(Neuf heures quarante-sept minutes)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission des relations avec les citoyens ouverte.
Aujourd'hui,
la commission est réunie afin de poursuivre les consultations particulières et
auditions publiques sur le projet de loi n° 46, loi sur l'amélioration de
la protection des enfants et des services de garde éducatifs.
Alors, Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Prass (D'Arcy-McGee) est remplacée par Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis).
Auditions (suite)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la députée, bienvenue.
Alors, nous allons entendre ce matin les
représentants des organismes suivants : dans un premier temps, le Rassemblement
des garderies privées du Québec, nous allons poursuivre avec la Commission de
la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador
ainsi que par l'Association des garderies privées du Québec.
Rassemblement des garderies
privées du Québec (RGPQ)
Je souhaite donc la bienvenue, pour cette
première séance, à M. Mario Ranallo, qui est le président du Rassemblement
des garderies privées du Québec. Bonjour, M. Ranallo. Alors, comme je vous
ai...
M. Ranallo (Mario) : Bonjour, Mme la
Présidente. Bonjour à tous.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Vous allez bien?
M. Ranallo (Mario) : Oui, je vais
bien.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Bon...
M. Ranallo (Mario) : J'espère que
c'est la même chose de votre côté aussi.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, comme je vous ai expliqué un petit peu précédemment,
lors de notre petit test de son, comme on dit, vous allez bénéficier d'une
période de 10 minutes pour votre exposé, et, par
la suite, nous allons entamer le... la procédure habituelle, c'est-à-dire les
discussions avec les parlementaires. Alors, le temps est à vous à partir
de maintenant.
M. Ranallo (Mario) : Merci, Mme la
Présidente. Donc, bonjour à tous. Je... Comme Mme la Présidente l'a mentionné,
je suis le président du Rassemblement des garderies privées du Québec. C'est
une association qui a plus d'une centaine de membres dans les... dans
11 régions administratives du Québec.
Le RGPQ est un acteur engagé, déterminé à
contribuer activement à l'amélioration continue des services de garde
éducatifs. Ses membres sont tous des propriétaires et gestionnaires de
garderies, autant subventionnées que non, et
ont à coeur la qualité, le bien-être et la santé et sécurité des enfants qu'ils
reçoivent. Le conseil d'administration est constitué de membres
volontaires. Nous sommes donc à même de voir l'impact direct des lois,
règlements et directives émises qui touchent
l'ensemble des services de garde ainsi que leurs effets sur les services qui
sont ultimement offerts aux enfants au quotidien.
Forts de l'expérience... de notre expérience,
nous comprenons les défis spécifiques auxquels fait face le secteur des
services de garde éducatifs à l'enfance. Nous sommes prêts à partager notre
expertise pour contribuer au bien-être des enfants, des familles ainsi que du
personnel des services de garde.
Donc, je... voici notre analyse de la
proposition pour le projet de loi n° 46. Nous mettons en lumière des
problématiques spécifiques que nous avons identifiées ainsi que des
recommandations que nous formulons pour contribuer à son amélioration.
• (9 h 50) •
Pour les
vérifications d'empêchement... d'absence d'empêchement, nous souhaitons
conserver la possibilité de facturer
des frais de vérification d'antécédents à un employé qui nous quitte après
trois mois de service. Cette demande est motivée
par le besoin de couvrir des frais élevés des demandes, qui peuvent être
substantiels et qui varient grandement d'un service de police à l'autre — ça va
de gratuit à plus de 90 $ par demande — que doit engager l'employeur
lors des embauches, en particulier dans les contextes de services de garde qui
peuvent connaître un roulement de personnel
important, plus spécifiquement pour les services non subventionnés, où il y a
plus de roulement, mais c'est quelque
chose qui existe dans à peu près tous les domaines aussi. Cette mesure
contribuerait à réduire le fardeau financier
lié à l'embauche fréquente de nouveaux employés, d'avoir ainsi la continuité et
la qualité de services offerts aux enfants et aux familles.
Nous apprécions
l'inclusion de l'article qui prolonge la validité d'une entente... d'une
attestation si la demande de renouvellement
a été faite plus de trois mois avant son expiration. Il pourrait être plus facilitant
de définir un délai maximal de délivrance, soit dans le projet de loi ou
dans les protocoles avec les instances émettant les... ces attestations.
Puisque les délais
pour les vérifications peuvent être de jusqu'à six mois dans le cas où il y a une
prise d'empreintes digitales et que ce délai empêche que la personne puisse
travailler dans le service de garde, il faudrait trouver une solution pour que ces délais soient ramenés aux mêmes
standards que pour les attestations sans prise d'empreintes.
Finalement, en ce qui
a trait à tout document de déclaration mentionné dans le projet de loi, qu'il
soit assermenté ou pas, nous pensons qu'il
serait opportun que les modèles types de celles-ci soient fournis par le
ministère afin que les services de garde puissent s'assurer de bien
respecter les exigences de ces déclarations.
Pour les suspensions
d'un membre du personnel, nous sommes généralement en accord avec les
dispositions qui ont pour effet de protéger
la santé et la sécurité des enfants que nous recevons. Nous sommes d'avis, par
contre, que des clarifications sont essentielles autant pour les raisons
imposant une suspension que dans les délais de traitement maximaux lors de
celle-ci.
Nous comprenons la
protection contre les représailles, mais nous avons aussi une préoccupation
pour les dénonciations qui seraient basées sur une forme de vengeance envers
soit le service de garde, un de ses employés ou gestionnaires. Il faudrait
trouver une façon claire et rapide de traiter les plaintes de dénonciation afin
de réduire des effets potentiellement
néfastes de celles qui ne seraient pas fondées, recevables ou même véridiques.
Nous pensons qu'une formation aux
gestionnaires des services de garde devrait être offerte afin de bien remplir
les exigences des enquêtes et ainsi d'assurer un traitement rapide de
celles-ci.
Nous avons aussi une
préoccupation en ce qui a trait au salaire de la personne qui subit une
suspension, qu'elle soit demandée par le
ministère ou par quiconque. Nous sommes d'avis que des clarifications doivent
être apportées à savoir si la suspension est avec ou sans solde. Si elle
doit être avec solde, il devrait y avoir impérativement une allocation
spécifique pour celle-ci, puisque les dépenses seront engagées sans avoir de
prestation de travail. Cette allocation devra tenir compte d'un paiement de
salaire et des frais à l'employeur. Il devra aussi y avoir des précisions dans le document sur les règles de reddition de
comptes du rapport financier annuel afin d'inclure... d'exclure ces frais dans
un tableau de rémunération par employé pour les raisons précitées, et ce, pour
ne pas impacter le calcul normal de la subvention de fonctionnement du
service de garde.
Dans le contexte
actuel de pénurie de main-d'oeuvre dans les services de garde, nous avons aussi
une préoccupation pour le maintien des services de garde aux enfants pendant
une suspension. Qui sera présent pour s'occuper des enfants s'il n'y a pas
d'éducatrice pour un groupe?
Nous exprimons
également des inquiétudes quant à la possible contradiction entre
l'article 43 du Code criminel fédéral, le projet de loi n° 46 et les
normes du travail. Nous demandons une clarification sur la hiérarchie de ces
lois et si cela pourrait entraîner des poursuites.
Protection de
l'employeur et modifications aux normes du travail. Nous appelons à renforcer
la protection de l'employeur, notamment en permettant des changements de
groupes ou d'éducatrices sans crainte de représailles de celles-ci. Des modifications aux normes de travail
sont sollicitées pour garantir un équilibre équitable entre les droits de
l'employeur et de l'employé.
Nous sommes également
d'avis que, suite à une suspension qui se terminerait par une fin d'emploi, il
est nécessaire que l'employeur soit protégé contre une éventuelle poursuite par
les normes du travail et par l'employé en cause.
Il ne serait pas très bon pour le moral des employés ni celle des parents si la
Commission des normes du travail
forçait le retour chez son ancien employeur
alors qu'un bris de confiance a eu lieu entre l'employeur et l'employé, sans compter
les frais financiers qui pourraient être imposés à l'employeur.
La section II
concernant la suspension, dans le projet de loi... la suspension de l'employé
doit être clarifiée, notamment en précisant
la... si la décision finale sur la durée de la suspension appartient au
titulaire de permis lorsque la suspension est demandée par la DPJ ou par
le ministère.
En
cas d'infraction grave, on propose une administration provisoire. Donc, nous
proposons un modèle d'administration provisoire en cas d'infraction
grave impliquant un membre de la famille, le propriétaire ou un administrateur
plutôt que la suspension du permis.
Par définition, la
suspension du permis oblige le service de garde à fermer l'installation, donc prive
de service les enfants qui y sont normalement accueillis. L'option
d'administration provisoire par un administrateur désigné par un ministère
permettrait de garantir la continuité du service aux enfants et aux familles
utilisatrices du service de garde.
Également, cette administration provisoire permettrait de conserver le lien
d'attachement des enfants avec les éducatrices ainsi que les emplois des
autres membres du personnel du titulaire de permis, tout en offrant une
solution alternative à sa fermeture. Cette option permettrait le détachement de
la personne visée, qu'elle soit actionnaire,
administrateur ou membre de la famille, tout en préservant les services aux
enfants et aux familles utilisatrices du service de garde.
Pour
les évacuations d'urgence, nous recommandons qu'une définition claire des
motifs d'évacuation d'urgence soit inscrite dans le projet de loi ou
dans une directive qui sera transmise à tous les services de garde pour éviter
les abus et assurer une application
uniforme. Cette clarification contribuera à établir des critères objectifs,
tels que les situations mettant en danger la vie des enfants.
Il sera... Il serait également nécessaire de
spécifier clairement les conditions qui permettent de lever une évacuation d'urgence ainsi que les impacts sur les
finances de l'entité, tels que les subventions, contributions parentales,
coût éventuel des travaux, etc., pendant ladite période.
Il faut également que l'impact sur les enfants,
leurs familles ainsi que le personnel du service de garde soit pris en
considération. Dans le contexte actuel du manque de personnel et du manque de
places subventionnées, il faudra voir à relocaliser, si possible, les enfants
qui seront affectés par cette décision d'évacuation d'urgence. S'il n'y a pas de service de garde pour les... pour une
centaine d'enfants, quel sera l'impact sur la localité, sur l'emploi des parents
et sur le développement global des enfants qui y sont habituellement
accueillis? Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) :
Merci beaucoup, M. Ranallo, pour cette présentation. Alors, nous
allons débuter, comme je vous le disais tout à l'heure, la période d'échange
avec les parlementaires. On va commencer avec Mme la ministre. Vous avez une
période de 16 min 30 s pour l'ensemble de votre banquette.
Alors, vous pouvez commencer dès maintenant.
Mme Roy (Verchères) : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Merci, M. Ranallo, vraiment, de cette approche
constructive, justement, pour s'assurer la santé, la sécurité de nos enfants.
Heureusement, on parle ici de cas exceptionnels, parce que la très grande
majorité de notre beau réseau, hein, un réseau qui est diversifié, qui est
créé... où on retrouve des CPE, où on retrouve des milieux familiaux, où on
retrouve des garderies subventionnées, des garderies non subventionnées... Et
nous avons tous cette même responsabilité auprès de nos enfants. Et c'est très
intéressant. En tout cas, je trouvais que vous aviez des questionnements
extrêmement intéressants.
Puis d'ailleurs j'aimerais ça vous entendre plus
précisément concernant l'administration provisoire. On ne la retrouve pas dans
le projet de loi n° 46, mais c'est une question sur laquelle on se penche
parce qu'effectivement, quand certains problèmes peuvent se produire, le
souhait, ce n'est pas de créer des bris de service, c'est de s'assurer, comme
vous l'avez bien mentionné, la santé et la sécurité des enfants. Alors,
j'aimerais ça vous entendre un peu sur votre proposition en termes
d'administration provisoire.
M. Ranallo (Mario) : Bien, en fait,
ce que... ce que vous décrivez dans le projet de loi, madame... Mme la
ministre, c'est qu'il y aurait suspension de permis dans le cas où on imagine
que ce serait le... les marchés financiers qui interdiraient ou qui permettraient...
qu'il y aurait un empêchement pour un des administrateurs d'opérer. Donc, si
l'administrateur peut être détaché des opérations quotidiennes et qu'il
pourrait être peut-être remplacé par un administrateur provisoire, bien, ça
permettrait de la continuité de service puis de continuer d'assurer la
sécurité, en éliminant le problème... j'ose... j'ose dire le problème
potentiel, mais ce n'est pas vraiment ça, mais où il y aurait peut-être un
point de contention.
Mme Roy (Verchères) : J'aimerais
ça...
M. Ranallo (Mario) : Donc, c'est...
c'est l'idée qu'on a.
Mme Roy (Verchères) : Bien, merci.
Non, je trouve que l'idée est intéressante. On pense d'abord et avant tout aux
enfants, puis je pense que vous le démontrez bien dans cette proposition, que
les enfants sont priorisés pour éviter,
justement, les bris de service, s'assurer que les enfants puissent toujours
avoir de bons... de bons services et qu'on puisse régler le problème
autrement, par d'autres moyens, en attendant. Alors, je trouve ça extrêmement
intéressant.
Je ne vous ai pas entendu, je ne sais pas si
vous avez une position concernant... On a un petit débat à savoir est-ce que
les déclarations doivent être assermentées ou non assermentées dans le... dans
le cas où on va avec des déclarations, par exemple, pour des nouveaux
arrivants, donc où il est impossible d'avoir une vérification des empêchements
d'antécédents. Il y a évidemment, au niveau fédéral, déjà une enquête qui est
faite, donc certaines règles qui sont
respectées, mais on voulait aller un peu plus loin, étant donné qu'on parle de
jeunes enfants, donc l'obligation de faire des déclarations ou dans le
cas de prolongements. Est-ce que vous vous êtes positionnés sur le fait qu'on
doit aller plus loin? Est-ce que ça doit ou non être une déclaration
assermentée?
M. Ranallo
(Mario) : Bien, je vous dirais, Mme la ministre, que, oui,
ça devrait être une déclaration assermentée parce que... surtout dans le cas de
nouveaux arrivants, où il est impossible d'avoir une attestation d'empêchement.
C'est clairement écrit, dans la loi actuelle et dans le futur projet, qu'il doit...
on doit s'assurer que la sécurité des enfants est assurée et qu'il y a vraiment
absence d'empêchement. Une assermentation, c'est beau, mais il faut qu'il y ait
un certain mordant qui vienne en arrière si
l'assermentation est fausse. C'est facile de faire une fausse déclaration. S'il
n'y a pas d'action, s'il n'y a qu'un... qu'une tape sur la main, bien,
ça ne l'empêchera pas vraiment, cette chose-là. Ça fait qu'il faut qu'il y ait... qu'il y ait l'assermentation, oui, mais qu'il
y ait... qu'il y ait une compréhension qu'il pourrait y avoir des pénalités ou quelque chose s'il y a une fausse
déclaration qui est faite, s'il y a une fausse assermentation qui est faite, minimalement.
• (10 heures) •
Mme Roy
(Verchères) : Merci beaucoup. Un autre volet, j'oserais dire,
duquel... évidemment, on a vu... Ce projet
de loi n'arrive pas là tombé du ciel comme ça. On a vu, malheureusement, des
incidents, dans les derniers mois, les dernières années, nous être
rapportés où, justement, on mentionnait la nécessité du ministère d'intervenir
plus rapidement. On s'entend, quand on parle
de santé et sécurité, c'est une... ce sont des responsabilités, oui, du
ministère, parce qu'il émet les
permis, oui, des prestataires, parce qu'il est responsable, au quotidien, de s'assurer
des bonnes pratiques.
Est-ce que vous pensez qu'il serait intéressant,
voire même souhaitable qu'on aille plus loin au niveau de la responsabilité?
C'est-à-dire est-ce qu'on pourrait inclure aussi cette responsabilité-là au
niveau des employés, par exemple d'avoir des conséquences, outre la suspension
ou les interventions qu'on retrouve en droit du travail, pour justement qu'on
comprenne bien que c'est une responsabilité qui incombe à chacun?
M. Ranallo (Mario) : Si je comprends
bien votre demande, vous voulez savoir si... Vous pensez que c'est le ministère
qui doit avoir ces pouvoirs-là ou si vous voulez déléguer les pouvoirs aux
employeurs?
Mme Roy
(Verchères) : Non, en fait, on a des intervenants qui, lors,
justement, des consultations particulières de la semaine dernière, nous
disaient : Il faut aussi que les employés puissent avoir... qu'on prévoie
des conséquences aux employés au-delà de ça, des... donc des conditions.
Est-ce que ça peut être des amendes? Ça peut-être différents éléments pour
s'assurer que la responsabilité est complète pour chacun en jouant son rôle au
niveau de la santé et sécurité des enfants.
M. Ranallo (Mario) : Je vous dirais
qu'on serait, en principe, en accord avec ça. Parce que, si on prend le cas
d'un exemple... exemple, il y a un policier qui aurait fait une faute grave,
bien, c'est le policier qui est suspendu et c'est lui qui subit les
conséquences, pas l'employeur, pas le corps de police, pas la municipalité.
Donc, si on prend cette approche-là, ça serait logique que, si c'est un employé
qui fait quelque chose de répréhensible... bien, pourquoi punir l'employeur, le
service de garde, alors que c'est l'employé qui est le problème? Je comprends
qu'il y a... il y a une hiérarchie, mais, en
même temps, il faut penser que c'est la personne qui a fait le tort qui devrait
plutôt être punie et non pas ceux qui le subissent.
Mme Roy (Verchères) : Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, Mme la ministre. Alors, je vais reconnaître
la députée de Châteauguay, c'est ça? Il reste encore 9 min 50 s.
La parole est à vous.
Mme Gendron : Bonjour, M. Ranallo.
Ça va bien ce matin? Merci d'être avec nous.
M. Ranallo (Mario) : Oui, ça va bien.
Mme Gendron : C'est un... C'est un
réel plaisir, toujours renouvelé, de vous voir. Puis, tu sais, je souligne la
grande contribution que vous avez dans les réflexions du ministère aussi. Donc,
ce n'est pas la dernière fois qu'on va se voir, de toute façon, aujourd'hui.
Donc, dans un premier temps, je voulais vous
remercier d'être avec nous, mais également revenir faire un peu de pouce sur ce
que Mme la ministre a dit un peu plus tôt relativement aux dispositions du
projet de loi portant sur la suspension, mais immédiate, du personnel
lorsqu'une situation met en jeu la santé ou la sécurité de l'enfant. Moi, je
voudrais savoir... Je crois que vous aviez dit, là, d'entrée de jeu, que la
suspension doit être clarifiée. Je pense que
vous avez peut-être des suggestions, ou est-ce que vous trouvez que, dans le
projet de loi, tout est mis en oeuvre pour la santé et la sécurité des
enfants, ou vous auriez d'autres points à amener afin vraiment de spécifier
votre pensée?
M. Ranallo (Mario) : C'est certain
que la santé et sécurité des enfants est primordiale. Tout ce qu'on fait, on
met l'enfant au coeur de toutes les actions qu'on prend. Donc, s'il y a une
suspension à faire, a priori, il n'y a pas vraiment d'objection à la faire. Ce
qu'il faut être certain de faire, c'est ne pas se mettre en situation où
l'employé pourrait... l'employé suspendu pourrait faire des dénonciations
autres qui seraient fausses et créer toutes sortes d'imbroglios qui, ensuite, feraient un effet de cascade envers soit
l'employeur ou d'autres employés et qui mèneraient à une suite presque
infinie de problèmes qui ne sont peut-être pas réels.
Donc, il faut que les conditions de suspension
soient claires, que ce soit défini par règlement ou dans la loi directement et
qu'il n'y ait pas de possibilité d'objection, dire : OK, tu m'as suspendu,
non, on considère ça comme un congédiement illégal à la Commission des normes
du travail. Puis là on a toutes les normes du travail qui sont sur le dos de
l'employeur, avec un avocat qui paie déjà l'employé, et l'employeur est pris
pour se défendre tout seul et a des frais qui sont souvent assez faramineux et qui...
En plus, dans le temps, ça s'étire. Ce n'est pas des choses qui se font dans un
court laps de temps. Ça peut s'étirer sur une période très longue. Donc, on est
absolument d'accord de suspendre quelqu'un
qui fait un acte répréhensible... répréhensible, pardon, mais il faut s'assurer
que ce qui est considéré répréhensible est clairement défini et compris
de tout le monde.
Mme Gendron : OK, parfait.
Auriez-vous des situations particulières pour lesquelles le projet de loi
pourrait assurer la protection de l'enfant? Vous nous expliquez des situations,
mais êtes-vous... avez-vous un exemple concret qu'on pourrait s'attacher, là,
qui pourrait justement prouver que les mécanismes mis en place pourraient
justement aider un
enfant qui est, malheureusement, victime de... bien, pas maltraitance, je
pourrais dire, mais plutôt de mettre sa santé et sa sécurité en jeu?
M. Ranallo (Mario) : Bien, il y a
déjà, dans le... la définition des comportements inappropriés, il y a un guide qui existe là-dessus. Il y a sûrement des
ajustements qui pourraient être faits dans ce guide-là pour venir clarifier
une situation ou venir ajouter des situations... des précisions sur qu'est-ce
qui est inapproprié et peut-être venir faire une
corrélation avec le projet de loi, dire : OK, ici, cet acte-là est fait,
vous êtes passible de suspension immédiate. C'est direct, là, que ce
soit clairement défini qu'on n'ait pas à... pas juger, mais à être laissés à
nous-mêmes pour décider si c'est une suspension ou pas, parce que, si ce n'est
pas clair, bien, c'est sujet à interprétation, puis, quand c'est sujet à
interprétation, bien, il n'y a pas une application uniforme, et c'est ça qui
devient dangereux. Comme dans à peu près tout,
si ce n'est pas clair, bien, un dit gris, l'autre dit blanc, et une troisième
personne va dire noir, puis, dans le fond, en réalité, c'est qui qui
va... qui va prendre la décision finale?
Mme Gendron : OK, et...
M. Ranallo (Mario) : Donc, ça
prend... place des directives claires. Excusez-moi.
Mme
Gendron : Non, non, excusez-moi, c'est moi qui vous ai
coupé. Donc, vous considérez, par contre, que les mécanismes qu'on veut mettre en place sont suffisants, mais il faut
simplement les clarifier. C'est ce que je comprends?
M. Ranallo
(Mario) : Minimalement, oui. On verra, selon les
clarifications, s'il y a d'autres... d'autres choses à apporter, mais,
oui, ça demande des clarifications et des précisions.
Mme Gendron : Parfait. Est-ce que
j'avais des collègues qui voulaient poser une question? Oui? Merci beaucoup, M.
Ranallo.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Alors, je vais céder la parole à la
collègue de Laviolette—Saint-Maurice.
Il reste encore six minutes, et je pense que la ministre va reprendre, vers la
fin, là, quelques questions additionnelles. Allez-y.
Mme Tardif : Bonjour, M. Ranallo.
Merci, là, de représenter ces importants entrepreneurs, je dirais, parce que ce
sont des entrepreneurs. J'en ai dans mon comté, et, depuis déjà quelques années,
ils font appel à nous, et ça nous fait toujours plaisir, là, de vous entendre
et de travailler avec eux parce que c'est important.
Selon vous, les articles qui sont proposés...
Parce que, vous l'avez soulevé, il y a une problématique de main-d'oeuvre. Vous
abordez ce sujet-là en disant : Oui, si on suspend une éducatrice... un
éducateur, éducatrice, il y a le... prendre
soin de l'enfant, mais il y a aussi toute la question, là, avec l'éducatrice...
par rapport à l'éducatrice, par rapport à la hiérarchie, par rapport à l'employeur, et là je vous amène vers
l'embauche de travailleurs, travailleuses immigrantes. Je ne sais pas si
vous avez, avec vos membres, discuté de ce sujet-là. Est-ce que dans la loi,
dans ce qu'on propose actuellement avec les
VAE... Les personnes qui sont récemment arrivées au Canada, est-ce qu'ils sont
bien adaptés au recrutement de la main-d'oeuvre étrangère? Est-ce qu'on
permet d'assurer la sécurité des enfants?
M. Ranallo (Mario) : Je vous dirais
que c'est un petit peu difficile à évaluer parce que l'immigration... Le
recrutement à l'international pose des sérieux défis. Un, le premier qu'on
voit, c'est le temps, le temps que ça prend avant
d'avoir quelqu'un qui va être ici, sur le plancher, et être capable de
travailler. Avec tous les délais qui sont imposés, autant par le fédéral, que
par le provincial, que tout ce qui... toute la bureaucratie, la machine qui
doit avancer, on entend que ça peut prendre de 12 à 18 mois avant
d'avoir quelqu'un sur le plancher. Dans le cas... Juste un exemple, dans le cas
où une éducatrice devrait quitter en retrait préventif pour maternité et
ensuite en maternité, le départ est à peu près de 17 à 19 mois avant le retour.
Si ça prend 18 mois pour avoir quelqu'un de l'étranger, bien, l'employée va être revenue. Donc, il y a... Ça
peut être une solution qui va fonctionner dans certains... certains milieux,
dans certaines régions, mais, dans d'autres, ça pourrait être problématique.
• (10 h 10) •
C'est certain
qu'une des préoccupations qu'on a levées, c'est justement les vérifications
d'absence d'empêchement pour ces personnes-là, parce que les vérifications sont
faites sur les bases de données canadiennes. À moins qu'on trouve une
solution de pouvoir le faire avec des bases de données dans les pays d'origine
de ces personnes-là, ça prendrait des
ententes, j'imagine, avec le fédéral et les polices locales pour voir s'il y a
possibilité de vérifier ces genres de choses là, je pense qu'il faut rester
prudent. Tu sais, les personnes, même pendant une année... c'est certain que,
pendant l'année où elles sont ici, il
pourrait y avoir des choses qui vont se présenter. Est-ce que ces choses-là
vont faire qu'on va devoir couper le lien d'emploi, terminer le lien d'emploi
parce qu'il y a quelque chose qui empêcherait de travailler? C'est quelque chose qu'il faut effectivement penser, mais, si on
pouvait aller chercher les informations directement à la source, dans le
pays d'origine, ça pourrait peut-être rassurer les parents et les employeurs.
Mme Tardif : Je vous pose une
question très rapide parce que la ministre veut... et c'est sa priorité, là.
Vous demandez qu'il y ait une formation de
gestionnaire qui soit offerte, une formation plus cadrée, plus ample, de plus
grande ampleur, là. À quel niveau vous voyez ça? Est-ce que... est-ce
que vous voulez qu'on vous impose ça dans la loi?
M.
Ranallo (Mario) : Pas nécessairement, mais ça pourrait venir dans les
précisions à faire. Pour permettre une
formation, une application uniforme, je pense que c'est nécessaire que tout le
monde ait la même information et tout le monde lise la même page avec
les mêmes données.
Mme Tardif : Merci.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Merci. Alors, Mme la ministre, il reste 1 min
45 s.
Mme Roy (Verchères) : ...poser ma question
rapidement. Vous insistez beaucoup sur l'éclaircissement, justement, des
conditions de suspension, et on le comprend très bien. Est-ce que la solution
ne pourrait pas se retrouver justement dans une nouvelle version du guide des pratiques inappropriées qu'on pourrait
justement travailler et qu'il y ait par la suite une formation donnée
aux gestionnaires pour s'assurer que tout le monde comprenne la même chose?
M. Ranallo (Mario) :
Si c'est la solution utilisée, oui, en autant que c'est clarifié, c'est
écrit, et que c'est diffusé à tous, et qu'il y ait une formation qui soit mise
à tous, comme je disais il y a 30 secondes, pour s'assurer que tout le monde
est exactement sur la même page pour qu'on applique les mêmes lois et
règlements partout, dans les mêmes conditions, pour être uniformes.
Mme Roy
(Verchères) : Merci.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Il vous reste encore une minute, là, si vous
voulez conclure.
Mme Roy (Verchères) : Alors, bien, peut-être,
dans ce cas-là, j'aimerais peut-être juste revenir aux représailles,
parce que vous sembliez intervenir au niveau, par exemple, des plaintes qui
n'étaient pas fondées. Alors, est-ce que
c'est un cas courant que vous voyez au niveau du fait qu'on protège contre les
représailles au moment où ils ont des plaintes?
M. Ranallo
(Mario) : Il y a des cas. On en a entendu parler. Il y a des employés
qui pourraient avoir une certaine grogne parce qu'il y a eu quelque chose qui
n'a pas fait leur affaire, et il y a une demande qui a été refusée peut-être
par l'employeur, de congés ou des choses comme ça, et, soudainement, on reçoit
un coup de téléphone du ministère de la Famille... (panne de son) ...reçu une
plainte pour telle raison. Étant donné que la personne serait protégée de
représailles, alors que c'est elle-même qui a fait une déclaration ou une
plainte qui peut être non fondée, bien, il
faudrait peut-être s'assurer des traitements rapides, parce que ça
met un stress sur l'employeur, ça met un stress sur les autres employés
et, ultimement, bien, ça se ressent sur les enfants. Donc, si on veut que
l'enfant continue de bénéficier d'un bon service, il faut s'assurer que tout
est bon.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Merci, M. Ranallo. Alors, le temps
imparti au gouvernement vient de se terminer. Par contre, je me tourne du côté
de l'opposition, avec la députée de Westmount—Saint-Louis. Vous avez un peu plus
de 17 minutes avec le temps réparti. La parole est à vous.
Mme
Maccarone : Merci. Bon matin, M. Ranallo. Je vous laisse le soin de
terminer votre réplique parce que j'avais à
peu près la même question que la ministre. Ça fait qu'est-ce que vous avez
quelque chose que vous souhaitez ajouter?
M. Ranallo
(Mario) : Non. Ça vient rentrer dans le cadre de temps.
Mme
Maccarone : Parfait. C'est bien. Avez-vous l'intention, par hasard, de
déposer un mémoire en nom de votre groupe?
M. Ranallo
(Mario) : Oui.
Mme Maccarone :
Oui? OK, ça fait qu'on a un mémoire qui s'en vient, puis est-ce que vous...
M. Ranallo
(Mario) : Oui, ce que je vous ai lu, je vais l'envoyer à la Commission
des relations avec les citoyens après la... après ma présentation.
Mme Maccarone :
Excellent. Ce serait grandement apprécié. Ça nous aide beaucoup dans nos
démarches, surtout en arrivant à l'étape de l'étude détaillée du projet de loi.
Je souhaite vous
entendre, parce que c'est un projet de loi que, tout le monde est d'accord, est
très technique. C'est un projet de loi que, je pense, est aussi nécessaire en
ce qui concerne la protection de nos tout-petits, mais quelles, selon vous, seront les principaux préoccupations par rapport à
l'application? La loi est adoptée. Selon vous, dans votre réseau, ce
serait quoi, les principaux préoccupations?
M. Ranallo (Mario) : La principale
préoccupation qu'on a entendue de nos membres est en rapport avec les
suspensions des éducatrices et les... La protection des représailles des
employés, on le comprend, c'est protégé par la loi des
normes du travail, mais c'est vraiment... On aurait peur qu'il y ait comme une
utilisation abusive de plaintes non fondées qui soit faite, et l'employé serait
protégé. En même temps, dans les conditions actuelles, sans le projet de loi,
si l'employé est mis à la porte pour des raisons... pour quelque raison, là, en
autant que ce soit légal... oui?
Mme
Maccarone : On a entendu un exemple, la semaine passée, d'une
éducatrice qui est dans la pouponnière en train de changer une couche, par
exemple, puis on a des amis par terre, puis on en a un qui se dirige vers
l'autre, puis on sait qu'il y a une morsure
qui s'en vient, puis l'éducatrice ou l'éducateur, mais probablement
l'éducatrice, elle va lever le ton, mais ça se peut qu'elle va être
assujettie à une sanction de son employeur, par exemple.
M. Ranallo (Mario) : Effectivement.
Mme Maccarone : Ça fait que c'est ce
type de scénario que vous êtes en train d'expliquer, je présume?
M. Ranallo (Mario) : Bien, ce
type-là, et un autre scénario qui nous fait peur, c'est... Si la personne est
suspendue, elle est ultimement mise à pied, puis il y a un bris de contrat
d'emploi, et qu'il y a une plainte, ensuite, qui est déposée à la CNT, et qu'on
doit réintégrer cet employé-là après, ça, honnêtement, ça fait excessivement
peur parce que, si on s'est... on a procédé à... le bris d'emploi... du lien
d'emploi parce qu'il y avait une raison valable de le faire selon la loi, la
présente loi qu'on étudie, que vous avez étudiée, mais qu'on soit pris pour la
réintégrer après, qu'il y a eu un bris de confiance avec l'employé, ce n'est
pas très, très bon pour le moral des troupes, ce n'est pas bon pour les parents, et on sait qu'on est pris
pour réintégrer un employé qui a déjà causé des problèmes. Donc, on ramène
un élément problématique dans le service de
garde, et ça, ça mine les parents, les employés, et ça peut ultimement miner
la confiance entre l'employeur et les employés.
Mme Maccarone : Selon vous, est-ce
qu'actuellement il y a beaucoup de fausses plaintes, entre guillemets, dans le
réseau?
M. Ranallo (Mario) : Il y a des
plaintes qui sont déposées. Maintenant, je ne suis pas à même... Je n'ai pas
accès... Évidemment, comme la plupart des employeurs, on n'a pas accès au
registre des plaintes, mais, oui, il y a des plaintes
qui sont déposées. Des fois, il y a des parents qui font des plaintes parce
qu'eux jugent que... comme vous dites, un enfant s'est fait mordre,
bien, un parent n'a pas aimé que son enfant se fasse mordre deux fois dans une
semaine. Ça nous est arrivé à nous, à la garderie, un enfant s'est... un enfant
de 20 mois a été mordu par un enfant de 19 mois deux fois dans une
semaine, et le parent a fait une plainte et a résilié son contrat. En même
temps, ce même... ce même parent là n'a pas accepté la plainte d'un autre
parent... bien, une complainte d'un autre parent parce que son enfant avait
arraché une couette de cheveux à un autre poupon. Il y a une certaine
intolérance au niveau des parents. Donc, il faut... il faut aussi baliser ce
côté-là.
Mme Maccarone : Sauf que ça, ce
n'est pas des plaintes envers les employés.
M. Ranallo (Mario) : Non, mais c'est
le...
Mme Maccarone : Ça, c'est des
plaintes en ce qui concerne des circonstances entre enfants.
M. Ranallo (Mario) : Je suis
d'accord avec vous, mais, ultimement, ça pourrait aussi... Les plaintes peuvent
venir d'un parent aussi vers la DPJ. Donc, ce genre de chose là peut être
aussi... et ça, la DPJ est couverte par le présent projet de loi.
Mme Maccarone : OK, parce que, c'est
ça, comme vous le savez, vous avez lu le projet de loi, il n'y a rien dans le
projet de loi qui va régler ça. Ça fait que je suis d'avis, comme la ministre,
que le guide de pratiques peut être bonifié.
J'espère que vous allez contribuer, si ça fait partie des intentions du
gouvernement de faire un renouvellement, parce que je pense que c'est
nécessaire. Évidemment, les choses ont beaucoup changé.
M. Ranallo (Mario) : Effectivement.
Mme Maccarone : Ça m'a surprise,
quand vous avez parlé de vos principales préoccupations, vous n'avez pas parlé
des frais. Je présume que vous engendrez des frais en ce qui concerne la
vérification des antécédents, puis, maintenant, on parle de la vérification des
absences d'empêchement. Est-ce que, dans votre réseau, c'est vos partenaires qui assument les frais? Parce que, si
vous n'êtes pas sur le territoire de la SQ, bien, dans le fond, vous êtes
dans une municipalité avec leur propre corps de police. Alors, c'est...
habituellement, c'est le CPE ou la garderie qui paie pour ce service. Avez-vous
une idée de combien que ça coûte puis combien que ça peut coûter? Peut-être,
vous avez fait des projections de coût dans le futur?
• (10 h 20) •
M. Ranallo (Mario) : En fait, j'en
ai parlé, ça varie grandement d'un corps de police à l'autre. Ça va de gratuit
à... À Montréal, c'est maintenant rendu 92 $ par demande de vérification.
Donc, ça, c'est des frais qui sont là. Ça
semble tourner entre... Je dirais, entre 50 $ et 90 $, ça semble être
les frais courants. Je sais qu'il y a des demandes qui ont été faites par d'autres associations pour
que ce soit la SQ qui fasse ça gratuitement pour tous. Ça pourrait être une
solution. Maintenant, est-ce que ça va
accélérer les traitements? C'est une question qui demeure, parce qu'à Montréal
actuellement on parle d'à peu près trois mois de délai, et ça, c'est...
Mme Maccarone : De trois mois? On
a... Est-ce que ça, c'est considéré minimal?
M. Ranallo (Mario) : Ah! de
minimalement trois mois, oui.
Mme Maccarone : Puis ça peut aller
jusqu'à... jusqu'à un an? Le plus long, c'est quoi?
M. Ranallo (Mario) : J'ai entendu
des cas où, s'il y a une demande de prise d'empreintes digitales qui doit être
faite parce que le nom ou la date de naissance sont les mêmes, ça peut aller
jusqu'à huit... huit mois. Donc, pendant ces huit mois-là, la personne pour qui
on fait la demande, bien, elle ne peut pas travailler. Donc, on est en bris de service pendant ce temps-là. Donc, ça,
c'est problématique. Une chance que ce n'est pas des choses qui arrivent
souvent, mais une demande régulière de renouvellement d'empêchement prend
généralement entre deux et trois mois à Montréal. Il y a d'autres endroits où
ça se fait la même journée, il y en a d'autres que c'est en dedans d'une
semaine, mais, dans les grandes municipalités, ça semble être plus long.
Mme
Maccarone : OK, et puis, si on avait un programme qui serait
harmonisé, par exemple, selon vous, un délai raisonnable, ce serait
quoi?
M. Ranallo (Mario) : Ce serait bien
si ça pouvait être fait en dedans de deux semaines ou même plus vite, si possible. Ça permettrait au moins de dire :
OK, maintenant, on a eu les absences d'empêchement, on a la preuve de premiers
soins, donc vous pouvez commencer à
travailler, parce que plus le délai est long... On est en pénurie de
main-d'oeuvre. Bien, on s'expose à un potentiel bris de service.
Mme Maccarone : Ça fait que vous,
vous êtes d'avis, d'abord, que l'assermentation serait utile entre-temps pour
pallier à le délai entre la demande puis la résiliation de la demande?
M. Ranallo (Mario) : Effectivement.
Mme
Maccarone : Est-ce que vous avez une idée... Mettons, si je
disais que... un exemple, on a une éducatrice, on fait la demande de
vérification d'absence d'empêchement puis... est-ce que ça peut durer... puis
huit mois... Est-ce que cette personne, le fait qu'elle, elle avait fait
une assermentation, il devrait y avoir une durée dans le temps? Mettons, ça
doit durer trois mois puis être renouvelé quatre mois ou être renouvelé... ou
est-ce que le fait que la personne est assermentée,
puis on n'a toujours pas eu une copie de la vérification d'absence
d'empêchement, c'est bon pour 12 mois, par exemple, ou est-ce qu'on
devrait avoir une limite qui serait imposée?
M. Ranallo (Mario) : Ça pourrait
être bon d'avoir une limite. Ce n'est pas... ce n'est pas une mauvaise idée en
soi, peut-être la limiter à six mois renouvelables, faire comprendre aussi que,
si l'assermentation est fausse ou que l'absence d'empêchement revient avec...
l'attestation revient avec un empêchement, qu'il pourrait y avoir bris de
service ou bris de conditions qui permettrait de... l'employabilité, oui, ça
pourrait être une chose, certainement.
Mme Maccarone : OK. Le projet de loi
fait référence aussi à des personnes majeures. Dans votre réseau, avez-vous des
personnes mineures, en bas de 18 ans, qui travaillent dans le réseau?
M. Ranallo (Mario) : Il y en a
sûrement. On voit souvent des questionnements qui se font pour, justement, des
personnes mineures, pour... surtout l'été pour aider les éducatrices, comme
aides-éducatrices dans les... pour les périodes
de vacances. C'est des choses qu'on voit, mais est-ce qu'il y aurait des
données suffisantes dans les bases de données justement pour permettre
d'avoir une attestation d'empêchement pour les personnes mineures? La question demeure. Je pense que ça, c'est plus du côté de la
sécurité publique et des corps de police qu'ils pourraient répondre à cette
question-là, malheureusement.
Mme Maccarone : Puis, s'il y avait
une modification au projet de loi qui disait «toute personne qui oeuvre au sein
de les services de garde, que ce soit majeure, mineure ou autre personne qui
offre un service ou un bien, devrait être
assujettie à une vérification d'absence d'empêchement», est-ce que vous seriez
d'accord avec ce type de libellé?
M. Ranallo (Mario) : Je vous dirais
que oui, parce que ce qu'on veut, dans le fond, c'est protéger les enfants.
Donc, tout ce qui... tous les gens qui pourraient ultimement graviter autour
des enfants devraient être assurés qu'il n'y a pas d'empêchement.
Effectivement, je suis d'accord avec cet...
Mme Maccarone : Puis peut-être une
dernière question pour moi, M. Ranallo. Vous avez fait référence, dans votre allocution, par rapport à l'évacuation
des enfants puis peut-être le manque un peu des balises, quand est-ce que les enfants peuvent revenir. On voit les
références de ceci dans le projet de loi, c'est l'article 12, qui modifie
81.0.3. Et il y
a l'Association des garderies privées
du Québec, eux, dans leur mémoire, ils
vont témoigner plus tard cet après-midi,
eux,
ils font la recommandation... Parce que l'article se lit : «Lorsqu'un
inspecteur ou un enquêteur a des motifs raisonnables de croire que la santé, la sécurité ou le
bien-être des enfants reçus dans une [...] compromise, notamment s'il estime
que l'état d'une installation ou d'une partie de [...] toute autre
mesure [...] peut être prise — etc. — [pour] l'évacuation des enfants...» Ils proposent de supprimer «ou le
bien-être des enfants». Ça fait que ça lira : «Lorsqu'un inspecteur ou un
enquêteur a des motifs raisonnables de croire que la santé, [et] la sécurité
des enfants reçus dans une installation...» Est-ce que ceci rejoint un
peu ce que vous avez soulevé comme préoccupation? Est-ce que ça résout le
problème pour vous?
M. Ranallo
(Mario) : Oui et non. Tout... tout va dans la définition de
«bien-être». Qu'est-ce qui constitue le bien-être des enfants? Est-ce que c'est
la température? Est-ce que c'est le fait que la nourriture est adéquate, en
quantité suffisante? Il y a tout ce côté-là. La définition de «bien-être» n'est
pas... n'est pas claire. Donc, il faudrait dire... il faudrait définir ce qu'on
entend par «bien-être» pour constituer une évacuation.
Mme
Maccarone : Merci, Mme la Présidente. Je vais céder la parole à ma
collègue.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Alors, je laisse la parole à la députée de...
Mme McGraw : ...
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Notre-Dame-de-Grâce. Merci beaucoup. Il vous
reste encore 4 min 45 s.
Mme McGraw : Merci.
Alors, j'en profite pour vous saluer, Mme la ministre, et la banquette
ministérielle... les collègues. C'est la
première fois que je participe à cette commission. Donc, merci de m'accueillir.
Je suis très fière d'être ici en tant que députée, mais aussi mère de
famille de trois garçons, dont les trois ont fréquenté et fréquentent encore... le dernier, un CPE, et les garderies subventionnées
et non subventionnées. Donc, je suis en contact journalier avec les
éducatrices et les coordonnatrices. J'ai beaucoup de feedback.
J'irais
sur les plaintes, j'aimerais revenir, M. Ranallo, sur les plaintes. Est-ce que
vous... selon votre expérience... et moi, je regarde, justement, pendant
l'étude des crédits, une donnée de... 2 809 plaintes ont été reçues,
c'est-à-dire retenues et traitées par le ministère, totalisant 4 200 objets de
plainte. Donc, les statistiques incluent aussi, si je comprends bien, le nombre
de signalements signifiés au ministère, et il est à noter que la décision de
retenir ou non un signalement relève de la
direction de la DPJ, effectivement, après l'analyse du dossier. Vous avez parlé
de cas où l'enfant va mordre un autre enfant ou tirer les cheveux.
Est-ce que, selon vous, il y a des plaintes... c'est rendu dans l'abusif? Parce
que, si je comprends bien, le projet de loi ne s'adresse pas à ce... Justement,
on ne va pas régler la situation des plaintes, mais je veux vous entendre
là-dessus.
M. Ranallo
(Mario) : Effectivement, le projet de loi ne parle pas des plaintes
comme telles, mais, des fois, je vous dirais
que les parents ne comprennent peut-être pas le développement de leur enfant.
C'est clairement documenté qu'un poupon, un enfant qui ne parle pas va
utiliser sa bouche, va mordre. Ça fait partie de son développement, c'est
décrit, c'est défini, c'est compris. Par contre, il y a des parents qui, eux,
ne le voient pas comme ça et pensent qu'aussitôt
qu'il y a une morsure il y a un problème de sécurité pour son enfant.
Maintenant, on a beau essayer de faire comprendre aux parents que ce
n'est pas le cas, que c'est le développement normal, mais il y a des parents
qui ne comprennent pas.
Une autre chose qu'il
faut comprendre, c'est que tous les services de garde doivent avoir un
processus, une procédure de traitement des
plaintes, et cette procédure-là est transmise au ministère de la Famille lors
du renouvellement de permis et elle est approuvée par le ministère de la
Famille. Souvent, les plaintes se ramassent directement au bureau des plaintes
du gouvernement, et je ne sais pas s'il y a peut-être... on saute trop vite sur
le bouton, dire : Oui, la plainte est recevable, puis on va envoyer un
inspecteur. Donc, le ministère engage des frais, du temps et beaucoup de...
beaucoup de temps, je dirais, même, pour aller vérifier des choses qui, dans le
fond, en bout de ligne, sont... la plainte
est rejetée ou sans aucune autre action. Donc, il faudrait peut-être référer au
processus de traitement des plaintes des services de garde avant de
dire : Bien, on va accepter la plainte.
• (10 h 30) •
Mme McGraw : Merci.
J'ai d'autres questions, mais je vais me limiter à une dernière question.
M. Ranallo
(Mario) : Allez-y.
Mme McGraw : Selon
vous, votre expertise, votre expérience, selon vous, qu'est-ce qui manque dans
ce projet de loi?
M. Ranallo
(Mario) : Il manque de certaines clarifications. Comme je le
mentionnais dans le mémoire que je vais soumettre un peu plus tard, il faut
juste s'assurer que tout le monde est exactement sur la même page pour qu'il y
ait une application uniforme, pour éviter les divergences ou les
interprétations.
Mme
McGraw : Merci. Est-ce qu'il y a autre chose que vous voulez ajouter?
Je pense que c'est la dernière question
qu'on va pouvoir vous poser. Donc, au nom... au nom de la commission, est-ce
que vous avez des choses à ajouter, quelques éléments? Je pense qu'il
vous reste quelques secondes.
M. Ranallo (Mario) : Non, je n'ai pas
d'élément, mais je tiens à remercier la commission pour nous avoir invités
à proposer nos solutions, nos observations. Merci à tous.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci
beaucoup, M. Ranallo. Merci, mesdames, pour cet échange... ces échanges
fructueux.
Alors,
nous allons suspendre quelques instants, le temps de recevoir le prochain
groupe. Merci beaucoup pour votre présence à la commission, M. Ranallo.
Bonne fin de journée.
(Suspension de la séance à
10 h 31)
(Reprise à 10 h 35)
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : À
l'ordre, s'il vous plaît! La Commission des relations avec les citoyens
reprend ses travaux.
Donc, pour le second
groupe, nous recevons la Commission de la santé et des services sociaux des
Premières Nations du Québec et du Labrador. Alors, bienvenue à M. Patrice Lacasse, qui
est gestionnaire de la petite enfance, ainsi qu'à M. Michel
Deschênes, analyste des politiques. Alors, à nouveau, bienvenue à la
commission. Donc, pour les 10 prochaines minutes, nous allons vous
écouter, écouter votre exposé, et par la suite nous allons entamer la procédure
habituelle, c'est-à-dire les discussions avec les parlementaires. Alors, la
parole est à vous.
Commission de la santé et des services sociaux des
Premières
Nations du Québec et du Labrador (CSSSPNQL)
M. Lacasse
(Patrice) : Bonjour à tous, députés, Mme la ministre. Merci beaucoup
pour l'invitation pour qu'on puisse vous exposer les éléments du mémoire.
Pour le bénéfice des
gens qui ne nous connaissent pas la Commission de la santé et des services
sociaux des Premières Nations du Québec et
du Labrador, c'est un regroupement
des communautés Premières Nations, là, à l'exception de la nation crie
et naskapie. Ça n'empêche pas qu'on fait beaucoup de choses ensemble. C'est une
organisation à but non lucratif créée par l'APNQL en 1994, environ, là, 120 à
130 employés. Il y a plusieurs secteurs qui la composent : santé,
services sociaux, gouvernance, recherche, ressources informationnelles,
développement social et les services à la
petite-enfance. Notre mission est d'accompagner les Premières Nations dans
l'atteinte de leurs objectifs en matière de santé et de mieux-être et
aussi en termes de culture et d'autodétermination. On reçoit nos mandats de la part du conseil d'administration de l'organisation
et aussi de la part de l'Assemblée, de l'APNQL, de l'Assemblée des Premières Nations Québec,
Labrador.
Juste un petit
rappel, il y a une entente qui lie le ministère de la Famille avec la
commission depuis 2015. Certains pouvoirs sont délégués, là, en matière, là, de
la Loi sur les services de garde éducatifs à l'enfance.
Donc, moi, je vais
aborder le sujet de la maternelle quatre ans, que l'on appelle, et aussi la
médecine traditionnelle. Mon collègue, M. Deschênes, va aborder la
question plus sur la sécurité, donc traitement de l'absence d'empêchement et
les corps policiers autochtones ou tous corps policiers.
Donc,
pour ce qui est de la maternelle quatre ans, en avril 2021, il y a eu la loi,
là, qui a été amendée, le PL n° 1 sur les services de garde
éducatifs qui interdisait, en fait, à tout détenteur de permis de recevoir les
enfants d'âge scolaire. Donc, un enfant ne
pouvait pas fréquenter un service de garde, tel qu'un CPE, et aller à la
maternelle quatre ans. Donc, on a porté à l'attention de la ministre les
difficultés qui étaient... qui nous étaient rapportées et on demandait aussi un
certain temps pour qu'on puisse effectuer un portrait un peu plus... plus
profond, un peu plus en profondeur.
Ça a été intéressant,
parce qu'on a eu une lettre qui faisait état que les communautés n'étaient pas
soumises à sa disposition, le temps qu'on puisse trouver des solutions. Donc,
ce qui est arrivé, c'est qu'on a pu travailler avec nos vis-à-vis, et c'est
quand même intéressant, là, on accueille bien la solution qui est apportée par
l'article 121.2, là, qui prévoit que, dans le cadre d'une entente, là, à établir,
là, que les enfants pourraient fréquenter un service de garde et aller à la
maternelle quatre ans s'il y a l'absence de service de garde scolaire.
Bon, c'est bien,
comme solution, c'est vraiment intéressant. Par contre, ça ne va peut-être pas
assez loin. Ça ne va pas assez loin parce
que, dans certaines communautés, même s'il y a présence de services de garde
scolaires, il peut y avoir des difficultés pour un enfant à avoir les
services adéquats. Puis ce n'est pas par mauvaise volonté, évidemment. Souvent, c'est une question de
structure, de la disponibilité de ressources matérielles, infrastructure
financière ou même humaine.
Aussi, afin
d'accueillir le plus d'enfants possible, dans certaines communautés, les écoles
vont, je dirais, moduler ou permettre des heures atypiques pour la maternelle
quatre ans, et ce qui fait qu'encore une fois, exemple, ça peut être juste le matin, mais, durant l'après-midi, bien, l'enfant
pourrait se retrouver sans droit, là, parce qu'il se ferait refuser,
comment dire, de retourner au centre de la petite enfance.
Donc,
c'est ce qu'on se demande... Ah! puis il y a même aussi d'autres situations
encore plus, je dirais, tordues, heureusement qui sont peut-être
marginales, mais où est-ce qu'un enfant de quatre ans ne peut pas, durant
l'été, retourner. Bien, c'est-à-dire qu'il y aurait, là, un service de garde
scolaire qui pourrait l'accueillir durant le temps de l'école, mais, durant l'été, bien, il ne pourrait même pas fréquenter un
camp d'été parce que les camps d'été, c'est pour les cinq ans et plus.
Et ça, encore là, c'est s'il y a présence de camps d'été dans la communauté.
Donc, dans... pour ces raisons-là, on vous
recommande, là... on recommande à ce qu'on puisse permettre l'accès aux services de garde, malgré la présence de
services de garde scolaire. Et, dans le fond, c'est toujours dans une... aussi dans une optique de laisser la liberté à la
communauté de pouvoir déterminer les meilleures... les meilleures solutions.
• (10 h 40) •
Pour ce qui est de la médecine traditionnelle,
on a l'article 121 du Règlement sur les services de garde éducatifs à l'enfance, où est-ce qu'on dit que le
personnel peut administrer un médicament à l'enfant avec l'autorisation des parents, là, puis sans avoir l'autorisation...
ou une prescription ou l'autorisation d'un médecin. Le projet de loi n° 46
veut étendre cette disposition-là, en fait, aux produits naturels. Cependant,
dans la définition de «produits naturels», à l'article 116
du règlement, on ne vient pas inclure les remèdes traditionnels. Par exemple,
je dirais qu'au fédéral il y a le Règlement sur les produits de santé
naturels, là, qui inclut les remèdes traditionnels. Donc, on se demandait si on
ne pourrait pas faire effectuer un peu le même exercice.
En plus, un petit défi de plus, c'est que les
produits naturels doivent être visés par un protocole établi, là, en vertu de
l'article 108.0.01... 108.0.1, ce qui n'est pas possible avec l'entente
que l'on a, donc... Parce que, dans le fond, ce n'est pas un pouvoir qui est
délégué via cette entente-là. J'imagine que... Je présume qu'à ce moment-là on
ne pensait pas en avoir besoin, donc ça n'a pas été le sujet. Puis aussi,
évidemment, le besoin d'établir des comités mixtes, là, ministère de la
Famille, et commission de la santé, et autres aussi détenteurs qui sont
Premières Nations ou Inuits pourraient participer à l'exercice, là, afin
d'élaborer des protocoles de ce genre. Et ça, je fais... je réfère à la
recommandation n° 6. Trois minutes? Désolé,
M. Deschênes.
M. Deschênes (Michel) : Si vous
le permettez, je vais enchaîner maintenant. Merci, Mme la Présidente, Mmes, MM.
députés et commissaire. La question que je vais aborder, c'est principalement
celle qui est liée à la protection... les
mesures de protection des enfants, mais surtout la création d'une instance
appelée Comité d'examen des empêchements.
Le Comité d'examen des empêchements, il a été
introduit par l'article 82.2.26 qui se trouve à l'article 13 du projet de
loi. Et, dans cet article-là, il est dit qu'«est institué le Comité d'examen
des empêchements». Et ce comité des... ce comité d'examen là va traiter toutes
les demandes qui vont avoir été acheminées par les services policiers sur les déclarations d'empêchement potentiel.
Après avoir rendu son avis, le comité d'examen va faire suivre les demandes au
tiers qui est... évidemment, on dit «le tiers», là, dans l'article, qui doit
ensuite apprécier les déclarations en vertu de l'avis qui aura été donné
par le comité.
Les constats qu'on fait, c'est que,
premièrement, il faut se rappeler que, là, nous, nous sommes un organisme
mandataire ou qui a des pouvoirs délégués. C'est que le comité en lui même, il
est créé par la loi elle-même, ce n'est pas un pouvoir qui est attribué au
ministre. Donc, au départ, le Comité d'examen des empêchements, ce n'est pas un
comité que peut créer, par exemple, la commission ou une instance mandataire.
Ensuite, le comité communique au tiers un avis écrit, et, parmi les tiers
désignés, quand on regarde les autres articles de loi, il y a le ministre, lorsqu'il
est question des administrateurs ou des
titulaires... des demandeurs ou titulaires de permis. Et il y a aussi les
demandeurs ou titulaires de permis, lorsqu'il s'agit d'apprécier la
candidature d'un dirigeant principal dont la fonction précédente serait, par
exemple... ça pourrait être un stagiaire, un bénévole ou une autre personne qui
est au service, employé par le CPE, alors les demandeurs de permis.
Alors, ça a pour conséquence que quand on
regarde cette définition-là, quand on regarde les discussions du projet de loi,
le projet de loi, il n'apporte aucune précision permettant de savoir si cette
obligation s'étend aussi aux organismes ayant signé une entente de délégation
avec le ministre. L'entente de délégation qui lie la commission au ministère ne
comporte pas de disposition permettant d'interpréter clairement de quelle
manière appliquer des modifications de cette nature ou pouvoirs qui nous sont
délégués par le ministre. Comme organisme mandataire, là, on ne peut même pas
appliquer, disons, un effet miroir, parce que ce n'est pas un pouvoir qui est
délégué au ministre. Alors, les effets sont
assez sérieux. C'est que, là, présentement, on a une entente de délégation où
les Premières Nations... la
commission joue un rôle en recevant des pouvoirs délégués du ministre et joue
son rôle vis-à-vis des CPE autochtones qui sont adhérents à l'entente.
Là, dans la situation actuelle, la commission, qui présentement a un comité
d'analyse pour les empêchements, les
demandes d'empêchement, va traiter elle-même, avec son comité d'analyse, ces
dossiers-là. La même chose pour les
titulaires de permis, dans les communautés, qui peuvent traiter celles des
employés et des autres personnes, là, qui seraient au service du CPE.
Alors, nous, ce qu'on demande, c'est que,
d'abord, il faut que ce soit clarifié dans la loi, il faut faire en sorte... Nous, ce qu'on recommande, c'est que,
dans le projet de loi, on soustraie les organismes qui sont partie à une entente
de délégation avec le ministre, comme la commission et les CPE autochtones, de
l'obligation de soumettre au Comité d'examen des empêchements les déclarations
qu'ils traitent, à moins que ces organismes ne le demandent. Puis, en
remplacement de ce comité, dans une perspective d'autonomie pour les Premières
Nations, on devrait être en mesure de créer,
elles-mêmes, un comité autonome comparable, selon des modalités adaptées à leur
gouvernance et à leur structure administrative. Alors, la composition,
évidemment, de ce comité-là pourrait inclure un avocat, au moins deux autres
membres, tous choisis par les Premières Nations. La commission en assurerait la
gestion, le secrétariat puis le comité exerceraient les mêmes fonctions que
celles prévues dans le projet de loi, tel qu'il est institué par le projet,
alors... avec,
évidemment, un financement conséquent, là, parce que c'est une nouvelle
instance qui serait créée. Alors, ça, c'est un premier point que je voulais
aborder.
L'autre, et c'est plus court, c'est concernant
les corps policiers du Québec. C'est dans la désignation qui est faite dans le
projet de loi, à l'article 81.2.2 introduit par l'article 13, on
parle... bien, le projet de loi prévoit que «la vérification d'absence
d'empêchement doit être effectuée par un corps de police du Québec». Il ne
mentionne pas spécifiquement les corps de police autochtones, qui desservent
plusieurs communautés au Québec. Il faut rappeler que les corps de police
autochtones sont créés sur la base d'une relation de gouvernement à
gouvernement, en vertu d'ententes tripartites conclues entre le gouvernement
fédéral, le gouvernement du Québec et les gouvernements des Premières Nations.
On ne peut les considérer comme des corps de police du Québec au même titre que
les corps de police municipaux ou la Sûreté du Québec. Alors, le projet de loi
doit refléter cette réalité en modifiant le libellé des passages concernés. Il
suffit de faire suivre la désignation de «corps de police du Québec» par «ou
corps de police au Québec». Ou encore, il y
a une autre suggestion qui pourrait... ce serait de parler de corps de police
autochtones de façon distincte, alors, en faisant les adaptations nécessaires,
bien sûr, lorsqu'il y a plusieurs corps de police qui sont concernés.
Alors, c'est l'autre recommandation qu'on fait. Merci.
La
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci beaucoup. Merci
pour cette présentation. Alors, la ministre a laissé le temps filer pour pouvoir vous laisser terminer. Alors, Mme
la ministre, le temps est à vous, il y a 3 min 30 s qui
va être retranché sur votre temps, mais, allez-y, on poursuit.
Mme Roy (Verchères) : Merci
beaucoup. Bien, ça nous a permis d'entendre la présentation au complet puis les
différents points au complet, alors je pense que c'était nécessaire. Alors, on
va faire les vérifications, au niveau du
corps de police, mais ce qu'on en comprend actuellement, c'est que ça incluait
effectivement, selon la loi de police, donc, les corps de police
autochtones, mais on va vérifier pour s'assurer définitivement qu'ils sont
couverts. Je pense que c'est important,
votre préoccupation, là, on l'a bien compris, là, que vous souhaitiez avoir une
spécificité là-dessus.
M. Deschênes
(Michel) : Il y aurait une autre précision. C'est une
question de démontrer que c'est une relation de gouvernement à
gouvernement. Parce que, dans les... on le sait qu'ils sont couverts par
l'expression «du Québec», mais il y a une spécificité, c'est que, contrairement
aux autres corps de police qui sont créés par des lois québécoises ou des lois
fédérales, parce qu'il y a des organismes fédéraux aussi là-dedans, les corps
de police autochtones, eux, c'est une entente entre trois paliers de
gouvernement, et ça, c'est méconnu. Et ça permettrait aussi... dans le libellé,
ça permettrait aux populations autochtones ou encore aux institutions
québécoises de savoir que les corps de police autochtones font partie. Ils
n'auraient pas le réflexe d'aller vers la Sûreté du Québec directement ou... Ça
fait que l'idée, c'est un peu ça aussi,
c'est une question d'affirmation que c'est une entente de gouvernement à
gouvernement.
• (10 h 50) •
Mme Roy (Verchères) : On
comprend bien votre préoccupation puis on va s'assurer de bien la refléter,
l'objectif étant le même là-dessus.
J'aimerais ça aussi peut-être vous entendre sur
des éléments dont vous n'avez peut-être pas eu le temps d'aborder non plus à
l'intérieur de votre présentation. Mais on a amené des modifications, entre
autres au niveau de l'article 6, pour permettre à des nouveaux organismes,
dont les organismes communautaires établis en communautés autochtones, de
pouvoir offrir des services de halte-garderie puis permettre de répondre,
justement, à certains besoins des communautés. Alors, j'aurais aimé ça vous
entendre un peu sur ce volet, là, de modifications à la loi.
M. Deschênes (Michel) : Je
laisserais mon collègue Patrice répondre à cette question.
M. Lacasse (Patrice) : En fait,
pour l'instant, c'est beaucoup des centres de petite enfance qui sont en place.
Vous avez vu, en 2020, nous avons déposé un mémoire, lors de la consultation
qui avait été faite, on a fait état de plusieurs difficultés qui, je dirais...
c'est malheureux, mais qui, considérant les réalités ou les différentes
réalités, je dirais, peuvent causer certains défis. Entre autres, juste un
exemple, il y a la question, là, de la composition ou la constitution des
conseils d'administration.
Et donc on regarde avec certaines communautés qui
présentent des poussées démographiques, je dirais, ou des tendances
démographiques qui sont à la hausse. Et donc les besoins commencent à se faire
sentir, et ça va être énorme tantôt, mais déjà on peut voir qu'ils ne sont pas
à l'aise avec ce modèle. Heureusement, il y a quand même le service de garde
avec subvention puis il y a d'autres, aussi, capacités financières qui peuvent
se développer pour pouvoir en faire un montage financier, donc c'est bien.
Par le même moment, on regarde aussi à voir,
dans certains cas, avec des organismes qui commencent de plus en plus, là... il y a une variété, là, qui
commence à se faire, entre autres avec des initiatives de maisons que j'appelle
de la famille. On pourrait voir justement à
supporter, accompagner les communautés. On a, entre autres, le secteur du...
ce qu'on appelle développement social, qui est beaucoup dans l'accompagnement
sur... avec les communautés pour pouvoir développer différents projets, et nous
sommes en lien. C'est quand même un défi, mais je pense qu'on le relève bien.
Vous savez, l'information, quand on commence
avec différents secteurs, bien, comment est-ce qu'on fait pour s'assurer qu'il
y ait une intégration, puis qu'il y ait un transfert de connaissances, puis que
le tout se fasse dans une efficacité? Et
donc, oui, c'est un type de modèle, mais aussi on est quand même... on a
plusieurs ressources qui sont sur le terrain. Je dirais, c'est à
chaque... On demande aux gens, là, maximum, un voyage aux deux semaines, mais l'idée, c'est d'avoir une
présence sur le terrain. On voudrait que ce soit plus, mais on est quand même,
évidemment, comme tout le monde, limités, pour, justement, voir à ce
qu'on puisse être le plus près possible des besoins mais aussi de ramener ces
informations-là jusqu'aux communautés pour leur donner des... participer, je
dirais, à l'élaboration de solutions puis de voir à d'autres choses que les
modèles qui sont les plus courants. Donc, oui, c'est quand même bien accueilli,
là, de façon générale.
Mme Roy (Verchères) : Merci. Je
veux revenir au comité de vérification des empêchements, parce que vous avez
amené deux éléments. Vous avez dit qu'on pourrait y référer au besoin et, en
même temps, vous souhaitiez avoir un comité
distinct de vérification des antécédents pour pouvoir répondre aux mêmes
préoccupations. Est-ce que j'ai bien compris? Est-ce qu'à ce moment-là
il y aurait une hiérarchisation, c'est-à-dire que le comité de vérification pourrait, s'il a besoin d'une expertise
supplémentaire... ou carrément avoir un comité de vérification propre aux
Premières Nations?
M. Deschênes (Michel) : Bien,
l'idée, c'est d'avoir un comité d'examen, là, qui soit propre aux Premières Nations. Et puis ça pourrait être institué par des
instances Premières Nations. L'APNQL, l'Assemblée des Premières Nations
pourrait être impliquée là-dedans. Est-ce que ça... Si... Comment je pourrais
dire ça? Si l'intérêt y est, est-ce qu'on regrouperait plusieurs détenteurs
d'ententes autochtones ensemble sur un même comité? Ça pourrait être une possibilité, ça reste à étudier. Mais l'idée,
c'est d'avoir un comité autonome, parce que l'évaluation des empêchements
potentiels, là, des déclarations d'empêchement potentiel demande une expertise
particulière.Quand on parle des populations autochtones, on sait
qu'elles sont plus judiciarisées que la moyenne de la population, pour
différentes raisons, colonisations,
pensionnats, etc., les préjugés aussi qui existent. Et on pense qu'un comité
qui serait créé... une instance qui serait créée en vertu de la loi, là,
auquel on se référait, ajouterait aussi non seulement l'idée que les gens
n'auraient peut-être pas l'expertise pour apprécier un peu différemment, là, la
situation des Premières Nations, mais ce
serait aussi une étape supplémentaire qui nous enlèverait l'autonomie dont
on... que l'entente, en vertu de 121, nous donne. Et puis là, à ce moment-là, bien, c'est certain que c'est beaucoup
moins pratique, ça veut dire des délais supplémentaires. Probablement
que les communautés ne seraient pas satisfaites de cette exigence-là.
Mme Roy (Verchères) : Comme
vous m'avez amenée sur les délais, alors je vais aller... Est-ce que vous vivez
des problèmes de délais, au niveau de la vérification des empêchements, avec
les corps de police autochtones ou si ça va bien? Puis quels sont les délais
moyens?
M. Deschênes (Michel) : Bien,
ce qu'on entend parler, c'est que ça peut être variable, là. Je veux dire, je
ne peux pas vous donner des données précises, mais ça peut être variable...
Mme Roy (Verchères) : Ça ne
semble pas être un problème majeur.
M. Deschênes (Michel) : Mais ce
n'est pas un problème majeur, là. L'entente se fait, là, ce n'est pas un
problème majeur.
Mme Roy (Verchères) : Merci
beaucoup.
La
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci, Mme la ministre.
Alors, je cède la parole à la députée de Vimont.Il reste encore
6 min 20 s pour deux personnes.
Mme Schmaltz : OK. Merci.
Bonjour, messieurs. Merci d'être présents. C'est toujours agréable de pouvoir échanger en mode présentiel. En fait, j'aimerais
parler avec vous un peu de médecine traditionnelle, la reconnaissance à
la médecine traditionnelle, vous l'avez mentionné tantôt. J'ai lu un petit peu
aussi la définition, comment vous englobez,
disons, la médecine traditionnelle, on parle de vitamines, on parle d'huiles
essentielles, bon, produits homéopathiques ou cosmétiques. Est-ce que
vous croyez qu'il n'y a pas un danger dans le sens qu'on sait que les produits
naturels, à la base, sont corrects, il n'y a pas de danger, mais des fois,
quand ils sont administrés avec un médicament, il peut y avoir souvent des
effets indésirables? Parfois, le parent n'est pas nécessairement au courant ou
le service de garde non plus n'est pas au courant. Est-ce que, dans cette demande
que vous avez formulée... est-ce qu'il y a
quand même... est-ce que vous envisagez quand même de mettre sur pied,
peut-être, je ne sais pas, moi, un comité qui analyse là aussi puis qui
émet des recommandations?
M. Deschênes (Michel) : Oui,
c'est présent dans notre mémoire. Nous, ce qu'on a l'intention, c'est de... En fait, l'idée, c'est... On reconnaît. D'abord,
c'est une médication qui a des effets actifs, vraiment, donc on ne peut pas
avoir une combinaison d'éléments avec un médicament sous ordonnance ou même
d'autres produits naturels sans avoir une étude préalable, une évaluation préalable. Alors, nous, ce qu'on
propose, c'est qu'il y ait un comité de créé conjointement avec médecins
et puis les experts autochtones en matière de remèdes traditionnels. Et à ce
moment-là il y aurait... eux, ils participeraient à l'élaboration de
protocoles, puis après ça, bien, je veux dire, on serait en mesure d'assurer la
protection des gens, des enfants, de la même façon que va le faire le comité
institué par le ministre et qui est aussi supervisé
par le MSSS, il y a différentes... pas supervisé, mais avec le concours du
MSSS, là. Et puis évidemment il y a moyen d'arriver avec une procédure
conjointe, là, mais il faudrait impliquer absolument les médecins et les experts
autochtones qui sont en mesure d'évaluer qu'est-ce que
fait le médicament, à partir de quoi il est composé, puis quels pourraient être
ses effets, puis discuter avec le MSSS, évidemment, avec les experts du MSSS,
si nécessaire.
Mme Schmaltz :
Est-ce que ça se fait déjà maintenant?
M. Deschênes
(Michel) : Non, parce qu'on n'a pas à le faire, parce que, jusqu'à
maintenant, il n'y a pas de médecine
traditionnelle d'inclus dans les produits santé. On se limitait au Tylenol ou,
en tout cas, aux acétaminophènes, c'était ça qui était le... Alors, il n'y
avait pas nécessité de le faire, ça fait que c'est pour ça qu'on n'avait jamais
parlé de le créer. Mais, à partir du moment où est-ce qu'on crée... on
ajouterait le remède traditionnel de la même façon qu'il est reconnu en vertu
de la loi fédérale, bien, à ce moment-là, bien, on aurait besoin d'une
expertise puis on ne la retrouverait
pas, cette expertise-là, dans la médecine... chez les médecins en général, mais
avec des médecins autochtones et des
experts autochtones qui connaissent la composition et la façon de fabriquer ces
médicaments-là.
Mme Schmaltz :
D'accord. Je vais laisser la parole à mes autres collègues.
• (11 heures) •
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : Merci, Mme la députée. Alors, on
poursuit avec la députée d'Abitibi-Ouest. Il reste 2 min 50 s. La parole est à
vous.
Mme Blais :
Bonjour, messieurs. «Kwe», «meegwetch». On sait que le territoire au niveau
du Labrador, au niveau des communautés autochtones, est vaste. Est-ce qu'au
niveau des centres de petite enfance... est-ce que vous avez tous les
ressources nécessaires, que ce soit formation, nouveautés? Parce qu'on sait
qu'il y a des territoires qui sont très isolés, des communautés qui sont très
isolées. J'aimerais vous entendre sur ça. Et par la suite, si vous auriez une
recommandation, quelle serait cette recommandation?
M. Lacasse
(Patrice) : Vous avez parlé du Labrador?
Mme Blais :
Pardon?
M. Lacasse
(Patrice) : Vous avez parlé du Labrador?
Mme Blais :
Bien, le territoire cri, parce que c'est Labrador et... part du Labrador
jusque... tout le territoire du Québec.
M. Lacasse
(Patrice) : Oui. OK. OK. En fait, vous voulez peut-être... Bien, ce
que je peux comprendre, c'est tout ce qui est régions éloignées, on peut dire?
Oui, oui. OK.
Mme Blais :
Régions éloignées, c'est ça.
M. Lacasse
(Patrice) : Non, c'est que je me demandais si vous posiez la question
de façon spécifique à des communautés qui sont au Labrador. Donc, c'est...
Mme Blais :
C'est général.
M. Lacasse
(Patrice) : Oui, OK. Parfait. Good. Merci. Pour ce qui est des
ressources, en fait, est-ce qu'il manque des ressources, là, je dirais qu'il y
a toujours la question, depuis... et qui touche toutes les sphères des gens en
régions éloignées, c'est le caractère d'éloignement, justement, qui n'est pas
considéré. Tout, tout, tout matériau, même les ressources humaines, juste au
sujet du transport, les délais puis la qualité aussi de... même des produits
alimentaires, c'est quand même tout un défi qui est existant. Ça a été un
cheval de bataille de plusieurs chefs, je dirais,
et aussi, je dirais, même pour nous, là, qui avons fait des... ou, en tout cas,
eu des collaborations, exemple, avec M. Gérard
Duhaime de l'Université Laval, qui... qui a pu faire un portrait des
différentes, je dirais, retombées par rapport à cet éloignement-là et
des effets sur le prix à la consommation.
Et donc, non, ce
n'est pas... ce n'est pas répondu en soi, le caractère ou... n'est pas accordé.
Pourtant, certains gouvernements vont pouvoir le reconnaître pour certains
employés, mais non pas pour des opérations, je dirais, qui sont courantes. Et ça crée de la pression sur des
administrations. Donc, ils sont obligés de créer des solutions qui sont, je
dirais, difficilement viables à long terme, tout à fait. Donc, par exemple, il
y a aussi la question de conditions...
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : Je dois vous arrêter. Le temps file
vite, hein?
M. Lacasse
(Patrice) : Oh! OK. Excusez-moi! Mais vous faites bien...
Mme Blais :
C'est intéressant. Merci.
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : Mais le temps est terminé pour le
gouvernement. Par contre, on va poursuivre nos discussions avec l'opposition
officielle, et je présume qu'on commence avec la députée de Westmount—Saint-Louis.
Allez-y, 16 min 30 s au total.
Mme Maccarone :
Merci. Bonjour, messieurs, «kwe». Est-ce que vous avez été consultés avant
le dépôt de ce projet de loi?
M. Lacasse
(Patrice) : En fait, pas vraiment. On nous a informés, mais évidemment
on n'a pas pu aussi nous donner vraiment de l'information parce qu'il y avait
un sceau de confidentialité. Mais non, pas vraiment. Mais, si je peux me
permettre, on a quand même des liens. On a des rencontres statutaires, et c'est
aux deux semaines. Ça, je dois dire, pour
cet aspect-là, c'est très intéressant et facilitant d'avoir des vis-à-vis qui
comprennent. Puis je peux comparer à d'autres ministères où est ce que
c'est... ça complique les choses. Donc, non, on n'a pas... on n'a pas été
consultés.
Mme Maccarone :
Vous faites bien de préciser, merci. Puis, en large, quand vous regardez le
projet de loi, est-ce que ça répond à vos
principaux préoccupations en ce qui concerne la sécurité de vos enfants dans
votre réseau?
M. Lacasse
(Patrice) : Bien, tout à fait, c'est... Je dirais que dans les
dernières années, quand on a traité des empêchements, il y a tout un processus
qui est mis en branle, parce que c'est, je dirais, la préoccupation première,
la question de la sécurité et l'intégrité physique, morale, spirituelle de
chacun des enfants. Et par la suite la question du développement, d'avoir vraiment
les bonnes conditions, c'est vraiment la base. Donc, on veut s'assurer qu'il
n'y a pas des... que, je dirais, les angles
morts soient bien vus. Et donc on s'assure de bien faire les analyses. Donc, on
a une procédure qui... en fait, qui se reflète dans ce qui a été
annoncé. Il y a aussi la partie de maternelle quatre ans qui est bienvenue,
mais encore là, comme je le disais, bien, il faut aller un petit peu plus loin.
Mais je pense que c'est une question de reformuler la recommandation. Sinon, de
façon générale, tout à fait, là, c'est quand même bien, là.
Mme Maccarone : Je trouve la recommandation
en ce qui concerne la maternelle quatre ans très intéressante. Il faut
être avant-gardiste pour rejoindre les besoins spécifiques de toutes les communautés.
On cherche du sur-mesure et non du mur-à-mur. Alors, je salue la façon aussi
que vous avez proposé vos recommandations. Je suis aussi en accord avec l'ajout
de le corps de police autochtone. On vient d'en débattre, le projet de loi n° 14, qui est maintenant la loi, la réforme pour la loi de
la police, puis on fait une référence spécifique aux corps de police
autochtones. Alors, je vois en bien comment nous pourrons les incorporer à
l'intérieur de ce projet de loi.
Une question pour
vous en ce qui concerne le corps de police autochtone, par contre : Est-ce
que c'est eux qui sont responsables uniquement pour les vérifications d'absence
d'empêchement présentement sur votre territoire?
M. Deschênes
(Michel) : Là, où est-ce qu'ils sont présents. Parce que ce n'est pas
toutes les communautés qui sont desservies par les corps de police autochtones.
Là où est-ce qu'ils sont présents, c'est eux qui le font, et puis, dans les
autres, c'est la Sûreté du Québec, là, qui a un mandat, là, de patrouille et
d'exercer la police.
Mme Maccarone :
C'est la SQ. C'est ça. Parce qu'on a entendu plusieurs groupes... parce
qu'on voit, c'est quand même à coût variable en ce qui concerne les délais,
l'application. Puis ce qu'on cherche... ou la majorité des partenaires, ils
expriment un désir d'avoir une harmonisation dans la façon de faire. Est-ce que
vous serez en accord que ce serait, mettons, la SQ qui ferait toutes les
vérifications d'absence d'empêchement dans le futur?
M. Deschênes
(Michel) : Bien non. Que la SQ fasse toutes les... Non. L'idée, c'est
que les corps de police autochtones aient des droits équivalents à ceux des
autres corps policiers. Si, pour une question administrative, la Sûreté du
Québec joue un rôle, ça, on le comprend, là. Mais, je veux dire, c'est quand
même le corps de police autochtone qui est le corps policier sur place. C'est à
lui qu'on doit acheminer les demandes, et puis c'est lui qui doit les traiter.
Alors, c'est dans ce sens-là, là, qu'on fait notre démarche.
Mme Maccarone :
Ça fait que ce que vous souhaitez, c'est le statu quo.
M. Deschênes
(Michel) : Pardon?
Mme Maccarone :
Ce que vous le souhaitez, c'est le statu quo, la façon que ça fonctionne
actuellement.
M. Deschênes
(Michel) : Oui, que le corps de la police autochtone puisse continuer
à faire les déclarations d'empêchement, là.
Mme Maccarone :
Puis, au niveau...
M. Deschênes
(Michel) : Et puis la SQ, elle, elle a... Excusez-moi.
Mme Maccarone :
Non, allez-y.
M. Deschênes
(Michel) : C'est parce que la SQ gère le centre d'information, là
qui... Alors, ça, on comprend ça. Comment se font les procédures d'échange
entre les policiers autochtones et la Sûreté du Québec? Ça, on n'a pas vraiment
une connaissance fine là-dessus, là, on n'a pas pu avoir toute l'information.
Mais il reste que, je veux dire, pour nous,
plus le corps de la police autochtone joue un rôle comparable à celui de la
Sûreté du Québec sur le territoire de la communauté... c'est vraiment ce
qu'on recherche, là.
Mme
Maccarone : Allez-y.
M. Lacasse
(Patrice) : Peut-être rapidement vous dire que de... sur le terrain,
on n'a... on n'a pas du tout de trouble, là, je dirais, en termes de délais.
Les délais vont être davantage en amont et... sauf que j'ai eu quand même, en voyant ce projet de loi, bien, des changements,
et souvent des changements vont avoir un écho sur le terrain. Et, par
exemple, on a eu un officier de la SQ qui a refusé de donner de l'information.
Cependant, on n'avait ouvert pas de canal de... ou un canal de communication
avec des agents de liaison autochtones de la SQ, on... puis c'est tout récent, où est-ce qu'on a pu communiquer avec, et, à,
l'intérieur de 24 heures, ça... ça a changé. Donc, entre guillemets, s'il
y a une suggestion à faire, c'est de
bien s'assurer que la SQ comprenne s'il y a des... bien, les changements qui
pourraient provenir, là, de cette... de ce projet de loi là.
Mme Maccarone :
Ça fait que d'actualiser leur
formation aussi, pour harmoniser avec les modifications suite à
l'éventuelle adoption de ce projet de loi.
M. Lacasse (Patrice) : C'est ça. Puis
nous-mêmes, on a un travail à formaliser, je dirais, les relations avec ce corps
de police.
Mme
Maccarone : En... sur le lien de formation, ça fait partie des questions
que je voulais aborder avec vous, là, on parle de formation de... des
policiers, mais de formation au sein de votre réseau. Je présume que vous
souhaitez une formation spécifique, parce qu'on parle de mise à jour du guide,
puis, dans votre cas, je présume que c'est une formation très spécifique puis
une mise à jour du guide qui est spécifique à votre réalité. Puis, j'ajoute à
ça, parce que je vous ai entendus parler de sécurité spirituelle, c'est
intéressant, je souhaite peut-être mieux comprendre. Puis est-ce que ça, c'est
des choses qui feront partie d'un guide? Puis comment mettre ça en place?
• (11 h 10) •
M. Lacasse
(Patrice) : C'est... OK, vous voulez dire le guide qui suit, en fait,
la partie de la gestion ou le traitement, là. Bien, tout à fait. La réaction
qu'on a pu avoir, c'est que... est-ce qu'on peut coconstruire le guide? Puis, en fait, après on s'est dit : Bien non,
on est peut-être mieux de construire nous-mêmes notre procédure et aussi faire
un guide qui englobe le tout. Parce que je crois que les indicateurs ou les
points qui pourraient constituer une grille en
soi pour tout évaluer, analyser... bien, va être différente considérant les...
comme le disait M. Deschênes, l'historique puis aussi les réalités, les
différentes réalités. Et je tiens sur ce point, parce que, souvent, on prend
les... je dirais même les autochtones comme
étant un bloc, un seul bloc, mais chacune des communautés est différente, a ses
structures qui sont différentes et
des façons de faire qui sont... qui peuvent être différentes. Donc, il faut
avoir un guide qui tient compte de ces particularités, là, très
importantes.
Mme Maccarone :
Ça fait que comment pouvons-nous
assurer la sécurité spirituelle des enfants qui sont au sein de votre
réseau?
M. Lacasse
(Patrice) : Belle question, mais je dirais qu'il faut la respecter en
tenant compte des valeurs, de la culture qui
est présente, c'est-à-dire la façon de voir la santé et le mieux-être des
individus. Et, comme je le dirais... je le disais, c'est que chacun a
des structures qui peuvent être différentes, et il faut en tenir compte.
Et
comment on le fait? On le fait peut-être... C'est-à-dire qu'idéalement on
aimerait le faire peut-être davantage, mais il faut trouver l'équilibre
entre les... je dirais le... la gouverne de la communauté, il... on ne peut pas
être partout et on n'a pas à être partout.
Il faut à un moment donné que ce soit la communauté qui prenne en charge cette
sécurité-là. Elle le fait déjà en partie. L'idée de voir, c'est comment est-ce
qu'on peut trouver l'équilibre entre la... les responsabilités qui sont
octroyées à la commission et l'autonomie, là, de la communauté.
Mme
Maccarone : OK. Avez-vous plusieurs mineurs qui oeuvrent au sein de
votre réseau? La raison de la question que
je... que je pose, c'est parce que, dans le projet de loi, on fait référence
aux majeurs, personnes majeures, qui devraient être assujetties à des
vérifications d'absence d'empêchement, mais on ne parle pas nécessairement des
personnes mineures. Ça fait qu'on a autres groupes qui ont fait des
recommandations de modifications d'articles pour être plus global. Est-ce que
ça, ce serait quelque chose qui serait souhaité par vous, parce que vous avez
quand même des personnes de 16, 17 ans, ça se peut, qui travaillent comme
éducatrices ou éducateurs dans votre réseau?
M. Lacasse
(Patrice) : On n'a pas ces données-là, à savoir comment est-ce qu'il y
en a, mais c'est... nous, on le verrait... Puis, encore là, justement, il va
falloir qu'on vérifie, là, quelles étaient les préoccupations de ces personnes.
Parce qu'on le voyait comme étant des individus qui ont à... comment dire, à
être en présence dans le service de garde et
qui... et, s'ils le sont, de... avec une certaine durée, bon, puissent...
éviter qu'ils puissent être une... un risque à... bien, je dirais, à la
sécurité des enfants. Là, à savoir est-ce qu'on discriminait... discrimine avec
la question de l'âge? Je dirais qu'on ne
nous a pas rapporté vraiment de difficulté à cet égard, là, pas du tout, mais,
je veux dire, c'est quelque chose qu'on pourra regarder, là.
Mme
Maccarone : Ce serait intéressant d'avoir les statistiques. Je dévoile
mes cartes pour la ministre, mais je pense que ce serait une bonne affaire
qu'on couvre toutes les bases, étant donné que... je ne pense pas qu'on veut redéposer ou réouvrir la loi, mais de s'assurer
que toutes les personnes qui oeuvrent au sein du réseau ont eu cette protection
pour eux ainsi que pour... pour la société.
M.
Lacasse (Patrice) : Tout à fait.
Mme
Maccarone : J'aimerais vous entendre, je sais que vous avez abordé un
peu avec ma collègue, en ce qui concerne médecine traditionnelle. Puis je vois,
où vous faites votre recommandation, de l'ajouter dans la présente section : «On entend par "produit
naturel" tout supplément, toute vitamine, toute huile essentielle ou
médecine traditionnelle.»
Vous ne seriez pas
plutôt d'avis que nous devons élaborer? Parce que, dans le même article, c'est
l'article 41, on parle de médicament, médicament, puis après on a la
description. Mais c'est quoi, vraiment, la différence entre médecine
traditionnelle, dont vous, vous êtes en train de parler puis de proposer à
nous, puis naturelle, qui est vastement
différent? Bien, est-ce qu'il y a un libellé que nous pourrions mettre à
l'intérieur de la loi pour que ce soit clair de ce que vous souhaitez
aborder, pour que ce soit une pratique?
Je ne peux même pas
imaginer. Peut-être vous pourriez expliquer un peu. Est-ce que c'est quelque
chose qui est actuellement en place puis que
ça se fait dans le réseau? Peut-être vous pourriez élaborer un peu de quoi nous
devons s'attendre, puis peut-être on pourra travailler sur un libellé qui aura
de l'allure pour un amendement au projet de loi.
M. Lacasse
(Patrice) : ...
M. Deschênes
(Michel) : Bien, écoutez, c'est quelque chose qu'on pourra envisager.
On n'a pas poussé l'exercice loin, là, dans ce... dans cette... dans notre
analyse. Et puis on s'est principalement fiés à ce qui existait au fédéral. On voyait que ça avait été inclus dans la
réglementation sur la Loi sur les aliments et drogues du gouvernement
fédéral, le règlement qui... dans lequel se trouve la définition de ce qui est
une... un produit de santé naturel. On avait inclus cette définition...
c'est-à-dire, cette notion-là, de remède traditionnel.
On n'a pas eu le
temps d'aller voir ou... on n'a pas eu le temps de s'informer pour savoir de
quelle façon ils en étaient arrivés à
inclure ce produit-là, sur quelle base et s'il y a des conditions qui ont été,
comment je pourrais dire ça, définies pour les situer. Parce que, là, c'est une
notion pancanadienne, peut-être qu'ils ont consulté d'autres nations autochtones à travers le pays pour le faire.
Alors, ça, ce n'est pas un exercice qu'on a approfondi, mais ce serait
intéressant, oui, effectivement, de l'approfondir.
M. Lacasse
(Patrice) : Bien, justement, on a eu quand même des délais assez
serrés pour faire... monter l'argumentaire. Je sais que, dans certaines
provinces, il y a des organisations, Premières Nations, qui, je dirais, sont
très poussées. De notre côté, on n'est pas... Je veux dire, moi et M. Deschênes
ne sommes pas nécessairement des spécialistes, là, en termes de santé. Je n'ai
pas... on n'a pas eu le temps d'aller voir nos amis du secteur de la santé, mais n'empêche qu'on peut le constater, on peut le
voir, qu'il y a... qu'il y a des gens partout, dans toutes les communautés, qui ont quand même des connaissances en la
matière. Mais c'est... justement, il faudrait voir, là, à libeller puis proposer
quelque chose, là. Ce serait bien.
Mme Maccarone :
Pouvez-vous nous donner un
exemple de qu'est-ce que ça peut... qu'est-ce que... qu'est-ce que c'est, un
remède traditionnel? Un exemple de qu'est-ce qu'on peut voir? C'est quoi?
Est-ce que c'est... c'est un produit?
Est-ce que c'est une pratique? Moi, par exemple, dans ma circonscription, j'ai
plusieurs communautés, Premières Nations, autochtones, inuites,
malheureusement, qui sont en grave situation de difficulté, c'est un milieu
urbain à Montréal. Puis eux, ils souhaitent avoir accès à un hôpital qui offre
des services spécifiques à eux comme «a smoke ceremony», par exemple. Est-ce
que c'est ce genre de pratique que vous souhaitez voir implantée ou est-ce que
c'est plutôt sur la base des produits?
M. Lacasse
(Patrice) : Dans l'optique de ce projet de loi là, c'est beaucoup par
rapport aux produits. Et, comme vous le dites, c'est que... bon, ce n'est pas
des produits qui sont, comment dire, en production industrielle, on s'entend,
là. Par exemple, quand...
Une voix :
...
M. Lacasse
(Patrice) : La sauge, le sapin... il y a... il y a toutes sortes de
produits. Je veux dire, moi-même, personnellement,
j'ai ma tante qui m'est arrivée à Mani-Utenam, qui m'a dit : Tiens, prends
ça, c'est bon pour ta peau. On s'entend que ce n'est pas du tout comme
des remèdes conventionnels.
Mme
Maccarone : OK. Je comprends.
M. Lacasse
(Patrice) : Donc, c'est... je dirais que c'est très vivant, mais il ne
faut pas sous-estimer la connaissance qu'ils peuvent avoir et aussi la
précaution qu'ils peuvent amener. Et même, des fois, ça va être des remèdes qui
vont être plus courants, mais encore là, on vient tout le temps nous
dire : Fais attention, prends en pas une grosse quantité, parce que, bon,
ça a été vraiment cueilli, ça a été choisi, ça a des effets bénéfiques, mais il
faut encore y aller avec le dosage, tout comme — je termine — tout
comme il y a quand même plusieurs pharmaciens qui sont bien au courant qu'il y
a une utilisation, quand ils sont près, là, des communautés, et ils peuvent
s'assurer de... bon, faites attention, parce
que ça peut avoir des effets sur votre corps et devenir en... comment dire, en
contradiction avec des remèdes qui sont occidentals.
Mme Maccarone : «Meegwetch».
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Merci beaucoup. La cloche a sonné. Merci
beaucoup pour cette présentation. Merci, mesdames et messieurs, pour cette
période d'échange.
Alors, je
vous souhaite une bonne fin de journée et je vais suspendre le temps
d'installer le prochain groupe. Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 20)
(Reprise à 11 h 26)
La
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : À l'ordre, s'il vous
plaît! La Commission des relations
avec les citoyens reprend ses travaux.
Alors, pour notre dernier groupe cet avant-midi,
nous recevons l'Association des garderies privées du Québec, qui sont
représentées par M. Samir Alahmad, qui en est le président, ainsi que
Mme Mona Lisa Borrega, qui en est la vice-présidente.
Madame, monsieur, bienvenue à la Commission des
relations avec les citoyens. Alors, vous allez avoir une période de
10 minutes pour votre exposé, et, par la suite, nous allons procéder avec
l'échange... à l'échange avec les parlementaires. Alors, votre 10 minutes
commence maintenant.
Association des garderies privées du Québec (AGPQ)
Mme Borrega (Mona Lisa) : OK. Alors,
merci de nous accueillir. Juste une petite parenthèse. L'AGPQ, on représente
majoritairement des garderies privées subventionnées, et notre association a eu
50 ans, alors ça fait longtemps qu'on est là. Et puis l'AGPQ, comme
toujours, accueille favorablement un processus qui vise à améliorer l'offre de services dans les garderies, et
surtout quand ça a un lien avec la santé, la sécurité et le bien-être des
enfants.
Mais l'AGPQ croit que les pouvoirs actuels de la
ministre de la Famille et des fonctionnaires du ministère de la Famille sont
suffisants pour assurer la santé, la sécurité et le bien-être des enfants. Les
pouvoirs additionnels introduits par le projet de loi risquent de créer des
préjudices sérieux aux administrateurs et titulaires de permis, surtout parce
que la perception d'un manquement est variable d'un inspecteur ou d'un
enquêteur à l'autre. Notre expérience sur le terrain nous confirme l'existence
de cas d'exagérations sérieuses de manquements qui ont été formulés par des inspecteurs et des enquêteurs.
L'AGPQ est tout à fait d'accord de procéder à la fermeture immédiate
d'un service de garde... de garde lorsque ça... lorsqu'il s'agit d'un cas clair
et réel où vraiment la santé et la sécurité des enfants sont compromises.
Quant aux
vérifications d'absence d'empêchement qui font l'objet de plusieurs nouveaux
articles, on souligne à la commission que la vérification d'absence
d'empêchement est déjà très compliquée, est la source principale d'avis de
non-conformité, d'amende et de pénalité dans le réseau. En même temps, par
l'entremise du PL 46, le ministère ajoute et augmente les pénalités dans ce
dossier sans aucune considération que l'erreur peut être de bonne foi et que
l'erreur est humaine.
L'AGPQ demande que le service de garde soit
accompagné dans leur vérification d'absence d'empêchement, mais est d'accord que, dans des cas de non-suivi ou
de manque de collaboration... que des sanctions soient appliquées.
L'AGPQ est rendue au point qu'elle se questionne sur le but des amendes
administratives, à savoir est-ce que ces amendes sont réellement... est-ce
qu'elles sont devenues des sources de revenus pour le ministère de la Famille
ou... et/ou une manière détournée de couper
le financement déjà inadéquat du réseau? L'AGPQ se questionne aussi à savoir
quel autre organisme de la province se voit imposer de telles amendes
administratives comme celles qui sont déjà imposées
aux services de garde. Nos écoles? Nos CHSLD? Plus précisément, l'AGPQ a des
inquiétudes et des questionnements concernant plusieurs articles du
projet de loi n° 46.
• (11 h 30) •
En
conclusion, l'AGPQ est favorable au projet de loi n° 46, mais souhaite que
les suggestions et recommandations qu'elle présente dans son mémoire soient
incluses, car elles contribueront à l'application de la loi, au bon
fonctionnement des opérations, à
l'optimisation de l'occupation et à la bonne gestion de l'argent des
contribuables. Également, l'AGPQ prend l'occasion lors de cette
consultation pour faire état de la situation dans son réseau. Depuis un certain
temps, une ambiance de stress et de
mécontentement s'est installée dans les garderies à cause de mauvaises
relations avec des inspecteurs et des enquêteurs et surtout dans
l'application des interprétations de leur part des lois et règlements.
L'AGPQ est d'accord à ce que les garderies
réellement problématiques soient surveillées et que le ministère utilise tous
les moyens à sa disposition pour le bien-être de l'enfant. Malheureusement,
nous constatons que ce n'est pas ce qui se
passe sur le terrain et que le ministère met toutes les garderies dans le même
panier et ainsi se trompe de cible.
Malheureusement, en agissant ainsi, des gens honnêtes, dévoués, de bonne foi,
qui oeuvrent dans le domaine des services
de garde depuis plusieurs années, se font humilier, malmener par le ministère
de la Famille. Ils se voient imposer toutes sortes de sanctions, et ce,
d'une manière très abusive.
Incroyablement, on voit de plus en plus des
permis renouvelés pour un an au lieu de cinq ans, on voit des impositions de pénalités et d'amendes
administratives non justifiées pour des manquements qui, selon nous, ne
nécessitent pas de telles actions.
Quand un inspecteur se déplace pour aller dans un service de garde, il vérifie
plusieurs éléments. Pour un renouvellement de permis, il s'agit de
284 éléments. C'est sûr qu'il va y avoir des manquements, que... des
éléments qui ne passeront pas cet examen, mais ils vont être interprétés
différemment selon l'inspecteur. Refuser de renouveler un permis pour une période
de moins de cinq ans pour quelques manquements est très abusif. Les conséquences d'un
renouvellement de permis de moins de cinq ans pour les garderies sont
sérieuses. Certaines banques n'accordent pas des prêts dans de telles
circonstances, et... où la relation d'affaires entre l'institution financière
et la garderie est compromise.
Renouveler un permis
pour moins de cinq ans devrait être uniquement pour des manquements sérieux et
non corrigés par le titulaire de permis après l'expiration d'un délai raisonnable
pour la correction, comme c'était le cas avant,
au moment du renouvellement de permis. Il faut rétablir la confiance qui
existait entre les garderies et le ministère, et ce, pour le bien-être
de tous. S'il n'y a pas de changement dans l'attitude du ministère avec les
nouveaux pouvoirs qu'il vient chercher avec le projet de loi 46, la
relation sera encore plus tendue et plus toxique.
L'AGPQ demande aussi
d'amender l'article 5.2, qui n'est pas clair et qui stipule : «Le
prestataire de services de garde [...] doit assurer la santé, la sécurité et le
bien-être des enfants à qui il fournit des services de garde.
«Il ne peut,
notamment, appliquer des mesures dégradantes, abusives, faire l'usage de
punitions exagérées, de dénigrement ou de menaces [d'utiliser] un langage
abusif ou désobligeant susceptible d'humilier un enfant, de lui faire peur [...] de porter atteinte à sa dignité
ou à son estime de soi. Il ne peut également tolérer des personnes à son emploi
de tels comportements.»
Actuellement, cet
article est responsable de la majorité des cas de non-conformité et amendes,
des pénalités. Le problème majeur est que l'article n'est pas clair, et son
interprétation et sa portée sont très larges et diffèrent d'un inspecteur à un
autre.
En effet, chaque mot
de l'article 5.2 peut avoir plusieurs interprétations. Les grandes lignes
de cet article doivent être plus claires et
bien définies, et ce n'est vraiment pas le cas actuellement. En effet,
actuellement, cet article laisse place à une multitude
d'interprétations. Lorsque cet article est interprété avec exagération, qu'il
dépasse le bien-être des enfants, il crée énormément aux titulaires de permis
et... des problèmes aux titulaires de permis et aux éducatrices, qui sont très
vulnérables dans leur travail.
Finalement, le but
recherché par le projet de loi 46 est la santé, la sécurité et le
bien-être des enfants. Nous croyons, tel que
déjà mentionné, que le ministère a tous les... et la ministre ont tous les
pouvoirs actuellement pour le faire. Il ne faut pas oublier qu'il y a
d'autres facteurs qui affectent la santé, la sécurité et le bien-être des
enfants, lesquels ne sont pas du tout
adressés dans le projet de loi. Le sous-financement des frais d'occupation de
locaux est un élément très important
qui affecte négativement la qualité des services de garde, l'entretien, la
réparation, l'état des lieux, des aires de jeux sont des facteurs
importants qui affectent directement le bien-être des enfants.
Le financement pour
les enfants en difficulté, les enfants handicapés ou ayant des besoins
particuliers est loin d'être à la hauteur des besoins de ces enfants. Depuis
des années, l'AGPQ demande des changements pour améliorer l'offre de services pour ces enfants dont les
besoins et les comportements ont un effet direct sur les autres enfants du
groupe.
L'AGPQ espère que la
commission accueillera favorablement ses commentaires et recommandations qui tiennent à coeur la santé, la sécurité et le
bien-être des enfants ainsi que le service rendu aux familles du Québec. Merci
de nous avoir entendus.
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : Alors, merci beaucoup pour ce
mémoire, la lecture de votre présentation ainsi que les recommandations. On va
donc commencer la période d'échange avec les parlementaires. Mme la ministre,
la parole est à vous. 16 min 30 s pour votre banquette.
Mme Roy
(Verchères) : Bien, merci beaucoup. Merci de nous avoir présenté votre
mémoire et votre opinion. Vous allez quand
même me permettre de faire certaines petites rectifications qui, à mon sens,
sont essentielles, ne serait-ce qu'au
niveau de l'émission des infractions. En 2020, il y en avait 226, on est allés
à 257 en 2021, 2022, 181, donc on ne va pas vers une hausse, mais vers
une baisse, et 2023-2024, 110, donc il y a une diminution. Ne vous inquiétez
pas, nous ne financerons pas le réseau avec ces amendes qui totalisent, si je
prends l'année 2022-2023, 193 000 $ sur un budget de
3,2 milliards. Alors, non, ce n'est pas l'objectif. Notre objectif est
vraiment la santé, la sécurité des enfants. C'est, à notre sens, ce qui est
essentiel.
Vous nous avez
mentionné à quelques reprises dans votre présentation que les pouvoirs actuels
suffisent à... les pouvoirs actuels que... que le ministère a suffisent à
pouvoir, justement, s'assurer... assurer la santé et sécurité. Là-dessus,
j'aimerais vous dire que, bien, il a été démontré, dans les derniers mois, par
les cas qui nous ont été présentés, donc des cas qui... dont plusieurs ont été
médiatisés, et... Et je me rappelle même certaines sorties publiques de
l'association qui disait : Bien là, il faut que le ministère agisse plus
rapidement. Alors, il faut que les lois prévoient que le ministère agisse plus
rapidement et qu'on diminue les délais. Et c'est comme ça qu'on veut justement
pouvoir s'assurer... s'assurer de la sécurité, du bien-être de nos enfants, qui
est la priorité numéro un de nos services de garde très diversifiés, que ce
soient les CPE, les milieux familiaux, les garderies subventionnées, les
garderies non subventionnées. Ce sont... Nous avons un très bon réseau, et
évidemment le projet de loi traite souvent de ce que je pourrais dire est
l'exception à la règle. Parce que la règle, nous avons des bons services et
nous avons... nos enfants sont en sécurité dans le réseau.
Vous nous avez
beaucoup parlé du rôle des enquêteurs, que vous semblez trouver un peu
omniprésents, ou inégal, ou... Est-ce que... Parce qu'on veut toujours se
mettre en mode solution, effectivement, notre objectif, c'est de travailler
ensemble dans ce même réseau-là pour assurer la santé, la sécurité et le
bien-être de nos enfants. Est-ce que vous pensez qu'une révision du guide, par
exemple, des pratiques inappropriées nous permettrait justement de s'assurer,
en travaillant ensemble, en collaboration... nous assurerait qu'on ait tous la
même définition des choses, donc de s'assurer que l'on puisse avoir exactement
la même définition de ce que sont les pratiques inappropriées? Et... Ça, ça va être ma première question. Donc, on va aller
sur la révision du guide pour s'assurer qu'on ait le même langage, même
vocabulaire, même interprétation des choses, puis je reviendrai après sur un
autre sujet.
• (11 h 40) •
M. Alahmad (Samir) : C'est
sûr... Bonjour. Bonjour à vous tous. Bonjour, madame, bonjour, Mme la Présidente. C'est sûr et certain, plus qu'on
donne, plus qu'on explique, le mieux que c'est. Ça, c'est... c'est
incontournable. Oui, on révise le guide, on balise un peu plus.
L'article 5.2... Il y a des éléments dans l'article 5.2. Je vous
donne un exemple, «langage abusif ou désobligeant susceptible d'humilier un
enfant, de lui faire peur ou de porter atteinte à sa dignité ou à son estime de
soi». Je peux mettre 10 personnes dans cette salle-là, puis chaque
personne, il va me sortir avec une
définition... qui est malheureux là-dedans, peut-être le nombre... peut-être le
nombre. Effectivement, vous avez les statistiques beaucoup mieux que
tout le monde, peut-être le nombre de... d'infractions ou le nombre de... a
baissé, mais tout ce qu'on voit aujourd'hui... des interprétations qui,
vraiment, vraiment... ça ne tient pas la route.
Tu sais, une
éducatrice qui va dire à un enfant : Regarde, ne dérange pas les amis,
assis-toi à ta place, on trouve, ça, là... C'est... c'est... À un moment
donné, l'éducatrice... il faut comprendre, eux autres, ils travaillent dans une
patinoire de plus en plus restreinte, ce n'est pas évident. Elles travaillent
huit heures par jour avec huit enfants. Vous savez, les enfants, hein...
Et, comme j'ai dit, la patinoire est très restreinte. À un moment donné, oui,
ça va sortir des éléments. Mais, pour un inspecteur... je viens de dire, il va
dire : Infraction, pénalité administrative. Pire encore, à un moment donné, ça va... ça va suivre ça après...
Après, ça va suivre, et c'est là le problème. On dit puis on répète : On
n'a aucun... aucun sympathie, aucun. On ne vient pas ici pour supporter
nos garderies à l'aveuglette, loin de là. On a déjà eu beaucoup de discussions ensemble, et je dis : On va vous
accompagner dans des cas problématiques où l'enfant, il n'est pas bien,
mais de là qu'on prend un point-virgule, une interprétation qui sort...
Moi, je peux
voir le... le Petit Robert puis je vais voir chaque mot qu'on a mis ici. On
peut avoir 10 définitions par
mot. C'est là où on dit... Et ça, comme vous avez marqué dans... dans votre
impact... l'analyse d'impact, il y a 287 sur cet article-là, plaintes
fondées, non fondées, je ne sais pas, mais, en tout cas, c'est là où il faut
vraiment baliser les choses. Je pense,
l'objectif, l'objectif... qu'il ne faut pas aller à un point-virgule.
L'objectif, c'est quoi? L'esprit de la loi? Comment on peut améliorer?
Pas avec un point-virgule, pas... excusez-moi l'expression, de prendre le monde
en défaut. Puis malheureusement on a
plusieurs cas que c'est des cas réels, que, vraiment... qu'on ne partage pas du
tout. On est là, dans le réseau, depuis des années, on veut le bien-être
du réseau. Oui, il y a des garderies problématiques. Oui, il faut sévir puis il faut faire... mais il ne faut pas mettre tout
le monde dans le même panier, parce que, malheureusement, je trouve, ces
jours-ci, il y a du monde qui ont été mis dans le même panier.
Mme Roy (Verchères) : Je suis
totalement d'accord avec vous. D'ailleurs, c'est pour ça que, d'emblée, je dis
qu'on a un très bon réseau. Nos enfants sont en sécurité, et c'est extrêmement
important, et on laisse ce qu'on a de plus précieux, hein, le matin quand on va
au service éducatif, donc...
M. Alahmad (Samir) :
C'est... c'est... Mme la ministre, c'est important de le mentionner, on a un très bon
réseau.
Mme Roy (Verchères) : Excellent,
même.
M. Alahmad (Samir) : Un réseau
qui fonctionne très bien. Est-ce qu'il y a de la place à l'amélioration? Oui,
mais, à un moment donné, comme j'ai dit, il faudrait qu'on ait une ouverture
d'esprit puis qu'on... qu'on ne soit pas à un point-virgule près. C'est quoi...
Dans toutes les lois, il faut voir l'esprit de la loi. L'esprit de la loi, ce
n'est pas vraiment : Tu attrapes ça, tu es abusif.
Mme Roy (Verchères) : Alors, je
reviens sur l'esprit de la loi, qui est la santé, la sécurité et le bien-être
des enfants. Pour moi, c'est essentiel. Bon,
je pense qu'on s'est compris qu'on peut clarifier en utilisant le guide des
pratiques. Je pense qu'on peut mieux définir les choses, on peut...
J'aimerais revenir à la suspension parce qu'évidemment, si je suis assise ici
aujourd'hui, c'est parce que j'ai vu des choses que je n'aurais pas souhaité
voir dans le réseau, des exceptions, je le rementionne, mais des exceptions
qu'on ne veut pas voir parce qu'on veut que tous nos enfants soient en sécurité. Est-ce qu'on peut convenir
ensemble que le ministère a une responsabilité d'intervenir puisqu'il est
émetteur de permis, que le prestataire a la responsabilité de s'assurer aussi
que ce qui se passe au quotidien, dans son service de garde, dans sa
garderie... doit s'assurer de le voir? Une directrice qui passe en face d'une
éducatrice qui a attaché un enfant et qui ne réagit pas, l'employeur a une
responsabilité aussi d'intervenir immédiatement.
Et est-ce qu'on pourrait aller plus loin, puis
de dire qu'il faut aussi s'assurer que cette responsabilité soit bien sentie
aussi chez les éducatrices, cette nécessité... Et là, quand on parle de la
suspension automatique, on parle dans le cas
où la sécurité, la santé des enfants, le bien-être des enfants est en cause par
la répétition de gestes. Je vous ai donné l'exemple de... d'attacher un enfant, mais il y en a de... il y en a
d'autres. Je n'ai pas envie de les citer, j'ai plutôt envie de dire
qu'on va travailler en mode solution.
Alors, est-ce que vous pensez qu'effectivement
chacun a son niveau de responsabilité? Et ce qu'on a vu dans les derniers mois,
c'est des délais souvent trop longs pour intervenir parce que les lois, les
règlements étaient ainsi faits que... voulant donner, par bonne volonté, la
chance à tous, bien, ça faisait, à un moment donné... je pense qu'on réagissait
moins vite. Et, quand on parle de sécurité, c'est essentiel pour moi qu'on
intervienne extrêmement rapidement. Donc, j'aimerais ça vous entendre un peu
plus sur cette suspension dans le cas où il y a des plaintes fondées et dans le cas où la santé... parce que,
c'est ça, on ne parle pas de... d'avoir élevé un petit peu la loi, là, où la
santé, la sécurité et le bien-être des enfants est en jeu.
M. Alahmad
(Samir) : On est d'accord sur le principe, c'est sûr et certain. On ne
peut pas être en désaccord, on ne peut pas être en désaccord. À un moment
donné, comme on a toujours dit, les délinquants, ils n'ont pas leur place dans
le service de garde. On est tout à fait d'accord. La seule chose, il faut
vraiment que le fait reproché, c'est du
sérieux. Il faut que les gens ont... tout le temps pour corriger. On rentre
dans un service de garde, on dit : OK, il y a un, deux, trois
éléments, il faut la corriger, on la corrige. Mais pourquoi, une semaine plus
tard ou deux semaines plus tard, on envoie un avis qu'on renouvelle ton permis
pour un an, mais j'ai corrigé la chose, puis ce n'est pas quelque chose de
grave? Pourquoi?
On a... on a vu des cas, là... Je ne veux pas
rentrer dans des cas spécifiques. On a vu des cas que le menu affiché, il
manque quelques ingrédients, que le menu offert aux enfants... puis deux
petites choses de ce... nature-là, puis on vient d'envoyer un avis, on a le
document avec nous de renouveler le permis pour un an. Renouveler le permis
pour un an, c'est... c'est un... c'est un geste très, très, très sérieux,
c'est... c'est... Premièrement, les parents, ils vont dire : Regarde...
regarde, lui, il est renouvelé pour un an. Les employés, ils vont dire :
C'est renouvelé pour un an. Donc, penser à renouveler pour un an dans des cas très
spécifiques où on n'a pas d'éducatrices qualifiées, ou bien on n'a pas du
tout... ou on a... le ratio était loin d'être respecté, ou bien on... on met
beaucoup plus d'enfants que le... C'est vraiment des choses très sérieux.
Là-dessus... là-dessus, on est tout à fait d'accord, mais des... excuse-moi, je
ne peux pas dire «banalités», parce qu'on doit améliorer... mais des
manquements, ça peut arriver à n'importe qui.
Puis ça dépend de l'interprétation. Un
inspecteur qui rentre dans un service de garde aujourd'hui, qui voit une
bouteille de savon, après l'utilisation, l'étiquette est un petit peu effacée,
sort un rapport, il nous sort... il nous sort le rapport : Un produit
dangereux est à la portée de l'enfant. Pourtant, c'est un savon à mains. Tu le
vois, tu le sens, tu l'utilises. Pour M. Tout-le-Monde, pour quelqu'un qui est
assis ici puis qui... ce titre-là, il va dire : Oui, la santé des
enfants... sont en jeu. On peut envoyer un avis de... de... je ne sais pas quel
genre d'avis. Il faut faire attention avec ça. On a des cas, et des cas, et des
cas. C'est sûr et certain, ce n'est pas généralisé, mais, de plus en plus, ces
cas... On vous le dit, là, on trouve de plus en plus ces cas. C'est de là... Il
faut mettre les pendules à l'heure. Il faut vraiment cibler les vrais cas
problématiques, puis, par un autre guide, par un autre... je ne sais pas, de
formation, qu'on... qu'on travaille avec les associations ensemble, qu'on...
qu'est-ce que c'est... On a tous le même objectif sur le bien-être de l'enfant,
là, je pense, on est là pour ça.
Mme Roy (Verchères) : Je suis
bien d'accord, il faut mettre la priorité au bon endroit. Quelqu'un nous a
amené, dans les consultations plus tôt, l'idée de dire, dans certains cas...
Parce que, là, on a parlé de renouvellement d'un an versus cinq ans. Ça ne
touche pas vraiment l'ensemble des... des gestes ou des constats, ne touche pas
vraiment le projet de loi. On est vraiment sur la santé et sécurité des
enfants. Quelqu'un nous amenait la possibilité de dire : Est-ce qu'on ne
pourrait pas aller en administration provisoire plutôt que de créer des bris de
service dans le cas — et
je ne vous parle pas de l'étiquette de savon qui est effacée — dans
le cas de problématiques majeures de gestion?
J'ai des cas où on a accumulé, par exemple, 19 plaintes en trois semaines,
où il y a... il y a une problématique de gestion, et quelquefois, il
s'agit de recadrer les choses. Est-ce que c'est quelque chose qui... vous ne
l'avez peut-être pas étudié, là, mais qui vous semblerait possible dans les
solutions à aborder?
• (11 h 50) •
M. Alahmad (Samir) : Je pense
que c'est une excellente idée, je pense que c'est une excellente idée. Je pense
que l'objectif, là, vraiment, l'objectif... il ne faut pas enlever le tapis
sous le pied des parents, ni les enfants, ni les employés. L'objectif, c'est
de... que le service de garde fonctionne bien. De mémoire, de mémoire — ça
fait longtemps que je suis dans le domaine — on a déjà utilisé ça dans le
passé dans les garderies privées, de mémoire. Une administration provisoire, il
peut y avoir plusieurs personnes, il peut y avoir des gens qui font... de
l'entourage et de titulaires de permis avec le ministère de la Famille. Dans
des cas problématiques, moi, je pense, c'est une excellente idée au lieu, tout
de suite, on dit : On ferme le service de garde, on vous donne deux
semaines, mettez les parents dehors, mettez les choses dehors. Je pense que
c'est une excellente idée. Il faut le travailler, ce choix, il faut aller dans
ce sens-là.
Mme Roy (Verchères) : Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, Mme la ministre. Alors, il reste
2 min 30 s, et je vais reconnaître la députée de Châteauguay.
Mme Gendron : ...bonjour,
M. Alahmad, Mme Mona Lisa, très heureuse de vous voir en vrai, comme
on s'est dit tantôt. Je voulais juste mentionner que, d'entrée de jeu, vous
êtes un partenaire précieux. Comme vous le savez, on a souvent des belles
discussions ensemble. Je veux souligner le travail des responsables. Vous
m'avez... vous avez dit tantôt : Ce n'est pas rien, ce n'est pas rien,
être responsable d'un service de garde, c'est des grandes responsabilités, puis
je pense que le réseau le fait très bien. Donc, je voulais juste renforcir un
peu l'élément que vous avez dit un peu plus tôt. Donc, en effet, on a un très
beau réseau.
Je suis heureuse d'entendre que vous êtes
favorables au projet de loi, somme toute. Par contre, il y avait un petit point
que je voulais vérifier avec vous, là, en lien avec les vérifications d'absence
d'empêchement. Ce que j'aurais voulu savoir, en fait, c'est que vous dites que,
lorsqu'il y a un nouvel employé, à cause des délais, vous aimeriez que ce soit
basé sur, en fait, une déclaration assermentée. Par contre, je m'inquiète un
peu, moi. Est-ce que vous partagez la même inquiétude sur, justement, la
possibilité qu'il y ait un accroc au dossier puis qu'on s'en rende compte plus
tard? Donc, j'aimerais vous entendre sur ce point-là. Merci.
M. Alahmad
(Samir) : Merci pour la question, c'est très intéressant. Les
vérifications des antécédents judiciaires,
de nos jours, c'est un... dans plusieurs cas, c'est un obstacle à aller
recruter des demandeurs sur-le-champ. Nous autres, dans le service de
garde, on peut perdre nos employés, et tant mieux pour eux autres, comme ça,
en... dans quelques heures, des congés de maternité qui arrivent, qui arrivent
souvent. Du jour au lendemain, il nous manque... Et il y a des fois... dans le
service de garde, on a deux, trois cas qui arrivent en même temps. Là, on veut
remplacer ces éducatrices. Malheureusement, les éducatrices qui viennent dans
d'autres milieux, il y a beaucoup de cas, elles ne nous amènent pas leurs...
elles ne nous amènent pas leurs antécédents. Minimalement, minimalement, quand
j'amène une éducatrice qui a déjà travaillé dans un service de garde, je sais
d'emblée : elle, elle a déjà eu son... vérification. Peut-être, je n'ai
pas le papier. Il ne peut pas... Elle ne peut pas travailler si elle n'a pas
ses antécédents... Je... Elle travaille...
J'assume, j'assume à 99,999 %, elle a déjà ses antécédents, ça fait que je
peux l'engager. Comme la personne qui
vient de l'extérieur, on n'a pas de données. On a dit... puis c'est une
excellente idée qu'est-ce que vous
proposez, de... une déclaration assermentée. Qu'elle nous fasse une déclaration
assermentée, et je peux vous dire, à
moins que je me trompe, on n'a pas vu des cas dans la province encore de
problématiques avec les vérifications d'antécédents d'une garderie à une
autre, d'un emploi à un autre dans un délai de trois mois. On n'a pas vu ça.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, M. Alahmad. C'est... c'est tout le
temps que nous avions pour la banquette du
gouvernement. On va poursuivre maintenant avec l'opposition officielle, 16 min 30 s.
Mme la députée de Westmount—Saint-Louis, la parole est à vous.
Mme Maccarone : Merci. Juste
avant de débuter sur mon temps à moi, Mme la Présidente, je demanderais à la
ministre... elle avait fait référence à le nombre de sanctions, mais je n'ai
pas entendu le chiffre. Ça fait que, si vous pourriez... ou... ou déposer...
Mme Roy (Verchères) : ...
Mme Maccarone : Oui. Ah! ce
serait... ce serait...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...
Mme Maccarone : Ce serait
gentil. Parce que, nous, ce qu'on a constaté, c'est... Quand même, le nombre de
plaintes a beaucoup augmenté depuis 2019, de 1 577, 2 000...
Mme Borrega (Mona Lisa) : Excusez-moi,
excusez-moi...
Mme Maccarone : Je vais... je
vais vous...
Mme Borrega (Mona Lisa) :
«I'm sorry, but I'm handicapped and I'm having a
very hard time hearing you.» Je veux juste que
vous parliez un peu plus fort, s'il vous plaît. Je porte des appareils puis
j'ai de la difficulté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...
Mme Borrega (Mona Lisa) : Je
m'excuse.
Mme Maccarone : Je vais
m'approcher.
Mme Borrega (Mona Lisa) : Vous
avez une petite voix douce, c'est pour ça.
Mme Maccarone : Je
vais m'approcher. Puis, c'est beau, de toute façon, mes questions, c'était pour
la minute... sur mon temps à moi, parce que je voulais juste clarifier.
Ça fait qu'elle va déposer un document en ce qui concerne le nombre de
sanctions, parce que, suite à ce que vous avez discuté avec... dans votre
échange, on a quand même constaté que le nombre de plaintes a beaucoup augmenté
depuis 2019, 1 577, en 2021, 2 227... 2 272, excusez-moi, puis
2022-2023, 2 809. Ça fait que je voulais juste avoir un peu de clarté. Ça
fait que M. Alahmad, Mme Borrega, merci beaucoup pour votre présence
aujourd'hui en commission parlementaire. C'est un plaisir de vous revoir puis
un plaisir de continuer l'échange avec vous. Merci pour votre mémoire et pour
votre témoignage.
Je souhaite vous entendre sur votre recommandation
par rapport à le... suppression des mots «bien-être». Là, je fais référence à
l'article 12. Vous dites qu'il faut mettre l'emphase sur la santé et
sécurité des enfants : «On croit qu'il faut enlever les mots
"bien-être" lorsqu'il s'agit d'un cas d'extrême urgence qui nécessite
la fermeture immédiate du SDG.» Ça fait que peut-être vous pourriez élaborer,
s'il vous plaît.
M. Alahmad (Samir) : C'est sûr,
le bien-être de l'enfant, c'est... c'est sacré. On a dit : Le bien-être de
l'enfant, c'est sacré. Mais, quand on est dans une... quand on fait face à une
fermeture immédiate, sur-le-champ, d'un service de garde, là, on ne regarde pas
qu'il y a des lacunes dans le programme éducatif, on ne regarde pas qu'il y
a... il y a des éléments de ce genre-là ou
bien qui ne touchent pas nécessairement le santé et sécurité. La façon que...
qu'on a compris est que, vraiment, puis c'est... tout à fait d'accord
là-dessus, quand on rentre dans un service de garde puis on
trouve, je ne sais pas, moi, là, peut-être j'exagère, le plafond qui tombe, ou
bien il y a de l'eau, ou bien le système de chauffage ne fonctionne pas, là, il
s'agit... une chose immédiate, mais quand il s'agit d'autres éléments comme quoi que ça peut... on peut s'asseoir, on peut
s'entendre, on peut voir comment on peut améliorer ça, fermer un service
de garde sur-le-champ, c'est un acte... c'est un acte très, très, très sérieux,
et pour tout le monde.
Et d'ailleurs, si on
regarde l'analyse d'impact sur le réglementation... réglementaire faite par le
ministère, on enlève le mot «bien-être des enfants», on met l'emphase
uniquement sur la santé dans la majorité des cas. Et la santé de l'enfant, c'est que ça nécessite une action
sur-le-champ. Les autres éléments sont aussi importants puis sont aussi...
mais on a un certain temps de travailler avec les gens. Au lieu de dire à tout
le monde : Allez-y, chez vous, là, parce que votre programme éducatif ou
bien votre approche éducative, ce n'est pas adéquat.
Mme Maccarone :
Juste pour revenir un peu sur la question de la ministre par rapport à une
administration provisoire, selon qui... Ce serait qui cette personne qui pourra
occuper ce poste?
M. Alahmad
(Samir) : Mais c'est sûr que ça va faire sujet de discussion. La façon
qu'on a trouvée, je pense, dans le passé... Écoute, à un moment donné, on a...
on a... une personne peut-être identifiée, et peut-être il n'est pas à sa place dans un service de garde, mais le service
de garde peut désigner une autre personne qui a toute la probabilité... toute leur compétence de gérer ça. C'est sûr,
quand on parle d'une administration provisoire, ou tutelle, ou... qu'est-ce
que vous voulez, ça prend, c'est sûr et
certain, quelqu'un de... d'indépendant qui soit... qui soit là-dedans pour
surveiller ça. C'est... c'est... Et... et avec ça, on peut assurer
minimalement... on peut assurer minimalement que le service de garde continue, que le service offert continue.
C'est sûr, on ne demande pas qu'on enlève la gestion puis qu'on donne ça
à quelqu'un d'autre. Non. Mais, à un moment donné, il faudrait qu'on regarde
ensemble comment on peut... on peut faire ça.
Mme Maccarone :
Alors, cette personne serait déléguée par la ministre?
M. Alahmad
(Samir) : Bien, c'est-à-dire, ça peut être... ça peut être plus qu'une
personne, ça peut être deux, trois
personnes, ça peut être une personne déléguée par la... par la ministre, ça
peut être une personne aussi... une autre personne, quand même, que le
service de garde, le... Le gestionnaire, le propriétaire, il a quand même un
certain mot à dire, que peut-être lui n'est
plus approprié, mais il peut déléguer quelqu'un de son équipe aussi d'être là,
comme on le voit d'ailleurs dans tous les ministères, quand on a une chose,
on... on n'amène pas tout le monde de l'extérieur, on va amener
peut-être une personne de l'extérieur.
Mme
Maccarone : À date, on a... on a parlé très peu par rapport à les
personnes résidant au Canada depuis moins
d'un an. Vous, vous l'avez abordé dans votre mémoire. Peut-être vous pourriez
élaborer un peu par rapport à votre recommandation, un modèle officiel
de déclaration, puis les préoccupations dont vous voyez. Parce qu'évidemment
c'est un élément qui est pris en considération dans le projet de loi, là aussi,
par des vérifications d'absence d'empêchement des personnes qui sont résidents
permanents, par contre, mais pas citoyens. Ça fait que quelle est votre
orientation là-dessus?
• (12 heures) •
M. Alahmad (Samir) : Mais c'est sûr que ce
qu'on a compris... on a fait notre devoir, puis avec les échanges qu'on a eus avec le ministère... Une personne qui
est ici, ça fait moins d'un an, on ne connaît pas tout son historique, là.
Ça fait que nous, on vérifie les antécédents judiciaires, on peut aller sur
l'historique de la personne, à moins qu'il y a eu des pardons, dans des cas
spécials. On ne connaît pas son historique. Si on va se fier uniquement sur
un... d'empêchement, bien, ça ne reflète pas la réalité. Cette personne, on ne
connaît pas son historique.
C'est sûr et certain,
une déclaration assermentée, ça vient renforcer... ça vient renforcer un petit
peu le... le sérieux des choses. Quand
quelqu'un qui va signer la déclaration assermentée dit : Est-ce que tu as
déjà été ci puis ça... puis ils
savent, ces personnes-là, s'ils vont faire de... de fausses déclarations, à un
moment donné, il y a des conséquences si jamais on est au courant. Je
pense que ça nous donne... ça nous donne... C'est beaucoup mieux qu'on fasse
une... un chose standard, puis qu'on ait... Le trois quarts de son historique,
on ne le connaît pas.
Mme Maccarone :
OK. Puis, quand vous parlez de... les... les plaintes et protection contre
les représailles, vous dites que vous souhaitez qu'on enlève les mots «sur le
point [d'être]» de l'article 101.35, car... Comment est-ce que c'est
possible de loger une plainte qui n'est... qui est sur le point d'être commise?
Alors, peut-être vous pourriez expliquer un peu. Qu'est-ce que vous souhaitez
en termes de protection contre les représailles? Parce que c'est quand même un
élément très important quand on parle des sanctions, quand on parle de
protection. Puis aussi, on comprend qu'il y a quand même une spécificité à
l'intérieur du réseau, qu'on ne verrait pas nécessairement dans le réseau de
l'éducation, qui est dans une commission parallèle en train d'en débattre, d'un
projet de loi similaire... Mais il va y avoir un impact sur les employés qui
oeuvrent au sein... mais c'est très spécifique dans le réseau de services de
garde éducatifs à l'enfance.
M. Alahmad
(Samir) : C'est sûr, on est tout à fait d'accord que la personne qui
loge une plainte ou qu'il... qu'il... qui dénonce une situation susceptible à
vraiment mettre des gens en danger ou le... le santé, sécurité, bien-être de
l'enfant, on est tous... ou que ce soit un parent, que ce soit un membre de
personnel, on est tout à fait d'accord qu'on le protège cette personne-là. Ça
fait qu'on ne veut pas que cette personne-là ait des représailles. Demain
matin, tu rentres, il dit : Regarde, quitte ici, parce que tu as fait ça.
La
seule chose, nous, on trouve... Bien, encore là, il faudrait utiliser ça avec
une certain... vraiment, objectivité. Moi, quelqu'un qui appelle, il
dit : Je pense, demain, le ratio ne va pas être respecté. Il me semble
qu'à un moment donné, c'est... c'est... À un
moment donné, la présomption d'innocence ou je ne sais pas... Si on va
l'utiliser... des choses pareilles, à un moment donné, il faudrait qu'on
soit sûrs et certains, mais on trouve un petit peu spécial quelqu'un qui va
dénoncer une situation qui n'a pas... qui n'est pas là encore. Ça fait qu'à
moins qu'on a des cas spécifiques, à ce moment-là, oui. Mais là de dire :
Je pense qu'un parent... je pense que, demain matin, les employés, les enfants,
ils ne vont pas bien manger, je pense qu'il faudrait qu'on soit... qu'on soit
prudents avec ça.
On ne veut pas ouvrir... Vous savez, les
plaintes, là, les plaintes... À un moment donné, une seule personne peut
déposer cinq, puis six, puis sept, huit plaintes, là. À un moment donné, les
plaintes... On ne va pas s'amuser avec des
plaintes non plus. Il faudrait que les plaintes soient fondées, soient...
soient bien, soient structurées. Il faut faire attention avec les plaintes,
et c'est ça qui nous fait peur, nous autres, un peu, qu'on ouvre... on ouvre le
buffet à des plaintes, à un moment donné, que ça ne finit plus, là.
Écoute, moi, je pense que, quand je commets une
erreur, j'assume mes choses si... On s'entend que je ne le commets pas. À moins
qu'il y a des situations peut-être très particulières, là, à un moment donné,
on peut agir, mais il ne faut pas, «at
large» : Oui, je pense que mon employeur, il va faire ça, là. Je pense, on
ouvre la porte très large, très large.
Mme Maccarone : OK. Merci beaucoup.
Je vais continuer à m'inspirer de votre mémoire. Je pense que ma collègue avait
des questions.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, Mme la députée. Alors, c'est au tour de la députée
de Notre-Dame-de-Grâce. Il reste encore 6 min 50 s.
Mme
McGraw : Merci, Mme la Présidente, et à mon collègue aussi.
Merci d'être avec nous aujourd'hui pour votre mémoire et votre
présentation.
Alors, en regardant votre mémoire à la
page 3, vous dites que vous croyez que les pouvoirs actuels de la ministre de la Famille et des fonctionnaires du
ministère sont suffisants pour assurer la santé, la sécurité et le bien-être
des enfants et vous jugez même que les
pouvoirs additionnels introduits par ce projet de loi pourraient risquer de
créer des préjugés, et là vous continuez. Alors, c'est quand même...
c'est quand même quelque chose de dire que vous pensez que les pouvoirs actuels sont suffisants. Alors, pourquoi
croyez-vous que ce projet de loi a été déposé par la ministre, selon
vous, si les pouvoirs actuels suffisent?
M. Alahmad (Samir) : Mais, c'est
sûr, le projet de loi, il y a beaucoup d'autres éléments que le pouvoir
additionnel, il y a pas mal d'éléments que nous, on salue, d'ailleurs. Il n'y a
pas seulement... La seule chose, notre interprétation à nous, on trouve que la
ministre ou le ministère, ils ont déjà le pouvoir nécessaire. Si on regarde
l'article 75, on dit dans l'article 75, la loi qui existe
présentement : «Si l'inspecteur constate que l'état de l'espace ou de l'aire de jeu — l'espace, l'aire de jeu, l'équipement, l'aire de
jeu — constitue
un danger pour les enfants, il [...] ordonne l'évacuation immédiate.» Il
me semble qu'il y a tout. Après ça, le pouvoir de la ministre de suspendre,
réduire ou d'annuler une subvention, le
pouvoir de la ministre, l'article 26, encore là, dans ce sens-là. Donc, je
pense qu'on a... on a... on a assez de pouvoir.
Est-ce que les pouvoirs sont... est-ce qu'ils
sont utilisés au point de vue très approprié? Est-ce qu'il y a des délais? Est-ce qu'il y a... administratif? Est-ce
qu'il y a d'autres choses? Mais, si on regarde la loi exactement qui existe
maintenant et d'ailleurs qu'à chaque fois qu'on a une commission parlementaire
on ajoute des pouvoirs puis on ajoute des
choses... On n'est pas contre le pouvoir, mais, à un moment donné, on
dit : On a tous le pouvoir nécessaire. Mais il faut utiliser le
pouvoir d'une manière vraiment, vraiment réfléchie.
Je reviens là-dessus, sur... On met l'emphase
maintenant de fermer... de fermer un service de garde selon... d'inspecteur. Un
inspecteur, comme j'ai dit, pour une bouteille de savon, il dit : C'est un
produit dangereux. Un autre inspecteur, il voit... il voit une petite
débarbouillette à terre, il dit : L'hygiène n'est pas au rendez-vous,
l'enfant n'est pas bien. Ça donne beaucoup
de pouvoir. C'est là où on dit : Nous autres, avant qu'on procède à une
fermeture sur-le-champ d'un service
de garde, il faut que l'inspecteur, l'enquêteur, qu'il coordonne avec un
gestionnaire supérieur, comme un sous-ministre adjoint, pour être sûr et
certain qu'on ne se trompe pas de cible puis qu'on vise vraiment des cas
problématiques.
Mme McGraw : Alors, juste pour...
Donc là, vous... si on comprend bien, vous accueillez, vous êtes pour bonifier cette... Nous sommes là pour bonifier ce
projet de loi qui va avancer. Il y a quand même des risques que vous
soulignez. Vous avez beaucoup de propositions très spécifiques au niveau des
amendements vis-à-vis des articles. Avec le temps qu'il nous reste, entre
autres, est-ce que vous pouvez souligner ce que vous voudriez prioriser dans
vos amendements pour bonifier le projet de loi?
M. Alahmad (Samir) : Mais,
regarde... excuse. On est allé vraiment en détail dans... C'est sûr, si on va écrire un mémoire, on peut écrire le mémoire, à un
moment donné, on est limité par le mémoire. Il dit : Ne dépasse pas
de 10 pages. On n'a pas dépassé 10 pages, mais...
Mme
McGraw : ...il y a beaucoup de texte. C'est un travail qui
est très bien fait. Quel serait... pour nous laisser avec un ou
deux points prioritaires, à part du mémoire, évidemment?
M.
Alahmad (Samir) : Moi, la priorité numéro un aujourd'hui et
qu'est-ce que ça sauve du réseau en entier, qu'on utilise le pouvoir
adéquatement, qu'on n'envoie pas des avis de non-conformité non justifiés,
qu'on ne donne pas un permis non renouvelé pour cinq ans ou qu'on ait...
qu'on essaie de fermer des garderies sur-le-champ. On trouve que c'est loin
d'être justifié. Tout ce qu'on veut vraiment, que... Vous savez, la... On a
assez du travail dans un service de garde ces jours-ci, on a assez de stress
puis on a assez du travail pour gérer... gérer tout, tout, tout ce qu'on fait
au quotidien. On ne veut pas qu'un inspecteur rentre chez nous ou on a un
inspecteur qui rentre chez nous puis on dit : Qu'est-ce qu'il va me
sortir? Parce qu'il a sorti, chez mon voisin, ça, chez un autre voisin... On
veut travailler, on veut travailler en harmonie puis on veut travailler en
confiance. On dit : Regarde, moi, je fais un bon travail. Je ne suis pas
infaillible, je peux faire des erreurs, l'erreur est humaine. Je veux que l'on
me donne la chance, au coureur, de corriger ces erreurs-là adéquatement. Je
peux vous donner des exemples et des exemples et des exemples, ça ne finit
plus. Il faut qu'ils nous donnent la chance, aux coureurs, sans qu'on ait une
tache dans notre dossier. Oui, tu as déjà eu des amendes ou tu as déjà eu un
avis de je ne sais pas quoi, un avis de non-renouvellement de permis... Il
faudrait... cette relation soit retravaillée.
Mme McGraw : Merci.
S'il reste...
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Il reste encore 1 min 30 s.
Mme McGraw : Donc, peut-être en terminant, je sais qu'il va y
avoir des... si je comprends bien, des frais de vérification d'absence,
empêchement, qui vont... supplémentaires. Selon vous, qui devrait payer ces
frais additionnels?
• (12 h 10) •
M. Alahmad
(Samir) : Bien, si vous me demandez à moi, je vais dire...
Mme McGraw : Oui,
je vous demande, oui.
M. Alahmad
(Samir) : ...je vais dire que le ministère de la Famille doit le
payer, c'est sûr et certain, parce que c'est une obligation, c'est une
obligation. Allez-y, Mona.
Mme Borrega (Mona Lisa) : Oui. Non, il y a de quoi
d'important là-dedans, concernant les absences empêchement. Puis pourquoi on demande que la nouvelle employée qui
rentre, qui n'a pas... qui n'a pas ses absences d'empêchement, qu'on lui
donne le... qu'on la considère pareille comme quelqu'un qui arrive de
l'étranger, qu'on ne connaît pas du tout, elle arrive d'un autre service de
garde, ou elle arrive du cégep, ou quoi, puis cette personne-là, elle n'a pas
le droit de travailler tout de suite sans ses papiers, puis moi, je n'ai pas le
droit de l'embaucher? Mais, si elle arrive d'un autre employeur, dans plusieurs
cas, on appelle l'autre employeur puis on lui dit : Peux-tu nous envoyer?
Des fois, ils nous disent oui, ils l'envoient. Des fois, il y en a qui
disent : Bien, je l'ai payé. On dit : OK, on va te... on va te
rembourser pour l'employée. Puis il y en a qui sont choqués qui disent :
Non, c'est moi qui l'a payé, ça m'appartient, puis ça arrive souvent, ça.
Ça fait que le
problème avec ça, c'est que nous autres, on ne peut pas l'embaucher, elle, elle
ne peut pas travailler chez nous, puis peut-être qu'on va être obligés de
fermer le groupe parce que, comme Samir, il dit tantôt, beaucoup de nos cas
d'embauche, c'est des remplacements de congé de maternité, hein? Ça fait qu'en
faisant la déclaration assermentée pour une nouvelle employée, puis, en même
temps, on lui fait remplir la demande de vérification d'absence d'empêchement,
puis qu'on l'envoie au poste de police, puis, dépendamment de la région ou de la journée, ça peut prendre jusqu'à
trois mois, bien là, à ce moment, elle peut travailler parce qu'on a sa
déclaration. Quand on reçoit l'absence d'empêchement... l'attestation,
bien là c'est l'attestation qui prime.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Merci. Merci beaucoup. Alors, j'ai laissé
terminer... je vous ai laissé terminer votre phrase. Merci beaucoup pour cette
présentation. Mmes les parlementaires, merci beaucoup pour cet échange. Alors,
je vous souhaite une bonne journée.
Et, pour l'heure, je
suspends les travaux. Merci.
(Suspension de la séance à
12 h 11)
(Reprise à 15 h 14)
La Présidente (Mme
Caron) : ...plaît! La Commission des relations avec les citoyens reprend
ses travaux.
Alors, nous
poursuivons les consultations particulières et auditions publiques sur le
projet de loi n° 46, Loi sur l'amélioration de la protection des enfants
dans les services de garde éducatifs.
Alors,
cet après-midi, nous entendrons les représentants des organismes
suivants : l'Association des garderies non subventionnées en installation, M. Louis-Philippe Lampron, le Conseil
québécois des services éducatifs à la petite enfance et la Sûreté du
Québec.
Je souhaite donc la
bienvenue à l'Association des garderies non subventionnées en installation. Je
vous rappelle que vous disposez au total de 10 minutes pour votre exposé
et pour vous présenter, et nous procéderons ensuite
à la période d'échange avec les membres de la commission. Je vous invite donc à
vous présenter et à commencer votre exposé. Je vous ferai signe quand il
restera 30 secondes.
Association des garderies non
subventionnées
en installation (AGNSI)
M. Haddaoui (David) : Merci, Mme la
Présidente. Mme la Présidente, Mme la ministre, Mmes et MM. les députés, je
vous remercie, comme à l'habitude, d'avoir accepté que notre association soit
présente aujourd'hui pour vous témoigner du bienfait pour les enfants. Et je
passe un grand salut à mes collègues ici aussi.
Donc, si vous permettez, l'adoption du projet de
loi n° 46 modifiant la Loi sur l'amélioration de la protection des enfants
dans les services de garde éducatifs s'inscrit dans un contexte crucial pour le
secteur des services de garde éducatifs à l'enfance au Québec. Ce rapport, mesdames
et messieurs, élaboré par l'AGNSI, le rapport que vous avez entre vos mains,
vise à analyser les impacts de cette modification législative tant sur le court
terme que le long terme. Dans ce contexte précis, notre analyse se concentrera
sur trois aspects fondamentaux : l'impact sur la législation sur la
qualité éducative, les implications pour le marché de l'emploi dans le secteur
de la petite enfance et, non pas le moindre, les répercussions sur le bien-être
du personnel éducatif dans l'ensemble des services de garde. Chacun de ces
éléments est crucial pour comprendre pleinement les effets du projet de loi
n° 46 et pour élaborer des stratégies efficaces permettant de relever les
défis actuels et futurs dans notre secteur.
Ce rapport, mesdames et messieurs, se propose
donc d'offrir une perspective complète sur les défis et les opportunités
présentés par le projet de loi n° 46 en mettant en lumière les réponses
possibles et les adaptations nécessaires pour assurer la pérennité et la
qualité des services de garde éducatifs à l'enfance que nous avons toujours
réclamées et prônées.
Plus
concrètement, le projet de loi n° 46 propose de revoir les processus de
vérification d'absence d'empêchement et il mentionne les nouveaux
empêchements potentiels — rappelez-vous
de ce mot, «potentiel», est très important dans notre mémoire. Il oblige
également tout titulaire de permis à suspendre immédiatement un membre de son personnel dans le cas où il y a un risque
compromettant gravement la santé, la sécurité et le bien-être de nos
tout-petits.
Ce projet de loi, mesdames et messieurs, permet
aussi au ministre de refuser de délivrer un permis de centre de la petite
enfance ou de garderie, de suspendre, de le révoquer et de refuser de le
renouveler. Nous allons voir les conséquences de tous ces points-là tout à
l'heure.
Ce projet de loi, mesdames et messieurs, encore,
permet également l'évacuation des enfants qui reçoivent des services de garde
éducatifs de tout partie d'une... dans l'éventualité où la sécurité ou le
bien-être de ceux-ci risque d'être gravement compromis.
Le projet de loi n° 46
prévoit aussi des mesures protégeant contre les représailles — c'est
un point aussi qu'on va évoquer tout à l'heure, certainement, dans vos
questions — les
personnes ayant notamment adressé une plainte au ministère.
Considérant ces impacts que ce projet de loi a
sur le réseau des membres de l'AGNSI, celle-ci, dans le cadre de cette
présentation du présent mémoire, souhaite faire mention de ses observations
afin de pouvoir sensibiliser le ministre aux réalités vécues de ses membres.
Bien que ce projet de loi permet des
améliorations notables au niveau du réseau des membres de l'AGNSI, certaines
dispositions méritent d'être précis, clarifiées afin de pouvoir en délimiter la
portée. Également, mesdames et messieurs,
certaines dispositions représentent des contraintes excessives, à nos yeux,
pour les membres de l'AGNSI, comme je viens de vous le dire, qui
méritent d'être soulevées préalablement et à l'adoption éventuelle du projet de
loi n° 46.
Nous espérons que les commentaires ainsi
soulevés dans notre mémoire, dans le cadre du présent mémoire, seront tenus en
considération, mesdames et messieurs, par le ministre dans le cadre de la
monture finale de ce projet de loi. Merci, mesdames et messieurs.
• (15 h 20) •
La
Présidente (Mme Caron) : Merci. Alors, nous allons maintenant procéder aux
échanges. Mme la ministre, à vous la parole. 16 min 30 s.
Mme Roy (Verchères) : Merci
beaucoup. D'abord, merci d'être là. Votre expertise est importante. Et aussi ce qu'il est important de mentionner, ce pour quoi
nous sommes ici avec ce projet de loi n° 46... Nous avons,
d'abord, d'emblée, je tiens à
l'affirmer et à le réaffirmer, un très bon réseau, un réseau diversifié, où on
retrouve des CPE, des milieux familiaux, les bureaux coordonnateurs, où on
trouve des garderies subventionnées, des garderies non subventionnées.
Donc, c'est un réseau qui est diversifié, c'est un bon réseau.
Donc, le
projet de loi n° 46 vient, je dirais, amener des mesures
exceptionnelles à des situations exceptionnelles. Pour quoi? Pour la santé, la sécurité et le
bien-être de nos enfants. Malheureusement, on a vu au cours des derniers mois,
dans la dernière année, dans les deux dernières années, des cas qui ont soulevé
des questions où, d'ailleurs, je me souviens très bien, en plus, de vous avoir
vu dans les médias nous dire, effectivement, l'importance que le ministère
réagisse rapidement pour qu'on ait le moins possible de ce type de cas à gérer
là où nos enfants, ce qu'on a de plus précieux... quand on va les porter, on
veut être sûrs qu'effectivement ils sont en toute sécurité.
D'ailleurs, à l'intérieur du projet de loi... La
première question que je vais vous poser, c'est concernant votre perception de
la suspension immédiate qu'on demande quand un employé met gravement en cause
la santé, la sécurité, le bien-être des
enfants. C'est notre premier devoir. On comprend que c'est un devoir qui est
partagé : bien sûr, le ministère,
qui émet les permis, les prestataires, qui sont là, au quotidien sur le
terrain, pour s'assurer, dans les installations, que nos enfants sont en toute
sécurité, et évidemment nos éducatrices et tout le personnel qui travaille dans
nos services de garde éducatifs à l'enfance.
Alors,
j'aimerais un peu vous entendre concernant la suspension, parce que c'est, pour
nous, je pense, une forme de protection
importante. Et notre premier souci... on parle, là, évidemment, d'exceptions,
mais notre premier souci, c'est que chacun de nos enfants, en tout
temps, soit en sécurité. Donc, j'insiste sur le mot «gravement», parce que la suspension... puis on a entendu plusieurs
intervenants, on confond entre le fait d'avoir peut-être levé le ton et le fait
de faire des gestes qui sont vraiment
inappropriés, qui mettent la santé de l'enfant en jeu. Alors, je voudrais vous
entendre à cet effet-là.
M. Haddaoui
(David) : Merci, Mme la ministre, de nous poser cette question, parce
que nous avons, moi, personnellement, et mon
comité ici présent, réfléchi énormément à cette question parce que c'est une
question pertinente, énormément. Ce genre de sanction existe déjà dans
les services de garde. Dieu sait qu'on est arrivés à licencier des éducatrices,
même qualifiées, des gestionnaires pour... parce qu'il y avait... il y a
quelque chose qui a... qui a été en cause pour la sécurité et le bien-être d'un
enfant à l'intérieur d'une garderie ou d'une installation.
Où il est, le
problème actuellement, c'est que nos gestionnaires ne sont pas des juristes, ne
sont pas des hommes et des femmes de loi pour voir le degré... de mesurer la
suspension, d'autant plus que toutes les installations sont gérées... sont régies, pardon, par la CNESST. Et vous savez que...
le bras de fer qui hante toujours les propriétaires avec la
CNESST : c'est toujours l'employé qui gagne. Je ne reproche pas ça. Peu
importe. Mais la... 90 % des règles, c'est toujours en faveur de
l'employé, et tant mieux que c'est comme ça. Mais prendre des mesures graves
sur un jugement personnel d'une gestionnaire peut compromettre le
fonctionnement d'une garderie en matière d'emploi.
Nous vivons dans un
contexte de manque de main-d'oeuvre dans notre secteur, je ne vous apprends
rien, mesdames et messieurs, et le fait... C'est quoi qui sera toléré, qui ne
sera pas toléré? On a cette zone grise, qui est un petit peu compromettante,
et, d'autant plus, la réciprocité est le contrecoup qui revient au
gestionnaire. Est-ce que le gestionnaire, le fait de ne... a jugé que ce
n'était pas nécessaire de la licencier ou de le licencier ou de le punir ou de ne pas le punir pour des gestes s'avère vrai?
Pourquoi? Parce que, demain, il peut venir un inspecteur ou une commission...
de dire : Non, non, vous vous êtes trompé, il fallait la radier tout de
suite. Et là le jugement de la gestionnaire est mis en cause, et on va voir l'autre article qui le met complètement... donc,
ce qui fait qu'il y a toujours le gestionnaire qui est assis sur un feu et ne
sait pas comment gérer. Et c'est ça, ce qu'on a demandé dans l'article, qu'on
soit un petit peu clair.
Tu veux ajouter?
M. Belfarji
(Toufik) : Oui, s'il vous plaît. Mais d'abord je vais me présenter. Toufik
Belfarji. Donc, je suis membre du conseil d'administration de l'association.
Oui,
c'est vrai, ce que vous avez dit, Mme la ministre, c'est... il s'agit des cas
vraiment exceptionnels, où il y a un danger,
qui vont toucher la sécurité, le bien-être et la santé des enfants. L'enjeu,
c'est que... comme l'a dit mon collègue, c'est qu'il y a une zone grise quand est-ce que le jugement de
suspension doit être appliqué. Dans le cas, par exemple... Je vais
donner des exemples. Est-ce que c'est par répétition? Est-ce que la suspension
va être fondée? Comment elle va être fondée?
Qui va juger que c'est fondé ou pas? Par contre, si le gestionnaire n'applique
pas la suspension dans le cas où... par méconnaissance ou par un
jugement qui soit... soit faux, un faux jugement, ou qui n'a pas touché la...
vraiment la réalité, c'est là où il y a le problème.
Donc, il faut
peut-être encadrer ça soit par une directive, par un règlement, quelque chose
comme ça. Quand est-ce est-ce que c'est fondé? Est-ce que... Il faut se poser
des questions, bien, pour aider au moins les gestionnaires à élaborer un
jugement efficace, pour au moins qu'eux, ils vont respecter la loi comme elle
va être établie. Donc, l'encadrement de cette suspension doit être fait.
Et aussi, comme il a
dit, l'enjeu pour les services de garde, c'est par rapport aux normes de
travail. Donc, c'est sûr et certain, la loi
de la petite enfance, elle va nous obliger à suspendre les employés, mais
qu'est-ce qu'on va faire avec notre
travail? S'il y a une plainte auprès des normes de travail, comment on va gérer
ça, comment on va dealer ça? Et
surtout quand il y a des frais et si la suspension, elle est révoquée par les
normes, on ne sait jamais. Donc, c'est là, l'enjeu, pour nous,
actuellement. Voilà. Merci.
Mme Roy (Verchères) : ...c'est un enjeu
important. D'ailleurs, dans le mémoire que vous nous avez présenté, vous
nous parlez souvent de ce questionnement quant à l'opérationnalisation,
justement, des mesures proposées, puis ça demande des éclaircissements. Alors,
est-ce que... si, par exemple, on retravaillait, on revoyait le guide des
pratiques, qui est à mettre à jour, là, je sais qu'il n'a pas été mis à jour
depuis un bout, ça permettrait justement de simplifier ça, et le fait qu'on
inclue dans une loi le... que vous ayez l'obligation, dans le cas où des
enfants sont en... la santé, la sécurité des enfants est en danger.
Évidemment, quand on
parle des normes du travail, on pense à la gradation, et tout ça, et... mais
nous, on pense... puis là où vraiment on intervient dans ce projet de loi,
c'est dans le cas de «gravement». Le «gravement» est extrêmement important,
puis la santé, sécurité, bien-être des enfants aussi. Alors... Parce qu'on a
vu, hein, puis je vais le dire exactement comme ça, parce qu'on a vu des
directions nous dire que, même si l'éducatrice avait levé l'enfant par le bras
sans qu'il touche à terre, traversant en diagonale tout le local... qu'il y avait... il devait y avoir une gradation
de sanction. Moi, je pense que, quand on parle... on touche à l'intégrité
de l'enfant, physiquement, dans l'exemple que je vous donne... je ne pense pas
que ça nécessite de gradation de sanction. C'est clair, c'est net, c'est
précis. C'est des gestes qui peuvent être répétitifs, qui sont dangereux pour
l'enfant. C'est dans ce type de gestes là.
Alors,
si on travaillait au niveau des pratiques du... des pratiques inappropriées, ça
permettrait, à ce moment-là, je pense, de répondre beaucoup à vos
questionnements à l'intérieur du mémoire pour savoir comment on fait pour
opérationnaliser ça, prendre la bonne décision et ne pas se ramasser toujours
aux normes du travail et perdre... et perdre
de l'argent, perdre de l'énergie, du temps, alors que notre souci premier est
la santé et la protection des enfants.
M. Haddaoui
(David) : Mais vous avez raison, Mme la... Mme la ministre, pardon. Je
ne pense pas qu'il y a un parent, je ne
pense pas qu'il y a une éducatrice, un éducateur, ou un responsable de service
de garde, ou quelqu'un de... peu importe, n'importe quel citoyen qui
peut, disons, permettre à quelqu'un de maltraiter, soit verbalement, soit
physiquement, un enfant, encore plus dans une installation qui est régie par un
certain nombre de lois.
Quand les faits sont apparents, je pense qu'il
n'y a pas matière à discuter, là. On ne peut pas atteindre au... l'intégrité
d'un enfant ou de quelqu'un... même de l'intégrité d'une éducatrice en service
de garde, voyez-vous, là? Ça doit être interdit d'office, là.
Nous, ce qu'on craint, et c'est pour ça qu'on a
soulevé ce point-là, c'est l'interprétation. Et automatiquement, après
vérification, s'il s'avère il y a une complicité, et ça, je vous le dis
solennellement aujourd'hui, il y a une complicité entre la gestionnaire et
l'éducatrice, là c'est un autre problème qui s'impose. Donc, la loi va jouer
son jeu royalement. Mais on ne voudrait pas
que les gens soient victimes de leur jugement personnel, comme il a dit, M.
Toufik... jugement personnel soit puni et l'installation dans sa globalité soit
punie. Là, c'est un... c'est un fâcheux problème après.
• (15 h 30) •
M. Belfarji (Toufik) : ...je
donne juste un exemple clair. Un parent fait une plainte : OK, j'ai vu
l'éducatrice, elle a fait un geste
inapproprié. Donc, est-ce que le gestionnaire va d'abord enquêter, vérifier les
faits ou bien suspendre? Donc, c'est là, le dilemme. Quand est-ce que je
vais prendre la bonne décision dans ce cas? Merci.
Mme Roy (Verchères) : Donc,
dans la mise en application, si on retravaille le guide puis on travaille
ensemble avec les partenaires pour bien définir les choses, ça va aider à ce
que chacun soit formé pour réagir au bon moment et que nos enfants soient en
sécurité, ce qui est notre objectif.
M. Haddaoui (David) : Et ça,
Mme la ministre, je vais renchérir sur un point important, je crois, on en a parlé dans le mémoire, c'est la notion de
formation. Je sais que vous faites beaucoup dans le domaine de la formation,
et on vous remercie énormément, mais on doit accentuer, je dirais même
multiplier ce genre d'initiative dans le... dans
la réglementation de la qualité éducative pour qu'il y ait une formation
vraiment... non seulement pour les éducatrices, mais aussi les gestionnaires. Et, tout à l'heure, on va parler de
probité, aussi, dans la loi, et vous allez voir que la notion de
formation, elle est fondamentale et elle est plus qu'accrue comme jamais, là.
Merci.
Mme Roy (Verchères) : Je vous
amènerais sur un autre petit volet que vous avez traité dans votre mémoire, au niveau des représailles. Il y a déjà des règles
de représailles, qu'on vit d'ailleurs particulièrement au niveau des CPE,
qui sont élargies maintenant à l'ensemble du réseau, donc, pour s'assurer que,
quand un employé, un parent porte plainte... qu'il soit protégé contre les
représailles d'avoir effectivement informé d'une situation problématique. Je
voudrais vous entendre plus précisément là-dessus parce que vous sembliez avoir
quelques bémols.
M. Haddaoui (David) : C'est
vrai, mais les représailles, Mme la ministre, si vous permettez, c'est quelque chose qui existe déjà dans la loi actuelle. Vous
savez que toute personne, tout citoyen peut appeler le ministère et porter
plainte. Tout reste dans l'anonymat. Et souvent on reçoit les inspecteurs. Ils
vous disent : On a reçu une plainte pour vous, «that's it», on ne parle
plus. Donc, ils font leur travail.
Là, maintenant, ce qu'on craint, nous, au sein
de notre association puis pour protéger aussi nos membres, parce que c'est
fondamental, et nos gestionnaires, c'est que, souvent, il y a des conflits qui
naissent à l'intérieur d'un service de garde et dans l'établissement, soit un
conflit avec les éducatrices, soit un conflit avec les parents. Et ce que nous craignons aussi, c'est que... le conflit avec
les éducatrices. Qui c'est qui va me dire, comme on a... pour renchérir
ce qu'on avait dit tout à l'heure, pour qu'on... une éducatrice soit licenciée,
soit révoquée? Elle va prendre son téléphone, qui est son plein droit... de
porter plainte comme quoi cette garderie, elle est insalubre, elle est ça, elle
est ça, elle est ça. Et on a des cas
concrets qu'on a traités avec les avocats pour nos membres. Et il s'avère quoi?
Qu'est-ce qui arrive, là, à ce moment-là? On est dans l'insécurité
totale. Les gens vont commencer à dire : OK. Ah! elle est protégée par les
représailles, donc on ne peut plus parler. Donc, ce qui fait que les
gestionnaires vont être victimes d'un certain nombre de choses. Et je peux vous
dire aujourd'hui, solennellement, des cas vécus d'éducatrices qui ont été
révoquées, qui appellent les parents pour porter plainte. C'est des cas vécus,
ça.
Alors, nous, on essaie d'être toujours le
baromètre entre le parent et entre les éducatrices et les gestionnaires pour
que les choses fonctionnent convenablement et qu'il n'y ait pas un perdant, un
gagnant. Parce l'intérêt de tout ça, c'est quoi, c'est le bien-être de l'enfant
et la qualité de service qu'on doit donner à ces enfants-là.
Mme Roy (Verchères) : Ce sur
quoi on est entièrement d'accord, pour les représailles, vous dire qu'on l'a déjà, on l'applique déjà actuellement avec les
centres de la petite enfance, ça ne crée pas de problématique. On l'a élargi,
cette fois-ci dans le cadre du projet de loi n° 46, pour s'assurer que les
gens n'aient pas peur de porter plainte dans le cas où il y a raison. Mais, vous avez raison, toutes les plaintes ne
sont pas fondées, alors il faut les traiter comme telles quand elles
sont fondées, qu'il n'y ait pas de représailles pour les gens qui font des
plaintes et de s'assurer effectivement le bon jugement.
M. Haddaoui (David) : Je crois
que M. Toufik, il a quelque chose à rajouter, comme d'habitude.
M. Belfarji (Toufik) : Donc,
oui, d'abord, il faut s'entendre sur une chose, la relation, dans une
installation ou dans un service de garde, entre les parents, elle est basée sur
un lien de confiance. Donc, si ce lien de confiance, il est
brisé, la relation va se détériorer pour le bien-être, soit pour les familles
soit pour les enfants. La même chose pour les employés, elle est basée sur la
confiance.
Maintenant,
dans le cas d'une plainte, j'ai remarqué, dans l'analyse d'impact et même dans
le document qui a été envoyé dans... par vos soins au Conseil des ministres,
c'est qu'on est vraiment visés dans ça, dans les non-subventionnées,
parce que les chiffres... Moi, j'ai vu le nombre des plaintes qui sont
formulées à l'égard des non-subventionnées, elles dépassent ceux des GS et des
CPE. Et aussi les parents, généralement, la plainte, elle est formulée à
l'égard des GNS facilement que dans les CPE ou dans les GNS. Pourquoi? Parce
que c'est une place non subventionnée, et, dans les subventionnées, ils ne
veulent pas perdre une place subventionnée à 9,10 $, que, dans les non-subventionnées,
ils ont l'embarras du choix. Dans les
non-subventionnées, l'accès, il est plus rapide, les places sont disponibles, en tout cas.
Donc, déjà
dans ce principe, les représailles, ça arrive dans des cas, je ne dis pas le
contraire. Mais les non-subventionnées, ils doivent vendre... ils
doivent axer service à la clientèle, parce qu'on sait que l'écart tarifaire, le choix des parents, numéro un, c'est une place
subventionnée. Donc, les propriétaires des garderies, ils doivent conserver
le lien avec les parents pour garder les parents avec eux. Donc, les
représailles, moi, l'enjeu, pour moi, c'est : Est-ce qu'elle est fondée?
Le parent, il peut dire : Moi, je suis victime de représailles, donc où
est-ce qu'est la vérité ou la ligne de vérité? Il y a aussi les sanctions qui
vont s'ensuivre, aussi, c'est un enjeu pour nous. Et n'importe quel parent, je ne dis pas que c'est souvent le cas, on
ne va pas, chaque jour, trouver ça, mais, dans les cas où les représailles...
ils disent : OK, moi, j'ai subi une représaille...
Ou qui va déterminer que c'est vraiment représailles? Est-ce qu'il y aura
enquête? Est-ce que l'enquêteur va se déplacer? Est-ce qu'il y a inspection?
Est-ce qu'on va... C'est là où l'enjeu... où est-ce qu'on va aller, au-delà
qu'il y a représailles ou pas? Merci.
Mme Roy (Verchères) : Merci.
La
Présidente (Mme Caron) : Alors, je vais céder la parole à la députée de
Châteauguay. Il reste 2 min 13 s.
Mme Gendron : Parfait. Merci
beaucoup, M. Haddaoui, M. Belfarji, mesdames. Heureuse de vous
recevoir ici, à Québec, aujourd'hui. J'avais une petite question, en fait.
Merci pour le mémoire qui a été déposé. Je sais que vous êtes porte-parole pour
des centaines de garderies non subventionnées en installation, donc ce que vous
nous partagez ce matin... oui, cet après-midi, est très important.
Je voulais vous entendre un peu, parce que vous
dites qu'«un désaccord dans l'obligation de suspendre un membre du personnel
qui pourrait constituer un risque potentiel de sécurité par manque — en
fait — d'une
potentielle surcharge de travail ou d'ajout de responsabilités aux»... Je
voudrais savoir aussi, je pense que vous avez rattaché,
dans le mémoire, aussi des coûts rattachés à ça. Mais on parle ici
d'exceptions, on est d'accord sur ça. De quelle façon ces exceptions-là
pourraient devenir une surcharge de travail? J'aimerais vous entendre un peu
davantage là-dessus, puisque moi, je crois, comme vous le dites, que ce
sont des exceptions. Est-ce que ça peut vraiment représenter une surcharge?
M. Haddaoui (David) : Merci,
Mme la députée. C'est très apprécié, et nous sommes contents que vous nous
posiez cette question parce que ça va vous donner un autre chapitre qu'on veut
développer aujourd'hui.
La notion pourquoi on a rattaché ça aux coûts
financiers, il y a une règle pour ça. Quand on commence, par exemple, à voir, et à discuter, et à arrêter une
éducatrice ou une gestionnaire, il faut automatiquement penser à la remplacer
après. Donc, il faut éventuellement avoir un bassin, ce qui n'est pas le cas
actuellement, pour pouvoir remplacer. Mais à quel coût? Est-ce que... On a une éducatrice qui est payée 30 $
l'heure. Est-ce que, quand on va chercher, on va trouver le même coût ou
plus? Donc, ça a un coût direct sur la gestion.
D'autres choses aussi, c'est que...
La Présidente (Mme Caron) : ...
M. Haddaoui (David) : Pardon?
La Présidente (Mme Caron) : ...
M. Haddaoui (David) : D'autres
points aussi, c'est que, dans la formalité et... vous savez, actuellement, dans
les services de garde, il y a une petite faille, on ne peut pas la nier, pour
conserver des renseignements personnels.
Donc, il faut... il faut s'adapter et aller chercher un maximum de logiciels de
sécurité pour que le dossier du personnel
soit encore beaucoup plus secret, beaucoup plus confidentiel, pour ne pas
porter préjudice à l'enseignement personnel
d'une personne ou d'une autre. Tout ça, c'est la réglementation qu'on est en
train de voir dans le 46, ça va causer un certain nombre de frais
additionnels pour les...
Et je
reviens, si vous permettez, Mme la Présidente, deux secondes, pas plus, là,
vous avez dit que nous évoquons actuellement les services de garde non
subventionnés. Mais on a eu la chance, grâce à la conversion, de représenter...
on représente encore les garderies subventionnées, et vous savez que ce qu'on
apprend encore avec eux, que ce qu'ils
viennent nous dévoiler comme problématique en matière de main-d'oeuvre et de
gestion interne, c'est faramineux. Donc, on a la chance de voir ça...
Toufik.
• (15 h 40) •
M. Belfarji (Toufik) : Mme la
Présidente...
La Présidente
(Mme Caron) : Bien, en fait, je dois céder la parole à
l'opposition officielle. Et puis, si la députée de Westmount—Saint-Louis
souhaite que vous continuiez, elle va vous le dire. Merci.
Mme Maccarone : Oui, vous
pourriez terminer, oui.
M. Belfarji (Toufik) : ...pertinente
par rapport aux coûts engendrés ou les effets de l'application de la... Dans
l'analyse d'impact, vous évoquez qu'il y avait 287 plaintes concernant les
représailles, tout ça. Si on suppose qu'on
applique sur 287 la suspension, on aura 287 employés qui ne seront pas sur
le plancher. En supposant, par exemple, que ce sont des qualifiés, il y
aura un manque de 287 qualifiés sur le plancher dans une année, et qu'il faut
chercher si, on ne sait pas, ils vont
changer de métier. 287 qualifiés qui vont... Je ne dis pas que c'est... qu'on
ne doit pas faire ça, mais... On doit
le faire. C'est juste les mesures qui vont accompagner tout ce changement, il
doit y avoir au moins des directives, des règlements pour encadrer tout ça,
pour trouver une solution sur... On est dans la pénurie de main-d'oeuvre,
donc pour avoir des qualifiés, maintenant il faut se souhaiter bonne chance, et
tout ça. On connaît ça, c'est un enjeu que personne ne contrôle, c'est la
réalité.
Mme Maccarone : C'est une belle
porte d'ouverture pour moi pour ma première question. Dans le fond, ce que je souhaiterais savoir, c'est, si on ramène le
ratio de personnel qualifié, d'éducatrices qualifiées. Parce que, présentement,
c'est 1 sur 2, on sait qu'on a connu ça depuis la pandémie, on l'a réduit, ça
fait qu'on nivelle vers le bas. On a fait face à beaucoup de problématiques, et
le gouvernement a quand même renouvelé, malheureusement, ce ratio, que ça va rester 1 sur 2 jusqu'à 2027, au lieu de le
ramener à 2 sur 3. Pensez-vous qu'on pourrait mettre... écarter la majorité des
plaintes que nous voyons, si on avait plus de main-d'oeuvre qualifiée au sein
de notre réseau de services de garde éducatifs à l'enfance?
M. Haddaoui (David) : Bien, Mme
la députée, l'AGNSI, dans sa globalité, n'a jamais, et ne fera jamais, et ne demandera jamais qu'on écarte la plainte envers
les garderies, envers une personne qui gère ou une éducatrice. Nous serons
toujours là pour soutenir les plaintes quand elles sont fondées et quand elles
peuvent... Parce qu'on peut s'améliorer grâce aux plaintes.
Alors, je vous avoue aujourd'hui qu'on était les
instigateurs principals en ce qui concerne de garder le ratio jusqu'au... 2026,
un sur qutre... un sur deux, pardon. On a remué ciel et terre. Pourquoi? Parce
que le terrain... Je préfère que les gens
soient en harmonie avec la loi qu'être hors la loi. Et ce qu'on a vu sur le
terrain, Mme la députée, c'est que beaucoup de garderies subventionnées
ou non subventionnées, elles étaient en infraction quotidienne avec la norme de réglementation en ce qui a trait... et
le nombre qualifié. Et là ça porte préjudice parce que ça joue sur la qualité,
ça joue sur le stress des éducatrices au quotidien et, en plus, ça nous porte
un préjudice vis-à-vis l'inspection, s'il y a quoi que ce soit.
Mme Maccarone : ...question,
M. Haddaoui. Ma question est vraiment liée aux plaintes qu'on reçoit
envers, mettons, les éducatrices. Par
exemple, si on avait plus de main-d'oeuvre qualifiée, bien, il me semble, on
aurait moins de plaintes. Puis je comprends ce que vous dites, on peut
apprendre avec des plaintes. Mais j'avoue, sous tout bémol, je n'ai pas envie de sanctionner ça comme une
façon de former nos éducatrices au sein de nos installations sur le dos de
nos enfants. Moi, je souhaiterais avoir du
main-d'oeuvre qualifiée à travers notre réseau. Mais, si on avait du
main-d'oeuvre qualifiée, le deux sur trois, il me semble, on aura moins
de plaintes, on aura plus de... plus de personnel qualifié qui comprend c'est
quoi, les règles, comment se comporter avec les enfants, les enjeux seront plus
en main.
M. Haddaoui (David) : Je
comprends votre souci, Mme la députée, et je partage cette opinion. Néanmoins,
moi, je ne suis pas dans la mesure de donner tous les crédits aux éducatrices
qualifiées et discréditer l'éducatrice qualifiée ou formée. Et je vais vous
dire pourquoi. Parce que, dans notre expérience, on a vu un excellent travail
qui se fait par des gens qui étaient en cours de formation ou formés, et on
peut assister aussi à des éducatrices qualifiées qui ont fait des bourdes énormes. Donc, moi, la notion de juger une
éducatrice qualifiée... son travail et une autre éducatrice, ce n'est
pas garanti à 100 % qu'une éducatrice qualifiée peut donner un meilleur
service qu'une autre éducatrice non qualifiée.
Certes, la loi est claire là-dedans, mais la compréhension et surtout les...
comment dirais-je, la formation qu'on reçoit,
les gens qualifiés et non qualifiés, bien, je pense qu'avant, tout le diplôme,
c'est plutôt la conviction d'aimer le secteur de la petite enfance et de
protéger les enfants.
Mme Maccarone : Vous
me le permettrez, M. Haddaoui, de dire par contre que la formation joue
sur la qualité, veux veux pas.
M. Haddaoui (David) : Définitivement!
Mme Maccarone : C'est quand
même très important. En tout cas, on va poursuivre. J'aurais d'autres questions qui sont en lien avec votre mémoire.
Vous avez dit, à l'article 29 du projet de loi n° 46
concernant le contexte de l'urgence : «Le nouvel article proposé
demeure vague au niveau des cas possibles d'intervention du ministre. Nous sommes d'avis que la notion d'urgence doit
ainsi être précisée dans un cadre judiciaire afin de venir encadrer le processus et ainsi qu'une ordonnance puisse être
rendue.» Pouvez-vous élaborer ce que vous souhaitez voir à l'intérieur
de la loi?
M. Haddaoui
(David) : Alors, c'est très simple. Dans ce contexte-là, on s'est dit
qu'il faut une ordonnance pour fermer une garderie. L'inspecteur, quand il
débarque, avec tout le respect que je dois pour tous les inspecteurs, parce qu'ils ne font que leur travail... On ne
peut pas confier une décision majeure sur une simple décision d'inspecteur :
Ah! le robinet, il ne fonctionne pas ou la température aujourd'hui n'était pas
adéquate, on ferme la garderie. Mais attendez
là, qu'est-ce que devient le sort des enfants, des 80 enfants qui sont
dans la garderie si c'est fermé? Qu'est-ce que devient le sort des
parents qui doivent aller travailler et n'ont pas où mettre leurs enfants?
Qu'est-ce que devient encore le sort des éducatrices qualifiées et non
qualifiées dans un établissement... établissement? Bien, c'est pour cela qu'on
s'est dit : Quand il y a une mention grave, et on en a vu, bien, une ordonnance
d'un jugement, elle prévoit qu'on ferme ça parce que, et ça... Et là il y a de
l'aide et l'assistance du ministère, qui doit être clair, qu'est-ce qu'on fait
avec ces parents, qu'est-ce qu'on fait avec ces enfants.
Mme Maccarone : ...c'est quoi?
Parce que vous l'avez soulevé comme une préoccupation, mais vous n'avez pas
fait une recommandation de ce que vous souhaitez voir.
M. Haddaoui (David) : Bien, je
voudrais voir qu'on ajoute dans cet article... Il faut impérativement qu'on
aille chercher d'abord un mandat du juge pour fermer une garderie. C'est aussi
simple que ça.
Mme Maccarone : OK. OK. Vous
avez aussi parlé de... l'adoption de ce projet de loi, mettons, dans sa mouture actuelle, va engendrer, pour votre réseau,
beaucoup d'énergie et beaucoup d'argent. Qu'avez-vous... C'est quoi, vos
craintes en ce qui concerne des frais, spécifiquement?
M. Belfarji (Toufik) : D'abord,
je vais retourner sur le point de qualification, qui a un lien à votre
question. Donc, nous, on est dans un cadre
de pénurie de main-d'oeuvre, donc le ratio un sur deux, on remercie la
ministre ou le gouvernement pour le faire, parce que, dans notre réseau,
ça nous allège. Nous, l'écart salarial, il est différent. Pour chercher des
qualifiés, c'est très difficile. Donc, l'immigration maintenant, on reçoit plus
de personnes. La formation de ces gens ou
les gens qui vont travailler dans le métier des éducatrices, donc, il y a un
ordre maintenant qui est en train de se former. Ça demande du temps pour
être qualifié, ça, on est d'accord.
Donc, par rapport à l'urgence et la fermeture,
il y a des mécanismes pour suspendre le permis. Et ça, ça nous pousse à
encadrer ça par des règlements et des directives. Il ne faut pas juste, comme
il a dit, M. David, chercher un jugement qui va adapter à la question.
Mme Maccarone : Et en ce qui
concerne les vérifications d'absence d'empêchement?
M. Belfarji (Toufik) : Oui, il
y a un coût, parce que maintenant la loi va nous... va... va nous obliger à
faire plus des vérifications qui vont se
répéter au lieu d'attendre trois ans pour les renouvellements. Il y a un coût
là-dedans. Donc, dans le cadre, bon, qu'on n'est pas subventionnés, il
n'y a pas d'allocation. Bon, même dans les allocations de subventions, je ne
sais pas si ça n'existe pas. Mais c'est un coût, c'est un coût que, les
services de garde, à 80 %, c'est eux
qui supportent les charges de... peuvent faire la demande de la vérification.
C'est un coût qui est réel pour les services de garde. Si le nombre de
vérifications va augmenter, c'est sûr qu'il y a un coût là-dedans.
Mme Maccarone : Présentement,
c'est vos membres qui subventionnent ce coût ou c'est moitié-moitié? On a
entendu un peu...
M. Belfarji (Toufik) : Oui, un
grand pourcentage, je dirais, 70 % à 80 %, c'est eux qui assument le coût
pour accélérer les choses ou pour faire face à la demande quand une employée se
présente à l'embauche. Donc, il faut faire cette demande.
• (15 h 50) •
M. Haddaoui (David) : Il y a
des municipalités qui présentent... quelques municipalités qui présentent...
qui ne chargent pas les frais de vérification à leurs citoyens. Mais la
majorité des municipalités chargent un coût, un minimum de 75 $ par
dossier. Et vous imaginez que... Il y a des municipalités, il y a des... Par
exemple, dans les... Montréal et Laval, c'est 100 $ par personne. Mais le
problème n'est pas là. Quand la réponse revient négative, bien, il doit payer
ces 100 $ ou ces 80 $. Alors, c'est un coût supplémentaire. Donc,
c'est ça, le problème du coût.
Mme Maccarone : Et
en ce qui concerne le processus, les délais, le... puis tout ce qui est à
l'intérieur, le processus de faire ce... ce validation, avez-vous des
préoccupations aussi?
M. Haddaoui (David) : Oui, oui,
oui, madame... oui, Mme la députée. Et ça, c'est par région. Et je vais laisser la parole, tout à l'heure, à
M. Toufik, parce qu'il représente toute la métropolitaine, et c'est une
particularité, Montréal, c'est une particularité. Alors, en dehors de Montréal,
c'est la catastrophe, ça peut attendre deux mois, trois mois pour avoir une
réponse. Parce qu'il y a deux... Il y a la police de la ville, quelquefois, il
y a la Sûreté de Québec, et là ça demande
un délai. Tout le monde est débordé par le travail, on comprend. Mais comment
voulez-vous attendre trois mois pour embaucher quelqu'un dont vous en
avez besoin tout de suite? Là, le problème se pose.
Mme Maccarone : ...l'assermentation,
pour la personne qui est en attente, est-ce que ça vous plaît?
M. Haddaoui
(David) : Bien, c'est une excellente idée. On ne va pas dire non.
Nous, ce qu'on veut, c'est...
M. Belfarji (Toufik) : L'enjeu,
donc, si on parle de vérification normale, un employé qui est un citoyen
québécois, la vérification va prendre le temps. Ça dépend aussi de... nombre
qui va être chez les services de police, soit
à Montréal, Laval ou n'importe quelle région. Ça dépend. Aussi, maintenant, il
y a des sous-catégories dans cette loi. Par exemple, les Canadiens qui ne sont pas Québécois, qui vont faire la
demande, ça aussi, c'est un enjeu. Est-ce que c'est... la vérification
va se faire par rapport... la Gendarmerie royale du Canada ou un autre service?
Et aussi l'enjeu, c'est, par rapport aux
étrangers qui embarquent, la vérification. Ça va se faire comment? Est-ce qu'on
va vérifier, sur une déclaration : Je n'ai rien fait dans mon pays
d'origine? Oui, on aimerait bien. On sous-entend
que, pour rentrer, par exemple, dans le pays, qu'il y a une vérification qui
s'est faite dans Immigration Québec ou Canada pour vérifier tout ça.
Donc, ça, on prend ça comme acquis.
Mais, nous,
ce qui nous dérange aussi, c'est les déclarations, aussi, assermentées comme
quoi je n'ai rien commis entre-temps pour changer d'emploi dans les
trois ans avant qu'il y a le renouvellement aussi. C'est un enjeu. Est-ce que, l'assermentation, on va prendre comme acquis?
Oui c'est vrai, ça peut aider dans le processus, mais à quel point ça, c'est
efficace? Donc, ça, c'est... il faut valider. Je sais que la volonté, elle est noble,
mais ça reste un enjeu de vérifier que cette
déclaration assermentée, qu'elle va prouver qu'il n'y a pas existence
d'empêchement. Donc, c'est sûr et certain, la durée de vérification, ça
dépend de la catégorie et ça dépend aussi du nombre de vérifications.
Maintenant, avec l'adoption de lois, j'imagine
que tout le monde veut renouveler et vérifier, et tout le monde soit à jour,
l'embauche aussi, et tout le monde veut faire la demande. Et aussi on n'a
pas... Je me pose la question : C'est quoi, l'entente qui va se faire
entre le ministère de la Famille et les municipalités sur le cadre pour
encadrer toute cette vérification? C'est
quoi, les nouvels mécanismes et les processus qui vont se mettre là? Nous, on
ne connaît pas. Est-ce qu'on va être parties prenantes comme
associations et représentants des services? Je ne sais pas. Donc, on ne connaît
pas ce cadre pour se prononcer sur la durée ou les coûts qu'il va engendrer.
Voilà.
Mme Maccarone : En effet, c'est
très technique. Peut-être juste une dernière question, avec le temps qui me reste. On a entendu, lors des échanges avec le
dernier groupe, que la vérification d'un employé ne suit pas nécessairement
l'employé, mais ça reste dans les mains de l'employeur. Quelle est votre
opinion là-dessus? Parce qu'il y a quand même
une circulation, des fois, des éducatrices qui vont aller d'une installation à
l'autre. Est-ce que cette vérification... Est-ce que ce serait aidant si
la vérification, qui est récente, mettons, moins de 12 mois, devrait
suivre la personne ou devrait rester à l'installation?
M. Haddaoui (David) : Bien, si
vous permettez, Mme la députée, je pense que, et je vais peut-être vous surprendre... c'est que l'empêchement, la
vérification d'empêchement appartiennent d'abord... L'émetteur, c'est bien la
garderie, mais la vérification se fait sur la personne. On ne voit pas
l'utilité que, quelqu'un qui a quitté un emploi, que l'employeur garde ne
serait-ce que les copies pour... C'est une vérification, doit l'acheminer
directement comme une attestation, annexe 3, qu'on donne aux employés
pour leur service rendu. En ce qui a trait les heures de travail, on doit leur remettre l'original, dire :
Madame, allez-y, le chercher. Parce que, comme il a dit tout à l'heure,
M. Toufik, tout est basé sur le lien de confiance. Si le lien de
confiance n'existe pas entre une éducatrice et le gestionnaire ou le parent,
bien, c'est la même chose : Tenez, vos documents, allez-y, chercher
ailleurs. Ça s'arrête là.
Mme Maccarone : Si on demande
au gouvernement de subventionner, si le gouvernement paie pour ces
vérifications, il me semble que la vérification devrait suivre.
M. Haddaoui
(David) : Ah! bien, je serais heureux. Je serais heureux,
moi. Je serais heureux tout de suite, là. Je ne dirais pas non.
Mme Maccarone : Ça conclut pour
moi, Mme la Présidente. Merci.
M. Haddaoui (David) : C'est ça,
l'objectif, là.
Mme Maccarone : Merci beaucoup.
M. Haddaoui (David) : Merci,
Mme la députée.
La
Présidente (Mme Caron) : Alors, je vous remercie pour votre contribution
aux travaux de la commission.
Alors, nous allons suspendre quelques instants
pour accueillir le groupe suivant. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 15 h 56)
(Reprise à 16 h 03)
La
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : À l'ordre, s'il vous
plaît! La Commission des relations avec les citoyens reprend ses
travaux.
Alors, nous recevons
M. Louis-Philippe Lampron. Alors, bienvenue, M. Lampron, à la Commission
des relations avec les citoyens. Vous allez avoir une période de
10 minutes pour présenter votre exposé, donc, j'imagine, l'essentiel de
votre mémoire, qui devrait être déposé d'ici peu. Je...
M. Louis-Philippe Lampron
M. Lampron
(Louis-Philippe) : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Vous n'avez pas de mémoire. Si vous n'avez pas de mémoire,
on va, bien entendu, être à votre écoute. Il va s'ensuivre par la suite une
période d'échange avec les parlementaires. Alors, votre 10 minutes
commence à l'instant.
M. Lampron (Louis-Philippe) : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors, bonjour, Mme la
ministre. Bonjour, MM., Mmes les députés. C'est un plaisir d'être avec vous
aujourd'hui, à la demande de la commission, par ailleurs... à l'invitation,
devrais-je dire, de la commission. Alors, ça va me faire plaisir d'échanger
avec vous. Je me mets à votre disposition
pour répondre aux questions que vous pourriez avoir, j'imagine, en lien avec
les droits et libertés de la personne et la compatibilité du projet de
loi avec la charte québécoise et la charte canadienne.
Alors, dans cette optique-là, considérant mon
domaine d'expertise, j'ai fait une analyse préalable, bien sûr, du projet de
loi n° 46, qui poursuit l'objectif avoué, affiché, hein, c'est dans le
titre de la loi, c'est dans le préambule, un
peu partout, là, de renforcer la protection des enfants fréquentant les
services de garde. Et donc le coeur de l'analyse que j'ai faite de ce
projet de loi là était vraiment de me demander : Est-ce qu'il y a des
dispositions dans les textes qui protègent les droits fondamentaux qui sont
applicables sur le territoire québécois, donc principalement la charte
canadienne et la charte québécoise, là, est-ce qu'il y a des dispositions qui
seraient mises en tension par des dispositions
du projet de loi n° 46? Autrement formulé, est-ce que le projet de loi
n° 46, là, il y a des risques qu'il soit jugé incompatible ou
encore faible en lien avec la protection offerte par certains droits
fondamentaux de la personne?
Donc, grosso modo, moi, il y a... à sa face
même, là, il y a deux... deux garanties, en fait, qui m'apparaissent
intéressantes, dont il va être intéressant de discuter, le droit à la vie
privée, protégé par l'article 5 de la charte québécoise, et également le
droit de ne pas être victime de discrimination fondée sur les antécédents
judiciaires, là, sauf plusieurs exceptions qu'on retrouve à l'article 18.2
de cette même charte québécoise. Je n'ai pas trouvé, avec l'analyse
préliminaire que j'ai faite du projet de loi n° 46, là, de tension
sérieuse avec des dispositions de la charte canadienne. J'ai regardé, bien sûr,
là, l'article 8, mais il y a quand même la jurisprudence, là, qui... c'est
ça, on est davantage dans le domaine pénal que dans le domaine de la relation
de travail, alors qu'on est vraiment dans ce contexte-là avec le projet de loi
n° 46, là, surtout, les nouvelles dispositions, les nouveaux articles
qu'on retrouve aux articles 81.2.1 et suivants, qui prévoient justement,
là, les mécanismes pour qu'on soit en mesure d'aller vérifier s'il n'y a pas des empêchements qui devraient justement
empêcher, pour être redondant, des personnes travaillant dans les services de garde ou des titulaires de permis de
services de garde, là, d'être en contact avec les enfants ou carrément d'être
capables de gérer un service de garde, subventionné ou pas.
Alors, avant qu'on entre dans les... dans la
mise en contexte, là, la présentation vraiment générale de mon analyse, là, quelques rappels des éléments
généraux propres à la mise en oeuvre des textes sur les droits fondamentaux.
Alors, depuis 1986, depuis l'arrêt
Oakes, ça a été confirmé par l'arrêt Doré, là, le raisonnement en matière de
protection des droits fondamentaux,
si ce qu'on évalue, c'est la compatibilité d'un texte législatif avec les droits
fondamentaux protégés par la charte canadienne et la charte québécoise,
c'est un raisonnement en deux temps.
La première étape, ça tombe sur le fardeau, donc
les épaules du plaignant ou de la plaignante qui va devoir faire la preuve d'une atteinte à un droit
fondamental. Et, s'il réussit à faire la preuve d'une atteinte à un droit
fondamental, bien, ensuite, on
renverse le fardeau de preuve, et c'est maintenant à l'État d'essayer de
justifier cette restriction-là, là, dont il aurait été trouvé responsable.
Bon.
Alors, sur l'article 18.2, je le disais
tout à l'heure, là, écartons-le d'emblée, là, c'est la disposition de la charte
québécoise qui interdit la discrimination fondée sur les états... les
antécédents judiciaires, sauf si c'est en lien avec, justement, les aptitudes requises pour l'emploi. Et donc, quand on
regarde le projet de loi n° 46 dans son état actuel, là, on voit que les dispositions ont été soigneusement
conçues pour respecter l'article 18.2, là. Je fais référence notamment
à l'article 81.2.4, qui reprend à peu
près, là, sinon à la lettre... Mais, clairement, l'esprit de
l'article 18.2, là, dernier alinéa, la dernière phrase de ce... de
cet article-là du projet de loi n° 46 le prévoit spécifiquement. Ce qui
est reconnu dans l'article 18.2, que ça
exclut toute infraction criminelle, autre que celles mentionnées à
l'annexe 2 de la Loi sur le casier judiciaire, pour laquelle la personne a
obtenu le pardon. Alors, d'emblée, évidemment, même si c'est quand même les vérifications
qui sont autorisées, voire prescrites par le projet de loi n° 46 et qu'ils
l'étaient, dans une large mesure, dans les
anciennes dispositions qui sont modifiées en partie par le projet de loi
n° 46, là, c'est vraiment... ça tourne autour des antécédents judiciaires, notamment, bien, on
voit que les nouvelles dispositions respectent cette disposition-là de la charte
québécoise, à mon avis.
Maintenant, sur la question de la protection du
droit à la vie privée, plusieurs éléments à soulever. D'une part, la protection du droit à la vie privée,
c'est un droit qui est à géométrie variable. Essentiellement, là, ce qui est au
coeur de la protection de ce droit-là, c'est les informations pour
lesquelles une personne, un citoyen, un justiciable aurait une forte
expectative raisonnable de vie privée. Donc, grosso modo, il y a un coeur à la
protection du droit à la vie privée puis il
y a une périphérie. Plus on s'éloigne du coeur et moins l'État aura à faire
d'efforts pour justifier une éventuelle atteinte à ce droit fondamental
là. Et ce qui se trouve au coeur, bien sûr, c'est tout ce qui relève de
l'intimité, quand on est à l'intérieur du domicile, par
exemple, de la personne, quand ce sont des informations qui relèvent de la vie privée et qui n'ont pas de lien avec l'emploi, là,
on est vraiment au coeur de cette garantie fondamentale là, alors que,
quand on s'éloigne, si... par exemple, ce que je fais dans un festival de
musique, lorsque je publie des photos sur les réseaux sociaux ou encore quand
je suis sur le lieu de travail, les informations qui ont un lien avec mon
milieu de travail, bien, ça... je vais avoir
une... ça va être protégé par le droit à la vie privée, mais, comme
justiciable, je vais jouir d'une
expectative raisonnable de vie privée qui va être beaucoup moins importante. Et
ça va donc affaiblir la protection de cette garantie fondamentale là
pour protéger ces activités-là.
• (16 h 10) •
Donc, grosso modo, quand on regarde, là, et on
aura peut-être l'occasion d'y revenir à la pièce, là, avec des questions qui seront
posées en lien avec certaines dispositions, là, mais les articles 81.2.3
et 81.2.4, de prime abord, c'est certain
qu'on se rend compte que ça couvre passablement large, hein, surtout le premier
paragraphe, là. Évidemment, 81.2.3,
là, c'est la description de ce qui peut être considéré comme un empêchement
potentiel. Et là, ça couvre comme, maintenant, toute personne qui peut
être en contact avec les enfants dans le contexte des services de garde. Et
donc le fait pour une personne d'avoir ou
d'avoir déjà eu un comportement pouvant raisonnablement faire craindre pour la
sécurité physique ou morale des
enfants, donc, on se rend compte que ce critère-là est vraiment très, très
large et difficile à définir.
Alors, c'est
certain que, quand on est dans un raisonnement en matière de protection des
droits fondamentaux, là, plus on va ratisser large du côté des
informations qu'on est en mesure d'aller chercher et plus il est possible de...
qu'on conclut à une atteinte importante au droit à la protection de la vie privée,
ce qui nous amènerait par la suite à aller à l'étape de la justification. Et là
il est certain que l'objectif poursuivi par le législateur dans la
jurisprudence, là, donne une grande marge de manoeuvre pour être capable de
justifier des atteintes aux droits fondamentaux. Mais, pour tout importante que soit cette marge de manoeuvre là, hein,
considérant l'importance de protéger les enfants qui sont considérés,
avec raison, dans la jurisprudence, socialement et politiquement, comme étant
une catégorie d'individus vulnérables en raison du très jeune âge, là, ce sont
des mineurs, surtout quand ils sont en âge de fréquenter des services de garde, bien, il faut quand même
calibrer, là, les pouvoirs qu'on octroie aux forces de l'ordre ou qu'on octroie,
dans certains cas, là... on pourra y revenir, mais à des titulaires de permis
de services de garde dans la réception d'informations
là, qui concernent la vie privée des personnes, en fait, qui peuvent travailler
pour les services de garde.
Alors, moi, je dirais que, de prime abord, c'est
ce qui m'a frappé, là, c'est qu'on... vraiment, on permet de ratisser très, très large dans la détermination de
ce que... ce qui peut constituer un empêchement empêchant une personne
soit d'obtenir un permis, soit de travailler pour un service de garde. De même,
il y a des questions qui se posent à savoir quel est le rôle de 81.2.4, quant à
l'interprétation de 81.2.3, hein? 81.2.4, là, c'est vraiment ce qui délimite,
selon ma compréhension, on pourra me corriger bien sûr, là, la capacité... ce
qui va pouvoir être obtenu des forces de l'ordre quand on va faire la demande,
justement, d'obtention des informations permettant de savoir si, oui ou non,
là, il y a des informations qui pourraient
peut-être mener à une déclaration d'empêchement. Et donc, ça, c'est une
question qui devrait être précisée, à mon sens, par le législateur si on
veut renforcer sa posture dans le contexte d'une éventuelle contestation fondée sur les textes protégeant des droits
fondamentaux, la charte québécoise au premier chef.
Et le dernier élément, et ça, c'est fondamental,
hein, c'est de dire : La capacité qu'on peut avoir d'obtenir des
informations qui sont protégées par le droit à la vie privée va être renforcée
si on s'assure qu'il y a très peu d'intermédiaires, en fait, qu'il y a très peu
d'institutions ou de gens qui vont avoir accès à ces informations-là. Or, si je
comprends bien la nouveauté, et je ne suis pas du tout un expert des anciens
mécanismes qui étaient prévus par la loi qui est modifiée par ce projet de loi
là et les règlements d'application, là, mais la nouveauté, notamment, c'est que
le titulaire d'un permis... si tant est, par exemple, donc, qu'on fait la
demande aux forces de l'ordre, les forces de l'ordre, donc, disent : Bien,
écoutez, on a trouvé les informations, on n'est pas capable de dire qu'il n'y a
rien qui pourrait mener à un empêchement, et donc on transmet les informations
au titulaire du permis de service de garde, à charge pour le titulaire du
permis de service de garde de déterminer si, sur la base de ces
informations-là, très larges, qui peuvent être transmises par les forces de
l'ordre, bien, on va, effectivement, là, dire qu'il y a un empêchement puis on
ne pourra pas embaucher cette personne-là ou la maintenir à son emploi, là,
bien, c'est certain que, là, le fait que ce soit l'employeur qui ait accès à
ces informations-là plutôt qu'un tiers indépendant et qu'il y ait un jugement à
faire sur la suffisance des informations qui vont sortir de l'enquête de police
pour mener effectivement, en raison du contexte, à une déclaration
d'empêchement, bien, ça, c'est quelque chose qui devrait être vérifié
soigneusement, là, dans l'état actuel de la jurisprudence, et considérant le
fait que les forces de l'ordre, elles ont des informations, là, qui dépassent largement tout ce qui a été
judiciarisé, hein? Ça peut être des appels qui ont été passés, ça peut être...
et là je fais référence à une décision, là, qui a été rendue en Cour
supérieure, il me semble que c'est toujours un appel, là, portant
spécifiquement sur les informations qui peuvent être fournies pour mener à une
déclaration d'empêchement, le fait, par exemple, qu'il y a eu tentative de
suicide. Alors, ça, est-ce que ça tombe dans les informations sur la base
desquelles on peut se fonder pour dire : Empêchement, considérant
instabilité, etc., là? Quand on regarde le libellé actuel de 81.2.3, il semble que ça le permette. Mais maintenant...
voilà, ça... c'est tous ces éléments-là, là, qui doivent, à mon sens, être pris en considération pour
s'assurer que la loi soit suffisamment bien calibrée pour renforcer les chances
de succès de défense de cette loi-là, si tant est qu'il devait y avoir
une contestation fondée sur la charte québécoise.
Alors, voici,
sur le... donc, en rafale, là, mes commentaires initiaux sur ma lecture du
projet de loi n° 46, et ça va me faire plaisir de répondre à vos
questions. J'espère que je n'ai pas excédé le temps.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, M. Lampron. On a... vous avez dépassé
un petit peu, mais Mme la ministre l'a pris
sur son temps. Alors, merci pour ces explications, ces recommandations. Alors,
on va commencer maintenant la période d'échange. Mme la ministre, il vous reste
13 min 53 s
Mme Roy
(Verchères) : Merci, Mme la Présidente. Alors, j'ai quelques
questions. D'abord, merci pour cette présentation. C'est un volet différent des
différents intervenants qu'on a eus aujourd'hui, donc, et ça m'amène quelques questions, justement, à approfondir. Puis
je vous dirais que vous n'avez peut-être pas eu la chance de les voir
dans le projet de loi, mais les intervenants qu'on a eus nous ont amené des
questions, je pense, qui pourraient... votre expertise pourrait vraiment nous
aider à aller plus loin ou à analyser cette possibilité-là.
On a plusieurs intervenants, aujourd'hui, qui
nous ont mentionné le fait de faire ou la possibilité de faire des
vérifications d'empêchement d'antécédents auprès de mineurs, que ce soient des mineurs
qui, par exemple, résident dans des milieux
familiaux ou que ce soient des mineurs qui vont en soutien, dans certains cas,
d'aide aux éducatrices dans des
services de garde ou dans des CPE. J'aimerais ça, avoir votre opinion
concernant vraiment le volet mineurs, qu'on ne retrouve pas dans la loi actuellement, mais qui a été amené par
plusieurs intervenants au cours de ces consultations.
M.
Lampron (Louis-Philippe) :
Bien, c'est une très, très bonne
question. C'est certain que tout est encore une question d'intensité, je
dirais. C'est-à-dire que, là, on rajouterait une variable qui viendrait
renforcer l'importance, là, d'avoir une mesure qui serait très, très précise,
très, très bien calibrée, en fait, parce que, là, il s'agirait non seulement de
protéger le droit à la vie privée, mais protéger le droit à la vie privée de
personnes mineures par rapport à des informations et des dispositions qui
permettent de ratisser vraiment très, très large. Alors, il n'y a rien
d'impossible, surtout dans le contexte qu'il
y a différentes catégories de mineurs, hein, il y a les mineurs... évidemment,
là, les âges qui permettent l'émancipation, etc., donc de
14-16 ans, là, les grands jalons de l'âge mineur. Mais c'est certain que,
là, on entre dans l'idée de deux catégories
de personnes vulnérables. On veut protéger les enfants qui fréquentent le service
de garde, mais là, si on permet d'aller faire des vérifications supplémentaires
à celles qui sont déjà permises par le projet
de loi n° 46 et qu'on vise des personnes mineures, bien, c'est certain
que, là, il y a une sensibilité supplémentaire, là, dans la protection
du droit fondamental avec lequel ces dispositions-là entreraient en tension. Ça
m'apparaît assez évident.
Donc, évidemment, dans les catégories d'informations,
par exemple, on pourrait limiter ça uniquement aux antécédents judiciaires,
parce que la question des antécédents judiciaires, ça peut être... évidemment,
c'est quelque chose qui... sur lequel on ne jouit pas d'une forte expectative
de vie privée, voire pas du tout, parce que le... évidemment, une condamnation
qui concerne les mineurs, c'est un régime différent des condamnations qui
concernent les personnes majeures, mais il y a quand même cet élément-là, là,
qui m'apparaît être capable de couper les informations en deux puis, là-dessus,
il y aurait plus de possibilités, peut-être, là, d'intervention que sur des
interventions aussi larges que celles qui sont prévues actuellement dans la
loi, là... dans le projet de loi, pardon.
• (16 h 20) •
Mme Roy (Verchères) : Sous-question,
parce que vous avez parlé de différentes catégories de mineurs, donc, par exemple, à 14 ans et plus, où on a le
droit de prendre certaines décisions. Est-ce que ça pourrait s'appliquer,
une distinction comme celle-là, sur la recherche d'antécédents, par exemple?
M. Lampron
(Louis-Philippe) : Je dirais, sur la
recherche d'antécédents, on pourrait y aller de manière compatible avec,
justement, ce qui est autorisé dans la divulgation des antécédents judiciaires
quand la condamnation porte sur une personne
d'âge mineur. Alors, je dirais que, là, la distinction entre 14-16 ans
serait peut-être moins importante.
Maintenant,
pour... si on veut y aller sur d'autres informations que les antécédents
judiciaires, là, la distinction pourrait être apportée pour être capable de
montrer justement que le législateur a tenté de porter atteinte autant...
de la manière la plus minimale que possible au droit fondamental en cause, en
disant... Donc là... et... C'est toujours une balance,
hein, l'étape de la justification, c'est-à-dire qu'il y a l'importance du droit
qui est poursuivi, il est très important socialement, et c'est reconnu
dans la jurisprudence, protéger les enfants qui fréquentent les services de
garde, mais, de l'autre côté, là, les moyens choisis pour atteindre l'objectif
doit être... doivent être conçus de manière à porter atteinte aussi peu que
possible au droit fondamental. Alors là, si on veut aller dans cette zone-là,
moi, je dirais que de prendre en
considération... étant entendu qu'il sera plus facile peut-être dans la loi de
faire des enquêtes sur des adolescents de 16 ans et plus que pour
des plus jeunes, là, ça, ça pourrait être quelque chose qui, contextuellement,
irait dans le sens de la défense du caractère raisonnable de la loi.
Mme Roy
(Verchères) : Merci beaucoup. Vous nous éclairez beaucoup, d'une
façon différente, dans ce débat-là.
Un autre élément concernant le droit à la vie
privée, là non plus, vous ne le retrouvez pas nécessairement dans le projet de
loi, mais plusieurs nous ont parlé du transfert de la vérification des
empêchements d'antécédents, par exemple
quelqu'un qui change d'emploi, et on voudrait que la vérification puisse
être... partir d'un employeur et être transmise au futur employeur, par
exemple. Alors, là-dessus, au niveau du droit privé, est-ce que... de protéger
la vie privée, est-ce que ça amène des problématiques particulières?
M. Lampron
(Louis-Philippe) : Oui. Oui, oui, ça, ça
amène des problématiques, très clairement. Le moins de personnes vont avoir
accès aux informations, le plus de chances de succès, dans le contexte d'une
éventuelle contestation, le gouvernement va avoir, en fait. Ça, ça m'apparaît
très, très clair.
Maintenant, il y a une distinction à faire
entre... et le mécanisme de la loi, tel que je le comprends, va dans ce sens-là, entre les informations, la collecte
d'informations sur la base desquelles on va se fonder. Alors, il y a... pour
celles et ceux qui n'étaient pas à l'extérieur du Canada, là, avant
l'écoulement d'un certain temps, il y a une distinction entre les deux. Donc, ça, c'est vraiment : on se fonde sur les
informations qui vont être fournies par les forces de l'ordre, et on
rajoute à ça des déclarations, là, donc on demande aux candidats ou aux
personnes visées de déclarer s'ils ont eu des problèmes
qui pourraient faire en sorte que ça mène vers une déclaration d'empêchement.
Moi, je pense que ces informations-là doivent être mises dans les mains du
minimum de personnes possible.
Et, déjà là, il y a toute la question de savoir
si... Le fait que ce soit l'employeur potentiel qui porte une évaluation de ces
informations-là et qui prenne la décision, pour moi, il y a déjà... c'est
peut-être la principale faiblesse, là, du
mécanisme actuel. Alors, si ces informations-là sont transmises d'un employeur
actuel à un futur employeur, moi, ça m'apparaîtrait de nature à
affaiblir, là, les chances de défendre valablement la raisonnabilité du
mécanisme.
Mme Roy (Verchères) : Alors, est-ce
que ça veut dire que ça nous amène automatiquement plus... vers une demande de
refaire une vérification des empêchements d'antécédents, à ce moment-là, pour
un nouvel employeur...
M. Lampron
(Louis-Philippe) : Non.
Mme Roy
(Verchères) : ...ou si on peut, par un... par entente avec...
Par exemple, le candidat qui s'en va chez un nouvel employeur, qui
dit : Bon, bien, moi, j'accepte que vous transfériez, par exemple, ma
vérification au futur employeur, est-ce que ça serait une possibilité pour
s'assurer qu'il n'y ait pas de problématique?
M. Lampron
(Louis-Philippe) : Bien, la déclaration de
non-empêchement pourrait être transmise sans problème, parce que ça n'implique
pas autre chose qu'une attestation du fait que cette personne-là peut
travailler. Ça, il n'y a pas de souci à transférer ça d'un employeur à un
autre. Là où c'est problématique, c'est que... si ce sont les informations sur la
base desquelles on va se fonder pour dire : Oui, il y a un empêchement ou,
non, il n'y a pas d'empêchement, ça, il faudrait vraiment que ce soit dans...
entre les mains du minimum de personnes pour renforcer les chances de défendre
la raisonnabilité de cette loi-là.
Mme Roy (Verchères) : Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Alors, on va poursuivre avec la députée de Châteauguay.
Il reste 6 min 15 s.
Mme Gendron : Bonjour, M. Lampron.
Donc, je suis déçue de ne pas pouvoir vous saluer en personne, mais, bon, ça
nous sert beaucoup, la visioconférence aujourd'hui. Donc, je prenais
deux minutes pour vous poser une question.
En fait, pensez-vous que, pour la protection de nos enfants, pour l'objectif
qu'on s'est donné... que le projet de loi va assez loin pour la
protection de nos enfants?
M. Lampron
(Louis-Philippe) : Bien, écoutez, le
projet de loi, dans l'état actuel des choses, il permet d'aller chercher... je
le disais, hein, et de ratisser très, très large dans les informations et il
permet aux décideurs d'aller très loin et voir est-ce que c'est trop loin, en
fait, dans la détermination de ce qui peut constituer ou pas un empêchement.
Parce que le droit, là, surtout dans une contestation fondée éventuellement...
On est dans la... dans la fiction, là, je veux dire, il n'y a pas de
contestation, mais, si ça devait être contesté en vertu de la charte
québécoise, là, plus les pouvoirs sont définis de manière large et imprécise et
plus ça affaiblit en fait les chances de défendre la raisonnabilité d'un projet
de loi fondé... dans une contestation fondée sur les droits et libertés.
Alors, 81.2.3, là, le premier paragraphe, là,
c'est ça qui permet de ratisser très, très large pour en venir à la conclusion
qu'il y a un empêchement ou pas. Et donc, pour aller dans le sens de ce que
vous disiez, là, il me semble que, là, les pouvoirs offerts aux décideurs
concernés par le projet de loi n° 746, ils vont très, très loin.
Maintenant,
de manière paradoxale, le fait de mettre sur les épaules des titulaires de
permis, et là c'est à 81.2.8, il me semble, le deuxième alinéa, là, grosso
modo, là, c'est le rôle du fameux comité, là, indépendant, qui, avec des
membres nommés par la ministre de la Famille... le ministère de la Famille,
bien, il n'a pas à être mobilisé, sauf quelques exceptions, pour les employés,
et là ce serait aux titulaires de permis de faire l'évaluation des informations
transmises par les forces de l'ordre et de
dire si le contexte permet d'en venir à la conclusion que c'est un empêchement
ou pas, parce que la définition de ce qui est un empêchement potentiel, 81.2.3,
et ça, c'est une très bonne chose, on fait référence au fait que le contexte
pourrait s'opposer à ce qu'une information... puis c'est très bien,
l'application du droit, ce n'est jamais dans un vide contextuel, mais,
paradoxalement, 81.2.8, bien, c'est les titulaires de permis qui peuvent
dire : Bien, écoutez, moi, je regarde ces informations-là, cas de violence,
par exemple, qui aurait été soulevé par les
forces de l'ordre, mais, dans le contexte de cet acte de violence là, pour moi,
ce n'est pas un empêchement, et donc je vais donner la déclaration de
non-empêchement, en quelque part. Alors, il y a un peu un paradoxe, là,
entre le fait que la définition, elle permet de ratisser très, très large pour
inclure des informations puis venir à la conclusion qu'il faut qu'on empêche
cette personne-là d'être en contact avec les enfants et la responsabilité, là,
qu'on a transféré pour le rapport entre les titulaires de permis et les
employés sur les épaules des titulaires de permis.
Mme
Gendron : Mais ne croyez-vous pas justement que les critères
sont très larges parce que, comme vous l'avez dit, c'est des enfants,
puis ils sont vulnérables, puis qu'au bout... sinon, ça formerait une sorte de
laxisme si jamais, justement, on ne ratissait pas aussi large?
M.
Lampron (Louis-Philippe) :
Bien, moi, j'ai l'impression que
le laxisme, le paradoxe que je viens d'identifier, fait en sorte que ça
ouvre peut être la porte à de l'arbitraire, en fait, c'est-à-dire que, là, on a
un flou à quelque part. On
a des critères qui sont très, très larges, mais on est dans le «pourrait
prendre en considération» et on a le contexte qui peut venir faire en
sorte que, dans un cas x, un acte de violence qui a été soulevé par les
forces de l'ordre ne mènera pas à une déclaration d'empêchement, alors que,
dans un cas y, quelque chose qui est soulevé par un appel qui a été fait
aux forces de l'ordre, bien là, avec un autre titulaire de permis, on va en
venir à la conclusion que ça doit mener à un
truc d'empêchement parce que, et là je reviens à l'élément, là, il y aurait un
risque pour la sécurité morale des enfants. Là, la sécurité morale des
enfants, là, ça, c'est quelque chose de passablement imprécis, là, qui
m'apparaît assez problématique.
Alors, c'est un peu
ça, là, je dirais, l'enjeu, c'est de dire... L'objectif est absolument noble.
Et, comme je le disais d'entrée de jeu, ça donne vraiment une marge de
manoeuvre à l'État pour être capable même de justifier des atteintes aux droits
fondamentaux, hein? Protéger les enfants, je veux dire, qui fréquentent un
service de garde, là, c'est fondamental puis
c'est un objectif qui va permettre de justifier pas mal l'atteinte aux droits
fondamentaux, en autant que les moyens choisis pour atteindre l'objectif
soient cohérents et ne mènent pas à des implications potentiellement
paradoxales.
Mme Gendron :
Merci beaucoup pour votre temps. Je pense que ma collègue...
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Oui,
je... Il reste encore 1 min 27 s pour la députée de Laviolette—Saint-Maurice.
Mme Tardif : Merci
d'être là. La question qui tue. En fait, on a écouté plusieurs organismes,
plusieurs personnes qui nous parlent. Est-ce que, selon vous, on devrait
prendre en considération le fait qu'il y a un risque que ça coûte plus cher,
qu'il y a un risque que... effectivement, ça va avoir un impact sur les autres
éducatrices s'il y a quelqu'un qui est mis à
la porte en... ça, en opposition à la sécurité des enfants? Parce que
l'objectif du projet de loi, c'est vraiment
pour des cas extrêmes, mais c'est vraiment de sanctionner à ce moment-là, là.
Et on entend parfois qu'ils disent : Non, nous, on ne
sanctionnerait pas, là. Qu'est-ce que vous en pensez?
• (16 h 30) •
M.
Lampron (Louis-Philippe) : Bien, c'est une
très belle question. C'est sûr que, là, je vais plus... presque mettre mon
chapeau citoyen plutôt que mon chapeau d'expert en droits et libertés de la
personne, mais, je veux dire, dans un
contexte comme celui-là, considérant l'importance de l'objectif, effectivement,
la pénurie de main-d'oeuvre ne m'apparaît pas être quelque chose qui est
suffisamment important pour justifier qu'on ne mette pas en place des mécanismes
qui ont vocation, de manière effective, à protéger les enfants qui fréquentent
les services de garde. Ça, ça m'apparaît très, très clair.
Mme Tardif : Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci,
mesdames. Je me tourne du côté de l'opposition officielle.
16 min 30 s. La parole... Le temps est à vous.
Mme
Maccarone : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Bonjour, M. Lampron.
Merci beaucoup pour votre exposé. Est-ce que vous avez l'intention de déposer
un mémoire?
M. Lampron (Louis-Philippe) : Je n'avais pas l'intention de déposer un mémoire, non, le temps me manque
cruellement et... voilà.
Mme
Maccarone : Parfait. Je comprends. Merci.
La ministre a volé ma
question en ce qui concerne l'application de la vérification d'absence
d'empêchement envers les mineurs, parce que
le projet de loi parle des majeurs, mais je souhaite des précisions à cette
bonne question, puis merci de nous
élaborer que, peut-être, nous pourrions appliquer plutôt les vérifications des
antécédents judiciaires, parce que c'est... c'est moins large, ça fait
que je trouve les... je trouve que c'est une suggestion intéressante. Mais
est-ce qu'il y a une différence pour vous entre un mineur qui travaille au sein
d'une installation comme un CPE versus un mineur qui travaille au sein de le
milieu... bien, il ne travaille pas, mais qui réside dans un milieu familial?
Parce qu'on a des groupes aussi qui, évidemment, ils soulèvent des très bonnes
préoccupations puis des craintes. Exemple, quelle... un jeune qui a été... est
coupable et a été vu coupable d'un crime sexuel, par exemple, mais qui réside dans une place où on a un service de garde
en milieu familial, quelle est votre opinion là-dessus? Que devons-nous faire
en termes de protection des enfants et ainsi que la protection de la vie privée
de la personne? Puis c'est un juvénile.
M.
Lampron (Louis-Philippe) : Oui, oui, tout
à fait. Bien, c'est sûr que, là, la très, très bonne distinction que vous faites, c'est des distinctions comme
celles-là, qui sont de nature à renforcer l'importance du droit fondamental
en cause, et c'est certain que le droit à la vie privée du mineur qui habite
avec la responsable d'un service de garde dans un service de garde en milieu
familial va être beaucoup plus important que si c'est un bénévole, par exemple,
ou même un employé de 16 ans et plus qui travaille dans un CPE. Ça, c'est
très, très clair. Donc, l'intensité du droit fondamental en cause va vraiment être
plus importante pour des mineurs comme ceux-là, là, je veux dire, qui sont les
enfants d'un responsable de service de garde, que sur le lieu de travail, en
fait.
Alors, ça, c'est quelque chose dont on doit
tenir compte si on... vous décidez d'aller de l'avant, comme législateurs, avec
une mesure qui permettrait d'enquêter ou d'aller chercher des informations là,
sur ces mineurs-là. Mais il me semble que la question des
antécédents judiciaires, là, pourrait constituer... il y aurait des arguments à
faire valoir, à tout le moins, là, pour que ce soit une limite raisonnable,
considérant l'importance de l'objectif qui est poursuivi.
Maintenant, l'exemple que vous donnez, un mineur
qui vit sur le lieu où il y a un service de garde, bien là, qu'il y ait... qu'il y ait de la possibilité de
ratisser aussi large dans les informations qu'on peut obtenir pour accepter ou
refuser d'octroyer un permis de service de garde à son parent, bien, c'est
certain qu'à mon sens, là, c'est... le gouvernement,
le législateur aurait beaucoup plus de travail à faire pour convaincre de la
raisonnabilité d'une telle mesure.
Mme
Maccarone : Ça... Je trouve la réflexion très intéressante
puis je pense que nous avons une responsabilité de vider la question.
Parce qu'en contrepartie, si on parle d'un majeur, mettons, le conjoint...
M. Lampron
(Louis-Philippe) : Bien sûr.
Mme Maccarone : ...on a déjà entendu
l'histoire d'un conjoint, c'était médiatisé, il y avait une responsable de
service de garde, puis son conjoint, il était membre de Hell's Angels. Ça fait
qu'évidemment le ministère a agi, on a fermé l'installation en question. Ça
fait que c'est pour ça que je pose la question de l'entourage de la personne
qui offre des services. Je pense que nous
avons une responsabilité de faire ce type d'enquête puis de s'assurer de la
sécurité des enfants.
M. Lampron
(Louis-Philippe) : Clairement, clairement.
Ça, je vous suis entièrement. Puis je vous dirais qu'il ne faut pas oublier non
plus que le rôle du... la nature du lien entre la personne qui va faire l'objet
de vérification est fondamentale. Et donc un
enfant, on dit souvent «je n'ai pas choisi de venir au monde», donc, un enfant,
ce n'est pas le même rapport qu'un conjoint ou qu'une conjointe. Un, il y a
l'âge, mais, deuxièmement, il y a aussi le fait que, justement, ce n'est pas le
même type de relation, en fait.
Alors, un conjoint, non seulement le fait, ou
une conjointe, que ce sont des individus d'âge majeur, bien, ça s'inscrit aussi dans l'idée selon laquelle un...
la possibilité d'obtenir un permis pour un service de garde, ce n'est pas un droit,
en fait, c'est un privilège. Et ça aussi, ça va dans le sens de renforcer la
marge de manoeuvre qu'a le législateur pour atteindre l'objectif de protéger
les enfants qui vont fréquenter le service de garde.
Donc, c'est
vraiment, là, toujours à géométrie très variable, et le contexte, dont la
nature des relations qui lient l'entourage — les enfants versus le
conjoint, ce n'est pas la même chose — ça, c'est des éléments qui
vont faire varier, je dirais, là, la
légitimité de l'intervention de l'État quant à une possibilité d'aller chercher
des informations, là, quant aux membres de l'entourage, oui.
Mme Maccarone : J'ai deux dernières
questions pour vous puis je veux... je vais les poser en rafale pour vous
donner la chance de répondre pleinement, pour la bonne compréhension de tous
les membres de la commission. Mais en quoi
l'antécédent d'absence d'empêchement est moins invasif que la vérification des
antécédents judiciaires? Ça, c'est ma première question, juste pour ma
bonne compréhension.
Et ma
deuxième question, c'est quand on parle des mineurs. Un mineur qui a été
coupable d'un crime, 15 ans, 16 ans,
peu importe c'est quoi, le crime, qu'est ce qui arrive à 18 ans à cette
personne, à son cas? Est-ce que ça devrait suivre? Qu'est-ce qu'on fait
dans un tel cas? Ça fait que voici mes deux questions précises.
M. Lampron
(Louis-Philippe) : Bien, c'est une très,
très bonne question. Je dirais que, pour... si j'ai bien compris la première
question, les antécédents judiciaires versus une déclaration antérieure
d'empêchement, les antécédents judiciaires sont plus larges parce que ça touche
toutes les sphères de la vie, même des sphères qui ne sont pas en lien avec
l'emploi, alors que la déclaration d'empêchement ou de non-empêchement, bien,
évidemment, ça implique que l'exercice a déjà été fait, on a trié les
informations puis on en est venu à la conclusion que ces informations-là permettaient une déclaration
d'empêchement ou pas. Alors, nécessairement, pour moi, ce filtre initial là
va distinguer favorablement, là, la déclaration d'empêchement plutôt que la
vérification qui porterait plus largement sur les antécédents judiciaires.
Sur la question des antécédents judiciaires, et
donc de... je dirais que le lien est à faire avec le pardon, et donc moi, je
garderais le... Considérant l'esprit, là, qui concerne la gestion des crimes
pour les mineurs et la réhabilitation, hein, qui est vraiment au coeur du
processus qui caractérise le droit pénal canadien, moi, je ferais un parallèle,
là, avec ce qui est déjà exclu, la
possibilité de vérification au sens transmission d'informations, là, quand on
fait la demande aux forces de l'ordre, à 81.2.4, là, la dernière phrase.
Pour moi, on tomberait dans la même catégorie, là. C'est-à-dire que, s'il y a
un mineur qui habite sur les lieux, qu'il a été coupable de x crime alors qu'il
avait 16 ans, et qu'à 18 ans, donc,
il n'y a plus de trace de ce crime-là, bien, on ne devrait pas pouvoir
transmettre cette information-là, à mon sens. Il y a une... il y a un
élément de cohérence, ici, là, qui m'apparaît important.
Mme Maccarone : Peu importe c'est
quoi, le crime?
M.
Lampron (Louis-Philippe) :
Bien, c'est la même chose pour le
pardon, à quelque part. Le pardon... je veux dire, c'est des éléments sur les
antécédents judiciaires. Donc là, la question... On pourrait faire une
exception, on pourrait, encore une
fois, dire... en lien avec l'importance de protéger les enfants, on pourrait
faire une exception pour certains types de crimes, comme des crimes de
nature sexuelle, par exemple, bien sûr, ça, c'est quelque chose... mais il faudrait avancer là-dedans avec vraiment beaucoup de
prudence, en fait, pour s'assurer qu'il y ait une cohérence avec le régime pénal, qui est vraiment axé, en ce
qui concerne les mineurs, sur l'idée de la réhabilitation, qui est très, très près
de l'idée du pardon.
Mme
Maccarone : Tout à fait, puis c'est ça qui est souhaité,
évidemment, par le... notre société. Merci beaucoup. C'était très
édifiant. Merci.
M. Lampron
(Louis-Philippe) : Ça fait plaisir.
La
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci beaucoup. Alors,
j'imagine que la députée de Notre-Dame-de-Grâce
va... Il n'y a pas d'autres questions? Non. Alors, si... Il y a encore du
temps. Sinon, est-ce que vous voulez exprimer quelques... quelques mots de
clôture?
M. Lampron
(Louis-Philippe) : Bien, les questions
étaient vraiment très, très bonnes. J'espère avoir été en mesure de... c'est
ça, là, je... de répondre à... aux raisons qui ont mené les membres de la
commission à m'inviter aujourd'hui.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, merci beaucoup pour votre présence à la commission, d'enrichir aussi nos travaux. Alors, je vais... je
vais vous souhaiter... je m'en allais dire : Bon retour chez vous, mais je
pense que ce n'est pas trop loin.
M. Lampron
(Louis-Philippe) : C'est déjà fait, oui.
La
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Alors, je vais suspendre quelques instants, le temps de recevoir
le prochain groupe. Merci.
M. Lampron
(Louis-Philippe) : Merci à vous.
(Suspension de la séance à 16 h 40)
(Reprise à 16 h 49
)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La Commission des relations
avec les citoyens reprend ses travaux.
Alors, nous recevons le Conseil québécois des
services éducatifs à la petite enfance. Mesdames messieurs, bienvenue. Alors, je vais vous laisser le temps de
vous présenter dans la 10 minutes... dans le 10 minutes de
présentation que vous aurez sur... sur les grandes lignes de votre
mémoire, les recommandations, et, par la suite, nous allons procéder à la
période d'échange avec les parlementaires. Alors, votre 10 minutes
commence maintenant.
Conseil québécois des services éducatifs à la petite
enfance (CQSEPE)
Mme Côté (Manon) : ...Mme la
Présidente. Vous m'entendez bien?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui.
Mme Côté (Manon) : Parfait. Mme la
ministre, bonjour à tous et à toutes. C'est un plaisir d'être avec vous cet
après-midi. Mon nom est Manon Côté. Je suis directrice générale du CPE-BC Les
Coquins et je suis aussi administratrice au
Conseil québécois des services éducatifs à la petite enfance. Aujourd'hui, je
suis en remplacement, en substitut de
la présidente, qui est absente parce qu'elle avait des obligations sur son
agenda. Donc, j'ai pris... j'ai pris la
relève. Je suis accompagnée de Mme Francine Lessard, qui est directrice
générale au conseil québécois, Geneviève... Geneviève...
• (16 h 50) •
Mme Ouellette (Geneviève) : ...
Mme Côté
(Manon) : Ouellette, merci, qui est directrice adjointe, et
Me Étienne Gratton, qui est avocat au conseil québécois aussi.
De manière générale, le Conseil québécois des
services éducatifs à la petite enfance et ses membres accueillent favorablement
le projet de loi n° 46. Toutefois, nous soulignons toute la collaboration
et la coordination qui sera nécessaire dans les prochains mois, dans les
prochaines années, pour que le projet de loi trouve son plein effet. Nous
pensons en particulier au processus de vérification des empêchements, à ses
coûts et ses délais, à la formation et à la qualification du personnel, à la
conformité et à la qualité des services de garde en milieu familial, à la mise
sur pied du comité de vérification des empêchements. Au lendemain de l'adoption
du projet de loi, tout le travail restera à faire.
En
ce sens, le conseil québécois identifie dans son mémoire les principaux
chantiers qui devront être entrepris rapidement et le sens souhaité pour ces
travaux. Nous vous proposons également des modifications et améliorations
précises à apporter au projet de loi. Il s'agit là d'une première contribution
du conseil québécois et il se peut fort bien que nous en ayons d'autres à vous
soumettre à l'étape de l'étude détaillée du projet de loi. Vous constaterez que
le mot d'ordre général de nos propositions d'aujourd'hui est l'uniformisation
des responsabilités et des pratiques à travers le réseau de garde subventionné.
Au niveau de
l'intervention en cas d'urgence et de la suspension immédiate d'un employé pour
pratiques inappropriées, nous souhaitons une équation des mesures entre
l'installation et le milieu familial. C'est pourquoi nous demandons de
permettre au bureau coordonnateur d'ordonner l'évacuation immédiate d'un milieu
familial et de suspendre immédiatement une responsable de service de garde pour
les mêmes raisons et les mêmes circonstances que le projet de loi le propose
déjà dans le cas de l'installation et du personnel de garde.
Pour ce qui est des
mesures pour la sécurité des enfants, nous croyons qu'il vaut toujours mieux
prévenir que guérir. La formation adéquate
et adaptée de tous les intervenants du réseau est centrale, elle doit être
bonifiée. À ce chapitre, nos propositions concernent en particulier le
personnel de garde non qualifié. Dans la même logique que pour les autres interventions d'urgence, nous appelons à
une uniformisation des pratiques entre l'installation et le milieu familial
pour ce qui est de la formation. Nous pourrons ainsi garantir à tous les
parents du Québec que leurs enfants seront reçus dans un service de garde de
qualité, uniforme, sécuritaire et rigoureusement attentif aux besoins des
tout-petits et qui ne souffre d'aucune zone... d'aucune seconde zone.
C'est pourquoi nous
proposons que le personnel de garde en installation qui n'est pas qualifié soit
titulaire d'une formation équivalente à celle requise pour les responsables de
services de garde. Nous proposons également l'instauration
d'une formation continue pour le personnel de garde en installation, à l'instar
des RSGE. Nous souhaitons aussi que le bureau coordonnateur ne soit plus obligé
d'attendre qu'une responsable en difficulté lève la main avant de
pouvoir intervenir en soutien pédagogique et technique. Finalement, à la fois
pour le personnel en installation que pour les responsables, nous proposons de
doubler les heures de formation des personnes non qualifiées et d'élargir les sujets sur lesquels la formation portera. Nous
signalons notre disponibilité pour développer cette formation bonifiée
avec les équipes du ministère.
Pour
ce qui est des VAE, il s'agit d'un outil essentiel pour assurer la sécurité de
nos enfants. Nous partageons entièrement les constats qui ont été posés
devant vous la semaine dernière. Les délais de traitement sont le principal
obstacle à l'efficacité des VAE. Nous rejoignons également les autres
intervenants sur la question des coûts. La disparité d'un corps de police à
l'autre sont une source d'iniquité entre le CPE et le BC de la province et, par
extension, pour les enfants qu'ils
reçoivent. Au-delà de la réglementation sur le tarif de traitement prévue par
le projet de loi, nous voulons que
tous les prestataires de services soient relevés purement et simplement de ce
fardeau financier qui peut
représenter des dizaines de milliers de dollars par année. Cet allègement
permettra un réinvestissement rapide et direct dans les services aux
enfants.
En ce qui a trait aux
VAE pour les nouvelles arrivantes, ce qui se retrouve au projet de loi...
projet de loi forme la base d'un régime qui sera appelé à être complété et
bonifié au fil des ans, selon l'expérience sur le terrain. En temps et lieu, il
faudra qu'un groupe de travail se penche sur les résultats des mesures établies
par le projet de loi et soit mandaté pour les revoir au besoin. Le conseil
québécois se tient prêt à contribuer le moment venu.
Ceci étant dit, nous
appelons dès à présent à une plus grande collaboration entre le gouvernement du
Québec et du Canada pour ce qui est du partage d'informations entre les
autorités fédérales et les corps de police provinciaux concernant les nouvelles arrivantes qui souhaitent oeuvrer auprès de nos
tout-petits. Nous souhaitons que des représentants des associations
nationales soient sollicités lors de la négociation d'une telle entente.
Voilà en quelques
mots les principales propositions et orientations du conseil québécois en ce
qui concerne le projet de loi n° 46. Ceci demandera
une collaboration et une coordination serrées pour qu'il réalise son plein
effet. Le conseil québécois et tous les membres ont hâte de travailler avec la
ministre. Merci.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Bien, merci beaucoup. Vous avez été rapide et
efficace. Alors, on va d'ores et déjà
entamer la période d'échange avec les parlementaires. Mme la ministre, la
parole est à vous pour un 16 min 30 s.
Mme Roy
(Verchères) : Bien, merci beaucoup. Je reconnais le Conseil québécois
des services de garde éducatifs à la petite enfance, toujours avec un excellent
travail de qualité, approfondi, avec des angles qu'on ne voit pas toujours
venir mais qui sont fort intéressants, soit dit en passant. Alors, d'abord,
félicitations pour le mémoire! Je sais que
les délais étaient courts, ce n'était pas évident. On a déjà parlé, dans les
derniers mois, avec tous les partenaires de cette option-là où on
voulait aller, de plus en plus vers cette protection supplémentaire pour les
enfants.
Vous... Beaucoup de
vos propositions amènent une uniformisation, je dirais, entre les milieux
familiaux, les éducatrices non qualifiées en installation. J'ai fait faire des
vérifications en même temps que je parlais, là, parce que j'avais l'impression
qu'il y avait la même disposition pour la fermeture en cas... en cas d'urgence,
mais c'est vraiment dans le cas où il y a une plainte à la DPJ. Alors,
effectivement, je pense que vous soulevez là un point qui doit nous questionner, là, pour voir comment
effectivement on doit aller plus loin. Souvent, quand on parle de fermeture
d'urgence, là, il faut comprendre, là, que c'est... qu'il y a un élément de
dangerosité immédiat. Alors, le bureau coordonnateur est probablement celui qui
est le plus près, sans attendre d'autres... d'autres interventions pour
constater s'il y a ce genre de dangerosité là. Donc, c'est extrêmement
intéressant à ce niveau-là.
J'aimerais vous entendre sur un point qui m'a un
peu questionnée, c'est les six visites prévues à l'improviste. Je vais vous
dire pourquoi, parce que j'essaie de convaincre des... les gens qui n'ont pas
encore adhéré au réseau, qui sont nos PNR, alors j'essaie
de les convaincre de dire : Il faut rentrer dans le réseau, il faut que
vous veniez. C'est important quand... le permis, la qualité, et tout ça. Et je
me questionnais à savoir : Est-ce que ça, ça pourrait créer un stress ou un malaise face aux responsables de
services de garde en milieu familial où ils se sentiraient peut-être plus épiés?
Ils sont quand même formés, ce sont des gens responsables, des gens dont on
connaît les antécédents, donc qui sont aptes à bien prendre soin de nos
enfants. Alors, je me questionnais si on ne leur lançait pas là un signal, je
dirais, de non-confiance en leurs qualités, leurs qualifications, en augmentant
de façon aussi importante les visites surprises.
M. Gratton
(Étienne Alexis) : Oui, merci, Mme la ministre. La différence
fondamentale, évidemment, entre un milieu familial puis une installation, c'est
qu'il n'y a pas de... ce qu'on pourrait appeler une surveillance constante des
RSGE. Donc, le bureau coordonnateur est quand même garant de la qualité des
services en milieu familial sur son territoire.
Je dirais aussi que
la vision, en fait, qui transpire de... du mémoire qu'on a soumis, c'est
évidemment on donne... on veut plus de
pouvoirs pour les bureaux coordonnateurs en cas d'urgence. En fait, on veut des
équivalences de ce qui est prévu pour le ministère en installation. Mais
c'est aussi... puis je pense particulièrement au soutien pédagogique et technique, on veut sortir un peu le
bureau coordonnateur de son rôle de surveillance, de son rôle punitif
puis l'amener dans un rôle beaucoup plus préventif.
Puis, la visite de
conformité, je suis sûr que vous allez entendre des associations
représentatives vous le dire, et c'est correct qu'elles aient cette opinion-là,
mais, pour nous, la visite de conformité, ce n'est pas seulement l'occasion de
rechercher des bibittes chez la... chez la RSGE, c'est l'occasion aussi de lui
offrir des outils, de dire : Est-ce
que... comment est-ce qu'on peut mieux t'appuyer? Comment est-ce qu'on peut
t'aider à améliorer la qualité de tes services?
• (17 heures) •
Donc, je pense que,
si on change un peu... je ne dirais pas un changement de paradigme, là, ce
serait un peu grandiloquent, mais, si on
passe d'un changement de responsabilité du bureau coordonnateur, vraiment du
punitif... en fait, il n'y a pas seulement, en ce moment, du... que du
punitif chez le bureau coordonnateur, mais on aimerait l'amener aussi vers un rôle beaucoup plus préventif, puis
ça passe notamment par un nombre de visites à l'improviste augmenté.
Mme Roy
(Verchères) : Merci. Vous êtes très près de nos... de tous les milieux
familiaux. Vous êtes les représentants de ce milieu-là. J'aimerais ça vous
entendre sur le débat qu'on a, là, dans les... toutes nos consultations
particulières concernant la possibilité d'aller faire des vérifications
d'antécédents, soit d'antécédents judiciaires, soit d'empêchement. On a vu, M.
Lampron nous amène différentes possibilités au niveau d'un mineur demeurant
chez une responsable qui gère un milieu
familial, n'ayant pas le choix d'y demeurer, étant mineur. Alors, j'aimerais ça
un peu vous entendre à ce sujet-là.
M. Gratton
(Étienne Alexis) : Notre position est la même que celle du professeur
Lampron, pas pour les mêmes raisons, bien qu'on en a discuté entre nous pendant
qu'il présentait. On adopte un peu sa réflexion au niveau de la protection de
la vie privée de ces mineurs-là. On pense que ça va un peu à l'encontre,
premièrement, des principes du droit pénal pour adolescent, qui vise d'autant
plus la réhabilitation, la réforme. Donc, de... c'est une forme de peine, en fait, qu'on impose à cet
adolescent-là en, finalement, donnant... en mettant en danger le gagne-pain
de sa mère, qui est probablement le pire
moyen qu'on peut... la pire chose qu'on peut imposer à cet adolescent-là pour
qu'il, vraiment, se réforme puis qu'il quitte la délinquance ou la criminalité.
Au niveau de la
relation entre le bureau coordonnateur et la RSGE et la mère, on pense que
d'insérer une obligation systématique d'avoir une VAE, ça va nuire beaucoup à
cette relation-là. Nous, dans notre expérience, puis on le mentionne dans le
mémoire, le meilleur moyen pour gérer le risque que pourrait poser un
adolescent délinquant en milieu familial qui
réside dans la résidence privée, c'est vraiment d'avoir une forte collaboration
de la mère, qu'elle puisse signaler des situations potentiellement problématiques
au bureau coordonnateur.
Je souligne aussi que
les pouvoirs qu'on donne, qu'on appelle à donner au bureau coordonnateur, une
plus grande intervention, donc...
c'est-à-dire une plus grande intervention de suspension immédiate, au-delà
de... simplement du signalement
retenu par le DPJ ou le transfert au DPCP, c'est une bonne manière aussi pour
le... ce sont... ce seraient de nouveaux outils pour le bureau
coordonnateur de gérer ce genre de situation là.
Donc, on parle
finalement de... même chose que pour un employé qui a des pratiques
inappropriées envers les enfants. Ça touche
tout, toutes les personnes qui résident dans la... dans la résidence où est
fourni un service de garde en milieu familial, donc pas seulement les
personnes majeures. À ce moment-là, le bureau coordonnateur pourrait suspendre
immédiatement, là, si ça pose un problème.
Mme Roy (Verchères) : ...on comprend... je veux
juste être sûre de bien comprendre votre dernière intervention, on
comprend que ce pouvoir-là de suspension immédiate serait sous les mêmes
conditions qu'on applique dans les installations, c'est-à-dire quand la santé
et le bien-être est gravement...
M. Gratton
(Étienne Alexis) : Absolument, absolument. Tout à fait.
Mme Roy
(Verchères) : ...on aurait les mêmes types de critères.
M. Gratton
(Étienne Alexis) : Le... en fait, je... je n'ai pas le numéro, là sous la main, là, mais la
recommandation, le nouvel article qu'on propose en ce sens-là, c'est une
modification à l'article 76 du règlement, reprend, là,
presque mot pour mot le libellé de ce qui est déjà prévu, de ce que le projet
de loi prévoit en installation pour les employés.
Mme Roy (Verchères) : On a aussi,
dans le projet de loi, abordé d'autres points, là, qui touchent les responsables de services de garde, donc la
possibilité, par exemple, pour les grands-parents d'avoir leurs petits-enfants.
Alors, j'aimerais peut-être vous entendre là-dessus, même chose au niveau des
besoins de garde atypiques, alors vous entendre un peu sur les propositions
qu'apporte le projet de loi.
M. Gratton (Étienne Alexis) : Pendant
les consultations... En fait, ce que j'ai envie de vous dire, c'est qu'on n'est
ni pour ni contre, bien au contraire.
Mme Roy (Verchères) : Ça va bien!
M. Gratton (Étienne Alexis) : En
fait, sur le principe, nos membres, on n'a pas réussi à dégager, là, de
position ferme dans un sens ou dans l'autre lors de nos consultations. On
attend un peu de voir comment vous et vos équipes, Mme la ministre, allez
mettre en place ces horaires-là. On pense surtout au niveau... Est-ce que...
est-ce qu'il faut imposer une limite, par exemple, on en a discuté la
semaine... vous en avez discuté la semaine passée, d'enfants qui peuvent être reçus... d'enfants d'âge scolaire qui peuvent
être reçus? On attend un peu de voir et évidemment on offre notre
collaboration, là, pour la mise en oeuvre de ces mesures-là.
Mme Roy (Verchères) : Alors, ma
conclusion à moi, mais ça ne sera pas une question, c'est : Oui, nous
acceptons avec joie votre collaboration. Il y aura effectivement encore une
continuité, après le projet de loi n° 46, pour mettre en oeuvre... pour s'assurer que les
guides reflètent bien la réalité, et qu'on s'entend tous, là, pour s'assurer
que tout est mis en place pour la sécurité de nos enfants. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, Mme la ministre. Alors, sur ces belles paroles, on
poursuit avec la députée de Châteauguay. Il y a une autre collègue aussi qui
veut prendre la parole. Il reste encore neuf minutes.
Mme
Gendron : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Bien le
bonjour, Mme Lessard, Mme Ouellette, madame... M. Côté. Il m'en manque
un.
Des voix : ...
Mme
Gendron : Mme Côté. Je suis vraiment désolée, je m'excuse.
Donc, merci d'être avec nous aujourd'hui. J'ai pu constater que vous
avez été présents à toutes... Vous avez été très curieux de voir les autres
groupes. Donc, je vous remercie pour ce grand intérêt là. D'entrée de jeu,
comme Mme la ministre le soulignait, vous avez souligné le travail que ça va
représenter, la collaboration qui va être nécessaire, mais je pense que vous
avez toujours répondu présent puis je pense qu'on va continuer à bien
collaborer ensemble.
Je fais une petite parenthèse à un point que
vous avez souligné, la priorité de la formation. Donc, vous l'avez souvent
nommé lors de votre prise de parole, puis je pense qu'on va dans... dans ce
sens-là. C'est une courte parenthèse simplement pour souligner qu'on est tous
là exactement pour la même raison, pour le bien-être de nos tout-petits, leur
santé, leur sécurité, et, oui, en effet, ça passe, entre autres, par la
formation. Malheureusement, le projet de loi ne tient pas compte de la
formation présentement, mais il reste que je pense qu'on est là pour les bonnes
raisons, pour la santé et la sécurité de nos tout-petits.
Moi, j'avais une question. Vous proposez, dans
votre mémoire, l'ajout d'une disposition afin que les bureaux coordonnateurs
puissent ordonner l'évacuation directement du milieu. Je veux savoir... Est-ce
qu'il y a une situation que vous vous rappelez qui aurait pu justement — bon,
il me fait déjà signe que oui — donc, qui aurait pu... ça aurait pu être
facilitant d'avoir cette disposition-là? Puis j'aimerais ça que vous m'en
parliez un peu.
M. Gratton (Étienne Alexis) : En
fait, au CQSEPE, je suis responsable du dossier des projets pilotes de services
de garde en communauté et en entreprise, puis je le mentionne... on le
mentionne dans le mémoire que cette disposition-là, d'évacuation immédiate,
sera très utile si et lorsque ce projet de loi là va retrouver... va être
pérennisé dans la loi puis le règlement, et l'exemple que j'ai à vous donner
vient d'un de ces projets de... un projet pilote de service de garde en
communauté où le local n'était tout simplement pas en état de recevoir des
enfants, malgré les représentations du partenaire à cet effet-là.
Donc, le local n'était pas du tout dans l'état
qu'on avait dit que le local allait... allait être. Il y avait de la vermine,
il y avait des fuites d'huile, il y avait des fuites d'eau, à un tel point que
le BC aurait dû pouvoir évacuer le milieu.
Finalement, on a essayé de négocier avec la municipalité, là, une entente à
l'emporte-pièce, j'ai envie de dire, pour finalement évacuer ce
milieu-là puis les mettre dans un autre local qui convenait, mais c'est un
exemple très concret, dans les derniers mois, qui... qui illustre bien que,
oui, le milieu familial peut des fois être... poser... l'environnement physique
du milieu familial peut poser un danger à la sécurité, bien-être... santé,
sécurité, bien-être des enfants et que le bureau coordonnateur, au même titre
que le CPE... que le ministère, pour un CPE, devrait être capable d'ordonner l'évacuation
immédiate.
Mme
Gendron : Je comprends. Il y avait aussi quelque chose que Mme la
ministre a abordé. Donc, de base, les trois visites obligatoires, maintenant,
vous suggérez d'en avoir six. Est-ce que vous pensez que vos membres pourraient
avoir un frein ou pourraient... Tu sais, je le sais que c'est pour le bien des
enfants, comme vous le disiez, puis je suis
100 % d'accord avec vous, mais pensez-vous qu'il pourrait y avoir un frein
au niveau des membres pour ça? Parce qu'on le sait, ils n'aiment jamais
ça, ces visites-là. Donc là, on double la quantité de visites. Je veux juste
savoir quel... quel pouls vous avez, là, au niveau de vos membres.
M. Gratton
(Étienne Alexis) : Ça revient un peu, en fait, à ce que je mentionnais
à Mme la ministre, c'est... On essaie de
changer un peu la culture de cette visite à l'improviste là. Ce n'est pas
seulement dans l'optique de chercher des
bibittes chez la RSGE, c'est aussi de lui offrir les outils pour qu'elle puisse
être la meilleure RSGE qu'elle puisse... qu'elle pourrait être.
Donc,
au niveau des... Je devine un peu... Dans votre question, aussi, il y a
peut-être le niveau des ressources... au niveau des ressources, parce
que doubler le nombre de visites à l'improviste, ça demande des ressources qui
ne sont peut-être pas toutes disponibles chez nos membres. C'est une question
qu'on a beaucoup débattue entre nous avant de faire cette recommandation-là. Ce
sera peut-être un... Puis je sais qu'on est venus beaucoup demander de l'argent
devant cette commission-là, mais ce sera peut-être un dossier à examiner plus
tard, mais je pense que, sur le principe, puis ça reprend un peu l'argumentaire
ou la logique du Pr Lampron, là, la pénurie de main-d'oeuvre ou la pénurie de ressources financières ou humaines ne devrait pas
justifier qu'on ne prenne pas soin de nos enfants autant qu'on pourrait.
• (17 h 10) •
Mme Gendron :
Je suis heureuse de constater que vous favorisez les bonnes pratiques
autant. Donc, c'est vraiment... Vous êtes
égal à vous-même, rapide, efficace et proactif. Donc, je vais laisser la
parole, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Merci, Mme la députée. Alors, on poursuit avec
la députée de Vimont. Il reste encore 3 min 40 s.
Mme
Schmaltz : Parfait. Merci. Merci à vous d'être présents. Je veux
revenir à la VAE aux mineurs. Je m'excuse,
là, je vais y aller vraiment par ce que moi, je perçois là-dedans. Quand on
parle de la présence d'un mineur criminel, en voie de l'être ou
délinquant dans la résidence où sont fournis des services de garde éducatifs,
moi, je ne le sais pas, mais mineur criminel
et services éducatifs dans une maison, je n'ai pas l'impression que c'est
quelque chose qui se côtoie, qui devrait se côtoyer.
J'ai un peu... j'ai
un peu de difficulté à comprendre pourquoi et jusqu'où, à un moment donné, les
équipes... Vous parlez d'offrir des moyens supplémentaires robustes au bureau
coordonnateur pour intervenir en cas de risque. Est-ce qu'on n'est pas en train
de gérer deux situations dans une? C'est-à-dire qu'on a un service de garde
éducatif, mais là on se retrouve avec un bureau coordonnateur qui doit gérer,
je ne sais pas, une présence, un mineur avec un passé criminel ou en voie de l'être, là. C'est ce que j'ai lu. Est-ce
que ce n'est pas lourd comme... comme cas à gérer? Je me pose la
question, moi, en tant que parent, là.
M. Gratton (Étienne Alexis) : Non,
ce n'est pas... ce n'est pas du tout la responsabilité du bureau coordonnateur
puis ce n'est pas ce qu'on appelle à faire. Évidemment, il y a tout un système
de justice pénale pour adolescents qui existe
au Québec, les centres jeunesse, les intervenants, la chambre de la jeunesse.
C'est tout un réseau, puis, justement, qui est beaucoup mieux outillé
pour gérer cette situation-là. Ce qu'on appelle... Ce que le bureau
coordonnateur doit gérer puis qu'il doit toujours gérer, c'est le risque posé
aux enfants, que ce soit par un mineur criminel ou délinquant ou par une
fenêtre qu'on a laissée ouverte l'hiver. C'est vraiment ça que doit gérer le
bureau coordonnateur.
On ne pense pas... En
fait, pour reprendre une expression anglaise, là, l'outil de la VAE, c'est
un... c'est une lame émoussée, «it's a blunt tool». Ce n'est pas un outil qui
sert, selon nous, le mieux ce risque-là... de gérer ce risque-là. Le meilleur
moyen de gérer ce risque-là, c'est que le bureau coordonnateur demeure en
contact puis dans une relation de collaboration très forte avec la mère et
dispose des pouvoirs qu'on lui... qu'on vous recommande de lui donner. Je vous
réfère à notre recommandation n° 9, là, l'amendement
à l'article 76, qui donnerait, là, au bureau coordonnateur des pouvoirs de
suspension immédiate, là, beaucoup plus larges que ce qui est, en ce moment,
prévu.
Mme
Schmaltz : ...avec le passé criminel, là, d'un mineur, c'est ça?
M. Gratton
(Étienne Alexis) : En fait, l'amendement qu'on propose est exactement
le même que le pouvoir qu'on propose, que vous... bien, que le projet de loi
propose pour les employés... pour la suspension immédiate d'employés en
installation par le ministère. Ce sont ces... Ça vise toute personne qui réside
dans la résidence où est fourni un service
de garde, mineure ou majeure. C'est vraiment... Si cette personne-là pose un
risque immédiat, là, très grave, le bureau coordonnateur peut suspendre
immédiatement, le temps de trouver une solution...
Mme Lessard
(Francine) : ...
Mme
Schmaltz : Bien, oui, oui, oui, certainement, bien oui.
Mme Lessard
(Francine) : ...voilà, qu'une petite minute.
En fait, pendant, effectivement, l'écoute active
qu'on a faite de tous les groupes, on a effectivement entendu cette
recommandation-là pour les 14 ans, mais le lien était fait avec les gens
qui travaillent dans les terrains de jeux, entre autres.
On disait : Les adolescents qui travaillent dans les terrains de jeux,
bien, on fait systématiquement la vérification
des absences d'empêchement ou des casiers judiciaires de ces jeunes-là qui
sont, finalement, en autorité sur un groupe d'enfants.
Quand on parle de
l'enfant d'une RSGE, premièrement, ce n'est pas son rôle. Ce n'est pas lui qui
est en lien avec l'enfance, et il n'est pas là du matin au soir non plus.
Normalement, ces jeunes-là vont à l'école aussi. Donc, d'une part, ce n'est pas
une présence continue puis, deuxièmement, ce n'est pas un rôle de supervision
ou d'offre de service. Ce n'est pas l'adolescent qui offre le service. Ce n'est
pas lui qui est en contact avec l'enfant. En tout cas, ça ne devrait pas être
ça non plus. C'est vraiment la RSGE. Donc, on dit : Est-ce qu'on doit
pénaliser une prestataire de service de garde de qualité parce que son jeune
adolescent a commis des actes, disons, pas corrects, peu importe...
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Sur ce, je dois malheureusement vous arrêter.
Pour cette portion-là, le temps... j'ai
laissé filer un petit peu pour vous le... je ne voulais pas vous couper en
plein milieu de votre réponse, mais
je me tourne du côté de l'opposition officielle, avec la députée de
Notre-Dame-de-Grâce, pour la poursuite de ces échanges, 16 min
30 s.
Mme McGraw : Merci, Mme la Présidente. Mais j'aimerais... Si
vous avez... vous voulez compléter votre pensée, je vous cède un peu de
mon temps.
Mme Lessard
(Francine) : ...non, je n'ai pas... je n'ai pas tant à compléter.
Mme McGraw : Parfait.
Mme Lessard (Francine) : Je pense que j'ai fait le
portrait de dire... Bon, on est en train de parler de deux choses
totalement différentes, l'adolescent ayant un passé judiciaire qui a à sa
charge un groupe d'enfants dans un terrain de jeux ou un camp de jour pendant
l'été et un adolescent qui vit dans la résidence de sa mère ou de son père qui
est prestataire de service de garde et pour qui on ne donne pas de
responsabilités entourant la prestation de garde.
Mme McGraw : Merci
pour cette clarification. Merci, Mme la Présidente et collègues. Vous avez
été... Et merci beaucoup pour le mémoire et
la présentation. Effectivement, vous avez été très efficaces dans votre
présentation. Et j'aimerais revenir au mémoire, surtout la section
Introduction, qui se lit comme suit, point n° 2 :
«Le ministère de la Famille positionne le projet de loi n° 46 dans le
contexte du Grand chantier pour les familles.» Et là vous citez la section... l'item n° 23,
et, justement, vous dites... par la suite, vous dites : «Le projet de loi
n° 46 va bien au-delà de cette recommandation qui appelle à des
simples habilitations réglementaires permettant à la ministre de commander des
analyses et des mesures correctives de la part des prestataires ou d'établir
des modalités relatives aux cours de secourisme.»
Donc, la première
question, est-ce que vous pensez... Puis on est... Tout le monde, je pense
qu'on est d'accord, tout le monde, on
soutient la protection des enfants puis on est là pour bonifier le projet de
loi, tout le monde, mais je veux juste savoir : Est-ce que vous
pensez que le projet de loi va trop loin?
M. Gratton
(Étienne Alexis) : Non, le projet de loi ne va pas trop loin. Selon
nous, il va peut-être trop rapidement. Que le projet de loi aille bien au-delà
de ce qui a été constaté et recommandé à l'issue du grand chantier, c'est un
fait. On cite... on cite les recommandations, puis le problème, ce n'est pas
que le ministre... la ministre ou l'Assemblée nationale aille plus loin que le
grand chantier. C'est tout à fait dans vos droits, et puis on est... et puis on
l'a répété, là, que c'est unanime dans le réseau puis autour... autour de la
table de la commission. On est tout à fait en accord avec les objectifs poursuivis
par le projet de loi.
Notre crainte...
bien, pas notre crainte, notre difficulté avec la manière que ça a procédé,
c'est que, sur de grands pans du projet de
loi, on n'a pas... il n'y a pas eu une consultation, selon nous, adéquate du
réseau, et c'est pour ça qu'on recommande toutes sortes de groupes de
travail, de directives à venir, parce que le travail n'a pas été fait en amont.
Qu'il se fasse en aval, ce n'est pas, en soi, un problème, mais probablement
que l'intervention législative aurait été, selon
moi, plus complète si on avait eu l'occasion, là, de vraiment s'asseoir puis de
penser l'entièreté de ces... de ces enjeux-là.
Mme McGraw : Donc,
justement, vous dites, dans le point n° 5, que le
réseau n'a pas été adéquatement consulté. À
part de cette recommandation-là ou ce constat, comment, donc, ralentir si ça va
trop vite? Même si ça va dans la
bonne direction, si je comprends bien, comment ou ralentir ou aller peut-être
aussi plus loin que... qui est dans le projet loi?
M. Gratton (Étienne
Alexis) : C'est-à-dire les prochaines étapes, vous voulez dire?
Mme McGraw : Donc, oui. C'est parce qu'on ne peut pas... On
regarde un peu en arrière, mais là il faut aller de l'avant. Donc,
comment vous proposez...
M. Gratton
(Étienne Alexis) : De la meilleure manière que le CQSEPE sait le
faire, c'est-à-dire en offrant sa meilleure collaboration aux équipes du
ministère, là, pour développer les groupes de... pour animer les groupes de travail qu'on... auxquels on appelle... développer
les directives, là, qu'on identifie. Voilà, c'est, pour ma part, du moins,
les prochaines étapes que j'entrevois.
Mme
McGraw : ...si les collègues ont quelque chose à ajouter là-dessus.
Par exemple, donc là c'est sûr que vous
dites qu'il n'y avait pas eu de consultation en amont, mais là ce sont des
consultations particulières, donc vous êtes consultés. Selon vous, à ce stade, comment, donc, bonifier le projet de
loi ou est-ce qu'on peut aller peut-être plus loin ou différemment...
Quelles seraient les priorités que vous mettriez de l'avant pour bonifier le
projet de loi?
• (17 h 20) •
M. Gratton
(Étienne Alexis) : Il y en aurait quatre qui ressortent du... de notre
mémoire.
La première, c'est
justement, là, cette idée d'uniformisation des mesures d'urgence, là,
d'interventions d'urgence exceptionnelles, d'uniformiser ce qui est prévu dans
le projet de loi pour l'installation au milieu familial. On ne s'explique pas vraiment pourquoi il y a
cette exception-là. Peut-être que ce n'était juste pas le champ d'action, là,
des rédacteurs du projet de loi, mais nous, on appelle, là, fortement à étendre
ces mesures-là au milieu familial puis au bureau coordonnateur.
La
seconde, ce serait évidemment la formation puis le perfectionnement bonifié des
intervenantes puis l'uniformité de la formation à travers le réseau. Sur les
VAE, il y a évidemment du travail important qui doit être fait, c'est la
troisième, sur les délais. Ça a été dit amplement. On ne s'étendra pas
là-dessus à nouveau.
Sur les coûts aussi,
on envisage d'un bon oeil l'espèce d'habilitation réglementaire, c'est-à-dire,
là, la possibilité que se donne la ministre
de réglementer ces coûts-là. On appelle à une gratuité des coûts pour les
intervenantes, c'est-à-dire pour les CPE puis les BC, donc, que ce soit
par une entente avec la SQ ou par un remboursement des frais dans les
allocations de subventions aux CPE-BC, peu importe comment ça va se faire,
qu'il y ait une gratuité de ces frais-là,
parce que, comme... comme on le mentionne, là, comme on donne en exemple... On
a donné l'exemple de deux CPE-BC. Ça représente, là, des coûts très
importants pour les CPE-BC.
Et finalement la
quatrième, c'est pour le comité de vérification. Ça a fait un peu jaser. Nous,
on a... on offre un comité de la sorte à nos
membres depuis plusieurs années. Ça fonctionne du feu de Dieu. On a des bons...
des bonnes pratiques à partager. On croit que c'est une expérience
positive de notre côté. Donc, oui, le modèle du CQSEPE est certainement à
reproduire, là, sur le comité.
Mme McGraw : Finalement,
vous soulignez le fait que... C'est sûr que les... tragiques des dernières
années au Québec ont choqué les Québécois, il faut les reconnaître, mais, en
même temps, si je comprends bien, il n'y a aucune donnée probante publique
récente qui permettrait d'établir qu'au niveau systémique la protection des
enfants dans le réseau des services de garde
subventionnés... sont à un point lacunaires. Donc, je pense que vous le
soulignez, puis ça vaut la peine de le souligner.
Je crois que ma
collègue a d'autres questions. Donc, je vais céder mon temps, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci,
Mme la députée. Alors, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis,
il reste encore 10 min 45 s.
Mme
Maccarone : C'est très bien.
Merci beaucoup pour votre présence, votre présentation et votre mémoire.
C'est très instructif.
Beaucoup de questions
ont déjà été posées, mais je souhaite revenir sur l'idée de le comité. On a
entendu... Puis je sais que vous êtes présents... Bravo! Vous êtes présents
tout le long des auditions avec nous, avec... Votre engagement mérite d'être
souligné. Ça fait que vous avez entendu, comme nous... La commission de la
santé et services sociaux des Premières
Nations du Québec et du Labrador, eux, ils souhaitent avoir leur propre comité.
Quelle est votre opinion là-dessus? Êtes-vous en faveur? En défaveur?
Est-ce que vous voyez une collaboration?
M. Gratton (Étienne Alexis) : Nos
membres n'ont pas du tout été consultés sur la question. Je peux vous donner
mon avis personnel. Je ne pense pas que c'est d'une grande utilité pour la
commission, mais...
Mme Lessard (Francine) : On a déjà eu des
collaborations quand même assez intéressantes avec la commission de la
santé et des services sociaux aux Premières Nations au Labrador. On a travaillé
avec eux pendant quelques années à partager
des outils qui permettent justement de faire... de rehausser les pratiques
autant dans... chez les personnes autochtones
que dans le territoire québécois. Alors, on l'a fait avec... avec beaucoup
de... beaucoup de plaisir, et j'espère qu'on reprendra ce
genre d'échange-là avec la commission.
Comme Me Gratton le
nommait, au conseil québécois, on a mis en place effectivement un comité
d'analyse des empêchements potentiels qui est présidé par notre commissaire au
traitement des plaintes et à la qualité des services, et c'est vraiment un
exercice qu'on fait vraiment à l'extérieur de nos opérations régulières. On a
un avocat qui travaille avec nous, qui n'est pas un avocat du conseil
québécois, qui est complètement neutre. Il y a des gens de la Sûreté du Québec
qui sont là. Il y a des gens aussi qui ont des expertises terrain, dont des
directions générales ou encore des agents de
conformité ou de soutien pédagogique et technique, et on se... et on se parle
de dossiers de façon anonyme. Évidemment, on connaît les motifs de
l'empêchement ou les motifs d'empêchement et on ne peut pas non plus se
substituer au rôle du conseil d'administration, qui a, lui, à prendre la
décision, à savoir si l'empêchement est suffisamment important pour ne pas
reconnaître une RSG, ou une RSGE, ou encore de mettre... de faire une mise à
pied d'un employé.
Bref, il y a une
décision à prendre, particulièrement dans le milieu familial, c'est beaucoup
plus compliqué, je dirais, et le comité d'analyse des empêchements potentiels
remet finalement au président, présidente du conseil d'administration un état
de situation où on a évalué les risques aggravants et les risques atténuants de
la situation et où il y a là des recommandations faites au conseil
d'administration dans sa réflexion et dans sa prise de décision.
Alors, c'est très, très
rassurant pour les administrateurs. Rappelons-nous que ce sont les bénévoles,
de jeunes parents... souvent de jeunes
parents, donc, à qui on confie quand même des rôles... un rôle important
d'administration des argents publics, mais aussi de la saine gestion et
de la qualité des services qui sont offerts aux enfants du Québec. Alors, ce genre de comité là, nous, on peut avec
plaisir partager notre expertise, mais il y a quand même, je dirais, au moins
près... près d'une dizaine d'années qu'on offre ce genre de service.
Mme
Maccarone : Oui, puis je suis très contente que vous avez pris
la parole, Mme Lessard. Je ne sais pas si vous vous souvenez, je pense que je l'ai déjà soulevé, mais, dans mon
premier mandat, vous étiez parmi les premières personnes que j'avais
rencontrées quand j'avais eu la chance d'avoir le dossier de la famille, puis
vous m'avez beaucoup instruite en ce qui
concerne les réalités autochtones au sein de services de garde éducatifs à
l'enfance, parce que c'est très
spécifique, en fait, que vous avez une connaissance puis, je pense, un bon oeil
en ce qui concerne leur réalité. Alors, merci beaucoup. C'est très
intéressant.
Je veux juste... un «aside», parce que je ne
connais pas le mot en français, mais un à part, à côté. Quand vous avez eu vos... votre échange en ce qui concerne le
financement, on a beaucoup ri, mais je veux juste le ramener parce que
vous savez que le gouvernement a beaucoup dit dans le passé que l'argent,
c'est... il n'y a pas un problème, puis ils ont quand même reçu, en 2021, vous
vous souvenez, en août 2021, 6 milliards de dollars du gouvernement
fédéral, qu'on pense est allé au fonds
consolidé, parce qu'on n'a jamais retracé cet argent-là. Alors, si jamais vous
avez des besoins, je suis convaincue qu'il y a de l'argent pour vous
aider à accomplir vos objectifs.
Entre autres, l'objectif, qui est très louable,
en ce qui concerne la formation, vous l'avez identifié comme le nerf de la guerre puis vous avez dit que vous êtes
prêts à prêter main-forte pour aider le réseau. C'est quoi, votre vision?
Parce que, là, on parle de combien d'heures obligatoires? Vous, vous avez dit
six heures. Pourquoi six heures? Ou peut-être j'ai mal lu, peut-être c'était
une autre place, mais il y a du monde qui ont déjà parlé... les autres
mémoires, en tout cas, puis les autres intervenants, on a eu un cours de six
heures. Pourquoi le six heures? Est-ce que c'est obligatoire? Que pensez-vous
de ça? Parce que c'est vrai, je suis d'accord avec vous, la formation est le
nerf de la guerre. On ne reviendra pas sur
la notion de ratio, mais on comprend que le monde formé au sein de notre réseau,
c'est ça qu'on veut, on veut élever
la qualité des services qu'on offre. Ça fait que comment voyez-vous
l'implantation de ceci? Ça prend combien de temps? Est-ce que c'est déjà
prêt? C'est une formation de combien d'heures? Un peu votre vision là-dessus.
M. Gratton (Étienne Alexis) : Il y a
trois mesures principales qu'on propose au niveau de la formation.
D'abord, c'est de faire passer la formation,
pour les RSGE non qualifiés, de 45 à 90 heures, donc, de doubler les heures de formation. Il y a aussi un
élargissement, là, des... on passe de quatre à six sujets, notamment la gestion
des plaintes et la gestion des réactions allergiques sévères, qui ne font pas
partie de la formation actuellement. Donc, ça, c'est pour les RSGE, 45 à
90 heures.
On veut la même chose, ce qui n'est pas le cas
en ce moment, d'une formation obligatoire pour le personnel de garde en
installation non qualifié. On veut une formation obligatoire pour ces
personnes-là. On veut qu'elle soit de la même durée que celle des RSGE, donc
équivalente, finalement, là. Elle n'est pas développée. Elle pourra
certainement s'inspirer fortement de la RSGE parce qu'on ne réinvente pas la
roue entre le milieu familial puis l'installation,
bien qu'il y a des spécificités dans chacune... dans chacun des contextes.
Évidemment, on pourra développer avec
le ministère, là, le syllabus, si vous voulez, de cette nouvelle formation-là
pour le personnel de garde en installation.
Et finalement la troisième mesure principale,
c'est le six heures de formation continue, qu'on pourrait appeler, là, c'est
«activité de perfectionnement» dans la loi, qui n'est pas obligatoire en ce
moment pour le personnel de garde, l'est pour les RSGE. On appelle à une
uniformisation des pratiques pour la formation.
Mme Maccarone : Peut-être... temps
pour une dernière question, mais votre recommandation 14, que l'autodéclaration
des personnes résidant au Canada depuis moins d'an et des personnes ayant
résidé à l'étranger pour plus d'un an n'ait pas à être donnée sous serment,
pourquoi? Expliquez.
• (17 h 30) •
M. Gratton
(Étienne Alexis) : La seule différence entre une déclaration faite
sous serment et une déclaration qui n'est pas faite sous serment, c'est
que, si on ment dans une déclaration sous serment, c'est un crime, c'est un
parjure, c'est passible de 14 ans d'emprisonnement. On pense que de
criminaliser ces dossiers-là, ce n'est pas du tout la direction que devrait
prendre le réseau de garde.
Par ailleurs, dans le contexte spécifique des
nouvelles arrivantes, donc des personnes qui sont sous permis de séjour
temporaire ou même sous une résidence permanente, la simple mise en accusation,
donc, pas une déclaration de culpabilité, là, la mise en accusation pour une
infraction criminelle, peut avoir des conséquences dévastatrices, qui peuvent
aller jusqu'à l'expulsion du pays.
Donc, pour nous, ce n'est pas du tout la
direction dans laquelle on veut aller. La seule différence, c'est ça, là, entre
une déclaration faite sous serment et non... ou non. Il y a déjà des pénalités
administratives qui sont prévues dans le
projet de loi pour une fausse déclaration. Ça peut aller jusqu'à
5 000 $. Si vous voulez augmenter puis... augmenter le montant pour avoir un effet dissuasif...
augmenter, personnellement, je ne suis pas opposé... je ne serais pas opposé à
ça. Et évidemment faire une fausse déclaration à l'embauche, c'est motif à une
mesure disciplinaire de la part de l'employeur, qui peut aller jusqu'au
renvoi.
Donc, on pense que, dans l'état actuel des
choses, sans aller jusqu'à criminaliser ces personnes-là, le projet de loi n° 46 présente les outils ou les mesures nécessaires pour
s'assurer, dans la mesure du possible, parce qu'on rejoint aussi le fait que c'est bien imparfait
comme outil, là, l'autodéclaration... soit... son contenu soit aussi véridique
que possible.
Mme Maccarone : Pour les personnes
qui sont en attente des vérifications, l'assermentation sous serment, est-ce
que ça, c'est...
M. Gratton (Étienne Alexis) : Qui
seraient... donc, les personnes qui ne sont pas nécessairement de nouvelles arrivantes, bien, la logique reste la
même. On ne pense pas que criminaliser ces dossiers-là... On a tous à l'esprit
l'état de notre système de justice,
particulièrement l'état de notre système de justice criminelle, là. Ajouter ces
dossiers-là dans le pipeline, ce ne serait probablement pas avisé.
Mme Maccarone : ...le pourcentage,
juste par hasard, des personnes qui ne sont pas citoyennes canadiennes, qui
travaillent, qui oeuvrent au sein de votre réseau, qui rejoignent ce critère,
qui sont ici, là, moins de 12 mois, mais qui occupent un poste d'éducatrice ou
éducateur?
M. Gratton (Étienne Alexis) : Personnellement,
je n'ai pas cette information-là. Je me tourne peut-être vers la ministre, qui l'a, mais on sait que ça, la VAE
des... la vérification d'absence d'empêchement des nouvelles arrivantes,
là, c'est une demande de longue date de nos membres. Donc, je ne pourrais pas
quantifier le nombre de personnes qui travaillent depuis... qui sont au Canada
depuis moins de 12 mois, qui travaillent dans le réseau, mais on sait que c'est
une réalité quotidienne avec laquelle nos membres ont affaire.
Mme Maccarone : Ça fait que l'impact
peut être... peut être assez important.
M. Gratton (Étienne Alexis) : Oui,
oui, tout à fait.
Mme Maccarone : Puis les délais?
M. Gratton (Étienne Alexis) : Les
délais, on rejoint les représentations puis les recommandations qui ont été
faites devant vous, là. On ne les a pas reprises au long. C'est le nerf de
la... C'est l'ennemi public numéro un dans le
cas des VAE. C'est ce qui empêche de faire... Je vois la présidente allumer son
micro. Donc, oui, il faut... il faut oeuvrer là-dessus. Ce n'est peut-être pas... Le projet de loi, ce n'est
peut-être pas l'endroit spécifique... une loi, ce n'est peut-être pas
l'endroit spécifique pour le faire. Il faut peut-être une entente avec le
ministère de la Sécurité publique ou des directives qui sont plus adaptées,
mais, oui, il faut... il faut agir sur ce front.
Mme Maccarone : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Le temps est écoulé, le temps est écoulé. Merci beaucoup,
Mme la députée.
Mme Maccarone : Merci.
La
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Il me reste à vous
remercier pour l'apport à nos travaux et à vous souhaiter un bon retour.
Nous allons suspendre quelques instants, le
temps de rejoindre le dernier groupe. Merci.
(Suspension de la séance à 17 h 34)
(Reprise à 17 h 41)
La Présidente
(Mme Lecours, Les Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La Commission des relations avec les citoyens reprend
ses travaux.
Alors, comme
dernière intervenante, nous recevons Mme Marie-Chantale Martin,
inspecteur-cheffe et directrice à la Direction des services
institutionnels de la Sûreté du Québec.
Mme Martin,
bienvenue à la Commission des
relations avec les citoyens. Alors,
comme je vous le disais il y a quelques instants, avant qu'on allume les
caméras, vous avez une période de 10 minutes pour faire votre exposé, et ensuite nous allons procéder à la période d'échange
avec les parlementaires. Alors, nous sommes tout ouïe. Nous vous
écoutons.
Sûreté du Québec (SQ)
Mme Martin (Marie-Chantale) : Merci,
Mme la Présidente. Mme la ministre, bonjour à toutes et à tous. Comme vous
l'avez dit, je suis directrice de la Direction des services institutionnels à
la Sûreté du Québec, policière depuis maintenant 26 ans. Je suis impliquée
dans les vérifications d'absence d'empêchement depuis plusieurs années : en début de carrière, comme policière, en
effectuant des recherches dans les bases de données, par la suite comme
directrice de poste MRC, par la signature et l'application d'ententes avec les
services de garde éducatifs, et, depuis 2017, comme responsable du service de
filtrage de sécurité, et maintenant comme directrice des services
institutionnels, qui chapeautent le service de filtrage de sécurité à la Sûreté
du Québec.
Bien que les VAE sont effectuées pour les
services de garde éducatifs à l'enfance par des effectifs dans des unités de la
grande fonction de la surveillance du territoire partout sur le territoire
desservi par la Sûreté du Québec, c'est le service du filtrage, qui est une
unité centrale, qui assume la coordination organisationnelle pour la Sûreté du
Québec en matière de filtrage de sécurité pour le secteur vulnérable.
Le service de
filtrage assume d'autres responsabilités, par exemple, des vérifications
d'antécédents judiciaires ou de bonnes moeurs, en fonction des
différentes lois et règlements, et ce, pour différents ministères et
organismes. On assure également une vigie afin d'adapter les façons de faire
pour qu'elles demeurent alignées aux décisions rendues par les différents tribunaux. On développe et diffuse aussi des
formations, des outils permettant de soutenir les personnes qui
interviennent dans les processus de filtrage pour la Sûreté du Québec.
Ce qui est important de mentionner aussi, c'est
qu'on participe au comité provincial sur le filtrage dirigé par le ministère de
la Sécurité publique en y assumant un rôle-conseil. Pour le bien, le bénéfice
de tout le monde, le comité provincial de filtrage des coordonnées est dirigé
par le MSP, ministère de la Sécurité publique, et regroupe des représentants de chacun des niveaux de service
de police. L'objectif est d'harmoniser les pratiques en filtrage de sécurité. Puis, à l'occasion, le ministère de la Sécurité
publique invite des représentants du ministère de la Famille, du ministère
de l'Éducation pour échanger sur les différents sujets en lien avec les
vérifications.
C'est avec plaisir aujourd'hui que je suis
présente. Nous avons lu avec intérêt le projet de loi et en avons relevé des éléments importants pour pouvoir
modifier certaines des pratiques relatives aux vérifications effectuées par
les corps de police, par la Sûreté du Québec. Il me fera également plaisir de
vous expliquer les modalités de fonctionnement de la Sûreté du Québec entourant
les vérifications des empêchements et de répondre à vos questions.
Dans le fond, au niveau de la Sûreté du Québec,
il y a différents guides qui guident nos pratiques. On a... On a vraiment un
guide qui est spécifique, le guide en matière de filtrage pour le secteur
vulnérable, qui est réalisé par le service de filtrage et qui est, dans le
fond, dispensé, coordonné dans l'ensemble des unités de la Sûreté du Québec. Il
est cohérent avec le guide qui est aussi
réalisé par le MSP qui, lui, est distribué à l'ensemble des corps de police. Et
il y a l'ensemble des documents pour soutenir les différents corps de
police, puis les pratiques sont vraiment alignées en matière, là, de filtrage
pour le secteur vulnérable.
À la Sûreté du Québec... Je peux vous parler un
petit peu plus de notre processus de vérification des empêchements. Comme je
vous l'ai mentionné plus tôt, les vérifications sont vraiment effectuées par
les effectifs policiers et civils dans les
unités de la grande fonction de la surveillance du territoire partout sur notre
territoire desservi. On parle de 80 centres... 86 centres de
services MRC, 118 postes, là, dispersés dans la province. Dans le fond,
là, les bases, c'est sur une entente sur le
filtrage des personnes appelées à oeuvrer auprès des personnes vulnérables.
C'est des responsabilités partagées entre les organismes et la Sûreté du
Québec.
Dans le fond, la Sûreté du Québec, dans nos...
Je peux vous parler des responsabilités de l'organisation, dans le fond, ce qui est important, c'est que les gens,
les responsables soient bien identifiés. Ensuite de ça, l'organisme, le service
de garde, bien, c'est important qu'il
transmette les bonnes informations aux candidats qui doivent avoir des
vérifications d'empêchement. Puis c'est lui aussi qui a la
responsabilité de faire compléter les formulaires de consentement qui vont être
nécessaires au service de police à la Sûreté du Québec.
Mais ce qui est important pour nous, puis ce
qu'on s'est rendu compte au cours des dernières années qui est un peu, des
fois, escamoté, c'est qu'il devrait y avoir une enquête sociale qui est
réalisée préalablement par l'organisme. Ça,
ça permet vraiment d'avoir accès pour les... pour l'intelligence du service de
garde en organisme, d'avoir des informations que le service de police
n'aurait pas par des vérifications, là, qui sont faites auprès d'anciens
employeurs, par exemple. Ça fait qu'on me dit que, dans certaines régions, ce
n'est pas effectué actuellement puis, dans d'autres, ce le serait. Ça fait que
c'est sûr que c'est... Pour nous, c'est un aspect important.
Par la suite, au niveau de la Sûreté du Québec,
bien, c'est... Dans le fond, les ententes sont signées par les responsables
d'unités qui sont un peu partout en province. Suite à ça, est-ce qu'on reçoit
des formulaires, il y a des vérifications qui sont faites par des personnes
désignées. Puis à ce moment-là, quand les vérifications sont faites, bien, on fait des vérifications dans les
différentes bases de données accessibles pour nos policiers. Puis, dans le
fond, le résultat en est que soit
qu'il y a une absence d'antécédents... s'il y a une absence d'antécédents, dans
le fond, le résultat de la recherche
est transmis à l'organisation à l'aide d'un formulaire approprié qui va
confirmer l'absence d'antécédents et la fin de la recherche.
Le moment,
qui nous... quelque chose qui nous intéresse peut-être plus, c'est quand il y a
présence d'antécédents, bien, comment
ça va se passer? Dans le fond, c'est que le résultat de la vérification va être
complété. On a un formulaire spécifique et on va le présenter au
candidat et non à l'organisation. C'est qu'on va permettre au candidat d'être entendu si, des fois, il y a des éléments à faire
modifier pour cette vérification-là. Puis c'est le candidat qui va recevoir
ses antécédents, ses empêchements, et il va
revenir à lui de les présenter à son employeur ou non. La Sûreté du Québec va transmettre
seulement un autre formulaire à l'organisme qui confirme la fin de la recherche
et que les empêchements ont été communiqués au candidat.
Ce qui arrive aussi qui est des fois responsable
de délais importants, c'est quand on fait des vérifications des empêchements,
on fait des vérifications dans différentes bases de données, mais également on
va voir dans la... dans des dossiers de
casiers suspendus à la GRC, casiers criminels. Ça fait que, dans le fond, on va
voir s'il y a une correspondance
possible pour les infractions à l'annexe II qui sont pardonnées. À ce
moment-là, c'est que les recherches se font dans
cette base de données là seulement avec le nom et... avec le sexe et la date de
naissance. Et, au moment où on a un
résultat... un résultat, qui ne veut pas dire que le résultat sera positif, on
doit faire en sorte que... de faire une vérification par empreintes
digitales au niveau de la banque de données de la GRC. Ça fait que, pour la
Sûreté du Québec, à ce moment-là, quand le
territoire est desservi, bien, on demande aux gens d'aller faire prendre leurs
empreintes dans une firme accréditée par la GRC.
Ça fait que c'est sûr qu'à ce moment-là il y a
des délais. Des corps de police municipale ont des pratiques différentes ou similaires. À ce moment-là, le
candidat doit se présenter à une firme accréditée pour la prise d'empreintes.
Les empreintes sont transférées à la GRC, et la GRC va nous communiquer les
résultats, à la Sûreté du Québec, quand c'est sous notre responsabilité.
Tout
dépendant des résultats... Bien, si c'est négatif, on a un résultat qui est
assez rapide, qui est de 5 à 7 jours, mais, dans le cas où ils
doivent faire des recherches plus approfondies, bien, il y a des candidats qui
ont déjà vécu de plusieurs semaines à plusieurs mois. Ça fait que c'est certain
que c'est souvent des choses qui peuvent venir toucher aux délais. Ça fait que
c'est un peu comment ça se passe.
• (17 h 50) •
Pour la Sûreté du Québec, comme vous l'avez déjà
dit dans d'autres tribunes, actuellement, les services de vérification
d'empêchement ne sont pas facturés parce que la loi actuelle ne le permettait
pas. On n'avait pas d'assise légale. Par
contre, les services de police municipaux, plusieurs facturent, tout dépendant
de leur réglementation. Mais le candidat,
lorsque... À la Sûreté... Si c'est à la Sûreté du Québec, en ce moment, n'est
pas... n'a pas de tarif. Par contre, lorsqu'il doit aller prendre ses
empreintes, qui est environ dans 20 % des cas, bien, il doit débourser un
montant, car la GRC, il y a des frais pour des travailleurs qui est de... un
minimum de 25 $ plus les frais de la compagnie. Ça fait que c'est ce qui peut amener des frais et des
délais, là, importants. Ça fait que c'est un peu ce qui représente le processus
actuel de la Sûreté du Québec, nos responsabilités.
Puis, dans le fond, on voit d'un bon oeil le
projet de loi par l'élaboration de l'entente-cadre entre le ministère de la Sécurité publique et le ministère de la
Famille. On pense que ça va faire en sorte encore plus d'uniformiser. Je ne
pense pas que ça va changer beaucoup les pratiques à la Sûreté du Québec, car
elles sont très, très encadrées, mais ça va venir uniformiser à travers
la province, tu sais, l'ensemble des corps de police, donner des bonnes
obligations puis des bonnes lignes directrices. Ça fait que ça fait le tour. Je
suis...
La
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci. Merci beaucoup.
Bien, justement, j'allais vous dire que le 10 minutes est écoulé. Merci pour cette présentation. On va
commencer la période d'échange avec les parlementaires. Je me tourne du
côté de la banquette ministérielle. Mme la ministre,
16 min 30 s, le temps est à vous.
Mme Roy
(Verchères) : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Merci beaucoup,
Mme Maltais, hein, c'est ça? J'ai le bon nom?
Une voix : ...
Mme Roy (Verchères) : Martin.
Excusez, c'était petit... écrit petit. Alors, Mme Martin, merci beaucoup
de votre participation. D'ailleurs, je vais
vous dire que nous avons, dans le cadre des consultations particulières, entendu
plusieurs groupes, et, concernant les VAE, on a eu plusieurs réflexions très
positives face, effectivement, au fait qu'il n'y ait pas coût, bien sûr, c'est
très positif, mais aussi, je vous dirais, en termes de délais. Donc, souvent,
on comparait la Sûreté à, par exemple, certains corps municipaux où les délais
sont plus longs. Alors, je veux vous transmettre quand même qu'il y a eu
plusieurs commentaires très positifs au niveau des délais, quoique ça reste
quand même une préoccupation pour l'ensemble des vérifications qu'on a à faire.
Ma première question, c'est un... Dans le cadre
justement de ces consultations particulières, plusieurs nous ont amené le
questionnement, particulièrement au niveau des milieux familiaux, sur la
nécessité ou non d'aller faire une vérification soit d'antécédents judiciaires,
soit une VAE régulière, concernant les jeunes mineurs qui résident chez nos
responsables de services de garde en milieux familiaux. Alors, j'aimerais
peut-être avoir votre opinion, puis quelles
sont les possibilités, puis si, effectivement, on doit faire cette
distinction-là, par exemple, entre les antécédents judiciaires ou les
vérifications telles qu'on les fait.
Mme Martin (Marie-Chantale) : Oui,
je vais tenter de répondre à votre question. C'est certain qu'au niveau des
personnes mineures, il y a un bon encadrement au niveau de la loi sur la
justice pénale des adolescents, ça fait que c'est certain qu'il y a des
subtilités, puis je ne pourrais pas vous dire que je les maîtrise toutes cet
après-midi, mais c'est certain qu'une vérification d'empêchement, pour nous,
c'est une vérification qui est plus large, où on va voir l'ensemble des
informations, qu'on parle du casier judiciaire, les condamnations, les
accusations pendantes, les ordonnances judiciaires valides, les plumitifs, mais
aussi on va voir les comportements. Ça fait que, des fois, on a des indications dans nos bases de données où on a
des comportements associés. Ça fait que c'est sûr que c'est plus intrusif,
une vérification des empêchements, qu'une
vérification des antécédents judiciaires. On va... On accède à plus
d'informations et on parle aussi, quand on est... en fonction des
empêchements, bien, on va vérifier au casier... le casier judiciaire qui est
suspendu, la Loi sur le casier judiciaire.
Ça fait que c'est sûr, pour les mineurs, il y a
probablement des subtilités, puis c'est certain qu'en fonction de la Loi sur les jeunes contrevenants il y a des
choses qu'on ne pourrait pas communiquer. Puis ça, c'est des encadrements,
tu sais, c'est en vertu, je crois, de
l'article 119.2 de la loi sur la justice pénale des adolescents. Ça fait
que c'est certain qu'il y a beaucoup de
vérifications, d'ajustements à faire en lien avec ça, là, c'est... Pour nous,
c'est sûr qu'on fait des vérifications pour
des mineurs actuellement, des vérifications d'antécédents judiciaires dans
d'autres milieux que les services de
garde, des empêchements, mais ça demande une rigueur puis des directives qui
font partie d'un règlement ou d'une
entente-cadre qui sont très précis pour éviter d'errer puis de répondre
vraiment, là, de ne pas être trop intrusif puis respecter le droit des
adolescents aussi puis la protection.
Mme Roy (Verchères) : Merci. On nous
mentionnait aussi, justement dans les consultations, puis j'ai cru entendre
quand vous expliquiez comment ça procédait, qu'il est possible, par exemple,
pour un candidat, d'avoir une rétroaction, donc de discuter. J'aimerais ça que
vous m'expliquiez un peu comment ça se passe, parce que certains nous
mentionnaient justement ce souhait de pouvoir interagir, s'il y a un
empêchement possible. Alors, comme vous l'avez mentionné dans le déroulement de
la façon de faire, alors, comment ça se passe à la SQ particulièrement?
Mme Martin (Marie-Chantale) : Oui.
Bien, dans le fond, comment ça se passe, c'est que, normalement, quand un
candidat a un empêchement, tout ça, bien, le policier va communiquer avec le
candidat pour lui remettre et lui permettre, s'il a des éléments à apporter,
d'en discuter puis ne pas arriver, je vous dirais... C'est sûr que, pour les
policiers, des fois, aussi, on a des délais parce qu'on doit valider des
informations dans nos bases de données pour avoir l'autorisation de la partager
aussi, des enquêtes en cours, des choses... Ça fait que c'est sûr qu'il y a des
délais des fois associés à tout ça. Mais la
personne, comme, si on parle de quelqu'un qui pourrait être suspect d'une
infraction, bien, dans le fond, quand
on parle avec lui ou il apporte des éléments, bien, il y a une erreur sur la
personne. Puis ça se peut, c'est déjà arrivé. Ça fait qu'il faut que ça
soit frivole et sans fondement.
Ça fait que c'est sûr qu'il y a des discussions
et il y a des fois où on n'est pas capable d'avoir l'information ou on ne peut
pas en donner. Puis ça, ça va arriver parce qu'il y a des enquêtes en cours,
parce qu'il y a différentes choses qui peuvent amener certaines limites. Ça
fait que c'est certain, à ce moment-là, bien, c'est là que, des fois, peut-être
qu'il y a un petit peu de frustration ou de choses difficiles où ça se ramasse
à votre comité, plus au niveau du ministère de la Famille, pour valider :
Est-ce qu'il y a un empêchement? Il y en a deux. Puis est-ce qu'il y en a qu'on est capables... que la personne est capable
d'exprimer? Mais normalement, quand elle est rencontrée, la personne, ou
avec les éléments qu'elle a, elle est capable... elle devrait être en mesure
d'en parler au comité pour faire ses représentations ou à son patron.
Mme Roy (Verchères) : Merci. Quand
on parle de la VAE, on se rend compte, selon certains corps de police, qu'on n'a pas nécessairement le même
formulaire, la même façon de faire. Vous avez parlé aussi que d'une région à
l'autre aussi, ça peut différer. Est-ce qu'il serait profitable, je dirais,
collectivement qu'on ait une uniformité au niveau
de la façon de faire les VAE, le formulaire identique pour qu'on puisse faire
une lecture similaire, qu'importe le corps de police, qu'importe la
région?
Mme Martin (Marie-Chantale) : Oui,
oui. Je vous dirais, à la Sûreté du Québec, on a tous les mêmes formulaires. Au niveau... Tout à l'heure, je vous
ai parlé du comité provincial de filtrage, là, qui est coordonné par le MSP.
Dans ce guide-là, il y a des formulaires qui sont présentés, qui sont
similaires à ceux de la Sûreté, mais c'est surtout vraiment avec la
venue d'une entente-cadre où, là, on le vit avec d'autres lois, là, qu'on
applique ou, là, les modèles, les gabarits
arrivent. Je pense qu'on amène vraiment une meilleure uniformité, une bonne
référence où les gens peuvent se retrouver, puis pour le ministère de la
Famille aussi, à travers tout ça.
Mme Roy (Verchères) : Merci. Bien,
vous avez parlé des autres lois, on en a trois actuellement qui... la dernière
étant déposée aujourd'hui même, alors trois qui touchent justement les
vérifications pour mieux protéger nos enfants. On a celui dont on parle
aujourd'hui, donc au niveau du ministère de la Famille, mais on a l'Éducation
aussi en parallèle, dans une autre commission, et il y aura bientôt le Sport et
Loisir qui a été annoncé aujourd'hui au salon bleu. Alors, j'ai envie de vous
poser la question : Est-ce qu'on pense que la capacité... parce que ça va
être une augmentation au niveau des demandes, est-ce que la SQ va avoir la
capacité de répondre aux besoins puis est-ce qu'on va voir un impact, là, sur
les délais?
Mme Martin (Marie-Chantale) : C'est
certain que, pour... actuellement, pour la... votre loi, là, pour celle des services éducatifs, on n'anticipe pas une
augmentation beaucoup, là, sur les volumes. Avec les nouvelles applications,
là, c'est quand même... c'est raisonnable
pour nous. Mais c'est certain que, si on prend la loi sur la sécurité dans les
sports, ça va amener beaucoup plus de
travail pour la Sûreté et c'est sûr qu'on devra... on va avoir besoin d'avoir
des effectifs ou des ressources supplémentaires. Tu sais, on ne pourra
pas arriver à des délais qui sont raisonnables sans tout ça. Puis, au niveau de
l'Éducation, bien, également... et je pense qu'ils parlent de récurrence ou
d'autres choses.
Ça fait que c'est vraiment... il faut être... Tu
sais, ça a un coût. C'est sûr que la sécurité a un coût, les limites de capacité aussi des organisations. Il faut y
aller graduellement, mais actuellement la Sûreté du Québec, en s'occupant,
pour les services éducatifs, des gens sur son territoire, a une capacité, mais
on vit la même chose avec la pénurie de main-d'oeuvre, avec les mouvements
d'effectifs. Ça fait que le défi est constant, autant pour vous d'engager des éducateurs que pour nous d'organiser la structure
pour avoir des délais qui sont... qui sont raisonnables. C'est des années
qui sont particulières pour tous, je crois.
• (18 heures) •
Mme Roy (Verchères) : Merci
beaucoup.
La
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci, Mme la ministre.
Alors, je reconnais la députée de Laviolette—Saint-Maurice. Il reste encore
7 min 40 s.
Mme Tardif : Bonjour. Merci d'être
là avec nous. Si je comprends bien, vous avez souligné et vous êtes du même
avis que nous par rapport à l'importance que l'ensemble des projets de loi à
venir... ou qu'il y ait une uniformisation, là, au niveau des demandes de
vérification qui sont faites entre les... disons, la Famille, l'Éducation, le Sport, etc., pour que ce soit mieux arrimé,
pour qu'il y ait possiblement un seul formulaire, pour qu'entre les différents
corps de police ça soit plus uniforme, parce
qu'il y en a même, jeudi dernier, qui nous disaient qu'en fonction des délais, mais
surtout en fonction du manque d'information qu'ils avaient lorsqu'ils
recevaient leur rapport... il y en a qui disaient qu'ils pensaient à poursuivre
la Sûreté du Québec.
Mme Martin (Marie-Chantale) : Je
n'ai pas entendu qui... l'allocution de celui qui voulait poursuivre la Sûreté
du Québec, je suis désolée, je ne suis pas au courant du dossier, mais c'est
certain qu'à la Sûreté du Québec, bien, au
niveau des documents, bien, on a une uniformité. Au niveau des différentes lois,
bien, ça dépend toujours qu'est-ce qu'on applique. Est-ce qu'on fait des
vérifications d'empêchement ou des vérifications qu'on appelle, nous autres, au
niveau des personnes vulnérables, bien, il y
a une uniformité à la Sûreté du Québec sur l'ensemble de ces documents-là.
Sur les autres services de police, je n'ai pas
d'emprise sur les documents qu'ils utilisent. Il y a des... Le ministère en
propose qui sont... qui sont en lien, qui sont comparables à ceux de la Sûreté.
Mais c'est certain que chaque exécution, bien, le travail est fait par des
humains, qui peut être fait différemment. Tu sais, quand on parle... si on dit : On fait des vérifications pour
des personnes vulnérables de l'ordre d'environ 30 000 par année à la
Sûreté du Québec sur notre
territoire, bien, c'est certain qu'il peut y avoir des fois des disparités sur
les gens, sur l'interprétation. Tu sais, un dossier en particulier... il
faudrait que je voie le dossier, mais c'est certain que, tu sais, je ne peux
pas me prononcer là-dessus.
Mme Tardif : Je m'excuse, ma
question était longue un peu, là, était mal formulée, probablement. La question
était davantage au niveau de l'uniformisation, là, de ces formulaires-là, là,
si vous étiez d'accord avec ça.
Le projet de loi propose aussi l'ajout de
différents éléments de recherche pour les VAE, notamment sur les ordonnances
judiciaires actives et sur la probité qui est requise pour l'administration de
subventions qui proviennent des fonds
publics. Est-ce que ces ajouts-là vous semblent être pertinents? Est-ce que ça
va être suffisant? Est-ce que ça va ajouter un plus si on fait ça?
Mme Martin (Marie-Chantale) : Bien,
c'est sûr qu'elles sont pertinentes, puis, de la façon dont on les fait, on est en mesure... on a toujours... Quand on fait
des vérifications, on a une vue qui est... qui est limitée. Tu sais, on est
en gestion du risque, aussi, on ne voit pas tout. Mais je pense vraiment que
c'est pertinent de le faire, puis c'est... ça, c'est un... c'est un aspect qui
va nous apporter un peu plus de travail, mais qui est quand même raisonnable.
Mme
Tardif : Est-ce que, lorsque... En ce sens là, là, quand...
quand vous faites des VAE, est-ce qu'il y a des éléments que vous
portez... que vous pouvez porter à notre attention et qui seraient... qui
pourraient vous échapper? Est-ce qu'il y a quelque chose qu'on devrait ajouter
de façon systématique?
Mme Martin (Marie-Chantale) : Bien,
qu'est-ce que je vous dirais, c'est que nous, on a une vue sur ce qui se
retrouve dans les bases de données policières, à lesquelles on a accès, ou les
bases de justice. C'est certain, c'est... Quand je vous ai parlé, en début
d'allocution, des... de... l'enquête sociale, que... qui peut être faite à
votre niveau est très importante, parce que les gens... Tu sais, nous, on va
aller avec les informations dont on possède, et tout ça, ça fait qu'il y a une
couverture où, même s'il y a une intervention, un événement qui est arrivé dans
un service de garde, puis qu'il n'y a pas eu de plainte à la police, on n'aura
pas l'information si la personne n'a pas été poursuivie, hein, les dossiers de... des dossiers de DPJ qui ne sont
pas en lien avec la police. Ça fait que c'est certain que l'enquête sociale
qui peut être faite au niveau ministère de la Famille est très importante pour
nous aussi en termes de diminution des risques associés à tout ça, là.
Mme Tardif : Donc, c'est ça, pour
vous, une enquête sociale, ce serait une enquête de la famille aussi, de la
famille élargie...
Mme Martin (Marie-Chantale) : Non,
non.
Mme Tardif : ...de ce que la
personne fait à l'extérieur? Qu'est-ce qu'une enquête sociale?
Mme Martin (Marie-Chantale) : Bien,
l'enquête sociale peut porter sur les... ce que... des questions qui sont
sur... à l'ancien employeur ou à l'employé. Tu sais, c'est différentes choses
qui sont couvertes qui vont toucher les moeurs de la personne. Ça fait que, tu
sais, ça, c'est à établir puis c'est à travailler, dire : Quelles
questions que l'employeur peut adresser avant de dire : Bien, j'engage
cette personne-là ou il y a-tu des risques? Tu sais, pour vérifier les éléments
qui sont disponibles. Ça fait que ça, c'est sûr que c'est un travail, tu sais,
à dire quel niveau d'incursion dans la vie privée des gens, tu sais, on peut
avoir. Mais il y a un bout que... c'est sûr, qui peut être fait à ce niveau-là.
Mme Tardif : Merci.
La
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci, Mme la députée. Il
reste deux minutes, et je reconnais la députée d'Abitibi-Ouest.
Mme Martin (Marie-Chantale) : ...
Mme Blais : Bonjour, Mme la... Mme
la policière, merci de la présentation de votre mémoire. Si vous auriez à
bonifier le projet, quelle serait cette bonification-là, le projet de loi,
notre projet de loi? Quelle serait la bonification que vous souhaiteriez?
Mme Martin (Marie-Chantale) : Bien,
moi, je vous dirais, à la lecture du projet de loi, je pense que c'est... que
c'est assez complet. Puis, quand je regarde avec les pratiques qu'on a avant,
même au-delà du projet de loi, c'est des pratiques qui... qu'ils existaient
déjà. Pour nous, c'est l'inclusion du projet de loi et du règlement qui fait
que c'est plus clair, tu sais, aussi, avec le projet de loi. Mais, je pourrais
vous dire, pour le moment, je trouve que les gens ont bien fait leur travail.
Et, pour nous, je dirais que c'est plus dans l'application, comme j'ai dit,
l'enquête sociale, dire... bien, s'assurer que c'est fait, tu sais, à votre...
au niveau du ministère de la Famille, de mettre ça en oeuvre, de ne pas juste
reposer sur la police l'ensemble, tu sais, de la probité des personnes. Parce
que c'est... on a un angle de vue, tu sais, c'est une partie des... qu'on
peut... qu'on peut voir, qui est très importante, mais qu'il y en... il y a
d'autres endroits.
Mme Blais : Bien, je vous remercie
beaucoup.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Rapidement, 40 secondes, la députée de Vimont.
Mme Schmaltz : ...rapidement, est-ce
que vous pensez que c'est envisageable d'imposer une limite de temps pour
réaliser les VAE?
Mme Martin (Marie-Chantale) : Bien,
c'est certain que c'est difficile, comme j'en ai parlé au début, avec les
vérifications d'empreintes digitales qui peuvent être nécessaires. Ça fait que
c'est certain que de mettre une limite pour qu'elle soit dépassée... Tu sais,
je pense, il faut le faire avec célérité, mais, tu sais, c'est... une limite,
ce n'est pas... ce n'est pas évident à dire
quelle serait la limite. On en a dans d'autres... dans d'autres lois, mais, tu
sais, c'est... La mesure... Tu sais, je pense que les gens qui ont eu de la
difficulté des corps de police à répondre, même s'il y aurait eu une
limite dans l'entente ou dans la loi, ils auraient possiblement été dans les
mêmes difficultés.
La
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci beaucoup. Alors, on
poursuit les discussions avec l'opposition officielle,
16 min 30 s, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci. Bonjour, Mme
Martin.
Mme Martin (Marie-Chantale) : Bonjour.
Mme
Maccarone : Vous êtes la cerise sur le sundae pour nous. On
est... on est vraiment contents et contentes de vous avoir avec nous.
Parce que, c'est vrai, comme la ministre, elle a dit, nous avons eu beaucoup de
questions, beaucoup de questions dans les mémoires, nous, les parlementaires,
on a eu beaucoup de questions, ça fait que merci d'avoir répondu à plusieurs.
Je souhaite peut-être aller plus dans les
détails, dans le pratico-pratique, un peu. Vous avez dit qu'il y a une copie de l'empêchement qui est donnée au candidat
et une copie qui est donnée à l'employeur qui n'a pas tous les mêmes
détails. Quel détail paraît dans celui qui est donné à l'employeur?
Mme Martin (Marie-Chantale) : Dans
l'employeur, c'est... Bien, je vais juste prendre mon document pour vous donner la... l'information exacte. Dans le
fond, l'employeur, là, c'est seulement le résultat qui dit... qui confirme
l'empêchement et la confirmation de la fin
de la recherche, puis nous attestons que le candidat a été informé des
résultats de la vérification policière et qu'on lui a remis le
formulaire numéro untel. Nous attestons que toutes les vérifications ont été
effectuées et nous confirmons la fin de la recherche. Il n'y a pas
d'information sur la...
• (18 h 10) •
Mme Maccarone : Ça fait que... ça
fait que la nature, il n'y a rien d'explicite qui est écrit là-dessus?
Mme Martin (Marie-Chantale) : Non,
non, pas du tout.
Mme Maccarone : Alors, ça appartient
à qui? C'est une question que nous avons. Parce qu'on parle beaucoup de,
mettons, une éducatrice qui va quitter d'une installation à l'autre, puis la
vérification, si, mettons, on dit qu'il n'y avait aucun empêchement soulevé, ce
document, cette vérification, est-ce que ça appartient au candidat ou à
l'employeur?
Mme
Martin (Marie-Chantale) : Le... bien, le document que je vous ai
parlé, qui est remis au candidat, où ces empêchements sont évoqués, lui sont
remis à lui. On lui remet... on lui remet à la personne, mettons, à
l'éducatrice. On prend une éducatrice qui a un dossier de voie de fait puis
qu'on rencontrerait, qu'on lui donnerait, bien, c'est elle qui va avoir,
mettons, voie de fait dans telle année, puis elle va avoir... le document va
être lui... remis à elle, et elle va décider si elle partage l'information avec
son employeur, si elle lui remet une copie ou si elle... ou si elle abandonne
son processus d'embauche ou quoi que ce soit. Ça fait qu'elle, elle est en
possession son document.
Mme
Maccarone : Et, quand il n'y a pas d'empêchement, le résultat de ceci?
Parce que, là, vous parlez très spécifiquement de quelqu'un qui a eu un
empêchement, mais dans... à l'inverse?
Mme Martin
(Marie-Chantale) : Oui, à l'inverse, le candidat n'a pas la réponse,
c'est juste... Ce qu'on envoie, là, c'est, dans le fond, «absence d'antécédents
et confirmation de la fin de la recherche» à l'employeur pour éviter les délais
ou les... tu sais, les doublons. Parce que chaque action amène des délais.
Mme
Maccarone : Ça fait que le candidat n'a pas une copie de ceci,
d'abord?
Mme Martin
(Marie-Chantale) : Non.
Mme
Maccarone : C'est uniquement l'employeur, ça fait que ça appartient à
l'employeur dans ce cas ici?
Mme Martin
(Marie-Chantale) : Oui.
Mme
Maccarone : Ce document. OK, c'est clair. Merci beaucoup. Selon vous,
c'est moins lourd de faire des vérifications
d'antécédents versus des vérifications d'absence d'empêchement? Parce que je
sais que la ministre, elle avait évoqué que, oui, on a autres
commissions parlementaires ou autres lois qui sont en train de se faire
débattre, entre autres celui dans la... pour le sport, mais, pour le sport, ce
n'est pas des VAE. Le sport, c'est des vérifications d'antécédents, ça fait que c'est différent. Ça fait que, selon le niveau
de travail, la capacité de... vous, de fournir, est-ce que c'est
différent?
Mme Martin
(Marie-Chantale) : La... Quand on parle de la vérification
d'antécédents judiciaires puis de la vérification des empêchements, c'est que
les empêchements, on tombe avec des comportements, ça fait que c'est plus... c'est plus large. Et aussi on va faire la
vérification au casier judiciaire réhabilité. Ça fait que, tu sais, dans le
fond, c'est un casier judiciaire pardonné, dans les anciens termes. Ça
fait que, tu sais, ça nécessite plus de temps puis des délais aussi, parce
qu'on va aller voir, puis là, c'est là qu'on... des fois, à l'occasion, qu'on
doit aller faire prendre des empreintes,
envoyer à la GRC pour confirmer ou non si la personne a un casier qui a été
parlant en matière d'infraction sexuelle ou ces choses-là.
Mme
Maccarone : Vous faites des empreintes dans chaque cas?
Mme Martin
(Marie-Chantale) : Non, juste... Nous, on a... dans notre système, on
fait des vérifications, puis, quand il y a une correspondance avec la date de
naissance et le sexe, c'est à ce moment-là qu'on doit procéder aux... on doit
faire procéder aux empreintes.
Mme
Maccarone : Ça fait que c'est ça qui peut engendrer un plus long
délai?
Mme Martin
(Marie-Chantale) : Oui. Oui, oui.
Mme Maccarone :
Parce qu'on a parlé beaucoup de
délais, oui, mais je comprends que c'est difficile de mettre un chiffre,
mais la nature de l'enquête...
Mme Martin (Marie-Chantale) : Ça,
c'est un délai hors... hors de notre contrôle, là, tu sais, c'est vraiment... À partir de ce moment-là, bien, on n'a... on n'a
pas le contrôle sur la suite. Ce n'est pas dans les mains du corps de police.
Mme
Maccarone : C'est-tu... c'est-tu envisageable de dire que, mettons,
une enquête qui va prendre... Parce qu'on a entendu vraiment toutes sortes de
chiffres, 30 jours, 90 jours, huit mois, un an. C'est-tu envisageable
de dire que vous, vous pourriez faire des
suivis avec le candidat, mettons, à chaque 10 jours, à chaque
30 jours, ou quelque chose comme
ça, pour garder le candidat au courant et l'employeur au courant de vos
démarches? Comme ça, ils ne seront pas dans le noir ou dans le vide.
Mme Martin
(Marie-Chantale) : Bien, c'est sûr que, pour... c'est une charge de
travail importante. Tu sais, actuellement, tu sais, je ne pense pas qu'on
aurait la capacité à... de faire, tu sais, des suivis comme ça. Peut-être des
postes ont le... ont cet élément-là, mais souvent qu'est-ce qui arrive, c'est
quand la personne... Parce que c'est rare que
le délai va être aussi important s'il n'y a pas besoin d'une prise
d'empreintes. Ça fait que, dans le fond, c'est quand la personne a une prise d'empreintes, elle est
informée des délais qui peuvent y avoir. Ça fait que c'est certain qu'elle peut
faire, tu sais, un suivi, mais ce n'est pas... ce n'est pas évident. Tu sais,
il n'y a pas de recette miracle.
Mme Maccarone : Bien,
je comprends, mais évidemment la nature de la question puis... Tu sais, je vous
pose les questions parce que je porte deux chapeaux, j'ai également la chance
d'être porte-parole en matière de sécurité publique, un dossier que je trouve
également passionnant. Ça fait que vous m'apprenez plein de choses pour l'autre
dossier aussi.
Mais, quand vous
dites, tu sais, on ne peut pas faire des miracles, puis il y a des délais qui
seront plus importants que l'autre... puis
là on parle d'une l'harmonisation, puis, oui, c'était évoqué par plusieurs
groupes, que ce serait uniquement la SQ qui ferait toutes les
vérifications. Ça fait qu'on parle de prendre en charge toutes, toutes, toutes
les vérifications. Ça fait que ce ne serait même plus les municipalités. Vous
pensez quoi de ça? Est-ce que ça, c'est réalisable?
Mme Martin (Marie-Chantale) :
Dans... actuellement, non, je ne crois pas que c'est réalisable. Puis c'est
certain qu'au niveau de la vérification des
empêchements, quand on parle de rencontrer les personnes, tu sais, pour leur
donner l'occasion... Puis j'ai écouté aussi cet après-midi au niveau des
communautés autochtones, les gens aussi... les bases de données de police, pour
la majorité... je veux dire, à la Sûreté, elles sont... elles sont communes,
tout ça. Mais il se peut encore, au Québec,
qu'il y ait des corps de police qui aient des bases de données locales, où
c'est important, l'information qu'ils
possèdent. Tout comme les corps de police autochtones, ça se pourrait qu'il y
ait de l'information à leur niveau qui n'est pas accessible.
Mme Maccarone :
OK. Parce que ça... Puis, c'est
sûr, ça va engendrer des coûts. Alors, vous avez mentionné que vous
n'avez pas le droit de facturer parce que c'est dans une loi. On cherche
désespérément c'est quoi, cette loi. Ça fait que peut-être vous pourriez
expliquer quelle... quelle loi, où on trouve ça. Mais nous, on avait... on
avait fait une demande à l'accès à l'information auprès de la SQ. Je n'ai pas
le droit de dire «Sûreté de Québec» parce qu'apparemment je dis «serété». Bien,
tu sais, je suis anglophone, puis c'est écrit «serété», ça fait que je fais mon
possible. SQ, voilà. Alors, on a fait une demande à l'accès à l'information
pour avoir un portrait avant de venir, puis vous
avez élaboré dans votre réponse que vous faites au-delà de 30 000
vérifications par année, beaucoup, évidemment, au sein du réseau de
services de garde éducatifs à l'enfance.
Et, en ce qui
concerne les coûts... parce que vous avez dit avec justesse que, présentement,
ce n'est pas facturé, mais... et je cite la
lettre que nous avons reçue : «En ce moment, les vérifications d'absence
d'empêchement sont effectuées sans frais sur le territoire de la Sûreté
du Québec. Cependant, cette situation pourrait être appelée à changer avec
l'adoption du projet de loi n° 46 sur l'amélioration de la protection des
enfants dans les services de garde.» Parce
que vous, vous pensez qu'évidemment il va y avoir beaucoup plus de coûts, ça
fait que ce ne serait plus vous qui serait responsables de ces frais.
Mme Martin (Marie-Chantale) : Bien,
dans le fond... bien, dans le fond, c'est que, la Sûreté du Québec, on a des
services qu'on offre, mettons, pour les VAE, on parle de 30 000 environ,
mais on a d'autres services qu'on offre, de vérification d'antécédents
judiciaires, où il y a de la facturation de services, parce que c'est prévu par
règlement ou par la loi. On prend les chauffeurs de taxi, et tout ça, et
différents... la loi sur l'éducation. Mais nous, dans le fond, c'est que, si
la... si la loi, le règlement permet une facturation, bien, ça va permettre à la
Sûreté de facturer. Mais aussi c'est une
équité, parce qu'actuellement c'est que des services de... municipaux
facturent, d'autres ne facturent pas. La
Sûreté, on n'est pas en mesure. Ça fait que c'est un principe d'équité aussi
envers les clients, parce que l'éducation, il y a de la facturation, mais actuellement, parce qu'on n'a pas de
réglementation au niveau services de garde, bien, on offre... on se doit
d'offrir le service.
Mme
Maccarone : Oui. Je ne pense pas que c'est écrit dans une loi, il me
semble, ça doit être écrit dans un règlement, quelque part.
Mme Martin
(Marie-Chantale) : Oui, un règlement, oui. Oui, oui, c'est dans un
règlement.
Mme
Maccarone : OK, OK, voilà. Parce qu'on... Mais vous n'avez pas fait
une évaluation de l'impact de l'adoption de toutes ces lois? Parce qu'il va y
avoir une importante charge de travail, si vous avez déjà 30 000, même si
on dit que vous allez harmoniser uniquement pour le territoire desservi par la
SQ. Vous n'avez pas fait une analyse d'impact sur votre réseau?
Mme Martin
(Marie-Chantale) : Actuellement, bien, avec les modifications au
projet de loi, on n'a pas exactement... on
n'est pas capable de chiffrer exactement, mais c'est des vérifications qu'on
fait déjà. Tu sais, mettons, au niveau, là... puis c'est... c'est les
mêmes services de garde, bien, on anticipe une légère hausse.
Mme
Maccarone : OK.
Mme Martin
(Marie-Chantale) : On n'est pas capable de la chiffrer actuellement.
Mme
Maccarone : Je lève un petit drapeau jaune, peut-être pas rouge, parce
qu'on est favorables, on pense que c'est des
mesures qui sont importantes. Mais, j'avoue, je soulève des préoccupations
parce que, comme on l'avait déjà dit,
il y a trois projets de loi qui roulent en ce qui concerne à peu près les mêmes
enjeux. Ça fait que ça va amener une charge très
importante pour vous. Alors, d'avoir une analyse d'impact, je pense que ça va
être nécessaire avant de mettre en vigueur cette loi pour bien comprendre ce
que vous, vous avez besoin pour bien effectuer vos travaux.
• (18 h 20) •
Parce que la plainte
numéro un que nous avons entendue, évidemment, par rapport à les vérifications,
c'est les délais, puis aussi c'est un peu à
la... variable en termes d'interprétation. Ça fait qu'il y a du monde qui
trouve, des fois, que c'est... peut-être ils sont jugés avec moins de
justesse que d'autres. Alors, de savoir que ce serait harmonisé puis qu'ils
peuvent aussi contribuer... Parce que ça aussi, on a entendu que ce n'est pas
dans tous les cas. Mais vous avez dit :
Ils devraient être en mesure, mais apparemment ce n'est pas le cas partout. Ce
qui m'amène à une dernière question pour vous. Vous avez parlé d'un
guide.
Mme Martin
(Marie-Chantale) : Oui.
Mme
Maccarone : Est-ce que c'est
possible pour nous d'avoir une copie de ce guide? Puis la guide date de quand?
Est-ce que c'est le temps de revoir le guide? Parlez-nous un peu de ce guide.
Mme Martin
(Marie-Chantale) : Bien, le guide, au niveau de la Sûreté du Québec,
je suis désolée, je ne pourrais pas vous le partager, parce qu'on a nos
recettes qu'on appelle d'habilitation, comment on fait les choses. Puis, quand on a des demandes d'accès, on ne peut
pas partager ces éléments-là. Ça fait que c'est certain qu'au niveau du
guide de la Sûreté du Québec, là, je ne peux pas vous transmettre ces
éléments-là. Je suis désolée.
Mme
Maccarone : C'est correct. Je vais faire une autre demande à l'accès à
l'information.
Mme Martin (Marie-Chantale) : C'est
un de mes services, l'accès à l'information, également, qui est sous ma...
sous ma direction. Je vais reconnaître votre nom.
Mme Maccarone :
Ce serait intéressant quand même
d'avoir un peu une idée de comment les gens sont évalués, parce que, c'est ça,
comme ils ont dit, c'est vraiment à variables, hein? Ça fait que c'est pour ça
de... je pense, plus en lien avec les questions de la collègue, d'avoir une
uniformité, ça fait que, s'il y a un guide qui serait déployé pour tout le
monde.
Mme Martin (Marie-Chantale) : Mais
il y a vraiment un guide, là, je peux vous assurer, à la Sûreté du Québec
avec des paramètres.
Mme
Maccarone : Puis peut-être... peut-être pas aujourd'hui, parce que je
comprends que ce n'est pas vous qui a cette
information, mais, si on peut avoir le règlement dont vous parlez et que vous
êtes assujettis, que vous pourriez... que vous ne pouvez pas facturer,
je souhaiterais avoir une copie de ce règlement où c'est écrit que vous ne
pouvez pas facturer, parce que ça risque de
peut-être changer, mais je veux juste mieux comprendre d'où ça vient, cette
notion.
Mme Martin (Marie-Chantale) : Non,
c'est... bien, dans le fond, c'est que, nous, ça prend un règlement pour
facturer ou une entente qui serait signée en vertu de l'article 51 de la
loi de police pour la directrice générale. Ça fait que, tu sais, c'est vraiment... On peut facturer
nos services en fonction de la loi de police et on peut également lorsque c'est
dans un règlement. Ça ne dit pas qu'on ne peut pas, mais quand est-ce qu'on
peut le faire, c'est à ce moment-là.
Mme
Maccarone : OK. J'ai le temps pour une dernière question. Qu'est-ce
qui arrive dans un cas juvénile criminel qui devient majeur, pour vous, dans
votre enquête? Est-ce que ce dossier, il est clos? Est-ce que ça suit la personne?
Parce qu'on sait que le projet de loi actuellement, dans sa mouture actuelle,
parle des personnes majeures, mais on sait
qu'on a quand même des mineurs qui oeuvrent au sein du réseau. La ministre,
elle avait posé des questions par
rapport à des mineurs qui résident peut-être dans un... dans le milieu
familial, puis qu'est-ce que nous devons faire en termes de
vérification.
Mais,
moi, ma question c'est vraiment pour l'employé, qu'est-ce qui arrive avec ces
vérifications, rendu 18 ans? Si on a été trouvé coupable à 16 ans
d'un acte criminel, mais là on est rendu majeur, est-ce que ce dossier suit la
personne dans votre enquête de vérification d'absence d'empêchement?
Mme Martin
(Marie-Chantale) : Bien, pour tout ce qui est de ces délais, il faut
vraiment se référer à la loi tout à l'heure dont j'ai parlé, là, sur le système
de justice pénale pour les adolescents. Il y a l'article 119.2 qui vient
mettre tous les délais pour toutes les choses. Ça fait que c'est ce qui est
accessible, il faut s'en assurer selon ces principes-là, mais là je ne pourrais
pas tout... je n'ai pas... je ne suis pas experte dans ce domaine-là, là,
actuellement, mais c'est vraiment... il faut
se référer à ça, puis ce n'est pas tout qui peut être communiqué en fonction de
l'application de la Loi sur les jeunes contrevenants.
Mme Maccarone :
OK, ça fait qu'on va... on va
creuser la question, je suis curieuse de savoir si le dossier suit quand
vous, vous faites votre démarche de vérification.
Mme Martin
(Marie-Chantale) : Oui. Oui, oui, c'est... bien, c'est qu'on fait des
vérifications, mais c'est... il y a des informations qui doivent être épurées à
travers le temps dans nos systèmes à cause de l'application de cette loi-là.
Puis, dans le fond, ce qui devient accessible est tout en ligne.
Mme Maccarone : Peu
importe le crime?
Mme Martin
(Marie-Chantale) : Ça dépend des crimes, ça dépend des mesures qui
sont prises, ça dépend des décisions, ça fait que c'est vraiment...
c'est assez complexe, l'évaluation de tout ça.
Mme Maccarone : OK, merci beaucoup.
La
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci, Mme la députée.
Alors, Mme Martin, vous voyez que, malgré le sérieux du projet de loi puis des
propos, on peut quand même s'amuser un petit peu. Effectivement, vous étiez
la dernière intervenante de la journée et du
processus également. Alors, je vous remercie énormément pour l'apport à nos
travaux.
Mémoire déposé
Alors, avant de terminer, je dépose les mémoires
des personnes et organismes qui n'ont pas été entendus.
Et la commission, ayant accompli son mandat,
ajourne ses travaux sine die.
(Fin de la séance à 18 h 25)