Journal des débats de la Commission de la santé et des services sociaux
Version préliminaire
43e législature, 2e session
(début : 30 septembre 2025)
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Le
jeudi 5 février 2026
-
Vol. 48 N° 6
Consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 15, Loi modifiant le Code des professions et d’autres dispositions principalement afin d’alléger les processus réglementaires du système professionnel et d’élargir certaines pratiques professionnelles dans le domaine de la santé et des services sociaux
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11 h (version non révisée)
(Onze heures trente et une minutes)
Le Président (M. Provençal)
:Alors, bonjour à tous. Bienvenue à la
Commission de la santé et des services sociaux. La commission est réunie afin
de procéder aux consultations particulières et auditions publiques sur le projet
de loi n° 15, Loi modifiant le Code des professions
et d'autres dispositions principalement afin d'alléger les processus réglementaires
du système professionnel et d'élargir certaines pratiques professionnelles dans
le domaine de la santé et des services sociaux.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Blouin (Bonaventure) est remplacée par Mme Mme Mallette
(Huntingdon) et M. Cliche-Rivard (Saint-Henri—Sainte-Anne) est remplacé
par M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve).
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Nous débutons ce matin par les
remarques préliminaires, puis nous entendrons les témoins suivants : le Conseil
interprofessionnel du Québec et l'Ordre des infirmières et infirmiers du
Québec. La séance a commencé quelques minutes plus tard, je dirais... Combien
de temps?
Une voix : 15 minutes.
Le Président (M. Provençal)
: 15 minutes? Une quinzaine de minutes. On va essayer à
l'intérieur de tout ça de récupérer, si c'est possible, sinon on dépassera un
petit peu notre temps, parce que c'est important de permettre aux groupes qui
se déplacent de prendre le temps de les entendre. Ça va?
M. Boulet : ...
Le Président (M. Provençal)
:Ça va, M. le ministre, merci. Alors,
de ce fait, je vais inviter maintenant le ministre du Travail à faire ses
remarques préliminaires.
M. le ministre, vous disposez de six
minutes.
M. Boulet : Merci, M. le
Président. Content d'être de nouveau en commission parlementaire. Merci à tout
le monde pour votre présence. Donc, c'est le début du processus qui vise à
permettre à des groupes, à des organisations, de présenter des mémoires, d'expliquer
et surtout de nous faire des recommandations. L'écoute est importante. La
considération qu'on va porter à vos recommandations l'est tout autant.
Donc, c'est un projet de loi n° 15 qui s'appelle Loi modifiant le Code des professions
et d'autres dispositions principalement afin d'alléger les processus réglementaires
du système professionnel et d'élargir certaines pratiques professionnelles dans
le domaine de la santé et des services sociaux. Je tiens aussi à remercier mes
collègues du gouvernement pour leur présence, les collègues de l'opposition,
que je salue également. Je salue l'équipe de mon cabinet du ministère de la
Santé, de l'Office des professions du Québec qui ont mis la main à la pâte, M.
le Président, dans la préparation de ces travaux importants pour le système
professionnel et la protection du public.
On va recevoir plusieurs ordres
professionnels et on est immensément reconnaissants quand des participants
partagent leurs réflexions et nous soumettent des propositions. Donc, c'est un
projet de loi que j'ai présenté en décembre dernier et c'est une étape, je le
mentionnais, qui est importante, où on voit...
11 h 30 (version non révisée)
M. Boulet : ...et je
rappellerai que ce projet de loi là est la seconde phase du... de la
modernisation du système professionnel qui a été lancé en 2023 par notre
gouvernement, qui s'est conclue en 2024 par un accueil, je dirais, plutôt
favorable. On peut dire, je pense, sans se tromper que la loi 31 est un
succès qui nous a permis de mettre de l'avant des changements qui ont profité
au public qui est mieux protégé mais aussi aux gens qui évoluent dans un
système professionnel dont l'efficacité s'est accrue. Le projet de loi n° 15,
donc, c'est concrètement le second volet d'une modernisation puis ça avait été
lancé par ma collègue Sonia LeBel.
Les mesures contenues dans la législation
permettent, vous en avez pris connaissance, d'alléger le processus
réglementaire et de rendre le système professionnel plus agile, adapté à des
nouvelles réalités, des pratiques pour répondre à des besoins croissants de la
population québécoise en matière de santé et services sociaux.
Elles contribueront également à un projet
qui est important pour notre gouvernement, mais qui est, à mon avis, au cœur
des priorités des Québécois, le déploiement des priorités du plan pour mettre
en œuvre les changements nécessaires en santé pour l'élargissement des
pratiques professionnelles pour certaines professions. Donc, le projet de loi...
J'ai combien de minutes, M. le Président?
Le Président (M. Provençal)
:...six minutes. Il vous en reste
2 min 40 s.
M. Boulet : D'accord. Merci.
Donc, on affirme l'importance de la protection du public comme principe
fondamental, on améliore l'efficacité du système et du réseau de santé, on
modernise le cadre réglementaire en élargissant certaines pratiques
professionnelles, on renforce la capacité du Québec de relever des défis, notamment,
en l'occurrence la rareté de main-d'œuvre, l'accessibilité régionale, l'attente
des citoyens en matière de qualité de soins, transparence des services.
Enfin, pour conclure, je suis persuadé que
les parlementaires comme moi sont impatients, sont fébriles de commencer nos
échanges avec les représentants des ordres notamment et des associations. Donc,
je tiens à le redire : C'est important. Un projet de loi, c'est tout le
temps perfectible. Vos idées vont être extrêmement bien reçues. Et on est là
tous ensemble, avec un intérêt commun : raffermir la protection du public
et favoriser une évolution positive du système professionnel québécois. Alors,
on est prêts à débuter. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Merci beaucoup, M. le ministre. Je
vais maintenant céder la parole à l'opposition officielle, représentée par Mme
la députée de La Pinière, à faire elle aussi ses remarques préliminaires pour 3 min 36 s.
Madame.
Mme Caron : Merci, M. le
Président. Alors, bonjour à tous et à toutes. Je suis heureuse d'être ici pour
siéger sur ce projet de loi. Ayant été moi-même membre par le passé de deux
ordres professionnels et très, très engagée dans l'un d'eux. Alors, évidemment,
je sais que le processus réglementaire pour faire approuver les règlements à
l'office et tout le processus est un processus qui est très long. Alors, les
propositions qui sont faites pour raccourcir, je pense que... que c'est bien
pour tout le monde, pour les 46 ordres aussi. Plus d'efficacité, c'est ce
qu'on recherche. L'élargissement des professions, surtout dans le domaine de la
santé, quand les personnes, les membres des... des divers ordres ont des
compétences et qu'ils ne peuvent pas les mettre au service du public, c'est une
perte pour le... pour le public. Alors, tant que les personnes, évidemment, ont
toutes les compétences nécessaires pour en faire profiter le public, et tout ça
dans un... évidemment, dans l'emballage de protection du public qui est la
mission première des... de tous les ordres. Donc, c'est... c'est un pas dans la
bonne direction. C'est effectivement la... je dirais, la suite du projet de loi
n° 67 qu'on a étudié l'année dernière. Je me rappelle qu'au PL 67
certains avaient dit que certaines mesures n'allaient pas assez loin, et la
ministre avait répondu qu'il y aurait des suites. Alors, effectivement, il y a
des suites. Je pense qu'il y a peut-être encore des choses qui pourraient aller
plus loin. On entendra les personnes qui vont venir déposer leurs mémoires.
La principale question que je me pose
quand je regarde tout... les notes explicatives, et l'ensemble du projet de loi,
et des mémoires aussi, c'est de... dans l'optique, évidemment, d'une efficacité
accrue pour le processus réglementaire dont je parlais tout à l'heure, il y a
des pouvoirs qui sont confiés à l'ordre des...
Mme Caron :
...à
l'OPQ, ce qui est très bien, l'Office des professions du Québec, mais il y a
quand même 46 ordres qui doivent s'entendre dans tout cela, alors, je
pense que le principe de subsidiarité et de collaboration doit être au
rendez-vous aussi pour que les 46 ordres soient d'accord avec ce que
les... l'Office proposera dans ses démarches. Donc, on va voir comment ça va
fonctionner en étudiant le projet de loi, et encore une fois, je suis heureuse
d'être ici, salutations à tous, toutes les équipes des ministères, les
techniciens aussi, le personnel des commissions qui nous appuient dans nos
travaux. Merci beaucoup.
• (11 h 40) •
Le Président (M. Provençal)
:Merci beaucoup, Mme la députée. Je
vais inviter, maintenant, le porte-parole du deuxième groupe d'opposition et
député d'Hochelaga-Maisonneuve à faire ses remarques préliminaires,
malheureusement pour 1 min 12 s.
M. Leduc : 1 min 12 s,
on y va, M. le Président. Je me rappelle, aux précédentes élections de 2022, il
y avait eu un débat organisé par le Conseil, je pense, et j'étais avec ma
collègue, la députée de Champlain, puis on avait eu toutes sortes de questions
sur la réforme du régime, quel ministère devrait être responsable de ce
dossier-là, puis je pense que depuis que je suis entré en fonction ici, à
l'Assemblée nationale en 2018, ça doit être le cinquième ministre ou ministère
différent qui hérite de la fonction des ordres professionnels. Je suis content que
ça aboutisse sur une réforme importante comme celle qu'on connaît aujourd'hui,
donc j'ai bien hâte de m'y plonger en entendant les différents intervenants
aujourd'hui et dans les prochains jours. Salutations, donc, à toutes les
équipes de la table, de la radiodiffusion, de la transcription, des différents
partis politiques et surtout, donc, des gens qui se sont déplacés, qu'on va
entendre dans les prochaines heures. Merci.
Le Président (M. Provençal)
:Merci beaucoup, M. le député, alors,
pour ces remarques préliminaires, nous allons maintenant débuter les auditions.
Alors, je souhaite la bienvenue au Conseil interprofessionnel du Québec,
représenté par M. Larivière, M. Émery et Mme de Gongre. Alors,
je vous cède la parole 10 minutes, puis après ça, on procède aux échanges.
M. Larivière (Philippe) : Merci,
M. le Président. Donc, M. le Président, M. le ministre, membres de la
commission, je vous remercie de nous donner l'occasion de vous présenter la
perspective du Conseil interprofessionnel du Québec sur le projet de loi 15. Je
suis Philippe Larivière, donc, vice-président du Conseil interprofessionnel, en
remplacement de la présidente Danielle Bouée, qui vous salue tous et toutes. Je
suis également à la présidence de l'Ordre des chiropraticiens du Québec. Je
suis accompagné de notre directeur général, donc, M. Laurent Émery, notre
directrice des affaires juridiques, Me Julie de Gongre. Le CIQ représente les
46 ordres professionnels du Québec. Ensemble, ces ordres encadrent plus de
438 000 personnes exerçant des activités réservées ou encadrées par
la loi. Notre rôle, aujourd'hui, est de faire ressortir les enjeux communs aux
systèmes professionnels et de contribuer à son évolution dans une perspective
de protection du public. D'entrée de jeu, nous souhaitons souligner que le CIQ
salue le travail réalisé en matière d'élargissement des pratiques
professionnelles. Il s'agit d'un dossier que nous travaillons activement avec
les ordres professionnels, l'Office et le ministère de la Santé et des Services
sociaux depuis 2022. Cet... ces élargissements sont nécessaires, ils sont
attendus et ils constituent un levier important pour soutenir une première
ligne plus forte, capable de répondre aux besoins croissants de la population
québécoise. Cela étant dit, notre intervention aujourd'hui portera surtout sur
un autre pilier du projet de loi 15, le traitement des règlements du système
professionnel. Pourquoi? Parce que le système professionnel existe pour une
raison fondamentale : Protéger le public. Et pour protéger efficacement le
public, il faut un système rigoureux et agile. Or, depuis plusieurs années, un
constat est largement partagé : La réglementation est devenue lourde à
faire évoluer. Certains règlements prennent des années avant d'être adoptés ou
modifiés, parfois cinq ans, parfois même près de 10 ans. Pendant ce temps,
les pratiques changent, les technologies évoluent, les risques se transforment.
Ce décalage crée des tensions. Il peut nuire à la cohérence de l'encadrement
des professions, il peut également rendre certaines règles difficiles à
comprendre et, dans certains cas, il peut affecter directement la protection du
public. Dans ce contexte, nous accueillons favorablement plusieurs mesures
proposées dans ce projet de loi. La simplification de mécanismes qui, jusqu'à
maintenant, étaient lourds et complexes, est bienvenue. La possibilité
d'envisager des règlements communs à plusieurs ordres ouvre aussi des
perspectives intéressantes. Ces mesures répondent à des préoccupations
exprimées depuis longtemps par le CIQ et par de nombreux ordres professionnels.
Nous reconnaissons donc les efforts qui ont été faits. Cela dit, notre message
central est le suivant : Le projet de loi n° 15
constitue un pas dans la bonne direction, mais il s'agit d'une réforme partielle.
Il...
M. Larivière (Philippe) : ...améliore
certains processus. Il ne règle pas à lui seul l'ensemble des enjeux liés à la
masse de règlements existants et à leur accumulation. Autrement dit, il ouvre
des portes. Mais ce qui fera réellement la différence, c'est la manière dont
ces nouvelles dispositions seront mises en œuvre. Selon nous, la réussite des
changements proposés repose sur un facteur déterminant : la collaboration.
Une collaboration réelle, humaine, structurée et prévisible entre l'Office des
professions du Québec, les ordres professionnels et le CIQ. Pourquoi
insistons-nous autant sur ce point? Lorsque les outils sont élaborés avec les
ordres professionnels, ils sont mieux adaptés aux réalités du terrain. Ils sont
aussi plus simples à appliquer et mieux compris par les professionnels. À
l'inverse, lorsque cette collaboration est informelle, des zones grises
apparaissent, des ajustements deviennent nécessaires et des irritants
pourraient s'installer. Au final, on rate la cible.
C'est pourquoi plusieurs de nos
recommandations visent à inscrire plus clairement la collaboration dans le Code
des professions. Par exemple, les lignes directrices de l'Office devraient être
élaborées en collaboration avec les ordres et le CIQ, et reposer sur des
principes clairs plutôt que sur des prescriptions détaillées. Les règlements
communs devraient également être développés dans un cadre de collaboration,
encore une fois, humain, structuré et prévisible. Les normes d'éthique et de
déontologie applicables aux administrateurs devraient s'appuyer sur l'expertise
existante et les pratiques éprouvées. L'objectif est simple : mieux
travailler ensemble en amont pour éviter des problèmes en aval.
Nous soulevons également quelques points
de vigilance. Lorsque certaines conditions d'exercice peuvent être déterminées
par résolution plutôt que par règlement, c'est une avancée en matière
d'agilité, mais encore faut-il que ces résolutions aient une valeur juridique
claire et qu'elles puissent, dans certains cas, être opposables. Autrement, les
ordres pourraient, par exemple, se retrouver dans l'impossibilité d'intervenir
efficacement en cas d'exercice illégal d'une profession. L'outil pourrait alors
prendre une grande partie, pourrait alors perdre, dis-je, une grande partie de
son utilité.
Dans notre mémoire, nous attirons aussi
votre attention sur certaines incohérences techniques, notamment en matière de
conciliation et d'arbitrage des comptes. Il s'agit de corrections simples, mais
importantes. Enfin, nous exprimons des préoccupations quant aux modifications
visant le privilège relatif aux litiges. Ce privilège vise à protéger les
échanges et les documents liés à la préparation d'un procès ou d'une audience,
comme par exemple, une audience disciplinaire afin de créer une zone de
confidentialité permettant aux parties de se préparer. À ce stade, il est bien
difficile de cerner le problème que ces modifications cherchent à régler. En
revanche, ces modifications soulèvent des enjeux qui pourraient outrepasser les
bénéfices recherchés. Elles sont susceptibles d'entraîner des débats
procéduraux complexes et coûteux devant les conseils de discipline, voire
devant les tribunaux supérieurs. Nous recommandons donc de retirer
l'article 22 du projet de loi afin de poursuivre la réflexion avec
l'ensemble des acteurs concernés.
Dans le même esprit de réflexion sur
l'évolution du système professionnel, nous souhaitons également aborder la
question de la gouvernance. Le CIQ estime que le temps est venu de repenser les
assemblées générales des membres. Il s'agit d'ailleurs d'une recommandation que
nous avons déjà formulée, notamment dans un avis transmis à la ministre
responsable de l'application des lois professionnelles. Parler d'assemblée
générale renvoie à une logique associative. Or, les ordres sont avant tout des
organismes qui protègent le public. Des rencontres publiques axées sur la
reddition de comptes et l'information seraient mieux alignées avec cette
mission.
En terminant, permettez-nous de revenir à
l'essentiel. Le projet de loi n° 15 apporte des
avancées importantes. Il ouvre des portes et envoie un message clair, celui
d'un système professionnel que l'on souhaite plus agile et mieux adapté aux
réalités actuelles. Il faut toutefois poursuivre la réflexion et le travail. Ce
projet de loi ne peut pas à lui seul régler l'ensemble des défis auxquels le
système professionnel fait face. Il constitue une étape, une étape importante,
certes, mais une étape qui appelle à une suite. La modernisation du système
professionnel est un chantier d'envergure qui gagnerait à s'inscrire dans une
vision globale, appuyée sur l'expérience du terrain et sur un dialogue constant
entre les acteurs. C'est dans cet esprit que le CIQ formule ses commentaires
pour consolider les avancées proposées et pour contribuer à bâtir un cadre qui
soutient la protection du public. Nous souhaitons...
M. Larivière (Philippe) : ...également
réaffirmer notre volonté de travailler en collaboration avec l'Office des
professions du Québec. Nous avons confiance en sa capacité de mettre en œuvre
les changements proposés de manière rigoureuse, cohérente et constructive.
Par ailleurs, de nombreux ordres ont
transmis des mémoires ou des commentaires dans le cadre de cette consultation,
même s'ils ne sont pas présents devant vous aujourd'hui. Nous vous invitons à
en prendre connaissance, à les lire attentivement et, le cas échéant, à les
questionner. Ces personnes ont toutes à cœur la modernisation du système
professionnel québécois et la protection du public. Nous partageons avec vous
un objectif commun : Maintenir un système professionnel fort, crédible et
à la hauteur de la confiance que la population québécoise lui accorde. Le CIQ
et les ordres professionnels demeurent pleinement disponibles pour poursuivre ce
travail avec vous. Merci de votre attention. Nous sommes prêts à répondre à vos
questions et à accueillir vos commentaires.
• (11 h 50) •
Le Président (M. Provençal)
:Merci beaucoup. Écoutez, d'entrée de
jeu, je veux vous dire que tous les mémoires que l'on reçoit sont considérés,
sont lus et sont appréciés. Ça fait que je vais vous sécuriser sur ce côté-là.
M. le ministre, 11 min 30 s pour les échanges.
M. Boulet : Oui, merci, M. le
Président, de le rappeler, puis je l'avais aussi mentionné lors de mes
remarques préliminaires. D'abord, je veux vous remercier, vous personnellement,
du Conseil interprofessionnel du Québec, M. Larivière, M. Émery,
Me de Gongre, pour le temps que vous avez consacré à la préparation du
mémoire. Puis c'est une excellente présentation, ça m'apparaît extrêmement
clair et, oui, avec considération et tout le sérieux que mérite votre mémoire.
Je vais me limiter, M. Larivière, à
quelques questions, là. Puis quand vous référez notamment... vous faites
référence au volume réglementaire puis la mise en œuvre des mesures
d'allègement qui sont proposées, tenant compte de la mission du Conseil,
comment vous pourriez contribuer à la mise en œuvre des allègements? Comment
vous voyez votre rôle spécifiquement? Puis j'aimerais ça que vous me donniez un
exemple.
M. Larivière (Philippe) :
Merci pour votre question, elle est appréciée puis ça permettra à tous
d'apprécier l'apport que le conseil peut avoir. S'il y a un seul message qu'on
veut que vous reteniez aujourd'hui, c'est l'aspect collaboration dont on a...
qu'on a abordé dans le mémoire puis dans mon allocution. On souhaite être mis à
contribution, là... pour l'instant, dans le projet de loi, on parle de
consultations du conseil, consultations, peut-être, des ordres, puis on recommande
de faire passer ça au stade de collaboration. Puis ça s'inscrit en quoi,
cette... comment cette collaboration-là? Eh bien, c'est de tenir compte,
évidemment, de l'avis des parties prenantes puis de tenir compte du terrain
aussi. Les ordres professionnels vivent, eux, l'application des différents
règlements ou l'application de la mise en œuvre, peut-être, des changements mis
dans le projet de loi. Puis, des fois, quand on reste à haut niveau puis qu'on
n'a pas l'expérience terrain, bien, on n'est pas à même d'apprécier les écueils
ou les difficultés d'application. Ça fait que nous, on veut collaborer, que ce
soit développé en collaboration. Puis peut-être si... si vous voulez un
exemple, peut-être, ou je peux vous laisser aller, Mede Gongre est prête à vous en
donner.
Mme de Gongre (Julie) : Oui.
Un exemple formidable, ce fut le guide de bonnes pratiques en matière
d'inspections professionnelles produites par l'Office des professions, un
document qui fait consensus au sein des différentes parties prenantes, issu des
travaux d'un groupe de travail de l'office où des représentants d'une dizaine
d'ordres professionnels collaboraient ensemble, forts eux-mêmes d'échanges qui
ont lieu au sein d'un notre forum, le forum de l'inspection professionnelle ou
CIQ. Donc, le travail en amont que nous, on fait avec nos membres, de
concertation, de collaboration s'est traduit au niveau du groupe de travail de
l'office puis ça a produit un guide qui, à ce jour, est toujours... fait
toujours consensus. Donc, un formidable travail de collaboration.
M. Boulet : Donc, c'est assez
clair puis c'est intéressant. Donc, vous voulez... puis vous mentionnez passer
de la consultation à la collaboration, mais ce guide-là, en matière
d'inspection professionnelle, est un bel exemple de votre contribution ou de
votre participation à la mise en œuvre. Et collaboration, dans le fond, ce que
vous dites, c'est qu'on continue puis qu'on ne perde pas de vue l'importance du
dialogue avec le conseil puis les ordres professionnels. OK, ça me va.
Puis réduire le nombre ou le volume
réglementaire, si vous aviez à vous exprimer là-dessus, M. Larivière,
parce que je n'ai pas lu la totalité du mémoire, est-ce qu'il y a un conseil
que vous pourriez partager avec nous pouvant nous guider dans la réduction du
volume réglementaire...
M. Boulet : ...parce qu'il y
en a tout le temps trop, des règlements. Puis je rencontre des professionnels,
pas des 46 ordres, mais je connais des personnes, oui, vraisemblablement
dans les 46 ordres. Puis souvent c'est compliqué puis on a de la misère à
comprendre puis ça engendre de la confusion. Donc, est-ce que vous auriez un
conseil à partager?
M. Larivière (Philippe) : Pour
que tout le monde prenne la mesure, là, il y a environ 870 règlements dans
le corpus réglementaire du système professionnel. On a... on est peut-être
passés à 20 de plus depuis avril dernier, c'est encore en croissance ou en
augmentation. Évidemment, ça joue sur la flexibilité. Pour réduire le nombre de
règlements, il y a des solutions qui sont là puis qui sont dans le projet de
loi, d'en... d'avoir des règlements uniques pour certains ordres, tous les
ordres ou un regroupement d'ordres, ça, ça en fait partie. Une autre solution
serait de... au lieu d'avoir besoin d'un règlement pour certaines dispositions,
ça pourrait être par résolution du conseil d'administration, où on s'offre une
certaine flexibilité supplémentaire puis qu'on a besoin de la contribution de
moins de personnes. Maître de Gongre, si vous avez d'autres exemples plus
concrets que le principe général.
Mme de Gongre (Julie) : À
titre d'exemple, en fait, je mentionnerai que le Conseil, on a formé un groupe
de travail sur la réglementation. Et fort de l'expertise de nos membres, on
s'est penchés sur l'ensemble des types de règlements existants. Et, pour chacun
de ces types de règlements, on a des idées. On a des... on a des... on a
continué à y réfléchir. Puis je vous dirais aussi qu'une approche qu'on prône
beaucoup au conseil, c'est la «right-touch regulation», donc une approche où on
se questionne à savoir quelle est la force réglementaire qui est nécessaire
pour atteindre l'objectif recherché. C'est une approche où on vise une
réglementation qui soit proportionnée, cohérente, ciblée, pertinente,
responsable et agile. Et, en ce sens, on a travaillé, là, sur différents
éléments de réflexion qui pourront nourrir les prochains volets de la
modernisation.
M. Boulet : OK. C'est
intéressant puis j'apprends en même temps. Puis on me confirme qu'il y a quand même
30 types de règlements. On encadre 46 ordres professionnels, mais
55 professions en tout, là, mais ça me préoccupe constamment, là, de
travailler à la réduction ou à la simplification du volume ou du fardeau
réglementaire. M. Larivière... puis là, j'aurais peut-être deux, trois
questions avant de conclure, le privilège relatif aux litiges, est-ce que vous
feriez une distinction entre l'audience ou le forum du syndic puis celui... le
forum d'un conseil disciplinaire? Me de Gongre ou...
M. Larivière (Philippe) :
C'est une question de nature juridique. Je me tourne à ma gauche.
Mme de Gongre (Julie) :
Écoutez...
M. Boulet : Elle voulait
absolument répondre.
Mme de Gongre (Julie) : Oui,
je m'excuse.
M. Larivière (Philippe) : ...
Mme de Gongre (Julie) : Donc,
je vous dirais que... écoutez, on a parlé avec beaucoup d'acteurs qui... qui
œuvrent au sein des ordres professionnels, mais aussi à différents avocats qui
plaident devant les conseils de discipline pour différentes parties. Et je vous
dirais que les différents acteurs sont assez unanimes, à savoir que... bien, en
fait, on se questionne à savoir c'est quoi, le problème réel qu'on veut régler.
On se dit : Si on veut s'attaquer en fait à... aux enquêtes, on se demande
pourquoi on n'a pas modifié les pouvoirs des syndics à l'article 122 du
code, au lieu d'opter pour les modifications à 149 puis à 192.
Aussi, pour... pour vous... parce que vous
posez la question entre l'enquête et la discipline, c'est au niveau de la
discipline où on voit qu'il y a un enjeu qui est plus important, puis c'est là
où on vous invite à... peut-être à poursuivre la réflexion avec les acteurs,
parce qu'actuellement, il n'y en a pas tant que ça, des débats en lien avec le
privilège relatif aux litiges, mais à toutes les fois, ce sont des débats qui
sont extrêmement longs et coûteux pour les parties, autant pour les ordres que
pour les professionnels. Et on en a, des exemples tirés de la jurisprudence.
Puis on pense que la balance des inconvénients penche en faveur d'une réflexion
plus approfondie à ce niveau-là.
M. Boulet : OK, on va la
faire. Elle était bien préparée, hein? Merci pour la réponse. Vous dites à un
moment donné, M. Larivière : Il faudrait plus de consultations, vous
référer à des problèmes en amont pour éviter des problèmes en aval. Est-ce
qu'il y a un cas ou un exemple qui pourrait mettre ça en perspective?
M. Larivière (Philippe) : Oui,
bien, je ne sais pas si mes collègues ont des exemples à donner, moi, j'ai...
vous pouvez y aller, là, j'en avais un...
Mme de Gongre (Julie) :
...peut-être le plus patent, c'est celui qui va être corrigé par le projet de
loi actuel, ce sont les normes d'éthique, déontologie où là, on a... Je pense
qu'il y a une... peut-être un... des échanges plus... plus... plus poussés
auraient peut-être permis d'élucider certains... certaines difficultés.
Peut-être, c'est l'exemple le plus patent.
M. Émery (Laurent) : ...si je
peux me permettre, Julie, de...
M. Émery (Laurent) : ...de
compléter. Dans le mémoire, on fait allusion au règlement sur la rotation par
moyen technologique qui, bien entendu, là, on a tous vécu cette courbe-là
technologie de façon rapide. Aujourd'hui, on vit avec un règlement qui est en
place, qui peut-être un peu décalé avec la réalité technologique qu'on a
aujourd'hui. De façon générale, la philosophie, c'est de dire : les ordres
professionnels ont un pied dans le terrain qui permettrait également à
l'Office, au législateur de bien structurer les règlements, donc, assurons-nous
que les ordres professionnels fassent partie de cette équation-là de la
collaboration, avec le CIQ également, pour s'assurer, bien, que le terrain, les
professionnels qui sont là puissent avoir leur mot à dire et que les ordres
professionnels qui ont comme mandat de protéger le public soient considérés
dans l'élaboration de ces règlements-là.
• (12 heures) •
M. Boulet : Super.
Une voix : ...
M. Boulet : Deux minutes. OK.
Désolé. OK, donc une minute. Est-ce que si vous aviez à identifier une
recommandation phare ou votre recommandation la plus prépondérante, quelle
serait-elle?
M. Larivière (Philippe) : Dans
tout ça? Bien, on a parlé de collaboration, là. S'il y a un message à retenir,
puis que ça, c'est... que ça, ça a bien porté, je pense que tout le monde a
bien entendu. Sinon peut-être d'autres suggestions...
Mme de Gongre (Julie) : J'irais
encore avec la collaboration.
M. Boulet : OK, parfait,
alors on s'entend sur la collaboration. Évidemment, on a tous, vous le mentionnez,
des intérêts communs. On veut accroître notre capacité québécoise à répondre à
des besoins qui sont croissants. On veut aussi alléger les processus
réglementaires quand c'est... tu sais, on voit des règlements qui aboutissent
au Conseil des ministres, là, sans nécessité. Donc, ça, ça démontre la
confiance qu'on a aussi dans le potentiel des ordres professionnels de se
réglementer avec l'Office des professions du Québec. Et si votre recommandation
centrale ou prépondérante, c'est la collaboration, on s'entend complètement.
Alors, merci beaucoup, encore une fois, de votre préparation puis de la clarté
de vos réponses aussi. Merci beaucoup.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup, M. le ministre. Alors je cède la parole à
Mme la députée de La Pinière.
Mme Caron : Merci, M. le
Président. Alors, merci pour la présentation de votre... de votre mémoire.
Alors, juste pour poursuivre sur la lancée de la dernière question du ministre,
quand vous parlez de collaboration, vous avez bien expliqué ce que vous pouvez
faire, vous avez donné des exemples probants et même, dans les recommandations
d'amendement du projet de loi que vous avez, il y a certains endroits où vous
proposez de remplacer le mot consultation, c'est-à-dire qu'au lieu que l'Office
des professions du Québec consulte les ordres après avoir fait un règlement ou
un projet de règlement, qu'il y a un mécanisme qui soit mis en place pour que
les ordres ou certains ordres travaillent avec l'office en amont, donc en
collaboration, pour en venir à un règlement qui, selon vous, aurait plus de
chances d'être consensuel, comme vous en... vous avez dit, les guides de
pratique. Donc, en fait de terminologie ou d'amendements du projet de loi, à
certains endroits vous proposez de remplacer le mot «consultation» par le mot
«collaboration» ou d'ajouter «la collaboration». C'est bien ça que... le
message que vous nous passez?
M. Larivière (Philippe) : C'est
bien ça. Puis, tu sais, entendons-nous, là, de la collaboration, il en existe
déjà, là, ce n'est pas. On n'est pas là en train de lancer un message, là, en
disant : il n'y a pas de collaboration, il y a des choses qui sont
imposées et tout. C'est qu'on veut s'assurer que ce soit bien enchâssé dans le
Code des professions pour que cette culture de collaboration là soit enrichie
ou se poursuive.
Mme Caron : C'est ça, je
comprends, ce n'est pas... Il n'y a pas de blâme à personne ici, là, ce n'est
pas... ce n'est pas qu'il n'y a pas de la collaboration, mais c'est que... pour
que, quand vient le temps d'élaborer un règlement, ça peut prendre un peu plus
de temps peut-être quand on travaille en collaboration, on dit quand on a
travaillé seul, ça va plus vite, mais quand on travaille en équipe, on va plus
loin. Donc c'est un petit peu ça, le message que vous nous dites. Si les ordres
peuvent collaborer dans un mécanisme avec l'ordre... l'Office des professions
pour adopter les... ou préparer les règlements, ou tout ce qui est confié à
l'office par le projet de loi 15, à ce moment-là, ça pourrait peut-être
prendre un petit peu plus de temps au départ, mais à la fin, il y aurait plus
de chances d'aboutir à des règlements qui font consensus dans les
46 ordres et donc moins de, entre guillemets, de litiges à la fin, là.
M. Larivière (Philippe) : Exact.
Émery... pour compléter? Non, ça va? OK, je voyais des signaux.
Mme Caron : Merci. Vous
parlez aussi de balises... de balises et d'attentes claires qui devraient être
communiquées par l'office aux ordres. Sous quelle forme vous voyez ces balises...
12 h (version non révisée)
Mme Caron : ...ces
balises et ces attentes claires? On parle de... c'est en page... dans la
section III de votre mémoire sur la collaboration et l'expertise, là.
M. Émery (Laurent) : Donc,
on a, Me de Gongre, qui est prête pour vous.
Mme de Gongre (Julie) :
L'Office, en fait, dans notre mémoire, on... pardonnez-moi, on prévoit que
l'Office... on invite l'Office, dans le fond, à communiquer dès sa présence sa
philosophie d'intervention, au niveau notamment des lignes directrices, pour
éviter, dans le fond, les risques d'insécurité juridique. Parce que le risque,
à ce niveau-là, en fait, c'est que, si... Parce que les lignes directrices, ça
l'a une certaine texture, là, en droit, on va dire, tu sais, des... comment je
pourrais dire... Je vais essayer de simplifier ça, mais en raison de la nature
des lignes directrices, ça prend des seuils clairs à atteindre. Ça prend des
critères explicites. Autrement, les ordres ne sauront s'ils ont adopté la bonne
voie qu'après l'inspection de l'Office. Donc, si, par exemple, un ordre a
entrepris des mesures, je vais donner un exemple hypothétique, en inspection, puis
après coup, on lui dit : Bien, ce n'était pas conforme, ton règlement, ça
peut mettre l'ordre en situation difficile alors que sa mission première, c'est
la protection du public. Donc, si les balises sont claires, si les lignes
directrices sont élaborées en termes de grands principes qui sont clairs,
accessibles et accessibles aussi au public, pour que toutes les parties
prenantes puissent avoir une compréhension commune, on pense que ça va réduire
les risques d'insécurité juridique.
M. Émery (Laurent) : Puis
je me permets, également, au niveau de l'exercice de collaboration, bien, ça
facilite également une compréhension commune des lignes directrices. Donc, en
faisant cet exercice-là en amont, bien, on s'assure à ce moment-là qu'il y ait
une compréhension commune et que... les éléments que Julie nous expliquait ne
soient pas reproduits.
Mme Caron : Donc, c'est
un exercice à faire dans le but de collaboration, mais ce n'est pas un
changement à intégrer au projet de loi en tant que tel, là.
Mme de Gongre (Julie) :
Non, non, c'est vraiment... c'est toujours dans l'optique de la collaboration,
puis de miser sur l'expertise de nos membres, là, qui ont la connaissance
terrain.
Mme Caron : Merci. À la
section IV.1 de votre mémoire sur les conditions et modalités suivant
lesquelles certaines activités peuvent être exercées, quatrième paragraphe, vous
parlez de... de résolutions qui doivent être... qu'il faut que les résolutions
puissent être opposables aux tiers, sinon les ordres pourraient se retrouver
dans l'impossibilité d'agir efficacement, notamment à l'égard de personnes qui
exerceraient illégalement une profession. Et là, bien évidemment, la protection
du public serait en jeu. Est-ce que vous pouvez nous expliquer un petit peu
plus ce que vous voulez dire?
M. Larivière (Philippe) : Bien,
je peux me lancer dans un début d'explication, c'est... On peut adopter un
règlement qui vient déléguer certains actes ou permettre à certaines personnes
qui ne sont pas membres d'un ordre d'exercer. Puis, par exemple, pour des...
compléter les études, ce serait un excellent exemple. Et si on transforme ça,
après ça, en résolution, bien, si une simple résolution du conseil ne peut pas
avoir force équivalente à un règlement ou à une loi, bien, on viendrait se
trouver dans une situation difficile pour faire appliquer cette résolution-là à
des potentiels contrevenants en matière d'exercice illégal de la profession. Ça
fait que, concrètement, c'est ça que ça veut dire. Donc, Me de Gongre a une
belle solution à vous proposer.
Mme de Gongre (Julie) :
C'est ça, parce que c'est une avancée, là, au niveau de l'agilité, là. C'est
une super bonne initiative, là, du projet de loi. Et en s'inspirant de ce qu'on
a mis dans le projet de loi pour l'article 95.1, on pense que ça pourrait
être une solution qu'on pourrait reprendre pour, au niveau de l'article 94 h,
donc, de prévoir qu'une résolution adoptée conformément au paragraphe h du
premier alinéa de 94... c'est considéré comme une loi publique et qu'il n'est
pas nécessaire de la plaider spécialement.
Mme Caron : Merci. Aussi,
votre recommandation 7, de remplacer les assemblées générales des membres
par des rencontres publiques. Je comprends. Vous y avez fait allusion tout à l'heure,
là, parce qu'assemblées générales, ça fait plus associatif. Mais au-delà du
changement de terminologie, est-ce qu'il y a quelque chose de plus substantiel
qui vient avec ça, par exemple, est-ce que l'ordre du jour d'une rencontre
publique serait le même que l'ordre du jour d'une assemblée générale où il y
aurait des différences marquées, ou...
M. Larivière (Philippe) : Il
pourrait avoir certaines différences. En fait, l'objectif, ici, c'est de... un
exercice de reddition de comptes envers le public lui-même, parce qu'on est là
pour le protéger d'abord et avant tout. Donc, ça, ça entraîne un changement au
niveau de l'ordre du jour. Vous savez, au départ, tu sais, le système
professionnel a plus de 50 ans... au départ, bien, les assemblées
générales puis le Code des professions étaient ce qu'ils étaient, puis
tranquillement pas vite, bien, il y a eu des changements. Puis, essentiellement,
les assemblées générales, maintenant, les seuls pouvoirs qui restent aux
membres, c'est de voter sur le... de nommer l'auditeur indépendant, puis de
voter la rémunération ou d'approuver la rémunération des administrateurs élus.
Donc, ça crée, d'appeler ça...
M. Larivière (Philippe) : ...assemblée
générale, ça vient créer un genre de... de sentiment où ils auront des... des
réels pouvoirs, ou des grands pouvoirs, ou quelque chose à dire, ou pouvoir
s'exprimer, alors que ce n'est pas nécessairement ça que c'est devenu, là,
aujourd'hui. Donc... donc, c'est pour se retirer un peu de cette... des
attentes qui sont créées envers, aussi, les membres des ordres mais aussi de...
de clarifier le rôle des ordres auprès du public, auprès des membres des
ordres, aussi, également.
• (12 h 10) •
Mme Caron : Donc, c'est... le
mot clé que j'ai retenu, c'est que ces... ces rencontres publiques sont
vraiment pour le public. Donc, ce n'est pas une reddition de compte aux membres
de l'ordre, c'est une reddition de comptes au public.
M. Larivière (Philippe) :
...public, auquel les membres des ordres pourraient participer aussi,
évidemment.
Mme Caron : OK. Merci.
J'aimerais vous entendre un petit peu plus sur votre recommandation 6
qui... à propos du privilège relatif aux litiges. Et là vous recommandez de
retirer l'article 22 du projet de loi pour que la réflexion se... se
poursuive sur les articles 122, 149 et 192 du Code des professions avec
l'ensemble des acteurs du système professionnel. Donc, je comprends avec
l'ensemble des... des ordres ou avec les membres aussi. Mais si vous pouviez
nous expliquer pourquoi c'est... ce serait important de retirer cet
article 22 du projet de loi.
Mme de Gongre (Julie) : Mais,
peut-être, comme mentionné précédemment, c'est qu'on pense que ça pourrait
entraîner des débats et des délais devant les conseils de discipline, voire les
tribunaux supérieurs, quand... quand ça pourrait être contesté sur... au niveau
de la constitutionnalité. Puis, c'est toujours des choses qui se retrouvent ici
assez fréquemment, en fait, je dirais, à la Cour suprême. Donc, on parle de...
dossiers qui pourraient prendre quatre ou cinq ans avant... avant d'aboutir, si
je peux me permettre l'expression. Donc, on pense qu'il y aurait lieu de
réfléchir à peut-être à revoir, là, cet article-là, en fait.
Puis, il n'est pas impossible de penser
qu'il y a des gens, parce que ça se fait déjà, des gens tentent, via les
audiences disciplinaires, d'obtenir des documents auxquels ils n'auraient pas
accès. Et on pense que ça pourrait peut-être tenter des gens à déposer des
plaintes disciplinaires pour obtenir des documents qui, autrement, seraient
protégés par le privilège relatif aux litiges, ce qui pourrait conduire, en
définitive, à une perte de confiance envers le système disciplinaire.
Mme Caron : Donc, ce que...
ce que vous dites, ce n'est pas que l'article, en fin de compte,
l'article 22 du projet de loi est mauvais en tant que tel, mais que...
donc, vous... vous ne changerez rien pour l'instant pour pouvoir approfondir
cette question-là dans un autre cadre. Puis, est-ce que ce serait pour... Ah,
mon Dieu! Pardon! Pardon! Ajouter... Je voulais... je voulais mettre mon
minuteur pour ne pas dépasser mon temps, M. le Président. Désolée. Alors, ce
n'est pas pour... Vous n'avez pas quelque chose à proposer à la place pour
l'instant, c'est... ce serait quelque chose à venir.
Mme de Gongre (Julie) : Bien,
je vous disais que les... les enjeux qu'on soulève dans notre mémoire nous
conduisent à... à recommander une plus... plus ample réflexion à cet égard.
Mme Caron : D'accord. Je vous
remercie.
Le Président (M. Provençal)
:Ça va, Mme la députée?
Mme Caron : Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, nous poursuivons avec le député d'Hochelaga-Maisonneuve
pour 4 min 8 s.
M. Leduc : Merci, M. le
Président. Bonjour à vous trois. Merci d'être là. De... si vous aviez à mettre,
d'un à 10, votre niveau de satisfaction par rapport au projet de loi, ce serait
quoi le chiffre magique?
M. Larivière (Philippe) : Merveilleuse
question. On ne s'est pas posé cette question-là. Nous, le... en fait...
Une voix : ...
M. Larivière (Philippe) : 9
point...
M. Leduc : C'est quoi le
Google review du ministre, c'est ça qu'on veut savoir.
M. Larivière (Philippe) : Oui.
M. le ministre suggère 9,5. En fait... en fait, on est... on est très heureux
puis on comprend dans... dans quelle perspective le projet de loi s'inscrit,
hein? On peut... on peut essayer de manger un éléphant tout d'un coup, mais ça
va être assez difficile, donc on va manger notre éléphant... des bouchées,
bouchée par bouchée. Puis... puis, on nous l'a très bien expliqué, ça fait que
l'essence de notre... de notre mémoire disait aussi : Ne nous arrêtons pas
là et poursuivons le travail. Donc...donc, on est très heureux de voir un
projet de loi déposé puis qui nous permettra de faire avancer les choses.
Donc... donc, on est quand même satisfaits. Puis, il y a des éléments à
parfaire. C'est toujours perfectible, M. le ministre l'a dit d'entrée de jeu
d'ailleurs puis le reconnaît bien. Donc, on veut qu'on retienne ici
l'inscription de collaboration, par exemple, dans le projet de loi, peut-être
au lieu de consultation, ça fait que ça, ça nous satisfait. Il y a le... la
spécialisation de Me de Gongre en privilège relatif aux litiges aussi,
quand on... on porte une attention là-dessus particulière, mais sinon, dans
l'essence, c'est... c'est un bon projet de loi, là.
M. Leduc : ça fait que vous
répondez à ma question, mais tout à fait répondre à ma question.
M. Larivière (Philippe) : Bien,
c'est parce que... parce que c'est...
M. Leduc : Vous êtes très...
vous seriez très bon à la période des questions.
M. Larivière (Philippe) :
C'est arbitraire.
M. Leduc : Les élections s'en
viennent. Là, tout le monde cherche des candidats, je dis ça de même, je dis ça
même. Blague à part, je ne veux pas vous accabler avec un chiffre
nécessairement. Mais je comprends la philosophie de dire : On avance, mais
il reste beaucoup de chemin, ou, du moins, on aurait aimé ça qu'il y ait plus
de chemin, d'où la... la batterie d'amendements que vous déposez et ceux de vos
différents collègues. 49, c'est-tu que j'ai compris?
M. Larivière (Philippe) :
46 ordres.
M. Leduc : 46,
46 ordres...
M. Leduc : ...j'imagine qu'il
y a beaucoup de travail du côté du cabinet du ministre pour voir ce qu'il peut
retirer et intégrer dans un... rendu à l'étude détaillée qui viendra peut-être
un peu plus tard dans la session, parce que moi et lui, on a des rendez-vous
sur le... les cotisations syndicales avant ça, je pense. On suivra… Je ne sais
pas il me reste combien de temps, M. le Président, mais...
Le Président (M. Provençal)
: Deux minutes.
M. Leduc : Deux minutes. Sur
sur la question des dates des assemblées générales versus publiques, là, la
recommandation numéro 7. Je veux bien comprendre, vous dites : Là, ça
ne sert plus à grand-chose. Du moins, les attentes ne sont pas remplies par
rapport aux assemblées générales classiques, ça fait qu'on veut rendre ça plus
public, mais est ce que ça ne deviendrait pas, puis j'essaie de faire,
peut-être, l'avocat du diable, mais une espèce de lieu pour des personnes, peut
être, quérulentes des fois qui en ont, une histoire personnelle pas simple,
mais qui vont vouloir profiter de ce lieu-là pour déballer leur sac puis faire
dérailler, peut-être, une assemblée publique de ce genre?
M. Larivière (Philippe) : Bien,
il y a des moyens, quand même, d'encadrer, je pense, ce genre d'assemblée là,
je pense que la reddition de comptes envers le public est importante, puis il
faut trouver, simplement, un véhicule pour y arriver. Laisser le public
s'exprimer, c'est important. Des fois, ça peut faire du bien, aussi, aux
professionnels d'entendre ce que le public pense, puis l'avis aussi, ça aide à
faire accepter, peut-être, certaines pratiques aussi. Tu sais, il faut vraiment
se rappeler pour qui on travaille, pour qui les ordres travaillent, puis c'est
définitivement le public.
M. Leduc : Géographiquement,
ça marcherait comment? Parce que des professionnels de différentes catégories,
il y en a partout sur le territoire. Ça serait des assemblées en ligne où ça
serait en ligne/hybride aussi, un peu?
M. Larivière (Philippe) : Ça,
ça reste des réflexions qu'on tient... qu'on reste à avoir, mais je pense que
des assemblées en ligne, c'est accessible, donc on peut, on peut faire ça.
Sinon, auparavant, les assemblées générales annuelles des ordres se faisaient
en personne seulement, puis c'est la même chose pour les membres qui sont dans
des régions éloignées, c'est difficile de se présenter. Maintenant, la
tendance, la grosse tendance, c'est de faire ça minimalement en ligne, des fois
hybrides, ce qui fait en sorte qu'il y a une plus grande participation d'un
plus grand nombre, ça favorise la participation des gens en région. Donc, le
même genre de principe pourrait s'appliquer aux assemblées d'information
publiques.
M. Leduc : Puis vous avez
besoin d'une modification législative pour faire ça?
M. Larivière (Philippe) : Clairement,
parce que les assemblées générales des ordres, là, c'est vraiment inscrit au
niveau de... du Code des professions, là...
M. Leduc : Mais vous ne
pouvez pas faire l'assemblée générale et aussi une rencontre publique? Ça ne
pourrait pas se superposer?
M. Larivière (Philippe) : On
pourrait décider de l'organiser, effectivement, mais là, on est dans des
problèmes de gouvernance, aussi, comme je l'expliquais, où les membres des
ordres, des fois, ont des attentes envers... envers ce qui va se passer à
l'assemblée, puis que les pouvoirs qui leur sont dévolus ne représentent pas
nécessairement les attentes, puis là, ça crée un enjeu, puis comme je le disais
tout à l'heure aussi, ça crée un enjeu de perception, peut-être, auprès des
membres et du public, à savoir que les ordres organisent des assemblées
générales, sont là pour défendre leurs membres, tu sais, alors que ce n'est pas
du tout le cas.
M. Leduc : Merci beaucoup.
M. Larivière (Philippe) : Ça
fait plaisir.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, je vous remercie, je remercie
beaucoup les représentants du Conseil interprofessionnel du Québec pour leur
participation à nos travaux. Merci beaucoup pour la qualité de l'échange. Ceci
dit, je suspends quelques instants les travaux pour faire place au prochain
groupe. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 12 h 17)
(Reprise à 12 h 22)
Le Président (M. Provençal)
: Alors, nous reprenons nos travaux. J'accueille maintenant l'Ordre
des infirmières et infirmiers du Québec et leurs représentants, c'est-à-dire
M. Mathieu, Mme Lampron, Mme Roy Mme fortin et Mme Fortin.
Alors, M. Mathieu, je vous invite à
faire votre présentation, vous avez 10 minutes, et, par la suite, nous
procéderons aux échanges. Alors, à vous la parole.
M. Mathieu (Luc) :Merci. Alors, M. le Président, M. le ministre, membres de
la commission, bonjour. Je m'appelle Luc Mathieu, je suis président de l'Ordre
des infirmières et infirmiers du Québec. Pour répondre à toutes vos questions,
aujourd'hui, je suis accompagné de trois collègues. Kim Lampron, à gauche, qui
est secrétaire de l'ordre et directrice des affaires institutionnelles, à ma
droite, immédiatement, Pénélope Fortin, qui est avocate et conseillère
juridique à l'ordre, et de Mme Caroline Roy, qui est directrice du soutien
et du développement professionnel à l'ordre.
Alors, d'emblée, nous tenons vous
souligner que l'OIIQ accueille favorablement le projet de loi n° 15.
Nous y voyons non seulement un moyen d'améliorer l'accès aux soins et aux
services pour la population, mais aussi la protection du public. La pertinence
des orientations mises de l'avant en matière d'élargissement des pratiques
professionnelles ne fait aucun doute. En misant sur une utilisation optimale
des compétences infirmières, l'élargissement des pratiques professionnelles
permettra en effet à la population québécoise de bénéficier d'interventions
infirmières plus efficaces, d'une bonification de l'offre de service et d'une
réduction des délais, particulièrement en première ligne. Parce que les
changements qu'elles introduisent faciliteraient l'adoption de mesures favorables
à la protection du public, les dispositions relatives à l'allègement
réglementaire nous apparaissent également bienvenues. Il en va de même des
changements qui permettraient dorénavant à tous les membres de l'OIIQ de voter
lors de l'assemblée générale annuelle, comme c'est le cas pour tous les autres
ordres professionnels.
Au-delà de l'accueil favorable réservé au
contenu du projet de loi, nous souhaitons tout de même profiter de l'occasion
pour vous proposer un certain nombre d'ajouts ou de modifications, tous ont
pour objectif d'accroître la portée du texte de loi envisagée ou d'éviter
certains écueils lors de sa mise en œuvre.
Alors, notre intervention est structurée
en trois grandes catégories : D'abord, l'élargissement des pratiques
professionnelles, puis l'allègement réglementaire et enfin la gouvernance.
Alors, allons-y avec l'élargissement des pratiques professionnelles...
M. Mathieu (Luc) :...l'élargissement des pratiques professionnelles.
L'extension fort attendue des activités de dépistage au-delà de ce qui... de ce
qui est actuellement permis par la Loi sur la santé publique permettrait aux
infirmières et infirmiers d'initier certains examens et tests jusqu'à présent
hors de leur portée.
Transposée dans la réalité, cette modernisation
du cadre d'exercice ferait en sorte que des tests utiles pourraient dorénavant
être effectués par les infirmières ou les infirmiers. Concrètement, cela
pourrait faciliter la détection de certains types de cancers en amont de la
consultation médicale, aussi des interventions dans des contextes de risque de
transmission de maladies infectieuses ou encore pour effectuer le suivi de
patients aux prises avec une maladie chronique.
Autre changement majeur introduit par le
projet de loi, la possibilité d'intervenir désormais auprès de personnes
symptomatiques en matière de dépistage, ce qui n'est pas le cas actuellement.
Le cadre législatif en vigueur limite en effet le dépistage infirmier aux
seules situations qui mettaient en cause des personnes asymptomatiques.
Dans le contexte où des milliers de
Québécois et Québécoises ne peuvent compter sur un médecin de famille, les
changements proposés permettraient une amélioration significative de l'accès
aux soins en temps opportun. Cela dit, comme toute nouvelle pratique,
l'introduction du droit de prescrire exigerait un encadrement rigoureux,
développé dans une démarche de collaboration interprofessionnelle.
Alors, l'OIIQ salue donc la volonté du
législateur de lui confier la responsabilité de baliser les cas et les
conditions d'exercice du droit de prescrire élargi, les infirmières et
infirmiers. Cette orientation implique que le conseil d'administration de
l'ordre soit habilité à adopter un règlement pour déterminer les normes
relatives à la forme et au contenu des ordonnances infirmières. Pour le moment,
cela n'est pas prévu dans la loi sur les infirmières et infirmiers.
Alors, nous recommandons donc de modifier
le projet de loi pour accorder au conseil d'administration de l'ordre le
pouvoir d'établir les normes relatives à la forme et au contenu des ordonnances
verbales ou écrites faites par les infirmières et les infirmiers. Dans un souci
d'harmonisation des pratiques, nous sommes par ailleurs en faveur de l'adoption
par l'Office des professions d'un règlement unique portant sur les normes
d'ordonnance.
Aussi, et bien que nous n'entrerons pas
dans les détails avec vous aujourd'hui, nous tenons à porter à votre attention
que certaines règles, notamment en matière de couverture de services, devront
être adaptées afin de permettre un accès réel aux examens et aux tests demandés
par les infirmières et les infirmiers. Sans ces ajustements, la population
pourrait en effet se retrouver à la case départ et devoir consulter une
infirmière praticienne spécialisée ou un médecin pour obtenir ces services.
À titre d'exemple, même si l'infirmière
demande une mammographie pour le dépistage du cancer du sein, la RAMQ, la Régie
de l'assurance maladie du Québec, ne remboursera pas l'examen tant que le
règlement d'application de la Loi sur l'assurance maladie n'aura pas été ajusté
en conséquence.
Dans la même logique d'efficience,
j'aimerais maintenant vous parler d'allègement réglementaire, d'abord au sujet
des délais d'entrée en vigueur. Tel que formulé à l'heure actuelle, le projet
de loi prévoit un délai de mise en oeuvre pouvant aller jusqu'à 18 mois
pour certaines dispositions. C'est le cas notamment de nouveaux pouvoirs
conférés à l'Office des professions en matière d'approbation réglementaire. Or,
le changement envisagé à ce chapitre permettra une actualisation plus rapide de
certains règlements ayant un impact direct sur la protection du public. Les
demandes de modifications au Code de déontologie des infirmières et infirmiers
en cours de traitement à l'Office des professions en sont un exemple concret.
Nous recommandons donc que le délai de
mise en œuvre du processus d'approbation réglementaire par l'Office des
professions inscrit à l'article 19 du projet de loi soit réduit. Les
ajustements sont également souhaités en ce qui a trait aux pouvoirs d'enquête
conférés à l'Office des professions en matière d'éthique et de déontologie.
Comme plusieurs autres organisations, l'OIIQ considère que la décision de
centraliser à l'office les pouvoirs d'enquête sur les manquements allégués aux
normes d'éthique et de déontologie des administrateurs est un pas dans la bonne
direction. Nous y voyons une manière de renforcer la confiance du public envers
le système professionnel et d'accroître l'expertise au regard de ce type de dossiers,
ce qui, en soi, constituerait des gains majeurs.
Dans cette optique, nous considérons que
le projet de loi devrait aller plus loin et confier également à l'Office des
professions la responsabilité d'enquêter sur tout manquement au code de déontologie
applicable aux membres des conseils de discipline des ordres professionnels et
d'imposer les sanctions requises le cas échéant. Le fait que le processus
d'enquête pour une plainte à l'encontre d'un membre du conseil de discipline
soit analogue à...
M. Mathieu (Luc) :...prévu pour une dénonciation contre un administrateur
milite pour cette mesure. Les enjeux relatifs aux conflits d'intérêts et à
l'expertise sont aussi les mêmes dans les deux cas. Nous recommandons donc de
profiter de l'adoption de ce projet de loi pour faire de l'Office des
professions l'organisme responsable d'enquêter sur tout manquement au code de
déontologie applicable aux membres de conseil de discipline des ordres
professionnels et d'imposer les sanctions visant les membres de ces conseils
autres que les présidents.
• (12 h 30) •
Cette proposition nous amène au dernier
segment de notre présentation, soit celui traitant des ajouts souhaités en
matière de gouvernance. Dans sa version actuelle, le projet de loi autorise la
dissolution des sections régionales de l'Ordre des agronomes du Québec.
Celui-ci n'est pas le seul à avoir réfléchi à la modernisation de sa
gouvernance. Nous avons aussi entrepris une démarche de transformation en ce
sens. Ainsi, le jour même du dépôt du projet de loi, le conseil
d'administration de l'OIIQ votait d'ailleurs en faveur de la dissolution de ses
12 sections régionales et autorisait l'enclenchement du processus de demande de
modifications législatives nécessaires à sa concrétisation.
Plusieurs éléments ont mené à cette prise
de décision. Tout d'abord, depuis la réforme opérée en... en 2017, oui, par la
Loi modifiant diverses lois concernant principalement l'admission aux
professions et le... et la gouvernance du système professionnel, les administrateurs
de l'OIIQ ne sont plus élus par le truchement des sections, mais au suffrage
direct des membres de chaque région électorale. Les sections ont aussi été
délestées de leur responsabilité d'élire les délégués présents à l'assemblée
générale annuelle, mais par-dessus tout, en raison de leur statut d'organismes
à but non lucratif indépendants, les sections doivent consacrer une part
importante de leurs ressources à des frais de nature administrative sans réelle
valeur ajoutée en matière de protection du public, ce qui va à l'encontre même
de la mission première de l'ordre.
Le projet de loi actuel nous offre
l'occasion d'y remédier rapidement et simplement. C'est pourquoi, à l'instar...
à l'instar de l'Ordre des agronomes du Québec, l'OIIQ souhaite qu'un amendement
autorisant la dissolution de ses sections régionales soit introduit dans le
projet de loi.
Alors, cette proposition est le dernier
élément que je souhaitais porter à votre attention. Je vous remercie encore une
fois pour l'occasion qui nous a été donnée de prendre la parole devant vous
aujourd'hui. Nous sommes prêts à répondre à vos questions.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup, M. Mathieu. Alors, M. le ministre.
M. Boulet : Merci, M. Mathieu.
Merci à toute l'équipe de l'OIIQ pour la préparation de ce mémoire et le temps,
l'énergie que vous consacrez à venir et à présenter. Et je réitère qu'on va
porter toute la considération que votre mémoire mérite, notamment certaines
propositions, là, puis je vais commencer un peu par la fin, là.
Quand vous parlez de dissolution des 12
sections régionales, on va certainement l'évaluer, là, comme c'est fait pour un
autre ordre professionnel. Puis que le CA ait adopté une résolution à cet
effet-là est quand même assez significatif. Ça fait qu'on va l'analyser. On ne
promet... On ne promet rien, mais on est plutôt favorables.
Bon, je ne m'étendrai pas sur... Bon, la
gouvernance, c'était votre point central pour l'allègement réglementaire, j'ai
bien compris, là, pour la réduction des délais, pour l'approbation de la part
de l'office, que ce soit réduit, les pouvoirs d'enquête en matière de
déontologie.
Je vais revenir sur l'élargissement, et
c'est un des motifs principaux, moi, qui me guident dans ce projet de loi là.
Cet élargissement-là, particulièrement au bénéfice de l'OIIQ, je trouve ça
remarquablement intéressant et j'apprécie beaucoup que vous accueilliez,
évidemment, favorablement, c'est les mots que vous utilisez, ce projet de loi
là, 15.
J'aimerais ça vous faire parler un peu, M.
Mathieu, d'aussi un élément... peut-être que vous l'avez... vous en avez
discuté dans votre mémoire, mais l'impact de l'élargissement du champ de
pratique ou de l'autonomie professionnelle des infirmières et infirmiers sur
l'attractivité et la rétention de personnes qui jouent un rôle tellement
fondamental dans notre système de santé. J'aimerais ça vous entendre là-dessus.
M. Mathieu (Luc) :Oui. Sur l'attractivité puis la rétention, bien, je dirais,
sur l'attractivité, pour tout jeune femme ou jeune homme, là, qui veut aller
dans la profession, bien, de voir que le champ d'exercice qu'elle peut ou
qu'elle pourra exercer dans sa profession, bien, c'est plus intéressant, ça
élargit l'autonome et, je le dis encore une fois, en toute...
12 h 30 (version non révisée)
M. Mathieu (Luc) :
...collaboration avec les autres collègues de l'équipe soignante, de l'équipe
interdisciplinaire. Et ça donne... ça donne.... pour le professionnel... mais
je veux quand même parler... c'est qu'on fait ça d'abord pour la population, pour
que ce soit plus fluide, pour que l'accès, là, notamment à la première ligne,
comme on a dit dans notre mémoire, ça va favoriser parce qu'on le sait que c'est
le talon d'Achille, dans notre réseau de la santé, l'accès. Alors, ça, c'est
pour l'attractivité.
Puis, pour la rétention, bien, avec ce
nouveau coffre-là à outils là, si je peux dire ça comme ça, bien là, c'est de
voir du côté des établissements de santé du réseau comment l'organisation des
soins va se faire en première ligne. Et là, on le sait, là, il y a... bientôt,
là, votre gouvernement doit annoncer une politique nationale sur les soins de
première ligne. Alors, ça va être intéressant de voir comment on a beau, au
sein du système professionnel, élargir des pratiques, mais voir comment ça va
atterrir dans le réseau.
M. Boulet : La symbiose, oui.
M. Mathieu (Luc) :
Puis, après ça, c'est le point principal, comment la population va comprendre ça,
va être sensibilisée à ces choses-là pour savoir, bien, si on en permet à
différents professionnels, notamment les infirmières, infirmiers, de pratiquer
de nouvelles activités, bien, que ça soit sûr, parce que le... parce que ce n'est
pas simple, vous le savez, hein, de naviguer dans notre système de santé, à qui
je dois faire... à qui je dois faire référence. Et puis je vais dire ma phrase
que je dis ces temps-ci, parfois, oui, c'est nécessaire de voir un médecin,
mais pas nécessairement tout le temps. Tu sais, il y a un large consensus dans
le système professionnel d'avoir une équipe de proximité, une équipe de
famille, puis ça va dans le sens des orientations, là, qu'on a entendu à date.
Moi, je ne présume pas de ce qui va se retrouver dans le projet de politique
nationale en première ligne, mais que tous les citoyens du Québec puissent avoir
accès à un milieu de soins et puis être pris en charge par un professionnel de
référence qui pourrait être un médecin, mais pas nécessairement.
Alors, c'est dans de... Alors, je sais que
j'ai bifurqué un peu par rapport à la question de la rétention, mais ça va
beaucoup jouer dans le réseau de la santé. Ils vont avoir un nouveau coffre à
outils, puis là, ça va être du côté de Santé Québec, là, qui s'occupe des
opérations, de voir avec les équipes des différents établissements du réseau,
que ça, ça soit... que ça atterrisse. Puis un élément qu'on veut... qu'on mentionne
aussi dans le mémoire, c'est de s'assurer que tous l'écosystème, là, des... à
la RAMQ, on donnait l'exemple des compagnies d'assurance, tous ces gens-là, que,
s'il y a des modifications dans les actes puis tout ça, puis ça se concrétise
des fois dans un simple formulaire où, là, dans le formulaire, c'est écrit que
ça prend la signature du médecin, puis là il y en a... une compagnie d'assurance,
bien, si ce n'est pas changé, s'ils ne modifient pas leur chose, bien, l'infirmière
peut envoyer le formulaire, mais dire : Non, non, c'est marqué que ça
prend un médecin. On est dans des choses aussi concrètes que ça.
M. Boulet : Bien oui. C'est
bien, merci. Puis c'est sûr que, quand on parle de l'élargissement d'un champ
de pratiques, des nouvelles... des nouvelles façons de faire, vous en avez
parlé, là, pour le dépistage, là, ça implique des nouveaux examens, des tests
que les infirmières, infirmiers pourront faire pour détecter, tu sais, en
matière oncologique, pour les maladies infectieuses puis les maladies
chroniques. C'est intéressant puis j'aimerais ça vous entendre un peu comment
on faisait la distinction, quand c'est asymptomatique, les infirmières,
infirmiers peuvent et quand c'est symptomatique, ils ne peuvent pas. C'est
écrit où, ça? Puis excusez mon ignorance, là, mais j'ai besoin de savoir où c'est
prévu et comment ça s'appliquait.
M. Mathieu (Luc) :OK. Ma collègue, Mme Roy, va vous répondre.
Mme Roy (Caroline) : Actuellement,
à la loi des infirmières et infirmiers, il y a une activité qui vient
spécifiquement indiquer quand une infirmière peut procéder à un dépistage, et c'est
clairement enchâssé dans la loi que c'est quand la personne, elle est asymptomatique
et c'est en fonction de la Loi sur la santé publique, donc d'où la demande d'élargir,
et on accueille favorablement, d'ailleurs, ce qui est proposé parce que ça va
nous permettre maintenant... Prenons, par exemple, un patient qui est atteint d'une
ITSS. Il se présente à l'infirmière, il a des symptômes, on ne pouvait pas
initier le dépistage et ensuite amorcer le traitement. Donc, d'un point de vue
de propagation des maladies infectieuses, ce n'est pas idéal et aussi dans
certains cas de cancer où est-ce qu'on pouvait agir en amont de la consultation
médicale.
On le sait, de plus en plus de
trajectoires avec les autorités compétentes sont en train d'être écrites. Donc,
pour faciliter le tout, l'infirmière pourrait intervenir en amont de la
consultation médicale et demander... effectuer certains tests, par exemple en
matière de dépistage de cancer du sein, comme on a nommé tout à l'heure, ou
cancer du poumon. Donc, il y a vraiment une valeur ajoutée pour la population à
avoir accès à ces services-là, indépendamment de la présence de symptômes ou
pas.
Un autre exemple très éloquent, c'était
durant la COVID. Les infirmières ne pouvaient pas... n'auraient pas pu
théoriquement détecter les patients qui avaient des symptômes alors que c'était
ceux qu'on voulait détecter. Donc, de lever cette incohérence-là nous apparaît
absolument primordial.
M. Boulet : C'est très clair.
Merci beaucoup. Peut-être un autre thématique, un peu, là, le... il y a des
ordres professionnels...
M. Boulet : ...dans le domaine
de la santé, qui propose l'idée d'un règlement unique sur la tenue des
dossiers. Est-ce que vous avez une opinion sur ce sujet-là? Peut-être c'est...
c'est plus légal. Je voulais m'assurer que l'avocat puisse s'exprimer.
M. Mathieu (Luc) :Tout à fait. Alors je vais le laisser Me Fortin répondre.
Mme Fortin (Pénélope) : Oui,
on s'attendait peut-être à avoir cette question-là, justement, vu que dans...
c'est ça, dans les dernières années, il y a quelques ordres en santé qui ont...
bien, en tout cas, ça a été évoqué à tout le moins, il y a différents
règlements sur la tenue de dossier dans les dernières années, justement, qui
ont été modifiés par plusieurs ordres, dont le nôtre, qui... on est
actuellement en train de le revoir à l'OIIQ. C'est sûr qu'on s'assure toujours
de consulter les ordres concernés, puis on s'assure toujours qu'il y ait une
connexité entre les règlements, parce qu'effectivement il y a certaines notions
qui reviennent d'un règlement à l'autre, mais on n'est pas arrêté sur la
question à savoir si le règlement unique serait vraiment le bon mécanisme. Je vous
avoue qu'on aurait besoin d'y réfléchir encore, là, à ce niveau-là. Donc
aujourd'hui, on n'a pas d'opinion arrêtée sur la question.
• (12 h 40) •
M. Boulet : OK. Ça va. On a
bien pris note aussi des normes, la forme et le contenu des ordonnances. La
suggestion m'apparaît intéressante. Si vous aviez, dernière question, M.
Mathieu, une recommandation phare, l'amendement clé que vous souhaiteriez
véritablement qu'on face au projet de loi, il y en a d'autres, là, mais celui
qui est prépondérant, qu'est-ce que vous me direz?
M. Mathieu (Luc) :Bien, dans notre cas, il y a deux volets. Tu sais, il y a
le système professionnel, puis il y a l'élargissement. Là, c'est un choix
déchirant. Moi, je dirais, au niveau du système... au niveau du système professionnel,
bien, c'est l'amendement qu'on vous propose, la dissolution de nos sections,
là, je pourrais élaborer un peu là-dessus, puis du côté...
M. Boulet : Non, puis je le
comprends.
M. Mathieu (Luc) :Oui. Puis du côté de l'élargissement, bien, c'est de faire
en sorte de favoriser l'accès à la population en permettant aux infirmières qui
ont les connaissances puis les compétences requises, bien sûr, ça, on va
s'assurer de ça, de pouvoir prodiguer ces nouveaux... ces nouvelles activités
cliniques là.
M. Boulet : OK. Super. Bien,
encore une fois, merci énormément et je suis certain que je partage la même
affection que toutes les personnes qui sont ici à l'égard du travail tellement
essentiel, fondamentalement humain, que les infirmières et les infirmiers
prodiguent à toute la population du Québec. Merci beaucoup, M. Mathieu et à
toute votre équipe de votre présence. Merci
Le Président (M. Provençal)
:Alors, on va poursuivre cet échange
avec Mme la députée de La Pinière.
Mme Caron : Merci, M. le
Président. Alors, bonjour à vous. Merci pour votre mémoire. La question que
j'aurais pour vous, c'est à propos de votre recommandation numéro trois, de
modifier l'article 68 du projet de loi en supprimant l'ajout du
paragraphe 5.1, et en note de bas de page, vous indiquez que si cet
ajout-là au projet de loi est maintenu, vous souhaiteriez pouvoir nous
transmettre, dans un deuxième temps, un libellé différent parce que, selon
vous, il y a plusieurs... plusieurs enjeux qui sont avec... qui entourent ce
paragraphe-là. Est-ce que vous pourriez nous expliquer davantage?
M. Mathieu (Luc) :Pas moi, mais ma collègue va pouvoir.
Mme Fortin (Pénélope) : Oui,
bien sûr. Bien, d'abord, j'aimerais juste préciser qu'on est d'accord avec le
principe, c'est-à-dire pour les... en fait, on parle des CP, donc la candidate
à l'exercice de la profession d'infirmière qui a obtenu son diplôme, donc qui
est dans l'attente d'obtenir son permis. On est d'accord avec le principe, donc
cet ajout-là a été fait pour... afin... dans les exceptions, donc elle ne
pourra pas exercer les nouvelles activités de prescription. Donc, pour nous,
ça, ce principe-là, on est d'accord avec celui-là. Pour lequel... la raison
pour laquelle on veut retirer, c'est que pour nous, le règlement va venir
cadrer, là, les conditions, donc ça va exclure d'emblée les CP. Donc, ça, c'est
une chose.
Si on désire maintenir cet ajout-là dans
la liste, là, tu sais, a priori, ce serait... on pense qu'on pourrait le
retirer, mais si jamais on souhaite le laisser, en fait, les enjeux auxquels on
faisait référence, c'est les enjeux... c'est ça, légistique, simplement qu'on
parlait de scinder l'activité, parce qu'à l'heure actuelle, l'activité de prescription
est... c'est deux activités en fait. Donc prescrire médicaments, autres
substances, pansements et produits, puis dans une autre activité, on retrouve
la prescription des examens et tests. Tout ça sera... les deux activités seront
exercées conformément au même règlement, mais, dans les activités, on les a
libellées en deux activités et là on venait... en fait, on venait regrouper
cette activité-là, donc ça pouvait un peu porter à confusion. Donc on suggérait
de la scinder et de la rattacher à la condition du règlement, donc, dans les
deux cas, parce que, tel que libellé, on dirait que c'était juste la fin de
l'activité qui référait à un règlement, donc c'était juste ça...
Mme Fortin (Pénélope) : ...l'emplacement,
aussi, est dans la liste, puis il y avait... Donc, c'était des petits trucs
comme ça, là, que, pour nous, il fallait simplement revoir, là, si le souhait
était de laisser l'exception.
Mme Caron : Merci, donc.
Puis, évidemment, ça, c'est... on parle du règlement qui sera adopté par l'OIIQ
pour encadrer...
Mme Fortin (Pénélope) : En
fait, oui. En fait, cette exception-là se trouve au règlement qui s'applique
actuellement pour les étudiantes, les externes, les CEPI, puis il y a un
règlement qui vient prévoir les activités qu'elles peuvent exercer. Puis il y a
un article précisément pour les CEPI, qui vient dire, en fait, qu'elles peuvent
exercer les activités des infirmières, à l'exception de certaines, et c'est
dans ce règlement-là qu'on... dans le projet de loi, on vient dire qu'elles ne
pourront pas exercer les activités de prescription. Donc, nous, on est d'accord
avec le principe, mais on jugeait que l'ajout spécifique n'était pas
nécessaire, parce que le règlement qu'on va adopter dans un deuxième temps,
pour nous, exclura d'emblée les CEPI de par les conditions qui s'y trouveront.
Mme Caron : D'accord, merci.
Maintenant, dans votre recommandation 4, vous parlez d'ajouter, à la fin du
paragraphe I, l'article 14 de la Loi sur les infirmières et infirmiers, une
habilitation concernant les normes... les normes relatives à la forme et au
contenu des ordonnances verbales ou écrites faites par les infirmières et
infirmiers. Et vous parlez aussi, dans le paragraphe, sous votre
recommandation, donc, d'un... d'un règlement unique qui porterait... un
règlement de l'OPQ qui porterait sur les normes d'ordonnance et qui
s'appliquerait à l'ensemble des professionnels habilités à prescrire. Est-ce
que vous pouvez nous préciser un petit peu, nous en parler davantage?
Mme Fortin (Pénélope) : Oui.
Est-ce que vous voulez d'abord que... par rapport à la recommandation 4,
pour...
Mme Caron : Oui, s'il vous
plaît.
Mme Fortin (Pénélope) : Oui,
donc, en fait, à l'heure actuelle, l'habilitation... normalement, dans ces
règlements-là, donc, les règlements de prescription, on vient prévoir, au
niveau des normes d'ordonnance... c'est le cas actuellement, les infirmières
qui peuvent, à l'heure actuelle, prescrire le font en vertu d'un règlement
d'autorisation du collège, et dans ce règlement-là, on parle des normes
d'ordonnance, donc, qu'est-ce qu'il en est. Et donc, dans la mesure où ce sera
rapatrié sous l'égide, donc, de la Loi sur les infirmières et infirmiers, c'est
simplement nécessaire de faire cet ajout spécifique là, pour que notre
règlement puisse prévoir les cas et conditions pour pouvoir... pour pouvoir
accéder au droit de prescrire, pour pouvoir prescrire, et donc d'ajouter, dans
l'habilitation qu'on pourra prévoir, des articles au niveau des normes
relatives à la forme et au contenu des ordonnances qui seront faites par les
infirmières. Donc, c'est quelque chose qui est déjà fait par les infirmières,
c'est juste qu'on va rapatrier ça.
Puis, à l'heure actuelle, ce qui est fait,
c'est qu'on réfère au règlement du collège au niveau de la forme et au contenu
des ordonnances. C'est ce qu'on ferait dans notre règlement à nous aussi, on y
référerait. Donc, à court terme, ce serait ça, l'idée, mais à plus long terme,
c'est un souhait, là, que quelques ordres partagent, donc, d'uniformiser ces
normes-là. Parce qu'à l'heure actuelle, tous les professionnels prescripteurs
ont chacun leur règlement unique, donc, à l'exception des... des infirmières.
Donc, il y aurait une... cette... cette idée-là de regrouper dans un seul et
même... surtout que la porte a été ouverte, là, dans ce projet de loi ci, avec
la possibilité d'avoir un règlement unique. Donc, on... ce serait très
intéressant, là, de... éventuellement, d'avoir un règlement unique pour
l'ensemble des professionnels prescripteurs. Je ne sais pas si ça répond à...
Mme Caron : Oui, oui, merci.
Mme Fortin (Pénélope) : Oui?
Parfait.
Mme Caron : Alors, je
comprends qu'il y a plusieurs ordres dont les membres peuvent prescrire. Et
alors est-ce que... Je fais référence au CIQ, qui était... qui présentait son
mémoire juste avant... avant vous, qui proposait de la collaboration,
c'est-à-dire que les ordres concernés puissent collaborer avec l'Office des
professions du Québec pour la... pour des règlements qui seraient adoptés par
l'office. Est-ce que vous voyez les choses du même œil ou vous avez...
M. Mathieu (Luc) :
Tout à fait. La collaboration, là, c'est... mon collègue, là, de... qui... qui
présentait le mémoire du CIQ l'a dit, la collaboration, c'est le mot clé. Puis,
depuis la pandémie, lors de la pandémie, ça a pesé sur l'accélérateur, je
dirais, comme ça, de la collaboration, entre autres, avec la mise en place
des... des campagnes de vaccination de masse. Alors, on est tout à fait
là-dedans, puis avec les travaux que ça exige, puis la complexité, hein? C'est
un système complexe, le système professionnel. Je ne me souviens pas du chiffre
du nombre de règlements, là, que M. Larivière a mentionnés, mais il y en a
beaucoup.
Mme Caron : Quelques, oui.
D'accord, parfait. Aussi, dans... à la section 2.2, Dépistage, dans votre
mémoire, vous parlez du... en fait, de la terminologie, vous dites que, dans le
corpus des lois professionnelles, ce type d'activités, donc, je comprends, le
dépistage, est balisé en fonction de cas, plutôt que de situations. Pour des
raisons de cohérence législative, vous recommandez une modification en ce sens
de la disposition habilitante actuellement prévue au PL n° 15,
donc de remplacer le terme «situations» par le terme «cas». Alors, est-ce que
vous pouvez nous parler davantage de ça, s'il vous plaît?
Mme Fortin (Pénélope) : Oui,
bien sûr. En fait, on a eu... j'ai eu la chance d'échanger avec l'Office des
professions...
Mme Fortin (Pénélope) :
...par rapport à cette recommandation-là. Donc, c'est dans le cadre d'échanges,
en fait, qu'on en est venus à ce... à ce choix de termes là, qui est un peu
plus représentatif, parce que, bon, on a le règlement pour le droit de
prescrire, qui vient prévoir les cas et conditions. Donc, on parle vraiment
de... de cas et de conditions pour accéder au droit de prescrire, alors que le
règlement pour le dépistage, l'ensemble des infirmières vont pouvoir exercer cette
activité. Il n'y aura pas de condition pour pouvoir exercer cette activité. On
devra plutôt venir prévoir dans le règlement, en fait, des cas, donc des
situations cliniques, si je peux dire, prévues par exemple par des directives
des autorités publiques compétentes, dans lesquelles les infirmières pourront
initier les examens et tests, donc, ce qui est prévu à cette activité-là. Et au
niveau de la terminologie, dans le corpus des lois professionnelles, au niveau
de la santé, on faisait... puis ça peut sembler, là, la définition courante des
termes, on pourrait penser que situation est plus approprié dans ce cas-ci,
mais vraiment, quand on regarde ce qui se fait, le terme «cas» était un petit
peu plus représentatif de ce qu'on voulait prévoir dans ce règlement-là au
niveau du dépistage. Donc, c'est ce qu'on a retenu pour la recommandation, donc
de proposer d'effectuer ce changement au niveau de l'habilitation.
• (12 h 50) •
Mme Caron : D'accord. Et puis
vous... vous avez mentionné que vous en aviez discuté avec l'office, qui était
sur la même... la même longueur d'onde.
Mme Fortin (Pénélope) : Oui.
Tout à fait. Exactement.
Mme Caron : Parfait. Merci.
Bon, finalement, je... Oui, pour le pouvoir... pour votre recommandation huit
qui modifie la section... vous proposez de modifier la section quatre du code
de déontologie applicable aux membres des conseils de discipline des ordres
professionnels afin que l'Office des professions du Québec soit responsable
d'enquêter et d'imposer, le cas échéant, les sanctions visant les membres des
conseils de discipline autres que les... que les présidents. Donc, c'est que
l'office vraiment fasse les enquêtes pour... pour l'ensemble des professions,
c'est... bien, des ordres, en fait, des...
Mme Fortin (Pénélope) : Oui,
tout à fait. En fait, c'est de centraliser. Bon, le PL... Le projet de loi le
prévoit pour les processus, en fait... les plaintes qui sont déposées à
l'endroit des administrateurs. Et nous, on suggère qu'il y ait une
centralisation également pour ce qui est des plaintes qui sont déposées contre
les membres des conseils de discipline autres que les présidents, pour
plusieurs raisons. En fait, on trouve qu'il y a une... que ce sont des
processus analogues, puis les mêmes raisons qui s'appliquent à la logique
d'avoir centralisé pour les administrateurs. Pour nous, ça s'applique également
pour les membres des conseils de discipline. Nous, à l'OIIQ, le comité
d'enquête à l'éthique et à la déontologie est chargé de faire l'analyse de ces
plaintes-là dans les deux cas. Donc, on trouve qu'il y aurait une pertinence de
centraliser ça pour des raisons... Au niveau des conflits d'intérêts, on pense
que ça s'applique également, pour des raisons d'efficience et d'expertise,
comme on l'a mentionné, là. Donc, pour nous, ça ferait du sens de centraliser
puis c'est ce que... la recommandation 8, donc, c'est ce que ça
nécessiterait comme modification advenant le cas où l'office...
Mme Caron : D'accord. Et puis,
est-ce que l'Office des professions et d'autres ordres sont... sont du même
avis que vous, à votre connaissance?
Mme Fortin (Pénélope) : En
fait, on a eu la chance d'en parler avec quelques autres ordres. On n'a pas de
posture officielle, là, de... d'autres ordres à cet effet-là. Mais un intérêt,
à tout le moins, là, de... ou que ça fait du sens, en fait, de...
Mme Caron : Merci beaucoup.
Est-ce qu'il reste quelques...
Le Président (M. Provençal)
: 1 min 30 s.
Mme Caron : ...30. Est-ce
qu'il y a des choses que vous n'avez pas eu le temps de dire durant votre...
durant la présentation du mémoire ou en échange avec le ministre ou dans les
questions que je vous ai posées, que vous aimeriez faire... faire valoir,
prendre la minute qui reste pour le faire?
M. Mathieu (Luc) :
Oui, bien, je vais redire... je l'ai mentionné un petit peu, mais ça va être
important, une fois que le projet de loi, ce qui va être adopté... Bon, on va
s'en parler au niveau des ordres, on va le savoir. Mais après ça, les
professionnels, nos professionnels en exercice entre eux, on va devoir, là,
avec les gens du réseau, s'assurer que ces nouvelles activités là ou les
modifications qu'on apporte, ce soit bien... que ça percole, si je peux dire
ça, mais surtout auprès de la population, pour que la population s'y retrouve.
Parce que ce n'est pas simple notre...
notre système, de naviguer dans le... dans le système de santé. Tu sais, on
sait que la ministre... Bélanger, par exemple, veut faire de... la porte
d'entrée des CLSC pour les soins aux personnes âgées, mais il devrait y avoir
une porte d'entrée pour tout le monde. Mais ça, c'est un autre... une autre
question. L'idée, c'est de penser à la population quand on fait ces choses-là,
parce qu'entre nous, on peut s'entendre, mais la population, est-ce qu'elle va
se retrouver? Est-ce que ça va être simple, facile à comprendre? Alors, c'est
ça que je voulais profiter du temps que vous m'avez donné pour... retaper sur
le clou, si je peux dire ça comme ça.
Mme Caron : Merci. Bien, c'est
un exercice de communication puis il faut... il faut aussi que la population
adhère, parce que ces... certaines personnes, peut-être, peuvent penser que
seul un médecin peut faire telle...
Mme Caron : ...activité, alors
qu'une infirmière peut le faire, ou peut-être un ergothérapeute peut... peut
aider. Donc, c'est... c'est important.
M. Mathieu (Luc) :Oui. Puis le point principal, peut-être qu'il y a des gens
qui ne sont pas d'accord avec ça, mais quand on entend encore que ça prend un
médecin de famille pour tous, là, c'est plus... ce n'est plus ça qu'il faut
dire. Un médecin quand c'est nécessaire, mais pas nécessairement un médecin. Et
puis ce n'est pas d'être... d'en avoir contre les médecins. C'est au
contraire... on fait ça pour l'accès. C'est sûr, quand ça va être nécessaire
d'avoir un médecin, ça prend un médecin, mais il y a... il y a tout... je ne
nommerai pas tous les membres de l'équipe interprofessionnelle, mais c'est...
c'est... quand on parlait de collaboration, là, c'est vraiment dans ce sens-là.
Avec les défis, là, qu'on a dans notre réseau, bien, il y a du travail pour
tout le monde. Il n'y a pas de... Il n'y aura... Il n'y a pas d'enjeu
là-dessus.
Mme Caron : Merci beaucoup.
Mme Fortin (Pénélope) : ...avec
votre dernière question par rapport aux normes, là, pour les conseils de
discipline. En fait, le CIQ, ça m'était sorti de la tête tantôt, vous avez
demandé si, au niveau de la position du CIQ, en fait, ils l'ont abordé. Ils
avaient une posture qui allait dans ce sens, là, dans un projet d'avis sur
la... la mutualisation des services qui était parue en avril 2025, donc je voulais
juste le mentionner. Je n'avais pas tout à fait répondu correctement à votre
question, donc je vais juste le soulever. Merci.
Mme Caron : ...
Le Président (M. Provençal)
:...beaucoup. Alors, on va compléter
cet échange avec le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci, M. le
Président. Bonjour à vous quatre.
J'ai posé la question à vos
prédécesseurs : La note sur 10? Est-ce que vous voulez vous mouiller ou
vous passez votre tour sur votre appréciation du P.L.?
M. Mathieu (Luc) :Ah! c'est une... une belle avancée, une grande avancée.
Puis, comme ça a été dit, il y aura... il y aura... il y aura d'autres travaux,
là. Il faut y aller... Il faut prendre les opportunités qui se présentent, là.
Puis, moi, je remercie le ministre Boulet
d'avoir accepté qu'il y ait un projet de loi qui regroupe les deux volets pour
moderniser le système professionnel, certaines facettes. Mais il y a des choses
pour lesquelles il va falloir aller plus loin. Tu sais, au niveau de l'indépendance
des ordres, éventuellement, peut-être la composition des conseils
d'administration, ce genre de questions de fond là, pour lesquelles, là, les
ordres, via le CIQ, là, il y a déjà eu des réflexions importantes à faire,
mais, oui, oui, moi je suis très, très satisfait, là.
M. Leduc : Parfait.
M. Mathieu (Luc) :S'il faut donner un chiffre, je dirais 8,5, tu sais, pour
donner...
M. Leduc : Oh! ça fait que
finalement, j'en ai un. Bravo! Bravo! Le ministre...
Une voix : ...
M. Leduc : Le ministre
réclamait 9.5 tantôt. Je ne sais pas si 8.5, ça va le satisfaire. À suivre.
Parlons-en, donc, des modifications à
faire. Vous en suggérez quelques-unes. J'aimerais d'abord qu'on se penche sur
la septième, là, quand vous parlez de «devancer l'entrée en vigueur de
l'article 19 traitant de l'un des processus d'approbation réglementaire.»
Je comprends que... comme beaucoup de ces articles-là, c'est un délai
d'application de 18 mois dans le projet de loi.
Mme Fortin (Pénélope) : Oui,
tout à fait.
M. Leduc : Pourquoi on...
vous pensez que le ministre met un 18 mois, là? Puis pourquoi vous, vous
souhaitez que ce soit plus rapide?
Mme Fortin (Pénélope) : Oui...
Une voix : ...
Mme Fortin (Pénélope) : Je
prenais la parole alors on ne l'avait pas donnée.
Oui, effectivement, c'est une entrée en
vigueur de 18 mois. En fait... Puis ça avait été abordé dans des
rencontres qu'on a eues, là, à la sortie du PL, avec l'Office notamment, puis
la question avait été soulevée et l'office s'était dit ouvert, là, à réfléchir
à diminuer cette durée-là. Parce que, là, on retrouve beaucoup le 18 mois
partout dans le projet de loi. Il y a certains endroits où il y a une adoption
de lignes... de lignes directrices qui doit être faite par l'office, donc à
certains endroits, on peut comprendre, tu sais, le 18 mois. Mais
spécifiquement pour cette mesure-là, on se disait qu'une entrée en vigueur
moindre pourrait être vraiment intéressante puis ça pourrait avoir des impacts
concrets, tu sais, pour des règlements.
Comme nous, on prenait l'exemple du code
de déontologie qui est actuellement auprès de l'Office pour des modifications,
donc... de réduire le délai d'entrée en vigueur de cette disposition-là
pourrait avoir des... pourrait réduire de beaucoup, là, les prochaines étapes.
M. Leduc : Dans le meilleur
des mondes, on le réduirait à quoi? Six mois?
Mme Fortin (Pénélope) : Bien,
3 mois.
M. Leduc : ...parfait!
Tabarnouche!
Mme Fortin (Pénélope) : Non,
non, mais...
M. Mathieu (Luc) :Vous voulez des chiffres, on vous donne des chiffres.
Une voix : Oui, c'est ça.
M. Leduc : Parfait! Je suis
un gars de chiffres visiblement.
Mme Fortin (Pénélope) : En
fait, ce qu'on... ce qu'on se disait, c'est qu'évidemment la décision reviendra
à l'office. On avait pensé... à tout le moins, on comprend qu'il devra...
l'Office devra avoir certains conseils d'administration, là. Donc, nous, on
avait pensé à ce chiffre-là. Mais évidemment, le dernier mot reviendra à... la décision
leur reviendra.
M. Leduc : On comprend que
vous êtes prêts.
Mme Fortin (Pénélope) : On
est vraiment prêts. Oui.
M. Leduc : Vous voulez aller
dans l'action : Réduisez ça au maximum. Parfait. Parlons-en aussi des
conseils d'administration, là. Si j'ai bien compris ce que vous disiez avec ma
collègue précédemment puis ce que vous mettez dans votre mémoire par rapport à
l'abolition des associations régionales, c'est ce que... c'est...
M. Mathieu (Luc) :Oui, les ordres... des sections régionales, oui.
M. Leduc : Les ordres
régionaux? Sections régionales. Pardon. Je déduis, puis là, je vous parle en
sans trop de connaissance de cause, mais que le fait qu'il y avait des sections
régionales faisait en sorte que votre conseil d'administration, du moins de la
représentativité était faite par région, forcément, parce qu'on envoyait des
délégués de régions. Mais là, si on n'a plus les sections régionales, avez-vous
d'autres mécanismes pour vous assurer d'une représentativité de l'ensemble des
régions du Québec?
M. Mathieu (Luc) :Ma collègue Mme Lampron va répondre.
• (13 heures) •
Mme Lampron (Kim) : En fait,
c'est clair pour nous que l'ancrage régional est important. Par contre, c'est
le véhicule dans lequel cet ancrage régional là s'exerce qui doit être
modernisé. Lorsqu'en 2017, il y a... lorsqu'il y eu des changements, notre
conseil d'administration maintenant est élu au prorata des...
Mme Lampron (Kim) : ...des
membres, donc on a un... un membre de conseil d'administration, un
administrateur élu par région électorale. Donc notre conseil d'administration
représente l'ensemble de la population du Québec, donc, on a un siège dédié par
région électorale. Notre modèle, au niveau de nos sections régionales, on a
encore des sections régionales où on a des présidents régionaux, qu'on appelle,
avec des conseillers de sections. Donc, on a un ancrage régional avec un
véhicule qui faisait du sens autrefois, pour lequel... qui avait été créé à des
fins associatives, vraiment dans un objectif de mobilisation des membres, alors
que maintenant, ce qu'on souhaite, c'est vraiment d'avoir une vue, d'avoir un
ancrage régional qui nous permet d'avoir une lunette, d'avoir une... de bien
comprendre la... les disparités régionales au niveau de la... de la profession
et de la protection du public. Mais si on considère qu'on est capables d'avoir
cet ancrage régional là sans que ce soit dans un véhicule aussi lourd, avec une
lourdeur administrative, avec des obligations qui sont inscrites, actuellement,
dans la loi. Donc, on s'inspire des mêmes principes que le CIQ a nommés tout à
l'heure, au niveau de la philosophie de la right touch regulation, on est dans
cette même philosophie-là, où on souhaite avoir un ancrage régional, décider
dans le... avec le véhicule ou la structure qui serait déterminée par le
conseil d'administration, mais sans les obligations qui sont liées à un OBNL,
et ce qui nous amène présentement à devoir utiliser une portion, une petite
portion de la cotisation des membres dans le but de répondre à ces
obligations-là. Donc, en tant qu'un organisme de... qui souhaite utiliser de
façon judicieuse et responsable la cotisation des membres, bien, c'est certain
que pour nous, la formule actuelle, le véhicule actuel ne répond plus aux
besoins et on questionne la pertinence du véhicule actuel.
Le Président (M. Provençal)
:Merci beaucoup. Alors, merci aux
représentants de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec pour leur
contribution et leur participation à nos travaux. Sur ce, je suspends les
travaux jusqu'à 14 h. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 13 h 02)
13 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 14 h 04)
Le Président (M. Provençal)
:Alors, bonjour à tous. La Commission
de la santé et des services sociaux reprend ses travaux. Nous poursuivons les
consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 15,
Loi modifiant le Code...
14 h (version non révisée)
Le Président (M. Provençal)
:...des professions et d'autres
dispositions, principalement afin d'alléger des processus réglementaires du
système professionnel et d'élargir certaines pratiques professionnelles dans le
domaine de la santé et des services sociaux.
Cet après-midi, nous entendrons les
témoins suivants : l'Ordre des pharmaciens du Québec, l'Ordre professionnel
des inhalothérapeutes et l'Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes
conjugaux et familiaux.
Alors, nous allons maintenant procéder
avec le premier groupe, c'est-à-dire l'Ordre des pharmaciens du Québec, et ces
derniers sont représentés par M. Jean-François Desgagné, président, et M. Patrick
Boudreault, directeur général. Je vous cède la parole 10 minutes, et, après
ça, on fait des... nos échanges.
M. Desgagné (Jean-François) : Parfait.
Merci. M. le Président, M. le ministre, Mmes, MM. les députés, en premier lieu,
nous vous remercions de nous recevoir cet après-midi pour présenter nos
observations sur le projet de loi n° 15.
La mission de l'ordre est claire :
assurer la protection du public en encadrant et surveillant la pratique de plus
de 10 500 pharmaciens qui exercent partout au Québec, en pharmacie
communautaire, dans les hôpitaux, les CHSLD, les GMF et dans plusieurs autres
milieux.
Permettez-nous de situer rapidement le
contexte. La pharmacie a énormément évolué au cours des dernières années. Nos
membres font aujourd'hui beaucoup plus que la distribution sécuritaire des
médicaments. Aujourd'hui, un pharmacien peut prolonger une ordonnance, modifier
un traitement, prescrire dans des conditions courantes ou chroniques et, bien
sûr, vacciner. Du 1er janvier au 30 septembre 2025 seulement,
nos pharmaciens ont réalisé plus de 860 000 ajustements de médication,
prolongé plus de 1,3 million d'ordonnances, administré plus de 1,7 million
vaccins, selon les données de la RAMQ. Ces chiffres parlent d'eux-mêmes. Les
pharmaciens sont devenus un maillon essentiel de l'accès aux soins de première
ligne.
Globalement, nous accueillons très
favorablement le projet de loi. Alléger les processus administratifs,
moderniser la gouvernance des ordres, élargir les champs de pratique, ce sont
des orientations que nous appuyons. Le système professionnel de pouvoir s'adapter
plus rapidement aux besoins de la population et le projet de loi n° 15 va
dans cette direction.
À l'instar du projet de loi n° 67, ce
projet de loi introduit des changements qui élargiront la pratique de plusieurs
professionnels de la santé et des services sociaux. Cette initiative promet d'améliorer
l'accès aux soins de première ligne en bonifiant les services offerts et en
assurant une prise en charge en temps opportun. Nous collaborons activement
avec les autres ordres professionnels sur ce chantier et entendons poursuivre
cette collaboration afin d'optimiser le rôle de chacun dans son champ d'exercice
respectif.
Ceci dit, nous avons identifié quelques
enjeux importants. Nous formulerons quatre recommandations précises pour
améliorer le projet de loi et nous allons ensuite vous présenter un sujet qui
nous interpelle, la modification de l'article 24 sur la Loi sur la
pharmacie.
Première recommandation. Exiger l'approbation
formelle des ordres pour les règlements interordres. Le projet de loi permet à
l'Office des professions d'adopter un règlement qui s'appliquera à plusieurs
ordres après avoir consulté les ordres. Le problème, c'est qu'un simple... une
simple consultation ne garantit pas le consentement. L'office pourrait imposer
un règlement sur un... à un ordre malgré son désaccord. Imaginez un règlement
sur la tenue de dossiers qui toucherait plusieurs catégories de professionnels
adopté sans l'accord de certains ordres concernés. Nous proposons donc de
remplacer le mot «consultation» par «approbation» à l'article 3 du projet
de loi. Cela garantirait un véritable consensus.
Deuxième recommandation. Introduire une
disposition pour modifier automatiquement le règlement de tous les ordres pour
leur donner un nouveau pouvoir. Le projet de loi n° 15 donne de nouveaux
pouvoirs au conseil d'administration des ordres. Ils auront dorénavant plus de
latitude pour déterminer les modalités et conditions selon lesquelles un
non-membre pourra exercer certaines activités. Pour éviter que chaque ordre ait
à suivre un long processus de changement de son règlement, ce qui pourrait
surcharger l'Office des professions, nous suggérons l'introduction d'une
disposition qui modifierait automatiquement le règlement de l'ensemble des
ordres professionnels afin d'y intégrer ce nouveau pouvoir.
Troisième recommandation. Maintenir les
lignes directrices de l'office souples. L'Office des professions publiera des
lignes directrices que les ordres devront suivre pour adopter certains
règlements. Notre compréhension est que les ordres vont tenir compte de ces
lignes directrices lors de l'élaboration de les... de leurs règlements, mais qu'elles
ne seront pas contraignantes. Si telle est la visée, nous appuyons cette
initiative, mais nous demandons que ces lignes directrices demeurent de haut
niveau. Pourquoi? Parce que chaque profession a ses particularités. Un
règlement...
M. Desgagné (Jean-François) : ...sur
la tenue de dossiers, par exemple, ne pourrait être identique pour un
pharmacien, un travailleur social ou un psychologue. Les ordres doivent
conserver la latitude nécessaire pour refléter les besoins réels de leurs
membres. Lorsqu'un ordre adoptera un règlement, nous souhaitons être assurés
que les interventions de l'Office des professions seront limitées aux
situations dans lesquelles cet ordre aura outrepassé les principes directeurs
établis par l'Office des professions. Par ailleurs, nous estimons que la
collaboration de l'office avec les ordres professionnels est primordiale dans
le cadre de l'élaboration des lignes directrices.
• (14 h 10) •
Mais, entendez-nous bien, nous avons une
très bonne relation avec l'office. Nos équipes collaborent et nous sentons une
volonté affirmée de l'office de faire évoluer le système professionnel au
bénéfice de la population en permettant aux ordres de jouer pleinement leur
rôle de protection du public. Maintenant, les lois et les institutions
survivent aux gens.
Quatrième recommandation : permettre
aux conseils d'administration des ordres d'adopter des règles éthiques
complémentaires à celles de l'office. Le projet de loi confie à l'office le
pouvoir exclusif d'établir les normes d'éthique pour les administrateurs des ordres.
Nous saluons l'idée de créer une seule entité pour mener ces enquêtes et
imposer des sanctions, mais nous croyons qu'un ordre devrait pouvoir se doter
de ses propres règles d'éthique qui seraient complémentaires aux dispositions
prévues par l'Office. En permettant aux conseils d'administration de se doter
de ses règles, on évite ainsi qu'il se retire complètement de cette dimension
importante. On permet également d'encadrer des spécificités propres aux
milieux. En cas d'enquête, l'ensemble des dispositions s'appliqueraient et les
plus strictes prévaudraient. De cette manière, on maintient l'engagement des
conseils d'administration envers les meilleures pratiques en mesures... en
matière d'éthique.
Nous aimerions maintenant aborder un
aspect du projet de loi qui nous concerne directement, la modification de
l'article 24 sur la Loi sur la pharmacie. Actuellement, cet article
interdit à un pharmacien de prescrire ou de substituer un médicament fabriqué
par une entreprise dans laquelle il a un intérêt financier direct ou indirect.
Cet article constitue un pilier de l'indépendance professionnelle qui contribue
à maintenir la confiance du public envers la profession. Le projet de loi
n° 15 crée une exception à cette règle. Concrètement, il permet à une
société composée exclusivement de pharmaciens de créer sa propre marque de
médicaments génériques, autrement dit ils auront un intérêt financier dans les
médicaments qu'ils pourront prescrire ou substituer. Cet enjeu n'est pas
nouveau. Au fil des ans, il a fait l'objet de nombreuses discussions où nous
avons... où nous avons réitéré l'importance de maintenir l'article 24,
voire de le renforcer, ce que nous avons fait dans le cadre du projet de loi
n° 67.
Notre position est claire. L'objectif de
la Loi sur la pharmacie est avant tout la protection du public. Permettre à une
bannière de créer une marque maison de médicaments génériques ne renforce pas
la protection du public.
Cela dit, nous prenons acte de la volonté
gouvernementale et constatons que le gouvernement a tenu compte de plusieurs de
nos préoccupations. Premièrement, le régime d'exception ne sera pas inscrit
directement dans la Loi sur la pharmacie, mais dans un règlement
gouvernemental, ce qui répond à notre attente.
Deuxièmement, nous comprenons que la surveillance
de ce régime sera confiée à la RAMQ. Cependant, nous insistons sur un point
essentiel, des mécanismes de contrôle rigoureux devront être... devront être
mis en place. La RAMQ devra surveiller de près l'application de ce régime pour
s'assurer qu'il respecte les modalités réglementaires prévues. C'est pourquoi
nous suggérons la création d'un comité de vigie qui permettrait d'évaluer
l'efficacité du système en temps réel, d'identifier rapidement les angles morts
et les dérives potentielles et d'y apporter les ajustements nécessaires.
Cette façon soulève... (Interruption)
...pardon, une question qui dépasse le projet de loi n° 15 : Comment
protéger l'indépendance professionnelle dans un contexte où les pressions
économiques et organisationnelles sont de plus en plus fortes? Un pharmacien
doit pouvoir prendre ses décisions cliniques en fonction des intérêts de ses
patients, de ses compétences et en respect de son code de déontologie.
Évidemment, les professionnels évoluent dans des environnements complexes dont
on ne peut pas faire abstraction, mais il arrive que ces environnements les
amènent parfois, bien malgré eux, à aller à l'encontre de leurs obligations
déontologiques ou professionnelles.
De telles situations sont constatées
depuis quelques années dans l'ensemble du système professionnel et la pharmacie
n'en fait pas exception. Nous croyons qu'il faudrait rapidement agir pour
donner aux ordres professionnels le pouvoir d'intervenir auprès de tiers pour
préserver cette indépendance. Ce n'est pas dans le projet de loi n° 15,
nous en sommes conscients, mais c'est un enjeu que nous tenions à soulever.
Pour terminer, nous aimerions souligner
deux conditions essentielles à la réussite de cette réforme. D'abord, l'Office
des professions devra avoir...
M. Desgagné (Jean-François) :
...les ressources nécessaires pour assumer de nouvelles responsabilités. Donc,
plus de lignes directrices, plus de règlements à surveiller. Tout ça demande du
personnel et du financement.
Ensuite, si on veut vraiment élargir le
champ de pratique et favoriser la collaboration interprofessionnelle, il faut
que les professionnels aient accès aux informations cliniques en temps réel. Un
pharmacien qui a juste une médication doit pouvoir consulter le dossier
patient. Une IPS doit pouvoir voir ce que le pharmacien a prescrit et prendre
connaissance des interventions d'un inhalothérapeute dans le traitement d'un
patient. Sans ces outils informatiques, nous ne réussirons jamais à exploiter
le plein potentiel de tous ces professionnels qui ont vu leur champ d'exercices
s'élargir. Nous insistons donc pour que les projets d'informatisation et de
partage de données se poursuivent avec célérité.
En conclusion, le projet de loi n° 15 constitue une avancée importante pour le système professionnel
québécois. Nous appuyons ses grandes orientations, tout en proposant des
ajustements qui, selon nous, renforceront la protection du public et
l'efficacité du cadre réglementaire. Nous sommes disponibles pour contribuer à
la mise en œuvre réussie de cette réforme et appelons également le gouvernement
à aller encore plus loin dans une troisième phase de modernisation du système
professionnel. Je vous remercie.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup, M. le Président. Alors, M. le ministre,
vous initier les échanges.
M. Boulet : Merci, avec votre
permission. Merci de votre présence, M. Desgagné, M. Boudreault.
Merci à l'Ordre des pharmaciens pour son engagement pour le bénéfice de la
protection du public québécois puis pour la préparation d'un mémoire. Soyez
assurés que vos quatre recommandations, on va les analyser, on va en tenir
compte avec toute la considération que vous anticipez et on est
particulièrement heureux de vous entendre. Puis je le dis pour le bénéfice de
toutes les personnes qui sont ici et que vous accueillez très favorablement ce
projet de loi n° 15 l. Vous l'avez mentionné d'entrée
de jeu. Je veux juste un petit peu éclaircir certains points. Quand vous
dites «lignes directrices», on comprend qu'actuellement c'est des guides.
Maintenant, on réfère à des lignes directrices. Pour vous, ça a la même
connotation? Est-ce qu'on se comprend bien?
M. Boudreault (Patrick) :
Dans le projet de loi, on a vu qu'on transformait... on changeait «que
s'inspire pour tenir compte». Pour nous, lorsqu'on tient compte de lignes
directrices dans l'élaboration de règlements au niveau du sein... au sein de
l'ordre, on comprend que c'est quelque chose dont on va s'inspirer, c'est
quelque chose qu'on va... qui devrait être de haut niveau, pour lequel il y
aurait des principes directeurs et qu'on ne serait pas dans le détail et qu'on
pourrait tenir compte. Donc, on pourrait parfois déroger pour bien calquer les
besoins de la profession. Ceci dit, c'est important parce que les règlements
vont avoir été adoptés par l'ordre et le pouvoir de surveillance pour l'office
va se faire a posteriori. Alors, il va falloir que, ce qu'on...
M. Boulet : À l'aide...
oui...
M. Boudreault (Patrick) :
...il va falloir que, ce qu'on envoie sur le terrain, on ne le défasse pas
quelques mois après. Donc, il y aura une mécanique de concertation en amont
pour que ça se passe bien dans l'atterrissage.
M. Boulet : Ah! totalement.
Et c'est ce qu'on veut faire, c'est ce que nous allons continuer de faire, puis
c'est vrai que les guides ou lignes directrices maintenant servent à
interpréter ou servent à appliquer un règlement, d'où l'importance de bien
consulter. Mais je vous entendais, M. Desgagné, vous mentionniez une
approbation formelle plutôt qu'une consultation. Est-ce que vous ne trouvez
pas... Qu'est-ce que vous avez à dire là-dessus? Et est-ce que vous avez un
exemple qui pourrait me démontrer qu'une approbation formelle aurait évité un
écueil, par exemple?
M. Boudreault (Patrick) : Je
vais vous donner un exemple. Parce on avait demandé à l'office, il y a quelques
années, le Collège des médecins, l'Ordre des infirmières et l'Ordre des
pharmaciens, d'avoir un règlement unique sur les normes de rédaction
d'ordonnances. Les collègues de l'Ordre des infirmiers, infirmières en ont
parlé précédemment. Et, bien entendu, ce n'était pas quelque chose qui était
prévu par le Code des professions, mais c'est c'était quelque chose... c'est
quelque chose qu'on discutait déjà. On va dire, on a neuf types de
prescripteurs au Québec, on devrait avoir un seul règlement sur les normes de
rédaction d'ordonnances. Mais il est très clair que, dans la collaboration
interordres que nous aurions eu à ce moment-là... que les règlements... le
règlement unique aurait été adopté par chacun des ordres, parce que
l'autorégulation est quand même un pilier de notre système professionnel dans
lequel on vient dire que les professionnels eux-mêmes sont les meilleurs pour
régenter. Et il faut comprendre aussi que la façon dont c'est libellé, du
moment où deux ordres se joindraient pour...
M. Boudreault (Patrick) : ...faire
un règlement, bien, ces deux ordres-là perdent leur pouvoir d'approbation au
conseil d'administration de l'approbation de leur règlement, et ça nous échapperait
pour l'Office des professions. Alors, on croit qu'il faut qu'on réfléchisse à
une autre mécanique, tant dans la collaboration en amont qu'au volet de
l'approbation. Et on ne croit pas que ça allongerait de manière indue le
processus.
• (14 h 20) •
M. Boulet : Je suis
assez d'accord avec vous. Puis vous dites à un moment donné... puis en même
temps, les lignes directrices que vous nous partagiez de l'Office, vous les
souhaiter souples et non contraignantes. Ça, c'est un autre exemple, puis là,
M. Boudreault, vous référez à un exemple d'il y a quelques années, mais
est-ce que vous êtes capable de me donner un exemple où ça a constitué un
irritant, où la ligne directrice trop contraignante a été un irritant, juste
pour ma connaissance à moi?
M. Boudreault (Patrick) : Écoutez,
c'est sûr que ce régime-là, il est à faire, il est à bâtir, il est à
construire. Mais on sait qu'un des principes qui nous amène dans cette réforme
d'allègement, c'est d'avoir un peu plus d'agilité, que nos règlements soient
beaucoup plus en phase avec ce qui se passe sur le terrain. Mais j'aimerais
vous amener dans un exemple qu'on a vécu dans le projet de loi n° 67 avec l'Office. Cette modernisation-là et cette philosophie
d'allègement là, elle a existé lorsqu'on a travaillé avec l'Office dans le
projet de loi n° 67. On a fait un grand ménage au
niveau de la loi lorsqu'on avait des conditions. On les a amenées dans les
règlements et lorsqu'on avait des modalités qui étaient enchâssées dans les
règlements, on les a mises dans les guides de l'ordre. Alors, cette
philosophie, ces grands... ces principes-là, qu'il faut qu'on travaille avec
l'Office pour que ce soit à haut niveau et que, comme ordre, on soit beaucoup
plus dans les principes que dans les détails, pour qu'à la fin que la
résultante, on calque bien les besoins du terrain, les besoins de la profession
pour qu'on joue... puisse jouer notre rôle d'encadrement de nos professions
propres.
M. Boulet : OK, je
comprends super bien. Autre affaire. Je suis un peu dans les exemples avec
vous, là, mais, tu sais, quand on parle d'éthique commune à tous les ordres,
vous dites : Il devrait y avoir possibilité de règles spécifiques à un
ordre. Est-ce que vous pouvez me donner un exemple? Parce que les... puis c'est
vrai qu'on en a qui varient d'un... Mais donnez-moi donc un principe qui serait
spécifique à votre ordre, par exemple.
M. Desgagné
(Jean-François) : Il y a un élément qui est très important, si on
regarde au niveau des pharmaciens, puis il faut bien comprendre, puis je pense
que ça vaut la peine de répéter, ce qu'on veut, on ne veut pas qu'il y ait...
que l'Office ou l'organisme qui va être créé au sein de l'Office qui va gérer
l'éthique ait à gérer 46 cas d'éthique. L'objectif, c'est de rendre ça
plus agile. Donc, on est... il faut bien comprendre que notre recommandation
dit que certaines de ces mesures-là seraient complémentaires.
Un des éléments sur lesquels je pourrais
vous amener, sans vous donner un exemple précis, c'est que, comparativement à
plusieurs autres ordres, en pharmacie, on a un principe de commercialité. Donc,
on a des pharmaciens qui sont dans des places d'affaires, une grande partie de
notre profession, les pharmaciens hospitaliers ou d'autres groupes, mais on a une
grande partie de notre profession qui travaille dans des places d'affaires avec
des liens, avec des tiers, puis on en a discuté dans notre présentation. Ces
tiers-là ont des... font certaines pressions ou placent parfois les pharmaciens
dans des enjeux qui sont parfois difficiles à naviguer. Donc, on pense qu'en
rajoutant... en donnant aux ordres la possibilité de bonifier ou d'émettre
certaines règles éthiques, ça va avoir deux résultantes. Premièrement, ça va
améliorer, je pense, tout ce qui est sensibilité éthique et ça va continuer
d'obliger le conseil d'administration d'un ordre à se soucier de cette
sensibilité éthique là qui est si précieuse et si souvent dans l'actualité de
notre société.
M. Boulet : ...tellement,
tellement, bien répondu. Est-ce que je comprends... puis je pense que c'est
assez clair, vous êtes favorable à la suppression des listes de médicaments
qu'un optométriste peut prescrire, administrer? Est-ce que c'est votre
position?
M. Desgagné
(Jean-François) : Tout à fait. Tout à fait. D'ailleurs, nous, on avait
rédigé des lettres de recommandation pour nos collègues optométristes, nos
collègues... nos collègues sages femmes, mais également pour nos collègues
podiatres, qui, malheureusement, ne sont pas dans le projet de loi actuel.
J'imagine que ça va venir. Mais, nous, écoutez, les pharmaciens, on est
conscients, on a été très gâtés par le passé au niveau de l'élargissement de
notre cadre de pratique dans notre champ d'exercice. Puis on applaudit, puis on
approuve le fait que d'autres professionnels voient leurs actions reconnues et
qu'on leur donne des possibilités d'offrir des services essentiels pour la
population.
M. Boulet : Merci
beaucoup. Merci encore...
M. Boulet : ...encore une
fois. Merci de votre présence, merci de votre engagement. Merci pour ce que
l'Ordre des pharmaciens fait encore une fois pour le public québécois. Merci,
M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Mme la députée de La Pinière, je vous
cède la parole.
Mme Caron : Merci, M. le
Président. Alors, bonjour à vous. Merci pour votre mémoire et votre
présentation. Alors, je vais revenir brièvement sur la question de consultation
et de collaboration, vous l'avez... vous le proposez, de modifier ce terme-là à
l'article trois du projet de loi. Alors, je comprends que vous êtes dans la
même... dans la même ligne de pensée que le CIQ, qui est venu plus tôt
aujourd'hui, pour proposer de parler plutôt de collaboration, donc que le
travail se fasse avec des ordres et avec l'Office des professions, et non pas
que l'Office fasse le travail et vous consulte et consulte les ordres par la
suite. C'est... Donc, vous êtes dans cette même ligne de pensée?
M. Boudreault (Patrick) : ...ce
qu'on veut, c'est qu'on trouve des mécanismes pour enchâsser ces mécanismes de
collaboration et d'approbation formels. La collaboration, elle doit dépasser la
simple volonté des individus qui sont dans les organisations sur le moment. Les
organisations sont plus grandes que nous, elles nous survivent. Alors, il faut
qu'on puisse l'enchâsser pour le... pour les gens qui nous succéderont.
Mme Caron : Oui. Donc, je
comprends... Et c'est pour ça que vous disiez : Il n'y a pas de problème
de collaboration avec l'office, et le CIQ le disait aussi, mais les
organisations survivent aux personnes.
M. Boudreault (Patrick) :
Exact.
Mme Caron : Donc, si c'est
enchâssé, que ces mécanismes-là... bien, pour l'avenir, on est... on a une
certaine assurance que ça va continuer dans le même sens.
M. Boudreault (Patrick) : Oui,
et...
M. Desgagné (Jean-François) :
...excuse-moi, Patrick. Vas-y.
M. Boudreault (Patrick) : Et
comme je l'ai mentionné, des projets de règlement communs, nous avons déjà
voulu en faire. On fait les ordres... Plusieurs ordres se mettre ensemble pour
faire des guides et souvent c'est adopté par nos conseils d'administration
pour, ensuite, les publier. Donc, ça peut se faire depuis... depuis plusieurs
années, en interordre, sur des guides de pratiques ou des normes communes, on
croit que ça peut le faire également pour certains règlements qui pourraient
être faits en commun.
Mme Caron : Parfait. Et
puis...
M. Desgagné (Jean-François) :
Si vous me permettez... Ah! excuse...
Mme Caron : Oui, oui, bien sûr.
Allez-y, allez-y.
M. Desgagné (Jean-François) :
...si vous me permettez de compléter sur ce que j'ai dit tout à l'heure, je ne
peux pas trop souligner la qualité de la collaboration qu'on a présentement
avec l'Office des professions. La culture, moi, je n'ai pas une très grande
expérience, j'ai trois ans, c'est juste ma troisième année à la présidence.
Mais ce que je peux vous dire, c'est que les travaux sont fluides, les canaux
de communication sont constants et que l'ouverture à travailler ensemble, elle
est remarquable. Donc, il faut vraiment souligner la qualité du travail qui se
fait, et l'intérêt que l'office démontre à vouloir travailler avec les ordres professionnels,
c'est remarquable.
Mme Caron : C'est ce qui vous
permet d'affirmer d'ailleurs que la collaboration, ça fonctionne et que vous en
voulez pour l'avenir. C'est parfait.
M. Desgagné (Jean-François) :
Absolument.
Mme Caron : Vous mentionnez,
à la page 4 dans votre sommaire exécutif que, pour que la réforme produise
les effets attendus, l'office devra pouvoir disposer de ressources adaptées à
ses nouvelles responsabilités et faire preuve d'agilité dans sa gestion interne.
Et c'est essentiel, parce que vous voulez éviter l'apparition de goulot
d'étranglement dans le traitement des dossiers. Donc, j'imagine, vous ne voulez
pas créer la situation où on sait que c'est très long pour des règlements avant
que ça puisse être adopté, donc, vous voulez éviter ça. Qu'est-ce que vous
voyez comme comme ressources dont l'office devrait disposer pour...
M. Desgagné (Jean-François) :
On est... on est dans un processus, bien entendu, on commence un processus, on
émet des intentions. Le système professionnel est financé par ces
professionnels. C'est présentement la façon que ça fonctionne. Est-ce qu'il y
aurait d'autres façons de voir? Est-ce qu'il y aurait d'autres façons de le
financer? Est-ce que... Ça pourra faire partie de réflexion. Mais c'est clair
qu'Il faut être conscient que si... L'objectif, c'est d'améliorer le
fonctionnement, de donner de l'agilité, tout en donnant d'autres
responsabilités, donc il faut... Des fois, on enlève, mais on comble en même
temps. Ça fait qu'il faut vraiment s'assurer que les espèces de blocage qu'on a
pu vivre dans les dernières années, ou les goulots d'étranglement, ou le
principe d'un sablier où ça ne passe pas vite dans le sablier, il faut
s'assurer justement de nous donner tous les moyens nécessaires et requis pour
réussir cette réforme.
Mme Caron : D'accord. Vous
parlez, vous insistez sur la nécessité d'outils qui permettent un partage
d'informations entre les professionnels pour assurer la continuité des soins.
Est-ce que la loi n° 25 sur la protection des
renseignements personnels, est-ce que ça vous nuit dans votre travail? Est-ce
qu'il y a besoin de modifications, à cet égard-là?
• (14 h 30) •
M. Boudreault (Patrick) :
Non. La loi qui protège les renseignements personnels, telle qu'elle est, elle
protège les patients puis elle protège...
M. Boudreault (Patrick) :
...il a son utilité, il faut... il faut la maintenir. Ce qu'on vient parler
ici, c'est qu'il y a 10 ans, vous comprendrez que vous voyez aujourd'hui,
là, les collègues de plusieurs ordres sont derrière nous, il y a une grande
ouverture, il y a une très grande collaboration. Il y a 10 ans, on était
plus dans une culture de ça, c'est mon champ d'exercice, ça, c'est le tien.
Mais dans les dernières années, vous avez vu qu'on élargit. Donc, il y a
plusieurs professionnels... on est de moins en moins dans l'exclusivité des
professionnels à faire une même activité professionnelle. Alors, il faut
comprendre que pour les patients, il faudra savoir où est-ce qu'on peut le
diriger et c'est possible de le diriger sur plus d'un professionnel pour
octroyer le même soin. Alors, il faut qu'on soit efficace, il faut qu'on évite
des duplications et pour ça, ça nous prendra des moyens efficaces pour partager
les données de santé entre le patient et ses professionnels, pour éviter la
duplication, pour réduire les soins qui sont non pertinents et qu'on ait une
juste utilisation des soins pour... au bénéfice de la population et au bénéfice
du patient qui parfois s'y perd là-dedans ou parfois on duplique... on duplique
des tests de laboratoire ou des examens pour rien. Alors on a vraiment,
vraiment besoin actuellement de ce... les professionnels nécessitent et ont
besoin de ce support-là, de ce soutien pour pouvoir travailler plus
efficacement.
Mme Caron : Et ça, est-ce que
vous le voyez dans le dossier numérique du patient ou vous le voyez... je vais
vous laissez...
M. Boudreault (Patrick) : Bien,
écoutez, c'est... c'est sûr qu'on a... on a eu une révolution il y a
20 ans avec le DSQ, c'était déjà quelque chose. Mais, maintenant, vous
comprendrez qu'on est ailleurs. Alors, le dossier santé numérique, on en a
besoin, mais on a besoin qu'il dépasse uniquement à l'intérieur des
établissements de santé. Il faut que l'ensemble des professionnels qui sont
dans les pharmacies communautaires, dans les cliniques de réadaptation, de
physiothérapie, tous ces gens-là aient accès à un dossier national dans lequel
on partage l'ensemble des dossiers des patients.
Mme Caron : Et votre niveau
d'optimisme pour que ça se réalise?
M. Desgagné (Jean-François) : C'est
un projet qui est ambitieux, mais les choses faciles, c'est pour les autres.
Nous, on est capable de faire des choses difficiles.
Mme Caron : On va se rappeler
de...
M. Boudreault (Patrick) :
Mais on en a... on en a cruellement besoin.
M. Desgagné (Jean-François) :
On en a cruellement besoin.
Mme Caron : Oui, ça, je pense
que c'est... ça, je pense que c'est clair que le besoin... le besoin est là.
Une voix : Il n'y a pas de
crime à être ambitieux, hein?
Mme Caron : Pour... les codes
d'éthique ou vous avez parlé de particularité, peut-être pour un ordre par
rapport à un autre. Est-ce que... je comprends que l'Office qui (panne de son)
les normes d'éthique et de déontologie applicables aux membres des ordres
professionnels, ce serait comme s'il adoptait un tronc commun pour utiliser une
expression du milieu de l'éducation et que le cas échéant, certains ordres
pourraient en complément ajouter des normes.
M. Desgagné (Jean-François) : C'est
exactement ça, votre compréhension est parfaite.
M. Boudreault (Patrick) : Je
vais rajouter quelque chose, c'est exact, oui, c'est ça, mais il faut s'assurer
aussi que la résultante, ce n'est pas de dire : Oh, bien, il n'y a rien
qui vous empêche de manière administrative d'ajouter des... d'ajouter certains
comportements au niveau attendu, au niveau de vos conseils d'administration.
Pour nous, c'est important que ces
règles-là, qu'on pourrait ajouter à la marge, il y en aurait quelques-unes,
mais qu'elles soient contraignantes et qu'elles soient opposables s'il y
avait... s'il y avait un manquement ou s'il y avait quelque chose. Donc, ce qui
serait amené vers le Comité central d'éthique et de déontologie de l'office,
bien ce serait ce grand tronc commun et les quelques dispositions qui
pourraient être supplémentaires.
Mme Caron : Elle ne devrait
pas être moins importante que celles qui font partie du tronc commun
M. Boudreault (Patrick) : Exact.
Mme Caron : Puis elles doivent
être applicables.
M. Boudreault (Patrick) : Et
tout autant opposable, oui.
M. Desgagné (Jean-François) : ...l'éthique,
vous savez, c'est... ça peut être un concept qui est un peu parfois nébuleux,
mais ça... ça contribue très fortement à conserver l'élément le plus important,
la confiance que le public a envers nos professionnels. Et c'est pour ça qu'on
dit qu'il faut que les... que l'initiative qui est amenée, elle est très bonne,
mais il faut quand même que les conseils d'administration soient les garants de
cette éthique-là au cœur même de leur profession.
Mme Caron : Très proches de
leurs membres, évidemment, et du... et du terrain. Parce que, si je prends
un... l'ordre des infirmiers et des infirmières, par exemple, l'Ordre des
traducteurs, qui est à titre réservé, ce n'est pas la même... le même type de
pratique, oui, il y a quand même une éthique et une déontologie à suivre, mais
il y a peut-être des particularités qui... de l'un qui n'ont rien à voir avec
l'autre. Merci.
Maintenant, au sujet de l'article 24,
donc ce que je comprends... parce que l'article 24, pour les gens qui...
qui nous écoutent, c'est où le projet de loi permettrait à Familiprix de créer
sa marque maison de médicament générique. Et c'est quelque chose qui... qui
n'est pas... que vous n'avalisez pas nécessairement. Est-ce que je comprends
bien?
M. Desgagné (Jean-François) :
En fait, on prend un acte, on considère que le gouvernement dans un...
14 h 30 (version non révisée)
M. Desgagné (Jean-François) :
...lorsqu'il prend des décisions, a plusieurs éléments qui peuvent l'amener à
prendre ces décisions-là, plusieurs considérations, considérations
professionnelles, mais également des considérations économiques. Et nous, on
prend acte de ça, le message qu'on dit est double, c'est que nous, ce n'est pas
à notre demande que nous... L'article 24, il est important pour nous, d'ailleurs,
on l'a fait renforcer, mais que, par contre, certaines demandes, certaines de
nos demandes qui demandaient finalement de baliser, d'amener des éléments de
balise pour encadrer ce potentiel conflit d'intérêts là, soient mises en place
de façon rigoureuse. Et nous, on demande également de faire un petit bout de
plus en mettant en place un comité de surveillance.
Mme Caron : Merci. Maintenant,
je vais poser une question qui n'est pas dans votre mémoire, mais je pense que
c'est un... vous avez déjà entendu parler de cet enjeu-là, le bureau du Québec,
l'Association canadienne des compagnies d'assurances de personnes, l'ACCAP, a
déposé un mémoire à la commission, même s'ils ne seront pas... ils ne viendront
pas le présenter. Et c'est en lien avec les honoraires des pharmaciens qui sont
facturés aux... aux patients, mais payés par un régime d'assurance... un
assureur privé contrairement... Et un exemple, un médicament de 10 000 $,
qui pourrait être assorti d'honoraires de 11 $ payés par la RAMQ, dans le
cadre du régime public d'assurance médicaments, pourrait être assorti plutôt d'honoraires
de 15 000 $ payés par l'assureur privé. C'est un exemple qu'on nous a
donné puis d'autres chiffres, mais il y a des honoraires qui vont jusqu'à
100000 $ pour des médicaments très coûteux.
Est-ce que c'est un sujet sur lequel vous
vous êtes penchés? Est-ce que les pharmaciens ont une... l'ordre a une position
sur... sur cet enjeu-là?
M. Desgagné (Jean-François) :
Deux éléments. Premier élément, c'est un choix qu'on a fait au Québec d'avoir
un système qui allie à la fois un système public, donc, avec un cadre d'honoraires
fixes et un système privé. Bon, moi, je ne... nous ne sommes pas l'Association
des pharmaciens propriétaires qui... qui négocie les différentes ententes.
Bref, nous, ce que nous disons, c'est qu'il y a définitivement un écart, on en
est conscient, mais on ne vit pas sur une autre planète. On a des... on a des
mesures, à l'intérieur de l'ordre, pour faire des arbitrages dans des
situations où on considérait que les honoraires sont disproportionnés, et nous
appliquons ces mesures-là. Donc, ce sont des éléments que... Ça, ça se passe
soit dans un comité d'arbitrage des comptes ou par une demande d'enquête à
notre syndic, et on a des demandes d'enquête sur des honoraires qui sont
disproportionnés.
Mais, par la suite, comme je vous dis,
nous, encore une fois, on prend acte du choix que la société a fait, d'avoir un
système à deux volets. Éventuellement, s'il y a des réflexions, on contribuera
à cette réflexion-là. Mais en effet, il y a... en ayant les deux systèmes,
bien, il peut y avoir des différences. Patrick, tu veux compléter?
M. Boudreault (Patrick) : Et
au niveau du code de déontologie, alors, on s'attend à ce que les pharmaciens
exigent un prix qui est juste et raisonnable pour les honoraires qui sont
demandés aux patients. Et, comme le président l'a mentionné, s'il y avait
perception de l'écart de la part du public, il peut y avoir dépôt d'une demande
d'enquête au niveau du syndic de l'ordre. Et notre syndic de l'ordre fait...
fait son travail de manière rigoureuse.
Mme Caron : Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Alors, je cède la parole au député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci, M. le
Président. Bonjour à vous deux. Content de vous voir ici. Plusieurs groupes,
avant vous, ont fait référence aux délais — avec un «x» — aux
délais de 18 mois, qui étaient peut être trop longs pour l'application de
différents articles. Avez-vous des critiques similaires par rapport à des trucs
qui vous concernent plus précisément?
M. Boudreault (Patrick) : Bien
sûr, on aimerait que ça soit... ça soit plus rapide, mais, dans les discussions
qu'on a entendues avec l'office, c'est que, oui, il y a un délai, je pourrais
dire... ou adopté dans la loi, mais je pense que ce que j'entends de la part de
l'équipe de l'office, c'est d'y aller le plus rondement possible, et
probablement que... Ce qu'on entend, c'est que certaines lignes directrices
arriveront probablement plus rapidement que d'autres, et on pourra mettre le
tout, le tout de manière... de manière coordonnée. Et, bien entendu, nous, on
se met de pied d'oeuvre. On est prêts à collaborer, demain matin, pour faire
avancer... faire avancer le tout.
M. Leduc : Mais on pourrait,
donc, même dans la loi, baisser les délais d'application.
M. Boudreault (Patrick) : Mais,
écoutez, si... ça pourrait tout à fait être intéressant de diminuer ce délai de
18 mois, vous avez bien raison. Mais on peut comprendre qu'on aime mieux
un travail qui sera bien fait...
M. Leduc : Je comprends.
M. Boudreault (Patrick) : ...pour
s'assurer qu'après les lignes directrices qui seront émises seront efficaces
pour l'avenir.
M. Leduc : Ça fait que vous
n'avez pas un chiffre magique à nous soumettre...
M. Boudreault (Patrick) : Je
n'ai pas de chiffres...
M. Leduc : ...vos collègues
ont dit trois mois tantôt...
M. Leduc : ...vous?
M. Boudreault (Patrick) :
On...
Une voix : ...
M. Leduc : Non, je sais, je
sais, c'était une blague, c'était une blague. Vous faites référence au fait
qu'il faudrait qu'à l'office il y ait plus de personnel pour être plus efficace
dans la gestion...
Une voix : ...
M. Leduc : Plus de moyens.
Bien, je devinais que vous faisiez référence à des humains, là, qui vont traiter
les différents règlements et autres. Avez-vous calculé ou une estimation du
nombre d'équivalents temps plein qu'il faudrait rajouter à l'office pour être
capable de rencontrer, là... Parce qu'on sait que c'est un des problèmes qui
durent depuis des années, que les règlements traînent... je n'accuse personne,
mais c'est... il y en a beaucoup... en même temps un goulot d'étranglement. On
aurait besoin de combien de personnes supplémentaires à l'office pour que ça
roule?
• (14 h 40) •
M. Desgagné (Jean-François) : Je
pense que ce calcul-là appartient à l'office. Sauf que, nous, le message qu'il
faut que vous compreniez dans notre remarque là-dessus, c'est que... c'est
qu'on applaudit, puis on reconnaît, puis on apprécie cette bouffée d'air là
qu'on donne aux ordres professionnels.
Vous savez, notre système professionnel,
là, il est précieux, il est important, il est apprécié puis il est nécessaire.
Puis il faut... il faut... Puis la collaboration qu'on a avec l'office,
encore... peut-être en ayant peur de me répéter, notre... la collaboration avec
l'office, elle est excellente. Je pense qu'on est sur une erre d'aller. On est
sur de nouvelles bases. Il ne faut pas, par faute de moyens ou par... ou par
économies de bouts de chandelle, je m'excuse, là, de dire ça... mais il ne
faudrait pas stopper cet élan-là qu'on a pris.
On est dans le deuxième... Le CIQ, dans
les dernières années, à mon arrivée à la présidence, on a fait des travaux à la
demande de la ministre LeBel, à ce moment-là, qui était responsable des lois
professionnelles, on a fait des travaux très importants sur comment on voyait
le système professionnel. On est rendus au deuxième projet de loi. On espère
qu'il y en aura d'autres, parce qu'il y a encore beaucoup de pain sur la
planche. Et c'est un... c'est un... ce sont des éléments qui vont renforcer la
protection du public, renforcer la confiance que le public ont envers les
professionnels, parce qu'on s'en rend compte, du rôle que tous ces gens-là, ces
400 000 professionnels là, dans plein de professions... jouent pour les... pour
les citoyens québécois à tous les jours.
Donc, on n'est pas dans... on comprend
qu'on n'est pas dans un système où les moyens sont infinis, on est conscients
de ça, mais le message, c'est : par une mauvaise planification ou par un
manque de moyens, ça serait dommage de stopper cet élan-là.
M. Leduc : ...qu'il y ait
d'autres projets de loi, est-ce que votre attente, c'est qu'il y en ait un
autre d'ici la fin de la présente législature, qui se finit en juin?
M. Desgagné (Jean-François) :
Bien...
M. Leduc : Juste pour qu'on
soit clair sur les niveaux d'attente, là.
M. Desgagné (Jean-François) : Écoutez,
ce que je vous dis, c'est qu'il y a des éléments sur lesquels on doit continuer
de travailler, l'indépendance professionnelle en est un, la gestion de la
discipline en est un, tout ce qui est également de reddition de comptes en
est... on a des collègues qui ont parlé de... des assemblées générales,
l'indépendance des ordres par rapport à leurs membres, ce sont tous des
éléments qu'on doit aborder. La... La représentativité du public sur les ordres
professionnels, très intéressant de considérer ça quand on regarde ce qui se
fait ailleurs. Donc, ce sont tous des éléments sur lesquels le CIQ, tous les ordres
professionnels ont contribué avec diligence et rigueur. Il y a encore des
choses qu'on peut amener. Il y a des choses qu'on peut améliorer encore, au
bénéfice de la population.
M. Leduc : Merci.
Le Président (M. Provençal)
:...Alors, je remercie personnellement
M. Desgagné et M. Boudreault de l'Ordre des pharmaciens du Québec pour leur
contribution et surtout votre participation à nos travaux. Merci beaucoup.
Je suspends les travaux temporairement
pour permettre au prochain groupe de prendre place.
(Suspension de la séance à 14 h 43)
(Reprise à 14 h 46)
Le Président (M. Provençal)
:Alors, nous allons recevoir
maintenant des représentants de l'Ordre professionnel des inhalothérapeutes du
Québec. Nous avons présentement Mme Grondin, Mme Prud'homme et M. Rioux. Alors,
Mme Grondin, je vous laisse la parole pour votre présentation, et on poursuit
avec les échanges. À vous.
Mme Grondin (Karine) : Donc,
M. le Président, M. le ministre, membres de la commission, je vous remercie de
nous accueillir aujourd'hui et de nous donner l'occasion de présenter la
position de l'Ordre professionnel des inhalothérapeutes du Québec à l'égard du
projet de loi 15. Je suis accompagnée, aujourd'hui, de Mme Josée Prud'Homme,
directrice générale et secrétaire de l'Ordre, ainsi que M. Pascal Rioux,
directeur des services administratifs et de l'admission. Je les remercie de
leur présence. Je remercie d'ailleurs aussi l'instructeur avec qui j'enseigne et
sa gestionnaire d'avoir aménagé l'horaire aujourd'hui afin de me permettre
d'être ici. Je pratique encore en milieu critique trois jours semaine ayant
comme rôle les bonnes pratiques cliniques en milieu hospitalier.
L'Ordre professionnel des inhalothérapeutes
du Québec a pour mission la protection du public en assurant à la population
québécoise des soins cardiorespiratoires sécuritaires et de qualité. Il
regroupe plus de 4500 inhalothérapeutes au Québec. D'entrée de jeu, je tiens à
le dire clairement : L'Ordre appuie les orientations générales du projet
de loi. Il s'inscrit dans une volonté de modernisation du système professionnel
et, surtout, dans une recherche accrue d'efficience et d'accessibilité aux
soins, en misant sur une meilleure utilisation des compétences déjà présentes
dans le réseau. Le projet de loi repose sur un constat que nous partageons
pleinement : Les cadres actuels, le manque de flexibilité qu'offre le
système entraîne notamment le recours extensif aux ordonnances collectives et
ne donne pas l'agilité nécessaire pour permettre aux professionnels de
maximiser leur champ de pratique et, parfois même, adapter la thérapie. Il
génère de la lourdeur administrative, des inégalités d'application dans les
milieux, entre autres, en fonction des ressources humaines disponibles et,
ultimement, des délais pour les patients.
Ce constat est bien documenté, notamment
pour la pratique infirmière, mais il est tout aussi réel dans la pratique des
inhalothérapeutes et particulièrement dans les milieux hospitaliers :
Première ligne, soins critiques et urgences. Le droit de prescription reconnu
aux infirmières constitue, à notre avis, un précédent éclairant. L'inscription
explicite dans la loi, combinée à un encadrement réglementaire relié au champ
d'exercices et relevant de l'ordre professionnel comme proposé, permet de faire
face aux défis contemporains comme le vieillissement de la population, la
pénurie de main-d'œuvre, les avancées médicales par la recherche clinique et
les nouvelles technologies, une plus grande agilité clinique, une réduction des
délais d'intervention, et ce, sans compromis pour la sécurité du public. Nous
croyons qu'une réflexion similaire doit maintenant être menée à l'égard des
inhalothérapeutes dont l'expertise clinique est reconnue et dont les
interventions...
Mme Grondin (Karine) : ...les
interventions s'inscrivent déjà dans des trajectoires de soins connues et
établies. Concrètement, les inhalothérapeutes interviennent quotidiennement
auprès de patients à haut risque, en soins critiques à l'urgence, bloc
opératoire, première ligne, patients atteints de maladies chroniques ou encore
lors d'épreuves diagnostiques spécialisées.
Dans ces contextes, les décisions
cliniques sont souvent prises sur la base de protocoles, procédures claires
bien documentés, connus dans l'ensemble des... par l'ensemble des intervenants,
oui, comme inhalothérapeutes, infirmières, pharmaciens, médecins, mais qui
laissent peu de place à l'adaptabilité suite à un changement de condition.
Certaines doivent être validées par une prescription médicale qu'on dit de
confirmation, ce qui ajoute des délais sans gain clinique.
• (14 h 50) •
À titre d'exemple, qui peuvent non
seulement s'appliquer dans plus d'un secteur d'activité, mais chez plus d'une
patientèle, une décompensation respiratoire. L'inhalothérapeute pourrait
prescrire une radiographie pulmonaire lors d'un changement de condition
clinique afin de diminuer les délais d'intervention avec l'arrivée de l'équipe
interdisciplinaire et la pose d'un diagnostic. Ils pourraient optimiser en
temps réel les paramètres ventilatoires invasives ou non invasives selon son
évaluation clinique, ajuster une pression positive pour une personne
hospitalisée ayant été diagnostiquée et déjà sous thérapie d'apnée du sommeil,
pourraient prescrire un électrocardiogramme lors d'un test à l'effort lorsque
des signes cliniques inquiétants apparaissent ou encore lors d'une irrégularité
du pouls observé au cours de l'épreuve.
Dans tous les cas, il ne s'agit pas
d'élargir les pratiques sans balises, mais plutôt de reconnaître formellement
des gestes cliniques déjà posés dans des cadres sécuritaires et rigoureux. Il
faut encourager l'utilisation du jugement clinique et l'autonomie
professionnelle. La valorisation et la reconnaissance professionnelle peuvent
être des moteurs puissants de l'attractivité et surtout de la rétention dans le
réseau de l'expertise clinique.
Nous souhaitons également attirer
l'attention de la commission sur l'importance d'ajouter au Code des professions
une activité réservée permettant l'initiation de mesures diagnostiques aux fins
de santé publique. Le ministère de la Santé et des Services sociaux a récemment
exprimé son ouverture à cette possibilité, notamment en matière de dépistage,
et privilégie une modification législative claire. Nous croyons qu'il s'agit
d'un levier important, cohérent avec l'esprit du projet de loi et des besoins
actuels du réseau.
L'Ordre appuie également le recours accru
à l'adoption de règlements par résolution des conseils d'administration. Cette
approche offre des gains d'efficacité réelle et une meilleure capacité
d'adaptation aux réalités cliniques.
Cependant, deux conditions sont
essentielles pour que cette avancée produise ses effets, s'assurer que le
nouveau... les nouveaux règlements adoptés par résolution soient diffusés de
manière structurée et cohérente afin de permettre au milieu concerné de
s'adapter à leur évolution, de maintenir leurs pratiques à jour et d'éviter
toute confusion avec les règlements existants ainsi que toute asymétrie
d'information entre les différents milieux quant à l'évolution du cadre
réglementaire, s'assurer aussi d'une capacité institutionnelle à traiter
rapidement les règlements sans créer un goulot d'étranglement administratif. Cette
orientation répond à des enjeux concrets et persistants.
À titre d'exemple, il aura fallu près de
quatre ans pour que trois activités visées par le règlement modifiant le
règlement de certaines activités professionnelles pouvant être exercées par un
inhalothérapeute, soit l'initiation... l'évaluation et la vaccination, soient
finalement priorisées malgré un consensus du Collège des médecins lors des
infirmiers et infirmières du Québec et l'Ordre des pharmaciens. Heureusement,
les travaux progressent actuellement.
Un autre exemple est l'utilisation de
l'ultrason ou l'énergie invasive. Bien que cette technologie soit utilisée à
des fins d'évaluation pulmonaire depuis quelques années et qu'elle soit bien
présente dans les conférences respiratoires au Canada et au Québec, la
structure rigide actuelle ne permet pas de voie de passage rapide, mais... même
après une entente entre les ordres professionnels concernés pour en favoriser
le déploiement. Ce genre de retard causé par la lourdeur des processus réglementaires
doit cesser.
Enfin, nous souhaitons soulever une
préoccupation importante du délai maximal de 18 mois prévu pour la mise en
oeuvre des nouvelles dispositions. Comme on l'a entendu plus tôt, et à notre
avis, ce délai est trop long et risque de retarder inutilement l'atteinte des
objectifs même du projet...
Mme Grondin (Karine) : ...de
loi. L'élaboration de lignes directrices est nécessaire, mais elle ne devrait
pas justifier un tel échéancier pour des mesures jugées... prioritaires par le
législateur.
En conclusion, l'Ordre professionnel des
inhalothérapeutes du Québec invite les parlementaires à poursuivre la logique
amorcée par le projet de loi 15 en reconnaissant l'expertise clinique des
inhalothérapeutes, en élargissant de manière encadrée leur droit de
prescription et en assurant une mise en œuvre rapide, claire et efficace des
nouvelles dispositions. Nous sommes convaincus que ces ajustements
contribueront concrètement à améliorer l'accessibilité, la fluidité, la qualité
des soins sans en compromettre la sécurité au bénéfice des patients du réseau.
Je vous remercie de votre attention. Et
nous serons heureux de répondre à vos questions.
Le Président (M. Provençal)
:Merci beaucoup, Mme Grondin, de votre
présentation. M. le ministre, vous êtes prêt?
M. Boulet : ...M. le
Président. Merci, Mme Grondin. Merci à votre équipe pour la... encore une fois,
le temps que vous avez consacré à préparer votre mémoire qui est très, très
clair, qui évidemment est favorable au projet de loi 15. Vous avez quelques
recommandations. J'ai le goût de les regarder avec vous un peu.
Dans un premier temps, «initier des
mesures et diagnostics aux fins de santé publique», est-ce que vous pouvez me
dire ce que ça implique concrètement?
Mme Grondin (Karine) : Bien,
concrètement, M. le Président, ce que ça implique, on a un bon exemple avec la
COVID-19 qui est arrivée, les inhalothérapeutes ont dû attendre le décret pour
avoir le droit au dépistage. Donc, c'est un des meilleurs exemples récents.
Donc, exactement. Puis on a eu aussi, voilà plusieurs années, le H1N1. On n'est
pas à l'abri de nouvelles maladies infectieuses, respiratoires ou autres
maladies chroniques ou les fièvres hémorragiques, tu sais. Il y a toutes sortes
de maladies ou d'agents pathogènes qui peuvent survenir. Donc, pour accélérer
les processus et permettre justement de réaliser la mission de la Loi sur la
santé publique, là, qui est de faire la vigie puis d'assurer d'éviter les
propagations, bien, qu'on puisse collaborer, mettre l'épaule à la roue,
toujours dans notre champ d'exercice.
M. Boulet : Ben oui. Tout à
fait. Écoutez, j'ai un préjugé favorable, c'est en analyse. Évidemment, on va
s'assurer que les conditions aux modalités d'exercice soient bien définies, là,
mais c'est une très belle recommandation.
La deuxième, c'est «amorcer rapidement les
travaux pour élargir le droit de prescription aux inhalothérapeutes» afin
d'intervenir, j'imagine, là, plus rapidement dans des contextes cliniques
balisés, hein? C'est ça votre objectif, hein?
Mme Grondin (Karine) : Exactement.
M. Boulet : OK. Ça, ce sera
sous réserve, là. Je vais demander qu'on vérifie si ça requiert des changements
au projet de loi, là. Mais, ça aussi, là, c'est en analyse, puis ça m'apparaît...
j'ai aussi un préjugé favorable à ça.
La réglementation. Pouvez-vous, bon, les
règlements pris par les ordres, m'expliquer un peu plus c'est quoi, votre
recommandation à cet égard-là?
Mme Grondin (Karine) : ...je
vais laisser Mme... Mme Prud'homme répondre pour l'aspect réglementaire.
Mme Prud'Homme (Josée) : En
fait, pour ce qui concerne ces règlements-là, ce qu'on souhaite, c'est être
capables rapidement de les déployer. On parle, là, notamment des règlements sur
l'inspection professionnelle, on parle des règlements d'autorisation
d'activités. Tout à... Tout à l'heure, on en a parlé, hein, la présidente a
souligné la spirométrie... pas la «spirométrie», mais l'échographie que les
inhalothérapeutes pourraient faire pour notamment des patients qui sont aux
soins... en soins critiques et dont on veut évaluer s'il y a un épanchement
pleural ou non. Actuellement, bien, on ne peut pas parce qu'on n'a pas des
énergies invasives dans notre champ d'exercice. Et on passe... Il faut passer
par un règlement d'autorisation d'activités à des non-professionnels, ce qu'on
appelle dans notre jargon, nous, les... fameux 94 H. Alors, c'est certain qu'on
souhaiterait rapidement être en mesure d'agir. Et le 18 mois, là, parce que
c'était... c'était un peu... c'était un peu ça, là, qui nous... qui nous
préoccupe au niveau de la recommandation trois. Il faut donc adapter, tu sais,
qu'on soit capables d'adapter rapidement. Par exemple, l'inspection
professionnelle, on voudrait être capables de modifier notre règlement sans que
ça prenne un temps fou souvent pour des technicalités, hein? Souvent, c'est des
technicalités.
Mme Grondin (Karine) : Ou, si
je peux me permettre, M. le Président, c'est... c'est d'éviter de prolonger,
des fois, des pratiques inefficaces aussi, hein? Parce qu'il faut, dans ce
temps-là... c'est important de prendre les moyens. Puis, quand on voit ce genre
de choses là...
Mme Grondin (Karine) : ...de
donner cette agilité-là au système, ça assure une certaine protection du
public.
M. Boulet : Oui, puis... mais
on l'a à l'article 18, hein, du projet de loi, que les projets de règlement
vont tenir compte des lignes directrices à venir, qui étaient des guides
auparavant, qui vont entrer en vigueur 15 jours suivant leur ratification ou à
une date ultérieure, là, si c'est prévu. Mais je suis tout à fait conscient
que, dans certaines circonstances, il faut que ce soit le plus rapidement
possible. Mais il y a ce délai-là minimal qui... oui, oui, ce n'est pas un
délai qui est particulièrement long puis c'est un des objectifs du projet de
loi d'alléger, de raccourcir le processus, d'avoir un fardeau qui est moins
imposant. OK. Je vous comprends bien là-dessus.
L'autre recommandation, c'est l'entrée en
vigueur, le délai maximal de 18 mois. Ça, on parle des lignes directrices à
élaborer, le 18...
• (15 heures) •
Mme Grondin (Karine) : Nous,
c'est de... c'est de... on avait mal compris la question, c'était ça, nous, le
délai de 18 mois, c'était par rapport à ça.
M. Boulet : OK. Le 18 mois,
vous trouvez que c'est trop long pour l'élaboration des lignes directrices, pas
le règlement, comme vous avez parlé.
Mme Prud'Homme (Josée) : Non,
c'est ça, ce n'est pas le règlement, c'est le délai. C'est ce délai de... la
sanction, 18 mois, ça, c'est un peu... un peu comme nos collègues infirmiers...
infirmières et infirmiers, on a cette préoccupation, mais en même temps, on
comprend qu'il faut que les lignes directrices s'élaborent, ça, c'est certains.
M. Boulet : Oui. Il faut
trouver un équilibre, on va l'analyser, mais ceux qui me connaissent bien
savent que je suis impatient. Ça fait que c'est sûr que je vais essayer de
faire le maximum pour que le délai soit le plus court possible, là.
Mme Grondin (Karine) : Mais
on s'excuse, nous, c'était... on pensait que c'était de ce délai-là que vous
parliez.
M. Boulet : Oui, non, non, je
comprends. On va travailler ensemble. Puis, évidemment, vous n'avez pas besoin
de nous convaincre que les inhalothérapeutes sont en mesure d'initier des
mesures diagnostics, ça, je n'ai pas de problème avec ça, l'impact sur l'accès
aux services, ça n'a pas besoin d'être démontré non plus. Mme Grondin, c'est...
avec cette nouvelle activité-là.
Mme Grondin (Karine) : Oui,
de... Vous voulez... Des exemples que vous...
M. Boulet : Bien, que ça va
accélérer, que ça va améliorer l'accès.
Mme Grondin (Karine) : Oui,
mais... parce que, nous, il y a... il y a d'initier des mesures, mais vous
parlez dans le règlement qui est à l'étude... à l'office ou vous parlez
d'initier des mesures diagnostics dans le cadre du dépistage, parce que... ou
de...
M. Boulet : Bien, allons-y...
initier des mesures diagnostiques.
Mme Grondin (Karine) : Bien
initier des... puis on s'est entretenu avec Mme... qui sont... les travaux,
actuellement, je pense qu'ils vont de bon train. Mais, oui, initier des mesures
diagnostiques pour des... tu sais, ça peut être... quand on parle de la
prescription aussi, comme on vous disait tantôt, puis encore, c'est arrivé
hier, une patiente est en train de faire une épreuve à l'effort, ils ont vu un
signe inquiétant sur l'ECG, là, il cherchait quelqu'un pour prescrire un ECG,
puis on sait très bien... donc, initier des mesures diagnostiques permettraient
de réagir en temps réel. Ou, exemple, un patient en post-op de chirurgie
cardiaque, en soins intensifs, fait une tamponade, il y a des réajustements de
paramètres ventilatoires, le médecin... en a déjà bien assez de gérer, exemple,
tout l'hémodynamie, bien, l'inhalothérapeute pourrait justement faire des
réajustements en temps réel, puis après... le but, quand on demande, exemple,
la prescription d'initier des mesures diagnostiques, ce n'est pas de remplacer
quelqu'un, mais d'agir en complémentarité, puis, je veux dire, la loi 90, quand
elle est arrivée, voilà pour plusieurs années, c'était ça un peu, la volonté,
c'était d'ouvrir, d'élargir les champs d'exercices, puis de permettre une
meilleure interdisciplinarité, puis d'avoir une collaboration interprofessionnelle
pour permettre une prise en charge plus rapide puis adaptée aux patients, hein.
On l'a dit, des fois, c'est... il faut... être capable d'adapter les thérapies
parce que les gens, la population, n'ont pas tous les mêmes besoins.
M. Boulet : Ah! totalement.
Puis je suis content que vous ayez, comme d'autres groupes, soulevé le
phénomène de pénurie de main-d'oeuvre qui est associé au vieillissement
démographique, qui contribue aussi à accroître les besoins dans les soins de
santé puis dans les services sociaux. Ça fait que, quand on élargit un champ
d'action puis qu'on en fait la promotion puis que la formation est en
adéquation avec ce service-là qui est rendu, bien, on contribue à régler un
problème sociétal qui est important, là. Ça fait que je suis content que vous
le disiez, parce qu'en inhalothérapie il y a aussi une problématique
d'attraction puis de rétention, hein, Mme Grondin?
Mme Grondin (Karine) : Effectivement.
Je suis allée à une conférence... Je suis, bon, membre de la Société canadienne
des thérapeutes respiratoires, c'est une société savante, bon, ils ont... puis
j'assiste à leurs conférences, parce que, comme je vous dis, moi, je pratique
trois jours-semaine, donc je perfectionne mes...
15 h (version non révisée)
Mme Grondin (Karine) : ...mes
compétences. Et puis c'est drôle d'être assis dans une conférence nationale où
est-ce qu'on dit que la Colombie-Britannique et le Québec sont les deux
provinces les plus touchées par la pénurie. Quand même, c'est... puis ça, ça a
été nommé. Donc, je pense que de valoriser l'expertise professionnelle aussi,
ça... c'est quand même... ça peut être un moteur puissant pour... pour l'attractivité,
parce qu'on mise beaucoup sur l'attractivité, hein, dans les... Mais après ça,
c'est... il faut les garder, les professionnels....
M. Boulet : C'est la
rétention, bien oui. C'est souvent ça, le pire, oui.
Mme Grondin (Karine) : ...c'est
la rétention. Puis je pense qu'il faut travailler sur ces deux champs-là en
même temps. Donc, je pense que ça peut, en effet, le... cette reconnaissance-là,
permettre aussi de... d'exercer son plein champ de... puis d'avoir une pratique
qui est intéressante, puis une pratique... Parce que les gens, quand les
inhalothérapeutes... quelqu'un qui pratique ou que ce soit en soins infirmiers,
c'est pour soigner, hein, je veux dire, c'est pour donner des soins, des soins
de qualité. Donc, je pense que le vœu, il est là, mais tous ordres confondus et
tous professionnels confondus.
M. Boulet : Merci beaucoup Mme
Grondin. Dernière question, rapidement, si vous aviez une recommandation phare,
quelle serait-elle?
Mme Grondin (Karine) : Ce
serait d'intégrer au Code des professions l'initiation des mesures
diagnostiques et rapidement faire des travaux sur la prescription pour les
inhalothérapeutes.
M. Boulet : Parfait. Je vous
avais devinée. Vous êtes habile, Mme Grondin. Merci beaucoup de votre présence puis
bonne journée puis profitez du Parlement en même temps. Merci.
Le Président (M. Provençal)
:Merci, M. le ministre. Alors, Mme la
députée de La Pinière, je vous donne la suite.
Mme Caron : Merci, M. le
Président. Alors, merci à vous pour votre mémoire et votre présentation. Je
dirais presque que le ministre a fait le tour de beaucoup des questions que je
vous aurais posées, mais je suis également favorable à ce que vous présentez...
parce que, pour ma part, en tout cas, é'étant pas issu de... d'une profession
médicale, je ne connais pas beaucoup le travail des inhalothérapeutes. Et, en
lisant votre mémoire hier, il y a une chose qui m'a... qui a attiré mon
attention en page deux, lorsque vous donnez des exemples de situations
cliniques où l'octroi du droit de prescription aux inhalothérapeutes
contribuerait à optimiser l'accessibilité, la continuité et l'efficience des
soins. Et vous dites... Vous mettez trois points, là, concrets que ça pourrait
aider. Et le deuxième : «accélérer la prise en charge et améliorer la
condition clinique, lorsque parfois chaque minute compte», et lorsque parfois
chaque minute compte, j'ai compris que ça peut sauver une vie ou ça peut
permettre la réussite d'un traitement. Ça peut peut-être réduire des
souffrances pour que les autres professionnels autour, puisque... puisque vous
travaillez en complémentarité, n'aient pas à... je dirais, à travailler en
partant d'aussi loin parce que vous avez fait un bon bout de chemin pour éviter
peut-être quelques... que la situation se détériore. Donc, vous avez un rôle
qui est très actif et qui pourrait être... non seulement aider pour... pour
soigner, mais aussi... Puis là je... dans un côté moins humain, mais ça fait
partie des... du cadre dans lequel toute société travaille, il y a aussi des
coûts aux soins qui sont donnés. Alors, quand les inhalothérapeutes peuvent
faire des gestes, quand ils pourront faire certaines activités qu'elles ne
peuvent pas faire maintenant, à moins d'attendre une confirmation, bien, ça... non
seulement ça améliore l'accès, ça facilite, ça accélère le travail, mais ça
permet aussi d'éviter des coûts. Parce que sinon, ils pourraient avoir des
soins plus... plus coûteux et plus longs, une... une récupération plus longue
aussi pour... pour les patients.
Mme Grondin (Karine) : ...il y
a certains... si je peux me permettre, M. le Président, il y a... il y a
certaines choses qui sont... des fois, lorsqu'on fait de la collaboration en
sédation analgésique, exemple, une réduction d'épaule, on sait très bien que la
récupération, elle est grandement supérieure quand la réduction, elle est faite
à l'intérieur de 60 minutes. Ça fait qu'il existe des recommandations, des
lignes directrices qui sont clairement établies, sur lesquelles on peut
contribuer, nous, justement à accélérer des fois par des prises en charge ou
des... donc, je pense que le... l'ordre est d'avis qu'il y a un réel gain pour
la population. Puis toujours, je l'ai dit, c'est... tu sais, dans mon
allocution, ce n'est pas d'ouvrir sans balise, c'est d'encadrer. Mais je pense
qu'il y a quelque chose à faire concernant ce... la prescription.
Mme Caron : Et si l'ouverture
du ministre était grande au point tel de dire : Bien, on va y aller dans
ce projet de loi pour le... pour la possibilité d'initier des mesures
diagnostiques pour la prescription, est-ce que...
Mme Caron : ...le libellé de
tout ça, les... qui serait dans le projet de loi, est-ce que ça pourrait être
un copier/coller de ce qui est offert à une autre profession, ou bien il y
aurait plus de... plus de travail que ça?
Mme Grondin (Karine) : Bien,
il y a un petit peu... Écoutez, moi, vendredi, tu sais, lundi, 4 h,
j'apprenais que je venais ici aujourd'hui. Donc, donc je pense qu'on a fait nos
devoirs, mais on n'est pas allés dans ce détail-là. Mme Prudhomme aurait
peut-être quelque chose à ajouter.
• (15 h 10) •
Mme Prud'Homme (Josée) : Bien,
je pense qu'on pourrait penser, tu sais, sans faire du tout ce qu'on appelle du
copier/coller, là, il reste qu'il y a des termes, des... une façon de libeller
une activité, puis je pense que, tu sais, l'Ordre professionnel des
inhalothérapeutes devrait élaborer un règlement aussi. Mais ça, est-ce qu'on
est rendu là? Je peux vous dire que non. Je ne sais pas si nos collègues de
l'Ordre des infirmiers et infirmières sont déjà là, peut-être, parce que
c'était quelque chose qu'ils ont vu venir, tandis que nous, on n'a pas vu ça
vraiment venir, alors... Mais oui, il y a sûrement, sûrement des similitudes
avec des petits ajustements, mais c'est des choses sur lesquelles on va se
pencher dans les prochaines semaines.
Mme Caron : Merci.
Évidemment, je ne m'attendais pas à ce que vous ayez le libellé. Peut-être
que... un petit peu vite en besogne.
Mme Grondin (Karine) : J'ai
su hier midi que j'avais réussi à me faire remplacer, là.
Mme Caron : Vous avez
travaillé vite, vite et bien. Bon, à part ça, bon, on a déjà parlé du 18 mois,
on a compris ce que vous vouliez dire pour... pour accélérer les choses
comme... je pense que, comme les autres professionnels de la santé, vous voulez
faire le plus possible et pouvoir le faire le plus tôt possible. Évidemment, il
faut... il faut que toutes les étapes soient faites. Bon, je crois que... Bien,
je vais vous demander s'il y a des... s'il y a des éléments dans votre mémoire
ou d'autres éléments sur lesquels vous n'avez pas eu le temps de vous exprimer,
soir pendant votre 10 minutes d'exposé ou pendant les questions d'échange avec
le ministre, si vous voulez prendre le temps de les présenter.
Mme Prud'Homme (Josée) : Peut-être
pour répondre à la question qui a été adressée tout à l'heure, dans le fond, ce
que... ce qu'il faut faire attention, parce que vous savez, on nous donne
une... on va nous donner l'occasion, là, de pouvoir, par résolution, prendre des
dispositions en lien avec les fameux quatre règlements, et je pense que ça a
été soulevé, je ne me souviens plus si c'est par le CIQ ou une autre
organisation, mais ça va être important que la population et que nos membres,
tu sais, il n'y ait pas des... qu'on n'arrive pas chez Légis Québec, par
exemple, puis on va sur le règlement d'inspection professionnelle, qui est...
qui est celui qui est, mettons, qui est... qui... qui n'est pas en vigueur, tu
sais, je pense que... Parce que c'est nous qui allons publier ces règlements-là
sur nos sites, alors, c'était un peu notre inquiétude, là, mais je pense qu'on
peut travailler, on l'a dit tantôt, on a tellement parlé de collaboration, je
pense que ça va être important que tout le monde, on collabore ensemble à s'assurer
qu'il n'y ait pas de confusion auprès de la population et de nos membres,
évidemment, en bout de piste, parce que souvent ça les concerne, là, quand on
parle de règlement d'inspection, ça les touche directement parce qu'on
surveille leur exercice alors qu'ils n'arrivent pas en nous disant : Bien,
ce n'est pas comme ça que vous êtes supposés faire ça, parce que c'est ça qui
est publié dans Légis Québec, mais que dans le fond, ce n'est pas ce
règlement-là qui est en vigueur, c'est l'autre. Alors, ça, c'est, je pense,
c'est des préoccupations qui ont été partagées, là, par d'autres... d'autres
ordres professionnels et le CIQ, je crois, aussi.
Mme Grondin (Karine) : Trouver
le bon véhicule...
Mme Prud'Homme (Josée) : C'est
ça.
Mme Grondin (Karine) : ...pour
partager.
Mme Prud'Homme (Josée) : C'est
s'assurer de bien collaborer puis que... d'être bien en complémentarité.
Mme Caron : Et puis, là, vous
faites référence aux règlements adoptés par...
Mme Prud'Homme (Josée) : Nos
fameux quatre règlements adoptés par...
Mme Grondin (Karine) : Par
l'Ordre....
Mme Prud'Homme (Josée) : Oui,
par l'office, par l'office avec lesquels nous on peut aussi, par résolution,
amener certaines dispositions.
Mme Caron : C'est ça, et
c'est le cas des autres ordres, et puis qu'il n'y ait pas... il faut s'assurer
que c'est toujours le même, le plus récent qui...
Mme Prud'Homme (Josée) : Qui
est disponible, qui est accessible, oui.
Mme Caron : ...accessible, et
ça prend presque un lieu, un endroit commun pour... en tout cas, au moins pour
les ordres qui... qui travaillent en complémentarité pour s'assurer... Parce
que les inhalothérapeutes vont savoir dès qu'ils vont pouvoir initier des
mesures diagnostiques, mais est-ce que les autres... les autres professionnels
de la santé qui sont membres d'autres ordres le sauront s'ils veulent le
consulter ou... Pour ne pas que les gens soient à aller chercher des... des
règlements un peu partout, donc, ça, c'est votre préoccupation?
Une voix : Oui.
Mme Caron : Est ce qu'il y
avait... est-ce qu'il y avait autre chose que vous n'aviez pas touché? Non? Ça
fera le tour pour moi, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Ça va, madame? Merci, Mme la députée.
Alors, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci, M. le
Président. Bonjour à vous trois. On parle beaucoup de délais d'application
depuis ce matin. Le 18 mois, vous voulez le mettre plus tôt, mais des fois,
j'entends des discussions qui disent : Ouais, mais là, si on est capables
d'être prêts plus vite, on va être prêts plus vite, mais... Sauf erreur, délais
d'application, ça ne fonctionne pas comme ça, là...
M. Leduc : ...l'application,
c'est, qui commence à 18 mois. Elle ne peut pas être bien prête plus tôt, mais
la loi, elle dit que c'est à 18 mois que ça commence. Ça fait qu'il faudrait
qu'on le bouge dans... dans le texte de la loi, là.
Mme Prud'Homme (Josée) : Sur
le temps, qu'on souhaiterait, là.
Mme Grondin (Karine) : Ce
qu'on souhaiterait.
M. Leduc : Ce serait de le
baisser, le délai.
Mme Grondin (Karine) :
Idéalement.
M. Leduc : Avez-vous un
chiffre en tête?
Mme Grondin (Karine) : On n'a
pas de chiffre magique. Parce que, tantôt, on... non, mais on en discutait pour
vrai, on... Je veux dire, des fois, pour s'avancer sur des choses comme ça, il
faut connaître la mécanique interne, puis nous, on ne la connaît pas, la
mécanique interne de l'office, on ne la connaît pas. Donc, c'est difficile de
s'avancer sur un temps quand on ne sait pas les moyens, on ne sait pas la façon
de... Donc, on trouve que c'est difficile d'énumérer un chiffre. C'est sur que,
pour... tu sais, quand c'est des gains reconnus comme prioritaires, on espère
toujours que ce soit le plus tôt possible, mais, comme on disait aussi, il ne
faut pas aller de l'avant, puis défaire, puis ça, ça a été nommé dans certains
exemples par les pharmaciens. Je... tu sais, il ne faut pas avancer puis
reculer, là, donc. Mais c'est sûr qu'idéalement si le délai pourrait être
raccourci, nous croyons que ça pourrait être souhaitable.
M. Leduc : Moi, j'ai tout vu
ici, hein, en ce Parlement. Ça fait huit ans que je suis ici, des fois, c'était
impossible d'aller plus vite, là, woups, tout à coup, on découvrait une façon
d'y arriver. Donc, tout est possible ici. On parle beaucoup d'exercices, là,
vous dites de continuer d'élargir. Qu'est-ce qu'on... qu'est-ce qu'on peut
espérer dans le concret? Parce que là on l'a dit tantôt avec vos prédécesseurs,
il n'y aura pas d'autres projets de loi sur ce thème-là avant la fin de la
législature, au mois de juin, mais, idéalement, pour le prochain gouvernement,
vous voudriez que, peut-être, l'année prochaine, il y ait un autre projet de
loi sur le thème de l'Ordre des professions.
Mme Grondin (Karine) : Bien,
un autre projet...
Mme Prud'Homme (Josée) : En
fait, en fait, là, je pense qu'on a tous dit la même chose, c'est qu'il y a
eu... il y a eu une première mouture, on en a une deuxième mouture qui
transforme le système professionnel. On espère qu'il va y avoir rapidement un
troisième... un troisième projet de loi qui va venir toucher à d'autres aspects
du Code des professions, notamment sur la gouvernance des ordres professionnels.
Ça, je pense qu'il y a les conseils de discipline, il y a des... il y a des
choses sur la table, pour lesquelles les ordres professionnels sont... sont
préoccupés puis souhaitent voir des avancées. La même chose avec
l'élargissement des pratiques, l'élargissement des pratiques, on a fait des
cellules de travail par... au ministère de la Santé. On n'a pas fait... on n'a
pas fait des cellules de travail sur des trajectoires de soins où là on aurait
pu impliquer beaucoup plus de professionnels et on serait peut-être aujourd'hui
avec un projet de loi qui toucherait un peu plus de professionnels, notamment
sur la prescription. Là, je parle... on parle des inhalothérapeutes, bien, ça
aurait pu être les physios si on avait... si on avait identifié une trajectoire
de soins de toutes les... tout ce qui est musculosquelettique. C'est un peu...
c'est un peu ça.
Alors, notre souhait, c'est que ces
travaux-là, avec un prochain gouvernement ou le gouvernement en place, bien, se
poursuivent, tu sais, que ça ne tombe pas. Lettre morte. C'est ça, notre
souhait.
M. Leduc : Je comprends.
Mme Grondin (Karine) : On
voyait le projet de loi n° 15
dans une étape d'un processus. Tu sais, pour nous, là, c'était une autre étape,
parce que, des fois, faire des projets trop d'envergure, on a vu que ça
ralentit, parce que ça prend des consensus, des consultations. Donc, des fois,
de fragmenter un peu, ça permet peut-être d'être plus agile puis de bien
circonscrire ce qui est sur la table puis, après ça, on passe à quelque chose
d'autre dans pas trop longtemps.
M. Leduc : Puis... Combien de
temps, M. le Président?
Le Président (M. Provençal)
: ...
M. Leduc : Une minute. Le
dossier des professions a bougé dans différents ministères dans les dernières
années. Là, il a atterri chez mon collègue du travail, qui vient d'être nommé
aussi temporairement à l'économie. Mais est-ce qu'il y a un ministère plus
logique pour lequel vous trouvez que... Parce ça a été à la justice, ça a été à
l'enseignement supérieur, pendant un bout aussi. Y a-tu un ministère qui serait
comme celui qui devrait normalement être responsable du dossier des professions
puis qu'on arrête de se pitcher d'un ministère à l'autre, à chaque remaniement
ministériel?
Mme Grondin (Karine) : Moi, en
tout cas, on n'a pas eu cette réflexion-là, pour être honnête, là, on ne s'est
pas attardé à cette question-là, quel devrait être le ministère. Donc, je ne
dirais pas un nom pour dire un nom, je n'ai pas cette acuité-là actuellement.
On n'en a pas discuté.
M. Leduc : Ça marche. Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup. Alors, un merci spécial aux représentants
de l'Ordre professionnel des inhalothérapeutes du Québec de vous être déplacés,
d'être venus présenter votre mémoire et d'avoir participé aux échanges. Merci
beaucoup et bon retour. Soyez prudents.
Je suspends les travaux pour le prochain
groupe.
(Suspension de la séance à 15 h 19)
(Reprise à 15 h 28)
Le Président (M. Provençal)
: Alors, on va reprendre nos travaux. Nous recevons
présentement l'Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et
familiaux du Québec par visioconférence, alors Mme Valérie Fernandez,
présidente, Mme France Pedneault, directrice générale, Me Jean-François Savoie,
secrétaire et directeur des affaires juridiques, et M. Sylvain Nadeau,
directeur de la profession des thérapeutes conjugals et familials et
psychothérapeute. Alors, vous avez maintenant 10 minutes pour votre
présentation, et, par la suite, nous procéderons aux échanges. Alors, je
présume que c'est Mme Fernandez qui fait la présentation?
Mme Fernandez (Valérie) : Absolument.
Le Président (M. Provençal)
:Je vous cède la parole, madame.
Mme Fernandez (Valérie) : Excellent.
Merci. M. le Président, M. le ministre, Mmes et MM. les députés, je tiens tout
d'abord à vous remercier de nous avoir conviés à ces consultations
particulières sur le projet de loi n° 15, Loi modifiant le Code des professions
et d'autres dispositions principalement afin d'alléger le processus
réglementaire du système professionnel et d'élargir certaines pratiques
professionnelles dans le domaine de la santé et des services sociaux.
L'ordre accueille favorablement le projet
de loi et souhaite d'emblée saluer les allègements réglementaires proposés
ainsi que les diverses dispositions visant à améliorer l'accès aux soins de
santé et aux services sociaux. L'ordre se réjouit tout particulièrement des
dispositions du projet de loi visant à autoriser les thérapeutes conjugaux et
familiaux, les TCF, à exercer la psychothérapie sans permis spécifique à cette
fin, au même titre que les médecins et les psychologues. Dans la mesure où
l'ordre a la responsabilité de soutenir et d'encadrer l'exercice de cette
profession, nous estimons que nos commentaires sur le sujet sont susceptibles
d'apporter un éclairage spécifique et pertinent aux parlementaires...
Mme Fernandez (Valérie) : ...c'est
donc pourquoi nous entendons concentrer nos observations essentiellement sur ce
sujet aujourd'hui. Avant d'entrer dans le vif du sujet, permettez-moi de vous
donner un peu de contexte sur la profession de TCF, qui demeure, somme toute,
plutôt méconnue. L'intégration des TCF au système professionnel québécois a
officiellement eu lieu en 2001, lorsque la profession s'est greffée à notre
ordre professionnel pour y être encadrée. Leur champ d'exercice consiste à
évaluer la dynamique des systèmes relationnels des couples et des familles,
déterminer un plan de traitement et d'intervention ainsi que restaurer et
améliorer les modes de communication dans le but de favoriser de meilleures
relations conjugales et familiales chez l'être humain en interaction avec son
environnement. En bref, ils sont des experts des difficultés conjugales,
familiales et relationnelles. Ils traitent la souffrance psychologique des
personnes en lien avec leur relation significative.
• (15 h 30) •
Rappelons d'ailleurs que la thérapie
conjugale et familiale est l'une des deux formes reconnues de psychothérapie,
l'autre étant la psychothérapie individuelle. Mentionnons aussi que les TCF
détiennent minimalement un diplôme de maîtrise et que plus de 90 % d'entre
eux sont psychothérapeutes. Les 10 % restants sont constitués essentiellement
de professionnels en voie d'obtenir leur permis de psychothérapeute ou exerçant
hors du Québec. Les TCF peuvent aussi réaliser trois activités réservées, dont
l'évaluation d'une personne atteinte d'un trouble mental ou neuropsychologique,
attestée par un diagnostic ou par une évaluation effectuée par un professionnel
habilité.
Plus de 25 ans après leur intégration
au système professionnel, les TCF sont un peu plus de 300 à exercer au Québec,
essentiellement dans le secteur privé, en pratique autonome. Cela dit, bien de
l'eau a coulé sous les ponts depuis leur rentrée dans le système professionnel.
Par exemple, depuis l'encadrement de la psychothérapie en 2012, les TCF doivent
détenir un permis de psychothérapeute en plus de leur permis de TCF pour
pouvoir exercer pleinement leur profession. En effet, bien que la
psychothérapie s'inscrive naturellement dans leur champ d'exercice, l'absence
de formation universitaire reconnue à l'époque a fait en sorte que le
législateur a choisi d'exiger que les TCF... et que les TCF détiennent un
permis de psychothérapeute en plus de leur permis de TCF pour pouvoir exercer
la psychothérapie. Il avait été convenu que cette position serait revue en
fonction du développement de la formation universitaire en thérapie conjugale
et familiale au Québec.
Or, deux ans plus tard, en 2014, un
programme de maîtrise en thérapie conjugale et familiale, incluant la
psychothérapie, a vu le jour à l'Université McGill. Puis, le 30 avril
2020, le diplôme obtenu au terme de ce programme a été formellement inclus dans
le règlement sur les diplômes délivrés par les établissements d'enseignement
désignés, qui donne droit au permis et au certificat de spécialité des ordres
professionnels. L'obligation d'obtenir un permis de psychothérapeute pour les
TCF est donc dès lors devenue superflue. Le Code des professions n'avait pas,
jusqu'à ce jour, été modifié en conséquence.
C'est pourquoi nous sommes satisfaits de
constater que le projet de loi n° 15 modifie
l'article 187.1 du Code des professions pour autoriser les TCF à exercer
d'emblée la psychothérapie sans avoir besoin du permis de psychothérapeute. De
ce fait, il remédie à ce qui apparaît désormais comme une incohérence en raison
de l'évolution de la formation et de l'encadrement de la profession de TCF, et
surtout, il reconnaît sans équivoque que la psychothérapie est au cœur de la
profession des TCF. L'ordre se réjouit également que cette reconnaissance fasse
consensus au sein des ordres du domaine de la santé mentale et des relations
humaines. Selon nous, les modifications proposées permettront aussi de dissiper
une certaine confusion au sein du public, qui peut, à tort, penser que la
formation pour obtenir le titre professionnel de TCF n'est pas suffisante pour
exercer la thérapie conjugale et familiale au Québec, alors que cette dernière
est pourtant une forme de psychothérapie.
En ce qui a trait à l'opérationnalisation
de ce changement, nous souhaitons informer les parlementaires que l'ordre a procédé
à une analyse préalable et exhaustive des répercussions. L'équipe de l'ordre
est d'ailleurs déjà en action, de concert avec l'Ordre des psychologues du
Québec pour préparer une transition harmonieuse pour les professionnels
concernés.
Bref, nous serons prêts, dès l'adoption du
projet de loi, à mettre en œuvre les nouvelles dispositions législatives et
réglementaires, que ce soit par rapport à l'application des exigences de
formation continue, à la réalisation des inspections ou à la surveillance de
l'exercice illégal de la psychothérapie auprès d'un couple ou d'une famille.
Par ailleurs, l'ordre croit avoir remarqué un angle mort dans le projet de loi
quant à des modifications...
15 h 30 (version non révisée)
Mme Fernandez (Valérie) : ...de
concordances qui devraient être apportées aux lois et règlements, notamment la
réglementation sur les accidents du travail et les maladies professionnelles. Oh!
Pardon, j'ai... les maladies professionnelles. Il serait important de prévoir
des ajustements aux divers textes législatifs et réglementaires pour s'assurer
que les honoraires professionnels des TCF qui offrent de tels services
demeurent couverts.
Dans un autre ordre d'idées, l‘ordre
demande un amendement au projet de loi n° 15 dans le but de modifier le
texte anglais du paragraphe de l'article 36 du Code des professions afin
de réserver deux nouveaux titres professionnels en anglais et leur abréviation
aux thérapeutes conjugaux et familiaux, le tout pour mieux protéger le public.
Effectivement, l'ordre demande que les titres de «couple and family therapist» de
même que couple therapist» soient ajoutés aux autres titres professionnels en
anglais réservés pour la profession. Cette requête a pour but de refléter la
réalité québécoise des couples non mariés qui consultent les TCF puisque les
deux titres actuellement en anglais correspondants soit «mariage and family
therapist» et «mariage therapist» sont liés à la notion de mariage. Depuis 2018,
l'ordre observe d'ailleurs une utilisation fréquente du terme «couple» et de l'abréviation
CFT chez ses membres oeuvrant auprès d'une clientèle anglophone. Il s'agit donc
d'une mesure supplémentaire de protection du public dans un domaine où des non
professionnels sont inventifs pour la création de titres qui pourraient laisser
croire qu'ils peuvent exercer la thérapie conjugale ou familiale. Il est donc
très important de minimalement réserver en anglais ce qui est l'équivalent de sous-titres
en français. Finalement, il est à noter que cette demande fait consensus au
sein des ordres professionnels concernés.
Enfin, l'ordre souhaite sincèrement que l'autorisation
des TCF à exercer la psychothérapie sans permis spécifique fera office de
bougie d'allumage, que cela donnera l'élan nécessaire pour faire progresser
deux autres dossiers prioritaires pour le développement de la profession, le
tout avec l'objectif d'améliorer l'accès pour les couples et les familles du
Québec aux services spécialisés des TCF. D'abord, il y a la question du titre
de thérapeute conjugal et familial qui n'existe pas dans le réseau de la santé et
des services sociaux. En effet, la profession TCF demeure la seule parmi celles
en santé mentale et relations humaines qui est absente de la nomenclature des
titres d'emploi du réseau. L'ordre espère que cette reconnaissance du fait que
la psychothérapie est au cœur de la profession de TCF incitera les parties
patronales et syndicales à collaborer pour enfin créer le titre. Cela rendrait
le travail dans le réseau beaucoup plus attractif pour les TCF et permettrait à
terme d'offrir gratuitement cette expertise aux familles et aux couples
québécois qui en ont besoin. D'autre part, cela permettrait assurément la
création de nouveaux milieux de stage pour les étudiants, favorisant ainsi le
développement de programmes universitaires francophones en thérapie conjugale
et familiale au Québec, avec pour effet l'augmentation du nombre des TCF
diplômés chaque année.
En terminant, je me permets de formuler un
souhait, celui de voir ce projet de loi adopté avant la fin de la session
parlementaire actuelle et donc avant les élections. L'ordre offre en ce sens sa
pleine collaboration aux parlementaires ainsi qu'à l'Office des professions du
Québec. Je vous remercie de votre attention. Nous sommes maintenant prêts à
échanger avec vous.
Le Président (M. Provençal)
:Merci beaucoup, Mme Fernandez.
Alors, je vais passer la parole immédiatement à M. le ministre.
M. Boulet : Merci, Mme Fernandez.
J'espère que vous allez bien. Merci à toute votre équipe aussi. Merci d'être là
virtuellement, d'avoir travaillé à préparer un mémoire avec des recommandations
qui sont claires. Soyez assurés qu'on va accorder le suivi qui s'impose, à tout
le moins on vous a bien entendu et on va analyser avec toute la considération
que vous anticipez vos recommandations.
Vous avez répondu à pas mal de mes
questions, en fait, là, tu sais je voulais... vous avez fait comme un
historique qui était vraiment intéressant, parce que je me préoccupais de ça,
de cette obligation pour les thérapistes, vous appelez ça les TCF, là, j'aime
mieux dire les thérapistes conjugaux et familiaux, de détenir un permis de
psychothérapie puis pourquoi ce n'est plus jugé nécessaire. Mais peut-être je vais
vous laisser, Mme Fernandez, me dire qu'est-ce qui justifie que vous n'ayez
plus à détenir un permis de psychothérapeute. Si vous aviez à résumer votre
pensée en quelques phrases, qu'est-ce que vous me diriez?
Mme Fernandez (Valérie) : Oui.
Je vous dirais dans le fond que depuis 2014, depuis vraiment qu'il y a un
programme universitaire reconnu, ce n'est plus requis. Dans le fond, l'encadrement
de la psychothérapie est arrivé 2012, à ce moment-là, il n'y avait pas d'université
au Québec...
Mme Fernandez (Valérie) :
...qui offrait le programme qui amenait à la qualification. Donc, c'était
décerné par des écoles privées. Et ça faisait partie des réflexions aussi à
l'époque, là, par les experts de dire : Bien, une fois qu'il y aura une
université reconnue qui développera un programme au Québec, on pourra réaliser
ce double permis là. Donc, depuis 2014, c'est une modification qu'on attend
avec impatience.
• (15 h 40) •
M. Boulet : OK. Bien, on est
bien content d'y participer pour le bénéfice de tous les thérapeutes conjugaux
et familiaux. Quand vous référez à des ajustements de concordance dans diverses
lois et règlements pour que les services offerts par les thérapeutes demeurent
couverts malgré l'abolition du permis, là, de psychothérapeute, on va
simplement l'analyser, là, puis identifier ce que ça implique comme
modifications, puis on va devoir interpeler nos partenaires gouvernementaux
concernés. Ça fait que ça, pour moi... on va poursuivre notre analyse.
L'amendement pour le titre professionnel,
pour les titres professionnels anglophones que vous avez très bien énumérés, on
est favorable à ça puis on va lui donner suite, Mme Fernandez.
Maintenant, que le titre d'emploi TCF
n'existe pas dans la nomenclature du réseau de la santé et services sociaux,
c'est évidemment dans la mission du ministère de la Santé. Donc, je vais vous
laisser continuer votre discussion avec le ministère. Les amendements
techniques ciblés, là, vous dites, en fait, ponctuelles. À quoi vous pensez?
Vous dites, vous allez suivre l'étude détaillée puis, si jamais il y a des
amendements qui vous apparaissent pertinents, vous allez échanger avec nous?
Est-ce que c'est ce que vous souhaitez faire?
Mme Fernandez (Valérie) : Oui,
absolument, mais là je vais peut être utiliser les deux juristes qui
m'accompagnent pour compléter.
Mme Pedneault (France) : ...en
fait, on est en train vraiment d'analyser, entre autres, les dispositions
transitoires pour s'assurer de ne pas échapper personne, donc parmi nos TCF qui
ne seraient pas déjà psychothérapeutes, pour s'assurer de viser bien dans les
dispositions transitoires toutes les personnes pour ne pas échapper de...
personne puis de faire perdre leur droit de devenir psychothérapeutes. Donc, on
est en train vraiment, là, d'analyser. Puis nos chiffres ne sont pas très
grands, là, tu sais, on a 300 membres, on a 90 % qui sont déjà
psychothérapeutes, donc on est vraiment en train de regarder tous les cas de
figure possibles. On a déjà discuté, entre autres, avec l'Office des
professions. Le mot clé aujourd'hui, c'est «la collaboration». Donc, peut-être
juste mentionner la grande collaboration de l'office à ce sujet. Donc, on est
vraiment en train de regarder ça, M. le ministre.
M. Boulet : C'est très bien
exprimé. Il y en a combien? C'est quoi, la proportion des thérapeutes qui font
de la psychothérapie? Est-ce que vous l'avez mentionné, Mme Fernandez?
Mme Fernandez (Valérie) : Oui,
absolument. En fait, sur les...
Des voix : ...
Mme Fernandez (Valérie) : Oui,
on est dans la même salle, vous avez compris, on a une discipline à avoir avec
nos micros. Donc, on a 300 membres TCF qui ont un permis chez nous. De ce
nombre, 90 % sont... ont aussi un permis de psychothérapeute, donc peuvent
exercer la psychothérapie. Le 10 % restant, c'est soit des personnes qui
sont en processus pour obtenir leur permis ou exerçant à l'extérieur du Québec.
M. Boulet : OK, c'est bien.
Puis le projet de loi, vous l'avez vu, là, on abolit le... ce qu'on appelle le
Conseil interdisciplinaire sur l'exercice de la psychothérapie. Ça, ça avait
été mis sur pied, souvenez-vous, en 2009 pour soutenir l'encadrement, qui était
encore assez récent, de la psychothérapie puis favoriser la concertation entre
les ordres. Quelles sont selon... Est-ce que vous êtes en mesure d'identifier
les mécanismes actuels qui permettent d'assurer cette coordination-là entre les
ordres en l'absence de ce conseil interdisciplinaire là?
Mme Pedneault (France) : Oui.
Donc, effectivement, c'était nécessaire, ce comité-là, à l'époque, pour mettre
en place. Maintenant, on a vraiment des tables de concertation, donc on a une
table d'ordre en santé mentale, relations humaines avec toutes les présidences,
les directions générales. On a aussi des tables avec le CIQ, là. Ce matin, ça a
été mentionné. Donc, on a vraiment une concertation qui existait peut-être
moins à l'époque, donc on comprend que c'était requis d'avoir ce comité-là en
2009 pour mettre en place la psychothérapie, mais on accueille favorablement le
fait que ce comité-là ne soit plus dans le Code des professions à l'avenir.
M. Boulet : OK, super...
M. Boulet : ...OK. Moi ça
complète. Je conclurais en vous remerciant sincèrement beaucoup puis on aura
peut-être l'occasion de se rencontrer. Puis n'hésitez pas à communiquer pour
faire valoir vos préoccupations, même durant l'étude détaillée, on peut se
parler, puis on peut... Nous, ce qui nous préoccupe, c'est que l'étude
détaillée aboutisse à une loi qui soit applicable, qui soit bénéfique pour les
Québécois, Québécoises, qui améliore l'offre de service et qui répond du mieux
possible à l'accroissement des besoins, là, dans la conjoncture que vous
connaissez bien. Donc, merci, Mme Fernandez, au plaisir. Me Pedneault, Me
Savoie et M. Nadeau, merci à toute l'équipe et bonne journée. Au revoir
Mme Fernandez (Valérie) : Merci,
M. le ministre.
M. Provençal : Merci, M. le
ministre. Alors, on va poursuivre avec Mme la députée de La Pinière.
Mme Caron : Merci, M. le
Président. Alors, bonjour à vous quatre. Merci pour votre mémoire et votre
présentation. Alors, vous l'avez dit vous-même, le mot collaboration était...
est le mot du jour, je pense. Alors est ce que ça veut dire que vous êtes
d'accord avec les propositions... les recommandations qui ont été faites par le
CIQ et par au moins un autre ordre ce matin de remplacer le mot «consultation»
par le mot «collaboration» à certains articles du projet de loi qui sont en
lien avec les règlements adoptés par... ou normes adoptées par l'Office des
professions du Québec.
Mme Fernandez (Valérie) : Oui,
absolument, on s'inscrit dans la même ligne que le CIQ et nos autres collègues
qui sont passés aujourd'hui avant nous.
Mme Caron : D'accord, merci.
Maintenant, vous avez mentionné... pus merci aussi pour l'historique, parce que
c'est un historique que je ne connaissais pas, donc ça nous a fait une bonne
mise en contexte et on comprend pourquoi certains changements sont nécessaires
maintenant. Et puis vous mentionnez donc qu'en 2014, il y a eu un programme de
maîtrise en thérapie conjugale et familiale, incluant la psychothérapie à
l'Université McGill. Par curiosité, est-ce que l'Université McGill est toujours
la seule université qui offre un tel programme?
Mme Fernandez (Valérie) : Oui.
Malheureusement, oui. Oui, donc je peux peut-être céder la parole à notre
expert TCF pour qu'il... qui pourrait compléter.
M. Nadeau (Sylvain) : Je peux
simplement ajouter qu'effectivement, l'Université McGill, c'est la seule
université qui offre le programme complet, mais en anglais, en thérapie
conjugale et familiale. Maintenant, il y a d'autres universités présentement
qui montrent un intérêt sérieux pour développer parfois une partie des cours,
parfois le programme, donc on est vraiment en discussion. Et même... juste le
dépôt du PL 15, du projet de loi 15, a vraiment suscité de l'intérêt
encore pour deux autres milieux universitaires. Donc on est vraiment enthousiastes
à l'idée que ça pourrait se concrétiser au cours des prochains mois, prochaines
années.
Mme Caron : Alors, ça
pourrait... non seulement le programme serait à ce moment-là offert aussi en
français, mais ça pourrait avoir une incidence sur l'attractivité de la
profession parmi les étudiants, qui pourraient peut-être être moins habiles en
anglais et qui voudraient étudier en français et pratiquer en français aussi.
Merci pour cette information-là.
Et puisqu'il est question de langue, je
vais revenir au... juste pour une petite précision, là, je comprends tout à
fait et le ministre a dit qu'il était favorable et qu'il donnerait suite à
votre demande d'ajout des titres de «couple and family therapist» et «couple
therapist» au lieu de «mariage and family therapist» et «mariage therapist»,
les temps ont changé, alors on comprend ça, mais la question que je me
posais : est-ce que c'est... parce que vous parlez d'un ajout à la liste
des titres anglais et pourquoi ça ne serait pas tout simplement «couple and
family therapist», «couple therapist» qui remplaceraient les titres qui
contiennent le mot «mariage»? Ou... j'imagine qu'il y a une raison pour
laquelle vous souhaitez les ajouter, donc il y aurait quatre titres possibles
en anglais et deux en français.
Mme Pedneault (France) : Oui,
effectivement, parce que, tu sais, dans le fond, en termes de protection du
public, si les titres ne sont pas réservés, ils peuvent être utilisés par des
non-professionnels. Donc, la réalité en français, le terme «conjugal», ça
s'applique à un couple, qu'ils soient mariés ou non et cette distinction-là...
en anglais, donc, il y a vraiment une distinction, donc on trouve important de
réserver tous les titres qui touchent le couple et... marié ou non marié. Donc
c'est pour ça qu'on demande un ajout.
Mme Caron : D'accord, donc...
Mme Caron : ...mais alors ce
sera... Est-ce que je comprends que ce sera au choix du professionnel qui veut
afficher son titre anglophone, de dire : Je suis un «couple and family
therapist» ou bien un «mariage and family therapist»?
M. Nadeau (Sylvain) : C'est
souvent les initiales qui sont utilisées. Donc aux États-Unis, c'est encore
seulement MFT. Au Canada, maintenant, il y a une association, c'est CFT, ils
viennent de le traduire il y a quelque temps et, mais... mais, mais au Québec,
dans le fond, les gens pourraient utiliser les deux. Parce que si on enlevait
MFT pour mettre CFT, c'est que là, il y a des personnes qui pourraient écrire
MFT, pis ça prendrait des recours complexes pour être capable de protéger
les... ce titre-là.
• (15 h 50) •
Mme Caron : Oui, c'est ça, je
comprends. C'est la protection du titre pour... pour la protection du public en
bout de piste, pour ne pas que quelqu'un s'improvise thérapeute alors qu'il ne
l'est pas vraiment puis offre des services qui ne seraient pas... pour lesquels
il ne serait pas compétent. Il pourrait y avoir plus de dommage que de bien, à
ce moment-là, qui serait fait dans une... dans cette prestation de services,
entre guillemets. Parfait. Donc, c'est à être ajouté.
Maintenant, dans vos... Oui, vous avez
mentionné qu'il y avait des règlements comme le règlement sur l'assistance
médicale, règlement sur les fournisseurs, encore, Règlement sur les régimes
complémentaires d'avantages sociaux dans l'industrie de la construction. Ça,
c'était en lien... En fait, c'est la réglementation sur les accidents du
travail et les maladies professionnelles, pour que, si vous offrez des... ou
vos membres offrent des services, que ces services-là soient... puissent être
remboursés dans le cadre... dans le cadre d'accidents du travail ou de maladies
professionnelles. Est-ce qu'il s'agit d'un... d'une liste de règlements
exhaustifs qui sont à modifier ou ce sont... ce ne sont que des exemples, et
puis les... Les légistes du ministère vont s'assurer que ce... que tout... que
rien n'est oublié et que tout est là?
M. Savoie (Jean-François) :
Oui. Ce sont les règlements qu'on a pu identifier, là, en faisant une recherche
sur les outils qui nous sont disponibles. On n'a pas la prétention que c'est
exhaustif, mais pour l'instant, c'est les seuls qu'on a... qu'on a pu
identifier, là, de façon certaine.
Mme Caron : Merci. Alors,
aussi, je comprends par le fait que 90 % de vos membres exercent dans...
dans le privé, mais souvent en mode autonome, donc ils ont... ils sont en
pratique privée, autrement dit, et c'est... c'est ce qui a fait que jusqu'ici
il n'y ait pas de titre de TCF dans le réseau... dans le réseau public et que
vous souhaiteriez qu'il... que ce soit implanté. Et j'ai compris ce que le
ministre a dit tout à l'heure à cet effet-là, que c'était peut-être des
démarches à faire auprès du ministère de la Santé et des Services sociaux. Mais
c'est... c'est ce que... c'est ce que vous visez obtenir. Parfait.
Mme Fernandez (Valérie) : Oui,
absolument. Bien, en fait, on est allés aussi loin qu'on le pouvait, là, comme
ordre professionnel, désormais, c'est un dossier, là, qui est entre les mains
des parties patronales et syndicales, mais et c'est ce qu'on souhaite. C'est
sûr que, pour l'instant, la... la très grande majorité des thérapeutes
conjugaux et familiaux travaillent en pratique privée. Assurément, certains
souhaiteraient rejoindre le réseau, mais à titre de TCF, donc pas sur des
fonctions d'un autre titre d'emploi. Donc, ils souhaiteraient joindre le
réseau, mais faire de la thérapie conjugale et familiale. Donc, voilà, ça fait
que c'est sûr que c'est un peu l'oeuf ou la poule, là, sans le titre, c'est
difficile d'être... attractif pour cette profession.
Mme Caron : Puis un point
intéressant que vous amenez dans ce... dans ce paragraphe-là, c'est que vous
parlez de création de nouveaux milieux de stage pour les étudiants et les
étudiantes. Donc, dans... est-ce que je comprends que si certains TSF
pratiquaient dans le réseau, que c'était un titre reconnu, à ce moment-là...
que parmi les étudiants, qu'ils soient... Actuellement, on comprend qu'ils sont
à l'Université McGill, mais, s'il y a des programmes de formation initiale
complète ou partielle qui sont ouverts dans d'autres universités francophones,
à ce moment-là, il y aurait plus d'étudiants et plus de possibilités de faire
des stages si... si les TSF pouvaient pratiquer dans le réseau. On... je pense
que votre son... Oui.
M. Nadeau (Sylvain) : C'est
exact. Je vous confirme, c'est exactement le cas, dans le sens qu'à partir du
moment où le titre d'emploi serait créé, c'est que les... Là, présentement, on
a presque une cinquantaine de thérapeutes conjugaux et familiaux qui...
M. Nadeau (Sylvain) : ...travaillent
dans le réseau de la santé, mais ils ont un autre type d'emploi. Ils peuvent...
ça peut être des travailleurs sociaux en même temps, parce qu'il y en a qui ont
plusieurs titres, et puis ça peut être un psychoéducateur, ça peut être un
agent de relations humaines. Mais comme... puis c'est la... il faut se rappeler
que c'est la seule profession présentement dont le titre d'emploi n'apparaît
pas dans le réseau de la santé, puis je pense que ça, ça permettrait vraiment
une ouverture particulière pour les milieux de stage, entre autres.
Mme Caron : Mais est-ce que
la personne qui... qui a un autre titre, un de ceux que vous venez de nommer,
et qui travaille dans le réseau, elle travaille... ses prestations de travail,
c'est en fonction de ces titres-là? J'imagine que ce n'est pas comme TCF.
M. Nadeau (Sylvain) : Bien,
ça a été démontré. C'est sûr qu'il y a de la thérapie conjugale et familiale
qui... qui se fait dans le réseau par le biais de ces TCF là. Mais, en réalité,
la CNESST s'est penchée sur l'équité salariale depuis 2015. Il y a déjà
beaucoup de dossiers qui sont en marche par rapport à ça. Donc, c'est sûr que,
quand on reconnaît qu'il se fait de la thérapie conjugale et familiale par ces
personnes-là c'est comme si on avait un titre qui ne correspond pas aux tâches
qui sont effectuées, tout à fait. Ça fait que c'est... ça fait partie du
problème.
Mme Caron : D'accord. Parfait.
Bien, merci beaucoup. Ça fait le tour des questions que j'avais. Est-ce que...
Il reste près de deux minutes. Si vous avez quelque chose à ajouter, je vous
invite à profiter du temps.
Mme Fernandez (Valérie) : Bien,
j'aurais peut-être un petit complément de réponse à une question qui... que
vous nous avez posée. En fait, à l'heure actuelle, au moment où on se parle, à
l'ordre, on tient un registre de personnes qui souhaiteraient suivre un
programme de formation en thérapie conjugale et familiale en français, et, à ce
jour, notre liste monte autour de 600 personnes intéressées. Donc, oui, parce
qu'actuellement, les cohortes à McGill, ce sont des petites cohortes, donc il y
a à peu près entre 10 et 15 étudiants, ou une vingtaine. Bref, on peut les
compter individuellement, quasi.
Mais on a la prétention de croire que,
s'il y avait des programmes plus largement créés dans des universités
québécoises francophones, à ce moment-là, l'appétit serait plus grand, on
aurait plus de cohortes, plus de professionnels, puis c'est quand même une
maîtrise qui permet de professionnaliser. Donc, on a bon espoir.
Mme Caron : Alors, avec 600
personnes, c'est... si je ne m'abuse, c'est à peu près le double de votre
effectif actuellement, parce que vous avez 300... 300 membres. Juste une... ça
me fait penser à une dernière petite question. Vous parliez qu'il pourrait y
avoir plus de stages si les TCF pratiquaient... étaient reconnus comme tels
pour pratiquer dans le réseau. À l'heure actuelle, est-ce que les stages se
font auprès de TCF qui sont en pratique privée ou s'il n'y a pas de stages?
M. Nadeau (Sylvain) : Bien,
je peux vous dire simplement que presque la... environ la moitié des stages se
font dans le réseau de la santé. J'ai connu, par exemple, une infirmière qui
est TCF, qui a supervisé dans le réseau de la santé, ça faisait partie de ses
tâches. Il y a des psychoéducateurs, il y a des travailleurs sociaux TCF qui
ont supervisé, qui... qui ont été reconnus par l'Université McGill, donc, et
l'Ordre des psychologues aussi, parce que, bien entendu, tous les superviseurs
doivent être reconnus par les deux ordres actuellement. Donc, tout ça est
vraiment bien imbriqué, là.
Mme Caron : D'accord. Merci
beaucoup.
M. Nadeau (Sylvain) : Puis
dans... Puis les autres ont des stages dans des milieux... des cliniques
reconnues, privées, un peu comme ça se fait en psychologie, puis quand... quand
ça se fait, bien, à ce moment-là, ça se fait vraiment sous la supervision,
l'encadrement de l'université aussi.
Le Président (M. Provençal)
:Merci beaucoup. Alors, nous allons
conclure cet échange avec le député de Maisonneuve-Rosemont.
M. Leduc : Vous m'avez
rebaptisé, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Ah! Hochelaga...
M. Leduc : Ça, c'est
l'hôpital. On peut parler de l'hôpital, si vous voulez.
Le Président (M. Provençal)
: Non, non, non.
M. Leduc : J'ai plein de
choses à dire sur l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, plein de choses à dire.
Bonjour à vous quatre, désolé que vous soyez embarqués dans ce... dans ce jeu
de Maisonneuve-Rosemont. Vous avez, donc, votre mémoire, qu'on a abordé de
différents angles là, avec mes deux collègues précédents, puis je cherche des
angles différents. Mais je constate que vous avez fait, si ma lecture est
bonne, une seule recommandation dans votre mémoire. Est-ce à dire que...
beaucoup de gens ont parlé, là, de peut être d'autres étapes à venir, dans le
futur, sur le... sur le thème, plus large, des professions... est-ce à dire
qu'il n'y avait pas d'autres demandes ou qu'on aurait fait le tour de vos
enjeux par rapport à votre ordre puis que, s'il y avait d'autres projets de loi
qui viendraient dans le futur, il n'y aurait pas nécessairement de
modifications substantielles à déposer?
Mme Pedneault (France) : En fait,
on l'a dit d'entrée de jeu, ici, on...
Mme Pedneault (France) : ...on
voulait vraiment parler, parce que, pour nous, les dispositions vraiment très
importantes, c'est celles qui touchent l'obligation des TCF d'avoir un permis
de psychothérapeute délivré par l'ordre des psychologues, mais... Puis on
adhère aussi à ce que nos collègues ont dit auparavant, c'est-à-dire que ce
projet de modernisation, on le reçoit très favorablement, mais il restera quand
même d'autres choses, donc, je ne peux pas parler pour le futur. Je ne peux pas
dire qu'il n'y a rien d'autre à améliorer. Je pense qu'il y a quand même encore
beaucoup de choses à faire pour la modernisation du système. Mais, ce matin,
là, vous aimiez avoir des notes, là, nous, on a une très bonne note à ce projet
de loi, parce qu'on trouve que les avancées pour...
• (16 heures) •
M. Leduc : J'ai créé une
tendance avec ça.
Mme Pedneault (France) :
...Oui. Les avancées pour les TCF sont vraiment très importantes puis on a
vraiment ciblé nos représentations aujourd'hui en lien avec ce sujet-là, mais
il y aura quand même beaucoup d'amélioration encore possible au système
professionnel dans le cadre de la modernisation.
M. Leduc : Ça fait qu'on
va vous réentendre s'il y a un autre projet de loi dans le futur, là. Il y aura
d'autres choses à dire rendu là. Parfait.
Est-ce qu'avec le temps qu'il me reste, il
y a des éléments que vous auriez aimé pouvoir aborder aujourd'hui... qui n'a
pas été nécessairement le cas avec les deux présentations, les deux éditions
précédentes?
Mme Fernandez (Valérie) : On
se concerte rapidement, mais, non, mise à part si on peut partager notre
enthousiasme. Vous comprenez qu'ici à l'ordre, là, c'est un dossier qui a été
travaillé par mes prédécesseurs, par mon prédécesseur, là, depuis 2014. Donc,
on l'accueille vraiment favorablement. Puis c'est sûr qu'on aurait pu se
pencher sur plein d'angles qui sont dans le projet de loi, mais on voulait
vraiment, là, faire de la lumière sur la profession de TCF qui est méconnue.
Donc, pour nous, c'est une belle victoire puis on remercie tout le monde, tous
les parlementaires.
M. Leduc : Bien, vous
avez réussi votre mission, en tout cas. Merci beaucoup. Bonne journée.
Mme Fernandez (Valérie) :
Merci à vous.
Le Président (M. Provençal)
:Merci, M. le député. Alors, je
remercie les représentants de l'Ordre des travailleurs sociaux et des
thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec pour leur participation. Merci
beaucoup. Je vous ai bousculé un petit peu dans l'horaire, mais je vous
remercie beaucoup d'avoir fait les ajustements nécessaires et au plaisir
peut-être de vous croiser en personne.
Ceci dit, nos travaux sont complétés pour
aujourd'hui. La commission ajoute ses travaux jusqu'à
mardi 10 février 2026 à 9 h 45. Merci à tous. Bon, retour
en comté, et soyez prudents.
(Fin de la séance à 16 h 02)