Journal des débats de la Commission de la santé et des services sociaux
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Le
mardi 20 février 2024
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Vol. 47 N° 68
Étude détaillée du projet de loi n° 37, Loi sur le commissaire au bien-être et aux droits des enfants
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Intervenants par tranches d'heure
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Provençal, Luc
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Carmant, Lionel
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Garceau, Brigitte B.
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Provençal, Luc
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Arseneau, Joël
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Prass, Elisabeth
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Provençal, Luc
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Carmant, Lionel
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Garceau, Brigitte B.
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Provençal, Luc
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Carmant, Lionel
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Garceau, Brigitte B.
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Carmant, Lionel
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Garceau, Brigitte B.
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Provençal, Luc
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Provençal, Luc
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Garceau, Brigitte B.
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Carmant, Lionel
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Abou-Khalil, Alice
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Bourassa, Kariane
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Picard, Marilyne
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Blouin, Catherine
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Provençal, Luc
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Garceau, Brigitte B.
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Carmant, Lionel
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Dorismond, Shirley
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Abou-Khalil, Alice
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Bourassa, Kariane
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Picard, Marilyne
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Garceau, Brigitte B.
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Carmant, Lionel
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Provençal, Luc
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Dorismond, Shirley
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Abou-Khalil, Alice
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Bourassa, Kariane
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Picard, Marilyne
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Provençal, Luc
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Carmant, Lionel
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Garceau, Brigitte B.
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Prass, Elisabeth
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Dorismond, Shirley
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Abou-Khalil, Alice
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Bourassa, Kariane
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Picard, Marilyne
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Provençal, Luc
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Garceau, Brigitte B.
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Carmant, Lionel
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Prass, Elisabeth
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Dorismond, Shirley
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Abou-Khalil, Alice
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Bourassa, Kariane
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Picard, Marilyne
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Garceau, Brigitte B.
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Carmant, Lionel
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Provençal, Luc
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Provençal, Luc
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Garceau, Brigitte B.
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Carmant, Lionel
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Prass, Elisabeth
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Provençal, Luc
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Carmant, Lionel
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Garceau, Brigitte B.
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Prass, Elisabeth
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Provençal, Luc
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Prass, Elisabeth
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Carmant, Lionel
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Garceau, Brigitte B.
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Dorismond, Shirley
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Abou-Khalil, Alice
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Bourassa, Kariane
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Blouin, Catherine
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Provençal, Luc
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Garceau, Brigitte B.
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Carmant, Lionel
9 h 30 (version révisée)
(Neuf heures quarante-six minutes)
Le Président (M. Provençal)
:Alors, bon matin à tous. Ayant
constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de la santé et des
services sociaux ouverte. Je vous souhaite la bienvenue et je demande à toutes
les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs
appareils électroniques.
La commission est réunie afin de commencer
l'étude détaillée du projet de loi n° 37, Loi sur le
commissaire au bien-être et aux droits des enfants.
Mme la secrétaire, y a-t-il remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Alors, M. Chassin (Saint-Jérôme) est remplacé par Mme Picard
(Soulanges); Mme Poulet (Laporte) est remplacée par Mme Bourassa (Charlevoix—Côte-de-Beaupré);
Mme Caron (La Pinière) est remplacée par Mme Prass
(D'Arcy-McGee); M. Morin (Acadie) est remplacé par Mme Garceau
(Robert-Baldwin); et finalement M. Marissal (Rosemont) est remplacé par M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne).
Mémoire déposé
Le Président (M. Provençal)
:Merci beaucoup. Avant de débuter, je
dépose un mémoire reçu du Regroupement des maisons de jeunes du Québec.
Remarques préliminaires
Nous débutons avec les remarques
préliminaires. Alors, M. le ministre, vous disposez de 20 minutes. À vous
la parole.
M. Lionel Carmant
M. Carmant : Merci
beaucoup, M. le Président. Je pense qu'on va aller rondement sur les remarques
préliminaires, de mon côté. Comme d'habitude, je tiens à vous remercier de nous
accueillir en commission parlementaire, mes collègues, également, d'être
présents, les gens du ministère, également, qui nous accompagnent à travers ce
processus que, je rappelle, est, selon moi, historique, mes collègues députés
des oppositions avec qui on va travailler pour améliorer ce projet de loi. Je
pense qu'au cours des commissions... des... du début de la commission
parlementaire, on a entendu des commentaires fort pertinents qu'on va vouloir
intégrer au projet de loi pour tenter de le bonifier. On est en attente de
certains amendements, et je sais qu'on a proposé si on pourrait faire une étude
par blocs du différent projet de loi pour repousser certains articles qui sont
en attente d'amendement. J'aimerais avoir le consentement des oppositions, si
c'est possible. Et, encore <une...
M. Carmant :
...pour
repousser certains articles qui sont en attente d'amendement. J'aimerais avoir
le consentement des oppositions, si c'est possible. Et, encore >une
fois, M. le Président, je vais faire tout en mon possible pour collaborer avec
mes collègues pour améliorer le projet de loi. Donc, au travail. Merci.
Le Président (M. Provençal)
:Merci beaucoup, M. le ministre.
J'invite maintenant la porte-parole de
l'opposition officielle et députée de Robert-Baldwin à faire ses remarques
préliminaires pour une durée maximale de 20 minutes. Je vous cède la
parole.
Mme Brigitte B. Garceau
Mme Garceau : Merci.
Merci beaucoup, M. le Président. Moi, ça va être un petit peu plus long, je
vais vous avouer. Oui, c'est sûr et certain que nous sommes tous ici afin de
collaborer, de bonifier ce projet de loi, c'est sûr et certain, parce que c'est
un projet de loi historique, comme vous l'avez mentionné, M. le ministre, mais
très important, et très important parce qu'il ne découle pas, ce projet de loi,
si on peut dire, d'une promesse en campagne électorale d'un parti politique ni
d'un plan stratégique d'un ministère concernant de nouveaux enjeux.
L'importance de ce projet de loi, c'est parce qu'il découle... c'est une
recommandation-phare du rapport de la commission Laurent, comme vous le savez,
et je ne vais pas aller dans les détails au niveau des travaux, mais il ne faut
pas écarter... il ne faut pas écarter, dans nos discussions concernant des
recommandations qui ne se retrouvent pas dans ce projet de loi, et on en a déjà
discuté, et, pour moi, ça, c'est fondamental de réviser tous ensemble
l'importance de toutes les recommandations. Et aussi, compte tenu de
l'envergure de l'étude étoffée que la commission Laurent a menée depuis deux
ans. Il ne faut pas le perdre de vue, là.
• (9 h 50) •
Ce n'est pas à travers, là, quelques
témoignages et... ou en commission parlementaire, et puis on est arrivés avec
cette recommandation-phare du rapport Laurent concernant la nomination d'un commissaire
au bien-être et aux droits des enfants, la création d'une nouvelle institution
indépendante qui a comme rôle, comme mandat de porter la voix de tous les
enfants. Et même Mme Laurent, lors de ses représentations ici, devant la
commission, elle a mentionné que ça prend une personne pour porter la voix des
enfants, elle était très ferme à ce sujet-là. Et on revient à cette étude où un
travail colossal... Et on retourne, on fait une révision de notre filet de
sécurité pour nos enfants et l'encadrement législatif depuis les
40 dernières années. C'est monumental. Avec 4 000 rencontres, 4 000 personnes,
des centaines de mémoires, des experts, on a reçu, on a obtenu des opinions — sur
tous les sujets — d'experts, que ce soit en santé, légal, social,
côté éducation. C'est quand même de l'information hautement pertinente qui a
été discutée à la commission.
Il y a eu des... plusieurs échanges, et il
ne faut pas perdre de vue que les constats de cette commission à la fin, à la
fin, en 2021, c'est que, malgré les changements structurels et législatifs dans
le passé, incluant, en 1995, la fusion entre les deux commissions, droits de la
personne et de la jeunesse, il y a encore des grandes lacunes dans notre
système de protection de la jeunesse et le filet de sécurité autour de nos
enfants les plus vulnérables, et ça, c'est hautement préoccupant. Et il faut se
rappeler, et c'est un élément important, et je vais y revenir, mais là, à ce
stade-ci de mes remarques préliminaires, il ne faut pas perdre de vue le décès
de cette fillette à Granby, sept ans, en 2019, qui a été l'élément déclencheur
non seulement de confier un mandat à la commission Laurent, mais aussi de faire
cette <révision...
Mme Garceau :
...19,
qui a été l'élément déclencheur non seulement de confier un mandat à la
commission Laurent, mais aussi de faire cette >révision, une révision,
si je pourrais dire, historique de notre filet de sécurité. Et la population
québécoise a réagi à cette tragédie. Et la présidente, Mme Laurent,
mentionne dans son rapport que «la mort de la fillette a creusé un profond
sillon dans le coeur de notre société et a provoqué une profonde remise en
question sur le respect des droits de l'enfant et de la protection de la
jeunesse».
Et il ne faut pas perdre de vue, M. le
ministre, que la CDPDJ a été... a fait enquête de cette... de ce décès ou avant
ce... avant le décès. Quatre ans avant le décès, il y avait eu des signalements
à la DPJ — Mme Lemay, je le sais, vous étiez là, vous étiez la
directrice de la DPJ à cette époque — et, malgré le cri du coeur de
la grand-mère de cette fillette-là qui avait des lésions de droit, malgré les
signalements à la DPJ, malgré qu'on avait cessé tout contact entre la
grand-mère et la petite-fille, et malgré les recommandations de la CDPDJ qu'il
devrait y avoir recontact entre la grand-mère, les grands-parents et cette
fillette, parce que c'était la grand-mère, là, qui... elle était avec...
essentiellement avec sa grand-mère depuis la naissance, malgré les
recommandations, il y a eu une visite, le dossier a été fermé, de la CDPDJ,
après sept jours d'enquête. Et cette commission, ce n'est pas le seul cas où il
y a eu l'inaction, que ce soit de la DPJ ou de la CDPDJ, qui a fait en sorte
qu'on a brimé les droits des enfants puis qu'il y a eu des décès.
Et on est ici, M. le ministre, pour ça.
C'est sérieux. Cette recommandation du transfert des pouvoirs et des
responsabilités à la CDPDJ, elle n'a pas été faite dans l'air, là, elle a été
faite parce qu'il y avait des faits concrets d'inaction. Et j'ai même des gens
qui me parlent, suite, évidemment, au dépôt du projet de loi, d'une
indifférence institutionnelle au niveau de la CDPDJ. C'est quand même assez
sérieux, et on va y revenir, mais la situation et la nécessité d'avoir un
commissaire aux enfants à la protection de ses droits, que ce soit une voix qui
exprime... Parce que, on sait, dans plusieurs dossiers, les droits des enfants
ne sont pas entendus. Il y a un manque de représentation légale, on l'a... il y
a plusieurs groupes qui nous en ont parlé. Ça aussi, en tant qu'avocate, ça me
préoccupe énormément. On a eu plusieurs déclarations publiques, que ce soit de
l'ancien vice-président André Lebon, que ce soit de la bâtonnière, au mois de
septembre 2023, concernant une crise sans précédent au niveau de la DPJ et que
la CDPDJ ne joue pas pleinement son rôle en tant que défenseur des droits des
enfants.
La situation concernant ce filet de
sécurité, les lacunes dans notre système, et c'est vraiment regrettable, malgré
le dépôt du rapport, ça n'a pas changé. Et nous le savons très bien, la
situation ne s'est pas améliorée, les signalements à la DPJ, c'est du jamais-vu
maintenant, on est au-delà de, quoi, 136 000. On a eu l'étude de...
l'étude récente, en 2023, de M. Esposito, chercheur principal, professeur
à l'École de travail social de l'Université de Montréal, des données alarmantes
concernant les dossiers à la DPJ entre 2000 et 2017, et la conclusion, c'est
qu'on a un jeune sur cinq qui fait l'objet d'un signalement et on a 16 %
des signalements qui ont été retenus. Et, malgré tous les constats des
dernières années depuis le dépôt du rapport, malgré les cris du coeur, malgré
aussi, on va se le dire, la liste d'attente pour évaluer, on en a parlé, la
liste d'attente pour évaluer les enfants qui ont aussi atteint un sommet
inquiétant, l'exode massif des intervenants du <réseau...
Mme Garceau :
...on
va se le dire, la liste d'attente pour évaluer, on en a parlé, la liste
d'attente pour évaluer les enfants qui ont aussi atteint un sommet inquiétant,
l'exode massif des intervenants du >réseau de la protection de la
jeunesse depuis les dernières années, ça fait en sorte que, pénurie de
main-d'oeuvre, il y a un manque d'accès aux services pour aider les parents et
leurs enfants. La violence conjugale, on en a parlé aussi, l'augmentation
fulgurante des dossiers, le manque de formation, et ainsi des évaluations qui
sont faites par la DPJ qui fait en sorte que les mères sont... sont en train de
perdre leurs enfants à des pères violents. On a des reportages, des témoignages
de personnes, il y en a beaucoup dans le domaine de la protection de la
jeunesse qui expriment haut et fort leur profonde déception et désarroi
vis-à-vis le manque d'intervention et l'inaction de la CDPDJ dans les dossiers,
surtout devant les tribunaux. Et qu'est-ce qui va être important? Qu'on révise
ensemble. Le ministre a pris une décision, le gouvernement a pris une
décision... Peux-tu me dire le temps, s'il te plaît, pour qu'il me reste cinq
minutes?
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Il vous reste neuf minutes.
• (10 heures) •
Mme Garceau : OK, merci.
Je vais te laisser cinq minutes.
La mise en oeuvre des recommandations, et
je regardais le volet concernant les modifications législatives liées aux
recommandations, à toutes les recommandations, les soixantaines de
recommandations, avec les 250 pistes de solution, et il est clair et
évident qu'on aurait dû commencer avec la charte, on aurait dû commencer avec
la recommandation de la commission Laurent, parce que la nomination du
commissaire devait découler de cette charte et englober tous les droits dont,
évidemment, le commissaire va veiller, va s'assurer qu'ils soient protégés et
véhiculés. Et donc toute cette question de charte des droits de l'enfant qui,
vous avez mentionné, maintenant, est à la troisième phase du plan de la mise en
oeuvre, compte tenu de les commentaires surtout de Mme Laurent et tout, ça,
c'était unanime, on va se le dire, il faut avoir une charte. Et j'aimerais,
lors de nos discussions, entendre le ministre à ce sujet, parce que même Mme Laurent
a dit, si on ne le fait pas maintenant, il va falloir le faire tout de suite
après, pas dans trois ou quatre ans.
Il y a toute cette question qu'on a
discutée également avec certains groupes concernant... et surtout le professeur...
Me Goubau, concernant l'intégration de la convention internationale aux droits
de l'enfant. Ça, on pourra en discuter également. Mais c'est sûr et certain
qu'il y a deux recommandations qui sont au coeur de ce... du rapport Laurent
qui ne se retrouvent pas... le libellé ne se retrouve pas dans ce projet de loi,
et ça, c'est deux recommandations qui exigent... c'est quand même des
changements structurels et législatifs en matière de protection de la jeunesse
afin de vraiment créer un vrai chien de garde à la protection des enfants. Ça,
c'est le transfert de tous les pouvoirs et les responsabilités de la CDPDJ au
commissaire et aussi la nomination d'un commissaire adjoint dédié aux enfants
autochtones qui est complètement indépendant et qui va avoir une reconnaissance
du droit des peuples autochtones, et ça, c'est fondamental à
l'autodétermination en matière de protection de la jeunesse.
Et là on a une décision de la Cour suprême,
M. le ministre, du 9 février qu'on doit absolument respecter dans le cadre
de ce projet de loi. Et donc Mme Laurent avait mentionné dans son rapport
que ça a pris un grand courage pour aborder tous les sujets — ce
n'est pas des sujets faciles — pour que les droits des enfants, la
protection de leurs droits... qu'on avance, et je la cite : «Il aura fallu
du courage pour lancer la commission, nous avons besoin du même courage pour
concrétiser les solutions proposées.» Et moi, aujourd'hui, M. le ministre, je
vous dis, c'est : Nous aussi, nous devons mieux faire pour nos enfants.
Nous devons démontrer, à la commission, le même courage afin de proposer des
amendements, de bonifier <ce projet de loi...
>
10 h (version révisée)
<19271
Mme
Garceau :
...ce que je vous dis, c'est : Nous aussi, nous
devons mieux faire pour nos enfants, nous devons démontrer, à la commission, le
même courage afin de proposer des amendements, de bonifier >ce projet de
loi pour qu'on ait à un véritable chien de garde, tel qu'envisagé par la
commission. Merci. Je vais céder la parole à ma collègue.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Il faut que... Vous allez m'excuser,
je ne peux pas vous donner la parole immédiatement, la parole doit aller...
M. Cliche-Rivard : ...M.
le Président, je serais consentant.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Oui, mais je préfère suivre notre
ordre, puis après ça... Ça va? Alors, merci beaucoup, Mme la députée.
J'invite maintenant le porte-parole du
deuxième groupe d'opposition et député de Saint-Henri—Sainte-Anne à faire ses
remarques préliminaires, 20 minutes.
M. Guillaume Cliche-Rivard
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup, M. le Président. Bonjour à tous et à toutes. Bon mardi matin.
Bonjour, M. le ministre, bonjour à l'équipe gouvernementale, bonjour aux
collègues de l'opposition, M. le Président.
Un beau projet de loi nous attend. On a eu
des consultations particulières assez relevées, qui allaient sur plusieurs
niveaux, plusieurs thèmes, donc on a beaucoup de travail à l'étude détaillée. M.
le ministre a souligné qu'on était en attente d'amendements. On a hâte de voir
quels échos on aura des consultations particulières.
De notre côté, on va surveiller, bon, un
des volets importants, là, les considérants, le préambule. Il y a plusieurs
recommandations qui nous ont été faites, notamment au sujet de la correction
physique, là, de la violence, de manière à envoyer un message fort à l'effet
que, dans la société québécoise d'aujourd'hui, ce n'est pas accepté ou
acceptable. Évidemment, on va pousser pour ce genre de proposition là, avec une
confirmation, évidemment, comme on le savait, bien, de réitérer que l'enfant
est un sujet de droit, que l'intérêt de l'enfant est au coeur de l'ensemble des
discussions qui le concernent. On va revenir sur la participation de l'enfant,
évidemment, à la vie citoyenne.
Donc, on aura plusieurs choses à
réaffirmer dans le préambule, qui est un bel exercice, là. On sait que ce n'est
pas nécessairement générateur ou créateur de droits, mais on sait que ça peut
envoyer un certain message assez fort dans ce qu'on essaie d'instituer aujourd'hui.
Invariablement, il y a deux grands débats
qui sont dans le projet de loi sans l'être, là, on y reviendra, mais le
transfert ou non des pouvoirs de la CDPDJ vers le Commissaire au bien-être et
aux droits des enfants. On a entendu des témoignages-chocs, quand même,
beaucoup de questionnements eu égard à l'article 23 de la LPJ. Évidemment,
bon, on a entendu Mme Laurent, on a entendu les ex-commissaires, qui nous
disaient, effectivement, de ma compréhension, qu'à ce stade-ci des procédures,
d'envoyer ça dans la cour dudit commissaire pourrait être, disons, fastidieux,
là, à cette étape-ci des... sans nécessairement dire que ça ne devra pas être
fait à terme. J'en suis là pour l'instant aussi. Je pense que ma position, d'entrée
de jeu, dans l'étude détaillée, c'est que la CDPDJ doit garder ces pouvoirs-là.
N'empêche que les témoignages nous ont relevé une problématique importante puis
qu'il va falloir qu'on s'y attarde. Je pense que les témoignages qu'on a
entendus ne nous permettent pas de préserver le statu quo. Il y a une question
où il y a un bris de confiance certain de certains intervenants, là — je
ne dirais pas de l'ensemble du système, mais de certains intervenants — envers
la commission, nommons les ex-placés, nommons Mme Audet, nommons certains
autres acteurs qui nous ont dit qu'il y avait des choses à améliorer ou à
corriger et qu'on s'attendait à plus de la commission.
Alors, moi, je vais vouloir vous entendre,
M. le ministre, sur ce volet-là, puis je comprends que possiblement que ce ne
sera pas nécessairement dans le cadre de ce projet de loi là, mais on va avoir
besoin de garanties, là, on va avoir besoin d'indications dans ce sens pour
savoir où est-ce qu'on s'en va avec ça, parce qu'évidemment que,
législativement, nous, du moment où le projet de loi est fermé, ça sort de nos
mains, là, très, très pratico-pratique. Alors, je vais vouloir savoir quelles
assurances... puis vers où on s'en va, parce qu'il y a des choses quand même
assez troublantes qui nous ont été révélées, puis on se sentirait mal faire
notre travail, comme législateurs, que de simplement dire : Oui, on remet
ça à la prochaine partie, là. Je pense qu'il faut bouger. Alors, moi, je vais
évidemment avoir des choses à discuter avec vous sur ce volet-là.
Sur le volet Convention internationale des
droits de l'enfant, je pense qu'on a une chance historique d'intégrer dans
notre droit interne québécois certaines... la disposition ou, en fait, de faire
une disposition de mise en oeuvre à l'intérieur du projet de loi. Je pense que,
oui, le Québec s'est déclaré lié, mais ça, ce n'est pas générateur de droits
substantifs, et il y a là une occasion... M. Goubau en parlait, Mme Laurent
en parlait, il y a là une belle occasion d'intégrer dans notre droit interne
domestique les obligations <prévues...
M. Cliche-Rivard :
...en
parlait, il y a là une belle occasion d'intégrer dans notre droit interne
domestique les obligations >prévues à la convention. Je vais vous y
revenir, avec ces propositions-là.
Et évidemment la charte des droits de
l'enfant, qu'est-ce qu'on va faire avec ça? C'est une recommandation-phare de
Mme Laurent, ma collègue en parlait. Comment on va gérer cette
situation-là? Encore une fois, est-ce que c'est dans ce projet de loi ci,
est-ce que ça appartiendra au commissaire de le faire ou, en tout cas, de nous
proposer une ébauche? Je vais avoir des propositions à vous faire au cours de
l'étude détaillée pour voir comment est-ce qu'on peut avancer dans une voie de
passage, si possible. Donc, ça, c'est pour ce qui n'est pas, finalement, à
l'intérieur du projet de loi, mais qui... on ne saurait passer à côté, là. Je
pense que, bien que ça ne fasse pas l'objet d'une disposition spécifique, il va
falloir qu'on s'en parle, ne serait-ce que dans les fonctions, ou ne serait-ce
que dans le rapport de mise en oeuvre, ou ne serait-ce que dans les
responsabilités. Il y a plusieurs éléments où on va y aller.
Puis, dans les fonctions, évidemment,
plusieurs groupes nous ont parlé de la réaffirmation du volet prévention, nous
on dit qu'on avait un... bien qu'ils ne savaient pas exactement comment le
faire, ils nous disaient qu'il fallait vraiment qu'on remette les points sur
les i puis les barres sur les t sur le volet prévention du commissaire. On va y
revenir, ça va être quelque chose qui va nous occuper.
Au niveau de la vigie, on va essayer
d'élargir un peu la disposition actuelle pour bien être sûrs de viser tous les
scénarios, toutes les situations que le commissaire pourrait avoir entre ses
mains.
Évidemment, le rôle représentatif du
comité consultatif d'être certains que des jeunes issus de tous les profils
soient intégrés, puis dans une perspective la plus régionale possible aussi,
d'être certains que l'ensemble du Québec est couvert, ça va faire partie de nos
propositions. Évidemment, la définition de «jeune adulte», on va proposer de
l'élargir à ce qui est de la LPJ et de la DP, évidemment, pour qu'on aille
au-delà de ça.
• (10 h 10) •
On va travailler aussi avec vous en ce qui
a trait au commissaire des Premières Nations et Inuits, là, ma collègue en
parlait. C'est sûr que le jugement C-92 vient bouger des choses, sans
parler non plus des témoignages-chocs qu'on a eus, là, de Makivik puis de
l'APNQL, notamment, qui nous ont... bon, qui m'ont brassé, là, qui ont été
assez évocateurs sur la difficulté de coconstruction. J'ai hâte de voir où
est-ce que vous, vous logez là-dessus, M. le ministre.
À notre humble avis, ce mécanisme-là
devrait et devra être probablement refait en coconstruction avec eux. À quel niveau
est-ce qu'on nommera, déjà, un commissaire ou ils nommeront un commissaire? Puis
son travail, ce sera d'établir son mécanisme? Est-ce que, finalement, on
laissera ça à un prochain projet de loi? Moi, c'est des discussions que je vais
vouloir qu'on ait ensemble, puis je vais être très, très attentif à ce que vous
allez nous dire sur où est-ce que vous pouvez aller sur ce volet-là. Je vous ai
senti, vous aussi, possiblement ébranlé par ce qu'on a entendu, là, donc j'ai
hâte de voir si on peut trouver un terrain de passage avec eux, parce que,
finalement, dans une perspective de respect, puis d'autodétermination, puis de
coconstruction, c'est la seule façon d'avancer.
Évidemment qu'on aura aussi du travail à
faire sur le rapport du commissaire, là, son rapport de mise en oeuvre. Moi, je
vais vouloir, idéalement, donner plus de mordant à cet exercice-là. Je pense
qu'il devra nous faire, probablement, rapport à nous, en commission, où on va
pouvoir le questionner sur ledit rapport, parce que, bon, trop souvent, des
rapports restent rapports, et ils ne sont pas nécessairement en commission pour
le présenter, on ne peut pas nécessairement poser de questions. Bon, il y a
l'étude de crédits, mais c'est si peu. Évidemment que, la mise en oeuvre sur
cinq ans, on trouve que ça va être probablement important de faire plus vite
que ça, alors on aura plusieurs recommandations en ce sens pour vous.
Je termine en disant... parce que... M. le
ministre, vous avez souligné l'étude par blocs, puis là je veux le dire sans préjudice
et sans enjeu avec le ministre qui est devant nous puis la commission qui est
devant nous, mais moi, j'avais consenti, dans un projet de loi, la semaine
dernière, à l'étude par blocs, sous garantie, au projet de loi n° 46,
qu'on me permettrait de compléter les articles substantifs en échange, et il y
a eu un bris de cette promesse, ce qui fait qu'en ce moment siège la 46 et je
n'y suis pas, bien que j'avais eu des confirmations, du côté gouvernemental,
que je serais en mesure de terminer le travail que j'avais commencé. Alors, moi,
M. le Président, il y a un bris de confiance qui est clair, et malheureusement
je me retrouve à être contraint de refuser votre demande, M. le ministre,
d'étudier par blocs. Si on n'est pas prêts, puis ça peut être tout à fait
compréhensible, là, on a terminé l'étude détaillée il n'y a pas très... les
consultations particulières il n'y a <pas très longtemps, suspendons...
M. Cliche-Rivard :
...tout
à fait compréhensible, là, on a terminé l'étude détaillée il n'y a pas très...
les consultations particulières il n'y a >pas très longtemps, suspendons
ici, moi, je vais aller compléter mon travail au 46, puis on reviendra quand
tout sera sur la table. Moi, je n'ai aucun enjeu avec ça, mais là force est de
constater que je ne peux jouer bon joueur, ce matin, là, considérant que, moi,
on m'a fait des promesses, et j'ai facilité le travail au 46 puis que, là, je
me retrouve pénalisé de par ma bonne foi dans l'autre projet de loi.
Donc, prenez-le pas personnel non plus, M.
le Président, ce n'est pas que je ne veux pas faire avancer les travaux de
cette commission-là, mais, quand il y a bris de confiance, bien, c'est comme ça
que ça se passe, malheureusement. En vous remerciant tous et toutes pour les
minutes d'attention.
Le Président (M. Provençal)
:Merci beaucoup, M. le député. Et
j'ajouterais que probablement que j'aurais pris la même position que vous dans
les circonstances.
Ceci étant dit, je vais céder la parole au
député des Îles-de-la-Madeleine pour 20 minutes, et par la suite je céderai
la parole à la députée de D'Arcy-McGee.
M. Joël Arseneau
M. Arseneau : Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, nous commençons l'étude article par article
du projet de loi n° 37 après l'avoir tous appuyé sur le principe. Alors,
évidemment, il y a beaucoup de travail qui nous attend, même si ce n'est pas un
projet de loi qui est particulièrement long, 32 articles. Je pense qu'on
va discuter à la fois de ce qui est dans le projet de loi puis de ce qui n'y
est pas aussi, ce qui peut prolonger un peu les discussions, mais sachez que
les discussions se tiendront dans un objectif constructif pour bonifier le
projet de loi et pour s'assurer de répondre, autant que faire se peut, aux
commentaires, aux suggestions, aux attentes, aux besoins, évidemment, de ceux
qu'on a pu avoir le privilège de rencontrer au cours des consultations particulières.
Et il y a quelques enjeux, évidemment, là,
qui mériteront un travail plus pointu. On attend avec beaucoup de... on a très
hâte d'avoir les amendements qui seront proposés par le gouvernement. Nous en
aurons également, et je pense que ce sera la même chose pour mes collègues des
partis de l'opposition. Je décèle déjà une grande ouverture de la part du
ministre sur un certain nombre d'enjeux et je pense que c'est comme ça qu'il
faut fonctionner lorsqu'il est question, justement, d'améliorer le bien-être et
la protection des droits des enfants, quand il est question de mettre en oeuvre
une des recommandations-phares du rapport Laurent, qui a été déposé, il faut
quand même le rappeler, en mai 2021, donc ça fera bientôt trois ans, et je
pense que ce n'est pas prématuré que l'on puisse enfin passer à l'action, là,
sur cette recommandation de créer une nouvelle institution, le Commissaire au
bien-être et aux droits des enfants.
Les consultations particulières ont été
extrêmement bénéfiques pour approfondir un certain nombre d'éléments du projet
de loi. Donc, nous porterons certainement une attention sur un certain nombre
d'éléments du projet de loi. D'entrée de jeu, il y a certains considérants
qu'on voudra peut-être préciser, voire même certains considérants en préambule
qu'on voudra ajouter, à la suggestion d'un certain nombre de témoins.
Nous avons également une grande
préoccupation, comme d'autres collègues l'ont mentionné avant moi, sur toute la
question de la prévention, qu'il faut nommer, la prévention de la maltraitance.
Je pense qu'on... Le législateur ne parle pas pour ne rien dire, mais il doit
dire ce à quoi est destiné le projet de loi qui est devant nous, et il faut
nommer les choses si on veut pouvoir agir de façon résolue.
Il y a une foule de petits éléments que je
vais nommer, là, en rafale, dans l'ordre ou dans le désordre. La question de la
charte de l'enfant ne fait pas partie du projet de loi. Nous voudrons
certainement en discuter avec le ministre pour voir où il se situe par rapport
à cette recommandation, cette recommandation du rapport Laurent, parce que ça a
été nommé par plusieurs, et c'était aussi, à nos yeux, un complément important
du rôle du commissaire, un texte qui lui permettrait d'appuyer un certain nombre
de ses actions, de ses fonctions également. Donc, appuyer son rôle sur une
charte nous semble une excellente idée. Donc, on ne peut pas faire, à notre
point de vue, l'économie de cette discussion-là dans le cadre du projet de loi,
pour au moins savoir où on se situe pour la suite des choses.
La question... j'y vais comme ça, là, un
peu pêle-mêle, mais évidemment le chapitre III, je pense que ça va de soi, là,
les articles 14 à 18, sur la nomination d'un commissaire associé au
bien-être et aux droits des enfants autochtones, bien là, il faudra voir où
on... le ministre se <situe...
M. Arseneau :
...au
bien-être et aux droits des enfants autochtones, bien là, il faudra voir où
on... le ministre se >situe. Je pense que les témoignages qu'on a
entendus sont éloquents et je pense qu'on a tous... on partage tous, je dirais,
le sentiment qu'il faut pouvoir permettre aux Premières Nations, aux Inuits de
gérer les enjeux relatifs aux droits et au bien-être des enfants et il faut
trouver le meilleur... la meilleure façon de faire. On les a entendus déplorer
le fait qu'ils ne se sentaient pas suffisamment entendus, écoutés et parties
prenantes, surtout, là, au développement d'une solution à cet égard.
Donc, je pense que... Tu sais, on a parlé
de coconstruction et de ce que ça signifiait. Nous, évidemment, dans le cadre
législatif, bien, il faudra statuer. À l'heure... En fait, pendant les
discussions, la réflexion, nous, qu'on avait, de notre côté, c'était à savoir
si on pouvait corriger véritablement ou amender les articles 14 à 18 pour
répondre aux attentes et aux besoins des communautés des Premières Nations, sachant
aussi que l'APNQL et la Société Makivik n'ont pas nécessairement les mêmes
points de vue sur la solution qu'on devrait mettre en oeuvre. Donc, est-ce
qu'il vaut mieux tenter de corriger le projet de loi à cet égard ou tout
simplement d'éliminer cette portion-là du projet de loi pour la traiter
séparément, autrement, à un autre moment, lorsque le travail d'élaboration aura
pu être fait en coconstruction avec les Premières Nations et les Inuits? C'est
une question qu'on continue de se poser et qu'on voudra discuter avec les
membres de la commission.
• (10 h 20) •
La question de l'arrimage entre le rôle et...
le rôle, oui, du Commissaire au bien-être et certaines institutions qui
existent déjà, là, qu'on parle du Protecteur du citoyen ou de la CDPDJ, bon,
c'est déjà inscrit au projet de loi. On nous a fait certaines propositions à
cet égard, donc, de s'assurer que... au-delà des organismes, là, de façon
générale, qui sont mentionnés, «tout organisme public», est-ce qu'on peut
préciser un certain nombre d'organismes importants? Est-ce qu'on peut également
faire en sorte que le commissaire, de façon explicite, doive aussi prendre acte
du travail qui se fait sur le terrain par des acteurs, par exemple, du milieu
communautaire? Nous, on est... nous sommes d'avis qu'il faut le faire.
La question des recommandations... À
plusieurs égards, les gens ont mentionné qu'il fallait à tout prix que le
commissaire soit doté des moyens, des outils, des ressources humaines,
financières, évidemment, pour exercer pleinement son rôle. C'est une
préoccupation, je pense, que l'on doit retenir et traduire, évidemment, dans la
loi. Il y a également toute la question du suivi des recommandations. Une
préoccupation très grande a été signifiée à l'effet que les suivis des
recommandations devraient être faits de façon à ce que ces rapports qui seront
soumis sur une base annuelle ne soient pas qu'un exercice de style et une espèce
de routine sans suite. Donc, de quelle façon pourrons-nous rassurer les gens et
donner au commissaire des outils qui lui permettront, justement, d'exercer son
rôle non seulement à l'égard de la formulation de certaines recommandations,
mais également de sa... de leur mise en oeuvre? C'est une préoccupation
importante.
La question de la définition des jeunes
adultes, également. C'est, à l'heure actuelle, une définition qui se limite,
là, à l'âge de 18 à 25 ans, plusieurs nous ont exprimé qu'on pourrait élargir
cette définition-là. Je pense que ça vaut la peine d'en discuter et d'y
réfléchir.
La question, également, du rapport de mise
en oeuvre, mon collègue de Saint-Henri—Sainte-Anne en a glissé un mot, on
trouve qu'effectivement le délai qui est imparti est plutôt long et que le
rapport... une fois qu'il sera déposé, si on peut le devancer un tant soit peu,
je pense qu'on peut se donner de belles et de grandes ambitions. Qu'il soit
discuté dans un cadre formel comme celui d'une commission parlementaire comme
celle à laquelle nous siégeons m'apparaît une excellente idée.
Il y a toute la question de... En fait, je
pense que je vais <m'arrêter...
M. Arseneau :
...parlementaire
comme celle à laquelle nous siégeons, m'apparaît une excellente idée.
Il y a toute la question de... En fait,
je pense que je vais >m'arrêter là. Il y a d'autres éléments,
évidemment, qu'on voudra aborder, mais je ne prolongerai pas davantage mes
notes préliminaires. Je vais d'ailleurs devoir me déplacer pendant quelques minutes
pour le salon bleu, alors, là-dessus, M. le Président, je terminerai en nous
souhaitant de bons travaux, rigoureux et efficaces, mais en se donnant le temps
d'arriver au meilleur résultat possible. Nous le devons bien aux enfants du
Québec. Merci.
Le Président (M. Provençal)
:Merci beaucoup, M. le député.
J'avais reconnu Mme la députée de
D'Arcy-McGee pour vos remarques préliminaires, et vous disposez, vous aussi, de
20 minutes, madame.
Mme Elisabeth Prass
Mme Prass : Merci, M. le
Président. Donc, bon matin à tout le monde et merci pour le travail de tout le
monde qui est là et le travail qui va se faire.
Je vais commencer, puis je ne répéterai
pas ce que mes collègues ont dit, mais je pense que, lors des consultations, il
y a trois points qui ont ressorti des modifications qu'on pourrait faire au
projet de loi qui avaient un certain consensus, donc : la reconnaissance
du droit de l'enfant qui doit être inscrit, une charte qui devrait s'inspirer
des chartes existantes à l'international et la composition du comité
consultatif.
Moi, je vais surtout parler... C'est vrai
que la commission a été mise sur pied pour spécifiquement faire enquête sur les
jeunes de la DPJ et des histoires qu'on a entendues, mais clairement, quand on
parle d'enfants vulnérables et de leur bien-être, on parle de tous les enfants
au Québec, et il y a certaines catégories d'enfants, comme ceux avec un
handicap, ceux issus de communautés ethnoculturelles, ceux qui vivent dans la
pauvreté, autres, qui doivent être prises en considération. Donc, moi, c'est un
petit peu le rôle que je vais me donner dans le contexte de cette commission,
de toujours nous rappeler qu'il ne faut pas laisser de côté ces enfants-là qui,
justement, sont souvent vulnérables et qui n'ont pas de voix. Et donc il faut
qu'on prenne cette opportunité d'avoir un commissaire au bien-être des enfants
pour vraiment s'assurer qu'on prenne en considération tous les enfants.
Donc, comme j'ai dit, je vais me pencher
un petit peu sur la composition du comité consultatif, qui doit spécifier, je
pense, à un certain point, certains groupes d'enfants qui doivent être présents,
comme les enfants handicapés. Et, comme le sait le ministre, les enfants
handicapés, que ce soit un handicap physique, un handicap neurologique, les
enfants, également, qui ont un handicap... différentes réalités à différents
âges, et c'est une conversation qui se vit depuis longtemps, toute la question
de la transition de l'enfance vers l'âge adulte, pour les enfants avec un
handicap. Et, justement, j'étais avec le ministre hier pour annoncer un
excellent projet qui vise, justement, cette réalité-là, et j'espère que le
commissaire, dans son rôle, va oeuvrer, justement, pour vraiment répondre à
cette question-là ou vraiment enquêter sur cette question-là, parce qu'il y a
beaucoup de parents qui sont très concernés : qu'est-ce qui va arriver à
leurs enfants quand ils ne pourront plus s'occuper d'eux ou quand les parents
ne seront carrément plus là?
Alors, moi, j'espère que c'est une
question qu'on va prendre en considération dans le cadre du comité consultatif
parce que, encore une fois, les enfants qui ont un handicap, il y en a qui
sont... qui ne peuvent pas communiquer, mais ils ont... malheureusement, ils
sont plus susceptibles à vivre de la maltraitance. Par exemple, un rapport, en
2008, nous a fait... nous a révélé que les enfants ayant une déficience
intellectuelle sont trois fois et demie plus à risque d'être victimes
d'agression sexuelle, et les conséquences, pour leur santé physique et mentale
sont beaucoup plus importantes que pour d'autres enfants. Dans le même ordre
d'idées, les probabilités qu'un enfant soit victime de maltraitance sont deux à
trois fois plus élevées chez les enfants autistes, ayant une déficience
intellectuelle, ou les deux, que chez les enfants neurotypiques.
Donc, je pense que pas seulement dans le
cadre du comité consultatif, mais dans le cadre des analyses que le commissaire
va faire, également, qu'on va s'assurer que ses mandats et les questions dont
il va enquêter, dont il va viser, qu'on... comprennent les programmes, comme
Agir tôt et les autres programmes qui ont été mis en place, pour s'assurer que
les ressources sont là.
Aussi, la question de disparités régionales,
on l'entend souvent, malheureusement, que, dans certaines régions, on a plus
accès à des services que d'autres, et il n'y a pas de raison pour laquelle un
enfant handicapé, parce qu'il vit dans une région, soit... ait plus de
ressources que d'autres. Donc, j'espère que c'est des notions et des éléments
qui vont faire partie de la réflexion.
Également, quand on parle des
recommandations, dans le projet de loi, de la part du commissaire,
malheureusement, il ne semble pas y avoir un mécanisme de suivi, donc je pense
qu'on va devoir aller de l'avant ou approfondir de ce côté-là, voir, par
exemple, si, dans le rapport annuel du <commissaire...
Mme Prass :
...donc
je pense qu'on va devoir aller de l'avant ou approfondir, de ce côté-là, voir,
par exemple, si, dans le rapport annuel du >commissaire, il n'y a pas
une section pour faire un suivi, justement, des recommandations qu'il aurait
faites aux différents ministères ou aux différentes entités gouvernementales.
Il faut aussi penser à la réalité, aussi, que les commissaires adjoints ou le
personnel du commissaire qui va travailler avec lui aient une certaine
formation pour bien comprendre la réalité de ces enfants-là et la façon dont
ils peuvent ou ne peuvent communiquer. Donc, il faut prendre tous ces éléments
en considération.
Également, pour toute la question
linguistique, il y a des minorités, il y a beaucoup d'enfants issus de
l'immigration, au Québec, il y a des enfants qui... évidemment, de la
communauté minoritaire anglophone. Donc, il faudrait aussi que le commissaire
et son équipe aient tous les outils en main, ou les formations en main, ou les
connaissances en main pour bien s'assurer que tous les enfants qui vont être
autour de la table pourront s'exprimer de leur façon, dans leur langue, et
qu'il y aura une prise en compte de ces réalités-là.
• (10 h 30) •
Également, comme l'a mentionné mon
collègue, je pense qu'il est très important que le réseau communautaire soit
impliqué dans le travail du commissaire, également, dans le comité consultatif.
Comme on le sait, le réseau communautaire, premièrement, ils sont sur le
terrain. Ils sont ceux qui sont très proches de la réalité. Ils sont très bien
placés pour savoir ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas, où est-ce qu'on
peut ajouter des ressources, où on a besoin d'innover, où on a besoin de
progresser. Donc, j'espère qu'il y aura une écoute et une invitation sincère de
la part du commissaire pour que le réseau communautaire soit mis à
contribution.
Et également, quand on parlait d'arrimage
avec le commissaire pour qu'il consulte différents individus, différentes
institutions, j'espère que l'office québécois des personnes handicapées va être
pris en considération également. Ils ont beaucoup d'informations, je pense, qui
pourraient être utiles pour, justement, faire le portrait ou aider avec le
portrait et faire la réflexion de la réalité que beaucoup de jeunes avec un
handicap subissent. Et, comme j'ai dit, j'espère que ce sera l'endroit aussi
pour avoir vraiment la conversation de la transition de l'âge d'enfant à l'âge
d'adulte pour ces jeunes-là pour lesquels, dans le passé, on n'a pas mis assez
d'emphase sur leur réalité. Et c'est le moment, maintenant, parce que, pour
leurs familles et pour leurs milieux, c'est primordial de savoir qu'il y a un
lendemain et qu'ils vont être bien pris en considération et bien pris en
compte.
Donc, j'ai hâte qu'on poursuive les
travaux et je remercie le ministre et tout le monde pour leur attention.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Y a-t-il d'autres députés qui
souhaitent partager leurs remarques préliminaires?
S'il n'y a pas d'autre député, nous en
sommes maintenant à l'étape de l'étude article par... au projet préliminaire,
oui, excusez-moi, excusez-moi. Excusez-moi, j'ai été...
Une voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Les remarques préliminaires sont
terminées.
Une voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Les motions préliminaires, oui, je
sais, je me suis égaré. Alors, nous en sommes maintenant à l'étape des motions
préliminaires. Y a-t-il des motions préliminaires?
Étude détaillée
S'il n'y a pas de motion préliminaire,
nous en serions à l'étude article par article. Alors, M. le ministre, vous... J'ai
compris, là...
Une voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:...oui, que... Le député de Saint-Henri—Sainte-Anne
m'a fait part qu'il voulait déposer, avant de traiter l'article 1... d'un
amendement, qui serait article 0.1. Alors, M. le député de député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
on va le projeter à l'écran, et je vais vous inviter, par la suite, à nous
faire part de votre...
M. Cliche-Rivard : ...M.
le Président. Le chapitre 1 est introduit avant le... ah! pardon, le
chapitre 0.1 est introduit avant le chapitre 1 du projet de loi,
comme suit :
«Chapitre 0.1
«Charte des droits [de l'enfant]
«0.1. Les droits convenus dans la Convention
des Nations Unies relative aux droits des enfants sont intégrés à la présente
loi.
«La responsabilité de mise en oeuvre de
l'application de cette convention incombe au Commissaire au bien-être et aux
droits des enfants.»
M. le Président, cette proposition
d'amendement vise notamment à donner suite aux propos qu'on a entendus du Pr Gaubau,
si je ne m'abuse... Dominique Goubau, pardon, avocat et professeur associé,
Faculté de droit de l'Université Laval, et à Mme Laurent, qui dit, à la
page 65 de son rapport : «Le Québec n'a <pas intégré...
>
10 h 30 (version révisée)
<19593
M. Cliche-Rivard :
...à Mme Laurent, qui dit, à la page 65 de son rapport :
«Le Québec n'a >pas intégré la convention des droits de l'enfant en
droit interne. Il faut y remédier.» C'est ce qu'elle dit, page 65.
Dans nos discussions, M. Goubau nous
a dit, en fait, et je paraphrase, là, mais que ça ne prendrait pas grand-chose
pour en faire du droit interne. Il nous a dit essentiellement que ça nous
prenait une disposition législative à l'intérieur d'un projet de loi, donc,
pour que le Québec... qui s'est déjà déclaré lié par décret, là, qu'on s'entende
bien... ne l'a cependant pas intégré en droit substantif, ce qui fait en sorte
que, bien que les droits sont... existent de manière interprétative, ils ne
peuvent pas être invoqués de manière substantive pour créer des obligations ou
créer un droit. La Fédération des familles d'accueil nous en a parlé aussi, de
l'importance d'adopter la Charte des Nations unies, l'Auberge du coeur nous en
a parlé aussi.
Alors, moi, je pense qu'on a là, devant
nous, une occasion historique à saisir, où le ministre et le gouvernement
peuvent faire un immense pas dans la bonne direction pour les enfants. Le
Québec, étant un leader mondial en termes de droits des enfants, évidemment, de
ratifier, là, d'intégrer en droit interne les dispositions de la convention,
enverrait un message assez positif et assez exceptionnel.
On reviendra sur la discussion de la
charte : qui, pour, par, peut constituer ce qu'est la convention, là. Ça,
il y a des discussions qui peuvent avoir lieu là-dessus, mais je le mets au
jeu. Je reviendrai avec d'autres explications, évidemment, à voir, après ou non,
l'ouverture de la banquette ministérielle sur cette proposition, et je suis
évidemment très ouvert à une modification du libellé qui permettrait son
adoption, là. Ce n'est pas une proposition ferme, mais c'est bien une
proposition qu'on met au jeu ce matin et qui enverrait le message complet, pour
le reste du projet de loi, qu'on est véritablement en train de faire quelque
chose d'historique ici, là, en cette commission.
Le Président (M. Provençal)
:Merci, M. le député. M. le ministre.
M. Carmant : Oui. Bien,
je... peut-être pour mieux clarifier la demande, la responsabilité de mise en oeuvre
de l'application de cette convention incombe au commissaire, donc, dans le
futur, c'est ça, ce serait... ça ferait partie d'un de ses futurs mandats. C'est
ce que vous voulez dire?
M. Cliche-Rivard : C'est
ce qu'on avait à l'esprit. Puis, encore une fois, je suis ouvert à ce que ça
revienne plutôt de votre responsabilité exécutive ministérielle. Ça, j'ai une
ouverture là-dessus aussi, là. On tenait à vraiment l'ancrer dans notre projet
de loi de création de commissaire aux droits de l'enfant, mais je ne serais pas
du tout fermé à une proposition où... reviendrait à responsabilité partagée
pour que, directement, il y ait une responsabilité auprès du Conseil des
ministres, là, je suis ouvert.
M. Carmant : J'avais
discuté de l'enjeu de relever de la convention des Nations unies. On m'avait
parlé peut-être d'un projet de loi distinct, M. le Président. Peut-être, je
passerais la parole à la... à nos conseillers juridiques.
Le Président (M. Provençal)
:OK. Alors, consentement?
M. Cliche-Rivard : Consentement,
M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Alors, vous allez vous nommer,
par la suite, votre fonction, et vous ferez votre commentaire.
M. Bérubé (Mathieu) : Bonjour.
Merci, M. le Président. Mathieu Bérubé, avocat à la Direction des affaires
juridiques, Santé et Services sociaux.
Alors, d'entrée de jeu, la Convention
relative aux droits de l'enfant est une convention qui est en matière de droits
de la personne. Il est de pratique courante, au Québec, de ne pas intégrer...
Le Québec n'a jamais intégré aucune convention internationale en matière de
droits de la personne dans son droit interne. Il y a différentes raisons que je
pourrai vous exposer bientôt.
J'ai des exemples, là. Par exemple, on
parle du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, le Pacte
international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, on a la
Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard
des femmes, la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes
de discrimination raciale. Donc, les droits qui sont consacrés dans ces
instruments internationaux là sont protégés par une panoplie de mesures se
trouvant dans plusieurs lois québécoises, également certaines lois fédérales.
Voilà, bon, bref, ça, c'était mon premier... ma première introduction.
Donc, comme je vous disais tout à l'heure,
la pratique québécoise est à l'effet de ne pas intégrer en droit interne la
mise en oeuvre comme telle de ces traités ou de ces conventions internationales
là en matière de droits de la personne pour diverses raisons, notamment le fait
que ces droits sont protégés et assurés par une série de mesures en droit
interne, qu'elles soient financières, administratives, législatives,
réglementaires, bref, notamment, là, tout ça. On a également le fait que
plusieurs de ces instruments, dont la Convention relative aux droits de l'enfant,
là, contiennent des droits économiques, sociaux et culturels. Les attentes
concernant ces droits à l'égard des États occidentaux sont évidemment beaucoup
plus importants... plus importantes, les attentes, donc donner force de loi à
ces droits tels qu'ils sont prévus dans <la convention pourrait
compliquer...
M. Bérubé (Mathieu) :
...importantes,
les attentes, donc donner force de loi à ces droits tels qu'ils sont prévus
dans >la convention pourrait compliquer l'exercice du pouvoir des
autorités et gouvernementales et parlementaires, voire donner ouverture à des
risques de contestations judiciaires assez graves.
Il faut rappeler également que ces
instruments internationaux là sont le fruit de compromis entre des États qui
ont des valeurs puis des visions bien différentes puis ils sont rédigés de
manière à permettre différentes interprétations, ce qui fait en sorte que même
les instances de l'ONU pourraient... qui sont chargées de leur application
pourraient avoir une interprétation qui ne correspond pas du tout à celle que
le Québec envisage de ladite convention, ce qui ferait en sorte que... en fait,
je dis «le gouvernement du Québec», mais également l'Assemblée nationale, là,
évidemment.
Autre élément aussi que je pourrais vous
soulever, dans ce type d'instruments internationaux là, il n'y a pas de clause
dérogatoire comme on peut retrouver, par exemple, dans la Charte canadienne ou
la Charte des droits et libertés de la personne du Québec, où est-ce qu'on
permet, dans des circonstances très encadrées, là, évidemment, de pouvoir
déroger à certaines de ces mesures-là.
Puis enfin, écoutez, en bout de piste,
c'est sûr que l'incorporation en droit interne d'une telle convention
internationale, qui est juridiquement contraignante, d'ailleurs, sur le plan du
droit international, est encore plus hasardeuse, compte tenu des effets
potentiels imprévisibles puis de l'ampleur de ladite convention.
• (10 h 40) •
Autre élément, dernier petit point que je
pourrais vous soulever, là, qui irait dans le sens de ne pas intégrer, là, en
droit interne cette convention-là, c'est le fait que le Comité des droits de
l'enfant, qui supervise, en fait, la... comment je pourrais dire, la mise en
place, là, puis l'application de ladite convention, dans l'exercice de ses
fonctions, encourage beaucoup la centralisation au Canada des fonctions puis
des... je pourrais dire, là, des devoirs, des responsabilités qui sont incombés
à l'État, et puis ça, évidemment, ça pourrait nuire, éventuellement, à une
certaine défense du Québec advenant un débat sur le partage des compétences.
Donc, c'est pas mal, disons, un sommaire,
là, des arguments, là, qui militent en faveur de ne pas intégrer cette
convention-là.
Le Président (M. Provençal)
:M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup, M. le Président. Merci, confrère. La réponse légale m'intéresse, mais
la réponse politique m'intéresse aussi, M. le Président. Alors, M. Carmant...
M. le ministre, permettez-moi de vous... Vous avez entendu la réponse
technique, la réponse juridique. J'aimerais ça entendre celle du ministre sur
le fond de la question.
M. Carmant : Bien, sur
le fond de la question, je pense que ce serait difficile d'aller à l'encontre
de nos règles québécoises. Je pense que ça pourrait être quelque chose qui
pourrait être discuté au niveau d'un considérant pour ce... appuyer ce
besoin-là plutôt que de l'inscrire dans la loi lui-même, si je fais la balance
de tous les pour et contre.
Le Président (M. Provençal)
:M. le député.
M. Cliche-Rivard : Bon,
pour revenir sur les points, bon, on nous dit... puis je respecte la position
légale, là, que jamais on ne l'a fait au Québec, bon, rien ne nous empêche de
le commencer, puis cette règle-là, du jour au lendemain, elle ne sera plus
vraie parce qu'on l'aura fait. Donc, avec égard, là, il y a plein de choses que
votre gouvernement a fait que jamais ça n'avait été fait, puis tant mieux.
Jamais on n'a créé un commissaire au bien-être des enfants. Est-ce que ça veut
dire qu'aujourd'hui on ne le fera pas dans ce projet de loi? Bien sûr que non.
C'est ça qu'on fait. Donc, avec l'immense respect, ce n'est pas parce qu'on ne
l'a jamais fait que l'occasion ne s'y prête pas, des gens sont venus nous le
dire, Mme Laurent en parle dans son mémoire. Donc, avec le plus grand
respect pour cet argument, je soumettrais que ce n'est peut-être pas le
meilleur.
Les droits existent déjà en droit interne,
on nous a expliqué ça. Bon, alors, tant mieux. Si les droits existent déjà en
droit interne, il ne devrait pas y avoir tant de complications que ça et tant
de problématiques que ça qu'à les intégrer. Raison de plus pour envoyer le
message et entériner le fait que le Québec est effectivement un leader mondial
en reconnaissance puis en respect des droits des enfants. Si ces droits-là
existent déjà puis sont un petit peu dans une panoplie, bien, si c'est vrai,
alors, normalement, on ne devrait pas avoir d'enjeu à reconnaître puis à
intégrer en droit domestique ces obligations-là. La différence, c'est
exactement celle-là entre les considérants puis le préambule, c'est que celui-là
n'a pas force de droit, ne crée pas d'obligation, ne crée pas de substance, puis,
si on ne fait que faire référence, comme on l'a déjà fait, là, à la convention
dans un préambule ou ailleurs, personne ne va pouvoir se saisir de ça ou
personne ne va pouvoir créer un droit substantif à partir de ça, je pense, et
malheureusement ça, ça serait dommage.
Bon, de dire que de donner force à ces
droits compliquerait la vie du Québec, bien, si c'est vraiment vrai, peut-être
tant mieux. S'il y a des gens qui peuvent faire des contestations parce que des
droits fondamentaux reconnus par une convention internationale ne sont pas
respectés au Québec, je ne pense pas que le problème, c'est l'instrument, je
pense que le problème, c'est peut-être <comment...
M. Cliche-Rivard :
...je
ne pense pas que le problème, c'est l'instrument, je pense que le problème,
c'est peut-être >comment qu'on applique ou comment on régit le droit des
enfants. Puis si vous avez confiance puis si on a confiance dans nos systèmes, on
ne devrait pas avoir peur en amont d'une contestation qui serait caduque parce
que, finalement, on les respecte, les droits de nos enfants. Donc, de me dire
en amont que de ne pas signer la convention ou de la signer compliquerait en
vue d'éventuelles contestations, si vraiment un tribunal devait dire que le
Québec viole la convention, je pense qu'on aurait un problème beaucoup plus
grave que de se poser la question ici, en commission, à savoir si on signe ou
pas une convention.
Sur la question d'interprétation
différente, il existe des réserves, le Québec, puis si c'est des réserves que
vous avez sur certaines interprétations de certaines clauses puis certains
articles de la convention, moi, je suis très ouvert à ce que vous nous reveniez
avec des propositions de réserves, comme le Canada l'a fait, notamment sur
quelques articles de la convention, et, mettons, deux ou trois réserves. Et,
sur les interprétations, on peut, nous, très bien écrire, à la rédaction puis à
l'implantation en droit interne, que voici comment on interprète ladite
disposition. Ça, les États ont la disposition et ont le choix et le libre
arbitre d'intégrer avec commentaires et avec réserves certaines conventions.
Ça, on peut le faire.
Donc, moi, si, sur le fond, vous êtes
d'accord, et ne serait-ce qu'on revienne avec des discussions dans un autre
projet de loi, s'il le faut, ça, je suis ouvert à ça, mais si on peut avoir des
engagements en ce sens, puis qu'il y aura des réserves qui font en sorte que,
sur a, b, c, d, on n'est pas prêts parce que x, y, moi, je suis prêt à les
étudier ou à les entendre. Mais je ne pense pas qu'on devrait, permettez-moi
l'expression, jeter le bébé avec l'eau du bain, nécessairement. L'ensemble des
droits de la convention valent la peine d'être intégrés. S'il faut qu'on mette
des nuances puis des réserves à deux, trois éléments, je suis très ouvert à ça.
Puis, dans un autre point, si le Canada l'a
fait, pourquoi nous, au Québec, on ne serait pas capables de le faire? Je pense
que ce que vous êtes en train de créer là, c'est un outil exceptionnel, on va avoir
enfin notre commissaire. Je pense que le Québec n'a pas à être gêné du tout du
reste du pays en fonction de ce qu'il fait pour ses enfants. On n'a pas de
leçons à recevoir de personne. Et de penser que le Canada, lui, est capable de
l'intégrer, que nous, on ne serait pas capables, ça me semble être
particulièrement délicat comme a priori, là. Donc, moi, j'aimerais ça vous...
Moi, avec égard, là, je n'entends pas de bonne raison qu'on ne le fasse pas.
Puis j'aimerais peut-être ça entendre mes
collègues des oppositions ou de l'opposition, voir qu'est-ce qu'ils pensent de
cette proposition-là. Puis je vous soumets que je suis dans une approche très
collaboratrice où, si ce n'est pas ici, mais que vous vous engagez à le faire
avec nous d'ici la fin de la présente session parlementaire, là, d'ici juin,
que vous nous revenez avec un projet de loi avec certaines réserves qui
permettraient au Québec de le faire, moi, je suis très, très disposé à vous
entendre, mais, a contrario, je n'ai pas été convaincu qu'on n'est pas capables
de faire ça.
Le Président (M. Provençal)
:M. le ministre.
M. Carmant : Bien, c'est
sûr que le... la charte des droits des enfants, c'est dans la planification,
là, du rapport Laurent, mais dans la phase III.
Moi, c'est plutôt les enjeux par rapport
aux liens avec les conventions des Nations unies, là, qui me rendent plutôt
inconfortable, à ce moment-ci. Et, quand j'entends ce que nous disent nos
juristes, je trouve ça un peu inquiétant. Peut-être que, si on entendait les
autres participants... puis moi, je pourrais revenir avec mes équipes aussi
pour voir, là, mais, à ce moment-ci, je... comme je vous dis, j'ai encore des
enjeux, là.
Le Président (M. Provençal)
:Mme la députée.
Mme Garceau : Allons-y,
allons-y, parce que, je pense, il faut trouver une solution, il faut trouver
une solution. Je comprends très bien l'amendement de mon collègue, mais c'est
sûr et certain que, dans ce rapport de la commission Laurent... et c'est pour
ça, dans mes remarques préliminaires, j'ai mentionné... dans les modifications
législatives à l'appui des recommandations... Et je regarde... je vais vous
préciser, là, à la page 109 du rapport... et ça, c'est tout le volet
concernant les modifications législatives nécessaires à la mise en oeuvre de
notre rapport. Donc, convention internationale, c'était comme deuxième plan.
Première recommandation-phare et celle qui était vraiment fondamentale, surtout
dans l'exercice des fonctions <et des pouvoirs...
Mme Garceau :
...et
celle qui était vraiment fondamentale, surtout dans l'exercice des fonctions >et
des pouvoirs d'un commissaire au bien-être et aux droits des enfants : le
respect et la défense des droits. Ces droits-là, oui, Mme Laurent... le
rapport le mentionne, il y a la Loi sur la protection de la jeunesse, il y a le
Code civil, il y a aussi la Charte des droits, et donc, pour la commission,
c'était important d'avoir... et elle le mentionne à la page 66 du rapport.
Et là, moi, c'est ça que je trouvais difficile à comprendre, M. le ministre,
cette prise de position que, bon, on va aller de l'avant avec la nomination du
commissaire, mais on va attendre trois ans, quatre ans pour une charte dont la
commissaire a le devoir, a la responsabilité d'assurer que ces droits-là soient
respectés par toutes les instances au Québec. C'est là, là, j'ai manqué quelque
chose, je ne sais pas c'est quoi, et j'aimerais vous entendre là-dessus.
J'aimerais comprendre pourquoi on a pris cette décision de ne pas faire en même
temps la nomination du commissaire et la charte, parce qu'on pourrait toujours
intégrer... et c'est pour ça, au niveau de la note introductive dans le rapport
concernant cette... les modifications législatives, on en parle. Première
partie, ce n'était pas amender la Loi sur la protection de la jeunesse, ce
n'était pas ça. La première recommandation concernant les modifications
législatives, c'était d'adopter une charte aux droits de l'enfant. C'était ça,
numéro un, que le gouvernement devait faire.
• (10 h 50) •
Et je le mentionne, première partie :
«Nous recommandons d'adopter une charte des droits de l'enfant (A) et
d'instituer le Commissaire au bien-être et aux droits des enfants (B).» Et donc :
«Cette charte affirme que l'enfant est une personne à part entière, titulaire
de droits, dont certains ont un caractère fondamental. Il ne s'agit pas d'y
dresser une liste de tous les droits dont l'enfant est titulaire, mais d'affirmer
expressément le caractère fondamental de certains de ces droits et de consacrer
par voie législative certains principes qui en découlent.» Et on a ici le
préambule d'une charte, les dispositions de principe et les droits fondamentaux
de l'enfant. Ils sont tous détaillés, sont tous cités ici, dans le rapport.
Et je regarde même à la page 66,
lorsque la commission regarde toute cette question du pourquoi d'une charte, et :
«Il nous semble nécessaire que les droits des enfants disposent des mêmes
protections que les droits de la personne prévue dans la charte québécoise des
droits et libertés de la personne. À ce titre, nous demandons à ce que cette
charte ait le même statut quasi constitutionnel que la Charte des droits et
libertés de la personne afin qu'aucune autre loi ne puisse déroger aux droits
des enfants, à moins d'explications à cette dérogation. Nous croyons aussi que
la charte des droits de l'enfant devrait réaffirmer certains droits propres aux
enfants, et voici pourquoi.»
Parce qu'elle disait : Dans le Code
civil, c'est une chose, la Loi de la protection, c'est une autre chose, mais on
regarde l'ensemble des droits des enfants, peut-être qu'ils ne sont pas des
enfants qui sont sous la protection de la jeunesse. Et donc, compte tenu de
cette recommandation-phare de la commission Laurent et que la convention
internationale... bien, c'était dans les mémoires, ça fait... ça a fait partie
des représentations. Parce que, là, on a vu que la charte n'était pas prévue,
et donc on était en train, comme, de boucher les trous un peu, puis il me
semble qu'on ne fait pas justice aux droits des enfants en ce moment de dire :
Bon, bien là, on va... parce que, là, on n'a pas de charte, mais regardez le
préambule de la charte. Là, on va mettre dans des considérants le préambule de
qu'est-ce qu'on devrait prévoir dans une charte. Et donc... Et moi, l'argument
de Me Bérubé... moi, tout ce que je peux dire sur le plan juridique, sur
le plan légal, c'est... on en a... on l'a <ratifié...
Mme Garceau :
...sur
le plan juridique, sur le plan légal, c'est... on en a... on l'a >ratifié.
Le Québec... le Canada l'a fait en 1991, mais le Québec aussi puis toutes les
autres provinces. Donc, à un moment donné, c'était pour l'intégrer dans notre
droit interne, cette convention, tout comme la Convention de La Haye sur
l'enlèvement des enfants. On l'a fait, là, on a intégré, dans notre droit
interne, toutes les dispositions qui se retrouvent dans la Convention de La
Haye concernant l'enlèvement des enfants, qui fait partie maintenant des droits
et recours des parents ici, au Québec.
Donc, ça, cet argument-là, je ne sais pas
si je suis entièrement d'accord, avec grand respect, avec vous, Me Bérubé,
mais il me semble que nous avons l'occasion, en ce moment, compte tenu la nature
de ce projet de loi, de respecter les recommandations de la commission Laurent.
Et c'est pour ça, dans mes remarques préliminaires, que j'ai beaucoup de
difficulté à écarter, de mettre de côté, ces recommandations-phares, surtout
compte tenu de tous les experts qui ont été entendus concernant les droits des
enfants, et on est arrivés à la conclusion que cette charte, elle est capitale,
elle est primordiale, donc pourquoi est-ce qu'on ne l'intègre pas ou qu'on ait
un engagement, M. le ministre, tel que mon collègue l'a mentionné, que,
d'ici... pas dans la troisième phase, là, mais on se comprend qu'il va y
avoir... Il va falloir arrimer les choses à un moment donné, parce que le
commissaire... Il va y avoir l'adoption du projet de loi, ça va prendre un certain
temps, là, pour, hein, établir les bureaux, le personnel et tout, et donc il
pourrait y avoir un engagement du ministre que cette charte... Il va y avoir le
dépôt du projet de loi concernant la charte, tel que demandé et tel que précisé
dans le rapport de la commission Laurent, dans un délai d'un an, à titre
d'exemple, à titre d'exemple, mais il me semble qu'il faut saisir l'opportunité
d'avoir cette charte, d'avoir ce document.
Je comprends votre amendement, mais moi,
je trouve que c'est très important de vraiment, là, avoir une discussion au
fond de la chose pour déterminer une voie pour la protection de tous les droits
des enfants. Et je comprends l'amendement de mon collègue, mais moi, je trouve
important qu'on tente ici, dans cette commission, de respecter les
recommandations le plus que possible dans ce rapport de la commission Laurent.
Le Président (M. Provençal)
:M. le ministre.
M. Carmant : Bien,
justement, pour La Haye, c'est un exemple typique de ce qui a été fait par un projet
de loi séparé. Ça, c'est ancré dans un autre projet de loi, mais moi... il
faudrait voir avec le ministre de la Justice, là, c'est vraiment ancré dans un
autre projet de loi. Puis moi, j'ai aussi entendu, incluant Pr Goubau, dire que
les droits des enfants, c'est inclus dans les droits de la personne, là. Tu
sais, quand vous me dites : Pourquoi on n'arrive pas avec ça d'emblée?, bien,
on essaie de faire les choses dans l'ordre pour s'assurer que, un, on a mis
l'enfant au centre de la Loi de la protection de la jeunesse, ce qui était...
puis que je demeure... je maintiens, était la chose la plus importante à faire,
deuxièmement, le commissaire et ensuite la charte. Peut-être, je passerais la
parole à Me Bérubé encore, là, pour l'enjeu de la convention des Nations unies,
là, qui est... pour moi, demeure problématique, là.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui.
Donc, Mathieu Bérubé, toujours avocat à la Direction des affaires juridiques, Santé
et Services sociaux.
Pour faire du pouce par rapport à
l'exemple, là, qui a été donné sur la convention internationale relative à
l'enlèvement international, puis il y en a eu une autre également sur
l'adoption internationale, qui ont été effectivement intégrées en droit
québécois, deux précisions. D'une part, il s'agit de droit international privé,
on n'est pas en matière de droits de la personne. Donc, ça, c'est une première
distinction assez majeure. Donc, c'est des conventions qui portent sur des
sujets bien précis, comme je l'ai dit, donc, l'enlèvement international,
l'adoption internationale.
En ce qui concerne plus précisément
l'enlèvement international, il n'a pas été donné, comme tel, force de loi à
cette convention-là, c'est plutôt qu'elle a été réécrite par le législateur
québécois afin de s'étendre à l'enlèvement interprovincial d'enfants. Donc, les
deux conventions s'appliquent dans des situations transnationales, puis ça vise
plutôt à <désigner...
M. Bérubé (Mathieu) :
...les
deux conventions s'appliquent dans des situations transnationales, puis ça vise
plutôt à >désigner une autorité centrale qui est chargée de
l'application des textes des conventions ou de certaines de ces dispositions
puis à établir une coopération entre les États parties. Donc, autrement dit, on
ne peut pas vraiment comparer la convention des droits de l'enfant avec
l'intégration de ces deux autres textes internationaux là, d'où la précision.
Merci.
Le Président (M. Provençal)
:Allez-y, M. le député.
• (11 heures) •
M. Cliche-Rivard : Merci,
M. le Président. Je comprends ma collègue de Robert-Baldwin. Cela dit, je suis
d'accord avec elle, dans le sens où il faut faire la charte. Et je n'exclus pas
qu'il faut faire la charte, là. Moi, je pense, chère collègue, qu'on peut faire
les deux, et je ne vous dis pas l'un sans l'autre, là. Donc, soyez bien
consciente que je vous appuie à 100 % dans votre volonté qu'on avance vers
une charte des droits de l'enfant, donc, puis je pense qu'on peut très bien
faire les deux. Donc, j'entends votre préoccupation sur le fait que Mme Laurent
nous parle de la charte des droits de l'enfant, puis on va marteler ce
point-là. Puis je vous invite, le cas échéant, à déposer 0.2, si vous voulez,
pour qu'on entre sur cette discussion-là. Ça fait que je veux juste souligner
qu'un ne devrait pas exclure l'autre dans ce débat-là.
M. le ministre, vous m'avez dit, bon, vous
êtes ouvert, c'est ce que j'ai compris, je ne veux pas vous mettre des mots
dans la bouche, mais à ce que ce soit un projet de loi séparé. Bon, si tel est
le cas, peut-être d'abord confirmez-le-nous. Moi, je suis très ouvert à
discuter puis à collaborer avec vous là-dessus. Vous me dites : C'est
Justice. Bon, avec égard, là, le rapport qu'on a ici, c'est le rapport Laurent,
Instaurer une société bienveillante pour nos enfants, c'est un projet de
loi que vous mettez en... bien, c'est un rapport que vous mettez en oeuvre,
vous, pas le ministre de la Justice, là. Je comprends que Justice est toujours
intégrant... partie intégrante de tout... en fait, tout relève un peu de la
Justice, mais c'est vous, aujourd'hui, là, qui êtes devant moi, là, ce n'est
pas le ministre la Justice.
Et je vais vous laisser répondre, M. le
ministre, mais je vous cite quand même page 65, Mme Laurent en
audiences : «Dominique Goubau, professeur titulaire à la Faculté de droit
de l'Université Laval, affirme que l'intégration des droits de la convention
dans notre droit interne enverrait un message clair sur les droits de tous les
enfants du Québec. Nous croyons qu'il est temps que le Québec intègre de
manière explicite certains droits dans son droit interne.» C'est une demande
qu'elle nous fait, Mme Laurent.
Alors, vous aviez quelque chose à nous
ajouter. La proposition est là. La main est tendue pour un engagement d'un
projet de loi à venir, si ce n'est pas dans celui-ci. Mais quel message, M. le
ministre, enverrions-nous aux enfants du Québec puis à la société québécoise,
que, si ensemble, ici, là, on donnait... ça serait fantastique, je ne veux pas
parler de votre legs, là, hein, on n'est pas rendus là, mais est-ce que ce ne
serait pas incroyable que, sous votre ministère, on intègre cette convention-là
en droit interne? Il me semble que ça serait fantastique.
Alors, je ne peux pas plus montrer
d'enthousiasme avec le fait qu'on pourrait faire un pas historique pour le
droit des enfants ici, au Québec, et je n'entends rien qui nous dévierait de
cette trajectoire-là, ou de ce choix-là, ou de ce respect-là pour le droit des
enfants. Alors, je vous laisse, évidemment, répondre, mais je pense qu'on a une
chance historique devant nous, là, ma collègue en parlait.
Le Président (M. Provençal)
:M. le ministre.
M. Carmant : Oui. Bien,
contrairement à ce qui a été affirmé, il y a clairement des articles de la loi
qui sont sous le ministère de la Justice, là. Ça, c'est... on l'a vu quand on a
fait le PL n° 15, là, l'ancien PL n° 15.
Encore une fois, peut-être que je demanderais, M. le Président, de faire une
pause pour consulter les juristes pour revoir la partie A, partie B.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, on va prendre une suspension,
s'il vous plaît. Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 02)
11 h (version révisée)
(Reprise à 11 h 19)
Le Président (M. Provençal)
:Nous allons reprendre nos travaux.
M. le ministre, vous nous aviez demandé
une suspension pour pouvoir discuter avec les légistes et avec les oppositions.
Je vais vous céder la parole.
M. Carmant : Oui, bien, M.
le Président, après discussion avec mon équipe, clairement, l'intégration, là,
de la convention des Nations unies n'a été faite par aucune autre province ni,
là, par le Canada, donc je ne suis pas prêt à m'engager là-dessus. Cependant,
je demanderais la suspension pour voir le rôle du commissaire quant au
développement d'une charte pour le droit des enfants, s'il y a... avec
consentement de mes collègues, évidemment.
Le Président (M. Provençal)
:OK, mais je veux être sûr de bien
comprendre. On suspend cet amendement-là, donc on va y revenir plus tard...
M. Carmant : Éventuellement.
Le Président (M. Provençal)
:...éventuellement, lorsque vous, vous
aurez fait certaines validations...
M. Carmant : Auprès de
mes collègues.
Le Président (M. Provençal)
:...auprès de vos collègues. Et, à ce
moment-là, on ira... à moins qu'il y ait d'autres amendements qui soient
déposés, on pourrait débuter par... à traiter de l'article 1. Ça va? C'est
ce que je comprends?
M. Carmant : C'est ce
que j'ai dit.
Le Président (M. Provençal)
:Donc, oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci,
M. le Président. Je suis d'accord avec le ministre, essayons de voir quelles
voies de passage on peut trouver dans l'intérêt supérieur des enfants. Et je
serai dans l'attente, là, de ce qu'on peut faire ou ne pas faire, du côté
ministériel, pour qu'on puisse voir comment on va se gouverner sur l'amendement
préalablement déposé. Donc, suspendons et revenons-y quand vous serez prêt, M.
le ministre.
• (11 h 20) •
Le Président (M. Provençal)
:Alors, consentement pour suspendre?
Des voix : Consentement.
Mme Garceau : Pour
suspendre l'amendement?
Le Président (M. Provençal)
:L'amendement.
Mme Garceau : Oui.
Le Président (M. Provençal)
:Puis vous pouvez... si vous avez un
commentaire à formuler, Mme la députée, allez-y.
Mme Garceau : Non.
Compte tenu de notre discussion, on suspend l'amendement. Mais, moi, suite à
mes commentaires concernant la nécessité que le commissaire, lors du début de
ses travaux, va pouvoir se fier à une charte aux droits de l'enfant, j'ai... je
propose un amendement que nous allons vous transmettre.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, Mme la députée, votre
amendement, c'est un amendement qui va être avant l'article 1?
Mme Garceau : Oui. Oui,
là, on a suspendu l'amendement de mon collègue, qui est concernant la
convention des Nations unies relative aux droits des enfants, et là mon
amendement est lié à la charte des droits de l'enfant, telle que recommandée
par la commission Laurent et compte tenu, en ce moment, du fait que cette
charte, elle a été reportée. Elle était, je crois, au préalable, dans la
deuxième phase, si mémoire... il me semble, elle était à la deuxième phase, oui,
et, suite aux crédits, elle a été reportée à la troisième phase. Donc, pour
moi, compte tenu de la nature du rôle, des fonctions, des pouvoirs dont le
commissaire devra exercer, et surtout tout le volet concernant d'agir dans le
respect et aussi de la protection des droits des enfants, de s'assurer que
toutes les instances respectent les droits des enfants, que... je mentionne ici :
«Charte des droits des enfants
«0.1. Au plus tard 1 an après
l'entrée en vigueur des dispositions de ce projet de loi, une Charte des droits
des enfants sera déposée afin d'accompagner la mise en oeuvre de ce projet de
loi.»
Le Président (M. Provençal)
:M. le ministre.
M. Carmant : Bien, comme
j'ai dit, j'étais... nous sommes en train d'étudier la proposition de la charte
des droits, et il faut que je contacte mes collègues. C'est sûr que je ne
pourrais cependant pas m'engager sur une limite de temps, là, d'au plus tard un
an après, là, ça, ce n'est pas possible, là. Mais il y a de l'ouverture quant à
la charte, là, évidemment, mais la <limite est très...
M. Carmant :
...
possible, là. Mais il y a de l'ouverture quant à la charte, là, évidemment, mais
la >limite est très restrictive, Mme la députée.
Mme Garceau : OK.
Pourquoi? Parce que, là, je tente de comprendre, les deux sont intimement liés.
Même madame... Les deux commissaires l'ont mentionné lors de nos consultations
particulières, tous les groupes l'ont mentionné, de l'importance de cette
charte, et également Mme Laurent, qui dit : Bien, si ce n'est pas un
peu avant ça, il va falloir que ce soit vite après. Donc, dans le «vite après»,
il me semble qu'un an est suffisant et très raisonnable comme délai. Mais,
compte tenu que nous avons, à l'article 30, puis ça, ça va faire aussi
l'objet de discussions, du délai pour la mise en oeuvre de toutes les dispositions,
le cinq ans, c'est très long, est-ce que ça va être, peut-être, un trois ans...
Et donc j'aimerais quand même qu'on puisse trouver une voie de passage pour
avoir un engagement dans un délai raisonnable, pas dans cinq ans, pas dans
quatre ans non plus, mais dans un délai raisonnable pour que, lorsque le
commissaire va commencer son travail, va exécuter son mandat, il va avoir une
charte des droits pour le guider.
M. Carmant : Bien, je
suis souple à discuter du cinq ans, puis ça, on le fera en temps et lieu. Mais
ici, à ce qui est déposé, je ne suis vraiment pas prêt à m'engager sur le «au
plus tard un an», là. C'est difficile de dicter le calendrier gouvernemental,
là, même... donc je pense que ce serait prudent de ne pas inclure cette durée-là.
Puis, un peu comme mentionné auparavant, je ne peux pas m'engager, à ce
moment-ci, là, pour la charte non plus, il faut que je consulte mes collègues.
Mme Garceau : Bien, je
comprends que vous devez consulter, M. le ministre, le ministre de la Justice,
fort probablement. Mais là on est dans une situation où, même au niveau de...
des amendements à la Loi sur la protection de la jeunesse, vous l'avez fait à
l'intérieur de, quoi, un an, suite au dépôt du rapport, hein, à peu près un an.
Donc, je ne peux pas croire qu'au niveau d'un document aussi important qu'une
charte aux droits des enfants, on ne peut pas le faire à l'intérieur de l'année.
Mais, en tant que... pour trouver une solution, voie de passage, deux ans, bien,
il faut avoir... il me semble, c'est fondamental de déterminer, on ne peut pas
juste laisser ça comme ça sans avoir une date de dépôt. On parle du dépôt, là,
d'un projet de loi au niveau de la charte.
M. Carmant : Bien, moi,
je ne connais pas de loi où on donne une date pour un dépôt de projet de loi,
là, c'est beaucoup trop engageant.
Mme Garceau : Est-ce que vous
allez avoir la discussion avec votre collègue au niveau... je le sais, au
niveau de la convention internationale, mais aussi concernant la charte et
l'amendement, pour qu'on puisse avoir...
M. Carmant : Oui,
absolument. C'est ce que j'ai dit auparavant. Absolument.
Mme Garceau : OK.
Le Président (M. Provençal)
:M. le député.
M. Cliche-Rivard : Merci,
M. le Président. Je trouve ça intéressant, là, ce débat-là, puis notamment dans
une perspective où, en point de presse, là, M. Carmant, le 26 octobre
dernier, je vous cite là, vous dites : «Bien, comme je vous dis, c'est
justement pour ça qu'on l'avait mis dans la phase III.» Et là on fait
référence à la charte, là : «Nous, on a complété la phase I. Maintenant,
on travaille vraiment... notre focus, c'est sur la phase II.» Et vous
dites : «En temps et lieu, on verra si la phase III est nécessaire,
incluant la charte. Je pense que, le commissaire, une des choses qu'il va vous — là,
il y a un trois petits points dans la citation, là — ...qu'il
pourrait nous mentionner, c'est l'importance de créer une charte pour les
jeunes.»
Donc, moi, j'entendais... puis c'est là où
je veux vous entendre, puis peut-être que vous allez nous le dire un peu plus
tard, là, là j'entends un conditionnel : On verra, la phase III, si c'est
nécessaire, la charte. J'entends, avec la collègue, que vous n'êtes pas
convaincu d'une date butoir. Bon, si vous n'êtes pas convaincu d'une date
butoir, êtes-vous convaincu d'une charte? Est-ce que vos propos du 26 octobre
sont encore les vôtres aujourd'hui? Est-ce que vous êtes convaincu d'une charte,
après avoir entendu?
M. Carmant : Moi, il n'y
a pas d'enjeu. J'ai dit plusieurs fois : Le rapport Laurent ne sera pas
tabletté, et ça, ça inclut la charte.
M. Cliche-Rivard : OK.
Donc, il y aura une charte.
M. Carmant : Ça,
c'est... Ça, je me suis engagé là-dessus.
M. Cliche-Rivard : Bon, donc,
c'est déjà énorme, reconnaissons-le, quand même. On a vous, le ministre, là,
qui dit : Il y aura une charte des droits de l'enfant. On est <d'accord...
M. Cliche-Rivard :
...le
ministre, là, qui dit : Il y aura une charte des droits de l'enfant. On
est >d'accord? Je veux quand même qu'on prenne une seconde pour réaliser
ça, là, je veux dire... parce que, avec égard, encore une fois, en point de
presse, des fois, on dit plein de choses, puis ça va vite, là, ce n'est pas ce
que j'avais... mais là, aujourd'hui, vous le dites clairement.
M. Carmant : Je l'ai dit
plusieurs fois, je me suis engagé, que le rapport ne serait pas tabletté.
M. Cliche-Rivard : Ça,
je l'ai entendu. Mais là vous allez un peu plus loin, en ce moment, vous
dites : Non seulement il ne sera pas tabletté, il y aura une charte des
droits de l'enfant. Reste à discuter puis reste à s'entendre avec la collègue
puis à voir où est-ce que vous pouvez aller sur un délai, un an, six mois. Vous
allez nous dire quelque chose, vous allez nous faire une proposition. Mais je
trouve qu'on est très avancés, M. le Président, là, c'est un engagement qui est
clair, qui est ferme. Puis je vous en remercie, M. le ministre, parce que vous
l'avez dit, c'est ce que Mme Laurent dit...
Une voix : ...
M. Cliche-Rivard : Ah! ça,
moi, je ne vais pas là. Les ex-commissaires l'ont dit, vous le savez, c'est
évident, les ordres des psychoéducateurs nous ont dit que, effectivement, adopter
une charte relative aux droits de l'enfant, ce serait excessivement important.
M. Bouchard nous en a parlé aussi, la Fédération des familles d'accueil
nous en a parlé aussi puis Les Auberges du coeur nous en ont parlé, donc tout
le monde est pas mal dans ce sens-là. Donc, moi, j'accueille.
Puis je trouve que l'amendement de ma
collègue nous a fait déjà avancer, là. Et là je... la balle est peut-être dans
votre camp, M. le ministre, à savoir quelle contre-proposition vous faites à
son engagement temporel, mais, ça, je vous laisse nous dire qu'est-ce... ce qu'il
est possible de faire, en soulignant qu'un jour, là, l'Assemblée nationale
adoptera la charte des droits de l'enfant, ce qui est quand même quelque chose
d'exceptionnel, puis on a très hâte à jour-là, M. le Président.
• (11 h 30) •
Le Président (M. Provençal)
:Moi, ce que je comprenais, si vous
permettez, c'est que, d'après ce que M. le ministre nous a dit, en lien avec
l'amendement qui a été déposé par Mme la députée de Robert-Baldwin, au niveau
du délai, vous ne pouviez pas avoir un engagement ferme, mais que vous avez
vraiment besoin d'aller consulter vos collègues, notamment le ministre de la
Justice, en lien avec le libellé de cet amendement-là pour savoir si vous
pouvez le modifier ou de quelle façon. C'est ce que j'avais compris.
M. Carmant : Exact.
Le Président (M. Provençal)
:OK. Mais, à ce moment-là, on va
suspendre, avec le consentement, l'amendement qui a été déposé par Mme la
députée de Robert-Baldwin. Consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Maintenant, moi, j'avais
compris, puis vous me reprenez, il y avait une demande qui avait été faite pour
que nous procédions à l'étude des articles de loi avec une... par sujets, mais
j'ai cru comprendre, dans les remarques qui ont été faites, qu'il n'y avait pas
de consentement. Est-ce que c'est vraiment le cas? M. le député.
M. Cliche-Rivard : Malheureusement,
M. le Président, je vais maintenir... C'est une question de principe. Ce n'est
pas envers le ministre, ce n'est pas envers le projet de loi actuel, mais... bien,
il y a un lien de confiance à reconstruire avec l'équipe gouvernementale.
Le Président (M. Provençal)
:Bon, ceci étant dit, on va y aller
article par article. Alors, si vous êtes prêt, M. le ministre, je vous invite à
lire l'article 1 faisant partie du sujet 1, intitulé «Chapitre I, nomination».
M. Carmant : D'accord.
Donc, l'article 1 se lit comme suit :
«Sur proposition du premier ministre et
avec l'approbation des deux tiers de ses membres, l'Assemblée nationale nomme
un commissaire au bien-être et aux droits des enfants.
«L'Assemblée détermine de la même manière
la rémunération, les avantages sociaux et les autres conditions de travail du
commissaire.
«La personne proposée par le premier
ministre doit avoir une expérience de travail en matière de promotion du
bien-être et du respect des droits des enfants ainsi qu'une connaissance
approfondie en cette matière.»
Le présent article du projet de loi en
introduit le chapitre I, lequel porte sur les règles de nomination du Commissaire
au bien‑être et aux
droits des enfants.
Le premier alinéa de l'article confère au
premier ministre la tâche de proposer à l'Assemblée nationale la candidature
d'une personne pour être nommée Commissaire au bien‑être et aux droits des enfants. Cette personne
sera nommée si l'Assemblée approuve la candidature par un vote d'au moins les
deux tiers de ses membres.
Le second alinéa prévoit que la même
procédure s'applique pour la détermination de la rémunération, des avantages
sociaux et des autres conditions de travail du commissaire.
Enfin, le dernier alinéa prévoit certaines
des qualités que doit posséder la personne dont la candidature est proposée par
le premier ministre. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Y a-t-il des interventions
sur... Oui, Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Merci, M.
le Président. Certains groupes ont fait des commentaires concernant <cet
article, parce que...
>
11 h 30 (version révisée)
<19271
Mme Garceau :
...merci, M. le Président. Certains groupes ont fait des
commentaires concernant >cet article, parce que c'était quand même assez
limité, «sur proposition du premier ministre». Oui, avec l'approbation des deux tiers
de ses membres, l'Assemblée nationale va nommer, mais c'était : Qu'est-ce
qu'on fait avant? Comment est-ce que les noms vont être proposés au premier
ministre? Je sais qu'il y avait le collectif des ex qui avait parlé de... que
ce processus soit très transparent, compte tenu qu'on parle du poste d'un
commissaire au bien-être et aux droits des enfants, ils ont... elles ont même
suggéré un comité de sélection. Je voulais vous entendre sur qu'est-ce que vous
envisagez comme processus, préalablement, là, afin de déterminer... et aussi
des critères, parce que le seul critère que nous avons, c'est «une expérience
de travail en matière de promotion du bien-être et du respect des droits des
enfants ainsi qu'une connaissance approfondie en cette matière», c'est très
large. Donc, je voulais vous entendre, oui.
M. Carmant : Oui. Donc,
on a des experts, au gouvernement, là, pour engager les personnes, et je pense
qu'il va y avoir un comité interne qui va soumettre des noms. Ces noms seront
soumis ensuite au premier ministre, qui prendra la décision. Je ne crois pas
que ce soit un processus qui doit être public, là, d'aucune façon.
Mme Garceau : OK. Donc,
qu'est-ce que vous voulez dire, comme, en tant que comité interne?
M. Carmant : Les Emplois
supérieurs.
Mme Garceau : Mais qui
va composer, qui vont être membres de ce comité-là?
M. Carmant : Bien, c'est
variable, là, mais c'est les Emplois supérieurs. Il y a des gens qui sont au
gouvernement pour ça.
Mme Garceau : Et qui va
déterminer, en termes des critères, des critères pour ce poste?
M. Carmant : Mais c'est
ça, donc, c'est les Emplois supérieurs qui reçoivent les propositions et qui
font les entrevues, comme on nomme tous les autres directeurs que... au niveau
du ministère de la Santé, là, ou du gouvernement.
Mme Garceau : OK, mais
est-ce qu'on ne devrait pas quand même avoir des... un encadrement ou un...
concernant les critères que nous souhaitons d'un commissaire? Est-ce qu'on...
ce commissaire-là doit avoir une formation juridique, compte tenu du fait que
le commissaire va... et là on verra plus tard, mais dans l'exercice de ses
fonctions, de ses interventions, de faire des enquêtes? Est-ce que cette
personne-là doit avoir une formation juridique? Est-ce que cette personne...
Quel genre de formation est-ce que le commissaire devrait avoir? Combien d'années
d'expérience? Il me semble que ça ne sera pas quelqu'un, quand même, là, avec
quelques années, et donc c'est... il me semble que ce serait important d'avoir
une meilleure idée des critères liés à cette personne-là.
M. Carmant : Mais je
pense que les critères vont être déployés en temps et lieu. Ça peut être un
profil plus médical aussi. On a des très bons... des personnes en pédiatrie
sociale, par exemple, qui pourraient être... Donc, je pense, ce n'est ni à moi
ni à vous, là, de déterminer ça, c'est vraiment à un comité de sélection, là,
qui sera interne et qui va... qui s'appelle les Emplois supérieurs.
Le Président (M. Provençal)
:Donc, oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Je vous recéderai la parole au besoin.
M. Cliche-Rivard : Bien,
merci, M. le Président. De manière concordante à ce que ma collègue soulève,
parce qu'on a les mêmes enjeux, là, on vous a envoyé une proposition d'amendement
au secrétariat sur, explicitement, la discussion actuelle. Donc, je ne sais pas
la façon de fonctionner, est-ce qu'on voit le libellé? Est-ce qu'on laisse la
collègue finir son intervention? Je vous laisse présider.
Le Président (M. Provençal)
:Bien, est-ce que votre amendement est
en lien directement avec le 1?
M. Cliche-Rivard : Oui,
et avec... Oui, on l'a fait sur 1. Vous allez le recevoir <à l'instant...
M. Cliche-Rivard :
...vous
allez le recevoir >à l'instant.
Le Président (M. Provençal)
:C'est parce qu'on ne l'a pas reçu, c'est
pour ça.
M. Cliche-Rivard : Je
comprends très bien. Comme on le disait dans une autre commission, il est
encore à Drummondville.
Le Président (M. Provençal)
:Oui, c'est ça.
M. Cliche-Rivard : C'est
ça que vous disiez, hein, ça s'en vient?
Le Président (M. Provençal)
:Oui. C'est pour ça que je pouvais
difficilement me prononcer, là. Mais normalement, compte tenu que votre
amendement est en lien avec l'article 1, on va... aussitôt qu'on l'a reçu,
on le valide avec le secrétariat, on le projette à l'écran et on va traiter
votre amendement à l'article 1.
M. Cliche-Rivard : Merci.
Des voix : ...
Mme Garceau : ...
Le Président (M. Provençal)
:Oui, allez-y.
Mme Garceau : ...juste
quelques instants, s'il vous plaît?
Le Président (M. Provençal)
:Vous voudrez... vous voulez une
suspension?
Mme Garceau : Oui.
Le Président (M. Provençal)
:Oui. Alors, on va suspendre, s'il
vous plaît.
(Suspension de la séance à 11 h 39)
(Reprise à 11 h 42)
Le Président (M. Provençal)
:Nous allons reprendre nos travaux.
M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne
nous avait demandé... nous avait informés qu'il voulait déposer un amendement à
l'article 1. Cependant, Mme la députée de Robert-Baldwin, avant d'aller
directement, je vais vous redonner la parole.
Mme Garceau : ...compte
tenu des réponses de M. le ministre, nous venons, je crois, de transmettre des
amendements à l'article 1.
Le Président (M. Provençal)
:Ça va.
Mme Garceau : Ils sont
là?
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Mais là vous comprenez qu'on va
commencer par traiter l'amendement du député de Saint-Henri—Sainte-Anne?
Mme Garceau : Oui.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, à ce moment-ci, je vais
inviter le député de Saint-Henri—Sainte-Anne à nous lire l'amendement à
l'article 1 et nous donner ses commentaires.
M. Cliche-Rivard : Merci,
M. le Président. Je vais le lire : L'article 1 est modifié par
l'ajout, après le troisième alinéa, du texte suivant :
«L'Assemblée désigne un comité d'experts
en bien-être et en respect des droits des enfants ayant pour objectif de
conseiller le premier ministre en vue de la proposition visée au premier
alinéa.
«Le comité sera constitué de manière à
être représentatif de la diversité et de la pluralité des réalités vécue par
les enfants et ayant un impact potentiel sur le bien-être et les <droits
de l'enfant...
M. Cliche-Rivard :
...le
bien-être et les >droits de l'enfant.»
M. le Président, on soumet justement,
avec... en lien avec ce que ma collègue était en train de discuter avec le
ministre, là, que le... puis c'est en lien aussi avec ce que les comités...
pardon, le groupe des ex-placés de la DPJ nous a dit, là, à savoir que ce
serait bien qu'un comité d'analyse puisse soumettre des noms au premier
ministre puis qu'en vue de ces propositions-là le ministre puisse faire son...
le premier ministre puisse faire son choix, puis éventuellement l'amener à
l'Assemblée nationale. Mais c'est important pour nous que la voix de ces
gens-là soit entendue.
Alors, de manière concordante à ce qui
était proposé, là, je pense qu'on l'a mis en mots, et le projet de loi serait
bonifié par l'ajout de ce processus-là, où il y aurait des noms qui seraient
proposés au premier ministre. Si M. le ministre pense que d'emblée c'est ça qui
est fait, alors codifions-le, tant mieux, comme ça, on saura que ce sera
toujours de cette façon-là que ça fonctionne.
Le Président (M. Provençal)
:M. le ministre.
M. Carmant : ...ce que
le député de Saint-Henri—Sainte-Anne propose, c'est que l'Assemblée désigne des
noms puis choisisse parmi ceux qu'ils ont désignés.
M. Cliche-Rivard : Non.
M. Carmant : Ça ne
fonctionne pas, là. Il y a les Emplois supérieurs pour faire ce mécanisme-là,
là. Bien, c'est exactement ce qui est écrit, «l'Assemblée désigne un comité
d'experts».
M. Cliche-Rivard : Un
comité d'experts, puis ces experts-là vont tirer, quoi, trois noms qu'ils
vont soumettre au premier ministre, puis le premier ministre va faire son
choix.
M. Carmant : Mais, tu
sais, il y a déjà un mécanisme en place pour tous les... sous le protecteur,
tout ça, qui passe par les Emplois supérieurs et qui fonctionne très bien, là.
C'est non recevable, ça, pour moi, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:M. le ministre, je pense qu'on aurait
peut-être avantage à expliquer c'est quoi, le vrai... le processus, parce que
moi, je sens qu'il y a une méconnaissance — je me permets ce
terme-là, là — du processus. Alors, est-ce que ce serait possible de
nous donner un exemple de comment ça se passe en temps normal?
M. Carmant : Bien, pour
ça, je passerais la parole à la directrice nationale, à ma droite.
Le Président (M. Provençal)
:À?
M. Carmant : Mme Lemay,
la directrice...
Le Président (M. Provençal)
: À Mme Lemay, à Mme la sous-ministre. Consentement
pour que Mme la sous-ministre puisse nous donner une explication?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, Mme Lemay, s'il vous
plaît.
Mme Lemay (Catherine) : Alors,
bonjour. Catherine Lemay, directrice nationale de la protection de la jeunesse
et sous-ministre associée aux Services sociaux.
En fait, je ne me prétends pas une experte
en la matière, mais disons que, comme pour tous les autres hauts fonctionnaires
de l'État qui relèvent de l'Assemblée nationale, le processus est clair au
niveau des Emplois supérieurs, qui ont la responsabilité d'organiser soit la
sélection soit la demande de candidatures et de bien veiller à ce que tous les
aspects du processus soient le plus limpide possible, indépendants et qui
correspondent à ce que la fonction en tant que telle doit avoir comme
spécificités.
Si je vous donne, par exemple... puis
l'exemple est boiteux, puisque ma fonction ne relève pas des Emplois... ne
relève pas de l'Assemblée nationale, mais, dans le cas de ma nomination, il y a
eu un processus de sélection qui a été mis en oeuvre qui n'était pas
nécessairement la voie ordinaire pour nomination de sous-ministre adjoint ou
associé, mais, dans... compte tenu que j'avais une fonction spécifique, alors j'ai
été soumise à un comité de sélection, avec des tests auparavant et des
questions spécifiques en lien avec mon rôle de directeur national de la
protection de la jeunesse.
Donc, je vous donne cet exemple-là pour
dire que les Emplois supérieurs auront le loisir, en fonction de la spécificité
du rôle du Commissaire au bien-être et aux droits des enfants, de, par exemple,
choisir et avoir le loisir de s'entourer de personnes qui l'aideront à
apprécier les candidatures, sans toutefois venir intégrer dans la loi ce
processus-là qui est déjà bien encadré.
Le Président (M. Provençal)
:M. le député.
M. Cliche-Rivard : Donc, pour
bien comprendre ce que vous dites, là, les Emplois supérieurs pourraient — au
conditionnel, là — se doter d'experts ou de gens dont ils voudront
bien se doter pour, eux, déterminer quels noms ils envoient au premier ministre
pour nomination, c'est exact?
Mme Lemay (Catherine) : S'ils
le jugent requis, là, ils peuvent se mettre en place des modalités différentes
de ce qui se fait dans le traditionnel, compte tenu de la spécificité. Ça, ça
fait partie de leurs prérogatives.
M. Cliche-Rivard : Vous
me confirmer que, dans ce processus-là, les différentes formations reconnues à
l'Assemblée nationale, les différents partis, les différents groupes
d'opposition n'ont pas leur mot à dire sur cette désignation-là.
Mme Lemay (Catherine) : Bien,
c'est-à-dire que c'est l'Assemblée nationale qui est... qui a la prérogative,
aux deux tiers, là, tel que décrit...
M. Cliche-Rivard : ...la
nomination.
Mme Lemay (Catherine) : C'est
ça. Effectivement, effectivement.
M. Cliche-Rivard : OK.
Le premier ministre, lui, va sélectionner dans la liste <de noms...
Mme Lemay (Catherine) :
...effectivement,
effectivement.
M. Cliche-Rivard :
OK.
Le premier ministre, lui, va sélectionner dans la liste >de noms. Lui,
le premier ministre fait une recommandation à l'Assemblée nationale. Donc, le
premier ministre, lui, il choisit dans la liste de deux, trois, cinq,
10 noms...
Mme Lemay (Catherine) : Ils
seront proposés là. Je ne peux pas m'avancer sur, spécifiquement, le nombre de
personnes qui seront soumises au premier ministre, mais c'est vraiment dans cet
ordre-là que le ministre est allé chercher, là, l'accord du premier ministre
pour que le Commissaire au bien-être et aux droits des enfants soit nommé tel
que le Protecteur du citoyen et les autres avec qui... hauts fonctionnaires.
M. Cliche-Rivard : ...ces
processus-là, corrigez-moi si je me trompe, mais je pense que ça avait été le cas,
notamment, pour le Commissaire à la langue française, il y a des possibilités pour
les oppositions de le rencontrer préalablement, avant le vote, il y a des
discussions, il y a des échanges. Je me souviens très bien que ça avait eu lieu
pour le Commissaire à la langue française, les partis d'opposition avaient pu
leur poser des questions.
Mme Lemay (Catherine) : Comme
je le dis, en tout respect, là, je ne suis pas experte de ça. Mais, si vous le
dites, ça démontre que différentes modalités peuvent être mises en place pour
reconnaître la crédibilité et la reconnaissance de cette personne.
M. Cliche-Rivard : Les
collègues de... je ne veux pas parler à leur place, là, mais de la première opposition
me disaient qu'en effet... Moi, je n'étais pas là, à l'époque, mais on me
disait qu'en effet on a pu préalablement échanger ou poser nos questions, avant
le vote du deux tiers à l'Assemblée nationale, au commissaire Dubreuil,
là. Il a pu y avoir des questions et... pour orienter le vote. Là, j'entends
qu'il y a une fermeture à ce que l'Assemblée désigne un comité d'experts en vue
de faire ces nominations. Vous me dites : C'est déjà fait à l'interne.
Bon.
• (11 h 50) •
Mme Lemay (Catherine) : Bien,
ça peut être fait, là.
M. Cliche-Rivard : Ça
peut être fait.
Mme Lemay (Catherine) : ...différentes
modalités autres, d'ailleurs, aussi.
M. Cliche-Rivard : M. le
ministre, là, dans cette logique-là puis dans cette discussion-là, est-ce que
vous seriez prêt... Bon, vous me dites : Ça, c'est superflu, là, c'est ce
que j'ai compris de votre intervention. Par contre, là, dans ce processus-là,
est-ce que, comme pour le Commissaire à la langue française, vous seriez prêt à
ce qu'on puisse le rencontrer, discuter avant le vote aux deux tiers de
l'Assemblée, comme c'était le cas pour le Commissaire à la langue française, la
SQ aussi, on nous explique?
M. Carmant : Bien, il
faudrait que je vérifie, parce que je ne suis pas au courant de ce
processus-là, là.
M. Cliche-Rivard : Je
laisserais peut-être mes collègues. Je ne veux pas présider à la place du
président, là... Madame...
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Bien, on a beaucoup de...
Une voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: Oui, il y a certains éléments qui nous arrivent, là, en
termes d'amendements. C'est parce qu'avant de traiter un autre amendement qui
porte sur l'article 1, il faut vraiment statuer sur votre amendement. Par
la suite, on va... on ira au prochain amendement, mais on peut suspendre. On a
toujours la possibilité de suspendre un amendement, et d'y revenir, et d'aller
à un nouvel amendement qui est proposé par une autre partie, là. Allez-y, M. le
député.
M. Cliche-Rivard : Moi,
je voudrais juste souligner, M. le Président... Ça, c'est une proposition, je
suis ouvert à la discussion sur cette proposition-là, mais ce qu'on voudrait,
c'est participer davantage, d'une façon que vous êtes capables de nous
l'accorder, puis ma collègue va faire une proposition, à cette... à ce
processus de nomination transpartisane. Je nous sens ou... C'est sûr qu'il y a
le vote aux deux tiers, ça va, pour ces fonctions-là, avec égard, c'est la
norme, là, mais préalablement il me semble qu'on... les oppositions puis
l'Assemblée nationale pourraient jouer un rôle proactif plus important avant
d'arriver à ce vote-là, puis c'est là où je vous demanderais, si c'est possible
pour vous, une certaine marge, puis écoutons ce que la collègue a à dire, parce
que, là, on se sentirait... ou je me sentirais un peu devant le fait accompli
de : C'est lui, puis ce n'est personne d'autre, puis votez ou ne votez
pas. Puis, avec égard, vous avez déjà... vous avez le deux tiers des voix,
là, à l'Assemblée, donc ça nous... en ce moment, ça ne donne pas vraiment de
contribution à la discussion.
Donc, si au moins, en amont, comme c'est
le cas pour d'autres structures, on pouvait du moins avoir un mot à... sans
dire «un mot à dire», mais qu'on pouvait participer au processus décisionnel,
je sentirais qu'on irait davantage vers le transpartisan ou le caractère transpartisan
qui est souhaité pour la fonction, sans égard aux autres processus, là, je ne
suis pas en train de dire qu'ils sont moins transpartisans, là. Mais je
laisserais peut-être ma collègue de Robert-Baldwin présenter son amendement,
puis nous verrons lequel dispose duquel, là, peut-être, ça pourrait être utile.
Le Président (M. Provençal)
:À ce moment-là, M. le député, avant
de procéder au traitement d'un amendement qui serait <déposé...
Le Président (M. Provençal)
:
...d'un amendement qui serait >déposé
par Mme la députée de Robert-Baldwin, il faudra suspendre le vôtre, avec le
consentement. M. le ministre, vous aviez un commentaire à donner.
M. Carmant : Mais...
Alors, moi, on m'informe que le premier ministre propose et puis consulte les
oppositions avant le vote. C'est déjà ce qui se fait.
M. Cliche-Rivard : ...si
c'est ce qui se fait, alors, tant mieux, mais prévoyons-le dans la loi.
M. Carmant : Moi, je
propose qu'on vote sur cet amendement, là. Moi, je... tu sais, je veux... je n'ai
pu... je ne pense pas qu'on puisse le modifier, là, tellement plus. Je pense
qu'on peut passer au vote, peut-être écrire un autre amendement, si vous voulez,
mais...
Mme Garceau : ...M. le
Président? Parce qu'on a déposé un amendement.
Le Président (M. Provençal)
:...oui.
Mme Garceau : Si on
pourrait suspendre et d'aborder cet amendement qui est en lien un peu avec
notre discussion.
Le Président (M. Provençal)
:...éventuellement, peut-être qu'il y
aura un retrait d'amendement à... Alors, moi, je suggère... on va suspendre...
on suspendrait l'amendement, qui était à l'écran, du député de Saint-Henri—Sainte-Anne
pour recevoir un nouvel amendement à l'article 1, mais, cette fois-ci, qui
serait déposé par Mme la députée de Robert-Baldwin.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:On va suspendre les travaux.
(Suspension de la séance à 11 h 56)
(Reprise à 11 h 57)
Mme Garceau : ...l'amendement...
Le Président (M. Provençal)
:Mme la députée, on va... vous allez
me donner une minute, parce que vous êtes très rapide et...
Mme Garceau : ...
Le Président (M. Provençal)
:Il n'y a pas de problème. Alors,
présentement, on a un amendement qui a été déposé par le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Alors, la suggestion, c'est qu'on suspende cet amendement-là, et par la suite
Mme la députée de Robert-Baldwin va nous faire une proposition d'un nouvel
amendement. Alors, consentement pour suspendre?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
:Consentement. Merci.
Maintenant, Mme la députée de
Robert-Baldwin, je vais vous donner la parole pour que vous puissiez présenter
votre amendement.
Mme Garceau : Merci
beaucoup, M. le Président. Donc : L'article 1 du projet de loi est
modifié par l'insertion, après le premier alinéa, des alinéas suivants :
«Avant que le premier ministre ne propose
une personne, celle-ci est rencontrée par des députés lors d'un même entretien
tenu...»
Le Président (M. Provençal)
:On va le...
Mme Garceau : On
recommence.
Le Président (M. Provençal)
:On va... C'est le deuxième qui est...
On a...
Mme Garceau : Donc, je
reprends : L'article 1 du projet de loi est modifié par l'ajout,
après le premier alinéa, des alinéas suivants :
«Avant que le premier ministre ne propose
une personne, celle-ci est rencontrée par des <députés...
Mme Garceau :
...celle-ci
est rencontrée par des >députés lors d'un même entretien tenu à huis
clos. À cette fin, le premier ministre désigne un député de son parti et
demande au chef de chaque autre parti autorisé représenté à l'Assemblée
nationale de faire de même.
«Dans les 15 jours suivant cette
demande, les députés transmettent au premier ministre un rapport conjoint
contenant la recommandation de chacun sur la candidature de la personne
rencontrée. Ce rapport est confidentiel.»
Cet amendement répond aux préoccupations
du collectif des ex de la DPJ afin d'assurer une plus grande impartialité dans
la nomination, et c'est conforme aussi avec la loi sur la nomination du
directeur général de la SQ. Et je comprends aussi que le Commissaire à la
langue française, ça a été fait de cette façon-là. Donc, il me semble que c'est
le côté transpartisan, là, de... du choix et que c'était vraiment important que
ça soit transparent et, évidemment, qu'on ait tous un mot à dire concernant la
personne qui va être choisie.
• (12 heures) •
Le Président (M. Provençal)
:Merci. M. le ministre.
M. Carmant : ...tu sais,
moi, je reste avec un enjeu important, là, avec la partie «les députés
transmettent au premier ministre un rapport conjoint contenant la
recommandation de chacun sur la candidature de la personne rencontrée», là.
C'est... Est-ce que c'est déjà écrit dans une autre loi? Si oui, il faudrait le
vérifier.
Mme Garceau : Oui, oui.
Des voix : ...
Mme Garceau : ...nomination,
oui. C'est... On a repris les termes.
Une voix : ...
Mme Garceau : La même
chose.
M. Carmant : M. le
Président, je passerais la parole au juriste.
Le Président (M. Provençal)
:Oui. Maître, s'il vous plaît.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui.
Rebonjour.
En fait, l'exemple qui est donné en...
puis là le titre de la loi m'échappe, là, mais... la Loi sur la police, là, en
fait, je pense, là, pour la nomination du directeur général de la Sûreté du
Québec, en fait, c'est que ce n'est pas une personne désignée par l'Assemblée
nationale. Donc, toutes les autres personnes qui sont désignées par l'Assemblée
nationale, à l'instar de ce qui est prévu dans le projet de loi pour le
commissaire aux enfants, c'est vraiment un vote des deux tiers de
l'Assemblée sur proposition du premier ministre, sans qu'il n'y ait de détail
quant au processus comme tel qui mène à la nomination.
Mme Garceau : Mais, de
toute façon, rien ne nous empêche d'adopter cet amendement pour cette
désignation spécifique du commissaire. Il n'y a rien qui nous empêche de le
faire.
M. Carmant : M. le
Président, je me suis battu pour m'assurer que ce soit quelqu'un qui soit nommé
par l'Assemblée nationale, que ce soit quelqu'un qui soit indépendant. Moi, je
trouve que c'est... cette demande-là est additionnelle. Je ne peux pas m'y
conformer, là, tu sais. Je n'approuve pas ce... cette demande additionnelle là.
Le Président (M. Provençal)
:Vous ne pouvez pas adhérer.
M. Carmant : ...voilà le
bon mot. Merci.
Le Président (M. Provençal)
:M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Il y
a juste quelque chose qui a piqué un petit peu ma curiosité, M. le ministre.
Vous avez dit, vous vous êtes battu pour qu'on ait un «aux deux tiers».
Peut-être juste nous expliquer qu'est-ce que vous... Je ne suis pas sûr de
comprendre ce que vous voulez dire.
M. Carmant : Bien, c'est
comme quelque chose que j'ai... sur lequel j'ai insisté. Il y avait d'autres
modalités qui auraient pu permettre la nomination du commissaire. Donc, on a...
on s'est tous entendus pour que ce soit au niveau... dans le projet de loi,
pour que ce soit au niveau de l'Assemblée nationale. Je pense que, pour le...
pour garder son indépendance, je pense que c'est suffisant comme démarche, cette
démarche additionnelle là n'est pas nécessaire.
M. Cliche-Rivard : Je
vous entends. Ce que... Je pense que ce que nos collègues disaient, c'est que
ça avait... ces dispositions-là sont copiées-collées de celles au Commissaire à
la langue française, là.
M. Carmant : Non, SQ.
M. Cliche-Rivard : Bien,
nous, on l'a vu pour... à l'intérieur de la loi n° 96, là, c'est ce
qui était institué aussi pour le Commissaire à la langue française. L'article,
on va vous le dire...
Des voix : ...
M. Cliche-Rivard : On
l'a fermé depuis. On va vous le retrouver, mais... En fait, j'ai été... on a
été chercher d'où venait le libellé de notre... de nos collègues.
Des voix : ...
M. Cliche-Rivard : 56?
Mme Garceau : 56, c'est
la même chose.
Une voix : ...motion, premier
ministre, approbation du deux tiers, nomme le DG, mais par la suite on dit...
M. Cliche-Rivard : Ça,
c'est pour la SQ?
Mme Garceau : ...si vous
voulez, là.
M. Cliche-Rivard : Et
185 du Commissaire à la langue française. Non?
Mme Garceau : Sur motion
du premier ministre et avec l'approbation des...
Le Président (M. Provençal)
:Une personne à la fois, s'il vous
plaît, pour une question <de transcription...
>
12 h (version révisée)
<19271
Mme Garceau :
...et avec l'approbation des...
Le Président (M. Provençal)
:
Une personne à la fois, s'il
vous plaît, pour une question >de transcription. Alors, Mme la députée.
Mme Garceau : Merci. L'article 56 :
«Sur motion du premier ministre et avec l'approbation des deux tiers de ses
membres, l'Assemblée nationale nomme le directeur général.
«La personne proposée par le premier
ministre est choisie parmi les candidats qui ont été déclarés aptes à exercer
cette fonction par le comité de sélection formé pour la circonstance.
«Avant que le premier ministre ne propose
une personne, celle-ci est rencontrée par des députés lors d'un même entretien
tenu à huis clos. À cette fin, le premier ministre désigne un député de son
parti et demande au chef de chaque autre parti autorisé représenté à l'Assemblée
nationale de faire de même.
«Dans les 15 jours suivant cette
demande, les députés transmettent au premier ministre un rapport conjoint
contenant la recommandation de chacun sur la candidature de la personne
rencontrée. Ce rapport est confidentiel.»
M. Carmant : Là, on
parle de la SQ...
Mme Garceau : Oui, le DG,
avec...
M. Carmant : ...qui n'est
pas une personne désignée.
Mme Garceau : ...par le
premier ministre.
M. Carmant : Mais pas
par l'Assemblée nationale.
Mme Garceau : Par... la
même chose, «deux tiers de ses membres à l'Assemblée nationale». On n'enlève
pas le deux tiers de l'Assemblée nationale dans cet article.
M. Carmant : ...est-ce
qu'on a vérifié?
M. Cliche-Rivard : En
effet, c'est mon erreur, donc, ce n'est pas le cas. Mais l'exemple du DG de la
SQ, je pense, s'applique, là, mais je retire mes commentaires sur 96. Cela dit,
il y a eu les rencontres préalables sur le Commissaire à la langue française. Donc,
je suis conscient que le libellé ne le prévoit pas, mais ça a eu lieu quand
même avec toutes les oppositions.
M. Carmant : Je
repasserais la parole à mon collègue.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui,
en fait, c'est simplement pour réitérer mes propos de tout à l'heure, là, à l'effet
que le directeur général de la SQ, bien qu'effectivement ce processus-là soit
campé dans la loi, ce n'est pas une personne désignée au même titre que les autres
personnes désignées par l'Assemblée, comme le Protecteur du citoyen,
Vérificateur général du Québec et les autres commissaires, là, lobbyisme et
compagnie, là.
Mme Garceau : Mais, en
tout cas, je ne sais pas, en termes de c'est quoi, la différence, mais je ne
comprends pas l'objection à ce qu'on prenne les mêmes dispositions pour rendre
vraiment le processus transparent et qu'un député de chaque parti puisse avoir
son mot à dire au niveau du choix du commissaire. Ça revient... Ce n'est pas le
comité de sélection que le collectif voulait avoir. On aurait pu même... j'aurais
même pu... on aurait pu suggérer un comité d'experts, oui, on aurait pu
demander aux commissaires. Ils ont investi deux ans de leur vie dans... au
niveau du rapport, ils ont rencontré tellement de gens, peut-être qu'on aurait
pu les impliquer dans le processus de sélection, mais je me suis dit : À
ce stade-ci, ils ont fait le travail, et passons à la prochaine étape qui
serait d'avoir, quand même, une discussion et un consensus, j'espère, entre
tous les partis concernant la nomination de ce commissaire, qui est quand même
une fonction hautement importante.
M. Carmant : Mais on a
vu que, suite à la rencontre du Commissaire à la langue française, il y a quand
même eu des enjeux, là, donc je pense que je ne voudrais pas que ça se
reproduise avec le commissaire pour le droit des... le bien-être et le droit
des enfants.
Mme Garceau : On se
comprend que ce n'est pas, M. le ministre, avec grand respect, les mêmes
enjeux. Ce n'est pas du tout les mêmes enjeux.
M. Carmant : C'est des
enjeux quand même, et c'est triste...
Mme Garceau : Oui,
mais...
M. Carmant : ...parce qu'on
veut tous protéger la langue française aussi.
Mme Garceau : Oui, mais
là on parle effectivement de s'assurer de choisir le meilleur candidat ou
candidate pour ce poste, qui est hautement nécessaire depuis de nombreuses
années. Et donc j'aimerais que le ministre considère cet amendement. Je ne sais
pas si mon collègue...
M. Carmant : Je n'ai
rien à ajouter, moi, rien à ajouter.
Le Président (M. Provençal)
:M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : M. le
ministre, d'emblée, là, quand vous avez... l'amendement, vous nous mentionniez,
là, que ça accrochait au niveau du rapport, des 15 jours. Est-ce que... l'autre
volet, qu'on puisse le consulter à huis clos, est-ce que, là aussi, il y a un
enjeu ou... Je soumettrais que la voie de passage, ce serait de garder le
premier alinéa, pas le deuxième. Je voudrais vous entendre sur cette option-là,
si c'était le deuxième alinéa qui vous causait problème.
M. Carmant : Non, moi,
je pense qu'on devrait voter sur cet amendement. Je suis prêt à voter sur cet
amendement. Il y a eu des enjeux, qu'on m'a <rappelés...
M. Cliche-Rivard :
...causait problème.
M. Carmant :
Non,
moi, je pense qu'on devrait voter sur cet amendement. Je suis prêt à voter sur
cet amendement. Il y a eu des enjeux, qu'on m'a >rappelés, avec le Commissaire
à la langue française. Je voudrais éviter de tels enjeux pour le Commissaire au
bien-être.
M. Cliche-Rivard : Des enjeux
démocratiques où des partis d'opposition ont posé des questions, c'est ça que
vous voulez éviter, avec égard, là?
M. Carmant : ...ont
contesté.
M. Cliche-Rivard : Mais
c'est le principe même d'une nomination aux deux tiers, là, avec tout le
respect que je vous dois, M. le commissaire... M. le ministre. Si on ne peut
pas contester une nomination ou une proposition du premier ministre, on va un
peu à l'encontre de l'objectif qu'est la nomination aux deux tiers de
l'Assemblée nationale, avec égard, là.
M. Carmant : Mais il y a
un vote qui se produit pour ça, là, on s'entend. Il y a un processus de vote.
M. Cliche-Rivard : Donc,
on va voter, puisque c'est la décision du ministre, là, mais je veux quand même
souligner que la proposition qui est faite, c'est que les oppositions puissent
questionner le futur candidat. Quand même, je ne pense pas que c'est très... ou
que c'est énormément demander. Je suis un peu surpris quand même, avec beaucoup...
tout le respect que j'ai pour le ministre, qu'on ne puisse pas s'engager à ce
qu'on puisse lui poser des questions à huis clos.
• (12 h 10) •
M. Carmant : La
proposition qui est faite, c'est que ce soit inscrit dans le texte de loi.
C'est ça, la différence.
M. Cliche-Rivard : Le
texte de loi, la différence qu'il a, c'est qu'il a force exécutoire; une
promesse, ça n'en a pas. Donc, est-ce que vous êtes... À l'inverse, qu'est-ce
que vous nous dites, que c'est un engagement que vous ne pouvez pas prendre
dans la loi?
M. Carmant : Moi, ce que
je dis, c'est qu'on veut maintenir le même libellé que dans les autres
personnes désignées par l'Assemblée nationale.
M. Cliche-Rivard : OK.
Et je fais une dernière proposition, on ne le... Bien, vous allez voter contre,
on connaît votre vote, vous l'avez dit, là. Là, vous engagez-vous ou êtes-vous
prêt à nous dire : On ne le codifiera pas? Mais c'est vous, là, le
ministre, là, à un moment donné, donc, est-ce que vous allez nous inviter à
avoir ce genre de rencontre à huis clos? Est-ce qu'on peut avoir cette... Je
veux dire, on l'a eue dans le cadre du commissaire au bien-être des droits...
au Commissaire de la langue française. Donc, je comprends qu'on ne le mettra
pas dans le projet de loi, pouvons-nous au moins avoir un engagement formel que
ça sera possible, même si ce n'est pas dans le projet de loi?
M. Carmant : ...je
m'engage à en parler au premier ministre. Ça, ça, je m'engage à en parler au
premier ministre.
M. Cliche-Rivard : Est-ce
que vous vous engagez à le demander au premier ministre ou à lui en parler?
M. Carmant : Le demander
au premier ministre.
M. Cliche-Rivard : OK, parce
qu'il y a quand même un... OK.
Mme Garceau : Peut-être
que le premier ministre ne serait pas contre l'idée de le prévoir ainsi dans ce
projet de loi, compte tenu de la nature des fonctions du commissaire.
M. Carmant : Merci.
Le Président (M. Provençal)
:Pas d'autres commentaires, monsieur...
Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
M. Carmant : Je propose
le vote, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Vous proposez le vote. Ça va?
M. Cliche-Rivard : Vote
nominal.
Le Président (M. Provençal)
:Par vote nominal.
La Secrétaire : Oui. Alors, Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire
: M. Carmant
(Taillon)?
M. Carmant : Contre.
La Secrétaire
: Mme Abou-Khalil
(Fabre)?
Mme Abou-Khalil : Contre.
La Secrétaire
:Mme Bourassa (Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
Mme Bourassa : Contre.
La Secrétaire
: Mme Picard
(Soulanges)?
Mme Picard : Contre.
La Secrétaire
: Mme Blouin
(Bonaventure)?
Mme Blouin : Contre.
La Secrétaire
: M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard : Pour.
La Secrétaire : Et M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Le Président (M. Provençal)
:Abstention. Alors, l'amendement
proposé par Mme la députée de Robert-Baldwin est rejeté.
Maintenant, on revient, toujours à
l'article 1. Y a-t-il de nouveaux amendements qui sont déposés à
l'article 1? On sait qu'il y en a qui sont suspendus, présentement. Madame...
Mme Garceau : Oui, bien
là, j'ai deux autres amendements, M. le Président, concernant l'article 1.
Le Président (M. Provençal)
:Il faudrait...
Mme Garceau : Peut-être
qu'on pourrait commencer avec...
Le Président (M. Provençal)
:...il faudrait s'entendre par...
Est-ce que c'est celui qui...
Mme Garceau : D'au moins
10 ans.
Le Président (M. Provençal)
:D'au moins 10 ans. OK.
Mme Garceau : Oui.
Le Président (M. Provençal)
:OK. Alors, on va le projeter à
l'écran. Ce n'est pas celui-là. C'est celui-là qu'on...
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Alors, Mme la députée, maintenant
qu'il est projeté à l'écran, vous pouvez nous en faire <la lecture.
Mme Garceau :
Merci,
M. le Président...
Le Président (M. Provençal)
:
...alors, Mme la députée,
maintenant qu'il est projeté à l'écran, vous pouvez nous en faire >la
lecture.
Mme Garceau : Merci, M.
le Président. Donc : L'article 1 du projet de loi est modifié par
l'ajout, au dernier alinéa, des mots «d'au moins dix ans», après les mots «doit
avoir une expérience de travail».
Nous recommandons que le commissaire
possède une connaissance approfondie des instances gouvernementales existantes
et de la société civile pour accomplir son mandat de promouvoir du bien-être et
des droits des enfants. Afin de travailler en collaboration avec ceux-ci, il
doit avoir... elle doit avoir une expérience de travail d'une dizaine d'années,
on dirait, minimum en promotion du bien-être et du respect des droits des
enfants. C'est conforme aussi à la recommandation du collectif des ex de la
DPJ.
Et, compte tenu que nous n'avons pas
beaucoup de critères de spécificité concernant cette fonction, ce poste, au
moins prévoir ce genre de terme de 10 ans d'expérience, ça, ça serait,
pour moi, quand même assez important de le préciser.
M. Carmant : M. le
Président...
Le Président (M. Provençal)
:Oui.
M. Carmant : ...peut-être
définir pourquoi 10 ans versus... Moi, je ne suis pas contre, là, mais
c'est un petit peu de... je ne suis pas sûr que c'est... on fait ça de nos
jours, là, mettre des critères d'expérience, c'est... mettons qu'on a une jeune
vedette qui veut faire ça, là...
Mme Garceau : On aurait
pu mettre 15 ans, on aurait pu mettre 20 ans aussi, là, mais je me
fie aussi... tout ce que je vais vous dire, c'est : je me fie aussi,
30 ans de pratique en tant qu'avocate et en tant que mentor, maître de
stage et tout des plus jeunes de mes collègues, on sait très bien que, pour ce
genre de... pour ce genre, je dirais, de poste, une expérience de cinq ans ne
semble pas suffisante pour moi, compte tenu du mandat large, mandat large que
le commissaire va devoir exécuter et avec... on le sait très bien, là, avec une
collaboration, avec... Je ne pense pas, là, qu'on parle... que ce soit le Protecteur
du citoyen et autres, qu'ils ont quelques années d'expérience non plus, là.
Donc, ça va être important d'avoir quelqu'un qui va pouvoir avoir les
discussions qui s'imposent avec les autres, si je peux dire, les autres cadres
dans d'autres instances.
M. Carmant : Bien, M. le
Président, je vous dirais que c'est deux enjeux, là. Est-ce que c'est à la loi
de se substituer au rôle des Emplois supérieurs puis... D'une certaine façon,
tu sais, moi, je suis un peu mal à l'aise par rapport à ça, là, personnellement,
là, c'est comme contre-discriminatoire, là, mais ça reste un peu
discriminatoire. Tu sais, je ne sais pas si c'est... je ne sais pas si ça se
fait, d'en discuter, mais, en tout cas, j'ai un malaise par rapport à ça. Mais,
tu sais, l'intention est bonne, là, puis c'est sûr que ça prend quelqu'un qui a
une expérience puis une connaissance suffisante, là, mais c'est vraiment le
rôle des Emplois supérieurs, qui ont une expertise qui dépasse la nôtre. Tu
sais, je ne comprends pas le but de vouloir encadrer, tu sais, la nomination
par le texte de loi, tu sais.
Le Président (M. Provençal)
:M. le député.
M. Cliche-Rivard : Merci,
M. le Président. Bon, je veux dire, cette proposition-là, on l'avait soumise
également. Avec l'immense respect, M. le ministre, ça vient du collectif des
ex-placés de la DPJ, là, qui sont des... bien, les femmes qui sont venues nous
présenter leur parcours dans le réseau. Et, bon, après, on peut questionner le
bien-fondé de la proposition puis vous prenez votre position, mais ça vient de
gens qui sont... qui ont passé à travers du système, puis ils voient le
commissaire puis qui disent : Nous, on a une <inquiétude...
M. Cliche-Rivard :
...puis
vous prenez votre position, mais ça vient de gens qui sont... qui ont passé à
travers du système, puis ils voient le commissaire puis qui disent : Nous,
on a une >inquiétude. Dans le fond, si... à leur lecture du projet de
loi, si eux font cette proposition-là de renforcement, c'est qu'ils n'étaient
pas nécessairement satisfaits ou convaincus que la personne, puis ils le
disent, posséderait une connaissance approfondie des instances gouvernementales
existantes et de la société civile. Et ils disent que c'est nécessaire pour
accomplir son mandat de promotion du bien-être des droits des enfants afin de
travailler en collaboration avec ceux-ci, il doit avoir une expérience de
travail d'une dizaine d'années minimum en promotion du bien-être et du respect
des droits des enfants.
Donc, après, il vous appartient ou non de
vous faire une position sur le bien-fondé ou si c'est nécessaire d'aller là,
mais n'empêche que ce sont des ex-jeunes femmes, un collectif, qui nous disent :
Nous, on veut quelqu'un qui connaît la boîte, là, qui connaît la machine, qui
connaît le bien-être des enfants, qui connaît la structure, qui sait quoi
faire, qui sait où aller, et ça, c'est quelque chose qui est clé. Donc, je vous
soumets, c'est de là que ça vient. Après, sur le fond de la décision, si vous
êtes d'accord ou pas de mettre ce 10 ans là, ça, ça vous appartient, mais
c'est purement ancré par une demande du collectif.
Dans un point de vue analogue, la loi, par
exemple, sur la magistrature, dit que ça prend 10 ans de membre du Barreau
pour pouvoir appliquer à la magistrature; ce n'est pas discriminatoire, c'est
un critère pour se qualifier à un poste. Bon, le poste de juge n'est pas le
même que celui de commissaire, on est tout à fait d'accord avec ça, mais ça
existe, là, ailleurs dans le corpus législatif. Donc, moi, je pense que c'est
justifié puis ça donnerait un sentiment de confiance. Je vous soumets après que
ce sera votre décision à prendre, à savoir si on va là ou pas, mais que
d'accueillir cette demande-là qui répondrait à une de leurs inquiétudes, puis
que vous dites : De toute façon, je pense que c'est ça qui va se passer,
parce que, probablement, que c'est comme ça qu'on va choisir la prochaine
personne qui connaît le réseau, bien, écrivons-le puis donnons-leur un point,
là. C'est ce que je vous soumets.
• (12 h 20) •
M. Carmant : Et pourquoi
10 ans versus 15 versus 20?
M. Cliche-Rivard : Je pense
qu'il y a là un minimum, puis c'est un minimum... puis moi, je trouve que la
référence avec la magistrature est intéressante, là, on a jugé qu'après avoir
exercé le droit pendant 10 ans, on était assez connaissant du système
juridique pour pouvoir appliquer à la magistrature. Donc, je pense que c'est un
fondement qui est intéressant. Elles ont fait, ailleurs dans le projet de loi...
les ex-placées, elles ont fait référence au DPCP, par exemple, sur la durée du
mandat. Je pense qu'elles se... elles s'y connaissent dans le système légal, et
je ne veux pas présumer pourquoi elles ont écrit 10 ans, là. Puis je pense
que le 15 ans ou 20 ans, ça deviendrait peut-être contraignant outre
mesure. Mais 10 ans, c'est la cible, mais si vous voulez mettre 15, M. le
ministre, il n'y a personne de l'opposition qui va s'obstiner, là.
Mme Garceau : ...je veux
dire aussi, M. le Président, si vous me permettez, dans la commission Laurent,
c'était vraiment évident qu'on voulait avoir une personne qui était pour être
au-dessus de la mêlée. Au-dessus de la mêlée, ça veut dire quand même
quelqu'un, il faut se le dire, là, qui va avoir un certain niveau d'expérience.
Je m'excuse, là, mais ça ne sera pas une personne avec trois, quatre ans
d'expérience, on va se dire les vraies choses, là, il va falloir que cette
personne-là ait quand même une expérience, un vécu qui vient avec l'expérience.
On le sait très bien qu'avec l'expérience nos perspectives sur certaines
choses, nos points de vue, nos opinions, il y a une évolution. Et c'est sûr et
certain que, lorsque le commissaire va avoir des interactions avec que ce soit
protecteur du citoyen, que ce soit le coroner, que ce soit d'autres, ces
personnes-là ont beaucoup d'années d'expérience, donc, il me semble qu'il va
falloir avoir la même chose concernant le commissaire pour que les échanges et
tout soient faits de façon constructive, productive.
M. Carmant : Bien, moi,
je vous entends, tu sais, puis c'est sûr qu'il faut faire le bon choix. Est-ce
que «significative» serait un compromis?
Mme Garceau : Est-ce
que... Je m'excuse.
M. Carmant : ...«significative»
serait un compromis?
Le Président (M. Provençal)
:M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : M. le
ministre, pour ma part, j'accueille avec ouverture votre proposition, en ce
sens où je pense que, souvent, le mot «significatif» veut... voudra <probablement
dire...
Le
Président (M. Provençal)
:
...M. le député de
Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard :
M.
le ministre, pour ma part, j'accueille avec ouverture votre proposition, en ce
sens où je pense que, souvent, le mot «significatif» veut... voudra >probablement
dire plus... non, mais plus que, nécessairement, ce que veut dire 10 ans,
en termes où quelqu'un peut occuper une fonction pendant 10 ans et, objectivement,
on peut dire qu'il n'a pas nécessairement d'expérience significative. Alors, je
pense que, là, on... Je comprends M. le ministre, qu'il ne veut pas se limiter
à un argument de forme, là, où c'est 10 ans, puis il nous parlait de la
superstar, là, il nous parlait de la vedette montante, il ne faudrait pas
nécessairement se limiter. Je reviens avec l'idée qu'on nous a proposé quelque
chose de... plus du point de vue de la forme que de la substance, mais
peut-être qu'on se rejoint avec une voie de passage. Alors, je serai ouvert à
vous lire sur l'amendement proposé, M. le ministre.
Le Président (M. Provençal)
:Dans un premier temps, on a un
amendement où on nous spécifie d'«au moins 10 ans». Donc, moi, j'aimerais
qu'on puisse traiter cet amendement-là. Je reçois très bien aussi le
commentaire que vous avez fait à rebours. M. le ministre.
M. Carmant : ...de suspendre.
Le Président (M. Provençal)
:Oui, on va suspendre. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 25)
(Reprise à 12 h 29)
Le Président (M. Provençal)
:Nous reprenons nos travaux.
Alors, ce que j'ai cru comprendre hors
d'ondes, c'est que, Mme la députée, vous allez retirer votre amendement pour en
déposer un nouveau qui va être modifié. Est-ce que c'est le cas?
Mme Garceau : Oui,
exactement, M. le Président. Suite à nos échanges avec le ministre et mes
collègues, nous allons soumettre un autre amendement.
Le Président (M. Provençal)
:Donc, dans un premier temps,
consentement pour retirer l'amendement qui avait été déposé par Mme la députée
de Robert-Baldwin?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
:Consentement. Et je vais vous
remercier de votre collaboration.
Compte tenu de l'heure, je suspends les
travaux jusqu'après les affaires courantes, soit vers 15 h 15. Et,
pour le... on redébutera avec votre nouvel amendement, Mme la députée. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 30)
15 h (version révisée)
(Reprise à 15 h 24)
Le Président (M. Provençal)
:Rebonjour à tous. La Commission de la
santé et des services sociaux reprend ses travaux. Nous poursuivons l'étude
détaillée du projet de loi n° 37, Loi sur le commissaire au bien-être et
aux droits des enfants.
Lors de la suspension de nos travaux cet
avant-midi, nous étions à l'étude de l'article 1. Alors, je vous rappelle que Mme
la députée de Robert-Baldwin avait retiré... Avec le consentement, on avait
retiré son amendement, mais, cette fois-ci, elle aurait un nouvel amendement à
nous proposer. Alors, Mme la députée, je vais vous donner la parole.
Mme Garceau : Merci beaucoup,
M. le Président. Donc, suite aux... à nos échanges, je propose la modification
suivante. L'article 1 du projet de loi serait modifié par l'insertion, dans le
troisième alinéa, après les mots «doit avoir une expérience de travail», du mot
«significative».
Le Président (M. Provençal)
:Alors, commentaires? M. le ministre.
M. Carmant : Non, je suis
en... je suis d'accord avec cet amendement-là. Alors, moi, je proposerais le
vote.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, on va procéder au vote, madame.
On peut le faire par appel nominal, ça va être plus...
La Secrétaire : Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire
: M. Carmant
(Taillon)?
M. Carmant : Pour.
La Secrétaire
: Mme Dorismond
(Marie-Victorin)?
Mme Dorismond : Pour.
La Secrétaire
: Mme Abou-Khalil
(Fabre)?
Mme Abou-Khalil : Pour.
La Secrétaire
:Mme Bourassa (Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
Mme Bourassa : Pour.
La Secrétaire
: Mme Picard
(Soulanges)?
Mme Picard : Pour.
La Secrétaire : M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Le Président (M. Provençal)
:Abstention. Alors, l'amendement
déposé par Mme la députée de Robert-Baldwin à l'article 1 est adopté.
Maintenant, y a-t-il d'autres interventions ou d'autres amendements en lien
avec l'article 1? Alors, Mme la députée, je vous donne la parole.
Mme Garceau : Donc, nous
allons vous transmettre un autre amendement — c'est fait — à
l'article 1. Est-ce qu'on attend qu'il soit...
Des voix : ...
Mme Garceau : Donc, M. le
Président...
Le Président (M. Provençal)
:...la lecture, s'il vous plaît.
Mme Garceau : Oui. L'article
1 du projet de loi est modifié par l'insertion, après le premier alinéa, du
suivant : «L'Assemblée nationale veille à ce que le commissaire au
bien-être et aux droits de l'enfant dispose des ressources humaines,
matérielles, financières nécessaires à l'exercice de ses fonctions.»
Ça, c'est une modification, évidemment,
suite aux représentations des anciens commissaires... de s'assurer <que
le commissaire...
Mme Garceau :
...une
modification, évidemment, suite aux représentations des anciens commissaires...
de s'assurer >que le commissaire va avoir à sa disposition toutes les
ressources nécessaires pour exercer ses fonctions, et c'était dans le rapport
de la commission Laurent. Donc, on aimerait que ce soit... que cette
recommandation-là soit reflétée dans le projet de loi.
M. Carmant : Oui, je peux y
aller, M. le Président?
Le Président (M. Provençal)
:Allez-y.
M. Carmant : Oui, bien, c'est
sûr que c'est notre intention aussi, mais ce qu'on m'explique, c'est que c'est
le Bureau de l'Assemblée nationale qui a... qui va... qui va régir cette
décision-là. Donc, on ne peut pas l'inclure dans la loi, mais je peux... s'il y
a d'autres questions, ça me ferait plaisir de passer à Me Bérubé, M. le
Président, si ce n'est pas clair.
Mme Garceau : Oui, s'il vous
plaît.
Le Président (M. Provençal)
:Maître, auriez-vous un commentaire
à...
M. Bérubé (Mathieu) : Alors,
bonjour. En fait, effectivement, ce que le ministre... ce à quoi le ministre
fait référence, c'est qu'il faut aller lire les articles qu'on étudiera
prochainement, 21 et 22 du projet de loi, lesquels encadrent, là, tout
l'exercice financier et budgétaire, là, du commissaire. C'est vraiment des
dispositions, en fait, là, textuellement identiques, là, à qu'est-ce qui est
prévu pour les autres personnes désignées par l'Assemblée nationale.
Donc, c'est... Effectivement, les
prévisions budgétaires annuelles sont soumises au Bureau de l'Assemblée
nationale par le commissaire lui-même. Le Bureau de l'Assemblée nationale les
approuve avec ou sans modification. Et, même chose pour tout ce qui est des
ressources humaines, on a le deuxième alinéa de l'article 21 qui prévoit
que c'est le commissaire qui établit les besoins d'effectifs dont il a besoin,
sous réserve des crédits qui auront été accordés par le Parlement, crédits qui
seront évidemment entérinés, entre guillemets, dans une loi annuelle sur les
crédits.
Alors, ce n'est pas possible de prévoir un
amendement de la sorte puisque ça viendrait lier, dans le fond, l'exercice du
Parlement, là, en matière de fonds publics, là.
Mme Garceau : Ce n'était pas
vraiment ça, d'empiéter, là, sur les pouvoirs décisionnels de l'Assemblée,
c'était vraiment pour confirmer un message très clair de la part de la
commission Laurent, compte tenu du mandat large de... que le commissaire doit
exercer, de s'assurer... parce que c'est un poste très important, de s'assurer
aussi que, compte tenu de la nature du mandat... qu'il va disposer des
ressources humaines, matérielles et, évidemment, le budget nécessaire. Donc, on
n'est pas en train de déterminer le nombre de crédits et autres. C'était
vraiment... On reprend exactement ce que la commission avait mentionné dans son
rapport, qui était, quand même, d'une importance de le souligner.
• (15 h 30) •
M. Carmant : ...ça va être au
Bureau de l'Assemblée nationale. Même... Si vous lisez comme il faut, le ministre
des Finances, la présidente du Conseil du trésor, là, c'est... ne peuvent pas
intervenir, là. C'est vraiment le commissaire qui dépose ses besoins puis le Bureau
de l'Assemblée nationale qui décide. Ça ne peut pas être plus transparent que
ça, là.
Mme Garceau : Non, je... En
tout cas, je comprends ce que vous me dites, mais je ne vois pas comment cet
amendement soit difficile à intégrer dans le projet de loi, parce que c'est
un... c'est un message. C'est un message qui démontre qu'on veut s'assurer que
le commissaire va avoir tout ce qui est nécessaire pour exercer ses fonctions.
Ce n'est pas plus... ce n'est pas plus que ça, mais c'est un message quand même
important.
M. Carmant : Bien, je
comprends, mais c'est des enjeux peut-être juridiques. Encore, monsieur... Me
Bérubé, peut-être...
M. Bérubé (Mathieu) : Effectivement,
si je peux poursuivre, là, sur la même lancée, l'amendement aurait pour effet,
là, de mettre en porte-à-faux, en fait, le Parlement, là, vis-à-vis le principe
de souveraineté parlementaire, notamment par le fait qu'on ne peut pas le lier,
ce Parlement-là, à l'avance sur l'administration de fonds publics, ce que
l'amendement tente à faire, puis c'est un petit peu, en fait, l'idée, là, du
processus budgétaire qui est prévu à 21, 22. C'est-à-dire que c'est le
commissaire... de déterminer ses besoins puis c'est ultimement au Bureau de
l'Assemblée nationale d'approuver, comme tel, les prévisions budgétaires pour
s'assurer évidemment — tu sais, tout ça, c'est un peu implicite, là — qu'il
puisse réaliser les fonctions que la loi lui confie, là.
J'ajouterais peut-être juste au passage en
même temps que, pour les autres personnes désignées, dans leur loi
constitutive, il n'y a aucune disposition de cette nature comme quoi... C'est
parce que c'est appliqué de la sorte, là, c'est-à-dire que chaque personne
désignée fait sa... ses recommandations en matière de budget, et c'est le Bureau
de l'Assemblée qui tranche la question, là.
Mme Garceau : Et, au niveau
du ministre, est-ce que le ministre pourrait s'assurer que le commissaire va
avoir...
15 h 30 (version révisée)
Mme Garceau : ...et au niveau
du ministre, est ce que le ministre pourrait s'assurer que le commissaire va
avoir... va disposer des ressources humaines, matérielles et financières
nécessaires à l'exercice des fonctions?
M. Carmant : Bien, je pense
que le commissaire est indépendant. Si le ministre des Finances puis la
présidente du Conseil du trésor ne peuvent pas intervenir, tu sais, je serais...
je serais mal à l'aise d'intervenir moi-même. Mais encore une fois, il fait son
propre budget, il fait ses demandes au bureau de l'Assemblée nationale. Donc, c'est
sûr que lui, il va vouloir bien faire son travail.
Mme Garceau : OK. Je n'ai pas
d'autres... je n'ai pas d'autres commentaires concernant cet amendement.
Le Président (M. Provençal)
:S'il n'y a pas d'autre intervention,
on va procéder à la mise aux voix de votre amendement, Mme la députée.
Mme Garceau : On va faire un
vote nominal.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, je vais demander que ça se
fasse par appel nominal, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Oui. Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Oui, pour.
La Secrétaire : M. Carmant
(Taillon)?
M. Carmant : Contre.
La Secrétaire : Mme Dorismond
(Marie-Victorin)?
Mme Dorismond : Contre.
La Secrétaire : Mme Abou-Khalil
(Fabre)?
Mme Abou-Khalil : Contre.
La Secrétaire : Mme Bourassa (Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
Mme Bourassa : Contre.
La Secrétaire : Mme Picard
(Soulanges)?
Mme Picard : Contre.
La Secrétaire : M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Le Président (M. Provençal)
:Abstention. Alors, l'amendement qui a
été déposé par Mme la députée de Robert-Baldwin est rejeté. Maintenant, nous
sommes toujours à l'article 1. Y a-t-il d'autres interventions, d'autres
amendements proposés, toujours à l'article 1?
Mme Garceau : ...poser une
question...
Le Président (M. Provençal)
: Oui.
Mme Garceau : ...qui pourrait,
évidemment... pourrait avoir un amendement. Au niveau du délai lié, parce qu'on
sait très bien que la nomination d'un commissaire, on voulait l'avoir hier, et
même il y a longtemps, et donc toute la question de... suite à l'adoption, on
parle d'un délai de combien de temps avant qu'un commissaire soit nommé? Il me
semble que ça serait important de prévoir quelque chose dans le projet de loi
concernant ce... ce délai. Je ne sais pas si le ministre avait une idée à ce
sujet.
M. Carmant : C'est dans les
dispositions plus tard, dans les autres articles, si je me souviens bien.
Des voix : ...
M. Carmant : Donc, on me dit
qu'une fois que le texte sera en vigueur, il va devoir être appliqué. C'est
aussi simple que ça. Je pense qu'il y a un enjeu sur le... l'article 30,
là, on avait parlé de... Mais ça, on y reviendra en temps et lieu.
Des voix : ...
Mme Garceau : Oui, l'article 30,
c'est une fois que le commissaire est nommé. Là, je parle de la nomination, je
parle du choix de la personne qui va assumer ce poste. Donc, suite à l'adoption
du projet de loi, on parle d'un délai, je ne sais pas, trois mois, six mois? On
parle de combien de temps? Là, 30, on va y arriver plus tard au niveau de... du
délai pour la mise en œuvre des dispositions concernant le projet de loi, mais
là, je parle effectivement de... du délai suite à l'adoption pour le choix du
commissaire.
M. Carmant : Bien, M. le
Président, je demanderais peut-être à Me Bérubé, là, de nous dire s'il y a des
précédents, là. Moi, c'est sûr que le plus rapidement possible, mais il faut
être sûr que ce soit réalisable, là.
M. Bérubé (Mathieu) : Ce que
prévoit l'article 30 du projet de loi, là, c'est une entrée en vigueur
comme telle des... des dispositions au moment de la sanction, dans le fond, de
la loi. Ça, c'est pas mal le plus tôt, là, que le législateur peut faire. Il n'y
a pas de précédent comme tel pour prévoir... à ma connaissance, là, il n'y a
pas de précédent comme tel pour prévoir un délai à la suite de la sanction d'une
telle loi, pour prévoir la... en fait, pour mettre en branle la fameuse
nomination de la personne qui serait désignée. On a tendance à pense que... à
croire que ça se fait de façon assez rapide, là, tu sais, que le processus se
mette en branle avec le secrétariat aux emplois supérieurs, les candidatures
reçues, l'analyse et tout. Ça fait que... Mais je n'ai jamais vu ça,
évidemment, un délai comme tel, là, pour prévoir si d'ici six mois, il va être
nommé, là, c'est... À ma connaissance, il n'y en a pas.
Mme Garceau : OK, bien, on
est ici pour faire avancer les choses. Donc, peut-être ça peut être le
projet... le premier projet de loi qui va avoir un délai, compte tenu aussi de...
on va se le dire, là, toutes les... toutes les lacunes au niveau du système de
protection de la jeunesse, la nécessité, puis on va y revenir, d'avoir un chien
de garde. Il me semble qu'on devrait prévoir, dans ce projet de loi... Je peux
comprendre l'article 30, là, mais l'article 30 ne me dit d'aucune
façon : Ça pourrait être dans <deux...
Mme Garceau :
...projet
de loi... Je peux comprendre l'article 30, là, mais l'article 30 ne
me dit d'aucune façon : Ça pourrait être dans> deux ans. Donc, ça
ne vient pas, là... Et je crois, pour les gens qui nous écoutent, je crois que
d'avoir un délai concernant la nomination de ce commissaire est très important.
Et de le prévoir dans le projet de loi, donc, les gens vont savoir que... dans,
admettons, six mois, suite à l'adoption du projet de loi. Au plus tard dans les
six mois. J'ouvre cette porte-là à un amendement.
M. Carmant : De mémoire, le protecteur
de l'élève, ça a pris 12 mois, là, donc, dans l'année qui a suivi, là.
Moi, je peux... On peut faire des petites recherches, là, si vous voulez, puis
regarder qu'est-ce qui a été fait pour les autres. Moi, je n'ai pas... je n'ai
pas d'enjeu avec mettre une date limite, il faut juste savoir qu'est-ce qui est
réalisable, là, pour ne pas qu'on... qu'on s'autopénalise, là.
Mme Garceau : OK.
M. Carmant : Donc, M. le
Président, est-ce qu'on peut suspendre que j'en discute avec mon équipe?
Le Président (M. Provençal)
:Oui. On va suspendre, s'il vous
plaît.
(Suspension de la séance à 15 h 39)
(Reprise à 15 h 44)
Le Président (M. Provençal)
:Nous pouvons reprendre nos travaux.
Alors, M. le ministre avait demandé une suspension pour discuter avec ses
légistes suite à un questionnement qui a été soulevé par Mme la députée de
Robert-Baldwin. Alors, M. le ministre, je vais vous céder la parole.
M. Carmant : Oui. Bien, on a
regardé dans les autres projets de loi, et ça n'a jamais été fait. On a regardé
les délais qui varient, dans les deux derniers commissaires, c'était de 12 et
14 mois. Les équipes ont un enjeu avec le fait de mettre, dans un projet
de loi, des enjeux, comme, aussi administratifs que ça, là. Puis, je dois dire
que j'appuie un peu ce... cette hésitation-là. Donc, tu sais, si vous voulez,
on peut faire un amendement puis en débattre, mais, pour le moment, moi, je
pense que je ne mettrais pas de délais à prescrire, là.
Mme Garceau : On est dans une
situation, je vais dire, M. le ministre, assez extraordinaire, si vous
permettez, c'est quand même une... ce n'est pas comme les autres, c'est une
recommandation phare de la commission, c'était la première recommandation,
c'est... vous avez entendu les groupes comme moi, c'est une personne qui... qui
est attendue dans le domaine de la protection de la jeunesse, et c'est pour
cette raison que, compte tenu qu'il y avait plusieurs recommandations dans ce
rapport, et que vous auriez pu, avec respect, le gouvernement aurait pu
procéder, en septembre 2021, avec un projet de loi sur la nomination d'un
commissaire, et aujourd'hui, en 2024, on l'aurait, le commissaire au bien-être.
Il y a des conséquences avec le choix du gouvernement ou les choix du
gouvernement d'amender la Loi sur la protection de la jeunesse, d'avoir intégré,
aussi, toute la question de la nomination de la directrice nationale, qui
n'était pas, avec respect... Mme Lemay, ce n'était pas non plus une
recommandation 1 ou 2.
M. Carmant : C'était recommandaction.
Mme Garceau : C'était une
recommandation, mais les recommandations, si je peux dire, au niveau de... et
c'est pour ça que je vous référais aux modifications législatives, parce que
c'était clair comme de l'eau de roche que l'objectif de la commission, compte
tenu des lacunes dans le système, compte tenu des témoignages, compte tenu des
mémoires, compte tenu que la situation n'était.... au niveau des signalements,
ne s'améliorerait pas, qu'on devait avoir un commissaire le plus tôt possible,
et même M. Lebon le mentionne, en octobre, dans un article : Ça urge,
là. Il faut l'avoir, c'est urgent. Même au mois de février 2022, compte tenu de
<l'ampleur...
Mme Garceau :
...Ça
urge, là. Il faut l'avoir, c'est urgent. Même au mois de février 2022, compte
tenu de> l'ampleur des problèmes dans le système et des lésions de
droits, violations des droits des enfants. Il y en a beaucoup. Et donc, là,
pour moi, ça nécessite... Vous avez... vous avez fait un choix et ce choix là
fait en sorte que ça a retardé, de façon indue, à mon avis, la nomination de
cette personne qui est vraiment importante. Et donc, pour ces.... Compte tenu
des circonstances, compte tenu que c'est une recommandation-phare de ce
rapport, ça... il y a eu un choix de retarder, et donc, il faut faire un petit
peu de rattrapage en ce moment. Et je ne pense pas, tant qu'à moi, que le
message qu'on est en train de transmettre à tout le monde qui attendent, les
avocats, les intervenants, les gens qui interviennent auprès des enfants les
plus vulnérables, que : Vous savez, ça va aller à 12, 14 mois, là, la
nomination. C'est pas mal tard.
Donc, je crois que nous avons, en ce moment,
l'opportunité de démontrer l'importance de ce poste, qui nécessite un délai
plus court. Je ne parle pas de trois mois, mais tentons de trouver, peut-être,
une voie de passage ici pour lancer un message clair à la population concernant
les enfants qui sont dans des situations vulnérables, que oui, cette nomination
va être faite dans le cadre de... d'ici la fin de l'année, à titre d'exemple.
C'est quand même environ huit mois. Il me semble que, compte tenu des
circonstances, je ne sais pas si mon collègue partage mon point de vue, mais il
me semble que c'est hautement raisonnable comme demande.
• (15 h 50) •
M. Carmant : M. le Président,
bien, premièrement, moi, je pense que j'assume entièrement le choix d'avoir mis
les enfants au centre de la loi de la protection de la jeunesse comme premier
changement législatif, là. Ça, c'était clair pour moi puis ça reste clair pour
moi, là. Qu'on s'entende là-dessus, là, je m'assume entièrement. Maintenant, on
aura juste une chance, là, de choisir le bon premier commissaire. Il y a des
enjeux administratifs qui m'ont été soulevés, puis moi, je tiens à les
considérer. Moi, je m'engage à ce que ce soit fait le plus rapidement possible.
Ça, ça ne dépend que de moi, là. Donc, tu sais, je m'engage là-dessus, je
n'engage personne d'autre. Et c'est clair que... C'est pour ça que, tu sais, je
ne peux pas... Je suis hésitant et je ne suis pas prêt à mettre de délai, même
aussi vague qu'au cours de la prochaine année, là. Tu sais, on doit choisir la
bonne personne, le premier commissaire, là, ça va être tellement important. C'est...
Puis il y a trop de choses aléatoires pour donner un délai précis.
Mme Garceau : Vous allez
devoir m'expliquer premièrement les enjeux administratifs et les aléatoires,
parce qu'on est quand même au mois de février. Donc, la...
M. Carmant : Bien,
candidatures, propositions, évaluations, il y a toutes sortes de choses, là,
qui comptent dans le choix de quelqu'un d'aussi important.
Le Président (M. Provençal)
:M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. Je vais quand même joindre ma voix à celle de ma collègue, mais
je vous poserais une question, M. le ministre. Qu'est-ce que... Pour vous, un
délai raisonnable, ça ressemblerait à quoi, par exemple?
M. Carmant : Bien, les
exemples qu'on a donnés, c'est 12 à 14 mois, qui... dans 12 mois, ce
serait... j'espère que ce serait réglé.
M. Cliche-Rivard : OK. On en
tire donc la conclusion qu'au-delà de 12, 14 mois, vous allez commencer à
trouver que ça fait long, là.
M. Carmant : Absolument.
M. Cliche-Rivard : On est
d'accord là-dessus?
M. Carmant : Absolument.
M. Cliche-Rivard : Puis,
au-delà de 14 mois, là, on serait dans un délai que vous jugez
déraisonnable?
M. Carmant : On ne veut pas
que ça arrive.
M. Cliche-Rivard : On ne veut
pas que ça arrive, mais au-delà de 14 mois, si on n'a toujours pas un
commissaire, on a un problème, là.
M. Carmant : On ne veut pas
que ça arrive.
M. Cliche-Rivard : On ne veut
pas que ça arrive. Donc, on se met 12 mois comme objectif, c'est ce que je
comprends, maximum?
M. Carmant : Écoutez, moi, ce
que... Le plus rapidement possible.
M. Cliche-Rivard : Le plus
rapidement possible.
M. Carmant : Le plus
rapidement possible.
M. Cliche-Rivard : Mais le
passé vous indique que ça va être 12, 14.
M. Carmant : Suggère... suggère
que 12 mois serait faisable.
M. Cliche-Rivard : OK. Puis
il n'y a pas de raison que là, on aille au-delà de ça, à votre avis, je veux
dire... le commissaire... on a nommé deux autres commissaires en même temps.
M. Carmant : Mais là, on parle
de <situations...
M. Cliche-Rivard :
...on
a nommé deux autres commissaires en même temps.
M. Carmant :
Mais
là, on parle de> situations hypothétiques. C'est pour ça que je n'ose
pas trancher.
M. Cliche-Rivard : Évidemment.
Je comprends. Vous allez avoir un... Puisque là, on commençait à discuter la
dernière fois de comment ça allait marcher, cette nomination-là. C'est le
premier ministre, évidemment. Vous parliez de l'équipe pour les
fonctionnaires... C'est quoi, le terme...
M. Carmant : Emplois
supérieurs.
M. Cliche-Rivard : Emplois
supérieurs. Où est-ce que vous intervenez, vous, dans... comme conseil dans
cette démarche?
M. Carmant : Si, par exemple,
le poste n'est pas affiché, on peut demander qu'est-ce qui se passe, quand
même.
M. Cliche-Rivard : OK. Mais
comme... Émettez-vous des directives sur qui vous souhaiteriez... pas en termes
de noms, mais en termes de qualité, en termes de connaissances, en termes de
background? Vous, vous n'émettez pas de... le profil recherché, par exemple.
M. Carmant : Non, c'est ça.
M. Cliche-Rivard : Vous
n'allez pas du tout... Ça, ça ne relève pas de vous, c'est le premier ministre
qui fait ce travail-là avec les emplois supérieurs?
M. Carmant : Avec les emplois
supérieurs.
M. Cliche-Rivard : Donc, vous
ne participez pas, de quelconque façon, à aiguiller le premier ministre dans
cette nomination.
M. Carmant : Sauf, j'imagine,
s'il vient me demander conseil.
M. Cliche-Rivard : OK, mais
il n'y a pas de processus formel à cet effet là?
M. Carmant : Non.
M. Cliche-Rivard : Donc, vous
pourriez ne pas être d'accord avec son choix. C'est possible, ça?
M. Carmant : Oui.
M. Cliche-Rivard : Hypothétiquement,
oui. Donc, le premier ministre pourrait... Puis là, on est dans l'hypothétique,
hein? Je conviens que ce n'est pas ça qui se passe puis... Et le premier
ministre pourrait nommer un commissaire pour lequel ça ne fait pas votre
affaire. C'est possible, ça?
M. Carmant : Tout est
possible.
M. Cliche-Rivard : Tout est
possible. OK. Et ça, puis là je pose la question aux autres légistes, là, peut
être, c'est comme ça que ça s'est passé dans l'ensemble des autres
commissaires, le ministre attaché à la procédure législative n'a jamais de lien
avec le processus de consultation et de nomination?
M. Bérubé (Mathieu) : ...avec
le processus interne, là, pour la nomination comme telle, là, de personnes qui
occupent ce genre de fonction, là, mais tu sais, dans la mesure où c'est une
recommandation du premier ministre puis qu'ensuite il y a l'Assemblée nationale
qui vote aux deux tiers, donc c'est sûr que ce n'est pas seulement le
gouvernement qui est responsable, dans le fond, de tout le processus de
nomination. Là, pour les recommandations quelconques à l'interne, je n'en ai
aucune... je n'en ai aucune idée.
Le Président (M. Provençal)
:Par rapport à ce qui est soulevé, je
vais me permettre... sans vouloir modifier les échanges, ce qui est soulevé
ici, c'est de savoir si un ministre participe au profil... ces choses-là. Mais
ça ne peut pas être considéré aussi, d'une certaine façon, comme une forme
d'ingérence d'un ministre dans un processus?
M. Bérubé (Mathieu) : Ce
n'est pas impossible. J'imagine que ce n'est pas impossible.
Le Président (M. Provençal)
:C'est la question que je me posais,
là, par rapport à ce que vous soulevez.
Une voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: Non, hein?
M. Cliche-Rivard : C'est sûr
que vous ne voulez pas, mais l'article 31 dit que c'est vous le
responsable de l'application de la loi. Donc, on est loin de l'ingérence quand
c'est votre loi puis votre responsabilité, là. Bon, comme vous ne serez
possiblement pas consulté, moi, j'aimerais ça vous entendre aujourd'hui sur
qui... le profil, hein, je ne veux pas de nom, là, mais on cherche qui, on
cherche quoi. Vous, vous l'avez désigné, ce processus-là. C'est vous qui avez
créé ce commissaire-là, avec Mme Laurent, bien sûr, mais vous, le
ministre, là, qu'est-ce qu'on recherche comme compétence? Qui on recherche?
M. Carmant : On cherche un
champion de la prévention pour nos enfants. Voilà ce qu'on recherche.
M. Cliche-Rivard : Qui
connaît le réseau, j'imagine?
M. Carmant : Absolument.
M. Cliche-Rivard : Qui a
navigué dans le réseau, qui...
M. Carmant : Dans le réseau
de la Jeunesse.
M. Cliche-Rivard : De la
Jeunesse.
M. Carmant : Et non pas de la
protection de la jeunesse, dans le réseau de la Jeunesse.
M. Cliche-Rivard : Exact.
Donc, en particulier, là, ça ne sera pas quelqu'un qui vient du réseau
scolaire, par exemple, ou c'est possible?
M. Carmant : Tout est possible.
M. Cliche-Rivard : Tout est
possible.
M. Carmant : Tout est
possible.
M. Cliche-Rivard : OK. Donc
vous, aujourd'hui, au-delà de quelqu'un qui a une connaissance spécifique, je
n'étais pas là quand j'ai vu l'amendement, là, «substantiel», je pense, c'est
ça que vous avez utilisé, un bagage...
M. Carmant : Significatif.
M. Cliche-Rivard : Significatif.
Pardon. Vous n'envoyez pas plus que ça de recommandations à votre premier
ministre, aujourd'hui, c'est ça qu'on a.... parce que vous l'avez quand même
dessiné, ce poste-là, vous y avez rêvé, vous l'avez...
M. Carmant : Je fais
confiance au processus.
M. Cliche-Rivard : Mais vous
l'avez imaginé, quand même.
M. Carmant : Le processus
nous a nommé des gens très compétents, dont le dernier Commissaire à la langue
française. Donc, moi, je fais confiance au processus.
M. Cliche-Rivard : OK. On me
rappelle, là, puis au moment où on se parle, on m'envoie des messages, on nous
texte, c'est urgent qu'on ait un commissaire. Donc, je... je ne sais pas
jusqu'où vous pouvez aller, mais même 12, 14 mois, je vais être franc, là,
j'ai une inquiétude quand même, là. Puis là, bon, vous avez dit que, sur la
mise en œuvre, on en reparlera un peu plus tard, mais 12 mois avant de le
nommer, ça va prendre au moins un an avant d'être en opération, c'est ce que je
comprends, là, ensuite, avant de nous faire les recommandations, le rapport de
mise en oeuvre. Je ne suis pas là pour lancer de pierres sur personne, là, mais
on est... ça va être loin, <encore.
M. Cliche-Rivard :
...c'est
ce que je comprends, là, ensuite, avant de nous faire les recommandations, le
rapport de mise en œuvre. Je ne suis pas là pour lancer de pierres sur personne,
là, mais on est... ça va être loin,> encore. Donc, est-ce qu'il y a une
ouverture? Puis je vous la relance, là, est-ce qu'on peut... est-ce qu'on peut
faire quelque chose sur le délai, est-ce qu'on peut écrire de quoi dans la loi?
Est-ce que vous êtes prêt à aller un peu plus loin? Je suis inquiet, quand
même, 12, 14 mois, M. le ministre.
M. Carmant : Non, mais je
comprends. Je comprends votre inquiétude, mais je ne vais pas le mettre,
l'inclure dans la loi.
M. Cliche-Rivard : OK, mais
vous nous dites que vous allez tout faire en votre pouvoir.
M. Carmant : Pour que ce soit
fait le plus rapidement possible. Ça, c'est sincèrement.
M. Cliche-Rivard : Puis que,
postsanction de la loi, là, si, après 14 mois, ce n'est toujours pas fait,
vous ne serez pas gêné si on fait un point de presse transpartisan pour
dénoncer ça? Bon. Je vais céder la parole à... bien, je ne veux pas présider à
la place du président, mais je pense que ma collègue a quelque chose à dire, M.
le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Oui, Mme la députée de
Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Oui, parce que
c'est... je rejoins mon collègue, il y a des inquiétudes. Il y a des
inquiétudes qui ont été exprimées par différentes personnes, de groupes, au
niveau de l'urgence de nommer un commissaire. Oui, ça a pris du temps pour
recevoir le projet de loi, mais là, le volet de nomination, il faut quand même
l'encadrer dans un délai raisonnable. Et je partage aussi avec mon collègue,
oui, il peut y avoir des enjeux administratifs, et tout ça, mais pas dans le
cadre de... 12 mois, là, c'est quand même assez important, comme délai.
Et donc je vais proposer un amendement et
j'espère, M. le ministre, que vous allez avoir une ouverture. C'est la voie de
passage, d'après moi, entre peut-être un six mois et un 14 mois, ça va
faire environ huit mois, à peu près. On l'a transmis, oui? Donc, ça serait
d'ici le 31 décembre 2024. Donc, on va vous le transmettre, l'amendement.
• (16 heures) •
Le Président (M. Provençal)
:On va... on va regarder ça.
Mme Garceau : Oui.
Le Président (M. Provençal)
:Et je veux juste nous rappeler qu'on
a toujours un amendement qui est...de suspendu, qui était... qui avait été
déposé par le député de Saint-Henri-Sainte-Anne.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Mais les deux autres étaient sur le
0.1.
Des voix : ...
M. Cliche-Rivard : On va le
retirer.
Le Président (M. Provençal)
: Ah, tu vas le retirer? Oui, mais c'est parce
qu'on.... Là, il était suspendu, ça fait qu'on... 17829Mais c'est parce que moi, je veux être sûr
de ne pas...
M. Cliche-Rivard : Je vous en
informe.
Le Président (M. Provençal)
:Je me suis mis une série de notes
pour être sûr qu'on ne l'oublie pas, là.
M. Cliche-Rivard : Je vous en
informe.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, Mme la députée, je vais vous
inviter à nous en faire la lecture.
Des voix : ...
Mme Garceau : Bon.
L'article 1 du projet de loi est modifié
par l'insertion, après le troisième alinéa, du quatrième alinéa suivant :
«Pour la nomination du premier Commissaire,
la personne choisie par les membres de l'Assemblée nationale devra être nommée
au plus tard le 31 décembre 2024.»
...si vous me permettez, M. le
Président...
Le Président (M. Provençal)
:Oui, allez-y.
Mme Garceau : Ça vient
répondre, dans un certain... d'une certaine façon, aux inquiétudes, aux
demandes des gens, des groupes que nous avons entendus. Il y en a d'autres,
mémoires, là aussi, que nous avons reçus, les gens ne sont pas venus en
commission, mais ils ont exprimé, également, là, l'urgence de nommer. Et donc
ce n'est pas un 12, 14 mois, mais ce n'est quand même pas loin d'être ça.
Il me semble que c'est raisonnable, compte tenu des circonstances.
Le Président (M. Provençal)
:Vous n'avez plus de commentaires à...
M. Carmant : Plus de
commentaire à ajouter.
Le Président (M. Provençal)
:Ça va?
Mme Garceau : ...
Le Président (M. Provençal)
:Le député de Saint-Henri—Sainte-Anne
a demandé la parole.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. Quand même, l'urgence d'agir a été notée, j'entends M. le
ministre sur des procédures...
16 h (version révisée)
Le Président (M. Provençal)
:...la parole.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. Quand même, l'urgence d'agir a été notée, là. J'entends M. le
ministre sur des procédures administratives.
Cela dit, bon, dans... il y a toujours urgence
d'agir quand on nomme un commissaire, là, on va se le dire. Il y avait urgence
pour la langue française, il y a urgence, je veux dire... Puis là je ne vais
pas faire une gradation des urgences, là, mais, les enfants, je veux dire, il y
a une urgence qui est clé, là. Je pense que vous le... vous le reconnaissez.
Je pense que ma collègue fait une
proposition qui est quand même raisonnable, là, 31 décembre 2024. Pour
être francs, on serait tous déçus, si ça... si ce n'était pas le cas puis si,
huit mois, ce n'était pas suffisant pour aller... faire cette nomination-là.
Moi, je vais appuyer la proposition de la
collègue, là, parce que les groupes, les enfants, particulièrement les petits
enfants, ils ne peuvent pas attendre, là. Et, pour être très franc, même six
mois, je trouve que ce serait long, compte tenu de la date du rapport Laurent
puis compte tenu notamment des événements malheureux qui ont mené au rapport
Laurent, qui vont commencer à faire beaucoup, beaucoup de temps.
Donc, je vous envoie une dernière main
tendue, là. 31 décembre 2024, c'est quand même très loin. Je pense que ça
ne coûterait pas grand-chose de coût politique de l'accepter puis de le
prendre. Puis, s'il faut qu'on suspende pour revenir là-dessus, moi, je suis
très ouvert aussi, là. On n'est pas obligés de prendre cette décision-là en ce
moment. Mais il y a un caractère urgent, là, vous le savez probablement plus
que moi, en fait. Et peut-être, avant de battre cet amendement-là, je soumets
que peut-être il faudrait reconsidérer, là. Évidemment, vous êtes maître de
votre personne puis de votre décision, là, mais je trouve que ça enverrait un
message qui ne serait pas nécessairement le meilleur qu'on pourrait envoyer.
M. Carmant : Bien,
malheureusement, M. le Président, tu sais, je... En plus, avec une date qui est
relativement... 31 décembre 2024. Qu'est-ce qui arrive le 1er janvier
2025? Donc, M. le Président, je ne peux pas... je ne peux pas accepter cet
amendement.
Le Président (M. Provençal)
:Autres interventions sur l'amendement
de Mme la députée de Robert-Baldwin?
Mme Garceau : Je suis déçue.
Je vais vous le dire, je suis vraiment déçue, parce qu'on... dans un certain
sens, on prend un pas puis on prend deux pas en arrière. Ça a été difficile d'obtenir
ce projet de loi, et maintenant on a cet... un autre obstacle, et ça, c'est la
date de la nomination. Le choix du commissaire, il me semble que c'est dans l'intérêt
de tous de prévoir une date.
Et donc, là...
Parce que, là, les gens vont se dire :
Bien, on n'a aucune idée. Vous pouvez dire, M. le ministre, avec grand respect,
que ça va être le plus rapidement possible, mais, au bout du compte, c'est
quoi? Ça va être le comité des emplois supérieurs, et tout ça... À un moment
donné, il faut faire avancer les choses. Il faut donner des directives claires
que, ça, c'est urgent. C'est prioritaire.
Il y a des priorités ici, et ça, c'en est
une importante, c'est la nomination du commissaire. On n'est même pas dans le
volet de la mise en œuvre des dispositions puis quand est-ce que le commissaire
va déposer son rapport. Là, on est juste dans le choix de la personne. Je ne
peux pas croire que... puis j'en doute, je suis convaincue qu'il y a des gens
qui ont déjà manifesté un intérêt. Je ne peux pas croire que, d'ici la fin de l'année,
on n'aura pas de commissaire. Puis je suis certaine qu'il y en a des milliers,
de personnes, qui partagent cette opinion, incluant les commissaires de cette
commission.
Donc, à un moment donné, de laisser des
choses, comme on dit, floues, vagues, et tout, pas vraiment dans l'intérêt des
enfants, pas compte tenu des lacunes que nous avons dans le système puis qu'on
a besoin de quelqu'un qui va veiller au... à l'intérêt des enfants. Parce qu'en
ce moment, là, ce n'est pas ça qui arrive dans... sur le terrain. Je trouve ça
vraiment regrettable qu'on ne va même pas prévoir un délai.
M. Carmant : ...moi, ma
priorité, c'est de choisir la bonne personne. Puis j'aimerais... je serais plus
heureux de surprendre que de <décevoir...
M. Carmant :
...moi,
ma priorité, c'est de choisir la bonne personne. Puis j'aimerais... je serais
plus heureux de surprendre que de >décevoir.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Y a-t-il d'autres
interventions sur l'amendement de Mme la députée de Robert-Baldwin?
S'il n'y a pas d'autre intervention...
Mme Garceau : Vote nominal,
M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:On va aller... On va procéder à la
mise... au vote. Alors, par appel nominal, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Oui. Alors, Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire : Mme Prass
(D'Arcy-McGee)?
Mme Prass : Pour.
La Secrétaire : M. Carmant
(Taillon)?
M. Carmant : Contre.
La Secrétaire : Mme Dorismond
(Marie-Victorin)?
Mme Dorismond : Contre.
La Secrétaire : Mme Abou-Khalil
(Fabre)?
Mme Abou-Khalil : Contre.
La Secrétaire : Mme Bourassa (Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
Mme Bourassa : Contre.
La Secrétaire : Mme Picard
(Soulanges)?
Mme Picard : Contre.
La Secrétaire : M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard : Pour.
La Secrétaire : Et M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Le Président (M. Provençal)
:Abstention. Alors, l'amendement qui
avait été déposé par Mme la députée de Robert-Baldwin à l'article 1 est rejeté.
Maintenant, avant de poursuivre les
discussions sur l'article 1, il y avait un amendement à l'article 1 qui avait
été déposé par M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne et qu'on avait suspendu.
Est-ce que c'est un amendement qu'on maintient toujours, M. le député?
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. Compte tenu qu'on a eu des discussions préalables, qu'il y a eu
une modification de la part du ministre, on accepte de retirer l'amendement...
la proposition d'amendement.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, on... consentement pour rouvrir
l'amendement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
:Et consentement pour retirer
l'amendement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
:Consentement. Merci. Merci beaucoup,
M. le député.
Maintenant, nous revenons, toujours, aux
interventions sur l'article 1. Y a-t-il d'autres interventions sur l'article 1?
Qui a été amendé, d'ailleurs, là.
Une voix : Tel qu'amendé.
Le Président (M. Provençal)
:Parce que vous vous souvenez qu'il y
a un amendement qui a été accepté et qui avait été déposé par Mme la députée de
Robert-Baldwin.
Mme Garceau : ...M. le
Président.
Le Président (M. Provençal)
: Non? Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous
allons procéder à la mise aux voix de l'article 1 amendé. Alors...
Mme Garceau : Bon, je
m'excuse, M. le Président...
Une voix : ...
• (16 h 10) •
Mme Garceau : Oh! OK. OK.
Oui, oui, c'est en suspens. Je pensais que c'était... OK. C'est bien. C'est
bien.
Le Président (M. Provençal)
:Parce que ce qu'on a suspendu, ça
fait partie du bloc 0.1.
Mme Garceau : Oui, oui.
Le Président (M. Provençal)
:Ça va? Non, il n'y a pas de problème.
Mme Garceau : Ça va.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, considérant qu'il n'y a pas
d'autre intervention, nous allons...
Oui. M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
ça va?
M. Cliche-Rivard : Je
demandais seulement un vote par appel nominal, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Oui, c'était pour être fait. Alors,
appel nominal sur l'article 1 amendé.
La Secrétaire : Oui. Alors, M. Carmant
(Taillon)?
M. Carmant : Pour.
La Secrétaire : Mme Dorismond
(Marie-Victorin)?
Mme Dorismond : Pour.
La Secrétaire : Mme Abou-Khalil
(Fabre)?
Mme Abou-Khalil : Pour.
La Secrétaire : Mme Bourassa (Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
Mme Bourassa : Pour.
La Secrétaire : Mme Picard
(Soulanges)?
Mme Picard : Pour.
La Secrétaire : Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire : Mme Prass
(D'Arcy-McGee)?
Mme Prass : Pour.
La Secrétaire : M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard : Pour.
La Secrétaire : Et M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Le Président (M. Provençal)
:Abstention. Alors, l'article 1 du
projet de loi n° 37 est adopté à la majorité.
M. le ministre, je vais vous inviter à
nous faire lecture de l'article 2.
M. Carmant : Merci, M. le
Président. L'article 2 se lit comme ci... comme suit :
«Le commissaire doit, avant de commencer à
exercer ses fonctions, prêter le serment prévu à l'annexe I devant le président
de l'Assemblée nationale.»
Alors, le présent article du projet de loi
prévoit que le Commissaire au bien-être et aux droits des enfants doit prêter
serment devant le président de l'Assemblée nationale avant de pouvoir exercer
ses fonctions. Le texte du serment est prévu à l'annexe I du projet de loi. Ce
serment constitue une promesse de la part du Commissaire au bien-être et aux
droits des enfants sur la manière dont il exercera ses fonctions. Le serment
concerne plus particulièrement l'honnêteté, l'impartialité, l'impossibilité de
recevoir d'autres sommes d'argent ou d'autres avantages que ceux prévus par la
loi, ainsi que les devoirs de discrétion du commissaire. Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Provençal)
:Merci beaucoup. Interventions pour
l'article 2? M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président, je poserais la question à l'équipe, là. J'imagine que c'est une
disposition qu'on a souvent. C'est la même que vous aviez pour qui d'autre?
Le Président (M. Provençal)
:Me Bérubé.
M. Bérubé (Mathieu) : ...standard,
là, effectivement. Les personnes désignées, là, il y a souvent un serment...
qui doit être présenté ou plutôt dit devant le président de l'Assemblée.
M. Cliche-Rivard : Puis
celui-ci a-t-il fait l'objet d'adaptations nécessaires? Non, c'est exactement
le même... Parfait. Bien, je ne vois pas d'entorse, là. Je... Ça va pour moi,
M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Vous n'avez pas d'enjeu?
M. Cliche-Rivard : Pas
d'enjeu. J'aurais pensé, peut-être, une adaptation liée à la jeunesse ou aux
enfants, là, mais je pense qu'on va avancer.
Le Président (M. Provençal)
:Ça <va...
M. Cliche-Rivard :
...lié
à la jeunesse ou aux enfants, là, mais je pense qu'on va avancer.
Le Président (M. Provençal)
:
Ça >va. Mme la...
concernant Mme la députée de Robert-Baldwin ou de D'Arcy-McGee...
Mme Garceau : Non. Ça va, M.
le Président, de mon côté.
Le Président (M. Provençal)
:Ça vous va?
Mme Garceau : Oui.
Le Président (M. Provençal)
: S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder
à la mise aux voix de l'article 2. Alors, par appel nominal, s'il vous plaît, madame...
La Secrétaire : M. Carmant
(Taillon)?
M. Carmant : Pour.
La Secrétaire : Mme Dorismond
(Marie-Victorin)?
Mme Dorismond : Pour.
La Secrétaire : Mme Abou-Khalil
(Fabre)?
Mme Abou-Khalil : Pour.
La Secrétaire : Mme Bourassa (Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
Mme Bourassa : Pour.
La Secrétaire : Mme Picard
(Soulanges)?
Mme Picard : Pour.
La Secrétaire : Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire : Mme Prass
(D'Arcy-McGee)?
Mme Prass : Pour.
La Secrétaire : M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard : Pour.
La Secrétaire : Et M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Le Président (M. Provençal)
:Abstention. L'article 2 de... du
projet de loi... projet de loi n° 37, excusez-moi, est adopté à la majorité.
Article 3, M. le ministre.
M. Carmant : Oui. Merci, M.
le Président. L'article 3 se lit comme suit : «Le mandat du commissaire
est d'une durée de cinq ans et ne peut être renouvelé qu'une seule fois. À
l'expiration de son mandat, le commissaire demeure en fonction jusqu'à ce qu'il
soit remplacé ou nommé de nouveau.»
Cet article du projet de loi prévoit la
durée du mandat du Commissaire au bien-être et aux droits des enfants. Ce
mandat ne peut être renouvelé qu'une seule fois afin d'éviter que la charge de
commissaire ne devienne vacante. L'article prévoit que le commissaire demeure
en fonction jusqu'à ce qu'il soit remplacé ou nommé de nouveau.
Juste pour quelques exemples, là, pour
ceux qui ne sont pas au courant : le Protecteur du citoyen, cinq ans,
renouvelable, Commissaire au lobbyisme, cinq ans, renouvelable. Sinon, on a
plus long des fois, mais non renouvelable, comme Commissaire à la langue
française, sept ans, non renouvelable, Vérificateur général, 10 ans, non
renouvelable. Donc, on a choisi quelque chose de mitoyen, là. Tu sais, moi,
j'étais suis plus à l'aise avec cinq ans, renouvelable.
Le Président (M. Provençal)
:Interventions sur l'article 3?
Mme Garceau : ...M. le
Président. Vous n'avez pas repris la recommandation de la commission Laurent,
qui était de sept ans. Je me demandais pourquoi.
M. Carmant : ...ça un peu
long, sept ans.
Mme Garceau : Pardon?
M. Carmant : On trouvait ça
un peu long, sept ans, pour un premier mandat.
Mme Garceau : OK. Mais vous
avez des inquiétudes?
Le Président (M. Provençal)
:Est-ce que, dans la commission
Laurent, on disait sept ans, renouvelable aussi, dans la recommandation?
M. Carmant : Ce n'était pas
spécifié.
Mme Garceau : Il faudrait que
je regarde. Je crois que oui. Mais c'était... Mais c'était un sept ans.
Une voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Ça va.
Mme Garceau : Non, je voulais
juste comprendre l'enjeu entre le cinq et le sept, parce qu'il me semble, si
c'était un petit peu plus long... surtout le premier commissaire, ça va prendre
un certain temps, là, pour monter, comme on dit, la machine, et les bureaux, et
tout. Et ça prend un certain temps de... au niveau des liens de confiance, ça,
ça va être important, avec différentes personnes qui sont liées à la protection
de la jeunesse. Et donc c'est pour ça que, je trouvais, le sept ans était quand
même une bonne idée. Ça m'avait surpris, là, de voir ça à cinq ans.
M. Carmant : Bien, la commission
demandait sept ans, renouvelable. Ça fait 14 ans. Donc, c'est ça. Donc, on
a préféré cinq ans, renouvelable, mais on avait d'autres modèles qui existaient
déjà, là, comme Protecteur du citoyen, Commissaire au lobbyisme, Commissaire à l'éthique
et à la déontologie. Le seul qu'on a trouvé sept ans, renouvelable, c'est le Directeur
général des élections, qui est une position qui me semble moins comparable.
Mme Garceau : Mais c'est
aussi une...
Une voix : ...
Mme Garceau : Oui, c'est ça.
Au niveau des poursuites, il y a la Loi sur le Directeur des poursuites
criminelles et pénales. C'était aussi une proposition du Collectif des ex de la
DPJ que ce soit sept.
M. Carmant : Oui. Mais... (panne
de son) ...personnes désignées par l'Assemblée nationale. Tu sais, toutes mes
comparaisons sont avec les... son équivalent.
Mme Garceau : OK. Et,
question concernant un renouvellement, pourquoi un?
M. Carmant : Ah! c'est... ça,
c'est le maximum qu'on a trouvé dans tous les exemples. Il n'y a pas de
renouvelable à vie.
Mme Garceau : Est-ce que vous
seriez prêt à le prolonger, que ce soient deux mandats? Est-ce qu'il y a une
raison spécifique pour laquelle ça serait un mandat... ou deux mandats, je veux
dire? Donc, on parle de 10 ans.
M. Carmant : Bien, 10 ans, c'est
long.
Mme Garceau : Ça fait qu'à
tous les 10 ans on va changer de commissaire.
M. Carmant : Bien, moi, je
trouve, 10 ans, c'est long.
Mme Garceau : Je ne sais pas.
Il y a une question de... l'expérience, ça joue beaucoup dans ce genre de poste
là, les liens de <confiance...
Mme Garceau :
...ne
sais pas. Il y a une question de... l'expérience, ça joue beaucoup dans ce
genre de poste là, les liens de >confiance avec les gens, les
organismes, la stabilité. Je questionne. Je questionne est-ce que c'est
vraiment dans l'intérêt de notre système d'avoir, à tous les 10 ans, une
nouvelle personne qui va prendre la relève.
Une voix : ...
Mme Garceau : Oui, vas-y.
Le Président (M. Provençal)
:Je vais laisser répondre M. le
ministre puis j'ai aussi le député de Saint-Henri—Sainte-Anne qui va vouloir
faire une intervention. Alors, M. le ministre.
M. Carmant : Je trouvais que,
comparativement aux autres personnes désignées, c'était un bel équilibre, là,
mais c'est discutable, oui, tu sais. Mais je pense que deux mandats, c'est
suffisant, là, pour tout le monde. On peut peut-être prolonger la durée du
mandat, mais...
Mme Garceau : ...à sept ans
puis renouveler une fois.
M. Carmant : Je ne sais pas,
là, si...
Mme Garceau : Une
possibilité.
M. Carmant : OK. Oui.
Le Président (M. Provençal)
:Mme la députée de D'Arcy-McGee et
après ça M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Mme Prass : Oui. Merci, M. le
Président. Bien, quand on considère que ça peut prendre jusqu'à une année pour
que la personne qui est en place puisse vraiment se situer et comprendre c'est
quoi, les mécanismes, justement, bâtir les relations avec les organismes
communautaires et les différents organismes du gouvernement, cinq ans, en fait,
ça devient presque quatre ans parce qu'il faut que la personne se mette en
place, etc. Donc, soit une extension de cinq ans à sept ans ou soit un renouvellement,
parce qu'aussi, un renouvellement, bien, comme l'a dit ma collègue, c'est une
question d'expérience acquise et les relations que cette personne-là va former
avec les différentes instances. Donc... Et, comme c'est une nomination à un
vote qui doit se faire à deux tiers de l'Assemblée nationale, bien, on se
comprend, si jamais la personne n'a pas fait un travail satisfaisant, il y a ce
mécanisme-là pour... pour faire en sorte qu'ils ne vont pas nécessairement se
faire renouveler le mandat.
Mais je pense que... comme j'ai dit, le...
c'est compliqué comme dossier parce qu'il y a tellement d'acteurs, etc. Je
pense qu'il ne faut pas négliger le temps que ça prend à une personne qui
assume ce nouveau rôle de vraiment pouvoir se mettre en place. Donc, je
suggérerais soit qu'on prolonge le cinq ans à sept ans ou qu'on garde le cinq
ans, mais avec un renouvellement.
• (16 h 20) •
M. Carmant : Moi, je dirais
que, tu sais, c'est sept ans... Parce que si c'est sept ans, renouvelable, ça
fait 14 ans. Vous, ça... Moi, je trouve que c'est... c'est un peu long.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Carmant : D'autres
provinces ont cinq ans, renouvelable aussi, là. On ne serait pas la première à
choisir ça.
Mme Garceau : ...
M. Cliche-Rivard : Moi, je
suis à l'aise, M. le ministre, avec le cinq ans. Je me demande à quel point on
veut législativement empêcher le renouvellement, là. Ça, je me dis, bon, le
premier ministre du moment, s'il ne veut pas le renommer, il ne le renomme pas,
fin de l'histoire, là.
Là, j'étais en train de lire... vous me
donniez des exemples, là : le Protecteur du citoyen, la durée du mandat
est de cinq ans, nonobstant l'expiration de son statut, il demeure en fonction.
Est-ce qu'on a limité le nombre de prolongations du Protecteur du citoyen? Je
ne pense pas. Vous aviez dit tantôt, dans vos exemples... Non, c'est ça.
M. Carmant : C'est jugé renouvelable,
oui.
M. Cliche-Rivard : C'est
renouvelable, point. Je regardais aussi le Protecteur national de l'élève, même
chose, mandat de cinq ans, mais on ne fait pas de mention de renouvelable ou
pas renouvelable.
M. Carmant : C'est ça. Moi,
j'ai juste ceux qui sont comparables. Tu sais, moi... Le protecteur de l'élève
dépend du ministre, là. Donc, je parle de ceux qui sont désignés par
l'Assemblée nationale.
M. Cliche-Rivard : OK. Le Protecteur
du citoyen, c'est l'Assemblée nationale, ça?
M. Carmant : Oui.
M. Cliche-Rivard : Oui. Donc,
cinq ans...
M. Carmant : Renouvelable.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
que je me... moi, cinq, sept, là, honnêtement, ça ne me dérange pas tant. Il y
a l'enjeu où il va devoir... Puis là, à moins qu'on... vous êtes prêts à vous
avancer, là, mais il y a l'enjeu où il doit mettre son rapport de mise en œuvre
après cinq ans. Là, après cinq ans, il n'est plus là, donc... Bon, c'est sûr
que, pour le premier, je me pose la question sur le temporel du cinq ans. Bon,
si vous allez à réduire à trois ans sur la mise en œuvre, ou deux, ou cinq,
moi, je ne sais pas où est-ce que vous allez là-dedans, là, mais...
M. Carmant : ...
M. Cliche-Rivard : Hein?
M. Carmant : Non, c'est bon!
M. Cliche-Rivard : Non, mais
il y a un enjeu pareil.
Mme Garceau : ...
M. Cliche-Rivard : Vous le
nommez cinq ans puis... bye-bye!
Mme Garceau : ...
M. Carmant : Il fait un
rapport et il s'en va, oui.
M. Cliche-Rivard : Non
mais...
M. Carmant : Non, non. Je
comprends.
M. Cliche-Rivard : Non mais,
permettez, c'est drôle, mais ce n'est pas si drôle que ça.
Bref, moi, je soumettrais... Bon, je pense
que la question est liée avec le rapport de mise en œuvre, je pense qu'on est
un petit peu obligés d'en parler, parce que sinon il n'est plus là ou il est
sur le bord de partir alors qu'il fait son <rapport...
M. Cliche-Rivard :
...petit
peu obligés d'en parler, parce que sinon il n'est plus là ou il est sur le bord
de partir alors qu'il fait son >rapport de mise en œuvre. C'est un
problème.
Moi, cinq ans ou sept ans, ça ne me
dérange pas. Est-ce qu'on laisserait un gouvernement successif ou, en tout cas,
le premier ministre de l'époque choisir s'il veut le renouveler, le commissaire,
parce qu'il fait une bonne job puis tout le monde est content? Bon, vous me
direz qu'ils amenderont la loi puis ils repartiront le bal. Je trouve :
C'est-tu nécessaire?
Ça fait que, bref, moi, je dirais juste :
Les autres dispositions, comme le Protecteur du citoyen, n'empêchent pas la
possibilité que ça soit renouvelable plus qu'une fois. À moins que vous ayez un
enjeu clé, là, à dire... Pour vous, si 15 ans, ça va faire trop, bien, je vous
suivrais, là, mais, pour moi, gardons ça plus simple puis laissons la
prérogative au premier ministre de l'époque. Si le commissaire fait très bien
son travail, tout le monde est content puis qu'on veut le renouveler cinq ans,
pourquoi pas? Mais à vous de trancher.
M. Carmant : Parfait. Mais,
en tout cas, je suis à l'aise avec le cinq ans renouvelable, vraiment, là.
Le Président (M. Provençal)
:Maintenant, à ce moment-ci, Mme la
députée de Robert-Baldwin, vous déposez un amendement.
Mme Garceau : Oui, bien,
j'aimerais juste revenir, parce que mon collègue soulève un point important concernant
Protecteur national de l'élève et Protecteur du citoyen. C'est cinq ans, OK,
mais...
Des voix : ...
Mme Garceau : ...mais
renouvelable, c'est ça, mais il n'y a pas de... on a... Donc, les deux
personnes, ces deux personnes-là, peuvent être en poste pendant plusieurs
années.
Donc, je reviens à mon point initial, qui
était : Pourquoi le renouveler juste une fois, une seule fois, compte tenu
de la nature aussi du mandat du commissaire et surtout pour les fins de...
Parce que ça va être vraiment clé, comme ma collègue disait, les liens qui vont
être tissés avec plusieurs personnes dans le réseau, les organismes. Et aussi,
on sait très bien qu'avec l'expérience, surtout dans ce genre de domaine, et
les décisions que le commissaire devra prendre liées à des enjeux très, très
importants... l'expérience va compter beaucoup. Et je me demande : Est-ce
qu'on est en train de porter justice vraiment à ce poste-là si on dit :
Vous êtes là cinq, sept ans, OK, un autre cinq, sept ans, puis après ça on
change de commissaire? Je ne sais pas si c'est vraiment dans l'intérêt des
enfants que ça soit pour un terme. Il va y avoir une date butoir, là. Ça va
être soit 14 ans ou ça va être 10 ans, puis après ça on recommence.
M. Carmant : Oui, mais, moi,
c'était un enjeu que... plutôt que je voyais ça comme la société évolue, il y a
des nouveaux enjeux. Tu sais, le regard sur les dysphories de genre, ce n'était
pas la même qu'il y a 10 ans, tu sais?
Donc, tu sais, la... tu sais, la jeunesse est
très... les enjeux sont très dynamiques.
Mais, tu sais, je vous entends, là. Tu
sais, on peut peut-être regarder qu'est-ce qui se fait dans les autres, là,
quant au nombre de renouvellements puis on pourra en discuter... Si on fait une
suspension, M. le Président, on pourra en discuter ensemble.
Mme Garceau : Oui. Oui,
j'aimerais bien.
Le Président (M. Provençal)
:Oui. Avant de suspendre, je vais
céder la parole au député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : M. le
ministre, j'aimerais juste ça aussi qu'en revenant vous nous... peut-être faire
une fois une précision avec le rapport de mise en œuvre, là, tu sais, si on...
si on vote pour cinq ans...
M. Carmant : ...discussions à
plus tard, mais je vous promets qu'on va discuter.
M. Cliche-Rivard : C'est
parce que ça me semble troublant que notre commissaire va être sur le bord de partir,
peut-être, quand il va faire son rapport. Ça fait que je vous invite...
M. Carmant : Je vous entends.
M. Cliche-Rivard : OK.
M. Carmant : Ça, je vous
entends.
M. Cliche-Rivard : C'est bon.
Le Président (M. Provençal)
:On suspend?
M. Carmant : Oui, s'il vous
plaît. On va vérifier.
Le Président (M. Provençal)
:Suspension, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 16 h 27)
16 h 30 (version révisée)
(Reprise à 16 h 38)
Le Président (M. Provençal)
:Alors, nous revenons en ondes pour
reprendre nos travaux. Il y a eu quand même certaines discussions et échanges
qui ont été faits entre la partie gouvernementale et l'opposition. Alors, à
partir de là, Mme la députée de Robert-Baldwin, vous allez nous déposer un
amendement.
Mme Garceau : Oui, M. le
Président. L'amendement :
L'article 3 du projet de loi est modifié
par la suppression des mots suivants : «et ne peut être renouvelé qu'une
seule fois».
L'article se lirait ainsi : «Le mandat du
commissaire est d'une durée de cinq ans. À l'expiration de son mandat, le
commissaire demeure en fonction jusqu'à ce qu'il soit remplacé ou nommé de
nouveau.»
Donc, suite à nos échanges, et pour des
motifs de stabilité, et autres, nous avons trouvé, comme on dit, la voie de
passage, et nous espérons que le commissaire ou la commissaire qui sera nommée
sera là pour plusieurs années.
M. Carmant : Je suis en
accord, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Ça va? Oui, commentaires de la part
du député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. Oui, c'est conforme à ce qu'on avait, là, dans l'intention dont
on discutait, puis notamment le fait que, bon, si, au bout de la période...
même de la première période de cinq ans, si le commissaire ne fait pas le
travail, bien, le premier ministre a le pouvoir, au nom de... bien, avec l'Assemblée
nationale, de le renouveler ou de ne pas le renouveler, donc qu'on ne se limite
pas. Et, justement, dans le scénario où ce protecteur-là ferait... ou le
commissaire ferait de l'excellent travail, puis qu'on voudrait le préserver,
bien gardons-nous le droit de le préserver. Alors, ça va tout à fait dans la
logique de l'intervention que j'avais faite précédemment, alors on accueille
favorablement cette proposition d'amendement.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, à moins qu'il y ait d'autres
interventions, je comprends qu'on pourrait aller directement à la mise aux voix
de l'amendement déposé par Mme la députée de Robert-Baldwin? Alors, par appel
nominal, Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Oui. Pour,
contre, abstention. Alors, Mme Garceau (Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire : Mme Prass
(D'Arcy-McGee)?
Mme Prass : Pour.
• (16 h 40) •
La Secrétaire : M. Carmant
(Taillon)?
M. Carmant : Pour.
La Secrétaire : Mme Dorismond
(Marie-Victorin)?
Mme Dorismond : Pour.
La Secrétaire : Mme Abou-Khalil
(Fabre)?
Mme Abou-Khalil : Pour.
La Secrétaire : Mme Bourassa (Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
Mme Bourassa : Pour.
La Secrétaire : Mme Picard
(Soulanges)?
Mme Picard : Pour.
La Secrétaire : M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard : Pour.
La Secrétaire : Et M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Le Président (M. Provençal)
:Abstention. Alors, l'amendement
déposé par Mme la députée de Robert-Baldwin à l'article 3 est adopté. Maintenant,
y a-t-il d'autres interventions sur l'article 3, amendé? S'il n'y a pas... s'il
n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 3, amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
:Adopté, merci. Article 4. M. le
ministre.
M. Carmant : Oui. Merci, M.
le Président. L'article 4 se lit comme suit :
«Le commissaire peut, en tout temps,
démissionner en donnant un avis écrit au président de l'Assemblée nationale. Il
ne peut être destitué que par une résolution de l'Assemblée approuvée par les
deux tiers de ses membres.»
Cet article du projet de loi prévoit les
modalités applicables à la démission du Commissaire au bien-être et aux droits
des enfants. Il prévoit également les règles concernant la destitution du
commissaire. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Interventions à l'article 4?
Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : M. le
Président, merci. Je voulais savoir, M. le ministre, en termes de... surtout
pour les motifs de destitution, je ne sais pas si c'est la même chose pour le Protecteur
du citoyen, s'il y a le même libellé, là, dans la loi, ou est-ce qu'on
prévoit... est-ce que c'est général comme ça, ou est-ce qu'on prévoit des détails
au niveau des motifs?
M. Carmant : Je passerais la
parole, M. le Président, à Me Bérubé.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui,
donnez-moi juste un petit instant, je vais vérifier... pour le Vérificateur
général... Non, c'est, effectivement, très similaire... destituer... Oui, tout
à fait... C'est ça, donc on a l'article 13 de la Loi sur le... Vérificateur
général, pardon, qui est au même effet pour la destitution, l'article 12,
également, là, pour la démission. Puis si je vais voir du côté du Protecteur du
citoyen, ne bougez pas... même chose, donc, le protecteur peut, en tout temps,
démissionner en donnant un avis écrit au président de l'Assemblée, puis ça
prend la résolution de l'Assemblée aux deux tiers pour sa destitution.
Le Président (M. Provençal)
:...de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Juste une
petite question technique, là. Une résolution de l'Assemblée, ça, c'est une
motion ou... Comment ça s'exerce, ça, une résolution?
M. Bérubé (Mathieu) : C'est
une bonne question.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:C'est marqué... «résolution», qui est
marqué?
M. Cliche-Rivard : ...
Le Président (M. Provençal)
:C'est une résolution.
M. Carmant : Qui doit être <votée...
M. Bérubé (Mathieu) : ...C'est une bonne
question.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:
C'est marqué... «résolution»,
qui est marqué?
M. Cliche-Rivard :
...
Le Président (M. Provençal)
:
C'est une résolution.
M. Carmant :
Qui
doit être >votée.
M. Cliche-Rivard : ...nous
demande de voter, justement. Au début, là, quand il dit...
M. Carmant : Pour les
nominations.
M. Cliche-Rivard : Oui, c'est
ça. Donc, ce serait la même chose, ce serait une telle résolution qui serait
portée, puis là... puis là on comprend que n'importe quel membre de l'Assemblée
pourrait présenter une telle résolution. Puis là il y aurait un vote ou...
Est-ce qu'on sait comment ça marche ou...
M. Carmant : Moi, je ne suis
pas au courant.
M. Cliche-Rivard : OK.
M. Carmant : Je ne suis pas
au courant.
M. Cliche-Rivard : L'équipe?
M. Bérubé (Mathieu) : ...pour
la procédure, là, précise...
M. Cliche-Rivard : Parlementaire.
Oui, c'est autre chose.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui,
comment ça se fait, là. Il faudrait... il faudrait vérifier, là.
Une voix : ...
M. Cliche-Rivard : Ah! tu
vois, on... vous voyez, on nous dit : «une résolution»... sur le site de
l'Assemblée : «une décision qui découle de l'adoption d'une motion par
laquelle l'Assemblée exprime une opinion ou une intention, ou encore, affirme
un fait ou un principe, contrairement à un ordre.» Donc, ça semble être
similaire à une motion.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:...de votre propre question.
M. Carmant : Ça, c'est
efficace.
M. Cliche-Rivard : Au
bénéfice...
Le Président (M. Provençal)
: Oui, au bénéfice de l'ensemble des membres.
M. Cliche-Rivard : On
remercie la recherche, qui nous aide constamment dans notre travail, et on a
éclairé tout le monde.
Le Président (M. Provençal)
: Oui, ils font un travail extraordinaire, d'ailleurs.
M. Cliche-Rivard : C'est beau
pour moi, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Ça va? Est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'article 4? Oui, Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Oui, M. le
Président. Juste en termes... Moi, j'aimerais connaître et comprendre le
processus, parce que de procéder juste par résolution, est-ce que ça veut dire
qu'il y a un comité comme... C'est quoi le processus pour dire, bon, le
commissaire, après, je ne sais pas... ça pourrait être même avant le cinq ans...
admettons, après deux ans, trois ans, tout d'un coup, il y a une résolution, on
veut destituer le commissaire? Donc, j'aimerais...Parce que ça prend quand même
des motifs assez importants. C'était juste de comprendre un peu le processus
préalable à la résolution, puis ce serait important de le... de le connaître,
d'avoir une meilleure compréhension, puisqu'il n'y a pas de motifs d'écrits
concernant la destitution. Est-ce que ça peut être contesté, et tout, là?
M. Carmant : Bien, je ne
pense pas que ce soit contestable, parce que c'est l'Assemblée nationale. Puis,
en fait, une des raisons pourquoi c'était important pour moi que ce... que le
commissaire soit, justement, nommé et voté par l'Assemblée nationale, c'est
avec ce qui est arrivé à la commissaire santé, bien-être, là, qui a été tassée
par l'ancien gouvernement. Donc, c'était important pour moi, là, que... tu
sais, que ce commissaire-là soit nommé par l'Assemblée nationale pour,
justement, protéger son... sa fonction. Mais qu'est-ce qui sont les causes qui
peuvent entraîner ça? Tu sais, on ne veut justement pas que ce soit une
décision interne, là.
Mme Garceau : Je pose la
question juste en termes de : Est-ce qu'il y a des règlements en vigueur
qui... concernant des motifs de destitution?
M. Bérubé (Mathieu) : Je ne
suis pas au fait, là, par contre, là, s'il y a des règlements à cet effet-là.
Ce qui est sûr, là, pour toute la question, là, de, bon, motion, résolution
puis la procédure, ça, j'imagine qu'il faudrait s'en remettre au Règlement de
l'Assemblée nationale, qui doit prévoir des procédures particulières. J'ai
poursuivi mes recherches également sur Internet, là, puis je vois
qu'effectivement la motion... la fameuse résolution, on parle d'un acte de
procédure par lequel un député propose que l'Assemblée se prononce sur une
question. On dit : «Sauf exception, le député qui désire présenter une
motion doit en donner un préavis au feuilleton», donc il y a déjà comme... j'imagine
que ces règles-là sont encadrées par la procédure parlementaire, c'est ça. Mais
pour les motifs de destitution, je ne saurais dire, là.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Merci beaucoup. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions à l'article 4 du projet de loi n° 37? S'il n'y a
pas d'autre intervention, est-ce que l'article 4 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
: Adopté. Maintenant, on change de section. Nous serions au
chapitre II, Fonctions et pouvoirs. Dans la section I, ce sont les fonctions.
Je regarde l'article 5. C'est quand même un article 5 qui est assez costaud, si
je peux me permettre, là, en termes de libellé. Est-ce que vous en faites la <lecture...
Le Président (M. Provençal)
:
...5 qui est assez costaud, si
je peux me permettre, là, en termes de libellé. Est-ce que vous en faites la >lecture
ou...
M. Carmant : En fait, M. le
Président, je demanderais de suspendre. On a plusieurs amendements qui sont en
train d'être validés pour cet article 5 là.
Le Président (M. Provençal)
:Ça va? Consentement pour suspendre
l'article 5? Mais ils vont... on va pouvoir répondre à vos... on va répondre à
vos questions auparavant. M. le député.
M. Cliche-Rivard : Je suis
ouvert. Peut-être juste, là, nous expliquer, M. le ministre, on les aura quand?
C'est quoi, la... qu'est-ce que vous... bref, de nous donner un peu de contexte
sur ce que vous venez de dire.
M. Carmant : Oui, bien, c'est
des amendements qui doivent passer devant le Conseil des ministres.
M. Cliche-Rivard : Ah! OK. Donc,
demain.
M. Carmant : Donc, on espère
que, demain après-midi, on... tout sera disponible.
M. Cliche-Rivard : OK. Il y a
un volet substantif, je suis convaincu, à ces amendements-là. Il y a du travail
à faire de notre côté, en amont, là, une fois que ce sera validé de votre côté.
Ça, c'est en soirée, demain soir, si je comprends bien, le Conseil des
ministres?
M. Carmant : C'est en
après-midi.
M. Cliche-Rivard : En
après-midi, pendant la pause, là, c'est ça, de 13 heures à 15 heures.
C'est sûr que là, si... dans l'éventualité où ils sont adoptés, moi, je suis
ouvert à ce qu'on suspende, mais je veux qu'on ait du temps pour les évaluer
puis ne pas que ce soit morceau par morceau, puis qu'on soit sur le moment...
Ça fait que, quand je disais, au début, là, qu'il y a une confiance à rebâtir,
là, pas nécessairement avec vous, mais avec l'équipe du leader, est-ce qu'on
peut avoir un engagement qu'on les aura tous puis qu'on aura une pause pour les
étudier, puis que là on pourra entamer l'étude de l'article 5? Bref, c'est ça
que je vous demanderais en échange de suspendre, à ce moment-ci, là.
M. Carmant : C'est ça. Donc,
il y en a... il y aura deux séquences, une première pour ceux-là, puis il y
aurait une deuxième séquence pour les... ce qui a lien avec les Premières
Nations et Inuit, vu que c'est... ça demandait un peu plus de travail à ce
niveau-là. Mais moi, je n'ai pas d'enjeu à ce qu'on prenne le temps d'en
prendre connaissance. Donc, bien oui, c'est sûr.
M. Cliche-Rivard : Oui, c'est
ça. Donc, on revient, là, vous... Tu sais, est-ce qu'ils peuvent être
communiqués en bloc, tous?
• (16 h 50) •
M. Carmant : Oui, oui,
absolument.
M. Cliche-Rivard : Tous, pour
les Premières Nations et Inuit et pour l'article 5, après le Conseil des
ministres? Non, mais je vous pose la question.
M. Carmant : Non, les
Premières Nations et Inuit, il y aura encore un délai additionnel.
M. Cliche-Rivard : Ah! OK, parfait.
Mais ceux de l'article 5, en bloc?
M. Carmant : Oui, oui, on
peut vous les soumettre en bloc.
M. Cliche-Rivard : Après le Conseil
des ministres.
M. Carmant : Oui.
M. Cliche-Rivard : Et non pas
à la pièce, là, qu'on le lit en commentant.
M. Carmant : OK, non... ah!
oui, oui, OK. Ça, je suis très à l'aise. Oui, oui, ça, je suis très à l'aise.
M. Cliche-Rivard : C'est ça
que je veux dire. Parce que, souvent, c'est de même que ça se passe, là, on...
M. Carmant : OK. Non, ça, je
peux... ça, je suis très à l'aise à vous les soumettre en bloc, là.
M. Cliche-Rivard : OK. Et, le
cas échéant, on aura donc la possibilité de suspendre pour qu'on puisse en
prendre connaissance?
M. Carmant : Absolument.
M. Cliche-Rivard : Dans ce
contexte-là, M. le Président...
Le Président (M. Provençal)
:Si vous me permettez, parce que c'est
très important, ce que vous venez de soulever, demain, le Conseil des ministres
va se faire, et nous, de toute façon, au niveau de notre agenda, on avait... on
siégeait demain après-midi, donc on n'avait pas de séance demain matin.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Donc, ça veut dire qu'à cette
séance-là on va toujours être avec l'article 5, suspendu, s'il y a
consentement. OK. Donc, c'était juste... Puis quand vous... on aura les
amendements, je pense que ça va être... pour un bon fonctionnement, on prendra
le temps d'en prendre connaissance, puis même, à la rigueur, peut-être, à huis
clos, de poser des questions à M. le ministre, pour être sûrs qu'il y a une
bonne compréhension des différents amendements qui seront déposés sur cet
article-là.
M. Cliche-Rivard : Bien, sous
ces deux engagements là, M. le Président, moi, je... donc, l'amendement...
l'engagement qu'on les reçoive en bloc, et, deux, qu'on ait du temps pour les
étudier avant qu'on reprenne l'étude détaillée, moi j'accepte de suspendre
l'article 5, sans problème.
Le Président (M. Provençal)
:Ça va, monsieur le...
M. Carmant : Ça me va très
bien.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, consentement pour suspendre?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
:Merci beaucoup. À ce moment-ci,
est-ce qu'on peut traiter l'article 6, puis je vais demander à maître... Est-ce
qu'on peut traiter l'article 6, compte tenu qu'on suspend l'article 5?
M. Bérubé (Mathieu) : Moi,
bien, je serais d'avis que oui, là.
Le Président (M. Provençal)
:Il n'y a pas de problème? OK. Je veux
être sûr qu'on est corrects d'un point de vue traitement de nos articles.
Alors, M. le ministre, vous allez nous faire lecture de l'article 6.
M. Carmant : Merci, M. le Président.
Donc, l'article 6 se lit comme suit :
«Le commissaire exerce ses fonctions en
respectant les responsabilités autrement dévolues à la Commission des droits de
la personne et des droits de la jeunesse par la Charte des droits et libertés
de la personne (chapitre C-12) et la Loi sur la protection de la jeunesse
(chapitre P-34.1).»
Le présent article du projet de loi impose
au Commissaire au bien-être et aux droits des enfants une limite dans
l'exercice de ses <fonctions...
M. Carmant :
...C-12)
et la Loi sur la protection de la jeunesse (chapitre P-34.1).»
Le présent article du projet de loi
impose au
Commissaire au bien-être et aux droits des enfants une limite
dans l'exercice de ses >fonctions. En effet, il prévoit que le
commissaire ne doit pas exercer ses fonctions en empiétant sur les
responsabilités dévolues à la Commission des droits de la personne et des
droits de la jeunesse qui sont prévues par la Charte des droits et libertés de
la personne et la Loi sur la protection de la jeunesse. Ainsi, le commissaire
n'a pas pour fonction de promouvoir les droits des enfants prévus par la Charte
des droits et libertés de la personne et la Loi sur la protection de la
jeunesse. De plus, il veille à la protection de l'intérêt de l'enfant en dehors
du cadre juridique établi par ces deux textes législatifs.
Les responsabilités de veiller à la
protection de l'intérêt de l'enfant et de promouvoir les droits reconnus par ces
textes législatifs continuent d'incomber à la Commission des droits de la
personne et des droits de la jeunesse. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, interventions sur
l'article 6? Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. C'est... je comprends que c'est un sujet sensible,
mais c'est un sujet d'une importance fondamentale pour plusieurs personnes, que
ce soient des avocats, des gens qui oeuvrent dans le domaine de la protection
de la jeunesse, et les groupes que nous avons entendus, et les personnes, que ce
soient la Fédération des familles d'accueil, le collectif... maître...
évidemment, Me Leblanc, Mme Audet, et la commission.
Et la raison pour laquelle j'ai insisté,
que ce soit sur l'adoption du principe ou aujourd'hui, au niveau des remarques
préliminaires, est de mettre beaucoup d'emphase sur l'envergure de cette... de
cette étude étoffée de la commission, menée par la commission pendant une
période de deux ans, compte tenu, oui, d'un décès tragique de la fillette à
Granby. Mais ça, c'était le motif qui a déclenché... Hein, on s'est dit :
Il faut faire quelque chose, on remet en question notre régime de protection de
la jeunesse. Et on a fait une étude pendant... on a regardé 40 ans, et, au
bout du compte, la commission, avec tous les témoignages des personnes
impliquées, des organismes, a fait des constats, et des constats qui sont très
clairs, très précis et hautement justifiés.
Et je dois vous dire... et je ne suis pas la
seule qui a été complètement abasourdie à la lecture du projet de loi, et,
compte tenu que c'était une recommandation très importante... et même, moi, je
dirais, cette recommandation de transférer tous les pouvoirs et responsabilités
de la CDPDJ au commissaire est au cœur des pouvoirs et des fonctions de... du
commissaire tel qu'envisagé, le vrai chien de garde, tel qu'envisagé par la
commission. Donc, j'aimerais commencer, M. le ministre, à poser la question :
Pourquoi... pourquoi est-ce que vous n'avez pas suivi cette recommandation de
la commission Laurent?
M. Carmant : Parce que,
moi, je pars du principe qu'on a 1,6 million d'enfants qui ont besoin
d'avoir un commissaire, que ce... que transférer l'aspect juridique cas par cas
entraînerait une surcharge dans le déploiement du... des fonctions et du rôle
du commissaire. Puis, tu sais, Mme Laurent a compris notre position, les
ex-commissaires ont dit avoir évolué dans leur pensée. Le Pr Goubau disait même
que ça édulcorerait fort probablement le rôle de prévention du commissaire et
son rôle de... en premier, de promouvoir le bien-être et le respect de tous les
droits des enfants.
Tu sais, au Québec, là, nos enfants, ils
n'ont pas besoin de plus de DPJ, là. Nos enfants, ils ont besoin de plus de prévention,
plus de services de première <ligne...
M. Carmant :
...ils
n'ont pas besoin de plus de DPJ, là. Nos enfants, ils ont besoin de plus de
prévention, plus de services de première >ligne, plus de services
consensuels, plus de services volontaires. C'est ça qu'il faut mettre de
l'avant puis c'est comme ça qu'on va alléger la tâche de nos intervenantes puis
c'est comme ça qu'on va améliorer leur... leur performance sur le terrain. Ce
n'est pas en leur donnant plus de DPJ dans les familles, tu sais. Puis moi,
c'est quelque chose en quoi je crois fermement, là, tu sais, c'est... Quand on
lit un rapport, là, c'est... La travailleuse sociale de la DPJ, là, elle ne
donne pas de services en orthophonie. La travailleuse sociale de la DPJ, elle
ne prend pas soin de la santé mentale des parents, elle ne les sort pas de la
toxicomanie. C'est ça qu'on a besoin puis c'est pour ça qu'on a besoin d'un
commissaire qui va avoir une vue d'ensemble, qui va prévenir tout ça. Moi,
sincèrement... sinon, moi, j'ai l'impression qu'on va rater le bateau si on ne
fait pas ça.
Mme Garceau : Mais on a déjà
raté le bateau, comme... il faut se dire les vraies choses. Et plus de
prévention, je suis d'accord avec vous, plus de défense des droits de nos
enfants, ah! oui, et il y a un grand manque en ce moment. La CDPDJ ne joue pas
pleinement son rôle, et, vous le savez, M. le ministre, vous l'avez dit jeudi
dernier, vous l'avez confirmé, il y a un manque de confiance. Mais ce n'est pas
parce qu'il y a un manque de confiance dans la CDPDJ qu'on va bousculer les
choses. Mais moi, je ne sais pas, si on ne le fait pas en ce moment... parce
que... Puis moi, je peux retourner et parler de... du fait... on avait
plusieurs groupes, incluant des procureurs, et on le sait très bien que la
CDPDJ n'est pas sur le terrain, intervient maintenant à peine devant les
tribunaux pour la défense des droits des enfants.
Parce que là, on veut restreindre, de leur
propre gré, de leur propre chef... on va restreindre des interventions
judiciaires pour des cas de lésion de droits systémiques. Ce n'est pas ça, la
défense des droits des enfants, ça ne peut pas être lié à : On va
intervenir juste quand c'est des droits de lésion systémiques. Ça ne peut être
pas ça, puis ce n'était pas ça qui était envisagé non plus par les
recommandations de la commission. Parce que, c'est ça, c'est de carrément
mettre de côté, et avec grand respect... Et c'est pour ça que j'ai de la
difficulté à comprendre la justification : Ce n'est pas 1,6 million
d'enfants qui ont besoin du commissaire...
• (17 heures) •
M. Carmant : Ah! oui.
Mme Garceau : ...en
prévention, aussi, pour la défense de leurs droits, et la CDPDJ ne remplit pas
son mandat à cet égard, et ça, vous le savez très bien. Et il y en a plusieurs,
plusieurs qui sont complètement anéantis par le fait qu'il n'y aura pas de
transfert, parce qu'au bout du compte on a...
Puis je peux passer à travers... Le
rapport de la CDPDJ, en 2022-2023, il y a... dans seulement 1 % des cas,
l'auteur de la demande d'intervention est un enfant, 1 %. Le commissaire
qu'on veut avoir, le commissaire envisagé par la commission Laurent, c'était un
commissaire qui va porter la voix de tous les enfants. On ne peut pas... ça ne
peut pas être la CDPDJ qui fait ça, là, parce qu'elle ne le fait pas. Elle ne
remplit même pas son rôle en termes de défenseur des droits des enfants. C'est
un grand problème, c'est... Lorsqu'on ne retourne pas des appels des avocats,
lorsqu'on... Et on doit notifier... toutes les demandes en lésion de droits
doivent être notifiées à la CDPDJ. Ils n'interviennent pas devant les
tribunaux. Et même quand on regarde le rapport de 2022-2023, là, demandez-leur
combien de fois est-ce qu'ils sont intervenus à la chambre de la jeunesse, parce
qu'en ce moment on voit un gros zéro...
17 h (version révisée)
Mme Garceau : ...ils n'interviennent
pas devant les tribunaux. Et, même quand on regarde le rapport de 2022-2023,
là, demandez-leur combien de fois est-ce qu'ils sont intervenus à la Chambre de
la jeunesse, parce qu'en ce moment on voit un gros zéro en termes de jugements
rendus où ils seraient impliqués. C'est quand même assez... Ça... ça... ça témoigne,
si je peux dire, d'un manque d'implication, d'un manque d'intervention. Il y a
eu une décision qui a été prise pour leur raison qui leur est propre, mais ça
ne veut pas dire que c'est une décision qui est dans l'intérêt supérieur des
enfants. Et ce n'est pas parce que les parents sont représentés par avocat et
qu'un enfant est représenté par avocat... Parce qu'on sait qu'il y en a, des
cas où les enfants... il y a peut-être un avocat, mais l'avocat n'a même pas...
n'a même pas parlé... n'a même pas rencontré l'enfant. La CDPDJ, là, ne se
déplace pas pour aller rencontrer des enfants, la CDPDJ est là pour des gros,
gros dossiers, et c'est tout.
Et, à un moment donné, quand la commission
a fait... a fait une étude étoffée, et a rencontré, si on peut dire, les
acteurs dans le système, et qu'ils viennent nous dire : Oui, on a fait le
constat, il faut que ce soit... il faut qu'on change et il faut qu'il y ait un
changement de structure et de législation... Et ça, ça prend, oui, du courage à
le faire. Et la fusion, en 1995, ça avait été dit, il y avait des craintes que
la jeunesse, la protection des enfants, la défense et le respect de leurs
droits ne seraient pas au premier plan, ce serait...
Et... et j'ai réécouté les représentations
des commissaires. Et, Mme Laurent, à un moment donné, vers la fin, puis ce n'est
pas très clair, qu'on lui a dit de lâcher prise de... allez réécouter son
témoignage, et, à la fin, elle est très claire, elle le dit : Il va y avoir
des incohérences, et vous allez revenir et vous allez l'appliquer, ma
recommandation, c'est une question de temps. Et les deux autres commissaires
ont dit à peu près la même chose : C'est une question de temps. Parce que
ce commissaire doit avoir envisagé par la commission...
Et je veux... je veux le citer, parce que
c'est très important, parce que ça va au cœur des fonctions et des pouvoirs. Ce
n'était pas juste un champion, comme vous avez dit, de prévention, ce n'était
pas du tout l'esprit. Ça, là... Puis je l'ai, mon sac, là, il est ici le
rapport de 550 pages, le message exprimé et la recommandation, qui est
liée au cœur des pouvoirs et des fonctions, c'était le transfert. On voulait
dire : Vous savez, vous êtes très occupés avec la charte, des cas de
discrimination. Vous avez combien de personnel, M. le ministre, qui s'occupe de
la jeunesse à temps plein à la CDPDJ? On parle d'un budget de 10 % puis d'un
personnel de... à 10 % dévoué.
Mme Laurent et les commissaires voulaient
avoir la création d'une institution indépendante qui était pour être la seule
voix pour les enfants en prévention, mais aussi la promotion, et la défense, et
le respect de leurs droits. C'est pour ça qu'ils ont insisté sur la charte, l'adoption
d'une charte pour pouvoir défendre les droits des enfants. Et je la cite et je
cite le rapport : «Nous croyons que la promotion et la défense des droits
doivent être au cœur du mandat du Commissaire au bien-être et aux droits des
enfants». Pas la prévention. La prévention, c'est un élément. «Il doit être en
mesure de poser des actions concrètes pour promouvoir et défendre les droits
des <enfants...
Mme Garceau :
...au
cœur du mandat du
Commissaire au bien-être et aux droits des enfants».
Pas la prévention. La prévention, c'est un élément. «Il doit être en mesure de
poser des actions concrètes pour promouvoir et défendre les droits des >enfants
au Québec, de traiter de certaines plaintes et de diriger et d'accompagner les
enfants vers les bonnes ressources quand leurs droits ne sont pas respectés.»
Et il y a des exemples dans d'autres
provinces où c'est la façon qu'ils gèrent le système dans... au niveau de la...
c'est des ombudsmans, c'est des protecteurs, c'est des... de la défense des
droits des enfants. C'est leur bureau qui se... qui se présente pour défendre
les intérêts des enfants. Et c'était ça... Et la question de... surcharge, vous
ne pensez pas que ça a été discuté? Que... que... que dans le mandat large... Et
c'est pour ça qu'il y a eu... et c'est pour ça que je suis revenue avec, il
faut s'assurer que ce commissaire va avoir le budget, va avoir le personnel
pour... et évidemment les ressources pour bien exécuter ce rôle qui est d'une
importance capitale.
M. Carmant : ...la commission
a focussé vraiment sur la protection de la jeunesse, là, qui est une loi
d'exception. Moi, mon point, c'est que ce serait un prix trop grand à payer que
de priver 1,5 million d'enfants de l'appui d'un commissaire, soit des
personnes handicapées, des personnes qui ont d'autres problèmes, pour tout le
travail qui va être mis sur les lésions de droit et ce que fait la CDPDJ.
J'ai entendu ce qui a été dit sur la
CDPDJ, je pense qu'il faut travailler sur améliorer la fonction de la CDPDJ.
Ça, je peux... tu sais, je peux travailler avec mon collègue ministre de la
Justice, mais... mais je pense que le concept du commissaire, ce qu'on met sur
la table, c'est tellement important, là, pour l'enfance, puis là on va aller
jusqu'à 25 ans pour tous les vulnérables. Tu sais, il faut... il faut voir
l'ampleur de la chose puis l'importance.
Puis, encore une fois, ce n'est pas juste
de déplacer les avocats de la CDPDJ, de la CDPDJ vers le commissaire, qui vont...
qui vont changer les choses, là, tu sais, c'est... il faut aller... il faut
aller guérir le bobo, puis ça, tu sais, ça... ça, il faut travailler là-dessus.
Mais... mais... mais je pense que, de priver tant d'enfants d'un commissaire,
je ne suis pas sûr que c'est... Moi, en tout cas, je suis convaincu que ce
n'est pas la chose à faire, là.
• (17 h 10) •
Mme Garceau : Mais d'où vient
cette idée, M. le ministre, avec respect, là? Vous êtes en train de dire à la
commission... qu'ils ont investi deux ans de leur temps, avec 4 000 personnes
qu'ils ont rencontrées, avec tous les mémoires, que leur opinion n'est pas
valide.
M. Carmant : ...je dis qu'on
est en train de... de créer quelque chose d'extraordinaire et que tous les
enfants du Québec méritent d'en profiter.
Mme Garceau : ...c'est... c'est
pour ça qu'on a un rapport qui... qui ne dit pas le contraire. Ça ne dit pas
que... le commissaire est là pour tous les enfants. Il a un rôle, oui, en
raison... de la prévention, oui, mais le cœur, c'était de défendre les droits
des enfants parce qu'il y a des lacunes importantes dans le système. Il y a un
manque de volonté, il y a une indifférence, c'est grave. Et vous avez aussi,
dans le cadre de l'équipe... et ça aussi, il faudrait le réviser, mais
peut-être c'est une bonne raison aussi que tout soit dans un bureau d'un
commissaire avec une équipe, parce que, là, avec l'équipe en place... Et vous
avez, d'après ce que je comprends, deux avocates au niveau du volet jeunesse,
des criminologues, des anciens intervenants de la DPJ qui sont au niveau du...
de l'équipe jeunesse. L'indépendance, là, je la questionne, je la questionne
sérieusement, parce que je sais très bien...
Et ça... et c'est pour ça que j'ai parlé
de l'histoire se répète. L'histoire se répète parce qu'on a un genre de modus
operandi de : CDPDJ va faire des recommandations à la DPJ, mais ne fait
pas de suivi. Donc, la DPJ fait... n'est pas obligée de suivre les
recommandations, puis il n'y a pas de suivi par la <suite...
Mme Garceau :
...de :
CDPDJ va faire des recommandations à la DPJ, mais ne fait pas de suivi. Donc,
la DPJ fait... n'est pas obligée de suivre les recommandations, puis il n'y a
pas de suivi par la >suite. Il n'y a pas de suivi concernant des avis de
contention, d'isolement d'enfant. Ils ne font pas de suivi, la CDPDJ.
Il y en a, des enfants, là, qui sont là,
dans des salles, pour des jours. Il y a des avocats qui se bat pour sortir des
enfants. Heille! des habeas corpus, là, c'est hallucinant qu'on est rendus là
pour sortir des enfants des centres de réadaptation. Et c'est pour ça que tout
le monde... la pression, là, tout le monde sentait la... la soupe chaude, dans
les derniers mois, avec l'augmentation des signalements, du jamais-vu, le
manque d'intervenants. Ça fait en sorte que les droits de nos enfants sont
lésés. Et là on ne parle pas des... juste des lésions systémiques, on parle de
jeunes filles, 13, 14, 15 ans, des agressions sexuelles dans des centres
de réadaptation, puis on ne fait absolument rien. Il n'y a pas d'enquête, on ne
fait pas de suivi, il n'y a pas d'aide psychologique. C'est ça, là, la CDPDJ,
on n'enquête pas.
M. Carmant : ...pas
exactement ce qu'ils sont venus nous dire, là, ils ont montré des chiffres
qui... c'était assez éloquent. Tu sais, moi, je... je ferais attention à juger
de la bonne foi de la CDPDJ, là. Tu sais, j'entends qu'il y a des enjeux. Donc,
il y a des enjeux avec les avocats, ça, il faut... il faut... il faut regarder
ça avec mon collègue à la Justice, il faut regarder ça.
Mais, tu sais, encore une fois, si on veut
vraiment diminuer le nombre de signalements, il faut agir en amont de la DPJ,
ça, c'est... c'est... tout le monde est d'accord avec ça. Ce... ce n'est pas en
allant dans les lésions de droit ou dans... en allant... en ajoutant plus de
DPJ sur le terrain qu'on va... qu'on va améliorer les choses, c'est en allant
en amont de la DPJ.
Mme Garceau : ...M. le
ministre, avec grand respect, il faut améliorer, en ce moment, le sort de ces
enfants. Quand la commission parle, et on a entendu, là, les avocats, les
organismes qu'on a... les voix des enfants ne sont pas entendues.
M. Carmant : ...
Mme Garceau : Oui, mais le
commissaire doit être là non seulement pour les rencontrer, les enfants, mais
aussi exprimer leurs souhaits, leurs besoins, leurs préoccupations.
M. Carmant : ...
Mme Garceau : Oui, mais...
mais là il ne sera pas là pour ça parce qu'il ne pourra pas faire d'enquête.
Parce que, là, tout est lié. Il va faire quel genre d'enquête? Il va intervenir
dans quels... quels genres de dossiers, ce commissaire? Parce que là...
M. Carmant : ...tout le monde
pourra contacter le commissaire, même ceux en centre jeunesse. Au contraire,
les enfants des centres jeunesse vont savoir qu'il y a un commissaire.
Mme Garceau : ...ils n'auront
pas... Mais c'est ça, monsieur... il est là où le bât blesse, là, il n'y aura
pas de pouvoir. Il n'y aura pas de pouvoir, parce que, là, on va dire :
Non, non, non, ça, c'est la CDPDJ. N'importe quoi qui va être lié à la Loi sur
la protection de la jeunesse ou la charte : C'est la CDPDJ. C'est pour ça
que l'article 6 ne peut pas rester comme ça, parce qu'on a un commissaire,
là, avec les mains liées, il ne pourra pas faire le travail fondamental de
défendre et de... les droits des enfants, ça va être la... ça va être laissé
encore à la CDPDJ. Ce n'est pas ça du tout, ce rapport de 550 pages.
Je ne comprends pas. On est... et... et
c'est pour ça que, oui, ça prend du courage pour changer les choses, oui, ça
prend du courage pour changer la structure, mais il n'y a rien de plus
important, rien de plus important que nos enfants, et leur sécurité, et leur
développement, puis de s'assurer qu'ils soient protégés. Puis il y en a trop,
en ce moment, M. le ministre, qui ne sont pas protégés et qu'on... on... on les
échappe.
M. Carmant : ...il y a
1,6 million d'enfants au Québec.
Mme Garceau : Oui, mais ce
n'est pas 1,6 million d'enfants, M. le ministre, qui sont sous la charge
de la protection de la jeunesse.
M. Carmant : Je pense que
c'est une vue stéréoscopique que vous nous décrivez là. Moi, je pense qu'il y a
beaucoup <d'enfants...
Mme Garceau :
...mais
ce n'est pas 1,6 million d'enfants, M. le ministre, qui sont sous la
charge de la protection de la jeunesse.
M. Carmant :
Je
pense que c'est une vue stéréoscopique que vous nous décrivez là. Moi, je pense
qu'il y a beaucoup >d'enfants qui ont besoin de promotion, de
prévention, de se faire écouter. Il y a... il y a beaucoup d'enfants qui ont
des enjeux et qui ne sont pas à la protection de la jeunesse. C'est une
réalité, c'est... c'est une grande réalité de la société, là. Tu sais, autour
de la table, il y a des enfants qui ont... de nos enfants qui ont besoin
d'aide, là. Puis, tu sais, il faut... il faut qu'ils aient accès au
commissaire. Puis, comme je vous dis, regardons les problèmes de la CDPDJ à
l'extérieur du projet de loi, mais, pour le commissaire, il faut vraiment qu'il
puisse agir auprès de tous les enfants. Et de le... et, de l'obliger à faire
enquête dans les... dans des cas comme la CDPDJ le fait, ça va monopoliser son
temps.
Mme Garceau : ...M. le
ministre...
Le Président (M. Provençal)
:À titre informatif, il vous reste 30 secondes,
Mme la députée.
Mme Garceau : 30 secondes.
Conclusion, ici, puis on va déposer un amendement, mais conclusion ici, on veut
un commissaire dévoué à 100 % du temps, pas à 10 % du temps. Ça a été
une mauvaise décision de fusionner, puis là on a subi les conséquences depuis
trop d'années. Donc, je vais faire un amendement.
Le Président (M. Provençal)
:Avant de déposer votre amendement, ça
fait longtemps que le député de Saint-Henri—Sainte-Anne a demandé la parole et
votre collègue aussi. Alors, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup, M. le Président. M. le ministre, moi, j'aimerais ça vous entendre.
J'aime beaucoup ça, vous entendre, parce que vous... vous... Quand même, vous
parlez au... pour le législateur puis vous allez... évidemment, comme nous,
mais vous allez donner les indications pour la suite. Vous avez entendu, comme
moi, là, les interventions, les gens qui sont venus nous parler. Où est-ce que
vous en êtes, vous, là, personnellement, avec ce que vous avez entendu? Le
statu quo est possible, le statu quo n'est pas possible? Bon, je comprends que,
le transfert des pouvoirs, vous n'êtes pas là, mais il y a un enjeu, quand
même, vous le reconnaissez, là?
• (17 h 20) •
M. Carmant : Oui, j'ai...
j'ai entendu comme vous ce qui a été dit. Et depuis, d'ailleurs, ce... les
consultations, je suis en discussion avec mon collègue à la Justice pour voir
s'il y a des choses qu'on peut améliorer au niveau de la CDPDJ puis surtout de
leur interaction avec les juristes, là, qui semble être vraiment problématique,
là. Tu sais, on ne veut pas, personne ne veut que les gens se sentent négligés
par la CDPDJ, là. Puis est-ce que c'est un manque de suivi ou un manque de
réponse? Parce qu'eux ce qu'ils nous ont dit, puis vous étiez là, c'est que les
conflits, les lésions de droit, ils les règlent avec les DPJ. Donc, d'entendre qu'il
n'y a pas de suivi, je suis un peu... tu sais, je suis un peu...
M. Cliche-Rivard : Bien, moi,
j'ai feuilleté... puis j'ai beaucoup discuté avec quelques collègues, j'ai
feuilleté le rapport de la CDPDJ de l'année dernière. Je lis qu'il y a eu 463 plaintes
reçues, 44 % ont été traitées. Donc, j'entends qu'il y a 66 % des
demandes qui ont été déposées en enquête qui n'ont pas été traitées, puis la
principale raison de ça, c'est le fait que le dossier était devant le tribunal.
Puis là on en a parlé, de cet article 23,
là, là, on a parlé aussi de l'interprétation qu'on va donner à cet article 23.
Est-ce que c'est parce que l'enfant ou le dossier de l'enfant est devant le
tribunal? Est-ce que c'est parce que la lésion ou, en tout cas, le bris précis
est devant le tribunal? Il semble y avoir un enjeu. On nous a dit que
seulement... pour 2022-2023, seulement quatre dossiers ont été présentés devant
le comité des enquêtes, quatre dossiers pour une année complète. L'année
précédente, il y en avait 52. Mais, avec ce qu'on entend, là, quatre dossiers
seulement, des questions qui... qui se posent. Il y a eu une vingtaine de
dossiers de lésion de droit déposés au tribunal l'année dernière, la CDPDJ
n'est intervenue dans aucune des 20 demandes, zéro.
Et le fameux dossier, là, où ils
interviennent à la Cour suprême, on attend... on apprend qu'ils ont été forcés
d'intervenir, ils ont été mis en cause, et la juge de première instance a
critiqué le fait que, malgré sa demande, la CDPDJ n'était pas venue intervenir.
Donc, on nous dit qu'on intervient de temps en temps, mais ça reste quand même
surprenant et ça reste problématique.
Et ensuite on nous explique aussi qu'aucun
atelier sur les droits n'est donné en centre de réadapt ou en foyer de groupe
par la CDPDJ, aucun, que la situation avait été dénoncée par le rapport
Laurent, on réfère à Mme Bourdages, là, son témoignage est que les jeunes
eux-mêmes sont très rarement le public ciblé en termes d'information sur leurs
droits. Donc, moi, je... je suis dans une posture où je <pense...
M. Cliche-Rivard :
...Bourdages,
là, son témoignage est que les jeunes eux-mêmes sont très rarement le public
ciblé en termes d'information sur leurs droits. Donc, moi, je... je suis dans
une posture où je >pense... et j'essaie d'être le plus raisonnable
possible, là. Moi, je... j'ai entendu Mme Laurent, puis c'est vrai ce que ma
collègue dit, hein, qu'elle s'est dite déçue, elle a dit : Ce n'est peut
être pas possible maintenant, mais qu'elle maintient sur le long terme. Elle a
compris que ça allait en rester là. On est quand même loin de l'aveu complet
que sa position est dramatiquement différente, mais c'est vrai qu'elle a dit
que c'était différent. C'est vrai. Puis c'est vrai que les ex-commissaires
aussi sont venus le dire. Donc, moi, je... je... je suis prêt à les suivre,
mais moi, je ne peux pas accepter le statu quo, là. Ça... il y a un bris de
confiance, ça... ça ne fonctionne pas.
Puis je ne suis pas en train de... de
prêter de mauvaises intentions à la CDPDJ, mais là... et vous l'avez dit :
À quelque part, il y a un courant qui ne passe pas, ou il y a un blocage, ou...
Moi, quand on parle de l'intérêt supérieur des enfants, ça devrait être dans
la... dans la... dans le fin fond de la dernière possibilité... quand le
dossier est réglé, là, que la CDPDJ s'en retire, là. Quand c'est l'intérêt
supérieur des enfants, regarde, au pire on va dédoubler les... au pire ils
viendront avec... devant... devant le tribunal avec. Au pire, ils vont faire le
suivi jusqu'au bout. Mais on ne peut pas avoir des... des avocats qui appellent
à la commission, des avocats, là, ils le savent, là, je veux dire, ils... puis
qui sont sans réponse. On ne peut pas avoir la moitié des plaintes non retenues
parce qu'il y a un dossier devant le tribunal dont on ne sait pas vraiment
c'est quoi, la perspective.
Ça fait que moi, je... je suis à... Vous
parlez avec votre collègue de la Justice, mais là, moi, je ne pourrais pas
fermer ce... en tout cas, en mon âme et conscience, fermer cet article-là puis
ce projet de loi là sans quelque chose de concret, là. Parce que, là, nous, on
rate le bateau complètement, on ne fait plus partie des discussions, il n'y a
pas d'autre commission après. Tu sais, on n'est pas au Conseil des ministres,
on ne sait pas où est-ce que ça s'en va, cette histoire-là. On... Il y a
l'étude des crédits, mais voulons... voulons-nous vraiment que ça se passe en
étude de crédits?
Je pense qu'on est capables de faire un
travail consensuel, et moi, je vois une approche possible ou je vois une
discussion qui peut être de la nature consensuelle comme celle qu'on a eue pour
l'aide médicale à mourir. Je vois le genre de dossier où on est capables de
s'entendre, là. Donc, moi, je... je vous tends la main, là, pour qu'on ait une
contrepartie, là, ou qu'il y ait un engagement, ou qu'il y ait quelque chose
qui se passe. Parce que le statu quo, il va être difficile, là. Puis moi, je
veux appuyer votre commissaire puis je veux que notre formation politique soit
capable d'appuyer votre commissaire, mais, s'il n'y a pas de «round two», là,
ou s'il n'y a pas quelque chose qui s'en vient, ou s'il n'y a pas une... un
engagement formel et ferme qu'il y a quelque chose qui va être fait sur
l'article 23, ça va être difficile.
Des voix : ...
M. Cliche-Rivard : ...il y a
un bris de confiance, là. Puis, bon, vous me direz : Ça ne fait pas très
longtemps que je suis parlementaire, mais, quand même, j'ai fait plusieurs
projets de loi, je n'ai pas reçu des appels, des témoignages... à tous les
niveaux, jusqu'à très haut niveau, puis je ne vais citer personne, là, mais
j'ai... le terrain est très inquiet. Puis il n'y aura pas 18 occasions
comme il y en a aujourd'hui. Puis est-ce que c'est d'inviter la Justice à venir
ici, en commission? Moi, je suis très ouvert, il est le bienvenu. Mais on ne
peut pas juste rester les bras croisés ici, dans l'opposition, puis se dire que
l'article 6 passe, le projet de loi passe là, puis ah! bien, c'est une
occasion ratée, puis, tant pis, là, on ne peut pas. Ça fait que je vous... je
vous lance... je suis prêt à vous entendre sur jusqu'où vous voulez aller,
comment vous voulez aller, mais moi, je vais en faire une condition à ma
capacité d'appuyer ou pas, là, pour la suite, là.
Le Président (M. Provençal)
: ...
M. Carmant : Bien, je... tu
sais, je demeure avec le fait que, même si on transfère la CDPDJ au... on ne
règle pas le problème, tu sais, c'est... c'est ça, le point, là.
M. Cliche-Rivard : ...je ne
souhaite pas le transfert, mais ma collègue et moi, on n'a pas la même
position. Moi, je vous dis, pour l'instant du moins, ne transférons pas, mais
on a un enjeu à régler demain matin sur l'article 23, là, puis c'est sur
ce volet-là que...
M. Carmant : Oui, mais
maintenant, je ne pense pas que c'est ici le meilleur endroit pour régler cet
enjeu-là.
M. Cliche-Rivard : Bien,
alors, offrez-nous un... le bon canal ou le bon forum. Parce que nous, après
ici, on n'a rien, là. Vous le savez, là, vous... vous connaissez la game, là.
Puis je peux le comprendre, ça, c'est <intéressant...
M. Carmant :
...pense
pas que c'est ici le meilleur endroit pour régler cet enjeu-là.
M. Cliche-Rivard :
Bien,
alors, offrez-nous un... le bon canal ou le bon forum. Parce que nous, après
ici, on n'a rien, là. Vous le savez, là, vous... vous connaissez la game, là.
Puis je peux le comprendre, ça, c'est >intéressant ce que vous dites,
que ce n'est peut-être pas dans le PL n° 37... Bien évidemment, avec égard
pour les positions différentes, là, mais cela dit, si nous, on ferme les livres
sur le 37, c'est... pour nous, c'est terminé, jusqu'au rapport de mise en œuvre,
dans cinq ans, et encore. Bien, trois, ou deux, ou...
Mme Garceau : ...
M. Cliche-Rivard : Bien,
mettons, moi, je vais dire trois.
M. Carmant : OK. Bien,
suspendons, puis je vais... je vais... je vais... il faut que je réfléchisse.
Le Président (M. Provençal)
:De toute manière, Mme la députée de D'Arcy-McGee
va déposer un amendement à l'article 6. Est-ce que vous suspendez immédiatement,
ou vous voulez qu'on traite l'amendement?
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: OK. Suspension, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 17 h 29)
17 h 30 (version révisée)
(Reprise à 17 h 46)
Le Président (M. Provençal)
:Nous reprenons les travaux. Alors,
durant la suspension, il y a eu quand même des échanges qui se sont faits. Et
je vous rappelle qu'on est sur l'article 6, Mme la députée de D'Arcy-McGee
avait annoncé qu'elle aurait un amendement, mais cependant, suite aux
discussions, il y aurait peut-être une proposition de suspendre l'article 6. On
pourra toujours redéposer l'amendement, éventuellement. Alors, est-ce qu'il y a
consentement pour suspendre l'article 6?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
:Consentement. Merci beaucoup. Suite
au consentement, et là je me retourne toujours vers les légistes parce que je
veux m'assurer qu'il n'y a pas de problème, on peut aller à l'article 7. Alors,
M. le ministre, je vais vous inviter à lire l'article 7. Oui, madame la...
Mme Garceau : ...M. le
Président, bien là, en tout cas, je regarde la suite des choses, compte tenu qu'on
a suspendu 5, là, on suspend 6, c'est sûr qu'il faut suspendre 8, les pouvoirs.
On ne peut pas aller dans les pouvoirs. Donc, je regarde, il faudrait aller à
9...
M. Carmant : ...amendement, également.
Mme Garceau : Ah! excuse. 7,
oui.
Le Président (M. Provençal)
:On est à 7, présentement.
Mme Garceau : Oui.
Le Président (M. Provençal)
:Mais vous avez <remarqué...
Mme Garceau :
...Ah!
excuse. 7, oui.
Le Président (M. Provençal)
:
On est à 7, présentement.
Mme Garceau :
Oui.
Le Président (M. Provençal)
:
Mais vous avez >remarqué
que je demande toujours l'avis des légistes pour savoir s'il n'y a pas une
problématique à traiter l'article, compte tenu qu'il y a d'autres articles
précédemment qui sont suspendus. Est-ce que tout le monde est en accord pour
qu'on puisse traiter l'article 7?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Alors, M. le ministre, on
traiterait l'article 7, pour le moment.
M. Carmant : Parfait.
Merci, M. le Président. L'article 7 se lit comme suit :
«Le commissaire exerce ses fonctions à
temps plein et de façon exclusive.»
Cet article du projet de loi prévoit que
le Commissaire au bien-être et aux droits des enfants exerce ses fonctions à
temps plein et de façon exclusive, ce qui l'empêche d'exercer d'autres
fonctions. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, interventions sur
l'article 7? Allez-y, Mme la députée.
Mme Garceau : Oui. En
termes d'exercer d'autres fonctions, là, je regarde le commentaire, oui, c'est
sûr qu'il va exercer ses fonctions à temps plein, de façon exclusive, mais,
lorsque vous dites «ce qui l'empêche d'exercer d'autres fonctions»... rémunérées,
je présume? Parce que, là, il pourrait peut-être siéger sur un conseil, il
pourrait être, je ne sais pas, bénévole ou siéger sur un conseil
d'administration, de façon qu'il serait un bénévole, là. C'est juste...
M. Carmant : Moi, je
sais que j'ai une fonction exclusive, là. Moi, je n'ai le droit de ne rien
faire d'autre, là, mais...
M. Bérubé (Mathieu) : Ce
serait peut-être bien de faire une petite validation, mais je pense qu'en fait
c'est ça, vraiment, l'idée, c'est qu'il s'occupe exclusivement de cette
fonction-là, là, qui est... donc, que, techniquement, il n'ait pas d'autre
activité parallèle, là. Je ne sais pas si... C'est pour ça que je vous dis, il
y aurait peut-être des petites validations à faire, mais je ne sais pas s'il
n'y a pas aussi une question, un enjeu, là, de s'assurer qu'il ne soit pas en
conflit d'intérêts, là, par rapport à d'autres fonctions, notamment, là. Puis
évidemment, bien, la question du temps plein, là, c'est... je pense qu'on peut
facilement le voir, là : avec les fonctions qui lui sont confiées, il y a
du travail à faire, là.
• (17 h 50) •
Le Président (M. Provençal)
:Compte tenu que c'est... on ajoute
dans le commentaire que c'est exclusif.
M. Carmant : ...rien
d'autre, là.
Mme Garceau : ...moi, je
n'ai pas d'autre commentaire.
Le Président (M. Provençal)
:Est-ce qu'il y a intervention sur
l'article 7? Non. Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention sur
l'article 7, est-ce que l'article 7 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
:Adopté. Merci. Maintenant, Mme la
députée de... a souligné que l'article 8 pouvait avoir certaines...
certains liens avec des articles suspendus. Est-ce que c'est le cas?
M. Carmant : ...un bond
quantique jusqu'à l'article 19, M. le Président, là.
Le Président (M. Provençal)
:Pardon?
M. Carmant : On fait un
bond significatif jusqu'à l'article 19.
Le Président (M. Provençal)
:Pour vous taquiner, je vous dirais :
Ce n'est pas banal, comme...
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:19, qui est dans le chapitre qui vise...
sur l'organisation.
M. Carmant : Exact.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, oui.... aussi, allez-y, M. le
député.
M. Cliche-Rivard : Bon.
Juste pour revenir, là, en début de séance, on n'a pas consenti par blocs, là.
Là, ce que je comprends, c'est que vous nous demandez le consentement,
maintenant, pour se rendre à l'article...
Le Président (M. Provençal)
:En fait, ce que j'aurais dû dire... Si
on s'en va à l'article 19, est-ce que vous consentez à ce qu'on suspende
les articles 8 à 18? J'ai...
M. Cliche-Rivard : C'est
ce que je voulais souligner dans la procédure.
Le Président (M. Provençal)
:J'ai failli, j'ai failli à mon devoir
de présidence. Merci de me rappeler correctement.
M. Cliche-Rivard : Il y
consentement, M. le Président, dans cette formulation-là, tout à fait.
Le Président (M. Provençal)
:Consentement pour suspendre les
articles 8 à 18. Merci beaucoup. Alors, ce qui veut dire que vous avez
maintenant la permission de faire la lecture de l'article 19, M. le
ministre.
M. Carmant : Merci, M.
le Président, j'apprécie. J'apprécie. Donc, l'article 19 se lit comme suit :
«En cas d'absence ou d'empêchement du
commissaire ou de vacance de son poste, il est remplacé par une personne nommée
temporairement à cette fin par le gouvernement qui détermine, s'il y a lieu, la
rémunération, les avantages sociaux et les autres conditions de travail de
cette personne.»
Le présent article du projet de loi en <introduit...
M. Carmant :
...les
avantages sociaux et les autres conditions de travail de cette personne.»
Le présent article du projet de loi en >introduit
le chapitre IV, lequel porte sur l'organisation du Commissaire au bien-être et
aux droits des enfants. L'article prévoit la procédure applicable afin de
pallier l'absence ou l'empêchement du commissaire ou la vacance de son poste.
Dans un tel cas, le gouvernement doit procéder à la nomination temporaire d'une
personne et déterminer, le cas échéant, sa rémunération, ses avantages sociaux
et ses autres conditions de travail.
Le Président (M. Provençal)
:Interventions? Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. L'absence, M. le ministre, pouvez-vous la définir ou nous
expliquer, là? Au bout de quoi ou de combien de temps le commissaire devient-il
absent?
M. Carmant : Bien, je ne sais
pas si c'est normé par le... au niveau juridique, M. le Président, là, absence
étant la non-présence, là.
Le Président (M. Provençal)
:Maître.
M. Bérubé (Mathieu) : ...il
n'y a pas de délai spécifique, mais, normalement, quand on parle d'empêchement
ou d'absence, là, sauf erreur, c'est sur une période de temps assez longue, là.
On penserait, par exemple, peut-être, à un arrêt de travail, par exemple, pour
une cause personnelle, comme une maladie quelconque, ce serait également un
empêchement, à ce moment-ci, là, mais je ne crois pas que c'est pour régir, tu
sais, de courtes absences, par exemple, des vacances, là.
M. Cliche-Rivard : ...
M. Bérubé (Mathieu) : Exact.
M. Cliche-Rivard : Et là,
dans le scénario qui nous occupe, le commissaire n'a pas lui-même démissionné,
il est comme incapable de le faire ou... C'est ça?
M. Bérubé (Mathieu) : Effectivement.
M. Cliche-Rivard : Et il n'y
a pas de faute grave qui amènerait à sa destitution, ça fait qu'on procède par
19.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui.
M. Cliche-Rivard : C'est ça?
C'est ça, le mécanisme de 19? C'est ça, le commissaire va rester commissaire,
il n'est pas destitué, puis là on nomme un intérim jusqu'à la fin de son
mandat, mais lui-même... parce que destitution ne nous le permet pas, tu sais.
C'est juste pour bien comprendre la mécanique, là, pourquoi on utiliserait 19,
en fait, là.
M. Bérubé (Mathieu) : En
fait, ce n'est pas vrai, je réitère mon... J'étais là à hocher la tête, mais,
en fait, non, s'il y a une vacance de son poste parce que, justement, il a été
destitué ou il a démissionné de son poste, bien, le 19 pourrait, à mon sens,
être potentiellement utilisé, pour un certain temps, de façon temporaire, de...
nommer quelqu'un qui le remplace jusqu'à tant qu'on le remplace en bonne et due
forme, suivant la procédure qui est prévue.
M. Cliche-Rivard : Jusqu'à la
validation par les deux tiers de l'Assemblée nationale?
M. Bérubé (Mathieu) : Voilà.
C'est ça.
Le Président (M. Provençal)
:...D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci. Et combien
de temps est-ce que vous prévoyez, si une personne est nommée de façon
temporaire, qu'ils vont être là avant qu'on nomme un nouveau commissaire? Parce
que, là, on indique que la personne temporaire serait nommée par le
gouvernement, tandis que le commissaire est élu par l'Assemblée nationale.
Donc, quelle période de... jusqu'à combien de temps est-ce qu'il peut y avoir
cette personne nommée de façon temporaire avant qu'on procède à la nomination
d'un nouveau commissaire permanent? Ça ne peut pas être la durée du mandat,
parce que, par exemple, il leur reste deux ans, donc on voudrait que vous
précisiez, justement, la période pour le temporaire, parce que, comme j'ai dit,
quand même, le commissaire, c'est un vote par l'Assemblée nationale, et là on
parle de nommer quelqu'un.
Et aussi je ne sais pas si c'est dans vos
pensées, mais est-ce que, par exemple, ce serait quelqu'un qui est déjà dans
l'équipe du commissaire ou est-ce qu'on va chercher à l'extérieur? Quel est le
mécanisme que vous vous donnez pour aller chercher cette personne-là?
M. Carmant : Je ne sais pas
s'il y a d'autres délais qui ont déjà été nommés pour d'autres postes du genre.
Je pense qu'idéalement ce serait quelqu'un qui est déjà dans l'équipe. La durée
de l'absence... je n'ai pas réfléchi à quelle serait une durée raisonnable, là,
trois mois, six mois.
Mme Prass : C'est important
de le préciser, justement, parce que, là, c'est ouvert à interprétation et,
comme j'ai dit, ça peut être deux ans, trois ans, qu'il reste dans le mandat du
commissaire, et il ne faudrait pas que ça reste indéterminé ou temporaire
pendant toute cette période. Donc, je pense que c'est important que vous mettez
un échéancier.
M. Carmant : Avez-vous des
propositions?
M. Cliche-Rivard : ...dire
«d'au plus six mois».
M. Bérubé (Mathieu) : Peut-être
juste rajouter un petit élément sur le propos : ce qui est prévu, en fait,
les mécaniques, là, pour les... dans les lois constitutives des autres
personnes désignées par l'Assemblée nationale, il n'y a pas de délai, comme
tel, tu sais. Donc, c'est-à-dire, quand il y a une vacance à un poste ou un
empêchement, bref, ou une absence quelconque, on dit que, bon, soit... dans le
cas du Protecteur du citoyen, c'est un vice-protecteur qui est désigné jusqu'à
tant que le Protecteur du citoyen soit nommé, conformément à l'article 1, mais,
tu sais, l'esprit de la loi, évidemment, du fait qu'on parle d'un remplacement
temporaire, ce n'est pas une durée de mandat, là, tu sais. J'ai quand même
l'impression que, tu sais, l'idée, c'est que c'est temporaire, mais on procède
quand même au renouvellement, dans le fond, d'un nouveau commissaire.
Mme Prass : bien, c'est
justement l'élément qui manque, c'est... On présume, mais sans le spécifier,
parce qu'encore une fois le temporaire va être nommé par le <gouvernement...
Mme Prass :
...bien,
c'est justement l'élément qui manque, c'est... On présume, mais sans le
spécifier, parce qu'encore une fois le temporaire va être nommé par le >gouvernement,
le commissaire est voté par l'Assemblée nationale. Donc, ce n'est pas le même
processus, et donc on ne peut pas laisser une personne qui a été nommée pendant
une période, comme j'ai dit, qui peut aller de deux à trois ans, pour terminer
le mandat du commissaire original.
Donc, je pense qu'il est important de
préciser la période de temps qu'une personne peut être là de façon temporaire,
qui a été nommée par le gouvernement. Donc, je ne sais pas si c'est six mois,
mais je pense que c'est important de le préciser, parce que, sinon, dépendamment
de si le commissaire, comme je dis, en début de mandat, etc., doit quitter pour
une raison de maladie, bien, on ne peut pas laisser une personne là pendant
trois ans, qui a été nommée, qui n'a pas passé par le même processus. Donc, je
pense que c'est important que vous le spécifiiez.
M. Bérubé (Mathieu) : Bien,
évidemment, là, il y a peut-être d'autres enjeux à considérer là, tu sais. Évidemment,
s'il est en arrêt maladie, est-ce que c'est un motif de destitution, là, tu
sais? Je ne veux pas... tu sais, je ne m'avancerais pas jusque là, là. Normalement,
ça prend quand même un motif assez sérieux, là, pour destituer une personne,
là, ça demeure un travail, là, comme tel, là. Ça fait que, tu sais, il y a
peut-être un petit peu aussi de ça, là, en lien avec... Tu sais, de prévoir un
délai, comme tel, pour tous les cas, ce n'est peut-être pas la bonne avenue,
là, justement, là, vu les différents scénarios qui peuvent se présenter.
Mme Prass : Donc, dans ce
cas-là, il ne faudrait pas qu'il soit nommé, à tout le moins parce que ça
contrevient à l'esprit, justement, du processus de nomination du commissaire,
en premier lieu, que c'est l'Assemblée nationale qui se prononce. Et là on
permet au gouvernement de nommer quelqu'un qui peut siéger jusqu'à trois ans, donc
ce n'est pas le même mécanisme de transparence, si vous voulez. Donc, je pense
qu'il y a quand même un élément à définir dans ce sens-là.
Le Président (M. Provençal)
:...député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Je pense
que...(panne de son)...pas tant de prévoir un...
M. Cheang (Sokun C.) :...
M. Cliche-Rivard : Allez-y.
C'est important que... Vous voulez... Je pense, M. le Président, monsieur veut
intervenir.
Le Président (M. Provençal)
:...
M. Cliche-Rivard : Avec
plaisir. Consentement.
Le Président (M. Provençal)
:Oui, consentement.
• (18 heures) •
M. Cheang (Sokun C.) :
Merci, M. le député. Donc, Sokun Cheang, avocat au ministère de la Justice.
Juste pour ajouter une précision, cette disposition-là, on la retrouve pour la
nomination d'une personne à désigner, donc, soit le Protecteur du citoyen, le...
directeur général. Et la jurisprudence, c'est que c'est vraiment pour une
courte durée, c'est à peu près 120 jours. Donc, ici, c'est l'absence en...
Donc, ça ne concerne pas les vacances qu'ils prennent, les congés, tout ça,
vraiment, c'est à peu près 120 jours, à peu près, ici, donc c'est vraiment
temporaire. On ne cite pas, mais c'est à peu près ça, la jurisprudence.
M. Cliche-Rivard : La
jurisprudence nous dit 120 jours. Trois mois, c'est ça?
M. Cheang (Sokun C.) :À peu près, oui. C'est ça, oui.
M. Cliche-Rivard : Trois
mois... c'est tu ça, trois mois?
Une voix : Quatre mois.
M. Cliche-Rivard : Quatre
mois, voilà. Bon.
M. Cheang (Sokun C.) :...nomination en cas d'absence, c'est vraiment limité,
quand même, dans la pratique.
M. Cliche-Rivard : OK. Donc,
je comprends, sur la vacance du poste, ça, c'est facile, là. Le ministre... le
commissaire a démissionné, le poste est vacant, ça, c'est facile. En cas
d'absence ou d'empêchement, là, c'est moins facile. Qui détermine ou qui
tranche l'absence et l'empêchement? C'est quoi, le... C'est le premier ministre
qui le déclare absent ou empêché? C'est...
M. Bérubé (Mathieu) : Bien,
en fait, j'imagine que c'est la situation factuelle, là, c'est-à-dire, si le
commissaire est empêché de travailler pour un motif x, donc il est probablement
absent, dans le fond, de ses fonctions ou il est empêché pour un motif autre,
là.
M. Cliche-Rivard : Mais
encore faut-il préalablement qu'il ait soit démissionné ou soit qu'il ait été
destitué.
M. Bérubé (Mathieu) : Bien
non, c'est ça, pas nécessairement.
M. Cliche-Rivard : Non? C'est
ça que je...
M. Bérubé (Mathieu) : Exact.
Je ne pense pas qu'a priori il faut qu'il y ait destitution ou démission pour
que cet article-là trouve application. Autrement dit, tu sais, on a l'exemple
aussi pour le Commissaire à la langue française : il y a un commissaire
adjoint qui est nommé par le gouvernement et c'est lui qui occupe l'intérim en
cas d'absence, d'empêchement ou de vacance du poste du commissaire en titre.
Donc, autrement dit, c'est une personne qui sera nommée par le gouvernement
temporairement pour remplacer le commissaire en titre, qui, lui, est nommé par
l'Assemblée nationale pour un de ces trois motifs-là. Et comme mon collègue l'a
dit, on pourra comprendre que ce n'est pas de très courtes durées, mais ce
n'est pas de très longues périodes non plus que... pour lesquelles cet
article-là trouve application.
M. Cliche-Rivard : Et là,
quand vous dites, maître, que c'est trois mois ou quatre mois, par jurisprudence,
il y a une décision de Cour d'appel? Il y a... Juste parce que vous...
M. Cheang (Sokun C.) :...
M. Cliche-Rivard : Ah! dans
la pratique.
M. Cheang (Sokun C.) :Oui, c'est ça.
M. Cliche-Rivard : OK. Donc,
jurisprudence au sens de la pratique.
Moi j'aurais, M. le ministre, à vous
suggérer que : «il est remplacé», là... j'ajouterais, moi, «sans délai»,
pour qu'on s'assure qu'il n'y ait pas d'immenses temps morts entre les deux,
là. Donc, c'est une proposition qu'on va vous envoyer, là, dans les quelques
minutes, là : «Il est remplacé sans délai par une personne...
18 h (version révisée)
M. Cliche-Rivard : ...envoyez,
là, dans les quelques minutes, là : «Il est remplacé sans délai par une
personne nommée temporairement...» Bon, moi, si la jurisprudence me dit que c'est
maximum trois, quatre mois, je suis capable de vivre avec ça, mais je ne
voudrais pas qu'on aille beaucoup plus au-delà de ça avant que ce soit soumis à
l'Assemblée nationale, puis l'objectif, fondamentalement, c'est qu'il y en ait
toujours un. Donc, évidemment, qu'on... c'est l'été, on n'est pas là, puis on n'est
pas capables d'adopter le nouveau, puis là il n'y en a pas à cause de ça, j'aurais
un problème.
Donc, c'est ce que je vous soumettrais.
Moi, je peux vivre avec l'engagement que c'est un quatre mois, mais, qu'on s'assure
de le nommer sans délai, ce serait important de mon côté. Je vais vous envoyer
ça sous peu, M. le Président. Je vais laisser...
Le Président (M. Provençal)
:M. le député a annoncé un amendement.
Je pense que madame...
M. Carmant : Oui, on en train
de regarder...
Le Président (M. Provençal)
:Oui, mais, de toute façon, l'amendement
n'est pas officiellement déposé parce qu'on ne l'a pas projeté, mais je veux
céder la parole quand même à Mme la députée.
Mme Garceau : OK, merci
beaucoup, M. le Président. Je regarde des situations de fait, là, en termes
de... En cas d'absence ou d'empêchement, il va être remplacé par une personne
de façon temporaire. En cas d'absence... Il peut y avoir des absences
justifiées. Il peut y avoir des absences où... une cause de maladie, cancer,
quelque chose comme ça, il y a des traitements, donc il ne peut pas exercer ses
fonctions, mais c'est temporaire. Tu sais, c'est justifié dans les
circonstances. Il pourrait y avoir des cas d'absences non justifiées.
Donc, il y a tout cet élément-là parce
que, oui, si, en cas d'absence justifiée, d'empêchement... Il faudrait voir qu'est-ce
qu'on veut dire par «empêchement». Il y a ça aussi, là, en termes de définition
d'«empêchement», parce que, là, on regarde... simplement, dans un délai rapide,
il va être remplacé par une personne qui va être nommée temporairement, mais, «temporairement»,
ça veut dire trois, quatre mois, mais qu'est-ce qui se passe après ça?
Il me semble qu'il manque un paragraphe.
Il manque la suite des choses concernant... Bon, il est nommé, mettons,
peut-être qu'on devrait le mettre, pour une durée maximale de, peut-être,
quatre mois, là, cette question de «temporaire», pour déterminer est-ce qu'il
va y avoir un autre commissaire qui va être nommé, compte tenu des
circonstances, ou pas. Il me semble qu'il manque un paragraphe ici. Il manque
comme un petit peu la suite des choses.
Le Président (M. Provençal)
:M. le ministre.
M. Carmant : Bien, je pense
que, s'il ne peut pas reprendre sa position dans les délais qu'on a... qui ont
été nommés comme jurisprudence, il va falloir en nommer un nouveau. C'est bien
le... c'est bien l'intention d'après ce que je lis, moi, puis je comprends les
enjeux de la vie, là, mais c'est un poste qu'on juge important puis...
Mme Garceau : En tout cas, je
ne sais pas, mais il me semble, pour rendre justice un petit peu à la personne
qui va occuper le poste, que, si c'est une absence justifiée, et tout ça, je
peux voir, oui, il y a un remplacement, mais pas un autre commissaire qui va
être nommé à sa place. Donc, c'est pour ça, là, qu'il manque quelque chose à ce
paragraphe-là pour comme clore un peu cet enjeu d'absence ou d'empêchement. Si
c'est quelqu'un, là, qui est... qui est vraiment... qui n'est peut-être pas à
la hauteur, je ne sais pas, ce n'est pas une destitution encore, mais il est
absent, il y a comme, tu sais... Donc, peut-être que... en tout cas, peut-être
qu'on pourrait prévoir quelque chose vraiment pour clore... clore ce paragraphe-là
en cas... en cas où il faut déterminer, à un moment donné, quand est-ce qu'on
va le remplacer. Ce n'est pas clair, là, dans ce paragraphe-là, quand est-ce qu'on
le remplace.
Le Président (M. Provençal)
:Mme la députée, je vais vous... je
vais faire une suggestion. Moi, j'aimerais ça qu'on traite l'amendement qui
avait... qui avait été annoncé par le député de Saint-Henri—Sainte-Anne, et,
par la suite, on pourra <revenir, parce que probablement...
Le Président (M. Provençal)
:
...par le député de
Saint-Henri
—Sainte-Anne et, par la suite, on pourra >revenir,
parce que probablement, avec les commentaires que vous nous formulez, qu'il y
aura éventuellement un amendement qui sera proposé, mais je voudrais quand même
traiter celui qui a été annoncé par le député de Saint-Henri—Sainte-Anne, s'il
vous plaît. Alors, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne, on va le projeter à
l'écran.
M. Cliche-Rivard : Alors,
merci, M. le Président. La suggestion sera de... Je vais... Alors, petite
suggestion, compte tenu de l'importance de la position et qu'elle reste vacante
le moins longtemps possible : Modifier l'article 19 en ajoutant, après les
mots «il est remplacé»... par «sans délai».
Et donc l'article se lit ainsi : «En
cas d'absence ou d'empêchement du commissaire ou de vacance, il est remplacé
sans délai par une personne nommée temporairement à cette fin par le
gouvernement qui détermine, s'il y a lieu, rémunération, avantages sociaux et
conditions de travail de cette personne.»
C'est ce que je vous soumets pour qu'on
soit certains qu'on en ait toujours un, commissaire, M. le ministre.
M. Carmant : ...cet
amendement, M. le Président. Alors, moi, je suis à l'aise.
Le Président (M. Provençal)
:Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Bien, dans ce
même sens, est-ce qu'il y aurait une ouverture pour ajouter qu'il sera... est
remplacé sans délai par une personne dans l'équipe du commissaire qui sera
nommée temporairement, parce que, justement, pour ne pas... si on veut vraiment
que ce soit sans délai, pour qu'il n'y ait pas une procédure d'aller chercher
quelqu'un de nouveau et faire toutes les enquêtes, les entrevues, etc. Vous
avez déjà une personne qui est dans l'équipe, qui a une certaine connaissance
des dossiers et des travaux qui se font, et, comme ça, la personne... Comme je
dis, on réduit le délai pour aller chercher une nouvelle personne.
• (18 h 10) •
Le Président (M. Provençal)
:Mme la députée, je vais vous faire
une suggestion. Je retiens ce que vous venez de mentionner, mais moi, je
traiterais l'amendement tel quel du député de Saint-Henri—Sainte-Anne, et, par
la suite, si vous voulez bonifier par un autre amendement, on pourra le faire.
Ça va? Alors...
M. Carmant : Un commentaire.
Il faut être prudent de ne pas faire des lois trop contraignantes, là, avec des
guides d'emploi. Ça peut... ça peut complexifier les choses beaucoup. Moi, j'ai
toujours une inquiétude, sincèrement.
Le Président (M. Provençal)
:Mais, M. le ministre, moi, je reviens
à l'amendement...
M. Carmant : Oui, désolé.
Le Président (M. Provençal)
:...à la base, puis, après ça, on
pourra avoir une autre discussion. Alors, est-ce qu'il y a des interventions
sur l'amendement qui vient d'être déposé par le député de Saint-Henri—Sainte-Anne?
J'ai compris, M. le ministre, que vous étiez à l'aise avec cette modification.
Vous êtes à l'aise avec cette modification?
M. Carmant : Oui, tout à
fait, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:OK. Est-ce que, de la part des autres
députés, il y a des interventions? Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention,
est-ce que l'amendement déposé par le député de Saint-Henri—Sainte-Anne à
l'article 19 est adopté?
Des voix
: Adopté.
Le Président (M. Provençal)
:Adopté. Merci. Maintenant, on revient,
pour discussions, à l'article 19 amendé, et là Mme la députée de D'Arcy-McGee
ou... Mesdames, je vous laisse vous échanger la parole.
Mme Prass : Bien, c'est ça, je
pense que, comme l'ont dit les collègues, c'est juste question de préciser et...
quoi advient par la suite qu'une personne nommée temporairement, son mandat de
quelques mois est échu. Donc, je pense qu'il serait important aussi de préciser
ce qui vient par la suite, tout le processus, parce qu'encore une fois c'est
ouvert à interprétation, et, si on ne précise pas quelles sont les étapes à
suivre, bien, une personne peut se retrouver dans ce poste temporaire pour une
période de temps parce qu'on ne précise pas qu'advenant à une certaine période
de temps... qu'il y aurait une suite des choses avec un nouveau commissaire.
Le Président (M. Provençal)
:M. le ministre.
M. Carmant : Bien, moi
j'étais à l'aise avec ce qu'on m'a dit au niveau du 120 jours, qui est... qui
est typiquement le délai, là, ce qu'on définit par «temporaire». J'étais
vraiment à l'aise avec ça. Encore une fois, c'est de toujours éviter d'écrire
le livre de recettes, là, trop... rendre les choses trop contraignantes.
Le Président (M. Provençal)
:Mme la députée <de Robert-Baldwin...
Le Président (M. Provençal)
:
...mme la députée >de
Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Là, juste parce
que... Donc, peut-être, on pourrait le préciser, M. le ministre, au niveau de
l'article, «par une personne nommée temporairement pour une période maximale de
120 jours». Donc, ce n'est pas sujet à interprétation, on l'a défini, qu'est-ce
que c'est, «temporaire», parce que «temporaire»... je comprends qu'il y a
peut-être le juriste, et tout ça, là-dedans, mais il me semble qu'on pourrait
le préciser. Donc, ça va être clair.
Le Président (M. Provençal)
:Maître.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui,
peut-être juste un petit élément ici, là. Tu sais, bon, évidemment, là, il y a
peut-être, là, la jurisprudence, là. Puis veuillez m'excuser, là, moi, je n'en
ai pas pris connaissance, là, mais, chose certaine, qu'est-ce qui ouvre, dans
le fond, la possibilité de renommer un nouveau commissaire, c'est s'il est
destitué ou s'il démissionne. Donc là, ici, tu sais, la... tu sais, la
temporalité, comme telle, de cette absence-là, si on vient l'encadrer puis
qu'on se retrouve à avoir une autre période que, finalement, on n'a pas plus de
nouveau commissaire renommé, on se retrouve une espèce de trou, là, ça fait que
c'est... je ne pense pas que c'est préférable, là, dans les circonstances,
considérant que, bien, reprendre le processus de nomination, ça implique
certains délais également.
Mme Garceau : Bien, oui, c'est
parce que, là, on n'est pas dans... Ça pourrait amener une destitution, mais là
l'absence aussi pourrait justifier, là... Donc, il a peut-être nommé...
quelqu'un de nommé temporairement un 120 jours, et là on évalue peut-être que
le commissaire revient, là, parce que, peut-être, l'absence est justifiée, et
il n'y a pas de destitution parce que, donc, là, ça va être l'article 4
qui... qui rentre en jeu, là.
Le Président (M. Provençal)
:Mme la députée, maître aurait
peut-être un élément à nous apporter.
M. Cheang (Sokun C.) :Non, juste, là... c'est ça... que c'est une absence
temporaire. Ça se peut que le commissaire va revenir après cette période
d'absence temporaire. Donc, ce n'est pas... Il est encore nommé, il est encore
en titre, là. Là, c'est vraiment pour le remplacer. Et, en plus, les
dispositions, c'est vraiment dans l'organisation, c'est vraiment au niveau
administratif, pour que quelqu'un s'occupe, durant l'absence temporaire... et
l'absence temporaire, ça vient vraiment de la part du commissaire, peut-être à
cause d'une maladie, à cause... c'est vraiment... Ce n'est pas des affaires
comme justifiées. Sinon, c'est le processus de destitution qui va s'appliquer à
ce moment-là.
Ici, c'est vraiment au niveau, vraiment,
de... Comme je l'avais dit, dans le chapitre sur l'organisation, c'est vraiment
dans ce cadre-là qu'on le nomme, et, dans la pratique, souvent, on va nommer, à
ce moment-là, le directeur général de l'organisation du commissaire, qui va
juste... pour pouvoir assumer... Vraiment, c'est la gestion... on va dire, la
gestion habituelle de l'organisation durant l'absence... au niveau
administratif, ici, là, qu'on l'amène, cette disposition-là, et, comme je vous
dis, c'est une disposition type qu'on retrouve pour l'organisation de chacune
des personnes qui a été désignée par l'Assemblée nationale. On a repris
vraiment... Donc, la façon de fonctionner est déjà bien encadrée par rapport à
ça. Comme vous pouvez voir, les commissions sont... par le gouvernement par
rapport à la rémunération, et tout ça. Donc, tout est encadré, et je vous
reviens... c'est vraiment au niveau organisation, au niveau administratif ici,
là.
Mme Garceau : Juste en termes
du processus, je comprends très bien, merci pour l'explication, parce qu'à l'article 31...
je vais sauter un petit peu, là, l'article 31 : «Le ministre de la
Santé et des Services sociaux est responsable de l'application de la présente
loi.» Mais là en cas... et on parle de gouvernance, là, on parle de
l'organisation, en cas d'absence ou d'empêchement, on se rapporte à qui, là? Dans
un certain sens où, admettons, maladie, et tout ça, bon, le commissaire... comment
tout ça est déclenché? Le commissaire, il se rapporte à qui, là, pour dire :
Bon, bien là j'ai un problème de maladie, et tout ça, il va falloir que je
quitte pour x, donc j'aimerais que telle personne me remplace... de mon équipe?
C'est toute la question de
l'administration, la gouvernance, de comment, dans la... dans la vraie vie, là,
tout ça, si jamais il y a un cas d'absence... et aussi d'assurer qu'il va y
avoir la présence d'une personne qui va le remplacer pour une période
temporaire, parce qu'on ne sait jamais. Dans les aléas de la vie, peut-être que
ça va faire en sorte qu'il ne pourra pas, le commissaire, continuer à <exercer
son mandat...
Mme Garceau :
...que
ça va
faire en sorte qu'il ne pourra pas, le commissaire, continuer
à >exercer son mandat. Donc, il va démissionner... fort probablement.
Donc, ça va être l'article 4, pas de problème, mais là c'est juste... Il
annonce... Est-ce qu'il annonce son absence à quelqu'un? C'est qui qui décide,
qui prend la décision au niveau du remplacement? Il y a tout ça aussi, là, qui
n'est pas clair pour moi.
M. Carmant : Bien là, on
parle de processus administratif. Là, j'avoue que je ne sais pas si on a...
Mme Garceau : Oui, mais c'est
pour ça...
M. Carmant : Oui, peut-être
que je passerais la parole à...
Le Président (M. Provençal)
:Allez-y, maître, puis, après ça, on
va...
M. Cheang (Sokun C.) :Oui, pour répondre... question, pour toute personne
désignée par l'Assemblée nationale, ça... le lien, il est quand même... c'est
un.... comme ça, il est autonome, il est indépendant, mais son lien, c'est avec
le Bureau de l'Assemblée nationale, qui est composé... qui est le conseil
d'administration de l'Assemblée nationale, composé de députés, et le lien... et
c'est le bureau... le Bureau de l'Assemblée nationale qui va faire le lien avec
le ministère du Conseil exécutif, plus particulièrement le Secrétariat aux
emplois supérieurs, donc, pour faire le lien, mais sinon il rapporte... Comme
pour le Vérificateur général, pour le Protecteur du citoyen, il est autonome,
indépendant, mais le lien, c'est avec le Bureau de l'Assemblée nationale parce
que c'est un officier public de l'Assemblée nationale en tant que personne
désignée. Il y en a seulement six actuellement, et... soit le septième,
possiblement.
Mme Garceau : Donc, qui
décide de la personne qui va remplacer le commissaire temporairement, le Bureau
de l'Assemblée?
M. Cheang (Sokun
C.) :Comme il est prévu ici, à 19, c'est
le gouvernement parce que les conditions de...
Mme Garceau : C'est le gouvernement.
M. Cheang (Sokun C.) :Mais le lien... C'est le bureau qui va, à ce moment-là,
faire le lien avec le ministère du Conseil exécutif, le gouvernement.
Mme Garceau : OK. Merci
beaucoup.
Le Président (M. Provençal)
:M. le député, vous aviez une
intervention?
M. Cliche-Rivard : Je vois
deux cas d'espèce, deux scénarios, là. Je vous suis complètement sur l'absence
puis l'empêchement. Là, je pense qu'il y a un... Quelqu'un qui est, de manière administrative,
nommé de manière temporaire, qui... quand l'autre revient, bien, il reprend sa
place. Là, en cas de vacance, je trouve que c'est moins clair. Là, en cas de
vacance, on est... il a démissionné ou il a été destitué. Donc, le processus de
nomination est relancé, «right», et auquel cas, là, il doit être en poste, si
je comprends bien, jusqu'à la nomination du prochain. C'est ça?
Donc là, est-ce que c'est encore tant
administratif? Moi, je trouve que c'est mêlant entre les deux... les deux cas d'espèce,
là, où il y en a un qui est clairement administratif, où monsieur, je ne sais
pas, a des traitements pendant six mois, il revient, il reprend son travail,
Mme la commissaire prend un congé de maternité, c'est très possible que vous
nommiez une jeune commissaire d'expérience. Là, ça me semble être une vacance
administrative. Ça, aucun problème, on est d'accord sur l'article, mais
j'aimerais ça vous entendre sur la démission, ou sur la destitution, ou le
décès.
• (18 h 20) •
Une voix : ...
M. Cliche-Rivard : Non, mais
ça se peut, malheureusement. Le cas échéant, là, on relance tout de suite,
immédiatement, la procédure de nomination?
M. Cheang (Sokun C.) :Exactement, et, entre-temps, le gouvernement va nommer,
pour assumer cette période-là... parce que... le processus qui est prévu à
l'article... Dans le chapitre sur la nomination, il y a un processus dont c'est...
est pour... est pour assumer... On est encore au niveau, vraiment, de
l'organisation au niveau administratif, là, pour ne pas qu'il y ait vraiment
comme un vide, qu'il n'y ait pas de personne qui est à la tête de
l'organisation. C'est vrai dans ce contexte-là qui est ici, là, et ça, vous
avez vu ça, peut-être, par rapport... le président de la CDPJ, il y a eu une
période où c'était une personne qui était... qui a assumé l'intérim jusqu'à la
nomination officielle. C'est ce côté-là. Non, c'est vraiment... Il faut
comprendre que l'article 19, c'est vraiment au niveau administratif, par
rapport... pour que quelqu'un continue à diriger l'organisation en absence ou
en vacance du commissaire en titre, là.
M. Cliche-Rivard : Lui ou
elle va être commissaire intérim.
M. Cheang (Sokun
C.) :Exactement.
M. Cliche-Rivard : C'est le
principe, là. Ce n'est pas ça qui est écrit, mais c'est ça, le principe.
L'absence ou l'empêchement, là, ça, ça va être autodéclaratoire, c'est le
commissaire qui se déclare absent ou empêché?
M. Cheang (Sokun C.) :C'est dans... bien, c'est l'état actuel...
M. Cliche-Rivard : C'est
lui-même?
M. Cheang (Sokun C.) :C'est le constat par rapport... C'est le commissaire qui
va, à ce moment-là, aviser le Bureau de l'Assemblée nationale, dire :
Regardez, pour telle période, congé de maternité, ou j'ai une maladie, ou je
dois partir... C'est ce contexte-là.
M. Cliche-Rivard : C'est lui
ou elle, ce n'est pas le gouvernement qui le déclare?
M. Cheang (Sokun C.) :Exactement, et ça va dépendre aussi... ça va... ça va être
aussi la période de son absence. Si c'est une période d'un an, bien, regardez,
un an, c'est trop, on ne peut pas... C'est ça, il y a... il y a aussi une...
des discussions à ce moment-là entre le Bureau de l'Assemblée nationale et le
commissaire pour sa période d'absence, là.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
qu'hypothétiquement, là, dans ce que vous dites, on pourrait déterminer que
l'intérim d'un an, c'est trop long. Tu dois donc remettre ta démission. C'est
possible?
M. Cheang (Sokun C.) :Bien, comme je vous dis, au niveau administratif,
l'intérim, c'est pour une période <temporaire et c'est à peu près trois
ou quatre mois...
M. Cheang (Sokun C.) :
...au niveau administratif, l'intérim, c'est pour
une période >temporaire et c'est à peu près trois, quatre mois. Donc, si
c'est une absence de plus que trois, quatre mois, il se pourrait... le Bureau
de l'Assemblée nationale dise : Non, on ne pourrait pas donner suite...
Ça, c'est vraiment dans les... dans les échéances aussi pour la période... mais
on parle vraiment d'une absence... pour une période temporaire qui est plus...
quelqu'un plus... s'occuper de l'organisation. Sinon, vous avez le processus de
destitution voté aux trois... c'est tout le processus normal pour remplacer
officiellement le commissaire.
M. Cliche-Rivard : Et donc la
voie de passage, pour les membres de l'Assemblée nationale, ça restera toujours
uniquement la motion aux deux tiers de destitution, là. Ça, c'est la... Bien,
je ne veux pas qu'on l'utilise, là, j'espère qu'on ne l'utilisera jamais, mais
c'est la seule voie de passage. Outre ça, ça doit être : Soit je
démissionne comme commissaire ou soit je m'autodéclare absent ou empêché,
auquel cas vous me nommez un intérim, puis, dans le cas d'une démission aussi,
vous me nommez un intérim de toute façon.
M. Cheang (Sokun C.) :Tout à fait, de la période pour la nomination d'un nouveau
commissaire.
M. Cliche-Rivard : Et,
aussitôt que je me déclare absent ou empêché, est-ce que je demeure commissaire?
En fait, je demeure le commissaire, sauf si je démissionne? Est-ce que je
demeure le commissaire? Non. Si je démissionne, je ne suis plus le commissaire,
auquel cas il sera l'intérim de... bien, il sera l'intérim de quelqu'un, de
lui-même, j'imagine, là, mais il n'y aura plus de commissaire principal dans le
cas d'une démission.
M. Cheang (Sokun C.) :Exact.
M. Cliche-Rivard : Ca, c'est
différent, quand même. Ça fait qu'il y aura un scénario ou il n'y aura plus de
commissaire, point, il y aura juste un commissaire intérim. Merci, M. le
Président. Ce fut des échanges fort instructifs.
Le Président (M. Provençal)
:Instructifs et constructifs?
M. Cliche-Rivard : Oui, ça,
je... oui.
Le Président (M. Provençal)
:Y a-t-il d'autres interventions sur
l'article 19 amendé?
Mme Garceau : Bien, je... en
tout cas, c'est un bon moment...
Le Président (M. Provençal)
:Mme la députée d'Arcy-MCGee.
Mme Prass : C'est ça, on va
l'envoyer, mais, comme je l'ai mentionné, tantôt, dans le cadre de l'amendement
du collègue, qui demande qu'on précise que la personne va être nommée de...
sans délai, comme je dis, moi, je pense que, justement, pour s'assurer qu'on
raccourcisse cette période de temps là, ce serait idéal que ça soit quelqu'un
qui est déjà dans l'équipe du commissaire, qui a déjà une connaissance des
dossiers, du fonctionnement, et qui ferait en sorte... ils ont l'expérience, et
qui ferait en sorte que, là, on n'aurait pas à devoir recommencer toute une
période de recherche pour la personne qui va être commissaire par intérim.
Donc, on va le rédiger puis on va déposer un amendement dans ce sens pour que
la personne nommée de façon temporaire soit une personne qui fasse déjà partie
de l'équipe du commissaire.
Mme Garceau : Si je peux
juste bonifier...
M. Provençal : Oui, allez-y.
Mme Garceau : Merci. Juste
compte tenu... et, dépendamment des circonstances, évidemment, que ça soit une
grossesse ou une maladie... D'habitude, bien, une grossesse, on le sait
d'avance. Donc, il me semble que ça va faciliter... Si c'est quelqu'un de
l'équipe, le commissaire va pouvoir déjà peut-être décider : Bon, ça va
être cette personne-là pour, peut-être, fournir les informations et les renseignements
nécessaires pour la suite des choses pendant l'absence, donc, en raison de
stabilité, et tout ça.
Le Président (M. Provençal)
:À mon avis... Je ne veux pas vous
reprendre, mais, à mon avis, si je comprends le processus, ce n'est pas le
commissaire lui-même qui va désigner son remplaçant, mais...
Une voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: Oui, mais on attend votre amendement.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Oui, on va suspendre, s'il vous
plaît.
(Suspension de la séance à 18 h 27
)
18 h 30 (version révisée)
(Reprise à 18 h 33)
Le Président (M. Provençal)
:On va reprendre. Oui? Non?
Une voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:OK. Alors, on resuspend, s'il vous
plaît.
(Suspension de la séance à 18 h 34)
(Reprise à 18 h 37)
Le Président (M. Provençal)
:Nous reprenons nos travaux. Alors, je
vais demander à la députée de D'Arcy-McGee de nous présenter son amendement à l'article 19.
Alors, Mme la députée.
Mme Prass : ...M. le
Président. Donc, l'article du projet de loi est modifié : par l'ajout des
mots «de son équipe de travail» suivant les mots «par une personne».
Donc, l'article se <lirait...
Mme Prass : ...Donc,
l'article se >lirait ainsi :
«En cas d'absence ou d'empêchement du
commissaire ou de vacance de son poste, il est remplacé par une personne de son
équipe de travail nommée temporairement à cette fin par le gouvernement qui
détermine, s'il y a lieu, la rémunération, les avantages sociaux et les autres
conditions de travail de cette personne.»
Donc, tel que je l'ai mentionné
auparavant, je pense que les gens dans l'équipe du commissaire auront déjà une
connaissance de la procédure, des dossiers, des différentes façons de faire du
bureau du commissaire. Donc, ça ferait en sorte que ça serait une transition
assez facile à faire. Donc, pas de temps de devoir se faire former ou
apprivoiser les façons de faire, il y aurait déjà quelqu'un qui est dans
l'équipe qui serait nommé de façon temporaire. Donc, il y aurait une certaine
continuité du travail qui est déjà fait par le commissaire et en... et en plus
ça ferait en sorte que ça... normalement, le processus devrait aller plus vite
si on va déjà chercher cette personne nommée de façon temporaire à l'intérieur
de l'équipe qui existe déjà.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. M. le ministre.
M. Carmant : ...tout à
l'heure, tu sais, j'aimerais éviter toutes mesures qui semblent contraignantes,
et puis, si... s'il n'y a pas la... personne qui lève la main... Donc, il y a
plusieurs enjeux, là, pour lesquels je ne suis pas vraiment en faveur de cet
amendement-là.
Le Président (M. Provençal)
:Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Je comprends le
point du ministre, mais, il me semble, s'il y a quelqu'un qui lève la main,
c'est dans l'intérêt de tout le monde, que ça soit cette personne-là, compte
tenu qu'elle est déjà intégrée dans le milieu. Il ne faut pas perdre de vue non
plus qu'on parle de nomination temporaire. Peut-être, juste 30 jours, on
ne le sait pas, là, on se dit : Peut-être, ça pourrait aller au... tu
sais, maximum un quatre mois, mais ça peut être très bien comme un 30 jours.
Donc... donc...
• (18 h 40) •
M. Carmant : On ne le sait
pas.
Mme Garceau : C'est... c'est pour
ça... Parce que, s'il y a quelqu'un qui lève la main, il me semble que c'est
logique, que ça soit une personne de l'équipe. Peut-être qu'on pourrait trouver
quelque chose pour encadrer, là, si jamais il y a... il y a quelqu'un qui
serait prêt à assumer ces responsabilités-là. Parce que sans... en plus avec le
sans délai qu'on vient d'adopter, «sans délai», ça veut dire quoi? Ça veut dire
une semaine? Ça veut dire deux semaines? Je ne vois pas, là, ça va
être un peu difficile pour le gouvernement, et tout, d'aller chercher une
personne pour venir remplacer pour une courte... vraiment, ce qui représente
une... une courte période de temps.
M. Carmant : ...tu sais, je
vous entends, mais, comme je vous dis, je ne suis pas à l'aise parce que... à
cause de l'aspect vraiment contraignant, là, du... de la procédure.
Le Président (M. Provençal)
:Oui, Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Oui, c'est ça. Est-ce
qu'on pourrait penser à un langage qui... qui comprendrait : Il est
remplacé... par une personne de son équipe de travail qui... qui est... excusez-moi,
une personne prioritaire, une personne de son équipe de travail nommée dans
cette... dans ce sens-là? S'il y a une personne auprès de l'équipe qui est
prête à assumer cette fonction-là, qu'eux, ils aient la priorité, plutôt que
d'aller chercher quelqu'un de l'extérieur.
M. Carmant : Ça fait beaucoup
de «si» pour mettre dans la loi.
Mme Prass : Bien, ce serait
l'ajout du mot «prioritaire». Donc, si quelqu'un se... se met de l'avant, se
prononce qu'ils sont intéressés, bien, que cette personne-là... Et, si ce n'est
pas le cas, bien là, on élargit, disons, la recherche.
M. Carmant : Non. Tu sais,
j'ai vraiment un malaise. Je suis désolé.
Le Président (M. Provençal)
:Y a-t-il d'autres interventions sur
l'amendement que Mme la députée de D'Arcy-McGee a déposé?
Mme Garceau : Juste pour que
je comprenne, je m'excuse, monsieur... C'est quoi, l'hésitation?
M. Carmant : ...ça, c'est
s'il y a quelqu'un qui lève la main. C'est une loi, ce n'est pas si quelqu'un
lève la main, ou si quelqu'un est assez bon, ou si... c'est une loi. Donc, tu
sais, il... c'est ça ou ce n'est pas ça.
Mme Garceau : Bien, il y
aurait... mais il y aurait une... Tout ce qu'on tente d'avancer, c'est... il y
aurait une priorité qui, il me semble, est <légitime...
Mme Garceau :
...qui,
il me semble, est >légitime, que ça soit, quelqu'un, une priorité. Donc,
il y a une priorité. S'il n'y a pas personne, on va à l'extérieur, mais, s'il y
a une personne...
M. Carmant : ...ce n'est pas
un contrat, là, c'est une loi. Puis je pense que le sans délai impose une
certaine urgence à la chose déjà, tu sais, c'est... Tu sais, je trouvais que
c'était un bon pas, de faire le sans délai. Aller plus loin, je suis juste
hésitant.
Mme Garceau : Mais ça... En
tout cas, moi, je trouve que c'est quand même logique avec le sans délai, parce
que, s'il y a une période très courte pour choisir, de toute façon, je ne peux
pas croire qu'on ne va pas aller regarder, on ne va pas demander à l'intérieur
de l'équipe avant d'aller à l'extérieur. Parce qu'on parle d'une période
temporaire. Il me semble que l'idée, c'était assez logique, qu'il y ait une
priorité. Puis ce sera au gouvernement de décider par la suite, mais, s'il y a
quelqu'un à l'intérieur de l'équipe, dans un délai court...
M. Carmant : ...la loi, ce ne
sera pas au gouvernement de décider par la suite, tu sais. C'est du RH, là.
Mme Garceau : Bien, c'est
parce que le... Admettons, admettons qu'il y a que deux personnes, qu'il y
a deux personnes qui sont intéressées. Là, on parle peut-être d'une
personne, mais, s'il y en a deux, trois, qui sont intéressées à prendre
temporairement la relève, ça va être au gouvernement de décider ça va être qui.
M. Carmant : ...toute la
liberté de le faire.
Le Président (M. Provençal)
:M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
vous aviez levé la main.
M. Cliche-Rivard : Merci. M.
le ministre, est-ce que, dans votre lecture, les critères de l'article 1,
là, pour le commissaire puis ce qu'on a adopté, là, qu'il fallait qu'il ait des
connaissances puis de l'expérience juriste, on vise à les appliquer pour
intérimaire? C'est ça... c'est ça, l'intention?
M. Carmant : Absolument. On
ne veut pas n'importe qui, là.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
qu'en théorie on voudrait quelqu'un qui respecte les critères minimums de
l'article 1, là.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : C'était ma
question, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Autres interventions sur l'amendement
déposé par Mme la députée? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder à la mise aux voix de l'amendement de Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Oui. Alors, Mme Prass
(D'Arcy-McGee)?
Mme Prass : Pour.
La Secrétaire : Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire : M. Carmant
(Taillon)?
M. Carmant : Contre.
La Secrétaire : Mme Dorismond
(Marie-Victorin)?
Mme Dorismond : Contre.
La Secrétaire : Mme Abou-Khalil
(Fabre)?
Mme Abou-Khalil : Contre.
La Secrétaire : Mme Bourassa (Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
Mme Bourassa : Contre.
La Secrétaire : Mme Blouin
(Bonaventure)?
Mme Blouin : Contre.
La Secrétaire : M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard : Abstention.
La Secrétaire : Et M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Le Président (M. Provençal)
:Abstention. Alors, l'amendement qui a
été déposé par Mme la députée de D'Arcy-McGee à l'article 19 est rejeté. Nous
revenons à l'article 19 amendé. Y a-t-il d'autres interventions? Non? S'il
n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 19 amendé est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Article 20. M. le
ministre.
M. Carmant : Oui. Merci, M.
le Président. L'article 20 se lit comme suit :
«Les membres du personnel du commissaire
sont nommés suivant la Loi sur la fonction publique (chapitre F-3.1.1).
«Le commissaire exerce à l'égard de son
personnel les pouvoirs que cette loi confère à un dirigeant d'organisme.»
Cet article du projet de loi prévoit que
les employés du Commissaire au bien-être et aux droits des enfants sont des
fonctionnaires. Enfin, l'article précise que le commissaire exerce à l'égard de
ses employés les pouvoirs que cette loi confère à un dirigeant d'organisme.
Merci, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Interventions sur l'article 20?
Mme Garceau : ...est-ce que c'est
comme ça pour Protecteur du citoyen et les autres? C'est ça que je présume,
mais je vais poser la question quand même.
M. Carmant : Tout à fait,
mais...
Mme Prass : Oui. Est-ce qu'il
y a un nombre de... des membres du personnel que vous envisagez? Est-ce que
vous envisagez, par exemple, qu'ils aient des expériences variées, selon leurs
expériences de travail, leurs connaissances, justement, pour que ça fasse un
petit peu complémentarité? Est-ce que vous avez des... Par exemple, le nombre
de... les membres... le nombre du membre de personnel, avez-vous une idée en
tête ou... Quel va être... Qu'est-ce qui... qu'est-ce qui va guider, justement,
ces décisions-là?
M. Carmant : C'est le
commissaire, qui est autonome, qui va vouloir bâtir son équipe, va présenter
son budget au Bureau de <l'Assemblée nationale...
M. Carmant :
...
Bureau de >l'Assemblée nationale.
Mme Prass : Donc, pas de
nombre minimum ou maximal de son personnel.
M. Carmant : Lui, il a besoin
d'une équipe pour bien faire son travail puis il va nous présenter ses besoins.
Mme Prass : Et donc, pour...
justement, pour s'assurer qu'il y ait une variété d'expériences, etc., quand il
va présenter les membres du personnel qu'il voudrait engager, est-ce qu'il y a
un mécanisme pour s'assurer justement qu'on a des profits qui représentent un
petit peu les différents aspects qui toucheraient aux réalités des enfants?
M. Carmant : Je ne sais pas
comment ça se passe au Bureau de l'Assemblée nationale, peut-être que je
demanderais de l'aide ici, là.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui.
Bien, en fait, dans tous les cas, ce qu'on prévoit à l'article 20, c'est
que «les membres du personnel du commissaire sont nommés suivant la Loi sur la
fonction publique.» Donc, techniquement, pour le processus de nomination puis
d'embauche, j'ai comme l'impression qu'il faut s'y référer, à cette loi-là, là,
puisque ce seront des... les employés seront donc des fonctionnaires, là, au
sens de cette loi-là. Donc, c'est une loi qui est assez détaillée, là,
plusieurs articles, là, qui prévoient, là, justement, la façon, là, de
nommer... en fait, d'embaucher, là, un fonctionnaire, là, au sein d'une
organisation.
Mme Prass : ...de
commentaires de la part du Bureau de l'Assemblée nationale pour dire... bien,
par exemple : Bien, on trouve qu'il y a des gens... plusieurs personnes
avec le même profil ou pas assez de personnes avec des profils différents.
Est-ce que... est-ce que c'est juste... ils le soumettent et c'est automatique,
que ces personnes-là vont être engagées, ou est-ce qu'il y a un mécanisme de
vérification ici?
M. Bérubé (Mathieu) : Oui,
juste sur le plan comme tel de... tu sais, du lien d'emploi, là, puis le... le...
tout le processus d'embauche du personnel, ça, ça me semble être vraiment plus
dévolué au commissaire, là, tu sais, c'est de sa... c'est de sa prérogative.
Par contre, tout qu'est-ce qui est... puis on va le voir au prochain, tout ce
qui est des politiques de gestion des ressources humaines comme telles, ça
aussi, encore une fois, c'est sous sa prérogative, sous réserve, évidemment,
des crédits qui seront accordés par le Parlement. C'est lui-même qui va
déterminer les effectifs dont il a besoin. Donc, pour la masse, disons, comme
telle, de salariés, encore une fois, ça va être limité par rapport aux crédits
que le Parlement va lui accorder. Sur l'embauche comme telle, c'est sa
prérogative, là, toujours, là, oui.
Mme Prass : Mais, par contre,
il est limité par la masse salariale qui va lui être donnée, évidemment, par le
nombre de personnes qu'il peut aller chercher.
M. Bérubé (Mathieu) : Sur le
nombre, tout à fait.
Mme Prass : Donc, c'est les
crédits qui vont déterminer un petit peu sa capacité de pouvoir engager un
certain nombre de personnes.
• (18 h 50) •
M. Bérubé (Mathieu) : Oui,
comme pour toutes les autres personnes désignées, là, par l'Assemblée
nationale, c'est ça.
Mme Prass : OK.
Le Président (M. Provençal)
:Autres interventions sur
l'article 20? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que
l'article 20 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
:Adopté. Article 21. M. le
ministre.
M. Carmant : Merci, M. le
Président. L'article 21 se lit comme suit :
«Le commissaire établit, sans autre
formalité, ses politiques de gestion des ressources humaines en matière de planification,
d'organisation et de développement.
«Il établit, sous réserve des crédits
accordés par le Parlement, les effectifs dont il a besoin pour l'exercice de
ses fonctions et détermine leur répartition ainsi que le niveau de leur emploi.»
Cet article du projet de loi confère au Commissaire
au bien-être et aux droits des enfants le pouvoir d'établir ses propres
politiques de gestion des ressources humaines dans les matières visées. Ainsi,
le commissaire peut déroger aux politiques du Conseil du trésor visées par
l'article 39 de la Loi sur la fonction publique.
Le deuxième alinéa de l'article poursuit
la même fin eu égard à l'établissement et à la répartition des effectifs dont
le commissaire a besoin pour exercer ses fonctions. Le commissaire ne peut
toutefois établir des effectifs qu'il ne serait pas en mesure de rémunérer sans
excéder les crédits qui lui sont alloués.
Cet article assure au commissaire, dans la
gestion de ses ressources humaines, une indépendance à l'égard du Conseil du
trésor, considérant que le commissaire est une personne désignée par
l'Assemblée nationale.
Merci, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Interventions sur l'article 21?
M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. M. le ministre, j'imagine qu'il va voir... Parce que, là, ça dit
«sans autre formalité», mais j'imagine qu'il y va avoir une volonté de
représentativité sur le territoire, de s'assurer que... Bref, vous avez des...
peut-être des orientations informelles et non contraignantes ou... de votre
côté, ou pas du tout, ou?
M. Carmant : Bien, il est
autonome, mais on s'attend qu'il soit représenté dans tous les coins du Québec,
là. C'est inhérent à son mandat, selon moi, là.
M. Cliche-Rivard : Puis qu'il
y ait une bonne diversité au sein de l'équipe de travail, qu'on s'assure
d'avoir des profils variés, évidemment, bon, les personnes racisées, les
personnes issues de minorités visibles, etc., bref. Parce que... Bon, ça dit
«sans aucune formalité», mais on comprend que ça ne vise nécessairement à
déroger aux mesures positives qu'on a mises pour une meilleure représentativité
dans la fonction publique, là. Donc, il va devoir quand même avoir un souci à
cet effet-là, j'imagine.
M. Carmant : Et j'en suis
très soucieux.
M. Cliche-Rivard : OK.
Parfait. Donc, sans que ça le lie, vous lui envoyez ce message.
M. Carmant : C'est
l'intention.
M. Cliche-Rivard : C'est
l'intention. Merci, M. le ministre.
Le Président (M. Provençal)
:Mme la députée de... vous pouvez y
aller.
Mme Garceau : Oui. Merci, M.
le Président. <J'aime...
Mme Garceau :
...Oui.
Merci, M. le Président. >J'aime beaucoup l'aspect de l'indépendance,
c'est important. Sauf qu'évidemment tout va être lié au niveau de ses
capacités, le nombre de membres de son personnel, surtout lié aux ressources
humaines, et fort probablement parce qu'on... il y avait des groupes qui nous
avaient parlé d'avoir des bureaux dans les 17 régions du Québec, il y a...
il y a une belle représentativité. Donc, toute la question des crédits, parce
qu'il y a une nomination du commissaire, et donc les crédits vont déterminer
l'enveloppe budgétaire qui va déterminer le nombre de personnel qu'il va
pouvoir embaucher, et tout ça, là. Donc, quand est-ce que les crédits vont être
annoncés au commissaire?
M. Carmant : Bien, c'est le Bureau
de l'Assemblée nationale.
Mme Garceau : Comment est-ce
que ça va... l'évolution, là, l'évolution des choses, une fois qu'il va être
nommé?
M. Carmant : Dès qu'il va
faire son dépôt de besoins au niveau ressources humaines, ça va passer au
Bureau de l'Assemblée nationale, ce qui... ce qui, je vous dis, là, le rend
indépendant et distant... distinct des processus du Conseil du trésor. Puis ça,
c'est un gros avantage pour le commissaire. Puis c'est la même chose pour tous
les autres membres des... d'autres... personnel désigné, là, personne désignée.
C'est vraiment le Bureau de l'Assemblée nationale.
Mme Garceau : Oui, sauf qu'il
établit, sous réserve des crédits accordés par le Parlement. Donc, évidemment,
pour... pour déterminer et établir ses politiques de gestion et surtout tout le
volet de ressources humaines dans son organisation, et tout, il va falloir
qu'on lui confirme, en termes de crédits, assez vite après sa nomination. C'est
ça, là, que je tente de... comment ça fonctionne, là, le processus. Juste pour
m'éclairer là-dessus.
M. Carmant : Mais, dès que...
dès qu'il fait un dépôt, je pense que le BAN étudie ça. Puis je ne sais pas
si...
Mme Garceau : Je ne sais pas
qui peut...
M. Carmant : Est-ce qu'il y
en a qui ont plus d'informations? Je passerais la parole, là, mais moi, dans...
Le Président (M. Provençal)
:M. Bérubé.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui.
Bien, effectivement, encore une fois, pas... pas un expert, là, sur le
processus comme tel, là, je sais que la plus récente personne désignée par
l'Assemblée nationale, c'est le Commissaire à la langue française. C'est un
exemple sur lequel on pourrait s'appuyer, là, puis voir qu'est-ce qui s'est
passé en pratique. Mais effectivement, comme le ministre dit, une fois... une
fois nommé, j'imagine qu'il présente ses prévisions budgétaires, tu sais :
Voici, en fonction de mes... en fonction de ce que la loi m'oblige à faire,
autrement dit, voici les prévisions budgétaires que j'ai besoin. Le Bureau de
l'Assemblée nationale se penche là-dessus.
Puis évidemment, les crédits, l'idée de ce
qui est prévu à 21, là, au deuxième alinéa, c'est simplement de dire : Tu
détermines, toi, commissaire, ou toi, tu établis tes effectifs dont tu juges
que tu as besoin pour l'exerce de tes fonctions, sous réserve, évidemment, des
crédits qui seront accordés par le Parlement. Autrement dit, tu sais, pour
donner un exemple très fictif, là, mais je lui dis que j'ai besoin de
150 personnes, mais ultimement j'ai des fonds pour en payer 100. Bien,
c'est sûr qu'il y a 50 personnes que je ne pourrai pas embaucher parce que
je ne peux pas les payer. Ça fait que ça vient comme, évidemment, plus un...
disons, un rappel amical, là, de dire : Fais attention, par contre, pour
cet aspect-là.
Mme Garceau : Compte tenu que
c'est une... c'est une... Le rapport a été déposé en 2021, et il y a eu
des discussions, certainement, là, suite au dépôt et tout l'enjeu concernant la
nomination du commissaire. Est-ce qu'il y a déjà eu des discussions concernant
les crédits? Qu'est-ce qui va être accordé à ce poste?
M. Carmant : Bien, ça va
vraiment dépendre des demandes du commissaire au Bureau de l'Assemblée
nationale.
Mme Garceau : OK. Il y a... on...
En termes de... il y a... vous n'avez pas d'idée en termes d'enveloppe
budgétaire que le commissaire va...
M. Carmant : Mais ça va
dépendre de la tâche qu'on lui définit. Donc, je pense, ce serait prématuré de
parler d'enveloppe budgétaire.
Le Président (M. Provençal)
:Autres interventions? S'il n'y a pas
d'autre intervention, est-ce que l'article 21 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Article 22. M. le
ministre.
M. Carmant : Oui, M. le
Président. L'article 22 se lit comme <suit...
M. Carmant :
...L'article 22
se lit comme >suit :
«Le commissaire prépare ses prévisions
budgétaires annuelles et les soumet au Bureau de l'Assemblée nationale, qui les
approuve avec ou sans modification.
«Lorsqu'en cours d'exercice financier le
commissaire prévoit devoir excéder les prévisions budgétaires approuvées par le
Bureau de l'Assemblée nationale, il prépare des prévisions budgétaires
supplémentaires et les remet au Bureau de l'Assemblée nationale, qui les
approuve avec ou sans modification.
«Les dispositions de la Loi sur
l'administration financière (chapitre A-6.001) applicables aux organismes
budgétaires s'appliquent à la gestion des ressources financières du
commissaire, à l'exception de celles des articles 30 et 31.»
Cet article du projet de loi prévoit que
les prévisions budgétaires du Commissaire au bien-être et aux droits des
enfants sont approuvées par le Bureau de l'Assemblée nationale avant que les
crédits nécessaires ne soient alloués par le Parlement dans une loi sur les
crédits.
Puisque les ressources financières
nécessaires au commissaire lui proviennent des crédits qui lui sont alloués sur
le fonds consolidé du revenu, le dernier alinéa de l'article lui rend
applicables les dispositions de la Loi sur l'administration financière qui
s'appliquent aux organismes budgétaires, c'est-à-dire les organismes dont les
ressources financières proviennent de tels crédits. Toutefois, les
articles 30 et 31 de la Loi de l'administration financière, lesquels
permettent au ministre des Finances de refuser de procéder à un paiement de le
suspendre, ne sont pas applicables au commissaire afin de s'assurer de son
indépendance.
Merci, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. Est-ce que le troisième alinéa, là, sur les dispositions de la
Loi sur l'administration financière, est-ce que ça, ça donne juridiction à la
Vérificatrice générale pour, si elle le veut, vérifier les livres du
commissaire?
M. Bérubé (Mathieu) : ...vérifier...
vérifier s'il tombe sur le coup...
M. Cliche-Rivard : Voulez-vous
regarder ça cette nuit?
M. Bérubé (Mathieu) : Sans
problème.
Le Président (M. Provençal)
:Oui, Me Cheang.
M. Cheang (Sokun C.) :Oui. Le Vérificateur général a la compétence depuis les
personnes désignées, Protecteur du citoyen, et tout ça, par rapport...
M. Cliche-Rivard : ...
M. Cheang (Sokun C.) :Tout à fait. Il y a... Oui.
M. Cliche-Rivard : Est-ce que
c'est par la Loi sur l'administration financière ou c'est juste...
• (19 heures) •
M. Cheang (Sokun C.) :Non, c'est la Loi sur le Vérificateur général qui vient
couvrir aussi.
M. Cliche-Rivard : Puis qui
dit...
M. Cheang (Sokun C.) :La seule exception, c'est le Vérificateur général, que lui,
il a... il a une autre personne, entité pour faire sa vérification à
l'Assemblée nationale.
M. Cliche-Rivard : Puis, dans
la Loi sur le VG, elle dit : Toute personne désignée par l'Assemblée nationale.
M. Cheang (Sokun C.) :Exactement.
M. Cliche-Rivard : OK, ça
fait que, là, on n'a pas besoin d'aller amender ça, c'est déjà prévu de manière
large.
M. Cheang (Sokun C.) :Oui.
M. Cliche-Rivard : Fantastique!
Merci.
Le Président (M. Provençal)
:Autres interventions? S'il n'y a pas
d'autre intervention, est-ce que l'article 22 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
:Article 23. M. le ministre.
M. Carmant : Merci, M. le Président.
L'article 23 se lit comme suit :
«La Loi sur l'administration publique
(chapitre A-6.01) s'applique au commissaire, à l'exception du paragraphe
6° du premier alinéa et du deuxième alinéa de l'article 9, des articles 10
à 23, du paragraphe 3° du deuxième alinéa de l'article 24 et du troisième
alinéa de cet article, des articles 25 à 28, de l'article 44, du
quatrième alinéa de l'article 45, des articles 46, 48, 49, 50 et 53,
du troisième alinéa de l'article 57 et des articles 74 à 75, 77.3 et
78. Le rapport visé à l'article 24 de cette loi est intégré au rapport
d'activités visé à l'article 12 de la présente loi.»
«Le président de l'Assemblée nationale
dépose à l'Assemblée le plan stratégique du commissaire visé à l'article 8
de la Loi sur l'administration publique.»
Bon. Le présent article du projet de loi
est similaire au dernier alinéa de l'article 22. Il vise l'application de
certaines dispositions de la Loi sur l'administration publique nécessaire à la
gestion des ressources financières et matérielles du Commissaire au bien-être
et aux droits des enfants. L'article prévoit que certaines dispositions de
cette loi ne s'appliquent pas au commissaire afin d'assurer son indépendance à
l'égard du Conseil du trésor, considérant que le commissaire est une personne
désignée par l'Assemblée nationale. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Interventions sur
l'article 23? Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : M. le
Président, je devine que, là aussi, c'est analogue à ce qu'on a pour les autres
personnes désignées, ce sont les mêmes articles. Donc, on est allés chercher
les exceptions pour assurer l'indépendance puis on les a remis ici aussi, c'est
ce qu'on nous confirme? Peut-être, juste le dire au micro, si vous permettez.
M. Bérubé (Mathieu) : Je vous
le confirme.
M. Cliche-Rivard : Merci.
Bon, bien... Oui, allez-y, collègue.
Mme Garceau : Non, j'ai...
j'ai...
Le Président (M. Provençal)
:Ça va? Oui, oui, je vous donne du
temps pour réfléchir, M. le député.
Des voix : ...
M. Cliche-Rivard : Dans la
logique de...
19 h (version révisée)
M. Cliche-Rivard : ...dans la
logique de... pardon, d'assurer l'indépendance, là, on pose la question eu
égard à ce qu'on va adopter, là, pour les lanceurs d'alerte. Est-ce qu'on s'assure
qu'eux aussi font l'objet de la même procédure d'indépendance?
Le Président (M. Provençal)
:Voulez-vous qu'on répète la question?
M. Cliche-Rivard : Oui. Bien,
probablement, mais je ne suis pas sûr de la comprendre. Alors, je vais faire
amende honorable et dire que ma recherchiste est plus avancée que moi sur la
question. C'est pour ça que je vais céder la parole à une collègue. Non, vous n'avez
pas de...
Mme Garceau : Oui, oui, oui.
M. Cliche-Rivard : Merci.
Mme Garceau : OK, vas-y. Le
plan stratégique que le commissaire doit remettre, je présume que ça va être un
plan annuel. Est-ce qu'il doit déposer, le commissaire... parce que je n'ai
rien vu. Est-ce que le commissaire va devoir déposer un plan stratégique à
chaque année?
M. Bérubé (Mathieu) : Oui,
pour la question. En fait, là, sur le rapport qui est visé à l'article 24
comme tel de la Loi sur l'administration publique, ce que prévoit 23 de notre
projet de loi, c'est que ce rapport-là devra être intégré au rapport d'activité
du commissaire visé à l'article 12, qui est un rapport annuel.
Le Président (M. Provençal)
:M. le député de
Saint-Henri—Sainte-Anne, est-ce que vous avez retrouvé votre question? Oui, Mme
la députée.
Mme Garceau : On va
continuer.
Le Président (M. Provençal)
:Oui. Allez-y.
Mme Garceau : C'est ça, il y
a une distinction à faire au niveau du rapport des activités, ça, c'est une
chose. Mais là on parle du plan stratégique, le deuxième alinéa, «le président
de l'Assemblée nationale dépose...» Là, ce n'est pas... on ne parle pas du
rapport d'activité.
M. Bérubé (Mathieu) : Excusez-moi,
à ce moment-là, ça, c'est l'article 8. Bien, lui, comme tel, il s'applique,
là, puisqu'on prévoit que la loi, dans son entièreté, s'applique au
commissaire, à l'exception des articles qu'on énumère. Donc, oui, l'article 8
s'applique, là. La précision qui est apportée au deuxième alinéa, c'est que
là... je n'ai pas l'article 8 sous les yeux, mais j'imagine que,
normalement, ce n'est pas le président de l'Assemblée qui le dépose devant l'Assemblée.
Mais là, dans les faits, ça va être ça ici puisque le commissaire relève de l'Assemblée
nationale.
Mme Garceau : Mais ça va être
à chaque année, le commissaire va avoir une obligation de déposer à chaque
année un plan stratégique. OK. Et ça, c'est en vertu de quel article?
M. Bérubé (Mathieu) : L'article 8,
ce que l'article 8 dit, en fait, c'est : «Chaque ministère et
organisme doit établir un plan stratégique couvrant une période de plus d'une
année.» Donc, normalement, le plan stratégique, s'il couvre plus qu'une année,
il n'est pas annuel.
Mme Garceau : OK. Est-ce qu'on
peut suspendre, M. le Président? Je veux juste vérifier quelque chose.
Le Président (M. Provençal)
:Oui, oui, il n'y a pas de problème.
Suspension.
(Suspension de la séance à 19 h 06)
(Reprise à 19 h 13)
Le Président (M. Provençal)
:Vous pouvez y aller, M. le député.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. Alors, la question était pour s'assurer que, bon, dans
l'éventuel... là, il y a un projet de loi, là, qui sera sur le point d'être
étudié, qui vise à protéger les lanceurs d'alerte dans les organismes publics.
En l'occurrence, ici, on voudrait être certains que les dispositions à lesquelles
on fait dérogation, là, dans la Loi sur... sur l'administration publique ne
seront pas de nature à empêcher une protection de ces éventuels lanceurs
d'alerte là, qui seraient, le cas échéant, au sein du commissaire puis de
son... de son équipe. Est-ce qu'on peut s'assurer puis est-ce que l'équipe
légale peut nous assurer que ces gens-là vont toujours pouvoir bénéficier des
protections consenties dans ce qui s'en vient, là, comme protection avec le projet
de loi de Mme LeBel?
M. Carmant : Je passerais la
parole, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Me Bérubé.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui,
oui, certainement. Je n'ai pas de contenu, là, évidemment, donc, sous réserve
de qu'est-ce que pourrait... prévoit ce projet de loi là, mais dans le contexte
de la loi actuelle, donc, avec le cadre juridique applicable, on parle bien de
la Loi facilitant la divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des
organismes publics. Et pour l'application de la présente loi sur les organismes
publics, on a le paragraphe 8° de l'article 2, qui prévoit «les
personnes nommées ou désignées par l'Assemblée nationale pour exercer une
fonction en relevant», donc, oui.
M. Cliche-Rivard : OK, ça, ça
inclut leur équipe?
M. Bérubé (Mathieu) : Absolument,
«avec le personnel qu'elles dirigent» qui est à la fin du paragraphe, tout à
fait.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
On s'en est sortis, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Autres interventions sur
l'article 23? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que
l'article 23 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
:Adopté. Alors, je vous remercie de
votre collaboration.
Compte tenu de l'heure, la commission
ajourne ses travaux sine die. Merci.
(Fin de la séance à 19 h 14)