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Commission permanente des Institutions
financières,
Compagnies et Coopératives
Crédits du ministère des Institutions
financières,
Compagnies et Coopératives
Séance du vendredi 3 juillet 1970
(Onze heures vingt-quatre minutes)
M. GIASSON (président de la commission permanente des
Institutions financières, Compagnies et Coopératives): A l'ordre,
messieurs!
Avant de procéder à l'étude et à l'adoption
des crédits de la commission des Institutions financières,
Compagnies et Coopératives, nous pourrions enregistrer les
présences afin de siéger avec le quorum requis.
Je vais donner les noms des personnes qui sont membres de la Commission.
M. Blank a été remplacé par M. Cornellier qui a
été accepté, présent; M. Pelletier remplace M.
Bossé, M. Brisson, M. Choquette, M. Cloutier (Montmagny)...
M. CARDINAL: Non, il est à la Santé. Il est
remplacé par M. Simard.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): M. Simard, M. Harvey (Chauveau), M. Joron
M. Pilotte, M. Roy (Beauce).
M. CARDINAL: M. Samson est censé être là aussi.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): M. Cardinal. Merci, messieurs.
M. DEMERS: II ne faudrait pas oublier Cardinal.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Messieurs, nous allons commencer
immédiatement les travaux puisque la commission siège avec le
quorum requis. Est-ce que je pourrais inviter le ministre, s'il a une
déclaration générale à faire, à
procéder immédiatement?
M. CHOQUETTE: Pour faciliter le travail de la commission, le premier
ministre a fait quelques suggestions.
M. CARDINAL: Est-ce que le ministre a une déclaration à
faire avant qu'on ne commence?
M. CHOQUETTE: Je n'en ai pas.
M. CARDINAL: Vous n'avez pas de déclaration à faire? J'ai
des questions à poser au ministre.
M. CHOQUETTE: C'est excellent. J'attends les questions.
M. CARDINAL: M. le Président, est-ce que je pourrais
suggérer, comme on l'a fait pour l'étude des crédits des
Finances et de l'Education, qu'on prenne deux dispositions au début qui,
peut-être, faciliteraient et hâteraient les travaux? La
première, c'est que, selon la tradition, on réserve dès le
départ le poste 1 lors du rapport en Chambre; que, deuxièmement,
à l'occasion du poste 1, qu'on discute de la politique
générale, parce que c'est un budget qui n'occupe que quelques
pages. J'ai étudié, j'ai vu qu'il y avait des modifications A
cinq postes par rapport au budget présenté par l'ancien
gouvernement.
M. CHOQUETTE: Je pourrais faire des commentaires sur cela.
M. CARDINAL: Justement, ce serait la première chose. Si le
ministre acceptait ces deux suggestions-là, je l'inviterais d'abord
à nous indiquer les raisons des changements aux postes 1, 2, 3, 4 et 9
si je ne me trompe, et ensuite on pourrait passer aux questions
générales avant de prendre poste par poste, article par article.
Je l'assure d'avance, comme toujours, de mon entière collaboration.
M. CHOQUETTE: M. le Président, pour autant que je suis
concerné, j'accepte les suggestions de l'honorable
député.
M. CARDINAL: Merci.
Réductions aux crédits
M. CHOQUETTE: Je pense que ce qui intéresserait l'honorable
député tout d'abord, ce serait de savoir dans quel sens nous
avons procédé à certaines réductions aux
crédits qui avaient été originairement
déposés. Au poste 1, nous avons apporté les
réductions suivantes au chapitre de l'administration, en particulier
à l'article 3.
Les crédits originaux étaient de $139,000. Nous avons
effectué une réduction de $64,000, de telle sorte que les
crédits révisés, tels que déposés dans le
livre rouge qui est ici, s'élèvent à $75,000. Egalement,
au titre de l'administration, à l'article 6, "Traitement
électronique des données, nous avions des crédits
originaux de $175,000; nous avons effectué une réduction de
$50,000, ce qui établit les crédits révisés
à $125,000. Au Poste budgétaire 2, "Service de l'inspection",
article 3: "Honoraires", les crédits originaux étaient de
$125,000; nous les avons réduits de $75,000, ce qui laisse des
crédits de $50,000. Au poste 3, "associations coopératives",
à l'article 5, "contributions", les crédits originaux
étaient de $191,500; la réduction effectuée est de
$16,500, ce qui laisse $175,000 aux crédits révisés. Au
poste budgétaire 4, "caisses d'épargne et de crédit", en
particulier, à l'article 5, "contributions", les crédits
originaux étaient
de $235,000; la réduction effectuée est de $50,000, ce qui
laisse $185,000. Au poste budgétaire 9, "commission des valeurs
mobilières du Québec", article 3, "honoraires", les
crédits originaux étaient de $115,000; nous avons effectué
une réduction de $50,000, ce qui nous laisse un crédit
révisé de $65,000. Pour résumer, les crédits
originaux pour les postes budgétaires et les articles que j'ai
énumérés tout à l'heure étaient de $980,500.
Nous avons effectué des réductions de $305,500 de telle sorte
que, pour ces articles, les crédits requis sont de $675,000.
Maintenant, les honorables députés auront noté que
plusieurs articles où nous avons effectué des réductions
traitent des honoraires. Je dois donner des explications à ce
sujet-là. On avait prévu, aux crédits originaux, un
certain nombre d'études par des commissions, par des experts. En somme,
il avait été prévu que des études devaient
être confiées à des experts de l'extérieur.
Après avoir examiné la situation de près et les besoins
réels du ministère sur le plan de ces études-là,
nous en sommes venus à la conclusion qu'il y avait moyen de
réduire quelque peu les exigences pour ces articles-là, parce
qu'il ne nous a pas semblé qu'il était nécessairre de
faire procéder à toutes les études que l'on avait
envisagées à ce moment-là.
Maintenant, à l'article, "traitement électronique des
données", nous avons bénéficié, sur le plan
financier peut-être pas sur le plan de l'efficacité
par la force des choses, du retard à installer le système
électronique, de telle sorte que le loyer en est réduit d'autant.
Egalement, il y a le chapitre des contributions que nous faisons aux
associations coopératives et aux caisses d'épargne et de
crédit où, après avoir examiné la situation de plus
près, il a été jugé possible de faire quelques
réductions, de telle sorte que nous pouvons quand même
réaliser des économies de $305,500, ce qui nous semble conforme
à la situation financière du gouvernement et à
l'intérêt des contribuables.
Rapport Parizeau
M. CARDINAL: M. le Président, je remercie le ministre de tout ce
qu'il vient de dire. Il est, pour une fois, très clair et très
précis. Cela veut dire que le résultat total, si on le compare,
est celui-ci: il y avait des crédits totaux pour le ministère de
$3,564,600 qui sont maintenant portés à $3,259,100. Il y aurait
peut-être quelques questions sur des points précis à des
postes budgétaires qui ont été mentionnés; on y
reviendra sans doute. Une autre question, M. le Président,
celle-là, générale. On avait créé, il y a
quelques années je n'ai malheureusement pas la date ici
une commission concernant les institutions financières. Un rapport assez
volumineux, appelé rapport Parizeau, a été
déposé. Est-ce que le ministre pourrait nous dire ce que le
gouvernement actuel entend faire avec les recommandations de ce rapport?
M. DEMERS: Le changer de nom d'abord.
M. CHOQUETTE: Non, pas du tout. On n'en est pas réduit à
ces moyens-là. Le ministère a constitué un comité
au sein des hauts fonctionnaires du ministère et il a fait une
étude du rapport Parizeau. Je n'ai pas encore reçu le rapport
définitif des travaux de ce comité-là. Dès qu'il
aura été reçu, nous serons en mesure d'établir et
d'indiquer dans quel sens nous allons procéder aux modifications qui
sont proposées.
M. CARDINAL: M. le Président, est-ce que le ministre pourrait
nous donner une idée de la date approximative à laquelle les
études au sein du ministère pourront se terminer? En d'autres
mots, pour aider le ministre à répondre, est-ce qu'il peut nous
dire que nous serons, encore une fois, comme on l'a dit à
L'Assemblée nationale, heureusement surpris à l'automne par
l'annonce de politiques nouvelles remplies d'imagination de la part du
gouvernement actuel en matière d'institutions financières,
à la suite de l'étude du rapport Parizeau?
M. CHOQUETTE: Comme vous le savez, le rapport Parizeau contient un grand
nombre de recommandations dans des domaines assez divers. Par
conséquent, il serait impossible et je pense que ce serait
audacieux pour moi de dire qu'à l'automne nous serons en mesure
d'apporter des projets de lois ou des mesures dans chacun des domaines
où cela est proposé. Nous faisons faire le tri, nous voyons dans
quels domaines nous pouvons agir d'une façon immédiate et
échelonner l'ensemble des recommandations qui sont faites. Je ne
voudrais pas faire de promesses à l'honorable député.
M. CARDINAL: Est-ce que le ministre peut assurer le député
qu'avant que le gouvernement actuel ne soit changé il y a, quand
même, un certain nombre de questions et de réponses dans le
rapport Parizeau qui pourront...
M. CHOQUETTE: Quand prévoyez-vous un changement de
gouvernement?
M. CARDINAL: Pas plus que vous ne prévoyez le moment où
vous serez en mesure de répondre à ma question.
M. CHOQUETTE: Je pense que redevenant sérieux d'ici
un an, il nous sera possible d'apporter, dans les différents domaines
proposés par le rapport Parizeau, des mesures législatives. Je ne
dis pas qu'elles seront absolument complètes, parce que j'hésite
réellement à prendre des engagements alors que le rapport couvre
un territoire aussi vaste. Je pense que l'honorable député peut
escompter que sûrement, d'ici un an, un ensemble de mesures sera
présentées.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson) : Messieurs, la parole est à
l'honorable député de Mégantic.
M. DUMONT: A propos de la réduction de $305,000 aux subventions
pour les institutions financières et le service des caisses
d'épargne et de crédit, le ministre dit que c'est conforme
à la politique du gouvernement. Est-ce que le ministre s'est
interrogé afin de savoir si c'est aussi conforme aux
intérêts des individus et des institutions financières qui
sont privés de ces montants?
M. CHOQUETTE: Cela me fait plaisir que l'honorable député
de Mégantic soulève cette question. Je dois lui dire que ces
réductions faites au chapitre des associations coopératives et
des caisses d'épargne le sont à la suggestion même des
associations coopératives et des caisses d'épargne et de
crédit. Je ne veux pas dire qu'elles nous invitent à les faire,
mais une analyse que nous avons faite avec elles de leurs besoins nous a
révélé que ces réductions étaient tout
à fait acceptables chez elles.
M. DUMONT: Parce qu'elles avaient augmenté leur taux
d'intérêts, elles aussi?
M. CHOQUETTE: Je ne connais pas les raisons internes qui font que
ça devient acceptable, mais, suivant les barèmes de nos
contributions, ça correspond à leurs propres données. Ces
contributions, originairement, avait été
surévaluées et elles acceptent, en somme, les réductions
que nous proposons à ces chapitres.
M. ROY (Beauce): M. le Président, est-ce que le ministre pourrait
nous dire quels sont les montants exacts des réductions qu'il y a eu
à chacun de ces deux postes?
M. CHOQUETTE: Dans le détail? Bien oui, je l'ai expliqué
tout à l'heure. Dans le cas des associations coopératives, la
réduction est de $16,500, sur des contributions originales
prévues de $191,500, laissant une contribution révisée de
$175,000, ce qui ne représente même pas 10 p. c. de ce qui avait
été prévu. Mon sous-ministre m'indique que
c'étaient diverses petites études nouvelles qui avaient
été prévues, mais qui ne sont pas absolument
nécessaires. Dans le cas des caisses d'épargne et de
crédit, le crédit original était de $235,000; la
réduction effectuée est de $50,000, laissant une contribution
révisée de $185,000. Dans ce cas-là, me dit-on, c'est au
niveau des inspections.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): L'honorable député de
Bagot.
Projets de loi
M. CARDINAL: Je reviendrai tantôt sur certaines de ces
coupures-là. Je dis d'avance au ministre qu'il ne s'agit pas de comparer
ce qui a été prévu l'an passé ce n'est pas
ce qui est important mais ce qui a été vraiment
dépensé l'année dernière. On peut le faire à
l'occasion de chacun des postes. Dans le domaine des coopératives, pour
enchaîner avec le précédent député, j'aurais
un certain nombre de questions à poser.
Je sais que les projets de loi 2 et 3 se rapportent à certaines
associations coopératives, particulièrement aux
coopératives d'habitation...
M. CHOQUETTE: En effet.
M. CARDINAL: ... aux coopératives de consommation, aux caisses de
crédit...
M. CHOQUETTE: Caisses de crédit.
M. CARDINAL: ... et qu'on aura, par conséquent, la
possibilité d'avoir, s'il y a lieu, un débat en Chambre sur ces
deux projets de loi là, au moment où ils seront appelés.
Mais, est-ce que le gouvernement entend, dans le domaine des
coopératives, aller au-delà de ces modifications qui accorderont
une plus grande protection au terme "coopératif", pour qu'on en fasse un
usage restreint, et des règles de concordance surtout? Est-ce qu'on a
l'intention d'aller plus loin dans le domaine des coopératives et
d'avoir une législation qui soit plus à jour?
M. CHOQUETTE: Vous soulevez deux sujets à la fois: d'abord, la
question de la protection du nom. Je peux assurer le député que,
dans une des dispositions du bill au sujet des coopératives, de
même que dans une des dispositions du bill au sujet des caisses de
crédit, des caisses d'épargne, on trouve la garantie de leur nom
ou de leur intérêt, dans les termes "coop", "coopératif",
ainsi que dans les termes "caisses de crédit", "caisses populaires" et
toute autre terminologie. J'hésiterais à discuter de cette
question immédiatement puisque l'on sait que le bill n'a pas encore
été déposé, mais qu'il le sera incessamment.
M. CARDINAL: Les bills 2 et 3 viendraient normalement la semaine
prochaine. Une autre question: Est-ce que, dans le domaine des
coopératives...
M. CHOQUETTE: Quant à la révision de l'ensemble de la
législation dans le domaine coopératif et dans le domaine des
caisses de crédit, je crois que le député sera
agréablement surpris par l'étendue des réformes qui seront
contenues au projet de loi.
M. CARDINAL: Ah bon! Cela veut dire qu'on a suivi les pas du
gouvernement précédent et qu'on a utilisé le travail
déjà accompli.
M. CHOQUETTE: Tout ce qui a été fait par
le gouvernement précédent n'a pas nécessairement
été mauvais; je pense que le député va admettre
ça.
M. CARDINAL: Ah, certainement!
M. CHOQUETTE: Disons, tout en badinant, que mon attitude n'est pas de
considérer, de prime abord, que tout ce qui a été fait
était mauvais. Il y a beaucoup de choses que j'ai prises et que nous
examinons à leur mérite. Quand c'est bon, on le déclare
bon, puis, quand ce n'est pas bon, on le rejette.
M. CARDINAL: Dans ce cas-là, qu'est-ce que vous accordez comme
mérite à la Loi du consommateur qui avait été
préparée sous l'ancien gouvernement et dont les journaux actuels
font état...
M. CHOQUETTE: Bien...
M. CARDINAL: ... disant que c'est un excellent projet de loi et qu'on ne
sait pas pourquoi il n'est pas présenté à nouveau? Est-ce
que le ministre peut donner son opinion?
M. CHOQUETTE: C'est un cas de fuite. Là, je crois que nous
allons...
M. CARDINAL: Je n'en aurais pas parlé si cela n'avait pas
été un cas de fuite. L'éthique m'empêche de dire
tout ce que j'ai appris.
M. CHOQUETTE: Je pense qu'on pourra sortir les allusions à M.
Xerox. La publication du projet parue dans le Devoir, il y a quelque temps, n'a
sûrement pas été faite avec l'autorisation du
ministère ou du ministre.
Je ne sais pas comment l'on s'est procuré ce projet de loi. J'ai
moi-même examiné le projet de loi en question et, sans aucun
doute, ce projet de loi est valable dans son ensemble et j'ai moi-même
annoncé que c'était une des priorités M. le premier
ministre l'a dit lui-même du gouvernement actuel que de
présenter un projet de loi à l'automne relativement à la
protection des consommateurs. Si le député me permet, je vais
terminer.
M. CARDINAL: D'accord, certainement.
M. CHOQUETTE: Mais je ne suis pas d'accord avec le projet dans tous ses
détails. On le comprendra facilement. Car même à la
lecture, si on en fait une lecture serrée, on remarque que le projet de
loi n'était pas rédigé d'une façon parfaitement
juridique, n'était pas en somme véritablement prêt. C'est
la raison pour laquelle je puis dire immédiatement à l'honorable
député que le projet de loi qui sera déposé
à l'automne ne sera pas le même que celui qui a été
publié dans les journaux. Je ne dis pas qu'il y aura beaucoup de
changements parce que, quand on traite de la question de la protection des
consommateurs évidemment, on est dans un domaine circonscrit, et on sait
les mesures que l'on peut apporter dans ce domaine-là. On ne peut pas
s'étendre d'une façon extraordinaire dans ce domaine-là.
Il y a certains chapitres, dans une loi normale de protection des
consommateurs, qui sont facilement prévisibles. Mais je peux dire
immédiatement au député qu'il verra un tout nouveau projet
de loi plus précis, mieux pesé que celui paru dans les
journaux.
M. CARDINAL: C'est une réponse satisfaisante parce que c'est un
engagement de la part du ministre, au nom du gouvernement. Il y a une question
subsidiaire à ce sujet-là c'est que certains commentateurs ne
peuvent s'empêcher de constater et c'est exact qu'un projet
de loi semblable, l'ancien comme le nouveau qu'on ne connaît pas, ferait
encourir des frais assez élevés au gouvernement.
Au moment où on discute les crédits du ministère
des Institutions financières et où l'on fait certaines coupures
évidemment, on ne s'attend pas qu'immédiatement un tel projet de
loi soit déposé. En le déposant à l'automne, on
peut toujours recourir à cette fiction qui est le fonds consolidé
du Québec. La question que je pose est celle-ci: Est-ce que le ministre
pense qu'avec les renseignements qu'il a aujourd'hui je peux bien
concevoir qu'il ne puisse pas me donner de réponse précise,
immédiate le budget que le gouvernement vient de
présenter, sans prévisions additionnelles, permet justement la
mise en vigueur d'une semblable loi? Je ne parle pas simplement du
dépôt ou du débat de la loi, mais la mise en vigueur de la
loi exige un personnel à la disposition d'une clientèle
nombreuse. C'est un peu comme le cas du protecteur du citoyen, il aura
immédiatement, lors de la création je ne sais pas comment
vous l'appellerez d'une régie ou d'un Office de protection du
consommateur un grand nombre de personnes qui, dans les premiers mois, vont se
lancer à l'assaut de ces moyens de protection. Il faudrait, dès
les débuts, un budget pour recevoir le coup, comme on doit le faire dans
l'assurance-maladie par exemple, parce qu'il y a toujours une période de
pointe qui, après cela, va en s'amenuisant. Alors est-ce que le ministre
pense justement que le budget qui est présenté devant nous dont
nous étudions une partie aujourd'hui permettra au gouvernement non
seulement de faire des voeux pieux dans cette matière mais de vraiment
créer un organisme de protection des consommateurs du Québec?
M. CHOQUETTE: Je crois que le député n'a pas tout à
fait raison de relier, en somme, un projet de loi particulier avec une
administration particulière, telle que l'Office de protection des
consommateurs, qui devra incontestablement être créé par ce
projet de loi avec l'ensemble de la situation budgétaire du
gouvernement. Evidemment, l'ensemble de la situation budgétaire
du gouvernement c'est un fait, mais c'est un fait qui est sujet au
jugement du gouvernement puisque nous avons apporté des coupures
à des endroits, nous avons fait des économies à des
endroits où il nous paraissait qu'il fallait en faire!
Mais il y a d'autres endroits où là, il faut
sûrement dépenser parce qu'on considère que c'est
prioritaire ou que c'est important, dans l'état actuel des choses!
Voilà pourquoi je rejette l'association, la situation totale
financière du gouvernement, par rapport à ce projet de loi
particulier. Mais je peux dire au député, sur le projet de loi
particulier que, non seulement il a raison de dire que nous encourrons des
dépenses pour l'Office de protection des consommateurs, parce que, comme
je le disais tout à l'heure, c'est essentiel.
Il faut qu'il y ait, en somme, un corps administratif pour
représenter les consommateurs, pour faire l'éducation des
consommateurs, pour recevoir les plaintes des consommateurs, pour faire
enquête au sujet de ces plaintes. Par conséquent, il y a des
frais, sûrement, à encourir à ce niveau. J'irai même
plus loin et je dirai au député que, immédiatement,
même avant que la loi soit adoptée, nous allons désigner
celui qui aura la responsabilité de la mise en oeuvre de l'Office de
protection des consommateurs. C'est pour indiquer au député que
nous sommes passablement avancés dans le processus de
l'établissement de l'administration nécessaire pour soutenir la
loi que nous allons présenter bientôt.
M. CARDINAL: Sûrement que le ministre le sait. A ce
moment-là, comme cela n'est pas prévu dans les crédits, il
faudra recourir soit au fonds de secours du ministère des Finances, soit
aux crédits qui seront périmés. Comme pour le personnel,
il faudra recourir au poste 6 du ministère des Finances, cette
réserve de $17 millions.
M. CHOQUETTE: Non, je ne pense pas qu'on soit obligé de recourir
au ministère des Finances. Je crois que le ministre a beaucoup
d'expérience dans le domaine administratif, surtout qu'il a
dirigé un ministère avec un budget considérable. H sait
quand même que les classifications, les articles, les chapitres dans le
budget d'un ministère ne sont pas, en somme, imperméables les uns
aux autres et qu'il y a quand même un certain mouvement financier
à l'intérieur de chaque poste.
Mais il y a aussi le fait suivant: C'est que déjà,
à l'intérieur du ministère, nous avons le candidat qui
serait l'homme qui fera, en somme, la préparation, qui jettera les bases
pour la mise en oeuvre de ce futur Office des consommateurs. C'est dans ce sens
que je voulais dire au député que nous ne sommes pas
obligés de prévoir des crédits budgétaires
spéciaux parce que nous avons déjà l'homme choisi et
désigné, que l'on retrouverait quelque part dans
l'administration.
M. CARDINAL: M. le Président, tout ce que me dit le ministre me
réjouit considérablement. Je ne sais pas s'il s'en rend compte,
mais il vient de faire une annonce importante. S'il y avait des journalistes,
cela pourrait déjà être relevé. Est-ce que cela
serait une question indiscrète que de demander quelle est cette personne
compétente qui est déjà au ministère des
Institutions financières ou si je devrai attendre pour satisfaire ma
curiosité?
M. CHOQUETTE: C'est-à-dire que je ne voudrais pas entrer dans le
moindre détail. Je pense que cela ne serait pas tout à fait
indiqué, pour moi, de l'annoncer. Actuellement, je dévoile les
choses qui se passent à l'intérieur du ministère. Je le
fais avec plaisir.
M. CARDINAL: C'est normal. Le ministre travaille pour le public.
M. CHOQUETTE: C'est cela. Je le fais avec plaisir. Mais je ne suis pas
sans savoir que nous sommes un peu en avant de la législation, pas
vrai?
M. CARDINAL: D'accord.
M. DUMONT: Dans une autre juridiction, M. le ministre, nous avons eu
l'occasion de constater que le ministère de la Consommation n'avait pas
tellement donné d'effets parce que le coût de la vie a
continué à monter.
Alors j'inviterais le ministre et s'il y a une possibilité, ses
officiers compétents, à se rendre enquêter afin
d'éviter les erreurs qui se seraient commises parce qu'enfin, je pense
à la protection du consommateur. Le but visé était de
baisser le coût de la vie, de tenter d'arrêter l'exploitation des
consommateurs et je pense que, jusqu'à maintenant, l'honorable
Gérin-Lajoie n'a pas tenu compte de cet Office de protection des
consommateurs. Je crois que les résultats n'ont pas été
sensationnels. Il ne faudrait pas qu'un nouveau ministère soit
créé pour apporter seulement de l'embarras mais bien pour
régler certains problèmes éventuels chez les
consommateurs.
M. CHOQUETTE: Le député a raison de soulever le
problème de l'inflation. Malheureusement, je dirai que c'est quelque peu
un problème qui nous dépasse et je l'avoue bien
modestement au ministère des Institutions financières.
Nous sommes prêts à collaborer avec les autres ministères,
avec l'ensemble du gouvernement, avec, même, le gouvernement
fédéral, dans ce domaine, pour essayer de faire en sorte que le
consommateur ne subisse pas trop brutalement les répercussions de
l'inflation
ou des tendances inflationnistes de l'économie
nord-américaine, au moins, sinon mondiale.
Mais le député comprendra que nous ne pouvons pas, en
somme, assumer le fardeau de la responsabilité dans ce domaine. Mais je
dirai ceci, pour préciser quelque peu. C'est que l'Office et la Loi de
la protection des consommateurs seront mis en place et instaurés
justement pour éviter les abus que l'on connaît dans tous les
domaines de l'activité économique au niveau du détail,
où on sait pertinemment bien que les consommateurs n'ont pas les moyens
de défense appropriés contre les vendeurs de produits. Il y a
plusieurs domaines que le député connaît. Je pourrais lui
en signaler un, qui me semble tout à fait d'actualité et qui,
à mon avis, ouvre la porte à un tas d'abus puisque, comme
ministre de la Justice, j'ai été appelé, depuis que j'ai
été désigné, à tenir trois enquêtes
sur ces questions. C'est dans le domaine de la vente des terrains en gros, "at
large". Le député connaît le procédé qui a
été employé à Montréal. On invite des
citoyens naffs à des dfners ou à des excursions dans les
Laurentides ou enfin à quelque aventure.
UNE VOIX: Vous avez reçu une invitation?
M. CHOQUETTE: J'ai même reçu une invitation.
M. DEMERS: Vous n'avez pas dû y aller parce que les citoyens
naffs, ce n'est pas vous, c'est certain.
M. CHOQUETTE: Je n'y suis pas allé! Ce n'était pas la
première fois que j'en recevais parce que je me rappelle en avoir
reçu l'année dernière. Mais ce qui arrive, c'est que l'on
fait une mise en scène et tout cela dans le but de faire acheter des
terrains à des gens. On exerce tous les moyens, tantôt la douceur,
tantôt la pression et, finalement, ils s'engagent à
acquérir des terrains pour lesquels ils n'ont pas de véritable
intérêt. C'est un procédé commercial, contre lequel
il faut mettre le public en garde. Cela cache toujours des manoeuvres, à
mon sens, je ne dirais pas toujours frauduleuses mais des manoeuvres qui
sentent mauvais. Et je peux signaler un cas précis et récent. Le
député en a peut-être pris connaissance dans les journaux.
C'est le groupe des Italiens de Toronto qui se sont fait vendre des terrains
dans la municipalité de Pincourt. Eh bien là, j'ai
été obligé de faire une enquête dans ce domaine. Je
ne peux pas dévoiler le résultat de l'enquête à
l'heure actuelle, mais je puis dire que c'est un domaine où,
actuellement, on utilise ou on exploite la crédulité des gens. Il
y a d'autres domaines où il y a passablement d'abus. Ainsi, dans la
vente des automobiles d'occasion, le député sait que là
encore, les garanties qui sont données aux acheteurs sont insuffisantes,
les contrats sont insuffisants, etc.
M. CARDINAL: II faudrait appeler comme témoin son chef.
UNE VOIX: M. Samson, oui, il est plus au courant.
M. CHOQUETTE: Je ne sais pas. Est-ce que le député de
Rouyn-Noranda...
UNE VOIX: Oui, nous pourrions l'amener à la vente, comme
témoin.
M. DEMERS: Service des automobiles neuves.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): A l'ordre!
M. CHOQUETTE: II faudra que j'aille rencontrer le chef national du
député de Mégantic, M. Réal Caouette. Il est fort
dans les automobiles.
M. DEMERS: II doit avoir de l'ouvrage!
M. CHOQUETTE: Dans le domaine de l'activité commerciale,
aujourd'hui, j'ai signalé le cas immobilier, le cas des voitures
d'occasion, le colportage où on va solliciter les consommateurs à
domicile en toutes sortes de choses et on leur fait signer des contrats quelque
peu sous pression. Ainsi il y a toute une série de secteurs où il
nous est possible d'apporter des mesures pour remédier soit à la
naïveté ou soit à l'incapacité du consommateur de
rivaliser avec le vendeur sur le plan de la connaissance technique du produit
qui lui est vendu. Par exemple, si j'achète une automobile
usagée, je n'en sais rien. Je ne suis pas pour en faire une inspection.
Je ne sais pas si c'est une automobile de 75,000 milles dont on a baissé
le compteur à 35,000 milles. Si c'est un taxi qui a roulé jour et
nuit, à Montréal, pendant six mois.
M. CARDINAL: Le tachymêtre. M. SIMARD (Témiscouata): Le
tachymêtre.
M. CHOQUETTE: Le tachymêtre. Non, le tachymêtre, je pense
que cela indique...
M. CARDINAL: Cela indique la vitesse. UNE VOIX: Non, non.
M. DUMONT: Une question supplémentaire, M. le Président.
J'aimerais demander au ministre, justement au sujet de cet officier
compétent qui sera nommé prochainement, si le ministre ne
pourrait pas faire une recommandation pour étudier principalement l'abus
qui existe sur les taux d'intérêt chargés par les banques
qui ont porté leurs profits à 27 p.c. de plus dans un an?
M. CHOQUETTE: Vous savez que le domaine bancaire échappe à
notre juridiction provinciale, excepté lorsqu'il s'agit de caisses
populaires et, je pense, que les caisses populaires s'efforcent de donner le
meilleur service.
M. DEMERS: Est-ce que les maisons de finances échappent à
votre juridiction?
M. CHOQUETTE: Non, non. A ce point de vue, je suis heureux de
répondre à l'honorable député. Sur le plan des
compagnies de finance, malgré que nos initiatives dans ce domaine soient
limitées, nous n'avons pas encore pris toute l'expansion voulue dans ce
domaine.
M. DEMERS: II y aurait peut-être...
M. CHOQUETTE: C'est une chose à venir. Et le député
a raison de signaler qu'il faudra regarder de près les pratiques
financières sur le plan du taux d'intérêt. Justement, au
point de vue de la loi que nous allons déposer, il va de soi que nous
exigerons, entre autres mesures, que la compagnie de finance ou le vendeur qui
représente la compagnie de finance, avant le transport ou la cession du
contrat, que les taux d'intérêt et les frais de finance soient
indiqués avec clarté pour que le consommateur sache exactement
à quoi s'en tenir sur ces engagements financiers.
M. DEMERS: Le député de Mégantic vient de dire
qu'il y aurait des taux d'intérêt de 27 p.c. dans des banques.
M. DUMONT: Une augmentation de profits de 27 p.c, dans le Canada.
M. DEMERS: Je n'ai pas vu cela, moi.
M. CHOQUETTE: Pour compléter ma réponse à
l'honorable député de Mégantic, c'est bien parce que je
sais qu'il s'intéresse, à cause de son appartenance à une
certaine formation politique, aux questions du taux d'intérêt et
il sait que c'est du ressort du gouvernement central. Nous sommes
limités dans l'action que nous pouvons prendre sur ce point.
Ainsi, on trouve des déséquilibres sur le plan du taux
d'intérêt. Mais le député a raison de signaler qu'il
y a des taux d'intérêt qui paraissent presque usuraires et presque
scandaleux.
D'un autre côté, on sait que le taux d'intérêt
légal est seulement de 5 p.c. Il y a donc des circonstances où le
consommateur est exploité parce qu'on exige de lui un taux
d'intérêt trop élevé et il y a d'autres
circonstances où ce n'est pas assez élevé. Par exemple,
quelqu'un qui a une réclamation devant les tribunaux civils et qui est
obligé d'attendre quatre ou cinq ans avant d'avoir un jugement n'a que 5
p.c. sur son argent, en fin de compte. Cela ne représente sûrement
pas le taux d'intérêt qui devrait être payé par
rapport au loyer actuel de l'argent, qui se situe autour de 9 p.c. ou 10 p.c.
Donc, il y a deux déséquilibres.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Le député de Gouin.
Politique économique
M. JORON: M. le Président, si vous permettez qu'on quitte les
consommateurs un instant pour revenir, peut-être, à l'aspect le
plus important du ministère qui nous occupe, les Institutions
financières. Je ne sais pas si tous réalisent à quel point
ce ministère peut être important dans la mesure où il va
proposer une législation en conséquence. Il surveille l'ensemble
des institutions financières qui sont les grands réservoirs
où s'entasse l'épargne de la population. Ces réservoirs
servent à alimenter et sont la source principale de capitaux de notre
développement économique. Alors, dans la mesure où le
ministre aurait l'intention de légiférer, il pourrait avoir une
influence considérable sur le développement économique de
cette province. Cependant le ministre le soulignait tout à
l'heure il y a un type d'institutions financières, parmi celles
qui recueillent la majeure partie de l'épargne, les banques, qui
échappent à la juridiction provinciale. Si le ministre voulait
accroître sa puissance, je pourrais lui suggérer d'endosser le
principe de la souveraineté du Québec. Là, vous auriez
toutes les institutions financières devant vous. Enfin,
malgré...
UNE VOIX: On n'aurait pas plus d'épargnes.
M. JORON: ... que les banques échappent à la juridiction
provinciale, est-ce qu'il serait possible de légiférer à
ce propos? Il y a un fait, c'est que les banques recueillent de
l'épargne au Québec. Dans l'actif d'une banque, on ne peut pas
savoir, à l'heure actuelle et le gouvernement
fédéral ne la dévoile pas la répartition des
dépôts par province. Cela, on ne le sait pas. Si on le savait et
si on avait aussi les engagements des banques par province, on pourrait voir,
lorsque les banques à charte je pense surtout à celles qui
ont des succursales dans tout le pays recueillent tant pour cent
d'épargne dans le Québec, si elles en remettent autant en
circulation dans l'économie du Québec. Est-ce qu'il y aurait
moyen, malgré le fait que la Loi des banques soit de juridiction
fédérale d'obliger les banques à déclarer au
gouvernement du Québec, au ministre des Institutions financières,
leurs dépôts et leurs engagements sur le territoire du
Québec?
M. CHOQUETTE: Le député a sûrement raison de
soulever ce problème-là. J'ajouterais un autre obstacle qui nous
empêche, en somme, de connaître la situation financière
précise des
banques. Le député, je le sais, a fait une carrière
dans le domaine financier. Je pense qu'il doit savoir que les banques ne sont
pas, comme des corporations ordinaires, obligées de
révéler intégralement au public la situation de certaines
de leurs réserves. Ceci échappe, en somme, à la
connaissance que le public a de la situation précise des institutions
bancaires. Alors, c'est un autre obstacle que je lui signale.
M. JORON: Elles sont obligées de la révéler au
gouvernement fédéral; il faudrait les obliger à faire la
même chose au gouvernement du Québec.
M. CHOQUETTE: C'est ça. Je pense que nous avons un moyen à
notre disposition pour savoir peut-être une partie de la
vérité sur cette question. La Régie de
l'assurance-dépôts, qui est une régie provinciale, assure
les dépôts bancaires, de même que les dépôts
dans les autres institutions financières. Par conséquent, nous
allons pouvoir, par ce moyen tout à fait régulier et qui
n'implique aucune coercition, connaître l'étendue des
dépôts dans les banques. Maintenant, quant à savoir
où sont placées leurs réserves, c'est là une autre
question.
M. JORON: La contrepartie des dépôts qui sont des
prêts, ça...
M. CHOQUETTE: Cela pourrait nous échapper. Mais le
député a soulevé une question qui m'intéresse parce
que j'ai, en tant que ministre des Institutions financières,
rencontré récemment le président, des membres ainsi que
l'avocat des compagnies d'assurance-vie. J'ai moi-même soulevé le
problème. Le public, dans le Québec, se demandait: Combien
perçoivent-elles en primes au Québec et combien
investissent-elles, soit en valeurs au Québec, soit en prêts
hypothécaires dans le Québec?
En somme, quel est le rapport entre leur activité
économique comme receveurs de fonds et, de l'autre côté,
comme investisseurs? De plus, ces membres de compagnies d'assurance-vie m'ont
déjà envoyé des chiffres sur la question, qui tendraient
à indiquer que leurs investissements dans le Québec sont plus
élevés que ce qu'ils perçoivent. Comme ils me l'ont
expliqué, ces chiffres sont préliminaires et ce n'est pas le seul
critère de référence d'analyser ce qui est reçu en
primes d'assurance et ce qui est investi. Ils m'ont dit qu'il y a d'autres
aspects à considérer et ils ont promis de faire valoir des
chiffres. Moi, je leur ai dit qu'à titre de compagnies d'assurance-vie
ils devaient faire connaître à la population la situation exacte
de leurs opérations en ce qui concerne le Québec, de même
peut-être que les autres provinces.
M. CARDINAL: Si le ministre me le permettait, juste sur ce
sujet-là. Ceci ne donne qu'une idée très partielle de ce
qui se passe dans le monde des assurances. Il est possible, il est même
probable si les sociétés qui font de l'assurance l'ont
déclaré que les sociétés qui sont
établies au Québec et qui perçoivent la majorité de
leurs primes au Québec placent davantage au Québec. Mais, il y a
un autre phénomène qui se produit et qui est plus difficile
à analyser même si le CEE, le Conseil d'expansion
économique du Québec, l'avait déjà fait, il y a un
peu moins d'une dizaine d'années c'est que beaucoup de
Québécois s'assurent dans des sociétés d'assurance
de l'extérieur du Québec. Je n'en veux donner comme preuve qu'un
certain nombre de faits qui paraissent régulièrement dans les
journaux et une expérience personnelle tirée de ma famille.
Récemment, on nous soulignait qu'un groupe important de
Montréal, dans le domaine de l'éducation, venait d'assurer ses
membres et de leur donner un fonds de pension grâce à une
société que j'appelerai "étrangère", disons
techniquement, pour les fins de la cause. Il avait même assuré
deux écoles privées, financées par le Québec
à 80 p. c. ou à 60 p. c. On constate sans cesse que, parce que M.
Untel est le père de la petite ou du petit Untel, c'est encore une
société étrangère, dont le père est l'agent,
qui vient assurer les enfants à même l'argent du gouvernement, en
partie, du moins.
Ce qu'il faudrait savoir, dans le domaine de l'assurance je pense
que le ministère des Institutions financières devrait se pencher
beaucoup là-dessus, et je viens même à une question plus
générale en matière de politique c'est le nombre de
Québécois qui, grâce à des agents ou à des
courtiers, sont assurés par des sociétés qui ont leur
siège social au Manitoba ou en Ontario. D'après les chiffres du
CEE, environ les deux tiers des Québécois étaient
assurés à l'extérieur. Alors, quand il ne reste qu'un
tiers assuré à l'intérieur et qu'on nous dit que les
primes sont inférieures aux placements, à l'intérieur, je
suis prêt à l'accepter, mais il y en a deux tiers qui nous
échappent parce que les primes s'en vont tout de suite à
l'extérieur et que les placements sont faits normalement à
l'extérieur et qu'il est rare que les gens de la Colombie-Britannique ou
du Manitoba ou de la Saskatchewan viennent investir au Québec.
M. CHOQUETTE: Mais, il faut ajouter je pense que le
député le reconnaîtra qu'en contrepartie de
ça, nous avons des compagnies d'assurance, dont le siège social
ou enfin le principal établissement est au Québec, qui font des
affaires soit aux Etats-Unis, soit dans le reste du Canada. Je peux donner un
exemple très particulier, sans faire de personnalité. La
compagnie Sun Life dont le siège social est à Montréal
fait une très grosse partie de son chiffre d'affaires en assurance-vie
aux Etats-Unis, à l'heure actuelle. Par conséquent, à
ce
point de vue là, il y a quand même la situation inverse.
Mais, comme le dit le député, il serait assez difficile de faire
le partage.
M. CARDINAL: II devrait être fait, cependant. C'est pourquoi
j'enchafne avec ma question, si les autres députés me le
permettent pour un instant. Le député de Gouin a dit une chose
très importante que je veux reprendre et souligner. La politique
économique du Québec est actuellement diluée dans une
série de ministères qui sont l'Industrie et le Commerce, les
Finances, les Institutions financières, l'Agriculture, etc. Parmi ces
divers ministères, celui des Institutions financières a un
rôle particulier parce qu'il vient presque directement gérer les
sociétés d'assurance, les sociétés de fiducie, les
coopératives, les sociétés de prêts, les "Trusts and
Loans", les caisses d'épargne et les banques d'épargne, parce
qu'elles sont de juridiction provinciale. Est-ce que, justement, le
gouvernement ne pourrait pas avoir, dans ce domaine, une politique que
j'appellerai "de protection"? Ainsi, en Ontario, par exemple, vous ne pouvez
pas instaurer une filiale ou même tout simplement un bureau d'une
société québécoise ou du Nouveau-Brunswick ou
d'ailleurs sans vous incorporer en Ontario, sans avoir là-bas un
siège social, un secrétaire général, et un un
sceau.
UNE VOIX: C'est dans quelle loi, ça?
M. CARDINAL: C'est dans la loi des sociétés de fiducie de
l'Ontario.
J'en appelle à l'expérience de votre sous-ministre, qui a
déjà été dans une société qui avait
dû s'incorporer à Toronto pour y avoir un bureau. Et j'en appelle
à ma propre expérience, si vous le permettez. Je sais que le
Trust Act de l'Ontario exige cela.
Il y a d'autres lois protectrices, en Ontario, qui font que des
sociétés qui ont leur siège social en dehors de l'Ontario
ne peuvent pas venir s'y installer sans que l'équivalent de notre
ministère des Institutions financières les suive de très
près, même avant leurs opérations. Mais, ici au
Québec, il y a eu, pendant un certain temps, du "dumping" de certaines
fausses sociétés de fiducie.
Nous avons eu, dans le passé, sous d'autres gouvernements
pas le gouvernement précédent, mais il y a fort longtemps
un certain nombre de lois de protection. Je ne donne qu'un exemple. Dans
l'ancienne loi des fabriques, il était prévu qu'une fabrique ou
un corps de syndics qui émettait des obligations dans le public ne
pouvait pas le faire au Québec à moins que la maison de fiducie,
qui était fiduciaire au sens de la loi, n'ait son siège social au
Québec. Lorsque cette Loi des fabriques a été abolie pour
être remplacée par la nouvelle loi, cette protection est
disparue.
Il y en avait d'autres dans certaines anciennes lois. Je ne vais pas
toutes les reprendre et faire un cours de droit au ministre de la Justice, en
même temps ministre des Institutions financières.
M. CHOQUETTE: Comment enseigner le droit paroissial!
M. CARDINAL: C'est plus que le droit paroissial; c'est du droit
financier.
M. CHOQUETTE: Je fais allusion au député qui est
professeur de droit paroissial.
M. CARDINAL: Entre autres choses. Il enseignait, à ce
moment-là, à votre premier ministre qui a probablement dû
demeurer un homme très religieux.
De toute façon, pour revenir au sérieux de la question
puisqu'elle est sérieuse, même si on badine quelquefois
à son propos le Québec, très
généreux, comme d'habitude, a ouvert la porte à toutes les
sociétés, à tous les genres de commerces ou de
négoces en matière financière qui venaient de
l'extérieur. C'est ce que j'appelais du "dumping" de services et de faux
services, de mauvais services ou de faux noms. On pourrait prendre de nombreux
exemples, qui se sont produits dans le passé, avec des faillites
remarquables, d'ailleurs. Le Québec, très généreux,
a ouvert ses portes, a ouvert ses bras, a aboli ses lois de protection, alors
que l'Ontario les a rendues de plus en plus sévères. Est-ce que
le ministère des Institutions financières, devant cette situation
qu'il peut faire analyser par ses fonctionnaires qui sont certainement
compétents en la matière, a l'intention de revenir à une
politique moins libérale, mais qui permette quand même au
Québec de contrôler les institutions financières qui s'y
établissent?
M. DEMERS: Plus rationnelle.
M. CHOQUETTE: Ou plus conservatrice.
M. CARDINAL: On peut jouer là-dessus, mais disons plus
protectionniste.
M. CHOQUETTE: Plus nationale.
M. CARDINAL: Plus nationaliste, oui, si vous voulez.
M. CHOQUETTE: Je disais nationale. M. CARDINAL: Non.
M. CHOQUETTE: Je peux vous dire que, dans le domaine de l'assurance,
nous avons, par notre service des assurances, des chiffres sur la provenance
des primes. En somme, nous avons un certain nombre de renseignements qui
sont...
M. CARDINAL: Si le ministre me permet de
l'interrompre, juste une minute. Dans le domaine de l'assurance, je
pense que les gouvernements précédents ont fait leur effort et
qu'actuellement les sociétés d'assurance sont vraiment
contrôlées. Mais ce qui demeure, ce sont toutes les
sociétés de prêts, qui portent des noms divers, qui
reçoivent des dépôts et pour lesquelles on n'est pas du
tout sévère, dans le moment. Ce sont ce que j'appelle les fausses
sociétés de fiducie. Parce que c'est facile nous allons
protéger le nom des coopératives de créer des
compagnies qui laissent entendre qu'elles sont des sociétés de
fiducie au sens de la Loi des sociétés de fiducie, mais qui n'en
sont pas dans les faits, etc.
M. CHOQUETTE: Nous allons laisser l'assurance, puisque vous êtes
satisfait, pour passer aux compagnies de fiducie. Le député
soulève un problème particulier au sujet des
sociétés de fiducie. Je peux lui dire que, malgré qu'il
n'y ait pas de législation dans le domaine, dans tous les cas, le
ministère obtient de la part de sociétés de fiducie
étrangères ou enfin extraprovinciales qui veulent venir transiger
des affaires au Québec, l'engagement d'incorporer une
société au Québec, dans le domaine de la fiducie.
Je ne dis pas qu'éventuellement il ne faudra pas avoir une
législation qui soit, en somme, la consécration de cette
façon de voir les choses. Mais si on me permet de porter le débat
sur un plan quelque peu plus général dans le domaine du
protectionnisme ou de l'ouverture au monde ou au reste du Canada, le
député, qui a été dans le monde des affaires, lui
aussi, à une certaine époque de sa vie, sait très bien que
les usages en matière de contrôle et la législation dans le
domaine du protectionnisme, sont régis par notre insertion dans un
capitalisme nord-américain ou, au moins, un capitalisme canadien.
M. CARDINAL: Oui mais...
M. CHOQUETTE: Par conséquent, même si dans certaines
circonstances des mesures de protection sont indiquées et je ne
le nie pas on ne peut pas, alors qu'on est membre d'un orchestre
composé de tous les autres Etats de l'Amérique du Nord et de
toutes les autres provinces canadiennes, dire qu'on va marcher tout seul au
pas, qu'on va laisser les autres avoir leurs politiques et avoir leurs usages
en matière commerciale et d'investissements et que nous, nous allons
pratiquer une politique protectionniste à l'excès. Parce que,
à ce moment-là, si on pratique une politique protectionniste
à l'excès, une politique de contrôle, ni plus ni moins
tatillonne, une politique, en somme, qui effraie le capital, nous allons
chasser les investisseurs dont nous avons besoin au Québec.
Et si on me permet d'ajouter autre chose: précisément,
dans le programme du Parti québécois, dans la solution, dans ce
qui a été écrit, évidemment, à l'aide de
termes assez gentils, aimables, on ne voulait faire peur à personne.
Mais quand on allait au fond des choses, on s'apercevait qu'il y avait toutes
sortes de mesures qui allaient bien plus loin, ou qui laissaient entendre un
contrôle beaucoup plus grand des activités industrielles et
commerciales, ce qui aurait constitué un danger pour la province de
Québec, si on avait voulu mettre en oeuvre une politique comme
celle-là. C'est la raison pour laquelle le peuple a rejeté cette
solution.
M. JORON: Continuez comme cela, vous... M. CARDINAL: Si vous me
permettez...
M. CHOQUETTE: Je pensais que le député serait d'accord
avec moi.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): La parole est au député de
Mégantic.
M. CARDINAL: Elle est au député de Mégantic, mais
c'est exactement sur le même sujet que j'aimerais continuer; seulement
trois minutes, puis je laisserai la parole au député de
Mégantic.
Ou bien je me suis mal exprimé, ou bien le ministre n'a pas tout
à fait compris. Par mesures de protection, j'entends beaucoup plus des
mesures qui aideront au capital, plutôt que de lui nuire. Si on regarde,
par exemple, ce qui se passe aux Etats-Unis, dans l'équivalent des
commissions de valeurs mobilières, elles sont beaucoup plus
sévères dans leur réglementation que les nôtres. Et
longtemps, ici, la commission des valeurs mobilières a été
sévère dans la lettre, mais, dans l'application, très
large. Alors en étant plus sévère, non seulement cela ne
nuit pas au capital, au contraire, cela le rend meilleur, parce qu'il y a un
principe en économique qui dit : Le mauvais argent chasse le bon. Et si
on fait ce que j'appelais, tantôt, du "dumping", en laissant venir
n'importe quoi, il n'y aura que de mauvaises institutions financières
qui auront beaucoup de placements de la part de petits épargnants et les
bonnes seront chassées, par le fait même, par l'ivraie qui
poussera au milieu d'elles et les écrasera.
M. CHOQUETTE: Le député a raison.
M. DUMONT: Je voudrais faire remarquer, M. le Président, au
député de Bagot, que c'est malheureux qu'au cours des quatre ans
qu'il a été ministre, il n'ait pas eu le temps de réaliser
toutes les bonnes idées qu'il exprime ce matin. Enfin, puisque nous
sommes en face d'un nouveau ministre, je lui demanderais, dans l'observation
qu'il a faite tout à l'heure sur les investissements des compagnies
d'assurance ou des compagnies de fiducie, et aussi de la façon dont cela
doit être investi... Je prends un exemple, le mouvement coopératif
Desjardins
qui, à un moment donné, a aidé à construire,
pour les gens de Lévis et des environs, 400 maisons familiales ou
unifamiliales.
Dans le même temps, la compagnie Woolco venait construire un
centre commercial. Woolco, le nom n'est pas coopératif, je n'ai pas
à discuter des intentions de cette compagnie. Mais ce que je veux dire,
prêter pour 400 maisons, 400 résidences, représente
beaucoup plus de frais, est beaucoup plus onéreux pour une compagnie que
de prêter pour un seul centre commercial. Il y a beaucoup plus de risques
avec les maisons familiales. Alors peut-être que le ministre pourrait
faire observer, à ces compagnies, qu'un pourcentage pour la construction
de maisons devrait toujours être respecté pour ces compagnies
d'assurance ou ces compagnies de fiducie.
M. CHOQUETTE: L'observation que fait le député est exacte.
Si je peux enchaîner avec ce qu'il dit, nous avons adopté,
l'année dernière, ici, la Loi du condominium ou de la
copropriété...
M. CARDINAL: Par l'ancien gouvernement. Je dis cela pour le
député de Rouyn-Noranda parce qu'il a oublié que le
ministère des Institutions financières a été
créé par l'Union Nationale.
M. CHOQUETTE: La copropriété, dans le domaine immobilier,
me semble une solution d'avenir. Je crois que c'est une solution qui pourra
aider, en somme, à l'investissement dans le domaine immobilier et
à apporter un meilleur logement, donc régler, jusqu'à un
certain point, un problème social.
Mais il va de soi qu'il n'est pas suffisant d'avoir la
législation dans ce domaine. Encore faut-il que les compagnies
prêtent sur hypothèques, sur des unités de logements qui
sont détenues en copropriété. A ce moment-là, il
faut sûrement inciter les compagnies, comme l'a dit le
député, à faire des prêts hypothécaires dans
ce domaine.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Puis-je faire une suggestion aux membres
de la commission? Jusqu'à maintenant, les questions qui ont
été posées se rapportent à des postes que l'on
retrouve à l'intérieur de tous les crédits de la
commission.
En vue d'entreprendre véritablement l'étude et l'adoption
des différents crédits, je crois que nous pourrions
procéder, quitte, à chacun des membres de la commission, à
poser des questions qui se rapportent aux postes que nous allons retrouver
à l'intérieur de l'ensemble des crédits.
M. CARDINAL: M. le Président, je serais d'accord si vous me
permettiez, auparavant, de poser deux questions qu'on ne pourrait retrouver
à aucun poste, à moins de les inventer.
M. CHOQUETTE: Le député de Gouin voulait me
répondre.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Je permets les deux questions au
député de Bagot.
M. CARDINAL: Est-ce qu'il pourrait répondre d'abord et je poserai
mes deux questions ensemble? Comme cela, le ministre pourra vider la question
et nous pourrons prendre les postes et les articles.
M. LE PRESIDENT: D'accord. L'honorable député de
Gouin.
Surveillance de l'épargne
M. JORON: Une question d'ordre général, aussi, avant de
passer aux postes des crédits. Toujours sur le rôle fondamental de
ce ministère, ce que nous désirons savoir, ce que nous voudrions
que le ministre nous dise clairement, c'est s'il est conscient du rôle de
ce ministère? Il ne s'agit pas nécessairement, comme vous en
faisiez une interprétation fort libérale du programme du Parti
québécois, tout à l'heure, de diriger d'un dirigisme
économique absolu, de diriger le capital. Tout ce que nous voulons,
c'est un ministère des Institutions financières qui
récolte. Ce n'est pas du capital étranger, cela, c'est de
l'épargne locale. Il n'y a aucune société au monde qui ne
soit jamais permis de laisser qui que ce soit manipuler sa propre
épargne sans au moins avoir le pouvoir de la surveiller, de savoir ce
qui se passe.
Nous, ce que nous voudrions établir clairement, c'est
l'engagement du ministère à surveiller, à savoir qui
manipule notre épargne. Si le capital se comporte mal, par la suite,
s'il faut intervenir, c'est une autre question. Mais nous, ce que nous voulons
savoir, c'est la question de surveillance.
A l'heure actuelle, le ministère on le disait tout
à l'heure n'a pas toutes les données en main pour savoir
qui manipule l'épargne au Québec. Il me semble que cela doit
être essentiel, que le ministère en arrive à
contrôler ces données.
Si, par la suite, sur la question des investissements étrangers,
mon député puisque j'ai eu l'honneur d'habiter le
comté que représente le ministre des Institutions
financières veut me rencontrer pour avoir plus
d'éclaicissements sur le programme du Parti québécois,
cela me fera plaisir de le rencontrer privément.
M. CARDINAL: M. le Président, mes deux questions sont les
suivantes. Je commence par la plus longue des deux, parce qu'elle demande une
explication. Je poserai la plus courte après. Il y a un
phénomène qui dépend de notre constitution, qui
dépend aussi de notre incurie dans le passé, parce que nous ne
sommes pas entrés dans certains champs.
Si l'on regarde tout le domaine de la
législation en matière financière, on constate
qu'il y a une loi des sociétés de fiducie et au
fédéral, et au provincial; une loi des caisses populaires, ou
l'équivalent, des "Credit Unions" au fédéral, une loi des
banques et des lois concernant les banques d'épargne au Québec,
une loi de l'assurance fédérale et une loi de l'assurance
provinciale. Je pourrais continuer l'énumération. Il y a
déjà eu une étude qui avait été faite au
moment des états généraux. On peut retrouver au moins une
cinquantaine de lois qui sont parallèles et qui donnent le choix,
à des gens intéressés au Québec à
créer de semblables sociétés pour des fins
financières, quelles qu'elles soient, je généralise,
à choisir comme port d'attache le fédéral ou le
provincial.
Pendant ce temps, nous avons la Commission des valeurs mobilières
et d'autres organismes qui ont juridiction sur ces sociétés mais,
en même temps, le gouvernement fédéral a aussi juridiction,
si elles se sont incorporées en vertu de la loi fédérale.
J'exclus les banques qui sont clairement de juridiction fédérale,
pour le moment. Est-ce que justement, le ministère des Institutions
financières ne devrait pas se pencher sur ce dédoublement
malheureux de législations parce que, dans certains cas, il paraît
sûr à un juriste averti que le gouvernement fédéral
a déjà excédé sa propre juridiction? On se rappelle
les causes célèbres en matière d'assurance, ce qui
n'empêche pas le gouvernement fédéral de continuer à
légiférer dans ce domaine. On a eu longtemps des discussions,
justement, sur le rôle des sociétés de fiducie qui se
rapportent directement au droit civil. Le fédéral a quand
même sa loi dans ce domaine et donne des permis à des
sociétés pour être tutrices, exécutrices
testamentaires, etc., ce qui est assez étrange. Alors est-ce que le
gouvernement du Québec ne devrait pas, devant une situation où le
gouvernement fédéral, sans cesse, ajoute de nouvelles
législations dans des domaines qui sont de juridiction provinciale, dans
ses négociations, par le ministère des Affaires
intergouvernementales, insister auprès d'Ottawa pour que cette invasion
de nos champs à nous cessent et qu'il nous laisse, justement,
contrôler notre épargne?
Deuxième question, qui n'a rien à voir avec la
première, qui a déjà été posée en
Chambre et on nbus avait référés à plus tard. Je la
pose très précisément au ministre des Institutions
financières: Est-ce que le ministère a fait ou entend faire,
à la suite de certains incidents qui se sont produits un matin, vers six
heures, une enquête sur les agissements de Lafferty Harwood et du Royal
Trust?
M. CHOQUETTE: Pour la première question du député,
je peux dire que le gouvernement actuel est engagé dans le processus de
la revision constitutionnelle et qu'il est incontestable qu'à
l'intérieur de ce processus il y ait une clarifica- tion qui doit
être faite au niveau des institutions financières dont le
député faisait mention tout à l'heure: les
sociétés de fiducie, les compagnies d'assurance, etc.
Mais je voudrais dire que, si on examine l'évolution
constitutionnelle du pays, c'est qu'il ne faut pas toujours se dire que c'est
le gouvernement fédéral qui a envahi des champs que l'on pense
être de notre juridiction mais qu'historiquement parlant et par l'action
des tribunaux et, en particulier, du Conseil privé, ce sont les
provinces et, en particulier, le Québec, qui ont
bénéficié de décisions favorables permettant un
élargissement de la compétence provinciale. Parce que si on se
rapporte au moment où la constitution a été signée
en 1867, à ce moment-là, il y avait un certain nombre de
pères de la confédération, dont les plus influents, qui ne
voyaient, dans les provinces, que des gouvernements municipaux. Il ne faut pas
dire qu'historiquement on évolue vers une centralisation plus grande
mais je pense qu'on peut admettre qu'il y a eu différentes phases
à l'évolution constitutionnelle canadienne et, entre autres,
qu'actuellement on peut dire qu'au total il y a eu décentralisation.
J'admets que ce sont des considérations d'ordre
général, ce qui n'infirme pas du tout l'idée d'une
clarification nécessaire dans les législations concurrentes que
dans le domaine qu'a signalé le député.
Le député me demande, maintenant: Qu'est-ce qu'on a
l'intention de faire au sujet de Lafferty-Harwood?
Transferts de fonds
M. CARDINAL: Est-ce que le ministère a fait ou entend faire une
enquête sur les incidents qui se sont produits aux établissements
de Lafferty-Harwood et du Royal Trust?
M. CHOQUETTE: Je peux dire au député que le gouvernement
dont il faisait partie au cours de la période électorale, a
demandé à la Commission des valeurs mobilières du
Québec de faire une enquête sur Lafferty-Harwood...
M. CARDINAL: Je ne voulais pas le dire. Je voulais que le ministre le
dise.
M. CHOQUETTE: ... et que la Commission des valeurs mobilières,
composée en grande majorité, de personnes nommées par
l'honorable député et ses collègues, a refusé de
faire cette enquête. Ceci, il était peut-être temps que le
public le sache, c'est que cela n'avait pas de sens et c'était purement
et simplement de la frime que de demander une enquête sur
Lafferty-Harwood, parce que, même si le jugement de M. Lafferty
était complètement inexact et faux sur la situation qui
prévalait au Québec, à ce moment-là, durant la
période électorale, même si ses critiques à
l'égard de l'ancien
ministre des Finances dépassaient, en quelque sorte, les
énoncés du ministre des Finances parce que j'ai lu la
conférence que le ministre des Finances avait donnée à la
chambre de commerce, j'ai lu l'opinion qu'avait donnée M. Lafferty
à ses clients et même si l'on peut dire que l'on ne peut
pas partager l'opinion de M. Lafferty sur la conférence de M. Beaulieu,
quand même, il demeure qu'on vit dans un pays démocratique et que
M. Lafferty a le droit d'exprimer les opinions qu'il veut en matière
financière. Et s'il veut envoyer des opinions discutables à ses
clients, c'est son affaire. Par conséquent, je considère que si
le gouvernement, actuellement allait ressasser cette vieille affaire d'une
enquête sur Lafferty, il ferait rire de lui comme la Commission des
valeurs mobilières l'a décidé, même avant la date
des élections du 29 avril.
M. CARDINAL: M. le Président...
M. CHOQUETTE: Si vous me permettez, je vais répondre pleinement
à la question. Quant à l'enquête sur le Trust Royal,
à la suite du voyage des sept camions Brinks qui sont partis, je pense,
du siège social de ce trust à Montréal pour s'en aller
vers l'Ontario, je peux dire à l'honorable député que le
gérant général du Trust Royal quand il a entendu le
discours de M. Bertrand sur le discours inaugural, réclamant une
enquête a immédiatement communiqué avec le
ministère des Institutions financières et a offert de nous donner
tous les faits sur cette affaire. Alors le Trust Royal considère
d'après ce que j'ai compris, et je ne pense pas que cela soit
révéler de secrets qu'il a suivi purement et simplement
les instructions reçues de ses clients et je pense que c'est ce que le
directeur nous a dit. Alors, il a dit: Nous sommes obligés d'agir
suivant les ordres que nous avons reçu de nos clients. On nous a
demandé de le faire et nous l'avons fait.
M. CARDINAL: D'accord.
M. CHOQUETTE: Et l'histoire est aussi simple que cela.
M. CARDINAL: D'accord, M. le Président, j'accepte
entièrement cette réponse, et d'ailleurs, la dernière
partie de la réponse, correspond exactement à ce que j'ai
écrit moi-même dans un article qui a été
publié dans les journaux et où j'ai dit que le Trust a
certainement dû, selon les usages du commerce, agir selon les directives
de ses clients. La réponse du ministre est parfaite dans sa forme, elle
couvre les deux points, mais elle ne fait que rendre plus évidente une
situation que pour un certain terrorisme, on peut facilement s'élever
contre lui, tout le monde doit s'élever contre celui-là, mais
que, pour un autre genre de terrorisme qui est celui des idées, comme
c'est toujours dans la légalité, ceci est particulier à un
certain groupe d'hommes d'affaires qui peuvent toujours agir ainsi.
Je ne puis que le regretter, ne demandant même pas au ministre de
se prononcer par un jugement de valeur sur ces deux incidents malheureux.
M. CHOQUETTE: A savoir si les instructions données au Trust Royal
par un certain nombre de clients ou si l'opinion de M. Lafferty était
une bonne opinion, on peut discuter sérieusement. Et, moi-même, je
ne prends pas beaucoup ces choses tellement au sérieux. Enfin, je ne
suis pas pour élaborer, mais, comme l'a dit le député, il
y avait des formes légales à respecter. Elles ont
été respectées.
M. CARDINAL: Mais le monde de Montréal l'a pris au
sérieux, parce que vous savez qu'à Montréal, les gens ne
trouvaient pas ça drôle.
M. CHOQUETTE: J'aimerais ça être comme le
député de Gouin, avoir une idée...
M. CARDINAL: Revenons à l'article 1 du poste 1.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Poste budgétaire 1: Administration;
article 1: Traitements et indemnités.
M. CARDINAL: M. le Président, une question tout de suite.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Article 2 ou article 1?
Administration
M. CARDINAL: Poste 1, article 1. On n'était pas rendu plus loin
que ça.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): On pourra réserver cet
article-là...
M. CARDINAL: Ah oui! Il est réservé; cela veut dire qu'on
l'étudie, mais qu'on ne l'adopte pas. Il y aura rapport du
président en Chambre.
M. LE PRESIDENT:(M. Giasson): Très bien.
M. CARDINAL: Alors, "Traitements et indemnités". Vous avez
indiqué ici un montant de $495,900, qui était le montant
prévu par l'ancien gouvernement. Vous avez, comme nombre
d'employés, 66 et, 95 de prévus. Est-ce qu'on peut savoir, soit
au 1er février, lors du gel d'effectifs, ou soit aujourd'hui, quel est
le nombre de personnes engagées à cet article?
M. CHOQUETTE: Administration, donc...
M. CARDINAL: Administration, article 1, "Traitements et
indemnités", c'est ça.
M. CHOQUETTE: Bon, "Traitements et indemnités".
M. CARDINAL: Vous avez 95 postes d'ouverts, il y en a combien
d'occupés?
M. CHOQUETTE: Il y en a 66... Un instant.
M. CARDINAL: Le nombre de 66, c'est ce qu'il y avait de prévu
l'an passé.
M. CHOQUETTE: Nous en avions 58 en place, au 31 mai 1970.
M. CARDINAL: Combien y a-t-il eu de dépensé à
même le montant de $530,600 du budget de l'an passé?
M. CHOQUETTE: La somme de $515,239.
M. CARDINAL: Par conséquent, les nouvelles prévisions
indiquent non seulement une stabilisation des effectifs, mais peut-être
une diminution, puisqu'on prévoit encore moins que le montant
dépensé, et il y a quand même l'augmentation des salaires
à la suite des conventions collectives. Je ne dis pas qu'il y a une
erreur, mais c'est parce que cela me surprend.
M. CHOQUETTE: Non, non, vous faites bien de poser la question.
M. CARDINAL: A moins qu'on ait prévu ici, à cause des
relations avec le ministère des Finances, que l'on recoure à ce
que j'ai appelé, tantôt le poste 6 du ministère des
Finances, où il y a une réserve de $17 millions, dont environ
$6,900,000 sont déjà dépensés?
M. CHOQUETTE: C'est exactement ça.
M. CARDINAL: C'est-à-dire, on recourt au "pool" des
fonctionnaires, à ce moment-là, par le moyen de mutations.
M. CHOQUETTE: C'est exactement cela qui explique la question.
Apparemment, aussi, c'est la même réponse que l'on doit faire
à tous ces articles.
M. CARDINAL: A tous les articles 1, de chacun des postes
budgétaires.
M. CHOQUETTE: Exactement.
M. CARDINAL: D'accord. Quant à moi, l'article 1 pourrait
être adopté.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Article 2: Frais de voyage?
M. CARDINAL: Bien, si vous me permettez, M. le Président, pour le
journal des Débats, cela les embarrasse quand on mélange les mots
"article" et "poste". Les chiffres dans la marge à gauche, on les
appelle "postes". Us nous ont remis un petit papier, au début des
commissions. Et les numéros 1, 2, 3, 4, 5 sont des articles. Cela leur
permet de se comprendre, parce qu'il y a plusieurs numéros.
Sur l'article 2 du poste 1, je n'ai aucun commentaire, M. le
Président.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Sur les frais de voyage?
M. CARDINAL: Oui, je n'ai aucun commentaire. Je suis disposé
à l'adopter.
M. CHOQUETTE: Nous sommes un ministère qui voyage passablement.
On verra d'autres dépenses de voyage plus tard. C'est qu'étant un
ministère de contrôle nous avons évidemment beaucoup
d'inspecteurs par voies et par chemins.
M. CARDINAL: Adopté.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Article 2, adopté. Article 3:
Honoraires?
M. CARDINAL: A l'article 3, M. le Président, c'est ici qu'il y a
une coupure; les honoraires sont diminués de $64,000, par rapport
à la prévision de l'ancien gouvernement, ce qui nous donne un
crédit révisé de $75,000. Le ministre a déjà
répondu à cette question et je suis disposé à
adopter cet article.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Adopté.
M. ROY (Beauce): M. le ministre, est-ce que vous pourriez nous dire en
quoi consistent ces honoraires?
M. CHOQUETTE: Les honoraires prévus? M. ROY (Beauce):
Prévus, oui.
M. CHOQUETTE: Pour quels travaux particuliers?
M. ROY (Beauce): A l'article 3.
M. CHOQUETTE: Oui, je vais vous le dire. C'est un article
prévoyant l'engagement de divers spécialistes et professionnels
pour la révision de plusieurs lois que nous avons et qui
requièrent révision. Comme vous le savez, le ministère des
Institutions financières administre, je pense, environ 75 lois de
contrôle financier de toutes sortes, et un certain nombre de ces lois
sont évidemment désuètes et ne correspondent pas à
la situation actuelle. Je peux facilement donner un exemple au
député,
celui des assurances, un sujet qui est discuté depuis très
longtemps.
M. CARDINAL: Depuis combien d'années la commission est-elle
créée?
M. CHOQUETTE: II y a, je pense, dix ans qu'on revise la Loi des
assurances.
M. CARDINAL: Au moins quinze ans. M. CHOQUETTE: Peut-être quinze
ans. M. CARDINAL: Au moins.
M. CHOQUETTE: J'ai promis que nous aurions un projet de loi qui
refondrait toute la Loi des assurances d'ici un an. Ceci requiert des travaux
de spécialistes à l'extérieur.
M. CARDINAL: Article 3, adopté.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Adopté. Article 4 : Frais de
bureau?
M. CARDINAL: D'accord, adopté.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Adopté. Article 5: Matériel,
articles de bureau, impressions et abonnements?
M. CARDINAL: Adopté.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Adopté. Article 6: Traitement
électronique des données?
M. CARDINAL: Il y a ici à la fois une augmentation et une
coupure. C'est-à-dire que, l'an passé, il n'y avait rien de
prévu, parce que ce n'était pas installé. Cette
année, cela a été installé.
M. CHOQUETTE: C'est le fichier.
M. CARDINAL: Est-ce que la réponse que nous a donnée le
ministre tantôt s'appliquait à cet article? Est-ce que, de fait,
c'est parce qu'il y a un retard dans l'installation de la quincaillerie
qu'après coup, connaissant ce fait fait qui n'était pas
connu par le gouvernement précédent, qui avait
préparé son budget au mois de mars et même avant, à
partir de décembre on a pu couper une somme de $50,000? C'est
purement une question de loyer?
M. CHOQUETTE: C'est exactement cela. Si le député veut
savoir comment se divise cette somme de $125,000?
M. CARDINAL: Ce serait intéressant. Oui, s'il vous
plaît.
M. CHOQUETTE: Service des caisses d'épar- gne et de
crédit, $45,000; service des compagnies, $30,000; installation du
fichier central, nouveau projet, $50,000.
M. CARDINAL: Est-ce que le ministre peut nous dire si ce centre des
données est particulier au ministère des Institutions
financières ou s'il est satellite d'autres centres qui peuvent rendre de
plus grands services?
M. CHOQUETTE: Exactement. C'est un centre interministériel qui va
donner des renseignements sur toutes les sociétés avec lesquelles
traitent les différents ministères du gouvernement. Nous allons
centraliser dans ce service-là, par ordinateur...
M. CARDINAL: Est-ce que ce centre est relié à celui qui
existe au ministère des Finances et qui est beaucoup plus
développé?
M. CHOQUETTE: Oui, incontestablement, au ministère des Finances
et divers autres ministères économiques. On me dit que ce fichier
central sera éventuellement complètement autonome.
M. CARDINAL: D'accord. C'est une bonne nouvelle.
M. CHOQUETTE : II servira à tous les ministères.
M. CARDINAL: Adopté.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Article 7: Publicité et
information?
M. CARDINAL: Pourrait-on savoir ce que ce nouvel article de la
publicité signifie dans le cas du ministère des Institutions
financières?
M. CHOQUETTE: Ce sont des périodiques, brochures, et c'est aussi
la présence du ministère à diverses expositions
industrielles et commerciales. Comme vous le savez, le ministère n'est
pas seulement un ministère de contrôle mais a tout
intérêt à démontrer...
M. CARDINAL: Je vous pose la question, parce que ce qui me surprend,
c'est que, dans la plupart des ministères, le personnel de base de
l'information dépend directement de l'OIPQ où se trouvent les
budgets.
M. CHOQUETTE: Mais là, c'est le personnel de soutien...
M. CARDINAL: Mais ici, c'est quelque chose de tout à fait
différent qui n'existe pas dans la plupart des ministères.
M. CHOQUETTE: C'est pour faire connaître
l'action du ministère dans certains domaines, comme, par exemple,
au point de vue des caisses populaires, au point de vue des
coopératives, au point de vue des loteries.
M. CARDINAL: Est-ce qu'il y a déjà eu
récemment...
M. CHOQUETTE: Mais cet article n'inclut pas de salaire.
M. CARDINAL: Non, mais est-ce que, récemment, il y a eu, je ne
sais pas, des déboursés de faits à même ces $50,000,
ou si ce montant est encore disponible?
M. CHOQUETTE: Oui. Il y a eu la publication du rapport annuel du
ministère, la brochure sur les fonctions de la Régie de
l'assurance-dépôts.
M. CARDINAL: ... est-ce qu'il y a diverses petites publications qui nous
viennent régulièrement et qui ne sont pas de l'Office
d'information et de publicité; les unes portent sur ce que j'appellerai
la fiscalité, les autres, sur le régime de rentes, et d'autres
encore sur le régime de la santé? Je comprends donc que le
ministère des Institutions financières a des bulletins
périodiques du même genre qui sont adressés à une
certaine clientèle.
M. CHOQUETTE: C'est ce que nous projetons.
M. CARDINAL: Est-ce que le ministre pourrait, pas aujourd'hui, mais
éventuellement, pour renseigner les députés, remettre
directement aux députés certaines de ces publications? Je dis
cela pour aider les députés. J'ai malheureusement constaté
dans ce gouvernement, et j'ai raconté l'autre jour une histoire en
Chambre à ce sujet, qu'on a des "mailing lists" si on me permet
l'expression anglaise qui contiennent des noms de gens qui parfois sont
morts, ou disparus ou déménagés...
M CHOQUETTE: Ou au cimetière...
M. CARDINAL: ... et que, très souvent, ce sont les membres de
l'Assemblée nationale qui, les premiers ne sont pas sur ces listes. Ils
sont les plus difficiles à retrouver. Je ferais une suggestion au
ministre afin que ses officiers vérifient ceci, et que les
députés soient les premiers avertis des publications du
ministère.
M. CHOQUETTE: Très bien.
M. CARDINAL: J'en vois une que je n'ai jamais vue, par exemple...
M. CHOQUETTE: Je note la suggestion du député...
M. CARDINAL: Je serais fort intéressé à savoir tout
ce qui se passe dans cet important ministère dirigé par un si
brillant ministre.
M. CHOQUETTE: Mes hauts fonctionnaires ont noté la suggestion du
député et ils feront sûrement inscrire les noms de tous les
députés sur nos publications. Maintenant, il a un exemple...
c'est la nouvelle loi d'ailleurs qui entre en vigueur.
M. CARDINAL: Article 7, d'accord.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Adopté. Article 8: Automobiles:
entretien et opération.
M. CARDINAL: Si vous me le permettez, une question badine au ministre,
pour l'embarrasser? Est-ce que le ministre a une automobile et aux Institutions
financières et à la Justice?
M. CHOQUETTE: Je ne pense pas. Je ne l'ai jamais vue.
M. CARDINAL: Pourquoi y a-t-il une somme de $4,000 de prévue
alors?
M. SIMARD (Témiscouata): C'est peut-être une "jeep" pour
aller à la chasse.
M. CARDINAL: Bien le peuple a le droit de savoir.
M. CHOQUETTE: Oui, oui, vous avez raison de m'interroger et cela m'aide
même à me renseigner. Il y avait un montant prévu pour une
voiture pour le ministre, mais apparemment, la voiture du ministre a
été retournée au ministère des Travaux publics.
M. CARDINAL: Alors ce sera un crédit périmé?
M. CHOQUETTE: Bien oui.
M. CARDINAL: Tant mieux, un budget supplémentaire pour un montant
égal. D'accord, je suis heureux. Nous allons adopter le poste quand
même...
M. CHOQUETTE: Et j'avais un chauffeur aussi. Je peux informer le
député que j'avais un chauffeur au ministère des
Institutions financières. Je pense qu'on l'a intégré
commis de bureau.
M. CARDINAL: D'accord. Adopté.
M. LE PRESIDENT: (M. Giasson): Article 9 : Autres dépenses.
M. CARDINAL: Pour $12,000, cela ne vaut pas la peine de prendre le temps
d'autant de députés pour poser des questions. Adopté.
Poste budgétaire 1, adopté.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Passons maintenant au poste
budgétaire 2: Service de l'inspection; article 1: Traitements?
Service de l'inspection
M. CARDINAL: Alors, on a la même réponse. C'est toujours la
même chose. C'est que ce ministère-là va prendre à
même la réserve du ministère des Finances.
M. CHOQUETTE: Oui.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Adopté. Article 2: Frais de
voyage?
M. CARDINAL: Adopté.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Article 3: Honoraires?
M. CARDINAL: A l'article 3, il y a une coupure, si je ne me trompe pas,
qui est vraiment importante. Il y avait $125,000 de prévus. L'an
passé, il n'y en avait pas. C'étaient donc de nouvelles
études qui étaient commencées ou qui devaient être
commencées en cours d'exercice. On a coupé de $75,000 en disant
que l'on pourrait se servir du personnel du ministère. Comme à
tous les articles 1 de chacun des postes budgétaires, on
s'aperçoit que le personnel du ministère n'est pas accru. Ce
n'est pas une question que je pose au ministre, c'est une affirmation que je
fais et il pourra me corriger, mais je crains vraiment que ce genre de coupures
que j'appelle bouts de chandelle, sur un budget de $4 milliards, vienne nuire
à l'efficacité d'un ministère aussi important. C'est un
peu ce que l'on pourrait appeler du "window dressing", d'un budget. Parce que,
sur un budget même ici de $4 millions, que l'on coupe $75,000 qui
viendront certainement diminuer des études des deux tiers, cela
mérite une explication ou bien un changement de politique.
M. CHOQUETTE: Est-ce que le député parle...
M. CARDINAL: Je parle du poste 2, à l'article 3 : Honoraires.
M. CHOQUETTE: Honoraires. Plus particulièrement dans ce
domaine-là, il s'agissait de services de comptables dont nous pensions
avoir besoin à l'occasion de la mise en oeuvre de la Régie de
l'assurance-dépôts. Mais il s'est avéré que les
prévisions avaient été trop élevées et, par
conséquent, c'est ce qui nous a permis de réduire nos exigences
pour ces comptables de l'extérieur qui devaient donner des conseils,
enfin faire des études pour ce projet. Cela nous a permis de le
réduire. Je pense que la critique de l'honorable député
n'est pas fondée du tout sur cet article.
M. CARDINAL: J'accepte la réponse du ministre. Il pourra
peut-être me renseigner davantage. J'oublie. Cette
assurance-dépôts, est-ce qu'elle fonctionne ou s'il y a une date
à laquelle elle doit être mise en vigueur?
M. CHOQUETTE: Elle a commencé le 1er juillet.
M. CARDINAL: Alors on n'a pas encore d'expériences du
passé.
M. CHOQUETTE: Non, on ne peut pas dire...
M. CARDINAL: D'accord, M. le Président, on attendra le prochain
débat sur les crédits du ministère des Institutions
financières pour interroger le ministre s'il est encore
là, enfin comme ministre des Institutions financières pour
l'interroger sur l'assurance-dépôts.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Article 4: Frais de bureau?
M. CARDINAL: Adopté.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Article 5: Matériel, articles de
bureau, impressions et abonnements?
M. CARDINAL: Adopté.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Article 6: Autres dépenses?
M. CARDINAL: Adopté. Le poste budgétaire 2 est
adopté.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Adopté au complet.
M. ROY (Beauce): J'aurais une question générale, M. le
Président, à poser au ministre relativement au service
d'inspection. Pourrait-il nous dire brièvement en quoi consiste le
service d'inspection du ministère des Institutions
financières?
M. CHOQUETTE: Bien, on a plusieurs services d'inspection au
ministère des Institutions financières. On est obligé
d'inspecter, par exemple, les coopératives, les caisses
d'épargne. On fait de l'inspection au niveau du service des assurances,
on fait de l'inspection au niveau des sociétés de fiducie. Alors
la fonction, je pense bien, fondamentale du ministère, c'est justement
ce service d'inspection.
M. CARDINAL: Une question, justement. On indique ici un remboursement.
Les sociétés qui sont inspectées ont des honoraires
à payer...
M. CHOQUETTE: C'est ça.
M. CARDINAL: Et par conséquent, il y a un remboursement
prévu de $74,000 qui vient au gouvernement. Est-ce qu'on peut savoir,
pour le même service parce qu'on ne le retrouve pas dans les
articles ici si le travail que fait le ministère dépasse
de beaucoup les sommes qu 'il reçoit des institutions? Je pose la
question, pas innocemment. Je vais aller jusqu'à l'idée que j'ai
derrière la tête pour que ce soit bien clair. C'est qu'en fait, je
trouve ridicule présentement certains honoraires demandés
à des sociétés importantes pour faire le rapport. Le
fameux rapport des compagnies qui impose à la compagnie une grosse taxe
de $10 par année, alors que cela prend, je ne sais pas combien de jours
à faire cela et combien d'employés à travailler à
ce rapport, comme cette taxe sur la vente des obligations. On est aussi bien de
les abolir plutôt que de jouer de l'argent inutilement, ou bien de
l'augmenter.
M. CHOQUETTE: Le député semble signaler que le chiffre de
$74,000 indiqué comme remboursement, ici, n'est pas réaliste.
Est-ce bien ça?
M. CARDINAL: Oui.
M. CHOQUETTE: II ne correspond pas au coût réel encouru par
le ministère. Tout d'abord, je dois lui dire que ces $74,000, ce sont
les sommes remboursées par les sociétés de fiducie
exclusivement, et que le chiffre de $74,000 est prévu...
M. CARDINAL: Je les aime beaucoup, les sociétés de
fiducie, mais c'est un bien petit chiffre par rapport au chiffre d'affaires et
ce que cela coûte au gouvernement.
M. CHOQUETTE: En somme, c'est ce que nous pouvons exiger en vertu des
lois actuelles...
M. CARDINAL: C'est ça. C'est que la loi...
M. CHOQUETTE: Maintenant à savoir si cela correspond au
coût réel, c'est une autre question. Je signale au
député que le chiffre de $74,000 représente quand
même un progrès par rapport à l'année
précédente où nous n'avions perçu que $30,000.
M. CARDINAL: C'est à cause du chiffre d'affaires et
c'était une prévision. Mais seulement j'irais plus loin, si vous
me permettez, à l'occasion de cette question posée par un autre
député. Dans ce domaine, la Loi des compagnies, par exemple,
prévoit un rapport annuel avec un dépôt de $10. Il y a
aussi la Loi des sociétés de fiducie, certaines lois, comme
d'ailleurs autrefois, le code de procédure civile pour les juridictions
des cours ou pour certains autres montants dans la partie non contentieuse.
C'étaient des montants qui existaient ou qui existent encore
depuis près de cent ans et qui, par conséquent, ne correspondent
plus du tout au coût que le gouvernement doit défrayer pour rendre
ces services nécessaires à la protection du public.
Je suggère donc au ministre qu'un fonctionnaire pourrait
certainement s'asseoir et revoir ces chiffres à travers toutes les lois,
et il pourrait y avoir une loi omnibus, pas comme l'autre à Ottawa, qui
permettrait de dire, dans telle ou telle loi, comme on l'a fait par exemple
pour le baccalauréat qui est remplacé par le DEC, les sommes
seront les suivantes, et cela permettra au gouvernement, sans imposer
parce que ce n'est pas un impôt, c'est le prix d'un service de
rendre le même service en ne le faisant pas assumer par les
contribuables, par des taxes, alors que ce sont des services rendus à
des sociétés qui sont déjà plus puissantes que les
contribuables.
M. CHOQUETTE: Très bonne idée. Alors, je pense que nous
notons.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Nous passons l'article 1.
Associations coopératives M. CARDINAL: D'accord.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Article 2: Frais de voyage? Adopté.
Article 3: Frais de bureau et autres dépenses? Adopté. Article 4:
Matériel, articles de bureau, impressions et abonnements? Adopté.
Article 5: Contributions?
M. CARDINAL: Là, j'arrête par exemple. Qu'est-ce que cela
veut dire le mot contributions, d'abord?
M. CHOQUETTE: II y a deux sortes de contributions. Alors le chiffre de
$175,000 que l'on note se répartit comme suit: Coopérative
fédérée de Québec, $20,000;
fédérations...
M. CARDINAL: Je m'excuse. Normalement, il s'agit d'une contribution du
gouvernement à ces associations pour les aider ou quoi? Ce qui
m'intéresse, ce ne sont pas les montants donnés à telle
association, c'est quelle espèce de contributions, pour quelles fins?
Quelle est la politique à ce sujet? Est-ce que c'est une aide qui est
apportée? Est-ce quelque chose de statutaire qui est obligatoire en
vertu de certaines lois? Est-ce à la discrétion du gouvernement
de fixer un montant dans son budget?
M. CHOQUETTE: C'est une contribution pour aider à ces
différentes sociétés, qui tombent sous notre juridiction,
à organiser leurs services d'inspection. Ceci nous dispense
évidemment du fardeau financier de nous occuper
nous-mêmes de leur inspection. Alors c'est pour cela que les
contributions sont en proportion avec l'importance, en somme, de chacune de ces
sociétés.
M. CARDINAL: D'accord. Alors pourquoi y a-t-il une coupure de $16,500?
Est-ce purement un réajustement à partir de critères que
l'on pourrait connaître?
M. CHOQUETTE: Comme on l'a dit tout à l'heure, à ce titre,
la coupure de $16,500 ou de $16,000 provient d'études
particulières qui ont été réduites.
M. CARDINAL: Est-ce que l'on pourrait aller plus loin et dire le
ministre peut prendre son temps pour répondre si la somme qui est
attribuée à telle ou à telle autre société
l'est à partir de critères précis qui existent par
écrit et que la commission pourrait connaître, ou si ce sont
purement à la suite de décisions d'un comité quelconque ou
de décisions du ministre, ou des décisions du conseil des
ministres? Qui est-ce qui répartit la somme et sur quelle base le
fait-on? C'est bien beau de dire que c'est à partir de l'importance des
sociétés, mais qui juge de l'importance des
sociétés et comment?
M. CHOQUETTE: Le Conseil de la trésorerie approuve...
M. CARDINAL: ... et il approuve, en somme, d'après des rapports
faits par le ministre qui, lui-même, fait ses rapports suivant les
informations et les faits qui lui sont signalés par ses hauts
fonctionnaires.
M. CARDINAL: D'accord, en partant à l'envers, c'est un CT
signé par le ministre après qu'il a été
signé par son sous-ministre, normalement. Et il a été
signé auparavant par un officier compétent dans le domaine des
associations coopératives...
M. CHOQUETTE: De chaque secteur.
M. CARDINAL: Oui, mais justement, dans chaque secteur, ce sont des
recommandations qui viennent des fonctionnaires. Mais ces fonctionnaires qui
font ces recommandations au ministre, lequel les fait au Conseil de la
trésorerie, est-ce que les fonctionnaires les font à partir de
critères qui sont couchés sur le papier ou tout simplement
à partir d'usages qui existent depuis la création du
ministère?
M. CHOQUETTE: Suivant les critères établis par notre
service d'inspection.
M. CARDINAL: Est-ce que le ministre pourrait aller un peu plus loin? Je
m'excuse presque de pousser plus au fond, mais cela me paraît important.
Peut-il me dire de quelle nature sont ces critères?
M. CHOQUETTE: Ce sont des critères financiers.
M. CARDINAL: Non, mais c'est encore vague. Je vous donnerai un
exemple.
M. CHOQUETTE: Ce sont des chiffres.
M. CARDINAL: Le ministre sait que j'ai déjà
été dans un autre ministère et, par exemple, nous
accordions des subventions aux institutions privées. Bien, il y a une
loi qui dit qu'il faut déterminer, à partir d'une commission
consultative, le coût dans le secteur public, dont on prendra ensuite 80
p.c. Alors c'est un critère précis qui peut s'établir
à partir d'un statut.
M. CHOQUETTE: On me signale qu'il y a, d'une part, une contribution au
service de vérification de chacun des organismes auxquels nous faisons
une contribution et, en second lieu, il y a une contribution pour les
études à long terme, sur le plan de la restructuration
financière d'un certain nombre d'organismes.
M. CARDINAL: Oui, mais seulement...
M. CHOQUETTE: Maintenant, le député va tout de suite
comprendre que, dans ces conditions-là, il est impossible
d'élaborer des critères déterminés d'avance,
applicables à toutes les situations. Par conséquent, nos
contributions demeurent et ne peuvent pas faire autrement que de ne demeurer
qu'une question de jugement pour notre service de vérification qui prend
la décision ou, au moins, fait la suggestion et, par la suite, suit les
échelons du ministère. Parce que nous considérons que
c'est là, la contribution que nous devons faire pour alléger en
somme notre propre travail et notre propre fonction de contrôle sur ces
organismes.
M. CARDINAL: Je remercie le ministre de sa franchise et de nous dire
qu'il n'existe pas actuellement de tels critères et que cela devient une
question de jugement. Il y a des questions de jugement de la part des
fonctionnaires, que je respecte beaucoup, et du ministre, que je ne puis
m'empêcher de respecter davantage à cause de ses hautes fonctions,
qui me laissent quand même songeur sur non pas le jugement des personnes
mais sur la façon dont il est exercé.
Quand il s'agit de deniers publics, le jugement des personnes est en
quelque sorte un critère que j'appellerai discrétionnaire. Je ne
dirai pas arbitraire, le mot serait trop fort, et la discrétion de tel
homme par rapport à tel autre peut varier selon son expérience,
selon son intérêt dans tel domaine, etc.
Mon intervention n'a qu'un seul but. Ce n'est pas d'ennuyer le ministre.
C'est de renseigner les députés autour de cette table et ceux qui
liront, je l'espère, cet intéressant ouvrage qu'est le journal
des Débats et de sensibiliser le
ministre au fait qu'il devrait apporter une prudence particulière
dans la distribution de ces deniers publics. Il est facile que des institutions
viennent faire des pressions. Enfin, on connaît la façon dont les
deniers publics sont sollicités, si le terme est français, par
divers groupes. Par conséquent, ce n'est, pour employer un mot savant,
qu'un caveat pour l'avenir. Qu'il se rende compte qu'à cet
article-là il doit porter une attention particulière, vu
l'absence de critères objectifs et déterminés.
M. CHOQUETTE: D'accord, mais je peux dire au député que
les contributions sont versées à des organismes éminemment
respectables.
M. CARDINAL: Ah! ça, je ne le nie pas, mais c'est la proportion
entre eux. Je soulignerai au ministre, pendant qu'on y est, pour qu'on ne
recommence pas la même discussion, que de même qu'il y a un article
5, "contributions", au poste budgétaire 3, il y a de même au poste
budgétaire 4, "Service des caisses d'épargne et de
crédit", un article 5, qui s'appelle aussi "Contributions" et que, dans
les deux cas, ces contributions ont été coupées. Par
conséquent, ces organismes éminemment respectables en auront
moins cette année. D'autre part, dans les deux cas, la discrétion
du ministre et de ses fonctionnaires s'applique. Je suis prêt à
adopter l'article 5 du poste budgétaire 3, en faisant non pas une
leçon loin de moi cette pensée mais en laissant
à la réflexion du ministre ce que nous avons pu en dire.
M. CHOQUETTE: Non, mais ce que nous pourrions peut-être faire et
tenter de faire, du moins dans certaines limites, c'est d'élaborer
certains critères écrits, quitte même à ce qu'il y
ait des divergences à l'occasion à cause de circonstances
spéciales, mais une série de critères écrits pour
fixer les contributions que nous faisons dans ce domaine-là.
M. CARDINAL: Je serais satisfait, M. le Président. Je rappellerai
au ministre, justement, que nous avons fait une chose semblable dans le cas des
bourses de perfectionnement au ministère de l'Education où la loi
ne donne pas de critère, où la discrétion du ministre est
entière. Nous avons créé des comités qui, avant, ne
faisaient que juger les gens sur leurs dossiers, mais il y avait quand
même des pressions qui faisaient que certains dossiers, parfois,
pouvaient paraître meilleurs. Par la suite, ces mêmes
comités ont écrit des critères pour établir une
politique, par exemple, d'incitation, pour qu'il y ait des étudiants qui
se dirigent plus dans certaines sphères que dans d'autres.
Peut-être qu'ici il est possible, après une réflexion au
ministère des Institutions financières, d'établir des
critères qui non seulement favoriseront les institutions les plus
respectables, mais peut-être permettront l'établissement d'une
politique dans certains secteurs où les besoins sont plus grands ou dans
certains secteurs de pointe qui seraient plus utiles pour le Québec.
C'est simplement une suggestion. Je sais qu'elle tombe en bonne terre.
Je ne suis pas assez au courant des arcanes de ce ministère pour faire
une suggestion plus précise, mais c'est une suggestion d'ordre
général que je livre au ministre, à l'occasion de
l'étude de ses crédits.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Article 5, adopté.
M. ROY (Beauce): M. le Président, j'aurais une question à
poser. Est-ce que le ministre aurait objection à nous donner la liste de
ceux qui sont prévus dans l'article "contributions", au cours de
l'année?
M. CHOQUETTE: Très bien. Alors, d'abord contributions au service
d'inspection, Coopérative fédérée de Québec,
$20,000; Fédération Co-op Habitat du Québec, $15,000;
Fédération des chantiers coopératifs de l'UCC du Saguenay,
$5,000; Fédération des coopératives étudiantes du
Québec, $15,000; Fédération des magasins Co-op, $12,000;
Fédération des régionales des chantiers coopératifs
de l'Ouest québécois, $7,000; Pêcheurs unis de
Québec, $7,500.
Administration des lois coopératives, Conseil de la
coopération du Québec, $15,000; contributions à des
enquêtes et études, comité d'éducation des
coopératives, $6,000; coopératives à fins multiples,
$7,000; coopératives agricoles, $12,000; coopératives de
consommation, $10,000; coopératives de frais funéraires, $2,000;
coopératives d'enseignement, $1,500; coopératives de
pêcheurs, $10,000; coopératives d'habitation, $5,000;
coopératives forestières, $15,000; développement de la
documentation de coopératives, $10,000. Maintenant, je signale, pour
cette dernière section, ce dernier bloc de contributions, que c'est
à l'intérieur de cela que nous allons effectuer les coupures que
j'ai mentionnées tout à l'heure.
M. CARDINAL: M. le Président, si vous me permettez, la liste qui
vient d'être donnée est fort intéressante, parce qu'on voit
justement que c'est très morcelé. On pourrait souligner certains
faits, par exemple la Fédération des coopératives
étudiantes, l'an passé, était en difficulté.
Le gouvernement d'alors avait accordé que le ministère des
Institutions financières ou celui des Finances enfin c'est celui
des Institutions financières qui en a pris la charge prête
une somme importante sous forme de contribution dans le fonds de la
Fédération des coopératives étudiantes avec la
garantie des coopératives Desjardins. Un fait comme ceci manifeste
que,
malgré qu'il y ait des critères, il y a certains cas qu'il
faut étudier de plus près. De la même façon, je
soulignerai que, présentement, d'après les renseignements que je
possède, la maison de Lévis des Caisses Desjardins qui est une
institution d'enseignement dans le domaine coopératif, mais dont j'ai
oublié le nom, est en difficulté financière. Il y a
déjà un échange de correspondance au gouvernement à
cet effet, j'attire l'attention du ministre. Les institutions de ce genre sont
éminemment respectables et méritent peut-être, dans
certaines situations difficiles, un effort particulier du gouvernement alors
que d'autres groupes, qui sont aussi respectables, mais qui vont sur leur
élan et qui, par conséquent, n'ont pas de problèmes,
peuvent fort bien se passer d'une somme de $5,000 ou $10,000 qui, est une
goutte d'eau dans leur budget tandis que, pour d'autres en difficulté,
ce serait peut-être ce qui permettrait tout simplement de surnager. Je
suis heureux qu'on ait demandé cette liste. Cela permet de juger qu'il y
a un danger ici que, sans critère ou sans étude de situations
particulières, cette somme soit éparpillée et, par
conséquent, n'atteigne pas la fin que l'on recherchait si elle
était donnée à plus forte dose et moins
éparpillée.
M. CHOQUETTE: Malgré que nous prenions des précautions, je
puis assurer le député que nous allons faire en sorte que ces
précautions soient plus systématiques à l'avenir.
M. CARDINAL: D'accord. Est-ce que je puis poser une dernière
question au ministre à ce sujet? Est-ce qu'il pourrait vérifier
quand même si, dans le cas des coopératives étudiantes, la
promesse que le gouvernement avait faite a été
réalisée? Je ne demande pas une réponse tout de suite, il
pourrait me répondre en Chambre plus tard s'il veut faire une
déclaration à cet effet. Mais il y avait là non seulement
un domaine de coopération, mais un domaine d'éducation à
faire auprès de la population étudiante.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): L'honorable député de
Chauveau.
M. CHOQUETTE: Pour répondre immédiatement à la
question du député, nous avons versé $22,000
l'année dernière à la Fédération des
coopératives étudiantes du Québec.
M. CARDINAL: Cela répond partiellement à ma question. Je
laisse au ministre le soin de regarder ce dossier. Je n'exige pas de
réponse immédiatement.
M. CHOQUETTE: Parfait.
M. HARVEY (Chauveau): M. le Président, je pense qu'à ce
moment-là l'affectation du budget de $22,000, ce n'est pas plutôt
via l'institut de formation qui...
M. CHOQUETTE: Non.
M. HARVEY (Chauveau): J'ai peut-être une question qui est un peu
badine mais qui va amener une question sérieuse après, M. le
Président. Je la pose au ministre. D'abord, on a parlé tout
à l'heure d'une subvention qui est donnée aux coopératives
pour frais funéraires. Une coopérative de frais
funéraires, est-ce que c'est une fois à tous les quatre ans,
seulement aux élections?
M. CHOQUETTE: C'est une fois dans votre vie.
M. HARVEY (Chauveau): Ah bon! La deuxième question, en quoi
consiste une coopérative de frais funéraires?
M. CHOQUETTE: Bien, vous connaissez le principe des coopératives
de frais funéraires...
M. HARVEY (Chauveau): Très bien.
M. CHOQUETTE: Ce sont les plus vieilles coopératives que nous
ayons, c'est une institution au Québec.
M. HARVEY (Chauveau): Je l'apprends, M. le Président.
M. CHOQUETTE: A Montréal, c'est très populaire. Les gens
prévoyants prévoient toujours leur décès.
M. CARDINAL: Dans la question du député ministériel
qui paraît badine, il y a un fond de sérieux qui vient appuyer ce
que je disais tantôt, très sérieusement. Quand on a fait
une analyse, il y a deux ans, du budget du Québec, on a découvert
qu'on donnait encore, je ne sais pas, $0.10 par paquet de graines de je ne sais
quoi que personne ne plante nulle part, mais où il y a encore je ne sais
combien d'employés qui distribuent ces graines perdues. Il serait
peut-être temps qu'on revise cette liste.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Article 5, adopté?
M. CARDINAL: D'accord.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Poste budgétaire no 4 : Service des
caisses d'épargne et de crédit, article 1 : Traitements.
Caisses d'épargne et de crédit
M. CARDINAL: D'accord!
M. LE PRESIDENT: Adopté. Article 2: Frais de voyage.
M. CARDINAL: D'accord!
M. LE PRESIDENT: Adopté. Article 3: Frais de bureau et autres
dépenses. Adopté. Article 4: Matériel, articles de bureau,
impressions et abonnements. Adopté. Article 5: Contributions.
M. CARDINAL: La discussion est déjà faite. M. CHOQUETTE:
Mêmes observations.
M. CARDINAL: Mais il y a peut-être une autre liste !
M. ROY (Beauce): J'aimerais voir encore la liste, M. le ministre, s'il
vous plait.
M. CHOQUETTE: Fédération de Québec des unions
régionales des caisses populaires Desjardins: $95,000;
Fédération des caisses d'économie du Québec:
$20,000; Fédération des caisses d'épargne et d'entraide
économique; $5,000; Fédération des caisses
d'établissement: $5,000; Ligue des caisses d'économie du
Québec: $10,000, et un montant de $50,000 non réparti, pour venir
en aide à des caisses ou fédérations dans l'organisation
de leur propre service d'inspection. Cette aide accrue serait attribuable
à la mise en oeuvre de la Régie d'assurance-dépôts
du Québec.
M. ROY (Beauce): Maintenant, j'aurais une autre question, M. le
ministre, relativement aux nouvelles fédérations de caisses
d'épargne et de crédit. A ce moment-là, je songe
particulièrement aux caisses d'établissement et aux caisses
d'entraide...
M. CHOQUETTE: Oui.
M. ROY (Beauce)... étant donné qu'elles ont dû
mettre sur pied un service d'inspection au cours des deux dernières
années, et puisqu'elles doivent encore le faire au cours de
l'année qui vient, est-ce que le ministère n'aurait pas
l'intention d'accroître cette contribution? Car mettre un service
d'inspection sur pied, l'organiser, il est évident que cela
nécessite des sommes de $25,000 à $30,000. Comme ce sont de
jeunes mouvements, n'y aurait-il pas lieu de reconsidérer ces deux
contributions en vue de leur donner davantage?
M. CHOQUETTE: Je peux vous dire que le ministère considère
avec beaucoup de sympathie et de bienveillance les deux
fédérations auxquelles vous avez fait allusion et que la
contribution que nous prévoyons faire est celle qui nous paraît
correspondre à leurs besoins.
M. ROY (Beauce): Je pense, M. le ministre, que c'est la première
fois que ces deux fédérations ont des contributions qui leur sont
allouées.
M. CHOQUETTE: Si vous permettez. C'est justement pour cela que j'ai
mentionné un montant général de $50,000. Vous savez qu'en
plus de la liste que je vous ai donnée, à la fin, j'ai
mentionné qu'il y a $50,000 qui ne sont pas répartis; c'est
justement pour venir en aide aux endroits requis...
M. ROY (Beauce): Est-ce que cela voudrait dire, M. le ministre, qu'il y
aurait peut-être lieu pour ces deux fédérations
d'espérer avoir un peu plus au cours de l'année?
M. CHOQUETTE: Elles peuvent toujours espérer!
M. ROY (Beauce): Mais une bonne espérance ou une espérance
sans espoir?
M. CHOQUETTE: Non, non, nous ne fermons pas la porte du tout ! Au
contraire, vous voyez que dans ces $50,000 nous avons en vue, entre autres, les
fédérations dont vous parlez.
M. CARDINAL: Si vous n'aviez pas coupé $50,000 vous auriez
$100,000.
M. CHOQUETTE: Oui! C'est ce qu'on peut faire.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Article 5, adopté?
M. ROY (Beauce): D'accord.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Poste budgétaire no 5: Service des
compagnies de fiducie et de finance.
Compagnies de fiducie et de finance
M. CARDINAL: Avant qu'on étudie le poste, article par article, M.
le Président, je peux demander au ministre un dépôt de
documents, c'est-à-dire que je ne veux pas avoir la liste tout de suite
mais à cause d'un intérêt dans les questions
financières et particulièrement, celles du service, est-ce que je
peux demander au ministre ou de remettre à tous les membres de la
commission ou de me remettre, dans la semaine qui suit, la liste des
sociétés de fiducie qui sont actuellement reconnues par le
ministère des Institutions financières? Je n'en demande pas la
lecture immédiate, cela serait onéreux. Qu'on en prépare
une liste et je suis prêt à accepter l'adoption de ces
crédits sous promesse du ministre qu'il nous les remette dans un
délai raisonnable.
M. CHOQUETTE: D'accord! M.Bouchard va vous préparer cette liste
de toutes les sociétés de fiducie.
M. CARDINAL: Oui, des sociétés de fiducie reconnues comme
telles par le ministère.
M. CHOQUETTE: D'accord!
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Article 1: Traitements.
M. CARDINAL: D'accord!
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Article 2: Frais de voyage. Article 3:
Honoraires. Article 4: Frais de bureau et autres dépenses. Article 5:
Matériel, articles de bureau, impressions et abonnements.
M. CARDINAL: II y a une question sur le remboursement. Tantôt au
service de l'inspection, on nous a dit que les $74,000 venaient exclusivement
des sociétés de fiducie; ce qui me trouble dans mes calculs
mentaux, c'est qu'il y a un autre montant de $80,000, ici, qui vient
certainement exclusivement des sociétés de fiducie. Est-ce qu'il
y aurait $150,000 qui viendraient des compagnies de fiducie?
M. CHOQUETTE: C'est cela! Exactement! M. CARDINAL: Au service
d'inspection...
M. CHOQUETTE: Je pense qu'elle est au service d'inspection...
M. CARDINAL: ... et l'autre vient des rapports et... D'accord!
M. CHOQUETTE: Oui, c'est déjà un peu mieux. Cela
s'améliore tranquillement.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Article 5, adopté !
M. CARDINAL: Cela ne va pas vite.
M. CHOQUETTE: Donnez-nous le temps. C'est vrai...
M. CARDINAL: Quand nous avons commencé nous étions les
pionniers dans ce domaine-là.
M. CHOQUETTE: ... qu'on ne peut pas tenir le député de
Bagot entièrement responsable des carences de l'ancien gouvernement
parce qu'il n'a pas été ministre pendant tout le temps où
l'ancien gouvernement a été au pouvoir !
M. CARDINAL: Non, il a même été conseiller
législatif et cela me rappelle d'heureux souvenirs!
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Nous passons au poste budgétaire 6
: Service des assurances; article 1 : Traitements?
Service des assurances
M. CARDINAL: D'accord.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Article 2: Frais de voyage?
M. CARDINAL: D'accord.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Article 3: Honoraires?
M. CARDINAL: D'accord.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Article 4: Frais de bureau?
M. CARDINAL: D'accord.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Article 5: Matériel, articles de
bureau, impressions et abonnements? Article 6: Loyers?
M. CARDINAL: De quoi s'agit-il ici, "loyers"?
M. CHOQUETTE: Loyers de bureau à Montréal.
M. CARDINAL: Ah bon!
M. CHOQUETTE: C'est que le siège de la plupart des compagnies
d'assurance est à Montréal. Par conséquent, une grande
partie des activités du service ont lieu sur place.
M. CARDINAL: Avant qu'on pose une question sur les assurances, le
ministre nous a bien dit tantôt qu'il entendait d'ici un an, ou plus
tôt, déposer une refonte de la Loi des assurances ou des lois
d'assurances parce qu'il y en a plusieurs?
M. CHOQUETTE: Bien, il y a le code civil, entre autres.
M. CARDINAL: II y a le code civil, il y a une loi, non pas des paris et
des marrants, mais des parents et des maris.
M. CHOQUETTE: Oui.
M. CARDINAL: La Loi des assurances. Il y en a quelques autres
d'ailleurs. Je voulais être bien sûr que j'avais entendu une bonne
nouvelle.
M. CHOQUETTE: Oui. M. CARDINAL: D'accord.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Adopté, loyers. Article 7 :
Contributions et bourses.
M. CARDINAL: Bourses, je suis surpris...
M. CHOQUETTE: C'est à des actuaires, des étudiants.
M. CARDINAL: Ah bon! Comment se fait-il que ceci ne soit pas au
ministère de l'Education?
M. CHOQUETTE: C'est parce qu'on a gardé des petites parties qu'on
a cachées à cet important ministère, cet envahissant
ministère.
M. CARDINAL: Même au ministre actuel. M. CHOQUETTE: N'allez pas le
lui dire.
M. CARDINAL: Remarquez que je ne suis pas en désaccord avec les
bourses où l'on prend l'argent, il vient toujours du même endroit.
Ce qui serait y en avait un...
M. CHOQUETTE: Oui.
M. CARDINAL: On en a peut-être une vingtaine maintenant, si je ne
me trompe, peut-être moins que cela. Dans le domaine des assurances, s'il
y a un domaine où les actuaires n'étaient pas
canadiens-français, c'est bien celui-là. On en a tellement perdu
qu'il y en a même un qui se permet d'être ministre dans un autre
service. Mais malgré cela, c'est certainement une contribution heureuse.
Cependant, cette contribution-là est probablement pour des études
postuniversitaires et je souligne simplement qu'il faudrait peut-être de
la coordination dans le domaine des bourses de perfectionnement. Je l'ai
souligné au ministre de l'Education. C'est qu'il existe des bourses
à l'Industrie et au Commerce, il existe des bourses aux Institutions
financières, il existe des bourses au ministère de l'Agriculture
et de la Colonisation, il existe des bourses au ministère des Finances
avec le résultat qu'il n'y a pas une politique uniforme de bourses de
perfectionnement. Je pense que, même si les budgets sont dans divers
ministères, il y aurait lieu pour un comité du conseil des
ministres de regrouper ces bourses de perfectionnement pour qu'une
véritable politique de perfectionnement au plus haut niveau puisse
être établie et éviter le morcellement.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): L'article 7, est-ce qu'on...
M. CARDINAL: Justement, le ministre a peut-être été
dérangé quelques minutes. Sans reprendre tout ce que j'ai dit, je
mentionne simplement que je ne blâme ni le gouvernement actuel, ni le
gouvernement passé, ni ceux qui l'ont précédé. Le
ministère de l'Education a eu le 13 mai dernier son anniversaire. Il y a
des choses qui sont restées dans certains ministères. Il ne
s'agit pas de les rapatrier, de les placer toutes au ministère de
l'Education; ce que je veux souligner, c'est l'existence d'une chose qui,
présentement, ne se retrouve pas à travers les ministères,
celle d'une politique de ces bourses de perfectionnement. Parce que si on les
place toutes ensemble, on arrive à un montant important à travers
les divers ministères que j'ai mentionnés; prises
séparément, elles ne permettent pas l'établissement d'une
politique. Le budget peut rester là, cela n'a aucune sorte d'importance
où l'on prend l'argent, il vient toujours du même endroit. Ce qui
serait important, c'est que tous ces ministères qui offrent des bourses
à des gens puissent se rencontrer, disons en comité
interministériel, discuter entre eux de ce qu'ils font, de leurs
critères qui sont certainement différents. J'ai constaté
que parfois il y a dédoublement. Ainsi le ministère de
l'Industrie et du Commerce donnait des bourses pour le perfectionnement dans le
domaine minier et le ministère de l'Education en donnait aussi. Si bien
que le gouvernement ne savait pas exactement combien il donnait de bourses dans
le domaine minier.
M. CHOQUETTE: Alors, je note.
M. CARDINAL: D'accord. Alors, le ministre est plein de bonne
volonté, on va essayer d'être gentil et puis...
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Adopté. Article 8: Autres
dépenses.
M. CARDINAL: D'accord.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Poste budgétaire 7, Service...
M. CARDINAL: Les remboursements sont importants. Ce sont des
remboursements à l'occasion des rapports des sociétés
d'assurances?
M. CHOQUETTE: Et d'inspection.
M. CARDINAL: Et d'inspection, d'accord.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Adopté. Poste budgétaire 7 :
Service du courtage immobilier du Québec, article 1, traitements.
Courtage immobilier
M. CARDINAL: M. le Président, est-ce que c'est à ce
service qu'on retrouve la Commission des valeurs mobilières?
M. CHOQUETTE: Non.
M. CARDINAL: On la trouve un peu plus loin. Alors, qu'est-ce qu'on
appelle le service du courtage immobilier du Québec? Quel est le travail
de ce service?
M. CHOQUETTE: C'est le service qui qualifie les courtiers et les
vendeurs d'immeubles.
M. CARDINAL: Ah bon! Toute la loi qui a été
adoptée...
M. CHOQUETTE: C'est un service qui établit si la personne a
l'honnêteté, l'intégrité et la compétence
voulues, soit pour être courtier, soit pour être vendeur au service
d'un courtier.
M. CARDINAL: Mais est-ce que ce service fait des inspections dans ce
domaine?
M. CHOQUETTE: II fait des enquêtes, pas des inspections dans les
livres des courtiers.
M. CARDINAL: II fait des enquêtes simplement sur
dénonciation. Je prends un exemple qui peut se produire: La loi du
courtage immobilier, présentement, est assez sévère et
elle prévoit un certain nombre de dispositions qui interdisent à
un courtier d'acquérir lui-même un immeuble à son nom pour
le revendre avec profit au détriment d'un client. Si personne ne le sait
et qu'il n'y a pas d'autres moyens que la dénonciation, cette
disposition de la loi peut devenir facilement lettre morte. C'est pourquoi je
m'informe afin de savoir s'il n'y a qu'enquête ou s'il y a enquête
et inspection.
M. CHOQUETTE: Nous inspectons les comptes en fiducie.
M. CARDINAL: Ah bon!
M. CHOQUETTE: Parce que, comme vous le savez, les courtiers sont
appelés à recevoir des sommes en fiducie. Mais notre
enquête ne va pas aussi loin que vérifier s'il y aurait eu des
actes de la nature de ceux que vous venez de décrire.
M. CARDINAL: Défalcatoires, sans être frauduleux.
M. CHOQUETTE: Parce que, à ce moment-là, on se mettrait
à inspecter toute la province de Québec.
M. CARDINAL: D'accord. C'est une bonne réponse.
M. HARVEY (Chauveau): Sauf s'il y a plainte.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Article 1: Traitements, adopté.
Article 2: Frais de voyage. Article 3: Frais de bureau. Article 4:
Matériel, articles de bureau, impressions et abonnements. Article 5:
Honoraires et autres dépenses.
M. CARDINAL: Aux honoraires, l'on prévoit $5,000 par rapport
à $1,000 l'an passé. J'ai deux questions: Combien ont
été dépensés l'année dernière et
pourquoi cette augmentation cette année?
M. CHOQUETTE: On me dit que c'est "honoraires et autres
dépenses".
M. CARDINAL: Quelles sont ces autres dépenses? Si on a
dépensé les trois quarts de $1,000 l'an passé, ou à
peu près, et que cette année on multiplie le montant par cinq,
même s'il est faible, il doit y avoir une raison.
M. CHOQUETTE: Voici ce qui est prévu. Je peux répondre au
moins à une partie de votre question. Les honoraires sont pour les
recherches sur le marché immobilier: mutations, bureaux de crédit
et autres dépenses imprévues.
M. CARDINAL: Je félicite le gouvernement de prévoir les
dépenses imprévues.
M. SIMARD (Témiscouata): Quel est le montant qui a
été dépensé?
M. CHOQUETTE: L'année dernière, nous avons
dépensé $715, à savoir $278 en honoraires, $281 pour un
bureau de crédit et $156 pour d'autres dépenses.
M. CARDINAL: II y aura peut-être des crédits
périmés. Est-ce que le ministre sait combien il va y avoir de
crédits périmés à travers tout son budget?
M. CHOQUETTE: Très peu, parce que notre budget est très
serré.
M. CARDINAL: Bon, je le félicite, parce que, ce serait un moyen
détourné de prélever des taxes dont on n'a pas besoin.
M. CHOQUETTE: Vous savez bien que nous ne ferions jamais cela!
M. CARDINAL: D'accord. Le ministre ne s'est pas laissé
prendre!
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Poste budgétaire no 8 : Service des
compagnies.
Service des compagnies
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Article 1: Traitements. Adopté?
Article 2: Frais de voyage. Article 3: Frais de bureau et autres
dépenses. Article 4: Matériel, articles de bureau, impressions et
abonnements.
M. SIMARD (Témiscouata): II y a une augmentation de $47,000.
M. DUMONT: Pour ces $47,000, est-ce qu'il y a des détails
à fournir?
M. CHOQUETTE: Pour le matériel, articles de bureau, impressions
et abonnements...
M. CARDINAL: Bien, la question précise,
M. le Président, je pense qu'il faut le rappeler au ministre, a
été posée par le député de Mégantic.
C'est que l'an passé il y avait $30,000 de prévus qui n'ont
peut-être pas été tous dépensés on ne
le sait pas et que cette année on ajoute $47,000 à cela.
Est-ce qu'on ouvre de nouveaux bureaux?
M. CHOQUETTE: Oui. Nous avons dépensé $20,000...
M. CARDINAL: Là, vous augmentez de $57,000...
M. CHOQUETTE: C'est parce que nous ouvrirons des bureaux à la
tour de la Bourse, à Montréal, qui ne sont pas encore
aménagés.
M. CARDINAL: Et pour quelles fins précises?
M. CHOQUETTE: C'est afin de représenter le ministère et le
service des assurances en plein centre du coeur des affaires.
M. CARDINAL: En plein centre du coeur des affaires, d'accord, mais
combien est-ce que cela coûte la Place de la Bourse, au pied
carré?
M. CHOQUETTE: Le député, étant notaire et homme de
loi, ayant été autre fois, je pense, secrétaire d'une
société de fiducie, c'est que le service des compagnies, en ce
qui concerne l'émission de lettres patentes, a toujours laissé
à désirer dans la province, ici au Québec, parce qu'il n'y
avait pas de suite. On émettait des lettres patentes, et il n'y avait
pas de contrôle sur les renseignements subséquents...
M. CARDINAL: On en avait plus à la bibliothèque du Barreau
qu'au gouvernement.
M. CHOQUETTE: On laissait aller vraiment les choses, dans ce
domaine-là. Et ceci correspond à une nécessité, en
somme, de mettre notre service de compagnies complètement sur pied, de
mettre de l'ordre dans nos affaires de chartes corporatives et
d'émission de lettres patentes et de lettres patentes
supplémentaires. C'est la raison pour laquelle il y a cet accroissement
de dépenses prévu. En vue de ce programme, en somme, de remise en
ordre, il faut prévoir certaines dépenses...
M. CARDINAL: Si je ne me trompe pas, M. le Président...
M. CHOQUETTE: ... dans le matériel.
M. CARDINAL: ... ces démarches pour allocations étaient
déjà faites sous l'ancien gouvernement.
M. CHOQUETTE: II est possible que l'ancien gouvernement mais, comme on
le sait...
M. CARDINAL: ... parce qu'il n'y a pas de changement au budget.
M. CHOQUETTE: ... ait conçu l'idée, mais est-ce qu'on
l'aurait réalisée? C'est là la question.
M. CARDINAL: M. le Président, je dirai au ministre, ce qui est
l'évidence même, en regardant ses prévisions
budgétaires, que ce qui permet l'austérité de cette
année, c'est l'excellente administration de ce jeune ministère au
cours des années précédentes.
M. CHOQUETTE: Je pourrais vous parler de l'administration du bureau de
l'ancien ministre, mais je ne le ferai pas vu qu'il n'est même plus
député. Cela ouvrirait les yeux à...
M. CARDINAL: Attention, parce que vous allez tomber sur le dos des
fonctionnaires. Quand je dis l'excellente administration, je comprends l'ancien
ministre et tous ses fonctionnaires.
M. CHOQUETTE: Ah bien, les fonctionnaires! Heureusement que les
fonctionnaires restent.
M. CARDINAL: Ah bien, je suis d'accord! Heureusement que...
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): L'article est adopté. Nous passons
au poste 9: Commission des valeurs mobilières du Québec, poste 1:
Traitements.
Commission des valeurs mobilières
M. ROY (Beauce): J'aurais une question, M. le Président,
relativement à cet article, une question d'ordre général.
Il est question, de plus, que le commerce et la vente des fonds mutuels soient
régis par la Commission des valeurs mobilières du Québec,
je pense, Est-ce que le ministre pourrait nous fournir quelques renseignements
à ce sujet-là?
M. CHOQUETTE: Cela a toujours été.
M. ROY (Beauce): Cela a toujours été, mais...
M. CHOQUETTE: Un vendeur de fonds mutuels doit se qualifier comme
vendeur auprès de la Commission des valeurs mobilières.
UNE VOIX: Ils ont le droit de vendre de l'assurance, je pense.
M. CHOQUETTE: Mais là, vous parlez peut-être du double
permis.
M. ROY (Beauce): C'est ça!
M. CHOQUETTE: C'est une question sur laquelle nous prendrons une
décision incessamment. Je pense qu'elle est dans le sens de permettre le
double permis au cas, seulement, où le vendeur d'assurance-vie
représente une seule compagnie d'assurance-vie. Alors ce serait dans ces
limites que le double permis sera autorisé.
M. ROY (Beauce): Merci.
M. DUMONT: Dans cet article, la diminution de $350,000 à
$280,600, est-ce parce qu'il y a moins d'employés, des
congédiements ou des baisses de salaires?
M. CARDINAL: Page 136. C'est le poste 6 du budget des Finances. C'est
qu'au gouvernement, quand on a rajusté le budget, on a coupé dans
tous les postes de personnel; on a mis une somme globale, qui était
d'abord de $7 millions et qui a été augmentée par le
gouvernement actuel de $10 millions portant la somme à $17 millions. Par
conséquent, ce sont purement des sommes qui sont sorties de chacun des
ministères et qui sont en réserve au ministère des
Finances.
M. CHOQUETTE: C'est l'explication.
M. LE PRESIDENT (M. Giasson): Est-ce que l'article est adopté?
Article 3: Honoraires.
M. CARDINAL: Une question, M. le Président, combien a
été dépensé à cet article, l'an
passé, à même la somme de $150,000?
M. CHOQUETTE: C'est $92,203.
M. CARDINAL: Bon. Là, on prévoit $65,000. La, je dois
exprimer mes craintes. La Commission des valeurs mobilières, pour moi, a
un rôle très important à jouer, surtout au Québec.
Ces honoraires, je comprends que ce n'est pas le personnel du ministère,
mais ce sont quand même des gens qui ont été payés
l'an passé avec une somme qui atteint presque $95,000. Cette
année, on ne prévoit qu'un montant de $65,000. Je me demande si
on peut atteindre le même contrôle, la même
efficacité. Le ministre a peut-être des explications très
pertinentes à nous donner.
M. CHOQUETTE: C'est que, dans le passé, la Commission des valeurs
mobilières, pour faire son travail d'analyse des prospectus et d'analyse
financière des bilans et tout ça, n'avait pas le personnel requis
à son service. Par conséquent, elle était obligée
de demander des consultations à l'extérieur, de retenir des
experts de l'extérieur. Actuellement, notre personnel permanent est
suffisant pour nous permettre de faire le travail. C'est la raison pour
laquelle nous prévoyons une dépense moindre cette
année.
M. CARDINAL: Le ministre considère que le personnel actuel du
ministère, qui est quand même relativement peu nombreux, est
suffisant pour atteindre tous les objectifs du ministère. Je suis
disposé à le croire mais cela m'embarrasse un peu d'accepter une
affirmation semblable parce que ce ministère-là, même s'il
est jeune, me paraît appelé à un développement
réel si on veut vraiment appliquer des politiques et non pas simplement
des inspections, des vérifications et des enquêtes.
M. CHOQUETTE: Au niveau de la Commission des valeurs mobilières,
notre besoin en personnel et qui a été enfin comblé,
c'était celui des analystes financiers.
M. CARDINAL: Est-ce qu'on a de la facilité à en
trouver?
M. CHOQUETTE: On en a trouvé. M. CARDINAL: Combien?
M. CHOQUETTE: Trois ou quatre, entre $10,000 et $15,000.
M. CARDINAL: Vous pensez que vous allez les garder dans le service
public?
M. CHOQUETTE: Vous proposez une augmentation de salaire?
M. CARDINAL: Ils ne deviendront pas tous sous-ministres.
M. JORON: M. le Président, est-ce que vous pouvez maintenant nous
affirmer qu'avec ce nouveau personnel, un prospectus peut être produit
rapidement et non plus prendre de 6 à 8 mois comme autrefois, ce qui
faisait que des tas de financements, finalement, étaient faits en
Ontario. Ce qui explique peut-être en partie l'anémie de
Montréal comme place financière, c'est que le processus juridique
ici était tellement lent qu'on préférait se financer
ailleurs.
M. CHOQUETTE: C'est exact, le député souligne
sûrement une carence qui a existé autrefois et il est important
que la Commission des valeurs mobilières donne un excellent service aux
compagnies qui veulent faire des émissions dans le public. Pour vendre
des actions, il est nécessaire aujourd'hui de se qualifier auprès
de la Commission des valeurs mobilières. Alors, je vais sûrement
insister auprès du président et des membres de la commission pour
qu'ils soient aussi efficaces que le gouvernement actuel.
M. JORON: Est-ce que vous pouvez nous dire globalement aussi si...
M. CARDIANL : Ce n'est pas une grosse garantie!
M. JORON: ... ces critères sont les mêmes que ceux de la
Commission des valeurs mobilières de l'Ontario, par exemple? Là
aussi il y aurait des difficultés, parfois des compagnies qui
opèrent dans les deux provinces.
M. CHOQUETTE: On sait ce qui s'est produit au Québec, c'est que
pendant tellement longtemps, c'était la jungle ou la pagaille qui
existait dans le domaine des valeurs mobilières. A un moment
donné, le gouvernement je pense que c'était sous M.
Duplessis a passé la Loi des valeurs mobilières. Par la
suite, on a assisté à une période réelle
d'austérité où vraiment on coupait les cheveux en quatre,
on mettait les points sur les "î" et puis je pense qu'on a
été assez tatillon sur le plan de l'analyse des prospectus et de
la permission à des compagnies de se qualifier. Ceci a peut-être
nui au marché financier de Montréal, en plus de bien d'autres
facteurs. Actuellement notre tendance est d'en venir à une solution qui
est enfin raisonnable, qui donne le service mais qui, en somme, assure la
sécurité à ceux qui sont les investisseurs et les
actionnaires éventuels de ces compagnies-là. Alors, c'est un
autre exemple de situation où, en somme, il faut se situer dans la bonne
moyenne de ce qui se pratique à Toronto, de ce qui se pratique à
Vancouver, de ce qui se pratique à New York et ailleurs.
M. JORON: Je veux savoir aussi si vous êtes en train de coordonner
vos critères avec ceux de la commission de l'Ontario de façon
que, dans le rapport Parizeau, on aboutisse même à une Commission
des valeurs mobilières unique, je pense, pour que les critères
soient les mêmes sur l'ensemble du territoire canadien, si je ne me
trompe pas...
M. CHOQUETTE: Je ne sais pas si le chef du Parti québécois
serait d'accord avec cette proposition.
M. JORON: ... une proposition de coordination. Pourquoi pas? Cela peut
faire partie de l'association économique, on peut la coordonner avec
celle de Washington aussi, des différents Etats américains.
M. CHOQUETTE: Bien oui, coordination, politique semblable...
M. JORON: Pour que les critères, en gros, soient les
mêmes.
M. CHOQUETTE: Oui. Il est incontestable qu'il s'effectue un
rapprochement sur le plan des pratiques et des critères entre notre
Bourse et celle de Toronto.
M. CARDINAL: Mais je souligne quand même un
phénomène au ministre, non pas que ce soit courant, mais
lorsqu'on parle d'avoir cette coordination ou qu'il faut vivre dans le
même monde que celui qui nous entoure, il y a une difficulté dans
le monde financier. Cette difficulté, c'est la question de la langue. Il
n'y a jamais eu de lexique qui a été fait pour vraiment traduire
les expressions avec fidélité et pour la protection de la
population. Votre sous-ministre sait fort bien, par expérience
personnelle, que les traductions qu'on a inventées au cours des
années sont parfois loin de protéger le public; au contraire,
elles peuvent leur faire croire des choses qui n'existent pas. Je n'en prends
qu'un exemple pour montrer comment cela peut être troublant dans ses
résultats. Quand les gens de langue anglaise parlent de "secure notes",
il n'y a pas de mot "guaranteed" là-dedans et il n'y a personne qui se
trompe sur ce que cela veut dire. On appelle cela en français des biens
garantis avec le résultat que le monde pense que c'est garantie d'une
autre façon et que...
M. CHOQUETTE: C'est une garantie sur les biens, c'est...
M. CARDINAL: Oui, mais allez expliquer cela! Vous pensez que les gens
qui en achètent lisent le prospectus? Ce ne sont pas tous des gens comme
le député de Gouin et le député d'Outremont.
Je fais une autre suggestion ici. On veut coordonner, je suis bien
d'accord, mais je pense qu'avec la collaboration de l'Office de la langue
française il y aurait peut-être un pas de plus à faire que
celui qui a été fait. La Commission des valeurs
mobilières, l'association des courtiers ont, dans le passé,
préparé des lexiques qui ont aidé la population, mais il
n'y a jamais rien eu qui soit exécutoire, si vous voulez, qui vienne
imposer un lexique. Le lexique va plus loin que les simples mots qu'on emploie;
il devrait vraiment représenter la réalité afin que les
gens sachent ce qu'ils achètent. On va même jusqu'à
légiférer actuellement sur des emballages pour que les gens ne
soient pas trahis par l'emballage, par le contenant et le contenu.
Le nom d'une valeur mobilière c'est plus qu'un contenant. Et les
termes français qu'on emploie ne peuvent pas être remplacés
par des termes employés en France, par exemple, parce que ce n'est pas
le même genre de marché. On ne peut, non plus, continuer à
employer les termes actuels, qui sont des anglicismes et qui rendent
incompréhensible et dangereux pour les petits épargnants le
marché des valeurs mobilières qui, pour eux, est quelque chose
d'assez difficile à saisir, de secret, d'un peu mystérieux. On a
vu plusieurs mésaventures, au cours des quinze dernières
années, à cause, justement, d'une mauvaise
compréhension.
Je prends un deuxième exemple, et je
termine ici ce bref exposé. Tout le monde qui a travaillé
dans les valeurs mobilières sait que le nom d'un fiduciaire, sur un
prospectus ou au bas d'une valeur, laisse une impression, aux gens qui ne sont
pas initiés, qui n'est pas la réalité des choses.
Même chose s'il y a le nom d'une banque ou d'une autre institution forte.
A ce moment-là ils croient que c'est vendu ou que c'est garanti ou que
c'est parrainé par cette institution qui, parfois, n'est là que
comme agence, que j'appellerai de transfert, même si le mot n'est pas
exact,...
M. CHOQUETTE: "Transfer agent".
M. CARDINAL: Oui. Je pense que, dans tout cela, il y aurait lieu
vraiment de faire un effort le ministère est jeune, c'est
pourquoi je ne le blâme pas pour que la population soit non
seulement initiée mais pour que l'emballage, si vous voulez,
décrive le contenu, même dans le domaine des valeurs
mobilières pour autant que cet effort puisse se réaliser en
français dans le continent nord-américain.
M. CHOQUETTE: C'est assez vrai, mais il y aura toujours un aspect
quelque peu hermétique à la terminologie financière, et
puis il faut être initié. C'est la même chose si on lit des
polices d'assurance-automobile, c'est traduit de l'anglais, ce n'est
guère du français.
M. CARDINAL: Bien, on a été pendant des années
à ne pas vouloir traduire les polices en français.
M. CHOQUETTE: Je peux dire que le service du surintendant des assurances
fait un effort considérable pour rendre la police d'assurance-automobile
beaucoup plus française.
M. CARDINAL: Est-ce que, justement, le ministère des Institutions
financières, dans ses divers services disons polices d'assurance,
actes de fiducie, libellés de prospectus, continuez
l'énumération si vous le voulez fournit au public, par
divers de ses services, ce que j'appellerai des modèles ou des
formulaires?
M. CHOQUETTE: Je ne crois pas. Cela a été laissé
à l'initiative privée, comme on dit...
M. CARDINAL: Je ne sais pas si je devrais faire la suggestion ou pas
mais justement cela se rapporte à la remarque que je faisais
tantôt. Je ne dis pas que, devant le service créé cette
année, on doive faire concurrence à l'initiative privée
dans ce domaine. Je ne sais pas si cela appartient à ce ministère
ou à d'autres d'arriver là, mais il y aura peut-être lieu,
par ces espèces de modèles, d'avoir une meilleure
cohérence dans tout le marché.
M. CHOQUETTE: C'est une bonne idée mais je trouve que, par
exemple, CCH, qui a beaucoup d'influence sur la rédaction de tout ce qui
est document légal, particulièrement dans le domaine fiscal,
financier...
M. CARDINAL: Bon! Bien, à ce moment-là, c'est
laissé entièrement dans le fond, à l'avocat qui est requis
dans la transaction ou de l'employé de compagnie qui fait son travail
dans son bureau.
M. CHOQUETTE: II y a beaucoup d'avocats qui rédigent un acte de
fiducie et qui ne savent même pas ce qu'ils font.
M. CARDINAL: Je suis bien d'accord avec vous.
M. CHOQUETTE: Alors ne leur en demandez pas trop. Ne leur demandez pas
de le rédiger en français.
M. LE PRESIDENT (M. Pilote): Poste budgétaire no 9: Commission
des valeurs mobilières du Québec, article 3: Honoraires.
M. CARDINAL: Adopté.
M. LE PRESIDENT (M. Pilote): Article 4: Frais de bureau et autres
dépenses.
UNE VOIX: D'accord!
M. LE PRESIDENT (M. Pilote): Article 5: Matériel, articles de
bureau, impressions et abonnements.
UNE VOIX: D'accord!
M. LE PRESIDENT (M. Pilote): Poste budgétaire no 10: Régie
de l'assurance-dépôts du Québec. Article 1 :
Traitements
Régie de
l'assurance-dépôts
M. CARDINAL: M. le Président, je m'adresse au ministre, le fait
que l'assurance-dépôts entre en vigueur le 1er juillet,
c'est-à-dire en cours d'exercice, ne vient pas tellement influencer,
semble-t-il, les prévisions budgétaires; c'est peut-être le
double du montant, mais cela me paraît un montant assez faible.
Est-ce que ceci signifie que cette nouvelle loi... On avait
déjà prévu des mécanismes qui n'étaient pas
nécessaires du moins, au cours des exercices, de les mettre en
place.
M. CHOQUETTE: Premièrement, le service comme tel ne requiert pas
un personnel tellement nombreux. En second lieu, ce sont les autres services du
ministère qui viennent, en somme, appuyer ou soutenir l'action de la
Régie de l'assurance-dépôts.
M. CARDINAL: D'accord!
M. LE PRESIDENT (M. Pilote): Poste 10, article 2.
UNE VOIX: Adopté.
UNE VOIX: Poste 10, article 1, oui, je m'excuse.
M. LE PRESIDENT (M. Pilote): Poste 10, article 3. Poste 10, article 3.
Poste 10, article 4. Adoptés. Poste 10, article 5. Adopté.
M. DUMONT: L'augmentation est justifiée par des...
M. CHOQUETTE: C'est un nouveau programme, comme le député
le sait, et, par conséquent, il requiert du nouvel équipement,
des documents publicitaires, en somme, toute l'organisation
ministérielle. Une organisation matérielle nouvelle. C'est ce qui
explique l'accroissement des dépenses.
M. LE PRESIDENT (M. Pilote): Poste 10, article 5.
UNE VOIX: D'accord!
M. LE PRESIDENT (M. Pilote): Poste 10, article 6.
M. CARDINAL: II faut retourner à la page 101, maintenant, M. le
Président.
M. ROY (Beauce): Au sujet de l'assurance-dépôts, ma
question serait peut-être hors d'ordre, elle ne serait peut-être
pas à-propos. C'est une question générale. Est-ce qu'on
pourrait savoir si, par exemple, il y a sept fédérations de
caisses d'épargne et de crédit qui se trouvent affectées?
Autrement dit, lesquelles ont le droit d'avoir des permis? Est-ce que les
permis sont émis actuellement ou si cette question relèverait
plutôt de la régie?
M. CHOQUETTE: Voici, cette question relève évidemment
d'une décision de la régie parce que la régie a une
certaine autonomie, elle a même, je pense, une autonomie complète
dans ses décisions, à savoir quels dépôts elle
garantit. Mais comme le député le sait, parce qu'il est
très familier avec cet aspect de la question, les caisses auxquelles il
réfère étaient plutôt des émetteurs d'actions
que des récepteurs de dépôts.
M. ROY (Beauce): C'est-à-dire, M. le ministre, je ne veux pas
référer à aucune caisse en particulier et j'ai posé
une question générale.
M. CHOQUETTE: En général.
M. ROY (Beauce): En général. J'ai eu l'occa- sion de faire
différentes représentations auprès du ministère
à ce sujet-là. Or, je ne veux pas entamer un débat sur une
question particulière. Je voulais savoir, si, en général,
la Régie d'assurance-dépôts a émis des permis dans
toutes les institutions éligibles.
M. CHOQUETTE: A toutes celles qui se sont qualifiées comme
recevant des dépôts du public.
M. ROY (Beauce): Est-ce que les caisses peuvent, dans une
fédération donnée, avoir des permis que d'autres caisses
de la même fédération ne peuvent pas obtenir?
M. CHOQUETTE: Cela s'est produit en effet, parce qu'il y en avait qui ne
se qualifiaient pas. Je crois que la meilleure chose à faire est, pour
toutes les caisses, de tenter de répondre aux exigences de la
Régie de l'assurance-dépôts et ça nous fera plaisir
de garantir leurs dépôts.
M. LE PRESIDENT (M. Pilote): L'honorable député de
Mégantic.
M. DUMONT: Je me pose une question ici. Sous une autre juridiction, nous
avons eu le plaisir de voter pour les Banques populaires du Québec, une
charte de banque. Alors vous disiez tout à l'heure que les chartes de
banque venaient du fédéral. Enfin, cette charte appartient
à la Banque populaire qui est la propriété du mouvement
Desjardins. Regardant cette Régie de l'assurance-dépôts, il
me vient à l'idée ceci: Est-ce que le ministre peut avoir
l'autorité de permettre comme les banques ont aujourd'hui dans le
Canada, le droit de prêter de 1 à 16, de 1 à 15 ou de 1
à 12 comme elles utilisent, afin d'arrêter d'emprunter sur le
marché de New York que le mouvement Desjardins finance la
province de Québec? Est-ce que votre autorité peut aller dans
cette Régie de l'assurance-dépôts jusque là? Parce
qu'en fait, vous allez savoir ce que le Mouvement Desjardins a en main?
M. CHOQUETTE: Non. Nous ne le pouvons pas parce que le rôle de la
Régie de l'assurance-dépôts est de purement et simplement
garantir la sécurité du dépôt d'un déposant.
Voilà la fonction de la régie. Mais, il faut quand même
prendre la question que vous posez sous un autre aspect. Quel est, en somme, la
politique financière des caisses populaires, par exemple, dans leur
ensemble? Quelles doivent être nos exigences sur le plan de leur
administration financière en général, et pas seulement
sous l'aspect des dépôts? A ce moment-là, je crois qu'il
faut avoir recours à la Loi des caisses de crédit et des caisses
populaires, qui sera un projet de loi présenté la semaine
prochaine. Vous pourrez, à ce moment-là, soulever la
question.
Vous pourrez voir, entre autres, que nous avons permis une extension de
leurs placements, de façon à leur donner plus de latitude, tout
en sauvegardant l'intérêt des actionnaires ou plutôt des
sociétaires, et que nous avons donné plus d'extension à
leur capacité d'investir dans les différents aspects de
l'économie québécoise.
M. DUMONT: Je voulais vous faire une allusion indirecte à un
crédit coopératif en attendant le crédit social.
M. CHOQUETTE: D'accord.
M. LE PRESIDENT (M. Pilote): Page 101, poste S-l.
Pensions
M. CARDINAL: M. le Président, ceci est statutaire. Nous avons
cependant le droit de poser des questions. De quelles pensions s'agit-il et
pour qui? C'est probablement un résidu de quelque chose?
M. CHOQUETTE: Ce sont des pensions à d'anciens membres de la
Commission des valeurs mobilières.
M. CARDINAL: D'accord, c'est ça; c'est en vertu de lois que
ç'a été adopté.
M. CHOQUETTE: Justement, il y a des arrêtés en conseil et
c'est en vertu de la Loi des pensions.
M. CARDINAL: D'accord.
Crédits non requis
M. ROY (Beauce): M. le Président, aux crédits non requis
pour 1970/71, je comprends que ça ne nous regarde pas ici ce
matin il y a tout de même un montant de $2,535,000, aux
prévisions budgétaires. Est-ce qu'on pourrait savoir quel montant
a été dépensé sur cette prévision et
à quoi a servi ce montant?
M. CHOQUETTE: Rien n'a été dépensé.
C'était une réserve pour le financement de la Régie de
l'assurance-dépôts.
M. ROY (Beauce): En somme, c'est un crédit qui n'a
été aucunement dépensé.
M. CHOQUETTE: C'est ça.
M. LE PRESIDENT (M. Pilote): Alors ceci termine notre travail, je
crois?
M. CARDINAL: Voici, le président n'était pas ici au
début. Si le ministre était d'accord, le président
pourrait faire rapport que tous les postes sont adoptés, sauf le poste
1, qui a été réservé.
M. CHOQUETTE: Est-ce que ç'a été la coutume?
M. CARDINAL: Cela a été la coutume, on l'a fait pour
chacun des rapports de commission en Chambre et ça se fait toujours.
Sauf quand on étudie en comité des subsides en Chambre, il est de
coutume qu'on réserve un poste pour le cas où un
député aurait à s'exprimer. C'est la politique
générale de ce ministère, en présence des autres
députés qui n'étaient pas à la commission.
M. CHOQUETTE: D'accord, parfait.
M. CARDINAL: Ceci n'enraie en rien la marche normale des choses. Il
faudrait que le président fasse immédiatement rapport de la
demande du leader parlementaire...
M. CHOQUETTE: Très bien.
M. CARDINAL: Si vous me le permettez, M. le Président, je
voudrais quand même, non seulement selon l'usage, mais
sincèrement, remercier les deux présidents qui se sont
succédé à cette table et souligner que le ministre qui ne
semblait pas, au début de la session, disposé à donner
beaucoup de réponses et semblait un peu inquiet, a aujourd'hui
manifesté au contraire une tout autre attitude dont nous ne pouvons que
le féliciter. Il a, en général, répondu aux
questions que nous avons posées, surtout aux questions précises.
Il reste des questions de politique à définir, c'est normal,
depuis le nombre de mois qu'il est à ce poste. Mais je suis satisfait de
ce débat sur les crédits du ministère des Institutions
financières. Il y a certaines autres commissions où j'ai eu
à faire face à des membres du parti ministériel. J'ose
souhaiter que cette façon de défendre les crédits ou de
les attaquer, selon l'ancienne expression, devienne simplement au contraire des
débats sur les politiques des ministères et que ce ne sera pas
une défense des crédits mais une étude des crédits.
Je remercie vraiment le ministre, tout en le félicitant d'avoir
accepté les questions des députés en face de lui de la
façon dont il l'a fait à la fois avec bonhomie et avec
sincérité.
M. CHOQUETTE: Je tiens également à remercier les
présidents qui se sont succédé à la
présidence de la commission ainsi que tous les collègues qui ont
contribué à la discussion que nous avons eue ce matin. J'ai
noté les suggestions qui ont été faites et vous pouvez
être sûrs qu'elles seront mises à profit. Alors, à
l'année prochaine, par conséquent.
M. LE PRESIDENT (M. Pilote): En tant que deuxième
président, si vous voulez, président par intérim, je dois
féliciter les membres de cette commission, d'un côté comme
de l'autre, pour la gentillesse des débats et leur
célérité. Je vous remercie.
(Fin de la séance: 13 h 40)