(Onze
heures vingt-neuf minutes)
La Présidente (Mme
Maccarone) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission des transports et de l'environnement ouverte.
La commission est
réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 61,
Loi édictant la Loi sur Mobilité Infra Québec et modifiant certaines
dispositions relatives au transport collectif.
M. le secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Le
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. Mme Blouin (Bonaventure) est
remplacée par Mme Dorismond (Marie-Victorin); M. Montigny
(René-Lévesque) est remplacé par M. Lamothe (Ungava); Mme Dufour
(Mille-Îles) est remplacée par Mme Rizqy (Saint-Laurent) et M. St-Pierre
Plamondon (Camille-Laurin) est remplacé par M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine).
Étude détaillée (suite)
La Présidente (Mme
Maccarone) : Lors de l'ajournement des travaux hier, nous étions à
l'étude de l'article 4 tel qu'amendé, introduit par la loi édictée. Y
a-t-il des interventions? Mme la députée de Saint-Laurent?
• (11 h 30) •
Mme Rizqy : Bonjour,
Mme la Présidente. Bonjour à tout le monde. On reprend nos travaux. Je dis
merci à la vice-première ministre pour avoir accepté l'amendement d'hier. On
aurait un nouvel amendement, on souhaiterait l'envoyer. Voulez-vous qu'on
suspende rapidement juste pour que vous puissiez recevoir l'amendement?
La Présidente (Mme
Maccarone) : Oui. Je vais juste valider avec la ministre, parce
qu'elle avait déjà envoyé un amendement,
puis je souhaite juste valider avec elle si elle souhaite qu'on poursuive avec
son amendement ou si nous poursuivons avec l'amendement de la députée de
Saint-Laurent.
Mme
Guilbault : Bien, est-ce que c'est un
amendement encore de la même chose, sur le même paragraphe?
Mme Rizqy : Oui, sur le même paragraphe, mais on peut lire
votre amendement. Vous, c'est à l'article 4? 4.1?
Mme Guilbault :
Non, non, non, mais nous, bien...
La Présidente (Mme
Maccarone) : C'est votre choix.
Mme Rizqy : Bien,
vu qu'elle a envoyé son amendement, on peut lire son amendement.
Mme
Guilbault : Bien non, mais c'est parce que, d'habitude, on
règle ça hors micro, parce que, depuis des dizaines
d'heures, vous faites des sous-amendements sur la même chose, sur le même
paragraphe. Est-ce que c'est ça?
Mme Rizqy : Moi,
ce n'est pas un sous-amendement. C'est un amendement.
Mme
Guilbault : Non, mais, en tout cas, c'est
le même... le premier alinéa de l'article 4. Est-ce que ça porte
là-dessus, le sous-amendement, ajouter un nouveau mot ou, tu sais, la même
chose qu'hier?
Mme Rizqy : L'amendement
porte sur 4, alinéa 1.
Mme
Guilbault : C'est ça. Ça fait qu'allons-y
avec ça.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Parfait. Nous allons suspendre quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à
11 h 31)
(Reprise à 11 h 36)
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
nous sommes de retour. Mme la députée de Saint-Laurent, pour la lecture de
votre amendement.
Mme Rizqy : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Donc, projet de loi n° 61,
article 1 :
L'article 4
tel qu'amendé, introduit par l'article 1 du projet de loi est modifié par
l'ajout, dans le premier alinéa, après les mots «la réalisation de
projets complexes de transport», des mots «et l'analyse des coûts
d'exploitation [...] de maintien [d'actifs...] des actifs», pardon.
Donc, ainsi, l'article modifié se lirait
ainsi :
«Mobilité Infra Québec a pour mission principale
d'effectuer, dans une perspective de renforcement du savoir-faire de l'État, de
qualité, d'accessibilité universelle et de mobilité durable, lorsque le
gouvernement lui en confie la responsabilité, l'analyse d'opportunité, la
planification ou la réalisation de projets complexes de transport et l'analyse
des coûts d'exploitation et de maintien des actifs.»
Alors, ici, Mme la Présidente, l'objectif, parce
qu'on est vraiment dans le coeur de la mission de la nouvelle agence qui sera
créée à la fin de l'adoption de ce projet de loi, ultimement, c'est de
s'assurer aussi que, dans sa mission, bien,
qu'il y ait une analyse des coûts d'exploitation et de maintien des actifs, là,
évidemment, avec des tableaux dont on connaît la provenance des
chiffres.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Mme la ministre.
Mme
Guilbault : Bien, je ne comprends pas, là. Là, on parle du
type de mandat qu'on peut confier à Mobilité
Infra Québec. Donc, l'analyse... la prise en compte des coûts d'exploitation et
de maintien des actifs, forcément, va être... va faire partie du mandat si, par
exemple, bien, on donne un mandat de réalisation ou autre, mais ce n'est pas...
c'est ça, ce n'est pas... On parle de la
mission principale. Ce n'est pas un élément à part entière, qui ferait l'objet
d'un mandat à part entière, que de déterminer l'analyse des coûts
d'exploitation.
Et j'attire l'attention de la députée sur la
directive des projets majeurs, dont un extrait prévoit déjà que ces éléments-là doivent être pris en compte dans
n'importe quel projet complexe, qui est précisément l'objet de la mission.
Mme Rizqy : ...dans la directive.
Mme Guilbault : Exactement, à laquelle est assujettie Mobilité Infra
Québec, tout comme... est assujettie à la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme.
Mme Rizqy : Oui, mais vous êtes
d'accord avec moi qu'une directive, au niveau de l'interprétation des lois, une
directive, lorsqu'on regarde, elle peut être modifiée, nonobstant ce qui est
fait par l'Assemblée nationale, par le gouvernement. Une directive, c'est le
ministre qui peut la changer à n'importe quel moment. Alors, lorsqu'on interprète les lois, on parle souvent, tu sais, de
la prépondérance des textes qu'on doit lire, et la loi, ultimement, c'est ce
que... c'est ce qu'il y a de plus
prépondérant, c'est la loi, suivie, évidemment, des règlements afférents de
cette même loi.
Donc, moi, je vais vous donner un exemple, un
cas pratique. Vous vous rappelez, la première fois qu'on a entendu parler du
projet de l'Est, le montant qui était sorti? On était au-dessus de, quoi,
30 milliards, là? Même vous, là... Tout le monde, je pense, au Québec,
leur mâchoire a disloqué.
Donc, c'est certain que, lorsqu'on fait des
projets complexes de transport, il faut que cette entité soit capable non seulement d'asseoir le propos correctement sur
ce qu'on veut comme mobilité durable, mais aussi avec le chiffre, non
seulement pour l'exploitation, mais aussi pour le maintien de l'actif. Puis
moi, je pense que ça, ça doit rentrer, évidemment, dans le coeur même de
l'agence. En d'autres mots, on incorpore la directive dans le projet de loi.
C'est juste que, là, ça devient... Une fois que
c'est statué, à moins qu'il y ait un revirement majeur puis que vous voulez
enlever à l'agence le pouvoir de faire des analyses des coûts, bien, il
va falloir rouvrir la loi et non pas juste par une simple directive.
• (11 h 40) •
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault : Bien, comme je viens de l'expliquer, les projets de
Mobilité Infra Québec vont être assujettis à
la directive qui est au Conseil du
trésor. Et donc, c'est la même chose
pour tous les projets d'infrastructure qu'on
qualifie de projets majeurs au gouvernement, c'est la directive sur les projets
majeurs, et c'est ça. Alors, je pense que c'est assez simple et c'était
déjà clair dans ma première réponse.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la députée.
Mme
Rizqy : Oui, mais je pense qu'il y aurait peut-être un
complément d'information qui a été porté à l'attention de Mme la
ministre. Dans la...
Mme Guilbault : Non, c'est ça. C'est ça, MIQ est assujettie à la directive,
tel que je l'ai dit tout à l'heure.
Mme Rizqy : Oui, mais une directive,
vous êtes d'accord avec moi qu'elle peut être modifiée sans
aucun processus législatif?
Mme Guilbault : Oui, mais le gouvernement se dote de directives et de
cadres d'intervention sur des projets d'infrastructure majeurs. Et, ensuite de
ça, c'est les organismes sont assujettis à la directive.
Mme Rizqy : Oui.
Ça, on est d'accord.
Mme Guilbault : Si, un jour, un gouvernement veut se gouverner autrement,
avec d'autres types de directives, il le fera. Nous, actuellement, la
directive, on est en train de la modifier, d'ailleurs, en parallèle du projet
de loi n° 62, et nos préoccupations et ce qui est important pour nous de
prendre en compte dans le cadre de la réalisation
d'un projet d'infrastructure majeur, c'est déjà dans un document qui est notre
directive sur les projets majeurs. Donc, la logique, c'est ensuite de
faire en sorte que ceux qui font des projets majeurs, dont, éventuellement,
Mobilité Infra Québec, vont être assujettis à la directive. C'est simple.
Mme Rizqy : L'enjeu, ce n'est pas de
savoir si la directive...
Mme Guilbault : C'est que si un jour, un gouvernement modifiait la
directive, parce que lui décidait qu'il veut faire les projets autrement, bien,
logiquement, son Mobilité Infra Québec les ferait autrement aussi. C'est le
même gouvernement, là. C'est le même gouvernement qui décide de ce qu'il y a
dans la directive que celui qui chapeaute Mobilité Infra Québec. Donc, c'est
des vases communicants.
Mme Rizqy : Oui, mais vous êtes
d'accord avec moi que lorsqu'on légifère, on légifère pour aujourd'hui, demain
et l'avenir. Une directive, est-ce que vous êtes d'accord avec moi qu'elle est
modifiable sans aucune considération législative?
Mme Guilbault : Mais oui, un gouvernement peut modifier ses directives.
Mme
Rizqy : Dans ce cas, si on veut, justement, traduire
l'esprit de la loi, l'esprit du législateur, dans ce cas-ci de la
législatrice, on devrait incorporer cette directive directement ici. Comme ça,
ça devient clair, net et précis, et on ne pourra pas tout simplement, un jour,
par une simple directive... Puis vous savez qu'une directive, là, même pas
obligé de la publier pour consultation dans la Gazette officielle, là.
Ça va juste permettre, là, de s'assurer que
cette directive, elle est intégrée dans un texte de loi qui a un processus
législatif. Ainsi, tout autre gouvernement qui pourrait éventuellement
succéder... parce qu'évidemment, comme on le sait, dans l'histoire du Québec,
bien, il n'y a aucun gouvernement qui a été intemporel, là. Donc, tout le monde
va être appelé, un jour, à être remplacé. Puis moi, comme vous le savez, j'ai
déjà une date de péremption ou... octobre 2026. Donc, moi, je l'ai, ma date de
péremption. Je vous souhaite, à vous, de longs mandats, évidemment, mais dans
tous les cas, si le passé est garant de l'avenir, il va y avoir d'autres
changements de gouvernement, mais, si on veut traduire votre esprit de
législatrice, on peut tout simplement l'incorporer dans cet amendement-là.
Comme ça, c'est terminé, sauf si, évidemment, quelqu'un voudrait changer cela,
il devrait refaire un projet de loi, avoir une consultation publique,
s'expliquer le pourquoi qu'on ne voudrait pas avoir une analyse d'exploitation
de maintien des actifs dans la mission de l'agence. Il y a au moins un
processus qui va être fait. Sinon, n'importe qui peut le faire avec une simple
directive. Vous avez la directive? Ah! OK.
Mme Guilbault : Non, mais là c'est la troisième fois, Mme la Présidente, ça
fait que ça va être la dernière que je vais
répondre. Il n'est pas dans notre intention de prendre l'amendement, parce que
c'est déjà couvert, par ailleurs, dans
d'autres cadres du gouvernement, et, comme je l'ai prouvé hier, on est
capables, quand les amendements, on les juge appropriés... on les
accepte très, très, très rapidement, on est même prêts à étirer la fin de la
commission pour avoir le temps de les
adopter, mais celui-là, pour nous, ce n'est pas dans la mission principale,
c'est déjà inclus. Puis d'ailleurs, c'est déjà implicite, quand on parle
de réalisation de projets, ça demande tellement de documents, tellement
d'études, tellement d'analyses, c'est... il y a tellement de documentation des
projets que c'est déjà couvert de toute façon. Mais, en plus, il y a la directive qui est publique, que ma collègue,
sûrement, a déjà lu. Elle sait très bien de quoi je parle.
Alors là,
moi, j'ai complété ce que j'avais à dire là-dessus. Ils peuvent faire leurs
20 minutes, mais moi, je ne vais pas répondre davantage.
Mme Rizqy : Oui, mais moi, je n'ai
pas besoin de faire 20 minutes. Vous venez de répondre, vous dites que c'est implicite. Moi, je vous dis, bien, on est
des législateurs, tous ensemble, il faut le rendre explicite. C'est ça, la
différence. Vous dites qu'il y a plein d'écrits, bien, justement, vous
plaidez exactement la même cause que moi.
L'enjeu que nous avons, c'est que, souvent, il y
a plein de documents dans différents endroits. Or, si tout sera regroupé sous
l'égide de Mobilité Infra Québec, bien, encore faut-il que cette agence puisse
aussi, dans sa mission, avoir l'analyse des coûts d'exploitation et de maintien
des actifs. Ainsi, le citoyen, plus tard, bien, il ne pourra pas dire :
Ah! mais vous savez quoi? Le gouvernement me dit que, finalement, c'est le
ministère des Transports qu'il va falloir qu'il me réponde pour l'analyse des
coûts. Parce que nous, vous savez, on en fait, des demandes d'accès à l'information, et plus souvent qu'autrement c'est
une partie de ping-pong entre les différents intervenants. Alors, moi,
je pense qu'on pourrait tout regrouper ça au même endroit avec Mobilité Infra.
La Présidente (Mme Maccarone) : Continuez,
Mme la députée.
Mme
Rizqy : Bien, c'est sûr que l'objectif, c'est d'avoir une
réponse, mais là je comprends qu'il n'y aura pas de réponse. Alors, moi,
évidemment, je ne fais pas du temps pour faire du temps. Je pense que mon point
est valide et que,
malheureusement, on a... ici, on est dans une option où est-ce qu'on pourrait
être explicites mais qu'on va rester dans le sous-entendu.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Y a-t-il... Oui, M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui. Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Écoutez, je suis intéressé par ce qui est avancé par la
collègue de Saint-Laurent. La question de l'analyse des coûts puis de
l'exploitation, le maintien des actifs, c'est un élément qui a été nommé quand
même par plusieurs organisations qu'on a rencontrées lors des audiences
particulières. Puis il y a des avantages, on le sait, à s'assurer que, dans
l'ensemble, dans l'évaluation d'un projet, bien,
l'analyse des coûts d'exploitation puis le maintien des actifs soient
comptabilisés. J'en ai parlé un petit peu hier, puis c'est quand même...
Je pense que ça fait aussi partie des meilleures pratiques à l'échelle
internationale, là, de bien comptabiliser. Maintenant, est-ce que ça doit aller
à l'article 4? Moi, je n'en suis pas convaincu à cette étape-ci et je pense qu'il y a peut-être d'autres endroits
dans le projet de loi où on pourra parler de ça. Mais, quand même, je tiens
à dire quelques éléments importants.
D'abord, l'ensemble du coût de la vie... Vous
savez, il y a plusieurs moments dans la vie d'une infrastructure qu'on va
créer, là... c'est-à-dire qu'on va faire le matériel roulant, si on prend le
cas d'un projet de transport collectif complexe, parce que c'est là où il y a
un exploitant tiers qui pourrait intervenir. Dans le cas des projets de
transport routier complexes que Mobilité Infra Québec pourra faire, on comprend
que, bon, éventuellement, ça pourrait être donné à du privé ou ça resterait au
gouvernement, pour des projets complexes, ou peut-être à une municipalité dans
certains cas, mais j'aurais tendance à croire que ça va être plus du... ça va
plus relever du gouvernement, qui va non seulement...
Donc,
Mobilité Infra Québec va construire avec des sommes qui vont venir des
différents paliers de gouvernement, d'une
part, mais après, l'exploitation, c'est-à-dire les coûts d'entretien généraux,
puis après ça, l'entretien, le maintien des actifs, donc les plus
grandes rénovations à faire, éventuellement, dans ce projet-là, vont être à la
charge du gouvernement du Québec. Donc, on gère un peu, si vous voulez,
l'enveloppe budgétaire de l'ensemble du cycle de vie de l'infrastructure de
transport routier complexe à l'intérieur d'un budget, disons, du gouvernement
du Québec, avec peut-être l'appui, là, du palier supérieur au fédéral.
De l'autre côté, quand on parle des projets de
transport collectif complexes, là, c'est là où je vois que l'analyse des coûts
d'exploitation et maintien des actifs est important, parce que... Bon, on
comprend, là, que le projet en lui-même serait réalisé par Mobilité Infra
Québec, financé majoritairement par le gouvernement du Québec, appuyé du
gouvernement fédéral. Il y a une contribution municipale aussi, et, par la
suite, l'exploitation puis l'entretien, le
maintien des actifs seraient davantage à la charge... en fait, principalement à
la charge du gouvernement local, c'est-à-dire des municipalités ou des
MRC. Et si on ne fait pas le travail de faire une analyse des coûts
d'exploitation puis du maintien des actifs dans l'élaboration totale du projet,
on risque de se retrouver à pelleter des coûts supplémentaires dans la cour des
municipalités. Je m'explique.
• (11 h 50) •
Imaginons un projet de transport collectif
complexe pour lequel Mobilité Infra Québec se voit attribuer une enveloppe, une
enveloppe financière, une enveloppe budgétaire assez restreinte et qu'il doit
couper quelque part, tu sais, il doit respecter l'enveloppe, puis on se rend
compte, finalement, que le projet livré est de moins bonne qualité. On a tourné
les coins ronds sur la qualité, le projet est de moins bonne... est juste moins
bon et, donc, va se détériorer plus rapidement. Ça, ça va avoir des effets
pervers sur... qui vont être assumés par la municipalité. Donc, d'une part, bien, le matériel roulant, les infrastructures qui
vont avoir été créées vont être de moins... étant de moins bonne qualité,
vont nécessiter des réparations courantes
plus fréquentes et le maintien des actifs, c'est-à-dire les grandes
réparations, les grands travaux de
rénovation qu'on devra faire éventuellement vont aussi coûter plus cher mais
ils vont venir plus tôt.
Autre chose, c'est que, si on a un projet de
transport collectif qui est toujours en réparation, bien, on a aussi un projet
qui est plus souvent en panne. Ça, c'est un problème. Puis un projet... un
projet, en fait, un système de transport collectif qui est plus souvent en
panne, bien, ce n'est rien pour inviter la population à l'utiliser. Parce que
les gens, ce qu'ils cherchent quand ils veulent un système de transport, peu
importe qu'il soit routier ou qu'il soit transport collectif, ils veulent avoir
une certaine rapidité de déplacement, un certain confort, mais ils veulent la
fiabilité aussi. Ça, c'est important, la fiabilité. Est-ce que j'ai l'assurance
que, si je prends mon train de Via Rail à Québec, par exemple, puis que je vais
à Montréal, bien, que je sais que je vais me rendre puis je vais arriver là-bas à 11 heures pile, là, je vais
l'utiliser. Si, comme on l'a vécu récemment, le train risque d'être arrêté
pendant des heures, et des heures, et des heures, bien, c'est clair que ça va
faire chuter, ça va plomber la fréquentation de ce service de transport
collectif là.
Donc, je pense qu'il y a vraiment une importance
très grande à accorder à l'analyse des coûts d'exploitation puis de maintien
des actifs. Il y a plusieurs groupes qui nous en ont parlé, là, de la notion
d'intégrer, à quelque part dans le projet de loi, une réflexion, une analyse
sur l'ensemble du cycle de vie des infrastructures qu'on va créer. Ça, je pense qu'on ne peut pas faire l'économie de ça,
puis, comme je le disais tantôt, c'est dans les meilleures pratiques, là.
L'intégration des coûts d'exploitation puis de maintien des actifs dans
l'analyse des projets de transport collectif, c'est une pratique courante à
l'international.
Par exemple,
Metrolinx, dans la région de Toronto et d'Hamilton, en Ontario, réalise des analyses
coûts-bénéfice qui tiennent compte de l'ensemble du cycle de vie des
infrastructures qu'ils construisent et exploitent par la suite. On comprend,
là, que leur façon de fonctionner inclut l'ensemble du cycle de vie du matériel
de transport roulant. Donc, Metrolinx est à la fois le constructeur, en tout
respect, évidemment, là, des orientations gouvernementales puis des enveloppes budgétaires qui lui sont données, mais il va
aussi... Metrolinx va aussi assurer l'exploitation et aussi assurer le maintien des actifs. Donc, dès le
début, là, Metrolinx s'assure d'avoir un projet qui est solide, qui est robuste,
qui va durer dans le temps.
C'est exactement la
même chose qu'on doit faire, mais là on fait intervenir un tiers dans le
transport collectif : constructeur, c'est MIQ, avec le gouvernement du
Québec; l'exploitant, maintien des actifs, c'est la municipalité. Il ne faut
pas être en train de pelleter des responsabilités indues aux municipalités puis
il faut s'assurer aussi, puis je pense que ça doit être l'orientation de la
ministre des Transports et de la Mobilité durable, de s'assurer que notre
service, il est fiable puis il attire des gens dans le transport collectif, il
attire des gens... il incite des gens à quitter le voiturage en solo pour aller
utiliser le transport collectif. Mais, pour ça, on a besoin de systèmes de
transport qui sont efficaces, qui sont bons, qui ne sont pas toujours en panne.
Donc, je suis
d'accord avec le principe, en fait, là, de la proposition de la collègue
députée de Saint-Laurent. Je ne suis pas sûr que ça va là puis je m'explique.
L'article 4, en fait, on est vraiment dans du général, on est en train
d'établir la mission, le mandat général de Mobilité Infra Québec. L'analyse des
coûts d'exploitation puis de maintien des actifs, je n'ai pas le choix de
donner raison à la ministre, ça fait partie... ça fait partie du... bien, d'une
directive, d'une part. Mais à cet endroit-là, dans l'article 4, on est
vraiment dans les orientations générales qu'on veut donner à Mobilité Infra
Québec, et ça, c'est une partie... c'est comme une sous-partie de son travail.
Ça fait qu'en tout
cas, à moins que Mme la ministre... pas Mme la ministre, excusez-moi...
Mme Rizqy : Beau
lapsus.
M.
Grandmont : ...que la collègue députée de Saint-Laurent arrive à me
convaincre du contraire, je pense qu'on
devrait revenir là-dessus, parce que, comme je l'ai dit tantôt, il y a
plusieurs organisations qui ont insisté là-dessus, puis je pourrai
revenir tantôt, là, au besoin, pour rappeler les organisations qui l'ont nommé,
mais je ne suis pas sûr que ça va si tôt
dans le projet de loi. C'est un élément essentiel, mais dans la mission, je ne
suis pas convaincu. Voilà pour l'instant.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Merci. Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Bien,
juste pour un point de précision pour mon collègue de Taschereau, à moins que
vous me disiez où vous pouvez voir où est-ce qu'il pourrait s'intégrer, je ne
pense pas que ça soit une sous-question, mais je vais m'expliquer pourquoi.
C'est que souvent,
quand on fait des demandes d'accès à l'information, notre formation politique,
mais aussi la vôtre, mais aussi celle du Parti québécois, on voit très souvent
que c'est une partie de ping-pong où est-ce qu'on dit : Ah non! Allez voir
tel organisme, tel organisme. Notamment, on l'a vu avec le troisième lien,
c'était difficile d'avoir de l'information, projet de l'Est.
Donc, ici, ça nous
permettrait, en plein coeur de sa mission... c'est aussi de nous donner l'heure
juste. Et quand des projets n'avancent pas, très souvent, bien, c'est au niveau
des coûts, et plus on attend... Vous, vous l'avez vécu avec le tramway, à
Québec, vous avez vu l'explosion. Le bureau du vérificateur général de la ville
de Québec a même estimé que chaque journée
d'attente, bien, augmentait, justement, la facture totale. Mais, des fois,
c'est une stratégie pour les gouvernements d'étirer le temps pour que la
facture gonfle tellement que le projet devient indésirable, alors qu'au départ,
lorsque c'était un projet qui était avec un coût, disons, normal pour bien des
gens, bien, ça devient de plus en plus
astronomique... que finalement, ceux qui étaient convaincus, mais pas ardemment
défenseurs du tramway, quand ils voient la nouvelle facture, bien, ils
se disent : Oui, mais finalement, peut-être que ça coûte trop cher puis
qu'on va passer notre tour cette fois-ci encore. Parce que le tramway, vous le
savez mieux que moi, vous habitez à Québec, ça fait plus de 15 ans,
20 ans maintenant qu'on en parle.
Alors, quand un
organisme qui doit chapeauter l'ensemble des transports complexes du Québec...
bien, c'est à lui, aussi, de répondre à nos
demandes en matière de coûts, non seulement le coût d'exploitation, mais aussi
de maintien d'actifs, pour ne pas qu'on se retrouve — là,
on va prendre un autre exemple concret — comme... avec des stations
qui ont dû être fermées en catastrophe, en urgence, à Montréal, donc... Et
rappelez-vous, là, il y a eu des questions qui
ont été posées sur le maintien des actifs de stations de métro de Montréal,
puis la ministre nous disait : Ah! je n'ai pas la réponse, ça, c'est la
STM. Alors, rappelez-vous, ça, c'est un autre cas concret : Ah! non, ça,
c'est la STM, qu'elle va vous répondre, pour le maintien. Est-ce que vous
avez eu votre réponse pour le maintien des actifs de la STM? Jamais, n'est-ce
pas? Alors, voilà.
Alors, je pense que
mon plaidoyer... en espérant qu'il a bien répondu à votre questionnement, mais
votre question est très légitime. Mais moi, je suis persuadée qu'il faut
arrêter de toujours chercher un autre organisme. Quand le gouvernement ne veut
pas nous répondre, c'est facile de renvoyer la balle à quelqu'un d'autre, mais,
entre eux, souvent, la partie de ping-pong... dans une demande d'accès à l'information,
souvent, ils vont dire: Ah! Je n'ai... cette information-là appartient au
ministère. Moi, je veux être certaine que cette information... Si vous me dites
que c'est Mobilité Infra Québec qui est
responsable des travaux majeurs en matière de transport, bien, c'est elle qui
va devoir nous répondre lorsqu'on va faire des demandes pour le maintien
des actifs, pour ne pas me faire dire : Ah! oui, l'information, ils l'ont
faite en vertu de la directive. C'est vrai qu'ils l'ont faite, mais elle a été
transmise à qui? Au ministère des Transports
qui, lui, va dire: Ah! mais, vous savez, on ne pourra pas vous répondre tout de
suite. Je ne sais pas si ça répond à votre question, M. le député de
Taschereau.
La
Présidente (Mme Maccarone) : Merci. Mme la députée. Êtes-vous convaincu, M. le
député de Taschereau?
M. Grandmont : Je vais répondre.
Bien, c'est des points qui sont tout à fait légitimes, effectivement, là, de la
part de la députée de Saint-Laurent, de la collègue. Cela dit, elle m'a posé
une question aussi, là, sur où est-ce que je
pensais que ça pourrait apparaître. Nous autres, on avait réfléchi à l'idée,
là, de l'inclure, puis elle va voir le lien avec mon plaidoyer, tout à l'heure, à l'article 74, dans lequel on vient
parler de la contribution financière des municipalités.
Moi, ce qui m'importe énormément, au-delà, là,
des demandes d'accès à l'information puis des suivis, qui sont des propositions
tout à fait légitimes, là... mais moi, ce qui m'intéressait beaucoup, là, dans
cette idée, là, de parler du cycle de vie, c'était que quand on vient fixer la
contribution des municipalités à Mobilité Infra Québec... par Mobilité Infra
Québec, avec les municipalités, on ne peut pas simplement tenir compte du coût
de l'infrastructure elle-même, selon moi. On doit aussi tenir compte des coûts
d'exploitation qui vont venir et également des coûts de maintien d'actifs qui
vont apparaître, éventuellement, au terme de la vie utile de l'infrastructure
en elle-même.
L'objectif est d'essayer de resserrer ça aussi
un peu, parce que, comme je le disais tantôt, le problème que je vois
actuellement, là, c'est le fait qu'on a une infrastructure développée par le
gouvernement et Mobilité Infra Québec, et, après ça, une gestion, une
exploitation et un maintien d'actifs qui sont assurés par un tiers. Il peut y
avoir un transfert de responsabilités budgétaires important qui se fait, si le
projet n'a pas été bien considéré sur l'ensemble de son cycle de vie. Et donc,
la contribution de la municipalité doit être calculée aussi sur le fait que les
sociétés de transport... bien, en fait, les municipalités vont avoir à contribuer
aussi sur l'aménagement qui va être fait autour des stations, la réorganisation
des services de transport collectif.
Donc, c'est là que moi, je vois la notion
d'analyse des coûts d'exploitation et de maintien des actifs ayant... avoir une
pertinence peut-être plus grande au regard des objectifs que moi, je poursuis,
c'est-à-dire protéger les municipalités pour qu'elles ne se retrouvent pas avec
des montants astronomiques à payer parce qu'on aura mal conçu le projet au
départ, malgré qu'on a indiqué, là, qu'évidemment on voulait avoir des projets
de qualité, là. Mais, dans le fond, essayer de reproduire ce qui se passe
actuellement dans les projets de transport routier, c'est-à-dire qu'il y a un
seul maître d'oeuvre et exploitant sur l'ensemble du cycle de vie d'une
infrastructure... puis là j'essaie de le
recréer en mettant en... en joignant ou en liant davantage les municipalités et
Mobilité Infra Québec/le gouvernement.
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui,
Mme la députée, et, après, M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
• (12 heures) •
Mme Rizqy : Oui, merci. Juste pour
vous répondre, parce que je suis allée lire l'article 74,
l'article 74, c'est le partage, au
fond, des responsabilités financières, alors qu'ici l'amendement vise l'analyse,
qui doit faire cette analyse, non seulement du coût d'exploitation mais
du maintien des actifs.
Moi, j'ai plus l'impression que ça va être deux
étapes différentes. La première, il faut d'abord faire l'analyse complète de
combien ça va coûter, prévoir le maintien des actifs, parce que ça, vous le
savez mieux que moi, vous étiez avant dans un organisme que... souvent, vous,
vous étiez capable de projeter le maintien des actifs qui, parfois, pouvaient
être oubliés. Après ça, à l'article 74, effectivement, on y arrivera, là,
on va venir faire la convention du partage des coûts.
Moi, je le voyais plus en deux étapes. Une fois
qu'on fait l'analyse, après ça, lorsqu'on arrive à l'article 74, le
terme... le verbe utilisé, c'était «convenir», donc une vraie convention entre
les différentes parties prenantes. Mais, dans
un premier temps, à qui incombe la responsabilité de faire l'analyse? Je pense
que ça devrait être dans la mission de Mobilité Infra Québec de faire
l'analyse, rigoureuse, bien évidemment, de... non seulement du coût
d'exploitation, mais surtout aussi le maintien des actifs.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Oui. La réflexion est
très intéressante parce qu'en fait ça nous amène à la mission première de
l'agence. Et, quand on la décrit en étant essentiellement... se résumant à un
mandat et... ou à plusieurs mandats qui comportent l'analyse d'opportunité, la
planification, la réalisation de projets, bien, on peut se poser la
question : À quel moment est-ce qu'on
fait l'analyse des coûts? Est-ce que l'analyse des coûts de construction se
fait en amont du mandat ou se fait au
moment où le gouvernement confie ce mandat? Est-ce que... En d'autres mots,
l'analyse d'opportunité, qu'est-ce qu'elle comporte exactement? Et moi,
c'est ce à quoi j'aimerais avoir une réponse, si, dans l'analyse
d'opportunité... en quoi est-ce qu'on répond aux besoins, bien entendu, de
quelle façon on peut réaliser le projet, à quel endroit, et ainsi de suite.
J'ose espérer qu'on a au moins une analyse des coûts de construction qui va
être réalisée au moment de décider de l'opportunité ou non d'aller de l'avant,
contrairement à ce qu'on fait avec le troisième lien. On a déjà décidé qu'on le
ferait sans savoir où, quand, comment et à quel coût. Et alors, là, il y aurait
quand même une amélioration majeure par rapport aux pratiques actuelles du
gouvernement en place.
Mais est-ce que l'analyse d'opportunité comprend
l'analyse des coûts d'exploitation? Selon ce que moi, j'en comprends, selon
l'historique du Québec à cet égard, c'est non. On a toujours mis en place des
infrastructures en espérant qu'elles demeurent en place, en bonne santé, en
toute intégrité pendant 100 ans, sans y mettre les ressources nécessaires.
C'est la raison pourquoi Montréal est un immense bouchon de circulation depuis
20 ans et probablement pour les 20 ans à venir, parce qu'on a
essentiellement omis d'investir en se dotant de nouvelles infrastructures de transport, y compris de transport en commun, il y
a 50 ans, omis d'y mettre les coûts d'exploitation et de maintien des
actifs.
Alors, moi, là où il y a une vertu extrêmement
importante dans la proposition d'amendement de ma collègue, c'est d'essayer
d'inscrire cela comme étant une fonction essentielle à réaliser par Mobilité
Infra Québec, sans quoi on
va encore nager en plein inconnu sur notre capacité de pouvoir maintenir ces
services opérationnels et ces infrastructures-là fonctionnelles pour la
période de sa durée de vie utile. Et ça, on l'a entendu, on nous l'a répété à
maintes et maintes reprises pendant les consultations particulières, qu'il ne
fallait pas retomber dans ce panneau-là de dire : On construit, on vous...
on met ça en place puis on espère que ça va toffer pendant le plus grand nombre
d'années possible, sans y mettre les moyens nécessaires pour qu'on puisse
s'assurer de sa fiabilité et de sa viabilité, de sa durabilité et de sa
pérennité.
Bon, alors, moi, je
ne comprends pas, dans... c'est-à-dire que je ne vois pas, dans la proposition
initiale, cet élément-là qui est fondamental, l'analyse des coûts
d'exploitation et le maintien des actifs qu'on mettra en place. Alors, si on me
convainc que ça fait partie de l'analyse d'opportunité, on parlait de le faire
de façon... que c'était implicite, moi, je partage l'avis de ma collègue ici,
porte-parole de l'opposition officielle, qu'il faut le rendre explicite. Est-ce
que c'est le bon endroit? Comme l'a soulevé mon collègue député de Taschereau,
c'est sûr qu'on pourrait élargir encore la mission pour ajouter toutes les
fonctions qui seront confiées à l'agence. Et il faut savoir où tracer la ligne,
et moi, je n'ai pas la prétention de pouvoir le faire seul, mais je pense que
le débat est intéressant. C'est important
qu'on en discute maintenant et, pour apporter ma contribution... parce que je
pense que cet élément-là, il faut
qu'il soit là de façon explicite. Mais où est-ce qu'on peut le mettre? C'est
qu'on... Je l'ai d'ailleurs déjà déploré, Mme la Présidente, on parle
d'une mission principale. Quelles sont les missions secondaires? Je continue de
poser cette question-là.
Si la mission
principale, c'est la seule mission, bien, on va devoir biffer le «principale»,
ce sera «la mission». Bon, ça fait que ça,
là, moi, je voulais faire une proposition. Je vous l'annonce, je vais faire une
proposition d'amendement éventuellement pour biffer le «principale», à
moins qu'on me démontre qu'il y a d'autres missions. Par contre, il y a des
fonctions et il y a des fonctions qui sont définies à l'article 5. On y
reviendra tout à l'heure.
Mobilité Infra Québec
exerce également les fonctions suivantes... Moi, je pense que la fonction, si
ça ne fait pas partie de sa mission, au coeur de sa mission, les... bon, on
parle de l'analyse d'opportunité, de planification, de réalisation de projets
complexes de transport, bien, il faut minimalement que, dans ses fonctions...
qu'on reconnaisse qu'on met cette agence en
place, Mobilité Infra Québec, qui sera le réceptacle de toute l'expertise
québécoise en matière de projets de transport et de mobilité. Bien, je
pense que ça va leur appartenir de nous dire, quand ils vont regarder l'analyse
d'opportunité, combien ça coûte de le faire, le planifier, le réaliser. Mais
combien ça va nous coûter sur 25 ans puis sur 50 ans? Combien il va
falloir y mettre puis, éventuellement, qui va payer? Et là ce sera traduit dans
l'article 74, comment est-ce qu'on partage les coûts, mais là, à un moment
donné, il faut l'inscrire quelque part.
Alors, moi, ma
proposition, si c'est une... si on peut trouver une voie de passage, c'est
d'ajouter aux fonctions de l'agence la fonction de l'analyse des coûts
d'exploitation et de maintien des actifs des projets complexes qui lui seront
confiés. On ne peut pas faire l'économie de ça. La ministre nous fait la leçon,
à chaque fois qu'elle en a l'opportunité,
sur l'importance de la saine gestion des fonds publics, avec un déficit
historique de 11 milliards de dollars cette année. Et puis là,
lorsqu'il est question de parler de projets de loi et en quoi on va tenir
compte de la capacité de payer des gens... Vous allez payer non seulement pour
la construction, payer pour l'exploitation, payer pour le maintien des actifs. C'est implicite. Non, il faut
que ce soit explicite. Il faut que quelqu'un ait la responsabilité de ça parce
que la responsabilité politique ou
administrative n'a jamais été assumée par l'État québécois au cours des
50 dernières années. La preuve
en est dans toutes les infrastructures qui sont en décrépitude puis pour lesquelles
il faut annoncer des plans de contingence pour éviter qu'ils s'écroulent
sous... sur nous.
Alors, je pense que
c'est important. Je le fais, je fais ce plaidoyer-là pour dire qu'il faut
arrêter de nous dire que ce qu'on fait comme débat, ce n'est pas important.
C'est fondamental. C'est fondamental de préciser à quoi va servir cette agence.
Et, si elle ne sert pas à étudier les coûts d'exploitation et le maintien des
actifs à long terme, on va manquer notre coup. Puis on a la responsabilité
d'éviter de faire ce type d'omission là, en disant : Bien oui, ça va de soi. Il n'y a rien qui va de soi lorsqu'on
étudie un projet de loi puis qu'on veut faire mieux que les... durant les
années précédentes.
Alors,
moi, je pense que, s'il y a une question de coût qui est importante aux yeux de
la ministre puis aux yeux des députés
ici, bien, organisons-nous pour confier un mandat qui est solide, qui est
explicite puis que l'agence pourra réaliser pour le bien-être des
Québécois et pour leur portefeuille. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Merci. Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oui, je vais répondre. On a eu la séquence des trois partis
d'opposition, mais il y en a deux sur trois là-dedans qui ont formé le
gouvernement à maintes reprises. Là, ça fait plusieurs fois, je ne sais pas...
En tout cas, le député des Îles-de-la-Madeleine vient de le dire, je ne sais
plus les deux autres, ça fait 50 ans qu'on laisse nos infrastructures se
désintégrer, qu'on les laisse en décrépitude, qu'on ne s'en occupe pas, parce
qu'on se dit : Ça va durer 100 ans, puis on n'a pas besoin de s'en
occuper, puis on a juste à faire semblant de rien, puis on va faire des
nouveaux projets, puis on fait comme si ça n'existait pas. C'est à peu près ça
qu'il vient de nous dire, là, Mme la Présidente. Il vient de se... de dénoncer
le fait que, pendant 50 ans, les gouvernements successifs ont laissé mal
vieillir nos infrastructures au Québec, pas juste en transport, là, partout,
nos hôpitaux, nos CHSLD, nos écoles, etc. Il vient
de dénoncer ça au micro. Or, si tu enlèves les six ans... si on enlève les six
ans de la CAQ, qui était au gouvernement pendant les 50 ans, vous
deux, vos deux partis, Parti québécois...
• (12 h 10) •
Une voix : ...
Mme
Guilbault : J'ai dit : outre les six
ans. Bien oui, est-ce que quelqu'un s'imagine que le pont de l'île d'Orléans,
qu'on doit reconstruire en urgence, que le pont de l'Île-aux-Tourtes, qu'on
doit se construire en urgence, que le tunnel Hippolyte-La Fontaine, qu'il faut
refaire en urgence, le pont Laviolette et compagnie... est-ce que quelqu'un
dans cette pièce, Mme la Présidente, s'imagine que la désintégration de ces
quatre ponts-là s'est produite en six ans, depuis que la CAQ est arrivée, en
2018? À part la députée de Saint-Laurent, je pense qu'il n'y a personne qui
pense que François Legault a désintégré les quatre ponts au Québec, là. Donc,
la...
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la députée.
Mme Rizqy : ...en aucun temps, en
aucun temps, on ne me prête des intentions. Je parlerais des ponts en disant que c'est le premier ministre qui est
imputable. Par contre, je peux vous référer directement au plan d'infrastructure
du Québec, qui a été déposé par votre gouvernement. Il y a une phrase qui est
assez limpide, au niveau des écoles par exemple. En matière de dégradation...
Mme Guilbault : ...
Mme Rizqy : Non, non, vous
m'imputez... C'est faux, ce que... Vu que c'est le contraire de la vérité, je
fais mon appel au règlement.
La
Présidente (Mme Maccarone) : Je comprends, mais... Je suis d'accord, votre
rappel au règlement, c'était pour
prêter des intentions. Vous avez clarifié. Je vous céderais la parole après que
la ministre aura terminé. Continuez, Mme la ministre.
Mme Guilbault : Bon, alors, c'est ça, donc... Et vous voyez comment ça les
fait réagir, là. Parce que, quand on me dit : François Legault... On a-tu
le droit de l'appeler comme ça ici?
Une voix : Non.
Mme Guilbault : Non, hein? Bon, bien, quand on me dit qu'il faut
reconstruire quatre ponts en urgence au Québec
et que c'est la faute du premier ministre, chef de la Coalition avenir Québec, qui a été élu en 2018, ça n'a aucun sens,
Mme la Présidente. Il n'y a personne qui pense que ce raisonnement-là fait du
sens.
Or, ce qui
fait du sens, par contre, c'est que, quand on fait partie du Parti québécois,
qui est un des deux partis qui a formé le gouvernement en alternance
pendant les 50 dernières années, avant 2018, et qu'un député d'un de ces
deux partis-là vient dénoncer le fait qu'on a laissé nos infrastructures mal
vieillir puis qu'aujourd'hui on est obligé de ramasser ça en décrépitude un peu
partout, partout en même temps au Québec, donc non seulement ça coûte une
fortune, mais ça génère une multitude de chantiers qui n'en finissent plus...
et c'est ce député-là qui dénonce ça. C'est fou, là, Mme la Présidente, là. Il vient
juste de lui-même admettre que, pendant 50 ans, son parti puis le Parti
libéral ont mal entretenu nos infrastructures puis nous ont projetés dans le
chaos d'infrastructures qu'on connaît actuellement. Ça fait que ça, c'est la
première chose.
La deuxième, c'est que nous, on arrive en 2018.
Ça fait que, là, on vit avec le laisser-aller puis je pourrais... Ah! je n'ai
pas mon tableau du PQI. Le PQI, parlons-en, parce que les infrastructures, je
le dis, ce n'est pas juste le transport, là. Ici, on est sur le transport, mais
il y a aussi toutes les infrastructures. Or, la rénovation, la réfection et le
développement des infrastructures, c'est tout contenu dans le Plan québécois
des infrastructures, et il est rendu à 153 milliards,
Mme la Présidente. Il n'y a jamais eu autant d'investissements en
infrastructures que depuis que la CAQ est au pouvoir, entre autres dans
le transport collectif, qui n'est pas juste des infrastructures, qui est aussi
du soutien à l'exploitation. Mais, de façon générale, dans nos infrastructures,
le PQI n'a jamais été aussi élevé qu'avec la CAQ, à 153 milliards.
Donc, quand le PQ vient reconnaître la
responsabilité, la responsabilité directe de son Parti québécois et du Parti libéral dans l'état de situation puis l'état
de nos infrastructures aujourd'hui, bien, je salue cette lucidité-là, Mme la
Présidente, puis je le remercie de faire ce constat-là, que moi, j'ai fait à
plusieurs reprises. Mais je pense que, quand la décrépitude de nos
infrastructures est la faute du Parti québécois et du Parti libéral, c'est une
chose si la CAQ le nomme, mais je pense que
c'est encore mieux si c'est eux-mêmes qui l'admettent. Alors, ça a été fait ce
matin au micro, enregistré. C'est une bonne chose.
L'autre chose
en réponse à ça, justement, nous, on arrive en 2018, on est pris avec ce
constat-là, on est pris avec les écoles, etc., et qu'est-ce qu'on fait,
entre autres? Non seulement on augmente le PQI à 153 milliards, mais on
arrive aujourd'hui... parce que juste... si on prend juste le transport collectif,
là, pour revenir à ça... je l'ai dit souvent, mais,
comme il y a beaucoup de va-et-vient autour de la table, ça aussi, je le dis
souvent, ce n'est pas tout le monde qui entend tout, donc je vais le
réitérer, le transport collectif, ça fait longtemps qu'on aurait pu prendre un
certain leadership là-dedans puis se donner
une capacité au gouvernement pour faire des projets de transport collectif
d'envergure.
Les libéraux ont créé une filiale à la Caisse de
dépôt. Parfait. On fait le REM. Le REM, ça avance. On salue le REM. Tout le
monde autour de la table est content que le REM existe. Est-ce que, pour
autant, on peut dépendre systématiquement de la CDPQ Infra pour tous nos
projets de transport collectif d'envergure? Nous, notre réponse, c'est que non,
parce que la caisse n'est pas toujours intéressée ou n'a pas toujours la
possibilité de faire nos projets. Donc, est-ce qu'on veut mettre le destin du
transport collectif au Québec entre les mains de la CDPQ Infra? Nous, on pense que non. Je ne sais pas de l'autre côté, mais nous, on
pense que ce n'est pas une solution viable à long terme. Donc... et le Parti
québécois a essayé de faire une agence, ça n'a pas marché.
Donc là, aujourd'hui, nous, on arrive avec une
solution, enfin, pour faire du transport collectif d'envergure, pour en réaliser. Tu sais, là, de 20 minutes en 20
minutes, ils sont beaucoup dans la philosophie puis, bon, ils aiment ça,
ils parlent, ils parlent, ils parlent, mais l'action de réaliser des projets de
transport collectif, personne n'a réglé ce problème-là
de fond au gouvernement. Et là, aujourd'hui, nous, on arrive avec une solution,
et que font ces deux mêmes vieux partis là, qui ont laissé les
infrastructures se désintégrer pendant 50 ans? Ils bloquent le projet de
loi. Tu sais, ils passent le temps, ils passent le temps.
Puis nous, tu sais, c'est correct, on n'est pas
à une minute près... justement, pendant 50 ans, il ne s'est rien passé,
sauf que, et je vais finir là-dessus... parce que je refais toujours la même
mise en contexte à chaque fois qu'on commence à siéger à chaque journée, je
leur rappelle deux choses, là, parce que, manifestement, ils s'arrangent pour
qu'on ne puisse pas adopter le projet de loi cette session-ci, mais ça aura été
convenablement et minutieusement documenté
au micro que nous, on fait... on attend, là, de bonne foi... Heille! hier soir,
on a adopté deux amendements, en
quoi, même pas une demi-heure. Donc, quand on m'amène des amendements qui ont
de l'allure, moi, je les accepte, ça va vite. Ils n'ont même pas le
temps de faire leur 20 minutes, je l'accepte tout de suite puis on passe à
autre chose. Ça fait que... Mais là c'est ça, ils continuent la même chose, la
même chose.
Alors donc, il y a deux éléments très importants
que les sociétés de transport et les municipalités attendent avec impatience d'ici... puis idéalement d'ici le
6 décembre, le développement immobilier, et aussi, surtout, puis je vous
dirais que celui-là est encore plus pressant, on a besoin... puis ça, ça fait
longtemps que je le dis, là, il y en a qui sont nouveaux ici, là, mais je dis
ça depuis 70 heures maintenant, les amendements pour la loi sur le
réseau...
Des voix : ...
Mme Guilbault :
Non, non, mais c'est correct, parce que, des fois, on a des réactions un peu...
tu sais, comment on peut dire? On réagit selon ses moyens, disons ça comme ça.
La loi sur le réseau structurant de transport de la capitale, on a besoin de la
modifier pour que le projet de tramway puisse avancer.
Alors, je le dis pour ceux qui ne sont peut-être
pas familiers avec la commission, on a besoin de modifications et
d'amendements, qui vont être déposés plus tard dans le projet de loi, pour
faire avancer le projet de tramway, parce qu'on a la négociation, l'entente
finale avec la caisse qui est en cours de négociation puis on a la date butoir
le 15 décembre, mais encore faut-il être capable de modifier la loi,
l'espèce de loi qui encadre ce projet-là qui donnait la responsabilité
exclusive à la ville de Québec. Donc, si on veut avoir notre structure de
gouvernance partagée, tel que c'est prévu de le faire pour faire avancer le
projet, ça nous prend des modifications législatives. Or, au rythme où ça va,
manifestement, le Parti québécois, du moins le Parti libéral, puis on verra...
en tout cas, à date, les trois, je dirais, vont faire en sorte qu'on ne pourra
pas avoir le projet de loi avant Noël, et donc vont retarder de trois ou quatre
mois. Je voulais que ce soit au micro.
La Présidente (Mme Maccarone) : Excusez-moi,
Mme la ministre. On ne peut pas prêter des intentions. On ne sait pas comment
le projet de loi va terminer. Alors, avez-vous...
Mme Guilbault : C'est pour ça que j'ai dit : au rythme où ça va. Mais
on ne sait pas.
La Présidente (Mme Maccarone) : Je
comprends, mais on ne peut pas prêter des intentions aux collègues autour de la
table. Avez-vous terminé votre intervention?
Mme Guilbault : Oui.
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui,
Mme la députée de Saint-Laurent, et, oui, il y a M. le député des Îles-de-la-Madeleine
par la suite, et, après, M. le député de Taschereau.
M. Arseneau : Merci, Mme la
Présidente. C'est très intéressant, ces échanges-là, et instructif, parce que
ce qu'on voit, là, c'est que la première ministre nous dit, là : François
Legault, dans plus de la moitié de sa carrière, là, il n'a pas bougé pour faire
quoi que ce soit pour les infrastructures au Québec. Il a été ministre de
l'Éducation, il a laissé dépérir de façon absolument aberrante...
La Présidente (Mme Maccarone) : On
va utiliser les titres, M. le député, s'il vous plaît, et pas les noms propres.
Merci.
M. Arseneau : D'accord, OK. M.
le premier ministre... mais Mme la ministre l'avait déjà nommé par son prénom
et son nom de famille...
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui,
je comprends.
M. Arseneau : ...Mme la
ministre. Alors, voilà, c'est fascinant. Alors, moi, j'ai l'honnêteté
intellectuelle de dire que l'état de situation dans les infrastructures
publiques est lamentable. J'ai aussi la responsabilité de faire en sorte que le projet de loi permette de corriger le tir, ce
qu'on n'a pas fait depuis un certain nombre d'années, incluant les six
dernières années. Parce qu'on nous dit : Ah! on est arrivés en 2018, les
infrastructures étaient en mauvais état. Et
qu'est-ce qu'on a fait? On a profité du pactole qu'on leur avait laissé, là, le
gouvernement précédent, 7 milliards de dollars, puis on a
commencé à creuser et creuser. Pas la première pelletée de terre pour un
troisième bien illusoire, là, on a creusé un
trou, un déficit budgétaire pour arriver jusqu'à 11 milliards de déficit.
Ça, ça fait 11 plus... moins 11 plus 7, ça fait 18 milliards
de dollars, là.
• (12 h 20) •
Alors, je pense qu'à un moment donné il faut se
garder une petite gêne, quand on décide de faire la leçon aux partis qui font
partie de l'opposition et qui proposent des solutions constructives, des
amendements qui nous permettraient de sortir de la situation dans laquelle on
est, où, effectivement, on a la responsabilité à la fois de maintenir nos
actifs, de s'assurer que les projets de mobilité durable se réalisent et qu'on
ait les moyens de les entretenir et de les exploiter pour les décennies à
venir. C'est tout ce qu'on veut faire.
L'exemple du fait qu'hier on nous a encore
soupçonnés de vouloir faire durer indûment la discussion sur le projet de loi,
alors qu'en l'espace, effectivement, d'une demi-heure on avait accepté des
amendements qui étaient tout aussi intéressants et constructifs que la
demi-douzaine précédente, mais sur lesquels la ministre jugeait qu'on n'en
avait pas... on n'avait pas raison de vouloir en discuter.
Alors, moi, je regrette, mais nos règles
parlementaires et institutionnelles sont telles que ce n'est pas parce que la
ministre n'est pas d'accord avec une idée qui est émise par les partis
d'opposition quand ils relaient les propositions et les commentaires de la
société civile et des intervenants en consultations particulières, ce n'est pas
parce que la ministre a peu d'appétit qu'on ne peut pas en débattre. Je dirais
même que c'est notre responsabilité de s'assurer qu'on en ait discuté
suffisamment pour pouvoir éclairer la ministre sur la pertinence de ces
amendements-là et que, si, en bout de ligne, la partie gouvernementale rejette
ces améliorations, ces propositions d'améliorations au projet de loi, bien,
qu'elle le fasse, la partie gouvernementale, en connaissance de cause, et
qu'elle assume sa responsabilité. Parce que, comme on l'a dit à plusieurs
reprises, tout ça, c'est enregistré, et nous, on aura fait notre travail de
propositions constructives. La partie gouvernementale pourra en disposer et en assumera
la responsabilité pour les semaines, les mois et les années à venir. Je n'ai
aucun problème avec ça. Mais on ne peut pas court-circuiter toutes les... à
l'avance toutes les propositions d'amendement qu'on veut faire sur le projet de
loi important sur lequel on discute sous prétexte que, bien, on a fait notre
travail, puis tout est bon.
Et ce qu'on nous a prouvé... et ce qu'on nous a
prouvé hier, c'est qu'on pouvait encore le bonifier avec les propositions qui étaient faites de façon tout à
fait, je dirais, adroite et généreuse de la part des différents partis
d'opposition.
Alors, encore une fois, si on revient, parce que
je pense que c'est important d'y revenir, là, sur l'analyse des coûts
d'exploitation, maintien des actifs, malheureusement, moi, je n'ai pas eu de
réponse sur l'idée que ça faisait partie de l'analyse d'opportunité. Par
contre, je maintiens qu'il faut le mentionner de façon explicite dans le projet
de loi, parce que, justement, lorsqu'on est
actuellement dans une période où on n'a pas Mobilité Infra Québec, si on
demande, par exemple, à CDPQ Infra d'aller de l'avant avec un projet
pour le tramway de Québec, pour sa construction, je ne suis pas certain que CDPQ
Infra, ou si on le confiait à une autre organisation, comprend que le mandat,
c'est aussi de s'assurer de calculer les coûts d'exploitation sur quelques
décennies et le coût de maintien des actifs. Je le souhaite, mais je ne suis pas sûr que, si, dans le mandat,
ce n'est pas explicite, que CDPQ
Infra va commencer à faire les calculs
ou qu'une entreprise privée le ferait sans avoir un mandat explicite de le
faire.
C'est la raison pour laquelle cet amendement-là,
je pense, est tout à fait pertinent, parce qu'à un moment donné il faut dire les choses telles qu'elles
sont, il faut manifester de façon explicite quel est l'objectif que l'on
poursuit avec ce projet de loi là. Et c'est d'autant plus important de
le faire à l'article 4, qui est le coeur du projet de loi. C'est sa
mission. Nous avons fonctionné, dans l'État du Québec, pendant toutes ces
années sans sentir l'opportunité de créer une agence jusqu'à il y a
10 ans, 11 ans lorsqu'on l'a fait, nous, et que la CAQ a bloqué cette
idée-là, parce que probablement trop novatrice à l'époque pour eux. 10 ans
plus tard, bien, ils reviennent.
Ça fait que,
quand on dit qu'on a perdu du temps, là, on a perdu 10 ans avant de créer
une agence qui aurait pu fonctionner pendant les 10 dernières
années. Là, maintenant qu'on a découvert la lumière et trouvé la vérité, est-ce
qu'on peut s'assurer de préciser à quoi ça va servir, cette agence? Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Je ne sais pas s'il y
avait une réponse de la ministre, mais sinon, moi, j'ai...
Une voix : ...
Mme
Rizqy : OK. Alors, juste pour faire suite... parce qu'il y
a beaucoup de choses que la vice-première ministre du Québec a mentionnées et... j'aimerais lire le
plan d'infrastructures 2023-2024, page B.41. «Le portrait actuel démontre qu'une
part importante, soit 61 % du parc d'infrastructures du réseau de
l'éducation, est en mauvais état ou en très mauvais
état. Cette situation s'explique principalement par une période de
sous-investissement dans les années 90 et au début des années 2000.» Et ici, j'ai le CV du
premier ministre. Il était où? Eh bien, oui, ministre de l'Éducation péquiste du
15 décembre 1998 au 30 janvier 2002.
Donc, la vice-première ministre du Québec,
aujourd'hui, dit que le premier ministre a été irresponsable dans cette période-là. Alors, ce sera noté, et on va le
déposer parce que je pense que ce n'est pas tout le monde qui prend le temps
de lire correctement le Plan québécois des infrastructures. Et, je tiens à le
dire, ça n'a pas été écrit par une libérale, un solidaire ou un péquiste, ça a été
écrit par le gouvernement caquiste. Alors, on va vous l'acheminer. Je ne sais pas
si je dois aussi acheminer le CV du premier ministre, mais on va le faire
aussi. On va le faire.
Maintenant,
la vice-première ministre nous a reparlé de son tableau. Or, dans le fameux
va-et-vient qu'elle fait référence, la dernière fois que je suis... que,
la dernière fois, j'ai assisté à la commission, j'avais demandé, justement, à la vice-première ministre, à propos du tableau,
si elle voulait nous déposer ses chiffres, parce que c'était «gouvernements»
au pluriel et on n'arrivait pas vraiment à comprendre. Or, mon collègue le
député de Nelligan a fait une demande d'accès à l'information. Savez-vous c'est
quoi, la réponse, pour le fameux tableau qu'elle vous montre à chaque fois, à
la période de questions, et aussi qu'elle exhibe ici, dans cette commission? Bien
là, elle ne l'exhibe plus depuis qu'on lui a dit que «gouvernements», avec un
«s» nécessairement, incluait le fédéral et non pas son gouvernement. Tenez-vous bien, là, ça ne s'invente pas : On
refuse de nous donner les chiffres, là, donc la ventilation, parce que, et ce n'est
pas moi qui le dis, c'est la réponse, là, il n'est pas possible, du point de
vue technique et méthodologique, de produire
le niveau d'informations demandé à partir de données présentées aux états
financiers obligés des organismes.
Son propre ministère
n'arrive pas à expliquer le tableau qu'elle nous présente à l'Assemblée
nationale depuis des mois, avec grande fierté, et, quand on lui pose une
question simple, qui est enseignée, dès le cégep, à tous ceux qui font le profil comptabilité, dollars courants
ou dollars constants, elle est dans l'incapacité de nous répondre. Alors,
moi, ça dépasse tout entendement. Alors là, j'espère qu'elle comprend qu'elle
est forclose de nous présenter son fameux tableau sauf si elle est capable
d'admettre que son propre ministère ne sait pas de quoi elle parle lorsqu'elle
nous exhibe son tableau.
Maintenant, j'invite
tous mes collègues à prendre le mémoire présenté au Conseil des ministres par
la vice-première ministre sur ce projet de loi. Vous l'avez tous. Allons
ensemble à la page 7 du fameux mémoire. «Dans le cadre d'une planification en mobilité, Mobilité Infra Québec pourrait — je
vais sauter une partie — planifier
le maintien, l'amélioration et le
remplacement d'équipements et d'infrastructures de transport.» «Pourrait», il
n'y a aucune obligation, et tellement qu'il n'y a pas d'obligation...
Maintenant, je vous
invite à retourner dans le projet de loi, article 29. On ne pourra pas
dire que je n'ai pas fait, quand même, à
cause du va-et-vient, un petit peu l'étude de ce projet de loi.
Article 29 : «Mobilité Infra Québec peut, lorsqu'elle effectue
une planification en mobilité, en vertu du paragraphe 1° de l'article 5,
dans une perspective de développement durable et de diminution de l'empreinte
carbone et en tenant compte des indications données par le ministre, planifier la coordination des différents
services de transport ainsi que le maintien, l'amélioration et le remplacement
d'équipements et d'infrastructures de
transport.» Le verbe ici, comment qu'il est conjugué? «Peut», aucune
obligation.
Alors, j'espère que,
là, je vous ai convaincu, j'espère, le député de Taschereau, de la pertinence
que ce soit dans la mission, parce que c'est écrit noir sur blanc que Mobilité
Infra Québec peut elle-même se substituer à cette obligation de la fameuse
directive. Et dois-je rappeler à l'ensemble des gens qui nous écoutent, et je
sais que vous êtes nombreux, qu'une
directive n'a pas force de loi. La loi et ses règlements ont force de loi au
Québec, pas une directive. Évidemment, c'est toujours souhaitable de
respecter les directives, mais ici, la vice-première ministre, elle a écrit
noir sur blanc «pourrait» et «peut». Donc, elle ouvre la porte à Mobilité Infra
Québec à ne pas suivre la directive.
• (12 h 30) •
La Présidente (Mme
Maccarone) : M. le député de Taschereau.
M. Grandmont :
Oui. Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Bien, je vais prendre le temps d'étudier, évidemment, ce que
nous soulève la collègue députée de Saint-Laurent.
Moi, je voulais
revenir, en fait, sur un élément. J'avais dit que plusieurs organisations, là,
avaient manifesté leur souhait de voir la notion d'analyse coût-bénéfice,
montage financier sur l'ensemble d'un... du cycle de vie de l'infrastructure
être ajoutée au projet de loi. Puis je voulais simplement signifier, là, que le
Conseil du patronat du Québec et la Fédération
des chambres de commerce du Québec
ont explicitement demandé que des analyses coûts-bénéfices tenant compte
de l'ensemble du cycle de vie soient publiées, soient donc rendues publiques,
dans un processus de transparence, dans la
mesure où on... ça donnerait au public en général et aux organisations de la
société civile un aperçu, une
information... ça donnerait l'information à tous et toutes de la pertinence de
réaliser certains projets, parce que, d'une part, on est en train de
développer des projets, on veut faire... on veut les déployer, les construire à
vitesse grand V.
En ce qui a trait au
transport collectif, je peux le comprendre, en même temps, chaque projet de
transport collectif se doit d'être analysé pour s'assurer qu'on a le meilleur
projet pour la... le lieu, le territoire où il va être déployé. Donc, ce n'est
pas tous les projets de transport collectif dont on a discuté, dans l'histoire
du Québec, qui sont nécessairement bons. Je prendrais, par exemple, le projet,
là, de tramway. La première phase de tramway qu'on avait eue à Québec, là, qui
passait par le boulevard Charest et qui évitait le centre-ville de Québec, il y
avait quelque chose là-dedans qui était complètement incohérent, ce qu'on ne
s'était pas empêché, dans mon ancienne vie, là, de dénoncer par ailleurs. Donc, c'est le même... c'est la même rigueur qui
doit nous animer, je pense, ici aussi. C'est quand même des projets qui
sont assez coûteux généralement et desquels on doit s'assurer qu'ils
remplissent un objectif qui est très clair et que ce sera pour le meilleur,
pour la société en général.
Donc, déjà, cette
demande-là, qui était portée par le Conseil du patronat et
la Fédération des chambres de commerce du Québec, mais aussi la Société de
transport de Montréal, la ville de Montréal, le Réseau de transport de la Capitale, la Société de transport de
Sherbrooke, la ville de Sherbrooke,
l'experte professeure Florence Junca-Adenot ainsi que l'ATUQ,
l'association des transporteurs urbains du Québec, demandait à ce que le
montage financier d'un projet... Donc là, je
fais référence, en ce qui me concerne, là, à l'article 74... le montage
financier d'un projet doit être étendu
à son exploitation et à son entretien. Et c'était souvent nommé en prenant
exemple, en disant : comme le REM.
Puis Mme la ministre a beaucoup parlé du REM.
Ça, c'est intéressant, qu'elle nous ramène au REM, parce que le REM, effectivement,
on a pensé comme ça l'ensemble du cycle de vie dans l'entente contractuelle que
les exploitants,
l'exploitant du REM, la CDPQ Infra, qui est aussi son constructeur... a avec le
gouvernement, s'est assuré d'avoir une entente avec le gouvernement qui
établit un coût de 0,72 $ par passager-kilomètre. Et ce tarif-là couvre
non seulement les coûts d'exploitation, mais aussi les coûts d'immobilisation
et l'entretien à long terme. Donc, ça donne
une prévisibilité financière pour l'exploitant, ce qui est évidemment très bon
et ce qui nous permettrait, évidemment, aussi cette... Ce montant-là est
indexé annuellement en fonction de l'indice des prix à la consommation du
Canada, donc il y a une indexation en plus, et cette entente-là, elle est
révisée aussi tous les cinq ans, Mme la Présidente.
Ça, c'est intéressant parce que, si on avait des
ententes de ce type-là... je ne dis pas qu'il faut exactement aller vers une
entente pareille, là, mais, si on avait des ententes similaires, qui
prévoyaient les coûts d'immobilisation puis d'entretien à long terme de nos
grandes infrastructures de transport collectif au Québec, par exemple, le
métro, bien, peut-être qu'on ne serait pas
dans une situation où on doit fermer des stations. On aurait l'assurance que,
dans le temps, des sommes s'ajoutent
au budget de maintien des actifs du métro pour être en mesure de l'entretenir
correctement.
Et je me
permets de le rappeler ici, le métro de Montréal, c'est l'infrastructure de
transport la plus utilisée au Canada. Ce
n'est pas rien. En Amérique du Nord, c'est la deuxième infrastructure de
transport la plus achalandée quotidiennement après le métro de New York.
C'est immense, le métro de Montréal. Et Montréal, étant le poumon économique du
Québec, si le métro ne va pas bien, bien, c'est tout le Québec qui en souffre.
C'est des travailleurs qu'on n'arrive pas à déplacer, c'est des étudiants qu'on
n'arrive pas à déplacer. Et, avec une entente comme celle-là, du type de celle du REM, en fait, on arriverait à
avoir un métro probablement en meilleure santé. On n'aurait peut-être pas la crise de maintien des actifs qu'on a dans
l'infrastructure de transport la plus achalandée au Canada, Mme la Présidente.
Donc, moi, je me permets de réinsister
là-dessus. Encore une fois, on va réfléchir aux arguments pour voir comment on
votera éventuellement sur est-ce que ça doit être nommé à l'article 4 ou
si c'est plus loin que ça doit se retrouver, notamment au 74, où on voit la
répartition des contributions budgétaires des différentes parties prenantes
dans la réalisation d'un projet de transport collectif. Mais, à mon sens à moi,
et selon ce que nous ont dit et répété plusieurs des groupes qu'on a entendus
ici, on doit s'assurer de faire une bonne évaluation de l'ensemble du cycle de vie autant pour s'assurer d'avoir des infrastructures
qui vont durer dans le temps, mais aussi pour s'assurer de maintenir
aussi l'achalandage, parce qu'une infrastructure qui brise tout le temps, c'est
une infrastructure qu'on n'utilise plus, Mme la Présidente.
La
Présidente (Mme Maccarone) : Merci. Y a-t-il d'autres interventions? Mme la députée de Saint-Laurent, vous disposez de cinq minutes.
Mme Rizqy : Oui. Je vous
invite... dans le mémoire, M. le député de Taschereau, 4.2, le mémoire de la
ministre qui a été déposé au Conseil des ministres. Ce n'est pas moi qui le dis
que c'est important de le mettre à la mission,
c'est elle-même, à 4.2, dans son mémoire. Le sous-titre : Mission et
responsabilité de Mobilité Infra. C'est en caractères gras, et là il est
mention, dans ce mémoire, du maintien des infrastructures, mais c'est indiqué
«pourrait», donc il n'y a pas d'obligation. Et, bien au contraire, à
l'article 29 du projet de loi, on indique clairement «peut». Il n'y a pas
d'obligation de le faire. Et, si vous permettez, si on reste toujours dans le
fameux mémoire, ça, c'est à... je ne sais pas si vous l'avez devant vous, mais,
si vous allez à la page 19 du mémoire, il y a une analyse comparative qui
a été faite. Il faut savoir... À moins que la vice-première ministre me dise
que c'est contraire à la vérité, mais son projet de loi est en... a été inspiré
de la loi qui est déjà en vigueur en Ontario avec... Infrastructure Ontario.
Or, eux, ils doivent faire une analyse des coûts puis du maintien des actifs.
Alors, c'est
pour ça que moi, ici, je n'arrive pas à comprendre pourquoi que, dans le
mémoire qui est présenté devant le Conseil
des ministres, qui inclut le premier
ministre du Québec, on dit : À la mission, ça pourrait être bon qu'il fasse une analyse des coûts d'exploitation
et du maintien des actifs, à la mission... là, moi, je suis à l'article 4, et,
dans le mémoire, on est à 4.2... mais que plus tard, dans le projet de
loi, clairement, on vient donner une porte de sortie
avec l'article 29, en disant «peut». Le législateur ne parle jamais pour
ne rien dire, et, si la législatrice a marqué «peut», c'est qu'elle ne voulait
pas choisir le verbe «doit», «devoir», elle ne voulait pas créer une obligation
de le faire.
Et vous, vous
avez quand même de l'expérience en matière de mobilité durable, n'est-ce pas?
Pas que je... Je ne déposerai pas votre CV, on le connaît. D'ailleurs,
je vous ai rencontré dans une autre vie. Vous le savez que lorsque c'est un
«peut» et non pas un «doit», bien, à ce moment-là, c'est facile de dire :
Je ne le ferai pas, nonobstant directive ou
pas, parce que la loi est plus importante en matière d'interprétation des lois
qu'une directive. Si la loi vous permet de ne pas respecter la
directive, bien, à ce moment-là, la loi est claire, vous pouvez le faire, vous
n'avez pas d'obligation de le faire. Et ici, dans le mémoire qui a été présenté
au Conseil des ministres, c'était clairement marqué à 4.2, à la page 7. Si
vous retournez à la page 7, vous allez voir que c'était prévu d'être
inscrit dans la mission et responsabilité de Mobilité Infra Québec. Ici, il y a
un choix politique de le retirer.
Je vous donne un petit peu de temps d'analyse,
mais je suis convaincue qu'au terme du plaidoyer...
La Présidente (Mme Maccarone) : Avez-vous
conclu? Oui?
Mme Rizqy : Bien,
je vais laisser le temps d'analyse, mais j'imagine que mon collègue, mon estimé
collègue...
M. Arseneau : Non, mais je...
La Présidente (Mme Maccarone) : Député
des Îles-de-la-Madeleine, vous disposez de six minutes.
• (12 h 40) •
M. Arseneau :
Six minutes, d'accord, merci beaucoup. Bien, effectivement, c'est une
excellente initiative de la part de ma collègue de nous ramener au mémoire et
la description de la mission pour l'agence qui a été présentée effectivement au Conseil des ministres. Parce
que, lorsqu'il est question de la mission, on trouve presque un copier-coller,
là, effectivement, «aurait pour mission principale», «dans une perspective», on
retrouve exactement le même texte. Et puis ensuite, bien, on arrive dans une
deuxième partie de cette description-là en parlant du fait que Mobilité Infra
Québec pourrait également exercer les fonctions suivantes : la
réalisation, à la demande de la ministre et moyennant rémunération, d'analyses en transport, notamment de la planification en
mobilité. Et on retrouve exactement le même libellé à l'article 5,
que je citais tout à l'heure. Mais quand on vient...
Et après ça, bien, on note également que
l'exécution de toutes autres fonctions connexes que lui confie le gouvernement,
ça a été aussi retenu dans le projet de loi, mais, pour ce qui vient par la
suite, on l'a éliminé, donc planifier le maintien, l'amélioration et le
remplacement d'équipements et d'infrastructures de transport.
Donc, je
pense que... Et puis il y a l'autre élément, là, planifier la coordination des
différents services de transport. Et c'est une présentation qui est au
conditionnel. Alors, on dit que, dans le cadre d'une planification en mobilité,
Mobilité Infra Québec pourrait faire... remplir ces fonctions-là. C'est
aussi de la même façon qu'on présente, de toute façon, la mission, hein? Lorsqu'il est question de décrire la mission,
on dit : Mobilité Infra Québec aurait pour mission principale...
Bon, évidemment, parce que, là, on n'est... on n'est pas certain que ce
texte-là va se traduire dans un projet de
loi. Une fois qu'il a été traduit dans le projet de loi, on ne parle plus d'une
mission conditionnelle, mais on parle du fait que Mobilité Infra Québec
a pour mission. Donc, on a changé le verbe, «aurait pour mission».
Mais pour ce qui est de sa responsabilité qui
était inscrite, à savoir le maintien, l'amélioration et le remplacement
d'équipements et d'infrastructures de transport, bien là, on le présentait au Conseil
des ministres de façon explicite, mais on ne voudrait pas l'inclure dans le
projet de loi de façon explicite. Là, je pense qu'il y a effectivement, comme on vient de le mentionner, un
choix qui m'apparaît difficile à comprendre et qui mérite explication.
Alors, moi, je souscris entièrement au fait que
c'est un élément, je me répète, là, qu'il faut inscrire. Est-ce qu'encore une fois c'est à l'article 4 ou un
peu plus bas, comme il était dans le mémoire, c'est-à-dire dans les fonctions
à exercer par Mobilité Infra Québec? L'un ou l'autre me conviennent, pourvu
qu'on l'inscrive.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Y a-t-il d'autres interventions sur l'amendement du... députée de Saint-Laurent?
Oui, Mme la députée.
Mme Rizqy : Moi, j'ai une
question pour la vice-première ministre du Québec. J'aimerais savoir :
Qu'est-il arrivé entre le 30 avril 2024, le moment que le mémoire est
déposé au Conseil des ministres, donc qui a été étudié par la partie gouvernementale, qui a été transmis à l'ensemble des
ministres... et, à ce moment-là, ce qui a été présenté au Conseil
des ministres, c'était la volonté que
la mission et responsabilité de Mobilité
Infra Québec... qu'il y ait aussi
l'analyse du maintien des actifs puis de l'exploitation. Mais surtout, ici,
moi, c'est le maintien des actifs, là, que je fais beaucoup de... J'aimerais
savoir qu'est-ce qu'il est... qu'est-ce qu'il est arrivé pour que finalement,
ce qui était présenté dans le mémoire que les ministres ont reçu, qui a été étudié
même par le premier ministre du Québec, là, pour que ce ne soit pas traduit
dans le projet de loi.
La Présidente (Mme Maccarone) : ...ministre.
Mme la ministre?
Mme Guilbault : Oui?
La Présidente (Mme Maccarone) : Elle
vous a posé une question.
Mme Guilbault : Sur le même sous-amendement ou amendement?
La Présidente (Mme Maccarone) : Une
question précise par rapport à des dates. Mme la députée, peut-être vous
pourriez répéter votre question.
Mme Guilbault : Non, non, non, mais j'écoute, là, ce qui se dit, là, mais
c'est sûr qu'il faut quand même rentabiliser les fonds publics qui paient notre
salaire, comme je le dis souvent.
Et je l'ai dit tout à l'heure, mais peut-être...
je n'ai pas été précise, c'est vrai, ou peut-être je n'en ai pas reparlé tout à l'heure, mais la directive sur les
projets majeurs, page 16, lettre L, si les collègues... Là, je vois
peut-être mon collègue des Îles... je
ne sais pas s'ils l'ont à portée de main, là, elle est sur Internet,
page 16... Bien, je vais y aller, tiens, même que je peux lire
l'extrait, peut-être ce serait bon pour la commission, là. Attends un peu. On
l'a-tu ici, imprimé? Non? Ah! attends, tu me l'as... on l'a-tu... Un instant,
je l'ai. Bon.
Page 16,
lettre L : «L'estimation du coût total de chaque option évaluée doit...»
Là, on parle des projets majeurs, là, donc projets complexes, ça
s'applique, là. «L'estimation du coût total de chaque option évaluée doit
inclure tous les montants relatifs au démarrage, à la planification, à la
réalisation et à la clôture du projet, tel qu'ils sont précisés par le Conseil
du trésor dans les critères
déterminés en vertu de l'article...» c'est ça, «en vertu de l'article 16
de la Loi sur les infrastructures
publiques permettant de considérer qu'un projet d'infrastructure publique est
un projet majeur.»
Et là c'est
là le bout le plus intéressant, là : «L'incidence budgétaire marginale
prévisionnelle inclut l'augmentation des dépenses de fonctionnement,
exploitation et des investissements en maintien d'actif de l'infrastructure
publique à long terme. Les dépenses
actuelles de fonctionnement — entre
parenthèses — exploitation,
et les investissements actuels en maintient
d'actif doit également être fourni. Toutes les estimations, toutes les dépenses
et tous les investissements doivent être présentés.»
Donc, ce sont
déjà des éléments qui sont documentés dans les projets majeurs, incluant, donc,
les futurs projets de Mobilité Infra Québec.
La Présidente (Mme Maccarone) : ...députée.
Mme Rizqy : ...maintenant
la vice-première ministre à faire deux choses. Lire paragraphe K, qui arrive
avant L dans l'ordre
alphabétique : «Toutes les parties prenantes, dont l'OPIP, le ministre
responsable, la SQI, le gouvernement, la clientèle directe, les
employés, les principaux individus ou groupes de la société ainsi que les
organismes publics qui pourraient être touchés favorablement ou négativement
par l'option recommandée doivent être identifiés, de même que leurs intérêts
respectifs, dans le projet. L'analyse sommaire des enjeux, risques et
possibilités qu'ils représentent pour le projet doit être également présentée.»
«Toutes les parties prenantes». Êtes-vous
d'accord avec moi que K parle de toutes les parties prenantes?
Mme Guilbault : Bien oui.
Mme Rizqy : OK. Par la
suite, dans l'ordre des choses, lorsqu'on interprète L : «L'estimation du
coût total de chaque option évaluée doit inclure tous les montants relatifs à
la démarche, la planification, la réalisation, la clôture du projet, qu'ils
soient précisés par le Conseil du trésor dans les critères déterminés en vertu
de l'article 16 de la Loi sur les infrastructures publiques permettant de
considérer qu'un projet d'infrastructure publique est un projet majeur...» Ça,
c'est L. Est-ce que, L, vous voyez...
Mme Guilbault : Que je viens de lire, oui.
Mme Rizqy : Oui, oui,
mais est-ce que vous réalisez que qu'est-ce que vous venez de lire découle de
K?
Mme Guilbault : Bien, c'est normal, oui, l'alphabet est ainsi fait.
Mme Rizqy : Oui. Donc,
est-ce que vous êtes d'accord que c'est l'ensemble des parties prenantes, que L
est subordonné à K?
Mme Guilbault : Ce que j'explique, OK, puis là ça va être la dernière fois,
Mme la Présidente, je le dis tout le temps, puis là ça va être la vraie
dernière, la prise en compte des investissements nécessaires pour le maintien
des actifs et les coûts d'exploitation est déjà prévue dans la directive sur
les projets majeurs, qui encadre... qui encadrera aussi les projets complexes de Mobilité
Infra Québec. De ce fait, en ce qui
nous concerne, c'est déjà couvert, et on n'a pas l'intention de donner
suite à l'amendement qui est actuellement proposé.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la députée, vous disposez d'une minute.
Mme Rizqy : Je sais qu'à chaque
fois que la vice-première ministre n'arrive pas à avoir une réponse précise sur
la loi, elle dit : C'est la dernière fois que je l'explique, mais c'est
qu'elle ne l'explique pas.
Alors, ici, là, le problème... C'est pour ça que
j'ai dit faire deux choses : lire K, et la deuxième chose, c'est de parler avec ses juristes, parce que je pense
qu'elle aurait avantage à prendre connaissance de la loi sur l'interprétation,
qui a force de loi au Québec. Et, lorsqu'une loi indique quelque chose, toute
directive à l'effet inverse d'une loi n'a pas d'application.
Ici, le
projet de loi dit clairement «peut». Donc, la directive, elle vient d'être
tassée par le projet de loi. Et pire, si elle avait lu correctement sa propre directive qu'elle n'arrête pas de
nous faire... qu'elle n'arrête pas de nous en parler...
La Présidente (Mme Maccarone) : ...députée.
Attention aux propos, s'il vous plaît.
Mme Rizqy : ...l'article... le paragraphe K, le... le
paragraphe K, clairement, on parle de l'ensemble des parties prenantes.
Donc, il n'y a pas un individu, il n'y a pas un organisme, ici, qui est
imputable.
C'est pour ça qu'ici on dit : Qui va être
le porteur d'ouvrage? Mobilité Infra Québec, et, par conséquent, c'est à lui qu'il incomberait la responsabilité de
faire la liste des coûts et l'exploitation des maintiens des actifs. Là, ça, c'est
précis, alors que K parle de l'ensemble des parties prenantes, suivi de L.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Votre temps est écoulé. Y a-t-il d'autres interventions sur l'amendement de la
députée de Saint-Laurent? Je vois qu'il n'y a pas d'autre intervention. Nous
allons passer à la mise aux voix par appel nominal. M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Rizqy (Saint-Laurent)?
Mme Rizqy : Pour.
Le Secrétaire : Mme Guilbault
(Louis-Hébert)?
Mme Guilbault : Contre.
Le Secrétaire : M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
Le Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Contre.
Le Secrétaire : M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Contre.
Le Secrétaire : M. St-Louis
(Joliette)?
M. St-Louis : Contre.
Le Secrétaire : Mme Dorismond
(Marie-Victorin)?
Mme Dorismond : Contre.
Le Secrétaire : M. Grandmont
(Taschereau)?
M. Grandmont : Abstention.
Le Secrétaire : M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau : Pour.
Le Secrétaire : Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis)?
La Présidente (Mme Maccarone) : Abstention.
Alors, l'amendement est rejeté.
Nous sommes
de retour à l'article 4 tel qu'amendé. Y a-t-il des interventions? Mme la
ministre, souhaitez-vous qu'on poursuit avec votre amendement?
• (12 h 50) •
Mme Guilbault : Bien non, mais, s'il y a d'autres amendements qui disent la
même chose, passons-les tout de suite.
La
Présidente (Mme Maccarone) :
Elle vous l'offre, collègues.
Avez-vous des amendements à déposer en lien avec l'article 4?
Mme Guilbault : Bon, il y en a toujours un autre, Mme la Présidente.
17911 17911 La Présidente (Mme
Maccarone) : M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Bien, en fait,
j'ai un amendement, mais le problème, c'est... il ne dit pas la même chose. Alors, je ne sais pas, là, si je peux le déposer
ou pas, parce qu'il dit vraiment autre chose. On ne l'a jamais discuté encore.
Je vous... je vous le jure, je vous l'affirme.
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
il faut confirmer.
M. Arseneau : Bien, je ne sais
pas si c'est recevable, là, mais il dit autre chose que ce que dit déjà
l'article et il vise à bonifier le projet de loi. Si la ministre me le permet,
je vais effectivement le déposer.
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
juste pour confirmer, vous avez un amendement à nous envoyer.
M. Arseneau : D'accord.
Donnez-moi quelques secondes, et on va le transférer au secrétariat.
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
nous allons suspendre pour quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 51)
(Reprise à 12 h 54)
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
nous allons suspendre les travaux, compte tenu de l'heure, jusqu'à
15 heures. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 12 h 55)
(Reprise à 15 h 15)
La Présidente (Mme Maccarone) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Alors, ayant constaté le quorum, je déclare la séance
de la Commission des transports et de l'environnement ouverte.
Lors de la suspension de nos travaux, plus tôt
ce matin, on était à l'attente d'un amendement du député des
Îles-de-la-Madeleine. M. le secrétaire, est-ce que nous l'avons reçu? Oui.
Alors, M. le député, pour la lecture de votre amendement. Nous allons
l'afficher pendant que vous êtes en train de faire votre lecture.
M. Arseneau : Oui. Bien, en
fait, vous le voyez s'afficher, l'article 1, je vous propose l'amendement suivant : L'article 4, introduit par
l'article 1 du projet de loi, est modifié par l'ajout des mots «, la
conception», après les mots «la planification».
Alors, ça se lirait ainsi : «Mobilité Infra
Québec a pour mission principale d'effectuer, dans une perspective de mobilité
durable — et
là, évidemment, on a ajouté tous les éléments qui étaient de l'ordre de l'accessibilité
universelle, la qualité, et pour qu'on se... comment on appelait ça, pour le
savoir-faire, de renforcer le savoir-faire de l'État — l'analyse
d'opportunité, la planification, la conception ou la réalisation de projets
complexes de transport.»
Il nous semble opportun, c'est le cas de le
dire, d'inscrire que la conception est réalisée par Mobilité Infra Québec au même titre que la planification et la
réalisation, parce qu'on imagine mal qu'un projet complexe de transport
peut se réaliser sans que le concept ait été élaboré et bien réfléchi, ce qui
n'est pas la même chose que planifier. Évidemment, la planification, c'est
quand on se fixe des objectifs, qu'on se donne les moyens, qu'on identifie les
responsabilités, qu'on les distribue et qu'on détermine quelles sont les étapes
de réalisation. Et la première ou, en tout
cas, l'une des premières étapes, évidemment, c'est la conception du projet
complexe pour ensuite le réaliser, donc, le construire. Donc, c'est un
élément qui nous semble absent actuellement, et qu'il est important de
mentionner, et qui est essentiel, évidemment, à la bonne réalisation de projets
complexes de transport à notre point de vue.
C'était aussi la façon dont on voyait les choses
lorsqu'on a déposé un projet de loi sur une agence en 2013 et en 2021, où on devait non seulement planifier,
mais également concevoir avant de réaliser des projets d'infrastructure.
Donc, on pense que cet élément-là a peut-être été omis par inadvertance, mais
qu'il est absolument essentiel pour pouvoir clarifier, encore une fois, la
mission de l'agence Mobilité Infra Québec, comme quoi c'est foncièrement son rôle de concevoir puisqu'on va ramasser... on va
rassembler, je devrais dire, regrouper l'expertise pour ce faire. Donc,
ça ne se fera pas en sous-traitance. On n'ira pas chercher de consultants pour
cette étape-là. Et je pense que c'est fondamental aussi...
Les projets que l'on veut réaliser sont des
projets majeurs. On a mentionné qu'au-delà du fait qu'ils soient des projets
majeurs en matière d'investissement, ce sont des projets qui sont complexes.
Alors, je pense que c'est important que l'on accorde toute l'importance que
doit avoir la conception de tels projets pour s'assurer que la réalisation soit faite de façon, évidemment,
efficace, rapide et au meilleur coût possible pour l'État et pour les contribuables
québécois.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Mme la ministre.
Mme Guilbault : C'est exactement ce que j'allais dire. La réalisation de projets
complexes de transport inclut forcément la conception. Tu ne peux pas
réaliser un projet, s'il n'a pas été conçu.
M. Arseneau : C'est pour ça
qu'on veut ajouter la conception en amont de la réalisation.
Mme Guilbault : Non, mais c'est comme si on me disait... Tu sais, c'est comme si on
mettait un amendement pour dire la réalisation et l'inauguration de
projets complexes. Tu sais, ce n'est pas des choses qui vont de soi. Mais on
peut passer, encore une fois, là, tu sais, jusqu'au 6 décembre... on peut
ajouter des mots comme ça, des choses qui vont de soi, qui, de manière
évidente, vont de soi. Comment voulez-vous, Mme la Présidente, qu'on réalise un
projet, s'il n'a pas été préalablement
conçu? Alors, c'est évident que, si on veut réaliser un projet, il va d'abord
être conçu. Ce sera ma réponse et ce sera ma seule réponse là-dessus.
• (15 h 20) •
M. Arseneau : Ce qui milite
évidemment dans le sens de la proposition que je fais, si on veut réaliser un
projet, il faut forcément qu'il soit conçu. C'est l'objet de la proposition que
je fais, d'amendement, à savoir qu'on le conçoive avant de le réaliser, la
réalisation étant, par définition, à mon point de vue, là, la mise en oeuvre du
projet, c'est-à-dire sa construction.
Alors, si on associe la réalisation du projet à
sa construction, à sa mise en oeuvre, et qu'on identifie Mobilité Infra Québec
comme étant le maître d'oeuvre de sa réalisation, en fait, la question qui peut
se poser, c'est : Est-ce qu'on peut imaginer que le gouvernement ou que l'agence en question
fasse concevoir ses projets par une entité externe autre, différente,
distincte, auquel cas, bien, on aura encore un dédoublement ou un besoin de
ressources externes, alors qu'il est
important, pour nous, à mon point de vue, encore une fois, de pouvoir définir
quelles sont les ressources humaines, les expertises dont on a besoin
pour faire en sorte que Mobilité Infra Québec réponde véritablement à un objectif de combler des lacunes qui sont
actuellement identifiées au sein du ministère et qui nous permettent,
justement, d'aller chercher les bonnes personnes, les bonnes ressources et
l'expertise appropriée pour faire l'ensemble du travail?
Alors, évidemment, si
on associe la conception d'un projet à son inauguration pour invalider le
concept de la... dont il est question, je
pense que c'est un peu frivole. Je crois que la conception est un élément
fondamentalement différent de la planification de grands projets et,
encore une fois, distinct de sa réalisation en tant que telle. C'est une étape
préalable à la réalisation, en tout cas, dans la façon dont nous, on interprète
les choses. C'est la raison pour laquelle c'était aussi une étape bien
distincte dans l'article du projet de loi que nous avions déposé.
Et c'était justement
l'article 4, également, dans la mission d'une agence des infrastructures
en transport, et cet élément-là nous semblait juste. Et il avait justement été
convenu, avec les légistes, d'en faire une étape bien distincte. Alors, c'est le fondement de l'amendement que je propose
humblement à la commission, Mme la Présidente.
Document déposé
La Présidente (Mme
Maccarone) : Merci beaucoup. Juste pour la gouverne des membres, le
document que la députée de Saint-Laurent
souhaitait rendre public, cet avant-midi, est maintenant déposé. Y a-t-il
d'autres interventions? M. le député de Taschereau.
M.
Grandmont : Oui, merci beaucoup. Bien, écoutez, je vais être assez
bref, là, c'est un ajout qui est intéressant, dans la mesure où il vient
préciser, là, l'ensemble des tâches qui sont données à Mobilité Infra Québec.
Oui, effectivement, la conception fait partie de la réalisation, mais, en même
temps, si on peut venir le préciser, pour s'assurer que c'est encore plus clair
dans la mission, je pense que ce n'est pas une mauvaise idée en soi. Donc, ce n'est pas un... ce n'est pas un amendement avec
lequel j'ai de la difficulté. Je pense que ça peut être intéressant de
l'ajouter. Donc, je vais certainement voter pour, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Merci beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Merci,
Mme la Présidente. Très heureux de vous revoir. Je veux juste parler avec mon
collègue qui a déposé cet amendement, le député des Îles-de-la-Madeleine, un
excellent amendement, parce que, si je me fie, encore une fois, à un document
gouvernemental, le mémoire que la ministre a déposé au Conseil des ministres,
on voit, dans la page... Je ne sais pas,
cher collègue, c'est-tu là? Ça va me permettre d'avoir un échange avec vous,
pour le bénéfice de l'enregistrement de notre étude détaillée.
La page 19 — je
vais te laisser le temps — ça
parle... comparatif lié à la réalisation d'infrastructures de transport. Il y a l'exemple d'Infrastructure
Ontario, il y a Swedish Transport Administration et il y a l'agence des
infrastructures aux Pays-Bas. Et un peu plus loin, on le voit, l'agence
relevant du ministère de l'Infrastructure et de la Gestion de l'eau est
responsable de la conception, de la construction, de la gestion et de
l'entretien des principales infrastructures routières et maritimes des
Pays-Bas.
Donc, ici, on n'est
pas dans les infrastructures maritimes, mais il y a un comparatif qui a été
jugé bon à faire dans le cadre du dépôt de ce mémoire au Conseil des ministres.
Et moi, je pense, Mme la Présidente, que le fait d'ajouter la conception à la
mission de l'agence, parce qu'on est, encore une fois, en train de parler de la
mission de l'agence, de Mobilité Infra Québec, c'est un bon ajout. C'est un bon
ajout dans la mesure où ça vient, encore une fois,
préciser la mission de Mobilité Infra Québec. Et, quand on dit «préciser la
mission de Mobilité Infra Québec», c'est qu'au-delà de l'analyse d'opportunité... au-delà de l'analyse
d'opportunité, au-delà de la planification, la conception est un élément
important.
Encore une fois,
pourquoi? Parce que c'est facile de faire le lien, c'est que quand... quand tu
recrutes des experts, tu ne vas pas juste
leur dire : Écoutez, votre mission, c'est analyser les opportunités,
planifier, réaliser des projets, mais
il y a aussi la notion de conception des projets complexes. Je pense que c'est
une précision extrêmement importante dans le cadre de ce projet de loi. Et moi,
je vais appuyer le sous-amendement... C'est un sous-amendement?
Une voix : ...
M. Derraji : C'est
un amendement? C'est un amendement. L'amendement de mon collègue... et, encore
une fois, Mme la Présidente, je pense que l'élément qui est important...
l'élément important au niveau de la conception... Et je vais juste... Je ne
sais pas, le collègue, s'il l'a vu, mais ça va... L'article 4 du projet de
loi, à l'époque du Parti québécois, l'article 4, comme par hasard, vous
l'avez?
M. Arseneau :
...
M. Derraji : On
parle de l'article 4.
M. Arseneau :
Oui, oui, je viens de le citer.
M. Derraji : On
parlait de la conception en 2000 quoi...
M. Arseneau : 2013.
M. Derraji : 2013...
La Présidente (Mme Maccarone) : Une
personne à la fois, s'il vous plaît. Merci.
M. Derraji : Mais on n'a pas
enfreint les règles, Mme la Présidente. Ça va bien...
La Présidente (Mme Maccarone) : C'est
très difficile pour les gens...
M. Derraji : Ah! pour nous suivre.
La Présidente (Mme Maccarone) : ...qui
sont en train de capter...
M. Derraji : OK. Donc, je vais
parler...
La Présidente (Mme Maccarone) : ...pour
les libellés, etc. Merci.
M.
Derraji : OK. Je vais lui poser la question. Donc,
monsieur... cher collègue, le député... des Îles-de-la-Madeleine — j'ai
toujours Mille-Îles dans ma bouche — donc,
on parle de la mission en 2013, le législateur qui a rédigé cette mission... Je
ne sais pas s'ils sont là toujours au ministère, parce que probablement... les
légistes — les
législateurs, c'est nous — les
légistes, donc, quoi, 11 ans plus tard...
Donc, je vais
juste lire, moi, je pense que ça s'inscrit un peu dans ce que vous avez
dit : «Dans une perspective de développement durable — ça,
c'est le projet de loi qui a été déposé par le Parti québécois en 2013, on
parlait déjà, dans une perspective de
développement durable — l'agence
gère les infrastructures routières — à
l'époque — dont
la responsabilité relève du ministère des Transports, en vertu de la Loi
sur la voirie, de même que tout autre bien qu'il détermine.»
Afin de renforcer le savoir-faire de l'État...
Ça, c'est très important, parce que, si on prend cet article, mais corrige-moi
si je me trompe, cher collègue, c'est qu'afin de renforcer le savoir-faire,
c'est ce qu'on essaie maintenant de faire avec l'agence, c'est renforcer le
savoir-faire de l'État. Ce n'est pas parce que... c'est au niveau des experts. Et je continue : «...l'agence privilégie le
développement d'une expertise en matière d'étude, de planification, de
conception et de réalisation de projets d'infrastructures de transport,
plus particulièrement d'infrastructures routières.» Donc là, on parle pas mal
d'infrastructures routières.
Là, nous
sommes rendus ailleurs, on parle plutôt de projets complexes de transport. Le
gouvernement ne voulait pas aller au
collectif. Mais, Mme la Présidente, déjà. on parlait que l'agence développe
une... également «une expertise immobilière pour réaliser des activités
notamment liées aux acquisitions et aux dispositions d'immeubles de l'État».
Et ça, Mme la Présidente, vous savez c'est qui
qui a écrit ce projet de loi? C'est Dominique Savoie. Pour ceux et celles qui
ne connaissent pas Dominique Savoie, c'est devenu la numéro un du gouvernement
caquiste actuel. Ce n'est pas quand même
n'importe qui. Mais vous savez qu'est-ce qu'on disait de Dominique Savoie,
surtout venant du même collègue qui critiquait la création de l'agence à
l'époque, l'actuel ministre de la Cybersécurité, qui parlait de compromis, qui
parlait de beaucoup de choses. Donc, je ne sais pas si Dominique Savoie pense
la même chose aujourd'hui, mais moi, je remercie mon collègue qui a bien
fouillé. Je peux dire que je ne l'ai pas vu, mais votre projet de loi me donne
pas mal d'inspiration aujourd'hui, surtout au niveau de la conception.
• (15 h 30) •
Donc, Mme la Présidente, un projet de loi qui a
été rédigé au sein du ministère, et, quand on recule, on trouve que, quand
même, une personne extrêmement compétente... parce que, si elle n'est pas
compétente, elle ne va pas se ramasser à
être le numéro un avec le gouvernement caquiste, et je nomme Mme Dominique
Savoie, Mme la Présidente,
juste pour être clair. Et donc, à l'époque, lors de la rédaction de ce projet
de loi, on parlait de bonifier l'expertise de l'État.
C'est d'ailleurs... c'est ce qu'on voit maintenant. Parce que, si on veut
ramener des experts, bien, il faut leur donner... il faut leur donner
beaucoup d'outils. Mais, bon, je comprends, Mme la Présidente, que le projet de
loi était du Parti québécois. Le ministre de
la Cybersécurité n'aimait pas vraiment beaucoup Mme Dominique Savoie. Ça a
changé, hein, figurez-vous. Ça a changé beaucoup avec le temps, parce
que, maintenant, il se ramasse à travailler avec elle.
Mais, encore une fois, revenons au fait de ce
projet de loi. Moi, je pense que c'est une très bonne idée. Vous savez, quand
on prend le temps de bien faire les choses... Je salue mon collègue qui a bien
fouillé, qui est allé même chercher le projet de loi qui a été déposé par... je
pense, c'est Sylvain Gaudreault...
Une voix : Oui.
M. Derraji : Ah oui! Voilà, Sylvain,
j'ai une bonne mémoire, par Sylvain Gaudreault. Et vous savez quoi, Mme la
Présidente, quand vous rédigez des projets de loi avec Dominique Savoie, c'est
du béton, c'est du solide. C'est du solide, Mme la Présidente. Malheureusement,
on ne peut plus faire de motion préliminaire pour entendre Mme Dominique
Savoie. J'aurais dû penser à ça, l'inviter à venir nous parler de ce projet de
loi et de l'agence, mais je présume... je présume qu'elle
est d'accord, parce que, si elle a laissé passer le projet de loi de
l'agence... C'est juste s'il y a des oublis,
et c'est pour cela qu'on joue notre rôle aujourd'hui, en commission
parlementaire, d'amender le projet de loi.
Donc, moi, pour
répondre à mon collègue, au niveau de la conception, je l'appuie dans cet
amendement et je pense qu'il a pas mal défendu son ajout par rapport à la
conception. Donc, merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Merci. M. le député de Taschereau.
M.
Grandmont : Excusez-moi, réflexe de caucus, j'étais à la même place
les deux heures qui ont précédé ce retour à la commission, à l'étude détaillée
du projet de loi 61. Oui, effectivement, donc, je voulais renchérir un peu
sur ce que j'ai dit tout à l'heure, parce
que j'ai été pris un peu à brûle-pourpoint sur la notion de conception, les
avantages. Après réflexion, je pense que c'est vraiment une bonne... je
pense toujours, en fait, que c'est une bonne idée, mais je vais un peu plus
détailler pourquoi. D'une part, il n'y a rien qui dit que la conception, si on
ne procède pas avec l'amendement du collègue des Îles-de-la-Madeleine, la
conception va effectivement se faire à l'intérieur de Mobilité Infra Québec. Ça
pourrait être donné en sous-traitance à des partenaires extérieurs.
Bon, on sait que le
projet de loi 62, évidemment, va jouer un peu, là, dans la façon dont on
va travailler. Mais, si on donne la conception formellement, là, comme
responsabilité à Mobilité Infra Québec, on vient s'assurer qu'il y aura une
prise en charge, en tout cas, assez grande de ce volet-là, de la réalisation
d'un projet de transport collectif ou de transport routier complexe par
Mobilité Infra Québec. Et ça, je pense que c'est important de bien le mettre de
l'avant.
Comme l'a mentionné
mon collègue tout à l'heure, mon collègue député de Nelligan, on veut... c'est
une des intentions, en fait, de Mme la ministre, c'était de ramener une
expertise, rebâtir une expertise au Québec sur les projets de transport complexes. On comprend que, pour les transports
routiers complexes, on a déjà l'expertise au ministère des Transports.
On ne sait pas trop pourquoi on veut donner ce pouvoir-là aussi à Mobilité
Infra Québec, mais sur la question du
transport collectif complexe, ça, j'abonde dans le même sens qu'elle, on a une
expertise à bâtir. Et comme la volonté de la ministre, c'est de faire...
de le faire à travers une agence, bien, donnons les moyens à cette agence-là de
développer, effectivement, cette expertise-là.
Donc, si on est en
mode collaboratif avec des entreprises qui sont... ou des consortiums qui sont
prêts à développer, à conceptualiser... c'est ça, à conceptualiser, à assurer
la conception, en fait, d'un projet de transport collectif, bien, je pense
qu'en l'écrivant textuellement dans la mission, on aura une plus grande prise
en charge par Mobilité Infra Québec. Et pourquoi c'est important de développer
cette expertise-là? Bien, d'abord, parce que ça a une influence importante sur
les coûts de... sur les coûts d'exploitation. J'en ai parlé ce matin, un projet
mal conçu peut avoir des effets budgétaires importants par la suite, notamment
sur l'exploitation, sur le maintien des actifs aussi plus tard.
Si un projet est mal
conçu, on risque d'avoir des projets, donc, des tramways, des métros, des SRB
qui fonctionnent moins bien, qui sont plus souvent en panne, qui demandent de
l'entretien plus régulier. Et ça a un effet double, en fait, parce que, non
seulement, ça coûte plus cher à réparer puis les réparations viennent plus vite
et sont plus fréquentes, donc, on a des pannes plus fréquentes, mais, en plus,
on a moins de revenus, parce que les usagers ne sont pas au rendez-vous. Un
projet, un système de transport collectif qui n'est pas fiable est certainement
moins utilisé par les usagers. On a besoin
de la fiabilité, c'est... Toutes les données d'utilisation des... à
l'international, là, toutes les données pointent dans la direction que
la fiabilité, la rapidité, le confort sont... et le prix, évidemment aussi,
sont des critères importants dans l'utilisation d'un service de transport
collectif ou actif, par ailleurs, aussi.
Donc, c'est
superimportant d'avoir, disons, une attention particulière sur la notion de
conception. Et qui sera le gardien de cette
idée qu'on doit avoir la meilleure conception possible, si ce n'est les
employés de Mobilité Infra Québec? Évidemment, on ne peut pas compter
sur l'entreprise privée pour avoir ce réflexe-là ou pour en être le gardien. Je
pense que ça doit être une valeur qui émane du gouvernement et qui est portée à
l'intérieur de Mobilité Infra Québec. Et donc la conception devrait être un des
éléments principaux sur lequel on devrait, chez Mobilité Infra Québec,
s'attarder au coeur de sa mission. Ça permet aussi la notion de conception. Si
on l'intègre à la mission de Mobilité Infra Québec, ça permettrait à l'agence
d'adopter une vision globale, dès le départ, qui tienne compte, comme je l'ai
dit tantôt, là, des aspects opérationnels et d'entretien dès la phase de
conception, et, comme je l'ai dit, ça permettrait d'éviter des erreurs coûteuses qui pourraient survenir, si la conception
est réalisée sans une compréhension approfondie des besoins
d'exploitation et d'entretien.
Je
me permets de mettre l'emphase là-dessus en vous parlant du projet de tramway à
Ottawa. Je ne me souviens plus laquelle phase... Il y a eu deux phases
de tramway, là, à Ottawa, mais une des deux phases, à ma connaissance, c'est la
deuxième, là, ça fait longtemps que je ne me suis pas plongé sur ces
projets-là, les... le projet avait été mal conçu,
Mme la Présidente. Il y a eu plusieurs enjeux, là, évidemment, à travers ce
projet-là, mais notamment, un des enjeux, c'est tout simple, le
concepteur de matériel roulant, là, de tramway, là, des trains, n'avait pas la
connaissance de nos hivers québécois puis notamment du fait qu'on étend de la
poussière de pierre, de la garnotte, tu sais, pour éviter de tomber quand il y
a de la glace, ce qui fait que les portes étaient conçues de manière telle
qu'elles n'étaient pas assez hautes, donc, avec les petits cailloux, les portes
bloquaient.
Donc, l'idée d'avoir
l'expertise, en termes de conception, au sein de Mobilité Infra Québec, nous
permet de nous prémunir... en tout cas, de réduire les risques que ce genre de
problème là... c'est une anecdote, mais c'est quand même assez évocateur de la
particularité de l'environnement dans lequel on va développer des projets de
transport collectif. Bien, on doit avoir cette expertise-là puis ce regard,
cette connaissance-là sur les conditions dans lesquelles on déploie ces systèmes-là.
Quand on va commencer à faire des
tramways, des métros, des SRB, ça va être des appels d'offres internationaux.
Évidemment, on risque de jouer avec des fabricants espagnols, des fabricants...
des entreprises européennes, des entreprises peut-être même chinoises. Il y a
un développement là-bas qui est hallucinant. Bref, on risque de jouer avec des
acteurs, autant pour les infrastructures que pour le matériel roulant, qui
seront de l'extérieur, en respectant évidemment les accords internationaux, là,
le contenu minimum canadien, québécois, etc. Mais on doit avoir ce recul, cette
compréhension-là de l'environnement dans lequel on déploie ces
infrastructures-là. Donc, moi, je pense qu'en ajoutant la notion de conception
dans la mission, on vient encore une fois renforcer le rôle primordial de
Mobilité Infra Québec et surtout des gens qui y travailleront, dans le regard
qu'on va porter sur l'environnement dans lequel on va concevoir ces projets-là
et éviter probablement beaucoup d'erreurs.
• (15 h 40) •
Évidemment, aussi, ça
va nous permettre de favoriser une meilleure collaboration avec les exploitants
et avec les... une meilleure collaboration avec les différentes parties
prenantes, je le dirais au sens large, là, à la fois dans la relation qu'on va
développer avec les consortiums, les entreprises avec lesquelles on va
coconcevoir des projets de transport collectif ou des projets routiers
complexes, parce qu'on va avoir l'expérience à l'interne, donc, on va être en
mesure de comprendre ce dont les entreprises nous parlent. Je pense que ça,
c'est une... Tu sais, en développant cette expertise-là à l'interne, là, on est
capables d'avoir une relation un peu plus d'égal à égal avec les partenaires privés qui vont accompagner Mobilité Infra Québec
et aussi avec les exploitants éventuels, parce qu'avec les experts...
Tu sais, le premier
projet réalisé par Mobilité Infra Québec, on va être en mode apprentissage. Ça
se peut qu'il y ait des petits ajustements à y apporter, mais, au bout de deux,
trois, quatre projets réalisés par Mobilité Infra Québec, je suis persuadé que
l'expertise interne va être très, très, très solide. Et ça va nous permettre
aussi d'avoir eu une rétroaction, de la part des exploitants des sociétés de
transport notamment, qui vont nous avoir dit : Bien, écoutez, votre projet que vous avez fait, là, il y
a eu tel, tel, tel problème. Bien, Mobilité Infra Québec, en ayant toujours
à l'esprit que la conception, ça fait partie de la chasse gardée, finalement,
de Mobilité Infra Québec, Mobilité Infra Québec va être capable de savoir que
le prochain projet, ça, ça doit être amélioré.
Donc, il y a comme
une espèce de cercle vertueux dans lequel on peut... qui peut s'installer, en
fait, si on ajoute la notion de conception. Évidemment, ça a des effets, là, je
l'ai dit tantôt puis je l'ai dit ce matin aussi, sur la notion d'optimisation
du cycle de vie, parce qu'un projet doit durer dans le temps, évidemment, je ne
reviendrai pas là-dessus. Puis évidemment, bien, ça a un effet potentiel, pour
toutes les raisons que j'ai nommées, sur la prévention des problèmes qui
pourraient survenir.
Donc,
essentiellement, c'est des ajouts que je voulais faire à ma courte intervention
de tantôt pour expliquer pourquoi je suis en
faveur de l'amendement d'ajout de la notion de conception à la mission de
Mobilité Infra Québec, tel que proposé en amendement par mon collègue et
député des Îles-de-la-Madeleine.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Merci beaucoup. M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
Oui. Bien, merci d'avoir partagé cette réflexion avec nous sur l'importance
de l'étape de conceptualisation, qui est assez déterminante, et je pense qu'on
en convient tous, mais l'argumentaire était bien étoffé et bien senti. Mais la raison principale pour laquelle, à mon
point de vue, nous devons la distinguer de la réalisation, c'est parce
que c'est une étape bien distincte. Et, sans avoir fait une recherche
exhaustive sur le sujet, il me semblait qu'il fallait préciser qu'il s'agissait
d'une étape différente.
Et j'ai fait une
courte recherche pour avoir, notamment, un point de vue en matière de
management, en matière de gestion. Et j'ai ici un extrait d'un module
d'enseignement de l'Université de Lille en France, à l'école universitaire de
management, dans la gestion de projet. Alors, moi, je ne suis pas spécialiste
dans la gestion de projet, mais je suppose
qu'ils le sont puisqu'ils enseignent comment gérer des projets. Il est même
possible qu'à cette université on apprenne aux jeunes Français à
construire des projets et des projets de mobilité durable. Et je pense qu'ils
ont une certaine longueur d'avance sur nous à cet égard, pour s'assurer que les
bonnes personnes, les bonnes ressources soient octroyées au bon endroit et au
bon moment, pour qu'on arrive à réaliser des projets et des projets qui soient,
justement, en adéquation avec les besoins qui ont été identifiés et avec les
ressources qui sont disponibles au sein de l'État. Et je pense qu'il est
important de voir les définitions.
Et, lorsqu'on regarde
dans leur définition, je rappelle que ce sont des spécialistes en matière de
management et de gestion de projet, donc, des universitaires qualifiés, ils
nous décrivent ce qu'est l'étape de la réalisation d'un projet. Et, si vous
permettez, je vais quand même détailler la définition de la réalisation parce
que je pense que ça peut être assez éclairant : «La réalisation du projet,
c'est la quatrième étape d'un projet. Cette étape constitue l'étape active de
la démarche de projet en ce sens où elle concrétise la réalisation du projet.»
Mais il y a mieux encore, je continue la définition, je rouvre les
guillemets : «C'est pendant cette étape de la réalisation que se réalisent
toutes les prévisions définies précédemment et que s'engagent les ressources
dimensionnées durant l'étape de la conception.»
Alors,
je pense que ça peut peut-être nous éclairer sur le fait que l'étape de
réalisation dont on parle, de projets complexes, va nécessairement être
distincte, subséquente à l'étape de la conception, puisque l'étape de
réalisation du projet, c'est la quatrième étape et c'est l'étape où on se
permet d'allouer des ressources pour concrétiser ce qui avait été défini et
prévu à l'étape de la conception. Donc, je pense que c'est important de noter
que, dans notre travail de parlementaire, le choix des mots est important,
surtout lorsqu'il est question de définir la mission d'un tout nouvel organisme
dont on veut qu'il ait un rôle absolument distinct du ministère, parce que,
sinon, on n'aurait pas à se pencher sur un
projet de loi puisque le ministère aurait déjà toutes les compétences et toutes
les fonctions pour réaliser ces
projets-là. Et là, si on ne peut pas identifier le fait que l'étape de la
conception est une étape distincte et éminemment essentielle, qui précède la réalisation de projets complexes, bien, on
risque de bousculer les étapes, de confondre les étapes.
Et il y a quelque chose
d'éminemment brouillon dans cet aspect, en matière de management ou de gestion
de projet, parce que, si on ne peut pas définir ici, dans le projet de loi, que
ce sont des étapes différentes qui vont requérir,
vraisemblablement, des moyens différents et peut-être même des personnes
différentes, des expertises différentes... Et je pense que ça va de soi,
on n'a pas les mêmes personnes, les mêmes ressources. On n'a pas besoin des
mêmes ressources lorsqu'il s'agit de conceptualiser un projet et puis le
réaliser. Le réaliser, c'est le rendre concret, le matérialiser. Le concept,
lui, bien, on s'imagine qu'il se fait d'abord par l'idéation, par du travail
sur papier ou, aujourd'hui, bien évidemment, sur ordinateur, donc, par un moyen
qui est à la disposition des experts, pour, le nom l'indique, pour le conceptualiser jusqu'à ce que les ressources soient
rendues disponibles pour le concrétiser, le mettre en oeuvre.
Donc, la concrétisation du projet, c'est sa
réalisation, la conception est en amont, et proposer une définition de la
réalisation qui inclut la conception, à mon avis et selon l'avis des experts,
et des chercheurs, et professeurs, au moins, d'une université, c'est une étape
bel et bien distincte et qu'on ne peut pas, qu'on ne doit pas escamoter. Elle a
sa raison d'être. Et, comme mon collègue député de Taschereau l'a éloquemment
démontré, elle est déterminante pour la
saine gestion de projet, à la fois dans l'immédiat, dans la construction, dans
la réalisation, dans la concrétisation du projet, mais également dans ce
qui va suivre, c'est-à-dire l'opération et... la mise en opération, et sa
pérennité, et également, là, son exploitation. Voilà ce que je voulais dire.
Alors, pour toutes ces raisons, Mme la
Présidente, je pense que cet ajout, cet amendement au projet de loi et à cet article ne fait que clarifier ce qu'on est
en train d'essayer de mettre en oeuvre. Et c'est une étape, encore une fois,
qui est fondamentale et qui a sa propre existence, en amont de la réalisation,
qui correspond, donc, à la concrétisation de ce qui a d'abord été conceptualisé
par des experts en matière de mobilité et de transport.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Merci, Mme la
Présidente. Écoutez, le député des Îles-de-la-Madeleine m'a donné le goût d'aller fouiller un peu, et je le remercie, parce
qu'il nous ramène vraiment ailleurs dans ce projet de loi. Il nous ramène
vraiment à réfléchir, et c'est ça, le but d'un projet de loi, surtout quand on
le fait pour les générations futures et surtout
qu'on veut que ça marche, surtout que ça ne marche pas en matière de transport
et au niveau transport collectif et projets complexes.
• (15 h 50) •
J'ai devant moi, figurez-vous, une thèse,
projets complexes, à l'UQAM, l'université... non, l'Université du Québec à
Trois-Rivières, Projets complexes : alignement des caractéristiques des
projets, approches et compétences requises pour assurer une bonne livraison de
projet. On dirait que la personne nous écoute, mais bon, écoute, ça date
quand même de juin 2021. J'espère que Mme Savoie a lu cette... parce qu'on
parle beaucoup de théories de complexité. Les
gens qui ont fait de la recherche, autour de la table, vont savoir de quoi je
parle. Mais je vais vous dire ce que j'ai trouvé, qui était quand même
intéressant, Mme la Présidente.
Quand on parle de livraison de projets, c'est
l'essence même, parce que, si on recule, pourquoi nous sommes là aujourd'hui,
c'est que le gouvernement a fait un constat, surtout caquiste, qu'on ne livre
pas assez de projets. Ça, c'est un débat de fond. Le gouvernement n'a pas
réussi, pendant six ans, à livrer aucun projet structurant. Vous avez vu ce qui se passe avec le troisième lien et même
le tramway. Par contre, ce qu'ils disent, c'est que nous, Parti libéral,
quand on était au pouvoir, nous avons tout mis dans la Caisse de dépôt, et ça a
marché, et d'ailleurs le REM roule. Donc, on
l'a initié, on l'a lancé, première pelletée de terre, et le REM fonctionne, Mme
la Présidente. Quand on arrive avec six ans de la CAQ, et il vient de
dire que... Écoute, là, on a un problème, on a un problème d'expert, c'est le
narratif qui existe sur la place publique.
Quand je lis la thèse... Et c'est pour cela que
moi, je vous le dis, j'aimerais bien avoir cet échange avec le député des
Îles-de-la-Madeleine. Vous, vous en... voyez d'ailleurs l'étude, M. le
ministre... désolé, cher collègue, la livraison du projet, page 9 :
«Dans notre monde d'aujourd'hui, livrer un projet en respectant les coûts et
les délais est devenu une chose essentielle. Généralement, la qualité du
lancement de projet détermine la probabilité de réussite des projets. Ainsi,
les indicateurs d'échec peuvent aussi être trouvés dans les premières étapes»,
hein, ça rejoint votre argumentaire. On dirait que le monsieur qui a rédigé
cette thèse pensait qu'un jour, dans une commission parlementaire, on va le
citer, mais... on va le citer, mais, si vous voulez, je peux le déposer aussi.
Écoutez, c'est très important, ainsi, cher collègue, «les indicateurs d'échec
peuvent aussi être trouvés dans les premières étapes du cycle de vie d'un projet — ça revient un peu à ce que vous venez de dire sur
les premières étapes, d'où, là, vous allez aimer ça, là — d'où
la nécessité de comprendre l'environnement de la livraison ainsi de cerner la
complexité des projets pour pouvoir assurer
la livraison de ce dernier. Les organisations qui comprennent vraiment — hein,
les organisations qui comprennent vraiment — les défis inhérents
aux projets peuvent créer un environnement réussi dans les étapes initiales.»
Mais là vous allez aimer... de quelles étapes
initiales s'agit-il, cher collègue? De la conception. C'est une thèse de recherche, Mme la Présidente, avec
beaucoup de références bibliographiques, tandis que celles qui ne sont pas préparées peuvent être, figurez-vous, vouées à
l'échec. C'est pour cela, je vous ai dit, Mme la Présidente, que le collègue
a bien fait ses devoirs. Et quand on parle de la conception, c'est très
important.
Maintenant, la structure de l'organisation... la
structure de l'organisation, l'autorité de gestion, la conception des
processus, les relations hiérarchiques, l'expérience des membres de l'équipe,
l'éducation, là, il parle de quoi? De Project
Management Institute. C'est l'organisation qui fait de la gestion de projet,
Mme la Présidente. Et d'ailleurs nous avons siégé dans le... projet de
loi et nous avons reçu une experte, une ancienne présidente de PMI Montréal,
qui nous parlait des risques, de la conception, mais
aussi de tout ce qui touche la conception dans la gestion de projet. Désolé, parce que j'ai l'impression que je l'ai
perdu, toujours... le problème avec l'iPad, c'est ça. Voilà. Donc là, encore
une fois, je cite PMI, en 2014 : «La structure de l'organisation — on
est dedans — l'autorité
de gestion, la conception des processus, les relations hiérarchiques,
l'expérience des membres de l'équipe, l'éducation et la formation du personnel
peut chacun contribuer au degré de complexité d'un programme ou d'un projet. Le
manque d'alignement et l'opacité est un des exemples de complexité associés à
la conception et au développement organisationnel.» C'est une citation de PMI,
2014, dans le mémoire que j'ai devant moi, Mme la Présidente.
Donc, quand
on dit que c'est très important de parler des parties prenantes, mais aussi
comprendre les influenceurs autour de la table... et quand on dit
«influenceurs», c'est que l'agence doit travailler dans un environnement où il
va y avoir beaucoup de parties prenantes. Et là je n'ai pas besoin de faire
toute une présentation doctorale sur les parties prenantes, il va y avoir
beaucoup de parties prenantes. Et là, sur ce point, la littérature, elle est
très claire, Mme la Présidente, MIQ va avoir, autour de la table, beaucoup de
parties prenantes, énormément, des gens qui vont avoir un agenda, des gens qui
vont influencer la livraison et la conception des projets.
Donc, on ne
peut pas aujourd'hui dire que Mobilité Infra Québec ne peut pas faire de
l'analyse d'opportunité, ne pas faire de la planification, ne pas faire
de la conception. On ne peut pas. Est-ce qu'on va subordonner la conception aux
parties prenantes? Prenez un exemple concret, parlons du PSE. On a vu le plan
présenté par l'ARTM, et il y a beaucoup de parties prenantes autour de la
table. La conception, c'est qui, c'est l'agence ou pas? Donc, au lieu
d'attendre qu'il y ait un problème, et après, on va voir, c'est des retards et
des retards qu'on va imputer à quelqu'un, la littérature nous informe qu'au
niveau de la mission... Et c'est pour cela, Mme la Présidente, depuis le début,
nous, on insiste beaucoup sur la mission, parce que, si on ne clarifie pas la
mission... Ce qu'on veut, c'est réussir. On ne peut pas créer une agence
pendant que le gouvernement gèle l'embauche. C'est le bar ouvert pour une
agence. On gèle de l'embauche partout, Mme la Présidente. Vous avez vu, même à
la Sûreté du Québec aujourd'hui, ça a été soulevé au salon bleu. Vous étiez là.
Une voix : ...
M. Derraji : Hein?
La Présidente (Mme Maccarone) : Salon
rouge.
M. Derraji : Salon rouge, oui,
il est devenu rouge. Désolé. Vous avez raison. Gel d'embauche dans pas mal de
départements. Pendant ce temps, on essaie de dire que... Écoutez, l'agence va
avoir un 12 millions de dollars pour les prochaines années et un
3 millions de dollars pour les trois, quatre prochaines années.
Donc, Mme la Présidente, je soutiens, j'appuie
mon collègue qui m'a permis d'aller faire mes devoirs aussi au niveau de la conception. Et je vous ai dit,
moi, ce qui m'inquiète dans cette partie, surtout au niveau de la conception,
c'est que même au niveau des parties prenantes, est-ce que c'est eux qui
doivent s'occuper de la conception? Parce qu'on
ne peut pas parler de la conception... Je ne sais pas, cher collègue, si tu
peux m'éclairer. Est-ce que vous permettez que je lui pose la question?
Je trouve ça intéressant.
La Présidente (Mme Maccarone) : Je
n'ai pas de problème que vous lui posez la question, mais juste d'attendre pour
lui laisser la chance de répondre, pour l'enregistrement.
M. Derraji : Oui. Je vais
vous... Je vous promets, Mme la Présidente, je vais m'arrêter avant que lui
puisse prendre la parole, parce que je trouve ça très intéressant, avoir cet échange
avec lui.
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Derraji : Oui, l'excellent
député des Îles-de-la-Madeleine. Donc, cher collègue, j'ai deux questions. J'ai
deux questions. Premièrement, j'ai vu que c'est
l'article 4, comme par hasard, de notre ex-collègue Sylvain Gaudreault.
Je ne sais pas si vous avez réussi à parler avec lui. Lui, il peut nous
renseigner s'il a parlé avec Dominique Savoie à l'époque, lors de la rédaction
de ce projet de loi, parce que ça, c'est une information extrêmement
importante. Et deuxièmement, quand vous avez pensé à la rédaction de cet
amendement, c'est quoi, l'élément le plus important qu'il vous a dit? Là, on
peut... on doit ajouter la conception, parce que je viens de vous lire une
thèse, c'est une thèse doctorale qui parle de l'enjeu de la conception avec les
parties prenantes. On ne peut pas laisser ça aux parties prenantes, surtout que
le gouvernement veut, en quelque sorte, avoir l'expertise à l'intérieur de la
nouvelle agence.
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Oui, Mme la
Présidente. Il me reste combien de temps pour cet amendement?
La Présidente (Mme Maccarone) : Vous
disposez de huit minutes.
M. Arseneau : Huit
minutes. Bon, bien, ce sera amplement suffisant pour répondre à mon estimé
collègue député de Nelligan.
En fait, ce que vous devez savoir, et
je m'adresse ici à l'ensemble des membres de la commission, bien entendu,
c'est que, bien évidemment, le projet de loi 68 avait été élaboré alors
que mon ex-collègue député de Jonquière était ministre des Affaires
municipales, également du Transport. Et donc c'était fait avec les légistes,
élaboré avec les légistes du gouvernement, et je pense que c'était un projet de
gouvernement minoritaire qui a été fignolé avec l'aide experte des légistes gouvernementaux et qui ont développé cette mission,
à l'époque, qui était relative au renforcement du savoir-faire de l'État
en matière de développement d'infrastructure, développement d'une expertise. Et
il y était indiqué, donc, une démarcation
claire entre la planification d'un projet d'infrastructure et sa conception, et
évidemment une démarcation claire entre la conception d'un projet et sa
réalisation.
• (16 heures) •
Ce sont les éléments
que j'ai retenus à ce moment-là et je ne peux pas confirmer, en réponse à la
question, à savoir qui étaient les individus
qui ont pris part aux discussions. Est-ce que Mme Savoie était, à
l'époque, partie prenante aux discussions? Je l'ignore, mais c'est un
projet de loi qui, je le rappelle, était avant-gardiste, novateur et qui a été
bloqué par la Coalition avenir Québec, qui y voyait une espèce d'agence de
favoritisme, alors que c'était exactement le contraire qu'on souhaitait faire.
Je l'ai répété à plusieurs reprises, c'était de doter l'État d'une agence qui
pouvait, de façon indépendante, à l'abri de toute ingérence politique,
développer des projets, réaliser des études, les planifier, conceptualiser les
projets et les livrer, bien entendu, avec les fonds octroyés par le
gouvernement du Québec, sur la base d'un argumentaire qui était développé par
ladite agence, et ces éléments-là nous semblaient, à l'époque, extrêmement
porteurs. Et c'est la raison pour laquelle on veut collaborer avec le
gouvernement actuel, qui a fait un virage à
180 degrés en disant qu'il faut des agences. Il faut des agences pour
tout, il en faut en santé, il en faut en transport.
Et là, ça adonne
bien, non seulement on a le projet de loi n° 68, qui n'a pas pu franchir
les étapes nécessaires pour être adopté de par l'opposition de la CAQ, mais
nous l'avons repris. On a dit : On va donner une deuxième chance à la Coalition
avenir Québec. En 2021, M. le député de Nelligan, on a déposé à nouveau un
projet de loi, mais cette fois-là, on était dans l'opposition, mais une
opposition constructive, une opposition de propositions. Et le projet de loi
n° 796, c'est moi qui l'ai porté. On l'a évidemment révisé, parce qu'entre
2013 et 2021 un certain nombre de lois avaient été modifiées, donc le contexte
législatif et évidemment sociopolitique avait évolué, mais la mission, elle,
était demeurée la même.
Donc, le document que
j'ai moi-même déposé en octobre 2021, bien, il revenait à l'essence même
de ce qu'on voulait faire. C'est garder un
bras de distance entre les intentions politiques et parfois partisanes d'un
gouvernement et le travail d'une agence indépendante constituée
d'experts en matière de mobilité et de transport qui puisse, justement, à l'abri
de toute ingérence, mener des études, planifier, conceptualiser et, si le
gouvernement lui donne son aval, réaliser, donc rendre concret sur le terrain,
non seulement une pelletée de terre... une pelletée de terre, on sait que c'est
une étape plutôt symbolique, mais, plus important encore, la réalisation du
projet.
Et évidemment, tout
ça, ces étapes-là sont fondamentales dans tout... pour tout gestionnaire de
projet qui se respecte. Et puis elles n'ont évidemment rien à voir, ces
étapes-là, là, de planification... d'analyse d'opportunité, de planification,
de conception puis de réalisation. Ça n'a strictement rien à voir avec
l'inauguration d'un projet qui, là encore, nous ramène à l'espèce de sentiment
qu'on veuille faire de la politique avec les projets d'infrastructure ou de
mobilité. Ça n'a rien à voir. Ce n'est pas une question d'avoir un crédit pour
un projet qui a été réalisé. On est dans l'essence
même d'une agence qui aurait, à notre point de vue, avantage à avoir davantage,
justement, d'indépendance et qui pourrait réaliser une étape de
conception qui est fondamentale. À défaut de quoi, on peut penser que la
conception pourrait être donnée à d'autres instances, ce qui serait quand même
malheureux, de dépenser toutes ces ressources,
de passer tout ce temps-là à développer un projet où une étape fondamentale,
celle de la conception, pourrait échapper à l'agence parce qu'un
gouvernement déciderait que vaut mieux faire conceptualiser ce projet-là par
des personnes consultantes dans un bureau
quelque part aux États-Unis, en Inde ou en Europe. Et ça, ce serait extrêmement
dommageable. Il faut se prémunir contre ce genre de dérives qui pourraient
survenir.
C'est la raison
principale pour laquelle je ne vois pas l'objection, la réserve qu'on peut
avoir à clarifier le fait que la conception, c'est une étape distincte, puis la
conception, c'est une étape déterminante puis c'est une étape clé
fondamentalement importante, essentielle, cruciale pour que ces projets-là
collent à la réalité du Québec et des régions du Québec où on va vouloir
déployer des projets et que... Dire qu'on va faire un projet, qu'on va le
réaliser, qu'on va le rendre concret sans
l'avoir conceptualisé, bien évidemment, c'est sauter les étapes, c'est nous
provoquer... nous propulser dans un monde où on improvise. Et c'est ce
qu'on veut éviter avec les interventions que l'on fait de façon constructive et
qui sont tirées du travail sérieux et professionnel de légistes du gouvernement
du Québec.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Merci beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Je vois qu'il n'y a pas d'autre intervention. Alors, nous allons passer à la
mise aux voix sur l'amendement de le député des Îles-de-la-Madeleine. Un vote
par appel nominal. M. le secrétaire.
Le Secrétaire :
Pour, contre, abstention. M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau :
Pour.
Le
Secrétaire : Mme Guilbault (Louis-Hébert)?
Mme
Guilbault : Contre.
Le Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme
Grondin : Contre.
Le
Secrétaire : M. Bernard (Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard :
Contre.
Le Secrétaire :
M. Lamothe (Ungava)...
M. Lamothe :
Contre.
Le
Secrétaire : M. St-Louis (Joliette)?
M. St-Louis :
Contre.
Le
Secrétaire : Mme Dorismond (Marie-Victorin)?
Mme
Dorismond : Contre.
Le
Secrétaire : M. Derraji (Nelligan)?
M. Derraji : Pour.
Le
Secrétaire : Mme Rizqy (Saint-Laurent)?
Mme Rizqy : Pour.
Le
Secrétaire : Et Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis)?
La Présidente (Mme
Maccarone) : Abstention. Alors, l'amendement est rejeté. Et nous
sommes de retour à l'article 4 tel qu'amendé. Y a-t-il des interventions?
M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Oui,
on va déposer un amendement, Mme la Présidente. Si c'est possible, je demande
une petite suspension. Merci.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Nous allons suspendre quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à
16 h 05)
(Reprise à 16 h 19)
La Présidente (Mme
Maccarone) : Alors, nous reprenons nos travaux. Et, M. le député de
Nelligan, pour la lecture de votre amendement, s'il vous plaît.
M. Derraji : Merci,
Mme la Présidente. Donc, l'article 1 : L'article 4 tel
qu'amendé, introduit par l'article 1 du projet de loi est modifié par
l'ajout, dans le deuxième alinéa, après le paragraphe 2°, du
paragraphe suivant :
• (16 h 20) •
«3° d'accorder
le pouvoir à une société de transport en commun de réaliser des projets
immobiliers aux abords ou au-dessus de ses infrastructures ainsi que les
activités de gestion et d'exploitation de son parc immobilier.»
L'article modifié se
lirait ainsi, si on peut baisser un peu :
«4.
Mobilité Infra Québec a pour mission principale d'effectuer, dans une
perspective de qualité et de mobilité durable,
lorsque le gouvernement lui en confie la responsabilité, l'analyse
d'opportunité, la planification ou la réalisation de projets complexes
de transport.
«Le gouvernement,
lorsqu'il lui confie une responsabilité en vertu du premier alinéa et afin de
favoriser la mise en valeur des espaces à
proximité des bâtiments ou des ouvrages de génie civil d'un projet complexe de
transport, peut permettre à Mobilité Infra Québec :
«1° de
vendre un immeuble ou une partie d'un immeuble qu'elle ne prévoit plus utiliser
et qui a été acquis pour le projet;
«2° d'aménager
un immeuble ou un ouvrage de génie civil afin qu'il puisse tenir ou accueillir
un bâtiment ou une structure souterraine qu'un tiers pourrait construire, et
ce, dans les limites prévues par la loi;
«3° d'accorder
le pouvoir à une société de transport en commun de réaliser des projets
immobiliers aux abords ou au-dessus de ses infrastructures ainsi que les
activités de gestion et d'exploitation de son parc immobilier.»
Bien, le reste, pas
besoin que je le lise, c'est... le reste, c'est le projet de loi. Donc, voilà,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Merci. Mme la ministre.
Mme
Guilbault : Oui. Bon, bien, mon Dieu, je
n'en reviens pas qu'on ait changé de sujet. Alors...
M. Derraji : On n'a pas changé de
sujet. On est toujours à l'article 4, Mme la Présidente.
Mme
Guilbault : Non, mais on aborde le développement immobilier.
Parce que, là, mon collègue est de retour, et, ce matin, j'ai redit au
micro, comme à chaque début de journée, qu'il y a notamment...
La Présidente (Mme Maccarone) : Je
veux juste... je veux juste vous demander... On fait beaucoup de références à qui est présent dans la commission.
On ne peut pas faire indirectement ce qu'on ne peut pas faire directement.
Ça fait que je vous demande, s'il vous plaît... d'empêcher de dire ce terme de
référence.
M. Derraji : ...faire un appel au
règlement, mais ça devient une habitude, et je veux que ça s'arrête, s'il vous
plaît, cette habitude.
La Présidente (Mme Maccarone) : Je
viens de faire la mention.
M. Derraji : Comme elle vient
toujours 15 minutes en retard, comme aujourd'hui, on a commencé en retard,
15 minutes, à cause de son absence.
Une voix : ...
La Présidente (Mme Maccarone) : S'il
vous plaît! Merci.
M. Derraji : Alors, je suis capable,
moi aussi, de le faire.
La Présidente (Mme Maccarone) : C'est
moi qui débute la commission, alors c'est moi qui détermine...
M. Derraji : Oui, oui. À cause de
qui?
La
Présidente (Mme Maccarone) : ...quand nous allons commencer. J'ai déjà fait la
mention à Mme la ministre. Je pense qu'elle a bien compris le rappel.
Alors, continuez, s'il vous plaît.
Mme Guilbault : Oui. Alors donc, c'est ça, donc, j'ai dit encore ce matin
qu'il y a deux choses... il y a plein de choses importantes dans le projet
de loi, mais notamment tout ce qui concerne le développement immobilier, après
quoi les sociétés de transport et les municipalités attendent impatiemment, et
encore plus le tramway. Et je vais le redire, là, plus tard, dans le projet de
loi, je vais avoir des amendements à déposer pour le tramway, pour modifier la
loi sur le RSTC, qui va nous permettre de continuer d'aller de l'avant avec le
tramway, avec une gouvernance partagée avec la CDPQ Infra. Mais ça, ça arrive
plus tard dans le projet de loi. Donc, je le réitère pour tout le monde.
Si on continue de suivre le même rythme,
manifestement, ça ne sera pas possible de se rendre là avant le 6 décembre, où on ajourne les travaux pour...
jusqu'au retour en 2026. Donc, on va retarder, «on» excluant la personne qui
parle, là, donc les collègues en face, le Parti québécois, Parti libéral vont
retarder le projet de trois, quatre mois.
M. Derraji : ...
La Présidente (Mme Maccarone) : Appel
au règlement. M. le député.
M. Derraji : Oui, absolument. Elle
nous impute des motifs de retard. Et je pense qu'elle est une députée
d'expérience, donc je l'invite à la prudence, Mme la Présidente.
La
Présidente (Mme Maccarone) : Merci. Prudence, s'il vous plaît, Mme la ministre,
pendant que vous faites vos interventions, s'il vous plaît.
Mme Guilbault : Bien sûr. Je vais reformuler. Ce que je dis, c'est... si on
maintient la cadence actuelle, manifestement, on n'aura pas le temps de se
rendre au bloc d'amendements sur le tramway avant le 6 décembre, où on
ajourne. Donc, les personnes qui font en sorte qu'on prend beaucoup, beaucoup,
beaucoup de temps, des dizaines d'heures à
parler de la même chose auront été celles qui auront fait en sorte qu'on n'aura
pas pu arriver aux amendements sur le tramway le 6 décembre. Et je
veux juste dire qu'en ce moment les personnes assises devant moi, c'est le
Parti libéral et le Parti québécois.
Ceci étant dit, Mme la Présidente...
La Présidente (Mme Maccarone) : ...on
ne peut pas faire indirectement ce qu'on ne peut pas faire directement. On ne
peut pas imputer des intentions à personne, prêter des intentions. Tout le
monde est ici de bonne foi pour
l'amélioration du projet de loi. C'est notre rôle, comme élus, ici, à
l'Assemblée nationale. Alors, si on peut rester sur l'amendement, s'il
vous plaît, ce serait apprécié.
Mme
Guilbault : Tout à fait. Après
72 heures, allons-y avec le développement immobilier. J'avais... Pour revenir, c'est ça, là, aux travaux comme tels,
j'avais signifié, il y a déjà quelques séances, que, quand on aurait fini de déposer tous les sous-amendements synonymes au
premier alinéa, j'avais, moi, déjà, un amendement sur le développement
immobilier, mais j'avais fait le choix de laisser préséance à mes collègues des
oppositions pour qu'ils puissent faire le tour de leurs sous-amendements
synonymes. Et quand on arriverait au développement immobilier, on avait,
nous... et notre intention... puis là, en
fait, on va l'analyser puis on va voir s'il y a des choses qui se recoupent.
Moi, je l'ai déjà dit au micro, je suis tout à fait à l'aise que les
amendements viennent du Parti libéral ou... tu sais, moi, je veux juste qu'on
atteigne l'objectif d'avoir la meilleure façon... d'avoir du développement
immobilier, oui, mais de le faire de manière encadrée puis de manière
intelligente.
Alors, on va prendre le temps de le regarder en
comparaison avec ce que nous, on avait déjà déposé, parce que mon intention
était de déposer un amendement ici qui allait de pair avec trois autres
qui arrivaient plus tard dans le projet de
loi, à l'article 43, si je ne m'abuse, qui introduisait trois nouveaux
articles, mais à 43, donc ce n'est pas tout de suite, mais j'avais dans
l'idée de les déposer tous ensemble pour faciliter la compréhension. Donc là,
comme...
Mme Rizqy : ...
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Mais pourquoi qu'à ce
stade-ci vous ne nous présentez pas l'amendement avec les trois autres? On
pourrait les étudier de façon intelligente, de façon cohérente, tous ensemble.
Mme Guilbault : Bien, exactement. C'est pour ça que je suis allée voir la
présidente tout à l'heure, j'ai dit : Quand... Moi, j'avais dans l'idée
que, quand on aurait eu fini le premier alinéa sur toutes les variations,
j'aurais justement déposé les quatre amendements en même temps, dont un à
l'article 4, les autres... en tout cas. Mais là, c'est ça, on a été prises un peu au dépourvu avec cet amendement-là qui
changeait le sujet. Mais moi, je suis à l'aise que vous le déposiez aussi, là. Je veux dire, si vous
voulez déposer un amendement sur le développement immobilier, je vais juste le
comparer avec le nôtre puis voir si ça revient au même.
Mme Rizqy : Mais est-ce qu'on
peut...
La
Présidente (Mme Maccarone) : Alors, est-ce que vous souhaitez une suspension
pour avoir cette discussion?
Mme Rizqy : ...est-ce qu'on peut le
lire avec vous ou...
La Présidente (Mme Maccarone) : Excusez-moi,
Mme la députée. Est-ce que vous souhaitez avoir une suspension pour avoir cette
discussion?
M. Derraji : ...
La Présidente (Mme Maccarone) : OK.
M. le député de Nelligan. Allez-y, M. le député.
M.
Derraji : Oui. Juste quelques points, parce que, depuis le
début, on parle du tramway. Mme la Présidente, on est rendus à combien de versions par rapport au
tramway? Donc, venir aujourd'hui dire que c'est dans cette commission que le tramway va s'accélérer, je pense qu'il y
a... il y a quelque chose qui ne tient pas la route avec ça,
premièrement.
Deuxièmement, au niveau des synonymes, Mme la
Présidente, je pense que, depuis le début, on était sur un débat de fond, à savoir la mission de l'agence. Il
y avait deux visions : la vision que la mission de l'agence soit
exécutante, ça veut dire exécuter les mandats du ministère, ou bien de
l'autonomie. L'autonomie, nous, on l'a déposée avec nos collègues du Parti
québécois.
Mais encore une fois, je réitère, ma collègue
vient de le dire, si on veut aller rapidement, comme c'est le cas dans les autres projets de loi, Mme la
Présidente... et je peux donner beaucoup d'exemples, parce qu'en tant que leader
j'ai tout le portrait de tous les projets de loi, la plupart des ministres, Mme
la Présidente, ils déposent leurs amendements. Donc, voilà, elle veut qu'on
collabore? Qu'elle dépose tous les amendements. Ça va nous donner une
orientation, ça va nous faire gagner du temps. Je n'ai aucun amendement, Mme la
Présidente, déposé de la part de la ministre. Donc, comment voulez-vous que
nous, on navigue? Je ne travaille pas pour elle, je ne travaille pas dans son équipe, je n'ai aucune idée sur ses amendements.
Je ne peux pas, moi, faire de la... comment qu'on appelle ça, là, la...
Une voix : De la télépathie.
• (16 h 30) •
M. Derraji : De la télépathie pour
savoir qu'il va venir dans 15 jours, ou dans 10 jours, ou dans
deux jours, par un amendement.
Ce qui se fait ailleurs... et les bonnes
pratiques en commission parlementaire, surtout que nous avons réussi, avec la
collaboration, notamment avec le leader du gouvernement, d'avoir des projets de
loi en trois, quatre jours... Mais vous
savez c'est quoi? Le projet de loi est déposé, on termine les consultations,
chacun de nous a un point de vue, qu'est-ce que le ministre fait? Il
nous envoie ses amendements et il les dépose. C'est comme ça que ça marche dans
toutes les commissions. Et c'est comme ça que ça marche
et que... je vous donne l'exemple. Posez-vous la question. Pourquoi le leader
du gouvernement est rendu probablement à son cinquième projet de loi adopté, à
son cinquième projet de loi adopté dans
cette session? Pourquoi d'autres collègues arrivent à avancer leurs projets de
loi? Je vous dis, Mme la Présidente, j'invite Mme la ministre à déposer
les amendements. Si elle a des amendements, l'ensemble des amendements, ça va nous donner des orientations et
ça va nous économiser beaucoup de temps. Et je vais juste, encore une
fois, réitérer, parce que Mme la ministre n'arrête pas de dire 67 heures,
c'est très simple d'aller sur le Greffier, c'est 42 heures d'étude
détaillée.
Donc, je lui lance l'appel, qu'elle nous dépose
ses amendements. Ça va nous permettre de les étudier ensemble, que ce soit nous ou le Parti québécois, et ça va nous donner
une idée sur les orientations de son projet de loi. Parce que, jusqu'à
maintenant, je ne peux pas, moi, commencer à analyser le projet de loi avec des
sous-entendus d'amendements. Ce que j'ai aujourd'hui, c'est le projet de loi
que j'ai. Il n'y a pas d'autres amendements déposés. J'ai un seul projet de
loi, c'est ce projet de loi que j'ai, Mme la Présidente. Donc, si elle veut les
déposer, qu'elle les dépose, mais moi, je reviens, Mme la Présidente, à mon
amendement que je viens de déposer.
Le combat qu'on mène par rapport aux sociétés de
transport ne date pas depuis le mois de mai, hein? Juste, on regarde la ligne
du temps... C'est que, pour nous... et d'ailleurs, je remercie ma collègue
députée de Saint-Laurent et ma collègue recherchiste, Florence, c'est que ce
qu'on voulait dire aujourd'hui, c'est résumer le projet de loi que nous avons
déjà déposé, avant le dépôt même du projet de loi par Mme la ministre. Et
qu'est-ce qu'on disait et qu'est-ce qu'on dit aujourd'hui, c'est «d'accorder le
pouvoir à une société de transport en commun de réaliser des projets immobiliers aux abords ou au-dessus de ses
infrastructures ainsi que les activités de gestion et d'exploitation de
son parc immobilier».
Donc, nous
aussi, on est intéressés, Mme la Présidente, à donner les outils nécessaires,
en matière de financement autonome, aux sociétés de transport. Ça ne
date pas d'aujourd'hui et ça ne date surtout pas après le dépôt du projet de loi de Mme la ministre, parce que le projet de
loi a été déposé le 1er mai. Il est là, le projet de loi. Donc, qu'on ne
vienne pas nous dire aujourd'hui qu'on vient de le voir. Ça faisait
partie de nos demandes et ça faisait partie aussi des demandes des groupes.
Donc, oui, j'ai bien hâte de voir un peu comment
la ministre veut formuler tout cela, mais l'amendement, il est très clair. J'ai
bien hâte de voir ce que le gouvernement fera avec cet amendement. Merci, Mme
la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Mme la ministre, souhaitez-vous intervenir?
Mme Guilbault : Oui. Bien, c'est ça, effectivement, les... Bien, c'est comme
je vous dis, là, moi, là, j'étais disposée non seulement à déposer cet
amendement-là, mais ceux qui vont avec, mais c'est parce que j'attendais que
s'épuise le précédent sujet. Moi aussi... Moi non plus, je ne fais pas de
télépathie. Puis, à chaque fois que j'ai dit : Bon, bien, est-ce qu'il y a
un autre amendement, sinon, je vais déposer le mien?, il y en avait toujours un
nouveau. Mme la Présidente, vous étiez là
comme moi. Alors, si on m'avait prévenue, par exemple, si on m'avait dit,
mettons : Moi, j'ai 13
sous-amendements, qui disent à peu près la même chose, je vais en déposer 13,
comme ça, au 12e, j'aurais été prête et j'aurais su que le 13e sera le
dernier, mais là je ne pouvais pas le deviner.
Puis, pour ce
qui est de déposer les amendements à l'avance, Mme la Présidente, il me
dit : Sur d'autres commissions, ça va plus vite. Ça a été prouvé
par les données que j'ai relatées, données qui proviennent du leader, que, sur les 22 motions préliminaires qui ont...
préliminaires qui ont été déposées en 2024, il y en a eu 16 sur mes
commissions. Or, l'étape des motions préliminaires, c'est avant, c'est
avant le dépôt des amendements, c'est avant même de commencer l'étude
détaillée. Donc, on ne laisse même pas de chance de s'échanger d'amendements ou
quoi que ce soit. On décide, en arrivant
ici... En arrivant ici, c'est déjà prémédité de dire : Je vais déposer le
maximum de motions préliminaires. Et ils connaissent la jurisprudence,
ils savent qu'elle a été établie à huit sur mon précédent projet de loi.
Une voix : ...
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui,
je sais, vous faites appel au règlement, M. le député. On ne peut pas prêter
les intentions. S'il vous plaît, Mme la ministre, je ne souhaite pas le dire
plusieurs fois au micro. Il y avait quand même une offre de la ministre de
valider et de voir si on pouvait faire évoluer l'amendement du député de Nelligan. Est-ce que nous pouvons poursuivre dans
ce genre de travail, s'il vous plaît? Ce serait grandement apprécié.
M. Derraji : ...Mme la Présidente,
j'ai... Je peux, oui?
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui.
Allez-y, M. le député.
M. Derraji : Je n'ai aucun problème,
mais quand on vient... parce qu'elle a l'habitude de faire la genèse de
beaucoup de commissions, parce que... très simplement, je peux lui répondre. Il
y a une question à se poser, très, très fondamentale : Pourquoi ça marche
ailleurs? Il y a quatre commissions en parallèle, ça marche très bien avec les
amendements.
Je réitère ma demande, Mme la Présidente. S'ils
nous envoient les amendements, on va les voir, on va les analyser, on va faire comme ce qu'on fait dans
toutes les autres commissions. Et, je vous dis, le tableau législatif, il est
quand même plein, et on arrive à s'entendre et à avancer très bien dans les
projets de loi.
Dire
qu'on doit dire 12, 11, 10, on n'est pas là. Nous étions sur un débat de fond,
les Québécois vont le juger, Mme la Présidente, sur une définition de
l'autonomie versus les exécutants. Donc, nous, on voulait donner une autonomie à l'agence. Je peux dire que nous avons
perdu le combat, parce qu'après avoir essayé pas une fois, pas deux, pas trois... Mais les Québécois vont juger de ça.
Et écoutez, l'agence va voir le jour parce que le gouvernement a la majorité.
Donc, Mme la
Présidente, je reviens à mon amendement. L'amendement, il est très clair.
L'amendement, il est très clair. L'amendement émane d'une réflexion d'un projet
de loi. Elle est là, elle a été validée par les sociétés de transport, qui ont appuyé le dépôt du projet de
loi. Ce dépôt de projet de loi... Le projet de loi a été déposé avant le dépôt de
projet de loi de Mme la ministre. Je suis ouvert à en discuter, sur le fond de
mon amendement, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Mme la ministre.
Mme
Guilbault : Mais c'est sûr qu'à chaque
fois qu'on ajoute un nouvel élément on se sent, je pense, lui et moi, obligés
d'y répondre, là. Ça va dans les deux sens. Alors, il me dit : Pourquoi
est-ce que ça marche partout ailleurs? Bien, je pourrais poser la question à
l'inverse, Mme la Présidente. Moi, c'est mon 10e projet de loi comme ministre
depuis six ans, et, avant le député de Nelligan, j'ai eu plusieurs
porte-parole, évidemment. En Transports, j'en ai eu deux ou trois... deux, et
j'en ai eu quelques-uns en Sécurité publique aussi pendant quatre ans. Et la
seule fois où je me suis fait déposer des motions préliminaires jusqu'à ce que
la présidence tranche puis oblige les partis d'opposition à passer à une autre
étape, c'est depuis que le député de Nelligan est porte-parole. Il l'a fait à mon
précédent projet de loi de... Non, mais là
il essaie de... il cherche un règlement, là, mais c'est des faits que j'énonce,
là.
Une voix :
...
Mme
Guilbault : Oui, exactement. Contente que
vous le reconnaissiez cette fois-ci.
Des voix :
...
La Présidente (Mme
Maccarone) : Collègues, s'il vous plaît! Je vous ai entendus, les deux
côtés.
Une voix :
...
La Présidente (Mme
Maccarone) : Non, je ne l'ai pas entendu. Je ne l'ai pas entendu. Je
suis désolée, M. le député, je ne l'ai pas
entendu parce que moi, j'essayais de m'exprimer, parce qu'honnêtement ma
patience est écoulée. Je souhaite
qu'on revienne sur l'amendement, s'il vous plaît. J'ai entendu votre demande
pour avoir les amendements en rafale
plus tôt. Elle vous a dit qu'elle n'est pas rendue là. Vous devez accepter sa
réponse. Vous avez un amendement, que je souhaite en débattre ici, s'il
vous plaît. Je ne veux plus entendre parler de qui était là...
Une voix : ...
La Présidente (Mme
Maccarone) : Déposé, parce qu'on est en train de débattre l'amendement
du député de Nelligan. Si c'est sur ce sujet, je vous cède la parole.
Mme
Guilbault : Oui. Bien, sur le sujet, moi,
je serais prête à les déposer. C'est juste que, comme il y en a déjà un qui est
déposé... Je suis prête à faire la discussion dans le cadre de son amendement à
lui, mais je suis prête aussi... je suis
même prête à ce qu'on le fasse à micro fermé, comme on fait des fois, qu'on
puisse présenter les documents qu'on avait et... En tout cas, c'est ça.
Alors, tu sais, je laisse le choix, là.
Mais, simplement
là-dessus, c'est qu'en introduisant ça à cet article-là... cet article-là porte
sur la mission de Mobilité Infra Québec, et ce n'est pas l'endroit désigné pour
venir modifier les pouvoirs d'une société de transport, parce qu'il faut
modifier la loi sur les sociétés de transport. Donc, ce serait l'endroit pour
venir indiquer que Mobilité Infra Québec
pourrait, lui, avoir ce rôle-là, en lieu et place d'une société de transport,
mais, ensuite de ça, ça va nécessiter d'autres modifications parallèles
pour les sociétés de transport.
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député, souhaitez-vous qu'on suspend pour travailler sur l'amendement
en question? Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Je veux juste être certaine de bien comprendre.
Là, vous allez nous transmettre les amendements pour qu'on puisse
étudier le tout dans son ensemble?
Mme
Guilbault : Bien, moi, je suis prête à le
transmettre dans le Greffier, mais c'est que je ne peux pas le déposer
par-dessus le vôtre.
Mme Rizqy : Bien...
Non, non. Bien, c'est parfait. Donc, on fait ça?
Mme
Guilbault : Bien, parfait.
Mme Rizqy : Parfait. Alors...
Mme
Guilbault : On peut faire ça?
La Présidente (Mme Maccarone) : Ça
fait que ce serait distribué.
Nous allons suspendre pour quelques instants,
s'il vous plaît...
(Suspension de la séance à 16 h 38)
(Reprise à 17 h 16)
La Présidente (Mme Maccarone) :
Alors, nous sommes de retour, et je vous cède la parole, M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Merci, Mme la
Présidente. Et permettez-moi, en premier lieu, de remercier Mme la ministre qui
vient de déposer des amendements. Et je le dis depuis le début que nous sommes
prêts à collaborer, et, avec le dépôt des amendements, on va avancer très bien.
Ce que je vous suggère, Mme la Présidente...
Avant de suspendre, j'ai déposé un amendement, qui est affiché à l'écran,
d'accorder le pouvoir à une société de transport en commun de réaliser des
projets immobiliers aux abords... au-dessus de ces infrastructures ainsi que
les activités de gestion et d'exploitation de son parc immobilier. Après
discussions avec Mme la ministre, elle nous a déposé quelques amendements. Ce
que je vous propose, pour qu'on avance très bien... parce que, là, on a
vraiment quelque chose, on peut commencer une réelle discussion.
Ce que je vous propose, si vous êtes d'accord,
je demande la suspension de mon amendement, que Mme la ministre dépose officiellement son amendement et qu'on commence
l'échange constructif par rapport à cet amendement. Elle le sait très
bien, nous avons déposé un projet de loi dans ce sens. Mme la ministre, avec
son équipe, ils ont fait tout un travail en amont par rapport à cet enjeu très
important pour l'ensemble des sociétés de transport. Et, comme signe de bonne volonté, si vous le permettez, je
demande qu'on retire mon amendement, que Mme la... suspendre, désolé,
suspende, désolé, vous avez vu, il manque le café, de suspendre mon amendement.
Et je suis prêt à écouter Mme la ministre, et l'inviter à déposer son
amendement, et qu'on commence l'échange. Merci, Mme la Présidente.
La
Présidente (Mme Maccarone) : Parfait. Alors, est-ce qu'il y a consentement pour
suspendre l'amendement du député de Nelligan?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Maccarone) : Consentement.
Merci. Alors, Mme la ministre, pour la lecture de votre amendement,
avez-vous...
Mme Guilbault : ...parce que, là, en fait, là, vu qu'on a suspendu
l'amendement du député de Nelligan, moi, je peux déposer le mien?
La Présidente (Mme Maccarone) : Exactement.
Mme Guilbault : OK. Parfait. Ça fait que je vais le déposer. Je ne sais pas
si on peut nous l'afficher.
La Présidente (Mme Maccarone) : Nous
l'avons déjà reçu, c'est sur le Greffier. Ça fait que vous pourriez commencer
avec la lecture. Tout le monde a une copie.
Mme Guilbault : Parfait. Alors, amendement à l'article 1, et donc à
l'article 4 de la Loi sur Mobilité Infra Québec :
Ajouter, à la fin du deuxième alinéa de l'article 4 de la Loi sur Mobilité
Infra Québec proposé par l'article 1 du projet de loi tel
qu'amendé, le paragraphe suivant :
«3° de s'associer à titre de commanditaire au
sein d'une société en commandite ou de devenir actionnaire d'une société par
actions avec un tiers pour la réalisation d'un projet de construction, en lieu
et place d'un organisme public qu'il détermine et dans les limites prévues à l'article 43.2,
d'un bien immobilier adjacent à un immeuble, ou à une partie d'un immeuble, qui n'est pas nécessaire à une infrastructure
de transport collectif construite, reconstruite ou qui fait l'objet
d'une réfection dans le cadre du projet complexe de transport.»
En commentaire : Cet amendement propose
d'ajouter un paragraphe 3° au deuxième alinéa de l'article 4 de la Loi sur Mobilité Infra Québec afin de permettre
à Mobilité Infra Québec de s'associer, en lieu et place d'un organisme
public déterminé par le gouvernement, à titre de commanditaire au sein d'une
société en commandite ou de devenir actionnaire d'une société par actions avec
un tiers afin d'effectuer un projet de construction d'un bien immobilier. Cet
amendement est en lien avec un autre amendement à venir, qui introduirait... à
l'article 43.2 et qui prévoira les pouvoirs spécifiques de Mobilité Infra
Québec à un tel projet de construction.
Donc, c'est
ça, alors, c'est un article qui vient dire que Mobilité Infra Québec pourra...
ne sera pas autonome, ne pourra pas faire, de manière autonome, ces projets-là,
mais pourra le faire en lieu et place d'une société de transport, d'où
le fait qu'on va devoir aussi... puis c'est un peu ça qu'on a eu... on a eu une
discussion informelle tout à l'heure, on va devoir faire
d'autres amendements puis d'autres modifications plus loin. Mais on amorce,
finalement, les nouveaux pouvoirs qu'on donnerait pour faire des projets de
développement immobilier sur des parties, comme on le dit, là, qui ne seraient pas nécessaires pour le projet de transport
collectif, mais qui seraient adjacentes. Par exemple, on donne souvent
le projet de la ligne bleue, qui est un projet concrètement en train de se
faire en ce moment. La STM aimerait pouvoir
faire du développement sur et autour ou... tu sais, des édicules des nouvelles
stations de la ligne bleue.
Alors, c'est... Là, évidemment, ce n'est pas
Mobilité Infra Québec qui fait le prolongement de la ligne bleue, mais dans de
futurs projets de transport collectif, ce sera Mobilité Infra Québec. Donc, on
vient s'assurer qu'elle peut le faire au
même titre que les sociétés de transport pourront le faire aussi, pourraient
déjà le faire à court, moyen terme, si on adoptait le projet de loi dans
des projets qui sont déjà en cours de développement.
• (17 h 20) •
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Oui, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Avec consentement, est-ce que c'est correct si on
se promène entre votre amendement, mais aussi 43.1, 43.2 puis 4.3? Parce
que je pense que c'est pour avoir une lecture plus intelligente de tout cela,
là. Est-ce qu'on pourrait avoir le consentement?
M. Derraji : Est-ce que les
trois sont déposés?
Mme Rizqy : Oui, ils sont
déposés.
La Présidente (Mme Maccarone) : Ils
sont disponibles sur le Greffier. Ça fait que pour faire partie de votre
discussion, c'est à votre guise, si vous le souhaitez, il n'y a aucun problème.
Est-ce que ça vous va, Mme la ministre, si... Allez-y, Mme la députée.
Mme Rizqy : Juste
par souci de pédagogie, pour ceux qui nous suivent dans les travaux, j'ai fait
un petit dessin, là, puis vous allez tous comprendre qu'en arts
plastiques, je n'étais pas très bonne. Donc, moi, ma compréhension, c'est la chose suivante. Disons qu'il y a un
métro. Le métro, le sous-sol appartient, ici, à qui? Ça appartiendrait quand
même à...
Mme Guilbault : Le métro, bien, en ce moment, il appartient à la STM.
Mme Rizqy : Oui,
mais le... C'est ça. Donc là, la STM détient le métro. Oui, mais le sol, est-ce
que ça appartient aussi à la STM? Ça va appartenir à la...
Mme Guilbault : Bien, en fait... Oui, c'est ça.
Mme Rizqy : Le
fond aussi appartient à la STM. Là, au fond, prenons, par exemple, une société
en commandite, si elle veut construire en haut, en hauteur, elle aurait,
à ce moment-là... est-ce que ça va procéder par un droit aérien ou ça va
procéder avec un bail emphytéotique?
Mme Guilbault : Bien, c'est que les droits aériens, actuellement, peuvent être vendus.
Mais on peut... ils ne peuvent pas être... C'est ça. Bien, peut-être,
pour le fin détail... parce que, Jérôme, c'est très complexe, cette affaire-là,
là.
Mme Rizqy : Bien, c'est
important parce que, par la suite, ça va... La réponse va m'aider à 43.1 au
niveau du risque et des coûts. Parce que je pense que c'est très important de
savoir qui va assumer les risques dans tout ça, là, aussi, là.
Mme Guilbault : Bien, exactement. Bien, excellent point, parce que ce qu'on
propose, là, a fait l'objet de longues discussions pour trouver l'équilibre
entre maximiser les possibilités de développement mais limiter au minimum le
risque, finalement. Puis le risque est limité à l'actif qui est déjà la propriété...
Mme Rizqy : ...quand on
construit à hauteur, l'impact sur le foncier est important, là. Donc, c'est
pour ça que je veux m'assurer, là, de...
Mme Guilbault : L'impact... ingénierie, là?
Mme Rizqy : Oui, exactement.
Donc, là-dessus, bien, je...
Mme Guilbault : Oui, oui. Bien, c'est ça
Mme Rizqy : Bon, on en a un,
ingénieur, avec nous en plus, là, bien, qui participe à la commission. Donc j'aimerais juste peut-être avoir la précision
sur... au niveau du droit qui va être accordé pour la construction, disons, la
société en commandite ou la société par
actions, ça serait quel type de droits qu'on va leur accorder pour la
construction, pour connaître les impacts au niveau des risques qui vont
être assumés.
Une voix : ...
Mme Rizqy : Je vais
recommencer. Désolée. Donc, moi, au fond, qu'est-ce qui m'intéresse, c'est
cette partie-là ici. La hauteur qui va être construite, c'est quel type de
droit qu'on leur accorde pour cette construction-là? Ça va me permettre de
mieux comprendre. Après ça, ma prochaine question va aller directement sur les
risques et les coûts associés à ça.
La Présidente (Mme Maccarone) : Est-ce
qu'il y a consentement pour céder la parole?
Des voix : ...
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui,
consentement. Ça fait que votre nom et votre titre, s'il vous plaît, avant de
prendre la parole.
M. Unterberg (Jérôme) : Jérôme
Unterberg, je suis sous-ministre adjoint au ministère des Transports.
Donc, actuellement, une société de transport
peut déjà vendre les droits aériens. Dans le fond, ils le font, puis quiconque
connaît bien Montréal voit que ça s'est construit passablement au-dessus, là,
des édicules. En particulier, encore récemment, on peut penser au coin De
Bleury et Président-Kennedy, on a vu un immeuble, là, je ne sais pas, de 20 ou
30 étages, là, je n'ai pas de... mais on le voit, l'édicule, pour ceux qui
connaissaient bien Montréal. Avant, il y avait un édicule simplement au milieu
d'un terrain, là.
Maintenant, ici, ce qu'on prévoit, c'est
d'autres situations, parce que, si c'est une vente de droit aérien,
typiquement, les risques sont beaucoup plus limités pour la société de
transport. Elle encaisse, au départ, un montant. Il y a une disposition. Ce n'est pas elle qui débourse par la suite,
elle ne fait qu'encaisser. Donc, ça, c'est sûr que ça limite passablement les risques. Il n'y a pas
d'association en soi. Peut-être qu'il y a certaines parties communes où il va y
avoir des partages de frais, s'il y a des aires communes, le cas
échéant, mais ça va être très limité.
Là, ce qui
est prévu ici, c'est une association. Est-ce que c'est une association dans le
droit aérien? Ça pourrait être le cas
aussi, mais là je ne suis pas dans une disposition. Là, je pourrais m'associer
et dire : Bon, la partie aérienne, je ne te la vends pas. On
s'associe pour faire un projet dans des structures comme on voit à 43.1, 43.2,
et 43.3, et l'article 4, à travers une
organisation juridique dans laquelle il y a une association. D'ailleurs, 4
parle carrément, là, d'une association, et ça, c'est ça qui est nouveau,
c'est ça qui est...
Présentement, lorsqu'on regarde la Loi sur les
sociétés de transport en commun, ce n'est pas possible de faire cela. Donc, si on regarde, par exemple,
l'article 4, paragraphe... alinéa deux, paragraphe 3°, celui que la
ministre a déposé, regardez le deuxième mot, c'est de «s'associer».
Donc, dans une vente, comme ils le font présentement, ils ne peuvent pas. C'est ce qui est recherché par
plusieurs représentations, notamment de sociétés de transport. Évidemment,
ici, on est dans MIQ. C'est un pouvoir que MIQ pourrait également faire pour
des projets qui ne toucheraient pas une société de transport. Donc, c'est un
miroir.
Je pense que la ministre l'a déjà dit un peu
plus tôt, là, il y aurait une équivalence pour les sociétés de transport, mais
qui refléterait la même construction, c'est-à-dire MIQ pourrait toujours vendre
les droits aériens, mais également pourrait, dans certains cas, s'associer. On
va voir que, dans certains cas, ils pourront s'associer pour le compte, pas
juste des sociétés de transport... s'il y avait un organisme qui avait des
habilitations, des compétences similaires à une société de transport, MIQ
pourrait également le faire, si c'était dans le cadre de sa mission et aussi, si c'était autorisé, comme la ministre l'a dit, si
c'était autorisé... On le voit par l'alinéa deux, toujours de
l'article 4, si c'est permis à Mobilité Infra Québec, dernier mot
du deuxième alinéa.
Mme Rizqy : Par exemple, si c'était
une association, l'apport serait le droit aérien, dans ce cas-ci?
M. Unterberg (Jérôme) : L'apport
pourrait être le droit aérien, qui est... en soi, ce n'est pas un terrain, mais
qui est un droit immobilier.
Mme Rizqy : Oui, oui, absolument.
C'est un des attributs du droit, là, de propriété, donc un démembrement du
droit de propriété.
M.
Unterberg (Jérôme) : Évidemment, puis le paragraphe 3° le dit bien,
évidemment, c'est dans le cas où il y a un bien immobilier adjacent,
parce que ça aussi, c'est une autre situation. On n'est pas dans l'aérien. Ça
pourrait être un terrain contigu ou c'est sur le même terrain, mais on n'en a
pas besoin de cet actif-là. Donc, ça pourrait être le cas. On le voit que, dans certains cas de construction
à la STM, par exemple, ça s'est construit en aérien, mais... si je reprends
encore le cas De Bleury et Président-Kennedy, aussi plus large qu'où était
l'édicule autrefois, mais sur l'occupation complète du terrain, ce qui favorise
la densification pour des questions liées à l'immobilier, que ce soit
commercial, bureau ou, évidemment, ce qui est très recherché présentement,
c'est pour le développement résidentiel.
Mme
Rizqy : Absolument. Ah oui, oui! De Castelnau est un autre
exemple. De Castelnau, c'est mix commercial en bas, résidentiel en haut.
M. Unterberg (Jérôme) : Oui. Donc,
on est au coin... On a passé un petit peu Jean-Talon, là...
Mme
Rizqy : Oui, dans la Petite Italie. Merci beaucoup pour vos
explications. Ici, tantôt, on va venir définir, plus tard, le tiers. Ça, c'est important parce que je pense
qu'évidemment ce ne sera pas avec n'importe qui. On va s'assurer que le tiers soit bien défini. On va y arriver
tantôt, on me l'a dit, mais je tenais à le préciser pour ceux qui suivent nos
travaux.
J'ai une autre
question pour vous. Dans la société en commandite, mais c'est encore plus
facile... disons, dans une société par actions, de prévoir le partage des
bénéfices, parce qu'au fond, la demande émane de la société de transports pour
être capable d'avoir des revenus autonomes. C'est ça, ma lecture de la
situation. Est-ce qu'on va prévoir, plus tard, dans des amendements qui seront
déposés peut-être, de s'assurer que les revenus autonomes leur soient octroyés?
Parce que là, tantôt, quand on va lire l'autre amendement, 43.1, on parle des
coûts et des risques liés à la vente, mais
là, moi, je me pose la question sur les bénéfices, parce que dans une société
par actions, par exemple, on pourrait avoir différentes catégories d'actions,
puis il y en a une qui pourrait être la catégorie d'actions pour des dividendes
privilégiés, qui serait celle des bénéfices. Est-ce que c'est quelque chose qui
a été réfléchi ou...
M.
Unterberg (Jérôme) :
Oui. Dans le fond, on peut penser, en droit
immobilier, à l'usufruit puis au fruit. Le fruit, il est prévu ici. S'il y a
une disposition, ça doit être en réduction de l'actif. On le voit à 43.1 :
«S'il y a une vente — deuxième
alinéa — toute
contrepartie financière liée à la vente d'un immeuble visée [...] doit profiter
au financement du projet complexe de transport.»
L'usufruit,
maintenant, s'il y avait un rendement avec un investissement de l'association,
ça aussi, ça peut être prévu dans la
convention de commandite, pour la société en commandite, et, évidemment, dans
une convention unanime d'actionnaires avec... si c'était par la société
par actions.
Maintenant,
ces conditions-là pourraient être également des conditions liées à
l'approbation. On verra, là, parce que
ça le dit ici, pour MIQ, ça dit qu'il faut une autorisation du gouvernement.
Donc, dans les autorisations du gouvernement, il pourrait... ça pourrait
être assorti des conditions qu'on voit là.
Mme Rizqy : Parce
que... je me posais la question parce que 43.1 est directement lié à la vente.
Or, si on est dans une société par actions
ou dans une société en commandite, on n'a pas vendu. On est des partenaires,
mais l'objectif qui a été réclamé par les différentes sociétés de
transport, c'est d'avoir directement accès aux revenus autonomes... les revenus
autonomes, dis-je bien, pardon. Est-ce qu'il y a une disposition précise pour
les fruits?
• (17 h 30) •
Des voix : ...
M. Unterberg
(Jérôme) : Oui. Il va y avoir d'autres amendements qui vont traiter
l'usufruit de manière plus détaillée, là. Donc, on va le voir, mais les
rendements...
Mme Rizqy : Est-ce
que vous... Oui, les rendements.
M. Unterberg
(Jérôme) : ...c'est ce que j'appelle... oui.
Mme Rizqy : OK.
Parfait. D'accord, excellent. D'accord, donc, rendements... Et là je me pose
une question pour plus tard encore. Ça, c'est un autre droit de propriété qu'on
donne. Est-ce qu'on va prévoir qu'ils ne pourront pas le céder dans un
amendement? Mettons, pour les fruits...
M. Unterberg
(Jérôme) : Par exemple, de céder, de...
Mme Rizqy : Bien,
c'est que... Voulez-vous qu'on suspende un moment?
La Présidente (Mme
Maccarone) : Si vous le souhaitez.
Mme Rizqy : Oui,
s'il vous plaît.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Nous allons suspendre pour quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à
17 h 31)
(Reprise à 18 h 19)
La Présidente (Mme
Maccarone) : Alors, nous sommes de retour et nous sommes à l'étape
de... toujours de discussion de l'amendement de la ministre à l'article 4.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Il y a eu des échanges très constructifs, on a été
capables d'énormément avancer. Donc, il y a une entente entre, évidemment, le
député de Nelligan, la ministre, le député de Mille-Îles... Mille-Îles, les Îles-de-la-Madeleine — comment
puis-je avoir fait une telle erreur — et avec moi-même.
Donc, en gros, on va
retirer, avec le consentement, l'amendement du député de Nelligan. Par la
suite, on va aller adopter l'amendement de la ministre. Par la suite, on va
aller à l'article 28. Après ça, on va aller à l'article 43.1, 43.2,
43.3, pour les lire et les adopter. Puisqu'ils sont autoportants, ça ferait
adopter l'amendement et les articles.
• (18 h 20) •
Par la suite, la ministre s'est engagée à nous
revenir sur une question qui est cruciale, c'est-à-dire les revenus autonomes
qui seront générés soit à travers la société par actions ou la société en
commandite, afin de vraiment encadrer l'usage des rendements, usufruit... On va
trouver la bonne formule. Il y a un engagement qui a été pris par la ministre à cet effet, de nous revenir, pour
qu'effectivement ces rendements soient utilisés pour du transport collectif
et le maintien d'actifs seulement.
Est-ce que je résume bien vos propos, Mme la
ministre, et l'entente?
Mme Guilbault : Oui.
La Présidente (Mme Maccarone) : Il y
a juste une seule correction, nous devons évacuer cet amendement avant de demander le consentement pour retirer le
«demandement»... l'amendement du député de Nelligan. Ça fait que...
est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement? M. le député de
Nelligan.
M. Derraji : Ça va être très rapide.
Je tiens vraiment à remercier ma collègue députée de Saint-Laurent, député des Îles-de-la-Madeleine,
Mme la ministre et ses équipes, parce que nous avons eu un réel échange. Oui,
c'est vrai, ça a duré quand même quelques minutes, mais je pense que tous
autour de la table, on peut le dire aujourd'hui, ça a été pour l'intérêt du
public et l'intérêt de l'ensemble de la population québécoise. Donc, je
remercie vraiment Mme la ministre,
l'ensemble des collègues et surtout les équipes qui accompagnent Mme la
ministre, parce que, vraiment, on a
eu un excellent échange par rapport à un point qui est très important, qui
touche les revenus autonomes des sociétés de transport et autres. Merci,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Bravo! Ça me fait chaud au coeur. Alors, est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'amendement? Je vois qu'il n'y a pas d'autre intervention.
Alors, nous allons passer à la mise aux voix. Est-ce que l'amendement à
l'article 4, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
Une voix : Vote nominal...
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Un vote par appel nominal. M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Guilbault (Louis-Hébert)?
Mme Guilbault : Pour.
Le Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Pour.
Le Secrétaire : M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Pour.
Le Secrétaire : M. Lamothe
(Ungava)?
M. Lamothe :
Pour.
Le Secrétaire : M. St-Louis
(Joliette)?
M. St-Louis : Pour.
Le Secrétaire : Mme Dorismond
(Marie-Victorin)?
Mme Dorismond : Pour.
Le Secrétaire : M. Derraji
(Nelligan)?
M. Derraji : Pour.
Le Secrétaire : Mme Rizqy
(Saint-Laurent)?
Mme
Rizqy : Pour.
Le
Secrétaire : M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau :
Pour.
Le
Secrétaire : Et Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis)?
La Présidente (Mme
Maccarone) : Abstention. Alors, l'amendement est adopté.
Et
là nous sommes de retour. Avec votre consentement, l'amendement qui est
présentement suspendu, du député de Nelligan... il souhaite le retirer.
Est-ce qu'on a le consentement?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Maccarone) : Excellent.
Alors, j'ai aussi besoin de votre consentement pour suspendre l'article 4
et de poursuivre à l'article 28.
Des voix : Consentemment.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Parfait. Mme la ministre, pour la lecture de
l'article 28, s'il vous plaît.
Mme
Guilbault : Oui. Alors,
article 28 : «Les coûts et les risques liés à la vente d'un immeuble
ou à l'aménagement d'un immeuble ou d'un
ouvrage de génie civil effectué en application du deuxième alinéa de l'article 4
ne doivent pas être à la charge de Mobilité Infra Québec.
«Toute contrepartie
financière liée à la vente d'un immeuble ou d'une partie de celui-ci doit
profiter au financement du projet complexe de transport pour lequel l'immeuble
a été acquis.»
Et...
La Présidente (Mme
Maccarone) : ...
Mme
Guilbault : Oui. L'amendement à
l'article 1, article 28 de la Loi sur Mobilité Infra Québec :
Retirer l'article 28 de la Loi sur Mobilité Infra Québec proposé par
l'article 1 du projet de loi.
En
commentaires : Cet amendement retire l'article 28 de la Loi sur
Mobilité Infra Québec en cohérence avec l'ajout, par amendement, de la
section IV du chapitre IV portant sur les pouvoirs de Mobilité Infra
Québec relatifs à la construction d'un bien immobilier dans le cadre
d'un projet complexe de transport que Mobilité Infra Québec planifie ou
réalise.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Merci. Mme la députée.
Mme Rizqy : ...avec
la section IV, 43.1, 43.2, 43.3, et on est prêts à voter.
La Présidente (Mme
Maccarone) : M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Et là, Mme la Présidente, encore une fois, la
bonne démonstration, quand il y a un excellent échange, on vote très
rapidement.
La Présidente (Mme Maccarone) : Continuez
de même. Il y aura des beaux cadeaux la prochaine fois qu'on sera de
retour.
M. Derraji : Bien,
écoute, il y a de l'amour dans l'air. Il y a de l'amour dans l'air, Mme la
Présidente.
Mme Guilbault : J'ai une intervention.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Oui. Mme la ministre, allez-y.
Mme Guilbault : Non, mais là je me retenais, mais là il m'oblige encore une fois à
intervenir. Effectivement, nous, ça fait 72 heures qu'on attend
d'avoir cet échange-là. Alors, alléluia, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Merci. M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
...dire que notre appui était
inconditionnel, là, pour ce qui est d'abroger l'article 28 et de passer
au 43.1 et suivants, parce qu'on est dans un mode collaboratif.
La Présidente (Mme Maccarone) : Parfait.
Alors, est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement à
l'article 28? Il n'y a pas d'autre intervention. Alors, nous allons
procéder à la mise aux voix. Vote par appel nominal. M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour,
contre, abstention. Mme Guilbault (Louis-Hébert)?
Mme Guilbault : Pour.
Le Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Pour.
Le Secrétaire : M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Pour.
Le Secrétaire : M. Lamothe
(Ungava)?
M. Lamothe : Pour.
Le Secrétaire : M. St-Louis
(Joliette)?
M. St-Louis : Pour.
Le Secrétaire : Mme Dorismond
(Marie-Victorin)?
Mme Dorismond : Pour.
Le Secrétaire : M. Derraji
(Nelligan)?
M. Derraji : Pour.
Le Secrétaire : Mme Rizqy
(Saint-Laurent)?
Mme Rizqy : Pour.
Le Secrétaire : M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau : Pour.
Le Secrétaire : Et Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis)?
La Présidente (Mme Maccarone) : Abstention.
Alors, l'amendement est adopté et l'article 28 est retiré.
Est-ce que
nous pouvons poursuivre avec 43, l'introduction de l'article? Alors, j'ai
besoin de votre consentement pour poursuivre à...
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Maccarone) : ...l'introduction
de l'article 43.1. Mme la ministre, pour la lecture.
M. Derraji : ...
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui,
ça s'en vient. Allez-y, Mme la ministre, pour la lecture.
Mme
Guilbault : Oui. Alors, article 1, article 43.1,
43.2 et 43.3 de la Loi sur Mobilité Infra Québec : Insérer, après l'article 43
de la Loi sur Mobilité Infra Québec proposé par l'article 1 du projet de
loi, la section suivante :
«Section IV.
«Pouvoirs relatifs à la construction d'un bien
immobilier dans le cadre d'un projet complexe de transport.
«43.1. Les coûts et les risques liés à la vente
d'un immeuble ou à l'aménagement d'un immeuble ou d'un ouvrage de génie civil
effectué en application des paragraphes 1° et 2° du deuxième alinéa de
l'article 4 ne doivent pas être à la charge de Mobilité Infra Québec.
«Toute
contrepartie financière liée à la vente d'un immeuble visé au premier alinéa ou
d'une partie de celui-ci doit profiter au financement du projet complexe
de transport pour lequel l'immeuble a été acquis.
«43.2. Pour l'application du paragraphe 3°
du deuxième alinéa de l'article 4, Mobilité Infra Québec peut agir en lieu et place d'un organisme public habilité à
s'associer à titre de commanditaire au sein d'une société en commandite
ou à devenir actionnaire d'une société par actions avec un tiers pour la réalisation
d'un projet de construction d'un bien
immobilier. Mobilité Infra Québec est assujettie aux dispositions applicables à
ce projet prévues à la loi constitutive de l'organisme public.
«Lorsque Mobilité Infra
Québec agit en lieu et place d'un·organisme public en vertu du premier alinéa,
elle est réputée être mandataire de cet organisme.
«43.3. La
section I du présent chapitre ne s'applique pas à la construction d'un
bien immobilier réalisée en vertu du paragraphe 3° du deuxième
alinéa de l'article 4.»
La Présidente (Mme Maccarone) : Et
le commentaire?
Mme Guilbault : Voulez-vous que je lise les commentaires? Oui. En
commentaires : Cet amendement vise à introduire la section IV au
chapitre IV de la Loi sur Mobilité Infra Québec afin d'encadrer les
pouvoirs de Mobilité Infra Québec relatifs à la vente d'un immeuble ou à
l'aménagement d'un immeuble ou d'un ouvrage de génie civil ainsi qu'à la
construction d'un bien immobilier dans le cadre d'un projet complexe de
transport pour lequel le gouvernement lui a confié la responsabilité.
Plus précisément, l'article 43.1 reprend ce
qui était initialement proposé à l'article 28 de la Loi sur Mobilité Infra
Québec. Il est prévu au premier alinéa que Mobilité Infra Québec ne peut assumer
les coûts et les risques liés à des travaux d'aménagement d'un immeuble ou d'un
ouvrage de génie civil effectué afin qu'il puisse soutenir ou accueillir un
bâtiment ou une structure souterraine qu'un tiers pourrait construire. Le
deuxième alinéa prévoit quant à lui l'utilisation qui peut être faite de la
contrepartie financière reçue à la suite de la vente d'un immeuble.
L'article 43.2 prévoit que Mobilité Infra
Québec peut agir à la place d'un organisme public, par exemple, une société de
transport en commun ou le Réseau de transport métropolitain, dans le cadre de
la réalisation d'un projet de construction d'un bien immobilier adjacent à une
infrastructure de transport collectif. Elle est alors réputée être mandataire
de cet organisme.
Enfin, l'article 43.3 vise à exclure les
pouvoirs de Mobilité Infra Québec prévus à l'article... à la section I du
chapitre IV comme ils ne s'appliquent pas dans le contexte d'un projet de
construction d'un bien immobilier effectué en vertu du paragraphe 3°.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Ça va être rapide, Mme
la Présidente. Premièrement, cet article reprend en partie, je dis bien «en
partie», le projet de loi que nous avons déposé il y a quelques mois, le projet
de loi n° 791, Loi permettant à des organismes publics de transport en
commun de développer des projets immobiliers aux abords ou au-dessus de leurs
infrastructures de transport en commun. Et on salue l'ajout de cet amendement
dans le cadre de ce projet de loi parce qu'il va permettre vraiment aux
sociétés de transport d'avoir des leviers, et je sais qu'on va en avoir,
d'autres discussions par rapport à ces leviers qui doivent aller dans le sens
de ce qu'on va leur donner comme orientations. Mais c'est un excellent
amendement qui reprend en partie tous les débats que nous avons eus avec les
sociétés de transport. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Bien, juste pour une
petite réflexion, si on peut monter un petit peu à 43.1 pour arriver à la vente
d'un immeuble. Parce que tantôt, j'avais en tête, moi, tous nos exemples en
haut d'un métro, mais je n'avais pas pensé le cas d'un terrain adjacent. Bail
emphytéotique, est-ce que ça va être couvert? Ou est-ce qu'on pourrait
peut-être réfléchir, à la place d'«à la vente», à la cession de tout droit
immobilier?
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre ou...
Mme Guilbault : C'est vu comme une aliénation.
Mme Rizqy : Oui, mais c'est... Oui,
mais c'est pour ça qu'en droit... La vente, c'est une chose, mais l'aliénation couvre vente mais aussi un bail
emphytéotique, alors qu'une vente, c'est la cession complète. C'est pour ça
que je me pose la question. Tu sais, il y en a un que... En interprétation, la
vente, la transaction est complète, c'est... on a... donc, tous les
démembrements du droit de propriété sont parties dans... alors que le bail
emphytéotique, on a encore une partie des droits.
Alors, je me demande : Est-ce que la vente
est trop précise et qu'on devrait avoir le terme, juste avant, «toute
aliénation», qui inclurait le bail emphytéotique? Mais je n'ai pas la réponse
ce soir, il faudrait peut-être que je réfléchisse.
Mais c'est... ça serait ma seule question. Mais si... avec consentement, parce
que, là, je vois l'heure, est-ce qu'il
y a consentement... ça tombe... Vous pouvez nous revenir juste avec la réponse,
puis, si jamais on doit le réouvrir, on pourrait changer, si jamais on
se rend compte que ça ne couvrait pas le bail emphytéotique.
• (18 h 30) •
La
Présidente (Mme Maccarone) : Alors, est-ce qu'on a le consentement d'aller
au-delà de l'heure pour avoir la réponse?
Mme Rizqy : Non, non, je ne veux
pas... Non, non, non, le...
La Présidente (Mme Maccarone) : Pas
maintenant?
Mme Rizqy : Moi, ma demande, c'est
qu'il me revienne...
Mme Guilbault : Non, mais c'est qu'on l'adopte puis, au besoin, on le
rouvre. 17911
La Présidente (Mme Maccarone) : Bon,
bien, d'abord...
Mme Rizqy : C'est ça. Moi, ma...
La Présidente (Mme Maccarone) : ...d'abord,
merci beaucoup, collègues. Je vous remercie beaucoup pour votre collaboration,
mais, compte tenu de l'heure...
Une voix : ...
La
Présidente (Mme Maccarone) : Consentement pour l'adopter, même si on n'a pas la
réponse à la question de la députée?
M. Derraji : ...c'est mieux de
prendre le temps pour ne pas... je pense même... de ne pas précipiter, non,
non.
La Présidente (Mme Maccarone) : OK.
Ça fait que... Alors, je vous remercie.
Compte tenu de l'heure, j'ajourne les travaux
sine die. Merci beaucoup.
(Fin de la séance à 18 h 31)