Journal des débats de la Commission des institutions
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
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Le
mardi 23 avril 2024
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Vol. 47 N° 63
Étude des crédits budgétaires du ministère du Conseil exécutif, volet Affaires autochtones
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Intervenants par tranches d'heure
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Bachand, André
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Morin, André Albert
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Lafrenière, Ian
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Lafrenière, Ian
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Bachand, André
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Morin, André Albert
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Leduc, Alexandre
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Morin, André Albert
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Lafrenière, Ian
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Bachand, André
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Paradis, Pascal
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Lafrenière, Ian
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Morin, André Albert
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Bachand, André
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Leduc, Alexandre
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Morin, André Albert
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Bachand, André
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Lafrenière, Ian
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St-Louis, François
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Bernard, Daniel
9 h (version révisée)
(Neuf heures trente minutes)
Le Président (M.
Bachand) :Bonjour, tout le monde. À l'ordre,
s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
des institutions ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude du volet Affaires autochtones des crédits budgétaires du portefeuille
Conseil exécutif pour l'exercice financier 2024-2025. Une enveloppe de deux
heures a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Avant de débuter, M. le secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire
: Oui, M.
le Président. M. Asselin (Vanier-Les Rivières) est remplacé par M. St-Louis
(Joliette); Mme Bourassa
(Charlevoix—Côte-de-Beaupré) est remplacée par M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue); et M. Zanetti (Jean-Lesage) est remplacé
par M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve).
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. Comme vous le
savez, nous allons procéder à une discussion d'ordre général, par blocs d'environ
20 minutes, incluant les questions et les réponses. La mise aux voix sera
effectuée à la fin du temps qui est alloué à l'étude de ces crédits.
Alors, on débute avec un premier bloc,
avec le député de l'Acadie , pour 18 min 10 s. M. le député, s'il
vous plaît.
M.
Morin :Bonjour, bonjour, tout le monde. Merci, M. le Président.
Alors, bonjour, collègues parlementaires. M. le ministre, bonjour, avec votre
équipe. Alors, je vous salue. Première question, évidemment, on a tous écouté
le budget du gouvernement : Quelles ont été vos demandes au ministre des
Finances, et quels sont les gains que vous avez obtenus lors du dépôt du
budget?
M. Lafrenière : Bien, merci
beaucoup, cher collègue d'Acadie. Et à mon tour de remercier les gens de la
banquette ministérielle, qui sont avec nous pour un beau deux heures de temps
de qualité aujourd'hui. J'apprécie beaucoup votre présence, merci. Les équipes.
Puis vous avez bien fait de le mentionner, il y a beaucoup de travail, hein? Aujourd'hui,
on va livrer ça pendant deux heures, mais je veux vous rassurer, il y a
plusieurs heures de sueur et de sang qui ont été mis là-dedans. C'est un
exercice qui est important, puis, aujourd'hui, on va... on va faire le résumé.
Quand vous me demandez pour les crédits, M.
le Président, clairement, on a eu un gain cette année, un gain de 13,3 millions
comparativement à l'année passée. Ça fait que je veux rassurer mon collègue, on
a donc réussi à aller chercher des gains. Et je vais énumérer certains
exemples, si vous me permettez, M. le Président, parce que je pense que c'est
important de comprendre où on s'en va cette année.
Alors, si on regarde du côté du fonds d'investissement
autochtone qu'on a présentement, notre... au secrétariat, de 2022 à 2027, on
est à 188,4 millions. Ça, c'est 21 millions de plus que ce qu'on
avait avant, M. le Président. Ça fait qu'encore une fois pour vous démontrer
qu'on n'est pas... il n'y a pas de coupures...
9 h 30 (version révisée)
M. Lafrenière : ...millions.
Ça, c'est 21 millions de plus que ce qu'on avait avant, M. le Président.
Ça fait qu'encore une fois, pour vous démontrez qu'on n'est pas... il n'y a pas
de coupures, on a réussi à faire des gains.
Pour les consultations, M. le Président,
pour répondre à mon collègue, vous donner un exemple, c'est 17,4 millions
qu'on met pour les consultations. Puis ça, c'est un dossier qu'on va parler
beaucoup aujourd'hui, j'ai l'impression, parce que les gens veulent savoir
est-ce qu'on donne les moyens appropriés aux Premières Nations pour être
consultés. Puis c'est bien beau, dire qu'on les consulte parce qu'ils ont les
moyens... Puis, oui, c'est 17,4 millions qui sont là.
On a aussi un programme ponctuel autochtone
qui est de 1 350 000, qui est, je vous dirais, un entre-deux, entre
un discrétionnaire et un programme normé. Et ça, c'est important parce que je
suis sûr qu'on va revenir tantôt. Il y a le discrétionnaire du ministre puis il
y a aussi une partie qui s'appelle un programme ponctuel autochtone. Il y a un
plan d'action sociale qu'on a déposé en 2022 aussi, qui est de 141 millions.
Et, vous savez, dans le passé, on a parlé
du plan J'ai espoir, qui est pour répondre à la commission Viens. Il y a plus
de 600 recommandations. On aura la chance d'en parler aujourd'hui. Mais on
a des sommes importantes, M. le Président, puis je vais répondre à mon
collègue, il y a des sommes importantes qui ont été octroyées pour répondre aux
besoins des Premières Nations et des Inuits. Vous savez que les besoins sont
immenses. Ce que je veux vous dresser comme bilan aujourd'hui, ce sont des
actions concrètes, des choses très, très, très concrètes qu'on a réalisées, qu'on
est en point de réaliser. Et, dans le budget, il y a des sommes qui ont été
octroyées pour des... des points qui sont importants. Pour les services de
police autochtones, entre autres, c'est 147 millions. On l'a fait en
infrastructures et en financement aussi pour des policiers, 10 policiers
de plus cette année. Ça fait que, vous voyez, on améliore les conditions de vie
des Premières Nations et des Inuits.
Le Président (M.
Bachand) :...
M. Morin : Oui. Merci, M. le
Président. Alors, passons maintenant au travail... en fait, qui nous intéresse,
nous, les parlementaires, puis j'aimerais parler du projet de loi n° 32
sur la sécurisation culturelle des Premières Nations<T. On a commencé à
siéger en commission. Ce projet de loi a été comme retiré. Est-ce qu'il est
bloqué au sein de l'appareil gouvernemental?
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président. Puis c'est vrai qu'on a... on a travaillé, on a siégé sur ce projet
de loi. Puis je veux juste corriger un point : il n'est pas bloqué. Ce qu'on
a fait, on a consulté, on a entendu puis on a répondu. Et ce qui nous a été
dit... On a reçu, hein... puis mon collègue était présent, puis on a entendu
des commentaires, des demandes qui nous ont été formulées. Alors, on a décidé
de prendre un moment pour regarder ce qui nous avait été proposé, entre autres,
par les groupes autochtones qui sont venus nous voir. Vous n'êtes pas sans
savoir que je porte ce projet de loi là pour mon collègue à la santé. Alors, il
y avait un projet de loi n° 15 qui est allé en même temps. On s'est laissé le
temps de regarder ce qui nous avait été proposé, de revenir avec des
propositions, de continuer de travailler avec les groupes autochtones. Puis je
veux rassurer mon collègue, on a bel et bien l'intention de déposer ce projet
de loi là puis d'aller de l'avant, mais, bien entendu, avec des modifications,
parce qu'on a entendu les groupes autochtones.
M. Morin : Alors, je
comprends donc que ce projet de loi ne va pas mourir au feuilleton.
M. Lafrenière : Non, ce n'est
pas mon intention, mais pas du tout.
M. Morin : D'accord.
M. Lafrenière : Cependant,
excusez, M. le Président, cependant, quand... Puis vous le savez, ce n'est pas
la première fois qu'on fait un projet de loi ensemble pour les... dans cette
Assemblée. On en a fait trois, hein, trois projets de loi qui touchent vraiment
les Premières Nations et les Inuits, puis c'est trois de plus qui avaient été
faits avant, parce qu'il n'y en avait pas vraiment du côté du secrétariat aux
Premières Nations. Cependant, il faut faire les choses différemment, il faut se
laisser le temps, il faut entendre les groupes, il faut se permettre de faire
des changements, puis c'est exactement pour ça que ça prend un petit peu plus
de temps.
M. Morin : Donc, est-ce
que... Parce que, pendant... pendant les consultations particulières, on se
rappelle très bien de ce qui est arrivé : il y a des groupes, un groupe
notamment, le Bureau du Principe de Joyce, qui sont partis pendant les travaux.
Et ce qu'on percevait, c'est qu'il n'y avait pas eu de consultation avant.
Est-ce que, là, vous êtes en train de faire des consultations après, alors que
ça aurait dû être fait avant?
M. Lafrenière : Si on se
rappelle bien ce qui est arrivé, puis spécifiquement avec le groupe du bureau
de consultation du Principe de Joyce, pour eux, c'était inacceptable qu'on ne
reconnaisse pas le Principe de Joyce, donc qu'on ne reconnaisse pas le... le racisme
systémique. Puis on va se dire les vraies choses, là, c'est ce qui est arrivé
cette journée-là, ils ont décidé de quitter. Cependant, ils nous ont remis un
mémoire, qu'on a pu consulter, donc. Il y avait, dans ce mémoire, des points
intéressants qu'on est en train d'étudier, de voir de quelle façon on peut
répondre à ça.
Puis je veux nous rappeler aussi puis je
veux le rappeler aux collègues, pendant la même commission, pendant le même
projet de loi, il y a des gens qui sont venus nous voir aussi en disant :
Il n'est pas minuit moins quart, il est minuit moins une. Il faut agir. Dr
Vollant a même dit qu'il était minuit et cinq, selon lui. Il faut agir. On
deviendrait la première province au Canada à agir, à rajouter le principe de la
sécurisation culturelle dans la santé. Puis ça, c'est extrêmement important.
Alors, oui, on est... on a toujours cette
même volonté de le faire. Cependant, on connaît bien la réalité autochtone. Il
faut se donner le temps de faire les choses différemment, d'entendre, de
corriger, de s'ajuster. Alors, je veux rassurer le collègue, c'est...
Effectivement, on a entendu les gens, on a reçu tous les... tous les documents
qui nous ont été remis, les mémoires, puis on s'ajuste puis on tente de déposer
quelque chose qui va répondre le plus possible aux demandes qu'il y avait là.
Et je vais donner des exemples de ce qui a été présenté, mon cher collègue <d'Acadie...
M. Lafrenière :
...aux
demandes qu'il y avait là. Et je vais donner des exemples de ce qui a été
présenté, mon cher collègue >d'Acadie. Définition de la sécurité
culturelle, la nature plus ou moins contraignante de la loi, de voir de quelle
façon on pouvait faire une rétroaction, qu'on pouvait revenir devant les gens
en disant ce qui a été fait, ce qui n'a pas été fait. Donc, c'est la reddition
de comptes.
Et il y avait tout le principe de la
formation. Puis, ça, en passant, M. le Président, je profite de cette
question-là pour parler de la formation en matière de sécurisation culturelle.
Ça a été co-construit, autochtones, allochtones ensemble — souvent,
on cherche des exemples de co-construction, comment on a pu faire des choses
ensemble, c'est un exemple — la formation, une des formations, entre
autres, qui a été co-construite, le guide de sécurisation culturelle, qui a été
co-construit avec les autochtones aussi. Mon message, vous allez l'entendre souvent
aujourd'hui, M. le Président, c'est : c'est loin d'être parfait, puis
jamais je ne vais me tenir devant vous en disant que tout est parfait, mais on
avance puis on avance grâce aux collègues aussi.
M. Morin : ...ah! bien,
justement, M. le Président, à l'invitation de M. le ministre, bien, c'est ça,
parlons-nous des vraies choses, des vraies affaires. Et je me rappelle une
motion que j'ai présentée à l'Assemblée nationale justement pour reconnaître le
Principe de Joyce, pour reconnaître, évidemment, le racisme systémique. Je me
souviens aussi d'avoir été chahuté par la banquette gouvernementale. Je me
souviens de ça. Ça fait qu'on va se dire les vraies affaires.
Quand est-ce que le gouvernement va
reconnaître le racisme systémique? Parce que... Puis je tiens à le rappeler,
parce que les gens... les gens nous écoutent, là, pour moi, puis vous me direz
si vous êtes d'accord, M. le ministre, le racisme systémique, ce n'est pas
de dire que quelqu'un, A, B ou C, est raciste. Ce n'est pas ça, là. C'est de...
C'est de comprendre qu'au sein de certaines institutions il y a des processus,
il y a des procédés qui font en sorte qu'il y a des gens qui sont traités,
soignés, et qui ne reçoivent pas le même traitement, et qui donc... qui
subissent du racisme par opposition à d'autres groupes. C'est de ça dont on
parle. Et rappelez-vous ce que disait la Dre Basile, qui d'ailleurs a, dans une
première phase, étudié toute la question du consentement libre et éclairé,
parce qu'il y a des femmes autochtones au Québec qui ont subi des
stérilisations imposées, et qui disait, écoutez : «Des femmes — et
je la cite — ont vécu des expériences semblables, véritables
traumatismes, à différentes époques.» Est-ce que ça peut être plus systémique
que ça?
Et rappelons-nous... Parce que vous
faisiez référence au Dr Vollant, qui disait : Bien oui, il faut dire les
vraies choses, il faut parler de l'éléphant qui est dans la pièce. La Dre
Basile en rajoute puis elle dit : Oui, moi, je pense qu'il faudrait le
sortir de là, l'éléphant. Puis je pense que c'est une excellente idée, en ce
qui me concerne.
Donc, qu'est-ce que vous allez faire?
Quand allez-vous reconnaître le racisme systémique? Je pense que ça commence
comme ça, puis ça, c'est très précis. Quand? Avez-vous un plan? Puis comment
vous allez procéder?
• (9 h 40) •
M. Lafrenière : Merci
beaucoup, M. le Président. Puis, effectivement, hein, quand on parle de racisme
systémique, ça... ça déclenche des choses. Et je vais être bien honnête, je
vais dire la même chose que j'ai toujours dit, puis... Le collègue, tantôt, il
faisait référence à un chahutement. Je ne pense pas que je faisais partie du
chahutement. Je ne m'en rappelle pas du tout. Mais je vais mettre les choses
bien au clair : il y a du racisme au Québec, il y a de l'intolérance, puis
il y a du profilage, M. le Président. Puis, ça, on ne l'a jamais nié, et moi-même,
dans toutes mes sorties publiques, je ne l'ai jamais nié.
J'ai dit une autre chose aussi : si
le simple fait de parler du terme «racisme systémique» réglait tout, moi, je
n'y crois pas. Je n'y crois pas, que le simple fait d'aller vers ce terme, ça
réglait tout. Et, bien au contraire, à chaque fois qu'on utilise le terme, de
part et d'autre, M. le Président, puis je vais très honnête avec mon collègue,
il y a des gens pour qui ça a un écho, il y a des gens qui sont d'accord, c'est
vrai, il y a des gens qui réagissent fortement, puis, moi, à ce moment-là, M.
le Président, présentement, ça ne me permet pas de faire mon travail. Puis mon
travail, de la manière que je l'évalue, c'est quoi? C'est de lutter au racisme,
de lutter à l'intolérance, de lutter au profilage. Et, M. le Président, si
j'avais ce discours-là devant vous aujourd'hui puis je n'avais pas aucune
action concrète à présenter, ce serait insoutenable.
Alors, quand mon collègue me demande c'est
quoi, mon travail, c'est quoi, mon plan, je vais commencer par le Groupe
d'action contre le racisme, M. le Président. On a déposé 25 actions, dont 12
spécifiques pour les Premières Nations et les Inuits, alors, ça, c'est du
concret, puis mon collègue l'a vue, puis je sais qu'il l'avait appréciée, dont
une campagne de publicité où on rappelait aux gens qu'il y avait 11 nations au
Québec, on devait se connaître. On va dire : Ça ne règle pas tout, c'est
vrai, puis il n'y a aucune des actions qui règle tout, de façon individuelle, mais,
collectivement, ce sont des exemples.
Alors, Groupe d'action contre le racisme,
c'est un exemple. Formation, formation qui a été donnée à l'intérieur de
l'appareil gouvernemental... Puis je dis «formations» avec un «s». Il y a
plusieurs formations qui existent. Il y en a, comme je l'ai mentionné tantôt,
qui ont été co-construites avec des groupes autochtones. Il y a des formations
qui sont données par des groupes autochtones aussi. Alors, on fait de la
formation aussi parce qu'on y croit. Quand on a parlé, tantôt, on a eu un
échange ensemble sur le projet de loi 32 pour inclure la sécurisation
culturelle <dans...
M. Lafrenière :
...croit.
Quand on a parlé, tantôt, on a eu un échange ensemble sur le projet de
loi 32 pour inclure la sécurisation culturelle >dans la loi sur la
santé, c'est un autre exemple d'action concrète qu'on veut faire pour faire la
lutte au racisme, à l'intolérance.
Puis je veux terminer en revenant sur ce
que le collègue a parlé lorsqu'il mentionnait la position des médecins, parce
que c'est vrai, quand on a fait le projet de loi 32 ensemble, le Collège
des médecins est venu et a parlé de la position, de leur reconnaissance, quant
à eux. Je vous dirais qu'il y a... il y a un danger. Il faut... Il faut
s'attaquer aux vrais problèmes. Et, quand on a parlé de stérilisation forcée,
j'ai bien aimé le fait que le Collège des médecins a fait un rappel à ses
médecins, parce qu'il faut rappeler que ce n'est pas l'État qui a fait les
stérilisations forcées, ce sont les médecins, ça fait qu'il y a un rôle
individuel aussi. Oui, comme gouvernement, on a un message à faire, on doit
former les gens, on doit faire des lois, on doit adopter ensemble des lois pour
s'assurer qu'il n'y ait plus de racisme, mais, de façon individuelle les gens
ont une responsabilité aussi, puis les médecins n'y échappent pas. Les
stérilisations forcées, c'est quelque chose d'horrible. On a attendu un
rapport, on a vu le rapport, qui a confirmé qu'il y en avait eu au Québec. Il y
a un message clair qui a été envoyé, des actions claires qui ont été posées
pour ne plus que ça se reproduise, et, de façon individuelle, on a une
responsabilité aussi.
Le Président (M.
Bachand) :...
M. Morin : Merci, M. le
Président. Au début du mois de mars, il y a un reportage de Radio-Canada qui
révélait que 85 femmes inuites et autochtones ont été portées disparues à
Montréal en 2023, 6 % de toutes les femmes disparues, alors que les femmes
inuites et autochtones représentent 1 % de la population montréalaise. Il
s'agit d'une hausse de 23 % en cinq ans. Quel est votre plan pour assurer
la sécurité des femmes autochtones à Montréal?
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci.
Merci pour la question. Puis le collègue sait que c'est un dossier qui est
important pour moi, ayant été moi-même policier à Montréal. Puis, quand on
parle de disparitions, de femmes manquantes, de femmes disparues, les actions
concrètes à poser... Puis on se rappellera tous de la commission Viens, qui
nous a rappelé des actions à poser, des changements à faire dans notre société,
il y a l'ENFFADA aussi, l'enquête nationale sur les femmes disparues et
assassinées, et ce sont des actions qu'on est en train de réaliser sur le
terrain.
Mais je veux revenir plus spécifiquement
sur Montréal, M. le Président, et, à Montréal, il y a des exemples concrets
comme Résilience, le Women Shelter aussi. Ce sont des organismes qui agissent
déjà à Montréal, qu'on a subventionnés. On donne plus d'argent, entre autres
avec le... le gouvernement fédéral, pardon, entre autres avec des sociétés
privées. Pourquoi c'est si important? Parce que, M. le Président, ce que j'ai
réalisé quand j'étais à Montréal, au centre-ville, il y a un endroit où les
autochtones, majoritairement des Inuits, gravitent, c'est le square Cabot, et
il y a une recrudescence de propriétés qui ont été bâties. Bref, je devrais
vous dire que les valeurs ont augmenté, les valeurs foncières, ce qui faisait
en sorte que les organismes avaient de la difficulté à rester autour du square
Cabot. Les gens s'y retrouvaient, les gens vulnérables qui avaient besoin de
soins, qui avaient besoin d'aide, je devrais dire, mais les organismes
commençaient à déménager parce que ça coûtait cher. Alors, rapidement, on a
agi, M. le Président, puis ça, c'est du concret. Avec l'organisme Résilience,
on a mis de l'argent pour qu'il puisse acheter un building, qu'il ne soit plus
locataire, qu'il puisse acheter et donner des soins.
Puis ce n'est pas tout. Il faut y aller
aussi avec des patrouilles mixtes. Patrouilles mixtes, on y croit. On en a fait
plusieurs avec la Sûreté du Québec, on en a fait avec le SPVM aussi et le
Centre d'amitié autochtone de Montréal. Pourquoi? Pour avoir un travailleur
social, pour avoir quelqu'un de la communauté qui est dans le
véhicule-patrouille. Ce que ça amène à ce moment-là? Plusieurs choses. Un, un
meilleur lien entre la police et les organismes autochtones, et, deux, quand on
intervient auprès de personnes, que ce soient des Inuits, des gens des Premières
Nations, et ça permet, des fois, au niveau de la langue, de la culture, que ce
soit plus approprié, et surtout de donner plus que le policier pourrait donner
sur place, c'est-à-dire une intervention rapide, on est capables d'aller avec
un deuxième, un troisième niveau, de faire du référencement.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le député de
l'Acadie.
M. Morin : Oui. Merci, M. le
Président. Alors, concrètement, combien de ressources additionnelles ont été
déployées sur le terrain?
M. Lafrenière : Concrètement,
M. le Président... Tantôt, je faisais la liste du budget de l'année. C'était la
question en introduction. Et, pour les corps de police autochtones au Québec,
ils sont 22, cette année. C'est 10 policiers de plus. L'an passé, c'était 25,
si ma mémoire est exacte. Donc, en deux ans, ce sont 35 policiers de plus pour
les 22 corps de police autochtones. C'est quand même...
M. Morin : Mais à Montréal
comme tel?
M. Lafrenière : Lorsqu'on
parle de Montréal, c'est un budget qui a été octroyé pour payer... pas payer
les policiers, pour payer les intervenants du Centre d'amitié autochtone de
Montréal, qu'ils puissent patrouiller avec les policiers. C'est comme ça qu'on
a agi. Vous savez déjà qu'au SPVM il y a un budget de 225, 250 millions qui a
été octroyé pour ajouter des policiers sur l'île. Ça, je vais laisser mon
collègue de la Sécurité publique vous en parler. Mais il y a des ajouts qui ont
été faits, et ce qui a été fait pour un poste civil, c'est un coordonnateur qui
pouvait coordonner le travail qui se faisait ensemble. Alors, moi, j'ai... c'est
de ce côté-là que j'ai agi.
Et, vous savez, M. le Président, ça me
permet de résumer comment on agit dans ce gouvernement-là. Avec un secrétariat,
je ne peux pas agir tout seul. Ça serait impossible aujourd'hui de vous dire
tout ce qu'on a pu réaliser sans travailler avec mes collègues de la Sécurité
publique, de la Santé, des Services sociaux, des Finances. Il faut travailler
ensemble. C'est pour ça qu'on a un secrétariat, on travaille avec vraiment tous
les autres ministères. Puis l'exemple <que...
M. Lafrenière :
...ensemble.
C'est pour ça qu'on a un secrétariat, on travaille avec vraiment tous les
autres ministères. Puis l'exemple >que mon collègue amène, quand on
parle du travail policier, il faut absolument avoir l'aide de la sécurité
publique. Puis on le fait, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. Il reste 1 min
30 s au premier bloc.
M. Morin : Merci. Oui. En
septembre dernier, c'est neuf personnes, dont malheureusement plusieurs
sans-abri autochtones, qui ont dû être transportées à l'hôpital pour des
surdoses potentiellement liées au fentanyl, et en une seule journée. Il y avait
un article dans LaPresse qui disait et qui rappelait que la
communauté est dévastée, selon Heather Johnston, directrice générale de Projets
Autochtones du Québec. Qu'est-ce que vous avez fait concrètement pour faire
face à cette problématique et la résoudre? Et est-ce que des ressources
supplémentaires ont été déployées pour mettre fin à cette crise?
Le Président (M.
Bachand) :...
M. Lafrenière : Oui,
rapidement, M. le Président. Je veux commencer par remercier Heather Johnston,
qui a quitté son poste à PAQ. Elle a terminé son mandat puis elle fait un
mandat incroyable. Merci beaucoup, Heather.
Et, lorsqu'on parle de surdoses, M. le
Président, c'est un sujet extrêmement sensible. On le vit partout au Québec.
Oui, on l'a vécu à Montréal. Je veux rappeler au collègue qu'il y a Isuarsivik,
qui est un centre de traitement qui a vu le jour au Nunavik. On a annoncé aussi
sur la Côte-Nord, dans la région de Uashat mak Mani-Utenam, plus de ressources
pour faire la lutte au crime organisé, la lutte au trafic de stupéfiants. Et, à
Montréal même, vous avez mentionné, monsieur... mon collègue a parlé de PAQ,
Projets Autochtones Québec, il y a trois niveaux d'hébergement qui ont été
faits : donc, l'hébergement d'urgence, ce qu'on appelle le «wet shelter»,
qui permet d'aider les gens qui ont consommé... Parce que le danger, souvent,
dans les ressources, on n'accepte pas les gens qui ont consommé. Alors, on a
travaillé avec PAQ pour avoir cet hébergement-là, qu'on appelle un «wet
shelter», pour accueillir les gens qui ont consommé.
Le Président (M.
Bachand) :Merci.
M. Lafrenière : Puis j'aurai
le plaisir de revenir tantôt.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve,
pour un bloc de 12 min 6 s, s'il vous plaît.
M. Leduc : Merci, M. le
Président. Bonjour, M. le ministre. Content d'être de retour avec vous.
M. Lafrenière : ...
M. Leduc : On a collaboré
dans le passé sur d'autres... d'autres projets. On se revoit dans ce
contexte-ci. Je remplace ma collègue Manon Massé, je me permets de dire son
nom, dans les circonstances, qui est toujours en rémission de sa troisième
opération au cœur. On la salue, d'ailleurs, notre chère Manon.
Je veux parler du traité de Petapan. Et je
veux saluer dans l'assistance, derrière, la présence du chef de Mashteuiatsh, Gilbert
Dominique, qui est là. Bonjour. Il y a des articles qui sont sortis il y a
quelques semaines de trois... trois chefs, là, qui étaient très, très déçus, je
vais le dire comme ça, en termes polis, des délais alentour du traité de Petapan.
Ma... J'ai quelques questions techniques d'abord, M. le ministre, puis on
pourra peut-être aller plus en profondeur après. Depuis quand est-ce que c'est
en négociation, le traité de Petapan?
M. Lafrenière : Merci
beaucoup, M. le Président. Je vais me permettre de répondre à plusieurs petits
points en introduction. Premièrement, très heureux de vous retrouver. On a eu
le plaisir de travailler ensemble sur la Commission spéciale sur l'exploitation
sexuelle des mineurs. Puis, M. le Président, je le dis souvent, un point que je
vais me rappeler toute ma vie, c'est ce travail-là, qu'on a fait ensemble, la
députation ici, pour un sujet qui est extrêmement sérieux. Et on l'a bien fait,
alors je veux vous saluer.
Pour notre collègue, moi aussi je vais me
permettre de l'appeler Manon. Manon, prompt rétablissement. Bien hâte de te
retrouver. D'avoir des beaux échanges corsés ensemble, c'est toujours plaisant.
• (9 h 50) •
Et j'aimerais corriger un point. Parce
que, oui, on a un chef qui est dans l'assistance, il s'agit du chef Réal
Tettaut, qui est de la communauté de Nutashkuan. Alors, j'imagine que chef
Dominique va se joindre à nous, mais, pour l'instant, c'est le chef Tettaut qui
est avec nous, qui est un des trois chefs qui est impliqué dans le traité
Petapan.
Revenons à Petapan, parce que c'est votre
question puis c'est la question qui est importante. C'est vrai, c'est vrai
qu'il y a de l'impatience. Puis, je vais vous dire, M. le Président, je
comprends, ça fait 43 ans qu'on négocie ce traité, alors... à des niveaux
différents, M. le Président, en toute honnêteté. Il y a des niveaux où on a eu
plus d'énergie, d'autres moins. Et, à l'automne 2022, les trois chefs
avaient invité le premier ministre à Sept-Îles, ils avaient lancé un défi en
disant : Il faudrait qu'au 31 mars prochain on ait réglé le traité
Petapan. Je vous ai dit tantôt que ça faisait 43 ans qu'on le négociait.
En toute honnêteté, je n'étais pas content du tout du défi que mes collègues
chefs avaient lancé au premier ministre parce que je trouvais ça très serré, mais
ça a bougé les choses, M. le Président. Puis notre premier ministre a passé une
commande claire : il faut régler Petapan.
Alors, les équipes se sont mobilisées.
Puis je veux répondre rapidement, là, mais, depuis ce temps-là, on est allés en
vitesse très rapide. Les chefs l'ont avoué eux-mêmes, on a avancé comme jamais.
Mais ce qu'ils viennent nous dire aujourd'hui, c'est qu'on doit régler Petapan,
et on est à la même place qu'eux.
Le Président (M.
Bachand) :...
M. Leduc : C'est quoi, la
moyenne d'années de négociation des différents traités?
M. Lafrenière : Bien, M. le
Président, le problème, c'est qu'on n'a pas de traité récent. Le plus récent,
c'est la convention de la Baie James.
M. Leduc : Ça a pris combien
de temps, celui-là?
M. Lafrenière : Je
pourrais... Je pourrais regarder dans les notes. Ça a été... Ça a été... Ça a
été devancé vers la fin, on va se le dire, là. Je pense qu'il y a une commande
très claire qui est arrivée du premier ministre en place, en disant : Ça
nous prend un traité. C'est vrai. Puis c'est exactement ce qui est arrivé dans
le cas de Petapan, où, pendant 43 ans, on avançait tranquillement. Puis on
a un premier ministre qui nous a dit : Je veux un traité, puis là les
machines <se...
M. Lafrenière :
...on
avançait tranquillement. Puis on a un premier ministre qui nous a dit : Je
veux un traité, puis là les machines >se sont mobilisées.
M. Leduc : Moi, M. le
ministre, cet été, je vais fêter mon 40e anniversaire de naissance. Ça
veut dire que le début des négociations de ce traité-là ont commencé avant ma
naissance. C'est quelque chose, quand même.
M. Lafrenière : C'est quelque
chose, M. le Président. Puis je pense qu'on peut tous se regarder dans le
miroir, là, autant les oppositions qui étaient là à l'époque. Il y a eu
plusieurs personnes qui ont passé sur ce projet-là. Cependant, à la défense de
tout le monde... Puis je n'étais pas là. M. le Président, je sais que je ne
célébrerais pas mon 43e anniversaire dans mon cas, mais je n'étais pas là
à l'époque. Mais je peux vous dire une chose, c'est que, même du côté
autochtone, on a commencé avec 12 groupes qui voulaient négocier au début.
Il y a eu des changements, ça fait que ça serait... ça ne serait pas honnête de
mon côté, M. le Président, de venir vous dire que, pendant 43 ans, on a
négocié avec la même intensité. Ce n'est pas vrai. De part et d'autre, il y a
eu des volontés différentes.
Une chose qui est claire : à
l'automne 2022, on a décidé ensemble, les chefs, moi, le premier ministre,
d'aller en vitesse plus rapide. Puis c'est vraiment ce qui se passe. On n'a
jamais été aussi près d'un traité. On travaille très fort. Je comprends les
communautés autochtones qui, elles aussi, vivent avec ça, hein, dans leur
communauté, en disant : Ça fait 43 ans que tu négocies ça, pourquoi
qu'on n'arrive pas avec un résultat? Bien, on est vraiment rendus sur le bord
de la ligne d'arrivée. Il reste encore des points à ajouter.
Puis ce qui se passe présentement, M. le
Président, c'est que tous les ministères ont été mobilisés, parce que ce qu'on
a fait en 43 ans, on a négocié. Là, lorsqu'on a tout remis ça ensemble
comme un gros casse-tête, qu'il y a des petits fils qui se sont mis à sortir,
on a travaillé sur chacun de ces points-là, entre autres l'arrimage entre les règlements
innus, les règlements du Québec, pour s'assurer que personne n'est perdant
là-dedans. Entre autres en droit de la famille, entre autres pour les femmes...
Le Président (M.
Bachand) :Merci.
M. Lafrenière : ...ce sont
des points très importants, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député.
M. Leduc : ...vous, M. le
ministre, êtes-vous personnellement impliqué dans cette négociation-là?
M. Lafrenière : Absolument.
Question courte, réponse courte.
M. Leduc : Combien
d'années... Après combien d'années, à partir de maintenant, vous allez
considérer que c'est trop?
M. Lafrenière : M. le
Président, j'ai une belle qualité, mais je n'ai pas la patience. Alors, déjà,
c'est long, c'est clair. Cependant, M. le Président, la question n'est pas la
suivante, ce n'est pas de se dire : Est-ce que moi, je fais confiance au
chef? Est-ce que les chefs me font confiance? Est-ce que, mutuellement, on se
fait confiance là-dedans? La question se pose, c'est : Est-ce que, dans
10 ans, dans 12 ans, dans 15 ans... comment quelqu'un qui
n'était pas assis autour de la table va évaluer ce qu'on a mis dans ce
traité-là puis va pouvoir le mettre en place? Puis, en tout respect, les
avocats qui sont là à ce moment-là...
M. Leduc : Je comprends.
M. Lafrenière : ...ce qu'on
ne veut pas, c'est créer quelque chose, un traité qui ne survivra pas dans le
temps. On veut faire les choses comme il faut...
M. Leduc : Bien, M. le
ministre...
M. Lafrenière : ...pour les
Québécois et les Innus.
M. Leduc : ...vous n'avez pas
nécessairement la faute de tous les gens qui vous ont précédés avant vous, mais
là vous êtes ministre depuis deux ans, trois ans?
M. Lafrenière : Je vais
arriver à trois ans...
M. Leduc : Trois bientôt.
M. Lafrenière : ...deux ans
et demi.
M. Leduc : On vous souhaite
de rester ministre jusqu'à la fin du mandat.
M. Lafrenière : C'est
vraiment gentil.
M. Leduc : Sauf que, là, donc,
ces trois ans-là sont sur vos épaules.
M. Lafrenière : Absolument.
M. Leduc : C'est vous qui les
assumez. Mettons qu'il vous reste deux ans devant vous... on verra quelle
couleur le prochain gouvernement aura, puis, mettons, vous restez en poste pour
les prochaines deux années, est-ce que vous estimez qu'il faudrait avoir
terminé ce mandat-là d'ici deux ans? Est-ce que vous vous engagez, vous,
personnellement comme ministre, à avoir terminé ce traité-là, cette
négociation-là d'ici deux ans?
M. Lafrenière : Puis la
raison pour laquelle je n'ai pas répondu directement tantôt quand le collègue a
posé la question, c'est que, pour moi, c'est déjà trop long, c'est clair. C'est
clair qu'on a demandé aux équipes de mettre toute l'énergie. Puis, je veux
dire, à chaque semaine, il y a les rencontres des équipes ministérielles. J'ai
eu une rencontre avec le bureau du premier ministre. On met beaucoup d'énergie
là-dedans.
La raison pour laquelle je ne mets pas de
délai... je ne veux pas non plus ralentir les équipes qui m'entourent en leur
disant qu'ils ont un an, un an et demi, deux ans devant eux. Pour moi, ils
savent qu'à chaque semaine ils ont une semaine devant eux. Alors, on y va très
rapidement. On veut livrer...
M. Leduc : ...un autre cinq
ans, un autre 10 ans?
M. Lafrenière : Absolument
pas. Je vous le dis, moi, si c'est des semaines, je vais être très heureux...
M. Leduc : OK. Donc, moins de
cinq ans.
M. Lafrenière : ...des mois, ça
va me fatiguer, des années, je vais être déçu.
M. Leduc : On a moins de cinq
ans, là. Là, c'est le plus haut chiffre que je vous ai... que je vous ai tiré
des vers du nez, là.
M. Lafrenière : Non, non. On
va aller beaucoup plus bas que ça, beaucoup plus bas que ça.
M. Leduc : Plus bas que ça. OK.
Parfait.
M. Lafrenière : On le veut. Puis
juste mettre quelque chose de clair : Si j'étais tout seul à le vouloir,
là, honnêtement, je pourrais parler devant vous, mais on n'amènerait absolument
rien. L'appareil gouvernemental est mobilisé. On a un premier ministre qui a
dit qu'il voulait l'entente. Puis, lui aussi, il a une autre belle qualité de
ne pas être très patient. Il va y avoir une entente.
M. Leduc : Bien, c'est
sûrement l'objet de la colère des trois chefs dans l'article en question. Parce
que, moi, vous savez, M. le ministre, on se connaît assez bien pour que... vous
connaissez mes états de service préalables à la politique où j'étais
négociateur dans milieu syndical. Puis, dans l'article en question, là, c'est
un article de Radio-Canada... oui, article de Radio-Canada d'avril, les chefs
se plaignent du fait que le gouvernement du Québec tente de rouvrir certaines
clauses du traité qui avaient pourtant déjà été négociées. Et, ça, dans le
milieu du travail, en tout cas, celui que je connais, dans le droit du travail,
ça s'appelle de la négociation de mauvaise foi. C'est qu'on peut recevoir une
amende si on fait de la négociation de mauvaise foi, si on va au tribunal, si
on se plaint, etc. On comprend qu'il n'y a pas de tribunal similaire pour faire
de la négociation... pour faire une plainte de négociation de mauvaise foi, là.
La plainte, elle est faite ici, là, dans le milieu médiatique. Mais donc,
est-ce qu'ils ont... est-ce qu'ils ont raison? Est-ce que le gouvernement du
Québec, en ce moment, veut rouvrir des ententes qui avaient déjà été négociées
dans le traité?
M. Lafrenière : M. le
Président, je vais vous donner un contre-exemple, puis je suis sûr que les
collègues vont en parler tantôt, Pessamit . Ce n'est pas un traité. On va
mettre ça clair, ce <n'est...
M. Lafrenière :
...je
suis sûr que les collègues vont en parler tantôt, Pessamit. Ce n'est pas un
traité. On va mettre ça clair, ce >n'est pas un traité. C'est une
entente qu'on a réglée en quatre mois. Je ne pourrais pas vous plaider
aujourd'hui, puis je connais les états de service de mon collègue, je ne
pourrais pas vous plaider aujourd'hui qu'en quatre mois les choses ont changé
dans la vie, mais je pense que mon collègue va comprendre qu'en 43 ans il
y a des choses qui ont changé. Quand on a mis tout ça ensemble, il y a des
choses qui ont évolué et... Puis, exemple, le C-92, qui est un jugement qui a
été rendu récemment, les choses... la société a évolué, il y a des... il y a
des jugements qui ont changé. Alors, c'est clair que, présentement, on fait de
l'arrimage, on fait de l'arrimage. Et c'est vrai pour les...
Puis, je vous le dis, je comprends très
bien le ou les chefs qui sont assis derrière moi... Je les comprends parce
qu'eux autres aussi, dans leur communauté, ils ont de la pression. Puis eux, en
passant, M. le Président, une fois qu'on va avoir paraphé ça, bien, c'est la
prochaine étape pour le collègue, là, on va parapher de négociateur à négociateur,
ils vont devoir aller consulter leur communauté, les trois communautés. Puis,
ça aussi, il y a du temps à prendre là-dedans. C'est pour ça, tantôt, j'avais
de la misère à mettre une date. Vous comprenez qu'après ça il y a une autre
étape de processus. Et, pour le parapher, je veux que ce soit rapide.
Moi, présentement, je vous dis qu'on a
mis... on met toute l'énergie pour arriver à un résultat. Puis, c'est clair,
quand on prend 43 ans puis qu'on met ça ensemble, il y a des choses qui
ont besoin d'arrimage puis, je pense, c'est normal. Est-ce que c'est normal que
ça prenne 43 ans, M. le Président? Non. Pantoute. C'est long.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député, s'il vous plaît.
M. Leduc : Oui. Merci. Je
veux aussi saluer le chef Tettaut. Désolé pour m'être trompé il y a quelques
instants.
M. le ministre, là vous avez commencé à
réduire un peu la perspective, OK, moins de cinq ans, quelques semaines,
peut-être. Vous n'êtes pas allé dans le détail des négociations de quelle
clause serait rouverte par le gouvernent du Québec. Allons-y sur un autre
angle. Est-ce que, d'après vous, l'éventuelle élection d'un gouvernement
conservateur au fédéral mettrait en péril l'entente?
M. Lafrenière : Non, je ne le
vois pas. Je ne le vois pas parce qu'à notre niveau, je regarde les
rencontres... Parce qu'il y a des négociations tripartites, M. le Président — quand
on parle de traité, c'est tripartite — puis on avance.
M. Leduc : Donc, ça ne
changera rien dans la dynamique qu'un gouvernement conservateur arrive?
M. Lafrenière : Je ne peux
pas... mais je ne peux pas prendre d'engagement pour le futur au gouvernement,
mais je sais que ce n'est pas pour demain matin. Puis je sais que j'ai du temps
puis je sais que j'ai de la pression pour livrer avant un changement
quelconque, en passant.
Moi, ce n'est pas... Ce qui me met une
pression, ce n'est pas de savoir quel sera le prochain gouvernement, c'est de
savoir si on part en élection. Il y a une période où ça va être plus difficile
d'avancer. Alors, je me mets de la pression là-dessus, M. le Président, c'est
clair.
M. Leduc : Donc, idéalement,
ça serait mieux de le faire avant l'arrivée d'un nouveau gouvernement fédéral?
M. Lafrenière : Idéalement,
ça aurait mieux de le faire voilà plusieurs années, M. le Président.
M. Leduc : Oui, oui, mais
c'est parce que, là, je veux comprendre où est-ce qu'elle est, votre piste
d'atterrissage, là.
M. Lafrenière : Elle est...
plus vite possible.
M. Leduc : Parce qu'on le
sait, que le gouvernement Poilievre n'a peut-être pas la même sensibilité sur
les dossiers autochtones que l'autre gouvernement en place. Donc... C'est
quelque chose qui est évoqué, d'ailleurs, parfois, dans les... dans les textes,
d'une crainte de changement de gouvernement fédéral.
Ici, s'il y a un changement de
gouvernement au niveau du Québec, on prend pour acquis que, peu importe les
partis, on va continuer... il va y avoir une continuation de... peut-être même
un peu plus rapide, mais ça... ça... c'est mon côté...
M. Lafrenière : Ah! M. le
Président, laissez-moi embarquer sur cette belle offre!
M. Leduc : ...c'est mon côté
partisan qui parle.
Mais, blague à part, par rapport au
fédéral, vous, vous n'avez absolument aucune crainte, mais vous voulez quand
même vous assurer de le conclure avant que ça se termine.
• (10 heures) •
M. Lafrenière : Deux choses,
M. le Président. Un, les offres qu'on a mises sur la table, parce qu'on parle
du traité...
Puis, en passant, le projet de traité, là,
juste pour se donner une image, tout le monde autour de la table, c'est
300 pages de traité. C'est costaud. Notre projet de traité inclut une
offre économique qui est complètement indépendante de ce que le fédéral
voudrait ou voudra. Ça, je veux rassurer le collègue.
Deuxièmement, quand il me lance à la
boutade qu'avec un autre gouvernement ça pourrait aller plus vite, je vais être
méchant en vous disant que l'histoire nous confirme que, pendant 43 ans...
40 ans sur 43, ça a avancé très moyennement. Mais on avance très vite
présentement.
M. Leduc : ...gouvernement,
c'est pour ça.
Le Président (M.
Bachand) :20 secondes. M. le député.
M. Leduc : 20 secondes?
Le Président (M.
Bachand) :Oui.
M. Leduc : Bien, dans ce
cas-là, on va terminer, parce qu'à 20 secondes on ne peut pas vous lancer
beaucoup de questions. Je comprends, M. le ministre, que vous avez évité de
donner une date exacte, mais vous avez quand même dit moins de cinq ans pour la
fin de ce traité-là, le plus vite possible. Je comprends qu'il faut essayer de
le faire aussi avant l'arrivée d'un éventuel gouvernement conservateur.
Je remercie la présence du chef et merci.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup.
M. Leduc : On se... poursuivra
après pour un autre débat.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député de l'Acadie, pour
18... 10 secondes, s'il vous plaît.
M. Morin : ...sur le... le
traité de Petapan, M. le Président — et je tiens à saluer la présence
du chef Tettaut qui est dans l'assistance, bonjour, merci d'être là — qu'est-ce
qui fait... Je vais commencer comme ça avec ma première question. Qu'est-ce qui
fait que ça n'avance pas aussi rapidement? Parce que, vous vous rappellerez, M.
le ministre, il y a un an, là, on était ici, à l'Assemblée nationale, il y a eu
un point de presse, il y a eu une motion, les chefs étaient là, tout allait
bien, puis là on est un an après, puis ça semble encore bloqué. D'autant que
certains chefs, et je cite ici le chef Gilbert Dominique dans un article qui a
été publié dans Pivot en mars 2024, le chef Dominique dit : «On a constaté
que Québec souhaitait revenir sur des enjeux névralgiques qui venaient porter
atteinte à nos droits. Pour nous, c'était inadmissible.»
Alors, qu'est-ce qui fait que ça n'avance
pas plus vite...
10 h (version révisée)
M.
Morin :...alors, qu'est-ce qui fait que ça n'avance pas plus
vite puis sur quels droits vous voulez porter atteinte, parce que, là, la
négociation semble ne pas déboucher?
M. Lafrenière : Bien, merci, M.
le Président. Puis mes collègues, que ce soit autant mon collègue d'Hochelaga,
d'Acadie, me connaissent assez bien — Jean-Talon, on va commencer à
se connaître, c'est pour ça que je ne vous nomme pas — je n'aime pas
faire de la politique partisane quand on parle de Premières Nations, d'Inuits,
mais, dans ce cas-là, quand on m'a... quand on nous reproche la vitesse à
laquelle la négociation avance, permettez-moi d'être désagréable deux secondes
en disant : J'aurais aimé ça que les partis qui étaient au pouvoir à l'époque
mettent autant d'énergie sur cette entente-là. On serait peut-être arrivés à d'autres
choses, mais ce n'est pas très, très constructif, quand je dis ça.
J'ai plutôt le goût de dire que je suis
heureux, moi, aujourd'hui, de voir qu'autour de la table mes collègues des
partis d'opposition veulent la même chose que nous, c'est-à-dire d'arriver avec
une entente, puis, M. le Président, c'est vrai que c'est long. Je comprends
que, pour les Premières Nations, ils tapent du pied en se disant : On veut
avoir une entente. On a mis beaucoup d'énergie puis on s'est donné ce défi-là d'arriver
rapidement à quelque chose.
M. le Président, on fait les choses de la
bonne façon. Ce qu'on fait présentement, c'est une révision qui aurait dû être
faite après le paraphe de cette fameuse entente. Ça fait que le six mois qui a
été utilisé récemment, ce n'est pas un six mois qui a été perdu, c'est une
révision légale qui est importante, qu'on a faite, puis, ça, je l'ai dit aux
chefs récemment, ce n'est pas du temps qui a été perdu, mais pas du tout.
Alors, pourquoi ça prend encore du temps? Parce que, je vous l'ai dit tout à l'heure,
on prend 43 ans de négos, on met ça ensemble. On veut arriver à quelque chose
qui va... qui va fonctionner pour les prochaines années. On veut avoir le
meilleur traité, M. le Président, et, dans l'offre économique... L'offre
économique a été très bien reçue.
Dans les points, puis je ne ferai pas les
négociations devant vous, M. le Président, avec 300 pages de traité, il y a des
points sur lesquels on voulait travailler, des points, justement, où il y a de
l'arrimage à faire entre les règles innues et les règles québécoises pour s'assurer...
Pour que ce soit le patrimoine familial, pour les femmes, on veut que ça soit
gagnant pour tous, mais on veut surtout que ce traité-là, dans l'avenir, soit
le traité moderne qui sera la base pour d'autres traités, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député d'Acadie.
M.
Morin :Si vous me permettez, M. le Président, si mon souvenir
est bon, c'était une promesse-phare de la CAQ, donc, de conclure le traité en
2023. Le fédéral, lui, a rencontré l'échéance. Pour le gouvernement actuel, ce
n'est pas encore le cas. Alors, moi, je voudrais savoir qu'est-ce qui bloque
puis qui bloque les négociations. Est-ce que c'est au bureau du premier
ministre? Est-ce que c'est le leader du gouvernement? Est-ce que c'est dans
votre secrétariat? Parce que, moi, ce que j'entends du terrain, c'est que... de
la part des chefs des Premières Nations, c'est qu'à chaque fois qu'il y a une
avancée on dirait que le gouvernement déplace la ligne d'arrivée pour que ça
prenne plus de temps. Donc, j'aimerais... Là, on a une opportunité d'en parler
aujourd'hui. J'aimerais ça que vous puissiez nous expliquer, M. le ministre, où
ça bloque puis quand ça va se terminer.
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président. Puis c'est vrai que c'est un dossier qui est extrêmement important,
puis je ne l'ai pas nié, hein? C'est notre engagement, et j'ai un premier
ministre qui veut des résultats. Alors, M. le Président, ce que mon collègue d'Acadie
a dit, là, je m'inscris en vrai avec tout ce qu'il a dit. C'est notre promesse
de, finalement, livrer... On ne voulait plus garder ça sur la vitesse neutre
pendant des années. On voulait arriver à un traité, puis on est encore là
aujourd'hui. C'est vrai que ça prend du temps, puis, M. le Président, je veux
rassurer mon collègue, il n'y a pas personne qui se lève debout pour bloquer le
traité.
Présentement, là, c'est une... puis
excusez-moi dans ce que je vais répondre, là, je pense que c'est normal. Quand
on a un traité qui vient toucher autant de ministères, un traité de 300 pages,
c'est normal de prendre le temps pour faire de l'arrimage. Je veux rassurer le
collègue, parce que, écoutez, si je dis au collègue que personne ne bloque, que
tout va bien, puis qu'on ne livre pas, il va être le premier à me le rappeler,
puis je le sais, je le connais. C'est un homme de parole puis c'est un homme
qui fait des suivis. Moi, ce que je dis aujourd'hui : Ça prend un petit
peu plus de temps. J'ai rassuré les chefs en disant qu'il n'y a pas de blocage,
et surtout, M. le Président, on a un premier ministre qui est sorti
publiquement, qui a dit aux chefs qu'il va être prêt à les rencontrer sous peu.
Il veut la même chose, une entente, puis c'est mon patron, puis c'est ce qu'il
veut.
M.
Morin :Oui, alors, M. le Président, en avril 2024, ma
compréhension, début avril, c'est que le premier ministre n'avait toujours pas
rencontré les chefs. Je comprends, M. le ministre nous dit : Le premier
ministre veut des résultats. C'est ce que le premier ministre nous dit, il veut
des résultats, bien, parfait, alors là on va lui donner une opportunité pour qu'il
y en ait, des résultats. Qu'est-ce qu'il attend pour rencontrer des chefs puis
pourquoi il ne les a pas encore rencontrés? Parce que, là, j'essaie de
comprendre, là, si ça, ça peut faire avancer une négociation, puis, de la part
des chefs, il me semble que c'est une demande qui est légitime. Ça fait
plusieurs fois qu'ils le demandent. Ce que j'ai de la misère à comprendre, c'est
le refus du premier ministre.
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président. Puis je veux commencer par mettre une chose au clair. Il n'y a pas
de refus. Le premier ministre a dit qu'il était prêt à rencontrer les chefs au
moment qui était opportun, puis je vais m'accoter sur ce que mon collègue d'Hochelaga
a dit tantôt, en disant qu'il avait négocié pendant plusieurs années, puis il
sait que, dans une négociation comme ça, on ne peut pas faire trois, quatre
tentatives comme ça. Il faut faire cette rencontre-là au <bon moment parce
que...
M. Lafrenière :
...on
ne peut pas faire trois, quatre tentatives comme ça. Il faut faire cette
rencontre-là au >bon moment parce que, mon collègue le sait, il y a un
certain point où c'est le premier ministre qui devra trancher certaines choses,
c'est vrai, mais on n'est pas rendus là, et, M. le Président, la dernière chose
que je veux, c'est organiser une rencontre avec les chefs pour se faire dire au
final : Continuez de négocier. Ça ne nous aidera pas.
Quand ce sera le moment de trancher...
qu'on a fait tout notre travail avant cette rencontre, ce sera opportun de
faire la rencontre avec le premier ministre, puis je suis le premier à le dire,
M. le Président. Le premier ministre l'a offert. Il a dit qu'il était
disponible. À deux reprises, l'ensemble de la machine, c'est-à-dire son chef de
cabinet, le secrétaire général, a rencontré les chefs pour rappeler ce qu'il y
avait comme étapes de faites, puis où on s'en allait, puis confirmer la volonté
du gouvernement, mais l'étape du premier ministre, puis c'est comme dans
d'autres étapes de négociation, ça va arriver quand il restera quelques points,
puis là on a du travail à faire, puis c'est là-dessus qu'on s'attelle, puis
c'est le défi que j'ai lancé aux chefs qui sont dans cette salle en disant :
On doit arriver avec des résultats, soyons créatifs, trouvons des solutions
pour les embûches qu'il y a sur notre chemin parce qu'au final on veut... on
veut tous la même chose, c'est une entente.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député.
M. Morin : Oui, bien, en
avril, 5 avril 2024, le gouvernement du Québec disait qu'on n'a jamais été
aussi proches de livrer le fameux traité. C'est un article publié dans La
Presse, et vous avez assuré, M. le ministre, à ce moment-là, la volonté du
gouvernement de s'entendre rapidement avec les communautés innues. Quand on
regarde l'article... et, entre autres, dans l'article, on fait... on fait
référence à un dialogue qui a... qui s'est... en fait, qui est arrivé avec M.
Louis Bernard, on connaît tous M. Louis Bernard, mais, selon lui, le premier
ministre doit prendre le leadership dans ce dossier. C'est la... selon M.
Bernard, c'est la responsabilité du premier ministre de faire en sorte que son
gouvernement décide.
Et donc, entre autres, à un moment donné,
on entendait que le premier ministre craignait que les Premières Nations
auraient un droit de veto. On souligne que ce n'est pas exact. Donc, on veut
plus d'autonomie pour les communautés locales, ce qui est tout à fait normal,
puis, d'abord, c'est tout à fait en lien avec la Déclaration des Nations unies
sur les droits des peuples autochtones. Donc, quand est-ce que le premier
ministre va agir? Quand est-ce qu'il va exercer son leadership et qu'il va
faire en sorte que ce traité-là soit signé rapidement?
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président. Puis le collègue fait référence à plus d'autonomie, tout ça, puis on
en est, puis c'est pour ça que je vous dis, M. le Président, que c'est... c'est
important, puis on ne réussit jamais, en quelques minutes, à parler de Petapan
parce que c'est trop... c'est trop important comme changement, puis je vais
prendre un instant pour expliquer une différence.
Quand on parle de l'Innu Assi,
c'est-à-dire l'équivalent, puis, en même temps, je pense, pour tout le monde,
ça va... ça va juste nous permettre de comprendre... l'équivalent d'un
territoire de réserve, comme on les connaît présentement selon la Loi sur les
Indiens, puis ce n'est pas moi qui l'invente, là, l'Innu Assi, c'est la plus
petite partie du territoire. Par la suite, on va au Nitassinan, puis, nous, ce
qu'on veut regarder avec les Innus, c'est de quelle façon nos règles vont
s'arrimer sur le Nitassinan, qui est une partie beaucoup plus large. Alors, si
on regardait une carte, si vous regardez la terre de réserve qui est ce qu'on
connaît aujourd'hui, l'Innu Assi, Nitassinan, qui est un territoire qui est
immense, où il y a des communautés allochtones qui vivent sur ce territoire-là,
on regarde avec les Innus pour dire comment on peut faire l'arrimage sur ce
plus grand territoire pour que ça fonctionne.
• (10 h 10) •
Encore une fois, je ne veux pas faire les
négociations devant vous aujourd'hui, juste expliquer aux collègues, ce sont
des exemples de points sur lesquels on travaille. Quand on regarde la carte du
temps, parce que mon collègue fait référence au 5 avril en disant qu'on
est rendus deux semaines et demie plus tard, puis ça n'a pas... ça n'a pas
encore été livré... Écoutez, j'ai la ligne du temps, là, qui commence en 1979
avec des acceptations, huit ans avant une conclusion, un autre six ans avant un
dépôt, du gouvernement, d'offre, six ans plus tard, une première approche, écoutez,
il y a eu beaucoup de temps, dans le passé, qui a été mis là-dessus.
Moi, je suis heureux, aujourd'hui, de voir
les oppositions avec nous en disant : On veut un traité. On veut la même
chose. Tout ce qu'on dit : Il faut faire les choses correctement. D'un
côté, je comprends l'impatience des chefs, puis c'est correct de s'assurer que
ce dossier-là est dans l'actualité, puis ils ont fait un très bon travail. La
preuve, c'est que tout le monde m'en parle aujourd'hui. Ça fait que c'est un
bon travail qui a été fait de la part des chefs. Je pense qu'ils savent bien,
bien, bien faire le lien avec les oppositions. Je le dis à la blague, mais je
le pense, que c'est important, parce qu'on ne parle pas assez souvent des dossiers
autochtones. Même au salon bleu, on n'a pas toujours la chance de parler des
dossiers autochtones. Moi, je suis heureux qu'on en parle aujourd'hui. Petapan,
c'est important.
Je veux dire quelque chose, cependant, en
terminant, aux collègues. À chaque semaine, je reçois une lettre d'une
communauté autochtone, qui me disent que, pour eux, ils ont de gros problèmes
avec Petapan. Ça fait que je veux juste rappeler que, pour nous, c'est
important. Il faut comprendre, de l'autre côté, il y a des communautés qui sont
plus ou moins d'accord. Moi, je suis dans tout ça. On veut livrer Petapan. La
dernière chose qu'on veut, c'est un traité qui, le lendemain, va amener plus de
problèmes que de solutions. C'est pour ça qu'on fait le travail en amont. C'est
ça, être un gouvernement responsable, M. le Président, mais c'est sûr que ce
n'est pas simple. La preuve, si ça avait été si simple que ça, mes collègues,
dans le passé, quand ils ont passé sur Petapan, ils <l'auraient réglé
bien rapidement...
M. Lafrenière :
...si
ça avait été si simple que ça, mes collègues, dans le passé, quand ils ont
passé sur Petapan, ils >l'auraient réglé bien rapidement. C'est lourd,
c'est complexe, M. le Président.
Le Président
(M. Bachand) :M. le député.
M. Morin : Alors, moi,
ce que... ce que j'entends du terrain, entre autres, c'est que le gouvernement
du Québec espérait gagner, dans son litige en Cour suprême, en ce qui a trait
aux jeunes autochtones et au droit pour les communautés autochtones d'être
capables de gérer toute la question des droits de la jeunesse. Certains
disaient même que le gouvernement du Québec espérait gagner parce que, comme
ça, ça aurait permis de renégocier certaines parties du traité. Bien, Québec a
perdu en Cour suprême. Donc, est-ce que vous allez enfin reconnaître que, pour
les communautés autochtones, elles ont un droit de gérer toutes les questions
de la jeunesse sur leurs territoires puis est-ce que vous allez faire avancer,
oui ou non, le traité? Parce qu'il me semble que, suite à la promesse que le
premier ministre avait faite, un an plus tard, moi, j'ai l'impression qu'on est
à peu près toujours à la même place.
M. Lafrenière : Merci, M.
le Président. Puis il y a deux volets à la question du collègue. Alors, je vais
tenter d'y répondre.
Le premier, pour l'attente... la stratégie
de négociation d'attendre un règlement sur C-92, je veux défaire cet
argument-là, M. le Président, avec un fait qui est... qui est indéniable. On a
déposé notre offre économique aux représentants innus avant même d'avoir le résultat.
Alors, M. le Président, si on s'est engagés dans cette voie-là, ce n'est pas
pour attendre qu'un jugement du fédéral vienne tout changer. Je veux défaire
cet argument-là.
Pour ce qui est de C-92, puis de la plus
grande autonomie, puis le collègue en parle, puis je sais... je sais son
attachement aussi pour le Nunavik, pour les réalités nordiques, puis je veux le
rassurer, la semaine passée, pas plus tard que vendredi dernier, j'étais à la
rencontre annuelle de Makivik, à Quaqtaq, et, sur place, je présentais une
vidéo de mon collègue Lionel Carmant, le ministre responsable de la Santé et
Services sociaux, où on confirmait devant tout le monde... Ça, ça a été diffusé
à la radio, les 14 000 Inuits ont pu l'entendre. On confirmait notre
volonté de travailler avec les Inuits d'une façon différente pour donner plus
d'autonomie, puis toutes les ententes, je pourrais faire la liste tout à
l'heure, M. le Président, on a fait sept ententes dans mon dernier mandat,
quatre ententes présentement, on tend vers plus d'autonomie.
Ça fait que ce que le collègue dit
aujourd'hui, il a raison de dire que ça prend plus d'autonomie. Mon collègue
ministre délégué à la Santé l'a déjà dit, que... responsable de la Santé et
Services sociaux, je suis désolé, a déjà dit que les personnes les mieux
placées pour s'occuper des enfants autochtones, ce sont les parents
autochtones. On le reconnaît. La commission Laurent l'a dit, on le dit aussi.
Le Président
(M. Bachand) :Merci. M. le député.
M. Morin : ...quand on
regarde la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones,
on souligne, notamment à l'article 20, que les peuples autochtones ont le
droit de conserver et de développer leurs systèmes, institutions politiques, économiques,
sociales, et, à l'article 21, donc, les peuples autochtones ont le droit,
sans discrimination d'aucune sorte, à l'amélioration de leur situation
économique et sociale, notamment dans le domaine de l'éducation, de l'emploi,
de la formation.
Donc, le traité de Petapan vise justement
à faire réaliser ça, et, dans le même traité, à l'article 46, on dit
qu'aucune disposition de la présente déclaration ne peut être interprétée comme
impliquant, pour un État, un peuple, un groupement ou un individu, un droit
quelconque de se livrer à une activité ou d'accomplir un acte contraire à la
charte et on dit également que ça ne peut pas être considéré comme ayant pour
effet d'amoindrir, de détruire l'intégrité territoriale ou l'unité politique
d'un État souverain et indépendant.
Alors, vous avez peur de quoi avec
Petapan? Qu'est-ce qui bloque? Parce que je regarde ça, là, puis moi, tu sais, je
lis ça, puis je me dis : Au fond, les Nations unies reconnaissent que les
peuples autochtones, les Premières Nations ont le droit de ne pas être
discriminés, d'avoir droit au développement économique sur leurs territoires.
Ça ne peut pas être interprété comme étant une façon de démembrer le territoire
d'un État souverain, c'est ce qui est dit, puis là ça n'avance pas, puis il me
semble qu'en plus, je le disais tantôt, c'est le premier ministre qui a pris
cet engagement-là. Ce n'est pas moi, c'est lui qui était au pouvoir.
Donc, il ne rencontre pas les chefs
autochtones. Ça n'avance pas. On est un an après, puis les chefs autochtones
nous disent : Écoutez, nous, là, on a l'impression que le gouvernement
fait tout pour ne pas que ça avance. Ça fait que, M. le ministre, pouvez-vous
nous éclairer où ça bloque puis qu'est-ce qu'on peut faire pour vous aider pour
que ça débloque?
Le Président
(M. Bachand) :M. le ministre.
M. Lafrenière : Bien,
merci, M. le Président. Puis, je pense, une des premières choses à faire, c'est
ce qu'on fait aujourd'hui, c'est de parler de Petapan, puis j'en suis très
heureux. C'est vrai que ce n'est pas simple puis c'est vrai que c'est notre
gouvernement qui a pris l'engagement de, finalement, livrer Petapan, qui
traînait depuis plus de 40 ans. Je l'ai dit tantôt, je n'aime pas... je
n'aime pas faire de la politique de cette façon-là. Je suis capable de prendre
le blâme qui nous revient sur trois ans sur 43, mais 40 ans que je n'étais
quand même pas là ni mon gouvernement. Alors, bien... bien humblement, il y a
quelque chose qui devait accrocher dans le passé aussi. Présentement, on est
dans l'arrimage. Les chefs l'ont déjà dit, puis ils le confirment, puis je suis
très à l'aise de le dire devant eux, on a avancé comme jamais. C'est normal, c'est
un traité. Un traité, c'est 300 pages, un traité, c'est long.
Puis, tantôt, il faisait référence à la déclaration
des Nations unies, puis je suis d'accord avec la majorité des <points
qu'il a dits. Je veux juste vous dire...
M. Lafrenière :
...
à la déclaration des Nations unies, puis je suis d'accord avec la majorité des >points
qu'il a dits. Je veux juste vous dire, M. le Président, comment, dans notre
gouvernement, on donne... on donne vie aux principes de la déclaration des
Nations Unies. On l'a fait dans plusieurs ententes. On l'a fait dans l'entente
de Pikogan, où on donne plus d'autonomie en matière de consultation sur les
mines, la forêt, les aires protégées. On l'a fait dans une entente avec Mashteuiatsh
sur la foresterie, sur les droits fauniques aussi. On l'a fait avec l'entente
avec une nation algonquine pour la protection de l'orignal. On l'a fait sur...
pour la consultation, avec une entente avec W8banaki.
J'en ai une liste, M. le Président, puis
une page. Je ne veux pas faire la liste au complet, juste dire aux collègues
que la déclaration des Nations unies, c'est important. C'est un principe qui
est fort important. Je me suis rendu en Colombie-Britannique pour aller voir
comment ils la mettent en place. Là, on voulait regarder toutes leurs lois.
Nous, on donne action.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le député, 1 min 20
s.
M.
Morin :Je comprends, oui, mais je vais encore poser la question :
Où ça bloque, puis qu'est-ce qu'on peut faire pour que ça débloque? Parce que,
M. le ministre, vous nous dites : Quand on parle de ces enjeux-là, moi, je
ne veux pas de partisanerie, c'est trop important. Là, je vous écoute, je vous
entends, mais, à ce moment-là, moi, je vous tends la main. Où ça bloque? Puis
ça, c'est précis comme question : Où ça achoppe, puis qu'est-ce qu'on peut
faire pour que ce soit réglé? Parce que moi, je me mets à la place des chefs
des Premières Nations avec qui on a parlé régulièrement. Qu'est-ce... où ça
bloque? C'est simple, là.
M. Lafrenière : Oui, ma
réponse va être simple, M. le Président. Ça ne bloque pas. Présentement, on a
des questions d'arrimage, mais ce que les collègues, puis j'en ai deux sur
trois, aujourd'hui... m'ont tendu la main... Moi, je suis heureux de vous dire,
M. le Président, que je comprends qu'avec leur intervention... Nonobstant ce
qui est arrivé dans le passé puis le fait que ça n'a pas été livré avant, quand
on va être rendus à l'étape de consultation, parce que ça va être important,
ça, M. le Président, quand on va avoir paraphé, il va falloir consulter, il va
y avoir des gens, des autochtones, allochtones, qui vont vouloir entendre le
point de vue... mais je suis content de voir qu'avec les oppositions on va
travailler ensemble, puis, de cette façon-là, ça va avancer beaucoup plus vite.
Ça fait que merci de l'offre du collègue. Moi, je prends ça comme un engagement
en se disant : Quand on va être rendus à consulter, les partis
d'opposition vont travailler avec nous. C'est sûr que ça va bien aller, M. le
Président.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député de Jean-Talon,
pour 7 min 52 s.
M. Paradis : Merci. Bonjour à
tous. Vous avez fait référence tout à l'heure, M. le ministre, à la Loi sur les
Indiens. Nous, au Parti québécois, on pense que c'est une loi coloniale qui est
le successeur de l'acte des sauvages, qui... qui visait la dépossession des
Premières Nations, de leur culture, de leurs terres, l'assimilation. Vous, vous
en pensez quoi, de cette loi-là?
M. Lafrenière : M. le
Président, je ne peux pas être en désaccord. Il y a bien des points qu'on
réussirait à être en désaccord, mais pas sur celui-là. Il y a deux, trois
choses, puis, écoutez, vous savez, c'est un enjeu fédéral, mais il faut quand
même prendre le temps d'en jaser. Sur la Loi sur les Indiens... Vous comprenez,
quand on parle des nations qui sont toujours assujetties sur la Loi sur les
Indiens, c'est une relation qui est avec le gouvernement fédéral. Il y a eu des
tentatives dans le passé où ils ont demandé aux chefs : Est-ce que vous
voulez vous retirer sur... la Loi sur les Indiens? Ça n'a pas donné de résultat,
et je vais donner une solution, moi, M. le Président, pour le collègue, c'est
lorsqu'on fait des conventions.
Nous, on l'a fait avec les Cris, avec les
Naskapis, avec les Inuits, puis là je me mets de la pression avec Petapan en
vous disant ça. Quand on a des conventions, on sort les communautés de cette Loi
sur les Indiens. Alors, les cris, les Naskapis, les Inuits sont sortis de cette
relation-là avec la Loi sur les Indiens. Ça, c'est le pouvoir qu'on a au Québec,
puis vous avez compris qu'on a déjà trois communautés, 50 % du territoire
qui est comme ça, on veut en faire plus.
• (10 h 20) •
M. Paradis : Sur la Loi sur
les Indiens, qu'est-ce que votre gouvernement a fait depuis sa première élection
en 2018 pour changer cette loi-là ou pour la remplacer?
M. Lafrenière : M. le
Président, j'ai appris une chose assez rapidement dans mon poste. Ce n'est pas
à moi à prendre position pour les communautés, pour les nations. Les nations
qui le veulent peuvent se sortir de cette relation-là en faisant un traité avec
le gouvernement du Québec. On l'a fait dans trois... Quand je dis «on», c'est
comme gouvernement. Je n'étais pas là. Les Naskapis, les Cris et les Inuits, ça
a été fait. On y travaille pour des communautés avec Petapan. Ce n'est pas une
nation au complet. C'est une belle façon.
M. Paradis : Relativement à
la Loi sur les Indiens...
M. Lafrenière : Ça les sort
complètement de la Loi sur les Indiens.
M. Paradis : Est-ce que vous
avez fait des démarches relativement à la Loi sur les Indiens, oui ou non?
M. Lafrenière : On le fait
dans Petapan pour les sortir de la Loi sur les Indiens.
M. Paradis : Oui, mais
relativement à la loi elle-même?
M. Lafrenière : Moi, je n'ai
pas pris parole au nom des autochtones au Québec pour les sortir de la Loi sur
les Indiens. Ce serait très paternaliste comme approche.
M. Paradis : OK, bien,
voyez-vous, nous, on pense que l'indépendance du Québec, c'est une occasion de
se débarrasser de cette loi coloniale et de repartir vraiment sur des bases de
nation à nation pour redéfinir un pays où on va pouvoir dialoguer comme ça.
Vous avez raison, en attendant, on peut faire des conventions. Vous avez nommé
celle de Petapan. Quand on a un objectif clair et qu'on veut y arriver, on le
fixe et on le dit publiquement. Quelle est votre échéance pour clôturer les
négociations et signer le traité Petapan, une date?
M. Lafrenière : On l'a fixé
puis on l'a dit clairement, comme objectif, qu'on s'était donné au 31 mars
2023. On dépasse ce temps-là, on le sait. Ensemble, avec les chefs, on s'est
donné un objectif d'y aller dans un mode qui était un sprint, et je l'ai dit
tantôt au collègue député d'Hochelaga qui posait la question, pour moi, ce <sera
le plus tôt possible...
M. Lafrenière :
...tantôt
au collègue député d'Hochelaga qui posait la question, pour moi, ce >sera
le plus tôt possible.
M. Paradis : Êtes-vous... pouvez-vous
vous engager aujourd'hui à une date à laquelle le gouvernement du Québec veut
avoir conclu les négociations et signer Petapan?
M. Lafrenière : Je ne mets
pas de date, monsieur... le plus tôt possible. On a déjà dépassé la date qui
avait été fixée, M. le Président. Alors, en toute honnêteté, je ne veux pas que
mes équipes se donnent une année, huit mois, neuf mois. Si on le règle dans
deux semaines... Puis je n'imposerai pas le rythme à mes collègues des
Premières Nations, on va le faire ensemble puis on va le livrer. Si c'est dans
deux semaines, je vais être très heureux, M. le Président.
M. Paradis : Donc, le
gouvernement ne veut pas se donner un objectif clair pour signer Petapan. C'est
ça qu'on comprend aujourd'hui.
M. Lafrenière : L'objectif
est plus que clair, ça s'appelle «plus vite possible».
M. Paradis : OK, mais ça, ce
n'est pas une date. C'est signé depuis le 31 mars 2004. Vous avez parlé que
tous les gouvernements étaient un peu responsables de ce délai-là, mais là vous
êtes au pouvoir depuis six ans, et ce qu'on entend, c'est qu'il semble y avoir
un retour en arrière sur ce qui a été convenu en 2004, sur le contenu de l'entente,
et là vous nous avez dit : «Le premier ministre nous dit : "Il
faut régler Petapan".» Mais c'est lui-même qui, en septembre 2023, je le
cite, dit : «Il y a une condition. Comme tous les gouvernements qui ont
précédé celui de la CAQ, on ne veut pas que, dans l'entente, il y ait un droit
de veto sur les futurs projets économiques.» Quel droit de veto, quels projets économiques,
de quoi le premier ministre parle-t-il?
M. Lafrenière : M. le
Président, je tiens à amener... puis je sais que mon collègue a un passé d'avocat,
ça fait que je ne me lancerai pas dans un débat d'avocat avec lui, et je savais
qu'on trouverait un point sur lequel on ne s'entendrait pas, puis c'est
définitivement sur l'indépendance du Québec, mais, sur le reste, je pense, ça
va bien.
En 2004, je veux juste corriger, ce qui a
été signé, c'est l'EPOG, l'entente de principe d'ordre général, ce n'était pas
le traité, puis je ne veux pas jouer sur les mots, là, mais il faut être très
honnêtes dans tout ça. C'est une première entente qui a été faite, c'est vrai.
Ce n'était pas le traité qui a été... qui a été signé en 2004, puis on a dormi
sur la switch pendant 20 ans. Ce n'est pas ce qui est arrivé. C'est une
première entente qui était importante, puis je le reconnais à ceux qui étaient
en place à l'époque, c'était le gouvernement Charest, avec les libéraux. Avant
ça, en 2000, avec le gouvernement de M. Landry, on avait avancé aussi. Il y a
plusieurs personnes qui ont joué dans ce traité-là, puis on a réussi à avancer.
Ce que je dis, là...
M. Paradis : Je m'excuse,
monsieur...
M. Lafrenière : ...ce que je
dis présentement, c'est qu'on va le livrer.
M. Paradis : Vous savez que j'ai
très peu de temps, là. Donc, j'essaie d'y aller avec des questions courtes,
avec des réponses courtes. De quel droit de veto le premier ministre parle-t-il
et de quels projets économiques le premier ministre parle-t-il? Alors, en
réalité, est-ce que ce n'est pas le premier ministre qui ralentit les
négociations?
M. Lafrenière : Absolument
pas. On a un premier ministre qui m'a lancé le même défi, qui me demande à
chaque semaine un suivi sur Petapan. Et, dans l'entente économique... dans le
projet d'entente économique qu'on a avec les chefs innus, je ne peux pas vous
partager les détails, mais il y a des projets de développement économique qui
sont inclus là-dedans. Alors, ce n'est pas ça qui ralentit les choses. Ce n'est
qu'une question d'arrimage, de faire en sorte que les règles innues, les règles
allochtones, ça fonctionne bien ensemble, c'est tout. On veut livrer.
M. Paradis : Votre
gouvernement est toujours en accord avec la Déclaration des Nations unies sur
les droits des peuples autochtones?
M. Lafrenière : Question
courte, réponse courte. J'ai commencé à y répondre tantôt en disant de quelle
façon on donnait vie à cette déclaration des Nations unies.
M. Paradis : J'ai bien noté,
dans votre réponse, tout à l'heure, que vous avez noté... vous avez parlé de
plusieurs ententes, mais vous n'avez pas... vous n'avez pas nommé Petapan. Les
chefs...
M. Lafrenière : J'ai arrêté...
M. Paradis : Les chefs du
regroupement de Petapan disent : Cette entente-là respecte la déclaration
de l'ONU sur les droits des peuples autochtones, qui ne concède pas de droit de
veto. Puis les chefs disent : Il n'y a pas de droit de veto. Le premier
ministre est inquiet d'un droit de veto. De quoi a-t-on peur?
M. Lafrenière : On revient à
sa question. La réponse, c'est : Oui, on est d'accord avec la déclaration
des Nations unies. Oui, dans le traité Petapan, on s'inspire de la déclaration
des Nations Unies. Je ne veux pas être plate, là. On est tous les deux en
accord là-dessus. Tantôt, j'avais commencé à faire la liste, j'ai juste arrêté
de la lire. Je peux passer au travers si vous voulez, mais vous avez très peu
de temps. Je dis à quel point, dans nos ententes, on inclut des nations.
M. Paradis : Est-ce qu'il y a
Petapan dans votre liste?
M. Lafrenière : Bien, absolument,
mais elle n'est pas signée. Je peux bien vous dire... Je ne ferai pas de la
politique sur une future entente, là.
M. Paradis : Alors, est-ce qu'on
peut revenir... De quoi le premier ministre a-t-il peur, et pourquoi on ne
conclut pas l'entente Petapan?
M. Lafrenière : M. le
Président, regardez, je vais vous répondre de façon très claire, là. J'ai des
communautés innues qui m'écrivent des lettres en disant qu'ils sont inquiets, j'ai
des communautés allochtones qui m'écrivent en disant qu'ils sont inquiets, et c'est
normal, M. le Président. De se poser des questions, je pense, c'est totalement
normal et lucide. Là, ce que je comprends de la part des trois oppositions, c'est
que le jour qu'on va aller en consultations, je vais avoir leur plein appui,
puis ça, ça va nous aider grandement, M. le Président, puis c'est normal d'être
inquiets.
Le Président (M.
Bachand) :30 secondes, M. le député de
Jean-Talon.
M. Paradis : J'aimerais vous
amener sur le dossier de Chalk River, des déchets nucléaires et de la
communauté anichinabée de Kebaowek. Est-ce que vous
faites vôtre leurs revendications à l'égard des... à l'égard des déchets
nucléaires?
M. Lafrenière : M. le
Président, puis ma réponse va être très, très courte, nous avons rencontré le
chef Lance Haymond, que je connais très bien de la communauté de Kebaowek, les Anichinabés,
et on a dit la même chose, qu'on a envoyé comme lettre au fédéral... puis c'est
mon collègue qui est ministre de l'Environnement... a dit : Les
consultations, clairement, n'ont pas été bien faites dans ce dossier-là, et je
suis <d'accord là-dessus...
M. Lafrenière :
...les
consultations, clairement, n'ont pas été bien faites dans ce dossier-là, et je
suis >d'accord là-dessus.
Le Président
(M. Bachand) :Merci beaucoup. M. le
député de l'opposition officielle, pour 18 min 10 s.
M. Morin : Oui. Alors,
merci, M. le Président. Alors, M. le ministre, pourquoi le premier ministre
refuse de rencontrer les chefs de Petapan, clairement? Parce que, visiblement,
il y a quelque chose qui ne marche pas, pourquoi?
M. Lafrenière : M. le
Président, pour les gens qui nous écoutent, je vais avoir l'air de répéter
exactement la même chose, mais je vais reprendre les mêmes lignes que j'ai
dites tout à l'heure puis je vais être... je vais être conséquent avec ma
position de tout à l'heure. Le président... le premier ministre, pardon, a
confirmé sa volonté de rencontrer les chefs de Petapan. Il l'a dit par écrit.
Ce qu'on a mentionné, cependant, c'est : Au bon moment, au moment
opportun.
Pourquoi, M. le Président? Je reviens à ce
que j'ai dit tout à l'heure. Le premier ministre va arriver dans un moment où
il y aura des... il aura à trancher. On n'est pas rendus là, M. le Président. On
a encore des points sur lesquels on doit travailler ensemble. On a demandé à
nos équipes de négociateurs de travailler, d'être créatifs, de trouver des
solutions. Au final, il reste quelques points, puis, oui, il y aura un jour où
le premier ministre pourra trancher, mais on doit faire notre travail avant ça,
puis c'est ce qu'on s'est lancé comme défi pour les négociateurs de part et
d'autre.
M. Morin : Combien il
vous en reste, de points à régler?
M. Lafrenière : M. le
Président, j'ai un grand, grand, grand malaise à faire la négociation sur la
place publique, mais je vais trouver une façon de répondre à mon collègue.
Quand on a rencontré les chefs, puis ça fait déjà quelques semaines, il y avait
des points qui demandaient des clarifications, des points qui étaient plus
compliqués. Vous comprenez, il y avait des gradations de points un peu. Il y a
des points qu'on a réussi à proposer, des solutions qui, pour nous, sont
acceptables de part et d'autre. Ça fait que, déjà, en quelques semaines, ça a
avancé, M. le Président, mais je n'irai pas faire la négociation sur la place
publique.
Un, on a une entente de confidentialité, puis,
deux, ce serait irrespectueux pour mes collègues qui sont assis derrière moi, mais
on a avancé, M. le Président. Mon point que je veux dire, là, c'est qu'en
quelques semaines il y a des points sur lesquels soit qu'on a entendu la
position de nos collègues innus, puis ça nous satisfait avec les détails qu'on
a eus, soit qu'on a amené des contre-propositions qui sont, pour nous,
acceptables. Il y a encore du travail à faire, mais ça avance. Je comprends la
pression que j'ai aujourd'hui, je comprends le travail des chefs innus qui ont
fait un travail remarquable puis je comprends aussi qu'avec les oppositions ça
va être merveilleux, comment ça va bien avancer après ça. Moi, je vis d'espoir.
M. Morin : Sauf que, M.
le Président, M. le ministre nous disait tantôt : oui, ils vont arriver à
une signature, puis, après ça, si j'ai bien compris, vous allez consulter. Donc,
les consultations ne sont pas faites, vous allez les faire après?
M. Lafrenière : M. le
Président, juste pour mettre ça clair, parce que c'est très technique, là...
M. Morin : Ça va prendre
combien... ça va prendre combien de temps?
M. Lafrenière : C'est
très technique, mais respectons, encore là, les communautés autochtones. Quand
nos négociateurs vont arriver à un texte qui pourrait être mutuellement
acceptable, on va le parapher. Il va être mis... Par la suite, il est prévu dans
nos clauses que les communautés innues vont consulter les autres communautés et
les communautés allochtones. Ils veulent se donner ce moment-là comme on fait
présentement. Présentement, ce qu'on fait, là, ça va être consulter les autres
ministères pour voir quels sont les points d'arrimage. Les communautés innues
veulent faire la même chose, que ce soit avec les autres communautés, que ce
soit avec les communautés allochtones, et ils se sont même donné ce droit-là de
faire un... Là, mon collègue a quitté... la troisième opposition. J'étais pour
dire le mot «référendum». Je ne voulais pas l'exciter là-dessus, mais il va y
avoir un référendum dans les communautés.
• (10 h 30) •
M. Morin : Moi, je ne
pars pas, M. le Président, je vous le dis tout de suite, là, je vais continuer.
Le Président
(M. Bachand) :Attention, on fait
attention, on ne souligne pas l'absence de nos collègues, M. le député...
M. Lafrenière : Non, je
souligne sa présence.
M. Morin : Je n'ai pas
souligné l'absence de personne.
M. Lafrenière : C'est
moi qui ai... non, c'est moi, M. le Président.
M. Morin : Je dis que je
serai présent.
Le Président
(M. Bachand) :M. le député.
M.
Morin :Vous consultez... vous consultez combien de ministères?
M. Lafrenière : Il y a
plusieurs ministères qui sont avec nous. Je vous dirais que c'est l'ensemble
des ministères parce qu'on veut s'assurer justement que personne ne va arriver
avec un petit point plus tard ou quoi que ce soit, là. C'est l'ensemble des
ministères qui sont mis à contribution.
M. Morin : L'ensemble
des ministères?
M. Lafrenière : Absolument.
M. Morin : Donc, tous
les ministères?
M. Lafrenière : L'ensemble
des ministères a des... Puis, M. le Président, vous comprenez que c'est une
négociation. Quand il arrive des points plus précis pour un ministère en
particulier, bien, on travaille avec ce ministère-là aussi, mais, à chaque
semaine, à chaque semaine, il y a un comité interministériel qui se réunit pour
faire le point, chaque semaine, de mon côté, avec mon équipe, on fait le point
au bureau du premier ministre, qui veut savoir qu'est-ce qui se passe dans le
traité. Alors, on n'est pas en mode neutre. On veut avancer.
M. Morin : Et je
comprends, M. le Président, je comprends très bien M. le ministre, là, visiblement,
le ministre n'est pas en mode neutre, sauf que, là, vous dites que vous
consultez l'ensemble des ministères. C'est quoi, les échéanciers? Parce que,
écoutez, ça ne finira jamais.
M. Lafrenière : M. le
Président, je comprends la remarque du collègue, puis je veux juste réitérer ce
que j'ai dit tantôt, puis je pense qu'on va arriver à quelque chose que les
gens vont... vont comprendre. En quelques semaines, il y a des points qui ont
été réglés. Alors, si, comme mon collègue le suggère, on consultait, puis
c'était remis aux calendes grecques, puis ça ne bougeait pas, il aurait raison
de s'inquiéter. Présentement, quand on travaille avec les collègues, c'est en
mode solution, puis ça, c'est la commande du premier ministre, c'est :
Arrivez-moi avec des solutions. Tout le monde, puis là je ne veux pas être
méchant avec mon collègue, tout le monde peut trouver des critiques, mais là on
est en mode solution, puis c'est ce qui a été passé comme commande, et la
preuve tangible à ça, parce que je n'aime pas vendre de l'air...
10 h 30 (version révisée)
M. Lafrenière : ...on est en
mode solution. Puis c'est ce qui a été passé comme commande. Et la preuve
tangible à ça passe, parce que je n'aime pas vendre de l'air, c'est qu'il y a
des points qu'on a avancés en seulement quelques semaines.
M. Morin : D'accord. Quand le
premier ministre vous dit : Arrivez-moi avec des solutions... Le premier
ministre nous dit que c'est un homme de résultat, ça fait qu'il vous dit :
Arrivez-moi avec des solutions, puis il n'y a pas d'échéancier. Il dit :
Arrivez-moi avec des solutions. Ça, ça peut prendre une semaine, deux semaines,
trois semaines, un mois, deux mois, trois mois. Ça ne finira pas. C'est... Je
veux dire, je ne peux pas croire que le premier ministre vous dit :
Arrivez-moi avec des solutions, puis on verra. Je veux dire, il doit vous dire :
Non, non, moi, je veux une réponse par telle date. C'est quoi, vos dates?
M. Lafrenière : M. le
Président, je vais rassurer mon collègue, l'échéancier est à chaque semaine. À
chaque semaine, je dois faire rapport de comment on a avancé. Je vous l'ai déjà
dit que mon patron était un homme qui n'était pas nécessairement patient, alors
j'ai de la pression à chaque semaine pour livrer.
M. Morin : OK. Autre sujet. Il
n'y a pas longtemps, j'ai eu le privilège à poser plusieurs questions à la
présidente du Conseil du trésor, qui évidemment, comme vous le savez, est
responsable de l'ensemble de l'appareil gouvernemental, comme employeur. Et je regardais
les statistiques d'un très grand nombre de ministères et je lui posais des
questions là-dessus. Puis, parmi ses réponses, elle disait : Oui, mais je
travaille avec le secrétariat, je travaille avec le secrétariat. C'est... C'est
parfait parce que vous êtes là ce matin. Quelles sont les actions que vous
posez au sein de l'appareil gouvernemental pour vous assurer que vous allez
embaucher des membres des Premières Nations et des Innus? Parce qu'il y a un
nombre important d'organismes de l'État où il y en a très peu ou pas du tout.
Quels sont les programmes que vous avez? Comment vous fonctionnez avec vos
collègues? Parce que votre collègue me disait : Ah non, ça, c'est le secrétariat.
Bien là, le Secrétariat est devant nous ce matin. Moi, j'aimerais ça savoir ce
que vous faites.
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président. Puis c'est... c'est une question fort importante. Puis je pense qu'il
y a trois niveaux qu'on doit regarder dans cette question-là.
Premièrement, il y a la représentativité
au sein des conseils d'administration. Parce que c'est beau de dire que ça
prend de l'embauche, mais ça prend aussi de la représentativité. Et ça, quand
on a fait le Groupe d'action contre le racisme, c'est un point important qu'on
a amené, ça prend une plus grande représentation. Et je peux vous sortir les
chiffres, je peux vous nommer les gens, mais on est rendus à 14 personnes
qui ont été nommées sur des... au sein de conseils d'administration. Donc, ça,
ça envoie un message très fort.
Deuxièmement, il y a les formations aussi
qu'on fait avec l'ensemble des ministères, où on forme les employés des
ministères sur les réalités autochtones pour, un, amener moins d'intolérance. Parce
que je l'ai déjà dit tantôt, hein, puis je ne changerai pas mes... mes phrases,
là, il y a de l'intolérance, du racisme, on le sait, alors la formation est
extrêmement importante. Et, avec le Conseil du trésor, il y a une politique d'embauche,
ce qu'on appelle, puis mon collègue d'Hochelaga connaît ça, les programmes d'accès
à l'emploi, de s'assurer qu'il y a une bonne représentativité.
Mais je vous dirais... Puis, M. le
Président, si vous... si mon collègue le permet, je vais déborder une petite
seconde sur son point parce que je pense que ça va répondre à sa question. Il y
a aussi comment on va rejoindre les membres des Premières Nations. Parce que j'étais
à Quaqtaq la semaine passée, vendredi, puis ce qu'on se faisait dire, c'est :
Il y a des jobs qu'on aime, il faut offrir la formation qui va avec ça. Puis
ça, M. le Président, j'ai vu que les Inuits se sont pris en main. Ils ont
offert de faire un centre de formation régional professionnel pour donner accès
à des jobs que les gens veulent. Ça va prendre ça aussi. Puis tantôt, je
parlerai de formation, là, mais il faut donner accès à de la formation pour
tout le monde aussi, M. le Président.
M. Morin : Est-ce que vous
avez des cibles qui vont vous amener vers des résultats pour l'embauche?
M. Lafrenière : Dans les...
Tantôt, quand je parlais des conseils d'administration, à chaque semaine, quand
il y a des nominations, comme vous savez, ça passe au Conseil des ministres.
Puis, à chaque fois, on voit les statistiques pour voir la représentativité. Puis
c'est clair que j'en fais un devoir, de regarder à chaque fois la
représentativité autochtone. On est rendus à 14 personnes qui ont été
nommées sur des conseils d'administration.
Je regardais, avec ma collègue du Conseil
du trésor, pour la politique, pour voir comment on va ressortir les chiffres. Mais,
au-delà des chiffres, puis je reviens encore sur la formation, c'est beau de
dire qu'on veut embaucher des Autochtones, mais il faut leur donner accès à de
la formation.
Puis une des choses, puis je sais que mon
collègue connaît ce programme, on a bâti jusqu'à présent trois milieux de vie
autochtones pour que les gens puissent aller à l'école, que ce soit le cégep ou
l'université. Parce que c'était une barrière, ça, M. le Président, qui
existait, où souvent ce sont des femmes qui retournent aux études. Avec de la
famille, elle n'a pas accès à un logement, donc pas de retour aux études
possible. On l'a fait à Sept-Îles, Trois-Rivières, c'est déjà ouvert, Québec s'en
vient, Chibougamau va suivre. Et encore là, puis vous allez dire que je ne réponds
pas directement, mais si on ne donne pas accès à de la formation, on n'arrive
pas au bon... au résultat, M. le Président.
M. Morin : Alors, M. le
Président, quand... quand vous dites 14, M. le ministre, c'est 14 sur combien?
M. Lafrenière : Sur les
conseils d'administration? Bien, on s'entend, là, sur les conseils d'administration,
on en a de huit à 12 personnes. On parle d'une représentativité,
normalement, donc il y a 14 conseils d'administration qui ont une
représentativité autochtone.
M. Morin : Oui. Et vous avez
combien d'Autochtones sur des conseils d'administration, sur un nombre total de
combien de postes?
M. Lafrenière : Je ne
pourrais pas répondre, M. le Président, pour <être...
M. Lafrenière :
...Je
ne pourrais pas répondre, M. le Président, pour >être bien honnête avec
vous. Je ne sortirai pas un chiffre comme ça, là. Je sais cependant ceux qui
sont nommés. Parce que dans mon autre cartable de périodes de questions, s'il
me repose la question au bleu, je pourrai y répondre, j'ai la liste des gens
qui ont été nommés avec leurs noms.
Une voix : ...
M. Lafrenière : Je n'ai pas
le bon cartable. Ça arrive. Mais sérieusement, il y a 14... Puis c'est
important, là. Puis, tu sais, on en fait une blague, mais c'est important parce
que ce sont des gens qui ont été nommés. Je peux donner, entre autres, là, M.
Konrad Sioui, qui a été nommé à la SAAQ. Ce sont des postes qui sont
prestigieux. Ça envoie un message. Ils deviennent des ambassadeurs aussi pour
les membres des Premières Nations, en disant : J'ai eu accès, on peut y
arriver.
M. Morin : Est-ce que...
Le Président (M.
Bachand) :M. le député.
M. Morin : M. le Président, est-ce
que, M. le ministre, vous pouvez vous engager à nous transmettre ces
informations-là après? Parce que, là, je comprends que vous n'avez pas le
cartable devant vous, là, mais... mais moi, je veux faire un suivi là-dessus.
Donc, est-ce que vous pouvez vous engager à nous donner ces chiffres-là, c'est-à-dire
qu'il y a combien de postes puis vous avez combien de demandes des Premières
Nations ou des Inuits sur ces... sur ces conseils?
M. Lafrenière : Je vais même
en mettre une couche de plus. Je vais lui donner la liste des gens qui ont été
nommés avec les noms et aussi le nombre de conseils d'administration pour que
vous puissiez voir les chiffres. Absolument. Il y a...
M. Morin : Parfait. Merci.
Le Président (M.
Bachand) :Vous allez faire parvenir ça à
la commission, bien sûr. Merci beaucoup.
M. Lafrenière : Absolument.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup...
M. Lafrenière : Merci à vous,
M. le Président, bien sûr.
Le Président (M.
Bachand) :Merci.
M. Morin : Merci, M. le Président.
Vous avez fait référence à ça, M. le ministre, il y a parfois, même dans des
critères de sélection, certains critères ou des enjeux qui font en sorte qu'on
va discriminer des Premières Nations ou des Inuits. Est-ce que vous travaillez
avec le Conseil du trésor pour vous assurer que, quand il y a des concours, il
n'y aura pas des éléments dans les descriptions de travail ou dans les... dans
les qualifications recherchées dans le cadre des concours qui vont faire en
sorte que ça va entraîner une discrimination pour les Premières Nations et les
Inuits?
Le Président (M.
Bachand) :...
M. Lafrenière : ...je n'aime
pas dire dans la même phrase «discrimination» puis «positive», mais je vais
être obligé de le faire, parce que ce qu'on essaie de faire, justement, M. le
Président, c'est de la discrimination positive. Et, dans chacun des ministères,
il y a une Direction des affaires autochtones. Et j'ai rencontré... On est
rendus à la moitié des ministères que j'ai rencontrés pour leur rappeler
l'importance que cette direction-là se retrouve au plus haut niveau, qu'on la
valorise. Alors, oui, c'est une discrimination qui est positive, parce que, ça
aussi, M. le Président, je pense, c'est un facteur de changement, un vecteur de
changement, que cette Direction des affaires autochtones se retrouve le plus
proche possible du ministre. Il y a plusieurs de mes collègues qui ont déjà
fait des changements. Ça existe. Alors, oui, c'est une discrimination qui est
positive.
Puis j'irais une couche de plus loin pour
mon collègue, M. le Président. On pourrait parler des contrats aussi. Puis, avec
ma collègue du Conseil du trésor, on travaille à voir de quelle façon on
pourrait encourager, favoriser des entreprises autochtones dans certains
contrats, tout en étant prudents. Parce que, M. le Président, il y a un côté
négatif à ça. On le connaît, on a vu ce qui est arrivé avec ArriveCAN du côté
fédéral.
Ce qu'on ne veut pas, puis ça, c'est les Autochtones
dans le projet Apuiat qui me l'ont dit... on ne veut pas que de façon
statistique, on vienne dire qu'il y a 20 personnes qui travaillent sur un
projet si on ne leur donne pas accès à un travail qu'ils veulent. Ce que je
veux dire par là, c'est qu'on se serve des chiffres puis qu'on dise : Toi,
je t'embauche comme Autochtone, mais reste chez toi, comme ça, je pourrai dire
que j'ai embauché 20 Autochtones. Ça, je l'ai entendu, M. le Président. Ce
sont des gens dans le projet Apuiat qui ont dit : Nous, là, on veut avoir
accès à une job qu'on a le goût. Puis j'ai posé la question en disant :
Pourquoi vous me dites ça? Ils ont dit : Dans le passé, souvent, ils
étaient embauchés en se faisant dire : Reste chez toi, tu es un chiffre
pour moi. Puis on ne veut pas ça.
• (10 h 40) •
M. Morin : ...maintenant,
j'aimerais qu'on parle du Nunavik. Est-ce que vous pouvez me renseigner sur
l'état de la demande pour qu'il y ait un CT scan au Nunavik? Parce que,
quand j'ai posé des questions, je vous ai posé des questions, j'ai posé des
questions au ministre de la Santé, ce n'était pas encore fait, pendant la
période de questions. Donc là, maintenant, vous êtes rendus où?
Le Président (M.
Bachand) :...
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président. Puis je l'ai dit tantôt, puis excusez si je me répète, là, mais
j'étais à Quaqtaq pas plus tard que vendredi dernier et je rencontrais... il y
a des gens de la régie qui étaient là. Parce que, ça, c'est une autre réalité
aussi. Tantôt, on parlait d'autonomie puis, dans Petapan, l'importance de
donner plus d'autonomie. Mais, quand ils en ont, il faut la respecter. Puis ça,
c'est un bel exemple, avec les Inuits. Ils ont une régie, régie de la santé,
qui est une forme d'autonomie. En matière d'éducation, si on en parle tantôt,
ils ont aussi KI, qui est une forme d'autonomie. Si on parle de l'eau potable,
des services rendus aux citoyens, ils ont l'ARK, qui est une forme d'autonomie.
Pour la régie, M. le Président, pour la régie,
je l'ai demandé puis j'ai fait le suivi. Parce que, le collègue, ce n'est pas
la première fois qu'il m'en parle, puis, je sais, c'est un dossier important. Puis
il a raison, je n'ai pas encore de date. Je ne peux pas vous dire où on en est
rendus du côté de la régie. Mais mon collègue, quand je suis... je me suis
déplacé à Puvi avec lui, il avait fait une demande. On... Je pourrais vérifier avec
la régie. Je n'ai pas la réponse à lui donner aujourd'hui, M. le Président. Puis
ce n'est pas parce que ce n'est pas important. Parce que ça l'est extrêmement.
Puis on l'a su, hein, pour les cas de
cancer, pour les cas de maladies, de tuberculose, c'est important d'avoir le CT scan.
Je me permettrais de rajouter cependant, M. le Président, pour la côte ouest du
Nunavik, maintenant, ils sont reliés par la fibre optique. Vous allez me dire :
Ian, pourquoi tu nous dis ça? En matière de santé, c'est extrêmement important.
Auparavant, on demandait à une infirmière de partir avec une... un rayon X,
une radio, en avion, pour aller dans le Sud. Maintenant, avec la fibre optique,
on peut faire suivre cette <information-là...
M. Lafrenière :
...>information-là.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le député d'Acadie.
M. Morin : Très bien. Ça
coûte combien, un CT scan?
M. Lafrenière : J'ai... Je
vais être très honnête avec vous, M. le Président, je n'ai pas acheté ça dans
ma vie, je n'ai aucune idée, ce que ça peut valoir.
M. Morin : Avez-vous les
coûts de ce que ça coûte au gouvernement pour les services de
l'avion-ambulance?
17903 M. Lafrenière : Je
ne pourrais pas vous dire, M. le Président. On pourrait regarder avec la Santé.
Mais, regardez, je vais répondre indirectement en disant qu'annuellement, parce
que j'ai demandé qu'on regarde, là, ce qui était transféré au Nunavik pour les
différents volets, hein, que ce soit la santé, l'éducation, les services
donnés, c'est près de 1 milliard par année qui est transféré au Nunavik pour
les différents soins, comme je vous dis, que ce soit la santé, l'éducation ou
les services. Alors, c'est beaucoup de... c'est des sommes importantes qui sont
transférées. Si vous me demandez combien ça coûte, si vous me demandez combien
coûtent les déplacements, mais je sais très bien ce que mon collègue veut dire.
Est-ce qu'il n'y aurait pas une économie d'échelle en disant : Si on a un
CT scan, on ne les déplacera pas? Je vous répondrais noui. Moi, je pense
plutôt à la santé des gens. Parce qu'il n'y aura pas 14 CT scan au
Nunavik. Si on en a un, ça va quand même demander aux gens des communautés de
Salluit, d'Ivujivik ou de Quaqtaq de prendre l'avion pour aller à Puvi. Ça fait
que je pense qu'il y a une économie, mais honnêtement, le point le plus
important, c'est la santé des gens, ça fait que je suis d'accord avec lui.
19253 M. Morin : Ce
qu'on... Oui. Mais mon point, mon point est le... est le suivant. Parce que j'ai
posé des questions, M. le Président, à M. le ministre, là-dessus. Quand vous
avez un traumatisme crânien au Nunavik, vous avez 40 fois plus de chances
de mourir que si vous l'avez à Montréal. Ce n'est pas banal, là, 40 fois
plus de chances.
Ce que je comprends, c'est qu'ils n'ont toujours
pas de CT scan. Puis... Puis je comprends la réalité du Nunavik. Et
j'écoute... j'écoute votre réponse. Il n'y a pas... Il n'y a pas un réseau
routier, là. Ça fait que les villages autour ou les villes en périphérie vont
devoir quand même prendre l'avion. Mais est-ce qu'on s'entend que, s'il y a un
CT scan dans le Nord, je ne sais pas, moi, que ce soit à Kuujjuaq ou dans
une autre ville, bon, Kuujjuaq étant un centre important, c'est quand même
moins loin que de se ramasser à Montréal? Parce que ce que je comprends
présentement, c'est, quand il y a quelqu'un qui a besoin d'un CT scan,
vous devez aller le chercher en avion puis vous le ramenez à Montréal ou à
Québec. Il y a un coût à ça. Et je vous... je vous avoue sincèrement, j'ai
beaucoup... Parce que, là, vous avez parlé des sommes d'argent qui sont
transférées. Écoutez, je suis convaincu qu'un scan, ça ne coûte pas
1 milliard, là.
M. Lafrenière : Moi... Moi
aussi.
M. Morin : Bon. Alors, qu'est-ce
que vous attendez? Parce que ce qu'on me répond, là, mois après mois, après
mois : Ah! on va travailler de nation à nation, ah, il y a une autonomie. Je
comprends tout ça, là, puis je ne suis pas contre ça, sauf que, là, demain
matin ou après-midi, s'il y a quelqu'un au Nunavik qui a un traumatisme
crânien, il n'aura pas de scan. Ça fait que quand est-ce qu'ils vont en avoir
un?
Le Président (M.
Bachand) :...ministre.
M. Lafrenière : M. le
Président, 30 secondes. Le processus de réponse à sa question, ça va être
assez simple, M. le Président. Pour moi, ça va être de parler à la régie puis
de leur demander quand est-ce qu'ils vont le faire. Parce que je le sais que
cette approche-là est difficile pour nous, mais on ne peut pas être
paternalistes. L'argent est transféré. Ils ont une forme d'autonomie. C'est à
la régie. Puis c'est pour ça que lorsqu'il pose des questions, peut-être, la
réponse n'arrive pas aussi vite. On doit demander à la régie pour voir où ils
sont. On a des enjeux aussi de personnel formé. Mais c'est clair, ce que... ce
que mon collègue a dit tantôt, M. le Président. Quand on vit dans un village
qui n'est pas relié par la voie terrestre, c'est clair que ça amène plein
d'enjeux de santé. Mais il a raison, ça prend un CT scan dans le Nord.
Puis je vais faire un retour.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve,
pour 12 min 6 s, s'il vous plaît.
M. Leduc : Merci, M. le
Président. Rebonjour, M. le ministre. Deuxième... Deuxième round. Deuxième et
dernier round.
Parlons un peu de ce qui se passe à Kanesatake.
On a des... On a de l'écho qui se passe beaucoup de... des coups de feu,
dynamitage, les menaces, les agressions physiques. C'est un climat qui est très
difficile. Qu'est-ce qu'on.... Qu'est-ce qu'ont été vos actions, en tant que
ministre dans ce dossier-là, pour assurer la sécurité des résidents de Kanesatake?
Le Président (M.
Bachand) : ...
M. Lafrenière : ...M. le
Président. Puis je vais rajouter des éléments de ce que mon collègue a dit.
C'est un dossier que je connais très bien, que je suis de très près. Il y a
toute une dynamique au niveau du leadership dans la communauté aussi, puis ce
n'est pas étranger à tout ce qui se passe, M. le Président. On a un grand chef,
d'un côté, qui a été isolé avec des chefs dissidents. En bon québécois, là, ça
ne se passe pas bien, mais pas pantoute, dans le conseil de bande. Et ça, c'est
propice, dans ce temps-là, à laisser, avec cette absence de leadership là... laisser
la place à des... à des problématiques qui ont lieu.
Alors, si vous me demandez qu'est-ce que
je fais, je parle autant... je suis en lien autant avec les dissidents qu'au
grand chef. Puis ça, en passant, il n'y a pas de surprise, ça fait que je ne me
mets pas dans le trouble en le disant aujourd'hui. Les deux groupes le savent,
je dois parler à tous les groupes. J'ai fait à plusieurs reprises appel au
gouvernement fédéral en lui rappelant qu'il y avait des enjeux de gouvernance
dans la communauté. Moi, ça m'interpelle. Dans le dossier de G&R Recycling,
qui est un dossier... Puis je le dis en anglais, je suis désolé, c'est le nom
de la compagnie. C'est un dossier extrêmement important. J'ai réussi à
provoquer une rencontre avec le gouvernement fédéral, qui ont mis de l'argent
sur la table pour être capables de décontaminer le site. Puis ça, c'est
extrêmement important : présentement, la chicane, puis je vais dire le
vrai terme, qu'il y a <au...
M. Lafrenière :
...chicane,
puis je vais dire le vrai terme, qu'il y a >au sein du conseil de bande
ne permet même pas au gouvernement fédéral de commencer la décontamination.
Alors, c'est un problème qui est réel
là-bas. Je tape du pied, je tends la main à mes... à mes collègues du fédéral
pour qu'on trouve une solution. M. le Président, je vais terminer en disant :
On a déjà évoqué la possibilité de mettre sous tutelle le conseil de bande. Les
deux groupes l'ont demandée, je l'ai demandée, mais le gouvernement fédéral
nous suggère de ne pas aller de l'avant avec cette demande-là. Ils l'ont fait
ailleurs au pays, puis ça a été des catastrophes.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le député.
M. Leduc : ...c'est ça que
vous dites? Il faudrait faire l'indépendance du Québec. C'est ça que vous me
dites?
M. Lafrenière : Finalement,
vous êtes deux à partir sur les mêmes histoires.
M. Leduc : Parlons des
langues autochtones. Il y a, à plusieurs reprises, des Premières Nations qui
ont émis le souhait que vous ne légiféreriez pas sur le dossier des langues
autochtones. Or, vous en parlez dans votre plan d'action gouvernemental, vous
en avez parlé aussi en juin dernier lors de la Journée nationale des peuples
autochtones, est-ce qu'il y a en ce moment, M. le ministre, un comité
interministériel qui travaille, au moment où on se parle, sur un projet de loi
sur les langues autochtones?
Le Président (M.
Bachand) :...
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président. Premièrement, ce n'est pas une cachette, on l'avait dit, puis le
premier ministre l'avait déclaré, qu'on était prêts à aller jusqu'à
l'équivalent d'une loi 101 pour les langues, cultures autochtones. Puis
ça, ça a été dit lors de la Journée vérité et réconciliation à Saint-Marc-de-Figuery.
Ça fait que ça, on ne s'en cachera pas, on l'a... on l'a offert.
Vous savez aussi que j'ai tenu des
dialogues à plusieurs endroits au Québec sur les langues, cultures autochtones
pour savoir, écoutez, qu'est-ce qu'on peut faire, comment on peut travailler
ensemble. Parce qu'il y a un point qui est vrai, qui est extrêmement vrai,
c'est que les responsables de garder les langues, de promouvoir les langues
autochtones, ce n'est pas nous, ce sont les Autochtones eux-mêmes. Alors,
l'offre qu'on a faite, c'est de dire : Comment on peut travailler avec
vous? Comment on peut vous aider? Comment on peut s'imposer, nous, comme
gouvernement, certaines obligations en matière de langues, de cultures
autochtones? On a tenu les consultations, puis à la... des dialogues, pardon.
Même le terme, on l'a changé, parce que c'était... ce n'étaient pas des
consultations au sens propre de la loi et des habitudes autochtones. On a
appelé ça des dialogues. Et, d'un côté, j'ai entendu le monde politique qui
nous disait : Mêlez-vous pas de ça, c'est... c'est nos choses à nous. J'ai
entendu aussi les aînés, les Kukum, qui m'ont dit : Il faut faire de quoi,
c'est nous autres qui sont porteurs des langues et des cultures autochtones.
Alors, le projet de loi a été mis de côté.
Je vais être, encore là, très honnête avec vous, je ne touche plus à ce projet
de loi là. Cependant, dans nos actions concrètes, on fait des choses en matière
de langues, cultures.
Le Président (M.
Bachand) :Merci.
M. Lafrenière : Et un exemple
concret pour terminer.
M. Leduc : Donc, si je comprends
bien...
M. Lafrenière : Kahnawake, on
a fait un centre communautaire et culturel avec la communauté. On a investi. Ça
fait qu'on y va dans des actions comme ça.
M. Leduc : OK. Si je
comprends bien, M. le ministre, il y avait un projet de loi en préparation, et
là, il n'y a plus de préparation. Il est sur...
M. Lafrenière : Il y avait
une volonté, je vais appeler ça comme ça, il y avait une volonté.
M. Leduc : OK. Mais est-ce
qu'il y avait eu comité interministériel? Est-ce que les travaux avaient
commencé?
M. Lafrenière : Le comité
interministériel?
Une voix : ...
M. Lafrenière : ...puis, c'est
pour ça, je me... je me tournais vers mon sous-ministre. C'est dans le plan
d'action sociale, ce qu'on appelle le PAG 2. On est bien bons dans les
acronymes, là. On a la plus grande priorité qui a été donnée, c'est plus de
25 %, langues, cultures autochtones. Ça fait que c'est clair qu'on a ça. Mais...
M. Leduc : Ce n'est pas... Ce
n'est pas ça, ma question. C'est : Est-ce qu'il y avait eu comité...
M. Lafrenière : Mais ça n'a
pas rapport avec le projet de loi.
• (10 h 50) •
M. Leduc : Est-ce qu'il y
avait eu un comité interministériel qui avait commencé à travailler, là, sur
des articles de... du projet de loi?
M. Lafrenière : ...nos études,
on a consulté nos... nos collègues de d'autres ministères pour travailler à...
aux dialogues.
M. Leduc : OK. Mais la
rédaction n'avait pas commencé?
M. Lafrenière : On n'est pas
dans le projet de loi. Puis, je vous le dis, je n'irai pas mettre dans la gorge
un projet de loi que les Autochtones ne veulent pas présentement. Ça ne me
donne absolument à rien.
M. Leduc : Ça fait qu'il y
avait eu discussions, il y avait eu dialogues?
M. Lafrenière : Oui.
M. Leduc : Mais on n'était
pas allés plus loin que ça. Donc, aucun article de projet de loi n'est en cours
de rédaction dans votre ministère sur les langues autochtones?
M. Lafrenière : Je m'en suis
assuré en regardant à ma gauche.
M. Leduc : C'est parfait.
Merci pour la réponse.
M. Lafrenière : Mais vous
comprenez, en toute transparence, je vous le dis, j'étais prêt à aller jusque
là. Parce que je l'ai entendu sur le terrain. J'ai fait les 55 communautés,
tout le monde me dit à quel point c'est important de faire de quoi en langues,
cultures. On l'a offert.
M. Leduc : Parlons-en,
justement.
M. Lafrenière : Cette
fenêtre-là ne reviendra peut-être pas.
M. Leduc : Parlons-en,
justement, de l'importance de faire de quoi en langues et cultures. Dans votre Plan
d'action gouvernemental, justement, sur le mieux-être social et culturel des
Premières Nations et Inuit 2022-2027, il y a quelques mesures, là, sept,
si je ne me trompe pas, qui parlent directement ou indirectement de langues. Et,
en tout et partout, vous leur accordez 6,6 millions sur quatre ans, à ces sept mesures
là, dans ce plan d'action là. Et on a fait un exercice comparatif avec une
province comparable ou un État fédéré. Je sais que vous aimez mieux ce
terme-là. Par exemple, la Colombie-Britannique, eux, pour un an, ils offrent...
ils mettent 25,4 millions sur la table pour des mesures similaires en
langues autochtones. Vous me direz : Oui, mais ils ont plus de langues
autochtones là-bas. Oui, ils en ont 22, ici, il y en a 11. Vous me direz :
Ils ont un peu plus de populations autochtones là-bas qu'ici. Oui, à peu près
deux fois plus. Mais comment se fait-il qu'en termes de ratio de financement,
ils donnent 15 fois plus que le financement que vous offrez par année sur
le dossier des langues autochtones au Québec?
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
17903 M. Lafrenière : Oui,
merci, M. le Président. Puis il y a un comité qui existe au sein de l'APNQL
qui... c'est le comité régional sur les langues... sur les langues ancestrales,
le bon <terme...
M. Lafrenière :
...langues...
sur les langues ancestrales, le bon >terme. Excusez-moi. Puis on
travaille avec eux. Tu sais, quand je vous disais tantôt qu'on avait l'idée du
projet de loi puis, finalement, on a abouti vers d'autre chose, avec du
concret, avec le comité. Puis l'échange qu'on a présentement, mon collègue
d'Hochelaga et moi-même, on a eu le même échange avec eux sur les chiffres.
Puis ce qu'on a établi, c'est que c'est 30 millions sur cinq ans. Ce n'est
pas très, très loin de ce que vous avez dit tantôt. Vous avez parlé de
6 millions par année, je crois. C'est 30 millions sur cinq ans quand
on regarde. Parce que l'autre danger, M. le Président, c'est qu'on ne travaille
pas en silo. Il faut regarder dans tous les ministères, au niveau de MELCC. Tous
les autres ministères ont des sommes aussi. On a regardé. Ça équivalait à
30 millions sur cinq ans. Ça fait que ce n'est pas loin de 6 millions
par année.
Le Président (M.
Bachand) : ...
M. Leduc : Les... Le
6 millions, si vous aviez bien... bien, je peux répéter ma question au
début, mais c'était pour les sept mesures qui questionnent les langues. Je sais
bien que votre...
M. Lafrenière : Dans... Dans
le plan d'action de notre ministère.
M. Leduc : C'est ça. Je sais
que le plan d'action est plus gros. Le 6 millions, c'est pour les mesures
sur les langues autochtones. On vient de terminer un exercice budgétaire, êtes-vous
allé voir le ministre des Finances pour obtenir plus d'argent sur les langues
autochtones?
M. Lafrenière : Première des
choses, M. le Président, comme je disais tantôt, on apprend. J'avais toute la
bonne volonté du monde. Puis on veut faire les choses différemment. Je pensais
que d'avoir un projet de loi sur les langues, cultures aiderait les Premières
Nations. Je me suis fait expliquer de prendre un pas de côté. C'est ce que j'ai
fait. Quand j'ai rencontré l'APNQL, à plusieurs reprises, ils m'ont dit
d'attendre. Ils m'ont dit qu'ils étaient présentement en train de se consulter
pour voir ce qu'ils voulaient. Alors, je pourrai faire des demandes plus...
plus tard, mais là, présentement, je n'imposerai pas mon rythme à moi. J'ai
compris leur volonté. Ils veulent prendre du temps pour se consulter, voir ce
qu'ils veulent qu'on fasse, nous, comme gouvernement, comme alliés. Mais ça ne
nous empêche pas... Puis je pourrais faire la liste des actions concrètes. Je
donnais l'exemple tantôt de Kahnawake, c'est 11 millions qu'on a mis dans
le centre communautaire culturel. Hydro-Québec a fait la même chose avec
10 millions.
On fait des actions qui sont concrètes, M.
le Président, mais c'est clair qu'on attend de voir le retour de ce comité sur
les langues ancestrales. On veut voir avec eux comment on travaille.
M. Leduc : On parle... On
parle de deux choses différentes, M. le ministre. Moi, je vous parle de
financement d'un plan qui existe déjà, puis vous me parlez d'une loi plus
large. Je comprends qu'il n'y a pas eu de demande au ministère des Finances
pour plus d'argent en langues autochtones.
Parlons de ce qui existe déjà alors. On
entend beaucoup de gens qui se plaignent qu'il y a un... Le financement pour
les projets, notamment la mesure1.5,
est plafonné à 50 000 $ par an par projet. C'est très peu, ça, pour
un projet. Puis, vous le savez, des projets, des appels de projets, c'est très
beau pour couper des rubans, là, puis faire des belles annonces, mais c'est
rarement quelque chose de structurant à moyen et à long terme. Puis je vous... Je
me rappelle, vous m'avez vous-même parlé souvent, notamment par rapport au
rapport que vous avez présenté tantôt, qu'il faut qu'on travaille pour les sept
prochaines générations. Je pense que c'est ça, le chiffre, l'expression qu'on
entend parfois. À 50 000 $ par an par projet, pas toujours
renouvelables, ce n'est pas terrible.
Est-ce qu'il y aurait moyen, à travers
votre leadership, de rouvrir un peu ce plafonnement-là et de permettre du
financement plus pérein pour les projets en langues autochtones dans votre plan
d'action?
M. Lafrenière : Oui, merci,
M. le Président. Puis mon collègue fait bien de faire la différence entre tout
ça parce qu'il y a plusieurs choses. Oui, il y a le plan d'action auquel il
fait référence, c'est 100 millions d'argent neuf qui a été mis dans ce
plan d'action, puis il y a le fonds d'investissements autochtones aussi. Puis
c'est à ça qu'il fait allusion quand il parle de la limite du plafonnement.
Et, en passant, dans notre plan d'action
pour les prochaines générations, on a décidé de faire différemment, M. le
Président. Donc périodiquement, on révise notre plan avec les Premières Nations.
Ce qu'on veut dire par là, c'est que, des fois, il y a peut-être des bonnes
idées qu'on a mises là, on est partis d'une bonne initiative, mais on se rend
compte à terme qu'il faudrait mettre plus d'argent ou changer ça. Alors, on se
laisse cette chance-là pour... pour réviser nos façons de faire.
Puis, quand il parlait... je sais qu'il
faisait une boutade quand il parlait des rubans, mais il peut regarder, je ne
suis pas très, très fort là-dessus. Je préfère être sur le terrain, d'être avec
les gens. Et effectivement, de faire de la politique là-dessus, ce n'est pas
très, très gagnant.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député.
M. Leduc : Le temps file, M.
le ministre. Il me reste peut-être une ou deux questions.
Je veux aller toujours sur la question des
langues, mais en lien avec le rapport de la commission Viens. Il y a eu le Protecteur
du citoyen qui a déposé, en octobre dernier, là, un premier rapport de suivi de
la commission Viens. Puis il calculait qu'à peine un tiers des appels à l'action,
32 %, ont été réalisés ou en voie de l'être. Je ne sais pas si vous pouvez
qualifier, vous, ce chiffre-là, de 32 %.
Mais ma question. Dans le fond, je vous
pose les deux puis je vous laisse le temps pour répondre après. Il y avait un
appel à l'action, numéro 14, pour faire une banque centralisée
d'interprètes et de traducteurs à l'emploi du gouvernement. Puis, dans notre
préparation des crédits, on a demandé au ministère de nous fournir ladite
liste, et semble-t-il qu'elle n'existe pas. On nous a envoyé des chiffres en
lien avec les navigateurs autochtones dans différents CIUSSS et CISSS du
Québec, mais un navigateur autochtone, ce n'est pas la même chose qu'un
traducteur et... Est-ce que vous nous confirmez donc qu'il n'y a absolument
aucune chose qui a été faite sur la... les traducteurs de langues autochtones
dans le réseau de la santé au Québec?
Le Président (M.
Bachand) :Moins d'une minute, M. le
ministre, s'il vous plaît.
M. Lafrenière : On va y aller
rapidement. Alors, M. le Président, on me demandait de qualifier le Protecteur
du citoyen. Je veux juste mettre les choses bien au clair. J'ai écrit au Protecteur
du citoyen, quand j'ai déposé mon plan d'action J'ai espoir, en disant :
S'il vous plaît, allez vérifier qu'est-ce qui est fait comme... comme
avancement. Alors, je suis très heureux du rapport du citoyen.
Puis je ne veux pas embarquer dans les
chiffres. Parce qu'honnêtement, pour la personne qui attend un changement dans
sa communauté, qu'elle fasse partie du 74 % qui a été fait, ou du 24... Il faut
faire <des...
M. Lafrenière :
...qui
a été fait, ou du 24... Il faut faire >des changements. Tout le monde
est d'accord qu'il y ait des changements. Tout le monde est d'accord qu'il y a
encore du travail à faire. Il y a la commission Viens, j'ai l'ENFFADA, j'ai le Groupe
d'action contre le racisme, j'ai la Commission spéciale sur l'exploitation
sexuelle des mineurs, 600 recommandations. C'est un projet de société, il
y a encore beaucoup de travail à faire.
Pour les langues et la partie très précise
que le collègue a amenée, je peux donner le contre-exemple. Au niveau de la
justice, dans le Nord, au Nunavik, on est rendus avec des traducteurs. Parce
qu'imaginez, M. le Président, il y a des gens qui se faisaient juger qui ne
comprenaient pas ce qui se passait. Puis je sais que mon collègue de
l'opposition officielle connaît cette réalité-là. Ça, ça a été ajusté.
Le Président (M.
Bachand) : Merci.
M. Lafrenière : On a tenté de
faire cette banque-là, ce n'est pas fait, c'est complexe, avec les traducteurs.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup, M. le ministre.
M. le député de l'Acadie, pour 18 min 10 s, s'il vous plaît.
M. Morin : ...le Président.
M. le ministre, vous avez combien de postes vacants présentement d'infirmières
au Nunavik?
M. Lafrenière : Votre
question est... est bonne, sauf quand vous dites «vous avez». Je n'ai aucun
poste de... dans mon ministère. Mais je peux vérifier avec la régie.
Honnêtement, je ne veux pas lancer une boutade, là, je ne sais pas. Je peux
vous dire cependant qu'il y a des changements qui ont été faits, entre autres,
pour les... la rémunération, pour donner des avantages spécifiques aux... aux
infirmières au Nunavik, des primes de rétention.
Puis je n'aime pas ça, ne pas prendre la
question puis ne pas y répondre, mais ça va être plutôt la Santé et la régie
qui vont pouvoir répondre à ça, M. le Président. Je suis désolé, je ne le sais
pas. Ce que je sais cependant, mon collègue ministre de la Santé et moi-même,
on a annoncé, l'année passée, 150 logements au Nunavik, près de la moitié
qui sont déjà réalisés, pour les employés de la santé. Parce que, oui, il y a
des conditions de travail au niveau monétaire, mais il y a aussi des conditions
de vie. Puis ça, c'est une... c'est une demande qui avait été faite, on y
répond. Puis je sais qu'il y a une prime de rétention aussi qui a été bonifiée
et des conditions spécifiques qui ont été faites aussi. Mais je suis désolé, je
n'ai pas la réponse à la question bien précise.
M. Morin : Est-ce que, M. le
Président, on peut avoir accès à ces documents-là ou à ces chiffres-là
éventuellement? Est-ce que monsieur...
Le Président (M. Bachand) :Est-ce que vous vous engagez à trouver les documents et à
les faire parvenir à la commission?
M. Lafrenière : C'est public.
Je pourrais fournir le lien, mais c'est du côté de la Santé.
Le Président (M.
Bachand) : Merci.
M. Lafrenière : Puis, vous
comprenez, je veux juste être bien clair, ce n'est pas un chiffre que je
détiens, sinon, je vous le dirais. Je n'ai pas ce chiffre-là.
M. Morin : D'accord. Puis
avec...
Le Président (M.
Bachand) :Parfait. Merci beaucoup, M. le
ministre.
M. Morin : Merci, merci, M.
le Président. Avec les primes, est-ce que vous savez combien il y a
d'infirmières qui ont été embauchées?
Des voix : ...
M. Lafrenière : Je vais
revenir avec la même réponse, je vais devoir vérifier avec la Santé et la
régie. Je suis désolé. Puis je... Puis c'est pour ça, je m'assurais, avec mes
deux collègues, qu'on ne l'avait pas à quelque part. Sinon, je vous le
donnerais, là.
M. Morin : Très bien. Je vous
remercie. On a lu également qu'il manquait plusieurs enseignants dans les
écoles du Nunavik. Alors, il y a présentement combien de postes vacants, des
postes d'enseignants, au Nunavik?
M. Lafrenière : En février
2023, puis excusez, c'est le chiffre le plus récent que j'ai de mon côté, on
estimait qu'il manquait 67... qu'il y avait 67 postes de professeurs qui
étaient manquants.
M. Morin : Donc, il y a 67 postes
vacants?
17903 M. Lafrenière : En...
Faites attention, cependant, en février 2023. C'est le chiffre le plus récent
que moi, j'ai.
• (11 heures) •
M. Morin : Oui. Je comprends.
Quelles sont les mesures qui ont été mises en place pour combler ces postes
vacants là? Parce qu'on lisait, il y a... il y a quelques mois, qu'il y a des...
qu'il y a des enfants, des adolescents qui n'allaient pas à l'école parce
qu'ils n'avaient pas d'enseignant.
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Lafrenière : ...le
Président. Puis tantôt je parlais qu'il faut agir sur plusieurs fronts : oui,
les conditions de travail au niveau pécunier, il y a le logement aussi, du
logement qui a été ajouté. Je l'ai vu quand je me suis déplacé au Nunavik, je
l'ai vu. Parce que c'est important pour l'éducation, le nombre de postes. Je
vous ai donné ce que j'avais de plus récent. Je ne suis pas capable de vous
dire combien qu'on a pu embaucher de personnes récemment avec les primes ou
quoi que ce soit. Je suis désolé, je n'ai pas cette information-là.
M. Morin : Puis est-ce que,
M. le Président, on peut avoir ces informations-là éventuellement?
Le Président (M.
Bachand) :Juste faire attention, par
exemple, parce que, là, on sort peut-être des responsabilités directes du
ministère.
M. Lafrenière : Complètement.
Le Président (M.
Bachand) :Donc, oui, on est prêts à avoir
de la documentation, pas de problème, si le ministre s'y engage. Mais juste de
faire attention, parce que, là, on sort de la responsabilité ministérielle.
Alors, je vais laisser le ministre voir s'il s'engage ou pas, mais je
demanderais au collègue de faire attention.
M. le ministre.
M. Morin : Je vous remercie.
M. Lafrenière : Oui, M. le...
M. le Président, ça... les conditions de travail pour les enseignants au Nunavik,
ça a été réglé avec... avec ma collègue. Cependant, la demande qu'il me fait
pour des chiffres, puis ça va être la même pour la réponse précédente, si c'est
ce qu'on appelle, en bon français, une source ouverte, je ferai suivre
l'information, le lien. Mais ce ne sont pas des chiffres, puis je... puis vous
avez raison de le mentionner... ce ne sont pas des chiffres que nous détenons à
notre ministère. Mais, si je trouve l'information en source ouverte, ça va me
faire un grand plaisir de la transférer à la commission, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) :...merci. M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Je vous... Je vous
remercie. On a lu également qu'il y avait une éclosion de tuberculose au Nunavik.
J'ai posé des questions au salon bleu sur ce sujet-là. Il y a même des
dispensaires qui étaient fermés à cause du manque d'employés. Quel est le plan
que vous avez mis en place, probablement avec votre collègue de la santé, pour
freiner et puis après ça réduire...
11 h (version révisée)
M.
Morin :...freiner, et puis, après ça, réduire et faire
disparaître ces éclosions de tuberculose?
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci, M.
le Président. Puis, tantôt, je disais que j'étais là vendredi dernier. Vous
allez comprendre qu'avant et après notre voyage on a eu le même questionnement
pour nous-mêmes, en allant en régions où il y a de la tuberculose. Alors, on a
fait plusieurs vérifications. Il y a quelques points que je veux amener.
Premièrement, lorsqu'on parle d'un plan d'intervention,
puis je sais que mon collègue n'aimera pas la réponse, c'est à la régie de l'établir.
Cependant, on a fait nos devoirs, voir ce qui se passait, parce que, cette
année, on parle... bien, dans la dernière année, pardon, on parlait de 82 cas.
L'année précédente, 35. Ça fait que, oui, une augmentation. Puis quand je
regardais dans la... dans la littérature, c'est cyclique, hein? Pendant
quelques années, 2012, 2013, 2015, il y a eu des augmentations. Ce qu'on nous
répond quand on questionne la régie, c'est que, présentement, il y a beaucoup
plus de cas parce qu'on teste plus. Moi, je pensais que c'était l'inverse. Je
pensais que, pendant la COVID, les mesures barrières qu'on avait mises en place
avaient diminué les cas de tuberculose. Ce qu'on m'a dit, c'est que, pendant
les années de COVID, il n'y a pas eu de tests de tuberculose qui ont été faits.
Donc, c'est pour ça qu'il y a une augmentation. Ça ne veut pas dire que ce n'est
pas important.
Il y a deux enjeux majeurs qu'on a avec la
tuberculose. Le premier, c'est la promiscuité. Depuis tantôt, je parle d'habitation.
Je sais que j'ouvre flanc en lui disant, mais je veux être très transparent, le
fait de vivre à 12, 13, 14 dans la même maison, quand une personne a la
tuberculose, vous pouvez comprendre que c'est une augmentation qui est une
flambée, un.
Deuxièmement... Puis ça, je lisais des
messages, entre autres, d'une mairesse, si je ne me trompe pas, c'est à
Salluit, qui disait : Les gens de ma communauté, quand ils sont malades,
ils ne veulent pas se faire traiter dans le sud. Pourquoi? Parce que, vous le
savez, puis on a travaillé ensemble sur la loi n° 79,
il y a des gens qui ont cette crainte de descendre pour aller chercher des
soins de santé dans le sud, de ne pas revenir ou d'être plus malades. Ça fait
qu'il y a encore des craintes qui existent. Avec la loi n° 79,
on a mis en place des choses qui sont très claires. On fait de la formation
aussi pour le personnel dans le sud, des navigateurs, et tout. Alors, on agit
sur les deux flancs, on augmente... et avec ma collègue ministre de l'Habitation,
on travaille pour augmenter le nombre d'habitations, pour réduire, justement,
cette promiscuité-là.
Et pour la loi n° 79,
c'est un autre axe qui est... qui est vraiment important. Bien, je vais vous
dire, exemple, depuis 2023, les nouveau-nés au Nunavik reçoivent le vaccin pour
les prévenir contre la forme grave de tuberculose. Ça ne prévient pas tout,
mais ça prévient contre la forme grave de tuberculose. Parce qu'il y en a deux
phases, là, il y a la latente, et il y a celle qui est plus grave. Donc, ça
prévient ces cas-là.
Et l'autre chose aussi que je peux vous
dire, c'est que, nous, depuis 2018, si je ne me trompe pas, lorsqu'il y a une
évacuation médicale, les parents peuvent embarquer dans l'avion. M. le
Président, jusqu'en 2018, lorsqu'un enfant était évacué médicalement pour
recevoir des soins, il devait embarquer seul dans l'avion. Vous pouvez vous
imaginer ce que ça amenait comme traumatisme pour les familles, les parents.
Pas 1918. 2018. Ça a été corrigé. Ça aussi, ça aide. Ça ne règle pas tout, mais
ça contribue à rassurer les parents aussi.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le député.
M.
Morin :Oui. Alors, bien, justement, quand vous parlez, M. le
ministre, qu'il y a des gens dans le Nord qui ont peur parfois d'aller dans le
sud pour se faire soigner, vous savez aussi qu'il y a les gens de Manawan qui
ont peur d'aller dans des centres hospitaliers pour se faire soigner. Là, on
revient la question du racisme systémique. À un moment donné, est-ce que votre
gouvernement va le reconnaître, puis on va arrêter de nommer l'éléphant dans la
pièce, on va lui permettre de sortir de la pièce, pour paraphraser ce que le Dr
Belzile disait? Ça aiderait.
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Lafrenière : M. le
Président, quand on fait référence aux soins de santé puis à la communauté de Manawan,
je connais bien la communauté de Manawan pour l'avoir visitée à plusieurs
reprises, entre autres, une fois où la visite s'est étirée de cinq heures parce
que la route de Manawan a décidé de s'attaquer à mon camion. Écoutez, c'est une
réalité. Et la preuve, ce qui a été changé, il y a deux ambulances, deux
véhicules de paramédics qui sont, en tout temps, en poste d'attente à Manawan.
On n'a pas arrêté là, M. le Président, il
y a aussi l'héliport. Vous savez, on a annoncé récemment le système d'héliport,
Roberval, Joliette, Manawan, Obedjiwan... Obedjiwan, c'est
déjà fait... où il va y avoir la possibilité de sortir, d'héliporter, de faire
des évacuations médicales par hélicoptère de ces communautés-là, ce qui va
venir aider. Parce que, M. le Président, il faut comprendre que, lorsqu'il y a
une évacuation médicale de Manawan, par exemple, on parle d'un deux heures
et demie d'un chemin forestier, alors c'est clair que ce n'est pas évident. Ce
qu'on a fait, on a ajouté ce service-là, c'est nouveau. Quand on parle d'héliports,
il y en a quelques-uns. Ici, on répond à des appels à l'action de la commission
Viens en rajoutant les héliports pour faire des évacuations médicales.
L'hôpital de Joliette, M. le Président, je
me permets d'en parler, de souligner le travail incroyable de Mme Maryse
Poupart, qui était la DG au CIUSSS à l'époque, qui était très appréciée des
gens de la communauté de Manawan, puis, ensemble, ils ont réussi à rebâtir des
ponts. Vous avez parlé d'éléphant dans la pièce. On sait très bien qu'on a eu
un électrochoc avec cet hôpital et ce qui est arrivé à Joyce Echaquan. On a
réussi à rebâtir des ponts, à travailler très bien avec la communauté, d'avoir
du personnel de la santé qui se rendait à Manawan, et vice versa. Ça fait qu'il
y a du travail qui est fait. Ce n'est pas parfait, mais il y a du travail qui
est fait là aussi.
M.
Morin :Parfait, oui. Maintenant, j'aimerais qu'on parle du
rapport du Protecteur du citoyen, son premier rapport de suivi de la commission
Viens. C'était en octobre 2023. Une des <constatations...
M.
Morin :
...son premier rapport de suivi de la commission
Viens. C'était en octobre 2023. Une des >constatations, que, je
vous dirais, un peu étonnante ou alarmante, du Protecteur du citoyen, c'était,
entre autres, le manque de stratégie d'ensemble du gouvernement du Québec au
regard du suivi des appels à l'action de la commission Viens, et je cite les
constats du Protecteur du citoyen. Depuis que ce constat-là est connu, qu'est-ce
que vous avez fait concrètement pour que la stratégie d'ensemble du
gouvernement soit cohérente avec les différentes recommandations et appels à l'action
qui ont été publiés par la commission Viens?
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Lafrenière : ...M. le
Président. Puis avant de répondre à sa question, si le collègue me le permet,
parce qu'on a des équipes qui travaillent très fort autour de nous pour le
nombre de profs qui est manquant au Nunavik. C'est sur le tableau de bord du
ministère, puis le chiffre est rendu à 61. Je ferme la parenthèse, M. le
Président.
Mais quand on parle, justement, de
tableaux de bord puis de transparence, pour ce qui est de nos appels à l'action,
de notre réponse à la commission Viens, sur notre site Internet... puis j'ai
fait le test moi-même hier, ça ne prend pas sept clics, je veux vous rassurer,
on peut l'écrire dans tout moteur de recherche, puis on arrive rapidement sur
notre... sur notre site Web... on voit les actions qui ont été mises en place.
Puis on n'y va pas avec une approche avec un pourcentage, de se taper... de se
taper sur les épaules en disant qu'on est bons. On écrit clairement qu'est-ce
qui a été fait comme actions. Alors, ça, c'est une... c'est une transparence. J'invite
le collègue à aller voir.
Et pour ce qui est d'avoir une cohérence,
d'avoir un plan, M. le Président, bien honnêtement, bien honnêtement, je m'inscris
en faux dans tout ça. Pourquoi? J'ai 600 recommandations, j'ai des
commissions d'enquête qui ont été faites par-dessus commissions d'enquête. Je
ne pense pas que j'ai besoin de faire un plan sur le plan qui m'est imposé. Ma
table de chevet compte 600 recommandations. On a décidé d'avancer
là-dedans, de faire des changements. Et ce que les communautés, les gens me
disaient sur le territoire, c'est : Là, vous nous avez entendus, on veut
voir des actions. C'est ce qu'on fait, M. le Président. Aucunement mon
intention de venir dire que c'est parfait, mais on bouge, on commence à faire
des changements. La commission Viens a fait son rapport, il n'y avait pas eu de
changement. On est arrivés en poste, on a mis un plan d'action, avec
200 millions, plusieurs mesures, bien qu'imparfaites. On bouge les choses,
M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le député de l'Acadie.
M.
Morin :Oui. Parmi les actions à portée transversale, le Protecteur
du citoyen, dans son rapport, identifiait 26 appels à l'action
transversaux. Trois étaient pleinement réalisés, quatre, il y a eu certaines
suites, 19 n'ont eu aucune suite satisfaisante. Alors, c'était il y a
quelques mois. Depuis la publication du rapport, quelles sont les avancées qui
ont été faites au niveau de la réalisation des appels à l'action avec une
portée transversale?
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Lafrenière : Excusez-moi, M.
le Président, je suis désolé, puis c'est la première fois que ça arrive, et je
veux juste être bien sûr : Est-ce que mon collègue parle de Viens, ou de l'ENFFADA,
et/ou des deux?
M.
Morin :Je parle de la commission Viens.
M. Lafrenière : Parfait.
Merci, M. le Président. Alors, bien, clairement, tantôt, je disais que, dans l'exercice
de transparence, sur notre site Web, on peut voir les actions qui ont été
faites. Mais, M. le Président, tout ça fait du sens, comme dirait ma fille. C'est-à-dire
que, oui, on a notre plan d'action, qui était le plan J'ai espoir, on a le plan
d'action sociale aussi qu'on a mis en place, et tout ça. Exemple, il y a des
sommes qui avaient été transférées dans le nouveau plan d'action. On donne
suite aussi à ces... à ces actions-là. Alors, M. le Président, ce n'est pas...
ce n'est pas fait de façon aléatoire, il y a une suite logique. Et, en plus, je
l'ai dit tout à l'heure, lorsqu'on a fait le plan d'action sociale, on s'est
même dit, puis c'est la première fois qu'on fait ça, de façon ponctuelle on va
regarder avec les Premières Nations qu'est-ce qu'on a fait, comment que c'est
reçu de leur part, et est-ce qu'on peut... Dans le fond, ce qu'on vient faire, c'est
un genre de reddition de comptes. Au lieu d'attendre aux cinq ans, on le fait
de façon plus fréquente, pour être capables de changer ces mesures-là.
Ça fait que je ne sais pas si ça répond à
la question du collègue, mais notre plan, il est important. C'est important d'avoir
un plan, mais c'est important aussi d'entendre les membres des Premières
Nations, de changer notre façon de faire, si nécessaire, puis c'est ce qu'on
fait. Mais dans l'approche mathématique, je me refuse d'embarquer là-dedans. À chaque
année, lorsque je dépose mon plan d'action, je dis : Écoutez, je n'irai
pas avec un pourcentage de... Je peux vous dire qu'il y a des actions concrètes
qui sont faites sur le terrain. Je pourrais... je pourrais prendre deux heures
et demie pour faire la liste des actions concrètes. À vous de juger. Moi, j'invite
les gens qui nous écoutent à aller sur le site Web, à aller voir les actions. Que
ce soient les milieux de vie, les résidences étudiantes autochtones qu'on a
bâties, c'est du concret. La police mixte. Nos navigateurs dans le monde de la
santé. Puis je vais arrêter là, mais on a plusieurs exemples. Moi, ce que j'invite
les gens à faire, c'est d'aller voir ce qu'on a fait, de nous juger sur ces
actions-là. Puis est-ce que c'est parfait? La réponse est non.
• (11 h 10) •
Le Président (M. Bachand) :
Merci. M. le député.
M.
Morin :Oui. Un des éléments importants qui était aussi soulevé
dans le rapport, et vous y avez fait référence tout à l'heure, c'est toute la
question du logement. Vous avez parlé qu'il y a des logements en construction.
Est-ce que vous avez un plan pour l'ensemble du Nunavik? Vous avez parlé de
plusieurs logements. Est-ce qu'il va y en avoir d'autres ailleurs, puis quel
est votre plan puis quel est votre échéancier?
M. Lafrenière : ...M. le
Président. Et c'est important, parce que, tantôt, quelqu'un faisait <référence...
M.
Morin :
...plan puis quel est votre échéancier?
M. Lafrenière :
...M.
le Président. Et c'est important, parce que, tantôt, quelqu'un faisait >référence... je
pense que c'est mon collègue d'Hochelaga... sur qu'est-ce que je suis allé
chercher de mon collègue des Finances, et, oui, dans le récent budget il y a
une somme qui est allouée pour le logement. Ma collègue ministre de...
responsable de l'Habitation travaille présentement à renouveler l'entente qu'on
a avec le Nunavik. Tantôt, je parlais d'autonomie. Mais, en attendant, ce qu'il
faut comprendre, c'est que le fédéral a bâti des logements, et nous, on a
ramassé la facture du déficit d'exploitation pour le Nunavik. Tantôt, j'ai
parlé des logements pour le personnel. Il faut comprendre que c'est
complètement à part, mais c'est important.
Dans nos mesures qu'on a annoncées
récemment, il y a une mesure pour aider les gens qui veulent être propriétaires
d'une maison. Si on me disait : Ian, ce n'est pas du logement social... Mais
quand les gens deviennent propriétaires d'une maison, ils libèrent un logement
social, qui est accessible, par la suite, pour des familles à faibles revenus,
puis c'est une demande qu'on avait des Nunavummiut. Alors, ça, on l'a mis en
action. Donc, plusieurs demandes... plusieurs, pardon, offres qu'on a mises sur
la table. Et à ça se greffent deux autres choses qui sont importantes de
mentionner. J'ai parlé tantôt de logements étudiants. Trois endroits, un
quatrième qui s'en vient. Et l'autre chose, on n'a pas eu la chance d'en parler
beaucoup, Pessamit, entente fort importante qu'on a conclue avec la communauté
de Pessamit et, bien que, sur communauté, c'est la responsabilité fédérale de
bâtir du logement, on a été créatifs. Il y a un fonds qui a été octroyé à la
communauté, 45 millions, et de ce fonds-là, dès le mois de mai, il y a des
logements qui vont commencer à être bâtis. Alors, une communauté qui s'est
prise en main, qui a décidé d'investir les sommes d'une entente pour bâtir du
logement. C'est ce qu'ils font présentement. Ça va commencer au mois de mai.
Alors, sur communauté... puis la réponse
est longue, là... sur communauté, responsabilité fédérale, mais on est créatifs.
Hors communauté, en milieu urbain, on a du logement, on travaille, entre autres,
avec les centres d'amitié autochtones, avec Mamik, qui bâtit aussi du logement.
On a une offre qui est assez diversifiée.
M.
Morin :Un des... un des éléments qui a été soulevé par la
commission Viens, c'était le fait que notre système juridique, le système de
droit que nous avons présentement au Québec est, sous différents angles,
incompatible avec les valeurs ou les traditions juridiques autochtones. Un des
éléments qui était soulevé, c'était la valorisation du droit autochtone, puis
la commission Viens soulignait que ça devait être placé en priorité. Quelles
sont les actions concrètes que vous avez posées avec le ministre de la Justice
pour valoriser le droit autochtone et favoriser, évidemment, l'enseignement du
droit autochtone?
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui. Merci,
M. le Président, puis je reconnais l'intérêt de mon collègue pour la justice,
et la justice au Nunavik, et c'est superimportant, parce qu'entre autres...
M.
Morin :Autochtone, en général, je vous dirais, M. le ministre.
Pas juste au Nunavik, là, dans l'ensemble des...
M. Lafrenière : Je vais
commencer par le Nunavik, si vous me permettez, parce que c'est...
M.
Morin :Oui, bien sûr.
M. Lafrenière : ...je pense
qu'il y avait de grandes, grandes attentes. Il y a un rapport qui a été fait
par Me Latraverse, qui était très attendu, et de ce rapport, là, j'ai compris
qu'il y avait 60 recommandations, dont 27 qui revenaient au ministère de
la Justice. Il y en a une vingtaine qui sont déjà en cours de réalisation. Mais
du concret... Tantôt, j'ai parlé de l'importance d'avoir des traducteurs dans
les communautés, oui. L'autre chose, j'ai parlé de la fibre optique. L'ajout de
fibre optique permet d'avoir des visiocomparutions aussi, puis ça, pour les
droits fondamentaux des individus, c'était important. Services parajudiciaires
autochtones, SPAQ, on a investi beaucoup là-dedans, Justice alternative, on a investi
aussi. Je vais laisser mon collègue...
M.
Morin :Oui. Si vous me permettez, M. le Président...
Le Président (M.
Bachand) :Oui. 40 secondes, oui.
M.
Morin :Oui, c'est ça. Moi, ce que je vous parle, c'est de la
valorisation du droit autochtone, et non pas la façon dont notre système de
justice actuel s'adapte à la réalité autochtone.
M. Lafrenière : Oui, M. le
Président, j'y arrivais. Je suis désolé, parce que c'est très large. Quand on
parle de justice, oui... Là, je vais faire l'analogie avec ce que mon collègue
vient de dire, justice plus traditionnelle. De notre côté, on a les
traducteurs, ce que je viens de mentionner, on a justice alternative, on a mis
en place aussi la justice communautaire, on investit dans le programme de
justice communautaire, qui revient à ce que mon collègue dit, c'est-à-dire les
valeurs traditionnelles. Entre autres, au Nunavik, il y a un groupe, Saqijuq,
qui propose aux hommes, entre autres, d'avoir des activités traditionnelles sur
le territoire. Je suis allé avec eux. Donc, on agit sur plusieurs plans...
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Alors, je me tourne du
côté gouvernemental pour un bloc de 13 min 16 s. M. le député de
Joliette.
M. St-Louis : ...permettez-moi
d'abord de saluer M. le ministre ainsi que l'équipe ministérielle, mes
collègues des oppositions ainsi que mes collègues de la banquette
gouvernementale. M. le ministre, on a parlé amplement, tout à l'heure, de Petapan,
donc je n'irai pas là. J'aimerais vous entendre sur une entente qui a été... En
fait, le 15 février dernier, vous étiez à Pessamit en compagnie du premier
ministre et du PDG d'Hydro-Québec, M. Michael Sabia. Vous avez signé une
entente qui est qualifiée d'historique de la bouche même de la cheffe Marielle
Vachon, cheffe des Innus de Pessamit. Donc, deux volets à ma question. Une
entente-cadre, pour le bénéfice de la commission puis des gens qui nous
écoutent, j'aimerais en savoir un peu plus, en connaître les détails, et puis
quels seront les effets à court, moyen et long terme de cette entente-cadre là
sur la communauté innue de Pessamit.
M. Lafrenière : Bien, merci.
Merci, M. le Président. Oui, c'est quelque chose d'important, puis, je vous <dirais...
M. St-Louis :
...innue de Pessamit.
M. Lafrenière : Bien,
merci. Merci, M. le Président. Oui, c'est quelque chose d'important, puis, je
vous >dirais bien honnêtement, je ne suis pas sûr que quelqu'un aurait
pu gager sur cette entente-là autour de la table. C'était une surprise. Les
premières rencontres avec la cheffe ont été assez difficiles, pour prendre des
termes qui sont acceptables dans cette Assemblée, puis, finalement, au terme de
quatre mois, on est arrivés avec une entente. Alors, je regardais tout à
l'heure si le chef Tettaut était encore derrière nous, de la communauté innue
de Nutashkuan, pour lui donner espoir, en disant qu'on peut y arriver. On a
réussi à arriver à une entente. Et lorsque vous parlez d'une entente-cadre, qui
est appelée, dans le milieu, MOU, «memorandum of understanding», c'est une
première étape.
Ce qu'on vient dire, M. le Président,
c'est qu'on se donne une période de 12 à 24 mois pour arriver avec une
entente à saveur économique. Dans cette entente pour la communauté de Petapan,
ce qui est important... Parce que, quand on est arrivés en négociation avec
eux, on avait un grand déficit de confiance de leur part face à nous, face,
surtout, à Hydro-Québec, à cause de ce qui est arrivé dans le passé, et là on a
réussi ensemble à trouver un dénominateur commun. Puis je l'ai dit tantôt aux
collègues de... je pense que c'était de Hochelaga et de l'Acadie, c'est de
trouver des fonds pour qu'ils puissent bâtir des maisons pour les gens de la
communauté, parce que c'était extrêmement important.
Ça fait que je vais vous donner quelques
exemples de choses importantes pour la communauté qu'ils ont reçues. On a le
développement éolien. Parce que, M. le Président, on n'en parle pas beaucoup,
mais quand on a parlé de la décarbonation du Québec, de la relance économique
énergétique, il y a plusieurs communautés autochtones qui ont levé la main en
disant : Nous autres, on veut faire partie de ça, on ne veut pas être des
passagers, on veut être sur le siège avant. Et ça va permettre à la communauté
d'aller chercher entre 400 et 1 000 mégawatts d'énergie éolienne.
Puis ça, c'est la volonté de la communauté. Un, pour s'assurer de revenus
intéressants pour les prochaines années. Puis, deux, quand on parle de
changements climatiques... Moi, je peux vous dire, j'étais à Quaqtaq vendredi
passé, ils ont devancé leur AGA d'un mois, parce que les changements
climatiques font que, dans un mois, ils vont avoir de la difficulté à se
déplacer en motoneige, par exemple. Ça fait que les changements climatiques, M.
le Président, les communautés, ils les voient, ils les sentent, ce sont les
premiers à être impactés, donc ils veulent faire partie de cette transition
énergétique là. Un bloc d'éoliennes, un montant de 45 millions aussi, qui
va être réparti sur six ans, et ça va permettre, comme je disais tantôt, de
bâtir des maisons, de donner des services.
Et le collègue de l'Acadie... Tantôt, on
parlait du Nunavik, on parlait des soins de santé. C'est sûr que l'habitation a
un impact majeur sur plusieurs points, la santé, l'éducation, pour ne nommer
que ceux-ci. Alors, c'est majeur, ce qui a été fait. Puis ça, c'est très
créatif, parce que, comme je disais, en communauté, c'est le gouvernement
fédéral qui s'occupe de payer pour les habitations, mais dans ce cas-là,
l'argent qui est versé à la communauté... Puis aussi, un autre point bien
important pour la communauté de Pessamit, Hydro-Québec s'est engagée à garder
le niveau du réservoir à 350 mètres, puis ça, pour la communauté, c'était
extrêmement important. On a déjà mis ensemble, là, des processus s'il arrivait
une grande quantité d'eau, et tout ça. Je veux rassurer les gens. Mais pour la
communauté, ça, c'était un facteur qui était bien important.
Donc, c'est une première étape. On
s'assoit ensemble pour regarder la suite des choses. Il y a des collègues,
tantôt, qui parlaient de la déclaration des Nations Unies et des peuples
autochtones. On veut s'en inspirer, on veut mettre en œuvre cette déclaration
dans l'entente qu'on fera ensemble. Puis on veut voir aussi comment on va faire
le développement ensemble. Puis c'est le message qu'on passe souvent, c'est le «ensemble».
Dans le passé, il y a du développement qui s'est fait. Souvent, les Premières
Nations ont été parfois consultées, parfois, pas. Je vais vous donner l'exemple
à Pessamit. Quand je suis arrivé... Puis je vous disais, là, comment c'était
chargé. Il y a des sépultures autochtones qui ont été inondées, c'est-à-dire
qu'il y a un lieu où le niveau de l'eau, quand le barrage a été fait voilà
plusieurs années les sépultures ont été mises sous l'eau. Donc, pour les gens
de la communauté, ils ne peuvent plus aller voir leurs proches, puis, pour eux
autres, c'était... puis je les comprends à quel point ça pouvait être
frustrant.
Ça fait que, vous comprenez, quand on se
présente là, comme gouvernement, Hydro-Québec, de parler d'une entente
ensemble, tout ça, là, c'est très, très, très récent pour eux, c'est des cicatrices
qui se rouvrent facilement. Ça fait que ça n'a pas été simple. Mais en se
donnant cet objectif-là commun de faire avancer la négociation pour aider les
membres de la communauté, c'est ce qu'on a trouvé qui nous a aidés à arriver à
une entente en quatre mois. Pas en 43 ans. En quatre mois, dans ce cas-là.
Mais c'est une première étape. Ça fait que, pour que les gens comprennent ce
qui est... ce qui est... ce qui va suivre, on embarque dans les autres étapes
de négociation avec la communauté. Il faut savoir que, dans certaines
communautés aussi, le processus électoral est aux deux, trois ou quatre ans.
Dans le cas de Pessamit, c'est aux deux ans...
• (11 h 20) •
Une voix : ...
M. Lafrenière : Deux ans, merci.
Avec 55 communautés, des fois, j'en perds, là. Mais c'est aux deux ans. Ça
fait que vous comprenez que le temps qu'on essaie de négocier avec une
communauté, avec la... le nouveau conseil de bande arrive en place, se
familiarise avec les dossiers il ne reste pas une période de temps très, très
longue. Puis ça appartient aux communautés, mais c'est du deux, trois ou quatre
ans. Ça aussi, c'est un enjeu. Quand je vous dis que ce n'est pas simple...
Puis quand je dis aussi qu'on ne peut pas faire du mur-à-mur, c'est un bel
exemple. Il faut s'ajuster aux communautés. Dans ce cas-là, on est arrivés avec
ça. J'en suis extrêmement fier, les gens de la <communauté...
M. Lafrenière :
...Dans
ce cas-là, on est arrivés avec ça. J'en suis extrêmement fier, les gens de la >communauté
en sont fiers.
Dans ce mandat-ci, on est rendus à quatre
ententes qu'on a signées. Pessamit. Les Inuits aussi, où on a signé, juste
avant Noël, une entente de principe, où, là aussi, on veut revoir les principes
d'autonomie, comment on va travailler avec eux. On a fait des ententes
importantes en matière de foresterie avec le CNA, avec le Conseil de bande de
Wemotaci et, dans le précédent mandat, on en a... on a signé cinq ententes,
plus deux ententes plus sectorielles, entre autres, pour la police à Winneway, et l'orignal en Abitibi.
Puis la raison pour laquelle je mentionne
tout ça, c'est parce qu'on n'a pas souvent l'occasion d'en parler, soit au salon
bleu ou même dans les médias, puis ces ententes-là, c'est porteur, c'est
rassurant pour les communautés, parce qu'ils veulent avoir leur entente de
nation à nation, ils veulent avoir leur autonomie, comme le collègue parlait
tout à l'heure. On en fait. Malheureusement, les sujets autochtones, on n'en
parle jamais assez souvent. Ça fait qu'aujourd'hui... Tantôt, j'ai commencé en
disant qu'on avait un deux heures de qualité. Je le pense, je le pense qu'on
n'a pas assez souvent l'occasion de parler des réalités autochtones. Et, vous
savez, quand on parlait de la lutte au racisme puis de l'intolérance tantôt,
là, une des premières façons de le faire, c'est de parler de ce sujet-là. Moi,
j'ai espoir qu'on en parle comme jamais. On a des collègues des oppositions qui
sont extrêmement intéressés aux dossiers autochtones, ça va nous permettre
d'avancer. Moi, j'en suis heureux. Mais Pessamit, ça a été des retombées très
positives pour la communauté et pour les autres communautés, qui vont s'en
inspirer aussi.
M. St-Louis : Merci, M. le
ministre. M. le Président, si vous permettez, je céderais la parole à mon
collègue député de Rouyn-Noranda.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député de Rouyn-Noranda.
M. Bernard : Merci, M. le...
Le Président (M.
Bachand) :Témiscamingue, Témiscamingue,
il ne faut pas oublier.
M. Bernard : Bien oui, ne pas
oublier. Ma préfète, Mme Bolduc, ne serait pas contente quand on oublie de
mentionner le mot «Témiscamingue». Bonjour, M. le ministre. Bonjour, tout le
monde, M. le Président puis les membres de la commission. Le président l'a
mentionné, il y a neuf communautés anishnabe au Québec, dont sept en Abitibi-Témiscamingue
et quatre particulièrement au Témiscamingue, dans la circonscription que je
représente. Le ministre, je tiens à le mentionner... maintenant, ça va faire
bientôt 18 mois que j'ai été élu, puis j'ai pu vraiment assister au
travail du ministre qu'il a fait au Témiscamingue puis dans la région pour le
support aux communautés anishnabe. Il y a été très présent. On a de nombreux
enjeux, de nombreux dossiers. Il y a des communautés qui vont très bien, qui
sont dynamiques, qui collaborent au développement, vraiment, économique et
social de la région, d'autres qui ont plus de difficultés. Et le ministre a
toujours été présent, entre autres, pour les projets que nous, dans mes... les
quatre communautés sur... lesquelles sont au Témiscamingue.
Tantôt, j'écoutais les collègues parler
des choses qui prennent du temps, et autres. Mais je tiens à souligner, entre
autres, une annonce particulière que le ministre a faite au mois de novembre
dernier avec le ministre de l'Énergie, qui est l'électrification de la
communauté de Kitcisakik, qui était un dossier qui traînait depuis longtemps.
J'ai été élu, moi, en 2003, la première fois, et c'était un enjeu. Et c'est
notre gouvernement, par le travail du ministre... des deux ministres et
Hydro-Québec, que ce dossier-là s'est réglé. Et, encore hier, je revenais par
la route de Rouyn-Noranda, ici, à Québec, et on voit le travail le long de
l'installation de cette ligne-là. Une grande avancée pour la région. Alors, il
faut... il faut souligner le travail du ministre à cet égard-là.
Le ministre a mentionné certaines
ententes, dont celles sur l'orignal, puis également aussi sur Winneway,
ou la communauté de Long Point. Et je vais vous faire un petit aparté par
rapport à... Je vais parler de Long Point, mais le ministre a parlé de
communautés où les sépultures avaient été inondées. Et au... Témiscamingue,
Long Point et, en partie, aussi, Timiskaming ont vécu la même chose lorsque les
barrages ont été construits il y a plus de 100 ans, et les gens me le
rapportaient. Ça a été un drame, eux aussi, de voir les sépultures qui ont été
complètement délavées, et autres. Donc, il y a eu des préjudices qui ont été
réglés... qui ont eu lieu à ce moment-là.
Et la communauté de Long Point, c'est ça
qui m'amène à la question, est... elle a un statut particulier, parce que ce
n'était pas une réserve, c'est un établissement. Maintenant, je ne sais même pas
quel est le statut exact de la communauté. Mais, depuis 2003, moi, les
premières années que j'étais là, un des enjeux majeurs que le ministre a
soulignés, c'était la mise en place d'un corps policier sur la communauté, et,
entre autres, il y avait un projet également de mise en place d'un corps
policier régional. Alors, j'aimerais savoir, là, M. le Président, vraiment, où
en est rendu ce dossier-là du corps policier de la communauté de Long Point.
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci
beaucoup. Puis merci au collègue pour la question, puis ça démontre à quel
point, dans une même région, il y a des réalités complètement différentes.
Quand je me suis rendu à Kebaowek avec le chef Picard, il y avait... dans
son... dans son discours <d'ouverture...
M. Lafrenière :
...il
y a des réalités complètement différentes. Quand je me suis rendu à
Kebaowek
avec le chef Picard,
il y avait... dans son... dans son discours >d'ouverture, il avait dit
que ça ressemblait beaucoup plus à un «resort» qu'à une réserve. Et ça, c'est
la communauté de Kebaowek, qui a un développement
touristique qui est merveilleux. On se retrouve dans la communauté de Winneway, on a un problème avec l'assise territoriale, il n'y
a pas de statut, présentement. On y travaille, pour la desserte policière,
parce que, M. le Président, il n'y avait pas de desserte policière, c'était la Sûreté
du Québec qui y allait. Maintenant, grâce au travail de Timiskaming First
Nation, Kebaowek et la Sûreté du Québec, les trois
travaillent ensemble pour cette communauté-là, et la prochaine étape, une fois
qu'on aura établi le... excusez-moi, le «landbase», l'assise territoriale, on
va pouvoir justement, avoir... ce qu'on souhaite, c'est d'avoir une police
régionale. Donc, on y travaille.
Si on traverse du côté de Kitcisakik, Kitcisakik,
communauté que certains connaissent un peu moins, bien, c'est une communauté où
il n'y a pas d'électricité. C'est une communauté où le choix final du lieu pour
la réserve n'a pas été fait. Il y a deux endroits possibles. Il y a le lac
Ribot, qui est un des endroits, et l'autre côté, qui est la baie Barker. Il y a
eu un référendum, ça a passé très, très serré. Donc, la communauté n'a pas décidé
de lieu encore. Pourquoi je vous dis tout ça? Parce que les gens me demandent :
Pourquoi, à cet endroit-là, l'eau potable n'a pas été amenée dans les maisons?
Le système d'égouts, on ne peut pas. Présentement, la nappe phréatique est trop
haute. C'est un site qui est impropre à la construction.
Cependant, en attendant, le fait que ces
maisons-là ne soient pas reliées à l'électricité, c'était inacceptable. Alors,
on a trouvé une solution avec Hydro-Québec, c'est plusieurs poteaux qui vont
être installés au cours des prochaines... prochaines semaines, prochains mois.
Ça nous a demandé, de notre côté, 3,8 millions pour adapter les maisons
qui n'avaient pas d'électricité. Puis, M. le Président, lorsque j'étais
policier au SPVM, j'étais déployé dans la région lors des événements de Val-d'Or.
Il y a des femmes qui nous avaient rapporté des cas horribles où il y a des
bébés qui sont morts gelés dans la communauté de Kitcisakik dans les années
2000. Insupportable. Alors, ce qu'on a fait avec Hydro-Québec, c'est de
s'assurer que l'électricité va se rendre dans la communauté. Ça se fait dans
les prochains 12 à 24 mois. Premier poteau qu'on a pu voir qui a été mis
en place. La communauté va l'avoir, mais il fallait ajuster les maisons pour
recevoir ça. C'est important, c'est important pour la communauté de Kitcisakik,
et on a réussi à être créatifs avec Hydro-Québec.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup, M. le ministre.
Le temps alloué à l'étude du volet Affaires autochtones des crédits budgétaires
du portefeuille Conseil exécutif étant presque écoulé, nous allons maintenant
procéder à la mise aux voix des crédits. Est-ce que le programme 4, intitulé
Relations avec les Premières Nations et les Inuits... est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M.
Bachand) :Adopté sur division. En
terminant, je dépose les réponses aux demandes de renseignements de
l'opposition.
Et, compte tenu de l'heure, la commission
suspend ses travaux jusqu'à 11 h 45, où elle va entreprendre l'étude
du volet Lois professionnelles des crédits budgétaires du portefeuille Conseil
du trésor et Administration gouvernementale. Merci, à tantôt.
(Fin de la séance à 11 h 30)