Journal des débats de la Commission des institutions
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
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Le
mardi 16 avril 2024
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Vol. 47 N° 60
Étude des crédits budgétaires du ministère des Finances, volet Relations avec les Québécois d'expression anglaise
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Intervenants par tranches d'heure
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Bachand, André
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Kelley, Gregory
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Kelley, Gregory
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Bachand, André
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Girard, Eric
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Zaga Mendez, Alejandra
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Girard, Eric
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Bachand, André
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Zaga Mendez, Alejandra
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Kelley, Gregory
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Paradis, Pascal
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Kelley, Gregory
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Girard, Eric
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Bachand, André
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Schmaltz, Valérie
17 h (version révisée)
(Dix-sept heures vingt-neuf minutes)
Le Président (M.
Bachand) :Bonjour, tout le monde. À l'ordre,
s'il vous plaît! La commission reprend ses travaux.
Nous sommes donc réunis afin de procéder à
l'étude du volet Relations avec les Québécois d'expression anglaise des crédits
budgétaires du portefeuille Finances pour l'exercice financier 2024-2025.
Une enveloppe de 1 h 30 min a été allouée pour l'étude de ces
crédits.
Avant de débuter, M. le secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis) est remplacée par M. Kelley
(Jacques-Cartier) et M. Zanetti (Jean-Lesage) est remplacé par Mme Zaga
Mendez (Verdun).
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Comme vous savez, nous
allons procéder à une discussion d'ordre général par blocs d'environ 20 minutes,
incluant les questions et les réponses.
La mise aux voix de ces crédits sera
effectuée à la fin du temps alloué qui leur est alloué... du temps qui leur est
alloué, pardon.
Alors, donc, M. le député de Jacques-Cartier,
pour un premier bloc de 18 min 3 s.
• (17 h 30) •
M. Kelley : Merci beaucoup, M.
le Président. M. le ministre, votre équipe, bonjour. Et mes chers collègues,
bonjour.
Je sais, M. le Président, je ne peux pas
souligner l'absence de quelqu'un, mais je sais que le sous-ministre adjoint, M. Floch,
prend sa retraite. Il n'est pas avec nous aujourd'hui, mais il prend sa
retraite tantôt. Alors, juste rapidement, un grand merci à M. Floch pour
tout ce qu'il a fait pour le secrétariat, mais aussi il a eu une longue
carrière au sein de la fonction publique canadienne. Puis, quand même, il a
travaillé pour les Townshippers Association, que vous connaît très, très bien, M.
le Président. Alors, juste un grand merci à lui pour tout le service qu'il a
donné au Québec, Canada, mais aussi pour la communauté d'expression anglaise en
général.
«I would also just like
to take a time to say hello to everyone listening to us today.
«It was a pleasure,
before we enter into this discussion here, in the salon bleu, today, to reach
out to some of the different groups of the English-speaking community to get a
feel for what they are thinking about right now, how they seen the budget.
«So, I would just like to
highlight the contribution of Seniors Action Quebec, the Regional Development
Network, the community... Québec Community Groups
Network, the Voice of English-speaking Québec, the
CHSSN, Youth for Youth... all contributed to some of the questions that I have
today. So, again, your contribution to the public policy discussion debate
here, in Québec, is extremely important. And you know that, at least, on this
side of the House, for the Liberal Party, we always do our best to bring your
concerns and voices forward whenever we have the opportunity.»
M. le ministre, je
veux commencer avec un petit peu de votre bilan, parce que, quand vous avez
pris le rôle et responsabilité d'être le ministre responsable pour les Relations
avec la communauté de l'expression anglaise, vous avez dit que vous voulez
faire meilleur.
Vous avez fait une entrevue avec le
journaliste, le vétéran de Montreal Gazette, Phil Authier, pour
expliquer que c'est... vous avez le devoir et les responsabilités de faire
mieux après le premier mandat, parce que le premier mandat, ce n'était pas
parfait, loin de l'être, et un de vos objectifs, c'était d'améliorer des
relations entre le gouvernement et la communauté de l'expression anglaise.
Puis j'arrive à quelque chose qui a passé,
qui n'était vraiment pas apprécié par la communauté de l'expression anglaise ni
par beaucoup des Québécois en général, mais c'était la décision de votre
gouvernement d'augmenter — et une hausse substantielle — les
frais pour nos universités pour les étudiants qui vient de le reste de le
Canada.
Mais, dans tout ça que... je trouve très,
très intéressant que c'est devant le CORIM. Le 29 septembre 2023 vous
avez livré un discours où vous avez dit que l'écart de richesse avec l'Ontario,
ce n'est pas vraiment un écart, c'est plus Montréal qui est en retard sur le
Toronto...
17 h 30 (version révisée)
M. Kelley : ...vous avez livré
un discours, vous avez dit que l'écart de richesse avec l'Ontario, ce n'est pas
vraiment un écart, c'est plus Montréal qui a un retard sur le Toronto. Et vous
avez dit : Le problème, c'est des classements internationals des
universités. Présentement, l'Université de Toronto est en avant de McGill, ce n'était
pas comme ça avant. Vous avez aussi dit que Montréal, c'est l'intersection du
Québec avec le Canada puis avec l'Amérique du Nord, puis on veut une ville,
Montréal, moderne et ouverte vers le monde.
Et ce... le 13 octobre 2023, votre
gouvernement est arrivé avec une décision envers les universités anglophones,
et je dis «anglophones», des étudiants anglophones, mais honnêtement ça
appartient à tous les Québécois. Des francophones, comme le ministre, des
allophones, des anglophones, des autochtones étudient tous à McGill, Concordia
et Bishop's, c'est des universités qui appartiennent à tous les Québécois.
Mais, quand même, c'est des institutions que la communauté est tellement fière.
Puis on sait que c'est important de toujours avoir cette intersectionnalité
avec le reste du Canada et l'Amérique du Nord. On a tous des réseaux qui
existent avec des gens qui ont étudié les universités ici, dans le reste du
monde.
Alors, qu'est-ce qui a changé, M. le
ministre? Pourquoi vous avez eu cette crainte en septembre, mais une semaine
plus tard votre gouvernement a arrivé avec une décision qu'aucune université n'était
au courant et qui a vraiment choqué beaucoup de monde?
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le ministre, s'il
vous plaît.
M. Girard (Groulx) : Écoutez,
j'ai bien apprécié votre introduction qui... J'étais presque déçu d'avoir lu
toutes ces notes, parce que, là, vous avez référé à ce que moi, j'ai dit. Ça,
je m'en souviens bien. Mais je n'ai pas compris la crainte, là. Vous faisiez
référence à quoi? Si vous pouvez juste me préciser, là.
M. Kelley : ...bien, la
crainte pour la communauté, directement, c'est le fait que la décision que
votre gouvernement a prise envers l'Université McGill et Concordia va avoir un
impact très négatif sur l'économie de Montréal, sur les finances de ces deux
institutions. Alors, si on veut que McGill est meilleure que l'Université de
Toronto, comment on peut prendre une décision qui a des impacts majeurs sur les
finances d'une université comme McGill ou comme Concordia?
Puis on sait déjà qu'on voit... le taux
des inscriptions sont en... une baisse majeure pour ces deux institutions des
étudiants qui vient de le reste du Canada, puis une augmentation à l'Université
de Toronto. Alors, avec une décision que vous avez prise en octobre concernant
les frais des universités, comment McGill peut compétitionner avec l'Université
de Toronto et quand même dépasser l'Université de Toronto dans plusieurs... international
pour revient numéro un au Canada? Ça, c'est la question, M. le ministre.
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : OK.
Alors, bien, il y a plusieurs choses dans votre question, puis je tiens à dire
que, comme... comme vous le savez, nous avons des objectifs ambitieux pour le
Québec. Et, bien sûr, la communauté anglophone fait partie de ces... est une
partie prenante de ces objectifs ambitieux. Et, lorsqu'on veut se comparer pour
s'améliorer, bien, on prend des comparables. Et, dans notre cas, l'Ontario est
un bon comparable parce qu'elle a la même situation géographique. L'Ontario, c'est
la plus grande province du Canada, et nous sommes la deuxième, et puis on a
accès aux mêmes traités de libre-échange, et puis etc. Et puis, là, on voit que
l'écart de richesse était de 17 %, et il est autour de 13 %, puis il
y a eu des améliorations.
Mais le point que j'ai amené devant le
CORIM, c'est que, contrairement à ce qu'on pensait, que l'écart de richesse
entre le Québec et l'Ontario était réparti également sur le territoire, on s'est
plutôt rendu compte que l'écart était beaucoup plus important entre Toronto et
Montréal que, par exemple, entre Drummondville et Hamilton, alors que le reste
du Québec, au sens ex sa métropole, Montréal, versus l'Ontario, c'est... L'écart
entre Toronto et Montréal est plus grand que l'écart entre le Québec et l'Ontario.
Alors, ça m'a amené à donner des exemples
de secteurs où Toronto a mieux fait que Montréal. Et j'ai donné l'exemple du
Pearson Express, qu'on peut prendre aujourd'hui pour aller à l'aéroport
Pearson, alors que le REM vers l'aéroport de Montréal, lui, n'est pas complété.
J'ai donné cet exemple. J'ai donné <l'exemple...
M. Girard (Groulx) :
...l'aéroport
de Montréal, lui, n'est pas complété. J'ai donné cet exemple. J'ai donné >l'exemple
de... Parce qu'autrefois, l'Université McGill, puis quand je dis «autrefois»,
je pourrais référer à l'époque où moi, j'étais étudiant à l'Université McGill, alors
ça fait déjà plus de 35 ans, bien, il n'y avait aucun doute que, dans les
classements internationaux, McGill était devant l'Université de Toronto, mais
ce n'est plus le cas dans tous les domaines. Et McGill m'a... m'a corrigé en me
disant qu'il y a encore plusieurs domaines où McGill est devant Toronto, mais
aujourd'hui, dans les classements internationaux, pas tous, certains
classements internationaux mettent l'Université de Toronto devant l'Université
McGill.
M. Kelley : ... et est-ce que
votre décision, puis pas juste vous, mais de votre gouvernement, sur les frais
de scolarité, va nuire à fermer cet écart? Et est-ce que ça va nuire aussi à
votre objectif d'améliorer les relations avec les communautés d'expression
anglaise?
M. Girard (Groulx) :
Ah! OK. Alors, les... la
décision qui a été annoncée par la ministre de l'Enseignement supérieur vise
une équité, à rétablir une certaine forme d'équité ou d'améliorer l'équité dans
le financement des universités, parce que les universités anglophones ont le...
avaient la capacité de charger plus cher pour les étudiants internationaux et
qu'une bonne part de ces revenus restait avec les universités en vertu de la
réforme qui a été faite par le précédent premier ministre. Alors, il y a... il
y a un désir de rétablir une forme d'équité dans le financement. Et puis il y a
un volet Étudiants internationaux puis il y a un volet Étudiants du Canada
anglais, OK? Et ensuite il y a un volet Francisation des étudiants. Alors, la...
les universités se sont commises à améliorer la francisation des étudiants,
notamment les étudiants du Canada anglais qui viennent à Montréal.
• (17 h 40) •
Alors, c'est une décision qui a été
divulguée puis qui a effectivement suscité de l'insatisfaction dans les milieux
universitaires anglophones et dans la communauté anglophone, j'en suis
pleinement conscient. Et c'est pour ça que, suite à cette annonce, il y a eu
des discussions, notamment entre les recteurs des universités, et la ministre
Déry, le premier ministre, et qu'il y a eu une proposition de compromis,
c'est-à-dire que ce qui était initialement prévu à 17 000 $ a été
révisé à 12 000 $. Et je pense que la fondation de l'Université McGill a offert
de compenser pour certaines années, mais, laissons la fondation de l'Université
McGill de côté, on a atteint un compromis au niveau des frais de scolarité à
12 000 $ pour les étudiants du Canada anglais. Et les universités, qui
offraient de franciser un certain pourcentage, je pense que c'était 40 %
qui était offert, on leur a demandé 80 %, et là ce compromis-là a été
discuté de bonne foi, premier ministre, ministre de l'Enseignement supérieur,
les universités.
Et, suite à ces discussions-là, il y a eu
le mouvement de 17 000 $ à 12 000 $, et les universités
sont toujours insatisfaites. Évidemment... Ah! il y a eu un autre compromis que
j'aurais dû dire, évidemment, qui est l'exclusion de l'Université Bishop's. Et,
bref, les universités sont toujours insatisfaites, elles ont pris des
procédures légales, et, en raison de ces procédures légales, je vais devoir
m'abstenir d'en dire plus. Mais je pense qu'on est... on s'est rapprochés d'un
compromis, et puis, là, il y a une procédure légale.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le député.
M. Kelley : Merci beaucoup,
M. le Président. C'est sûr que ça a été une bonne décision de reculer sur la
décision concernant Bishop's, ça démontre comment ce n'était pas bien réfléchir
cette mesure-là. Et, un jour, j'espère que le gouvernement va reculer sur la
décision envers les deux universités.
Mais on... le temps coule, M. le ministre,
alors je vais aller sur un autre... un autre sujet, mais c'est un petit peu
votre vision comme ministre responsable pour des relations avec les <communautés...
M. Kelley :
...mais
c'est un petit peu votre vision comme ministre responsable pour des relations
avec les >communautés d'expression anglaise. Selon vous, c'est quoi,
votre plus grande réussite comme ministre?
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Ah!
bien, lorsque j'ai été nommé, j'avais dit que, les soins de santé, qui sont
extrêmement importants pour les citoyens, les anglophones ont des garanties
d'accès aux soins de santé, légales, en vertu de la... ce qu'on appelle la
LSSSS, la loi de la santé et services sociaux. Les anglophones ont des garanties
à l'accès et le... il y a les garanties légales. Puis ensuite, il y a le
déploiement de ces garanties qui sont ce qu'on appelle les plans d'accès
régionaux ou les «regional access plan».
Et, lorsque j'ai été nommé, les plans
d'accès régionaux n'avaient pas été adoptés par le Conseil des ministres. Et il
y avait, je dirais, une incertitude dans la communauté quant à... au respect de
la garantie de l'accès aux soins de santé. Et, moi, ce que j'ai dit lorsque
j'ai été nommé, c'est : Le premier ministre a dit que la loi... la
loi 96 qui a un nouveau nom maintenant, la loi 14, mais on va
l'appeler la loi 96. Le premier ministre avait dit que la loi 96
n'avait aucun impact sur l'accès aux services de santé en anglais. Le ministre
de la Justice avait dit la même chose, le ministre de la Santé, le ministre de
la Langue française et maintenant, maintenant, au passé, à ce moment,
devrais-je dire, à... le ministre des Finances. Alors, pour que cette
affirmation que la loi 96 n'a aucun impact sur les... l'accès aux soins de
santé pour la communauté anglophone... il fallait adopter les plans d'accès
régionaux. Et c'est ce que nous avons fait. Alors, je pense que j'ai livré ce
que j'avais dit qui était primordial de livrer lorsque j'ai été nommé.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le député de
Jacques-Cartier.
M. Kelley : Merci, M. le
ministre. Parce que, quand même, c'est un plan... et adapté ou... excusez-moi,
adopté ou accepté. Il y a toujours, particulièrement en région, des enjeux liés
avec la santé mentale puis l'accès à des services en santé mentale, et j'espère
que c'est quelque chose que vous pouvez prendre en note que ça doit améliorer.
C'est une chose que j'ai retenue dans les consultations que moi-même, j'ai
faites avec les différents groupes. Alors, oui, les plans d'accès sont là,
mais, s'il n'y a pas de l'argent pour les services, poursuivre le mettre... la
mise en place de ces plans-là, c'est juste pas mal un rapport qui existe.
Alors, j'espère que le ministre prend ça en considération.
Et aussi je sais qu'il y a toujours des
instances, que ça arrive que les gens n'ont pas l'accès à des services en
anglais quand ils arrivent dans le système de santé. J'ai écrit une lettre
adressée à vos collègues sur cette situation-là. C'est important juste de
rappeler et de toujours être prudent que, des fois, l'interprétation de la
loi 14 sur le terrain, c'est possible que ça... aller trop loin ou il y a
un manque de compréhension de qu'est-ce qui est dans la loi exactement. Alors,
c'est primordial que le secrétariat joue un rôle clé pour s'assurer qu'il n'y a
jamais des enjeux avec l'accès à les services. Parce que, oui, c'est écrit dans
la loi 96 et dans la loi 101, et on peut faire la liste, mais quand
même, des fois, il y a toujours des enjeux avec l'accès des services en santé
et des services sociaux pour les communautés d'expression anglaise.
Le Président (M.
Bachand) :Il vous reste une minute dans
le premier bloc. Est-ce que vous voulez continuer?
M. Kelley : Je pense, monsieur...
dans une seconde... bien, une chose, je veux juste noter rapidement, je reviens
à le secrétariat, M. le ministre, vous avez... M. le ministre, vous avez noté
de votre bilan, mais sur le site de le secrétariat, il n'y a pas grand-chose
qui a été annoncé depuis trois ans. Alors, on espère qu'on va voir plus des
annonces dans l'avenir.
Le Président (M.
Bachand) :Merci, M. le ministre,
voulez-vous... Il reste une minute.
M. Girard (Groulx) : Oui,
bien, certainement. Je suis d'accord avec vous que l'accès aux services de
santé mentale, c'est extrêmement important pour tous les Québécois, incluant
les Québécois d'expression anglaise. Puis, dans le dernier budget, il y avait
195 millions pour bonifier les services. Et, lorsqu'on parle de bonifier
les services, ça se déploie dans l'ensemble du réseau et sur l'ensemble du
territoire. Et la communauté anglophone a ses institutions, et là où elle n'a
pas d'institution spécifique, bien, c'est effectivement les plans d'accès
régionaux qui permettent de garantir l'accès aux services.
Vous avez raison qu'il y a toujours des
différences entre les droits légaux puis la disponibilité des <services...
M. Girard (Groulx) :
...qu'il
y a toujours des différences entre les droits légaux puis la disponibilité des >services
disponibilité des services. Mais certainement l'intention du gouvernement avec,
par exemple, 195 millions qui étaient dans le budget, c'est de rendre les
services disponibles. Puis mon collègue le ministre Carmant est dévoué et a...
on a fait des progrès importants au Québec, mais il faut être conscient aussi
que la demande a augmenté avec les suites de la pandémie. Mais on va y arriver
tous ensemble et...
Le Président (M.
Bachand) :...
M. Girard (Groulx) : Bien, en
terminant, la santé mentale, c'est important pour tous, notamment dans la
communauté anglophone.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Mme la députée de Verdun
pour un bloc de 18 min 3 s.
Mme Zaga Mendez : Merci, M.
le Président. Je tiens à saluer le ministre et la présence de toute l'équipe
qui travaille au Secrétariat aux relations avec les Québécois d'expression
anglaise. Ma question va surtout poser sur les effets du coût de la vie auprès
des communautés anglophones. On a appris, l'année passée, lors d'une étude en
septembre, que les Québécois anglophones seraient plus susceptibles à... de
vivre dans la pauvreté que les francophones.
Juste pour donner quelques indices, selon
la Table ronde provinciale sur l'emploi, 10 % des Québécois d'expression
anglaise vivraient dans la pauvreté, comparativement à 5,8 % des Québécois
francophones. Lorsqu'on regarde le revenu médian après l'impôt, le revenu
médian revient à... est inférieur, pardon, de 2 800 $ comparé à... au
revenu médian des personnes francophones. Comment est-ce que vous expliquez ces
inégalités économiques qui sont présentes?
M. Girard (Groulx) : Bien, je
vous remercie pour la question, puis c'est un point extrêmement intéressant, parce
qu'on a souvent à tort la perception que la communauté anglophone vit
exclusivement sur le territoire de Montréal puis qu'elle est prospère. Et puis
il y a certainement des gens dans cette communauté qui sont prospères, tout
comme il y en a dans les autres communautés, mais il faut se rappeler aussi
qu'il y a des anglophones à l'extérieur de la région de Montréal qui ont le
même profil sociologique que des Québécois, c'est-à-dire qu'il y a un
vieillissement de la population, mais peut s'ajouter un isolement lié à des
barrières linguistiques et des difficultés en région, par exemple à l'accès aux
mêmes opportunités d'emploi ou, par exemple, l'accès aux emplois du
gouvernement.
• (17 h 50) •
Alors, c'est... la première chose qui est
importante, c'est de réaliser que, selon le recensement, puis je pense que la
statistique la plus tangible qu'on pourrait dire... c'est que le taux de
chômage des anglophones est plus élevé que le taux de chômage moyen du Québec.
Et ça, ça reflète qu'il peut être associé à ça, évidemment, un degré de
pauvreté élevé. Puis je pense qu'il faut distinguer entre la région de Montréal
et l'extérieur de la région de Montréal et être conscient que c'est... la
communauté anglophone à l'extérieur de Montréal peut parfois être isolée et
faire face à des barrières linguistiques, en plus qu'elle peut avoir un profil
démographique où elle est plus âgée. Alors, je m'arrête ici, puis je vais
prendre la suite, puis...
Mme Zaga Mendez : ...bien que
le ministre a une bonne compréhension de l'enjeu. Je pense que, là, on a besoin
de vous entendre un peu plus sur les actions. Moi, je m'en allais justement
vous parler de l'emploi. Vous avez introduit quand même la matière. On voit
qu'il y a... Quand on regarde la proportion des gens qui n'ont pas d'emploi
versus... qui sont au chômage, on parle de 10,9 %, soit 4 % de plus
que les francophones, qui sont autour de 6,9 % au Québec.
Donc, est-ce que le secrétariat se penche
sur cet enjeu-là et quelles sont les actions qui ont été prises dans la
dernière année? Parce que nous avons posé exactement la même question il y a un
an. Quelles sont les actions qui ont été réalisées depuis?
M. Girard (Groulx) : OK.
Alors, d'abord, c'est important de dire que, malheureusement, pour les taux de
chômage, avec les caractéristiques sociolinguistiques, on n'a pas de données
récentes, là. On est liés au recensement de 2021, et puis, au recensement de
2021, bien, on était en période pandémique, et tous les taux de chômage sont
élevés par rapport à ce qu'ils sont aujourd'hui. Alors, en général,
statistiquement, lorsque le marché de l'emploi est plus faible, bien, les
personnes avec le profil socioéconomique moins fortuné vont être plus
affectées.
Alors, tout ça pour vous dire que je
souhaite ardemment... et je pense que la situation actuelle est meilleure que <celle...
M. Girard (Groulx) :
...je
souhaite ardemment... et je pense que la situation actuelle est meilleure que
>celle qui était reflétée dans la situation du recensement de 2021. Il
faudra attendre le recensement de 2025 qui sera publié en 2026 pour le savoir.
Alors ça, c'est important de le dire, parce que, les données, on les... on ne
les a pas, les données récentes.
Maintenant, qu'est-ce qu'on fait? Bien,
d'abord, il y a deux choses. Il y a... Si le français est une barrière
économique, bien là, c'est Francisation Québec avec, dans le budget,
320 millions supplémentaires et de donner l'accès aux Québécois
d'expression anglaise à ces cours de Francisation Québec. Et, oui, il y a une
forte demande puis il y a une barrière. Puis après ça, c'est... Puisque les... Emploi-Québec,
puis les carrefours jeunesse-emploi, et puis tous les... tous les organismes du
gouvernement du Québec qui favorisent l'employabilité n'ont pas toujours des
services disponibles en anglais en région, bien là, on travaille avec les
organismes communautaires. Et c'est ça que le secrétariat fait, on identifie
des organismes qui peuvent accompagner la communauté anglophone dans son
employabilité sur le territoire.
Mme Zaga Mendez : ...pour
préciser sur ce type d'action là, ou créer des partenariats avec des organismes
communautaires, est-ce que ces organismes-là reçoivent plus de subventions ou
des programmes? Parce que vous comprenez bien que les organismes communautaires
ont beaucoup, beaucoup, déjà, des actions à mener avec le peu de financement
qui est disponible. Est-ce que le secrétariat offre davantage de subventions
pour ça?
M. Girard (Groulx) : Oui.
La réponse, c'est oui. Alors, par exemple... Bien là, j'ai une liste de projets
ici, mais je ne veux pas vous faire une énumération d'une liste d'épicerie,
mais on travaille avec les... Bien, attends, attends, je vais... Si... si la députée
veut cette liste d'épicerie, nous allons lui donner. Sinon, on va utiliser son
temps pour répondre à ses questions.
Mme Zaga Mendez : ...de
déposer ces documents-là?
M. Girard (Groulx) : Certainement.
Mme Zaga Mendez : Faisons
ça. Je pense que les groupes qui travaillent avec les communautés anglophones
vont apprécier de voir ce type de données.
M. Girard (Groulx) : Certainement.
Le Président
(M. Bachand) :Donc, vous allez les
faire parvenir au secrétariat de la commission, bien sûr. Merci.
M. Girard (Groulx) : Oui.
Le Président
(M. Bachand) :Merci beaucoup.
M. Girard (Groulx) : Le
secrétariat. Puis, alors, on travaille avec, par exemple, le PERT, le Provincial
Employment Roundtable, pour être certain de rejoindre les gens là où ils sont.
Et puis, parfois, c'est simplement d'accompagner les gens aux services
d'Emploi-Québec. Puis ça se déploie différemment dans différents territoires...
les différentes régions, voulais-je dire.
Mme Zaga Mendez : Je
comprends très bien. J'aimerais avoir l'avis du ministre un peu plus... un avis
plus large sur la question. Tout à l'heure, on parlait d'employabilité, mais on
parlait aussi des enjeux de pauvreté et comment certaines communautés sont
représentées davantage sous le seuil de la pauvreté. Pourquoi pensez-vous que
nous avons de la pauvreté au Québec, malgré le fait que nous vivons dans une
société aussi riche?
M. Girard (Groulx) : Ah!
Ça, c'est une excellente question. Je... on... vous savez, à la Commission des
finances publiques, j'ai souvent des débats, avec votre collègue de
Maurice-Richard, de philosophie économique, mais là je vois que ça va se
transporter à la Commission des institutions... Nous sommes à la Commission des
institutions, oui.
Alors, bien, pourquoi on a de la pauvreté?
Bien, parce que dans un... Nous sommes une démocratie libérale, et il y a des
opportunités qui s'offrent aux citoyens. Et tous les citoyens n'évoluent pas de
la même façon dans la société. Puis, en moyenne, le Québec, on est une... ça
dépend toujours comment on se regarde, mais on est une société riche,
développée, avec une distribution de revenus qui est un peu plus égalitaire,
par exemple, que d'autres provinces.
Mais ce n'est pas parce qu'on est, en
moyenne, plus égalitaire qu'on a une égalité totale, là. Il y a une
distribution dans les revenus. Par exemple, au Québec, le 1 %, là, le
fameux 1 % des plus riches, bien, ils paient 19 % des impôts, alors...
L'impôt sur le revenu. Et donc certains pourraient dire, bien, qu'ils devraient
en payer 28 %, et etc., etc., mais il reste qu'on a une distribution de la
richesse. On a un niveau de richesse inférieure à la <moyenne...
M. Girard (Groulx) :
...et
etc., etc., mais il reste qu'on a une distribution de la richesse. On a un
niveau de richesse inférieure à la >moyenne canadienne, mais
certainement, on est un pays développé et riche. Et puis on a une distribution
de la richesse, et puis, dans cette distribution-là, bien, il y en a qui sont plus
riches puis il y en a qui sont moins riches. Et c'est le fonctionnement d'une
démocratie libérale.
Mme Zaga Mendez : Alors...
Donc, on accepte... Dans votre explication, c'est juste de justifier...
d'expliquer pourquoi il y a des pauvres, mais après ça la question, c'est de
dire : Est-ce qu'on accepte la présence de cette pauvreté-là dans notre
société? Parce que, là, tout à l'heure... Chaque année, on vient avec des
exemples ici, autour de la table, en parlant de comment la pauvreté touche aux
communautés anglophones, comment la... le chômage les touche, mais, de la part
du secrétariat, moi, je ne vois pas une vision de lutte contre la pauvreté.
M. Girard (Groulx) : Bien là,
je pense que vous imputez au secrétariat une responsabilité, là, plus grande
que leur mandat. Mais moi, ce que je peux vous dire, là, c'est qu'avant de
distribuer de la richesse, il faut la créer, OK? Et donc nous, on a un agenda
économique ambitieux de créer de la richesse. Et puis c'est certain que plus il
y a de richesse, plus l'ensemble des citoyens... le niveau de vie augmente. Et,
toutes proportions gardées, par exemple, si le niveau de vie du Québec
augmentait, par exemple, de 10 %, bien, fort probablement que le niveau de
vie des personnes les moins fortunées augmenterait plus en relatif. Mais il... avant
de distribuer la richesse, il faut la créer.
Le Président (M.
Bachand) :Merci.
Mme Zaga Mendez : Je vais... je
vais continuer sur un autre thème, qu'on avait aussi discuté il y a un an,
c'est la représentation proportionnelle par le mode de scrutin. À ce moment-là,
le ministre nous avait dit qu'il se sentait moins concerné et ne comprenait
peut-être pas comment ça touchait les communautés anglophones. Je me souviens
qu'on avait eu un échange assez vite à ce sujet-là.
Vous savez que, dans le passé, différents
groupes des communautés anglophones se sont prononcés pour un système aussi
proportionnel que possible, justement pour garantir que chaque bulletin compte,
mais garantir aussi la représentation régionale. On parlait entre autres de la
présence de ces communautés-là dans les régions. Donc, j'aimerais savoir si le
ministre, depuis notre dernier échange il a... il s'est penché sur la question
et a un avis sur la réforme du mode de scrutin.
• (18 heures) •
M. Girard (Groulx) : Bien, je
vais vous décevoir. Non, je n'ai pas passé la dernière année à réfléchir sur la
réforme de mode de scrutin. Puis je dois vous dire que je me souvenais plus de
nos échanges sur l'environnement que sur la réforme de mode de scrutin, là.
Vous... vous m'ébranlez presque, là, en me rappelant qu'on a parlé de ça, parce
que je ne m'en souvenais pas.
Mais... mais je ne suis vraiment pas un
expert de ces questions-là. J'en ai un à la maison, par contre, qui étudie à la
maîtrise en science politique, et c'est sûr que, si je lance le sujet, là, je
vais... je vais me faire informer de... Mais ça, c'était le dossier de la
ministre LeBel, et je ne peux pas... je peux... je dois vous avouer sincèrement
que moi, ma... je suis économiste de formation, spécialiste des marchés
financiers. Et moi, je maximise sous contraintes et incertitudes, et, une des
contraintes, c'est le régime démocratique que nous avons.
Mme Zaga Mendez : ...continuer
avec les questions. Je reviendrai à la charge éventuellement pour avoir...
continuer à avoir l'échange. Tout à l'heure, mon collègue le disait, quand on
va sur le site du Secrétariat aux relations avec les Québécois d'expression
anglaise, on ne voit pas grand-chose. Là, je pense que la dernière sortie, là,
si ce n'est pas 2021-2022, là... Il y a... il y a beaucoup de retard en termes
de communication. Si vous avez à résumer les actions du secrétariat, et je vous
demande trois actions principales, dans la dernière année, quelles ont été les
trois grandes réalisations de la part du secrétariat?
M. Girard (Groulx) : ...bien,
d'abord, j'aimerais clarifier une chose pour les gens qui nous écoutent, là. On
ne mesure pas l'efficacité d'un secrétariat par le bruit qu'il fait, OK? Alors,
ce n'est pas parce qu'on n'entend pas parler du secrétariat qu'il n'est pas
actif sur le terrain. Et d'ailleurs, d'ailleurs, parlons-en, du secrétariat,
qui a un budget pour l'année 2024-2025 de 13,3 millions. Lorsqu'il a
été créé...
18 h (version révisée)
M. Girard (Groulx) : ...a
un budget, pour l'année 2024-2025, de 13,3 millions. Lorsqu'il a été créé,
2017-2018, le budget était de l'ordre... était inférieur à 2 millions, là.
Alors là, nous, on est à 13 millions. Le secrétariat, le financement a été
pérennisé pour les cinq prochaines années. Puis, comme vous le savez, tous les
organismes communautaires... Parce que, dans ce budget de secrétariat, ça, ce
que je vous donne, c'est les fonds qui sont transférés dans la communauté, là,
c'est les crédits de transfert. Alors, quand je dis qu'il y a 13,3 millions,
c'est 13,3 millions qui s'en vont dans la communauté, au lieu du 2 millions
en 2017-2018.
Et puis, puisque les organismes
communautaires et sociocommunautaires, ce serait plus juste, bien, ils ont
besoin d'un financement récurrent, bien, nous — parce qu'un ministre
des Finances, ça sait que les gens aiment avoir du financement pour les trois puis
les cinq prochaines années — bien, je suis très heureux d'annoncer
que les crédits de transfert du secrétariat, pour les cinq prochaines années,
bien, c'est solide, là, c'est confirmé, c'est dans le budget du gouvernement.
Et donc, on va continuer de faire un bon travail, sans faire de bruit. Ce n'est
pas... On ne doit pas juger de l'efficacité d'un secrétariat en fonction des
annonces. En fait, là...
Le Président (M.
Bachand) :Merci... Mme la députée, parce
que le temps va rapidement, là.
Mme Zaga Mendez : Je
vais continuer parce que le temps file. Je vais vous poser une dernière question,
vous compléterez. Parce que là, vous nous avez dit qu'il y a de l'argent qui est
là, qui est sécurisé, tant mieux. Peut‑être dans la réponse tout à l'heure je
vous inviterais à nous dire un peu plus concrètement, cet argent-là, il est
transmis comment. Là, tout à l'heure, on parlait des organismes communautaires :
Est-ce qu'il y a un autre champ d'action?
Puis ma dernière question, pour continuer
l'échange, vous savez, moi j'ai visité les... Je ne sais pas si, de votre côté,
vous avez aussi des écoles anglophones dans votre... à Rosemère. Moi, j'en ai
trois à Verdun. J'ai rencontré différentes commissions scolaires anglophones
sur l'île de Montréal et ailleurs, et un des différents projets qui ont lieu
dans ces commissions-là et qui m'ont beaucoup venus me chercher, c'est tous les
projets en français qui se font dans ces commissions-là, que ce soit du
primaire, dans la maternelle, au secondaire. Moi, j'aimerais savoir si vous
avez pris le temps de rencontrer les commissions anglophones du Québec et voir
comment le secrétariat, ou par votre voie, on peut ajouter du financement à ce
type de projets qui se font pour la promotion de la langue française en milieu
scolaire, parce que c'est surtout... c'est surtout des jeunes qui habitent...
Bien, ils sont bilingues, parce que leur langue maternelle est la langue
anglaise, on est dans une minorité anglophone, mais qui vivent au Québec, ils
sont très fiers de parler français. Donc, j'aimerais ça vous entendre un peu là-dessus,
si vous avez eu la chance de les rencontrer, et comment on peut, au sein du Conseil
des ministres, aller chercher plus de financement pour ce type de pratiques?
Le Président (M.
Bachand) :45 secondes, M. le
ministre.
Mme Zaga Mendez : Ah! 45 secondes?
M. Girard (Groulx) : Oui,
mais ça va quasiment avoir l'air d'une passe dans un filet désert, M. le
Président, parce que j'ai été l'invité de la semaine de la francisation de la
commission scolaire de l'English Montréal School Board, et j'étais, je pense,
un des premiers ministres qui participait à cette semaine l'an dernier. Puis ça
a tellement été agréable, M. le Président, que je suis retourné cette année à l'école
Dunrae Gardens, qui n'est, dans ce cas-là, pas dans ma circonscription, mais là
où je réside, à ville Mont‑Royal, et j'ai été reçu, franchement, c'était
exceptionnel. Et puis vous avez raison de dire que nos écoles anglophones ont
des activités de francisation qui sont de grande qualité, puis je les en
félicite pour ça.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. Alors, M. le
député de Jacques-Cartier, pour un autre bloc de 18 min 3 s.
M. Kelley : Merci, M. le
Président. Je veux juste reprendre un petit peu la discussion que ma collègue a
eue avec le ministre. C'est sûr que des différents groupes communautaires de
communautés d'expression anglaise ont besoin de plus de financement pour livrer
ou aider le gouvernement à livrer plus des services, puis je sais que le
gouvernement cherche des façons de le faire, peut-être, de trouver plus d'argent.
Alors, on sait que le gouvernement fédéral vient d'arriver d'imposer les gains
en capital pour les plus riches, comme le premier ministre du Canada a dit.
Alors, est-ce que vous avez l'intention, M. le ministre, d'harmoniser, comme
vous... comme nous avons fait dans le passé, notre gain en capital, ici, au
Québec?
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Bien,
ça, c'est toute une question pour la Commission des institutions, M. le Président,
et c'est chargé, mais... D'abord, la mesure entre en vigueur le 25 juin,
et donc, avant d'annoncer, harmoniser, pas harmoniser, bien, les professionnels
du ministère des Finances vont bien <analyser...
M. Girard (Groulx) :
...juin,
et donc, avant d'annoncer, harmoniser, pas harmoniser, bien, les professionnels
du ministère des Finances vont bien >analyser la mesure pour comprendre...
Parce que, là, il y a un seuil de 250 000 $, et puis, pour les
corporations, ça s'applique pleinement, mais pour les start-up, c'est rehaussé
de 1 million à 1,2 million.
Et tout ça pour vous dire que c'est une
mesure extrêmement importante qui génère beaucoup de revenus pour le
gouvernement fédéral. Alors, c'est un impôt, on augmente l'impôt sur les gains
de capitaux pour les particuliers et les entreprises. C'est donc une mesure aux
revenus que les citoyens et les entreprises n'apprécieront pas
particulièrement. Alors, on va au moins prendre le temps de bien analyser avant
d'annoncer notre décision.
M. Kelley : ...puis je
vais laisser mon collègue le député de Marguerite-Bourgeoys continuer la
discussion avec vous, mais merci pour la réponse, M. le ministre.
Je veux reviens sur la question de hausser
au minimum, je veux dire, les emplois pour les anglophones, mais la réalité,
c'est aussi, comme on a discuté l'année passée, que le pourcentage des
anglophones au sein de la fonction publique est toujours trop bas. Puis je sais
qu'on a discuté ça l'année passée, M. le ministre, puis vous avez pris
l'engagement de regarder vos options devant vous, sur comment on peut augmenter
la représentativité des Québécois d'expression anglaise dans la fonction
publique.
Vous avez devant vous aussi la... Vous
êtes en contrôle de l'Autorité des marchés financiers, Revenu Québec, et quand
même, au sein de votre ministère, on voit que le taux des anglophones est
seulement à 0,5 %, alors on n'est pas à 1 %, on peut augmenter ça,
mais est-ce que vous avez fait des gains dans ce dossier-là? Je vois, dans le
cahier des différentes discussions qui ont été lancées par le secrétariat, mais
comment... Comment ce dossier-là avance, selon vous?
• (18 h 10) •
M. Girard (Groulx) : Bien,
d'abord, la... Moi, dans tout ça, là, ce qui m'impressionne le plus, c'est
qu'on n'a pas les chiffres pour le secteur du réseau de la santé, parce que
clairement, il y a... il y a... Parce qu'on dit souvent : Il y a seulement
1 % d'anglophones dans la fonction publique québécoise, et puis,
certainement, on voudrait en avoir plus, et puis j'encourage la communauté
anglophone à postuler pour des emplois dans la fonction publique, et
j'encourage les ministères à s'ouvrir, et on a des initiatives avec le Conseil
du trésor, mais il ne faut pas oublier qu'on a de nombreux anglophones qui
travaillent dans le réseau de l'éducation, en fait c'est plus de 8 % de la
main-d'oeuvre, je pense. Là, on a des chiffres, mais là où je suis étonné,
c'est qu'on n'a pas de chiffres dans le réseau de la santé, mais on a aussi de
nombreux...
Alors, la première chose que j'aimerais
dire, c'est qu'on va devoir mesurer ça, là, pour ce qui est du réseau de la
santé, parce qu'on ne semble pas avoir le chiffre, et c'est bien 8 %, j'ai
une bonne mémoire en général pour les chiffres, faites-moi confiance, c'est
bien 8 % pour le — c'est des blagues — pour le
ministère de l'Éducation, et je ne comprends pas qu'on n'a pas le chiffre pour
la santé, alors on va essayer de rectifier ça pour l'an prochain.
Maintenant, quant au 1 % dans la
fonction publique, on doit faire mieux, puis une des façons qu'on doit faire
mieux, c'est regarder notamment les conseils d'administration. Puis, oui, moi,
je suis... Je suis ouvert à ça, à nommer des membres de la communauté anglophone
sur les conseils d'administration des sociétés d'État dont je suis responsable.
Et le Trésor est bien conscient que la fonction publique québécoise ne reflète
pas la diversité de la société québécoise, et c'est donc une responsabilité du
Secrétariat au Conseil du trésor d'améliorer ça. Et donc, on doit faire mieux
que le 1 %. Indéniable.
M. Kelley : Parfait.
Puis, présentement, au sein de le secrétariat, je vois qu'il y a neuf employés,
combien sont des anglophones?
Des voix : ...
M. Girard (Groulx) : Mais
il faut... Attendez, là, vous n'avez pas le droit de répondre. Est-ce qu'on
peut permettre à monsieur...
Le Président (M.
Bachand) :Est-ce qu'il y a consentement?
Des voix : Oui.
Le Président (M.
Bachand) :Alors, je vous invite à vous
présenter puis à répondre à la question. Merci.
M. Légaré (Louis-Pierre) :
Bonjour. Louis-Pierre Légaré, je suis le directeur du Secrétariat aux relations
avec les Québécois d'expression anglaise. Je vais être obligé de compter sur
mes doigts. On a... On est une équipe de 12 personnes, incluant l'emploi
supérieur, M. Floch qui est anglophone, moi-même je suis cadre <francophone...
M. Légaré (Louis-Pierre)T :
...12 personnes, incluant l'emploi supérieur, M. Floch qui
est anglophone, moi-même je suis cadre >francophone, et ensuite de ça,
on a deux... trois anglophones, et le reste, on est... c'est des francophones.
M. Girard (Groulx) : Et
moi, M. le député — mais je vais préserver son anonymat — j'ai
essayé d'embaucher une membre de la communauté anglophone dans mon cabinet puis
elle a... elle a refusé. Alors, j'ai essayé.
M. Kelley : Bien... Oui,
bien, c'est juste au sein de le secrétariat, on a le même nombre de
fonctionnaires au sein de le ministère des Finances. Alors, je pense qu'il y a
beaucoup des anglophones qui s'intéressent dans la finance, alors peut-être
qu'on peut aller essayer de chercher ce talent qui existe aussi de McGill puis
Concordia et Bishop's puis, oui, les recruter eux autres. Mais je sais que ce
n'est pas tout sur les épaules non plus de le gouvernement, il y a aussi, je
pense, qu'une partie que les universités peuvent jouer en lien avec le
secrétariat pour faire un jumelage avec des gens pour continuer, pas juste
d'inciter, mais inviter des gens de prendre des stages avec le gouvernement du
Québec. Il y a des opportunités très, très intéressantes et ça ouvre la porte
un petit peu, M. le ministre. J'espère que l'année prochaine les chiffres vont
améliorer puis on va trouver plus de monde qui travaille au sein de le
gouvernement du Québec qui vient de la communauté de l'expression anglaise.
Mais je sais que c'est vrai que l'accès à
la francisation, c'est un enjeu. Oui, un guichet unique a été ajouté, mais je
dois souligner, M. le ministre, qu'à mon bureau de comté, j'ai reçu plusieurs
courriels, des citoyens qui ont dit : Bien, j'ai fait une inscription...
une inscription, puis pas de... pas des nouvelles, ou, quand même, il n'y a pas
des cours qui sont disponibles. Puis c'est la même chose, les échos que j'ai
eus des groupes en région, qui ont dit : On était bien contents de
finalement avoir l'accès à des cours de français gratuits pour nous, parce que
c'est une barrière à l'employabilité pour nous, mais ce n'est pas toujours
disponible.
Alors, je sais que c'est quelque chose, vous
pouvez discuter avec votre collègue, et je sais que c'est un programme qui
vient juste d'être lancé, mais il y a toujours des enjeux. Des fois, c'est les
inscriptions elles-mêmes avec le programme qui ne marchent pas très bien. Mais
je pense que c'est important juste de prendre ça en note qu'il faut continuer
d'améliorer le système qui a été mis en place.
M. Girard (Groulx) : M.
le Président, puisqu'on a des cotes d'écoute extrêmement élevées pour cette
commission, je me permets de dire que nous sommes à la recherche d'excellents
économistes au ministère des Finances et que si ceux-ci sont présentement aux
études à Concordia, McGill et Bishop's, bien, ils sont bienvenus, là. Et puis
on a une langue commune, le français, mais on a aussi une deuxième langue
commune, les mathématiques. Et alors on cherche des bons économistes, et vous
avez raison, le ministère des Finances s'engage à donner l'exemple et essayer
de recruter des économistes qui graduent de McGill, Concordia et Bishop's.
M. Kelley : Bien, merci
beaucoup. Puis je reviens sur la discussion encore que vous avez eu avec collègue
de Verdun sur la question des relations entre le secrétariat puis
Emploi-Québec. Encore, je sais qu'elle a souligné une couple des chiffres,
mais, quand même, à Montréal, le fait que le taux de chômage... et je sais
qu'on va voir les autres chiffres dans une couple des années, que le taux de
chômage pour la communauté d'expression anglaise, c'est 11,6 %. Quand on
regarde dans l'est du Québec, dans la Gaspésie, les Îles-de-la-Madeleine, c'est
environ 18,7 %, la Côte-Nord, 17,9 %. C'est des taux pas mal élevés
et c'est la réalité dans tous les coins du Québec. Et qu'est-ce que des groupes
comme le Regional Community Network, mon amie Cathy Brown a très bien expliqué
que, toujours, le problème pour les groupes communautaires, et vous savez ça
très, très bien, M. le Président, des fois, ils sont responsables pour aider
les aînés à trouver des services en anglais, aider des familles avec des
questions, de trouver des services pour linguistique, quelque chose comme ça,
et aussi pour les services d'employabilité. Puis ils travaillent... essaient de
travailler ou quand même chercher le financement envers Emploi-Québec, mais
c'est non, parce qu'eux autres, ils sont responsables pour plusieurs services
et ce n'est pas juste uniquement pour l'employabilité pour la communauté.
Et je ne sais pas si le ministre a
réfléchi un petit peu sur cet élément-là, car encore il y a toujours des
barrières avec Emploi-Québec, que c'est difficile pour les groupes
communautaires de trouver des liens, bâtir des liens et quand même, après ça,
avoir une ouverture d'Emploi-Québec d'améliorer les services pour la communauté
d'expression anglaise, particulièrement en région...
M. Girard (Groulx) :
Bien... Puis tantôt j'ai... je n'ai pas complètement répondu à votre <question...
M. Girard (Groulx) :
Bien... Puis tantôt j'ai... je n'ai pas complètement répondu à votre >question,
là. Je peux vous dire que pour Francisation Québec, vous avez raison que
Francisation Québec est victime de son succès, là. On n'arrive pas à répondre à
toute la demande. Alors, comme ministre des Finances, j'ai bonifié le budget de
320 millions pour les cinq prochaines années, et puis j'ai confiance que
la situation va s'améliorer avec le déploiement. Ça, c'est Francisation Québec.
Et, oui, la communauté anglophone mérite d'avoir accès à des cours de français,
si elle le désire, puis ça peut notamment aider pour l'employabilité.
Concernant Emploi-Québec et puis le rôle
des groupes communautaires, bien, c'est certain que les groupes communautaires
font plus que simplement favoriser l'accès aux services d'Emploi-Québec, et
puis les barrières ne sont pas toujours uniquement linguistiques, elles peuvent
être culturelles, au niveau de l'éducation. Et je pense qu'en région il faut se
rappeler que les communautés anglophones sont souvent un peu plus âgées et un
peu plus isolées. Alors, ça nécessite de l'aide, de l'information, de
l'encouragement. Mais, dans l'état actuel du marché du travail au Québec, bien,
on a besoin de tout le monde, là. Il n'y a aucune raison qui justifie que la
communauté anglophone ait un taux de chômage plus élevé que la communauté
francophone; on a des emplois pour tout le monde.
Alors, oui, on a une responsabilité. Le secrétariat
va continuer d'aider les organismes qui visent à favoriser l'employabilité,
notamment en région, de la communauté anglophone, et je m'engage
personnellement à ce qu'on poursuive nos efforts parce que c'est extrêmement
important. Et évidemment, dernier point, M. le Président, puis peut-être que je
parle trop, mais le travail, ça a plus de valeur que simplement l'économie que
vous en tirez lorsque vous travaillez. Et vous êtes... Vous avez une estime de
vous, vous êtes impliqué dans votre communauté, vous vous faites des amis.
Alors, en plus, on est en pénurie de main-d'œuvre, alors c'est nécessaire de
faire des efforts pour améliorer la situation de l'emploi des communautés
anglophones. C'est pour le... C'est dans l'intérêt supérieur du Québec, M. le
Président.
• (18 h 20) •
M. Kelley : C'est
une bonne nouvelle, puis on va, j'espère, l'année prochaine, comme je dis,
avoir des nouvelles. Puis quand même, je sais qu'on a posé la question, le
secrétariat n'a pas nécessairement fait des études elle‑même, mais a demandé à
des différents groupes comme perte de travail sur les études. Mais quand même,
si le gouvernement du Québec peut avoir un meilleur recensement des données
concernant la communauté, ça va faire du bien. C'est dans le mandat du
secrétariat également, alors pourquoi ne pas garder une meilleure... une
meilleure... pas expertise nécessairement, excusez-moi, mais garder des
meilleures données sur la situation, puis le portrait de la communauté
d'expression anglaise, particulièrement en région.
Puis une autre chose que je veux juste...
reviens... reviens ou je vais lancer, c'est un groupe encore... Il y a des
groupes à Montréal, puis des groupes en région, mais un, c'est la Voice of English-speaking
Québec, ici, à Québec, qui a juste... Le message, j'ai parlé avec eux autres la
semaine dernière, ils veulent passer à vous, M. le ministre, des fois, sur la
question de l'intégration, M. le Président, des groupes anglophones sont
considérés comme pas un atout à des services dans un coin pour aider des
nouveaux arrivants à s'intégrer dans... s'intégrer au Québec et dans leurs
communautés. Et je pense que la communauté d'expression anglaise demeure un
exemple exceptionnel d'une communauté qui est bien intégrée ici au Québec, qui
parle français, qui travaille en français. Et souvent, eux autres, étaient des
exemples des personnes qui ont venu ici au Québec puis ont décidé de rester
ici, quand même c'était après une petite visite ou quoi que ce soit, mais ils
ont pris les démarches de franciser, de vraiment s'intégrer dans leur
communauté au Québec.
Alors, des fois, ils sont bloqués des
sommes de financement à cause le fait que c'est un groupe de communauté
anglophone. Mais ils sont... Ils sont vraiment là pour aider tout le monde, là,
et pour aider quand même dans les démarches de francisation des nouveaux
arrivants. Alors, c'est le message que vous pouvez passer ou quand même une
mission que vous pouvez donner avec le financement du secrétariat, je sais que
ça va être apprécié par les groupes sur le terrain qui souvent, quand même,
devient la porte d'entrée pour plusieurs groupes, juste à cause le fait qu'ils sont
déjà dans le domaine d'assister des citoyens à trouver des services au sein du <gouvernement...
M. Kelley :
...dans
le domaine d'assister des citoyens à trouver des services au sein du >gouvernement
du Québec.
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Oui.
Bien, je veux... Je veux juste corriger, là, puis je ne pense pas que c'est ça
que vous vouliez dire, mais ça a sonné un peu comme ça, là, mais d'aucune façon
on ne rejette des applications de groupes communautaires parce qu'ils sont des
groupes anglophones, là. C'est ce que j'ai entendu, mais je ne pense pas que
c'est ce que vous vouliez dire.
Mais là où il y a un enjeu réel, c'est que
parfois, les organismes communautaires anglophones se déploient sur plusieurs
missions, et lorsqu'on a du financement par mission spécifique, bien, des fois,
le fait qu'ils ont plusieurs missions fait qu'ils n'arrivent pas à se
positionner dans les critères d'un programme de sélection, par exemple, qui est
spécialisé dans un champ d'activité, parce qu'eux, ils ont plusieurs activités.
Alors, ça, c'est une problématique qu'on entend qui n'est pas unique à la
communauté anglophone, mais que les groupes communautaires qui ont plusieurs
missions ont parfois de la difficulté à tomber dans les bonnes cases du
financement du PSOC ou du PAGAC. Puis, pour ceux qui nous écoutent, vous êtes
sûrement en train de vous dire : De quoi parle-t-il? Alors, c'est le
programme de subvention aux organismes communautaires du ministère de la Santé
et le programme d'aide aux groupes en action communautaire de l'ensemble du
gouvernement du Québec.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. Il reste
quelques secondes, M. le député...
M. Kelley
: Bien, juste
rapidement, je pense qu'il y a beaucoup de groupes... de communautés
d'expression anglaise qui nous écoutent ce soir, puis ils savent c'est quoi, le
PSOC, puis c'est sûr qu'ils veulent une porte de rentrée dans ces fonds-là,
parce qu'ils disent souvent encore... ça arrive... ça n'arrive pas. Alors,
c'est tout, M. le Président. Merci beaucoup.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. M. le député de
Jean-Talon, pour 5 min 56 s, s'il vous plaît.
M. Paradis : Bonsoir à
toutes et à tous. Six minutes, réponses courtes à des questions courtes. En
2018, le premier ministre François Legault qualifiait le secrétariat aux
relations avec les anglophones de «show de boucane sans réelles mesures», il
s'interrogeait ouvertement, le 7 septembre 2018, sur son... sur son
utilité. Le financement accordé à l'époque était de 24,5 millions de
dollars sur cinq ans. Ça a été triplé aujourd'hui à 14,6 millions de
dollars par année, et c'est un des rares endroits où il y a eu une augmentation
lors du dernier budget, plus 825 000 $, soit 6 % d'augmentation.
Comment expliquer ce financement? Comment expliquer ces augmentations, compte
tenu des commentaires du premier ministre? Quels grands résultats, quels grands
accomplissements du secrétariat justifient ce financement?
M. Girard (Groulx) : Bien,
je pense que lorsque le secrétariat a été créé, nous étions dans les symboles.
Alors, il n'y avait pas de moyens économiques derrière le secrétariat, il y
avait à peu près, en crédit de transfert, là, qui est vraiment ce qui intéresse
les gens, puis ce qui intéresse les gens, ce n'est pas les... combien de
personnes travaillent au secrétariat, mais il y en avait pour 1,7 million,
puis là il y en a pour 13 millions. Alors, lorsque ça a été créé, le
déploiement était extrêmement modeste, et là on a pris une expertise, une
vitesse de croisière, et là on a 13 milliards de... 13 millions,
millions de... pour les cinq prochaines années, puis c'est un financement qui
est stable, qui permet de se déployer dans trois actions : emploi, aînés
et l'ensemble des actions communautaires.
Je le sais, j'ai été trop long. Je vais
être plus court pour ma prochaine réponse.
M. Paradis : Vous venez
de le... Le ministre vient de le mentionner, l'essentiel des fonds du
secrétariat va au financement des activités d'organisations, dont certaines
font un excellent travail. Mais ces mêmes organisations ont touché, entre 1995
et 2022, 2 687 612 000 $ de la part du gouvernement
fédéral, 2,7 milliards de dollars. Donc, ça vient... Et ça continue,
il y a actuellement un plan de 1,4 milliard de dollars d'appui au
développement des communautés d'expression anglaise.
Compte tenu qu'il y a une partie de ces
fonds-là qui provient du Québec, est-ce que le ministre trouve ça équitable
pour les organisations... les autres organisations communautaires du Québec?
M. Girard (Groulx) : Non,
bien là, je... Vos chiffres, là, je pense que vous mélangez les transferts qui
incluent les transferts pour le réseau de l'éducation puis de la santé, là, ce
n'est pas juste pour les groupes communautaires, là.
M. Paradis : ...développement
des communautés d'expression anglaise, incluant l'appui aux organisations
communautaires.
M. Girard (Groulx) : Oui,
mais le «incluant», là, ce n'est pas la somme des... Là-dedans, là, il y a le
réseau d'éducation. Si vous parlez des transferts pour... qui viennent des
langues officielles au fédéral pour l'enseignement dans la langue de la <minorité...
M. Girard (Groulx) :
...qui
viennent des langues officielles au fédéral pour l'enseignement dans la langue
de la >minorité, là, il y a de l'argent qui va au réseau de la santé et
au réseau de l'éducation anglophone, et, oui, c'est les... la communauté
anglophone a des institutions au Québec.
M. Paradis : ...vous
trouvez ça équitable pour les organisations, les autres organisations du Québec?
M. Girard (Groulx) : Bien,
écoutez...
M. Paradis : ...compte
tenu qu'on ajoute... ou compte tenu que le ministre ajoute aux moyens du
secrétariat des montants provenant des budgets du Québec.
M. Girard (Groulx) : Mais,
pour les 13 millions que nous mettons en transfert, là, je pense qu'il
vise des objectifs qui sont nobles. On a des personnes âgées isolées en région,
Senior Wellness Programs. On a des taux de chômage plus élevés en région,
notamment la communauté anglophone, alors on a des petits programmes pour aider
à l'accès aux services Emploi‑Québec. Et puis, après ça, on a l'aide aux
groupes communautaires. Alors, tout ça donne 13 millions par année.
Alors, si votre question, c'est :
Étant donné que le gouvernement fédéral aide ces organismes, pourquoi le
gouvernement du Québec l'aide aussi? Bien, je vous dirais que notre lecture,
c'est que, oui, les aînés anglophones ont besoin de ces Senior Wellness
Programs, et oui, le taux de chômage est plus élevé pour la communauté
anglophone. Alors, oui, ces fonds-là sont justifiés. C'est 13 millions par
année pour le secrétariat en crédits de transfert.
Le Président (M.
Bachand) :...1 min 18 s.
M. Paradis : Le 12 avril
2024, le ministre de la Justice du Québec s'est inquiété du fait que des fonds
publics soient utilisés pour contester, notamment, la loi 21 devant les
tribunaux. Il s'inquiète vraiment de ce phénomène-là. Qu'en est-il du ministre?
Est ce qu'il y a des assurances que les fonds qui passent par le secrétariat ne
sont pas utilisés à ces fins-là, compte tenu de l'appel de son collègue?
M. Girard (Groulx) : Bien,
il y a toujours une reddition de comptes pour l'argent qui est distribué dans
les organismes communautaires. Pour ce qui est des contestations judiciaires,
vous êtes avocat, le ministre de la Justice est avocat, mon père est avocat, ma
sœur est avocate, mais moi, je suis économiste. Alors, je vous suggère d'en
discuter avec le ministre de la Justice.
• (18 h 30) •
M. Paradis : Parce que
là, on est aux crédits du secrétariat. Est-ce qu'on a des assurances, là, sans
discuter de la question si c'est une bonne chose ou pas, est-ce qu'on a des
assurances quant à l'utilisation des fonds de ces crédits-là aux fins de la
contestation de la loi 21?
Le Président (M.
Bachand) :10 secondes, M. le
ministre.
M. Girard (Groulx) : Bien,
on a des assurances, avec un intervalle de confiance à 99 %, là, c'est-à-dire
que les dépenses de lobbying ne sont pas admissibles à des fonds de transfert
du secrétariat pour des organismes communautaires.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. M. le député de
Jacques-Cartier, pour 18 min 10 s.
M. Kelley : Merci
beaucoup, M. le Président. Je vais prendre le temps de poser des questions
sur... concernant les actions que le secrétariat a pris, puis je vais peut-être
prendre dans l'avenir sur... concernant les aînés. Je sais que le ministre a
insisté, sur plusieurs reprises, sur la réalité de plusieurs aînés de
communautés d'expression anglaise qui habitent en situation de pauvreté, mais,
des fois, ils sont isolés aussi, juste à cause le fait que leurs enfants ont
déménagé dans une autre province ou quoi que ce soit. Seniors Action Quebec,
c'est une organisation qui est financée par le secrétariat, il y a beaucoup de
travail dans ce sens-là, pour connecter avec des aînés, essayer de faire des
liens pour s'assurer que tous les aînés ont des services nécessaires dans la
langue anglaise.
Mais eux autres, ils ont juste dit :
Bien, Greg, on aime qu'est-ce qu'on fait, on fait qu'est-ce qu'on... tout qui
est possible avec les sommes que nous avons devant nous, mais il y a juste une
réalité, de plus en plus, nous sommes demandés de faire plus en place de le
gouvernement... Dans le sens que c'est comme : Oui, on peut avoir les
programmes pour briser le fait que l'isolement des aînés ou, quand même, d'assister
eux autres avec leur rendez-vous. Tout ça, c'est bien correct, mais on fait de
plus en plus, mais le financement ne suit pas nécessairement. Et il dit :
Bien, c'est une réalité un petit peu avec le coût de la vie, le coût de tout,
que de toujours avoir un financement accru, c'est primordial, particulièrement,
et ça, ce n'est pas eux autres, mais je vois dans les documents, il y a
toujours, toujours une attente de le côté du ministère des Finances que des
groupes communautaires de communautés d'expression anglaise va faire de plus en
plus d'offrir les services. Mais est-ce qu'ils vont avoir le financement qui
est nécessaire? Alors, ça, c'est la première question.
Puis, la deuxième question, M. le
ministre, c'est aussi : Comment vous voyez le plan...
18 h 30 (version révisée)
M. Kelley : ...le
financement qui est nécessaire. Alors, ça, c'est la première question.
Puis, la deuxième question, M. le ministre,
c'est aussi : Comment vous voyez le plan de match pour s'assurer que des
aînés d'expression anglaise ont tous les services nécessaires dans leur langue?
Parce qu'on le sait, souvent, eux autres, ils ne sont pas toujours bilingues et,
souvent, ils sont unilingues ou, quand même, ils sont en train de perdre la
deuxième langue qu'ils connaissent qui est le français. Alors, c'est... Je ne
sais pas si vous avez des réflexions là-dessus, M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Oui.
Bien, merci, merci pour la question. Alors, les Senior Wellness Programs, là, c'est
1 million par année et puis... en 2024-2025. Et puis il y a... Ces
programmes-là ont fait leurs preuves. Et on nous a suggéré de les déployer sur
l'ensemble du territoire. Alors, on s'est assurés, là, que le financement était
présent pour que ça se fasse.
Et, dans le fond, nous, c'est... Il faut
bien le dire, là, puis je comprends que je n'ai pas le droit de dire qu'un
député a quitté, là, mais, au secrétariat, on fait des grandes choses avec des
petits montants, M. le Président. On parle... Vous savez, le budget du Québec,
c'est 150 milliards par année de dépenses. Puis là on parle de 13 millions
en crédits de transfert pour une communauté qui représente entre, dépendamment
des mesures, là, 10 % et 15 % de la population, là. Ça fait que 13 millions de
dollars par année, ce n'est pas beaucoup.
Et donc respectueusement, là, je ne pense
pas qu'il y a de l'excès. Au contraire, là, le secrétariat fait des grandes
choses avec des petits montants. Et là, au niveau des Senior Wellness Programs,
bien, c'est nouveau et on nous a dit que ça faisait une différence pour les
aînés sur le territoire. Et puis c'est pour ça qu'on a pérennisé leur
financement, puis ça va leur permettre de les déployer sur une plus grande
proportion du territoire, parce que c'est des bons programmes.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Je pense que vous avez fait un résumé qui est très juste de plusieurs groupes
communautaires répartis au Québec, mais c'est certain qu'avec les communautés d'expression
anglaise ils sont très habiles de faire beaucoup sans nécessairement avec tous
les moyens. Alors, si jamais le ministre peut trouver des sommes
supplémentaires dans les transferts de crédits ou quoi que ce soit, qu'il y a
un ministère qui n'était pas capable de dépenser tout l'argent nécessaire, il
peut toujours pousser que le secrétariat a plus d'argent pour financer des
groupes qui font des choses extraordinaires sur le terrain et, comme je dis,
avec pas beaucoup de moyens nécessaires puis en ayant... On est ensemble d'accord
sur le point qu'on sait que les groupes ils ont fait beaucoup pour les
communautés d'expression anglaise, mais ils ont besoin des mesures financières
nécessaires pour s'assurer qu'ils peuvent livrer la marchandise aussi. Et, ça,
c'est un défi pour les groupes communautaires en général.
Mais juste un autre point, M. le ministre,
sur les aînés. C'est encore une question un petit peu plus générale, parce que
vous êtes le ministre des Finances, mais comment vous pouvez rassurer des aînés
des communautés d'expression anglaise sur comment eux autres sont capables de
garder une bonne qualité de vie? C'est quoi, le plan de votre gouvernement de s'assurer
qu'il y a une maison des aînés disponible proche d'eux autres ou, quand même, d'avoir
des services à domicile? Et, quand même, on sait que le coût de la vie a frappé
très sévèrement des aînés. Alors, quelles mesures que le gouvernement a mises
en place pour aider eux autres? Pas nécessairement le secrétariat, mais je pose
une question plus budgétaire, en général, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) :Merci.
M. Girard (Groulx) : Oui.
Bien, je ne veux pas vous inonder de statistiques, M. le Président, mais j'ai
quand même un mode de communication assez axé sur les chiffres et je voudrais
vous dire que les Senior Wellness Programs, là, on rejoignait 73 communautés.
Puis là, avec la bonification du financement, ça va être 51 de plus. Alors là,
je vous vois, là, ça tourne, 73, 51, 124... 124 communautés qu'on va rejoindre,
c'est quand même excellent, là, ça, là. Et bref, je félicite le secrétariat et
nos partenaires. Dans ce cas ici j'aimerais féliciter Community Health Social
Services Network, qu'on appelle affectueusement CHSSN. Je l'ai mal prononcé?
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Voulez-vous
vous essayer?
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Non?
OK. Parfait. Non, mais je... CHSSN, OK?
Et, pour ce qui est des anglophones, bien,
je pense qu'ils ont les mêmes aspirations <que...
M. Girard
(Groulx) :
...CHSSN, OK?
Et, pour ce qui
est des anglophones, bien, je pense qu'ils ont les mêmes aspirations >que
les Québécois, c'est-à-dire de vieillir à domicile. Et un outil extrêmement
important de ça, c'est des soins à domicile que déploie la ministre des Aînés
avec des ressources exceptionnelles du gouvernement. Mais la demande est
grandissante.
Alors, si je veux vous dire ce qu'on fait
dans le domaine des soins à domicile, bien, je pourrais le chercher puis je
laisserais le député de Jacques-Cartier poser sa question et puis, moi, je
pourrai vous revenir avec l'évolution des soins à domicile au Québec.
M. Kelley : Parfait.
Juste une autre chose encore, plus un petit peu sur le côté des crédits. Je
sais qu'on a posé la question, numéro 8, sur les différents... bien, on a
toute la liste des montants qui étaient accordés dans les projets financés par
le secrétariat, mais c'est le fait que vous n'avez pas nécessairement une liste
formelle des demandes qui n'étaient pas acceptées. Alors, je ne sais pas si
c'est quelque chose qui peut être changé pour l'année prochaine, d'avoir une
idée quels projets n'étaient pas acceptés pour voir... Je pense que c'est, pour
nous, dans l'opposition, une bonne chose de savoir quels programmes n'étaient
pas financés, est-ce qu'on peut aider de trouver le financement ailleurs.
M. Girard (Groulx) : OK.
Bien, j'ai de l'information pour vous. On préfère, pour des raisons de
confidentialité, là, ne pas dire qui a été refusé, mais on a... en 2023-2024,
nous avons accepté 39 demandes de financement, on en a refusé trois et il
y en... non, non, on en a refusé neuf et trois demandes ont été retirées.
Alors, on a quand même un bon... je vais utiliser un anglicisme, là, «hit
ratio». Quand même, 39 sur 51, ce n'est pas mauvais.
M. Kelley : Parfait. Puis...
encore, le temps file puis je sais que vous cherchez la réponse à la question
pour les services à domicile...
M. Girard (Groulx) : ...
M. Kelley : Vas-y, vas-y,
M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) :
OK, OK.
Bien, au 31 mars 2019, il y avait 360 000 personnes qui
bénéficiaient de soins à domicile. On est maintenant à 417 000. Pour le
nombre d'heures, c'était 19 500 000 heures. On est rendus à 43 600 000 heures.
Et, par contre, il y a... il y avait 10 000 personnes en attente d'un
premier soutien à domicile, et, maintenant, c'est 11 000. Alors, on voit
que malgré des efforts à coup de milliards, M. le Président, bien, la demande
augmente.
• (18 h 40) •
Alors, je dirais que la communauté
anglophone a les mêmes aspirations que l'ensemble des Québécois, c'est-à-dire
de vieillir chez soi, et que les soins à domicile sont un élément extrêmement
important pour les aider dans cet objectif.
M. Kelley : Merci, M. le
Président. «There's not a lot of time left, and it would be very hard for me
not to...» d'aborder le sujet, M. le Président, de le projet de loi...
excusez-moi, le projet de loi 96, qui est maintenant la loi 14.
«There have been a few
cases, specific cases that were brought up after Law 14 was put into place that
really irritated the English-speaking community. I think that there has been a
few cases of... where there was issues of access to health and social services.
There was a lot of issues at the SAAQ, when people went to go get a permit
changed and they were asked to prove that they were an English-speaking Quebecker in order to get services. Most
people in my riding are not carrying around their elementary or high school
diploma with them to prove what school they went to when they were younger.
Same thing for access to a certificate: Prove that you went to an
English-speaking school to have the right to send your kids to an
English-speaking school, and now even to a CEGEP. And there are delays, and
sometimes that's not very easy, because if you don't have the necessary proof
from another province that high school no longer exists it can be extremely
difficult.»
Alors, M. le
ministre, sur la mise en place de la loi 96 qui est maintenant la loi 14,
on a vu plusieurs enjeux, souvent, avec la livraison des services. Comme je l'ai
souligné, j'ai écrit une lettre à votre collègue le ministre de la Santé
concernant un cas à l'accès à des services en santé dans le coin de Verdun,
Griffintown. J'ai aussi écrit une lettre à votre collègue. Et, ça, c'est un cas
très précis. Mais c'est une des choses qui rend la communauté d'expression <anglaise...
M. Kelley :
...à
votre collègue. Et, ça, c'est un cas très précis. Mais c'est une des choses qui
rend la communauté d'expression >anglaise très frustrée et, des fois,
elle ne se sent pas nécessairement bienvenue ici, au Québec, et c'était sur la
traduction requise d'un certificat de décès. C'était une citoyenne qui était en
train de travailler avec le ministère des Ressources naturelles concernant un
propriétaire, un parent qui est décédé, puis, quand ils ont déposé le
certificat de décès, qui était le certificat de le gouvernement du Québec, qui
est écrit en anglais, il a été refusé à cause de le changement de la loi.
Et c'est juste un exemple de quelqu'un qui...
après ça, tu es obligé de payer pour une traduction de le certificat de décès
de quelqu'un qui était membre de leur famille. Elle a dit : Dans toutes
les choses que je dois faire présentement avec ce transfert et toute la
paperasse que je suis en train de gérer avec le gouvernement, j'ai juste trouvé
ça un petit peu triste que le fardeau était mis sur mon dos, d'un certificat
que j'ai reçu de le gouvernement.
Alors, M. le ministre, je sais que vous
n'êtes pas responsable pour la mise en place des règlements, et tout ça, de la
loi 14, mais, quand même, qu'est-ce que vous pensez de ce type d'exemple
qui s'est répété une couple de fois? Et on a vu dans les médias les histoires.
Comment votre gouvernement, comme vous avez dit dans l'entrevue avec la Gazette,
peut améliorer des relations avec les communautés puis s'assurer que ces
situations sont évitées? Parce qu'encore c'était un document de le gouvernement
du Québec que l'individu était obligé de payer pour les frais de traduction. Ça
ne fait aucun sens, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Bon,
bien, d'abord, je pense que l'exemple auquel vous référez est un épisode
malheureux, mais je ne pense pas qu'on peut juger la loi sur la base de cette
anecdote. Et puis j'ai le profond souhait, là, qu'on ne parle pas de cette
anecdote dans cinq ans, et puis je comprends que, pour les personnes qui
étaient concernées, c'était vraiment sous-optimal, mais j'aimerais rappeler un
point qui est très, très, très important, là. C'est que tous les gens qui
communiquaient avec le gouvernement du Québec en anglais avant le 13 mai
2021, ils ont un droit acquis, là, on ne leur a rien enlevé. Ils peuvent
continuer à communiquer avec l'État dans la langue de leur choix, et puis c'est
une disposition d'exception qui a vraiment une grande application et le... la
mission du gouvernement du Québec, c'est de fournir des services pour ses
citoyens, et ce n'est certainement pas notre intention de ne pas rencontrer nos
obligations envers les citoyens. Alors, en vertu de la loi, les gens qui
étaient servis en anglais continuent d'avoir le droit d'être servis en anglais.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député.
M. Kelley : Merci
beaucoup. Puis on va, M. le Président, suivre ça de près, c'est bien sûr.
Puis juste une autre question, parce que,
M. le ministre, vous êtes également le ministre des Finances. Quand vous êtes
sur le terrain puis vous discutez avec des entreprises à Montréal ou, quand
même, partout au Québec, ou quand vous voyagez à New York ou les autres
juridictions, est-ce qu'il y a, des fois, des propriétaires des entreprises qui
disent : Bien, moi, avec la loi qui a été mise en place, je frappe une
situation où j'ai beaucoup de paperasse, je dois traduire tous ces contrats que
j'ai signés avec un fournisseur à New York et c'est moi qui dois vraiment payer
pour ce fardeau-là?
Et je parle des petites et moyennes
entreprises, parce que j'ai des cas dans mon comté, des gens qui m'appellent et
peuvent dire : Regarde, là, on est des francophones ici, on travaille en
français, mais, des fois, oui, on travaille en anglais, parce qu'on a des
contrats avec les Américains. Puis ils disent : Bien, je suis obligé de
traduire tous les contrats comme ça. J'ai essayé de travailler avec l'office,
mais il n'y a pas de latitude, il n'y a pas de flexibilité. Est-ce que ça nuit
un petit peu à le développement économique de temps en temps? Est-ce qu'il y a
une façon de peut-être être plus ou moins sévères avec la paperasse? Je ne sais
pas, mais c'est juste quelque chose que je répète des entrepreneurs, pas juste
dans mon comté, mais un petit peu partout, qui ont soulevé cet enjeu de temps
en temps.
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Oui,
mais là il faut que je vous dise, M. le Président, il y a trop de paperasse au
Québec, indépendamment de la loi 14, là. Alors, ce n'est pas... Il faut
être bien conscients que le fardeau administratif des entreprises, il est élevé
au Québec. Et puis on a une particularité, c'est qu'ici la <langue...
M. Girard (Groulx) :
...le
fardeau administratif des entreprises, il est élevé au Québec. Et puis on a une
particularité, c'est qu'ici la >langue commune c'est le français puis il
y a des obligations rattachées à ça. Alors...
Par contre, l'OQLF est là. On a modifié la
mission de l'OQLF pour accompagner et non pas... comment je pourrais dire...
non pas faire la surveillance. On est passés d'un mode de surveillance à un
mode d'accompagnement pour aider les entreprises à se conformer. La loi, elle
est nouvelle. Alors, c'est normal qu'il y ait une période de transition,
d'ajustement, d'adaptation. Le ministère de la Langue française, l'OQLF, le
cabinet du ministre de la Langue française sont... ils amènent des règlements
qui sont associés à la loi. Et puis tout le monde est de bonne foi là-dedans,
tout le monde est conscient qu'il y a une responsabilité pour l'État québécois
de protéger le français. Et là où les entreprises peuvent faire une grande
contribution à la société québécoise, c'est d'encourager à ce qu'on travaille
en français au Québec.
Le Président (M.
Bachand) :...à la partie gouvernementale
pour 9 min 57 s. Mme la députée de Vimont.
Mme Schmaltz : Merci, M.
le Président. On a eu des échanges intéressants depuis la dernière heure, heure
et quart avec les collègues. Je pense que vous avez répondu à de nombreuses
interrogations, donc je vais faire attention à ne pas être redondante non plus
dans mes questions.
Alors, vous avez... vous occupez de...
plusieurs fonctions, naturellement, au sein de l'appareil gouvernemental, dont
celle de ministre responsable des Québécois d'expression anglaise. Alors,
pratico-pratique, quel est votre rôle exactement puis quels sont les objectifs
que vous vous êtes fixés dans ce... (panne de son) ...vous a été donné?
• (18 h 50) •
M. Girard (Groulx) : Bien,
merci beaucoup. C'est une question extrêmement intéressante. Mais je pense que
la communauté anglophone veut être entendue. Alors, il y a beaucoup un rôle de
communication. Puis je tiens à dire que je ne représente pas la communauté
anglophone au Conseil des ministres, mais je m'assure que ces préoccupations
sont connues et entendues. Et il y a une nuance, là. Je ne suis pas là pour
représenter leur point de vue, mais surtout pour m'assurer qu'ils sont
entendus.
Et bref, on a une responsabilité d'inclure
la communauté anglophone dans nos objectifs ambitieux pour la société
québécoise. On a des objectifs économiques, on a des objectifs de réduction de
gaz à effet de serre, on a des objectifs de scolarisation et puis on a... Et je
pense qu'on peut dire... on peut avancer qu'il fait bon vivre au Québec. Et il
faut s'assurer que la communauté anglophone est partie prenante, pleine partie
prenante à ce projet de société commun que nous avons. Et donc mon rôle, c'est
d'aller vers eux, de les entendre et de les écouter pour m'assurer qu'ils
soient... c'est un rôle... m'assurer qu'elles sont incluses dans nos... notre
projet de société et non pas en marge du projet de société de la majorité
francophone.
Bref, on a un projet de société qui inclut
tous les Québécois et la communauté anglophone qui est ici depuis longtemps,
qui a des droits historiques, qui fait partie du projet de société.
Mme Schmaltz : Parfait.
Merci de l'explication. Maintenant que vous nous avez exposé un petit peu plus
votre rôle, quel genre de programme on retrouve? Là, je ne veux pas avoir la
liste non plus, là, exhaustive, là, de... la liste d'épicerie, mais on peut
s'attendre à quel genre de programmes qui sont financés par le budget du
secrétariat?
M. Girard (Groulx) : Alors,
il y a une mission au niveau de l'emploi, parce que surprenamment la communauté
anglophone a moins accès ou a plus de difficultés à accéder à des bons emplois au
Québec. Alors... Puis, ça, la première chose, c'est d'en être conscients.
Mais il y a des programmes <au...
M. Girard (Groulx) :
...au
Québec. Alors... Puis, ça, la première chose, c'est d'en être conscients. Mais
il y a des programmes >au niveau de l'employabilité, il y a des
programmes au niveau des personnes âgées qui sont plus isolées, et, ensuite, il
y a toute la question des groupes communautaires, puis là il y en a en santé,
puis il y en a en éducation, puis il y en a, dans le fond, dans toute la
panoplie des services communautaires, mais il y en a beaucoup en santé puis en
éducation, là.
Puis, les anglophones, ils ont leurs
institutions, mais ils ont les mêmes problèmes. Ce n'est pas parce que, par
exemple... ce n'est pas parce que la communauté anglophone, ici, elle a un
hôpital, le Jeffery-Hale, qu'elle a... Oui, elle a son hôpital, mais elle a les
mêmes défis d'accès à un médecin de famille, accès à la première ligne, et les
groupes communautaires aident majoritairement dans le réseau de la santé puis
de l'éducation, mais aussi dans tous les aspects de la société.
Mme Schmaltz : C'est
intéressant ce que vous mentionnez, parce que tantôt, ma collègue, elle avait
mentionné justement... elle se posait des questions de quelle façon le
secrétariat... de quelle façon le secrétariat soutenait justement les aînés.
Là, on parle beaucoup de santé, on voit que c'est quelque chose qui est
important. Et je me suis mis une petite note tantôt, parce que je trouvais
intéressant de peut-être parler davantage... le rôle des organismes au sein de
cette... je ne sais pas si on peut dire entraide, là, mais, disons, du soutien,
là, apporté. Quel est exactement ce rôle des organismes?
M. Girard (Groulx) : Bien,
en fait, chaque organisme a un rôle différent. Peut-être qu'on pourrait donner
des exemples ici. Alors, si on prend... on va prendre les plus gros.
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Pardon?
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : OK.
Bien, je vais vous donner quelques exemples. Youth for Youth, soutien à la
mission globale... Son réseau, qui œuvre auprès des jeunes Québécois
d'expression anglaise, qui cherche à mobiliser cette population permet de
développer leur leadership dans la communauté et favoriser leur sentiment
d'appartenance à la société québécoise. Donc, ça, c'est Youth for Youth.
Si je prends Regional Association of West
Quebecers. Renforcer la capacité organisationnelle, notamment par la
réalisation d'une évaluation des besoins des communautés d'expression anglaise
de la région de l'Outaouais. Alors, les résultats de cette enquête seront
utilisés par l'organisme pour élaborer un plan stratégique qui permettra de
rejoindre les besoins de cette communauté.
Regional Development Network, RDN, ça,
c'est un partenaire avec qui on fait souvent affaire, M. le Président. Ici, on
est engagés dans le soutien de la vitalité des communautés d'expression anglaise
pour mission d'assurer la liaison entre les réseaux communautaires et les
entités gouvernementales en région. L'organisme agit comme interlocuteur
privilégié pour le développement local et régional des communautés d'expression
anglaise.
On a PERT, qui est le Provincial
Employment Roundtable, soutien... ici... Mobiliser un réseau d'institutions et
d'organisations des communautés d'expression anglaise oeuvrant en
employabilité.
Alors, bref, on a des regroupements
provinciaux ou régionaux qui nous donnent accès à des organismes, et, encore
une fois, je pense qu'emploi, aînés, éducation, santé, c'est les principaux
champs d'action, là.
Mme Schmaltz : OK.
Tantôt, vous avez mentionné les... on rejoint 124 communautés d'expression
anglaise. Quand on parle de ces communautés, on parle dans le Québec au complet
ou on parle juste en région mais on enlève la région peut-être
métropolitaine... quand on parle...
M. Girard (Groulx) : Ça,
c'est les «wellness centres». Ça, c'est quelle question, ça? C'est... Attendez,
je vais vous donner une liste. C'est parce que les «wellness centres», on a...
Bien, c'est ici. On a... Parce qu'il y a le mot «centre» dans le terme «wellness
centre», là, on a tendance à croire, là, que c'est des édifices, mais ce n'est
pas ça. C'est des activités. Alors, le gouvernement finance l'organisme
Community Health and Social Services Network, <CHSSN...
M. Girard (Groulx) :
...C'est
des activités. Alors, le gouvernement finance l'organisme Community Health and
Social Services Network, >CHSSN, qui met en œuvre le projet. Ce serait
mieux dit comme ça, hein? C'est des projets plutôt que des «centres».
Le projet Senior Wellness
Program... Ah! bien là, c'est ça. Senior Wellness Program, qui
s'appelait Senior Wellness Centre... et on a changé le nom parce que le nom
était trompeur, OK... et donc a pour but de briser l'isolement des personnes
âgées, d'améliorer leur accès aux services de santé et de les maintenir à
domicile. CHSSN déploie les activités éducatives sur les bienfaits d'un mode de
vie sain et actif par le biais de 30 organismes locaux. Cette offre de
service de proximité améliore l'accessibilité d'un service à moindre coût.
Et là ce qu'on dit, c'est : «La
subvention permet de consolider le financement des 73 communautés locales
desservies dans 16 régions.» C'est ce que je n'ai pas dit tantôt, là,
c'est qu'il y a 73 communautés locales dans 16 régions, et là on va
rajouter 51 communautés qui vont nous permettre d'avoir 124 communautés
locales dans l'ensemble des régions.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. Merci.
M. Girard (Groulx) : C'est
bien.
Le Président (M.
Bachand) :Alors, le temps alloué à
l'étude du volet Relations avec les Québécois d'expression anglaise des crédits
budgétaires du portefeuille Finances étant presque écoulé, nous allons
maintenant procéder à la mise aux voix des crédits.
Donc, le programme 4, intitulé
Relations avec les Québécois d'expression anglaise, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M.
Bachand) :Adopté sur division.
Et, compte tenu de l'heure, la commission
ajourne ses travaux au mercredi 17 avril à 15 heures. Merci beaucoup.
(Fin de la séance à 18 h 59)