Journal des débats de la Commission des finances publiques
Version préliminaire
43e législature, 3e session
(5 mai 2026 au 27 août 2026)
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Le
mardi 9 juin 2026
-
Vol. 49 N° 12
Étude détaillée du projet de loi n° 5, Loi visant à accélérer l’octroi des autorisations requises pour la réalisation des projets prioritaires et d’envergure nationale
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10 h (version non révisée)
(Dix heures trois minutes)
La Présidente (Mme Tremblay) :
Alors, bonjour. Alors, ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la
Commission des finances publiques ouverte. Je demande à toutes les personnes
présentes dans la salle de bien vouloir éteindre, évidemment, la sonnerie de
leurs appareils électroniques. Donc, la commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 5, Loi visant à accélérer
l'octroi des autorisations requises pour la réalisation des projets
prioritaires et d'envergure nationale. Donc, M. le secrétaire, est-ce qu'il y a
des remplacements aujourd'hui?
Le Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Abou-Khalil (Fabre) est remplacée par Mme Bogemans
(Iberville); Mme Hébert (Saint-François), par M. Allaire (Maskinongé);
M. Lemay (Masson), par M. Reid (Beauharnois); Mme Mallette
(Huntingdon), par Mme Tremblay (Hull) et Mme Zaga Mendez (Verdun), par
M. Grandmont (Taschereau).
La Présidente (Mme Tremblay) :
Merci. Alors, lors de l'ajournement de nos travaux d'hier, nous en étions à
l'étude de l'article 29. Donc, il reste du temps, M. le député de Taschereau,
il vous reste à peu près 15 minutes. Donc, s'il y a d'autres
interventions, vous pouvez y aller à partir de maintenant.
M. Grandmont : Merci, Mme
la Présidente. Bien, je vous salue d'abord. Content de voir votre présence, de
constater votre présence aujourd'hui. Oui, c'est ça, donc, juste pour replacer
les choses, en fait, on venait de terminer, puis de voter, je pense, sur une
proposition d'amendement que j'avais déposée, le 29.3, je pense.
La Présidente (Mme Tremblay) :
Vous l'avez reçu?
M. Grandmont : C'est ça,
on avait voté là-dessus, hein? Parfait.
La Présidente (Mme Tremblay) :
Elle a été mise aux voix?
M. Grandmont : Ça avait
été rejeté, je pense. Oui, c'est ça. Parfait. Bien, c'est ça, en fait, là, donc
j'aurais une autre proposition d'amendement, là, qui a déjà été envoyée, c'est
le 29.4, si vous pouvez l'afficher.
La Présidente (Mme Tremblay) :
Parfait. On ne l'a pas reçu, on me dit ici, au niveau du secrétariat.
M. Grandmont : Non. Dans
tous les cas, excusez-moi, il y a eu... il y a eu confusion, en fait le 29.4,
là, effectivement ça n'a pas été... C'est un amendement, là, qu'on ne déposera
pas, finalement, là, effectivement.
La Présidente (Mme Tremblay) :
Est-ce qu'il y a d'autres interventions pour l'article 29? Donc... Oui?
M. Grandmont : Bien, je
voudrais juste souligner, là... En fait, c'est en lien avec l'article 29,
évidemment, là, puis en lien avec le projet de loi de manière générale. Mais je
voulais juste souligner, en fait, là, au ministre, je ne sais pas s'il l'a vu
dans sa revue de presse ce matin, mais il y avait une lettre qui a été publiée,
là, par différents groupes environnementaux, là, qui s'appelait...
Une voix : ...
La Présidente (Mme Tremblay) :
Bien, on essaie de... de se concentrer, là, sur le... en lien avec le
sujet, s'il vous plaît, merci.
M. Grandmont : Oui, absolument.
Oui, parfait. Non, je voulais juste souligner, là, qu'il y a une loi qui s'appelle
Pourquoi le projet de loi 5 ne devrait pas être adopté. Et
notamment il y a une section très intéressante sur pourquoi les raccourcis
coûtent cher, et c'est un peu le sens des propositions que je fais notamment à
l'article 29, parce qu'en fait, là, ce que nous dit la lettre, là, c'est
que, bon, en gros, là... je vais les citer : «On pourrait croire que
raccourcir les processus accélère automatiquement les projets. L'expérience
récente suggère le contraire — entre parenthèses, nous n'avons qu'à
penser à Northvolt. Ce que les régimes d'exception nous enseignent, c'est
qu'ils déplacent plutôt le risque des entreprises vers la population. Ce qui
n'est pas évalué ou mal évalué aujourd'hui se paiera demain en dommages
environnementaux, en santé... en impacts sur la santé, en pertes économiques. On
risque ici de venir compromettre les immenses efforts déployés par les acteurs
en aménagement du territoire depuis des années. Et, contrairement aux
entreprises, la collectivité ne peut se soustraire à la facture.»
Donc, évidemment, c'est tout à fait en
lien avec l'article 29 et les propositions d'amendement qu'on a faites. Et
je le répète encore une fois, il y a un livre qui avait été bien mis en
évidence...
M. Grandmont : …et plusieurs
ministres se promenaient avec ce livre-là sous le bras, voilà quelques mois, là,
How big things get done, bien préparer les projets, bien les développer
avec la communauté, s'assurer de l'acceptabilité sociale. Et, évidemment, tous
les articles sur lesquels je propose des amendements font exactement le
contraire, Mme la Présidente, c'est-à-dire essayer de raccourcir les travaux
préparatoires, je ne parle pas des travaux préparatoires au sens du projet de
loi, évidemment, mais la préparation des projets industriels que le ministre
veut pouvoir sélectionner et accélérer. S'il y a quelque chose sur lequel
l'expérience et la société civile nous informent, et les experts aussi,
l'écriture de ce livre-là, quand même, venait d'un…d'une revue de littérature
de plusieurs projets fort importants. Et la leçon, c'est toujours bien préparer
les projets et ensuite s'assurer… pour ensuite s'assurer d'avoir un déploiement
du projet le plus rapide possible. Donc, je ne fais que répéter ça et souligner
la parution de cette lettre, là, qui m'apparaît fort judicieuse dans le
contexte de nos discussions, Mme la Présidente. Ce sera tout pour
l'article 29, merci.
La Présidente
(Mme Tremblay) : Parfait. Donc, s'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Est ce que
l'article 29 est adopté?
M. Grandmont : Par appel
nominal, s'il vous plaît
Le Secrétaire : Pour, contre,abstention, M. Gérard Groulx (Groulx)?
M. Girard: Pour.
Le Secrétaire
:
M. Reid (Beauharnois)?
M.
Reid
:
Pour.
Le Secrétaire
:
M. Allard (Maskinongé)?
M. Allaire : Pour.
Le Secrétaire
: Mme Bogemans
(Iberville)?
Mme Bogemans : Pour.
Le Secrétaire
: M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys)?
M. Beauchemin : Pour.
Le Secrétaire
: M. Grandmont
(Taschereau)?
M. Grandmont : Contre.
Le Secrétaire
: Mme Tremblay
(Hull)?
La Présidente
(Mme Tremblay) : Abstention. Juste un petit rappel à tout le
monde, hier le président, en quittant, a mentionné qu'il n'y aurait pas de
suspension, donc c'est important d'envoyer les amendements, s'il y a lieu, dès
que vous avez ceux-ci, afin d'éviter toute suspension, parce qu'on s'est
entendus qu'on ne le ferait pas, là, hier en terminant. Merci.
Ah! L'article est adopté. Merci, M. le
secrétaire.
Alors, nous allons passer à l'article
suivant, donc l'article 30. M. le ministre, je vous invite à en faire la
lecture et la présentation.
M. Girard (Groulx) : Certainement.
Article 30 : «Lorsque l'étude d'impact du projet désigné est jugée
admissible conformément au deuxième alinéa de l'article 31.3.4 de la Loi sur la
qualité de l'environnement (chapitre Q-2), le ministre du Développement
durable, de l'Environnement et des Parcs confie au Bureau d'audiences publiques
sur l'environnement un mandat d'audience publique sur le projet désigné sans
entreprendre la période d'information prévue au troisième alinéa de cet article
31.3.4.
«Les mécanismes de consultation du public
prévus par les autres lois énumérées à l'annexe I ou par les règlements pris
pour leur application encadrant la réalisation du projet désigné ou des
activités nécessaires à sa réalisation sont remplacés par cette audience
publique dans la mesure où les enjeux relatifs au projet désigné sont portés à
la connaissance du public lors de cette audience.»
Commentaire... En fait, le commentaire, on
pourrait laisser faire. Vu qu'on a un amendement, on va laisser faire le
commentair. Puis j'ai un amendement.
La Présidente
(Mme Tremblay) : Est ce que vous l'avez reçu? Consentement?
M. Girard (Groulx) : C'est
ça, parce que le commentaire parle de ce qu'on retire. Ça va?
La Présidente
(Mme Tremblay) : Oui, c'est parfait
M. Girard (Groulx) : Je peuxlire l'amendement?
D'accord.
À l'article 30 du projet de loi :
1° supprimer le premier alinéa;
2° remplacer, dans le deuxième alinéa,
«cette audience publique dans la mesure où» par «l'audience publique visée au
paragraphe 1° du troisième alinéa de l'article 31.3.5 de la Loi sur
la qualité de l'environnement (chapitre Q-2) dans la mesure où le ministre
du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs confie au Bureau
d'audiences publiques sur l'environnement un mandat d'audience publique et
que».
Commentaire : Cet amendement retire
le premier alinéa de l'article 30 du projet de loi pour permettre le
maintien de la période d'information visée à l'article 31.3.4 de la Loi
sur la qualité de l'environnement, édictées par, édicté par l'article 94
de la Loi modifiant diverses dispositions en matière d'environnement.
L'amendement modifie également le deuxième
alinéa de l'article 30 du projet de loi par concordance avec le retrait du
premier alinéa.
• (10 h 10) •
Alors, Mme la Présidente, il s'agissait
simplement d'un geste qui démontrait notre bonne volonté pour améliorer le
projet de loi, comme nous avons tenté de faire au niveau des travaux
préparatoires, mais on n'a eu aucune réceptivité de la part du deuxième groupe
de l'opposition pour les travaux…
M. Girard (Groulx) : …préparatoires.
Alors là, ici, nous proposons donc de retirer le premier paragraphe.
La Présidente (Mme Tremblay) : Parfait.
Merci. Est-ce qu'il y a des interventions? Oui.
M. Grandmont : Merci
beaucoup, madame…
M. Girard (Groulx) : Sur
l'amendement ou sur le projet de loi... sur l'article?
M. Grandmont : Bien, c'est
sur l'amendement.
La Présidente (Mme Tremblay) : Sur
l'amendement, on est sur... on va être sur l'amendement.
M. Grandmont : Donc, sur
l'amendement. Merci, Mme la Présidente. Donc, M. le ministre, juste pour bien
comprendre votre... votre proposition d'amendement là, en supprimant le premier
alinéa de l'article 30, dans le fond, vous abandonnez le pouvoir
discrétionnaire d'exempter un projet prioritaire d'une audience publique du
BAPE. Est-ce que je comprends bien?
M. Girard (Groulx) : Non. Non,
vous ne comprenez pas bien.
M. Grandmont : Bon, bien,
allez-y, expliquez-nous.
M. Girard (Groulx) : On… C'est-à-dire
que on retirait la période… comment est-ce qu'on… la période d'information qui
durait 30 jours. On retirait… À l'article 30, on retirait la période
d'information de 30 jours, et là, dans un geste d'apaisement, on la remet.
M. Grandmont : Vous remettez
la période de 30 jours. Donc, c'est une période qui va servir à quoi?
M. Girard (Groulx) : Excusez,
je n'ai pas compris votre question.
M. Grandmont : La période,
elle sert à quoi? Celle que vous retirez de 30 jours... que vous remettez en
fait, là.
M. Girard (Groulx) : Bien,
c'est une période d'information.
M. Grandmont : Période d'information.
Au bénéfice de?
Une voix : …
M. Girard (Groulx) : OK, bien,
allez-y, répondez, là, puisqu'on est dans les technicalités.
La Présidente (Mme Tremblay) : Est-ce
qu'il y a consentement?
M. Grandmont : Consentement.
La Présidente (Mme Tremblay) : Donc,
je vous demanderais de vous identifier, puis ensuite vous pouvez prendre la
parole.
Mme Desbiens (Gabrielle) : Merci,
Mme la Présidente. Alors, Geneviève Desbiens. Je travaille au ministère de la
Justice, je suis avocate. Donc, la période d'information sert à certaines
choses, dont à savoir s'il y aura consultation publique.
M. Grandmont : Donc, c'est
une période qui sert, dans le fond, la population, les parties prenantes, les
municipalités. Qui peuvent aller chercher de l'information, qui peuvent… qui
peuvent demander la tenue d'un BAPE, exactement?
Mme Desbiens (Gabrielle) :
C'est le ministre de l'Environnement, habituellement, qui va déférer au BAPE
après la période de consultation.
M. Grandmont : Parfait. Donc,
est-ce que vous pouvez confirmer, aujourd'hui, que le texte initial limitait la
possibilité pour les parties prenantes d'aller chercher de l'information sur
les projets?
M. Girard (Groulx) : Non.
M. Grandmont :
Non. Alors pourquoi vous vous
dites que vous le faites parce que vous… pour apaiser, en fait, vous le faites
en signe d'apaisement? Qu'est-ce que vous cherchez…
M. Girard (Groulx) : Bien,
c'est-à-dire que nous, on a écouté, là. Il y a eu des consultations
particulières, il y a eu des représentations. Alors, on a décidé de remettre
cette période de 30 jours.
M. Grandmont : Parfait.
Est-ce que... En fait, l'amendement mentionne, en fait, toujours, en fait, là,
que le ministre de l'Environnement doit confier le mandat au BAPE. Dans la...
dans sa structure, le PL 5, c'est le ministère des Finances qui pilote, encore
une fois, le projet de loi 5, donc, en fait, qui pilote l'autorisation à venir
éventuellement, les projets prioritaires. Donc, c'est la locomotive, en fait,
là. Donc, à cette étape-là, est-ce que, si les citoyens réclament massivement,
une audience publique sur un projet... est-ce que le ministre de
l'Environnement aura la pleine autonomie pour déclencher un BAPE ou il devra
toujours obtenir l'aval du ministre des Finances? Dans le fond sur l'autonomie
du ministre des Finances… de l'Environnement dans ce contexte-là.
M. Girard (Groulx) : La
responsabilité est à l'Environnement. Il n'y a rien qui change.
M. Grandmont : Excusez-moi?
M. Girard (Groulx) : La
responsabilité est à l'Environnement.
M. Grandmont : La
responsabilité…
M. Girard (Groulx) : Il n'y a
rien qui change avec la situation actuelle.
M. Grandmont : Donc, le
ministre, l'Environnement n'a pas besoin d'aller chercher la validation du
ministre des Finances.
M. Girard (Groulx) : Non.
M. Grandmont : D'accord.
D'accord. L'amendement, juste pour savoir, il est… il a été préparé depuis
quand?
M. Girard (Groulx) : Je n'ai
pas cette réponse, Mme la Présidente.
M. Grandmont : Peut-être que
les gens qui travaillent avec vous ont cette information-là. Parce que, pour
nous, il est apparu quand même plus tard dans le processus, là.
M. Girard (Groulx) : C'est
une question qui n'est pas pertinente, Mme la Présidente, parce qu'il n'y a pas
de moment où l'amendement, là, est apparu en dessous du sapin de Noël, là. Il y
a eu tout un processus de….
M. Girard (Groulx) : ...réflexion,
de consultation, de discussion. C'est vraiment une question non pertinente.
L'amendement, il est là, là, maintenant. Je vous suggère de voter pour.
M. Grandmont : Vous me
permettrez, Mme la Présidente. Moi, pour moi, ça a quand même une importance,
parce que...
La Présidente
(Mme Tremblay) : Bien, c'est... c'est libre au ministre, là, de
répondre, là.
M. Grandmont : Oui, oui,
absolument.
La Présidente
(Mme Tremblay) : Donc, je pense qu'il a répondu à la question.
M. Grandmont : Et je
pense que... Parfait. Je pense que je suis libre quand même aussi, là, de...
d'insister sur ma question puis d'expliquer pourquoi, le fond de ma question,
Mme la Présidente, avec respect. Parce que le ministre a dit que, dans le fond,
il a écouté les groupes pendant les audiences. Moi, j'aimerais savoir, en fait,
si c'est suite vraiment à l'écoute des groupes qu'il a préparé cet
amendement-là ou si c'est plus tard dans le processus, suite aux amendements
que j'ai déposés, qu'il a décidé, finalement, de... d'assouplir, en fait,
l'article 29. L'article 30, pardon
M. Girard (Groulx) : Je
pense qu'il y a vraiment une méconnaissance, là, des processus, là. On jongle
plusieurs balles en même temps, là, le budget, les crédits, les
infrastructures, le projet de loi 5. Et puis on a déposé plusieurs
amendements avec un délai pour que toutes les parties impliquées dans la Commission
des finances publiques puissent en prendre connaissance. Alors, le
moment exact où on a dit que cet amendement-là était pertinent, là, on pourrait
dire que c'est le moment où le Conseil des ministres a adopté les amendements,
là, mais c'est sûr qu'il y a un processus de réflexion qui est beaucoup plus
long et étoffé que ça.
M. Grandmont : Parfait.
Bien, je remercie le ministre pour ses réponses. Vous comprendrez que, moi, le
processus est aussi important que le résultat final aussi, là. Ça renseigne,
évidemment, sur les intentions. Donc, je n'ai pas d'autres questions, Mme la
Présidente, sur l'amendement proposé par le ministre des Finances.
M. Girard (Groulx) :
Comme toujours.
La Présidente
(Mme Tremblay) : Est-ce qu'il y aurait d'autres interventions?
Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux
voix. Est-ce que l'amendement à l'article 30 est adopté?
M. Girard (Groulx) : Adopté.
La Présidente
(Mme Tremblay) : Adopté? Excusez, je n'ai pas bien compris.
Adopté? Parfait.
Une voix : ...
La Présidente
(Mme Tremblay) : Par appel nominal. Parfait. Excusez-moi.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Girard (Groulx)?
M. Girard (Groulx) :
Pour.
Le Secrétaire
: M. Reid
(Beauharnois)?
M.
Reid
:
Pour.
Le Secrétaire
: M. Allaire
(Maskinongé)?
M. Allaire : Pour.
Le Secrétaire
: Mme Bogemans
(Iberville)?
Mme Bogemans : Pour.
Le Secrétaire
: M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys)?
M. Beauchemin : Pour.
Le Secrétaire
: M. Grandmont
(Taschereau)?
M. Grandmont :
Abstention.
Le Secrétaire
: Mme Tremblay
(Hull)?
La Présidente
(Mme Tremblay) : Abstention. L'amendement est adopté.
Alors, pour ce qui est... Vous aviez
déposé, là, M. le député de Taschereau, un amendement mais qui serait plus...
qui modifie un contenu qui a déjà été modifié, donc... Ça va?
Une voix : ...
La Présidente
(Mme Tremblay) : Parfait. Alors, l'article suivant.
M. Grandmont : Bien, en
fait, on... sur 30 tel qu'amendé.
La Présidente
(Mme Tremblay) : On est toujours sur 30, parce qu'on était sur
un... un sous-amendement. Désolée.
M. Grandmont : Exact.
La Présidente
(Mme Tremblay) : Donc, est-ce qu'il y a des interventions sur
l'article 30? Pas d'intervention? Donc, on va procéder à la mise aux voix.
Donc, est-ce que l'article 30 est adopté?
Une voix : ...
La Présidente
(Mme Tremblay) : Parfait...
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Girard (Groulx)?
M. Girard (Groulx) :
Pour.
La Secrétaire
: M. Reid
(Beauharnois)?
M.
Reid
:
Pour.
Le Secrétaire
: M. Allaire
(Maskinongé)?
M. Allaire : Pour.
Le Secrétaire
: Mme Bogemans
(Iberville)?
Mme Bogemans : Pour.
Le Secrétaire
: M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys)?
M. Beauchemin : Pour.
Le Secrétaire
: M. Grandmont
(Taschereau)?
M. Grandmont :
Abstention.
Le Secrétaire
: Mme Tremblay
(Hull)?
La Présidente
(Mme Tremblay) : Abstention. Donc, l'article amendé est adopté.
Donc, nous allons passer à l'article suivant. Donc, l'article 31. M. le
ministre, je vous invite à en faire la lecture.
M. Girard (Groulx) :
Merci, Mme la Présidente. Article 31 : «Au terme de l'évaluation
environnementale, le ministre du Développement durable, de l'Environnement et
des Parcs transmet la recommandation prévue au premier alinéa de
l'article 31.5 de la Loi sur la qualité de l'environnement au ministre aux
fins de l'octroi de l'autorisation par le gouvernement. Cette recommandation
doit porter sur les conditions ou les autres modalités, exigences, restrictions
ou interdictions dont l'autorisation devrait être assortie.»
Commentaire : Cet article est
nécessaire pour lier la procédure d'évaluation et d'examen des impacts sur
l'environnement au processus d'autorisation des projets désignés. Au lieu de
porter sur l'acceptabilité environnementale du projet dans son ensemble, la
recommandation portera sur les conditions applicables au projet pour atteindre
une telle acceptabilité. Voilà.
La Présidente
(Mme Tremblay) : Merci. Est-ce qu'il y a des interventions? M. le
député de Taschereau.
• (10 h 20) •
M. Grandmont : Oui,
merci. J'ai déposé un amendement, là, au Greffier, le 31-1.
La Présidente (Mme Tremblay) :
Parfait. Il va...
La Présidente (Mme Tremblay) : ...nous
l'avons déjà reçu. Donc, je vous invite à m'en faire la lecture.
M. Grandmont : Oui. Oui, Mme
la Présidente. Donc, l'article... la proposition va comme suit. À l'article 31
du projet de loi, ajouter à la fin l'alinéa suivant :
«Le ministre peut, le cas échéant, transmettre
un avis recommandant la non-autorisation d'un projet désigné. Un tel avis est
accompagné d'une justification et est rendu public.»
L'article 31 du projet de loi tel
qu'amendé se lirait ainsi :
«31. Au terme de l'évaluation
environnementale, le ministre du Développement durable, de l'Environnement et
des Parcs transmet la recommandation prévue au premier alinéa de l'article 31.5
de la Loi sur la qualité de l'environnement (chapitre Q-2) au ministre aux fins
de l'octroi de l'autorisation par le gouvernement. Cette recommandation doit
porter sur les conditions ou les autres modalités, exigences, restrictions ou
interdictions dont l'autorisation devrait être assortie.
«Le ministre peut, le cas échéant,
transmettre un avis recommandant la non-autorisation d'un projet désigné. Un
tel avis est accompagné d'une justification et est rendu public.»
Et donc j'irais pour la présentation, là,
des arguments, si vous permettez, Mme la Présidente.
M. Girard (Groulx) : ...votre
élocution est excellente, mais juste de parler un peu plus proche du micro ou
devant le micro, parce que l'acoustique est...
La Présidente (Mme Tremblay) : Je
dois avouer que c'est vrai, on vous entend pas beaucoup, même quand vous dites
«adopté», «abstention»...
M. Grandmont : Ah, OK, OK,
parfait.
M. Girard (Groulx) : L'acoustique
n'est pas aussi bonne qu'en commission parlementaire. Mais, pour le reste, tout
est beau. Allez-y.
M. Grandmont : Vous avez bien
raison.
La Présidente (Mme Tremblay) :
Merci.
M. Grandmont : Donc,
effectivement, de placer cet alinéa-là à la fin de l'article 31, ça... ça
vient, pour moi, sceller le rôle du ministre de l'Environnement au moment où le
dossier s'apprête à être transféré au Conseil des ministres pour décision
finale. Donc, pour moi, c'est bien s'assurer, là, dans le fond, là, de toute la
pertinence et du respect, en fait, du rôle primordial du ministre de... puis de
son ministère. L'enjeu que je vois actuellement avec l'article 31, tel qu'il
est libellé, c'est que, dans sa rédaction actuelle, le projet de loi n° 5
relègue, en fait, le ministre de l'Environnement au rôle d'exécutant chargé de
rédiger des clauses d'atténuation pour des projets pilotés par le ministre des
Finances à travers les pouvoirs exceptionnels qu'il se donne sur le projet de
loi n° 5.
Donc, pour moi, le ministre de
l'Environnement ne doit pas être assujetti, dans le fond... ou, je dirais, là, relégué
à un rôle de sous-traitant du ministère des Finances. Pour moi, c'est le...
c'est le fiduciaire de la protection du territoire puis de la santé publique au
Québec. C'est un véritable chien de garde important. Puis, bon, j'en ai souvent
parlé avec... à plusieurs occasions, en fait, dans différents... sur
différentes tribunes, différents projets de loi ou interventions que j'ai pu
faire, là, au regard, là, des enjeux qui touchaient l'environnement. Ce
ministère-là, malheureusement, souffre d'un déficit de pouvoir au sein de
l'appareil gouvernemental. Je référerai... J'invite toujours, évidemment, le
ministre... Je ne sais pas s'il a eu le temps de le faire depuis la première
fois où je le lui ai parlé, mais, à lire La caution verte de Louis-Gilles
Francoeur, qui est un ancien président du BAPE, qui remarquait avec justesse
que le ministère manque de moyens financiers pour être capable de faire sa
mission de chien de garde au sein du gouvernement.
Il y a, certes, un budget assez important,
mais principalement dopé, je dirais, par l'ensemble des programmes qu'il
pilote, alors que le financement a sa mission, celui de coordonner l'action
gouvernementale sur les changements climatiques, sur la protection de
l'environnement, puis d'agir aussi en régulateur et donc un protecteur de
l'environnement puis de la santé publique. Mais pour ça, il y a très, très peu
de moyens.
Donc, ce que je propose à travers mon
amendement ici, à l'article 31, c'est de redonner des moyens à ce ministère-là,
et je le rappelle aussi, parce que c'est important de le souligner... Le PL 5,
dans les yeux de plusieurs acteurs, c'est considéré comme un projet pilote qui
risque d'être étendu dans les... dans les moyens et dans les façons de faire
d'autres types de projets ou à voir... voire même à tous les projets
industriels au Québec qui seraient de moindre d'envergure que ceux qui sont
visés par le PL 5.
Donc, il faut s'assurer tout de suite
d'inscrire dans l'ADN de ce projet de loi là les meilleurs mécanismes pour
s'assurer que le rôle du ministère de l'Environnement est maximisé. Donc, comme
je le disais, on protège l'environnement, la santé publique. Alors, si
l'analyse d'impact d'un mégaprojet privilégié par le ministre des Finances
démontre qu'il est une aberration écologique qui est complètement indéfendable,
bien, je pense que le cadre légal doit explicitement permettre au...
M. Grandmont : …ministre de
l'Environnement de formuler une conclusion, en fait la seule conclusion logique
qui s'impose, c'est la non-autorisation. Et lui refuser ce droit-là par
omission textuelle revient, en quelque sorte, à institutionnaliser
l'assujettissement du ministère de l'Environnement au profit du développement
industriel lourd au Québec. Je pense que, donc, c'est déjà un premier argument
qui est quand même assez important, celui de maintenir, même d'augmenter le
pouvoir du ministère de l'Environnement. Encore une fois, je le répète, on est
sur des projets spéciaux, et il y a beaucoup d'acteurs au Québec qui vont
vouloir que ce genre de mécanisme là, qui est développé par le… qui est rendu
possible par le PL 5, bien, soit octroyé à d'autres types de projets.
Donc, c'est important, comme je le dirais, l'ADN du projet soit maximalisé, là,
pour… maximisé pour le rôle du ministère de l'Environnement.
Pour moi, il y a un autre enjeu important,
là, c'est celui du droit du public à l'information. Le projet de loi favorise
actuellement une centralisation des décisions, principalement à huis clos, au
Conseil des ministres pour… et puis, évidemment, ça va envoyer une image
d'unanimité auquel devra souscrire publiquement le ministre de l'Environnement,
peu importe le type d'analyse qui leur a fait préalablement. Et je pense que ça
se fait au détriment de l'expertise scientifique et donc des discussions
scientifiques qu'on pourrait avoir par rapport à des projets qui,
officiellement, seraient donc supportés par le gouvernement à travers le
processus.
La transparence, pour moi, Mme la
Présidente, c'est un des fondements importants de la confiance du public envers
l'État. Et donc, si un projet d'envergure comporte des risques environnementaux
si graves que le ministère de l'Environnement ne peut pas le cautionner, le
projet, bien, moi, je pense que la population a le droit le plus strict de
savoir, de le savoir, d'avoir accès à cette information-là. Donc, c'est-à-dire
ne pas rendre public un avis négatif de l'environnement dans le huis clos ou du
Conseil des ministres, envoie un message d'opacité à la population qui, pour
moi, est inacceptable, alors que, rendre cet avis-là public, moi, je pense
qu'on aurait des gains certains au niveau de la transparence et donc de la
confiance. Et donc c'est un… ça devient un devoir démocratique important et
élémentaire pour que les citoyens sachent exactement ce qui se joue dans leur
milieu de vie. On le rappelle, les gens vont voir arriver des projets dans leur
milieu de vie, dans leur communauté locale et s'ils n'ont pas accès à
l'information la plus totale, la plus transparente, le niveau de confiance va
absolument à être au plus bas. Et donc il y aura… il pourrait y avoir
potentiellement des conséquences pour la bonne réalisation de ces projets-là.
Pour moi… Pour moi, les… il s'agit... mon
amendement, en fait, là, vient soutenir aussi l'argument important des
contrepoids démocratiques. En fait, il faut équilibrer en quelque sorte les
super pouvoirs que le ministre des Finances veut s'octroyer avec le projet de
loi 5. Il faut trouver une façon de maintenir ces contres pouvoirs-là
pour, encore une fois, la confiance du public.
Pour moi, le projet de loi 5 vient
briser l'équilibre traditionnel de l'appareil d'État en concentrant les
pouvoirs très grands de dérogation législative entre les mains du ministre des
Finances, et le PL 5, dans le fond, on vient concentrer énormément de
pouvoirs économiques dans une seule et même main, celle du ministre des Finances,
au détriment, je pense, des lois sectorielles qui sont protectrices et au
détriment aussi du pouvoir des des ministères sectoriels qui font partie de
l'État québécois.
• (10 h 30) •
Donc, pour éviter les dérives de
l'arbitraire, notre système a besoin de contrepoids. Notre société est basée
comme ça, avec un système de pouvoir et de contre-pouvoirs qui viennent
s'équilibrer et qui, en quelque part, maintiennent à la fois la paix sociale,
mais aussi la transparence des équilibres qui sont nécessaires à la paix
sociale au Québec. Donc, mon amendement à fait, vise essentiellement à rétablir
cet équilibre qui est essentiel au Québec. Il n'enlève pas le pouvoir de
décision finale au gouvernement, mais il garantit que le gardien de
l'environnement peut lever un drapeau rouge officiel et qui devient public
aussi visible par l'ensemble de la population lorsque la ligne rouge écologique
est franchie et, pour moi, c'est une protection essentielle…
10 h 30 (version non révisée)
M. Grandmont : …pour l'État de
droit, un élément, d'ailleurs, qui a été souligné, là, dans la lettre qui a été…
qui a été publié ce matin, là, par les organismes environnementaux, là, où ils
disaient, là... il y a une section qui parle de l'affaiblissement de l'État de
droit. Ils disent : «Un système juridique solide repose sur des règles
prévisibles applicables à tous. Ce PL 5 s'écarte de ces principes en
concentrant dans les mains de l'Exécutif le pouvoir de modifier l'application
des lois sans balises claires et réduit la capacité de la population et des
entreprises à anticiper les règles du jeu.» Mon amendement rejoint
essentiellement cette…. cette crainte exprimée par les organismes
environnementaux, qui… qui voient dans le PL 5 des reculs potentiels pour
l'État de droit au Québec.
Puis on sait, évidemment, que c'est une
des composantes essentielles à notre système démocratique, celui que de vivre
dans un État où les règles du jeu sont claires, notamment, mais que le
discrétionnaire est le plus possible contrebalancé, à tout le moins, il peut y
en avoir, mais qu'il soit contrebalancé par des mécanismes clairs,
transparents, visibles. Et, donc, mon amendement, en tout cas j'ose l'espérer,
en toute humilité, rejoint, tente de rejoindre cet objectif qui… qui est
important pour notre société.
Mon amendement touche également la
question, là, du… de l'expertise scientifique puis de… de l'expertise,
notamment de la fonction publique. C'est un… je pense que c'est un… c'est une
fierté qu'on est au Québec. On a une fonction publique qui est
hyperperformante, très connaissante, très judicieuse, et on… on se doit de la
mettre à profit pour l'élaboration des projets qui seront développés au Québec.
Et donc mon amendement vient apporter une certaine forme de… de respect de
cette… de cette particularité de notre État québécois.
Et, dans le contexte du PL 5, moi, ce
que j'entrevois, en fait, c'est que… c'est l'enjeu suivant, là, c'est que les
équipes scientifiques de l'État puissent subir des pressions très grandes, des
pressions politiques pour accélérer les permis, ce qui, à mon sens, fragilise
leur indépendance professionnelle. On l'a vu, là, dans un autre projet, là, d'ailleurs,
dans un rapport de la Commissaire au développement durable, récemment, qui nous
parlait du projet Nemaska, où, finalement, on a vu des experts du ministère des
Ressources naturelles et de la Faune se prononcer sur le projet, lever des
drapeaux rouges, évidemment rien de tout ça n'était public, lever des drapeaux
rouges, donc, et, suite à des pressions du MEIE, renverser la décision de non-autorisation
d'un projet pour l'amener, finalement, vers une recommandation à des conditions,
de nouvelles… de nouvelles pressions politiques du MEIE, et donc ce projet-là
passe à non seulement une acceptation, mais une acceptation sans condition. Et
donc ce projet-là a pu aller de l'avant et bénéficier de plusieurs sources de
financement différentes auprès de l'État québécois, on en a eu pour 1,2 milliard de
dollars. Donc, on est parti d'un projet où il y avait non-autorisation, parce
que trop risqué, parce que jugé trop risqué, à autorisation sans condition,
avec financement jusqu'à hauteur de 1,2 milliard de dollars.
Vous comprenez que, actuellement, dans le
système qui prévaut aujourd'hui, on a déjà cet enjeu là de maintenir l'indépendance
professionnelle des fonctionnaires de l'État, des scientifiques, de l'État. Et
le PL 5 vient en rajouter une couche. On peut, avec encore plus de
facilité, mettre cette pression sur les experts professionnels de l'État. Donc,
mon amendement, essentiellement, c'est une… c'est une marque de respect, mais c'est
aussi une protection de la… de l'indépendance professionnelle des centaines de
scientifiques, des biologistes, des ingénieurs de notre fonction publique.
Moi, ce que… ce que je demande, en fait, c'est
d'éviter de leur faire passer des nuits… des nuits blanches à analyser des
impacts environnementaux complexes, si, après ça, la loi les empêche de former
et de formuler la seule conclusion que la science parfois impose, bien, c'est
le rejet technique du projet. Donc, permettre la transmission puis la
publication d'un avis de non-autorisation protège l'intégrité puis l'indépendance
de nos experts contre le rouleau compresseur politique.
Mon amendement vise aussi, là, une… la
saine gestion financière, Mme la Présidente. Ce que je veux éviter, là, c'est…
c'est d'injecter des fonds publics dans des… dans de possibles fiascos annoncés,
prévus, déjà analysés comme tels par les fonctionnaires de l'État. On le sait, là,
il y a eu plusieurs projets, là, qui se sont avérés, là, très problématiques.
On pourrait parler de Northvolt, notamment. On pourrait aussi parler de SAAclic...
M. Grandmont : …des projets où
il a eu des drapeaux rouges qui ont été élevés et puis, malheureusement, il a
eu un entêtement et des pressions pour qu'on continue d'avancer dans ces
projets-là. Et finalement on se rend compte que, malgré les avis contraires
formulés par les fonctionnaires de l'État, bien, l'entêtement n'a pas été
payant. Ça a coûté très cher aux Québécoises et aux Québécois qui paient des
taxes et des impôts en travaillant très fort, Mme la Présidente. Donc, ce que
je veux, en fait, c'est, par exemple, qu'un projet qui fait l'objet d'un avis
négatif du ministère de l'Environnement, bien, évidemment, il est possiblement
non viable et voué à des surcoûts majeurs de décontamination et de litige, par
exemple. Alors ce que je veux éviter, c'est ça, Mme la Présidente, c'est ce
genre de situation là. Donc, mon amendement, en fait, c'est une… ce que je
propose, c'est une mesure de stricte prudence budgétaire. Un projet que… que
l'environnement… que le ministère de l'Environnement, pardon, recommande de
rejeter, bien, c'est… probablement un projet qui est boiteux, qui risque de
s'embourber. Donc, forcer la publication de cet avis négatif, moi, je pense que
ça donne un signal clair, en fait un signal de risque clair aux marchés
financiers, aux actionnaires, mais aussi à nos propres leviers, comme
Investissement Québec. Ça évite notamment d'engager des millions de dollars de
fonds publics. Je dis des millions, mais ça peut être des dizaines, voire des
centaines de millions de dollars, évidemment là, dans des projets qui peuvent
être, dans le fond, condamnés à court terme à la faillite environnementale ou
technique. Donc, argument simplement très pragmatique, Mme la Présidente, bonne
gestion des finances publiques, l'objectif, c'est de s'assurer que, au vu et au
su de la population, bien, on évite au gouvernement d'investir de l'argent
quand, d'emblée, on le sait, parce que ça a été rendu public, que
l'environnement s'oppose à un projet. Donc, on aura l'heure juste et on pourra
peut-être éviter des surcoûts puis des dépassements, puis des investissements
finalement perdus, comme on a pu le voir dans les dernières années,
malheureusement trop souvent.
Puis évidemment, bien, mon amendement, en
fait, vise là, également à prévenir des crises sociales, puis des blocages
judiciaires. Vous savez, découvrir après coup qu'un projet a été imposé en
secret contre l'avis de l'environnement, bien, ça… ça nuit très clairement à
l'acceptabilité sociale, puis ça peut mener aussi à des poursuites. Donc,
évidemment, j'ai déjà mentionné que le projet de loi en lui-même, considérant les
risques qu'il présente au niveau de l'affaiblissement de l'état de droit,
lui-même peut avoir des risques d'être… d'être contesté devant les tribunaux,
ça, c'est déjà une chose qu'on a… Mais, indépendamment des poursuites
éventuelles sur le projet de loi lui-même, bien, il y a chacun des projets qui
pourraient être visés, qui pourraient également faire l'objet de contestations
judiciaires. Donc, c'est sûr que… donc, si on cherche l'efficacité puis la
vitesse, bien, mon amendement est certainement un allié de choix à privilégier.
Si le gouvernement utilise sa majorité pour imposer un projet contre l'avis
technique de son propre ministère de l'Environnement, bien, l'information va
finir par couler dans les médias. C'est souvent ça, malheureusement, qui se passe.
Soit ça va couler dans les médias parce qu'à un moment donné, il y a des… des
informations qui finissent par apparaître, soit par, par exemple, un rapport de
la Commissaire au développement durable, c'est le genre de chose qu'on a vu, je
l'ai nommé tantôt, Nemaska, on l'a su bien des mois plus tard. Et… puis même
chose aussi pour SAAQclic, ça avait été un projet dont on a eu la confirmation
des dépassements de coûts, puis tout un stratagème aussi de saucissonnage des…
des appels d'offres à la veille d'une élection et qui a mené à finalement une
désaffiliation, en fait, un manque de confiance de la population québécoise
envers le gouvernement. Donc, ne vaut-il pas mieux, je vous le demande, ne
vaut-il pas mieux avoir l'information dès le départ, pour forcer le
gouvernement à mieux prendre ses décisions, à mieux s'autoréguler dans le choix
des projets qu'il décide de mettre de l'avant plutôt que d'attendre d'avoir des
projets qui se déploient, qui… dont on commence la construction, qui finalement
peuvent s'écrouler par manque de viabilité ou créer des enjeux environnementaux
extrêmement importants et par la suite créer des scandales comme on en a vus,
en fait, des fiascos importants dans les médias et auprès de la population qui…
M. Girard (Groulx) : ...ça
dérape, là. Nemaska Lithium, ce n'est pas un fiasco. On exagère, là.
La Présidente (Mme Tremblay) : C'est
reçu. Donc, il vous reste moins de deux minutes dans votre intervention, M. le
député de Taschereau.
• (10 h 40) •
M. Grandmont : Parfait.
Merci. Puis, en fait, on peut… je comprends le ministre de défendre le projet
Nemaska, évidemment, il est au gouvernement. Si, de mon côté, j'ai envie
d'utiliser le mot fiasco pour parler de Nemaska, je…
M. Grandmont : ...je ne
pense pas que c'est de la dérape. C'est une interprétation qui m'appartient et
j'ai le droit de juger que c'en est un, comme plusieurs ont utilisé,
d'ailleurs, ce n'est pas une expression qui vient de moi, là, ça a été utilisé
par plusieurs intervenants publics dans l'espace public sur Nemaska.
Une voix : ...
La Présidente
(Mme Tremblay) : ...je vais vous interpeler, là, puis vous
demander de rester, là, dans le cadre respectueux puis dans le cadre du sujet
qui nous préoccupe aujourd'hui.
Donc, maintenant, le temps est écoulé. Est
ce qu'il y a d'autre...
Une voix : ...
La Présidente
(Mme Tremblay) : Il restait encore du temps?
M. Girard (Groulx) : Le
temps est-il écoulé?
La Présidente
(Mme Tremblay) : Non, il reste encore du temps
M. Girard (Groulx) : Il
reste du temps?
La Présidente
(Mme Tremblay) : Moins d'une minute.
M. Grandmont : Donc,
voilà, moi, ce que je veux éviter, c'est ce genre de... de finalité pour des
projets, des… ça peut être des fiascos, effectivement. Et je veux… c'est ce que
je veux éviter avec mon amendement, en fait. Donc, à ce moment-là, pour éviter
des crises politiques importantes, bien, je pense que l'amendement est
pertinent. Puis, vous savez, s'il y a un manque de confiance, il peut y avoir
aussi des… des citoyens ou des organisations qui pourraient décider de soit bloquer
des projets, notamment via les tribunaux, et qui pourraient argumenter que les
décisions qui ont été prises étaient déraisonnables.
Donc, en formalisant et en publiant l'avis
dès le départ, l'avis du ministère de l'Environnement, bien, ce que je trouve,
moi, c'est qu'on vient, en quelque part...
Je ne sais pas qu'est-ce que le ministre
fait. Je me demandais s'il prenait en photo, je m'excuse.
M. Girard (Groulx) : Non,
excusez-moi, je regardais un graphique.
M. Grandmont : Ah,
d'accord d'accord d'accord. Super. Donc, en formalisant l'avis publié dès le
départ, bien, on force le gouvernement à s'autoréguler puis à assumer ses choix
de manière responsable et transparente, ce qui, pour moi, vient protéger le
processus de démarrage et de réalisation de projets industriels majeurs contre
une certaine forme de paralysie judiciaire qui est à appréhender, qui est
possible dans le contexte. Donc, ce que je propose, c'est un amendement, je
pense, qui est raisonnable, qui vient protéger…
La Présidente
(Mme Tremblay) : Merci. Donc, je vous remercie. Votre temps est
maintenant écoulé. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention,
nous allons procéder à la mise aux voix. Est ce que l'amendement à
l'article 31 est adopté?
Une voix : ...
La Présidente
(Mme Tremblay) : Par appel nominal. Parfait.
M. Grandmont : Excusez-moi,
vous êtes loin, hein?
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention, M. Granmont (Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
Le Secrétaire
: M. Gérard
(Groulx)?
M. Girard (Groulx) :
Contre.
Le Secrétaire
: M. Reid
(Beauharnois)?
M.
Reid
: Contre.
Le Secrétaire
: M. Allaire
(Maskinongé)?
M. Allaire : Contre.
Le Secrétaire
: Mme Bogemans
(Iberville)?
Mme Bogemans : Contre.
Le Secrétaire
: M. Beauchemin
(Marguerite Bourgeoys)?
M. Beauchemin : Contre.
Le Secrétaire
: Mme Tremblay
(Hull)?
La Présidente
(Mme Tremblay) : Abstention. L'amendement est rejeté.
Alors, nous avons reçu un autre amendement
du député de Taschereau. Donc, est-ce que vous êtes prêt à en faire la lecture?
M. Grandmont : Oui. C'est
bien le 31.2?
La Présidente
(Mme Tremblay) : Il sera affiché dans quelques secondes.
M. Grandmont : Oui. Je
veux m'assurer que j'ai bien le même là. Oui. Parfait. Excellent Donc, je vais
en faire la lecture.
Donc, à l'article 31 du projet de
loi, remplacer les mots «ministre aux fins de l'octroi de l'autorisation par le
gouvernement», par «gouvernement
aux fins de l'octroi de l'autorisation».
L'article 31 du projet de loi tel
qu'amendé se lirait ainsi :
«31. Au terme de l'évaluation
environnementale, le ministre du Développement durable, de l'Environnement et
des Parcs transmet la recommandation prévue au premier alinéa de
l'article 31.5 de la Loi sur la qualité de l'environnement (chapitre Q-2)
au gouvernement aux fins de l'octroi de l'autorisation. Cette recommandation
doit porter sur les conditions ou les autres modalités, exigences, restrictions
ou interdictions dont l'autorisation devrait être assortie.»
Donc, je vais me permettre, si vous voulez
bien, d'expliquer mon amendement.
La Présidente
(Mme Tremblay) : Parfait. La parole est à vous.
M. Grandmont : Donc, mon
amendement, en fait, Mme la Présidente, c'en est un, de rigueur juridique, en
fait, là. Je comprends que ça peut avoir, l'air, d'apparence purement technique
ou sémantique, mais, en réalité, je pense que ça touche à la cohérence
juridique du texte et à la clarté de l'imputabilité politique au sein du projet
de loi cinq. L'article 31 du PL 5 encadre le moment où le ministre de
l'Environnement transmet les conclusions de son évaluation. Actuellement, la
formulation originale associe ces recommandations-là au ministre aux fins de
l'octroi d'autorisations par le gouvernement, ce qui crée, selon moi, une
ambiguïté syntaxique et décisionnelle qu'on peut éviter. Donc, en remplaçant
cette phrase par gouvernement aux fins de l'octroi de l'autorisation, on vient,
je pense, simplifier le texte, puis on vient aussi confirmer que l'autorisation
unique est un acte collectif du Conseil des ministres, et on vient éliminer
toute confusion administrative. Donc, ce que j'espère, en fait, c'est aligner
le texte sur la réalité décisionnelle du projet de loi cinq, parce que, dans
toute la structure du projet…
M. Grandmont : …du projet de
loi 5, c'est le gouvernement, donc le Conseil des ministres, qui détient le
pouvoir politique d'octroyer l'autorisation unique de l'article 28, et non le
ministre de l'Environnement ou le ministre des Finances, individuellement ou
conjointement.
Donc, mon amendement, c'est une
modification de saine légistique, Mme la Présidente. La formulation actuelle
introduit une certaine confusion en parlant du ministre aux fins de l'octroi
d'autorisation par le gouvernement, alors que le ministre ne fait que
recommander, parce que c'est le gouvernement, collectivement, qui autorise un
projet de loi… un projet industriel sur la base du processus développé par le
PL 5. Donc, en simplifiant la phrase pour indiquer que les recommandations sont
transmises au gouvernement pour fins de l'octroi, bien on colle parfaitement à
la mécanique réelle de la loi puis, on invite, on évite, pardon, les ambiguïtés
de compétence.
Mon souhait, en fait, c'est d'éliminer une
faille potentielle d'interprétation devant les tribunaux. Les avocats là, en
droit administratif, évidemment, sont très compétents, sont très scrupuleux et
vont trouver la moindre formulation qui est ambiguë. Donc, une phrase qui est
mal tournée peut laisser croire qu'un ministre individuel a un pouvoir
d'approbation parallèle, ou que le processus de transmission est comme segmenté
en fin de compte.
Donc, si on laisse le texte actuel, je
pense, bien humblement, qu'on ouvre la porte à des débats juridiques qui sont
futiles sur l'intention du législateur.
Alors, est-ce que le ministre
Environnement transmet ses notes au ministre des Finances ou directement au
Conseil des ministres? C'est la question à laquelle j'espère pouvoir répondre à
travers mon amendement.
Alors, en écrivant noir sur blanc que les
avis scientifiques sont transmis au gouvernement, bien on ferme la porte aux
interprétations créatives, puis on vient en quelque sorte sécuriser le
processus administratif contre les recours en nullité basés sur un flou
textuel.
Ce que je souhaite aussi, à travers mon
amendement, Mme la Présidente, c'est consacrer en quelque sorte la
responsabilité collective puis l'imputabilité du cabinet.
Le gouvernement cherche à utiliser la
notion d'autorisation unique pour accélérer les chantiers là. Ça fait… on en a…
le ministre en a abondamment parlé, évidemment. Mais, pour moi, cette
centralisation-là doit s'accompagner d'une clarté totale qui prend… sur qui
prend la décision finale d'autoriser des projets à travers un nouveau processus
dérogatoire octroyé par le projet de loi cinq.
Alors, en liant directement la
transmission des analyses environnementales au gouvernement global plutôt qu'à
un ministre. Bien, mon amendement rappelle un principe démocratique, pour moi,
qui est fondamental, c'est celui… c'est celui de la responsabilité de passer
outre ou d'accepter un projet d'envergure nationale incombe à l'ensemble du
Conseil des ministres. Donc, c'est le gouvernement dans son ensemble qui doit
assumer le bilan environnemental et économique du décret. Et le texte de
l'article 31, je pense, doit refléter cette totale impunité... imputabilité,
pardon, collective.
Mon amendement vise également à rehausser
le… les contre-pouvoirs finalement, la fluidité, là, interministérielle. La
version actuelle donne l'impression d'un seul… d'une forme d'entonnoir en fait,
là, où les recommandations en environnement doivent transiter ou s'adresser à
un seul ministre intermédiaire, puis vraisemblablement, ça, c'est le ministre
des Finances, ce qui, en quelque sorte, subordonne un ministère à un autre.
Puis, comme je le disais précédemment,
pour moi, c'est bien important de s'assurer que le ministère de l'Environnement
dans le cadre du projet de loi 5 conserve… conserve un poids important.
Pour moi, c'est une question de confiance du public.
• (10 h 50) •
Le ministère de l'Environnement, à travers
l'ensemble des processus et à travers sa mission propre, a le pouvoir là de
travailler sur plusieurs aspects, en fait, d'un projet, pas seulement
l'environnement non plus d'ailleurs, je l'ajoute. Il est quand même responsable
de l'application de la Loi sur le développement durable, qui, par définition,
touche à la fois à l'environnement, les enjeux sociaux, on pourrait comprendre,
là-dedans, la santé publique, évidemment, et également aussi le développement
économique. Donc, c'est le seul ministère à même d'être capable, donc, de
traiter de manière un peu plus transversale de la recevabilité de ces
projets-là, des projets qui seront soumis aux processus octroyés par le PL
cinq. Et donc on doit s'assurer que le poids décisionnel du ministère de
l'Environnement est important. Donc...
M. Grandmont : ...le ministère
de l'Environnement, pour moi, n'a pas à soumettre son expertise aux fins d'un
autre ministre sectoriel pour que ce dernier se présente, par la suite, seul
avec... devant le cabinet... en fait, devant le Conseil des ministres, avec
comme seul porteur, en fait, de cette décision-là, pour convaincre, dans le
fond, l'adhésion du Conseil des ministres. Pour moi, l'évaluation
environnementale et même de développement durable, on dirait, parce que, comme
je le disais tantôt, la Loi sur le développement durable donne le pouvoir au
ministère de l'Environnement de regarder les choses de manière... transversale.
L'évaluation, donc, du ministère de l'Environnement, c'est un document
d'intérêt public supérieur qui s'adresse à l'entité décisionnelle suprême,
c'est-à-dire le gouvernement représenté ici par le Conseil des ministres.
Donc, pour moi, supprimer la mention
intermédiaire du ministre redonne en quelque sorte ses lettres de noblesse
institutionnelle au ministère de l'Environnement, en plaçant ses conclusions
directement sur la table du Conseil des ministres, sur un pied d'égalité
absolue avec le ministre des Finances qui, lui, porte, si vous voulez, la
décision... en fait, une partie de la décision et donc les avis aussi des
autres ministères sectoriels concernés. Et donc, pour moi, c'est quand même
assez important de redonner ce pouvoir-là au ministère de l'Environnement.
Comme je l'ai dit, c'est un ministère qui est important, qui... qui permet
d'aller chercher une adhésion plus grande, une acceptabilité sociale de la
population et des... de la société civile sur des projets que le ministre... en
fait, que le gouvernement voudrait faire accélérer.
Mon amendement, je pense, aussi, permet
d'aller rechercher de l'efficacité administrative, et je sais que c'est un...
c'est un souhait qui est cher, là, au gouvernement. On l'a vu à plusieurs
égards, là, ce souhait d'aller chercher de l'efficacité administrative. On l'a
vu présenter sous... par plusieurs ministères. La secrétaire du Conseil du
trésor, notamment, a travaillé, je pense, avec son projet de loi 7, à
plusieurs... plusieurs modifications, parfois surprenantes, parfois, contre
lesquelles on s'est opposé, ma formation politique, évidemment. Mais donc, il y
a déjà eu ce travail-là qui a été fait par la présidente du Conseil du trésor.
Le ministre des Affaires municipales, aussi, a présenté plusieurs propositions,
dont certaines sont en cours, notamment dans le projet de loi 22. On a
entendu les mots, souvent, chaque mesure administrative supplémentaire, il faut
en enlever deux. On a parlé d'allègement réglementaire aussi au niveau du
ministère de l'Environnement.
Donc, il y a une volonté très forte du du
gouvernement d'aller dans ce sens-là, des allègements qui, parfois, peut-être,
sont... sont justifiés, nécessaires. On sait que le milieu municipal demande
une certaine forme d'allègement aussi, parce qu'on le comprend, avec le temps,
des lois vont s'ajouter. Puis évidemment les lois, pour protéger
l'environnement, pour protéger la santé publique, sont évidemment, tout le
temps, importantes. Les lois sont là pour des bonnes raisons aussi. Mais il
arrive que, des fois, des lois sont là depuis longtemps, puis auraient besoin
d'être adaptées, dépoussiérées, parce qu'elles ne sont plus adaptées à la
réalité actuelle. Puis, des fois aussi, il y a des lois qui vont se nuire l'une
et l'autre, parce qu'il peut y avoir un effet cumulatif indésirable. Donc, je
comprends tout à fait le désir de vouloir améliorer l'efficacité de l'État à
travers ce travail de recherche d'efficacité administrative, encore faut-il
bien le faire.
Et donc, comme je le disais, là, le projet
de loi 5 vise, selon les intentions annoncées, de gagner en efficacité, en
voulant réduire certaines étapes considérées comme bureaucratiques, puis les
dédoublements aussi, là, pour gagner du temps. Et donc il a été plaidé, là, que
l'efficacité puis la réduction de la bureaucratie étaient importantes dans la
réalisation des projets. Mais mon amendement va exactement dans ce sens-là, Mme
la Présidente. C'est mon objectif, je ne m'en cache pas, je le fais à visage
découvert, ça va dans ce sens-là. Pourquoi maintenir une formulation lourde qui
fait transiter conceptuellement la recommandation par le ministre aux fins de
l'octroi par le gouvernement? Moi, je pense qu'en éliminant cette étape
sémantique là, on simplifie la loi, on épure le texte, on trace une ligne
directe et efficace entre l'analyse environnementale et la décision au Conseil
des ministres.
Donc, c'est de la saine gestion
législative. On accélère le processus tel qu'il est souhaité dans...
M. Grandmont : ...le projet de
loi. Donc, évidemment, c'est un amendement qui est un peu technique, puis on
pourra me dire que c'est une simple nuance de style, que le texte actuel
fonctionne bien, que ça veut dire la même chose. Mais je répondrai que, si,
effectivement, c'est la même chose, bien, adoptons-le, adoptons une formulation
plus claire qui rend plus rapide la transmission de l'avis et qui donne, en
même temps, aussi l'ajout d'un certain poids au ministère de l'Environnement.
Donc, je pense que la clarté, l'efficacité est au cœur de l'amendement que je
propose aujourd'hui et qui amène du bon sens, qui nettoie le texte sans
modifier l'esprit.
Encore une fois, je le répète, pour moi,
il y a quelque chose d'important, c'est toute la question du poids qu'on va
donner aussi au ministère de l'Environnement. À la fois, ça simplifie le texte,
accélère le processus, mais, en même temps, aussi, ça vient aider à maintenir
une présence plus forte du ministère de l'Environnement dans le décisionnel.
Parce que cet avis-là, devant le Conseil des ministres, va être reçu en même
temps, et donc, peut-être davantage à valeur égale que s'il transite, encore
une fois, par les mains du ministre des Finances, l'objectif étant de donner
prépondérance à ce ministère qui a un rôle essentiel dans notre société. Puis,
comme je le disais, bien, c'est toute la question de la... de la confiance du
public envers le processus. Parce que les projets, c'est une chose, mais la
façon dont ils sont menés, la façon dont ils sont amenés, est essentielle dans
notre... dans notre démocratie. Savoir que le ministère de l'Environnement peut
intervenir, peut, en fait, comment je dirais ça, peut avoir voix au chapitre,
une fois rendu au Conseil des ministres, pour moi, c'est essentiel, si on
envoie ce signal-là à la population, mais déjà on envoie le signal que leur
milieu de vie, leur communauté locale, peu importe le projet, peu importe...
Puis, en plus, c'est ça, c'est qu'actuellement les gens sont un peu dans le
flou, considérant qu'on a peu d'indices sur le type de projets qui seront
déposés, reçus, analysés à travers le processus créé par le PL 5. On sait qu'il
y a des projets de mine, on sait qu'il y a des projets, possiblement, de
défense, manufacturiers, d'énergie. Et ce sont justement, si je prends, par
exemple, l'exemple des mines puis l'exemple de l'énergie, des sujets sur
lesquels il y a des conversations publiques fréquentes. Si on prend, par
exemple, les projets de lignes à haute tension dans Lanaudière, bien, il y a de
la contestation publique, évidemment. On peut parler aussi du corridor
énergétique avec les projets d'éoliennes, notamment dans Bellechasse et dans le
Bas-du-Fleuve. Il y a déjà de la mobilisation citoyenne et organisationnelle
très forte sur le terrain, Mme la Présidente.
Donc, même avant d'avoir un processus
accéléré, autorisé, dans le fond, par le processus créé par le PL 5, on a
déjà des enjeux au niveau énergétique. Et les mines, bien, je ne vous apprends
rien, évidemment, les projets de mines font l'objet de mobilisation citoyenne
très forte. On le voit dans les Laurentides depuis, notamment... Je me
souviens, en début de la 43e législature, il y a eu des grandes
discussions publiques sur toute la question des claims miniers, et puis le
gouvernement plaidait, en fait, que ces mines étaient essentielles pour le Québec,
parce que ce sont des minéraux critiques, il faut développer. Il y a une
industrie de la batterie à développer aujourd'hui. Donc, ça alliait aussi le
manufacturier, l'industriel, donc, les projets industriels de création de
batteries. Puis, sur le fond, je ne suis pas contre — oui, merci
beaucoup — je ne suis pas contre l'idée qu'on ne fasse pas
qu'extraire et exporter les minéraux de notre sous-sol au Québec. Même chose
pour le bois. Mais qu'on transforme ici. Il n'y a pas d'enjeu avec ça. Je pense
que, sur la base du simple bon sens puis de la création de richesse ici, au
Québec, il y a quelque chose d'intéressant, mais encore faut-il que ça se fasse
convenablement. Et quand l'acceptabilité sociale n'est pas là, bien, c'est ça,
on se retrouve avec des projets qui ont de la difficulté à avancer.
• (11 heures) •
Donc, vous voyez, on a... on a deux types
de projets qui font partie des... de ce qui avait été annoncé, là, par le
ministre lors du dépôt du projet de loi, initialement, sur les quatre, donc, on
avait aussi défense puis les projets d'Hydro-Québec. Ah! puis les projets
d'Hydro-Québec, évidemment, bon, on sait qu'Hydro-Québec, c'est l'enfant chéri
du Québec. C'est un levier incroyable qu'on a ici, au Québec. Évidemment, ça
fait partie des fiertés qu'on a. La plupart des Québécoises et des Québécois
aiment Hydro, comme le dit la pièce de Christine Beaulieu. Mais il reste quand
même...
11 h (version non révisée)
M. Grandmont : …sur le
développement, là, ça peut créer des problèmes.
Alors, on a vu beaucoup de contestations,
on a vu beaucoup de mobilisation contre le harnachement de nouvelles rivières.
On a vu aussi, bien, comme je le disais tantôt, là, sur les corridors, au
niveau de l'éolienne, c'est difficile… de l'éolien, pardon, c'est très
difficile d'obtenir l'acceptabilité sociale. Donc, encore une fois, si on… on accepte
mon amendement et qu'on donne le pouvoir au ministre de l'Environnement de
déposer son avis directement au Conseil des ministres, bien, ça vient donner
une voix au chapitre.
Je pense que le ministre de l'Environnement
a un rôle important à jouer dans…. dans l'acceptabilité des projets.
Évidemment, il n'est pas lui-même complètement à l'abri, là, des… des
pressions, mais, en même temps, il reste que c'est une expertise à valoriser
puis à mettre de l'avant et un rempart de plus contre ce manque d'acceptabilité
sociale. Donc, moi, je pense qu'on fait juste se donner un petit peu plus de
marge de manœuvre pour aller chercher l'adhésion. Même sans PL 5, c'est
déjà difficile, sur certains projets, d'aller la chercher. Je pense qu'on ne
peut pas… on ne peut pas se priver d'un excès, là, de transparence et de poids
qu'on donne au ministre de l'Environnement. Voilà. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Tremblay) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Alors, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'amendement…
M. Grandmont : Par appel
nominal, s'il vous plaît.
La Présidente (Mme Tremblay) : Oui,
je vais juste finir de faire ma phrase, puis après… Est-ce que l'amendement… Non,
mais c'est parce que, là, on s'entrecoupe, là. Donc, est-ce que l'amendement à
l'article 31 est adopté?
M. Grandmont : Par appel
nominal, s'il vous plaît.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention? M. Grandmont
(Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
Le Secrétaire : M. Girard
(Groulx)?
M. Girard (Groulx) : Contre.
Le Secrétaire : M. Reid
(Beauharnois)?
M.
Reid
:
Contre.
Le Secrétaire
: M. Allaire
(Maskinongé)?
M. Allaire : Contre.
Le Secrétaire
: Mme Bogemans
(Iberville)?
Mme Bogemans : Contre.
Le Secrétaire
: M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys)?
M. Beauchemin : Abstention.
Le Secrétaire
: Mme Tremblay
(Hull)?
Mme Tremblay : Abstention.
Le Secrétaire
:
Amendement rejeté.
La Présidente (Mme Tremblay) : Donc,
l'amendement à l'article 31 est rejeté. Donc, s'il n'y a pas d'autre
intervention, je pense que vous avez un autre amendement.
M. Grandmont : Mme la
Présidente, j'aurais un autre amendement.
La Présidente (Mme Tremblay) : Je
vous invite à en faire la lecture. Merci.
M. Grandmont : Oui. 31. Je
veux juste m'assurer que c'est le bon.
La Présidente (Mme Tremblay) : Oui.
M. Grandmont : Oui, c'est ça.
La Présidente (Mme Tremblay) :
...le voir à l'écran.
M. Grandmont : Je m'assurais
que j'avais le même sur mon écran, c'est plus facile pour moi de le lire, l'écran
est quand même…
La Présidente (Mme Tremblay) : Parfait...
M. Grandmont : Voilà. Donc, oui,
voici. Donc, à l'article 31 du projet de loi et après «devait être assortie», les mots… ajouter les mots «Le
ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs peut, le cas
échéant, recommander la non-autorisation du projet désigné».
Donc, l'article 31 du projet de loi,
tel qu'amendé, se lirait ainsi :
«31. Au terme de l'évaluation
environnementale, le ministre du Développement durable, de l'Environnement et
des Parcs transmet la recommandation prévue au premier alinéa de l'article 31.5
de la Loi sur la qualité de l'environnement (chapitre Q-2) au ministre aux
fins de l'octroi de l'autorisation par le gouvernement. Cette recommandation
doit porter sur les conditions ou les autres modalités, exigences, restrictions
ou interdictions dont l'autorisation devrait être assortie. Le ministre du Développement
durable, de l'Environnement et des Parcs peut, le cas échéant, recommander la non-autorisation
du projet désigné.»
Donc, si vous me permettez, je vais faire
la lecture des… je vais présenter mon argument, en fait.
Une voix : …
La Présidente (Mme Tremblay) : Oui...
M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Bien, c'est
exactement le même amendement qu'il y a deux amendements. Là, on est dans l'obstruction
idéologique, la perte de temps totale. C'est exactement le même amendement qui
a été déposé il y a deux amendements.
M. Grandmont : Bon, d'abord,
deux choses, là, Mme la Présidente, là. D'une part, il y a des nuances, puis je
vais me permettre de les expliquer. Puis, deuxièmement, je pense que le
ministre me prête des intentions. Mon objectif n'est pas de faire de l'obstruction,
mon objectif est d'améliorer le projet de loi. Je tente de le faire. Il n'a
pas… il n'a pas consenti à ces propositions-là, mais j'aimerais qu'il fasse
attention quand il prête des intentions.
La Présidente (Mme Tremblay) : On
va suspendre quelques minutes.
(Suspension de la séance à 11 h 05)
(Reprise à 11 h 08)
La Présidente (Mme Tremblay) :
Donc, on a regardé l'amendement. Sur la forme, cet amendement-là, il est
recevable. Alors, je vous invite à poursuivre les interventions.
M. Grandmont : Merci
beaucoup, Mme la Présidente.
Une voix : ...
La Présidente (Mme Tremblay) : Oui.
Oui.
M. Beauchemin : Il y a... il
y a effectivement peut-être une légère différence, mais, depuis le début de
cette procédure, depuis les quelques derniers jours, là, on a quand même eu à
plusieurs exemples des légères modifications avec le même... le même objectif.
Si l'objectif ici était d'améliorer vraiment le projet de loi, il y avait eu...
il y aurait eu, de par le temps de négociation, il y aurait eu des moments qui
aient été souhaités de la part du deuxième groupe d'opposition, qui aurait pu
peut-être rencontrer la partie gouvernementale à plusieurs reprises pour
négocier des termes et conditions.
Et puis on n'a pas avancé, on n'avance
vraiment pas dans ce projet de loi là en ce moment, Mme la Présidente. Je
trouve ça vraiment désolant, parce que, si on veut justement, par exemple,
améliorer le transport collectif dans la région de Montréal, dans un comté qui
est important pour le deuxième groupe d'opposition, si on veut essayer
d'améliorer l'économie du Québec pour pouvoir payer tout ce que le deuxième
groupe d'opposition souhaiterait de façon unanime, là, à faire en sorte que le
Québec puisse avoir énormément de ressources de revenus, bien, ça prend un
développement économique qui est structuré, qui est prospère.
Puis, quand on regarde le projet de loi
actuel qui a été amendé pour avoir plus de transparence, pour avoir la
reddition de comptes, pour prendre en sorte... en compte toutes les critiques
qui semblent sortir du deuxième groupe d'opposition... On l'a fait avancer le
projet. Je suis extrêmement déçu de la sortie actuelle du deuxième groupe
d'opposition. Puis malheureusement, on va... on s'en va directement vers la
mort de ce projet de loi là, malheureusement. Puis ce n'est pas... le Québec
n'avancera pas avec cette façon de faire, malheureusement.
La Présidente (Mme Tremblay) : Donc,
merci. Alors, s'il y a un membre qui souhaite soulever l'irrecevabilité sur le
fond, le cas échéant, il est libre de le faire. Donc, à ce moment-là, on va
prendre les interventions, puis on va suspendre, puis on va prendre une
décision. Sinon, je vais laisser le débat se poursuivre. Donc, c'est aux
membres de la commission, là, d'en décider, d'invoquer l'irrecevabilité sur le
fond. Donc, je comprends qu'on peut poursuivre.
M. Grandmont : Bien, merci
beaucoup, Mme la Présidente, d'être la gardienne de la procédure, c'est fort
important.
Donc, oui, effectivement, là, donc, cet
amendement-là, pour moi, est d'une importance très importante... Est-ce que
vous voulez intervenir, M. le ministre? Non? OK.
M. Girard (Groulx) : ...continuez.
• (11 h 10) •
M. Grandmont : Parfait. Je
suis content de savoir que vous écoutez. Parfait. Excellent. D'accord. Donc, je
vous invite aussi à entrer en action, si c'est possible, d'accepter les
amendements. On veut l'améliorer. C'est tout ce qu'on souhaite à travers nos
propositions, Mme la Présidente.
Donc, cet amendement-là est d'une
importance pour moi qui est cruciale pour la structure même du projet de loi n° 5. En proposant cette formulation-là, moi, je veux
m'assurer, dans le fond, que, sur le fond, on clarifie une faille qui est
importante de l'article 31 tel qu'écrit originellement parce que le texte du
gouvernement est rédigé de manière à sous-entendre que l'autorisation aura
toujours lieu et que l'environnement, dans le fond, ne sert qu'à lister les
mesures d'atténuation...
M. Grandmont : …projet. J'en
avais déjà parlé de ça, là, je… il ne faudrait pas que le ministère de
l'Environnement ne devienne qu'un simple outil pour identifier les faiblesses
environnementales d'un projet, et trouver les adaptations nécessaires pour que
ce projet-là se réalise de toute façon, moyennant certaines petites
améliorations, mitigations apportées au projet. Donc, moi, ce que j'ajoute, je
pense, avec mon amendement, c'est clairement le pouvoir de recommander la
non-autorisation. Et on redonne à ce ministère-là son rôle de gardien et de
décideur scientifique. Je reviens beaucoup là-dessus, mais je trouve que c'est
vraiment super important. D'abord, on remarque que le… ce que je veux en fait,
c'est briser, dans le fond, de la présomption d'autorisation automatique,
l'idée, là, d'un chèque en blanc, là, en fait. Donc, le texte actuel du projet
de loi n° 5 est écrit au futur, ça fait que les recommandations doivent porter
sur les conditions, ce qui présume que le projet sera obligatoirement ou très
probablement autorisé et qu'on ne fait qu'ajuster les modalités de ce
projet-là. Donc, dans sa version actuelle, l'article 31, selon moi, souffre
d'un biais juridique important. Il prend pour acquis que le projet va se
réaliser. Alors, on y lit que la recommandation doit porter sur les conditions
que l'autorisation devrait être assortie. Mais qu'est-ce qui arrive si le
projet, dans les faits, est déjà identifié préalablement par le ministère de
l'Environnement comme une catastrophe écologique absolue appréhendée? Qu'est-ce
qui arrive si aucune condition d'atténuation n'est techniquement suffisante,
par exemple, pour protéger une nappe phréatique? Donc, mon amendement décale le
texte vers la neutralité scientifique en inscrivant noir sur blanc que la
non-autorisation fait partie des conclusions légitimes d'une évaluation.
Essentiellement, c'est un… c'est ce que ça vient faire, cet amendement-là.
Ce que je souhaite aussi, à travers cet
amendement-là, c'est redonner au ministre de l'Environnement son plein statut
de ministre sectoriel autonome. Je le dis, puis c'est un souhait, en fait, que
j'ai… c'est de voir le ministère de l'Environnement avoir plus de mordant,
avoir plus de moyens, être capable d'être le gardien, le chien de garde de
l'environnement, de la santé des populations, tout ça dans un contexte où on
analyse le développement du Québec à travers le développement durable. On a la
chance d'avoir un projet de loi qui va servir de banc d'essai pour, bien évidemment,
auprès des projets… des projets majeurs, des projets prioritaires pour le
gouvernement du Québec. Le ministre parlait souvent de cinq projets avec
certains critères, là, qui restent à définir. Il y a comme beaucoup de flou et
d'arbitraire autour des critères qui seraient identifiés, mais on comprend que
c'est des projets majeurs, là, des projets qui sont substantiels, des projets à
plus de 1 milliard de dollars. Mais il y a ce jeu-là… ce n'est pas un jeu,
mais ce… ce souhait exprimé par certains acteurs qu'on a entendu pendant les
audiences particulières, que ça devienne aussi la norme qui s'applique dans le
futur. Et si on n'a pas placé le ministère de l'Environnement comme un
ministère sectoriel autonome, avec tout ce qu'il faut pour protéger la population,
bien on risque de passer à travers une opportunité formidable de réformer le
rôle de ce ministère-là au sein de l'appareil étatique québécois. Donc, le… le projet
de loi n° 5 transforme le ministre de l'Environnement en un rédacteur de permis
d'atténuation, dans le fond, là. On prend ses fonctions puis on l'assujettit
aux objectifs économiques qui sont poursuivis par le processus piloté par le
ministre des Finances. Donc, pour moi, le ministre de l'Environnement, ce n'est
pas un sous-traitant, en fait, du ministre des Finances. C'est le fiduciaire de
la protection du territoire, puis de la Santé publique. Si la science démontre
qu'un projet met en péril l'environnement, met en péril la santé de la
population, bien, je pense qu'il doit avoir la légitimité légale de dire :
Je ne recommande pas la réalisation de ce projet-là. Donc, lui refuser ce
droit-là, textuellement dans l'article 31, c'est… c'est institutionnaliser la
subordination de l'environnement face au développement industriel lourd. Et c'est
exactement le contraire qu'on veut voir mis en place…
M. Grandmont : ...que
l'environnement prime. De toute façon, on l'a entendu, on le sait, l'entreprise
privée n'est pas pour moins de réglementations environnementales. Ce qu'elle
veut, c'est de la prévisibilité, c'est un contexte clair, c'est des objectifs
qui ne changent pas à tout bout de champ. Je me rappelle très bien dans des
consultations sur la révision des cibles de GES, l'industrie, je pense que
c'était l'industrie métallurgique qui disait, écoutez, ne changez pas les
règles. On veut un cadre clair, on veut le maintien des cibles de GES réduites
de 35 %, en fait, les cibles, moins 37 % sous les niveaux de 1990
d'ici 2030, parce que nous sommes déjà en marche vers l'atteinte de cette... de
cette cible-là.
Et par ailleurs, ce que nous produisons,
par exemple l'acier vert, l'acier qui... qui est moins émetteur de gaz à effet
de serre, est une valeur ajoutée quand vient le temps d'exporter nos produits à
l'étranger. Sur le marché mondial, nous devenons, si nous atteignons nos
objectifs, nous devenons un produit recherché, une industrie en demande.
Et je me souviens que le ministre de
l'Environnement avait dit, oui, mais si je vous les mets à 2035 plutôt que
2030, est-ce que ça ne sera pas plus facile à atteindre? Puis, l'industrie
répondait, bien, oui, ça sera plus facile à atteindre, mais ce n'est pas ce que
nous voulons. Nous... voulons un cadre clair, ambitieux, qui nous permet aussi
de nous... À la fois donc, pour... pour un contexte prévisible, un
environnement prévisible et clair, non changeant, mais aussi parce que ça a une
valeur sur les marchés internationaux.
Donc c'est exactement la même chose ici.
Ce qu'on veut, c'est avoir un ministère de l'Environnement qui est fort, qui
offre un cadre clair et qui va donner à l'industrie l'assurance que... que
cette valeur-là est au cœur des préoccupations du gouvernement.
À travers mon amendement aussi, ce que je
souhaite, c'est protéger et valoriser l'expertise scientifique de la fonction
publique, notamment celle qu'on trouve au ministère de l'Environnement, qui est
fort, fort importante, très bonne, excellente, qui produit des rapports forts
pertinents. Pour moi, les... les professionnels puis les scientifiques de
l'État ne doivent pas subir des pressions, là, pour accélérer des... des
dossiers et ont besoin de savoir que leur travail d'analyse peut mener à un
refus si les seuils critiques sont dépassés. C'est la... C'est la façon de
s'assurer qu'ils vont pouvoir travailler en totale indépendance.
Et donc, cet amendement-là, pour moi,
c'est... Bien, d'abord, c'est une marque de respect essentielle envers les
scientifiques, les biologistes, les ingénieurs de notre fonction publique. Mais
c'est aussi une façon de s'assurer aussi que le travail qu'ils vont faire, ils
vont le faire en totale indépendance. Au bénéfice de qui? Au bénéfice de la
population et au bénéfice de l'environnement.
C'est sûr que si la ligne directrice qui
est donnée d'emblée à un projet c'est, ce projet doit passer, pondez-nous une
analyse scientifique rigoureuse, mais qui envoie le signal que ce projet-là
peut être réalisé, peut-être moyennant certaines conditions. Bien, ce n'est pas
la même chose que de dire, analysez-moi ce projet en totale indépendance, au
bénéfice du respect de la santé des populations et du... de la protection de
l'environnement. Vous comprenez que la commande n'est pas la même d'un côté et
de l'autre.
Donc on a deux... deux façons de présenter
une demande au ministre... aux scientifiques, aux biologistes puis aux
ingénieurs de la fonction publique qui travaillent pour le ministère de
l'Environnement. C'est sûr qu'à la fin, le résultat risque d'être différent, la
commande n'est pas la même.
Donc, moi, je pense qu'on doit s'assurer
que le ministre de l'Environnement puisse relayer un avis de non-autorisation.
Ça vient protéger l'intégrité professionnelle de nos experts, puis ça donne du
poids à leur analyse face à la pression politique des promoteurs, ça vient
protéger l'État contre les pressions.
• (11 h 20) •
Ce qui n'empêche pas de faire des projets,
on s'entend, là. Cela peut quand même... Évidemment, des projets peuvent quand
même se réaliser dans un contexte où finalement, on donne une plus grande indépendance
aux travailleurs de l'État, du ministère de l'Environnement. Mais on vient, en
tout cas, trouver un moyen de peut-être refuser des projets qui ne seraient pas
les bons, aussi. Puis je pense que dans l'analyse que se donne, à la fin le, Conseil
des ministres, bien avoir eu des... des avis réalisés en totale indépendance,
libres de pressions ou politiques ou du promoteur...
M. Grandmont : ...mais ça
garantit, je pense, davantage à des projets qui, non seulement permettront
d'avoir une plus grande acceptabilité sociale, mais aussi des meilleurs
projets, dès le départ, pour... pour le Québec, je ferai un petit... un petit
exemple de cela. Puis c'est un vieil exemple que je choisis à dessein, parce
qu'on en a beaucoup parlé, mais c'est une histoire qui est malheureusement peu
connue. La Fonderie Horne, quand elle s'est installée à Rouyn-Noranda, bon,
initialement, il y avait une mine à côté du lac Osisko. Maintenant, évidemment,
la mine, le filon est épuisé, puis on prend... Les sources de cuivre sont
externes, sont des... c'est du recyclage, en fin de compte, là.
Mais donc, dès 1918, je pense, quand le
projet allait... un peu avant, donc, 1918, parce que le projet a réellement
démarré en 2018. Mais, dès le départ, les autorités compétentes, à l'époque,
avaient dit : D'accord, la mine sera...sera à l'endroit où est le
gisement, évidemment, mais la fonderie, là, mettez-la plus loin, de l'autre
côté du lac Osisko, à un kilomètre... un mille de distance pour s'assurer que
les impacts éventuels de la pollution ne soient pas trop grands sur la
population. Alors qu'on est au début du 20e, puis, déjà, on suspectait qu'une
fonderie risquait d'avoir des problèmes et qui risquait de causer des problèmes
de santé majeurs sur la population. Et, dès cette... la réception de cette
demande qui émanait du... du gouvernement, bien, la fonderie, les propriétaires
de la fonderie ont dit : Bien, nous, si c'est ça, on ne la fait pas, on
s'en va. Et, voyez, on a accepté, finalement, que la fonderie s'installe
au-dessus de la mine.
Et donc, dès le départ, on a cédé au
chantage de l'industrie et, avec les conséquences qu'on connaît aujourd'hui,
bien, un quartier qui a été construit à proximité d'une fonderie qui est
fortement émettrice de polluants atmosphériques, qui empoisonne la population à
côté. On aurait pu s'éviter bien des problèmes si, à l'époque, on avait tenu
notre bout, puis on avait décidé que, finalement... qu'on avait imposé une
construction de fonderie plus loin, ça aurait probablement permis d'avoir des
problèmes beaucoup moins grands aujourd'hui. Et c'est un peu la même chose que
je demande aujourd'hui, c'est corriger le mauvais réflexe, ceux de ne pas
écouter suffisamment ou de ne pas donner suffisamment de poids aux experts de
l'État à travers la loi 5, qui nous permettrait d'éviter des problèmes
comme ceux qu'on vit aujourd'hui, notamment dans le cas de Rouyn-Noranda.
Mon amendement aussi vise à assurer une
saine gestion, puis une prévisibilité financière, là, pour les marchés, c'est
important pour moi de le souligner. Je pense que, sans mon amendement, en fait,
permettre qu'un projet, avec des failles importantes, lui permette de cheminer
sans drapeau rouge clair au Conseil des ministres, ça expose l'État puis les
investisseurs à des... à des enjeux importants par la suite. On a vu plusieurs
projets qui ont été malmenés, qui ont été ficelés rapidement, pour lesquels il
peut y avoir eu des pressions interministérielles, des pressions politiques,
des pressions des promoteurs eux-mêmes. Et ça mène, malheureusement, à des
fiascos. Ça arrive au Québec, malheureusement, encore aujourd'hui. On dirait
qu'on n'a pas encore appris des nombreuses erreurs du passé. Mon amendement
vise, dans le fond, à réparer ça, en s'assurant que le drapeau rouge clair
puisse être nommé, soulevé au Conseil des ministres, et donc éviter, là, que
l'État, là, puis les investisseurs se retrouvent devant des projets qui ne
tiennent pas la route et qui ont pourtant, malgré tout, au terme de plusieurs
mois de préparation, de construction partielle ou totale, finalement, coûtent
très cher à l'État québécois puis aux Québécoises et Québécois, aux MRC, et que
ça ne se réalise même pas, donc, où ça a eu des conséquences environnementales
majeures, donc.
Évidemment, je pense que c'est le souhait
de plusieurs, ici, de s'assurer d'une saine gestion des risques économiques.
Puis mon amendement, en fait, c'est une mesure de prudence, de prudence
budgétaire, Mme la Présidente. Un projet que le ministère de l'Environnement
jugerait non autorisable, bien, c'est un projet intrinsèquement qui est... qui
est risqué, qui peut mener à des surcoûts qui peuvent être, par ailleurs, très
majeurs en litige ou en décontamination. Et donc venir, à travers mon
amendement, formaliser l'option de non-autorisation, ça envoie un signal très,
très clair et transparent aux marchés financiers, aux actionnaires puis à nos
propres leviers économiques tels qu'Investissement Québec. Ça évite, donc, au
terme... à terme, en fait, d'engloutir des millions de dollars, voire des
dizaines ou des centaines de millions de dollars dans des chantiers qui,
initialement, avaient été jugés...
M. Grandmont : ...ministère de
l'Environnement, comme condamné, à terme, à la faillite environnementale. Donc,
ça, moi, je pense que c'est quand même assez important de le souligner. On veut
essayer de faire mieux. Là, je comprends que l'objet du projet de loi n° 5,
c'est de faire plus vite. Moi, ce que j'aimerais, c'est que ce projet de loi là
aussi vise à faire mieux, ce que nous faisons déjà actuellement. On a déjà de
la difficulté à faire bien, là, au niveau environnemental avec les grands
projets industriels. Est-ce qu'on peut se donner un cadre réglementaire qui va
améliorer la situation plutôt que potentiellement l'alourdir ou la rendre pire?
C'est mon souhait, Mme la Présidente.
Mon amendement aussi vise, là, à prévenir
la judiciarisation puis garantir une efficacité réelle des chantiers. Donc, si
le public ou les tribunaux constatent qu'un projet potentiellement dangereux
pour l'environnement ou pour la santé de la population a été, en quelque sorte,
poussé de force, parce que la loi empêchait le ministre de l'Environnement de
recommander un refus auprès du Conseil des ministres, là, bien, le décret
risque d'être assez rapidement contesté. Si on cherche l'efficacité, je pense
que mon amendement est pertinent dans ce contexte-là. Parce que, si le
gouvernement impose par décret un projet prioritaire sans que le cadre légal
ait permis d'envisager ouvertement son rejet par le ministère de l'Environnement,
bien, les groupes juridiques iront, devant les tribunaux, pour exiger un
contrôle judiciaire pour décision déraisonnable. Donc, le projet va
évidemment... risque fort de s'embourber dans des injonctions, des
contestations sociales aussi qui pourraient être très longues. C'est ce qu'on
veut éviter, évidemment.
Donc, pour moi, donner une soupape de
sécurité légale à l'article 31, pour moi, ça montre que le processus est
rigoureux, il est honnête, il est complet, et je pense que ça te permet d
immuniser bien mieux les décisions de l'État contre les recours en cassation.
Donc, mon amendement vise essentiellement à ça. Je pense que c'est un truc...
c'est une proposition qui est simple et pragmatique. On pourrait me répondre,
évidemment, que la recommandation du premier alinéa de l'article 31.5
inclut déjà, implicitement, toutes les options puis qu'il est inutile d'ajouter
cette phrase-là qui vient... qui vient s'ajouter au texte. Mais, si c'est déjà
implicite et que c'est le souhait, là, que le ministre de l'Environnement
possède ce pouvoir de recommander le rejet, bien, écrivons-le explicitement à
l'article 31.
Le droit public n'aime pas les non-dits,
surtout quand un projet de loi d'exception, comme le projet de loi n° 5, vient,
à quelque part, bousculer nos règles ordinaires. C'est un régime d'exception,
hein, on le dit d'emblée, Mme la Présidente. Donc, puisqu'on a pris la peine, à
l'article 30, de spécifier précisément la nature du mandat du BAPE pour
éviter tout flou juridique, bien, appliquons la même rigueur à
l'article 31, puis inscrivons noir sur blanc, ce pouvoir d'autorisation.
Pour moi, c'est ce qui... Ce qui doit être clair, c'est ce qui est sur le
papier, c'est ce qu'on y retrouve. Parce qu'il y a les intentions, d'une part,
puis, après ça, bien, il y a ce qui servira finalement à analyser les projets,
c'est ce qui va être écrit, effectivement, ce qui sera retenu à la fin dans le projet
de loi n° 5.
Donc, voilà. C'est un amendement que je
pense très... très simple et clair et pragmatique, qui permet à la fois, là,
d'éviter ou de briser la présomption d'autorisation automatique. Ça permet de
redonner au ministère de l'Environnement son plein statut de...
La Présidente (Mme Tremblay) :
Merci, M. le député de Taschereau
M. Grandmont : Merci.
La Présidente (Mme Tremblay) :
Donc, est-ce qu'il y a d'autres interventions?
• (11 h 30) •
M. Girard (Groulx) : Oui, j'aimerais
certainement intervenir. Je pense qu'on approche déjà 40 heures d'étude
détaillée sur ce projet de loi, et je vais me permettre de faire une petite
synthèse ici, si vous permettez, Mme la Présidente. Alors, je veux rappeler
très clairement aux gens qui nous écoutent, là, les objectifs du projet de loi.
Nous voulons accélérer l'octroi des autorisations requises pour la réalisation
des projets prioritaires et d'envergure nationale. Ces projets-là peuvent
évidemment être économiques, mais peuvent aussi être des infrastructures
énergétiques qui servent à l'ensemble de la société. Il en va, Mme la
Présidente, de la compétitivité réglementaire du Québec. Les juridictions avec
lesquelles le Québec est souvent en compétition, parfois en partenariat, mais
souvent en compétition pour attirer des investissements...
11 h 30 (version non révisée)
M. Girard (Groulx) : …majeurs
tels que l'Ontario, l'Alberta, la Colombie-Britannique se sont dotés de telles
législations. Dans le cas de l'Alberta, c'est particulièrement agressif,
puisque tout projet de loi doit être autorisé en dedans de 12 mois. Alors,
nous, on a regardé ce qui s'est fait ailleurs, et notamment les pouvoirs
exceptionnels de l'article 23, que la deuxième opposition a approuvé. Ces
pouvoirs exceptionnels là sont balisés dans la partie deux du projet de loi, c'est-à-dire
qu'on a reconnu que les pouvoirs exceptionnels pouvaient susciter des
inquiétudes dans la société civile, et donc on les a balisés, et ensuite on a
écouté et on a proposé des amendements et on les a transmis d'avance dans un
souci de collaboration, et j'aimerais souligner la collaboration du Parti
libéral du Québec. Et je pense qu'on peut dire aussi que, mais je les laisserai
parler pour eux-mêmes... que le Parti québécois et l'autre parti, le Parti
conservateur du Québec, ne se sont pas opposés au projet de loi, parce qu'ils
savent très bien que c'est dans l'intérêt supérieur du Québec.
Alors, moi, je dois dire que ça fait quand
même huit ans que j'ai le privilège d'être ministre des Finances, et j'ai
toujours fait un devoir de collaborer en commission parlementaire, de
rechercher des compromis. J'ai été le premier à aviser tous les membres de
cette commission que l'essence du projet de loi se passait à l'article 23.
Et, dans ces huit années, j'ai collaboré avec de nombreux députés de Québec
solidaire, que ce soit la députée de Verdun, le député de Maurice-Richard, le
député d'Hochelaga-Maisonneuve, pas toujours dans des projets faciles, Mme la
Présidente, il y a eu la réforme, le régime des rentes, où il y avait des
enjeux extrêmement difficiles, la Loi sur les agents d'évaluation de crédit,
qui a suivi une fuite de données au Québec, extrêmement importante. J'ai
collaboré aussi avec les députés de Rosemont. J'ai eu le privilège de voir des
dossiers avec la députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques, le député de Gouin. Mais
là, ici, le député de Taschereau refuse absolument de collaborer, tout
compromis, toute proposition de recherche de solutions...
La Présidente (Mme Tremblay) : Oui,
monsieur...
M. Grandmont : ...prête des
intentions, je m'excuse.
La Présidente (Mme Tremblay) : Faire
attention, M. le ministre, aux propos qui sont tenus. Merci
M. Girard (Groulx) : Merci.
Je vais faire attention.
Alors, qu'est-ce que ça va donner, cette
obstruction idéologique?
Bien, on est contre le développement économique...
La Présidente (Mme Tremblay) : Oui.
Oui, M. le député.
M. Grandmont : ...encore des
intentions, obstruction
idéologique, je ne suis pas d'accord avec ça.
La Présidente (Mme Tremblay) : M.
le ministre, on essaie de se ramener, s'il vous plaît, là, sur…
M. Girard (Groulx) : Oui, bien
je vois que mes remarques touchent le député. Ça va, je continue.
Contre le développement économique. Contre
le manufacturier innovant. Contre la production énergétique. Contre les
infrastructures de transport. Alors,
Mme la Présidente...
La Présidente (Mme Tremblay) : M.
le ministre, donc, là, j'ai une demande du député de Taschereau. Donc, je vous
demande de faire attention à vos propos, de ne pas lui prêter d'intentions.
Merci.
M. Girard (Groulx) : Oui. Je
peux continuer?
La Présidente (Mme Tremblay) : Vous
pouvez continuer, en tenant compte de ce que je viens de vous dire.
M. Girard (Groulx) : Certainement,
Mme la Présidente.
Alors, ce sera donc la responsabilité d'un
prochain gouvernement du Québec de faire avancer le Québec. Et puis c'est
certain que si on a le privilège d'être réélus, bien, on va ramener ce projet
de loi là, parce qu'il est dans l'intérêt supérieur du Québec.
Et, pour ce qui est de la station du REM,
parce qu'il y avait un peu de confusion, Mme la Présidente, il y a une station
qui va se faire sans aucun doute, elle est dans les responsabilités entendues
déjà légalement avec la Caisse de dépôt, la station Griffintown—Bernard-Landry.
Nous, ce qu'on voulait faire, c'est s'assurer que la deuxième station, Bridge-Bonaventure,
soit réalisée en mettant l'argent nécessaire et en donnant les pouvoirs. Et,
oui, lorsque le REM s'est réalisé, il y a eu des pouvoirs exceptionnels qui ont
été accordés à CDPQ infra, et c'est donc un projet pertinent.
La Présidente (Mme Tremblay) :
Monsieur... Oui.
M. Grandmont : ...on est sur
la discussion sur mon amendement, puis la il nous parle de station de REM. J'aimerais
juste qu'on puisse revenir sur l'amendement, si c'est possible. Merci…
La Présidente (Mme Tremblay) :
…merci. Donc, je vais vous demander de revenir sur l'amendement du député
de Taschereau. En conclusion.
M. Girard (Groulx) : Oui, bien,
pour la troisième fois, Mme la Présidente, je remarque que mes commentaires
touchent personnellement le député de Taschereau, puis ça me satisfait, je vais
arrêter ici.
La Présidente (Mme Tremblay) :
Merci. Bon, maintenant, on va poursuivre. Donc, est-ce qu'il y a d'autres
interventions?
M. Grandmont : …prête
des intentions. Il affirme que ses propos me touchent. Je suis juste très vigilant
à ce qu'il dit, c'est tout.
La Présidente (Mme Tremblay) :
Il n'y a maintenant plus de temps. Donc, merci beaucoup. Donc, on va passer
à la mise aux voix, donc, de l'amendement. Donc, est-ce que l'amendement à
l'article 31 est adopté?
Une voix : ...
La Présidente (Mme Tremblay) :
Parfait. Merci d'avoir attendu que je finisse de parler. Alors, vous pouvez
procéder, M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour,
contre, abstention. M. Grandmont (Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
Le Secrétaire
: M. Girard
(Groulx)?
M. Girard (Groulx) : Contre.
Le Secrétaire
:
M. Reid (Beauharnois)?
M.
Reid
:
Contre.
Le Secrétaire
: M. Allaire
(Maskinongé)?
M. Allaire : Contre.
Le Secrétaire
:
Mme Bogemans (Iberville)?
Mme Bogemans : Contre.
Le Secrétaire
:
M. Beauchemein (Marguerite-Bourgeoys)?
M. Beauchemin : Contre.
Le Secrétaire
:
Mme Tremblay (Hull)?
La Présidente (Mme Tremblay) :
Abstention. L'amendement est rejeté. Donc, ça nous amène maintenant à
l'article 31. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 31? Donc, s'il n'y a pas
d'intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Donc, est-ce que
l'article 31 est adopté?
Merci.
La Présidente (Mme Tremblay) :
M. le secrétaire
Le Secrétaire
: Pour,
contre, abstention. M. Girard (Groulx)?
M. Girard (Groulx) :
Pour.
Le Secrétaire
: M. Reid
(Beauharnois)?
M.
Reid
:
Pour.
Le Secrétaire
: M. Allaire
(Maskinongé)?
M. Allaire : Pour.
Le Secrétaire
: Mme Bogemans
(Iberville)?
Mme Bogemans : Pour.
Le Secrétaire
: M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys)?
M. Beauchemin : Pour.
Le Secrétaire
: M. Grandmont
(Taschereau)?
M. Grandmont : Contre.
Le Secrétaire
: Mme Tremblay
(Hull)?
La Présidente (Mme Tremblay) :
Abstention. Donc, l'article 31 est adopté. Donc, ça nous amène
maintenant à l'article 32. Donc, M. le ministre, je vous invite à faire la
lecture de l'article 32.
M. Girard (Groulx) : Merci,
Mme la Présidente.
«Malgré l'article 31.6 de la Loi sur la
qualité de l'environnement (chapitre Q-2) et les règlements pris pour son
application, le gouvernement détermine dans l'autorisation les activités
nécessaires à la réalisation du projet désigné qui requièrent que
l'autorisation soit modifiée en vertu de l'article 16 de la présente loi. Le
gouvernement peut aussi déterminer que ces activités peuvent plutôt faire
l'objet d'une déclaration de conformité en application de la sous-section 2 de
la section II du chapitre IV du titre I de la Loi sur la qualité de
l'environnement, selon les conditions qu'il détermine.
«Il est interdit au promoteur de réaliser
une activité visée au premier alinéa s'il n'a pas obtenu une modification de
son autorisation ou, le cas échéant, s'il n'a pas produit la déclaration de
conformité.»
Commentaire. Cet article permet de
préciser, dans l'autorisation octroyée par le gouvernement en remplacement de
celle normalement octroyée à la suite de la procédure d'évaluation et d'examen
des impacts sur l'environnement, ce qui devra faire l'objet de modifications
subséquentes à l'autorisation initiale pour tenir compte de l'évolution du
projet et des informations permettant de documenter davantage les travaux à
venir. Il permet en outre d'inverser la mécanique actuellement applicable, à
savoir que plusieurs des travaux qui découlent d'un projet autorisé au terme de
la procédure doivent obligatoirement faire l'objet d'autorisations
ministérielles postérieures. Il prévoit finalement que certains de ces travaux
pourront plutôt se faire après présentation d'une simple déclaration avant le
début des travaux si l'autorisation initiale le prévoit. Voilà, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Tremblay) :
Merci. Est-ce qu'il y a des interventions?
Oui, M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : ...Bourgeois
veuille prendre la parole avant.
La Présidente (Mme Tremblay) :
Non, il faitsigne que non. Donc, c'est à vous.
M. Grandmont : C'était
par simple courtoisie.
Oui, M. le ministre, avez-vous des
exemples concrets pour lesquels on voudrait plutôt demander une déclaration de
conformité en vertu de la loi québécoise... de la Loi sur la qualité de
l'environnement, pardon?
M. Girard (Groulx) : ...partager
l'information, c'est pertinent pour tous les parlementaires.
La Présidente (Mme Tremblay) :
Oui.
Mme Desbiens (Geneviève) :
Oui. Merci, Mme la Présidente. J'attendais.
M. Girard (Groulx) : Il
y aquelqu'un dans le champ de vision.
La Présidente (Mme Tremblay) :
Oui, c'est ça, exact. Je...
M. Girard (Groulx) : OK.
C'est bon.
Mme Desbiens (Geneviève) : Les
éléments, les activités qui vont faire l'objet, qui pourraient faire l'objet
d'une déclaration de conformité, ça va être des choses qui sont très
objectives. Donc, je n'ai pas d'exemple en tête, mais c'est quelque chose qu'on
va pouvoir, à sa face même, déclarer et voir dans la déclaration.
• (11 h 30) •
M. Grandmont : D'accord.
Pouvez-vous nous dire en quoi c'est différent du type de demande qui pourrait
se retrouver dans l'autorisation du ministre...
M. Girard (Groulx) :
...poursuivez l'échange.
Mme Desbiens (Geneviève) :
Pouvez-vous préciser votre question? Est-ce que vous demandez pourquoi on ne va
pas modifier l'autorisation plutôt que de faire une déclaration? C'est ça que
vous voulez savoir?
M. Grandmont : Oui, oui,
exactement.
Mme Desbiens (Geneviève) :
Parce que, justement, ce sont des choses objectives qui peuvent être facilement
déclarées, donc, au lieu de revenir à chaque fois pour modifier, c'est des
choses qui vont être facilement identifiables.
M. Grandmont : Merci. Je n'ai
pas d'autre question, mais j'ai un amendement, évidemment.
La Présidente (Mme Tremblay) :
Parfait. Donc, je vous invite à faire la lecture. On a déjà reçu l'amendement,
donc, à l'article 32. Donc, il va s'afficher. Ça s'en vient.
Donc, est-ce que vous êtes prêt à procéder?
M. Grandmont : Oui, absolument.
La Présidente (Mme Tremblay) :
Vous pouvez y aller, M. le député.
M. Grandmont : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Donc, je lis mon amendement d'abord. À l'article
32 du projet de loi, ajouter, à la fin, l'alinéa suivant :
«Toute modification à l'autorisation
exigée en vertu du premier alinéa, ainsi que toute déclaration de conformité
produite par le promoteur, doivent être rendues publiques sur le registre des
évaluations environnementales dans un délai de 15 jours suivant leur
réception. Le ministre dépose annuellement à l'Assemblée nationale un rapport
détaillant l'ensemble des déclarations de conformité autorisées en vertu du
règlement... — pardon — en vertu du présent article et les
mesures de contrôle effectuées pour en vérifier le respect.»
Donc, l'article 32 du projet de loi,
tel qu'amendé, se lirait ainsi :
«Malgré l'article 31.6 de la Loi sur
la qualité de l'environnement (chapitre Q-2) et les règlements pris pour
son application, le gouvernement détermine dans l'autorisation les activités
nécessaires à la réalisation du projet désigné qui requièrent que
l'autorisation soit modifiée en vertu de l'article 16 de la présente loi.
Le gouvernement peut aussi déterminer que ces activités peuvent plutôt faire
l'objet d'une déclaration de conformité en application de la
sous-section 2 de la section II du chapitre IV du titre I
de la Loi sur la qualité de l'environnement, selon les conditions qu'il
détermine.
«Il est interdit au promoteur de réaliser
une activité visée au premier alinéa s'il n'a pas obtenu une modification de
son autorisation ou, le cas échéant, s'il n'a pas produit la déclaration de
conformité.
«Toute modification à l'autorisation
exigée en vertu du premier alinéa, ainsi que toute déclaration de conformité
produite par le promoteur, doivent être rendues publiques sur le registre des
évaluations environnementales dans un délai de 15 jours suivant leur
réception. Le ministre dépose annuellement à l'Assemblée nationale un rapport
détaillant l'ensemble des déclarations de conformité autorisées en vertu du
présent article et les mesures de contrôle effectuées pour en vérifier le
respect.»
Donc, si vous le permettez, je vais
présenter mon amendement, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Tremblay) :
Oui?
M. Girard (Groulx) : ...
La Présidente (Mme Tremblay) :
Oui.
M. Girard (Groulx) : Bien,
tout cela se fait à l'article 26, Mme la Présidente.
M. Grandmont : Si vous
permettez, je vais expliquer mon amendement, puis on verra par la suite si
effectivement il y a répétition, mais je ne crois pas. Donc, je vais me
permettre de présenter mon amendement. Donc, mon amendement, en fait, vise à
introduire deux verrous d'imputabilité qui, pour moi, sont indispensables à
l'article 32. D'abord, la transparence en temps réel, donc publication sur
le registre dans un délai de 15 jours, et le contrôle parlementaire a
posteriori dans le rapport annuel déposé à l'Assemblée nationale. Donc, voilà
les nuances qui, je pense, avaient peut-être échappé à mon collègue ministre
des Finances.
Donc, l'article 32 du projet de loi
n° 5 accorde un très, très grand privilège aux projets prioritaires, des
projets industriels potentiellement lourds, de grande ampleur. On ne connaît
pas encore tout à fait tous les critères, mais on sait que ce seront des
grands... des grands projets avec, potentiellement, de grands impacts aussi
sur... potentiels, du moins, sur l'environnement ou sur la santé des
populations. Donc, mon amendement permet au Conseil des ministres de décider
qu'un promoteur peut modifier son projet ou ajouter des activités industrielles
par simple déclaration de conformité, c'est-à-dire un mécanisme
d'autodéclaration rapide qui court-circuite l'analyse préalable des
fonctionnaires. Donc, sans cet ajout-là, que je pense très important à
l'article 32, ces modifications et déclarations de conformité risquent de
disparaître dans une espèce de trou noir administratif, Mme la Présidente.
C'est ce que je redoute. Et le public et les députés n'auraient aucun moyen de
savoir si le promoteur respecte ses engagements ou s'il va changer, modifier
son projet initial.
Donc, voici quelques arguments qui
soutiennent ma proposition. D'abord, il y a la question...
M. Grandmont : …droit public…
du droit du public à l'information en temps réel. On est quand même en 2026,
les gens connaissent quand même assez bien ce qu'est Internet, s'attendent à
pouvoir l'utiliser, obtenir des réponses assez rapidement. C'est ce que je
propose de faire. Un délai de 15 jours sur les… sur les outils déjà connus
du public. Donc, sans l'obligation… sans obligation de publication rapide des
modifications, un projet prioritaire peut rester secret pendant des mois, Mme
la Présidente. Et ça, ça empêche les citoyens de savoir ce qui se passe
réellement à proximité de chez eux, dans leur communauté d'accueil d'un projet
important, majeur. Donc, l'article 32 permet de modifier le profil d'un
projet ou d'y ajouter des activités par simple déclaration de conformité. Donc,
la population d'accueil du projet, donc les riverains, ceux qui vont vivre à
proximité, ont le droit le plus strict de savoir le plus rapidement possible,
idéalement en temps réel, ce qui change dans ces mégaprojets. Donc, pour moi,
imposer un délai sommatoire de 15 jours pour publier ces documents sur le
registre des évaluations environnementales, c'est une exigence de transparence
élémentaire. C'est la chance aussi qu'on a d'avoir un régime de transparence
plus moderne. Les outils sont là, le permettent, donc, si le promoteur a le
droit d'aller vite pour déposer sa déclaration, bien, je pense, en
contrepartie, que l'État a le devoir, lui aussi, d'aller vite pour informer les
citoyens et les citoyennes qui vivent à proximité d'un projet majeur qui
s'installera dans leur communauté.
Mon amendement vient donner aussi un
contrepoids que je pense nécessaire au mécanisme d'auto-déclaration. La
déclaration de conformité déplace le fardeau de la preuve, Mme la Présidente.
Le promoteur affirme qu'il respecte la loi, puis l'État ne vérifie, en fait,
qu'après coup. Donc, c'est un système qui est basé sur la confiance, qui exige
une très grande transparence, une transparence totale. Le mécanisme de la
déclaration de conformité, c'est un… c'est une dérogation importante accordée à
l'efficacité économique. Le promoteur s'autoévalue puis commente lui-même ses
propres activités. Alors, puisque le gouvernement choisit de faire confiance au
privé en amont, bien la contrepartie démocratique, selon moi, qui est non
négociable par ailleurs, c'est que tout soit public le plus rapidement
possible. La transparence, pour moi, c'est le seul véritable garde-fou qui
empêche l'auto-déclaration de devenir une sorte de dérogation à la pollution.
Donc voilà.
Et j'ajouterai à ça que sur la deuxième
partie, là, sur la… les rapports annuels à l'Assemblée nationale, pour moi,
c'est un mécanisme important à respecter. Vous savez, les… les députés
d'opposition ont, entre autres, la fonction de surveiller l'action gouvernementale.
Je pense que c'est une tâche peut-être qui déplaît à la partie gouvernementale,
mais je pense qu'elle est nécessaire dans le système. On sait combien les
oppositions jouent un rôle important, primordial, dans cette surveillance de
l'action gouvernementale. Poser des questions, challenger les ministres sur
leur gouvernance ministérielle, je pense que c'est très, très, très important.
Et donc, on est devant un projet de loi qui amène un régime d'exception, en
fait, un régime d'accélération avec des… des nouveaux mécanismes, ce qui donne
une voie accélérée pour les projets. Bien, puis c'est aussi le projet de loi
centralise aussi beaucoup ces pouvoirs d'exception au sein de l'exécutif, le
Conseil des ministres. Et donc cet amendement-là redonne une capacité de
contrôle au législatif, c'est-à-dire les élus de l'opposition a priori, mais
aussi des élus qui ne font pas partie du Conseil des ministres, évidemment
aussi, mais donc, ce rôle-là est traditionnellement davantage tenu par les
députés des oppositions.
• (11 h 50) •
Donc, le projet de loi n° 5 concentre
des pouvoirs très grands dans les mains du gouvernement qui peut décider seul
des règles du jeu pour des projets prioritaires. Liste de projets d'ailleurs
que nous ne connaissons pas. On a fait des demandes d'entrée de jeu au début de
l'étude détaillée pour connaître les projets qui y seraient assujettis, et le
ministre a été très avare quant à cette liste. Donc, c'est aussi une des
raisons qui fait qu'on veut s'assurer que le projet de loi couvre le plus
possible tous les angles morts possibles…
M. Grandmont : …et tous
les cas de figure possibles aussi.
Si on avait eu, comme dans d'autres
projets de loi, d'accélération de projets comme on avait eu... Je pense que
c'était le 81, pendant la pandémie, 81, de mémoire, en tout cas, le projet de
loi qui avait été adopté pour… pour accélérer plusieurs projets pendant la
période pandémique. Bien, on avait la liste des projets. Donc, c'est beaucoup
plus facile pour les élus de l'opposition de s'assurer que les accélérations,
les mécanismes d'accélération réglementaire correspondaient aux objectifs
poursuivis. Là, on est dans le… dans le noir le plus total, on ne sait pas
quels sont les… quels seront les projets.
Donc, vous comprendrez, encore une fois,
les oppositions de faire leur travail pour avoir un projet de loi le plus
robuste possible et qui permettra de couvrir tous les angles possibles. On doit
naviguer à vue dans un environnement qui est multifactoriel, puisque les
projets ne sont pas connus.
Donc, comme je le disais, le projet de loi
n° 5, actuellement, concentre des pouvoirs très grands dans les mains du
gouvernement. Et donc, en exigeant, à travers mon amendement, le dépôt d'un
rapport annuel à l'Assemblée nationale, bien, je trouve que mon amendement
rétablit un équilibre démocratique fondamental, Mme la Présidente. Il permet
aux élus de tous les partis de vérifier l'utilisation de l'article 32, d'analyser
la récurrence des modifications, puis de s'assurer que le gouvernement fait son
travail de surveillance. C'est hyperimportant.
Mon amendement vise aussi à forcer la
rigueur du contrôle et de l'inspection de l'État. Le ministère de l'Environnement,
on le sait, là, il y a eu des nouvelles là-dessus, on a eu, d'ailleurs, aussi,
des échanges à l'occasion, pas moi, personnellement, mais d'autres députés des
oppositions, pendant les études des crédits, donc, le ministère de l'Environnement
souffre d'un manque de personnel pour inspecter les chantiers.
C'est rendu, maintenant, que les
inspecteurs font leus inspections par téléphone, là : Bon, puis, comment c'est
sur votre chantier ou comment ça va sur votre projet, y a-t-il des… des
problèmes à souligner ou des drapeaux rouges à soulever? Donc, vraiment, on manque de personnel.
Et, donc, forcer un rapport public sur les
mesures de contrôle, ça viendra obliger le ministère à allouer des ressources
aux inspections. Ça obligerait le ministère à se doter et à regarnir les rangs
des inspecteurs. Puis Dieu sait qu'on en aurait vraiment besoin déjà. Mon
amendement vise aussi à forcer le ministère à retourner dans cette voie-là.
Alors, la loi actuelle dit que le
promoteur doit produire sa propre déclaration. Mais qui va vérifier? Qui va vérifier? Parce que les inspecteurs du
ministère ont déjà des charges de travail immenses, ils ne sont pas capables de
faire le travail actuellement.
Donc, en forçant le ministre à détailler
annuellement les mesures de contrôle effectuées pour en vérifier le respect,
mon amendement crée, en quelque sorte, une saine discipline administrative. Le
ministère va être obligé de planifier puis d'exécuter des… d'exécuter des
vraies inspections sur le terrain, sachant qu'il va devoir rendre des… rendre
des comptes devant le Parlement à chaque année. Et ça, je pense que c'est quand
même important, là. Ça viendrait corriger un problème qu'on vit actuellement
aussi. Donc, c'est une proposition, il me semble, qui est dans l'intérêt
collectif, évidemment.
Sinon, le… mon amendement vise à créer un
cadre… un cadre plus prévisible puis une saine concurrence pour les marchés, Mme
la Présidente. Si les déclarations de conformité puis les modifications restent
secrètes, ça crée un climat de suspicion, potentiellement, entre les
entreprises qui ont l'oreille des ministres et les autres qui ne les ont pas…
qui ont des meilleurs contacts, qui ont accès à des meilleures firmes de
lobbying. Donc, les règles ne sont pas, en apparence du moins, les mêmes selon
l'entreprise pour laquelle on est promoteur, en fait.
Donc, les investisseurs sérieux, et je rappellerai
pas, là, parce que je l'ai dit tantôt, mais on a eu les mêmes appels à la
clarté, à la création d'un cadre stable, transparent de la part de l'industrie.
Les investisseurs qui sont sérieux demandent des règles claires et équitables,
les mêmes règles s'appliquent à tout le monde. Donc, si les modifications
d'autorisations puis les conditions d'autodéclaration ne sont pas, en quelque
sorte, centralisées et rendues publiques en un seul et même lieu, bien, on
ouvre la porte à un système qui peut paraître opaque et à vitesses variables
selon l'entreprise, selon le projet et selon la capacité d'influence sur le
gouvernement.
Donc, un registre public, et, j'insiste,
public et à jour, ça permettrait à toutes les…
M. Grandmont : …les
entreprises du secteur de voir c'est quoi, les standards qui sont appliqués. Et
puis est-ce qu'on a une garantie de saine concurrence qui est libre de tout
soupçon et de discrétionnaire?
Donc, c'est l'objectif qui est visé par mon amendement,l Mme la Présidente.
Peut-être une dernière chose, c'est sur la
méfiance citoyenne puis la protection de l'acceptabilité sociale. Il n'y a rien,
là, je pense, qui ne met plus à mal l'acceptabilité sociale d'un projet que de
voir des camions ou des infrastructures apparaître sur un site sans que les
citoyens aient vu passer un permis officiel. Tu sais, imaginez la scène, des
citoyennes d'une municipalité constatent qu'un promoteur commence une nouvelle
activité industrielle lourde sur le site d'un projet prioritaire. Il fouille
les registres, il ne trouve rien puis, évidemment, se met à paniquer. Pourquoi
un projet a été autorisé si je ne suis pas capable de trouver dans le registre
une autorisation? Alors,
on leur répond que c'est une déclaration de conformité interne. Bien, la
méfiance va s'installer assez rapidement, puis le projet va être, encore une
fois, contesté très rapidement.
Donc, en publiant tout sous 15 jours,
on donne une clarté totale aux citoyens et aux citoyennes. Ça, je pense que
c'est quand même important. La transparence, ça prévaut, ça vient en amont
prévenir les rumeurs, ça assure, ça rassure les communautés locales, puis ça
protège la paix sociale autour des chantiers.
Donc, évidemment, on pourrait me répondre
qu'un registre des évaluations environnementales existe déjà, que la LQE
prévoit des mécanismes de publication, que mon amendement rajoute de la
paperasse et des rapports annuels inutiles qui vont surcharger nos équipes.
Moi, je répondrais que, si le rejet, ça existe déjà, téléverser un PDF en
dedans de 15 jours, informatiquement, ça prend juste deux minutes, ce
n'est pas ça qui va paralyser un ministère.
Quant aux rapports annuels, bien, c'est le
strict minimum de reddition de comptes auprès des parlementaires, des
oppositions et de l'ensemble de l'Assemblée nationale, en fait, je dirais.
Donc, on ne peut pas utiliser le PL 5 pour passer outre les processus
réguliers de la Loi québécoise de l'environnement au nom de l'efficacité, puis,
ensuite, refuser de dire au Parlement comment on gère ces exceptions-là sous
prétexte que ça demande trop de travail. Si on a le pouvoir d'alléger les
règles pour les promoteurs, moi, je pense qu'on a le devoir, au gouvernement,
d'informer la population avec la même rigueur possible.
Donc, voilà, c'est… c'étaient les
arguments qui soutenaient mon… ma proposition d'amendement à l'article 32.
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Tremblay) :
Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux
voix. Donc, est-ce que l'amendement à l'article 32…
M. Grandmont : ...s'ilvous plaît, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Tremblay) :
Merci. On y va. M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Grandmont (Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
Le Secrétaire : M. Girard
(Groulx)?
M. Girard (Groulx) : Contre.
Le Secrétaire : M. Reid
(Beauharnois)? Excusez-moi.
M.
Reid
:
Contre.
Le Secrétaire : M. Allaire
(Maskinongé)?
M. Allaire : Contre.
Le Secrétaire : Mme Bogemans
(Iberville)?
Mme Bogemans : Contre.
Le Secrétaire : M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys)?
M. Beauchemin : Contre.
Le Secrétaire : Mme Tremblay
(Hull)?
La Présidente (Mme Tremblay) :
Abstention. Donc, l'amendement est rejeté. Merci.
Donc, compte tenu de l'heure, la
commission ajourne ses travaux. Merci.
(Fin de la séance à 12 heures)