Journal des débats de la Commission de la santé et des services sociaux
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
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Le
jeudi 27 avril 2023
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Vol. 47 N° 12
Étude des crédits budgétaires du ministère de la Santé et des Services sociaux, volet Santé et Services sociaux
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Intervenants par tranches d'heure
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Morin, André Albert
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Garceau, Brigitte B.
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Carmant, Lionel
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Labrie, Christine
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Carmant, Lionel
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Labrie, Christine
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Morin, André Albert
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Prass, Elisabeth
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Arseneau, Joël
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Arseneau, Joël
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Carmant, Lionel
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Morin, André Albert
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Prass, Elisabeth
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Guillemette, Nancy
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Poulet, Isabelle
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Carmant, Lionel
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Morin, André Albert
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Morin, André Albert
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Garceau, Brigitte B.
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Carmant, Lionel
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Arseneau, Joël
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Arseneau, Joël
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Carmant, Lionel
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Morin, André Albert
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Prass, Elisabeth
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Massé, Manon
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Massé, Manon
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Morin, André Albert
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Carmant, Lionel
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Dorismond, Shirley
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Guillemette, Nancy
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Garceau, Brigitte B.
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Garceau, Brigitte B.
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Carmant, Lionel
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Morin, André Albert
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Labrie, Christine
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Prass, Elisabeth
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Carmant, Lionel
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Prass, Elisabeth
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Morin, André Albert
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Arseneau, Joël
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Dorismond, Shirley
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Poulet, Isabelle
11 h (version révisée)
(Onze heures trente minutes)
Le Président (M. Morin) : Donc,
à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission de la santé et des services sociaux ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude du volet Services sociaux des crédits budgétaires du portefeuille
Santé et Services sociaux pour l'exercice financier 2023-2024. Une
enveloppe de quatre heures a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire
: Oui, M.
le Président. Alors, Mme Abou-Khalil (Fabre) est remplacée par Mme Blais
(Abitibi-Ouest); M. Chassin (Saint-Jérôme) ...
11 h 30 (version révisée)
Le Président (M. Morin) : ...Mme
la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Alors, Mme Abou-Khalil (Fabre) est remplacée par Mme Blais
(Abitibi-Ouest); M. Chassin (Saint-Jérôme) est remplacé par M. Girard
(Lac-Saint-Jean); M. Provençal (Beauce-Nord)est remplacé par Mme Guillemette
(Roberval); Mme Caron (La Pinière) est remplacée par Mme Prass
(D'Arcy-McGee); M. Fortin (Pontiac) est remplacé par Mme Garceau
(Robert-Baldwin); et finalement M. Marissal (Rosemont)est remplacé par Mme Labrie
(Sherbrooke).
Le Président (M. Morin) : Parfait.
Merci, Mme la secrétaire. Donc, nous allons procéder à une discussion d'ordre
général par blocs d'échange incluant les questions et les réponses. La mise aux
voix de ces crédits sera effectuée à la fin du temps qui leur est alloué, soit
cet après-midi, vers 16 h 30.
Nous débutons nos travaux à 11 h 31.
Une période de 1 h 30 doit être consacrée à l'étude de ces crédits
cet avant-midi. Y a-t-il consentement pour poursuivre nos travaux au-delà de l'heure
prévue, soit jusqu'à 13 h 01?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Morin) : Merci.
Alors, je suis maintenant prêt à reconnaître une première intervention de l'opposition
officielle pour un premier bloc d'échange. Et je cède la parole à Mme la
députée de Mme Prass (D'Arcy-McGee), la parole est à vous... Plutôt Robert-Baldwin?
Très bien. Alors, Mme la députée de Robert-Baldwin, la parole est à vous.
Mme Garceau : Merci. Merci
beaucoup, M. le Président. Merci, M. le ministre, pour l'occasion, évidemment,
lors de la période de crédits, de pouvoir échanger ensemble concernant votre
ministère et, évidemment, la protection de la jeunesse que... Nous savons tous,
en ce moment, beaucoup de Québécois et de Québécoises sont préoccupés
concernant les lacunes dans le système. Et donc nous aimerions, évidemment,
vous poser quelques questions à ce sujet.
J'aimerais tout d'abord commencer avec les
recommandations du rapport de la commission Laurent, puisqu'évidemment une
grosse... si je peux dire, c'est un mandat qui est très important pour des
avancements au niveau de nos jeunes, au niveau du système de la protection de
la jeunesse. Et je comprends que, suite au dépôt du rapport au mois de mai
2021, il y a eu une décision de scinder les 65 recommandations en trois
phases. Donc, nous avons la première phase, phase I, où vous avez... une
décision a été prise que vous étiez pour compléter la mise en œuvre de ces
recommandations dans une période de deux ans. Donc, le deux ans vient à
échéance bientôt, au mois de juin 2023. Deuxième phase devrait, je présume,
commencer juin 2023 pour un autre deux ans. Et, suite à ça, la dernière phase,
au mois de... ça va être l'année 2025 jusqu'à l'année 2027. Donc, j'aimerais
qu'on commence avec, évidemment, la première phase, parce que je comprends de l'état
d'avancement, qui a été publié sur le site de votre ministère, qu'au niveau de
la phase I vous avez 11 recommandations qui ont été réalisées. Est-ce que
ça, c'est exact?
M. Carmant : ...absolument
que... Alors, la première phase, c'est vraiment ce qui nous a été demandé
initialement par... par la présidente, par Mme Laurent, et ça... c'était
surtout ce qui... ce qui devait être fait en amont de la DPJ plus, également,
le projet de loi, le projet de loi n° 15, qui s'appelle la loi n° 11,
pour mettre l'enfant au centre de la loi. Donc, cette première phase là, elle
est... elle est en voie d'être complétée. Et, en fait, on est... on est... on
est sur le point de mettre une mise à jour bientôt en... sur le site Web pour
vous dire les avancements depuis la dernière fois qu'on l'a fait. Je pense, c'était
en novembre ou à l'automne dernier.
Mme Garceau : Donc, la mise à
jour qui va nous dire quoi? Est-ce que ça va nous dire que toutes les
recommandations, au niveau de la phase I, sont entièrement complétées?
M. Carmant : Non, ça ne dira
pas «tout a été entièrement complété», mais on va vous dire ce qui a été
complété puis on va vous dire qu'est-ce qu'on va faire dans les... à partir du
mois de juin au niveau de la phase II également. Parce que, la... la phase II,
juste pour compléter, pour <expliquer...
M. Carmant :
...puis
on va vous dire qu'est-ce qu'on va faire dans les... à partir du mois de juin
au niveau de la phase II également. Parce que, la... la phase II, juste
pour compléter, pour >expliquer, c'est... c'est les... c'est les aspects
plus interministériels qui vont... qui vont être en cause dans la phase II,
là.
Mme Garceau : Bien, je veux
revenir au niveau de qu'est-ce qu'il vous reste à compléter. Je regarde la
phase I, il y a quand même des éléments importants, je vois qu'à compter du
mois de janvier 2023 vous aviez à peu près réalisé 16 %... en tout cas,
16 % de tous les... de toutes les recommandations, mais j'aimerais savoir,
aujourd'hui, parce qu'il reste juste deux mois au niveau de la date d'échéance
pour la phase I, donc, quelles mesures demeurent encore à être implantées.
M. Carmant : Est-ce que vous
voulez qu'on y aille un par un? Moi, je peux faire ça, je n'ai pas de problème.
Mme Garceau : J'aimerais
comprendre, au niveau de toutes les mesures que nous avons ici, sur le tableau,
qu'est-ce qu'il reste à compléter.
M. Carmant : D'accord. Bien,
si on... si on va... Par exemple, l'avis de grossesse, c'est... ça a été mis
sur pied, l'avis de grossesse. Puis, je vous dirais, dès la première année, on
a eu à peu près 43 000 avis de grossesse qui nous... sont rentrés au
niveau du ministère. Donc, ça, c'est excellent quand on considère qu'il y a à
peu près 80 000 accouchements par année au Québec. Donc, ça, c'est
pour repérer les femmes qui sont vulnérables dès leur grossesse.
Mme Garceau : ...je vais
juste... parce qu'on a... hein, le temps est... est précieux.
M. Carmant : Bien, je sais, c'est...
Mme Garceau : Donc, ça, c'est
déjà complété, cette recommandation. Moi, je parle des recommandations qui
n'ont pas encore été complétées, qui devaient être complétées d'ici juin 2023.
Donc, parce qu'avant de commencer phase II, j'aimerais comprendre qu'est-ce qu'il
reste à compléter.
M. Carmant : Par exemple, si
on prend le programme de mentorat en protection de la jeunesse dans les... pour
les... pour les plus vieux, on avait... on espérait avoir, par exemple, avec
le... Grands Frères, Grandes Soeurs, à peu près 200 mentors par année,
puis là on est à peu près à 150... 550 arrimages qui ont été faits entre des
jeunes et des mentorés. Donc, ça, c'est un programme qui n'a pas été
complètement terminé.
Le financement des organismes communautaires
famille, on est... elle nous avait recommandé de monter à 200 000 $
par année, on est rendus à 185 000 $ par année, ça, c'est, par
exemple, sous le ministère de la Famille, comme vous le savez. Le comité
consultatif, il a été mis en place, ça fonctionne très bien auprès de la
directrice nationale. La réforme de la LPJ, ça a été fait. Attraction et
rétention du personnel, on pourra en discuter, mais depuis le... On est le
premier gouvernement à avoir mis une prime de 7 % pour ceux qui
travaillent à... bien, de 4 % pour tous ceux qui travaillent à la... à la
protection de la jeunesse, 7 %... un autre 3 % pour ceux qui font les
évaluations, qui sont membres de l'ordre. Donc, ça aussi, c'est... c'est...
c'est quand même complété. Les standards de... en protection de la jeunesse, je
vous dirais que ça... l'analyse a été faite, la publication reste à venir, mais
l'analyse des standards en protection de la jeunesse a déjà été amorcée.
Mme Garceau : ...
M. Carmant : Donc, c'est
vraiment le gros, là, si j'y vais rapidement, là, mais pas mal, le reste, ça
s'est... ça s'est fait, là.
Mme Garceau : Donc, est-ce
que vous avez... est-ce que vous pouvez nous confirmer, aujourd'hui, en termes
de délais... on regarde quelle sorte de délai pour compléter entièrement la
phase I?
M. Carmant : Bien, je vous
dirais, quelques mois, peut-être quelques mois de délai, un six mois additionnel,
mais, vous savez, c'est des choses qu'on veut toujours continuer à améliorer. Par
exemple, si on parle de... valoriser le rôle des intervenants, bien, ça doit se
faire par... en grande partie, par la négociation. C'est ce qu'elle me demande,
et ça, on... j'en parle régulièrement, également, avec la présidente du Conseil
du trésor. Donc, moi, je pense qu'on est vraiment alignés pour arriver le tout
dans le... la période de six ans. Puis je me... vous vous souviendrez que Mme
Laurent nous avait même dit que c'était un projet de huit à 10 ans, on
avait décidé qu'on allait être capables de le faire en six ans. Donc, je suis
confiant qu'on va être capables de respecter ces limites-là.
• (11 h 40) •
Mme Garceau : OK. Donc, on va
dire, pour le moment, que le reste des recommandations, au niveau de la phase
I, ça va prendre probablement jusqu'au mois de décembre 2023 à compléter. Donc,
en ce qui a trait à la phase II... Parce que, la phase II, je vois que
vous avez quand même des recommandations-phares dans la phase II, qui
incluent la nomination d'une commissaire, d'un commissaire au bien-être et aux
droits des enfants, et aussi la charte des droits de l'enfant. Ça, c'est la
phase II. Et donc j'aimerais savoir : Est-ce... quand est-ce que vous
allez commencer la mise en œuvre des recommandations de la <phase...
Mme Garceau :
...des
droits de l'enfant. Ça, c'est la phase II. Et donc j'aimerais
savoir : Est-ce... quand est-ce que vous allez commencer la mise en œuvre
des recommandations de la >phase II.
M. Carmant : Bien...
Mme Garceau : Et surtout, je
m'excuse, ces deux recommandations en particulier.
M. Carmant : Oui, bien, je
pense que notre... notre Direction des affaires juridiques travaille déjà
là-dessus, sur les changements... législatifs qu'il va falloir faire pour
commissaire et charte. C'est sûr que, là, on a un gros projet, là, en cours,
là, celui de l'agence santé, là, qui... qui occupe beaucoup nos équipes
également, mais on y travaille déjà. Et beaucoup de ces... de ces... de ces recommandations
de la phase II sont également déjà en cours. Je regarde. Renforcer la
trajectoire des services aux familles, on est en train de le faire. Hébergement
jeunesse, on est... on est en train de travailler. Donc, tu sais, on travaille
déjà. Il y a beaucoup de ces choses-là qui sont en continu. Donc, on a déjà
amorcé les travaux, mais on va les intensifier quand la phase I sera complétée.
Mme Garceau : M. le ministre,
concernant... parce que je me souviens d'avoir lu les rapports, surtout de Mme
Laurent, elle misait beaucoup sur... c'était... c'était une priorité, parce
qu'on se comprend que c'est comme le chef gardien, là, de... hein, de tout le
réseau, ce commissaire, qui misait vraiment sur les droits, la protection des
enfants. Pourquoi est-ce que ça, ce n'est pas priorisé en ce moment?
M. Carmant : Bien, on y
travaille, ce sera priorisé, mais, comme je vous dis, actuellement, on
travaille aussi sur l'agence. Là, je pense qu'il y a des... il y a un projet
qui est déjà en train d'être étudié au niveau de l'agence. Donc, tu sais, on ne
veut pas... à la commission services santé, on ne peut pas... on ne veut pas déposer
deux projets en même temps, mais on travaille activement sur celui du commissaire.
J'aurais aimé le déposer, c'est... le plus rapidement possible, mais il faut
continuer à travailler en attendant que... nous, on... nos équipes sont
également très impliquées dans le volet service social de l'agence de la santé.
Mme Garceau : Donc, pourquoi
est-ce que... Parce que vous me parlez d'un cadre législatif. Pourquoi n'a...
n'a-t-il pas été ajouté au projet de loi n° 15? Parce que c'est quand même
des recommandations.
M. Carmant : Ah! oui. Bon, on
a vu ces discussions-là lors du projet de loi n° 15. Écoutez, le rôle de
la directrice nationale, qui était édicté, là, qui était décrit clairement dans
le... dans le rapport de la commission Laurent, nous avait... avait été décidé
pendant la... ce... l'étude du projet de loi n° 15. Et il y avait quand
même eu beaucoup de discussions et beaucoup d'allers-retours sur quelles
étaient les fonctions qui devaient être incluses dans le projet de loi. Donc,
le commissaire, on voulait vraiment prendre le temps de bien faire ça. Je pense
qu'on a beaucoup de gens, également, qui sont impliqués, tu sais, il y a le
commissaire bien-être à la santé, à l'époque, on était en train de déposer le
rôle du nouveau protecteur de l'élève, le Protecteur du citoyen.
Donc, on veut vraiment bien placer le rôle
du commissaire pour ne pas qu'il... qu'il chevauche d'autres rôles non plus. On
voit plus un rôle transversal, et puis le... de veiller au bien-être des
enfants en général. Il fallait voir également si ça allait être notre
ministère, le rôle de la Famille, etc., etc. Donc, on a vraiment pris notre
temps pour bien y réfléchir. Comme je vous dis, la Direction des affaires
juridiques y travaille déjà. On est quand même assez avancés. Puis, quand on
sera prêts, je pense qu'on va déposer un bon projet de loi, qui... qui,
j'espère, va avoir un... l'accord de... transpartisan. Ça, c'est important pour
moi et c'est important aussi pour...
Mme Garceau : Donc, on
regarde, d'après vous, la nomination d'un ou d'une commissaire aux droits des
enfants, quand?
M. Carmant : Bien, si vous
êtes... si tout le monde collabore à l'agence santé, on verra, là, mais c'est
quand même un projet de 1 000 articles, si on ne peut pas le déposer cette
année, bien, on va le déposer au début de la prochaine session.
Mme Garceau : Vous parliez...
Je vois Mme Lemay, votre directrice de la... nationale de la protection de la
jeunesse. Merci d'être ici, Mme Lemay. Je comprends, votre rôle étant la mise
en œuvre des recommandations, vous devez aussi... il y a une reddition de
comptes au ministère, et donc je comprends aussi que... dans le système actuel,
nous le savons, qu'il y a une pénurie de main-d'œuvre. Et vous aviez mentionné,
au mois d'avril 2021, que vous étiez pour mettre en place une stratégie pour
contrer la pénurie de main-d'oeuvre. Est-ce que vous l'avez mise en place,
cette <stratégie...
Mme Garceau :
...pour
mettre en place une stratégie pour contrer la pénurie de main-d'oeuvre. Est-ce
que vous l'avez mise en place, cette >stratégie?
Le Président (M. Morin) : Il
vous reste une minute, Mme la députée.
M. Carmant : Bien... bien, je
vais quand même répondre. Moi, la première chose que... Parce que je sais que
ça... ça revient souvent, là, les enjeux de RH. Bien, moi, je vais vous montrer
un tableau, quand même, pour montrer qu'au niveau des services sociaux on a
fait des très belles choses. Je peux... je peux le déposer. En vert, c'est la
ligne de... du nombre d'employés...
Le Président (M. Morin) : ...à
la commission, M. le ministre.
M. Carmant : Tout de suite,
ou je peux le montrer?
Le Président (M. Morin) : Si
vous pouvez, oui, effectivement, sur le site de la commission.
M. Carmant : OK, d'accord. Qui
l'envoie?
Le Président (M. Morin) : À
l'adresse de la commission, directement.
M. Carmant : Parfait. Donc,
en vert, on voit le nombre d'employés en... aux services sociaux, en deux.
Alors, ça, c'est les catégories 4, techniciens et professionnels en
service social. En vert, ici, c'est quand on... quand on a... quand on est
arrivés, 2019. Et ici c'est le... ce qu'on a... ce qu'on a fait au cours des
quatre dernières années. Donc, tu sais, au niveau du recrutement, on a fait des
recrutements significatifs en jeunesse, en protection de la jeunesse, en santé
mentale.
Puis, nous, ce qui est important, en tout
cas, je pense, qui est important, c'est vraiment d'améliorer la trajectoire et
s'assurer qu'on travaille le plus possible en amont. Ce qu'on a voulu faire, au
niveau de... du recrutement, au niveau de la protection de la jeunesse, c'est,
oui, rendre le... valoriser le travail des intervenantes à la protection de la
jeunesse, ça, on l'a fait au niveau financier, on l'a fait au niveau de
l'organisation du travail, en leur donnant plus de soutien, que ce soit du
soutien clinique ou du soutien administratif.
Mais le gros du travail, puis ça, il faut
que... ça, je veux le partager avec tout le monde, c'est qu'il faut qu'on en
fasse plus en amont. Il faut vraiment que le... que la... que la protection de
la jeunesse devienne les soins intensifs des services jeunesse. Quand on
regarde les listes d'attente, là, la majorité, la vaste majorité, là, par
année, sur les 40 000 signalements... retenus, il y en a 8 000
qui sont des P1, P2, là, des abus sexuels, abus physique, négligence sévère. Puis
il y en a 32 000 qui sont des P3, là, et ça, souvent, c'est des gens qui
auraient pu avoir des services en première ligne. Donc, nous, le gros de notre
travail, ce que... l'orientation qu'on veut faire, c'est de s'assurer que, le
plus possible, ces jeunes-là soient captés en amont, avant la protection de la
jeunesse.
Et l'autre... l'autre geste qu'on fait,
également, c'est que, quand ils sont référés vers la protection de la jeunesse,
par rapport à la première ligne, soit parce qu'ils ne sont pas... les parents
ne sont pas nécessairement volontaires, soit parce que ça fait trop longtemps
qu'ils attendent, on essaie de faire des visites combinées, première ligne et
protection de la jeunesse, pour que, suite à... suite au signalement, la
première ligne puisse continuer à offrir les services. Puis c'est là que je
pense que la...
Le Président (M. Morin) : Alors,
je vais vous... je vais vous inviter à conclure, M. le ministre, le temps est
un peu dépassé, là.
M. Carmant : D'accord. OK,
donc, comme ça, leur travail va être plus valorisé et leur charge de travail va
diminuer également.
Le Président (M. Morin) : Alors,
je comprends que le tableau que vous voulez déposer... Est-ce que vous voulez
le rendre public? Est-ce qu'il y a objection à ce qu'il soit public quand il va
être déposé? Non?
M. Carmant : Non, aucun
problème.
Le Président (M. Morin) : Très
bien, excellent. Donc, je vais le recevoir, et vous pouvez l'envoyer
directement sur... à l'adresse de la commission. Je vais maintenant céder la
parole, pour le prochain bloc d'échange, à la députée de Sherbrooke. Mme la
députée.
Mme Labrie : Merci, M. le
Président. Pour un total de 15 minutes, si mon information est exacte?
Le Président (M. Morin) : 14 min 40 s,
tout à fait.
• (11 h 50) •
Mme Labrie : Merci. Donc, M.
le ministre, je suis contente de vous retrouver aujourd'hui. Récemment, après le
dépôt du budget, vous avez tenu des propos à l'égard de la santé mentale, vous
avez mentionné que les fonds investis en santé mentale étaient, à votre avis,
suffisants pour répondre aux besoins. Est-ce que vous êtes encore de cet
avis-là aujourd'hui?
M. Carmant : Alors là, je
pense que la réponse, c'est que les fonds étaient suffisants pour la priorité
que l'on avait. Nous, cette année, ce qu'on a fait, au... c'était vraiment
améliorer l'accès aux services en santé mentale, à niveau de la porte d'entrée,
je l'ai mentionné plusieurs fois ici, là, le... Info-Social 8-1-1,
Info-Social, avoir des équipes interdisciplinaires pour orienter le patient
vers le... vers le... vers le bon intervenant. Et, avec ça, on a réussi à avoir
des chiffres assez impressionnants, là. Avant la pandémie, on voyait 7 000 patients,
à peu près, par année... non, 700 000 patients par année pour des
problèmes de santé mentale. Là, on est rendus à 900 000 par année, donc
une augmentation de 200 000.
Ce que... ce que... ce qui était
important, quand vous m'avez questionné, c'est que notre priorité, maintenant,
c'est la gestion de la crise. Puis, vous le savez, j'ai investi pour ouvrir
plus de centres de crise au Québec, et tous ceux... et, tous les organismes
communautaires qui veulent nous aider dans ce sens-là, oui, je vais être prêt à
les... à les aider, mais l'argent qu'on avait besoin, c'était pour
l'utilisation au niveau des urgences parce que... Alors, on dit que
900 000 personnes ont consulté nos <programmes...
M. Carmant :
...mais
l'argent qu'on avait besoin, c'était pour l'utilisation au niveau des urgences
parce que... Alors, on dit que 900 000 personnes ont consulté nos
>programmes en santé mentale, mais 3 millions de personnes se sont
rendues à l'urgence. Il y a eu 3 000 consultations, là, ce n'est
pas... ça peut être beaucoup de la fois les mêmes patients, mais il y a eu
3 millions de consultations au service d'urgence au Québec pendant
l'année.
Donc, nous, ce qu'on veut, c'est vraiment
améliorer l'accueil au niveau des urgences et faire un lien entre l'évaluation
dans les urgences et le suivi dans la communauté. Puis, pour ça, on a... on
a... on a un budget de cette année, mais on avait aussi de l'argent qui nous
était... du budget de l'an dernier, un autre 15 millions, puis on a aussi
un 40 millions qui vient de l'initiative de la pertinence aux actes médicaux,
qui est un 40 millions additionnel. Ça fait que c'est pour ça que je pense
que le 65 millions que... qu'on a en banque est suffisant dans ce
contexte-là.
Mme Labrie : Donc, j'entends
que le ministre trouve encore que le montant prévu pour la santé mentale est
suffisant. Dans le tableau des dépenses prévues en santé et services sociaux,
ce qu'on voit, c'est que c'est 3,1 % de toutes les dépenses en santé,
services sociaux qui vont à la santé mentale. Est-ce que c'est une proportion
que le ministre trouve appropriée par rapport à l'ampleur des besoins?
M. Carmant : ...ça, par
exemple, il faut continuer à investir en santé mentale. Je pense que le plan
d'action de... où on a investi 1 milliard sur cinq ans, c'est
significatif, 300 millions de nouvel argent, puis il faut continuer à en
faire plus. C'est sûr que, si on avait un budget plus important, on pourrait
faire plus de projets, évidemment. Donc, il y a des choses qui pourraient être
faites de plus.
Et moi, je continue à croire qu'il faut
continuer à investir en santé mentale, mais, si on regarde les trois programmes
de santé, santé physique, santé mentale, santé publique, la santé mentale
représente à peu près 13 % du... de ce budget-là. Et c'est sûr que, quand
on pense qu'une consultation sur trois, c'est de la santé mentale, bien, il
faut continuer à en faire plus. Je pense que notre gouvernement a commencé à
rattraper, mais il faut continuer le rattrapage, ça, je suis tout à fait
d'accord.
Mme Labrie : Quand... quand
on regarde la page D-41, là, dans... dans le budget, ce qu'on voit, c'est
que c'est 3,1 % de l'ensemble de tous les postes de dépenses. Est-ce
que... bon, puis j'entends que le ministre me dit : Ça pourrait être
davantage, effectivement, compte tenu du nombre élevé de consultations qui
relèvent de la santé mentale. Est-ce qu'il a un objectif? Il voudrait faire
augmenter ça à quel pourcentage, disons, de l'ensemble des dépenses en santé,
services sociaux?
M. Carmant : Bien, moi...
Bien, une première cible qui serait intéressante, là, ce serait d'aller, par
exemple, pour... pour la santé, d'aller à 15 %. Là, on est à 13 %.
Augmenter au moins d'un... de 2 %, mais ça, il faut continuer à investir
en santé, puis ça... puis ça doit se faire de façon progressive, parce qu'on
fait également d'autres changements importants dans le réseau pour la... pour
les... pour organiser les services en santé physique. Puis la santé publique,
aussi, qui est ici, vous dirait qu'eux aussi, là, c'est... c'est les enfants
pauvres du système. Donc, il faut investir dans tout le monde, faire de façon
ordonnée. On ne peut pas changer les choses du jour au lendemain, mais on... on
veut continuer à rehausser les investissements en santé mentale.
Mme Labrie : Pour faire
passer ce montant-là à... cette proportion-là à 15 %, comme le ministre
vient de... d'estimer que c'est souhaitable, quel genre d'horizon vous vous
donnez comme gouvernement?
M. Carmant : Bien, ça, c'est
difficile à moi... pour moi de le dire, tu sais, c'est... chaque année,
c'est... c'est des négociations. Chaque année, il faut qu'on... qu'on... qu'on
discute de nos priorités. Et donc moi, je pense que c'est difficile pour moi de
donner un... une date limite ou un... une ligne de temps, là, c'est ça, mais
l'important, c'est de continuer à se battre pour avoir plus de budget.
Mme Labrie : Le ministre a
dit qu'effectivement, si ça passait, par exemple, à 15 %, il y a d'autres
projets qui pourraient être réalisés pour répondre aux besoins. Est-ce qu'il
peut me dire quel... à quel genre de projets il a en tête qui sont un peu en
suspend en attendant d'avoir ces fonds supplémentaires?
M. Carmant : Bien, écoutez,
il y a... par exemple, on est... on est en train de déployer des aires ouvertes
à travers le Québec, on est rendus à 19 sites. Moi, j'aimerais qu'il y en
ait 90 à travers le Québec, là, tu sais, un par... par réseau local de service
ou par MRC. Parce que c'est du sans rendez-vous pour nos jeunes, puis ils
peuvent aller là, là, c'est toujours ouvert pour eux, il n'y a pas de portes
fermées.
Puis je pense que c'est en grande partie
pour ça qu'on a réussi à commencer... à baisser nos listes d'attente chez les
jeunes, là. La liste d'attente chez les jeunes a baissé de 15 %, cette
année, puis, en aires ouvertes, ils ont vu 3 700 enfants, là,
pendant... pendant la dernière... bien, et jeunes adultes, là, excusez, pendant
la dernière année. Puis, quand on regarde qu'en service... santé mentale
première ligne, on a à peu près 3 000 jeunes qui attendent. Bien, si
on avait des aires... des aires ouvertes partout, ça... on continuerait à faire
baisser les listes d'attente plus. Ça prend une certaine concertation avec la
communauté, les organismes communautaires locaux, c'est... ce n'est pas facile
à lever, mais c'est sûr que, si on avait des budgets additionnels, ce serait un
projet qui pourrait être accéléré, par exemple.
Mme Labrie : Donc, je
comprends que l'obstacle, en ce moment, pour déployer davantage d'aires
ouvertes, par exemple dans toutes les MRC, comme le ministre le soumet, l'enjeu
principal, ce n'est pas la difficulté de concertation sur le terrain, en ce
moment, c'est le manque de fonds pour y arriver.
M. Carmant : Bien, c'est sûr
que, si on en avait partout, ce serait plus facile pour moi de retourner au
ministre des Finances et de lui demander plus de budget, mais c'est sûr que,
d'un autre côté, si les <budgets...
M. Carmant :
...c'est
sûr que, si on en avait partout, ce serait plus facile pour moi de retourner au
ministre des Finances et de lui demander plus de budget, mais c'est sûr que,
d'un autre côté, si les >budgets étaient plus grands, ça... ça contribuerait
à faciliter le déploiement des aires ouvertes.
Mme Labrie : OK. Quand j'ai
regardé la planification stratégique qui avait été déposée en 2019, un des
objectifs, c'était d'améliorer l'accès aux services en santé mentale, puis la
mesure de départ... En 2019, c'était 15 374 personnes sur la liste
d'attente. L'objectif, c'était de réduire ça à 1 538 en 2022-2023. Je vois
le ministre sourire, il sait que ce n'est pas là qu'on en est. Quand le tableau
a été mis à jour, en février 2021, à ce moment-là, on était déjà après la
pandémie, puis la cible, pour 2022-2023, est quand même restée à 1 538 personnes
sur la liste d'attente. Puis là, en août 2021, ça a encore été mis à jour, et
puis là on s'est mis à viser plutôt 13 261 personnes sur la liste
pour 2022-2023.
En ce moment, en tout cas, hier soir quand
j'ai regardé, la liste d'attente était 20 600 personnes pour... premier
contact. Donc, on est plutôt loin de cette cible-là puis on est même plus haut
que la mesure de départ de 2019, au moment de la planification stratégique. Là,
ça fait cinq budgets de la CAQ, depuis, qui ont été déposés. Donc, j'aimerais
ça savoir comment le ministre voit ça, là, le fait que... les réinvestissements
qui ont été faits. Parce que je reconnais qu'il y en a qui ont été faits, dans
les dernières années, mais, quand même, après cinq budgets dans lesquels il y a
un... réinvestissement, on... on a... non seulement on n'a pas réduit, mais on
a dépassé la mesure de départ, là, de 2019. Est-ce que, dans ce contexte-là, il
estime encore que ses budgets sont suffisants?
M. Carmant : Oui. Oui, parce
que, je l'ai dit souvent, ce qu'il faut faire, là, c'était réorganiser la
trajectoire de soins. Tu sais, si on compare, là, si on comprend, sur le 1,8
milliard du budget de santé mentale, là, la vaste majorité est dans les
services spécialisés, là, tu sais, le psychiatre, pédopsychiatre, et tout ça,
et il n'y a pas assez de financement au niveau de la première ligne puis des
organismes communautaires. Parce que, la plupart des gens, c'est là qu'ils ont
contact avec les... avec les patients. La première ligne, c'est superimportant,
mais... Donc, ce qu'il fallait faire, pour nous, là, c'était vraiment
réorganiser la façon dont on avait accès aux soins, puis c'est pour ça que j'ai
poussé très, très fort, là, sur le 8-1-1, Info-Social.
Parce qu'au Québec on a cette habitude
de... puis les médecins aussi, là, de consulter les psychologues et les
psychiatres. Ça fait que... Puis, en faisant ce changement de pratique là...
là, je pense, c'est... Je pense que j'ai des tableaux ici, là... Ce qu'on a
réussi à faire, puis ça, c'est... c'est sur ma page... c'est qu'en... avant la
pandémie, 2019-2020, on a vu, c'est ça, le chiffre que je vous disais tantôt,
713 000 patients en... dans les programmes de santé mentale. L'an
dernier, 2021-2022, on en a vu 918 000. Donc, tu sais, si on avait réussi
cette augmentation de performance là, en utilisant tous nos intervenants en
santé mentale, la liste d'attente, il n'y en aurait quasiment plus,
effectivement. L'enjeu, c'est qu'avec la pandémie la demande a augmenté de
façon... plus de 40 %, en fait.
Mme Labrie : ...puis
assurément que la pandémie a à voir là-dedans, là, notre... puis la
sensibilisation qui a été faite aussi pour inviter les gens à aller chercher de
l'aide, là, qui donne des résultats. Moi, ça, je n'ai pas de problème à
reconnaître ça. Puis d'ailleurs c'est une bonne nouvelle, que les gens aillent
demander de l'aide, mais, de toute évidence, on n'y arrive quand même pas,
parce que cette liste d'attente là, elle a augmenté, elle a augmenté. Puis je
comprends que le ministre me dit : Bien, on a offert des soins à plus de
gens. C'est une bonne chose.
De l'autre côté, l'indicateur qui avait
été choisi, à l'époque, c'était quand même la liste d'attente. Ce n'est pas
atteint. Moi, j'aimerais ça savoir... Là, ils viennent de réinvestir 27 millions
de plus par année, le ministre s'est dit satisfait de cette somme-là. C'est
quoi, la cible pour le nombre de personnes sur la liste d'attente pour l'année 2023-2024?
Est-ce qu'on va enfin réduire, comme c'était prévu il y a quelques années, ou...
ou on n'y arrivera pas? Est-ce qu'avec ce 27 millions là on va enfin
atteindre les cibles de la planification stratégique?
• (12 heures) •
M. Carmant : Bien, je suis en
train de chercher le chiffre pour vous, là, je ne sais pas si on l'a mis à
jour, mais, la stratégie, je peux vous expliquer la stratégie, par exemple.
C'est que ce qui arrive, c'est que, pour beaucoup de gens qui vont consulter
les urgences, là, 3 millions de consultations dans la dernière année,
après ça, ils sont mis sur la liste d'attente pour avoir des services. Donc,
moi, ce que je veux faire, c'est m'assurer que, quand quelqu'un quitte
l'urgence... Premièrement, il n'a pas besoin d'attendre là 12 heures, 24 heures,
36 heures pour voir le médecin parce qu'il est P4, P5, là, puis la
personne au triage juge que ce n'est pas urgent. Donc, je veux qu'il soit vu
rapidement par une équipe santé mentale puis je veux qu'on s'assure qu'il y ait
un suivi et, avec ce suivi-là, il n'y aura pas besoin d'avoir des demandes de
consultations additionnelles. Donc, c'est comme ça qu'on va réussir à diminuer
la demande, et à diminuer la liste d'attente, puis s'assurer aussi de fermer
les portes tournantes.
Mme Labrie : Merci. Est-ce que
je comprends...
12 h (version révisée)
M. Carmant : ...Donc, c'est
comme ça qu'on va réussir à diminuer la demande, et à diminuer la liste d'attente,
puis s'assurer aussi de fermer les portes tournantes.
Mme Labrie : Merci. Est-ce
que je comprends que, dans le fond, le ministre veut changer d'indicateur?
Est-ce qu'il est en train de nous dire que... Parce que, là, il va y en avoir
une nouvelle, j'imagine, planification stratégique, ce n'est plus la liste d'attente
qui va compter pour lui, il va préférer choisir un autre indicateur?
M. Carmant : Bien, c'est une
très bonne idée, parce que...
Mme Labrie : Non, je ne suis
pas en train de lui suggérer, j'essaie de comprendre son plan.
M. Carmant : C'est une très
bonne idée parce que sur le terrain, moi, ce qu'ils me disent, c'est qu'il y en
a qui sont fâchés. Ils me disent : Moi je travaille, je vois de plus en
plus de patients, puis on me dit que je ne suis pas efficace. Au contraire. Même,
il y en a qui me disent : Nous, on voit les patients dans les délais prescrits,
puis, tu sais, vos listes d'attente ne baissent pas. Donc, je pense que
peut-être qu'on n'a pas un bon indicateur, effectivement, mais je pense que l'important,
c'est qu'on continue à faire des efforts pour le plus de monde possible. Puis
vous avez vu les statistiques, là, les études, là, montrent que, tu sais, le
niveau de détresse commence à baisser un petit peu puis...
Mme Labrie : Il me reste peu
de temps. Le ministre a vu comme moi l'étude qui est sortie en février, là,
concernant la détresse des jeunes, le fait qu'un jeune sur quatre avait eu des
idées noires avant... dans les deux semaines qui avaient précédé l'étude.
Personnellement, j'ai été catastrophée quand j'ai vu l'ampleur de ces
chiffres-là. Faites juste vous imaginer, là, un enseignant dans sa classe, le
nombre d'élèves dans sa classe, assis devant lui, qui ont eu des idées noires
dans les dernières semaines. C'est terrifiant.
J'ai essayé d'obtenir un mandat, une
commission... — voyons! — un mandat d'initiative en
commission pour ça. Malheureusement, les autres membres de la commission...
bien, en tout cas, ceux de la CAQ ont voté contre. Je m'essaie une deuxième
fois, cette fois-ci auprès du ministre. Ce que j'aimerais, c'est qu'on puisse
consulter les jeunes, aller les voir pour réfléchir avec eux aux moyens d'agir
en prévention pour éviter ça.
Je sais que... ce qui nous a été dit en
commission, au moment... du mandat d'initiative, c'est qu'il y avait déjà eu
une consultation faite auprès des jeunes. Cependant, cette consultation-là a
été faite avant la pandémie. Le portrait a considérablement changé. Moi, j'aimerais
savoir si le ministre est ouvert à ce qu'on fasse cette démarche-là du côté du
ministère pour aller voir auprès des jeunes ce qu'il est possible de faire pour
améliorer leur santé mentale en amont, en prévention.
M. Carmant : OK. Mais, je
veux juste dire, l'Assemblée... l'Assemblée se... qui décide les commissions.
Mais l'important, c'est que... Non, on a fait aussi avec les oppositions une
consultation sur l'impact de la pandémie sur la santé mentale, avec votre...
Mme Labrie : Mais pas sur la
prévention, sur comment faire pour prévenir... la santé mentale des jeunes.
M. Carmant : OK. Mais ça, la
prévention, j'en ai déjà discuté avec la députée de D'Arcy-McGee, on a des
programmes de prévention en milieu scolaire, on travaille avec la Santé
publique, avec le ministère de l'Éducation. On a des intervenants sur le
terrain également, puis je pense que l'important, c'est que... on en avait discuté,
c'est d'augmenter leur présence sur le terrain. On a des programmes comme
Hors-piste, qui sont incroyables pour le trouble de l'anxiété, Jeunes En Tête
pour le risque du suicide...
Mme Labrie : Est-ce que le
ministre a l'impression d'en faire déjà assez par rapport à la santé mentale
des jeunes?
M. Carmant : Non, on veut en
faire plus, puis ça, j'en ai parlé avec la députée de D'Arcy McGee, il faut qu'on
rehausse la présence sur le terrain, moi, je pense, c'est ça qui est insuffisant,
et qu'on forme mieux le personnel enseignant à reconnaître la détresse.
Mme Labrie : Puis est-ce qu'il
y a ce qu'il faut dans le budget pour y arriver?
Le Président (M. Morin) : Ce
bloc est terminé, Mme la députée de Sherbrooke, donc vous aurez la chance de
revenir un peu plus tard.
J'ai reçu le document qui a été transmis
par M. le ministre. J'autorise le dépôt du document. Il sera disponible sur le
site Internet de la commission. Je cède maintenant la parole à Mme la députée
de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : ...M. le ministre
et à votre personnel d'être ici avec nous aujourd'hui. Pour renchérir sur ce
que mes collègues... ma collègue a mentionné, je pense que, de ce côté de la
Chambre, on est d'accord que l'investissement de 27 millions n'est pas
suffisant. Mais ce n'est pas juste une question d'argent, c'est question aussi
d'avoir les bons chiffres pour pouvoir bien planifier, etc.
Donc, moi, dans mes rencontres avec
différents organismes, quand on parle de la liste d'attente et s'il y avait une
vraie prise en charge, ce qu'on nous dit, c'est que les organismes
communautaires dont vous parlez, qui sont un partenaire tellement important, se
font référer des gens des CIUSSS sans se faire appeler, sans savoir s'ils ont
les moyens ou les programmes de vraiment pouvoir offrir ce service-là, donc pas
de suivi. Et, aussitôt que cette référence est faite, bien, la personne est
enlevée de la liste d'attente, sans savoir s'ils vont vraiment recevoir les
services.
Dans un autre cas, un organisme qui
travaille avec votre ministère, Relief, nous a dit qu'il y a un document qu'ils
ont produit pour votre ministère, Aller mieux à sa façon, qui a été
remis par le CIUSSS à des patients qui étaient sur la liste de santé mentale et
que leurs noms ont été enlevés de la liste, simplement parce qu'ils ont reçu un
document.
Donc, je voudrais savoir, est-ce que c'est
un vrai... le chiffre qu'on voit de la liste... Excusez-moi. La liste d'attente
en santé mentale, est-ce qu'elle reflète vraiment la réalité, quand on entend
des cas <comme celle-ci...
Mme Prass : ...mentale,
est-ce qu'elle reflète vraiment la réalité, quand on entend des cas >comme
celle-ci?
M. Carmant : ...bien,
écoutez, moi, je me fie aux équipes, là et je pense que les... c'est
peut-être... S'il y a des... quelques cas comme ça, il faut nous les envoyer,
puis moi, je vais intervenir, là, ça, je vous le garantis. Mais je dois vous
dire que moi, j'ai plutôt vu l'expérience contraire. Par exemple, quand on a
mis sur pied le programme pour les psychologues dans le privé, bien, les
patients étaient référés vers le psychologue au privé, pris en charge par le
psychologue au privé puis ils demeuraient sur la liste d'attente, là. J'ai dû
leur dire qu'à un moment donné il faut les enlever, aussi, quand ils sont pris
en charge par ce réseau-là.
Donc moi, je n'ai pas vraiment
d'évidences, là, que c'est fait comme ça. Même qu'on me dit qu'il faut avoir
une deuxième visite avant que les patients soient retirés des listes d'attente.
Ça fait que, s'il y a des cas où vous entendez des choses comme ça, moi, je
suis très ouvert à intervenir auprès des établissements qui se comportent
ainsi, là. C'est inacceptable, ces choses-là.
Puis je suis... Puis une chose, par
exemple, il faut améliorer la collaboration entre les organismes communautaires
et le réseau de la santé. Puis nous, on insiste beaucoup sur ce partenariat-là.
Puis moi, je l'ai déjà dit, on a été... quand on a fait le plan d'action en
santé mentale pour intégrer cette nouvelle vision interdisciplinaire puis le
fait que des patients pourraient être référés, par exemple, directement du
8-1-1 Info-Social vers un organisme communautaire, on a fait un investissement
directement pour les 400 organismes en santé mentale, hein, le
15 millions de dollars qui était pour les organismes communautaires.
Donc, c'est peut-être ça dont ils parlent. Mais il faut absolument que cette
concertation se fasse. Puis il y a de plus en plus de tables régionales de
santé mentale où tout le monde est autour de la table, puis il faut valoriser
ça aussi.
Mme Prass : Je vous
reviendrai avec les informations à propos des CIUSSS. Justement, vous parlez du
15 millions par année pendant cinq ans. Et là, dans... à la réponse à la
question n° 65 que votre ministère nous a remise,
justement, c'est l'action 3.1, montant annuel régularisé au Programme de
soutien aux organismes communautaires, et c'est marqué que l'étape est
franchie. Par contre, encore une fois, on entend que, la première année que le
plan d'action a été lancé, que... et vous l'avez admis durant les crédits,
l'année passée, que seulement 2/12 du montant ont été alloués. Donc, c'est
plutôt 62,5 millions sur cinq ans que 75 millions. Et vous avez dit,
et je vous cite, l'année passée, que vous alliez vous assurer que, justement...
que cet argent-là qui n'a pas été dépensé la première année soit distribué aux
organismes communautaires cette année. Encore une fois, ce n'est pas ce qu'on
entend sur le terrain... et une certaine déception parce qu'ils s'attendaient
justement à recevoir une année pleine... bien, le plein financement de ce
15 millions, et ce n'est pas le cas. Donc est-ce que cet argent leur a été
remis?
M. Carmant : Non, mais je
pense que... Parce que, quand l'argent a été déposé, c'est parce que... Pour la
Vérificatrice générale, là, on ne peut pas donner 15 millions à, comme,
deux mois de la fin du budget. Mais ce qu'on a fait, c'est qu'on a rendu les
sommes récurrentes, là. On ne parle plus de cinq ans, là, l'argent va être
là... Tu sais, on n'arrêtera plus ce 15 millions de dollars par
année. Tu sais, on ne va pas redonner le 10 mois qu'on n'a pas donné dans
l'année financière, ça, c'est des règles comptables.
Mme Prass : D'accord, donc...
M. Carmant : Mais l'argent,
ils l'auront toujours, là, il n'y aura pas de recul, là, après cinq ans, six ans,
sept ans, huit ans, là, c'est... Le 15 millions devient récurrent.
Mme Prass : D'accord, mais donc
ce n'est pas 15... 75 millions sur cinq ans, c'est plutôt 62,5.
M. Carmant : Si vous voulez
voir ça comme ça, oui, c'est ça.
Mme Prass : OK. Parfait.
Encore une fois, pour renchérir sur la question, il faut avoir les bons
chiffres pour avoir... pour pouvoir bien planifier. Dans plusieurs réponses
qu'on a reçues dans le cahier des crédits, soit il n'y avait pas de réponse
soit c'étaient des réponses qui reflétaient les réalités de 2021-2022.
Alors, je vous donne comme exemple la
question 325, qui est les montants dévolus, par régions, programme en
santé mentale, en 2021-2022 et 2022-2023, pour la clientèle adulte, par
première ligne, deuxième ligne et autres. Les réponses qu'on a reçues sont
celles de 2021-2022. Donc, première question : Si on a réalisé qu'il
fallait bien avoir les résultats que vous avez faits l'année passée, pourquoi
est-ce que l'exercice ne s'est pas fait encore cette année? Et comment
pouvez-vous réellement planifier, si on ne sait même pas combien de
personnes... Et surtout, avec la disparité régionale qui existe, si on veut
vraiment adresser cet enjeu et savoir où sont les manquements, comment
êtes-vous... est-ce que votre ministère est supposé faire la planification sans
avoir ces éléments essentiels?
• (12 h 10) •
M. Carmant : Bien, on les
reçoit au fur et à mesure, mais c'est sûr qu'on va les avoir, par exemple, cet
été. D'habitude, les données de la P13, là, de fin mars 2023, moi, j'ai les
résultats au mois de juin 2023, là, au mois de juin. Donc c'est sûr que, si on
les demande maintenant, c'est en cours d'accumulation. Je pense que les... Tu
sais, c'est des données du mois de février <que vous avez...
M. Carmant :
... d'accumulation.
Je pense que les... Tu sais, c'est des données du mois de février >que
vous avez, et souvent on n'a pas toutes ces données disponibles là, on n'est
pas encore rendus à les avoir en continu, là. C'est des données qui se font de
façon périodique, donc on ne les a pas de façon continue.
Mme Prass : Donc, à quel
moment est-ce que vous avez les informations pour pouvoir vraiment prévoir
l'année qui suit?
M. Carmant : Bien, c'est ça, on
le reçoit au niveau du mois de... la période estivale puis on planifie... pour le
mois de septembre.
Mme Prass : Donc, j'imagine,
la même réponse pour la question 326, qui est les montants dévolus par
établissements au programme de santé ainsi que les prévisions pour la clientèle
adulte, première, deuxième ligne et autres. La raison... Une des raisons pour
laquelle je vous pose ces questions encore, c'est parce que, quand on... Moi,
je parle avec des organismes, on voit qu'il y a une grande disparité régionale,
surtout dans les régions qui sont éloignées, que, déjà, pour se déplacer, pour
aller là où il y a une disponibilité, ça prend des heures, ça prend des moyens,
ça prend des sous. Donc, comment est-ce qu'on... Quand vous recevez les
données, est-ce qu'on fait un effort pour vraiment voir les régions qui ne sont
pas desservies, pour pouvoir mettre des efforts dans ces régions-là? Parce que,
nous, ce qu'on entend, c'est que c'est à perpétuité, ça ne se règle pas, c'est
des situations qui s'empirent, même, il y a encore moins, moins de ressources
dans les régions. Donc, comment est-ce que vous, dans votre planification, vous
faites face à cet enjeu?
M. Carmant : Bien, ça, c'est
une bonne question parce que, je pense, c'est le plus gros défi de la santé, au
Québec, là, c'est la couverture territoriale. Puis, en fait, on est le premier
gouvernement, là, qui a un... bien, qui a dévié de la distribution financière
sur une base purement populationnelle. Parce qu'il y a des grandes régions peu
peuplées, puis les budgets qui leur sont alloués, si on fait juste une base
populationnelle, ce sont des montants qui font des toutes petites équipes. Puis
nous, notre but, c'est avoir des équipes de tailles relativement suffisantes
pour prendre en charge les gens dès la première ligne.
Donc, ce qu'on a dû faire, c'est vraiment
d'avoir des niveaux de financement de base pour s'assurer que les guichets ou
mécanismes d'accès en santé mentale soient disponibles dans toutes les régions
avec des équipes qui non seulement vont prendre les appels, mais également vont
pouvoir gérer les cas. Donc, ça, on est en train de mettre ça sur place et
s'assurer que chaque région ait des équipes suffisamment grandes pour pouvoir
desservir la population, quelle que soit sa taille.
Puis je peux ajouter aussi... Le directeur
national de la santé mentale aussi est en train de... avec les équipes, est en
train de travailler sur des... la régionalisation des services. Donc, on a
divisé ça en quatre grandes régions. Par exemple, ici, on serait avec l'Est du
Québec, pour s'assurer que les services soient disponibles dans l'Est du Québec,
certains services plus spécialisés en psychiatrie, pédopsychiatrie soient
disponibles à toutes les régions, pas juste si vous habitez à Québec,
évidemment.
Mme Prass : D'accord. Également,
et là on va, encore une fois, revenir aux listes d'attente, où nous avions posé
une question, 329 : Quel est le temps moyen d'attente entre les personnes
qui passent de la première, deuxième ligne et pour ceux qui passent de la
deuxième à la troisième ligne? Pas de réponse. Quand une personne arrive au
guichet, et on veut savoir quel est le temps d'attente, etc., on n'arrive même
pas à leur donner... à part le six à 24 mois pour voir un psychologue, on n'a
même pas de réponse pour leur dire combien de temps ça va prendre de passer à
une ligne à l'autre. Donc, encore une fois, comment est-ce qu'on peut être sûrs
que les chiffres que vous amenez reflètent vraiment ce qui se passe sur le
terrain?
M. Carmant : Bien, écoutez,
je pense que... même, je vous dirais que moi, je ne suis pas très... à part
peut-être... je ne suis pas très convaincu encore qu'on est à 24 mois, là.
Mais ce qu'il faut faire, c'est vraiment offrir les services le plus rapidement
possible. Tu sais, nous, on souhaite sincèrement que tout le monde soit vu, là,
tu sais, dans les 90 jours au plus tard, puis on met tous les efforts pour
réussir à atteindre ces cibles-là, tant en première ligne qu'en services
spécialisés. Donc, on n'a pas de chiffres sur les délais d'attente, je pense,
en santé mentale, mais, tu sais, on continue à travailler pour s'assurer que
les patients soient vus le plus rapidement possible.
Mme Prass : Mais est-ce que
ce n'est pas une donnée nécessaire, encore, pour prévoir la planification?
Quels effectifs sont nécessaires? Où sont les effectifs à combler, par exemple?
M. Carmant : Bien, ici, par
exemple, on a quelques délais. Par exemple, pour la première ligne jeunesse, ce
serait 120 jours; pour les services spécialisés jeunesse, ce serait
280 jours; adultes, 58 jours; pour la <première ligne...
M. Carmant :
...
pour les services spécialisés jeunesse, ce serait 280 jours; adultes,
58 jours pour la >première ligne, 176 jours pour les services
spécialisés.
Mme Prass : Pourriez-vous
déposer le document?
M. Carmant : Absolument.
Mme Prass : Parfait. Merci.
Le Président (M. Morin) : ...également
de le transmettre par courriel à l'adresse de la commission, et puis après ça
je trancherai sur le dépôt.
M. Carmant : Avec plaisir, M.
le Président.
Le Président (M. Morin) :
Merci, M. le ministre.
Mme Prass : Ensuite, je vais
passer à la prochaine question, 330, qui vous demandait le montant annuel
global du budget consacré à la santé mentale et combien de ces montants ont été
dépensés. Donc, on nous a fourni le montant total, mais pas le montant des
sommes qui ont été dépensées. Alors là, on se pose la question si tout cet
argent a été réellement dépensé, si ce n'est pas de l'argent qui est recyclé
également. Parce qu'on a sait, plus tard, on vous demande les montants qui ont
été dépensés pour les psychologues. On n'a pas ces montants non plus. Donc,
est-ce que ce montant est un reflet réel des dépenses? On ne le sait pas. Il
n'y a pas de ventilation.
M. Carmant : Bien, moi, je
pense que l'argent est dépensé, là, mais peut-être qu'on regarde au niveau
de... du... des Finances pour vous trouver la réponse.
Mme Prass : Oui, parce
qu'encore une fois, moi, sur le terrain, je me fais dire que l'argent qui a été
mis, par exemple, pour les psychologues au privé n'a pas tout été dépensé. Et
ce montant fait partie du montant global.
M. Carmant : Ah! OK, non...
Oui, bien ça, par exemple, ça, j'ai l'info. Pour les psychologues au privé, au
début, on avait mis 25 millions puis on avait surestimé la capacité du
réseau privé de prendre en charge nos patients. Puis eux-mêmes le disent qu'ils
n'ont pas de place pour voir nos patients. Donc là, le montant qui est
renouvelé, c'est à peu près de 2,1 millions récurrent, et ça, c'est
utilisé au complet. Puis il y a des régions où ça leur donne un grand coup de
main. Les Laurentides, la Côte-Nord, la Gaspésie, Montérégie-Est, c'est des
régions où ils ont réussi à faire des ententes avec leurs psychologues. Donc,
ça, je suis au courant. Ce que je ne suis pas au courant, c'est le
1,9 milliard au complet, là, ça, je ne peux pas vous dire si tout est
dépensé. Mais le but, c'est...
Mme Prass : Mais vous venez
de dire que c'était 25 millions qui avait été annoncé, et c'est 2,1 millions
qui a été dépensé.
M. Carmant : Oui.
Mme Prass : Donc, c'est sûr
que ce 1 milliard plus ne reflète pas la réalité, parce que vous venez
d'admettre qu'il y a 23 millions de dollars de moins qui a été
annoncé, qui a été dépensé. Donc, les montants engagés ne reflètent pas
nécessairement les montants dépensés sur le terrain.
M. Carmant : Bien, en fait,
moi, on vient de me transmettre que c'est 1,75 milliard qui a été dépensé
en 2021-2022.
Mme Prass : OK. Bien, ce
n'est pas ce qui nous a été fourni. Ce qui nous a été fourni, c'est que ça,
c'était le montant...
Le Président (M. Morin) : ...
Mme Prass : Parfait. Merci.
Le Président (M. Morin) : ...vous
pourrez continuer. Je vais maintenant céder la parole au député des
Îles-de-la-Madeleine pour un bloc de 14 min 40 s. M. le député.
M. Arseneau : Merci beaucoup,
M. le Président. Alors, je salue le ministre et l'ensemble des députés de la
partie gouvernementale, les députés de l'opposition également, ceux qui
accompagnent le ministre.
On aimerait... Et je pense que c'est une
bonne occasion de faire le point sur les services en santé mentale. Souvent, on
dit que c'est l'angle mort, là, dans le système de santé, puis je pense que
déjà, dans les premières discussions qui se sont tenues, là, on doit jeter un
éclairage sur la qualité des services. Et moi, j'ai plusieurs questions,
d'abord, sur l'accès à des services en santé mentale. J'aurais quelques
questions de précision, tout d'abord, pour M. le ministre.
Si je comprends bien la liste d'attente, à
l'heure actuelle, sur le tableau de bord, on indique 20 694 personnes
qui sont en attente. Est-ce que... Puis, pour les gens qui nous écoutent, là,
qu'on comprenne bien le point de départ, est-ce qu'on parle bien d'une attente
pour des services, là, de première ligne?
M. Carmant : Non.
M. Arseneau : Toutes
catégories confondues?
M. Carmant : C'est toutes
catégories confondues. La moitié sont en attente en première ligne puis l'autre
moitié sont en attente des services spécialisés, c'est-à-dire d'être vus par un
psychiatre ou un pédopsychiatre. Donc, c'est à peu près 10 000-10 000,
là, le ratio. Et, dans la première ligne, il n'y a pas juste des psychologues,
là. Tu sais, au début, il y avait juste des psychologues, mais maintenant nous,
on veut que ce... que les patients puissent être vus par des infirmières, des
ergothérapeutes, etc. Donc, c'est 10 000-10 000 et puis... Mais ça
reste autour de 20 000, effectivement.
M. Arseneau : Et est-ce que
ce chiffre de 20 000 là, comment je pourrais dire... Comment vous le
qualifiez, en tant que responsable du ministère? Est-ce qu'on normalise cette
espèce de situation là où il y aura toujours plus ou moins 20 000 personnes
ou votre objectif est-il de réduire cette liste-là, là, et dans quelle
échéance?
• (12 h 20) •
M. Carmant : Bien, la
première fois que quelqu'un a fait le décompte, là, c'est nous, en 2019, puis
il y avait 28 000 personnes en attente. Puis on a quand même réussi à
la <diminuer, avec...
M. Carmant :
... puis
il y avait 28 000 personnes en attente. Puis on a quand même réussi à
la >diminuer, avec l'approche, là, interdisciplinaire là, autour de
20 000. On est même, je pense, descendu à 18 000, à un moment donné.
Mais encore une fois, sans vouloir l'utiliser comme excuse, là, la demande
s'est accrue beaucoup avec la pandémie. Il y a cette sensibilité, aussi, que
notre population et nos jeunes ont par rapport à leur santé mentale.
Maintenant, on veut continuer à couper dans les délais d'attente, on veut
diminuer cette liste. Et, bon, quels délais? Avec le plan santé, on espère
qu'en 2025, là, on va avoir réussi à atteindre les objectifs que l'on souhaite.
M. Arseneau : Alors, si je
comprends bien, M. le Président, le ministre nous dit qu'il y a plus de
20 000 personnes qui sont en attente. Puis, lorsqu'on discutait tout
à l'heure de la durée ou des délais d'attente, que ce soit, là, pour... pour
les adultes ou pour les jeunes, cette attente-là de 60... de 58 jours,
vous disiez, pour avoir un premier rendez-vous en première ligne, et
176 jours pour la deuxième ligne, ça, c'est pour les adultes. Et ça, ce
sont ces 20 000 personnes-là qui, dans certains cas, sont en attente
depuis 20, 30, 40 jours, puis, rendu aux 58 jours en moyenne, ils
espèrent avoir un coup de téléphone, un premier rendez-vous. Et là est ce que
je comprends bien que, s'ils doivent éventuellement cheminer dans le système,
ils peuvent tomber sur la deuxième, alors la deuxième catégorie, et attendre un
autre six mois, essentiellement, là, pour avoir des services?
M. Carmant : Bien, ce qu'il est
important de dire, puis ça aussi, les intervenants m'en parlent souvent, c'est
que, quand on va vers les services spécialisés, l'accompagnement continue. Ça
fait que ce n'est pas les gens comme... l'infirmière dit : Ah! elle a
besoin d'être vue par un psychiatre, moi, j'arrête de voir le patient, ou la
travailleuse sociale dit ça. La travailleuse sociale continue d'accompagner le
patient jusqu'à ce qu'il soit vu par le... par l'équipe de psychiatrie. Donc,
dans la deuxième... dans les services spécialisés, beaucoup des gens qui sont
en attente, l'accompagnement se continue.
M. Arseneau : Est-ce que le
ministre, M. le Président, peut m'expliquer pourquoi l'attente moyenne chez les
jeunes, et puis, là, Dieu sait qu'on veut sauver nos jeunes, lorsqu'ils ont des
problèmes de santé mentale puis on veut qu'ils aient le point de départ le plus
favorable dans leur vie ...pourquoi le délai de l'attente est deux fois plus
long pour les jeunes que pour les adultes?
M. Carmant : Bien, je pense
que ça a été des investissements qui ont été faits comme ça dans le passé.
Nous, on a rajouté, vous le savez, un budget... C'est la première chose qu'on a
faite, quand on a haussé les budgets en santé mentale, c'est ajouter au niveau
de la santé mentale des jeunes. On a investi beaucoup là-dedans puis on est en
train de bâtir des équipes de plus grande taille.
Il y a aussi un manque de pédopsychiatres
qui... dans la formation des pédopsychiatres. La pédopsychiatrie demande une
formation qui est plus longue que la psychiatrie générale. Mais encore là on a
fait des efforts, on a... Quand on travaille comme pédopsychiatre dans une
région... quand on travaille en pédopsychiatrie dans centre non universitaire,
on ne demande pas cette formation complémentaire, juste d'avoir suivi les
stages requis pendant la formation générale. Donc, on fait beaucoup d'efforts
pour diminuer les délais en santé mentale.
Puis, si je peux... peut-être un petit
ajout. On a également ciblé certaines pathologies, puis je sais que la députée
de Sherbrooke, ça va la toucher particulièrement, où les patients restaient sur
les listes d'attente pendant énormément longtemps, puis là je parle des enfants
avec un trouble du spectre de l'autisme. Ça, ça faisait monter la moyenne de
façon incroyable. Et ça, on a développé un programme particulier pour ces
jeunes-là, pour qu'ils soient vus le plus rapidement possible et pour aider et
orienter la famille vers les bons services.
M. Arseneau : Moi, je suis
convaincu de la bonne foi du ministre, mais je me mets à la place des gens qui
nous écoutent et des gens qui nous appellent aussi, là, au bureau de
circonscription puis qui nous disent : Est-ce qu'il est concevable que... Je
vois mon enfant, là, qui a besoin de services et évidemment, là, mon jeune,
moi, je ne suis plus capable de l'aider, je suis au bout des ressources
personnelles, et des amis, et de la famille, et ainsi de suite, et j'appelle au
CLSC, et on me dit : L'attente peut être de quatre mois pour un premier
rendez-vous. Est-ce que c'est acceptable, au Québec, lorsqu'on a des besoins en
services de santé mentale chez les jeunes, d'attendre quatre mois?
M. Carmant : Non, et c'est pour
ça que je fais la promotion incessante, là, du 8-1-1 Info-Social. Si ça ne va
pas bien, appelez le 8-1-1 Info-Social, ils peuvent vous... vous reclassifier
et reprioriser. Ils peuvent également... Ils ont des équipes, au 8-1-1, qui
peuvent vous voir, s'il y a une urgence, ils peuvent vous référer vers un
centre de crise. Donc il y a des services qui se donnent, au 8-1-1. Si ça ne va
pas bien, il ne faut pas juste attendre à la maison, il faut prendre le
téléphone, rappeler le 8-1-1 <Info-Social...
M. Carmant :
...
faut pas juste attendre à la maison, il faut prendre le téléphone, rappeler le
8-1-1 >Info-Social.
Puis en plus, nous, on est en train de
travailler avec ma collègue qui est mon adjointe parlementaire, la députée de
Marie-Victorin, pour repartir le service santé mentale en CLSC, pour avoir un
service de proximité qui est disponible en tout temps quand on en a besoin.
Donc, on a fait l'aspect téléphonique; il y en a, malheureusement, qui ne
veulent pas appeler au téléphone, qui, tu sais, n'ont pas confiance en ce
mécanisme-là. Là, on va à la prochaine étape qui va être la réouverture du
service santé mentale en CLSC.
M. Arseneau : Mais... Je
comprends. En d'autres mots, après avoir reçu une première réponse, le citoyen,
le parent qui est insatisfait ou qui voit que la situation ne s'améliore pas
ou, même, se détériore, vous leur dites : Bien, il faut insister, il faut
demander un réexamen, il faut appeler, il faut... Est-ce que ce n'est pas un
peu le parcours du combattant qu'on impose aux gens qui ont ces problèmes-là et
qui sont probablement déjà exténués face, justement, à un mur, là, pour avoir
accès à des services?
M. Carmant : Ça, je ne suis
vraiment pas d'accord. En fait, ce qu'on essaie de faire, c'est simplifier la
trajectoire. Parce qu'avant c'était ça, le parcours du combattant, c'est ne pas
savoir où frapper. Les listes d'attente au Québec, là, sont... Tu sais, on
parlera du CRDS, là, mais les listes d'attente sont hypergonflées parce que le
monde attend sur toutes les lignes. Nous, on a développé une trajectoire claire :
tu passes au 8-1-1 Info-Social, c'est des intervenants en santé mentale qui
sont là, ils sont capables de te référer vers le bon intervenant. Donc, les
gens peuvent... doivent faire confiance au système. Puis, oui, il faut
insister, il faut rappeler, quand ça ne va pas bien, parce que la situation, il
y a un mois, peut avoir changé, là, ça, c'est sûr. Une situation qui était sous
contrôle peut s'être détériorée. Mais clairement, non, on a simplifié la
trajectoire en ayant la porte d'entrée unique.
M. Arseneau : Je pense que ça
doit faire au moins trois ou quatre années de suite qu'on repose un peu les
mêmes questions puis qu'on essaie d'améliorer les choses ensemble, et je sais
que vous et les gens de votre ministère y travaillez aussi, mais qu'à chaque
fois qu'on parle des listes d'attente puis les difficultés d'accès on a
toujours des échos comme quoi, ces fameuses listes, la façon dont on essaie de
les dégonfler — c'est l'expression qui est utilisée — on
utiliserait certaines tactiques qui permettraient peut-être d'améliorer le
bilan, mais pas nécessairement les services qui sont offerts.
Vous avez réagi à des informations qui ont
été publiées, là, dans les journaux, sur le fait qu'il y avait des façons de
faire qui étaient inacceptables, en mettant, par exemple, de la pression sur
les psychologues. Mais, au-delà de l'indignation qu'on peut éprouver, les uns
et les autres, est-ce que le ministère a institué des enquêtes pour savoir
comment ça se passe réellement? Est-ce que des gestionnaires mettent
effectivement une pression sur les employés du réseau, et les psychologues en
particulier, pour que les listes baissent à tout prix, peu importe le service
qui sera offert?
M. Carmant : Bien, une
pression... Bon, c'est sûr que... Moi, ce que j'ai dit, c'est que ce qui est
recommandé, c'est des lignes directrices et que, si le patient continue à s'améliorer,
c'est important de garder le même thérapeute puis continuer de travailler avec
le patient. Tout le monde ici, au ministère, dit le même message.
Sur le terrain, est-ce que ça arrive, des
situations comme ça?, c'est possible, où les gens disent : Bien là, ça
fait 10 séances, il faut que tu arrêtes. Mais, partout où j'interviens,
puis je rencontre beaucoup d'intervenants devant leurs gestionnaires, là, avec
leurs gestionnaires, je leur dis : Ça, ce n'est pas la façon de faire.
Nous, on veut vraiment que le lien thérapeutique, si le patient répond à la
thérapie, qu'il puisse continuer.
Ce qu'on a fait aussi pour aider au niveau
des listes d'attente, là, puis ça, je remercie les gens des données, c'est que
là, maintenant, pour la première ligne en tout cas, on est directement sur le
système. Donc, les données, là, sont implacables, là. On est directement sur le
gros boyau, comme on dit, et on a l'information de façon appropriée. Pour la
deuxième ligne, c'est encore des relevés manuels, mais on essaie de trouver une
façon de régler ça. Le projet de loi sur les données devrait nous aider,
d'ailleurs.
• (12 h 30) •
M. Arseneau : Mais quand,
sous le sceau de l'anonymat, un psychologue du réseau de la santé nous dit, et
je cite : «Attribuez-vous les gens sur votre liste, comme ça, le compteur
s'arrête. Et on nous dit de les rappeler plus tard.» Puis vous avez mentionné
tout à l'heure que le suivi, il est quand même effectué. Ça ébranle quand même
la confiance des gens dans la qualité du service et du suivi, si c'est des gens
du milieu qui, par peur d'essuyer des représailles, témoignent sous le sceau de
l'anonymat et, essentiellement, contredisent un peu ce que vous dites, c'est
qu'on voudrait...
12 h 30 (version révisée)
M. Arseneau : ...témoignent
sous le sceau de l'anonymat et essentiellement contredisent un peu ce que vous
dites. C'est qu'on voudrait vous croire que les gens sont pris en charge, mais
les gens qui sont sur le terrain nous disent que ce n'est pas ça.
M. Carmant : Bien, moi
aussi, j'y vais souvent sur le terrain, puis comme je le dis, s'il y a des...
si ça arrive, ce n'est sûrement pas fréquent. Et moi, je le répète à tout le
monde, mais si vous avez des gens qui ont été... qui ont vécu cette situation-là,
je suis toujours disponible pour ça, pour intervenir. Tu sais, la qualité du
service, la qualité de la prise en charge, c'est super important pour moi. C'est
pour ça que la priorité, là, c'est à l'urgence. Mais je pense qu'il y a un
endroit où les gens ne sont pas bien reçus, c'est au niveau des urgences, et il
faut développer un guichet d'accès santé mentale dans nos urgences.
M. Arseneau : J'aimerais
aborder, parce qu'il me reste peu de temps pour mon premier bloc d'interventions,
le fait que, dans le dernier budget, vous avez annoncé des investissements de
27 millions en santé mentale et, bon, les sommes nouvelles sont toujours
les bienvenues, mais on a en même temps dit que les besoins étaient tels pour
les ressources communautaires, les ressources alternatives en santé mentale que
c'était un peu... en fait, on risquait de voir cela comme un coup d'épée dans l'eau.
Puis ce qu'on voulait savoir, c'est où est-ce que ces sommes seront
effectivement investies, dépensées. Est-ce que vous pouvez nous éclairer là-dessus
pour savoir si vraiment ça peut faire une différence?
M. Carmant : Là, c'est
clair, la priorité de ce budget, c'est éviter l'hospitalisation et l'accueil
aux urgences. Donc, ce qu'on parle, c'est d'avoir un guichet en amont de l'urgentologue
pour accueillir les patients, le réorienter selon les besoins et aussi s'assurer
d'un suivi communautaire par la suite. Donc, tu sais, il y a quelqu'un qui va
savoir si tout va bien puis si ça va continuer à bien aller après, et ça, on
avait prévu le déployer dans six régions uniquement comme phase de
démonstration dans le plan... dans le Plan d'action en santé mentale.
Maintenant, on a décidé qu'on allait le faire partout au Québec parce que c'est
une nécessité et, tu sais, c'est... les gens, ils ne veulent plus aller à l'urgence
puis être comme... Ils veulent être pris en charge de façon adéquate. Donc...
donc, le budget va être là-dessus, incluant des sommes qui viennent de l'Institut
de la pertinence, incluant un rehaussement de l'an dernier, 65 millions en
tout, et non pas juste 27.
Le Président (M. Morin) : Le
temps pour ce bloc est écoulé. La commission a reçu le deuxième tableau que
vous avez déposé. M. le ministre. Avez-vous objection à ce qu'il soit
accessible au public en général?
M. Carmant : Non. Merci.
Le Président (M. Morin) : Non.
Très bien. Alors, j'autorise le dépôt du document qui sera accessible
Pour le prochain bloc, je cède maintenant
la parole à la députée de D'Arcy-McGee pour une période de 12 min 42 s.
Mme la députée.
Mme Prass : Merci, M. le
Président. Là, on va virer un petit peu sur un autre sujet. Plusieurs articles
récemment qui nous disent que nos jeunes sont de plus en... bien, en fait,
notre population est de plus en plus médicamentée, surtout avec des
antidépresseurs et qu'en fait, pour les filles de 17 ans et moins, c'est
une hausse de 62 % en seulement cinq ans.
Je ne sais pas si vous êtes familier avec
l'organisme Mouvement Jeune santé mentale, et qui justement, la semaine
dernière, ont émis un manifeste des jeunes médicamentés, parce que ce qu'on
nous dit, c'est que nos jeunes ne sont pas écoutés. Ils se présentent soit chez
un médecin de famille, soit chez un psychologue, se font diagnostiquer, se font
prescrire un médicament sans date de fin, sans suivi, pour que justement ça
soit un médicament associé avec un suivi psychologique, psychothérapie, pour qu'on
comprenne vraiment comment faire affaire, comment gérer la réalité avec ce
médicament. Donc, les jeunes ne se sentent pas écoutés, ils se sentent mis dans
un coin, ils se sentent... Bien, c'est ça, on leur donne une pilule, puis c'est
la solution magique, puis on passe à autre chose. Et ils ont quatre
revendications et, en particulier, on demande que le gouvernement mette
immédiatement en place une commission sur la médicalisation des problèmes
sociaux des jeunes. Donc, je voudrais vous entendre là-dessus parce que si ça
fait une partie... ça peut être une partie de la solution, mais ça ne peut pas
être la solution.
M. Carmant : ...d'abord,
bon, est-ce que... La commission, on l'a eue en partie parce qu'on a fait un
peu une commission sur le TDAH, là, qui est venue un peu à cette... à cette
conclusion-là, à la surmédicalisation. Nous, notre réponse, puis ça, on est en
train de commencer à le déployer, ce sont, mais encore une fois, des cliniques
interdisciplinaires. Puis vous l'avez bien dit, tu sais, le problème, là, c'est
qu'on met beaucoup de pression sur les parents. On va voir le médecin. Rendez-vous
de 10-15 minutes. On ne prend pas le temps de prendre le portrait global
de <l'enfant...
M. Carmant :
...15 minutes.
On ne prend pas le temps de prendre le portrait global de >l'enfant, on
lui prescrit des médicaments. Moi, j'ai vu ça toute ma carrière. Donc, nous, ce
qu'on est en... ce qu'on a mis sur place, pour le TDAH. Mais pour les troubles
de comportement en général, pour aider les pédiatres, c'est qu'on fait un
guichet pour ces jeunes-là qui inclut une infirmière, une travailleuse sociale,
un kinésiothérapeute et un...
Des voix : ...
M. Carmant : Non. Puis, en
tout cas, il me manque un intervenant, là, mais, en tout cas, il y a quatre
personnes qui analysent le dossier — ah! oui, un psychoéducateur pour
les troubles du comportement — et un psychoéducateur, qui analysent
le dossier et qui, en prenant le temps d'évaluer la famille, décident quelles
sont les meilleures formes de thérapie qui peuvent être conçues pour cet
enfant-là. Et si, effectivement, ça prend une prescription médicale, parce que,
oui, si c'est un TDAH, il faut le traiter le plus rapidement possible pour son
estime de soi puis ses résultats scolaires, mais là, ils sont envoyés vers le
pédiatre, mais, s'il y a d'autres pistes de solution, mais elles sont prises en
charge par cette équipe-là.
Donc, les premières équipes sont en
Chaudière-Appalaches. On vient d'approuver un projet au Saguenay–Lac-Saint-Jean.
Hier, j'ai appris qu'il y en avait un dans les Laurentides également. Et à...
pas cette... pas dans ce budget-ci, mais dans le prochain budget, j'aimerais le
déployer de façon beaucoup plus large. L'Association des pédiatres nous le
demande, les parents nous le demandent, puis je pense que c'est la bonne chose
pour nos jeunes. Tu sais, c'est prendre le temps de les évaluer puis de les
écouter, comme vous dites, là, je suis tout à fait d'accord avec ça.
Mme Prass : ...que ceux dont
vous parlez, c'est pour les troubles de comportement, et là on parle de santé
mentale, donc est-ce que...
M. Carmant : Et TDA.
Mme Prass : Êtes-vous prêt à
établir la même chose, la même formule pour adresser également les enjeux de
santé mentale?
M. Carmant : Oui. Bien, pour
la santé mentale, on le fait déjà, là, le guichet d'accès santé mentale et,
etc. Donc, ça, c'est déjà présent, on a des équipes pour ça également. Mais,
pour la première ligne, oui, on veut faire des équipes interdisciplinaires.
Mme Prass : Là, pour revenir
aux réponses du cahier des crédits, une question qu'on vous a posée : Quel
est le budget prévu pour les services d'un psychologue en 2022‑2023 et combien
de ces sommes ont été dépensés? Et on nous dit qu'on ne dispose pas de ces
informations. Et là, on ne parle pas de psychologues privés, on parle de
psychologues dans le réseau public.
Donc, encore une fois, on sait qu'il y a
un manque criant d'accès aux psychologues, des longues listes d'attente, les
psychologues qui se plaignent de leur écart salarial à leurs homologues au
privé. On ne connaît pas les sommes qui sont consacrées pour les psychologues
ni quel est le budget. Donc, qu'on ne connaît pas ces informations, encore une
fois, comment est-ce qu'on fait la planification?
Et je veux juste ramener quelque chose, je
vous avais posé une question sur les psychologues privés dont vous m'avez
fourni la réponse, mais la réponse n'était pas comprise dans le cahier des
crédits. Donc, il y a une petite disparité entre ce qui nous est fourni et les
informations qui existent. Donc, ça, c'est une question à part. Mais tout ça
pour vous demander pourquoi est-ce qu'on n'a pas pu nous fournir ou vous ne
connaissez pas quels sont les budgets prévus pour les psychologues... les
services d'un psychologue en 2022‑2023?
M. Carmant : Mais... mais ça,
la réponse, c'est qu'on connaît le nombre... on connaît le nombre de
psychologues dans le... dans le réseau, là, on a une idée également du nombre
de psychologues qui nous manquent, mais moi, je... mais il n'y a pas de budget
préétabli pour savoir combien de... tu sais, combien de... quelle charge
clinique ils vont avoir, parce qu'on veut vraiment une approche, là, comme je
vous dis, interdisciplinaire, puis orienter le bon patient vers le bon
individu.
Puis j'ai eu plusieurs fois les
discussions avec la coalition puis l'Ordre des psychologues. Les psychologues,
ils peuvent faire toutes les étapes, là, à part prescrire les médicaments. Ils
peuvent faire toutes les étapes de notre trajectoire en santé mentale, mais là
où on a vraiment besoin d'eux, c'est pour la psychothérapie, tu sais, puis
on... Et c'est ça, le but de faire ces équipes-là, c'est de s'assurer que ceux
qui n'ont... qui ont des problèmes peut-être moins... ne nécessitant pas de
psychothérapie peuvent être pris en charge par d'autres intervenants. Donc,
comme je vous disais, avant, on avait vraiment deux listes d'attente, là,
psychologues et psychiatres. Là, la... tu sais, la liste d'attente, elle est
disponible pour beaucoup plus d'intervenants. Donc, c'est comme ça qu'on voit
ça. Puis c'est pour ça aussi, par exemple, que les psychologues nous demandent,
tu sais, d'avoir leur propre syndicat de ça, mais nous, on veut vraiment, tu
sais, que ce soit une équipe, là, qui travaille ensemble, et je pense, ce ne
serait pas le bon geste, là, de faire ce qui nous est demandé au niveau
syndical. Tu sais, nous, on veut vraiment qu'ils travaillent avec l'APTS pour
leurs problématiques salariales. Je l'ai dit, le premier ministre l'a dit, la
présidente du Conseil du trésor l'a dit, il faut valoriser la durée de leurs
études et, en plus, s'ils voient les psychothérapies, la complexité des cas
qu'ils vont voir, qui vont être plus lourds que le reste de l'équipe, mais il
faut faire ça globalement avec le reste de l'équipe.
• (12 h 40) •
Mme Prass : Mais, s'ils ne se
sentent pas représentés par leur syndicat, et on a besoin, justement, de
s'assurer qu'ils sont contents avec les conditions de travail et <salariales...
Mme Prass :
...besoin,
justement, de s'assurer qu'ils sont contents avec les conditions de travail et >salariales
qu'on leur propose, n'est-ce pas nécessaire de la part du gouvernement de leur
donner cette opportunité? Parce que, sinon, c'est... on pourrait en perdre davantage
pas parce qu'on... parce qu'on ne négocie pas directement avec eux.
M. Carmant : Mais je pense
qu'on est très à l'écoute. Ça a été dans nos revendications de négociation de
revaloriser le travail des psychologues. On l'a fait dans le passé, on est
confiants qu'on va être capables de le faire cette fois-ci encore.
Mme Prass : Là, je veux
revenir sur, encore une fois, les crédits de l'an passé. Alors, l'an passé, il
y avait certaines informations qui n'étaient pas comprises dans les réponses et,
par exemple, on demandait : L'ensemble des demandes reçues par le GASM des
établissements fusionnés du réseau de santé et services sociaux au 2021-2022,
indiquer le pourcentage en provenance des organismes communautaires,
psychologues en cabinet, service de crise, ligne Info-Social, milieux
d'enseignement, etc. La réponse n'était pas fournie et vous avez dit, et je
vous cite : «Oui, je suis d'accord avec le député que ce serait
intéressant d'avoir... de savoir d'où proviennent les demandes, quelles sont
les causes de demandes de référence, mais ça, on y travaille.» La réponse n'a
pas été fournie encore cette année. Donc, si vous voyez vous-même la nécessité
pour, encore une fois, bien comprendre le portrait, bien planifier, pourquoi
est-ce que ces informations ne sont toujours pas disponibles?
M. Carmant : Mais la collecte
de données, c'est quelque chose qui est un enjeu, là, et je pense qu'il faut qu'on
continue d'y travailler pour avoir plus... le plus d'informations possible.
Mais effectivement, je suis transparent avec vous, là, je n'ai pas ces données
cette année... cette année non plus.
Mme Prass : ...l'intention de
demander aux établissements que ces informations commencent à être colligées
pour les prochaines années?
M. Carmant : Bien, maintenant
qu'on est sur... en ligne, par exemple, pour la première ligne, sur le I-CLSC,
on va essayer d'avoir de plus en plus d'informations, effectivement, pour...
pour tenter d'améliorer puis aussi de pouvoir agir le plus en amont possible,
ça aussi, ça peut nous aider.
Mme Prass : Là, je vais vous
amener sur le sujet des places d'hébergement de crise qui sont disponibles au
Québec. Sur 18 régions administratives, on voit qu'il y en a sept où il y
a zéro place, et encore une fois, soit ce sont des régions éloignées ou... y
compris le Nunavut où on sait qu'il y a des enjeux de santé mentale, eh bien,
c'est ça, je voudrais que vous expliquiez la raison pour laquelle il n'y a pas
de ressource dans ces régions.
M. Carmant : Alors, on a...
le budget de l'an passé, on en a financé trois de ces régions où il n'y avait
pas de centre : l'Estrie, l'Abitibi-Témiscamingue et le Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Oui. Donc...
Mme Prass : ...selon ce que
votre ministère m'a fourni, il n'y a aucun... il n'y a aucune place au Saguenay
ni en Abitibi.
M. Carmant : Bien, elles ne
sont pas ouvertes encore, elles sont...
Mme Prass : En planification.
M. Carmant : La députée de
Sherbrooke y travaille fort ainsi que notre députée de Saint-François, là.
Donc, ça s'en vient, mais le financement de l'an dernier a été utilisé pour ces
trois régions-là. Alors, en Abitibi non plus, je ne pense pas que c'est
officiellement ouvert.
Maintenant, il y a un enjeu : La
capacité des organismes communautaires, puis ça, il n'y a pas grand-chose où...
Je pense que le PSOC, on veut le distribuer de façon équitable, mais, s'il y a
un endroit où on pourrait faire une exception, c'est pour les centres de crise.
Les organismes communautaires qui veulent nous aider à ouvrir plus de lits de
crise, ça, on est prêts à investir là-dedans parce que ça, c'est une... tu
sais, c'est un... un besoin pressant, je dirais.
Donc, on travaille pour regarder au niveau
de la Côte-Nord, la partie Chaudière-Appalaches plus la Beauce, il n'y a pas
grand service, en Gaspésie aussi, mais on n'a pas d'organismes communautaires
qui sont prêts à lever la main. Ça prend du 24/7, ça prend de l'expertise, ça
prend de la formation. Ce n'est pas si simple que ça. Mais ça, par exemple, je
suis très, très ouvert, là, à trouver du financement pour les centres de crise,
là. J'y crois beaucoup, beaucoup, puis d'ailleurs, on a rehaussé le financement
de tous les centres de crise. Cette année, on le rend récurrent, pour s'assurer
qu'ils puissent fonctionner le plus possible à 100 % de leur capacité.
Mme Prass : Là, au sujet de
la mise en œuvre des équipes mixtes d'interventions psychosociales et
policières de proximité, on a eu une réponse sur six à nos questions, que
«chaque CISSS et CIUSSS, concerné par le déploiement de nouvelles équipes
mixtes d'interventions psychosociales et policières de proximité, est tenu de
définir conjointement, en partenariat avec les services policiers ainsi que les
autres partenaires territoriaux, les attentes relatives à l'implication», et
j'en laisse. Encore une fois, pour savoir si...
Une voix : ...
Mme Prass : 40 secondes.
Si c'est une réussite, comment est-ce qu'on peut le savoir si on n'a pas les
données?
M. Carmant : Non, on sait où
sont les équipes. <Donc, on a pérennisé tous les projets...
M. Carmant :
Non. On
sait où sont les équipes, donc on a pérennisé tous les >projets qui
étaient déjà existants, donc on a financé. Tu sais, l'exemple typique, c'est RÉSO
à Longueuil, avant, c'était budget année après année. Patrouille mixte, on
parle, c'est ça?
Une voix : Oui.
M. Carmant : OK. Donc, ça, on
les a pérennisés puis là on a ajouté 12 projets additionnels. Donc,
l'intervention se fait. À chaque fois que la police va pour un cas de santé
mentale, le policier peut être accompagné avec le... l'intervenant psychosocial
ou, comme à Québec, le policier y va d'abord et puis, au besoin, l'intervenant
psychosocial y va. Donc, c'est ça qu'on appelle une réussite, là. On ne
quantifie pas le nombre d'appels qu'ils ont reçus, puis tout ça, là, ça, je ne
pense pas que ce soit...
Le Président (M. Morin) : Merci,
M. le ministre.
M. Carmant : Merci.
Le Président (M. Morin) : Le
prochain temps de parole est au gouvernement, et je vais céder la parole à la
députée de Roberval pour une durée de 14 min 25 s.
Mme Guillemette : Merci, M.
le Président. Salutations aux collègues qui sont avec nous pour discuter de cet
enjeu de santé mentale et des services sociaux qui sont très sérieux et qu'on
prend tous très à cœur, et je vais me faire le porte-parole de tous les collègues,
parce que je le sais que vous n'avez pas beaucoup de temps, pour saluer les
équipes qui accompagnent le ministre, parce que c'est quand même... À chaque
fois, je suis impressionnée de voir le nombre de gens qui vous entourent, M. le
ministre, puis on sait qu'ils font un travail colossal avec vous. Donc, merci
et salutations à toutes les équipes du ministère.
Donc, moi, j'aimerais vous entretenir, M.
le ministre, sur la question particulière de l'alternative à l'hospitalisation
et au recours à l'urgence en santé mentale. C'est... c'est nouveau, donc
j'aimerais en savoir plus là-dessus. On est très conscients que, parfois, une
visite à l'urgence ou l'hospitalisation, bien, ce n'est pas la façon optimale
pour répondre aux crises qui sont périodiques, aux crises momentanées, puis aux
troubles de santé mentale.
Donc, on le sait, les séjours les plus
longs en milieu hospitalier sont souvent, puis la plupart du temps, liés aux
problèmes de santé mentale. C'est aussi réaliste de penser que le traitement à
domicile peut s'avérer beaucoup plus bénéfique, puis on a une adhésion beaucoup
plus grande de la famille et du patient. Ça permet à la famille de rester dans
son milieu, ce qui est aussi très sécurisant, puis ça lui permet d'être avec
ses proches, et tout le monde s'habitue à cette situation puis est capable de
travailler au meilleur rétablissement de la personne, et c'est ce qu'on
souhaite, hein? Et je trouve personnellement que c'est une avenue qu'on gagne
vraiment à développer, et que beaucoup de Québécois et de Québécoises
apprécieront de pouvoir recevoir les mêmes soins qu'ils auraient à l'hôpital,
mais dans le confort de leur foyer auprès de leurs proches.
• (12 h 50) •
Le Plan d'action interministériel en santé
mentale parle aussi de la mise en place d'équipes spécialisées et
d'intervention rapide, de relais en santé mentale dans la communauté. Ces
équipes vont permettre à la personne qui reçoit un congé de l'urgence, à la
suite d'une période aiguë liée à un trouble de santé mentale, de recevoir rapidement
un suivi avec une équipe... une équipe composée de psychiatres, d'IPS, de
travailleur social ou autres professionnels. Ce suivi, ça permet aussi aux
équipes d'évaluer s'il est nécessaire d'effectuer une demande de service envers
d'autres professionnels ou envers peut-être un organisme communautaire qu'on
cherche à mettre plus à contribution aussi, on le démontre dans toutes nos
actions, ou un centre de crise. Donc, c'est une autre alternative à
l'hospitalisation qui est citée dans le Plan d'action en santé mentale,
l'équipe d'intervention brève en psychiatrie. Donc, je comprends leur rôle qui
est de recevoir, pour un court séjour de 48 heures à 72 heures, des
personnes présentant une période aiguë liée à un trouble de santé mentale ou
ayant des besoins demandant une réponse à court terme, favorisant leur retour
rapide à la maison par un programme général d'intervention.
Donc, l'idée principale, c'est d'éviter
les hospitalisations de longue durée. Il faut garder ça, le plus possible,
collé à la réalité de la personne et à son milieu de vie, et aussi d'éviter le
phénomène des portes tournantes qu'on voit beaucoup au niveau de la santé
mentale, donc en offrant un lieu sécuritaire sain et sécurisant pour permettre
à la personne de reprendre son souffle, de se retrouver et ensuite de retrouver
son milieu de vie, ses proches et sa vie normale. Donc, c'est excellent comme
solution combinée. En plus de volonté de renforcir le rôle des CLSC, je trouve
ça très <intéressant...
Mme Guillemette :
...volonté
de renforcir le rôle des CLSC, je trouve ça très >intéressant dans
l'accès aux soins de première ligne en santé mentale. Ça va venir changer
l'image et les soins qu'on veut offrir aux Québécoises et aux Québécois. Donc,
c'est une nouvelle approche, mais, comme c'est nouveau, j'aimerais vous
entendre un petit peu plus à ce sujet-là. Puis qu'est-ce qu'on peut s'attendre
au cours de la prochaine année concernant les alternatives à l'hospitalisation
en milieu ouvert?
M. Carmant : Merci beaucoup,
M. le Président. J'apprécie la question de la députée de Roberval, puis je sais
qu'elle a la santé mentale très à cœur, je... on en parle souvent ensemble.
Bien, je vais y aller étape par étape, parce qu'il y a trois grands points, là,
dans ce programme-là.
Le premier, c'est l'urgence et le suivi
dans la communauté. Je l'ai mentionné tantôt, là, on... quoi qu'on dise, là, le
nombre de patients qu'on voit en santé mentale, le guichet d'accès, etc., la
réalité, là, c'est qu'il y a 3 millions de consultations aux urgences au
Québec pour les problèmes de santé mentale. Et souvent, quand ils arrivent à
l'urgence — ça, on l'a entendu malheureusement trop souvent dans les...
dans les nouvelles au cours de la dernière année — les patients se
sentent mal accueillis par le triage à l'urgence puis par les équipes. Souvent,
ils sont classés P4, P5 parce que c'est des problèmes qui ne sont pas
nécessairement... besoin d'être vus rapidement par l'urgentologue, et ensuite,
quand ils quittent l'hôpital, ils n'ont pas plus de suivi ou ils ont tout
simplement une consultation pour voir un psychologue ou un psychiatre, là,
classiquement, quelques... quelques mois plus tard.
Ça fait que ce qu'on veut changer puis ce
qu'on veut implanter, puis c'était dans le... dans notre plan d'action en santé
mentale le fameux axe 6, c'étaient des équipes pour faire ce triage-là en
amont de l'urgentologue. Donc, on veut qu'il y ait une équipe qui accueille,
une équipe santé mentale qui accueille le patient, avec une infirmière, travailleuse
sociale, organisateur communautaire, donc qui vont avoir... qui vont savoir où
référer le patient s'il a besoin d'être référé et, s'il le faut, le garder à
l'urgence pour être vu soit par l'urgentologue, soit par le médecin-psychiatre.
Donc, on vient d'améliorer, de bonifier l'accueil au niveau de la salle
d'urgence. On vient également de diminuer l'attente, puisque les P4, P5 ne
seront pas nécessairement gardés à l'urgence s'ils peuvent être vus rapidement,
par exemple, au guichet d'accès en santé mentale où, là, il y a une autre
équipe qui va les attendre et puis les accueillir.
Et l'autre point qui est super important
là-dedans — tu sais, on parle beaucoup de portes tournantes — bien,
il faut s'assurer qu'après l'évaluation par l'équipe santé mentale de
l'urgence, bien, il y ait un suivi qui se fasse dans la communauté, puis il y a
des endroits où ça se fait très bien, là. Dans le CIUSSS de l'Est, par exemple,
l'Hôpital Louis-Hippolyte Lafontaine, l'Hôpital Douglas également ont des
équipes, là, de relance dans la communauté, et ils sont capables de suivre les
patients comme ça.
Donc, nous, initialement, on voulait
mettre ce programme-là dans le Plan d'action interministériel en santé mentale.
On avait parlé de déployer ce programme-là dans six autres régions :
Capitale-Nationale, Mauricie—Centre-du-Québec, Centre-Ouest, Centre-Sud,
Outaouais et Laval. Mais, devant le... tu sais, devant tous les enjeux, là,
d'engorgement à l'urgence de patients qui disent qu'ils ne se sentent pas
nécessairement bien accueillis, on a décidé de... notre gouvernement a décidé de
prendre la décision de le déployer à travers le Québec au cours de la prochaine
année. Donc, c'est pour ça qu'on a fait des investissements importants, en plus
de ceux qui étaient déjà prévus pour les six centres, pour compléter ce
déploiement-là.
La deuxième... Je peux continuer? Oui, je
peux continuer.
Mme Guillemette : Oui,
continuez, mais je sais que j'ai d'autres collègues qui ont d'autres questions.
Donc...
M. Carmant : Bien, juste
expliquer les trois points. Je vais y aller plus rapidement.
Le deuxième point, c'était vraiment
l'unité d'intervention brève, parce que, dans les hôpitaux à santé mentale, les
admissions sont extrêmement... Quand on regarde la durée moyenne de séjour, une
des statistiques que le gouvernement regarde, c'est extrêmement long, c'est
plus de 20 jours, 30 jours, 40 jours, et ça, ça garde des
patients hospitalisés, ça garde des patients sur des civières aux urgences.
Donc, pour ceux qui peuvent être pris en charge de façon intensive et rapide,
bien, on a ces unités d'intervention brève qui vont se déployer également et
qui vont permettre, en 48 heures, 72 heures, de régler le problème et
de faire ce suivi dans la communauté.
Puis le dernier point, qui était important
aussi, bien, vous l'avez mentionné, c'est l'hospitalisation à domicile. Depuis
2005 se fait le suivi intense... ce suivi dans le milieu, soit intensif,
variable ou intermédiaire, là, "F", là, à fréquence variable. Ça, ça
se fait depuis 2005. On a continué à le bonifier, mais là on vient à une autre
étape où on veut faire également l'hospitalisation à <domicile...
M. Carmant :
...on
a continué à le bonifier, mais là on vient à une autre étape où on veut faire
également l'hospitalisation à >domicile. Donc, toute l'équipe santé
mentale, là, l'infirmière, le psychiatre, travailleuse sociale se présente au
domicile. Ça peut être plusieurs fois par jour. Le modèle est implanté à Québec
et fonctionne bien à Québec depuis plus de 10 ans, et ça aussi, on veut le
déployer dans le reste... dans le reste du Québec. Puis il y a des variations
qui sont intéressantes, par exemple, dans l'est de l'île, par exemple, un
policier également peut... peut accompagner cette équipe, tu sais. Ça fait
qu'on parle de patrouilles mixtes. D'habitude, on pense toujours que le
travailleur... l'intervenant psychosocial qui va accompagner le policier pour
un cas de santé mentale 9-1-1, disons, mais ça peut être l'inverse aussi, puis
l'équipe ECHINOPS, c'est ce qu'elle fait pour ceux qui sont un peu plus à
risque. Donc, on peut avoir même le policier sur cette équipe-là.
Donc, c'est des beaux projets qu'on veut
déployer le plus rapidement possible. On a un plan de déploiement dans les six
premières régions, comme... comme je vous l'ai mentionné, mais rapidement on va
ajouter d'autres régions au cours des prochains mois.
Mme Guillemette : Merci, M.
le ministre.
M. Carmant : Merci.
Mme Guillemette : Je vais
céder la parole à mes collègues.
Le Président (M. Morin) : Donc,
je cède la parole à la députée de Marie-Victorin. Il... Non? C'est à Mme la
députée de Laporte. Très bien, merci. Il vous reste 4 minutes dans ce
bloc, Mme la députée.
Mme Poulet : Bon, OK. Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, je salue tous les collègues ici présents pour
cet exercice. M. le ministre, c'est ma première intervention ici, en étude de
crédits. Ma première question s'adresse à vous. Je voudrais vous amener au
niveau du sujet du répit. Alors, j'ai déjà géré un organisme communautaire
durant plusieurs années. On offrait du répit pour les enfants et les adultes
qui avaient une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de
l'autisme. C'est important pour les parents qu'ils puissent se ressourcer, mais
c'est important aussi pour la fratrie d'avoir ces ressources de répit là pour
que les parents puissent aussi s'occuper de leurs autres enfants. J'ai été
témoin de parents épuisés qui pleuraient dans mon bureau. Vous avez annoncé un
investissement répit pour toutes les clientèles handicapées pour qu'elles
puissent bénéficier de nouvelles places, puis ça, c'est partout au Québec. Vous
savez que cette mesure était attendue depuis plusieurs années. Mes questions,
c'est : Comment vous envisagez les premières étapes de ce projet-là? Vous
avez mentionné tantôt de miser sur le partenariat avec les organismes
communautaires, c'est la première ligne. Alors, comment ça va se déployer sur
le terrain auprès des organismes communautaires?
M. Carmant : Merci. Je
remercie la députée de Laporte pour sa question. Je suis touché que ce soit la
première.
Bien, tout à fait, encore une fois, c'est
un beau programme qu'on est en train de monter avec les organismes
communautaires, puis comme plusieurs programmes, que ce soit violence
conjugale, santé mentale, itinérance, on s'est attaché dès le début avec les
organismes communautaires, puis ici, le représentant qu'on a choisi, c'est
Répit Québec, Répit Québec, qui existe depuis plusieurs années, puis
ça, je le dis à tout le monde parce que, dans vos régions, ils peuvent... on
peut avoir besoin de s'associer à eux. Donc, c'est un organisme qui existe
depuis 10 ans, mais qui commence petit à petit à chapeauter le répit à
travers le Québec.
Puis, oui, c'était attendu depuis
longtemps, mais, quand même, je tiens à dire qu'on a fait les choses dans
l'ordre. Tu sais, on a, comme, d'abord, travaillé sur l'hébergement des
adultes, là, tu sais, il y avait beaucoup de parents vieillissants qui avaient
besoin d'héberger leurs enfants en situation de handicap. Il y avait la maison
des aînés, mais on a ajouté aussi beaucoup de logements supervisés. Ensuite, la
deuxième partie, on a fait les services socioprofessionnels pour des activités
de jour. Maintenant, toutes les personnes en situation en handicap ont une
chance d'avoir des activités pendant le jour plutôt que rester à la maison, puis
là on est rendu vraiment à ce... à ce point-là, qui est vraiment le répit.
Puis ce qui est important, c'est qu'il y ait
du répit de toutes les formes. Il y en a qui préfèrent avoir quelqu'un qui
vienne chez eux pour quelques heures pour leur donner le répit, le temps
d'aller faire l'épicerie. Il y en a qui préfèrent envoyer l'enfant pendant la
journée dans une autre activité s'ils n'ont pas d'activité
socioprofessionnelle. Il y en a qui préfèrent vraiment plus un week-end avec
dodos ou une semaine avec dodos, camp d'été. Donc, nous, ce qu'on veut dire,
c'est qu'on veut faire la promotion de toutes ces formes de répit là.
• (13 heures) •
Puis, pour que ça aille dans toutes les
régions du Québec, parce qu'il y a certains centres, qui sont quand même plus
visibles dans les grands centres, dans les métropoles, on veut vraiment
travailler avec Répit Québec pour développer des services dans toutes les
régions du Québec. Donc, on veut une approche qui est vraiment associée avec
les organismes communautaires. On veut que la gestion se fasse en partenariat
avec eux, puis la preuve de notre bonne volonté, c'est que la première chose
qu'ils nous ont dite quand on a rencontré Répit... quand on a parlé à Répit
Québec, c'est que le... un des plus gros enjeux, comme d'autres organismes
communautaires, c'était la rétention du personnel...
13 h (version révisée)
M. Carmant : ...un des plus
gros enjeux, comme d'autres organismes communautaires, c'était la rétention du
personnel, dû au salaire très faible. Il me parlait de 17 $ de l'heure,
là. Donc, on s'est entendus que le premier investissement, pendant qu'on est en
train d'organiser les services de répit, se fasse une partie pour le
rehaussement de leur mission globale et une partie pour l'ouverture de
nouvelles places. Notre promesse est d'ouvrir 500 places...
Le Président (M. Morin) : ...inviter
à conclure, M. le ministre. Il reste...
M. Carmant : OK. Notre
promesse, c'est d'ouvrir 500 places au cours du prochain mandat, puis on
va y réussir. Merci.
Le Président (M. Morin) : Merci.
Alors, compte tenu de l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à 14 heures.
Merci.
(Suspension de la séance à 13 h 01)
13 h 30 (version révisée)
(Reprise à 14 heures)
Le Président (M. Morin) : Alors,
nous allons reprendre nos travaux. Il est 14 heures. Je vous rappelle que
la commission est réunie afin de poursuivre l'étude du volet Services sociaux
des crédits budgétaires du portefeuille Santé et Services sociaux pour l'exercice
financier 2023-2024.
Nous débutons nos travaux à 14 heures
pour une période de 2 h 30, qui va être consacrée à l'étude de ces
crédits cet après-midi.
Y a-t-il consentement pour poursuivre nos
travaux, si jamais nous devons dépasser 16 heures... 16 h 30? 16 h 30.
Des voix : ...
Le Président (M. Morin) : Parfait.
Je vous remercie...
14 h (version révisée)
Le Président (M. Morin) : ...16
h 30. Parfait. Je vous remercie.
Alors, nous en sommes maintenant à un bloc
d'intervention de l'opposition officielle, et je cède la parole à Mme la
députée de Robert-Baldwin. La parole est à vous.
Mme Garceau : Merci beaucoup,
M. le Président. Donc, bon retour à tous.
J'aimerais... M. le ministre, en réponse à
notre question 453, qui était... concernant le comité de suivi des
recommandations de la commission Laurent, je comprends qu'il y a un comité interministériel,
et nous avions posé des questions précises au niveau de... le nombre de
participants, qui sont les participants, et l'ordre du jour, et la fréquence
des rencontres, et j'ai été un peu surprise, je dois vous admettre, qu'en tant
que réponse je vois qu'il y a eu deux rencontres de ce comité, et des
rencontres au début du mandat, au mois de mai et au mois de juin 2021, d'une
durée totale d'environ 2 h 30 min. Et donc est-ce que ma compréhension, du fait
qu'il y a juste eu deux rencontres, depuis deux ans, du comité interministériel,
est correcte?
M. Carmant : ...administratif,
M. le Président, je passerais la parole à la directrice nationale de la santé...
des enfants.
Le Président (M. Morin) : Est-ce
qu'il y a un consentement de la part des députés? Mme la députée de Sherbrooke,
oui? Parfait. Donc, il y a consentement. Alors, M. le ministre, vous pouvez
passer la parole à madame.
M. Carmant : Ce n'était pas
le côté administratif. Je vous parlerai d'un côté... ministère après...
ministre après, parce qu'on a eu des rencontres aussi.
Le Président (M. Morin) : Je
vais vous inviter, madame, à vous nommer et à nous donner votre titre officiel.
Merci.
Mme Lemay (Catherine) : Bonjour.
Alors, je suis Catherine Lemay. Je suis sous-ministre associée aux Services
sociaux et directrice nationale de la protection de la jeunesse.
Le Président (M. Morin) : D'accord.
Merci.
Mme Lemay (Catherine) : Alors,
bonjour. Oui, effectivement, on a répondu formellement à votre question par
rapport à des rencontres qui ont eu lieu, avec un ordre du jour, avec un suivi.
Par contre, comme c'est un suivi d'actions qu'on voulait dynamiques, c'est
davantage le comité opérationnel, qui se charge de faire le suivi de projets,
qui s'est rencontré de façon régulière, et autant Mme Savoie, qui est ma
patronne, que moi, comme sous-ministre associée, on a eu des points de chute
avec les collègues, mais pas dans une rencontre formelle avec un ordre du jour,
davantage des validations de la réception de leur part de ce sur quoi ils
travaillaient, et surtout des suivis sur certains projets.
Par exemple, je vous donne l'exemple du
suivi de projets avec l'Éducation. Bien, une fois qu'on a eu... déterminé que c'est
par là qu'on s'en allait, il y a formellement eu des rencontres sur ce
projet-là spécifique avec les collègues de l'Éducation. Par exemple, l'autre
projet qu'on a eu, juste pour, par exemple, la mise en œuvre de la loi, bien,
il y a eu un comité formel de formé — oui, formel de formé! — formel
d'organisé, qui s'est rencontré avec des livrables opérationnels.
Ça fait qu'au-delà de la rencontre
formelle, ordre du jour, où on structure la gouvernance et les modalités de
travail, c'est à ces rencontres-là qu'on a formalisé ça comme ça, où on s'est
dit : On veut une façon dynamique d'avancer les choses, on ne veut pas
prendre plus de temps en rencontres que de suivis d'actions à réaliser. Donc, c'est
pour ça que ça s'est traduit de cette façon.
Mme Garceau : Je vous
demanderais si vous pourriez déposer... Je présume qu'il y a des comptes rendus
de ces rencontres du comité?
M. Carmant : On va regarder
ce qui peut être fait. Aujourd'hui, là, je ne sais pas qu'est-ce qu'il y a
exactement, mais on va regarder ce qu'il y a de fait.
Mme Garceau : Vous prenez
un engagement pour les déposer?
M. Carmant : Pardon?
Mme Garceau : Est-ce que vous
prenez un engagement pour les déposer?
M. Carmant : Bien, je vais
voir ce qui peut être fait de ce côté-là. Je ne peux pas prendre d'engagement
parce que je ne sais pas exactement qu'est-ce que c'est, là, mais je vais...
Mme Garceau : Bien, c'est des
comptes rendus... M. le ministre, je m'excuse, mais c'est des comptes rendus
comme un peu ce que vous m'avez déjà soumis. Concernant le comité
interministériel, j'ai eu quand même des comptes rendus. Donc, je ne vois pas
pourquoi je ne pourrais pas obtenir les comptes rendus de l'autre comité, qui
est vraiment, semble-t-il... parce que j'ai deux rencontres ici d'un comité
interministériel. J'espère que l'autre comité, oui, a des rencontres régulières
pour la mise en œuvre des recommandations.
M. Carmant : Alors, le suivi
de gestion de <projets, bien, on va voir ce qu'on...
M. Carmant :
...le
suivi de gestion de >projets, bien, on va voir ce qu'on a, puis je vais
le transmettre, si c'est présentable, exactement, là, mais je voulais vous dire
aussi qu'au niveau des ministres qu'on a rencontrés, surtout dans la... Au
niveau du commissaire, j'ai rencontré mes partenaires, parce que, comme je vous
ai expliqué, jusqu'à présent, on a travaillé beaucoup avec la Direction des
affaires juridiques pour positionner comment allait agir ce nouveau commissaire.
Par rapport au protecteur de l'élève, donc, on a parlé avec l'Éducation. Par
rapport à la... au Protecteur du citoyen, on a parlé beaucoup avec la Justice.
Par rapport également au niveau de la famille... Donc, moi, j'ai eu des
rencontres régulièrement également, mais, encore une fois, c'était plutôt pour
avoir leur opinion et voir qu'est-ce que... qu'est-ce qu'on allait faire.
Mme Garceau : ...comprend, M.
le ministre, que le comité, en tant que tel, n'a pas eu aucune rencontre en
2002... en 2022, je m'excuse, et les premiers mois de 2023. Il n'y a pas eu de
rencontre de ce comité interministériel, nonobstant le fait que vous devez
déposer un rapport, en juin 2023, de la phase un.
M. Carmant : D'accord, mais
nous, on fait le suivi des actions. Moi, je fais le suivi des actions puis je
m'assure que tout avance adéquatement. Puis, comme je vous l'ai dit, on peut
les reprendre point par point, là, mais, tu sais, je suis... je sais où est-ce
que tout est rendu au niveau de toute l'évolution du projet.
Mme Garceau : Vous prenez
l'engagement, et c'est dans vos réponses, qu'il va y avoir un rapport
concernant la mise en œuvre de la phase un, qu'il va y avoir un rapport de
mise à jour de la mise en œuvre de toutes les recommandations concernant la
phase un en juin 2023?
M. Carmant : Oui.
Mme Garceau : Maintenant,
j'aimerais... le tableau de... le tableau que vous m'avez remis cet avant-midi,
j'ai révisé, et, avec grand respect, ça n'a rien à voir avec la pénurie de
main-d'œuvre au sein du réseau de la protection de la jeunesse, qui est là
depuis longtemps, n'est-ce pas?
M. Carmant : Écoutez, moi, ce
que je voulais dire, c'est qu'on est capables de... Tu sais, dans le... Au
niveau des réseaux des services sociaux, on a engagé plus de
2 000 nouveaux intervenants, là. Tu sais, quand on compare avec les
collègues, là, excusez-moi, là, mais ça va quand même bien au niveau des
services sociaux, parce qu'on a beaucoup de projets innovants puis on est en
train de changer la façon dont les choses fonctionnent au niveau de la
jeunesse, au niveau de la santé mentale, au niveau de l'itinérance.
Au niveau de la protection de la jeunesse,
il y a 500 de ces... en jeunesse, on a 1 500 à peu près... en protection
de la jeunesse. L'enjeu... Puis, ça, je vous l'accorde, l'enjeu qu'on a au
niveau de la protection de la jeunesse, c'est vraiment les professionnels
membres de l'ordre, et surtout au niveau de l'évaluation-orientation. Ça, je
vous l'accorde, on a besoin d'augmenter ce groupe-là. Nous, on pensait... Moi,
je pensais sincèrement, là, que ce qu'ils avaient négocié à la précédente négo
allait comme faire une différence, mais, clairement, il faut qu'on travaille encore
plus avec ce groupe-là pour les aider à valoriser leur travail, parce que c'est
le... vous le savez, c'est le travail le plus dur qu'il y a à la protection de
la jeunesse. Tu arrives dans un milieu qui n'est pas accueillant. Tu rencontres
des parents qui sont difficiles. Tu as des grosses décisions à prendre. Et on a
de la difficulté à avoir de la rétention à ce niveau-là, beaucoup sont très
jeunes. Donc, tu sais, leur charge de travail est quand même relativement
diminuée.
Donc, ça, je suis d'accord avec vous. À ce
niveau-là, là, il nous manque du monde au niveau de l'évaluation-orientation.
• (14 h 10) •
Mme Garceau : Parlons des
évaluations, parce que je comprends qu'il y a quand même... On avait... Il y
avait un nombre record d'enfants qui attendaient pour une évaluation. On était
à 5 100. Là, on a peut-être 4 690 environ. C'est beaucoup d'enfants.
Je comprends que vous aviez parlé du P1, P2, ça, c'est les cas qui sont très,
très importants, mais là, compte tenu du fait qu'il y a un manque d'intervenants,
d'intervenantes, qu'est-ce que vous faites? Quelles mesures concrètes est-ce
que vous avez mises en place pour réduire cette liste?
Et aussi, et j'en reviens à mon point de
cet avant-midi, au niveau de la stratégie, une stratégie pour contrer la
pénurie de main-d'œuvre, parce que Mme Lemay, suite à sa nomination, avait
mentionné qu'elle était pour en mettre une, et là j'aimerais savoir est-ce
qu'il y en a une en place, parce que je vois le nombre record, puis ça baisse
un petit peu à la fois. Je comprends qu'il y a un manque <d'intervenants,
intervenantes. Et donc c'est quoi, la stratégie du ministère...
Mme Garceau :
...qu'il
y a un manque >d'intervenants, intervenantes. Et donc c'est quoi, la
stratégie du ministère?
M. Carmant : ...je vous l'ai
dit, c'est vraiment travailler en amont de la DPJ, parce que la masse de P3,
là, que le... qui sont... qui sont vraiment le... 99 % de ceux qui ont
notre liste d'attente, ils auraient pu avoir des services en amont. Souvent,
ils attendent pour des services que, de toute façon, une travailleuse sociale
de la DPJ ne peut fournir, consultation en psychiatrie, consultation en
pédiatrie, des services d'orthophonie. Donc, tu sais, tout ça, il faut faire ça
en amont.
On a... La liste... la dernière liste de
cette semaine, c'est 4 010, là. Je pense que les intervenantes ont fait un
travail assez fantastique au cours des trois derniers mois pour la descendre.
Ce qu'on a fait, on a... on a demandé l'aide des intervenantes des autres services,
des autres régions, qui sont venues appuyer celles qui sont à la protection de
la jeunesse, puis, ça, je tiens à les remercier personnellement pour ça,
d'avoir accepté de venir donner un coup de main, mais pour vous dire
qu'effectivement, quand c'était rendu à 5 000, moi personnellement, je me
demandais : Est-ce qu'il... est-ce qu'il faut réduire les services
ailleurs? Tu sais, on était comme... un peu comme dans la même situation que le
milieu hospitalier, là, tu sais, si ça, c'est les soins intensifs, est-ce qu'il
faut réduire ce qu'on fait ailleurs, où c'est peut-être moins urgent? Mais les
équipes m'ont dit : Non, on pense qu'on est capables de faire un peu plus,
et c'est ce que... et c'est ce qu'on a mis sur pied.
Donc, les autres... les membres de l'ordre
de d'autres directions sont venus soutenir les équipes à la DPJ. On a ajouté
également plus de soutien clérical, soutien... soutien clinique aux équipes
d'évaluation-orientation, puis, comme je vous dis, on a réussi à rebaisser ça à
4 010, et on espère de pouvoir continuer dans la même... de la même façon.
Donc, il y a une stratégie, mais la stratégie est vraiment préventive.
Mme Garceau : La stratégie,
on se comprend que, dans le milieu des interventions, et vous l'avez dit, ce
n'est pas... ce n'est pas facile, ce n'est pas évident... et non plus compte
tenu de la notion aussi de contrôle coercitif, des dossiers de violence, et on
l'entend sur le terrain, là, que la DPJ a complètement manqué le bateau dans
plusieurs dossiers où il y a de la violence conjugale et du contrôle coercitif,
et souvent c'est en raison du fait que les intervenants, les intervenantes sont
jeunes, n'ont peut-être pas les compétences, et je vous vois... Donc, vous êtes
d'accord avec moi que ça, c'est un enjeu important, qu'on a des intervenantes,
des intervenantes qui sont trop jeunes pour évaluer certains dossiers?
M. Carmant : ...pas sur la
compétence, mais effectivement elles sont jeunes. Elles sont encore plus jeunes
qu'auparavant. Il y a des endroits où je vais, là, c'est comme... la majorité
n'ont même pas cinq ans d'expérience. En plus, ils sont sous pression, parce
qu'il y a beaucoup de dossiers, là. Donc, ça, il y a ça aussi. Mais une chose
qu'il est bien de faire, c'est que... aussi qu'il est important de dire, c'est...
avec la loi n° 11, là, notre ancien PL
n° 15, on vient vraiment de clarifier la loi, là, aussi, puis moi, je mis
beaucoup là-dessus, là. Tu sais, de mettre l'intérêt de l'enfant en avant de
tout, je pense, ça vient nous aider.
On vient... on vient de mettre également
la violence conjugale comme une raison de signalement. Donc, ça aussi, ça
vient... ça vient clarifier le tout puis ça vient nous aider aussi au niveau
des interventions. Et, en plus, on a... on a vraiment bien défini ce que c'est,
la violence conjugale, on a... quand vous parlez de contrôle coercitif, etc. Donc,
on est venus faire ça dans notre projet de loi, et, bien, ça rentrait en... ça
rentrait en action hier, justement.
Donc, nous, on espère voir des changements
positifs rapidement, puis, même, il y a des juges qui me disent que, déjà, ils
voient une approche qui est beaucoup plus centrée vers l'enfant dans les...
dans la gestion des cas.
Mme Garceau : ...prêt, M. le
ministre, à amender la loi pour inclure le contrôle coercitif dans la Loi sur
la protection de la jeunesse?
M. Carmant : Bien, on a «exposition
à la violence conjugale».
Mme Garceau : C'est «violence
conjugale», oui, mais, de préciser la notion de contrôle coercitif, comme le
fédéral l'a fait récemment dans une loi, afin que les juges soient informés
précisément, qu'ils suivent des formations précisément sur le contrôle
coercitif...
M. Carmant : Bien, moi, je
n'irai pas là aujourd'hui, là, mais c'est sûr que le... On a le projet de loi
de mon collègue également, qui parle de ce qu'est un parent, d'être un parent,
donc éviter toute forme de violence, d'exposition à la violence envers ses
enfants. Puis nous, on a mis une formation en ligne également qui... Bien, moi,
je l'ai faite, la formation. Donc, j'ai vu la partie violence conjugale, et
c'est très bien expliqué, là, que ce n'est pas juste <physique, là. C'est
beaucoup...
M. Carmant :
...que
ce n'est pas juste >physique, là. C'est beaucoup plus large que la
violence physique.
Mme Garceau : On va y
revenir. Je voulais vous parler concernant les évaluations parce que je
comprends... puis il y a un article à ce sujet, mais le président de l'Ordre
des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux,
M. Pierre-Paul Malenfant, nous parle que les travailleurs sociaux doivent
faire des choses, doivent poser des gestes illégaux concernant la signature
d'évaluations, de rapports d'évaluation qui n'ont pas été faits par le
travailleur social qui le signe. Est-ce que vous êtes au courant de cette
pratique?
M. Carmant : ...été rapporté,
mais j'en ai parlé avec la directrice nationale, puis, M. le Président, je lui
passerais la parole pour répondre à...
Mme Garceau : Non, mais
j'aimerais... M. le ministre, c'est quelque chose, quand même, important, là.
On parle d'actes illégaux. On est en train d'imposer, sur les travailleurs...
Le Président (M. Morin) : Mme
la députée de Robert-Baldwin, si vous permettez, je vous demanderais de vous
adresser à la présidence, s'il vous plaît. Merci. Alors, vous disiez...
Mme Garceau : Je voulais que
le...
Le Président (M. Morin) : Parce
que M. le ministre a demandé à ce qu'une de ses fonctionnaires... Je comprends
que vous vous opposez?
Mme Garceau : Non, je
voulais... Oui, M. le Président, j'aimerais que ce soit la ministre qui réponde
à la question, compte tenu de la gravité de qu'est-ce que M. Malenfant a
mentionné, et c'est même... Il y a un reportage... il y a un reportage
là-dessus, et j'ai eu des discussions avec lui. Donc, j'aimerais avoir la
réponse du ministre au niveau des pratiques.
Le Président (M. Morin) : Alors,
M. le ministre.
M. Carmant : Moi, je l'ai
référée vers la directrice nationale. On a eu une discussion, puis je pense
qu'on ne s'entend pas nécessairement sur la définition, là, quand vous dites «des
actes illégaux», puis on est en contact avec l'Ordre des travailleurs sociaux. Donc,
nous... Moi, tu sais, je ne pense pas que ce qui a été mentionné, là, c'est des
pratiques, comme vous dites, illégales.
Mme Garceau : ...le fait
qu'un travailleur social doit signer un rapport qui n'a pas été fait par lui,
n'a pas été préparé par lui ou par elle, ce n'est pas cette personne-là qui l'a
évalué, c'est une autre personne qui a évalué l'enfant.
M. Carmant : Sous sa
supervision.
Mme Garceau : Moi, c'est... on
demande qu'il signe le rapport. Donc, je voulais savoir si vous étiez au
courant.
M. Carmant : Bien, moi, j'ai...
moi, j'ai rencontré... moi, j'ai rencontré les équipes. Les équipes ne m'ont
pas soulevé ce point, et, comme je vous dis, on me dit que c'est toujours fait
sous la supervision. Donc, c'est des... Vous savez, c'est des actes qui sont
très balisés, là, au niveau de la DPJ, il y a l'encadrement clinique. Donc,
comme je vous dis, si... j'ai référé à la directrice nationale, le président de
l'ordre. Ils se sont entendus.
Mme Garceau : Je vais
procéder à ma prochaine question, concernant le nombre de postes vacants. On
parle de pénurie de main-d'oeuvre. Je vois que vous avez déposé un tableau qui
nous démontre le total des employés au niveau du réseau, et, quand nous avons
posé la question concernant, bien, le nombre de postes vacants au niveau du
réseau, la réponse était : Ces données-là ne sont pas disponibles. Et même
c'est un petit peu plus... donnez-moi juste une seconde, et la réponse à la
question, c'était — 167 — que «les postes vacants ne sont
pas considérés comme une mesure représentant le besoin réel de main-d'œuvre».
J'ai de la difficulté à comprendre. Si on a une pénurie de main-d'oeuvre, c'est
parce qu'il nous manque du monde. Donc, on devrait être en mesure de déterminer
combien de gens il nous manque.
Le Président (M. Morin) : ...à
conclure rapidement parce que le bloc est déjà terminé.
M. Carmant : OK. Bien, on a
fait des... On a fait des collectes manuelles, pour répondre à la question,
puis on a un taux d'occupation pour... à la réception des signalements,
71 %, évaluation-orientation, 66 %, application des mesures,
77 %, puis, en centre jeunesse, 77 %.
Le Président (M. Morin) : Alors,
merci. Le bloc est maintenant terminé. Je vous remercie. Je vais maintenant
céder la parole au député des Îles-de-la-Madeleine pour une période de
12 min 10 s. M. le député, la parole est à vous.
• (14 h 20) •
M. Arseneau : Merci, M. le
Président. Dans un premier bloc, on avait discuté, tout à l'heure, des listes
d'attente, et, pour résorber ces listes d'attente là puis de réduire aussi les
délais avant d'avoir un premier ou un... un rendez-vous ou des <rendez-vous
subséquents...
M. Arseneau :
...un
rendez-vous ou des >rendez-vous subséquents, il me semble qu'on a besoin
de psychologues, de psychologues dans le réseau public, et malheureusement ce
qu'on voit, c'est que l'exode des psychologues du réseau public vers le privé
continue, et c'est un exode réel, qui est extrêmement préoccupant, et
j'aimerais savoir si le ministre partage cette inquiétude-là, d'une part, et
s'il a des chiffres, comme nous, là, qui indiquent que, sur une dizaine
d'années, bien, on a perdu essentiellement 800 psychologues...
c'est-à-dire, 500 psychologues, alors qu'il y en a 800 de plus qu'avant
dans le privé. Est-ce que cette tendance lourde là n'est pas extrêmement
inquiétante quand, parallèlement, on n'arrive pas à résoudre les délais et les
listes d'attente?
M. Carmant : Bien, je vais
faire ma réponse en deux volets. Effectivement, si on regarde sur 10 ans,
on en a perdu beaucoup, mais, si on regarde les deux dernières années, c'est
moins que 30 : 27 il y a deux ans, 29 l'an passé, ou vice versa. Mais je
suis tout à fait d'accord, là, que, pour réussir le plan d'action, on a besoin
de tous les professionnels, incluant les psychologues. Puis, comme j'ai dit
tantôt, il faut valoriser le travail du psychologue parce qu'en plus on en a
besoin pour des... pour voir des patients qui ont peut-être une atteinte un peu
plus sévère, dans la trajectoire du patient. Donc, il faut... il faut venir
régler cette chose-là, cette problématique. On veut... on veut casser la
tendance. On est prêts à négocier avec eux, je vous l'ai dit. Donc, le gros des
pertes, ce n'est pas dans les deux dernières années, mais effectivement on a
besoin de tous nos psychologues.
M. Arseneau : Bien, si la...
si la tendance n'est pas non seulement inversée, mais si on ne met pas fin à
l'exode, évidemment, on s'éloigne de l'objectif. Et je voudrais savoir quels
sont les moyens qui peuvent être mis en place par le ministre pour, justement,
s'assurer que les conditions d'exercice, et les conditions de travail, et les
conditions salariales puissent véritablement engendrer un changement... un
changement complet de vision des jeunes, là, qui étudient en... pour devenir
psychologues puis qui se disent, un peu comme on voit dans d'autres domaines de
la santé, que vaut mieux aller au privé que dans le système public?
M. Carmant : Moi, ce que je
dis toujours, puis j'y crois profondément, là, c'est que la beauté du réseau
public, c'est la chance de travailler avec d'autres collègues dans un... dans
un milieu interdisciplinaire. Ça fait que juste d'avoir créé cet
environnement-là, je pense que ça valorise beaucoup le travail des psychologues
dans le réseau public.
L'enjeu salarial, je vous dis, on en a
parlé, notre présidente du Conseil du trésor veut... veut faire une différence,
le premier ministre également. Donc, moi, j'ai très confiance de ce côté-là.
Puis le dernier point qui manque, là,
puis... et pourtant je le répète, ça aussi, à toutes mes tournées, c'est
l'autonomie professionnelle, puis ça, tu sais, comme, on en parlait ce matin,
là, où vous me donniez un cas où ça n'avait pas été respecté, mais nous, on
insiste là-dessus. Tu sais, on fait confiance aux psychologues. C'est des cliniciens.
Ils ont... ils ont une éthique professionnelle. Ils connaissent leurs patients.
C'est à eux à décider quelle est la meilleure forme de thérapie pour leurs
patients, quand est-ce qu'ils doivent les référer ailleurs, etc., etc.
Donc, je pense, c'est les trois grands
points, là, l'équipe interdisciplinaire, la valorisation salariale, et vraiment...
et ensuite l'autonomie professionnelle, puis, une fois qu'on aura ces trois-là,
je pense qu'on va renverser la vapeur.
M. Arseneau : Je ne sais pas
si vous avez les mêmes chiffres que moi, mais, quand on dit qu'il y a 40 %
des psychologues qui travaillent dans le réseau de la santé qui quittent au
cours de leurs cinq à six premières années de pratique, c'est quatre sur 10, évidemment,
là, c'est extrêmement significatif. Donc, non seulement la question
d'attractivité n'est pas là, mais la rétention est un... est un problème
majeur. Je voulais savoir... La question du salaire est certainement
importante, mais on parle d'un rattrapage de l'ordre de 40 %. Est-ce que
c'est vers ça qu'on se dirige, là, d'un rattrapage majeur, massif?
M. Carmant : Non.
Actuellement, il nous manque, dans le réseau, à peu près 180 psychologues.
Donc, c'est... c'est ça, le rattrapage qui doit être fait pour... par rapport à
l'offre de... à la demande, mais, c'est sûr, comme je vous dis, pour que le
plan d'action puisse se déployer de façon optimale, nous, on veut combler ce
déficit-là, et même en avoir plus, là. Plus on a de psychologues dans le
réseau, plus... mieux... mieux nos équipes vont rouler, parce que leur
expertise est unique, et puis on voulait... On veut les mettre en première
ligne. On veut les mettre en services spécialisés. On veut les avoir dans
toutes les situations.
M. Arseneau : Oui, en fait,
ma question portait sur le rattrapage salarial. Est-ce qu'on peut imaginer qu'on
obtienne des... un rattrapage salarial, là, de <l'ordre de 40 %...
M. Arseneau :
...obtienne
un rattrapage salarial, là, de >l'ordre de 40 % et plus?
M. Carmant : Je pense, je
vais vous laisser demander ça à la présidente du Conseil du trésor.
M. Arseneau : Vous avez parlé
d'interdisciplinarité tout à l'heure. J'imagine que vous faisiez référence au
plan... au PQPTM, et pourtant les psychologues eux-mêmes nous disent que ça ne
fonctionne pas comme vous le souhaitiez ou comme vous le décrivez. On dit même
que l'implantation du PQPTM aurait pour effet, et je le cite, là, «d'éjecter
les psychologues de la solution de l'accès en santé mentale». Comment vous
réagissez à ces propos?
M. Carmant : Je vais... Comme
je vous dis, les psychologues peuvent faire toutes les étapes de la
trajectoire. Tu sais, elles peuvent répondre au téléphone, au 8-1-1
Info-Social, puis orienter vers le bon... vers le bon partenaire. Elles peuvent
faire de la première ligne. Elles peuvent faire de la deuxième ligne. Mais,
nous, ce qu'on... on veut vraiment les situer à l'étape, là, de... où il y a
une intervention au niveau de la psychothérapie qui doit être faite, et
peut-être c'est pour ça qu'ils ont cette impression-là, mais on veut valoriser
leur travail. On veut leur donner du soutien clinique. On veut leur donner du
mentorat. Parce que c'est une job qui n'est vraiment pas facile, là, la
psychothérapie, mais c'est clair que le processus n'est pas là pour les
éjecter. Le processus est là pour faciliter l'arrivée à la psychologue, parce
qu'actuellement la raison pour quoi ça prend tellement de temps de voir un
psychologue, c'est que tout le monde qui attend un service en santé mentale
attend devant le bureau de la psychologue ou du psychiatre. Donc, le but, c'est
vraiment d'envoyer le bon patient au bon professionnel le plus rapidement
possible.
M. Arseneau : Quand vous... quand...
M. le Président, quand le ministre dit : On veut faire telles et telles
actions, poser tels et tels gestes, j'ai un peu l'impression que c'est comme
s'il y avait un dialogue de sourds qui s'est installé entre ceux qui sont sur
le terrain et les autorités ministérielles. Qu'est-ce qui fait que vous
exprimez certaines volontés, mais que ceux qui sont vos collaborateurs sur le
terrain ne semblent pas percevoir cette volonté-là? Est-ce que... Il est où, le
nœud du problème, qui fait que votre volonté ne correspond pas à ce qui est
fait sur le terrain ou qui est perçu sur le terrain?
M. Carmant : Bien, moi, je
pense, c'est de la gestion du changement. C'est un gros changement de
mentalité, là, c'est un gros changement de culture, tu sais, donner l'accès au...
en première ligne, permettre une référence à un médecin sans avoir passé par le
médecin de famille. Tu sais, c'est toutes sortes de changements qu'on est en
train d'instituer pour faciliter l'accès aux soins que... Il y a toutes sortes
de petites résistances ici et là. Puis moi, je fais la tournée, là, du Québec,
là, été après été, pour, justement, tu sais, changer cette mentalité-là. Nos
équipes de santé mentale du ministère font la même chose avec les directions,
nos sous-ministres, avec les PDG. C'est vraiment quelque chose qu'il faut répéter,
répéter, répéter.
Et, tu sais, dans les endroits où ça a été
bien installé, le programme, les listes d'attente ont chuté de façon
impressionnante, là, mais, c'est ça, c'est un changement de culture, faciliter
l'accès, dire que, pour un médecin spécialiste... que je n'ai pas besoin d'une
référence d'un médecin... d'un médecin de famille pour voir un patient, dire à
quelqu'un du réseau d'envoyer quelqu'un pour... vers les services... vers un
organisme communautaire, dire à quelqu'un d'un organisme communautaire, s'il
pense qu'il a besoin, il peut envoyer quelqu'un au guichet d'accès. C'est tout
un changement de culture qu'on est en train de bâtir, puis ça va en
s'améliorant.
M. Arseneau : Et, pour
aboutir, là, c'est parce qu'il y a quand même, il me semble, une urgence d'agir.
Quand on voit les chiffres, qui sont effarants, petit train va loin, mais
lentement. Est-ce que vous avez un échéancier? Est-ce que vous pouvez nous dire,
d'ici la fin du présent mandat, là... pourrez dire que le PQPTM fonctionne à
vitesse de croisière? Est-ce que vous pouvez nous donner une idée de votre
objectif?
M. Carmant : ...à peu près
50 % pour l'aspect adulte, 25 % pour l'aspect jeunesse. Et nous, on
veut absolument que ce soit implanté partout, dans toutes les régions, parce
qu'en plus, comme je vous dis, il y a des petites équipes dans les régions plus
éloignées, donc, tu sais, le fait de soutenir le programme est plus difficile,
mais on veut que ce soit déployé partout, là, d'ici la fin du mandat, tout à fait.
• (14 h 30) •
M. Arseneau : J'aimerais
poser une petite question sur l'annonce que vous aviez faite en 2020,
100 millions de dollars pour faire appel au privé. Bon, ça n'a
pas répondu à la hauteur de vos attentes, on en a parlé l'année dernière, mais
là, à l'heure actuelle, est-ce qu'il y a... est-ce qu'il y a encore des sommes?
Est-ce qu'il y a encore des gens du privé? On est rendus à combien, là, le
soutien que vous souhaitez... souhaitiez obtenir des psychologues au privé...
14 h 30 (version révisée)
M. Arseneau : ...on est rendu
à combien, là, le soutien que vous souhaitez... souhaitiez obtenir des
psychologues au privé?
M. Carmant : Le budget
octroyé récurrent, c'est 2,1 millions.
M. Arseneau : 2,1?
M. Carmant : Oui. Puis il est
utilisé à 100 %. Il y a même des régions qui l'utilisent plus que d'autres.
Par exemple, comme je vous disais... ce matin, Laurentides, Montérégie-Est,
Gaspésie sont... sont trois régions où il y a vraiment des bonnes ententes avec
les psychologues. Et puis ceux... les patients qui n'ont justement pas
nécessairement besoin de ce soutien interdisciplinaire là sont dirigés vers le
psychologue au privé de façon isolée.
M. Arseneau : ...on est
toujours... Est-ce qu'on est toujours, M. le Président, dans les hauteurs de...
19 000 heures, presque 2 000 individus qui sont vus par des
psychologues du privé? Est-ce que ces chiffres-là ont varié depuis l'an
dernier?
M. Carmant : Non, c'est pas
mal... Les chiffres ne varient pas tellement d'une année à l'autre, là. C'est...
C'est pas mal le même niveau de référence. Je ne peux pas vous dire exactement
en nombre, là, mais peut-être quelqu'un peut me sortir ça, mais c'est à peu
près le même niveau d'utilisation.
M. Arseneau : Et on avait
aussi parlé de la valorisation de la profession de psychologue puis de l'accès
aussi, là, parce que le parcours académique est quand même complexe. Est-ce
que... Vous aviez parlé de bourses. Est-ce que ça, ça s'en vient, là, un
programme qui permettrait véritablement, là, de dynamiser et d'augmenter les
cohortes?
M. Carmant : ...dont
plusieurs ont entendu parler, là, qui inclut les psychologues. Il y a aussi... On
a donné des bourses du ministère pour la psychothérapie. Pour ceux qui ont... sont...
pour ceux qui viennent d'une autre profession, il y a une bourse qui est de 45 000 $,
pour ceux qui sont... qui viennent de la psychologie directement ou de la...
qui ont un doc en sexologie, il y a des bourses de 10 000 $. Puis on
en a à peu près une soixantaine qui ont été attribuées pour augmenter le bassin
de psychothérapeutes. Parce que, je vous dis, c'est... c'est vraiment la clé de
ce qu'on a besoin. Et vous savez que ma collègue ministre de l'Éducation
supérieure a donné un mandat à Mme David de revoir la formation en
psychologie.
M. Arseneau : ...soixantaine.
Est-ce que l'objectif est plus ambitieux?
Le Président (M. Morin) : ...terminé,
M. le député. Alors, nous allons passer au prochain bloc, et je vais céder la
parole à la députée de D'Arcy-McGee pour une période de 17 min 56 s. Mme
la députée.
Mme Prass : Merci. Je veux
renchérir sur la question des psychologues. Et là, il y a quelques minutes,
vous avez dit que présentement, il y a un manque de 180 dans le réseau public,
tandis qu'au mois de janvier, La Presse nous révélait que d'ici 2024,
donc l'année prochaine, ce serait un manque de 860. Donc, je voudrais savoir
sur quoi vous basez votre... ce chiffre de 180.
M. Carmant : ...postes
vacants sur le besoin du ministère, selon le ministère, selon... selon le
réseau. Je pense, c'est le 800 qui est une projection. Je ne sais pas d'où elle
vient, là.
Mme Prass : Bien, j'imagine
que ça doit prendre en compte la liste de... la liste d'attente, justement,
pour pouvoir desservir un certain... Point. OK. Je vous laisse faire. On va
laisser faire.
Donc, on... Vous avez parlé aussi... d'autonomie
professionnelle. L'Association des psychologues du Québec, avec qui j'ai
discuté, disent que les psychologues demandent depuis longtemps de faire partie
du processus décisionnel dans le cas de l'évaluation des patients, ce qui ne se
fait pas présentement. De plus, ils souhaitent que leurs recommandations soient
prises en considération à toutes les étapes du traitement de ces derniers, et
que le gouvernement leur accorde le droit de diagnostiquer les troubles
mentaux. Leur identité et autonomie professionnelle ne sont pas actuellement
considérées. Comment est-ce que vous répondez à ça, compte tenu de l'importance
que vous donnez à l'autonomie professionnelle?
M. Carmant : L'autonomie, j'y
travaille. Puis je le répète à tout le monde, puis tout le monde ici le répète
à leur équivalent, là, qu'il faut que les psychologues soient autonomes dans la
trajectoire clinique de leurs patients.
Pour ce qui est du droit de diagnostic, on
travaille sur des comités sur l'élargissement des actes, là. Donc, ça, c'est
quelque chose qui est... qui est en discussion. On sait que les IPS, santé mentale,
ont eu le droit d'avoir le droit au diagnostic. Les IPS, santé mentale, ont
quand même une formation avec un diagnostic différentiel, etc. Donc, on regarde
tous ces... toutes ces possibilités-là, surtout pour les troubles communs, là,
mais ça pourrait être une possibilité.
Et, c'était quoi, le troisième point? Je
pense que...
Mme Prass : C'était... leurs
recommandations soient prises en considération à toutes les étapes du
traitement de ces derniers... Excusez-moi, que vous leur accordez le droit
de... Non, non. C'est ça. Diagnostiquer, vous avez parlé, donc c'est ça, qu'ils
soient considérés à toutes les étapes du traitement.
M. Carmant : Mais... Mais c'est
ça, c'est ça, comme je vous dis, les psychologues, là, puis je suis d'accord,
ils ont la capacité de tout faire, comme les psychiatres ont la capacité de
tout faire. Mais, avec les psychiatres, on s'est entendus que, tu sais, le gros
besoin, c'est qu'ils s'occupent, là, de ceux qui ont besoin d'un traitement
médical, qu'ils prennent en charge cela. Et, même dans la classification des
références vers les services spécialisés, là, A, B, C, D, E, là, pour la
priorisation, les D et les E, dans plusieurs régions, dans presque <toutes...
M. Carmant :
...vers
les services spécialisés, là, A, B, C, D, E, là, pour la priorisation, les D et
les E, dans plusieurs régions, dans presque >toutes les régions, sont
sortis du CRDS puis sont mises dans le... directement au Guichet d'accès en
santé mentale, parce qu'ils savent que dans ces... dans ces références D et E
là, ça peut être pris en charge par d'autres professionnels. Donc, moi, tu
sais, ce que j'essaie de convaincre les psychologues, c'est qu'on peut faire la
même chose pour qu'elles puissent se concentrer beaucoup plus sur les besoins
en psychothérapie, qui est... qui est fondamental. Quand tu as besoin d'une
psychothérapie, il faut que tu puisses voir rapidement le psychologue. Puis
actuellement ce n'est pas possible. Tu sais, il faut qu'on améliore notre performance.
Mme Prass : Tout à fait.
Puis je suis contente d'entendre que vous travaillez sur ces enjeux-là parce
qu'il y a cinq fois plus de psychologues qui ont quitté le réseau public dans
la dernière année, et le nombre de diplômés ou de doctorats est assez imposant
pour atteindre le recrutement projeté. Donc, si les bonnes conditions sont
mises en place, on espère que ça va les ramener ou les attirer vers le public.
Selon un sondage de la Coalition des
psychologues du réseau public québécois auprès de 1 078 psychologues,
neuropsychologues oeuvrant dans le réseau public, 97 % d'entre eux jugent
que leurs conditions salariales dans le réseau sont insatisfaisantes, et
95 % d'entre eux veulent la formation de leur propre syndicat. Les
psychiatres gagnent environ 300 % de plus que leurs collègues psychologues,
c'est quand même un écart énorme, puis on peut comprendre comment on serait
désavantagé de vouloir entrer dans le système public. Également un autre
sondage en 2022 par le même organisme : 85 % des étudiants aimeraient
travailler dans le réseau public à la fin de leurs études si les bonnes
conditions salariales et d'autonomie professionnelle sont là. Donc, encore une
fois, je pense qu'il est très important que vous accélérez le travail sur ces enjeux-là
parce qu'on a la capacité, il faut juste leur donner les bonnes raisons de
vouloir intégrer le réseau public.
Là, je vais revenir. On parlait plus tôt
de santé mentale pour les jeunes. Et vous avez mentionné Jeunesse en Tête,
Jeunesse en Tête qui est un organisme extraordinaire, mais qui ne reçoit aucun
financement de la part du gouvernement. Donc, on est pris à les féliciter puis
on est bien contents que le travail qu'ils font... mais comment pouvez-vous
justifier? Je sais qu'il y a Aire ouverte, il y a d'autres programmes, mais
compte tenu que vous-même avez mentionné l'importance de leur travail, comment
est-ce que vous justifiez le fait qu'il n'y a pas de financement de la part du
gouvernement?
M. Carmant : Ça fait
qu'on a mis... 25 millions de dollars, prévention, santé mentale,
dans les écoles. Puis je les ai rencontrés plusieurs fois, Jeunesse en Tête.
Jeunesse en tête demande que le ministre finance directement un organisme. Moi,
je ne veux juste pas aller là. On a mis l'argent dans les différentes santés
publiques. Les santés publiques ont... travaillent avec les directions
scolaires pour mettre sur pied les programmes nécessaires. Il faut que l'argent
passe par ce réseau-là, qui est contrôlé, où les besoins sont, tu sais... sont évalués
école par école, etc., etc. Moi, c'est comme ça que je veux que le financement
se fasse. C'est comme ça qu'on fonctionne avec HORS-PISTE, c'est comme ça qu'on
fonctionne avec les membres de l'AQCID pour la prévention des dépendances dans
les écoles. Puis c'est ce que j'ai demandé à Jeunesse en Tête, tu sais :
Allez voir les directions régionales, allez voir les santés publiques,
travaillez avec le milieu scolaire, l'argent, il est là. Mais, moi, ce n'est
pas au ministre à donner de l'argent directement à l'organisme.
Mme Prass : ...de devoir
aller à chaque commission scolaire, etc., ça enlèverait du travail qu'ils
pourraient faire dans les écoles. Donc, si on pouvait faciliter cette façon de
faire pour eux, ça leur permettrait de passer plus de temps sur le... avec les
jeunes.
Là, je vais revenir sur le cahier des
crédits. Et il y a... Le 21 avril dernier, donc il y a quelques jours,
vous avez tweeté, justement avec le tableau que vous nous avez montré plus tôt,
qu'il y a une hausse de 28 % des services rendus avec les services sociaux
généraux offerts et le 8-1-1. Par contre, dans le cahier des crédits, à la
question n° 357, quand on vous donne... on vous demande justement les
infos à propos d'Info-Social, on voit,
par exemple, que le pourcentage de nombre d'appels entre 2021 et 2023 a
augmenté de 7 %, mais que le pourcentage de nombre d'appels abandonnés
entre 2021 et 2023 est de 26 %, qui est quand même un grand chiffre, et
que l'augmentation du pourcentage de délai est de 11 %. Donc, vous, dans
votre tweet, vous dites que c'est 28 % des services rendus entre 2019 et
2022, mais les chiffres 2022-2023... ne correspondent pas à ce que vous
avez...
• (14 h 40) •
M. Carmant : Je pense,
c'est deux choses différentes. Tu sais, là, on parle du nombre de patients qui
ont été vus dans les programmes, santé mentale, puis on inclut l'Info-Social. À
l'Info-Social, effectivement, il y a... il y a quand même un nombre
significatif d'appels qui sont... qui sont <abandonnés...
M. Carmant :
...l'Info-Social.
À l'Info-Social, effectivement, il y a... il y a quand même un nombre
significatif d'appels qui sont... qui sont >abandonnés. Il faut savoir
que, contrairement à Info-Santé, santé physique, là, le temps de réponse est
d'à peu près deux minutes, trois minutes pour répondre à l'Info-Social. Mais,
ça, ça montre un peu aussi la problématique que ceux qui ont... qui appellent
pour un problème de santé mentale, si on ne leur répond pas tout de suite, ils
raccrochent. Il y a du monde qui raccroche, là, après 20 secondes. On a
fait même une étude pour améliorer le service du 8-1-1 Info-Social. On a
modifié les lignes téléphoniques. On est en train de changer notre approche parce
qu'on avait... Puis j'y croyais profondément au début, là, quand on a parti ça.
Je voulais une approche locale, région par région, pour que chaque région où le
8-1-1 répondait, bien, ils sachent, soient bien au courant des organismes
communautaires de la région, des références à faire dans leur région. Mais je
pense que là, à cause des chiffres qu'on veut diminuer encore, des délais
d'attente qu'on veut diminuer encore, on va probablement avoir une approche
plus nationale pour transférer les appels quand ils ne sont pas répondus de
façon... le plus rapidement possible.
Donc... Donc, c'est... c'est ça, vraiment.
Le deuxième chiffre que vous m'avez donné, là, c'est vraiment la non-réponse au
8-1-1, Info-Social, parce que les chiffres d'Info-Social eux-mêmes, eux, ils
continuent d'augmenter.
Mme Prass : Là, on va changer
de sujet puis on va parler du Programme de soutien aux familles pour les
familles avec des enfants handicapés, donc le programme qui a été créé en 1999,
si je ne me trompe pas, et qui n'a jamais été indexé depuis. Donc, c'est... J'ai
les documents de la part de la Bibliothèque de l'Assemblée nationale, si vous
permettez, qui sont juste ici. Donc, j'ai... excusez-moi, 1995, 2000, 2013 et
2022, donc tous les mêmes montants. Et voilà un article d'il y a quelques... il
n'y a pas si longtemps que ça. Donc, les montants, par exemple, qui sont
déboursés pour qu'une famille puisse engager une gardienne sont entre 3,75 $
de l'heure et 5,25 $ de l'heure. On se comprend que... Oui, on se comprend
que ça... ce n'est même... ce n'est pas du tout réaliste pour engager une
gardienne, encore moins une gardienne pour un enfant avec des besoins
particuliers. Donc, les familles, on leur donne une aide, mais qui ne
correspond pas aux réalités d'aujourd'hui. Ne pensez-vous pas que, justement,
il devrait y avoir une indexation du programme pour mieux refléter les coûts
d'aujourd'hui plutôt que de 1995?
M. Carmant : OK. Bien, je
pense que je suis d'accord avec vous là-dessus. Moi, ce que je voulais dire,
c'est qu'à deux reprises on a ajouté des montants : on a ajouté 7,8 millions
en 2019-2020 et 10 millions en 2021-2022. Donc, les sommes disponibles
sont beaucoup plus grandes. Mais je n'étais pas nécessairement au courant que
la somme qui est donnée aux parents, elle-même n'avait pas... n'avait pas été
indexée. Donc, ça, je vous... je vous promets qu'on va regarder ça puis on va
voir ce qu'on peut faire de ce côté-là, là.
Mme Prass : Même l'Office des
personnes handicapées du Québec note : «Les dépenses du soutien à la
famille apparaissent actuellement insuffisantes pour répondre à l'ensemble des
besoins des familles des personnes handicapées, et ce, malgré le programme ait
connu de récents investissements supplémentaires. Des familles demeurent en
attente d'obtenir de... l'aide financière pour permettre d'avoir le service de...
gardiennage, présence, surveillance, de répit et de dépannage dont elles ont
besoin. Des disparités régionales sont également observées quant à la gestion
du programme et sa mise en œuvre dans les différents établissements du réseau
de la santé. Le soutien à la famille est destiné aux familles avec un enfant
handicapé, par contre, il n'existe pas de programme ou service équivalent pour
les familles des personnes handicapées ayant d'autres types d'incapacité, par
exemple, le syndrome de la Tourette.»
Donc, est-ce que, premièrement... est-ce
que vous vous engagez à faire une indexation, une augmentation des montants et également
de l'élargir à d'autres familles qui ont également des enfants avec des...
excusez-moi, des enfants avec des handicaps qui ne sont pas présentement
reconnus sous le Programme de soutien aux familles?
M. Carmant : OK. Bien, en
tout cas, on vient de... m'indiquer qu'on est en train de réviser la manière de
verser puis la somme des montants. Donc, ça, c'est... c'est une bonne nouvelle.
Quel type de handicap n'est pas soutenu par...
Mme Prass : On donne
l'exemple de syndrome de la Tourette, par exemple.
M. Carmant : Ah! OK. Oui.
Mme Prass : Mais c'est
l'Office des personnes handicapées qui donne l'exemple.
M. Carmant : Oui. Bon. Moi,
je suis neurologue, hein, vous savez, ça fait que je sais ce que c'est, un
Tourette. C'est... C'est... Je pense qu'il faut voir les critères, là, parce
que... Est-ce que... Tu sais, moi, je connais beaucoup de Tourette qui sont
tout à fait fonctionnels. Donc, tu sais, on ne peut pas tous les inclure, là,
tu sais. Il y a... Il y a plein d'athlètes sportifs qui sont millionnaires, qui
sont des Tourette, là. Donc, tu sais, je pense qu'il faut... il faut... je
pense qu'il faut peut-être réviser les critères, d'une certaine <façon...
M. Carmant :
...Donc,
tu sais, je pense qu'il faut... il faut... je pense qu'il faut peut-être
réviser les critères, d'une certaine >façon. Mais de dire... comme
élargir ça aux Tourette, je pense que ce n'est pas... je ne peux pas promettre
ça, là. Ce n'est pas... Ce n'est pas nécessairement raisonnable.
Mme Prass : Bien, est-ce
qu'il serait possible d'ajouter un critère, par exemple, si l'enfant est suivi
présentement pour...
M. Carmant : Selon les
besoins?
Mme Prass : Exactement.
M. Carmant : Bien, moi, vous
savez, c'est... c'est toute la philosophie Agir tôt, là, tu sais, les services
selon les besoins. Ça fait que, ça, j'y crois. On peut... On peut regarder
comment... comment c'est organisé. On va... On va étudier la question.
Mme Prass : Puis, justement,
en parlant du syndrome Gilles de la Tourette, j'ai déposé une pétition à
l'Assemblée nationale plus tôt ce mois justement pour ces familles qui... Premièrement,
bien, l'Association Gilles de la Tourette... syndrome Gilles de la Tourette
sont venus me voir et nous disent qu'ils se font renvoyer la balle entre votre
ministère et celui de l'Éducation.
M. Carmant : Pour?
Mme Prass : Pour recevoir des...
Pour recevoir un financement, pour recevoir des services, pour avoir un
interlocuteur, que ce n'est pas évident et qu'en fin de compte ils n'ont pas...
d'interlocuteur. Donc... Et, par exemple, les enfants qui sont dans le système
public, ça prend de deux à cinq ans pour avoir un diagnostic pour pouvoir
recevoir des services à l'école. Donc, ils se sentent délaissés. C'est des
familles qui sont épuisées. C'est des familles qui souvent n'ont pas accès aux
mêmes programmes que, par exemple, les parents avec des enfants sur le spectre
de l'autisme, etc.
Donc, ça a été... Il y a un mandat... On a
demandé... saisi de pétition à la Commission services santé et sociaux, qui a
été rejetée par vos collègues de la CAQ, mais c'est un enjeu qui doit être
adressé parce que c'est quand même... On nous dit : C'est... C'est
1 % de la population et 90 % des personnes atteints de la Tourette
ont au moins un trouble associé, et que le taux... excusez-moi, et que... Bien,
c'est ça, ils subissent les conséquences à l'école parce que, comme ils n'ont
pas le diagnostic, bien, il y a un bris de service certaines fois. Puis, quand
il y a le bris de service, bien, l'enfant est envoyé à la maison. Le parent est
obligé de quitter son emploi pour rester à la maison avec l'enfant. Il y a peu
de soutiens qui leur sont offerts. Donc, comment est-ce que ces parents se
retrouvent quand il n'y a pas beaucoup d'attention qui est... et de programmes
qui sont offerts pour leurs enfants?
M. Carmant : Bien, c'est
difficile. Premièrement, moi, je suis le premier à avoir créé une clinique de
Gilles de la Tourette à Sainte-Justine, là, donc on a une clinique spécialisée
dans mon bon vieux CIRENE. C'est un problème neurologique, là, Gilles de la
Tourette. Tu sais, c'est... c'est vraiment une maladie neurologique, là, du
contrôle moteur qui... Oui, il y a des problèmes TDAH associés, des tics, etc.,
mais, tu sais, c'est vraiment un problème neurologique. Donc, je pense, c'est
pour ça que, si on s'adresse aux services sociaux, je ne suis pas sûr qu'on
cogne à la bonne porte. Du soutien en psycho, il y en a selon les besoins, tu
sais, selon les besoins... Même chose pour, tu sais, la définition du handicap,
c'est... il faut vraiment que ce soit selon les besoins. Mais c'est difficile
de dire qu'on va créer un programme au niveau des services sociaux pour le
syndrome de Gilles de la Tourette, là, qui est une... qui est vraiment une
maladie neurologique, là.
Mme Prass : Là, on va parler
du Programme d'adaptation de domicile, dont le montant maximal pour ce
programme, donc, pour que les immeubles, etc., les maisons soient plus
accessibles pour les personnes handicapées... c'est un montant maximal de 16000 $ qui est offert
dans le cadre du programme, qui apparaît insuffisant, et ça, c'est encore une
fois l'Office des personnes handicapées du Québec... qui apparaît insuffisant
pour répondre aux besoins d'adaptation de domicile de la plupart des personnes
handicapées. Malgré une réduction du délai moyen de traitement dans les
15 dernières années, qui est passé de 45 mois en 2006-2007 à
22 mois en 2020-2021, ce délai reste important. Et l'accès aux...
ergothérapeutes, excusez-moi, qui doivent effectuer une évaluation, bien,
encore une fois, c'est la pénurie, mais qui fait en sorte qu'il y a des
disparités régionales aussi en raison des délais de réalisation de projets.
Donc, encore une fois, est-ce qu'il ne
devrait pas y avoir lieu que les montants reflètent mieux la réalité des coûts
d'aujourd'hui pour que ces personnes-là puissent avoir une accessibilité qui
leur permet d'être plus accessibles... d'être plus... une meilleure mobilité?
• (14 h 50) •
M. Carmant : ...la réponse
est simple. Je peux vous garantir qu'on travaille... moi, je travaille avec ma
collègue à l'Habitation, là, pour que... Ça fait plusieurs années qu'on... que
je demande pour voir si on peut rehausser ces montants-là. Surtout que, tu
sais, nous, notre but, c'est les garder à la maison le plus longtemps possible.
Donc, souvent, ils ont plusieurs adaptations à faire au cours du vieillissement
du jeune. Donc, c'est sûr que la somme, quand ils sont rendus à 22, 23, 24,
25 ans... la somme est dépassée. Donc, on... tu sais, on travaille... en
tout cas, moi, je travaille fort pour essayer d'obtenir une amélioration à ce
niveau-là.
Au niveau des ergothérapeutes, bien, c'est
ça, c'est... c'est encore une fois, là, une priorisation des besoins. Les
ergothérapeutes ont multiples activités au niveau de la <direction...
M. Carmant :
...besoins.
Les ergothérapeutes ont de multiples activités au niveau de la >direction.
Mais c'est sûr qu'on veut... on veut que ça se fasse le plus rapidement
possible également.
Le Président (M. Morin) : Alors,
voilà, il vous reste trois secondes, Mme la députée.
Mme Prass : Merci!
Le Président (M. Morin) : Merci.
Voilà. Alors, pour le prochain bloc, je cède la parole à la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques
pour une période de 12 minutes. La parole est à vous, Mme la...
Mme Massé : Merci, M. le
Président. Bonjour, M. le ministre.
Écoutez, j'ai 12 minutes quelques
secondes. Je dois aborder deux sujets avec vous : l'itinérance, vous ne
serez pas surpris, et toute la question des personnes vivant avec une DI, un
TSA.
J'aimerais ça commencer avec l'itinérance.
En fait, on le sait, là, les campements réapparaissent, et souvent. Maintenant,
c'est assez clair que les gens qui se retrouvent dans les campements, c'est
parce qu'ils ne trouvent pas de place en hébergement pour répondre à leurs
besoins. On sait aussi maintenant, après un an et demi d'exercice, que les PSL,
ça ne répond pas à leurs besoins. On sait qu'il manque des ressources qui
accueillent les personnes, ce qu'on appelle à bas seuil ou à haut seuil, ça
dépend, de... de tolérance, ou à bas seuil de... qui donc accueillent les
personnes en intoxication ou qui se désorganisent, etc. On sait qu'il manque de
places, tout court. Je pense qu'on en a parlé à quelques reprises, le message
partout à travers le Québec, Roberval, Granby, Hull, Montréal, j'en passe. Je
regardais votre budget, vous avez prévu 7 millions de plus cette année. Et
la note nous dit que c'est et pour soutenir les refuges d'urgence existants qui
sont en manque de financement et en créer de nouveaux. Ce 7 millions là,
il va être réparti comment, pour répondre aux besoins à travers le Québec?
M. Carmant : Bien, on n'a pas
encore décidé comment on va le répartir. On va vraiment aller selon... selon les
besoins. C'est sûr qu'on espère avoir, là, cet automne, là, le fameux
dénombrement qui a été fait pour nous aider à orienter les budgets. Mais, tu
sais, je l'ai dit... je l'ai dit plusieurs fois ici, nous, on veut vraiment...
Tous ceux qui lèvent la main, on va travailler avec eux. S'il y a... Si on a un
partenaire municipal, un organisme communautaire partenaire, tu sais, nous, on
va être là pour soutenir le CISSS... le CISSS localement.
Mme Massé : OK. Vous le savez
qu'à Montréal les 1 600 places de disponibles présentement, sur ces 1 600
là, il y en a 600 qui sont soutenues par un programme fédéral. Moi, j'aimerais
savoir... Ce programme-là prend fin en mars 2024, donc à la fin de l'exercice.
Mais, encore là, dans votre budget pour l'année prochaine, je ne vois que le
7 millions. J'aimerais savoir si les 700... les 600 places, pardon,
vont être effectivement assurées.
M. Carmant : Mais... OK. Non,
parce que c'est ça, ils donnent le budget jusqu'en 2024. Moi, je suis en
communication constante, là, avec mon collègue au fédéral, puis, tu sais, on
renouvelle de deux ans en deux ans. Ça fait des années que ça dure comme ça, tu
sais. Puis, avant, il n'y avait comme même pas de budget au niveau... Il y
avait comme 5 millions récurrents au niveau provincial. On a augmenté ça à
50 millions puis... Donc, on est bien conscients, là, qu'en 2024 il va
falloir renouveler, mais on travaille avec eux. Puis, moi... on n'a pas
d'inquiétude sur la portion VCS du financement. Puis, la raison pourquoi les
organismes ne reçoivent pas le signal que c'est... tu sais, récurrent pour
longtemps, c'est parce qu'eux, ils attendent la lettre officielle du fédéral.
Mais, ça, on travaille... on travaille de très près avec eux.
Mme Massé : OK. Mais est-ce
que je comprends, M. le ministre, que, dans le fond, c'est comme vous le dites,
parce que les négociations avec Ottawa, ça ne va pas toujours comme on veut? Est-ce
que vous me dites que l'argent qui est prévu dans Vers un chez-soi, c'est
plusieurs millions, 40 millions juste pour Montréal, que, si cet argent-là n'est
pas au rendez-vous, le gouvernement du Québec s'engage, lui, à mettre l'argent
nécessaire, s'il n'est pas au rendez-vous au 1er avril 2024?
M. Carmant : Bien, moi, ce
que je dis, c'est qu'ici le gouvernement fédéral s'est engagé à verser le... par
le biais de VCS, un montant supplémentaire de 562 millions pour la période
allant de 2024-2025 à 2025-2026. Donc, je pense qu'on est... on a cet... on a ceci
par écrit.
Mme Massé : Parfait. Donc, ça
veut dire, c'est public. Ça veut dire que les groupes pourraient recevoir de
votre main une assurance qu'ils vont être financés jusqu'à 2025? Parce que
c'est une question d'emploi, M. le ministre.
M. Carmant : Non, je sais, je
sais.
Mme Massé : Vous le savez,
dire aux gens : Je t'embauche pour un an ou je t'embauche pour trois ans,
ça change tout. Donc, vous seriez capable de prendre cet engagement-là auprès
des groupes suite à ce que vous venez de me <lire?...
Mme Massé :
...tout.
Donc, vous seriez capable de prendre cet engagement-là auprès des groupes suite
à ce que vous venez de me >lire?
M. Carmant : Bien, nous, on
va être présents. Moi, c'est ça que je peux prendre comme engagement, là. Nous,
on va être présents. Puis, tu sais, je le sais, l'enjeu de l'embauche, là, mais
c'est... c'est difficile pour moi d'aller plus loin que dire que nous, on va
être présents.
Mme Massé : OK. C'est quoi le
document que vous avez lu, là, en me confirmant que les montants étaient là de
la part du Canada?
M. Carmant : C'est des notes
internes, là, de documents de travail de mon cabinet, là.
Mme Massé : OK. Donc,
pouvez-vous nous la relire, s'il vous plaît? Je veux juste être certaine
d'entendre comme il faut ce qui est écrit pour pouvoir rassurer les gens.
M. Carmant : Oui, bien sûr :
«Toutefois, dans son budget, le gouvernement... gouvernement fédéral s'est
engagé à verser par le biais de VCS un montant supplémentaire de
562 millions pour la période allant de 2024-2025 à 2025-2026.» Donc, ça va
être dans le budget fédéral, là, si je lis comme il faut.
Mme Massé : Oui. Alors, en
espérant que ce budget-là ne changera pas. Et je vais vous la poser une
dernière fois parce qu'on a vu toutes sortes de revirements dans nos relations
provinciales-fédérales : Si toutefois le gouvernement canadien, parce que
ça change, parce qu'il y a un nouveau gouvernement qui prend le pouvoir, peu...
ou parce que c'est le même gouvernement, mais il décide de changer son fusil
d'épaule, nous, ici... vous, ici, au Québec, vous vous engagez à répondre
présents pour maintenir les places, et voire même en développer? Parce que
c'est ça que vous disait votre plan cette année. Vous êtes prêt à répondre
présent à ça?
M. Carmant : Bien, tu sais,
moi, je ne peux pas compenser pour le... confirmer qu'on passera par le budget
fédéral, mais on va être présents pour aider les organismes, c'est sûr.
Mme Massé : À la hauteur de
leurs besoins?
M. Carmant : On va être
présents pour aider les organismes.
Mme Massé : OK. Je veux juste
être certaine, là. Parce que je vais vous dire ce que je comprends. Vous me
dites : Inquiétez...
M. Carmant : Parce que ça
pourrait être... 125 millions de dollars.
Mme Massé : Pardon?
M. Carmant : Ça... Si on
prend la portion du Canada, ça pourrait être 125 millions de dollars,
tu sais. Il faut... Il faut faire confiance que le gouvernement fédéral va être
présent. Tu sais, les conservateurs ont aussi dit qu'eux, ils appuieraient
l'itinérance, ça fait que moi, j'ai confiance que le budget sera disponible.
Mme Massé : C'est parfait.
Tant mieux pour vous. Moi, j'ai besoin d'avoir confiance en mon gouvernement...
en fait, pas moi, les groupes sur le terrain et surtout les personnes
itinérantes à travers le Québec. On le sait qu'il manque déjà de places. Il y a
des places qui sont présentement assumées parce que le gouvernement du... du
Canada verse. Vous comprendrez que ne pas avoir votre assurance aujourd'hui,
malgré votre note interne que vous nous avez lue, ça laisse les groupes dans :
OK, on verra, mais que ça arrive. C'est ça, la crainte, alors qu'actuellement
il y a... le dénombrement va nous démontrer encore une fois qu'on est en
augmentation. Je pense qu'il faut que vous rassuriez les groupes pour qu'ils
puissent rassurer les gens.
M. Carmant : Mais,
auparavant, on n'avait même pas de contribution du gouvernement québécois à la
cause. Donc, nous, on a... on a fait un saut important. Vous savez, là, qu'on a
changé la façon de voir les choses. Puis on va continuer d'aider les
organismes. Puis je suis très conscient de ce que vous me dites. Puis on va
faire le plus possible pour les... pour s'assurer que leurs besoins soient
comblés.
Mme Massé : Alors, je vous
attire tout de suite à Granby et Roberval. N'attendez pas le coup de téléphone
du CIUSSS, les places, il n'y en a pas. Ils en ont besoin.
Je vais aller du côté... En fait, non. Un
dernier élément. Les campements, là, c'est une réalité. Ces gens-là ont besoin
d'un toit sur la tête. D'ailleurs, il y a les jugements successifs sur le
campement Atwater qui nous le rappellent. Est-ce que le ministre va encourager
une approche communautaire ou une approche répressive des campements cet été? Parce
qu'il va y en avoir partout au Québec.
M. Carmant : Non. On a
toujours été pour l'approche communautaire. La seule chose qu'on demande, c'est,
puis j'en ai parlé à l'Union des municipalités du Québec... c'est d'intervenir
quand les campements sont relativement de petite taille pour pouvoir les
diriger vers les refuges, sécurité publique, avec ou... bien non, organismes
communautaires, avec ou sans sécurité publique, qui informent, qui accompagnent
ces gens-là. Ça, c'est toujours que... l'approche que l'on... que l'on préfère.
Donc, il faut absolument qu'on travaille
avec les organismes, avec les places de refuges. Puis même... même le campement
sous l'autoroute Ville-Marie, les refuges ont été impliqués, là. Mission Bon
Accueil connaît tous ces gens-là, là, comme le fond de leur poche. On a donné
de l'aide à Résilience, on travaille vraiment au niveau communautaire aussi, là.
C'est... Ça, c'est la seule approche.
• (15 heures) •
Mme Massé : Parfait. Puis
vous savez comme moi qu'il manque de places pour accueillir des gens à bas
seuil. Et ça, c'est une urgence nationale. C'est partout vrai.
Je vais aller du côté des besoins de nos
concitoyens des ITSA. Je vous ai préparé un petit quiz simple, pas pour vous
prendre, juste parce que... Il me reste combien de temps?...
15 h (version révisée)
Mme Massé : ...pas pour vous
prendre, juste parce que...
Il me reste combien de temps?
Le Président (M. Morin) : ...Mme
la députée.
Mme Massé : Tabarnouche!
Une voix : C'est un speed dating,
speed dating.
Mme Massé : Oui ou non, hein?
On y va de même. Alors, M. le ministre, on s'entend qu'une personne qui vit
avec une DI ou un TSA est un citoyen à part entière?
M. Carmant : 100 %.
Mme Massé : Que, lorsque ces
personnes s'intègrent à la société via l'accompagnement de groupes comme Les Muses,
Sans oublier le sourire, La Gang à Rambrou, Pleins rayons, puis des dizaines d'autres
à travers le Québec, ces personnes-là et leurs familles sont plus épanouies?
M. Carmant : 100 %.
Mme Massé : Que, lorsque ces
groupes ont le financement nécessaire, les activités et les services sont de
qualité, et de très grande qualité?
M. Carmant : Bien, je ne
connais pas tous les groupes, là, mais c'est sûr qu'on est contents de nos
organismes communautaires.
Mme Massé : Que, lorsque les
personnes vivant avec une DI ou un TSA ont un rôle social actif, bien, ça fait
moins de dépenses pour votre ministère, c'est-à-dire placement en hébergement,
services en santé mentale, en répit pour les familles, itinérance, etc.?
M. Carmant : On les veut à la
maison.
Mme Massé : Bien, M. le
ministre, parce qu'il doit me rester quelques secondes, j'ai besoin de vous. J'ai
besoin de vous, parce qu'actuellement le ministère de l'Emploi, le ministère...
le ministre de l'Emploi, la ministre du Travail, la ministre de la Solidarité
sociale travaillent en silo, qui fait qu'un organisme qui place 100 % de
ses gens, qui s'appelle Pleins rayons, que vous connaissez, n'arrive pas à
faire financer leur programme, alors qu'à l'international ils sont reconnus.
Alors, moi, j'ai besoin de vous pour m'assurer... Parce qu'ils ne fittent pas
dans les cases. Bien, c'est sûr, ils font quelque chose d'extraordinaire. Puis
là, en plus, bien, ça a éclaté avec trois... quatre ministères au lieu de deux
avant. Il faut absolument asseoir ces gens-là ensemble. Puis moi, j'ai besoin
de vous pour le faire parce que Plein milieu... Pleins rayons risque de fermer
ses portes. Et il me reste... Je peux-tu compter sur vous?
M. Carmant : ...collègues
puis...
Mme Massé : Pardon?
M. Carmant : Je vais parler à
mes collègues, ça, je vous le garantis.
Mme Massé : Je vous suis à
pas.
M. Carmant : Puis j'ai-tu une
petite minute?
Le Président (M. Morin) : Oui,
bien, vous avez une toute petite minute.
M. Carmant : Juste une petite
minute. Puis, en fait, on est en train de faire quelque chose de fantastique,
là, on est en train de faire que la TÉVA, transition de l'école à la vie
adulte, que tout le monde passe par cette table-là puis que tous les jeunes,
quel que soit le handicap, puissent avoir accès à un plan de vie, là, incluant
sociopros puis hébergement. Donc, ça, on va commencer dans quatre régions puis
on veut le déployer partout au Québec. Ça fait que ça prend des partenaires.
Mme Massé : ...générale vous
a dit : Vous avez avantage à regarder du côté de Pleins rayons, parce que
les programmes actuels, ils placent 4 % des gens; ils en placent 100 %.
Le Président (M. Morin) : ...est
maintenant terminé. Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la parole au bloc
gouvernemental, Mme la députée de Marie-Victorin, pour une période de 12 min
5 s. La parole est à vous.
Mme Dorismond : Bonjour, tout
le monde. Salutations à mes collègues de l'opposition, et salutations au
ministre et à toute son équipe. Bonjour. Je peux dire que je suis très fière d'être
votre adjointe parlementaire.
J'ai beaucoup, beaucoup entendu parler des
psychologues, des travailleurs sociaux, mais j'aimerais réitérer que qu'est-ce
qui fait la force en santé mentale, c'est une équipe multidisciplinaire. Et j'aimerais,
M. le ministre, qu'on discute de cette vision-là, que c'est important, dans le
réseau de la santé, de travailler en équipe multidisciplinaire. Et vous avez
présenté un plan d'action interministériel en santé mentale de 2022 et 2026, et
j'aimerais faire le lien avec Santé Québec, qui va améliorer le réseau de la
santé, il va être plus efficace. Mais est-ce qu'on peut rassurer les Québécois
qu'on va pouvoir améliorer l'accès pour les patients souffrant de maladie
mentale ou qui présentent des signes et symptômes de santé mentale? J'aimerais
qu'on discute auprès des Québécois qui nous écoutent aujourd'hui, cet
après-midi, pour les rassurer.
M. Carmant : ...collègue de Marie-Victorin
et adjointe parlementaire pour sa question. C'est clair que, nous, ce qu'on
veut, c'est des équipes interdisciplinaires. Puis on veut partout puis on en
veut de taille suffisante pour pouvoir prendre en charge les usagers, quel que
soit leur niveau de besoin clinique, que ce soit le 8-1-1 Info-Social dont on a
parlé, que ce soit au niveau du guichet d'accès, que ce soit à la première
ligne, aux services spécialisés.
Puis on en a parlé beaucoup ce matin
aussi, c'est... le problème, c'est l'enjeu de la couverture territoriale. Nous,
on envoie les budgets aux CISSS et aux CIUSSS, et eux déterminent la
distribution par la suite. Puis, on veut s'assurer que cette distribution
permette de bâtir des équipes dans toutes les sous-régions, là. Il y a des
endroits où il y a sept MRC, donc il faut qu'ils soient tous suffisamment pris
en charge. L'avantage de <Santé Québec...
M. Carmant :
...donc
il faut qu'ils soient tous suffisamment pris en charge. L'avantage de >Santé
Québec, là, puis de l'agence, ça va être vraiment de s'assurer que cette
opérationnalisation-là, des services, se fasse de façon équitable à travers le
territoire et pour tous les individus.
Donc, moi, je pense que c'est quelque
chose d'important. Ça va être un grand gain pour avoir les meilleures pratiques
partout au... partout au Québec, en utilisant les meilleurs exemples qu'on
trouve dans notre réseau. Puis, des bons exemples, on en a beaucoup.
Le Président (M. Morin) : Alors,
allez-y, Mme la députée.
Mme Guillemette : Merci. M.
le ministre, pour une deuxième fois, j'ai la chance d'échanger avec vous puis
je voudrais vous remercier, avec vos équipes aussi, de m'avoir permis de
travailler sur le Plan d'action interministériel en santé mentale. Et j'insiste
sur le terme «interministériel» parce que c'était vraiment le premier plan
d'action qui prenait en considération, là, tous les ministères. Et je sais que
vous travaillez très fort avec les autres collègues.
Donc, tout à l'heure, on a... on a été interpelés
au niveau de la DPJ, mais moi, j'aimerais vous amener plus au niveau de la
formation, parce qu'on a... vous avez instauré un volet formation. Donc, on a
des équipes de professionnels sur le terrain qui sont extraordinaires. J'en ai
plusieurs dans mon entourage, ils font un travail exceptionnel. Ils sont formés
et outillés avant... afin de faire face au quotidien. Ils ont à intervenir avec
le jeune mais souvent aussi avec les familles. Puis ce n'est pas toujours
facile, donc ils se doivent d'être bien formés.
Donc, vous avez déposé le projet de loi,
le PL n° 15, à la dernière législature, l'an dernier.
C'est la réforme sur la protection de la jeunesse afin notamment de donner
suite aux recommandations de la commission spéciale, de la commission Laurent.
Plusieurs changements ont été apportés. Notamment, la communication aux
directions de la protection de la jeunesse de certains renseignements confidentiels
dans des circonstances bien précises, détenus notamment par des organismes ou
des professionnels, c'est maintenant en vigueur et... Donc, la loi «précise que
les conditions qui doivent être remplies pour communiquer des renseignements confidentiels
concernant l'enfant ou les parents... et doivent être interprétées de manière à
favoriser cette communication lorsqu'elle est dans l'intérêt de l'enfant» ou
qu'elle peut mettre la protection de l'enfant en danger. Donc, la loi introduit
aussi une définition de l'exposition de la violence conjugale afin de venir
préciser que la sécurité et/ou le développement de l'enfant est considéré comme
compromis lorsqu'il se trouve dans une telle situation.
Donc, depuis mars dernier, on a annoncé
une nouvelle formation qui est destinée aux intervenants œuvrant à la
protection de la jeunesse, et j'aimerais vous entendre, M. le ministre, sur le
contenu de cette formation, ça m'intrigue un peu, s'il peut nous faire part de
certains détails, bien sûr, là, parce que je sais qu'il y a peut-être des zones
un peu plus sensibles, mais également en quoi cette nouvelle formation est
bénéfique pour les professionnels qui oeuvrent directement sur le terrain.
M. Carmant : Bien, merci
beaucoup. Je remercie la députée de Roberval, avec qui je suis de très près le
dossier de l'itinérance à Roberval.
Mme Guillemette : Tout à
fait.
• (15 h 10) •
M. Carmant : Merci. Et donc
la formation, effectivement, on en est très contents. La première bonne
nouvelle, là, c'est que, sur la cible qu'on avait de 6 200 intervenants
qui devaient participer à cette formation-là, on a eu 6 125 inscriptions,
donc 98 % des intervenants se sont inscrits, et 4 991 ont complété la
formation, là, donc 80 %.
Puis moi, je suis allé la voir, la
formation, là, du début à la fin, puis elle s'étend sur plusieurs sujets,
thématiques importantes. Premièrement, il y avait le changement de la loi. Tout
le monde n'a pas suivi d'aussi près que nous la commission parlementaire, donc
il fallait comprendre le rôle et responsabilité de chacun par rapport à cette
nouvelle loi là. Et l'aspect confidentialité en est un qui est très, très
important. D'ailleurs, je pense que beaucoup d'intervenants de la DPJ
trouvaient qu'une partie de la lourdeur de leur travail était justement dans
cette gestion de la confidentialité là. Donc, tu sais, le concept de dire :
Là, maintenant, là, la vie d'un enfant... la confidentialité, c'est moins
important que la vie d'un enfant, il faut partager l'information avec l'école,
avec l'entraîneur de sport, avec tout le monde qui joue un rôle significatif
dans la vie de l'enfant. Donc, ça, c'est une partie importante.
Il y a un module spécifiquement sur la
confidentialité et communication des renseignements, parce qu'il faut bien le
faire, évidemment. C'est tous des gens qui sont partis... qui font partie de
leur ordre <professionnel...
M. Carmant :
...bien
le faire, évidemment. C'est tous des gens qui sont partis... qui font partie de
leur ordre >professionnel, mais, quand même, on a parlé que ce sont des
jeunes intervenants, donc on veut qu'ils soient bien encadrés et puis que... Donc,
la formation est axée beaucoup là-dessus.
Il y a un aspect spécifique également sur
la définition de l'exposition à la violence conjugale pour élargir le spectre
de violence conjugale, pour inclure tous les aspects, toutes les différentes
formes de violences conjugales qui existent, qu'on en soit bien conscients et
qu'on soit bien conscients de son impact sur le développement et le bien-être
de l'enfant. Donc, une autre formation là-dessus.
Les changements qu'on veut faire au
passage à la vie adulte, donc la transition pour quitter la DPJ, on en entend
beaucoup, là, qui nous disent qu'ils voulaient... qu'ils doivent quitter à
18 ans, prêts, pas prêts. Nous, on a demandé qu'il y ait un suivi jusqu'à
l'âge de 25 ans, quel que soit l'endroit où l'enfant soit placé, et que
cette transition débute dès l'âge de 16 ans, avec des discussions, et puis
de la formation, puis des retours progressifs dans les milieux extérieurs, un
mentor, etc. Donc, tout pour faciliter cette transition-là.
Ensuite, il y a un module sur vraiment
l'aspect intervention judiciaire pour qu'on... pour que les intervenants comprennent
bien ce rôle-là, qui devient de plus en plus complexe, évidemment. Puis il y a
une spécificité, finalement, avec les Premières Nations et les Inuits, chez qui
on mise beaucoup sur des projets particuliers pour... pour faciliter
l'adhésion, là, au... pour faciliter le développement, là, de partenariats avec
les différentes communautés.
Donc, c'est à peu près, là, ce qui est
englobé par la formation. Je vous dirais que ça se fait très bien. Et puis,
nous, ce qu'on vient faire aussi — je peux l'annoncer, hein? OK — ce
qu'on vient faire, c'est que, pour consolider les apprentissages, on va inviter
les intervenants à venir à une formation en personne pour discuter des
principaux sujets, un petit peu comme faisait avant... on m'a appris ça, on
m'en parle à chaque fois que je rencontre quelqu'un, là, comme faisait la table
de la DPJ, les tables de concertation de la DPJ, pas tout à fait le même
modèle, mais un peu la même chose, pour s'assurer que tout le monde soit au
même niveau et comprenne bien les changements importants que l'on vient de
faire à la loi pour... pour nos enfants.
Mme Guillemette : Merci, M.
le ministre. Donc, je céderais la parole de ma collègue de Marie-Victorin.
Le Président (M. Morin) : Très
bien. Mme la députée, il vous reste 2 min 35 s.
Mme Dorismond : Je vais
essayer de faire ça court. Moi, je voulais revenir en lien avec Santé Québec.
M. le ministre, vous avez annoncé avec deux autres collègues, lors de la
conférence de presse, que c'était un ajout très important pour Santé Québec,
c'était l'ajout du directeur des services sociaux, et je voulais savoir quels
changements que cela va apporter pour les services en santé mentale.
M. Carmant : Bien, écoutez,
moi, je pense que c'était un ajout important, là, un gain important qu'on a
fait au niveau de Santé Québec, c'est la Direction générale en services sociaux
et un directeur général pour les services sociaux. Ce qu'on vient, là, c'est...
On disait, avec le PL n° 15, on avait sorti la
protection de la jeunesse du sous-sol, mais là on vient de relever également
tous les services sociaux parce qu'il va y avoir quelqu'un qui va vraiment
s'assurer du travail et du bien-être de nos intervenants, là, en services
sociaux.
Vous savez, avant, il y a quelques... certaines
personnes m'ont demandé : Bien, pourquoi on les a séparés? Il y avait la
direction multi, mais ça incluait des intervenants... des technologues en radiologie,
technologues en EEG. Donc, nous, on veut vraiment, vraiment avoir un regard
précis et centré sur les services sociaux. Puis ça, ça va être dans tout
l'arbre du réseau de la santé, donc non seulement au niveau de Santé Québec,
mais également dans les établissements. Tu sais, on veut que, dans les
établissements, il y ait une direction de service social pour gérer les
intervenants psychosociaux.
Mme Dorismond : Il me reste
combien de secondes?
Le Président (M. Morin) : Il
vous reste 52 secondes, Mme la députée.
Mme Dorismond : Bon, ça veut
dire qu'on va améliorer le réseau de la santé, l'accès aux services en santé
mentale va être amélioré, et je suppose aussi que non seulement on va pouvoir
passer de la troisième ligne à la première ligne mais on va surtout renforcer
la première ligne, M. le ministre?
M. Carmant : ...mentionné
d'entrée de jeu, là, que ce soit en santé mentale ou en jeunesse, le
financement est disproportionnel en services spécialisés, là. On parle... les
deux, là, c'est 1 milliard de dollars... c'est plus de
1 milliard de dollars en services spécialisés versus 200 millions en
première ligne. Il faut vraiment rétablir les services de première ligne,
faciliter l'accès et orienter les patients de façon adéquate par la suite. Puis
je pense que ça, c'est ce qu'on vient faire avec Santé Québec puis surtout
valoriser également le rôle de nos infirmières puis de nos <techniciennes...
M. Carmant :
...Santé
Québec puis surtout valoriser également le rôle de nos infirmières puis de nos >techniciennes
en sciences infirmières à travers le réseau.
Le Président (M. Morin) : Très
bien. Alors, merci. Maintenant, pour le prochain bloc, je vais céder la parole
à la députée de Robert-Baldwin pour une période de 18 minutes.
Mme Garceau : Merci, M. le
Président. Je vais revenir sur la question de la députée de Roberval, que je
remercie, concernant la formation. Très bonne question parce que ça découle,
évidemment, de la mise en œuvre des nouvelles dispositions de la Loi sur la
protection de la jeunesse qui sont entrées en vigueur hier. Donc, bon moment
d'en discuter parce qu'il y avait toutes ces questions, évidemment, de deux
mesures ou deux dispositions en particulier concernant l'exposition d'un enfant
à la violence conjugale qui va être un motif de signalement en soi, et aussi le
plan de transition à la vie d'adulte.
Je veux juste comprendre, au niveau de... parce
que je sais qu'il y a quand même eu un retard au niveau de la communication aux
intervenants, les intervenantes, qu'il y aurait une formation à suivre. Même,
je cite Sébastien Pitre, qui est le responsable du dossier de la DPJ à l'APTS,
qui mentionnait, là, qu'on était au 20 mars 2023, et les gens, les
intervenants, les intervenantes n'étaient pas au courant qu'ils devaient
suivre, là... J'aimerais comprendre pourquoi le retard.
M. Carmant : ...retard. Tu
sais, premièrement, quand on a passé le projet de loi, on l'a dit d'emblée,
qu'il allait y avoir une formation sur les changements à la LPJ quand on a
passé le projet de loi à l'époque. Je pense qu'il y a eu beaucoup... il y a
énormément de travail qui a été mis là-dessus par nos équipes, là, pour faire
cette formation-là, interactive, intéressante et facile à suivre.
Comme je vous dis, les résultats...
Effectivement, tu sais, je pense que ce qu'il aurait voulu dire, c'est... effectivement,
la formation a été disponible quand même tard si le changement à la loi
arrivait le 26 avril, mais, quand même, les résultats sont
impressionnants, là : 6 125 sur 6 200 qui sont inscrits puis
presque 5 000 qui ont complété la formation. Puis je remercie les
directions de la protection de la jeunesse d'avoir libéré les intervenants pour
pouvoir suivre cette formation-là.
Mais ce n'est vraiment pas... tu sais,
c'est vraiment le temps de prendre la formation, vous savez, faire l'édition,
etc., qui nous a pris un peu plus de temps, mais ce n'est pas l'annonce.
Mme Garceau : ...que je
comprends de la réponse à la députée de Roberval que tous les intervenants et
toutes les intervenantes, c'est... équivaut à 6 200 dans le réseau?
C'est... Il n'y en a pas d'autres? Donc, ça veut dire que tout le monde, tout
le monde, presque tout le monde, s'est inscrit.
M. Carmant : Oui, presque
tout le monde qui devait faire la formation... a été fait, là. C'est sûr qu'il
y a des... Tu sais, c'est ceux qui ont besoin d'appliquer la loi qui se sont
inscrits. Je suis sûr qu'il y a des employés qui n'ont pas besoin de cette
formation-là. Donc...
Mme Garceau : ...parce qu'il
y avait le tableau que vous aviez déposé cet avant-midi, et je vois, là, 26 000,
26 000 en termes...
M. Carmant : Ça, c'est tous
les services sociaux.
Mme Garceau : Ça, c'est...
OK.
M. Carmant : Ça, c'est
techniciens et professionnels, tous les services sociaux. Jeunesse, c'est à peu
près 12 000, puis la protection de la jeunesse, c'est à peu près la moitié
de ça.
Mme Garceau : OK. Donc,
c'était... et je comprends, d'un article, c'étaient six modules de formation.
Vous en avez nommé quatre. Est-ce que je peux savoir c'est quoi, les deux
autres?
• (15 h 20) •
M. Carmant : Bien, je peux
peut-être les répéter, mais je pense, à part l'introduction, je les ai tous
nommés, là. Je vous arrive là-dessus, c'est ça, donc interprétation et
application de la Loi de la protection de la jeunesse; confidentialité et
communication de renseignements; exposition à la violence conjugale; passage à
la vie adulte; intervention judiciaire; Premières Nations, Inuits.
Mme Garceau : ...en ligne? C'est
virtuel?
M. Carmant : Oui, c'est
disponible.
Mme Garceau : OK. Et c'est
des formations d'une durée de combien de temps?
M. Carmant : Ah! c'est un bon
six heures, là, à suivre tout ça, là, du début à la fin.
Mme Garceau : Donc, une heure
par module?
M. Carmant : À peu près. Puis
il faut vraiment le compléter, là. Si vous ne regardez pas les vidéos, vous
n'avez pas le droit de passer au prochain, là. C'est assez difficile.
Mme Garceau : Oui, oui. Vous
devez... oui, oui.
M. Carmant : Moi, je fais la...
Mme Garceau : Est-ce que ça
serait possible d'avoir accès à ces modules? Est-ce qu'on pourrait avoir...
M. Carmant : Je peux en
discuter, là. Je... Vous me prenez un peu par <surprise...
M. Carmant :
...peux
en discuter, là. Je... Vous me prenez un peu par >surprise.
Mme Garceau : Ou un
engagement de nous transmettre l'information concernant ces modules?
M. Carmant : On va regarder.
Je ne peux pas vous promettre, mais on va... je vais regarder avec les équipes
du ministère.
Mme Garceau : Vous allez nous
revenir? Merci beaucoup. Parce qu'on se comprend, que, si on regarde
aujourd'hui la complexité de la violence conjugale, je vais être très honnête
avec vous, incluant la notion de contrôle coercitif, une heure de formation en
violence conjugale, et vous avez dit «dans le sens large», et que ça soit
virtuel, ne semble pas adéquat, surtout compte tenu du travail que les
intervenantes doivent faire, les intervenants, les évaluations qui deviennent
de plus en plus complexes. Et on sait qu'on en échappe, on se dit les vraies
choses, on sait qu'on en échappe parce qu'on n'est pas allés en profondeur de
l'évaluation, compte tenu de la nature... Des fois, ça peut être très subtil,
cette question de violence conjugale.
Et donc j'aimerais voir si vous seriez
ouvert à voir... à donner une formation beaucoup plus approfondie concernant la
violence conjugale, parce qu'il y en a, des experts, partout à travers le... et
j'en... j'en ai en tête, et la formation qu'ils donnent, c'est beaucoup plus
qu'une heure. Et surtout, compte tenu du domaine, j'aimerais bien avoir cette
ouverture de votre part concernant... parce que c'est dans l'intérêt des
enfants, au bout du compte, M. le ministre.
M. Carmant : Bien, ça, je
suis ouvert, par exemple, à des formations complémentaires. Puis c'est pour ça
que je mentionnais qu'une partie importante aussi, là, puis, ça, je l'annonçais
aujourd'hui pour la première fois, ça va être de faire venir des intervenantes
en personne pour échanger. Puis on va s'assurer que ça va être un des sujets
qui va être présent puis...
Mme Garceau : Simon Lapierre.
Pensez à ce nom, Simon Lapierre.
M. Carmant : Ah! on l'a
rencontré dans... dans le contexte du projet de loi.
Mme Garceau : Parce qu'il
donne des... il donne des formations, je vais dire, intensives et très, très
bonnes au niveau de... de la violence. Donc, je voulais juste vous transmettre
ce message parce que je crois qu'il est important.
Au niveau du plan de transition à la vie
adulte, qui est excessivement important... parce que, nous le savons, puis j'ai
vu parmi les chiffres, là, on est à 6 800, on était, en 2021-2022, à
6 800 jeunes entre 16 ans et 17 ans. Je n'ai pas les
données pour l'année 2022-2023. On va présumer qu'on est à peu près à... à
ce niveau-là. Puis je vois que vous avez 6 200 intervenants,
intervenantes. Donc, qui s'occupe principalement ou qui va s'occuper
principalement de ce plan-là avec les... avec les adolescents?
M. Carmant : Alors, c'est
le... c'est le groupe PQJ, qualification jeunesse, qu'on a rehaussé déjà il y
a... il y a deux ans, où on a doublé le nombre d'intervenants qui s'occupent du
PQJ et qui ont pris... prendre en charge beaucoup plus de jeunes également.
Donc, c'est vraiment ceux-là qu'on veut... c'est vraiment eux qu'on veut qu'ils
travaillent sur la transition à la vie adulte. Puis, comme je vous dis, on...
on va s'assurer qu'un plan soit fait à partir de l'âge de 16 ans, et
également on va s'assurer que le... les jeunes aient accès à... à des mentors.
On travaille avec nos municipalités aussi pour leur trouver des emplois d'été.
On veut regarder sur le plan de l'éducation avec le ministère de l'Éducation.
Donc, on... c'est sûr qu'on a... l'investissement est là, les intervenants sont
là, et je pense qu'on va s'ajuster avec la capacité qu'on... qu'on a.
Mme Garceau : Donc, je
comprends que, maintenant, cette disposition est en vigueur, et donc le plan,
l'élaboration du plan, je présume qu'il est prêt, il est complet.
M. Carmant : Bien, pour...
jeune par jeune, ça va se faire, là. Je veux dire... Qu'est-ce que vous voulez
dire? Le programme? Le programme, il est complet, oui. Le programme PQJ, c'est
un programme qui a... tu sais, qui a été développé et qui a été... on a
ajouté... on a doublé le nombre d'intervenants avec le dernier investissement
qu'on a fait. Et ça, c'est des postes qui sont comblés à 100 %, là, parce
que c'est... Et donc je pense que c'est... chaque jeune à la fois va pouvoir
avoir son plan de vie qui est fait.
Mme Garceau : Mais je
comprends que madame... votre directrice nationale avait mentionné à un
journaliste qu'elle avait une carte routière. Et, la carte routière, donc, je <présume...
Mme Garceau :
...mentionné
à un journaliste qu'elle avait une carte routière. Et, la carte routière, donc,
je >présume qu'on parle de ce plan de transition. Donc, j'aimerais
savoir : Est-ce qu'on peut le voir, ce plan de transition?
M. Carmant : OK. Moi, je ne
connais pas les cartes routières, là, donc, M. le Président, je passerais la
parole à...
Mme Garceau : Oui.
Le Président (M. Morin) : Si
tous les députés consentent, je vais donc donner la parole à Mme Lemay.
Consentez-vous, Mme la députée de Sherbrooke? Oui? Très bien. Alors, Mme Lemay.
Mme Lemay (Catherine) : Oui,
bonjour. Alors, la carte routière, vous comprenez que c'était une métaphore que
je donnais pour dire que le plan que le jeune aura pour préparer la transition
vers la majorité comportait une voie principale puis peut-être des voies
secondaires, dépendamment de comment allait évoluer la vie. Mais effectivement
les intervenants vont désormais pouvoir compter...
D'abord, il y a une norme, une norme de la
direction... de la direction nationale de la protection de la jeunesse qui a
été émise pour décrire l'ensemble des responsabilités que les intervenants
auront par rapport au passage à la vie adulte, les gens qu'ils doivent mettre à
contribution, comment ils doivent considérer l'âge de l'enfant, les
opportunités, etc., les personnes significatives. A-t-il un lieu d'hébergement?
A-t-il aussi une qualification ou veut-il continuer l'école, etc.? Et ça, ça
prend la forme d'un gabarit officiel qui est... qui est disponible dans tous
les établissements.
Maintenant, il faut se dire que les
enfants qui ont actuellement... les enfants, pardon, les jeunes qui ont
actuellement 16 ans, certains établissements, puis je dirais la majorité des
établissements, avaient déjà des plans qu'ils faisaient avec les jeunes pour
préparer le passage à la vie adulte. Ce qu'on vient formaliser dans la loi,
c'est l'obligation d'avoir un plan au minimum à 16 ans, mais peut-être plus tôt
si les jeunes en ont besoin. Et ce sera, pour tous les jeunes, le même format,
la même réflexion qui sera faite autour de ça.
Et d'ailleurs notre groupe de jeunes, là,
qu'on a mis en place dans le cadre de la commission Laurent, qui est notre
groupe de sages que d'ailleurs le ministre a rencontrés, a validé le contenu du
plan et nous a, en bon français, challengés sur les différents éléments pour
assurer que nous, les adultes, on était bien en phase avec leurs besoins.
Mme Garceau : Merci. Donc, je
reviens. Vous aviez mentionné, M. le ministre, à la députée de Roberval que le
plan est dans quatre régions. Est-ce que je vous ai bien compris?
M. Carmant : Ah! non, non. J'avais...
On parlait de TÉVA pour la déficience intellectuelle, déficience physique,
trouble du spectre de l'autisme. Non, le plan...
Mme Garceau : Non, est à
travers... dans tous les établissements. OK. Je veux juste m'assurer...
M. Carmant : Oui, oui. C'est
ça. Ça, c'est pour DI-DP-TSA.
Mme Garceau : Désolée, je
voulais juste revenir...
M. Carmant : Transition à la
vie adulte, c'est DPJ puis c'est tout le monde. Excusez-moi, là. Je n'aurais
pas dû utiliser un acronyme.
Mme Garceau : OK.
J'aimerais... J'avais... Je voulais revoir avec vous la question de délai de
traitement, délai de traitement entre la date de signalement, le dépôt d'un
signalement, et la date de l'évaluation ou le début de l'évaluation. Parce qu'à
ma question 440 la réponse du ministère était à l'effet que vous n'aviez pas
les données disponibles pour nous dire c'est quoi, le délai, la moyenne du
délai. Mais je comprends que les données sont disponibles parce que je vois le
tableau de bord du ministère, et, à Montréal, l'évaluation, le nombre moyen de
jours d'attente pour obtenir une évaluation, on est rendus à 85,27 jours, donc
presque trois mois.
M. Carmant : C'est sûr que
ces données-là sont disponibles, puisque c'est sur le tableau de bord. Mais ce
qu'on a mis comme mécanisme, c'est vraiment au niveau de la réception,
traitement du signalement. On ne fait plus juste une évaluation téléphonique.
La plupart des... La plupart des signalements ont une vérification terrain qui
est faite pour s'assurer que le signalement soit bien classifié et ensuite
passer à l'évaluation, orientation.
Mais, encore une fois, les P1, P2 sont
pris en charge dans les 24 heures. L'enjeu, c'est le nombre de P3 qui sont...
qui sont présents.
• (15 h 30) •
Mme Garceau : Donc, les P1,
P2, si je comprends bien, lorsqu'il y a un signalement, il y a comme tout de
suite, immédiatement, dans les 24 heures, 48 heures, une révision pour
déterminer si on va procéder ou pas à l'évaluation.
M. Carmant : ...c'est ça.
Mme Garceau : Mais il y a
quand même presque... Je regarde dans la région de Montréal, qui est quand même
beaucoup plus élevée, en termes de moyenne, que partout à travers le Québec.
Québec, c'est... dans les autres régions, 55 jours versus 85. Pourquoi est-ce
que c'est si élevé à Montréal...
15 h 30 (version révisée)
Mme Garceau : ...dans les
autres régions, 55 jours versus 85. Pourquoi est-ce que c'est si élevé à
Montréal?
M. Carmant : Bien, on a eu
des gros enjeux avec la DPJ anglophone, avec la formation, là, qui était au
niveau du... pour les travailleuses sociales, donc, puis parce que beaucoup
avant avaient un... en tout cas, un background de psychologue, avec le temps,
ont été approuvés pour faire l'évaluation, orientation. Et maintenant, il y a
le programme de McGill qui fait des travailleuses... qui gradue des
travailleuses sociales, puis il y a un programme à Concordia qui... où les gens
n'ont pas nécessairement leurs actes réservés.
Ça fait qu'on est en train... En fait, on
a mis un beau programme avec eux pour permettre une... pendant que leur
formation se complète avec des cours additionnels, s'assurer qu'ils puissent
faire une partie de l'évaluation et qu'ils puissent également compléter leur
formation pour avoir droit aux actes réservés dans la fenêtre des
psychoéducateurs. Donc, ça, ça nous a permis d'augmenter la capacité, puis c'est
une des raisons pourquoi la liste d'attente... Puis on va continuer à les
former.
Mme Garceau : OK. J'ai eu un
échange avec la présidente de la Fédération des familles d'accueil et
ressources intermédiaires du Québec, Mme Geneviève Rioux. J'ai été quand même
assez préoccupée par ce qu'elle m'a dit au niveau... qu'on est en train de
créer des enfants d'État, et les enfants d'État dans le sens que... et je l'entends,
sur le terrain, je l'entends des parents, je l'entends des procureurs, au
niveau de... Vous avez parlé que nous, premièrement, avant que les enfants
entrent dans le système, on veut aider les parents. Ça devrait être ça, le but,
l'objectif, mais, une fois que la DPJ, il y a un signalement, on retient... et
là c'est la question de... Les parents, souvent, des fois, c'est des droits d'accès
supervisés, ils ne voient pas leurs enfants et tout ça, et surtout les petits,
les bébés. Et on me dit souvent : On n'a pas... on n'offre pas aux parents,
en amont, des services.
Je l'entends partout. Les parents sont
frustrés, les avocats sont frustrés, parce qu'il n'y a pas seulement les
services qui ne sont pas offerts, mais également les délais indus devant les
tribunaux parce qu'il n'y a pas de juges, et, des fois, on a des... on reporte
des causes. Ce n'est pas huit mois, c'est un an. Et, des fois, pour les petits
bébés à trois mois, quatre mois, là, on est rendu à 18 mois, et les
parents n'ont pas pu reprendre leurs enfants. Vraiment... je trouve ça... Il
faut faire quelque chose au niveau de l'intérêt de l'enfant.
Et c'est pour ça que je parlais au niveau
du commissaire, au niveau des droits, parce qu'on touche des droits
fondamentaux des enfants, là, qu'ils ne sont... Je m'excuse, mais ce n'est pas
à l'État, les familles d'accueil... Quand les parents sont outillés, et tout
ça, il faudrait travailler là-dessus pour qu'ils puissent aller récupérer leurs
enfants le plus tôt possible puis qu'ils ne soient pas dans le système
pendant... pas juste deux, trois mois, là, on parle d'un an et demi, 18 mois
et plus.
Le Président (M. Morin) : ...si
vous pouvez répondre très, très succinctement, là.
M. Carmant : OK. Deux choses
importantes, c'est... on l'a élargi, mères toxicomanes, mères santé mentale,
ils offrent beaucoup plus de services qu'avant. Puis, l'autre chose qu'on vient
de partir, c'est... tu sais, c'est jeune... santé mentale des nouveaux parents,
mais le but, c'est vraiment de venir aider pour, tu sais, que... dépression
postnatale, et tout ça, des problématiques qui peuvent entraîner... qui peuvent
entraîner une intervention de la DPJ. Puis je vous remercie d'avoir commenté en
faveur la fin de l'alerte bébé qu'on a mise sur pied aussi.
Le Président (M. Morin) : Merci,
M. le ministre.
M. Carmant : Je suis au même
endroit que vous.
Le Président (M. Morin) : Je
vais maintenant céder la parole à Mme la députée de Sherbrooke, pour un bloc de
11 min 35 s, s'il vous plaît.
Mme Labrie : Merci, M. le
Président. Plus tôt, le ministre a répondu à ma collègue qu'il voulait réduire
le nombre de dossiers qui se rendent à la DPJ. Il a dit que les 32 000 signalements
qui sont cotés priorité 3, actuellement, ne devraient pas se retrouver là. J'aimerais
ça, qu'il nous donne des exemples de signalements, là, qui sont priorité 3,
actuellement.
M. Carmant : Bien, je la
remercie de cette question, parce que ça, c'est quelque chose qui me tient
vraiment à cœur : pratiques parentales inhabituelles. Tu sais, moi, je
suis d'origine haïtienne, là, j'ai eu des fessées, là. Donc, ça, c'est quelque
chose de commun dans certaines communautés. Si un enfant dit ça à l'école, ça
peut mener à un signalement parce que... Il y a Centre-Sud, le CIUSSS
Centre-Sud, qui s'est associé avec un organisme communautaire, ils ont un
programme, Option Protection, où, à la réception du signalement, ils vont avec
l'organisme <communautaire...
M. Carmant :
...ils
ont un programme, Option Protection, où, à la réception du signalement, ils
vont avec l'organisme >communautaire, et, souvent, l'organisme
communautaire prend la relève, mais, si le signalement est accepté, ça passe à
travers toute la chaîne.
Négligence vestimentaire ou alimentaire,
tu sais, ça, ça prend de l'aide. On a un programme en négligence où les
organismes communautaires peuvent nous aider aussi, puis ça aussi, on a
rehaussé le financement, 28 millions il y a deux ans. Il y a eu des
augmentations d'utilisation, mais il y a encore beaucoup de travail à faire.
Puis trouble... Non, ça suffit? OK.
Mme Labrie : Bien, ce sont d'excellents
exemples, je remercie le ministre. Puis, tant mieux, si la façon de faire
permet d'éliminer des situations de racisme systémique, par ailleurs, dans la
situation.
Le ministre a fait référence aux
organismes communautaires pour pouvoir répondre à ces situations-là. Je suis
d'accord avec lui qu'ils sont les mieux placés pour ça. Par contre, lui-même
l'a dit, que les organismes communautaires, bon, la cible de
200 000 $ de financement plancher, elle n'est pas atteinte encore,
c'est lui-même qui nous l'a dit tout à l'heure. Est-ce qu'il pense que, même en
ajoutant 15 000 $ de plus par année, par organisme, ça va être
suffisant pour détourner 32 000 signalements par année vers les
organismes, pour leur permettre de répondre à ça?
M. Carmant : Non. Tu sais, je
pense que les organismes communautaires familles ont leur rôle à jouer, mais il
y a d'autres organismes qui viennent nous aider également pour les pratiques
parentales. On développe également un programme d'aide à la parentalité, qui
devrait commencer à être dans le réseau à partir du mois... à partir de cet
automne. Donc, tu sais, il y a plusieurs types d'organismes communautaires qui
peuvent venir nous aider, ceux en négligence, d'autres organismes aussi. Donc,
tu sais, les organismes communautaires familles, c'est vraiment un petit groupe
parmi tous ceux qui ont... qui jouent dans la petite enfance.
Mme Labrie : Bien, je suis
contente que le ministre le dise, parce qu'effectivement les organismes qui
sont soutenus par le PSOC aussi sont susceptibles d'aider. Est-ce qu'il a
l'impression que les montants versés à ces organismes-là actuellement sont
suffisants? Parce qu'on parle quand même d'essayer de, je vais dire, détourner
32 000 signalements par année vers une réponse qui est plus
communautaire. Moi, je partage cette vision-là avec le ministre, mais je ne
suis pas convaincue du tout que ces organismes-là, actuellement, ont les
ressources pour prendre en charge une telle augmentation, là, de demandes.
M. Carmant : Je pense que
c'est un ajout significatif, là, 39 millions de dollars, cette année,
36 de cette année plus 3 millions qui était prévu au budget de l'an
dernier, pour les organismes communautaires. Moi, je pense que c'est un choix,
là, que j'ai... qu'on a pris en pleine conscience, parce qu'on aurait pu mettre
une partie de cet argent-là en santé mentale. Tu sais, il faut vraiment... moi,
je... mais je pense que le bon choix, c'est d'aller aider les organismes
communautaires.
Puis, une fois que cette décision-là est
prise, c'est aux tables régionales de décider quels sont les besoins. Vous
savez que, d'une région à l'autre, dépendamment depuis quand ils sont dans les
organismes communautaires, leur financement est variable. Donc, ça, je laisse
vraiment ça aux tables régionales, mais comme ce que je dis à chaque année,
moi, tant que je serai là, on va continuer à aider les organismes
communautaires puis à rehausser leur financement, pas juste l'indexation mais
également des nouvelles sommes.
Mme Labrie : Le ministre le
dit souvent que, bon, la répartition, ça doit se faire à l'échelle locale, puis
il y a des enjeux d'équité là-dedans. Puis je trouve ça important aussi, là.
L'enjeu qu'on a, c'est que la tarte à se répartir n'est pas suffisamment
grosse. Est-ce qu'il le reconnaît?
M. Carmant : L'enjeu, c'est
qu'on nous demande... les organismes demandent 340 millions. Depuis qu'on
est arrivés, on a donné déjà 160 millions. L'enjeu, c'est qu'on ne peut
pas faire ce rattrapage-là d'un seul coup, tu sais, il faut... il y a
d'autres... on doit... on doit le faire progressivement pour s'assurer que tout
le monde, tous les... santé mentale... soit occupé, reçoive des sous, les
organismes communautaires mais toutes les missions en dépendance, itinérance,
etc. Donc, c'est sûr que ce n'est pas suffisant pour combler les besoins
complets, mais on va y aller progressivement, puis ça, je travaille ça avec eux
régulièrement, là. Je les rencontre deux fois par année, les regroupements
nationaux.
Mme Labrie : ...de
l'indexation, notamment, le ministre en a parlé, actuellement, c'est fait avec
l'IPC. Or, les organismes plaident qu'en ce qui les concerne leurs besoins
financiers sont quand même différents de l'IPC, là, on parle de salaires, on
parle de loyer, des choses qui augmentent à une vitesse complètement
différente. Est-ce qu'il est ouvert à réviser la base de calcul pour
l'indexation?
M. Carmant : ...c'est
vraiment le seul où les montants sont indexés. Donc, je pense que les
organismes qui font partie du PSOC... les autres sont envieux de leur
situation. Je n'irais pas là. Puis, tu sais, les montants sont considérables.
Par exemple, cette année, je pense que c'est 26 millions de dollars
d'indexation, là, qui vient s'ajouter.
Une voix : ...
• (15 h 40) •
M. Carmant : 29 millions
de dollars qui vient s'ajouter aux 39 millions réguliers. Donc, c'est des
sommes considérables. Je comprends les enjeux, mais je pense que je n'irais pas
jusqu'à dire qu'on va modifier la façon de faire au niveau...
Mme Labrie : Pour <calculer...
M. Carmant :
...mais
je pense que je n'irais pas jusqu'à dire qu'on va modifier la façon de faire au
niveau...
Mme Labrie :
Pour >calculer
l'indexation, donc, le ministre n'est pas ouvert à le modifier. Parce que
l'IPC, ça marche, dans certaines circonstances, pour calculer la mesure
d'indexation à faire, mais, quand on parle de soutenir un organisme
communautaire, leurs principales dépenses, c'est des ressources humaines. Ils
doivent faire un rattrapage salarial dans le contexte de la pénurie de main-d'oeuvre,
ils vivent des augmentations de loyer en lien avec le marché locatif actuel. Le
ministre est très au courant de ça. Notamment, les augmentations salariales
qu'ils doivent faire, c'est pour se démarquer par rapport à l'autre employeur
qu'est le réseau de la santé et des services sociaux. Donc, le calcul
d'indexation par rapport à l'IPC, clairement, là, n'est pas suffisant pour leur
permettre... Donc, même avec l'indexation qu'ils reçoivent, la lecture que les
organismes font, c'est qu'ils s'appauvrissent.
M. Carmant : Oui. Bien, je
les entends, mais, comme je vous dis... Tu sais, par exemple, les organismes
communautaires famille ne sont même pas indexés. Donc, tu sais, moi, je pense
que notre mécanisme, ici, fonctionne puis moi, je ne suis pas prêt à réviser
ça, présentement, en tout cas.
Mme Labrie : OK. Donc, parce
qu'ils sont moins pires que les autres, on les laisse comme ça.
M. Carmant : Parce qu'on a
beaucoup de services à améliorer.
Mme Labrie : OK. Quand j'ai
posé des questions, il y a quelques mois, sur le suivi du rapport de la
commission Laurent, le ministre m'a parlé du comité indépendant qui s'occupait
de faire le suivi de ces recommandations. Je suis très contente qu'il y ait un
comité indépendant qui fasse ça, qui se penche là-dessus. Est-ce que le
ministre s'assure que le comité a accès à toutes les informations dont ils ont
besoin pour faire le suivi de l'ensemble des recommandations?
M. Carmant : OK. Nous, on a
communiqué avec eux il y a deux semaines puis on va s'assurer que toute
l'information leur soit transmise. J'ai parlé également avec les ex de la DPJ
puis avec le groupe de jeunes qui suit le projet. Donc, on tient vraiment tout
le monde informé des progrès.
Mme Labrie : Donc, s'il y
avait des demandes particulières pour pouvoir faire le suivi de certaines
recommandations, là, il y aurait de la collaboration de la part de votre
ministère?
M. Carmant : Ah! absolument.
Moi, c'est... Le sujet de la commission Laurent, là, je suis transparent
là-dessus.
Mme Labrie : OK. Parfait.
Est-ce que le ministre a déjà visité un centre jeunesse depuis qu'il est
député?
M. Carmant : Oui.
Mme Labrie : Bien, il est
chanceux, parce que c'est quelque chose que j'ai essayé de faire, moi, comme
députée, aussi, d'abord, comme députée locale, puis ensuite comme porteuse de
dossiers en services sociaux, ça m'a toujours été refusé pour toutes sortes de
raisons, de prétextes. Je pense que c'est une entrave à la réalisation de notre
travail de ne pas pouvoir aller voir sur le terrain, surtout qu'il y a quand
même plusieurs personnes qui déplorent les conditions d'hébergement en centre
jeunesse. Il y a eu des situations qui ont été médiatisées, il y en a d'autres
qui ne le sont pas, mais ce n'est pas toujours beau, ce qu'on entend à propos
des conditions d'hébergement. J'aimerais ça, savoir ce que le ministre pense de
ça, qu'on nous refuse l'accès pour aller rencontrer des comités de résidents ou
aller visiter des installations.
M. Carmant : Bien, je sais
que les... nos députés, tu sais, ne visitent pas non plus les centres jeunesse.
Moi, je pense que, tu sais, la situation au niveau de leur travail est quand
même assez intense, là, donc je pense que c'est la raison pour laquelle ce
n'est pas une pratique habituelle, là, de permettre aux députés de visiter les
centres jeunesse.
Mme Labrie : Dans la mesure
où le ministre lui-même a accès à faire ces visites-là...
M. Carmant : Puis moi... juste
pour compléter, moi, je n'ai pas... je n'ai jamais été comme sur leur... tu
sais, à travailler avec eux ou observer qu'est-ce qu'ils font pendant leur
travail, là. C'est vraiment des rencontres...
Mme Labrie : Non, je ne parle
pas de ça, je parle d'aller visiter des installations, visiter des lieux, voir
comment sont les lieux physiques des centres jeunesse. Moi, j'aimerais savoir
si le ministre est prêt soit à ce qu'on puisse faire des visites ensemble, s'il
faut être en sa présence pour avoir accès à ces centres d'hébergement là, ou
s'il est prêt à envoyer une directive pour permettre aux députés d'avoir accès
aux centres jeunesse et aux comités de résidents.
M. Carmant : Bien, tu sais,
il y a des enjeux de confidentialité. Il y a plusieurs enjeux, là, de... Il
faudrait que j'y réfléchisse.
Mme Labrie : Des enjeux de
confidentialité par rapport à aller visiter des installations?
M. Carmant : Reconnaître des
jeunes de son comté, tu sais, toutes de sortes choses qui pourraient être
malaisantes. Ça fait que je ne sais pas, là.
Mme Labrie : Mais, si le
ministre peut le faire, j'imagine que... Quand il le fait, est-ce qu'il signe
des ententes de confidentialité, à ce moment-là? Parce que c'est quelque chose
qui est possible.
M. Carmant : Bien, tu sais,
premièrement, je n'ai jamais visité, dans mon comté, là, de centre jeunesse, mais,
comme je dis, il faudrait que j'y réfléchisse, là. Je n'ai pas d'opinion
là-dessus, là, mais...
Mme Labrie : Puis est-ce
qu'il...
M. Carmant : C'est la
première fois qu'on me fait cette demande, là.
Mme Labrie : OK. Puis est-ce
que le ministre estime que les ressources pour l'aménagement de ces lieux-là
sont suffisantes? Je ne sais pas lesquels il a visités, mais moi, ce que
j'entends de certains milieux, disons que ça ne correspond pas aux <standards...
Mme Labrie :
...visités,
mais moi, ce que j'entends de certains milieux, disons que ça ne correspond pas
aux >standards qu'on voudrait offrir à des enfants qui sont dans une
situation critique de leur vie, là.
M. Carmant : Non. C'est sûr
que les centres jeunesse, c'est des choses qui sont... de vieilles
constructions, là, et, bon, on a un projet pour en faire un à Sainte-Thérèse,
là, mais il y a plusieurs aménagements qui devraient être améliorés, là, ça,
j'en suis bien conscient, là. C'est une question de priorisation, comme vous
savez, hein, il y a des hôpitaux à construire dans... Maisonneuve-Rosemont, on
en parle souvent ici.
Mme Labrie : Mais est-ce
qu'ils sont suffisamment priorisés au moment de décider des investissements en
infrastructures puis en amélioration des infrastructures? Est-ce qu'à l'avis du
ministre les centres jeunesse sont suffisamment priorisés?
M. Carmant : Bien, on
pourra... Puis comme je vous dis, on en a un nouveau qui s'en vient. On
travaille pour mettre les autres le plus rapidement possible dans la liste du
PQI, qui est déjà très chargée.
Le Président (M. Morin) : Alors,
je vous remercie. Ceci met fin à ce bloc, Mme la députée. Alors, je cède
maintenant la parole à la députée de D'Arcy-McGee pour un bloc de
17 min 9 s. Mme la députée.
Mme Prass : Merci, M. le
Président. Là, je voudrais qu'on parle d'itinérance et de nos jeunes. Je vais
vous parler d'un organisme, je suis certaine que vous êtes familier : le
Regroupement des Auberges du cœur du Québec, qui sont des maisons d'hébergement
pour les jeunes en difficulté et sans-abri. Donc, il y a une disparité au
niveau du financement que reçoivent les auberges, comparé à d'autres organismes
similaires. Donc, ils reçoivent... présentement, les auberges reçoivent
129 $ par lit pour l'hébergement, tandis que, pour un centre jeunesse,
c'est 291 $ qui est déboursé par le gouvernement, et, pour un centre de
détention fédéral, c'est 314 $. Donc, quand même une grande disparité.
Là, pour... dans le cas du plan... le
PSOC, soutien aux organismes communautaires, une jeune auberge reçoit 416 978 $,
une auberge plus vieux mais dans le même réseau, 692 289 $... et
19 autres auberges qui reçoivent 510 636 $, même si le coût est
pareil dans chacune des maisons... excusez-moi, des Auberges du cœur. Donc, je
voudrais savoir comment cette disparité s'explique.
M. Carmant : Bien, la
disparité, c'est une des choses qu'on veut régler, là, c'est... Comme je
mentionnais tout à l'heure, ça dépend du site, parce que c'est les... la
distribution est régionale, puis ça dépend aussi beaucoup depuis quand
l'organisme reçoit du PSOC, parce que le PSOC est indexé, et les sommes sont
ajoutées à chaque année. Donc, ceux qui sont là depuis plus longtemps reçoivent
plus que d'autres qui font la même mission dans une autre région, par exemple.
Puis ça, c'est une des choses que... sur laquelle on veut travailler, là,
l'harmonisation, régionalisation du PSOC. Ça aussi, j'en parle avec le
regroupement. Les Auberges du cœur, on leur a quand même... on a investi
5 millions de dollars dans l'hébergement... DPJ, post-DPJ, l'an
dernier. La vaste majorité des sommes est allée aux Auberges du cœur.
Il y en a beaucoup, de causes, là, tu
sais, c'est... Comme je vous dis, il faut qu'on fasse des choix difficiles.
Nous, on pense qu'on est venus en aide aux Auberges du cœur et à l'hébergement
post-DPJ, il faut qu'on regarde aussi à aider d'autres causes, en effet, santé
mentale, violence conjugale. Donc, c'est des choix qui sont à faire. On les a
aidés, puis on est... tu sais, on est ouverts, là, je suis toujours ouvert à
les rencontrer, mais ils doivent comprendre aussi que la priorisation doit se
faire aussi sur une base régionale, là.
Mme Prass : D'accord. Bien,
je suis contente d'entendre que vous serez prêt à les rencontrer, parce qu'ils
ont un projet pour Montréal, l'hébergement jeunesse Le Tournant. Ils ont
contacté votre cabinet à deux reprises, en février 2022 et janvier 2023...
jamais recevoir... sans recevoir plus qu'un accusé de réception. Eux, ils ont
un bail corporatif de 10 ans avec leur CIUSSS local, une installation Aire
ouverte, dont vous parlez souvent, va être au rez-de-chaussée de leur bâtiment,
et ils ont pu amasser plus de 12 millions de dollars en financement
fédéral et privé, mais rien de la part du Québec.
Donc, est-ce que ça veut dire... comme
vous venez de dire, vous devez prioriser différentes réalités, donc est-ce que
ça veut dire que, dans ce cas-là, c'est un projet que vous abandonnez? Parce
que, bien, de ce qu'ils nous disent, il n'y a vraiment pas d'écoute de la part
du gouvernement pour ce projet. Donc, est-ce que vous mettez vos efforts
ailleurs?
• (15 h 50) •
M. Carmant : Bien, écoutez,
là, tu sais, comme... en plus, avec une Aire ouverte, là, c'est sûr que c'est
financé par le gouvernement en partie. Moi, on me dit qu'on leur a parlé, un de
mes conseillers leur a parlé cette semaine. Les canaux sont ouverts. Moi, je
suis prêt à entendre parler du projet, mais peut-être que... Je ne sais pas
dans quel... jusqu'à quel point ça <cadre...
M. Carmant :
...parler
du projet, mais peut-être que... Je ne sais pas dans quel... jusqu'à quel point
ça >cadre. Est-ce que ça va... Quand est-ce que... Savez-vous quand
est-ce que ça va ouvrir?
Mme Prass : Si je ne me
trompe pas, c'est pour la... c'est en 2024, mais je ne pourrais pas vous dire à
quel moment.
M. Carmant : OK. Bien,
moi, je suis prêt à les rencontrer, là.
Mme Prass : OK. Parfait.
Là, évidemment, on est plusieurs à être au courant du dossier des campeurs...
bien, des sans-abri en dessous de l'autoroute Ville-Marie qui vont se faire
déplacer en raison des travaux du ministère du Transport du Québec. Donc là, un
dernier sursis leur a été donné, jusqu'en mi-juin, mais, quand même, les
commentaires de la juge sont assez... fustigent assez fortement le gouvernement
pour dire, et je cite : «Il faut aussi dire que l'approche du ministère
des Transports Québec et plus particulièrement des autres intervenants, dont le
CIUSSS responsable de la région, ne peut pas être décrite comme proactive, non
plus que celle des personnes en situation d'itinérance.»
Donc, on comprend que le ministère des
Transports du Québec n'est pas habitué à cette clientèle, si vous voulez, et
que le CIUSSS local ait dit : Bien, nous, on s'attendait à ce que notre
processus... et les gens sans-abri doivent venir nous voir pour demander de l'aide,
mais on sait que c'est une réalité, sur le terrain, qui n'existe pas... des
gens avec des enjeux de santé mentale, de maladie, de déficience. Donc, comment
est-ce que vous allez... Qu'est-ce que vous allez donner comme directive au
CIUSSS pour s'assurer que, d'ici mi-juin, ces gens-là sont vraiment... ont une
alternative pour habiter?
M. Carmant : ...de ce
cas-là, parce que c'est judiciarisé, là, puis ce n'est vraiment pas par manque
de transparence, là, mais je vais vous donner notre approche en général aux
situations des campements. Je pense que je l'ai mentionné tout à l'heure, mais
la première chose qu'on veut, c'est que les... c'est agir avant que les
campements deviennent trop grands pour envoyer alors un organisme communautaire,
avec ou sans sécurité publique associée, pour informer et travailler avec les
personnes en situation d'itinérance, essayer de les amener vers nos refuges et,
ensuite, rentrer dans le processus, là, pour les amener vers l'hébergement
supervisé, tu sais.
Puis je pense qu'il faut reconnaître qu'on
a quand même développé une belle trajectoire, là, des refuges 24/7, des
sites de transition, du logement supervisé. On a rehaussé toute cette
trajectoire-là. Peut-être qu'il manque de places, mais, tu sais, des fois, il n'y
a pas de place ici, il y a de la place là. Donc, c'est sûr qu'il y a des
enjeux, mais je pense qu'on a développé une belle trajectoire. Puis, vraiment,
là, au niveau des campements, c'est une approche organismes communautaires, d'abord
et avant tout, pas qu'une approche de sécurité publique d'abord et avant tout.
Mme Prass : D'accord.
Là, on va revenir sur l'enjeu de personnes avec le spectre de l'autisme ou
déficience intellectuelle. On a demandé, à la question 380, par famille, en
moyenne, le taux de roulement des travailleurs sociaux qui prennent en charge
le dossier, et il n'y avait pas de données à cet effet. Et il y a quelques
semaines, le premier ministre, en Chambre, durant la période de questions, a
dit qu'il y avait un nombre suffisant d'étudiants en travail... en travail
social qui étaient dans nos universités.
En tant que mère d'un jeune garçon qui est
sur le spectre de l'autisme, moi, je peux vous témoigner qu'en l'espace de six
ans on est passé à travers huit travailleuses sociales. À chaque fois, les
parents doivent expliquer leur situation de nouveau. À chaque fois, on se rend
compte que les travailleuses et travailleurs socials n'ont pas les mêmes
connaissances. Donc, il y en a certains que... Une année, on va se faire
suggérer ou s'informer d'un programme. L'autre personne va venir, ils ne sont
pas au courant, on passe notre chance.
Et c'est d'autant plus important pour le
soutien des familles qu'on ait quelqu'un qui connaisse le dossier, qui puisse
suivre l'évolution, donc est-ce que vous avez une solution à ce taux de
roulement qui est extrêmement haut pour ces parents et ces familles?
M. Carmant : Bien, nous,
notre approche, encore une fois, c'est interdisciplinaire, avec un intervenant
pivot qui va connaître l'enfant. Puis tout le programme Agir tôt, c'est basé
là-dessus, là, que l'enfant soit évalué par une équipe et qu'il y ait quelqu'un
qui soit plus proche de cet enfant-là, qui va l'accompagner, incluant au niveau
de l'évaluation diagnostique et le suivi par la suite. Donc, ça, je pense que c'est
vraiment la solution au roulement de personnel. Puis je pense que le travail d'équipe,
ça vient valoriser beaucoup le travail et la formation de nos intervenants.
Donc, moi, je pense que c'est vraiment la façon de bien faire les choses, avec
un intervenant pivot qui connaît mieux la situation de l'enfant et de sa
famille.
Mme Prass : D'accord.
Là, on va passer à la question 401, et celui qui reprend les trois
dossiers dont j'ai discuté aujourd'hui, santé mentale, trouble du spectre de l'autisme
et itinérance. Donc, question : «État de situation du taux de suicide des
personnes qui ont un trouble du <spectre...
Mme Prass :
...et itinérance.
Donc, question : «État de situation du taux de suicide des personnes qui
ont un trouble du >spectre de l'autisme pour les années 2021, 2022, 2023.»
Pas d'information disponible. Là, je vous amène à un rapport de l'Institut
national de santé publique du Québec qui révèle que le taux de suicide pour les
personnes atteintes de TSA est deux fois plus élevé que celui de la population en
général. On sait qu'il y a beaucoup de gens qui se retrouvent comme sans-abri,
qui ont des enjeux de santé, de trouble du spectre de l'autisme.
Donc, je voudrais savoir, les équipes que
vous avez, qui sont donc sur le terrain... est-ce qu'il y a une reconnaissance
qu'il faut, premièrement, être sensible à la réalité qu'il y ait des sans-abri
qui sont sur le spectre de l'autisme, donc il faut qu'il y ait des intervenants
qui sont formés pour reconnaître cette réalité et pouvoir les aider? Et,
également, est-ce qu'on offre un service en santé mentale? Parce que, souvent,
c'est soit... si on se retrouve sur le spectre de l'autisme, bien, il y a des
services thérapeutiques, mais pas toujours en matière de santé mentale. C'est
comme deux enjeux qui sont vus séparément, mais, clairement, c'est deux enjeux
qui se rejoignent, c'est des gens qui n'arrivent pas à s'exprimer toujours, à
communiquer, donc... la raison pour laquelle peut-être que, justement, leur
taux de suicide est plus élevé que celui de la population en général. Donc, est-ce
que c'est quelque chose que vous prenez en considération quand les équipes
d'intervenants, par exemple, en itinérance, sont mises sur pied?
M. Carmant : Non, je ne peux
pas dire que c'est fait au niveau de l'itinérance, là, je ne suis pas sûr que
les intervenants qui sont à ce niveau-là sont suffisamment bien formés. Ce
qu'on essaie de faire, par exemple, c'est d'amener les intervenants en santé
mentale dans les milieux de l'itinérance. On a un projet qui s'appelle PRISM, où,
vraiment, psychiatres, infirmières en santé mentale vont dans les refuges pour
évaluer et traiter des patients. Moi, je suis très sensible, là, au
non-diagnostic de trouble du spectre de l'autisme. D'ailleurs, c'est pour ça
que, cette année, on a lancé le projet pour les 6-18 ans, qui, souvent, comme
je disais tantôt, passent beaucoup de temps sur nos listes d'attente parce
qu'ils ne sont pas priorisés. Donc, on vient... on est en train de déployer
l'évaluation 6-18 ans.
Et, dans les choses à venir aussi, on va
développer des équipes pour les évaluations adultes, là, que je sais qui se
font simplement sur... de façon... au privé. Donc, ça, c'est quelque chose qui
tourne dans ma tête depuis quelque temps.
Mme Prass : Oui. Non, je
trouve ça très important, parce qu'on entend souvent, une fois qu'on devient
adulte, il n'y a pas de service...
M. Carmant : C'est
impossible.
Mme Prass : ...que ce soit
diagnostic ou autre. Donc, je pense que c'est très important, parce que c'est quelque
chose dont on parle de plus en plus souvent, mais ce n'est pas... Quelqu'un ne
devrait pas être pénalisé parce qu'il y a 10 ans c'est quelque chose qui ne se
discutait pas autant. Donc, je pense que c'est très important que les
individus, quel que soit l'âge, aient accès à ces diagnostics-là pour ensuite
avoir accès au service. Donc, contente d'entendre ça.
M. Carmant : Tout à fait.
Puis, je vous dirais même, ceux qui ont un plus haut taux de fonctionnement,
des fois, ils ont besoin de savoir pourquoi ils ne se sentent pas comme...
Mme Prass : 100%. Tout à
fait. Là, je vais vous parler du service de stimulation précoce ICI, offert
dans les CRDI. Donc, la liste d'attente pour le programme de stimulation
précoce ICI, intervention comportement intensif, offert aux enfants de 0-5 ans,
l'attente est de 24 mois à Montréal, un délai si long que beaucoup d'enfants
n'y accèdent jamais, parce qu'ils rentrent à l'école, où les services,
supposément, vont leur être offerts offerts à la place. Donc, au lieu
d'offrir ICI à tous les enfants ayant obtenu un diagnostic d'autisme, Autisme
Montréal nous révèle que les CRDI sélectionnent arbitrairement les enfants
qu'ils perçoivent comme pouvant le mieux performer, bénéficier du programme
ICI. Cette orientation des CRDI n'est pas dans l'intérêt des enfants, puisque
les études démontrent que même les enfants ayant les plus grands besoins
peuvent bénéficier de ICI. Qu'en disez-vous?
• (16 heures) •
M. Carmant : ...la réponse,
c'est Agir tôt : sortir le trouble du spectre de l'autisme des CRDI et
l'envoyer vers les services de proximité. On va sortir bientôt la gamme de
services qui va venir définir ça clairement pour le réseau.
Et, tu sais, on a changé les choses
complètement, là. Avant, les enfants de 0-5 ans obtenaient des services après
avoir obtenu un diagnostic. Maintenant, c'est intervention précoce, selon les
besoins, et ça, ça permet à tout le monde d'avoir des services. Puis, même, on
a enlevé l'aspect besoin d'une référence. Maintenant, on fait du dépistage, du
repérage dès la vaccination de 18 mois, pour qu'on soit sûr que tout le monde
obtienne des services avant d'entrer à l'école et ait la chance de corriger
leurs trajectoires développementales. Ça fait que ça aussi, là, c'est vraiment
la réponse...
16 h (version révisée)
M. Carmant : ...de corriger
leur trajectoire développementale. Ça fait que ça aussi, là, c'est vraiment la
réponse qu'on fait : des services de proximité, des services le plus tôt
possible.
Mme Prass : D'accord. Alors
là, on vient sur la liste d'attente pour un premier service de réadaptation,
déficience intellectuelle, handicap ou trouble du spectre de l'autisme. Donc,
le nombre de personnes qui attendent en centre de réadaptation en déficience
physique, c'est 11 642 pour le Québec. Donc, on comprend que la liste d'attente
en santé mentale est à peu près 20 000 pour une population de 8,5 millions,
mais que là, pour une population beaucoup, beaucoup plus restreinte, on est à
11 642 personnes. Donc, comment est-ce que c'est possible que vous...
comment est-ce que c'est possible qu'on... bien, il semble qu'on ne priorise
pas cette population-là avec des chiffres pareils. Donc, comment est-ce que
vous pouvez nous l'expliquer?
M. Carmant : Bien, c'est ça,
encore une fois, là, on est... on change l'approche. Tu sais, on... Je parle
beaucoup de trajectoire de soins, là, vous le savez, mais on change l'approche.
Avant... au lieu de donner le service au CRDI, on veut vraiment que le service
soit donné au CLSC, dans le milieu de vie de l'enfant. Là, on a des groupes qui
vont commencer à recevoir des services dès les CPE pour avoir l'intervention le
plus précocement possible. Tout le monde le dit, là, l'intervention qui compte,
c'est dans les premières années de vie, donc c'est vraiment vers ça qu'on vise.
Puis si vous regardez spécifiquement la
liste, le délai pour les 0-5 ans, c'est beaucoup plus petit, là, que… que tout
le monde ensemble. Mais c'est sûr que, si on... le même enfant a plusieurs
besoins, donc la... tu sais, la liste d'attente est... Et, encore une fois, il
y a beaucoup de dédoublement pour les services. Mais, avec le temps, là, ça va
continuer à s'améliorer. On est rendus à 700 intervenants dans l'équipe
Agir tôt. Il nous reste une centaine de postes à combler. Une fois qu'ils
seront comblés, on va ouvrir d'autres postes. Moi, j'y… bien, c'est moi qui ai
commencé ça, j'y crois profondément. Et, l'intervention précoce, là, c'est la
solution.
Mme Prass : Donc là, vous
parlez des jeunes enfants, mais si on va de l'autre côté de la... de l'autre
côté de la population, le délai moyen d'attente pour personnes ayant cinq ans
et plus en attente d'un service en DI, pour les personnes de 75 ans et
plus, c'est 4 988 jours. Et je comprends qu'on met... on se concentre
dès un jeune âge, mais c'est des gens qui ont quand même des besoins, qui ont
besoin de services. Et, on se comprend, à 75 ans, 5 000 jours, c'est
énorme. À n'importe quel âge, c'est énorme, d'autant plus à 75 ans. Alors,
je comprends, là, vous commencez à penser que ce soit pour les diagnostics pour
les adultes, mais qu'en dites-vous pour cette population qui est vraiment
délaissée?
M. Carmant : ...là. C'est sûr
que je n'ai pas de réponse à vous donner aujourd'hui, là, c'est… c'est la
première fois que j'entends ces chiffres-là. Il faut que je voie c'est quoi,
les besoins qui sont demandés, et pourquoi ils ne sont pas... tu sais, les
besoins ne sont pas répondus, là.
Le Président (M. Morin) : ...terminé.
Je vais céder la parole au député des Îles-de-la-Madeleine pour un bloc de 11 min 21 s.
M. le député.
M. Arseneau : Merci beaucoup,
M. le Président. Alors, j'aimerais aborder certains sujets en rafale, pour
compléter cette période de crédits avec M. le ministre des Services sociaux, en
revenant sur un sujet qu'on avait abordé l'année dernière et qui devait être
réglé, les services d'obstétrique à Matane. Souvenez-vous, vous m'avez dit :
Il y a 18 infirmières de plus, le problème, il est réglé. Depuis le début
de l'année, trois bris sont survenus en obstétrique à Matane. Que se
passe-t-il?
M. Carmant : Ce n'est plus
mon dossier, M. le député des Îles-de-la-Madeleine, je suis désolé, là.
Maintenant que je ne suis plus délégué à la Santé, je n'ai plus les services d'obstétrique
sous ma… sous ma gouverne.
M. Arseneau : Je ne m'attendais
pas à cette réponse-là. Mais le problème n'est pas réglé et...
M. Carmant : Mais j'en prends
bien note et je vais transmettre l'information à mon collègue.
M. Arseneau : Et je vous
inviterais à faire le suivi du dossier que vous aviez auprès de votre
successeur pour lui dire que vous aviez dit que c'était réglé et que ça ne l'est
pas, malheureusement. Et ce n'est pas drôle, parce qu'effectivement c'est des
services qui sont essentiels pour la population de Matane et du Bas-Saint-Laurent.
Alors, j'aborderai un sujet qui est dans
votre cour cette année encore, c'est celui des listes d'attente, on en a parlé
tout à l'heure, à la DPJ. Au moment du rapport de la commission Laurent, on
parlait de 3 500 personnes sur la liste. Si mes chiffres sont bons,
il y en aurait plus de 5 000 maintenant, des… des gens sur la liste d'attente.
Puis on comprend que c'est, vraisemblablement, un manque de personnel, et donc
j'aimerais, moi aussi, aborder cette question-là, parce qu'il me semble que c'est
plus... enfin, beaucoup de ces gens-là seraient dans ton... les ressources qui
sont manquantes sont des travailleurs sociaux. Si je regarde dans le tableau
qu'on a reçu dans les cahiers de crédits, à la réponse 37 sur les besoins de
main-d'œuvre, on <parle...
M. Arseneau :
...Si
je regarde dans le tableau qu'on a reçu dans les cahiers de crédits, à la
réponse 37 sur les besoins de main-d'œuvre, on >parle de
1 419 travailleurs sociaux manquants. Quel est... j'aimerais vous
entendre ou vous réentendre là-dessus… quel est le plan de match pour résorber
cette pénurie de main-d'œuvre là?
M. Carmant : OK. Bien, pour
les travailleurs sociaux, il y a la... En général, il y a les bourses Perspective,
évidemment, parce qu'on veut qu'il y en ait plus qui... qui sortent de nos
universités. Donc, ça, c'est une chose. Pour la DPJ encore, bien, je pense que
valoriser le travail à la protection de la jeunesse, ça va être quelque chose
qui demeure important. Toutes les intervenantes me le disent, là, elles ont eu
un salaire différencié par rapport au reste du… des travailleuses sociales dans
le CIUSSS... CISSS ou CIUSSS, mais il faut aller un petit peu plus loin, puis
on les a entendues. On en parle souvent avec notre comité de négociation. Mais
le gros du travail, là, c'est... encore une fois, je reviens là-dessus, là,
c'est s'assurer que les enfants soient pris en charge avant la DPJ. Une
travailleuse sociale, elle ne donne pas de service d'orthophonie. Une
travailleuse sociale, elle ne donne pas de services à la santé mentale des
parents, une... tu sais. Donc, il faut qu'on allège leur charge de travail et
là ça va être beaucoup plus facile pour elles.
M. Arseneau : Ça va être
beaucoup plus facile, si ça peut se passer.
M. Carmant : Ça va se passer.
M. Arseneau : Mais ça me
semble être un objectif louable et ambitieux. Mais j'aimerais connaître les
moyens qui vont nous permettre davantage, dans la prochaine année que dans les
précédentes, d'arriver à des objectifs. Mais ce que je vois qui... et on a… on
a vu des reportages là-dessus, il y a un recours, du moins, là, en Abitibi, à
des agences de placement, de la main-d'œuvre indépendante. J'aimerais savoir si
vous avez des chiffres à nous donner là-dessus, sur la main-d'oeuvre indépendante,
pour les travailleurs sociaux. Est-ce que c'est une tendance qui est appelée à
augmenter, alors qu'on vient juste d'adopter le projet de loi n° 10 qui
est censé nous sevrer du recours à ces agences?
M. Carmant : Bien, c'est sûr
qu'on veut s'en sevrer, puis j'appuie tout à fait le projet de mon collègue, et
on se donne... dépendamment des régions on se donne un délai relativement
différencié pour atteindre cet objectif-là. Nous n'avons pas de chiffres à vous
transmettre, malheureusement, mais… mais c'est sûr que nous, ce qu'on veut
c'est que les équipes soient habituées à travailler ensemble. Tout l'aspect
interdisciplinaire, ça prend des gens qui sont-là en permanence. Donc, c'est
sûr que ce n'est pas notre choix numéro un, mais, d'un autre côté, il faut
quand même que le service soit donné le mieux possible.
M. Arseneau : Mais j'aimerais
juste comprendre. Si vous n'avez pas les chiffres à votre disposition
maintenant… s'ils sont disponibles au ministère, j'espère qu'on pourra les
obtenir. Mais on a donné l'exemple de l'Abitibi-Témiscamingue où, de plus en
plus, là, c'est… c'est des travailleurs, justement, d'autres régions qui
doivent se déplacer, là, pour livrer des services de santé de base, puis là,
ici, on parle aussi de travailleurs sociaux. J'aimerais savoir si c'est une
pratique qui est répandue, et, si c'est le cas, bien, comment on va s'en sortir
de cette espèce de piège dans lequel on est… on est tombés dans le domaine de
la santé puis, maintenant, dans les services sociaux.
M. Carmant : Bien, non, ce
n'est pas une pratique qui est répandue, ça, je tiens à vous rassurer. Puis nous,
ce qu'on a fait, c'est… on a développé... un petit peu comme on avait fait pour
l'obstétrique, là, on a développé une équipe nationale, qui vient donner un
coup de main dans les... aux régions qui ont plus de difficultés, par... au
niveau... surtout au niveau de l'évaluation. Donc, il y a des… il y a une
équipe qui vient là où les attentes sont plus longues, où, là, il y a moins de
personnel, et qui sont sur une base volontaire, là, qui viennent des endroits
où ça va un peu mieux, et qui vont faire des évaluations pendant une semaine,
deux semaines dans certaines régions où les besoins sont plus grands.
M. Arseneau : Ça, c'est en
cours présentement?
M. Carmant : Oui.
M. Arseneau : Est-ce qu'on
voit déjà des résultats? Est-ce que c'est… c'est probant? Est-ce que...
M. Carmant : Bien, je peux
vous dire que la liste d'attente, en date de cette semaine, était à 4 150.
Donc, on est allés... on a baissé. Puis, comme j'ai mentionné, on donne une
chance au modèle, on donne une chance aussi aux autres... aux travailleuses
sociales qui viennent... qui ont... qui ont leur ordre à venir donner un coup
de main. Parce que, sinon, l'autre solution, ce serait de diminuer d'autres
services à nos jeunes, puis celui qui vient en tête, c'est Agir tôt. Tu sais, même
si c'est moi qui ai initié ce programme-là, il faut se le dire, beaucoup des
travailleurs qui sont à Agir tôt étaient à la DPJ avant, là, tu sais, il faut
réaliser ça. Mais donner les services le plus tôt possible, ça reste, là, mon
objectif numéro un.
• (16 h 10) •
M. Arseneau : D'accord. Et je
vais un peu passer du coq à l'âne dans les sujets qui s'en viennent, mais vous
venez de mentionner Agir tôt, et il y a des demandes qui se font depuis nombre
d'années pour qu'on agisse tôt dans le dépistage de la surdité chez les bébés
naissants. Est-ce que c'est encore dans votre <cour…
M. Arseneau :
...surdité
chez les bébés naissants. Est-ce que c'est encore dans votre >cour? Non?
M. Carmant : Toute la santé
physique, je n'en ai plus. Je suis responsable des Services sociaux.
M. Arseneau : Alors, je
passerai au trouble du spectre de l'autisme, à ce moment-là. Les délais
d'attente sont absolument aberrants, à mon point de vue. La question n° 374, quand on regarde que le délai moyen pondéré est de
432 jours d'attente pour les 0-17 ans pour avoir des services d'adaptation et
de réadaptation, est-ce que ce n'est pas absolument décourageant? Et puis là il
y a des régions… je vais vous donner... comme, en Gaspésie, on a à peine 50
usagers, mais le délai d'attente est une dizaine de mois. Ça veut dire qu'on
n'a pas de ressources, ça?
M. Carmant : Exact. Puis on
n'a pas de ressources parce qu'avant l'intervention se donnait après le
diagnostic. Donc, pour le 0-5 ans, c'est pas mal réglé partout, là, où les
équipes qui évaluent les enfants, les équipes Agir tôt, donnent l'intervention
tout de suite. Puis, je vous dirais, c'est vraiment impressionnant, là, de voir
que la cause numéro un de consultation, c'est le retard de langage, là.
85 % des enfants qui consultent, c'est pour un retard de langage, puis il
y en a quelques-uns qui vont évoluer vers un trouble du spectre de l'autisme.
Donc, l'intervention est donnée très tôt, et puis ça, ça règle le 0-5 ans.
Pour le 6-18 ans, on vient de partir un
programme pour qu'ils soient référés vers des centres spécialisés, avec des
équipes beaucoup plus larges, qui ont l'habitude de les évaluer, ces jeunes-là.
Parce que, quand ça arrive après six ans, c'est des conditions un peu plus
subtiles, moins évidentes, qui n'ont pas été diagnostiquées auparavant. Donc,
on les envoie vers des équipes spécialisées puis on va voir, j'espère, dans la
prochaine année, une diminution des délais d'attente. Puis je suis sûr que vous
allez me poser la question l'an prochain.
M. Arseneau : ...quand vous
dites que... vous pouvez compter sur moi, oui, je vais vous reposer la question…
mais vous dites qu'on vient de mettre en place... On parle de depuis le début
de l'année, l'année de calendrier, depuis janvier?
M. Carmant : Janvier 2023,
c'est ça.
M. Arseneau : Puis vous vous
donnez, quoi, un an pour faire l'évaluation, la mise en œuvre et l'évaluation
de cette nouvelle approche?
M. Carmant : C'est ça. On a…
on a commencé par les 13-18, pour que... bien, c'est des plus petits volumes,
qu'ils soient référés vers... Donc, l'est du Québec va à Capitale-Nationale; ...
va au CHUL; Laurentides, Montréal va à Sainte-Justine, Children, qui fait l'ouest
et le nord, et Sherbrooke, également, qui fait sa région. Donc, on a quatre
centres où il va y avoir des évaluations 6-18 ans. On commence avec les 12-17
ans puis, ensuite, on va aller aux 6-12 ans.
M. Arseneau : Mais il y a
là-dedans une espèce d'approche centralisée ou... par manque de ressources, je
suppose, là, mais ça ne peut pas être une formule pérenne. J'imagine que c'est
une transition vers quelque chose, parce qu'il y a aussi j'imagine, toute la
question des frais de déplacement, on en a parlé avec votre collègue, là, qui
rendent l'accès à des services difficile. J'espère qu'on va réviser la
politique de déplacement des usagers parce qu'il ne faut pas faire porter le
poids, là, financier des services sur les… sur les familles. Donc, est-ce que
vous voyez ça comme une formule temporaire ou cette centralisation de services
là est là pour rester?
M. Carmant : Bien, moi, mon
voeu, puis je pense que ça va se réaliser, là, si les choses se déploient comme
il faut, c'est qu'il n'y a personne qui va rentrer à l'école sans avoir été
évalué avec Agir tôt. Cette année, on a évalué 13 000 jeunes.
L'intervention précoce a été donnée à 47 000 jeunes avant l'entrée à
l'école. Je pense que, quand le processus va être bien rodé, les diagnostics
tardifs vont être… vont être très rares. Puis, à ce moment-là, je pense que ça
prend un certain niveau d'expertise et de reconnaissance des équipes, parce que
les équipes, moi, là où j'étais auparavant, à Sainte-Justine, on défaisait plus
de diagnostics qu'on en faisait, en fait.
M. Arseneau : Et puisque vous
semblez avoir plein d'initiatives, qu'on apprend aujourd'hui, est-ce que pour
la liste d'attente des personnes en situation de déficience intellectuelle,
physique et trouble du spectre de l'autisme, là, la réponse à la question qu'on
avait posée sur les listes d'attente... on parlait de 11 642 personnes…
est-ce que, là aussi, il y a une initiative en cours ou à venir qui nous permet
d'espérer que ces listes-là disparaissent ou se réduisent?
M. Carmant : Bien, encore une
fois, je pense que c'est le… c'est la même chose, c'est vraiment le faire le
plus tôt possible en services de proximité. Moi, je veux m'éloigner du
programme de CRDI, sauf pour les handicapés très sévères et ceux qui sont
instrumentalisés. Instrumentalisés, c'est ça, c'est le bon terme.
Le Président (M. Morin) : ...merci,
M. le député des Îles-de-la-Madeleine. Je cède maintenant la parole à la
députée de Marie-Victorin pour un maximum de 11 min 53 s. Mme la
députée, la parole est à vous.
Mme Dorismond : Merci, M. le
Président. M. le ministre, vous avez parlé beaucoup… on a parlé beaucoup d'Agir
tôt. J'aimerais rester dans ce volet-là. Mais, avant tout, je voulais parler de
périnatalité. La prévention est vraiment un élément <clé…
Mme Dorismond :
...rester dans ce volet-là. Mais, avant tout, je voulais
parler de périnatalité. La prévention est vraiment un élément >clé
dans votre plan, et je sais que c'est majeur pour prévenir les troubles chez
l'enfant. Vous avez décidé de pousser ce volet-là encore plus loin et vous avez
décidé de prendre le volet de la périnatalité. Première des choses, pouvez-vous
nous expliquer pourquoi? Et l'autre chose aussi que j'aimerais discuter,
c'est... Vous avez organisé une journée sur la santé mentale des nouveaux
parents. Qu'est-ce que vous avez retenu de cette journée, puis est-ce qu'il
faut en faire plus?
M. Carmant : Absolument.
Merci pour la question, Mme la députée de Marie-Victorin. Bien, ce qui est
important de savoir, c'est que… je pense que c'est très sous-estimé dans la
population. La période de la grossesse est une période très vulnérable pour les
familles. Violence augmente, les problèmes psychosociaux sont augmentés aussi,
dans une période, quand même, où il y a une certaine fragilité, puis je pense
que c'est important de le savoir, et on n'en parle pas assez souvent.
En plus, la beauté de cette période-là,
c'est que l'infirmière de périnatalité est en contact avec la famille au moins
trois à cinq fois pendant la grossesse. Puis s'il y a quelque chose, moi, qui
m'a toujours frappé, c'est que même les jeunes ou les adultes les plus
vulnérables, s'il y a un rendez-vous qu'ils ne ratent pas, c'est le rendez-vous
du suivi de grossesse, et même, souvent, les parents... les pères viennent les
accompagner aussi. Donc, c'est un endroit que je trouve où l'intervention par
l'infirmière clinicienne ou l'infirmière de la clinique va être
particulièrement efficace.
Puis on a ciblé certains sujets, la
dépression pendant la grossesse, le deuil périnatal, la violence conjugale
ainsi que... dernier sujet dont je... qui m'échappe, là, mais qui va me revenir
tout de suite. Et ce qui est important aussi, c'est de s'assurer que les
équipes soient entourées, encore une fois, parce que, oui, l'infirmière peut
faire… va faire le soutien puis le rôle d'intervenant pivot, mais ce qu'elles
nous… ce qu'elles nous disent aussi c'est qu'elles ont besoin de professionnels
en santé mentale, et on est prêts à ajouter des professionnels, grâce à cet
investissement de 5 millions qui est dans le budget. Et c'est la première
fois qu'on s'attaque à ça. Puis moi, je pense que non seulement ça va être
bénéfique pour la santé mentale, mais, comme je mentionnais tout à l'heure à la
députée de Robert-Baldwin, ça va être également efficace en amont pour nos
jeunes, pour les signalements à la DPJ.
Mme Dorismond : ...une
question à ma collègue du... de la députée... Laporte.
Mme Poulet : Oui, merci
beaucoup. M. le ministre, j'aimerais vous amener sur le terrain de
l'hébergement. On doit soutenir les familles qui ont un enfant en situation de
handicap et, vous l'avez dit aujourd'hui, maintenir le jeune le plus souvent...
le plus longtemps possible dans son milieu familial. Mais il vient un temps où,
pour diverses raisons, le milieu familial ne convient plus au jeune, à sa
famille, et nous devons avoir des milieux adaptés aux besoins du jeune. Il faut
vraiment... Le besoin du jeune, c'est vraiment l'importance, le mot qu'on doit
retenir dans tout ça.
On m'a déjà dit : Je ne suis que son
père, je ne réponds plus à ses besoins. Cette affirmation était dite par mon
conjoint au sujet de sa fille. C'est très difficile, pour des parents, de
prendre la décision de placer son enfant. Quand je faisais la gestion d'un OSBL
pour l'ADI ou le TSA, j'en ai vu… j'ai vu beaucoup de parents qui étaient en
réflexion. C'est une décision qui peut prendre plusieurs années, et le
sentiment de culpabiliser est… de culpabilité est omniprésent.
40 millions ont été investis dans
l'hébergement. M. le ministre, comment se traduisent ces investissements? Et,
pour rassurer les parents, où en sommes-nous dans le développement des places
en hébergement pour les diverses clientèles?
• (16 h 20) •
M. Carmant : Bien, merci
beaucoup pour la… pour la question, puis je sais que c'est un sujet qui est
très important pour vous. Bien, je pense que l'investissement a été profitable,
parce que ça nous a permis d'aller vers le développement de places, donc, de
type appartement supervisé, logement supervisé, pour permettre la pleine
autonomie à nos… à nos jeunes adultes, un peu plus vieux également, qui ont des
besoins au niveau de leur condition.
Je pense que ce qui est important aussi,
c'est qu'on a modifié la façon dont on planifie. C'est le logement supervisé,
là. Quand je suis… quand on est arrivés au gouvernement, la façon de faire,
c'était, des familles faisaient des <levées…
M. Carmant : ...supervisé, là. Quand je suis… quand on est arrivés au
gouvernement, la façon de faire, c'était, des familles faisaient des >levées
de fonds, là, pendant sept ans, 10 ans, là, puis quand ils avaient
accumulé suffisamment d'argent, ils se tournaient vers le ministère et
demandaient de les appuyer au niveau des services. Maintenant, on a changé
complètement la façon de faire. On demande aux familles ou aux organismes
philanthropiques de s'attacher dès le début avec les CISSS et les CIUSSS, là…
on l'a vu cette semaine pour Véro & Louis, là… de s'attacher dès le début
avec le CISSS et le CIUSSS, et nous, on assure qu'une fois la construction
faite les services vont être… vont accompagner. Donc, il n'y a plus ce
stress-là de, bon, je vais faire une belle bâtisse, puis, pendant cinq ans, je
ne pourrai pas l'utiliser.
Une autre chose qu'on a faite aussi, on a
donné de la prévisibilité aux familles. Parce que ce qui arrivait, c'est
souvent... tu sais, on est à 100 % avec son jeune qui a des besoins
spéciaux et on ne sait pas qu'est-ce qui se développe aux alentours. Donc,
maintenant, on a mis sur le site Web du ministère une liste des projets en
cours par région. Donc, ça, ça a été très important aussi, ça permet aux
familles d'avoir une certaine prévisibilité, et ça permet aux organismes
philanthropiques qui veulent nous aider de voir où sont les besoins aussi, et
non pas de développer seulement en grands centres. Donc, ça, c'est une autre
chose qui est importante.
Puis la dernière chose que je vous dirais
aussi, c'est, on a fait vraiment, dans l'ancien mandat, avec… avec
Mme Blais, un grand… un grand avancement. Initialement, dans son projet de
maisons des aînés, il y avait seulement 100 places qui étaient réservées
aux maisons alternatives. Maintenant, on a presque 900 places qui sont
prévues pour les jeunes adultes à besoins spéciaux. Donc, nous, ce qu'on
demande maintenant aux régions, aux établissements, c'est de faire une
planification en amont pour déterminer qui va aller dans quel milieu, pour que
la cohabitation soit la plus profitable possible. Parce que la grosse plainte
du CHSLD, c'est que, quand on met quelqu'un avec un... un jeune avec un trouble
du spectre de l'autisme, avec une déficience physique, dans un CHSLD, le jeune
arrête de s'épanouir ou le jeune adulte arrête de s'épanouir. Donc, on veut
faire des regroupements qui sont ciblés région par région, où tout le monde va
pouvoir profiter, là, de vivre sa vie à part entière, comme on dit, là. Donc,
ça, c'est superimportant également.
Mme Dorismond : Je vais
reprendre la parole, M. le Président.
Le Président (M. Morin) : Oui.
Mme la députée de Marie-Victorin.
Mme Dorismond : Je sais, M.
le ministre, que le programme Agir tôt vous tient grandement à cœur et, après
tous les échanges avec mes collègues de l'opposition et vous-même, je comprends
que les services de dépistage… la prise en charge est possible partout à
travers le Québec. Mais est-ce que vous avez pensé qu'on pourrait améliorer la
proximité comme pour une clientèle un peu plus démunie, plus marginale, des
fois, qui ne se rend pas nécessairement dans les… comme dans les hôpitaux
spécialisés, comme Sainte-Justine? Avez-vous pensé quel moyen qu'on pouvait
faire pour cette clientèle-là?
M. Carmant : Bien, absolument.
Puis ça, c'était une des choses qui étaient superimportantes pour moi, c'est
que tous les services qu'on déploie, souvent, les plus vulnérables ils n'y ont
pas accès. Puis moi, j'ai toujours dit : Si on s'occupe bien des plus
vulnérables, on va s'occuper de tout le monde. Donc, le programme Agir tôt,
c'est vraiment ciblé vers nos plus vulnérables, puis c'est pour ça qu'on a mis
le repérage à 18 mois lors de la vaccination, parce que 90 % des
enfants au Québec reçoivent ce vaccin-là, et, à ce moment-là, l'infirmière,
elle a la chance d'évaluer non seulement le développement de l'enfant, mais
tout son bien-être également. Puis ça, je pense que c'est un programme, là, où
il y a beaucoup, beaucoup d'enthousiasme, et l'infirmière en CLSC peut jouer
son plein rôle lors de cette évaluation de 18 mois.
Ensuite, il y a la phase, un peu plus
spécifique, du dépistage, où, à l'aide de questionnaires, on essaie d'orienter
la famille et l'enfant vers le bon intervenant pour prendre son… soin de sa
problématique. Puis là, encore une fois, souvent, les parents, ils se
présentent pour une problématique bien précise, mais il peut y avoir d'autres
choses, et là on… ça nous permet de mieux identifier les besoins de l'enfant et
de mettre les intervenants autour de cet enfant-là. Donc, ça aussi, c'est une
étape importante, et on veut s'assurer que ce soit un service de proximité, donc
ça se fait également au niveau du CLSC.
Et, cette année, on va commencer les
interventions dans les milieux de vie aussi. Il y a certains endroits où le
processus est vraiment bien appris, là, tout se fait à l'intérieur de
60 jours. On va permettre à ces intervenants-là d'aller faire des interventions
dans les centres de la petite enfance, dans les... dans les milieux de garde, à
domicile, s'il le faut, et ça, c'est aussi... c'est une <pratique…
M. Carmant :
...de
la petite enfance, dans les... dans les milieux de garde, à domicile, s'il le
faut, et ça, c'est aussi... c'est une >pratique qu'on veut... qu'on veut
déployer partout à travers le Québec. Donc, c'est… c'est fondamental que tous
les enfants puissent en bénéficier.
Puis je vous dirais même qu'on va… qu'on est
allés un petit peu plus loin dans certaines régions. Dans le comté de Rousseau,
qui est un comté où on a du décrochage scolaire, là… 50 % des garçons
décrochent dans le comté de Rousseau. Puis les chiffres, c'est exactement
pareil, hein, ça, c'est... l'histoire, elle est classique, là : retards de
développement, arrive en première année, difficultés d'apprentissage, perte de
l'estime de soi, commence à avoir des problèmes de comportement, puis finit par
décrocher, majoritairement, des garçons. Donc, ce qu'on a fait là-bas, on a
également soutenu des programmes pour que les gens aillent faire le dépistage
dans les... chez les gens, dans les rangs où il y avait moins d'accès à des
services de CLSC. Donc, on est prêts à aller jusque-là, dans les régions qui
sont… qui sont plus... plus vulnérables au niveau socioéconomique, et où les
gens sont moins… moins portés à venir vers les services. Puis moi, je suis
également ouvert à regarder pour des collaborations, aussi, autres, dans
d'autres régions où c'est... tu sais, où on a des niveaux de défavorisation
niveau 9, 10 pour nos jeunes. Donc, proximité, proximité, proximité. Et
c'est ça.
Le Président (M. Morin) : Il
vous reste 10 secondes.
Mme Dorismond : C'est de la
musique… c'est vraiment de la musique à mes oreilles, parce que, vous savez,
dans le comté de Marie-Victorin, j'ai beaucoup des enfants à besoins
particuliers, puis de vous entendre que vous allez consacrer beaucoup dans ce
programme-là puis améliorer ce service-là, je ne peux que vous féliciter. Merci.
Le Président (M. Morin) : Merci,
Mme la députée de Marie-Victorin. Le temps alloué à l'étude du volet Services
sociaux des crédits budgétaires du portefeuille Santé et Services sociaux étant
presque écoulé, nous allons maintenant procéder à la mise aux voix des crédits.
Le programme 1, intitulé Fonctions de coordination, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Morin) : Très
bien. Le programme 2, intitulé Services dispensés à la population, est-il
adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Morin) : …Le
programme 3, intitulé Office des personnes handicapées du Québec, est-il
adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Morin) : Bien.
Le programme 4, intitulé Régie de l'assurance maladie du Québec, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
• (16 h 30) •
Le Président (M. Morin) : Bien.
Alors, en terminant, je dépose les réponses aux demandes de renseignements de
l'opposition.
Je vous remercie, M. le ministre, ainsi
que tous les fonctionnaires qui vous ont accompagnés. Merci aux collègues
députés du gouvernement. Merci aux collègues députés de l'opposition officielle
et à leurs recherchistes ainsi qu'au personnel de l'Assemblée qui m'a
accompagné.
Compte tenu de l'heure, la commission,
ayant accompli son mandat, elle ajourne ses travaux sine die. Et je vous
souhaite une bonne fin de semaine.
(Fin de la séance à 16 h 29)