Journal des débats de la Commission de la santé et des services sociaux
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Le
jeudi 9 mai 2024
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Vol. 47 N° 76
Étude détaillée du projet de loi n° 37, Loi sur le commissaire au bien-être et aux droits des enfants
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Intervenants par tranches d'heure
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Provençal, Luc
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Carmant, Lionel
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Provençal, Luc
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Carmant, Lionel
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Carmant, Lionel
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Provençal, Luc
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Garceau, Brigitte B.
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Arseneau, Joël
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Carmant, Lionel
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Provençal, Luc
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Garceau, Brigitte B.
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Poulet, Isabelle
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Provençal, Luc
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Carmant, Lionel
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Carmant, Lionel
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Provençal, Luc
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Garceau, Brigitte B.
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Prass, Elisabeth
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Carmant, Lionel
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Provençal, Luc
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Garceau, Brigitte B.
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Arseneau, Joël
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Dorismond, Shirley
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Poulet, Isabelle
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Bogemans, Audrey
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Gendron, Marie-Belle
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Picard, Marilyne
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Prass, Elisabeth
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Garceau, Brigitte B.
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Carmant, Lionel
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Provençal, Luc
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Prass, Elisabeth
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Carmant, Lionel
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Provençal, Luc
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Dorismond, Shirley
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Poulet, Isabelle
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Bogemans, Audrey
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Gendron, Marie-Belle
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Picard, Marilyne
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Garceau, Brigitte B.
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Prass, Elisabeth
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Provençal, Luc
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Cliche-Rivard, Guillaume
11 h (version révisée)
(Onze heures vingt-huit minutes)
Le Président (M. Provençal)
:Alors, bon, merci. Bonjour à tous.
Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de la santé et
des services sociaux ouverte. Je vous souhaite la bienvenue, et je demande à
toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de
leurs appareils électroniques.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 37, Loi
sur le commissaire au bien-être et aux droits des enfants.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Abou-Khalil (Fabre) est remplacée par Mme Bogemans
(Iberville); M. Chassin (Saint-Jérôme), par Mme Gendron (Châteauguay);
Mme Lachance (Bellechasse), par Mme Picard (Soulanges); Mme Caron
(La Pinière), par Mme Prass (D'Arcy-McGee); M. Fortin (Pontiac),
par Mme Garceau (Robert-Baldwin); et M. Marissal (Rosemont), par M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne).
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Alors, lors de l'ajournement
de nos travaux, nous étions sur l'amendement qui avait été déposé par M. le
ministre à l'article 14. Cependant, M. le ministre m'informe qu'il voudrait que
nous revenions à l'article 9. Alors, consentement pour revenir à l'article 9, s'il
vous plaît? Merci. Maintenant, il y avait un amendement qui avait été déposé
par M. le ministre à l'article 9, mais j'ai compris que vous allez le retirer
pour en déposer un nouveau.
M. Carmant : Absolument.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, consentement pour retirer l'amendement
qui avait été déjà déposé? Consentement. Et maintenant on va changer à l'écran...
On n'a pas reçu encore...
On va resuspendre, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 11 h 30)
11 h 30 (version révisée)
(Reprise à 11 h 38)
Le Président (M. Provençal)
:Alors, on va revenir en ondes. Il y a
eu un nouvel amendement qui est déposé par M. le ministre. Alors, M. le
ministre, je vais vous inviter à nous en faire la lecture et à vous... à le
commenter, s'il vous plaît.
M. Carmant : D'accord.
Merci, M. le Président. Mais, en débutant, j'aimerais, au nom de tous, vous
souhaiter ici un joyeux anniversaire, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Très gentil de votre part. Merci
beaucoup. Maintenant, on revient, par exemple, pas aux affaires courantes, mais
à notre projet de loi. Merci.
M. Carmant : Avec ces
belles couleurs, M. le Président, là.
À l'article 9 du projet de loi, on
demande d'abord de remplacer «3° et 6°» par «3°, 6° et 7°» par souci de
concordance, et ensuite ajouter, à la fin, l'alinéa suivant qui avait été
demandé :
«Un organisme public qui fournit des
services qui sont destinés aux enfants doit également, sur demande, permettre
au commissaire d'accéder, à toute heure raisonnable, à un lieu tenu par l'organisme
lorsque le commissaire le juge utile à l'exercice de ses fonctions visées au
paragraphe 6° du deuxième alinéa de l'article 5, notamment pour recevoir
et entendre les observations des personnes présentes.»
L'amendement vise à prévoir l'obligation
pour un organisme public de permettre au commissaire, sur demande, de prendre
communication et de tirer copie de registres et autres documents ou
renseignements qui lui sont nécessaires à l'exercice des fonctions visées au
paragraphe 7° du deuxième alinéa de l'article 5 du projet de loi. Il vise
également à prévoir l'obligation pour un organisme public qui fournit des
services qui sont destinés aux enfants de permettre au commissaire, sur
demande, d'accéder à un lieu tenu par l'organisme lorsque le commissaire le
juge utile à l'exercice des fonctions visées au paragraphe 6° du deuxième
alinéa de l'article 5. Donc, c'est correct. Merci.
Le Président (M. Provençal)
:Interventions sur l'amendement? M. le
député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
• (11 h 40) •
M. Cliche-Rivard : Merci,
M. le Président. D'abord, je remercie... Bien, je vous souhaite joyeux anniversaire
aussi, hein, d'abord. Ensuite, je remercie le ministre. C'est un... c'est un
amendement qui est important, qui est intéressant, qui vient quand même
consolider certains pouvoirs du commissaire. Quand même, là, on avait une
inquiétude sur son accès aux jeunes. Son accès, c'est une chose, après ça, bon,
pouvoir rentrer sur les lieux, nommément un centre jeunesse, puis là c'est
clair, évidemment, à toute heure raisonnable, là, je <pense que, ça, on
s'entend là-dessus...
M. Cliche-Rivard :
...à
toute heure raisonnable, là, je >pense que, ça, on s'entend là-dessus.
Bon, peut-être qu'il y aurait à réfléchir... En même temps, bon, là, le
commissaire n'est pas dans une posture de correction de lésion ou de
modification de lésion. Ça fait que j'allais réfléchir au moment d'urgence,
mais ce n'est pas lui en moment d'urgence, ce serait la CDPDJ. Donc, tu sais,
je me fais la réflexion en même temps que vous parce que, bon, je lis
l'article, là. On ne l'a pas eu depuis très longtemps, et puis vous dites que
le... de l'autre côté, permet à l'exercice de ses fonctions... Puis là on est
toujours dans la prestation de services au 6°, donc, à 6°5, oui... à 5, deux, 6°,
pardon, là, pour être plus clair, et recevoir et entendre les observations des
personnes présentes. C'est donc non seulement dire qu'il peut entrer, mais
qu'il peut communiquer avec qui il le veut.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Et on ne
lui soulèvera pas la confidentialité ou le non-accès à ces jeunes.
M. Carmant : Non. C'est pour
ça que, dans le commentaire, c'est : «Tirer copie de registres et autres
documents.» Donc, il a accès au dossier.
M. Cliche-Rivard : OK, il... Ah!
j'avais besoin de...
M. Carmant : Ça grouille de
ce côté, M. le député.
M. Cliche-Rivard : Oui, OK. Ça
va être difficile, avec égards, pour moi, de me positionner sur 9 s'il y a
quelque chose d'autre qui s'en vient, là, puis je l'entends, puis je le
comprends. Suspendons, parce que, si mes remarques n'auront pas de sens,
suivant ce qui s'en vient, on perd le précieux temps de tout le monde. Donc,
suspendons, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, on va suspendre, s'il vous
plaît.
(Suspension de la séance à 11 h 42)
(Reprise à 11 h 48)
Le Président (M. Provençal)
:Nous reprenons nos travaux. Alors, il
y a eu des discussions hors d'ondes, là, pour déterminer la séquence. Donc,
dans un premier temps, on va travailler l'amendement de l'article 9. Par la
suite, on travaillera l'article 9 amendé et, avec le consentement, on ira à 29.1,
qui va être un nouvel amendement. Ça va? Alors, maintenant, on est toujours sur
l'amendement à l'article 9, et je suis prêt à recevoir des interventions. M. le
député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. Juste avant qu'on suspende, là, je posais la question à M. le
ministre. Là, on parle... à 9 modifié, là, amendé ou, en tout cas, tel qu'il le
sera, on parle d'accès aux jeunes, on parle d'accès aux lieux. Il demeurait une
inquiétude, de notre côté, quant aux documents. Donc, je pense que le ministre
voulait faire un commentaire sur cette question.
M. Carmant : Oui. Dans les
commentaires, on parle effectivement, M. le Président, de l'accès aux
documents, mais, pour les centres jeunesse, vu les restrictions à la
confidentialité de la <i>loi de la protection de la jeunesse,
l'amendement sera... On a ajouté un amendement à 29, à l'article 29, pour lever
cette confidentialité. Donc, si on... quand on aura terminé l'article 9, on
pourra aller à l'article 29.
M. Cliche-Rivard : On va
aller, si je comprends bien, à 29.1.
Le Président (M. Provençal)
:Oui.
M. Cliche-Rivard : ...parfait,
qui, lui, c'est déposé, là, va créer un régime ou va ajouter au régime
d'exception de 72 de la LPJ, puis là on sera dans un autre cadre législatif, là,
on n'est pas dans la loi sur le commissaire, puis on va venir... Puis là vous
le détaillerez tantôt, mais c'est pour bien qu'on comprenne, parce que, là, je
ne vous poserai pas mes questions sur ça en ce moment, mais on s'entend que le
volet confidentiel ne sera pas soulevé face ou contraire au commissaire pour
qu'il n'ait pas accès aux dispositions de 72.5, et il sera dans les exceptions
de 72.6.
M. Carmant : C'est
l'intention.
M. Cliche-Rivard : C'est
l'intention? Parfait. Ça fait que, pour les questions de documents liés à la
confidentialité du régime spécifique de la LPJ, on y reviendra, pour les
documents.
Le Président (M. Provençal)
:À 29.1.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : À 29.1.
Pour les jeunes, pour l'accès aux jeunes, ça, vous ne passez pas par la LPJ,
mais vous le prévoyez dans le cadre législatif aujourd'hui pour dire qu'accès
aux centres et accès aux jeunes c'est prévu dans la loi sur le commissaire. En
fait, tout organisme public... On parle de centres jeunesse, là...
M. Carmant : C'est ça.
M. Cliche-Rivard : ...mais un
jeune devrait être hospitalisé en psychiatrie, ça s'applique quand même, c'est
ça, un organisme public?
• (11 h 50) •
M. Carmant : Pour un jeune,
oui.
M. Cliche-Rivard : Un jeune...
quelqu'un incarcéré, un jeune... bon, je ne le sais pas, avec la... bon, si le
mot «incarcéré», c'est le bon terme, là, mais quelqu'un qui fait l'objet de
mesures punitives.
M. Carmant : Un jeune... un
jeune adulte vulnérable.
M. Cliche-Rivard : Un jeune
adulte vulnérable. Cela dit, la définition de «jeune adulte vulnérable», là,
est-ce qu'elle serait <applicable là, dans «prestation de services», pour
le pouvoir...
M. Cliche-Rivard :
...vulnérable»,
est-ce qu'elle serait >applicable là, dans «prestation de services»,
pour le pouvoir à l'article 9?
M. Carmant : OK. La LPJ,
c'est 18 ans et moins.
M. Cliche-Rivard : 18, c'est
ça. Ça fait qu'on ne serait pas... C'est le système de la jeunesse, puis, en
haut de 18 ans, c'est le système carcéral, puis là le commissaire ne
s'applique pas. Il fait le suivi sur d'autres volets, mais pas sur la
prestation de services, si je ne m'abuse.
M. Carmant : C'est ça, parce
que le but, c'était vraiment, quand on avait discuté des centres jeunesse,
l'accès aux centres jeunesse.
M. Cliche-Rivard : OK. Donc,
ça, c'est quand même les jeunes sur la LSJPA. C'est-ce que vous alliez
préciser, Mme la sous-ministre? Je vais vous laisser, peut-être, pour les
bénéfices de la commission...
Le Président (M. Provençal)
:Alors, consentement pour permettre à
Mme la sous-ministre Lemay de parler? Merci.
Mme Lemay (Catherine) : Alors,
bonjour, Catherine Lemay, directrice nationale de la protection de la jeunesse
et sous-ministre associée aux Services sociaux.
Alors, merci, M. le Président, de me
permettre d'apporter une précision, c'est que, pour les jeunes qui font l'objet
d'un... d'une mise sous garde en vertu de la <i>loi sur la justice pénale
pour adolescents, qui est une loi de juridiction fédérale, si les jeunes ont
une ordonnance, un jugement en vertu de cette loi, ils peuvent être hébergés en
centre de réadaptation jusqu'à l'âge de 21 ans s'ils sont sous le régime
de cette loi.
M. Cliche-Rivard : OK, mais
le commissaire n'a pas de mandat pour eux post-18 ans dans la prestation de
services à 5, deux, 6°. Est-ce que je me trompe?
Mme Lemay (Catherine) : Je me
retourne vers les juristes, je...
M. Cliche-Rivard : Juste pour...
Mme Lemay (Catherine) : Selon
ma compréhension et mon expérience, oui, mais...
M. Cliche-Rivard : Oui, il a
un mandat, ou...
M. Bérubé
(Mathieu) :...
M. Cliche-Rivard : Au 3° de
5, mais dans la prestation de services aussi?
M. Bérubé (Mathieu) : Oui.
M. Cliche-Rivard : OK. Donc,
effectivement, le commissaire va suivre ou peut suivre, dans la prestation de
services, jusqu'à 25 ans pour les enfants vulnérables.
Mme Lemay (Catherine) : En
fait, il pourra les suivre, s'ils font l'objet d'une peine, parce que c'est
vraiment... une peine assujettie à la loi sur la justice pénale pour
adolescents, jusqu'à 21 ans puisque les jeunes ne peuvent pas dépasser
21 ans en hébergement pour une peine en vertu de la loi sur la justice
pénale pour adolescents.
M. Cliche-Rivard : Oui, ça,
c'est en ce qui vous concerne, vous, mais là, dans le volet, mettons, sécurité
publique, qui dépasse les services sociaux, là, puis que le jeune vulnérable se
sent lésé, puis que le commissaire enquête là-dessus, sur la prestation de
services, c'est ce que les légistes confirment, c'est qu'il peut le faire.
M. Bérubé (Mathieu) : Dans la
mesure où c'est un organisme public visé à l'article 5, oui.
M. Cliche-Rivard : Puis
est-ce qu'un établissement carcéral, ça en ferait partie?
Le Président (M. Provençal)
:Je voudrais, maître, que vous vous
renommiez, parce que je vois qu'il y a consentement, là, mais ça... juste pour
les bienfaits de la transcription, vous nommer et, par la suite, répondre.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui, merci,
M. le Président. Mathieu Bérubé, donc, avocat à la Direction des affaires
juridiques, Santé et Services sociaux.
Notre définition d'organisme public, à
l'article 5 tel qu'adopté, est prévue au cinquième alinéa, et ce que la
loi, en fait, entend comme organisme public, ça désigne un ministère ainsi
qu'un organisme visés à l'un des articles 4 à 7 de la <i>loi sur
l'accès aux documents des organismes publics. Donc, il faut vraiment se référer
aux articles 4 à 7 pour comprendre c'est quoi, l'étendue, dans le fond,
des organismes qui sont visés. Et essentiellement ce qu'on a, ne bougez pas, on
parle des organismes gouvernementaux visés à l'article 4, organismes
municipaux visés à l'article 5, scolaires à 6, et les établissements de
santé et de services sociaux à l'article 7.
M. Cliche-Rivard : Donc, sur
lecture préliminaire puis de vos interventions préliminaires, les services
carcéraux n'en font pas partie, et on ne peut pas déposer une demande d'accès à
l'info au sens de la loi dans les services carcéraux, prisons.
M. Bérubé (Mathieu) : Effectivement,
mais une prison, là, ou un pénitencier comme tel ne serait pas... Ce n'est pas
un établissement de santé, là. Évidemment, 7 vise l'établissement de santé, là,
mais je ne pense pas... Effectivement, à 4 et suivants, là, je ne vois pas de...
je ne vois d'établissement pénitencier, là.
M. Cliche-Rivard : Moi non
plus, c'est ça. Donc, je voulais juste clarifier ça, parce que, bon, après,
vous dites : Ils ne sont pas nécessairement en prestation de services, là.
Ce n'est pas vraiment... Moi, j'essaie juste de voir, tu sais, de... parce
qu'on a parlé de la surcriminalisation, puis des enjeux de casiers criminels,
puis de judiciarisation des jeunes post-DPJ. Là, ça fait partie des
statistiques. Donc, c'est dans cet angle-là que je posais la question.
M. Bérubé (Mathieu) : ...le
concept d'organismes gouvernementaux qui est prévu à l'article 4, c'est
très large, là. On parle, là, des organismes non <visés dans les
articles 5 à 7 de la loi sur l'accès, bon...
M. Bérubé (Mathieu) :
...des
organismes non >visés dans les articles 5 à 7 de la loi sur
l'accès, bon, «dont le gouvernement ou un ministre nomme la majorité des
membres, dont la loi ordonne que le personnel soit nommé suivant la Loi sur la
fonction publique ou dont les fonds... le fonds social fait partie du domaine
de l'État». Donc, a priori, les pénitenciers provinciaux, là, seraient
potentiellement visés par cette définition-là.
M. Cliche-Rivard : Le
seraient?
M. Bérubé (Mathieu) : Oui.
M. Cliche-Rivard : OK, le
seraient. Je vous pose la question, là, dans le... Évidemment, là, je ne veux
pas créer de scénario, là, mais c'est un peu ça qu'on fait, des exemples types,
là, que, je ne sais pas, moi, dans un établissement X, on se rend compte qu'il
y a eu une vague de suicides des détenus en bas de 25 ans, c'est un
exemple tragique, là, mais ça se peut, puis que, là, le commissaire décide :
Oui, il y a peut-être quelque chose que je veux aller enquêter là, ça, il est
capable de le faire, dans la compréhension ou dans la lecture que j'ai, que
vous faites d'organismes publics, parce que le... puis j'imagine, donc, que
«prestation de services», à 6°, est aussi évalué de manière large, là. Tu sais,
est-ce qu'on peut dire que c'est une prestation de services dans le cas d'un
pénitencier?
M. Bérubé (Mathieu) : Bien,
en... bien, là, évidemment, il y aura une part de... une part de discrétion,
là, du commissaire, dans l'interprétation de ses fonctions, toujours, mais, de
la façon que 6° est libellé, effectivement, c'est suffisamment large. On parle
de prestation de services destinés aux enfants. Donc, forcément, il faut qu'on
soit capables d'accoler le fait que le service est destiné à un enfant, là, ou
un jeune adulte, là, dans le cas... dans le cas...
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Ça fait que vous comprenez, là, le... puis j'espère que ça n'arrivera jamais,
mais ça fait partie de ce qu'on entend, là, que, malheureusement, il y a des
taux et des statistiques de jeunes contrevenants qui sont quand même de manière
surreprésentée, là, dans cette catégorie. Donc, au moins, de savoir que, là, ça
aussi, c'est couvert, puis de clarifier, parce qu'on... Je pense qu'on était
passés vite tantôt sur ce que ça voulait dire vraiment, ou hier, en fait, à 5,
deux, 6°, de l'élargir aux moins de 25 qui sont dans la situation de vulnérabilité,
là, évidemment, puis là ça pourrait vouloir dire plein... Bien, ça ouvre... ça
ouvre une grande porte, là, ça ouvre pas mal d'affaires, bien, tant mieux.
Parfait, ça fait que, moi, ça, ça me va, M.
le ministre. Moi, ce que j'avais fait, c'est que j'avais regardé les pouvoirs
de la commission, puis là je voudrais voir, dans la LPJ, ce qui est applicable et
ce qui n'est pas applicable puis ce qu'on vient calquer ou ce qu'on ne vient
pas calquer entre la commission puis notre commissaire. C'est l'exercice que je
vous soumettais rapidement ce matin. À 9 de la LPJ, on a prévu spécifiquement
que tout enfant a droit de communiquer en toute confidentialité avec la
commission. J'imagine que, vous, c'est implicite à ce que nous, on modifie,
dans 9, que c'est confidentiel, la discussion que va avoir le commissaire avec
le jeune. Est-ce qu'on nous confirme ça? Parce qu'il a fallu... Oui, oui, je
vois que...
M. Carmant : Qu'est-ce qui
n'est pas confidentiel que...
M. Cliche-Rivard : Bien, à la
LPJ, il a fallu spécifiquement qu'on crée un article qui dit que la discussion
entre la commission et le jeune est confidentielle. On a eu besoin d'une
disposition légale pour le confirmer à l'article 9 de la LPJ. Je vous pose
la question. Dans le cadre de 9, tel que vous amendez aujourd'hui, considérant
que, dans la LPJ, vous le prévoyez, là, que c'est confidentiel, est-ce que,
pour vous, c'est implicite ou est-ce qu'il ne faudrait pas expliciter que la
discussion entre le jeune et le commissaire est confidentielle?
M. Bérubé (Mathieu) : Là, en
fait, bien, le prochain amendement qui sera étudié, là, c'est-à-dire
l'article 29.1, vise à permettre au commissaire, lorsque c'est nécessaire,
aux mêmes fonctions, d'avoir accès à des renseignements confidentiels, donc,
autrement dit, aux dossiers tenus par le centre de protection de l'enfance et
de la jeunesse, notamment, là, qui concerne l'enfant, là, et qui permet de
l'identifier.
M. Cliche-Rivard : Oui. Moi,
je vous parle de la discussion, l'échange.
M. Bérubé (Mathieu) : Ça fait
partie du dossier, j'imagine que oui.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
partie du dossier?
M. Bérubé (Mathieu) : Je ne le
sais pas. Ça, je ne pourrais pas vous répondre, là, mais les...
M. Cliche-Rivard : C'est la
question que je vous pose.
M. Bérubé (Mathieu) : OK, ça,
désolé, je n'ai pas la réponse.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
que, bien, je vous la pose de manière claire parce qu'il y a beaucoup... Moi,
j'ai commencé quand même beaucoup de tournées d'appels dans les centres
jeunesse, et beaucoup de jeunes m'ont véhiculé une certaine... puis fondée ou
pas fondée, qu'importe, là, mais une certaine crainte de représailles. On m'en
parle, puis beaucoup de jeunes... puis à tort ou à raison, là, je ne suis pas
là pour faire un procès d'intention, là, mais ont décidé de dire : Oui,
moi, tu sais quoi, je ne vais pas dénoncer, parce que l'autre a dénoncé, mon
ami X a dénoncé, puis voici ce qui s'est passé pour lui. Puis, bon, pas besoin
de débattre du fond ou de la vérité de ça. Ce n'est pas ça que je veux dire
aujourd'hui. Ça fait que, moi, ma question... Je veux être sûr que les jeunes
aient 100 % de secret professionnel, entre guillemets, ou de
confidentialité avec le commissaire. Moi, je vois qu'à la LPJ il a fallu qu'on
l'écrive dans la loi.
• (12 heures) •
M. Carmant : Je pense, c'est
une discussion avec un avocat, en plus, dans la LPJ.
M. Cliche-Rivard : Puis il a
fallu l'écrire.
M. Carmant : Je pense que Me
Bérubé a de la nouvelle information...
12 h (version révisée)
M. Carmant : ...en plus dans
la LPJ.
M. Cliche-Rivard : Puis il a
fallu l'écrire.
M. Carmant : Je pense que Me
Bérubé a de la nouvelle information à partager.
Le Président (M. Provençal)
:Me Bérubé.
M. Bérubé (Mathieu) : Merci,
M. le Président. J'avais mal compris la question, là, tout à l'heure, je m'en
excuse, là. Autrement dit, c'est : Qu'est-ce qui serait échangé entre un
enfant et le commissaire comme tel? Ça, on le verra plus tard au chapitre V,
mais... Bien, en fait, d'une part, le commissaire a une immunité qui l'empêche
d'être contraint de divulguer ce qu'il aura obtenu comme renseignement à l'article 25,
puis d'autant plus qu'il prête serment à... de ne pas révéler, autrement que
quand la loi l'autorise, les renseignements qu'il aura obtenus dans l'exercice
de ses fonctions. Donc, non, effectivement, ce que... ce qui serait dit entre
le commissaire et un enfant, à mon avis, serait confidentiel.
M. Cliche-Rivard : OK, donc,
par les deux manières, de par son serment...
M. Bérubé (Mathieu) : Et l'immunité.
M. Cliche-Rivard : ...et l'immunité.
M. Bérubé (Mathieu) : Tout à
fait.
M. Cliche-Rivard : Bon. L'immunité
fait qu'il ne peut pas être contraint de le faire, mais l'immunité ne l'empêche
pas de le faire. C'est son serment qui l'empêche de le faire.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui,
exact.
M. Cliche-Rivard : On est d'accord
sur le...
M. Bérubé (Mathieu) : Oui.
M. Cliche-Rivard : OK. Donc,
le jeune aura toujours l'assurance que, lorsqu'il demandera à parler en
confidentialité avec le commissaire, il pourra toujours le faire.
M. Carmant : C'est l'intention.
M. Bérubé (Mathieu) : C'est l'intention.
M. Cliche-Rivard : C'est l'intention.
Puis, légalement, c'est blindé?
M. Carmant : Ça semble être
attaché, là.
M. Bérubé (Mathieu) : Bien,
évidemment, avec... avec entente, normalement, le commissaire va être tenu de
respecter la confidentialité qui est souhaitée, là, par le jeune, là.
M. Cliche-Rivard : OK. Et
vous êtes à l'aise qu'on n'a pas besoin de le spécifier, pour vous, avec les
deux autres articles?
M. Bérubé (Mathieu) : ...
M. Cliche-Rivard : C'est
implicite. On peut deviner que la CDPDJ avait les mêmes immunités?
M. Bérubé (Mathieu) : Probablement
similaires, tout à fait.
M. Cliche-Rivard : On peut
deviner que l'avocat de la CDPDJ avait le même serment, notamment par son
secret professionnel?
M. Bérubé (Mathieu) : ...le
secret professionnel qui s'applique.
M. Cliche-Rivard : OK. Alors
que dans... Oui, je vais vous laisser, chère collègue. Alors que là, on est
venus l'ajouter. Ça fait que je suis quand même satisfait par vos réponses, là,
franchement. Mais je me demande pourquoi, dans le régime de la LPJ, il a fallu
qu'on spécifie un article qui est venu comme enchâsser clairement ce droit-là,
de parler confidentiellement, que là on ne le ferait pas. Ça me titille un
petit peu, pour être 100 % honnête avec vous. Je pense que ma collègue
veut rajouter là-dessus.
M. Carmant : Peut-être dans
les années 70, là, je ne sais pas, il y a peut-être ce phénomène-là.
Des voix : ....
M. Cliche-Rivard : De?
M. Carmant : La
confidentialité de ce que dit un enfant, là, de... d'être l'évolution dans...
M. Cliche-Rivard : Oui,
peut-être l'évolution...
M. Carmant : Oui. Parce que
moi, c'était d'emblée...
M. Cliche-Rivard : Vous, c'était
d'emblée, mais je pense que...
M. Carmant : Puis je
comprends votre inquiétude, là, que ce soit bien clair, là, mais...
Le Président (M. Provençal)
:Mme la députée.
Mme Garceau : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. C'est une question que mon collègue... la question
que mon collègue a soulevée est vraiment très, très importante et pertinente au
niveau de la confidentialité, le maintien de celle-ci entre le commissaire et
surtout les enfants. Je regarde le... l'article 25, au niveau des immunité...
Donc, vous vous basez sur cet article-là pour confirmer qu'il va avoir une
confidentialité entre... de renseignements, de discussion, entre le commissaire
et l'enfant.
Une voix : ...
Mme Garceau : OK.
M. Cliche-Rivard : M. le
Président...
Le Président (M. Provençal)
:Oui.
M. Cliche-Rivard : ...moi, je
vous réfère à 9, là, le premier alinéa de 9 de la LPJ, là : «L'enfant
confié à un milieu de vie substitut a droit de communiquer en toute
confidentialité avec son avocat, avec le directeur qui a pris en charge son dossier,
avec la Commission ainsi qu'avec les greffiers du tribunal.»
C'est limpide. Pourquoi ne vient-on
simplement... puis vous l'ouvrez, la LPJ, déjà, là, pourquoi est-ce qu'on ne
vient juste pas dire «le commissaire au bien-être»? C'est limpide, à 9, la commission
est nommée, son avocat est nommé, le directeur est nommé, le greffier est nommé.
Moi, j'ajouterais la... «le commissaire».
M. Carmant : Est-ce qu'on
peut...
Le Président (M. Provençal)
:On va suspendre pour que vous puissiez
en discuter.
M. Carmant : Oui. Je ne suis
pas sûr, là. C'est...
Le Président (M. Provençal)
:Suspension, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 12 h 05)
(Reprise à 12 h 06)
Le Président (M. Provençal)
:Est-ce qu'on peut allumer le micro,
s'il vous plaît, de... Merci.
M. Carmant : Oui. Merci, M.
le Président. Donc, on m'a expliqué que ce à quoi fait référence le député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
c'est vraiment ceux qui sont impliqués dans l'application de la LPJ. Donc, le
rôle du commissaire est quand même différent, tu sais, on ne vient pas mettre
le Vérificateur général ou le Protecteur du citoyen. Donc, je pense qu'on est
assez bien équipés, avec ce qu'on fait comme amendement, pour ne pas avoir à
changer la LPJ à ce niveau-là.
M. Cliche-Rivard : Juste pour
qu'on comprenne bien, là, parce que là on est effectivement dans la LPJ, et non
pas dans le PL 37. Plus tard, votre amendement à 29.1 vient quand même
faire des modifications à la LPJ. Ça fait que, tu sais, j'ai... pas sûr que je
comprends bien le...
M. Carmant : Bien, les
intervenants que vous venez de nommer sont ceux qui sont dans le processus de
l'application de la LPJ.
M. Cliche-Rivard : Mais la
CDPDJ est là...
M. Carmant : Exactement, qui
joue un rôle important dans l'application de la LPJ.
M. Cliche-Rivard : ...dans
l'enquête, dans la vérif, dans la lésion.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Le
commissaire, lui, il va, de manière systémique, pouvoir faire ce travail-là
aussi.
M. Carmant : Oui, mais c'est
un rôle très différent, là.
M. Cliche-Rivard : C'est
certain, c'est certain, puis je ne remets pas ça en question, là. Le fond de
mon intervention, c'est sur la confidentialité.
M. Carmant : Non, mais je
pense qu'on est assez... En tout cas, de mon côté, je trouve que la loi est
assez bien...
M. Cliche-Rivard : ...puis,
comme je vous ai dit tantôt, je ne suis pas nécessairement pas convaincu, là,
je... Ça demeure une inquiétude qui nous a été partagée à, quand même,
plusieurs reprises, là, la crainte des jeunes. Puis, comme je le dis, justifiée
ou injustifiée, il demeure que, subjectivement, ils ont cette... ils m'ont
partagé cette crainte-là. Et il faut que ça soit limpide, clair aussi avec les
établissements, hein?
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Puis je ne
veux pas leur présumer rien, là, mais il faut que ça soit clair envers eux que
ce que le commissaire dit au jeune puis ce que le jeune dit au commissaire, ça
reste dans la pièce, puis ils ne sont pas là.
M. Carmant : Exact. Et
l'aspect... Tu sais, on va clairement l'indiquer, là, dans l'aspect
promotionnel du commissaire.
M. Cliche-Rivard : Que c'est
confidentiel?
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Ma
collègue de Robert-Baldwin semble lever la main.
Mme Garceau : Je veux juste,
M. le Président...
Le Président (M. Provençal)
:Allez-y.
Mme Garceau : ...une
précision, compte tenu que tout cet aspect-là, puis c'est clair comme de l'eau
de roche, là, dans la LPJ, en termes de la confidentialité, pourquoi est-ce
qu'on ne l'ajoute pas au PL 37? Pourquoi est-ce qu'il y a une hésitation?
Parce que même toute la question de l'immunité, l'article 25, on parle
d'une déposition. Une déposition, ça a quand même... ça a une... un terme
légal, là. Je ne sais pas pourquoi ça a été... le mot a été utilisé de cette
façon-là en termes d'une déposition. Mais, comme mon collègue l'a mentionné,
tout l'aspect de la confidentialité, les renseignements, les discussions, et
tout, entre le commissaire et l'enfant ou les enfants, il me semble que ça
devrait être spécifié dans le texte de loi.
M. Carmant : Bien, je
passerais encore, là, parce que c'est un peu ce que je viens d'expliquer, mais
je passerais la parole au... à Me Bérubé.
• (12 h 10) •
Le Président (M. Provençal)
:Me Bérubé.
Mme Garceau : Me Bérubé.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui.
Merci, M. le Président. En complément d'information, j'ai poursuivi ma lecture
de l'article 9, là, et la première phrase du deuxième alinéa de la Loi sur
la protection de la jeunesse précise que «l'enfant peut communiquer en toute confidentialité
avec ses parents, frères et soeurs ainsi qu'avec toute autre personne, à moins
que le tribunal n'en décide autrement», donc lire ici, le commissaire, qui
serait visé par toute autre personne, là, forcément, là.
M. Cliche-Rivard : Dans la
LPJ.
Une voix : ...
M. Cliche-Rivard : OK. Puis,
évidemment, on présume que jamais le tribunal, en tout cas, à moins de
situation abracadabrante, que je ne peux pas m'imaginer, limiterait le droit
d'accès. Dans la lecture, M. le Président, effectivement, là, de 5.2... pas de
5.2, de 9.2 LPJ, avec le serment, puis avec 9, je pense que... Puis, <si
vous en faites...
M. Cliche-Rivard :
...limiterait
le droit d'accès. Dans la lecture, M. le Président, effectivement, là, de 5.2...
pas de 5.2, de 9.2 LPJ, avec le serment, puis avec 9, je pense que... Puis, >si
vous en faites la promotion, de surcroît, je pense que le... j'espère que le
jeune se sentira libre de parler. Ça fait que ça, c'était pour 9. Je ne sais
pas si ma collègue a un point sur 9 LPJ.
Le Président (M. Provençal)
:...
M. Cliche-Rivard : Non, sur
l'article neuf LPJ, parce que la LPJ, elle est longue, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Oui.
Mme Garceau : ...j'avais un
commentaire concernant l'article 9 aussi...
M. Cliche-Rivard : Ah! bien,
allez-y.
Mme Garceau : ...un amendement.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, Mme la députée, à vous la
parole.
Mme Garceau : OK. Moi, c'est
au niveau... parce qu'entre les députés, on a beaucoup de difficulté à avoir
accès aux établissements. Ce n'est pas juste une question d'avoir accès, mais
c'est les délais occasionnés avec des demandes. On n'a aucune idée quand est-ce
qu'on va avoir accès, et donc là je veux m'assurer que... dans cet article, on
ne le précise pas. On peut faire une demande, il va y avoir accès à toute heure
raisonnable, mais on ne mentionne pas dans un délai raisonnable. Moi, je trouve
que ça serait important de préciser que ça ne sera pas, là... on fait une
demande, et puis, trois mois plus tard, il n'y a pas eu accès.
M. Carmant : Est-ce que je
pourrais passer la parole?
Le Président (M. Provençal)
: ...
M. Bérubé (Mathieu) :
Merci, M. le Président. Comme l'amendement précise qu'on vient contraindre,
dans le fond, l'organisme ici, là, à permettre au commissaire d'accéder au
lieu, donc c'est une obligation, là. Évidemment, ça se fait sur demande, mais
ce n'est pas... il n'a pas à analyser la demande puis à répondre oui ou non, il
est obligé de laisser le commissaire entrer. Donc, c'est différent de
simplement faire une demande puis qui pourrait être refusée. Là ici,
l'organisme, on lui crée une obligation.
Mme Garceau : Oui, mais on
veut s'assurer qu'elle soit exécutée quand même. Il y a l'obligation, mais il
me semble que j'aimerais que ça soit précisé que ça soit dans un délai
raisonnable pour avoir accès. Vous avez jugé bon de mettre «à toute heure
raisonnable», mais on n'a rien qui confirme à quel moment il va y avoir accès,
puis il me semble que ça, c'est vraiment fondamental.
M. Carmant : Avez-vous une
proposition de... Avez-vous une proposition?
Mme Garceau : Sous amender,
oui. On peut faire un amendement.
M. Carmant : Mais
verbalement, là, est-ce qu'il y a une proposition?
Mme Garceau : Oui, dans un
délai raisonnable»...
M. Carmant : Mais c'est un
peu paradoxal le «dans un délai raisonnable».
Mme Garceau : ...permettre au
commissaire d'accéder dans un délai raisonnable...
Le Président (M. Provençal)
:Excusez, on va suspendre, parce que
là ça devient de la cacophonie. Expliquez-vous hors d'ondes, puis, après ça, on
verra si on a besoin d'une modification. Alors, s'il vous plaît, on suspend.
(Suspension de la séance à 12 h 14)
(Reprise à 12 h 16)
Le Président (M. Provençal)
:Nous reprenons nos travaux. Alors, M.
le ministre, je vous cède la parole.
M. Carmant : Bien, en fait,
je voulais répondre à la question de la députée de Robert-Baldwin. Quand on
indique «sur demande», c'est... c'est sans délai, en fait. C'est quand... quand
le commissaire demande d'avoir accès à un établissement, on lui ouvre la porte.
Donc, c'est aussi simple que ça. Il n'y a même pas de délai raisonnable à
considérer, là, c'est quand il demande l'accès, on doit lui ouvrir la porte.
Mme Garceau : Sur demande,
sans délai.
M. Carmant : Ça vous va?
M. Cliche-Rivard : Donc, juste
pour qu'on soit clair, le commissaire se pointe. Il est 9 heures du matin,
il dit : Moi, j'ai un... bien, c'est lui même, ça fait que moi, j'enquête.
J'enquête sur mon pouvoir de 5.2.6, je veux rentrer. Puis il rentre.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Il n'y a
pas de question de : Ah! reviens donc à 13 heures, ou, ah! reviens
donc ce soir, ou... Non. Le seul frein, c'est : Regarde, là, il est
3 heures du matin, j'ai un staff... ou, je veux dire, je n'ai personne sur
le plancher, les enfants dorment, peux-tu venir à 9 heures du matin? Et
là, bon, il y a un discrétionnaire, en effet, de l'organisme public, mais on
s'entend, vous et moi, que, s'il arrive à 9 heures du matin, il rentre.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Sans délai.
M. Carmant : Sans délai.
M. Cliche-Rivard : Excellent.
Ça sera écrit pour la postérité. Collègue, vous êtes satisfaite de ça?
Mme Garceau : ...
M. Cliche-Rivard : Il va
rentrer comme ça.
Mme Garceau : ...mais c'est
correct. C'est bien.
Le Président (M. Provençal)
:On m'a...
Mme Garceau : Merci de cette
précision.
Le Président (M. Provençal)
:On m'a toujours dit qu'on ne doit
jamais alourdir...
M. Arseneau : ...
Le Président (M. Provençal)
:...l'aspect légal. Merci, M. le
député des Îles.
M. Cliche-Rivard : OK. Ça, M.
le Président, ça me ramène aussi au... à 25, 25, LPJ, ça dit : «Un membre
de la commission ou une personne à son emploi peut pénétrer dans un lieu si
motif», etc. Bon, c'est ce qu'on vient de clarifier. Ça fait que ce pouvoir-là,
à 25, et ce pouvoir-là, à 26, de la LPJ : «Un membre de la commission à
son emploi peut en tout temps pénétrer dans une installation et consulter un
dossier d'un enfant.» Ça fait que consulter le dossier, ça va être 29.1...
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : ...puis
rentrer dans l'établissement, c'est ce qu'on corrige à 9. Parfait.
63, LPJ, ça dit : «La commission
reçoit un avis avec des informations chaque fois qu'un enfant est hébergé dans
une unité d'encadrement intensif ou fait l'objet de mesures d'empêchement.»
Bon, ça, ce n'est pas son travail. Cela dit, a la capacité de le faire, si le
commissaire décide qu'il fait une enquête sur les mesures d'encadrement de
manière globale, systématique, lui, il pourrait, dans son pouvoir à 8, je
pense, demander les documents...
M. Carmant : Oui.
M. Cliche-Rivard : ...à la
DNPJ ou à un autre organisme applicable.
M. Carmant : Exact. Et là il
aurait même accès au dossier, s'il le faut, avec 29.
M. Cliche-Rivard : Là, il
aurait accès au dossier. Ça fait qu'il ne sera pas notifié, évidemment, au sens
de 63. Mais si lui décide, là, que, dans son rapport annuel, il est temps qu'il
regarde un peu le régime d'encadrement intensif puis qu'il décide d'en faire
une évaluation globale pour émettre des recommandations, c'est son pouvoir de
le faire, puis il demandera les documents, et on ne pourra pas lui soulever la
confidentialité, parce qu'il y a 29.1
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Les
légistes sont d'accord avec ma lecture?
Une voix : ...
M. Cliche-Rivard : Et donc la
prestation de services, 5.2.6, évaluer le régime d'encadrement intensif... dans
un centre jeunesse me semblerait particulièrement lié à son mandat, par exemple.
Donc, on peut deviner que oui dans cette interprétation-là, on me fait signe
que oui au niveau légiste. Ça fait que parfait. Ça, ça me rassure aussi.
À 72.5, ça, c'est : «La commission
peut présenter une demande de divulgation d'information confidentielle.» C'est
ce qu'on vient régler tantôt, à 29.1, pour demander de l'info confidentielle.
• (12 h 20) •
M. Carmant : Oui.
M. Cliche-Rivard : À 72.7 :
«La commission peut divulguer des informations confidentielles au DPCP et à la
police dans certaines circonstances.» Est-ce que ça, c'est applicable ou ce
n'est pas applicable?
M. Carmant : Ce n'est pas son
mandat.
M. Cliche-Rivard : Ce n'est
pas son mandat. Parfait. Ça fait que ça, c'est la commission qui fera ça, le
cas échéant.
72.8. : «La commission peut
communiquer une information confidentielle pour prévenir un acte de violence.
Encore une fois, j'imagine que ce n'est pas vraiment son mandat de faire ça.
M. Carmant : Non. Moi... Ce
n'est pas... ce n'est pas ce qu'on vise, en tout cas. Il faut vraiment...
M. Cliche-Rivard : Si, dans
cette logique-là... Ma collègue pose une bonne question : Qu'arrive-t-il si
l'enfant révèle au commissaire, notamment... ou une agression <qui se
perpétue...
M. Cliche-Rivard :
...ma
collègue pose une bonne question : Qu'arrive-t-il si l'enfant révèle au
commissaire, notamment... ou une agression >qui se perpétue?
M. Carmant : Ça, c'est comme
tout citoyen, là, il y a un signalement.
M. Cliche-Rivard : Je veux
juste, peut-être, qu'on tranche puis qu'on comprenne bien la limite de sa
confidentialité, comme elle s'applique pour un autre professionnel, là, avocat,
notamment...
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : ...quand
il y a la prévention d'un acte de violence, là j'imagine que, puis peut-être
les juristes nous le diront, il y a une limite à son serment dans la logique de
ce qui est prévu par le secret professionnel.
M. Carmant : OK. On me dit
abus sexuels, abus physiques, obligation citoyenne de signaler.
M. Cliche-Rivard : Obligation
citoyenne dans le cas d'abus sexuels, abus physiques. Ça, c'est prévu par... a
contrario du Code criminel?
Mme Lemay (Catherine) : C'est
dans la LPJ.
M. Cliche-Rivard : C'est la
LPJ. La LPJ dit que n'importe quel citoyen qui...
Mme Lemay (Catherine) : ...
est tenu de signaler pour un abus sexuel ou physique.
M. Cliche-Rivard : Ce que
l'enfant lui communique ou l'information qu'il a.
Mme Lemay (Catherine) : Bien,
s'il est témoin ou que l'enfant lui communique, peu importe, là, c'est sa responsabilité
citoyenne.
M. Cliche-Rivard : OK. Et
est-ce que... Y a-tu des limites à ça, eu égard au secret professionnel? S'il
communique ça avec son avocat, son avocat aussi est tenu de...
M. Carmant : Bien, pas pour
les médecins, en tout cas.
M. Cliche-Rivard : Pas pour
les médecins.
M. Carmant : Puis on l'a
enlevé, ça, dans la LPJ. On l'a enlevé dans la LPJ, là, tu sais, tout le monde,
maintenant, doit communiquer l'information pour protéger les enfants. C'est ce
qu'on a fait dans la protection de la jeunesse précédente.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Dans votre loi 15, la législature précédente?
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Donc, un
enfant qui explique au commissaire qu'il est actuellement encore... Est-ce que
c'est une obligation dans une agression continue ou, s'il lui divulgue que,
l'année passée, il a connu une agression? Là, l'application...
M. Carmant : Toute agression
sexuelle.
M. Cliche-Rivard : Toute
agression passée, continue, juste pour bien comprendre, là.
M. Carmant : Pour les
médecins, c'est toute agression sexuelle.
19593 M. Cliche-Rivard : Peut-être
juste s'en assurer, oui, sur d'autres choses après. Puis là je le dis parce
qu'il y a un article spécifique de la LPJ qui le prévoit à la CDPDJ. La CDPDJ
peut communiquer une information confidentielle pour prévenir un acte de
violence. Je veux juste être certain que notre commissaire se sente les mains
libres aussi.
M. Carmant : Absolument.
M. Cliche-Rivard : Peut-être,
on peut suspendre.
M. Carmant : L'obligation de
signaler est prévue, là.
Le Président (M. Provençal)
:...ils l'ont la réponse, ils te l'ont
donnée, mais je pensais qu'ils l'avaient donnée.
M. Carmant : On l'a changé
dans la loi il y a deux ans.
Le Président (M. Provençal)
:Il y a des éléments qui sont prévus
dans la Loi de la protection de la jeunesse. D'ailleurs, d'ailleurs, j'ai
l'impression qu'on a un cours de droit sur la LPJ ce matin.
M. Bérubé (Mathieu) : M. le
Président, donc, dans nos recherches, là, effectivement, l'article 39 de
la Loi sur la protection de la jeunesse, ça semble assez limpide, là, que toute
personne, même une personne autre que celle visée au premier alinéa, qui a un
motif raisonnable de croire que la sécurité au développement d'un enfant est
considérée comme compromis, au sens de certains paragraphes de l'article 38,
que je crois que les cas d'abus... et qui est tenue de signaler sans délai la
situation au directeur. Donc, l'obligation s'applique.
Une voix : ...
M. Bérubé (Mathieu) : 39.
M. Cliche-Rivard : Et votre
lecture de 39, c'est que ça inclut le commissaire.
M. Bérubé (Mathieu) : ...tout
citoyen, toute personne.
M. Cliche-Rivard : Ça dit
«tout professionnel», deuxième alinéa... 39, deuxième alinéa : «Toute
personne autre qu'une personne visée au premier alinéa qui a un motif
raisonnable de croire que la sécurité ou le développement d'un enfant est
considéré comme compromis au sens du paragraphe d et e du deuxième alinéa de 38
est tenue de signaler sans déla, la situation au directeur.»
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:C'est parce que mon rôle, c'est de
favoriser les échanges, mais, présentement, vous êtes plus... Je comprends que,
dans l'article, on parle d'un organisme public puis... Mais, présentement, on
débat plus des articles de la LPJ que des articles du projet de loi.
M. Cliche-Rivard : Spécifiquement,
parce qu'on veut s'assurer que notre commissaire ait tous les pouvoirs pour <faire
son travail...
Le Président (M. Provençal)
:
...plus des articles de la LPJ
que des articles du projet de loi.
M. Cliche-Rivard :
Spécifiquement,
parce qu'on veut s'assurer que notre commissaire ait tous les pouvoirs pour >faire
son travail, et que là, le régime actuel légal qu'on a, c'est la LPJ. Puis on a
bientôt terminé, là, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Vous voulez faire la liaison.
M. Cliche-Rivard : Je
veux faire... être sûr qu'on n'échappe pas de pouvoir.
Le Président (M. Provençal)
:C'est beau.
M. Cliche-Rivard : Puis
c'est évident que... Puis M. le ministre a été très clair sur le fait qu'il y
en a un qui va être individuel puis qui va traiter des cas par cas puis il y en
a un qui va être systémique. Mais c'est en faisant cet exercice-là qu'on est
venu ajouter des solides amendements, limpides et importants pour le PL, je
pense. Puis je remercie M. le ministre de les avoir acceptés.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va.
M. Cliche-Rivard : Mais
si on n'avait pas fait ce parallèle-là, peut-être, probablement qu'on serait
peut-être passé à côté de certains volets.
72.9, ça dit, «la commission a accès au
registre des signalements» Si le commissaire juge nécessaire de faire une
évaluation des signalements, il va pouvoir demander copie de la même façon à 29.1?
M. Carmant : Dans quel
sens?
M. Cliche-Rivard : Bien,
si lui décide qu'il fait une enquête sur... dans une région précise, là, il y a
eu des allégations que, bon, le jeune a passé quatre fois, ou cinq fois, ou six
fois en signalement, mais que, finalement, ça n'a pas été retenu, il n'y a pas
eu de placement, puis que là, bon, il est arrivé ce qui est arrivé. Si lui
décide qu'il veut faire une enquête sur le traitement des placements...
M. Carmant : Ça reste
des documents, oui, d'organismes publics.
M. Cliche-Rivard : Il va
pouvoir les demander. Parfait.
82, alinéa 2° ça dit qu'un membre ou
un employé de la commission est admis en tout temps aux audiences du tribunal,
malgré un huis clos.
M. Carmant : Non. Ça, ça
ne tient pas pour le commissaire.
M. Cliche-Rivard : Ça ne
tient pas pour le commissaire.
M. Carmant : Non, non.
M. Cliche-Rivard : Lui,
il ne peut pas rentrer dans une salle de cour...
M. Carmant : Non, non.
Bien...
M. Cliche-Rivard : ...parce
que là on individualise.
M. Carmant : Ce n'est
pas son but d'aller...
M. Cliche-Rivard : Ce
n'est pas son but.
M. Carmant : Oui.
M. Cliche-Rivard : OK.
Le Président (M. Provençal)
:Je vous signale qu'il vous reste une
minute.
M. Cliche-Rivard : Une
minute? Excellent! Une demande de copie l'ordonnance?
M. Carmant : Non...
M. Cliche-Rivard : Au
tribunal?
M. Carmant : Vraiment, le
juridique, là, ça reste CDPDJ, s'il vous plaît.
M. Cliche-Rivard : Ça,
c'est juridique, c'est la CDPDJ. Prendre connaissance de n'importe quel dossier
judiciaire d'un enfant, ça, c'est la CDPDJ.
M. Carmant : CDPDJ. Ne
mélangeons pas les rôles, hein?
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Bien, ça m'a pris 20 minutes, M. le Président, mais on a fait le tour des
pouvoirs de la CDPDJ et on les a appliqués, ceux qui étaient applicables, à
notre commission en bien-être des droits de l'enfant.
Le Président (M. Provençal)
:Et je pense que ça vous a fait... Les
réponses vous ont sécurisé.
M. Cliche-Rivard : Oui.
Et certainement apporter les magnifiques amendements qu'on reçoit aujourd'hui.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Y a-t-il d'autres
interventions sur l'amendement à l'article 9? S'il n'y a pas d'autre
intervention, est-ce que l'amendement, à l'article 9, est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
:Maintenant, y a-t-il d'autres
interventions sur l'article 9 amendé? Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : M. le
ministre me posait la question...on se posait la question, là il y a
l'organisme public puis il y a potentiellement le milieu de vie du jeune, là,
famille d'accueil ou autres. Qu'en est-il pour ce milieu de vie là? Est-ce que
le commissaire peut demander...
M. Carmant : Il ne
rentre pas dans les familles.
M. Cliche-Rivard : Il ne
rentre pas dans les familles. Non, mais je pose la question.
M. Carmant : Non. C'est
ma réponse.
M. Cliche-Rivard : La réponse,
c'est non. Vous sembliez... pas énervé, mais... Non. OK. Ça fait que là la
ligne est tracée, là, oui, centre jeunesse, oui, il va regarder. Je vous donne
l'exemple...
M. Carmant : Foyers de
groupe, par exemple, ça, oui...
M. Cliche-Rivard : Foyers
de groupe...
M. Carmant : ...mais pas
famille d'accueil...
M. Cliche-Rivard : Mais
famille d'accueil...
M. Carmant : ...ou
adoptive, ou des choses comme ça.
M. Cliche-Rivard : Non.
M. Carmant : ...ce n'est
pas la police.
M. Cliche-Rivard : Et
là, s'il y a un signalement ou un problème avec une famille d'accueil, bien
c'est la commission...
M. Carmant : C'est le
travail de quelqu'un d'autre, là, de la DPJ.
M. Cliche-Rivard : De la
DPJ, et après, si applicable, la commission qui viendra faire ce qu'elle a à
faire.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : OK.
Ça fait que... En fait, dans l'ensemble du PL, là, ça, c'est assez clair que
cette ligne-là n'est pas franchie.
M. Carmant : Je pense
que tout le monde va être satisfait de ça.
M. Cliche-Rivard : Il
pourrait y avoir des recommandations à la DPJ sur les meilleures directives ou
des meilleurs encadrements d'un choix de familles d'accueil. Ça, ça se peut
dans la manière systémique, genre : Faites donc attention, parce que...
• (12 h 30) •
M. Carmant : Ça, ça
reviendrait peut-être à la directrice nationale de le faire, là,
l'harmonisation des pratiques puis les meilleures pratiques, mais...
M. Cliche-Rivard : Et
lui peut faire des recommandations en ce sens.
M. Carmant : Il peut
travailler avec elle. Tout à fait.
M. Cliche-Rivard : Exactement.
Malheureusement, dans le sens où il est arrivé un scénario où un enfant placé a
été victime d'agression, on a vu ça dans les médias récemment, le commissaire
pourrait décider, au sens des articles qu'on a vus, notamment à 11.1, 11.2,
puis de son pouvoir à 5.2.6, de faire des recommandations, mais jamais, lui,
peut-il entrer ou aller directement dans une famille d'accueil, ce n'est pas
son rôle.
M. Carmant : Non, ce n'est pas
son rôle.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Puis ce n'est pas son rôle...
12 h 30 (version révisée)
M. Cliche-Rivard : ...dans une
famille d'accueil, ce n'est pas son rôle du tout?
M. Carmant : Non, ce n'est
pas son rôle.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Puis ce n'est pas son rôle nulle part dans la loi sur le commissaire?
M. Carmant : Non.
M. Cliche-Rivard : Ce n'est
pas ça, sa job.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Merci.
Le Président (M. Provençal)
:Y a-t-il d'autres interventions sur l'article 9
amendé? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 9 amendé
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Alors, on avait convenu
maintenant que, suite à l'adoption de l'article 9 amendé, nous irions à l'article 21.1.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:29.1, excusez-moi, oui. Alors, on va...
je vais vous demander d'aller projeter la... C'est un amendement qui introduit
un nouvel article, 29.1. Alors, M. le ministre, je vous invite à nous faire
lecture de 29.1.
M. Carmant : Oui, pour venir
compléter ce qu'on vient de faire à l'article 9.
L'article 29.1 note d'insérer, après
l'article 29 du projet de loi tel qu'amendé, ce qui suit :
«Loi sur la protection de la jeunesse
«L'article 72.6 de la Loi sur la protection
de la jeunesse (chapitre 34.1) est modifié par l'ajout, à la fin du
deuxième alinéa, du paragraphe suivant :
«au commissaire au bien-être et aux droits
des enfants, lorsque la divulgation est nécessaire à l'exercice de ses
fonctions visées au paragraphe 6 du deuxième alinéa de l'article 5 de
la Loi sur le commissaire au bien-être et aux droits des enfants.»
L'amendement vise à permettre au Commissaire
au bien-être et aux droits des enfants d'obtenir des renseignements
confidentiels concernant un enfant pris en charge par un directeur de la
protection de la jeunesse lorsque ceux-ci sont nécessaires à l'exercice de ses
fonctions d'évaluation de la prestation des services destinés aux enfants. Merci,
M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Interventions sur l'amendement
qui introduit l'article 29.1? Mme la députée.
Mme Garceau : Oui. Je veux
remercier le ministre, c'est vraiment... l'équipe, légistes, parce que c'est un
amendement très, très important, surtout compte tenu des situations dont vivent
les enfants actuellement. De pouvoir obtenir des documents confidentiels pour
le commissaire, ça va faire partie très, très importante de son mandat.
M. Carmant : Bien, je vous
remercie de l'avoir soulevé. Merci.
Mme Garceau : Merci.
Le Président (M. Provençal)
:Ça va? M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Oui,
merci, M. le Président. Oui, en effet, ça fait partie des choses qu'on avait
soulevées justement dans ce beau comparatif là entre la LPJ... et là on vient
justement modifier la LPJ. Donc, ça démontre toute la pertinence de l'exercice.
J'avais posé... et les légistes s'étaient démontrés
ouverts à nous l'expliquer, là, le régime de 72.5 et de 72.6 : Qu'est-ce
que c'est vraiment, là, qu'on vient modifier ici, pour notre compréhension à
tous et à toutes?
M. Carmant : Je passerais la
parole, M. le Président, à Me Bérubé.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui.
Merci. Donc, ce que prévoit le régime de protection des renseignements
confidentiels de la Loi sur la protection de la jeunesse... en fait, la règle
est prévue... la règle générale est prévue à l'article 72.5. Donc, ça fait
mention du fait que les renseignements recueillis dans le cadre de l'application
de la présente loi, soit la Loi sur la protection de la jeunesse, qui
concernent un enfant, qui vont permettre de l'identifier, ne peuvent être
divulgués sans le consentement de l'enfant lorsqu'il a 14 ans ou plus, ou sinon
avec le consentement des parents dans les autres cas. L'amendement vise
donc à ajouter une exception, à l'article 72.6, qui viserait à permettre
au commissaire, lorsque les renseignements sont nécessaires à l'exercice de ses
fonctions visées au paragraphe 6 du deuxième alinéa de l'article 5,
de recevoir communication de renseignements qui seraient autrement... en fait,
qui sont confidentiels et qui, autrement, nécessiteraient d'obtenir le
consentement.
M. Cliche-Rivard : OK. Tout
ce que le commissaire a à démontrer ou aura à démontrer, c'est que c'est en
lien avec son pouvoir à 5, 2, 6.
M. Bérubé (Mathieu) : Que c'est
nécessaire, oui, tout à fait.
M. Cliche-Rivard : Que c'est
nécessaire à l'exercice de son pouvoir.
M. Bérubé (Mathieu) : Exact.
Oui, oui.
M. Cliche-Rivard : Il n'a pas
à démontrer autre chose que ça, lui, il se justifie. Après, il pourrait y avoir
un débat, là, ça se peut, là, entre l'organisme public en disant : Moi, je
n'interprète pas ça, toi, tu interprètes ça, auquel cas, bon... on n'entrera
pas sur le débat juridique, là, mais, tu sais, il y aura une présomption que le
commissaire, si lui il décide que c'est dans sa job, à 5, 2, 6, on s'entend qu'à
moins d'exception, à moins que ça soit frivole, on va lui donner.
Et ça, ça concerne tout document, à 72.5,
tout renseignement recueilli dans le cadre de l'application de la présente loi.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui.
M. Cliche-Rivard : OK. Qu'en
est-il quand, là, on... parce que, là, on a parlé en jeunesse, puis là, nous
autres, on avait <une question sur le caractère confidentiel...
M. Cliche-Rivard :
...
là, on... parce que, là, on a parlé en jeunesse, puis là, nous autres, on avait
>une question sur le caractère confidentiel, point barre, d'un jeune,
point barre, là. Est-ce que ça, on... y a-tu des scénarios et des situations
où, en dehors du... de la LPJ, là, que la confidentialité pourrait être
invoquée, dossier médical, scolaire auquel... le dossier de sanctions à l'école
auquel le commissaire ne pourrait pas avoir accès?
M. Bérubé (Mathieu) : Évidemment,
je n'ai pas une connaissance approfondie, là, de tous les régimes de protection
des renseignements. Une fois cela dit, je peux peut-être vous apporter certains...
certaines explications en lien avec le régime de protection des renseignements
de santé et de services sociaux.
M. Cliche-Rivard : Oui.
M. Bérubé (Mathieu) : Donc,
la loi a sanctionné, en avril 2023, concernant un encadrement de ce type de
renseignements là, qui n'est pas en vigueur à l'heure actuelle, mais qui le
sera un jour, va permettre... en fait, permettrait, là, justement au
commissaire d'avoir accès à des renseignements qui lui sont nécessaires à
l'application de sa loi, donc de ses fonctions, et qui concerneraient, dans le
fond, un usager de... en fait, quelqu'un qui est concerné par les
renseignements de santé ou de services sociaux, là, tout à fait. Donc, oui, ça
serait permis aussi.
M. Cliche-Rivard : Oui, ça
serait permis...
Des voix : Oui.
M. Cliche-Rivard : ...de par...
là, vous me référez à la loi qui pas encore entrée en vigueur.
Une voix : Oui
M. Bérubé (Mathieu) : Par la
loi sur les renseignements. Sinon, pour d'autres types d'organismes qui ont
leur régime de protection des renseignements personnels qu'ils détiennent, pour
ceux que c'est la Loi sur l'accès qui s'applique, il faudrait se référer aux
règles qui sont prévues dans la loi sur l'accès, puis il y a une disposition
qui est quasiment la même, là, que celle qui est prévue dans la loi sur les
renseignements de santé, qui prévoit que la communication est possible quand
c'est nécessaire à l'application d'une loi. Donc, ça permettrait également au
commissaire, dans la mesure où c'est nécessaire toujours, d'avoir accès à des
renseignements qui seraient personnels.
M. Cliche-Rivard : Là, je me
pose la question parce que ce que vous dites n'est pas faux, puis là vous
modifiez puisque, là, vous n'avez pas eu le choix de modifier la LPJ parce
qu'elle ne trouve pas...
M. Bérubé (Mathieu) : Régime
plus strict.
M. Cliche-Rivard : ...ne fait
pas partie d'un régime plus strict, ne fait pas partie de... Là, je donne
l'exemple d'un jeune qui est en psychiatrie dans un établissement de santé
depuis un bon moment, mais qui est mineur, évidemment, puis il se retrouve à
avoir quelques situations similaires dans le même établissement, ce qui fait en
sorte que le commissaire a envie... veut aller vérifier. A-t-il, là, oui ou
non, accès aux documents? Au jeune, oui, parce qu'on a parlé d'organismes
publics, mais aux documents a-t-il accès pour un mineur?
M. Bérubé (Mathieu) : Il aura...
il aura accès aux renseignements en vertu du nouveau cadre légal de la loi sur
les renseignements de santé. En fait, il pourrait y avoir accès en vertu de ce
nouveau cadre légal là.
M. Cliche-Rivard : Il
pourrait dans un cadre légal non applicable actuellement.
M. Bérubé (Mathieu) : Bien, je
dis «il le pourrait» parce qu'évidemment il y a toujours la nécessité qui
s'applique à la communication des renseignements, là, mais il pourrait
effectivement, de la même façon que pour la LPJ, là. Le critère de nécessité
s'applique toujours, là, évidemment.
M. Cliche-Rivard : Oui, sauf
que, là, dans la LPJ, vous venez de le codifier, là.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui.
M. Cliche-Rivard : Alors que,
là, on...
M. Bérubé (Mathieu) : Bien, le...
quand je parle du nouveau... du nouveau régime légal, c'est la loi qui a été
sanctionnée en avril 2023... permettrait, dans ses dispositions, au
commissaire, dans la mesure où c'est nécessaire à l'application de sa loi,
d'avoir accès à des renseignements de santé et de services sociaux qui
concernent spécifiquement un individu.
M. Cliche-Rivard : Incluant
un mineur.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui.
M. Cliche-Rivard : Il n'y a
pas de limitation.
M. Bérubé (Mathieu) : Non.
M. Cliche-Rivard : Est-ce que
vous... Puis là, bon, s'il n'y a pas d'application, ça va prendre une
disposition réglementaire pour que ça rentre en vigueur, ça, que... Comment ça
se fait qu'un an et demi plus tard ce n'est pas entré en vigueur?
M. Bérubé (Mathieu) : C'est...
ça se fait par décision gouvernementale.
M. Cliche-Rivard : Décision
gouvernementale.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui.
M. Cliche-Rivard : Donc,
demain matin, notre commissaire, il n'y a pas accès.
M. Bérubé (Mathieu) : Je ne
peux pas me prononcer sur le fait qu'il ne sera peut-être pas nommé demain
matin, mais le...
M. Cliche-Rivard : Non, mais
vous sanctionnez la loi 37, puis le commissaire est nommé.
M. Bérubé (Mathieu) : À ce
moment-là, il faudrait effectivement aller voir au niveau de... du régime qui
est prévu à l'article 19 de la Loi sur les services de santé et les
services sociaux, mais, comme je vous dis, la nouvelle loi vise à écraser tout
ce régime-là pour le remplacer complètement.
M. Cliche-Rivard : Puis... Je
vais faire mes vérifications, là, sur les médias.
Le Président (M. Provençal)
:...M. le ministre, non?
M. Carmant : Non. J'allais juste
dire qu'il y a quand même, tu sais, le... au niveau hospitalier, il y a
d'autres personnes qui peuvent intervenir, là, avant le commissaire...
• (12 h 40) •
M. Cliche-Rivard : Oui...
M. Carmant : ...et avec qui
le commissaire va collaborer, là.
M. Cliche-Rivard : Pour nos
vérifications, là, sur le... sur la pause, avez-vous l'article dans votre... de
la nouvelle loi?
M. Bérubé (Mathieu) : ...attendez-moi
un instant, ne bougez pas. 72.
M. Cliche-Rivard : 72 du
nouveau...
M. Bérubé (Mathieu) : Chapitre R-22.1
M. Cliche-Rivard : Sauf que,
là, vous n'avez pas accès... d'accès direct, là, en même temps sur la
disposition dans la loi actuelle, là. Dans vos notes, vous ne l'avez pas.
M. Bérubé (Mathieu) : Dans le
cadre légal en vigueur actuellement, l'article 19 de la Loi sur les
services de santé et les services sociaux.
M. Cliche-Rivard : 19, LSSSS?
M. Bérubé (Mathieu) : Tout à
fait.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
On va juste aller vérifier. <À l'école...
M. Cliche-Rivard :
19.
LSSSS?
M. Bérubé (Mathieu) :
Tout
à fait.
M. Cliche-Rivard :
Parfait.
On va juste aller vérifier. >À l'école...
M. Carmant : Bien, il y a le protecteur
de l'élève à l'école.
M. Cliche-Rivard : Puis lui a
accès à...
M. Carmant : Ça... Je ne
connais pas la loi du protecteur de l'élève, mais c'est... on veut...
J'interviens parce que je ne veux pas qu'il y ait de chevauchement dans les...
ou de confusion dans les rôles, là.
M. Cliche-Rivard : Oui, puis
c'est important, c'est important.
M. Carmant : Oui, puis même
chose à l'hôpital. Tu sais, il y a quand même des mécanismes à l'hôpital,
également, là.
M. Cliche-Rivard : Moi,
l'inquiétude que j'avais globalement, c'est qu'on est effectivement venu
colmater une brèche excessivement importante pour la LPJ et pour le réseau de
la jeunesse.
M. Carmant : Exact. Parce
que, si on fait trop de chevauchements, personne ne va vouloir collaborer avec
notre commissaire.
M. Cliche-Rivard : OK. Puis
là on est vraiment... pour lui... pour que ne lui... pour que ne le... voyons,
pour qu'on ne lui oppose pas la confidentialité.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Puis les
régimes de confidentialité sont assez limités.
M. Carmant : Et particuliers
à la LPJ.
M. Cliche-Rivard : Et
particuliers. Et, dans tous les autres cas, sous réserve des dispositions
particulières, là, il fait ses demandes, il obtient les documents. OK. Ça fait
que, pour vous, c'est vraiment en ajoutant ou en modifiant 72.6 qu'on
vient boucler la boucle de ces interventions.
M. Bérubé (Mathieu) : Pour ce
régime strict là, évidemment.
M. Cliche-Rivard : Pour ce
régime strict.
M. Carmant : Puis on se
souvient que l'enjeu, c'était, tu sais, au niveau des centres jeunesse qu'on
avait soulevé tout ça.
M. Cliche-Rivard : Oui.
Est-ce que le coroner pourra divulguer des informations d'un mineur? Ça, il n'y
a pas d'enjeu, vous l'avez vérifié?
M. Bérubé (Mathieu) : Bien
là, actuellement, en fait, ce qui est prévu au projet de loi, c'est qu'il
communique tous les rapports qui concernent les personnes mineures. Donc, il
aura les renseignements sur...
Le Président (M. Provençal)
: ...
M. Bérubé (Mathieu) : C'est
ça.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
que ça, c'est scellé aussi, c'est réglé aussi.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui,
l'obligation est prévue.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
que vous, vous ne voyez pas de moment ou vous ne voyez pas de raison, là,
apparente, pour l'instant, dans laquelle le commissaire ne sera pas en mesure
de... ou se fera opposer la confidentialité pour ne pas avoir accès à un
document...
Le Président (M. Provençal)
:Rappelez-vous hier, pour le coroner,
il a été bien spécifié que, quand elle... le coroner va émettre son rapport,
automatiquement...
M. Cliche-Rivard : Direct.
Le Président (M. Provençal)
:...il va y avoir... vous l'avez dit
vous-même, il va y avoir une ligne directe.
M. Cliche-Rivard : OK. Ma
collègue avait une question, je pense.
Le Président (M. Provençal)
:Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. Mon collègue a soulevé un enjeu très important au
niveau de l'accès, et je regarde plus particulièrement dans les fonctions du
commissaire, le 5.2, l'analyse de l'état du bien-être des enfants au Québec et
réaliser annuellement un portrait de cet état, donc annuellement, ça veut dire
décrochage scolaire... Admettons, s'il y a un enjeu... on a vu des articles
concernant les anciens de la DPJ qui... où il y a eu des décrochages scolaires
et ce genre de choses, et, évidemment, il y a eu des difficultés suite à ça et
au niveau d'itinérance également. Et donc est-ce que... lorsque vous avez
rédigé le projet de loi, est-ce qu'il y a eu une étude en termes de... compte
tenu de ses fonctions prévues, qui sont quand même... juste le 5.2 est quand
même assez large, qui fait en sorte que le commissaire pourrait faire des
demandes auprès des commissions scolaires pour obtenir des documents, des
renseignements et peut-être... et peut-être dans d'autres organismes? Est-ce
qu'il a eu ce réflexe de voir... de s'assurer que, bon, on va prévoir... oui, le
commissaire, pour l'exécution de ses fonctions, il va devoir faire affaire avec
x, y, z, et donc selon les lois qui s'appliquent à ces...
M. Carmant : Exact, puis...
Mme Garceau : ...qu'on a tout
prévu, là, qu'il n'y aurait pas de problème en termes d'accès pour exécuter ses
fonctions selon qu'est-ce qui va venir, selon la loi, surtout concernant le
point 2, qui est quand même assez important?
M. Carmant : Non, absolument.
Puis, comme je disais hier, ça a été la partie la plus difficile, de venir
positionner le commissaire, qu'il soit assez transversal, sans nécessairement
empiéter ou s'insérer dans les... dans les différents autres protecteurs, soit
le Protecteur du citoyen, Vérificatrice générale, le <Commissaire santé
bien-être...
M. Carmant :
...Protecteur
du citoyen, Vérificatrice générale, le >
<i>le Commissaire
santé bien-être, le Protecteur national de l'élève, protecteurs qui sont...
pour les activités sportives. Donc, nous, on est... avec le projet qu'on
dépose, là, puis les fonctions... et tout ce qui nous manquait, comme je disais
hier, c'est l'accès aux données quand ils rentrent dans les centres jeunesse, puis
je pense que c'est ça qu'on vient combler. Mais tout le reste, là, ça a été
quand même bien étudié. Puis on ne veut pas lui donner... tu sais, on ne veut
pas qu'il aille en premier dans les écoles. Tu sais, il y a un Protecteur
national de l'élève pour ça, il y a d'autres mécanismes. Puis le lien, c'est que,
dans le... il y a un chapitre où on vient dire qu'il va collaborer avec les
différentes personnes puis c'est comme ça qu'ils vont travailler ensemble, et
non pas en silo.
Mme Garceau : Je ne pensais
pas qu'on était pour avoir une discussion concernant le mandat du protecteur de
l'élève aujourd'hui, mais ma compréhension, c'est le protecteur reçoit des
plaintes et va gérer les plaintes. Le rôle du commissaire est différent.
M. Carmant : Exact.
Mme Garceau : Donc, il n'y a
pas de chevauchement, et donc, oui, il pourrait collaborer avec le Protecteur
du citoyen...
M. Carmant : Ah, OK. Non,
c'est juste parce qu'on parle de confidentialité.
Mme Garceau : ...protecteur
de l'élève pour avoir un échange, là, il y a l'article 11, je crois, pour
avoir une collaboration, mais c'est plus pour que le commissaire, lui, dans ses
fonctions, il va falloir qu'il fasse une analyse du bien-être... tu sais, en
général, des enfants du Québec. Là, on parle évidemment de tous les enfants du
Québec. C'est pour ça que je voulais vérifier... c'est sûr que qu'est-ce qui se
passe dans nos écoles, côté violence, côté décrochage, et tout, le commissaire
a un rôle à jouer pour faire des recommandations, pour améliorer les choses.
M. Carmant : Oui, mais comme
je disais hier, ça, ça se fait plus par sondage, puis c'est... jusqu'à présent,
c'est surtout la santé publique qui fait ces analyses-là, mais le commissaire
va venir se concentrer sur les aspects jeunesse. Et, oui, s'il a des recommandations
à faire, il va les faire. Moi, je ne pensais pas... je parlais de l'aspect des
plaintes parce qu'on est dans le... l'article sur la confidentialité, mais
c'est sûr que le rôle du commissaire est beaucoup plus large.
Mme Garceau : OK.
Le Président (M. Provençal)
:Autres interventions? S'il n'y a pas
d'autre intervention... Ça m'aurait surpris, honnêtement, là. M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : M. le
Président commence à me connaître un petit peu. On a passé des heures
considérables au sous-sol du Kirkland, au PL 15 ensemble. Pourquoi ça a
été décidé finalement? Tu sais, quand on a eu ce débat-là, au début, on parlait
de l'ajouter à 9. Finalement, vous avez pris la réflexion que c'était plus
utile de modifier la LPJ. Pourquoi est-ce que, tu sais, la phrase ou
l'assertion qu'on a... tu sais, nul ne peut opposer la confidentialité au
commissaire, pourquoi vous ne l'avez pas directement juste prévu dans le cadre
législatif qu'on institue, là?
Parce que, là, pour une première fois, si
je ne m'abuse, vous venez changer la LPJ. Pourquoi c'était important pour vous
qu'on aille ouvrir cette loi-là plutôt que de directement mettre au commissaire,
de manière limpide, dans sa propre loi, que lui, là, il arrive avec un badge
spécial, badge du commissaire, puis que ça ouvre les portes?
M. Carmant : Je passerais la
parole, M. le Président, à Me Bérubé.
Le Président (M. Provençal)
:Oui. Maître.
M. Bérubé (Mathieu) : Merci,
M. le Président. En fait, c'est une question de... c'est une question de...
comment je pourrais dire, pour faciliter la lecture de la loi, là. Ici, le
régime confidentiel plus strict de la Loi sur la protection de la jeunesse est
prévu à 72.5 et suivants. Donc, de mettre l'exception ailleurs, des fois, c'est
un peu moins commode pour les lecteurs qui, évidemment... qui sont plus à même
de connaître ce régime-là, évidemment, ils se réfèrent à ces articles-là. Donc,
en l'ayant directement à 72.6, bien, on comprend que c'est une des exceptions
qui permet au commissaire d'obtenir ces renseignements qui lui seraient
nécessaires.
• (12 h 50) •
M. Cliche-Rivard : OK. Vous
avez parlé... vous m'avez bien expliqué, Me Bérubé... vous avez mentionné le
truc du 14 ans, là, pour le consentement. Pouvez-vous nous l'expliquer?
Finalement, si le jeune a plus de 14 ans, il va pouvoir s'opposer à ce que
le commissaire obtienne ces documents? C'est-tu ça que ça veut dire, le 72.5?
M. Bérubé (Mathieu) : En
fait, la règle prévue à 72.5, c'est que, si l'enfant a 14 ans ou plus, il
peut consentir à ce que ses renseignements de la protection de la jeunesse, qui
le concernent, qui l'identifient, soient communiquées à un tiers. Il peut
consentir. Mais ce que prévoit 72.6, c'est une divulgation des renseignements
aux fins du commissaire, sans le consentement du jeune.
M. Cliche-Rivard : Sans le
consentement du jeune.
M. Bérubé (Mathieu) : Exactement.
M. Cliche-Rivard : <
Ça
fait que le jeune...
M. Bérubé (Mathieu) :
...aux
fins du commissaire, sans le consentement du jeune.
M. Cliche-Rivard :
Sans
le consentement du jeune.
M. Bérubé (Mathieu) :
Exactement.
M. Cliche-Rivard : >
Ça
fait que le jeune de 17, comme le jeune de quatre, comme le jeune de six ans,
du moment où le commissaire demande les dossiers, eux, leur opinion n'est pas
considérée dans ce contexte-là. C'est vraiment à 72.5, que, à part les
exceptions : Vous autres, là, s'il a 14 ans, est-ce que tu veux, M.
14 ans, que... petit 14 ans, que ton dossier aille chez M. X? Oui? C'est
bon. Mais pas dans le cas du commissaire, lui, il passe par les exceptions,
comme la police, comme les autres, le ministère de la Justice, tout ça.
M. Bérubé (Mathieu) : Il peut
toujours demander le consentement, mais c'est qu'il y a une permission... une
exception prévue à 72.6, là.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
On a eu des discussions sur le «dénominalisé» ou «nominalisé», là, j'aurais
juste voulu qu'on clarifie ça. Là, il n'y aura pas de... il n'y a plus de
caviardage, il n'y a pas... on n'enlève pas de nom, c'est le dossier tel quel,
là.
M. Carmant : Confidentiel...
M. Cliche-Rivard : Confidentiel.
Le Président (M. Provençal)
:Ça a été mentionné hier aussi.
M. Cliche-Rivard : Bien, hier,
on était sur un débat, là. Puis ce matin, c'est 29.1 qui nous le confirme.
Donc, il n'y aura pas de caviardage.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Les juristes
nous confirment ça, il n'y aura pas de caviardage?
M. Bérubé (Mathieu) : Dans la
mesure où c'est nécessaire à l'exercice des fonctions, il pourrait avoir accès
aux renseignements qui sont identificatoires, effectivement.
M. Cliche-Rivard : OK. Donc,
l'organisme public pourrait décider d'en caviarder une partie en estimant que
ce n'est pas nécessaire à l'exercice des fonctions du commissaire.
M. Bérubé (Mathieu) : En
fait, comme on disait tout à l'heure, évidemment, il y a toujours des
discussions, des échanges entre les organisations pour s'entendre sur qu'est-ce
qui est nécessaire. Donc...
M. Cliche-Rivard : OK. Puis
qui est l'arbitre de ça si le commissaire s'estime lésé dans la divulgation? C'est-tu
le tribunal? C'est qui?
M. Bérubé (Mathieu) : Bien,
normalement... En fait, c'est que le détenteur des renseignements confidentiels
ou personnels, c'est lui qui en est responsable, c'est lui que la... La loi
confie à l'organisation la protection de ces renseignements-là. Ici, on a une
protection très, très forte, là, vu le régime strict. Donc, c'est vraiment le
directeur de la protection de la jeunesse qui est responsable de la protection
de ces renseignements-là.
M. Cliche-Rivard : Puis si le
commissaire n'est pas d'accord dans l'interprétation que fait le DPJ, la DPJ,
de la divulgation, puis qu'est d'avis que ça ne lui permet pas de faire sa job
à 52.6, c'est quoi, son mécanisme?
M. Bérubé (Mathieu) : J'imagine
qu'il pourra faire des recommandations pour faire des réformes législatives, au
besoin.
M. Cliche-Rivard : À 11.1, 11.2,
11.3.
M. Bérubé (Mathieu) : Mais
normalement...
M. Cliche-Rivard : Mais il
n'existe pas... Ça ne sera pas transféré à la Commission de l'accès à
l'information, par exemple...
M. Bérubé (Mathieu) : Non,
non, non. Tout à fait.
M. Cliche-Rivard : OK. Alors
que, dans d'autres cas, dans le régime non spécifique de la LPJ, si
effectivement il demande une divulgation à la commission scolaire, qui ne lui
donne pas, ou ailleurs, là, les régimes applicables pourraient s'appliquer.
M. Bérubé (Mathieu) : Là... Mais
là on parle du régime d'accès aux documents des organismes publics, donc si on
se fait refuser l'accès à un document on peut se retourner vers la Commission
d'accès à l'information. Même chose si on nous refuse l'accès, par exemple, à
un renseignement personnel, mais qui me concerne, je pourrais m'adresser à la
Commission d'accès à l'information, dans la mesure où c'est ce régime-là qui
s'applique au renseignement en question, pour obtenir accès, l'accès à mon
enseignement qui me concerne. Mais ça, c'est le régime de la Loi sur l'accès à
l'information.
M. Cliche-Rivard : OK. Et non
pas le pouvoir prévu du commissaire qui, lui, est un cadre différent.
M. Bérubé (Mathieu) : Exact, tout
à fait.
M. Cliche-Rivard : Puis, dans
ce cadre-là, le fin mot puis la décision finale va appartenir à l'organisme
détenteur des informations. Puis, si le commissaire n'est pas content, il
écrira qu'il n'est pas content, mais ça va s'arrêter là, à moins qu'il fasse
intervenir 11.1, 11.2, 11.3 puis là... mais il va être encore pas content,
mais, dans le sens... c'est ça, son mécanisme. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:S'il n'y a pas d'autre intervention...
Mme la députée, allez-y.
Mme Garceau : M. le Président,
je voulais juste... Parce que je me souvenais d'un article en particulier
concernant le fort taux de décrochage, les enfants qui ont passé par la DPJ. De
nouvelles données montrent que «le tiers des jeunes passés par la DPJ se
retrouvent dans une situation précaire à l'âge adulte. Ils sont trois fois plus
nombreux que les jeunes du même groupe d'âge qui ne sont pas passés par les
centres jeunesse à être sans emploi, sans diplôme et sans formation».
Pour moi, compte tenu des fonctions du
commissaire, le commissaire pourrait mener une enquête là-dessus et pourrait
avoir des documents... Parce que, là, ce n'est pas un mandat du Protecteur
national de l'élève qui va faire... mener une enquête, ça serait le mandat du <i>commissaire
au bien-être.
M. Carmant : Oui, il peut se
saisir de ce mandat-là.
Mme Garceau : Et qui pourrait
obtenir les renseignements des commissions scolaires, et tout ça, pour
déterminer aussi...
M. Carmant : Exact. Nous, on
va travailler avec maître... avec M. Goyette pour améliorer ça.
Mme Garceau : Exact. Exact.
Le Président (M. Provençal)
:S'il n'y a pas d'autre intervention,
est-ce que l'amendement introduisant l'article 29.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, le nouvel article 29.1
est donc adopté. <Maintenant...
Le Président (M. Provençal)
:
...l'article 29.1 est
adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Président (M. Provençal)
:
Alors, le nouvel
article 29.1 est donc adopté. >Maintenant, on revient à
l'article 14...
M. Carmant : Parfait, M. le
Président.
Le Président (M. Provençal)
:...donc l'amendement qui a été déposé
à l'article 14. Il nous reste moins de cinq minutes pour réouvrir les
discussions. Alors, consentement pour qu'on revienne à l'article 14... à
l'amendement, excusez-moi, de l'article 14? Ça va?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Alors, je suis prêt à recevoir
vos interventions.
M. Carmant : Bien...
Le Président (M. Provençal)
:M. le ministre, allez-y.
M. Carmant : Oui. Bien, je
commencerais par, tu sais, remercier les collègues, là. On a eu une rencontre
ce matin, qui s'est très bien déroulée, là, avec le chef Picard et ses... et
les gens de l'APNQL, puis, également, je pense, ça a été fait de façon très...
très courtoise. Et comme... comme disait le député de Saint-Henri—Sainte-Anne :
C'est peut-être... on tourne la page, là, sur nos relations avec les Premières
Nations. Et, tu sais, encore une fois, c'est important de dire que ce sera à
eux de nommer leur commissaire et que nous, on va être là pour les appuyer.
Donc, je suis prêt à entendre vos suggestions pour la suite des choses.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. C'est important ce que le ministre vient de dire, notamment aussi
de faire, là, pour... Puis je pense qu'il ne faut pas sous-estimer le... la
portée de ce qui a été fait ce matin. Puis moi, je, vraiment, remercie le
ministre d'avoir permis que ça se fasse, là, aussi rapidement. Hier, on
soumettait une demande, qui nous avait été transmise par l'APNQL, à savoir
qu'ils voudraient nous entendre... pardon, ils voudraient qu'on les entende.
Le Président (M. Provençal)
:Ils voulaient...
M. Cliche-Rivard : Oui, je
suis déjà au salon bleu dans mon esprit, M. le Président. Ils voulaient qu'on...
Ils avaient des choses à nous dire puis ils avaient des questions encore
sous-jacentes, beaucoup de questions pour lesquelles ils attendent encore
quelques réponses. J'y reviendrai. Mais de quand même, en pleine étude
détaillée... puis je vous remercie, vous aussi, M. le Président, d'avoir...
qu'on ait pris tous et toutes le temps de les recontacter et de les réentendre
à même une étude détaillée... Bon, je n'ai pas une longue expérience
parlementaire, là, mais on me dit que ce n'est pas arrivé souvent...
Le Président (M. Provençal)
:Je vous le confirme.
M. Cliche-Rivard : ...et tant
mieux. Et j'en félicite le leadership du ministre. Il semble... Moi, je suis
convaincu qu'il est... il l'a dit aussi ce matin, là, un partenaire réel des
Premières Nations et des Inuits. Puis, dans le contexte post C-92, postjugement
de la Cour suprême, je le souhaite ardemment qu'on soit en train de passer à
quelque chose de nouveau, une réconciliation forte, je le souhaite. On a du
terrain ou du chemin à faire devant nous. Rien n'est gagné, rien n'est joué, mais
la main est tendue, puis probablement les amendements ou les questions qui s'en
viendront, là, je le souhaite, potentiellement, possiblement de leur part,
s'ils le souhaitent, dans les prochaines heures ou dans la prochaine heure,
vont nous permettre de continuer ce chemin-là. Mais, quand même, je ne voudrais
pas qu'on sous-estime le moment potentiellement historique, là, de ce que c'est
que nous, comme Assemblée nationale, d'avoir pris... d'avoir suspendu, entre
guillemets, nos travaux pour les réécouter, là de voir leur questionnement,
vraiment, je pense qu'on est un pas dans la bonne direction.
Puis ça méritait d'être souligné, M. le
ministre, puis vous avez fait un bon coup, on a fait un bon coup. On a du
boulot à faire devant nous, mais je tenais à le dire tout de suite que je vous
en remercie. Je sais que ça n'a peut-être pas été si simple à régler puis à
organiser, mais vous y avez mis votre poids, on y a mis notre poids, puis je
pense qu'ils peuvent considérer qu'autour de la table, on a tendu une main.
Après, cette main-là, comment elle se conclut? Ça, c'est l'avenir qui nous le
dira, mais on a quand même tendu une grande main, et je trouve ça quand même
important de le dire, là, ici, en commission, et de vous remercier, M. le
Président, aussi, d'avoir fait qu'on puisse tenir ça rapidement.
Le Président (M. Provençal)
:Merci beaucoup, M. le député. Alors,
considérant l'heure, on va suspendre les travaux jusqu'à 14 heures. Merci.
(Suspension de la séance à 13 heures)
14 h (version révisée)
(Reprise à 14 h 07)
La Présidente (Mme Poulet) : Alors,
bonjour à tous. La Commission de la santé et des services sociaux reprend ses
travaux. Nous allons poursuivre l'étude détaillée du projet loi 37, Loi
sur le commissaire au bien-être et aux droits des enfants.
Nous allons suspendre les travaux pour
quelques instants. Nous allons vous revenir.
(Suspension de la séance à 14 h 08)
(Reprise à 14 h 24)
Le Président (M. Provençal)
:Nous allons reprendre nos travaux.
Alors, je vais inviter le député de Saint-Henri—Sainte-Anne à nous présenter
l'amendement à l'article 14.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. Je vais le lire, j'expliquerai après, là : Modifier
l'amendement à l'article 14 — donc c'est un sous-amendement — de
la loi afin... à la fin du premier alinéa, pardon, en remplaçant... donc, il y
avait : «visant à assurer l'harmonisation de leurs interventions à l'égard
des enfants et des jeunes adultes des Premières Nations ou des Inuit» par
«visant à assurer la coordination de leurs actions pour soutenir les enfants et
les jeunes adultes des Premières nations ou des Inuit.»
M. le Président nous faisait remarquer
qu'effectivement il y aura une modification pour un n majuscule au deuxième...
au niveau libellé pour «Premières Nations».
Donc, M. le Président, tu sais, on y
reviendra plus en détail tout à l'heure. Pour être très transparent, là, avec
tous et toutes, les membres de la commission ont reçu une série de propositions
de la part de l'APNQL. Les propositions, bon, seront étudiées et détaillées un
peu plus tard. Il y en avait une, cela dit, qui concernait le libellé précis de
l'article qu'on est en train d'étudier, là, c'est-à-dire l'article 14.
Donc, je soumets qu'on pourrait en disposer en premier. Il y a là une
distinction, je pense, quand même importante, dans la philosophie, entre
harmonisation et coordination. Je ne veux pas parler à la place du ministre,
mais je pense qu'il y avait, de son côté, une ouverture, donc je vais le laisser
commenter, mais je pense que... Donc, de notre côté, nous aussi, quand on a lu
ou quand on a vu cette modification-là proposée, on était d'avis que c'était
une bonne position, alors c'est pour ça qu'on la soumet à la commission.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. M. le ministre.
M. Carmant : Oui, merci, M.
le Président. Puis, tu sais, dans le respect des distinctions entre les
différentes nations des Premières Nations et des Inuits, je suis d'accord avec
le député de Saint-Henri—Sainte-Anne que le terme «coordination» est peut-être
mieux placé que le terme <«harmonisation»...
M. Carmant :
...est
peut-être mieux placé que le terme >«harmonisation», parce qu'on va
respecter, évidemment, chaque commissaire qui sera nommé par les Premières
Nations et les Inuits. Donc, je n'ai aucun enjeu avec le... en fait,
j'accueille favorablement, je dirais même, le terme «coordination».
Le Président (M. Provençal)
:OK. Puis c'est la même chose pour la
notion d'harmonisation, en haut : dans un premier temps, on parle
d'harmonisation et, dans un deuxième temps, de la coordination?
Des voix : ...
M. Carmant : Il vient
remplacer, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Oui. C'est ça. OK. Je voulais être
sûr qu'il n'y avait pas de... qu'on comprenait tous la même chose.
M. Carmant : Exactement.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Oui, allez-y, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Peut-être
par transparence complète, là, ce qui était demandé, c'était également d'avoir
le volet famille, là, considérant que le projet de loi vise directement et
spécifiquement les enfants et les jeunes. La proposition que nous, on soumet,
donc, je le dis, là, ne répond pas à 100 % à ce qu'on a reçu comme demande.
Cela dit, dans notre opinion, c'est ce qui s'inscrit le mieux dans le projet de
loi, tel quel, donc je voulais quand même être clair et transparent à l'effet
que ce n'est pas un oubli, là, c'est véritablement notre adaptation,
considérant l'effet, la fonction, les buts de ce commissaire-là et ce qu'on a
limité, donc, aux jeunes et aux jeunes adultes. Donc, voilà, c'est pour ça que
je voulais quand même l'expliquer, pour qu'on soit transparents avec eux, partenaires.
On fait un geste positif, soyons quand même transparents aussi.
Le Président (M. Provençal)
:Autres interventions? S'il n'y a pas
d'autre intervention, est-ce que le sous-amendement déposé à l'amendement à
l'article 14 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
:Adopté. Merci. Alors, on revient
toujours à notre amendement à 14. Y a-t-il des interventions? Oui, M. le député
de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. Bon. M. le ministre, il y a d'autres éléments qui sont soumis,
là, on verra comment on se comporte, le cas échéant, mais j'ai surtout des
questions à vous poser, puis je pense que vous aussi, peut-être, vous allez
profiter pour en faire, des clarifications.
De la part de l'APNQL, il y avait une
demande relative à M-30. Et là, vous, vous le mettez, là, dans votre
amendement, «conformément à la loi sur le ministère du Conseil exécutif». Eux
demandent de nouveau au gouvernement du Québec d'exclure les ententes entre les
communautés ou les regroupements de communautés et le commissaire de la
loi M-30. Ils demandent au gouvernement aussi de travailler le plus
rapidement possible sur un décret excluant les ententes entre les communautés
ou le regroupement de communautés et le commissaire de l'application du
processus M-30 afin qu'il soit adopté en même temps que le projet de loi.
On a, avec l'équipe de recherche, également ressorti
leurs représentations, notamment dans le PL 15, où ils avaient fait des
représentations en ce sens. Peut-être, de manière informative, là, où
est-ce que vous êtes sur cette réflexion-là, du côté gouvernemental? Est-ce que
les choses bougent? Bref, je vous laisserais le micro pour leur répondre.
Le Président (M. Provençal)
:M. le ministre.
M. Carmant : Oui. Bien, on...
Merci. Avec discussion avec mes collègues, on a décidé de le maintenir, dans un
contexte de cohérence gouvernementale, également pour s'assurer que les
ententes que le commissaire va faire avec ses homologues seront, évidemment,
notées ou que le ministre responsable des Premières Nations et Inuit soit avisé
de ces changements-là. Donc, ça a été une décision par cohérence, je vous
dirais.
M. Cliche-Rivard : OK. Est-ce
que, pour les fins de la commission, là... par vous ou légalement, est-ce que
vous pouvez nous exprimer qu'est-ce que ça change de mettre ou de ne pas mettre
M-30 dans le libellé de 14? Pourquoi on fait référence...
M. Carmant : Parce que si ça
ne passe pas par le processus, le commissaire pourrait faire des ententes et
personne au gouvernement n'en serait avisé, et on veut quand même être au
courant de ces différentes ententes. Mais je tiens à rassurer tout le monde, je
pense qu'ils ont été... je pense que le processus a déjà été très long, dans le
contexte de 37.5, là, de l'ancienne loi, de la LPJ, mais ici on va s'assurer
que les choses se fassent promptement.
• (14 h 30) •
M. Cliche-Rivard : OK. Donc,
la référence à M-30 fait en sorte que le commissaire, dans ses futures
ententes, va avoir passé par le gouvernement?
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Puis, si
ça, ce n'est pas là, ça fait en sorte que le commissaire, directement, transige
sans passer par vous, directement avec les différentes communautés, sans passer
par le ministère, l'exécutif, finalement, sans passer par vous?
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : OK. Et
donc ça, ça lui... ça le contraint...
14 h 30 (version révisée)
M. Carmant : …exact.
M. Cliche-Rivard : OK. Et
donc, ça, ça lui... ça le contraint de le faire. Puis là ce que vous dites, c'est :
Ne vous en faites pas, on ne sera pas un frein ou on ne sera pas une étape...
oui, un frein, là, de cette collaboration-là.
M. Carmant : Oui, parce que
leur expérience, c'est que ça a pris 10 ans pour 37.5.
M. Cliche-Rivard : C'est ça.
M. Carmant : Ça, c'était un...
plus qu'un frein, là. Donc, non, nous, ce qu'on va dire... nous, ce qu'on dit,
c'est qu'on va s'assurer que les choses avancent promptement.
M. Cliche-Rivard : Et qu'est-ce
qu'eux veulent dire quand ils nous demandent — puis dans la logique
de M-30 — quand ils nous demandent un décret excluant... ou de
travailler le plus rapidement possible sur un décret excluant les ententes
entre les communautés et les regroupements de M-30? C'est que, finalement, dans
M-30, il y a une possibilité de décret. C'est ça qu'eux demandent?
M. Carmant : Je n'ai pas le...
Je ne peux pas répondre à cette question. Je ne sais pas si...
M. Cliche-Rivard : OK. Est-ce
que peut-être juste l'équipe légale peut le confirmer?
Le Président (M. Provençal)
:...
M. Bérubé (Mathieu) : Oui. Merci,
M. le Président. Effectivement, en fait, la loi M-30 en question, là,
prévoit la possibilité, là, du gouvernement, là, d'exclure l'application de la
présente section, donc, de la loi en tout ou en partie, une entente ou catégorie
d'entente. Donc, effectivement, ça vise un pouvoir gouvernemental qui est prévu
à la loi.
M. Cliche-Rivard : OK. Donc,
eux disent : Très bien, on comprend, mais excluez-le par décret, puis on
va faire nos affaires. Vous, vous dites : On n'est pas rendus là, on veut
que ça passe encore par nous, mais on va être un collaborateur, puis on va agir
promptement.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : OK, je
comprends cet élément-là. Donc, j'espère que cela répond... répond
partiellement ou, en tout cas, du moins, en partie à la demande qui était
soulevée de leur part. Parce que... pour aussi agir en pleine transparence, là,
ça faisait partie des demandes de propositions d'amendement qu'on a reçues,
donc de rayer le... conformément à la... à la Loi sur le ministère du Conseil
exécutif. Moi, j'entends la réponse gouvernementale, là, je ne soumettrai pas d'amendement
sur cette proposition-là. Vous, vous parlez, bon, par canal un peu interposé,
mais je me... je ne me fais pas garant de ce... de cet amendement, mais je
pense que vous y avez quand même répondu. Puis j'espère que ces ententes ou ces
réflexions-là vont se continuer. Je vois que ma collègue lève la main, là. Je
vais lui passer le micro.
M. Carmant : Puis juste pour
compléter, puis vous étiez là, je leur en ai parlé, je les avais avisés ce
matin également.
M. Cliche-Rivard : Oui. Je ne
dis pas le contraire.
M. Carmant : Parfait.
Le Président (M. Provençal)
:Oui, le ministre avait été très
transparent lors de la discussion ce matin. Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Oui. Merci, M.
le Président. Je n'ai pas eu la chance, cet avant-midi, de remercier le
ministre et son équipe, compte tenu de la discussion que nous avons eue, qui a
été vraiment productive pour avancer des choses, évidemment, dans un contexte
de réconciliation et de coconstruction. Et donc je crois, là, qu'on avance. On
avance, c'est plus que de petits pas, surtout compte tenu, maintenant, de la...
de la constitutionnalité du... de la loi C-92.
Donc, j'aimerais juste... parce qu'on a eu
des propositions, ce matin, qui nous ont été transmises, et donc j'aimerais
vraiment qu'on se concentre sur les distinctions entre la proposition des Premières
Nations qui nous a été soumise à l'article... c'est l'article 14.3 et
votre amendement, M. le ministre, de l'article 14. Juste pour comprendre
un peu la séquence de qu'est-ce qui s'en vient pour que ça soit clair pour tout
le monde, en termes de... des conclusions d'entente entre le commissaire et les
différentes communautés, comment vous voyez ça? Parce que, là, je vois que Premières
Nations souhaitent que M-30 ne soit pas applicable, et vous, vous avez mis l'application
que le tout soit conforme à la Loi sur le ministère du Conseil exécutif. Donc,
pourriez-vous...
On va prendre, là... Le commissaire est
nommé, commence ses discussions avec les différentes associations et
différentes communautés. Donc, quel est, de votre avis, le processus en termes
de... Est-ce que le commissaire, s'il y a une communauté qui souhaite conclure
une entente, première étape, est-ce que le commissaire doit faire une demande
au gouvernement pour obtenir une autorisation ou permission de conclure une
entente?
M. Carmant : Non.
Mme Garceau : Non.
M. Carmant : Alors, prenons
Obedjiwan...
Mme Garceau : Juste... Oui,
prenons un exemple.
M. Carmant : ...Obedjiwan,
qui est la première nation qui a sa loi sur la LPJ. Donc, même avant la
nomination de notre commissaire, eux peuvent modifier leur loi pour inclure,
s'ils le veulent, un commissaire... de Premières Nations, là, autochtone. Et,
une fois <que...
M. Carmant :
...pour
inclure, s'ils le veulent, un commissaire... de
Premières Nations, là,
autochtone. Et, une fois >que ce commissaire aura décidé de ses
fonctions et ses pouvoirs, il contactera le commissaire qui sera nommé à ce
moment-là et pourra faire une entente avec lui.
Mme Garceau : OK. Donc, quel
est... Il conclut l'entente, donc «il conclut» voulant dire : il y a une
signature, il y a des signatures, et tout ça, d'entente en bonne et due forme.
M. Carmant : Sur le soutien
qui peut être requis ou sur, tu sais, le... sur le soutien qui doit être requis
pour son fonctionnement à lui.
Mme Garceau : OK. On parle de
quel genre de soutien?
M. Carmant : Ça reste à
définir. Ce sera le... Selon moi, ce que je disais ce matin, c'est que c'est...
ça va être à la nation Obedjiwan de décider quel est le soutien requis.
Mme Garceau : OK. Est-ce
qu'on parle «financier» également?
M. Carmant : Bien, ça reste à
définir.
Mme Garceau : OK.
Une voix : ...
M. Carmant : Si c'est
financier, ça rentre dans les ententes tripartites, là... tu sais, de C-92, qui
inclut le fédéral, la nation et le gouvernement du Québec.
Mme Garceau : Mais est-ce que
le commissaire... Parce que moi, je tente de comprendre comment ça va fonctionner,
toutes ces conclusions d'ententes avec les différentes communautés, et
qu'est-ce que le commissaire va pouvoir faire, et quels seront peut-être les
empêchements, qu'est-ce qu'il ne pourra pas faire dans le cadre de ses... Parce
que c'est lui ou elle, le commissaire, qui va être en train de négocier les
ententes.
M. Carmant : Ses fonctions,
c'est lui qui va les déterminer. Tu sais, c'est un message fort qu'on envoie.
Tu sais, ils vont... ils vont prendre leurs... ils vont prendre leurs décisions
sur le rôle de leur commissaire.
Là où ça peut être... même, ça a été un
peu dans la... la même chose pour la... les changements à la loi, c'est...
c'est les... par exemple, les gens de cette... issus de cette communauté qui
habitent en ville. Tu sais, là il peut y avoir des choses qui vont être à
discuter. Mais, ça, il va falloir qu'on travaille ensemble puis que...
Puis ça a été la même chose dans
l'application de la LPJ pour... de la loi d'Obedjiwan. Tu sais, ça ne s'est pas
fait comme ça. Et ça s'est fait avec beaucoup de soutien du... de l'équipe de Mauricie—Centre-du-Québec
et de l'équipe du Saguenay—Lac-Saint-Jean. Donc, ils ont été là pour les
épauler, pour s'adapter et pour travailler ensemble jusqu'à ce que les... la...
la nation Obedjiwan soit à l'aise avec leur situation. Parce qu'il y avait des...
par exemple, des jeunes qui étaient déjà sous la loi du Québec. Donc, il y a eu
plusieurs choses qui ont dû être travaillées ensemble. Puis, tu sais... Puis
nous, on s'attend au même genre de collaboration. Puis, sincèrement, ça a très
bien été, là, pour le...
Mme Garceau : Mais, ça, M. le
ministre, là, on parle de l'adoption d'une loi en termes de la protection de la
jeunesse concernant la communauté Obedjiwan. Le commissaire va avoir cette
fonction de négocier une entente concernant l'adoption d'une loi?
M. Carmant : Non. Le
commissaire, il va être... son rôle va être défini dans leur loi, comme nous,
on vient de faire, là, on vient ajouter le commissaire dans notre loi. Donc,
eux, ils vont ajouter leur commissaire dans leur corpus législatif, et lui...
et les rôles et fonctions vont être... vont être déterminés par eux. C'est
justement... Moi, je trouve que c'était le point, puis je pense qu'ils ont
apprécié, c'est que ce n'est pas à nous à définir les rôles et fonctions de
leur commissaire.
Mme Garceau : OK. Mais là ils
nomment leur propre commissaire.
M. Carmant : Oui.
Mme Garceau : Quel est le
rôle de notre commissaire vis-à-vis ce commissaire? Quel genre d'entente est-ce
qu'il va pouvoir conclure avec ce commissaire?
• (14 h 40) •
M. Carmant : Mais je ne peux
pas vous dire parce que... encore plus, on va encore plus loin, on dit que
c'est leur commissaire qui doit nous demander ce dont il a besoin.
Mme Garceau : OK. Donc...
Le Président (M. Provençal)
:Si vous me permettez, madame, lorsqu'on
a eu les discussions ce matin, on a rappelé au chef Picard, entre autres, puis
à Mme Sioui que l'intention, c'était qu'ils aient leur indépendance au niveau
de leur commissaire. Donc, au départ, ils vont nommer leur commissaire, c'est
ce qui avait été mentionné, et, par la suite, autant au niveau des fonctions
que des pouvoirs que leur commissaire aura, c'est eux-mêmes qui vont les
définir. Par la suite, il a été mentionné qu'il y aura des ententes, entre
autres, sur les besoins qui seront à fournir, et c'est là <que...
Le Président (M. Provençal)
:
...il a été mentionné qu'il y
aura des ententes, entre autres, sur les besoins qui seront à fournir, et c'est
là >que le commissaire nommé, ainsi que probablement la nation qui est
en arrière, vont entreprendre des négociations. C'est ce que j'avais retenu des
échanges entre le chef Picard, Mme Sioui, et il y avait un troisième
représentant.
M. Carmant : ...
Mme Garceau : M. Grey.
M. Carmant : M. Grey.
Le Président (M. Provençal)
:Merci.
Mme Garceau : M. Grey.
M. Carmant : Puis c'est pour
ça, d'ailleurs, si je peux rajouter, qu'ils étaient surpris qu'on n'ait pas
inclus le pouvoir dans le texte, mais justement parce que, nous, ce qu'on veut,
c'est comment les fonctions de notre commissaire peut les soutenir.
Le Président (M. Provençal)
:Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Après ça, je redonnerai la parole à la députée de Robert-Baldwin. Allez-y, M.
le député.
M. Cliche-Rivard : Parfait. M.
le ministre, on en parlait un petit peu, sur la question des représentants des
gens élus, notamment l'APNQL, leurs relations avec 14, eux-mêmes soulevaient la
question, là : Si les communautés, par leurs représentants, ne concluent
pas d'entente, est-ce qu'il peut avoir des ententes qui sont déposées quand
même par des gens ou... qui ne sont pas nécessairement les représentants élus
du gouvernement? Donc, j'aimerais ça, vous entendre sur ce volet-là, de nation
à nation et de représentant à représentant.
M. Carmant : Oui. Bien,
écoutez, on n'a pas inclus, comme... en toute transparence, comme vous dites,
on n'a pas inclus le terme «autorité politique» des Premières Nations et
Inuits, là, ceci n'étant pas quelque chose de reconnu dans notre corpus législatif,
là. Mais je veux que ce soit clair pour tout le monde, l'APNQL et la CSSSSPNQL
sont visées par le texte de l'amendement. Elles sont considérées comme tout
autre regroupement des Premières Nations et des Inuits, car elles possèdent
certains attributs de représentativité ou de gouvernance des membres des Premières
Nations. L'APNQL serait composée de 43 chefs des communautés autochtones au
Québec et au Labrador et représenterait 11 nations. La CSSSSPNQL a été créée
par les chefs de l'APNQL. Donc, je suis clair avec ça. Et ce même... ce même...
pas privilège, là, je ne sais pas c'est quoi, le bon terme, là, mais ce... même
ceci ne serait pas visé par le Regroupement des centres d'amitié autochtones du
Québec.
M. Cliche-Rivard : OK. Les
centres amitié, eux, ne font pas partie de ceux qui pourront revendiquer 14.
M. Carmant : C'est ça. Ils ne
sont pas considérés comme des regroupements des Premières Nations et des Inuits
puisqu'ils ne possèdent pas certains attributs de représentativité ou de
gouvernance des membres des Premières Nations et des Inuits.
M. Cliche-Rivard : OK. Donc,
quand eux demandent à savoir si eux, représentants, ne concluent pas d'entente...
il ne pourra pas y avoir d'entente par en arrière sans eux, là.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Ça, c'est
une des inquiétudes qu'ils avaient, à savoir : Bien, le gouvernement via
l'APNQL, eux ne s'entendent pas avec vous, ça fait que, par en arrière, il y a
une entente. Ce n'est pas comme ça que ça peut fonctionner. Il va falloir que
ça passe par ce que vous, vous venez de soumettre, là, dans votre définition,
là, de ceux qui possèdent les attributs de représentation.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Je recéderais... Vous sollicitiez M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Oui, Mme la députée de Robert-Baldwin.
Je vais céder temporairement la parole au député. Allez-y. Sinon, c'est à vous.
Mme Garceau : Ah! OK. Merci.
Le mot «conformément» : «Le commissaire peut, conformément à la Loi sur le
ministère du Conseil exécutif», ça veut dire quoi? C'est quoi, l'obligation? L'obligation
du commissaire, c'est d'informer un ministre qu'une entente qui a été conclue?
M. Carmant : Je passerais la
parole, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Me Bérubé.
M. Bérubé (Mathieu) : Merci,
M. le Président. Comme il a été dit tout à l'heure, en fait, l'objectif du
passage «conformément à la loi», donc, ça renvoie à l'application de la loi
M-30 et au processus qui s'applique à l'entente qui serait conclue, donc
notamment le fait qu'elle soit approuvée par le gouvernement, signée également
par le ministre responsable des Premières Nations et des Inuits, là. C'est
qu'est-ce qu'on prévoit, là.
Mme Garceau : OK. Un instant.
Donc, c'est pour ça que je voulais voir... Donc, l'entente doit être approuvée
par votre gouvernement. Donc, le commissaire ne peut pas... Parce que, pour
moi, quand on conclut une entente, là, ça veut dire que c'est signé, c'est fait.
Donc, est-ce que ça veut dire qu'il y a un projet d'entente qui est transmis au
ministère avant que le commissaire puisse...
C'est pour ça que je demandais c'est quoi,
la séquence des étapes au niveau de... le préalable. Parce que, moi, ma
définition de conclusion, là, ça veut dire : Ça finit <là...
Mme Garceau :
...le
préalable. Parce que, moi, ma définition de conclusion, là, ça veut dire :
Ça finit >là. C'est fait. Donc, ça veut dire que, préalablement à la
conclusion d'une entente, il doit avoir... l'entente doit être approuvée par le
gouvernement.
M. Carmant : Exact.
Mme Garceau : Mais c'est pour
ça. Parce qu'on dit... C'est pour ça, quand je dis que, conformément... «il
peut, conformément à la loi, conclure», il faut... il faut éclaircir son rôle,
dans le sens que... et surtout pour tout le monde.
Qu'elle était, dans votre état d'esprit...
Il ne peut pas immédiatement conclure une entente sans l'approbation du
gouvernement ou d'un... du ministre, d'un ministre.
M. Carmant : Non. En fait,
c'est... il faut que le ministre responsable des Premières Nations et Inuit soit
informé et que l'entente soit évidemment en cohérence avec les autres ententes...
corpus législatif du gouvernemental. Donc, c'est pour ça qu'on l'a maintenu ici.
Mme Garceau : OK. Donc,
est-ce que ça veut dire que le commissaire, avant toute conclusion d'une
entente avec une communauté, il va devoir soumettre au ministre un projet
d'entente ou qu'est-ce qu'il souhaite en termes de conclusion d'une entente
suite à des négociations? Il va avoir comme un... je ne sais pas, un projet
d'entente qui va être soumis au ministre, qui va devoir être approuvé par le Conseil
des ministres? C'est quoi, la séquence, là? C'est...
M. Carmant : Exact. Exact. Exact,
comme par exemple les ententes qu'on avait eues récemment de mon collègue à
propos de l'énergie, des ententes au niveau énergétique. L'entente est soumise
puis approuvée, effectivement, au Conseil des ministres.
Mme Garceau : OK. Et donc je
présume...
M. Carmant : Mais l'entente
est complète. C'est juste entre conclure et signer, là, si je peux... Mais je
vois que vous... Je comprends. Je comprends la différence.
Mme Garceau : Parce qu'on
n'aimerait pas non plus... je ne veux pas utiliser «induire en erreur», là,
mais qu'un... qu'il y a entre... les commissaires ont conclu l'entente, après
ça on dépose l'entente pour approbation, et puis l'entente nous... revient aux
deux commissaires avec : Non, on ne peut pas accepter telle chose, tel
terme. C'est un petit peu ça, l'inquiétude des... je crois, du chef Picard, et
c'est pour ça qu'il voulait retirer la référence au M-30.
M. Carmant : En tout respect,
je pense que c'est... c'est vraiment les délais qu'ils ont vécu dans le passé
que... Comme je vous parlais, le 37.5, là, il y a eu d'innombrables
allers-retours, là, quand la première loi avec les Atikamekw a été signée... étalés
sur presque 10 ans. Je pense qu'on est bien conscients. Puis mon collègue
ministre responsable des Premières nations et Inuit a démontré, là, que... sa
capacité d'accélérer les processus. Et moi, je vais l'accompagner là-dedans à
100 %.
Mme Garceau : Non, ça, je
n'en doute pas. C'était vraiment en termes de ma compréhension de la séquence
des étapes concernant la conclusion d'une entente, pour que ça soit clair.
Merci beaucoup.
M. Carmant : Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va? Autres interventions? M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Ah! excusez. Je céderais la parole à la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Mais justement,
pour faire du pouce sur ce que vous avez dit, que, dans le passé, il y a eu des
délais qui étaient très longs, comment est-ce que vous allez faire ou est-ce
qu'on... comment s'assurer, justement, que ces délais ne se répètent pas?
Est-ce qu'on peut encadrer la période à laquelle le gouvernement reçoit
l'entente et qu'ensuite on donne l'approbation ou non? Parce que, justement,
pour éviter qu'il y ait des délais, comme ma collègue le mentionne, c'est ça,
les inquiétudes. Donc, est-ce qu'il y a une façon de les rassurer, justement,
que ces délais ne se répéteront pas, comme ça a été le cas dans le passé?
• (14 h 50) •
M. Carmant : Mais c'est des
processus gouvernementaux, là, que je... on ne peut pas venir encadrer dans une
loi. Mais je pense que ce qu'on... ce qu'on voit, c'est que, ces dernières
années, les choses vont... se passent très bien, là. Donc, nous, on veut
s'assurer aussi... puis, tu sais, je tiens à le redire aussi, là, aux Premières
Nations qui nous écoutent, là, qu'on va s'assurer que les choses avancent
rondement.
Mme Prass : Parce qu'on
s'entend que c'est très... le rôle du commissaire va être très important, et
l'établissement du commissaire avec tout son protocole, etc. Par exemple,
disons que le gouvernement <va...
Mme Prass :
...du
commissaire avec tout son protocole, etc. Par exemple, disons que le
gouvernement >va nommer un commissaire d'ici les trois... six prochains
mois, par exemple, mais que ça va prendre deux ans pour que les... des comités
des Premières Nations puissent déposer l'entente, l'avoir validée, etc. Donc,
il y a une disparité entre le rôle, le service que le commissaire pourra rendre
dans l'espace du temps dont il sera nommé. Donc, pour assurer, à tout le moins
pour la première... la première mouture du commissaire, est-ce qu'on pourrait
dire, par exemple, dans l'espace où le commissaire va être nommé, on donne un
certain... une certaine période par la suite pour s'assurer, par exemple, dans
un délai d'un an, bien, les commissaires pour les Premières Nations vont être
nommés avec les ententes?
M. Carmant : Tu sais, il y
avait deux options, là, soit l'inclure, soit l'enlever, le processus M-30.
J'ai pris la décision de le maintenir, donc je ne peux pas bouger là-dessus.
Mme Prass : Mais... Je
comprends que vous le maintenez, mais, encore une fois, c'est juste encadrer
une période de temps, parce qu'encore on ne veut pas qu'ils ne soient pas sans
commissaire pendant une période d'années, pendant qu'il y a un commissaire qui
a été nommé pour le Québec.
M. Carmant : Non, je vous
comprends. Mais, tu sais, je ne peux pas venir encadrer dans le contexte de...
de mon projet de loi.
Mme Prass : Et, dans le... Et
également, est-ce que vous envisagez, comme vous avez amendé, qu'il y ait un
commissaire adjoint pour remplacer le commissaire quand il est en vacances, ou
quoi que ce soit? Est-ce que vous envisagez qu'il y ait un rôle pareil pour les
Premières Nations de commissaire adjoint?
M. Carmant : C'est à eux de
décider.
Mme Prass : D'accord. Donc,
ça fera partie de l'entente qu'ils vont proposer.
M. Carmant : Même pas. Même
pas.
Mme Prass : D'accord. OK.
M. Carmant : L'entente, c'est
comment on peut les aider.
Mme Prass : OK. D'accord.
Donc, ça va être copié-collé, disons, le rôle du commissaire, commissaire
adjoint...
M. Carmant : S'ils veulent.
Mme Prass : Pas les
fonctions, mais, je veux dire... Donc, un commissaire adjoint sera également...
M. Carmant : S'ils le veulent.
Mme Prass : ...d'accord,
disponible, s'ils veulent. Parfait.
M. Carmant : S'ils le veulent.
Mme Prass : Merci.
Le Président (M. Provençal)
:...
M. Cliche-Rivard : ...un
petit élément, là. Mme Laurent disait, là, si je ne m'abuse, de les inclure,
ces enfants-là, jusqu'à ce que les PNI aient leur propre commissaire.
J'aimerais ça, vous entendre sur ça, là. Tu sais, les ententes ne seront pas
effectives demain matin. Comment vous entrevoyez le... la transition, l'avant,
le pendant, l'après? Ça... ça... ça m'intéresse, comme... comme élément.
M. Carmant : Bien, je pense
que Mme Laurent a écrit son rapport avant C-92. Je ne suis pas sûr qu'elle
aurait les mêmes conclusions maintenant. Mais maintenant, tous ceux qui vont
nous demander du soutien avant d'établir leur propre commissaire, notre
commissaire sera là.
M. Cliche-Rivard : Ceux qui
vont faire la demande positive, là, ceux qui vont vous solliciter...
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : ...en
disant... ça... bon, ça me surprendrait, là, mais dans le sens que c'est
possible, là : En attendant qu'on ait notre commissaire, on souhaite que votre
commissaire s'applique.
M. Carmant : Probablement
pour les nations conventionnées et...
M. Cliche-Rivard : Exact.
M. Carmant : Exact. Peut-être
également pour d'autres nations qui vont nous demander...
M. Cliche-Rivard : OK. Ils
vont faire cette demande-là positive, là. Il y aura une réponse positive de
votre part : Oui, très bien. Je ne m'attends pas à ce que vous... Tu sais,
vous allez dire oui, là, dans le sens... ça me surprendrait, là.
M. Carmant : J'espère que le
commissaire va dire oui.
M. Cliche-Rivard : Bien, en
tout cas. Puis auquel cas, du moment où ils vont... s'ils décident de se doter
d'une structure, bien là le... d'évolution de pouvoirs, là, finalement, ce sera
à eux de le faire. Mais, en attendant, il y aura... il y aura...
Puis, comme vous l'avez dit, versus les
centres d'amitié autochtones, pour ceux et celles, les enfants, les jeunes qui
vivent en ville, eux vont pouvoir ou vont devoir directement se référer au
commissaire de la loi 37... du PL 37.
M. Carmant : Oui, oui.
M. Cliche-Rivard : ...ceux
qui sont...
M. Carmant : Oui.
M. Cliche-Rivard : Il n'y
aura pas d'entente avec, justement, vous l'avez dit, là... puis juste pour
qu'on soit clairs sur la structure, le centre d'amitié autochtone... Montréal
autochtone, etc., ne vont pas se doter d'une structure autochtone montréalaise.
Ça, vous l'avez établi, là.
M. Carmant : Non. Puis là il
y a toutes sortes d'enjeux...
M. Cliche-Rivard : C'est ça.
M. Carmant : ...la nation du
jeune, comment on le trouve. Non, non. Ça, c'est...
M. Cliche-Rivard : Ça fait
que, ça, vous, vous l'avez clairement énoncé.
Le volet ici, la... À 14, vous dites «ou
avec tout autre regroupement des Premières Nations et Inuit». Ça, c'est ce que
j'entendais, qui inquiétait peut-être aussi à dire un «regroupement», là. Vous,
vous... vous liez ça à... vous l'avez dit tantôt, à un élément de représentativité
politique légitime. Et, quand il y en a un... quand il y a réellement,
fondamentalement, un organe réputé légitime sur le territoire, c'est eux qui
devront faire cette entente-là. C'est la question que je me pose avec vous.
M. Carmant : Mais, moi, selon
moi, les Innus de la Côte-Nord pourraient demander leur commissaire. Une... Une
nation innue pourrait demander son commissaire.
M. Cliche-Rivard : Sans
passer par...
M. Carmant : L'APNQL.
M. Cliche-Rivard : <
L'APNQL...
M. Cliche-Rivard :
...passer
par...
M. Carmant :
L'APNQL.
M. Cliche-Rivard : >
L'APNQL.
Ça, vous devinez que ça... ça pourra créer des tensions, là.
M. Carmant : En quel... De
quel type?
M. Cliche-Rivard : Bien, je
ne veux pas prendre la parole à leur place, ce serait malavisé, là, mais je
pourrais m'imaginer que si eux voient...
M. Carmant : C'est leur
décision.
M. Cliche-Rivard : ...puis là
je ne parle pas pour personne...
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : ...mais si
eux prennaient une décision en APNQL qu'il y a x, y, z qui s'appliquent, là, ce
que vous dites, c'est : Si un autre groupe décidait à l'intérieur même de
faire autre chose, vous dites, ça leur appartiendrait.
M. Carmant : On les laisse en
pleine autonomie.
M. Cliche-Rivard : Pour... Il
y aurait des choses à dire sur ça, mais je préfère les laisser la liberté puis
l'autorité de faire leurs représentations sur ces éléments-là, de gouvernement,
d'ego à ego. J'en soulève certainement une inquiétude, mais je ne me placerai
pas... et ça serait très mal avisé pour moi de me placer à leur place dans
cette... dans ce plaidoyer. Ça fait que je veux quand même le souligner, que ça
m'inquiète, mais leur appartiendra ou pas de vous revenir sur les éléments
qu'eux jugent appropriés sur ce volet-là.
M. Carmant : ...avec eux.
M. Cliche-Rivard : Donc, parfait.
Donc, tous les éléments du 37, eux — puis vous l'avez bien expliqué,
je pense, à ma collègue — pourront, dans leur propre cadre
législatif, se doter de l'équivalent. Ça leur appartiendra. Ça fait que cinq
ans de mandat, s'ils veulent se donner ça, ils se donneront ça. L'immunité, ça,
ils le donneront. À l'intérieur d'eux-mêmes, les pouvoirs tels que nous, on
vient étudier avec la LPJ, avec ça, ils pourront eux-mêmes s'établir leur cadre
face à leur corpus législatif, leur mandat.
La définition, là, il y avait un enjeu sur
le débat entre mieux-être et bien-être, là. Eux pourront comme se donner les
lignes directrices, reconnaître les droits et les spécificités qui, pour eux,
ils accordent aux enfants. Ils nous en ont fait un plaidoyer quand même assez
spécifique dans leur mémoire. Leur processus de nomination, tout ça, bref,
c'est chez eux, indépendamment. Et, au besoin, s'ils voulaient avoir l'appui du
commissaire québécois, ils vont soulever 14, mais il est possible qu'ils
fassent leur vie complète sans même vous appeler, sans même demander quoi que
ce soit au commissaire.
M. Carmant : ...les appeler.
M. Cliche-Rivard : Exact. Ça
fait qu'on est vraiment, effectivement... là, par 14, vous prévoyez la
possibilité, s'ils en ont besoin, de venir cogner à la porte, mais vous leur
dites aussi : Bonne vie, bonne route dans l'établissement de votre
commissaire.
M. Carmant : On accepte C-92.
M. Cliche-Rivard : Vous
acceptez donc C-92. Et c'est pour ça qu'eux aussi, en toute transparence, ont
soumis un amendement qui eux voulaient... ou une proposition d'amendement
qu'eux incluaient à 14.3, là, où ils nous disaient... eux, ils font référence à
ce qu'eux appellent 6.1 dans ce qu'ils nous ont soumis : «Le commissaire
exerce ses fonctions dans le respect des droits de l'autodétermination et de
l'autonomie gouvernementale des Premières Nations et des Inuits et dans le
respect des droits de leurs enfants, jeunes adultes et familles», ce qui, à ma
compréhension, puis vous me corrigerez peut-être, légistes, était la
codification dans le corpus québécois, du moins ici, de la résultante du
jugement de la Cour suprême. Et là je voulais voir où est-ce que vous êtes...
• (15 heures) •
Le Président (M. Provençal)
:...
M. Cliche-Rivard : ...de
C-92, où est-ce que vous êtes...
Le Président (M. Provençal)
:OK. Juste pour... Je m'excuse.
M. Cliche-Rivard : Oui, oui. Non,
non, vous avez raison.
Le Président (M. Provençal)
:Pour les gens qui nous écoutent.
M. Cliche-Rivard : Oui, oui.
Donc, eux, ici, venaient faire la demande, puis la modifier à 14 aussi,
faisaient la demande spécifique d'inclusion dans le PL 37 de la reconnaissance
de ce principe. Je vous laisse le micro, M. le ministre, là. Vous vouliez
réagir, certainement.
M. Carmant : Oui. Bien, je ne
crois pas que c'est la place de faire ça dans le PL 37. Comme vous avez
mentionné plus tôt, il y a le PL sur la sécurisation culturelle, là, qui peut
être... peut-être pourrait aller là. Mais, encore une fois, je pense que
l'ouverture qu'on montre à 14 vient répondre à cette question. Donc, c'est pour
ça qu'on n'a pas inclus cet amendement dans... dans notre texte.
M. Cliche-Rivard : Donc, vous
ne le... ce n'est pas un argument que vous rejetez, ce qui est écrit, nécessairement,
ce que je viens de lire. C'est un argument où vous dites...
15 h (version révisée)
M. Cliche-Rivard : ...ce qui
est écrit, nécessairement, ce que je viens de lire, c'est un argument. Vous
dites : C'est une discussion qu'on aura...
M. Carmant : Ce n'est pas sa
place.
M. Cliche-Rivard : ...dans un
PL ou, en tout cas, inévitablement, à un moment donné, dans un autre cadre,
dans un autre projet de loi, vous avez nommé celui de la sécurisation, là, qui
sera, donc, modifié, le cas échéant, on aura ce débat-là là-dedans, mais que,
là, d'inclure ça ici, dans le 37...
M. Carmant : Dans le
commissaire, oui, c'est ça.
M. Cliche-Rivard : ...dans le
commissaire... Donc, je veux juste qu'on leur réponde que ce n'est pas un rejet
du principe que vous nous répondez, aujourd'hui, mais bien votre position à l'effet
que ce n'est pas avisé d'être là, ici, aujourd'hui, mais que la porte est
ouverte à la reconnaissance ou, en tout cas, aux discussions sur ce volet.
M. Carmant : Je pense que les
discussions doivent se faire, mais pas dans le PL 37.
M. Cliche-Rivard : OK. Donc,
ils écoutent, là, la porte est...
Le Président (M. Provençal)
:...
M. Cliche-Rivard : Oui, c'est
ça, pour la postérité. La porte est ouverte, j'entends puis je comprends ce que
M. le ministre dit, là. C'est quand même énorme, comme portée juridique,
quoique le jugement de la Cour suprême est d'application, là, incontestable,
là, dans le sens, en tout cas, sous réserve des clauses, là, mais je comprends,
cela dit, que c'est un débat entier ou c'est une discussion entière à avoir,
qui touche bien plus que le 37, mais que, foncièrement, ce qui est écrit là, la
reconnaissance de l'autodétermination puis de l'autonomie de leurs gouvernements
ou de leurs structures eut égard aux droits des enfants, puis des jeunes
adultes, puis des familles... le principe n'est pas rejeté du revers de la main
par le rejet de leur amendement aujourd'hui, là. Je voulais clarifier, là.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Le
principe est là.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Il y a ma collègue, je pense, qui voulait soulever un point.
Le Président (M. Provençal)
:Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Oui. Merci, M.
le Président. Je pense... J'entends M. le ministre, mais il me semble qu'on est
en train de, comme on dit, rater une opportunité, compte tenu de la décision de
la Cour suprême, compte tenu de la reconnaissance par le plus haut tribunal au
Canada concernant... une reconnaissance de l'autodétermination, surtout en
matière d'enfance, protection de la jeunesse, familiale. Il me semble que ce
serait le moment opportun pour que le Québec reconnaisse le sort de... la
décision de la Cour suprême et... en termes de coconstruction, de
réconciliation, parce que je ne veux pas entrer dans les détails de,
évidemment, toutes les étapes juridiques et le temps que ça a pris pour arriver
à cette décision de la Cour suprême... Et donc il y a une grande fierté des Premières
Nations, des Inuits, des Cris, de cette décision.
Et aussi je reviens à la page... le
chapitre, dans le rapport de la commission Laurent, Passer à l'action pour les
enfants autochtones. Et le coeur des recommandations, dans la commission
Laurent, concernant les enfants autochtones, c'était cette reconnaissance à l'autodétermination
des communautés autochtones, de vraiment... en matière de protection de la
jeunesse, et je la cite : «Nous reconnaissons le principe selon lequel les
Premières Nations et les Inuits sont les mieux placés pour identifier les
besoins de leurs enfants et y répondre des manières les plus culturellement
appropriées.» Les témoignages que nous avons entendus nous ont convaincus. La
mise en œuvre de l'autodétermination en matière de protection de la jeunesse
est une des solutions incontournables afin d'améliorer le bien-être des enfants
autochtones au Québec.
Et maintenant nous avons, dans le PL 37, l'opportunité
d'affirmer haut et fort que nous reconnaissons au Québec ce pouvoir, cette
légitimité en ce qui a trait à <l'autodétermination...
Mme Garceau :
...en
ce qui a trait à >l'autodétermination en matière de protection de la
jeunesse. On est dans le cœur du sujet.
Et je suis retournée, pour voir, dans le
préambule de C-92, est-ce qu'il y aurait un paragraphe qu'on pourrait ajouter,
que ce soit dans le préambule, ou, je dirais même, un sous-paragraphe à
l'article 14, parce que la proposition que nous avons reçue de l'APNQL... On
avait la proposition... On vient de faire quelques modifications à
l'article 14 du ministre, et maintenant ils avaient une proposition pour
un sous-paragraphe : «Aux fins de la conclusion d'une entente de
collaboration, le commissaire doit s'assurer du respect de l'article 6.1.»
Et leur proposition de l'article 6.1, et je cite : «Le commissaire
exerce ses fonctions dans le respect des droits de l'autodétermination et
l'autonomie gouvernementale des Premières Nations et des Inuits et dans le
respect des droits de leurs enfants, jeunes, adultes et familles.» Parce que
c'est ça que la Cour suprême est venue confirmer : la constitutionnalité
de la loi qui prévoit exactement ça.
Et donc j'aimerais... je suggère, M. le
ministre, que nous ajoutions un sous-paragraphe au deuxième alinéa, exactement...
«Que le gouvernement affirme le droit à l'autodétermination des peuples
autochtones, y compris le droit inhérent à l'autonomie gouvernementale, lequel
comprend la compétence en matière de services à l'enfance et à la famille.»
M. Carmant : Oui, mais comme
je l'ai expliqué au député de Saint-Henri—Sainte-Anne, je pense qu'on fait un
grand pas en avant, mais, dans le contexte de la loi sur le commissaire, je ne
suis pas prêt à inclure un tel amendement, qui, quand même, déborde, quand même,
et qui doit être discuté dans des conditions, par exemple, de sécurisation
culturelle en services... en santé et services sociaux, ou d'autres projets de
loi qui ont été déjà soulevés.
Mme Garceau : Est-ce qu'on ne
peut pas mettre une reconnaissance concernant... Parce que c'est ça qu'on est
en train de faire, avec les conclusions des ententes commissaires, la création
de leur propre système de protection de la jeunesse, doté d'une loi, et tout, il
y a quand même cette collaboration que nous allons avoir ensemble. Est-ce qu'on
ne peut pas la rédiger? Parce qu'il y a une reconnaissance en vertu de... On
est, ici, au niveau de la définition, surtout en ce qui a trait à
l'article 14. On l'a amendé, mais il y a un principe derrière cet amendement-là.
S'il n'y avait pas eu C-92, peut-être qu'on ne serait pas... puis vous l'avez
dit, M. le ministre.
M. Carmant : Je suis d'accord
avec vous.
Mme Garceau : Donc, il faut
quand même reconnaître l'importance de cette décision-là, ici, au Québec.
M. Carmant : Oui, bien, je
pense que j'ai...
Mme Garceau : C'est
fondamental. Et donc...
M. Carmant : Je pense que je
me suis exprimé longuement là-dessus, mais je ne peux pas... je ne peux pas
inclure cet amendement = dans le projet de loi sur le commissaire. Je n'ai rien
d'autre à dire.
• (15 h 10) •
Le Président (M. Provençal)
:M. le député des Îles.
M. Arseneau : Oui. Bien, je
voulais intervenir, en fait, parce que j'ai un peu la même question. C'est
qu'on vient de faire quand même un pas important, mais c'est comme si on
n'arrivait pas à le justifier dans le cadre de la loi ou l'accrocher à quelque
chose. On a entendu le ministre, tout à l'heure, nous dire qu'il reconnaissait
C-92 et le jugement de la Cour suprême, mais... ce sont évidemment des paroles
qu'on a pu entendre, mais, dans l'architecture du projet de loi en tant que
tel, on ne sait pas à quoi se raccroche justement l'article 14. Est-ce
qu'on... est ce qu'on est... Je voudrais comprendre l'intention du ministre.
Est-ce que c'est parce qu'on est en attente d'un geste plus formel qui vient
regrouper un corpus d'un <certain...
M. Arseneau :
...qui
vient regrouper un corpus d'un >certain nombre de lois ou... et c'est
pour ça qu'on ne voudrait pas l'inscrire ici? C'est parce qu'on ne sait pas
encore comment on va le traduire, cette acceptation, là, d'un jugement?
M. Carmant : Bien, c'est
beaucoup plus grand que la loi sur le commissaire, ce que... ce qu'on me
demande d'intégrer.
M. Arseneau : Oui, bien,
c'est ça...
M. Carmant : Donc, c'est...
Donc, c'est pour ça qu'on avait proposé ce matin peut-être un ajout au
préambule, mais l'inscrire dans la loi, c'est beaucoup plus grand.
M. Arseneau : D'accord, je
comprends, mais ce parapluie-là... ce parapluie-là, si vous me permettez
l'expression, n'existant pas encore, je comprends que vous avez une réserve ou
une... ou une objection à l'inscrire ici, mais je comprends que, pour le
préambule, vous avez manifesté votre ouverture. Et ça, on y viendra un peu plus
tard? C'est déjà... c'est déjà prévu qu'on arrive avec un amendement?
M. Carmant : Moi, je vous...
M. Arseneau : Bien, de la
part... En fait, je sais que les oppositions ont déjà prévu ça. Est-ce que le
ministre l'a prévu aussi?
M. Carmant : Non. Moi, je
n'ai pas prévu, moi, je n'ai pas... Non, non. Moi, je suis ouvert. Je
m'attendais à ce qu'on m'en soumette un, donc.
M. Arseneau : Ah! d'accord.
Vous vous attendez à ce qu'on le soumette.
M. Carmant : Je n'ai rien
préparé.
M. Arseneau : D'accord, mais
juste une dernière question là-dessus. Est-ce qu'à... est-ce qu'à l'heure
actuelle... outre ce que vous avez mentionné tout à l'heure, est-ce que,
formellement, suite au jugement de la Cour suprême, il y a... il y a mention
quelque part que non seulement vous prenez acte du jugement, mais que nous
allons traduire cette décision-là dans un corpus législatif quelconque? Et est-ce
que... Parce que je me souviens... je ne me souvenais pas d'avoir entendu ça de
la part du gouvernement ou de votre part.
M. Carmant : Bien, je pense
qu'il y a déjà eu un projet de loi sur la sécurisation culturelle, là. Je ne
sais pas où est-ce qu'il en est, mais tout ça, ça fait partie de ce grand
chapeau là, ça... Il y avait des... il y avait des essais dans le p.l. 15,
mais là je crois que c'est le ministre responsable des Premières Nations et
Inuit qui chapeaute... qui chapeautera ce... si, ce projet-là... si ça a lieu.
M. Arseneau : D'accord. C'est
bien pour l'instant. Merci.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Y a-t-il d'autres
interventions? M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. Je pense que, pour finir la transparence, il y avait une dernière
demande, si je ne m'abuse... bon, il y en a une sur le préambule, on y
reviendra, et je remercie d'emblée l'engagement du ministre à ce qu'on fasse quelque
chose, eux, ils sollicitaient des principes d'autonomie, là, c'est le 14.1. Je...
Moi, je vous poserai la question, je vous laisse y répondre, là, eux disent :
«La présente loi doit être interprétée et administrée en conformité avec les
principes suivants», et il y avait a, b, c. A, c'est le respect de l'exercice
par les Premières nations et Inuits de leurs droits inhérents à
l'autodétermination et à l'autonomie gouvernementale, notamment pour veiller au
bien-être et aux droits de leurs enfants et familles, il y avait b, le respect
des droits reconnus et confirmés par l'article 35 de la Loi
constitutionnelle de 1982, et c, la nécessité de mettre en œuvre la Déclaration
des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, donc, pour conclure,
là, ce qu'eux nous avaient présenté, si je n'oublie rien. Avez-vous un
commentaire sur cette demande-là, M. le ministre?
M. Carmant : Bien, je dirais
le même commentaire que je viens de vous présenter auparavant : C'est...
Je comprends l'intention, mais ce n'est pas le bon endroit ou le bon... comment
on dit ça, vecteur, là, législatif, véhicule législatif pour inclure ces
principes, qui, je sais, leur est important, là.
M. Cliche-Rivard : OK. Donc,
ce n'est pas une question de... ou ce n'est pas, comme tout à l'heure, une
remise en question du principe, mais vous dites : c'est un gros paquet,
c'est un gros morceau qui fera l'objet, en temps et lieu, de son outil
législatif propre, dans lequel il y aura eu des consultations particulières sur
ça, dans lequel il y aura eu une discussion en amont sur ça, dans lequel on
avalisera... ou, en tout cas, pas «avaliser», parce que vous l'avez déjà dit,
que vous le reconnaissez, mais dans lequel on mettra en œuvre, de manière plus
globale, C-92.
M. Carmant : Oui, ces grands
principes là.
M. Cliche-Rivard : Parfait. M.
le Président, moi, si je ne me trompe pas, de mon côté, là, c'est ce qui...
Une voix : ...
M. Cliche-Rivard : Oui. C'est
ce qui clôt, pour moi, l'ensemble des éléments qui vous avaient été <soulevés...
M. Cliche-Rivard :
...vous
avaient été >soulevés et, je pense, les questions que vous aviez reçues
de l'APNQL, j'imagine. Puis vous vous comportez évidemment comme vous le
préférez, mais bon, ils ont communiqué qu'il y avait une lettre en attente de
réponse. Je pense qu'on a répondu à plusieurs choses aujourd'hui, mais
évidemment que je devine bien que l'intention c'est de leur fournir une réponse
quand même, là...
M. Carmant : Oui, oui.
M. Cliche-Rivard : ...je
le devine bien, puis que le dialogue se continue, évidemment. Et je vous
encourage à partager avec vos collègues autour de la table des ministres la
belle, quand même, ouverture puis démarche qu'on a faite, tous et toutes
ensemble, avec les Premières Nations et Inuits. C'est quand même assez
impressionnant, quand on regarde la formule du début et ce qui, là, est adopté,
puis surtout ce qui va être mis en œuvre, éventuellement, dans leurs propres
communautés. On a fait quand même tout qu'un chemin, tout qu'un pas de géant.
M. Carmant : Je pense que
c'est admirable.
M. Cliche-Rivard : Je vous
remercie de cette ouverture-là. Je les remercie, eux, de leur éternelle
patience envers nous, parce que Dieu sait qu'ils reviennent à la charge depuis
un... comment il a dit ça, ce matin?, un quart de siècle, je pense, c'est ce
qu'il a dit, oui, mais probablement bien plus que ça, on va se le dire...
M. Carmant : Oui, un
quart de... Oui.
M. Cliche-Rivard : ...depuis
1608, là, en tout cas, 1534, dépendamment d'où est-ce qu'on commence l'histoire,
mais là je vais laisser M. Legault trancher pour aujourd'hui. Bref, oui,
l'histoire du Québec commence quand?, ça, c'est un autre débat qu'on a eu cette
semaine à l'Assemblée et qu'on n'aura pas ici. Alors voilà, M. le Président,
blague à part...
Le Président (M. Provençal)
:On ne refera pas... on ne refera pas
l'histoire de Jacques... à partir de Jacques Cartier, là.
M. Cliche-Rivard : Non.
Pas ici, en tout cas, pas ici. Donc, voilà, je vous encourage à partager votre
expérience positive avec vos collègues pour que ça fasse partie des... et que ce
ne soit plus une exception, mais que ça fasse partie du bon cheminement puis des
meilleures pratiques dans un PL qui concerne les PNI. Je pense qu'on y
gagnerait tous, ils y gagneraient tous. Et un peu comme ils l'ont souligné,
plus ce sera fait en amont, en coconstruction, et avec eux, et de manière
ouverte, moins on aura à faire des meetings à 8 heures du matin, callés
15 minutes avant. Donc, voilà, mais, en vous remerciant quand même de ce
travail, M. le ministre, moi, je vais être prêt à voter.
M. Carmant : Merci.
Le Président (M. Provençal)
:Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Oui, merci,
M. le Président. Vous avez mentionné, M. le ministre, que ce n'est pas le bon
véhicule pour la reconnaissance du principe d'autodétermination et l'autonomie
gouvernementale des Premières Nations et des Inuits. C'est quoi, le bon
véhicule, d'après vous?
M. Carmant : Je pense
que c'est un projet de loi qui va regarder ça de façon globale, avec vraiment,
comme on le disait, des consultations particulières là-dessus, des discussions
spécifiques là-dessus. Je pense que rentrer ça à la dernière journée... je
pense que ce n'est pas la bonne façon de faire.
Mme Garceau : Donc, il y
a quelque chose qui s'en vient.
M. Carmant : Ah! je ne
sais pas. Je ne sais pas. Il y a déjà quelque chose qui a été...
Mme Garceau : Qui est
plus large que le 37.
M. Carmant : Il y a des
choses qui ont déjà été faites. Moi, je m'occupe du commissaire.
Mme Garceau : Mais comme
j'ai dit tantôt, on vous remercie parce que, oui, c'est un... c'est plus qu'un
petit pas aujourd'hui vers cette réconciliation.
M. Carmant : Merci.
Mme Garceau : Donc, sur
ce...
Le Président (M. Provençal)
:Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'amendement
amendé au chapitre III est adopté?
M. Cliche-Rivard : ...nominal,
M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Oui. Mme la secrétaire, s'il vous
plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Carmant (Taillon)?
M. Carmant : Pour.
La Secrétaire
: Mme Dorismond
(Marie-Victorin)?
Mme Dorismond : Pour.
La Secrétaire
: Mme Poulet
(Laporte)?
Mme Poulet : Pour.
La Secrétaire
: Mme Bogemans
(Iberville)?
Mme Bogemans : Pour.
La Secrétaire
: Mme Gendron
(Châteauguay)?
Mme
Gendron
:
Pour.
• (15 h 20) •
La Secrétaire
: Mme Picard
(Soulanges)?
Mme Picard : Pour.
La Secrétaire
: Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire
: Mme Prass
(D'Arcy-McGee)?
Mme Prass : Pour.
La Secrétaire
: M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard : Pour.
La Secrétaire
: M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau : Pour.
La Secrétaire
: M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Le Président (M. Provençal)
:Abstention. Alors, l'amendement...
l'amendement amendé au chapitre III est adopté. Par conséquent,
l'article 14 est amendé et les articles 15, 16, 17 et 18 sont retirés.
Nous revenons à l'article 14 tel qu'amendé. Est-ce qu'il y a des
interventions à l'article 14 amendé? S'il n'y a pas d'autre intervention,
est-ce que ce dernier est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
:Adopté. Merci. Ce qui nous amène
maintenant à l'article... Excusez-moi. 19 est fait... Bien, il y a un
amendement, je <crois...
Le Président (M. Provençal)
:
...fait... Bien, il y a un
amendement, je >crois. Il va y avoir un amendement, effectivement, qui
va être déposé à l'article 19, même s'il avait déjà été accepté de façon
amendée. Je comprends qu'il y a un nouvel amendement.
M. Carmant : Consentement
pour l'ouvrir?
Le Président (M. Provençal)
:Consentement pour... Oui, oui.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Monsieur le... La partie juridique
veut être sûre que je fais bien mon travail. Ça me rappelle des choses.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, il y a consentement pour
réouvrir l'article 19 qui avait été amendé, et l'amendement, alors, M. le
ministre...
M. Carmant : Je peux le lire
ou... peut-être l'afficher?
Le Président (M. Provençal)
:Maintenant, vu que c'est un nouvel
amendement, on va devoir retirer ce qui était déjà là, parce que je pense que
votre amendement remplace l'article au complet.
M. Carmant : Exact.
Le Président (M. Provençal)
:Donc, est-ce que vous acceptez de le
retirer?
M. Carmant : Oui.
Le Président (M. Provençal)
:Consentement?
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: Oui?
M. Carmant : On peut
l'ouvrir, oui.
Le Président (M. Provençal)
: Oui.
Une voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: Alors, j'espère que ça ne te donne pas trop d'idées.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Alors, M. le ministre, on va projeter
votre amendement à l'écran pour que vous puissiez en faire la lecture, s'il vous
plaît.
M. Carmant : Donc, l'article...
le nouvel article 19 se lirait comme suit :
«Le gouvernement nomme un commissaire
adjoint sur recommandation du commissaire, pour assister celui-ci dans
l'exercice de ses fonctions.
Le gouvernement détermine la rémunération,
les avantages sociaux et les autres conditions de travail du commissaire
adjoint. La durée de son mandat est d'au plus cinq ans, mais il demeure en
fonction à l'expiration de celui-ci, jusqu'à ce qu'il soit nommé et de nouveau
remplacé. Il peut être destitué à la fin de son mandat par le gouvernement,
mais uniquement pour cause.»
L'amendement vise à prévoir la nomination
par le gouvernement d'un commissaire adjoint responsable d'assister le
commissaire au bien-être et aux droits des enfants dans l'exercice de ses
fonctions. Il s'inspire du modèle prévu pour la nomination des
vices-protecteurs du citoyen et du commissaire adjoint au Commissaire à la
langue française.
La raison pourquoi on ne l'avait pas mis
au début, c'est qu'on trouvait qu'avec le commissaire associé ce n'était pas
nécessaire. Maintenant qu'il n'y a plus de commissaire associé, on se permet
d'ajouter quelqu'un sur le «payroll», comme on dit.
Le Président (M. Provençal)
:Interventions? Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. Oui, c'est quand même une modification qui est importante, là,
dans ce projet de loi là, ce n'est pas mineur, c'est quand même grand.
Moi, j'ai une question qui suit un peu ce
qui s'en vient dans les autres amendements, mais de logique et de cohérence,
là, le... Ce commissaire adjoint là pourrait devenir commissaire, et ce
commissaire adjoint là, cela dit, n'est pas nommé par l'Assemblée nationale, il
est nommé par le gouvernement. Je me pose la question que... Puis là vous dites...
puis, dans vos références, c'est que c'est comme ça pour les autres structures,
là. Cela dit, quand même, là, on pourrait avoir un commissaire adjoint qui
devient commissaire pour une longue période, là, ça pourrait être... parce
qu'il n'y a pas de limitation définie pour l'intérim. Et, de surcroît, en plus,
c'est le gouvernement qui peut le destituer.
Je me... je soulève des questions, là, à
savoir que le commissaire principal, lui, on va le nommer ici, à l'Assnat, le
commissaire adjoint, non, vous allez le nommer en gouvernement. Il pourrait
devenir commissaire au bout d'un an, c'est un fait, si jamais il se passe de
quoi avec le commissaire, puis là on aurait, pendant trois ans, pour la fin du
mandat, un commissaire adjoint qui ne passerait pas par l'Assemblée nationale.
Ça m'inquiète, dans le volet de l'indépendance puis dans la structure de
l'indépendance.
Puis je suis revenu à ça tantôt, puis j'en
ai parlé hier, ce n'est pas parce qu'on l'a fait ailleurs qu'on est obligés de
refaire la même chose non plus. Vous ne seriez pas d'accord à ce qu'en même
temps on se nomme un commissaire adjoint aux deux tiers aussi de l'Assemblée
nationale?
M. Carmant : Non, vraiment,
on veut nommer une seule personne par ce processus-là. Et donc le commissaire
adjoint ne pourrait pas, mais, évidemment, c'est vrai, je comprends que ça peut
arriver, si jamais le commissaire tombe malade, là, sévèrement malade, là, mais,
tu sais, tout est en place pour que le commissaire fasse son mandat, là. Il n'y
a pas de raison de penser qu'une telle situation <arriverait...
M. Carmant :
...penser
qu'une telle situation >arriverait.
M. Cliche-Rivard : Dans sa
nature d'adjoint, moi, je n'ai pas vraiment d'enjeu, je le comprends. Cela dit,
s'il devient commissaire, là, ça me chicote, ça me titille davantage. Est-ce
que... comme on l'a prévu ailleurs... est-ce que, sur motion ou sur résolution,
par la suite, aux deux tiers, quand lui deviendra commissaire... le commissaire
adjoint, là, il deviendra commissaire, est-ce qu'on ne pourrait pas, là, lui,
l'entériner, l'approuver, dans la mesure où, là, il va vraiment jouer ce
rôle-là de commissaire principal?
Donc, ma proposition, c'est que, tant
qu'il demeure adjoint, je n'ai pas d'enjeu, mais que... puis ça pourrait être
au-delà d'un certain délai, là, je suis flexible là-dessus aussi, mais, du
moment où il veut exercer sa fonction de commissaire principal pendant plus
qu'un an, je trouve que l'esprit de la loi puis de son indépendance ferait en
sorte qu'on le valide, on l'entérine, nous, à l'Assnat.
M. Carmant : ...à Me Bérubé...
Le Président (M. Provençal)
:Me Bérubé.
M. Bérubé (Mathieu) : Ici, en
fait, là, l'idée de la nomination du commissaire adjoint ou, plutôt, en fait,
de la procédure qui est prévue pour l'intérim... C'est bien à cet article-là,
d'ailleurs?
M. Cliche-Rivard : C'est
l'autre, l'intérim, mais...
M. Bérubé (Mathieu) : OK.
M. Cliche-Rivard : ...c'est
là que vous le nommez, cela dit.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui,
tout à fait. En lien avec l'intérim... Bien, en fait, c'est ça, c'est la...
l'idée étant uniquement d'occuper le poste de commissaire. Donc, le commissaire
adjoint ne devient pas le commissaire en titre, il demeure commissaire adjoint,
c'est juste qu'il assure l'intérim du commissaire le temps de l'absence ou de
l'empêchement quelconque, là, en vue de la situation du commissaire en titre.
Donc, il ne devient pas le commissaire lui-même, donc ça n'a pas une vocation à
être pérenne, là, comme procédure, là.
M. Carmant : Et on me dit que
la situation que vous nommez n'est jamais arrivée avec les autres personnes
désignées.
M. Cliche-Rivard : Jusqu'à
tant que ça arrive, là, avec égards, dans le sens... cet argument-là, il est
vrai jusqu'à tant qu'il ne le soit plus.
M. Carmant : Réponse médicale.
M. Cliche-Rivard : Il y a une
stabilité juridique qui est... qui est bien factuelle, là, dans le sens... Bon.
Ce que... bien, ce qu'on m'explique, c'est qu'il ne deviendra jamais
commissaire. Le seul titre de commissaire va appartenir à celui du deux tiers
de l'Assemblée nationale. Il va toujours demeurer commissaire adjoint... ou
commissaire intérimaire? Ça va être quoi, son titre?
M. Bérubé (Mathieu) : En
fait, bien, il demeure commissaire adjoint, c'est qu'il assure l'intérim du
commissaire en titre. Si, éventuellement, le premier commissaire... le
commissaire en titre démissionne ou, peu importe, là, est destitué, puis que,
là, le commissaire adjoint applique sur le poste de commissaire en titre, alors
là un vote des deux tiers pourrait le nommer comme commissaire en titre.
M. Cliche-Rivard : Bien sûr.
M. Bérubé (Mathieu) : Mais
là, en vertu de 19.1, c'est qu'il assurerait uniquement l'intérim de son
collègue commissaire en titre pour le temps de l'absence.
Le Président (M. Provençal)
:Mais là on va... On est toujours sur
19.1, oui, je comprends, mais on va commencer par traiter le 19, par exemple.
M. Cliche-Rivard : Oui.
Le Président (M. Provençal)
:En tout respect, là.
M. Cliche-Rivard : Non, non,
mais vous avez raison. Le point tel est que, le cas échéant, moi, je
modifierais sa nomination, qui, elle, est prévue à 19.
Le Président (M. Provençal)
:Oui, j'avais compris, là. Pendant que
vous réfléchissez, je donnerais la parole au député des Îles, s'il vous plaît.
M. Cliche-Rivard : Bien sûr.
Mme Garceau : ...
Le Président (M. Provençal)
:Au député des Îles-de-la-Madeleine.
Mme Garceau : ...
Le Président (M. Provençal)
:Après ça, je reviens à vous, madame.
Des voix : ...
M. Arseneau : Bien, c'est ça,
j'avais le même genre de question. En fait, dans les autres postes qui sont
similaires, de commissaires, on a des commissaires adjoints qui peuvent assurer
l'intérim, c'est ce qu'on nous dit, mais qui ne peuvent pas entrer par la porte
d'en arrière pour obtenir le poste de commissaire, à moins qu'on revienne à la
procédure de nomination qui est prévue à la loi, c'est-à-dire par un vote des
deux tiers de l'Assemblée nationale. Ça, c'est clair, mais la période d'intérim,
elle, peut être d'une durée qui n'est pas prescrite, là, ça peut être... ça
peut être court, ça peut être long, mais à quel moment est-ce que l'intérim se
termine? Est-ce que c'est au moment où le commissaire en tant que tel remet,
par exemple, sa démission? Je comprends que, s'il est dans une incapacité de
jouer son rôle, mais qu'il garde son titre, ça va, mais, une fois qu'il
démissionne, est-ce que, là, il y a une procédure pour qu'on le remplace et...
Puis là il n'y aura pas d'intérim qui va se dérouler pendant trois ans, là,
évidemment.
• (15 h 30) •
Donc, tant et aussi longtemps qu'il y a un
titulaire de charge, on ne peut pas nommer un autre titulaire pour... en lieu
et place de celui qui est en titre, là, on s'entend là-dessus? D'accord. Donc,
la question, c'est d'assumer les fonctions pendant qu'il y a une certaine
incapacité pour le titulaire de l'exercer? D'accord. Parfait.
M. Carmant : Merci.
Le Président (M. Provençal)
:OK. C'est beau. Ça va, M. le
ministre?
M. Carmant : Oui, oui. Moi,
je n'ai rien à ajouter.
Le Président (M. Provençal)
:Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Oui, merci, M.
le Président. M. le ministre a déjà... Depuis le début du projet de loi...
15 h 30 (version révisée)
Mme Garceau : ...M. le
ministre a déjà... depuis le début du projet de loi, on a eu des discussions au
niveau de la charge qui va être assez lourde pour le commissaire dès le début,
évidemment, la mise en œuvre de toutes les dispositions législatives, et tout.
Et donc je rejoins mon collègue dans sa
demande, mais moi, je le vois d'une... d'une autre façon, en termes de mesures
d'efficacité. Parce que je présume qu'il va y avoir plus qu'un candidat ou une
candidate pour... pour devenir... pour la candidature au niveau du commissaire,
et donc dans le... S'il y en a cinq, six, candidatures, ça peut être
intéressant, du même souffle, de dire : Bon, bien, celui-là va être
commissaire, puis cette personne-là va être adjoint, puis on les nomme en même
temps. Il me semble qu'il y a une logique là-dedans, une efficacité aussi, qu'il
va y avoir deux personnes qui vont travailler ensemble pour créer, pour partir
toute cette... cette entité indépendante. Moi, je le voyais de cet angle-là.
M. Carmant : Je peux
comprendre, mais on peut voir aussi que deux personnes qui n'ont pas aucun
atome crochu pourraient... tu sais, pourraient postuler sur le même poste, là.
Donc, tu sais, il y a des choses positives, des choses négatives, mais une
chose qui est certaine, c'est qu'on aura juste une personne nommée par l'Assemblée
nationale. Tu sais, c'est une procédure quand même assez exceptionnelle qu'on
utilise ici et qu'on ne va pas dupliquer, là, pour le commissaire adjoint. C'est
juste...
Mme Garceau : Donc... donc,
juste pour continuer, on avait eu des discussions en février, là, concernant
quand le commissaire va être nommé, la période de temps que le commissaire va
être nommé. Qu'est-ce que vous prévoyez une fois que le commissaire va être
nommé, la période de temps que ça va prendre pour nommer le commissaire
adjoint?
M. Carmant : Bien, ça, ce
sera à lui de le faire, là, mais nous, on va le nommer le plus rapidement
possible, il n'y a pas de...
Mme Garceau : Bien, c'est
parce que... est-ce que l'idée, c'est le commissaire, elle ou lui-même, qui va
tenter de trouver un adjoint...
M. Carmant : Bien, ça...
Mme Garceau : ...ou est-ce
que c'est vraiment le gouvernement qui va choisir pour le commissaire?
M. Carmant : Oui, le... le
commissaire va nous recommander une liste de noms et le gouvernement va choisir
à travers cette liste de noms. C'est ça, la procédure qui est en place.
Mme Garceau : Commissaire...
OK.
Le Président (M. Provençal)
:Ça va? M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : ...là, je
fais une analogie avec ce qu'on a modifié à 1, sur le besoin d'une expérience
de travail significative dans le réseau. Considérant que celui-ci pourrait
devenir commissaire adjoint... bien, commissaire exerçant la charge, êtes-vous
ouvert à ce qu'on lui demande la même qualification qu'on a demandée au
commissaire, considérant qu'il pourrait devenir commissaire?
Des voix : ...
M. Cliche-Rivard : Ça peut
être par renvoi à l'article 1.
M. Carmant : Non. Bien, le
point qu'on... qu'on me chuchote, là, c'est que le but principal, ça va être de
soutenir l'organisation. Donc, c'est plus qu'être commissaire en soi. Donc, ça
se peut que ce ne soit pas une personne qui soit nécessairement avec un mandat
similaire que le commissaire principal. Et c'est comme ça que ça... c'est comme
ça que ça s'est fait ailleurs, avec une certaine complémentarité des aptitudes.
M. Cliche-Rivard : Puis je ne
suis pas fermé à ça dans son rôle d'adjoint...
M. Carmant : Mais c'est là qu'il
va commencer.
M. Cliche-Rivard : ...mais je
suis inquiet dans... dans sa capacité de commissaire.
M. Carmant : Oui, mais ça ne
devrait pas arriver, tu sais, c'est...
M. Cliche-Rivard : Je le
sais, mais vous le prévoyez législativement parlant pareil. Ça fait que,
considérant que vous ne parlez jamais pour ne rien dire, que le législateur ne
parle jamais pour ne rien dire, si vous avez quand même jugé bon... Puis en
plus vous l'amendez aujourd'hui, quand même, c'est parce que ça devrait, et on
se le souhaite tous, ne jamais arriver. Mais moi, quand même, aujourd'hui, de
me dire que, sans diminuer, ce soit quelqu'un qui ait plutôt un volet ou une
expertise de mise en place d'un bureau, là, et non pas nécessairement quelqu'un
de spécifiquement <dédié...
M. Cliche-Rivard :
...mise
en place d'un bureau, là, et non pas nécessairement quelqu'un de spécifiquement
>dédié, ou compétent, ou expert en matière de jeunesse, dans son poste
d'adjoint, je n'ai aucun enjeu. Je le comprends, parce qu'il va falloir qu'il
mette en œuvre un bureau, puis ça va peut-être prendre des compétences qui sont
spécifiques à mettre en œuvre un bureau, puis ça va, mais, si cette personne-là
devient commissaire pour quand même faire une période de temps... on parle du
commissaire aux enfants, là, dans le sens pas... puis je ne suis pas en train
de banaliser quelconque autre job.
Le Président (M. Provençal)
:Permettez-vous un commentaire?
M. Cliche-Rivard : Bien sûr.
Le Président (M. Provençal)
:De façon générale, puis je peux me tromper,
quand on veut combler un poste qui est dominant, il y a toujours un profil
attaché à ça au niveau de la description de la fonction publique. Alors, ça ne
veut pas dire que, si la personne était adjointe... qu'elle va avoir
nécessairement le profil de.
M. Carmant : Non, c'est ça,
mais c'est...
M. Cliche-Rivard : Bien,
c'est un peu ça, mon inquiétude.
M. Carmant : C'est ce qui
vous inquiète, mais...
M. Cliche-Rivard : C'est ça,
mon inquiétude.
Le Président (M. Provençal)
:Puis c'est... je voulais être sûr
d'avoir bien compris votre propos, M. le député.
M. Cliche-Rivard : Oui. Puis
là tout ce que je demande, puis je ne pense pas que c'est la lune, là, c'est
l'expérience significative dans le réseau jeunesse, dans le réseau des enfants.
M. Carmant : Non, je pense
qu'on n'ira pas là, là.
M. Cliche-Rivard : OK, je...
j'en suis déçu, quand même, là, mais, bon, on va se le dire aussi, vous l'avez
dit, je vais être aussi pragmatique, dans la mesure où les chances que ça, ça
arrive sont minces. J'encouragerais ou je vous encouragerais, le cas échéant, à...
si c'est une personne... l'adjoint, qui a un volet, disons, une expertise de
technocrate ou de bureaucrate, à ce que cette personne-là reste... reste le
commissaire le moins longtemps possible, là.
M. Carmant : OK, oui.
M. Cliche-Rivard : Puis à ce
que vous nommiez l'expert commissaire le plus vite possible.
M. Carmant : Ça, je vais
appuyer ça, évidemment.
M. Cliche-Rivard : OK, parce
que je peux comprendre qu'on va nommer un commissaire adjoint avec des
fonctions spécifiques pour mettre en place un bureau, éventuellement, mais, si
cette personne-là, qui n'a pas du tout le profil de l'expertise, commence à
jouer, pendant deux ans, les commissaires... Puis encore, une compétence, ça se
développe, là, je veux dire, je ne veux pas préjuger de l'incapacité de cette
personne-là à jouer ce rôle-là, mais ça me semble spécial qu'on ait quand même
établi des balises à l'article 1, puis avec la collègue, vous l'avez
accepté, là, l'amendement, je me souviens, c'est elle qui l'avait soumis, mais
que, là, on se donne encore moins de lien du commissaire adjoint... Ça
m'inquiète un petit peu, mais, comme vous l'avez dit, dans les autres
commissaires... dans les autres structures, ce n'est jamais arrivé, là. Donc, je
vais être capable de dormir là-dessus, là, mais ça reste que je trouve ça un
petit peu incohérent, avec égards.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Y a-t-il d'autres
interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'amendement à
l'article 19 est adopté? Adopté. Merci. Maintenant, nous avons... nous
allons, excusez-moi... Alors, est-ce que l'article 19, tel qu'amendé, est
adopté? Adopté. Merci.
M. le ministre, je pense que, là, vous
avez 19... à déposer 19.1 et 19.2.
M. Carmant : 19.1 et 19.2.
Le Président (M. Provençal)
:Oui. On va débuter par le 19.1. Je
vous demanderais de le projeter à l'écran, s'il vous plaît. Merci beaucoup.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Vous pouvez y aller, M. le ministre.
M. Carmant : Attendez-moi deux
secondes.
Des voix : ...
• (15 h 40) •
Le Président (M. Provençal)
:...19.1.
M. Carmant : Non, c'est bon,
j'y vais avec 19.1. Insérer, après l'article 19... insérer, après
l'article 19 du projet de loi tel qu'amendé, l'article suivant :
«19.1. Le commissaire détermine les
fonctions et les pouvoirs du commissaire adjoint.».
L'amendement vise à conférer au Commissaire
au bien-être et aux droits des enfants la responsabilité de déterminer les
fonctions et les pouvoirs du commissaire adjoint, ce qu'on a discuté tout à
l'heure, là.
Le Président (M. Provençal)
:Interventions? Le débat... le débat a
été fait? Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Dans l'esprit
du ministre, parce qu'évidemment c'est des amendements, donc, initialement, on...
vous aviez prévu un commissaire adjoint, mais c'était vraiment plus dédié...
associé, dédié aux enfants autochtones. Donc, pour vous, le commissaire va
déterminer les <fonctions...
Mme Garceau :
...associé,
dédié aux enfants autochtones. Donc, pour vous, le commissaire va déterminer
les >fonctions et les pouvoirs du commissaire adjoint. Qu'est-ce que
vous avez à l'idée en termes de fonctions et pouvoirs, des... d'autres
fonctions et pouvoirs qui ne sont pas détaillés au projet de loi?
M. Carmant : Non, il n'y a
pas d'autres fonctions et pouvoirs qui sont détaillés. Je pense que c'est une
question de délégation, là. Peut-être, je passerais la parole à...
Le Président (M. Provençal)
:Me Bérubé.
M. Bérubé (Mathieu) : Merci,
M. le Président. Effectivement, l'article, là, ne vise pas à créer de nouvelles
fonctions, là. Le carré de sable, si on veut, là, ou la... les compétences
comme telles du commissaire en titre, là, sont prévues à l'article 5, et
suivants, comme on l'a vu plus tôt dans la semaine. Donc, un peu comme le
ministre l'a dit, là, soit une question de délégation ou tout simplement
d'identification des tâches qui seraient à combler par le commissaire adjoint
pour, comme le dit l'article 19, assister dans l'exercice de ses fonctions
le commissaire principal.
Mme Garceau : OK, pour venir
épauler le commissaire dans l'exercice de ses fonctions et pouvoirs.
M. Bérubé (Mathieu) : Tout à
fait.
Mme Garceau : OK. Merci.
Le Président (M. Provençal)
:Oui, Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Et, dans les
pouvoirs qu'il peut lui conférer, est-ce que justement ceux d'avoir accès à des...
(Interruption) ...excusez-moi, des entités ou avoir accès à des documents
d'information, ça, ça ne pourrait pas être conféré comme pouvoir au commissaire
adjoint?
M. Carmant : Non. Ça, c'est
au commissaire. Oui.
Mme Prass : OK. Parfait.
D'accord. Merci.
Le Président (M. Provençal)
:Ça va. M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Le commissaire
va se doter... au-delà du commissaire adjoint, va se doter d'une équipe, on est
d'accord, puis cette équipe-là va réaliser les mandats du commissaire.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Là, c'est...
c'est votre dernière réponse qui m'a un peu surpris. Dans l'exercice de 5, 2°, 6°,
les enquêtes, par exemple, lui, le commissaire, peut confier à un membre de son
équipe l'ouverture d'une enquête sur la vétusté des centres jeunesse?
M. Carmant : Oui, oui, mais
pas l'adjoint. Tu sais, je pense que le...
M. Cliche-Rivard : Pas
l'adjoint.
M. Carmant : ...le
commandement doit... tu sais, l'ouverture d'une enquête doit venir du
commissaire, là.
M. Cliche-Rivard : OK. Et, à
partir de là, dans... dans l'exercice de cette fonction-là, que le commissaire
va lui avoir donnée, l'employé du réseau ou du commissaire va pouvoir invoquer
les pouvoirs du commissaire?
M. Carmant : Oui, puisqu'on
veut qu'il soit sur tout le territoire. Exact.
M. Cliche-Rivard : Exact. OK.
J'avais été surpris de votre réponse en disant que non, c'est juste le
commissaire, mais...
M. Carmant : Ah! OK, je
passais de... tu sais, appuyer sur le bouton rouge, là. Ça, c'est la job du
commissaire.
M. Cliche-Rivard : Quel
bouton rouge?
M. Carmant : Tu sais, de...
de lancer l'enquête.
M. Cliche-Rivard : Ah! oui.
Très bien. Mais, comme un peu avec la CDPDJ, ce n'est pas le président qui va
se présenter dans... faire l'enquête.
M. Carmant : Non, non, non.
M. Cliche-Rivard : OK.
M. Carmant : Bien, est-ce que
j'avais... est-ce que j'avais bien compris votre question? C'est bien le
lancement de l'enquête que vous m'aviez demandée?
Mme Prass : Non, non, ce
n'était pas le lancement de l'enquête. Quand on... Les articles, par exemple,
où il peut avoir accès pour entrer, comme on a dit, sur demande dans une
institution, est-ce que ça, c'est des pouvoirs que le commissaire peut conférer
au commissaire adjoint également, ou avoir accès à des documents ou avoir accès
au personnel? C'était non. Dans la charge de l'enquête, est-ce qu'il peut avoir...
le commissaire peut conférer au commissaire adjoint, justement, le pouvoir de
rentrer dans les institutions, d'avoir accès à la documentation, d'avoir accès
au personnel? C'était dans ce sens-là.
M. Carmant : OK, bien, s'il
le juge, mais je pense que ce ne serait peut-être pas une meilleure... la
meilleure utilisation possible des ressources, là, mais s'il le juge.
Mme Prass : Mais il pourrait
les conférer?
M. Carmant : Oui, tant que ce
soit lui qui lance l'enquête. Moi, c'était ça que je pensais que vous vouliez
dire.
Mme Prass : OK, oui. Non,
c'était dans le cadre de... OK. Parfait.
Le Président (M. Provençal)
:Ça va. M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Mais donc
toute son équipe est sous-entendue, là, ses... Puis, si jamais il se dote de...
je ne sais pas, moi, d'une personne enquêteur ou qu'il désigne quelqu'un, il est
sous-entendu dans «commissaire»?
M. Carmant : Oui, c'est un
grand titre, comme le ministre, là.
M. Cliche-Rivard : Tu sais,
dans le sens, c'est un titre comme...
M. Carmant : Comme le
ministre, là, c'est ça.
M. Cliche-Rivard : Puis il
n'est pas le commissaire en titre d'exercice, mais l'enquêteur du commissaire
ou l'équipe du commissaire a tous les pouvoirs du commissaire, à moins que lui
décide de le restreindre. Puis lui, il se dotera de ses règles, à savoir qui
peut faire quoi, là, évidemment, là, mais... mais l'autorité du commissaire de
rentrer dans le centre jeunesse, par exemple, l'enquêteur du commissaire, s'il
s'en dote d'un, il l'a autant que le commissaire.
M. Carmant : Oui, oui.
M. Cliche-Rivard : On est
d'accord?
M. Carmant : Oui, oui, ça, on
est d'accord là-dessus.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Ça fait que c'est l'ensemble du personnel dédié ou embauché ou, en tout cas, pour
lequel le commissaire juge qu'il remplit une fonction à 5, 2°, 6° ou à 5... «whatever»,
ou à 5, 2°, 6°, qui va pouvoir utiliser les pouvoirs à 29.1, les pouvoirs à 9.
M. Carmant : Oui, on s'entend
là-dessus.
M. Cliche-Rivard : C'est... ce
ne sera pas toujours lui, une lettre signée par lui ou... Ça va être l'entête,
le... le bureau du commissaire, finalement, un peu comme le Bureau du coroner
versus le Coroner en chef.
M. Carmant : Mais pas tout le
monde ne peut signer pour lui, là, c'est ça que je veux dire...
M. Cliche-Rivard : Non,
évidemment pas.
M. Carmant : ...c'est ça que
je voulais dire.
M. Cliche-Rivard : Oui,
évidemment pas, mais...
M. Carmant : Parce que moi,
je lis tous mes courriers, tu sais, c'est... le ministre écrit partout...
M. Cliche-Rivard : On le
sait, ça. Vous me répondez tard, des fois.
M. Carmant : ...le ministre
écrit partout, mais la signature, c'est moi. Puis ça, c'est important pour moi.
M. Cliche-Rivard : Oui. La
signature?
M. Carmant : Oui.
M. Cliche-Rivard : Oui, oui,
mais je comprends. Mais... mais donc, pour répondre à la collègue, je pense...
puis l'inquiétude, puis là je l'avais dans votre réponse, son équipe pourra
exercer ses pouvoirs.
M. Carmant : Oui, oui. <Non...
M. Cliche-Rivard :
...je
l'avais dans votre réponse, son équipe pourra exercer ses pouvoirs.
M. Carmant :
Oui,
oui. >Non, ça, on s'entend.
M. Cliche-Rivard : Exactement.
Puis, si lui, il dit à M. X : Va au centre jeunesse et utilise mon
pouvoir au sens de 9, bien, cette personne-là est habilitée à l'exercer, ça
fait qu'il...
M. Carmant : Je m'excuse
d'avoir mal compris, là, mais c'est... je suis tout à fait d'accord.
M. Cliche-Rivard : ...il
amène le badge du commissaire avec lui, là.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : C'est bon.
Parfait.
Le Président (M. Provençal)
:Y a-t-il d'autres interventions? S'il
n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'amendement qui introduit l'article 19.1
est adopté?Adopté. Merci. Alors, le nouvel article 19.1 est adopté.
19.2.
M. Carmant : ...Insérer,
après l'article 19.1 du projet de loi tel qu'amendé, l'article
suivant :
«19.2. En cas d'absence ou d'empêchement
du commissaire ou de vacance de son poste, le commissaire adjoint assure l'intérim.
«Si le commissaire adjoint est également
absent ou empêché d'agir ou en cas de vacance de son poste, le commissaire est
remplacé par une personne nommée temporairement à cette fin par le gouvernement
qui fixe, s'il y a lieu, la rémunération, les avantages sociaux et les autres
conditions de travail de cette personne.»
En concordance avec les précédents
amendements prévoyant la nomination d'un commissaire adjoint, le présent
amendement vise à revoir la procédure applicable afin de pallier l'absence ou
l'empêchement du Commissaire au bien-être et aux droits des enfants ou la
vacance de son poste.
Le Président (M. Provençal)
:Interventions? Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Oui. Merci, M.
le Président. Qui décide, 19.2, en cas d'absence? Parce qu'il peut y avoir des
absences justifiées, non justifiées. Finalement, c'est... c'est quoi, la
procédure pour qu'un commissaire adjoint soit nommé par intérim? Quelle va être
la procédure?
M. Carmant : Je passerais la
parole, M. le Président, je...
Le Président (M. Provençal)
:Me Bérubé.
Mme Garceau : Me Bérubé.
M. Bérubé (Mathieu) : Merci,
M. le Président. Je ne suis pas très, très au fait, là, des procédures.
J'imagine qu'il y a peut-être des procédures à l'interne, notamment avec le Protecteur
du citoyen, là, qui a un modèle, là, absolument similaire. J'imagine que, bon,
tu sais, on parle d'une absence, par exemple pour maladie, bien là, à ce
moment-là, assez automatiquement, le commissaire adjoint, il reprend le rôle
par intérim du commissaire en titre pour s'assurer que les activités puis les
fonctions du commissaire ne sont pas arrêtées pendant un temps... un temps x,
même chose pour les autres circonstances, là. Donc, il n'y a pas tant de qui
décide plus de quand la situation survient, là. Donc, c'est à ce moment-là que
le commissaire adjoint assure l'intérim, là.
Mme Garceau : Mais là, en cas
de maladie, ça va dépendre de la maladie, on se comprend, finalement, c'est le
commissaire qui va prendre... c'est le commissaire qui va prendre la décision
au niveau de : Est-ce qu'il va y avoir un commissaire adjoint ou non
nommé?
M. Carmant : Non, il va y
avoir...
Mme Garceau : Je ne sais pas,
là, parce qu'il peut être... ça va dépendre des circonstances. Moi, c'est ça
que je tente de comprendre.
M. Carmant : Non, il... non,
il va y avoir un commissaire adjoint, ça, c'est... ça, c'est fait, et il
prendra l'intérim. Là, vous voulez dire l'adjoint de l'adjoint, là, le
troisième?
Mme Garceau : Non. Non. Là,
je parle... Votre définition d'en cas d'absence ou d'empêchement, parce qu'il
semble que, selon le libellé de 19.2, c'est le commissaire qui va finalement
prendre la décision de... compte tenu de sa maladie, admettons un cancer, il a
des traitements, et tout ça, donc il doit être absent. Donc, lui-même va dire :
Bon, je vais être absent, donc commissaire adjoint va devenir commissaire.
• (15 h 50) •
Donc, c'est à l'interne. Il y a une
question d'indépendance. Tout ça va... ça va être le commissaire, lui-même,
elle-même, qui va décider : Maintenant, compte tenu de ma maladie, je dois
être absent. Compte tenu d'un certain empêchement, je ne sais pas lequel, je
dois m'absenter, donc je demande... ou je vais nommer le commissaire adjoint, il
va assumer l'intérim. Parce que peut-être que ça pourrait être pour une période
de six mois, et après ça le commissaire... Admettons, un cancer, et... et il a
des traitements, et donc il y a une question que, oui, pendant ses traitements,
il va nommer le commissaire adjoint pour prendre, assumer l'intérim, et il va revenir.
Mais le gouvernement ne joue pas de rôle, le ministère ne joue pas de rôle à
l'intérieur de... des décisions du commissaire de dire : En ce moment, là,
je pense que, commissaire adjoint, tu vas prendre la relève jusqu'à tant que je
revienne ou que je ne <revienne...
Mme Garceau :
...commissaire
adjoint, tu vas prendre la relève jusqu'à tant que je >revienne ou que
je ne revienne pas.
M. Carmant : C'est ça, non,
ce n'est pas le rôle ni du ministère ni du gouvernement, là. C'est... c'est automatique
dans la loi, là.
Le Président (M. Provençal)
:Y a-t-il d'autres interventions? S'il
n'y a pas d'autre... M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : On a eu le
débat un petit peu tantôt, mais, quand même, M. le ministre, pour que ce soit
ici au registre, là, on s'entend que, tu sais, un intérim de trois ans, ce ne
serait pas un intérim, là.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : OK, ça
fait qu'on...
M. Carmant : Puis un adjoint
d'adjoint, c'est limite.
M. Cliche-Rivard : En effet.
Ça fait que, dans les deux cas, puis ce sera vos mots, là, ce sera limite. Ça
fait que l'intérim... que ça dure six mois, là, je peux le comprendre, le temps
que vous trouviez la bonne personne, là, mais, dans les deux cas, là, que
l'adjoint joue le rôle du commissaire, bon, si c'est une personne pleinement
habilitée et compétente, qui a toutes les compétences, moi, je suis bien... je vais
être bien d'accord, là, mais... Puis même affaire sur l'adjoint de l'adjoint,
si ça dure un temps... Ça fait que, que ce soit dit, et compris, et su.... qu'il
ne faudrait pas qu'on tarde trop à faire ces nominations-là, surtout dans la
mesure où ces gens-là n'ont pas de condition préalable nécessaire par la loi de
connaissance spécifique du réseau jeunesse, là.
M. Carmant : Parfait.
M. Cliche-Rivard : Merci.
Le Président (M. Provençal)
:Oui, Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Oui. Revenons
un peu, là, juste pour clarifier quelque chose, parce que c'est un point
intéressant que mon collègue soulève au niveau de la durée de l'intérim. Est-ce
qu'on ne devrait pas prévoir une durée? Parce que, là, il pourrait être intérim
pour un an, deux ans, trois ans. Il n'y a rien qui est prévu, là, en ce moment,
au niveau de la durée. Parce qu'après ça, le gouvernement... la seule
intervention du gouvernement, c'est lorsque le commissaire adjoint est
également absent que, là, le gouvernement vient nommer une personne. Donc, qu'est-ce...
c'est... la question ici, c'est, lorsqu'il y a une absence du commissaire, le
commissaire adjoint assure l'intérim, et donc, là, pendant quelle période de
temps? Parce que, suite à ça, ça va être l'Assemblée nationale qui va venir
nommer un nouveau commissaire.
M. Carmant : Si... si on
décide...
Mme Garceau : Si le
commissaire, admettons, est atteint d'un cancer et ne peut pas revenir, donc,
le commissaire adjoint... Puis on ne le sait pas, là, parce que ça prend du
temps, il fait ses traitements, et tout. À un moment donné, on est six mois,
huit mois, un an, le commissaire adjoint assume... assure l'intérim, mais le
commissaire adjoint... dépendamment des circonstances dans lesquelles le
commissaire se trouve, ça pourrait déborder, là, ça pourrait être beaucoup plus
long qu'un six, huit mois. Je pense qu'il y a comme un délai, il me semble qu'il
faudrait voir ensemble un délai de... d'une durée d'un intérim qui est raisonnable
pour que... le commissaire va devoir prendre une décision : Est-ce que je
me retire, ou j'ai des motifs qui justifient que je demeure, et qu'il y ait une
prolongation, je ne sais pas, de l'intérim? Parce qu'à un moment donné,
l'Assemblée nationale devra, je crois, vous allez me le dire, nommer le
remplaçant.
M. Carmant : Bien, je suis
d'accord avec vous.
Mme Garceau : C'est ça.
M. Carmant : On me dit,
cependant, que c'est... c'est géré par les... par des principes des emplois
supérieurs, et qu'on n'a pas à mettre de durée, là. Mais moi, je peux vous
dire, là, que je ne tolérerais pas un intérim d'un an, deux ans, trois ans, là.
Ça, c'est...
Une voix : ...
M. Carmant : Ça, c'est ça, c'est
vraiment temporaire.
Mme Garceau : OK, c'est... oui,
oui. On... on l'avait vu dans le... PL... En tout cas...
Le Président (M. Provençal)
:Ça va?
Mme Garceau : Oui, merci.
Le Président (M. Provençal)
:S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce
que l'amendement qui introduit l'article 19.2 est adopté? Alors, le nouvel
article 19.2 est donc adopté.
Nous allons maintenant à l'article 25,
article 25 pour lequel, M. le ministre, je pense que vous avez un
amendement.
M. Carmant : Oui. Donc,
est-ce que je lis le 25?
Le Président (M. Provençal)
:Oui, vous devez lire le 25 au départ.
M. Carmant : Et ensuite
l'amendement. Parfait. Merci, M. le Président : «Le commissaire, les
experts auxquels il a recours en application du paragraphe 3° de l'article 8,
le commissaire associé ainsi que les membres du personnel du <commissaire...
M. Carmant :
...paragraphe
3° de l'article 8, le commissaire associé ainsi que les membres du
personnel du >commissaire ne peuvent être contraints de faire une
déposition ayant trait à un renseignement obtenu dans l'exercice de leurs
fonctions ou de produire un document contenant un tel renseignement.»
Le présent article de loi en introduit le
chapitre V, lequel porte sur les immunités. L'article confère au Commissaire au
bien-être et aux droits des enfants, aux experts qu'il mandate, au commissaire
associé dédié au bien-être et aux droits des enfants autochtones et aux
employés du commissaire une immunité selon laquelle ils ne peuvent être
contraints de témoigner relativement à un renseignement obtenu dans l'exercice
de leurs fonctions ou de produire un document contenant un tel renseignement.
Et l'amendement se lit... par concordance :
Remplacer, dans l'article 25 du projet de loi, «associé» par «adjoint».
Le Président (M. Provençal)
:Alors, interventions sur
l'amendement, qui est une notion de concordance? S'il n'y a pas d'intervention,
est-ce que l'amendement à l'article 25 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
:Maintenant, y a-t-il des
interventions sur l'article 25 amendé? Oui, M. le député.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. J'avais une question, qui me semble implicite, là, mais là on
parle... Puis là je le lisais moi-même, mais sous réserve de ce qui est prévu
par la loi dans ses obligations, là, dans le sens de son rapport annuel, de...
je veux dire, il est quand même contraint par la loi de fournir son rapport. Je
veux dire, c'est quand même là...
Le Président (M. Provençal)
:Me Bérubé.
M. Cliche-Rivard : Moi, ma
lecture fine de 25, c'est que, là, on ne peut pas les forcer de ne rien faire,
mais sous réserve des obligations prévues par la loi.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui.
Le Président (M. Provençal)
:Me Bérubé.
M. Bérubé (Mathieu) : Merci,
M. le Président. Effectivement, là, tout à fait, là, l'article ne vise pas à
empêcher ou plutôt à limiter le commissaire en vertu de ce que la loi lui
impose de faire, là, forcément, là, sans quoi on aurait deux dispositions, là,
qui seraient contradictoires l'une envers l'autre, là. C'est vraiment...
quelqu'un ne pourrait pas venir le contraindre, que ce soit par une ordonnance
ou autrement, là, à divulguer des renseignements qu'il aurait obtenus dans
l'exercice. C'est... encore une fois, ici, là, c'est une immunité qui est
usuelle pour les personnes désignées, là, par l'Assemblée.
M. Cliche-Rivard : Oui.
C'était plutôt l'autre volet, là, de produire un... produire un document
contenant un tel renseignement.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui,
mais... oui, même constat, là, autrement dit.
M. Cliche-Rivard : On... on
le contraint, là, aujourd'hui, là, à faire ça, là, on s'entend.
M. Bérubé (Mathieu) : Sauf
que, là, c'est la loi, là. C'est la loi qui le prévoit.
M. Cliche-Rivard : Oui.
M. Bérubé (Mathieu) : Évidemment,
25 ne peut pas venir... ne peut pas venir limiter la possibilité pour le
commissaire de le produire, puisqu'on lui demande de le produire. On ne peut
pas...
M. Cliche-Rivard : Exact, ça
fait que lui, il ne peut pas invoquer 25 en disant : «By the way», je n'étais
pas...
M. Bérubé (Mathieu) : Non, on
ne pourra pas faire ça.
M. Cliche-Rivard : OK, non,
non, mais c'est parce que la...
M. Bérubé (Mathieu) : La
question est drôle.
M. Cliche-Rivard : ...la fine
lecture de 25 tout seul, hors son contexte... bon, évidemment, on interprète toujours
la loi dans son contexte, mais laissait comme ce flou-là. Mais effectivement
que tout ce que la loi lui demande de faire, tout le rapport qu'il doit
produire au sens de la loi, il va devoir le faire.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui.
M. Cliche-Rivard : Merci.
Incluant son rapport de mise en œuvre, il est contraint de le faire.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui,
tout à fait. Tout à fait, il sera même déposé à l'Assemblée et étudié en
commission...
M. Cliche-Rivard : Merci.
Le Président (M. Provençal)
:S'il n'y a pas d'autre intervention,
est-ce que l'article 25 amendé est adopté? Adopté. Je vous invite
maintenant à l'article 26. M. le ministre.
M. Carmant : Merci, M. le
Président. «Le commissaire, le commissaire associé ainsi que les membres du
personnel du commissaire ne peuvent être poursuivis en justice en raison d'une
omission ou d'un acte accompli de bonne foi dans l'exercice de leurs
fonctions.»
Cet article du projet de loi confère au
Commissaire au bien-être et aux droits des enfants, au commissaire associé
dédié au bien-être et aux droits des enfants autochtones et aux employés du
commissaire une... une immunité relative contre les poursuites en justice.
Cette immunité est relative, car elle ne vaut que pour une omission ou un acte accompli
de bonne foi dans l'exercice de leurs fonctions.
Et l'amendement se lit : Remplacer,
dans l'article 26 du projet de loi, «associé» par «adjoint».
Encore une fois, par cohérence, M. le
Président.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Interventions sur
l'amendement? S'il n'y a pas d'intervention, est-ce que l'amendement à
l'article 26 est adopté?
• (16 heures) •
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
:Y a-t-il des interventions maintenant
sur l'article 26 amendé? S'il n'y a pas d'intervention, est-ce que
l'article 26 amendé est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Article 28.
M. Carmant : Merci, M. le
Président. L'article 28 se lit comme suit : «Sauf sur une question de
compétence, aucun pouvoir... il manque un «r»... en contrôle judiciaire prévu
au Code de procédure civile (chapitre C-25.01) ne peut être exercé ni aucune
injonction accordée ou autre mesure provisionnelle prise contre le commissaire,
les experts auxquels il a recours en application du paragraphe 3° de l'article 8,
le commissaire associé ainsi que les membres du personnel du commissaire dans
l'exercice de leurs fonctions.
«Un juge de Cour d'appel peut, sur
demande, annuler sommairement une décision, une ordonnance ou une injonction
rendue ou prononcée à l'encontre du présent article....
16 h (version révisée)
M. Carmant : ...de leurs
fonctions.
«Un juge de Cour d'appel peut, sur
demande, annuler sommairement une décision, une ordonnance ou une injonction
rendue ou prononcée à l'encontre du présent article.»
Cet article du projet de loi est une
clause privative protégeant le commissaire au bien-être et aux droits des
enfants, les experts qu'il mandate, le commissaire associé dédié au bien-être
et aux droits des enfants autochtones et les employés du commissaire dans l'exercice
de leurs fonctions.
Et, encore une fois, M. le Président, l'amendement
se lit : Remplacer, dans le premier alinéa de l'article 28 du projet
de loi, «associé» par «adjoint». Par souci de cohérence. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Alors, interventions sur l'amendement?
S'il n'y a pas d'intervention sur l'amendement, est-ce que l'amendement à l'article 28
est adopté?
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Y a-t-il des interventions sur l'article 28
amendé? S'il n'y a pas d'intervention, est-ce que l'article 28, amendé,
est adopté?
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Article 32. Attendez une
minute. Il faut que je fasse une petite vérification parce qu'il y a des
articles qui ont été... Il y a des amendements en suspension, par exemple. On
parle des dispositions de la loi. Bon. Juste... Est-ce qu'on peut faire l'article 32
avant de faire les... les... Il y avait deux amendements. Il faut faire les
amendements avant, là, maître?
M. Carmant : Bien, l'annexe
et le préambule?
Le Président (M. Provençal)
:Bien, c'était 0.1 qui avait été
déposé, qui était en lien avec le préambule, je pense.
M. Carmant : C'est quoi, le 0.1?
Le Président (M. Provençal)
:Il y avait des amendements qui
avaient été suspendus, un amendement 0.1 qui avait été déposé par le
député de Saint-Henri—Sainte-Anne et un deuxième amendement 0.1 qui avait
été déposé par Mme la députée de Robert-Baldwin. Est-ce que ces amendements-là
sont toujours de mise?
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Parce que, moi, je suis un petit peu
le gardien de tout ça, là, ça fait que je ne veux pas être... je veux être sûr
de ne pas me faire accuser d'avoir...
Une voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Oui.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Oui. M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : C'est le
mien en premier? Parfait. On va le projeter, je devine. C'est sur la
convention. Merci, M. le Président. Je pense qu'on l'avait déjà lu, là, je...
Le Président (M. Provençal)
:Non.
M. Cliche-Rivard : On ne l'avait
pas lu.
Le Chapitre 0.1 est introduit avant
le Chapitre 1 du projet de loi comme suit :
«Chapitre 0.1.
Charte... Oui, il y a des corrections à
faire, mais Charte des droits des enfants :
«Les droits convenus dans la Convention
des Nations Unies relative aux droits des enfants sont intégrés à la présente
loi.
«La responsabilité de la mise en œuvre de
l'application de cette convention incombe au Commissaire au bien-être et aux
droits des enfants.»
Il me semble, M. le Président, qu'on avait
commencé à discuter de ça probablement dans le préambule. On avait eu des
réflexions même ou des dialogues avec l'équipe légale. Ça fait suite à
certaines recommandations qu'on a eues dans le contexte des consultations
particulières, notamment, là, je dis ça, mais, je pense, le Pr Goubau, si
je ne m'abuse, qui nous avait parlé de l'importance que...
Évidemment, le Québec a reconnu, là, la
déclaration puis l'a... s'en est lié par décret, mais qu'il n'y a pas eu de
dispositions de mise en œuvre. On avait commencé à discuter de ça pour qu'on
fasse un pas supplémentaire en tant qu'État qui exerce pleinement ses
compétences eu égard aux droits de l'enfant, aux droits de la famille pour qu'on
puisse véritablement créer des obligations positives eu égard aux droits de l'enfant
puis à ceux qui sont protégés par la Convention relative aux droits de l'enfant.
C'est un débat qui se posait conjointement
avec celui de la charte des droits de l'enfant, deux volets qui sont quand même
soulevés par Mme Laurent dans son rapport, dans le rapport Laurent. On
nous avait quand même... On avait quand même eu des discussions du côté de Mme Laurent
également à savoir que le commissaire au bien-être des enfants aurait quand
même une <charte...
M. Cliche-Rivard :
...le
commissaire au bien-être des enfants aurait quand même une >charte dans...
qui regrouperait possiblement l'ensemble des droits. On a dit que ce pouvait se
trouver limitativement ou non dans la convention, bref, qu'il y avait des
éléments qui seraient peut-être un peu conjoints, là, dans notre corpus
législatif, c'est-à-dire le Code civil, la Charte des droits et libertés de la
personne, le... la LPJ et évidemment la LJPA. Bref, on nous avait expliqué par
les juristes, par Pr Goubau, en fait, si je ne m'abuse, qu'on pouvait, par
dispositions à l'intérieur d'un projet de loi, déclarer le Québec lié par une
convention.
Donc, nous, notre proposition ici, c'était
qu'on le fasse, considérant qu'on était directement dans le contexte précis
d'une loi qui vise le bien-être des enfants, l'intérêt supérieur des enfants.
Je pense que vous aviez... ou l'équipe
légale avait commencé une réponse, là, avec laquelle je me souviens ne pas
avoir été d'accord. Mais je vais vous laisser répondre, M. le ministre.
Le Président (M. Provençal)
:M. le ministre.
M. Carmant : Oui, la réponse
avait été dans... d'inclure, dans l'article 5, là, que... informer le
public sur son rôle, sur les principes et les dispositions de la Convention
relative aux droits de l'enfant, ainsi qu'au sujet du bien-être et des droits
des enfants, le sensibiliser aux questions qui s'y rapportent, notamment par
des progrès d'information et d'éducation.
M. Cliche-Rivard : Donc là,
il y a un... effectivement, M. le ministre, vous avez raison, un... un volet
informatif. Donc, vous êtes quand même... C'est un geste positif, là, qui a
été, je me souviens, bien reçu de notre part, quand vous l'avez soumis par
amendement, à l'effet de créer un droit ou une obligation d'information dans
les fonctions à 5, 2, 4. Par contre, ce n'est pas exactement l'objectif de se
déclarer lié et/ou d'en créer un droit positif, là, desquels, évidemment,
seraient générées des... des capacités de solliciter ou d'exiger des droits
devant les tribunaux, notamment de la part du gouvernement, là. Moi, je... je
l'assume pleinement. Cette disposition-là vise éventuellement une création de
droits substantifs, où quelqu'un pourrait revendiquer une non-application d'un
élément de la... de la convention.
Donc, on est loin quand même... bien que
j'apprécie la proposition puis l'ajout, l'amendement que vous faites à 5, 2, 4,
là, on est plutôt dans du... de la substance. Je ne pense pas qu'on est loin de
s'y conformer, là, je pense que le Québec est assez impressionnant quand même
dans ce qu'on met en œuvre pour les enfants. Et donc, justement, nos collègues
juristes et autres disaient : Pourquoi pas, allons-y, et on aurait là la
chance et la capacité de faire. On en a fait des gestes historiques, mais on
pourrait en faire d'autres, un autre geste historique.
Donc, à l'impossible, nul n'est tenu, là.
Je vous entends, là, mais moi, je pense qu'on aurait un geste marquant que de
déclarer le Québec substantivement lié à la convention en approuvant cet
amendement, M. le Président.
M. Carmant : Oui. M. le
Président, je pense que ce serait vraiment dans une prochaine étape, là, et je
ne pense pas que je suis, à ce moment-ci, prêt à l'inclure dans... dans le
projet de loi actuel.
M. Cliche-Rivard : Est-ce que
le commissaire pourra — je devine que oui, mais confirmez-moi-le — se
positionner, lui, dans ses recommandations envers vous sur le besoin, ou
l'intérêt, ou le... la... le caractère juste d'éventuellement faire ce
geste-là?
M. Carmant : C'était mon...
l'intention initiale, si vous vous souvenez, que j'avais bien dite. C'est pour
ça que le... dans le... dans le plan, c'est dans la phase III, l'aspect de...
de la charte.
• (16 h 10) •
M. Cliche-Rivard : Puis là
vous me parlez en termes de charte plus qu'en termes de la convention ou vous
me dites les deux?
M. Carmant : Bien, en fait,
c'est ça, globalement, là.
M. Cliche-Rivard : Ce serait
globalement.
M. Carmant : De droit
substantif, comme vous dites, là.
M. Cliche-Rivard : De créer
des obligations que donc desquelles quelqu'un pourra se réclamer parce que...
Et non pas simplement à visée interprétative ou, entre deux dispositions, on
interprète le... là, mes collègues le sauront, avec Baker de la Cour suprême,
où est-ce que l'intérêt supérieur de l'enfant se situe, on est plutôt dans la
création d'un droit.
Donc là, ce que vous me dites, c'est que
le commissaire, dans son volet 3 ou dans votre volet 3, charte et/ou
convention, aura pour mandat de se positionner sur cet élément-là de droit
substantif, là.
M. Carmant : Il pourrait.
M. Cliche-Rivard : Il
pourrait.
M. Carmant : Oui.
M. Cliche-Rivard : Et il
pourrait aussi, au sens de son pouvoir à 5, 2, 8, vous faire des <recommandations...
M. Cliche-Rivard :
...Et
il pourrait aussi, au sens de son pouvoir à 5, 2, 8, vous faire des >recommandations.
M. Carmant : Absolument.
M. Cliche-Rivard : 5, 2, 9,
vous faire des recommandations législatives, comme il pourrait le faire aussi à
11.3, et il pourrait vous dire : Vous savez quoi, M. le ministre, dans ma
fonction de commissaire, il serait le temps, là, selon moi, que vous vous
déclariez lié à la convention.
M. Carmant : Absolument.
M. Cliche-Rivard : OK. Donc,
je vais commencer à rédiger ma première lettre à son intention, M. le Président.
Merci.
Le Président (M. Provençal)
:Est-ce que vous maintenez toujours
votre...
M. Cliche-Rivard : Oui. On
votera par appel nominal, si vous le permettez.
Le Président (M. Provençal)
:Oui. Alors, par appel nominal, Mme la
secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Cliche-Rivard (Saint-Henri-Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard : Pour.
La Secrétaire : M. Carmant
(Taillon)?
M. Carmant : Contre.
La Secrétaire : Mme Dorismond
(Marie-Victorin)?
Mme Dorismond : Contre.
La Secrétaire : Mme Poulet
(Laporte)?
Mme Poulet : Contre.
La Secrétaire
: Mme Bogemans
(Iberville)?
Mme Bogemans : Contre.
La Secrétaire : Mme Gendron
(Châteauguay)?
Mme Gendron : Contre.
La Secrétaire : Mme Picard
(Soulanges)?
Mme Picard : Contre.
La Secrétaire : Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Abstention.
La Secrétaire : Mme Prass
(D'Arcy-McGee)?
Mme Prass : Abstention.
La Secrétaire : M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Le Président (M. Provençal)
:Abstention. Alors, l'amendement qui
était introduit par le député de Saint-Henri—Sainte-Anne est rejeté.
Maintenant, Mme la députée de Robert-Baldwin,
est-ce que vous maintenez toujours votre... votre...
Mme Garceau : Oui, M. le
Président.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, on va mettre à l'écran votre
proposition. Alors, je vous invite à en faire la lecture.
Mme Garceau : Le Chapitre 0.1
est introduit avant le Chapitre 1 du projet de loi comme suit :
Chapitre 0.1.
Charte des droits des enfants.
Au plus tard 1 an après l'entrée en
vigueur des dispositions de ce projet de loi, une Charte des droits des enfants
sera déposée afin d'accompagner la mise en œuvre de ce projet de loi.
Le Président (M. Provençal)
:M. le ministre.
M. Carmant : Oui. C'est le
même argument que je viens de tenir. Je pense qu'on n'est pas prêts à... que je
ne suis pas prêt, à ce moment-ci, de l'inclure dans le projet de loi 37,
mais ça fera partie des choses que le commissaire pourrait nous recommander.
Mme Garceau : On va avoir la
discussion à... Avec grand respect, M. le ministre, la commission Laurent, là,
ça fait depuis le mois de mai 2021 qu'on parle que le Québec devrait se
doter d'une charte des droits pour les enfants du Québec. C'était une
recommandation phare du rapport Laurent et même c'était la première recommandation,
parce que, la façon que la commission a rédigé son rapport, c'était : On
commence avec la charte et, à l'intérieur de la charte, on va nommer le
commissaire, le poste du commissaire. Parce que c'est lui, évidemment, qui va...
qui va dans la... dans la protection ou la promotion, parce que c'est même dans
une de ses fonctions : «5. Le commissaire a pour fonction de promouvoir le
bien-être et le respect des droits des enfants.» Le respect des droits des
enfants, il va aller faire la promotion. Il va y avoir également tout l'aspect
ici d'informer le public au sujet du bien-être et des droits des enfants.
Donc, les droits des enfants, il se fie
sur quel document? Parce qu'il doit avoir un document, et on ne peut pas dire
que c'est la charte des droits des personnes, c'est... Et c'est pour ça que
dans... Et ça fait partie vraiment du... du... du cœur du chapitre I du
rapport Laurent.
Vous avez pris la décision, M. le
ministre, de mettre cet aspect-là de la charte dans la troisième phase.
Cependant, vous auriez pu le faire lors des amendements à la Loi sur la
protection de la jeunesse. Il pourrait... il pourrait y avoir eu... il aurait
pu y avoir eu une charte, également.
Donc là, à un moment donné, vous avez pris
la décision, on va nommer le commissaire en premier, mais la charte des droits
ne peut pas venir trois, quatre ans après la nomination du commissaire quand
même. Et ce n'est pas au commissaire de décider, oui ou non, est-ce qu'il va y
avoir une <charte...
Mme Garceau :
...quand
même. Et ce n'est pas au commissaire de décider, oui ou non, est-ce qu'il va y
avoir une >charte. Ça fait partie des recommandations du rapport Laurent
que vous avez la responsabilité de mettre en œuvre et donc tous les motifs qui
justifient cette charte et la nécessité, parce que... Et même Mme Laurent,
lors des consultations particulières, avait mentionné qu'on devait reconnaître
que les enfants sont sujets de droit. Et ça faisait partie de la Charte des
droits, tout l'aspect que les enfants ont le droit de participer à leurs
décisions, que leurs voix sont entendues dans toutes les décisions leur
concernant. Ça devait être... ça devait faire partie de cette charte. Oui, on
avait mentionné la convention internationale, mais on a pris la décision, dans
la commission Laurent, de miser plus sur la charte.
Et donc, moi, M. le ministre, j'aimerais
comprendre. Il semble y avoir une hésitation de votre part, donc j'aimerais
vraiment voir pour... En ce moment, là, ça, c'est une bonne étape, c'est une
étape exceptionnellement importante, le 37, la nomination du commissaire, mais
la charte doit suivre. Et donc j'aimerais vous entendre là-dessus.
M. Carmant : Absolument.
Puis, juste pour vous expliquer, tu sais, nous... nous, on a pris les... en
tout cas, puis c'est... non, on a regardé ça plus d'un volet clinique, là, on a
pris les 250 recommandations, puis je comprends que c'était un, deux,
trois, quatre, cinq, là, les... les grands axes, mais la façon dont nous, on
l'a divisé, c'est que, un, premièrement, il fallait rehausser les services au
niveau de la jeunesse puis dans... beaucoup des prérecommandations étaient
justement axées dans le même sens, puis c'est ça qu'on a implanté en premier.
Maintenant, la phase II, c'est
vraiment plus les services intraprotection de la jeunesse. Puis vous serez
heureuse de savoir que la prochaine étape, là, une fois qu'on quitte le
commissaire, moi, mon prochain grand dossier, avec celui de la directrice
nationale, c'est vraiment les centres jeunesse, ce que... ce qui nous a été
demandé... ce qui nous a été demandé par... par Mme Laurent et les autres
commissaires. Donc, on va faire la section intra, intraprotection de la
jeunesse, incluant la formation, incluant tout ça.
Puis, dans la phase III, on a mis les
choses plus interministérielles, tu sais, puis on s'entend que la charte, ça va
demander de la collaboration avec le... le ministère de la Justice, l'aspect
éducatif, ça va commander des... des collaborations avec le ministère de
l'Éducation, l'Éducation supérieure. Donc, c'est pour ça que ça a été classifié
comme ça. Mais, en tout, ça va prendre six ans, donc il n'y aura pas de délai
de trois ans, là.
Puis... puis, tu sais, excusez-moi, vous
savez qu'une fois que le commissaire va être implanté, la phase II termine...
Des voix : ...
M. Carmant : ...dans un an, en
juin 2025, donc dans les... dans la troisième phase, on... on pourra aller de
l'avant avec les dernières mesures qui sont beaucoup plus interministérielles.
Ça fait que c'est cette façon-là qu'on a
pensé les choses, là. J'avoue qu'on aurait pu les prendre un, deux, trois,
quatre, cinq, six, mais... mais les besoins... tu sais, dans mes... à mes yeux,
là, les besoins les plus criants étaient les besoins cliniques et non pas...
puis, tu sais, pourtant, mais, encore là, on n'a pas insisté tellement sur les
aspects juridiques tiret structuraux, mais on se le fait quand même reprocher.
Ça fait que l'important pour moi, c'est vraiment d'améliorer les qualités des
services cliniques.
Puis... puis je vous entends, là, mais, tu
sais, une chose à la fois.
• (16 h 20) •
Mme Garceau : Mais c'est
quand même, vous comprendrez, M. le ministre, une étape importante.
M. Carmant : Tout à fait. Je
ne la minimise pas.
Mme Garceau : Une étape
importante, parce que ça fait partie du... du mandat du commissaire d'assurer
que les droits des enfants soient respectés, de... d'aller faire la promotion,
et tout, de ces droits-là. Donc, il me semble que la charte joue un rôle
extrêmement important.
Donc, je ne sais pas comment vous voyez
ça, une fois qu'il va être nommé, comment est-ce qu'il va exécuter ses
fonctions à l'égard de... je ne l'ai pas, je pense, c'est <5.2...
Mme Garceau :
...exécuter
ses fonctions à l'égard de... je ne l'ai pas, je pense, c'est >5.2.
M. Carmant : Oui, ce sera de
façon... sera de façon autonome, là, ce ne sera pas moi qui va lui dicter
comment exécuter ses fonctions.
Mme Garceau : Non, mais là en
termes des droits des enfants. Parce que c'est ça, les... les... Je voulais
reprendre. Juste donnez-moi un instant. Je voulais...
M. Carmant : Mais il va
partir des droits qui sont inscrits dans la charte québécoise. Ça va être... ça
va être, ça, son corpus initial, et, au besoin...
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:C'est un débat qu'on avait eu sur le
projet de loi de la DPJ, puis ils avaient été clairs : pas de charte.
Mme Garceau : Je vais vous
lire, M. le ministre, une partie du rapport concernant la nécessité de la
charte :
«Pourquoi une charte des droits de
l'enfant devrait-elle primer sur toutes les autres lois? Il nous semble
nécessaire que les droits des enfants disposent des mêmes protections que les
droits de la personne prévus dans la Charte québécoise des droits et libertés
de la personne. À ce titre, nous demandons à ce que cette charte ait le même
statut quasi constitutionnel que la charte des droits, libertés de la personne
afin qu'aucune loi ne puisse déroger aux droits des enfants à moins
d'explications à cette dérogation. Nous croyons aussi que la charte des droits
de l'enfant devrait réaffirmer certains droits propres aux enfants, et voici
pourquoi...»
Et là on parle de la reconnaissance que
les enfants comme sujets de droit. Et ça, ça avait été mentionné quand même par
Mme Laurent, les ex-commissaires, lors de nos consultations particulières.
Le principe de l'intérêt, évidemment, de l'enfant doit être appliqué de façon
plus large dans la société et aussi le droit à la participation qui n'est pas
garanti à tous les enfants. Et ça, c'est le... c'était le Dr Gilles Julien
qui avait fait mention que «surtout lorsque les adultes parlent pour les
enfants, les enfants deviennent invisibles». Et ça, ça a fait partie...
J'ai assisté à quelques ateliers lors du
symposium de l'Institut PEVC le 27 avril, et une ancienne intervenante de
la DPJ était là pour donner une des formations, et elle avait parlé des droits...
droits liés à la convention internationale, et le critère qui était le plus important,
à côté de veiller à l'intérêt supérieur de l'enfant, c'était tout l'aspect de
la participation de l'enfant dans la prise de décision, que l'enfant soit
écouté, et ça, ce n'est pas vraiment exprimé, oui, dans un certain sens, mais
pas de la façon qu'on devrait le faire via une charte. C'est pour ça d'où vient
l'importance que tous les droits des enfants soient clairement définis. Et
c'était ça, là, la nécessité. Il y avait comme 10, 12 pages au niveau de...
du pourquoi, nonobstant, oui, il y a la Loi sur la protection de la jeunesse,
oui, il y a les articles dans le Code civil, mais... et la charte des droits de
la personne, mais une charte qui est liée spécifiquement aux droits des enfants
était vraiment primordiale, surtout compte tenu de... du mandat que le commissaire
au bien-être et des droits des enfants va avoir.
Et donc je comprends qu'il y a aussi
d'autres priorités, d'autres objectifs, mais il me semble que, dans le cadre de
ce projet de loi, on devrait prévoir un délai, un délai dans lequel nous allons
avoir une charte des droits des enfants.
M. Carmant : Bien, M. le
Président, j'entends ce qui est dit, mais je... je... je pense que je... je ne
changerai pas <d'avis...
M. Carmant :
...ce
qui est dit, mais je... je... je pense que je... je ne changerai pas >d'avis.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. J'entends que, bon, vous ne voulez pas vous astreindre d'un
délai, M. le ministre. Cela dit, est-ce que vous remettez en question l'idée de
la charte des droits des enfants?
M. Carmant : Non. Je dis
qu'elle est dans la phase III du projet de déploiement.
M. Cliche-Rivard : OK. Mais
elle existera.
M. Carmant : Elle est... elle
est prévue dans la phase III du...
M. Cliche-Rivard : Elle est
prévue. Parce qu'il y avait des réflexions en amont, là, à savoir, bon, il y a
déjà le Code civil, il y a déjà la Charte des droits et libertés de la personne,
il y a déjà... etc., etc., certes, mais d'ici l'exécution... quand la
phase III sera exécutée, on aura une charte des droits des enfants. Pour
vous, c'est limpide.
M. Carmant : Moi, je n'ai
jamais participé à ces discussions-là, là. Je n'ai jamais... je n'ai jamais dit
qu'il n'y aura pas...
M. Cliche-Rivard : Qu'il n'y
aura pas. Mais vous réitérez à 16 h 30 aujourd'hui qu'il y en aura
une.
M. Carmant : Je dis que c'est
prévu dans la phase III.
M. Cliche-Rivard : Donc, oui.
M. Carmant : C'est prévu dans
la phase III.
M. Cliche-Rivard : OK. C'est
prévu.
M. Carmant : Oui.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
que là, après, ce que vous dites, c'est votre prévision, ce qui arrivera, ce
qui n'arrivera pas, mais c'est prévu.
M. Carmant : C'est prévu.
M. Cliche-Rivard : Donc, vous
serez...
M. Carmant : Et j'ai déjà dit...
j'ajouterais que j'ai déjà dit que le rapport ne sera pas tabletté aussi.
M. Cliche-Rivard : Je n'ai
pas bien compris.
M. Carmant : Le rapport
Laurent, j'ai dit plusieurs fois publiquement que le rapport ne sera pas
tabletté.
M. Cliche-Rivard : Ne sera
pas tabletté, oui.
M. Carmant : N'est pas...
M. Cliche-Rivard : N'est pas.
M. Carmant : N'est pas
tabletté.
M. Cliche-Rivard : Bien non,
on en est la preuve vivante en ce moment. Mais là vous n'êtes pas à l'aise avec
un délai. Bon. J'en comprends... Mais s'il devait ne pas y avoir de charte des
droits des enfants, vous seriez déçu?
M. Carmant : Je serais déçu.
M. Cliche-Rivard : Vous
seriez déçu.
M. Carmant : Je serais déçu.
M. Cliche-Rivard : Donc, ce
que j'entends, c'est que vous allez tout faire en votre pouvoir, en votre
contrôle, pour qu'on ait ce document-là de référence au Québec.
M. Carmant : Quelle belle
lecture!
M. Cliche-Rivard : Un jour.
M. Carmant : Quelle belle
lecture!
M. Cliche-Rivard : Bien, on
commence à se connaître un petit peu, tranquillement.
Le Président (M. Provençal)
:S'il n'y a pas d'autre intervention...
Une voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Pardon?
Une voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Vous avez le droit, madame. Vous avez
le droit à 20 minutes. De toute façon, il n'est pas fait.
Une voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Non, mais... Moi, j'étais convaincu
qu'on était bon pour faire la suite dans un temps... parce que ce qu'il nous
reste, c'est... c'est très cosmétique, là. Mais allez-y, madame.
M. Carmant : Êtes-vous prêt?
Demandez-vous le consentement pour...
Le Président (M. Provençal)
:Bien, avant, je vais laisser parler
la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Oui. Moi, je
veux juste... Je vous entends, mais je sens qu'il y a une hésitation parce que
la charte était supposée d'être dans la deuxième phase, elle est reportée à la
troisième phase, et je n'aimerais pas ça qu'elle soit reportée à une quatrième
phase, qui n'est pas encore peut-être prévue, mais peut-être qu'on va la
prévoir à la fin de la troisième phase. Donc, c'est... c'est... On est là, là,
parce qu'elle a déjà été reportée.
M. Carmant : On reste dans un
projet à trois phases. Le prochain... la prochaine mise à jour devrait être
publiée bientôt, et on va rester avec trois phases, tel que prévu, sur six ans.
Mme Garceau : Donc, on... on
s'engage à une charte des droits pour les enfants du Québec dans la troisième
phase.
M. Carmant : Elle est prévue
dans la troisième phase.
Mme Garceau : Merci.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, sur ce, est-ce que
l'amendement déposé par Mme la députée de Robert-Baldwin est adopté?
Voulez-vous un...
• (16 h 30) •
Une voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:...vote nominal?
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Garceau (Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire : Mme Prass
(D'Arcy-McGee)?
Mme Prass : Pour.
La Secrétaire : M. Carmant
(Taillon)?
M. Carmant : Contre.
La Secrétaire : Mme Dorismond
(Marie-Victorin)?
Mme Dorismond : Contre.
La Secrétaire : Mme Poulet
(Laporte)?
Mme Poulet : Contre.
La Secrétaire : Mme Bogemans
(Iberville)?
Mme Bogemans : Contre.
La Secrétaire : Mme Gendron
(Châteauguay)?
Mme Gendron : Contre.
La Secrétaire : Mme Picard
(Soulanges)?
Mme Picard : Contre.
La Secrétaire : M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard : Pour.
La Secrétaire : M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Le Président (M. Provençal)
:Abstention. Alors, l'amendement de la
députée de Robert-Baldwin est rejeté.
Écoutez, vous en faites ce que vous
voulez, moi, je pense que, si on se donnait un 20 minutes additionnel, on
est capables de terminer le tout, et ça vous permettrait... ça nous éviterait
de peut-être revenir mardi, mais c'est comme vous le voulez. Parce que, dans
les faits, il reste l'article 32 qui... qui est un article sur les
dispositions. Il nous reste à adopter l'annexe qui est le serment. Par la
suite, il y a le préambule...
16 h 30 (version révisée)
Le Président (M. Provençal)
:...sur les dispositions, et il nous
reste à adopter l'annexe, qui est le serment, par la suite, il y a le préambule
que M. le ministre voulait déposer, et on fait le tout. C'est... c'est une
suggestion, il n'y a pas d'obligation. M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : ...j'entends
le besoin d'efficacité puis je pense que c'est important aussi, là, mais il y a
quand même beaucoup de substance dans l'amendement du ministre sur le
préambule, il y a toutes les remarques, aussi, de fermeture. Il y a quand même
encore... Moi, j'entends amender le préambule de ce qui a été amendé, ça fait
que... Parce que, notamment, sur les Premières Nations, là, il y a encore
mention «enfants autochtones». On pourrait le corriger. Bref, il y a...
Le Président (M. Provençal)
:Aucun problème.
M. Cliche-Rivard : Honnêtement,
on en a plus que 20 minutes, là.
Le Président (M. Provençal)
:Sur ce, je clos les discussions.
On suspend... je suspends... je... sine
die... pas «suspendre», mais ajourne sine die. Merci.
(Fin de la séance à 16 h 32)