Journal des débats de la Commission des institutions
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Le
mardi 26 novembre 2024
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Vol. 47 N° 96
Étude détaillée du projet de loi n° 78, Loi donnant suite à l’entente entre le ministre de la Justice et le Barreau du Québec pour la bonification des tarifs de l’aide juridique
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Intervenants par tranches d'heure
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Bachand, André
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Jolin-Barrette, Simon
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Jolin-Barrette, Simon
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Bachand, André
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Morin, André Albert
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Zanetti, Sol
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Nichols, Marie-Claude
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Nichols, Marie-Claude
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Bachand, André
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Morin, André Albert
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Jolin-Barrette, Simon
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Zanetti, Sol
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Jolin-Barrette, Simon
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Bachand, André
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Morin, André Albert
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Nichols, Marie-Claude
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Asselin, Mario
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Schmaltz, Valérie
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Boivin Roy, Karine
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Lemieux, Louis
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Morin, André Albert
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Bachand, André
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Jolin-Barrette, Simon
9 h 30 (version révisée)
(Dix heures une minute)
Le Président (M.
Bachand) :À l'ordre, s'il vous plaît!
Bonjour, tout le monde! Content de vous retrouver. Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission des institutions ouverte.
La commission est réunie afin d'entreprendre
l'étude détaillée du projet de loi n° 78, Loi donnant suite à l'entente
entre le ministre de la Justice et le Barreau du Québec pour la bonification
des tarifs de l'aide juridique.
Donc, nous sommes aux remarques
préliminaires. M. le ministre, vous avez la parole.
M. Jolin-Barrette : Merci, M.
le Président. Bien, écoutez, ça me fait plaisir d'être ici pour l'étude
détaillée de la Loi donnant suite à l'entente entre le ministre de la Justice
et le Barreau du Québec pour la bonification des tarifs de l'aide juridique.
Alors, M. le Président, ce sont les
modifications législatives qui font suite à l'entente que nous avons eue avec
le Barreau, donc, au printemps dernier. Et il faut savoir qu'on avait eu une
première entente en 2020 après plusieurs années de négociation. On avait mis en
place un comité, un groupe de travail indépendant, pour faire des
recommandations pour moderniser la structure tarifaire de l'aide juridique. C'est
ce que nous avons fait. Ils ont déposé un rapport intérimaire avec 18 recommandations
jugées urgentes. Nous les avons mises en oeuvre, ces recommandations-là, avec
plusieurs millions de dollars d'investissements. Par la suite, on s'est
entendus également pour d'autres... plusieurs dizaines de recommandations du
rapport, qu'on a mises en oeuvre ou qu'on est en train de mettre en oeuvre. Et
notamment ça nécessitait des modifications législatives, qu'on a dans le projet
de loi, pour modifier la structure de la... du tarif judiciaire. Alors, c'est
ce que nous faisons aujourd'hui suite à l'entente avec le Barreau du Québec.
Une des recommandations importantes du
groupe de travail indépendant, et il va de soi, c'était de faire en sorte que
le Barreau du Québec ne participe plus aux négociations, parce que le Barreau
du Québec est un ordre professionnel, et non pas une association, et non pas un
syndicat. Donc, je pense que dans le cadre d'une mission d'un ordre
professionnel qui vise à assurer le public, ce n'est pas normal que le Barreau
du Québec doive défendre l'intérêt socioéconomique des membres du Barreau. Même
si on dit «membres», bien, le Barreau n'est pas chargé de représenter les
avocats. Il est chargé d'assurer la protection du public. Et le Barreau veut se
recentrer sur sa mission.
Donc, ce qu'on fait avec la mise en oeuvre
de la recommandation 177, c'est faire en sorte que par décret, au moment
où il sera jugé opportun, de faire en sorte qu'un organisme indépendant soit
reconnu pour négocier les tarifs d'aide juridique des avocats avec le
gouvernement du Québec.
Donc, sans plus tarder, M. le Président,
ça fait suite aux différents investissements que le gouvernement du Québec fait
dans l'aide juridique pour avoir un système de justice qui est accessible, qui
est efficace, mais surtout qui est humain.
Alors, l'objectif. On a grandement
augmenté les tarifs d'aide juridique. Parce qu'il faut comprendre qu'en matière
d'aide juridique vous avez deux volets, donc le volet qui est assumé par les
permanents de l'aide juridique, donc des bureaux sur l'ensemble du territoire
du Québec, donc administrés par...
10 h (version révisée)
M. Jolin-Barrette : ...donc, administrés
par la Commission des services juridiques avec des centres communautaires
juridiques dans les différentes régions de Québec. Et vous avez plus de la
moitié de la pratique en matière d'aide juridique qui se retrouve avec des
mandats d'aide juridique. Donc, un mandat d'aide juridique, c'est un avocat en
pratique privée ou un notaire qui représente un client et est rémunéré par l'aide
juridique parce que le client, il est admissible à l'aide juridique, soit à titre
gratuit soit avec contribution. Donc, c'est cette... de cette partie-là qu'on
parle aujourd'hui, donc la tarification de l'aide juridique. Alors, je remercie
mes collègues qui sont présents avec nous, et c'est un court projet de loi de
six articles, M. le Président. Et on sera prêts à l'étudier.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup, M. le ministre.
M. le député de l'Acadie, s'il vous plaît.
M. Morin : Alors, bonjour, M.
le Président, heureux de vous retrouver, je vous salue. C'est toujours un
plaisir de siéger à cette commission. Permettez-moi également de saluer M. le
ministre, qui, à nouveau, dépose un projet de loi. Les collègues de la
banquette gouvernementale, bonjour. Je salue également les collègues des
oppositions qui sont là aujourd'hui. Permettez-moi également, M. le Président,
de saluer les fonctionnaires qui représentent et qui accompagnent, M. le
ministre, également les dirigeants de l'aide juridique qui sont... qui sont
avec nous aujourd'hui. Mon collègue, M. Bourret, qui m'accompagne dans les
projets de loi, puis également tout le personnel de la commission, sans qui,
évidemment, nos travaux seraient beaucoup moins efficaces.
Je vous dirais, M. le Président, quand on
regarde le projet de loi n° 78, c'est un projet de loi qui était... qui
était attendu, important, parce que les négociations... enfin, c'est ma
compréhension, les négociations pour les tarifs d'aide juridique ont été
longues. Mais, vous savez, l'aide juridique, pour moi, c'est essentiel. Dans le
texte du projet de loi, évidemment, on parle des dossiers notamment en matière
criminelle et pénale. Et vous savez, M. le Président, comment c'est important d'être
représenté par un professionnel compétent. Parce que, particulièrement en
matière criminelle, évidemment, on est... on est privilégié, on a la
présomption d'innocence, mais à la fin d'un procès, évidemment, le juge ou le
jury doivent trancher, hein, la personne va être acquittée ou elle va être
condamnée. Évidemment, quand... si elle est condamnée et qu'on est encore là
dans le domaine du droit criminel, bien, il peut y avoir une peine privative de
liberté. Et évidemment, on mesure tout l'impact de ça. Donc, c'est très
important d'être bien... d'être bien représenté, d'autant plus que les procès
en matière criminelle sont de plus en plus complexes, souvent de plus en plus
longs. Et donc la représentation, bien qu'elle ne soit pas obligatoire, elle
est évidemment, à mon avis, fortement recommandée. Et donc que l'État puisse aider,
payer les honoraires des avocats qui vont représenter des accusés qui n'en ont
pas les moyens est à mon avis essentiel dans notre société, et c'est ce que
le... c'est ce que le projet de loi fait.
Cependant, le projet de loi, aussi, ajoute
un élément, notamment en ce qui a trait à la création d'organismes habilités à
représenter des notaires, des avocats, des huissiers. Et là, là-dessus, bien,
on aura l'occasion d'en débattre avec monsieur... avec M. le ministre. Ma
compréhension est... évidemment, je peux faire erreur, mais ma compréhension, c'est
que, dans le cadre des recommandations du groupe de travail, il a été amorcé,
négocié le fait qu'éventuellement il y aurait effectivement une association qui
serait créée pour participer à ces négociations-là. Bon, évidemment, le Barreau,
et M. le ministre le soulignait, n'est pas un syndicat. Non, évidemment, c'est
un ordre professionnel, un ordre professionnel qui célèbre 175 ans d'existence
au Québec. Mais, encore là, faut-il prendre le temps de faire les choses,
évidemment, et de le faire d'une façon qui va satisfaire l'ensemble des
parties.
Donc, je le dis d'emblée, on aura la
chance d'en discuter pendant l'étude de ces quelques articles, mais, pour moi,
ça me semble être un peu... être un peu rapide de retrouver ces dispositions-là
déjà dans un... dans un projet de loi. Croyez-moi, M. le Président, loin de moi
l'idée de penser qu'un ordre professionnel ne doit pas protéger le public,
c'est son <mandat...
M. Morin :
...ne
doit pas protéger le public, c'est son >mandat. Puis je comprends très
bien où éventuellement on veut aller, notamment, avec la recommandation 177
du groupe qui a négocié les tarifs, mais on verra comment ça va s'inscrire,
comment ça va évoluer dans le cadre de ce projet de loi.
Alors, j'arrête à ce stade-ci, M. le
Président, et je peux le souligner dans mes remarques préliminaires, je pourrai
le répéter, mais je vais aussi invoquer l'article 245 de nos règlements
pour qu'on puisse procéder à l'étude article par article. Je vous remercie.
Le Président (M.
Bachand) :Merci, M. le député de
l'Acadie. M. le député de Jean-Lesage, s'il vous plaît.
M. Zanetti : Oui. Merci, M.
le Président. Bonjour, tout le monde. Alors, je fais miennes toutes les
salutations très exhaustives, député de l'Acadie...
Et, par rapport à ce projet de loi là,
évidemment, c'est quelque chose qu'on accueille de façon globale, très
positivement, c'est issu de négociations, de recommandations préalables du Barreau,
et tout ça. On a porté aussi à notre attention les enjeux autour de la
formation, par contre, de la nouvelle association qui sera chargée de négocier
les tarifs de l'aide juridique. Quelle sera la nature de cette association-là,
exactement? Comment pourrait-elle se financer? Comment son mandat sera-t-il
établi? Aura-t-elle la capacité d'établir ses mandats et ses modes de
financement de façon autonome?
Il y a des assouplissements, on voit, qui
seront demandés par rapport au lien financier pouvant ou ne pouvant pas exister
entre le Barreau, justement, et cette future association-là. Alors, évidemment,
ça, c'est un point qui nous préoccupe beaucoup, puis on va voir à ou déposer un
amendement en ce sens ou appuyer ceux qui seront déposés, pour faire en sorte
qu'on atteigne quelque chose qui soit à la satisfaction de tous pour le
bénéfice du public. Je vous remercie, M. le Président.
• (10 h 10) •
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup, M. le député de
Jean-Lesage. Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols : Oui. Merci, M.
le Président. Salutations... salutations aux collègues, gouvernemental, de
l'opposition et, bien sûr, aux équipes qui entourent... qui entourent le
ministre.
Bien, en effet, au projet de loi, un
projet de loi de six articles, donc on... nous serons certainement
efficaces, il y a quand même... il y a quand même un enjeu en particulier qui a
été porté à notre attention. On a reçu des mémoires... en fait, des mémoires,
des correspondances de la Chambre des notaires, du Barreau du Québec pour des
enjeux, là, que mes collègues ont précédemment soulevés. Donc, évidemment, on
pourra en jaser quand on arrivera à cet article. Mais les... c'est vrai que les
deux ordres professionnels émettent des préoccupations relativement à la
portée puis à l'interdiction du financement, là, qui sont prévus dans un...
dans un article dudit projet de loi.
Donc, évidemment, nous ferons preuve
d'ouverture et nous collaborons à cette... à l'étude détaillée de ce projet de
loi, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Est-ce qu'il y aurait
d'autres députés qui voudraient faire des remarques préliminaires?
Donc, on serait maintenant rendus aux
motions préliminaires. Y a-t-il des motions préliminaires? S'il n'y en a pas...
Une voix : ...
Le Président (M.
Bachand) : S'il n'y a pas de motion préliminaire, merci
beaucoup, donc, on va débuter l'étude article par article. Donc, je prends
maintenant en considération l'article 1 du projet de loi. M. le ministre,
la parole est à vous. Merci.
M. Jolin-Barrette : Oui.
Alors, M. le Président, l'article 1 — tout d'abord, bonjour :
L'article 4.5 de la Loi sur l'aide juridique et sur la prestation de certains
autres services juridiques (chapitre A-14) est modifié par le
remplacement, dans le paragraphe 3°, de «il est probable, si l'accusé
était reconnu coupable, qu'il en résulterait pour ce dernier soit une peine
d'emprisonnement ou de mise sous garde, soit la perte de ses moyens de
subsistance ou encore lorsqu'il est dans l'intérêt de la justice que l'aide
juridique soit accordée à cet accusé, compte tenu des circonstances
exceptionnelles de l'affaire, notamment sa gravité ou sa complexité» par ce qui
suit : «l'une des conditions suivantes est remplie :
a) il est probable, si l'accusé était
reconnu coupable, qu'il en résulterait pour ce dernier soit une peine
d'emprisonnement ou de mise sous garde, soit la perte de ses moyens de
subsistance;
b) il est dans l'intérêt véritable de
l'accusé que l'aide juridique lui soit accordée;
c) il est dans l'intérêt de la justice que
l'aide juridique soit accordée à cet accusé, compte tenu des circonstances
exceptionnelles de l'affaire, notamment sa gravité ou sa complexité».
Commentaire. Cet article modifie l'article 4.5
de la Loi sur l'aide juridique et sur la prestation de certains autres services
juridiques pour mettre en oeuvre la recommandation 59 du rapport final du
Groupe de travail indépendant sur la réforme de la structure tarifaire de
l'aide juridique, GTI. En matière criminelle et pénale, il prévoit que l'aide
juridique est aussi accordée à l'accusé si cela est dans son intérêt véritable.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. M. le député de
l'Acadie.
M. Morin : Merci, M. le
Président. M. le ministre, dans les modifications que vous apportez, à b, à 1b :
«Il est dans l'intérêt véritable de l'accusé que l'aide juridique lui soit
accordée». Alors, qu'est-ce que le législateur a en tête? À prime abord, moi,
quand je l'ai lu, compte tenu de ce qu'on a au début de 1, il me semble qu'un <accusé...
M. Morin :
...compte
tenu de ce qu'on a au début de 1, il me semble qu'un >accusé a un
intérêt à se faire représenter. Donc, comment vous qualifiez ou comment vous
décrivez l'intérêt véritable de l'accusé que l'aide juridique lui soit
accordée?
M. Jolin-Barrette : Donc, la
recommandation 59 du groupe de travail indépendant, c'était notamment
d'avoir une mesure d'accès à la justice. Donc, l'intérêt véritable d'un accusé
est un nouveau critère proposé par le groupe de travail indépendant et il
correspond à la recommandation 59, donc : «Ajouter le critère de
l'intérêt véritable de l'accusé pour la détermination de la couverture des
infractions punissables par déclaration de culpabilité, par procédure
sommaire.»
Donc, dans son rapport, le groupe de
travail indépendant mentionne qu'«après avoir analysé sommairement la
jurisprudence pertinente et les commentaires des praticiens à ce sujet, les
membres du groupe de travail ont constaté que certaines infractions sommaires
pures nécessitent la présence d'un avocat en raison, notamment, de la
complexité du dossier ou des répercussions importantes pouvant être engendrées
par une déclaration de culpabilité.»
Donc :«S'inspirant de la condition
nécessitant la preuve d'un intérêt véritable d'un accusé afin d'obtenir une
absolution, la peine la plus clémente prévue au Code criminel, et la... et de
la jurisprudence qui s'est développée afin de préciser cette notion, les
membres du groupe de travail suggèrent d'ajouter ce critère à ceux prescrits
par la loi afin de couvrir une infraction sommaire. Le requérant ou son avocat
pourra ainsi démontrer au directeur du bureau d'aide juridique qu'il est dans
son intérêt véritable que le service demandé soit couvert par l'aide juridique,
notamment quand sa condamnation peut l'empêcher de visiter ses parents résidant
aux États-Unis en raison de la nature d'un crime commis». Donc, c'est la page 68
du rapport.
M. Morin : ...je comprends qu'avec
cette modification-là, au fond, vous élargissez la possibilité pour un accusé
d'être représenté et donc d'obtenir ses frais payés par l'aide juridique.
M. Jolin-Barrette : Bien,
dans le fond, d'être sous mandat d'aide juridique, notamment lorsqu'il s'agit
d'une poursuite par procédure sommaire. Autrement, il n'aurait pas été couvert,
mais, dans ce cas-là, s'il y a un intérêt véritable, notamment avec le cas,
l'exemple que je vous ai donné, si ça a des conséquences importantes sur
l'accusé, il pourrait être opportun qu'il soit représenté, le tout à la
discrétion du directeur du bureau d'aide juridique, qui est appelable à la
commission des services... au comité de révision de la Commission des services
juridiques.
M. Morin : Parfait. Et, à
ces... on ajoute : «Il est dans l'intérêt de la justice que l'aide
juridique soit accordée à cet accusé, compte tenu de circonstances
exceptionnelles de l'affaire, notamment sa gravité ou sa complexité.» Est-ce
qu'il y a... il y a des critères que vous avez en tête? Est-ce que vous laissez
une discrétion aux gestionnaires de l'aide juridique de décider quelles sont
les circonstances exceptionnelles de l'affaire? Qu'est-ce que... Est-ce que
vous pouvez nous en dire un peu plus là-dessus?
M. Jolin-Barrette : Alors, on
me dit : Ça, ce n'est pas un ajout, c'était déjà là.
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : Oui,
c'est ça. La partie... quand vous avez, là, dans votre cahier du député, là...
Dans le fond, c'était déjà un des critères prévus à 3, c'est juste que ça a été
segmenté. Donc, auparavant, là, à 3, là, vous l'aviez. Et la fin du paragraphe,
là : «Ou encore lorsqu'il est dans l'intérêt de la justice que l'aide
juridique soit accordée à cet accusé, compte tenu des circonstances
exceptionnelles de l'affaire, notamment sa gravité ou sa complexité.» Donc,
c'est uniquement la reproduction du critère, parce qu'on les a faits à a, b, c,
au lieu que ça soit tout dans le même paragraphe.
M. Morin : OK. Puis est-ce
qu'il y a un avantage? Est-ce que c'est plus facile à lire, c'est plus clair,
c'est... Pourquoi vous les segmentez? Parce qu'avant ils ne l'étaient pas.
M. Jolin-Barrette : Ah! bien
là, vous savez, nos spécialistes en législation nous indiquent que c'est plus
clair, c'est plus compréhensible.
M. Morin : Parfait. Excellent!
Et, vous savez, j'ai beaucoup de respect pour vos spécialistes en rédaction
législative. Donc, tant mieux, le langage clair est un élément important.
M. Jolin-Barrette : Et ils
sont très bons, et ils produisent un travail de qualité, en toute célérité.
M. Morin : Parfait. Je vous
remercie.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions à l'article 1? S'il n'y a pas d'autre intervention,
est-ce que l'article 1 est adopté?
Des voix : Adopté. Merci. M.
le ministre, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : 2. L'article 4.6
de cette loi est modifié par le remplacement, dans le paragraphe 2°, de
«raisonnablement fondé» par «fondé sur des motifs en apparence sérieux ou
encore lorsque, s'agissant de l'appel, la permission d'appeler est accordée».
Commentaire. Cet article modifie l'article 4.6
de la Loi sur l'aide juridique et sur la prestation de certains autres services
juridiques pour mettre en oeuvre les recommandations 23, 24 et 32 du
rapport final du Groupe de travail indépendant sur la réforme de la structure
tarifaire de l'aide juridique. En matière criminelle ou pénale, il prévoit que
l'aide juridique est accordée en appel ou pour l'exercice d'un pourvoi en
contrôle judiciaire ou d'un recours extraordinaire lorsque le recours est fondé
sur des motifs en apparence sérieux ou encore lorsque, s'agissant de l'appel,
la permission d'appeler est accordée.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. M. le député de
l'Acadie.
M. Morin : Merci, M. le
Président. M. le ministre, donc, quand vous parlez de l'appel, je comprends, à
la lecture, que c'est lorsque la permission est <accordée...
M. Morin :
...je
comprends, à la lecture, que c'est lorsque la permission est >accordée,
mais, en pratique, ça fonctionne comment? La personne va être couverte une fois
la permission accordée ou si c'est avant? Parce qu'évidemment il peut se passer
du temps entre les deux. Puis je comprends évidemment qu'il y a encore des
appels de plein droit, donc ça, c'est couvert différemment, exact?
M. Jolin-Barrette : Donc, ça
va être... à votre question, quand est-ce que ça va être évalué, ça va être
évalué avant l'appel.
M. Morin : OK. Parfait. Je
vous remercie.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Est-ce qu'il y aurait
d'autres interventions à l'article 2? S'il n'y a pas d'autre intervention,
est-ce que l'article 2 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) :Adopté. Merci. M. le ministre,
s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : Oui.
L'article 3, M. le Président : L'article 83.21 de cette loi est
modifié :
1° par le remplacement, dans le
premier alinéa, de «organismes habilités à représenter les notaires, les
avocats, les huissiers ou les sténographes» par «associations représentatives
des notaires, des avocats, des huissiers ou des sténographes qu'il reconnaît
par arrêté ministériel»;
2° par l'ajout, à la fin, de l'alinéa
suivant :
«Un ordre professionnel ou une association
qu'il contrôle, qu'il finance ou qui lui est autrement liée ne peut être
reconnu comme une association représentative en vertu du premier alinéa.»
Commentaire. L'article 83.21 de la
Loi sur l'aide juridique et sur la prestation de certains autres services est
modifié pour prévoir que le ministre peut conclure une entente tarifaire non
plus avec les organismes habilités à représenter les notaires, les avocats, les
huissiers ou les scénographes, mais bien avec les associations représentatives
de ceux-ci reconnues par arrêté ministériel. Cette disposition vise à mettre en
oeuvre la recommandation 177 du rapport final du Groupe de travail
indépendant sur la réforme de la structure tarifaire de l'aide juridique.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. M. le député
d'Acadie.
• (10 h 20) •
M. Morin : Oui. Pour cet
article, M. le Président, j'ai un amendement. Il est... on l'avait déjà envoyé,
déposé dans Greffier, donc il est... il est à l'écran. Donc, je peux en faire
la lecture.
Le Président (M.
Bachand) :Oui.
M. Morin : Voilà. Donc,
article 3, article 83.21 de la Loi sur l'aide juridique et sur la
prestation de certains autres services juridiques : Modifier
l'article 3 du projet de loi :
1° par le remplacement, dans l'alinéa
proposé par le paragraphe 2°, de «une association qu'il contrôle, qu'il
finance ou qui lui est autrement lié» par «un organisme qu'il contrôle, dont il
finance le mandat de négociation des tarifs,»
2° par l'ajout à la fin de l'article
de l'alinéa suivant :
«Le financement de l'association
représentative reconnue peut provenir d'un ordre professionnel aux conditions
suivantes :
«a) Il vise à financer les mesures prévues
au paragraphe h) de l'article 15 (2) de la Loi sur le Barreau;
«b) Il vise à financer les mesures prévues
au paragraphe 2 de l'article 6 de la Loi sur le notariat;
«c) Il contribue à des initiatives ayant
pour objet la protection du public;
«d) Il ne peut en aucun cas viser le
financement du mandat de négociation des tarifs d'aide juridique ou des
activités de nature associative.»
Donc, le texte proposé, je peux continuer
à le lire?
Le Président (M.
Bachand) :Non.
M. Morin : Non?
Le Président (M.
Bachand) :Parce qu'on... les gens l'ont
reçu.
M. Morin : Les gens l'ont reçu?
Le Président (M.
Bachand) : Oui. Oui.
M. Morin : Parfait. Donc, je
peux partager certaines observations, M. le Président. Alors donc, à la suite
du projet de loi n° 78 qui donnait suite à l'entente, je dois vous dire
que moi, je m'attendais à voir deux, trois articles. Bon. On donne suite à
l'entente et voilà, c'est terminé. Il y aura des nouveaux tarifs, ça avait été
négocié, et donc on passe à autre chose. Mais évidemment je lis toujours avec
attention les projets de loi, puis là je suis arrêté à l'article 3, et je
me suis dit : Ah! bon, ça y est, là, il y a un ajout, ajout par le
gouvernement de vouloir créer, finalement, une association qui pourrait
négocier éventuellement des tarifs plutôt qu'un ordre professionnel. Je
comprends, je comprends l'idée du gouvernement. À ma connaissance, le Barreau
n'est pas en désaccord. Sauf que ma compréhension des recommandations du groupe
de travail indépendant...
Et d'ailleurs c'est exprimé dans une
lettre qui a été envoyée à la Commission des institutions et qui est signée par
la bâtonnière du Québec, Mme Claveau indique ceci :
«En effet, dans le texte de la
recommandation 177 du groupe de travail indépendant que les considérations
préliminaires de l'entente démontrent que l'ajout d'un processus de
reconnaissance ou celui d'une interdiction visant à mettre fin aux relations
entre l'ordre et l'association n'étaient pas envisagé.»
Et, dans la recommandation, on parlait de «créer
une nouvelle entité de négociation habilitée à représenter les avocats dans le
cadre de la négociation des tarifs d'aide juridique. Cette <entité...
M. Morin :
...de la
négociation des tarifs d'aide juridique. Cette >entité devra être
représentative, avoir l'expertise et la capacité matérielle et financière pour
mener les négociations et bénéficier d'une légitimité auprès des avocats
qu'elle représente.»
«Considérant l'engagement du Barreau du
Québec de donner suite à la recommandation 177 du rapport final du GTI — donc
du groupe de travail indépendant — , le ministre entend appuyer des
démarches afin de clarifier les rôles et responsabilités de tous les acteurs
ainsi que de favoriser le recentrage du Barreau du Québec sur sa mission de
protection du public.»
Et, quand... quand j'ai reçu le projet de
loi, M. le Président, et que je l'ai lu... bien évidemment, c'est sûr que mon
travail, c'est entre autres de parler à différents intervenants, dont le
Barreau, des avocats, et je pense que tout le monde s'entend à l'effet qu'il
est important qu'éventuellement ce soit une association autre que le Barreau
qui puisse négocier des tarifs, parce que le Barreau est un ordre professionnel
et que sa mission fondamentale, c'est la protection du public. Ça, je comprends
l'intention du gouvernement et du ministre. Cependant, ma compréhension, moi,
ce que j'entends et que je dis, parce que, bon, bien, comme député de
l'opposition officielle puis étant le porte-parole en matière de justice,
c'est... c'est de permettre, entre autres, à des gens qui ne sont pas ici et...
donc, de me permettre, à moi, d'exprimer leur voix, c'est que, dans le cadre
des négociations, il y a encore du travail à faire, et donc on ne s'attendait
pas à ce qu'une telle disposition soit incluse dans un projet de loi aussi
rapidement, d'autant plus que le projet de loi souligne qu'éventuellement ça
pourra entrer en vigueur par un arrêté ministériel, où, évidemment, on ne sait
pas quand ça va être... ça va être déposé.
Alors, c'est problématique parce que, dans
le document que le Barreau faisait parvenir à la commission, entre autres on
souligne, et permettez-moi de citer le document de Mme la bâtonnière :
«Le texte de ces articles, tel que rédigé,
peut permettre au ministre de reconnaître une association qui serait existante,
mais qui ne bénéficierait ni de la légitimité nécessaire ni de la capacité
financière et matérielle, en fait, pour assurer sa pérennité. Un tel scénario,
s'il s'avérait, affecterait nécessairement la crédibilité du régime de
négociation et pourrait affecter la qualité des services fournis à la
population.» Comme je viens de le souligner : «L'entrée en vigueur par
décret de l'article 3 et la prise de l'arrêté ministériel peuvent a priori
paraître une proposition adéquate. Toutefois, nous sommes d'avis qu'elle ne contribue
aucunement à la résolution de... de l'enjeu — pardon. D'une part, le
ministre pourrait faire entrer en vigueur ce nouveau régime alors que
l'association ne dispose pas des fonds nécessaires, ce qui affecterait la
teneur des négociations.» Puis évidemment l'organisme négocie avec le
gouvernement. Donc, d'une certaine façon, il pourrait même y avoir une
apparence de conflit d'intérêts si on y va trop vite. Et : «D'autre part,
le ministre pourrait s'abstenir de reconnaître une association et amorcer de
nouvelles négociations tant et aussi longtemps qu'il y a, à son avis, un
quelconque lien entre celle-ci et le Barreau.» Et là cette situation-là n'était
pas... n'était pas clairement prévue par l'entente, c'est ce que nous dit la
bâtonnière.
Donc : «Qui plus est, l'interdiction
prévue par l'article 3, suivant sa formulation actuelle, ne permet
aucunement d'établir, en dehors du contexte de toute négociation, des
partenariats entre le Barreau et l'association représentative, en vue de
fournir des services bénéfiques à la protection du public, tel un service de
référence ou un service d'urgence. Elle prohiberait également, toujours en
dehors du contexte de toute négociation, la possibilité pour l'ordre de fournir
une aide financière ponctuelle advenant que l'association soit incapable de
maintenir sa capacité financière et matérielle.» Donc, il est important de
tenir compte de ces particularités.
Je sais que Mme la bâtonnière a écrit
également à M. le ministre de la Justice, demandant, entre autres, que les
articles 3 et 6 soient amendés.
«Le Barreau réitère — et c'est
dans la conclusion de la lettre — que son retrait dans la négociation
des tarifs d'aide juridique ne doit pas équivaloir à une impossibilité pour lui
de financer des initiatives pour favoriser l'accès à la justice ou la
protection du public», dont, évidemment, la population du Québec a grand
besoin. Et on dit : «S'il importe au ministre de la Justice de procéder
immédiatement à un recentrage de notre mission — donc la mission du
Barreau — , les amendements proposés sont, de l'avis du Barreau, la
solution la plus opportune pour établir un équilibre raisonnable et réaliste
entre la mission de protection du public de l'ordre et la protection des
intérêts économiques de l'association représentative à naître.»
Et c'est la raison pour laquelle j'ai
déposé cet <amendement-là...
M. Morin :
...l'association
représentative à naître.»
Et c'est la raison pour laquelle j'ai
déposé cet >amendement-là, c'est-à-dire pour faire en sorte qu'il y ait...
il y ait un équilibre, on ait plus de temps, en tenant compte de la réalité des
négociations aussi qui se font entre le ministère de la Justice, le Barreau,
les membres qui composaient le groupe indépendant de négociation, et pour faire
en sorte... pour donner suffisamment de temps au Barreau de s'assurer... et au
ministère, tant qu'à ça, de créer... qu'une association soit créée, qu'elle
soit représentative, qu'elle soit représentative pour l'ensemble... l'ensemble
des avocats et des avocates, et puis qu'elle puisse éventuellement procéder à
ces négociations-là dans un... dans un futur plus ou moins évidemment
rapproché. Mais il faut prendre le temps, d'autant plus que je sais que c'est
une préoccupation également de la ministre qui est responsable des ordres
professionnels, de s'assurer, évidemment, qu'il y ait une distinction entre le
travail d'un ordre professionnel, son mandat, qui est la protection du public,
et une association qui pourrait évidemment négocier des intérêts financiers ou
économiques pour ses membres.
Le... En fait, je vous dirais que... à
moins que je fasse erreur, mais un exemple que je pourrais vous donner, M. le
Président, c'est la... toute la question des médecins. Il y a des fédérations
de médecins, des associations de médecins qui négocient, mais il y a aussi le Collège
des médecins qui, évidemment, est un ordre professionnel, qui est là pour
assurer la protection du public, mais qui, à l'occasion, évidemment, va
représenter, tout dépendant de ce qui se passe, l'ensemble... l'ensemble de son
corps... de son corps professionnel.
• (10 h 30) •
L'aide juridique existe depuis les
années 70. Le Barreau, lui, existe depuis 175 ans. Je comprends la
volonté de changement que veut apporter M. le ministre, mais, dans ces... dans ces
circonstances-là, bien, je pense qu'il faut être prudent, il faut laisser le
temps aux acteurs en place d'être capables de bien faire les choses et de
s'assurer qu'il y aura une véritable représentativité des membres... des
membres de la profession. Loin de moi l'idée de dire que ce n'est pas un bon
projet. D'ailleurs, dans la recommandation n° 177,
c'était reconnu, puis, éventuellement, que le Barreau se consacre à son mandat
premier, qui est la protection du public, c'est une excellente chose. Même chose
pour la Chambre des notaires, soit dit en passant. Mais je pense qu'il faut
s'assurer qu'il y aura suffisamment de temps pour que ce soit fait
correctement, puis laisser le temps aux acteurs du milieu de bien faire... de
bien faire les choses.
Alors, pour toutes ces raisons, M. le
Président, j'ai présenté cet amendement qui, je pense, crée un équilibre et ne
brusque pas les choses dans ce... dans ce dossier-là. Je vous remercie, M. le
Président.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Interventions, M. le
ministre?
M. Jolin-Barrette : Bien,
peut-être, je laisserais la parole au député de Jean-Lesage avant de commenter.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député de Jean-Lesage.
M. Zanetti : Oui. Bien, il y
a beaucoup de mes préoccupations qui vont dans le même sens que celles du
député de l'Acadie, là, c'est-à-dire qu'il reste un flou. Évidemment, bien, cet
article-là ne dit pas grand-chose de la forme que pourra prendre l'association
qui sera chargée de faire la négociation des tarifs d'aide juridique. Est-ce
que son mandat pourra être plus large? Est-ce que cette association-là pourra
se donner un mandat plus large que celui-là? Comment est-ce que ça va être
balisé? Quels seront les critères de reconnaissance aussi de cette
association-là par le ministre? Et comment cette association-là va-t-elle
pouvoir se financer? Puis aussi, c'est : Quel est... Comment... comment,
dans le fond, justifions... Comment est-ce que le ministre justifie
l'article 3 puis la... quand même, la rigidité qu'il y a entre le mur
qu'il veut établir entre le Barreau et cette association-là par rapport au
financement? Qu'est-ce qui justifie ça? Est-ce qu'un assouplissement peut être
possible? Sinon, qu'est-ce que... À quoi le ministre pense? Qu'est-ce que le
ministre pense mettre en place pour que cette association-là n'ait pas de
problème de financement? Parce que, si c'est l'association qui est chargée de
faire ça, puis que, là, structurellement, elle est difficile à financer ou que
c'est impossible de le faire, on peut penser que ça va avoir un impact négatif
sur les négociations puis sur la façon dont cette association-là va pouvoir
rendre sa mission.
Ça fait que c'est des éclaircissements que
j'aimerais avoir de la part du ministre, puis on verra comment ça se déroule.
Mais sinon, moi, j'aurais tendance à appuyer l'amendement du collègue de
l'Acadie.
Le Président (M.
Bachand) :Merci, Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols : Oui. Merci, M.
le Président. Bien, dans le même sens que mes collègues, puis je vais y aller
de façon vraiment très simple, là...
10 h 30 (version révisée)
Mme Nichols : ...puis je vais
y aller de façon vraiment très simple, là. On a reçu différentes
correspondances de la Chambre des notaires, Barreau du Québec et même... même
du groupe de travail indépendant qui estiment que les dispositions de l'article 3
ou 6, là... 3 et 6 ne reflètent pas l'entente des recommandations, ne reflètent
pas l'entente qu'il y a eue avec le ministre. Ça fait que moi, ma question est
très simple : Pourquoi ça ne reflète pas l'entente? Le ministre... Le
ministre a signé l'entente. En quoi ça ne reflète pas l'entente puisque... En
fait, il semble y avoir définitivement divergence. Donc, j'imagine que le
ministre pourra nous expliquer sa position.
Le Président (M.
Bachand) :Avant de passer au ministre, M.
le député d'Acadie.
M. Morin : ...merci, M. le
Président. Simplement pour ajouter un élément. La commission a reçu, et M. le
greffier pourra... pourra le confirmer, un courriel du comité indépendant des
tarifs de l'aide juridique, à 9 h 47 ce matin, qui dit que le projet
de loi doit refléter l'entente. Évidemment, moi, je n'étais pas là, à la table
de négociation, M. le Président, mais, si on nous dit que ça doit refléter l'entente,
j'imagine qu'il y a des éléments là-dedans, notamment l'article 3, qui ne
la reflètent pas. Et je pense que c'est important, en toute transparence, que
les gens le sachent. Je vous remercie.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. Donc, M. le
ministre, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : Oui.
Alors, écoutez, M. le Président, lisons les considérants de l'entente :
«Considérant que le Barreau du Québec
s'engage à donner suite à la recommandation 177 du rapport final du GTI
dans les meilleurs délais et ainsi que soit créée une nouvelle entité de
négociation habilitée à représenter les avocats dans le cadre des négociations
des tarifs d'aide juridique.
«Considérant l'engagement du Barreau du
Québec de donner suite à la recommandation 177 du rapport final du groupe
de travail indépendant, le ministre entend appuyer les démarches afin de
clarifier les rôles et responsabilités de tous les acteurs ainsi que de
favoriser le recentrage du Barreau du Québec sur sa mission de protection du
public.»
C'est intéressant, M.
le Président. C'est que le Barreau du Québec, dans son Plan stratégique 2022-2026,
il dit : Le Plan stratégique 2022-2026 du Barreau : ambitieux et
nécessaire.
«Pour l'administration du Barreau du
Québec, le Plan stratégique 2022-2026 est motivé par la volonté de faire
les choses différemment. La bâtonnière du Québec, Me Catherine Claveau, et
la directrice générale, Me Catherine Ouimet, ont voulu "repartir à zéro"
pour mieux harmoniser les priorités du Barreau et l'évolution de la société
québécoise.»
«Se recentrer sur la mission de protection
du public.
«Aller droit au but, insuffler une
cohérence en lien avec la volonté de se recentrer sur la protection du public
et inclure l'enjeu incontournable que représente la bonification de l'accès à
la justice sont les éléments essentiels de la mission et de la vision du
Barreau pour favoriser ce changement de culture et être en phase avec les
besoins des citoyens.» OK. Bon.
«Les valeurs ont,
elles aussi, été ajustées en fonction de ces priorités et de cette volonté de
faire les choses autrement. "Il faut avoir le courage de mettre de côté
nos vieux réflexes et se doter de la détermination nécessaire pour faire face
au changement. Par-dessus tout, il faut garder le cap malgré les critiques et
la résistance, si on souhaite influencer l'évolution de la profession d'avocat",
souligne la directrice générale, Me Catherine Ouimet.
«Le Barreau veut maintenir les standards
d'excellence et faire de l'exercice du droit une profession engagée dans les
enjeux sociétaux tout en développant son agilité face aux nouvelles situations
et aux nouveaux besoins.
«Les orientations du plan d'action.
«Orientation 1 : Axer les
actions du Barreau autour de la mission principale, la protection du public.
«Le constat généralisé qui est ressorti
des exercices de consultation, c'est qu'il existe depuis longtemps une
confusion entre le rôle de protection du public et celui de la défense des
intérêts socioéconomiques des avocats. "Cela indique que pour aller plus
loin, et même pour empêcher une certaine paralysie des actions du Barreau, il
faut changer la culture et la perspective", indique Me Ouimet.»
«Cinq objectifs sont liés à des actions à
venir du Barreau pour que sa mission principale soit recentrée sur la
protection du public. Pour y arriver, il faut tout d'abord promouvoir les
actions tangibles du Barreau en matière de protection du public en faisant
mieux connaître ses programmes et ses outils en lien avec le contrôle de la
profession. "Nous allons également devoir délaisser certaines activités et
certains programmes pour nous concentrer sur notre mission première de
protection du public. Il faut ajouter que plusieurs programmes ont été conçus à
travers le temps pour soutenir davantage les intérêts économiques des
avocats." La bâtonnière donne un exemple... La bâtonnière en donne un
exemple... donne en exemple les négociations pour le tarif des honoraires des
avocats de la pratique privée à qui un mandat d'aide juridique est confié. Même
si ces négociations servent les intérêts du public, parce qu'elles contribuent
à un meilleur accès aux services des avocats lorsque ceux-ci acceptent plus de
clients, le levier de négociation dans ce dossier est surtout lié à leurs
intérêts socioéconomiques. "Il est important qu'un groupe ou une <association...
M. Jolin-Barrette :
..."Il
est important qu'un groupe ou une >association ayant la mission de
représenter les intérêts de ces avocats reprenne ce dossier pour permettre au
Barreau de se concentrer sur son rôle premier de protection du public",
ajoute-t-elle.»
M. le Président, c'est déjà dans le plan
stratégique du Barreau. La bâtonnière, elle-même, nous dit que le Barreau doit
se désengager de la négociation des tarifs d'aide juridique.
Ce qu'on fait avec l'article aujourd'hui,
là, c'est d'aider le Barreau à aller dans ce sens-là, M. le Président, parce
que ce n'est pas normal que le Barreau soit à la table des négociations pour
négocier les tarifs que les avocats du Québec qui prennent des mandats d'aide
juridique vont recevoir. Le Barreau du Québec, là, ce n'est pas une
association. Le Barreau du Québec, ce n'est pas un syndicat. Expliquez-moi, Mme
la... M. le Président, comment ça se fait que le Barreau du Québec est à la
table des négociations. Le Barreau du Québec a fondé le CITAJ, un comité
indépendant pour la négociation des tarifs d'aide juridique. Le Barreau du
Québec était quand même à la table, malgré le fait qu'on avait dit qu'il ne
serait pas à la table, puis c'est le comité indépendant qui s'occupait de ça.
L'entente qu'on a signée en 2020, là... Ça
faisait sept ans qu'il n'y avait pas eu d'entente pour la négociation des
tarifs juridiques. Quand je suis arrivé à la Justice, on a signé une entente le
17 septembre 2020. On a créé un comité... un groupe de travail indépendant
qui faisait suite à l'entente pour dire : Bien, écoutez, revoyez,
faites-nous des propositions sur la structure des tarifs de l'aide juridique.
Ils sont arrivés avec un rapport intérimaire. Puis, le 26 août 2022, on a
mis en place les recommandations, les 18 recommandations jugées urgentes.
Par la suite, dans le cadre de ce rapport-là, la recommandation 177, ils
recommandent que le Barreau, en conformité avec sa mission de protection du
public, n'ait plus à défendre l'intérêt socioéconomique des membres. C'est
contre nature. Et là, le 6 juin 2014, bien, on a signé l'entente avec
laquelle... 2024, pardon, on a signé l'entente qui est devant nous, et on donne
suite.
Alors, quand vous lisez bien l'article,
là, ça ne rentre pas en vigueur demain matin. C'est sur décret du gouvernement,
M. le Président.
• (10 h 40) •
Cela étant, comment ça se fait que depuis
deux ans qu'on a signé l'entente puis on n'a pas une nouvelle association? On
n'est pas rendus là encore. Puis, en 2020, quand on a signé l'entente, déjà le Barreau
pensait à se recentrer sur sa mission du public. Là, ça fait pas mal quatre ans,
puis là, on nous dit : Bien, écoutez, il faudrait maintenir encore ça
pendant trois, voire cinq ans encore, que le Barreau négocie. Mes collègues,
là, ils savent que fonder une association, ça ne prend pas trois ans ou cinq
ans. Une association, c'est quoi? C'est un regroupement d'avocats, hein? Vous
pouvez avoir des lettres patentes assez rapidement pour faire en sorte de
regrouper des membres qui ont un intérêt socioéconomique, c'est-à-dire des
avocats ou des notaires, pour l'objectif recherché, soit négocier des tarifs
d'aide juridique avec le gouvernement.
Et, quand vous regardez bien l'article,
là, c'est important de se rappeler qu'il y a peu de groupes dans la société qui
ont la possibilité de négocier des tarifs d'aide juridique. C'est une
spécificité qu'historiquement les avocats ont eue, mais généralement, les
tarifs sont décrétés. Puis le gouvernement du Québec a le pouvoir de décréter
les tarifs, mais nous, on fonctionne par entente avec les différents organismes
habilités. Et, dans le cadre de la loi, actuellement, le Barreau n'est pas
reconnu comme organisme accrédité. La pratique a voulu que ce soit ça.
Alors, je pense qu'on fait une bonne chose
aujourd'hui de faire en sorte d'accompagner le Barreau vers une transition en
lien avec sa mission, en lien avec son plan stratégique, pour faire en sorte
justement qu'il se concentre sur sa mission. Puis ce n'est pas vrai que le
Barreau, c'est le syndicat des avocats. Puis, il me semble, il faut que ce soit
clair, à un moment donné. Puis c'est aujourd'hui qu'on clarifie la chose.
Le Président (M.
Bachand) :Député de Jean-Lesage.
M. Zanetti : ...bien, j'ai
l'impression que le ministre, en quelque sorte, défonce un peu une porte
ouverte, là. C'est-à-dire que pas mal tout le monde est d'accord que,
justement, il doit y avoir... le Barreau se recentre sur sa mission, c'est son
objectif, qu'il y ait une association distincte.
Je pense que le problème qui est soulevé
par l'article 3, j'ai l'impression que le ministre ne l'a pas directement
abordé. Peut-être qu'aussi j'ai mal compris, là, mais j'ai l'impression que ça
n'a pas été abordé.
J'entends aussi, disons, les commentaires
du ministre sur le fait que pourquoi l'association n'existe pas encore, etc.
Moi, ce qui me... ce qui me préoccupe, par exemple, c'est que cette
association-là, elle soit capable d'opérer, parce qu'elle a un rôle important à
jouer dans non pas la défense des intérêts des avocats, mettons, mais dans
l'accès à l'aide juridique puis l'accès à la justice. Donc, tu sais, il ne
faudrait pas qu'à un moment donné on se retrouve avec un gouvernement, ce qui
n'est pas le cas actuellement, mais qui voudrait restreindre l'accès à la
justice, pour toutes sortes <de...
M. Zanetti :
...restreindre
l'accès à la justice, pour toutes sortes >de raisons, et que là, il n'y
ait comme pas d'interlocuteur en face, puis que ça se fasse trop facilement, et
que ce soit... Donc, c'est pour ça que je trouve ça important, moi, cette
association nouvelle là. Bon, évidemment, c'est au milieu des avocats et des
juristes de la créer, tout à fait. La question, c'est : Comment va-t-elle
se financer?
Puis c'est quoi, la raison qui fait que le
ministre dit : Il ne peut pas y avoir aucun lien d'aucune sorte, si balisé
soit-il, de lien financier entre le Barreau et cette association-là? Ce que je
comprends... Mettons, tu sais, si c'était entièrement financé par le Barreau,
on pourrait penser que le Barreau pourrait mettre des conditions à ce
financement-là qui pourrait interférer dans la neutralité des négociations,
mettons. On pourrait... Je ne sais pas si c'est ce que le ministre voulait
dire, là, mais on dirait que c'est ce que je décrypte. Mais il me semble que ce
n'est pas ce qui est demandé par le Barreau puis par le... l'amendement du
député de l'Acadie. Ça fait que je voudrais avoir un éclaircissement sur
qu'est-ce qui dérange le ministre précisément sur la question du lien financier.
Puis aussi comment estime-t-il que cette
association-là va pouvoir se financer? Parce qu'elle a un mandat quand même
assez aussi limité, là. Il ne s'agit pas de... Ce n'est pas comme la FMOQ pour
les médecins, qui négocie tous les tarifs. C'est vraiment les tarifs d'aide
juridique. Puis tous les autres tarifs sont, si je comprends bien, élaborés de
façon privée et arbitraire par tout le monde qui a un bureau d'avocats puis qui
décide de ses propres tarifs. Donc, est-ce que le ministre pourrait développer
sur cette affaire-là, précisément? Parce que j'ai l'impression que ça a été un
peu éludé par sa première intervention.
Le Président
(M. Bachand) :M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Bien,
alors, M. le Président, je pense que, quand on fait une loi, c'est important
qu'il n'y ait pas de brèche dedans. Alors, pour la question du financement,
c'est important qu'on ne puisse pas faire indirectement ce qu'on ne peut pas
faire directement. Alors, un des objectifs, c'est de faire en sorte qu'il y ait
un mur de Chine entre les associations représentatives qui vont négocier les
tarifs d'aide juridique et l'ordre professionnel. L'ordre professionnel ne doit
pas financer directement ou indirectement une entité qui négocie pour les
tarifs.
Et d'ailleurs, dans l'entente, là, tout à
l'heure, je vous ai lu les considérants, là, mais à 2, l'engagement, 2.1, le
CITAJ et le Barreau du Québec, «le Barreau du Québec s'engage à donner suite à
la recommandation 177 du rapport final du GTI et ainsi que soit créée,
dans les meilleurs délais, une nouvelle entité de négociation habilitée à
représenter les avocats dans le cadre des négociations des tarifs d'aide
juridique. Le CITAJ s'engage également à aller chercher les recommandations
requises», «dans les meilleurs délais». Ça fait deux ans que l'entente est signée.
Trouvez-vous que c'est les meilleurs délais, ça?
Le Président
(M. Bachand) :M. le député de Jean-Lesage.
Oui.
M. Zanetti : ...là, là,
mettons, le fond de l'affaire, c'est comment est-ce qu'on peut avoir
l'assurance que l'association, qui va être chargée de cette mission importante
qui est la négociation des tarifs d'aide juridique, soit financée convenablement.
M. Jolin-Barrette : ...le
Président, comme toute association, c'est aux membres de l'association de
prévoir de quelle façon leur association va être financée. Ce n'est pas au
Barreau du Québec à faire en sorte d'assurer le financement de cet
organisme-là, qui vise à défendre l'intérêt socioéconomique des membres, qui
vise à aller chercher le plus haut tarif d'aide juridique pour la série de
tarifs qui s'appliquent en fonction des différents actes posés par les avocats.
Donc, ce n'est pas au Barreau, ce n'est pas au gouvernement du Québec à
financer cette association-là. Lorsqu'on se met en association... La Fédération
des médecins omnipraticiens, la Fédération des médecins spécialistes ont un
mode de financement qui leur appartient, les autres associations ont des modes
de financement qui leur appartient. Alors, bien entendu, les avocats doivent se
prendre en main et faire en sorte de fonder leur association et de faire en
sorte de constituer un interlocuteur. Je pense que c'est fondamental.
Alors, moi, ce que je dis, c'est que ça
fait déjà un bout de temps qu'on discute de ça, et que ça fait partie de la
recommandation d'il y a deux ans. Là, actuellement, on comprend qu'ils sont en
phase de transition, c'est pour ça que ça ne rentre pas en vigueur au moment de
la sanction de la loi. C'est par décret du gouvernement pour laisser le temps
nécessaire aux partenaires et aux avocats de faire en sorte eux-mêmes de se
constituer une association qui va pouvoir négocier. Mais je pense que c'est important
qu'il y ait un mur de Chine entre une association représentative et entre
l'ordre professionnel qui est le Barreau du Québec. D'après moi, ça va de sens
qu'il y ait clairement un mur de Chine entre les deux.
Puis les services professionnels aussi,
qui sont offerts par le Barreau, il n'y a rien qui empêchera le Barreau de
confier ça à une entité externe ou autre, associative, mais cette
association-là ne doit pas négocier les tarifs. Ils ne doivent pas être liés financièrement.
Puis, écoutez, la <structure...
M. Jolin-Barrette :
...financièrement.
Puis, écoutez, la >structure juridique leur appartient. Au niveau des
différentes associations, fédérations, ça leur appartient. Des véhicules
corporatifs, il y en a plusieurs. Mais, ce que le législateur vient dire, c'est
qu'il n'y a plus de lien financier entre un ordre professionnel puis une
association qui est chargée de négocier les tarifs d'aide juridique. J'espère
que vous êtes d'accord avec moi là-dessus.
Le Président (M.
Bachand) :...
M. Zanetti : J'ai des... (panne
de son) ...si, mettons, il y avait plusieurs associations... concurrentes,
pardon, qui émergeaient, comment le gouvernement ferait-il son choix pour
décider laquelle il reconnaît, d'une part?
Puis, d'autre part, l'association qui va
négocier l'enjeu très restreint des tarifs d'aide juridique, bien, il est quand
même possible que tous les avocats ne veuillent pas en faire partie, parce que
probablement que, vous me corrigerez... mais tous les avocats ne font pas des
mandats d'aide juridique. Donc, il se pourrait quand même qu'il y ait comme...
Mettons qu'on imagine que le financement de cette association-là, là, dont ne
sont membres que des avocats qui font de l'aide juridique... bien, est-ce
qu'elle va se prendre, mettons, à même les cotisations puis les tarifs, disons,
les heures facturées en aide juridique, tu sais? Puis est-ce que ça va venir...
le financement de l'association va devoir être comme financé par de l'argent
qui, essentiellement, devrait aller à l'accessibilité à la justice?
Le Président (M.
Bachand) :...le ministre.
• (10 h 50) •
M. Jolin-Barrette : Le mode
de financement appartient aux membres de l'association. Puis il faut que ce
soit représentatif des différentes personnes qui oeuvrent notamment au sein...
qui prennent les tarifs d'aide... d'aide juridique. Donc, on... Il faut que ce
soit représentatif des membres. Et, pour votre information, il y a 1 700 avocats
sur plus de, quoi, 30 000 qui prennent des mandats d'aide juridique.
M. Zanetti : Ce n'est pas
quand même... Ce n'est quand même pas beaucoup. S'il y avait plusieurs
associations qui émergeaient, comment le ministre ferait son choix pour la
reconnaissance de l'association?
M. Jolin-Barrette : Donc, on
va négocier en fonction de la représentativité des associations.
M. Zanetti : Donc, ça veut
dire que l'association qui aurait le plus de membres serait probablement celle
qui serait favorisée?
M. Jolin-Barrette : Celle qui
est la plus représentative.
M. Zanetti : Ça veut dire
quoi, «représentative», si ce n'est pas la quantité de personnes qui en sont
membres?
M. Jolin-Barrette : Ça
implique des représentants de tous les barreaux de section et de tous les
domaines de droits couverts par le régime d'aide juridique qui y sont
représentés.
M. Zanetti : Pas juste le
nombre absolu?
M. Jolin-Barrette : C'est la
recommandation du groupe de travail.
M. Zanetti : OK, je comprends,
je comprends.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. J'aurais le...
M. Morin : ...en fait,
brièvement. Vous savez, je vous écoutais, M. le ministre, puis vous avez...
vous avez lu des documents dans le plan stratégique du Barreau, j'ai lu la
recommandation 177 du groupe indépendant qui a négocié les tarifs, ma
compréhension, c'est qu'il n'y a pas... il n'y a pas de contradiction entre ce
que vous voulez faire et ce que le Barreau veut. Enfin, moi, c'est... c'est
comme ça que je le... que je le comprends. Sauf que c'est plus une question de
temps et de financement. Que le Barreau... Le Barreau est un ordre
professionnel, sa mission, c'est de protéger le public. Ça, je pense que tout
le monde le reconnaît. Le Barreau est le premier à le reconnaître. Ce qui est...
Ce qui est parfois un peu étonnant, c'est... En fait, on attend également une
réforme du Code des professions. Le débat qu'on a ici aurait pu arriver à ce
moment-là, et ça aurait donné plus de temps et au Barreau, à la Chambre des
notaires, et également aux différents avocats qui... qui vont éventuellement
former une association.
Et vous voulez évidemment qu'il n'y ait
aucun lien. Vous avez utilisé le mot «muraille de Chine» en ce qui a trait au
financement. Je comprends très bien où vous voulez aller, d'ailleurs le Barreau
n'est pas contre, à savoir qu'il n'y ait pas de... le Barreau ne soit pas là
pour financer une association qui va négocier des tarifs. Mais vous comprendrez
que, et vous l'avez souligné vous-même, sur à peu près les 29 000, 30 000
avocats, avocates membres de la profession, qui représentent quand même un
nombre important, c'est une grosse... c'est un gros ordre professionnel. Si la
représentativité, pour vous, c'est uniquement les avocats et avocates qui ont
des mandats d'aide juridique, donc 1 700, éventuellement, une telle
association... et je ne sais <pas...
M. Morin :
...éventuellement,
une telle association... et je ne sais >pas quelle formule juridique
elle va... elle va avoir... mais éventuellement, ils pourront évidemment
négocier. Mais, dans un premier temps, vous conviendrez que financer une
association avec un tel groupe, à condition que vous acceptiez que ce soient
les 1 700, ça pose quand même un enjeu de taille.
Et le Barreau, tout comme la Chambre des
notaires d'ailleurs, dans leur mission, peuvent vouloir informer le public. Là,
vous empêchez qu'il y ait quelque lien que ce soit avec une association qui va
négocier des tarifs. Il ne faut pas oublier non plus... Puis je comprends ce
que vous dites, c'est-à-dire que, si l'association veut que les tarifs soient
les plus élevés possible, bien oui, ils ont... ils ont un intérêt. Mais il ne
faut pas oublier que ces tarifs-là vont servir éventuellement à représenter des
personnes qui sont accusées, donc ça sert le public en général, également. Et
ça, je pense qu'il ne faut pas oublier cette mission-là également, de l'aide
juridique.
Le Président (M.
Bachand) :...M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Oui. Bien,
écoutez, je comprends les points du député de l'Acadie, mais honnêtement, c'est
incompatible, c'est incompatible. Ça a été trop longtemps incompatible.
Puis je me surprends toujours à quel
point, quand on dit des choses, il faut que les choses se fassent. Le Barreau a
décidé, et c'est une très bonne chose, de se recentrer sur la protection du
public, ce qui est sa mission, là, c'est le temps que le Barreau démontre qu'il
va dans ce sens-là. Puis je ne leur dis pas : Demain matin, là,
27 novembre, c'est fini, là. C'est par décret du gouvernement.
Alors, moi, je pense que ça fait longtemps
qu'on en parle. C'est une recommandation qui est importante. C'est important
qu'un ordre professionnel soit complètement détaché relativement au financement
socioéconomique de ses membres. L'ordre professionnel, là, c'est le gardien de
l'intégrité de ses membres, de la profession, et d'assurer la protection du
public. Vous ne pouvez pas être assis à cheval sur la clôture. Puis là, depuis
trop longtemps, c'est ça qui se passe.
Alors, oui, ma collègue, la présidente du Conseil
du trésor, travaille sur une réforme. Mais là, c'est une recommandation. Le
Barreau s'est engagé à faire ça très rapidement. On prévoit le cadre législatif
pour le faire. On prévoit un encadrement. Un coup, ça va être fait... Je
comprends que c'est un diachylon à tirer, ça fait mal. On change nos habitudes.
Il y a des membres qui vont dire : Bien non, moi, je paie des cotisations
au Barreau, là, puis le Barreau devrait me représenter, puis ça n'a pas
d'allure, puis tout ça. Je les ai tous entendus. Le Barreau, ce n'est pas un
syndicat, ce n'est pas une association. Ça fait que, là, on met les choses
claires. Ce n'est pas la mission du Barreau.
Et je suis très surpris, très, très
surpris qu'on plaide encore dans ce sens-là puis qu'on n'embarque pas dans le
train pour dire : C'est vrai, nos pratiques antérieures, là, il y avait un
enjeu, on ne faisait pas de la protection du public, on faisait de la défense
de l'intérêt socioéconomique des membres. Écoutez, là, on est quasiment tous
membres du Barreau, là, ici, assis autour de la table, je pense qu'on est tous
d'accord que le Barreau du Québec ne doit pas être impliqué dans la négociation
d'intérêts financiers et corporatistes des membres. C'est ce qu'on fait
aujourd'hui.
Le Président (M.
Bachand) :Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols : ...merci. Bien,
je comprends... je comprends la position du ministre, mais je... En fait, je
suis partagée, parce que, tu sais, le Barreau dit que... En fait, le retrait
du... le retrait du Barreau des négociations de tarifs d'aide juridique, il ne
faut pas que ce soit non plus, et c'est ce qu'ils soulèvent, là... il ne faut
pas que ce soit non plus une impossibilité de financer des initiatives. Parce
que le Barreau en prend, des initiatives, qui sont... qui sont dans le sens
aussi de protéger le public, ou ils prennent des initiatives d'accès aussi à la
justice. Puis ils en donnent, des exemples, là, dans les correspondances qu'ils
nous ont envoyées. Je peux les... Je peux les nommer, mais je suis pas mal...
pas mal certaine que le ministre est au courant, entre autres, le service de
référence pour... pour la population, il y a le service d'urgence avocat. Mais,
en fait... Il y en... Il y en a d'autres aussi, là, mais... Ça fait que c'est
là... c'est là où il y a une certaine... il y a une certaine préoccupation.
La position du ministre est quand même
assez rigide. Oui, j'ai un petit signe de la tête que oui. Mais il reste que le
Barreau est quand même un acteur clé pour promouvoir des initiatives de la
sorte.
M. Jolin-Barrette : Je suis
tout... tout à fait d'accord avec la <députée...
M. Jolin-Barrette :
...Je
suis tout... tout à fait d'accord avec la >députée de Vaudreuil. Et ça
n'empêchera pas le Barreau de financer des initiatives en matière d'accès à la
justice envers des associations qui ne seront pas celles qui vont négocier pour
les tarifs d'aide juridique, qui ne vont pas défendre les intérêts
socioéconomiques des membres au niveau financier.
Alors, tantôt, je parlais de différents
véhicules corporatifs. Moi, je me... je me questionne légitimement sur la
finalité de cela et de cette proposition, considérant qu'il existe une panoplie
de véhicules corporatifs.
Puis le député de Jean-Lesage nous disait :
Écoutez, comment ça va être financé? Écoutez, il y a 1 700 avocats.
Supposons que vous aviez, je ne sais pas, un frais d'adhésion de 250 $ par
année, ce qui n'est pas une grande somme, on s'entend, bien, ça donnerait un
budget de 425 000 $ par année pour négocier des tarifs. Puis les
ententes ne sont pas à chaque année. Alors, ça appartient aux avocats de
s'organiser pour faire en sorte d'avoir les outils pour négocier. Mais ce n'est
pas au gouvernement du Québec à financer. Ce n'est pas au Barreau à financer
non plus. Puis il y a d'autres outils à la portée du Barreau du Québec sur ce
qui est soulevé dans leur correspondance s'ils veulent continuer à faire ça.
Moi, je pense que, comme législateurs, on
a le devoir de mettre un cadre clair. Ça n'a pas été fait, alors que ça aurait
dû être fait il y a très longtemps, de mettre vraiment une séparation entre la
protection du public, ce pour quoi le Barreau du Québec existe, et les intérêts
socioéconomiques des membres. Moi, là-dessus, je suis très clair. Puis, dans le
passé, ça n'a peut-être pas été fait, pour plusieurs raisons, là. Il est temps
que ce soit clair, net et précis, puis qu'on fasse le ménage.
• (11 heures) •
Le Président (M.
Bachand) :...M. le député de l'Acadie.
M. Morin : ...brièvement, M.
le Président. Écoutez, on redit la même chose. On n'est pas contre l'idée que
le Barreau se consacre sur sa mission, qui est un ordre professionnel. C'est...
Tout ce que je souligne au ministre, c'est... c'est le délai, le temps, la
façon. Et, ce que je comprends, c'est qu'il y a un engagement du Barreau à le
faire et à donner suite à la recommandation. Là, je comprends que M. le
ministre arrive aujourd'hui puis il pousse ça un peu plus vite, là, mais on
comprend... je comprends très bien la différence entre les... entre les deux. C'est...
C'est clair.
Mais j'aurais juste une question pour...
pour le ministre. Parce que, compte tenu de certaines initiatives qui peuvent
être faites ou financées par le Barreau pour aider des gens, que ce soit de
l'information juridique ou une ligne urgence avocat, etc., etc., si les avocats
qui prennent des mandats d'aide juridique se regroupent dans une association,
ils sont... ils tous là, et que cette association-là demande, par exemple, de
l'argent au Barreau pour financer certains... certaines initiatives qui vont
aider le public, est-ce que je comprends qu'ils vont devoir créer une autre
entité pour demander de l'argent au Barreau?
M. Jolin-Barrette : L'association
qui devra être créée ne doit pas avoir de lien financier avec l'ordre
professionnel. C'est très, très clair. Donc, ce sera une association distincte,
s'ils veulent demander des sommes au Barreau. Et d'ailleurs le Barreau
lui-même, lui-même, est chargé d'assurer la protection du public, donc ça
appartient au Barreau de faire ce travail-là. Si le Barreau veut faire de
l'impartition, ça lui appartient, mais c'est un choix du Barreau du Québec de faire
de l'impartition. Quand on est investi d'une mission, là... L'ordre
professionnel est fait, il est créé pour ça. Quand le Barreau vous dit :
Bien, écoutez, nous... moi, je veux impartir des services, c'est un choix. Mais
l'association n'a pas le même objectif que le Barreau du Québec. C'est
associatif. Ce n'est pas la même mission que le Barreau du Québec. Alors, le
Barreau, lorsqu'il fait ça, il décide d'impartir des services. C'est lui qui
doit décider en fonction du cadre applicable. Le Barreau n'est pas obligé de
faire ça. S'il décide de faire ça, ça lui appartient.
Mais là, on... l'argument qui m'est servi,
c'est de dire : Bien là, parce qu'on financerait peut-être certains
services dans certaines associations, il ne faut pas empêcher ça. Moi, je vous
dis : Il n'y a pas de lien financier entre le Barreau puis une association
qui négocie les tarifs. Partant de là, je pense que c'est clair que...
11 h (version révisée)
M. Jolin-Barrette : ...pense
que c'est clair que le Barreau doit être détaché, puis il faut faire en sorte
que les ordres professionnels soient détachés de la défense des intérêts
socioéconomiques rattachée aux mesures qui sont prises.
Le Président (M.
Bachand) :Autres interventions?
M. Morin : Je n'ai pas d'autre
intervention, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) :S'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons voter sur l'amendement... Oui, Mme la députée de Vaudreuil,
pardon, allez-y.
Mme Nichols : Oui. Bien, je
comprends, là, la position du ministre, mais, tu sais, nous, on n'était pas là,
là. Le député de l'Acadie l'a dit, là, nous, on n'était pas là quand ils ont
négocié... quand ils ont négocié l'entente. Puis ça revient quand même à trois
reprises, là, dans les correspondances qu'on a reçues, que ça ne reflète pas l'entente.
C'est ça, mon point. Moi, je ne comprends pas. Vous étiez à la même table, vous
étiez... Puis pour vous ça semble très clair puis l'autre position... En fait,
tu sais, on a trois correspondances, de la Chambre des notaires, du Barreau, du
groupe de travail indépendant, puis les... Ça fait qu'est-ce que, tu sais,
pour... Ça ne reflète pas l'entente. Les trois disent que ça ne reflète pas l'entente.
Ça fait que je me dis étiez-vous à la même table? Est-ce qu'il y avait un...
quelqu'un d'interposé ou... C'est difficile à comprendre.
Puis je la comprends, votre position, là,
je la comprends. Puis, de toute façon, on sait comment ça va finir, là, le
projet de loi. Mais je n'arrive juste pas à... Tu sais, qu'est-ce qui fait
que... Est-ce que c'est un revirement de situation? Est-ce qu'il y a quelque
chose qui n'avait pas été compris de la même... de la même façon? Moi, c'est
ça, mon point.
M. Jolin-Barrette : ...tout à
l'heure, je vous ai cité l'entente, notamment dans les considérants :
«Considérant que le Barreau du Québec
s'engage à donner suite à la recommandation 177 du rapport final du GTI
dans les meilleurs délais et ainsi que soit créée une nouvelle entité de
négociation habilitée à représenter les avocats dans le cadre de la négociation
des tarifs d'aide juridique.
«Considérant l'engagement du Barreau du
Québec de donner suite à la recommandation 177 du rapport final du GTI, le
Ministre entend appuyer les démarches afin de clarifier les rôles et
responsabilités de tous les acteurs ainsi que de favoriser le recentrage du
Barreau du Québec sur sa mission de protection du public.»
C'est pas mal ça qu'on est en train de
faire aujourd'hui. Alors, la question, c'est de savoir pourquoi est-ce qu'on
reçoit autant de lettres et pourquoi on ne veut pas que ça change. Pourquoi
est-ce que c'est si dramatique que ça de faire en sorte qu'il y ait un mur de
Chine entre le Barreau et une association qui est chargée de négocier les
tarifs? Pourquoi est-ce que c'est problématique qu'il n'y ait plus de lien
financier si on dit que l'argent des membres du Barreau ne doit pas servir une
association qui vise à négocier en fonction de l'intérêt socioéconomique des
membres?
Mme Nichols : ...ma question
va être... puis je l'ai comprise, votre plaidoirie, là, tantôt, là, mais ma
question est très directe. Donc, le projet de loi que vous déposez, selon vous,
reflète l'entente ou les... quand... c'est vous, là, qui l'avez... qui l'avez
signée puis qui était là quand elle a été négociée, cette entente-là, donc,
selon vous, les articles qui sont un peu... les articles soulevés, le 3, le 6,
selon vous, ça représente... ça reflète l'entente qui a été convenue entre les
parties?
M. Jolin-Barrette : Oui, tout
à fait. J'appuie le Barreau dans le recentrage de sa mission, la protection du
public. C'est important qu'il y ait une association qui négocie pour l'intérêt
socioéconomique des avocats qui prennent des mandats d'aide juridique. C'est ce
que nous faisons. Puis le député de l'Acadie, tout à l'heure, nous parlait du
délai, comme je vous l'ai dit tout à l'heure, ce n'est pas à l'entrée en
vigueur de la loi, ce n'est pas à la sanction, c'est par décret du
gouvernement.
Mme Nichols : Décret
ministériel.
M. Jolin-Barrette : Alors, je
dis aux parties qui nous écoutent : Constituez-vous une association pour
négocier les tarifs d'aide juridique. Donc, je n'ai pas dit que j'allais faire
ça demain matin, mais le signal, par le législateur, il est très, très clair. La
mission de protection du public du Barreau doit être séparée de celle de la
négociation. On a un comité, un groupe de travail indépendant qui nous a dit :
C'est important que l'ordre professionnel ne négocie plus les tarifs. Le
Barreau sert à protéger le public, ne sert pas à défendre l'intérêt des
membres.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Oui. Peut-être
brièvement, parce que j'écoutais attentivement la réponse de M. le ministre, je
veux simplement souligner, dans les documents qui nous ont été partagés, le
Barreau n'est pas contre. D'ailleurs, le Barreau reconnaît cette avancée, donc,
il faut juste que ce soit clair, là.
Cependant, comme je l'ai souligné, la
disposition actuelle pose des enjeux sur la représentativité, la légitimité de
l'organisme et le Barreau demande un peu plus de temps. Alors, c'est de ça dont
il est... dont il est question ici, M. le Président.
Mais je veux juste que ce soit clair, je
pense que, dans tous les documents qui nous ont été partagés, le Barreau
comprend sa mission. D'ailleurs, le ministre a lu des extraits de son plan
stratégique où ils veulent se recentrer, puis ils ne sont pas <contre...
M. Morin :
...des
extraits de son plan stratégique où ils veulent se recentrer, puis ils ne sont
pas >contre l'idée non plus.
Sauf que, moi, ce que je reçois comme
information — puis je n'étais pas à la table des négociations, M. le
Président — ce qu'on nous dit ce matin, c'est que le projet de loi
doit refléter l'entente. Alors, moi, j'en parle, ça fait partie de mon travail
comme député. Puis il y a des éléments qui sont soulevés par le Barreau, d'où
l'amendement que j'ai déposé, M. le Président. Merci.
Le Président (M.
Bachand) :Est-ce que d'autres
interventions sur l'amendement du député d'Acadie? S'il n'y a pas d'autre
intervention, est-ce que l'amendement est adopté?
M. Morin : Un vote par appel
nominal, s'il vous plaît.
Le Président (M.
Bachand) :Vote par appel nominal. M. le
secrétaire, s'il vous plaît.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Morin (Acadie)?
M. Morin : Pour.
Le Secrétaire
: M. Jolin-Barrette
(Borduas)?
M. Jolin-Barrette : Contre.
Le Secrétaire
: M. Asselin
(Vanier-Les Rivières)?
M. Asselin : Contre.
Le Secrétaire
: Mme Schmaltz
(Vimont)?
Mme Schmaltz : Contre.
Le Secrétaire
: Mme Boivin
Roy (Anjou—Louis-Riel)?
Mme Boivin Roy : Contre.
Le Secrétaire
: M. Lemieux
(Saint-Jean)?
M. Lemieux : Contre.
Le Secrétaire
: Mme Nichols
(Vaudreuil)?
Mme Nichols : Pour.
Le Secrétaire
: Et M. Bachand
(Richmond)?
Le Président (M.
Bachand) :Abstention.
Donc, l'amendement est rejeté. Donc, on
revient à l'article 3. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? M. le
député de l'Acadie.
M. Morin : ...3, oui,
j'aurais... j'aurais quelques questions pour M. le ministre. En fait, ce que j'aimerais
que vous puissiez nous expliquer... puis quand on a discuté de l'amendement,
vous avez fait référence un peu à ça, M. le ministre. À l'article 3... Je
comprends que ce que vous voulez, à l'article 3, c'est avoir, donc, un
régime de reconnaissance d'associations représentatives. Est-ce que c'est une
seule? Est-ce que c'est plusieurs? Est-ce que vous avez déterminé des critères
que vous pouvez partager avec nous?
• (11 h 10) •
Le Président (M.
Bachand) :...
M. Morin : Bien, j'en aurais
d'autres, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) :Oui, oui.
M. Morin : Merci.
Le Président (M.
Bachand) :Non, non, mais... Je me suis
fais poser une question. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Ce qu'on
souhaite, c'est négocier avec une association. Puis, comme je l'ai dit tout à
l'heure, notamment, je pense que le groupe de travail nous indiquait
qu'idéalement il faudrait que les différents barreaux de section soient
représentés, les avocats qui proviennent des différentes régions du Québec,
ainsi que les différents domaines de pratique qui sont exercés par les avocats.
M. Morin : Donc, je comprends
que, pour vous, une association représentative, donc, c'est plusieurs régions
au Québec, puis différents membres dans différents secteurs. Est-ce que vous
pouvez nous en dire davantage?
M. Jolin-Barrette : Justement,
il faut viser la plus grande représentativité, lorsqu'on négocie, pour avoir
les outils en main pour connaître l'intérêt socioéconomique, justement, des
membres de l'association. Lorsqu'on fait... on représente des gens qui
réclament des tarifs, autant en matière d'immigration, en matière familiale, en
matière criminelle et pénale, je pense que c'est important que l'association
puisse avoir les outils pour représenter l'ensemble des avocats qui vont faire
ces domaines de pratique là puis avoir une représentation régionale aussi.
M. Morin : OK. Parce que je
comprends que les associations représentatives, si j'ai bien compris votre
mécanique, ça va être créé par arrêté ministériel, c'est ça?
M. Jolin-Barrette : Non,
l'association représentative, elle est créée par les avocats, puis par arrêté
ministériel, par la suite, on va pouvoir la reconnaître.
M. Morin : Oui, mais c'est
ça. Donc, oui, oui, c'est sûr que, dans un premier temps, c'est les avocats,
les avocates qui vont s'associer, qui vont s'unir. Mais il y a une
reconnaissance de l'État, à un moment donné, parce que j'imagine que vous ne
voudrez pas négocier avec n'importe qui, parce que ces négociations-là sont
souvent longues. Donc, une fois que c'est terminé, vous voulez avoir une
représentativité qui, en fait, qui est la plus large possible, j'imagine,
donc... Et ça, vous allez le faire par décret, arrêté ministériel.
M. Jolin-Barrette : Bien, on
peut soit le faire par arrêté, ou, s'il n'y a pas d'arrêté, comme c'est le cas
actuellement avec le Barreau... Actuellement, il n'y a pas d'arrêté, puis on
négocie avec le Barreau. Donc, le régime juridique dans lequel, il est, le
Barreau, s'est imposé de soi. Donc, si on avait une association qui allait de
soi avec cette évaluation-là, relativement à la représentativité, on pourrait
négocier avec elle, comme on peut prendre un arrêté.
M. Morin : OK.
Le Président (M.
Bachand) :...
Mme Nichols : ...une
question, parce qu'on parlait des associations. Donc, dans le fond, c'est
que... ce que vous êtes en train de dire, c'est que l'association, je donne
l'exemple, là, l'Association des avocats et avocates en droit familial du
Québec qui fait... qui a des avocats qui prennent, entre autres, des mandats
d'aide juridique pour la représentation pour des mineurs ou, bien, dans des
dossiers en droit familial, donc eux pourraient faire <partie...
Mme Nichols :
...mineurs
ou, bien, dans des dossiers en droit familial, donc eux pourraient faire >partie
des négociations?
M. Jolin-Barrette : On veut
une association...
Mme Nichols : Une
association.
M. Jolin-Barrette : ...qui
regroupe l'ensemble des avocats qui prennent des mandats.
Mme Nichols : Ça fait qu'ils
vont avoir un représentant qui fera partie de la prochaine association.
M. Jolin-Barrette : Oui.
C'est ce que recommandait le groupe de travail indépendant.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le député de
l'Acadie.
M. Morin : Oui, merci.
Donc... Alors... Bon, merci pour la précision. Donc, une association où il y a
des associations en matière familiale, il y en a en matière d'avocats de
défense. Donc, évidemment, dans votre esprit, tous ces groupes-là qui existent,
ou ces associations devront, éventuellement, former une nouvelle association
pour les fins de négocier des tarifs d'aide juridique.
M. Jolin-Barrette : Bien, en
fait, ce n'est pas les associations qui forment une association, c'est les
avocats qui bénéficient de... qui prennent des mandats d'aide juridique. Donc,
ce n'est pas l'association qui se fusionne avec l'autre... quoiqu'ils
pourraient le faire. Le véhicule corporatif leur appartient. Il faut que l'association
soit représentative. Ça ne peut pas être juste des avocats familialistes.
M. Morin : OK. Puis... Non,
bien, je pense que ma collègue a une question.
M. Jolin-Barrette : Non, mais
on... on les aime beaucoup, les avocats familialistes. D'ailleurs, j'apprécie
beaucoup Mme la députée de Vaudreuil. Cependant, la recommandation du groupe de
travail indépendant, c'est d'avoir une représentativité de l'ensemble des
champs de pratique.
M. Morin : Et, à ce
niveau-là, est-ce que vous avez commencé vos consultations? Parce
qu'évidemment, là, on parle du Barreau, mais il y a la Chambre des notaires.
Quand je regarde votre projet de loi, il y a des huissiers, des sténographes...
Vous, vous êtes... vous êtes rendus où dans votre travail? Les avez-vous
avisés, consultés?
Je comprends qu'éventuellement c'est ces
gens-là qui vont devoir former une association, mais est-ce que c'est une
association qui va regrouper toutes ces personnes-là ou ça va être une
association par, finalement, groupe? Parce que là, on a des huissiers, on a des
sténographes, on a des avocats, des notaires.
M. Jolin-Barrette : Mais,
actuellement, ça n'affecte pas les huissiers, les notaires. C'est les... Ça peut
être les associations représentatives. Alors, c'est sûr, les notaires puis les
avocats pourraient se mettre dans la même association, s'ils le voulaient.
M. Morin : Donc, ça, pour
vous, ce ne serait pas quelque chose qui serait impossible, c'est-à-dire qu'il
y ait une association, là, puis on jase, là, je vous pose des questions, donc,
ça pourrait être une association des professionnels du droit, par exemple.
M. Jolin-Barrette : Ça
pourrait être ça.
M. Morin : OK. Sauf que c'est
vous, en bout de piste, qui allez reconnaître la représentativité de
l'association. Ce n'est pas vous qui la formez, mais c'est vous qui la
reconnaissez.
M. Jolin-Barrette : Bien,
comme c'est le cas actuellement. On négocie avec le Barreau. Ils ne sont pas
reconnus par arrêté ministériel.
M. Morin : Non, sauf que...
M. Jolin-Barrette : Historiquement,
ça a été comme ça.
M. Morin : Oui, c'est exact,
mais...
M. Jolin-Barrette : Mais on
avait déjà le pouvoir. Supposons qu'il y avait une association de... pour la
négociation des tarifs d'aide juridique. La loi me permettait déjà de
reconnaître cette association-là, et que le Barreau ne négocie pas.
M. Morin : J'en conviens,
mais...
M. Jolin-Barrette : J'aurais
pu, demain matin, là, adopter un arrêté pour dire : C'est telle
association avec qui on négocie pour les tarifs.
M. Morin : Oui, sauf que là,
présentement...
M. Jolin-Barrette : C'est
déjà comme ça.
M. Morin : ...il n'y en a
pas, d'association. C'est compliqué pour vous.
M. Jolin-Barrette : Bien, il
existe des associations. On aurait pu désigner une association pour dire :
Ça va être cette association-là qui... avec qui on négocie, puis ce ne sera pas
le Barreau.
M. Morin : Puis là vous
auriez négocié...
M. Jolin-Barrette : Le cadre
légal prévoit déjà ça.
M. Morin : OK. Mais ça ne
vous place pas dans une drôle de situation? Parce que vous, vous êtes le
gouvernement, vous reconnaissez l'association, vous négociez avec, vous avez
les fonds. Ça... Vous ne trouvez pas que ça fait comme un déséquilibre?
M. Jolin-Barrette : Bien,
moi, ce que je peux vous dire, c'est que les avocats et les notaires, c'est pas
mal le seul groupe de professionnels qui a accès à une négociation de tarifs.
Et d'ailleurs l'article prévoit également qu'on peut décréter les tarifs.
Alors, historiquement, les avocats ont négocié les tarifs d'aide juridique,
mais, généralement, dans d'autres domaines, c'est imposé par règlement ou par
décret. Puis n'oubliez pas, là, c'est de l'argent public, hein? C'est les
Québécois et les Québécoises qui paient les tarifs d'aide juridique.
M. Morin : Oui, mais...
M. Jolin-Barrette : Au
Québec, on a décidé de se doter d'un système d'aide juridique généreux,
d'ailleurs notre gouvernement l'a bonifié, et c'est pour ça qu'on a mis en
place le <groupe...
M. Jolin-Barrette :
...d'ailleurs
notre gouvernement l'a bonifié, et c'est pour ça qu'on a mis en place le >groupe
de travail indépendant, c'est pour ça qu'on a signé une entente qui... ça
faisait sept ans qu'il n'y avait pas eu de nouvelle entente, en 2020. J'ai
accepté qu'il y ait un groupe de travail indépendant pour faire des
recommandations sur la structure tarifaire.
On a mis en œuvre les recommandations
urgentes. On a signé une entente en 2022 avec le Barreau. On a investi des
millions de dollars pour bonifier les tarifs d'aide juridique. Les Québécois,
là, investissent des centaines de millions de dollars à la Commission des
services juridiques annuellement, c'est une part très importante du budget de
la Justice, je pense... C'est quoi, 25 % du budget de la Justice?
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : 260 millions
que les Québécois consacrent sur un budget de 1,5 milliard à la Justice.
Si vous enlevez le coût de location des palais de justice, qui est 17 % du
budget du Québec, si vous enlevez l'IVAC qui représente 300 quelques millions
voire 400, c'est un des plus gros postes de dépenses du ministère de la Justice
dans des services directs à la population.
M. Morin : J'en conviens,
mais vous conviendrez aussi avec moi... Puis je comprends, je comprends ce que
vous voulez faire avec la création d'une association, puis c'est vrai que c'est
des fonds publics, mais tant qu'à ça, M. le ministre, ce n'est pas différent du
domaine de la santé. Quand des fédérations de médecins négocient, c'est des
fonds publics aussi, ça fait que, je veux dire, en ce sens là, oui, on est
conscient que c'est de l'argent qui vient du public. Maintenant... Et que cet
argent-là doit être... cet argent-là doit être géré, évidemment, avec rigueur,
cela va de soi.
• (11 h 20) •
M. Jolin-Barrette : ...vous
êtes d'accord avec nous, dans le cadre de la négociation avec les médecins,
pour faire en sorte que ce ne soit plus les syndicats de médecins qui
répartissent l'enveloppe, mais qu'on s'attende à ce que...
M. Morin : Woup! attendez un
peu, attendez un peu.
M. Jolin-Barrette : Ça fait
que je comprends que la position du Parti libéral est celle... d'accord avec
celle du gouvernement.
M. Morin : Il y a un
règlement, M. le Président, qui dit qu'on ne peut pas imputer des intentions à
un député. Voilà, alors j'invoque... j'invoque ce règlement, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) :Alors, prudence. Prudence.
Prudence.
M. Morin : Je ne me souviens
pas d'avoir dit ça, même pas d'y avoir pensé.
M. Jolin-Barrette : M. le
Président?
Le Président (M.
Bachand) :Oui. Rapidement, M. le
ministre.
M. Jolin-Barrette : 35 ne dit
pas imputer des intentions, c'est soit des propos blessants. Là... (panne de
son) ...député de l'Acadie. Si c'est le cas, je m'en excuse.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Donc, M. le député de
l'Acadie.
M. Morin : Parfait.
Le Président (M.
Bachand) :Oui. Autre intervention?
M. Morin : Oui. Est-ce que
le... Qu'est-ce que le ministre a en tête pour l'entrée en vigueur de son
arrêté?
M. Jolin-Barrette : Bien, comme
je vous ai dit, ce n'est pas demain matin. Alors, je suis...
M. Morin : Oui, mais ça, je
comprends, parce que, demain matin, il ne sera pas... il ne sera pas accepté
encore, votre projet de loi. Ça ne peut pas être demain matin. Ça, c'est clair.
M. Jolin-Barrette : Vous
faites un bon point, vous faites un bon point. Il reste différentes étapes au
processus législatif. Or, je devrais plutôt dire : Ce ne sera pas le
lendemain de la sanction du projet de loi, si d'aventure il était sanctionné
par Son Honneur, la lieutenante-gouverneure. Cependant, moi, je pense que je
suis à l'écoute de ce que le Barreau et ce que les représentants du CITAJ
disent, du fait que ça nous prend du temps pour nous organiser.
Alors, j'en suis conscient, je les écoute
et je les entends, mais je m'attends qu'au cours des prochains mois ça s'active
pour faire en sorte de... faire en sorte que le Barreau ne soit plus
l'organisme qui va négocier les tarifs. Donc, je comprends que ça ne se réglera
pas en une semaine ou en deux semaines, mais là ça fait pas mal deux ans que le
rapport a été déposé. Il y a la recommandation. Ça fait depuis le mois de juin
qu'on a signé l'entente avec le Barreau. Je pense que tout le monde devrait
être en mouvement.
M. Morin : Puis c'est quoi
pour vous, «ça s'active»?
M. Jolin-Barrette : Bien, à
tout le moins, il faut qu'il y ait la création d'une association.
M. Morin : Dans les prochains
mois?
M. Jolin-Barrette : Il faut
que les avocats se concertent pour avoir un outil de négociation. Le barreau ne
peut plus continuer à négocier, là. Vous comprenez ça, là.
M. Morin : Oui, oui, ça,
là-dessus, il n'y a pas... il n'y a pas d'ambiguïté. Tu sais, en fait...
M. Jolin-Barrette : Moi,
quand on me dit, là : Ça prend cinq ans, fonder une association, là. Je
m'excuse, là, mais ce n'est pas très sérieux. Donc, moi, j'implore et j'invite
ceux qui sont visés par la négociation des tarifs d'aide juridique de prendre
le taureau par les cornes puis d'arrêter de se reposer sur le Barreau, parce
que ce n'est pas au barreau à faire ça, c'est aux avocats qui négocient des
tarifs d'aide juridique d'avoir une association pour le faire, séparer la
protection du public de la mission de la défense des intérêts des <membres...
M. Jolin-Barrette :
...séparer
la protection du public de la mission de la défense des intérêts des >membres.
M. Morin : Puis, donc, je
comprends, pour vous, que la demande, notamment, qu'avait avancée le Barreau
d'une période de trois ans, pour vous, c'est trop long.
M. Jolin-Barrette : Moi, je
ne me commets pas dans le temps. J'ai dit que ça n'allait pas être fait au
lendemain de la sanction de la loi. Comme je vous ai dit : ça prend du
mouvement. Tout le monde est d'accord, là, qu'on doit s'en aller là-bas, là, bien
moi, comme ministre de la Justice, je pense que c'est important que j'assure
mon appui au Barreau du Québec pour faire en sorte, comme je m'y ai engagé par
voie contractuelle avec l'entente, de les supporter, dans les meilleurs délais,
à ce que le Barreau se désinvestisse de la négociation des tarifs d'aide
juridique. Je suis cohérent avec ce que j'ai signé, là.
M. Morin : Puis ça va être la
même chose pour la Chambre des notaires.
M. Jolin-Barrette : La même
chose pour la chambre.
M. Morin : OK. Je vous
remercie.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions à l'article 3? S'il n'y a pas d'autre intervention,
est-ce que l'article 3 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) :Adopté. Merci. M. le ministre,
s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : 4. L'article 81.1
du Règlement d'application de la Loi sur l'aide juridique et sur la prestation
de certains autres services juridiques est modifié par la suppression de «du
même cabinet».
Commentaire : Cet article modifie
l'article 81.1 du Règlement d'application de la Loi sur l'aide juridique
et sur la prestation de certains autres services juridiques pour mettre en
œuvre la recommandation 51 du rapport final du Groupe de travail
indépendant sur la réforme de la structure tarifaire de l'aide juridique. Il
permet le remplacement d'un avocat par un autre, qu'il soit du même cabinet ou
non, pour l'accomplissement d'un acte précis dans le cadre d'un mandat d'aide
juridique.
Donc, antérieurement, la difficulté, c'est
que le mandat d'aide juridique devait être effectué entièrement par le même
avocat. Donc, parfois, les avocats sont en société nominale ou travaillent
ensemble, puis il y en a un qui est à la cour ou l'autre. Alors, maintenant,
l'autre avocat du bureau va pouvoir faire l'acte et va pouvoir être chargé à
travers le mandat qui est accordé.
M. Morin : ...
Le Président (M.
Bachand) :M. le député d'Acadie, oui,
allez-y.
M. Morin : ...si vous
permettez, M. le Président, c'est parce qu'en fait je comprends que...
M. Jolin-Barrette : Et... plus
besoin d'être du même cabinet, ça peut être un collègue qui vous représente.
M. Morin : Ah! OK. Donc, le
mandat ne sera pas accordé à un cabinet, mais bien toujours à une personne,
étant entendu que, si cette personne-là ne peut pas agir...
Ça se voit, là... Par exemple, moi, mon
expérience vient plus du monde de la justice criminelle, là, tu sais, des fois,
on peut avoir un avocat qui représente puis qui a un mandat d'aide juridique,
mais il fallait qu'il fasse une enquête pour remise en liberté, il ne peut pas
parce que, même si c'est plus rare, il a une enquête préliminaire à faire puis
il ne peut pas être dans deux salles en même temps.
Donc, je comprends qu'avec votre
disposition il pourrait demander à un collègue de procéder à l'enquête pour la
remise en liberté, évidemment si le client est d'accord, j'imagine, mais... et
donc que l'avocat qui a le mandat va pouvoir être payé par l'aide juridique.
M. Jolin-Barrette : Oui,
bien, c'est ça. Dans le fond, avant c'était possible uniquement dans le même
bureau. Là, ça va être possible par un collègue d'un autre bureau pour le
faire, pour le remplacer.
M. Morin : OK
M. Jolin-Barrette : Donc,
encore dans le même cabinet, c'est permis, mais là on élargit pour que ça soit
un collègue d'un autre bureau qui puisse le faire.
M. Morin : Puis, au niveau
administratif, par la suite, pour la facturation, comment ça va fonctionner?
Des voix : ...
M. Jolin-Barrette : Alors, il
faut fournir l'avis de 81.1 du règlement d'application, puis l'aide juridique
paie.
M. Morin : D'accord. Merci.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions à l'article 4? S'il n'y a pas d'autre intervention,
est-ce que l'article 4 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) :Adopté. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Article 5 :
L'article 4 du Règlement sur la reddition de comptes concernant les
services rendus par certains avocats et par certains notaires est modifié par
le remplacement des paragraphes 1° à 4° du deuxième alinéa par les paragraphes
suivants :
«1° en matière d'immigration, pour la
préparation des formulaires de renseignements personnels pour le requérant ou
pour chacun des autres membres de la famille dans le même dossier;
«2° dans le cadre de services rendus et
facturés en vertu de la sous-section 3 de la section I du chapitre II
de la partie I de l'Entente du 11 octobre 2024 entre le ministre de la
Justice et le Barreau du Québec concernant le tarif des honoraires et les
débours des avocats rendant des services en matières criminelles et pénales et
concernant la procédure de règlement des différends;
«3° de façon trimestrielle dans tous les
autres cas.»
Commentaire : Cet article modifie
l'article 4 du Règlement sur la reddition de comptes concernant les
services rendus par certains avocats et par certains notaires pour mettre en
œuvre la recommandation 18 du rapport final du Groupe de travail
indépendant sur la réforme de la structure tarifaire de l'aide juridique. Il
permet la facturation des honoraires d'aide juridique en cours de mandat et de
façon trimestrielle. Donc, ça, ça fait suite à la recommandation 18 du
groupe de travail.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. Interventions?
M. le député d'Acadie.
M. Morin : Oui, brièvement,
pour 5, 1°. Donc, en matière d'immigration, je comprends que la préparation des
formulaires, etc., vont pouvoir être couverts maintenant par l'aide juridique.
Est-ce que ma compréhension est bonne?
Des voix : ...
M. Jolin-Barrette : OK.
Alors, oui, et, cette modification-là, on aurait puis la faire par <règlement...
M. Jolin-Barrette :
...OK.
Alors, oui, et, cette modification-là, on aurait puis la faire par >règlement,
mais on l'a faite dans le cadre du projet de loi pour que ça aille plus vite.
M. Morin : Oui, je comprends.
Merci.
Le Président (M.
Bachand) :Est-ce qu'il y a d'autres
interventions à l'article 5? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce
que l'article 5 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) :Adopté. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Oui. 6,
M. le Président :
«Les dispositions de la présente loi
entrent en vigueur le (indiquer ici la date de la sanction de la présente loi),
à l'exception de celles de l'article 3, qui entrent en vigueur à la date
ou aux dates fixées par le gouvernement.»
Commentaires : Il s'agit de la
disposition d'entrée en vigueur du projet de loi. Son article 3, qui
modifie l'article 83.21 de la Loi sur l'aide juridique et sur la
prestation de certains autres services juridiques, entrera en vigueur à la date
ou aux dates fixées par le gouvernement.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. Interventions?
M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Oui. En fait,
brièvement, évidemment, je comprends que vous voulez que le projet de loi entre
en vigueur le plus rapidement possible parce qu'il y a eu une entente, puis ça
va avoir un impact sur, évidemment, des tarifs et des mandats qui vont être
accordés. Quant à l'article 3, je pense qu'on en a parlé pas mal, ça va
rentrer en vigueur plus tard?
M. Jolin-Barrette : Effectivement,
donc, ce que l'on vise, c'est qu'à la sanction de la loi, dans le fond, les
articles 1, 2, 4, 5 s'appliquent. Pour ce qui est de la nouvelle entité,
pour faire en sorte... bien, comme je l'ai dit, ce n'est pas au lendemain de la
sanction. On vise à faire en sorte, justement, qu'une association soit créée
pour négocier les tarifs. On va accompagner les gens dans cette direction-là,
comme je l'ai expliqué, mais je pense qu'il faut que ce soit clair, désormais,
que le Barreau n'est pas mêlé à la défense d'intérêts socioéconomiques des
membres.
• (11 h 30) •
M. Morin : Je vous remercie.
On a parlé... on a parlé du Barreau, on a parlé de la Chambre des notaires,
mais l'article 3 vise également les huissiers puis les sténographes. Donc,
je comprends que, quand cette disposition-là va entrer en vigueur, eux aussi
vont devoir se former une association pour négocier leurs tarifs.
M. Jolin-Barrette : Oui,
bien, actuellement, avec eux, il n'y a pas d'entente, dans le fond, les tarifs
n'ont jamais été négociés avec eux, donc ça a toujours été édicté. Donc, si les
notaires... si les huissiers ou les sténographes voulaient, ils pourraient se
créer une association.
M. Morin : Oui, c'est ça. Je
comprends que ce n'est pas... ce n'est pas la pratique actuelle, mais ils
pourraient effectivement se créer une association, tout comme la Chambre des
notaires et le Barreau, puis cette association-là négocierait avec le
gouvernement leurs tarifs.
M. Jolin-Barrette : Oui.
M. Morin : Parfait. Je vous
remercie.
Le Président (M.
Bachand) :Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 6
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) :Adopté. Donc, nous en sommes
rendus à la fin de l'étude article par article. Est-ce que le titre du projet
de loi est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) :Je propose que la commission
adopte une motion d'ajustement des références. Cette motion est-elle adoptée?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) :Donc, en remarques finales, Mme
la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols : Oui. Merci, M.
le Président. Bon. On le savait, c'est un projet de loi de six articles, il
allait quand même assez... assez rapidement.
Toutefois, il y avait des enjeux à
l'article 3 et l'article 6... bon, écoutez, les oppositions, on aura
fait notre travail, on aura essayé de bonifier ou, du moins, d'amener les
arguments... d'amener les arguments de la Chambre des notaires, du regroupement
ainsi que du Barreau. La position du ministre était, je pense, déjà faite,
rigide. Je vais même utiliser le mot «rigide»
M. Jolin-Barrette : ...
Mme Nichols : Non, rigide...
Ferme, le ministre veut être ferme, il sera ferme ou, en fait... Mais voilà,
donc, nous avons fait notre travail et le projet de loi, bien, va suivre son
cours, sera adopté, l'article 3 rentrera en vigueur quand le ministre le
décidera. Voilà.
Merci, M. le Président. Merci, évidemment,
là, aux équipes, aux collègues. Ce n'était pas un projet de loi, là, très, très
long, mais toujours... toujours de rigueur, à la CI, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) :Toujours. Rigueur, rigueur,
rigueur.
Mme Nichols : Rigueur,
rigueur, rigueur.
Le Président (M.
Bachand) :C'est la Commission des
institutions. M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Merci, M. le
Président. Rigueur, efficacité, ce sont deux qualificatifs qui vous honorent,
M. le Président. Alors, je tiens à vous remercier parce que vous présidez
toujours nos travaux... c'est toujours efficace et agréable.
J'aimerais également, bon, remercier M. le
ministre pour les réponses qu'il a données à nos explications, le débat qu'on a
eu aussi sur mon amendement, qui n'a pas été accepté, mais, quand même, on aura
eu la chance d'en discuter. Je tiens à remercier aussi les collègues de la
banquette gouvernementale, tous les fonctionnaires qui accompagnent M. le
ministre, le président de la Commission des services juridiques, qui est avec
nous aujourd'hui. Mes collègues, ou, maintenant, ma collègue, et les autres
collègues qui sont ici avec nous, M. Bourret, qui m'accompagne.
Je voudrais aussi prendre une ou deux
minutes, M. le Président, pour vous remercier et remercier le personnel de
l'Assemblée nationale, tous les techniciens qui permettent évidemment, la
réalisation de nos travaux.
J'ai bien écouté M. le ministre, je
comprends où il veut aller...
11 h 30 (version révisée)
M. Morin : ...la réalisation
de nos travaux.
J'ai bien écouté M. le ministre, je
comprends où il veut aller. Je comprends que l'arrêté ministériel viendra en
vigueur plus tard. Ce que je souhaite, cependant, M. le Président, puis ça, je
l'ai énoncé, c'est qu'il n'y aura pas un déséquilibre en ce qui a trait aux
forces en présence et au financement de ces associations-là, que ce soient les
notaires, que ce soit le Barreau, que ce soient des huissiers, que ce soient
des sténographes, si jamais ils décident de créer une association. Parce qu'évidemment,
le ministre est là avec le gouvernement, donc il y a... ça, ça m'inquiéterait,
parce qu'en bout de piste, je comprends que c'est une négociation de tarifs,
puis, oui, ça va servir à des membres qui vont exécuter des mandats, c'est
exact, mais ça vise aussi à représenter adéquatement la population qui en a de
besoin, que ce soit en matière familiale, en matière d'immigration ou en
matière de droit criminel. Donc, gardons tout ça en tête, M. le Président. Et j'ai
été bien heureux de faire ce débat-là avec M. le ministre. Je vous remercie.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup, M. le député d'Acadie.
M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Merci. M.
le Président, vous me permettrez de vous remercier aussi. Je pense que c'est un
projet de loi qui est important, qui, justement, va dans la lignée de donner
des ressources aux justiciables québécois, et ce qu'on fait au gouvernement du
Québec, c'est justement de rendre le système de justice plus efficace, plus
humain et, surtout, plus accessible, M. le Président. Alors, oui, ce sont des
citoyens qui vont bénéficier, notamment, parce que lorsque les avocats prennent
des mandats d'aide juridique, bien, ça aide l'ensemble des citoyens.
Alors, je tiens à remercier tout le
personnel de la Commission des services juridiques qui y travaillent, donc Me Lafrance,
Me Mongeon également, qui a travaillé sur le présent projet de loi pour
les négociations, notamment, et le personnel qui, en fait, au quotidien,
oeuvrent en matière d'accès à la justice, également les avocats qui prennent
des mandats d'aide juridique également. Donc, c'est une pratique qui est
importante, donc 1 700 avocats membres du Barreau qui prennent des
mandats d'aide juridique. Donc, avec les négociations... et les investissements
de millions de dollars, on est arrivés à des ententes, alors on investit
massivement dans le système d'aide juridique puis on va continuer à le faire.
Alors, je pense que ça, c'est important, et notamment et également avec le
respect de la lettre d'entente qui a été signifiée aux avocats de l'aide
juridique.
L'autre point, M. le Président, bien,
écoutez, la majorité du débat du projet de loi a été sur la question du Barreau
du Québec. Il y a des ordres professionnels qui doivent être recentrés sur la
mission du public, donc on appuie le Barreau du Québec, son conseil d'administration,
dans la recherche de cette voie et de faire en sorte que, clairement, l'intérêt
socioéconomique des membres ne relève pas d'un ordre professionnel. Alors, je
pense qu'on fait oeuvre utile avec l'ensemble des collègues ici, aujourd'hui.
Alors, vous me permettrez, M. le Président,
de remercier les collègues de la banquette gouvernementale qui nous
accompagnent à la Commission des institutions. Alors, M. le député de Vanier-Les Rivières,
Mme la députée de Vimont, Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel, Mme la députée de Laval-des-Rapides
et M. le député de Saint-Jean-sur-Richelieu, qui est un fidèle parmi les
fidèles, M. le Président. Vous me permettrez de remercier également mes
collègues des oppositions, le député de l'Acadie, qui a toujours des questions
pertinentes, également la députée de Vaudreuil également, qui a toujours des
questions pertinentes, le député de Jean-Lesage qui était présent avec nous.
Et vous me permettrez également de
remercier... — bon, j'ai remercié Me Lafrance, Me Mongeon
de la Commission des services juridiques — de remercier Me Labrecque,
Élise Labrecque, qui est sous-ministre associée au ministère de la Justice. Je
vous l'avais dit la semaine dernière, quand on a fini le projet de loi. On est
déjà sur un autre projet de loi. Me Mélanie Vallée, Me Sophie Joncas,
Me Jean-Felix Robitaille, Me Virginie Lachance, Me Odette
Legendre, Me Jessica Trottier, Me Marie-Michèle Desrochers, et vous me
permettrez de remercier, de mon cabinet, mon ancien directeur de cabinet, qui a
travaillé sur le projet de loi, donc Me Sébastien Daviault, Élisabeth
Gosselin, Me Amélie Millette-Gagnon, et vous me permettrez de remercier
très particulièrement et chaleureusement Me Juliane Toupin, donc,
conseillère politique au cabinet du ministre la Justice. Et c'était son premier
projet de loi, alors c'était un baptême. Donc, toutes mes félicitations. Merci
pour votre travail, votre professionnalisme et le fait que ça ait été si bien.
Vous pourrez dire à vos collègues : Bien, écoutez, moi, mon projet de loi,
il est sorti en 1 h 37, donc, hein, la plus efficace de toute la
gang. Alors, merci beaucoup, Me Toupin, pour votre travail soutenu dans le
cadre de ce projet de loi n° 78, là. Je pense que ça
a été une bonne entrée en matière, et la démonstration, c'est que vous avez
convaincu les collègues des oppositions avec les informations que vous m'avez
données et le travail que vous avez effectué. Alors, un grand merci.
Alors, M. le Président, je remercie l'ensemble
du personnel de l'Assemblée nationale, M. le secrétaire, la sonorisation, à la...
chronométrie? Au temps? Au temps. Je devrais...
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : Au
temps... oui, pas le temps légal, là, on s'en... on s'en vient <avec...
M. Jolin-Barrette :
...Au
temps... oui, pas le temps légal, là, on s'en... on s'en vient >avec ça.
Alors, bien, écoutez, M. le Président, sans plus tarder, je pense qu'on ne se
reverra pas en commission parlementaire d'ici la fin de la session. Alors, ça
m'attriste beaucoup, mais on va essayer de travailler durant les fêtes, M. le
Président, pour vous revoir en janvier, rapidement.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup, M. le ministre.
On vous attend, bien sûr. Alors, donc, la commission, ayant accompli son
mandat, ajourne ses travaux sine die. Merci beaucoup, à très bientôt. Merci.
(Fin de la séance à 11 h 39)