ce que par souci d'efficacité, puis de gestion des
finances publiques, puis des deniers publics, avoir cette espèce de réflexion
sur le contrôle et la révision de l'efficacité, puis de l'efficience, puis même
de la pertinence de certaines dépenses.
Puis là j'ai une question peut-être un
peu... un peu théorique, là, peut-être, mais... mais qui me semble quand même
importante : Est-ce que c'est nécessairement pour réduire des dépenses
puis le retourner au fonds des... consolidé qu'on procède, selon vous, à cet
examen des dépenses? Parce que, par exemple, pour les subventions Roulez vert,
vous mentionnez qu'on annonce, dans le fond, là, que, comme c'était prévu, ça
va éventuellement disparaître. Mais les sommes qui sont employées à ça peuvent
être utilisées de manière plus efficace à réduire les GES. Donc, ce n'est pas
nécessairement pour réduire toujours le déficit, mais pour avoir une mesure
d'efficacité, en quelque sorte, que... que vous faites ce changement-là, si je
ne m'abuse.
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre.
M. Girard (Groulx) : Bien,
d'abord, il faut dire que Roulez vert a une particularité, c'est-à-dire que
c'est une mesure qui est financée dans le cadre du Plan pour une économie verte
2030 et financée par les revenus de la bourse du carbone, là. Et, en vertu de
la loi sur le fonds d'électrification et changements climatiques, bien, tous
les revenus de la bourse du carbone doivent servir à la lutte aux changements
climatiques, l'adaptation aux changements climatiques, la biodiversité, mais
ils doivent avoir une vocation environnementale. Donc, on ne pourrait pas
prendre les revenus associés à la bourse du carbone qui étaient dédiés à Roulez
vert et, par exemple, les envoyer pour payer des garderies ou des dépenses en
éducation, là. On ne pourrait pas faire ça. C'est contraire à la loi du fonds
d'électrification et des changements climatiques. Alors, ça, c'est une nuance
importante.
Néanmoins, on se doit d'optimiser, et, par
dollar dépensé, les tonnes de CO2 économisées
par les subventions aux véhicules électriques, c'était connu que ce n'était pas
optimal, mais c'était néanmoins un programme qui était populaire. Alors là, il
faut balancer le... l'efficacité économique <puis...
M. Girard (Groulx) :
...mais
c'était néanmoins un programme qui était populaire. Alors là, il faut balancer
le... l'efficacité économique >puis se rappeler aussi qu'on est élus par
des gens, et puis, si le programme, il est populaire, il faut trouver le bon
équilibre. Puis je dirais qu'on a trouvé le bon équilibre parce que, lorsque le
programme va être éliminé en 2027, bien, ça fera 15 ans qu'il est en
place. Alors, on leur a quand même donné une période de transition, là, pour
favoriser l'adoption du véhicule électrique, là, 15 ans, convergence des
prix puis...
Mais je veux... Alors, d'un point de vue
général, oui, l'exercice, l'examen des dépenses fiscales et budgétaires,
pourrait amener de simples modifications, par exemple, à un crédit d'impôt, une
mesure fiscale qui n'amènerait pas d'économies. On pourrait simplement faire
une modification pour le rendre plus performant, sans nécessairement avoir un
gain au fonds consolidé. Mais vous comprenez qu'il faudra trouver une autre
mesure qui, elle, donnera un gain au fonds consolidé, puisque c'est ça qu'on
cherche. Mais, oui, l'examen peut servir à ça.
Mais, si vous permettez, je veux... je veux...
parce que vous aimez la pensée économique, je veux vous amener sur les travaux
d'un important économiste qui a étudié la résorption des déficits budgétaires.
Et ce n'est pas par hasard, M. le Président, que c'est un Italien parce qu'eux,
ils ont beaucoup d'expérience dans les déficits budgétaires. Alors, c'est le...
Et puis il n'a pas gagné le prix Nobel, mais certains pensent qu'il aurait dû.
Alors, c'est Alberto Francesco Alesina, spécialiste de... professeur de l'Université
Harvard, Italien décédé malheureusement en 2020. Lui, ce qu'il a démontré par
ses travaux, c'est que, d'une situation déficitaire, si vous cherchez un
équilibre, la réduction des dépenses est nettement supérieure à l'augmentation
des revenus comme stratégie parce que la réduction des dépenses va laisser de
l'espace au secteur privé pour prendre de l'expansion, tandis que l'expansion
des revenus va comprimer les... va couper l'oxygène au secteur privé.
Donc, d'une situation déficitaire vers une
situation d'équilibre, les travaux de ce grand chercheur indiquent que la
diminution des dépenses est la voie à suivre. Et, de toute façon, dans notre
cas, comme je l'ai mentionné à la page A.23, on a un niveau de dépenses
qui est trop élevé au sortir de la pandémie, on n'a pas un problème de revenus.
M. Chassin :Alors...
M. Girard (Groulx) : Et la réponse
à votre question, j'en profite sur le temps...
M. Chassin :Oui, bien sûr.
• (17 heures) •
M. Girard (Groulx) : ...c'est...
il y a comme un saut dans les transferts fédéraux cette année-là qui, en
moyenne, ne croissent pas, mais les transferts fédéraux ne sont pas linéaires
parce qu'il y a des... il y a des projets d'infrastructures là-dedans. Alors,
les subventions viennent avec les déboursés, et c'est les fluctuations des
transferts fédéraux qui font cette faible pente.
M. Chassin :Voilà.
Le Président (M. Simard) : ...
M. Chassin :On a trouvé les... les variations des transferts fédéraux qui
expliquaient.
Alors, je trouve ça fascinant parce que
les travaux d'Alesina, c'est aussi que... dans le fond, qu'il a montré dans le
concret, avec, dans le fond, des... une étude économétrique, l'effet...
M. Girard (Groulx) : C'est
l'histoire...
M. Chassin :C'est ça, exactement.
M. Girard (Groulx) : ...c'est
l'histoire de l'économie analysée de façon empiriquement.
M. Chassin :
Exactement. Donc, c'est vraiment dans le laboratoire économique qu'est le monde,
et les pays, bien, on a vu... puis, effectivement, je pense qu'Alesina aurait
probablement pu se mériter cette distinction ultime.
Ceci étant dit, ça revient un peu... puis
là j'ai presque envie de faire ce lien-là, là, mais à ce que je disais au
départ, c'est qu'on comprend la logique. Puis évidemment, tout à l'heure, le
porte-parole de la deuxième opposition officielle disait : Bien, dans le
fond, il y a deux colonnes, hein? Les revenus, les dépenses. C'est comme si on
pouvait bouger ces curseurs-là sans avoir de conséquences. Mais non, justement,
ce n'est pas statique. Ça a des effets. Puis c'est pour ça, dans le fond, que
la logique d'Alesina, c'est qu'il y a un effet à la réduction des dépenses,
mais il y a un effet encore plus grand à l'augmentation des revenus sur
l'économie.
Ça fait qu'autrement dit, dans une
perspective dynamique, moi, je cherche... hein, tu sais, je regarde toutes
sortes de choses, là, puis là on voit, dans le budget, cette espèce de volonté
de dire : On... On veut s'y attaquer, on a... puis là je réalise, là, c'est
peut-être plus pour votre collègue du Trésor, mais on a quand même une loi...
17 h (version révisée)
M. Chassin :...puis là je réalise, là, c'est peut-être plus pour votre
collègue du Trésor, mais on a quand même une loi... Puis là, je vais vous citer
exactement son titre, la loi sur la gestion et le contrôle des effectifs des
ministères. Mais la partie, donc... Le gouvernement tient une partie de
données, puis c'est tant mieux, mais généralement les données sont relativement
vieilles, là, permettez... permettez que j'utilise le terme générique, mais
elles ne sont pas très à jour. Pourtant, la loi, elle est... elle est toujours
là. Ça fait qu'évidemment, en termes de dénombrement... Parce que la section de
la loi portant sur le dénombrement, de ce que je comprends, elle devrait être
respectée. Après ça, il y a... il y a une autre partie de planification, là,
qui n'a pas... qui n'a pas été mise en vigueur, si je... si je ne m'abuse, là,
qui avait été adoptée sous le précédent gouvernement libéral en 2014. Mais à
tout le moins, pour le dénombrement, il y a certaines obligations au Conseil du
trésor pour essayer de bien comprendre, de bien saisir ces... disons, les
variations de l'effectif, non seulement de la fonction publique, mais même du
secteur public. Puis là, dans le fond, il y a des éléments là-dedans qui me...
qui me paraissent importants peut-être à savoir. Donc, alors, ce n'est
peut-être pas tant une question qu'un commentaire, là, que je voudrais passer à
votre collègue, plus qu'à vous, mais je pense qu'il faut... il faut y voir.
Puis là j'ai... j'ai bien noté votre
fameuse page. Permettez que je vous pose une question, là, très pointue, là,
mais j'ai bien noté votre fameuse page A‑26.
M. Girard (Groulx) : ...
M. Chassin :A‑23, c'est ça, absolument. Et donc, évidemment, dans le
tableau qui y est présenté... Ah! Non, non, ça, c'est le G, en fait, c'est G‑12.
C'est bien ça? Donc, ça, c'est les variations qui sont constatées, là, les
révisions du cadre financier par rapport à la mise à jour budgétaire. Puis... Puis
je vous pose une question, parce que je voulais juste être certain de ma
lecture de la variation des versements des revenus consacrés au Fonds des
générations, parce qu'il y a pour, en fait, 2023-2024, donc l'année financière
qui se termine, une variation quand même de 300 millions, puis je me suis
dit que ça devait être... Vu que c'est essentiellement les redevances
hydrauliques, ça devrait être probablement une variation des... bien, en fait,
des revenus des redevances hydrauliques, puisque ce sont vraiment des revenus
dont on cherche à se priver, donc on essaie de l'exclure le plus possible du
cadre financier du gouvernement pour consacrer ces fonds-là aux générations
suivantes. Et c'est une mesure que j'aime beaucoup, et je n'ai pas peur de
rendre hommage à ceux qui quelque... quelque temps avant nous y ont pensé, n'est-ce
pas, mais... mais c'est d'avoir quand même des revenus dédiés aux générations
suivantes. Puis comme la variation est quand même de 300 millions, là,
quasiment, de 292 millions, je me suis dit : Ça doit être cette
hydraulicité qui a été très utilisée ou peu, là. Mais si jamais vous avez
votre... votre équipe, là, qui a un savoir détaillé, puis qu'ils trouvent la
réponse, ça serait...
M. Girard (Groulx) : La
réponse est à la page G‑14.
M. Chassin :
Oui. OK.
M. Girard (Groulx) : Alors,
il y en a une partie... C'est le dernier paragraphe, là où on explique...
M. Chassin :
...292.
M. Girard (Groulx) : ...le
292 millions puis le 165 millions. Et puis on comprend qu'il y a une
partie qui est... qui est liée à de plus faibles rendements du Fonds des
générations et une autre partie qui est liée à la faible hydraulicité.
M. Chassin :D'accord. Donc, c'est la combinaison des deux. Bien, oui. Vous
avez répondu à ma question, et j'en... je vous en suis gré puisque je n'ai pas
lu tous les paragraphes encore de cet excellent...
M. Girard (Groulx) : Malheureusement,
moi je les ai tous lus...
M. Chassin :Ah! J'imagine.
M. Girard (Groulx) : ...à
peu près huit fois.
M. Chassin :Puis, en fait... C'est ça, vous savez même les versions
antérieures, là. Je suis sûr que ça a été fascinant comme exercice.
M. Girard (Groulx) : C'est
sûr que... En bonus, je peux... Je les ai lus en anglais aussi.
M. Chassin :Ah oui!
M. Girard (Groulx) : Ah
oui! Ça, c'est le dernier week-end, là. OK... Parce que je voyais mon... ma
contrepartie ontarienne en fin de semaine, puis il avait l'air relax, puis là j'ai
dit à mon épouse : Bien, lui, il fait juste un budget, là. Moi, j'en fais
un en français puis un en anglais. Mais non, c'est des blagues.
M. Chassin :Bien, ça a été envoyé à l'imprimerie, en fait, en fin de
semaine...
M. Girard (Groulx) : Mais,
on...
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
M. Girard (Groulx) : Voilà.
Le Président (M. Simard) : Alors,
nous cédons maintenant la parole au député de Jacques-Cartier, qui dispose de
18 minutes.
M. Girard (Groulx) : Et
on le salue. Bonjour, M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Bonjour, M.
le ministre. Content de vous voir ici. J'ai vu le ministre la journée... bien,
c'était la semaine avant que le budget a été déposé, mais je pense qu'il vient
de terminer la lecture de la version française puis en anglais, puis il était
hyper content avec l'équipe que le travail a été fait et je sais que c'est un
exercice énorme, tout le processus budgétaire, puis l'équipe de le <cabinet...
M. Kelley :
...le
travail a été fait et je sais que c'est un exercice énorme, tout le processus
budgétaire, puis l'équipe de le >cabinet de le ministre travaille très
fort, mais également tous les fonctionnaires de le ministère de la Finance
travaillent toute l'année longue, je comprends bien, sur le budget. Alors,
après une pause, ils vont recommencer... recommencer à préparer le budget pour
l'année prochaine.
M. Girard (Groulx) : ...
M. Kelley : Oui. Et, M.
le ministre, comme vous le savez très, très bien, je suis le porte-parole dans
le dossier de l'énergie, puis les questions... Les questions autour
d'Hydro-Québec sont hyperimportantes et un élément très clé dans le budget. On
a... On a vu puis entendu vous-même, puis quand même, le premier ministre a
répété qu'une partie de le déficit est expliqué par la situation de le manque
d'eau dans nos réservoirs qui est une réalité qu'on a constatée.
Mais je veux juste prendre le temps,
peut-être, M. le ministre, de vous entendre sur la page... Et je veux vous
assurer, ce n'est pas juste le page de le PDF... Mais oui, c'est ça, G‑42 où on
parle d'Hydro-Québec, puis on a le tableau devant nous sur le changement des
revenus, puis on a les prévisions qu'est-ce qu'on arrivait en 2023-2024, puis
on a une prévision pour 2024-2025 où on voit une modeste augmentation dans le
revenu. Puis, après ça, il me semble qu'il y a une... En 2025 et 2026, on
attend pour une augmentation pas mal impressionnante des revenus
d'Hydro-Québec. Il y a une petite partie qui explique tout ça, mais je veux
vous entendre, pour la société en général, on parle souvent : Bien, on
manque de l'eau dans les réservoirs, mais, quand même, vous avez des
prédictions que ça va améliorer, alors, peut-être, juste expliquer un petit peu
pourquoi il n'y a comme, l'année prochaine, aucune prévision que ça va
augmenter vraiment puis, après ça, on a des attentes pas mal élevées pour
Hydro-Québec.
• (17 h 10) •
M. Girard (Groulx) : Alors,
si... Puisque vous avez le PDF devant vous, je vous amènerais à la page G-12
qui donne les révisions par rapport au budget 2023-2024 et, à la ligne
entreprise, revenus provenant des entreprises du gouvernement, vous voyez...
D'abord, il faut savoir que l'année 2022-2023 pour Hydro-Québec était une
année exceptionnelle, OK? Et 2023... La faible hydraulicité, là, on parle de
l'été 2023, mais ça a des répercussions sur deux années, parce que le fait
qu'on ait moins d'eau dans les réservoirs, même si on avait une situation
normale, une saison des pluies normales ou neige ou fonte normale dans nos
réservoirs, on n'aurait pas ramené les niveaux des réservoirs. Donc, on estime
que l'effet de la faible hydraulicité à l'été 2023 se répercute sur deux
ans, d'où la ligne moins 1,6 milliard en 2023-2024, moins 1,3 milliard
en 2024-2025, et là, on voit qu'en 2025-2026, la révision est seulement de 382.
Alors, ce n'est pas tellement qu'en
2025-2026 il y a un bond de production ou de... C'est simplement qu'on revient
à une situation plus normale au niveau des exportations d'électricité. Et puis,
c'est ça... Ce qui crée la différence, entre 2025-2026 et 2024-2025, c'est
plutôt qu'on a tiré 2024‑2025 vers le bas et non qu'on a poussé 2025-2026 vers
le haut.
M. Kelley : Et, pour
votre équipe, est-ce que vous suis un petit peu les niveaux des réservoirs?
C'est quoi, la communication entre vous autres puis Hydro-Québec? Parce que je
sais qu'on a des prévisions que ça va retourner à la normale, et si le retour à
l'équilibre budgétaire est un petit peu... qu'on espère, puis on souhaite le
retour à un niveau des réservoirs plus stable puis normal, j'imagine c'est
important pour vous autres d'être au courant de la situation quand vous êtes en
train de préparer les mises à jour et, quand même, le budget?
M. Girard (Groulx) : Oui,
mais il faut bien savoir que ce n'est pas basé sur des impressions, là,
c'est... Hydro-Québec, la direction fait ses prévisions d'états financiers,
c'est vérifié par des firmes comptables, des vérificateurs externes, c'est approuvé
par leur <conseil...
M. Girard (Groulx) :
...
par des firmes comptables, des vérificateurs externes, c'est approuvé par leur
>conseil d'administration, puis en plus, eux sont en US GAAP,
c'est-à-dire qu'ils utilisent les normes comptables américaines, puis là, nous,
on convertit ça en normes comptables canadiennes, et puis... IFRS, et puis là...
Dans le fond, ce que j'essaie de vous dire, c'est qu'on n'a pas de marge de
manœuvre sur... On ne peut pas dire : Bien là, Hydro-Québec, ils sont trop
conservateurs, on va tout augmenter ça de 10 % ou Hydro-Québec, voyons, ça
fait trois jours qu'il pleut chez nous, bien, il va y avoir des revenus,
voyons. Tout ça, ça doit être des états financiers vérifiés et approuvés par le
conseil d'administration, et c'est ça que nous on met. Alors, le ministère des
Finances pose des questions, veut comprendre, préfère les hausses de revenus
aux baisses de revenus, mais on est dépendant de l'intrant qui provient
d'Hydro-Québec, puis c'est pour ça qu'on dit que c'est une société, avec sa
direction, son conseil d'administration, qui est indépendante de sa
gouvernance.
M. Kelley : Parfait.
Merci beaucoup. On sait que les prochaines couples des années sont
hyperimportantes pour Hydro-Québec. Ils sont en train de lancer un «Hydro 2.0»,
environ, il y a plein des projets qu'il faut lancer pour la production
énergétique. Mais je sais que vous avez demandé à toutes les sociétés d'État
d'optimiser leurs dépenses, et vous avez des prédictions de... ou des
prévisions, excusez-moi, de combien d'argent, peut-être, on peut sauver. Mais
est-ce que c'est vraiment le bon moment de demander à Hydro‑Québec de faire des
optimisations dans nos opérations quand on va besoin toutes, toutes les
ressources nécessaires pour répondre à les défis de la transition énergétique
et pour s'assurer qu'on demeure un leader dans l'Amérique du Nord? Et je veux
juste penser un petit peu à, c'est sûr, la fonction publique... les gens qui
travaillent, puis Hydro-Québec qui ont les expertises, il faut s'assurer qu'on
maintient ces expertises. Alors, est-ce que c'est vraiment le bon timing de
faire ça avec Hydro-Québec, selon vous?
M. Girard (Groulx) : Bien,
c'est une très bonne question. Il faut savoir que cette efficience des sociétés
d'État, c'était quelque chose qu'on avait mis de l'avant en 2018 et puis qui,
évidemment, n'a pas été exécuté suite à la pandémie, là. Parce que, si on prend,
par exemple, la SAQ, bien, garder les succursales ouvertes durant la pandémie,
c'était un exploit, alors on n'allait pas leur demander 100 millions
d'efficience. Puis Loto-Québec était fermé, alors on ne pouvait pas demander à
Loto-Québec d'améliorer leur efficience.
Alors, lorsqu'on demande des efforts aux
sociétés d'État, elles sont autonomes, elles ont leur direction, leur conseil
d'administration, puis c'est eux qui vont décider quelle proportion de l'effort
vient des revenus et des dépenses et il peut y avoir, par exemple, au niveau...
Si on prend le cas de Loto-Québec, là, qui est directement sous moi — parce
qu'évidemment, Hydro-Québec est sous le ministre de l'Économie et de l'Énergie — si
on prend le cas de Loto‑Québec, bien, idéalement, on irait chercher ces hausses
de revenus par des gains de parts de marché face aux opérateurs illégaux, là, et...
Parce que les opérateurs illégaux dans les jeux de hasard n'ont pas la même
responsabilité sociale que Loto-Québec. Alors, si Loto-Québec va se chercher
des parts de marché, bien, en plus, on améliore la responsabilité sociale en
général puis on a des revenus.
Alors, Hydro-Québec, c'est une grande... Quand...
Lorsqu'Hydro-Québec fait 2.5, 3 milliards de profit net, là, il y a... Il
faudrait que je voie la composante revenus et dépenses d'Hydro-Québec, si on
pouvait me donner l'ordre de grandeur, lorsqu'on dit qu'on fait
3 milliards de dividendes nets, c'est quelle proportion de revenus et de
dépenses. Mais...
Des voix : ...
M. Girard (Groulx) : Le
2.6 milliards de profits d'Hydro-Québec, ça correspond à combien de
revenus et de dépenses chez Hydro-Québec?
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Par
exemple, si c'était une combinaison... Ce que... Ce que je veux dire, c'est que
si les 2,6 milliards, c'est le résultat de 8 milliards de revenus et
5,4 milliards de dépenses, bien, par exemple, trouver 100 millions
dans cinq ans sur 5,4 milliards de dépenses, là, c'est faisable, là, c'est
raisonnable, c'est une saine gestion. C'est toujours... Combien? 14 milliards
de revenus. Alors, on voit, là, qu'il y a une <marge...
M. Girard (Groulx) :
...
c'est raisonnable, c'est une saine gestion. C'est toujours... Combien?
14 milliards de revenus. Alors, on voit, là, qu'il y a une >marge
pour... d'efficience. Puis vous avez mentionné la particularité qu'on fait des
investissements, c'est vrai, puis on a aussi des contrats d'exportation, là,
qui viennent en vigueur, ça, c'est une autre variable, là. Puis on a le contrat
de Churchill qui expire en 2041. Il y a... Il y a beaucoup de variables autour
d'Hydro-Québec, et donc ils sont capables de nous générer de l'efficience au
même titre que la SAQ, Loto-Québec, la SQDC et Investissement Québec.
M. Kelley : Merci. Et
quand même, sur cette question, il y a beaucoup des facteurs de variables, une,
c'est sûr, c'est... Bien, les ristournes, c'est tellement important pour
l'État, pour payer pour nos services sociaux, et etc., mais présentement on a
une situation avec les tarifs puis les investissements qu'Hydro-Québec est en
train de faire... On sait, Hydro a dit que chaque fois qu'on ajoute à notre
parc existant, ça va avoir un impact sur les coûts puis le prix. Alors, on
sait, présentement on a un tarif résidentiel qui capte à 3 %, on a le
tarif L pour les grosses industrielles puis on a les tarifs qui ont augmenté de
11,6 % pour les PME. Tout ça pour dire, M. le ministre, il y a de plus en
plus de pression peut-être aussi sur les ristournes. Est-ce que ça, ça vous
inquiète aussi? Les réalités, on doit payer plus pour l'énergie qu'on va
produire, mais on veut s'assurer qu'il y ait toujours une bonne... bonne
ristourne pour l'État. Alors, je veux savoir vos idées. Je sais qu'il y a le
projet de loi que votre collègue travaille là-dessus, mais j'imagine que, vous
autres, sont... sont... avez certaines préoccupations avec la suite des choses
concernant les tarifs.
M. Girard (Groulx) : Bon.
Alors, c'est... En 2023, là, c'est 16 milliards de revenus pour un bénéfice
net de 3,3 milliards qui donne un dividende de 2,5 milliards, OK?
Mais... Puis c'est certain que, lorsqu'on dit, optimiser l'efficience de
l'État, bien, l'idée, c'est de ne pas... ce n'est pas d'arriver puis
d'augmenter les taxes à la SAQ, les tarifs d'Hydro-Québec puis, je ne sais pas,
moi, le gramme de cannabis, là, si c'est ça, ce n'est pas de l'efficience, là,
ça, c'est des hausses de prix. Alors, ce n'est pas... La raison qu'on veut
travailler avec les sociétés d'État, c'est qu'on veut... On leur donne des
objectifs puis on respecte leur gouvernance, puis eux vont nous dire où ils
peuvent faire ces efforts.
• (17 h 20) •
M. Kelley : Merci
beaucoup. Je sais qu'il y a aussi un tableau... Excusez-moi, j'ai perdu la
page, mais on parle de la dette d'Hydro-Québec...
M. Girard (Groulx) : Oui.
M. Kelley : ...puis on
voit l'augmentation. Est-ce que... Juste expliquer, c'est quoi, l'impact? On
sait qu'Hydro-Québec va prêter beaucoup d'argent dans les prochaines années,
ils vont lever des fonds, etc.
M. Girard (Groulx) : Oui.
M. Kelley : Mais c'est
quoi, l'impact sur notre dette, en général, comme une province?
M. Girard (Groulx) : OK.
Alors, ça, c'est là où on est au niveau de la dette des entités publiques.
Alors, ça, c'est le tableau...
M. Kelley : C'est...
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : H-16.
Merci.
M. Kelley : Oui, H-16,
H-16.
M. Girard (Groulx) : Alors,
ce qu'on voit, c'est qu'Hydro-Québec, en 2023, a 50 milliards de dettes et
que, puisqu'ils vont faire d'importants investissements en infrastructures puis
qu'ils veulent avoir plus d'actifs, ils vont avoir plus de dettes. Alors,
Hydro-Québec c'est un émetteur distinct, mais avec une garantie explicite du
gouvernement du Québec. Donc, il y a une capacité de financement pour la somme
d'Hydro-Québec et du gouvernement du Québec. Et donc, on doit prendre ça en
considération dans nos programmes de financement, qu'eux vont devoir... Puisqu'ils
vont faire des investissements plus importants, ils vont émettre plus de dettes,
et on tient compte de ce facteur dans nos... dans nos programmes de
financement.
M. Kelley : Parfait.
C'est... C'est...
M. Girard (Groulx) : À
court terme, il y a... il y a très peu d'augmentation parce qu'annoncer des
investissements majeurs et faire des investissements majeurs, c'est deux
choses.
M. Kelley : Merci
beaucoup. Et juste parce qu'on a parlé un petit peu de Loto-Québec, je sais que
ce n'est pas mon dossier, mais juste... La compétition contre des produits puis
des applications qui sont illégaux, présentement, qu'est-ce qui passe? Et
aussi, c'est quoi le plan de Loto-Québec de compétitionner aussi parce que j'ai
des amis qui aiment faire des <paris...
M. Kelley :
...de
Loto-Québec de compétitionner aussi parce que j'ai des amis qui aiment faire
des >paris, puis aussi, c'est quelque chose que, moi, je trouvais
malheureux, on n'est pas capables d'écouter le match de hockey sans avoir la
publicité pour tous les FanDuel et tout ça, honnêtement...
M. Girard (Groulx) : Oui,
c'est malheureux.
M. Kelley : Mais c'est
une réalité qu'on vit, puis on préfère que si les gens vont faire un pari,
c'est avec Loto-Québec et pas ailleurs. Mais, peut‑être vous avez déjà discuté
ça, mais c'est juste une question là-dessus...
M. Girard (Groulx) :
Allez-y.
M. Kelley
: ...parce
que je vois ça trop, les pubs de... Et je ne dis pas de Loto-Québec...
M. Girard (Groulx) :
Mais, vous savez...
M. Kelley
: ...mais
en général, tous les sports présentement c'est quelque chose, là. C'est... On
va voir les enjeux de... comme une société, un jour.
M. Girard (Groulx) : Je
connais quelqu'un qui a le même agacement que vous, qui m'en parle souvent,
c'est le premier ministre du Québec, parce qu'on dirait que... C'est vrai que
la publicité des paris sportifs a augmenté. En fait, c'est rendu intégré à la
prestation de services, là. C'est qu'avant, on avait Don Cherry puis Ron MacLean,
maintenant, on a Ron MacLean, puis après on a le gars qui te propose les paris
sportifs entre les périodes, là. Puis même chose à TVA Sports puis RDS. C'est
un peu agaçant, et tous ces opérateurs-là ne sont pas des opérateurs légaux. Et
vous remarquerez sur les chaînes francophones, c'est Loto-Québec qui prend sa
place parce qu'on a fait des ententes d'exclusivité, parce que notre
responsabilité sociale est supérieure, tandis que sur le réseau anglophone, on
n'a pas ces ententes d'exclusivité, puis le modèle en Ontario est différent.
Alors là, on est bombardé d'opérateurs illégaux pour des paris sportifs.
M. Kelley : ...c'est
sûr. C'est un enjeu. Comme je dis, ce n'est pas mon dossier, puis...
M. Girard (Groulx) : Bien,
c'est notre dossier à tous.
M. Kelley : À tous. Non,
exactement, et je pense que beaucoup des gens, quand le gouvernement fédéral a
changé leur loi, ils ont pensé que tout était devenu légal partout au Canada.
Je pense que c'est juste une perception que des gens ont. Mais c'est sûr que
c'est... c'est une préoccupation. Et je sais qu'en même temps le gouvernement
prend des actions pour aviser la population des risques avec... quand même, de
faire des paris sur les sports, etc., mais c'est sûr qu'avec nos jeunes, on va
voir des conséquences dans les années qui s'en viennent parce que c'est partout
avec les sports, c'est incroyable.
M. Girard (Groulx) : Mais...
C'est un...
Le Président (M. Simard) : ...
M. Girard (Groulx) : Il
nous reste un peu de temps?
Le Président (M. Simard) : ...
à peine.
M. Girard (Groulx) : Alors,
c'est un problème auquel on va devoir s'attaquer ensemble, et les législateurs
de tous les partis vont devoir contribuer parce que la législation des paris
sportifs, c'est un enjeu complexe.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, sur ce, nous allons, avec votre consentement, prendre une légère
pause sur le temps de la partie gouvernementale. Y a-t-il consentement?
Des voix : ...
Le Président (M. Simard) :
Consentement. Alors, on se retrouve sous peu, dans quelques instants.
(Suspension de la séance à 17 h 26)
17 h 30 (version révisée)
(Reprise à 17 h 37)
Le Président (M. Simard) : Donc,
chers collègues, nous avons quorum, nous reprenons nos travaux. Et la parole
appartient au député de Maskinongé qui dispose d'environ 12 minutes.
M. Allaire : Merci, M. le
Président. Tantôt, j'ai bien compris, M. le ministre, que vous aviez peur de
vous faire pointer du doigt puis vous faire traiter de destructeur de projets,
entre autres avec le projet... le programme RénoVert, là, que vous avez... vous
avez cité, si ma mémoire est <bonne. Et...
M. Allaire :
... le
programme RénoVert, là, que vous avez... vous avez cité, si ma mémoire est >bonne.
Et je vous rassure, je sais que ce ne sera pas le cas dans le cas de... de...
tantôt, j'ai dit «RénoVert», mais dans le cas de Roulez vert, pardon, j'ai
mélangé les deux.
En fait, dans le cas de Roulez vert, je
pense qu'on y va, si je peux me permettre, correctement, dans le sens... C'est
une saine mesure, à mon avis, d'y aller de façon dégressive. Et j'ai moi-même
un véhicule électrique et, pour constater l'effet sur l'entourage, de voir
aussi le marché évoluer, de toute évidence, les gens vont engranger le
changement de façon naturelle, davantage de véhicules de disponibles. Les gens
qui vont avoir à modifier leur véhicule, à changer de véhicule, vont opter pour
un véhicule électrique et qui aussi pourrait être une option envisageable au
niveau du véhicule électrique d'occasion, parce qu'il y a aussi des rabais à ce
niveau-là, même si c'est un véhicule d'occasion.
Mais je pense que d'y aller de façon
dégressive, là, c'est une bonne idée parce que le marché, de façon naturelle,
là, va se mettre en place. Et on le voit, pour utiliser le réseau de bornes
partout au Québec, puis moi, je le vis, encore une fois, mais... puis je ne
veux pas trop me donner en exemple, mais ça se dit, ça se discute beaucoup, il
y a encore beaucoup à faire pour développer le réseau de bornes, pour que ce
soit plus fluide, plus accessible, que ce soit simple de se déplacer partout au
Québec. Des fois, honnêtement, c'est un peu un cassage de tête, bien... bien
honnêtement... Oui?
M. Girard (Groulx) : ...paniquant,
là, quand vous êtes une personne seule, la nuit, là, puis que, par exemple,
vous voulez faire Québec—Montréal, là, puis votre charge... Tu sais, qui veut
arrêter à Drummondville pour se charger dans un stationnement à 2 heures
du matin, là? C'est...
M. Allaire : M. le ministre,
je suis assez d'accord avec vous, là, pour de vrai, ça génère un petit stress
qui est fatigant chaque fois.
M. Girard (Groulx) : Une
anxiété de performance.
• (17 h 40) •
M. Allaire : Une anxiété,
oui, c'est bien dit. Oui, quand on fait nos caucus, qui sont très loin, des
fois, au Saguenay, ça génère un petit stress encore plus élevé. Arrêter à
L'Étape, on en a-tu assez pour se rendre? Puis là, il faut se rendre après ça à
Chicoutimi, par exemple. Mais bref, tout ça pour dire que ça se fait, mais ce
n'est pas idéal. Ça peut être plus optimal, ça, c'est sûr et certain, on
s'entend tous là-dessus. Mais alors ça, ça a été un élément qui est annoncé
dans le dernier budget, donc, une façon... de façon dégressive, le programme va
disparaître. Mais on a dit de façon très claire qu'on va investir davantage
dans le réseau.
C'était ma prémisse, mais pour dire qu'il
y a plusieurs éléments qu'on a annoncés sur... sur l'aspect environnemental.
Dans Maskinongé... Ça me permet de parler un peu de Maskinongé. Avec les
changements climatiques, on y a quand même goûté, dans les dernières années. Je
pense, en 2017, avant que je sois élu, à l'époque, c'était le Parti libéral qui
était au pouvoir, mais il y a quand même eu beaucoup d'inondations, entre
autres dans Maskinongé, avec le lac Saint-Pierre qui a débordé. Mais c'est
revenu en 2019 de façon quand même significative. Alors, moi, je l'ai vécu
comme élu, en 2019, mes bottes d'eau, aller aider les citoyens. Puis, au-delà
de l'aide, de l'aide physique, ce qu'ils souhaitaient, c'est une intervention
très soutenue de notre gouvernement, une intervention financière. On a été au
rendez-vous, à l'époque, on a annoncé plusieurs mesures pour aider aux
sinistrés. On a aussi annoncé un programme plus... plus flexible, plus rapide
pour donner un coup de main.
Là, je vois dans le budget, M. le
ministre, on annonce 127,5 millions de dollars sur cinq ans pour
aider aux changements climatiques. Je vous amène à la page C.65 de votre
budget, mais je pense que je n'ai pas besoin de vous le dire, vous le
connaissez par cœur. Dans cette mesure-là, on voit un 101 900 000 $...
pour assurer, pardon, la sécurité dans le contexte des changements climatiques.
Je sais que ce montant-là se décline, là, de plusieurs façons. Peut-être, je
peux vous laisser le décliner puis expliquer un peu les différentes mesures,
là.
M. Girard (Groulx) : Oui.
Alors, puisque vous m'avez pointé la page C.65, à la page C.66, on
décline le montant. Alors, il y a... ce 102 millions-là est composé de
61 millions pour agir face à la hausse des sinistres majeurs,
29 millions pour la SOPFEU, 7,7 millions pour assurer la fonctionnalité
des barrages publics et 3,9 millions pour la mise aux normes des barrages
municipaux.
Donc, si on y va avec la mesure <principale
qui est le...
M. Girard (Groulx) :
...
normes des barrages municipaux.
Donc, si on y va avec la mesure >principale
qui est le 61 millions pour faire face aux sinistres majeurs, alors ça,
c'est des crédits qui sont versés au ministère de la Sécurité publique. Et ce
qu'on y voit ici, dans le fond, c'est que «la hausse de la fréquence des
sinistres — ça, c'est à la page C.167 — ...peuvent
engendrer des conséquences graves. Une planification efficace... capacité
opérationnelle sont nécessaires. Ainsi, le gouvernement accompagnera les
municipalités pour la mise à niveau des pratiques en gestion des risques.» Et
puis c'est là que, notre collègue le ministre de la Sécurité publique, c'est
son projet, c'est la mise sur pied d'une nouvelle équipe consacrée au soutien
et à la coordination, équipe d'intervention constituée d'une réserve
opérationnelle, là. C'est comme la garde nationale pour les feux de forêt puis
les inondations, là, une équipe opérationnelle d'intervenants formés et
disponibles rapidement en tout temps. Appuyer l'École nationale des pompiers,
parce que ça prend des formations spécialisées, on ne combat pas des
inondations comme on combat des feux et on ne combat pas des feux de forêt
comme des feux urbains. Renforcer les effectifs, équipements plongeurs de la
Sûreté du Québec.
Alors, tout ça, on voit que c'est nos...
nos équipes de sécurité publique qui obtiennent des ressources, se forment pour
faire face à l'adaptation aux changements climatiques. Quant à la SOPFEU, bien,
c'est simplement accroître notre capacité d'intervention pour combattre les
feux de forêt exceptionnels. On a des nouveaux équipements, des effectifs
additionnels puis formation des effectifs.
M. Allaire : Je vais me
permettre de saluer la mesure, parce que je l'ai... je l'ai vécu, à l'automne
dernier, plus... Il y a eu peut-être un trois ou quatre jours de pluies assez
intenses un peu partout au Québec, mais particulièrement dans mon coin, au nord
de ma circonscription, à Saint-Mathieu-du-Parc, où c'est des rues entières qui
ont été... qui ont été emportées par certaines rivières qui ont débordé. Là, je
comprends qu'avec cette mesure-là, M. le ministre, c'est de l'aide qui va venir
aider un peu les municipalités à mieux gérer cette situation-là, notamment en
situation d'urgence. Aussi, les pompiers vont être plus en mesure d'intervenir
puis de donner un soutien adéquat dans le contexte. Est-ce qu'il y a aussi une
partie, puis là je ne le vois pas, là, mais pour aider, par exemple, les
différents propriétaires, si... advenant que ce seraient des chemins privés,
qui seraient capables de recevoir une aide financière pour refaire ces
routes-là où c'est dans une autre mesure?
M. Girard (Groulx) : Ce
n'est pas dans ces mesures-là, définitivement pas. Mais, par exemple, c'est
certain que toutes les municipalités ne peuvent pas avoir les équipes
spécialisées pour combattre les feux de forêt, puis les inondations, puis les
plongeurs, puis etc. Et donc d'où la nécessité d'avoir des équipes
d'intervention, cette réserve opérationnelle qui va se déplacer sur le
territoire du Québec pour faire face à ces situations-là, là. Par exemple, dans
ma région à moi, c'est la ville de... c'est les pompiers de Boisbriand qui
évoluent sur la rivière des Mille-Îles, là, tu sais. Et si... si c'était au
niveau de Rosemère, bien, c'est les pompiers de Boisbriand qui interviennent.
C'est eux qui ont l'expertise, là. Et donc on parle de... d'équipes hautement
spécialisées, et chaque municipalité et région ne peut pas avoir ça. Donc, on
doit avoir des unités opérationnelles sur l'ensemble du territoire.
M. Allaire : Il y a un
montant aussi qui... de 25,6 millions pour la mise en valeur de richesses
environnementales. Celui-là, est-ce qu'on le voit... on le décline aussi d'une
certaine façon? Là, je ne le vois pas.
M. Girard (Groulx) : Ça,
c'est... Quelle page êtes-vous?
M. Allaire : Toujours...
M. Girard (Groulx) : C.70.
M. Allaire : C.70.
M. Girard (Groulx) : Alors,
pour l'optimisation, processus d'autorisation environnementale, ça, c'est...
Attendez un instant, là. Vous, vous parlez de quels 25 millions?
Page C.70. OK. L'heure avance, M. le Président. Parce que je disais «C.70»,
mais j'avais ouvert C.72.
Le Président (M. Simard) : ...
M. Girard (Groulx) : OK.
Alors, d'où mon incrédulité devant...Excès de stimuli, là. Il y <avait...
M. Girard (Groulx) :
...
OK. Alors, d'où mon incrédulité devant...Excès de stimuli, là. Il y
>avait... Monsieur me parlait de C.70, moi je regardais C.72, puis ma
sous-ministre essayait de me dire que je n'étais pas à la bonne page.
Le Président (M. Simard) : ...durant
la pause.
M. Girard (Groulx) : Voilà.
Excès de stimuli, il ne faudrait pas... Il ne faudrait pas de... Il ne faudrait
plus de barres tendres, M. le Président. Alors, ce 25,6 millions vise à
mettre en valeur les richesses environnementales. Puis là on voit qu'il y a le
site patrimonial mondial d'Anticosti, 14 millions, le parc national de
Nibiischii, 1,4 million. Pour les gens qui nous écoutent, quiz : Où
est le parc national de Nibiischii? Il y a 8,5 millions pour poursuivre
les processus de... accélérer le processus d'autorisation environnementale,
sans faire de concession sur l'évaluation environnementale, et finalement
soutenir les communautés autochtones dans leur gestion et la mise en valeur de
la faune, 1,5 million.
M. Allaire : La mesure, là,
poursuivre l'optimisation du processus d'autorisation, vous... vous l'avez
élaborée un petit peu, mais quand même j'aimerais ça vous entendre un peu plus
parce que ça pique quand même ma curiosité. Ça pourrait être, dans le fond,
plus efficace puis, d'une certaine façon, plus... vraiment plus rapide, là,
dans les... dans les décisions qu'on peut rendre à ce niveau-là, est-ce que
c'est un peu ça?
M. Girard (Groulx) : Oui.
Bien, ce qu'on dit, c'est qu'il y avait déjà eu des sommes qui avaient été
mises en... en 2018, puis là on reconduit cette initiative, puis que, là, on
prévoit un montant de 8,5 millions sur cinq ans.
M. Allaire : C'est bon. Merci,
M. le ministre.
Le Président (M. Simard) : Merci,
cher collègue.
M. Girard (Groulx) : Merci
beaucoup.
Le Président (M. Simard) : Je
cède maintenant la parole au député de Marguerite-Bourgeoys, qui dispose de
17 min 30 s.
M. Beauchemin : OK. Donc, je
fais mes deux blocs de façon pas conséquente, un bloc, après ça on alterne,
après ça...
Le Président (M. Simard) : Exactement.
Tout à fait.
M. Beauchemin : Parfait.
M. Girard (Groulx) : ...
Le Président (M. Simard) : Oui.
En théorie, oui.
M. Girard (Groulx) : OK. Et
est-ce qu'il reste un bloc à la deuxième opposition?
Le Président (M. Simard) : Non,
pas pour... non.
M. Girard (Groulx) : Non? OK.
Et pour mon information, est-ce que la troisième opposition avait un bloc et
ils ne l'utilisent pas où ils n'avaient pas de bloc?
Le Président (M. Simard) : Non,
ils n'en avaient pas.
M. Girard (Groulx) : Voilà.
Me voilà informé, M. le Président.
• (17 h 50) •
M. Beauchemin : Donc, il
reste juste moi.
M. Girard (Groulx) : Allons-y.Et nos collègues du gouvernement.
M. Beauchemin : D'accord,
mais en termes d'opposition. Donc, je voulais juste revenir un peu sur ce sur
quoi on avait la dernière conversation avec mon collègue de... de
Jacques-Cartier. On parlait des sociétés d'État. L'objectif qui a été mentionné
lors de la présentation du budget : 1 milliard.
M. Girard (Groulx) : ...
M. Beauchemin : Sur cinq ans.
J'assume que vous avez des conversations, donc, avec Loto-Québec, avec la SQDC,
avec la Société des alcools, avec... avec, en fait, tous les partenaires,
Hydro-Québec et tout, là, pour en arriver à donner votre... votre estimé de
1 milliard. Est-ce que c'est des conversations qui ont eu lieu ou...
M. Girard (Groulx) : Bien,
c'est-à-dire que, par courtoisie, on a appelé les dirigeants et les présidents
de... les présidents ou les présidentes des CA et on leur a dit qu'il y aurait
cette annonce. Puis ça, ça s'est fait, là... le budget, c'était mardi, ça s'est
fait soit le vendredi ou le lundi qui précédaient le budget. On leur a dit
qu'il y aurait cette mesure-là dans le budget, pour ne pas qu'ils soient
surpris. Et on leur a dit que suivrait à ça... après le budget, il y aurait des
communications écrites pour annoncer formellement, informer le conseil
d'administration puis la direction qu'on cherche des efficiences qui totalisent
400 millions en 2028‑2029. Total, 1 milliard, cinq ans. Et on va
travailler avec eux pour déterminer la... ce qui est réaliste pour chacune des
sociétés d'État, et eux vont identifier si l'effort va se faire plutôt au
niveau des revenus ou des dépenses, etc. Ça fait que le... il y a eu des appels
de courtoisie.
M. Beauchemin : Je n'ai pas
fait ce... ce genre d'appel là pour demander ce genre de rationalisation, qu'on
peut dire, mais j'assume quand même que vous avez regardé le PNL, vous avez
regardé le... l'ensemble des dépenses de chacune des sociétés, total complet.
Je n'ai même pas le chiffre, mais on parle de pas loin d'une... de 25,
30 milliards de dollars, dans ces alentours-là, approximativement.
M. Girard (Groulx) : ...5 %.
Peut-être me rappeler la métrique exacte, là, c'est...
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : 5,8 %
en... Le montant, en 2028‑2029, c'est 5,8 % du <bénéfice qui est...
M. Girard (Groulx) :
5,8 %
en... Le montant, en
2028‑2029, c'est 5,8 % du >bénéfice qui
est anticipé.
M. Beauchemin : D'accord.
M. Girard (Groulx) : De la
somme des bénéfices.
M. Beauchemin : Puis
j'imagine que, pour guider chacun des présidents, présidentes de CA à réfléchir
à son intervalle...
M. Girard (Groulx) : Sa
quote-part.
M. Beauchemin : ...sa
quote-part, vous vous êtes basés, donc, sur l'ensemble, c'est ça : Boum,
boum, boum, voici ce que je m'attends pour SQDC, approximativement, mais on se
reparle plus tard pour voir le plan de match, si c'est réaliste, etc. Parce
qu'il y a un processus, j'imagine, à l'intérieur de chacune des sociétés
d'État.
M. Girard (Groulx) : Il y
aura un processus où on va définitivement... Nous, on a identifié un objectif
de 5,8 % des bénéfices, qui correspond à 400 millions, en 2028-2029.
Maintenant, ce ne sera pas paramétrique, là. Par exemple, si on prend la
Société des alcools, il n'y a pas de croissance de la demande, là. La
consommation d'alcool n'est pas en hausse au Québec, OK, on a très peu de
progression. On pourrait même dire, là, que c'est stable. Donc, clairement,
eux, ça va devenir... de voir venir des coûts. Et puis c'est une situation...
Si je compare deux sociétés d'État qui sont sous moi, là, Loto-Québec a la
possibilité d'aller chercher des parts de marché; même chose pour la SQDC. Parce
qu'on a à peu près 56 % du marché noir. Il y a donc possibilité
d'augmenter à 60 %, 65 %. Même chose, Loto-Québec. Pour la SAQ, il
n'y a pas de croissance de la demande, il n'y a pas de part de marché à aller
chercher. Donc, ce n'est pas la même opportunité chez Loto-Québec ou la SQDC,
que chez la SAQ.
M. Beauchemin : Donc, par
rapport à ce qu'on disait tout à l'heure, quand on parlait de la bonne gestion,
donc, au niveau des dépenses en tant que telles, l'approche, par exemple,
utilisée avec les sociétés d'État, c'est : Trouvez-nous un moyen d'en
arriver à ce genre de pourcentage, ce genre de... bien, pas d'économie, mais
de...
M. Girard (Groulx) : Prenez
votre plan stratégique tel qu'il est aujourd'hui. Mettons, société X, prenez
votre plan stratégique tel qu'il est aujourd'hui et, à l'an 5, ajoutez 78 millions.
M. Beauchemin : Ça fait que
ça peut venir autant des revenus...
M. Girard (Groulx) : Des
dépenses.
M. Beauchemin : ...que des dépenses.
Et puis...
M. Girard (Groulx) : Oui.
Puis c'est vraiment eux qui connaissent leurs sociétés d'État.
M. Beauchemin : Oui. Puis
pour... Bien, en fait, de par les expériences passées, on cite souvent la
résistance au changement. Quand on arrive, justement, à faire de la
rationalisation, des fois, c'est plus difficile, etc. Mais ça m'amène à la
question suivante, c'est que... Comment allez-vous définir le succès de cette
optimisation, dans le sens que, bon... Est-ce que 1 milliard, c'est le bon
chiffre? Est-ce que la difficulté pour se rendre à 1 milliard, sur une
échelle de 10, c'est 9, ou est-ce que c'est 1, ou... Comment peut-on mesurer,
donc, la résistance, là, à ce changement-là? Puis est-ce que ça, ça n'a pas...
ça pourrait potentiellement être, pour vous, si, par exemple, la réponse, c'est
2,7 sur 10, peut-être, une source d'inspiration?
M. Girard (Groulx) : C'est
certain que, si elles peuvent contribuer encore plus, ça veut dire qu'il y aura
moins à faire au niveau de l'examen ou... Les revenus des sociétés d'État, ça
paie des écoles puis des hôpitaux, là, ça va dans le fond consolidé puis... Sauf
pour le cannabis, là, qui va au fonds de prévention... de lutte au cannabis,
mais... fonds de lutte aux dépendances, excusez-moi. Je pense que, chaque
société d'État, c'est différent. Par exemple, si on prend Investissement Québec,
c'est clair qu'eux ils ont eu une croissance de leurs effectifs, OK, ils ont
une croissance de leurs interventions, ils ont eu une croissance de leurs effectifs.
Si on prend la SAQ, pas de croissance de revenus. Il y a eu croissance de
revenus, mais au rythme de l'inflation, c'est comme consommation constante,
2 % d'inflation. Donc, ça devient... ça devra venir de la gestion des
dépenses. Loto-Québec, clairement, il y a une opportunité; SQDC, il y a une
opportunité de capturer des <parts de marché...
M. Girard (Groulx) :
...
clairement, il y a une opportunité; SQDC, il y a une opportunité de capturer
des >parts de marché; Hydro-Québec business, qui doit faire des
investissements majeurs.
Puis généralement, lorsqu'on fait des
investissements, c'est pour aller chercher des dividendes. Et donc eux aussi...
Hydro-Québec, c'est... La contribution d'Hydro-Québec est deux fois plus
élevée, par exemple, que la SAQ ou Loto-Québec. C'est notre plus grosse société
d'État, donc un montant équivalent en proportion est plus faible. Mais c'est
une business réglementée, les tarifs, ça passe par la régie. Ce ne serait
certainement pas un succès de l'exercice si, à la fin, on arrivait, puis
c'était une hausse de tarifs, là. Ça ne tient pas debout, là. Il faut trouver
de l'efficience dans Hydro-Québec.
M. Beauchemin : ...à ce que
je disais. Dans ma question, c'était ça. C'est dans le sens que, bon, cet exercice-là
pour... pour utiliser une expression de golf, on peut «sandbagger» nos
chiffres, OK, puis ils vont être vraiment trop faciles à gérer. Dans la
question que je pose, finalement, est-ce qu'il va y avoir une façon de mesurer
le niveau d'exercice, peut-on dire, pour se rendre à livrer le milliard
additionnel pour chacune...
M. Girard (Groulx) : Il va y
avoir un exercice formel avec un suivi, lettre... Là, il y a eu un appel de
courtoisie. Après ça, il y aura une lettre formelle, PDG, présidents de CA. Là,
eux informent leurs équipes; là, travaillent avec les professionnels du
ministère des Finances, leurs équipes, pour identifier comment on peut bonifier
les prévisions de revenus qui sont dans le cadre financier. Comme on avait, par
société d'État, on avait des prévisions, puis là ces prévisions-là de revenus
doivent être augmentées de 300 millions, en 2027-2028, puis 400 millions,
en 2028-2029, et donc ça va nécessiter des gestes réels.
• (18 heures) •
M. Beauchemin : Mais, quand
on... quand on regarde la page G.42, là, la fameuse page G.42, pour
ce qui est de Loto-Québec, là, spécifiquement, il n'y a pas d'augmentation dans
le tableau qui est présenté là.
M. Girard (Groulx) : Exact.
M. Beauchemin : Donc là, vous,
vous leur avez dit : Bien moi, je ne veux pas voir ces chiffres-là pour
2025-2026 puis...
M. Girard (Groulx) : Bien,
mettons qu'on rajouterait deux années, là, puis que, la cinquième année, ce
serait encore 1,5 milliard, là. Bien, si on... si, après discussion avec
eux, on arrivait qu'à dire : Bien, 1,6 est possible, bien là, on vient de
trouver 100 du 400 qu'on cherche.
M. Beauchemin : Mais il y
a... Donc, dans ces chiffres-là, il n'y avait aucunement... Parce que, dans la
première année, il y a quand même un exercice qui est fait, «right»?
M. Girard (Groulx) : L'effort
demandé, là, il y a une ligne... C'est-à-dire qu'on ne leur demande rien la
première année.
M. Beauchemin : L'effort
demandé est de 100 millions, c'est ça?
M. Girard (Groulx) : En
2025-2026.
M. Beauchemin : Oui. Ça,
c'est l'effort demandé, là, pour arriver au milliard.
M. Girard (Groulx) : Au
milliard, c'est ça : 100, 200, 300, 400...
M. Beauchemin : OK. Donc, majoritairement,
Hydro-Québec.
M. Girard (Groulx) : Pas
nécessairement. L'effort demandé ici n'est pas réparti dans les cinq sociétés,
là. Il est possible qu'en 2025-2026 le 100 millions vienne complètement de
Loto-Québec.
M. Beauchemin : OK. Ça fait
que, là, en comprenant mieux le tableau, ce que je comprends, c'est que le
total, c'est 6 157 000 000 $. On demande un 100 millions
additionnel, pour un total final de 6 257 000 000 $.
M. Girard (Groulx) : Correct.
M. Beauchemin : OK. D'accord.
OK. Bon, bien, écoutez, ça, ça m'amène... Il reste combien de temps?
Une voix : ...
M. Beauchemin : OK. Ça m'amène
à essayer de comprendre les revenus autonomes.On était...
M. Girard (Groulx) : Oui, on
avait un peu commencé avec ça les 10 heures. Ça fait qu'on va finir avec
ça. Allons-y.
M. Beauchemin : Oui. Alors,
ça, c'est la page que j'ai devant moi, là, A.20 du budget déposé au mois de
mars 2023.Et quand on regarde la variation des revenus autonomes, la
variation, pour 2024-2025, 2025-2026 et 2026-2027, elle était de 3,4 %,
3,3 % et 3,8 %, OK?
M. Girard (Groulx) : Oui.
M. Beauchemin : Donc, ça,
c'est l'image basée sur le budget de l'an passé. Quand on regarde...
18 h (version révisée)
M. Beauchemin : ...donc,
ça, c'est l'image basée sur le budget de l'an passé. Quand on regarde le budget
que vous avez déposé, mardi, il y a deux semaines demain, pour la même période,
les chiffres sont 4,7 %, 4,3 % et 4,6 %, donc plus élevés.
M. Girard (Groulx) : ...
M. Beauchemin : Prévisions
économiques...
M. Girard (Groulx) : Mais
la base est plus basse, là. Parce que les revenus autonomes sont plus bas en
2023-2024, là.
M. Beauchemin : Ça a-tu
vraiment un effet? La deuxième dérivée de ça, c'est vraiment fort de même?
M. Girard (Groulx) : Bien,
on voit 2023-2024, revenus autonomes, 115 486. Puis on était à 117 989...
M. Beauchemin : Bien oui,
mais en pourcentage par rapport à l'année qui était précédente... Ceci étant
dit, je veux dire, on a les mêmes... Je parle d'au niveau de la première
dérivée, donc de la variation, OK?
M. Girard (Groulx) : Oui.
M. Beauchemin : 4,7 %,
4,3 %, 4,6 %, ça inclut la base de référence. Donc, c'est pour ça que
je me dis, quand je regarde ces chiffres-là, dans le contexte économique qu'on
a eu qui était en 2003, finalement, une prévision initiale de 0,6 % du
produit intérieur brut, quand on regarde la page du dépôt de mardi, il y a deux
semaines, la même expectative au niveau de la croissance économique, qu'est-ce
qui peut justifier cette différence significative? Ce n'est pas... Je comprends
les... Je vois que les chiffres sont plus élevés, on le voit tous, là, mais j'essaie
de comprendre le fondamental en arrière du pourquoi.
M. Girard (Groulx) : OK.
Alors là, il faut aller à la section sur les revenus dans le budget, qui est la
page G.39, OK, évolution des revenus autonomes. Puis là on a le fameux 4,7 %
et le 3... Je vais vous laisser vous rendre, là, à G.39, revenus autonomes, 4,7 %
et 3,8 %, OK? Et puis là, on veut comprendre pourquoi il y a 4,7 % et
3,8 %. Et puis là, les explications associées à ça... Ah! vous, vous êtes
à la page G.20.
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Non,
mais ce n'est pas ça, là. Je veux les taux de croissance qui expliquent le 4,7 %
puis le 3,8 %.
M. Beauchemin : ...pourquoi
le 3,8 % n'est pas le même que le 4,6 %?
M. Girard (Groulx) : Ici,
on est avant «entreprises du gouvernement». On est au «excluant ceux des
entreprises du gouvernement».
M. Beauchemin : Donc, on
ne fait pas référence à la même ligne, qui est à la page G.7?
M. Girard (Groulx) : Effectivement.
Bien, c'est-à-dire que...
M. Beauchemin : OK.
M. Girard (Groulx) : On
y va en détail, là. Après ça, on arrive aux transferts fédéraux puis on a les
variations.
M. Beauchemin : OK. Je
vais vous suivre, là.
M. Girard (Groulx) : OK.
Parfait. Mais si... La question, par exemple, là, si on veut savoir pourquoi l'impôt
des particuliers augmente de 6 %, OK, bien là, il faut aller voir la note 2
et la note 3. Pourquoi l'impôt des sociétés fait 6,3 %... Puis là,
notamment pour les revenus des entreprises du gouvernement, bien là, on voit — ça,
c'est la page G.42, là — que 2023-2024, on a eu une baisse des
revenus de 21 %, puis que, là, on a une hausse de 4,3 %, 2024-2025
sur 2023-2024. Mais ce n'est pas vraiment... Ce n'est pas le 4,3 % qui est
frappant, c'est le -21 %.
Bref, il faut regarder la variation de la
base, l'année 2023-2024, qui est plus basse que prévue. Alors ça, si vous
baissez la base pour un niveau de revenu constant, ça augmente les taux de
croissance.
Le Président (M. Simard) :
Merci, M. le ministre.
M. Beauchemin : On va
revenir.
M. Girard (Groulx) : D'accord.
Le Président (M. Simard) : Nous
venons de conclure ce bloc d'échange. Et je cède la parole au député d'Orford,
qui dispose de 16 minutes.
M. Bélanger : 16 minutes...
Bon, parfait. Merci, M. le Président. M. le Président, je voudrais revenir sur le
déficit, puis peut-être faire certaines analogies puis faire peut-être aussi un
peu une <séance...
M. Bélanger :
...le
déficit, puis peut-être faire certaines analogies puis faire peut-être aussi un
peu une >séance de remue-méninges, mais constructive. Je vais revenir
encore à mon âge, hein, j'ai passé une bonne partie de ma vie comme
entrepreneur, mais aussi comme conseiller, puis je me rappelle des années 90,
où j'avais autant des clients du domaine du privé... mais que j'avais du
domaine du public puis j'avais Ottawa, qui était le gouvernement fédéral, et
puis trois mandats, un avec travaux publics Canada, l'autre, approvisionnement
et services Canada, puis, l'autre, la Défense nationale. Et puis, au début des
années 90, ça n'allait vraiment pas bien, le déficit était énorme.
Puis les gouvernements, habituellement,
lorsque les déficits sont significatifs, on parle de rationalisation. Puis il y
a deux façons de faire, lorsqu'on parle de rationalisation : il y a
l'ordre, c'est-à-dire que le ministre ou le premier ministre dit : Vous me
coupez tant de pour cent dans chacun des ministères, dans chacune des sociétés,
et, souvent, cette façon-là de faire génère un peu d'austérité et il y a une coupure
au niveau des services... Mais je voudrais revenir au privé, au privé,
parce que j'ai été aussi dans le privé, puis, lorsque tu as un déficit dans le
privé, tu vas voir ton banquier, puis, M. le ministre, il a été banquier... Puis
qu'est-ce que le banquier fait? Est-ce que tu lui dis : Je vais éliminer
mon déficit par une augmentation de mes revenus, regarde mon plan d'affaires,
ça va bien aller, ou... Moi, la réponse est : il va te dire de réduire ton
déficit en diminuant tes dépenses. Ça fait qu'au niveau du privé, la priorité,
la plupart du temps, quand tu as un déficit, c'est de revenir à un BAIIA qui
est plus raisonnable, là, bénéfice avant impôts, amortissements, etc., et
puis... ou un ratio de ta couverture de dette qui est acceptable et... ou bien
tu demandes à l'actionnaire d'injecter du capital.
Qu'est-ce qui pourrait s'apparenter à
injecter du capital en tant qu'actionnaire d'une société privée, si on essaie
de comparer ça avec une société qui est publique? Bien, c'est peut-être
d'augmenter des taxes ou des impôts — ça fait qu'on n'est pas là, M.
le Président — ou d'une vente d'actifs. Tu peux décider aussi, en
tant que société privée, de vendre des actifs qui vont venir combler ta dette
ou faire un remboursement de dette.
• (18 h 10) •
Pour une société qui est publique ou un gouvernement,
bien, une vente d'actifs pourrait, dans certains cas, aider à diminuer le
déficit. Mais je veux en revenir à la différence entre un mandat au niveau
public et un mandat au niveau privé. Et j'avais un peu une frustration, lorsque
je faisais ces fameux mandats-là. C'est pour ça qu'à peu près 90 % des
mandats étaient beaucoup avec le privé, parce qu'on réussissait à accomplir les
objectifs. Parce que, lorsqu'il y avait un engagement au niveau des réductions
des dépenses, la probabilité de le réaliser était beaucoup plus élevée. Puis,
lorsqu'on fait un mandat de réduction des dépenses au niveau... au niveau de
sociétés publiques ou au niveau d'un gouvernement, au niveau de divers
ministères, il y a des phénomènes qui sont... qui font que la possibilité de
réaliser, justement, cette réduction-là de dépenses, elle est plus faible.
Puis je donnerais l'exemple de... Je me
rappelle d'un terme qui... ça va me rester longtemps, c'était au niveau du
fédéral, c'était un terme... on disait «py», p-y, «person-years», c'est un
élément important, parce que «person-years», c'est le nombre de
personnes-années qu'on a dans un département ou dans un ministère. Et, souvent,
les... au niveau hiérarchique ou au niveau budgétaire, il y avait... dans ce
temps-là, je ne dis pas aujourd'hui, dans ce temps-là, il y avait des liens
entre la taille d'un ministère, la taille de son budget et le nombre de
ressources. Donc, on était portés à chercher uniquement des réductions des
dépenses par attrition, c'est-à-dire qu'on attend qu'il y en a certains qui se
rendent à la retraite, et le poste de travail est coupé.
Aujourd'hui, avec la transformation
numérique, on a une nouvelle possibilité, c'est-à-dire, si on prend
l'intelligence artificielle, si on prend la numérisation des formulaires, on
peut arriver avec une approche de réduction en changeant les descriptions de
tâches. Mais là il y a quand même <les...
M. Bélanger :
...de
réduction en changeant les descriptions de tâches. Mais là il y a quand même >les
syndicats, il y a des enjeux, il y a des négociations, ce n'est pas si
complexe.
Moi, je voudrais avoir l'opinion du
ministre sur... au niveau de la réduction de la dette, sans chiffres précis ou
sans pourcentages... mais quels sont les leviers entre... ou quelle est la
balance entre l'augmentation des revenus puis la réduction des dépenses,
sachant que — je vais revenir à l'historique — typiquement,
si on réussissait à atteindre 3 % de réduction des dépenses dans le
secteur public, c'était une victoire, tandis que dans le secteur privé, on
pouvait chercher jusqu'à 10 % de réduction des dépenses? Pourquoi? Bien,
les éléments que je vous explique... tantôt, qui est... Bon, il peut y avoir
l'élément de négociation avec le syndicat, mais il y a aussi un élément de
culture, il y a un élément de culture.
Je me rappelle très bien aussi, dans ce
temps-là... Ça a pu changer, puis ce n'est pas Québec, c'est peut-être Ottawa...
Mais je me rappelle que c'était, comme, impossible de réduire un budget,
c'est-à-dire que le budget que tu devais avoir au mois d'avril, le 1er avril
était soit le budget de l'année précédente ou mieux. Donc, quand tu arrives
dans une optique de réduction des dépenses, on s'entend-tu qu'il y a un bon
défi?
Ça fait que c'est un peu là ma première
question. Ma première question, c'est : Entre réduction des dépenses et
augmentation des revenus, quelle est la proportion? C'est-tu 50-50? Bon, sur
1 milliard, on va-tu aller chercher 5 milliards de réductions de
dépenses? Je sais qu'on avait déjà... il y avait une annonce de
5 000 ressources. Ça, c'est un élément. Est-ce qu'on envisage des
ventes d'actifs? Je ne pense pas, hein, tu sais, on n'est pas dans le privé, mais,
des ventes d'actifs... Et puis l'augmentation des revenus, bien, l'augmentation
des revenus, c'est certain que, si les salaires augmentent, ça donne... ça fait
une augmentation de revenus, parce qu'on a plus de retours d'impôt, on ne
prévoit pas augmenter les taxes, mais, s'il y a une croissance économique, ça
représente une croissance des revenus pour l'État.
Donc, je voulais peut-être... Ça, c'était
ma première question, j'ai plusieurs autres questions. Mais, si le ministre
pouvait me donner un peu ses... des indications sur... entre la réduction des
dépenses et l'augmentation des revenus, et puis dans quels secteurs... C'est-tu
au niveau... via la filière énergie électrique? Est-ce que c'est un des
vecteurs de croissance de l'économie qui est majeur? Je le crois, mais
peut-être qu'il y en a d'autres.
M. Girard (Groulx) : Mais
vous, vous parlez spécifiquement pour les sociétés d'État, là?
M. Bélanger : Ah! bien
non, je parle... sociétés d'État et les différents ministères aussi.
M. Girard (Groulx) : OK,
OK. Bon. Alors, pour...
M. Bélanger : Mais pas
vente d'actifs dans les ministères, on s'entend.
M. Girard (Groulx) : ...
pour les ministères, on parle de dépenses...
M. Bélanger : Oui, oui.
M. Girard (Groulx) : ...on
parle de réduire les dépenses, OK?
M. Bélanger : Tout à
fait.
M. Girard (Groulx) : Alors,
c'est un exercice de révision des dépenses budgétaires qui totalisent
136 milliards. Et puis, s'il s'avérait qu'on coupait... par exemple qu'on
éliminait 1 % des dépenses, bien, ça donne 1,3 milliard. 1,3...
M. Bélanger : Donc, le
3 %, ce n'est pas mal, ça serait bien.
M. Girard (Groulx) : 3 %,
bien, ce serait 5 milliards... non, 4. J'ai définitivement trop de
stimuli, M. le Président.
Les sociétés d'État, ce n'est pas pareil. On
ne permettra pas à la SAQ de dire : Bien là, je vais augmenter le prix des
bouteilles. Non. Ça, ce n'est pas de l'efficience, ça, c'est une hausse de
prix. Alors, nous, ce qu'on cherche, c'est de l'efficience. Par contre, la
SQDC, la... Loto-Québec, il y a des parts de marché à capturer dans le respect
de la loi, puis la constitution, puis la responsabilité sociale. Alors, il y a
des opportunités.
Mais on cherche à réduire la dépense
fiscale et la dépense budgétaire, donc la majorité de l'effort va se faire au
niveau des dépenses. Et, si le crédit d'impôt... si on éliminait un crédit
d'impôt qui est non remboursable, par exemple, bien là, ça, ça a un effet sur les
revenus, là. Mais là on est dans des technicalités qui, je soupçonne,
n'intéressent pas particulièrement notre auditoire, mais il y a une distinction
entre les crédits d'impôt remboursables et non remboursables.
Alors, moi, je vous dis les grands
principes. On a un <problème...
M. Girard (Groulx) :
...remboursables
et non remboursables.
Alors, moi, je vous dis les grands
principes. On a un >problème de niveau de dépenses, on n'a pas un
problème de revenus. La science économique dit qu'entre augmenter les revenus
puis réduire les dépenses, lorsque vous êtes dans une situation déficitaire, il
est nettement optimal de réduire ses dépenses versus augmenter ses revenus, et
donc tout pointe vers une réduction des dépenses plutôt qu'un effort aux
revenus.
M. Bélanger : Sans
réduire les services, puis c'est un peu le défi. Moi, je reviens encore...
M. Girard (Groulx) : Bien
sûr...
M. Bélanger : ...cent ans
en arrière, les...
M. Girard (Groulx) : ...mais,
ça, ce n'est pas de l'efficience, là. Des coupures de services, ce n'est pas de
l'efficience.
Le Président (M. Simard) :
Très bien.
M. Bélanger : Effectivement...
Le Président (M. Simard) : Alors,
chers collègues...
M. Bélanger : Le temps
est écoulé?
Le Président (M. Simard) : Il
achève.
M. Bélanger : Parfait.
Le Président (M. Simard) :
Vous auriez... Rapidement, une intervention?
M. Girard (Groulx) : Allez-y.
M. Bélanger : Non, non,
non.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, sur ce, ce bloc d'échange est terminé. Et je cède la parole au
député de Marguerite-Bourgeoys, pour sa dernière intervention.
M. Beauchemin : Juste
pour mettre dans le contexte, tout à l'heure, M. le ministre, vous parliez que,
tu sais, on ne demande pas justement aux sociétés d'État, là, de faire des
hausses de prix. Comment il s'appelle, le CEO de... M. Farcy, Jacques
Farcy, au mois de février, est sorti en disant que la SAQ va augmenter ses
marges.
M. Girard (Groulx) : ...écoutez,
à chaque... deux fois par année, la SAQ ajuste ses prix, OK, et le geste qui a
été posé par la SAQ, l'ajustement des marges, ça, ça précède le budget. Moi, je
vous donne l'orientation générale qu'on constate qu'il n'y a pas de hausse de
la demande d'alcool au Québec, et donc on n'a pas l'intention de pousser des
hausses de prix pour augmenter les revenus de la SAQ. Ça fait que le cas de la
SAQ, c'est parce qu'il n'y a pas de hausse de la demande.
• (18 h 20) •
M. Beauchemin : Je
comprends. Dans le contexte, cependant, où est-ce qu'on ne parle pas
d'augmenter la... le... peut-être, le volume d'affaires, je ne sais pas si ça
se mesure de cette façon-là, mais la demande en tant que telle...
M. Girard (Groulx) : La
demande, les volumes de ventes.
M. Beauchemin : ...les
volumes de ventes, c'est quand même 1,7 % d'augmentation de... qui a été,
par M. Farcy, annoncé.
M. Girard (Groulx) : Oui,
ça, c'est sa gestion de ses objectifs budgétaires 2023-2024.
M. Beauchemin : Donc, ce
que vous me dites, c'est que, dans la perspective d'aller chercher un effort
supplémentaire, dans les colonnes de prévisions déjà actuelles de la Société
des alcools, dans votre document, son 1,7 %, ou peu importe ce qu'il
estime aura à être... était déjà inclus dans ses revenus.
M. Girard (Groulx) : Oui...
M. Beauchemin : D'accord.
M. Girard (Groulx) : ...oui,
ça précédait le budget.
M. Beauchemin : Donc, il
ne pourra pas aller au-dessus de ça.
M. Girard (Groulx) : Il
ne pourra pas faire ça à tous les six mois, non, pas avec moi dans cette
chaise-ci.
M. Beauchemin : OK,
d'accord. Bon. Alors, revenons à ce qu'on essayait d'expliquer tout à l'heure,
juste pour remettre le contexte un petit peu, M. le ministre. Lors du dépôt du
budget en mars 2023, la prévision économique de croissance du Québec, pour
l'année 2024 et 2025, était de 1,4 %.
M. Girard (Groulx) : Exact.
M. Beauchemin : Avec ça,
il y avait des augmentations des revenus autonomes, en pourcentage, pour
l'année 2024-2025, 2025-2026, 2026-2027, de, dans le même ordre,
3,4 %, 3,3 % et 3,8 %. La réalité d'aujourd'hui est différente.
Mardi, il y a deux semaines déjà, vous déposez un budget avec une croissance...
une prévision de la croissance économique de 0,6 %, donc à peu près... un
peu moins que la moitié.
M. Girard (Groulx) : Exact.
Et révision à la baisse, définitivement.
M. Beauchemin : D'accord.
Et, dans ce cas-ci, les revenus autonomes, la variation, elle est majorée à la
hausse à 4,7 %, 4,3 %, 4,6 %. Et, tout à l'heure, vous étiez en
train de m'expliquer pourquoi vous étiez arrivés à ça.
M. Girard (Groulx) : Bien,
il faut juste faire attention au fait que la base, l'année 2023-2024, elle
aussi, est révisée à la baisse, et que, toutes choses <étant...
M. Girard (Groulx) :
...l'année 2023-2024,
elle aussi, est révisée à la baisse, et que, toutes choses >étant égales
par ailleurs, si vous baissez la base 2023-2024 puis que vous maintenez au
même niveau 2024-2025, bien, le taux de croissance va augmenter, OK? Ça,
c'est un effet de base, OK, on met ça de côté, mais c'est important, parce
qu'il y a eu aussi une révision en 2023-2024 puis il y a aussi eu la faible
hydraulicité en 2023-2024, qui plombe les résultats d'Hydro-Québec, puis, ça,
ça a un gros... c'est 1,5 milliard, donc c'est... juste ça, c'est 1 %
de revenus de moins pour le gouvernement.
Maintenant, si on prend chaque élément,
là, chaque élément se retrouve à la page...
M. Beauchemin : Mais,
juste avant que vous plongiez là-dedans, on s'entend que les deux éléments que
vous venez juste de mentionner, c'est des effets qui vont s'opposer.
M. Girard (Groulx) : Non,
c'est...
M. Beauchemin : La base
va plus bas, donc le pourcentage va être normalement plus haut si on garde le
même objectif.
M. Girard (Groulx) : Oui.
M. Beauchemin : Mais les
revenus d'Hydro-Québec sont moindres.
M. Girard (Groulx) : En
2023-2024.
M. Beauchemin : En
2023-2024.
M. Girard (Groulx) : Ça
fait partie de la base, c'est le même effet.
M. Beauchemin : Ah! OK,
d'accord, en 2023...
M. Girard (Groulx) : J'ai
dit un peu deux fois la même chose. Il y a moins de revenus en raison de l'économie,
puis il y a moins de revenus en raison de la faible hydraulicité.
M. Beauchemin : D'accord.
OK, c'est beau.
M. Girard (Groulx) : OK?
Et, après ça, à la page G.39, là, derrière le 4,7 % et le... En fait,
vous, vous... Si on construit, là, ce que... ce qui vous... «agace», ce n'est
peut-être pas le bon terme, là, mais le 4,7 % de croissance des revenus
autonomes, là, c'est un peu ça qui... Vous, vous dites : 4,7 % de
croissance de revenus autonomes, c'est beaucoup trop pour un PIB nominal qui
est anticipé, parce que c'est les... c'est le PIB nominal, ce n'est pas le PIB
réel qui fait l'impact de revenus. Si on voit le PIB nominal 2024, il est
attendu à 4 %, OK, alors il est composé de 0,6 % réel puis
d'approximativement 3,4 % de dégonfleur de PIB, pour donner 4 %.
Alors, en partant, si, vous et moi, on
avait... on était sur une île déserte puis on avait juste deux chiffres, là, on
aurait le PIB nominal puis on avait un quiz puis on disait : Quelle sera
la croissance des revenus autonomes en 2024-2025? On dirait 4 %, parce que
c'est à peu près la croissance du PIB nominal.
Maintenant, ce n'est pas 4 %, c'est
4,7 %. Puis, ça, ça se décompose en 4,7 % de revenus autonomes. Et
les transferts fédéraux, eux, en 2024-2025, ils font -6 %. C'est-tu ça? Ah!
bien oui, c'est ça, exact. OK. Alors, si on est à G.7, on a les revenus
autonomes, 4,7 %, les transferts fédéraux, -6 %. Bon. Puis le 4,7 %,
bien, c'est 6 % à l'impôt des particuliers, 4,5 %, les fonds de
santé, 6,3 %, l'impôt des sociétés, 15 %, l'impôt foncier scolaire,
3,2 %, taxes consommation, 1,9 %, droits et permis, 2,8 %,
revenus divers. Chacun de ces chiffres-là a une explication en soi, qui est les
notes de bas de page de la page G.39 ou les explications qui suivent.
Mais 4,7 %, ce n'est pas complètement
champ gauche. Tantôt, vous avez fait une analogie de golf, là, moi, je vous
réponds avec une analogie de baseball. Ce n'est pas complètement champ gauche
par rapport à 4 % de PIB nominal.
M. Beauchemin : Puis,
quand vous parlez du... de... du «deflator», dégonfleur, là...
M. Girard (Groulx) : C'est
la page A.27, je pense.
M. Beauchemin : C'est ça,
donc, A.27, on parle... attendez une seconde. C'est ça... Oui, exact. Donc,
quand on regarde cette page-là par rapport à la page équivalente de l'année
précédente...
M. Girard (Groulx) : Oui.
La composante réelle est plus basse, puis la composante prix est plus élevée.
M. Beauchemin : Oui, le
nominal est effectivement, en fait, <plus...
M. Beauchemin :
...Oui,
le nominal est effectivement, en fait, >plus élevé dans la version de
cette année.
M. Girard (Groulx) : Bien,
le nominal de l'an dernier... Là, il faut j'aille voir... il était à 3,8 %.
Là, il est à 4 %, mais on a moins de réel, ça veut dire qu'on a plus
d'inflation. Ça veut dire que l'inflation est plus persistante que nous avions
prévu il y a un an. Ça fait du sens.
M. Beauchemin : Bien, écoutez,
c'est... Je le comprends. Je trouve quand même qu'en bout de piste, il y a
quand même beaucoup de questionnements. Je vais passer plus de temps à
l'approfondir, mais j'ai beaucoup de questionnements encore, parce qu'à sa
face, comme ça, c'est quelque chose qui m'apparaît un peu plus optimiste, même
si je comprends la mathématique que vous avez discutée, là, à la
page G.39. Je passerai plus de temps, là, à mieux le comprendre, dans le
contexte où est-ce qu'on sait que la Banque du Canada, qui parle d'énormes
problèmes de productivité... Et donc les conséquences de ça, c'est qu'il n'y
aura peut-être pas autant de baisses de taux d'intérêt qu'on pourrait le
souhaiter. Tout ça, ça s'attache éventuellement à quelque part puis ça fait en
sorte que les revenus ne seront peut-être pas au rendez-vous de la même façon
qu'on le pense, là, mais... On ne se le souhaite pas, là, c'est sûr et certain.
M. Girard (Groulx) : Bien,
c'est-à-dire qu'on risque d'avoir une année... Le début de l'année 2024 va
être définitivement plus faible que le deuxième semestre de 2024. Puis on peut
avoir des baisses de taux à partir d'avril, ça pourrait être juin. On pourrait
avoir des baisses de taux en avril, mais en avoir moins en tout. Mais une chose
où on n'a pas d'incertitude, c'est certain que les hausses de salaire que nous
avons consenties à nos employés, ça, ça augmente les revenus puis ça augmente
les rentrées fiscales.
M. Beauchemin : De ce
point de vue là, oui, effectivement, oui.
M. Girard (Groulx) : De
ce point de vue là.
M. Beauchemin : Oui,
oui, effectivement. OK. Bien, écoutez, moi, je peux... juste revenir à l'effort
des sociétés d'État, là, qu'on a mentionné tout à l'heure, dans un contexte où
est-ce qu'on va vraiment plus leur demander, là, d'être rationnels dans leurs
dépenses, dans leur... dans cet aspect-là, est-ce que la réalisation de
l'objectif, selon vous, pourrait être par attrition? Est-ce que c'est plus
l'objectif qui va être visé d'essayer d'optimiser le nombre d'employés...
• (18 h 30) •
M. Girard (Groulx) : Bien,
j'imagine que ces sociétés d'État là, un peu comme le gouvernement, elles ont
beaucoup de départs à la retraite, ce qui, en soi, est toujours une opportunité
d'efficience, c'est-à-dire qu'un départ à la retraite peut être remplacé par un
nouvel employé ou peut mener à l'élimination d'un poste, là. Mais je pense que
l'élimination d'un poste... On n'a certainement pas l'intention d'éliminer des
postes dans le réseau de la santé puis de l'éducation, puisque présentement on
court à créer des postes, là, ça fait qu'il faut être... ça prend une cohérence
intertemporelle, là. On n'a pas assez d'enseignants. Bien, dans deux ans, on ne
coupera pas des enseignants, là. Ça fait que ça, il faut être clair là-dessus,
là. Dans la livraison de services en santé puis en éducation, on n'a pas assez
de personnel, bien que la croissance totale des effectifs du gouvernement du
Québec ait augmenté.
M. Beauchemin : Comment pensez-vous
aller chercher de l'efficience d'abord dans ce contexte-là, au niveau, par
exemple, de la santé ou... puis au niveau de l'éducation? Y va-tu en avoir
pareil?
M. Girard (Groulx) : Bien,
la santé, là, le... une autre analogie de baseball, le «home run», bien, c'est
le numérique, là. On sait tous que notre réseau de la santé n'a pas adopté
complètement la numérisation des procédures. Et, par exemple, le Dossier santé
numérique, on va d'abord répandre son utilisation aux professionnels de la
santé, puis, dans une seconde étape, j'imagine que les patients auront leur
propre dossier de santé numérique eux aussi...
18 h 30 (version révisée)
M. Girard (Groulx) : ...dans
une seconde étape, j'imagine que les patients auront leur propre dossier de
santé numérique eux aussi et pourront y retirer de l'information puis peut-être
même de la prévention.
Bref, dans le réseau de la santé, il y a
des gains de productivité qui peuvent être faits par la numérisation des
procédures, numérisation des dossiers santé. Et d'ailleurs il y a des sommes
pour ça dans le budget, là, le dossier de santé numérique. Eh bien, j'hésite
même à vous le dire, là, la fameuse analogique du fax, là.
M. Beauchemin : C'est sûr.
M. Girard (Groulx) : Si ça
peut rassurer le réseau de la santé, il reste un fax ou deux à la Banque
Nationale aussi, là.
M. Beauchemin : Il y en a
effectivement à toutes les banques encore. Il y en a à toutes les banques
encore.
M. Girard (Groulx) : OK. Vous
me confirmez qu'il y a un fax ou deux à la Scotia aussi.
M. Beauchemin : Il y en a
encore à la Scotia.
M. Girard (Groulx) : OK.
M. Beauchemin : Il y a encore
des «wire».
M. Girard (Groulx) : OK.
Alors donc.
M. Beauchemin : Question plus
peut-être philosophique, mais, en fait, c'est parce que, bon, on a quand même
eu...
M. Girard (Groulx) : ...la
salle sont dubitatifs, là, ils semblent sceptiques.
M. Beauchemin : À propos du
fait qu'il y ait des fax encore?
M. Girard (Groulx) : De la
présence des fax dans les institutions financières.
M. Beauchemin : C'est normal
malheureusement. Ça va changer, j'en suis certain, un jour.
Question peut-être... dernière question
peut-être un peu plus philosophique. Mais l'exercice que vous voulez faire
maintenant, qui est nouveau pour votre gouvernement depuis que vous êtes au
pouvoir depuis 2018, qui est une première, là, OK, ça ne devrait pas être un
exercice qui devrait être fait en continu, peu importe, tout le temps, de s'assurer
de la validité de chacun des programmes, une reddition de comptes, là?
M. Girard (Groulx) : Oui. En
fait, ce n'est pas complètement nouveau, OK, parce qu'en 2018 il y avait la
promesse d'une efficience de 1 % des dépenses. Ça a été accompli entre
2018 et 2022. À l'élection de 2022, il y avait la promesse d'un autre 1 %
sur quatre ans, et il n'est pas accompli après deux ans, OK?
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : En
conclusion, oui, les experts nous disent que, par exemple, une mesure fiscale
devrait toujours avoir une date d'expiration qui force un examen avant de la
reconduire.
Le Président (M. Simard) : Merci,
cher collègue. Et je cède maintenant la parole, pour une période d'environ 10 minutes,
au collègue de René-Lévesque.
M. Montigny : ...M. le
Président. M. le ministre, je vous amène, pour conclure ces échanges fort
intéressants, dans deux sections du budget.
D'abord, on va aller se promener un peu
dans la section F pour être capable après de revenir à la section D
pour l'enjeu d'accroître la main-d'œuvre disponible et la productivité dans l'industrie
de la construction, parce que c'est vraiment un élément important, notamment
pour ma région, mais pour tout le Québec, d'être capable d'avoir de la main-d'œuvre
qualifiée capable d'opérer rapidement et travailler rapidement dans le domaine
de la construction.
Je regardais les bassins de main-d'oeuvre,
notamment sur le territoire de la Côte-Nord, puis des bassins de main-d'œuvre à
moins de 10 %, là, il y a vraiment beaucoup de secteurs où on a besoin de
main-d'œuvre. Je vous donne juste quelques exemples, M. le Président, des briqueteurs,
des carreleurs, des charpentiers-menuisiers, des couvreurs, des ferblantiers,
des plâtriers, des frigoristes. On est en bas de 10 % dans le bassin de
main-d'œuvre Côte-Nord notamment, là-dedans, puis j'en ai donné juste quelques
exemples, j'aurais pu aller beaucoup plus loin.
Puis, comme gouvernement, on...
M. Girard (Groulx) : ...vous
êtes en bas de 10 %? Expliquez-nous ça.
M. Montigny : C'est-à-dire
que... c'est-à-dire, en fait, tout simplement, de dire que, dans les bassins de
main-d'œuvre, sur le territoire de la Côte-Nord, on n'a vraiment pas beaucoup
de main-d'oeuvre dans ces domaines. Il faut souvent faire appel à des gens qui
viennent d'ailleurs. Alors, on a vraiment...
M. Girard (Groulx) : Ah! vous
voulez dire que la main-d'œuvre locale...
M. Montigny : Oui, locale.
M. Girard (Groulx) : ...correspond
à 10 %...
Le Président (M. Simard) : ...je
pense à Mme Sarah que j'ai croisée ce midi à la cafétéria et qui travaille
à la retranscription de nos travaux avec toute sa valeureuse équipe, continuons
de penser à elles et à eux, ne parlons pas l'un par-dessus l'autre.
M. Montigny : Merci. Vous
avez raison, vous avez tout à fait raison.
Le Président (M. Simard) : Alors,
cher collègue de René-Lévesque.
M. Montigny : Ça fait que
tout simplement pour dire qu'il y a des grands besoins, M. le Président, dans
le domaine de la construction, puis, comme gouvernement, on s'est lancé dans
une belle offensive de formation dans le domaine de la <construction...
M. Montigny :
...offensive
de formation dans le domaine de la >construction.
Quand je regarde la section F, on
voit clairement qu'il y a des grands besoins, on le dit d'ailleurs à la page F-31 :
«L'assouplissement de la politique monétaire et la nécessité d'accroître le
parc de logements favoriseront la reprise de l'activité dans le secteur
résidentiel.» Il y a des grands besoins, on le voit, dans l'avenir.
On voit aussi, à la page F-35,
clairement qu'on va avoir des besoins... Bien, si je vais, plutôt, à la F-34,
les investissements non résidentiels progresseront.
Dans le budget, M. le ministre a pris... a
bien détaillé cette croissance-là qu'on prévoit dans certains secteurs, qui ne
sont pas aussi dans le résidentiel, mais clairement dans des domaines d'avenir,
hein, on le voit, des investissements dans la transition énergétique, dans
l'économie, qui feront... progression en hausse des investissements non
résidentiels, mais aussi dans la filière batterie puis dans le secteur minier,
aussi des secteurs de la Côte-Nord.
Alors, M. le ministre, en regardant tout
ça dans la section F, en regardant tout ça dans la section D, dans
les annonces qu'on maintient sur le secteur de la construction, dans les
besoins de croissance dans le secteur de la construction, en sachant
qu'actuellement c'est plus difficile parce que les taux d'intérêt sont plus
élevés, puis en regardant l'avenir, puis en se disant : Peut-être que les
taux d'intérêt vont descendre un peu, bien, il me semble qu'on fait bien
d'avoir une offensive importante puis de maintenir le cap dans l'offensive dans
la formation professionnelle dans le secteur de la construction puis de la
formation accélérée.
Ça fait que j'aimerais ça vous entendre
là-dessus, M. le ministre, parce que, clairement, moi, je voyais une vision
très cohérente dans ce sens-là.
Le Président (M. Simard) : ...environ
5 min 30 s.
M. Girard (Groulx) : Mais ce
que j'essayais de dire, M. le député de René-Lévesque, avant que le président
me coupe la parole, quand vous dites 10 %, là, pour les frigoristes, vous
voulez dire... juste pour que je comprenne bien, là, parce que je ne suis pas
un expert... vous voulez dire que, par exemple, si vous aviez besoin de 100 frigoristes
sur un chantier, vous en avez seulement 10 dans la région et vous allez devoir
en importer 90.
• (18 h 40) •
M. Montigny : J'adore votre
façon de le... je dirais, de le rendre concret. C'est une belle façon de rendre
cette situation concrète.
On a des besoins de main-d'œuvre
importants, on a besoin de former de la main-d'œuvre, puis on a des besoins en
région, puis on n'a pas la main-d'œuvre locale, ça fait qu'on peut passer par
la formation, c'est préférable aussi que de travailler en «fly-in/fly-out», mais,
dans certains cas, on n'a pas le choix, M. le Président, de travailler,
clairement, pour faire des projets de construction, en amenant de la
main-d'œuvre de façon sporadique.
M. Girard (Groulx) : OK. Puis
c'est aussi parce que vous avez des grands projets, dont l'ampleur vise à
bénéficier l'ensemble du Québec, et donc ils vont... ils nécessitent une
main-d'œuvre, là, qui va au-delà des capacités de la région. OK. Et les... D'où
l'importance des efforts du collègue ministre du Travail pour accroître la
flexibilité pour la mobilité interrégionale dans la construction.
M. Montigny : Oui. Je vous ai
donné d'ailleurs certains domaines dans lesquels c'était criant. Puis vous avez
raison.
M. Girard (Groulx) : OK.
Alors, il y a les aspects réglementaires, sur lesquels travaille le ministre
Boulet, et puis il y a les aspects de la formation, sur lesquels travaille
notre collègue la ministre Champagne Jourdain, avec le plan de formation
construction qui se décline notamment dans le secteur de la formation
professionnelle, qui est la responsabilité du ministère de l'Éducation.
Et il faut souligner la contribution du
ministère de l'Éducation, parce qu'eux ils manquent de profs, et là on leur
donne des nouvelles responsabilités en formation professionnelle, et donc ils
doivent créer... ils doivent trouver des enseignants dans un contexte de
pénurie de main-d'œuvre en enseignement, d'où la nécessité de bonifier les
conditions de travail dans le secteur de l'enseignement pour attirer plus de
monde, mais, avant d'attirer du monde, d'abord, garder ceux qu'on a déjà, et
peut-être même attirer ceux qui sont à la retraite à revenir.
Alors, oui, formation en construction,
extrêmement important, oui, projet de loi sur la modernisation de l'industrie
de la construction du <ministre...
M. Girard (Groulx) :
...projet
de loi sur la modernisation de l'industrie de la construction du >ministre
Boulet extrêmement important. Et est-ce que vous avez une autre question, M. le
député?
M. Montigny : Bien, je
pourrais simplement conclure en disant que c'est extrêmement important, cette
offensive en construction, là, parce que, dans le contexte actuel — puis
vous savez, c'est une vieille maxime, hein, quand la construction va, tout va — dans
des régions ressources comme la mienne, si on n'est pas capables d'avoir des
personnes qualifiées rapidement, bien, on risque de freiner cette croissance
économique qui est naturelle dans les grandes régions du Québec où il y a des
grands chantiers. Alors, on ne voudrait pas se retrouver dans un contexte où la
formation ne suit pas le contexte économique.
Vous savez, on le voit, là, peut-être
qu'avec une baisse de taux d'intérêt il y aura une augmentation des investissements,
entre autres dans le résidentiel, mais clairement il y a des grands chantiers
aussi dans d'autres domaines, dans différentes régions du Québec, dans des
régions ressources. Puis il faut s'assurer qu'on soit capables de former notre
monde en construction pour être capables d'avoir de la main-d'oeuvre disponible
pour répondre aux grands besoins.
M. Girard (Groulx) : Et
vous... On aimerait bien que vous ayez plusieurs grands chantiers, notamment
hydroélectriques, puis c'est M. Sabia, là, qui dit : Le plus grand
obstacle à la réalisation de son plan d'investissement, c'est les besoins de
main-d'oeuvre. Alors, c'est un défi collectif, M. le Président.
Et sur ce, je mettrais un point à ma
réponse. Point. Fin de ma réponse.
M. Montigny : Et ça
complète.
Le Président (M. Simard) : Alors,
essentiellement, ça complétait le temps dévolu à ce dernier bloc d'échange.
Je voulais vous remercier de part et
d'autre de cette salle pour votre précieuse collaboration tout le long de ce
débat sur le discours sur le budget.
Avant de clore, je vous informe que le
temps non utilisé par le groupe parlementaire formant le gouvernement est donc
réputé être écoulé.
Sur ce, nous ajournons nos travaux. Et au
plaisir de vous retrouver très prochainement.
(Fin de la séance à 18 h 45)