(Onze heures trente-huit minutes)
Le Président (M. Simard) : Alors,
chers collègues, bienvenue à toutes et à tous. La Commission des finances
publiques est en mesure de reprendre ses travaux. Je constate que nous avons
quorum.
Comme vous le savez, notre commission est réunie
aujourd'hui afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 62, Loi
visant principalement à diversifier les stratégies d'acquisition des organismes
publics et à leur offrir davantage d'agilité dans la réalisation de leurs
projets d'infrastructure.
Alors, Mme la secrétaire, heureux de vous avoir
avec nous aujourd'hui. Y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Allaire (Maskinongé) est remplacé par Mme Blais
(Abitibi-Ouest); Mme Cadet
(Bourassa-Sauvé) est remplacée par Mme Rotiroti
(Jeanne-Mance—Viger); et M. Bouazzi (Maurice-Richard) est
remplacé par M. Grandmont (Taschereau).
Étude détaillée (suite)
Le
Président (M. Simard) : Très bien. Alors, nous avons ajourné nos travaux
il y a quand même belle lurette, au
mois de juin, et, au moment de suspendre nos travaux, nous en étions rendus à
l'étude de l'article 1. Nous débutions donc l'étude de ce projet de loi. Nous avions eu la chance de faire...
de voter un amendement ainsi qu'un sous-amendement.
Donc, nous sommes prêts à reprendre l'étude de
l'article 1 tel qu'amendé. M. le ministre, souhaiteriez-vous... histoire de nous remettre dans le bain puis
peut-être de faciliter la compréhension des gens qui ont la gentillesse de
suivre nos travaux, pourriez-vous
peut-être, éventuellement, nous relire cet article 1, pour savoir de quoi
on parle bien correctement? Après quoi, je laisserai la parole à mes
collègues de l'opposition.
M. Julien : Certainement. Merci, M.
le Président. Je tiens d'ailleurs à saluer mes collègues qui sont avec moi aujourd'hui, mes collègues de la banquette du
gouvernement, naturellement, mais mes nouveaux collègues, pour discuter du
projet de loi n° 62, ma collègue de Jeanne-Mance—Viger, mon collègue de Marguerite-Bourgeoys
également, mon collègue des Îles-de-la-Madeleine. Alors, merci de pouvoir être ici avec nous pour discuter d'un beau
projet de loi.
• (11 h 40) •
Là, on
revient sur l'article 1. C'est vrai qu'on a passé déjà plusieurs heures à
discuter du projet de loi. Je pense qu'on est en bonne voie, là, de poursuivre,
et c'est... pour se remettre dans le bain, là, l'article 1 :
L'article 3 de la Loi sur les contrats des
organismes publics (chapitre C-65.1) est modifié :
1° par le remplacement du paragraphe 1° du
deuxième alinéa par le paragraphe suivant :
«1° les
contrats de partenariat, soit les contrats conclus dans le cadre d'un projet
d'infrastructure à l'égard duquel un organisme public associe un
contractant à la conception et à la réalisation de l'infrastructure ainsi qu'à
l'exercice d'autres responsabilités liées à
l'infrastructure tels son financement, son entretien ou son exploitation, et
qui impliquent une approche collaborative pendant ou après le processus
d'adjudication;»;
2° par l'ajout, à la fin, des alinéas
suivants :
«Sont assimilés à des contrats de partenariat
les contrats mixtes de travaux de construction et de services professionnels
dans le cadre desquels un organisme public associe un contractant à la
conception et à la réalisation d'une infrastructure en recourant à une approche
collaborative pendant ou après le processus d'adjudication ainsi que les
contrats que le Conseil du trésor détermine par règlement dans le cadre
desquels un organisme public associe un contractant
à la conception ou à la réalisation d'une infrastructure lorsque ceux-ci
impliquent une approche collaborative que le règlement précise.
«Pour
l'application de la présente loi, une approche collaborative peut notamment
comprendre la tenue d'ateliers bilatéraux,
une mise en commun des ressources et des informations liées au projet
d'infrastructure ainsi qu'un partage consensuel
des risques et, selon le cas, des économies générées ou des gains réalisés et
des pertes subies pendant la durée du contrat.»
Auquel on avait ajouté, M. le Président, qui
avait été adoptée, une modification qui était : «En respectant la qualité exigée», aux termes du paragraphe, du
dernier paragraphe de l'article, dans un amendement qui avait été approuvé.
C'est là qu'on en est, chers collègues.
Le
Président (M. Simard) : Très
bien! Alors, sur ce, je cède la parole à ma collègue de Jeanne-Mance—Viger.
Mme
Rotiroti : Merci beaucoup,
M. le Président. Alors, à mon tour de saluer M. le ministre et les gens de son
cabinet qui l'accompagnent, mes collègues du gouvernement, M. le député de la
deuxième opposition officielle, et, évidemment mon collègue de
Marguerite-Bourgeoys, qui m'accompagne aujourd'hui.
Juste, monsieur... Merci
beaucoup pour la lecture, M. le ministre. J'ai eu la chance de visionner un
petit peu les travaux, alors je voulais me
mettre directement dans le vif du sujet, d'autant plus que l'article 1, ça
a été mentionné à plusieurs reprises pendant que vous avez décortiqué
presque mot pour mot qu'est-ce qui est dans l'article 1 que c'était le socle de le projet de loi, c'est le
cadre nominatif qui, dans le fond, va nous guider dans le reste de nos travaux.
Ceci dit, je pense que ce serait important de
mettre en contexte que, lors des discussions avec mon collègue de Nelligan, il
vous avait fait une demande très spécifique par rapport à le rôle de la VG qui
va jouer par rapport à la vérification, mais surtout dans la vérification du
nouveau concept des contrats, des partenariats collaboratifs. Ça a été
mentionné dans son mémoire. Il y a eu un peu de débats par rapport à vous, M.
le ministre, que vous dites : Bien, attendez, je viens plus tard dans
l'article 8 et je vais adresser cette préoccupation-là. Mon collègue de
Nelligan a été bon joueur et de bonne foi, vous a demandé : Parfait, on
va... on ne veut pas retarder le projet de loi, c'est un projet de loi qui est
très important, et je sais qu'il est attendu, mais, en même temps, il faut
faire le travail correctement. Et vous avez dit : Bien, écoutez, on peut
faire... on peut mâcher la gomme et marcher en même temps. Les gens de mon cabinet vont essayer de contacter la VG.
Entre-temps, on a passé à l'article 1. Alors je veux juste savoir, M. le
ministre, est-ce que je résume un petit peu bien... est-ce que je résume
bien la... ou ce que... la discussion que vous avez eue avec mon collègue de
Nelligan?
M.
Julien : Oui, merci, M. le
Président. Mais, chère collègue, naturellement, on a bien entendu la Vérificatrice
générale, le bureau du vérificateur, par ses représentants. À l'intérieur de
l'article... de l'article 8... Alors, à l'intérieur de l'article 8,
on a déposé un amendement, justement, qui permet de répondre aux préoccupations
nommées par le bureau du Vérificateur général. Alors, c'est un amendement qu'on
a livré, qu'on a déposé, qu'on sera prêts à discuter à l'article... à
l'article 8, au moment opportun. Alors, effectivement, on a entendu certains
éléments du bureau du Vérificateur général, et ça sera à l'article 8 qu'on
pourra discuter plus avant... de ce qu'on souhaite mettre en place pour
répondre à ces préoccupations-là.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Chère collègue.
Mme Rotiroti : Merci, M. le
Président. Alors, c'est exactement... on reprend exactement ce qu'on a laissé, dans le fond, avec mon collègue de Nelligan. La demande de mon collègue, c'était
justement ça, c'est de dire :
Qu'est-ce que vous allez... vous voulez amener comme amendement à
l'article 8? De s'assurer avec la vérificatrice que ça répondait à ses
préoccupations qui ont été clairement exprimées dans sa mémoire... son mémoire.
Alors, je me demande : Est-ce que le
ministre... est-ce que son cabinet a fait cette vérification-là et,
aujourd'hui, pourrait nous rassurer que l'amendement qu'il va amener à
l'article 8 répond bien à les exigences et les demandes... et la demande
de la Vérificatrice générale?
M.
Julien : Alors, on n'a pas de validation avec le bureau de
la... du Vérificateur général et de la Vérificatrice générale par rapport à la teneur de l'amendement.
Ce sera à nous de l'apprécier ensemble par rapport à ce qui a été nommé
par le bureau du Vérificateur général et de convenir : Est-ce que l'amendement
est adéquat? Moi, je pense qu'il l'est, puis ça va me faire plaisir d'en
discuter avec vous au moment... Alors, c'est pour ça, même, qu'on le dépose a
priori. On sait qu'il est là puis, si on arrive à l'article 8 et que vous
n'êtes pas satisfaits ou que vous souhaitez qu'on aille plus loin, on aura ces
discussions-là entre nous très volontiers. Pour moi, ce serait prématuré de
prétendre autre chose avant d'y être.
Mme Rotiroti : Je comprends
qu'est-ce que vous dites, M. le ministre, mais ici on parle vraiment, là... On
veut s'assurer que la vérificatrice a tous les moyens pour exercer son rôle,
qui est hyperimportant. Dans le fond, là, la vérificatrice est là pour
protéger, pour s'assurer que qu'est-ce qu'on met dans la loi, c'est appliqué.
Et l'objectif que vous voulez avoir, c'est-à-dire réduire les coûts de
15 %, les délais de 25 %, et que... tout qu'est-ce que vous voulez
obtenir dans cette loi-là, vous l'obtenez. Dans le fond, c'est ça, le mandat. C'est
ça qu'on veut s'assurer.
Là, vous dites, après trois mois, parce que
c'est quand même... on a passé l'été là-dessus, vous avez pris l'engagement de
vérifier auprès de la vérificatrice pour vous assurer que, quand on arrive à
l'article 8, votre amendement répond bien à la vérificatrice, c'est-à-dire
qu'elle peut exercer son rôle adéquatement, tel que demandé dans son mémoire.
Alors, moi, je veux simplement... Comment, après trois mois, si le ministre n'a
pas eu le temps de le faire, là, je dois... je dois comprendre qu'on va le
faire dans quelques jours.
Le Président (M. Simard) : M. le
ministre.
M. Julien : M. le Président,
naturellement, là, ici on agit comme porteur d'un projet de loi. Et, si on veut
aller sur l'article 8, juste pour l'amendement, là, ce que nous dit le
bureau du Vérificateur général, c'est pour les contrats qu'on fait en mode
collaboratif, et, ces ententes-là, je veux être en mesure d'aller... d'aller
voir et de vérifier.
Un pouvoir que le Vérificateur général n'a
jamais eu, c'est le pouvoir, en fin de compte, de l'Autorité des marchés
publics. Je connais un petit peu la boîte pour y avoir déjà travaillé. Ce qu'on
vient faire par l'amendement de
l'article 8, c'est de venir dire : Permettre d'exiger que le contrat de
partenariat contienne une disposition permettant à l'organisme public avec qui
il a un contrat d'obtenir de l'adjudicataire tout renseignement et tout document
lié au contrat. Donc, on donne, en fin de
compte, le pouvoir à l'organisme qui contracte d'obtenir tout ce que le VG pourrait
vouloir observer. Alors, on obtient le résultat de l'intervention du VG, qui
pourrait dire : Je veux voir tel élément qui est lié au contrat, et, puisque lui a le pouvoir
de l'exiger, le VG obtiendra toute l'information pertinente liée au contrat,
naturellement, j'espère que c'est ça, l'objectif. Alors, elle sera en mesure
d'exiger... de les obtenir par le biais de l'adjudicataire qui est intégré à
l'article 8.
• (11 h 50) •
Donc, pour moi, c'est... l'objectif est atteint
par l'amendement, et ça va me faire plaisir d'en discuter rendus à
l'article 8 pour voir : Est-ce qu'il y a des zones... des angles
morts par rapport à ça? Je crois qu'il n'y en a pas, alors... Parce que les
équipes du VG, quand ils vont faire une vérification, ils veulent pouvoir avoir
les éléments probants pour observer la conformité et l'optimisation des
ressources. Et, par la modification à l'article 8, ça permet à
l'adjudicataire de l'obtenir et au VG d'exiger, l'adjudicataire, qui est
couvert par sa loi, de lui fournir. Donc, c'est comme ça qu'on passe plutôt
qu'un lien direct VG-contractant.
Le Président (M. Simard) : Bien.
Madame.
Mme Rotiroti : Merci pour
l'explication, M. le ministre, mais je... je comprends qu'est-ce que vous dites,
puis on aura l'occasion d'en discuter en temps et lieu, quand on va se rendre à
l'article 8, mais la demande de mon collègue de Nelligan, c'était
justement ça. Vous dites : Ne soyez pas inquiets, on va faire les
modifications, on va apporter les modifications qu'on juge nécessaires pour
s'assurer que la VG aura tous les pouvoirs nécessaires pour enquêter. Très
bien, je vous crois, je vous prends... je crois votre parole. Nous, c'est
exactement qu'est-ce qu'on vous demande,
c'est de dire : Vous êtes très... tellement sûrs de votre affaire, de dire
l'amendement va s'assurer que la VG aura tous les pouvoirs qu'elle demande, nous, on voulait juste simplement que
vous vérifiiez avec la VG pour que la VG dit : Effectivement, vous
avez répondu à mon appel, l'amendement répond à mes exigences ou les demandes
que nous avons faites en commission parlementaire. C'était simplement ça, la
demande de mon collègue de Nelligan.
M. Julien : ...je vous le dis, à
l'article 8. Naturellement, comme élus qui travaillons sur un projet de
loi, j'aimerais que nos discussions portent sur est-ce que vous estimez que les
demandes du bureau du Vérificateur général sont répondues par cette
modification-là. Et, si vous ne le croyez pas, n'hésitez pas à me demander des
amendements. Mais moi, je crois que ça couvre totalement. Quand on sera rendus
à l'article 8, on aura de bonnes discussions et on va... on verra rendus
là. Mais j'aimerais connaître quelles sont vos préoccupations, rendus à
l'article 8, qui feraient en sorte que cet amendement-là ne permet pas de
répondre au bureau du Vérificateur général. Parce que ceux qui viennent
travailler sur un projet de loi, c'est nous, mutuellement, et je pense que
c'est à nous de prendre acte de ce qu'on propose.
Le Président (M. Simard) : Collègue,
oui.
Mme Rotiroti : Oui. Je veux juste
clarifier, M. le Président. Je ne remets pas en doute la parole du ministre,
aucunement. Je pense que moi et le ministre, on dit la même chose puis on veut
la même chose. Ceci dit, la seule chose que je ne comprends pas dans tout qu'est-ce
que vous dites, M. le ministre, puis, peut-être, vous pouvez le clarifier, si
vous dites que vous répondez très bien, hein, à les... à la demande de la
Vérificatrice générale... vous êtes même, je dirais, pas mal sûr de votre
affaire en disant : Je connais très bien ce milieu-là, je le connais très
bien, cet aspect-là. Très bien, je vous crois, je ne m'obstine pas là-dessus.
Mais...
M. Julien : ...
Mme Rotiroti : Non, mais une raison
de plus, M. le ministre, d'avoir cette assurance-là de la VG que votre
amendement répond à qu'est-ce qu'elle veut. Dans le fond, là, c'est un
garde-fou, la VG, pour tous. C'est de se protéger, tous, dans le partage et le
partenariat, et le ministre, et tout ça. Ça fait que, dans le fond, c'est un
garde-fou qu'on met. Mais vous, vous n'êtes pas prêt... Vous êtes tellement sûr
que votre amendement répond aux besoins... Il me semble, ça serait très simple
de dire à la VG : Vous êtes d'accord? Vous n'êtes pas d'accord? Parce que
la VG va très loin dans son mémoire, elle va jusqu'à dire : Bien, il
faudrait quasiment... il y a des ajustements à faire dans le projet de loi pour
s'assurer qu'il y a cette transparence-là.
Alors, dans le fond, au nom de la transparence,
je vais réitérer la demande de mon collègue de Nelligan. Je ne remets pas en
doute votre amendement à l'article 8. Et, effectivement, on aura la chance
de débattre et, si on doit l'amender, on va l'amender. Vous avez l'air
extrêmement sûr que l'amendement que vous allez amener répond à toutes les demandes
de la VG. Je vous crois, M. le ministre. La seule chose que je vous dis :
Allez chercher cette approbation-là, tel que mon collègue de Nelligan vous a
demandé il y a trois mois. Juste... C'est simple.
Le Président (M. Simard) : Merci. M.
le ministre.
M. Julien : ...M. le Président,
rendus à l'article 8, d'avoir ces discussions-là et de voir, en fin de
compte, avec mes collègues ce besoin supplémentaire nommé. Puis honnêtement,
là, moi, je crois que ça fait très bien le travail. On va arriver à
l'article 8, on le regardera ensemble. Si vous, vous avez des éléments qui
vous rendent inconfortables par rapport aux exigences du VG, on aura l'occasion
d'en discuter. Je réitère cependant que c'est le rôle de l'Autorité des marchés
publics d'avoir le pouvoir de vérification à l'intérieur des organismes
externes au gouvernement. Donc, on doit préserver également les rôles et
pouvoirs du Vérificateur général. C'est ce qu'on fait ici
en lui donnant les moyens d'obtenir satisfaction par rapport à ses travaux de
vérification. Mais on aura cette discussion. Je pense que ça va être une
discussion intéressante à l'article 8.
Le Président (M. Simard) : Alors
simplement une petite question d'intendance. Nous sommes au salon rouge, nous
ne sommes pas dans une salle de commission régulière, ce qui fait que, pour les
gens qui ont à capter nos travaux, veuillez attendre que votre micro s'allume
pour qu'on puisse bien saisir la totalité de vos propos. Merci pour votre
collaboration. Chère collègue.
Mme
Rotiroti : Très
bien, M. le ministre. Alors, je vois que vous restez sur la même position que
vous avez eue au mois de juin. Les vérifications telles que demandé de mon
collègue de Nelligan, pour vous, ce n'est pas nécessaire de faire parce que
vous êtes tellement sûr que votre amendement va répondre à l'exigence de la
vérificatrice. Alors, à ce moment-là, est-ce que vous êtes ouvert à bonifier le
rôle et la collaboration de l'AMP?
Le Président (M. Simard) : Alors, M.
le ministre.
M. Julien : Bien, l'AMP a les pleins
pouvoirs. Et, de mémoire, les amendements proposés répondent à la satisfaction
de l'AMP, à tout ce qui avait été discuté lors de l'étude... les groupes... des
consultations particulières. Alors, il faudrait que vous me disiez qu'est ce
qu'on ne couvre pas dans les amendements et dans les propositions qui avaient
été nommées par l'AMP.
Mme Rotiroti : Juste... vous me
donnez quelques secondes, M. le Président, s'il vous plaît?
Le Président (M. Simard) : Absolument.
Souhaitez-vous que nous suspendions?
Mme Rotiroti : ...
Le Président (M. Simard) : Alors,
nous allons suspendre momentanément.
(Suspension de la séance à 11 h 57)
(Reprise à 12 heures)
Le Président (M. Simard) : Alors,
chers collègues, merci pour votre précieuse collaboration. Sans plus attendre,
je cède la parole à notre collègue de Jeanne-Mance.
Mme Rotiroti : Merci. Merci, M. le
Président. Alors, écoutez, je vais revenir plus tard, un petit peu plus tard,
dans les articles plus loin, par rapport... où on va discuter de l'AMP. Alors,
je me réserve les commentaires pour en temps et lieu. Alors, M. le Président, on
peut revenir sur l'article 1 en question?
Le Président (M. Simard) : Oui,
on... tout à fait, tout à fait.
Mme Rotiroti : Parfait. Alors, M. le
ministre, dans l'alinéa 1°, vous parlez... vous introduisez le concept de
partenariat collaboratif, vous parlez d'une approche collaborative, évidemment,
où est-ce que tout le monde serait autour de la table, c'est-à-dire le
consortium avec ses personnes clés. Les sous-contractants seraient autour de la
table aussi, dans cette approche collaborative? Expliquez-nous un petit peu
c'est quoi, votre concept de collaboration collaborative, pour qu'on puisse
partir sur le bon pied.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. M. le ministre.
M. Julien : Naturellement,
l'approche collaborative... vous le nommez à grands traits, puis on l'a quand
même bien précisé, là, dans les quelques heures qu'on a travaillé le projet de
loi, là, au mois de juin, les modes collaboratifs et les modes alternatifs, là,
il y en a un éventail, jusqu'à des collaborations presque totales sur plusieurs
éléments, là, qu'on appelle les RPI. Donc, on a un éventail de modes puis on
dit toujours : Le bon projet avec le bon mode. Puis c'est ce qu'on veut
permettre aux organismes publics visés : de prendre le bon mode d'adjudication
et le bon mode de gestion contractuelle avec le bon projet. On va continuer de
faire des modes traditionnels, par exemple si on veut faire trois kilomètres de
surfaçage de route avec le ministère des Transports, parce que ce n'est pas...
ce n'est pas supercomplexe, ce n'est pas superdispendieux, la concurrence
connaît ça. Donc, on s'en va en mode traditionnel, plus bas soumissionnaire.
Alors, souvent, ça va être ça.
Le mode collaboratif, vous l'avez nommé, chère
collègue, vise à permettre, dans certains projets, d'asseoir plus rapidement le concepteur, architecte,
ingénieur, d'asseoir plus rapidement le contractant avec... avec l'organisme
public pour convenir ensemble de la suite des choses puis pour trouver des
solutions optimisées en termes de délais et
de coûts, parce qu'on travaille en collaboration sur un besoin que l'organisme
public, elle a bien défini, c'est-à-dire que le besoin est bien défini,
on veut faire tant de lits dans un centre hospitalier, on veut que ça fasse
telle chose, on veut faire tel lien avec telle capacité
entre deux rives, peu importe le projet. Alors, le besoin, il est fixé, et là
on assoit des gens.
Ce n'est pas parce qu'on s'en va en mode
collaboratif, puis je vais venir à la fin de votre question, que ce n'est pas
une attribution contractuelle qui ne respecte pas la LCOP. Intégrité,
transparence, équité, c'est... c'est... ça ne vient pas du tout à l'encontre de
ça. La démonstration est claire. C'est basé sur des... souvent des entrevues
qualité filmées, avec un comité de sélection
indépendant qui... Alors, c'est juste que la notion est beaucoup plus sur
expertise, expérience, compétence, qualité, meilleure équipe proposée
par le soumissionnaire. On donne une plus grande importance à ces éléments-là parce qu'on veut, après ça, travailler avec
eux en pleine collaboration. Ce qu'on observe, c'est que, dans le mode
traditionnel, rapidement on devient en dualité, parce que, là, c'est qu'est-ce
qu'on n'avait pas compris ensemble, ce n'était pas le... ah! ce n'est
pas ça qu'on... Puis là ça vient avec des extras et beaucoup d'avocasserie, le
sous-contractant.
On ne peut pas inclure tout le monde et son
frère dans ce projet-là, mais on a un amendement à l'article...
Une voix : ...
M. Julien : ...à l'article 7,
donc qui viendrait assez rapidement, qui, justement, participe... qui favorise
et qui suggère une participation active des sous-contractants au besoin. Parce
que, oui, certains sous-contractants nous ont dit : Nous autres, on
aimerait ça participer au mode. Oui, mais ça dépend des projets, encore une
fois. Alors, oui, on est ouverts à cette participation-là, mais on ne peut pas
l'exiger a priori.
Mme
Rotiroti : ...
Le Président (M. Simard) : Chère
collègue.
Mme Rotiroti : Merci, M. le
Président. Alors, merci pour l'explication, M. le ministre. Et j'ai quelques questions pour vous, juste pour être... pour qu'on
clarifie les choses. Évidemment, le mode collaboratif, je comprends votre
objectif. Dans le fond, là, vous, vous voulez faire des projets, vous voulez
réunir autour de la table l'expertise, les experts qui pourront faire ce
projet de loi plus vite et à moindre coût, c'est ça, l'objectif de le mode
collaboratif, chose que vous contrôlez un
petit peu moins avec les contrats traditionnels, parce que ça s'en va dans des
soumissions.
M.
Julien : Bien, je réitère que des... je réitère que des
modes traditionnels peuvent être très bons pour certains types de contrats. C'est-à-dire que les enjeux
qu'on voit, selon la complexité des projets, c'est qu'une bonne collaboration
permettrait... toujours en disant, je le réitère, là : Le besoin est fixé,
le besoin est clair. On ne peut pas demander à nos partenaires, dans un mode
collaboratif, de nous dire notre besoin. Alors, l'organisme public doit fixer
les besoins de manière très claire. Après ça, le plus rapidement, quand c'est
complexe, on gagne à avoir les architectes, les ingénieurs, les entrepreneurs
autour d'une table avec nous, organisme public, pour dire : Maintenant que
le besoin est clair, comment qu'on fait pour y arriver le mieux? Alors, quel
est le choix du concept qui va répondre au besoin? Mais il faut être très
strict sur le besoin est mature et est connu, parce que c'est là, là... Alors,
le mode collaboratif vient après la fixation du besoin. On fait la même
chose... et puis, je dis souvent ça, c'est sûr qu'on n'a pas les...
La LCOP, la Loi sur les contrats d'organismes
publics, exige intégrité, transparence et équité. Mais je réitère, là, quand je
veux faire ma cuisine chez moi, là, j'ai un besoin, ça, c'est clair. J'espère
que je l'ai bien défini puis on l'a bien défini ensemble à la maison. Puis, une
fois que mon besoin est bien défini, là, j'ai tout intérêt à ce que les gens
qui sont spécialisés là-dedans viennent s'asseoir avec moi pour dire : Tu
sais, Joe... Tu sais, tu avais besoin de telle grandeur. As-tu pensé à tel
matériau, qui serait mieux que tel autre? As-tu pensé que ça, ça va atteindre
ton besoin? Ce n'est pas mon besoin que j'ai besoin d'eux pour clarifier mon
besoin, je le connais, mon besoin, mais j'ai besoin d'eux pour trouver la
solution optimale pour que ma cuisine soit moins chère, plus efficiente dans sa
réalisation puis que j'en profite, puis eux autres sont bien heureux d'en
profiter avec moi.
Mme Rotiroti : Merci, M. le
ministre. Je comprends bien que le concept du... de mode collaboratif a déjà
été... a déjà été utilisé. On voit que la ministre du Conseil du trésor en fait
mention, même, dans son mémoire en disant qu'elle a utilisé cette méthode, il y
a plusieurs... pour différents projets.
Est-ce que vous pouvez me dire si... J'imagine
que ces projets de loi ont obtenu les résultats escomptés, que vous voulez,
c'est-à-dire, comme vous venez de dire, ça a permis que ces projets de loi...
ces projets-là sont... soient plus belles, plus efficaces, moindre coût, et les
délais sont plus courts, ça fait qu'on a été capables de faire ces projets-là
plus rapidement. Et, si oui, est-ce que vous pouvez nous donner quelques
exemples où est-ce que vous avez utilisé ce mode collaboratif là et ça a
fonctionné, vous avez rentré dans vos objectifs?
Le Président (M. Simard) : Merci.
Alors, M. le ministre.
M. Julien : Oui. Oui, M. le
Président. Effectivement, on pouvait, par dérogation, appliquer... appliquer
cette nature de projets collaboratifs contractuels, et on l'a fait... on l'a
fait avec la Société québécoise des infrastructures pour des... la construction
d'écoles. Alors, quand on a déposé, à l'intérieur de la stratégie, la stratégie
qui couvre l'ensemble des éléments, dont le projet de loi et d'autres éléments
gouvernementaux qui visent à améliorer l'efficience, construire plus rapidement
et au meilleur coût, on a eu des exemples clairs sur l'utilisation à la fois de
gestion par programmes, qui est prévue dans la stratégie,
mais à la fois par gestion en mode collaboratif de certains projets, puis on
avait la chance, dans le projet des écoles, d'avoir fait une sélection de
certaines d'entre elles en mode traditionnel et de d'autres en mode
collaboratif. Je vous le dis, là, quand on rentre dans ces écoles-là, là, elles
sont aussi belles une que l'autre. Et ça a démontré que celles qui avaient
utilisé le mode collaboratif avaient coûté moins cher, à la hauteur de... d'une
vingtaine de pour cent, de mémoire, et avaient été livrées plus rapidement.
Donc, on avait ces exemples-là concrets qui nous permettaient justement de
démontrer, sur base comparable, c'est-à-dire que c'étaient des besoins qui étaient comparables, le delta, pour certains
projets, sur l'efficience de l'utilisation des modes collaboratifs.
• (12 h 10) •
Le
Président (M. Simard) :
Alors, chère collègue? Peut-être le député de Marguerite-Bourgeoys souhaite-t-il
intervenir à ce stade-ci? Non?
Mme Rotiroti : Oui. Bien, je voulais
juste... juste quelques secondes...
Le Président (M. Simard) : Oui. Ah!
prenez...
Mme
Rotiroti : ...puis, oui, je peux passer la... pas de
problème, la parole à mon collègue de Marguerite-Bourgeoys.
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
Mme Rotiroti : Merci beaucoup pour
l'exemple, M. le ministre. Vous parlez de certaines écoles qui ont pris la voie
de... des contrats traditionnels versus ceux qui ont fait le partenaire
collaboratif et puis, vous dites, vous avez économisé dans... en faisant...
avec la nouvelle approche. Est-ce que vous pouvez nous dire quelles... quelle école? Ou
donnez-moi, peut-être, un exemple d'une école qui a pris la voie traditionnelle puis une école qui a pris la voie
de... collaborative, si vous êtes en mesure, M. le ministre, de nous
donner ce genre d'information là.
M. Julien : Oui. Bien, on a
certainement la liste... la liste des écoles qui ont utilisé le mode
collaboratif et celles qui ne l'ont pas utilisé. Je n'ai pas mes lunettes ici.
Ici, école secondaire des Navigateurs du centre de services scolaire des Trois-Lacs, Saint-Zotique,
construction... CCS, commission scolaire... le centre de services, en fin de
compte, des Trois-Lacs... Je peux vous donner... Je vais vous fournir
l'information. Je ne l'ai... Je ne l'ai pas avec moi, mais on a des
comparables, là, mode collaboratif sur certaines écoles secondaires.
Mme
Rotiroti : ...pour ne pas qu'on perde trop de temps, est-ce
que vous voulez déposer à la... à la commission pour qu'on les ait ou
c'est des documents...
M. Julien : Bien, je vais voir la
nature de l'information, mais c'est à l'intérieur de la stratégie, on a nommé
des écoles. Ces écoles-là, on les a suivies, écoles secondaires, construction
mode collaboratif, mode traditionnel, et...
Mme Rotiroti : ...dans les deux...
le cas que vous... le cas de figure que vous mentionnez, ça a été des écoles de
la même grandeur, de le même nombre de classes, même... même espace? Parce qu'on
veut faire le comparable, ça veut dire que c'est deux écoles qui, dans le...
les deux écoles que vous mentionnez, que vous faites référence, une qui a pris la voie traditionnelle, une qui a eu...
qui a pris la voie du partenariat... qu'évidemment c'est des comparables
similaires, c'est-à-dire même surface, même nombre de classes, la superficie
est la même...
M.
Julien : Alors, M. le Président, ce n'est pas deux écoles,
c'est quatre écoles en mode collaboratif, quatre en mode traditionnel, ramenées sur des bases comparables,
des écoles secondaires, le modèle, en fin de compte, des écoles... des belles
écoles du Québec, puis ramenées sur des bases comparables pour démontrer, sur
base comparable, la réduction de coûts et de délais. Alors, c'est à la
page 19 de la stratégie également.
Mme
Rotiroti : ...l'objectif de... du projet de loi, c'est
15 % par rapport à les coûts, 25 % au niveau des délais. Vous
êtes dans quel pourcentage dans vos... dans vos projets?
M. Julien : Vous dites que
l'objectif du projet de loi... vous prenez...
Mme Rotiroti : Non. Dans la
stratégie, vous dites...
M. Julien : Alors, l'objectif de la
stratégie?
Mme Rotiroti : Oui. Alors, vous
dites : L'objectif, c'est de réduire les coûts de 15 % et le délai de
25 %. Dans les projets que vous
mentionnez, d'écoles qui ont pris la voie des contrats partenariat, est-ce que
vous avez... à quel pourcentage vous avez réussi à diminuer les coûts et
les délais?
M.
Julien : Alors, M. le Président, ça a été notre étalonnage,
justement, pour fixer... c'est un étalonnage qu'on a utilisé pour fixer ces gains-là. Je rappelle que
c'est la stratégie, c'est beaucoup plus large que le projet de loi,
c'est-à-dire que la stratégie... la gestion par
programmes qui fait partie de la stratégie, et, naturellement, les modes
collaboratifs qui font partie de la loi.
Alors, il y a plusieurs mesures dans la stratégie, certaines viennent de la
loi, d'autres viennent de la gestion de programmes. Gestion de
programmes, c'est prendre plusieurs écoles ou plusieurs projets similaires puis
mettre ça au marché. Alors, la stratégie, il
faut la lire au complet. Elle est plus complexe que le projet de loi. Le mode
collaboratif fait partie des mesures qui nous
donnent des gains d'efficience, et c'est... Et ce qu'on a fixé dans la
stratégie comme réduction de délais et
d'argent, c'est basé sur les comparables en mode collaboratif où on a pu faire
de l'étalonnage comparatif, entre autres sur les écoles secondaires,
pour dire quand on l'utilise, ces modes-là, et quand on ne les utilise pas.
Le
Président (M. Simard) : Très bien. Alors, à ce stade-ci, je cède la parole
à notre collègue des Îles-de-la-Madeleine. Pour des fins de procédure, je rappelle à
nos collègues que, bien que notre ami des Îles-de-la-Madeleine ne soit pas
officiellement membre de notre commission et qu'il n'ait pas le droit de vote,
il a néanmoins, essentiellement, tous les mêmes droits que les autres
parlementaires. Alors, cher collègue, à vous la parole.
M. Arseneau : Merci. Merci beaucoup,
M. le Président. Alors, je salue à mon tour le ministre et son équipe, les
députés de la banquette gouvernementale ainsi que mes collègues de l'opposition
officielle.
C'est ma première intervention dans le cadre de
l'étude de ce projet de loi n° 62, mais j'ai l'impression d'en avoir quand même beaucoup parlé ou entendu parler
au cours des derniers jours, depuis la rentrée, en fait, puisque j'étais
dans la commission sur le transport et l'environnement,
où nous avions commencé à recevoir les groupes... en fait, on a reçu les
groupes concernant le projet de loi n° 61, le projet de loi n° 61
qui, vous vous en souvenez, a été présenté en même temps que le projet de loi
n° 62. Et, pendant la rencontre des consultations particulières avec les
groupes, à de très nombreuses reprises, on a fait le lien, du côté de la
ministre des Transports, entre le projet de loi n° 61 et le projet de loi
n° 62, sans lequel le projet de loi n° 61 n'aurait pas autant de pertinence, selon la ministre.
Donc, c'est... c'est avec beaucoup de curiosité et beaucoup d'intérêt que je
viens ici, en lieu et place de mon collègue député de Jean-Talon, pour
poursuivre la discussion sur le projet de loi n° 62.
Et je vous rappelle qu'au printemps dernier, au
mois de juin, lorsque la discussion a commencé dans l'étude article par article, bien entendu, c'était en
prenant acte de l'ensemble des commentaires qui avaient été entendus pendant
la période des consultations particulières,
au cours desquelles on a bien compris que le projet de loi, à l'heure actuelle,
va transformer, de façon quand même importante, le système
d'adjudication des contrats pour les organismes publics ici, au Québec. Et on
est tout à fait d'accord d'améliorer les processus et surtout d'améliorer
l'efficience, comme l'a mentionné le ministre, en ce qui concerne, là, la
réalisation de projets d'infrastructure. On veut tous avoir notre... atteindre
des objectifs, là, d'efficience. On est tous pour la tarte aux pommes lorsqu'il
est question d'avoir davantage de projets qui se fassent de façon plus rapide
et à moindre coût, avec une qualité équivalente, voire supérieure.
Or, il est question ici de centaines de millions
de dollars, de milliards de dollars au cours des prochaines années, donc il est
important de faire le travail en profondeur. Et c'est la raison pour laquelle,
je pense, on a insisté beaucoup, du côté de mon collègue député de Jean-Talon,
sur le fait non seulement de travailler en mode collaboratif au sein de la commission également, mais de bien
faire les choses et de s'assurer que l'on prenne acte de... des inquiétudes,
ou des réserves, ou des drapeaux rouges qui ont été agités par plusieurs des
personnes qui ont comparu, qui ont aussi proposé des améliorations au projet de
loi porté par le ministre, des organismes indépendants aussi.
On a parlé tout à l'heure de la Vérificatrice
générale, qui doit, bien entendu, pouvoir s'assurer de la saine gestion des
fonds publics par les organismes et donc avoir les pouvoirs d'intervention et
d'enquête. Mes collègues l'ont... l'ont fait
valoir tout à l'heure. Mais ce dont il a beaucoup été question dans les
interventions précédentes, ça a été de savoir si le ministre, si son
équipe, si le gouvernement avait fait ses devoirs concernant les risques qui
peuvent survenir lorsqu'on change la méthode
d'adjudication des contrats et qu'on s'éloigne de... des appels d'offres où la
pleine concurrence de toutes les entreprises est permise. Et donc ces
risques-là, essentiellement, ils ont été exposés de façon assez magistrale, voire traumatisante pour le
Québec lors des audiences publiques tenues par la commission Charbonneau. Ça fait une dizaine d'années de ça. Les
conclusions ont été quand même... ont eu un impact important. Et, nous, ce qu'on dit essentiellement : Est-ce qu'on a
pris acte de l'ensemble du portrait et des recommandations de la commission Charbonneau
dans la rédaction de ce projet de loi? Est-ce que nous avons, dans le cadre de
ce projet de loi, les balises nécessaires, les garde-fous qui sont susceptibles
de nous... nous empêcher... d'éviter, en fait, de tomber dans des stratagèmes
qui pourraient être délétères pour les fonds publics ou pour la réalisation de
projets?
• (12 h 20) •
Donc, nous voulons que le gouvernement... et je
pense que nous avons cette obligation-là en tant que parlementaires, s'assurer
de la plus grande prudence et de la plus grande rigueur en ce qui concerne, là,
les travaux pour... menant à l'adoption d'un projet de loi comme celui-là.
Alors, essentiellement, la demande qui a été formulée, je pense, de façon très,
très claire, de façon aussi extrêmement précise, c'était à savoir si le
ministre avait fait l'exercice de produire un tableau, une... d'analyse des
risques pour pouvoir bien baliser l'exercice, là, que
l'on est en train de faire et éventuellement l'application de la loi si
elle était adoptée. Alors, c'est... c'est ma question initiale pour le
ministre.
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
M. Arseneau : Est-ce qu'au cours des
mois d'été on a pu travailler sur un tableau d'analyse de risques pour répondre
à ces préoccupations-là?
Le Président (M.
Simard) : Très bien. M. le ministre.
M. Julien : Oui. Merci, M. le Président. Juste d'entrée de
jeu... puis je suis heureux d'avoir cette discussion-là avec mon
collègue, que j'avais d'ailleurs eue amplement également avec son collègue de
Jean-Talon.
Première chose,
premier petit élément, là, on a dit qu'on s'éloigne du processus d'appel
d'offres. Non, non. Il faut bien comprendre que le mode collaboratif qui est
proposé, là, c'est des appels d'offres publics en bonne et due forme,
c'est-à-dire qu'on ne s'éloigne aucunement d'un processus d'appel d'offres
public en bonne et due forme, on le fait de
manière différente sur des valeurs d'expertise, de compétence, des choses qui
se mesurent très bien par un comité de
sélection indépendant et... Alors, c'est un appel d'offres public, là, ce n'est
pas... on n'est pas dans autre chose que ça.
Ce matin, on a eu...
on a... on a donné aux partis d'opposition un briefing sur le projet de loi,
parce que c'est sûr qu'il y a des joueurs
qui ont changé puis... et où on est venus parler, justement, du respect de la
loi qu'on a devant nous. Il y a une
vingtaine d'articles de la LCOP, la Loi sur les contrats d'organismes publics,
qui sont touchés à l'intérieur de la loi. Tous ces articles-là qui sont
modifiés... Parce que le projet de loi qu'aujourd'hui je défends, c'est un
projet de loi qui est concomitant, si je peux utiliser ce terme-là, entre mes
rôles et responsabilités, tout ce qui est la Loi sur les infrastructures publiques, comme ministre, je suis responsable, et la
Loi sur les contrats d'organismes publics, que ma collègue présidente du Conseil du trésor est responsable. Et tout le
projet de loi a été vu et revu dans cette perspective — et
vous connaissez assez bien ma collègue, et j'espère que vous ne doutez pas de
moi non plus — dans
la perspective... et on le confirme, et on l'a dit au briefing ce matin, article
par article, dans la perspective que le projet de loi qu'on a devant nous, les
modifications qui sont apportées à la Loi sur les contrats d'organismes publics
ne mettent pas du tout en contradiction les principes de la Loi sur les
contrats d'organismes publics, qui sont équité, transparence et également
intégrité. Et, au-delà de ça, ça ne vient pas non plus mettre en doute la...
l'objectif de la LCOP, bien au contraire. Et
on s'offre même, puisque c'était la nature du briefing, de refaire un briefing
avec vous, si on doit reprendre tous les éléments qui sont modifiés dans la
LCOP, pour démontrer que ceux-ci ne viennent pas en contradiction aux principes de la LCOP, qui
découlaient, vous en avez parfaitement raison, d'une commission connue
sous le nom de Charbonneau.
Alors, on est en
pleine ouverture et on peut prendre article par article pour faire cette
démonstration-là. Et ma collègue présidente du Conseil du trésor s'offre
également pour le faire. Mais aujourd'hui les équipes... ce matin même, là, c'était l'objectif du briefing qu'on a
offert aux oppositions pour le démontrer clairement. Donc, oui, on analyse
l'impact réglementaire qui existe, là, qui est disponible sur le site, et, de
manière concomitante, le projet de loi respecte, dans ses modifications, les
principes de la LCOP.
Le Président (M.
Simard) : Merci. Alors, en sous-questions, cher collègue. Après, on
reviendra à nos amis du Parti libéral.
M. Arseneau :
Oui, d'accord. Bien, en fait, on... je ne veux pas faire un débat de
sémantique, mais, lorsque j'ai dit qu'on s'éloignait du processus d'appel
d'offres, c'est-à-dire dans sa règle de l'adjudication des contrats selon la
règle du plus bas soumissionnaire, on va quand même reconnaître que ce n'est
pas ce qu'on retient lorsqu'on voit, dans la présentation du projet de loi,
qu'il s'agit d'un projet de loi qui permet à un organisme public de conclure, à
la suite d'un appel d'offres infructueux et sous certaines conditions, un
contrat de gré à gré.
Juste pour clarifier
les choses, un contrat de gré à gré, ce n'est pas un contrat qui est octroyé
suite à un principe... c'est-à-dire, à un régime basé sur des appels d'offres
ouverts selon la règle du plus bas soumissionnaire. C'est ce que je voulais dire. Donc, il y a le mode collaboratif, que
l'on... dont on parle aujourd'hui. C'est ce que je voulais dire lorsque
je disais qu'il s'éloignait de les... des pratiques habituelles, simplement.
Le Président (M.
Simard) : Merci. M. le ministre.
M. Julien : ...réitère, quand on me parle de sémantique, un, ce
n'est pas l'objet de l'article 1. Les modes d'adjudication sont
prévus à la LCOP, puis il n'y a pas juste un mode sur le plus bas
soumissionnaire. C'est des appels d'offres
publics. Et, naturellement, la mention de mon collègue sur les appels d'offres
infructueux, c'est une... c'est un des éléments qu'on va voir plus loin,
qui n'est pas du tout en lien avec l'article 1. Ça me fera plaisir d'avoir
des discussions avec mon collègue rendu à cet article.
Le Président (M.
Simard) : Chère collègue, à vous la parole.
Mme
Rotiroti : ...collègue de Marguerite-Bourgeoys.
Le Président (M.
Simard) : Oh! M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M.
Beauchemin : ...réflexe de me lever, M. le Président.
Le Président (M.
Simard) : Ah! non, c'est ça.
M.
Beauchemin : Je vais rester assis. Merci...
Le Président (M. Simard) : Mais, à
la rigueur, rien ne vous l'empêche.
M. Beauchemin : On
va essayer de rester raisonnable. Merci, merci à tous d'être ici. J'ai une
question pour M. le ministre. J'essaie de
comprendre. Ça fait que, donc, dans un... dans un contrat collaboratif, il y a
déjà un coussin qui va être entendu, de façon gré à gré, là, avec le
fournisseur de services, à savoir, bon, si... supposons qu'il pense qu'il peut y avoir des dépassements de coûts, on
va s'entendre... on va s'entendre de façon collaborative à ce que, s'il y a un dépassement, ça ne va être pas plus que
18 %, ou 20 %, ou 15 %. Juste pour qu'on commence bien la
conversation, est-ce que c'est la bonne entente de la chose, M. le
ministre?
M. Julien : Bien non, ce n'est pas
de gré à gré, alors c'est un appel d'offres public, avec des caractéristiques
connues a priori.
M. Beauchemin : D'accord. Bon, OK,
je vais recommencer. Donc, dans... dans les contrats en appels publics, il y a... il va y avoir une mention, à
l'intérieur du contrat collaboratif, à partir duquel le fournisseur de services
va se prendre un... une marge au cas qu'il y
ait comme des dépassements de coûts. Puis on a parlé d'un exemple de 18 %.
On parle aussi, là, des risques
financiers et économiques, là, associés à l'exécution d'un projet, là, donc le
partage des risques.
M. Julien : Bien, c'est-à-dire qu'à
partir du moment où est-ce qu'on a une entente contractuelle, on est en mode collaboratif, il y a des éventualités devant
nous. En mode traditionnel, le gouvernement paie tous les risques qui se matérialisent. Puis, naturellement, en mode
collaboratif, bien, il y a un partage des bénéfices et des risques,
effectivement, hein, au bénéfice... au bénéfice des deux... des deux parties,
hein?
M. Beauchemin : D'accord. Ça fait
qu'on arrive dans la bonne direction. Ce que je veux savoir, c'est... Vous l'avez établi... Est-ce que c'est... Est-ce
qu'on laisse, donc, les offres rentrer puis on va, donc, prendre le partage
de risques qui est offert par les
fournisseurs de services ou est-ce que vous établissez, à la base, dans les
demandes d'offres, les balises pour le partage de risques?
M.
Julien : Encore là, les modes collaboratifs, c'est un
éventail très, très large, qui peut aller jusqu'aux RPI, là. L'exemple que vous donnez ici, c'est... c'est les
modes collaboratifs qui sont les plus... les plus collaboratifs, avec... avec
les projets les plus complexes. Puis là
c'est une entente qui est... qui est décalée avec les collaborateurs pour
convenir, par exemple... À titre d'exemple, au cours de la prochaine
année, si les matériaux venaient à monter, on convient que, la discussion qu'on
a eue ensemble, c'était par tel prix, alors c'est... c'est vérifiable. S'ils
venaient à monter, les coûts des matériaux, bien, vous comprendrez qu'on s'est
entendus sur un prix x, puis il y aura, avec démonstration, une augmentation
des coûts, qui va être à la charge de qui? Si tel autre risque se matérialise,
ça va être à la charge de qui? Puis là il est convenu, dans une
collaboration...
M. Beauchemin : Bien, justement...
M. Julien : ...d'un partage... d'un
partage des bénéfices et des risques qui, somme toute, est beaucoup mieux que
celui, dans un mode traditionnel, d'assumer tous les risques.
• (12 h 30) •
M. Beauchemin : Bien, là-dessus, je
vais... je vais juste vous poser une question peut-être encore plus simple. Dans le contexte que, justement, vous
achetez des deux-par-quatre versus vous faites construire une autoroute,
les risques sont vraiment moindres qu'il y ait un dépassement de coûts. Donc,
dans un contexte de... dépendamment du projet dans lequel on va travailler,
est-ce que le ministère va avoir déjà établi des balises, auxquelles vous
voulez, au minimum, recevoir des offres de services, à savoir quel va être le
partage de risques minimum? En d'autres mots, est-ce que vous offrez tout de
suite à quelqu'un qui va vous vendre des deux-par-quatre une marge de manoeuvre
de 25 % pour se tromper? Puis est-ce que c'est la même marge de manoeuvre
pour quelqu'un qui va construire une autoroute, de se tromper aussi de
25 % sur le coût d'une... de la construction d'une autoroute? C'est un peu
ça, là, où est-ce que j'essaie d'encadrer,
d'essayer de comprendre le réflexe institutionnel, là, à savoir, dans le mode
collaboratif, combien de marge de manoeuvre êtes-vous prêt à accepter
dépendamment... Puis là, après ça, c'est d'établir la grille, dépendamment du
profil de risque de l'action qui est à prendre par le gouvernement.
M. Julien : Bien, il y a plusieurs
choses qui sont dites, puis c'est sûr que là on n'a pas eu les discussions
préalables, là, de juin dernier, alors je comprends qu'on est... on remet un
peu les bases. Une majorité des contrats au Québec vont rester en mode
traditionnel, là. Le mode... le mode collaboratif vise, pour certains... Alors,
on offre un éventail de modes pour que le bon mode soit utilisé pour les bons
projets. Souvent, c'est des projets plus complexes, parfois plus dispendieux,
parce que... Mais ça peut être un projet moins dispendieux mais complexe, où on
n'a pas d'expérience récurrente. Tu sais, si on a fait 100 fois cinq
kilomètres d'asphalte dans le dernier mois, puis que le marché est là, puis
qu'il n'y a pas d'enjeux de complexité, de surprises, bien, le plus bas
soumissionnaire, go, go, go, la concurrence.
Quand le projet est complexe dans la solution,
pas dans le besoin, bien là, on s'en va en mode collaboratif, et... le mode
collaboratif, qui est un appel d'offres en bonne et due forme, qui respecte les
principes de la LCOP. Mais, après ça, dans
le contrat, le partage des risques et des bénéfices va venir être écrit à
l'intérieur du contrat, avec nos collaborateurs,
le cas échéant. Mais je réitère, hein, actuellement, on paie tous les risques
qui se matérialisent, sans partage.
M. Beauchemin : ...l'idée...
l'idée en arrière de l'approche collaborative que vous proposez, c'est d'être,
justement, utilisée pour, je ne sais pas, moi, construire une école, construire
un hôpital, construire quelque chose qui est plus complexe que construire une
route, par exemple. Je ne sais pas, là, je vous... je vous pose la question. Je
n'ai pas la certitude, là, devant moi, là, à
savoir dans quel contexte vous allez vouloir appliquer le mode collaboratif.
Mais, dans un contexte de mode
collaboratif, est-ce que, dans le contexte, vous allez donc mettre aussi des
barèmes minimums de partage de
risques? Est-ce que, quand vous allez faire vos demandes d'offres, vous allez
dire : Voici, là, au minimum, là, OK,
moi, je ne prendrai pas plus que tel pourcentage du risque si jamais il y a des
dépassements de coûts? Comment ça fonctionne?
M. Julien : Alors, encore là, c'est
négocié entre l'organisme public et les partenaires collaborateurs, qui, habituellement, sont en consortium, à plusieurs
joueurs. Chacun des éléments est négocié, inscrit à l'intérieur du contrat.
M. Beauchemin : Donc, il n'y a pas
une façon de faire déjà établie, qui sera déjà établie par le ministère pour dire... peu importe le ministère, que ce soit
Éducation, ou la Mobilité durable, ou peu importe, là, OK, il n'y aura pas, donc, des lignes conductrices pour
dire : Nous, là, au gouvernement, on ne voudrait pas accepter plus que
20 % du risque ou 30 % du risque s'il y a des dépassements de
coûts?
M.
Julien : Bien, c'est-à-dire que... J'entends ce que mon
collègue dit. J'aimerais ça avoir un exemple concret d'une situation
spécifique où vous souhaiteriez appliquer ça.
M. Beauchemin : Je ne sais pas, ce
n'est pas moi qui est en charge du ministère en ce moment, là, mais, quand on
parle... Par exemple, là, «la réalisation de toutes les activités, en
partageant avec l'entrepreneur les risques financiers et économiques y
afférents, tel que ses activités sont présentées au contrat, et selon les
modalités qu'il prévoit à cet égard, en visant à ce qui a trait à la
réalisation des activités, à ce que les coûts nets respectent les prix cibles
sujets aux modalités de contrat, et étant entendu que le respect du prix cible
n'est pas en soi une obligation de résultat».
Donc, moi, quand je vois ça, je me dis, en tant
que payeur de taxes : J'aimerais ça comprendre. On a-tu quand même un contrôle quelque part là-dedans?
Donc, justement, le contrôle que je peux simplement... Moi, là, je porte mes
lentilles de gars qui a été dans le monde des affaires pendant plus d'une
trentaine d'années, je vois ça, puis je me dis : OK, ça, c'est...
la porte est grande ouverte, là, il y a-tu moyen de le contrôler? Est-ce que le
gouvernement a pensé à mettre des balises
pour s'assurer que, justement, dans une situation comme ça, ce ne soit pas le
bar ouvert, là? Il y a-tu comme une limite? Est-ce qu'on a une idée du
partage de risques?
Puis j'imagine... Puis je vais être franc avec
vous puis je vais être généreux avec vous, je vais vous dire : C'est sûr
et certain qu'il y a des projets qui vont être plus risqués que d'autres en
partant. Ça fait que plus le risque est
grand, plus j'assume que l'absolu du partage peut être plus de... un partage
plus, disons, «fair» avec les fournisseurs de services. Mais, si c'est
moins le cas, je veux comprendre, j'aimerais ça vraiment comprendre comment
vous établissez les barèmes.
Le Président (M. Simard) : ...
M. Julien : Juste une sous-question.
Je ne sais pas ce que mon collègue a lu, là. Qu'est-ce que vous lisiez?
M. Beauchemin : C'est le contrat du Parc
olympique.
M. Julien : Ah! OK.
M. Beauchemin : Pour le stade, là,
qui a été fait récemment, là.
M.
Julien : Parfait. Je reviens sur l'article 1, puis,
naturellement, après ça, on a des... à l'article... alors, les discussions
sont surtout liées à l'article 6. Je reviens sur l'article 1, mais je
reviens quand même à la question. Il y a un intérêt commun qu'on travaille en
mode collaboratif. Il y a plein de risques. Vous le savez comme moi, là, vous
connaissez ça un peu, il y a des risques qui peuvent se matérialiser sur le
financement, le taux de financement qui pourrait changer dans le temps, les
coûts des matériaux qui pourraient changer dans le temps, les éléments qu'on
est capables de fixer en mode collaboratif
pour dire : On a travaillé, on a trouvé la bonne solution, les
concepteurs, l'entrepreneur,
l'organisme public, on va faire telle nature d'infrastructure et, actuellement,
quand on regarde le projet, là, on pense que ça coûte x centaines de
millions de dollars.
Naturellement, on a pris, pour fixer ce prix-là
ensemble, conjointement, en travaillant, des coûts de matériaux à cette hauteur-là. C'est l'hypothèse qu'on a
retenue. On est capables de valider ces coûts de matériaux là pour évoluer dans
le temps. On est en mode collaboratif, on dit : Tu sais, on avait fixé
l'acier à tel coût, puis as-tu vu ce qui s'est passé avec l'acier? Coûts
et gains, si les coûts diminuent ou s'ils augmentent. On est à visière levée,
puis on regarde ces coûts-là, puis il y a de la contingence ou des éléments qui
pourraient se matérialiser, de risque, sur ce que je viens de vous nommer. Il y en a qui sont à la pleine
charge de l'entrepreneur. Si, par exemple, il n'a pas les ressources pour
réaliser le contrat, tu sais, ce ne sera pas un partage de risques. Alors, ce
sera son enjeu à lui. Mais, clairement, il y a plein de contingences qu'on
vient additionner dans un mode traditionnel que là on va discuter ensemble, tu
sais.
On
pense qu'avec, actuellement, ce qu'on a devant nous, en mode collaboratif ça
coûte 400 millions, mais j'ai pris l'hypothèse d'un taux de financement à
telle hauteur, j'ai pris l'hypothèse des matériaux, puis c'est des hypothèses
vérifiables, là, je vois le coût des matériaux, naturellement on va avancer
dans le temps, puis, puisqu'on est en partage de risques, si ces risques-là se
matérialisent, comment qu'on va se les fixer.
Quand vous me
dites : Bien là, j'ai la peur du grand bar ouvert, là, j'ai de la misère,
parce que, tu sais, l'entente est une
entente contractuelle, où on a des parties prenantes qui ont un objectif commun
mais qui veulent protéger également leurs risques mutuels, puis on en convient
dans un contrat, de manière transparente. Alors là, j'essaie de voir l'éventualité que vous nommez où, bien, sans balises...
bien là, il faudrait que je fixe des balises sur... a priori, sur une entente contractuelle avec des parties prenantes
qui vont en convenir. Alors... Mais j'essaie de voir c'est quoi, la grande
débâcle que vous souhaitez nous protéger, par les balises, que j'aurais de la
misère à fixer a priori, d'une entente contractuelle d'un mode collaboratif.
M. Beauchemin :
Bien, OK. Peut-être, si on
revient à la base, là, OK, quand on se lance dans un projet x, OK, puis
que, l'ancienne façon de faire, on faisait faire des soumissions, puis là le
monde arrivait, puis ils nous donnaient leur
«bid», puis ils disaient : C'est ça que je veux comme prix pour faire ce
projet-là, puis là j'en ai cinq, six comme ça, là-dedans, ces gens-là,
ils exécutaient au prix qu'ils allaient dire qu'ils allaient exécuter. On
choisit, peu importe le barème, là, le
meilleur prix ou la meilleure qualité, peu importe c'est quoi, les barèmes que
le ministère voudrait utiliser, là, OK, mais on va choisir. On choisit donc un
contrat avec la compagnie X. Bien, le contrat de la compagnie X, OK, va s'exécuter,
puis, si les variables changent dans l'avis, puis la compagnie X a mal été
capable d'estimer, dans sa soumission, tous les risques qu'elle avait à vivre
avec, bien là, elle va être obligée de livrer, puis là, bien, elle ne livrera
peut-être plus, puis là elle va peut-être tomber en faillite.
• (12 h 40) •
Puis c'est la genèse
en arrière du pourquoi que vous faites le mode collaboratif, parce qu'il y
avait des fournisseurs de services qui tombaient au combat parce qu'ils
n'étaient pas solides ou ils n'avaient pas assez les reins solides, ou ça
coûtait trop cher, ou il n'y avait plus de rentabilité dans le projet, ou peu
importe la raison, il y avait une porte de sortie, qui, là, était de changer le
nom de façade de l'entreprise, on tombe en faillite, on fait ci, on fait ça,
puis là il y avait une espèce de, comme, ramassis de tous ces réflexes-là de ne
pas livrer, finalement, ce qui était entendu avec le gouvernement. Ça ruinait,
évidemment, la réputation du fournisseur de services, qui tombait sur un genre
de liste noire de fournisseurs à ne plus se servir. On aurait espéré...
Là, en faisant, donc,
un mode collaboratif, ce qu'on fait, c'est qu'on dit, comme on dit souvent, là,
dans l'industrie de la construction : Ça peut être coûts plus. Donc, moi,
je veux être transparent, je te montre mes coûts, mes coûts sont x, y, z, voici
ce qu'il en est. Puis, tu sais, tu es prêt à vivre, justement, avec la
variabilité des coûts pour les 18 mois,
24 mois que ça va prendre, construire le truc, là. OK. Puis moi, je veux
me faire une marge, là, de 20 %. Ça fait que moi, je fais une marge
de 20 %, puis, la variabilité des coûts, OK, bien, c'est le gouvernement
qui le paie.
Là, ce n'est pas
cette approche-là qu'on a décidé de faire. On a décidé de faire une approche
collaborative, où est-ce que, le risque, par la suite, après s'être entendus
sur un estimé de ce que pourrait coûter x, après ça, on partage les coûts. Puis là on va partager les coûts : moi, au
gouvernement, je vais en prendre 20 %, puis toi, tu prends 80 %,
en tant que fournisseur de services. C'est à peu près ça, là, ce que vous
proposez, là. Je le résume grossièrement pour que M. et Mme Tout-le-monde qui
nous écoutent à la télévision puissent avoir une bonne idée, OK.? Donc, on est
arrivés à cette expression plus simple.
Le Président (M.
Simard) : M. le ministre.
M. Julien : ...c'est assez grossièrement que... quand je dis
ça, c'est en tout respect, parce que c'est vrai qu'il faut... tu sais, il faut... il faut convenir de grands
aspects, là. Alors, ce n'est pas... aucune autre pensée derrière ce que je
viens de dire.
Actuellement, dans
des projets complexes et majeurs, les entreprises qui sont capables de
soumissionner sont des entreprises qui sont excessivement sophistiquées, on
pourrait dire ça comme ça. Premièrement, ça prend les reins très solides, parce que, juste de pouvoir y être,
financièrement, ça induit... Tu sais, si on s'en va sur un projet de plusieurs
centaines de millions, voire milliards de dollars, ça prend les reins très
solides. Quand je dis qu'ils sont sophistiqués... Ces gens-là regardent le
projet qui est devant eux, en mode traditionnel. Ce n'est pas le premier projet
qu'ils font, et eux, là, ils veulent s'assurer que, peu importe ce qui va
arriver, ils vont être en mesure financièrement de s'en tirer. Alors, ils
regardent le projet puis ils disent : Écoute, mon estimation de ce
projet-là, si tout va bien, s'il n'y a rien
qui se passe de négatif, là... là, on va aller dans des chiffres fictifs,
1 milliard de dollars que ça va coûter, ça.
Cependant, il y a un
risque de taux. Si ça va mal, là, ça va très mal, là, j'en ai peut-être pour
120 millions, j'ajoute 120 millions. Risque d'inflation sur les
matériaux, écoute, si la catastrophe arrive, là, ça va me coûter 150. Ils
mettent 150. Risque de... quand je vais arriver dans le projet de réalisation,
quand je vais creuser, qu'est-ce que je vais trouver? Je ne sais pas, moi, je
pense que ça va bien aller, mais, si ça va mal, il se rajoute des contingences,
ils les additionnent et ils soumettent le
prix qu'ils pensent plus la somme des contingences extrêmes qu'ils ont mesurées.
Et, en plus, quand le projet se déroule, ils
sont prêts à faire des débats avec des avocats pour ajouter des extras
par-dessus.
Nous
autres, on dit : Écoutez, on aimerait ça pouvoir travailler avec vous sur
ces éléments-là, parce qu'actuellement ce que vous faites, c'est que
vous nous les facturez lors de la soumission, et, s'ils ne se matérialisent
pas, c'est tous bénéfices, puis, s'ils se matérialisent, vous ne perdez rien.
Nous autres, on dit juste : Cette contingence-là, là, on est capables de
la travailler en collaboration, de manière... à livre ouvert, visière levée. Ça
va être gagnant-gagnant, à la fois pour les organismes publics, et plus de
concurrents sur le marché, puisqu'il y a moins de barrières à l'entrée.
J'avais-tu pris autant de temps qu'eux, M. le Président?
Le Président (M.
Simard) : On essaie de l'équilibrer, puis, jusqu'à...
M. Julien : ...
Le
Président (M. Simard) : Non, mais, jusqu'à présent, ça va bien, on n'est
pas à la seconde près. Alors, M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Je trouve correcte
l'explication du ministre, puis c'est exactement le genre d'exemple que... où
est-ce que je voulais aller quand je disais : Finalement, c'est un projet
qui peut être «cost plus». Ça peut être «cost plus», puis «cost plus», bien, ce
ne serait pas... Si on faisait votre exemple de tantôt, là, 1 milliard,
plus 150, plus 150, plus 150, on est rendus
à 1,6. Puis ça, c'est... la planète a explosé pendant qu'on construisait, là,
OK? Ça fait qu'au lieu de dire 1,6 moi, je dis que c'est 1, puis là,
maintenant, s'il y a de quoi qui se passe, combien qu'on partage comme risques.
Mais, tu sais, donc, quand on en arrive à
dire : Bon, bien, correct... Maintenant, là, dans le 600 millions
additionnel que vous mentionnez comme exemple, est-ce que, donc, c'est
maintenant rendu le rôle du gouvernement de prendre 100 % de ça ou d'en
laisser 50-50, avec... En d'autres mots, ce que je veux dire, c'est que, quand
on fait le partage de risques, le partage de
ce 600 millions là... Veux veux pas, là, si... Supposons qu'on dit que
c'est 50-50. Bien, le 1 milliard,
à la base, là, OK, ils auraient dû... dans leurs têtes à eux, là, avant de
soumissionner, ils auraient dû dire : Bien, moi, c'est
700 millions, puis je me mets un coussin, déjà, de 300, ça fait que je
suis rendu à 1 milliard, voici mon
«cost», oui, correct, je vais m'embarquer dans votre patente, là, puis je vais
le faire 50-50, là, le partage de risques pour la suite. Mais, en bout de piste, ils ne perdront jamais rien. Ça
fait que c'est pour ça que je veux savoir c'est quoi, la balise que vous
vous mettez... la balise que vous vous mettez pour faire, justement, ce partage
de risques là.
M. Julien : ...contrat négocié entre
l'organisme public et le consortium, et ses joueurs, ça va être défini, puisque, dans certains cas de figure, ça devrait
être clair que le risque appartient plus à l'organisme public. Par exemple,
moi, j'ai l'impression que, quand on vient sur... Heille! j'ai pris le prix
d'aujourd'hui de ce matériau-là, il y a un marché pour ça, puis il y a une
différence de prix, tu vas me payer le prix que ça va être le jour du besoin.
Puis, des fois, il va être plus bas puis,
des fois, il va être plus haut, mais on ne veut pas faire assumer la
variabilité de ce prix-là. D'autres fois, ça va être : Moi, je
t'avais promis d'avoir tant de ressources puis de gérer, en fin de compte, mes
ressources pour qu'ils soient sur le chantier, j'ai de la misère à recruter
actuellement. Ah! bien là, c'est sûr que ce risque-là, il appartient au
consortium. Et on ne peut pas prédéfinir a priori, mais, puisqu'on fonctionne à
visière levée, à livre ouvert, on connaît,
en fin de compte, le projet sans contingence et le projet si tout va bien,
puis, après ça, on dit qu'est-ce qui
pourrait mal aller, puis on convient ensemble à qui appartient le risque et
comment qu'on se le partage.
Et, naturellement, l'entreprise, probablement
qu'elle va venir fixer, même, un taux de rendement, ce qui est normal, et elle
va être prête à laisser, même, également une partie de son rendement sur la
table si ces risques-là se matérialisent. Et là, là, c'est toute la notion du
contrat, où on a un intérêt commun. Mais je ne vois pas l'organisme public qui
va avoir intérêt à prendre tout le risque, ni non plus le consortium. Et c'est
ça, l'approche collaborative, et on vient
l'écrire sur un contrat. Mais, au net, ça va être moins cher. C'est montré
ailleurs, c'est montré dans les cas de figure qu'on fait que, quand les
entreprises sont sophistiquées, ils mettent un prix et ils additionnent toutes
les contingences, parce qu'eux ce qu'ils craignent, c'est le scénario
catastrophe. Ils ne prennent pas de chance, ils nous le proposent.
Le Président (M. Simard) : M. le
député, je vous rappelle qu'il vous reste environ une minute dans le cadre de
l'article 1. Le temps passe très rapidement.
M.
Beauchemin : D'accord. Donc, le 1,6 de tantôt qu'on disait, là,
une fois qu'on avait tout «paddé» l'affaire, là, versus le 1 million, là, ce que vous me dites, c'est que, quand on
y va de façon collaborative, le 1,6 ne se matérialisera pas, ça va
plutôt être plus, genre, 1,3, ce que vous avez observé, là, dans les autres
législatures, qui vous ont démontré comme
quoi que l'approche était plus payante pour le gouvernement d'agir de façon
collaborative. Est-ce bien ce que vous me dites?
M. Julien : En vrai mode
collaboratif. J'ai entendu des exemples de faux mode collaboratif. Il faut
faire attention. Un vrai mode collaboratif, là, c'est l'implication, en fin de
compte, le plus tôt possible dans le processus, avec un besoin, et non pas un
concept, où, en réalité, on travaille avec les concepteurs à trouver la bonne
solution. Par la suite, à livre ouvert, on
travaille avec ces gens-là pour fixer un coût et, après ça, on dit : Oui,
mais tu sais qu'il peut arriver telle chose. Qu'est-ce qu'on fait ensemble si
ces risques-là se matérialisent? Alors, en mode traditionnel, il n'y a pas de partage de risques, on les paie tous. En
mode collaboratif, on est à livre ouvert, on convient qu'optimalement le prix devrait ressembler à ça et que certains
risques pourraient se matérialiser, et, à l'intérieur d'une entente
contractuelle, on vient fixer ces balises-là de partage.
Le Président (M. Simard) : Merci,
cher collègue. Je cède la parole au député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Oui,
bien, je vous ai entendu, M. le ministre, parler des risques liés, là, à
l'augmentation des coûts, puis à
l'évolution du projet, et puis à tout ce qu'on peut imaginer. Mais je veux
ramener l'idée des risques de collusion, puis on
n'a pas entendu le ministre se prononcer sur les balises qui sont dans le
projet de loi, ou qu'on voudrait voir inscrites dans le projet de loi pour,
justement, rendre compte des recommandations de la commission Charbonneau.
Est-ce que je dois comprendre qu'on n'en aura pas, qu'il n'y a pas de tableau
des risques, puis des solutions, puis des balises
pour répondre aux appels qui ont été formulés par mon collègue de Jean-Talon
et par plusieurs des témoins lors des consultations particulières?
C'était ça, ma question, tout à l'heure, à savoir si on avait vraiment un
tableau des risques puis la façon dont on les contrôle, on les mitige ou qu'on
les évite, tout simplement, là, dans ce projet de loi tel qu'il est libellé.
• (12 h 50) •
Le Président (M.
Simard) : M. le ministre.
M. Julien : Encore là, M. le Président, ce matin, on avait un
briefing pour démontrer que tous les changements, en fin de compte, qui sont
portés aux articles, une vingtaine d'articles de la LCOP... démontrant clairement
que ça ne modifie pas aucun des principes de
la LCOP, intégrité, transparence, équité. Au contraire, la démonstration a été
faite. On est prêts à se rasseoir pour prendre chacun des articles.
Mais, quand mon collègue parle de pratiques collusoires, bien non, on s'est
assis, ici on respecte les principes de la LCOP qui sont déterminés par
Charbonneau. Alors, il faut faire bien attention, parce que les gens, les
experts, à la fois institutionnels et à la fois le marché, conviennent qu'on
augmente la concurrence avec des modes collaboratifs.
Nous, on convient
qu'on respecte les principes de la LCOP. Ce sont des appels d'offres publics,
où... en pleine transparence. Mais c'est toujours ronflant de venir dire que ça
ouvre la porte à de la collusion. Et nous, on est prêts à faire des briefings,
article par article, pour démontrer que toutes les modifications de la LCOP ne
viennent pas en contradiction avec les
principes sous-jacents qui émanent de la commission Charbonneau. Et je
tiens à assurer tout le monde, là, ma collègue présidente du Conseil du
trésor et moi-même, on y tient de manière mordicus, on n'ouvre pas la porte à
ça, ce n'est pas ce que fait le projet de loi, et prétendre autre chose serait
hasardeux.
Le Président (M.
Simard) : Cher collègue.
M. Arseneau :
Dans le mémoire de l'Autorité des marchés publics, et là ce n'est pas moi
qui le dis, là, on inscrit des drapeaux rouges et l'on parle notamment de
transparence, puisqu'on ne connaîtra le fournisseur ciblé qu'une fois le contrat conclu. Donc, c'est un
risque. On parle aussi du rôle de surveillance de l'AMP, là, mais c'est... c'est
autre chose. Alors, ce n'est pas rien, là.
M. Julien : ...à
la satisfaction de l'AMP, et on a confirmation de sa satisfaction, dans ce
volet-là il parlait des appels d'offres infructueux et mentionnait qu'il y
avait un petit enjeu par rapport au délai, de mémoire, de publication. On a
apporté... on a suggéré une modification, un amendement à son entière
satisfaction. Et ça, là, c'est très pointu,
c'est : suite à un appel d'offres infructueux, on peut... on peut aller
sur une entente contractuelle, selon certains barèmes, puis, après ça, on va... Lui, il disait : Je veux
m'assurer d'avoir le temps d'aller faire ma vérification. Alors, on a
raccourci le délai, puis il est très satisfait.
Mais, du même
souffle, l'Autorité des marchés publics estime que le mode collaboratif, de la
façon qu'il est proposé à l'intérieur du projet de loi, va augmenter la
concurrence, va réduire les coûts, et c'est un processus d'appel d'offres
public qui tient compte de tous les éléments de la LCOP. Donc, le lien de mon
collègue sur la spécificité des appels d'offres infructueux, ce n'est
certainement pas le fondement de la loi, et on a apporté les modifications pour
répondre à l'AMP.
Le Président (M.
Simard) : Très bien. Alors, peut-être, une dernière sous-question.
Après quoi, nous allons passer la parole à un autre groupe parlementaire.
M. Arseneau :
Oui, bien... mais je voudrais juste mentionner, puisqu'on parlait de l'AMP,
c'est... ils l'ont relevée, là, la question
d'aller de l'avant de façon plus rapide en mode collaboratif, mais pas au
détriment de la qualité, et que c'était dans la planification qu'on
pouvait voir un manque qui entraînait une question relative à la qualité.
Je ne sais pas si le
ministre a eu l'occasion d'entendre ou de lire les propos tenus par
l'association des ingénieurs du gouvernement lors de l'étude du projet de loi
n° 61, où, de façon générale, ce qu'on a dit, c'est que, si les projets en
mode collaboratif pouvaient permettre des gains d'efficience, donc une certaine
agilité d'aller peut-être plus rapidement, et parfois à moindre coût, encore
là, c'est contesté... mais que, de façon empirique, on constatait qu'il y avait
une baisse de qualité. On a même fait, là, un geste comme quoi, là, c'était une
baisse draconienne de la qualité. Quelles sont, justement, les balises qui nous
permettent de s'assurer que ce risque-là, en matière de qualité, on ne
l'encourt pas?
Le Président (M.
Simard) : Merci. M. le ministre, souhaitiez-vous ajouter quelque
chose?
M. Julien : Hein,
pardon?
Le Président (M.
Simard) : Souhaitiez-vous ajouter quelque chose? Non? Je...
M.
Julien : Bien, écoutez, oui, oui, je le souhaite.
Honnêtement, là, tu sais, ça ne baisse pas du tout la qualité. On est sur un facteur cas où on augmente, en fin
de compte, l'emprise de la compétence, et de l'agilité, et de l'expertise des gens avec qui on va
faire... que ce soit ingénieurs, architectes, entrepreneurs, et, à la fin, le
besoin, c'est le gouvernement qui le
définit. Les exigences, c'est le gouvernement. C'est de l'administration
publique, c'est l'organisme public. Mais, soudainement, on travaille à
une solution optimisée, avec des gens qui ont le goût de travailler avec nous
autres. C'est toute la différence.
Et j'aimerais voir
les cas de figure nommés par les ingénieurs de l'État. Je pense que ce
n'étaient pas des vrais modes collaboratifs, malheureusement. Mais nous, on
observe que c'est mieux. Les universités qui font des recherches là-dessus disent la même chose, et le marché dit la même
chose. Je pense qu'on convient tous que c'est un bon mode. Ce serait
bien d'aller de l'avant.
Le Président (M. Simard) : Merci
à vous, M. le ministre. Je cède maintenant la parole au député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin :
À vos souhaits, M. le Président. Juste parce qu'il y a tout dans l'avis,
OK, en ce qui a trait à ce genre d'exercice d'offre de services. Tout est un
vase communicant. Puis je m'explique. Je reviens avec votre exemple du 1 milliard de tantôt, OK, versus
le 1,6, si on inclut tous les risques additionnels. Puis là on dit, par exemple,
OK, bon : Le fournisseur de services X,
là, toi, tu me dis que ça te coûte 1 milliard, il y a 600 millions de
risques identifiés. On va se partager ça 50-50, à l'avenir, pour ce
contrat-là. Je le simplifie, là, pour l'argumentaire. La réalité, là, c'est que, si le fournisseur de services sait que,
potentiellement, il va avoir à manger dans ses dents un 20 % de coûts
additionnels si jamais ces genres de risques là vont arriver, là, bien, son
prix de base va refléter ce risque-là. Là, si vous me dites : On va
lui enlevez 25 % de ce risque-là, bien,
dans sa tête à lui, il va dire : OK, correct, mais je ne vais pas charger
20 % de plus, je vais charger 15 % de plus.
C'est ça que je veux
dire. C'est des vases communicants. Il n'y aura pas de lunchs gratuits
là-dedans, là, il n'y aura pas personne qui,
là, soudainement, va faire disparaître des coûts. On élimine une partie des
risques, OK, mais, ce qu'on fait là, on est transparents sur une partie des
risques, mais le risque résiduel que le fournisseur de services a à
prendre, peu importe la méthode collaborative que vous faites, il va l'avoir
déjà établi dans son prix de base.
Donc, moi, c'est ça
que j'essaie de comprendre. Je ne vois pas en quoi votre approche collaborative
que vous proposez actuellement, sans mettre de balises, sans savoir, par
exemple... OK, moi, du trois quarts net, là, pour 50 tonnes pour faire ce
kilomètre-là, ça va me coûter x. Vous, là, vous n'êtes pas capable de me dire
clairement que ça, là, on va l'avoir établi dans le marché avant de s'entendre
avec le fournisseur.
M. Julien :
Bon, bien, alors, c'est une approche à livre ouvert. Et puis je suis obligé
de ne pas être d'accord avec mon collègue. C'est vrai qu'on veut simplifier les
choses, là, mais souvent on va venir mettre le taux de rendement aussi dans la
balance, puis quelqu'un va dire... l'entreprise avec qui on fait affaire, le
consortium, je dis n'importe quoi, là, hein, 10 %, par exemple, au taux de
rendement espéré sur le projet, un projet de 1 milliard, donc
100 millions, mettons, de rendement. Là, il va mettre dans la balance, en
fin de compte, une partie de son rendement, tu
sais, parce que lui, il ne veut pas non plus mourir, là, puis il dit : Je
vais être prêt à mettre, admettons, tel pourcentage de mon rendement de
manière dégressive s'il y a des dépassements.
Soudainement, là, il
pédale dans le même sens que nous autres, parce qu'il est à livre ouvert sur
les coûts, et son bénéfice, il veut l'obtenir. Soudainement, tous les acteurs
autour de la table travaillent à un objectif commun, livrer le plus rapidement,
à moindre coût, le projet d'infrastructure. On a des intérêts communs, qui sont
prévus à l'intérieur des ententes
contractuelles, mais ça ne fait pas en sorte que c'est juste les avocats qui se
parlent quand il y a des enjeux d'une entente contractuelle ficelée, a
priori, sur un mode traditionnel. Donc, honnêtement, ce partage-là est bénéfique
à la fois pour les gens du consortium et pour les organismes publics. Pour moi,
c'est clair.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, chers collègues, compte tenu de l'heure, nous allons suspendre nos travaux. Et, avant de clore cet échange, j'ai
deux nouvelles pour vous. La très bonne, c'est qu'on reprend à
15 heures. La moins bonne, c'est qu'on se retrouve à la salle Kirkland.
Alors, à plus tard.
(Suspension de la séance à
13 heures)
(Reprise à 15 h 02)
Le Président (M.
Simard) : Alors, chers collègues, bon retour. Nous avons quorum, nous
pouvons donc reprendre nos travaux.
Nous sommes toujours
réunis afin de procéder à l'étude détaillée du projet de loi 62. Et, lors de
suspendre... lors de la suspension de nos
travaux, nous en étions rendus à l'étude de l'article 1. Et, à ce
moment-là, le temps dévolu au député de Marguerite-Bourgeoys était
complet. Et donc je cède la parole à sa collègue de Viger... Jeanne-Mance...
Jeanne-Mance—Viger.
Mme
Rotiroti :
Oui. Je tiens beaucoup à «Jeanne-Mance».
Le Président (M.
Simard) : Bien, moi aussi. On partage ça.
Mme
Rotiroti : Parce que c'est deux... deux comtés à... c'était, à une
époque, deux comtés mais qui ont été... avec le découpage de la carte
électorale, j'ai hérité des deux.
Le Président (M.
Simard) : Vous en valez deux à vous seule, chère collègue, hein?
Mme
Rotiroti : Oui, absolument. Et j'en suis très fière.
Alors, bon
après-midi, chers collègues. On va reprendre encore une fois la discussion
qu'on avait ce matin avec le ministre. Et je tiens à souligner aussi sa
collaboration, parce qu'il est très patient, je sais qu'il a répondu, probablement, à certaines questions déjà, en juin
dernier, avec mon collègue de Nelligan, mais, vous comprenez, puis je vais le
répéter parce que c'est important de le dire, l'article 1, c'est la base, c'est
le cadre nominatif pour le reste du projet de loi qu'on va étudier, ça fait que
c'est important qu'on comprend tous les concepts qui sont énumérés dans l'article 1 pour qu'on puisse facilement aller de
l'avant et traiter les autres articles. Alors, en espérant qu'on va passer
à travers l'article 1 aujourd'hui, notre souhait, c'est de continuer à bonifier
ce projet de loi là.
Vous... Il y a eu des
consultations où est-ce qu'il y a plein de groupes... Et je vous épargne le
discours que j'ai fait ce matin par rapport à la VG et la demande de notre
collègue de Nelligan. Je veux juste encore remettre sur la table qu'on avait
demandé au ministre... et on fait confiance à qu'est-ce que le ministre a dit
ce matin, de dire : Soyez patients, on
s'en vient à l'article 8, où est-ce qu'on va répondre à toutes les exigences et
les demandes de la VG. Très bien. Mais je réitère que mon collègue de Nelligan
voulait que le ministre, à tout le moins, vérifie en amont avec la Vérificatrice
générale pour s'assurer
qu'effectivement qu'est-ce qu'il va apporter pour bonifier l'article 8 répond
à... les demandes faites par la VG.
Une fois que j'ai dit
ça, M. le Président, je pense que mon collègue de Marguerite-Bourgeoys a fait
un exposé par rapport à toute la notion de partage de risques, la notion de
l'objectif du projet de loi, c'est-à-dire réduire les coûts et les délais. On a... Moi, j'ai posé la question au ministre
par rapport aux contrats de collaboratif, ils ont... le Conseil du
trésor a appliqué ce concept-là, et le ministre a même donné des exemples de
projets d'école où est-ce qu'ils ont eu...
ils ont appliqué le concept de partenariat collaboratif, et l'autre avec la
voie traditionnelle des soumissions, la
voie traditionnelle de contrats. Et il nous confirme, puis, M. le ministre,
corrigez-moi si j'ai mal interprété vos propos, qu'effectivement
l'approche collaborative a fonctionné par rapport à livrer l'école plus
rapidement et à des coûts moindres prévus. Ça fait que je pense qu'on arrive à
l'objectif que le ministre cherche dans l'approche collaborative.
M. le ministre, dans
l'article 2, vous faites mention des ateliers bilatéraux. Ça, c'est un concept,
puis je me suis permis d'aller dans le
corpus légal... je ne le vois pas nulle part. On dirait que c'est un nouveau
concept que vous introduisez dans l'article 1. Alors, juste pour ma
gouverne, pouvez-vous nous expliquer qu'est-ce que vous voulez dire par
«ateliers bilatéraux»? Pour moi, «bilatéraux», ça veut dire «deux parties».
Alors, c'est qui, les deux parties?
Le Président (M.
Simard) : M. le ministre.
M. Julien : Oui. On me dit que j'ai une note, là, mais,
bilatéraux, naturellement, c'est l'organisme public avec le contractant.
Le contractant, ici, ce serait un consortium, potentiellement, avec plusieurs
parties. Mais c'est des entreprises, en fin de compte.
Des voix : ...
M. Julien : Mais
alors c'est l'organisme public avec...
Mme
Rotiroti :
Un consortium.
M. Julien :
...un consortium en amont d'un processus ou pendant le processus.
Mme
Rotiroti : Puis, quand vous dites «en amont», ça veut dire au moment
de la planification?
M. Julien : Au
moment, en fin de compte, de la conception.
Mme
Rotiroti : De la conception. Alors, vous avez planification,
conception, réalisation.
M. Julien :
Oui.
Mme
Rotiroti :
«Right»? Oui? Excusez. Alors, qui qui fait la planification, M. le ministre?
M. Julien : J'ai bien... j'ai bien mentionné, en fin de
compte, que l'analyse des besoins et le besoin devaient être stabilisés
au niveau de l'organisme public.
Mme
Rotiroti : L'organisme public. Alors, l'organisme public...
M. Julien : Tu
sais, on ne commencera pas à se faire dire par un tiers quels sont nos besoins.
Mme Rotiroti : Quoi faire. Parfait.
M.
Julien : Non. Peut-être quoi faire ou comment le faire, mais pas nos
besoins.
Mme
Rotiroti : Mais c'est quoi, le besoin. Parfait. Alors, la
planification, pour vous, c'est d'identifier les... c'est le besoin et c'est
fait par le gouvernement.
M. Julien : Oui,
mais on pourrait être accompagnés avec des tiers aussi, mais pas ceux qui
seraient dans les étapes subséquentes.
Mme
Rotiroti : Bien, évidemment. Oui. Excellent. Alors, l'organisme public
et le consortium feront partie de votre atelier bilatéral. Dans quelles
circonstances vous faites recours à ça? Donnez-moi un exemple.
M. Julien : Bien,
je ne comprends pas votre question.
Mme Rotiroti :
Bien, vous dites : Par la
présente loi, «une approche collaborative peut notamment comprendre la
tenue d'ateliers bilatéraux, [la] mise en commun des ressources et des
informations liées au projet d'infrastructure ainsi qu'un partage consensuel
des risques et, selon le cas, des économies générées, des gains réalisés et des
pertes subies pendant la durée du contrat».
L'approche collaborative, dans le fond, vous dites,
en tout temps, peut demander une tenue d'un atelier bilatéral? Je
voudrais juste que vous me clarifiiez à quel moment vous faites recours à ça.
M. Julien :
Oui. C'est-à-dire que, quand on est en processus d'appel d'offres avec les
différents concurrents, on peut tenir des
ateliers bilatéraux tant et aussi longtemps que l'ensemble des concurrents
obtiennent la même information pour préciser les besoins. Quand je dis
«préciser les besoins», c'est pour que tout le monde ait une compréhension
commune des besoins avant qu'il y ait un processus de soumission. Puis, après
ça, les ateliers bilatéraux vont venir, également,
pour optimiser également les solutions retenues une fois qu'on est dans le
processus de conception-réalisation. Donc,
un exercice bilatéraux... un atelier bilatéral, c'est des discussions à la fois
à la phase d'appel d'offres, c'est-à-dire l'appel d'offres est lancé, on
discute avec les concurrents pour qu'ils comprennent tous la nature précise des
besoins, on peut le faire, et, par la suite, c'est par rapport à la conception-réalisation,
où on vient optimiser les solutions et réduire les coûts.
Mme
Rotiroti : Puis vous n'avez pas... je vous écoute, je vous entends, M.
le ministre, puis j'ai le goût de vous poser la question : Est-ce que ça
peut être conçu comme des séances de négociation individuelles?
M. Julien : Non.
Mme
Rotiroti : Vous n'avez pas peur que quelqu'un pourrait penser que, vu
que ça se fait en amont, vous discutez de plus que juste les besoins?
M. Julien : Non.
Je ne vois pas comment.
Mme
Rotiroti : Non? Bien, pourquoi vous dites : Je ne sais pas
comment?
• (15 h 10) •
M. Julien : Parce
que la discussion se fait avec l'ensemble des concurrents sur la même base.
Donc, il n'y a pas un avantage indu un par rapport à l'autre. Donc, c'est comme
dans certains cas de figure où on voit des chambres d'information, où on
s'assure que l'ensemble des joueurs ont la même information. Alors, ça, c'est a
priori.
Mme
Rotiroti : Avant qu'ils partent pour donner leur prix.
M. Julien : C'est ça. Alors, c'est comme... on donne des
précisions puis on précise, mais par discussions, et tout le monde
obtient le bénéfice de ces discussions-là en amont. Donc, il y a...
Mme
Rotiroti : Oui, mais... je comprends puis je suis tout à fait d'accord
avec vous, mais, si ça se ferait dans une... où est-ce que tout le monde est
autour de la table. Là, vous êtes deux personnes.
M. Julien : Non,
ça peut être avec des concurrents aussi, là, plus que deux personnes.
Mme Rotiroti : OK. Bien, alors... Bien, c'est parce que
bilatéraux, bilatéral, c'est deux, ce n'est pas plus que deux.
M. Julien : Bien,
c'est-à-dire qu'il faudrait voir comment on définit bilatéraux, mais, pour moi,
là, c'est avec chacune des entreprises intéressées.
Mme
Rotiroti : Bien, justement, c'est ça que je vous demande. Pour bien
comprendre pourquoi vous...
M. Julien : C'est
ça. Mais, pour moi, c'est avec chacune des entreprises intéressées, puis, après
ça, qui sont... l'ensemble des entreprises obtienne la même information
à tous égards.
Mme Rotiroti : Sur une base
individuelle.
M. Julien : Bien là, j'aurais de la
difficulté à voir comment je pourrais le faire sur une base individuelle puis
pourquoi je le ferais sur une base individuelle a priori.
Mme Rotiroti : Parfait. Bien,
écoutez, M. le ministre, je vais vous reposer la question, qui est très, très
simple. C'est vous qui amenez la notion d'ateliers bilatéraux. Ce n'est pas
moi, c'est vous. Moi, j'ai regardé dans le corpus
légal, c'est un nouveau concept. Alors, vous introduisez un nouveau concept.
Moi, je vous demande juste à quel moment
et pourquoi vous voulez... Je suis d'accord avec vous. Vous voulez que tout le
monde ait la bonne information pour qu'ils puissent donner les bons
prix. Ça, ils pourraient partir et donner leur prix, puis souvent c'est... Ça,
je suis d'accord avec ça. Dans quelle instance et pourquoi vous voulez faire du
«one-on-one»? Vous ne trouvez pas que c'est dangereux? Vous ne trouvez pas que
ça pourrait ouvrir la porte à une interprétation que vous n'avez aucune
intention d'aller là, là, ce n'est pas votre intention, mais qui peut donner
cette perception-là?
Le Président (M. Simard) : ...peut-être
juste de rappeler... puis nos débats vont très bien, mais de continuer de vous
adresser à la présidence. M. le ministre.
Mme Rotiroti : Ah! excusez-moi.
Le Président (M. Simard) : Il n'y a
pas de quoi.
Mme Rotiroti : On est dans une
collaboration.
Le Président (M. Simard) : Absolument.
M. le ministre.
M. Julien : Ah! bien, alors, je
réitère, puis j'ai déjà fait des transactions ou des processus comme ceux-là,
on a un vérificateur de processus indépendant, et, naturellement, tout ce qui
est en avant... en amont de l'appel d'offres, la grande importance, c'est de
s'assurer que personne ne bénéficie d'une information que l'autre ne
bénéficierait pas.
Mme
Rotiroti :
Parfait.
M.
Julien : Alors, même si...
même si je suis... M. le Président... même si j'étais directement avec M. le
président puis après ça directement avec
vous, le vérificateur de processus doit s'assurer que les discussions qu'on a
eues, le président et moi, sont
divulguées totalement et que vous obtenez la même information. Puis il y a
plein de processus dans des démarches de dispositions avec des
intermédiaires de marché. Puis là on a un vérificateur de processus indépendant
qui chemine avec nous à l'intérieur du processus. Ça, c'est pour a priori, puis
après, a posteriori, c'est des ateliers bilatéraux.
Mme Rotiroti : Parfait. On avance,
M. le ministre. Alors, votre vérificateur indépendant vient après. Alors,
vous... Qui qui porte le fardeau de s'assurer que, quand vous parlez à moi,
j'ai une information et que la même information est donnée au président?
M.
Julien : Alors, le vérificateur de processus n'est pas a
posteriori, il est pendant, il accompagne séance tenante.
Mme Rotiroti : C'est lui qui a la
responsabilité de s'assurer que l'information est uniforme?
M. Julien : Oui, et de manière... et
de manière indépendante, oui, dans le processus, oui.
Mme Rotiroti : Parfait. Merci. À ce
stade-ci, M. le Président, on aurait un amendement.
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
Mme
Rotiroti : J'aimerais ça, peut-être, avoir l'opportunité
d'en discuter avec le ministre pour voir si c'est opportun de l'amener.
Le Président (M. Simard) : Absolument.
Alors, nous allons suspendre quelques instants.
Mme
Rotiroti : Merci.
(Suspension de la séance à 15 h 14)
(Reprise
à 15 h 41)
Le Président (M.
Simard) : Alors, chers amis, cette pause fut très fructueuse. Elle
permet à notre collègue de Jeanne-Mance—Viger de nous déposer un
amendement. Alors, madame, la parole vous appartient.
Mme
Rotiroti : Merci, M. le Président. Alors, en toute transparence, on
était sur... j'avais posé la question sur l'atelier bilatéral. On a eu des
discussions avec le ministre. Puis, au fur et à mesure qu'on s'est parlé, on
a... et, suite aux interventions du ministre, le ministre a été gentil, il a
été collaborateur, et je pense que l'amendement, en toute transparence, vient
du côté ministériel. Je vais le lire puis je pense que... en le lisant, je
pense qu'on va tous comprendre suite aux interventions puis la discussion qu'on
a eues sur les ateliers bilatéraux.
Alors,
l'article 1, dans le paragraphe 2°... Non. Dans le paragraphe 2° de
l'article 1 du projet de loi, insérer, dans le dernier alinéa qu'il
propose d'ajouter à l'article 3 de la Loi sur les contrats des organismes
publics et après «la tenue d'ateliers bilatéraux», «en présence d'un
vérificateur de processus».
Alors, je vais le
lire puis je vais peut-être expliquer brièvement, puis le ministre pourrait
enrichir par la suite.
Alors,
l'article 1 tel qu'amendé : L'article 3 de la Loi sur les
contrats des organismes publics (chapitre C-65.1) est modifié :
1° par le
remplacement du paragraphe 1° du deuxième alinéa par le paragraphe
suivant :
«1° les contrats de
partenariat, soit les contrats conclus dans le cadre d'un projet
d'infrastructure à l'égard duquel un
organisme public associe un contractant à la conception et à la réalisation de
l'infrastructure ainsi qu'à l'exercice d'autres
responsabilités liées à l'infrastructure tels son financement, son entretien ou
son exploitation, et qui impliquent une approche collaborative pendant
ou après le processus d'adjudication;»;
2° par l'ajout, à la
fin, des alinéas suivants :
«Sont assimilés à des
contrats de partenariat les contrats mixtes de travaux de construction et de
services professionnels dans le cadre desquels un organisme public associe un
contractant à la conception et à la réalisation d'une infrastructure en
recourant à une approche collaborative pendant ou après le processus
d'adjudication ainsi que les contrats que le Conseil du trésor détermine par
règlement dans le cadre desquels un organisme public associe un contractant à la conception ou à la réalisation
d'une infrastructure lorsque ceux-ci impliquent une approche collaborative
que le règlement précise.
«Pour
l'application de la présente loi, une approche collaborative peut notamment
comprendre la tenue d'ateliers bilatéraux en présence d'un vérificateur de
processus, une mise en commun des ressources et des informations liées
au projet d'infrastructure ainsi qu'un
partage consensuel des risques et, selon le cas, des économies générées ou des
gains réalisés et des pertes subies pendant la durée du contrat.»
Alors, M. le
Président, si vous permettez, je vais être très brève, simplement vous
expliquer que, suite à la discussion qu'on a
eue sur les ateliers bilatéraux, où on doit s'assurer que la conversation en
deux parties... l'information est la
même. Alors, pour le ministre, en discutant, c'était normal, mais on vient
d'ajouter la présence d'un vérificateur de processus qui va s'assurer que l'information qui est donnée sur...
quand on tient des ateliers bilatéraux sont les mêmes pour tout le monde
avant qu'ils aillent en soumission.
Alors, encore une
fois, je tiens à remercier le ministre. Je pense que cet amendement est
nécessaire pour s'assurer qu'il y a une équité dans l'information qui est
donnée à tous ceux et celles qui pourraient être intéressés à soumissionner dans un appel d'offres. Alors, je ne
sais pas, M. le ministre, si vous voulez ajouter quelque chose ou j'ai suffisamment
expliqué votre amendement.
M. Julien : Vous avez parfaitement
expliqué. Elle a parfaitement expliqué l'amendement. Alors, effectivement, on
ne doit pas prendre pour acquis, alors c'est... je pense que cet ajout-là fait
démonstration que le processus va être bien vérifié et bien fait.
Le Président (M. Simard) : Merci,
M. le ministre. Y aurait-il d'autres commentaires sur cet amendement? Sans
quoi nous allons procéder à la mise aux voix. Cet amendement est-il...
Une voix : ...
Le Président (M.
Simard) : Oh! Oui, M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin :
Donc, bien, merci, M. le
Président. Merci à tous. Je trouve qu'effectivement l'amendement fait en
sorte qu'il y a plus, là, de profondeur, plus de clarté. En fait, c'était
peut-être le petit enjeu, là, qu'on avait identifié.
Puis, dans ce contexte-là, pour moi, tu sais, ce que j'aimerais... juste,
peut-être, revenir sur le point qu'on discutait peut-être un peu au
préalable.
Je comprends que la
base du projet de loi que la ministre de la Mobilité durable, là, est en train
de vouloir travailler dessus, là, en ce moment, ça se trouve à être,
finalement, le projet de loi que vous, M. le ministre, ici, vous déposez. Puis
je commence à comprendre un peu comment ça fonctionne ici, au parlement, mais
je suis un petit peu curieux d'essayer de
comprendre. On appelle ça... Donc, la base du projet de la ministre, c'est le
projet loi sur lequel vous travaillez
pour que la réglementation, j'assume, au niveau de comment les contrats vont
être alloués dans le ministre... dans l'agence, excusez, là, de la
mobilité durable. Est-ce que vous pouvez m'expliquer votre perspective à vous,
à savoir qu'est-ce que ça sous-entendait, ce commentaire-là, pour dire que
votre projet de loi, finalement, c'est la base du projet de loi de la ministre?
M.
Julien : M. le Président, j'aimerais quand même savoir qui
est-ce qui a tenu ce commentaire-là de manière...
Une voix : ...
M. Julien : ...c'est la base?
M. Beauchemin : Bien, c'est la
ministre elle-même qui décide.
M. Julien : OK. Alors, certainement. M. le Président, le projet de loi qu'on
a devant nous s'applique aux organismes
publics pour faire en sorte que, dans des projets d'infrastructure, on puisse
aller de manière plus efficiente et moins dispendieuse, en augmentant la
concurrence. Alors, ce projet de loi là est utile, certainement, à l'éventuelle
agence de mobilité. C'est-à-dire que
c'est... légalement, c'est le projet de loi qui vient donner les capacités
d'être plus efficients, alors, qui va
être bon pour l'ensemble des organismes publics, mais qui va être très
pertinent pour l'agence.
Le Président (M. Simard) : Parce
qu'évidemment, sans vouloir rentrer dans le vif du sujet, nos discussions sont
très positives, elles vont très bien, mais, évidemment, on traite ici d'un
amendement bien particulier.
M.
Beauchemin : Oui, oui, là,
mais c'est parce que c'est dans le contexte, justement, d'avoir de la
transparence, de nous permettre de
pouvoir s'assurer que chacune de ces étapes-là puisse être faite. Ça fait que,
donc, on vient d'ajouter l'amendement de... bien, de votre amendement,
que vous avez fait suite à la conversation que vous avez eue avec ma collègue. Très bien. Et donc je me pose la
question : Les ramifications, donc, vont être multiples dans tous les
autres paliers de gouvernement, à
savoir comment le comportement va se faire en divulgation de l'information pour
s'assurer que ce soit pertinent.
Il y avait un autre point, puis, peut-être si... — tu
peux me le montrer, s'il te plaît, Mélissa — il y avait un autre point que
je voulais vous faire porter attention, c'est dans ce contexte-là, justement,
où est-ce qu'on veut s'assurer de l'information pertinente lors de
l'attribution d'information, lors de la distribution d'information pour des contrats, on parle spécifiquement, dans la
définition, de contrats, mais on ne parle pas de l'exploitation ou de
l'entretien dans l'approche, au
niveau du partenariat. Je voulais savoir pourquoi on avait exclu... Peut-être,
je vais faire référence... Donnez-moi juste une petite seconde pour
clarifier vraiment le point de vue, là. On peut-tu suspendre juste...
Le Président (M. Simard) : Bien sûr,
momentanément.
(Suspension de la séance à 15 h 50)
(Reprise à 15 h 51)
Le Président (M. Simard) : Alors,
collègues, au moment de suspendre, nous en étions rendus à l'étude d'un
amendement amené par la députée de Jeanne-Mance—Viger sur l'article 1. M. le
député de Marguerite-Bourgeoys.
M.
Beauchemin : Oui. Donc, juste
pour clarifier, là, ce sur quoi on discutait avant de faire la pause de deux
secondes. Je viens d'avoir clarification sur le sujet, donc pas besoin
d'aller plus loin dans ça. Juste une petite question technique au niveau des
procédures : Pourquoi que le projet de loi, ici, s'appelle le 62 puis le
projet de loi de la ministre, elle, c'est 61, si celui-ci est supposé être la
base de l'autre? J'essaie juste de comprendre la logique. Il y a‑tu une raison
pour laquelle c'est comme ça?
M.
Julien : C'est une question
de présentation des projets de loi. Ils sont numérotés pour une suite numérique,
là. Donc, il n'y a pas préséance d'un sur l'autre, là.
M. Beauchemin : Ah! OK. Il n'y a pas
de... il n'y a pas de raison. Parce que, si c'est supposé être la base, ça
aurait été le numéro 1 puis après ça le numéro 2. J'essaie de
comprendre cet aspect-là des choses. Mais, écoutez, pour moi personnellement,
je pense que, si on n'a pas plus de questions pour l'amendement...
Le
Président (M. Simard) :
D'autres commentaires sur cet amendement? Sans quoi l'amendement est-il adopté?
Adopté. Alors, nous poursuivons, nous
revenons à l'étude de l'article 1, tel qu'amendé, pour une deuxième fois.
Y a-t-il d'autres commentaires?
Mme Rotiroti : J'aurais une question
au ministre...
Le Président (M. Simard) : Je vous
en prie, madame.
Mme Rotiroti : Dans
l'article 1, vous faites mention du terme «partage consensuel des risques»
lorsque vous parlez de l'approche collaborative, je cite l'article :
«...une approche collaborative peut notamment comprendre la tenue d'ateliers
bilatéraux [...] ainsi qu'un partage consensuel des risques et, selon le cas,
des économies générées ou des gains [...] et des pertes
[encourues] pendant la durée du contrat.» J'aimerais savoir qu'est-ce que vous
entendez par le terme «partage consensuel des risques». Pourquoi vous
différenciez des économies générées ou des gains de pertes encourues pendant la durée du contrat? Parce que vous dites
«selon le cas», «right»? Je veux juste comprendre, puis on pourrait
avancer.
M. Julien :
Alors, consensuel, naturellement, c'est contractant et organisme public,
contractant étant régulièrement un consortium à trois têtes. Et, naturellement,
quand on a... dans la perspective de conception, on va avoir, en fin de compte,
des économies qui vont arriver, par exemple, avec les choix de matériaux, les
suggestions, par la collaboration. Et après ça, naturellement, on pourrait
avoir des gains, réaliser des pertes, tout dépendant de ce qui se matérialise ou non comme hypothèse, je dis
toujours... je vais vous donner un exemple. Les matériaux c'est un bon exemple, à l'heure actuelle, l'acier coûte tant,
on a besoin de tant d'acier, mais, si l'acier montait, on va avoir des pertes,
si l'acier descendait, on va avoir des gains. Dans l'entente
contractuelle, on a déjà prévu ce partage-là, mutuellement.
Mme
Rotiroti : Mais corrige-moi... corrigez-moi, M. le ministre, si j'ai
tort. Je comprends, vous prévoyez tout ça, dans le fond, c'est-à-dire que vous
prévoyez, dans le partenariat collaboratif, qu'il pourrait y avoir, mettons, une hausse dans le coût du bois. Vous prévoyez ça.
C'est ça, l'objectif. Vous prévoyez les coûts. Alors, quand vous dites...
vous parlez de partage consensuel des
risques, le risque est partagé par qui? C'est l'organisme public avec le
gouvernement? Est-ce que les sous-traitants partagent le risque ou
est-ce qu'eux ne sont pas là-dedans du tout?
M. Julien :
L'entente contractuelle se fait entre le contractant qui est le consortium et
l'organisme public. Le contrat stipule
les différents éléments qui sont à risque et le partage éventuel... éventuel,
puisque ce sont des éventualités. Alors, l'entente est comme ça.
Naturellement, la relation du contractant avec les sous-contractants, lui, il
garde toujours les mêmes responsabilités.
Mme Rotiroti : C'est le contractant à ce moment-là. OK. Puis ça, ça vaut pour les
pertes, mais ça vaut aussi pour les gains, c'est ça?
M. Julien :
L'approche collaborative, c'est un livre ouvert, à visière levée. On prend la
meilleure hypothèse, puis après ça, naturellement, la vie fait en sorte que
cette meilleure hypothèse là, elle a des écarts avec ce qui se réalise
vraiment. Si les accords sont favorables, on partage les bénéfices. Si les
accords sont défavorables sur certains aspects,
on partage le malheur. Mais ce sera toujours mieux que d'assumer le malheur,
même s'il ne se matérialise pas.
Mme
Rotiroti : Puis ça, vous avez la garantie par rapport à ça, M. le
ministre?
M. Julien : Dans
des projets complexes, et sophistiqués, et dispendieux, les entreprises qui
soumissionnent sont, elles aussi, sophistiquées et, clairement, elles doivent
se prémunir de tous ces risques-là a priori, ils le mettent dans leurs prix,
c'est clair pour nous.
Le Président (M.
Simard) : Oui. M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M.
Beauchemin : Oui, mais ça revient exactement à ce que je disais
tantôt, M. le ministre, c'est des vases communicants. Donc, dans le contexte où
est-ce que, justement, ils vont mettre, dans leur soumission, l'ensemble des
variables, déjà, puis là on partage le risque qui est à visière levée, comme
vous dites, par la suite des choses, bien,
c'est là où est-ce que je posais ma question tantôt. Puis là, si on en arrive
dans une question de gains, par exemple, des deux-par-quatre coûtent
moins cher, puis là il y a une économie de 20 millions de dollars, là on
la partagerait, donc, avec le soumissionnaire, si je comprends bien, c'est ça?
M. Julien : Ah!
c'est plus simple... c'est plus simple que ça. Je ne sais pas sur quelle base
on ne se comprend pas, mais je vais essayer de le réexprimer, pour être
certain, M. le Président. Quand on est dans le mode traditionnel, le prix
déposé considère que 100 % des risques vont se réaliser pour les entreprises
sophistiquées. Ils ne prennent pas de chance. La vraie vie fait en sorte que
les risques...
Le Président (M.
Simard) : On va suspendre momentanément, M. le ministre. Je m'excuse
de vous couper comme ça, on va suspendre momentanément.
(Suspension de la séance à
15 h 57)
(Reprise à 15 h 58)
Le Président (M. Simard) : Alors,
chers collègues, nous sommes de retour. Et, à ce... à ce stade-ci, dis-je,
compte tenu de la répartition du temps, je cède la parole à ma collègue de Jeanne-Mance—Viger.
Mme Rotiroti : Merci, M. le
Président. Je ne veux pas donner l'impression qu'on est difficiles. Je veux
bien comprendre qu'est-ce qu'on fait ici, parce que l'article 1 est très
important. Alors, je ne veux pas que le... On a une belle
collaboration, M. le ministre, puis je ne voudrais pas qu'on perde ça, parce
que je veux quand même avancer dans ce
projet de loi là, mais c'est important que je comprenne. Parce que, moi,
l'impression que j'ai, dans l'explication que vous donnez, puis, encore
là, dites-moi si j'ai mal compris, c'est que vous ne pouvez rien garantir du
partage des bénéfices, mais, pour les risques, vous êtes certain? Est-ce que je
comprends mal dans l'explication que vous donnez? Et c'est pour ça que je vous
repose la même question. Je ne veux pas être redondante.
M. Julien : Parfait. M. le
Président, c'est vrai qu'il y a des enjeux de compréhension dans ce que vous
dites. Je vais essayer de le repréciser.
Mme Rotiroti : S'il vous plaît.
M. Julien : En mode traditionnel...
les projets complexes et dispendieux, les entreprises qui soumissionnent sur ces projets-là, on les connaît, il y en a
quelques-unes, elles sont hypersophistiquées. On parle de centaines de
millions, sinon de milliards de
dollars. Ces gens-là, quand ils se présentent face à des incertitudes, parce
que le projet a certaines incertitudes sur les taux de financement, sur
les coûts des matériaux, sur l'inflation des prochaines années... Alors, il y a plein d'incertitudes pour se prémunir d'un
risque qu'ils se trompent et qu'ils perdent des centaines de millions de
dollars, ils ont tendance, et ils le font très bien, et ils le font
toutes... tous et toutes, ils additionnent ces contingences-là au «worst-case
scenario», au pire... au pire des situations. Alors, ils disent : Bien,
tel risque peut se matérialiser, il risque de coûter tant, tant, tant. Alors, à
la fin, le prix qu'ils soumissionnent, c'est un prix qui est le plus
dispendieux de ce qui peut arriver.
• (16 heures) •
En mode collaboratif, à livre ouvert, on
identifie un prix ensemble, le fameux juste prix, et on convient que les
risques, eux, qu'ils avaient évalués au maximum, ils peuvent se matérialiser.
La différence, c'est que, quand ils vont se
matérialiser, un va se matérialiser à 50 %, l'autre à 25 %, à
différents niveaux, et, puisqu'on a convenu a priori, on va se partager,
en fin de compte, la matérialisation de ces risques-là.
Alors, eux, ils nous disent : Si on n'est
pas en mode collaboratif, tu vas payer 100 % de ce que je pense qu'il peut
arriver même s'ils n'arrivent pas, et nous, on dit : Travaillons ensemble
pour diminuer que ça arrive. Et, s'ils arrivent, on paiera vraiment ce qui est
arrivé. Tandis qu'on paie 100 %, en mode traditionnel, d'un risque
éventuel qui ne se matérialise pas toujours parce qu'eux doivent se protéger...
Mme Rotiroti : Absolument.
M. Julien : ...financièrement de ça.
Mme
Rotiroti : Très
bien.
M. Julien : Alors là, il y a des
gains, puis naturellement, dans les hypothèses qu'on amène, pour un prix, on va
avoir des hypothèses, même, qui pourraient être bénéfiques, les matériaux ont
baissé, bien là, on va se partager le bénéfice également.
Alors, c'est une approche qui est nettement plus
avantageuse pour deux choses : ils travaillent avec nous pour optimiser la
solution, et on paie uniquement ce qui arrive réellement dans un partage de
risques et non pas ce qui aurait pu arriver.
Mme Rotiroti : Merci beaucoup pour
l'explication. Je comprends mieux, M. le ministre, et merci. Est-ce que vous
êtes inquiet, à ce moment-là, que... suite à votre explication, que les gens...
il y aurait moins de contrats traditionnels, à ce moment-là? Vous l'avez
dit : C'est quelques entreprises qui peuvent, qui ont l'expertise, ça fait
gonfler le prix parce qu'ils n'ont pas le choix, parce qu'ils doivent se
protéger. Tandis qu'avec le concept que vous amenez dans l'article 1, qui
est l'approche collaborative, on partage les risques puis ont partages les
gains, qui fait en sorte que les coûts sont... vont rester raisonnablement dans
le... dans le budget qui est alloué.
Est-ce que vous craignez que les gens vont être
plus portés à dire : Bien, je ne soumissionne pas dans la voie
traditionnelle? On va attendre, on ne va pas là, on va attendre que le ministre
fait la collaboration collaborative. De toute
façon, on a plus à gagner qu'à perdre en faisant la collaborative versus la
traditionnelle. Vous ne craignez pas ça, M. le ministre?
M.
Julien : Aucunement. Le mode collaboratif s'applique à certains
projets, et le mode traditionnel s'applique à plusieurs autres projets.
Ce qu'on a... ce qu'on a observé, c'est que,
quand tu introduis le mode collaboratif, ça réduit les barrières à l'entrée
pour certaines entreprises en termes de financement et de capacité de
financement. Donc, tu augmentes, en mode collaboratif, le nombre de concurrents
dans des projets complexes parce qu'il y a moins de barrières à l'entrée.
Alors, ce n'est pas juste ceux qui sont hypergros avec un fort capital qui
peuvent embarquer. Donc, on peut être sur l'expertise
des compétences beaucoup plus, mais on va continuer de faire des projets
traditionnels qui sont sur d'autres bases et qui, eux aussi, optimisent
la concurrence.
Donc, dépendant du projet, ce qu'on souhaite,
c'est plus de concurrence, optimiser la concurrence. C'est pour ça que le choix des modes, dépendant de la
nature du projet... Je dis toujours : Cinq kilomètres de route asphaltée, ça va être en traditionnel. Il y a plein de concurrence.
Tout le monde connaît pas mal le prix de ça, et ils sont prêts à plonger sur le prix. Tandis que des projets plus
complexes, d'envergure, un centre hospitalier, il y a tellement d'inconnues
que le soumissionnaire veut...
Mme
Rotiroti : L'écart est trop grand.
M. Julien : ...veut un gros gap. Puis là tu dis : Écoute,
on va travailler ensemble, on a notre besoin, on va travailler ensemble pour arriver à la meilleure solution, et
là ça va augmenter la concurrence dans ces projets-là. Donc, il n'y a pas... c'est
mieux pour, globalement, le marché.
Mme
Rotiroti : Un n'empêche pas l'autre.
M. Julien : Les
deux approches vont donner plus de concurrence dans les deux marchés,
traditionnel et collaboratif.
Mme
Rotiroti : OK. Ça fait que vous, vous mettez... il n'y a pas de petits
projets en vigueur. C'est vraiment... Même un gros projet qu'on n'a jamais
fait, mais ça prend différents intervenants autour de la table ou expertises,
vous allez privilégier le... au lieu de la voie traditionnelle, la
collaboration parce que vous avez besoin d'avoir tous ces intervenants autour
de la table. C'est ça?
M. Julien : C'est-à-dire
que... le bon mode pour le bon projet. Je pourrais avoir un projet de 300
kilomètres d'asphalte qui coûterait cher mais qui ne serait pas complexe et je
pourrais avoir un projet moins cher d'un laboratoire hyperspécialisé, puis ce
serait en mode collaboratif...
Mme
Rotiroti :
C'est ça, collaboratif.
M.
Julien : ...le projet moins
cher, puis le projet plus cher serait en mode traditionnel. Donc, oui, il y a
le coût, mais il y a aussi la complexité.
Et là on donne un
coffre à outils aux organismes publics avec leurs spécialistes en appel
d'offres pour dire : Dans ce cas-là, c'est le mode collaboratif. Il y a
plusieurs modes collaboratifs, c'est lui qui est optimisé et vers lequel on va
aller pour augmenter la concurrence et réduire les coûts.
Mme
Rotiroti : OK. Alors, si je vous dis, M. le ministre, que les projets
qui ne sont pas en mode collaboratif n'ont pas accès au partage consensuel de
risques avec le donneur d'ouvrage, qui est le gouvernement, est-ce que vous
êtes d'accord avec ça?
M. Julien : En
mode traditionnel...
Mme
Rotiroti :
En mode, oui, collaboratif, oui.
M. Julien :
En mode traditionnel, il n'y a pas de nécessité de partage de risques.
Mme
Rotiroti :
Parfait.
Des voix : ...
Mme
Rotiroti : M. le Président, je pense qu'on a suffisamment fait le tour
de l'article 1. Je pense que, les nouveaux concepts que le ministre veut
introduire dans l'article 1, on en a suffisamment débattu. On a apporté des
amendements où est-ce que c'était nécessaire, pour avoir des garde-fous, avec
la collaboration du ministre, alors je lui en remercie. Moi, je serais prête à
aller, si vous voulez, à le vote pour adopter l'article 1.
Le Président (M. Simard) : Merci
à vous, chère collègue. Y aurait-il d'autres commentaires sur l'article 1
tel qu'amendé? Pas de commentaires?
Sans quoi, cet
article 1, tel qu'amendé, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Simard) : Adopté. Et nous poursuivons. M. le ministre, nous en
sommes...
M. Julien : Je
pourrais-tu demander une suspension, cher collègue?
Le Président (M.
Simard) : Absolument.
Alors, nous allons
suspendre momentanément.
(Suspension de la séance à 16 h 08
)
(Reprise
à 16 h 13)
Le Président (M. Simard) : Alors,
chers collègues, nous sommes de retour. Et, à ce stade-ci, nous en sommes
rendus à l'étude de l'article 2. M. le ministre.
M. Julien : Lecture
de l'article. Merci, M. le Président.
L'article 13.1 de
cette loi est modifié par l'insertion, après le premier alinéa, du
suivant :
«Malgré
le premier alinéa, la publication d'un avis d'intention n'est pas requise
lorsque les conditions suivantes sont satisfaites :
«1° l'objet du
contrat vise uniquement à répondre au besoin exprimé dans le cadre d'un appel
d'offres public pour lequel aucune soumission conforme n'a été présentée;
«2°
l'attributaire satisfait aux exigences que les documents de l'appel d'offres
visé au paragraphe 1° imposaient aux entreprises intéressées;
«3°
les conditions que le contrat impose à l'attributaire sont les mêmes que celles
énoncées dans les documents de l'appel d'offres visé au paragraphe 1°, à
l'exception du délai de réalisation, lequel peut être reporté d'une
période ne dépassant pas celle écoulée entre la date limite de réception des
soumissions fixée par l'appel d'offres et la date de conclusion du contrat;
«4° l'attributaire a
transmis sa proposition à l'organisme public dans les 90 jours suivant la date
limite de réception des soumissions fixée pour l'appel d'offres visé au
paragraphe 1°;
«5° le contrat est
conclu dans les 90 jours suivant la date de réception de la proposition de
l'attributaire.»
Donc, dans les
commentaires, l'article 13.1 de la Loi sur les contrats des organismes publics
prévoit que, lorsqu'un organisme public entend conclure un contrat de gré à gré
au motif qu'un appel d'offres ne servirait pas l'intérêt public, il doit au
préalable publier un avis de son intention de conclure un contrat sans recourir
au processus de mise en concurrence. L'objectif recherché par la publication de
cet avis consiste à permettre à toute entreprise de pouvoir manifester auprès
de l'organisme public son intérêt à réaliser le contrat projeté selon les
besoins et les obligations énoncés dans l'avis et ainsi inciter cet organisme à
opter pour un processus de mise en concurrence.
L'article 2 du projet
de loi propose d'écarter cette obligation lorsque l'objet du contrat vise à
répondre à un besoin que l'organisme a cherché à satisfaire au moyen d'un appel
d'offres public pour lequel aucune soumission conforme n'a été présentée et que
les exigences ci-après sont rencontrées : un, les conditions imposées au
contractant sont les mêmes que celles que prévoyaient les documents de l'appel
d'offres infructueux, sauf en ce qui concerne le délai de réalisation; le contractant doit avoir transmis une proposition
à l'organisme public dans les trois mois suivant la date limite du dépôt des
soumissions prévues dans les documents de l'appel d'offres infructueux; le
contrat doit être conclu de gré à gré dans les trois mois suivant la
date où l'organisme public a reçu la proposition du contractant.
Ça fait le tour? Ça
fait le tour.
Le Président (M. Simard) : Alors,
des commentaires supplémentaires? Sans quoi, nous amorçons la discussion.
M. Julien : Oui,
bien, rapidement, je pense qu'on va avoir des discussions. On a eu quand même l'Autorité
des marchés publics qui était venue nous voir. C'est sûr que les discussions
qu'on a eues avec l'Autorité des marchés publics, pour répondre à sa
satisfaction, ont été modifiés dans l'article 45, 46, 47, 48 de la présente
loi. Donc, on a proposé des amendements, mais c'est là qu'ils se retrouvent,
essentiellement, à l'entière satisfaction de l'Autorité des marchés publics.
Mais on a compris, en fin de compte, le commentaire, on a corrigé par
amendement, là, qu'on aura à discuter dans ces articles-là. Là, on est sur
l'article 2.
Le Président (M.
Simard) : ...cher collègue. M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M.
Beauchemin : Oui. Merci, M. le Président. Pouvez-vous m'expliquer
pourquoi... Dans les commentaires, on parle ici : «Le contractant doit
avoir transmis une proposition à l'organisme public dans les trois mois suivant
la date limite du dépôt...» Pourquoi mettre cette restriction-là ici?
M. Julien : C'est ça, alors c'est pour éviter, en fin de
compte, qu'on étire le processus. Donc, 90 jours pour ne pas que ça
dure trop longtemps.
M.
Beauchemin : OK. Puis est-ce que c'est la même réponse pour... la
raison pour laquelle vous avez mis «le
contrat doit être conclu de gré à gré dans les trois mois suivant la date où
l'organisme public a reçu la proposition du contractant»?
M. Julien : Oui,
c'est la... même motif.
M.
Beauchemin : OK. Puis ici, là, c'est quoi, le... l'univers de
contrats, en termes de complexité, ou on parle de plus simple? On parle de quoi, exactement, dans l'ensemble des
contrats de gré à gré? Parce qu'on l'a vu, là, il y a eu quand même des
contrats de gré à gré qui ont été faits dans à peu près tous les espaces, là.
C'est juste pour me donner une idée. Y a-tu comme... On a-tu limité le «scope»
à ce que ça soit un certain genre de contrats?
M. Julien : Non,
non, c'est tout type d'appels d'offres publics qui sont infructueux. Alors, ce
qu'on... ce qu'on vient retirer, c'est... à partir du moment où est-ce qu'il
est infructueux, il fallait émettre un avis d'intention, qui prenait des délais supplémentaires, comme pour
signifier au marché : Bien, je retourne sur ce que j'ai soumis, puis là,
tu sais, comme on vient préciser, il faut que le projet qui est soumis...
même nature, mêmes besoins.
Alors, pour
nous, il y a... c'est une perte de temps, là, de mettre l'avis d'intention pour
pouvoir aller de gré à gré. Je comprends qu'il y avait des enjeux, qui
ont été nommés par l'Autorité des marchés publics, sur les délais pour que lui
puisse le vérifier. On amène ça à 45, 46, 47, 48. Mais ici, avec les éléments
qui sont prescrits pour dire : Ça doit être ça, ça, ça qu'il y a
là-dedans, c'est-à-dire le même projet, la même portée, la même... la même...
le même projet qu'on veut négocier de gré à
gré, bien, l'avis d'intention était... était non nécessaire et faisait en sorte
qu'on perdait du temps.
M.
Beauchemin : Là, bien, évidemment, en ce qui a trait à une des
exigences, là, qui est éliminée, c'est le délai de réalisation, là, si
je comprends bien, là, que vous mettez ici. Bien, ce que vous dites, vous
dites : Les conditions imposées aux
contractants sont les mêmes que celles qui prévoyaient, là, des... les
documents d'appels d'offres infructueux, «sauf en ce qui concerne le
délai de réalisation».
• (16 h 20) •
M. Julien : C'est-à-dire que le gap
de temps entre le premier processus et le deuxième processus, par exemple, si
ça prend deux mois, on va y accorder deux mois de plus dans sa réalisation.
Alors là, on considère que le délai de réalisation... on considère que les deux
processus qui sont... On en avait un premier, il a été infructueux. On ne change pas la nature du contrat, sauf s'il y
avait une date de livraison. Mettons, telle date puis ici, entre mon gré à gré et
mon premier processus, il y a quatre mois qui s'est écoulé, on va accepter que
la fin soit quatre mois plus tard parce qu'il y a eu un délai. C'est seulement
ça qui va être accepté.
M. Beauchemin : OK. Mais, juste pour
que je comprenne, M. le Président, dans un contexte où est-ce que, par exemple,
le marché vous a dit, là, qu'il n'y avait pas intérêt à avoir... d'offrir au
gouvernement ou à l'entité gouvernementale, là, des soumissions puis que là on
va y aller de façon de gré à gré, est-ce que ça, c'est parce que là vous offrez à l'ensemble des potentiels
fournisseurs l'opportunité de s'entendre de gré à gré avec l'entité gouvernementale
ou c'est parce qu'il y a juste eu...
Des voix : ...
M. Julien : L'ensemble des joueurs,
mais sur la même nature et même portée que le projet qui était dans l'appel
d'offres.
M. Beauchemin : OK. Ça fait que,
donc, projet x, il y a A, B, C qui sont des soumissionnaires potentiels lors
d'un contrat, offre d'appels générale, aucun de ceux-là ne décide de déposer
une offre de services, mais on va faire affaire
avec ces trois-là de façon indépendante par la suite pour qu'on puisse avoir un
contrat de gré à gré. C'est ça que je comprends? Ça peut être n'importe
qui.
M. Julien : N'importe qui. Mais
c'est ça qui est fait actuellement, là. La notion qu'on enlève ici, c'est
l'avis d'intention, là...
M. Beauchemin : Oui, oui. Je
comprends, mais j'essaie juste de revenir à la genèse en arrière.
M. Julien : ...qui repousse dans le
marché la même information qui... puis...
M. Beauchemin : Ça fait que la seule
variable...
M. Julien : Alors, l'intention était
déjà nommée à l'intérieur du processus d'appel d'offres initial.
M. Beauchemin : Oui, je comprends.
Ça fait que la seule variable, donc... peut-être pas, là, parce qu'il va
peut-être y en avoir d'autres, là, mais, de façon simpliste, la seule variable
qu'il va rester à négocier de gré à gré pourrait être, par exemple, que le
prix? Je veux dire, si... supposons qu'il n'y a pas de fournisseur de services
prêt à déposer une offre, c'est parce que peut-être qu'eux autres, ils se
disent : Bien, c'est parce que moi, je vais charger tellement cher qu'il
n'y aura pas d'entente possible à avoir. Puis là vous dites : Bien, on
ouvre ça de façon gré à gré. Ils peuvent
arriver puis là : Bien, écoute,
moi, je suis prêt à faire ça à tel
prix puis là, bien, je peux peut-être aussi varier... bien, je ne suis
pas capable de pouvoir livrer cette partie-là du projet qui est trop complexe
pour nous d'exécuter. Puis ils peuvent commencer à éliminer des pans, là, du
projet de loi. À ce moment-là, si je comprends bien, l'agence du gouvernement
ou le ministère, ou peu importe l'entité gouvernementale qui est impliquée
là-dedans, peut dire : Bien, je n'ai
pas d'intérêt à faire cette partie-là du contrat. Puis vous, bien, vous pouvez
dire, à ce moment-là : Bien, nous autres, on va... non, nous autres,
c'est... ce qu'on veut, c'est ça, puis ça finit là, puis point final. C'est ça
que je comprends?
M. Julien : Rien n'est modifié dans
l'entente, le projet initial qui est prévu à l'appel d'offres public infructueux.Et, si on modifie quoi que ce
soit, il faut qu'il retourne en appel d'offres public, ce qui est le cas
actuellement, là, je le réitère, sauf qu'actuellement on
exige l'avis d'intention, qui est des délais supplémentaires sans aucune valeur
ajoutée, là. Y a-tu quelqu'un qui prétend que...
M. Beauchemin : OK. Non, c'est... Je
comprends. C'est juste que je voulais amener ça à comprendre la dynamique lors
de ce genre de situation là où est-ce qu'on se trouve à être forcés d'y aller à
gré à gré.
Donc, je me pose la question maintenant, M. le
ministre. Rendu là, OK, quand on est dans cette situation-là, où est-ce qu'on
n'est plus avec un genre de système d'appels multiples, là, OK, on est avec un
gré à gré, la variable qu'il va rester à déterminer, ça va être le délai de
livraison du produit ou du service plus le prix. Est-ce que c'est les deux
variables qu'il reste à déterminer?
M. Julien : Excusez-moi. J'ai manqué
votre question. Excusez-moi.
M. Beauchemin : Donc, c'est ça. Ça
fait que le... Quand on est arrivés à être forcés de faire un contrat de gré à
gré après avoir été dans le public, dire : Voici ce qu'on... on ne change
aucunement les conditions de l'appel d'offres, nous, ce qu'on veut, c'est ça,
puis là, maintenant, on est ouverts à faire du gré à gré, mais la seule
variable qu'il reste à négocier avec le
fournisseur de services, c'est quoi exactement, ou les variables qu'il reste à
négocier, puis, après ça, on pourrait
peut-être aller avec un exemple concret pour peut-être aider à mieux comprendre
pour tous, là, mais selon vous?
M. Julien : Mais c'est-à-dire que,
quand il y a une négociation de gré à gré, puis la portée est immuable, c'est
une question, en réalité, de prix.
M. Beauchemin : Bien, d'accord,
correct. Ça fait que, donc, on est...
M. Julien : L'exemple que... puis,
si vous permettez, M. le Président, l'exemple, en réalité, là, parce que...
parce qu'avant c'était déjà comme ça, sauf l'avis d'intention, mais on s'en va
en appel d'offres public pour faire l'excavation d'un bâtiment, puis la portée
est assez claire, puis il n'y a pas de soumissionnaire, puis on dit :
Écoute, il faut faire l'excavation de ce bâtiment-là, tu sais. Parce que
quelqu'un pourrait prétendre : Bien, peut-être que c'est à cause que ton projet n'est pas assez clair. Bien,
écoute, là, tu sais, c'est une excavation d'un bâtiment, c'est assez clair.
Mais peut-être que le marché n'a pas vu, n'était pas tant intéressé ou il n'a
pas levé la main parce qu'il était bien occupé. Mais là, nous autres, il faut
faire excavation du bâtiment, puis ça se peut, en fin de compte, que
l'entrepreneur avec qui on fait l'affaire du bâtiment dit : Bien,
je vais t'en trouver un, puis on va négocier le prix, puis... Alors, ça va de soi qu'on va être obligés de faire
l'excavation du bâtiment. Ça ne procurerait aucun avantage supplémentaire de
republier un avis d'intention, là, tu
sais : Je vous réinforme, en fin de compte, qu'il faut faire l'excavation
d'un bâtiment.
Alors, ça, c'est... actuellement, c'est comme
ça. C'est : c'est infructueux, je fais un avis d'intention qui me permet
d'aller de gré à gré pour, sans modifier la portée, avoir une entente parce que
je dois excaver. Ça fait que là on dit juste : L'avis d'intention, là,
écoute, ça nous fait perdre du temps sans valeur ajoutée dans le processus.
C'est ce qu'on veut retirer.
Cependant, l'avis d'intention donnait une
information, par exemple, à l'Autorité des marchés publics pour surveiller le
marché, puis il nous a dit : Heille! Attention! On a amené des amendements
à sa satisfaction dans 45, 46, 47, 48, qui
sont les règlements... les règlements concernant ça, et il est satisfait. Mais
ici le 2, c'est... puis je le résume, c'est l'avis d'intention qu'on ne
fait plus sans valeur ajoutée. Il y avait une valeur ajoutée, potentiellement,
pour l'Autorité des marchés publics, qui y voyait le signal clair pour
surveiller. On lui a donné un autre mécanisme, à sa satisfaction, dans 45, 46,
47, 48.
M. Beauchemin : Je comprends ce
que... je comprends ce que vous me dites. Puis je pense que le focus que vous avez là-dessus, c'en est un au niveau de la
procédure pour faire que la job se fasse, éventuellement, en bout de piste,
puis ça, je vous le donne, je le comprends.
L'enjeu que j'ai, c'est... J'essaie de
comprendre les forces vives de marché qui font en sorte que, là, bon, OK, on
n'a pas compétitionné, ils nous ont dit qu'il y avait ce processus d'appel
d'offres ouvert à tous, A, B et C ont décidé de ne pas soumettre une offre.
Finalement, quand on y va de gré à gré, bien, il y a juste A qui se pointe.
Puis après ça il va y avoir un autre processus comme ça, puis là il va y avoir
A, B, C, D qui vont se pointer, puis là, bien, personne ne va soumettre une
offre. Mais, finalement, ça va être juste B qui va se pointer dans le contrat
de gré à gré, puis après ça c'est... même concept. C'est comme... C'est ça que
j'essaie de comprendre. Quand on en arrive à avoir cette approche-là, en
contrat de gré à gré, on ne s'ouvre pas un peu aussi, justement, à ce que, par
exemple, on soit obligés de prendre le prix qu'on... le seul prix qu'on nous
donne?
M.
Julien : Alors, le processus actuel, on utilise ça cinq,
six fois par année, qu'on me dit, la Société
québécoise des infrastructures, qui est probablement, en fin de compte,
celle qui donne le plus de contrats en nombre, pas en valeur, c'est le ministère des Transports en valeur, mais, en nombre,
c'est définitivement la SQI, oui, Société
québécoise des infrastructures, qui en donne le plus.
Alors, tout ce qu'on dit, c'est : Ici, on
amène un allègement sur l'avis d'intention qui est... Puis je donne encore des
exemples, puis c'est des exemples, là... On doit excaver dans une région X, on
envoie au marché, puis, dans la région X, bien, ce n'est pas A, B, C qui ne se
présentent pas, là, c'est... A, B, C, là, ils n'existent pas tant, ils ne se présentent pas
beaucoup, puis ils sont occupés beaucoup, puis... mais il faut toujours bien
excaver le bâtiment en question. Puis là il est infructueux. On le met
au marché, là, puis le marché, là, il n'est pas là. Donc, c'est... tu sais, puis c'est... Alors, c'est assez rarissime, parce
que le marché, quand il est disponible, là, ils soumettent, là. Alors, on a des
cas de figure où on dit : Écoute, je ne peux pas retourner au marché, il
ne sera pas mieux. Mon projet, c'est l'excavation,
par exemple, d'une école, je dis n'importe quoi, tu sais. Alors, je ne m'en
vais pas sur la lune, mais il n'y a pas...
Là, avant, on disait : Bien, pour ce cas-là, là, on va faire un avis
d'intention pour aller de gré à gré. Nous autres, on dit : Heille!
On va sauter l'avis d'intention.
Alors, c'est quelques
cas de figure, là, momentanés, dus à certains éléments, qui, clairement, nous
amènent à aller là, on saute l'avis d'intention parce qu'on dit : Écoute,
on l'a déjà mise, là, dans le processus d'appel d'offres public sur les
systèmes gouvernementaux, la publication. S'il y avait eu à se présenter
quelqu'un, il serait là. Alors, c'est beaucoup pour ça, mais ce n'est pas,
genre... tu sais, on n'utilise pas ça des centaines de fois par année, là.
C'est beaucoup plus un processus d'exception mais qui fait que l'avis
d'intention ne fait juste pas de sens.
• (16 h 30) •
M.
Beauchemin : Puis peut-être que ce serait peut-être par des exemples
concrets que l'image serait plus comprise, là, par M. et Mme Tout-le-monde qui
nous regardent en ce moment, là, mais, dans les cinq, six cas que vous voyez de
façon annuelle, disons, par exemple, avec la Société québécoise des
infrastructures, est-ce que les gens qui répondent finalement à l'approche gré
à gré sont les soumissionnaires, là, qui répondent à l'offre de contrats de gré
à gré? Est-ce que ça, c'est des gens qui, géographiquement, sont extrêmement
loin de ce qu'initialement aurait été plus normal de penser que des
fournisseurs auraient pu se manifester? C'est-tu une question de géographie?
C'est-tu...
M. Julien : Non,
pas nécessairement. La distinction, c'est que, soudainement, le besoin est
clair, on a besoin d'excaver, et là on se met en action pour trouver un
partenaire pour excaver. Parce que, naturellement, quand on l'a mis au marché,
ils ne sont pas venus. Donc, ça peut être l'entrepreneur, ça peut être nos
actions. Tu sais, c'est un peu comme...
M.
Beauchemin : Mais c'est un peu ça, ma question, c'est...
M. Julien : ...on
va le chercher.
M.
Beauchemin : C'est ça. Ça fait que ma question, c'est : C'est
quoi, l'action de plus que vous faites pour aller chercher le soumissionnaire
en fonction d'un contrat de gré à gré par rapport à... C'est quoi, l'action de
plus que vous faites?
M. Julien : Oui,
mais c'est à cause que chaque cas de figure, M. le Président, est différencié.
Mais, je réitère, si on doit excaver pour une école, là, bien, il faut en
trouver un qui excave. Puis, si je suis sur la Côte-Nord puis il n'y en a pas,
bien, il faut en trouver un, là, puis on va trouver le meilleur. Mais chaque
cas de figure est différencié. Une chose est certaine, tu sais : on est
allés en appel d'offres public, puis il n'y en a pas eu.
M.
Beauchemin : Le point que j'essaie de faire, M. le Président, c'est le
suivant. C'est que, là, ici, on a une... une illustration que, quand on fait
cette approche-là, OK, on va dans l'inconnu un peu parce qu'on ne connaît pas
la réponse, on n'a pas une idée de la réponse qui va arriver. Là, maintenant
qu'on a cette expérience-là, on sait, avec le temps, qu'il y a éventuellement,
en gré à gré, des gens, on a besoin de faire telle, telle manoeuvre
d'information additionnelle pour aller les chercher, puis là on les a... Ça
fait que, moi, ce que je suis en train de dire, c'est que ne devrions-nous pas
plutôt avoir un guide de meilleures pratiques pour s'assurer que, justement,
dans les entités gouvernementales, l'effort additionnel pour s'assurer qu'en
appels d'offres multiples les processus font en sorte que, justement, on va
être capables de les attirer, en d'autres mots? Là, on a des expériences année
après année, ça fait six ans, là, qu'on le voit, là, qu'il y a des contrats de
gré à gré qui se font de façon récurrente.
Pourquoi n'allons pas
nous plutôt vers une meilleure pratique, donc d'additionner toutes ces
expériences additionnelles là, là, qu'on a eues avec le temps? Ah! dans tel
contrat, ça nous a pris tel genre de publication dans tel genre de journal pour faire en sorte que tel genre
de fournisseur se pointe. Bien, rentrons ça maintenant dans notre processus
pour s'assurer qu'à la deuxième fois... Puis là, bien, additionnons-le. Si, à
chaque année, on a cinq, six expériences de plus, ça nous fait des
outils de plus pour faire... Parce que l'objectif, c'est de réduire à sa plus
petite base le nombre de contrats de gré à gré.
Le Président (M.
Simard) : Merci. M. le ministre.
M. Julien : ...puis, encore là, tu sais, il faut bien
concevoir le type d'exemple. Donc, je construis, par exemple, l'Hôpital
de Vaudreuil-Soulanges. J'ai besoin d'un plâtrier pour boucher des trous dans
les murs puis de fermer des murs, je m'en vais en appel d'offres, puis il n'y a
pas de plâtrier. Puis là il faudrait figurer, nous autres, les quelques cas de
figure annuels qui arrivent comme ça, puis là je vais dire : Bien, je vais
en trouver un, là, puis je m'en vais... Tu sais, à la place d'attendre le
téléphone, puis on le... je vais en téléphoner, on va trouver un, là. Alors,
c'est des cas comme ça. Puis là c'est des
cas qui arrivent, qui sont prévus par la loi, qui nécessitent la publication
d'un avis d'intention.
Si vous me
dites : Joe... Si vous me dites... si vous me dites : Moi, là, je
pense que l'avis d'intention, là, il faut garder ça, bien, c'est ça
qu'on vient modifier, là, bien là, je vais dire : OK, bien, ce n'est pas
très, très efficient parce que ça ne donne aucune valeur ajoutée, mais je vous entends.
Actuellement, on exige un avis d'intention pour pouvoir aller de gré à gré sur les cas de figure qui
feraient en sorte qu'on veut, par exemple, ici, ne pas arrêter un mégachantier
pour quelque chose qui est plus accessoire.
Mais, OK, bien, dites-moi pourquoi vous trouvez ça le fun, un avis d'intention.
Mais après ça, là, commencer à dire : Il
faut les règles de bonnes pratiques, un document, un guide... Non, non. On essaie ici de faire en sorte que, dans
certaines situations spécifiques, on ne vient pas bloquer des chantiers... qui nous
font perdre du temps, quand les chantiers sont majeurs, pour quelque chose de
plus accessoire. Puis publier un avis d'intention, rajouter des délais pour
arriver à la même finalité de permettre la négociation de gré à gré, pour
couvrir exactement la même chose, la même portée que l'appel d'offres
initial... Si quelqu'un trouve que c'est bien de perdre des semaines dans
l'avis d'intention, nous on dit : Bien non, ce n'est pas le fun, ce n'est
pas intelligent. L'Autorité des marchés publics nous dit : Attention, j'ai un petit bémol. On
le corrige en 45, 46, 47, 48. C'est là qu'on est, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Cher collègue.
M.
Beauchemin : Bien, M. le Président, c'est justement dans cette
approche-là, constructive, de s'assurer qu'on fait les choses
intelligemment, que ce que je suggère... En fait, par exemple, votre plâtrier
que vous mentionniez tantôt, M. le ministre,
si, dans l'appel d'offres, on dit qu'idéalement on aimerait avoir un plâtrier
local, mais il n'y en a pas parce que
«obviously» ils n'y ont pas répondu, là, mais s'ils y répondaient, on leur
disait : On paierait votre transport, on serait prêts à accepter
une charge additionnelle de transport, c'est un exemple, là, je fais juste dire
que j'assume, hein, qu'avec l'avis on
apprend, puis les expériences s'accumulent, puis ça peut développer un guide de
meilleures pratiques, puis une des choses qu'on devrait apprendre, c'est
que, justement, si on n'a pas de plâtrier à Vaudreuil-Soulanges, bien, il y en
a peut-être dans Montréal-Est, mais Montréal-Est, ils ne veulent pas se
déplacer parce que ça coûte trop cher, trop de temps, ils perdent du temps,
tatati, tatata, que si, dans l'offre, on est ouvert à l'idée, quand on fait l'exemple de plâtrier, ou d'électricien, ou de
menuisier, ou de n'importe quel autre corps de métier, on leur dit : Bien,
nous, on préférerait que vous soyez local, mais allez-y si vous venez
d'ailleurs dans la région ou un petit peu plus loin, on serait prêts à payer
pour votre transport et payer les heures de transport pour le faire, exemple,
ça, ça aiderait à faire avancer. On aurait une meilleure pratique, et vous
auriez plus de compétition, ce qui est l'objectif ultime. Ça vous éviterait
d'être obligé de passer à gré à gré. J'aimerais ça quand même avoir...
Le Président (M. Simard) :
Absolument. M. le ministre.
M. Julien : Bien, malheureusement,
je suis obligé d'être en désaccord avec mon collègue, là, il n'y a pas de
limitation de lieu et d'endroit, on ne peut même pas le faire légalement. Quand
on va en appel d'offres public, n'importe
qui peut soumissionner, mais ça se peut fort probablement que les gens n'ont
pas l'intention de soumissionner parce que c'est loin, là, mais c'est
permis, il n'y a pas d'enjeu par rapport à ça. Une fois que la soumission est
publique, appel d'offres public, et personne n'a levé la main, bien, nous
autres, il faut trouver, en fin de compte, un plâtrier, il faut trouver
quelqu'un qui va le faire, l'excavation. Puis on ne va pas bloquer des projets
majeurs pour des cas spécifiques de cette nature-là qui arrivent quelques fois
par année. Puis, je réitère, si quelqu'un me confirme que l'avis d'intention a
une valeur ajoutée, puis ça vaut la peine de perdre du temps entre les deux
processus pour arriver à la même fin, bien, moi, je ne suis pas... je ne suis
pas d'accord, mais ici les suggestions de mon collègue par rapport localement, pas localement, bien, non, il
n'y a aucune contrainte, et on n'a même pas le droit, même, d'aller là. Donc,
ce n'est pas ça, l'enjeu qu'on a devant nous.
M. Beauchemin : Bien, M. le
Président, si je peux... ce n'est justement pas pour faire perdre du temps, au
contraire, c'est pour faire gagner du temps que je fais la proposition de,
justement, accumuler ces expériences-là des meilleures pratiques puis de
s'assurer qu'elles font partie, justement, du processus d'appel d'offres. Donc,
comment vous l'avez gagné... La question, en
fait, simplement, là, c'est : Comment vous l'avez gagné, votre contrat de
gré à gré avec le plâtrier? Comment a-t-il pu décider soudainement... ou
elle, a-t-elle décidé de venir faire un tour dans le contrat de l'Hôpital de
Vaudreuil-Soulanges pour finalement se joindre à l'équipe? Elle a dû sûrement
ou il a dû sûrement rentrer dans son... dans son prix. Le fait que le
transport, ça lui coûtait quelque chose, puis le temps de se rendre là, ça lui
coûtait quelque chose, ça fait qu'il a dû soumettre un prix en fonction du fait
qu'il venait de loin. Parce qu'initialement
j'assume que tous vont vouloir y aller de façon locale. Puis il se dit :
Ah! c'est trop loin pour moi, c'est sûr que je vais perdre contre un plâtrier
ou une plâtrière de la région. Ça fait que c'est un peu dans ce contexte-là.
Ça fait que c'est pour ça que j'essaie de
comprendre. Il y a-tu des statistiques au moins qui s'accumulent? Il y a-tu...
il y a-tu une intelligence qui s'accumule quelque part, à savoir comment qu'on
peut faire avancer le processus de façon transparente pour tous, là?
M. Julien : M. le Président, moi, je
pense que j'ai donné les réponses. Le processus d'appel d'offres public est
publié et disponible à tous. Alors, mon collègue parle de meilleures pratiques,
que je ne conçois pas comme suggestion, mais c'est certain qu'une fois que le
processus n'a pas fonctionné, soudainement, on va en appel d'offres public, on
le met sur le marché, les gens le connaissent, les gens ne soumissionnent pas
pour différents motifs, et, quand c'est infructueux, bien là, on va prendre le
téléphone puis on va appeler les gens, parce qu'il faut le faire, ce
travail-là. Ça va finir par un gré à gré, c'est des cas de figure pour ne pas
arrêter des chantiers. Puis on dit juste, là, ce qu'on vient modifier, c'est
l'avis d'intention.
Mais
malheureusement, quand on le met publiquement sur des systèmes gouvernementaux
disponibles à tous, je ne peux pas présumer après ça que tous vont soumissionner.
Et le travail doit se réaliser. Dans ces cas-là, on va aller sur le gré à gré,
et il n'y a pas de valeur ajoutée à l'avis d'intention, qui est la procédure
actuelle prévue.
• (16 h 40) •
M.
Beauchemin : Je comprends le ministre, puis je suis... je partage, là,
les problèmes que les agences du gouvernement ont à trouver des bras de temps
en temps pour faire des jobs. Ça, c'est évident. Le point, c'est... mais c'est parce que vous venez encore de le
mentionner, c'est que, dans le processus, ça ne marche pas. Ça fait que, là,
vous prenez le téléphone puis vous appelez du monde, puis, quand vous
appelez du monde pour faire que ça fonctionne, bien, vous devez accumuler une
certaine expérience. Puis, quand ça fait des années que vous accumulez la même
expérience mais que vous ne l'incorporez pas dans votre processus d'appel
d'offres public à tous, bien, à un moment donné, c'est de se dire :
Coudon, on ne veut pas avancer? Ça fait qu'on perd du temps à cause qu'on
n'avance pas, parce qu'on n'intègre pas, justement, les meilleures pratiques.
Ça
fait que, si la pratique était de heille! sais-tu quoi, ce genre de contrats
là, ça va être difficile, probablement qu'on n'aura, peut-être, pas
d'offre, on devrait peut-être s'assurer, justement, là, de se... de passer le
message à tous, de faire des appels puis dire : Heille! je vais avoir ça,
puis vas-y. Comme, pourquoi ça, ça ne marcherait pas d'avoir cette meilleure
pratique là de transparence pour faire en sorte que les Québécois puissent avoir
un processus d'offres compétitif, au lieu que ça soit tout le temps le réflexe
de tomber... tomber à gré à gré? C'est juste dans ce contexte-là que je vous
pose la question, M. le ministre, là.
M. Julien : Encore
là, M. le Président, je suis obligé de ne pas être d'accord avec les
affirmations de mon collègue. Puis, encore là, c'est une bonne discussion qu'on
a, c'est... je trouve ça intéressant intellectuellement. Des centaines d'appels
d'offres publics à la SQI par année, des centaines d'appels d'offres publics
qui fonctionnent très bien, qui... souvent,
même, quand ils ne fonctionnent pas, on peut même retourner en appel d'offres.
À peu près le nombre de doigts que
j'ai dans ma main, là, il y a des situations où on dit : Écoute, celui-là,
là, je n'ai pas de soumissionnaire, et ça vaudrait la peine d'utiliser
cette pratique-là, donc. Et cette pratique-là amène un avis d'intention a
priori qui nous fait perdre du temps puis qui peut être sur le chemin critique
des projets d'infrastructure puis bloquer la suite du projet d'infrastructure,
là. On le sait très bien, là, c'est une somme de gestes qui sont subséquents.
Cinq, six fois par année, des centaines
d'appels d'offres publics, je prends une mesure d'exception puis je dis :
L'avis d'intention n'est pas nécessaire.
Donc, je veux juste
dire : J'entends, mon collègue, ce qu'il dit, c'est des mesures
d'exception très, très peu fréquentes, mais, quand on a à les utiliser, on
trouve que s'enfarger dans un avis d'intention n'est pas pertinent. On trouve
des mécanismes pour plaire à l'Autorité des marchés publics. Alors, il faut
faire attention, ce n'est vraiment pas la règle, c'est l'exception à chaque
année.
Le Président (M.
Simard) : Cher collègue.
M. Beauchemin :
Je ne veux pas faire perdre du
temps, ce n'est pas ça, aucunement. Puis, si on... Pour améliorer la
rapidité d'exécution, ça, je le comprends. Ce que je ne comprends pas, c'est
comment ça se fait qu'on est tout le temps surpris cinq fois par année,
seulement. Je veux dire, il n'y a quand même aucune expérience qui s'accumule
là-dedans? Ce n'est quand même pas... Je sais que c'est des centaines de
contrats, mais, si dans le... dans la façon de faire, c'est toujours une surprise cinq, six fois par année, il n'y a
aucune façon de ramasser le data pour essayer de comprendre pourquoi
qu'on a été surpris ici, on a été surpris là. Il n'y a aucune façon d'accumuler
l'expérience pour faire en sorte que, justement, ça ne revienne pas? L'idée,
c'est d'éliminer ce genre de situation là.
M. Julien : M.
le Président, à cinq, six fois par année sur des centaines de contrats, il faut
accepter qu'il y ait des exceptions qui ne sont pas similaires, qui ne sont pas
pareilles, qui sont distinctes, mais trouver la recette pour ces cinq, six fois là sur des centaines de
contrats publics, la bonne recette, le cas échéant, c'est d'aller de gré à gré,
puis je pense que l'avis d'intention n'est pas pertinent, puis c'est ce
qu'on vient enlever.
M.
Beauchemin : Je ne suis pas en train de remettre en question la
pertinence d'exécuter plus facilement la transition
de l'appel public au contrat de gré à gré. Où est-ce que j'ai le bémol, c'est
sur le fait qu'on se retrouve année après année face à ces
situations-là.
Est-ce que vous avez,
par exemple, des comparables avec, je ne sais pas, moi, par exemple, l'Ontario?
Qu'est-ce qu'ils font dans ces situations-là? Est-ce que vous avez des
comparables, par exemple, avec, je ne sais pas, moi, New York, l'État de New
York? Est-ce que vous avez des comparables avec d'autres juridictions qui ont
eu à faire face à la même situation de COVID que nous, on a eu à faire face,
qu'il y a donc eu, peut-être, des situations de gré à gré qui ont été accélérées à cause des conditions sanitaires,
etc., mais que là, maintenant, ils se sont ajustés avec, justement, l'intelligence de l'expérience
d'accumulation des meilleures pratiques, puis que là, maintenant, eux autres,
c'est rendu peut-être interdit, puis que là, le réflexe, là, quand c'est
interdit, bien, il n'y en a pas, puis le projet dort jusqu'à tant qu'on soit
capables d'avoir quelque chose de transparent pour avoir le meilleur prix pour
tous les Québécois, ou les Ontariens, ou les
gens de New York? Est-ce qu'on a eu des comparables avec les autres
juridictions alentour de nous pour nous expliquer que votre approche est
la meilleure?
Le Président (M.
Simard) : M. le ministre.
M.
Julien : Oui, M. le Président, il faut faire attention pour ne pas
tout mélanger, là. Tu sais, les contrats de gré à gré sur d'autres éléments
liés qui étaient l'urgence sanitaire, etc., ce n'est pas... ce n'est pas du
tout la même chose, là. Ici, on parle de contrats en appel d'offres public qui
sont infructueux et où on s'en va de gré à gré selon une procédure qui nécessite
un avis d'intention. Je le réitère, là, c'est cinq, six cas sur des centaines
d'appels d'offres publics. Alors, je ne commencerai pas à gérer l'exception par
la norme.
Ce qu'on a entre les
mains actuellement prévoit ça, puis nous, on dit : Ah! même dans ça,
l'avis d'intention pourrait faire en sorte de bloquer un projet majeur
d'infrastructure, on pense que ce n'est pas nécessaire. Si mon collègue pense que l'avis d'intention est
nécessaire, bien, l'Autorité des marchés publics ne pense pas ça. Puis c'est
l'état de situation qu'on corrige, là, on enlève l'avis d'intention. Puis ce
n'est pas comme de dire qu'il y a soudainement une multiplication des contrats de gré à gré, lors
d'appels d'offres publics, liée à cette mesure-là. Bien non. Alors, pour moi, c'est...
ça reste une exception, mais on veut l'améliorer malgré tout.
M.
Beauchemin : Bien, M. le Président, je suis d'accord avec le principe
d'améliorer. Je ne suis pas en train de dire
qu'il faut rendre ça encore plus complexe. Puis de passer du processus d'appel
d'offres à gré à gré, en éliminant l'étape qu'on discute ici, m'apparaît une
chose tout à fait logique et optimale pour l'État québécois. Le point n'est pas
là, cependant. Le point est :
Quand on est rendu qu'on doit faire ça de cette façon-là... l'objectif serait
de le faire le moins souvent possible, l'objectif serait de le faire
dans la plus grande transparence possible pour tous les Québécois.
Donc, ma question,
elle reste entière. Est-ce que vous avez des statistiques sur les autres
juridictions, proche de chez nous par exemple, qui ont eu à faire face aux
mêmes conditions de marché, aux mêmes conditions sanitaires, aux mêmes conditions de restriction de la
main-d'oeuvre que nous. Est-ce que vous avez des statistiques? Quelle sorte
de, par exemple, contrats, de façon
récurrente, là... il y en a-tu? Est-ce qu'on a développé une certaine
connaissance, à savoir : les cinq cas d'exception annuels, là, qu'on a
depuis les six dernières années, ils sont tous dans la construction, plâtriers,
c'est tous des électriciens, c'est tout ci, c'est tout ça? Je le sais bien, je
n'ai pas l'intention d'arrêter un projet majeur de construction parce qu'on n'a
pas un plâtrier, mais est-ce qu'on a au moins développé une banque de données pour
comprendre le problème?
Parce
qu'on va continuer à répéter tout le temps la même erreur si on n'est pas
capables d'accumuler l'information pour être capables de prendre la
bonne décision. Ça fait que ma question reste entière. Est-ce qu'on a des
statistiques sur des juridictions alentour
de nous? Est-ce qu'on a des statistiques sur quel genre de situation, quel
genre de... est-ce qu'on parle de corps de métier spécifiques? Est-ce
qu'on parle de régions spécifiques? Quelles sont les statistiques? Est-ce qu'on
aurait accumulé cette information-là?
M. Julien : Oui,
M. le Président. Alors là, la réponse, c'est vraiment des cas d'exception, des
centaines d'appels d'offres publics, cinq, six cas par année. Donc, mon
collègue essaie d'amener des situations... des solutions à pas un problème. Tu
sais, je veux dire, s'il y avait un volume important, on pourrait
regarder : Heille! qu'est-ce qui se passe dans le marché? Est-ce que j'ai
des enjeux par rapport à tel type d'emploi, etc.? J'en ai cinq, six sur des centaines d'appels d'offres publics, là. Il n'y a
pas une tendance lourde, il n'y a pas une tendance de fond, il n'y a pas
une préoccupation nouvelle, mais, dans ces
cinq, six cas, là, qui nous arrivent, là... Tu sais, quand même, moi, je
pourrais bien me péter la tête puis essayer de comparer, puis... mais
non, j'en ai cinq, six, cas, qui dit : Heille! ça vaudrait la peine, là,
d'aller de gré à gré parce qu'il y a des enjeux collatéraux qu'on doit gérer.
C'est déjà prévu
qu'on enlève l'avis d'intention, mais, s'il faudrait faire des études, des
analyses, faire des comparables... Est-ce qu'il y a quelque chose qui cloche
dans le marché? Bien non, ce n'est pas... ce n'est pas ça du tout, là. Alors,
c'est cinq, six cas par année sur des centaines d'appels d'offres publics.
Alors, il ne faut pas voir plus loin, en fin de compte, une situation
potentiellement problématique qui n'existe pas.
• (16 h 50) •
M.
Beauchemin : J'ai de la misère, M. le Président, là, j'ai vraiment de
la misère avec ça ici en ce moment, là, parce que... parce qu'on ne veut pas se
forcer à essayer de comprendre pourquoi qu'on se retrouve dans cette situation-là. Je n'ai aucun enjeu avec l'idée d'éliminer
l'étape entre l'appel d'offres public à aller à l'étape gré à gré, là, à
chaque fois qu'on arrive à une situation qu'on n'a pas accumulé l'expérience
pour comprendre pourquoi qu'on est rendus
là. Ça, je n'ai aucun problème. On a besoin de le creuser, l'hôpital, ou je ne
sais pas quoi, le plâtrier, n'importe quoi. Je n'ai aucun enjeu avec ça.
Moi, j'ai un enjeu
quand on n'est pas capables d'apprendre de nos propres erreurs. C'est là, le
problème. Puis ce que j'entends de la part
du ministre, malheureusement, c'est qu'on n'est pas... même pas... même pas
ouvert à l'idée, OK, de s'asseoir puis de se dire : OK, voici une
opportunité qu'on a pour accumuler de l'expérience, pour accumuler de
l'intelligence, pour essayer de comprendre le data du pourquoi qu'on fait face
à cette situation-là. C'est la base simpliste,
minimale de la saine gestion des finances et des dépenses publiques. Puis je ne
comprends pas pourquoi qu'on n'est pas capables d'avoir au moins une
ouverture.
J'ai aucun enjeu, là,
de passer, là, d'appel public à contrat de gré à gré quand on arrive à quelque
chose que, tu sais, on n'a jamais prévu,
puis c'est important, puis il faut qu'on le creuse, le trou. Aucun problème à
faire ça, OK? Le problème, il reste entier. Si c'est comme la 29e fois depuis
les six dernières années qu'on fait face à ce problème-là puis qu'on est
encore en train de faire la même erreur, bien là, j'ai vraiment un problème,
parce que la décision n'a pas été optimale.
Le data est disponible, on ne l'accumule pas, c'est ça que j'entends de la part
du ministre, M. le Président.
Le Président (M.
Simard) : Alors, M. le ministre.
M. Julien : ...avec
mon collègue, M. le Président. Écoutez, on me parle de data cumulée pour les
leçons apprises. On lance des centaines de processus d'appels d'offres
publics. Dans un cas, il pourrait y avoir l'excavation dans telle région qui
n'a pas fonctionné, dans un autre, c'est le plâtrier, dans telle autre région,
il n'a pas fonctionné, dans tel autre, tu sais... Alors, s'il y avait du volume
puis une compréhension de marché... C'est des situations spécifiques non liées,
cinq fois par année, qu'on dit : On va arrêter, en fin de compte, de faire
l'avis d'intention.
Donc, tu sais,
c'est... on n'est pas dans la recherche statistique d'éléments récurrents
similaires. Bien non, c'est des cas spécifiques, non liés, et on prend une
mesure qu'on enlève l'avis d'intention. Donc, je ne suis pas d'accord que... de
cumuler du data quand il y a peu ou pas de data, ce n'est pas nécessaire, ce n'est
pas... il n'y a pas de valeur ajoutée, puis on ne perdra pas de temps à faire
ça.
Le Président (M.
Simard) : Cher collègue.
M.
Beauchemin : Bien, je suis... je suis déçu de la réponse du ministre
parce que, peu importe... Notre objectif ici, c'est de s'assurer qu'on dépense
de façon optimale l'argent des Québécois. Là, ce que j'entends, c'est qu'on
n'est même pas «willing», on n'a même pas le désir de vouloir prendre les notes
sur les raisons du pourquoi à chaque fois que ça n'a pas fonctionné. On va
continuer à répéter et répéter, 30 fois, depuis les six dernières
années... six, cinq fois, 36 fois, si c'est six fois par année.
Puis j'aimerais
savoir les statistiques de ce qui se passe en Ontario. J'aimerais ça voir les
statistiques de ce qui se passe ailleurs. Je ne peux pas croire qu'en vase clos
cette décision a été prise sans regarder des comparables pour être sûrs qu'on
agissait de la bonne façon. Je ne veux pas croire qu'on a mis les meilleures
pratiques dans le processus décisionnel. Moi, j'aimerais ça comprendre cet
aspect-là. Est-ce que M. le ministre peut au moins nous dire s'ils ont des
statistiques, si au moins chaque cas d'espèce, qui semble être unique et rare,
a été quand même documenté? Là, si la
réponse, c'est encore : On n'a pas le goût puis le temps de le faire,
bien, je m'excuse, les Québécois veulent qu'ils prennent le temps puis
le goût de le faire. Ça fait que j'aimerais ça comprendre ça. J'aimerais ça
aussi comprendre c'est quoi, le comparable avec l'Ontario? Comment qu'on a pu
décider de prendre ces décisions-là sans se donner une référence pour savoir si
on dépensait de façon intelligente ou pas l'argent des Québécois?
Le Président (M.
Simard) : Merci. M. le ministre.
M. Julien : Tous
les cas d'appels d'offres infructueux sont documentés. Alors, il y a une
distinction à dire : Est-ce qu'on l'a documenté? Oui, elle est documentée,
et puis souvent on retourne même en appel d'offres à un deuxième tour. Je
réitère ici, ce qu'on apporte comme modifications, c'est quand on a besoin de
passer par là dans des cas, en réalité, où
on doit finir de gré à gré. Alors... alors, s'il n'y a pas d'enjeu, allons-y
sur l'article 2. C'est-à-dire que c'est documenté, mais ce n'est
pas comme cinq cas par année, six cas par année, qui fait une tendance à aller plus loin que de la documentation pour voir les
leçons apprises. Bien non, c'est : une fois de temps en temps, ça arrive,
puis on doit agir, mais c'est documenté. Mais après ça, là, commencer à faire
des... à perdre du temps, à faire ces analyses-là supplémentaires de tendance
de marché, bien non, ce n'est pas nécessaire.
M.
Beauchemin : ...de mon côté, je veux... juste pour conclure de mon
côté. Statistiquement parlant, OK, quand on
fait un sondage avec 1 042 citoyens pour avoir l'opinion de
9 millions de Québécois, on se base sur un petit échantillon. Mais,
quand on a cinq cas sur quelques centaines, OK, puis qu'on le fait année après
année, savez-vous que votre n, si vous êtes
un monsieur de statistiques, là, le n ici est de loin supérieur à 1 082
sur 9 millions? Donc, avec cette statistique-là, on est capable de
prendre des décisions. Avec cette statistique-là, on serait capable d'avancer
puis de faire en sorte qu'on puisse être optimal pour l'ensemble des Québécois,
surtout qu'on le sait bien, là, on est en situation de déficit record, on a
besoin d'avoir une optimisation des services de l'État pour s'assurer que,
justement, on dépense bien l'argent des Québécois. Voilà donc une opportunité
de faire un investissement avec l'information que
vous semblez, donc, avoir puis de faire en sorte qu'on puisse en arriver à
dépenser de façon plus efficace l'argent de tous les Québécois et
Québécoises.
M. Julien : M. le Président, je ne suis pas du tout d'accord
avec mon collègue. Un échantillon de cinq événements sur une année par
rapport à 1 000 et plus de 1 000 ne sera jamais un échantillon
représentatif, quoi qu'il en dise, et, pour
moi, c'est des situations complètement différenciées. Alors, je n'irais pas où
est-ce qu'il veut aller, mais j'entends ce qu'il me dit.
L'article 2,
on enlève l'avis de l'intention, qui n'a pas de valeur ajoutée. L'Autorité des
marchés publics disait : Attention, moi, ça me permet de capter une
information. On modifie 45, 46, 47, 48 à la satisfaction de l'Autorité des
marchés publics. Plus d'efficience, on est là, M. le Président, et c'est ça, ce
qu'on veut mettre de l'avant.
Le Président (M.
Simard) : Cher collègue.
M. Beauchemin : Oui. Moi, je trouve que
c'est une opportunité manquée, mais je veux passer la parole à ma collègue.
Le Président (M.
Simard) : Chère collègue, à vous la parole.
Mme Rotiroti : Oui, merci. J'aurai
quelques... plusieurs questions à poser au ministre, mais je... Tout le long de l'intervention puis les questionnements de mon
collègue, le ministre parle toujours de cinq cas, cinq, six cas. Il prend ce chiffre où? Vous le dites avec certitude, alors je me
demande s'il y a un document ou quelque chose qui illustre qu'est-ce que vous
dites, M. le ministre.
M. Julien : ...j'ai
un collègue qui pourrait se nommer, qui représente la SQI, qui pourrait parler
de ça.
Mme Rotiroti :
Oui, absolument. Oui.
Le Président (M. Simard) : Alors,
y aurait-il consentement afin que l'invité du ministre puisse s'adresser à nous?
Il y a consentement. Alors, monsieur, pour les fins de nos travaux... D'abord,
soyez le bienvenu.
M. Bégin
(Simon) : Merci.
Le Président (M.
Simard) : Pour les fins de nos travaux, auriez-vous l'amabilité de
vous présenter en vos titres et fonctions, s'il vous plaît.
M. Bégin
(Simon) : Oui. Simon Bégin, je suis secrétaire général et directeur
général des affaires juridiques à la Société québécoise des infrastructures.
Le Président (M.
Simard) : Nous vous écoutons, M. Bégin.
M. Bégin
(Simon) : Alors, on a... Je peux vous dire à peu près cinq ou six
appels d'offres qu'on pourrait dire infructueux à chaque année. Donc, c'est des
appels d'offres sur lesquels il n'y a pas soumissionnaire, ou très peu de
soumissionnaires, ou à des prix très élevés. Donc, quand on regarde ces appels
d'offres, premier réflexe, on relance l'appel d'offres parce qu'on se
dit : Le marché n'a pas répondu. On relance l'appel d'offres. Mais il peut
arriver des moments que, malgré qu'on... Il peut arriver des occasions où, même
si on a relancé l'appel d'offres, toujours pas de soumissionnaire. Par contre,
il y a un gérant de construction qui est en place puis qui nous dit : Bon,
il y a des entrepreneurs qui existent dans cette région-là ou ailleurs qui
n'ont pas soumissionné, peut-être parce qu'ils étaient trop occupés ailleurs, ou autres, et eux pourraient réaliser les travaux,
et c'est là que cette disposition-là est utile. Donc, sur ces cinq ou six appels d'offres là
infructueux... et ça peut découler éventuellement sur un contrat de gré à gré,
mais, comme le ministre l'a expliqué, c'est vraiment exceptionnel.
Donc, ça, c'est
pour... à l'échelle de la SQI. Ça peut arriver aussi à d'autres donneurs
d'ouvrage publics, mais ça peut également être quand c'est sur cheminement
critique. Parfois, on doit faire des travaux en juin ou en juillet parce qu'il y a une autorisation environnementale
ou la saison des travaux, exactement. Donc, ça, ça va permettre
d'aller... d'accélérer la réalisation des projets, cette disposition-là.
Mme
Rotiroti : C'est plus clair. Merci.
Le Président (M.
Simard) : Alors, nous poursuivons, chère collègue. Auriez-vous
d'autres...
Mme Rotiroti :
Oui, alors, on continue... Oui,
on continue, effectivement. Bon, dans l'article 2 du projet de loi, on
élargit la possibilité de conclure des contrats de gré à gré lorsque certaines
conditions sont remplies. On a noté certaines réticences de la part de
plusieurs groupes qui sont venus en commission parlementaire en témoigner. On
souhaitait d'abord qu'il y ait plus de balises et de garde-fous, évidemment,
pour éviter les risques de monopole et de collusion. Je pense que, ça, on l'a
entendu par différents groupes.
Le secrétaire du Conseil
du trésor a publié, dans des données qui nous informent, que le recours aux
contrats de gré à gré a augmenté de
30 % ces trois dernières années et que le recours à des appels d'offres
publics n'a augmenté que de 8 %. Alors, si je regarde les chiffres,
on voit qu'il y a une tendance. On a tendance d'aller vers le gré à gré, qui
est devenu extrêmement populaire versus le 8 % d'augmentation pour des
appels d'offres publics. Qu'est-ce qui explique ça, M. le ministre?
• (17 heures) •
Le Président (M.
Simard) : Merci. M. le ministre.
M. Julien : C'est sûr que qu'est ce qu'on a ici devant nous,
ce n'est pas... ce n'est pas l'ensemble des contrats qui peuvent se
donner de gré à gré en respectant la LCOP, là. Alors, tu sais, ici, c'est une
situation très spécifique qui ne rentre pas dans les statistiques que vous
nommez. Naturellement, les statistiques que vous nommez, puis moi, je ne les suis pas spécifiquement, là, la hausse des
contrats de gré à gré, c'est toujours dans le respect de la loi, de la LCOP,
qui permet, à certains égards, d'aller de l'avant.
Je ne sais pas si...
As-tu le goût d'en discuter un peu plus par rapport au 30 %, sur quel
article de la LCOP ça touchait? Oui. Si vous permettez... Parce qu'ici ce n'est
pas la même distinction. Ici, c'est vraiment particulier, c'est permis d'aller de gré à gré avec un avis
d'intention. Et, comme le disait mon collègue de la SQI, c'est pour éviter des
retards dans le processus qu'on fait l'avis d'intention.
Maintenant, pour les
appels d'offres de gré à gré, qui augmentent, c'est, à tous égards, selon le
respect des articles de la LCOP, l'article 13 de la LCOP. Si vous permettez.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Oui, absolument.
Mme
Rotiroti : ...juste pour que je peux vous suivre, là, dans
l'explication que vous donnez, vous dites : Ça ne rentre pas dans cette
catégorie-là. Le chiffre que je vous donne, du 100 % du gré à gré qui a
augmenté, vous dites que ce n'est pas dans cette catégorie-là.
M. Julien : Ce
n'est pas lié à cet élément-là, ici, d'appels d'offres publics infructueuses,
qu'on décide d'aller en avis d'intention
pour après ça aller de gré à gré. Ça, le volume, bien, vous l'avez vu, le
volume n'est pas là. C'est-à-dire qu'il y a une autre situation qui
permet d'aller de gré à gré, là.
Mme
Rotiroti : Oui, comme... Donnez-moi un exemple.
Le Président (M.
Simard) : Alors, y aurait-il consentement...
Mme
Rotiroti :
Oui, consentement. Oui, absolument.
Le Président (M. Simard) : ...parce
que vous souhaitiez que ce soit le ministre, mais maintenant vous acceptez
que ce soit son adjointe?
Des voix :
Consentement.
Le Président (M.
Simard) : Alors, madame, auriez-vous l'amabilité de vous présenter,
s'il vous plaît?
Mme Noël (Nathalie) : Bonjour, M. le Président.
Nathalie Noël, je suis secrétaire associée aux marchés publics au Secrétariat
du Conseil du trésor.
Donc,
si vous me permettez, il y a... L'encadrement permet de conclure des contrats
de gré à gré dans certaines circonstances. Je peux vous donner l'exemple
lorsqu'une situation d'urgence l'exige, vous avez quand la sécurité des personnes et des biens est en cause. Je vais vous
donner un exemple. Il y a une intempérie, et il y a une partie de route qui est
emportée par l'intempérie, et puis que le... il y a une partie de la population
qui est coupée de ce lien routier là, bien,
on va faire conclure un contrat de gré à gré en situation d'urgence. On peut le
faire aussi dans les circonstances que c'est pour l'exercice d'une
garantie. On a déjà... on est déjà en contrat avec une entreprise, et puis il y
a une garantie qui doit s'exercer, donc on va
conclure un contrat de gré à gré. Il y a d'autres situations aussi où on peut.
Dans l'article 13, là, à l'alinéa 4°, on dit : Bien,
l'organisme public décide que ça ne servirait pas l'intérêt public d'aller en
appel d'offres public. Et, à ce moment-là, il
va publier un avis d'intention de confier un contrat de gré à gré, puis l'Autorité des marchés publics va pouvoir
en faire la surveillance.
Donc,
c'est des exceptions qui sont prévues pour pouvoir conclure des contrats de gré
à gré dans l'encadrement, qui sont en tout respect des accords
économiques.
Le Président (M.
Simard) : Cher collègue, je vous en prie.
M. Beauchemin :
Merci. Donc, si ce n'est pas dans
l'intérêt public d'aller dans un appel d'offres puis d'y aller de gré à
gré, donc, pouvez-vous me donner un exemple, par exemple, spécifique?
Mme Noël (Nathalie) : Des exemples, là, à prime
à bord comme ça, je vais essayer de vous en trouver. On est dans une situation
où on est à la recherche d'un produit qui n'existe que par un fabricant. Là, je
n'en ai pas... je pourrais vous en... ça ne me vient pas à l'esprit.
M. Julien : Un
produit unique.
Mme Noël
(Nathalie) : Un produit unique, pas de concurrent. On le sait, qu'il
n'y a qu'un seul fournisseur unique pour ce produit-là, donc on va informer le
marché par un avis d'intention qu'on... l'organisme public va faire la publication pour dire qu'il veut conclure un
contrat avec cette entreprise-là pour ce produit unique là, et puis cet avis
d'intention là va permettre, éventuellement, s'il y avait un autre fournisseur
qu'on ne connaît pas, de se manifester.
M. Beauchemin :
Puis l'exemple du ministre,
tantôt, là, on n'a pas un plâtrier dans un hôpital à Vaudreuil, là, ça
rentre-tu dans la catégorie?
Mme Noël (Nathalie) : Non, parce que, là, il y
en a plusieurs, plâtriers, ce n'est pas un produit unique ni un service
unique.
Mme
Rotiroti : Ça fait que c'est quand il y a rareté. C'est ça que vous
dites?
Mme Noël
(Nathalie) : Dans le cas qu'on a ici, le cas présent qui est dans le
projet de loi, c'est pour un appel d'offres
infructueux. Donc, normalement, on sait qu'il y aurait plusieurs
soumissionnaires potentiels, mais, pour des raisons de marché, il n'y en
a pas, actuellement, pour ça à ce moment-là.
Mme
Rotiroti : OK. Vous, vous dites que, pour des raisons que le contrat
est... il n'a pas porté fruit, ça fait qu'il n'a pas assez de... On sait qu'il
y a assez de soumissionnaires, mais ils n'ont pas soumissionné parce que...
bon, pour des raisons x, mais vous, vous ne voyez pas un enjeu que ces
entrepreneurs-là savent que, si la soumission n'est pas fructueuse, il y a du gré à gré. Vous voyez... Vous ne voyez pas
qu'il pourrait y avoir ce jeu-là qui pourrait se jouer en disant : Bien,
on se parle entre nous, ne soumissionnez pas, ça va tomber à l'eau, et on s'en
va dans le gré à gré? Vous, vous ne voyez pas qu'il y aurait un danger à
ça?
M. Julien : Non,
le marché... le marché est en concurrence et souhaite obtenir des contrats
d'organismes publics. Parce que, premièrement, c'est intéressant de faire
affaire avec le gouvernement, puis, habituellement, on paie les... on paie. On paie, en fin de compte, ce qui est dû. D'ailleurs,
il n'y a pas tant de risques, on est un triple AAA. Mais ce qu'on
observe, là, puis, bon, mon collègue l'a mentionné, de la SQI, dans très peu de
cas, sur les centaines d'appels d'offres
publics, il y a... dans très peu de cas, on vient faire
l'annulation, là, parce que... faute de soumissionnaires. Puis,
habituellement, on le relance, on le relance et, dans ces cas-là qui ne
fonctionnent pas, dans très peu de cas, on finit de gré à gré. Donc, c'est
vraiment des mesures d'exception.
Alors, ce qu'on a
devant nous, c'est... dans ces cas précis là, ça arrivait, en réalité, qu'on
ait... on avait l'obligation d'aller en avis
d'intérêt public, puis là on dit : Mais, écoutez, là, c'est du temps
perdu, sans valeur ajoutée. L'Autorité des marchés publics, là, va
continuer d'exercer cette surveillance, justement. Alors, ce qu'elle est venue
nous dire, c'est : Heille! moi, là, je voudrais qu'on réduise les délais.
Avec ce qu'on va faire à 45, 46, 47, 48, l'AMP est toujours là, comme
surveillant, comme vérificateur, pour s'assurer, justement, là, qu'il n'y a pas
de pratiques, telles que vous mentionnez
actuellement, potentielles. Il va garder sa vigilance, puis je suis certain
qu'il applique encore une plus grande vigilance dans des cas d'exception
comme ceux-là. Mais ce qu'on dit, c'est : Actuellement, là, on a une étape qui n'a pas de valeur ajoutée puis, on
dit, écoute, nous autres, là, le projet de loi qu'on a là, c'est... Comment
je peux faire plus rapidement et moins cher sans me mettre plus à risque? Et
nous autres, on estime qu'on ne se met pas
plus à risque en ne publiant pas d'avis d'intention, c'est le bon terme, mais
on donne... on donne une compensation à l'AMP, là, des mesures
compensatoires, 45, 46, 47, 48, pour ce qu'il a nommé comme risques quand il
est venu me voir, parce que j'aime bien ce qu'il nous a dit.
Mme Rotiroti :
Merci, M. le ministre. Vous venez
de faire référence à l'AMP qui, dans leur mémoire, concernant
l'article 2, fait une recommandation qui fait référence à votre
article 13... qui fait référence à l'article 13.1 de la COP, qui nous
recommande que «les [délais] de contrat conclu sans publication d'avis
d'intention soient inscrits lors de la conclusion du contrat au CEAO», qui est
le service électronique d'appel d'offres du gouvernement. Là, vous parlez de 45, 46 et 48 comme articles où est-ce que vous
venez répondre à les inquiétudes de l'AMP, c'est ça, j'ai bien compris
votre intervention?
M. Julien : 47
aussi, je crois.
Mme
Rotiroti : 47 aussi, parfait. Alors, très bien. On est... on est dans
la même situation qu'au tout début avec l'amendement de mon collègue de Nelligan
par rapport à la Vérificatrice générale. Alors, l'AMP est là, dans le fond,
eux, c'est des garde-fous. Eux, ils s'assurent que toutes les normes et les
critères sont respectés.
Des voix : ...
Mme
Rotiroti : Oui.
Alors, quand vous parlez de les amendements à l'article 45, 46, 47, 48 et
vous dites : Ils sont... ils vont être à l'entière certification...
satisfaction de l'AMP, et là je vous cite, là, ça veut dire que vous avez eu
une discussion avec l'AMP. Vous avez vérifié que les amendements que vous allez
apporter sont suffisants et répondent à la demande et les préoccupations
manifestées dans le mémoire de l'AMP. Vous pouvez confirmer ça?
• (17 h 10) •
M. Julien : Non seulement je peux confirmer ça, mais, de
mémoire, et je suis pas mal certain de ce que je dis, il l'a nommé quand
il est venu. Il a dit : Je vous amène cette situation-là et je vous amène
même la correction. C'est celle qu'on applique.
Mme
Rotiroti : Absolument. Ils sont dans... la correction...
M. Julien : Non, non, mais... Non, mais lui, il est venu
dire : Si vous me laissiez, par exemple, cinq jours, je serais
satisfait. De mémoire, il l'a nommé, là... Oui?
Mme
Rotiroti :
M. le ministre...
M. Julien :
Oui?
Mme
Rotiroti : Comprenez-moi, là, je ne vous remets pas en question.
M. Julien : Non,
mais, je veux dire, lui, il a nommé sa solution, même, oui.
Mme
Rotiroti : Absolument, et c'est dans le mémoire. Je peux...
je l'ai devant moi, je peux vous les rémunérer, les recommandations qu'il fait. Ce n'est pas ça, l'enjeu. Je suis pas
mal sûre que vous connaissez le mémoire par coeur.
M. Julien : Ah! je ne suis... Non,
ce n'est pas vrai, mais j'ai d'autres qualités.
Mme Rotiroti : Alors, moi... On a eu
ces discussions-là ce matin. D'entrée de jeu, mon collègue de Nelligan vous
avait posé... c'était le même enjeu qu'on avait avec la Vérificatrice générale.
La Vérificatrice générale avait des préoccupations, qui ont été manifestées dans
le mémoire de la vérificatrice. Nous avons pris votre parole en disant... On vous avait... On vous a demandé d'aller faire
vos devoirs pendant l'été et de vérifier... les amendements que vous allez
amener à l'article 8 répondaient à les
préoccupations de la VG. Là, on est dans le même cas. Là, vous me dites :
Soyez patients parce que je m'en viens dans l'article 45, 46, 47, 48, où
je prends en considération toutes les recommandations que l'AMP fait
dans le mémoire. Et vous dites, vous vous avancez à dire : Et ils vont
être entièrement satisfaits.
Alors, ma question est simple : Pourquoi...
Des voix : ...
Mme
Rotiroti : Alors, vous êtes vraiment, là, sûr de votre
affaire. Ça fait que soit que vous avez parlé à l'AMP, soit vous avez
transmis les amendements pour vérification. Et, si c'est le cas, pourquoi vous
l'avez fait avec l'AMP et pas avec la VG?
M.
Julien : Ah! je reviens, puis, de mémoire, puis on va
valider, quand il est venu, pas dans son mémoire, quand il est venu
ici...
Mme Rotiroti : En consultation, oui.
M.
Julien : ...il a dit : Cinq jours, ça serait un
délai qui serait acceptable. Et, nous, ce qu'on amène, là, dans les articles 45, là, c'est le cinq jours de
délai. Alors, c'est... On applique la recette qu'il nous a... qu'il nous a
lui-même suggérée, puis elle fait sens.
Pour ce qui
est du bureau du Vérificateur général, on aura une discussion à l'article 8, parce
que, pour moi, ce qu'il souhaitait... ce qu'il souhaitait, d'aller voir
directement dans le marché puis aller... c'est... chez le privé, là, ça, c'est le rôle de l'AMP. Mais ce qu'ils veulent
voir... Alors, non, bien non, le Vérificateur général n'ira pas là. Mais ce
qu'ils veulent s'assurer, là, par exemple... Alors, c'est ce qu'ils
demandaient. J'ai dit : Bien non. Mais j'ai dit : Ce que vous voulez vraiment, c'est quoi, c'est d'avoir en
main les documents pertinents aux contrats? On va passer par l'organisme
public, parce que le Vérificateur général
n'a pas à aller voir l'entreprise privée, c'est de faire affaire avec
l'organisme public, mais on va donner
le pouvoir à l'organisme public, là, je parle encore de l'article 8, là,
mais d'aller chercher toute l'information pertinente pour que le VG
puisse faire son travail. C'est quand même une distinction. Donc, le VG ne va pas sauter par-dessus l'organisme public pour
aller au privé, mais on va s'assurer que l'organisme public va pouvoir exiger
tout ce qu'il faut au privé dans l'entente contractuelle, donc liée, pour que
le VG soit satisfait. Alors, probablement
que, si je vais aller voir la VG, elle va dire : Oui, mais, tu sais, moi,
j'aimerais vraiment aller dans le secteur privé. Bien non, ça n'arrivera
pas, je vous le dis. Mais ça, ce sera à l'article 8.
Mme Rotiroti : OK.
On va revenir à la... à les articles 45, 46, 47, 48. Vous dites... je veux
juste être claire. Vous dites : On va... On a pris en considération
toutes les demandes de l'AMP...
M. Julien : ...oui.
Mme
Rotiroti : ...par
l'article 2, et ils vont être entièrement satisfaits. Vous avez fait cette
vérification-là?
M.
Julien : Bien, honnêtement, à mois que... à moins que...
Dites-moi ce que vous voyez que je ne vois pas, là. On applique ce qu'il
nous a dit qui serait la recette qui le satisferait quand il est venu nous
rencontrer. C'est ça qu'on fait. Parce que
moi, je trouvais que ça avait du sens et que, le mécanisme qui était prévu,
qu'il souhaitait qu'il soit mis en place, c'est-à-dire le délai, on
était capables de vivre avec. Donc, c'est ça qu'on vient suggérer comme
amendement à l'article 45, 46, 47, 48.
Mme Rotiroti : OK.
M.
Julien : Mais, si vous me dites que ça tient... qu'il y a
d'autres éléments que vous voulez me dire, bien, je n'en vois pas
d'autres, là, mais... Honnêtement, ça fait... ça fait vraiment la job.
Mme Rotiroti : Bien, je vais... je
vais vous donner la réponse que, rendus à ces articles-là, on va avoir la
discussion, c'est sûr.
M.
Julien : Ça va me faire... puis ça va me faire plaisir,
parce que les préoccupations de l'AMP sont pertinentes. Alors, on va
s'arranger pour que...
Mme Rotiroti : Absolument.
Et ses garde-fous doivent demeurer.
M. Julien : Clairement. Puis je
pense que ça...
Mme Rotiroti : Parfait. Là-dessus,
on s'entend?
M. Julien : Ça fait la job. Oui.
Mme Rotiroti : Parfait. Dans
l'article... dans l'alinéa 3°, vous dites : «Les conditions que le contrat
impose à l'attributaire sont les mêmes que celles énoncées dans le document de
l'appel d'offres visé au paragraphe 1°, à l'exception du délai de réalisation, lequel peut être reporté d'une
période ne dépassant pas celle écoulée entre la date limite de réception
des soumissions fixée par l'appel d'offres et la date de conclusion du
contrat.»
Pouvez-vous nous donner une petite explication,
«à l'exception du délai de réalisation». Qu'est-ce que vous voulez dire?
M. Julien : C'est-à-dire qu'on
permettait, en fin de compte... On dit que c'est les mêmes conditions, mais, puisque l'appel d'offres a été infructueux ici
puis... peut-être qu'on avait dit : Bien, dans l'appel d'offres public
qu'on avait lancé, bien, c'est... peut-être qu'on avait mis un délai qui
était comme ça, tu sais. Alors là, là, je fais des gestes, mais mettons que
c'était 12 mois, je dis n'importe quoi, puis là, là...
Mme Rotiroti : Là, vous allez donner
12 mois.
M.
Julien : ...là, on a décalé, bien, on veut... on... Alors,
l'échéance va être modifiée, le délai va être... Parce qu'ici on a pris
un délai supplémentaire, ça fait que ça va être...
Mme Rotiroti : Ça fait que vous
donnez le même 12 mois?
M. Julien : Bien, ça va être le
même... ça va être les mêmes conditions, mais ça... Mais ici je suis obligé
de... ma date de fin, de la modifier
conséquemment à ce que ma date de début a été modifiée, donc on se permet un
glissement dans la date de réalisation.
Mme
Rotiroti : Oui. Parfait. Puis le glissement, c'est de la même
période, le même nombre de jours ou le même mois?
M. Julien : L'objectif, c'est que ce
soit exactement...
Mme Rotiroti : Équitable.
M. Julien : ...identique...
Mme Rotiroti : Identique.
M.
Julien : ...à l'appel d'offres initial. Parce que, sinon,
quelqu'un pourrait prétendre que, «bien, moi, j'aurais soumissionné
avoir su que j'avais bien plus de temps pour faire la job». Puis c'est... non,
c'est pareil.
Mme
Rotiroti : Parfait. Puis vous n'avez pas l'inquiétude, M. le
ministre, qu'en faisant ça, ça pourrait créer des délais, non?
M. Julien : Non.
Mme Rotiroti : Au contraire.
M. Julien : Au contraire,
c'est-à-dire que les... l'étape, en fin de compte, sans valeur ajoutée qu'on
annule, elle, elle crée des délais, là,
actuellement. Puis je vous le dis, c'est vrai que ce n'est pas très nombreux
comme cas de figure, mais ça peut entraîner, dans des projets majeurs... tu
sais, le contrat accessoire pourrait faire en sorte que les contrats
principaux soient d'autant retardés, hein? Vous le savez, dans des projets
majeurs, un centre hospitalier, c'est... c'est...
c'est plein d'événements, des graphiques de Gantt un par-dessus l'autre. Et là,
soudainement, la chaîne débarque sur
un contrat accessoire, mais tout le reste, en fin de compte, est d'autant...
est d'autant... il y a un délai pour tout le reste. Mais là c'est des
coûts pharaoniques, là. Donc, ce n'est pas juste pour la situation spécifique,
c'est qu'est-ce que ça pourrait entraîner
sur les autres éléments. Alors, on parle tantôt d'excavation, un plâtrier, bon.
Alors, on ne peut pas se permettre, en réalité, ces délais-là, là, le
cas échéant.
Mme
Rotiroti : Puis vous enlevez tout court l'avis d'intention,
là. Je comprends, c'était de 15 jours. C'est ça, je comprends bien?
M. Julien : Le
délai total?
Mme
Rotiroti : Oui, vous enlevez l'avis total... l'avis de...
d'intention, là, vous l'enlevez tout court, c'est ça, la publication
d'un avis d'intention?
M. Julien : C'est... Pour moi...
pour moi, c'est minimum 15 jours, parce qu'il y a une préparation. Alors,
il doit être publié minimalement
15 jours de durée, mais il nécessite une préparation, etc., là, donc, mais
c'est minimum 15 jours.
Mme
Rotiroti : Oui. Alors, votre minimum de 15 jours pour
l'avis d'intention, moi, je... excusez-moi l'anglicisme, on dirait c'est
le «last call» avant que décider... vous décidez d'aller gré à gré. Vrai? Je
comprends bien?
M.
Julien : Non. Non, c'est-à-dire que, dans le processus
actuel, on donne un avis... on donne un avis d'intention qu'on s'en va de gré à
gré puis on va conclure le contrat de gré à gré. Donc, il n'y a pas de valeur
ajoutée, là, c'est comme : Hé! le
marché, je m'en vais de gré à gré, tu sais. Mais, l'AMP, c'est une information
pertinente pour sa surveillance, puis c'est pour ça qu'on... qu'on...
Mme Rotiroti : OK. Vous...
M.
Julien : ...qu'on s'amène à 45, 46, 47, 48 avec un geste
qui... pour lui permettre de combler ce risque-là qui est observé dans
l'article 2, du retrait de l'avis d'intention.
Mme Rotiroti : ...une courte
suspension, M. le Président, s'il vous plaît.
Le Président (M. Simard) : Absolument.
Bien sûr, nous allons suspendre momentanément.
(Suspension de la séance à 17 h 20)
(Reprise à 17 h 24)
Le
Président (M. Simard) : ...technique. Merci beaucoup. Alors, chers
collègues de Marguerite-Bourgeoys, la parole vous appartient.
M. Beauchemin : Donc, alors, M. le
ministre, dans le contexte où est-ce que, bon, on avait identifié tantôt une
autre source potentielle de contrat de gré à gré, lorsque le produit est unique
ou le service est unique, on a ici un projet de loi en ce qui a trait à
l'établissement de contrats de gré à gré lorsqu'un processus d'offres public ne
fonctionne pas. Mais, dans l'ensemble de l'appareil gouvernemental, il y a
quand même plusieurs contrats de gré à gré,
là, qui semblent donnés de façon diverse, pour des raisons diverses aussi, là.
Puis c'est dans ce contexte-là où est-ce que, quand on a entendu parler
de l'article tout à l'heure, il y a quand même une augmentation de 30 %
des contrats de gré à gré. Ça fait qu'est-ce que vous seriez capable,
peut-être, de nous donner un petit peu de couleur là-dessus, pourquoi on voit
ce genre d'augmentation là, selon vous, ou votre perspective par rapport à ça?
Je sais qu'on est un petit peu, là, à
l'extérieur du sujet, là, de notre travail, mais ça pourrait nous éclairer.
Puis je pense que, pour les citoyens, ça pourrait être de l'information
qui serait pertinente.
M. Julien : Alors, tous les contrats
qui sont octroyés de gré à gré sont régis par la Loi sur les contrats
d'organismes publics, qui, selon différents critères, permettent l'utilisation
de contrats de gré à gré. Et il y a une surveillance qui est faite par
l'Autorité des marchés publics pour s'assurer que l'utilisation des contrats de
gré à gré respecte la Loi sur les contrats d'organismes publics. Puis il y a
plusieurs natures, on en a parlé tantôt.
Ici, spécifiquement dans le projet de loi, là,
c'est... on permet un contrat de gré à gré, qui est déjà permis quand l'appel
d'offres public est infructueux, sous certaines conditions. Parce que, bien
souvent, on va relancer le processus d'appel d'offres public, mais, quelques
fois, dans des cas sporadiques, on s'aperçoit que c'est... ça ne fonctionnera
pas. Et, pour des raisons qui sont essentiellement, souvent, dans les délais de
production, on va aller de gré à gré. C'est cinq, six cas de figure, à titre
d'exemple, à la SQI, qui est le plus grand donneur de contrats. Et tout ce
qu'on vient faire ici, c'est de dire : Il y a une étape, là, où est-ce
qu'on publie un avis d'intention qui n'a aucune valeur ajoutée, qui nous fait
perdre minimalement une vingtaine de jours, où... puis sans... sans gain, où on
dit : On ne le fera plus, ça. L'Autorité des marchés publics est
confortable si on apporte des modifications ultérieurement. Alors, c'est de ces
contrats-là de gré à gré qu'on parle et pas des autres, mais les autres respectent
la LCOP et sont vérifiés par l'Autorité des marchés publics.
M. Beauchemin : Puis la
vérification, juste pour ma gouverne, ça se fait de façon, j'assume, annuelle
ou, comme, le contrat est vérifié à chaque fois avant d'être donné?
M. Julien : L'AMP a un pouvoir
d'enquête et fait la surveillance nécessaire.
M. Beauchemin : Au
fur et à mesure.
M. Julien : Certainement.
Le Président (M. Simard) : D'autres
remarques sur l'article 2?
M. Beauchemin : On pourrait-tu
prendre juste une petite pause deux secondes?
Le
Président (M. Simard) : Écoutez, très honnêtement, je... je l'ai fait à
plusieurs reprises. Moi, je pense que nous pourrions continuer les débats, si
ça... à moins qu'il y ait une raison majeure. Mais là je nous invite à
continuer.
M. Julien : C'est sûr que,
spécifiquement sur l'article 2, c'est l'avis d'intention qui est annulé.
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
M. Beauchemin : ...pour conclure,
d'abord, là-dessus, tu sais.
Le Président (M. Simard) : Oui. Oui.
M. Beauchemin : Donc, si je
comprends bien, là, il y a des situations où est-ce qu'on n'est pas capables,
en offres publiques, d'avoir la réponse du marché. On est obligés, on se sent
forcés d'aller en contrats de gré à gré. Ici, on
élimine l'étape, là, de... qui prend une vingtaine de jours ou 30 jours.
On a identifié le nombre tantôt, là, juste pour vous donner une idée.
Là-dessus, je pense que je comprends, là, que... l'objectif, là, d'efficacité
pour faire en sorte qu'on puisse avancer plus rapidement. Puis le travail que
vous faites pour en arriver à être capable de décrocher un fournisseur lorsque vous allez dans une direction,
là, de gré à gré, c'est de prendre le téléphone puis d'appeler les gens,
puis tout ça. Donc, ça, je le comprends.
Est-ce que vous pourriez me donner des exemples,
cependant, juste pour que... Qu'est-ce qui a... qu'est-ce qui a fait que l'appel, c'est d'appeler : Ah!
en tout cas, moi, j'en connais un, plâtrier, puis, oui, «that's it», il va
venir dans... aussi simple que ça? Ou qu'est-ce qui fait que le contact
humain, au-delà de juste l'appel d'offres qui a été publié sur le site, là... qu'est-ce qui fait que... Est-ce
que c'est ça, c'est parce que les gens ne regardent pas le site Web? C'est
quoi, exactement?
M. Julien : Ça peut être plusieurs
motifs, naturellement, surtout, les gens sont superoccupés. Ils en ont plein,
de contrats. Ils travaillent très fort. Puis là, soudainement, ils n'ont pas
pensé à appliquer sur celui-là. Puis là on leur tend la main pour qu'ils
appliquent, soit nous, soit le contracteur. Mais n'oublions pas, là, l'Autorité
des marchés publics, ces éléments-là spécifiques, ces cas de figure là sporadiques,
soyez assurés qu'ils regardent certainement très attentivement.
M.
Beauchemin : Mais donc c'est juste... Finalement, ce qui a fait
que ça fonctionne d'en avoir un, fournisseur de services, dans le gré à gré, c'est juste la belle voix que vous avez
au téléphone quand vous les appelez, là : Jean-Paul, j'ai besoin de
toi, mon homme.
M. Julien : Alors, ça peut être le
contractant... le contracteur qui téléphone. Ça peut être, en fin de compte, une démarche active. Mais, à la fin, c'est l'Autorité
des marchés publics qui est là pour faire la surveillance et l'enquête.
Il n'y a pas d'enjeu. C'est quelques cas de figure par année. On est sur
l'efficience. Mais ça l'existe déjà, hein? C'est comme ça, hein, déjà.
• (17 h 30) •
M. Beauchemin : Oui,
oui. Non, je comprends, mais c'est... je... C'est juste que j'essaie de
comprendre c'est quoi, la valeur ajoutée qui fait en sorte que là,
soudainement, OK, correct, on va faire une soumission, là.
M. Julien : Bien, c'est parce que le
système SEAO, ce n'est pas tout le monde qui applique dessus quand ils sont
superoccupés, puis ils regardent leurs agendas, puis... Alors là, il faut
s'activer à aller trouver un fournisseur parce
qu'on a un besoin clair, donc... Mais, je réitère, à la SQI, c'est cinq,
six cas par année. Mais les travaux sont nécessaires.
Le Président (M. Simard) : Alors,
chère collègue, à vous la parole.
Mme Rotiroti : Si tu permets, c'est
quand même... Là, on fait le débat versus les contrats publics gré à gré, puis le ministre, dans son explication, dit...
Parce que j'ai... je me suis virée vers mon collègue pour dire : Bien,
qu'est-ce qui fait en sorte que le contrat public ne fonctionne pas,
mais le gré à gré, ça fonctionne? Le ministre semble dire : Bien, c'est la main tendue qu'on fait vers ces
entreprises-là qui, en temps normal, sont trop occupées. Ça fait que l'avis,
tu sais, l'avis public, bien, ils
disent : Je passe mon tour. Le fait qu'il a eu la main tendue, le fait
que, dans le fond, le contrat a été porté à leur attention fait en sorte
qu'eux autres, ils se disent : OK. Bien, je vais le regarder cette
fois-ci. C'est quand même particulier.
M. Julien : Mais
c'est déjà comme ça. Puis, à la fin, le système SEAO, ce n'est pas tout le
monde qui lève la main sur tous les
contrats. Et là, soudainement, on a un besoin de plâtrier, puis on va trouver
un plâtrier, puis on va faire le plâtre.
Donc, tout ce qu'on vient changer dans l'article 2, je reviens, M. le
Président, là, c'est... Est-ce que l'opposition est d'accord ou non avec enlever l'avis d'intention, parce que c'est
comme ça déjà? Mais, si on me dit : Non, non, l'avis d'intention a
une grande valeur ajoutée, dites-moi-le. Mais c'est ça l'article 2, hein?
Mme Rotiroti : ...sur un commentaire
que la Corporation des entrepreneurs généraux du Québec a fait lors de leur présence ici, en commission parlementaire,
et je pense qu'ils l'ont aussi manifesté dans leur... évidemment, dans leur
mémoire qui a été déposé. Eux, ils craignaient tellement fort les répercussions
d'une mesure gré à gré qu'ils allaient jusqu'à dire de... recommander de
supprimer l'article 2 au complet. Alors, eux autres, ils mentionnent le
danger de créer des négociations avec les
entrepreneurs spécifiques, par
exemple, et dont la création des
monopoles et la baisse des... de la compétitivité au Québec.
Vous, est-ce
que vous êtes préoccupé de... par ce... cette... commentaire ou cette... Cette
préoccupation qu'eux, ils ont, est-ce
que vous, vous l'avez? Vous, vous semblez être définitivement sûr, dans les
propos que vous tenez, le fait que c'est
très peu de contrats gré à gré qu'on donne, que ce n'est même pas un enjeu.
Alors, je veux juste... Ça fait que, pour vous, la préoccupation de la
Corporation des entrepreneurs, qui disent qu'on peut créer... le gré à gré peut
créer des monopoles, peut baisser la compétitivité au Québec, vous, vous ne
voyez pas ce danger-là?
M. Julien : Bien, aucunement, là.
Mme
Rotiroti : OK.
M. Julien : La personne, là, qui
devrait, en réalité, soulever des préoccupations de cette nature-là, c'est l'Autorité
des marchés publics, qui a la responsabilité de veiller, justement, à ça et d'augmenter
la concurrence. Et, eux, ce qu'ils me
disent, c'est : Écoute, si tu me publiais ça dans cinq jours, là, ça
serait fantastique, ça serait correct. C'est ça qu'on fait dans 45, 46, 47, 48.
Donc, mon outil de vérification qui doit superviser et s'assurer que ça n'arrive
pas est confortable avec ça. Je pense qu'on est à la bonne place.
Mme Rotiroti : OK. C'est rare que je
fais ça, M. le ministre, mais je vais... je vais la poser parce que ça me... la
question me vient à l'esprit. Quand on parle de compétitivité, le danger des...
de création de monopoles, bon, dans des gros bassins comme Montréal, les
grandes villes, Québec, etc., on a plusieurs entrepreneurs, on a plusieurs
options, je vous dirais, pour aller en gré à gré ou même dans... de la
soumission publique. En région, M. le ministre, pensez-vous que, vu qu'il y a moins de compétitivité... parce
qu'évidemment il y a moins d'entrepreneurs qui se spécialisent dans
certains créneaux, et vous ne craignez pas que... encore là, dans certaines
régions, vous avez certaines industries qui,
dans le fond, sont tellement... sont assez grandes qu'ils prennent tous... tout
et qu'ils n'en laissent pas pour les plus petits? Est-ce que... est-ce
que c'est un enjeu que vous voyez qui pourrait arriver ou ce n'est pas un enjeu
du tout?
M. Julien : Ce n'est pas du tout un
enjeu lié à l'article 2, ça, c'est certain. L'article 2, je le
réitère, là, c'est quelques cas spécifiques,
sporadiques, qui nécessitent une correction rapide. Puis là on dit : Il y a
un délai de 20 jours qui est non productif, on va l'annuler. Puis
l'Autorité des marchés publics trouve que c'est une idée adéquate avec le
garde-fou qu'on se donne à 45, 46, 47, 48.
Mme Rotiroti : OK. Alors, allons
direct par rapport à l'enjeu sur l'article 2, c'est la suppression de la publication d'un avis d'intention, hein, vous le
dites, c'est juste... c'est juste ça que vous faites. Le reste, ça existe déjà.
C'est juste : on enlève l'avis d'intention. Vrai?
M. Julien : Vrai.
Mme Rotiroti : OK. Lorsque les
conditions mentionnées sont satisfaisantes, vous avez dit. C'est là que vous
enlevez l'avis d'intention, lorsque les conditions mentionnées sont
satisfaisantes.
M. Julien : Oui.
Une voix : ...
Mme Rotiroti : C'est l'échec de
l'appel d'offres, c'est ça, c'est l'échec...
M.
Julien : Mais c'est deux
choses : l'échec d'appel d'offres puis l'entente qui sera... qui sera de
gré à gré est exactement sur la même portée, sauf le... sauf le délai
décalé.
Mme Rotiroti : Parfait. Alors, vous,
vous êtes sûr que vous... vous pouvez nous rassurer que les termes sont les
mêmes?
M. Julien : ...c'est ce que la loi
prévoit et c'est ce que l'Autorité des marchés publics... on le...
Mme
Rotiroti : Puis ça, c'est non négociable?
M. Julien : Bien
non, c'est sûr, c'est non négociable.
Mme
Rotiroti : Parfait.
M. Julien : Elle
va le vérifier, puis soyez assurée qu'elle va vérifier tous ces cas-là.
Mme
Rotiroti : Oui, c'est ça, on va voir ça plus tard, n'est-ce pas?
M. Julien : Non, mais, je veux dire, c'est des... c'est des
cas où, comme... comme enquêteur, vérificateur de... tu sais, c'est certain que, ceux-là, là, tu les
regardes.
Mme
Rotiroti : Alors,
M. le Président, je pense qu'on a fait pas mal le tour de l'article 2. Je
ne sais pas si le ministre a d'autres commentaires à ajouter, sinon on
pourrait passer à la... le vote à l'article 2.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Donc, y aurait-il d'autres commentaires sur l'article 2? Conséquemment, cet article est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Simard) : Adopté. Nous en sommes maintenant rendus à l'article 3.
M. le ministre.
M. Julien : Article 3.
3. L'article 17
de cette loi est modifié par la suppression de la dernière phrase du deuxième
alinéa.
Le
deuxième... Commentaire : Le deuxième alinéa de l'article 17 de la Loi sur les contrats des organismes publics
confère au dirigeant d'un organisme public le droit de déléguer son pouvoir
d'autoriser une modification accessoire à un contrat qui entraîne des dépenses
supplémentaires. Cette délégation est toutefois limitée puisqu'un délégataire
ne peut autoriser des modifications accessoires dont le total dépasse 10 %
de la valeur initiale du contrat... du contrat.
L'article 3 du
projet de loi propose de supprimer cette limitation, permettant ainsi la
délégation du pouvoir d'autoriser une dépense supplémentaire indépendamment du
montant de la dépense à autoriser dans la mesure toutefois où la modification
demeure accessoire.
Le Président (M.
Simard) : Très bien. Des questions sur cet article?
Mme Rotiroti :
Alors... Merci, M. le Président.
Alors, si je comprends bien l'article 17, on fait référence à la loi,
la COP. Alors, qu'est-ce qu'on vient faire
ici, on va... c'est la suppression de la deuxième alinéa : «Dans le cadre
d'une même délégation, le total des dépenses ainsi autorisées ne peut
[pas] cependant excéder 10 % du montant...»
Pouvez-vous...
pouvez-vous me l'expliquer, qu'est-ce que vous voulez dire par ça, M. le
ministre, s'il vous plaît?
M. Julien : Bien, c'est 10 %, en fin de compte... le 10 % de la valeur
autorisée... de la valeur initiale du contrat. Alors, par exemple, ça
devait être autorisé par le dirigeant de l'entreprise. Alors, si je prends, par
exemple, la SQI, c'était Caroline... Caroline Bourgeois. Puis là on dit :
Bien, tu sais, tu pourrais... tu pourrais le déléguer, en fin de compte, à ton
vice-président de l'est ou ton vice-président, ta vice-présidente de l'ouest.
Mais ça... ça ne lui enlève pas son
imputabilité, là, à la dirigeante de l'entreprise, mais ça fait en sorte
qu'elle peut le déléguer, en réalité, à la personne qui est la plus apte
à appuyer cette décision-là, mais l'imputabilité est conservée par la
dirigeante ou le dirigeant, le cas échéant.
• (17 h 40) •
Mme
Rotiroti : Je n'ai pas compris. Le dirigeant de?
M. Julien : L'imputabilité
demeure au dirigeant de l'organisme, même si elle peut le déléguer à quelqu'un
qui est peut-être apte... plus apte à apprécier. Parce que c'est souvent ça,
hein, le chargé de projet, après ça tu as le vice-président, puis tu as la
présidente. Donc, on dit : Tu sais, cette délégation-là, en conservant
l'imputabilité du dirigeant, est plus efficiente que quand on... quand on
oblige, en fin de compte, que le crescendo se fasse jusqu'à la signature de la dirigeante pour ces... pour ces
éléments-là, toujours quand on parle d'accessoire, hein, accessoire versus...
Mme
Rotiroti : C'est ça...
M. Julien : C'est
ça, on ne vient pas changer la portée, la nature du projet... du contrat,
excusez-moi.
Mme Rotiroti :
Alors, si ça excède le 10 %
du montant, là, à ce moment-là, ça prendrait l'autorisation de qui?
M. Julien : Pardon?
Mme Rotiroti : Si
on excède le 10 %, ça prendrait l'autorisation de qui, le sous-ministre?
C'est qui qui autoriserait le dépassement du 10 %?
M.
Julien : L'état actuel, ce
serait le dirigeant. Nous, on dit qu'elle peut déléguer cette responsabilité.
C'est ça...
Mme Rotiroti : Déléguer à qui?
M. Julien : À une personne, en fin
de compte, de son organisation, tout en gardant l'imputabilité.
Mme Rotiroti : Ça fait que c'est le
dirigeant qui déciderait à qui il déléguerait cette responsabilité-là?
M. Julien : Oui, dans son
organisation. Ça pourrait être, comme je vous dis, le VP.
Mme Rotiroti : Dans son
organisation, évidemment, oui.
(Consultation)
Mme
Rotiroti : Le 10 %, j'imagine, c'est... c'est déjà
quelque chose qui est chassé dans... dans la loi, c'est la norme, là, le
10 %, c'est...
M. Julien : C'est ça qui est prévu
actuellement, puis on dit...
Mme Rotiroti : ...c'est déjà prévu.
M. Julien : C'est ça.
Mme Rotiroti : Ça fait que ça, ce
n'est pas négociable. Je veux dire, on ne change pas ce pourcentage-là, on
maintient qu'est-ce qui existe déjà.
M. Julien : C'est-à-dire, c'est
comme si on le retirait. C'est-à-dire que, quand on dépassait le 10 %, il
fallait que l'autorisation vienne du dirigeant. Puis nous autres, on dit :
Écoute, dans ces organisations-là, si elle attribue cette responsabilité-là à quelqu'un, ça pourrait être à ses deux VP,
est, ouest, bien, à titre... à titre d'exemple, à la SQI, mais c'est une
délégation, mais elle maintient l'imputabilité de ces décisions-là comme
dirigeante, mais c'est des gens qui sont plus près des dossiers, qui les
connaissent mieux, qui vont prendre la décision.
Mme Rotiroti : Ça fait que, dans le
fond, vous ouvrez cette marge de manoeuvre là qui n'existait pas?
M. Julien : Certainement.
Mme Rotiroti : De déléguer?
M. Julien : Oui.
Mme Rotiroti : OK. Là, je comprends,
vous faites cette... vous donnez cette ouverture-là parce que vous dites :
Bien, c'est des gens qui, probablement, ont travaillé bien plus sur le dossier
que le dirigeant en question, parce que lui, il est occupé faire d'autres
choses, ça fait qu'ils connaissent le dossier mieux que, peut-être, leur
dirigeant parce qu'ils ont les mains dedans, là, ils travaillent dans ce projet
de loi là. Ça fait que ça, c'est un nouveau concept que vous allez introduire.
Ça, ça n'existait pas avant, de déléguer...
M. Julien : Plus de souplesse, plus
d'agilité, naturellement, à une personne qui est déléguée.
Mme
Rotiroti : Et ça, ça va faire en sorte que les choses vont
aller plus rapidement? C'est-tu une question de rapidité? Pourquoi vous
faites ça? C'est quoi, votre but de faire ça?
M. Julien : Efficience des processus
internes.
Mme Rotiroti : Efficience? OK.
M. Julien : Parce qu'encore là on
arrive sur une cascade. Tu sais, la personne qui est apte à observer et à
documenter va... va le cascader dans l'organisation, puis là c'est des délais,
des délais, des délais, puis on dit : Bien, écoute, elle, c'est la
meilleure personne pour prendre la décision, avoir le meilleur regard, pourquoi
on ne délègue pas directement à elle, sous autorisation, naturellement, du
dirigeant ou de la dirigeante?
Mme Rotiroti : Oui, parce que le
dirigeant demeure toujours celui qui est imputable, c'est ça?
M.
Julien : C'est ça. L'imputabilité, ça, c'est certain.
Une voix :
...
Mme
Rotiroti : OK. Puis, juste pour être sûre, vous expliquez bien que,
malgré le fait que vous faites cette délégation-là, c'est le dirigeant qui
demeure toujours le responsable.
M. Julien : Toujours
imputable.
Mme
Rotiroti : Imputable. Ça, c'est compris et ce n'est pas nécessaire de
le mettre ou de le spécifier?
M. Julien : Pour
moi, c'est... c'est très clair et c'est le rôle d'un dirigeant.
Mme Rotiroti :
OK. Puis vous ne craignez pas
qu'il pourrait y avoir légalement une interprétation différente?
C'est-à-dire que le dirigeant qui décide de... de câlisser son VP en dessous de
l'autobus, là, comme on dit... Non, mais c'est un cas figure, hein? Mettons
que... Parce qu'on dit : Quand ce n'est pas écrit... Là, c'est
sous-entendu que, bon, on délègue, mais
c'est toujours le responsable de l'organisme qui est imputable. Très bien, je
le comprends. Dans un cas de figure où ce que le dirigeant décide que,
bien, ce n'est pas moi qui a signé, hein, c'est mon VP, puis, tu sais quoi,
dans deux semaines, il n'est plus là, est-ce que le propriétaire de... le
propriétaire demeure toujours imputable ou est-ce que, parce que ce n'est pas
chassé dans la loi, parce qu'on ne l'a pas spécifié, il peut s'en laver les
mains?
M. Julien : Non.
C'est dans les principes de la LCOP.
Des voix : ...
M. Julien : L'article 2.
Mme
Rotiroti : De la COP?
M. Julien : De
la LCOP. La reddition de comptes fondée sur l'imputabilité des dirigeants
d'organismes publics et sur la bonne utilisation des fonds publics. Donc,
l'imputabilité est... est clairement inscrite à l'intérieur de la LCOP, sur le
dirigeant. Et ici on donne la capacité au dirigeant de déléguer. Donc, c'est la
décision du dirigeant et le choix du délégataire, mais ça ne le soustrait pas
ou ne la soustrait pas...
Mme
Rotiroti : De ses responsabilités.
M. Julien : ...de
ses responsabilités, qui sont clairement dans les principes de la LCOP.
Mme
Rotiroti : Ils sont dans les principes de la LCOP, très bien, mais ils
ne sont pas écrits dans votre loi.
M. Julien : Bien,
c'est-à-dire que c'est inscrit...
Mme
Rotiroti : Ça fait qu'on fait...
M. Julien : ...ils
sont couverts par la loi sur... la LCOP.
Mme
Rotiroti : Ils sont couverts par...
M. Julien : Oui.
Une voix :
...
Mme
Rotiroti :
...la LCOP, oui. Moi, je disais COP?
M.
Julien : Donc, la tâche
est... la tâche est déléguée, mais pas l'imputabilité. Puis c'est prévu à
l'intérieur de...
Mme
Rotiroti : Puis il ne pourrait jamais y avoir autre interprétation que
ça?
M. Julien : Bien,
je ne vois pas comment, bien honnêtement.
Mme
Rotiroti : OK. Non, mais c'est... c'est important.
M. Julien : Bien,
pour moi, c'est... Oui, vous avez parfaitement raison.
Mme
Rotiroti : C'est... c'est très important.
M.
Julien :
Puis, pour moi, c'est... c'est clair,
puis je ne vois pas comment ça pourrait être autrement. Donc, c'est une
délégation, mais une délégation prise par le ou la dirigeante, et les principes
de la LCOP sont maintenus.
Mme
Rotiroti : Est-ce qu'à ce moment-là le dirigeant doit approuver, ou
cosigner, ou avoir un document qui dise : Bien, moi, je délègue cette
responsabilité à mon VP, par exemple, ou est-ce que... Comment que le dirigeant
vous dit à vous qu'il a délégué son pouvoir? C'est quoi, le mécanisme qui est à
sa disposition?
Des voix :
...
M. Julien : Oui.
Alors, c'est produit par écrit, la délégation.
Mme
Rotiroti : Pardon?
M. Julien : Le
dirigeant doit produire par écrit sa... la délégation.
Mme
Rotiroti : Parfait. Alors, le dirigeant doit, par écrit, manifester
ses intentions...
M. Julien :
De délégation, oui.
Mme
Rotiroti :
...qu'il délègue à son VP la responsabilité de.
M. Julien : Oui.
Mme
Rotiroti : Parfait. Alors, on l'a par écrit. Puis ça, vous prenez ça
où, M. le ministre, quand vous dites : Il faut que ça soit... Est-ce que
c'est toujours dans les...
M. Julien : C'est...
c'est prévu dans...
Mme
Rotiroti :
C'est prévu dans...
M. Julien :
...dans le texte actuel de l'article 17, qu'on modifie par rapport à la
balise de 10 %. Donc, avant, c'était :
en bas de 10 %, il pouvait; en haut de 10 %, il ne pouvait pas. Là,
on enlève la balise du 10 %, mais, en bas de 10 %, c'était
prévu. Donc, l'article 17 mentionne qu'une modification qui occasionne une
dépense supplémentaire... Le dirigeant, il est où?
Une voix : ...
M. Julien : Oui,
mais c'est où que... «Le dirigeant peut, par écrit et dans la mesure qu'il
indique, déléguer le pouvoir d'autoriser...»
Donc, c'est marqué à l'article 17 qu'il peut, par écrit, déléguer son
pouvoir. Alors, c'est déjà là. On déplafonne le 10 %, bref.
Mme
Rotiroti : OK.
Des voix : ...
Mme Rotiroti :
Juste... Si vous me donnez juste
quelques secondes, je veux juste être sûre avant qu'on passe...
Vous
dites aussi que, quand on délègue le pouvoir, ça lui donne... ils ont
l'autorisation d'une dépense supplémentaire indépendamment le montant de la dépense à autoriser dans la mesure
toutefois où la modification demeure accessoire. Ça permet ainsi la
délégation de pouvoir autoriser une dépense supplémentaire indépendamment du
montant de la dépense à autoriser dans la
mesure toutefois où la modification demeure accessoire. C'est quoi, une mesure
accessoire, M. le ministre?
• (17 h 50) •
M. Julien : Naturellement,
là, on ne modifie pas cette notion-là à l'intérieur.
Mme
Rotiroti : Ça, ça existe déjà?
M. Julien : Ça
existe déjà.
Mme
Rotiroti : Parfait.
M. Julien : Naturellement,
on parle beaucoup de pas de modification de portée dans un contrat,
c'est-à-dire, on n'a pas rajouté, par exemple, des lits puis on n'a... tu sais,
alors, elle est accessoire. Mais c'est... c'est un concept qui existe déjà.
Tout ce qu'on vient dire, c'est : Le 10 % et plus...
Mme Rotiroti : Ça s'applique.
M.
Julien : ...avant c'était le dirigeant, maintenant ce sera la personne
qui obtient la délégation.
Mme
Rotiroti : OK.
Des voix : ...
Mme
Rotiroti : ...avant qu'on pourrait passer au vote, juste pour être
sûre. Peu importe... Une fois que le président de l'entreprise ou le dirigeant
de l'entreprise délègue à son VP, le VP a toute la légitimité de prendre des décisions qui concernent le contrat. Ça, ça lui
appartient. Mais il y a... Bien, j'imagine qu'il a l'obligation d'aviser son
patron, là, j'imagine, de les changements
qu'il va faire, évidemment. Alors, je... en posant ma question, je me suis
répondu en même temps, M. le Président. Alors, je suis prête à passer au
vote, si le ministre est d'accord.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. D'autres commentaires sur l'article 3? Sans quoi cet article est-il
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Simard) : Adopté. Et nous en sommes maintenant rendus à l'étude de
l'article 4.
Des voix :
...
M. Julien : Oui.
On va avoir un amendement à proposer, mais je vais lire l'article tel qu'il est
actuellement.
Le Président (M.
Simard) : Très bien.
M. Julien : Donc,
article 4.
4. L'article 18
de cette loi est modifié :
1° par la suppression
de «public-privé»;
2° par l'insertion, à
la fin, de «par le ministre des Transports, par la Société québécoise des
infrastructures ou par tout autre organisme public dans la mesure où le
ministre responsable de ce dernier l'y autorise»;
3° par l'ajout, à la
fin, des alinéas suivants :
«Pour l'application
du premier alinéa, le ministre responsable d'un organisme public est :
«1°
dans le cas d'un organisme public visé aux paragraphes 1° à 4° du premier
alinéa de l'article 4 ou d'une filiale d'un organisme visé à ce
paragraphe 4°, le ministre de qui relève l'organisme;
«2° dans le cas d'un
organisme public visé au paragraphe 5° du premier alinéa de
l'article 4 ou d'une filiale d'un tel organisme, le ministre de
l'Éducation, du Loisir et du Sport ou le ministre de l'Enseignement supérieur,
de la Recherche, de la Science et de la Technologie, selon leurs attributions
respectives;
«3° dans le cas d'un
organisme public visé au paragraphe 6° du premier alinéa de
l'article 4 ou d'une filiale d'un tel organisme, le ministre de la Santé
et des Services sociaux.
«L'autorisation
ministérielle exigée au premier alinéa n'a pas pour effet de soustraire
l'organisme public à l'obligation d'obtenir toute autre autorisation en lien
avec le contrat de partenariat visé qui serait autrement requise en vertu des
dispositions d'une loi, d'un règlement ou d'une directive.»
Alors,
les commentaires. L'article 4 du projet de loi confère au ministre des
Transports et à la Société québécoise
des infrastructures le pouvoir de
conclure tout contrat de partenariat. Il permet également aux autres organismes
publics de conclure des... de tels contrats
dans la mesure où les ministres responsables de chacun de ces organismes les y
autorisent expressément à chaque contrat.
Le
troisième alinéa prévoit par ailleurs que l'obtention d'une autorisation du
ministre responsable pour conclure un
contrat de partenariat n'a pas pour effet de dispenser l'organisme public de
l'obligation d'obtenir toute autre autorisation qu'une loi, un règlement
ou une directive pourrait exiger dans le cadre de la réalisation d'un projet
d'infrastructure.
Le Président (M. Simard) : Alors,
à ce stade-ci, M. le ministre, on peut débattre ensemble de l'article 4 ou
encore immédiatement procéder à l'étude de l'amendement.
Mme
Rotiroti : Est-ce que vous nous donnez le temps de prendre
connaissance de l'amendement ou...
Le Président (M.
Simard) : Alors, l'amendement se...
Mme
Rotiroti : ...est-ce qu'on débat l'article avant?
Le Président (M.
Simard) : Oui. Bien, c'est un peu selon la stratégie, entre
guillemets, du ministre.
Mais nous allons
suspendre momentanément pour en avoir le coeur net. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à
17 h 56)
(Reprise
à 17 h 59)
Le Président (M.
Simard) : ...M. le ministre, à ce stade-ci, vous entendez nous
présenter un amendement.
M. Julien : Oui.
Alors, tu veux que je lise l'amendement, là, en fin de compte...
Le Président (M.
Simard) : Idéalement, idéalement.
M. Julien : ...qui
se trouve à être, en fin de compte, ici.
Le Président (M.
Simard) : Idéalement.
• (18 heures) •
M. Julien : L'article 4, là. Alors, l'amendement
concernant l'article 18 de la Loi sur les contrats d'organismes
publics :
Dans
le premier alinéa de l'article 18 de la Loi sur les contrats des
organismes publics que le paragraphe 3° de l'article 4 du projet de
loi propose, remplacer «n'a pas» par «peut être assortie de conditions. Elle
n'a par ailleurs pas».
Alors,
la modification proposée vise à permettre au ministre responsable des
organismes publics qui lui demandent l'autorisation de conclure un
contrat de partenariat d'assortir cette autorisation de conditions qu'il juge
appropriées. Cette modification répond à une
recommandation que l'Autorité des
marchés publics a formulée lors des
consultations particulières.
Alors, je dois lire
l'article tel qu'amendé.
L'article 18 de
cette loi est modifié :
1° par la suppression
de «public-privé»;
2° par l'insertion, à
la fin, de «par le ministre des Transports, par la Société québécoise des
infrastructures ou par tout autre organisme public dans la mesure où le
ministre responsable de ce dernier l'y autorise»;
3° par l'ajout, à la
fin, des alinéas suivants :
«Pour l'application
du premier alinéa, le ministre responsable des organismes publics est :
«1°
dans le cas d'un organisme public visé aux paragraphes 1° à 4° du premier
alinéa de l'article 4 ou d'une filiale d'un organisme visé [à cet
article...] à ce paragraphe 4°, le ministre de qui relève l'organisme;
«2° dans le cas d'un
organisme public visé au paragraphe 5° du premier alinéa de
l'article 4 ou d'une filiale d'un tel organisme, le ministre de
l'Éducation, du Loisir et du Sport ou le ministre de l'Enseignement supérieur,
de la Recherche, de la Science et de la Technologie, selon leurs attributions
respectives;
«3°
dans le cas d'un organisme public visé au paragraphe 6° du premier alinéa
de l'article 4 ou d'une filiale d'un tel organisme, le ministre de
la Santé et des Services sociaux.
«L'autorisation
ministérielle exigée au premier alinéa peut être assortie de conditions. Elle n'a
par ailleurs pas pour effet de soustraire
l'organisme public à l'obligation d'obtenir toute autre autorisation en lien
avec le contrat de partenariat visé qui serait autrement requise en
vertu des dispositions d'une loi, d'un règlement ou d'une directive.»
Donc,
essentiellement, qu'est-ce qu'on vient faire là, c'est... puis je vais laisser,
si vous permettez, après ça, le légiste
préciser, là, mais, ailleurs dans la loi, il est spécifié «peut être assortie
de conditions». Et, même si ça va de soi pour nous que l'autorisation peut être assortie de conditions, puisqu'il
est mentionné ailleurs cette phrase-là spécifiquement, l'Autorité des
marchés publics nous disait : Ça voudrait comme... ça pourrait comme
signifier qu'ici, puisqu'on ne le précise
pas, l'autorisation ne peut pas être assujettie à d'autres conditions. Donc, on
ajoute cette précision-là, qui allait de soi pour nous, pour être
conséquents à la façon qu'il est écrit ailleurs dans la loi et faire en sorte
qu'il n'y ait pas une mauvaise interprétation. Peut-être compléter si ce
n'était pas juste.
Le Président (M.
Simard) : Alors, y aurait-il...
M. Julien : Heille!
vas-y, hein? Sois bien à l'aise.
Le Président (M.
Simard) : Bien. Alors, y a-t-il consentement pour l'intervention? Il y
a consentement.
Mme
Rotiroti : Oui, oui, oui, absolument.
Le Président (M.
Simard) : Alors, monsieur, bienvenue parmi nous. Pourriez-vous d'abord
vous présenter, s'il vous plaît?
M. Hudon
(Alain) : Merci, M. le Président. Alors, Alain Hudon, légiste au
ministère de la Justice.
Alors, l'explication
qu'a donnée le ministre est exactement parfaite. Je n'ai rien à redire. Il a
très bien répété ce que je lui ai dit avant. Non, sans blague. Mais c'est vrai
que, l'objectif, ici, on peut penser que, quand une autorité a le pouvoir
d'autoriser un geste ou une action, bien, cette autorisation-là devrait
accessoirement pouvoir être accompagnée, si elle le juge à propos, de
conditions particulières si, justement, c'est opportun. Mais, quand on fait la
lecture de la Loi sur les contrats, on retrouve des dispositions où on confère
à une autorité soit le pouvoir de donner une autorisation ou une permission, et
là le législateur est venu prévoir que, dans ces cas-là, ça pourrait être
assorti de conditions. Donc, c'est vraiment en souci de cohérence et pour
éviter tout problème d'interprétation, en disant : Une contestation...
Parce qu'ici c'est la ministre responsable d'un organisme qui autorise.
Donc, c'est un ministre
qui va autoriser un autre organisme qui, lui, a son propre CA ou, en tout cas,
peu importe. Donc, on veut empêcher ici tout risque de contestation en disant
que, heille! tu peux m'autoriser, mais tu ne peux pas m'imposer de conditions.
Mme Rotiroti : Là, le fait qu'on le
met, je comprends que c'est une question de cohérence aussi, parce qu'on le trouve ailleurs dans la loi, si je
comprends bien l'explication du ministre. Puis là vous dites : On ne peut
pas... Comment vous avez dit ça? On ne peut pas le contester, on peut...
Le ministre peut l'autoriser, mais on ne peut pas le contester.
M. Hudon
(Alain) : Non, ce que je dis... Ce que je disais, c'est
qu'en prévoyant l'amendement qui est proposé ici, donc en disant : Lorsque le ministre autorise un organisme à
conclure un contrat de partenariat, bien, il pourra assortir cette autorisation-là de conditions, bien, il n'y
a pas un organisme qui pourrait contester ces conditions-là qui pourraient
lui être imposées, compte tenu que la loi lui donne le pouvoir d'imposer des
conditions.
Mme Rotiroti : Bien, qu'est-ce
qui...
M. Julien : ...
Mme
Rotiroti :
Juste... Oui, vas-y, M. le ministre.
M. Julien : Juste là-dessus,
c'est... Quand j'ai eu une discussion avec Me Hudon, pour moi, c'est...
Pour moi, ça va de soi que, comme ministre responsable, si tu autorises, tu
peux y mettre des conditions. Mais, a contrario, puisqu'il est inscrit ailleurs que... «autorise et peut émettre des
conditions», puis si on ne venait pas l'inscrire, quelqu'un pourrait
prétendre : Non, non, si tu avais eu le droit d'émettre des conditions, tu
l'aurais mis, parce que tu l'as mis dans la
même loi, tu l'as inscrit. Alors, c'est pour éviter des quiproquos, de venir
dire : OK., on va le répéter, mais, pour moi, ça allait de soi.
Parce que quelqu'un pourrait prétendre, un organisme public assujetti,
dire : Bien non, tu ne peux pas mettre de conditions parce qu'ici c'est
marqué «autorisation», et, quand tu veux mettre des conditions, c'est marqué
«autorisation avec la capacité d'émettre des conditions» ailleurs dans la loi.
Ça fait qu'on le rajoute pour être conséquents.
Mme Rotiroti : Puis ça, ça s'étend,
là, si je regarde, quand on parle... Vous parlez du ministère... plusieurs
ministères. Mais, mettons, le ministère de la Santé, vous parlez des filières.
M. Julien : Des filiales.
Mme Rotiroti : Oui. Ça, ça veut
dire : les CIUSSS, ça veut dire tous les organismes sous la gouverne du...
de ce ministère-là sont assujettis à la même chose?
M. Hudon (Alain) : Non. La filiale
est précisée à l'article 4 de la Loi sur les contrats, là, donc ce n'est pas
les établissements que vous mentionnez, là. Donc, ce sont des entités
juridiques qui sont contrôlées par un organisme public. Habituellement, les
filiales, on voit ça...
Mme Rotiroti : Les entités
juridiques.
M. Hudon (Alain) : Les ministères
n'ont pas de filiale, mais les organismes autres que budgétaires peuvent avoir des filiales, comme la SQI, entre autres,
peut avoir une filiale. Donc, la Loi sur les contrats s'applique aux filiales,
ici.
Mme Rotiroti : Ça s'étend à eux
aussi. Puis qu'est-ce qui ferait en sorte qu'un ministère ne donnerait pas une
autorisation? Donnez-moi un exemple où est-ce que le ministère... Là, ici, vous
dites : On a l'autorité de dire OK et
on se donne les moyens pour mettre des conditions. Est-ce qu'il y a des cas de
figure où est-ce que le ministre pourrait dire : Bien, moi, je ne
l'autorise pas?
M.
Julien : Non seulement ça, mais il va falloir qu'il
l'autorise, c'est-à-dire que l'autorisation qu'on donne pour aller en
mode...
Mme Rotiroti : C'est le contrat que
je dis.
M. Julien : Un contrat de
partenariat, là.
Mme
Rotiroti : Oui.
M. Julien : Nous autres, on dit que
la SQI et on dit que le ministère des Transports ont... La Société québécoise des infrastructures et le ministère des Transports ont d'emblée...
Puisqu'ils émettent beaucoup de contrats, ils ont beaucoup d'expertise
en cette matière-là, on leur dit : Vous autres, les contrats de
partenariat, là, on vous les autorise. Maintenant, les ministres responsables vont l'autoriser à la
pièce pour les autres ministères, parce que, des fois, ils pourraient
arriver puis dire, puis naturellement on va avoir des discussions : Bien,
vous n'avez pas nécessairement toute
l'expertise, l'expérience pour mener à bien un contrat en mode collaboratif.
Alors, ça va être une autorisation qui est donnée,
c'est-à-dire que, pour aller de l'avant vers ce mode-là, il va y avoir une
autorisation qui va être donnée par le ministre responsable.
Mme Rotiroti : ...pour livrer le
projet?
M.
Julien : Bien, c'est-à-dire qu'il va... il va y avoir une
évaluation puis un accompagnement, mais tu ne peux pas le faire si tu
n'as pas l'autorisation ministérielle.
Mme Rotiroti : OK. Bien là... OK.
Là, j'ai besoin de votre aide, M. le ministre.
M. Julien : Oui.
Mme Rotiroti : Si vous voulez que je
vous aide, j'ai besoin de votre aide. Vous devez me clarifier ça, le... qu'est-ce que vous venez de dire. Ça veut dire que
le ministre, dans un cas où est-ce qu'il sait très bien que le cas de figure,
ils ne sont pas capables de livrer, vous pouvez quand même autoriser la... de
donner le contrat à ces gens-là.
M. Julien : Non. C'est-à-dire que
l'utilisation d'une démarche collaborative d'un partenariat, pour la SQI et
pour le ministère des Transports, est attribuée d'emblée, ils ont l'expertise,
les connaissances, le volume, les équipes. Puis, pour les autres ministères,
bien, c'est le ministre responsable de ces ministères-là...
Mme Rotiroti : De... Qui décide?
M. Julien : ...qui va l'autoriser et
pourrait y émettre certaines conditions.
Mme
Rotiroti : Là, c'est un peu plus clair. Puis les
conditions... Donnez-moi un exemple d'une condition. C'est une condition
de réussite, j'imagine, de s'assurer qu'on réussit?
M. Julien : Bien, par exemple, on
pourrait dire : Tu pourrais être accompagné de la Société québécoise des
infrastructures, par exemple, pour... avec l'expertise qu'ils ont.
Mme Rotiroti : Pour s'assurer qu'ils
ont l'expertise nécessaire.
M. Julien : Exactement.
Mme Rotiroti : Ça fait qu'on vient
de... de pallier à leur manque, dans le fond, que...
M. Julien : Mais c'est un exemple,
ça pourrait être plein...
Mme Rotiroti : Oui. Non, non, c'est
correct. Oui?
M.
Julien : ...plein d'autres choses. Mais, tu sais, il y a
des gains, certainement, avec l'approche collaborative. Il y a un
apprentissage...
Mme Rotiroti : Ça, on a établi ça
à... on l'a déjà établi, ça.
M. Julien : C'est réglé.
Mme Rotiroti : C'est réglé.
M. Julien : Mais il y a aussi une
expertise nécessaire pour l'utiliser. Tu sais, tantôt, on entendait certaines
municipalités qui disaient : Heille! ça serait... Oui, ça dépend. Mais
c'est sûr que là on est sur la LCOP, qui est...
Mme Rotiroti : Qui est d'autre
chose, oui.
M. Julien : C'est autre chose.
Mme Rotiroti : Absolument.
M. Julien : Mais ça nécessite de
l'expertise, des compétences pour pouvoir être agile avec ces contrats-là.
Donc, c'est pour ça qu'on met ces balises-là et des conditions qui pourraient
être assujetties.
• (18 h 10) •
Mme Rotiroti : Ça
fait que, dans le fond, on laisse au ministre le... le soin de s'assurer que
les conditions qu'il émet, il peut avoir... Il s'assure aussi, dans le fond,
s'il met des conditions, qu'il donne les outils, aussi, ou il trouve les partenaires nécessaires avec
l'expertise nécessaire pour s'assurer qu'on remplit les conditions que le
ministre, lui-même, a émises. Vrai?
M. Julien : Oui.
Mme Rotiroti : Oui. OK.
M.
Julien : Naturellement, il y a un processus d'autorisation,
aussi, avec CT, Conseil des ministres, spécifique...
Mme Rotiroti : Bien, c'est ça, c'est
quoi, l'étape pour qu'on arrive que le ministre signe l'autorisation?
M. Julien : Bien,
c'est-à-dire que le ministre pourrait donner l'autorisation avec certaines
conditions, mais c'est... La directive des grands projets prévoit quand
même des étapes, CT, Conseil des ministres...
Mme Rotiroti : Oui, OK, oui. Conseil
des ministres...
M. Julien : ...dépendant de la
nature des contrats, avec le choix de... d'aller dans...
Mme Rotiroti : Ça fait qu'ici on
inclut du petit contrat au plus grand.
M. Julien : C'est-à-dire, ici, on
inclut les modes en partenariat qui... je disais : Des fois, ce n'est pas
tant la valeur que la complexité, et c'est le choix du bon mode pour les bons
projets. C'est la même affaire que... que l'on a discuté en 1, mais on dit juste : SQI, ministère des Transports,
d'emblée, beaucoup de volume, beaucoup de capacité...
Mme Rotiroti : C'est la seule raison
pourquoi vous avez ciblé ces deux-là, c'est la question du volume.
M.
Julien : Bien... bien, c'est la question des... de la force
en gestion contractuelle de ces organismes-là, là. C'est...
Mme Rotiroti : Puis en expertise
aussi les deux, j'imagine.
M. Julien : C'est ça, c'est nos
organismes qui émettent beaucoup de contrats...
Mme Rotiroti : Qui ont le plus...
M. Julien : ...qui ont le plus
d'expertise.
Mme Rotiroti : Parfait.
M.
Julien : Là, on dit : Écoutez, là, quand on va décider
d'aller dans ces modes-là, là, on n'a pas... on n'est... on n'a pas de
crainte par rapport à la capacité d'avoir...
Mme Rotiroti : De livrer.
M. Julien : ...l'expertise
nécessaire pour aller dans ces modes un peu plus complexes en termes
contractuels.
Mme Rotiroti : OK. Puis eux, est-ce
qu'ils ont l'obligation d'émettre des conditions ou ça leur appartient?
M. Julien : Mais c'est-à-dire qu'eux
autres les conditions vont être à l'intérieur de l'entente.
Mme Rotiroti : De l'entente.
M. Julien : De l'entente et du
choix. Puis la directive donne quand même un cheminement d'autorisation.
Mme Rotiroti : OK.
(Consultation)
Mme
Rotiroti : Juste, M. Hudon,
peut-être, vous pouvez me clarifier. Quand vous parlez de «l'Enseignement
supérieur, la Recherche, la Science et la
Technologie, selon leurs attributions respectives», puis pour la Santé... Non, on est corrects? Quand vous parlez de «dans le cas
d'un organisme public visé dans le paragraphe 6° du premier alinéa de
l'article 4 ou d'une filiale d'un tel organisme, le», de un, vous parlez
d'attributions respectives. Qu'est-ce que vous voulez dire par ça?
Donnez-moi un exemple, s'il vous plaît.
M.
Hudon (Alain) : C'est que, dans la... Au niveau de l'éducation, c'est
scindé en deux. Il y a l'éducation... les études supérieures, puis il y a
les...
Mme
Rotiroti : Puis l'éducation primaire, secondaire.
M. Hudon (Alain) : Donc là, quand on est dans le secteur des universités, bien, ce serait
le ministre de L'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science
et de la Technologie, c'était le cas de...
Mme
Rotiroti : Ça fait que l'attribution respective, dans le fond, c'est
de distinguer entre l'enseignement supérieur puis l'éducation primaire,
secondaire, c'est ça?
M. Hudon
(Alain) : Oui, parce qu'ils ont des organismes qui ne sont pas les
mêmes...
Mme
Rotiroti : Qui ont des besoins différents, aussi.
M. Hudon (Alain) : Des besoins, sûrement, mais qui peuvent avoir des projets
d'infrastructure des deux côtés. Bien là, on vient préciser quel est le
bon ministre qui devra autoriser l'organisme en question.
Mme Rotiroti : OK, ça fait que vais juste aller voir... Est-ce que vous pouvez baisser
l'écran? Vous ne l'avez pas en papier?
Une voix :
...
Mme
Rotiroti :
Ça fait que, dans l'amendement que vous apportez, M. le ministre, on fait
référence évidemment, dans les... SQI et le
Transport. On a déjà parlé à cause de leur expérience, le volume, etc. Très
bien, vous mentionnez... vous prenez la peine, par contre, de mentionner
l'Éducation, Sports et Loisirs, l'Éducation, Enseignement supérieur,
Recherche, Science, Technologie et la Santé et Services sociaux. Ça fait que,
dans le fond, vous avez à peu près quatre,
cinq... cinq ministères. Vous ne les nommez pas tous. Pourquoi que ce n'est pas
d'emblée l'ensemble des ministères? Pourquoi c'est juste... Qu'est-ce
qui fait en sorte que vous ciblez juste ces ministères-là? Est-ce qu'il y a une
raison spécifique? Est-ce que c'est encore la question de l'expertise, volume?
M. Julien :
Ils sont tous couverts, les ministères. Précision, M. Hudon, si vous permettez.
M. Hudon (Alain) : Oui, les ministères sont tous couverts. C'est que la désignation des
ministères, elle suit l'ordre d'assujettissement à la Loi sur les
contrats, qu'on retrouve à l'article 4. Donc, dans le paragraphe 1°, là,
on dit : «Dans le cas d'un organisme
public visé aux paragraphes 1° à 4° du premier alinéa de l'article 4 ou
d'une filiale[...], le ministre de qui relève l'organisme.» Donc là, ça
peut être n'importe quel ministre, là.
Mme Rotiroti : Non, je comprends, mais pourquoi? Pour certains, on les spécifie, on a
le besoin de les spécifier dans
l'amendement du ministre. C'est ça, je veux comprendre. Je comprends, ce n'est
pas dans l'amendement, je veux dire dans l'article.
M. Hudon (Alain) : C'est simplement parce qu'on désigne les ministres responsables en
fonction de l'endroit où ils sont assujettis à la loi, à
l'article 4.
Mme
Rotiroti : Ça fait que... OK.
M. Hudon (Alain) : Dans l'article 4, là, on prévoit quels sont les organismes qui
sont assujettis à la Loi sur les contrats.
Mme
Rotiroti : Oui. Alors, ces ministères-là...
M. Hudon
(Alain) : Donc, il y a le paragraphe 1°, 2°, 3°, 4°, 5°, 6°...
Mme
Rotiroti : Les autres ministères ne sont pas... ne sont pas...
M. Hudon
(Alain) : Tout le monde est... Oui, oui, ils sont tous assujettis, les
ministères.
Mme
Rotiroti : Ils sont tous là. Mais vous spécifiez celles-là.
M. Hudon (Alain) : Oui, parce que... Je ne sais pas comment vous l'expliquer, là, mais
c'est qu'à 1°, 2°, 3°, 4°, à l'article 4,
là, donc, on a une panoplie d'organismes, puis ces organismes-là, dans certains
cas, peuvent relever du ministère de l'Agriculture, dans un autre cas, du
ministère des Finances...
Mme Rotiroti : Qui relèvent! Vous
dites...
Une
voix : ...
M. Hudon
(Alain) : Article 4 de la Loi sur les contrats.
Mme
Rotiroti : ...oui, qui relèvent d'un ministère.
M. Hudon
(Alain) Oui.
Mme
Rotiroti :
Très bien. Ce n'est pas ça, ma question.
M.
Hudon (Alain) : Oui, bien,
c'est leur ministre responsable. Non, mais tous les organismes ont un ministre
responsable, entre guillemets.
Mme
Rotiroti : Absolument, oui.
M. Hudon
(Alain) : Parfait. Donc, l'article 4, qui détermine quels sont
les organismes publics assujettis à la Loi sur les contrats, bien, il fait une
énumération de ces organismes-là en fonction de certains critères. Donc, les
articles... les paragraphes 1°, 2°, 3°, 4° de l'article 4, c'est des
organismes, là, on parle notamment, là, je l'ai ici, là, «des organismes
budgétaires, des organismes autres que budgétaires, des organismes nommés
suivant la Loi sur la fonction publique». Donc, dans les organismes budgétaires
puis autres que budgétaires, donc...
Mme
Rotiroti : Je les ai ici, là. Donc, c'est...
M. Hudon (Alain) : C'est ça. Dans les organismes budgétaires, il y en a qui relèvent d'un
ministre x, d'autres d'un ministre y...
Mme Rotiroti : OK. Ça fait que, dans le fond, parce qu'on parle... Juste pour vous...
pour bien comprendre, là, dans qu'est-ce que vous dites, dans l'article,
on parle, exemple, d'Héma-Québec. Héma-Québec relève du ministère de la Santé.
M. Hudon
(Alain) : Oui.
Mme
Rotiroti :
C'est ça?
M.
Hudon (Alain) :
Ministre responsable de... effectivement.
Mme
Rotiroti : Et là, on dit : «Ainsi que la Commission de la
construction du Québec», de la CCQ.
M.
Hudon (Alain) : Oui.
Mme
Rotiroti :
Qui relève du ministère...
M. Hudon
(Alain) : Du ministre du Travail, j'ai l'impression.
Mme
Rotiroti : OK, mais, le ministre du Travail, vous ne le spécifiez pas,
mais il est couvert. C'est ça que vous dites?
M. Hudon
(Alain) : Si on lit l'article, là... il faudrait peut-être monter un
petit peu à l'écran.
Mme
Rotiroti : Oui. Ça pourrait nous aider, oui, en effet.
M. Hudon
(Alain) : Bon. Wo! Donc, quand on dit, là : «Pour l'application
du premier alinéa, le ministre responsable
d'un organisme public est» dans le paragraphe 3°, ici, donc, le 1°, on
dit : «Dans le cas d'un organisme public visé aux paragraphes 1° à
4° du premier alinéa de l'article 4 — donc, c'est ce que vous avez
vu tantôt...
Mme
Rotiroti : Oui. Qu'est-ce que j'ai devant moi, oui.
M. Hudon
(Alain) : ... — ou
d'une filiale d'un organisme visé à ce paragraphe 4°», bien, c'est le ministre
de qui relève l'organisme. Donc, si c'est un organisme autre que budgétaire,
bien, ça va être... il faut voir quel est le ministre qui est responsable de cet
organisme autre que budgétaire là. Si c'est un organisme budgétaire, il faut
voir également quel autre ministre, mais ils sont tous visés ici, là.
Des voix :
...
Mme
Rotiroti : «Dans le cas d'un organisme [...] visé dans le paragraphe
5°...»
M. Hudon (Alain) : Puis,
quand on... C'est ça. Puis, si je peux... si je peux ajouter quelque chose, M.
le Président, quand on arrive dans les paragraphes 5° et 6° de
l'article 4, où vous êtes...
Mme
Rotiroti : Oui. Bien, oui, parce que je suis là, là, oui.
M. Hudon (Alain) : ...bien, quand on voit
l'article 5°, on voit que ça vise uniquement le secteur de l'éducation.
Mme
Rotiroti : De l'éducation, oui.
M. Hudon
(Alain) : Donc là, on vient dire : Bien, écoute, dans le secteur
de l'éducation, il faut faire attention, il
y a deux ministres responsables. Donc, si tu étais... tu es un organisme public
visé au paragraphe 5°, bien, ça va être soit le ministre de
l'Enseignement supérieur ou encore...
Mme
Rotiroti : Ça fait que, dans le fond, le fait que vous spécifiez, vous
venez... Parce que, l'article 5°, vous avez raison, on parle de centres de
services scolaires, commissions scolaires, gestion de taxes scolaires sur l'île
de Montréal, collèges d'enseignement général
et professionnel, établissements universitaires mentionnés aux paragraphes 1° et 11° de l'article 1 de la
loi... bon. Ça fait qu'on parle de l'enseignement supérieur et
l'enseignement... l'éducation tout court.
M. Hudon
(Alain) : Exact.
Mme
Rotiroti : Et là vous venez le spécifier ici.
M. Hudon
(Alain) : C'est ça.
Mme
Rotiroti : C'est ça que vous faites?
M. Hudon
(Alain) : Oui.
Mme
Rotiroti : Puis là, j'imagine, c'est le même principe pour le 6°?
M. Hudon
(Alain) : Pour le 6°, quand on regarde quels sont les établissements,
les organismes qui sont visés, bien, on est dans le secteur de la santé,
essentiellement. Mais le ministre de la Santé, il est responsable d'autres
organismes que ceux qu'on voit à 6°, là, mais qu'on retrouve soit au paragraphe
2°, parce que c'est un organisme budgétaire, ou, encore, au paragraphe 3°, ou,
encore, au paragraphe 4°...
Mme
Rotiroti : Je comprends.
M. Hudon
(Alain) : ...comme Héma-Québec.
Mme
Rotiroti : Oui, exact.
M. Hudon
(Alain) : Donc, l'objectif, c'est qu'il n'y ait aucun organisme
orphelin.
• (18 h 20) •
Mme
Rotiroti : OK, parfait. Puis juste... Peut-être que ça va être une
question un peu bizarre, mais je vais la poser
pareil, juste pour être sûre. Dans l'article 6°, évidemment, on parle de
la santé, c'est clair. Par contre, on mentionne certains services
sociaux ou... qui touchent les autochtones. On parle de... le conseil des Cris
de la santé, des... attendez, j'ai de la misère à suivre, mes yeux ne suivent
pas aussi vite... la Régie régionale de la santé et des services sociaux du
Nunavik, le Conseil cri de la santé et des services sociaux de la Baie...
Alors, on touche les autochtones. Est-ce
que... Là, vous allez me répondre : Bien, si on touche la santé, c'est
tout le monde. On ne fait pas la distinction entre différents groupes?
Mais... Parce que les autochtones sont toujours un petit peu à part.
M. Hudon (Alain) : Mais
ici les établissements ou les organisations qui sont visés, malgré que ce soit
lié à des autochtones, ils relèvent quand même du ministre de la Santé
au niveau de la responsabilité.
Mme Rotiroti :
Parfait. OK.
Une voix :
...
Mme
Rotiroti :
OK. On peut passer, peut-être, à l'adoption de l'amendement?
Le Président (M. Simard) : Donc
là, il faudrait procéder au vote sur l'amendement. À moins qu'il n'y ait d'autres
commentaires sur celui-ci? Alors, l'amendement proposé à l'article 4
est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Simard) : Adopté. Et nous revenons à l'étude de l'étude... à
l'étude de l'article 4, maintenant, tel qu'amendé. Y aurait-il d'autres commentaires? Sans quoi, nous allons
proposer sa mise aux voix. Ça vous va?
Mme Rotiroti : De l'article 4?
M. Julien : Amendé.
Le Président (M. Simard) : Oui, tel
qu'amendé. À moins qu'il y ait d'autres commentaires?
Mme Rotiroti : Juste... Donnez-moi
quelques secondes...
Le Président (M. Simard) : Bien sûr.
Mme
Rotiroti : ...s'il vous plaît. On vient quand même, dans
l'article 4, M. le ministre, là, supprimer la notion du
public-privé, ça n'existera plus. C'est la fin des PPP, dans le fond. Non?
M.
Julien : Non, mais c'est inclus, potentiellement, dans des
contrats de partenariat. Donc, le contrat de partenariat est plus large
et inclus... inclus cette notion-là.
Mme Rotiroti : OK. OK, le contrat
est plus large, OK, ça fait que c'est inclus là-dedans, ça fait que vous le
supprimez ici, c'est ça? Parce que c'est inclus,
vous le supprimez.
M. Julien : Exactement. De mémoire,
à l'article 1, on l'a précisé.
Mme Rotiroti : OK. Parfait.
Des voix : ...
Mme Rotiroti : Parfait. Oui, je
pense qu'on est prêts, M. le ministre.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. L'article 4, tel qu'amendé, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Simard) : Adopté. Alors, nous poursuivons et nous en sommes
rendus à l'étude de l'article 5. M. le ministre.
M. Julien : À l'article 5.
L'article 5 : L'article 19 de
cette loi est modifié :
1° par la suppression, dans le texte anglais, de
public-private»;
2° par l'insertion, après «projet », de «,
l'approche collaborative retenue».
L'article 19 de la loi... Commentaire.
L'article 19 de la Loi sur les contrats des organismes publics établit le
principe suivant lequel la procédure d'appel d'offres public visant à la
conclusion d'un contrat de partenariat peut comporter
plusieurs étapes en fonction de la complexité du projet en cause et du nombre
de concurrents potentiellement intéressés.
Les modifications proposées par l'article 5 du projet de loi apportent,
d'une part, un ajustement de cohérence au texte anglais — alors,
par rapport à la suppression, là, de «public» et «privé» — et,
d'autre part, précisent que le nombre
d'étapes d'un appel d'offres peut également être influencé par l'approche
collaborative retenue. Il est facile, celui-là, c'est de la... c'est de
la cohérence. C'est de la cohérence?
Mme Rotiroti : De la concordance ou
la cohérence?
M. Julien : La cohérence, pour moi.
Mme Rotiroti : De la cohérence, OK.
M. Julien : Oui. C'est :
l'approche collaborative, là, amène des étapes... qui peuvent être
différenciées. Le premier volet, là, tu sais, la suppression de «public-privé»
en anglais, c'est par rapport à la suppression qu'on a faite auparavant. Puis,
comme le dit le commentaire, là, c'est... «le nombre d'étapes d'un appel
d'offres peut également être influencé par
l'approche collaborative retenue», là. Donc, c'est ce qu'on vient faire, là,
par l'insertion de «l'approche collaborative retenue».
Mme Rotiroti : Non, mais je... je
suis... je pense que je suis sur l'article 19, là, des... sur la loi des
contrats des organismes publics, qui se lit ainsi : «La procédure d'appel
d'offres public peut comporter différentes étapes établies selon la complexité
du projet et le nombre de concurrents potentiellement intéressés. Les étapes de
cette procédure doivent être déterminées dans les
documents d'appel d'offres, mais elles peuvent être adaptées avec le
consentement de la majorité des concurrents concernés par les étapes subséquentes.»
M. Julien : C'est
ça. Ça, c'est le 19 original.
Mme
Rotiroti : Exact. Alors là, vous venez dire, dans le texte anglais, on
enlève «public-private», bien, «public-privé», là, qu'est-ce qu'on vient de
faire, là, dans l'article... dans l'article qu'on vient d'adopter, là. Toute la
notion de public-privé, on vient de l'enlever, ça fait que c'est la
concordance. Est-ce que je comprends bien?
M. Julien : Oui,
bien... si vous permettez, M. Hudon, parce que la version française est...
Mme
Rotiroti : Oui, allez-y, M. Hudon.
M. Hudon
(Alain) : C'est parce que la... Merci, M. le Président. La version
anglaise diffère, on va dire, de la version française au niveau de tout le
vocabulaire utilisé. Dans la version française... anglaise de
l'article 19, on retrouve, là, la
spécification que c'est un partenariat public-privé. Mais on ne le retrouve pas
dans la version française. Donc, compte tenu qu'on... maintenant, on parle de
contrats de partenariat, bien, il ne faut plus qu'on parle... il ne faut
pas se limiter aux contrats de partenaires public-privé, là. Donc, on enlève la
version... on corrige la version anglaise.
Mme
Rotiroti : Et vous insérez...
M. Hudon
(Alain) : On n'a pas cette correction-là à faire dans la version
française, parce qu'on ne réfère pas spécifiquement à public-privé dans la
version française.
Mme
Rotiroti : Non, non, il n'est pas là. C'est ça, il n'est pas là.
M. Hudon
(Alain) : Parce qu'il y a une différence, ici, entre les deux
versions.
Mme
Rotiroti : OK, c'est ça. Parce que, là, dans la version française, il
n'est pas là.
M. Hudon
(Alain) : Exact.
Mme
Rotiroti : OK, alors là, vous enlevez le public-privé, qu'est-ce qu'on
vient de faire dans l'article précédent,
très bien. Puis là vous insérez le nouveau concept qu'on vient de... le but du
projet de loi, c'est-à-dire «l'approche collaborative qui est retenue»,
c'est ça?
M. Julien : Oui,
l'article 19 proposé vient dire que le... la procédure d'appel d'offres
public peut comporter différentes étapes. On venait dire : La complexité,
c'est un des éléments, le nombre de concurrents, puis on vient dire : L'approche collaborative aussi peut
apporter, en fin de compte, des étapes, différentes étapes. Donc, on vient
intégrer cette notion-là à l'intérieur de
l'article 19.
Une voix : ...
Mme Rotiroti :
Il y a un chapitre, vous dites? Excusez, j'ai...
Le Président (M.
Simard) : Alors, M. Hudon, peut-être, voulez-vous intervenir, à ce
stade-ci?
M. Hudon (Alain) : Oui, ce que je voulais...
ce que je précisais au ministre, c'était que les articles 18, 19, 20, 21
sont spécifiquement dédiés aux contrats de partenariat. Donc, ce qu'on lit ici,
là, quand on parle : «La procédure d'appel d'offres peut comporter différentes étapes», là, on est dans un contrat
de partenariat, on n'est pas dans d'autres types de contrats.
Des voix : ...
Mme
Rotiroti : La LCOP, c'est ça? C'est le chapitre 5 de...
M. Hudon
(Alain) : Oui. C'est le chapitre 5 de la Loi sur les contrats des
organismes publics.
Mme
Rotiroti : ...de la loi sur les... OK.
Une voix : ...
Mme
Rotiroti : Oui. Que ça concorde, les articles 18, 19, 20, 21,
c'est ça? OK. On avance.
M.
Julien : ...naturellement, c'est une précision supplémentaire
qu'on amène dans le volet partenariat. Donc, on doit... on doit le
préciser à l'intérieur de l'article 19.
Le Président (M. Simard) : Alors,
d'autres commentaires sur l'article 5?
Mme Rotiroti : ...non, je pense
qu'on est prêts à passer au vote.
Le Président (M. Simard) : Je vous
remercie. L'article 5 est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Simard) : Adopté.
Et nous en sommes rendus à l'étude de l'article 6. Nous avons encore
quelques secondes devant nous. Souhaitez-vous en faire minimalement la lecture,
M. le ministre, ou...
M. Julien : Je vous remercie pour
l'avancée qu'on a faite aujourd'hui. Je vous souhaite une bonne soirée, chers
collègues. C'est très apprécié.
Le
Président (M. Simard) : Bon, bien, très bien. Alors, nous en serons
rendus, bien sûr, à l'étude de l'article 6.
Ceci étant dit, compte tenu de l'heure,
j'ajourne nos travaux à demain, 26. Au revoir.
(Fin de la séance à 18 h 29)