Journal des débats de la Commission des finances publiques
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
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Le
mercredi 27 novembre 2024
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Vol. 47 N° 61
Étude détaillée du projet de loi n° 75, Loi donnant suite à des mesures fiscales annoncées à l’occasion du discours sur le budget du 12 mars 2024 et à certaines autres mesures
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Intervenants par tranches d'heure
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Simard, Jean-François
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Girard, Eric
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Girard, Eric
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Simard, Jean-François
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Beauchemin, Frédéric
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Lefebvre, Eric
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Thouin, Louis-Charles
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Bélanger, Gilles
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Allaire, Simon
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Abou-Khalil, Alice
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Girard, Eric
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Beauchemin, Frédéric
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Simard, Jean-François
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Thouin, Louis-Charles
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Bélanger, Gilles
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Allaire, Simon
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Abou-Khalil, Alice
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Lefebvre, Eric
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Girard, Eric
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Beauchemin, Frédéric
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Simard, Jean-François
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Thouin, Louis-Charles
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Bélanger, Gilles
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Allaire, Simon
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Abou-Khalil, Alice
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Lefebvre, Eric
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Simard, Jean-François
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Girard, Eric
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Beauchemin, Frédéric
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Lefebvre, Eric
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Thouin, Louis-Charles
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Allaire, Simon
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Abou-Khalil, Alice
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Poulin, Samuel
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Girard, Eric
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Beauchemin, Frédéric
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Simard, Jean-François
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Thouin, Louis-Charles
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Allaire, Simon
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Abou-Khalil, Alice
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Poulin, Samuel
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Lefebvre, Eric
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Girard, Eric
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Simard, Jean-François
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Beauchemin, Frédéric
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Thouin, Louis-Charles
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Allaire, Simon
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Abou-Khalil, Alice
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Poulin, Samuel
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Lefebvre, Eric
11 h (version révisée)
(Onze heures vingt-sept minutes)
Le Président (M. Simard) : Alors,
très chers collègues, bienvenue à toutes et à tous. Je constate que nous avons
quorum, notre commission peut donc entreprendre ses travaux.
Comme vous le savez, nous sommes réunis
aujourd'hui afin d'entreprendre l'étude détaillée du projet de loi n° 75,
Loi donnant suite à des mesures fiscales annoncées à l'occasion du discours sur
le budget du 12 mars 2024 et à certaines autres mesures.
M. le secrétaire, bonjour. Y a-t-il des
remplacements aujourd'hui?
Le Secrétaire : Aucun
remplacement, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, comme le veut la tradition, nous allons débuter avec nos remarques
préliminaires, et, d'entrée de jeu, je cède la parole à... au ministre des Finances,
qui dispose de 20 minutes pour ce faire.
M. Girard (Groulx) : Oui.
Bien, bonjour, M. le Président, et j'aimerais remercier la collaboration de...
de tous les partis d'opposition, qui nous permettent d'entamer rapidement l'étude
du projet de loi n° 75, puisque ce qui était prévu, c'était de poursuivre
le projet de loi n° 80. Alors, merci pour toute la flexibilité que vous
témoignez.
Aujourd'hui, nous allons discuter de
plusieurs mesures fiscales qui étaient dans le budget 2024-2025, et, pour
une fois, je vais faire de la publicité d'un document qui accompagne toujours
le budget et qui est rarement lu. Ce sont les Renseignements additionnels, et
ce qu'on va couvrir aujourd'hui est beaucoup dans les pages A-17, Mesures
relatives aux entreprises fiscales, alors, de la page A-17 à la page A-37.
Alors, pour les amateurs de finances publiques et de fiscalité, c'est bon de
savoir ça, parce que, quand même, les Renseignements additionnels, là, ce n'est
pas le document pour lequel les... les foules courent la journée du livre
québécois, là, OK, puis là, on sait qu'il y a plusieurs salons du livre de ces
temps-ci, là. Les... les Renseignements additionnels du budget sont disponibles
gratuitement, M. le Président. Mais j'y vais avec mon discours, c'est déjà trop
long comme introduction.
M. le Président, je soumets à la Commission
des finances publiques, pour l'étude détaillée, le projet de loi n° 75,
intitulé Loi donnant suite à des mesures fiscales annoncées à l'occasion du
discours sur le budget du 12 mars 2024 et à certaines autres mesures.
J'aimerais présenter aux membres de la
commission les personnes qui m'accompagnent : Me Isabelle Blanchet,
directrice principale de la rédaction des lois chez Revenu Québec, n'est-ce
pas?
Mme Blanchet (Isabelle) : Oui.
M. Girard (Groulx) : Oui. OK. Me
Amélie Chaput, directrice de la rédaction des lois, secteur fiscal. Bonjour. Me
Marie-Hélène Poulin, légiste. Bonjour. Me Mireille Bouchard, légiste. Bonjour.
Me Samuel Charest, légiste. Bonjour. Me François Lagacé, légiste. Bonjour. Et
Me Paul Morin, légiste. Bonjour, M. Morin. Bonjour.
Alors, tous ces experts-là seront
disponibles, M. le Président, pour s'assurer qu'on comprenne...
11 h 30 (version révisée)
M. Girard (Groulx) : ...François
Lagacé, légiste, bonjour, et Me Paul Morin, légiste. Bonjour, M. Morin.
Alors, tous ces experts-là seront disponibles, M. le Président, pour s'assurer
qu'on comprenne tous bien ce sur quoi on discute et aurons l'occasion de voter,
je l'espère, aujourd'hui.
• (11 h 30) •
Le projet de loi n° 75,
dont nous allons faire l'étude, a été présenté le 7 novembre 2024 et a
fait l'objet de l'adoption du principe le 19 novembre 2024. Alors, on voit
que le rédacteur de discours a un faible pour la chronologie des événements, M.
le Président. Ce projet... Ce projet de loi contient 223 articles et il
modifie 10 lois, dont la Loi sur les impôts et la Loi sur la taxe de vente
du Québec, ainsi qu'un règlement.
Les légistes de Revenu Québec ont préparé
deux documents afin de faciliter l'étude du projet de loi. Il s'agit de la
liste des sujets et du recueil des notes techniques détaillées, et moi, j'ajoute
les renseignements additionnels du budget.
La liste des sujets est le document avec
lequel nous vous proposons l'étude du projet de loi. Ce document décrit les
principaux sujets contenus dans le projet de loi, chacun étant résumé et accompagné
d'une liste des dispositions législatives qu'il édicte, remplace ou modifie.
Le deuxième document, soit le recueil des
notes techniques détaillées, comprend l'ensemble des dispositions du projet de
loi n° 75, accompagné des notes explicatives et des
références aux autorités. Celui-ci est préparé en support à l'analyse du projet
de loi.
Enfin, M. le Président, par souci d'efficacité
et compte tenu de la façon habituelle d'étudier un projet de loi de nature
fiscale, je propose aux membres de cette commission de procéder à l'étude du
projet de loi n° 75 par sujets, M. le Président,
plutôt que par appel de chacun de ses articles. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Merci
à vous, M. le ministre. Et nous prenons bonne note de votre proposition. Je
cède maintenant la parole au député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Merci
beaucoup, M. le Président. Merci à tous d'être présents ici aujourd'hui pour
pouvoir répondre à nos questions. On va en avoir, des questions. On va être, en
fait, très précis sur la forme et le contenu de nos questions parce que
plusieurs de ces mesures-là ont des effets de ralentissement en termes de
stimuli économiques dans un environnement où, là, on n'est évidemment pas à l'abri,
et on ne l'a pas été, évidemment, durant la dernière année, de ralentissements
économiques. Plusieurs de ces mesures-là engagent des coûts additionnels, puis
certaines de ces mesures-là font générer des économies au gouvernement. Donc,
on veut comprendre l'ensemble de ces détails. Puis je pense que c'est
important. C'est important pour tous les gens qui nous écoutent de comprendre
les implications, au niveau fiscal, des mesures prises par le gouvernement. Ça
nous aide, évidemment, à avoir une meilleure idée de la gestion, là, des
finances publiques. Comprendre aussi comment certains de ces mécanismes-là peut
aussi mettre un peu de lumière, évidemment, dans l'explication puis la
compréhension des citoyens qui nous écoutent.
Donc, c'est avec cette perspective-là que
nous allons élaborer nos questions, et, je fais juste regarder mes notes, M. le
Président, je vais en avoir quelques-unes. Donc, bien heureux d'avoir toute l'équipe
avec nous. Et puis on a hâte de commencer. Merci.
Le Président (M. Simard) : Merci
à vous, cher collègue. Y aurait-il d'autres membres de la commission qui
souhaitent intervenir à ce stade-ci? Sans quoi nous allons procéder à l'étape
des motions préliminaires.
Quelqu'un souhaite-t-il déposer une motion
préliminaire? Alors, nous allons poursuivre.
Nous en sommes rendus à l'étude détaillée.
Et, comme nous le proposait le ministre, et j'aurai donc besoin de... du
consentement des membres de la commission, nous pourrions procéder selon le
plan de travail qui vous a été remis en début de séance. Et donc j'aurais besoin
de votre consentement pour que nous puissions fonctionner selon cette feuille
de bingo et que nous puissions également, avec votre consentement, voter en
blocs chacun des sujets à l'étude. Il y a consentement? Très bien.
Alors, nous allons procéder, M. le
ministre. Nous allons tout de suite entamer l'étude du sujet 1 concernant
les articles 162 à 169.
M. Girard (Groulx) : Oui.
Et donc j'y vais. Peut-être un point supplémentaire, là. Évidemment, en nature
fiscale, les mesures sont déjà en vigueur lors de l'annonce, et c'est par la
suite qu'on adopte les lois, mais c'est différent d'un omnibus budgétaire, là.
Il faut... Il faut que tous soient conscients que nous
sommes dans un omnibus fiscal, où les mesures qui sont <annoncées...
M. Girard (Groulx) :
...conscients
que nous sommes dans un omnibus fiscal, où les mesures qui sont >annoncées
par bulletin deviennent effectives au moment de l'annonce, puis, je pense,
c'est un point de distinction important avec ce qu'on a fait hier.
Alors, j'y vais. Crédit d'impôt relatif à
l'investissement et à l'innovation, premier sujet.
Le crédit d'impôt relatif à
l'investissement et à l'innovation est accordé à une société qui acquiert,
après le 10 mars 2020 et avant le 1er janvier 2025, du matériel de
fabrication ou de transformation, du matériel informatique ou certains
progiciels de gestion. Il est calculé sur les frais engagés pour l'acquisition
de tels biens. Ces frais ne peuvent toutefois excéder un plafond cumulatif de
100 millions de dollars, calculé pour une période de cinq ans.
Initialement, le taux de crédit d'impôt,
lorsque nous l'avons créé en mars 2020, était de 10 %, 15 % ou
20 %, selon que le bien a été acquis pour être utilisé principalement dans
un territoire à haute vitalité économique, à vitalité économique intermédiaire
ou à faible vitalité économique. Ces taux sont passés à 20 %, 30 % et
40 % à l'égard des frais d'acquisition engagés après le 25 mars 2021
et devaient revenir à leur valeur initiale à compter du 1er janvier 2024.
Le crédit d'impôt auquel a droit une
société, pour une année d'imposition, est remboursable en tout ou partie si son
actif et son revenu brut sont inférieurs à 100 millions de dollars.
Modifications proposées : Il est
proposé de prolonger ce crédit d'impôt pour une période de cinq ans, de sorte
qu'il puisse être accordé à l'égard d'un bien acquis avant le 1er janvier
2030. Il est également proposé qu'à l'égard des frais engagés à compter du 1er janvier
2024, le taux de ce crédit d'impôt passe à 15 %, 20 % ou 25 %,
selon l'indice de vitalité économique du territoire dans lequel le bien est
utilisé. Enfin, il est proposé de rendre ce crédit d'impôt entièrement
remboursable pour toutes les sociétés et de faire en sorte que la période pour
laquelle le plafond cumulatif de 100 millions de dollars est calculé passe
de cinq à quatre ans.
Et j'aurais quelques détails additionnels,
que je vais aller donner. Vous permettez que je donne des informations
supplémentaires?
Le Président (M. Simard) : ...vous
avez tout le temps nécessaire, monsieur, tout le temps nécessaire.
M. Girard (Groulx) : Les
territoires à faible vitalité économique correspondent à l'agglomération de La
Tuque, la ville de Shawinigan et aux municipalités régionales du comté
d'Antoine-Labelle, d'Argenteuil, d'Avignon, de Bonaventure, de Charlevoix-Est,
de la Côte-Nord, de la Gaspésie, La Matanie, Matapédia, La Mitis,
Vallée-de-la-Gatineau, Maria-Chapdelaine, Maskinongé, Matawinie, Mékinac, de Papineau,
de Pontiac, de Témiscamingue, Témiscouata, des Appalaches, des Etchemins, des Sources,
du Domaine-du-Roy, du Golfe-du-Saint-Laurent et du Rocher-Percé. Alors, ça,
c'est ceux qui ont le gros taux. Les territoires à haute vitalité économique
sont ceux de la Communauté métropolitaine de Montréal et de Québec. Alors,
grandes villes, petit taux; MRC défavorisées, gros taux; tous les autres, taux
moyen.
Ensuite, on dit que le crédit d'impôt tel
que modifié soutiendra environ 10 000 entreprises dans la réalisation
d'investissements innovants. Et le coût, l'impact financier de cela, M. le
Président, c'était donné dans le budget 2024‑2025. Puis je sais que mon
collègue a dit que certains des sujets que nous allions étudier aujourd'hui
amenaient des revenus au gouvernement, et c'est vrai, ou, en fait, c'est moins
de dépenses, là, parce qu'on réduit des crédits d'impôt. Mais celui-ci,
l'impact de cette mesure, la prolongation et la bonification du taux, puisque
le taux devait diminuer, le coût est de 1,3 milliard sur cinq ans. Et ça
commence doucement, M. le Président. En 2024‑2025, 37 millions, mais ça
touche rapidement 440 millions en 2026‑2027 et 590 millions en 2027‑2028.
Alors, c'est... Dernier point, on avait
beaucoup de crédits d'impôt à <l'investissement...
M. Girard (Groulx) :
...Alors,
c'est... Dernier point, on avait beaucoup de crédits d'impôt à >l'investissement.
On a décidé qu'en bas de 100 millions, crédit d'impôt... 100 millions
d'investissement, crédit d'impôt à l'investissement; en haut de
100 millions, congé fiscal pour grand projet d'investissement. Alors,
c'est comme si on a simplifié la structure de nos crédits d'impôt : un
crédit d'impôt à l'investissement, un congé fiscal pour grand projet
d'investissement.
Voilà. Je m'arrête ici, M. le...
• (11 h 40) •
Le Président (M. Simard) : Merci
à vous, M. le ministre. Alors, je cède la parole au porte-parole de
l'opposition officielle.
M. Beauchemin : Bien, merci
beaucoup, M. le Président. Merci, M. le ministre, pour votre explication.
C'est quoi, le processus que vous avez eu
pour en arriver à élaborer la nouvelle plateforme de taux, là, 15 %, 20 %,
25 %, quand initialement, là, quand ça a été mis en place, c'était 10 %,
15 %, 20 %? Pourquoi, quand on est passés de... des taux COVID, si on
peut dire, 20 %, 30 %, 40 %... pourquoi êtes-vous retourné à 15 %,
20 %, 25 % versus à retourner à ce que c'était initialement?
M. Girard (Groulx) : En fait...
Alors, on avait bonifié les taux pour... D'abord, créé en 2020, ensuite on
bonifie les taux pour... Lorsqu'on l'a créé, en 2020, le budget a été réalisé
pré la déclaration de l'urgence sanitaire par l'Organisation mondiale de la
santé, donc on avait des taux. Après, postpandémie, on bonifie les taux. Et
puis là il y a expiration, donc on retournerait aux petits taux, et même on
perdrait le congé, mais on a décidé d'avoir les mêmes taux que pour le congé
fiscal de grand projet d'investissement. Alors, on a la même structure de taux.
Cette nouvelle structure de taux, là, puis
là je ne veux pas me tromper, la nouvelle structure de taux, c'est 15 %,
20 %, 25 %, mais c'est la même que pour le congé fiscal grand projet
d'investissement. Alors, on a le même concept où... toujours plus facile de
faire des investissements à Montréal, région de la Capitale-Nationale, petit
taux; un biais bonification de taux pour les régions et bonification extra pour
les MRC défavorisées.
M. Beauchemin : Mais, juste
pour que je comprenne, donc, c'est parce que, donc, dans les grands projets
d'investissement, c'était déjà 15 %, 20 %, 25 %, c'est ça?
M. Girard (Groulx) : Mais il
est... C'est comme si... Celui-ci, il a été modifié... La modification au congé
fiscal du grand projet d'investissement a été faite, je crois, au budget 2023‑2024.
Alors, on a... on a harmonisé nos structures de taux et nos indices de vitalité
MRC. Cohérence.
M. Beauchemin : OK. En le
rendant, donc, remboursable, l'effet qu'on le diminue, crédit d'impôt, là,
selon vous, ça va compenser financièrement le net dans les poches du monde, là,
entièrement, à peu près, selon vous, ou... par rapport au... par rapport à ce
que c'était avant?
M. Girard (Groulx) : Bien,
c'est sûr qu'un crédit d'impôt remboursable, c'est plus simple que non
remboursable. Pour bénéficier d'un crédit d'impôt non remboursable, il faut
payer de l'impôt. Alors, on a... j'ai dans mes notes, là, que, sur les 10 000
entreprises qui vont en bénéficier, il y en a 1 000 qui ne l'auraient...
qui n'en auraient pas... il y en a 1 000 des 10 000 qui bénéficient
de cette conversion de non remboursable à pleinement remboursable.
M. Beauchemin : D'accord.
Puis l'effet... je n'ai pas le bon terme, per capita, si on peut dire, est
relativement neutre à cause de, justement, l'effet remboursable ou... Là, on en
a 1 000 de plus qui en profitent.
M. Girard (Groulx) : Si... On
peut dire que ça fait plus d'investissements, c'est plus généreux. On en aurait
9 000 au lieu de 10 000.
M. Beauchemin : OK. Puis,
quand vous parliez tantôt de 1,3 milliard...
M. Girard (Groulx) : Ça,
c'est le coût de la dépense fiscale et non les investissements générés.
M. Beauchemin : C'est ça, sur
cinq ans. Ça fait que le 1,3 milliard sur cinq ans va stimuler, donc...
Est-ce qu'on a estimé, grosso modo, combien de projets...
M. Girard (Groulx) : Oui. Là,
il faudrait aller dans les textes du budget. Mais c'est sûr que, si on prend un
taux moyen puis on prend un coût de 1,5 milliard de coût... Alors, si je
divise 1 par 0,15 sur mon téléphone, 1 divisé par 0,15, excusez-moi...
Le Président (M. Simard) : ...M.
le ministre. Le premier qui le trouve.
M. Girard (Groulx) : ...ça
donne quelque chose comme 6,7 milliards d'investissements générés sur la
période cinq ans. Alors, le multiplicateur économique
de ça, bien, c'est toujours une question : <Combien...
M. Girard (Groulx) :
...le
multiplicateur économique de ça, bien, c'est toujours une question : >Combien
de ces investissements-là se seraient faits sans crédit d'impôt? Mais... Mais
l'impact marginal de plus de 6 milliards d'investissements, c'est
extrêmement positif.
M. Beauchemin : Puis est-ce
qu'on a benché ça... ou comparé, excusez, ça à ce qui se passe, par exemple, en
Ontario? Est-ce qu'il y a un programme équivalent en Ontario?
M. Girard (Groulx) : ...mais
nos mesures fiscales sont... sont toujours faites avec un souci de nos...
Bon, alors, on ne pourra pas m'accuser de
ne pas être un ministre conservateur. On me dit que c'est 13 milliards
d'investissements qui vont être générés pour les cinq prochaines années.
J'étais à 50 % de l'estimé.
Merci. Vous êtes poli, hein, vous auriez
pu me le dire un peu plus brusquement, là, mais vous avez beaucoup de doigté.
M. Beauchemin : Mais
j'aimerais comprendre... Parce que je comprenais la logique du ministre, là, de
prendre 1 divisé par 0,15.
M. Girard (Groulx) : 0,15,
mais ça veut dire qu'il y a...
M. Beauchemin : Ça fait que,
là, on ferait 1 divisé par, peut-être, le taux plus petit. Ça fait que pourquoi?
M. Girard (Groulx) : Oui,
mais... mais ça veut dire aussi qu'il y a probablement des investissements plus
grands que toute... que 100 % de la portion de l'investissement n'est pas
nécessairement éligible, ou il y a des investissements au-delà de
100 millions de dollars puis là ce qui est au-delà de 100 millions
n'est pas éligible. Mais l'estimé, c'est qu'on... il y aura... la prolongation
va donner 13 milliards d'investissements dans les cinq prochaines années.
M. Beauchemin : Est-ce qu'on
a une idée, quand on... Parce que, c'est vrai, là, la façon de comparer, c'est :
Si on n'avait pas ce programme-là, combien d'investissements aurions-nous eus?
Est-ce qu'on est capables de mesurer le delta entre les deux, là?
M. Girard (Groulx) : C'est...
C'est difficile...
M. Beauchemin : C'est
positif, c'est certain.
M. Girard (Groulx) : ...mais
on regarde la compétitivité de nos mesures. C'est certain que... Vous savez, au
Québec, on a des impôts corporatifs qui sont élevés. Lorsqu'on somme impôts des
corporations puis taxes sur les masses salariales, indéniablement, la structure
du fardeau fiscal des entreprises québécoises est élevée. Ce qu'on essaie de
faire, puis là je vais appeler ça le contrat social, M. le Président, c'est que
nous essayons de réduire le taux marginal sur les nouveaux investissements.
Alors, on essaie d'encourager les entreprises à investir. Les nouveaux
investissements bénéficient d'un taux de taxation beaucoup plus compétitif que
le taux corporatif global ou sur les revenus des opérations déjà en place.
Alors, c'est un choix qu'on fait.
Et, oui, on compare le taux effectif
marginal sur les nouveaux investissements avec les entités régionales qui nous
entourent puis la concurrence, et, en général, le Québec est très compétitif
sur le taux... le TEMI, le taux effectif marginal d'imposition sur les nouveaux
investissements, on est très compétitifs, mais notre structure d'imposition
corporative, elle, est élevée.
M. Beauchemin : ...moi, je
suis un investisseur étranger, j'arrive, je regarde pour peut-être faire un
investissement au Québec, je suis attiré par cet aspect-là de ce nouvel
investissement là.
M. Girard (Groulx) : ...c'est
très attrayant.
M. Beauchemin : Exact, je
vais être attiré par ça. Puis, de façon comparable, par rapport à l'Ontario, je
ne peux pas avoir... Vous n'avez peut-être pas la réponse, là, mais l'idée,
c'est d'obtenir... Comme, le calcul, on est 3 %, 4 %, 10 % plus
compétitifs, fiscalement, pour les nouveaux investissements. Ça, c'est une
chose. Mais, à long terme, on va rentrer la taxe salariale, évidemment, là, on
va rentrer tous ces éléments-là dans la valeur actualisée de l'investissement
avant de prendre la décision, c'est sûr et certain. Ça fait que... est-ce qu'au
net ça se trouve à être... pour les nouveaux investissements, pas ceux qui sont
déjà en place, pas déjà pour les acteurs économiques québécois qui ronronnent,
si on peut dire, déjà en ce moment, OK, mais, pour les nouveaux
investissements, est-ce qu'eux, en faisant l'ensemble du calcul, en valeur
actualisée, en dollar d'aujourd'hui... est-ce qu'on a fait une modélisation
pour voir s'ils vont être indifférents, à long terme, de le faire au Québec ou
à... par rapport à l'Ontario, par exemple?
M. Girard (Groulx) : Oui,
mais il y a... il y a la chaire en fiscalité qui fait des travaux comme ça, qui
compare les taux effectifs marginals d'imposition, et, effectivement, le Québec
est très compétitif.
Alors, ici, pour les entreprises
québécoises, on les incite à investir dans des projets tels que le matériel
informatique, progiciels de gestion puis matériel de transformation. Alors,
tout ce qui est robotisation, informatisation, je ne sais pas si c'est un mot,
transformation informatique, on... les entreprises <existantes...
M. Girard (Groulx) :
...informatisation,
je ne sais pas si c'est un mot, transformation informatique, on... les
entreprises >existantes, on les encourage à investir.
Puis, si on parle d'entreprises étrangères
qui viendraient, par exemple, pour un seul projet puis qui regardent...
mettons, une compagnie américaine qui regarde, qui veut bénéficier des
matériaux critiques et stratégiques du Canada, puis là ils regardent Ontario,
Canada, là, généralement, ces grands projets là, c'est le congé fiscal pour
grand projet d'investissement, parce que, là, on parle de nouveaux projets à
haute teneur de capital intensif, ça fait que c'est... ça va excéder
100 millions, congé fiscal pour grand projet d'investissement.
• (11 h 50) •
M. Beauchemin : OK. Donc, ce
que... cette mesure-là n'aura pas une si grande influence sur les plus petits
projets venant de l'extérieur qui veulent s'installer au Québec... ou elle en a
une, mais c'est moins...
M. Girard (Groulx) : Cette...
M. Beauchemin : Je comprends
ce que vous dites, là, les plus gros projets, c'est sûr et certain, c'est un
autre programme, ça, je le vois, mais...
M. Girard (Groulx) : Cette
mesure-là vise beaucoup la transformation, l'évolution des entreprises existantes,
plus que la création d'entreprises ou de nouveaux projets.
M. Beauchemin : On parle
entre nous, là, puis c'est... c'est vraiment juste parce qu'on a cette
opportunité-là. Ça n'aurait pas été beaucoup plus simple de juste revisiter
l'ensemble puis simplifier le tout pour faire en sorte qu'il n'y ait pas besoin
d'avoir une brique épaisse de modulations de projet de loi pour en arriver à,
finalement, essayer de produire quelque chose qui, au final, serait aussi
compétitif, ou peut-être un peu plus, sans avoir à payer plus à gauche, payer
moins à droite, le net des deux, finalement, fait en sorte que c'est compétitif?
M. Girard (Groulx) : Oui.
Mais ce n'est pas exactement les mêmes biens. Le congé fiscal de grand projet
d'investissement, on parle de dépenses en capital, on parle de créer une mine,
une usine de transformation de fer, une aluminerie. Congé fiscal pour grand
projet d'investissement, OK? C'est des... C'est des projets intensifs en
capital. Ici, on est plus dans ce qu'on appelle les intangibles, OK, comme la
transformation de la productivité d'une entreprise en adoptant de nouveaux
logiciels de production, on est beaucoup plus dans les investissements
intangibles, tandis que, le congé fiscal de grand projet d'investissement, on
est dans ce que traditionnellement on appellerait, là, des dépenses en capital
«building and material». C'est la... Dans la catégorie Investissements de Statistique
Canada, là, tu as Matériel et immobilisations. Si je sursimplifie, le congé
fiscal pour grand projet vise immobilisations, et ici on vise propriété
intellectuelle, intangible, matériel.
M. Beauchemin : Mais
j'apprécie beaucoup, M. le ministre, parce que je comprends... je comprends ce
que vous dites, puis je le vois, je fais juste, peut-être... je rêve,
peut-être, du jour où est-ce que toute la fiscalité québécoise serait beaucoup
plus simplifiée pour l'ensemble de nos entreprises, peu importe le département
dans lequel elles voudraient jouer, là. Puis c'est... c'est un petit peu
l'objectif de ma question. Parce qu'en bout de piste, quand on parle d'un
projet de propriété intellectuelle en deçà de 100 millions de dollars ou
l'ouverture d'une grande mine dans le Nord québécois, c'est deux... deux types
de projets différents, je le comprends. C'est juste que, bon, on a un ensemble
de règles pour les plus petites, puis ça, c'est correct, où, finalement, la
masse salariale va être plus dispendieuse, au net, là, pas juste pour le projet
de créer une nouvelle façon de faire ou un nouveau produit, là, c'est vraiment
addition de produits de propriété intellectuelle. Ça, je le vois. C'est juste
que je me dis : Il n'y a pas place ici, justement, à peut-être simplifier
le tout pour que ce soit plus transparent?
M. Girard (Groulx) : Bien, on
a... on a simplifié, parce qu'on n'en a plus que deux, OK? Déjà, là, le fait
qu'en bas de 100 millions, C3i, en bas... en haut de 100 millions,
congé fiscal, c'est déjà une simplification de la fiscalité québécoise. Alors,
est-ce qu'un jour un autre gouvernement, un autre ministre va fusionner ces
deux crédits d'impôt là? Puis, à ce moment-là, il faudrait avoir les mêmes
caractéristiques, remboursable, non remboursable. Puis on sait que, dans le
congé fiscal, on a une notion, là, de remboursement, justement, de taxe sur la
masse salariale. Ce n'est pas... Ce n'est pas la même structure. Le... Je ne
surprendrai personne, mais le congé fiscal pour grand projet, il a la notion de
congé fiscal, c'est-à-dire qu'il <présume...
M. Girard (Groulx) :
...mais
le congé fiscal pour grand projet, il a la notion de congé fiscal, c'est-à-dire
qu'il >présume que tu paies... que tu paierais de l'impôt puis tu
paierais de la taxe sur la masse salariale, et, grâce à ce congé-là, on réduit.
M. Beauchemin : Je comprends.
En fait, c'est ça, c'est...
M. Girard (Groulx) : ...le
gros... les grands projets, il faut que tu paies de l'impôt.
M. Beauchemin : Je comprends.
C'est... Le questionnement que j'avais, c'est d'intégrer, par exemple, le taux
d'imposition corporatif, d'intégrer la taxe sur la masse salariale avec ces...
M. Girard (Groulx) : En toute
humilité, on n'est pas rendus là.
M. Beauchemin : C'est un...
C'est un projet mastodonte, là, qui devrait être considéré, je crois. Voilà. Ça
répond à mes questions, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : D'autres
interventions sur ces articles? Sans quoi nous allons procéder à la mise aux
voix. Est-ce que les articles 162 à 169 sont adoptés?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Simard) : M.
le député d'Arthabaska.
M. Lefebvre : ...
Le Président (M. Simard) : Alors,
M. le secrétaire, veuillez procéder, je vous prie.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Girard (Groulx)?
M. Girard (Groulx) : Pour.
Le Secrétaire
: M. Thouin
(Rousseau)?
M. Thouin : Pour.
Le Secrétaire
: M. Bélanger
(Orford)?
M. Bélanger : Pour
Le Secrétaire
: M. Allaire
(Maskinongé)?
M. Allaire : Pour.
Le Secrétaire
: Mme Abou-Khalil
(Fabre)?
Mme Abou-Khalil : Pour.
Le Secrétaire
: M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys)?
M. Beauchemin : Contre.
Le Secrétaire
: M. Lefebvre
(Arthabaska)?
M. Lefebvre : Abstention.
Le Secrétaire
: M. Simard
(Montmorency)?
Le Président (M. Simard) : Abstention.
Conséquemment, les articles 162 à 169 sont adoptés, et nous passons au
sujet n° 2, l'article 95. M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Oui.
Sujet 2, M. le Président, Abolition de la déduction additionnelle pour
amortissement de 30 %.
Un contribuable peut bénéficier d'une
déduction additionnelle pour amortissement à l'égard de l'acquisition, après le
3 décembre 2018, de matériel de fabrication ou de transformation, de
matériel électronique universel de traitement de l'information, de matériel de
production d'énergie propre ou d'une propriété intellectuelle relative à une
innovation ou une invention.
Cette déduction additionnelle correspond à
30 % du montant déduit par le contribuable à titre d'amortissement de base
à l'égard du bien pour l'année d'imposition précédente.
Il est proposé d'abolir la déduction
additionnelle de 30 % à l'égard des biens acquis après le 31 décembre
2023.
L'abolition de la déduction additionnelle
pour amortissement de 30 % représente une réduction des dépenses fiscales
de 287 millions de dollars sur cinq ans.
Et ça, évidemment, ça s'est fait en
coordination avec l'abolition de l'amortissement accéléré fédérale? Est-ce que
vous pourriez donner cette précision?
OK. En raison des modifications apportées
au crédit d'impôt relatif et à l'innovation dans le cadre du présent bulletin,
qui cible essentiellement les mêmes types d'investissements que la déduction
additionnelle pour amortissement de 30 %, cette déduction additionnelle
sera abolie.
Alors, on vise les mêmes biens, M. le
Président, que dans le premier point. Puis, dans le premier point, j'avais
souligné qu'il y avait un coût de 1,3 milliard sur cinq ans. Et ici on
visait les mêmes biens, et la valeur était de 287 millions sur cinq ans.
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
M. Girard (Groulx) : Ça fait
qu'on vise les mêmes biens.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Y aurait-il des commentaires? Cher collègue de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. Donc, peut-être juste pour, comme, simplifier ça, là,
dans... encore une fois, avec l'optique, là, de... des gens qui nous écoutent,
là, ça fait qu'on se trouve, donc, à, somme toute, là, ralentir l'amortissement
un peu. Je peux le résumer comme ça?
M. Girard (Groulx) : C'est-à-dire
que ça, c'était un amortissement bonifié. Alors, si l'amortissement...
C'était un amortissement bonifié, ça,
c'était pour les deux premières années, hein? Le 30 %, il était réparti
sur les deux premières années?
M. Beauchemin : Exact.
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Vous pouvez
préciser. Bien, excusez, là, un ou l'autre. Allez-y.
Le Président (M. Simard) : Alors,
y aurait-il consentement afin qu'un intervenant puisse intervenir?
Des voix
: Consentement.
Le Président (M. Simard) :
Monsieur, pour les fins de nos travaux et des personnes qui nous écoutent,
pourriez-vous d'abord vous présenter, s'il vous plaît?
• (12 heures) •
M. Lagacé (François) : François
Lagacé, de Revenu Québec.
C'était une bonification qu'on donnait
pour l'acquisition de biens après le 3 décembre 2018. Finalement, ces
biens-là vont continuer à pouvoir être amortis, dans la mesure... c'est des
biens qui sont acquis avant...
12 h (version révisée)
M. Lagacé (François) : ...continuer
à pouvoir être amortis dans la mesure... c'est des biens qui sont acquis avant
la date qui est en question, là... continuent d'être amortis pour leur durée
résiduelle, de sorte que c'est de l'amortissement bonifié pour toute la période
pour ces biens-là, mais à partir de la date qui... Un bien acquis après le 31
décembre 2023 ne donne pas droit à cette bonification-là, tout simplement.
M. Girard (Groulx) : ...les
dépenses ont des règles d'amortissement harmonisées fédéral et Québec, et là
nous, en 2018, on avait introduit une bonification d'amortissement qui n'était
pas disponible au fédéral, et là on l'abolit pour simplifier le régime fiscal,
en bonifiant et prolongeant le crédit d'impôt investissement.
M. Beauchemin : OK, je
comprends. Je comprends ce que ça se trouve à être, mais, je me dis, du point
de vue du propriétaire d'entreprise, en enlevant ça, on se trouve à allonger...
tu sais, mathématiquement, en termes d'analyse de cash-flow, là, on se trouve à
allonger la période d'amortissement un peu.
M. Girard (Groulx) : On se
trouve à débonifier la...
M. Beauchemin : Débonifier?
M. Girard (Groulx) : Qui n'est
pas un mot, là.
M. Beauchemin : Je comprends
ce que vous voulez dire.
M. Girard (Groulx) : Bien, à
éliminer la clause Québec d'accélération supplémentaire de 30 %.
M. Beauchemin : Puis, quand
on l'avait mise en place, cette clause-là, est-ce qu'on avait remarqué une
augmentation de l'investissement d'entreprises?
M. Girard (Groulx) : C'est-à-dire
qu'il faut se rappeler qu'en 2018 il y avait un président américain qui était
extrêmement agressif sur le taux d'imposition des corporations. La réponse du
Canada à cette époque, j'étais en discussion avec le ministre Morneau, c'était...
j'allais presque faire de l'humour, je ne sais pas si on peut faire de l'humour
avec la fiscalité, là, mais c'était l'époque où le Parti libéral du Canada se
souciait d'accroître les investissements.
M. Beauchemin : C'est drôle.
M. Girard (Groulx) : C'est de
l'humour.
M. Beauchemin : C'est drôle.
M. Girard (Groulx) : C'est de
l'humour de banquier, M. le Président. Alors, M. Morneau voulait bonifier et le
ministre des Finances du Québec voulait accélérer la dépréciation des biens en
capital pour favoriser l'amortissement. Alors, c'était comme une version
canadienne en réponse à la baisse du taux d'imposition des corporations aux
États-Unis. La réponse canadienne était d'accélérer l'amortissement des biens
en capital et le Québec y allait d'une bonification supplémentaire. C'était... c'était
ce qu'on utilisait comme véhicule à cette époque. Aujourd'hui, on choisit de se
concentrer sur nos deux crédits d'impôt, et, en même temps, ça simplifie la
structure fiscale.
M. Beauchemin : Je comprends,
mais est-ce que ça a eu des conséquences positives pour l'investissement d'entreprises?
M. Girard (Groulx) : La
réponse, c'est oui, mais il faut toujours faire attention. Est-ce qu'on a eu
plus d'investissements? Le Québec a quand même connu une bonne période d'investissement
depuis 2018, puis on le voit dans le PIB par habitant, mais il y a eu des
gestes au niveau du capital humain, il y a eu des gestes au niveau d'Investissement
Québec, il y a eu des gestes au niveau... Il faut faire attention à dire :
Tous les investissements qui ont eu lieu sont directement liés à ces mesures
fiscales. Il y a tout un contexte.
Par exemple, si la croissance mondiale, l'an
prochain, était de 4 % au lieu de 3 %, bien, les investissements risquent
d'augmenter indépendamment de nos mesures fiscales. C'est là que, je veux dire,
il faut... il faut se garder une certaine réserve sur les relations de cause à
effet, mais, en général, les investissements privés, les investissements des
entreprises, ont, somme toute, bien performé au Québec en comparaison au reste
du Canada, à l'Ontario, puis là, encore là, il faut être conscient que, lorsqu'on
se compare au Canada, il y a une grosse part des investissements privés qui
sont des investissements privés dans le secteur de l'énergie, pas du tout la
même structure économique qu'au Québec, mais, somme toute, les investissements
privés, au Québec, ont fait bien depuis 2018. De là à prétendre que c'est directement
relié à un crédit d'impôt spécifique, ce serait pousser fort sur le cause à
effet
M. Beauchemin : Mais, quand
vous parliez de 283 millions, 297 millions d'économies que ça se <trouve
à être dans...
M. Beauchemin :
...mais,
quand vous parliez de 283 millions, 297 millions d'économies que ça se >trouve
à être dans les...
M. Girard (Groulx) : Oui,
parce qu'on élimine une bonification.
M. Beauchemin : C'est ça, exact.
Comment qu'on... comment qu'on mesure alors le succès passé? Si on n'est pas
capables de le quantifier en termes d'il y a eu plus d'investissement ou pas,
il y a eu plus de retombées économiques ou pas, comment que... comment vous le
quantifiez, le succès?
M. Girard (Groulx) : Bien, le
passé, c'est assez facile, là, parce que, là, on a des données réelles et...
M. Beauchemin : Mais là on
ferait... on ferait de l'association à ces investissements sont venus là, mais
là...
M. Girard (Groulx) : Bien,
c'est-à-dire qu'on connaît notre facture fiscale, on connaît le montant
d'investissement, mais on ne sait pas si ces investissements auraient eu lieu
sans ces crédits d'impôt.
M. Beauchemin : C'est ça. Ça
fait que comment qu'on le mesure, le succès? La pertinence du programme, comment
qu'on aurait pu la mesurer, alors?
M. Girard (Groulx) : Bon, alors,
on regarde vers l'avant, on a des prévisions d'investissement, puis là on a des
modèles, puis on dit : Si on bonifie tel crédit d'impôt, dans nos modèles,
on voit une augmentation d'investissement, puis là on divulgue le résultat de
nos simulations dans le cadre du processus budgétaire, mais, après ça, le temps
passe, puis là ce n'est plus des prévisions, c'est des investissements réalisés,
avec des vraies déclarations fiscales d'entreprises.
M. Beauchemin : OK, puis là,
à partir de ce moment-là, vous le voyez donc en absolu réel, si ça a été
bénéfique ou pas?
M. Girard (Groulx) : Oui, mais,
par exemple, je vais prendre un exemple, mettons que je fais une mesure
fantastique.
M. Beauchemin : Ça vous
arrive.
M. Girard (Groulx) : Merci.
Les investissements ne montent pas, mettons que les investissements ne montent
pas dans le secteur de l'aluminium, puis nous, on avait mis un congé fiscal
pour grands projets d'investissement de l'aluminium, là, est-ce que c'est parce
notre congé fiscal n'est pas bon? Bien non, peut-être qu'il s'est passé autre
chose dans le secteur de l'aluminium.
Ça fait que c'est... Il faut... Les causes
à effet ex ante, c'est-à-dire en prévision, c'est des modèles, puis la
fiscalité, les revenus, les entrées de fonds, bien, ça, c'est... on regarde
après. Ça fait que c'est... L'évaluation des mesures fiscales se fait après
avec la réalisation d'événements qui n'étaient pas connus avant, puis après il
se passe beaucoup de choses.
Comme... On pourrait dire... Je vais vous
donner un exemple, là, puis ça va être un exemple très contemporain, menace de
tarifs américains, toutes choses étant égales, par ailleurs, négatif, réduction
des investissements, mais, si, en même temps, baisse de taux d'intérêt, baisse
d'inflation, baisse de TPS, augmentation de la croissance mondiale, bien, c'est
possible qu'au net les investissements augmentent quand même, même si mon
modèle dit «tarifs, mauvais». Mais là la réalisation, là, il se passe beaucoup
d'affaires.
M. Beauchemin : C'est sûr que
ce n'est pas pris en silo, les décisions, là.
M. Girard (Groulx) : Tu sais,
par exemple, si... mettons qu'il y a un tarif de x pour cent puis que le prix
de l'énergie baisse de y, ça se peut que l'effet y domine l'effet x.
M. Beauchemin : Je comprends,
mais c'est justement dans ce contexte-là, quand on met des mesures comme
celles-ci en place, initialement, là, je ne parle pas de l'abolition...
M. Girard (Groulx) : Mais là
on essaie d'isoler les effets, là. On essaie vraiment de faire «delta
investissement» sur «delta dépense fiscale», puis là on essaie de dire :
Puisque je vais faire ces dépenses fiscales dans les cinq prochaines années, on
pense que ça va créer tant d'investissement, mais il faut vraiment distinguer
ce qui est du domaine de la prévision de ce qui est l'observation de données
passées.
M. Beauchemin : Mais vous mettez
quand même, dans le modèle à saucisses, un estimé de combien... une résultante,
là, estimée?
M. Girard (Groulx) : Oui,
oui.
M. Beauchemin : Est-ce que ce
n'est que causé par cette déduction initiale ou pas? Il reste à vérifier... Il y
a d'autres variables qui rentrent en ligne de compte. C'est ce que vous venez
d'expliquer. Il n'y a pas d'enjeu. Ça fait que...
M. Girard (Groulx) : Mais la
déduction fiscale vise à réduire le... si c'est un assouplissement, vise à
stimuler les investissements. On réduit le taux effectif marginal d'imposition,
puis là, par exemple, ici, la déduction additionnelle, on sait que le net du
sujet 1 et 2, c'est favorable, donc, au net, bonifier les investissements,
mais, deux, l'abolition de la déduction additionnelle, en <soi, c'est un...
M. Girard (Groulx) :
...donc,
au net, bonifier les investissements, mais, deux, l'abolition de la déduction
additionnelle, en >soi, c'est un resserrement, donc, au net, si rien ne
bouge, moins d'investissement.
• (12 h 10) •
M. Beauchemin : Je comprends.
Ma question, c'est plus quand ça, ça a été mis en place initialement. C'est une
conversation qu'on a, là, c'est juste pour comprendre la quantification de
projets additionnels.
M. Girard (Groulx) : 2018.
M. Beauchemin : Face à Trump 1,
qui avait baissé les taux d'imposition aux États-Unis, le ministre des Finances
canadien et vous, vous vous étiez mis ensemble : Voici ce qu'on pense qui
serait une bonne solution. Comment avez... en arrivez-vous à ce moment-là, dire :
Ça va générer tant de milliards de dollars d'investissement?
M. Girard (Groulx) : Oui, là,
il faudrait aller voir le budget 2019-2020, les simulations reliées à
l'amortissement accéléré puis la bonification du Québec de 30 %.
M. Beauchemin : Pas juste
pour mesurer le succès de la chose...
M. Girard (Groulx) : Non, mais
c'est certain... Oui, puis là, là, c'est vraiment un bon exemple, là, peu
importe ce qu'on a écrit dans le budget 2019-2020, il y a eu une pandémie
en 2020. Ça fait que l'amortissement accéléré avait beau être bonifié, ça n'a
pas investi fort en 2021. Ça, c'est un cas intéressant, mais, l'autre chose... Je
suis content qu'on ait cette discussion-là, mais je vous jure que l'amortissement,
puis l'amortissement bonifié, puis l'amortissement accéléré des dépenses en
capital, c'est un sujet très spécialisé, mais tout ça vise à accélérer la prise
des dépenses en capital contre des revenus qui font diminuer le revenu
imposable. Plus on accélère l'amortissement, plus le revenu imposable est
diminué, moins il y a d'impôt.
M. Beauchemin : Je comprends.
Le Président (M. Simard) : ...sur
l'article 95? Sans quoi nous allons procéder à la mise aux voix. Cet
article est-il adopté?
M. Beauchemin : ...
Le Président (M. Simard) : Alors,
M. le secrétaire, veuillez procéder, je vous prie.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Girard (Groulx)?
M. Girard (Groulx) : Pour.
Le Secrétaire : M. Thouin
(Rousseau)?
M. Thouin : Pour.
Le Secrétaire : M. Bélanger
(Orford)?
M. Bélanger : Pour.
Le Secrétaire : M. Allaire
(Maskinongé)?
M. Allaire : Pour.
Le Secrétaire : Mme Abou-Khalil
(Fabre)?
Mme Abou-Khalil : Pour.
Le Secrétaire : M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys)?
M. Beauchemin : Contre.
Le Secrétaire : M. Lefebvre
(Arthabaska)?
M. Lefebvre : Abstention.
Le Secrétaire : M. Simard
(Montmorency)?
Le Président (M. Simard) : Abstention.
Cet article est donc adopté. Nous poursuivons par l'étude du sujet 3,
concernant les articles 128, 158, 159 et 186. M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Oui, mais
permettez-moi une introduction parce que, là, on rentre dans le sujet des
crédits d'impôt qui ont été créés il y a plus de 30 ans, au Québec, à une
époque où le taux de chômage était près de 10 %, et, à cette époque, on a
essayé de créer des industries presque de rien, à coup de subventions, puis là,
30 ans plus tard, l'économie du Québec a bien changé.
D'abord, le Québec en général, et Montréal
en particulier, a connu un essor fulgurant en informatique, technologies de
l'information, notamment associé à la grande qualité des universités que nous
avons au Québec, et, d'autre part, le Québec d'aujourd'hui est une économie
beaucoup plus diversifiée, résiliente, solide qu'il y a 30 ans, et notre
gouvernement, bien humblement, fait l'hypothèse que, si le contexte change, on
a le devoir de revoir nos mesures fiscales pour voir si elles sont toujours
adaptées, et je pense que c'est ce que les Québécois veulent, et nous avons
277 mesures fiscales au Québec, qui coûtent 49 milliards par année. Là,
j'exclus les mesures de base comme le REER puis la déduction personnelle de
base. On aurait pu dire : 312 mesures, 70 milliards. J'exclus...
On ne resserrera pas les REER, qui, de toute façon, est une mesure fédérale,
puis on n'éliminera pas les exemptions personnelles de base. Alors, j'exclus ce
qui doit être exclu d'emblée. Je vous parle de 277 mesures,
49 milliards par année. Je pense que les Québécois veulent qu'on fasse cet
examen puis qu'on regarde l'évolution de nos mesures fiscales.
Alors, j'y vais avec la première :
crédit d'impôt pour le développement des affaires électroniques. Les crédits
d'impôt remboursables et non remboursables pour le développement des <affaires
électroniques accordent...
M. Girard (Groulx) :
...d'impôt
remboursables et non remboursables pour le développement des >affaires
électroniques accordent une aide fiscale à une société qui exerce des activités
liées aux affaires électroniques, notamment dans les domaines de la conception
de systèmes informatiques et de l'édition de logiciels. De façon sommaire, ces
crédits d'impôt sont calculés sur les salaires engagés à l'égard des employés
de la société qui exerce de telles activités.
Toutefois, le salaire d'un employé qui est
pris en considération dans le calcul de ces crédits d'impôt ne peut excéder un
montant de 83 000 $ calculé sur une base annuelle. Le taux du crédit
d'impôt est de 24 % et celui du crédit d'impôt non remboursable est de
6 %. C'est important, ça, monsieur, cette distinction-là, parce
qu'évidemment le 6 %, pour l'obtenir, vous devez payer de l'impôt. Or,
toutes les entreprises ne paient pas d'impôt, beaucoup en paient.
Modifications proposées. Il est proposé de
modifier les modalités de ces crédits d'impôt afin de retirer le plafond
salarial de 83 000 $ et de le remplacer par un seuil d'exclusion
correspondant au montant personnel de base, lequel s'élève à 18 056 $
pour 2024. Ainsi, seule la partie du salaire qu'un... d'un employé qui excède
ce seuil est admissible à ces crédits d'impôt parce qu'il ne se paie pas
d'impôt sur le revenu jusqu'à 18 000 $. Il est également proposé de
modifier les taux de ces crédits d'impôt afin de réduire d'un point de
pourcentage par année celui du crédit d'impôt remboursable et d'augmenter
corrélativement celui du crédit d'impôt non remboursable. À terme, en 2028, les
taux de ces crédits d'impôt atteindront respectivement 20 % et 10 %.
L'impact financier de cela. M. le
Président, c'est... Là, je vais y aller en termes générals, M. le Président.
Ces crédits d'impôt là sont extrêmement dispendieux pour les contribuables
québécois. C'est-à-dire qu'il y a beaucoup de sociétés avec un grand nombre
d'employés qui bénéficient de ces crédits d'impôt. Alors, ces crédits d'impôt
là... Le crédit d'impôt affaires électroniques, il existe toujours. Doucement,
on passe de 24-6, remboursable, non remboursable, à 20-10. Alors, ce qu'on dit,
c'est que, pour bénéficier du 30 %, vous allez au moins devoir payer
l'équivalent d'impôt... vous allez... pour bénéficier du 30 %, vous allez
devoir payer de l'impôt, OK, parce que le 20 %, lui, vous n'avez pas
besoin de payer d'impôt, il est remboursable.
Deuxième chose, sur un salaire, il y a une
exemption personnelle de base. Vous recevez votre salaire, votre premier, pour
2024, 18 056 $, c'est non imposable. Alors, nous, on a décidé de ne
pas subventionner la portion du salaire qui est non imposable puisqu'elle est
déjà non imposable. Ça fait qu'on arrête ça et on veut créer des emplois à
haute valeur ajoutée. Idéalement, on aime avoir les dirigeants, les leaders,
les innovateurs. Or, ces gens-là ont des salaires plus élevés. Donc, on enlève
le plafond pour favoriser les gros salaires puis on réduit le... on ne donne
plus la subvention sur le premier 18 000 $.
Alors, tout ça vise à réduire la dépense
du crédit d'impôt affaires électroniques, qui est extrêmement importante pour
le fisc québécois. C'est une réduction de l'ordre... Est-ce qu'on a... Est-ce
qu'on divulgue le pourcentage de réduction? Alors, pour l'ensemble des crédits
d'impôt que nous allons discuter, c'est une réduction entre 25 % et
30 % à l'année 2028-2029, parce que, là, vous avez vu, là, que l'évolution
du remboursable est évolutive, là, c'est 1 % par année.
Le Président (M. Simard) : Merci.
M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
• (12 h 20) •
M. Beauchemin : Merci
beaucoup, M. le Président. Donc, peut-être pour les gens qui nous écoutent,
encore une fois, à la <maison, là, pour pouvoir avoir un exemple...
M. Beauchemin :
...peut-être
pour les gens qui nous écoutent, encore une fois, à la >maison, là, pour
pouvoir avoir un exemple, prenons un exemple d'un salarié de
300 000 $, par exemple, avant et maintenant, il n'aurait pas pu en
profiter.
M. Girard (Groulx) : ...83 000
$ était.... Bien là, il faut que ce salarié, là, il soit dans les activités... Parce
que, là, on parle du crédit d'impôt d'affaires électroniques, là. On est dans
ce qu'on appelle, en mauvais français, du B2B, là, des relations d'affaires
entreprises, entreprise à entreprise, OK? C'est important, parce que le crédit
d'impôt d'affaires électroniques vise des relations d'affaires entreprises,
donc des services informatiques dans le domaine de la conception de systèmes
informatiques et l'édition de logiciels. On ne parle pas ici de maintenance
parce qu'on veut créer de la valeur ajoutée.
M. Beauchemin : C'est CGI,
genre?
M. Girard (Groulx) : CGI, généralement,
en fiscalité, je ne mentionne jamais les noms des gens qui sont impliqués, jamais,
mais c'est certain que la compagnie que vous nommez est définitivement
impliquée dans la conception de systèmes informatiques et l'édition de
logiciels, OK? Alors, je reviens à votre question. Cette personne-là qui
gagnait 300 000 $ et qui exerçait dans une compagnie qui fait du B2B,
qui faisait des activités éligibles, l'entièreté des premiers
83 000 $ recevait un crédit d'impôt remboursable de... bien,
l'entreprise, de 24 % et non remboursable de 6 %, donc, total
30 % du 83 000 $ était subventionné si la compagnie était
capable d'aller chercher le 6 %.
M. Beauchemin : En ayant payé
des impôts?
M. Girard (Groulx) : Oui, après
le premier 18 000 $ du 83 000 $, plus de subvention.
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Ah bien!
Merci. Et le 281 429 $ qui excède le 18 000 $, bien là vous
avez le montant... Vous avez changé d'année, là. Nous on parle de 18 056
$, mais, essentiellement, le premier 18 000 $, non, le
282 000 $ qui suit, 20-10, mais évidemment c'est une minorité de
salariés, là, qui gagnent 300 000 $, mais ce qu'on aime, nous, c'est
que, sous un employé, par exemple, qui gagne 300 000 $, bien, souvent,
il y a plusieurs employés. Souvent, on va chercher le leader de la conception,
puis tantôt on va parler du crédit d'impôt de jeux vidéo, mais c'est certain
que le concepteur du jeu est très important par rapport à celui qui va faire
les effets d'animation, par exemple, ou la couleur.
M. Beauchemin : OK, mais,
donc, avant, il y avait un plafond à 83 000 $. Là, il n'y en a plus,
de plafond?
M. Girard (Groulx) : Plus de
plafond, assouplissement.
M. Beauchemin : OK. Donc, dans
l'exemple que je mentionne, quand on arrive à 300 000 $, par
exemple...
M. Girard (Groulx) : Ça coûte
plus cher.
M. Beauchemin : Ça coûte plus
cher.
M. Girard (Groulx) : S'il
paie de l'impôt.
M. Beauchemin : S'il paie de
l'impôt.
M. Girard (Groulx) : Mais la
majorité des salariés éligibles à ce crédit d'impôt là ne gagnent pas
300 000 $.
M. Beauchemin : C'est quoi,
la moyenne?
M. Girard (Groulx) : La
moyenne, salaire moyen, en 2020, 84 000 $.
M. Beauchemin : OK, mais il y
a eu l'inflation des salaires depuis, là...
M. Girard (Groulx) : Oui,
oui, oui, bien sûr, bien sûr...
M. Beauchemin : Mais on parle
de peut-être... qu'on a...
M. Girard (Groulx) : Bien, c'est
inférieur à 100 000 $, là, définitivement.
M. Beauchemin : Encore
aujourd'hui?
M. Girard (Groulx) : Oui.
M. Beauchemin : Donc, vous,
vous estimez que, là, en y allant de 24-6 à 20-30, en enlevant le
18 000 $ de base, pour la nouvelle réalité, on va avoir donc gagné...
M. Girard (Groulx) : On a des
économies associées au 18 000 $. On a des économies associées au
6 % remboursable qui passe à 10 % remboursable, OK, parce que toutes
les compagnies...
M. Beauchemin : À 10 %, oui,
mais ce n'est pas des économies, c'est une génération de plus de revenus, oui,
non?
M. Girard (Groulx) : C'est-à-dire
qu'il y a des entreprises... Par exemple, une entreprise qui ne paie pas
d'impôt n'a pas <accès au 10 % non remboursable...
M. Girard (Groulx) :
...exemple,
une entreprise qui ne paie pas d'impôt n'a pas >accès au 10 % non
remboursable, OK?
M. Beauchemin : Exact.
M. Girard (Groulx) : Alors,
moi, je dis : Économies pour l'État, OK?
M. Beauchemin : Je comprends.
M. Girard (Groulx) : Alors,
une compagnie qui ne paie pas d'impôt avait accès à 24 % de crédit d'impôt.
Maintenant, ce sera 20 %, mais le 30 % est toujours disponible si
vous payez de l'impôt.
M. Beauchemin : Puis au net...
M. Girard (Groulx) : Il y a
des économies pour refléter le fait que ce crédit d'impôt là a été créé à une
autre époque.
M. Beauchemin : D'accord, puis
ça, c'est le chiffre qu'on n'était pas capables de quantifier?
M. Girard (Groulx) : Bien,
j'aime mieux... C'est-à-dire qu'on... Ce n'est pas qu'on n'est pas capables de
le quantifier, c'est que ces chiffres-là n'ont pas été divulgués. Alors, je ne
veux pas révéler d'information qui n'est pas publique, mais on a toujours donné
l'ordre de grandeur que... Lorsqu'on parlait de crédit d'impôt affaires
électroniques, multimédias, production cinématographique, c'est les trois
crédits d'impôt qui ont été créés il y a longtemps, à une autre époque, qu'on
réduit. L'ordre de grandeur, c'est 30 %. Il faut savoir aussi qu'il y a eu
une commission sur la fiscalité en 2015, lors du précédent gouvernement libéral,
et que ces crédits d'impôt là avaient été identifiés comme sous-optimals ou
sous-performants en termes de contribution économique par dollar fiscal
dépensé.
M. Beauchemin : Quand vous
mentionnez, M. le ministre... quand vous parlez que c'est de 30 %, je
m'excuse, je ne comprends pas...
M. Girard (Groulx) : 30 %
de la dépense fiscale qui est réduite. Alors, si je regarde...
M. Beauchemin : Bien, la
dépense fiscale totale du gouvernement?
M. Girard (Groulx) : Oui. Si
je regarde... Non, non, la dépense fiscale reliée à ces trois crédits d'impôt.
M. Beauchemin : D'accord.
M. Girard (Groulx) : Alors,
supposons qu'en 2029-2030 ces crédits d'impôt devaient me coûter... Ça non
plus, ce n'est pas public, probablement.
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Une
projection. Alors, je vais reprendre un exemple, supposons qu'ils devaient
coûter... Comment vais-je quantifier mon exemple? Supposons qu'ils devaient
coûter 600 millions en 2029-2030, bien là ça va coûter 70 % de
600 millions, ordre de grandeur. On réduit la dépense fiscale pour
refléter l'évolution du marché de l'emploi au Québec puis on s'entend aussi que
les activités de relations informatiques entre entreprises, il y a 30 ans,
c'était énorme. Aujourd'hui, tout le monde fait ça.
M. Beauchemin : Énorme dans
quel sens?
M. Girard (Groulx) : Bien,
c'était avant-gardiste de vouloir avoir une industrie au Québec qui se
spécialiserait dans les relations entre affaires, sur la conception de systèmes
informatiques et l'édition de logiciels. Ces activités-là, il y a 30 ans,
c'était un peu l'intelligence artificielle d'aujourd'hui.
M. Beauchemin : Donc, vous
avez une idée de combien ça représente. Quand vous avez présenté tout récemment
votre mise à jour économique, la semaine dernière, ça ne faisait pas partie de
ce chiffre-là.
M. Girard (Groulx) : Ça, c'était
au budget 2024-2025.
M. Beauchemin : Exact.
M. Girard (Groulx) : Au
budget 2024-2025, nous avons resserré le crédit d'impôt affaires
électroniques, le crédit d'impôt pour titres multimédias, le crédit d'impôt de
production cinématographique. On a bonifié le crédit d'impôt pour production
cinématographique québécoise. On a bonifié le crédit d'impôt relatif à
l'investissement et à l'innovation.
M. Beauchemin : ...après ça,
je comprends...
M. Girard (Groulx) : Non,
non, c'est bon, c'est bon.
M. Beauchemin : Je vais
réessayer d'une autre façon. On n'est pas capables de quantifier les faits, à
part de dire : C'est 30 %, en termes de dollars absolus, au niveau
des recettes au gouvernement. Vous le savez, le chiffre, mais vous ne pouvez
pas le dire, c'est ça?
• (12 h 30) •
M. Girard (Groulx) : Bien,
c'est-à-dire que je ne veux pas donner des chiffres trop précis parce que,
particulièrement ce crédit d'impôt là, il y a une entreprise qui domine cette
industrie, qui est une entreprise bien connue, puis je pense qu'on n'a pas
besoin de donner plus d'information que ça sur la situation fiscale de cette
entreprise, mais je tiens à dire que ce crédit d'impôt là a été créé à une
autre époque, et qu'il est notre devoir à tous de revoir ces mesures-là
30 ans plus tard. Ce que mon prédécesseur avait essayé de faire en 2015,
en 2015, on a essayé de le faire, on a été obligés de reculer, c'est un autre
contexte. Là, je l'ai fait au budget 2024-2025...
12 h 30 (version révisée)
M. Girard (Groulx) : ...de
faire en 2015. En 2015, on a essayé de le faire, on a été obligés de reculer. C'était
un autre contexte. Là, je l'ai fait au budget 2024-2025. On va adopter ça
aujourd'hui, je le souhaite, puis on... C'est ça, on avance. Et je suis
convaincu que mon prédécesseur serait content de savoir qu'on met en place une
des recommandations de 2015 que lui n'a pas pu mettre en place.
M. Beauchemin : Je vous
entends, je comprends, en fait, je n'étais pas dans le détail de ça en 2015,
mais j'ai été mis aux faits et gestes du dossier, donc j'apprécie. Si on parle
de l'année 2024-2025, l'année, là, où est-ce que, finalement, dans la mise
à jour de la semaine dernière, on passe de 8,5 à 9,2 milliards de déficit,
c'est ça?
M. Girard (Groulx) : Le
déficit n'a pas bougé.
M. Beauchemin : De 2024-2025?
M. Girard (Groulx) : 2024-2025,
inchangé. 11 milliards après le Fonds des générations, 8,8 avant.
M. Beauchemin : C'est... je
me mélange, là, c'est...
M. Girard (Groulx) : 2025-2026
monte, 2028-2029 descend.
M. Beauchemin : OK. C'est l'année
fiscale 2025-2026 qui augmente de 700 millions?
M. Girard (Groulx) : Oui.
M. Beauchemin : OK. Il y a
trop de chiffres.
Le Président (M. Simard) : Bien.
D'autres remarques à cet effet? Sans quoi nous allons procéder à la mise aux
voix du sujet 3. Conséquemment, les articles 128, 158, 159 et 186
sont-ils adoptés?
Une voix : Par appel nominal.
Le Président (M. Simard) : Par
appel nominal. M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Girard (Groulx)?
M. Girard (Groulx) : Pour.
Le Secrétaire
: M. Thouin
(Rousseau)?
M. Thouin : Pour.
Le Secrétaire
: M. Bélanger
(Orford)?
M. Bélanger : Pour.
Le Secrétaire
: M. Allaire
(Maskinongé)?
M. Allaire : Pour.
Le Secrétaire
: Mme Abou-Khalil
(Fabre)?
Mme Abou-Khalil : Pour.
Le Secrétaire
: M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys)?
M. Beauchemin : Contre.
Le Secrétaire
: M. Lefebvre
(Arthabaska)?
M. Lefebvre : Abstention.
Le Secrétaire
: M. Simard
(Montmorency)?
Le Président (M. Simard) : Abstention.
Ces articles sont conséquemment adoptés. Nous poursuivons par l'étude du sujet n° 4 concernant les articles 105, 127, 144 à 146, 149,
154 à 157, 181, 184, 185 et 188 à 193...
Une voix : ...
Le Président (M. Simard) : ...et
193. Voilà. M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Oui. M.
le Président, le titre du quatrième sujet, c'est Crédit d'impôt pour titres
multimédias, et pour les gens qui nous écoutent, on parle du crédit d'impôt
pour l'industrie des jeux vidéo, le nom le plus commun. Le crédit d'impôt ne s'appelle
pas Crédit d'impôt, jeux vidéo, il s'appelle Crédit d'impôt pour titres
multimédias.
Contexte. Une société qui y est admissible
peut bénéficier du crédit d'impôt remboursable pour les titres multimédias, volet
général, ou du crédit d'impôt remboursable pour les sociétés spécialisées dans
la production de titres multimédias, dont le taux varie de 26,25 % à
37,5 % selon le type de titre multimédia produit. Ces crédits d'impôt sont
déterminés à l'égard d'une dépense de main-d'oeuvre. Généralement, le salaire d'un
employé qui est pris en compte dans le calcul d'une telle dépense est plafonné
à 100 000 $ annuellement.
Modification proposée. Il est proposé d'instaurer,
parallèlement à chaque crédit d'impôt remboursable, un crédit d'impôt non
remboursable dont le taux initial sera de 2,5 % en 2025. Le taux augmentera,
par la suite, de 2,5 % de pourcentage par année, pour atteindre 10 %
en 2028. Les taux des crédits d'impôt remboursables seront réduits de façon
correspondante. Vous aurez compris qu'on amène un 10 % de non
remboursable, M. le Président. De plus, il est proposé de retirer le plafond
salarial de 100 000 $ et de le remplacer par un seuil d'exclusion.
Celui-ci fait en sorte que le salaire d'un employé qui est pris en compte dans
le calcul d'une dépense de main-d'œuvre soit réduit de son montant personnel de
base, lequel correspond à 18 056 $ pour 2024.
Alors, ici, M. le Président, d'abord, vous
constatez qu'on n'avait pas le même plafond. On avait un crédit d'impôt à
100 000 $, puis on en avait un autre à 83 000 $. Or, bien que ce soit
des activités différentes, on parle certainement, dans plusieurs cas,
d'employés ayant la même formation académique. Il y a donc une <compétition...
M. Girard (Groulx) :
...on
parle certainement, dans plusieurs cas, d'employés ayant la même formation
académique. Il y a donc une >compétition dans le secteur des TI puis ses
employés.
Alors, la première chose, c'est qu'on veut
égaliser les seuils, donc exclusion jusqu'à 18 000 $, toute la
portion qui est non imposable du salaire, plus de subvention. Ensuite, on veut
favoriser les emplois à valeur ajoutée, donc on élimine le plafond. Dans ce
cas-ci, le plafond était à 100 000 $, c'était un désavantage pour le
crédit d'impôt affaires électroniques, parce que son plafond était plus bas.
Élimination des plafonds. Et ce crédit d'impôt là était entièrement
remboursable. Et là, il va avoir un 10 % non remboursable. Lorsque vous
vous assurez que votre jeu est disponible en français, par contre, vous pouvez
aller jusqu'à 37,5 % de crédit d'impôt contre 30% au CDAE. Si on avait
baissé de 37,5 % à 30 %, nous aurions eu des économies
supplémentaires.
Je reviens sur ce qui s'est passé il y a
30 ans. Il y a 30 ans, le ministre des Finances et de l'Économie de
l'époque, Bernard Landry, des taux de chômage de 10 %, a voulu créer une
industrie du jeu vidéo du Québec. Les grandes compagnies internationales sont
venues ici : Ubisoft, Electronic Arts. Mais, à la base, on voulait aussi
créer des entreprises québécoises de grande taille.
30 ans plus tard. D'abord, le marché
du travail a complètement évolué, puisqu'autrefois, 10 % de taux de
chômage, aujourd'hui, à peu près 5%. Moins de nécessité de subventionner des
emplois privés dans des entreprises privées. Ensuite, il y a une expertise qui
s'est créée. Donc, il y a une valeur ajoutée. Finalement, on veut favoriser les
emplois à valeur ajoutée par rapport à l'impartition. Par exemple, on ne
voudrait pas... on veut moins d'emplois qui sont liés à la sous-traitance de
jeux de grandes compagnies, où c'est de la sous-traitance par des petites
compagnies.
Et on doit constater, aussi... Parce que
tantôt, vous avez beaucoup parlé de l'efficacité de ces mesures. Alors, on
mesure ça comment, l'efficacité? Bien, la dépense fiscale sur les impôts
perçus, la dépense fiscale sur l'activité économique, la dépense fiscale sur
les activités sociales. Est-ce qu'on a créé beaucoup de grandes entreprises de
jeux vidéo québécoises, 30 ans plus tard? Réponse : Non. On en a
créé, mais on n'en a pas créé beaucoup, OK, puis là, je m'arrête là, puis je ne
veux pas nommer d'entreprises, puis... On en a créé, mais, certainement, on
n'en a pas créé autant que la vision d'il y a 30 ans, où on aurait sept,
huit grandes entreprises québécoises qui domineraient l'industrie du jeu vidéo
mondiale. On a des entreprises étrangères de grande taille qui sont ici, qui
sont implantées ici, qui font bien ici, qui sont bienvenues ici. On a des
entreprises québécoises majoritairement de petite taille, certaines de moyenne
taille. On en a une de grande taille. Je m'arrête là.
Le Président (M. Simard) : Cher
collègue.
M. Beauchemin : Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Simard) : Que
me vaut ce sourire?
M. Beauchemin : J'attendais
que vous...
M. Girard (Groulx) : Et
j'aurais pu vous parler de la commission de 2015, qui recommandait une
réduction de façon importante de ce crédit d'impôt. Je pense même qu'on a
essayé de le réduire et qu'on a reculé.
M. Beauchemin : Merci, M. le
Président. Donc, merci, M. le ministre. On économise combien?
M. Girard (Groulx) : Je
reste, au niveau des trois crédits d'impôt, avec mon estimé de 30 % de la
dépense totale.
M. Beauchemin : Spécifiquement,
celle-ci, vous n'êtes pas capable de nous le dire?
M. Girard (Groulx) : Pardon?
M. Beauchemin : Spécifiquement
pour cette mesure-là.
M. Girard (Groulx) : C'est le
même ordre de grandeur, là, et chaque pourcentage, pour les trois crédits
d'impôt : effets spéciaux, jeux vidéo, affaires électroniques, réduction
moyenne de 30 % de la dépense fiscale à l'an 5.
M. Beauchemin : Par rapport à
ce que la mesure fiscale se trouve à représenter, on va être capable d'en
arriver, là, à un chiffre. Est-ce qu'on a été capables d'aussi voir... parce
que je crois comprendre qu'effectivement, dans d'autres juridictions voisines à
la nôtre, comme l'Ontario par exemple, il y avait des mesures similaires, approximativement.
M. Girard (Groulx) : On reste
compétitifs avec l'Ontario et la Colombie-Britannique. Est-ce que, suite aux <modifications...
M. Beauchemin :
...approximativement.
• (12 h 40) •
M. Girard (Groulx) :
On
reste compétitifs avec l'Ontario et la
Colombie-Britannique. Est-ce que,
suite aux >modifications, on a le crédit d'impôt le meilleur au monde?
Non. Est-ce qu'on veut avoir le crédit... le meilleur crédit au monde? Réponse :
Non, parce que, notamment, la commission a montré que le rendement fiscal de ce
crédit d'impôt puis le rendement économique étaient moindres que ce que l'on
croyait lorsqu'ils ont été créés il y a 30 ans.
M. Beauchemin : Mais, par
après...
M. Girard (Groulx) : Alors,
le Québec ne désire pas être le champion au monde des crédits d'impôt de jeux
vidéo. Mais, oui, nous sommes compétitifs avec l'Ontario, la
Colombie-Britannique, certainement.
M. Beauchemin : Notre
industrie par rapport à celle de l'Ontario, est-ce que vous êtes capable de
nous faire une dévalorisation relative, je veux dire, de la grosseur de
l'Ontario par rapport au Québec, par rapport à la Colombie-Britannique?
M. Girard (Groulx) : Je
croirais que c'est plus gros au Québec. Mais là, est-ce que c'est plus gros en
absolu ou en proportion de l'économie? Je vais chercher de l'information
supplémentaire là-dessus. On va essayer de trouver il y a combien d'emplois
dans cette industrie au Québec, puis en Ontario, puis en Colombie-Britannique.
M. Beauchemin : Est-ce que
l'industrie, pour vous... Je comprends l'aspect fiscal au niveau du crédit
d'impôt, est-ce que, pour...
M. Girard (Groulx) : ...
M. Beauchemin : D'accord.
Est-ce que, pour vous, l'industrie, elle est importante au Québec?
M. Girard (Groulx) : Oui.
M. Beauchemin : Puis... Donc,
par rapport à d'autres industries, ce crédit d'impôt là, maintenant réduit,
dans la sphère de tout ce qui est fait en termes de crédits pour le
gouvernement, est-ce que c'est aussi juste que d'autres industries?
M. Girard (Groulx) : Bien, là,
vous voulez parler de philosophie fiscale?
M. Beauchemin : Non, je parle
de comparaison par rapport à d'autres industries qu'il y a des crédits d'impôt,
là.
M. Girard (Groulx) : Bien, je
vous dirais qu'en général, des entreprises privées avec des emplois privés,
lorsqu'on est au plein emploi et que tout le monde s'arrache des diplômés en
informatique, la pertinence de subventionner des emplois dans une industrie
particulière est moindre.
M. Beauchemin : Puis, l'Ontario,
est-ce qu'ils font la même chose?
M. Girard (Groulx) : Réduire
les crédits impôts?
M. Beauchemin : ...
M. Girard (Groulx) : Tout le
monde regarde ce que tout le monde fait.
M. Beauchemin : Oui.
M. Girard (Groulx) : Je ne
peux pas présumer de leurs réflexions.
M. Beauchemin : Quand vous
dites qu'on était maintenant comparables, c'est qu'on était plus avantageux
avant, c'est ça?
M. Girard (Groulx) : Oui. Ça,
c'est dans le budget. On demeure comparables, avec une expertise, mais on ne
veut plus... Je veux dire, si le seul critère pourquoi on aurait un emploi dans
cette industrie, c'est parce qu'on a un crédit d'impôt, il y a un problème. On
veut qu'on reconnaisse l'expertise des entreprises québécoises dans cette...
30 ans plus tard, il s'est créé une expertise, puis l'expertise, elle est
au niveau des PME, des entreprises moyennes, les grandes entreprises, puis on
sait qu'il y a des entreprises internationales qui arrivent, qui sont
profitables, qui ont... puis il y a des gens qui travaillent, par exemple, dans
des grandes entreprises internationales qui, après, partent leurs entreprises,
etc. Mais il faut... si... puis on... Si on prend un diplômé en informatique
aujourd'hui, là, à l'Université Laval, tu sors, demain matin, là, trois, quatre
ans d'informatique, là, est-ce que le gouvernement doit subventionner une
entreprise privée pour lui trouver un emploi dans le contexte du marché de
l'emploi actuel aujourd'hui? Non. En fait, le gouvernement aimerait bien
l'embaucher pour informatiser la Santé, ou le Centre d'acquisitions
gouvernementales, ou... Les diplômés en informatique sont extrêmement
recherchés. Le contexte a vraiment changé.
M. Beauchemin : Je comprends.
Je me pose la question : Maintenant qu'on était pied d'égalité avec la
Colombie-Britannique, l'Ontario, pour les joueurs qui sont majoritairement
basés à Los Angeles...
M. Girard (Groulx) : Bien,
dans le cas ici, Ubisoft, c'est un gros joueur.
M. Beauchemin : Français.
M. Girard (Groulx) : Compagnie
française. J'hésite <toujours...
M. Girard (Groulx) :
...c'est
un gros joueur.
M. Beauchemin :
Français.
M. Girard (Groulx) :
Compagnie
française. J'hésite >toujours à nommer des compagnies, M. le Président,
j'aime bien préserver l'anonymat des compagnies.
M. Beauchemin : J'allais dire
l'Europe, là.
M. Girard (Groulx) : Mais
c'est bien connu qu'Ubisoft est une grande compagnie de jeux vidéo mondiale
basée à Paris, dont la plateforme nord-américaine est centrée au Québec.
M. Beauchemin : Est-ce que...
Du point de vue d'Ubisoft, y a-t-il encore un avantage quelconque, à part...
M. Girard (Groulx) : Oui.
Toute l'expertise qu'elle a développée depuis... je ne sais pas depuis combien
d'années qu'ils sont au Québec, là, mais supposons qu'ils sont au Québec depuis
25 ans, bien, ils ont créé, ici...
M. Beauchemin : J'assume
aussi que, quand vous faites des mesures comme ça, quand vous les modifiez,
vous avez des conversations avec les joueurs de l'industrie. Ça peut arriver
ou...
M. Girard (Groulx) : En
fiscalité, on ne consulte pas toujours, je vais vous expliquer pourquoi, OK? Parce
qu'en fiscalité, la confidentialité est extrêmement importante, OK? Alors, il y
a eu de nombreuses études et... Moi, je suis arrivé en 2018, il y avait déjà
plusieurs études sur mon bureau, qui disaient que le crédit d'impôt affaires
électroniques, multimédias et effets spéciaux, effets visuels était trop
généreux. C'était déjà bien documenté, OK? Depuis 2018, j'ai eu des
discussions, des relations. Le ministère des Finances fait ses propres
analyses. On a fait une consultation des principales firmes comptables à
l'été 2021, on a fait des consultations sur le potentiel économique du
Québec en 2023, on a annoncé l'examen des dépenses fiscales puis on a demandé
d'actualiser les études. On a de nombreuses documentations. Mais est-ce
qu'avant le budget 2024-2025, j'ai annoncé, dans le cadre des
consultations prébudgétaires, une révision de ces crédits d'impôt invitant les
compagnies à venir me dire ce qu'elles en pensaient? Non. En fiscalité, on fait
rarement ça. Et là, je vais révéler un secret des consultations prébudgétaires :
99,9 % des consultations, on me demande d'augmenter les crédits d'impôt,
d'augmenter la dépense fiscale et d'augmenter la dépense budgétaire. Or, ici,
une de nos orientations était de réduire.
M. Beauchemin : Je comprends.
Donc, est-ce qu'on a été capables de quantifier les effets sur l'industrie, à
savoir sa présence au Québec, sa présence relative par rapport à l'Ontario, par
rapport à la France, par rapport à la Californie? La mesure que vous avez
prise, quelles vont être les conséquences pour l'industrie au Québec?
M. Girard (Groulx) : Ça va
prendre plusieurs années pour mesurer l'impact, parce que d'abord, les crédits
d'impôt sont évolutifs sur cinq ans, cinq ans. Il y a d'autres choses qui se
passent dans l'industrie. L'industrie du jeu vidéo est en pleine
transformation. On est passé du monde de la console, où tu achetais ton jeu,
puis tu avais ton jeu, puis là, tu l'aimais, puis l'année d'après, tu allais
acheter la nouvelle version. Puis là, maintenant, tout est Web, OK? C'est des
abonnements, tu ne renouvelles pas tout, pas... Ligue nationale de
hockey 2024, là, ça reste un jeu traditionnel, mais il y a beaucoup des...
L'industrie est en transformation. C'est un phénomène mondial. L'intelligence
artificielle à travers ça. On sait qu'il y a beaucoup de joueurs de jeux vidéo
en Asie. Il y a des transformations. Bref, on ne bouge jamais en autarcie. Il y
a des changements, dans l'industrie mondiale du jeu vidéo, qui se passent au
même moment où nous, on fait des gestes au niveau des crédits d'impôt. Alors,
il est possible que, dans cinq ans, il y ait plus de gens qui travaillent dans
cette industrie-là. Il est possible qu'il y en ait moins, mais à la marge, si
on resserre un crédit d'impôt et qu'on a bien fait nos resserrements, la
dépense fiscale va être moindre.
• (12 h 50) •
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
M. Beauchemin : Ma <question...
M. Girard (Groulx) :
...dépense
fiscale va être moindre.
• (12 h 50) •
Le Président (M. Simard) :
Très bien.
M. Beauchemin :
Ma
>question...
Le Président (M. Simard) : Peut-être...
Cher collègue, sans trop... Sans trop vouloir vous offenser, nous allons
d'abord céder la parole au député d'Arthabaska, qui levait sa main depuis quand
même un bon bout de temps. Cher collègue.
M. Lefebvre : Merci
beaucoup. Juste pour résumer, dans le fond, on dit que c'est une industrie qui
est importante au Québec, qu'on a une expertise au Québec, mais qu'avec cette
mesure-là, on reste quand même compétitifs. C'est ce que je comprends.
M. Girard (Groulx) : Oui,
mais bien qu'elle soit importante au Québec, on a aussi des études économiques
qui démontrent que les retombées fiscales et les retombées économiques, en
proportion de la dépense fiscale, est sous-optimale.
M. Lefebvre : OK.
Le Président (M. Simard) : M.
le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Merci,
M. le Président. Donc, je voulais juste avoir une idée. Je comprends, au niveau
de la recette fiscale...
M. Girard (Groulx) : ...nombre
d'employés, ça?
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : OK.
Il y a plus d'employés au Québec qu'en Ontario et en Colombie-Britannique. On
va essayer d'avoir des chiffres pour cet après-midi.
M. Beauchemin : Bien, en
fait, c'est 13 000 employés au Québec, 7 300 en
Colombie-Britannique et 5 000 en Ontario.
M. Girard (Groulx) : Donc,
vous m'avez posé une question pour laquelle vous aviez une réponse.
M. Beauchemin : Bien, je
voulais voir si vous aviez l'information.
M. Girard (Groulx) : Vous
êtes rusé.
M. Beauchemin : Mais ce
que je sais, cependant, c'est qu'au Québec, on a des 22 grands studios, ce
qu'on n'a pas nulle part dans le reste du Canada. Donc, ma question était par
rapport à, justement, les effets pour les grands studios, pour tous, en fait,
là, OK, il y a des petits microstudios...
M. Girard (Groulx) : Bien,
en général, les grands ont moins de problèmes avec les changements que les
petits.
M. Beauchemin : C'est
ça.
M. Girard (Groulx) : Pourquoi?
Parce que le... En raison du seuil, parce qu'on élimine la subvention sur les
premiers 18 000 $.
M. Beauchemin : Exact.
M. Girard (Groulx) : Alors,
supposons que vous partez une entreprise demain, que vous avez quatre employés,
et que les gens gagnent, je ne sais pas, mettons que les quatre employés, ils
gagnent 75 000 $. Mais là, le 18 000 $, en proportion du
75 000 $, il est important, là. OK? Donc, ça ne favorise pas les
petits. Mais toutes les études qu'on fait, M. le député, nous indiquent qu'au
Québec, on a trop de petites entreprises et pas suffisamment de grandes
entreprises qui dominent leur secteur. Alors, une... lorsqu'on fait des
consultations économiques, fiscales, comptables, lorsqu'on consulte les
experts, le tissu industriel du Québec est composé d'une proportion de petites
entreprises supérieure à celle, par exemple, de l'Ontario. Et toutes choses
étant égales par ailleurs, la science dit que les grandes entreprises font plus
d'innovation, d'investissement, d'exportation.
M. Beauchemin : Mais
petit deviendrait grand un jour. C'est un peu le concept, là.
M. Girard (Groulx) : Oui.
Mais si le secret, c'était d'avoir beaucoup de petits, bien, on ne serait pas
en train d'essayer de rattraper l'Ontario. On dominerait.
M. Beauchemin : Bien là,
en tout cas, dans ce domaine-là, on est déjà supérieur à l'Ontario, si on fait
juste considérer nombre de grands studios qu'on a. Donc... Mais, donc, au
niveau de l'industrie, vous — si je peux conclure, là, sur comment
vous vous exprimez là-dessus, là — vous ne voyez donc pas d'effet
négatif, spécifiquement à cette mesure, là, OK, sur l'industrie au Québec?
M. Girard (Groulx) : Nous
resserrons la dépense fiscale. Est-ce que c'est positif pour l'industrie? Non.
Est-ce qu'on améliore le crédit d'impôt en favorisant les emplois à haute
valeur ajoutée versus les emplois à bas salaires? Oui. On améliore le crédit
d'impôt pour favoriser l'innovation. OK? Maintenant, les études qu'on a, les
études que le gouvernement précédent avait en 2015 montrent que les retombées
fiscales sont inférieures à la dépense fiscale, pour ce crédit d'impôt.
M. Beauchemin : Donc,
vous avez conclu en disant que, pour l'industrie, est-ce que c'est bon? Non.
M. Girard (Groulx) : Bien...
M. Beauchemin : Les
conséquences. Est-ce qu'on a une idée, grosso modo, <quelles...
M. Girard (Groulx) :
...Bien...
M. Beauchemin :
Les
conséquences. Est-ce qu'on a une idée, grosso modo, >quelles...
M. Girard (Groulx) : Bien,
encore une fois, je veux qu'on soit bien conscients de l'évolution de la
situation d'un diplômé avec des talents en 2024. Tout le monde s'arrache les
talents en intelligence artificielle, en informatique, en création, en
innovation. Il y a 30 ans, peut-être que ce diplômé-là aurait pris son
«packsac», puis serait parti travailler à Boston, à Los Angeles, à Vancouver.
Aujourd'hui, cette personne-là peut toujours quitter pour San Francisco, mais
il y a des emplois à Montréal, au Québec pour ces gens-là.
Donc, est-ce que le gouvernement doit
subventionner des emplois privés, dans le secteur privé, à hauteur de
37,5 % remboursable? On suggère que de réduire est la bonne chose à faire.
M. Beauchemin : Je n'ai pas
d'enjeu avec le concept. J'avais juste une question, à savoir les ramifications
pour l'industrie.
M. Girard (Groulx) : L'industrie
est en grande évolution.
M. Beauchemin : D'accord.
Donc, ça ne va pas aider, cependant. Ça fait que juste le delta de ne pas aider
est de combien? C'était ça, la question.
M. Girard (Groulx) : On n'a
pas cet estimé-là. Puis si on crée des... au net, des emplois à valeur
ajoutée... Alors, si vous prenez, par exemple, les... prenons un chiffre, là,
alors, les emplois à 300 000 $, qui, maintenant, au Québec, vont être
éligibles. Bien, si on en a plus, ça veut dire qu'on va avoir plus de
concepteurs de jeux et, donc, de créateurs ou... tu sais. Toutes choses étant
égales, par ailleurs, on pourrait avoir plus d'innovation puis peut-être moins
d'emplois. Il va falloir voir.
Il se passe beaucoup de choses dans cette
industrie-là. Il se passe beaucoup de choses dans le monde, il se passe
beaucoup de choses dans cette industrie-là, il se passe beaucoup de choses en
technologie, mais nous constatons l'évolution du secteur de l'emploi au Québec
et avons des estimés des retombées fiscales et des coûts de ces mesures et des
estimés des retombées économiques et des coûts de ces mesures. Et, comme en
2015, comme mon prédécesseur, nous croyons que c'est une bonne idée de réduire
cette dépense fiscale.
Le Président (M. Simard) : D'autres
commentaires? Sans quoi, nous allons procéder au vote concernant le sujet 5...
pardon, le sujet 4, et je vais bien reprendre nos articles, pour être
certain que nous sommes conformes. Donc, les articles 105, 127, 144 à 146,
149, 154 à 157, 181, 184, 185, 188 et 193... sont-ils adoptés?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Simard) : Adopté.
M. Beauchemin : ...
Le Président (M. Simard) : Alors,
vote par appel nominal. M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Girard (Groulx)?
M. Girard (Groulx) : Pour.
Le Secrétaire
: M. Thouin
(Rousseau)?
M. Thouin : Pour.
Le Secrétaire
: M. Bélanger
(Orford)?
M. Bélanger : Pour.
Le Secrétaire
: M. Allaire
(Maskinongé)?
M. Allaire : Pour.
Le Secrétaire
: Mme Abou-Khalil
(Fabre)?
Mme Abou-Khalil : Pour.
Le Secrétaire
: M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys)?
M. Beauchemin : Contre.
Le Secrétaire
: M. Lefebvre
(Arthabaska)?
M. Lefebvre : Abstention.
Le Secrétaire
: M. Simard
(Montmorency)?
Le Président (M. Simard) :
Abstention. Ces articles sont donc adoptés.
Et, compte tenu de l'heure, nous allons
suspendre nos travaux et nous nous retrouvons plus tard, à 15 heures. Au
revoir.
(Suspension de la séance à 12 h 59)
15 h (version révisée)
(Reprise à 15 h 11)
Le Président (M. Simard) : Alors,
chers amis, nous sommes en ondes, bon retour. Je constate que nous avons quorum,
et nous sommes en mesure de poursuivre nos travaux. Comme vous le savez, nous
sommes réunis afin de procéder à l'étude détaillée du projet de loi n° 75.
Au moment de suspendre nos travaux cet
avant-midi, nous en étions rendus à l'étude du sujet 5, dans lequel il y aura,
exceptionnellement, deux sous-volets, donc peut-être deux logiques d'explication.
Donc, monsieur... Et nous voterons, bien sûr, le tout en un seul bloc. Alors, M.
le ministre.
M. Girard (Groulx) : D'accord.
Crédit d'impôt... Ça y est, on tourne, les caméras, oui?
Le Président (M. Simard) : Ah!
elles font plus que tourner, je pense qu'elles courent.
M. Girard (Groulx) :
D'accord, merci. Alors, bon
après-midi, chers collègues. Merci à ceux qui nous écoutent, et je vous
rappelle que les cotes d'écoute de la Commission des finances publiques sont
très hautes, et que notre auditeur le plus fidèle est mon père. Voilà. C'est
quand même une bonne journée pour écouter une commission parlementaire.
Crédit d'impôt du domaine culturel. Crédit
d'impôt pour les productions cinématographiques québécoises.
Contexte. Un crédit d'impôt remboursable
peut être accordé à l'égard d'un film qui satisfait à des critères de contenu
québécois. Ce crédit d'impôt se calcule à partir de la dépense de main-d'oeuvre
engagée à l'égard du film, mais celle-ci ne peut excéder 50 % des frais de
production engagés pour le film. Ce plafond de 50 % s'applique également
au calcul de la bonification déterminée selon l'aide financière publique, de la
bonification pour les productions régionales et de la bonification pour les
effets spéciaux et d'animation informatique. Il est proposé de faire passer de
50 % à 65 % le plafond de la dépense de main-d'oeuvre basée sur les
frais de production. D'accord?
Le Président (M. Simard) : Oui.
M. Girard (Groulx) : Crédit d'impôt
pour les services de production cinématographique. Ce crédit d'impôt
remboursable, qui vise les productions cinématographiques étrangères réalisées
au Québec, est composé d'un crédit d'impôt de base égal à 20 % des frais
de production et d'une bonification correspondant à 16 % du coût de la
main-d'œuvre attribuable aux effets spéciaux et à l'animation informatique.
Modifications proposées. Il est proposé de
faire passer de 20 % à 25 % le taux du crédit d'impôt de base. Il est
également proposé que seul 65 % du coût d'un contrat de sous-traitance
pour les activités liées à des effets spéciaux et à de l'animation informatique
soit considéré dans le calcul du crédit d'impôt de base de la bonification pour
effets spéciaux.
Alors, j'ajouterais que la bonification du
taux de 20 % à 25 % est grandement appréciée, reconnue par l'industrie,
positive, que le... que seul 65 % du contrat de sous-traitance pour les
activités liées aux effets spéciaux... alors là, on additionne le 25 %
plus le 16 %, qui devient 41 %, mais seul 65 % du 41 % du
contrat de sous-traitance sera admissible et, en toute franchise, moins bien <reçu...
M. Girard (Groulx) :
...du 41
% du contrat de sous-traitance sera
admissible et, en toute franchise, moins bien >reçu, puisque, d'un côté,
bonification, donc plus de tournages, 20 % à 25 %, que ce soit...
Puis il y avait l'autre modification pour les productions cinématographiques
québécoises, qui faisait passer de 50 % à 65 %. Donc, production
cinématographique québécoise, très bien reçu, bonification, 50 % à
65 %, bonification pour les tournages de films de 20 % à 25 %,
très bien reçu, moins bien reçu... et c'est...
Il faut savoir qu'au niveau de la
production cinématographique de films étrangers presque la totalité des coûts
du crédit d'impôt étaient reliés à des effets d'animation et... effets spéciaux
et d'animation. Donc, peu de tournages étrangers, beaucoup d'effets spéciaux,
vraiment, en grande partie. Mais là c'est certain que le fait que seul
65 % du coût d'un contrat de sous-traitance sera éligible au crédit
d'impôt, ça, c'est moins bien reçu. Et c'est de là que proviennent les
économies. J'ajoute que, lorsque la commission Godbout s'est penchée sur
l'ensemble de nos crédits d'impôt, ce crédit d'impôt n'a pas bien performé,
d'un point de vue de comparaison, au niveau de l'efficacité, des retombées
fiscales et des retombées économiques.
Et j'ajoute aussi que la question de reconnaître
seul 65 % du coût d'un contrat de sous-traitance vise à éviter certaines
situations sous-optimales, où l'intention du crédit d'impôt était de
subventionner des salaires, mais, dans sa structure actuelle, il était
difficile de distinguer entre les salaires et les coûts totaux du contrat, d'où
la nécessité de contenir la dépense totale du contrat à 65 %.
J'ajouterais, donc, que, pour les effets... donc, l'ensemble de ces
modifications qui concernent les tournages, bien reçu. Effets visuels, effets
spéciaux, autrefois, ça pouvait aller jusqu'à 36 %, donc un 20 % plus
un 16 % sur 100 % du contrat, et que, maintenant, 25 % plus 16 %,
41 % mais sur seulement 65 %. Donc, si je sursimplifie, avant,
36 % de subvention, maintenant 27 %, 27 %, je fais... encore là,
j'essaie de simplifier, là, mais j'arrive à 27 % en faisant 41 % fois
0,65. Donc, on passe de 36 % à 27 %, donc c'est comme si on avait
baissé le crédit d'impôt de 10 %, de 9 % ou du tiers.
Le Président (M. Simard) : Alors,
M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Merci
beaucoup, M. le Président. Donc, en bout de piste, ça représente combien en
dollars, grosso modo, en termes d'économies?
M. Girard (Groulx) : Encore
une fois, ces chiffres-là ne sont pas divulgués. Il y a beaucoup de choses qui
bougent dans cette industrie. C'est une industrie qui a connu un ralentissement
suite à la grève des tournages... la grève d'Hollywood, excusez-moi, et c'est
un crédit d'impôt qui était en très, très forte progression, c'est-à-dire que
son... avant la grève, son coût augmentait continuellement, parce que nous
avions le meilleur crédit d'impôt au monde, avec Londres. Et, lorsqu'on regarde
les retombées en fonction du coût, qu'elles soient économiques ou fiscales, je
soumets humblement... et les enjeux que j'ai mentionnés quant à la difficulté
de la traçabilité, du respect de l'esprit du contrat, c'est-à-dire de
subventionner seulement les salaires... je soumets humblement que nous ne
voulons pas avoir le crédit d'impôt le plus généreux au monde. Alors, après ces
modifications, nous demeurons compétitifs avec <l'Ontario...
M. Girard (Groulx) :
...généreux
au monde. Alors, après ces modifications, nous demeurons compétitifs avec >l'Ontario
et la Colombie-Britannique.
• (15 h 20) •
M. Beauchemin : Et
maintenant, M. le ministre, est-ce que vous êtes confiant, au niveau de la
traçabilité, justement, au niveau de l'emploi, que ça va être, effectivement,
ça que... qu'on va obtenir maintenant?
M. Girard (Groulx) : Très
confiant.
M. Beauchemin : OK. Les
mesures additionnelles spécifiques pour entourer tout ça?
M. Girard (Groulx) : Bien, c'est-à-dire
qu'on va limiter la dépense des contrats pour la proportion reconnue
historiquement comme une proportion de main-d'oeuvre dans un contrat. Alors, on
a fait des... nos devoirs avec Revenu Canada, Revenu Québec, puis on a vérifié,
puis on pense qu'à 65 % on arrive au bon endroit.
M. Beauchemin : Donc, au
niveau de la main-d'oeuvre en tant que telle, les gestes posés sont, aussi,
spécifiques, dans le sens que ça aide au niveau de la main-d'oeuvre autant que
ça pouvait aider avant, moins le 10 %, grosso modo... le 9 %.
M. Girard (Groulx) : Bien là,
faire attention, les pour cents, dans le sens que si je passe de 36 % à
27 %, c'est une diminution plus de 33 %. En fait, c'est 9/36...
M. Beauchemin : Oui, oui, je
comprends.
M. Girard (Groulx) : ...à 25 %,
mais en absolu, c'est 9 % de moins.
M. Beauchemin : D'accord.
M. Girard (Groulx) : Mais de
dire qu'on le baisse juste de 9 %...
M. Beauchemin : Oui. Non,
c'était relatif, là. On parlait d'absolu, effectivement.
M. Girard (Groulx) : Voilà.
M. Beauchemin : Donc... OK, mais
au niveau, donc, des emplois, là, l'aide aux emplois spécifique, en tant que
telle, versus ce que vous disiez tout à l'heure...
M. Girard (Groulx) : 36 %
à 27 %.
M. Beauchemin : 36 % à
27 %.
M. Girard (Groulx) : Dans les
effets spéciaux, parce que pour les tournages, on bonifie le crédit d'impôt. On
bonifie le crédit d'impôt aux tournages québécois et on bonifie l'aide aux
tournages étrangers au Québec. Mais...
M. Beauchemin : Puis on... Le
focus que sur la main-d'œuvre.
M. Girard (Groulx) : Oui.
Mais ce qu'on observe... ce qu'on observait dans les dernières années, c'est
que presque l'entièreté du crédit d'impôt allait aux effets spéciaux et effets
visuels, et donc qu'on n'avait pas suffisamment de tournages.
Le Président (M. Simard) : M.
le député d'Arthabaska.
M. Lefebvre : Merci, M. le
Président. M. le ministre, on passe de 50 % à 65 %, là, au niveau du
crédit d'impôt, au niveau de la production québécoise. L'objectif, c'est
d'augmenter la production. Est-ce qu'on a des idées d'augmentations possibles
prévues avec l'augmentation du crédit d'impôt de 15 %?
M. Girard (Groulx) : Non.
Mais je peux vous dire que ça a été très bien reçu, puis c'était une demande de
l'industrie.
M. Lefebvre : Oui, c'est ça...
M. Girard (Groulx) : Puis on revient
aux 65 %, c'est-à-dire, on revient à l'esprit que dans une production,
généralement, il y a 65 % de main-d'œuvre.
M. Lefebvre : Mais on croit
que ça peut stimuler la production.
M. Girard (Groulx) : Oui,
c'est-à-dire que, lorsqu'on a fait nos hypothèses, il y avait des coûts
associés à ces bonifications-là, puis la réduction des effets visuels amène des
économies.
M. Lefebvre : Merci.
Le Président (M. Simard) : D'autres
questions sur les articles contenus à l'intérieur du sujet 5? Sans quoi,
nous allons procéder à la mise aux voix des articles suivants. Est-ce que les
articles 150, 151, 183 et 198, ainsi que les articles 152, 153 et
199, sont adoptés? M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention, M. Girard (Groulx)?
M. Girard (Groulx) : Pour.
Le Secrétaire : M. Thouin
(Rousseau)?
M. Thouin : Pour.
Le Secrétaire : M. Allaire
(Maskinongé)?
M. Allaire : Pour.
Le Secrétaire : Mme Abou-Khalil
(Fabre)?
Mme Abou-Khalil : Pour.
Le Secrétaire : M. Poulin
(Beauce-Sud)?
M. Poulin : Pour.
Le Secrétaire : M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys)?
M. Beauchemin : Abstention.
Le Secrétaire : M. Lefebvre
(Arthabaska)?
M. Lefebvre : Abstention.
Le Secrétaire : M. Simard
(Montmorency)?
Le Président (M. Simard) : Abstention.
Ces articles sont donc adoptés. Nous passons maintenant à l'étude du sujet
numéro 6, qui concerne l'article 160. M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Merci,
M. le Président. Ici, j'aimerais préciser qu'on parle des entreprises. C'est
important, là, parce qu'il y a le crédit d'impôt pour travailleurs d'expérience,
qui concerne les individus, mais le sixième sujet concerne l'abolition du
crédit d'impôt favorisant le maintien en emploi des travailleurs d'expérience.
C'est un crédit d'impôt que nous avions créé en 2019... une société... pour les
entreprises. Une société dont la masse salariale est inférieure à
7,5 millions de dollars peut bénéficier d'un crédit d'impôt
remboursable pouvant atteindre 75 % des montants payés à titre de
cotisation d'employeur à l'égard d'un employé âgé de 65 ans ou plus, et
50 % des montants payés à ce titre à l'égard d'un employé âgé de 60 à
64 ans. Ce crédit d'impôt ne peut excéder 1 875 $ à l'égard d'un
employé 65 ans ou plus et 1 250 $ à l'égard d'un <employé...
M. Girard (Groulx) :
...crédit
d'impôt ne peut excéder 1 875 $ à l'égard d'un employé 65 ans ou
plus et 1 250
$ à l'égard d'un >employé 60 à 64 ans.
Il est proposé d'abolir ce crédit d'impôt à l'égard des cotisations d'employeur
payées relativement à une rémunération attribuable à une date postérieure au 12 mars 2024.
Les impacts financiers... ça, je crois que c'était public dans le budget... c'est
une économie de l'ordre de 80 millions de dollars par année.
Le Président (M. Simard) : Des
commentaires?
M. Beauchemin : Oui, donc,
pourquoi avoir mis ça en place initialement?
M. Girard (Groulx) : ...lorsqu'on
est arrivés au pouvoir en octobre 2018, nous avions... l'âge moyen de la
retraite au Québec était à 62 ans. Et il faut... il faut revenir... Je
vais essayer de faire un ordre chronologique. La création du crédit d'impôt
pour travailleurs d'expérience, pour les salariés, là, pour les personnes, ça,
ça remonte à 2012, gouvernement de monsieur...
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : ...de M.
Charest, merci, bon, OK, et, à ce moment-là, l'âge de la retraite des
Québécois, c'était 61 ans. Quand je dis «l'âge de la retraite», là, c'est
l'âge auquel... le moment... les gens enclenchent leur RRQ, c'est-à-dire qu'en
principe ils arrêtent de travailler, ça fait qu'ils déclenchent leur RRQ, c'est
une moyenne, 61 ans. Et le taux de participation des 60-64 ans était
de 10 points inférieur à l'Ontario, c'est-à-dire que l'Ontario était à 55 %,
nous étions à 45 %, taux de participation de la main-d'oeuvre. 2019,
c'était 62, l'âge de retraite, l'Ontario, 65. 2024, Québec, 64,7, c'est-à-dire
qu'on a finalement rattrapé l'Ontario et le taux de participation des 60-64 ans,
on a rattrapé l'Ontario, 10 points, taux de participation à 58 %.
Donc, tant l'âge de la retraite et le taux de participation indiquent qu'on n'a
plus besoin de mesures d'incitation au travail chez les 60-64 ans.
Et une autre chose que nous avons comme
information, c'est que les études économiques sur ce crédit d'impôt sont très
mitigées, dans le sens qu'elles indiquent que le principal facteur de décision
pour poursuivre le travail à 60, à 61 ans, etc., c'est la scolarisation,
dans le sens que c'est beaucoup plus facile pour un comptable ou un fiscaliste
de travailler après 60 ans que, par exemple, quelqu'un qui aurait
travaillé chez Rio Tinto toute sa vie, ou sur un chantier de construction.
Donc, à mesure que le temps passe, que les cohortes de retraités québécois sont
plus scolarisées, l'âge de la retraite va continuer à monter, parce que c'est...
parce que c'est comme ça, c'est ce que ça montre.
L'autre chose, c'est que le crédit d'impôt
était accordé à un grand nombre de personnes et influençait très peu de
personnes. Donc, ça fait une mesure dispendieuse, puisque ça coûte cher de
donner un crédit d'impôt à tous les travailleurs entre 60 et 64 ans, dans
une cohorte de revenus, alors que, marginalement, mettons qu'il y a 400 000 personnes
qui bénéficiaient du crédit d'impôt, s'il y en a vraiment juste 10 000 qui
ont été influencées par le crédit d'impôt, bien, ça coûte cher de faire une
mesure pour 400 000 personnes où seulement 10 personnes ont pris
ce crédit d'impôt en considération dans leur décision.
• (15 h 30) •
Alors, pourquoi créer celui-ci, 2019, et
bonifier celui qui avait été créé en 2012? Parce qu'à ce moment-là, l'âge de la
retraite était inférieur, parce qu'on était en rareté de main-d'oeuvre
prépandémique. Là, la situation a évolué, puis là on sait qu'aujourd'hui on a
un marché de l'emploi qui est cycliquement plus faible et qu'aussi on a eu une
forte augmentation de la population en 2023-2024, donc la nécessité de ces
mesures d'incitation au travail n'est plus là.
M. Beauchemin : ...l'éducation
postsecondaire, là, qui semble être un des éléments...
15 h 30 (version révisée)
M. Girard (Groulx) : ...2024.
Donc, la nécessité de ces mesures d'incitation au travail n'est plus là.
M. Beauchemin : L'éducation
postsecondaire, là, qui semble être un des éléments que vous mentionniez tout à
l'heure, selon vous, avec la vague d'immigration qui a eu lieu dans les deux
dernières années, ça va-tu être influencé à long terme, ou...
M. Girard (Groulx) : Je
croirais que non. C'est vraiment une évolution de la société, là, dans le sens
que l'accès... Je pense qu'autrefois il y avait plus de travaux qui impliquent
une implication physique extrêmement importante en proportion de l'économie qu'aujourd'hui.
Il y a la scolarisation, il y a aussi la structure industrielle, là, une
évolution où il y a plus d'emplois dans les services, assurances, finances et
peut-être moins en agriculture, puis etc. L'évolution de la société.
M. Beauchemin : Ça fait que
vous dites, là, c'est un crédit d'impôt qui était comme un peu inefficace.
M. Girard (Groulx) : Celui
aux entreprises, c'était particulièrement inefficace. Celui... Guillaume, c'est
dommage que tu n'aies pas le droit de parole, tu avais quelque chose à dire.
Celui aux entreprises était particulièrement inefficace. En fait, il était très
peu réclamé et avait très peu d'impact sur l'embauche. Et les entreprises
avaient tellement besoin de travailleurs qu'il n'y avait pas besoin d'un crédit
d'impôt pour être encouragées à embaucher des travailleurs.
M. Beauchemin : C'est un peu
comme ça, mais comme... quand vous dites : C'était... Il y avait peu d'entreprises
qui l'utilisaient, c'est ça? Qui... c'était injustifiable pour eux autres de...
M. Girard (Groulx) : Bien, c'est-à-dire
que, culturellement, au Québec, les entreprises sont... n'étaient pas
nécessairement généralement portées vers les travailleurs d'expérience. C'est
comme si la demande était concentrée sur les 25-54 ans. Mais à mesure que
le marché de l'emploi s'est resserré, bien là, la demande a augmenté pour que
les gens qui quittaient à la retraite restent en emploi, puis...
M. Beauchemin : Puis, tout à
l'heure, vous l'avez dit, là, que ça... ça a généré combien pour le
gouvernement?
M. Girard (Groulx) : 80 millions
de coûts.
M. Beauchemin : 80. Puis ce
que vous avez annoncé dans votre mise à jour de la semaine dernière, je sais
que ce n'est pas le même sujet, là, mais...
M. Girard (Groulx) : C'est
200 000 personnes à en moyenne 1 000 $, donc 200 millions.
M. Beauchemin : 200 millions.
OK. D'accord. Ça, c'est au niveau de l'individu.
M. Girard (Groulx) : Pour les
individus.
Le Président (M. Simard) : M.
le député d'Arthabaska? D'autres commentaires? Sans quoi, nous allons procéder
à la mise aux voix de l'article 160. Cet article est-il adopté? Par appel
nominal. M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Girard (Groulx)?
M. Girard (Groulx) : Pour.
Le Secrétaire : M. Thouin
(Rousseau)?
M. Thouin : Pour.
Le Secrétaire : M. Allaire
(Maskinongé)?
M. Allaire : Pour.
Le Secrétaire : Mme Abou-Khalil
(Fabre)?
Mme Abou-Khalil : Pour.
Le Secrétaire : M. Poulin
(Beauce-Sud)?
M. Poulin : Pour.
Le Secrétaire : M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys)?
M. Beauchemin : Contre.
Le Secrétaire : M. Lefebvre
(Arthabaska)?
M. Lefebvre : Abstention.
Le Secrétaire : M. Simard
(Montmorency)?
Le Président (M. Simard) : Abstention.
Cet article est donc adopté. Nous
poursuivons par l'étude du sujet n° 7. M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Déductions
incitatives pour la commercialisation des innovations au Québec, communément
appelée la DICI. M. le Président, je vois que ça vous stimule.
Le Président (M. Simard) : Absolument.
M. Girard (Groulx) : La
déduction incitative pour la commercialisation des innovations au Québec permet
à une société qui commercialise un actif de propriété intellectuelle développé
au Québec de bénéficier d'un taux d'imposition effectif de 2 % sur la
partie de son revenu imposable qui est attribuable à cet actif. Dans la
détermination du montant de cette déduction, il est tenu compte du ratio, établi
pour l'année d'imposition en cours et les six années d'imposition précédentes,
entre les activités de recherche et de développement effectuées par la société
au Québec et celles qu'elle a effectuées au Québec et ailleurs.
À titre d'exemple, une invention protégée
par un brevet et un logiciel protégé par un droit d'auteur sont des actifs de
propriété <intellectuelle...
M. Girard (Groulx) :
...et
un logiciel protégé par un droit d'auteur sont des actifs de propriété >intellectuelle
qui peuvent être admissibles à cette déduction.
Modifications proposées : Il est
proposé, d'une part, que le ratio dont il est tenu compte dans le calcul de
cette déduction soit seulement déterminé en fonction des activités de recherche
et de développement ayant contribué directement à la création, au développement
ou à l'amélioration de l'actif de propriété intellectuelle et que ce ratio soit
calculé sur une base historique plutôt que sur une période de sept ans. D'autre
part, il est proposé d'exclure certains types de revenus, dont le revenu
d'intérêts et de dividendes, du calcul de cette déduction.
Peut-être qu'on pourrait demander à nos
juristes d'expliquer, parce que c'est quand même technique, ces modifications.
Le Président (M. Simard) : Alors,
il y aurait consentement pour ce faire? Ceci étant dit, Madame ou Monsieur, je
ne sais pas qui aura préséance, pourriez-vous d'abord vous présenter, pour les
fins de nos travaux?
Mme Blanchet (Isabelle) : Je
vais... Je vais le... Oui. Isabelle Blanchet, Revenu Québec. Alors, la
déduction incitative pour la commercialisation des innovations au Québec, c'est
une déduction dans le calcul du revenu imposable. Donc, on n'est pas en crédit
d'impôt, c'est vraiment une déduction. Pour que... Le but de la déduction,
c'est de... Lorsqu'un actif de propriété intellectuelle admissible, on parle
ici d'un brevet, une invention protégée par brevet ou d'un logiciel protégé par
droit d'auteur, qui a été développé au Québec par la société et qui est commercialisé,
on veut permettre à la société d'obtenir ultimement un taux d'impôt effectif
d'environ 2 % sur les revenus tirés de la commercialisation de l'actif.
Pour ce faire, il y a un calcul dans la
loi qui est assez technique, une formule avec plusieurs éléments. Alors, les
interventions qu'on fait ici. Le premier élément de la facture... de la
formule, c'est le revenu de la société. Alors, ici, on vient exclure certains
types de revenus qui sont moins associés à la... du revenu plus passif, là,
comme des dividendes ou de l'intérêt. Ensuite, pour circonscrire, là, la partie
du revenu qui est attribuable à l'actif de propriété admissible, toujours en
lien avec de la recherche et développement faits au Québec, il y a une
fraction, un ratio. Le numérateur, ce sont les activités de recherche et
développement faites au Québec par la société, puis le dénominateur, c'est ses
activités de recherche et développement globales, peu importe l'endroit.
Donc, le projet de loi vient préciser que
dans le numérateur, non seulement il faut que ce soit fait au Québec, mais il
faut que ce soit en lien avec l'actif de propriété pour lequel on demande la
déduction, c'est-à-dire, comme je... le logiciel ou l'invention protégée par
brevet, et puis c'est... le ratio était basé sur un historique de sept ans,
puis ça pouvait être moins, là, quand la... dans le cas d'un jeune actif de
propriété intellectuelle. Là, on va suivre une base historique. Donc, ça va
toujours être une moyenne de la R et D faite au Québec en lien avec l'actif sur
la R et D globale. Donc, on ne veut pas donner le... De la R et D qui est faite
par une société hors du Québec, on veut s'assurer que la... c'est sûr que la
formule s'assure qu'on ne donne pas, là, le bénéfice d'un taux d'imposition
réduit sur de la R et D faite hors du Québec.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Monsieur, souhaitez-vous compléter ou ajouter quoi que ce soit?
M. Charest (Samuel) : Non, ça
va.
Le Président (M. Simard) : Ça
vous va. D'autres questions?
M. Beauchemin : ...quelques-unes
pour mieux comprendre. Donc là, on veut juste s'assurer que la recherche et
développement qui a été faite, elle a bel et bien été faite au Québec?
Mme Blanchet (Isabelle) : Oui,
mais c'était déjà prévu dans la loi. Là, on rajoute qu'il faut que ce soit
vraiment en lien avec l'actif de propriété intellectuelle qu'on appelle
«admissible», là.
M. Beauchemin : Sur lequel...
Mme Blanchet (Isabelle) : Oui.
M. Beauchemin : Oui,
d'accord. OK, je comprends. Puis là, vous parlez d'enlever la déduction de
revenu d'intérêts. J'essaie juste de comprendre, parce que... propriété
intellectuelle qui aurait un revenu d'intérêts...
Mme Blanchet (Isabelle) : Non,
c'est que l'élément... Là, je vais... Je regarde mon collègue, parce que je ne
veux pas vous induire en erreur, mais je pense que c'est tout le revenu. Le
premier élément parle du revenu de l'entreprise, là, sans qu'il soit nécessairement
en lien avec l'actif. C'est le reste de la formule qui permet de circonscrire
la partie du revenu qui est en lien avec l'actif.
Mais je vais... Si la commission le
permet, peut-être que mon collègue pourrait compléter pour la première partie
de la formule.
Le Président (M. Simard) : Alors,
y a-t-il consentement? Il y a consentement. Monsieur, pourriez-vous vous
présenter, s'il vous plaît? Vous l'avez très bien fait hier, mais néanmoins il
faut le refaire aujourd'hui.
M. Charest (Samuel) : Hier,
moi? Non, je n'étais pas ici hier.
Le Président (M. Simard) : Non,
vous n'étiez pas là, vous?
M. Charest (Samuel) : Non.
Le Président (M. Simard) : Bien
oui, vous étiez derrière, là-bas, là.
• (15 h 40) •
M. Charest (Samuel) : Non.
Peut-être quelqu'un qui me ressemblait, mais...
Le Président (M. Simard) : Ce
n'était pas vous? Ah! il y avait quelqu'un qui vous ressemblait.
M. Charest (Samuel) : Comme
ma directrice l'a expliqué...
Le Président (M. Simard) : Oui.
Pourriez-vous vous présenter, s'il vous plaît?
M. Charest (Samuel) : Ah!
pardon. Samuel Charest, légiste à Revenu Québec.
Le Président (M. Simard) : Soyez
le bienvenu.
M. Charest (Samuel) : Merci.
Le premier élément de la formule, c'est pour déterminer le bénéfice admissible
à la déduction de la société, puis il y a quatre <éléments...
M. Charest (Samuel) :
...déterminer
le bénéfice admissible à la déduction de la société, puis il y a quatre >éléments
dans cette partie de la formule. Il y a le revenu net de la société, mais il y
a aussi son revenu brut, puis on vient prendre... on vient prendre la
proportion entre son revenu brut qui provient de l'actif de propriété
intellectuelle admissible sur l'ensemble de son revenu brut.
Des voix : ...
M. Charest (Samuel) : Puis,
dans le calcul du revenu brut et du revenu net également, on va exclure les
revenus d'intérêts, le revenu de dividendes, le revenu de gains en capital et
de participation dans une société de personnes. Donc, ça va... c'est ça, ça
vient isoler le revenu qui était... le revenu d'entreprise qui provient de la
vente des biens, qui incorpore l'actif de propriété intellectuelle admissible.
M. Beauchemin : ...la
question parce que je sais que, tu sais, dans une entreprise, il est possible
d'avoir des revenus d'intérêts, de placements, d'encours, cash en banque, etc.
Il est possible aussi d'avoir des investissements ou des succursales qui paient
un dividende. Ça, je le comprends. Dans un élément spécifique... Parce que là
on arrive pour essayer de calculer finalement quel est le revenu spécifique à
la propriété intellectuelle sur laquelle elle est admissible à ce taux
effectif, là, de 2 %. J'ai beaucoup de misère à comprendre comment qu'on
en arrive à dire : Bon, bien, OK, cette propriété intellectuelle que là
maintenant on veut commercialiser, cette entité-là reçoit des intérêts et des
dividendes, cette sous-section-là de l'entreprise reçoit des intérêts et des
dividendes. C'est vraiment à l'extérieur. C'est comme dans d'autres
départements de l'entreprise. Ça fait que j'essaie juste de comprendre comment
on en arrive à dire qu'il y a de l'intérêt et des dividendes dans de la
propriété... dans la commercialisation de la propriété intellectuelle.
Le Président (M. Simard) : ...Monsieur
ou Madame, je ne sais trop.
Une voix : ...
Mme Blanchet (Isabelle) : Oui.
Isabelle Blanchet, Revenu Québec. C'est que le premier élément de la formule
part du revenu de la société. Donc, c'est le revenu total au sens où... comme
pour les impôts, donc la société peut avoir... peut avoir une filiale, peut
avoir des placements dans d'autres... peut détenir des actions dans d'autres
sociétés. Donc, oui, elle peut avoir du dividende, oui, elle peut avoir du
revenu passif.
M. Beauchemin : Je comprends,
mais ce que vous me dites, c'est que c'est... pour... on essaie d'identifier le
revenu associé à la propriété intellectuelle puis là on fait une formule pour
en arriver à le trouver. Ça, je le comprends. On n'est pas capable de juste
identifier le revenu directement qui est associé à la propriété intellectuelle
de la part de l'entreprise?
Mme Blanchet (Isabelle) : C'est
parce que... parce que ce n'est pas tout le revenu de la propriété
intellectuelle qui est attribuable nécessairement aussi à de la R et D faite au
Québec. Donc, c'est... il faut circonscrire encore davantage. C'est le revenu
tiré de la propriété intellectuelle, mais attribuable à de la RD faite au
Québec. Peut-être qu'il y a une partie de l'actif de propriété intellectuelle
qui est... qui a été développée en dehors du Québec. Alors, c'est pour ça qu'il
faut avoir vraiment un ratio pour circonscrire.
M. Beauchemin : OK. Ça fait
que, donc, ce que vous êtes en train de faire, c'est que vous êtes en train de
faire une formule qui va forcer les entreprises à passer au travers cette
formule-là pour vous donner le chiffre que vous cherchez à avoir, à savoir
combien a été généré par de la recherche et développement qui a créé de la
propriété intellectuelle au Québec, auquel on veut appliquer un taux effectif
d'imposition de 2 %.
Mme Blanchet (Isabelle) : Oui,
mais chacun des éléments de la formule est très, très expliqué, là, en détail.
Dans le formulaire, on voit, là, le détail pour arriver au calcul, là, de la
déduction.
M. Beauchemin : Bien,
j'assume que vous avez raison puis j'assume que c'est la façon de faire puis
qu'en bout de piste on obtient ce qu'on a de besoin. Il n'y a pas eu de... Il
n'y a pas eu...
M. Girard (Groulx) : C'est-à-dire
que c'est un nouveau crédit d'impôt qu'on a créé en... nouvelle déduction, ce
n'est pas un crédit d'impôt, une nouvelle... qui a été créée en 2021. Et puis
là, à l'usage, on améliore la mesure.
M. Beauchemin : OK, mais ça,
justement, il n'y a pas eu de... il n'y a pas eu de test du client par la
suite, si je peux utiliser le terme, là, d'aller voir les entreprises puis dire :
Finalement, notre formule, ça représente-tu vraiment ce que tu as fait, là, tu
sais, en termes de revenus sur de la propriété intellectuelle qui a été faite
au Québec, qui a généré de la propriété intellectuelle, qui a fait en sorte que
ça a généré des revenus sur lesquels on veut t'imposer 2 %? Il y a-tu eu ce
test-là qui a été fait pour dire : Finalement, notre formule représente la
réalité? Parce que, là, je le comprends, là, qu'on l'améliore, c'est ça,
mais...
M. Girard (Groulx) : Bien, il
faut dire, là, que cette nouvelle mesure créée en 2021 coûte très peu d'argent.
C'est-à-dire qu'elle n'a pas... certainement pas <encore...
M. Girard (Groulx) :
...créée
en 2021 coûte très peu d'argent. C'est-à-dire qu'elle n'a pas... certainement
pas >encore stimulé la demande pour cette déduction. Alors, c'est un bon
moment pour l'améliorer.
M. Beauchemin : C'est un bon
moment pour la poser, la question, justement, aux payeurs de taxes, à l'entreprise :
Est-ce que c'est représentatif de la réalité? C'est ça, ma question. Est-ce
qu'on l'a testé?
M. Girard (Groulx) : Bien,
j'émettrais l'hypothèse qu'ils vont toujours répondre que c'est représentatif
de la réalité par rapport à ce qu'ils ont déclaré. On a très peu de retours et
déclarations de non représentatif de la réalité.
M. Beauchemin : Je comprends.
OK, c'est beau.
Le Président (M. Simard) : D'autres
interventions sur le bloc 7? Sans quoi nous allons procéder à la mise aux
voix des articles qui suivent. Est-ce que les articles 123, 124, 191 et
192 sont adoptés?
Une voix : Appel nominal.
Le Président (M. Simard) : Appel
nominal. M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Girard (Groulx)?
M. Girard (Groulx) : Pour.
Le Secrétaire
: M. Thouin
(Rousseau)?
M. Thouin : Pour.
Le Secrétaire
: M. Allaire
(Maskinongé)?
M. Allaire : Pour.
Le Secrétaire
: M. Poulin
(Beauce-Sud)?
M. Poulin : Certainement que
je suis pour. Puis je pense qu'une collègue s'installe aussi.
Le Secrétaire : Mme Abou-Khalil
(Fabre)?
Mme Abou-Khalil : Pour.
Le Secrétaire : M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys)?
M. Beauchemin : Abstention.
Le Secrétaire
: M. Lefebvre
(Arthabaska)?
M. Lefebvre : Abstention.
Le Secrétaire : M. Simard
(Montmorency)?
Le Président (M. Simard) :
Abstention.
Ces articles sont donc adoptés. Nous
poursuivons. Nous en sommes...
M. Girard (Groulx) : ...M. le
Président?
Le Président (M. Simard) : Nous
allons suspendre, M. le ministre, tout à fait, quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 47)
(Reprise à 15 h 48)
Le Président (M. Simard) : Bien.
Chers amis, nous sommes de retour. Alors, M. le ministre, au moment de
suspendre, nous en étions rendus à l'étude du sujet n° 8.
M. Girard (Groulx) : Oui.
Merci, M. le Président. Modifications aux lois constitutives des fonds
fiscalisés. Contexte : Le fonds de solidarité des travailleurs et des
travailleuses du Québec, Fondaction et Capital régional et coopératif
Desjardins peuvent lever des capitaux au moyen de l'émission d'actions qui donnent
droit à un crédit d'impôt, sous réserve d'une limite annuelle d'émission dans
le cas de Capital régional et coopératif Desjardins. En retour, ces fonds
doivent respecter une norme d'investissement afin que les capitaux recueillis
contribuent à l'essor d'entités québécoises. Pour l'application de cette norme,
les investissements réalisés dans le secteur immobilier sont plafonnés à 10 %
de leur actif.
Modifications proposées : Il
est proposé d'exclure du plafond de 10 % les investissements en logements
réalisés dans le cadre d'une entente avec le gouvernement. Il est également
proposé de fixer à 125 millions de dollars la limite d'émission de Capital
régional et coopératif Desjardins pour sa période de capitalisation se
terminant le 28 février 2025.
De plus, il est proposé de permettre le
réaménagement du conseil d'administration de Fondaction pour que davantage de
membres soient élus par les actionnaires. Il est aussi proposé de revoir l'encadrement
administratif et opérationnel de Fondaction et du Fonds de solidarité des
travailleurs et des travailleuses du Québec afin, notamment, que leur conseil
d'administration puisse déléguer davantage de pouvoirs, que le processus
d'achat de gré à gré de leurs actions soit allégé, que le transfert des actions
d'un compte à un autre soit facilité et qu'il soit possible, dans certains cas,
de fermer des comptes ayant un solde de 1 500 $ ou moins et générant
des frais d'administration importants.
• (15 h 50) •
Le Président (M. Simard) :
Alors, y a-t-il des <questions...
M. Girard (Groulx) :
...et
générant des frais d'administration importants.
• (15 h 50) •
Le Président (M. Simard) :
Alors,
y a-t-il des >questions sur ce bloc d'articles? Sans quoi nous allons
procéder à la mise aux voix. Est-ce que les articles 12 à 66 et
l'article 187 sont adoptés? M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Girard (Groulx)?
M. Girard (Groulx) : Pour.
Le Secrétaire : M. Thouin
(Rousseau)?
M. Thouin : Pour.
Le Secrétaire : M. Allaire
(Maskinongé)?
M. Allaire : Pour.
Le Secrétaire : Mme Abou-Khalil
(Fabre)?
Mme Abou-Khalil : Pour.
Le Secrétaire : M. Poulin
(Beauce-Sud)?
M. Poulin : Pour.
Le Secrétaire :M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys)?
M. Beauchemin : Abstention.
Le Secrétaire : M. Lefebvre
(Arthabaska)?
M. Lefebvre : Abstention.
Le Secrétaire :M. Simard
(Montmorency)?
Le Président (M. Simard) : Abstention.
Ces articles sont donc adoptés. Nous
poursuivons. Nous en sommes à l'étude du sujet n° 9
concernant les articles 67 et 68. M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Oui. Le
sujet neuf concerne une mesure de santé publique, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
M. Girard (Groulx) : Taxe
spécifique sur les produits du tabac. La Loi concernant l'impôt sur le tabac
établit les taux de la taxe spécifique applicable lors de la vente au détail
des différents produits de tabac.
Modifications proposées : Il est
proposé de hausser les taux de la taxe spécifique sur les produits du tabac.
Ainsi : le taux applicable par cigarette et par gramme de tabac en vrac ou
de tabac en feuilles ainsi que le taux minimal applicable par bâtonnet de tabac
passent de 18,9 cents à 19,9 cents à compter du 13 mars 2024 et de
19,9 cents à 20,9 cents à compter du 6 janvier 2025, de sorte que le
taux applicable par cartouche de 200 cigarettes augmente de 2 $ à
chacune de ces hausses; le taux applicable par gramme de tout tabac, autre que
des cigarettes, du tabac en vrac, du tabac en feuilles et des cigares, passe de
29,07 cents à 30,61 cents à compter du 13 mars 2024 et de 30,61 cents
à 32,15 cents à compter du 6 janvier 2025.
Alors, essentiellement, M. le Président,
on a augmenté le taux de taxe... je veux juste trouver le bon terme, là, ça,
c'est la taxe... Est-ce qu'on appelle ça la taxe spécifique?
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Oui, voilà,
la taxe... Merci. Je voulais avoir le mot juste. Alors, on augmente le taux de
taxe spécifique sur les produits de tabac de 2 $ par cartouche de
200 cigarettes, deux fois, donc un total de 4 $. On pourrait poser la
question pourquoi pas plus, puisque la cigarette est nocive, c'est toujours en
fonction de ne pas favoriser la contrebande. Alors, nous sommes confiants qu'à
4 $ on ne favorise pas la contrebande.
Et nos taux de taxe demeurent... nos taux
de taxe spécifique demeurent bas par rapport à l'Ontario. Ça veut dire que
toutes choses étant égales par ailleurs, s'il y avait un contrebandier, il
préférerait écouler ses cigarettes en Ontario. C'est pour ça qu'on se limite à
un niveau de taxe spécifique inférieur à ce qui se passe en Ontario. Et on
travaille, bien sûr, avec les services de police et l'ensemble des... Revenu
Québec, etc., pour toujours s'assurer de contrer la contrebande et qu'une
hausse de taxe spécifique résulte en une hausse de revenus pour le
gouvernement. Dans ce cas-ci, les deux taxes, l'augmentation de 4 $,
rapportent 65 millions par année au gouvernement.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Des échanges à ce sujet? Conséquemment, les articles 67 et 68
sont-ils adoptés? M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Girard (Groulx)?
M. Girard (Groulx) : Pour.
Le Secrétaire : M. Thouin
(Rousseau)?
M. Thouin : Pour.
Le Secrétaire : M. Allaire
(Maskinongé)?
M. Allaire : Pour.
Le Secrétaire : Mme Abou-Khalil
(Fabre)?
Mme Abou-Khalil : Pour.
Le Secrétaire : M. Poulin
(Beauce-Sud)?
M. Poulin : Pour.
Le Secrétaire : M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys)?
M. Beauchemin : Pour.
Le Secrétaire : M. Lefebvre
(Arthabaska)?
M. Lefebvre : Abstention.
Le Secrétaire : M. Simard
(Montmorency)?
Le Président (M. Simard) : Abstention.
Ces articles sont donc adoptés. Nous
poursuivons par l'étude du bloc 10 concernant les véhicules routiers au
Québec. L'article 202. M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Oui. M.
le Président, l'article 202 et le dixième sujet concerne l'apport d'un
véhicule routier au Québec. La Loi sur la taxe de vente du Québec prévoit une
règle anti-évitement relative aux transactions portant sur les véhicules routiers
usagés afin que la TVQ s'applique sur le plus élevé du prix payé pour le <transfert...
M. Girard (Groulx) :
...afin
que la TVQ s'applique sur le plus élevé du prix payé pour le >transfert
d'un tel véhicule et de sa valeur estimative. Cette valeur correspond généralement
au prix indiqué dans un volume de référence, diminué de 500 $. Cette règle
ne s'applique pas lors du transfert d'un véhicule routier usagé entre
particuliers liés, mais demeure applicable lors de l'apport au Québec d'un tel
véhicule qui résulte d'un transfert survenu hors du Québec entre particuliers
liés.
Il est... Modifications proposées :
Il est proposé que la règle de la valeur estimative ne s'applique pas lors de
l'apport au Québec d'un véhicule routier usagé résultant d'un transfert survenu
hors du Québec entre particuliers liés. Ainsi, dans de telles circonstances, la
TVQ s'appliquerait sur le prix payé pour ce transfert.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Des remarques sur l'article 202? Conséquemment, l'article 202
est-il adopté?
Une voix : ...
Le Président (M. Simard) : Appel
nominal. M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Girard (Groulx)?
M. Girard (Groulx) : Pour.
Le Secrétaire : M. Thouin
(Rousseau)?
M. Thouin : Pour.
Le Secrétaire : M. Allaire
(Maskinongé)?
M. Allaire : Pour.
Le Secrétaire : Mme Abou-Khalil
(Fabre)?
Mme Abou-Khalil : Pour.
Le Secrétaire : M. Poulin
(Beauce-Sud)?
M. Poulin : Pour.
Le Secrétaire : M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys)?
M. Beauchemin : Abstention.
Le Secrétaire : M. Lefebvre
(Arthabaska)?
M. Lefebvre : Abstention.
Le Secrétaire : M. Simard
(Montmorency)?
Le Président (M. Simard) : Abstention.
Cet article est donc adopté. Et nous en
sommes maintenant au bloc n° 11 qui, lui-même,
contient quatre sous-items. M. le ministre, à vous la parole.
M. Girard (Groulx) : Oui, je
vais lire les quatre items et on pourra avoir la discussion ensuite allégrement,
M. le Président, puisque déjà, on sent que la température a baissé ici, M. le
Président.
Le Président (M. Simard) : Oui,
de beaucoup.
M. Girard (Groulx) : Voilà.
Évitement de dettes fiscales.
Le Président (M. Simard) : Grâce
à l'intervention très efficace de notre secrétaire, vous aurez remarqué.
M. Girard (Groulx) : D'accord.
Moi, je pensais que c'était simplement parce qu'on avait ouvert la porte.
Le Président (M. Simard) : Ah!
c'est... mais grâce à notre secrétaire.
M. Girard (Groulx) : D'accord.
Dans tous les cas, merci à tous ceux qui ont été impliqués dans cette délicate
opération. Évitement de dettes fiscales.
Contexte : La Loi sur
l'administration fiscale prévoit une règle qui s'applique lorsqu'une personne
cède à une autre personne avec laquelle elle a un lien de dépendance un bien
pour une contrepartie inférieure à sa juste valeur marchande. Dans ces
circonstances, le cessionnaire devient solidairement responsable avec le cédant
des dettes fiscales de celui au moment de la cession.
Modifications proposées : Il est
proposé d'introduire une nouvelle règle anti-évitement pour contrer les
planifications qui cherchent à éviter cette responsabilité solidaire par la
cession d'un bien avant la naissance d'une dette fiscale anticipée. Une
nouvelle pénalité s'applique à une personne qui participe à une telle
planification.
Deuxième sujet, M. le Président, ou
deuxième... voilà, deuxième sujet. Obligation de production d'une déclaration
fiscale pour certaines fiducies.
Contexte : Généralement, les fiducies
qui n'ont pas d'impôt à payer pour une année d'imposition ne sont pas tenues de
produire une déclaration fiscale pour l'année. Il existe certaines exceptions à
cette règle. Par exemple, une fiducie qui réside au Québec ou y exploite une
entreprise et qui est propriétaire de biens dont le coût est supérieur à 250 000 $
est tenue de produire une telle déclaration.
Modifications proposées : Il est
proposé d'étendre l'obligation de produire une déclaration à un plus grand
nombre de fiducies. Ainsi, les fiducies qui résident au Québec ou y exploitent
une entreprise auront cette obligation, sauf si elles sont des fiducies
spécifiquement exclues, comme le sont certaines successions, les fiducies
existant depuis moins de trois mois, les fiducies qui détiennent des biens
d'une valeur n'excédant pas 50 000 $ et les fiducies régies par un
CELI ou un REER. Une pénalité est introduite pour sanctionner certains défauts
de production.
Paiement et transmission de documents par
un moyen technologique.
Plusieurs règles régissent les modalités
relatives au paiement de montants dus en vertu d'une loi fiscale ou à la
transmission de documents exigés en vertu d'une telle loi. Les lois fiscales
prévoient déjà que certains paiements et certaines transmissions de documents
doivent être faits par un moyen technologique.
• (16 heures) •
Modifications proposées : Il est
proposé d'élargir les cas pour lesquels un paiement ou une transmission de
documents doit se faire par un moyen technologique. Ainsi, à titre d'exemple,
un montant de plus de 10 000 $ dû par un contribuable en vertu de la
Loi sur les impôts doit dorénavant être payé par un tel moyen. De même, il est
proposé de faire passer de 50 à 5 le nombre maximal de déclarations fiscales
qu'un préparateur de déclarations peut produire pour le compte de sociétés ou
de personnes physiques autrement que par un moyen technologique...
16 h (version révisée)
M. Girard (Groulx) : ...de sociétés
ou de personnes physiques autrement que par un moyen technologique. Les
conditions d'application de pénalités sont prévues pour sanctionner le
non-respect de ces nouvelles obligations.
De plus, lorsqu'un particulier a transmis
sa déclaration par un moyen technologique et qu'il a autorisé Revenu Québec à
communiquer avec lui par ce moyen, il est dorénavant prévu qu'un avis de
cotisation, relatif à cette déclaration, soit réputé envoyé au particulier et
reçu par lui le jour où il est mis à sa disposition par ce moyen technologique.
Le particulier peut, à tout moment, révoquer cette autorisation selon les
modalités que détermine le ministre.
Activité de minage de cryptoactifs. La
plupart des réseaux de cryptoactifs utilisent les services de personnes pour
valider les opérations dans une chaîne de blocs et ajouter ces opérations à un
registre distribué public. Ces personnes exécutent une activité de minage et
peuvent être rémunérées pour cette activité, habituellement sous la forme de
cryptoactifs. De manière générale, les réseaux de cryptoactifs n'ont pas de
propriétaire, ni de personne responsable de leur exploitation.
Modifications proposées : Il est
proposé d'introduire de nouvelles règles dans la Loi sur la taxe de vente du
Québec afin qu'une personne qui exécute des activités de ménage... de minage...
des activités de minage soit réputée ne pas effectuer une fourniture. De plus,
il est proposé que les biens ou les services consommés, utilisés ou fournis
dans le cadre d'une telle activité soient réputés l'être hors du cadre des
activités commerciales de la personne. Ces nouvelles règles font en sorte que
la TVQ ne s'applique pas à une activité de ménage... de minage — décidément — et
que la personne qui exécute une telle activité ne peut demander un
remboursement de la taxe sur les intrants.
Modifications diverses. Plusieurs
modifications à caractère technique, terminologique ou grammatical sont
apportées à la loi sur... la Loi de l'impôt sur le revenu et la Loi sur la taxe
d'accise principalement par des projets de loi fédéraux sanctionnés en 2022
et en 2023.
Modifications proposées : La
législation québécoise fait l'objet de modifications semblables à celles qui
ont été apportées à la Loi de l'impôt sur le revenu et à la Loi sur la taxe d'accise
par ces projets de loi fédéraux, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, y aurait-il des commentaires sur l'un ou l'autre des articles de
ces quatre sous-sections? M. le député de Marguerite-Bourgeoys .
M. Beauchemin : Oui. Donc,
pour l'évitement des dettes fiscales, comment on va évaluer l'intention, là, de
planifier?
Mme Blanchet (Isabelle) : Isabelle
Blanchet, Revenu Québec. C'est sûr que c'est une question de fait. Mais ici, on
parle de gens qui ont... sachant, souvent suite à une vérification, qu'une
cotisation à la hausse va leur... va être émise, se départissent de leurs biens
en faveur de gens de leur famille, souvent sans contrepartie ou à un coût
inférieur à la valeur marchande, alors c'est vraiment une question factuelle, mais
ce sont des dossiers quand même qui est assez... assez aisé, à Revenu Québec,
là, d'identifier parce que c'est des... souvent, c'est des contextes, là, de...
qui font suite à des vérifications. C'est une question de... C'est une question
de fait, mais ce n'est pas... c'est quand même assez aisé pour nous, là, de
mettre ça en... C'est factuel, mais ce n'est pas... ce n'est pas un fardeau
insurmontable, là.
M. Beauchemin : OK. Combien
de temps d'anticipation d'une dette fiscale on va prévoir de ça un peu?
Mme Blanchet (Isabelle) : C'est
difficile pour moi de vous donner un moment précis, mais c'est sûr que là, on a
un critère d'intention, c'est en vue d'éviter une dette fiscale, ça fait que c'est
sûr que plus le délai est long, plus ça devient difficile pour nous de
prétendre que c'est dans le but d'éviter, là, d'avoir à payer, là, de se
départir de ses biens pour ne pas avoir d'actifs à saisir, là. Ça fait que c'est
vraiment... Je ne peux pas vous donner un indice de temps précis, mais
généralement la personne sait que la cotisation s'en vient, alors il y a eu
probablement des interactions ou une vérification, là, qui a eu lieu dans le
dossier du contribuable.
M. Beauchemin : OK. Sur les
déclarations fiscales pour les fiducies, est-ce que la taille réelle de l'évitement
est importante?
Mme Blanchet (Isabelle) : Oui.
Isabelle Blanchet. Je ne pourrais pas vous dire un chiffre précis. On est en
harmonisation avec la législation fédérale, ça fait que je n'ai pas de... Je ne
suis pas en mesure de vous donner une réponse, là.
M. Beauchemin : Puis c'est
quoi, selon vous, d'abord, l'objectif ultime de cette mesure-là?
Mme Blanchet (Isabelle) : Bien,
c'est dans le but juste d'avoir un... en ayant des déclarations des fiducies,
elles ont un numéro <d'identification...
Mme Blanchet (Isabelle) :
...en
ayant des déclarations des fiducies, elles ont un numéro >d'identification,
de faire un suivi. Il y a certaines fiducies aussi qui peuvent être utilisées
pour faire des planifications fiscales. Alors, c'est vraiment... je ne dirais
pas jusqu'à détection, mais au moins d'être connu du fisc et puis d'être
capable de faire un suivi. Parce que, quand une fiducie ne produit pas une
année, bien, tu sais, ça soulève des questions. Alors, à moins que la fiducie
ait cessé d'exister, ça donne quand même un suivi parce que c'est... Dans des
planifications fiscales, là, l'usage d'une fiducie n'est pas... pas quelque chose
de très rare, là.
M. Beauchemin : Non, je
comprends, mais dans le contexte où est-ce que, par exemple, il n'y aurait peu
ou pas d'action dans la fiducie, là, on demande...
Mme Blanchet (Isabelle) : Oui...
M. Beauchemin : Bien, elle a
quand même été enregistrée jadis. Elle a quand même donc fait un rapport,
peut-être, historiquement. Peut-être, là, les années qui arrivent, c'est des
années où est-ce qu'ils n'ont pas besoin de... Bien, ils n'avaient pas besoin
de le faire jadis parce qu'il n'y avait pas d'action. Là, maintenant, on nous
demande de le faire. Je ne comprends pas l'argumentaire de dire : C'est
juste pour être sûr qu'ils sont encore présents, ou détectibles. C'est ça, le
terme utilisé, là? Je ne suis pas sûr de comprendre l'argumentaire, parce
qu'ils le sont. Ils devraient l'être, en tout cas, vous avez toutes les données
pour pouvoir...
Mme Blanchet (Isabelle) : Oui,
mais il y a certaines fiducies qui ne produisaient... qui n'avaient pas d'impôt
à payer ou dont les actifs étaient... comme, on avait un...
M. Beauchemin : En bas
de 50 000 $.
Mme Blanchet (Isabelle) : Non.
Avant, c'était...
Une voix : ...
Mme Blanchet (Isabelle) : C'était
250 000 $. Donc, il y a certaines fiducies qui n'ont jamais produit.
Alors, avec l'élargissement de l'obligation de produire, ces fiducies-là vont
justement être... Au niveau systémique, on va être capables de savoir s'ils ne
produisent plus une année, là, parce qu'à... à 250 000 $, quand même,
c'est 250 000 $ de biens, c'est possible qu'il y ait du revenu dans
la fiducie, là, même si la fiducie dit qu'elle n'a pas d'impôt à payer. Alors,
en produisant une déclaration de revenus, nous, on est capables de s'assurer
qu'effectivement elle n'avait pas d'impôt à payer. Parce que plus une fiducie a
des biens d'une certaine valeur, plus c'est probable qu'elle... que c'est...
que les biens génèrent des... du revenu aussi, là.
M. Beauchemin : Oui, mais
comme n'importe quel genre de placement, qu'on ait un placement qui nous génère
de l'intérêt, un placement bancaire, par exemple, la banque va émettre quand
même un T quelque chose, 55, «whatever», là, qui va être, donc, copié, envoyé
au gouvernement du Québec, au ministère du Revenu. Donc, le ministère du Revenu
va le voir. Ça, ça devrait sonner l'alarme que, si la fiducie n'a pas rempli
son rapport d'impôt, il y a... il y a enjeu là, peu importe le montant, là.
Le Président (M. Simard) : ...j'aurais
consentement...
M. Beauchemin : Consentement.
Le Président (M. Simard) : ...pour
que notre invité puisse s'adresser à nous? Monsieur, auriez-vous... Oui.
M. Lagacé (François) : François
Lagacé, Revenu Québec. Une des raisons qu'on... de forcer les fiducies à produire,
c'est que ça nous donne aussi de l'information sur les fiduciaires, sur les
bénéficiaires, sur les auteurs de la fiducie, des informations qui ne seraient
pas disponibles par ailleurs. Puis, par ailleurs, au niveau des revenus, ça
peut être des revenus qui viennent de l'extérieur du Canada, qui ne sont pas
nécessairement... pour lesquels il n'y a pas eu de production de documents par
des autorités fiscales québécoises, là... canadiennes, là.
M. Beauchemin : Donc,
quelqu'un mettrait en place une fiducie moindre que 250 000 $ pour
avoir du revenu venant de d'autres entités offshores. Il faudrait en avoir
plusieurs, fiducies, là, pour que ça en vaille la peine, j'imagine.
M. Lagacé (François) : C'est
peut-être une possibilité, là, un revenu, effectivement.
M. Beauchemin : OK. OK.
Bien, écoutez, je... De combien de fiducies qu'on parle? Grosso modo, est-ce
que vous avez un nombre de fiducies que vous pensez peut-être qu'on va être
capables d'encercler comme ça, là?
M. Lagacé (François) : Compte
tenu du fait que c'est de l'harmonisation avec...
M. Girard (Groulx) : ...Alors,
c'est eux qui auraient ce chiffre.
M. Beauchemin : D'accord.
Paiement de transmission de documents par moyen technologique. C'est quoi, l'objectif?
M. Girard (Groulx) : Mme Blanchet.
Mme Blanchet (Isabelle) : Isabelle
Blanchet, Revenu Québec. Bien, comme vous le savez, on encourage beaucoup les
contribuables à produire leur déclaration par voie numérique. Alors, c'est un
souci d'efficacité, de... Aussi, à notre époque, alors, c'est vraiment dans un
souci d'efficacité, là. On encourage beaucoup le virage numérique pour les
particuliers et entreprises, pour les paiements électroniques, puis ça
s'inscrit dans les bonnes pratiques des autres autorités fiscales, là. Ce n'est
pas... Ce n'est pas unique à Revenu Canada puis à Revenu Québec, là.
• (16 h 10) •
M. Beauchemin : OK. Je
comprends. Il y a un certain sarcasme qui s'est installé dans la société, que,
oui, oui, au niveau des impôts, là, c'est très <efficace...
M. Beauchemin :
...qui
s'est installé dans la société, que, oui, oui, au niveau des impôts, là, c'est
très >efficace, très rapide, on peut l'avoir, mais, pour d'autres trucs,
ça peut prendre des mois. Ça fait qu'il y a cet... tu sais, cette perception-là,
évidemment, là, comme quoi que...
M. Girard (Groulx) : C'est un
compliment pour Revenu Québec, bien sûr.
M. Beauchemin : Oui, effectivement,
c'est un compliment pour Revenu Québec, ils font... ils font leur job, c'est
clair. Mais il y avait... il y avait mention qu'un avis de cotisation va être
considéré reçu par l'individu lorsque Revenu Québec va avoir envoyé le document
par Internet. Donc, ça, c'est comme considéré reçu. Comme, à l'époque, là, est-ce
que c'est par la poste? Une fois qu'il est envoyé par la poste, il y avait une
date d'émission sur le reçu. C'est... On parle de cette date-là ici, c'est ça?
Mme Blanchet (Isabelle) : Isabelle
Blanchet, Revenu Québec. Oui, mais le contribuable doit consentir à la
communication électronique. Ça demeure dans Mon dossier qui est sur le site
sécurisé de Revenu Québec. Il reçoit une notification électronique comme quoi
la cotisation a été déposée dans Mon dossier. Alors, il doit accéder à notre système
sécurisé avec son mot de passe pour avoir accès à son dossier fiscal, là, sur
le réseau sécurisé. L'avis de cotisation ne s'en va pas sur Internet, là, à une
adresse, là.
M. Beauchemin : Non, non, non.
Non, je comprends ce que vous... je comprends ce que vous dites. Ça, c'était...
ça, c'était clair dans ma tête, là, mais c'est plus pour... Bon, bien,
justement, le moment où il va être logé dans Mon dossier, c'est à partir de ce
moment-là que la date court...
Mme Blanchet (Isabelle) : Oui.
Oui, parce que...
M. Beauchemin : ...et non...
et non l'accès à Mon dossier par le particulier, le jour où est-ce que... Tu
sais, on... Je ne sais pas, moi, si tout le monde vérifie Mon dossier à tous
les jours, peut-être, peut-être pas, mais ça se peut peut-être que quelqu'un
n'ait comme pas le réflexe de regarder ça régulièrement puis passer un mois
avant de revérifier Mon dossier. Puis là il a revérifié Mon dossier, puis,
woup, ça fait déjà trois semaines qu'il m'a envoyé ça. Mais là, vous, ça
commence à compter il y a trois semaines et non à partir du moment où
est-ce qu'il a pris connaissance.
Mme Blanchet (Isabelle) : Oui,
effectivement, vous avez raison, mais il y a une notification par courriel qui
est envoyée comme quoi il y a un document déposé dans son dossier. Le
contribuable, en tout temps, peut retirer... Quelqu'un qui... Certaines
personnes utilisent très peu Internet ou très peu les communications
électroniques. Le contribuable peut, en tout temps, retirer son autorisation de
communiquer avec lui par voie électronique. À ce moment-là, on va prendre la
voie traditionnelle qui... Postes Canada, là, par la poste régulière, là.
M. Beauchemin : Bien... Puis
je n'ai pas d'enjeu, je pense que je comprends, je comprends l'idée, puis on va
être efficace, puis ça, c'est correct, là. Puis il n'y a pas de différence
entre ça puis envoyer par la poste quelque chose qui peut dormir pendant trois semaines
dans la boîte à malle, si la personne n'a pas été faire un tour, parce que ce
n'est pas un régulier de le faire, là. Mais, dans ces enjeux-là, dans ce...
dans ce contexte-là, étant donné, souvent, que la période de... bien, la date
d'émission de l'avis puis la date d'action requise est souvent à l'intérieur de
comme un mois, souvent, c'est le cas, là.
Mme Blanchet (Isabelle) : Pour
s'opposer, si vous êtes en désaccord avec l'avis de cotisation qui vous a été
délivré...
M. Beauchemin : Ou payé, ou
peu importe, là.
Mme Blanchet (Isabelle) : ...c'est
90 jours, habituellement, le délai pour vous...
M. Beauchemin : C'est 90 jours?
Mme Blanchet (Isabelle) : ...90 jours,
oui, le délai pour faire opposition.
M. Beauchemin : Ah! OK. Je
pense qu'au moins une fois à tous les trois mois, il faut aller vérifier
ses courriels. D'accord, d'accord. Et puis cryptoactif, c'est-tu un problème
qui est important, ça, M. le ministre?
M. Girard (Groulx) : Me Blanchet.
Mme Blanchet (Isabelle) : Isabelle
Blanchet, Revenu Québec. Les cryptoactifs, c'est une réalité importante. Avec
elle, nous, comme d'autres autorités fiscales à travers le monde, devons
composer. L'ampleur des activités de minage, je ne suis pas en mesure de vous les...
de vous indiquer l'ampleur, mais les cryptoactifs, c'est sûr qu'elle suscite un
grand intérêt auprès des autorités fiscales.
M. Beauchemin : Puis ça
représente quoi, pour nous, quantité, dollars, évitements fiscaux? On a-tu une
idée, grosso modo, ce que ça peut représenter? On court après quoi, grosso modo,
là, le...
M. Girard (Groulx) : On n'a
pas cette... Ce n'était pas une information publique.
M. Beauchemin : OK. Est-ce
qu'un des objectifs, c'est de réduire aussi des manipulations qui sont
inutiles? C'est-tu ça qui est... C'est-tu ça, l'objectif?
Mme Blanchet (Isabelle) : Pour
la mesure, ici, dont on parle, c'est la mesure qui précise que ce n'est pas une
fourniture taxable en TVQ, parce qu'elle ne l'est pas en TPS puis qu'il n'y a
pas de remboursement de taxe sur les intrants. Parce que, comme le disait M. le
ministre, c'est... les réseaux d'exploitation de cryptoactifs, c'est... il n'y
a pas de propriétaire en tant que tel, c'est toute une chaîne, une chaîne de
blocs. Alors, ce serait très difficile au niveau des déclarations de taxes
qui... on le fait dans la <chaîne...
Mme Blanchet (Isabelle) :
...au
niveau des déclarations de taxes qui... on le fait dans la >chaîne,
alors c'est au niveau... c'est un petit peu assimilable... On n'a pas le TVQ,
TPS sur les services financiers, ça fait qu'il y a peut-être une analogie à
faire aussi avec les services financiers, là. C'est difficile à... Au niveau
opérationnel aussi, là, toutes les activités de minage, ce n'est peut-être
pas... en tout cas, je ne voudrais pas trop m'avancer parce que, comme je vous
dis, c'est une mesure en harmonisation avec le fédéral, mais il y a une
contrepartie à ça, c'est qu'il n'y a pas de remboursement de taxe sur les
intrants. Ça fait que la personne qui fait des activités de minage ne pourrait
pas dire : Je vais demander le remboursement de TVQ sur mon ordinateur
puis l'électricité payée pour faire fonctionner mon ordinateur.
M. Beauchemin : Mais est-ce
qu'on a un objectif de, justement, réduire les manipulations?
Mme Blanchet (Isabelle) : Quand
vous dites «les manipulations», vous voulez dire les activités de minage?
M. Beauchemin : Bien non, mais
les manipulations, les échanges, justement, de cryptomonnaie, que ça soit de
par le minage vers le premier acheteur, disons, puis par la suite toutes les
transactions qui peuvent se... Est-ce que... L'objectif, c'est-tu de contrer ça
ou de...
Mme Blanchet (Isabelle) : C'est
sûr que, si chaque activité de minage demandait une déclaration de taxe, c'est
des chaînes de blocs, ça fait qu'il peut y avoir des milliers de transactions,
là, dans un court laps de temps. Je ne sais pas si mon collègue aurait une
réponse plus...
Des voix : ...
Le Président (M. Simard) : ...réponse
ou pas?
M. Beauchemin : Bien,
j'aimerais ça juste avoir un ordre de grandeur, là.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Donc, je comprends qu'il y a consentement pour ce faire. Et je ne sais
pas si la caméra est en mesure de pouvoir capter notre intervenante.
M. Beauchemin : Mais moi, je
ne la vois même pas.
Le Président (M. Simard) : Ça
vous va?
M. Beauchemin : Ah! bonjour.
Le Président (M. Simard) : Madame,
auriez-vous l'amabilité d'approcher votre micro et de vous présenter, s'il vous
plaît?
Mme Bouchard (Mireille) : Bonjour.
Mireille Bouchard, légiste à Revenu Québec. Excusez-moi, pouvez-vous répéter
votre question?
M. Beauchemin : La question
était de savoir : Est-ce que l'objectif, ici, c'est de réduire les
manipulations pour le minage, pour toutes les transactions qui peuvent avoir
lieu une fois le minage fait? Est-ce que c'est limiter les transactions ou
essayer de pouvoir... Quel est l'objectif, en fait, de ça?
Mme Bouchard (Mireille) : En
fait, c'est parce qu'étant donné qu'il n'y a pas de responsable dans un... par
exemple, dans une chaîne de blocs, il n'y a pas de propriétaire, c'est vraiment
difficile d'attribuer une fourniture à quelqu'un. Les personnes ne connaissent
pas à qui ils effectuent des fournitures, donc c'est impossible pour les
personnes qui effectuent des activités de minage de pouvoir facturer la TPS...
la TVQ, excusez-moi. Donc, ce n'est pas nécessairement pour réduire les
transactions ou les activités comme telles.
M. Beauchemin : OK. C'est
beau.
Le Président (M. Simard) : D'autres
questions sur les mesures contenues dans le sujet 11? Sans quoi nous
allons procéder au vote pour les articles suivants. Alors, M. le secrétaire,
j'en appelle à votre vigilance, il y en aura quelques-uns. Conséquemment,
est-ce que les articles 1, 2 et 9, 118, 141 et 171, les articles 3 à
8, 80 à 82 et 142, l'article 207, ainsi que les articles 10, 69, 71 à
79, 83, 85 à 90, 92 à 94, 96, 97, 100 à 102, 104, 107 à 117, 119, 125, 130, 132
à 138, 140, 203 à 206, 208 à 214, 217 à 219, ainsi que l'article 221 sont
adoptés?
Une voix : ...
Le Président (M. Simard) : Vote
par appel nominal. M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Girard (Groulx)?
M. Girard (Groulx) : Pour.
Le Secrétaire
: M. Thouin
(Rousseau)?
M. Thouin : Pour.
Le Secrétaire
: M. Allaire
(Maskinongé)?
M. Allaire : Pour.
Le Secrétaire
: Mme Abou-Khalil
(Fabre)?
Mme Abou-Khalil : Pour.
Le Secrétaire
: M. Poulin
(Beauce-Sud)?
M. Poulin : Pour.
Le Secrétaire
: M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys)?
M. Beauchemin : Contre.
Le Secrétaire
: M. Lefebvre
(Arthabaska)?
M. Lefebvre : Abstention.
Le Secrétaire
: M. Simard
(Montmorency)?
Le Président (M. Simard) : Abstention.
Ces articles sont donc adoptés.
Nous en sommes maintenant au
sujet 12, concernant un certain nombre d'éléments de terminologie et de
concordance. M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Modifications
techniques, terminologiques et de concordance. Modifications proposées :
Plusieurs dispositions de la loi doivent être corrigées pour assurer la
cohérence de celle-ci.
Diverses modifications à caractère
technique, terminologique ou grammatical sont aussi apportées à la loi afin
d'en préciser certains aspects, M. le Président.
• (16 h 20) •
Le Président (M. Simard) : Alors,
y aurait-il des questions sur l'un ou l'autre de ces articles? Conséquemment,
ceux-ci sont-ils adoptés?
Des voix
: Adopté.
Le Président (M. Simard) :
Adopté. Très bien. Nous avons donc <terminé...
Le Président (M. Simard) :
...ceux-ci
sont-ils adoptés?
Des voix
: Adopté.
Le Président (M. Simard) : Adopté.
Très bien. Nous avons donc >terminé la fin de ce projet de loi.
Nous en sommes rendus à la fin de l'étude
détaillée. Il me faut donc vous poser nos traditionnelles questions de fin de
séance. Le titre du projet de loi est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Simard) : Adopté.
Je propose que notre commission adopte une motion d'ajustement des références.
Cette motion est-elle adoptée?
Des voix
: Adopté.
Le Président (M. Simard) : Adopté.
Une voix : ...
Le Président (M. Simard) : Ah
oui? Alors, nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 16 h 21)
(Reprise à 16 h 22)
Le Président (M. Simard) : Alors,
chers collègues, par souci d'efficience, et pour que tout cela soit bien clair,
nous avions, effectivement, adopté le sujet n° 12 sans nommer tous les
articles qu'il contient, ils sont assez nombreux. Je pensais pouvoir m'en
soustraire, mais ça a l'air que non. Alors, nous allons... nous allons les
appeler. Alors, les articles 11, 70, 84, 91, 98, 99, 103, 106, 120 à 122,
126, 129, 131, 139, 143, 147, 148, 161, 170, 172 à 180, 182, 189, 190, 194 à
197, 200, 201, 215, 216, 220, 222, et 223. Sont-ils adoptés?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Simard) : Adopté.
Bien. Alors, je vous avais déjà posé quelques questions concernant la fin de
l'étude détaillée. J'avais bien compris que la motion afin d'adopter
l'ajustement des références était adoptée.
Et nous en sommes maintenant rendus aux
remarques finales. Et, sans plus tarder, à moins que d'autres collègues ne
souhaitent intervenir, je cède la parole au député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Merci
beaucoup, M. le Président. On a eu quand même des bonnes questions. Je pense
qu'il y a eu certains enjeux, là, qu'on a été capables de mieux cerner,
certains autres qu'on n'a pas été capables d'avoir de précision, pour les
raisons qui ont été expliquées, puis ce n'est pas la... ce n'est pas la faute
des gens ici présents. Je pense qu'on avait comme une approche de concordance
avec... harmonisation, plutôt, avec Ottawa. Donc, les réponses étaient
peut-être un peu moins bien ciblées, mais somme toute, j'apprécie l'exercice
qui a été fait. On va évidemment suivre notre tradition, donc c'est tout, je
vous remercie.
Le Président (M. Simard) : Merci
à vous, cher collègue. M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Je veux
remercier tout le monde, les députés du gouvernement, les députés des
oppositions, députés indépendants. Merci. Merci aux membres de la commission,
merci au personnel du ministère des Finances, à mon cabinet, merci à tous les
légistes, l'équipe de Revenu Québec et légistes et autres professions. Je pense
qu'on a très bien travaillé. Et le projet de loi n° 75 était un projet de
loi important, puisque c'était quand même les... au budget 2024-2025 que
les premières mesures de l'examen des dépenses fiscales avaient lieu, et donc
il y avait des discussions importantes à avoir, puis on les a eues
professionnellement ici, puis c'est un plaisir de travailler avec vous, M. le
Président. Merci à tout le monde.
Le Président (M. Simard) : Alors,
merci à vous tous. Comme notre commission a accompli son mandat, j'ajourne nos
travaux sine die. Au plaisir!
(Fin de la séance à 16 h 25)