Journal des débats de la Commission des institutions
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
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Le
jeudi 24 octobre 2024
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Vol. 47 N° 90
Étude détaillée du projet de loi n° 67, Loi modifiant le Code des professions pour la modernisation du système professionnel et visant l’élargissement de certaines pratiques professionnelles dans le domaine de la santé et des services sociaux
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Intervenants par tranches d'heure
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Bachand, André
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Morin, André Albert
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Bachand, André
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Cliche-Rivard, Guillaume
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LeBel, Sonia
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Morin, André Albert
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Caron, Linda
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Morin, André Albert
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LeBel, Sonia
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Bachand, André
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Caron, Linda
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Schmaltz, Valérie
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LeBel, Sonia
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Cliche-Rivard, Guillaume
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LeBel, Sonia
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Schmaltz, Valérie
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Caron, Linda
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Morin, André Albert
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Morin, André Albert
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LeBel, Sonia
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Schmaltz, Valérie
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Caron, Linda
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Schmaltz, Valérie
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LeBel, Sonia
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LeBel, Sonia
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Schmaltz, Valérie
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Morin, André Albert
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Morin, André Albert
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LeBel, Sonia
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Schmaltz, Valérie
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Cliche-Rivard, Guillaume
11 h (version révisée)
(Onze heures vingt-trois minutes)
Le Président (M.
Bachand) :À l'ordre, s'il vous plaît!
Bonjour, tout le monde. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
des institutions ouverte.
Comme vous le savez, la commission est
réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 67, loi
modifiant le Code des professions pour la modernisation du système professoral
et visant à l'élargissement de certaines pratiques professionnelles dans le domaine
de la santé et des services sociaux.
Avant de débuter, M. le secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Boivin Roy (Anjou—Louis-Riel) est remplacée par
M. Allaire (Maskinongé); Mme Bourassa
(Charlevoix—Côte-de-Beaupré) est remplacée par Mme Abou-Khalil
(Fabre); Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis) est remplacée par
Mme Caron (La Pinière) et M. Zanetti (Jean-Lesage) est remplacé
par M. Cliche-Rivard (Saint-Henri—Sainte-Anne).
Le Président (M. Bachand) :Merci. Je vous rappelle que nous étudions le projet de loi
n° 67 par sujet. De façon plus précise, lors de l'ajournement de nos
travaux, nous en étions à l'étude de l'amendement proposé par le ministre...
par la ministre, pardon, à l'article 40. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'amendement proposé à l'article 40? M. le député d'Acadie.
M. Morin : Oui. Bonjour, M.
le Président. Alors, content de vous retrouver. La Commission des institutions
siège et n'arrête pas.
Ceci étant dit, M. le Président, avant qu'on
continue l'étude... Là, je... En fait, je n'ai même pas pris connaissance,
là... On m'a donné une série d'amendements qui viennent d'être... En fait, je
ne sais même pas s'ils sont sur Greffier. Est-ce qu'ils sont sur Greffier? Oui,
qui ont été déposés sur Greffier ce matin. Merci. Et là, écoutez, je vais vous
demander une suspension pour qu'on puisse regarder, d'abord, ce qu'il y a
là-dedans, puis après ça, bien, on continuera. Mais là, tu sais, si c'est un ou
deux, ça va. Bien là, je pense que... il y en a je ne sais pas combien, là.
Donc, c'est ce que je vous demande, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) :...consentement pour suspendre?
Des voix : ...
Le Président (M.
Bachand) :OK. Parfait. Alors, on suspend
les travaux. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 11 h 25)
12 h (version révisée)
(Reprise à 12 h 09)
Le Président (M.
Bachand) :À l'ordre, s'il vous plaît! La
commission reprend ses travaux. Donc, nous sommes à l'amendement à l'article 40.
Est-ce qu'il y aurait d'autres interventions à l'amendement?
Des voix : ...
Le Président (M.
Bachand) :Donc, d'autres interventions?
M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. Pour nos... les grandes... le grand nombre de personnes qui nous
écoutent, là, on est de retour après un certain moment. Et là, on est à la
pharmacie, dans la Loi sur la pharmacie, l'article 10. Et vous étiez,
là...
Une voix : ...
M. Cliche-Rivard : L'article 40,
pardon, qui modifie l'article 10 de la Loi sur la pharmacie. Et on était à
dire que des règlements, là, ou des dispositions... des dispositions
réglementaires viendraient suivre les dispositions habilitantes de l'article 40
pour encadrer, nommément, les prochains actes permis. Là, initialement, on le
détaillait, mais là, ça sera un règlement à venir. C'est ça? C'est des
règlements qu'on n'a pas déjà?
• (12 h 10) •
Mme LeBel : Exact. Il y a...
Il y a... Bien, il y a des règlements qu'on a déjà, là, qui vont être adaptés
en fonction des modifications que vous... qu'on a faites, je dirais, à l'article...
pas à l'article précédent, mais précédemment, à l'article 41, où on est
venus, comme vous le savez, ajuster certains champs d'exercices, certaines
activités réservées. Il y en a qui existaient déjà, qu'on a élargi en enlevant
une limitation. Je vais parler de la notion de prélèvement à titre d'exemple, à
la 41. La notion de prélèvement existait, mais elle était limitée à l'introduction
d'un instrument dans le pharynx. Maintenant, le pharmacien... pourra faire tout
type de prélèvement.
Donc, il y a des activités existantes qu'on
est venus, par l'enlèvement de limitation, si je peux dire ça, élargir. Il y
a... dont celle de prescrire, aussi, qui existait, que nous avons élargie. On
peut... On peut, aujourd'hui, avant l'adoption du projet de loi, prescrire...
renouveler, pardon, renouveler certaines prescriptions. Bien, souvent, c'est la
durée existante de la prescription, on se comprend. On a enlevé cette
limitation-là. Donc maintenant, le pharmacien pourrait décider, selon son
jugement professionnel, qu'il renouvelle ou non une prescription, et, même si
elle est de trois mois à l'origine, il pourrait décider de la renouveler de
trois, six ou même un an, s'il le désire, donc, cette limitation-là.
On est venu ajouter aussi la notion de...
d'évaluation. Et je vais rectifier parce que c'est important pour les gens qui
nous écoutent, surtout les professionnels qui nous écoutent. C'est sûr que j'essaie
d'employer un langage familier pour les gens qui nous écoutent, mais
naturellement, quand je faisais référence à des maladies courantes dans les
notions de pharmacie et de médecine, c'est plutôt des problèmes de santé
courants auxquels je dois faire référence. Bien, je vais juste dire à tout le
monde : Veuillez lire dans les transcriptions partout où j'ai dit
«maladies courantes», les mots «problèmes de santé courants», parce que,
naturellement, je prends la peine de dire que je ne suis pas une
professionnelle de la santé et mon propos est pour illustrer. Donc, dans ces <types...
Mme LeBel :
...de
dire que je ne suis pas une professionnelle de la santé et mon propos est pour
illustrer. Donc, dans ces >types de problèmes courants là... Bien, j'ai
parlé de l'infection urinaire, à titre d'exemple. Bon, ça, on vient donner aux
pharmaciens la possibilité de prescrire dans l'évaluation de ces problèmes-là,
qui, eux, à 40, où on est en train de travailler, feront l'objet d'un
règlement. Ça fait que, donc, je donnais quelques exemples, mais vous avez
raison, de nouvelles choses, des choses existantes où on enlève des
limitations, où on permet plus. Donc, c'est un peu ça l'idée de 41. Mais 40,
c'est vraiment le pouvoir réglementaire qui découle des activités à 41.
M. Cliche-Rivard : Exact. 40
est vraiment l'habilitation réglementaire.
Mme LeBel : Oui. C'est 40, le
fond.
M. Cliche-Rivard : Certains
règlements suivront; d'autres, on les a déjà. C'est selon l'article. C'est
selon la disposition. Là, 40 dit... En fait, la modification, l'amendement, à h,
ça dit : Déterminer, pour les activités visées aux paragraphes 5° à 11° du
deuxième alinéa de 17. Ça fait qu'on se donne un pouvoir réglementaire
seulement pour les activités visées au paragraphe 5° à 11° de 17. Et là, je
vous pose la question : Qu'en est-il pour le 1°, 2°, 3°, 4°? Est-ce que
c'est parce qu'on n'a pas besoin de dispositions habilitantes?
Mme LeBel : Non. C'est parce
que la modification était simplement pour ça, l'amendement. Dans le texte
général de 40, vous voyez tout le reste, mais il fallait un amendement.
C'est... L'amendement introduit la possibilité de donner une attestation de
formation pour permettre un pouvoir accru de prescription, donc... et il est
arrivé suite aux commentaires qui ont été faits en consultation. On a eu le
débat avant de suspendre la dernière fois sur le meilleur chemin pour y
parvenir.
M. Cliche-Rivard : Oui.
Mme LeBel : Mais, donc, c'est
pour ça... c'est pour ça que l'amendement ne fait référence qu'à ça. Bien, si
on va lire 40...
M. Cliche-Rivard : Bien, ça,
c'est pour le troisième alinéa de h.
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : Moi, je
vous parle de h tel quel, je vous pose la question, là. «Déterminer,
pour les activités visées aux paragraphes 5° à 11° du deuxième alinéa de 17».
Mme LeBel : Oui, 5° à 11°.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Là, ma question c'était : Pourquoi vous n'avez pas, en fait, ouvert ça à
tout le deuxième alinéa de 17, là? Pourquoi on exclut 1°, 2°, 3° et 4°, puis
que vous gardez seulement 5° à 11° comme possibilité réglementaire?
Mme LeBel : Bien, c'est parce
qu'il n'y a pas d'habilitation réglementaire nécessaire...
M. Cliche-Rivard : Vous n'en
avez pas de besoin.
Mme LeBel : ...pour les
activités 1° à... que vous venez de nommer, là, 1°, 2°, 3°, 4°. Parce
qu'émettre une opinion pharmaceutique...
M. Cliche-Rivard : Pas
besoin.
Mme LeBel : ...ça ne sera pas
encadré par règlement. Évaluer la condition physique et mentale d'une personne — là,
on a enlevé «dans le but de» — ça n'a a pas besoin de règlement.
Préparer des médicaments, c'est...
M. Cliche-Rivard : Ça n'a pas
besoin de règlement.
Mme LeBel : ...je dirais «all
in».
M. Cliche-Rivard : OK.
Mme LeBel : Donc, tout ça est
«all in», en bon français, de dire qu'il n'y aura pas de balise réglementaire.
M. Cliche-Rivard : Mais...
Mme LeBel : Donc, 5° à 11°
aura des balises réglementaires. Des fois, elles existaient déjà. Bien, je vais
donner l'exemple de 5°, bien, il va falloir modifier le règlement parce que la
balise était en fonction de 5°, qui était extrêmement limité, je vais le dire
comme ça. C'est un exemple.
M. Cliche-Rivard : Au
pharynx.
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : C'est ça,
dans la loi actuelle.
Mme LeBel : Bien, ça répond à
votre question, dans le fond, 1° à 4° n'a pas besoin de règlement.
M. Cliche-Rivard : C'est ça,
mais on va voir un règlement sur prélèvement...
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : ...prolongation
d'ordonnances, ça, c'est 6°.
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : Amorcer,
ajuster ou cesser la thérapie médicamenteuse d'un patient, ça, c'est le
renouvellement d'ordonnance. Substituer un médicament prescrit à un autre
médicament, ça, c'est de changer... quand le médicament type n'existe plus ou
qui n'est pas disponible, ça, c'est 8°.
Mme LeBel : Bien, il n'y aura
pas nécessairement un règlement, mais une habilitation qui va être permise.
M. Cliche-Rivard : Ah oui!
C'est ça. C'est la nuance.
Mme LeBel : Oui, oui, c'est
la nuance.
M. Cliche-Rivard : Administrer
un médicament par voie orale, ça, il pourrait y avoir un règlement?
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : Puis 10°,
prescrire et interpréter des analyses de laboratoire ou autres tests.
Mme LeBel : Oui. Parce que là
on fait l'habilitation, naturellement.
M. Cliche-Rivard : Puis là,
11°, on est venu l'ajouter un peu plus tôt....
Mme LeBel : Prescrire un
médicament, qui est une nouvelle...
M. Cliche-Rivard : ...prescrire
un médicament, la nouvelle...
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : ...ce
qu'on vient d'ajouter, qui sera, par contre, lui, évidemment...
Mme LeBel : Relié aux
problèmes courants.
M. Cliche-Rivard : Exact,
puis défini par règlement, celui-là.
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : Celui-là,
vous dites : Oui, il va y en avoir un.
Mme LeBel : Oui. Il va être
relié aux problèmes courants de santé et aux maladies chroniques
diagnostiquées, naturellement, là.
M. Cliche-Rivard : Et là, on
dit que les cas pour lesquels une attestation de formation délivrée par l'ordre
à un règlement pris en application de o va aussi faire l'objet d'un
règlement.
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
que là, ça va le dire... pour 11°, là, par exemple : Vous avez besoin du
certificat de l'ordre.
Mme LeBel : Oui, pour aller à
telle place dans 11°...
M. Cliche-Rivard : Dans
11°...
Mme LeBel : ...ça vous prend
un... oui.
M. Cliche-Rivard : ... à même
le règlement de... le même règlement, probablement, ou ça va être un
règlement...
Mme LeBel : Ça peut être un
autre... Ça va être un autre règlement, probablement, parce qu'on parlait de
l'attestation de formation. Donc, pratico-pratique, 11° n'aura pas le même
impact pour un pharmacien qui a une attestation puis pour un pharmacien qui
n'en a pas. Je vais le dire comme ça. 11° s'applique aux deux, mais 11° n'aura pas le même... la même portée, disons. C'est
le règlement qui va nous dire quelle est la portée, là, mais n'aura pas la même
portée... dépendamment que le pharmacien détient une attestation de formation
dans le domaine qu'on a... auquel on faisait référence, <préalablement...
Mme LeBel :
...dans
le domaine qu'on a... auquel on faisait référence, >préalablement ou
non.
M. Cliche-Rivard : Parce que,
juste pour finir là-dessus, l'ancien i, là, c'était quand même : «Déterminer
les cas pour lesquels un pharmacien peut prescrire un médicament en vertu du
paragraphe 2° du troisième alinéa de 17». Ça fait que là, il y a une
distinction sur la prescription...
Mme LeBel : Je vais juste
faire l'aller-retour, là. Continuez votre question pour que je vous rattrape,
là.
M. Cliche-Rivard : Bien...
Non, dans le fond, c'est ça, parce que vous dites : Finalement, on place
11°, qui est le pouvoir de prescription, mais on avait déjà à 10°... à 10°, i,
de «déterminer les cas pour lesquels un pharmacien peut prescrire un
médicament». Ça fait que je voulais juste être comme bien sûr de bien
comprendre qu'est-ce qui est nouveau dans... Vous l'enlevez, i...
Mme LeBel : Mais on l'enlève,
i, c'est ça.
M. Cliche-Rivard : ...pour le
remplacer par 11°.
Mme LeBel : Oui, c'est ça. Ça
fait qu'on va couvrir la situation que i couvrait, là.
M. Cliche-Rivard : OK. Ça
fait que... Mais là, c'est... j'essaie de comprendre, parce que vous me dites :
J'ajoute le pouvoir de prescrire, mais il existait déjà. Il n'était juste pas
défini par le règlement?
Mme LeBel : Donnez-moi 30 secondes,
OK?
M. Cliche-Rivard : Oui. Je
veux juste être sûr moi aussi de bien comprendre.
Mme LeBel : Oui... juste une
minute, je vais lire.
Des voix : ...
M. Cliche-Rivard : Oui, c'est
ça. OK.
Mme LeBel : On enlève une
limitation, dans le fond.
M. Cliche-Rivard : Une
limitation.
Mme LeBel : Oui, voilà.
M. Cliche-Rivard : Pour le
simplifier.
Mme LeBel : Voilà. Et ce qui
va leur donner...
M. Cliche-Rivard : Un peu
comme vous avez fait pour le larynx, dans le fond.
Mme LeBel : Exactement. Ce
qui va lui permettre d'en faire un peu plus. Il y avait... Bien, il y avait une
réglementation pour ça, donc elle devient plus générale, de dire... d'encadrer
le pouvoir de prescrire, je vais le dire comme ça, et je viens ajouter la
notion de problème courant de santé, qui n'y était pas à l'origine.
M. Cliche-Rivard : Excellent.
Mme LeBel : Mais c'était
extrêmement limité. Il faut comprendre que c'était extrêmement, extrêmement
limité, le pouvoir de prescrire. Donc, à toutes fins pratiques...
• (12 h 20) •
M. Cliche-Rivard : Donc, on
élargit «légiste» pour définir «réglementaire». C'est ce que vous avez fait
pour le larynx, on fait la même chose. Ça fait qu'on donne le pouvoir légal
plus grand, puis on vient le circonscrire de manière réglementaire. C'est ce
que vous modifiez, de la même façon?
Mme LeBel : C'est ça.
M. Cliche-Rivard : Fantastique.
Merci.
Le Président (M.
Bachand) :...autres interventions sur
l'amendement? M. le député d'Acadie.
M. Morin : ...l'amendement, merci,
M. le Président. À iii... Donc, compte tenu de ce qui vient d'être discuté, l'ordre
pourra, après ça, émettre une attestation de formation?
Mme LeBel : Oui.
M. Morin : Pour ces
nouveaux... en fait, actes qui pourront être...
Mme LeBel : Oui, en y reliant
des pouvoirs accrus de prescription.
M. Morin : OK. Et... Mais ça,
il y a une référence, aussi, à o du Code des professions, parce que le
règlement va être pris en vertu de o, qui traite de la formation
continue, c'est ça?
Mme LeBel : C'est le
mécanisme d'adoption réglementaire, qu'on me dit, là.
Des voix : ...
Mme LeBel : Oui, c'est que le
conseil d'administration peut, par règlement — o, je vais
aller vous lire o — déterminer les obligations d'une formation
continue ou des attestations. Donc, on fait référence à ça.
M. Morin : C'est ça.
Mme LeBel : Oui.
M. Morin : Donc...
Mme LeBel : Parce que,
comme... comme on l'avait déjà mentionné, ça existe, l'attestation de
formation. On a vu, c'est les sexologues qui s'en servent déjà. Donc, ça existe
dans le Code des professions. Donc, ce qu'on vient faire, c'est qu'on vient
relier ce pouvoir accru de prescription là à la possibilité de faire une... à
délivrer une attestation de formation.
M. Morin : Par l'ordre
professionnel qui, évidemment...
Mme LeBel : Par le conseil
d'administration de l'ordre professionnel, qui peut, par règlement, etc., oui.
M. Morin : De l'ordre
professionnel, OK. Donc, pour les... Est-ce que je comprends que pour les
pharmaciens qui auront, donc, ce pouvoir-là accru, ils devront obtenir une
attestation?
Mme LeBel : Absolument.
M. Morin : OK. Donc, ça ne
sera pas...
Mme LeBel : C'est la clé.
M. Morin : ...ça ne sera pas
tous les pharmaciens.
Mme LeBel : Ce sont ceux qui
auront la formation auquel on faisait référence dans nos travaux précédents,
que je ne me hasarderai pas à renommer, mais on sait à quelle on fait
référence.
M. Morin : Oui. Parfait.
Merci.
Mme LeBel : Oui, la maîtrise
en pharmacothérapie avancée.
M. Morin : Oui. OK. Parfait.
Merci.
Le Président (M. Bachand) :Merci. Mme la députée de La Pinière, s'il vous plaît.
Mme Caron : Merci, M. le
Président. Alors, sur le même thème, donc, ce que je comprends, c'est qu'avec
cet article-là, sans créer de titre de pharmacien spécialiste, on permet à l'Ordre
des pharmaciens<i> de reconnaître que les pharmaciens qui ont la maîtrise
en pharmacothérapie avancée ont une ATS, finalement, que ça... ils peuvent
décider que c'est une attestation de formation, et, donc, leur pouvoir de
prescrire sera très large, et ils ne seront plus obligés de pratiquer au sein
d'une EPAP dans les établissements, par exemple. Est-ce que c'est ça?
Mme LeBel : C'est parce qu'il
y a <deux...
Mme Caron :
...par
exemple. Est-ce que c'est ça?
Mme LeBel :
C'est
parce qu'il y a >deux choses, là, auxquelles il ne faut pas... il ne
faut pas mêler, puis j'ai la même opinion que vous quand j'ai entendu la
question des EPAP, mais ici, on parle de l'organisation des soins dans le
réseau de santé. Et ce que je comprenais, c'est que comme les pharmaciens qui
avaient cette maîtrise-là, de par le Code des professions et leur ordre
professionnel, n'avaient pas des pouvoirs différents qu'un pharmacien qui n'a
pas cette attestation-là. Le réseau de la santé avait décidé de passer par le
biais des ententes entre professionnels.
Ceci étant dit, c'est l'EPAP, finalement,
malheureusement, qui leur donnait le pouvoir, parce qu'elle n'existait pas, la
possibilité de reconnaître ce pouvoir-là autrement, pour l'ordre. Ce qu'on fait,
parce qu'on a adhéré à la position du fait qu'il ne faut pas que ça soit une
entente dans le réseau de la santé qui leur reconnaisse la possibilité de le
faire, c'est qu'on vient, par le biais de l'attestation de formation, qui
existe déjà comme principe, venir dire : Au pouvoir de prescrire, là, qui
est dans l'article 17 à 11, je pense, bien, il y a le pouvoir de prescrire
de tous les pharmaciens qui va être réglementé. Et là, on parle des maladies
chroniques, des maladies courantes et ce qu'on vient de discuter... pas
maladies courantes, mais problèmes...
Mme Caron : Courants de
santé.
Mme LeBel : Je ne m'amenderai pas,
mais vous comprenez... à ceux qui nous écoutent et que ça intéresse que c'est à
ça que je fais référence. Bien, ça, c'est pour tout le monde, pour tous les
pharmaciens.
On vient également dire à l'ordre :
Tu pourras maintenant, désormais, pour les pharmaciens qui ont la maîtrise en
pharmacothérapie avancée, leur associer un pouvoir différent de prescrire, donc
accru, qui est en plus de ça. Donc, finalement, le pharmacien qui n'a pas
l'attestation parce qu'il n'a pas la maîtrise, on se comprend, aura les
pouvoirs généraux — quand je dis ça, ce n'est pas... ce n'est pas...
ce n'est pas réducteur, c'est juste qualificatif — aura les pouvoirs
généraux de prescrire et ceux qui auront obtenu l'attestation de formation
parce qu'ils ont la maîtrise en pharmacothérapie avancée auront les pouvoirs
généraux ainsi que des pouvoirs accrus, donc ne seront plus théoriquement
dépendants d'une EPAP. Mais je ne ferai pas de commentaire sur l'organisation
du réseau de la santé. Ça, ça va être des négociations puis ça va être des
discussions avec le réseau de la santé, mais on ne pourra plus dire que c'est
l'EPAP qui donne le pouvoir. Ce n'est pas... Ce n'est pas le cas.
Mme Caron : Merci.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député d'Acadie.
M. Morin : Oui, bien merci...
c'est une belle invitation, parce que vous vous rappellerez, lorsqu'on a
terminé l'étude... j'avais fait un plaidoyer pour se débarrasser des EPAP parce
qu'on trouvait que... Bien, en tout cas, personnellement, moi, je trouvais que
ça n'avait aucun bon sens, puis je le répète aujourd'hui, là. Mais là, ce que
je veux bien comprendre, c'est qu'en vertu de l'article 17 actuel de la
Loi sur la pharmacie, il y a déjà un pouvoir où un pharmacien peut exercer des
activités professionnelles lorsqu'une attestation de formation lui est
délivrée. Et là, je suis au dernier alinéa. Quand vous parlez d'une attestation
de formation avec la modification que vous apportez, est-ce que c'est une autre
attestation ou si c'est la même qui est étendue et...
Mme LeBel : Pouvez-vous me
dire à quel endroit...
M. Morin : Oui. Bien, en
fait...
Mme LeBel : ...vous lisez les
mots, parce que des fois, ils peuvent avoir une signification...
M. Morin : Oui, oui. Non,
non. Tout à fait. Là, dans le document que j'ai, je suis à l'article 17 de
la Loi sur la pharmacie. À la toute fin, ça dit : Un pharmacien peut
exercer des activités professionnelles visées au paragraphe 9° du deuxième
alinéa lorsqu'une attestation de formation lui est délivrée par l'ordre pris en
vertu du paragraphe o de l'article 94. Donc, on parle d'une
attestation de formation. Ici, on parle aussi d'une attestation de formation
prise en application du même paragraphe de l'article 94 du Code des
professions. Et là, ce que je voudrais savoir, c'est : Est-ce qu'on parle
de deux attestations? C'est-tu la même? Comment ça va fonctionner, notamment
pour ceux qui ont un diplôme d'études supérieures en pharmacie et qui
travaillent dans un centre hospitalier?
Mme LeBel : On l'enlève, le
dernier paragraphe auquel vous faites référence.
M. Morin : Il part. OK. Il va
être...
Mme LeBel : Bien, dans les
faits...
M. Morin : Oui.
Mme LeBel : ...c'est parce
qu'il faisait référence à une attestation particulière d'administration de
médicaments. C'est pour vous dire que l'ordre est déjà familier avec des
attestations qui donnent à des pharmaciens des pouvoirs que d'autres n'ont pas.
M. Morin : Exact.
Mme LeBel : Et donc, on passe
simplement par le même chemin pour la... pour la notion de prescrire et de
pouvoir accru de prescription. Mais comme maintenant, ce ne sera plus
simplement l'administration, on enlève ça, mais la notion demeure de dire :
L'ordre va décider. Ça fait que certains auront une attestation pour
administrer, et c'est l'ordre qui décide de la formation requise. Certains
auront une attestation pour le pouvoir accru. Des pharmaciens pour avoir...
pourraient avoir les deux attestations. Peut-être que le pharmacien qui a la
maîtrise en pharmacologie <avancée...
Mme LeBel :
...pour
avoir... pourraient avoir les deux attestations. Peut-être que le pharmacien
qui a la maîtrise en pharmacologie >avancée, je ne le sais pas, là, si
ce que je dis est exact, peut avoir l'attestation d'administrer aussi, je
l'ignore. Ça sera à la... C'est à la... l'ordre de décider.
Ce qui est important de comprendre, c'est
qu'une formation différente ou avancée ou supplémentaire peut donner droit,
entre un professionnel et un autre, à un champ d'exercices... non, pas un champ
d'exercices, à plus d'activités, parce que le champ d'exercices demeure le
même, à plus d'activités, et ça... et ça, le déclencheur, c'est l'attestation
qui reconnaît la formation. Donc...
Et ça se fait, comme je disais, avec les
sexologues, où on disait que certains sexologues qui n'ont pas l'attestation de
formation ne pourront pas diagnostiquer dans le domaine de la santé mentale,
peuvent quand même exercer comme sexologues parce qu'ils sont membres de
l'ordre professionnel, mais comme ils n'ont pas la formation supplémentaire ou
différente, peu importe le mot, et n'ont pas l'attestation, bien, ils sont tous
les deux sexologues, mais il y en a un qui a un pouvoir de diagnostic et il y
en a un autre qui ne l'a pas. Ça fait que...
M. Morin : Et donc, dans ce
cas-là, quand on revient au diplôme d'études supérieures, pour certains
pharmaciens, vous laissez quand même une discrétion à l'ordre. Donc, ce n'est
pas parce qu'un pharmacien a un diplôme d'études supérieures qu'il va
nécessairement obtenir une attestation de formation. Donc, l'ordre, via des
règlements, j'imagine, que l'ordre pourra adopter, verra à établir des
paramètres ou des critères pour la reconnaissance ou pour donner une
attestation. Et puis, normalement... là, évidemment, ça, c'est l'ordre qui va
décider parce que normalement il devrait... mais il devrait y avoir une
cohérence, là, si les gens sont diplômés avec un diplôme d'études supérieures,
de leur donner une attestation ou pas, là.
Mme LeBel : Bien, ça va
dépendre, parce qu'ici, on a un cas de figure où le diplôme d'études
supérieures, la maîtrise en pharmacologie, est pertinente pour d'autres types
d'activités. Mais il y a des cas où... moi, je veux dire, je vais parler de
notre profession, cher collègue, où on peut avoir une maîtrise en droit
constitutionnel, ou une maîtrise en droit criminel, ou une maîtrise en autre
chose qui fait en sorte que, sur mon activité réservée, le Barreau<i> ne
me donnera pas d'attestation parce que je vais quand même être avocat avec le
plein pouvoir de faire mes activités, mais probablement que ça va devenir
pertinent pour ma pratique, c'est-à-dire ma clientèle ou ma spécialisation
professionnelle, et peut-être pertinent, dépendamment de l'endroit où je
travaille, pour une augmentation de salaire, mais ça, ça devient de la
négociation et de l'organisation du travail.
• (12 h 30) •
M. Morin : Mais ça, c'est
autre chose.
Mme LeBel : Mais c'est un bel
exemple. Une formation... C'est parce que je ne veux pas dire, ici... parce que
l'attestation de formation existe dans le Code des professions, une formation
supplémentaire ou de... ou supérieure à la formation de base pour être le
membre d'un ordre professionnel ne donne pas automatiquement, dans tous les cas
de figure du Code des professions, droit à une attestation qui va mener à des
pouvoirs accrus ou... d'exercer une activité, je veux juste le dire, mais c'est
le chemin ici, oui, pour la pharmacothérapie avancée.
M. Morin : Donc, si on
revient...
Mme LeBel : ...
M. Morin : Oui, c'est ça. Si
on revient...
Mme LeBel : Pour obtenir le
pouvoir accru.
M. Morin : Alors, si on
revient au pouvoir accru, est-ce qu'on peut dire qu'après l'adoption de cette
disposition-là, les EPAP ne seront plus nécessaires?
Mme LeBel : Répétez. Quelles
étapes ne seront plus nécessaires?
M. Morin : Les EPAP...
Mme LeBel : Ah! les EPAP.
M. Morin : ...les fameux
contrats, les fameux contrats...
Mme LeBel : Je reprends. Je
ne me mêlerai pas de l'organisation des soins dans le réseau de la santé.
Alors, qu'est-ce que mon collègue en Santé décidera de faire avec le fait que
ces pharmaciens qui ont une maîtrise en pharmacothérapie avancée ont,
maintenant, sans besoin d'EPAP, un pouvoir accru, ça sera discuté et négocié
avec l'association qui les représente, mais ce ne sera plus, maintenant, l'EPAP
qui donnera la possibilité de le faire.
C'est parce que là, maintenant, là, on se
parle franchement, là, même si le collègue disait : Je veux me débarrasser
des EPAP, au moment où on se parle, il ne peut pas le faire.
M. Morin : Présentement, non.
Mme LeBel : Non, parce que
pas d'EPAP, pas de pouvoir accru. Bon.
M. Morin : Présentement, là,
c'est clair, mais c'est tout l'intérêt de la modification qui est là, là.
Mme LeBel : Oui.
M. Morin : Voilà. Donc, une
fois que ça, ça va être en vigueur... Donc, en fait, ce que vous dites, c'est
qu'un pharmacien pourrait avoir un diplôme d'études supérieures, pourrait avoir
une attestation de formation plus étendue, appelons-la comme ça, puis là, il va
arriver dans un hôpital, admettons, puis il ne pourra pas exercer ces pouvoirs
étendus là.
Mme LeBel : Il pourrait ne
pas pouvoir les exercer. Ce n'est pas le souhait, là. Mais je vais vous donner
un autre exemple. Je veux dire...
M. Morin : Bien, je suis
content d'entendre que, pour vous, ce n'est pas le souhait, parce que, moi non
plus, ce n'est pas le souhait, là...
Mme LeBel : Bien non, mais ce
n'est pas le souhait, ce n'est pas le souhait, mais ce que je veux dire...
M. Morin : ...parce que je
trouverais ça...
Mme LeBel : ... c'est que je
ne m'ouvrirai pas, je ne... pour l'organisation du travail, parce que ça fait
toute la différence. Moi, là, je peux être avocate...
12 h 30 (version révisée)
M. Morin : ...ça
complètement...
Mme LeBel : C'est que je ne m'ouvrirai
pas et je ne m'avancerai pas pour l'organisation du travail, parce que ça fait
toute la différence. Moi, là, je peux être avocate, avoir le droit de plaider,
puis être employée comme avocat-conseil, puis, dans mon organisation du
travail, dans le bureau dans lequel je suis employée, on me dit : Bien, tu
peux bien avoir le droit de plaider, mais tu n'iras pas.
Je ne veux pas réduire, là, je veux juste
dire que ça règle la question des EPAP, en autant que c'était le... que c'était
la seule façon d'avoir le pouvoir accru. Maintenant, le système de santé ne
peut pas dire : Je n'ai pas le choix de faire des EPAP, c'est la seule
façon. Mais, ceci étant dit, je ne m'engagerai pas sur l'organisation du
travail dans le système de la santé. Ça se peut qu'un pharmacien avec une
attestation de formation puis un pouvoir accru ne soit pas engagé dans un poste
où il peut l'exercer. Ça se peut, comme... Mais, on se comprend, parce qu'il
faut faire une différence entre ce que le professionnel peut faire...
Et, moi, mon travail, comme responsable
des lois professionnelles, c'est donner à mes professionnels le plus de
possibilités possible d'exercer dans les champs pour lesquels ils sont
compétents. Mais, après, là, que ce soit le système de santé public, que ce soient
des cliniques privées, que ce soient d'autres types d'employeurs, qu'est-ce que
l'employeur va décider de faire avec le professionnel ou tout type d'employé...
il y a des gens qui ont des formations x, puis ils ne sont pas employés dans
cette formation-là... je ne m'en mêlerai pas ici. Mais ce que ça règle, c'est
vrai, ça règle le problème des EPAP, en autant que, présentement, c'était la
seule façon de donner à ces pharmaciens-là la possibilité accrue. C'est tout.
Mais je n'en dirai pas plus là-dessus, parce qu'après ça ce sera quelles seront
les intentions. Je fournis l'outil nécessaire, il en disposera.
M. Morin : Oui, d'accord. Ça,
je le comprends très bien. Mais est-ce que vous convenez avec moi que ce
serait... Prenons l'analogie de l'outil, hein, puis je comprends les différents
postes qui peuvent être ouverts, là, mais on comprend aussi les besoins qu'il y
a dans le domaine de la santé là, je pense qu'on en parle assez, on n'a plus
besoin d'épiloguer longtemps là-dessus là. Ce serait quand même assez étonnant
qu'un pharmacien ou une pharmacienne avec un diplôme d'études spécialisées et
une attestation de formation... ils vont aller travailler souvent dans des
centres hospitaliers... que le centre hospitalier dise : Oui, mais, non,
nous, on n'a pas des postes comme ça chez nous, ça fait qu'on va vous demander
de signer des EPAP pour travailler. En tout cas, peut-être... peut-être qu'ils
peuvent le faire, là, mais on s'entend-tu que, pour la population, ce ne sera
pas pratique?
Mme LeBel : Non, mais l'EPAP...
Non, ils n'auront plus besoin d'une EPAP pour travailler. L'EPAP n'existera
plus pour le pharmacien qui a une attestation de formation, qui lui donne le
pouvoir accru, parce que l'EPAP était l'outil pour obtenir... Il ne l'aura... il
n'en aura plus de besoin. Je pourrais avoir une EPAP, à titre d'exemple, dans
une région où j'ai un pharmacien régulier puis que, là, je n'en ai pas, de
pharmacien avec le pouvoir accru, puis de dire : Bien là, je n'en ai pas,
mais celui-là, peu importe, il a la capacité, là... le réseau de santé se
gérera, pourrait faire une EPAP pour ce pharmacien-là, parce qu'il n'a pas la
maîtrise. Mais ça m'étonnerait s'il n'a pas la maîtrise, mais on se parle. Par
contre, je ne discuterai pas de l'usage que le réseau de la santé va faire des
pharmaciens qui ont une attestation, c'est ce que je veux vous dire. Mais ils n'ont
plus besoin de l'EPAP pour prescrire.
M. Morin : Je comprends.
Mme LeBel : Mais est-ce qu'ils
vont être à même de l'exercer dans le réseau de la santé? L'objectif étant d'aider
et d'élargir, je l'ai dit d'entrée de jeu, selon le plan santé de mon collègue,
la réponse peut en découler. Mais moi, je vous le dis, il y a des négociations
qui vont suivre ça, et puis là on est en plein dans mon... hein, dans mon
domaine, mon autre chapeau.
M. Morin : Oui, bien là, c'est...
Justement.
Mme LeBel : Je ne m'engagerai
pas à l'avance sur l'usage de ces professionnels-là avant qu'on ait fait les
discussions nécessaires avec les associations appropriées. Par contre, on n'a
plus besoin maintenant des EPAP pour les utiliser, je vais le dire comme ça.
M. Morin : D'accord. Mais je
peux quand même exprimer ce souhait...
Mme LeBel : Bien, vous pouvez
l'exprimer.
M. Morin : ...pour le bien de
la population, qui a besoin, évidemment, des services de santé. Voilà.
Mme LeBel : Je prends acte.
M. Morin : Merci.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Oui, M. le
Président, merci. Donc là, Mme la ministre, là, le volet de prescriptions
maladies courantes, là, ça, cette définition-là ou l'autre élément qui va l'encadrer,
ça, on ne le prévoit pas par la loi. La loi, vous dites seulement :
«prescrire un médicament». C'est ce que 11 vient dire. Donc là, aujourd'hui, de
manière légale, on vient accorder le pouvoir de prescription sans limites,
mais...
Mme LeBel : Bien oui, mais on
le... Oui, mais il faut le lire avec l'autre, qui donne... qui dit qu'il faut
que ce soit... ça va être selon ce que le règlement va dire, là.
M. Cliche-Rivard : C'est ça.
Mme LeBel : On ne peut pas le
lire tout seul.
M. Cliche-Rivard : Mais le
règlement que vous édictez, qui...
Mme LeBel : Bien, pas moi.
M. Cliche-Rivard : ...bien,
que le gouvernement va prendre, il ne passe pas... il ne repasse plus
légalement, là, il ne repasse pas dans un projet de loi, là. Ça fait que...
Mme LeBel : Mais il y a des
balises.
M. Cliche-Rivard : Bien, les
balises de 11, c'est : «prescrire un médicament»...
Mme LeBel : Oui, mais c'est
un règlement...
M. Cliche-Rivard : ...en
terme légal, là...
Mme LeBel : Oui. Oui, oui.
M. Cliche-Rivard : ...de la
loi.
Mme LeBel : Oui, mais c'est
un règlement de l'ordre, qui doit être préparé avec le Collège des
médecins<i>, parce qu'il y a une obligation de <consulter...
Mme LeBel :
...de
l'ordre, qui doit être préparé avec le
Collège des médecinsi, parce
qu'il y a une obligation de >consulter le Collège des médecins. Donc,
l'ordre ne pourra pas faire n'importe quoi, n'importe comment. Il faut que ce
soit avec le Collège des médecins. Donc, je prends l'exemple des... ce que
j'appelais, depuis tantôt, les maladies courantes. Bien, les problèmes de santé
courants, bien, ça va être... ça va être balisé avec les médecins, donc. Mais,
théoriquement, ça va évoluer, ça peut évoluer en fonction des discussions, des
nouvelles... des nouvelles... peu importe, ça peut évoluer. Mais si on ne regarde
que l'article auquel vous faites référence, ça me dit qu'un pharmacien peut
prescrire tout ce qu'il veut, je vais le dire comme ça.
M. Cliche-Rivard : On
s'entend.
Mme LeBel : Oui, mais c'est
délibéré.
M. Cliche-Rivard : C'est ça.
Mme LeBel : Bien, il faut le
lire avec l'article qui parle de la réglementation...
M. Cliche-Rivard : Je
comprends.
Mme LeBel : ...et il faut le
lire avec d'autres articles du Code des professions, qui dit que ça doit se
faire avec le Collège des médecins. Donc, quand on le lit dans son ensemble, et
qu'on élargit le contexte dans lequel tout ça se situe, je traduis : le
martien... le martien... mon Dieu... ça va bien quand je commence à faire de la
construction de mots comme ça... le pharmacien pourra prescrire selon le
règlement.
M. Cliche-Rivard : Oui,
mais... Puis vous, vous avez le... la possibilité de voir, vous me permettrez
l'expression, «the big picture». Nous, ce qu'on voit aujourd'hui, c'est la
disposition habilitante, puis nous, ce qu'on avalise comme parlementaires
aujourd'hui puis comme législateur, c'est une disposition sans limites. Je veux
juste qu'on...
Mme LeBel : C'est inexact.
Vous ne... Parce que vous ne pouvez pas, comme législateur, faire fi du
contexte réglementaire et légal autour de ça. Je veux dire, c'est facile de
regarder une disposition... puis je le sais que ce n'est pas ça que vous
faites, cher collègue, là, mais permettez-moi de l'exprimer... c'est trompeur
de ne regarder que ça. Je veux dire, vous avalisez un article d'un projet de
loi qui vient amender un article, mais qui se situe dans un contexte. Il faut
tout lire dans le contexte. Donc, il se situe dans un contexte où ça ne dit pas
juste ça. Ça dit : Il y a un règlement. Puis le règlement dit : Il
faut que ce soit fait, puis ça va entrer en vigueur, oui, «prescrire un
médicament»... Mais ce n'est pas... c'est inexact, je m'excuse. Je ne peux pas,
comme juriste, adhérer à ça, ce n'est pas vrai. Moi, comme législateur, quand
je fais un projet de loi ou quand j'accepte un...
• (12 h 40) •
M. Cliche-Rivard : Non, mais,
Mme la ministre, vous obtenez le pouvoir habilitant de faire un règlement.
Vous, vous allez prendre le règlement avec le collège de... l'ordre, j'en
conviens, là, pas toute seule.
Mme LeBel : Pas moi, l'ordre.
M. Cliche-Rivard : Bien,
l'ordre, mais ça va être un règlement que le gouvernement du Québec va...
Mme LeBel : Oui, mais c'est
l'ordre.
M. Cliche-Rivard : Bien, le
gouvernement du Québec va l'avaliser, là. Vous allez le passer au Conseil des
ministres, ce règlement-là.
Mme LeBel : C'est un
règlement de l'ordre.
M. Cliche-Rivard : Que vous
allez avaliser, comme ministre responsable des ordres.
Mme LeBel : Oui, mais qui a
une balise, où il faut que le Collège des médecins...
M. Cliche-Rivard : Mais je ne
dis pas le contraire de ça. Je ne pense pas qu'on dise essentiellement la... quelque
chose qui est différent.
Mme LeBel : Probablement pas.
M. Cliche-Rivard : Probablement
pas, mais ce qui... ce qui arrivera ou ce qui sera la résultante de cette
négociation-là, nous, en termes de législateur, on ne la reverra pas.
Mme LeBel : Bien, vous allez
voir le règlement...
M. Cliche-Rivard : Exact.
Mme LeBel : ...il va avoir...
il va passer en consultations, on va pouvoir émettre des commentaires.
M. Cliche-Rivard : Puis les
balises que vous dites, je pense qu'elles sont claires puis sont importantes.
Vous dites... L'intention, aujourd'hui, de la ministre, c'est de limiter ça aux
maladies courantes, que vous avez utilisées.
Mme LeBel : Et maladies
chroniques aussi...
M. Cliche-Rivard : Et
maladies chroniques.
Mme LeBel : ...diagnostiquées,
effectivement. Puis il y a... Oui, oui, effectivement. Ça, on peut...
M. Cliche-Rivard : Ça fait
que, ça, c'est l'intention. Et là vous nous dites ou vous nous prévenez :
Attention, ne pensez pas que c'est sans limites, voici mon cadre, voici mes
intentions. Et là, si, nous, dans six mois, on voit le règlement et que ça va
beaucoup plus loin, par exemple, là, on aurait raison d'avoir une surprise.
Mme LeBel : C'est...
probablement que... c'est très peu probable, parce qu'on doit quand même
travailler avec le Collège des médecins. Et, si c'est le cas, ce sera parce que
c'est pour la protection du public et dans l'intérêt du public. Parce que cette
balise-là, que ce soit le gouvernement qui avalise, comme vous le dites, au
final, le règlement ou non, elle s'applique au gouvernement.
M. Cliche-Rivard :
Évidemment.
Mme LeBel : Donc, ça doit
être dans la protection du public. Donc, si c'est le cas, ce qui est peu
probable, ce sera une bonne nouvelle, parce que ça voudra dire que les ordres
professionnels concernés sont d'accord que c'est bon pour le public que ce soit
plus.
M. Cliche-Rivard : Et ce sera
un positif pour tout le monde, là.
Mme LeBel : Absolument, absolument.
M. Cliche-Rivard : Ça, je le...
je le note puis je ne le débats pas. C'est juste que... c'est ça. Comme, nous,
spécifiquement, l'opposition, quand on renvoie des trucs par règlement, bien,
on ne les revoit jamais, vous le savez, vous comprenez comment ça marche. Puis
plus la disposition habilitante... plus la disposition législative est large,
moins, nous, on a de pogne, pour l'utiliser comme ça, et plus c'est déféré au
pouvoir réglementaire, qui, au final, appartiendra à l'exécutif. C'est tout ce
que je veux souligner. Puis...
Mme LeBel : Mais, d'un autre
côté, vous êtes abonné à la Gazette officielle comme moi.
M. Cliche-Rivard : Ah! oui.
Mme LeBel : Vous allez...
l'occasion...
M. Cliche-Rivard : C'est
évident.
Mme LeBel : ...pendant la
consultation...
M. Cliche-Rivard : Ça, c'est
évident.
Mme LeBel : ...d'émettre vos
commentaires. Et je suis convaincue que, quand que le règlement sera publié, si
jamais il y a quelque chose qui se passe auquel vous n'êtes pas d'accord... je
suis convaincue que vous allez m'interpeler dans les offices appropriés.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Puis, de toute façon, vous nous avez bien signifié votre intention sur maladies
chroniques et maladies courantes. Ça fait que l'intention est quand même là.
Dernière question. Là, les attestations de
formation délivrées par l'ordre vont <pouvoir...
M. Cliche-Rivard :
...quand
même là.
Dernière question. Là, les attestations
de formation délivrées par l'ordre vont >pouvoir, effectivement, toucher
11 pour la prescription, mais elles pourraient toucher d'autres... peuvent
toucher 5 à 11, finalement.
Mme LeBel : Bien, la
possibilité d'administrer, entre autres, là, oui.
M. Cliche-Rivard : Mais «pas
que».
Mme LeBel : Mais «pas que»,
mais entre autres, là.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
que vous pourriez décider de créer une attestation pour...
Mme LeBel : Bien, je vais
juste le relire avant de dire oui ou non, là, parce que, des fois... Non.
M. Cliche-Rivard : Dans le
fond, c'est pour 5 à 11 et 17. Mais ce n'est pas l'intention.
Mme LeBel : Non, non, non.
Mais ce sera l'ordre qui déterminera, là.
M. Cliche-Rivard : C'est ça.
Mme LeBel : Parce que, déjà...
comme je le disais à votre collègue précédemment, il y a déjà une attestation
de formation pour la... le pouvoir d'administrer des médicaments, qui fait que
tu n'as pas le même pouvoir que telle attestation ou non.
M. Cliche-Rivard : Exact.
Mme LeBel : Donc, l'ordre
pourrait décider. Mais, présentement, c'est vraiment sur la... le pouvoir de
prescrire, là.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Ça fait que vous le... vous le mettez en place, mais ce qui est vraiment visé,
c'est d'aller chercher l'attestation pour 11, pour la prescription. C'est ça,
l'intention.
Mme LeBel : Oui, bien oui.
Bien, c'est le chemin... c'est la réponse à la demande, oui.
M. Cliche-Rivard : Oui, mais
là la réponse vient aussi pour 5, 6, 7, 8, 9, 10.
Mme LeBel : Bien, c'est ça.
Mais, encore une fois, là, c'est vraiment l'ordre qui va décider. Le
gouvernement n'a rien à voir là-dedans. Ça devrait vous rassurer. Donc, c'est
vraiment l'ordre qui va décider est-ce que c'est... Entre autres, bien, pour
administrer un médicament, c'est déjà le cas, donc il va... il va continuer à
le faire. On pourrait penser, sur... d'autres exemples, mais c'est vraiment
aussi pour le pouvoir de prescrire, là...
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Merci.
Mme LeBel : ...accru, pardon,
accru.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions sur l'amendement? S'il n'y a pas d'autre intervention,
est-ce que l'amendement à l'article 40 est adopté?
Mme LeBel : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) :Adopté. Donc, on revient à
l'article 40, tel qu'amendé. Interventions?
Mme LeBel : ...pas mal fait
le débat.
Le Président (M.
Bachand) :Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que
l'article 40, tel qu'amendé, est adopté?
Mme LeBel : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) :Adopté, merci. Mme la ministre,
s'il vous plaît.
Mme LeBel : 42? Parfait, ce
ne sera pas long... 41... 42. Merci, M. le Président. Donc, l'article 42 :
L'article 24 de cette loi est modifié par l'insertion, après «pharmacien», de
«de prescrire ou».
Donc, l'article 42 du projet de loi
ajoute une interdiction de prescrire un médicament lorsque le pharmacien a un
intérêt direct ou indirect dans l'entreprise qui fabrique ce médicament. On
parle vraiment, là, de conflit d'intérêts. Je pense que c'était la bonne chose
à faire.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Donc, interventions à
l'article 42? Mme la députée de La Pinière, s'il vous plaît.
Mme Caron : Merci, M. le
Président. Alors, je prends le... Je suis d'accord avec le fond de l'article,
là, ça nous avait été mentionné, d'ailleurs, dans les mémoires. Ma question,
c'est... Un pharmacien propriétaire peut avoir un intérêt dans une... dans une
entreprise qui fabrique le médicament, mais son employé, qui est aussi
pharmacien, n'a pas cet intérêt-là. Est-ce que son employé va pouvoir prescrire
le médicament en question?
Mme LeBel : En principe, oui,
mais là...
Mme Caron : Ou substituer...
Mme LeBel : Bien, oui,
prescrire ou substituer, en principe, oui, parce que c'est vraiment le
pharmacien qui a un intérêt direct à prescrire, mais là il faudrait voir.
D'autres codes de déontologie pourraient s'appliquer, là, s'il y a une
influence sur son employé. Mais c'est le pharmacien qui a un intérêt direct.
Puis on ne parle pas d'un pharmacien qui est propriétaire d'une pharmacie, mais
d'un pharmacien qui aurait, je ne sais pas, moi, des parts chez Tylenol, là. Je
dis quelque chose d'absurde, pour être sûre. Bien là, le pharmacien ne peut pas
prescrire du Tylenol. Ça peut être de l'ibuprofène, mais pas... C'est-tu de
l'acétaminophène, une Tylenol? Peu importe. Mais il peut prescrire de
l'acétaminophène, mais pas du Tylenol, mettons.
Je le sais, là, qu'il y a des gens là, qui
m'écoutent qui vont faire : Ah! mon Dieu, qu'est-ce que... Mais vous
comprenez ce que je veux dire. Ce n'est pas le fait d'être propriétaire d'une
pharmacie, c'est d'avoir un intérêt dans le médicament qui est prescrit. Puis,
en plus, s'il y a un générique, il peut prescrire le générique, en fin... en
fin de compte, là. C'est qu'il... il ne peut pas... il ne peut pas s'avantager
lui-même parce qu'il va avoir des retombées sur la vente de ce médicament-là.
Mais ça existait déjà dans la notion de
substituer, puis ce n'était pas un problème dans la notion de substituer. C'est
que, maintenant qu'on vient élargir à la notion de prescrire, bien, on fait de
la concordance, finalement, avec nos actes. Mais ça existait déjà dans la
notion de substituer. Tu ne peux pas substituer un médicament pour un autre
dans lequel tu as un intérêt. Et c'est la... votre question s'applique, et elle
est déjà mise en œuvre sur le terrain.
Mme Caron : Ça existait déjà,
c'est ça. C'est ça, oui.
Mme LeBel : Oui, ça existe,
là, déjà.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci. On
se posait la question, là, Mme la ministre : Sur un fonds commun de
placement, par exemple, dans lequel il y a, effectivement, des pharmacos... c'est-tu
visé, ça, ou ce n'est pas visé?
Mme LeBel : Répétez-moi ça.
M. Cliche-Rivard : Bien,
quelqu'un a un placement, là, un fonds commun de placement, puis là il y a
plein de produits financiers diversifiés.
Mme LeBel : Bien, ce sera la déontologie,
là.
M. Cliche-Rivard : Le
pharmacien, il est-tu visé par ça, ou c'est différent?
Mme LeBel : Là, ce sera
l'ordre, puis le syndic, puis le code de déontologie de voir est-ce que c'est
direct, indirect. Je ne ferai pas des cas de figure, puis pas parce que je ne
respecte pas... mais je ne suis pas habilitée, moi, pour décider, dans ce
cas-là, quel est l'intérêt puis quel est le retour au pharmacien.
Théoriquement, théoriquement, ce serait une situation qui pourrait être
examinée. Et est-ce qu'elle... est-ce que ça va être <considéré...
Mme LeBel :
...ce
serait une situation qui pourrait être examinée. Et est-ce qu'elle... est-ce
que ça va être >considéré par le syndic...
M. Cliche-Rivard : Comme une
violation à 24.
Mme LeBel : ...comme un
intérêt direct ou indirect? Bien, il le déterminera, là.
M. Cliche-Rivard : OK. Ça
fait que vous renvoyez ça à l'ordre, finalement...
Mme LeBel : Bien, oui, parce
que, là, je...
M. Cliche-Rivard : ...comme
c'est déjà le cas, de toute façon.
Mme LeBel : Bien, c'est déjà
le cas pour substituer, puis votre cas de figure va s'appliquer dans substituer,
mais là il va s'appliquer dans prescrire aussi.
M. Cliche-Rivard : Dans
prescrire.
Mme LeBel : C'est ça, exact.
M. Cliche-Rivard : Bien oui,
puis donc le syndic tranchera...
Mme LeBel : Le syndic
tranchera.
M. Cliche-Rivard : Exact.
Merci.
Le Président (M. Bachand) :Est-ce qu'il y a d'autres interventions à
l'article 42? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que
l'article 42 est adopté?
Mme LeBel : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) :Adopté. Mme la ministre, s'il
vous plaît.
Mme LeBel : 59, s'il vous
plaît, un petit voyage par en avant. 59, on parle... on est dans le cadre du Règlement
sur certaines activités qui peuvent être exercées par un pharmacien. Donc, 59 :
«Le Règlement sur certaines activités professionnelles qui peuvent être
exercées par un pharmacien est abrogé.»
Pourquoi? C'est parce que... Pourquoi on
propose d'abroger ledit règlement, c'est que l'élargissement du droit de
prescrire aux pharmaciens permet d'inclure, dans un règlement pris en
application de la Loi sur la pharmacie, les problèmes de santé visés par le
règlement abrogé. Ça fait que c'est comme si c'est de la... de la concordance.
On n'en a plus besoin, parce qu'on peut le faire autrement là. C'est comme ça
que je le lis.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. Interventions à
59? Oui, M. le député d'Acadie, oui.
M. Morin : ...c'est aussi ma
compréhension. Donc, parce qu'il va y avoir... parce qu'on est... on a regardé
des articles qui vont donner un pouvoir réglementaire à l'ordre, bien, à ce
moment-là, tout dépendant de ce que fera l'ordre, ce règlement-ci n'est plus
utile, c'est ce que je comprends, et c'est pour ça que vous voulez l'abroger
par la loi.
Mme LeBel : Oui. Puis, en
plus, compte tenu de notre... la disposition d'entrée en vigueur, là, qui fait
des entrées en vigueur distinctes, là, je pourrais vous dire que
l'article 68, là, va prévoir que cette... cette aprogation... le fait
d'abroger le règlement...
M. Morin : Abrogation-là.
Mme LeBel : ...à 59, ça, cet
article-là va rentrer en vigueur juste au moment où l'ordre va avoir pris
l'autre règlement, là, si je comprends bien, là.
M. Morin : C'est... Oui.
Bien, ça, c'est...
Mme LeBel : On ne veut pas
qu'il y ait de vide entre les deux là.
• (12 h 50) •
M. Morin : C'est ça. Ça,
c'était ma prochaine question, parce qu'évidemment, si c'est... la loi rentrait
en vigueur, c'est abrogé, bien là ils vont avoir un problème, là.
Mme LeBel : Non. C'est pour
ça...
M. Morin : ...puis je
voudrais éviter qu'il y ait un problème.
Mme LeBel : Donc, 68 tient
compte de ça.
M. Morin : De ça.
Mme LeBel : Donc, 59... bien,
l'article qu'on... qu'on abroge, là... le règlement qu'on abroge...
M. Morin : Bien, en fait,
le... l'article que vous adoptez, qui va abroger le règlement.
Mme LeBel : ...va entrer en
vigueur quand le règlement qui remplace cet article-là va être adopté, oui.
M. Morin : Va être en... OK.
Mme LeBel : Ça fait qu'il ne
peut pas y avoir de...
M. Morin : Bien, il n'y aura
pas de... d'espèce de trou, de vacuum juridique, à un moment donné, là.
Mme LeBel : Non. Il va... il
va être maintenu tant que l'autre n'arrivera pas.
M. Morin : OK. Parfait, je
vous remercie. Merci pour ces clarifications-là.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : ...là, il
y a quand même plusieurs affaires qui étaient déjà possibles, puis tant mieux.
On vise à élargir, là, il n'y a rien, finalement, qui est prévu qui va tomber,
comme droit, dans le prochain règlement.
Mme LeBel : Non, non, non.
M. Cliche-Rivard : Ce qu'on
vise, c'est, au contraire, donner plus d'accès à des services.
Mme LeBel : Tout ce qu'on a
fait jusqu'à présent ne limite pas mais élargit... dans certains cas, ajoute,
et, dans d'autres, élargit.
M. Cliche-Rivard : OK. Ça
fait qu'on va retrouver l'ensemble de ces dispositions, là, puis là il y a une
série de maladies ou de conditions pour lesquelles on peut prescrire. Puis là
vous donniez l'exemple, souvent, en conférence de presse, là, sur l'infection
urinaire chez la femme. Ça dit à 11 : «lorsque ce problème de santé a fait
l'objet... d'au cours... d'un traitement». Là, tu sais, on vise à les maintenir
ou à les élargir, au mieux.
Mme LeBel : Ils ne
pourront... ils vont faire plus que ce qu'ils faisaient maintenant...
M. Cliche-Rivard : Exact.
Mme LeBel : ...et non pas
moins. Je vais le résumer comme ça, si ça vous convient.
M. Cliche-Rivard : Parfait. Ça
fait que là, il n'y a pas de...
Mme LeBel : Parce que...
M. Cliche-Rivard : ...il n'y
aura pas... il n'y aura pas de perte de services.
Mme LeBel : Non.
M. Cliche-Rivard : Moi, je
suis habitué d'aller voir mon pharmacien pour telle affaire. Quand le règlement
va être adopté, je vais pouvoir le consulter pour telle affaire, et plus
encore. On est d'accord.
Mme LeBel : C'est ça. Parce
que, tu sais, il y a plusieurs mécanismes, là, ça fait que votre... au-delà du
technique... Ce qu'il fait maintenant, il va encore pouvoir le faire, et plus.
M. Cliche-Rivard : Et plus
encore, exactement. Ça fait que... Parfait, c'est ça qui compte.
Mme LeBel : Oui. Ça ne peut
pas être plus simplement résumé.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Autres interventions?
S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 59 est adopté?
Mme LeBel : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) :Adopté. Mme la ministre, s'il
vous plaît.
Mme LeBel : 65 : «65. Malgré
les dispositions des articles 11 et 17 de la Loi sur les règlements, le
gouvernement peut, avant la date qui suit de six mois la date de l'entrée en
vigueur du premier règlement pris en application du paragraphe h du premier
alinéa de l'article 10 de la Loi sur la pharmacie, tel que modifié par le
sous-paragraphe c du paragraphe 1° de l'article 40 de la présente loi, édicter
tout règlement modifiant le Règlement d'application de la Loi sur l'assurance
maladie ou le Règlement sur le règlement général d'assurance médicaments à
l'expiration d'un délai de 20 jours à <compter...
Mme LeBel :
...Règlement
sur le
règlement général d'assurance médicaments à l'expiration d'un
délai de 20 jours à >compter de la publication du projet de
règlement à la Gazette officielle du Québec. Ce règlement entrera en
vigueur à la date de sa publication à la Gazette officielle du Québec ou
à toute date ultérieure qu'il indique.
«Jusqu'à ce qu'entre en vigueur un
règlement modifiant le Règlement d'application de la Loi sur l'assurance
maladie ou le Règlement sur le régime général d'assurance médicaments, une
référence dans ces règlements au Règlement sur l'amorce et la modification
d'une thérapie médicamenteuse, sur l'administration d'un médicament et sur la
prescription de tests par un pharmacien ou au paragraphe 6° ou aux
sous-paragraphes a à d du paragraphe 8° du deuxième alinéa de l'article 17 de
la Loi sur la pharmacie est une référence à ces dispositions telles qu'elles se
lisent le (et indiquer ici la date de la sanction de la présente loi).»
Donc, en conséquence, là, les
modifications au texte de l'article 17 de la Loi sur la pharmacie, qui
sont prévues à l'article 41 du projet de loi, ainsi que les modifications
réglementaires qui en découleront, des ajustements devront être apportés, là,
aux règlements qui sont mentionnés là. C'est de la concordance à ces règlements,
là, finalement. Ça fait que ce que ça propose, là, c'est que, dans les six mois
suivant l'entrée en vigueur du premier règlement, là, pris en application... je
ne relirai pas tout ça, mais vous comprendrez qu'il y a une entrée en vigueur
qui suit ça. Et, bon, voilà, on pourra en discuter.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le député de
Saint-Henri...
Mme LeBel : Mais là on est
vraiment dans la suite de ce qu'on fait là.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Toute une
disposition et une construction légale, quand même, je... on essayait de suivre.
Mais, en gros, là, ce que vous dites, c'est que le délai habituel, peut-être,
de 45 jours, passe à 20 jours. C'est ce que le deuxième commentaire
dit.
Mme LeBel : Je peux le résumer
comme ça, là, hein?
M. Cliche-Rivard : On
pourrait le résumer comme ça.
Mme LeBel : Exactement.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Mme LeBel : C'était ma
compréhension, là, mais avant d'y répondre, là, j'aime mieux...
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Et là ça prévoit aussi qu'un ne vient pas... Non, ce n'est pas là que ça
prévoit qu'un ne vient... Oui, c'est là qu'un ne vient pas hors d'application
avant que l'autre entre en application... non, ça, ce n'est pas là.
Mme LeBel : Non.
M. Cliche-Rivard : Ça, c'est
plus tard.
Mme LeBel : C'est à 68, que j'ai
mentionné tantôt.
M. Cliche-Rivard : OK. Ça
fait que, là, on est, essentiellement, juste dans une réduction du délai de
prépublication.
Mme LeBel : Exact.
M. Cliche-Rivard : Et, je
devine, plusieurs autres dispositions connexes, qui sont un petit peu plus
compliquées, mais je pense que l'essence, c'est ça.
Mme LeBel : Oui, mais c'est
ça, là, que ça veut faire.
M. Cliche-Rivard : Qu'est-ce
qui justifie qu'on passe de 45 à 20? Pourquoi vous aviez jugé que c'était
important?
Mme LeBel : Bien, c'est pour
les besoins de la population, là, parce qu'on veut que cette réglementation-là
entre en vigueur le plus rapidement possible pour que les pharmaciens puissent
offrir plus.
M. Cliche-Rivard : Le plus
vite possible.
Mme LeBel : Le plus
rapidement possible.
M. Cliche-Rivard : Moi, ça me
va comme... ça me va comme réponse, ça. Merci.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le député d'Acadie.
M. Morin : ...brièvement,
donc, pour revenir à ce que vous disiez tantôt, si, dans le cadre du règlement,
on veut faire des commentaires, il va falloir qu'on se dépêche.
Mme LeBel : Je pense que vous
êtes capable.
M. Morin : Parfait. Ah! c'est
étonnant, ce qu'on peut faire, et on va... Donc, c'est... en fait...
Mme LeBel : Mais ça va... ça
va respecter ce qu'on...
M. Morin : ...l'idée, c'est
pour être capables d'offrir, finalement, comme vous l'avez mentionné, un
service à la population le plus rapidement possible.
Mme LeBel : Bien, c'est parce
que toutes ces activités élargies et/ou ajoutées peuvent entrer en vigueur... bien,
certaines, sauf celles qu'on mentionnait avec votre collègue tantôt sur 1 et 4
là, qui n'ont pas besoin de réglementation... mais toutes celles qui demandent
une réglementation et celles, présentement, qu'on ajoute ou qu'on élargit vont
demander une réglementation, en principe, bien on veut qu'elles entrent en
vigueur le plus rapidement possible pour la population, là.
M. Morin : Puis est-ce qu'il
y a... il y a déjà des négociations pour la rédaction des règlements ou l'entrée
en vigueur?
Mme LeBel : Absolument, ça se
fait... au moment où on se parle, c'est en processus continu.
M. Morin : Parfait. Merci.
Mme LeBel : C'est pour ça que
je pouvais déjà m'avancer sur le fait des problèmes de santé courants, parce
que c'est déjà... on a déjà un accord de principe sur ça. Maintenant, les
balises vont être... Là, il faut juste... il faut rédiger le règlement pour que
les balises y soient, puis voir quels types de problèmes de santé courants vont
être inclus là-dedans. Bien, quand je me suis permis de nommer des exemples
comme la conjonctivite puis l'infection urinaire, c'est parce que je sais, d'entrée
de jeu, que les discussions portent sur un consensus sur ce type-là de
problèmes courants. Mais vous comprendrez qu'on va laisser les discussions se
poursuivre.
M. Morin : ...que les
discussions ne sont pas... ne sont pas terminées, là.
Mme LeBel : Oui, je le sais,
mais c'est autre chose, là.
M. Morin : Mais merci, merci de
nous en informer, puis la population aussi...
Mme LeBel : Et on est dans
cette intention générale là, là.
M. Morin : ...c'est ça, qui nous
écoute, là. Très bien, je vous remercie.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Mais, Mme
la ministre, là, si on... si on coupe de 45 à 20, c'est parce que vous avez
aussi l'intention d'avancer avec ça rapidement, là.
Mme LeBel : Oui, puis ça, on
parle vraiment des règlements... des règlements aussi, il ne faut pas oublier,
là. Parce que tout ce que j'ai dit s'applique quand même. On parle des
règlements connexes du gouvernement, là. C'est la concordance du gouvernement
qui va suivre le règlement principal. Donc, on ne veut pas non plus que ce soient
les règlements connexes du gouvernement qui viennent, en plus, limiter la
possibilité des gens d'avoir accès aux services, là.
M. Cliche-Rivard : ...on
parle notamment du règlement qui définit comment on peut prescrire.
Mme LeBel : Notamment, mais
il y a aussi le Règlement sur le régime général de l'assurance médicaments ou
le règlement...
M. Cliche-Rivard : C'est ça.
Exact.
Mme LeBel : Donc, tu sais,
tout ça doit... les accessoires devront suivre le principal le plus rapidement
possible. C'est ça, le principe qui est là-dedans, là.
M. Cliche-Rivard : OK. Puis
là, sans vous engager formellement, si on réduit ce délai-là, c'est parce que
vous avez une idée de six mois ou... Je veux dire, c'est bientôt, là? Trois
mois...
Mme LeBel : Mais on est déjà
en rédaction.
M. Cliche-Rivard : C'est ça.
Mme LeBel : Bien, l'objectif,
puis je l'ai toujours <dit...
M. Cliche-Rivard :
...ou...
Je veux dire, c'est bientôt, là? Trois mois...
Mme LeBel :
Mais on
est déjà en rédaction.
M. Cliche-Rivard :
C'est
ça.
Mme LeBel :
Bien,
l'objectif, puis je l'ai toujours >dit, là, c'est d'activer ces
nouvelles capacités là le plus rapidement possible, là.
M. Cliche-Rivard : Mais moi,
je vous renvoie la balle. Vous me dites : Oui, oui, vous aurez le temps,
de 45 à 20 jours. Je dis oui. Le collègue d'opposition a dit : Oui,
c'est incroyable, ce qu'on peut faire en 20 jours. J'en suis. Il faudrait
quand même qu'il y ait le corollaire l'autre bord, que, vous aussi, ça ne sorte
pas dans un an, là.
Des voix : ...
Mme LeBel : Bien, oui, oui,
tout à fait, là.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Mme LeBel : L'intention,
c'est de tout faire le plus rapidement possible. Mais je ne vous dirai pas que
ça va être déposé dans les trois jours suivant...
M. Cliche-Rivard : Bien non,
je ne m'attendais pas à un...
Mme LeBel : Mais ce n'est
pas... Mais on a déjà commencé la rédaction de tous les règlements qui doivent
être adaptés ou... et/ou adoptés, adaptés et/ou adoptés... bien, adaptés et
adoptés, naturellement, là.
M. Cliche-Rivard : C'est bien
dit. Parfait. Ça fait qu'on doit s'attendre à quelque chose bientôt. Le public
québécois, là, va pouvoir voir assez bientôt qu'est-ce qu'il va pouvoir faire
avec son pharmacien rapidement.
Mme LeBel : C'est
l'intention.
M. Cliche-Rivard : Excellent.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions à
l'article 65? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que
l'article 65 est adopté?
Mme LeBel : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) :Adopté. Alors, Mme la ministre.
Mme LeBel : Oui. OK, on est
toujours dans la même... je veux juste dire qu'on est toujours dans la même
foulée là, de faire en sorte que tous les accessoires suivent... Bon, le 65,
c'était les règlements que le... du gouvernement lui-même. Là, on est dans le
66 : «Le premier règlement pris en application du paragraphe h du premier
alinéa de l'article 10 de la Loi sur la pharmacie, tel que modifié par le sous-paragraphe
c du paragraphe 1° de l'article 40 de la présente loi, peut, malgré l'article
11 de la Loi sur les règlements, être soumis au gouvernement pour approbation à
l'expiration d'un délai de 20 jours à compter de la publication du projet
de règlement à la Gazette officielle du Québec. Malgré l'article 17 de
cette loi, il entre en vigueur le jour de sa publication à la Gazette
officielle du Québec ou à toute date ultérieure qu'il indique.»
Donc, ça propose de réduire le délai de 45
à 20 jours et de prévoir que le règlement entrera en vigueur au jour de sa
publication, plutôt que 15 jours suivant cette publication. Donc, on vient
sauver, disons, 30 jours, là, dans la grande... Et c'est la même, même
chose que tantôt, sauf pour un règlement différent, donc celui de l'ordre, si
je ne me trompe pas, ici.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup, Mme la
ministre.
Compte tenu de l'heure, la commission
suspend ses travaux jusqu'à 14 heures. Merci, à tantôt.
(Suspension de la séance à 13 heures)
13 h 30 (version révisée)
(Reprise à 14 heures)
La Présidente (Mme Schmaltz) : Alors,
bon midi, bon retour. La Commission des institutions reprend ses travaux.
Nous poursuivons l'étude détaillée du projet
de loi n° 67, Loi modifiant le Code des professions pour la modernisation
du système professionnel et visant l'élargissement de certaines pratiques
professionnelles dans le domaine de la santé et des services sociaux.
Lors de la suspension de nos travaux cet
avant-midi, nous en étions à l'étude de l'article 66. C'est ce que... On
avait terminé, l'article 66, il n'y avait plus de...
Une voix : ...
La Présidente (Mme Schmaltz) : Ah!
non, on a... M. le député de...
Mme LeBel : ...
La Présidente (Mme Schmaltz) : Hein?
Mme LeBel : ...
La Présidente (Mme Schmaltz) : Oui.
M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne, vous vouliez...
M. Cliche-Rivard : Oui.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Je voulais juste vous demander, Mme la ministre, vous étiez en train de me l'expliquer
alors qu'on suspendait. Ça fait déjà une heure, juste une heure. Donc, l'article 66
le dit que, ça, ça s'applique uniquement pour le premier règlement de mise en
application de h. Donc, deux choses, puis vous l'expliquiez hors micro, ça fait
que je vais vous laisser l'expliquer au micro. Pourquoi seulement... ou, en
tout cas, pourquoi identifier le premier règlement de h? Et distinction entre
65 et 66, qu'est ce que vous faites de différent? S'il vous plaît!
Mme LeBel : OK. Entre 65 et
66... Je vais répondre à la dernière question en premier qui est la plus
simple. On fait la même chose, mais pour deux types de règlements différents,
mais qui découlent de la même décision qu'on vient de prendre. Donc, en un mot,
l'idée, dans les deux cas, que ce soit à 65 ou à 66, que ce soit pour les
règlements du gouvernement, là, qui sont à 65 ou le règlement de l'ordre qui
est à 66, dans les deux cas, on veut que... raccourcir certains délais, donc,
les délais qui sont mentionnés à l'article, de 45 à 20, et éliminer le délai de
15 jours. Donc, dans le fond, on gagnerait 30 jours sur l'histoire de
toute la publication. C'est pour faire en sorte que les nouvelles capacités, je
vais le dire comme ça, les activités des pharmaciens prennent effet le plus
rapidement possible. Et je répondais au collègue sur 65, préalablement, que l'intention,
naturellement, est de les déposer également le plus rapidement possible et qui
sont déjà, somme toute, en rédaction.
Maintenant, sur votre question plus
particulière à 66, qui vise la question du premier règlement de h, on se
souviendra, quand on retourne à l'article 40, que le règlement h,
c'est le règlement qui permet...
14 h (version révisée)
Mme LeBel : ...particulière à
66, qui vise la question du premier règlement de h. On se souviendra,
quand on retourne à l'article 40, que le règlement h, c'est le
règlement qui permet, si je fais référence à l'article 41 qui parle de 17,
aux activités 5 à 11.
M. Cliche-Rivard : Exact.
Mme LeBel : C'est donc le
règlement qui, entre autres, parce que c'est celui-là qui est plus nouveau, si
on veut, qui va venir établir que veut dire le pouvoir de prescrire, OK, je ne
reprendrai pas tous les exemples, que veut dire le pouvoir de prescrire. Mais
pourquoi le premier règlement? C'est pour que les pouvoirs, les nouvelles
activités qu'ils ont... qu'ils seront à même de faire, que ce soit dans le
pouvoir d'administrer, de prescrire ou les limitations qu'on a enlevées qui
demandent un règlement également pour être redéfinies, arrivent en vigueur le
plus rapidement possible.
Mais, par la suite, si je prends l'exemple
des problèmes de santé qui sont... des problèmes courants de santé ou des
problèmes de santé courants, bien, je reviens à notre intention de le faire par
règlement plutôt que par la loi. C'est pour permettre une évolution plus agile
dans l'intérêt des citoyens, toujours avec, en tête, la protection du public,
la protection des citoyens. Naturellement, c'est un ordre professionnel, donc,
il ne peut pas faire fi de ça, être capable de faire plus rapidement. Et on le
conçoit, une modification réglementaire se fait de façon plus rapide et plus
agile qu'un projet de loi malgré... même avec toute la bonne volonté de tout le
monde, un projet de loi toujours plus lourd à mener de l'avant, c'est normal.
Bien, on se dit le premier, là, c'est celui qui donne le point de départ, les
autres seront des règlements, dans mon langage à moi, d'ajustement, si on veut,
hein, on en met... on ajuste la liste ou on ajuste les critères ou les balises.
Bien là, on se dit : On ne peut pas déroger à la Loi sur les règlements,
en disant : Bien là, tous les autres règlements de la pharmacie vont être
à 20 jours, là. Le point de départ, on veut qu'ils soient rapides.
Après ça, ça va être une évolution... le
terme n'est pas exact, là, pour les fins du... mais une évolution de la
pratique, disons-le comme ça, qui va se traduire par une évolution de la réglementation.
Mais là on se dit, à chaque fois : Maintenant on va... on va respecter, en
tout cas, par principe, ce qui pourrait... ce qui ne pourrait pas empêcher qu'à
un moment donné on pourrait dire dans... le gouvernement pourrait décider que
le règlement va être plus rapide, là, puis là ça existe dans le passé, là. Mais
on met ça pour le premier règlement puis, après ça, les autres vont suivre la
Loi sur les règlements, c'est-à-dire vont respecter les délais. C'est le coup d'envoi
finalement.
M. Cliche-Rivard : Oui. Puis
là, h, vous le dites, c'est le premier règlement, c'est lui qui est visé ou
prévu pour 11, là, pour prescrire un...
Mme LeBel : Bien, il fait 5 à
11, donc...
M. Cliche-Rivard : Il fait 5
à 11. Ça fait que le même règlement va faire 5 à 11?
Mme LeBel : Non, le même...
le même principe couvre 5 à 11.
M. Cliche-Rivard : C'est ça.
Mais votre intention... le premier règlement, l'intention, c'est celui de 11
sur prescrire des médicaments?
Mme LeBel : Non, c'est celui
de h, donc ça pourrait être de 5 à 11 si c'est pertinent.
M. Cliche-Rivard : Ça peut
être de 5 à 11.
Mme LeBel : Oui...
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Mme LeBel : ...parce qu'entre
autres 5, il y a «effectuer un prélèvement».
M. Cliche-Rivard : Exact.
Mme LeBel : Vous savez, on a
enlevé «l'introduction d'un instrument dans le pharynx», mais on va quand même
réglementer, parce que là on est passé de très, très, très petit à infiniment
grand, en disant : On va le restreindre entre les deux. Ça va être
nécessairement plus que ce qu'il y a maintenant, parce ça ne peut pas être
moins... ça ne peut pas être bien, bien, bien moins que ça, là, honnêtement,
là.
M. Cliche-Rivard : OK. Ça
fait que ledit premier règlement pourra contenir les spécifications sur 5 à 11.
Mme LeBel : 5 à 11.
M. Cliche-Rivard : OK
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : Ça ne sera
pas un règlement pour 5, un règlement pour 6, un règlement pour 7, un règlement
pour 8?
Mme LeBel : Bien non, ce n'est
pas l'intention, là.
Une voix : Non, un seul
règlement.
M. Cliche-Rivard : OK.
Mme LeBel : Non, un seul
règlement pour 5 à 11, c'est ça.
M. Cliche-Rivard : Et c'est
ce premier règlement là qui couvrira 5 à 11, qui, lui, va passer...
Mme LeBel : Le cas échéant,
oui.
M. Cliche-Rivard : ...expéditif,
disons, là.
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : Puis si,
par la suite, là, mettons dans la première version, vous faites seulement 11,
parce que c'est là qu'il y a l'entente pour l'instant, puis «whatever»...
Mme LeBel : Bien...
M. Cliche-Rivard : ...ou 5 et
11, parce que là vous avez le prélèvement et la prescription, mettons, s'il y
en a un autre qui vient plus tard, là, lui, il va être sujet aux mêmes
prépublications qu'habituellement.
Mme LeBel : Oui. Le premier
règlement en vertu de h qui va... qui va être à 20 jours, oui.
M. Cliche-Rivard : Parfait. C'est
bon.
Mme LeBel : Oui.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Est-ce
qu'on a d'autres interventions? Non. Alors, est-ce que l'article 66 est
adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Donc,
l'article 66 est adopté.
Mme LeBel : Oui. Là...
La Présidente (Mme Schmaltz) : Oui.
Mme LeBel : ...nous allons
entrer, Mme la Présidente, selon le tableau qu'on a déposé dans le domaine plus
de la concordance à l'article 43, et 44 par la suite.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Tout
à fait.
Mme LeBel : Merci.
Des voix : ...
Mme LeBel : Alors, 43 :
L'article 31 de cette loi est modifié par l'insertion, après «paragraphe h»,
de «du premier alinéa».
Donc, cette modification vise à préciser
le renvoi à l'article 94 du Code des professions considérant l'ajout d'un
deuxième alinéa antérieurement au projet... au présent projet de loi. Donc, on
est vraiment... on ne peut pas être plus concordance que ça.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Oui.
Est-ce qu'il y a des...
Mme LeBel : Est-ce que ça va
pour tout le monde?
La Présidente (Mme Schmaltz) : Pardon.
Excusez-moi. Est-ce qu'il y a <des interventions...
La Présidente (Mme Schmaltz) :
...Oui. Est-ce qu'il y a des...
Mme LeBel :
Est-ce
que ça va pour tout le monde?
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Pardon. Excusez-moi. Est-ce qu'il y a >des interventions?
Non. Non. Alors, est-ce que l'article 43 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Donc, l'article...
Mme LeBel : 44. Ah!
excusez-moi, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Schmaltz) : ...est
adopté. Non, ça va. C'est correct.
Mme LeBel : Je suis tellement
concentrée...
La Présidente (Mme Schmaltz) : Oui,
je vois ça. C'est...
Mme LeBel : ...dans mon
processus que je ne veux pas usurper votre rôle.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Allez-y.
44.
Mme LeBel : Désolée. Merci.
44. L'article 35 de cette loi est modifié :
1° par la suppression, dans le premier
alinéa, de «et au troisième»;
2° par l'insertion, dans le paragraphe b
du deuxième alinéa et après «paragraphe h», de «du premier alinéa».
Donc, ça propose des modifications de
concordance qui découlent de l'article 41 du... du premier projet de loi
et de l'ajout antérieurement au présent projet de loi d'un deuxième alinéa à
l'article 94 du Code des professions.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Avons-nous
des interventions? Pas d'intervention, non. Donc, est-ce que l'article 44
est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Schmaltz) : L'article 44
est adopté. Donc là, nous avons un amendement à l'article 21, 21.1.
Mme LeBel : Oui.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Vous
allez faire la lecture.
Mme LeBel : Absolument, Mme
la Présidente. Merci. Donc, amendement, 21.1 : Insérer, après
l'article 21 du projet de loi, le suivant :
21.1. L'article 184 est modifié par
l'ajout, à la fin du deuxième alinéa, de la phrase suivante : «Le
règlement peut prévoir les modalités de collaboration, entre l'ordre et les
établissements d'enseignement intéressés, applicables à un programme d'études
conduisant à l'obtention d'un diplôme menant à une attestation de formation
délivrée dans le cadre d'un règlement pris en application du paragraphe o
du premier alinéa de l'article 94 ou d'une loi constituant un ordre.»
Bon. Donc, dans le contexte où l'on permet
à l'Ordre des pharmaciens de déterminer les cas dans lesquels l'exercice d'une
activité professionnelle nécessite une attestation de formation, bien, il faut
prévoir le corollaire que des modalités de collaboration pourraient être
établies entre l'ordre et les universités qui vont offrir, le cas échéant, le
programme d'études qui permettra, en bout de piste, d'obtenir cette
attestation. C'est aussi vrai pour la formation de base. C'est vrai pour les
attestations. Donc, la modification proposée étant générale, la même faculté
sera applicable à l'ensemble des ordres et des établissements d'enseignement
concernés par d'autres types d'attestations si le besoin d'établir, à un moment
donné, pour eux de telles modalités de collaboration s'avère.
Donc, au même titre qu'il y a une
collaboration entre les ordres et les établissements d'enseignement pour la
formation de base, je dirais, pour accéder à une profession, une formation de
base étant différente d'une profession à l'autre, là, bien, c'est la même chose
pour une attestation de formation.
• (14 h 10) •
La Présidente (Mme Schmaltz) : Est-ce
qu'on a des commentaires? Oui, Mme la députée de La Pinière.
Mme Caron : Merci, Mme la
Présidente. J'ai juste une question... besoin d'une précision, parce que, Mme
la ministre a lu 21.1, l'amendement et la fin, ça dit que ça va être «pris en
application du paragraphe o du premier alinéa de l'article 94 ou
d'une loi constituant un ordre». Bien, quand je lis le... si je le lis à la
bonne place, là, à la deuxième page, le texte qui est surligné, qui
normalement, je crois, doit correspondre à l'amendement, il n'est pas question
de... du paragraphe o du premier alinéa de l'article 94. Est-ce que vous
pouvez m'éclairer là-dessus?
Mme LeBel : Oui, bien, il
faut lire la version en haut, vous avez raison. La version qu'on vous donne en
gris, là, oui, mais ça va être dit jusque là...
Mme Caron : D'accord.OK.
Mme LeBel : ...parce que
c'est ce que je dépose comme...
Mme Caron : Parfait. Merci.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Oui,
M. le député Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Bon, ça, c'est effectivement quelque chose qui
nous avait été... qui vous avait été demandé pour être sûr que là on puisse
faire le lien avec les formations.
Mme LeBel : C'est normal.
M. Cliche-Rivard : Et là ils
semblaient dire que sans ça, bon, pour l'instant, il n'y avait comme pas
d'inquiétude, mais ils se voyaient dans l'avenir, à savoir peut-être que... Et
là ils donnaient des exemples de formation, mais peut-être que le deuxième cycle
allait modifier, que la qualité, que... etc. Ça fait que là ils voulaient
s'assurer que le suivi ou que ça, ça soit fait. Donc là, l'ordre va avoir le
pouvoir d'établir les modalités de la collaboration. Est-ce que...
Mme LeBel : ...
M. Cliche-Rivard : Un
règlement du gouvernement.
Mme LeBel : Oui, c'est ça, je
voulais vérifier...
M. Cliche-Rivard : Oui, parce
que là on est dans le Code de professions, on est revenus... On est sortis de
la <i>loi sur les pharmacies, on est rentrés dans le code. Puis là, donc,
ça s'applique à l'ensemble de ceux qui voudront établir une attestation de
formation.
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : Est-ce que
ça fait partie, par exemple, de la pharmacothérapie qu'on discutait, là...
Mme LeBel : Bien oui. Bien...
M. Cliche-Rivard : Eux
autres, ils ont un deuxième cycle en pharmacie, puis là, avec le nouveau
règlement, on va pouvoir aller chercher une attestation au sens de 94o. Puis
là, ça, ça permet à <i>l'Ordre des pharmaciens de faire le suivi avec le
deuxième cycle de pharmaco.
Mme LeBel : Voilà.
M. Cliche-Rivard : C'est ça,
l'exemple clé.
Mme LeBel : Bien, c'est
l'exemple qui a mis... dans le fond, qui nous a fait aller là, parce que c'est
l'exemple pratique qu'on a devant nous, le cas, mais ça pourrait être le cas
avec d'autres attestations de formation. Puis je pense que... Pour moi, quand
on a... quand on a entendu le commentaire, je veux dire, ça faisait du sens,
là, parce que cette collaboration-là existe déjà pour la formation de base.
Donc, naturellement, à partir du moment où l'ordre doit délivrer une
attestation de formation, encore faut-il qu'elle soit satisfaite, que la
formation mérite l'attestation. Je vais le dire à l'envers, là, mais...
M. Cliche-Rivard : C'est ça,
parce que la <réussite du diplôme...
Mme LeBel :
...de
formation, encore faut-il qu'elle soit satisfaite, que la formation mérite
l'attestation. Je vais le dire à l'envers, là, mais...
M. Cliche-Rivard :
C'est
ça, parce que la >réussite du diplôme n'équivaudra pas nécessairement
directement l'accès à l'attestation.
Mme LeBel : À moins que
l'ordre soit satisfait, que la réussite du diplôme ou de la formation en
question, bon, donne une attestation.
M. Cliche-Rivard : L'exemple
de nous, Barreau versus bac en droit, il y a une grande distinction, là. Ce
n'est pas... ce n'est pas la complétion d'un bac qui donne l'accès au tableau
de l'ordre.
Mme LeBel : Mais, souvent,
encore une fois, ça varie. Le code d'une attestation de formation, c'est
souvent en surplus de ton... de ton permis de base...
M. Cliche-Rivard : De ton
titre, exact.
Mme LeBel : ...de ton titre de
base. Donc, souvent on se comprend que pour les... j'allais dire les
compétences de base de ton ordre professionnel, il y a beaucoup d'ordres qui
procèdent par un examen, par un stage plus un examen, par juste un stage. Il y
en a que c'est juste un stage ou ça peut être d'autres types de façon d'accéder
au permis. Bien là, on est dans le fait qu'une fois que j'ai mon permis, si je
vais chercher quelque chose de supplémentaire...
M. Cliche-Rivard : Une
spécialité.
Mme LeBel : ...spécifique,
oui. Bien, je pense à <i>l'ordre des sexologues, et à moins que je ne me
trompe, c'est simplement avec la formation, l'obtention de la formation... de
l'obtention de la formation découle l'attestation, mais l'ordre des sexologues
et l'UQAM sont... entre autres, sont en... sont en harmonie sur la formation...
M. Cliche-Rivard : C'est ça.
Mme LeBel : ...tu sais. Donc,
c'est pour ça que c'était normal de penser.... L'ordre n'est pas, en bon
français, «rubber-stamper». Il doit s'assurer que la formation... l'attestation
qu'il... qu'il ou elle, l'ordre, il, l'ordre, émet, bien, que la formation est
au rendez-vous. Donc, c'était normal, je pense, qu'on...
M. Cliche-Rivard : OK. Là, on
le crée d'un côté de l'ordre...
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : ...qu'est-ce
qui crée le même corollaire ou obligation du côté de la faculté d'enseignement?
Mme LeBel : Ah! bien, c'est
parce que c'est le règlement du gouvernement. Ça fait que le règlement du
gouvernement va établir les modalités à travers lesquelles ces deux entités-là
doivent collaborer.
M. Cliche-Rivard : Mais la
source de...
Mme LeBel : Oui, c'est
l'article lui-même qu'on met... qu'on met là. Le règlement peut prévoir les
modalités de collaboration entre les deux, donc, il va nécessairement concerner
les deux.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
qu'il va lier... Le règlement pris en vertu des codes de professions va quand
même lier l'institution universitaire.
Mme LeBel : Donnez-moi
30 secondes...
M. Cliche-Rivard : Bien sûr.
Mme LeBel : ...
La Présidente (Mme Schmaltz) : On
suspend, oui, quelques instants, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 14 h 16)
(Reprise à 14 h 17)
La Présidente (Mme Schmaltz) : Donc,
on est revenus. Mme la ministre.
Mme LeBel : Alors, je réitère
mes propos. Je fais miens mes propres propos.
M. Cliche-Rivard : ...
Mme LeBel : Oui, oui. Donc,
c'est un règlement du gouvernement, comme je le disais tantôt. Naturellement,
on va consulter l'ordre puis l'établissement, puis, etc., mais ce que ça va
donner... et les établissements, mais ça va être un règlement qui va établir
les modes de collaboration entre les ordres et les établissements concernés
dans le cadre des attestations de formation. Donc, ça ne sera pas un règlement
qui va viser juste les pharmaciens, là, je veux juste qu'on le comprenne, ça va
viser de façon générale quand un ordre professionnel ou quand... a une capacité,
ou une possibilité, ou une volonté, là, prenez le qualificatif que vous voulez,
d'avoir une attestation de formation qui... Parce que l'attestation de
formation est toujours dans le but de donner une activité différente de ses
membres réguliers, je vais le dire comme ça. Quand il est opportun, hein, je
pense, c'est le meilleur terme, quand il est opportun de le faire, bien, dans
ces cas-là, l'ordre et l'établissement de... formateurs, bien, ils doivent
collaborer sur la formation qui donne lieu à l'attestation, puis je pense que
c'est tout à fait normal.
M. Cliche-Rivard : C'est toujours
dans le cadre d'une attestation de formation délivrée au sens de 94...
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : ...ça fait
que ce n'est jamais l'accès au titre, là, c'est toujours...
Mme LeBel : On est toujours
dans <l'attestation de formation...
M. Cliche-Rivard :
C'est
toujours dans le cadre d'une attestation de formation délivrée au sens
de 94...
Mme LeBel :
Oui.
M. Cliche-Rivard :
...ça
fait que ce n'est jamais l'accès au titre, là, c'est toujours...
Mme LeBel :
On est
toujours dans >l'attestation de formation.
M. Cliche-Rivard : ...plus
loin dans la... dans la spécialité, là. Ce n'est pas toujours des spécialités,
mais, mettons, dans le...
Mme LeBel : Spécificité.
M. Cliche-Rivard : La
spécificité, donc les actes réservés élargis spécifiquement pour ceux qui
possèdent ladite attestation.
Mme LeBel : À la fin de l'étude,
on va être hot, tout le monde.
M. Cliche-Rivard : Quand
même, là. Donc là, vous étiez en train de dire évidemment que ce règlement-là
du gouvernement, bien qu'il soit pris à l'intérieur de l'habilitante du Code
des professions, va quand même lier les institutions d'enseignement.
Mme LeBel : Bien, absolument.
M. Cliche-Rivard : C'est ça.
Ça, vous, vous pouvez le faire, ce que l'ordre, lui, il ne peut pas forcer...
Mme LeBel : ...
M. Cliche-Rivard : ...ou ne
peut pas émettre un règlement qui lie l'Université de Sherbrooke, par exemple,
parce qu'il n'y a pas de lien de...
Mme LeBel : Il peut se lier
lui-même et lier ses membres.
M. Cliche-Rivard : Il peut se
lier lui-même et lier... Dans le cas où l'ordre lui-même fournirait la formation
en vue de délivrer ladite attestation, si c'est ce qu'il décidait de faire dans
n'importe quelle...
Mme LeBel : OK, bien, je ne
suis pas sûre que...
M. Cliche-Rivard : ...bien
là, de toute façon, ils se collaborent avec eux-mêmes, là, ça fait qu'on... Ce
n'est pas un problème, là.
Mme LeBel : Oui, oui. Puis à
un moment donné, là, on n'est pas dans la formation continue, là, qui est
exigée pour certains ordres professionnels.
M. Cliche-Rivard : Exact.
Mme LeBel : À titre d'exemple,
le Barreau, on a des... des heures de formation continue, et il y a de la
formation qui est donnée par le Barreau ou attestée...
M. Cliche-Rivard : Oui.
Mme LeBel : ...ou si elle est
à l'externe, elle est attestée nécessairement par le Barreau. Là, on n'est pas
là du tout. Ça m'étonnerait que l'Ordre des pharmaciens se lance dans une
maîtrise en pharmacologie avancée, mais qui sait? Mais ça pourrait être une
autre université qui ne l'a pas, qui ne l'a pas... Tu sais, considérant... on
va parler de ce cas de figure là, considérant que l'Ordre des pharmaciens et le
collège... pas le collège, mais le Collège des médecins puis l'association sont
tous venus dire qu'il fallait reconnaître cette maîtrise-là, et qu'on... personne
n'avait de... mais, en tout cas, moi, je peux affirmer que je n'avais aucun
enjeu sur l'objectif, puis on a choisi un autre moyen que celui qui a été mis
de l'avant. Mais, dans les deux cas, qu'on soit passé par un titre de
spécialiste ou par une attestation, c'est l'ordre qui aurait décidé qui mérite
le titre de spécialiste, là...
M. Cliche-Rivard : Oui.
• (14 h 20) •
Mme LeBel : ...il faut
comprendre. Et il aurait fallu que l'ordre, même à titre d'exemple, décide
aussi si la maîtrise en question mérite de se voir accorder le titre de
spécialiste, parce que ce n'est pas le pharmacien qui peut s'autoproclamer
spécialiste ou j'ai l'attestation de formation parce que là... Et là j'ai
pris... j'ai pris à dessein leur demande en disant : On serait passé de
toute façon par ces mêmes obligations là, de prévoir une collaboration entre l'ordre
et les établissements... d'enseignement. Il y a des endroits présentement — oui,
ça fixe les modalités — il y a des endroits présentement qui donnent
déjà la formation. J'imagine que, hein, je ne le déclare pas, mais j'imagine qu'elle
est déjà reconnue, là, puis... Mais c'est peut-être pour les... c'est plus pour
peut-être aussi pour les nouvelles qui vont être mises en place et s'assurer
que le niveau est maintenu aussi, là.
M. Cliche-Rivard : Exact. On
va éviter une situation où, quatre, cinq ans plus tard, l'ordre constate ou, en
tout cas, est d'avis que la formation s'est effritée, puis que là décide de
dire : Oui, là, moi je suis sur le bord de retirer mon... ma reconnaissance
de l'attestation. En établissant une collaboration en amont, on espère que tout
se passe bien, puis qu'on ne se rende pas là une fois l'attestation délivrée.
Mme LeBel : Non. Et le
règlement, ce qu'il va venir dire, c'est : Fixez les modalités de cette
collaboration-là.
M. Cliche-Rivard : Comme?
Mme LeBel : ...de dire :
Vous devez collaborer...
M. Cliche-Rivard : Ah! vous
devez...
Mme LeBel : ...bien, vous
devez collaborer, oui.
M. Cliche-Rivard : Parce que
ce qu'il ne fixera pas grande modalité, il ne dira pas : Vous vous voyez
deux fois par année et, je veux dire, vous allez être...
Mme LeBel : Bien, moi, je
peux donner un exemple, genre... je ne sais pas... Non, bien, non, il ne dira
pas : Vous allez vous voir deux fois par année.
M. Cliche-Rivard : Bien non, c'est
ça. Ça fait que c'est pour ça que de prévoir les modalités de collaboration.
Une voix : ...
Mme LeBel : Mais il y a des
comités où c'est... il faut qu'ils soient à une fréquence régulière, mais, tu
sais...
M. Cliche-Rivard : Ça fait
que ça se pourrait que ça aille jusque-là.
Mme LeBel : Mais, tu sais...
mais c'est sûr que si... C'est ça, de se voir peut-être... bien, en tout cas,
on verra comment ça sera pertinent, là, puis après consultation. Mais pour que
ça soit... pour que cette collaboration-là ait un effet probant, là, pas juste
théorique, là.
Une voix : ...
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : C'est bon.
Merci.
La Présidente (Mme Schmaltz) : M.
le député d'Acadie.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. Donc, juste pour pour bien saisir, là, puis vous en avez parlé, Mme
la ministre, 184, là, ça vise l'ensemble des ordres professionnels, ce n'est
pas juste...
Mme LeBel : Non, non.
M. Morin : ...on parle des
pharmaciens, là, mais c'est un règlement d'application générale. En fait, c'est
un article qui permet des règlements, mais qui vont s'appliquer à l'ensemble
des ordres professionnels et qui, en fait, fait le lien entre les universités
ou une maison d'enseignement et un ordre professionnel.
Mme LeBel : Oui.
M. Morin : OK. Parfait.
Mme LeBel : Dans le...
spécifiquement dans ce cas-là, dans le cadre des attestations de formation.
M. Morin : Oui, dans ce
cas-là.
Mme LeBel : Dans ce cas-là.
M. Morin : ...puis ça ne s'applique
aussi pas uniquement aux pharmaciens, là. Donc, en fait, juste pour m'aider à
comprendre, est-ce que, dans le cas, par exemple, de la <i>Chambre des
notaires, les notaires obtiennent un diplôme d'université de deuxième cycle,
puis ils deviennent membres de la chambre en même temps, là? Donc, c'est par le
biais de ce règlement-là, non?
Mme LeBel : Non.
M. Morin : Non, du tout.
Mme LeBel : Non.
M. Morin : Donc, ce n'est pas
à ça <que ça sert...
M. Morin :
...c'est
par le biais de ce règlement-là, non?
Mme LeBel :
Non.
M. Morin :
Non, du
tout.
Mme LeBel :
Non.
M. Morin :
Donc, ce
n'est pas à ça >que ça sert.
Mme LeBel : Non. Bien, ce
n'est pas celui-là.
M. Morin : Pas celui-là.
Mme LeBel : Celui-là est pour
les gens qui sont déjà membres de l'ordre professionnel...
M. Morin : OK.
Mme LeBel : ...et qui a une
attestation. Mais là le notaire, il faudrait qu'on trouve, dans l'activité d'un
notaire, une activité qui permettrait qu'avec une attestation de formation, le
notaire, ayant l'attestation, peut la faire et les autres ne peuvent pas la
faire. C'est pour ça, je vous dis... j'ai donné un peu...
Une voix : ...
Mme LeBel : Bien, oui,
peut-être, peut-être plaider, je ne sais pas. Mais, pour l'instant, ce n'est
pas le cas, ça fait que je ne veux pas ouvrir de boîte de Pandore, mais...
M. Morin : C'est un
terrain... c'est un terrain dangereux.
Mme LeBel : ...ne me chuchotez
pas de terrain glissant. Pour fins d'enregistrement, j'aimerais effacer ce que
je viens de dire, mais... Je me rétracte. Mais je prenais l'exemple des avocats,
je vais aller dans un domaine où je me sens plus à l'aise, avocats versus
pharmaciens. Je vous disais tantôt, ce que vous me décrivez, c'est l'accès à la
profession.
M. Morin : Oui.
Mme LeBel : Une fois qu'on a
accédé à la profession... Là, moi, je suis un avocat qui a accédé à la
profession puis je suis un pharmacien qui a accédé à la profession. Là, l'ordre
a toutes sortes de... de façons, hein? Nous, on a une année de Barreau plus six
mois de stage. Là, ils vont regarder... je sais que ça a changé, peut-être un
examen, peu importe. Il y a plusieurs chemins qui... Souvent, il y a une
modalité supplémentaire à la formation universitaire ou de base. Souvent, c'est
soit un examen, soit un stage, soit une école... des cours supplémentaires.
Bon, ça, ça dépend du chemin de l'ordre professionnel pour l'accès à la
profession. Mais une fois qu'on a accédé à la profession, c'est là que les attestations
de formation entrent en jeu. Ils ne sont pas avant, ils sont après. Et là ça
prend une profession où c'est pertinent de l'avoir. Je vais vous donner
l'exemple du sexologue.
C'était pertinent de l'avoir, parce que
certains sexologues, maintenant, à l'adoption, ça va être des diagnostics.
Donc, je vais parler de diagnostics. Je vais m'adapter tout de suite. Tous les
sexologues accèdent à la profession de la même façon, mais une fois qu'ils y
ont accédé, les sexologues qui vont chercher une formation supplémentaire, je
ne sais pas c'est laquelle dans leur cas, ce n'est pas important, mais la
formation appropriée supplémentaire, obtiennent une attestation. C'est un
ajout, là, à leur permis de pratique, si on veut. Ils sont... Ils ont le plein
permis, comme on disait, hein, le permis permanent plus une attestation, OK? Et
l'attestation leur permet de faire quelque chose que leurs collègues, qui ont
le permis permanent, mais pas l'attestation, ne peut pas faire das les
activités réservées. Ça a l'air... dans leur cas, c'est pertinent. Un peut
avoir rencontré des gens, consulté, mais ne peut pas diagnostiquer en santé
mentale, l'autre peut diagnostiquer en santé mentale.
Les notaires, je ne le sais pas si c'est
pertinent. Les avocats, je ne vois pas à quel moment dans notre profession,
peut-être que je manque d'imagination, j'aurais besoin de faire... d'avoir une
attestation de formation qui me permet de faire quelque chose de plus que vous,
cher collègue, comme avocat. Mais les pharmaciens... tout le monde va accéder à
la formation de base qui donne... donc, tout le monde est pharmacien, puis tout
le monde peut prescrire... bon, dans les modalités, là, qui seront établies,
là...
M. Morin : Prévues par la loi
et les règlements.
Mme LeBel : ...et prévues par
les règlements. Mais, en plus, le pharmacien qui aura la maîtrise en
pharmacothérapie avancée obtiendra une attestation de formation et il pourra
prescrire dans plus de cas que le pharmacien régulier. Ça fait que ce n'est
pas...
M. Morin : Je comprends, donc...
Mme LeBel : ...ça n'arrive
pas au même moment dans le processus, disons-le comme ça.
M. Morin : ...je comprends,
donc, ce n'est pas pour entrer dans la profession...
Mme LeBel : Non, c'est pour
accroître...
M. Morin : ...mais c'est une
fois que la personne est entrée dans la profession, là, évidemment, s'il a un
diplôme universitaire qui accorde une spécialité... Est-ce qu'on peut faire,
par exemple, une comparaison avec des médecins spécialistes qui deviennent...
Mme LeBel : ...
M. Morin : Non plus. Donc,
eux...
Mme LeBel : Ce n'est pas la
même chose. Eux autres, c'est une formation de base différente...
M. Morin : Différente.
Mme LeBel : ...c'est un ordre
professionnel.
M. Morin : Différent. OK.
Mme LeBel : Bien, c'est le <i>Collège
des médecins...
M. Morin : Bien, c'est le
Collège des médecins, c'est le même ordre.
Mme LeBel : ...mais c'est une
formation...
M. Morin : OK. Donc, en fait,
ça reste... ça va être très utile finalement pour les pharmaciens...
Mme LeBel : Bien, entre
autres, là, parce que...
M. Morin : ...et peut-être
pour d'autres ordres, oui.
Mme LeBel : Puis là je peux
vous parler des sexologues parce qu'ils sont venus eux-mêmes mentionner...
M. Morin : Exact.
Mme LeBel : ...mais il y a
46 ordres professionnels. Il y en a peut-être d'autres pour qui ça va être
pertinent, mais que... dont moi, je n'ai pas la connaissance présentement.
L'idée, c'est qu'on le ramène au niveau du Code des professions pour donner cet
outil-là et le peaufiner pour tous ceux qui le jugeront pertinent.
M. Morin : D'accord. Donc, si
quelqu'un... en fait, si un ordre professionnel le juge pertinent, ils vont
devoir évidemment s'associer avec une maison d'enseignement, une université,
pour qu'il puisse y avoir éventuellement des cours plus spécialisés qui donnera
accès à une attestation particulière.
Mme LeBel : Oui, exactement.
Ils devront collaborer ensemble, oui.
M. Morin : Oui, c'est ça.
Puis ça, bien, 184 permet ça.
Mme LeBel : Vient encadrer
ça, oui.
M. Morin : Parfait. Je vous
remercie.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Oui,
M. le député Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci.
Puis, Mme la ministre, on se disait ça, en passant, sur le tableau de l'ordre,
là, la nouvelle attestation de formation, elle va être là.
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
qu'on va pouvoir identifier directement que cette personne-là la possède...
Mme LeBel : Absolument.
M. Cliche-Rivard : ...puis
qu'elle peut faire les actes. Excellent. Merci.
La Présidente (Mme Schmaltz) : D'autres
interventions? Alors, est-ce que... Non. Est-ce que l'amendement introduisant
le nouvel article 21.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Adopté.
Donc, l'amendement est adopté, et le <nouvel article 21.1...
La Présidente (Mme Schmaltz) :
...d'autres interventions? Alors, est-ce que... Non. Est-ce que
l'amendement introduisant le nouvel article 21.1 est adopté?
Des voix :
Adopté.
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Adopté. Donc, l'amendement est adopté, et le >nouvel
article 21.1 est adopté. Alors, nous allons passer à...
Mme LeBel : À un amendement,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Oui,
un autre amendement. Tout à fait. L'article 41.1.
Mme LeBel : Oui. Merci.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Donc,
Mme la ministre.
Mme LeBel : Oui. Alors,
article 41.1, qui concerne l'article 21... non... de la Loi sur la
pharmacie, pardon : Insérer, après l'article 41 du projet de loi tel
qu'amendé, l'article suivant :
41.1. L'article 21 de cette loi est
remplacé par le suivant :
«21. Un pharmacien doit exécuter une
ordonnance suivant sa teneur intégrale, sous réserve des pouvoirs qui lui sont
conférés et des obligations qui lui incombent.»
Donc, l'amendement proposé vise à
reconnaître que le pharmacien peut, dans le respect de ses pouvoirs et
obligations, ne pas exécuter une ordonnance suivant sa teneur intégrale.
En cohérence avec ce qui précède,
l'amendement propose également le retrait du cas de substitution d'un
médicament prescrit, un autre... d'un médicament prescrit, un autre médicament
dont la dénomination commune est la même, incluant les conditions qui y sont
associées.
(Consultation)
Mme LeBel : Je peux peut-être
vous donner un peu plus de renseignements supplémentaires.
Une
voix : ...
• (14 h 30) •
Mme LeBel : Oui. Un
pharmacien ne pouvait pas substituer avant. Bien, il pouvait, mais selon des
modalités extrêmement précises. Maintenant, on lui donne un pouvoir élargi de
substituer, donc... un médicament pour un autre. Donc, on doit aussi dire qu'il
n'est pas obligé de faire l'ordonnance telle quelle, s'il pense qu'il doit...
Parce que, si on ne fait pas ça, je vais juste le redire, vous me direz je me
trompe, si on ne fait pas ça, on vient contrecarrer son pouvoir de substituer
en disant : Tu dois donner l'ordonnance dans sa teneur intégrale. On lui
dit : Tu dois l'exécuter autant que faire se peut dans sa teneur
intégrale, sous réserve des pouvoirs que tu as de substituer. Alors, si ça
cadre dans son... dans sa capacité de substituer, il pourra substituer. C'est
un peu un oubli qu'on avait fait dans le projet de loi de base, le projet de
loi pour...
Parce que, tu sais, si on lui dit :
Tu dois exécuter une ordonnance suivant sa teneur intégrale, point, il est pris
un peu, le pharmacien, avec l'ordonnance en disant : Je ne peux pas
substituer. Là, on ne lui dit pas : Tu peux substituer tout le temps. On
lui dit : Tu dois, de base, exécuter l'ordonnance dans sa teneur
intégrale. Par contre, tu as des pouvoirs de substituer, ça fait que regarde si
ça te permet de substituer puis si c'est opportun de le faire, parce qu'il
n'est pas obligé, et là on a un petit peu débarré sa capacité.
Une voix : ...
La Présidente (Mme Schmaltz) : Oui.
Excusez-moi. Mon Dieu! Je suis en train de... J'étais concentrée. J'ai trois
mains levées. C'est qui le premier?
M. Morin : ...
La Présidente (Mme Schmaltz) : Oui,
allez-y.
M. Morin : En tout cas, moi,
je suis le plus proche. Je ne sais pas si je suis le premier, mais, bref. En
tout cas, allons-y.
M. Cliche-Rivard : ...
M. Morin : Merci, M. le
député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Bon, c'est ça. En fait, l'article,
actuellement, là, reprend... il dit, 21, présentement, dit : «Un
pharmacien doit exécuter une ordonnance suivant sa teneur intégrale.» Donc là,
vous ne changez pas ça avec votre amendement. Sauf que là ce que vous faites,
qui n'est pas dans la loi, c'est : Sous réserve des pouvoirs qui lui sont
conférés et des obligations qui lui incombent, et donc avec les amendements
qu'on a adoptés puis les règlements que vous allez prendre, ça va lui permettre
de, en fait, ne pas suivre totalement l'ordonnance qui lui est faite d'exécuter
une ordonnance suivant sa teneur intégrale. Ça fait que c'est ce que vous allez
faire.
Mme LeBel : Je m'excuse, j'ai
manqué le dernier bout, sincèrement.
M. Morin : On recommence.
Mme LeBel : Je pensais
l'avoir entendu...
M. Morin : On recommence.
Mme LeBel : ...je l'ai
entendu, mais pas...
M. Morin : OK, Bien, il n'y a
pas de souci. Là, si ma lecture de l'article 21, présentement, est bonne,
dans la Loi sur la pharmacie, là, ça dit : «Un pharmacien doit exécuter
une ordonnance suivant sa teneur intégrale.» Alors là, il n'a pas le choix.
Mme LeBel : Non.
M. Morin : Donc, il y a...
Là, il y a une ordonnance, là, bien, lui, il faut qu'il l'exécute. Il ne peut
pas la modifier. Il ne peut pas faire autre chose. Avec l'ajout ou la
modification que vous voulez apporter, vous reprenez le même libellé au début, OK?
Donc, en fait, il y a une obligation qui lui est faite de suivre l'ordonnance
dans sa teneur intégrale. Mais ce que vous ajoutez, par la suite, «sous réserve
des pouvoirs qui lui sont conférés, des obligations qui lui incombent», là les
pouvoirs qui lui sont conférés, c'est ce que vous allez lui donner par règlement.
Mme LeBel : Par la loi et règlement.
M. Morin : OK, par les deux.
Mme LeBel : Oui.
M. Morin : Et donc, dans la
loi...
14 h 30 (version révisée)
M. Morin : ...les pouvoirs qui
lui sont conférés, c'est ce que vous allez lui donner par règlement?
Mme LeBel : Par la loi et
règlement.
M. Morin : OK, par les deux.
Mme LeBel : Oui.
M. Morin : OK. Et donc dans
la loi et les règlements, c'est là...
Mme LeBel : Ce qu'on a vu à
17, là, puis ce qui va en découler.
M. Morin : C'est ça. Donc, c'est
là qu'il pourra substituer ou...
Mme LeBel : Ou c'est ça.
M. Morin : ...autrement, là.
Mme LeBel : Oui, tout ce qui
va être dit par la loi et les règlements, effectivement.
M. Morin : OK. Donc, son
obligation de base reste la même, il doit exécuter l'ordonnance, mais là vous
lui donnez une marge de manœuvre.
Mme LeBel : Bien, elle est
plus grande parce que, quand vous regardez avec le 21 actuel...
M. Morin : Oui, exact.
Mme LeBel : Il a déjà une
capacité de substituer, là, mais elle est...
M. Morin : Bien, c'est écrit
à l'alinéa 2.
Mme LeBel : Mais elle est...
elle est extrêmement étroite et définie, là, parce que la capacité de
substituer, rappelez-vous quand on discutait de 17, je ne disais pas que... je
ne disais pas que c'était une nouvelle capacité, je disais juste qu'on avait
élargi sa capacité de substituer.
Dans 21, c'est marqué... Bon, le principe
de base, c'est : Respecte l'ordonnance de celui qui l'a faite. Tu sais,
dans le fond, respecte l'ordonnance du collègue en santé qui a rendu une
ordonnance.
M. Morin : Exact.
Mme LeBel : Ça, c'est la
teneur de base.
M. Morin : Qui pourrait être
un autre pharmacien, soit dit en passant.
Mme LeBel : Ou bien... Non,
mais le pharmacien ne fera pas d'ordonnance, là, il va prescrire sur le champ
en constatant.
M. Morin : Ah! sur le champ.
Donc, il ne fera pas d'ordonnance.
Mme LeBel : Non.
M. Morin : OK.
Mme LeBel : Il fait une
évaluation puis il prescrit sur-le-champ.
M. Morin : Oui, diagnostic,
mais sur-le-champ.
Mme LeBel : Oui, puis, en
plus, c'est un peu logique, pourquoi qu'il donnerait une... pourquoi que j'irais
voir un autre pharmacien, là? Mais en tout cas, bref, peut-être que vous avez
une meilleure idée que moi.
M. Morin : On ne sait jamais,
des fois...
Mme LeBel : Oui, mais le
pharmacien que vous allez aller voir, potentiellement pour un problème courant,
va évaluer et prescrire sur le champ. Tu sais, il ne va pas dire : J'évalue
que tu as une infection urinaire, tu devrais prendre ça puis vas voir le Jean
Coutu d'en face, tu sais. Mais... On caricature, mais c'est ça.
Mais dans ce cas-ci, c'est toujours le
même principe. Souvent, on va lire : ordonnance va sûrement venir, dans
les grands cas de figure, d'un médecin ou d'une IPS. On peut penser à ça, là.
M. Morin : Oui, ou son... je
pense qu'on peut dire ça.
Mme LeBel : Je pense que,
sans se tromper, on peut penser que ces gens-là peuvent faire des ordonnances. OK?
M.
Morin : Exact.
Mme LeBel : Donc, le médecin,
la première... la première règle, puis moi, je vais le dire en mes mots, c'est :
Respecte l'ordonnance du professionnel qui l'a émise, hein?
M. Morin : Exact.
Mme LeBel : Bon. Sauf que,
dans le cas de l'article 21 actuel, il y a quand même une capacité de
substituer, là, on peut le voir, là, «pourvu qu'il avise le client, qu'il l'inscrive
à son dossier». Puis ça prend... il substitue un médicament prescrit «dont la
dénomination commune est la même à moins de»... Donc, tu sais, c'est... je
dirais que c'est étroit, étroit, étroit, la capacité de substituer. On refait
la même affaire, mais on l'ajuste au nouveau...
M. Morin : OK.
Mme LeBel : ...au nouveau
pouvoir de substituer, je vais le dire comme ça. Ça ressemble à ça.
M. Morin : OK. Parfait.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Mme
la... Vous aviez une question, Mme la députée de La Pinière?
Mme Caron : Oui, merci.
Merci, Mme la Présidente. Bien, en fait, la question... la raison pour
laquelle, pour moi, ce n'était pas tout à fait clair, c'est parce qu'il me
semble qu'habituellement quand on dit «sous réserve» de quelque chose, ça
introduit une restriction ou une limitation.
Mme LeBel : Pas
nécessairement.
Mme Caron : Là, d'après l'explication
que vous avez donnée, ce que j'ai compris, c'est que le «sous réserve», en fait,
introduit quelque chose de plus large parce qu'il y a... il doit l'exécuter, l'ordonnance,
suivant sa teneur intégrale, sauf que s'il y a des pouvoirs additionnels qui
lui sont conférés, comme de substituer, là, il peut le faire, c'est ça?
Mme LeBel : Bien, «sous
réserve», là, c'est toujours une limitation au principe général. Le principe
général, c'est : Respecte l'ordonnance.
Mme Caron : Exact.
Mme LeBel : Mais le «sous
réserve», il a fallu l'adapter, là, je vais le dire dans mes mots là, parce que
ce n'était pas marqué «sous réserve, mais il peut toutefois», là. On aurait pu
dire «sous réserve de sa possibilité de substituer s'il l'inscrit au dossier»,
on aurait pu le rédiger comme ça. Mais le «sous réserve» maintenant, la
réserve, c'est vrai qu'elle est plus...
Mme Caron : Plus large.
Mme LeBel : ...plus large,
mais ce n'est pas le «sous réserve» qui fait que c'est plus large, c'est juste
que... Principe général : «Respecte», mais si tu rentres dans tes pouvoirs
puis tes capacités, tu peux ne pas respecter le principe général. C'est juste
ça que ça dit.
Mme Caron : C'est ça.
Mme LeBel : Mais il a fallu
adapter 21 à tout ce qu'on fait.
Mme Caron : Oui. Mais c'est ça.
Mais je comprends quand vous l'expliquez. Mais...
Mme LeBel : Oui.
Mme Caron : ...naturellement,
quand je lis «sous réserve de», c'est comme si on venait restreindre les
pouvoirs d'exécuter une ordonnance, même suivant sa teneur intégrale.
Mme LeBel : Non, parce que,
dans les faits pratico-pratiques, il y a plus de cas de figure après l'adoption
du projet de loi où le pharmacien pourra ne pas exécuter dans son... dans sa
teneur intégrale et substituer que maintenant.
Mme Caron : OK.
La Présidente (Mme Schmaltz) : M.
le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Oui. Merci,
Mme la Présidente. Substituer, là, ça, c'est quand on a un médicament qui est sur
l'ordonnance puis que, là, on va en trouver un qui a des effets similaires.
Mme LeBel : Qui va répondre
aux mêmes besoins.
M. Cliche-Rivard : Ce n'est
pas prolonger, ce n'est pas...
Mme LeBel : Non, non.
M. Cliche-Rivard : ...changer
le diagnostic, c'est se substituer.
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
que, là, l'ancien 21 disait : «Le pharmacien doit exécuter une
ordonnance suivant sa teneur intégrale».
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : Puis il
avait un petit pouvoir, une petite marge de manœuvre, mais il peut le
«switcher»...
Mme LeBel : Si, la la la...
M. Cliche-Rivard :
Mais «that's it, that's all»…
Mme LeBel :
«That's it, that's all».
M. Cliche-Rivard : ...et c'était
juste un petit pouvoir de substitution d'un médicament A pour médicament B dans
l'objectif où il y a... «une dénomination commune est la même», c'est ce que
disait...
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : Puis là,
ça disait «à moins d'indication contraire formulée par l'auteur de l'ordonnance...
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : ...lorsque
la situation de la personne le requiert».
Mme LeBel : Parce que
l'auteur de l'ordonnance aurait... aurait pu marquer «no substitution».
M. Cliche-Rivard : C'est ça.
Exact.
Mme LeBel : Mais je m'excuse,
<«pas de substitution»...
Mme LeBel :
...Parce
que l'auteur de l'ordonnance aurait... aurait pu marquer «no substitution».
M. Cliche-Rivard :
C'est
ça. Exact.
Mme LeBel :
Bien,
je m'excuse, >«pas de substitution».
M. Cliche-Rivard : Non,
mais... ou il aurait pu dire, genre, «surtout pas telle affaire».
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : Là, ça,
dans le nouveau libellé, ça va rester pareil.
Mme LeBel : Non.
M. Cliche-Rivard : Non?
Mme LeBel : Non, parce que
si...
M. Cliche-Rivard : Ça fait
que si le médecin traitant, il a dit : Moi, je prescris telle affaire... puis
je le cite, là, je le mets dans mon ordonnance : Pas ça.
Mme LeBel : Bien là, c'est
sûr qu'entre professionnels, le pharmacien va devoir respecter la vie
professionnelle du médecin, mais je ne vois pas... Il va quand même... et ça
fait quand même partie de la teneur intégrale de l'ordonnance, mais s'il est
dans les pouvoirs qu'il a puis dans la zone où il est capable de substituer,
théoriquement, il pourrait substituer.
M. Cliche-Rivard : Théoriquement,
il pourrait...
Mme LeBel : Oui. Bien, c'est
marqué... Parce que, n'oubliez pas qu'à 21, le précédent... l'actuel, c'est
marqué spécifiquement qu'il ne peut pas le faire si l'autre... mais là, on
n'est plus là, là.
M. Cliche-Rivard : Bien, c'est
ça. Là, il ne pouvait pas, là.
Mme LeBel : Mais ça va être
aussi encadré par règlement tout ça, on se comprend, là.
M. Cliche-Rivard : C'est
évident, mais là il va... Là, le «final call», là, si vous me permettez
l'expression, là, c'est le pharmacien qui va le faire, la décision finale.
Mme LeBel : Dans le cadre des
pouvoirs qu'il va avoir.
M. Cliche-Rivard : Qui lui
sont conférés.
Mme LeBel : Oui, et voilà.
M. Cliche-Rivard : Ça se
pourrait que les pouvoirs conférés disent : Attends une minute... Si le
médecin spécifie : Tu ne substitues pas pour médicament B, le règlement
pourrait dire : Tu n'outrepasses pas la spécification du médecin. Ça se
peut, ça.
Mme LeBel : Puis il n'est pas
obligé de substituer, même s'il peut substituer.
M. Cliche-Rivard : Évidemment.
Mme LeBel : Donc, ça va
demeurer l'opinion professionnelle du pharmacien dans le cadre des pouvoirs qui
lui sont conférés. Mais ce que ça dit, c'est : Tu peux ne pas respecter la
volonté du... de l'ordonnance si tu es dans le cadre de tes pouvoirs. Mais ce
que vous dites... Là, on est dans le domaine du : C'est possible, mais peu
probable.
M. Cliche-Rivard : Bien, je
veux juste savoir qui c'est qui décide à la fin.
Mme LeBel : Bien, dans le
cadre des pouvoirs qu'il a de substitution...
M. Cliche-Rivard : Dans
l'ancien 21, c'était limpide que c'était le médecin qui décidait.
Mme LeBel : Oui. Bien, le
médecin donne la première direction, mais, tu sais... et le pharmacien peut
décider à la fin, dans le cadre... Bien, il est quand même le spécialiste du
médicament, le pharmacien, hein, il ne faut pas oublier, là. Bien, dans le
cadre...
M. Cliche-Rivard : Je sais, il
l'a toujours été.
• (14 h 40) •
Mme LeBel : Oui, il l'a
toujours été, mais on évolue. On le reconnaît de plus en plus, pas dans la
société, mais dans les lois, OK, on va le dire comme ça, ça fait qu'il faut
souligner l'avancement, mais s'il est dans son carré de sable, le pharmacien,
je vais le dire dans ces termes-là, il pourra substituer, mais là c'est
difficile pour moi de vous donner des cas de figure particuliers. Je ne suis
pas pharmacienne, je ne suis pas médecin puis je ne veux pas m'embourber dans
quelque chose où ça n'a pas de... mais je veux réitérer que, s'il est dans son
carré de sable, il peut substituer.
Tu sais, exemple... je ne sais pas, moi,
exemple... On me donne un exemple. Bon, le médecin a, pour x raisons, prescrit
x en disant : Je ne veux pas y, je ne sais pas, puis que le patient n'a
pas... s'en n'est pas aperçu, puis là le pharmacien s'aperçoit qu'il a une
réaction à x puis qu'y serait mieux, bien, il va probablement lui donner y, là.
M. Cliche-Rivard : ...son
pharmacien direct.
Mme LeBel : Bien, oui. Puis
il va lui donner y, là.
M. Cliche-Rivard : Il va
pouvoir substituer.
Mme LeBel : Oui, mais si...
Donc, je reprends pour être plus... je dirais, général et acceptable :
S'il est dans son carré de sable, il pourra substituer.
M. Cliche-Rivard : Bien,
donc, c'est vrai de dire que le nouveau 21 fait en sorte que la décision
finale pourra, là, reposer sur le pharmacien.
Mme LeBel : En autant qu'il
est dans son carré de sable.
M. Cliche-Rivard : En autant
qu'il est dans son carré de sable, ce qui n'était pas vrai dans le premier
libellé.
Mme LeBel : Mais oui, c'était
vrai, mais son carré de sable était très petit.
M. Cliche-Rivard : Ah! son
carré de sable était plus petit.
Mme LeBel : Il y avait juste
un grain dedans.
M. Cliche-Rivard : C'est ça.
Mme LeBel : Là, on a élargi
le carré de sable...
M. Cliche-Rivard : Puis 21...
Mme LeBel : ...mais c'était
toujours le cas. S'il était dans son carré de sable, il pouvait... il pouvait
substituer. Mais le fait que le médecin écrive... parce que je vais parler du
médecin, écrive sur l'ordonnance «pas de substitution x», ça le faisait sortir
de son carré de sable, il n'était plus dans son carré de sable.
M. Cliche-Rivard : Il n'était
plus dans son carré de sable. Puis ça se peut... dépendamment de ce qui sera
décidé dans son futur carré de sable, ça se peut que ça s'arrête là aussi. Ça
se peut que, dans les négociations, si les deux s'entendent qu'il n'y a pas de
substitution, ça se pourrait que ça soit en dehors du carré de sable, mais ça,
on ne le sait pas encore, ça se peut. 21, ça...
Des voix : ...
M. Cliche-Rivard : Vous ne pensez
pas?
Mme LeBel : ...à autre chose,
à autre chose.
M. Cliche-Rivard : Non? OK, parfait.
Mme LeBel : Excusez-moi,
j'essaie des fois de...
M. Cliche-Rivard : Bien oui,
je le sais bien...
Mme LeBel : ...plusieurs lignes
de communication.
M. Cliche-Rivard : Puis vous
le faites bien. 21, là, ce n'est pas un article spécifique à substitution, c'est
un article spécifique à l'ordonnance. Puis il y avait des pouvoirs de
substitution élargis au deuxième alinéa, mais, essentiellement, ça disait :
Tu respectes l'ordonnance.
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : Puis dans
ça vient aussi la question de la prolongation de l'ordonnance, vient aussi la
question... ou ça, c'est une autre affaire?
Mme LeBel : Mais ce n'est pas
21.
M. Cliche-Rivard : Mais ce
n'est pas 21. Parce que 21 dit : Tu exécutes l'ordonnance. Puis
l'ordonnance, ça peut écrire : Trois comprimés de telle affaire pendant
six mois. Mais là, il y avait le volet du nombre de... de la dose, il y avait
le volet de la... de la durée puis il y avait le volet de quel médicament.
Mme LeBel : Le volet de la
substitution et surtout sur le volet de quel médicament.
M. Cliche-Rivard : C'est ça.
Mme LeBel : Le reste... la
prolongation de l'ordonnance existe déjà, la possibilité de prolonger, mais, vous
savez, c'est des cas de figure très limités. À titre d'exemple, une ordonnance
pouvait être prolongée pour la durée... <la même durée...
Mme LeBel :
...limités.
À titre d'exemple, une ordonnance pouvait être prolongée pour la durée... >la
même durée. Une ordonnance de trois mois pouvait être prolongée juste de trois
mois. Il a déjà le pouvoir, le pharmacien, de prolonger des ordonnances.
M. Cliche-Rivard : Exact,
mais c'était circonscrit.
Mme LeBel : Oui. Dans le
thème de la prolongation, pour rester dans ce thème-là, ce qu'on vient de
faire, c'est dire : Il pourrait la prolonger de six mois. Mais, tu sais,
ça peut dans un mouvement d'action où il substitue puis il prolonge, là, mais c'est
des actes quand même différents.
M. Cliche-Rivard : Exact.
Mme LeBel : C'est des actes
différents. Et là ça ne s'adresse qu'à l'action de substituer. L'action de
prolonger est prévue ailleurs.
M. Cliche-Rivard : 21 est
seulement lié à l'acte de substitution.
Mme LeBel : Oui. Bien là, je
pense que oui.
M. Cliche-Rivard : Non.
Mme LeBel : Ah! là, celle-là,
là, je...
M. Cliche-Rivard : Non, non,
mais c'est pour ça que...
Mme LeBel : Je suis sortie de
mon carré de sable.
M. Cliche-Rivard : Oui. Allez
voir votre carré de sable.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Voulez-vous
qu'on suspende? On va suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 14 h 44
)
(Reprise à 14 h 45
)
La Présidente (Mme Schmaltz) : On
peut y aller.
Mme LeBel : L'ancien 21
disait : Tu respectes, mais il parlait juste de substitution. Vous avez
raison. C'est pour ça que j'ai comme continué dans la substitution. Le nouveau 21,
nécessairement, fait... parle de la substitution aussi, mais il pourrait y
avoir d'autres types de modifications, dont la prolongation, peut-être.
M. Cliche-Rivard : C'est ça.
Mme LeBel : Ajustée, ajustée.
M. Cliche-Rivard : C'est ça.
Mme LeBel : Oui, oui, oui.
M. Cliche-Rivard : Donc, 21,
c'est...
Mme LeBel : Pour la première
ordonnance.
M. Cliche-Rivard : 21, c'est
le pouvoir élargi, là
Mme LeBel : Oui, oui, tout à
fait.
M. Cliche-Rivard : C'est
celui de prolonger, d'ajuster ou de changer, c'est...
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : Tout ce
qui découle de 11 de tantôt qu'on a vu prescrire les médicaments, c'est-tu lié
à ça ou ce n'est pas lié à ça?
Mme LeBel : Non, c'est lié à
ces nouveaux... à ces nouvelles actions, mais là, avec 21, on dit... Parce que
le principe de respecter l'ordonnance dans sa teneur intégrale, c'est sur tous
ses aspects, et là on vient...
M. Cliche-Rivard : Sur tous
ses aspects.
Mme LeBel : ...sur tous ses
aspects. Et on vient dire : Sur tous les aspects, si tu as le pouvoir de
faire quelque chose, tu pourras le faire. Je vais le dire comme ça.
M. Cliche-Rivard : L'ancien 21,
il lui disait...
Mme LeBel : Ça ne vient pas
lui...
M. Cliche-Rivard : ...qu'il
fallait qu'il fasse ça aussi, mais il lui offrait un petit carré de sable de
plus ouvert pour la...
Mme LeBel : Oui, mais il
était... sa possibilité était juste sur la substitution.
M. Cliche-Rivard : Exactement,
c'est ça.
Mme LeBel : OK, merci. Parce
que, là, comme on en parlait de substitution depuis tantôt, là, mon y n'a
pas...
M. Cliche-Rivard : Oui. Mais
là, 21 élargit ça...
Mme LeBel : Oui, il faut le
lire avec le nouveau...
M. Cliche-Rivard : ...à l'ensemble
des composantes qui fait partie de son carré de sable.
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : Donc,
prolongation. Donc, la dose au besoin.
Mme LeBel : Oui. Il faut le
lire avec 17, là, que... les nouvelles possibilités, mettons.
M. Cliche-Rivard : C'est bon.
Mme LeBel : Merci.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Avons-nous
d'autres interventions? Oui. M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Merci. Alors donc,
brièvement, ce que vous allez permettre, puisque vous l'avez souligné
vous-même, le pharmacien est le spécialiste évidemment des médicaments, là, et
qu'il a... et qui donc a une connaissance de ce que le patient reçoit comme
médicaments. S'il se rend compte, par exemple, que le médecin lui a prescrit
quelque chose, mais que ça pourrait être contre-indiqué compte tenu d'un autre
médicament que le patient prend, donc il pourrait, à ce moment-là, grâce à la
modification, agir et substituer le médicament?
Mme LeBel : Bien,
théoriquement, là, si... Puis, encore une fois, j'ai beaucoup de misère à dire
oui à un cas de figure, là, parce que... mais potentiellement oui, si ça
respecte les pouvoirs qui lui sont conférés et ses obligations. Je vais
toujours revenir à ça parce que je ne voudrais pas donner des pouvoirs ou des
actes qui ne sont pas là. Mais théoriquement, là, si c'est dans le cadre de ce
qu'on fait à 17, la réponse, c'est oui.
M. Morin : D'accord. Merci.
La Présidente (Mme Schmaltz) : D'autres
interventions? Non. C'est bon? Parfait. Alors, est-ce que l'amendement
introduisant le nouvel article 41.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Donc,
l'amendement est adopté. Le nouvel article 41.1 est donc adopté.
Cette fois-ci, nous allons passer au bloc 4
qui est Organisation et modernisation du système professionnel, article 30...
en fait, on a un amendement à l'article 30.
Mme LeBel : Oui. Je vais
comme... oui, c'est un amendement.
Oui, je vais lire l'article général en premier si
vous permettez?
La Présidente (Mme Schmaltz) : Oui.
Mme LeBel : Et ensuite, vous
lire l'amendement, Mme la Présidente.
Donc, article général, l'article 30 au
projet de loi :
Ce code est modifié par l'insertion, après
l'article 198, du suivant :
«198.1. Le gouvernement peut, par décret,
autoriser la mise en œuvre d'un projet pilote relatif à toute matière visée par
le présent code, par la loi constituant un ordre ou par un règlement pris pour
leur application, dans le but d'étudier, d'améliorer ou de définir des normes
applicables en ces matières.
«Tout projet pilote doit s'inscrire dans
les objectifs poursuivis par le présent code ou par la loi constituant un
ordre.
«Le gouvernement détermine les normes et
obligations applicables dans le cadre d'un projet pilote, lesquelles s'appliquent
malgré toute disposition inconciliable d'une loi, du présent code, de la loi,
constituant un ordre ou des règlements adoptés conformes au présent code ou à
ladite loi.
«Un projet pilote est établi pour une
durée maximum de deux ans... maximale, pardon, de deux ans que le gouvernement
peut prolonger d'au plus un an. Le gouvernement peut, en tout temps, modifier
un projet pilote ou <y mettre fin...
Mme LeBel :
...gouvernement
peut prolonger d'au plus un an. Le gouvernement peut, en tout temps, modifier
un projet pilote ou >y mettre fin.
«Dans les six mois suivant la fin du
projet pilote, l'office en fait l'évaluation et transmet au ministre son
rapport et ses recommandations.»
Donc, ça vise à permettre au gouvernement,
par décret, d'autoriser la mise en œuvre de projets pilotes pour étudier,
améliorer ou définir des normes applicables en toute matière qui sont visées
par le code.
Donc, la mise en œuvre des projets pilotes
permettrait, donc, au système professionnel notamment de répondre avec agilité
à différents enjeux, de soutenir des pratiques potentiellement novatrices et
d'assurer une meilleure évolution des textes réglementaires. Naturellement, les
objectifs qui sont dans le Code des professions ou dans la loi qui constitue un
ordre de protection du public — on va y aller au sens large — devront
toujours être respectés par les projets pilotes, mais on comprend qu'un projet
pilote, c'est pour mettre des choses en place que les lois ou les choses
actuelles ne permettent pas, sinon on n'a pas besoin du projet pilote. Donc...
Et au bout de trois ans maximum, je pense, c'est deux ans plus un, c'est ça, bien,
il faut en faire une évaluation puis décider si on intègre ces mesures-là au
code ou au règlement ou...
Amendement, parce qu'il y a eu quand même
des commentaires sur les projets pilotes, pas sur l'existence, mais sur qui
pouvait en faire... qui pouvait faire quoi. On se comprend.
Article 198.1 du Code des
professions, proposé par l'article 30 du projet de loi :
1° remplacer le premier alinéa par le
suivant :
«Le ministre peut, par arrêté — hein,
première chose — notamment à la suggestion de l'Office, du Conseil
interprofessionnel ou d'un ordre, autoriser la mise en œuvre d'un projet pilote
relatif à toute matière visée par le présent code, par la loi constituant un
ordre ou par un règlement pris pour leur application dans le but d'étudier,
d'améliorer ou pour expérimenter, innover ou définir des normes applicables en
ces matières.»
2° remplacer, dans les troisième et
quatrième alinéas, «gouvernement» par «ministre», partout où cela se trouve, et
3° ajouter, à la fin, l'alinéa suivant :
«En cas d'incompatibilité entre les normes
et obligations déterminées dans le cadre d'un projet pilote autorisé
conformément au premier alinéa et celles qui sont déterminées conformément à
l'article 9.1, les premières prévalent.»
• (14 h 50) •
Donc, l'amendement répond à une demande du
CIQ et des ordres professionnels pour assouplir la procédure d'autorisation de
mise en œuvre des projets pilotes en procédant par un arrêté plutôt qu'un
décret. Honnêtement, là, je... ce n'est pas quelque chose qui m'a... qui était...
ça faisait du sens, on va le dire comme ça, bon, à la suggestion de l'office,
naturellement, du conseil interprofessionnel ou d'un ordre. Puis naturellement,
en cas d'incompatibilité, il y en a qui doivent prévaloir, là, puis c'est ce
qu'on vient... donner une hiérarchie.
La Présidente (Mme Schmaltz) : M.
le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, Mme
la Présidente. Effectivement, Mme la ministre, votre amendement vient répondre
à plusieurs demandes et revendications. Là, je... le volet ministre... en fait,
le volet «gouvernement», remplacé par «ministre», ça me semble limpide. Vous
l'avez expliqué.
Là, il y avait la question de la
consultation ou l'initiative de qui, hein, l'initiative de l'ordre, la
consultation de qui. Là, vous...
Mme LeBel : ...
M. Cliche-Rivard : Ah! vous
allez dire : Il y a un autre...
Mme LeBel : On dépose un
autre article pour les projets pilotes initiés par les ordres parce qu'ils nous
demandaient plusieurs niveaux de projets pilotes. Là, on règle le niveau par le
gouvernement, donc on descend le niveau d'autorisation du décret, Conseil des
ministres, à ministre, arrêté ministériel. Et on va avoir un autre amendement
qui va venir introduire la possibilité par un ordre de faire un projet pilote.
M. Cliche-Rivard : Qui, lui,
va pouvoir le faire indépendamment d'un... du ministre?
Mme LeBel : Oui, mais à
suivre avec l'amendement.
M. Cliche-Rivard : OK. Quand
même, parce qu'eux nous parlaient de... puis là vous dites : Notamment, la
suggestion de l'ordre. Mais va-t-il toujours falloir obtenir l'approbation de
l'ordre?
Mme LeBel : Non, pas pour les
projets initiés par le gouvernement, mais je répète qu'il va y avoir... il peut
y avoir des projets initiés par l'ordre. Non, il n'y a pas d'approbation des
ordres pour des projets initiés par le gouvernement, mais on se met une
possibilité de s'en faire suggérer, oui. Bon, il va y avoir de la consultation,
là, je veux dire, à un moment donné, on comprendra. Et je le dis, là, que le
gouvernement ne peut pas initier un projet pilote en matière d'ordre
professionnel sans parler aux ordres professionnels concernés, mais on n'a pas
besoin d'une autorisation de ces ordres professionnels là.
M. Cliche-Rivard : Mais là l'ordre...
puis là, je ne le souhaite pas, puis, dans ces exemples-là, on dit toujours :
Dans un gouvernement éventuel, comme ça, ça ne personnifie pas envers vous,
mais l'ordre dirait spécifiquement, là, au ministre : Moi, je ne veux rien
savoir de ton projet pilote. Le ministre, avec l'article amendé, aurait tout le
pouvoir de dire : Bien, je n'ai pas besoin de ton autorisation, j'y vais
quand même.
Mme LeBel : Oui, mais là,
hein, ça ne sera pas un projet pilote avec beaucoup de succès.
M. Cliche-Rivard : ...je ne
fais pas référence à vous, mais dans un avenir...
Mme LeBel : Non, mais
mettons, là, qu'on ne fait pas <référence à moi...
M. Cliche-Rivard :
...je
ne fais pas référence à vous, mais dans un avenir...
Mme LeBel :
Non, mais,
mettons, là, qu'on ne fait pas >référence à moi, là, mais, en tout... je
veux dire, ça va faire un projet-pilote qui va échouer, là.
M. Cliche-Rivard : Puis justement,
pour fins de discussion, là...
Mme LeBel : Il n'y aura pas
de professionnels pour y participer.
M. Cliche-Rivard : ...je vous
prendrais un exemple d'un dit projet pilote pour aider la discussion. Qu'est-ce...
qu'est-ce que vous avez en tête ou qu'est-ce qui a été déjà fait?
Mme LeBel : Bien, on en a eu,
pendant la pandémie, quelques projets-pilotes, pour aider les professionnels
en...
M. Cliche-Rivard : Peut-être
juste nous aider avec un exemple type?
Mme LeBel : ...social, là, qu'on
fait présentement dans le Grand Nord.
Une voix : ...
Mme LeBel : ...ça en est un.
Une voix : ...
Mme LeBel : Bien, ce n'est
pas dans le cadre d'un projet-pilote parce qu'il y avait d'autres moyens d'y
arriver, mais, entre autres, les professionnels... là, je vais dire en santé
mentale, mais c'est plutôt sociaux, des travailleurs... des professionnels... c'est
de type travailleurs sociaux, là, mais qui sont membres d'un ordre
professionnel. Dans le Grand-Nord où... avec les ordres professionnels, on a
mis en place un projet-pilote où on peut autoriser des membres de la communauté
à agir, là, dans le Grand Nord.
M. Cliche-Rivard : Puis là,
ça, ça vise l'élargissement d'actes réservés? C'est ça, l'objectif d'un
projet-pilote?
Mme LeBel : Ça pourrait
être... Oui, bien, ça pourrait être, entre autres, l'accomplissement d'un acte
réservé par un non-professionnel qui a naturellement une compétence pour le
faire.
M. Cliche-Rivard : Évidemment,
oui.
Mme LeBel : Mais... Parce que
je vais toujours dire : Il faut toujours que ça respecte la protection du
public. Donc, une fois que ça, c'est dit, tenons-le pour acquis dans tous mes
propos, OK? Donc, ça peut être... ça peut être l'élargissement d'un acte
réservé à un professionnel ou ça peut être l'acte... voyons! l'autorisation
pour un non-professionnel de comme... d'exercer un certain acte réservé dans un
cas particulier.
M. Cliche-Rivard : Puis...
Une voix : ...
Mme LeBel : Dans un acte
réservé. Donc, c'est... Ce que je veux dire, c'est que c'est ça, là, mais, tu
sais...
M. Cliche-Rivard : On peut-tu
le mettre en parallèle, pour que vous nous l'expliquiez bien, avec ce que vous
permettez là par un permis spécial?
Mme LeBel : Ce n'est pas la
même chose.
M. Cliche-Rivard : Ce n'est
définitivement pas la même chose, mais c'est ce que je veux que vous
expliquiez, parce que, dans le permis spécial, là, on pouvait permettre aussi à
quelqu'un qui n'était pas sur le tableau d'aller faire un acte réservé. Puis
là, par le projet-pilote, on pourra le permettre aussi.
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : Dans un,
vous allez chercher l'approbation de l'ordre, dans B, vous n'allez le chercher,
l'approbation de l'ordre, les autorisations spéciales.
Mme LeBel : Bien là, c'est
parce que, là, vous parlez de l'autorisation spéciale. C'est bien différent.
M. Cliche-Rivard : C'est ça,
exact.
Mme LeBel : L'autorisation
spéciale dans une situation d'urgence.
M. Cliche-Rivard : C'est ça.
Mme LeBel : Ça fait que, là,
ça pourrait viser la même personne au bout du compte, mais c'est dans deux cas
de figure complètement différents. L'autorisation d'urgence, là, c'est une... ça,
on en a parlé beaucoup, là...
M. Cliche-Rivard : Oui.
Mme LeBel : ...c'est très
ciblé, là.
M. Cliche-Rivard : OK.
Mme LeBel : OK, bon, puis c'est,
par définition... OK, malgré qu'on vient de vivre une urgence sanitaire qui a
duré quand même plus longtemps que tout le monde ne l'aurait souhaité,
sincèrement, par définition, une situation d'urgence finit par ne plus être.
Parce que si c'est une situation régulière, ce n'est plus une situation d'urgence,
c'est un état de fait, on va le dire comme ça.
M. Cliche-Rivard : Exact
Mme LeBel : Ça, c'est plutôt
de dire : Regardez, là, on a besoin... on a besoin de... je ne sais pas,
moi, on a besoin de conseillers, de juristes dans le Grand Nord. Je vais y
aller, j'y vais toujours... je retourne toujours dans mes pantoufles,
malheureusement, là. Mais là on était dans le travail social, mais on parle
toujours de professionnels qui sont membres d'un ordre. On a besoin de
travailleurs sociaux qui sont membres de la communauté inuite et qui... mais il
n'y a pas beaucoup de Blancs qui veulent monter, on manque de travailleurs
sociaux. À titre d'exemple, bien là, on pourrait faire un projet-pilote, de
voir est-ce que certains travailleurs de la communauté qui parlent la langue,
qui sont issus de la communauté, qui ne sont pas nécessairement membres de l'ordre,
pourraient... On peut-tu trouver d'autres...
Mais, bref, je veux faire attention parce
que c'est toujours délicat, mais ça pourrait permettre à des gens qui ne sont
pas techniquement membres d'un ordre, parce qu'ils n'ont pas la même formation,
mais qui ont une compétence certaine, de l'exercer puis ça pourrait nous
permettre peut-être d'ajuster, après ça, ce qu'il se passe dans un ordre. Mais
ça peut-être aussi dans des cas d'intelligence artificielle. À titre d'exemple,
on fait des projets pilotes avant avant d'amender le Code des professions.
Donc, disons que ce n'est pas toujours
dans le cas des actes réservés, mais c'est : Avant d'aller amender le Code
des professions, là, on peut-tu checker si ça fonctionne puis le tester? Puis c'est
ça, l'idée d'un projet pilote. C'est difficile d'aller dans des cas de figure,
honnêtement, parce que c'est des... il y a des cas de figure plus délicats que
d'autres. OK? Mais l'idée, c'est ça.
M. Cliche-Rivard : Là où c'est
délicat, c'est sur l'approbation de l'ordre. Parce que, sur l'autorisation
spéciale, finalement, on avait défini que c'est l'ordre qui allait les émettre,
les autorisations spéciales.
Mme LeBel : Non, c'est...
Bien, au départ, oui.
M. Cliche-Rivard : Oui.
Mme LeBel : Mais la
différence c'est que, bien, c'est quand même le gouvernement qui déclenche l'état
d'urgence.
M. Cliche-Rivard : L'état d'urgence.
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : Mais après
ça, si l'ordre ne les délivre pas... ce que je veux dire, c'est que, par là, il
y a un gros bout du bâton de l'ordre.
Mme LeBel : Mais le
projet-pilote pourrait dire que, même si ce n'est pas permis par le Code des
professions, l'ordre pourra donner des autorisations spéciales dans le cas du
projet-pilote.
M. Cliche-Rivard : Mais...
Mme LeBel : Ça peut être ça,
le projet-pilote. Ce n'est pas le gouvernement nécessairement qui va nommer les
gens, là.
M. Cliche-Rivard : Mais
nécessairement ou il ne pourra pas? C'est juste là où moi, j'ai un...
Mme LeBel : Bien...
M. Cliche-Rivard : C'est une
partie de mon inquiétude, c'est de ne pas passer par l'ordre. Je...
Mme LeBel : Mais on va passer
par... Le projet pilote doit respecter le Code des professions.
M. Cliche-Rivard : Ça, c'est
sûr, mais si votre décret dit que... puis là le libellé de 198.1 exclut
l'approbation de l'ordre. <Ça fait que......
M. Cliche-Rivard :
...mais
si votre décret dit que... puis là le libellé de 198.1 exclut l'approbation de
l'ordre. >Ça fait que...
Mme LeBel : Bien, de toute
façon, elle ne l'a jamais inclus, je vous le rappellerai...
M. Cliche-Rivard : Non.
Mme LeBel : ...puis les
ordres ne l'ont jamais demandé. Ils ont demandé que ça descende du décret à
l'arrêté.
M. Cliche-Rivard : Bien, ils
ont demandé qu'à chaque fois ça passe par eux autres.
Mme LeBel : Non. Non, ils ont
demandé d'avoir... ils ont demandé d'avoir la capacité de faire des projets
pilotes à leur niveau. Dans ce cas-là, ce qu'ils ont demandé, c'est de baisser
du décret à l'arrêté ministériel, je veux juste être clair, là.
M. Cliche-Rivard : Non, mais
le conseil interprofessionnel dit : Ça doit venir de l'initiative de
l'ordre.
Mme LeBel : Non. Bien oui,
mais l'initiative de l'ordre, ce n'est pas la même chose que l'approbation.
M. Cliche-Rivard : Bien,
s'ils ont donné leur initiative, ils ont approuvé, Mme la ministre.
Mme LeBel : Le conseil
interprofessionnel a dit qu'il fallait aussi qu'il y ait des projets pilotes
possibles à l'initiative de l'ordre, donc on va le prévoir dans l'amendement.
Et ils ont dit que, pour les projets... projets pilotes du gouvernement, le
niveau d'approbation du décret était trop élevé. C'est deux affaires
différentes.
Donc, ici, on vient répondre au
commentaire du niveau d'approbation et, dans l'autre amendement, on va venir
répondre au commentaire du fait qu'il pourrait... il doit y avoir des projets
pilotes aussi aux initiatives de l'ordre. Et moi, je leur disais, en
consultation : Ça n'exclut pas que ça peut venir de l'ordre. Mais ils ont
quand même répondu : Ce n'est pas clair puis on voudrait être capables de
le faire sans un arrêté ministériel du gouvernement. C'est un peu ça. Alors,
dans un amendement, ça va être ça.
M. Cliche-Rivard : Je
demeure, Mme la ministre, où j'aurais... Jusque là, je vous suivais, là, mais,
sur celle-là, je pense qu'on aurait dû ajouter l'approbation de l'ordre. Puis
là vous me dites : Ils vont toujours finalement approuver, parce que, dans
les faits des faits, ce n'est pas vous, la ministre ou un autre ministre, qui
va émettre les autorisations.
Mme LeBel : C'est un projet
pilote du gouvernement. Donc, c'est un projet pilote du gouvernement.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
que l'ordre n'a pas rapport.
Mme LeBel : Bien, il a
rapport parce qu'on va... on doit respecter le Code des professions, on doit
respecter la protection du public. Les spécialistes, dans ce cas-là, c'est
l'office, c'est... bien, le CIQ parce qu'il est avec tous les ordres, c'est
l'ordre des professions. De la même façon qu'il n'y a personne qui dit que je
ne peux pas faire un projet de loi pour modifier la...
M. Cliche-Rivard : Non, non,
mais si l'ordre...
Mme LeBel : ...loi ou
règlement, mais, non, dans ce cas-là, c'est un projet du gouvernement puis il
doit respecter le Code des professions. Donc, nécessairement, il doit respecter
la protection du public.
• (15 heures) •
M. Cliche-Rivard : Puis là,
dans le cas hypothétique que l'ordre lève la main en disant : Oh! moi je
ne trouve pas que c'est une bonne idée, je trouve ça dangereux pour le... pour
la protection du public?
Mme LeBel : Bien, dans ce
cas-là, il n'y aurait pas de projet pilote, parce que, je veux dire, un projet pilote,
là, il faut que ça fonctionne. Il faut que les parties, je veux dire, en place,
soient d'accord pour le faire, sinon il n'y en a pas, de projet pilote puis il
n'y en aura pas de projet pilote. Mais ce qui a vraiment été dit en
consultation, ce n'est pas ça, v'est : On veut être capable, nous, ordre
professionnel, d'en initier, puis le libellé du projet de loi ne semble pas
nous le permettre. Je vais le dire comme ça. Et, en plus, ils nous ont dit non
seulement ça, mais : Un décret, c'est fort de café, vous pouvez descendre
d'un niveau. C'est un peu ça qu'ils nous ont dit.
M. Cliche-Rivard : Oui, pour
ça...
Mme LeBel : Là, nous, on
descend de niveau.
M. Cliche-Rivard : ...ça,
c'est clair.
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : Ça, c'est
limpide.
Mme LeBel : Puis l'autre
question, c'était... Comme je vous disais, dans un prochain amendement, on va
maintenant permettre à des ordres professionnels d'initier des projets pilotes.
M. Cliche-Rivard : Puis là
vous ne vouliez pas voler le punch tantôt à savoir si c'était avec ou sans
votre approbation, là. Vous disiez tantôt : On va le voir plus tard.
Mme LeBel : Oui, on va le
voir plus tard.
M. Cliche-Rivard : Bien, ça
va être avec votre approbation, évidemment.
Mme LeBel : ...on va le voir
plus tard.
M. Cliche-Rivard : On va le
voir plus tard. Bon.
Mme LeBel : Si je ne vole pas
le punch il y a cinq minutes...
M. Cliche-Rivard : Bien oui,
c'est ça.
Mme LeBel : ...je ne le
volerai pas plus maintenant, mais c'est bien essayé.
M. Cliche-Rivard : Je vais
céder la parole à mes collègues là-dessus....
Mme LeBel : C'était comme une
balle courbe.
M. Cliche-Rivard : ...mais je
demeure... Je ne suis pas inquiet de vous, inquiet d'une ministre ou d'un
ministre subséquent, on va le dire comme ça, en toute politesse. Merci.
Mme LeBel : Avant de...
La Présidente (Mme Schmaltz) : Oui?
Mme LeBel : ...je ne sais pas
de quelle façon on peut procéder, il y a une coquille, là, c'est vraiment une
coquille. On aurait... Au lieu de lire «article 9.1», on aurait dû lire
«86.0.2». Comment on doit procéder? Est-ce qu'on fait juste substituer ou on
rejette lui ou... Voulez-vous qu'on suspende?
M. Cliche-Rivard : Oui, il va
falloir amender.
Mme LeBel : ...
La Présidente (Mme Schmaltz) : Vous
voulez qu'on suspende quelques instants? OK. Parfait. On va suspendre, s'il
vous plaît.
(Suspension de la séance à 15 h 02)
15 h (version révisée)
(Reprise à 15 h 31)
La Présidente (Mme Schmaltz) : Alors,
nous sommes de retour. Donc, est-ce qu'il y a consentement pour retirer l'amendement?
Des voix : ...
La Présidente (Mme Schmaltz) : Il
y a consentement.
Mme LeBel : Peut-être juste
donner un mini contexte sur l'amendement comme tel, donc on retire l'amendement.
Première chose, il... il y avait une coquille à corriger. C'est ce qu'on a dit
avant d'ajourner ou de suspendre, peu importe le terme. Et... et il y a aussi
eu une discussion, qui a eu lieu avant qu'on le fasse et qui s'est poursuivie
pendant... pendant la suspension, sur la question des projets pilotes initiés
par le gouvernement, même si... et je ne parle pas de ceux à la suggestion d'un
ordre, parce qu'on se comprend qu'à la suggestion d'un ordre... la situation, mais
ceux qui sont purement initiés par le gouvernement, de s'assurer que les ordres
professionnels sont dans la... dans la conversation.
Donc, ce qu'on vous suggère est l'amendement
suivant, et je ferai des commentaires suite à cette conversation-là. Donc,
remplacer le premier... Donc : À l'article 198.1 du Code des
professions, proposé par l'article 30 du projet de loi :
1° remplacer le premier alinéa par le
suivant :
«Le ministre peut, par arrêté, notamment à
la suggestion de l'Office, du Conseil interprofessionnel ou d'un ordre,
autoriser la mise en oeuvre d'un projet pilote relatif à toute matière visée
par le présent code, par la loi constituant un ordre ou par un règlement pris...
pris pour leur application dans le but d'étudier, d'améliorer ou pour
expérimenter, innover ou définir des normes applicables en ces matières.» ;
2° ajouter, à la fin du deuxième alinéa :
«Lorsqu'un projet pilote est pris à l'initiative du ministre ou à la suggestion
de l'Office, il doit faire l'objet d'une consultation, selon... selon le cas,
du Conseil interprofessionnel ou des ordres particulièrement visés.»;
3° remplacer, dans le troisième alinéa et
quatrième alinéa, «gouvernement», par« ministre», partout où cela se trouve — et;
4° ajouter, à la fin, l'alinéa suivant :
«Donc, en cas d'incompatibilité entre la
norme... entre les normes et obligations déterminées dans le cadre d'un projet
pilote autorisé conformément au premier alinéa...
15 h 30 (version révisée)
Mme LeBel : ...et obligations
déterminées dans le cadre d'un projet pilote autorisé conformément au premier
alinéa et celles qui sont déterminées conformément à l'article 86.0.2, les
premières prévalent.»
Donc, ce qu'on y a ajouté, outre la... outre
la correction de la coquille, là, dans le dernier paragraphe, ce qu'on est venu
ajouter, c'est que, lorsqu'un projet pilote est à l'initiative unique du
ministre, donc du gouvernement, là, de façon générale, mais du ministre, de par
le mode d'approbation, ou à la suggestion de l'office, naturellement, dans ces
deux cas de figure là, ce sera soit la consultation du CIQ, soit les ordres professionnels
concernés particulièrement. Pourquoi? Je m'explique.
Si un ordre... Non? Je peux m'expliquer? OK.
Si un ordre... Si, naturellement, un projet pilote concerne l'ensemble des
ordres professionnels, le CIQ, je pense, est habilité à représenter la voix de
tous les ordres professionnels, et il consultera, lui, les ordres
professionnels sur la question. Et, par contre, si ça ne vise que quelques
ordres professionnels ou certains ordres... un ou quelques ordres
professionnels, un seul, ça m'étonnerait, mais disons des ordres professionnels
d'un secteur particulier, bien... ou quelques-uns, bien, on aura l'obligation
de consulter les ordres particulièrement concernés.
Donc, c'est un peu la distinction qui est
faite entre... pourquoi il y a une distinction entre CIQ et ordres
professionnels particulièrement visés, c'est de cette nature-là.
La Présidente (Mme Schmaltz) : M.
le député d'Acadie, vous voulez intervenir? Oui.
M. Morin : ...merci, Mme la
Présidente. Donc, au fond, ça correspond à ce qui avait été demandé lors des
consultations particulières. Et je vous remercie, Mme la ministre, pour ça. Je
comprends que, dans le cadre d'un projet pilote, vous n'utilisez pas exactement
la même procédure que pour la situation d'urgence parce que vous jugez que ce n'est
pas le même objectif qui est poursuivi.
Mme LeBel : Effectivement,
dans le cadre d'un projet pilote, on parle vraiment de faire évoluer le Code
des professions avant de le modifier, disons-le, de façon formelle. Ça pourrait
être, à titre d'exemple, pour plus... bien, là, ça concerne peut-être plus un
ordre particulier, mais disons que... on a beaucoup parlé, hein, des syndics,
de faire évoluer, bon, l'examen professionnel, les choses comme ça, ça pourrait
être un ordre... un projet pilote qui met en place une façon de faire
différente que celle qui est prévue par le code.
Mais, ce dit, avant de modifier, on va
vraiment la tester puis... Parce que, vous savez, pour... vous savez qu'un
projet pilote, l'avantage, c'est que, bon, on peut aller plus rapidement que des
modifications législatives, et en plus, c'est qu'on peut tester avant de faire
la modification de façon permanente. On s'est beaucoup attardés tantôt aux
actes réservés, mais ce n'est pas vraiment ça, la nature d'un projet pilote. On
est... C'est plus... c'est plus, probablement, le projet pilote initié par l'ordre
comme tel qui pourrait viser quelque chose comme ça. Mais ce n'est vraiment pas
les matières dans lesquelles un projet pilote peut aller, donc, alors que l'autorisation
d'urgence va beaucoup plus être dans les matières, faire exercer un acte par un
non-professionnel, à titre d'exemple, ou permettre à quelqu'un de vacciner dans
une... dans un cas d'urgence comme on a fait pendant la pandémie. Et là on a
quand même besoin des ordres professionnels, parce que, je veux dire, on... le
gouvernement ou le ministre ne se lancera pas dans le... autoriser n'importe
qui à vacciner sans savoir.
Ça fait que, tu sais, je comprends les
préoccupations, mais pratico-pratique, ça ne peut pas se passer. Le projet
pilote est plus d'une autre nature, et prenons-le comme l'examen professionnel,
la...
Une voix : ...
Mme LeBel : L'intelligence
artificielle, qui pourrait toucher tel... tout le monde, comment on adapte le Code
des professions à la présence d'intelligence artificielle? Je n'ai pas idée de
vous... à vous suggérer, mais un projet pilote pourrait proposer une façon de
faire, puis après ça on pourrait dire... après deux ans, dire : Bien, le
projet pilote a fonctionné, mais à telle place, puis à telle place, à telle
place, ce n'était pas... ce n'était pas le cas, et après ça voir. L'office fera
l'analyse, puis on verra pour les suggestions, modifications. Donc, c'est
vraiment ça qui est... qui est... qui est concerné ici, là. Il faut le dire.
On pourrait avoir un projet pilote qui n'est
pas pour l'ensemble, mais où on fait pour un regroupement d'ordres
professionnels qui sont dans des secteurs d'activité similaires, disons, avoir
une inspection professionnelle multidisciplinaire, je ne sais pas, qui les
regroupe. Je jase, là, c'est un projet pilote qui pourrait être mis à la
suggestion du CIQ, dire : Heille! On pourrait, avant de le changer, le
faire pour certains ordres où les regroupements sont... sont naturels ou
plus... ou plus... ou plus proches, plus... qu'il y a une parenté de
regroupement.
Ça fait que c'est vraiment dans ce type-là
de cadre que les projets pilotes vont avoir lieu. Et c'est, je vous dirais,
dans la grande majorité des cas de figure pour les projets pilotes du... du
ministre, donc du gouvernement au sens <large...
Mme LeBel :
...pour
les projets pilotes du... du ministre, donc du gouvernement au sens >large
et non pas au sens de l'autorisation, mais du ministre pour l'autorisation.
C'est plus dans des circonstances qui vont toucher l'ensemble ou un très large
nombre d'ordres professionnels, je dirais. Je ne sais pas si ça répond à votre
question.
M. Morin : Oui. Oui, ça
répond. Maintenant, ça n'exclut pas nécessairement de permettre à des personnes
qui ne sont pas nécessairement habilitées à poser des actes réservés, à en
poser dans le cadre d'un projet pilote, ça pourrait se rendre jusque là.
Mme LeBel : Ça ne l'exclut
pas, mais...
M. Morin : Pas. OK.
Mme LeBel : De toute façon,
il faudrait consulter les ordres. Mais j'ai du mal à voir quand est-ce un
projet pilote...
M. Morin : Bien, j'ai...
Mme LeBel : ...parce qu'on le
fait présentement, là.
M. Morin : Ah! OK.
Mme LeBel : On le fait dans
le projet de loi n° 67, modifier des actes réservés, puis je vous l'ai dit,
qu'on le fait parce qu'il y a un consensus de tous les ordres concernés.
M. Morin : Oui. Oui.
Mme LeBel : Donc, dans le
cadre d'un projet pilote, je vois mal comment on pourrait se rendre là sans
avoir de toute façon l'accord de tout le monde, là, parce qu'on ne le fait même
pas maintenant. Maintenant, on ne le fait pas, là. On pourrait... on
pourrait... Théoriquement, là, on... tu sais, vous... Bon, j'aurais un tollé,
là, dans... en consultation, on se comprend, là, mais aujourd'hui,
théoriquement, rien n'empêche le gouvernement de modifier des actes réservés
sans consulter personne. Bon, vous allez me dire : Il va y avoir le
processus parlementaire. Je vais me faire poser des questions à répétition. Je
vais être probablement bombardée de commentaires, mais, théoriquement, on se
comprend, rien ne l'empêche. Mais ce n'est pas ça, l'objectif d'un projet
pilote. C'est de faire évoluer le code puis de s'assurer qu'avant de mettre en
place une mesure, coudon, elle fonctionne, là. C'est ça, vraiment.
M. Morin : D'accord. Je
comprends. Je vous posais la question parce que, dans le cadre du projet de loi
n° 32 sur la sécurisation culturelle des Premières Nations, qui est piloté
par votre collègue, on a fait différentes propositions au gouvernement,
notamment la reconnaissance de certaines dispositions de la Déclaration des
Nations unies sur les droits des peuples autochtones quant à l'utilisation de
leur savoir pour guérir, leur pharmacopée, etc. Dans des régions éloignées ou
sur des territoires précis où habitent des communautés des Premières Nations et
des Inuits, est-ce que ça pourrait aller jusqu'à permettre des projets pilotes
qui permettraient d'inclure des gens des Premières Nations à poser certains
actes?
• (15 h 40) •
Mme LeBel : Tu sais, avant
que le... avant que la ministre... le ou la ministre concernée signe un arrêté,
là, il y aurait plusieurs analyses et consultations. Et là vous me demandez une
analyse très rapide, là, d'un projet... d'un cas particulier. Je ne le sais pas
si ça permettrait ça. Je ne le sais pas.
M. Morin : OK. Bon...
Mme LeBel : Je... je... Pas parce
que je veux... je veux vous dire oui ou non.
M. Morin : Non, non, je
comprends.
Mme LeBel : C'est parce que
je ne peux pas. Il faut vraiment... Puis, comme je ne suis pas sur le projet de
loi n° 32, c'est plus difficile pour moi de vous répondre, OK?
M. Morin : Mais, si jamais
vous voulez le prendre en délibéré et...
Mme LeBel : En délibéré, la
réponse? Bien, je... peut-être...
M. Morin : ...et nous revenir
éventuellement...
Mme LeBel : Oui, mais je ne
le sais pas.
M. Morin : ...pour voir si
c'est possible...
Mme LeBel : Je ne le sais pas
si c'est possible. Je ne sais pas si ça donnerait ouverture à faire un projet
pilote dans ce sens-là.
M. Morin : Dans ce sens-là.
Mme LeBel : Et je... je suis
trop prudente dans la vie pour m'avancer avec un «peut-être»... même un «peut-être».
Je ne le sais pas.
M. Morin : OK. Parfait. Bon,
évidemment, si ça ne vise pas nécessairement à permettre de poser des actes
réservés, bien, il n'y a pas nécessairement... il y a moins d'enjeux, peut-être
immédiats, de protection du public ou de possibilité de plainte. Mais, si
jamais dans un cas comme ça, on a un projet pilote où on permettrait à des gens
de poser certains actes réservés, mais on n'est pas en situation d'urgence,
parce que vous nous avez dit que c'était un scénario différent, si jamais il y
a une plainte qui est déposée, à ce moment-là, est-ce qu'on le dépose auprès du
syndic d'un ordre concerné ou...
Mme LeBel : Bien...
M. Morin : À qui on le
dépose?
Mme LeBel : ...c'est pour ça
que je vous dis qu'un tel projet pilote comporterait probablement,
nécessairement la faculté pour l'ordre d'intervenir puis de juger à qui il
donne cette autorisation-là, parce que... pour enclencher toute la protection
qui va avec.
Donc, c'est pour ça que je vous dis que,
comme le gouvernement a l'obligation, dans la mise en place d'un projet pilote,
d'assurer la sécurité du public, bien, il va falloir que le projet pilote pense
à tout ça. Parce qu'il n'a pas le choix, c'est... Ça, c'est incontournable. Le
gouvernement ne peut pas mettre en place un projet pilote qui pourrait mettre
en jeu la sécurité du public, la confiance du public, qui sont les grands
principes du code puis les grands principes des lois professionnelles. Donc, il
faut qu'il prévoie une mécanique qui découle du système professionnel. Et une
des mécaniques qui découle du système professionnel, c'est la protection de la
personne qui reçoit le service et la possibilité de cette personne-là de se
tourner vers quelqu'un.
Donc, nécessairement, à partir du moment
où le gouvernement doit... et on ne définira pas la mécanique dans la loi, mais
l'obligation pour le gouvernement de respecter les principes, demande que le
projet pilote les respecte, donc que le projet respecte les principes du
service... du système professionnel, je vais le dire de façon beaucoup plus
large, donc, nécessairement... Quelle serait la mécanique? Je ne le sais pas.
Peut-être, ce serait une <mécanique...
Mme LeBel :
...Quelle
serait la mécanique? Je ne le sais pas. Peut-être, ce serait une >mécanique
de demander à l'ordre d'attester puis de... bon, peu importe, mais il pourrait
y avoir toutes sortes de mécaniques. Mais il doit y avoir une mécanique pour
les gens qui, dans le cas de figure que vous... que vous mettez en place,
recevraient un service d'un non-professionnel, disons-le comme ça.
M. Morin : Oui, d'accord,
mais... Bien, c'est ça, mais évidemment, vous comprenez justement...
Mme LeBel : Comme dans le
cadre de la pandémie, quand on a permis à des gens de vacciner.
M. Morin : Exact. Tout à
fait. Tu sais, vous comprenez, évidemment, j'ai, bien sûr, à coeur l'intérêt de
la protection du public. D'ailleurs, c'est ce qu'on regarde avec ce projet de
loi, donc, d'où... d'où, évidemment, pour moi, l'importance de vous poser la
question. Et je vous... je vous remercie pour votre réponse.
La Présidente (Mme Schmaltz) : M.
le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, Mme
la Présidente. Juste pour valider... là, merci, d'ailleurs, Mme la ministre,
là. C'est... On soulignait ça tout à l'heure, la question de l'approbation de
l'ordre. Vous n'allez pas jusque là, mais vous allez un petit peu plus loin
quand même en ajoutant par votre amendement l'élément de consultation, puis, le
cas échéant... Puis c'est vrai, là, qu'en principe, si l'ordre sortait de cette
consultation-là en disant : Nous, on n'est vraiment pas convaincus, vous
seriez assez dans le pétrin, disons, là. Ça serait assez difficile pour un
ministre d'aller de l'avant avec l'ordre, par exemple, des infirmières qui monopoliserait
les médias quotidiennement en disant que c'est une mauvaise idée. Ça fait que
ce n'est pas impossible, mais, au moins là, on vient ajouter une obligation
assez positive de consultation. Ça fait que je vous remercie de l'ouverture sur
ce point-là.
Puis là vous étiez en train de dire,
justement, que... puis là on était partis peut-être avec des mauvais exemples,
où les projets pilotes ne vont pas viser nécessairement l'élargissement de
l'acte réservé, là. C'est vraiment... peut-être je pourrais le dire comme ça,
dans l'administration de l'ordre professionnel, son syndic, l'accès à la
profession, la formation continue. On est dans des choses peut-être plus qui
ressemblent plus à ça, quoi que ça ne l'exclue pas. Vous l'avez dit, là.
Mme LeBel : Oui. Ça ne
l'exclut pas, mais c'est plus dans les composantes du système professionnel, je
vais le dire au sens large, qui visent l'ensemble des ordres professionnels,
parce que n'oublions pas que le but est de faire évoluer le Code des
professions, là...
M. Cliche-Rivard : Évidemment.
Puis là...
Mme LeBel : ...tu sais, et
non pas les lois particulières des ordres, là.
M. Cliche-Rivard : Il y a un
quatrième, là, l'ancien troisième, qui dit : «En cas d'incompatibilité
entre les normes et obligations déterminées dans le cadre d'un projet pilote
autorisé conformément au premier alinéa et celles qui sont déterminées
conformément à 9.1, les premières prévalent.» Je veux juste bien comprendre
qu'est-ce que ça veut dire.
Mme LeBel : Ça veut dire
qu'on va introduire un... à l'article 9.1, un amendement qui va venir
donner aux ordres professionnels la possibilité d'initier un projet pilote. Et,
disons qu'un projet pilote est déjà initié, bien, par un... par un ordre
professionnel et que le ministre, par la suite, décide de l'élargir à tout le
monde, mettons, ou à plus d'ordres, puis que là, il y a une incompatibilité
entre les deux, c'est celui de... du ministre qui va prévaloir.
M. Cliche-Rivard : Celui du
ministre qui va prévaloir.
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : OK.
Mme LeBel : Mais il faut
qu'on soit dans la même matière, on se comprend, là.
M. Cliche-Rivard : C'est ça.
Ça fait que là, c'est vraiment là où il y aurait une contradiction nette ou
«incompatibilité». C'est le mot qui est utilisé, là. Ça ne marche pas, là.
Mme LeBel : Oui, c'est
vraiment... On parle d'incompatibilité, là. Ça veut dire que les deux ensemble
ne peuvent pas coexister, pas qu'il ne peut pas avoir les deux, mais sur un
point précis, les deux ensemble ne peuvent pas coexister parce que... puis, à
un moment donné, le professionnel ou les gens vont faire : Bien, là, à
quel saint me vouer, hein?
M. Cliche-Rivard : Oui.
Mme LeBel : Donc, ce sera le
projet... ce sera le projet pilote...
M. Cliche-Rivard : Mais
habituellement... Vous déférez souvent aux ordres, là, ça fait que...
Mme LeBel : Mais, comme il y
aura eu consultation préalable...
M. Cliche-Rivard : Il y aura
eu consultation.
Mme LeBel : ...les risques
d'incompatibilité deviennent amoindris.
M. Cliche-Rivard : C'est ça.
Et vous pourrez éventuellement dire : Bien, les ordres prendront bien le
règlement ou le projet pilote qu'ils veulent. Ça, ça pourrait être le débouché
de la discussion. Mais ça, ça dépendra au cas...
Mme LeBel : Oui, mais il
fallait prévoir une façon dont les...
M. Cliche-Rivard : En
contradiction.
Mme LeBel : À partir du moment
où on vient donner aux ordres, à leur demande, d'ailleurs, du CIQ, une
possibilité d'initier eux-mêmes des projets pilotes dans les matières qui les
concernent, naturellement, là, bien, il fallait quand même prévoir une façon de
faire cohabiter deux projets pilotes qui pourraient... ça pourrait être
même par accident, là, je ne dis pas que c'est délibéré, démontrer des
incompatibilités, là.
M. Cliche-Rivard : Oui. Mais
c'est vrai que l'ajout du deuxième alinéa vient quand même...
Mme LeBel : Limiter les cas
de figure.
M. Cliche-Rivard : ...amoindrir
cette possibilité.
Mme LeBel : Bien, vient
limiter les cas de figure où ça pourrait arriver, mais il faut quand même
prévoir les incompatibilités par inadvertance, je vais le dire comme ça.
M. Cliche-Rivard : Exact. Et
là vous l'avez bien spécifié, du moment où c'est quelque chose qui va
toucher... tu sais, puis là, ça sera au cas de figure, là, mais si c'est
quelque chose qui touche trois, quatre ordres, c'est possible que vous les
consultiez indépendamment. Mais, si c'est quelque chose de systémique, qui
touche l'ensemble des 46, là vous allez fonctionner direct avec le conseil.
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : Ou le
conseil pourrait... puis là, ça, ça sera... en fait, la question, c'est... selon
le cas, ça va être un petit peu à votre discrétion, là. Si on est rendus à
cinq, six, sept ordres, ça se peut que vous preniez la décision qu'on va
aller consulter le Conseil interprofessionnel...
Mme LeBel : Oui. Et qui, lui,
pourra...
M. Cliche-Rivard : ...qui lui
va consulter ses ordres évidemment, qui va s'assurer qu'il y ait le feu <vert...
M. Cliche-Rivard :
...s'assurer
qu'il y ait le feu >vert.
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Schmaltz) : D'autres...
Non, ça va? Juste vous informer qu'il y a une petite correction de forme. On a
ajouté un guillemet puis un petit point-virgule à la fin du deuxième paragraphe
de l'amendement. Donc, rien de bien majeur, mais je voulais...
Mme LeBel : Consentement.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Oui,
il y a consentement pour...
Une voix : ...
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Non? OK, d'accord.
Mme LeBel : Oui, c'est ça. Parce
que là, il y avait des... les guillemets étaient en suspension éternelle. Ce
n'est pas bon pour un guillemet si on ne le ferme pas...
La Présidente (Mme Schmaltz) : C'est
vrai, ça, oui. Ça laisse...
Mme LeBel : ...et ça use.
La Présidente (Mme Schmaltz) : ...ça
laisse matière à supposition sinon.
Mme LeBel : Oui.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait.
Alors donc, il n'y a plus d'intervention. Alors, est-ce que le nouvel
amendement introduisant, donc, le nouvel article...
Une voix : ...
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Non, c'est juste l'amendement qu'on adopte. Non? OK. Est-ce que le nouvel amendement
est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Adopté.
Une voix : ...
La Présidente (Mme Schmaltz) : Oui,
c'est ça, retournons à l'article...
Mme LeBel : ...
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Oui, tout à fait. Donc, l'article 30. Alors, est-ce que l'article 30
est adopté? Est-ce qu'il y avait eu des interventions?
Une voix : ...
La Présidente (Mme Schmaltz) :
Tel qu'amendé. Article 30 tel qu'amendé. C'est jeudi.
M. Cliche-Rivard : ...
La Présidente (Mme Schmaltz) : Oui,
vous avez... Allez-y.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
que là, Mme la ministre, vous ajoutez... en fait, on détermine que «le projet
pilote est établi pour une durée maximale de deux ans et que le
gouvernement peut prolonger d'au plus un an. Le gouvernement peut, en tout
temps, modifier le projet pilote ou y mettre fin.» Là, ledit, donc, décret...
Et là, tout ça, c'est modifié. J'ai dit «le gouvernement», mais la version
modifiée, ça devrait se lire «le ministre».
Mme LeBel : ...
M. Cliche-Rivard : Pardon?
Mme LeBel : ...je me parlais
en disant : Lire «ministre» au lieu de... Oui.
M. Cliche-Rivard : Lire
«ministre», oui. Puis là on parle du ministre responsable des ordres, ou là, c'est
le ministre du secteur d'application?
Mme LeBel : Non, c'est le
ministre responsable des ordres. Ici, on est dans le Code des professions, donc
c'est...
M. Cliche-Rivard : C'est ça.
Mme LeBel : ...ça fait référence
au ministre responsable de l'ordre.
• (15 h 50) •
M. Cliche-Rivard : Puis là, à
chaque fois, c'est ce ministre-là.
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : Parce
qu'il y avait eu des discussions à savoir... des autorisations un petit peu
plus tôt, puis là on parlait du ministre...
Mme LeBel : Là, on était dans
l'autorisation d'urgence...
M. Cliche-Rivard : C'est ça,
exact.
Mme LeBel : ...où c'est
toujours le ministre, mais après consultation des ministres des secteurs
concernés.
M. Cliche-Rivard : Des
ministres des secteurs concernés.
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : Puis là il
n'y aura pas cette étape-là. Mais, comme on devine que vous faites tout en
grande collégialité, j'imagine...
Mme LeBel : Toujours.
M. Cliche-Rivard : ...que
vous allez jaser au ministre de la Santé avant de faire un projet pilote...
Mme LeBel : Bien là, c'est
sûr que je parle aux ordres de la santé...
M. Cliche-Rivard : ...qui
concerne les infirmières.
Mme LeBel : Oui. Bien là, tu
sais.
M. Cliche-Rivard : On va se
le dire. Ça me surprendrait le contraire, ça pourrait mal se passer.
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : Là, le
décret le prévoit, le deux ans, ou le décret prévoit la durée de... du projet.
Il faut que ça soit écrit parce qu'on a parlé aussi de durée dans les
autorisations spéciales. Vous l'aviez modifié sur le délai pour l'inclure. Là,
ce que l'article nous dit...
Mme LeBel : ...
M. Cliche-Rivard : Oui, vous
avez dit qu'il fallait que vous nommiez le...
Une voix : ...
M. Cliche-Rivard : La durée,
la durée de l'urgence...
Mme LeBel : Oui, mais on ne
met pas un nombre d'années.
M. Cliche-Rivard : Exact.
Mme LeBel : On parle de la
durée de l'urgence, on se comprend.
M. Cliche-Rivard : Exact.
Mme LeBel : C'est ça, je veux
dire.
M. Cliche-Rivard : Là, ici,
ce que le règlement dit, c'est que finalement, ils vont pouvoir le tirer pour
un maximum de deux ans, renouvelable un an. Mais ledit décret en lui même,
il va écrire : Ce décret prend fin telle date, ou il peut juste...
Mme LeBel : Bien, il n'a pas
le choix. C'est un...
M. Cliche-Rivard : Il n'a pas
le choix.
Mme LeBel : Bien, c'est un
maximum de deux ans, donc c'est sûr que... Je vous dirais, un arrêté qui
n'a pas de date va prendre fin deux ans après...
M. Cliche-Rivard : Deux ans
après.
Mme LeBel : ...la signature
et il va... un arrêté devrait avoir une date, si c'est avant le deux ans,
en principe. Mais un projet pilote de moins de deux ans pour des
transformations, ce n'est pas très efficace, et c'est pour ça qu'on donne quand
même la possibilité...
M. Cliche-Rivard : Oui, plus
un an.
Mme LeBel : ...de prolonger
d'un an. C'est ça. Il n'y a pas grand-chose d'autre à ajouter.
M. Cliche-Rivard : C'était
quoi la volonté de vous restreindre dans le temps? C'était pour être sûr que ça
reste un projet pilote.
Mme LeBel : Bien, c'est parce
que... Oui, absolument.
M. Cliche-Rivard : À partir
de là, sinon, ça deviendrait... qui n'est plus pilote.
Mme LeBel : Bien, à ce
moment-là, si c'est... si c'est... Après trois ans, de toute façon, on va...
bien, trois ans maximum, là...
M. Cliche-Rivard : Vous
feriez la modification.
Mme LeBel : ...donc deux plus
un, bien, l'office, dans les six mois de la fin du deux ou du deux plus
un, devra émettre un avis sur le succès du projet pilote et les modifications à
y... le... tu sais, soit ne pas faire, ne pas perpétuer, soit perpétuer avec
modification, tu sais.
M. Cliche-Rivard : Parce
qu'elle a fait déjà l'évaluation, ça, c'est le dernier alinéa.
Mme LeBel : Oui, et c'est
l'office qui le fera, puis il va le faire dans les...
M. Cliche-Rivard : Ça, c'est
son travail.
Mme LeBel : ...les
6 mois suivant la fin.
M. Cliche-Rivard : Après la
fin.
Mme LeBel : Suivant la fin, c'est
ça.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
que là, on voit qu'après trois ans, puis là c'est la fin... Mettons, s'il y a une
prolongation, c'est après le trois ans, ça fait que là, il y a une espèce
de période où le projet pilote est comme suspendu. On attend le...
Mme LeBel : Il est terminé.
M. Cliche-Rivard : Il est
terminé.
Mme LeBel : Il n'est pas
suspendu, il est terminé.
M. Cliche-Rivard : Il n'est
pas suspendu, il est terminé. On attend le rapport de l'office pour une
modification réglementaire. Il va y avoir une espèce de gap, là.
Mme LeBel : Éventuel.
M. Cliche-Rivard : C'est ce
que...
Mme LeBel : Bien, il y a un
six mois...
M. Cliche-Rivard : C'est
possible.
Mme LeBel : ...six mois
d'évaluation du projet pilote, oui.
M. Cliche-Rivard : Puis après
ça de la mise en oeuvre, mettons...
Mme LeBel : Bien, là, le cas
échéant.
M. Cliche-Rivard : ...de
votre modification réglementaire, le cas échéant. Ça fait que... Puis là, ça,
ce n'est pas grave. Vous vous dites : Il y aura une transition ou...
Mme LeBel : Bien là, «ce
n'est pas grave», c'est... C'est un projet pilote, c'est clair pour tout le
monde. Donc, il faut au moins prendre le temps de l'évaluer avant de le
transposer dans... Puis probablement que les <gens...
Mme LeBel :
...avant
de le transposer dans... Puis probablement que les >gens, les parties au
projet pilote... Parce que je vous disais tantôt, au début, quand on parlait
de... des ordres et... avec autorisation ou consultation, là, bien, je vous
disais : Un projet pilote ne peut pas avoir de succès s'il se fait avec...
à corps... au corps défendant de ceux qui y participent.
M. Cliche-Rivard : Bien non.
Mme LeBel : Bon. Donc, pour
moi, c'est une évidence. Maintenant, on a quand même mis la notion de
consultation, je comprenais, on l'a quand même mise, puis je pense que c'est
pertinent parce que, de toute façon, elle va se faire, elle devrait se faire,
donc pourquoi...
M. Cliche-Rivard : Oui.
Mme LeBel : Bon. Mais...
M. Cliche-Rivard : Mais
l'office pourrait émettre son rapport avant les six mois?
Mme LeBel : Bien, c'est parce
qu'il faut quand même qu'il se termine, le projet pilote, pour l'évaluer.
M. Cliche-Rivard : Oui, mais,
mettons, après deux ans, l'office a peut-être une bonne idée, quand même,
là.
Mme LeBel : Bien, je ne dis
pas qu'il ne commencera pas. Il dit : «Dans les six mois». Peut-être
que le rapport va être prêt avant. Mais, tu sais, si on a vraiment eu besoin de
trois ans pour bien évaluer tous les cas de figure, on va lui laisser le
temps se terminer avant de... Ça fait qu'on lui donne quand même un temps pour
examiner, récolter les données, peut-être même faire un tour d'horizon avec les
gens qui y ont participé : Tu en as pensé quoi, du projet pilote, toi?,
puis de l'écrire dans le rapport pour modification.
M. Cliche-Rivard : Je fais
juste la supposition d'un ordre, là, puis les ordres qui fonctionneront depuis
trois ans avec telle façon, là, finalement, on va reculer à l'ancienne
façon pour revenir à la nouvelle façon.
Mme LeBel : Mais ils vont le
savoir en participant au projet pilote, puis probablement qu'ils vont être
contents que ça se finisse s'ils ne l'aimaient pas, hein, on se parle...
M. Cliche-Rivard : Mais,
s'ils l'aimaient, ils ne seront pas contents... contents de revenir à
l'ancienne...
Mme LeBel : Bien, s'ils
l'aimaient... s'ils l'aimaient, ils vont être... ils vont avoir hâte qu'on
fasse les modifications dans le code.
M. Cliche-Rivard : C'est ça.
Mme LeBel : Mais c'est ça ou
ne rien tester, mais tester... tester a toujours le corollaire d'un jour le
test se finit. Quand il est négatif, le test, tout le monde est content que ça
se termine, on se comprend.
M. Cliche-Rivard : Bien oui.
Mais, quand il est positif... Moi, je me pose juste la question sur : c'est
un succès, puis là il faut attendre six mois le rapport de l'ordre, puis
il faut attendre après ça votre modification. Ça fait que là, pendant un an,
on revient à l'ancienne méthode pour revenir l'année d'après avec l'autre
méthode. Je trouvais ça un peu compliqué puis peut-être un brouhaha pour pas
grand-chose, mais...
Mme LeBel : Oui, mais... Oui,
mais c'est parce que, sinon, ce n'est pas un projet pilote, sinon on va aller
directement à la modification. Si tout le monde est convaincu que le projet
pilote fonctionne, on ne passera pas par un projet pilote, on va faire comme on
fait dans le projet de loi n° 67, on a un consensus puis on modifie le
code directement. Là, c'est dans le cas où il y a peut-être des gens qui
auraient... sans avoir des objections, mais peut-être des réticences ou pas
convaincus que c'est une bonne idée, sans avoir une objection formelle. Bien, à
ce moment-là, allons le tester. Mais c'est le cas de tous les projets pilotes
dans toutes les lois qui sont prévues. Un jour, il a une fin et on doit
l'évoluer... l'évaluer, et si c'est pertinent de le faire, on doit faire les
modifications, les... réglementaires ou législatives appropriées. C'est le cas
dans tous les cas de figure. Et oui, malheureusement, le corollaire, c'est
qu'on retombe, pendant un certain temps, sur la méthode traditionnelle, je vais
le dire comme ça.
La Présidente (Mme Schmaltz) : ...
M. Cliche-Rivard : ...on soumettait
que, quand un...
La Présidente (Mme Schmaltz) : M.
le député. On va juste éviter d'interpeler, question de transcription, pour que
je puisse prendre le temps juste de vous nommer avant de vous adresser à la
ministre. Merci.
M. Cliche-Rivard : Je peux y
aller?
La Présidente (Mme Schmaltz) : Oui,
oui, allez-y. Oui, oui.
M. Cliche-Rivard : Oui?
Parfait. Excusez. Je n'étais pas sûr que là vous m'aviez...
La Présidente (Mme Schmaltz) : Non,
non, non. Je ne voulais pas...
M. Cliche-Rivard : On se...
On supposait que, dans le cadre d'un projet de loi... d'un projet pilote
concluant, vous auriez pu vous donner le pouvoir de le prolonger.
Mme LeBel : Mais je l'ai.
M. Cliche-Rivard : Bien non,
pas après le trois ans.
Mme LeBel : Non, mais après le
deux ans. Disons...
M. Cliche-Rivard : Oui, mais
le rapport, vous ne l'aurez pas encore.
Mme LeBel : Bien, mettons que
le projet pilote est vraiment... Je parle avec l'office puis je parle avec tout
le monde. On va prendre pour... juste pour fins d'exercice que je suis encore
la personne... la personne responsable. Bien, le premier projet pilote, là, en
général, moins de deux ans, c'est... en tout cas, c'est très rare, un
projet pilote en moins de deux ans, ça dépend de l'ampleur, c'est
possible, mais disons qu'il a deux ans, le premier projet... le départ, le
point de départ, je ne peux pas faire plus, de toute façon, dans mon arrêté, et
que je constate, en parlant à tout le monde, qu'après un an ça fonctionne
super bien...
M. Cliche-Rivard : ...
Mme LeBel : Bien, on dit :
«Dans les six mois suivant». Mais, si l'office est prêt avant, on peut
commencer avant, on peut commencer à préparer la loi qui va perpétuer, puis je
peux me servir de ma prolongation d'un an pour faire la transition pendant
qu'on étudie la loi, c'est possible. Mais, advenant le cas où on a vraiment eu
besoin des trois ans pour évaluer, c'est-à-dire deux plus un, bien là,
c'est sûr qu'il y a potentiellement un risque de gap, mais à ce moment-là,
c'est parce qu'il était nécessaire de l'étudier pendant trois ans aussi,
là.
M. Cliche-Rivard : ...mentionné,
si c'est si concluant que ça, vous pouvez embarquer sur la modification
législative...
Mme LeBel : Ça dit que je
peux l'arrêter avant le projet pilote. Ça fait que je pourrais embarquer dans
la modification législative...
M. Cliche-Rivard : En
disant...
Mme LeBel : ...pendant la
durée du projet pilote et...
M. Cliche-Rivard : Exact.
Mme LeBel : ...après que la
modification législative est adoptée, mettre fin au projet pilote.
M. Cliche-Rivard : Puis ça,
c'est présumant qu'on a besoin de modifier la loi, là.
Mme LeBel : Bien oui, mais
c'est parce que je vais dans...
M. Cliche-Rivard : Ça se
pourrait que ça soit juste un règlement de l'ordre ou... etc., là. Ça, ça...
La Présidente (Mme Schmaltz) :
...
Mme LeBel : Non, j'étais sur
le point de me faire... de me faire chicaner, mais c'est parce qu'on est
trop... Ce n'est pas la... Pour fins d'enregistrement, ce n'est pas la première
fois qu'on se fait chicaner par la présidence, mais... pour cet enjeu-là. Mais
oui, absolument, à tout ça, là.
M. Cliche-Rivard : Et là on
s'entend que, quand il visera le même objectif, même s'il y a une petite
correction ou une petite modification, vous ne pourrez pas repartir le même
projet pilote. Tu sais, s'il est terminé avec ses objectifs principaux, <on
ne...
M. Cliche-Rivard :
...s'il
est terminé avec ses objectifs principaux, >on ne...
Mme LeBel : Pas identique.
M. Cliche-Rivard : Il ne faut
pas qu'il soit identique?
Mme LeBel : Bien non. Mais
c'est parce que, sinon, c'est... sinon... sinon, je devrais me donner... Non,
mais il ne faut pas que ça soit le même projet pilote.
M. Cliche-Rivard : Il ne faut
pas que ça soit le même projet de loi...
Mme LeBel : Bien oui.
M. Cliche-Rivard : ...projet pilote.
Mais on s'entend qu'«identique», c'est peut-être un peu poussé, là, mais,
mettons, il ne faut pas que ça ait la même finalité.
Mme LeBel : Bien, pas le même
projet pilote, je vais le dire comme ça.
M. Cliche-Rivard : Le même
projet pilote?
Mme LeBel : Oui.
M. Cliche-Rivard : Mais de
repartir le même projet pilote 2.0 avec aucune modification pour pousser à
un quatrième... une quatrième année...
Mme LeBel : Bien, ça
s'appelle une prolongation.
M. Cliche-Rivard : Ça
s'appelle une prolongation, puis ça, vous l'avez juste d'un an. Parfait.
Ça fait que, quand vous regarderez, avec votre popcorn, à la période de
questions, la personne qui prolonge le même... ou qui fait le deuxième projet
pilote pareil que le premier pour essayer d'aller chercher une quatrième année,
le popcorn sera meilleur. C'est ça?
Mme LeBel : Bien là, vous
jugerez, si vous êtes encore là, si c'est le même.
M. Cliche-Rivard : «Si». Oui,
oui, c'est un grand «si». Parfait. Alors, allons-y avec ça. 30, moi, c'est
tout.
La Présidente (Mme Schmaltz) : D'autres
interventions? Non. Alors, est-ce que l'article 30, tel qu'amendé, est
adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Donc,
l'article 30, tel qu'amendé, est adopté.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Article 9.1.
Mme la ministre, vous souhaitez déposer un amendement introduisant
l'article 9.1. Alors, je vous invite à le déposer.
Mme LeBel : Absolument.
Merci, Mme la Présidente. Donc, article 9.1 : Insérer, après l'article 9
du projet de loi, le suivant — pardon :
«9.1. Ce code est modifié par l'insertion,
après l'article 86.0.1, des suivants :
«86.0.2. Le Conseil d'administration peut
élaborer et mettre en oeuvre, après consultation de l'Office, un projet pilote
dans le but d'améliorer les matières visées par un règlement approuvé
conformément à l'article 95.2 ou pour expérimenter ou innover en
celles-ci, à l'exception d'un règlement pris en vertu du paragraphe d de l'article 93
ou du paragraphe p du premier alinéa de l'article 94 en ce qui
concerne l'assurance de la responsabilité professionnelle.
«Un projet pilote doit s'inscrire dans les
objectifs poursuivis par le présent code ou par la loi constituant un ordre.
«Le Conseil d'administration détermine,
par règlement, les normes et les obligations applicables dans le cadre d'un
projet pilote, lesquelles peuvent différer des normes et des obligations
prévues par les règlements approuvés conformément à l'article 95.2.
«Un projet pilote est établi pour une
durée maximale de deux ans, que le Conseil d'administration peut prolonger
de plus un an, après consultation de l'Office.»... «d'au plus un an»,
pardon.
«Le Conseil d'administration fait rapport
annuellement sur la mise en oeuvre d'un projet pilote à l'Office et, s'il y a
lieu, sur demande de celui-ci.
«Dans les six mois suivant la fin du
projet pilote, le Conseil d'administration en fait l'évaluation et transmet à l'Office
son rapport et, le cas échéant, ses recommandations. Ce rapport est rendu
public, dans le même délai, sur le site Internet de l'ordre.
«86.0.3. L'article 95 de la loi... et
la Loi sur les règlements ne s'appliquent pas à un règlement adopté par le
Conseil d'administration nécessaire à la mise en oeuvre d'un projet pilote visé
à l'article 86.0.2. Une description de ce projet pilote et ce règlement
sont rendus publics sur le site Internet de l'ordre.»
• (16 heures) •
Donc, ça répond au deuxième commentaire du
CIQ et des ordres professionnels sur les projets pilotes. Il permet au conseil
d'administration d'un ordre professionnel d'initier un projet pilote au sein de
cet ordre et, par conséquent, conséquemment, d'utiliser ce mécanisme à son
plein potentiel.
Donc, les projets pilotes sont limités,
par contre, aux matières visées par un règlement approuvé conformément à
l'article 95.2 du code. Je traduirais : limité au carré de sable de
l'ordre.
Donc, ces règlements ne nécessitent pas
l'approbation du gouvernement. C'est un peu les critères, là, qui limitent le carré
de sable.
Ces règlements ne sont pas publiés à titre
de projet à la Gazette officielle du Québec.
Ces règlements sont approuvés par l'office
uniquement.
Ces règlements concernent les matières
suivantes : représentation régionale des administrateurs du CA, fonctions
et pouvoirs délégués aux dirigeants-membres du comité de décision-fonds
d'assurance, conciliation et arbitrage des comptes, détention des sommes pour
le compte d'un client, inspection professionnelle, tenue des dossiers,
organisation et élections, stages de perfectionnement des membres, ce qui est
accepté pour tenir lieu de document requis d'admission, formation continue
obligatoire, exercice des activités professionnelles au sein d'une organisation
ou de certains types d'organisation.
Donc... Et les règlements qui concernent
l'assurance de la responsabilité professionnelle sont exclus puisqu'il s'agit
d'une question fondamentale en matière de protection du public. Le ministre
pourrait par ailleurs autoriser un projet pilote qui vise les assurances
professionnelles, mais ça vise trop tout le monde, puis c'est trop de nature de
la protection du public pour que chaque ordre expérimente à sa façon. C'est ma
traduction libre du commentaire.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Des
interventions? M. le député d'Acadie.
M. Morin : Oui. Je vous
remercie, Mme la Présidente. Donc, je comprends, Mme la ministre, que cet
amendement répond finalement à la demande du Conseil interprofessionnel qui
demandait qu'un ordre puisse également adopter un projet pilote, que ça ne
vienne pas uniquement du gouvernement. Donc, merci pour ça.
Deuxièmement, je constate dans votre
amendement que...
16 h (version révisée)
M. Morin : ...du gouvernement.
Donc, merci pour ça.
Deuxièmement, je constate, dans votre
amendement, que, et c'est un peu plus bas, après l'évaluation du projet pilote,
qui doit être faite dans les six mois, ce qui est... ce qui est identique au
règlement qu'on vient d'adopter, mais on ajoute : «Ce rapport est rendu
public, dans le même délai, sur le site Internet de l'ordre.» Je ne crois pas
avoir vu exactement le même libellé dans le... dans l'amendement qu'on vient d'adopter,
à moins que je fasse erreur, mais alors pourquoi, dans ce cas-ci, on le
rendrait public, mais pas dans l'autre cas?
Mme LeBel : Bien, je constate
comme vous, là... mais, je pense, dans ce cas-là, c'est parce que l'ordre doit
rendre compte à ses membres, mais je vais... je vais vérifier, là, la spécificité,
si vous me permettez de... pas de poursuivre, mais de suspendre.
M.
Morin :
Parce que... oui, c'est ça, parce qu'en fait je comprends que c'est important,
dans ce cas-ci, que l'ordre rende compte à ses membres, mais, dans le cas qu'on
vient d'adopter, je comprends que c'est le gouvernement ou le <i>Conseil
interprofessionnel, mais ça vise quand même plusieurs ordres qui ont eux-mêmes
plusieurs membres. Donc, ça pourrait être pertinent également.
Mme LeBel : On va suspendre
pour que je puisse préciser...
M. Morin : Merci.
La Présidente (Mme Schmaltz) : On
va suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 16 h 04)
(Reprise à 16 h 23)
La Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait.
Alors, nous sommes de retour. Je pense que, Mme la ministre, vous aviez des
réponses.
Mme LeBel : Oui, absolument,
bien, après vérification... parce qu'il y a... il y a d'autres... C'est-tu le
Barreau... entre autres, le Barreau a déjà la possibilité de mettre en place
des projets pilotes, parce qu'il faut comprendre que ce qu'on fait ici, c'est
de ramener une notion à la... pour tout le monde, parce qu'il y a des ordres
professionnels qui n'ont pas cette possibilité-là de mettre en place des <projets
pilotes, et le...
Mme LeBel :
...professionnels
qui n'ont pas cette possibilité-là de mettre en place des >projets
pilotes et le... mais le Barreau, pour lui, ça ne changera pas grand-chose dans
sa vie parce qu'il avait déjà cette possibilité-là, malgré que, maintenant, ça
va être ça qui va le gouverner. Ce qui est important, parce qu'on est toujours
dans la protection du public, et même si c'est sur des matières qui sont
propres aux ordres, c'est qu'on soit au courant qu'un projet pilote existe sur
ces matières-là.
Dans le cas de la Loi sur le Barreau,
c'est fait par la publication du projet pilote et de ses détails. Ici, à
86.0.3, on dit que le projet pilote doit être public, sur le site Internet. On
a rajouté le rapport, mais, dans les faits, on aurait pu ne pas le rajouter, là.
Je dirais qu'on est ceinture, bretelles pour la protection du public, mais
l'idée, c'est... l'idée de base dans tout ça, puis c'est dans la Loi sur le
Barreau aussi... C'est dans la Loi sur le Barreau? Oui. Dans son règlement ou
dans sa loi? Dans sa loi? En tout cas, bref, le Barreau le peut, oui, je le
peux, le Barreau le peut et il a l'obligation de rendre le projet pilote... pas
public... oui, public, public, public...
Une voix : ...
Mme LeBel : Dans sa loi, merci.
M. Morin : C'est un ajout,
même.
Mme LeBel : C'est un ajout.
M. Morin : ...alors, donc,
vraiment pour la transparence et la publicité.
Mme LeBel : Bien, surtout la
protection...
M. Morin : Oui, bien, c'est
ça, mais...
Mme LeBel : ...mais la
protection, pour moi, elle n'intervient pas au moment du rapport. Elle
intervient au moment de la mise en œuvre du projet pilote. En toute
transparence, on pourrait le biffer, puis, pour moi, je pense qu'on aurait... parce
que ce qui est important, c'est que le public soit au courant de l'existence du
projet pilote pendant son existence, parce que, c'est sûr, un ordre met en
place quelque chose qui n'est pas prévu dans un règlement, donc, puis un
règlement est toujours publié, puis tout ça est toujours publié. Donc, ça
permet de... que le public soit au courant, mais, quant à moi, on pourrait
l'enlever, là, mais... parce que ce n'est pas là que ça devait se trouver, ça
devait être au niveau du projet pilote, mais ça n'a pas non plus...
M. Morin : D'accord. Merci.
Mme LeBel : Ce n'est pas non
plus... de conséquence.
M. Morin : Parfait.
Maintenant...
Mme LeBel : Oui,
l'article 16 de la Loi sur le Barreau, juste pour faire une référence.
M.
Morin :
Oui, bien sûr, bien sûr.
Mme LeBel : «Une description
de ce projet et le règlement sont rendus publics sur le site Internet». Donc,
c'est tout ce qui est dit, et c'est ce qu'on avait repris également à 86.0.3 :
«Une description de ce projet pilote et ce règlement sont rendus publics».
Donc, c'est ça qui est le... qui est l'essentiel de l'histoire, là.
M. Morin : Parfait.
Maintenant, est-ce que, dans le cadre d'un projet pilote, un ordre
professionnel pourrait, par exemple, mettre en place une pratique qui ferait en
sorte que, tout en protégeant le public, ça permettrait à, éventuellement, des
membres du public d'avoir un service? Et j'ai en tête... Par exemple, pour les
notaires, il y a eu un débat auquel le ministre de la Justice n'était pas
réceptif, c'est-à-dire la possibilité pour un notaire de signer un acte à
distance. C'était permis pendant la pandémie, ça ne l'est plus. On a fait un
débat. J'ai fait un débat là-dessus avec le ministre. Il ne voulait pas. Est-ce
que, donc, un ordre pourrait, dans le cadre d'un projet pilote, permettre une
telle pratique?
Mme LeBel : Bon, il faudrait
regarder... parce que les projets pilotes sont limités aux matières de 95.2.
Donc, il faudrait voir si, dans les matières de 95.2, une telle possibilité
existe. Rapidement, selon ma... mon souvenir, la réponse serait non, mais je
vous dirais : Si c'est compris dans les matières de 95.2, la réponse est
oui. Je pense que c'est non, mais, encore une fois, je n'interpréterai pas les
matières de 95.2 pour que quelqu'un dise un jour : Ah! la ministre a dit
qu'ils pouvaient, là.
M. Morin : OK, je comprends.
Mme LeBel : Sous réserve de
l'interprétation de 95.2 et si c'est... et si, le cas échéant, ils le
permettent, la réponse pourrait peut-être être positive potentiellement.
M. Morin : Mais c'est un... d'accord.
Mme LeBel : J'ai appris de la
commission.
M. Morin : Alors, oui, c'est
ça, donc, mais c'est une chose, par ailleurs, que la chambre ou l'ordre
professionnel des notaires pourrait regarder puis déterminer si c'est possible
ou pas.
Mme LeBel : Bien, bien, le
gouvernement pourrait le faire, par contre, le ministre responsable.
M. Morin : Ah! le ministre
pourrait le faire?
Mme LeBel : Pas le ministre
de la Justice, le ministre responsable des Lois professionnelles pourrait le
faire par arrêté...
M.
Morin :
Ah bon?
Mme LeBel : ...mais à la
demande... à la demande de la chambre.
M. Morin : Oui, oui, oui,
bien sûr.
Mme LeBel : Mais, oui, par
arrêté, il pourrait le faire théoriquement parce qu'il est moins limité dans ces
matières, OK?
M. Morin : Oui, exact...
Mme LeBel : Oui, mais non,
je...
M. Morin : Ah non? Non, non, il
n'y a pas d'ouverture, oui, il y a une ouverture?
Mme LeBel : Bien, on a bien
dit tantôt que c'est certain qu'on ne l'écrit pas dans le texte, mais la
ministre sectorielle est concernée, hein? Bon, bref, je ne m'engagerai pas
dans cette voie-là. Je parle de théoriquement, théoriquement...
M. Morin : D'accord.
Mme LeBel : Je ne dirai pas
que, théoriquement, on ne peut pas le faire. Ce n'est pas vrai. Théoriquement,
on pourrait le faire. La pandémie nous a permis de le faire pour d'autres
raisons, parce qu'il y avait une question de santé et de sécurité, bref, peu
importe, reliée au décret sanitaire. En matière d'urgence, en urgence, on
pourrait peut-être le faire également, mais, dans une urgence limitée à un
secteur ou une région particulière, on pourrait le permettre dans un secteur ou
une région particulière, mais... je ne m'engage pas à ne rien faire, mais,
compte tenu qu'il... c'est sûr que le <ministre sectoriel doit
être... doit être concerné...
Mme LeBel :
...m'engage
pas à ne rien faire, mais, compte tenu qu'il... c'est sûr que le >ministre
sectoriel doit être... doit être concerné pour un...
M. Morin : Serait... serait
consulté, évidemment, bien sûr.
Mme LeBel : Bien, parce que
c'est un projet pilote... c'est un projet pilote qui ne concernerait pas tous
les ordres professionnels, on se comprend.
M. Morin : Exact, ah oui, totalement.
En fait, ça concernerait un ordre professionnel, clairement...
Mme LeBel : Dans un secteur,
dans un secteur, oui.
M. Morin : ...dans un
secteur, clairement, clairement, oui, oui, tout à fait, tout à fait.
Mme LeBel : Et la ministre
responsable va agir beaucoup plus facilement d'elle-même dans un secteur qui
concerne l'ensemble des ordres professionnels.
M. Morin : Bien sûr.
Mme LeBel : Bien sûr, par
respect.
M. Morin : Bien sûr, mais je
vous... mais je vous le soumets quand même.
Mme LeBel : Bien, je prends
acte...
M. Morin : Avec la
collégialité du Conseil des ministres, vous pourrez en parler à votre collègue.
Mme LeBel : J'en prends acte.
M. Morin : Merci.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Parfait.
On va juste éviter de trop s'interpeler parce que, sinon, les transcripteurs
doivent s'arracher les cheveux.
M. Morin : On ne veut pas ça.
La Présidente (Mme Schmaltz) : On
ne veut pas ça. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
pour une minute maximum.
M. Cliche-Rivard : Oui, c'est
ça, bien, je vais y aller avec la plus brève. Là, ça, c'est permis pour le
conseil d'administration, ça fait que, là, c'est instigué par le CA de l'ordre.
Le CIQ, lui, il peut-tu le faire... ou, en fait, l'office peut-elle... peut-il
le faire?
Mme LeBel : Le CIQ ne peut
pas... ne peut pas initier de projet pilote.
M. Cliche-Rivard : Oui. Non, ça,
il ne peut pas... l'office, oui, c'est ça.
Mme LeBel : L'office ne peut
pas initier de projet pilote, mais peut conseiller au ministre de le faire.
M. Cliche-Rivard : OK. Ça
fait que, là, il y a un pouvoir spécifique qui appartient au CA de l'ordre.
Mme LeBel : Ça, c'est pour
les ordres spécifiquement.
M. Cliche-Rivard : Les ordres
spécifiquement, puis, si l'office veut le faire, il passe par la ministre ou le
ministre et il s'organise pour attirer son acceptation pour le levier, et là
auquel cas ça se fait, mais eux n'auront pas un pouvoir... Vous ne leur
conférez pas le pouvoir que vous conférez aux ordres à 9.1.
Mme LeBel : Il y a deux
niveaux de mise en place de projets pilotes, l'ordre ou le ministre.
M. Cliche-Rivard :
«That's it».
Mme LeBel :
«That's it».
M. Cliche-Rivard : Il n'y a
pas un entre-deux.
La Présidente (Mme Schmaltz) : Voilà.
Alors, c'est ce qui conclut...
M. Cliche-Rivard : Ça fait
qu'on continuera la semaine prochaine.
La Présidente (Mme Schmaltz) : C'est
ce qui conclut notre journée.
Donc, compte tenu de l'heure, la
commission ajourne ses travaux au mardi 29 octobre, à
9 h 45, où elle entreprendra un autre mandat. Merci, merci, excellente
journée, tout le monde, bon retour, bien oui, on retourne chez... dans nos
circonscriptions.
(Fin de la séance à 16 h 30)