(Onze heures trente et une minutes)
Le Président (M. Laframboise) : ...je
déclare la séance de la Commission des finances publiques ouverte.
La commission est réunie afin de procéder à
l'étude du volet Finances, Société des alcools du Québec, des crédits
budgétaires du portefeuille Finances pour l'exercice financier 2026‑2027.
Une enveloppe d'une heure a été allouée pour l'étude de ces crédits.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Mallette (Huntingdon) est remplacée par M. Lamothe
(Ungava).
Société des alcools du
Québec
Discussion générale
Le Président (M. Laframboise) :
Merci beaucoup, M. le secrétaire. Nous allons procéder à une discussion d'ordre
général par blocs, incluant les questions et les réponses. La mise aux voix de
ces crédits ainsi que du portefeuille Finances sera effectuée à la fin du temps
qui leur est alloué, soit vers 12 h 30.
Je suis maintenant prêt à reconnaître une
première intervention de l'opposition officielle pour un premier bloc. M. le
député de Marguerite-Bourgeoys, vous avez 17 min 51 s.
M.
Beauchemin : Merci. Merci beaucoup, M. le Président. Juste
peut-être prendre 30 secondes, M. le ministre, pour vous poser une
question sur le sujet qu'on a clos hier, puis, après ça, on rembarque tout de
suite.
M. Girard (Groulx) : ...
M.
Beauchemin : Merci. Dans le
cadre, là, du partenariat, donc, avec Rio
Tinto, là, combien d'argent Rio Tinto
a effectivement déboursé jusqu'à maintenant en capital?
M. Girard (Groulx) : Ah! bien, ce
serait le même montant que nous, parce qu'on est 50-50 et donc... Tantôt, j'ai
expliqué pourquoi, là, on oscille entre 1,1 puis 1,2, là, c'est parce qu'il y a
des... c'est des montants US qui ont été convertis en canadien. Mais
entendons-nous pour 1,1, là, le même montant que nous, à date. Et donc, à
mesure qu'il y aura d'autres injections de
capital, le gouvernement du Québec va laisser Rio Tinto prendre la majorité du
projet.
M. Beauchemin : OK. Merci pour ces
précisions. Donc, on parle de la Société des alcools. Merci d'être avec nous
aujourd'hui. Est-ce que le ministre peut nous expliquer les raisons derrière le
choix, là, de vouloir moderniser l'entrepôt, là, qui a été fait, là, d'y aller
de l'avant avec l'entrepôt? Comment qu'on est rendus à ça? Ça coûte combien par
rapport au plan initial? Parce qu'on a entendu des chiffres un peu divergents,
là, depuis les dernières semaines, là-dessus. J'aimerais peut-être avoir des
précisions, si c'était possible.
M. Girard (Groulx) : Est-ce que vous
voulez mes précisions ou celles du PDG? Parce qu'évidemment, nous, on a souvent
l'occasion de discuter. Puis là, si vous permettez, je passerais la parole au
PDG, et, s'il y a des questions plus d'orientations gouvernementales, ça me
fera plaisir de les prendre.
M. Beauchemin : Parfait.
Le Président (M. Laframboise) : Il y
a consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Laframboise) : Donc,
vous présenter, avec votre titre, s'il vous plaît.
M. Farcy (Jacques) : Oui, bonjour.
Je m'appelle Jacques Farcy, je suis le PDG de la SAQ.
Le Président (M. Laframboise) :
Parfait.
M. Farcy (Jacques) : Donc,
effectivement, sur le centre automatisé de Montréal, donc, qui va être basé à
Montréal, mais il va desservir l'intégralité du Québec, c'est un projet qui a
été réfléchi dans... autour des années, je dirais, juste
avant la pandémie. Et dans ce projet, l'idée, c'est de pouvoir automatiser une
partie de nos opérations, essentiellement, la préparation à la bouteille pour
SAQ.com et pour nos titulaires de permis. Et on a besoin d'investir dans notre
outil logistique, parce que nous n'avions pas fait d'investissement depuis les
années 2000, et, depuis les années 2000, le volume de la SAQ a
doublé. Donc, c'est un peu comme si vous étiez deux personnes dans une maison
et que vous vous retrouvez à quatre. On comprend tous qu'il faut être capable
de se moderniser et d'investir, donc c'est ce qu'on a fait autour d'un projet.
On a eu une première réflexion autour d'un projet.
Puis, comme vous le savez, lorsqu'une société
d'État veut investir plus de 15 millions dans la construction d'un
édifice, il est nécessaire d'obtenir un décret. Donc, la première réflexion,
nous sommes allés chercher un décret d'un peu plus de 41 millions en 2021,
au même moment où nous réfléchissions avec l'appareil qui va rentrer dans la
bâtisse pour être capable d'automatiser nos opérations. Lorsque le choix a été
fait de la personne qui va nous faire la bâtisse, l'appareil nécessitait des
spécifications au bâtiment qui étaient très différentes de celles qu'on avait
initialement anticipées, notamment un bâtiment beaucoup plus haut, un bâtiment
qui est beaucoup plus résistant. On est sur un...
M. Girard (Groulx) : ...monsieur, il
a 17 minutes, là. Il faut que vous soyez concis, OK.
M. Farcy (Jacques) : Parfait.
M. Girard (Groulx) : Et puis ce
qu'il veut savoir, c'est l'interaction avec SAQ.com.
M. Farcy (Jacques) : Parfait. Donc,
effectivement, donc, une fois que le bâtiment a été, je dirais, totalement
spécifié, on a obtenu un délai de... un décret de construction de
137 millions. Aujourd'hui, le projet va très bien. Il est dans ce... dans
cette enveloppe-là pour la construction. La machine et l'équipement tout
autour, c'est un projet d'un peu plus de 300 millions. On est dans les
délais et effectivement dans le budget.
M. Beauchemin : Quand vous dites...
M. Girard (Groulx) : Et le lien avec
SAQ.com.
M. Farcy (Jacques) : Le lien avec
SAQ.com, c'est que nous allons pouvoir desservir 20 000 produits
partout au Québec, au même prix, sur SAQ.com, à la fois pour nos clients
particuliers, mais aussi pour les titulaires de permis.
M. Beauchemin : Et quand vous dites,
là... c'est 300 millions pour l'équipement à l'intérieur?
M. Farcy (Jacques) : En fait,
l'ensemble du projet, c'est à peu près 300... je dirais, 300,
310 millions...
M. Beauchemin : Donc, incluant l'équipement
qui va...
M. Farcy (Jacques) : ...incluant
l'édifice pour le décret de 137 millions.
M. Beauchemin : OK, d'accord.
Comment vous allez faire avec les emplois, là, qui clairement... On remplace
les gens qui étaient dans le centre de distribution par ce gigantesque robot,
là, si on peut dire, là. Les postes, comment qu'on... comment vous allez faire
pour régler ça?
M. Farcy (Jacques) : Alors, en fait,
la discussion a été très claire avec nos équipes, toutes les personnes qui
étaient à l'emploi de la SAQ jusqu'au 1er janvier 2025 continueront à
avoir un emploi à la SAQ au niveau de la chaîne d'approvisionnement. Les
nouveaux employés à la chaîne d'approvisionnement, depuis le 1er janvier
2025, nous sommes clairs avec eux sur le fait qu'ils pourraient être impactés
par le processus d'automatisation, et on estime que ça pourrait économiser de
l'ordre de 100 à 120 postes, l'automatisation. C'est ce qui rentre dans
l'équation financière pour rendre ce projet rentable sur les 30 prochaines
années.
M. Beauchemin : Donc, 100 à
120 postes depuis le 1er janvier 2025.
M. Farcy (Jacques) : Oui. En fait,
on a des attritions naturelles, des gens qui partent à la retraite ou qui quittent l'organisation. Donc, c'est à peu près une quarantaine,
cinquantaine de postes tous les ans. Donc, à partir de 2025, pour une
livraison en 2028... ceux qui sont rentrés après 2025 savent que,
potentiellement, nous n'aurons plus le même nombre d'heures à leur donner à
partir de 2028, quand le centre sera en fonctionnement.
M. Beauchemin : OK, d'accord, je
comprends. Merci. Je veux vous amener sur un autre sujet. On a évidemment, au
Québec, là, plusieurs... puis c'est un mélange récréotouristique, mais aussi
des petites PME, là, dans la distillerie. Il y en a plusieurs qui sont
apparues, là, au Québec, là. On pense à Ungava, là, à Cowansville, que je
connais bien, Comont à Bedford, dans mon comté potentiel futur, que je connais
bien aussi d'ailleurs, Menaud dans Charlevoix.
Il y a eu une vague de
fermetures, là, en 2024, qui a causé un certain émoi. Il y a eu plusieurs
revendications, etc. Une des inquiétudes, évidemment, là, qui venait de la part
de tous ces distilleurs, c'est qu'avec la libéralisation du marché
interprovincial, parce que les petites québécoises n'opèrent pas sur les mêmes
réglementations à l'extérieur, là, du Québec... Elles veulent savoir... Puis je
pose la question peut-être soit au ministre ou à vous, là, mais est-ce que vous
pouvez nous expliquer les raisons derrière le choix de moderniser cette loi?
M. Girard
(Groulx) : Oh! bien, tout d'abord, je pense que c'est parce que, dans la réglementation de l'alcool,
il y a eu plusieurs itérations dans les années. Puis évidemment c'est une
industrie qui est en grande transformation, là, parce qu'on perd de 2 % à
3 % de la consommation par année, puis c'est mondial, puis le Québec n'est
pas différent. Et puis il faut se réjouir de ça, c'est que les générations les
plus jeunes consomment moins puis consomment différemment. Et bref il y a
plusieurs... il y a une évolution dans ce marché-là, le goût des produits
locaux, l'évolution du commerce interprovincial, la baisse de la consommation,
tout... Puis on a quand même un historique de lois qui se sont empilées, à
défaut de meilleure description, et puis là on regarde pour moderniser,
simplifier, mettre à jour. Puis, au niveau des producteurs locaux, bien, il y a
toute la question : Qui est un producteur locaux... qu'est-ce qui est un
produit du terroir?
M. Beauchemin : OK. Est-ce que le
fait, là, d'ouvrir un peu plus, là, ça... Est-ce qu'on a comme fait une étude
d'impact, voir qu'est-ce que ça représentait pour la Société des alcools, le
gouvernement du Québec?
M. Girard (Groulx) : Oui, bien, on
est... C'est que lorsque... puis là je vais faire un éditorial. Lorsqu'on parle
de commerce interprovincial, à chaque fois que les provinces puis les
territoires se rencontrent, le sujet de l'alcool se ramasse en haut de la pile.
Or, le défi du Canada, ce n'est vraiment pas le commerce interprovincial de
l'alcool, là. C'est le transport, hein, que quelqu'un puisse prendre un camion
au Nouveau-Brunswick puis amener son chargement jusqu'en Colombie-Britannique
sans changer de réglementation au niveau de la longueur du châssis, les pneus,
etc., le poids. Le transport... Ensuite, la construction, est-ce qu'un
travailleur du Québec peut aller sur un chantier en Ontario? Et surtout est-ce
qu'un travailleur de l'Ontario peut venir sur un chantier du Québec? Alors,
transport, construction, approvisionnement, c'est tous des sujets qui sont
beaucoup plus importants que le commerce de l'alcool.
• (11 h 40) •
M. Beauchemin : D'accord. Je veux
vous amener sur un sujet qui est, en fait, connexe, là, au niveau de la
perception, là, du consommateur. Il y a beaucoup de variabilité, là,
évidemment, tout le temps dans la même direction, là, au niveau du prix des
produits, là, offerts à la SAQ. Est-ce que vous pourriez nous expliquer,
premièrement, les pressions qui... bien, les pressions... quels sont les
intrants qui vous forcent, là, donc, à avoir ces révisions plus souvent
qu'annuelles, là, des prix pour le consommateur?
M. Farcy
(Jacques) : Alors, en fait,
sur le prix de vente consommateur, comme vous le savez sans doute, il y a plusieurs
éléments, comme vous le dites, qui impactent ce prix. Le premier élément, c'est
le coûtant du producteur. Donc, nos producteurs sont partout sur la planète.
Les saisons de récoltes peuvent être différentes en fonction de l'hémisphère
dans lequel ils sont présents. Donc, les coûtants de production, c'est le
premier élément qui entre dans la fixation de notre prix de vente.
Ensuite, il y a des frais, des charges, des
taxes qui s'ajoutent. Il faut savoir que la SAQ transporte les produits, on se
porte acquéreur des produits... chez nos producteurs, et c'est nous qui nous
chargeons de les transporter. Donc, le coût de transport est à notre charge.
Et, en ce moment, avec 77 pays, plus de 40 000 produits, vous
comprenez que la géopolitique sur le transport des marchandises impacte
beaucoup les prix de vente.
Ensuite, il y a les taux de change. On achète,
la plupart du temps, au choix du producteur, soit en dollars canadiens, soit
dans la monnaie locale. Donc, s'il y a un taux de change, effectivement, qui
varie, ça peut impacter le prix de vente. Et
enfin, il y a la majoration de la SAQ, et la majoration de la SAQ, on l'a
baissée en 2017. De 2017 à 2023, elle a été maintenue exactement au même
niveau, on n'a jamais augmenté notre majoration, malgré la pression sur nos
coûts d'opération. Et, depuis 2023, on fait une révision, tous les ans, de
cette majoration. Et la révision, ça veut dire qu'on se pose la question
de : Est-ce qu'on augmente? Est-ce qu'on n'augmente pas? Quelles
catégories de produits on augmente? Mais la majoration est la même sur tous les
produits, ce qui permet de respecter la pleine concurrence des producteurs
puisqu'on ne fait pas de différence de marge en fonction d'un produit, de sa
provenance.
M. Beauchemin : ...serait opportun
pour avoir, justement, plus de transparence envers le consommateur. Vous savez,
quand on va à la pompe puis on met de l'essence, on comprend les composantes du
prix, approximatives, là, qu'on se trouve à payer. Il n'y aurait pas... il n'y
aurait pas utilité à justement avoir une ventilation de ce qui compose le prix
unitaire?
M. Farcy (Jacques) : Alors, ces
informations sont disponibles sur notre site, sur SAQ.com. Vous pouvez
consulter toutes nos tables de majoration, elles sont publiques, transparentes.
Et, une fois par an, on fait l'exercice de donner des exemples pour certains
produits emblématiques, généralement un vin autour de 15 $ ou 20 $ et
un spiritueux autour de 40 $ ou 45 $, qui sont les plus gros vendeurs
à la SAQ.
M. Girard
(Groulx) : C'est dans le rapport annuel aussi, là.
M. Beauchemin : Bien, la
ventilation, à savoir le coût de distribution...
M. Farcy (Jacques) : Oui,
absolument, tous ces coûts sont donnés de manière, je dirais, transparente. Nos
coûts d'opération, c'est ce qu'on appelle les charges sur ventes, sont publiés
dans notre rapport annuel tous les ans, et, tous les ans, vous voyez
l'historique de ces coûts, qui ont systématiquement baissé suite à nos
améliorations de performance à la SAQ.
M. Girard (Groulx) : ...le député
parle, là, c'est la bouteille avec les petites couches, là, que votre ministre
favori aime bien aussi, là.
M. Farcy (Jacques) : ...absolument.
Donc, ces informations sont remises dans le rapport annuel pour certaines et
sont disponibles sur SAQ.com. Et je suis peut-être un des seuls détaillants à
faire des tournées de presse pour aller expliquer l'augmentation de nos prix.
M. Beauchemin : D'accord. Parlons
des produits... des produits locaux, leur faciliter, là, l'accès, à votre
réseau de distribution. Puis je vais probablement vouloir vous reposer
plusieurs questions, là, là-dessus, mais est-ce qu'on pourrait comprendre, de
votre perspective à vous, là, les raisons pour lesquelles, les produits locaux
québécois, il y a... il y a un moindre effort, disons, par rapport à la vente,
là, par rapport aux chiffres de ventes, là? Il y a une moins grosse proportion
qu'initialement souhaité, lorsqu'on regarde le nombre de produits québécois
qu'il y avait initialement sur des étagères... que là, maintenant, ça, ça a
réduit.
M. Farcy (Jacques) : Alors, en fait,
ça n'a pas réduit, ça a augmenté...
M. Beauchemin : Bien non, mais le
produit a...
M. Farcy (Jacques) : ...parce qu'on
surreprésente les produits québécois depuis toujours, et encore plus cette
année, puisque l'absence des produits américains... on a saisi l'opportunité de
mieux mettre de l'avant les produits québécois. Donc, on est derrière
l'industrie québécoise pour s'assurer qu'on lui donne tous les moyens de
croître dans un marché qui est relativement compétitif puisqu'on a des produits
de 77 pays sur nos tablettes.
M. Beauchemin : OK, mais on croyait
qu'il y avait eu une augmentation de... une diminution de l'offre... je
m'excuse. Effectivement, donc, lorsqu'on a remplacé les produits américains, on
les a remplacés le plus possible par ce qu'on pouvait trouver qui était
disponible sans avoir à passer à travers une distribution américaine, c'est ça?
M. Farcy (Jacques) : En fait,
l'espace qui était dédié aux produits américains a été confié aux produits
québécois, en plus de l'espace qui était déjà disponible pour les produits
québécois dans nos succursales.
M. Beauchemin : OK. OK, d'accord. Je
veux vous ramener sur...
M. Girard (Groulx) : ...on aurait
une précision pour vous.
M. Farcy (Jacques) : ...effectivement,
vous parlez du plan qu'on a fait sur les spiritueux spécifiquement. On a fait
une rationalisation de notre offre de spiritueux québécois, les gins québécois
notamment, parce qu'en fait, entre 2015 et 2023, on acceptait systématiquement
tous les nouveaux produits québécois. Il y a eu une explosion de l'offre de gin,
il y a eu une saturation du marché, et l'Union québécoise des microdistilleries
avec la SAQ se sont mises d'accord pour faire ce qu'on appelle une gestion par
catégories, c'est-à-dire définir des règles qui permettent de s'assurer que les
produits qui arrivent à la SAQ sont des produits qui sont testés et qui
démontrent un niveau de performance pour maintenir leur place sur les
tablettes.
Donc, ça, c'est un chemin qu'on a fait
conjointement avec l'association des distillateurs du Québec, et il porte ses
fruits, puisque cette année, la catégorie, je dirais, va un petit peu mieux que
par le passé. Et ça, ça permet de s'assurer qu'on donne une bonne
représentativité à tout le monde, mais on s'assure aussi que les produits qui
ne tournent pas ou qui ne sont pas demandés par les consommateurs perdent un
petit peu en distribution en faveur des produits qui sont plus demandés par les
consommateurs.
M. Beauchemin : D'accord. Là, je
veux vous ramener sur une question qu'on avait discutée l'an passé et l'année
précédente puis qu'on... on s'était quittés l'an passé avec un vent d'optimisme
de votre part, à savoir que vous alliez regarder, voir la possibilité de mettre
en place ce que je vous proposais à ce moment-là. Donc, on s'entend que le
produit en tant que tel que vous vendez, c'est un produit qui... au niveau, là,
de la... de procéder à la transaction en succursale, par exemple, OK, c'est
relativement simple. On peut avoir un code-barres, on ne fait que le scanner.
Et donc, quand on regarde ça dans un contexte où
est-ce que, justement, on peut avoir à la porte quelqu'un qui vérifie l'âge des
gens puis que, lorsqu'on regarde au niveau de la sécurité, en termes de ce qui
est produit dans les caisses, etc., on peut voir
facilement aussi ce qui est mis dans la boîte, si jamais c'était une boîte...
bien, on pourra parler des boîtes, parce que ça, ça semble avoir disparu, là.
Est-ce que vous avez, donc, regardé l'optimisation qui pourrait être faite, à
savoir le nombre d'employés nécessaires dans les succursales pour justement
faire la transaction avec les clients?
M. Farcy (Jacques) : Alors, on est
particulièrement attentifs à notre productivité. On réussit à l'améliorer même
dans un contexte de décroissance de ventes. Donc, ça, c'est quelque chose dont
on se félicite, mais ça ne passe pas par des caisses automatiques. C'était le
débat que... la question que vous m'aviez posée l'année dernière, parce que les
dernières analyses sur les caisses automatiques montrent toujours que
l'investissement technologique pour mettre à disposition ces caisses par
rapport aux retours attendus, c'est-à-dire les gains d'efficience sur la
fonction de l'encaissement, ne sont pas au rendez-vous. Mais je veux vous
rassurer sur le fait qu'en termes de performance, que ce soit au niveau des
succursales ou au niveau de nos opérations logistiques, nous sommes aujourd'hui
plus productifs que nous l'étions l'année dernière.
Le Président (M. Laframboise) : Merci
beaucoup, M. le député. C'est terminé pour votre première intervention...
passons au député de Jean-Talon pour 3 min 52 s. M. le député.
M. Paradis : On n'a pas
beaucoup de temps. Alors, essentiellement, je vais vous... je vais vous poser
une question puis je vais vous laisser l'opportunité de répondre. Comme députés,
on est souvent le... on reçoit beaucoup de commentaires puis on est les
vecteurs de ces commentaires-là. Je dois vous dire que, concernant la Société
des alcools du Québec, et je m'adresse à vous, M. le Président, M. le ministre,
si vous voulez répondre, libre à vous... mais les gens sont inquiets.
Les gens sont inquiets de ce qu'ils considèrent
être un virage de la Société des alcools du Québec par rapport à sa mission. Je
vous ai déjà posé la question, vous dites : Non, la mission, elle est
toujours là, mais, dans les faits, on vient de parler, par exemple, du centre
de distribution. C'est important de mentionner qu'au départ c'était
48,5 millions. Là, c'est passé à 300 millions. Il y en a qui disent
que c'est très cher payé et que ça va signifier un effritement des services en
région.
• (11 h 50) •
La Santé publique s'inquiète. Les gens qui
sont... par exemple, là, l'Association pour la santé publique du Québec, qui
est une grande coalition, s'inquiète des effets sociétaux des changements que
vous êtes en train d'opérer. Il y a des fermetures de succursales, notamment en
région et dans des quartiers, j'en ai dénoncé dans la Capitale-Nationale, alors
que ce sont des succursales qui sont rentables. On fait appel à de grandes
multinationales comme Uber Eats, alors que des producteurs locaux disent que
c'est un parcours du combattant pour réussir à trouver leur chemin sur les
étagères de la Société des alcools. On parle de privatisation avec les Zones
SAQ, avec les microagences privées qui font de la concurrence à des
détaillants. Il y a des distributeurs québécois. On parle beaucoup de mission
qui est de plus en plus commerciale et de moins en moins centrée sur ces autres
aspects de la vitalité régionale. Qu'est-ce que vous répondez à ces gens qui sont
très nombreux aujourd'hui à s'inquiéter de ce qui se passe à la Société des
alcools du Québec?
M. Girard (Groulx) : OK. Je
vais prendre les 20 premières secondes puis je vais laisser notre PDG
décliner chaque initiative qui reçoit son lot d'approbations et de critiques.
La société change, la consommation de l'alcool
change. Moins de consommation, les jeunes ne vont pas dans les succursales de la SAQ, et donc le... il y a
moins de consommation, puis la composition de la population se modifie. Alors,
si la Société des alcools reste figée puis qu'elle dit : Nous, on ne
change pas, mais la société change, c'est... à moyen terme, c'est le monopole
qui va être menacé, parce que la société évolue puis la consommation évolue.
Donc, la SAQ doit se transformer dans le respect de sa mission. Vous pouvez y
aller pour chacune des initiatives que vous déclinez sous cette tendance.
M. Farcy (Jacques) : Absolument,
et, comme M. le ministre le rappelle, ce qu'on a mis à disposition du public
très récemment, c'est notre plan stratégique. Ce plan stratégique, il intègre
l'ensemble de nos stratégies pour être capable de faire face à cette transformation
dont on a besoin parce que le consommateur évolue. Et je comprends que
certaines des initiatives, qui ont été pour beaucoup des projets pilotes
l'année dernière, si on les prend de manière isolée, peuvent générer des
discussions, peuvent générer des échanges, si on part du principe que chacune
de ces initiatives est la stratégie de la SAQ.
La stratégie de la SAQ, c'est d'offrir un accès
inégalé à la plus grande variété de boissons alcooliques, et ça se passe
d'abord et surtout dans nos succursales. Ce sera complété par quelques
initiatives avec des partenariats, comme ils existent déjà depuis longtemps. On
a des agences depuis les années 80, donc faire des Zones SAQ, c'est une
déclinaison de ces agences. Travailler avec des partenaires de livraison, on le
fait déjà depuis de nombreuses années, où on étend avec un service au travers
des plateformes collaboratives.
Mais, je veux le redire, parce que c'est très
important, l'essentiel de notre activité continuera d'être l'excellent service
qui se passe dans nos succursales et l'équilibre qu'on y trouve. Parce que la
raison pour laquelle on a une société d'État qui s'occupe de l'alcool, c'est
parce qu'on doit balancer cet équilibre entre la capacité à mettre à
disposition et à commercialiser un produit pas banal au même moment que
s'assurer que la santé publique soit considérée dans nos actions.
Le
Président (M. Laframboise) :
...donc, nous allons poursuivre
avec la deuxième opposition. Mme la députée de Verdun, pour
11 min 54 s.
Mme Zaga Mendez : Merci
beaucoup. Bonjour, M. le ministre, bonjour, M. Farcy. Je vais faire du
pouce sur les questions concernant les centres automatisés de Montréal. Il y a
une grande préoccupation quand on passe de 47 millions à un coût de
300 millions. C'est quand même une augmentation de 538 % en quatre
ans, là. C'est les informations qu'on reçoit.
Moi, je veux comprendre. Il y a eu un décret
initial, après on nous dit qu'il y a une explosion des coûts au niveau de... du
bâtiment et des équipements. Qu'est-ce qui a été présenté comme projet, comme
estimation des coûts initialement au Conseil du trésor, en 2021? Et qu'est-ce
qui a été déposé par la suite, je pense, en 2023? Comment ça on n'a pas estimé
100... comme 97 millions de dollars en termes d'optimisation du
bâtiment?
M. Farcy (Jacques) : Alors, en fait,
ce n'est pas une explosion des coûts, c'est un changement de projet. C'est très
important de le considérer. La première fois qu'on a fait la demande pour le
décret, nous n'avions pas encore les spécifications de l'équipementier qui
allait héberger la machine. C'est un peu un équivalent comme si on était allés,
en tant que particulier, demander un permis de construire à la ville pour
construire un garage et que, quand on réalise la taille de la voiture qu'on est
en train d'acheter, on se rend compte que le garage qu'on avait imaginé n'est
pas capable d'abriter la voiture. Donc, une fois que ce projet a été pleinement
défini au travers du deuxième décret, et c'était, comme vous l'avez cité, en
2023... depuis 2023, il n'y a eu aucun changement, ni sur les coûts ni sur la
capacité à livrer le projet, sur les délais. C'est un projet qui est
parfaitement gouverné, qui est parfaitement clair, sur lequel vous m'avez
également posé des questions l'année dernière, auxquelles j'ai répondu. Et donc
il n'y a pas eu de changement depuis l'année dernière.
Mme Zaga Mendez : Donc, on est
encore à une estimation entre 300, 310 millions, ce que vous avez...
M. Farcy (Jacques) : C'est ça,
autour de 300, on pense que ça pourrait être. Le budget est un petit peu
supérieur à 300, mais évidemment on est... on parle encore de budget, parce que
le projet est encore en cours de livraison.
Mme Zaga Mendez : Donc, parce que ce
que... Je vais revenir, là, sur le changement de projet, mais là, dans le
rapport annuel, c'est indiqué qu'il y a une dépense de 54,5 millions sur
les bâtisses. Ça, c'est les dépenses de l'année 2025 pour le bâtiment.
M. Farcy (Jacques) : En fait,
exactement, chaque année, on... le bâtiment est maintenant construit. Donc,
chaque année, on fait état, dans notre rapport annuel et dans nos rapports
trimestriels, des investissements de la SAQ, et, parmi ces investissements, il
y a le centre automatisé qui commence à se construire et à s'équiper.
Mme Zaga Mendez : Bien, parfait.
Puis juste bien comprendre, parce que vous avez dit : Il y a un changement
de projet, là, lorsqu'on change un projet... c'est-à-dire qu'on est allés...
vous avez ouvert le garage, vous vous êtes rendu compte que la voiture ne
rentre pas, je vais parler dans... en utilisant le même exemple, bien, comment
ça qu'on a choisi ce garage-là à la base? Comment ça se fait qu'on n'a pas
prévu les ajustements, les exigences? Comment ça, c'est arrivé de nulle part?
Parce que je sens qu'ici on a dû modifier un projet, le présenter au Conseil du
trésor. Ça, c'est pour le bâtiment, mais est-ce qu'il y a aussi un changement
de projet en termes de la mission puis l'objectif que ce projet-là va
accomplir?
M. Farcy (Jacques) : En fait, ce
n'est pas un changement de projet, c'est... on a travaillé en parallèle sur
deux sujets, et les deux sujets se sont, je dirais, retrouvés en 2023, et,
depuis 2023, les choses fonctionnent bien. Donc, l'appareil, l'outil qui va
être à l'intérieur va nous permettre d'automatiser nos opérations pour la
préparation à la bouteille. Et on a annoncé, le 1er janvier 2025, que le même
outil nous permettrait d'automatiser... 75 % de la préparation des
commandes à la caisse pour nos succursales pour être capable de faire face au
contexte dont parlait le ministre Girard sur l'évolution de la consommation et,
je dirais, une forme de stagnation de nos volumes. Donc, on a décidé, en
janvier 2025, ce n'était pas prévu dans le projet initial, mais la machine nous
permet de le faire, d'ajouter une fonctionnalité de plus à l'outil pour être
capable de faire face et s'assurer que l'investissement qu'on fait s'adapte au
temps dans lequel on vit.
Mme Zaga Mendez : Bien là, vous
m'avez dit tout à l'heure qu'il y a un changement de projet... maintenant, vous
dites qu'il n'y a pas de changement de projet, mais, quand vous l'expliquez,
vous nous dites qu'il y avait deux champs d'action et un... le fait que vous
avez été capables... être capables puis juste reprendre... d'automatiser
75 %. Donc, c'est un nouveau, là. Là, on est dans la nouveauté qui est
apparue en cours de route. Est-ce que je me trompe?
M. Farcy (Jacques) : On est
effectivement dans l'adaptation au contexte qui fait face, mais, d'un point de
vue budgétaire, ça ne fait pas de changement. Il n'y a pas d'investissement
majeur additionnel pour être capable de faire cette fonctionnalité-là. Mais
c'est sûr qu'un projet qui est prévu en 2023 et qui est livré en 2028, pendant
ces cinq années, le monde continue à évoluer. Et notre travail à nous, c'est de
s'assurer qu'on est capables d'utiliser au mieux
l'investissement qu'on est en train de faire, et c'est ce qu'on est capables de
faire grâce aux choix qu'on a faits en 2023.
Mme Zaga Mendez : Ceci étant dit,
vous allez chercher quand même l'approbation auprès du Conseil du trésor. Vous
êtes la SAQ, c'est-à-dire nous sommes les actionnaires principaux.
M. Farcy (Jacques) : Absolument.
Mme Zaga Mendez : Vous dites qu'il y
a une adaptation en cours de route. Donc, moi, ce que je veux bien
comprendre... Quand on a présenté le projet initial, vous nous avez dit, il y
avait une... un projet en 2021. En 2023, vous faites des ajustements évolutifs,
selon la situation qui... Vous nous... C'est que, là, on est en deuxième
projet. Quand on donne de l'argent, c'est
bien de savoir est-ce qu'on va innover en cours de route, parce que c'est là
qu'il y a des risques possibles, mais aussi qu'il y a un détournement...
détournement, changement dans la mission de ce centre automatisé. Est-ce que
vous êtes d'accord?
M. Farcy (Jacques) : Mais ce...
absolument, mais ce projet est parfaitement gouverné. On a des comités de
projet, on a des instances de gouvernance. Notre audit interne, notre conseil
d'administration, qui fait un excellent travail, suivent ce projet à chacune
des séances. Donc, c'est un projet qui est parfaitement en ligne avec les
objectifs et qui s'adapte à la situation de la SAQ.
Mme Zaga Mendez : Puis est-ce qu'on
va vivre une nouvelle adaptation...
M. Girard (Groulx) : ...juste une
précision, une précision.
Mme Zaga Mendez : Oui?
M. Girard (Groulx) : Si on veut que
la SAQ puisse répondre à la demande, là... la société évolue, les gens veulent
pouvoir commander de l'alcool sur SAQ.com. On a besoin d'un centre
d'automatisation, là. On est en 2026, là, on ne peut plus remplir les commandes
avec des employés qui montent dans un escabeau dans un entrepôt, là.
Mme Zaga Mendez : M. le ministre,
c'est vers là que je m'en vais. Parlons de l'objectif, parce que j'ai lu en
fond et en large tout ce qui était présenté... en long et en large. Vous avez
dit que voulez... vous l'avez répété, vous voulez rendre accessibles jusqu'à
20 000 produits offerts à l'unité sur SAQ.com. Ça, c'est l'objectif
de... d'accessibilité des ventes, comparé à 4 000 actuellement. Et vous
avez dit en même temps que le CAM ne va pas concurrencer, ne va pas se
substituer... c'est là que je veux comprendre, qu'il ne va pas concurrencer les
succursales et les autres projets en partenariat.
Donc, de quoi qu'on parle, c'est d'une
augmentation fois cinq de l'accessibilité, donc de la vente. Vous voulez
augmenter la part de marché en ligne. J'entends qu'on peut... Quand on dit de
se mettre au goût du jour, c'est qu'il y a une substitution, c'est-à-dire la
personne ne va plus aller à la succursale. Vous voulez que... c'est une
substitution dans la vente en ligne ou est-ce qu'on veut augmenter fois cinq la
vente d'alcool en ligne?
• (12 heures) •
M. Farcy (Jacques) : Alors, c'est
sûr que, si on augmente l'offre par cinq, les ventes n'augmentent pas par cinq.
Sinon, il suffirait que j'augmente mon listing, tous les ans, de 10 % et
je ferais 10 % de croissance de ventes, ce qui n'est pas la réalité. Donc,
j'ai une offre plus grande pour essayer de gagner de la part de marché. Au
Québec, il se vend tous les ans pour 6 milliards de dollars d'alcool.
La SAQ ne vend que pour 4 milliards de dollars d'alcool.
Mon objectif à moi, c'est qu'on soit capables
d'être efficaces pour parler aux consommateurs, non pas pour que les Québécois
boivent plus. M. le ministre l'a dit, les Québécois boivent moins. C'est une
nouvelle dont on peut tous collectivement se féliciter, mais je souhaite que
ceux... qui puissent ou qui veulent en conscience acheter de l'alcool, puissent
avoir une offre de la SAQ qui soit la plus satisfaisante possible pour leurs
attentes, de manière à ce que cet achat-là revienne au Québec, ultimement, pour
financer les missions de l'État.
Mme Zaga Mendez : Oui. Je vais aller
plus vite. Avez-vous fait des évaluations de l'impact de cette stratégie, des
remplacements, là, parce qu'il y a une stratégie de... des changements dans
leurs habitudes, auprès de la Santé publique?
M. Girard (Groulx) : ...un instant,
là. Ce n'est pas... ce n'est pas la SAQ qui impose ce changement-là, là, c'est
la société. Les gens veulent consommer... Présentement, c'est 3 % des
ventes en ligne. Ce sera peut-être 5 % dans cinq ans, la... c'est la société
qui a évolué son... La composition des ventes en ligne, dans la consommation
totale, augmente, et la SAQ doit évoluer, parce que, si son site Web n'évolue
pas, les gens vont aller ailleurs, puis le monopole va s'écrouler.
Mme Zaga Mendez : Oui, mais on a
quand même le contrôle sur l'offre. Ça fait que, même quand on s'adapte, il
faut comprendre que, oui, la demande peut changer, mais, sur l'offre, on a un
contrôle et donc on a un effet. Est-ce qu'on a étudié l'effet du changement, de
l'adaptation en termes d'effet sur la santé publique?
M. Farcy
(Jacques) : ...en fait, la SAQ, dans une année pleine, vend déjà
20 000 produits. Le problème auquel on fait face, c'est qu'on est
obligés de changer ces produits et de les faire tourner. Si, en tant que
consommateur, vous achetez un bon produit et que vous voulez le retrouver dans
six mois, aujourd'hui, les règles font que vous ne le retrouverez pas dans six
mois. Donc, on n'est pas dans une logique à essayer de pousser à une
consommation, on est dans une logique à s'assurer qu'on répond exactement aux
attentes des Québécois, qui évoluent de manière, je dirais, très importante
dans nos catégories et sur nos marchés.
Mme Zaga Mendez : Oui, bien, les
attentes puis les habitudes sont aussi influencées par l'offre. Il ne faut pas
juste faire qu'on réponde à une demande. Lorsqu'on rend des choses disponibles,
on a un effet quand même sur les effets de consommation.
Je vais continuer sur une autre question. Quelque
chose qui a scandalisé les Québécois, dernièrement, c'est la décision qui a été
faite de confier à la multinationale américaine Uber Eats le projet pilote de
service de livraison rapide au détriment d'une entreprise... des entreprises et
des plateformes québécoises. Ce que les gens veulent comprendre, c'est comment
on peut retirer le vin américain des tablettes, mais faire affaire avec une
multinationale américaine pour la livraison.
M. Farcy (Jacques) : Bien, je
voudrais peut-être amener une précision. Il n'y a pas de société québécoise qui
offre un service de plateforme de livraison collaborative. Ça n'existe pas. Il
n'y en a pas une.
Mme Zaga Mendez : Bien, il y avait
quand même eu d'autres... La SQDC le fait, la livraison.
M. Farcy
(Jacques) : Non, la SQDC ne travaille pas avec des plateformes
de livraison collaborative. La SQDC a un service de livraison qui peut
être Purolator, qui peut être Postes Canada ou d'autres sociétés.
Mme Zaga Mendez : OK. Puis pourquoi
vous avez besoin autant d'une livraison... d'une plateforme collaborative?
M. Farcy (Jacques) : Parce qu'on
revient sur ce que le ministre explique, c'est que les consommateurs...
certains consommateurs s'attendent à ce que la SAQ rentre en 2026 et puisse
être présente sur ces plateformes. C'est pour répondre aux attentes des
consommateurs.
Mme Zaga Mendez : Et pourquoi ne pas
avoir développé un autre modèle, par exemple, avec... qu'on puisse aller
chercher directement en succursale, le faire en moins de 24 heures? Il y a
d'autres façons d'aller rejoindre que juste faire affaire...
M. Farcy (Jacques) : Mais on a...
Mme Zaga Mendez : ...avec une
multinationale étrangère en ce moment de tension avec les États-Unis, quand
même.
M. Farcy (Jacques) : ...absolument,
mais on a développé, au même moment, un autre service que... dont personne n'a
parlé, qui s'appelle la livraison à date choisie. Vous êtes... vous pouvez vous
faire livrer, à date choisie, ça s'adapte aux gens qui télétravaillent, une
commande sur SAQ.com. C'est un service qu'on a livré quasiment au même moment,
personne n'a décidé d'en parler. Donc, le débat, pour nous, ce n'est pas un
service plutôt qu'un autre. Le débat, c'est comment on est capables de répondre
aux attentes de tous les Québécois sans forcer personne à utiliser un service
qu'ils ne souhaitent pas utiliser.
Mme Zaga Mendez : Je peux comprendre
les attentes de la modernisation. Ceci étant dit, puis je rappelle... je
reviens alors au commentaire précédent, c'est qu'on a quand même un contrôle
dans l'offre. On peut... on influence de... la demande de la façon... comme
l'offre est disponible. À ce regard-là, ce qu'on... nous, on voit depuis des
années, c'est une stratégie d'expansion de l'offre au détriment d'une
stratégie, auparavant, de vente en succursale qui a quand même prouvée d'être
capable de développer. Ce que nous, on craint, c'est que le modèle des
succursales, c'est une chose du passé, puis qu'on en a fini avec ça, et qu'on
s'en va, dans quelques années, tourner seulement dans la vente en ligne qui va
exploser en termes d'offre et que peut-être va avoir un effet aussi en termes
de la consommation d'alcool au Québec.
M. Girard (Groulx) : Bien, vous
dramatisez, là, parce que la société évolue. D'abord, il y a... On n'inonde pas
le marché de produits, il se consomme moins de produits, 2 % à 3 %
par année. Ensuite, c'est les citoyens qui ont choisi d'aller moins dans les
succursales, parce que le profil démographique change, parce que les jeunes,
mes enfants, ils ne vont pas dans une succursale de la SAQ. La société évolue
et, pour protéger le monopole, la SAQ doit suivre la société.
Alors, par exemple, je vais reprendre un exemple
d'une succursale qui...
Mme Zaga Mendez : ...
M. Girard
(Groulx) : Non, mais je veux parler d'une succursale qui ferme, par
exemple, OK? On a fermé une succursale sur la rue Portage, à Gatineau. Alors,
les gens disent : Pourquoi la SAQ ne garde pas la succursale sur la rue
Portage? La SAQ est le dernier commerce qui a fermé sur la rue Portage. Les
entreprises ont quitté la rue Portage bien avant la SAQ. C'est une évolution de
la société...
Mme Zaga Mendez : ...
Le Président (M. Laframboise) : Votre
temps est terminé, madame. Votre temps est terminé. Donc, on y va avec le
député de Marguerite-Bourgeoys pour 17 min 51 s. Vous ne perdez rien, j'ai
enlevé le temps de dépassement au gouvernement.
M. Beauchemin : Merci beaucoup, M.
le Président. Bon, on était un petit peu sur le sujet, là, on parle de
succursales, là, qui ferment. Moi, je veux peut-être revenir un peu sur
l'ensemble du modèle d'affaires, incluant, donc, la partie sociétale, si on
peut dire ainsi, du mandat que vous avez. On regarde ça puis on se dit :
Bon, OK, correct, mais là il y a évidemment les mini-agences, là, qui ont été
lancées, l'automatisation des livraisons.
Est-ce qu'on planifie vraiment, là, qu'on s'en
va de moins en moins... J'entendais le ministre nous parler tantôt de 3 %
à 5 %. Est-ce qu'on s'en va vraiment à un chiffre juste de 5 % ou
est-ce qu'on a des estimés comme quoi ça va être plus significatif? On le voit,
ce qui se passe, là, dans d'autres législations comme en Europe, par exemple,
ça fait qu'on... est-ce qu'on extrapole de ça ou on a un modèle juste interne à
nous?
M. Farcy (Jacques) : Alors,
effectivement, la consommation est en décroissance partout sur la planète. Le
Québec a résisté plutôt mieux, mais maintenant on est dans cette phase-là et on
prévoit que c'est un mouvement qui va se prolonger dans les années qui
viennent. Dans le cadre de notre plan stratégique qu'on a publié jusqu'en 2030,
on pense que le marché va continuer à être en décroissance au moins jusqu'en
2030, le marché. Nous, ce qu'on souhaite, c'est gagner de la part de marché,
aller prendre de la part sur les gens qui décident de consommer de l'alcool au
Québec.
M. Beauchemin : Mais vous avez le
monopole au Québec, donc...
M. Farcy (Jacques) : Non, pas tout à
fait.
M. Beauchemin : Bien, vous avez le monopole...
M. Farcy (Jacques) : Il se vend pour
6 milliards. Nous, on en a 4, deux tiers. C'est une très grande position,
mais il y a 2 milliards qui nous échappent.
M. Beauchemin : Oui, c'est ça. Le
2 milliards... le 2 milliards, c'est quoi?
M. Farcy (Jacques) : C'est la bière
et les boissons à base de malt, essentiellement.
M. Beauchemin : OK. Donc, ce que
vous voulez, c'est prendre ça des dépanneurs?
M. Farcy (Jacques) : Bien, ce qu'on
reconnaît, c'est que le marché fait 6 milliards et que nous, on est
capables de croître très légèrement ou d'endiguer la chute de nos volumes à
nous, la SAQ, sans demander aux Québécois de boire plus. Et c'est ce qu'on a
démontré, en fait, dans toutes les années précédentes, parce que le gain de la SAQ,
des 10 dernières années, ne s'est pas traduit par une hausse de
consommation, mais déjà par un gain de parts de marché. Donc, ce mouvement-là,
on l'a déjà fait dans les années passées. On souhaite le continuer, mais dans
un contexte, comme vous le disiez, où le marché n'est plus stable, il est en
décroissance.
M. Beauchemin : Juste pour préciser,
là, vous parlez des prêts-à-boire, ou la bière, ou peu importe, là, ce qui
semble être vendu dans le 2 milliards, là, à l'extérieur de votre 4, là.
Là, ce que vous dites, là, c'est que vous voulez... sachant très bien que le
6 milliards dans son ensemble, là, OK, en dollars constants, va donc
réduire tranquillement, pas vite, là, si je comprends bien...
M. Girard (Groulx) : 2 %,
3 % par année.
M. Beauchemin : 2 %, 3 %
par année. Donc, dans 10 ans, on est à 25 % moins de ça. En dollars
constants d'aujourd'hui, ce serait l'équivalent de dire
4,5 milliards «overall», à peu près.
M. Farcy (Jacques) : Bien, nous, on
regarde les quatre prochaines années, on pense effectivement que ça va
décroître, comme le disait le ministre Girard, de 2 % ou 3 % tous les
ans.
M. Beauchemin : Bon. Et pour
compenser cette perte dans le marché dans son ensemble, vous, ce que vous
voulez faire, c'est aller mettre ce qui est vendu à l'extérieur de ce que vous
pouvez vendre sous votre responsabilité.
M.
Farcy (Jacques) : Bien, ce qu'on veut, c'est être capable de mieux
répondre aux attentes des clients pour que les clients nous choisissent.
M. Beauchemin :
Très belle réponse politicienne. Mais grosso modo, là, il y a
2 milliards à l'extérieur de ce que vous vendez actuellement. Vous en
vendez 4. Ce que vous voulez faire, là, c'est aller prendre un
500 millions, par exemple, de ce 2 milliards là, on va se dire, ça,
sur les quatre... trois ou quatre prochaines années à peu près. C'est ça?
• (12 h 10) •
M. Girard
(Groulx) : Bien, juste pour préciser, là, il y a aussi une évolution
dans les goûts, là, OK? Il y a moins de bières qui se consomment, plus de
spiritueux du terroir, il y a plus de produits sans alcool qui se consomment,
il y a... Il y a plusieurs tendances en même temps, là, qui bougent. Puis les
prêts-à-boire, je pense qu'il faudra en parler. Il faut comprendre que les
prêts-à-boire de malt sont identiques aux prêts-à-boire de spiritueux dans leur
apparence physique, là, puis ça, ce n'est pas par hasard. Alors, on... je vous
laisse diriger vers où vous voulez aller avec vos questions, mais la
consommation évolue et donc la SAQ s'adapte. Ce n'est pas la SAQ qui impose des
changements.
M.
Beauchemin : Non, non, non, mais je comprends que la SAQ veut
s'adapter. Ma question, c'est de savoir... Bon, je suis propriétaire d'un
dépanneur, mais je ne m'appelle pas Couche-Tard, là, je suis propriétaire d'un
dépanneur de coin dans un village...
M. Girard
(Groulx) : Oui, vous avez une agence, une des 400 agences de la
SAQ.
M.
Beauchemin : Non, non, je n'ai rien de ça. Moi, ce que... je vends de
la bière puis je vends ce que je vends d'habitude, là, OK, puis là la SAQ me
dit que, bien, elle veut prendre le contrôle de la vente de certaines choses
que moi, je suis habitué de vendre. Est-ce que je, en tant que propriétaire de
dépanneur, vais perdre de l'espace d'étagère parce que je n'aurai plus le
loisir de pouvoir les vendre? C'est ça?
M. Farcy
(Jacques) : Non. En fait, je... C'est exactement le sens de ma
question. On souhaite répondre aux attentes des clients. Ultimement, ce sont
les clients qui vont choisir s'ils décident d'acheter leur alcool à la SAQ ou
ailleurs. Donc, on n'est pas dans une logique où on veut empêcher certaines
personnes de faire leurs activités, on est dans une logique où nous, la SAQ, on
veut s'adapter, comme on l'a fait depuis 105 ans, pour être capable de
répondre aux attentes des clients, et c'est ce qu'on fait au travers de notre
offre de produits, de nos offres de livraisons.
M.
Beauchemin : Mais ce que vous voulez dire, c'est que vous voulez
compétitionner librement, même si vous êtes le monopole de l'État, contre des
petits entrepreneurs ici et là, tout partout au Québec, sur la même base de
produits qu'eux vendent actuellement, là, vous voulez les avoir... Moi, je n'ai
aucun enjeu, là, en termes de la distribution dans son ensemble, elle va être
améliorée pour tous les Québécois. Je le comprends, je comprends ce que vous
dites, mais je pense au modèle d'affaires des petits entrepreneurs qui ont un,
deux, trois dépanneurs. Eux, du jour au lendemain, se trouvent en compétition
avec la Société des alcools pour vendre une partie de ce qui était sur les
étagères. Est-ce que je me trompe quand je dis ça?
M. Farcy
(Jacques) : Non, mais ce n'est pas nouveau. Ça existe depuis les
années 80 au Québec.
M.
Beauchemin : Bien, pas sur tout. Là...
M. Farcy
(Jacques) : Si.
M.
Beauchemin : Non, parce que la bière... Vous ne vendez pas de la
Molson Ex, là, à la Société des alcools, là.
M. Farcy
(Jacques) : La bière, ce sont les brasseurs qui choisissent dans quel
circuit de distribution ils souhaitent vendre leurs bières. Ce n'est pas la
SAQ.
M.
Beauchemin : OK, mais là, vous, vous allez offrir des étagères de SAQ
pour vendre de la bière?
M. Farcy
(Jacques) : Bien, nous, ce qu'on souhaite, c'est compétitionner sur
les catégories sur lesquelles on peut avoir une action. Aujourd'hui, sur la
bière... on vend de la bière, mais on est très petit sur ce marché-là, parce
que les brasseurs, historiquement, nous utilisent ou font appel à nous dans
certains cas de figure, mais sont essentiellement distribués chez les épiciers,
dépanneurs, qui représentent 8 000 points de vente, qui vendent de
l'alcool au Québec.
M.
Beauchemin : Oui, mais répondez à ma question : Est-ce que vous
voulez vendre de la Molson Ex?
M.
Farcy (Jacques) : Bien, aujourd'hui, ce n'est pas moi qui choisis si
je peux vendre de la Molson Ex. C'est Molson qui décide dans quel circuit de
distribution il veut vendre de la Molson Ex.
M.
Beauchemin : Mais avant, c'était clair que vous n'alliez pas le faire.
M. Farcy
(Jacques) : Non, on a toujours vendu de la bière en très petite
quantité.
M.
Beauchemin : Non, avant, c'était clair que vous n'alliez pas vendre ce
genre de bière là. Vous vendez de la bière... de la Heineken, vous vendez de...
M. Farcy (Jacques) : On a vendu de la bière de
soif, on a vendu de la Laurentide, on a vendu de La Bittt à Tibi. Ce
sont des bières de soif qui ont été développées spécifiquement pour nous. Ce
n'est pas nouveau, ça existe depuis toujours.
M.
Beauchemin : Mais là vous allez vouloir compétitionner contre, hein...
en compétition, avec ou contre, peu importe, là, les Couche-Tard de ce monde
mais aussi les petits dépanneurs sur plus de produits qu'eux n'avaient pas de
façon exclusive, mais avaient, avec le temps... ont été capables de mettre en
place.
M. Girard
(Groulx) : Juste pour préciser votre question, est-ce que vous parlez
des prêts-à-boire ou vous parlez des... comment ça...
Une voix : ...
M. Girard
(Groulx) : Non, mais les petits frigidaires, les 92, là...
M. Farcy
(Jacques) : Les Zones SAQ, pardon.
M.
Girard (Groulx) : Est-ce que
vous parlez des Zones SAQ ou des prêts-à-boire, là? C'est quoi, votre point?
M.
Beauchemin : Prêts-à-boire, prêts-à-boire.
M. Girard (Groulx) :
Des prêts-à-boire. Allez-y sur les prêts-à-boire.
M. Farcy
(Jacques) : Sur les prêts-à-boire, il y a, en fait, deux formulations
différentes, une à base d'alcool, une à base de malt. Celles à base d'alcool
sont réservées aujourd'hui à la SAQ, celles à base de malt ont été développées
pour être capables de compétitionner le marché de celles d'à base d'alcool pour
être vendues en épicerie, ce qui est... ce qui était tout à fait légal. Il y a
un projet de loi, en ce moment, à l'étude, qui est le projet de loi n° 11, qui vise à donner la possibilité aux producteurs de
prêts-à-boire à base d'alcool de ne pas la vendre qu'à la SAQ, mais de la
vendre aussi dans le réseau des épiciers, dépanneurs.
M.
Beauchemin : D'accord. Mais là, maintenant, pour la compétition, eux
vont se trouver à avoir la possibilité de pouvoir vendre à base d'alcool dans
leur réseau de distribution. Ça, c'est bien. Mais là, vous, du jour au
lendemain, pouvez aussi pouvoir distribuer à base de malt.
M. Farcy
(Jacques) : Bien, en fait, nous, je ne pense pas qu'il y ait de
l'intérêt pour nous à aller vers les à base de malt.
M.
Beauchemin : Mais ça, c'est ce que vous dites, mais, je veux dire...
M. Farcy
(Jacques) : Non, non, mais, en fait...
M. Beauchemin :
La possibilité de le faire, elle est là, non?
M. Farcy
(Jacques) : Bien, je ne pense pas que la loi nous autoriserait à
vendre celles à base de malt, mais il faudrait vérifier. Mais le... On va
suivre le développement de cette loi, parce que c'est un projet de loi, donc on
va voir jusqu'où elle va. Si elle existe... nous, on a un canal qui existe
déjà, qui est un canal de grossistes dans lequel on fait aujourd'hui pour à peu
près 500 millions de dollars de ventes au travers des vins d'épicerie.
Ce canal de grossistes pourrait tout à fait être mis à contribution pour être
capable de mettre à disposition, dans une activité de grossiste, auprès des
détaillants alimentaires, des produits qui aujourd'hui sont vendus
exclusivement à la SAQ.
M. Girard (Groulx) :
...les prêts-à-boire à base alcool.
M.
Beauchemin : Votre objectif,
c'est-tu de... Est-ce que vous avez une opinion sur les produits à base de
malt?
M. Farcy
(Jacques) : Non, aucune.
M. Beauchemin : Les considérez-vous
égaux à ceux d'alcool?
M. Girard (Groulx) : Non, mais c'est
les clients qui vont décéder... décider, parce que le prêt-à-boire à base de
malt, il est rouge et blanc puis il a 7 % d'alcool, puis le prêt-à-boire à
base de spiritueux, il est rouge et blanc puis il est à base d'alcool, OK? Puis
le client, en fonction de ses préférences, va choisir le produit qui lui
convient, si le projet de loi est adapté. Et puis, oui, il y aura une période
de transition pour... La distribution des prêts-à-boire à base de spiritueux ne
se fera pas le lendemain de l'adoption du projet de loi.
M. Beauchemin : OK. Juste parler de
deux petites statistiques, là. Il y avait, dans votre plan stratégique, le
dernier que j'avais vu, je crois... vous parliez, là, d'un engagement de fierté
de la part des... de vos employés. Si j'ai bien compris, la dernière
statistique qu'on a, là, c'est 6,6 sur 10, qui se trouve être le score moyen,
là, que les employés ont pour la fierté de travailler à la SAQ, puis votre plan
visait plutôt 7,4. Comment vous expliquez la différence entre les deux?
M. Farcy (Jacques) : Bien, on a en
fait une initiative, dans le plan stratégique, qui s'appelle... qui vise à mettre nos équipes au coeur de la transformation
que vit la SAQ. On est très actifs auprès de toutes nos équipes, à la SAQ,
pour les mettre à contribution pour cette transformation qui permet de
s'assurer que la SAQ soit toujours pertinente pour le Québec. Donc, on a
plusieurs initiatives qui nous permettent de voir à l'amélioration de ce score
dans les années qui viennent. Donc, ça fait partie intégrante de notre plan
stratégique, effectivement, ce n'est pas quelque chose à part. On pense que
cette transformation-là, elle se fait d'abord et avant tout avec nos équipes et
avec le support de nos équipes pour être capable de donner un service
incroyable à nos clients. On a eu, cette année, un taux de service au client
record, une satisfaction client record et on s'en félicite.
M. Beauchemin : ...mais vous ne m'expliquez
pas là pourquoi que vous n'êtes pas capable d'arriver à votre objectif qui
était 7,4. Vous me dites ce que vous allez faire pour maintenant essayer de
corriger le tir, là, mais ça, c'était votre plan, puis vous ne l'avez pas
atteint. Pourquoi?
M. Farcy (Jacques) : On ne l'a pas
atteint parce que... Bien, je pense que les explications ou la transformation
que nous vivons génèrent des questions qui sont tout à fait légitimes et sur
lesquelles nous nous devons d'être très proches de nos équipes. Et c'est
vraiment au coeur de ce qu'on souhaite continuer à faire dans les années qui
viennent. C'est pour ça que c'est un objectif qui est central dans notre
prochain plan stratégique.
M. Beauchemin : OK. Mais juste
peut-être faire attention. Je pense que, quand vous aviez planifié de vous
rendre à 7,4... puis que vous ne l'ayez pas fait, bien, tout ce que vous venez
de me mentionner, qui sont les raisons pour lesquelles vous ne l'avez pas
atteint, était perceptible. Ça se voyait que ça s'en venait. Donc, si vous
faites de la planification, je pense que, pour la suite des choses, vous
devriez inclure ça et donc en arriver à donner des objectifs qui sont plus
réalistes, parce que, là, vous êtes quand même quasiment à 20 % en bas de
votre objectif. Ça fait que c'est juste peut-être quelque chose que... Ça
vaudrait la peine, là, pour la suite des choses, quand on planifie, de rentrer
toutes les variables dans votre modèle pour en arriver à faire une bonne
prévision réaliste, là. Je vous donne un conseil d'ami.
La Société des alcools... Maintenant, je vais
passer à la Société québécoise du cannabis. 300 millions de dollars en
2025... Donc, la part des fournisseurs québécois dans la Société québécoise du
cannabis, ça représente combien en termes... peut-être les produits, ou les
ventes, ou...
M. Girard (Groulx) : M. le
Président, la SQDC était dans le premier groupe hier, alors les dirigeants ne
sont pas ici. On peut certainement essayer de répondre aux questions, mais...
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Oui, la SQDC
était avec la...
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Oui, le matin,
hier, avec l'ISQ et...
M. Beauchemin : OK. Bien, moi,
j'avais... On a mal compris. Ça semble être clair que c'était avec la Société
des alcools. Donc, il y a peut-être eu une erreur quelque part, mais...
M. Girard (Groulx) : Bien, écoutez,
libre à vous, on peut prendre votre question et y revenir puis... ou, bref, je
vous laisse gérer, c'est votre période de questions.
M. Beauchemin : Bien, je vais vous
en poser une, puis on va passer à la réponse, si on peut continuer.
M. Girard (Groulx) : D'accord.
• (12 h 20) •
M.
Beauchemin : 100 % des fournisseurs retirés du portefeuille de la
SQDC sont des fournisseurs québécois. Pourquoi?
M. Girard
(Groulx) : Bien, pour favoriser la production locale.
M.
Beauchemin : Bien non, on en a retiré, là, OK, on a fait un mélange,
on a revisité l'offre puis on en a retiré une gang. Ceux qu'on a retirés,
c'était 100 % des producteurs québécois.
M. Girard
(Groulx) : Ah! je n'ai pas cette réponse, mais on peut certainement
vous la trouver.
M.
Beauchemin : OK. Bien, je
pense que, basé là-dessus, on va parler... On va retourner à la Société des
alcools. En fait, je vais
revenir sur... Dans la Société des alcools, quand vous décidez de... par
exemple, à Chicoutimi, quand vous avez fermé le magasin, là, vous l'avez
déplacé, si j'ai bien compris, dans Chicoutimi. C'est ça?
M. Farcy
(Jacques) : Oui, dans Chicoutimi. Bien, ça dépend quelle succursale.
Est-ce que vous parlez de celle de la rue Racine?
M.
Beauchemin : Du centre-ville.
M. Farcy
(Jacques) : Oui, elle est... Non, c'est une fermeture.
M.
Beauchemin : C'est une fermeture, c'est ça?
M. Farcy
(Jacques) : Absolument.
M.
Beauchemin : OK. Puis là,
bien, ça, ce que ça fait pour les gens qui habitent dans... proche du
centre-ville de Chicoutimi, qui étaient habitués de se rendre là, eux
autres, maintenant, doivent se déplacer puis aller ailleurs pour acheter
physiquement, s'ils ne veulent pas passer par le site Web. C'est ça?
M. Farcy
(Jacques) : Bien, en fait, la raison pour laquelle on a fermé la
succursale, c'est parce que les clients ne nous fréquentaient déjà plus autant
qu'avant. Et, comme le disait le ministre Girard, on est parmi les plus
résistants, dans un centre, à constater le départ des clients, mais arrive le
moment où on doit fermer la succursale parce que les clients nous ont déjà
témoigné qu'ils ne venaient plus. Et, à Chicoutimi, il y a une offre de
succursales qui est, je dirais, riche, nombreuse, et donc les clients
choisissaient déjà d'aller massivement faire leurs achats dans d'autres de nos
succursales.
M.
Beauchemin : Mais celle-là, spécifique, les ventes étaient à zéro?
M. Farcy
(Jacques) : Non, les ventes ne sont jamais à zéro. Aucun commerce de
détail n'attend de ne plus avoir aucun client pour fermer ses succursales. Mais
les ventes étaient en décroissance depuis déjà de nombreuses années, et dans un
monde où le volume sont en décroissance et on se doit d'être particulièrement
attentif à notre performance, cette succursale, depuis de nombreuses années,
n'atteignait pas ses scores attendus en fonction de sa taille, comparée à
d'autres succursales de la même taille et du même environnement ailleurs au
Québec.
M.
Beauchemin : Mais la composante sociétale, si on peut dire ainsi, là,
de la mission pour le centre-ville de Chicoutimi, puis d'autres épisodes à
travers le Québec, là, vous le considérez comment? Comment vous les quantifiez,
en fait, par rapport à : On aurait dû, normalement, faire des ventes de
x millions de dollars, mais là on ne les fait pas, sauf qu'on a un
objectif de s'assurer de la vitalité du centre-ville de Chicoutimi et... ou
ailleurs? Puis ça se peut, peut-être, que la Société des alcools était le
dernier magasin, puis ça, c'est peut-être une réalité, mais je sais que, dans
le centre-ville de Chicoutimi, ce n'était pas le cas. Comment vous le calculez?
M.
Farcy (Jacques) : En fait,
quand on constate qu'une succursale n'a pas la trajectoire attendue, on
commence à poser les questions aux municipalités, à nos équipes, de voir
comment on peut essayer de faire les choses pour que ça se transforme. Ensuite,
on a plusieurs délais pendant lesquels on attend pour voir si ces
transformations sont capables de se manifester. Et ensuite on regarde effectivement
le dynamisme global du centre-ville. Le dynamisme d'un centre-ville ne peut pas reposer sur seulement la SAQ, donc on regarde
aussi ce qui se passe autour de nous. Et la plupart du temps, ces
centres-villes dans lesquels... ou ces zones dans lesquelles on a décidé de
fermer des succursales sont des zones qui ont des enjeux, pas uniquement à la
SAQ.
Donc, quand vous me
posez la question de la dimension sociétale ou du réflexe citoyen qu'on a, on
ne ferme pas une succursale simplement parce qu'elle ne répond pas aux attentes
commerciales. On se pose tous types de questions, nous, avec les municipalités,
avec les parties prenantes. Mais arrive le moment où il faut être capable de
poser le geste, et c'est ce qui s'est passé à Chicoutimi. C'est une succursale,
je le redis, qui, depuis de nombreuses années, avait de la difficulté.
M. Beauchemin : Mais
est-ce que vous aviez une idée de ce que vous étiez prêts à perdre, comme
ventes, avant de se dire : Bon, bien,
OK, là, définitivement, là, si les ventes restent ici, là, ça ne marche pas; si
ça va en bas de ça, c'est définitivement une fermeture; si ça augmente,
peut-être que j'irais? Il y a-tu comme... Il y a-tu des... Il y a-tu un écart
qui est à l'intérieur de... où on s'est dit : On bouge?
M. Farcy (Jacques) : Chaque année,
on revoit notre plan de succursale. Chaque année, on revoit notre plan
immobilier. Chaque année, on fait des annonces d'ouverture ou de fermeture.
Donc, ce débat-là, il est fait tous les ans sur les 400 succursales de la
SAQ. Et on a des baux qui sont des baux de longue durée, donc c'est certain
qu'au moment où les bails arrivent... les baux arrivent à échéance, pardon,
c'est à ce moment-là où on se pose la question d'est-ce qu'on renouvelle pour
un an, pour deux ans, pour trois ans ou est-ce qu'on ferme.
M. Beauchemin : Est-ce que cette
information-là...
Le Président (M. Laframboise) : C'est
terminé, M. le député de Marguerite-Bourgeoys. Donc, avant de poursuivre avec
le gouvernement...
M. Girard (Groulx) : ...de
transparence, là, puis étant donné la petite confusion, je prendrais une minute
du temps du gouvernement pour répondre à la question de la SQDC.
Le Président (M. Laframboise) : Allez-y.
Je vous la donne.
M. Girard (Groulx) : Alors,
simplement, à titre informatif, là, 69 % des fournisseurs ont leur siège
social au Québec et 64 % des produits sont cultivés au Québec. OK?
Le Président (M. Laframboise) :
Merci.
M. Girard (Groulx) : Alors, si vous
avez besoin d'autres informations, simplement nous communiquer les questions.
Le Président (M. Laframboise) :
Parfait.
M. Girard (Groulx) : Merci. Merci,
M. le Président, pour votre flexibilité.
Le Président (M. Laframboise) : Merci
beaucoup. Donc, on va poursuivre avec le... La parole est au gouvernement, avec
la députée de Saint-François pour 4 min 14 s.
Mme Hébert : Merci, M. le Président.
Alors, bien, étant whip adjointe... pas whip adjointe, mais adjointe
parlementaire, maintenant, du ministre délégué à l'Économie et aux PME, je
siège comme observatrice sur le comité de modernisation pour la loi sur les
boissons alcooliques, qui date depuis 1920. Alors, merci. Merci d'avoir permis,
en tout cas, d'être dans cette volonté-là de moderniser cette loi-là. C'est
très apprécié par les détaillants et les producteurs. Donc, des deux côtés des
intervenants, là, les gens apprécient énormément, donc je voulais vous le
partager. Et, comme vous l'avez dit, M. le ministre, la société change, la
consommation évolue.
Et je sais
qu'aussi, sur le projet de loi n° 11, qui, on espère, va être appelé et adopté
prochainement, les prêts-à-boire ne sont pas un enjeu pour ceux qui vont
les distribuer, les détaillants. Donc, c'est même très bien vu de leur côté.
Peut-être plus préciser pour mon collègue, parce que je crois qu'il y a une
incompréhension, à savoir que ça va ouvrir à nos distributeurs, à nos
producteurs, de nouvelles possibilités de distribuer leurs produits. Et la Société
des alcools du Québec ne sera pas perdante dans ces transactions-là non plus,
parce que je crois qu'il y a une part qui vous revient. Et en même temps, bien,
ceux qui vont avoir les détaillants vont pouvoir avoir une plus grande offre de
produits sur leurs tablettes, donc ils vont pouvoir rejoindre plus les clients
puis peut-être même être plus attractifs, parce que ce n'est pas tout le monde
qui aimait les prêts-à-boire à base de malt.
Alors, je voulais juste... si vous pouvez
spécifier un petit peu plus, là, dans cette voie-là, pour rassurer mon collègue
que... je sentais une petite incompréhension.
M. Farcy
(Jacques) : Effectivement. Donc, dans le marché des
prêts-à-boire, comme je le disais, il y a deux formulations : celles
à base d'alcool et celles à base de malt. Historiquement, ce sont plutôt les
grands producteurs internationaux qui ont eu la possibilité financière et la
structure pour être capables de développer les deux formulations. Les
producteurs québécois, eux, se sont lancés dans des prêts-à-boire à base
d'alcool qui sont très innovants, de grande qualité, distribués à la SAQ. On a
aujourd'hui, à la SAQ, plus de 130 références différentes de prêt-à-boire,
une très grande majorité de ces prêts-à-boire sont des prêts-à-boire québécois.
L'industrie est particulièrement dynamique, mais on comprend que, pour une
industrie qui est plus récente et plus jeune ici, au Québec, développer deux
formulations dans deux canaux de distribution, c'est quelque chose qui
nécessite des fonds, des capitaux.
Et comme on le disait, souvent, la formulation à
base de malt est en tous points, je dirais, construite pour ressembler à celle
à base d'alcool. Donc, ce n'est pas de l'innovation, c'est plutôt le fait
d'être capable de s'adapter à nos lois et nos règlements
qui sont historiques au Québec sur ce point. Donc, la possibilité de réfléchir
à cette opportunité d'ouvrir les prêts-à-boire à base d'alcool pour les
épiciers permet effectivement aux producteurs locaux d'avoir accès à ce marché
sans avoir à développer une nouvelle formulation ou à investir massivement. Et
donc je pense que c'est effectivement quelque chose qui va dans le bon sens,
ce... d'autant que ces producteurs québécois amènent ou stimulent le marché
avec des innovations très fréquentes. Et donc, nous, à la SAQ, on s'en réjouit
et on va s'assurer, bien sûr, même si le marché est ouvert aux épiceries, de
continuer à laisser une belle part et à continuer à soutenir, dans nos propres points de vente au travers de notre
service, tous les prêts-à-boire, y compris les prêts-à-boire québécois,
évidemment.
Mme Hébert : ...alors, c'est ce que
j'avais compris et... Bien, j'aurais une petite question par rapport à vos
Zones SAQ. Donc, de quelle manière vous voyez les changements dans les
succursales suite à la création de ces zones-là?
M. Farcy (Jacques) : Alors, on a
effectivement eu toute une phase pilote avec huit Zones SAQ dans des petits...
je dirais, dans des épiciers ou des titulaires de permis d'épicerie de petite
taille ou de grande taille. Ça nous a permis, sur ces huit Zones SAQ, de
constater qu'il n'y avait pas de cannibalisation de nos ventes en succursale.
Ça nous a également permis de voir que, lorsqu'on était proches de nos
partenaires extérieurs, on était capables de les amener à avoir des standards
de vente éthiques, c'est-à-dire de refus de vente à des mineurs, qui soient
comparables aux scores que nous, on a, à la SAQ...
Le Président (M. Laframboise) :
Merci.
• (12 h 30) •
M. Farcy (Jacques) : Et donc ça a
été un test très positif.
Adoption des crédits
Le Président (M. Laframboise) : Donc,
merci beaucoup. Le temps alloué au volet Finances, Société des alcools, des
crédits budgétaires Finances est presque écoulé. Nous allons maintenant
procéder à la mise aux voix.
Le programme intitulé Direction et
administration est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Laframboise) : Sur
division. Le programme intitulé Activités en matières économique, fiscale,
budgétaire et financière est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Laframboise) :
Adopté sur division. Le programme 3, intitulé Contributions aux frais et
services bancaires et provisions pour transférer des crédits, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le
Président (M. Laframboise) :
Adopté sur division. Le programme 4, intitulé Service de la dette, est-il
adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Laframboise) :
Adopté sur division.
Adoption de l'ensemble
des crédits
Finalement, l'ensemble des crédits budgétaires
du portefeuille Finances pour l'exercice financier 2026‑2027 est-il
adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M.
Laframboise) : Adopté sur division.
Documents déposés
En terminant, je dépose les réponses aux demandes
de renseignements des... de l'opposition.
Compte tenu de l'heure, la commission suspend
ses travaux jusqu'à 15 heures, où elle entreprendra l'étude du volet
Conseil du trésor des crédits budgétaires du portefeuille Conseil du trésor,
Administration gouvernementale et Efficacité de l'État. Merci.
(Fin de la séance à 12 h 31)