(Onze
heures vingt-huit minutes)
Le Président (M.
Provençal)
: Alors,
bon, merci. Bonjour à tous. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission de la santé et des services sociaux ouverte. Je vous souhaite la
bienvenue et je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir
éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.
La commission est
réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 37,
Loi sur le commissaire au bien-être et aux droits des enfants.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
La
Secrétaire : Oui, M. le Président. Mme Abou-Khalil (Fabre) est
remplacée par Mme Bogemans (Iberville); M. Chassin
(Saint-Jérôme), par Mme Gendron (Châteauguay); Mme Lachance
(Bellechasse), par Mme Picard (Soulanges); Mme Caron
(La Pinière), par Mme Prass (D'Arcy-McGee); M. Fortin (Pontiac),
par Mme Garceau (Robert-Baldwin); et M. Marissal (Rosemont), par M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne).
Étude détaillée (suite)
Le Président (M.
Provençal)
: Merci.
Alors, lors de l'ajournement de nos travaux, nous étions sur l'amendement qui
avait été déposé par M. le ministre à l'article 14. Cependant, M. le ministre
m'informe qu'il voudrait que nous revenions à l'article 9. Alors, consentement
pour revenir à l'article 9, s'il vous plaît? Merci. Maintenant, il y avait un
amendement qui avait été déposé par M. le ministre à l'article 9, mais j'ai
compris que vous allez le retirer pour en déposer un nouveau.
M. Carmant : Absolument.
Le Président (M.
Provençal)
: Alors, consentement pour
retirer l'amendement qui avait été déjà déposé? Consentement. Et maintenant on
va changer à l'écran... On n'a pas reçu encore...
On va resuspendre,
s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à
11 h 30)
(Reprise à 11 h 38)
Le Président (M. Provençal)
: Alors, on va revenir en
ondes. Il y a eu un nouvel amendement qui est déposé par M. le ministre.
Alors, M. le ministre, je vais vous inviter à nous en faire la lecture et à
vous... à le commenter, s'il vous plaît.
M. Carmant : D'accord.
Merci, M. le Président. Mais, en débutant, j'aimerais, au nom de tous, vous
souhaiter ici un joyeux anniversaire, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Très gentil de votre
part. Merci beaucoup. Maintenant, on revient, par exemple, pas aux
affaires courantes, mais à notre projet de loi. Merci.
M. Carmant :
Avec ces belles couleurs, M. le Président, là.
À
l'article 9 du projet de loi, on demande d'abord de remplacer «3° et 6°»
par «3°, 6° et 7°» par souci de concordance, et ensuite ajouter, à la
fin, l'alinéa suivant qui avait été demandé :
«Un organisme public
qui fournit des services qui sont destinés aux enfants doit également, sur
demande, permettre au commissaire d'accéder, à toute heure raisonnable, à un
lieu tenu par l'organisme lorsque le commissaire le juge utile à l'exercice de
ses fonctions visées au paragraphe 6° du deuxième alinéa de l'article 5,
notamment pour recevoir et entendre les observations des personnes présentes.»
L'amendement vise à
prévoir l'obligation pour un organisme public de permettre au commissaire, sur
demande, de prendre communication et de tirer copie de registres et autres
documents ou renseignements qui lui sont nécessaires à l'exercice des fonctions
visées au paragraphe 7° du deuxième alinéa de l'article 5 du projet de
loi. Il vise également à prévoir l'obligation pour un organisme public qui
fournit des services qui sont destinés aux enfants de permettre au commissaire, sur demande, d'accéder à un lieu tenu par
l'organisme lorsque le commissaire le juge utile à l'exercice des
fonctions visées au paragraphe 6° du deuxième alinéa de l'article 5.
Donc, c'est correct. Merci.
Le
Président (M. Provençal)
: Interventions
sur l'amendement? M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
• (11 h 40) •
M. Cliche-Rivard : Merci,
M. le Président. D'abord, je remercie... Bien, je vous souhaite joyeux
anniversaire aussi, hein, d'abord. Ensuite, je remercie le ministre.
C'est un amendement qui est important, qui est intéressant, qui vient quand
même consolider certains pouvoirs du commissaire. Quand même, là, on avait une
inquiétude sur son accès aux jeunes. Son accès, c'est une chose, après ça, bon,
pouvoir rentrer sur les lieux, nommément un centre jeunesse, puis là c'est
clair, évidemment, à toute heure raisonnable, là, je pense que, ça, on s'entend
là-dessus. Bon, peut-être qu'il y aurait à réfléchir... En même temps, bon, là,
le commissaire n'est pas dans une posture de correction de lésion ou de
modification de lésion. Ça fait que j'allais réfléchir au moment d'urgence,
mais ce n'est pas lui en moment d'urgence, ce serait la CDPDJ. Donc, tu sais,
je me fais la réflexion en même temps que vous parce que, bon, je lis
l'article, là. On ne l'a pas eu depuis très longtemps, et puis vous dites que
le... de l'autre côté, permet à l'exercice
de ses fonctions... Puis là on est toujours dans la prestation de services au
6°, donc, à 6°5, oui... à 5, deux, 6°, pardon, là, pour être plus clair,
et recevoir et entendre les observations des personnes présentes. C'est donc
non seulement dire qu'il peut entrer, mais qu'il peut communiquer avec qui il
le veut.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Et on ne lui
soulèvera pas la confidentialité ou le non-accès à ces jeunes.
M. Carmant : Non. C'est pour ça que,
dans le commentaire, c'est : «Tirer copie de registres et autres
documents.» Donc, il a accès au dossier.
M. Cliche-Rivard : OK, il... Ah!
j'avais besoin de...
M. Carmant : Ça grouille de ce côté,
M. le député.
M. Cliche-Rivard : Oui, OK. Ça va
être difficile, avec égards, pour moi, de me positionner sur 9, s'il y a
quelque chose d'autre qui s'en vient, là, puis je l'entends, puis je le
comprends. Suspendons, parce que, si mes remarques
n'auront pas de sens, suivant ce qui s'en vient, on perd le précieux temps de
tout le monde. Donc, suspendons, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, on va suspendre, s'il vous
plaît.
(Suspension de la séance à 11 h 42)
(Reprise à 11 h 48)
Le Président (M. Provençal)
: Nous reprenons nos travaux. Alors, il
y a eu des discussions hors d'ondes, là, pour déterminer la séquence. Donc,
dans un premier temps, on va travailler l'amendement de l'article 9. Par la
suite, on travaillera l'article 9 amendé et, avec le consentement, on ira à
29.1, qui va être un nouvel amendement. Ça va? Alors, maintenant, on est
toujours sur l'amendement à l'article 9, et je suis prêt à recevoir des
interventions. M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M. le
Président. Juste avant qu'on suspende, là, je posais la question à M. le
ministre... Là, on parle... à 9 modifié, là, amendé ou, en tout cas, tel qu'il
le sera, on parle d'accès aux jeunes, on parle
d'accès aux lieux. Il demeurait une inquiétude, de notre côté, quant aux
documents. Donc, je pense que le ministre voulait faire un commentaire
sur cette question.
M. Carmant : Oui. Dans les
commentaires, on parle effectivement, M. le Président, de l'accès aux
documents, mais, pour les centres jeunesse, vu les restrictions à la
confidentialité de la loi de la protection de la jeunesse, l'amendement sera...
On a ajouté un amendement à 29, à l'article 29, pour lever cette
confidentialité. Donc, si on... quand on aura terminé l'article 9, on pourra
aller à l'article 29.
M. Cliche-Rivard : On va aller, si
je comprends bien, à 29.1.
Le Président (M. Provençal)
: Oui.
M. Cliche-Rivard : ...parfait, qui,
lui, c'est déposé, là, va créer un régime ou va ajouter au régime d'exception
de 72 de la LPJ. Puis là on sera dans un autre cadre législatif, là, on n'est
pas dans la loi sur le commissaire puis on
va venir... Puis là vous le détaillerez tantôt, mais c'est pour bien qu'on
comprenne, parce que, là, je ne vous poserai pas mes questions sur ça en
ce moment, mais on s'entend que le volet confidentiel ne sera pas soulevé face
ou... contraire au commissaire pour qu'il n'ait pas accès aux dispositions de
72.5, et il sera dans les exceptions de 72.6.
M. Carmant : C'est
l'intention.
M. Cliche-Rivard : C'est
l'intention? Parfait. Ça fait que, pour les questions de documents liés à la
confidentialité du régime spécifique de la LPJ, on y reviendra, pour les
documents.
Le Président (M. Provençal)
: À 29.1.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : À 29.1. Pour les
jeunes, pour l'accès aux jeunes, ça, vous ne passez pas par la LPJ, mais vous
le prévoyez dans le cadre législatif aujourd'hui pour dire qu'accès aux centres
et accès aux jeunes, c'est prévu dans la loi sur le commissaire. En fait, tout
organisme public... On parle de centres jeunesse, là...
M. Carmant : C'est ça.
M. Cliche-Rivard : ...mais un jeune
devrait être hospitalisé en psychiatrie, ça s'applique quand même... c'est ça,
un organisme public?
• (11 h 50) •
M. Carmant : Pour un jeune, oui.
M. Cliche-Rivard : Un jeune...
quelqu'un incarcéré, un jeune... bon, je ne le sais pas, avec la... bon, si le
mot «incarcéré», c'est le bon terme, là, mais quelqu'un qui fait l'objet de
mesures punitives.
M. Carmant : Un jeune adulte
vulnérable.
M.
Cliche-Rivard : Un jeune adulte vulnérable. Cela dit, la définition
de «jeune adulte vulnérable», là, est-ce qu'elle serait applicable, là,
dans «prestation de services», pour le pouvoir à l'article 9?
M. Carmant : OK. La LPJ, c'est
18 ans et moins.
M. Cliche-Rivard : 18, c'est ça. Ça
fait qu'on ne serait pas... C'est le système de la jeunesse puis, en haut de
18 ans, c'est le système carcéral, puis là le commissaire ne s'applique
pas. Il fait le suivi sur d'autres volets, mais pas sur la prestation de
services, si je ne m'abuse.
M. Carmant : C'est ça, parce que le
but, c'était vraiment, quand on avait discuté des centres jeunesse, l'accès aux
centres jeunesse.
M. Cliche-Rivard : OK. Donc, ça,
c'est quand même les jeunes sur la LSJPA. C'est ce que vous alliez préciser,
Mme la sous-ministre? Je vais vous laisser, peut-être, pour les bénéfices de la
commission...
Le
Président (M. Provençal)
: Alors, consentement pour permettre à Mme la
sous-ministre Lemay de parler? Merci.
Mme Lemay
(Catherine) : Alors, bonjour, Catherine Lemay, directrice
nationale de la protection de la jeunesse et sous-ministre associée aux
Services sociaux.
Alors, merci, M. le Président, de me permettre
d'apporter une précision. C'est que, pour les jeunes qui font l'objet d'une
mise sous garde en vertu de la loi sur la justice pénale pour adolescents, qui
est une loi de juridiction fédérale, si les jeunes ont une ordonnance, un
jugement en vertu de cette loi, ils peuvent être hébergés en centre de
réadaptation jusqu'à l'âge de 21 ans, s'ils sont sous le régime de cette
loi.
M. Cliche-Rivard : OK, mais le
commissaire n'a pas de mandat pour eux post-18 ans, dans la prestation de
services à 5, deux, 6°. Est-ce que je me trompe?
Mme Lemay (Catherine) : Je me
retourne vers les juristes, je...
M. Cliche-Rivard : Juste pour...
Mme Lemay (Catherine) : Selon ma
compréhension et mon expérience, oui, mais...
M. Cliche-Rivard : Oui, il a un
mandat, ou...
M. Bérubé (Mathieu) :
...
M. Cliche-Rivard : Au 3° de 5, mais
dans la prestation de services aussi?
M. Bérubé
(Mathieu) : Oui.
M. Cliche-Rivard : OK. Donc,
effectivement, le commissaire va suivre ou peut suivre, dans la prestation de
services, jusqu'à 25 ans pour les enfants vulnérables.
Mme Lemay (Catherine) : En fait, il
pourra les suivre, s'ils font l'objet d'une peine, parce que c'est vraiment...
une peine assujettie à la loi sur la justice pénale pour adolescents, jusqu'à
21 ans, puisque les jeunes ne peuvent pas dépasser 21 ans en
hébergement pour une peine en vertu de la loi sur la justice pénale pour
adolescents.
M. Cliche-Rivard : Oui, ça, c'est en
ce qui vous concerne, vous, mais là, dans le volet, mettons, sécurité publique, qui dépasse les services sociaux, là,
puis que le jeune vulnérable se sent lésé, puis que le commissaire enquête
là-dessus, sur la prestation de services, c'est ce que les légistes confirment,
c'est qu'il peut le faire.
M. Bérubé (Mathieu) : Dans la mesure
où c'est un organisme public visé à l'article 5, oui.
M. Cliche-Rivard : Puis est-ce qu'un
établissement carcéral, ça en ferait partie?
Le Président (M. Provençal)
: Je voudrais, maître, que vous vous
renommiez, parce que je vois qu'il y a consentement, là, mais ça... juste pour
les bienfaits de la transcription, vous nommer et, par la suite, répondre.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui, merci, M.
le Président. Mathieu Bérubé, donc, avocat à la Direction des affaires
juridiques, Santé et Services sociaux.
Notre définition d'organisme public, à
l'article 5 tel qu'adopté, est prévue au cinquième alinéa, et ce que la loi, en fait, entend comme organisme public, ça
désigne un ministère ainsi qu'un organisme visés à l'un des articles 4 à 7
de la loi sur l'accès aux documents des organismes publics. Donc, il faut
vraiment se référer aux articles 4 à 7 pour comprendre c'est quoi, l'étendue, dans le fond, des organismes qui sont
visés. Et essentiellement, ce qu'on a, ne bougez pas, on parle des
organismes gouvernementaux visés à l'article 4, organismes municipaux
visés à l'article 5, scolaires à 6, et les établissements de santé et de
services sociaux à l'article 7.
M. Cliche-Rivard : Donc, sur lecture
préliminaire puis de vos interventions préliminaires, les services carcéraux
n'en font pas partie, et on ne peut pas déposer une demande d'accès à l'info au
sens de la loi dans les services carcéraux, prisons.
M. Bérubé (Mathieu) : Effectivement,
mais une prison, là, ou un pénitencier comme tel ne serait pas... Ce n'est pas
un établissement de santé, là. Évidemment, 7 vise l'établissement de santé, là,
mais je ne pense pas... Effectivement, à 4 et suivants, là, je ne vois pas
de... je ne vois d'établissement pénitencier, là.
M. Cliche-Rivard : Moi non plus,
c'est ça. Donc, je voulais juste clarifier ça, parce que, bon, après, vous
dites : Ils ne sont pas nécessairement en prestation de services, là. Ce
n'est pas vraiment... Moi, j'essaie juste de voir, tu sais, de... parce qu'on a
parlé de la surcriminalisation, puis des enjeux de casiers criminels, puis de
judiciarisation des jeunes post-DPJ. Là, ça fait partie des statistiques. Donc,
c'est dans cet angle-là que je posais la question.
M. Bérubé (Mathieu) : ...le concept
d'organismes gouvernementaux qui est prévu à l'article 4, c'est très large, là. On parle, là, des organismes non visés
dans les articles 5 à 7 de la loi sur l'accès, bon, «dont le gouvernement
ou un ministre nomme la majorité des membres, dont la loi ordonne que le
personnel soit nommé suivant la Loi sur la fonction publique ou dont le fonds
social fait partie du domaine de l'État». Donc, a priori, les pénitenciers
provinciaux, là, seraient potentiellement visés par cette définition-là.
M. Cliche-Rivard : Le seraient?
M. Bérubé (Mathieu) : Oui.
M. Cliche-Rivard : OK, le seraient.
Je vous pose la question, là, dans le... Évidemment, là, je ne veux pas créer
de scénario, là, mais c'est un peu ça qu'on fait, des exemples types, là, que,
je ne sais pas, moi, dans un établissement x, on se rend compte qu'il y a eu
une vague de suicides des détenus en bas de 25 ans. C'est un exemple
tragique, là, mais ça se peut, puis que, là, le commissaire décide : Oui,
il y a peut-être quelque chose que je veux aller enquêter là. Ça, il est
capable de le faire, dans la compréhension ou dans la lecture que j'ai, que
vous faites d'organismes publics, parce que le... puis j'imagine, donc, que
«prestation de services», à 6°, est aussi évalué de manière large, là. Tu sais,
est-ce qu'on peut dire que c'est une prestation de services dans le cas d'un
pénitencier?
M. Bérubé (Mathieu) : Bien, en...
bien là, évidemment, il y aura une part de... une part de discrétion, là, du
commissaire, dans l'interprétation de ses fonctions, toujours, mais, de la
façon que 6° est libellé, effectivement, c'est suffisamment large. On parle de
prestation de services destinés aux enfants. Donc, forcément, il faut qu'on
soit capables d'accoler le fait que le service est destiné à un enfant, là, ou
un jeune adulte, là, dans le cas...
M.
Cliche-Rivard : Parfait. Ça fait que vous comprenez, là, le... puis
j'espère que ça n'arrivera jamais, mais ça fait partie de ce qu'on entend, là,
que, malheureusement, il y a des taux et des statistiques de jeunes
contrevenants qui sont quand même de manière surreprésentée, là, dans cette
catégorie. Donc, au moins, de savoir que, là, ça aussi, c'est couvert, puis de
clarifier, parce qu'on... Je pense qu'on était passés vite tantôt sur ce que ça
voulait dire vraiment... ou hier, en fait, à 5, deux, 6°, de l'élargir aux
moins de 25 qui sont dans la situation de vulnérabilité, là, évidemment, puis
là ça pourrait vouloir dire plein... Bien, ça ouvre une grande porte, là, ça
ouvre pas mal d'affaires. Bien, tant mieux.
Parfait, ça fait que
moi, ça, ça me va, M. le ministre. Moi, ce que j'avais fait, c'est que j'avais
regardé les pouvoirs de la commission, puis là je voudrais voir, dans la LPJ,
ce qui est applicable et ce qui n'est pas applicable, puis ce qu'on vient
calquer ou ce qu'on ne vient pas calquer entre la commission puis notre
commissaire. C'est l'exercice que je vous soumettais rapidement ce matin. À 9
de la LPJ, on a prévu spécifiquement que tout enfant a droit de communiquer en
toute confidentialité avec la commission. J'imagine que vous, c'est implicite à
ce que nous, on modifie, dans 9, que c'est confidentiel, la discussion que va
avoir le commissaire avec le jeune. Est-ce qu'on nous confirme ça? Parce qu'il
a fallu... Oui, oui, je vois que...
M. Carmant : Qu'est-ce
qui n'est pas confidentiel que...
M.
Cliche-Rivard : Bien, à la LPJ, il a fallu spécifiquement qu'on crée
un article qui dit que la discussion entre la commission et le jeune est
confidentielle. On a eu besoin d'une disposition légale pour le confirmer à
l'article 9 de la LPJ. Je vous pose la question. Dans le cadre de 9, tel
que vous amendez aujourd'hui, considérant que, dans la LPJ, vous le prévoyez,
là, que c'est confidentiel, est-ce que, pour vous, c'est implicite ou est-ce
qu'il ne faudrait pas expliciter que la discussion entre le jeune et le
commissaire est confidentielle?
M. Bérubé
(Mathieu) : Là, en fait, bien, le prochain amendement qui sera étudié,
là, c'est-à-dire l'article 29.1, vise à permettre au commissaire, lorsque
c'est nécessaire, aux mêmes fonctions, d'avoir accès à des renseignements
confidentiels, donc, autrement dit, aux dossiers tenus par le centre de
protection de l'enfance et de la jeunesse, notamment, là, qui concerne
l'enfant, là, et qui permet de l'identifier.
M.
Cliche-Rivard : Oui. Moi, je vous parle de la discussion, l'échange.
M. Bérubé
(Mathieu) : Ça fait partie du dossier, j'imagine que oui.
M.
Cliche-Rivard : Ça fait partie du dossier?
M. Bérubé
(Mathieu) : Je ne le sais pas. Ça, je ne pourrais pas vous répondre,
là, mais les...
M.
Cliche-Rivard : C'est la question que je vous pose.
M. Bérubé
(Mathieu) : OK, ça, désolé, je n'ai pas la réponse.
M.
Cliche-Rivard : Ça fait que, bien, je vous la pose de manière claire
parce qu'il y a beaucoup... Moi, j'ai commencé quand même beaucoup de tournées
d'appels dans les centres jeunesse, et beaucoup de jeunes m'ont véhiculé une
certaine... puis fondée ou pas fondée, qu'importe, là, mais une certaine
crainte de représailles. On m'en parle, puis beaucoup de jeunes... puis à tort
ou à raison, là, je ne suis pas là pour faire un procès d'intention, là, mais ont décidé de dire : Oui, moi, tu sais quoi,
je ne vais pas dénoncer, parce que l'autre a dénoncé, mon ami X a dénoncé,
puis voici ce qui s'est passé pour lui. Puis, bon, pas besoin de débattre du
fond ou de la vérité de ça. Ce n'est pas ça que je veux dire aujourd'hui. Ça
fait que moi, ma question... Je veux être sûr que les jeunes aient 100 %
de secret professionnel, entre guillemets, ou de confidentialité avec le
commissaire. Moi, je vois qu'à la LPJ il a fallu qu'on l'écrive dans la loi.
• (12 heures) •
M. Carmant : Je
pense, c'est une discussion avec un avocat, en plus, dans la LPJ.
M.
Cliche-Rivard : Puis il a fallu l'écrire.
M. Carmant :
Je pense que Me Bérubé a de la nouvelle information à partager.
Le Président (M.
Provençal)
: Me
Bérubé.
M. Bérubé
(Mathieu) : Merci, M. le Président. J'avais mal compris la question,
là, tout à l'heure, je m'en excuse, là. Autrement dit, c'est : Qu'est-ce
qui serait échangé entre un enfant et le commissaire comme tel? Ça, on le verra
plus tard, au chapitre V, mais... Bien, en fait, d'une part, le
commissaire a une immunité qui l'empêche d'être contraint de divulguer ce qu'il
aura obtenu comme renseignement à l'article 25, puis d'autant plus qu'il
prête serment à... de ne pas révéler, autrement que quand la loi l'autorise,
les renseignements qu'il aura obtenus dans l'exercice de ses fonctions. Donc,
non, effectivement, ce qui serait dit entre le commissaire et un enfant, à mon
avis, serait confidentiel.
M. Cliche-Rivard :
OK, donc, par les deux manières, de par son serment...
M. Bérubé (Mathieu) : Et l'immunité.
M. Cliche-Rivard : ...et l'immunité.
M. Bérubé (Mathieu) : Tout à fait.
M. Cliche-Rivard : Bon, l'immunité
fait qu'il ne peut pas être contraint de le faire, mais l'immunité ne l'empêche
pas de le faire. C'est son serment qui l'empêche de le faire.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui, exact.
M. Cliche-Rivard : On est d'accord
sur le...
M. Bérubé (Mathieu) : Oui.
M. Cliche-Rivard : OK. Donc, le
jeune aura toujours l'assurance que, lorsqu'il demandera à parler en
confidentialité avec le commissaire, il pourra toujours le faire.
M. Carmant : C'est l'intention.
M. Bérubé (Mathieu) : C'est
l'intention.
M. Cliche-Rivard : C'est
l'intention. Puis légalement, c'est blindé?
M. Carmant : Ça semble être attaché,
là.
M. Bérubé (Mathieu) : Bien,
évidemment, avec entente, normalement, le commissaire va être tenu de respecter
la confidentialité qui est souhaitée, là, par le jeune, là.
M. Cliche-Rivard : OK. Et vous êtes
à l'aise qu'on n'a pas besoin de le spécifier, pour vous, avec les deux autres
articles?
M. Bérubé (Mathieu) : ...
M. Cliche-Rivard : C'est implicite.
On peut deviner que la CDPDJ avait les mêmes immunités?
M. Bérubé (Mathieu) : Probablement
similaires, tout à fait.
M. Cliche-Rivard : On peut deviner
que l'avocat de la CDPDJ avait le même serment, notamment par son secret
professionnel?
M. Bérubé (Mathieu) : ...le secret professionnel
qui s'applique.
M. Cliche-Rivard : OK. Alors que
dans... Oui, je vais vous laisser, chère collègue... alors que, là, on est
venus l'ajouter. Ça fait que je suis quand même satisfait par vos réponses, là,
franchement. Mais je me demande pourquoi, dans le régime de la LPJ, il a fallu
qu'on spécifie un article qui est venu comme enchâsser clairement ce droit-là,
de parler confidentiellement, que là on ne le ferait pas. Ça me titille un
petit peu, pour être 100 % honnête avec vous. Je pense que ma collègue
veut rajouter là-dessus.
M. Carmant : Peut-être dans les
années 70, là, je ne sais pas, il y a peut-être ce phénomène-là.
M. Cliche-Rivard : De?
M. Carmant : La confidentialité de
ce que dit un enfant, là, d'être l'évolution dans...
M. Cliche-Rivard : Oui, peut-être
l'évolution...
M. Carmant : Oui, parce que moi,
c'était d'emblée...
M. Cliche-Rivard : Vous, c'était
d'emblée, mais je pense que...
M. Carmant : Puis je comprends votre
inquiétude, là, que ce soit bien clair, là, mais...
Le
Président (M. Provençal)
: Mme
la députée.
Mme Garceau :
Oui, merci beaucoup, M. le Président. C'est une question que mon
collègue... la question que mon collègue a
soulevée est vraiment très, très importante et pertinente au niveau de la
confidentialité, le maintien de celle-ci entre le commissaire et surtout
les enfants. Je regarde l'article 25, au niveau des immunité... Donc, vous
vous basez sur cet article-là pour confirmer
qu'il va y avoir une confidentialité entre... de renseignements, de discussion,
entre le commissaire et l'enfant.
Une voix : ...
Mme Garceau :
OK.
M.
Cliche-Rivard : M. le Président...
Le Président (M.
Provençal)
: Oui.
M.
Cliche-Rivard : ...moi, je vous réfère à 9, là, le premier alinéa de 9
de la LPJ, là : «L'enfant confié à un milieu de vie substitut a droit de
communiquer en toute confidentialité avec son avocat, avec le directeur qui a
pris en charge son dossier, avec la Commission ainsi qu'avec les greffiers du
tribunal.»
C'est limpide.
Pourquoi ne vient-on simplement... puis vous l'ouvrez, la LPJ, déjà, là.
Pourquoi est-ce qu'on ne vient juste pas dire «le commissaire au bien-être»?
C'est limpide, à 9, la commission est nommée, son avocat est nommé, le
directeur est nommé, le greffier est nommé. Moi, j'ajouterais la... le
commissaire.
M. Carmant : Est-ce
qu'on peut...
Le Président (M.
Provençal)
: On va
suspendre pour que vous puissiez en discuter.
M. Carmant : Oui.
Je ne suis pas sûr, là. C'est...
Le Président (M.
Provençal)
: Suspension,
s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à
12 h 05)
(Reprise à 12 h 06)
Le Président (M.
Provençal)
: Est-ce qu'on peut allumer le
micro, s'il vous plaît, de... Merci.
M. Carmant : Oui.
Merci, M. le Président. Donc, on m'a expliqué que ce à quoi fait référence le
député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
c'est vraiment ceux qui sont impliqués dans l'application de la LPJ. Donc, le
rôle du commissaire est quand même différent. Tu sais, on ne vient pas mettre
le Vérificateur général ou le Protecteur du citoyen.
Donc, je pense qu'on est assez bien équipés, avec ce qu'on fait comme
amendement, pour ne pas avoir à changer la LPJ à ce niveau-là.
M. Cliche-Rivard :
Juste pour qu'on comprenne bien, là, parce que, là, on est effectivement
dans la LPJ et non pas dans le PL 37.
Plus tard, votre amendement à 29.1 vient quand même faire des modifications à
la LPJ. Ça fait que, tu sais, j'ai... pas sûr que je comprends bien
le...
M. Carmant : Bien,
les intervenants que vous venez de nommer sont ceux qui sont dans le processus
de l'application de la LPJ.
M.
Cliche-Rivard : Mais la CDPDJ est là...
M. Carmant : Exactement,
qui joue un rôle important dans l'application de la LPJ.
M.
Cliche-Rivard : ...dans l'enquête, dans la vérif, dans la lésion.
M. Carmant : Exact.
M.
Cliche-Rivard : Le commissaire, lui, il va, de manière systémique, pouvoir
faire ce travail-là aussi.
M. Carmant : Oui,
mais c'est un rôle très différent, là.
M. Cliche-Rivard : C'est certain.
C'est certain, puis je ne remets pas ça en question, là. Le fond de mon
intervention, c'est sur la confidentialité.
M. Carmant : Non,
mais je pense qu'on est assez... En tout cas, de mon côté, je trouve que la loi
est assez bien...
M.
Cliche-Rivard : ...puis, comme je vous ai dit tantôt, je ne suis pas
nécessairement pas convaincu, là, je... Ça demeure une inquiétude qui nous a
été partagée à, quand même, plusieurs reprises, là, la crainte des jeunes.
Puis, comme je le dis, justifiée ou
injustifiée, il demeure que, subjectivement, ils ont cette... ils m'ont partagé
cette crainte-là. Et il faut que ça soit limpide, clair aussi avec les
établissements, hein?
M. Carmant : Exact.
M.
Cliche-Rivard : Puis je ne veux pas leur présumer rien, là, mais il
faut que ça soit clair envers eux que ce que le commissaire dit au jeune puis
ce que le jeune dit au commissaire, ça reste dans la pièce, puis ils ne sont
pas là.
M. Carmant : Exact.
Et l'aspect... Tu sais, on va clairement l'indiquer, là, dans l'aspect
promotionnel du commissaire.
M.
Cliche-Rivard : Que c'est confidentiel?
M. Carmant : Exact.
M.
Cliche-Rivard : Ma collègue de Robert-Baldwin semble lever la main.
Mme Garceau :
Je veux juste, M. le Président...
Le Président (M.
Provençal)
: Allez-y.
Mme Garceau :
...une précision, compte tenu que tout cet aspect-là, puis c'est clair
comme de l'eau de roche, là, dans la LPJ, en
termes de la confidentialité, pourquoi est-ce qu'on ne l'ajoute pas au
PL 37? Pourquoi est-ce qu'il y a une hésitation? Parce que même
toute la question de l'immunité, l'article 25, on parle d'une déposition.
Une déposition, ça a quand même... ça a un terme légal, là. Je ne sais pas
pourquoi ça a été... le mot a été utilisé de cette façon-là en termes d'une
déposition. Mais, comme mon collègue l'a mentionné, tout l'aspect de la
confidentialité, les renseignements, les discussions, et tout, entre le
commissaire et l'enfant ou les enfants, il me semble que ça devrait être
spécifié dans le texte de loi.
M. Carmant : Bien, je passerais encore, là, parce que c'est un
peu ce que je viens d'expliquer, mais je passerais la parole à Me
Bérubé.
• (12 h 10) •
Le Président (M.
Provençal)
: Me
Bérubé.
Mme Garceau :
Me Bérubé.
M. Bérubé
(Mathieu) : Oui. Merci, M. le Président. En complément d'information,
j'ai poursuivi ma lecture de l'article 9, là, et la première phrase du
deuxième alinéa de la Loi sur la protection de la jeunesse précise que
«l'enfant peut communiquer en toute confidentialité avec ses parents, frères et
soeurs ainsi qu'avec toute autre personne, à moins que le tribunal n'en décide
autrement», donc lire ici, le commissaire, qui serait visé par toute autre
personne, là, forcément, là.
M.
Cliche-Rivard : Dans la LPJ.
Une voix :
...
M.
Cliche-Rivard : OK. Puis évidemment, on présume que jamais le
tribunal, en tout cas, à moins de situation abracadabrante, que je ne peux pas
m'imaginer, limiterait le droit d'accès. Dans la lecture, M. le Président,
effectivement, là, de 5.2... pas de 5.2, de 9.2, LPJ, avec le serment puis avec
9, je pense que... Puis, si vous en faites la
promotion, de surcroît, je pense que le... j'espère que le jeune se sentira
libre de parler. Ça fait que ça, c'était pour 9. Je ne sais pas si ma collègue
a un point sur 9, LPJ.
Le Président (M.
Provençal)
: ...
M.
Cliche-Rivard : Non, sur l'article 9, LPJ, parce que la LPJ, elle est
longue, M. le Président.
Mme Garceau :
...j'avais un commentaire concernant l'article 9 aussi...
M.
Cliche-Rivard : Ah! bien, allez-y.
Mme Garceau : ...un amendement.
Le Président (M.
Provençal)
: Alors,
Mme la députée, à vous la parole.
Mme Garceau : OK. Moi, c'est au
niveau... parce qu'entre les députés, on a beaucoup de difficulté à avoir accès
aux établissements. Ce n'est pas juste une question d'avoir accès, mais c'est
les délais occasionnés avec des demandes. On n'a aucune idée quand est-ce qu'on
va avoir accès, et donc là je veux m'assurer que... dans cet article, on ne le
précise pas. On peut faire une demande... il va y avoir accès à toute heure
raisonnable, mais on ne mentionne pas dans
un délai raisonnable. Moi, je trouve que ça serait important de préciser que ça
ne sera pas, là... on fait une demande, et puis, trois mois plus tard,
il n'y a pas eu accès.
M. Carmant : Est-ce que je pourrais
passer la parole?
Le Président (M. Provençal)
: ...
M. Bérubé (Mathieu) :
Merci, M. le Président. Comme l'amendement précise qu'on vient contraindre,
dans le fond, l'organisme ici, là, à permettre au commissaire d'accéder au
lieu, donc c'est une obligation, là. Évidemment, ça se fait sur demande, mais
ce n'est pas... il n'a pas à analyser la demande puis à répondre oui ou non. Il
est obligé de laisser le commissaire entrer. Donc, c'est différent de
simplement faire une demande puis qui pourrait être refusée. Là, ici,
l'organisme, on lui crée une obligation.
Mme Garceau : Oui, mais on veut
s'assurer qu'elle soit exécutée quand même. Il y a l'obligation, mais il me
semble que j'aimerais que ça soit précisé que ça soit dans un délai raisonnable
pour avoir accès. Vous avez jugé bon de mettre «à toute heure raisonnable»,
mais on n'a rien qui confirme à quel moment il va y avoir accès, puis il me
semble que ça, c'est vraiment fondamental.
M. Carmant : Avez-vous une
proposition de... Avez-vous une proposition?
Mme Garceau : Sous-amender, oui. On
peut faire un amendement.
M. Carmant : Mais verbalement, là,
est-ce qu'il y a une proposition?
Mme Garceau : Oui, dans un délai
raisonnable...
M. Carmant : Mais c'est un peu
paradoxal, le «dans un délai raisonnable».
Mme Garceau : ...permettre au
commissaire d'accéder dans un délai raisonnable...
Le Président (M. Provençal)
: Excusez, on va suspendre, parce que
là ça devient de la cacophonie. Expliquez-vous hors d'ondes, puis, après ça, on
verra si on a besoin d'une modification. Alors, s'il vous plaît, on suspend.
(Suspension de la séance à 12 h 14)
(Reprise à 12 h 16)
Le Président (M. Provençal)
: Nous reprenons nos travaux. Alors,
M. le ministre, je vous cède la parole.
M. Carmant : Bien, en fait, je
voulais répondre à la question de la députée de Robert-Baldwin. Quand on
indique «sur demande», c'est sans délai, en fait. C'est quand... quand le
commissaire demande d'avoir accès à un établissement,
on lui ouvre la porte. Donc, c'est aussi simple que ça. Il n'y a même pas de
délai raisonnable à considérer, là, c'est... quand il demande l'accès,
on doit lui ouvrir la porte.
Mme Garceau : Sur demande, sans
délai.
M. Carmant : Ça vous va?
M. Cliche-Rivard : Donc, juste pour
qu'on soit clair, le commissaire se pointe, il est 9 heures du matin, il dit : Moi, j'ai un... bien, c'est lui-même, ça
fait que moi, j'enquête. J'enquête sur mon pouvoir de 5, deux, 6°, je
veux rentrer, puis il rentre.
M. Carmant : Exact.
M.
Cliche-Rivard : Il n'y a pas de question de : Ah! reviens
donc à 13 heures, ou, ah, reviens donc ce soir, ou... Non, le seul
frein, c'est : Regarde, là, il est 3 heures du matin, j'ai un
staff... ou, je veux dire, je n'ai personne sur le plancher,
les enfants dorment, peux-tu venir à 9 heures du matin? Et là, bon, il y a
un discrétionnaire, en effet, de l'organisme public, mais on s'entend, vous et
moi, que, s'il arrive à 9 heures du matin, il rentre.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Sans délai.
M. Carmant : Sans délai.
M.
Cliche-Rivard : Excellent. Ça sera écrit pour la postérité.
Collègue, vous êtes satisfaite de ça?Il va rentrer comme ça.
Mme Garceau : ...mais c'est correct.
C'est bien.Merci de cette précision.
Le Président (M. Provençal)
: On m'a toujours dit qu'on ne doit
jamais alourdir...
M. Arseneau : ...
Le Président (M. Provençal)
: ...l'aspect légal. Merci, M. le
député des Îles.
M. Cliche-Rivard : OK. Ça, M. le
Président, ça me ramène aussi au... à 25. 25, LPJ, ça dit : «Un membre de
la commission ou une personne à son emploi peut pénétrer dans un lieu si
motif», etc. Bon, c'est ce qu'on vient de clarifier. Ça fait que ce pouvoir-là,
à 25, et ce pouvoir-là, à 26, de la LPJ : «Un membre de la commission à
son emploi peut en tout temps pénétrer dans une installation et consulter un
dossier d'un enfant.» Ça fait que consulter le dossier, ça va être 29.1...
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : ...puis rentrer
dans l'établissement, c'est ce qu'on corrige à 9. Parfait.
63, LPJ, ça dit : «La commission reçoit un avis
avec des informations chaque fois qu'un enfant est hébergé dans une unité
d'encadrement intensif ou fait l'objet de mesures d'empêchement.» Bon, ça, ce
n'est pas son travail. Cela dit... a la capacité de le faire, si le commissaire
décide qu'il fait une enquête sur les mesures d'encadrement de manière globale,
systématique, lui, il pourrait, dans son pouvoir à 8, je pense, demander les
documents à la DNPJ ou à un autre organisme applicable.
M. Carmant : Exact. Et là il aurait
même accès au dossier, s'il le faut, avec 29.
M.
Cliche-Rivard : Là, il aurait accès au dossier. Ça fait qu'il ne
sera pas notifié, évidemment, au sens de 63. Mais si lui décide, là, que, dans
son rapport annuel, il est temps qu'il regarde un peu le régime d'encadrement
intensif puis qu'il décide d'en faire une évaluation globale pour
émettre des recommandations, c'est son pouvoir de le faire, puis il demandera
les documents, et on ne pourra pas lui soulever la confidentialité, parce qu'il
y a 29.1
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Les légistes sont
d'accord avec ma lecture?
Une voix : ...
M. Cliche-Rivard : Et donc la
prestation de services, 5, deux, 6°, évaluer le régime d'encadrement
intensif... dans un centre jeunesse me semblerait particulièrement lié à son
mandat, par exemple. Donc, on peut deviner que oui, dans cette interprétation-là... on me fait signe que oui au niveau
légiste. Ça fait que... parfait. Ça, ça me rassure aussi.
À 72.5, ça, c'est : «La commission peut
présenter une demande de divulgation d'information confidentielle.» C'est ce
qu'on vient régler tantôt, à 29.1, pour demander de l'info confidentielle.
• (12 h 20) •
M. Carmant : Oui.
M. Cliche-Rivard : À 72.7 : «La
commission peut divulguer des informations confidentielles au DPCP et à la
police dans certaines circonstances.» Est-ce que ça, c'est applicable ou ce
n'est pas applicable?
M. Carmant : Ce n'est pas son
mandat.
M.
Cliche-Rivard : Ce n'est pas son mandat. Parfait. Ça fait que ça,
c'est la commission qui fera ça, le cas échéant.
72.8. :
«La commission peut communiquer une information confidentielle pour prévenir un
acte de violence.» Encore une fois, j'imagine que ce n'est pas vraiment
son mandat de faire ça.
M. Carmant : Non,
moi... Ce n'est pas ce qu'on vise, en tout cas. Il faut vraiment...
M. Cliche-Rivard : Si, dans cette
logique-là... Ma collègue pose une bonne question. Qu'arrive-t-il, si l'enfant
révèle au commissaire, notamment... ou une agression qui se perpétue?
M. Carmant : Ça, c'est comme tout
citoyen, là, il y a un signalement.
M. Cliche-Rivard : Je veux juste,
peut-être, qu'on tranche puis qu'on comprenne bien la limite de sa
confidentialité, comme elle s'applique pour un autre professionnel, là, avocat,
notamment. Quand il y a la prévention d'un acte de violence, là j'imagine que,
puis peut-être les juristes nous le diront, il y a une limite à son serment
dans la logique de ce qui est prévu par le secret professionnel.
M. Carmant : OK. On me dit abus
sexuels, abus physiques, obligation citoyenne de signaler.
M. Cliche-Rivard : Obligation
citoyenne dans le cas d'abus sexuels, abus physiques. Ça, c'est prévu par... a
contrario du Code criminel?
Mme Lemay (Catherine) : C'est dans
la LPJ.
M. Cliche-Rivard : C'est la LPJ. La
LPJ dit que n'importe quel citoyen qui...
Mme Lemay (Catherine) : ...est tenu
de signaler pour un abus sexuel ou physique.
M. Cliche-Rivard : Ce que l'enfant
lui communique ou l'information qu'il a.
Mme Lemay (Catherine) : Bien, s'il
est témoin ou que l'enfant lui communique, peu importe, là, c'est sa responsabilité
citoyenne.
M. Cliche-Rivard : OK. Et est-ce
que... Y a-tu des limites à ça, eu égard au secret professionnel? S'il
communique ça avec son avocat, son avocat aussi est tenu de...
M. Carmant : Bien, pas pour les
médecins, en tout cas.
M. Cliche-Rivard : Pas pour les
médecins.
M. Carmant : Puis on l'a enlevé, ça,
dans la LPJ. On l'a enlevé dans la LPJ, là. Tu sais, tout le monde, maintenant,
doit communiquer l'information pour protéger les enfants. C'est ce qu'on a fait
dans la protection de la jeunesse précédente.
M. Cliche-Rivard : Parfait. Dans
votre loi 15, la législature précédente?
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Donc, un enfant
qui explique au commissaire qu'il est actuellement encore... Est-ce que c'est
une obligation dans une agression continue ou, s'il lui divulgue que, l'année
passée, il a connu une agression... Là, l'application...
M. Carmant : Toute agression
sexuelle.
M. Cliche-Rivard : Toute agression
passée, continue, juste pour bien comprendre, là.
M. Carmant : Pour les médecins,
c'est toute agression sexuelle.
M. Cliche-Rivard : Peut-être juste
s'en assurer, oui, sur d'autres choses après, puis là je le dis parce qu'il y a
un article spécifique de la LPJ qui le
prévoit à la CDPDJ. La CDPDJ peut communiquer une information confidentielle
pour prévenir un acte de violence. Je veux juste être certain que notre
commissaire se sente les mains libres aussi.
M. Carmant : Absolument.
M. Cliche-Rivard : Peut-être, on
peut suspendre.
M. Carmant : L'obligation de
signaler est prévue, là.
Le
Président (M. Provençal)
: ...ils l'ont la réponse, ils te l'ont donnée, mais
je pensais qu'ils l'avaient donnée.
M.
Carmant : On l'a changé dans la loi il y a deux ans.
Le Président (M. Provençal)
: Il y a des éléments qui
sont prévus dans la Loi de la protection de la jeunesse. D'ailleurs,
j'ai l'impression qu'on a un cours de droit sur la LPJ ce matin.
M. Bérubé
(Mathieu) : M. le Président, donc, dans nos recherches, là,
effectivement, l'article 39 de la Loi sur la protection de la jeunesse, ça
semble assez limpide, là, que toute personne, même une personne autre que celle
visée au premier alinéa, qui a un motif raisonnable de croire que la sécurité
au développement d'un enfant est considérée
comme compromis, au sens de certains paragraphes de l'article 38, que je
crois que les cas d'abus... et qui est tenue de signaler sans délai la
situation au directeur. Donc, l'obligation s'applique.
Une voix : ...
M. Bérubé
(Mathieu) : 39.
M.
Cliche-Rivard : Et votre lecture de 39, c'est que ça inclut le commissaire.
M. Bérubé
(Mathieu) : ...tout citoyen, toute personne.
M.
Cliche-Rivard : Ça dit «tout professionnel», deuxième alinéa... 39,
deuxième alinéa : «Toute personne autre
qu'une personne visée au premier alinéa qui a un motif raisonnable de croire
que la sécurité ou le développement d'un
enfant est considéré comme compromis au sens du paragraphe d et e du deuxième
alinéa de 38 est tenue de signaler sans délai, la situation au
directeur.»
Des voix :
...
Le Président (M.
Provençal)
: C'est
parce que mon rôle, c'est de favoriser les échanges, mais présentement, vous
êtes plus... Je comprends que, dans l'article, on parle d'un organisme public
puis... Mais présentement, on débat plus des articles de la LPJ que des
articles du projet de loi.
M. Cliche-Rivard : Spécifiquement, parce
qu'on veut s'assurer que notre commissaire ait tous les pouvoirs pour faire son
travail, et que, là, le régime actuel légal qu'on a, c'est la LPJ. Puis on a
bientôt terminé, là, M. le Président.
Le Président
(M. Provençal)
: Vous
voulez faire la liaison.
M. Cliche-Rivard :
Je veux faire... être sûr qu'on n'échappe pas de pouvoir.
Le Président
(M. Provençal)
: C'est
beau.
M. Cliche-Rivard :
Puis c'est évident que... Puis M. le ministre a été très clair sur le fait
qu'il y en a un qui va être individuel puis qui va traiter des cas par cas puis
il y en a un qui va être systémique. Mais c'est en faisant cet exercice-là
qu'on est venu ajouter des solides amendements, limpides et importants pour le
PL, je pense. Puis je remercie M. le ministre de les avoir acceptés.
Le Président (M.
Provençal)
: Ça va.
M. Cliche-Rivard :
Mais si on n'avait pas fait ce parallèle-là, peut-être... probablement
qu'on serait peut-être passé à côté de certains volets.
72.9, ça dit :
«la commission a accès au registre des signalements». Si le commissaire juge
nécessaire de faire une évaluation des signalements, il va pouvoir demander
copie de la même façon à 29.1?
M. Carmant :
Dans quel sens?
M. Cliche-Rivard :
Bien, si lui décide qu'il fait une enquête sur... dans une région précise,
là, il y a eu des allégations que, bon, le jeune a passé quatre fois, ou cinq
fois, ou six fois en signalement, mais que, finalement, ça n'a pas été retenu,
il n'y a pas eu de placement, puis que là, bon, il est arrivé ce qui est
arrivé. Si lui décide qu'il veut faire une enquête sur le traitement des
placements...
M. Carmant :
Ça reste des documents, oui, d'organismes publics.
M. Cliche-Rivard :
Il va pouvoir les demander. Parfait.
82, alinéa 2°,
ça dit qu'un membre ou un employé de la commission est admis en tout temps aux
audiences du tribunal, malgré un huis clos.
M. Carmant : Non. Ça, ça ne
tient pas pour le commissaire.
M. Cliche-Rivard :
Ça ne tient pas pour le commissaire.
M. Carmant : Non, non.
M. Cliche-Rivard : Lui, il ne
peut pas rentrer dans une salle de cour...
M. Carmant : Non, non. Bien...
M. Cliche-Rivard : ...parce
que, là, on individualise.
M. Carmant : Ce n'est pas son
but d'aller...
M. Cliche-Rivard : Ce n'est pas
son but.
M. Carmant : Oui.
Le Président (M. Provençal)
: Je vous signale qu'il vous reste une
minute.
M. Cliche-Rivard : Une minute?
Excellent. Une demande de copie de l'ordonnance?
M. Carmant : Non...
M. Cliche-Rivard : Au tribunal?
M. Carmant : Vraiment, le
juridique, là, ça reste CDPDJ, s'il vous plaît.
M. Cliche-Rivard : Ça, c'est
juridique, c'est la CDPDJ. Prendre connaissance de n'importe quel dossier
judiciaire d'un enfant, ça, c'est la CDPDJ.
M. Carmant : CDPDJ. Ne
mélangeons pas les rôles, hein?
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Bien, ça m'a pris 20 minutes, M. le Président, mais on a fait le tour des
pouvoirs de la CDPDJ et on les a appliqués,
ceux qui étaient applicables, à notre commission en bien-être des droits de
l'enfant.
Le Président (M. Provençal)
: Et je pense que ça vous a fait... Les
réponses vous ont sécurisé.
M. Cliche-Rivard : Oui, et
certainement apporter les magnifiques amendements qu'on reçoit aujourd'hui.
Le
Président (M. Provençal)
:
Merci. Y a-t-il d'autres
interventions sur l'amendement à l'article 9? S'il n'y a pas
d'autre intervention, est-ce que l'amendement, à l'article 9, est adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Provençal)
:
Maintenant, y a-t-il d'autres
interventions sur l'article 9 amendé? Oui, M. le député de
Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : M. le
ministre me posait la question... on se posait la question, là, il y a
l'organisme public puis il y a potentiellement le milieu de vie du jeune, là,
famille d'accueil ou autres. Qu'en est-il pour ce milieu de vie là? Est-ce que
le commissaire peut demander...
M. Carmant : Il ne rentre pas
dans les familles.
M. Cliche-Rivard : Il ne rentre
pas dans les familles. Non, mais je pose la question.
M. Carmant : Non. C'est ma
réponse.
M. Cliche-Rivard : La
réponse, c'est non. Vous sembliez... pas énervé, mais... Non. OK. Ça fait que,
là, la ligne est tracée, là, oui, centre jeunesse, oui, il va regarder.
Je vous donne l'exemple...
M. Carmant : Foyers de groupe, par
exemple, ça, oui...
M. Cliche-Rivard : Foyers de
groupe...
M. Carmant : ...mais pas
famille d'accueil...
M. Cliche-Rivard :
Mais famille d'accueil...
M. Carmant :
...ou adoptive, ou des choses comme ça.
M. Cliche-Rivard :
Non.
M. Carmant :
...ce n'est pas la police.
M. Cliche-Rivard : Et là, s'il y a un
signalement ou un problème avec une famille d'accueil, bien, c'est la
commission...
M. Carmant :
C'est le travail de quelqu'un d'autre, là, de la DPJ.
M. Cliche-Rivard :
De la DPJ, et après, si applicable, la commission qui viendra faire ce
qu'elle a à faire.
M. Carmant :
Exact.
M. Cliche-Rivard : OK. Ça fait que... En
fait, dans l'ensemble du PL, là, ça, c'est assez clair que cette ligne-là
n'est pas franchie.
M. Carmant :
Je pense que tout le monde va être satisfait de ça.
M. Cliche-Rivard :
Il pourrait y avoir des recommandations à la DPJ sur les meilleures
directives ou des meilleurs encadrements
d'un choix de familles d'accueil. Ça, ça se peut dans la manière systémique,
genre : Faites donc attention, parce que...
• (12 h 30) •
M. Carmant : Ça, ça reviendrait
peut-être à la directrice nationale de le faire, là, l'harmonisation des
pratiques puis les meilleures pratiques, mais...
M. Cliche-Rivard :
Et lui peut faire des recommandations en ce sens.
M. Carmant :
Il peut travailler avec elle, tout à fait.
M. Cliche-Rivard :
Exactement. Malheureusement, dans le sens où il est arrivé un scénario où
un enfant placé a été victime d'agression, on a vu ça dans les médias
récemment, le commissaire pourrait décider, au sens des articles qu'on a vus,
notamment à 11.1, 11.2, puis de son pouvoir à 5, deux, 6°, de faire des
recommandations, mais jamais, lui, peut-il entrer ou aller directement dans une
famille d'accueil. Ce n'est pas son rôle.
M. Carmant :
Non, ce n'est pas son rôle.
M.
Cliche-Rivard : Parfait. Puis ce n'est pas son rôle nulle part dans la
loi sur le commissaire?
M. Carmant : Non.
M.
Cliche-Rivard : Ce n'est pas ça, sa job.
M. Carmant : Exact.
M.
Cliche-Rivard : Merci.
Le Président (M.
Provençal)
: Y a-t-il
d'autres interventions sur l'article 9 amendé? S'il n'y a pas d'autre
intervention, est-ce que l'article 9 amendé est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Alors, on avait
convenu maintenant que, suite à l'adoption de l'article 9 amendé,
nous irions à l'article 21.1.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: 29.1, excusez-moi, oui.
Alors, on va... je vais vous demander d'aller projeter la... C'est un
amendement qui introduit un nouvel article, 29.1. Alors, M. le ministre, je
vous invite à nous faire lecture de 29.1.
M. Carmant : Oui,
pour venir compléter ce qu'on vient de faire à l'article 9.
L'article 29.1 note d'insérer, après
l'article 29 du projet de loi tel qu'amendé, ce qui suit :
«Loi sur la protection de la jeunesse.
«L'article 72.6 de la Loi sur la protection
de la jeunesse (chapitre 34.1) est modifié par l'ajout, à la fin du
deuxième alinéa, du paragraphe suivant :
«5° au commissaire au bien-être et aux droits
des enfants, lorsque la divulgation est nécessaire à l'exercice de ses
fonctions visées au paragraphe 6° du deuxième alinéa de l'article 5
de la Loi sur le commissaire au bien-être et aux droits des enfants.»
L'amendement vise à permettre au Commissaire au
bien-être et aux droits des enfants d'obtenir des renseignements confidentiels
concernant un enfant pris en charge par un directeur de la protection de la
jeunesse lorsque ceux-ci sont nécessaires à l'exercice de ses fonctions
d'évaluation de la prestation des services destinés aux enfants. Merci, M. le
Président.
Le
Président (M. Provençal)
: Merci. Interventions sur l'amendement qui
introduit l'article 29.1? Mme la députée.
Mme Garceau : Oui. Je veux remercier
le ministre, c'est vraiment... l'équipe, légistes, parce que c'est un
amendement très, très important, surtout compte tenu des situations dont vivent
les enfants actuellement. De pouvoir obtenir des documents confidentiels pour
le commissaire, ça va faire partie très, très importante de son mandat.
M. Carmant : Bien, je vous remercie
de l'avoir soulevé. Merci.
Mme Garceau : Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va? M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M.
Cliche-Rivard : Oui, merci, M. le Président. Oui, en effet, ça
fait partie des choses qu'on avait soulevées, justement, dans ce beau
comparatif là entre la LPJ... et là on vient justement modifier la LPJ. Donc,
ça démontre toute la pertinence de l'exercice.
J'avais posé... et les légistes s'étaient
démontrés ouverts à nous l'expliquer, là, le régime de 72.5 et de 72.6,
qu'est-ce que c'est vraiment, là, qu'on vient modifier ici, pour notre
compréhension à tous et à toutes.
M. Carmant : Je passerais la parole,
M. le Président, à Me Bérubé.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui, merci.
Donc, ce que prévoit le régime de protection des renseignements confidentiels
de la Loi sur la protection de la jeunesse... en fait, la règle est prévue...
la règle générale est prévue à l'article 72.5. Donc, ça fait mention du
fait que les renseignements recueillis dans le cadre de l'application de la
présente loi, soit la Loi sur la protection de la jeunesse, qui concernent un
enfant, qui vont permettre de l'identifier, ne peuvent être divulgués sans le
consentement de l'enfant lorsqu'il a 14 ans ou plus, ou sinon avec le consentement
des parents dans les autres cas. L'amendement vise donc à ajouter une
exception, à l'article 72.6, qui viserait à permettre au commissaire, lorsque les renseignements sont nécessaires à
l'exercice de ses fonctions visées au paragraphe 6° du deuxième alinéa
de l'article 5, de recevoir communication de renseignements qui seraient
autrement... en fait, qui sont confidentiels et qui, autrement, nécessiteraient
d'obtenir le consentement.
M. Cliche-Rivard : OK. Tout ce que
le commissaire a à démontrer ou aura à démontrer, c'est que c'est en lien avec
son pouvoir à 5, deux, 6°.
M. Bérubé (Mathieu) : Que c'est
nécessaire, oui, tout à fait.
M. Cliche-Rivard : Que c'est
nécessaire à l'exercice de son pouvoir.
M. Bérubé (Mathieu) : Exact. Oui,
oui.
M. Cliche-Rivard : Il n'a pas à
démontrer autre chose que ça, lui. Il se justifie. Après, il pourrait y avoir
un débat, là, ça se peut, là, entre l'organisme public en disant : Moi, je
n'interprète pas ça, toi, tu interprètes ça, auquel cas, bon... on n'entrera
pas sur le débat juridique, là, mais, tu sais, il y aura une présomption que le
commissaire, si lui il décide que c'est dans sa job, à 5, deux, 6°, on s'entend
qu'à moins d'exception, à moins que ça soit frivole, on va lui donner.
Et ça, ça concerne tout document, à 72.5, tout
renseignement recueilli dans le cadre de l'application de la présente loi.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui.
M. Cliche-Rivard : OK. Qu'en est-il
quand, là, on... parce que, là, on a parlé en jeunesse puis là, nous autres, on
avait une question sur le caractère confidentiel, point barre, d'un jeune,
point barre, là. Est-ce que ça, on... y a-tu des
scénarios et des situations où, en dehors de la LPJ, là, que la confidentialité
pourrait être invoquée, dossier médical, scolaire auquel... le dossier de
sanctions à l'école, auquel le commissaire ne pourrait pas avoir accès?
M. Bérubé (Mathieu) : Évidemment, je
n'ai pas une connaissance approfondie, là, de tous les régimes de protection
des renseignements. Une fois cela dit, je peux peut-être vous apporter
certaines explications en lien avec le régime de protection des renseignements
de santé et de services sociaux.
Donc, la loi a sanctionné, en avril 2023,
concernant un encadrement de ce type de renseignements là, qui n'est pas en
vigueur à l'heure actuelle, mais qui le sera un jour, va permettre... en fait,
permettrait, là, justement au commissaire
d'avoir accès à des renseignements qui lui sont nécessaires à l'application de
sa loi, donc de ses fonctions, et qui
concerneraient, dans le fond, un usager de... en fait, quelqu'un qui est
concerné par les renseignements de santé ou de services sociaux, là,
tout à fait. Donc, oui, ça serait permis aussi.
M.
Cliche-Rivard : Oui, ça serait permis, de par... là, vous me
référez à la loi qui... pas encore entrée en vigueur.
M. Bérubé (Mathieu) : Par la loi sur
les renseignements. Sinon, pour d'autres types d'organismes qui ont leur régime
de protection des renseignements personnels qu'ils détiennent, pour ceux que
c'est la loi sur l'accès qui s'applique, il faudrait se référer aux règles qui
sont prévues dans la loi sur l'accès, puis il y a une disposition qui est
quasiment la même, là, que celle qui est prévue dans la loi sur les
renseignements de santé, qui prévoit que la communication est possible quand
c'est nécessaire à l'application d'une loi. Donc, ça permettrait également au commissaire, dans la mesure où c'est nécessaire
toujours, d'avoir accès à des renseignements qui seraient personnels.
M. Cliche-Rivard : Là, je me pose la
question parce que ce que vous dites n'est pas faux, puis là vous modifiez
puisque... là, vous n'avez pas eu le choix de modifier la LPJ parce qu'elle ne
trouve pas...
M. Bérubé (Mathieu) : Régime plus
strict.
M. Cliche-Rivard : ...ne fait pas
partie d'un régime plus strict, ne fait pas partie de... Là, je donne l'exemple
d'un jeune qui est en psychiatrie dans un établissement de santé depuis un bon
moment, mais qui est mineur, évidemment, puis il se retrouve à avoir quelques
situations similaires dans le même établissement, ce qui fait en sorte que le commissaire a envie... veut aller vérifier.
A-t-il, là, oui ou non, accès aux documents? Au jeune, oui, parce qu'on a
parlé d'organismes publics, mais aux documents... a-t-il accès pour un mineur?
M. Bérubé (Mathieu) : Il aura accès
aux renseignements en vertu du nouveau cadre légal de la loi sur les
renseignements de santé. En fait, il pourrait y avoir accès en vertu de ce
nouveau cadre légal là.
M. Cliche-Rivard : Il pourrait dans
un cadre légal non applicable actuellement.
M. Bérubé (Mathieu) : Bien, je dis
«il le pourrait», parce qu'évidemment il y a toujours la nécessité qui
s'applique à la communication des renseignements, là, mais il pourrait
effectivement, de la même façon que pour la LPJ, là. Le critère de nécessité
s'applique toujours, là, évidemment.
M. Cliche-Rivard : Oui, sauf que,
là, dans la LPJ, vous venez de le codifier, là.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui.
M. Cliche-Rivard : Alors que, là,
on...
M. Bérubé (Mathieu) : Bien, quand je
parle du nouveau régime légal, c'est la loi qui a été sanctionnée en avril
2023... permettrait, dans ses dispositions, au commissaire, dans la mesure où
c'est nécessaire à l'application de sa loi, d'avoir accès à des renseignements
de santé et de services sociaux qui concernent spécifiquement un individu.
M. Cliche-Rivard : Incluant un
mineur.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui.
M. Cliche-Rivard : Il n'y a pas de
limitation.
M. Bérubé (Mathieu) : Non.
M. Cliche-Rivard : Est-ce que
vous... Puis là, bon, s'il n'y a pas d'application, ça va prendre une
disposition réglementaire pour que ça rentre en vigueur, ça, que... Comment ça
se fait qu'un an et demi plus tard ce n'est pas entré en vigueur?
M. Bérubé (Mathieu) : Ça se fait par
décision gouvernementale.
M. Cliche-Rivard :
Décision gouvernementale.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui.
M. Cliche-Rivard : Donc, demain
matin, notre commissaire, il n'y a pas accès.
M. Bérubé
(Mathieu) : Je ne peux pas me prononcer sur le fait qu'il ne
sera peut-être pas nommé demain matin, mais le...
M. Cliche-Rivard : Non, mais vous
sanctionnez la loi 37, puis le commissaire est nommé.
M. Bérubé (Mathieu) : À ce
moment-là, il faudrait effectivement aller voir au niveau du régime qui est prévu à l'article 19 de la Loi sur les services de santé et les services
sociaux, mais, comme je vous dis, la
nouvelle loi vise à écraser tout ce régime-là pour le remplacer
complètement.
M. Cliche-Rivard : Puis... Je vais faire
mes vérifications, là, sur les médias.
Le Président (M. Provençal)
: ...M. le ministre, non?
M. Carmant : Non. J'allais juste
dire qu'il y a quand même, tu sais, le... au niveau hospitalier, il y a
d'autres personnes qui peuvent intervenir, là, avant le commissaire, et avec
qui le commissaire va collaborer, là.
• (12 h 40) •
M.
Cliche-Rivard : Pour nos vérifications, là, sur la pause,
avez-vous l'article dans votre... de la nouvelle loi?
M. Bérubé (Mathieu) : ...attendez-moi
un instant, ne bougez pas. 72.
M. Cliche-Rivard : 72 du nouveau...
M. Bérubé (Mathieu) : Chapitre R-22.1
M. Cliche-Rivard : Sauf que, là,
vous n'avez pas d'accès direct, là, en même temps sur la disposition dans la
loi actuelle, là. Dans vos notes, vous ne l'avez pas.
M. Bérubé (Mathieu) : Dans le cadre
légal en vigueur actuellement, l'article 19 de la Loi sur les services de
santé et les services sociaux.
M. Cliche-Rivard : 19, LSSSS?
M. Bérubé (Mathieu) : Tout à fait.
M. Cliche-Rivard : Parfait. On va
juste aller vérifier. À l'école...
M. Carmant : Bien, il y a le
protecteur de l'élève à l'école.
M. Cliche-Rivard : Puis lui a accès
à...
M. Carmant : Je ne connais pas la
loi du protecteur de l'élève, mais c'est... on veut... J'interviens parce que
je ne veux pas qu'il y ait de chevauchement dans les... ou de confusion dans
les rôles, là.
M. Cliche-Rivard : Oui, puis c'est
important. C'est important.
M. Carmant : Oui, puis même chose à
l'hôpital. Tu sais, il y a quand même des mécanismes à l'hôpital, également,
là.
M. Cliche-Rivard : Moi, l'inquiétude
que j'avais globalement, c'est qu'on est effectivement venu colmater une brèche
excessivement importante pour la LPJ et pour le réseau de la jeunesse.
M. Carmant : Exact. Parce que, si on
fait trop de chevauchements, personne ne va vouloir collaborer avec notre
commissaire.
M.
Cliche-Rivard : OK. Puis là on est vraiment... pour lui... pour
que ne lui... pour que ne le... voyons, pour qu'on ne lui oppose pas la
confidentialité.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard :
Puis les régimes de confidentialité sont assez limités.
M. Carmant : Et particuliers à la
LPJ.
M. Cliche-Rivard : Et particuliers.
Et, dans tous les autres cas, sous réserve des dispositions particulières, là,
il fait ses demandes, il obtient les documents. OK. Ça fait que, pour vous,
c'est vraiment en ajoutant ou en modifiant 72.6 qu'on vient boucler la
boucle de ces interventions.
M. Bérubé (Mathieu) : Pour ce régime
strict là, évidemment.
M. Cliche-Rivard : Pour ce régime
strict.
M. Carmant : Puis on se souvient que
l'enjeu, c'était, tu sais, au niveau des centres jeunesse qu'on avait soulevé
tout ça.
M. Cliche-Rivard : Oui. Est-ce que
le coroner pourra divulguer des informations d'un mineur? Ça, il n'y a pas
d'enjeu, vous l'avez vérifié?
M. Bérubé
(Mathieu) : Bien là, actuellement, en fait, ce qui est prévu
au projet de loi, c'est qu'il communique tous les rapports qui
concernent les personnes mineures. Donc, il aura les renseignements sur...
Le Président (M. Provençal)
: ...
M. Bérubé (Mathieu) : C'est ça.
M. Cliche-Rivard : Ça fait que ça,
c'est scellé aussi, c'est réglé aussi.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui,
l'obligation est prévue.
M.
Cliche-Rivard : Ça fait que vous, vous ne voyez pas de moment ou
vous ne voyez pas de raison, là, apparente, pour l'instant, dans
laquelle le commissaire ne sera pas en mesure de... ou se fera opposer la
confidentialité pour ne pas avoir accès à un document...
Le
Président (M. Provençal)
: Rappelez-vous, hier, pour le coroner, il a été
bien spécifié que, quand elle... le coroner va émettre son rapport,
automatiquement...
M. Cliche-Rivard : Direct.
Le Président (M. Provençal)
: ...il va y avoir... vous l'avez dit
vous-même, il va y avoir une ligne directe.
M. Cliche-Rivard : OK. Ma collègue
avait une question, je pense.
Le Président (M. Provençal)
: Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Oui, merci beaucoup,
M. le Président. Mon collègue a soulevé un enjeu très important au niveau de
l'accès, et je regarde plus particulièrement dans les fonctions du commissaire,
le 5.2, l'analyse de l'état du bien-être des enfants au Québec et réaliser
annuellement un portrait de cet état, donc annuellement, ça veut dire
décrochage scolaire...
Admettons, s'il y a un enjeu... on a vu des
articles concernant les anciens de la DPJ qui... où il y a eu des décrochages
scolaires et ce genre de choses, et, évidemment, il y a eu des difficultés
suite à ça et au niveau d'itinérance également. Et donc est-ce que... lorsque
vous avez rédigé le projet de loi, est-ce qu'il y a eu une étude en termes de... compte tenu de ses fonctions prévues,
qui sont quand même... juste le 5.2 est quand même assez large, qui fait
en sorte que le commissaire pourrait faire
des demandes auprès des commissions scolaires pour obtenir des documents,
des renseignements et peut-être dans d'autres organismes?
Est-ce qu'il
a eu ce réflexe de voir... de s'assurer que, bon, on va prévoir... oui, le
commissaire, pour l'exécution de ses fonctions, il va devoir faire affaire
avec x, y, z, et donc selon les lois qui s'appliquent à ces...
M. Carmant : Exact, puis...
Mme Garceau : ...qu'on a tout prévu,
là, qu'il n'y aurait pas de problème en termes d'accès pour exécuter ses fonctions selon qu'est-ce qui va venir, selon
la loi, surtout concernant le point 2, qui est quand même assez important?
M. Carmant : Non, absolument. Puis, comme je disais hier, ça a
été la partie la plus difficile, de venir positionner le commissaire,
qu'il soit assez transversal, sans nécessairement empiéter ou s'insérer dans
les... dans les différents autres protecteurs, soit le Protecteur
du citoyen, Vérificatrice générale, le Commissaire santé bien-être, le Protecteur
national de l'élève, protecteurs qui sont... pour les activités sportives.
Donc, nous, on est... avec le projet qu'on dépose,
là, puis les fonctions... et tout ce qui nous manquait, comme je disais hier,
c'est l'accès aux données quand ils rentrent dans les centres jeunesse,
puis je pense que c'est ça qu'on vient combler. Mais tout le reste, là, ça a
été quand même bien étudié. Puis on ne veut
pas lui donner... tu sais, on ne veut pas qu'il aille en premier dans les
écoles. Tu sais, il y a un protecteur national de l'élève pour ça, il y
a d'autres mécanismes. Puis le lien, c'est que, dans le... il y a un chapitre
où on vient dire qu'il va collaborer avec les différentes personnes puis c'est
comme ça qu'ils vont travailler ensemble, et non pas en silo.
Mme Garceau :
Je ne pensais pas qu'on était pour avoir une discussion concernant le
mandat du protecteur de l'élève aujourd'hui, mais ma compréhension, c'est le
protecteur reçoit des plaintes et va gérer les plaintes. Le rôle du commissaire
est différent.
M. Carmant : Exact.
Mme Garceau :
Donc, il n'y a pas de chevauchement et donc, oui, il pourrait collaborer
avec le Protecteur du citoyen...
M. Carmant :
Ah! OK. Non, c'est juste parce qu'on parle de confidentialité.
Mme Garceau :
...protecteur de l'élève pour avoir un échange, là, il y a l'article 11,
je crois, pour avoir une collaboration, mais c'est plus pour que le
commissaire, lui, dans ses fonctions, il va falloir qu'il fasse une analyse du
bien-être... tu sais, en général, des enfants du Québec. Là, on parle
évidemment de tous les enfants du Québec. C'est pour ça que je voulais
vérifier... c'est sûr que qu'est-ce qui se passe dans nos écoles, côté
violence, côté décrochage, et tout, le commissaire a un rôle à jouer pour faire
des recommandations, pour améliorer les choses.
M. Carmant : Oui,
mais comme je disais hier, ça, ça se fait plus par sondage, puis c'est...
jusqu'à présent, c'est surtout la santé publique qui fait ces analyses-là, mais
le commissaire va venir se concentrer sur les aspects jeunesse. Et, oui, s'il a
des recommandations à faire, il va les faire. Moi, je ne pensais pas... je
parlais de l'aspect des plaintes parce qu'on est dans le... l'article sur la
confidentialité, mais c'est sûr que le rôle du commissaire est beaucoup plus
large.
Le Président (M.
Provençal)
: Autres
interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention... Ça m'aurait surpris,
honnêtement, là. M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : M. le président commence
à me connaître un petit peu. On a passé des heures considérables au sous-sol du Kirkland, au PL 15 ensemble.
Pourquoi ça a été décidé, finalement? Tu sais, quand on a eu ce débat-là, au
début, on parlait de l'ajouter à 9. Finalement, vous avez pris la réflexion que
c'était plus utile de modifier la LPJ. Pourquoi est-ce que, tu sais, la
phrase ou l'assertion qu'on a... tu sais, nul ne peut opposer la
confidentialité au commissaire, pourquoi vous ne l'avez pas directement juste
prévu dans le cadre législatif qu'on institue, là?
Parce que, là, pour
une première fois, si je ne m'abuse, vous venez changer la LPJ. Pourquoi
c'était important pour vous qu'on aille ouvrir cette loi-là plutôt que de
directement mettre au commissaire, de manière limpide, dans sa propre loi, que lui, là, il arrive avec un badge
spécial, badge du commissaire, puis que ça ouvre les portes?
M. Carmant : Je
passerais la parole, M. le Président, à Me Bérubé.
Le Président (M.
Provençal)
: Oui.
Maître.
M. Bérubé
(Mathieu) : Merci, M. le Président. En fait, c'est une question de...
c'est une question de... comment je pourrais dire, pour faciliter la lecture de
la loi, là. Ici, le régime confidentiel plus strict de la Loi sur la protection de la jeunesse est prévu à 72.5 et suivants. Donc, de mettre
l'exception ailleurs, des fois, c'est un peu moins commode pour les
lecteurs qui, évidemment... qui sont plus à même de connaître ce régime-là,
évidemment, ils se réfèrent à ces articles-là. Donc, en l'ayant directement à
72.6, bien, on comprend que c'est une des exceptions qui permet au commissaire
d'obtenir ces renseignements qui lui seraient nécessaires.
• (12 h 50) •
M.
Cliche-Rivard : OK. Vous avez parlé... vous m'avez bien expliqué,
Me Bérubé... vous avez mentionné le truc du 14 ans, là, pour le
consentement. Pouvez-vous nous l'expliquer? Finalement, si le jeune a plus de
14 ans, il va pouvoir s'opposer à ce que le commissaire obtienne ces
documents? C'est-tu ça que ça veut dire, le 72.5?
M. Bérubé
(Mathieu) : En fait, la règle prévue à 72.5, c'est que, si l'enfant a
14 ans ou plus, il peut consentir à ce que ces renseignements de la
protection de la jeunesse, qui le concernent, qui l'identifient, soient
communiquées à un tiers. Il peut consentir, mais ce que prévoit 72.6, c'est une
divulgation des renseignements aux fins du commissaire, sans le consentement du
jeune.
M. Cliche-Rivard : Sans le
consentement du jeune.
M.
Bérubé (Mathieu) : Exactement.
M.
Cliche-Rivard : Ça fait que le jeune de 17, comme le jeune de quatre,
comme le jeune de six ans, du moment où le commissaire demande les dossiers,
eux, leur opinion n'est pas considérée dans ce contexte-là. C'est vraiment à 72.5 que, à part les exceptions... vous
autres, là, s'il a 14 ans, est-ce que tu veux, M. 14 ans, que...
petit 14 ans, que ton dossier aille
chez M. X? Oui? C'est bon. Mais pas dans le cas du commissaire. Lui, il passe
par les exceptions, comme la police, comme les autres, le ministère de
la Justice, tout ça.
M. Bérubé
(Mathieu) : Il peut toujours demander le consentement, mais c'est
qu'il y a une permission... une exception prévue à 72.6, là.
M.
Cliche-Rivard : Parfait. On a eu des discussions sur le «dénominalisé»
ou «nominalisé», là, j'aurais juste voulu qu'on clarifie ça. Là, il n'y aura
pas de... il n'y a plus de caviardage, il n'y a pas... on n'enlève pas de nom,
c'est le dossier tel quel, là.
M. Carmant : Confidentiel...
M.
Cliche-Rivard : Confidentiel.
Le Président (M.
Provençal)
: Ça a été
mentionné hier aussi.
M.
Cliche-Rivard : Bien, hier, on était sur un débat, là, puis ce matin,
c'est 29.1 qui nous le confirme. Donc, il n'y aura pas de caviardage.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard :
Les juristes nous confirment ça, il n'y aura pas de caviardage?
M. Bérubé
(Mathieu) : Dans la mesure où c'est nécessaire à l'exercice des
fonctions, il pourrait avoir accès aux renseignements qui sont
identificatoires, effectivement.
M. Cliche-Rivard : OK. Donc, l'organisme
public pourrait décider d'en caviarder une partie en estimant que ce n'est
pas nécessaire à l'exercice des fonctions du commissaire.
M. Bérubé
(Mathieu) : En fait, comme on disait tout à l'heure, évidemment, il y
a toujours des discussions, des échanges entre les organisations pour
s'entendre sur qu'est-ce qui est nécessaire. Donc...
M.
Cliche-Rivard : OK. Puis qui est l'arbitre de ça, si le commissaire
s'estime lésé dans la divulgation? C'est-tu le tribunal? C'est qui?
M. Bérubé
(Mathieu) : Bien, normalement... En fait, c'est que le détenteur des
renseignements confidentiels ou personnels, c'est lui qui en est responsable,
c'est lui que la... La loi confie à l'organisation la protection de ces renseignements-là. Ici, on a une protection très,
très forte, là, vu le régime strict. Donc, c'est vraiment le directeur de la
protection de la jeunesse qui est responsable de la protection de ces
renseignements-là.
M.
Cliche-Rivard : Puis si le commissaire n'est pas d'accord dans
l'interprétation que fait le DPJ... la DPJ, de la divulgation, puis qu'est
d'avis que ça ne lui permet pas de faire sa job à 52.6, c'est quoi, son
mécanisme?
M. Bérubé (Mathieu) : J'imagine qu'il pourra
faire des recommandations pour faire des réformes législatives, au
besoin.
M.
Cliche-Rivard : À 11.1, 11.2, 11.3.
M. Bérubé
(Mathieu) : Mais normalement...
M. Cliche-Rivard : Mais il n'existe pas...
Ça ne sera pas transféré à la Commission de l'accès à l'information, par
exemple...
M. Bérubé
(Mathieu) : Non, non, non. Tout à fait.
M. Cliche-Rivard : OK. Alors que, dans
d'autres cas, dans le régime non spécifique de la LPJ, si effectivement il
demande une divulgation à la commission scolaire, qui ne lui donne pas, ou
ailleurs, là, les régimes applicables pourraient s'appliquer.
M.
Bérubé (Mathieu) : Mais là on parle du régime d'accès aux documents
des organismes publics. Donc, si on se fait refuser l'accès à un
document, on peut se retourner vers la Commission d'accès à l'information. Même
chose si on nous refuse l'accès, par
exemple, à un renseignement personnel, mais qui me concerne, je pourrais
m'adresser à la Commission d'accès à
l'information, dans la mesure où c'est ce régime-là qui s'applique au
renseignement en question, pour obtenir accès... l'accès à mon
enseignement qui me concerne, mais ça, c'est le régime de la Loi sur l'accès à
l'information.
M. Cliche-Rivard : OK. Et non pas le
pouvoir prévu du commissaire qui, lui, est un cadre différent.
M. Bérubé (Mathieu) : Exact, tout à
fait.
M. Cliche-Rivard : Puis, dans ce
cadre-là, le fin mot puis la décision finale va appartenir à l'organisme
détenteur des informations. Puis, si le commissaire n'est pas content, il
écrira qu'il n'est pas content, mais ça va s'arrêter
là, à moins qu'il fasse intervenir 11.1, 11.2, 11.3 puis là... mais il va être
encore pas content, mais, dans le sens... c'est ça, son mécanisme.
Merci, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: S'il n'y a pas d'autre
intervention... Mme la députée, allez-y.
Mme Garceau : M. le Président, je
voulais juste... parce que je me souvenais d'un article en particulier concernant le fort taux de décrochage, les enfants
qui ont passé par la DPJ. De nouvelles données montrent que le tiers des
jeunes passés par la DPJ se retrouvent dans une situation précaire à l'âge
adulte. Ils sont trois fois plus nombreux que les jeunes du même groupe d'âge
qui ne sont pas passés par les centres jeunesse à être sans emploi, sans
diplôme et sans formation.
Pour moi, compte tenu des fonctions du commissaire,
le commissaire pourrait mener une enquête là-dessus et pourrait avoir des documents... parce que, là, ce n'est pas un mandat
du Protecteur national de l'élève qui va faire... mener une enquête, ça
serait le mandat du commissaire au bien-être.
M. Carmant : Oui, il peut se saisir
de ce mandat-là.
Mme Garceau : Et qui pourrait
obtenir les renseignements des commissions scolaires, et tout ça, pour
déterminer aussi...
M. Carmant : Exact. Nous, on va
travailler avec maître... avec M. Goyette pour améliorer ça.
Mme Garceau : Exact. Exact.
Le Président (M. Provençal)
: S'il n'y a pas d'autre intervention,
est-ce que l'amendement introduisant l'article 29.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Provençal)
: Alors, le nouvel article 29.1 est donc
adopté. Maintenant, on revient à l'article 14...
M. Carmant : Parfait, M. le
Président.
Le Président (M. Provençal)
: ...donc l'amendement qui a été déposé
à l'article 14. Il nous reste moins de cinq minutes pour réouvrir les
discussions. Alors, consentement pour qu'on revienne à l'article 14... à
l'amendement, excusez-moi, de l'article 14? Ça va?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Alors, je suis prêt à recevoir
vos interventions.M. le ministre, allez-y.
M. Carmant : Oui. Bien, je
commencerais par, tu sais, remercier les collègues, là. On a eu une rencontre,
ce matin, qui s'est très bien déroulée, là,
avec le chef Picard et ses... et les gens de l'APNQL, puis également, je pense,
ça a été fait de façon très
courtoise. Et comme disait le député de Saint-Henri—Sainte-Anne, c'est peut-être... on tourne la page, là,
sur nos relations avec les Premières Nations. Et, tu sais, encore une fois,
c'est important de dire que ce sera à eux de
nommer leur commissaire et que nous, on va être là pour les appuyer. Donc, je
suis prêt à entendre vos suggestions pour la suite des choses.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M.
Cliche-Rivard : Merci, M. le Président. C'est important, ce que le
ministre vient de dire, notamment aussi de faire, là, pour... Puis je
pense qu'il ne faut pas sous-estimer la portée de ce qui a été fait ce matin.
Puis moi, je, vraiment,
remercie le ministre d'avoir permis que ça se fasse, là, aussi rapidement.
Hier, on soumettait une demande, qui nous avait été transmise par
l'APNQL, à savoir qu'ils voudraient nous entendre... pardon, ils voudraient
qu'on les entende.
Le Président (M.
Provençal)
: Ils
voulaient...
M.
Cliche-Rivard : Oui, je suis déjà au salon bleu dans mon esprit, M. le
Président. Ils voulaient qu'on... Ils avaient des choses à nous dire puis ils
avaient des questions encore sous-jacentes, beaucoup de questions pour
lesquelles ils attendent encore quelques réponses. J'y reviendrai. Mais de
quand même, en pleine étude détaillée... puis je vous remercie, vous aussi,
M. le Président, d'avoir... qu'on ait pris tous et toutes le temps de les
recontacter et de les réentendre à même une
étude détaillée... Bon, je n'ai pas une longue expérience parlementaire, là,
mais on me dit que ce n'est pas arrivé souvent...
Le Président (M.
Provençal)
: Je vous
le confirme.
M. Cliche-Rivard : ...et tant mieux. Et j'en
félicite le leadership du ministre. Il semble... Moi, je suis convaincu qu'il est... il l'a dit aussi ce matin, là, un
partenaire réel des Premières Nations et des Inuits. Puis, dans le contexte
post C-92, postjugement de la Cour
suprême, je le souhaite ardemment qu'on soit en train de passer à quelque chose
de nouveau, une réconciliation forte. Je le souhaite. On a du terrain ou
du chemin à faire devant nous. Rien n'est gagné, rien n'est joué, mais la main est tendue, puis probablement
les amendements ou les questions qui s'en viendront, là, je le souhaite, potentiellement,
possiblement de leur part, s'ils le souhaitent, dans les prochaines heures ou
dans la prochaine heure, vont nous permettre de continuer ce chemin-là. Mais
quand même, je ne voudrais pas qu'on sous-estime le moment potentiellement
historique, là, de ce que c'est que nous, comme Assemblée nationale, d'avoir
pris... d'avoir suspendu, entre guillemets, nos travaux pour les réécouter, là,
de voir leurs questionnements. Vraiment, je pense qu'on est un pas dans la
bonne direction.
Puis ça méritait d'être
souligné, M. le ministre, puis vous avez fait un bon coup. On a fait un bon
coup. On a du boulot à faire devant nous,
mais je tenais à le dire tout de suite que je vous en remercie. Je sais que ça
n'a peut-être pas été si simple à régler puis à organiser, mais vous y
avez mis votre poids, on y a mis notre poids, puis je pense qu'ils peuvent considérer qu'autour de la table,
on a tendu une main. Après, cette main-là, comment elle se conclut, ça, c'est
l'avenir qui nous le dira, mais on a quand même tendu une grande main, et je
trouve ça quand même important de le dire,
là, ici, en commission, et de vous remercier, M. le Président, aussi d'avoir
fait qu'on puisse tenir ça rapidement.
Le Président (M.
Provençal)
: Merci
beaucoup, M. le député.
Alors, considérant
l'heure, on va suspendre les travaux jusqu'à 14 heures. Merci.
(Suspension de la séance à
13 heures)
(Reprise à 14 h 07)
La Présidente (Mme Poulet) : Alors,
bonjour à tous. La Commission de la santé et des services sociaux reprend
ses travaux.
Nous allons
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi 37, Loi sur le commissaire
au bien-être et aux droits des enfants.
Nous allons suspendre
les travaux pour quelques instants. Nous allons vous revenir.
(Suspension de la séance à
14 h 08)
(Reprise à 14 h 24)
Le Président (M. Provençal)
: Nous allons reprendre nos
travaux. Alors, je vais inviter le député de Saint-Henri—Sainte-Anne
à nous présenter l'amendement à l'article 14.
M.
Cliche-Rivard : Merci, M. le Président. Je vais le lire, j'expliquerai
après, là.
Modifier
l'amendement à l'article 14 — donc
c'est un sous-amendement — de
la loi afin... à la fin du premier alinéa,
pardon, en remplaçant... donc, il y avait : «visant à assurer
l'harmonisation de leurs interventions à l'égard des enfants et des jeunes adultes des Premières
Nations ou des Inuit» par «visant à assurer la coordination de leurs actions
pour soutenir les enfants et les jeunes adultes des Premières nations ou des
Inuit».
M. le Président nous
faisait remarquer qu'effectivement il y aura une modification pour un n
majuscule au deuxième... au niveau libellé pour «Premières Nations».
Donc,
M. le Président, tu sais, on y reviendra plus en détail tout à l'heure. Pour
être très transparent, là, avec tous et
toutes, les membres de la commission ont reçu une série de propositions de la
part de l'APNQL. Les propositions, bon, seront étudiées et détaillées un peu plus tard. Il y en avait une, cela
dit, qui concernait le libellé précis de l'article qu'on est en train
d'étudier, là, c'est-à-dire l'article 14.
Donc, je soumets qu'on pourrait en
disposer en premier. Il y a là une distinction, je pense, quand même
importante, dans la philosophie, entre harmonisation et coordination. Je
ne veux pas parler à la place du ministre, mais je pense qu'il y avait, de son
côté, une ouverture. Donc, je vais le laisser commenter, mais je pense que...
Donc, de notre côté, nous aussi, quand on a
lu ou quand on a vu cette modification-là proposée, on était d'avis que c'était
une bonne position, alors c'est pour ça qu'on la soumet à la commission.
Le Président (M.
Provençal)
: Merci.
M. le ministre.
M. Carmant : Oui,
merci, M. le Président. Puis, tu sais, dans le respect des distinctions entre
les différentes nations des Premières
Nations et des Inuits, je suis d'accord avec le député de Saint-Henri—Sainte-Anne que le terme «coordination»
est peut-être mieux placé que le terme «harmonisation», parce qu'on va
respecter, évidemment, chaque commissaire
qui sera nommé par les Premières Nations et les Inuits. Donc, je n'ai aucun
enjeu avec le... en fait, j'accueille favorablement, je dirais même, le
terme «coordination».
Le Président (M.
Provençal)
: OK. Puis
c'est la même chose pour la notion d'harmonisation, en haut, dans un premier
temps, on parle d'harmonisation et, dans un deuxième temps, de la coordination?
M. Carmant : Il
vient remplacer, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Oui, d'est ça. OK. Je
voulais être sûr qu'il n'y avait pas de... qu'on comprenait tous la même
chose.
M. Carmant : Exactement.
Le Président (M.
Provençal)
: Merci.
Oui, allez-y, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Peut-être par
transparence complète, là, ce qui était demandé, c'était également d'avoir le
volet famille, là, considérant que le projet de loi vise directement et
spécifiquement les enfants et les jeunes. La proposition que nous, on soumet,
donc, je le dis, là, ne répond pas à 100 % à ce qu'on a reçu comme
demande. Cela dit, dans notre opinion, c'est ce qui s'inscrit le mieux dans le
projet de loi tel quel. Donc, je voulais quand même être clair et transparent à
l'effet que ce n'est pas un oubli, là, c'est véritablement notre adaptation,
considérant l'effet, la fonction, les buts de ce commissaire-là et ce qu'on a
limité, donc, aux jeunes et aux jeunes adultes. Donc, voilà, c'est pour ça que
je voulais quand même l'expliquer, pour qu'on soit transparents avec
eux, partenaires. On fait un geste positif, soyons quand même transparents
aussi.
Le Président (M. Provençal)
: Autres interventions? S'il n'y a pas d'autre
intervention, est-ce que le sous-amendement déposé à l'amendement à
l'article 14 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
: Adopté. Merci. Alors, on
revient toujours à notre amendement à 14. Y a-t-il des interventions?
Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M.
Cliche-Rivard : Merci, M. le Président. Bon, M. le ministre, il y a
d'autres éléments qui sont soumis, là. On
verra comment on se comporte, le cas échéant, mais j'ai surtout des questions à
vous poser, puis je pense que vous aussi, peut-être, vous allez profiter
pour en faire, des clarifications.
De la part de
l'APNQL, il y avait une demande relative à M-30. Et là, vous, vous le mettez,
là, dans votre amendement, «conformément à
la loi sur le ministère du Conseil exécutif». Eux demandent de nouveau au
gouvernement du Québec d'exclure les ententes entre les communautés ou les
regroupements de communautés et le commissaire de la loi M-30. Ils
demandent au gouvernement aussi de travailler le plus rapidement possible sur
un décret excluant les ententes entre les
communautés ou le regroupement de communautés et le commissaire de
l'application du processus M-30 afin qu'il soit adopté en même
temps que le projet de loi. On a, avec l'équipe de recherche, également
ressorti leurs représentations, notamment dans le PL 15, où ils avaient fait
des représentations en ce sens.
Peut-être, de manière
informative, là, où est-ce que vous êtes sur cette réflexion-là, du côté
gouvernemental? Est-ce que les choses bougent? Bref, je vous laisserais le
micro pour leur répondre.
Le Président (M.
Provençal)
: M. le
ministre.
M. Carmant : Oui.
Bien, on... Merci. Avec discussion avec mes collègues, on a décidé de le
maintenir, dans un contexte de cohérence gouvernementale, également pour
s'assurer que les ententes que le commissaire va faire avec ses homologues
seront, évidemment, notées ou que le ministre responsable des Premières Nations
et Inuit soit avisé de ces changements-là. Donc, ça a été une décision par
cohérence, je vous dirais.
M. Cliche-Rivard : OK. Est-ce que,
pour les fins de la commission, là... par vous ou légalement, est-ce que vous
pouvez nous exprimer qu'est-ce que ça change de mettre ou de ne pas mettre M-30
dans le libellé de 14? Pourquoi on fait référence...
M.
Carmant : Parce que si ça ne passe pas par le processus, le
commissaire pourrait faire des ententes, et personne au gouvernement n'en
serait avisé, et on veut quand même être au courant de ces différentes
ententes. Mais je tiens à rassurer tout le
monde, je pense qu'ils ont été... je pense que le processus a déjà été très
long, dans le contexte de 37.5, là, de l'ancienne loi, de la LPJ, mais
ici on va s'assurer que les choses se fassent promptement.
• (14 h 30) •
M. Cliche-Rivard : OK. Donc, la référence à M-30
fait en sorte que le commissaire, dans ses futures ententes, va avoir
passé par le gouvernement?
M. Carmant : Exact.
M.
Cliche-Rivard : Puis, si ça, ce n'est pas là, ça fait en sorte que le
commissaire, directement, transige sans passer
par vous, directement avec les différentes communautés, sans passer par le
ministère, l'exécutif, finalement, sans passer par vous?
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : OK. Et donc, ça, ça lui... ça le contraint de le faire. Puis là ce que
vous dites, c'est : Ne vous en faites pas, on ne sera pas un frein
ou on ne sera pas une étape... oui, un frein, là, de cette collaboration-là.
M. Carmant : Oui,
parce que leur expérience, c'est que ça a pris 10 ans pour 37.5.
M. Cliche-Rivard :
C'est ça.
M. Carmant : Ça, c'était un... plus qu'un frein, là. Donc, non,
nous, ce qu'on va dire... nous, ce qu'on dit, c'est qu'on va s'assurer
que les choses avancent promptement.
M. Cliche-Rivard : Et qu'est-ce qu'eux veulent
dire quand ils nous demandent... puis dans la logique de M-30, quand
ils nous demandent un décret excluant... ou de travailler le plus rapidement
possible sur un décret excluant les ententes entre les communautés et les regroupements de M-30? C'est que,
finalement, dans M-30, il y a une possibilité de décret. C'est ça qu'eux
demandent?
M. Carmant : Je
n'ai pas le... Je ne peux pas répondre à cette question. Je ne sais pas si...
M.
Cliche-Rivard : OK. Est-ce que peut-être juste l'équipe légale peut le
confirmer?
Le Président (M.
Provençal)
: ...
M. Bérubé (Mathieu) : Oui. Merci, M. le
Président. Effectivement, en fait, la loi M-30 en question, là, prévoit
la possibilité, là, du gouvernement, là, d'exclure l'application de la présente
section, donc, de la loi en tout ou en partie, une entente ou catégorie
d'entente. Donc, effectivement, ça vise un pouvoir gouvernemental qui est prévu
à la loi.
M. Cliche-Rivard : OK. Donc, eux disent : Très bien, on comprend,
mais excluez-le par décret, puis on va faire nos affaires. Vous, vous dites : On n'est pas rendus là, on veut
que ça passe encore par nous, mais on va être un collaborateur puis on
va agir promptement.
M. Carmant : Exact.
M.
Cliche-Rivard : OK, je comprends cet élément-là. Donc, j'espère que
cela répond partiellement ou, en tout cas,
du moins, en partie à la demande qui était soulevée de leur part, parce que...
pour aussi agir en pleine transparence, là, ça faisait partie des
demandes de propositions d'amendement qu'on a reçues, donc de rayer le...
conformément à la Loi sur le ministère du Conseil exécutif.
Moi, j'entends la
réponse gouvernementale, là, je ne soumettrai pas d'amendement sur cette
proposition-là. Vous, vous parlez, bon, par
canal un peu interposé, mais je me... je ne me fais pas garant de cet
amendement, mais je pense que vous y avez quand même répondu. Puis
j'espère que ces ententes ou ces réflexions-là vont se continuer. Je vois que
ma collègue lève la main, là. Je vais lui passer le micro.
M. Carmant : Puis
juste pour compléter, puis vous étiez là, je leur en ai parlé, je les avais
avisés ce matin également.
M.
Cliche-Rivard : Oui. Je ne dis pas le contraire.
M. Carmant : Parfait.
Le Président (M. Provençal)
: Oui, le ministre avait
été très transparent lors de la discussion ce matin. Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Oui.
Merci, M. le Président. Je n'ai pas eu la chance, cet avant-midi, de remercier
le ministre et son équipe, compte
tenu de la discussion que nous avons eue, qui a été vraiment productive pour
avancer des choses, évidemment, dans un contexte de réconciliation et de
coconstruction. Et donc je crois, là, qu'on avance. On avance, c'est plus que
de petits pas, surtout compte tenu, maintenant, de la constitutionnalité de la
loi C-92.
Donc, j'aimerais
juste... parce qu'on a eu des propositions, ce matin, qui nous ont été
transmises, et donc j'aimerais vraiment qu'on se concentre sur les distinctions
entre la proposition des Premières Nations qui nous a été soumise à
l'article... c'est l'article 14.3 et votre amendement, M. le ministre, de
l'article 14. Juste pour comprendre un peu la séquence de qu'est-ce qui
s'en vient, pour que ça soit clair pour tout le monde, en termes des
conclusions d'entente entre le commissaire et les différentes communautés,
comment vous voyez ça? Parce que, là, je vois que Premières Nations souhaitent
que M-30 ne soit pas applicable, et vous, vous avez mis l'application... que le
tout soit conforme à la Loi sur le ministère du Conseil exécutif. Donc,
pourriez-vous...
On va prendre, là...
Le commissaire est nommé, commence ses discussions avec les différentes
associations et différentes communautés. Donc, quel est, de votre avis, le
processus en termes de... Est-ce que le commissaire, s'il y a une communauté
qui souhaite conclure une entente, première étape, est-ce que le commissaire
doit faire une demande au gouvernement pour obtenir une autorisation ou
permission de conclure une entente?
M. Carmant :
Non.
Mme Garceau :
Non.
M. Carmant : Alors,
prenons Obedjiwan...
Mme Garceau :
Juste... Oui, prenons un exemple.
M. Carmant : ...Obedjiwan, qui est la première nation qui a sa
loi sur la LPJ. Donc, même avant la nomination de notre commissaire, eux
peuvent modifier leur loi pour inclure, s'ils le veulent, un commissaire... de Premières
Nations, là, autochtone. Et, une fois que ce commissaire aura décidé de ses
fonctions et ses pouvoirs, il contactera le commissaire qui sera nommé à ce
moment-là et pourra faire une entente avec lui.
Mme Garceau :
OK. Donc, quel est... Il conclut
l'entente, donc «il conclut» voulant dire : il y a une signature...
il y a des signatures, et tout ça, d'entente en bonne et due forme.
M. Carmant : Sur
le soutien qui peut être requis ou sur, tu sais, le... sur le soutien qui doit
être requis pour son fonctionnement à lui.
Mme Garceau :
OK. On parle de quel genre de soutien?
M. Carmant : Ça
reste à définir. Ce sera le... Selon moi, ce que je disais ce matin, c'est que
c'est... ça va être à la nation Obedjiwan de décider quel est le soutien
requis.
Mme Garceau :
OK. Est-ce qu'on parle financier également?
M. Carmant : Bien, ça reste à définir.Si c'est
financier, ça rentre dans les ententes tripartites, là, tu sais, de C-92, qui
inclut le fédéral, la nation et le gouvernement du Québec.
Mme Garceau :
Mais est-ce que le commissaire... Parce que moi, je tente de comprendre
comment ça va fonctionner, toutes ces conclusions d'ententes avec les
différentes communautés, et qu'est-ce que le commissaire va pouvoir faire, et
quels seront peut-être les empêchements, qu'est-ce qu'il ne pourra pas faire
dans le cadre de ses... Parce que c'est lui ou elle, le commissaire, qui va
être en train de négocier les ententes.
M. Carmant : Ses fonctions, c'est lui qui va les déterminer. Tu
sais, c'est un message fort qu'on envoie. Tu sais, ils vont prendre
leurs... ils vont prendre leurs décisions sur le rôle de leur commissaire.
Là où ça peut être...
même, ça a été un peu dans la... la même chose pour les changements à la loi,
c'est les... par exemple, les gens de
cette... issus de cette communauté qui habitent en ville. Tu sais, là, il peut
y avoir des choses qui vont être à discuter, mais ça, il va falloir
qu'on travaille ensemble puis que...
Puis ça a été la même
chose dans l'application de la LPJ pour... de la loi d'Obedjiwan. Tu sais, ça
ne s'est pas fait comme ça, et ça s'est fait avec beaucoup de soutien de
l'équipe de Mauricie—Centre-du-Québec
et de l'équipe du Saguenay—Lac-Saint-Jean. Donc, ils ont été là pour les épauler, pour s'adapter et pour
travailler ensemble jusqu'à ce que les... la nation Obedjiwan soit à
l'aise avec leur situation, parce qu'il y avait des... par exemple, des jeunes qui étaient déjà sous la loi du Québec.
Donc, il y a eu plusieurs choses qui ont dû être travaillées ensemble puis,
tu sais... Puis nous, on s'attend au même genre de collaboration. Puis
sincèrement, ça a très bien été, là, pour le...
Mme Garceau :
Mais ça, M. le ministre, là, on parle de l'adoption d'une loi en termes de
la protection de la jeunesse concernant la communauté Obedjiwan. Le commissaire
va avoir cette fonction de négocier une entente concernant l'adoption d'une
loi?
M. Carmant : Non.
Le commissaire, il va être... son rôle va être défini dans leur loi, comme
nous, on vient de faire, là. On vient
ajouter le commissaire dans notre loi. Donc, eux, ils vont ajouter leur
commissaire dans leur corpus législatif, et lui... et les rôles et
fonctions vont être déterminés par eux. C'est justement... Moi, je trouve que
c'était le point, puis je pense qu'ils ont
apprécié, c'est que ce n'est pas à nous à définir les rôles et fonctions de
leur commissaire.
Mme Garceau : OK. Mais là ils
nomment leur propre commissaire.
M. Carmant : Oui.
Mme Garceau : Quel est le rôle de
notre commissaire vis-à-vis ce commissaire? Quel genre d'entente est-ce qu'il
va pouvoir conclure avec ce commissaire?
• (14 h 40) •
M. Carmant : Mais je ne peux pas
vous dire parce que... encore plus, on va encore plus loin, on dit que c'est
leur commissaire qui doit nous demander ce dont il a besoin.
Mme Garceau : OK. Donc...
Le Président (M. Provençal)
: Si vous me permettez, madame,
lorsqu'on a eu les discussions ce matin, on a rappelé au chef Picard, entre
autres, puis à Mme Sioui que l'intention, c'était qu'ils aient leur
indépendance au niveau de leur commissaire. Donc, au départ, ils vont nommer
leur commissaire, c'est ce qui avait été mentionné, et, par la suite, autant au niveau des fonctions que des pouvoirs que leur
commissaire aura, c'est eux-mêmes qui vont les définir.
Par la suite, il a été mentionné qu'il y aura
des ententes, entre autres, sur les besoins qui seront à fournir, et c'est là que le commissaire nommé, ainsi que
probablement la nation qui est en arrière, vont entreprendre des négociations. C'est
ce que j'avais retenu des échanges entre le chef Picard, Mme Sioui, et il
y avait un troisième représentant.
Mme Garceau : M. Grey.
M. Carmant : M. Grey.
Le Président (M. Provençal)
: Merci.
M. Carmant : Puis c'est pour ça,
d'ailleurs, si je peux rajouter, qu'ils étaient surpris qu'on n'ait pas inclus
le pouvoir dans le texte, mais justement
parce que nous, ce qu'on veut, c'est... comment les fonctions de notre
commissaire peut les soutenir.
Le Président (M. Provençal)
: Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Après ça, je redonnerai la parole à la députée de Robert-Baldwin. Allez-y, M.
le député.
M. Cliche-Rivard : Parfait. M. le
ministre, on en parlait un petit peu, sur la question des représentants des
gens élus, notamment l'APNQL, leur relation avec 14, eux-mêmes soulevaient la
question, là : Si les communautés, par leurs représentants, ne concluent
pas d'entente, est-ce qu'il peut y avoir des ententes qui sont déposées quand
même par des gens ou... qui ne sont pas nécessairement les représentants élus
du gouvernement? Donc, j'aimerais ça vous entendre sur ce volet-là, de nation à
nation et de représentant à représentant.
M. Carmant : Oui. Bien, écoutez, on
n'a pas inclus, comme... en toute transparence, comme vous dites, on n'a pas inclus le terme «autorité politique» des Premières Nations et Inuits, là, ceci n'étant pas quelque chose de reconnu dans
notre corpus législatif, là. Mais je veux que ce soit clair pour tout le monde,
l'APNQL et la CSSSPNQL sont visées par le texte de l'amendement. Elles sont
considérées comme tout autre regroupement des Premières Nations et des Inuits, car elles possèdent certains attributs
de représentativité ou de gouvernance des membres des Premières Nations. L'APNQL serait composée de
43 chefs des communautés autochtones au Québec et au Labrador et représenterait
11 nations. La CSSSPNQL a été créée
par les chefs de l'APNQL. Donc, je suis clair avec ça. Et ce même... pas
privilège, là, je ne sais pas c'est quoi, le bon terme, là, mais ce...
même ceci ne serait pas visé par le Regroupement des centres d'amitié
autochtones du Québec.
M. Cliche-Rivard : OK. Les centres
amitié, eux, ne font pas partie de ceux qui pourront revendiquer 14.
M.
Carmant : C'est ça. Ils ne sont pas considérés comme des
regroupements des Premières Nations et des Inuits puisqu'ils ne possèdent pas
certains attributs de représentativité ou de gouvernance des membres des Premières
Nations et des Inuits.
M.
Cliche-Rivard : OK. Donc, quand eux demandent à savoir si eux,
représentants, ne concluent pas d'entente... il ne pourra pas y avoir
d'entente par en arrière sans eux, là.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Ça,
c'est une des inquiétudes qu'ils avaient, à savoir : Bien, le
gouvernement, via l'APNQL... eux ne s'entendent pas avec vous, ça fait
que, par en arrière, il y a une entente. Ce n'est pas comme ça que ça peut
fonctionner. Il va falloir que ça passe par ce que vous, vous venez de soumettre,
là, dans votre définition, là, de ceux qui possèdent les attributs de
représentation.
M. Carmant : Exact.
M.
Cliche-Rivard : Parfait. Je recéderais... vous sollicitiez, M. le
Président...
Le Président (M.
Provençal)
: Oui, Mme
la députée de Robert-Baldwin. Je vais céder temporairement la parole au député.
Allez-y. Sinon, c'est à vous.
Mme Garceau :
Ah! OK. Merci. Le mot «conformément»... «Le commissaire peut, conformément
à la Loi sur le ministère du Conseil exécutif», ça veut dire quoi? C'est quoi,
l'obligation? L'obligation du commissaire, c'est d'informer un ministre qu'une
entente qui a été conclue?
M. Carmant : Je
passerais la parole, M. le Président.
Le Président (M.
Provençal)
: Me
Bérubé.
M. Bérubé
(Mathieu) : Merci, M. le Président. Comme il a été dit tout à l'heure,
en fait, l'objectif du passage «conformément à la loi», donc, ça renvoie à
l'application de la loi M-30 et au processus qui s'applique à l'entente qui
serait conclue, donc, notamment le fait qu'elle soit approuvée par le
gouvernement, signée également par le ministre responsable des Premières
Nations et des Inuits, là. C'est qu'est-ce qu'on prévoit, là.
Mme Garceau :
OK. Un instant. Donc, c'est pour
ça que je voulais voir... Donc, l'entente doit être approuvée par votre gouvernement. Donc, le commissaire ne
peut pas... parce que, pour moi, quand on conclut une entente, là, ça veut dire que c'est signé, c'est fait. Donc,
est-ce que ça veut dire qu'il y a un projet d'entente qui est transmis au
ministère avant que le commissaire puisse...
C'est pour ça que je
demandais c'est quoi, la séquence des étapes au niveau de... le préalable.
Parce que moi, ma définition de conclusion,
là, ça veut dire : Ça finit là. C'est fait. Donc, ça veut dire que,
préalablement à la conclusion d'une entente, il doit avoir... l'entente
doit être approuvée par le gouvernement.
M. Carmant : Exact.
Mme Garceau :
Mais c'est pour ça... parce qu'on
dit... C'est pour ça, quand je dis que, conformément... «il peut,
conformément à la loi, conclure», il faut éclaircir son rôle, dans le sens
que... et surtout pour tout le monde.
Quel était, dans
votre état d'esprit... Il ne peut pas immédiatement conclure une entente sans
l'approbation du gouvernement ou d'un... du ministre, d'un ministre.
M. Carmant : Non.
En fait, c'est... il faut que le ministre responsable des Premières Nations et
Inuit soit informé et que l'entente soit
évidemment en cohérence avec les autres ententes... corpus législatif du
gouvernemental. Donc, c'est pour ça qu'on l'a maintenu ici.
Mme Garceau :
OK. Donc, est-ce que ça veut dire que le commissaire, avant toute
conclusion d'une entente avec une communauté, il va devoir soumettre au
ministre un projet d'entente ou qu'est-ce qu'il souhaite en termes de conclusion d'une entente suite à des négociations?
Il va avoir comme un... je ne sais pas, un projet d'entente qui va être soumis
au ministre, qui va devoir être approuvé par le Conseil des ministres? C'est quoi,
la séquence, là? C'est...
M. Carmant : Exact.
Exact, comme, par exemple, les ententes qu'on avait eues récemment de mon
collègue à propos de l'énergie, des ententes au niveau énergétique. L'entente
est soumise puis approuvée, effectivement, au Conseil des ministres.
Mme Garceau :
OK. Et donc je présume...
M. Carmant : Mais l'entente est complète. C'est juste entre
conclure et signer, là, si je peux... Mais je vois que vous... Je
comprends. Je comprends la différence.
Mme Garceau :
Parce qu'on n'aimerait pas non plus... je ne veux pas utiliser «induire en
erreur», là, mais qu'un... qu'il y a entre... les commissaires ont conclu
l'entente, après ça on dépose l'entente pour approbation, et puis l'entente
nous... revient aux deux commissaires avec : Non, on ne peut pas accepter
telle chose, tel terme. C'est un petit peu ça, l'inquiétude des... je crois, du
chef Picard, et c'est pour ça qu'il voulait retirer la référence au M-30.
M. Carmant : En tout respect, je
pense que c'est vraiment les délais qu'ils ont vécu dans le passé que... Comme je vous parlais, le 37.5, là, il y a eu
d'innombrables allers-retours, là, quand la première loi avec les Atikamekw
a été signée... étalés
sur presque 10 ans. Je pense qu'on est bien conscients. Puis mon collègue
ministre responsable des Premières nations et Inuit a démontré, là,
que... sa capacité d'accélérer les processus. Et moi, je vais l'accompagner
là-dedans à 100 %.
Mme
Garceau : Non, ça, je n'en doute pas. C'était vraiment en
termes de ma compréhension de la séquence des étapes concernant la
conclusion d'une entente, pour que ça soit clair. Merci beaucoup.
M. Carmant : Merci.
Le
Président (M. Provençal)
: Ça va? Autres
interventions? M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne. Ah! excusez. Je céderais la parole à la députée de D'Arcy-McGee.
Mme
Prass : Mais justement, pour faire du pouce sur ce que
vous avez dit, que, dans le passé, il y a eu des délais qui étaient très longs, comment est-ce que vous
allez faire ou est-ce qu'on... comment s'assurer, justement, que ces délais ne
se répètent pas? Est-ce qu'on peut encadrer la période à laquelle le
gouvernement reçoit l'entente et qu'ensuite on donne l'approbation ou non? Parce que, justement, pour éviter qu'il y
ait des délais, comme ma collègue le mentionne, c'est ça, les inquiétudes.
Donc, est-ce qu'il y a une façon de les rassurer, justement, que ces délais ne
se répéteront pas, comme ça a été le cas dans le passé?
• (14 h 50) •
M. Carmant : Mais c'est des
processus gouvernementaux, là, que je... on ne peut pas venir encadrer dans une loi. Mais je pense que ce qu'on voit, c'est
que, ces dernières années, les choses vont... se passent très bien, là. Donc,
nous, on veut s'assurer aussi... puis, tu
sais, je tiens à le redire aussi, là, aux Premières Nations qui nous
écoutent, là, qu'on va s'assurer que les choses avancent rondement.
Mme
Prass : Parce qu'on s'entend que c'est très... le rôle du
commissaire va être très important, et l'établissement du commissaire
avec tout son protocole, etc. Par exemple, disons que le gouvernement va nommer
un commissaire d'ici les trois... six prochains mois, par exemple, mais que ça
va prendre deux ans pour que les... des comités des Premières Nations puissent
déposer l'entente, l'avoir validée, etc. Donc, il y a une disparité entre le
rôle, le service que le commissaire pourra
rendre dans l'espace du temps dont il sera nommé. Donc, pour assurer, à tout le
moins pour la première... la première
mouture du commissaire, est-ce qu'on pourrait dire, par exemple, dans l'espace
où le commissaire va être nommé, on
donne une certaine période par la suite pour s'assurer, par exemple, dans un
délai d'un an, bien, les commissaires pour les Premières Nations vont
être nommés avec les ententes?
M. Carmant : Tu sais, il y avait
deux options, là, soit l'inclure, soit l'enlever, le processus M-30. J'ai
pris la décision de le maintenir, donc je ne peux pas bouger là-dessus.
Mme Prass : Je comprends que vous le
maintenez, mais, encore une fois, c'est juste encadrer une période de temps,
parce qu'encore on ne veut pas qu'ils ne soient pas sans commissaire pendant
une période d'années, pendant qu'il y a un commissaire qui a été nommé pour le
Québec.
M. Carmant : Non, je vous comprends,
mais, tu sais, je ne peux pas venir encadrer dans le contexte de mon projet de
loi.
Mme Prass : Et dans le... Et
également, est-ce que vous envisagez, comme vous avez amendé, qu'il y ait un
commissaire adjoint pour remplacer le commissaire quand il est en vacances, ou
quoi que ce soit? Est-ce que vous envisagez qu'il y ait un rôle pareil, pour
les Premières Nations, de commissaire adjoint?
M. Carmant : C'est à eux de décider.
Mme Prass : D'accord. Donc, ça fera
partie de l'entente qu'ils vont proposer.
M. Carmant : Même pas. Même pas.
Mme Prass : D'accord. OK.
M. Carmant : L'entente, c'est
comment on peut les aider.
Mme
Prass : OK. D'accord. Donc, ça va être copié-collé,
disons, le rôle du commissaire, commissaire adjoint...
M. Carmant : S'ils veulent.
Mme Prass : Pas les fonctions, mais,
je veux dire... Donc, un commissaire adjoint sera également...
M. Carmant : S'ils le veulent.
Mme
Prass : ...d'accord, disponible, s'ils veulent. Parfait.
M. Carmant : S'ils
le veulent.
M. Cliche-Rivard : ...un petit élément, là.
Mme Laurent disait, là, si je ne m'abuse, de les inclure, ces enfants-là,
jusqu'à ce que les PNI aient leur propre commissaire. J'aimerais ça, vous
entendre sur ça, là. Tu sais, les ententes ne seront
pas effectives demain matin. Comment vous entrevoyez la transition, l'avant, le
pendant, l'après? Ça m'intéresse, comme élément.
M. Carmant : Bien,
je pense que Mme Laurent a écrit son rapport avant C-92. Je ne suis pas sûr
qu'elle aurait les mêmes conclusions
maintenant. Mais maintenant, tous ceux qui vont nous demander du soutien avant
d'établir leur propre commissaire, notre commissaire sera là.
M.
Cliche-Rivard : Ceux qui vont faire la demande positive, là, ceux qui
vont vous solliciter en disant... bon, ça me surprendrait, là, mais dans le
sens que c'est possible, là. En attendant qu'on ait notre commissaire, on
souhaite que votre commissaire s'applique.
M. Carmant : Probablement
pour les nations conventionnées et...
M.
Cliche-Rivard : Exact.
M. Carmant : Exact.
Peut-être également pour d'autres nations qui vont nous demander...
M. Cliche-Rivard : OK. Ils vont faire cette
demande-là positive, là. Il y aura une réponse positive de votre part, oui,
très bien. Je ne m'attends pas à ce que vous... tu sais, vous allez dire oui,
là, dans le sens... ça me surprendrait, là.
M. Carmant : J'espère
que le commissaire va dire oui.
M. Cliche-Rivard : Bien, en tout cas... puis
auquel cas, du moment où ils vont... s'ils décident de se doter d'une
structure, bien là, le... d'évolution de pouvoirs, là, finalement, ce sera à
eux de le faire. Mais, en attendant, il y aura...
Puis,
comme vous l'avez dit, versus les centres d'amitié autochtones, pour ceux et
celles, les enfants, les jeunes qui vivent en ville, eux vont pouvoir ou vont
devoir directement se référer au commissaire de la loi 37... du
PL 37.
M. Carmant : Oui,
oui.
M. Cliche-Rivard : ...ceux qui sont...Il
n'y aura pas d'entente avec, justement, vous l'avez dit, là... puis juste
pour qu'on soit clairs sur la structure, le
centre d'amitié autochtone... Montréal autochtone, etc., ne vont pas se doter
d'une structure autochtone montréalaise. Ça, vous l'avez établi, là.
M. Carmant : Non.
Puis là il y a toutes sortes d'enjeux...
M.
Cliche-Rivard : C'est ça.
M. Carmant : ...la
nation du jeune, comment on le trouve. Non, non. Ça, c'est...
M.
Cliche-Rivard : Ça fait que ça, vous, vous l'avez clairement énoncé.
Le
volet ici, la... À 14, vous dites «ou avec tout autre regroupement des
Premières Nations et Inuit». Ça, c'est ce que j'entendais, qui
inquiétait peut-être aussi à dire un «regroupement», là. Vous, vous liez ça,
vous l'avez dit tantôt, à un élément de
représentativité politique légitime. Et, quand il y en a un... quand il y a
réellement, fondamentalement, un organe réputé légitime sur le
territoire, c'est eux qui devront faire cette entente-là. C'est la question que
je me pose avec vous.
M. Carmant : Mais moi, selon moi, les Innus de la Côte-Nord
pourraient demander leur commissaire. Une nation innue pourrait demander
son commissaire.
M.
Cliche-Rivard : Sans passer par...
M. Carmant : L'APNQL.
M.
Cliche-Rivard : L'APNQL. Ça, vous devinez que ça pourra créer des
tensions, là.
M. Carmant : En
quel... De quel type?
M. Cliche-Rivard : Bien, je ne veux pas
prendre la parole à leur place, ce serait malavisé, là, mais je pourrais m'imaginer
que si eux voient...
M.
Carmant : C'est leur décision.
M.
Cliche-Rivard : ...puis là je ne parle pas pour personne...
M. Carmant :
Exact.
M.
Cliche-Rivard : ...mais si eux prennaient une décision en APNQL qu'il
y a xyz qui s'applique, là, ce que vous
dites, c'est : Si un autre groupe décidait à l'intérieur même de faire
autre chose, vous dites, ça leur appartiendrait.
M. Carmant : On
les laisse en pleine autonomie.
M.
Cliche-Rivard : Il y aurait des choses à dire sur ça, mais je préfère
les... laisser la liberté puis l'autorité de
faire leurs représentations sur ces éléments-là, de gouvernement, d'ego à ego. J'en
soulève certainement une inquiétude, mais
je ne me placerai pas... et ça serait très malavisé pour moi de me placer à
leur place dans cette... dans ce plaidoyer. Ça fait que je veux quand même le
souligner que ça m'inquiète, mais leur appartiendra ou pas de vous revenir sur
les éléments qu'eux jugent appropriés sur ce volet-là.
M. Carmant : ...avec
eux.
M.
Cliche-Rivard : Donc, parfait. Donc, tous les éléments du 37, eux, puis
vous l'avez bien expliqué, je pense, à ma collègue, pourront, dans leur propre
cadre législatif, se doter de l'équivalent. Ça leur appartiendra. Ça fait que cinq ans de mandat, s'ils veulent se
donner ça, ils se donneront ça. L'immunité, ça, ils le donneront. À l'intérieur
d'eux-mêmes, les pouvoirs tels que nous, on vient étudier avec la LPJ, avec ça,
ils pourront eux-mêmes s'établir leur cadre face à leur corpus législatif, leur
mandat.
La définition, là, il
y avait un enjeu sur le débat entre mieux-être et bien-être, là. Eux pourront
comme se donner les lignes directrices, reconnaître les droits et les
spécificités qui, pour eux, ils accordent aux enfants. Ils nous en ont fait un plaidoyer quand même assez
spécifique dans leur mémoire. Leur processus de nomination, tout ça, bref,
c'est chez eux, indépendamment. Et, au besoin, s'ils voulaient avoir l'appui du
commissaire québécois, ils vont soulever 14, mais il est possible qu'ils
fassent leur vie complète sans même vous appeler, sans même demander quoi que
ce soit au commissaire.
M. Carmant :
...les appeler.
M.
Cliche-Rivard : Exact. Ça fait qu'on est vraiment, effectivement...
là, par 14, vous prévoyez la possibilité, s'ils en ont besoin, de venir cogner
à la porte, mais vous leur dites aussi : Bonne vie, bonne route dans
l'établissement de votre commissaire.
M. Carmant : On
accepte C-92.
M.
Cliche-Rivard : Vous acceptez donc C-92. Et c'est pour ça qu'eux
aussi, en toute transparence, ont soumis un amendement qui... eux voulaient...
ou une proposition d'amendement qu'eux incluaient à 14.3, là, où ils nous
disaient... eux, ils font référence à ce qu'eux appellent 6.1 dans ce qu'ils
nous ont soumis. «Le commissaire exerce ses fonctions dans le respect des
droits de l'autodétermination et de l'autonomie gouvernementale des Premières
Nations et des Inuits et dans le respect des droits de leurs enfants, jeunes
adultes et familles», ce qui, à ma compréhension, puis vous me corrigerez
peut-être, légistes, était la codification, dans le corpus québécois, du moins
ici, de la résultante du jugement de la Cour suprême. Et là je voulais voir où
est-ce que vous êtes...
• (15 heures) •
Le Président (M.
Provençal)
: ...
M.
Cliche-Rivard : ...de C-92, où est-ce que vous êtes...
Le Président (M.
Provençal)
: OK.
Juste pour... Je m'excuse.
M.
Cliche-Rivard : Oui, oui. Non, non, vous avez raison.
Le Président (M.
Provençal)
: Pour les
gens qui nous écoutent.
M.
Cliche-Rivard : Oui, oui. Donc, eux, ici, venaient faire la demande,
puis la modifier à 14 aussi, faisaient la
demande spécifique d'inclusion, dans le PL 37, de la reconnaissance de ce
principe. Je vous laisse le micro, M. le ministre, là. Vous vouliez
réagir, certainement.
M. Carmant : Oui.
Bien, je ne crois pas que c'est la place de faire ça dans le PL 37. Comme vous
avez mentionné plus tôt, il y a le PL sur la sécurisation culturelle, là, qui
peut-être pourrait aller là. Mais, encore une fois, je pense que l'ouverture
qu'on montre à 14 vient répondre à cette question. Donc, c'est pour ça qu'on
n'a pas inclus cet amendement dans notre texte.
M.
Cliche-Rivard : Donc, vous ne le... ce n'est pas un argument que vous
rejetez, ce qui est écrit, nécessairement, ce que je viens de lire. C'est un
argument où vous dites : C'est une discussion qu'on aura...
M. Carmant : Ce
n'est pas sa place.
M.
Cliche-Rivard : ...dans un PL ou, en tout cas, inévitablement, à un
moment donné, dans un autre cadre, dans un autre projet de loi. Vous avez nommé
celui de la sécurisation, là, qui sera, donc, modifié, le cas échéant. On aura
ce débat-là là-dedans, mais que, là, d'inclure ça ici, dans le 37...
M. Carmant : Dans
le commissaire, oui, c'est ça.
M.
Cliche-Rivard : ...dans le commissaire... Donc, je veux juste qu'on
leur réponde que ce n'est pas un rejet du principe que vous nous répondez,
aujourd'hui, mais bien votre position à l'effet que ce n'est pas avisé d'être
là, ici, aujourd'hui, mais que la porte est ouverte à la reconnaissance ou, en
tout cas, aux discussions sur ce volet.
M. Carmant : Je
pense que les discussions doivent se faire, mais pas dans le PL 37.
M.
Cliche-Rivard : OK. Donc, ils écoutent, là, la porte est...
Le Président (M.
Provençal)
: ...
M.
Cliche-Rivard : Oui, c'est ça, pour la postérité. La porte est
ouverte. J'entends puis je comprends ce que M. le ministre dit, là. C'est quand
même énorme, comme portée juridique, quoique le jugement de la Cour suprême est d'application, là, incontestable, là, dans le
sens... en tout cas, sous réserve des clauses, là, mais je comprends, cela dit,
que c'est un débat entier ou c'est une discussion entière à avoir, qui touche
bien plus que le 37, mais que, foncièrement, ce qui est écrit là, la
reconnaissance de l'autodétermination puis de l'autonomie de leurs
gouvernements ou de leurs structures eu
égard aux droits des enfants, puis des jeunes adultes, puis des familles... le
principe n'est pas rejeté du revers de la main par le rejet de leur
amendement aujourd'hui, là. Je voulais clarifier, là.Le principe est
là.
M. Carmant : Exact.
M.
Cliche-Rivard : Parfait. Il y a ma collègue, je pense, qui voulait
soulever un point.
Le Président (M.
Provençal)
: Mme la
députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau :
Oui. Merci, M. le Président. Je pense... J'entends M. le ministre, mais il
me semble qu'on est en train de, comme on
dit, rater une opportunité, compte tenu de la décision de la Cour suprême,
compte tenu de la reconnaissance par le plus haut tribunal au Canada
concernant... une reconnaissance de l'autodétermination, surtout en matière
d'enfance, protection de la jeunesse, familiale. Il me semble que ce serait le
moment opportun pour que le Québec reconnaisse le sort de... la décision de la
Cour suprême et... en termes de coconstruction, de réconciliation, parce que je
ne veux pas entrer dans les détails de, évidemment, toutes les étapes
juridiques et le temps que ça a pris pour arriver à cette décision de la Cour
suprême... Et donc il y a une grande fierté des Premières Nations, des Inuits,
des Cris, de cette décision.
Et aussi je reviens à
la page... le chapitre, dans le rapport de la commission Laurent, Passer à
l'action pour les enfants autochtones. Et le
coeur des recommandations, dans la commission Laurent, concernant les enfants
autochtones, c'était cette
reconnaissance à l'autodétermination des communautés autochtones, de
vraiment... en matière de protection de
la jeunesse, et je la cite : «Nous reconnaissons le principe selon lequel
les Premières Nations et les Inuits sont les mieux placés pour
identifier les besoins de leurs enfants et y répondre des manières les plus
culturellement appropriées.» Les témoignages
que nous avons entendus nous ont convaincus. La mise en oeuvre de
l'autodétermination en matière de
protection de la jeunesse est une des solutions incontournables afin
d'améliorer le bien-être des enfants autochtones au Québec.
Et maintenant nous
avons, dans le PL 37, l'opportunité d'affirmer haut et fort que nous
reconnaissons au Québec ce pouvoir, cette
légitimité en ce qui a trait à l'autodétermination en matière de protection de
la jeunesse. On est dans le coeur du sujet.
Et je suis retournée,
pour voir, dans le préambule de C-92, est-ce qu'il y aurait un paragraphe qu'on
pourrait ajouter, que ce soit dans le préambule ou, je dirais même, un
sous-paragraphe à l'article 14, parce que la proposition que nous avons
reçue de l'APNQL... On avait la proposition... On vient de faire quelques
modifications à l'article 14 du ministre, et maintenant ils avaient une
proposition pour un sous-paragraphe : «Aux fins de la conclusion d'une
entente de collaboration, le commissaire doit s'assurer du respect de
l'article 6.1.» Et leur proposition de l'article 6.1, et je
cite : «Le commissaire exerce ses fonctions dans le respect des droits de
l'autodétermination et l'autonomie gouvernementale des Premières Nations et des
Inuits et dans le respect des droits de leurs enfants, jeunes, adultes et
familles.» Parce que c'est ça que la Cour suprême est venue confirmer, la
constitutionnalité de la loi qui prévoit exactement ça.
Et donc j'aimerais... je suggère, M. le
ministre, que nous ajoutions un sous-paragraphe au deuxième alinéa,
exactement... «Que le gouvernement affirme le droit à l'autodétermination des
peuples autochtones, y compris le droit inhérent à
l'autonomie gouvernementale, lequel comprend la compétence en matière de
services à l'enfance et à la famille.»
M. Carmant : Oui, mais comme je l'ai
expliqué au député de Saint-Henri—Sainte-Anne, je pense qu'on fait un grand pas en avant, mais, dans le contexte de
la loi sur le commissaire, je ne suis pas prêt à inclure un tel amendement,
qui, quand même, déborde, quand même et qui
doit être discuté dans des conditions, par exemple, de sécurisation culturelle
en services... en santé et services sociaux, ou d'autres projets de loi qui ont
été déjà soulevés.
Mme Garceau : Est-ce qu'on ne peut
pas mettre une reconnaissance concernant... parce que c'est ça qu'on est en
train de faire, avec les conclusions des ententes commissaires, la création de
leur propre système de protection de la jeunesse, doté d'une loi, et tout. Il y
a quand même cette collaboration que nous allons avoir ensemble. Est-ce qu'on ne
peut pas la rédiger? Parce qu'il y a une reconnaissance en vertu de... On est
ici au niveau de la définition, surtout en
ce qui a trait à l'article 14. On l'a amendé, mais il y a un principe
derrière cet amendement-là. S'il n'y avait pas eu C-92, peut-être qu'on
ne serait pas... puis vous l'avez dit, M. le ministre.
M. Carmant : Je suis d'accord avec
vous.
Mme Garceau : Donc, il faut quand
même reconnaître l'importance de cette décision-là, ici, au Québec.
M. Carmant : Oui, bien, je pense que
j'ai...
Mme Garceau : C'est fondamental. Et
donc...
M.
Carmant : Je pense que je me suis exprimé longuement
là-dessus, mais je ne peux pas... je ne peux pas inclure cet amendement
dans le projet de loi sur le commissaire. Je n'ai rien d'autre à dire.
• (15 h 10) •
Le Président (M. Provençal)
: M. le député des Îles.
M. Arseneau : Oui. Bien, je voulais
intervenir, en fait, parce que j'ai un peu la même question. C'est qu'on vient
de faire quand même un pas important, mais c'est comme si on n'arrivait pas à
le justifier dans le cadre de la loi ou l'accrocher à quelque chose. On a
entendu le ministre, tout à l'heure, nous dire qu'il reconnaissait C-92 et le
jugement de la Cour suprême, mais... ce sont évidemment des paroles qu'on a pu
entendre, mais, dans l'architecture du projet de loi en tant que tel, on ne
sait pas à quoi se raccroche, justement, l'article 14.
Est-ce qu'on est... Je voudrais comprendre
l'intention du ministre. Est-ce que c'est parce qu'on est en attente d'un geste
plus formel qui vient regrouper un corpus d'un certain nombre de lois ou... et
c'est pour ça qu'on ne voudrait pas l'inscrire ici? C'est parce qu'on ne sait
pas encore comment on va le traduire, cette acceptation, là, d'un jugement?
M.
Carmant : Bien, c'est beaucoup plus grand que la loi sur le
commissaire, ce qu'on me demande d'intégrer.
M. Arseneau : Oui, bien, c'est ça...
M.
Carmant : Donc, c'est pour ça qu'on avait proposé, ce matin,
peut-être un ajout au préambule, mais l'inscrire dans la loi, c'est
beaucoup plus grand.
M.
Arseneau : D'accord, je comprends, mais ce parapluie-là... ce
parapluie-là, si vous me permettez l'expression, n'existant pas encore, je
comprends que vous avez une réserve ou une objection à l'inscrire ici, mais je
comprends que, pour le préambule, vous avez manifesté votre ouverture.
Et ça, on y viendra un peu plus tard? C'est déjà prévu qu'on arrive avec un
amendement?
M. Carmant : Moi, je vous...
M. Arseneau : Bien, de la part... En
fait, je sais que les oppositions ont déjà prévu ça. Est-ce que le ministre l'a
prévu aussi?
M. Carmant : Non. Moi, je n'ai pas
prévu, moi, je n'ai pas... Non, non. Moi, je suis ouvert. Je m'attendais à ce
qu'on m'en soumette un, donc.
M. Arseneau : Ah! d'accord. Vous
vous attendez à ce qu'on le soumette.
M. Carmant : Je n'ai rien préparé.
M.
Arseneau : D'accord, mais juste une dernière question
là-dessus. Est-ce qu'à l'heure actuelle... outre ce que vous avez
mentionné tout à l'heure, est-ce que, formellement, suite au jugement de la
Cour suprême, il y a mention quelque part que non
seulement vous prenez acte du jugement, mais que nous allons traduire cette
décision-là dans un corpus législatif
quelconque? Et est-ce que... Parce que je me souviens... je ne me souvenais pas
d'avoir entendu ça de la part du gouvernement ou de votre part.
M. Carmant : Bien, je pense qu'il y
a déjà eu un projet de loi sur la sécurisation culturelle, là. Je ne sais pas
où est-ce qu'il en est, mais tout ça, ça fait partie de ce grand chapeau là,
ça. Il y avait des... il y avait des essais dans le PL 15, mais là je crois que c'est le ministre responsable des
Premières Nations et Inuit qui chapeaute... qui chapeautera ce... si ce
projet-là... si ça a lieu.
M. Arseneau : D'accord. C'est bien
pour l'instant. Merci.
Le
Président (M. Provençal)
: Merci. Y a-t-il d'autres interventions? M. le
député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M. le
Président. Je pense que, pour finir la transparence, il y avait une dernière demande, si je ne m'abuse... bon, il y en a une
sur le préambule, on y reviendra, et je remercie d'emblée l'engagement
du ministre à ce qu'on fasse quelque chose. Eux, ils sollicitaient des
principes d'autonomie, là, c'est le 14.1.
Moi, je vous
poserai la question, je vous laisse y répondre, là, eux disent : «La
présente loi doit être interprétée et administrée en conformité avec les
principes suivants», et il y avait a, b, c. A, c'est le respect de l'exercice
par les Premières nations et Inuits de leurs
droits inhérents à l'autodétermination et à l'autonomie gouvernementale, notamment
pour veiller au bien-être et aux droits de leurs enfants et familles. Il y
avait b, le respect des droits reconnus et confirmés par
l'article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982. Et c, la nécessité de
mettre en oeuvre la Déclaration des Nations
unies sur les droits des peuples autochtones, donc, pour conclure, là, ce qu'eux nous avaient présenté, si je
n'oublie rien. Avez-vous un commentaire sur cette demande-là, M. le ministre?
M. Carmant : Bien, je dirais le même
commentaire que je viens de vous présenter auparavant. Je comprends l'intention, mais ce n'est pas le bon endroit ou
le bon... comment on dit ça, vecteur, là, législatif, véhicule législatif pour
inclure ces principes qui, je sais, leur est important, là.
M. Cliche-Rivard : OK. Donc, ce
n'est pas une question de... ou ce n'est pas, comme tout à l'heure, une remise en question du principe, mais vous
dites : c'est un gros paquet, c'est un gros morceau qui fera l'objet, en
temps et lieu, de son outil législatif propre, dans lequel il y aura eu
des consultations particulières sur ça, dans lequel il y aura eu une discussion
en amont sur ça, dans lequel on avalisera... ou, en tout cas, pas «avaliser»,
parce que vous l'avez déjà dit que vous le reconnaissez, mais dans lequel on
mettra en oeuvre, de manière plus globale, C-92.
M. Carmant : Oui, ces grands
principes là.
M. Cliche-Rivard : Parfait. M. le
Président, moi, si je ne me trompe pas, de mon côté, là, c'est ce qui...
Une voix : ...
M. Cliche-Rivard : Oui. C'est ce qui
clôt, pour moi, l'ensemble des éléments qui vous avaient été soulevés et, je
pense, les questions que vous aviez reçues de l'APNQL, j'imagine. Puis vous
vous comportez évidemment comme vous le préférez, mais bon, ils ont communiqué
qu'il y avait une lettre en attente de réponse. Je pense qu'on a répondu à
plusieurs choses aujourd'hui, mais évidemment que je devine bien que
l'intention, c'est de leur fournir une réponse quand même, là...
M. Carmant : Oui, oui.
M. Cliche-Rivard : ...je le
devine bien, puis que le dialogue se continue, évidemment. Et je vous encourage
à partager, avec vos collègues autour de la table des ministres, la belle,
quand même, ouverture puis démarche qu'on a faite, tous et toutes ensemble, avec
les Premières Nations et Inuits. C'est quand même assez impressionnant, quand
on regarde la formule du début et ce qui, là, est adopté, puis surtout ce qui
va être mis en oeuvre, éventuellement, dans leurs propres communautés. On a
fait quand même tout qu'un chemin, tout qu'un pas de géant.
M. Carmant : Je pense que c'est
admirable.
M. Cliche-Rivard : Je vous remercie
de cette ouverture-là. Je les remercie, eux, de leur éternelle patience envers
nous, parce que Dieu sait qu'ils reviennent à la charge depuis un... comment il
a dit ça, ce matin? Un quart de siècle, je pense, c'est ce qu'il a dit, oui,
mais probablement bien plus que ça, on va se le dire...
M. Carmant : Oui, un quart
de... Oui.
M. Cliche-Rivard : ...depuis
1608, là, en tout cas... 1534, dépendamment d'où est-ce qu'on commence l'histoire, mais là je vais laisser
M. Legault trancher pour aujourd'hui. Bref, oui, l'histoire du Québec
commence quand, ça, c'est un autre débat qu'on a
eu cette semaine à l'Assemblée et qu'on n'aura pas ici. Alors, voilà, M. le
Président, blague à part...
Le Président (M. Provençal)
: On ne refera pas... on ne
refera pas l'histoire de Jacques... à partir de Jacques Cartier, là.
M. Cliche-Rivard : Non. Pas ici, en tout
cas, pas ici. Donc, voilà, je vous encourage à partager votre expérience
positive avec vos collègues pour que ça fasse partie des... et que ce ne soit
plus une exception, mais que ça fasse partie
du bon cheminement puis des meilleures pratiques dans un PL qui concerne les
PNI. Je pense qu'on y gagnerait tous, ils y gagneraient tous. Et un peu
comme ils l'ont souligné, plus ce sera fait en amont, en coconstruction, et
avec eux, et de manière ouverte, moins on
aura à faire des meetings à 8 heures du matin, callés 15 minutes
avant. Donc, voilà, mais, en vous remerciant quand même de ce travail,
M. le ministre, moi, je vais être prêt à voter.
M. Carmant :
Merci.
Le Président
(M. Provençal)
: Est-ce
qu'il y a d'autres interventions? Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau :
Oui, merci, M. le Président. Vous avez mentionné, M. le ministre, que ce
n'est pas le bon véhicule pour la reconnaissance du principe
d'autodétermination et l'autonomie gouvernementale des Premières Nations et des
Inuits. C'est quoi, le bon véhicule, d'après vous?
M. Carmant :
Je pense que c'est un projet de loi qui va regarder ça de façon globale,
avec vraiment, comme on le disait, des consultations particulières là-dessus,
des discussions spécifiques là-dessus. Je pense que rentrer ça à la dernière
journée, je pense que ce n'est pas la bonne façon de faire.
Mme Garceau :
Donc, il y a quelque chose qui s'en vient.
M. Carmant :
Ah! je ne sais pas. Je ne sais pas. Il y a déjà quelque chose qui a été...
Mme Garceau :
Qui est plus large que le 37.
M. Carmant :
Il y a des choses qui ont déjà été faites. Moi, je m'occupe du commissaire.
Mme Garceau : Mais comme j'ai dit
tantôt, on vous remercie parce que, oui, c'est un... c'est plus qu'un petit
pas aujourd'hui vers cette réconciliation.
M. Carmant :
Merci.
Mme Garceau :
Donc, sur ce...
Le Président
(M. Provençal)
: Est-ce
qu'il y a d'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce
que l'amendement... amendé au chapitre III est adopté?
M. Cliche-Rivard :
...nominal, M. le Président.
Le Président
(M. Provençal)
: Oui.
Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La
Secrétaire : Pour, contre, abstention. M. Carmant (Taillon)?
M. Carmant :
Pour.
La Secrétaire :
Mme Dorismond (Marie-Victorin)?
Mme Dorismond :
Pour.
La Secrétaire :
Mme Poulet (Laporte)?
Mme Poulet :
Pour.
La Secrétaire :
Mme Bogemans (Iberville)?
Mme Bogemans :
Pour.
La Secrétaire :
Mme Gendron (Châteauguay)?
Mme Gendron :
Pour.
La Secrétaire :
Mme Picard (Soulanges)?
• (15 h 20) •
Mme Picard : Pour.
La Secrétaire : Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire : Mme Prass
(D'Arcy-McGee)?
Mme Prass : Pour.
La Secrétaire : M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard : Pour.
La Secrétaire : M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau : Pour.
La Secrétaire : M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Le
Président (M. Provençal)
:
Abstention. Alors,
l'amendement... l'amendement amendé au chapitre III est adopté. Par
conséquent, l'article 14 est amendé et les articles 15, 16, 17 et 18
sont retirés.
Nous revenons
à l'article 14 tel qu'amendé. Est-ce qu'il y a des interventions à
l'article 14 amendé? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce
que ce dernier est adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Provençal)
:
Adopté. Merci. Ce qui nous amène maintenant
à l'article... Excusez-moi. 19 est fait...
Bien, il y a un amendement, je crois. Il va y avoir un amendement,
effectivement, qui va être déposé à l'article 19, même s'il avait déjà
été accepté de façon amendée. Je comprends qu'il y a un nouvel amendement.
M. Carmant : Consentement pour
l'ouvrir?
Le Président (M. Provençal)
: Consentement pour... Oui, oui.
M. le... La partie juridique veut être sûre que
je fais bien mon travail. Ça me rappelle des choses. Alors, il y a consentement
pour réouvrir l'article 19 qui avait été amendé, et l'amendement, alors, M. le
ministre...
M. Carmant : Je peux le lire ou...
peut-être l'afficher?
Le Président (M. Provençal)
: Maintenant, vu que c'est un nouvel
amendement, on va devoir retirer ce qui était déjà là, parce que je pense que
votre amendement remplace l'article au complet.
M. Carmant : Exact.
Le Président (M. Provençal)
: Donc, est-ce que vous acceptez de le
retirer?
M. Carmant : Oui.
Le Président (M. Provençal)
: Consentement? Oui?
M. Carmant : On peut l'ouvrir, oui.
Une voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: Alors, j'espère que ça ne te donne pas trop d'idées.
Alors, M. le ministre, on va projeter votre amendement à l'écran pour que vous
puissiez en faire la lecture, s'il vous plaît.
M. Carmant : Donc, l'article... le
nouvel article 19 se lirait comme suit :
«Le
gouvernement nomme un commissaire adjoint sur recommandation du commissaire
pour assister celui-ci dans l'exercice de ses fonctions.
«Le gouvernement détermine la rémunération, les
avantages sociaux et les autres conditions de travail du commissaire adjoint.
La durée de son mandat est d'au plus cinq ans, mais il demeure en fonction à
l'expiration de celui-ci jusqu'à ce qu'il soit nommé de
nouveau [...] remplacé. Il peut être destitué à la fin de son mandat par le
gouvernement, mais uniquement pour cause.»
L'amendement vise à prévoir la nomination par le
gouvernement d'un commissaire adjoint responsable d'assister le Commissaire au bien-être et aux droits des enfants dans
l'exercice de ses fonctions. Il s'inspire du modèle prévu pour la
nomination des vices-protecteurs du citoyen et du commissaire adjoint au Commissaire
à la langue française.
La raison pourquoi on ne l'avait pas mis au début,
c'est qu'on trouvait qu'avec le commissaire associé ce n'était pas nécessaire.
Maintenant qu'il n'y a plus de commissaire associé, on se permet d'ajouter
quelqu'un sur le «payroll», comme on dit.
Le Président (M. Provençal)
: Interventions? Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M. le
Président. Oui, c'est quand même une modification qui est importante, là, dans
ce projet de loi là. Ce n'est pas mineur, c'est quand même grand.
Moi, j'ai une question qui suit un peu ce qui
s'en vient dans les autres amendements, mais de logique et de cohérence, là,
le... Ce commissaire adjoint là pourrait devenir commissaire, et ce commissaire
adjoint là, cela dit, n'est pas nommé par l'Assemblée nationale, il est nommé
par le gouvernement. Je me pose la question que... Puis là vous dites... puis, dans vos références, c'est que
c'est comme ça pour les autres structures, là. Cela dit, quand même, là,
on pourrait avoir un commissaire adjoint qui
devient commissaire pour une longue période, là. Ça pourrait être... parce
qu'il n'y a pas de limitation définie pour
l'intérim, et, de surcroît, en plus, c'est le gouvernement qui peut le
destituer.
Je soulève des questions, là, à savoir que le
commissaire principal, lui, on va le nommer ici, à l'Assnat; le commissaire
adjoint, non, vous allez le nommer en gouvernement. Il pourrait devenir
commissaire au bout d'un an, c'est un fait,
si jamais il se passe de quoi avec le commissaire, puis là on aurait, pendant
trois ans, pour la fin du mandat, un
commissaire adjoint qui ne passerait pas par l'Assemblée nationale. Ça
m'inquiète, dans le volet de l'indépendance puis dans la structure de
l'indépendance.
Puis je suis revenu à ça tantôt, puis j'en ai
parlé hier, ce n'est pas parce qu'on l'a fait ailleurs qu'on est obligés de
refaire la même chose non plus. Vous ne seriez pas d'accord à ce qu'en même
temps on se nomme un commissaire adjoint aux deux tiers aussi de l'Assemblée
nationale?
M.
Carmant : Non, vraiment, on veut nommer une seule personne
par ce processus-là. Et donc le commissaire adjoint ne pourrait pas...
mais évidemment, c'est vrai, je comprends que ça peut arriver, si jamais le
commissaire tombe malade, là, sévèrement
malade, là, mais, tu sais, tout est en place pour que le commissaire fasse son
mandat, là. Il n'y a pas de raison de penser qu'une telle situation
arriverait.
M. Cliche-Rivard : Dans sa nature
d'adjoint, moi, je n'ai pas vraiment d'enjeu, je le comprends. Cela dit, s'il devient commissaire, là, ça me chicote, ça me
titille davantage. Est-ce que, comme on l'a prévu ailleurs... est-ce que, sur motion ou sur résolution, par la suite, aux
deux tiers, quand lui deviendra commissaire... le commissaire adjoint, là,
il deviendra commissaire, est-ce qu'on ne
pourrait pas, là, lui, l'entériner, l'approuver, dans la mesure où, là, il va
vraiment jouer ce rôle-là de commissaire principal?
Donc, ma proposition, c'est que, tant qu'il
demeure adjoint, je n'ai pas d'enjeu, mais que... puis ça pourrait être au-delà
d'un certain délai, là. Je suis flexible là-dessus aussi, mais, du moment où il
veut exercer sa fonction de commissaire principal pendant plus qu'un an, je
trouve que l'esprit de la loi puis de son indépendance ferait en sorte qu'on le
valide, on l'entérine, nous, à l'Assnat.
M. Carmant : ...à Me Bérubé...
Le Président (M. Provençal)
: Me Bérubé.
M. Bérubé (Mathieu) : Ici, en fait,
là, l'idée de la nomination du commissaire adjoint... ou, plutôt, en fait, de
la procédure qui est prévue pour l'intérim... C'est bien à cet article-là,
d'ailleurs?
M. Cliche-Rivard : C'est l'autre,
l'intérim, mais c'est là que vous le nommez, cela dit.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui, tout à
fait. En lien avec l'intérim... Bien, en fait, c'est ça, c'est la... l'idée
étant uniquement d'occuper le poste de commissaire. Donc, le commissaire
adjoint ne devient pas le commissaire en titre, il demeure commissaire adjoint, c'est juste qu'il assure l'intérim du
commissaire le temps de l'absence ou de l'empêchement quelconque, là, en
vue de la situation du commissaire en titre. Donc, il ne devient pas le
commissaire lui-même, donc ça n'a pas une vocation à être pérenne, là, comme procédure,
là.
M. Carmant : Et on me dit que la
situation que vous nommez n'est jamais arrivée avec les autres personnes
désignées.
M.
Cliche-Rivard : Jusqu'à tant que ça arrive, là, avec égards, dans
le sens... cet argument-là, il est vrai jusqu'à tant qu'il ne le soit
plus.
M. Carmant : Réponse
médicale.
M.
Cliche-Rivard : Il y a une stabilité juridique qui est bien
factuelle, là, dans le sens... Bon, ce que... bien, ce qu'on m'explique,
c'est qu'il ne deviendra jamais commissaire. Le seul titre de commissaire va
appartenir à celui du deux tiers de
l'Assemblée nationale. Il va toujours demeurer commissaire adjoint... ou
commissaire intérimaire? Ça va être quoi, son titre?
M. Bérubé
(Mathieu) : En fait, bien, il demeure commissaire adjoint,
c'est qu'il assure l'intérim du commissaire en titre. Si, éventuellement, le premier commissaire... le commissaire
en titre démissionne ou, peu importe, là, est destitué, puis que, là, le
commissaire adjoint applique sur le poste de commissaire en titre, alors là un
vote des deux tiers pourrait le nommer comme commissaire en titre.
M. Cliche-Rivard : Bien sûr.
M. Bérubé (Mathieu) : Mais là, en
vertu de 19.1, c'est qu'il assurerait uniquement l'intérim de son collègue
commissaire en titre pour le temps de l'absence.
Le
Président (M. Provençal)
: Mais là on va... On est toujours sur 19.1, oui, je
comprends, mais on va commencer par traiter le 19, par exemple.
M. Cliche-Rivard : Oui.
Le Président (M. Provençal)
: En tout respect, là.
M.
Cliche-Rivard : Non, non, mais vous avez raison. Le point tel est
que, le cas échéant, moi, je modifierais sa nomination qui, elle, est
prévue à 19.
Le
Président (M. Provençal)
: Oui, j'avais compris, là. Pendant que vous
réfléchissez, je donnerais la parole au député des Îles, s'il vous
plaît.
M. Cliche-Rivard : Bien sûr.
Mme Garceau : ...
Le Président (M. Provençal)
: Au député des Îles-de-la-Madeleine.
Après ça, je reviens à vous, madame.
M. Arseneau : Bien, c'est ça,
j'avais le même genre de question. En fait, dans les autres postes qui sont
similaires, de commissaires, on a des commissaires adjoints qui peuvent assurer
l'intérim, c'est ce qu'on nous dit, mais qui ne peuvent pas entrer par la porte
d'en arrière pour obtenir le poste de commissaire, à moins qu'on revienne à la
procédure de nomination qui est prévue à la loi, c'est-à-dire par un vote des
deux tiers de l'Assemblée nationale. Ça,
c'est clair, mais la période d'intérim, elle, peut être d'une durée qui n'est
pas prescrite, là. Ça peut être... ça peut être court, ça peut être long. Mais à quel moment est-ce que l'intérim se
termine? Est-ce que c'est au moment où le commissaire en tant que tel
remet, par exemple, sa démission? Je comprends que, s'il est dans une
incapacité de jouer son rôle, mais qu'il garde son titre, ça va, mais, une fois
qu'il démissionne, est-ce que, là, il y a une procédure pour qu'on le remplace
et... puis là il n'y aura pas d'intérim qui va se dérouler pendant trois ans,
là, évidemment.
• (15 h 30) •
Donc, tant et aussi longtemps qu'il y a un
titulaire de charge, on ne peut pas nommer un autre titulaire pour... en lieu
et place de celui qui est en titre, là. On s'entend là-dessus? D'accord. Donc,
la question, c'est d'assumer les fonctions pendant qu'il y a une certaine
incapacité pour le titulaire de l'exercer? D'accord. Parfait.
M. Carmant : Merci.
Le Président (M. Provençal)
: OK. C'est beau. Ça va, M. le
ministre?
M. Carmant : Oui, oui. Moi, je n'ai
rien à ajouter.
Le Président (M. Provençal)
: Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Oui, merci, M. le
Président. M. le ministre a déjà... Depuis le début du projet de loi, on a eu
des discussions au niveau de la charge qui va être assez lourde pour le
commissaire dès le début, évidemment, la mise en oeuvre de toutes les
dispositions législatives, et tout.
Et donc je rejoins mon collègue dans sa demande,
mais moi, je le vois d'une autre façon, en termes de mesures d'efficacité.
Parce que je présume qu'il va y avoir plus qu'un candidat ou une candidate pour
devenir... pour la candidature au niveau du commissaire, et donc dans le...
S'il y en a cinq, six, candidatures, ça peut être intéressant, du même souffle, de
dire : Bon, bien, celui-là va être commissaire, puis cette personne-là va
être adjoint, puis on les nomme en même temps. Il me semble qu'il y a une
logique là-dedans, une efficacité aussi, qu'il va y avoir deux personnes
qui vont travailler ensemble pour créer, pour partir toute cette entité
indépendante. Moi, je le voyais de cet angle-là.
M. Carmant : Je
peux comprendre, mais on peut voir aussi que deux personnes qui n'ont pas aucun
atome crochu pourraient... tu sais, pourraient postuler sur le même poste, là.
Donc, tu sais, il y a des choses positives, des choses négatives, mais une
chose qui est certaine, c'est qu'on aura juste une personne nommée par
l'Assemblée nationale. Tu sais, c'est une
procédure quand même assez exceptionnelle qu'on utilise ici et qu'on ne va pas
dupliquer, là, pour le commissaire adjoint. C'est juste...
Mme Garceau :
Donc, juste pour continuer, on avait eu des discussions en février, là, concernant
quand le commissaire va être nommé, la période de temps que le commissaire va
être nommé. Qu'est-ce que vous prévoyez une
fois que le commissaire va être nommé, la période de temps que ça va prendre
pour nommer le commissaire adjoint?
M. Carmant : Bien,
ça, ce sera à lui de le faire, là, mais nous, on va le nommer le plus
rapidement possible. Il n'y a pas de...
Mme Garceau :
Bien, c'est parce que... est-ce
que l'idée, c'est le commissaire, elle ou lui-même, qui va tenter de
trouver un adjoint...
M. Carmant :
Bien, ça...
Mme Garceau :
...ou est-ce que c'est vraiment le gouvernement qui va choisir pour le
commissaire?
M. Carmant : Oui,
le commissaire va nous recommander une liste de noms, et le gouvernement va
choisir à travers cette liste de noms. C'est ça, la procédure qui est en place.
Mme Garceau :
Commissaire... OK.
Le Président (M.
Provençal)
: Ça va?
M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M.
Cliche-Rivard : ...là, je fais une analogie avec ce qu'on a modifié à
1, sur le besoin d'une expérience de travail
significative dans le réseau. Considérant que celui-ci pourrait devenir
commissaire adjoint... bien, commissaire exerçant la charge, êtes-vous ouvert à ce qu'on lui demande la même
qualification qu'on a demandée au commissaire, considérant qu'il
pourrait devenir commissaire?
Des voix : ...
M.
Cliche-Rivard : Ça peut être par renvoi à l'article 1.
M. Carmant : Non.
Bien, le point qu'on me chuchote, là, c'est que le but principal, ça va être de
soutenir l'organisation. Donc, c'est plus qu'être commissaire en soi. Donc, ça
se peut que ce ne soit pas une personne qui soit nécessairement avec un mandat similaire que le commissaire principal. Et
c'est comme ça que ça... c'est comme ça que ça s'est fait ailleurs, avec
une certaine complémentarité des aptitudes.
M.
Cliche-Rivard : Puis je ne suis pas fermé à ça dans son rôle
d'adjoint...
M. Carmant : Mais
c'est là qu'il va commencer.
M.
Cliche-Rivard : ...mais je suis inquiet dans sa capacité de
commissaire.
M. Carmant : Oui,
mais ça ne devrait pas arriver, tu sais, c'est...
M.
Cliche-Rivard : Je le sais, mais vous le prévoyez législativement
parlant pareil. Ça fait que, considérant que
vous ne parlez jamais pour ne rien dire, que le législateur ne parle jamais
pour ne rien dire, si vous avez quand même jugé bon... puis en plus vous
l'amendez aujourd'hui, quand même. C'est parce que ça devrait, et on se le souhaite
tous, ne jamais arriver. Mais moi, quand même, aujourd'hui, de me dire que,
sans diminuer, ce soit quelqu'un qui ait plutôt
un volet ou une expertise de mise en place d'un bureau, là, et non pas
nécessairement quelqu'un de spécifiquement dédié, ou compétent, ou expert en matière de jeunesse, dans son poste
d'adjoint, je n'ai aucun enjeu. Je le comprends, parce qu'il va falloir
qu'il mette en oeuvre un bureau, puis ça va peut-être prendre des compétences
qui sont spécifiques à mettre en oeuvre un bureau, puis ça va, mais, si cette
personne-là devient commissaire pour quand même
faire une période de temps... on parle du commissaire aux enfants, là, dans le
sens pas... puis je ne suis pas en train de banaliser quelconque autre
job.
Le Président (M.
Provençal)
: Permettez-vous
un commentaire?
M. Cliche-Rivard :
Bien sûr.
Le Président (M. Provençal)
: De façon générale, puis je peux me
tromper, quand on veut combler un poste qui
est dominant, il y a toujours un profil attaché à ça au niveau de la
description de la fonction publique. Alors, ça ne veut pas dire que, si
la personne était adjointe... qu'elle va avoir nécessairement le profil de...
M. Carmant : Non, c'est ça, mais
c'est...
M. Cliche-Rivard : Bien, c'est un
peu ça, mon inquiétude.
M. Carmant : C'est ce qui vous
inquiète, mais...
M. Cliche-Rivard : C'est ça, mon
inquiétude.
Le
Président (M. Provençal)
: Puis c'est... je voulais être sûr d'avoir bien
compris votre propos, M. le député.
M. Cliche-Rivard : Oui. Puis là tout
ce que je demande, puis je ne pense pas que c'est la lune, là, c'est
l'expérience significative dans le réseau jeunesse, dans le réseau des enfants.
M. Carmant : Non, je pense qu'on
n'ira pas là, là.
M. Cliche-Rivard : OK, j'en suis
déçu, quand même, là, mais, bon, on va se le dire aussi, vous l'avez dit, je
vais être aussi pragmatique, dans la mesure où les chances que ça, ça arrive
sont minces. J'encouragerais ou je vous encouragerais, le cas échéant, à... si
c'est une personne... l'adjoint, qui a un volet, disons, une expertise de
technocrate ou de bureaucrate, à ce que cette personne-là reste le commissaire
le moins longtemps possible, là, puis à ce que vous nommiez l'expert
commissaire le plus vite possible.
M. Carmant : Ça, je vais appuyer ça,
évidemment.
M. Cliche-Rivard : OK, parce que je
peux comprendre qu'on va nommer un commissaire adjoint avec des fonctions
spécifiques pour mettre en place un bureau, éventuellement, mais, si cette
personne-là, qui n'a pas du tout le profil de l'expertise, commence à jouer,
pendant deux ans, les commissaires... puis encore, une compétence, ça se
développe, là. Je veux dire, je ne veux pas préjuger de l'incapacité de cette
personne-là à jouer ce rôle-là, mais ça me semble spécial qu'on ait quand même
établi des balises à l'article 1... puis avec la collègue, vous l'avez
accepté, là, l'amendement, je me souviens, c'est elle qui l'avait soumis, mais
que, là, on se donne encore moins de lien du commissaire adjoint... Ça
m'inquiète un petit peu, mais, comme vous l'avez dit, dans les autres
commissaires... dans les autres structures, ce n'est jamais arrivé, là. Donc,
je vais être capable de dormir là-dessus, là, mais ça reste que je trouve ça un
petit peu incohérent, avec égards.
Le
Président (M. Provençal)
: Merci. Y a-t-il d'autres interventions? S'il n'y a
pas d'autre intervention, est-ce que l'amendement à l'article 19
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
: Adopté. Merci. Maintenant, nous avons... nous allons,
excusez-moi... Alors, est-ce que l'article 19, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
: Adopté. Merci.
M. le ministre, je pense que, là, vous avez
19... à déposer 19.1 et 19.2.
M. Carmant : 19.1 et 19.2.
Le Président (M. Provençal)
: Oui. On va débuter par le 19.1. Je
vous demanderais de le projeter à l'écran, s'il vous plaît. Merci beaucoup.
Vous pouvez y aller, M. le ministre.
M. Carmant : Attendez-moi deux
secondes.
• (15 h 40) •
Le Président (M. Provençal)
: ...19.1.
M.
Carmant : Non, c'est bon, j'y vais avec 19.1. Insérer, après
l'article 19... insérer, après l'article 19 du projet de loi
tel qu'amendé, l'article suivant :
«19.1. Le commissaire détermine les fonctions et
les pouvoirs du commissaire adjoint.».
L'amendement vise à
conférer au Commissaire au bien-être et aux droits des enfants la
responsabilité de déterminer les fonctions et les pouvoirs du commissaire
adjoint, ce qu'on a discuté tout à l'heure, là.
Le Président (M. Provençal)
: Interventions? Le débat a été fait?
Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Dans l'esprit du
ministre, parce qu'évidemment c'est des amendements, donc, initialement, on... vous aviez prévu un commissaire adjoint,
mais c'était vraiment plus dédié... associé, dédié aux enfants autochtones. Donc,
pour vous, le commissaire va déterminer les fonctions et les pouvoirs du
commissaire adjoint. Qu'est-ce que vous avez à l'idée en termes de fonctions et
pouvoirs des... d'autres fonctions et pouvoirs qui ne sont pas détaillés au
projet de loi?
M. Carmant : Non, il n'y a pas
d'autres fonctions et pouvoirs qui sont détaillés. Je pense que c'est une
question de délégation, là. Peut-être, je passerais la parole à...
Le Président (M. Provençal)
: Me Bérubé.
M. Bérubé (Mathieu) : Merci, M. le
Président. Effectivement, l'article, là, ne vise pas à créer de nouvelles
fonctions, là. Le carré de sable, si on veut, là, ou la... les compétences
comme telles du commissaire en titre, là, sont prévues à l'article 5 et suivants, comme on l'a vu plus tôt dans la
semaine. Donc, un peu comme le ministre l'a dit, là, soit une question de délégation ou tout simplement
d'identification des tâches qui seraient à combler par le commissaire
adjoint pour, comme le dit l'article 19, assister dans l'exercice de ses
fonctions le commissaire principal.
Mme Garceau : OK, pour venir épauler
le commissaire dans l'exercice de ses fonctions et pouvoirs.
M. Bérubé (Mathieu) : Tout à fait.
Mme Garceau : OK. Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Oui, Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Et, dans les pouvoirs
qu'il peut lui conférer, est-ce que justement ceux d'avoir accès à des...
(Interruption) ...excusez-moi, des entités ou avoir accès à des documents
d'information, ça, ça ne pourrait pas être conféré comme pouvoir au commissaire
adjoint?
M. Carmant : Non. Ça, c'est au
commissaire, oui.
Mme Prass : OK. Parfait. D'accord.
Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va. M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Le commissaire va
se doter... au-delà du commissaire adjoint, va se doter d'une équipe, on est
d'accord, puis cette équipe-là va réaliser les mandats du commissaire.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Là, c'est votre
dernière réponse qui m'a un peu surpris. Dans l'exercice de 5, deux, 6°, les enquêtes... par exemple, lui, le commissaire,
peut confier à un membre de son équipe l'ouverture d'une enquête sur la
vétusté des centres jeunesse?
M. Carmant : Oui, oui, mais pas
l'adjoint. Tu sais, je pense que le...
M. Cliche-Rivard : Pas l'adjoint.
M. Carmant : ...le commandement
doit... tu sais, l'ouverture d'une enquête doit venir du commissaire, là.
M.
Cliche-Rivard : OK. Et, à partir de là, dans l'exercice de cette
fonction-là que le commissaire va lui avoir donnée, l'employé du réseau
ou du commissaire va pouvoir invoquer les pouvoirs du commissaire?
M. Carmant : Oui, puisqu'on veut
qu'il soit sur tout le territoire. Exact.
M.
Cliche-Rivard : Exact. OK. J'avais été surpris de votre réponse en
disant que non, c'est juste le commissaire, mais...
M.
Carmant : Ah! OK, je passais de... tu sais, appuyer sur le
bouton rouge, là, ça, c'est la job du commissaire.
M.
Cliche-Rivard : Quel bouton rouge?
M. Carmant : Tu
sais, de lancer l'enquête.
M. Cliche-Rivard : Ah! oui, très bien. Mais,
comme un peu avec la CDPDJ, ce n'est pas le président qui va se présenter
dans... faire l'enquête.
M. Carmant : Non, non, non. Bien, est-ce que j'avais... est-ce
que j'avais bien compris votre question? C'est bien le lancement de
l'enquête que vous m'aviez demandée?
Mme Prass : Non,
non, ce n'était pas le lancement de l'enquête. Quand on... Les articles, par
exemple, où il peut avoir accès pour entrer, comme on a dit, sur demande dans
une institution, est-ce que ça, c'est des pouvoirs que le commissaire peut
conférer au commissaire adjoint également, ou avoir accès à des documents ou
avoir accès au personnel? C'était non. Dans la charge de l'enquête, est-ce
qu'il peut avoir... le commissaire peut conférer au commissaire adjoint,
justement, le pouvoir de rentrer dans les institutions, d'avoir accès à la
documentation, d'avoir accès au personnel? C'était dans ce sens-là.
M. Carmant : OK. Bien, s'il le juge, mais je pense que ce ne
serait peut-être pas une meilleure... la meilleure utilisation possible
des ressources, là, mais s'il le juge...
Mme Prass : Mais
il pourrait les conférer?
M. Carmant : Oui, tant que ce soit lui qui lance l'enquête.
Moi, c'était ça que je pensais que vous vouliez dire.
Mme Prass : OK,
oui. Non, c'était dans le cadre de... OK. Parfait.
Le Président (M.
Provençal)
: Ça va.
M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M.
Cliche-Rivard : Mais donc toute son équipe est sous-entendue, là,
ses... Puis, si jamais il se dote de... je ne sais pas, moi, d'une personne
enquêteur ou qu'il désigne quelqu'un, il est sous-entendu dans «commissaire»?
M. Carmant : Oui,
c'est un grand titre, comme le ministre, là.
M.
Cliche-Rivard : Tu sais, dans le sens, c'est un titre comme...
M. Carmant : Comme
le ministre, là, c'est ça.
M.
Cliche-Rivard : Puis il n'est pas le commissaire en titre d'exercice,
mais l'enquêteur du commissaire ou l'équipe du commissaire a tous les pouvoirs
du commissaire, à moins que lui décide de le restreindre. Puis lui, il se
dotera de ses règles, à savoir qui peut faire quoi, là, évidemment, là, mais
l'autorité du commissaire de rentrer dans le centre jeunesse, par exemple,
l'enquêteur du commissaire, s'il s'en dote d'un, il l'a autant que le
commissaire. On est d'accord?
M. Carmant : Oui,
oui, ça, on est d'accord là-dessus.
M.
Cliche-Rivard : Parfait. Ça fait que c'est l'ensemble du personnel
dédié ou embauché ou, en tout cas, pour lequel le commissaire juge qu'il
remplit une fonction à 5, deux, 6° ou à 5... «whatever», ou à 5, deux, 6°, qui
va pouvoir utiliser les pouvoirs à 29.1, les pouvoirs à 9.
M. Carmant : Oui,
on s'entend là-dessus.
M. Cliche-Rivard : Ce ne sera pas toujours
lui, une lettre signée par lui ou... Ça va être l'entête, le... le bureau
du commissaire, finalement, un peu comme le Bureau du coroner versus le Coroner
en chef.
M. Carmant : Mais
pas tout le monde ne peut signer pour lui, là. C'est ça que je veux dire...
M.
Cliche-Rivard : Non, évidemment pas.
M. Carmant : ...c'est
ça que je voulais dire.
M.
Cliche-Rivard : Oui, évidemment pas, mais...
M. Carmant : Parce
que moi, je lis tous mes courriers, tu sais, c'est... le ministre écrit
partout...
M.
Cliche-Rivard : On le sait, ça. Vous me répondez tard, des fois.
M. Carmant : ...le
ministre écrit partout, mais la signature, c'est moi. Puis ça, c'est important
pour moi.
M. Cliche-Rivard : Oui. La
signature?
M. Carmant : Oui.
M. Cliche-Rivard : Oui, oui, mais je
comprends, mais donc, pour répondre à la collègue, je pense... puis
l'inquiétude, puis là je l'avais dans votre réponse, son équipe pourra exercer
ses pouvoirs.
M. Carmant : Oui, oui. Non, ça, on
s'entend.
M. Cliche-Rivard : Exactement. Puis,
si lui, il dit à M. X : Va au centre jeunesse et utilise mon pouvoir
au sens de 9, bien, cette personne-là est habilitée à l'exercer. Ça fait
qu'il...
M. Carmant : Je m'excuse d'avoir mal
compris, là, mais c'est... je suis tout à fait d'accord.
M. Cliche-Rivard : ...il amène le
badge du commissaire avec lui, là.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : C'est bon.
Parfait.
Le Président (M. Provençal)
: Y a-t-il d'autres interventions? S'il
n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'amendement qui introduit
l'article 19.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
: Adopté. Merci. Alors, le nouvel
article 19.1 est adopté. 19.2.
M. Carmant : ...insérer, après
l'article 19.1 du projet de loi tel qu'amendé, l'article suivant :
«19.2. En cas
d'absence ou d'empêchement du commissaire ou de vacance de son poste, le
commissaire adjoint assure l'intérim.
«Si le commissaire adjoint est également absent
ou empêché d'agir ou en cas de vacance de son poste, le commissaire est remplacé par une personne nommée temporairement à cette
fin par le gouvernement qui fixe, s'il y a lieu, la rémunération, les
avantages sociaux et les autres conditions de travail de cette personne.»
En concordance avec les précédents amendements
prévoyant la nomination d'un commissaire adjoint, le présent amendement vise à revoir la procédure applicable afin de pallier
l'absence ou l'empêchement du Commissaire
au bien-être et aux droits des enfants ou la vacance de son poste.
Le Président (M. Provençal)
: Interventions? Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Oui. Merci, M. le
Président. Qui décide, 19.2, en cas d'absence? Parce qu'il peut y avoir des absences justifiées, non justifiées.
Finalement, c'est quoi, la procédure pour qu'un commissaire adjoint soit nommé
par intérim? Quelle va être la procédure?
M. Carmant : Je passerais la parole,
M. le Président, je...
Le Président (M. Provençal)
: Me Bérubé.
Mme Garceau : Me Bérubé.
M. Bérubé (Mathieu) : Merci, M. le
Président. Je ne suis pas très, très au fait, là, des procédures. J'imagine qu'il y a peut-être des procédures à l'interne,
notamment avec le Protecteur du
citoyen, là, qui a un modèle, là,
absolument similaire. J'imagine que, bon, tu sais, on parle d'une
absence, par exemple, pour maladie, bien là, à ce moment-là, assez
automatiquement, le commissaire adjoint, il reprend le rôle par intérim du
commissaire en titre pour s'assurer que les activités puis les fonctions du
commissaire ne sont pas arrêtées pendant un temps x, même chose pour les autres
circonstances, là. Donc, il n'y a pas tant de qui décide plus de quand la
situation survient, là. Donc, c'est à ce moment-là que le commissaire adjoint
assure l'intérim, là.
Mme Garceau : Mais là, en cas de
maladie, ça va dépendre de la maladie, on se comprend. Finalement, c'est le
commissaire qui va prendre... c'est le commissaire qui va prendre la décision
au niveau de : Est-ce qu'il va y avoir un commissaire adjoint ou non
nommé?
M. Carmant : Non, il va y avoir...
Mme Garceau : Je
ne sais pas, là, parce qu'il peut être... ça va dépendre des circonstances.
Moi, c'est ça que je tente de comprendre.
M. Carmant : Non, il va y avoir un
commissaire adjoint, ça, c'est... ça, c'est fait, et il prendra l'intérim. Là,
vous voulez dire l'adjoint de l'adjoint, là, le troisième?
Mme Garceau : Non, non. Là, je
parle... Votre définition d'en cas d'absence ou d'empêchement... parce qu'il
semble que, selon le libellé de 19.2, c'est le commissaire qui va finalement
prendre la décision de... compte tenu de sa
maladie, admettons un cancer, il a des traitements, et tout ça, donc il doit
être absent. Donc, lui-même va dire : Bon, je vais être absent,
donc commissaire adjoint va devenir commissaire.
• (15 h 50) •
Donc, c'est à l'interne. Il y a une question
d'indépendance. Tout ça, ça va être le commissaire, lui-même, elle-même, qui va
décider : Maintenant, compte tenu de ma maladie, je dois être absent.
Compte tenu d'un certain empêchement, je ne
sais pas lequel, je dois m'absenter, donc je demande... ou je vais nommer le
commissaire adjoint, il va assumer
l'intérim. Parce que peut-être que ça pourrait être pour une période de six
mois, et, après ça, le commissaire... Admettons, un cancer, et... et il
a des traitements, et donc il y a une question que, oui, pendant ses
traitements, il va nommer le commissaire adjoint pour prendre... assumer
l'intérim, et il va revenir. Mais le gouvernement ne joue pas de rôle, le ministère ne joue pas de rôle, à
l'intérieur des décisions du commissaire, de dire : En ce moment, là, je
pense que, commissaire adjoint, tu vas prendre la relève jusqu'à tant
que je revienne ou que je ne revienne pas.
M. Carmant : C'est ça, non, ce n'est
pas le rôle ni du ministère ni du gouvernement, là. C'est automatique dans la
loi, là.
Le
Président (M. Provençal)
: Y a-t-il d'autres interventions? S'il n'y a pas
d'autre... M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : On a eu le débat
un petit peu tantôt, mais, quand même, M. le ministre, pour que ce soit ici au
registre, là, on s'entend que, tu sais, un intérim de trois ans, ce ne serait
pas un intérim, là.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : OK, ça fait
qu'on...
M. Carmant : Puis un adjoint
d'adjoint, c'est limite.
M. Cliche-Rivard : En effet. Ça fait
que, dans les deux cas, puis ce sera vos mots, là, ce sera limite. Ça fait que l'intérim... que ça dure six mois, là, je peux
le comprendre, le temps que vous trouviez la bonne personne, là, mais,
dans les deux cas, là, que l'adjoint joue le rôle du commissaire, bon, si c'est
une personne pleinement habilitée et compétente,
qui a toutes les compétences, moi, je suis bien... je vais être bien d'accord,
là, mais... Puis même affaire sur l'adjoint de l'adjoint, si ça dure un
temps...
Ça fait que, que ce soit dit, et compris, et su,
qu'il ne faudrait pas qu'on tarde trop à faire ces nominations-là, surtout dans la mesure où ces gens-là n'ont pas de
condition préalable nécessaire par la loi de connaissance spécifique du
réseau jeunesse, là.
M. Carmant : Parfait.
M. Cliche-Rivard : Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Oui, Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme
Garceau : Oui. Revenons un peu, là, juste pour clarifier
quelque chose, parce que c'est un point intéressant que mon collègue
soulève au niveau de la durée de l'intérim. Est-ce qu'on ne devrait pas prévoir
une durée? Parce que, là, il pourrait être
intérim pour un an, deux ans, trois ans. Il n'y a rien qui est prévu, là, en ce
moment, au niveau de la durée. Parce qu'après ça, le gouvernement... la
seule intervention du gouvernement, c'est lorsque le commissaire adjoint est
également absent, que, là, le gouvernement vient nommer une personne.
Donc, qu'est-ce... la question ici, c'est...
lorsqu'il y a une absence du commissaire, le commissaire adjoint assure
l'intérim, et donc, là, pendant quelle période de temps? Parce que, suite à ça,
ça va être l'Assemblée nationale qui va venir nommer un nouveau commissaire.
M. Carmant : Si on décide...
Mme
Garceau : Si le commissaire, admettons, est atteint d'un
cancer et ne peut pas revenir, donc, le commissaire adjoint... Puis on
ne le sait pas, là, parce que ça prend du temps, il fait ses traitements, et
tout. À un moment donné, on est six mois,
huit mois, un an, le commissaire adjoint assume... assure l'intérim, mais le
commissaire adjoint... dépendamment des
circonstances dans lesquelles le commissaire se trouve, ça pourrait déborder,
là. Ça pourrait être beaucoup plus long qu'un six, huit mois. Je pense qu'il y
a comme un délai... il me semble qu'il faudrait voir ensemble un délai de... d'une durée d'un intérim qui est
raisonnable pour que... le commissaire va devoir prendre une
décision : Est-ce que je me retire, ou j'ai des motifs qui justifient que
je demeure, et qu'il y ait une prolongation, je
ne sais pas, de l'intérim? Parce qu'à un moment donné, l'Assemblée nationale
devra, je crois, vous allez me le dire, nommer le remplaçant.
M. Carmant : Bien,
je suis d'accord avec vous.
Mme Garceau :
C'est ça.
M. Carmant : On me dit cependant que c'est géré par les... par
des principes des emplois supérieurs et qu'on n'a pas à mettre de durée,
là. Mais moi, je peux vous dire, là, que je ne tolérerais pas un intérim d'un
an, deux ans, trois ans, là. Ça, c'est ça, c'est vraiment temporaire.
Mme Garceau :
OK, c'est... oui, oui. On l'avait vu dans le PL... en tout cas...
Le Président (M.
Provençal)
: Ça va?
Mme Garceau :
Oui, merci.
Le Président (M.
Provençal)
: S'il n'y
a pas d'autre intervention, est-ce que l'amendement qui introduit
l'article 19.2 est adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Président (M.
Provençal)
: Alors, le nouvel
article 19.2 est donc adopté.
Nous
allons maintenant à l'article 25, article 25 pour lequel, M. le
ministre, je pense que vous avez un amendement.
M. Carmant : Oui.
Donc, est-ce que je lis le 25?
Le Président (M.
Provençal)
: Oui,
vous devez lire le 25 au départ.
M. Carmant : Et
ensuite l'amendement. Parfait. Merci, M. le Président.
«Le
commissaire, les experts auxquels il a recours en application du paragraphe 3°
de l'article 8, le commissaire associé ainsi que les membres du
personnel du commissaire ne peuvent être contraints de faire une déposition
ayant trait à un renseignement obtenu dans
l'exercice de leurs fonctions ou de produire un document contenant un tel
renseignement.»
Le présent article de
loi en introduit le chapitre V, lequel porte sur les immunités. L'article
confère au Commissaire au bien-être et aux
droits des enfants, aux experts qu'il mandate, au commissaire associé dédié au
bien-être et aux droits des enfants autochtones et aux employés du commissaire
une immunité selon laquelle ils ne peuvent être contraints de témoigner
relativement à un renseignement obtenu dans l'exercice de leurs fonctions ou de
produire un document contenant un tel renseignement.
Et
l'amendement se lit... par concordance : Remplacer, dans l'article 25
du projet de loi, «associé» par «adjoint».
Le Président (M.
Provençal)
: Alors,
interventions sur l'amendement, qui est une notion de concordance? S'il n'y a
pas d'intervention, est-ce que l'amendement à l'article 25 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
: Maintenant, y a-t-il des
interventions sur l'article 25 amendé? Oui, M. le député.
M.
Cliche-Rivard : Merci, M. le Président. J'avais une question, qui me
semble implicite, là, mais là on parle...
Puis là je le lisais moi-même, mais sous réserve de ce qui est prévu par la loi
dans ses obligations, là, dans le sens de son rapport annuel, de... je
veux dire, il est quand même contraint par la loi de fournir son rapport. Je
veux dire, c'est quand même, là...
Le Président (M.
Provençal)
: Me Bérubé.
M.
Cliche-Rivard : Moi, ma lecture fine de 25, c'est que, là, on ne peut
pas les forcer de ne rien faire, mais sous réserve des obligations prévues par
la loi.
M. Bérubé
(Mathieu) : Oui.
Le Président (M. Provençal)
: Me Bérubé.
M.
Bérubé (Mathieu) : Merci, M. le Président. Effectivement, là, tout à
fait, là, l'article ne vise pas à empêcher ou plutôt à limiter le
commissaire en vertu de ce que la loi lui impose de faire, là, forcément, là,
sans quoi on aurait deux dispositions, là, qui seraient contradictoires l'une
envers l'autre, là. C'est vraiment... quelqu'un ne pourrait pas venir le contraindre, que ce soit par une
ordonnance ou autrement, là, à divulguer des renseignements qu'il aurait
obtenus dans l'exercice. C'est...
encore une fois, ici, là, c'est une immunité qui est usuelle pour les personnes
désignées, là, par l'Assemblée.
M.
Cliche-Rivard : Oui. C'était plutôt l'autre volet, là, de produire
un... produire un document contenant un tel renseignement.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui, mais...
oui, même constat, là, autrement dit.
M. Cliche-Rivard : On le contraint,
là, aujourd'hui, là, à faire ça, là, on s'entend.
M. Bérubé (Mathieu) : Sauf que, là,
c'est la loi, là. C'est la loi qui le prévoit.
M. Cliche-Rivard : Oui.
M. Bérubé (Mathieu) : Évidemment, 25
ne peut pas venir... ne peut pas venir limiter la possibilité pour le
commissaire de le produire, puisqu'on lui demande de le produire. On ne peut
pas...
M.
Cliche-Rivard : Exact. Ça
fait que lui, il ne peut pas invoquer 25 en disant : «By the way», je
n'étais pas...
M. Bérubé (Mathieu) : Non, on ne
pourra pas faire ça.
M. Cliche-Rivard : OK, non, non,
mais c'est parce que la...
M. Bérubé (Mathieu) : La question
est drôle.
M. Cliche-Rivard : ...la fine
lecture de 25 tout seul, hors son contexte... bon, évidemment, on interprète
toujours la loi dans son contexte, mais laissait comme ce flou-là. Mais
effectivement que tout ce que la loi lui demande de faire, tout le rapport
qu'il doit produire au sens de la loi, il va devoir le faire.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui.
M. Cliche-Rivard : Merci. Incluant
son rapport de mise en oeuvre, il est contraint de le faire.
M. Bérubé
(Mathieu) : Oui, tout à fait. Tout à fait, il sera même déposé
à l'Assemblée et étudié en commission...
M. Cliche-Rivard : Merci.
Le Président (M. Provençal)
: S'il n'y a pas d'autre intervention,
est-ce que l'article 25 amendé est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
: Adopté. Je vous invite maintenant à l'article 26. M.
le ministre.
M. Carmant : Merci, M. le Président.
«Le
commissaire, le commissaire associé ainsi que les membres du personnel du
commissaire ne peuvent être poursuivis en justice en raison d'une omission ou
d'un acte accompli de bonne foi dans l'exercice de leurs fonctions.»
Cet article du projet de loi confère au
Commissaire au bien-être et aux droits des enfants, au commissaire associé
dédié au bien-être et aux droits des enfants autochtones et aux employés du
commissaire une immunité relative contre les poursuites en justice. Cette
immunité est relative car elle ne vaut que pour une omission ou un acte
accompli de bonne foi dans l'exercice de leurs fonctions.
Et l'amendement se lit : Remplacer, dans
l'article 26 du projet de loi, «associé» par «adjoint».
Encore une fois, par cohérence, M. le
Président...
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Interventions sur
l'amendement? S'il n'y a pas d'intervention, est-ce que l'amendement à
l'article 26 est adopté?
• (16 heures) •
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
: Y a-t-il des interventions maintenant
sur l'article 26 amendé? S'il n'y a pas d'intervention, est-ce que
l'article 26 amendé est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Article 28.
M. Carmant : Merci, M. le Président.
L'article 28 se lit comme suit : «Sauf sur une question de
compétence, aucun [pouvoir] — il manque un «r» — en contrôle judiciaire
prévu au Code de procédure civile (chapitre C-25.01) ne peut être exercé ni aucune injonction accordée ou autre mesure
provisionnelle prise contre le commissaire, les experts auxquels il a
recours en application du paragraphe 3° de l'article 8, le commissaire
associé ainsi que les membres du personnel du commissaire dans l'exercice de
leurs fonctions.
«Un juge de Cour d'appel peut, sur demande,
annuler sommairement une décision, une ordonnance ou une injonction rendue ou
prononcée à l'encontre du présent article.»
Cet article du projet de loi est une clause
privative protégeant le Commissaire au bien-être et aux droits des enfants, les experts qu'il mandate, le commissaire
associé dédié au bien-être et aux droits des enfants autochtones et les
employés du commissaire dans l'exercice de leurs fonctions.
Et, encore une fois, M. le Président,
l'amendement se lit : Remplacer, dans le premier alinéa de
l'article 28 du projet de loi, «associé» par «adjoint». Par souci de
cohérence. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Alors, interventions sur
l'amendement? S'il n'y a pas d'intervention sur l'amendement, est-ce que
l'amendement à l'article 28 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Provençal)
: Y a-t-il des interventions sur l'article 28
amendé? S'il n'y a pas d'intervention, est-ce que l'article 28,
amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Provençal)
: Merci. Article 32. Attendez une minute. Il
faut que je fasse une petite vérification parce qu'il y a des articles qui ont été... Il y a des amendements en suspension,
par exemple. On parle des dispositions de la loi. Bon, juste... Est-ce qu'on
peut faire l'article 32 avant de faire les... Il y avait deux amendements.
Il faut faire les amendements avant, là, maître?
M. Carmant : Bien, l'annexe et le préambule?
Le
Président (M. Provençal)
: Bien, c'était 0.1 qui avait été déposé, qui était
en lien avec le préambule, je pense.
M. Carmant : C'est quoi, le 0.1?
Le Président (M. Provençal)
: Il y avait des amendements qui
avaient été suspendus, un amendement 0.1 qui avait été déposé par le
député de Saint-Henri—Sainte-Anne
et un deuxième amendement 0.1 qui avait été déposé par Mme la députée de Robert-Baldwin.
Est-ce que ces amendements-là sont toujours de mise?
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: Parce que, moi, je suis un petit peu
le gardien de tout ça, là, ça fait que je ne veux pas être... je veux être sûr
de ne pas me faire accuser d'avoir...
Une voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: Oui. M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : C'est le mien en
premier? Parfait. On va le projeter, je devine. C'est sur la convention. Merci,
M. le Président. Je pense qu'on l'avait déjà lu, là, je...
Le Président (M. Provençal)
: Non.
M. Cliche-Rivard : On ne l'avait pas
lu.
Le chapitre 0.1 est introduit avant le
chapitre 1 du projet de loi comme suit :
«Chapitre 0.1.»
Charte... Oui, il y a des corrections à faire,
mais Charte des droits des enfants :
«Les droits convenus dans la Convention des
Nations Unies relative aux droits des enfants sont intégrés à la présente loi.
«La responsabilité de la mise en oeuvre de
l'application de cette convention incombe au Commissaire au bien-être et aux
droits des enfants.»
Il
me semble, M. le Président, qu'on avait commencé à discuter de ça probablement
dans le préambule. On avait eu des réflexions même ou des dialogues avec
l'équipe légale. Ça fait suite à certaines recommandations qu'on a eues dans le
contexte des consultations particulières, notamment, là. Je dis ça, mais, je
pense, le Pr Goubau, si je ne m'abuse, qui nous avait parlé de
l'importance que...
Évidemment, le Québec
a reconnu, là, la déclaration puis l'a... s'en est lié par décret... mais qu'il
n'y a pas eu de dispositions de mise en oeuvre. On avait commencé à discuter de
ça pour qu'on fasse un pas supplémentaire en tant qu'État qui exerce pleinement
ses compétences eu égard aux droits de l'enfant, aux droits de la famille pour qu'on puisse véritablement créer des obligations
positives eu égard aux droits de l'enfant puis à ceux qui sont protégés
par la Convention relative aux droits de l'enfant.
C'est un débat qui se
posait conjointement avec celui de la charte des droits de l'enfant, deux
volets qui sont quand même soulevés par Mme Laurent dans son rapport, dans
le rapport Laurent. On nous avait quand même... On avait quand même eu des discussions
du côté de Mme Laurent également à savoir que le commissaire au bien-être des enfants aurait quand même une charte dans...
qui regrouperait possiblement l'ensemble des droits. On a dit que ce...
pouvait se trouver limitativement ou non dans la convention, bref, qu'il y
avait des éléments qui seraient peut-être un peu
conjoints, là, dans notre corpus législatif, c'est-à-dire le Code civil, la Charte des droits et libertés de la personne, la LPJ
et évidemment la LJPA. Bref, on nous avait expliqué par les juristes, par
Pr Goubau, en fait, si je ne m'abuse, qu'on pouvait, par
dispositions à l'intérieur d'un projet de loi, déclarer le Québec lié par une
convention.
Donc, nous, notre
proposition ici, c'était qu'on le fasse, considérant qu'on était directement dans
le contexte précis d'une loi qui vise le bien-être des enfants, l'intérêt
supérieur des enfants.
Je pense que vous
aviez... ou l'équipe légale avait commencé une réponse, là, avec laquelle je me
souviens ne pas avoir été d'accord. Mais je vais vous laisser répondre, M. le
ministre.
Le Président (M.
Provençal)
: M. le
ministre.
M. Carmant : Oui,
la réponse avait été dans... d'inclure, dans l'article 5, là, que...
informer le public sur son rôle, sur les
principes et les dispositions de la Convention relative aux droits de l'enfant,
ainsi qu'au sujet du bien-être et des droits des enfants, le
sensibiliser aux questions qui s'y rapportent, notamment par des progrès
d'information et d'éducation.
M.
Cliche-Rivard : Donc là, il y a un... effectivement, M. le ministre,
vous avez raison, un volet informatif. Donc, vous êtes quand même... C'est un
geste positif, là, qui a été, je me souviens, bien reçu de notre part, quand vous l'avez soumis par amendement, à l'effet de
créer un droit ou une obligation d'information dans les fonctions à 5,
deux, 4°. Par contre, ce n'est pas exactement l'objectif de se déclarer lié
et/ou d'en créer un droit positif, là, desquels, évidemment, seraient générées des
capacités de solliciter ou d'exiger des droits devant les tribunaux, notamment
de la part du gouvernement, là. Moi, je
l'assume pleinement. Cette disposition-là vise éventuellement une création de
droits substantifs, où quelqu'un pourrait revendiquer une
non-application d'un élément de la convention.
Donc, on est loin
quand même... bien que j'apprécie la proposition puis l'ajout, l'amendement que
vous faites à 5, deux, 4°, là, on est plutôt dans de la substance. Je ne pense
pas qu'on est loin de s'y conformer, là, je pense que le Québec est assez impressionnant quand même dans ce qu'on met en
oeuvre pour les enfants. Et donc, justement, nos collègues juristes et
autres disaient : Pourquoi pas, allons-y, et on aurait, là, la chance et
la capacité de faire. On en a fait, des gestes historiques, mais on pourrait en
faire d'autres, un autre geste historique.
Donc, à l'impossible,
nul n'est tenu, là. Je vous entends, là, mais moi, je pense qu'on aurait un
geste marquant que de déclarer le Québec
substantivement lié à la convention en approuvant cet amendement, M. le
Président.
M. Carmant : Oui. M. le Président, je pense que ce serait
vraiment dans une prochaine étape, là, et je ne pense pas que je suis, à ce
moment-ci, prêt à l'inclure dans le projet de loi actuel.
M.
Cliche-Rivard : Est-ce que le commissaire pourra — je
devine que oui, mais confirmez-moi-le — se positionner, lui, dans ses recommandations envers vous sur le besoin, ou
l'intérêt, ou le caractère juste d'éventuellement faire ce geste-là?
M. Carmant : C'était
mon... l'intention initiale, si vous vous souvenez, que j'avais bien dite.
C'est pour ça que le... dans le plan, c'est dans la phase III, l'aspect de
la charte.
• (16 h 10) •
M.
Cliche-Rivard : Puis là vous me parlez en termes de charte plus qu'en
termes de la convention ou vous me dites les deux?
M. Carmant : Bien,
en fait, c'est ça, globalement, là.
M.
Cliche-Rivard : Ce serait globalement.
M. Carmant : De
droit substantif, comme vous dites, là.
M. Cliche-Rivard : De créer des
obligations que... donc desquelles quelqu'un pourra se réclamer parce que... Et
non pas simplement à visée interprétative ou, entre deux dispositions, on
interprète le... là, mes collègues le sauront, avec Baker
de la Cour suprême, où est-ce que l'intérêt supérieur de l'enfant se situe. On
est plutôt dans la création d'un droit.
Donc là, ce que vous
me dites, c'est que le commissaire, dans son volet 3 ou dans votre
volet 3, charte et/ou convention, aura pour mandat de se positionner sur
cet élément-là de droit substantif, là.
M. Carmant : Il
pourrait.
M. Cliche-Rivard :
Il pourrait.
M. Carmant : Oui.
M. Cliche-Rivard : Et il pourrait aussi, au sens de son pouvoir à 5, deux, 8°, vous faire
des recommandations.
M. Carmant : Absolument.
M.
Cliche-Rivard : 5, deux, 9°, vous faire des recommandations
législatives, comme il pourrait le faire aussi à 11.3, et il pourrait vous dire : Vous savez quoi, M. le ministre,
dans ma fonction de commissaire, il serait le temps, là, selon moi, que
vous vous déclariez lié à la convention.
M. Carmant : Absolument.
M. Cliche-Rivard : OK. Donc, je vais
commencer à rédiger ma première lettre à son intention, M. le Président.
Merci.
Le Président (M.
Provençal)
: Est-ce
que vous maintenez toujours votre...
M.
Cliche-Rivard : Oui. On votera par appel nominal, si vous le
permettez.
Le Président (M.
Provençal)
: Oui.
Alors, par appel nominal, Mme la secrétaire.
La
Secrétaire : Pour, contre, abstention. M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri-Sainte-Anne)?
M.
Cliche-Rivard : Pour.
La
Secrétaire : M. Carmant (Taillon)?
M. Carmant : Contre.
La
Secrétaire : Mme Dorismond (Marie-Victorin)?
Mme
Dorismond : Contre.
La
Secrétaire : Mme Poulet (Laporte)?
Mme Poulet : Contre.
La Secrétaire :
Mme Bogemans (Iberville)?
Mme
Bogemans : Contre.
La
Secrétaire : Mme Gendron (Châteauguay)?
Mme Gendron :
Contre.
La
Secrétaire : Mme Picard (Soulanges)?
Mme Picard : Contre.
La Secrétaire :
Mme Garceau (Robert-Baldwin)?
Mme Garceau :
Abstention.
La
Secrétaire : Mme Prass (D'Arcy-McGee)?
Mme Prass : Abstention.
La Secrétaire : M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Le
Président (M. Provençal)
: Abstention. Alors, l'amendement qui était
introduit par le député de Saint-Henri—Sainte-Anne
est rejeté.
Maintenant, Mme la députée de Robert-Baldwin,
est-ce que vous maintenez toujours votre...
Mme Garceau : Oui, M. le Président.
Le Président
(M. Provençal)
: Alors, on va mettre à l'écran votre proposition. Alors, je vous invite à
en faire la lecture.
Mme Garceau : Le chapitre 0.1
est introduit avant le chapitre 1 du projet de loi comme suit :
«Chapitre 0.1.
«Charte des droits des enfants.
«Au plus tard
1 an après l'entrée en vigueur des dispositions de ce projet de loi, une
Charte des droits des enfants sera déposée afin d'accompagner la mise en
oeuvre de ce projet de loi.»
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre.
M.
Carmant : Oui. C'est le même argument que je viens de tenir.
Je pense qu'on n'est pas prêts à... que je ne suis pas prêt, à ce
moment-ci, de l'inclure dans le projet de loi 37, mais ça fera partie des
choses que le commissaire pourrait nous recommander.
Mme Garceau : On va avoir la
discussion à... Avec grand respect, M. le ministre, la commission Laurent, là,
ça fait depuis le mois de mai 2021 qu'on parle que le Québec devrait se
doter d'une charte des droits pour les enfants du Québec. C'était une recommandation phare du rapport Laurent et même
c'était la première recommandation, parce que, la façon que la commission a rédigé son rapport, c'était : On
commence avec la charte et, à l'intérieur de la charte, on va nommer le
commissaire, le poste du commissaire. Parce que c'est lui, évidemment, qui va
dans la... dans la protection ou la promotion, parce que c'est même dans une de
ses fonctions. «5. Le commissaire a pour fonction de promouvoir le bien-être et
le respect des droits des enfants.» Le respect des droits des enfants, il va
aller faire la promotion. Il va y avoir
également tout l'aspect ici d'informer le public au sujet du bien-être et des
droits des enfants.
Donc, les droits des enfants, il se fie sur quel
document? Parce qu'il doit avoir un document, et on ne peut pas dire que c'est la charte des droits des
personnes, c'est... et c'est pour ça que dans... et ça fait partie vraiment du
coeur du chapitre I du rapport Laurent.
Vous avez pris la décision, M. le ministre, de
mettre cet aspect-là de la charte dans la troisième phase. Cependant, vous
auriez pu le faire lors des amendements à la Loi sur la protection de la
jeunesse. Il pourrait y avoir eu... il aurait pu y avoir eu une charte,
également.
Donc là, à un moment donné, vous avez pris la
décision, on va nommer le commissaire en premier, mais la charte des droits ne peut pas venir trois, quatre
ans après la nomination du commissaire quand même. Et ce n'est pas au commissaire de décider, oui ou non, est-ce qu'il va
y avoir une charte. Ça fait partie des recommandations du rapport Laurent que
vous avez la responsabilité de mettre en oeuvre et donc tous les motifs qui
justifient cette charte et la nécessité, parce que... Et même Mme Laurent,
lors des consultations particulières, avait mentionné qu'on devait reconnaître
que les enfants sont sujets de droit. Et ça faisait partie de la charte des
droits, tout l'aspect que les enfants ont le droit de participer à leurs
décisions, que leurs voix sont entendues dans toutes les décisions leur
concernant. Ça devait être... ça devait faire partie de cette charte. Oui, on
avait mentionné la convention internationale, mais on a pris la décision, dans
la commission Laurent, de miser plus sur la charte.
Et donc, moi, M. le ministre, j'aimerais
comprendre. Il semble y avoir une hésitation de votre part, donc j'aimerais
vraiment voir pour... En ce moment, là, ça, c'est une bonne étape, c'est une
étape exceptionnellement importante, le 37,
la nomination du commissaire, mais la charte doit suivre. Et donc j'aimerais
vous entendre là-dessus.
M. Carmant : Absolument. Puis, juste
pour vous expliquer, tu sais, nous, on a pris les... en tout cas, puis c'est... non, on a regardé ça plus d'un volet
clinique, là. On a pris les 250 recommandations, puis je comprends que
c'était un, deux, trois, quatre, cinq, là, les grands axes, mais la
façon dont nous, on l'a divisé, c'est que, un, premièrement, il fallait
rehausser les services au niveau de la jeunesse puis dans... beaucoup des
prérecommandations étaient justement axées dans le même sens, puis c'est ça
qu'on a implanté en premier.
Maintenant, la phase II, c'est vraiment
plus les services intraprotection de la jeunesse. Puis vous serez heureuse de
savoir que la prochaine étape, là, une fois qu'on quitte le commissaire, moi,
mon prochain grand dossier, avec celui de la directrice nationale, c'est
vraiment les centres jeunesse, ce qui nous a été demandé... ce qui nous a été
demandé par Mme Laurent et les autres commissaires. Donc, on va faire la
section intraprotection de la jeunesse, incluant la formation, incluant tout
ça.
Puis, dans la phase III, on a mis les
choses plus interministérielles, tu sais, puis on s'entend que la charte, ça va demander de la collaboration avec le ministère
de la Justice, l'aspect éducatif, ça va commander des collaborations
avec le ministère de l'Éducation, l'Éducation supérieure. Donc, c'est pour ça
que ça a été classifié comme ça. Mais, en tout, ça va prendre six ans, donc il
n'y aura pas de délai de trois ans, là.
Puis, tu sais,
excusez-moi, vous savez qu'une fois que le commissaire va être implanté... la
phase II termine dans un an, en juin 2025. Donc, dans les... dans la
troisième phase, on pourra aller de l'avant avec les dernières mesures qui sont
beaucoup plus interministérielles.
Ça fait que c'est cette façon-là qu'on a pensé
les choses, là. J'avoue qu'on aurait pu les prendre un, deux, trois, quatre,
cinq, six, mais les besoins... tu sais, dans mes... à mes yeux, là, les besoins
les plus criants étaient les besoins cliniques et non pas... puis, tu sais,
pourtant... mais, encore là, on n'a pas insisté tellement sur les aspects
juridiques-structuraux, mais on se le fait quand même reprocher. Ça fait que
l'important, pour moi, c'est vraiment d'améliorer les qualités des services
cliniques.
Puis je vous entends, là, mais, tu sais, une
chose à la fois.
• (16 h 20) •
Mme Garceau : Mais c'est quand même,
vous comprendrez, M. le ministre, une étape importante.
M. Carmant : Tout à fait. Je ne la
minimise pas.
Mme Garceau : Une étape importante,
parce que ça fait partie du mandat du commissaire d'assurer que les droits des enfants soient respectés, d'aller faire
la promotion, et tout, de ces droits-là. Donc, il me semble que la charte
joue un rôle extrêmement important.
Donc, je ne sais pas comment vous voyez ça, une
fois qu'il va être nommé, comment est-ce qu'il va exécuter ses fonctions à
l'égard de... je ne l'ai pas, je pense, c'est 5.2.
M. Carmant : Oui, ce sera de façon...
sera de façon autonome, là. Ce ne sera pas moi qui va lui dicter comment
exécuter ses fonctions.
Mme Garceau : Non, mais là en termes
des droits des enfants. Parce que c'est ça, les... Je voulais reprendre. Juste
donnez-moi un instant. Je voulais...
M. Carmant : Mais il va partir des
droits qui sont inscrits dans la charte québécoise. Ça va être, ça, son corpus
initial, et, au besoin...
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: C'est un débat qu'on avait eu sur le
projet de loi de la DPJ, puis ils avaient été clairs, pas de charte.
Mme Garceau : Je vais vous lire, M.
le ministre, une partie du rapport concernant la nécessité de la charte :
«Pourquoi une charte des droits de l'enfant
devrait-elle primer sur toutes les autres lois? Il nous semble nécessaire que
les droits des enfants disposent des mêmes protections que les droits de la
personne prévus dans la Charte québécoise des droits et libertés de la
personne. À ce titre, nous demandons à ce que cette charte ait le même statut
quasi constitutionnel que la charte des droits, libertés de la personne afin
qu'aucune loi ne puisse déroger aux droits des enfants à moins d'explications à
cette dérogation. Nous croyons aussi que la charte des droits de l'enfant devrait
réaffirmer certains droits propres aux enfants, et voici pourquoi...»
Et là on parle de la reconnaissance que les
enfants comme sujets de droit... et ça, ça avait été mentionné quand même par
Mme Laurent, les ex-commissaires, lors de nos consultations particulières.
Le principe de l'intérêt, évidemment, de l'enfant doit être appliqué de façon
plus large dans la société et aussi le droit à la participation qui n'est pas
garanti à tous les enfants. Et ça, c'est le... c'était le Dr Gilles Julien
qui avait fait mention que «surtout lorsque les adultes parlent pour les
enfants, les enfants deviennent invisibles». Et ça, ça a fait partie...
J'ai assisté à quelques ateliers lors du
symposium de l'Institut PEVC le 27 avril, et une ancienne intervenante de la DPJ était là pour donner une des formations,
et elle avait parlé des droits liés à la convention internationale, et le
critère qui était le plus important, à côté de veiller à l'intérêt supérieur de
l'enfant, c'était tout l'aspect de la participation de l'enfant dans la
prise de décision, que l'enfant soit écouté, et ça, ce n'est pas vraiment
exprimé, oui, dans un certain sens, mais pas de la façon qu'on devrait le faire
via une charte. C'est pour ça d'où vient l'importance que tous les droits des
enfants soient clairement définis. Et c'était ça, là, la nécessité. Il y avait
comme 10, 12 pages au niveau de... du
pourquoi, nonobstant... oui, il y a la Loi
sur la protection de la jeunesse,
oui, il y a les articles dans le Code civil, mais... et la charte des droits
de la personne, mais une charte qui est liée spécifiquement aux droits des
enfants était vraiment primordiale, surtout
compte tenu du mandat que le commissaire au bien-être et des droits des enfants
va avoir.
Et donc je
comprends qu'il y a aussi d'autres priorités, d'autres objectifs, mais il me
semble que, dans le cadre de ce projet de loi, on devrait prévoir un
délai, un délai dans lequel nous allons avoir une charte des droits des
enfants.
M. Carmant : Bien,
M. le Président, j'entends ce qui est dit, mais je pense que je... je ne
changerai pas d'avis.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M.
Cliche-Rivard : Merci, M. le Président. J'entends que, bon, vous
ne voulez pas vous astreindre d'un délai, M. le ministre. Cela dit,
est-ce que vous remettez en question l'idée de la charte des droits des
enfants?
M.
Carmant : Non. Je dis qu'elle est dans la phase III du projet de
déploiement.
M.
Cliche-Rivard : OK. Mais elle existera.
M. Carmant : Elle
est prévue dans la phase III du...
M.
Cliche-Rivard : Elle est prévue. Parce qu'il y avait des réflexions en
amont, là, à savoir... bon, il y a déjà le Code civil, il y a déjà la Charte
des droits et libertés de la personne, il y a déjà etc., etc., certes, mais
d'ici l'exécution... quand la phase III sera exécutée, on aura une charte
des droits des enfants. Pour vous, c'est limpide.
M. Carmant : Moi,
je n'ai jamais participé à ces discussions-là, là. Je n'ai jamais... je n'ai
jamais dit qu'il n'y aura pas...
M.
Cliche-Rivard : Qu'il n'y aura pas. Mais vous réitérez, à
16 h 30 aujourd'hui, qu'il y en aura une.
M. Carmant : Je
dis que c'est prévu dans la phase III.
M.
Cliche-Rivard : Donc, oui.
M. Carmant : C'est
prévu dans la phase III.
M.
Cliche-Rivard : OK. C'est prévu.
M. Carmant : Oui.
M.
Cliche-Rivard : Ça fait que là, après, ce que vous dites, c'est votre prévision,
ce qui arrivera, ce qui n'arrivera pas, mais c'est prévu.
M. Carmant : C'est
prévu.
M.
Cliche-Rivard : Donc, vous serez...
M. Carmant : Et
j'ai déjà dit... j'ajouterais que j'ai déjà dit que le rapport ne sera pas
tabletté aussi.
M.
Cliche-Rivard : Je n'ai pas bien compris.
M. Carmant : Le
rapport Laurent, j'ai dit plusieurs fois publiquement que le rapport ne sera
pas tabletté.
M.
Cliche-Rivard : Ne sera pas tabletté, oui.
M. Carmant : N'est
pas...
M.
Cliche-Rivard : N'est pas...
M. Carmant : N'est
pas tabletté.
M. Cliche-Rivard : Bien non, on en est la
preuve vivante en ce moment. Mais là vous n'êtes pas à l'aise avec un délai.
Bon, j'en comprends... mais s'il devait ne pas y avoir de charte des droits des
enfants, vous seriez déçu?
M. Carmant : Je
serais déçu.
M.
Cliche-Rivard : Vous seriez déçu.
M. Carmant : Je
serais déçu.
M. Cliche-Rivard : Donc, ce que j'entends,
c'est que vous allez tout faire en votre pouvoir, en votre contrôle,
pour qu'on ait ce document-là de référence au Québec.
M. Carmant : Quelle
belle lecture.
M.
Cliche-Rivard : Un jour.
M. Carmant : Quelle
belle lecture.
M. Cliche-Rivard : Bien, on commence
à se connaître un petit peu, tranquillement.
Le Président (M.
Provençal)
: S'il n'y
a pas d'autre intervention...
Une voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: Pardon?
Une voix : ...
Le
Président (M. Provençal)
: Vous avez le droit, madame. Vous avez le droit à
20 minutes. De toute façon, il n'est pas fait.
Une voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: Non, mais... Moi, j'étais convaincu
qu'on était bon pour faire la suite dans un temps... parce que ce qu'il nous
reste, c'est très cosmétique, là. Mais allez-y, madame.
M. Carmant : Êtes-vous prêt?
Demandez-vous le consentement pour...
Le Président (M. Provençal)
: Bien, avant, je vais laisser parler
la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Oui. Moi, je veux
juste... Je vous entends, mais je sens qu'il y a une hésitation, parce que la
charte était supposée d'être dans la deuxième phase, elle est reportée à la
troisième phase, et je n'aimerais pas ça qu'elle soit reportée à une quatrième
phase, qui n'est pas encore peut-être prévue, mais peut-être qu'on va la
prévoir à la fin de la troisième phase. Donc, c'est... On est là, là, parce
qu'elle a déjà été reportée.
M. Carmant : On reste dans un projet
à trois phases. Le prochain... la prochaine mise à jour devrait être publiée
bientôt, et on va rester avec trois phases, tel que prévu, sur six ans.
Mme
Garceau : Donc, on s'engage à une charte des droits pour les
enfants du Québec dans la troisième phase.
M. Carmant : Elle est prévue dans la
troisième phase.
Mme Garceau : Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, sur ce, est-ce que
l'amendement déposé par Mme la députée de Robert-Baldwin est adopté?
Voulez-vous un...
• (16 h 30) •
Une voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: ...vote nominal?
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Garceau (Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire : Mme Prass
(D'Arcy-McGee)?
Mme Prass : Pour.
La Secrétaire : M. Carmant (Taillon)?
M. Carmant : Contre.
La Secrétaire : Mme Dorismond
(Marie-Victorin)?
Mme Dorismond : Contre.
La Secrétaire : Mme Poulet
(Laporte)?
Mme Poulet : Contre.
La Secrétaire : Mme Bogemans
(Iberville)?
Mme Bogemans : Contre.
La Secrétaire : Mme Gendron
(Châteauguay)?
Mme Gendron : Contre.
La Secrétaire : Mme Picard
(Soulanges)?
Mme Picard : Contre.
La Secrétaire : M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard : Pour.
La Secrétaire : M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Le Président (M. Provençal)
: Abstention. Alors, l'amendement de la
députée de Robert-Baldwin est rejeté.
Écoutez, vous en faites ce que vous voulez, moi,
je pense que, si on se donnait un 20 minutes additionnel, on est capables
de terminer le tout, et ça vous permettrait... ça nous éviterait de peut-être
revenir mardi, mais c'est comme vous le voulez. Parce que, dans les faits, il
reste l'article 32, qui est un article sur les dispositions. Il nous reste
à adopter l'annexe, qui est le serment. Par la suite, il y a le préambule que
M. le ministre voulait déposer, et on fait le tout. C'est une suggestion, il
n'y a pas d'obligation. M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : ...j'entends le
besoin d'efficacité puis je pense que c'est important aussi, là, mais il y a
quand même beaucoup de substance dans l'amendement du ministre sur le préambule.
Il y a toutes les remarques, aussi, de fermeture. Il y a quand même encore...
Moi, j'entends amender le préambule de ce qui a été amendé, ça fait que...
parce que, notamment, sur les Premières Nations, là, il y a encore mention
«enfants autochtones». On pourrait le corriger. Bref, il y a...
Le Président (M. Provençal)
: Aucun problème.
M. Cliche-Rivard : Honnêtement, on
en a plus que 20 minutes, là.
Le Président (M. Provençal)
: Sur ce, je clos les discussions.
On suspend... je suspends sine die... pas
suspendre, mais ajourne sine die. Merci.
(Fin de la séance à 16 h 32)