Journal des débats de la Commission des transports et de l'environnement
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
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Le
mardi 18 février 2025
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Vol. 47 N° 78
Étude détaillée du projet de loi n° 81, Loi modifiant diverses dispositions en matière d’environnement
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Intervenants par tranches d'heure
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St-Louis, François
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Charette, Benoit
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Dufour, Virginie
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Dufour, Virginie
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St-Louis, François
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Leduc, Alexandre
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Arseneau, Joël
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McGraw, Désirée
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McGraw, Désirée
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Garceau, Brigitte B.
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St-Louis, François
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Dufour, Virginie
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Dufour, Virginie
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St-Louis, François
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McGraw, Désirée
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Arseneau, Joël
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Leduc, Alexandre
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Leduc, Alexandre
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St-Louis, François
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Charette, Benoit
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Dufour, Virginie
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McGraw, Désirée
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Lemay, Mathieu
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Grondin, Agnès
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Tardif, Marie-Louise
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Picard, Marilyne
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Gendron, Marie-Belle
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St-Louis, François
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McGraw, Désirée
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Charette, Benoit
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Leduc, Alexandre
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Lemay, Mathieu
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Grondin, Agnès
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Tardif, Marie-Louise
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Picard, Marilyne
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Gendron, Marie-Belle
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Dufour, Virginie
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Arseneau, Joël
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St-Louis, François
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Dufour, Virginie
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Dufour, Virginie
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St-Louis, François
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McGraw, Désirée
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McGraw, Désirée
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St-Louis, François
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Charette, Benoit
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Arseneau, Joël
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Dufour, Virginie
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Grondin, Agnès
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Lemay, Mathieu
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Picard, Marilyne
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Gendron, Marie-Belle
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Dufour, Virginie
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St-Louis, François
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McGraw, Désirée
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Charette, Benoit
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Tardif, Marie-Louise
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Lemay, Mathieu
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Picard, Marilyne
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Gendron, Marie-Belle
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Leduc, Alexandre
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Arseneau, Joël
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Dufour, Virginie
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St-Louis, François
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Charette, Benoit
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McGraw, Désirée
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Tardif, Marie-Louise
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Grondin, Agnès
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Lemay, Mathieu
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Picard, Marilyne
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Gendron, Marie-Belle
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Leduc, Alexandre
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Arseneau, Joël
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St-Louis, François
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McGraw, Désirée
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Lemay, Mathieu
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Dufour, Virginie
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Charette, Benoit
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Tardif, Marie-Louise
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Grondin, Agnès
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Picard, Marilyne
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Gendron, Marie-Belle
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Leduc, Alexandre
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Arseneau, Joël
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Dufour, Virginie
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Charette, Benoit
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St-Louis, François
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McGraw, Désirée
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Arseneau, Joël
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Charette, Benoit
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Arseneau, Joël
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St-Louis, François
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Dufour, Virginie
9 h 30 (version révisée)
(Neuf heures quarante-huit minutes)
Le Président (M. St-Louis) :
À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance
de la Commission des transports et de l'environnement ouverte.
La commission est réunie afin d'entreprendre
l'étude détaillée du projet de loi n° 81, Loi modifiant diverses
dispositions en matière d'environnement.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Blouin (Bonaventure) est remplacée par Mme Gendron
(Châteauguay); M. Montigny (René-Lévesque) est remplacé par Mme Picard
(Soulanges); M. Derraji (Nelligan) est remplacé par Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce); M. Grandmont (Taschereau) est remplacé par M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve); et M. St-Pierre Plamondon (Camille-Laurin) est
remplacé par M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine).
Le Président (M. St-Louis) :
Merci, Mme la secrétaire. Avant de débuter, je dépose les mémoires qui ont
été reçus depuis la fin des consultations publiques.
Nous en sommes maintenant aux remarques
préliminaires pour lesquelles chaque membre dispose de 20 minutes. J'invite
le ministre à faire ses remarques préliminaires. M. le ministre, la parole est
à vous.
M. Charette : Merci
beaucoup, M. le Président. Je serai assez bref à ce moment-ci. On aura, je
pense, amplement le temps de parler du projet de loi. Peut-être, vous parler de
la volonté, par contre, du gouvernement. Et cette volonté-là, elle est tout
simplement d'établir un équilibre entre ce qu'on a pu entendre au moment des
consultations, notamment. Je pense, par contre, que la base est solide. La
plupart des groupes ont salué le dépôt du projet de loi. Certains y voyaient
des mesures peut-être un petit peu trop ambitieuses. D'autres, au contraire,
trouvaient que c'était trop sévère. Et d'une perspective gouvernementale, ça
veut dire essentiellement qu'on est à la bonne place.
Cependant, on sera très ouverts aux
commentaires des collègues. Donc, si on a la possibilité de le bonifier, nous
le ferons avec plaisir. Et mon intention est de déposer le plus rapidement
possible à chacune des fois les amendements, de sorte que l'on puisse
travailler ensemble sur une base commune. Donc, dès ce matin, les amendements
pour les premiers articles sont déposés... en fait, déposés au secrétariat
depuis hier. Donc, en espérant que ça puisse aider les collègues à faire leur
travail.
• (9 h 50) •
Et déjà remercier tout le monde qui
passeront sans doute quelques semaines ensemble à étudier le projet de loi :
les collègues du gouvernement, bien évidemment, les collègues de l'opposition,
les gens qui nous accompagnent dans ce travail-là. Et vous constaterez une
présence très appréciée aussi des responsables au niveau du ministère de l'Environnement.
On a une fonction publique de très haut calibre, et au ministère en particulier.
Donc, ce sont des gens qui se rendent disponibles pour répondre aux questions
qui pourraient être plus techniques. Donc, déjà, on les remercie de nous
accompagner dans cette démarche-là. Et à toutes et à tous, une bonne étude
détaillée.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci beaucoup, M. le ministre. J'invite maintenant la porte-parole de l'opposition
à faire ses remarques préliminaires. Mme la députée, la parole est à vous.
Mme Dufour : Merci, M.
le Président. Je vais être un peu moins brève que le ministre. Alors, d'abord,
je vous salue et je salue l'ensemble... je salue évidemment le ministre et l'ensemble
de ses collègues de la banquette ministérielle. Et je salue mes collègues, la
députée de Notre-Dame-de-Grâce ainsi que les collègues de... des autres
oppositions. Nous allons, effectivement, je crois, être ensemble pendant
quelques semaines pour étudier cet important projet de loi qui modifie pas
moins de 13 lois environnementales et un règlement.
Nous avons jusqu'à maintenant reçu 60 mémoires
concernant ce projet de loi. Ça démontre à quel point il y a de l'intérêt, et
ça continue de rentrer, parce que, quand j'ai fait mon allocution sur le
principe, bien, j'étais rendue à 50 mémoires comptés. Et là, aujourd'hui,
on est, quelques jours plus tard, à 60 mémoires. Alors, ça témoigne donc
de l'importance que la population accorde à ce projet de loi.
Et vous savez, M. le Président, nous avons
voté contre le principe du projet de loi, parce que nous sommes préoccupés par
plusieurs éléments qui se trouvent dans... plusieurs éléments, là, qu'on
retrouve dans le projet de loi. Et pour nous, il y a plusieurs reculs. Il y a
des nouveaux problèmes qu'on pense qui sont créés. Puis d'ailleurs, il y a
plusieurs acteurs qui sont venus nous le dire dans leurs mémoires, mais aussi
en commission parlementaire. D'ailleurs, on a entendu 22 groupes à ce
sujet et plusieurs étaient quand même critiques envers le projet de loi. Il y <a...
Mme Dufour :
...à
ce sujet et plusieurs étaient quand même critiques envers le projet de loi. Il
y >a donc plusieurs enjeux, mais aussi un bémol général.
Et je comprends, M. le ministre va... nous
a mentionné qu'il allait déposer les amendements le plus tôt possible, dans son
cas, mais, l'enjeu, c'est qu'on ne connaît pas les intentions réglementaires.
Donc, il y a plusieurs éléments dans le projet de loi qui font référence à des
règlements futurs, et, comme on ne connaît pas la nature de ceux-ci, bien, il
est difficile, là, de savoir où va... où ça va s'en aller, le projet de loi.
Et, ça, ça amène beaucoup d'incertitude pour les groupes, notamment économiques,
mais aussi même les groupes communautaires qui sont venus témoigner ou qui ont
rédigé des mémoires, qui nous ont indiqué à quel point c'était... ça amenait
une incertitude, à savoir, bien, ça va aller où. Le ministre dit : Bien,
moi, je pense aller vers ça, mais on ne le sait pas vraiment. On va le savoir
quand les règlements vont être adoptés.
Ici, on va poser beaucoup, beaucoup de
questions. Mais ça reste qu'à tout moment ça peut changer. C'est sûr qu'à
chaque fois qu'on intègre un règlement, bien là, il y a un élément
d'incertitude qui s'ajoute. Et, avec la situation actuelle qu'on vit avec la...
au sud de la frontière, je peux vous dire que les entrepreneurs, les
entreprises, tout le monde ne veut pas davantage d'incertitude. Alors, tout ce
qu'on peut préciser et prévoir dès le début, ça enlèverait un niveau
d'incertitude qui nuit, malheureusement trop souvent, aux investissements.
Il y a plusieurs blocs de changements, que...
ce projet de loi là s'attaque à plusieurs blocs d'éléments distincts. Je vais
m'attaquer, là, je vais présenter point par point, un peu, là, les éléments qui
sont de nature, là, à soulever des inquiétudes.
D'abord, il y a la question des véhicules
lourds, la norme zéro émission pour les véhicules lourds. Ça, c'est un des
premiers blocs qui sera d'ailleurs discuté. Article 1, ça touche à ce
sujet-là. Ce qu'on a constaté, c'est que ça semblait précipité, que la
technologie ne semblait pas mature ni adaptée aux usages lourds. Certes, il y a
certains usages qui semblent bien, disons, adéquats à ce type de véhicule. Mais
l'enjeu principal qui nous a été soulevé, c'est qu'on dicte les moyens plutôt
que les objectifs.
Alors, ce qu'on nous a dit, c'est :
Est-ce qu'on vise... Si on vise une diminution des GES, bien, laissez-nous
trouver la façon de le faire, c'est possible que l'électrification, ce ne soit
pas la meilleure solution dans tous les usages.
Un des éléments majeurs, c'est
l'infrastructure de recharge qui serait requise pour ce type de véhicule lourd
s'il devenait électrique. On nous a parlé, là, que le type, tu sais, de câble,
par exemple, connecté, c'est extrêmement gros et que, si on avait à faire une
petite station de recharge pour des camions, bien, ce serait l'équivalent en
électricité d'une petite ville... une ville. Actuellement, je ne pense pas
qu'on nage dans les surplus d'électricité. Du moins, ce n'est pas ce qu'Hydro-Québec
nous semble... semble nous dire. Alors, il y aura beaucoup d'éléments à
discuter dans cette portion-là avec la partie ministérielle.
Il y a toute la question du cycle de vie
complet qu'on aimerait mieux comprendre. Parce qu'on semble... La norme semble vouloir
s'appuyer surtout sur les émissions à la combustion plutôt que l'ensemble du
cycle du véhicule. Puis on sait que, pour les véhicules légers, bien, il faut
circuler au moins 30 000 kilomètres avant d'arriver à un... disons, à
un équivalent d'un véhicule à essence pour ce qui est de la production du
véhicule en... les GES produits à la production du véhicule. C'est quand même
énorme. Alors, il semble... ça semble être un enjeu au niveau des camions, il
faudra donc regarder ça davantage.
Il y a aussi les coûts qui sont
extrêmement élevés. Et là on peut se poser des questions, si on a
financièrement les moyens, comme société, de soutenir des programmes de
subvention qui seraient nécessaires pour atteindre les objectifs d'une norme
zéro émission pour les véhicules lourds. On l'a vu, le ministre a dû suspendre
le programme temporairement pour les véhicules légers. Mais, pour les véhicules
lourds, on parlerait de sommes substantiellement plus importantes. Est-ce qu'on
en a les moyens? Ça, ce sera des discussions qu'on devra avoir.
Et il y a toute la question de l'hydrogène
qu'on peut se poser, parce que ça fait partie du projet de loi. Mais il y aura
aussi des éléments qui concerneront... qu'on va discuter concernant les
véhicules légers également, parce qu'il y a une portion, là, du projet de loi
qui modifie notamment la portion des crédits, comment les crédits des
constructeurs sont calculés. Alors, ça, on va en discuter, on aura beaucoup de
questions à ce sujet-là.
Maintenant, un <des...
Mme Dufour :
...Alors,
ça, on va en discuter, on aura beaucoup de questions à ce sujet-là.
Maintenant, un >des deuxièmes...
le deuxième bloc, c'est la procédure d'évaluation et d'examen des impacts. Le
gouvernement nous... a mentionné d'emblée, dans les différents documents qu'on
a consultés, qu'on voulait simplifier le processus pour tout le monde, mais les
groupes sont venus nous dire que ça semblait plutôt être le contraire, qu'on
semblait plutôt complexifier les procédures. Il y a un élément aussi concernant,
bien, l'avis d'intention, que... qui remplacerait l'avis de projet. Et là ce
qu'on est venu nous dire, bien, si on nous demande de faire... tu sais, de
déposer davantage de documents plus tôt, bien, peut-être que finalement, on va
nuire à la possibilité d'avancer des projets qui, des fois, ne sont pas rendus
à cette étape-là, et donc on nous dit que, peut-être, finalement, que ça va
plus nuire qu'autre chose. Donc, ça, il y aura des éléments, des
questionnements à cet effet. Il y a des groupes, d'ailleurs, qui nous ont
proposé, là, de peut-être... d'offrir les deux choix, c'est-à-dire de choisir
l'avis d'intention ou l'avis de projet, et ça, ce sera à étudier avec le
ministre.
Mais, de prime abord, on nous a dit :
On n'a pas l'impression qu'on crée les conditions gagnantes avec la façon qu'on
propose de fonctionner, notamment pour la question des travaux préalables, de
permettre que des travaux soient faits avant l'analyse. Ça semblait
problématique pour plusieurs groupes. Il y en a d'autres qui étaient d'accord,
notamment Hydro-Québec. Mais il y a quand même... plusieurs groupes nous ont
dit : Bien, est-ce que ce n'est pas... tu sais, ce n'est pas plutôt... ça
ne pourrait pas plutôt risquer de nuire à l'acceptabilité sociale du projet,
d'aller trop vite? Et même le BAPE est venu nous dire : Bien, comment,
nous, on va pouvoir être légitimes à faire des consultations avec la population
si des travaux sont déjà en cours? On risque de perdre toute crédibilité avec
le processus. Donc, ça, c'est inquiétant, il faudra s'y pencher.
Hydro-Québec a mentionné qu'il y avait les
postes de distribution qui étaient une possibilité, que c'était ce genre de
travaux là qu'ils avaient en tête, de faire au préalable, avant que les
analyses complètes soient terminées. Mais le problème, c'est qu'on voit ces
temps-ci qu'il y a beaucoup d'enjeux avec les postes de distribution. On a
parlé... moi, j'avais parlé avec eux lors de l'étude... lors des consultations,
j'avais parlé de celui... du poste face à la Grande Bibliothèque, à Montréal.
Ils nous ont dit : Non, non, mais ça, c'est sûr que ça, ce serait plutôt
sous le BAPE. Mais on a constaté depuis qu'il y a d'autres postes qui sont
problématiques. Notamment, à Brome-Missisquoi, actuellement, il y en a un
qui... là, il y a une levée de boucliers, même, des MRC dans ce secteur-là...
de la MRC, des villes concernées. Et donc quel genre de travaux, vraiment, on
pourrait faire préalablement sans qu'il y ait d'impact? Il faudra vraiment bien
baliser... Ça, ça fera partie des échanges qu'on aura pendant le projet de loi.
• (10 heures) •
Il y a toute la question aussi des
pouvoirs réglementaires, où le ministre... le ministère, plutôt, pourrait
mettre fin à la procédure d'évaluation. Ça, ça inquiète beaucoup les groupes,
notamment, économiques, qui disent : Bien, si, nous, on... tu sais, si les
entreprises mettent des sous, avancent dans les études qui sont très, très,
très coûteuses, bien, pourquoi est-ce qu'à tout moment ça pourrait... il y
aurait l'épée de Damoclès, que ça pourrait tomber pour ne pas seulement...
seulement ne pas respecter certains délais, qui sont, somme toute, parfois
assez serrés, compte tenu de ce qu'on demande comme informations? Et c'est
d'autant plus inquiétant quand le ministère lui-même, souvent, ne respecte pas
ses propres délais. Alors, il y a ici une grande inquiétude, et il faudra en
discuter. Bien, voilà.
Et par rapport à l'avis d'intention, je
terminerais en disant que ce qu'on nous disait c'est qu'avant il était possible
d'avancer dans les projets, mais maintenant, il faudrait, comme, tout analyser
avant d'avoir, même, l'assurance d'avoir le OK. Et ça, ça a été mentionné par
le président de l'UMQ, qui faisait... qui parlait des projets municipaux pour
l'adaptation aux changements climatiques qui coûte extrêmement cher en études,
mais qu'ils ont toujours, encore une fois, cette épée de Damoclès là de ne pas
savoir si ces projets-là pourraient avancer. Et ça, on peut se poser des
questions, à ce moment-là. Est-ce qu'il y a moyen de faire mieux pour
simplifier les choses? Et, comme je disais, le projet de loi, actuellement, tel
qu'il est écrit, il y a plusieurs acteurs qui ne semblent pas penser que ça
simplifie le processus.
Il y a aussi l'analyse d'évaluation
environnementale, sectorielle ou régionale qui a été discutée. On a eu des...
d'ailleurs, des mémoires qui nous ont fait état que, bien, en fait, il existe
un outil similaire, qui était l'analyse d'évaluation environnementale...
10 h (version révisée)
Mme Dufour : ...qui nous en
fait état que... bien, en fait, il y a... il existe un outil similaire qui
était l'analyse d'évaluation environnementale stratégique, il existait, mais la
réglementation pour le mettre en place n'a jamais été adoptée.
Alors, on se peut se poser la question
pourquoi on a créé une nouvelle... un nouvel... un nouveau type d'analyse et qu'est-ce
qui arrivera avec l'autre qui existait, qui semble avoir des objectifs
similaires?
Donc, on n'est pas contre, mais est-ce que
c'est utile, puis est-ce qu'il y aurait moyen de plutôt adapter la précédente?
Il faut se poser la question, et c'est pourquoi, là, il y aura... tout à l'heure,
vous allez voir, on aura une motion préliminaire pour entendre l'Association
québécoise pour l'évaluation d'impacts, qui nous a beaucoup parlé de ça, l'évaluation
environnementale stratégique, qu'ils voyaient du bien. Et il y a plusieurs
groupes qui nous ont dit : Bien, pourquoi, pourquoi est-ce qu'on a les
deux maintenant? Et voilà. Alors, on y reviendra.
La question de la conciliabilité avec les
règlements municipaux a aussi fait l'objet de beaucoup d'échanges, M. le
Président, c'est une demande historique des municipalités depuis plus de 50 ans.
Donc, pour l'Union des municipalités du
Québec et la Fédération québécoise des municipalités, pour les deux groupes, c'est
clair que ça viendrait réduire les risques de poursuites, de faire cet... cet
ajustement-là.
Du moins, ce que ça fait, pour ceux qui
nous écoutent et qui ne connaissent pas exactement les détails, c'est que ça
fait en sorte que des règlements municipaux pourraient être adoptés dans des
domaines de l'environnement, alors qu'actuellement, avant l'adoption du projet
de loi, une municipalité ne peut pas adopter un règlement municipal qui
toucherait une même matière en environnement que le ministère de l'Environnement
réglementerait.
Et donc, par exemple, il y a des
municipalités qui ont encadré des pesticides, ça, ça s'est fait, mais c'est
lorsque certaines ont voulu encadrer la gestion des... des eaux usées, par
exemple, bien là, il y a eu des contestations et c'est allé en cour, alors qu'il
y avait des besoins réels de réglementer. Alors, on comprend tout à fait le
besoin ici.
Par contre, il y a des groupes qui nous ont
dit : Oui, mais il y a un risque que là on se retrouve avec une multitude
de réglementations distinctes à travers le Québec.
Il y a une crainte à ce niveau-là,
particulièrement de la part des producteurs forestiers du Québec et de l'union
des productions agricoles... L'Union des producteurs agricoles, pardon, qui
nous ont... qui nous ont parlé, notamment, dans leur cas, de la crainte,
justement, pour les pesticides.
Les municipalités, certes, pouvaient le
faire, mais là ils craignent qu'en libérant ce... ce pouvoir-là que finalement
ça devient très disparate, les... les réglementations et que, finalement, dans
certains cas, ça puisse empêcher la... la production agricole.
Alors, il faudra se poser la question :
Est-ce que le ministre a envisagé une exception pour le monde agricole dans
certains sujets? Parce qu'il y en a pour lesquels c'est tout à fait pertinent
que les municipalités puissent l'encadrer, comme je disais, notamment les eaux
usées où là, des fois, les municipalités vivent des réalités vraiment
distinctes.
Il y a les matières résiduelles aussi qu'on
va... qu'on va traiter dans ce projet de loi là. Il y a...
Bien, en fait, le... le ministre... le
ministère pourra notamment venir réglementer les plastiques à usage unique. Ça,
déjà, plusieurs municipalités l'ont fait, et donc il s'inspire, je crois... va
vouloir s'inspirer de ce que des municipalités ont fait à travers le Québec, ce
qui est bien.
Par contre, il faudra faire attention de
ne pas créer d'autres enjeux, notamment par les alternatives. Malheureusement,
à certains endroits, c'était une crainte qui avait été exprimée, mais lorsqu'on
est venu empêcher l'utilisation, par exemple, de... de petits contenants en
plastique, ça a été remplacé par du carton avec un film de PFAS. Ce n'est pas
mieux, c'est pire. Ça fait que les PFAS, c'est des contaminants éternels, alors
il faut s'assurer qu'on l'encadre bien.
C'est que les municipalités qui ont voulu
aller précurseures, malheureusement, je pense, n'avaient pas vu venir, et ça,
ça crée d'énormes enjeux dans les centres de... les sites d'enfouissement, mais
je pense qu'un jour on constatera aussi que ça peut créer des problèmes dans
les centres mêmes de recyclage, où ces petits contenants finissent par se
retrouver, malheureusement.
Il y a aussi des enjeux... Bien, justement
Éco Entreprises Québec qui est venu nous dire : Bien, la... le fameux
concept de conciliabilité des règlements municipaux, bien, ça pourrait, eux,
leur être problématique pour eux, qui doivent, en fait, étendre la... la
collecte sélective à travers le Québec de façon uniforme, et ils craignent que
certaines municipalités utilisent les règlements municipaux pour... pour venir
finalement contraindre, par exemple, les... les moments de <collecte...
Mme Dufour :
...venir
finalement contraindre, par exemple, les moments de >collecte. Alors,
ça, il faudra aussi s'assurer de le baliser, je crois.
Je vais continuer parce que là je vois que
mon temps avance vite. Les milieux humides et hydriques.
En fait, tout ce changement-là, qui est
proposé dans la loi sur les milieux humides et hydriques, semble venir d'un
rapport du Commissaire au développement durable qui avait souligné... ou de la
commissaire plutôt, qui avait souligné qu'il y avait quand même des lacunes
importantes dans la façon d'appliquer la loi, la loi sur les milieux humides et
hydriques, mais, tel que le projet de loi est rédigé actuellement, en tout cas,
les groupes sont venus nous dire qu'on ne corrige pas les lacunes qui avaient
été identifiées.
Et donc le principe de zéro perte nette,
on ne semble pas vouloir... On ne va pas... on ne va pas l'atteindre avec les
changements qui sont proposés ici.
Évidemment, nous, on aura des amendements
à ce sujet, à moins que le ministre soit déjà en train de travailler sur des
amendements pour corriger sa loi.
Il y a aussi un enjeu avec les sommes, où
là on voudrait pouvoir permettre que 15 % des sommes soient... elles
soient... diversion, en tout cas, qu'elles puissent aller ailleurs, dans
d'autres régions.
Ça, la Fédération québécoise des
municipalités a été claire qu'elle s'opposait absolument à 100 % contre à
cet élément-là.
Et il y a plusieurs groupes qui nous ont
dit : Bien, l'enjeu, c'est que si un milieu humide est détruit à un
endroit, bien, il faudrait idéalement, si ce milieu-là avait un usage de
régulation des eaux, notamment dans le sud du Québec, bien, il ne faudrait pas
qu'il soit recréé ailleurs parce que ça ne va pas réduire les risques dans ce
secteur-là.
Et donc il faudra se poser la question
s'il pourrait y avoir un régime différencié entre le nord du Québec, le sud du Québec.
Le sud, où il y a beaucoup, beaucoup de milieux humides et le sud... le nord,
pardon, où il y a beaucoup, beaucoup de milieux humides actifs, et au sud où il
n'y n'en reste presque plus. C'est vraiment deux réalités distinctes. Et ça, on
aura des échanges à ce sujet-là, assurément.
Il y a la question aussi de
l'article 120 qui vient... qui vient dire finalement que les études de
caractérisation des milieux humides et hydriques pourraient être signées par
d'autres groupes que des biologistes, et ça, ça semble être problématique,
puisque les biologistes sont ceux qui semblent avoir la meilleure connaissance
de la régulation des milieux humides et hydriques.
Alors, il faudra se poser la question si
cet article-là est pertinent et qu'est ce qu'on tente d'obtenir exactement.
Il ne faudrait pas, encore une fois,
finalement, rendre finalement plus à risque le maintien des milieux humides et
hydriques, parce qu'évidemment quand des entrepreneurs ont un projet en tête,
bien, c'est sûr qu'ils aiment bien quand l'étude reflète ce qu'ils souhaitent
sur le terrain. Alors, il faut s'assurer que ce soit des professionnels et qui
ont la... Voilà.
• (10 h 10) •
Là, je pense que j'arrive au bout, hein, M.
le Président?
Le Président (M. St-Louis) :
20 secondes, Mme la députée.
Mme Dufour :
20 secondes. Alors, écoutez, il m'en restait d'autres éléments.
Malheureusement, j'avais oublié de partir mon «timer» au début.
Alors, sur ce, je pense que vous
comprendrez qu'il y aura de nombreux échanges sur ce projet de loi. Je vous
remercie beaucoup.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci beaucoup, Mme la députée. J'invite maintenant le porte-parole du deuxième
groupe d'opposition à faire ses remarques préliminaires. M. le député, la
parole est à vous.
M. Leduc : Merci, M. le
Président. Salutations à tout le monde. Content de faire ma première étude
détaillée avec mon nouveau ministre.
J'avais déjà un ministre préféré, qui
était le ministre du Travail, mais je ne sais pas s'il va y avoir une
concurrence saine entre le ministre de l'Environnement et le ministre du
Travail. On va apprendre à travailler ensemble.
Quoique là, la semaine passée, à la
période des questions, il y avait des rumeurs que ce n'était pas facile avec la
prédécesseure, là, mais il m'a confirmé que non, au contraire, c'est très
agréable. Ça fait que je ne sais pas si j'ai une meilleure réputation ou une
moins bonne réputation que la collègue de Verdun, ce sera une découverte
certainement dans les prochains jours, prochaines semaines même, parce que
c'est quand même assez costaud comme projet de loi — si on est pour
embarquer sur le fonds, là, directement, M. le Président — une
soixantaine de pages ou d'articles, en tout cas, ce ne sera pas réglé en deux,
trois jours, comme d'autres projets de loi qui peuvent être un peu plus
succincts. Puis c'est correct parce que c'est des enjeux importants.
Je ne m'étalerai pas, là, pendant
20 minutes, là, mais je veux quand même souligner, là, quelques thèmes
que, moi, je vais vouloir aborder un peu plus frontalement pendant l'étude
détaillée.
Bien sûr, la norme VZE, là, qui a été à
débat — ma collègue en parlait à l'instant aussi, de l'opposition
officielle — c'est quelque chose qu'on va vouloir traiter
abondamment.
La question de l'hydrogène aussi.
Qu'est-ce que de l'hydrogène vert? Peut-être qu'on aurait besoin de préciser
qu'il faut que ce soit fait avec des énergies renouvelables, l'hydrogène vert,
sinon ce n'est pas très vert.
Et toute la question, bien sûr, des zones
protégées, des mécanismes de compensation qui sont peut-être un peu déficients parce
qu'ils n'atteignent pas tout à fait leurs objectifs. Et je reprends les propos
de ma collègue aussi à l'instant, là, tout l'enjeu des <travaux...
M. Leduc :
...je
reprends les propos de ma collègue aussi à l'instant, là, tout l'enjeu des >travaux
préliminaires qui nous inquiètent un peu. On en a parlé abondamment pendant
l'étude... pendant les audiences.
Moi, j'ai posé des questions aux
différents groupes là-dessus. J'étais quand même inquiet de voir qu'il y avait
beaucoup de pressions du milieu des affaires, je l'appellerai ainsi, pour
élargir cette demande-là ou, du moins, cette initiative-là du gouvernement au
secteur privé.
J'espère que le ministre a résisté à ce
chant des sirènes et qu'il maintiendra, en tout cas, tel quel son PL. J'aimerais
mieux que ça... qu'il n'y ait plus référence à ça, mais je serais encore plus
inquiet qu'il l'élargisse davantage que ce qui nous est proposé.
Ça fait que c'est à peu près les thèmes,
là. Évidemment, il y aura d'autres choses dans ces études détaillées là.
J'aime beaucoup comprendre aussi la loi,
comment elle fonctionne, surtout que j'arrive dans le dossier. Donc, c'est
possible que je pose des questions au ministre. Je sais que ça va lui faire
plaisir de me répondre ou de faire peut-être répondre des gens de son cabinet,
que je salue aussi. Et puis voilà.
C'est aussi la première étude détaillée,
je pense, d'un de nos stagiaires Bonenfant, Clovis, qui est avec nous
aujourd'hui, alors je lui souhaite de bien s'amuser avec nous dans les
prochains jours.
Une voix : ...
M. Leduc : Oui, on lui
souhaite de s'amuser. Parfait. Bonne journée. Merci beaucoup.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le député. J'invite maintenant le député des Îles-de-la-Madeleine à faire ses
remarques préliminaires.
M. Arseneau : Merci beaucoup,
M. le Président. Alors, bonjour, tout le monde, M. le ministre, chers collègues
des partis d'opposition.
Je salue également, là, mes nouveaux
collaborateurs et collaboratrices, mon attachée politique, Charlotte, qui est
toute nouvelle, et également mon stagiaire Bonenfant, Arnaud, qui sont très
enthousiastes à l'idée d'entreprendre l'étude de ce projet de loi là, qui est
assez costaud, qui modifie beaucoup de... beaucoup de lois également, qui donc
nous intéresse beaucoup aussi, parce qu'évidemment tout ce qui touche à
l'environnement puis à l'avenir de notre planète et du territoire québécois
nous préoccupe au plus haut point.
Et ce qu'on veut surtout, c'est qu'à
l'aboutissement de ce projet de loi là on ait un certain nombre d'assurances à
l'effet qu'on a fait du chemin pour réduire les gaz à effet de serre, pour
améliorer la protection des milieux naturels.
Et ce sera notre préoccupation de tous les
instants, de connaître les intentions du ministre au-delà du projet de loi,
tout ce qui a trait aux règlements qui s'en suivront, comme le disait tout à
l'heure ma collègue.
Donc, la question des véhicules lourds, de
renforcer la norme zéro émission.
En fait, ce qu'on a compris autour... au cours
des consultations particulières, c'est que le ministre voulait se donner le
pouvoir habilitant d'intervenir, de réglementer, mais tout en se faisant
rassurant auprès d'un certain nombre de témoins qui semblaient vouloir nous
convaincre qu'il ne fallait pas aller trop vite, puis ne pas être trop
ambitieux, puis essayer d'harmoniser nos pratiques avec celles du reste du
continent nord-américain, ce contre quoi on n'en a pas vraiment, mais, en même
temps, on nous a fait, grâce à la production d'un certain nombre d'exemples...
nous a fait une certaine démonstration que le Québec peut être plus ambitieux,
que nous pouvons, grâce à la réglementation, améliorer l'offre et de produits,
donc, zéro émission, et que l'on peut modifier l'approche des manufacturiers
pour pouvoir, justement, améliorer notre bilan. Donc, cette question-là nous
apparaît fort, fort intéressante.
On a également une préoccupation
concernant les évaluations environnementales.
On nous dit vouloir accélérer l'évaluation
environnementale. Tant et aussi longtemps que l'on reste aussi rigoureux, même
davantage, nous, on est d'accord.
Et c'est la raison pour laquelle toute la
question des travaux préalables nous préoccupe, comme elle a été signifiée,
cette préoccupation-là, par un certain nombre de témoins.
On nous rassure sur la portée des projets
qui serait plus large, plus ambitieuse et d'intérêt public, mais encore
faudra-t-il définir jusqu'à quel point on peut justement qualifier cet intérêt
public là pour que l'on n'arrive pas à un système où, de façon discrétionnaire
et subjective, on n'appuie à peu près tous les projets qui sont présentés et
qu'on commence les travaux en négligeant d'aller jusqu'au bout de l'exercice
des évaluations nécessaires en préalable.
Il y a déjà des exemples qui nous
démontrent que des décisions ont pu être prises pour des raisons parfois pas
tout à fait aussi <documentées...
M. Arseneau :
...ont
pu être prises pour des raisons parfois pas tout à fait aussi >documentées
qu'on l'aurait souhaité pour des projets de grande envergure, qu'on pense à Northvolt
notamment.
La question des milieux naturels. Il y a
eu, je trouve, beaucoup d'interventions qui ont été fort pertinentes sur la
question de l'évitement, qui doit être le facteur principal et qu'on a malheureusement
tendance à négliger pour plutôt arriver à, en fait, axer plutôt sur le volet
minimisation des impacts des interventions en milieu naturel et de se
concentrer presque exclusivement sur la compensation à travers le versement de
sommes qui, aujourd'hui, on le voit bien, ne sont pas utilisées pour
véritablement compenser des milieux perdus.
Et toute cette démarche-là, là,
d'identifier peut-être des terrains propices, et ainsi de suite, nous semble
intéressante quand même.
Est-ce qu'on doit le faire dans le milieu
immédiat ou dans le milieu avoisinant les endroits où on a dû intervenir ou
est-ce qu'on peut le faire de façon plus large? Plusieurs nous ont dit qu'il
fallait que ce soit dans les mêmes secteurs, dans les mêmes territoires, ce
avec quoi on a tendance à être plutôt d'accord, mais, plus fondamentalement, on
semble, je pense, avoir perdu cet objectif de vue, je dirais, d'avoir comme
principe celui de l'évitement et que ce soit en désespoir de cause ou en
dernier recours d'opter pour la minimisation et la compensation, ce qui ne
semble pas être l'approche actuellement.
Donc, on va avoir, je pense, de bonnes
discussions à cet égard pour éviter, justement, de remettre à plus tard les
décisions, les orientations dans une réglementation. Je pense que les
parlementaires sont en droit de s'attendre à ce que l'on soit le plus précis
possible dans le cadre législatif.
• (10 h 20) •
Et, à cet égard, je pense que, sans
présumer de la bonne ou de la mauvaise foi des ministres qui se succéderont,
là, à la tête du ministère de l'Environnement et de la Lutte aux changements
climatiques, il faut que les obligations ne soient pas uniquement dans la cour
des promoteurs, que ce ne soit pas uniquement dans la cour de ceux qui ont à
cœur la protection de l'environnement, mais que le ministre aussi soit
contraint à un certain nombre, je dirais, d'obligations, parce qu'il est...
qu'on le veuille ou non, là, il a plutôt cette responsabilité-là supérieure au
sein du gouvernement, d'assurer d'abord et avant tout la conservation des
milieux naturels, s'assurer de l'atteinte de nos objectifs en matière de
réduction de gaz à effet de serre, mais qu'il doit le faire dans un cadre qui
lui était imparti.
Donc, je pense que le ministère, comme le
gouvernement, doit aussi avoir un certain cadre dans lequel... un certain
périmètre dans lequel il doit fonctionner, sans nécessairement qu'on puisse
constamment invoquer des argumentaires qui permettent de passer outre aux
règles élémentaires, là, de protection de l'environnement des milieux naturels,
ou qu'on puisse reporter les objectifs en matière de cibles à atteindre à tous
égards.
Je... en fait, je vais m'arrêter là-dessus
en remerciant tous les groupes qui nous ont partagé leurs points de vue, leurs
propositions également, leurs mémoires aussi.
Puis je pense que c'est important de le
mentionner, M. le Président, que, pour se prononcer sur un projet de loi aussi
vaste, bien, ça prend beaucoup d'énergie, d'efforts, de temps, de compétences,
ce que nous ont démontré chacun des groupes. Et ça, c'est... je pense que c'est
important de le mentionner.
Et, au-delà de la vingtaine de groupes
qu'on a rencontrés, je pense que les mémoires sont beaucoup plus nombreux. Je
sais que c'est probablement la même chose pour mes collègues aussi. Nous avons
été interpelés en marge des travaux des consultations particulières pour avoir
des rencontres avec un certain nombre de groupes qui voulaient nous détailler,
là, leurs propositions et leur point de vue dans l'élaboration de... qui ont
mené à l'élaboration de leurs mémoires pour être bien certain qu'on saisisse
leurs points de vue.
Alors, c'est beaucoup de... je dirais, de
deux temps, beaucoup d'efforts qui, j'espère, seront récompensés au terme de
l'étude de ce projet de loi là qui devrait durer quand même quelques semaines.
Alors, je nous souhaite de bons travaux. Et
je vous remercie, M. le Président, de vous assurer que l'on puisse le faire de <façon...
M. Arseneau :
...je
vous remercie, M. le Président, de vous assurer que l'on puisse le faire de >façon
constructive, rigoureuse et efficace. Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
merci, M. le député. Y a-t-il d'autres membres de la commission qui souhaitent
faire des remarques préliminaires? Alors, Mme la députée, la parole est à vous.
Mme McGraw : Merci, M. le
Président, et bonjour aux collègues. Je salue tout d'abord, évidemment, le
ministre responsable de l'Environnement, la Lutte contre les changements
climatiques, la Faune et les Parcs, ainsi que les collègues du ministère et
aussi la banquette ministérielle, évidemment, les collègues, de notre côté, qui
forment des formations en opposition.
Mais aussi je veux souligner la présence
et l'excellent travail de ma collègue la députée de Mille-Îles, qui travaille
dans ce domaine de l'environnement depuis longtemps, non seulement en tant que
notre porte-parole en matière d'environnement, changements climatiques, mais
aussi elle était la responsable des dossiers environnementaux à la ville de
Laval. Donc, elle amène toute une expertise, un engagement très fort.
Et, justement, elle a souligné le fait que
notre formation va voter contre... a voté contre le principe, pas parce
qu'on... parce qu'on est contre l'environnement, au contraire.
Comme je dis, ma collègue travaille dans
ce domaine depuis longtemps, et moi aussi. Vous le savez peut-être que j'ai
même fait mes études supérieures. La thèse, c'était sur les négociations de la convention
sur la biodiversité. J'ai été rapporteur pour l'ONU pour suivre les
négociations sur les changements climatiques, la biodiversité, et j'ai cofondé
le projet d'Al Gore au Canada, Réalité climatique Canada.
Donc, ça nous tient à cœur, l'environnement,
les changements climatiques, mais il y a quand même des éléments positifs du
projet de loi, mais des éléments quand même inquiétants. Alors, on veut
s'attarder, mais c'est sûr qu'on va travailler de façon constructive, pour
bonifier le projet de loi.
Alors, comme ma collègue a déjà souligné,
il y a des... c'est... c'est... c'est robuste comme projet de loi. C'est un
omnibus. Vraiment, il y a beaucoup d'aspects qui changent, qui modifient non
moins de 13 lois et un règlement. D'ailleurs, le projet de loi contient
178 articles, alors, il y a beaucoup de stock, il y a beaucoup de contenu.
On prend notre rôle en tant qu'opposition
officielle et nos rôles de législateurs et législatrices très au sérieux.
Alors, il y a du travail à faire.
On trouve qu'il y a quand même des
éléments intéressants, notamment sur les mesures de contrôle environnemental,
sur les matières résiduelles, la conciliabilité entre les règlements municipaux
et provinciaux.
Par contre, le projet comporte également
des préoccupations, entre autres et surtout l'octroi de certains pouvoirs
discrétionnaires au ministre qui n'ont... sont de nature à nous inquiéter. Et,
ça, surtout parce qu'on n'a pas les intentions réglementaires. Alors, il y a
beaucoup qui va se faire.
Et c'est le... c'est la pratique de ce
gouvernement de faire beaucoup par règlement, beaucoup se fait par règlement et
moins se retrouve dans le projet de loi, et c'est plus difficile pour nous, en
tant que législateurs et législatrices, de faire notre travail parce que beaucoup
se fait par règlement.
Il y a beaucoup de pouvoirs
discrétionnaires au ministre, et on n'a même pas... On avait demandé les
intentions réglementaires, on ne les a pas toujours, on ne les a pas reçus.
Donc, ça demeure inquiétant à cause de ces
pouvoirs discrétionnaires, le fait qu'on ne connaît pas les intentions
réglementaires.
Et c'est... je suis désolée de le
souligner, M. le Président, mais c'est la pratique de ce gouvernement de se
faire beaucoup par règlement et de ne pas éclairer c'est quoi vraiment les
intentions réglementaires.
Alors, la porte ou la demande demeure. On
aimerait recevoir les intentions réglementaires. On va y revenir. Mais, en tout
cas, première préoccupation, c'est les pouvoirs discrétionnaires au ministre.
Aussi, le ministre... bien, d'ailleurs,
dans ce contexte-là, le ministre de... Le droit est accordé au ministre de
permettre des travaux préalables sur le terrain avant même que le BAPE n'ait
terminé ses travaux.
On va... on a entendu beaucoup de groupes
environnementaux aussi, il y a des mémoires des Premières Nations, avec
beaucoup de préoccupations.
On a déjà vécu le... avec Northvolt, on a
vu qu'il y a des problèmes si on ne fait pas les... si on ne fait pas nos
devoirs, si on ne fait pas les choses en ordre.
Oui, on comprend qu'il faut aller plus
vite avec la transition énergétique, tout à fait d'accord, mais il faut quand
même bien faire les choses et faire les choses en ordre.
Et il faut mettre en place les conditions
gagnantes pour réussir cette transition énergétique. Et ça, il faut toujours
regarder le triple <bilan...
Mme McGraw :
...cette
transition énergétique. Et ça, il faut toujours regarder le triple >bilan,
c'est-à-dire est-ce que ça fait du sens au niveau de l'économie, est-ce qu'il
va y avoir des retombées économiques pour le Québec, est-ce qu'il y a
l'acceptabilité sociale et est-ce que c'est viable au niveau de
l'environnement?
Alors, si on veut réussir cette transition
énergétique, si on veut que le Québec reste un leader en matière d'énergies
propres, on a le devoir de bien faire les choses, de les faire en ordre.
Alors, de commencer avec des travaux
préalables avant que les travaux soient complétés du BAPE, c'est préoccupant.
Donc, comme je dis, oui, il faut aller plus vite, il faut aller plus vite, mais
il faut bien faire des choses et faire les choses en ordre, alors...
Et même on a des préoccupations. Je sais
que le centre québécois sur le droit de l'environnement, ils ont parlé, une de
leurs préoccupations, c'est de la possibilité de cession, c'est-à-dire que, pour
les entités gouvernementales qui s'occupent de la transition énergétique, entre
autres le ministère de l'Environnement et de l'Énergie, ils ont parlé de la
possibilité d'une cession que le ministère est-ce qu'il pourrait céder aux
entreprises privées. C'est des préoccupations, M. le Président, qu'on nous a
soulevé. Alors, il faut s'y attarder.
Évidemment, il nous faut de l'énergie
propre. On est... Je pense, tout le monde est d'accord pour dire qu'il faut
réduire nos GES. On veut que le Québec demeure et renforce même sa position en
tant que leader au Canada, en Amérique du Nord, mais dans le monde en tant que
chef de file en matière d'énergies propres.
On est très fiers que le Québec — et
là le ministre le sait très bien, il était là pour l'annonce — que le
Québec soit le premier État fédéré qui copréside BOGA, Beyond Oil and Gas Alliance.
C'est toute une fierté pour le Québec. Il faut continuer de mériter ce poste de
leadership.
C'est sûr que nous, notre formation, on va
souligner le fait qu'on est rendus là à cause de décisions aussi de
gouvernements antérieurs, des mesures structurantes qui ont été mises en place
par des gouvernements libéraux, de Jean Lesage à Jean Charest en passant par
Robert Bourassa, nationalisation d'Hydro-Québec, marché du carbone, Baie-James,
etc.
Ça fait que ça a été des décisions
structurantes, et on ne veut surtout pas qu'on atteigne nos nouveaux objectifs
en matière de changement climatique en compromettant nos objectifs en matière
de biodiversité, M. le Président.
On comprend très bien que les solutions
basées sur la nature, sur la biodiversité nous aident à contrer les changements
climatiques. Ça fait qu'en soi la protection de la nature, la biodiversité, ce
sont des objectifs louables en soi, mais aussi ça nous aide à être plus
résilient, à combattre, à atténuer mais aussi à s'adapter au changement
climatique. Ça fait qu'il faut bien faire les choses, on ne peut pas couper les
coins pour...
Donc, il faut regarder ça de façon... dans
son entier et vraiment regarder, comme je dis, le triple bilan : respecter
la nature, la conservation de la nature, être conscient de l'impact sur
l'environnement lorsqu'il y a des projets en matière de transition énergétique
pour bien faire les choses.
• (10 h 30) •
Aussi, certains groupes ont exprimé leurs
inquiétudes face aux mesures sur les VZE... pardon, les véhicules lourds. Ils
nous disaient que c'était trop précipité... camionnettes. En tout cas, ma
collègue, elle en a parlé. On va en parler davantage aussi. Donc, on voulait
souligner qu'on a entendu beaucoup de groupes là-dessus.
Au niveau des évaluations
environnementales, comme je dis, Hydro-Québec est venue nous parler. On
comprend qu'Hydro-Québec a beaucoup d'expérience dans le domaine de la
transition énergétique, en énergies propres. Quand même, leur partenaire clé,
c'est-à-dire les Premières Nations, dans leur mémoire, ont souligné des
préoccupations sérieuses face à... bon, contourner, ou éviter, ou minimiser un
BAPE pour aller plus vite.
Alors, avec l'exemption, on va dire des travaux
préalables, il y a eu des inquiétudes qui ont été exprimées...
10 h 30 (version révisée)
Mme McGraw : ...pour aller
plus vite. Alors, avec l'exemption, on va dire, des travaux préalables, il y a
eu des inquiétudes qui ont été exprimées. Nous-mêmes, on a participé. Moi-même,
j'ai pu participer au projet de loi, maintenant la loi sur le Fonds... le Fonds
bleu, une belle loi, un bon projet de loi, une belle loi. Et on a entendu la
grande cheffe de la nation mohawk, à Kahnawake, qui nous a parlé de ce projet
de loi là, de... le fonds... pardon, aussi l'interconnexion Hertel-New York et
leur appui pour ce projet, ce projet important. Et, nous-mêmes, on l'a appuyé,
ce projet de loi, en partie à cause de l'appui de la communauté autochtone
comme vrai partenaire avec Hydro-Québec. Et la gouverneure de New York, elle a
même dit qu'ils ont choisi Hydro-Québec en partie, en grande partie à cause de
l'appui des communautés autochtones. Donc, ce partenariat-là, cet appui-là n'est
pas de deuxième classe. C'est hyperimportant. Donc, lorsqu'on a des Premières
Nations qui expriment leurs préoccupations face à l'exemption vis-à-vis les
travaux préalables, il faut les écouter, M. le Président.
Alors... Et c'est dommage qu'on n'a pas pu
entendre directement des Premières Nations venir nous parler pendant les
consultations particulières. Mais on a quand même plusieurs mémoires qui ont
été soumis, parmi les soixantaines, comme souligne ma collègue, les
soixantaines, et ça continue. Alors donc, c'est... c'est à souligner.
Donc, comme je dis, la transition
énergétique et le développement économique ne doivent pas devenir une excuse
pour justifier l'atteinte aux droits des Premières Nations. Il faut travailler
en partenariat. Il faut respecter ce triple bilan.
Aussi, on a entendu des recoupements des
organismes environnementaux en énergie. Ils ont souligné le fait que l'élargissement
des pouvoirs discrétionnaires du gouvernement relatif à certains travaux
préalables... ils ont... ils ont souligné... ils ont... en tout cas, ils ont aussi
souligné des préoccupations. Donc, Premières Nations, Regroupement des
organismes environnementaux en énergie, ils ont souligné le fait qu'il faut
vraiment prioriser la décarbonation des usages existants. Et aussi, évidemment,
les groupes environnementaux.
Comme je dis, j'ai déjà cité le Centre
québécois du droit de l'environnement, qui nous ont parlé de leurs
préoccupations concernant la possibilité de cession, par exemple, le ministère
de l'Économie et de l'Énergie qui pourrait céder leurs droits à des entreprises
privées. Donc, comme je dis, il faut bien faire les choses.
Ils ont aussi exprimé leurs préoccupations
quant aux impacts potentiels du projet de loi sur la protection de la
biodiversité, mais aussi la participation démocratique. Encore une fois, ils
soulignent l'octroi d'un pouvoir discrétionnaire au gouvernement qui pourrait
permettre de soustraire, en tout ou en partie, l'obligation d'assujettissement
à la PEEIE, d'un projet présentant des risques environnementaux élevés.
Ensuite, ils privilégient, vis-à-vis des milieux naturels, une approche fondée
sur la compensation, une méthode largement reconnue comme inefficace au
détriment de mesures axées sur la protection telles que l'évitement. Et on nous
a rappelé, les groupes, qu'il faut parler d'éviter, minimiser, compenser, et
dans cet ordre-là. Donc, il faut toujours commencer avec évitement. Un peu
comme les 3R, le recyclage, c'est à la fin. Il faut réduire, il faut
réutiliser, ensuite recycler. Si on est juste sur le recyclage, on n'y arrive pas.
Donc, si on est juste sur la compensation et on oublie d'éviter de minimiser,
on n'y arrivera pas, M. le Président.
Canards limités... illimités Canada, ils
ont... ils ont aussi souligné, entre autres, qu'effectivement il est
présentement plus facile pour un promoteur immobilier privé à but lucratif de
détruire des milieux humides que pour un OBNL de restaurer afin de compenser
pour les dommages causés. Ça fait qu'il est vraiment important de renverser
cette tendance, et ce, le plus rapidement possible. Ma collègue en a parlé, et
je ne veux pas qu'on va parler davantage <pendant...
Mme Garceau :
...et
ce, le plus rapidement possible. Ma collègue en a parlé, et je ne veux pas
qu'on va parler davantage >pendant l'étude détaillée, même certaines
motions préliminaires.
Il y a aussi la SNAP qui a souligné quand
même beaucoup de préoccupations au niveau de l'exemption pour les travaux
préalables et ils ont souligné le fait que ça ouvre la porte à des travaux
potentiellement irréversibles qui seraient effectués avant que leur impact a
été évalué adéquatement. On connaît tous et toutes le principe de précaution en
matière de santé humaine, d'environnement. Et, si, dans le doute, on n'a pas de
réponse, on n'a pas la certitude, il faut être... il faut procéder avec
précaution. Et des experts nous ont parlé du fait que la science nous confirme
qu'une fois qu'un habitat, des milieux naturels sont détruits, c'est
irréversible dans beaucoup de cas. Alors, il faut procéder avec caution, M. le
Président.
La SNAP, aussi, a souligné le fait que les
efforts de réduction de GES ne doivent pas se faire au détriment de la
protection de la biodiversité. Il faut être intelligent, M. le Président, bien
faire les choses, s'assurer que la lutte contre les changements climatiques se
fasse en lien avec la lutte contre la perte de la biodiversité. Ce sont des
enjeux qui sont très interreliés. Les changements climatiques ont un impact sur
la biodiversité, mais aussi la destruction de la biodiversité a un impact sur les
changements climatiques. Il faut bien faire les choses. Il faut tout attacher,
procéder avec sérieux, mais avec caution. Oui, aller plus vite avec la
transition énergétique, mais bien faire les choses en ordre.
Aussi, ils ont souligné, la SNAP, que... bon,
c'est ça, d'extraire les travaux dans les... il faudrait exclure les travaux
dans les habitats d'espèces menacées et vulnérables, car l'atteinte à leur
habitat risquerait d'être irréversible. Donc, dans cette direction.
Je pourrais continuer à citer. On va avoir
plus de temps, évidemment, pendant l'étude détaillée, mais, juste pour revenir,
il y a des enjeux importants. On est là parce qu'on croit, on est là pour
protéger l'environnement. Il faut procéder avec la transition énergétique. Il
faut avoir toujours en tête le triple bilan. Il faut bien faire les choses, M.
le Président. Donc, avec ce projet de loi qui est robuste, qui comporte... qui
a beaucoup de contenu, on va travailler avec sérieux, de façon constructive
pour bonifier le projet de loi, pour s'assurer que l'approche du triple bilan
est toujours... nous guide dans nos efforts, dans nos discussions. Et on a bien
hâte de procéder à l'étude détaillée, M. le Président. Alors, merci.
• (10 h 40) •
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
merci beaucoup, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce. Y a-t-il d'autres
membres de la commission qui souhaitent faire des remarques préliminaires?
Donc, comme il n'y en a pas, et avant de
débuter l'étude article par article, est-ce qu'il y a des motions
préliminaires?
Une voix : ...
Le Président (M. St-Louis) :
Oui, Mme la députée des Mille-Îles, je crois que votre motion est déjà déposée
sur Greffier.
Mme Dufour : Une première,
oui.
Le Président (M. St-Louis) : Nous
allons donc la mettre à l'écran et vous permettre de la lire.
Des voix : ...
Le Président (M. St-Louis) :
Nous allons suspendre quelques instants et prendre le temps d'afficher la
motion déposée sur Greffier. Merci.
(Suspension de la séance à 10 h 42)
(Reprise à 10 h 43
)
Le Président (M. St-Louis) : À
l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses travaux.
Des voix : ...
Le Président (M. St-Louis) : S'il
vous plaît! Merci. Je cède donc maintenant la parole à l'auteure de cette
motion, la députée des Mille-Îles. Mme la députée, la parole est à vous.
Mme Dufour : Oui. Je veux juste
voir... Oui. Merci, M. le Président. Alors, conformément à l'article 244
du Règlement de l'Assemblée nationale, je fais motion afin :
«Que la Commission des transports et de
l'environnement, dans le cadre de l'étude du projet de loi 81, Loi
modifiant diverses dispositions en matière d'environnement, demande au
ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques,
de la Faune et des Parcs de transmettre à la commission, dès que possible, la
réponse du ministre au constat émis par le Commissaire au développement durable
du Québec dans son rapport de 2023 concernant les milieux humides et
hydriques.»
J'imagine que c'est à partir de ce
moment-ci que commence mon 30 secondes... 30 minutes, c'est bien ça?
Le Président (M. St-Louis) : ...déjà
commencé en vous cédant la parole.
Mme Dufour : Parfait. Alors,
M. le Président, je l'ai mentionné tout à l'heure dans mes remarques
préliminaires, il y a tout un aspect, là, du... toute une portion du projet de
loi qui concerne... le projet de loi 81, qui concerne les milieux humides
et hydriques et qui viennent modifier la... la gestion, en fait, la façon
qu'on... qu'on va autoriser les destructions de milieux humides. Et, ça, bien,
on nous dit que c'est en réponse du... au rapport de la Commissaire au
développement durable, qui avait été déposé en 2023, puis que c'était pour
corriger des lacunes, notamment dans l'utilisation des fonds, les fonds, là,
pour... justement pour remettre en état des milieux humides et hydriques.
Mais l'enjeu, c'est que beaucoup de
groupes sont venus nous dire : Bien, en fait, non, on ne semble pas du
tout attaquer, en fait, ou corriger les bons éléments, les éléments qui avaient
été soulevés d'ailleurs par la Commissaire au développement durable, mais qu'au
contraire, là, il y a des éléments qui risquent même d'empirer. Donc, ça, il y
a vraiment beaucoup de groupes qui se sont exprimés sur le sujet. Alors, c'est
pour ça qu'on voudrait savoir qu'est-ce que le ministère a fait avec le rapport
du développement durable... le rapport de la Commissaire au développement
durable pour pondre cette portion-là, du projet de loi, puisqu'il ne semble pas
y avoir d'adéquation entre ce que le rapport a mentionné et ce qu'on vient
corriger.
Et là je vais... je vais vous évidemment
soulever des éléments du rapport. Donc, je vais... je vais vous lire des
extraits où on vient dire, là, que... qu'à ce moment-là... Et puis là je vais
retourner en arrière, je vais dire, en... c'est en 2017 que la... la Loi
concernant la conservation des milieux humides et hydriques a été adoptée, donc
sous un précédent gouvernement. Et moi, j'étais venue à ce moment-là, en
commission parlementaire, lorsque le projet de loi a été étudié, j'étais venue
défendre la position de la ville de Laval. J'avais... ma collègue l'a
mentionné, là, j'étais responsable des dossiers environnementaux comme élue à
la ville, et c'est moi qui étais venue présenter le mémoire de la ville. Donc,
c'est un projet de loi que j'avais quand même bien étudié. Puis j'avais
beaucoup d'espoir. Parce que, quand je me suis lancée en politique municipale,
ce qui me préoccupait le plus à Laval, c'était justement la destruction des
milieux humides et hydriques, particulièrement les milieux humides, là, parce
qu'à Laval, les milieux hydriques, c'est des grosses rivières, donc, ça, elles
ne sont pas en train de disparaître, mais les milieux humides, ça, c'était la
catastrophe. Il y avait beaucoup, beaucoup d'autorisations de projets qui se
faisaient malheureusement dans des milieux naturels de grande valeur.
Ironiquement, en 2017, nous avons subi
d'importantes inondations... dans tout le bassin, là, du Saint-Laurent, il y a
eu d'énormes inondations. Et c'est assez clair, je pense que tout le monde
s'entend pour dire que les milieux humides et hydriques permettent, mais les
milieux humides surtout, permettent de réguler l'eau et donc de réguler les
inondations. Mais, quand il n'y en a plus, bien, à un moment donné, c'est ça,
ça déborde, hein? S'il n'y a plus ces... Ça sert comme d'éponge, ces milieux
humides là, ils servent d'éponge à accueillir de l'eau. Mais, s'ils sont
détruits, ils sont pavés, ça devient de l'asphalte, bien, l'eau, elle va aller
en quelque part. Elle va aller en quelque part. <Puis...
Mme Dufour :
...détruits,
ils sont pavés, ça devient de l'asphalte, bien, l'eau, elle va aller en quelque
part. Elle va aller en quelque part. >Puis, si, la rivière est pleine,
bien, elle va aller chez les gens. C'est naturel. Il n'y a pas moyen de faire
autrement.
Ça fait qu'à ce moment-là, le gouvernement
de l'époque avait dit : Bien, il y a un enjeu, il va falloir qu'on cesse
de détruire ces milieux humides là. Par contre, il considérait qu'il y avait
quand même des cas où c'était possible ou nécessaire de les détruire, mais,
pour ce faire, il y avait ce fonds-là qui permettait de venir compenser, donc
compenser avec de l'argent, mais pour reproduire ailleurs des nouveaux milieux
humides et idéalement dans le même secteur.
Et l'objectif de la Loi concernant la
conservation des milieux humides et hydriques était très, très clair, là,
c'était le début de la loi, là, c'était zéro perte nette. Ça, c'était
l'objectif. Et, force est de constater qu'on est très, très, très loin de ce
résultat depuis sa mise en application. Et l'enjeu, ce n'est pas la loi elle-même,
mais c'est plutôt... et, ça, plusieurs groupes nous l'ont dit, mais c'est
plutôt son application. Et c'est ce que d'ailleurs la Commissaire au
développement durable a constaté. C'est que ce n'était pas appliqué de la façon
que c'était supposé dans la loi. Ça fait que, ça, c'est un élément.
Puis, peut-être, je vais revenir en
arrière, à... Précédemment, avant l'adoption de cette loi-là, la façon... dans
le fond, il fallait que les groupes avisent les municipalités. Donc là, il y
avait aussi une certaine... il y avait une possibilité d'échange avec les
municipalités, mais bon, à la ville où j'étais, ce n'était pas une ville, à
cette époque-là, avant que je sois élue, qui se préoccupait de ça, et donc
c'était automatique, les destructions étaient autorisées. Mais, par la suite,
une fois qu'on a eu la possibilité, donc, de savoir que des demandes étaient
déposées, bien là on pouvait intervenir, mais malheureusement, là, il y avait
peu de moyens.
Donc, c'est sûr que la loi venait corriger
des éléments, mais, comme je dis, le problème, c'est qu'elle n'a pas été
appliquée. Et, ça, la commissaire est venue le dire. Et elle a été très, très
claire, là. C'était dans sa section... la première page, où elle disait :
«Nous avons relevé plusieurs lacunes qui mettent à risque l'atteinte de cet
objectif», qui était l'objectif d'aucune perte nette. «Le ministère n'utilise
pas de manière efficace les mécanismes prévus à ces fins.» Et là elle nous
disait, bon, qu'il y avait la désignation sur plan, puis ça, c'était... c'était
prévu dans la loi, qu'il y avait la possibilité de désigner sur plan des
milieux humides, mais que le ministère n'avait toujours pas recommandés. Et là
on est en 2023, là. La loi a été adoptée en 2017. En 2023, donc cinq ans plus
tard, le ministère n'avait recommandé aucun milieu à désigner à son ministre,
et ce, même si la valeur écologique de certains d'entre eux était connue depuis
plusieurs années.
• (10 h 50) •
On a aussi soulevé, à ce moment-là, qu'il
y avait un retard dans le dépôt de plusieurs plans régionaux des milieux
humides et hydriques, et conséquemment dans leur mise en œuvre. Mais ce qui
était... ce qui est étonnant, que... moi, je vous avoue que j'ai été surprise
qu'on a dit : «Le ministère n'a prévu aucun suivi de cette mise en œuvre avant
2033.» Une loi qui a été adoptée en 2017. Ça commence à faire très long. Et,
ça, la Fédération québécoise des municipalités, dans son mémoire, nous en a
parlé aussi. Ils nous ont dit, bien, dans leur cas... parce qu'à ce moment...
en 2023, lorsque le ministère a... pardon, la Commissaire au développement
durable a déposé son mémoire, elle soulignait qu'une majorité, là, de MRC
n'avait pas... n'avait pas déposé encore leurs plans régionaux, milieux humides
et hydriques, mais que, pour celles qui l'avaient fait, bien, en fait, il n'y
avait pas... les autorisations n'avaient pas été données. Puis là on nous
disait que ça prenait... c'était supposé de prendre six mois, mais qu'il y en
avait une, majorité, là, en fait, qu'on n'avait pas respecté ces délais-là. Là,
on était en 2023.
En 2025, donc, on reçoit le mémoire de la Fédération
québécoise des municipalités, puis ils nous disent : «Bien que l'ensemble — puis
là ils nous disent ici, là, ensemble — des MRC ont déposé leur plan
régional des milieux humides et hydriques en 2023», ce n'était pas... il y en
avait plusieurs qui ne l'avaient pas fait, mais là, maintenant, tout le monde
le fait, ils disent : «plusieurs MRC sont toujours en attente de
l'approbation ministérielle de leur plan. Ils ne sont donc pas rendus au stade
de la mise en œuvre, expliquant en partie le peu de projets déposés par
certains... dans certains territoires.»
Donc, au moins, on peut dire que toutes
les MRC ont déposé leur plan, mais on constate qu'elles n'ont pas été... ils
n'ont pas été tous approuvés. Bien, ça, évidemment, c'est un des éléments qui
avait été soulevé, et on ne semble pas encore avoir corrigé ça. Mais on veut...
on dit qu'on veut pouvoir envoyer des sommes dans d'autres régions, parce que
les sommes du fonds... du fonds... je cherche son nom exact, <là...
Mme Dufour :
...envoyer
des sommes dans d'autres régions, parce que les sommes du fonds... du fonds...
je cherche son nom exact, >là, mais le fonds, en tout cas, pour... pour
refaire les milieux humides et hydriques, on dit que ce fonds-là, bien, les
sommes ne sont pas assez utilisées. Puis, c'est vrai, c'est un constat, elles
ne sont pas assez utilisées. Mais, dans les faits, on constate qu'il y en a
plusieurs qui voudraient les utiliser, mais leur plan n'a pas été encore
approuvé par le même ministère. Et là on vient dire : Bien, on va
pouvoir... on va permettre que 15 % de ces sommes-là aillent ailleurs. Et
là la Fédération québécoise des municipalités l'a dit, ils sont en profond
désaccord avec ces modifications-là, parce qu'en fait ils disent : «Les
sommes payées en compensation doivent être réinvesties le plus près possible du
site où les milieux humides et hydriques ont été atteints, soit les
municipalités ou les MRC, au maximum, les bassins versants.» Et donc ça, c'est
un enjeu.
Et je vous ai parlé de la ville de Laval,
où j'ai... j'ai été plusieurs années, pendant huit ans. Bien, dans leur
mémoire, eux aussi soulignent cette crainte-là. Ils disent : «Les villes
de Laval et de Montréal font partie d'une vaste zone intégrée de l'eau du
Saint-Laurent. Cette zone, administrée par la Table de concertation régionale
du Haut-Saint-Laurent et du Grand Montréal, s'étend de Cornwall à Lanoraie et
compte un grand nombre de municipalités et de MRC. Le changement envisagé
mettrait notamment les sommes mises en réserve pour le territoire lavallois à
la disposition de l'ensemble de ces acteurs, ce qui pourrait réduire
considérablement l'aide accordée à la ville de Laval et sa capacité à restaurer
ses écosystèmes.»
Laval, c'est une île. Si on détruit un
milieu humide sur cette île-là et qu'on s'en va le recréer à Montréal, à
Sainte-Thérèse, à Longueuil, ça ne va absolument pas aider l'île de Laval à
réguler ses eaux. Donc, c'est important que les restaurations se fassent là où
ça peut se faire.
Par contre, il y a un enjeu des sommes,
les sommes qui sont nécessaires pour acheter des terrains dans ces zones-là. Par
exemple, Laval, mais Montréal, c'est la même situation, la rive sud, la rive nord
de Montréal, la ville de Québec, même chose, les coûts des terrains ont monté
beaucoup, beaucoup, beaucoup. Et donc, pouvoir faire des projets, ça devient
plus difficile parce que c'est extrêmement coûteux.
Là, il y a un enjeu aussi avec les sommes,
puis je vais souligner que les sommes qui étaient prévues lors de l'adoption de
la loi, les sommes en compensation, ont été réduites par le ministre qui est
ici présent, et donc c'est sûr qu'il y a un manque à gagner. C'était prévisible
en réduisant les sommes de cette ampleur-là.
Par contre, il y avait un enjeu par
rapport au Nord, au Nord-du-Québec, où il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de
milieux humides. C'est une autre situation. Mais la vallée du Saint-Laurent,
c'est problématique et c'est là qu'on a les plus grands enjeux d'inondations
récurrentes. Il va falloir permettre... Il va falloir qu'on puisse agir
localement. Est-ce qu'il y aurait possibilité de permettre que les sommes dans
le Nord aillent ailleurs? Ce serait à regarder, mais ça ne peut absolument pas
être l'inverse. Les sommes qui partent du sud, ça, particulièrement le long de
la vallée du Saint-Laurent, ne peuvent pas être utilisées pour recréer des
milieux humides dans des zones où il y en a... il y a moins de besoins, mais parce
que les terrains coûtent moins cher. Et c'est ça, la crainte, c'est ça, l'enjeu
possible.
Bref, la commissaire... Je reviens à la Commissaire
au développement durable, qui a souligné, donc, qu'il y avait des enjeux avec
la façon que la loi était appliquée, je disais, bon, par rapport aux plans
régionaux des milieux humides et hydriques, mais aussi dans la séquence
d'atténuation, éviter, minimiser et compenser. Puis, ça, on en a parlé... on en
a parlé beaucoup, là, lors de l'étude... en fait, les consultations
particulières, plusieurs groupes qui nous en ont parlé, qui nous ont dit, en
fait... bien, c'est ça, que la loi... la loi, comme elle était modifiée, bien,
elle n'aurait pas, là... elle ne répondrait pas aux lacunes identifiées par la
commissaire.
Et là je vais vous détailler ce que la
commissaire mentionnait, là, là-dessus. Elle disait : «L'application
rigoureuse de l'étape», donc d'éviter, minimiser et compenser, «n'est pas
assurée par le ministère lorsqu'il analyse les demandes d'autorisation ou des
projets réalisés dans de tels milieux.
«Par ailleurs, le ministère n'a pas
l'assurance que les mesures pour réduire au minimum l'impact des projets sur
les milieux humides et hydriques, prévues dans les autorisations qu'il a
délivrées, sont appliquées. La majorité des autorisations délivrées au cours
des 10 dernières années n'ont pas été inspectées.»
Ce n'est pas un enjeu de la loi, ici
aussi, là, ce n'est pas un enjeu avec la loi, c'est la façon qu'on l'applique
qui est soulevée. Et la preuve qu'on ne l'applique pas actuellement adéquatement
la loi, ce sont les.... c'est la quantité de milieux humides qui ont été
détruits dans les dernières années. C'est... <C'est...
Mme Dufour :
...la
loi, ce sont les.... c'est la quantité de milieux humides qui ont été détruits
dans les dernières années. C'est... >C'est hallucinant. On a des
chiffres. La ministre... La commissaire nous soulignait que ça, c'était avant
l'adoption de la loi, donc une analyse qui avait eu lieu en 2013, qui estimait
que, dans les basses terres du Saint-Laurent, en zones agricoles et urbaines,
il y avait de 40 % à 80 % des superficies de milieux humides qui
avaient été détruites, historiquement. Donc là, il y avait un constat en 2013,
il faut faire quelque chose, et il y avait eu une accélération. Entre 1990 et
2011... 1990 et 2011, 19 % des milieux humides avaient été perturbés ou
détruits dans les basses terres du Saint-Laurent. Donc, c'est pour ça qu'à ce
moment-là il y avait un drapeau rouge qu'il fallait faire quelque chose.
Donc, cette loi-là, la loi sur la
conservation des milieux humides et hydriques, a été adoptée en 2017, mais
depuis, malheureusement, on constate que la... les quantités de milieux
détruits n'ont pas diminué du tout. Je vais vous donner des chiffres ici. Ça,
c'était dans le mémoire de la Société pour la nature... SNAP, la nature et les
parcs du Canada, section Québec. Ils nous disaient qu'entre 2017 et 2022 la
destruction de 14 900 000 mètres carrés de milieux humides et
hydriques a été autorisée, alors que seulement 1 775 000 avaient été
compensés. Donc, on est très, très, très loin de l'objectif de zéro perte
nette. Et le problème, c'est ça, c'est qu'il y a une.... il y a une séquence,
puis la commissaire le mentionne, qui est éviter, minimiser et compenser, mais
on semble avoir tendance à s'en aller vers la compensation beaucoup, beaucoup
plus rapidement. D'ailleurs, elle souligne que l'étape de... tu sais, d'éviter,
elle semble très peu être utilisée, en fait, être prise en compte. Il y a
même... Ça, ça m'a... ça m'a surprise quand j'avais lu ça : on dit que
c'est dans les... une directive du ministère qu'on disait, finalement, que ce
n'était pas nécessaire d'aller vers l'évitement, là. J'essaie de le retrouver.
C'était quand même...
• (11 heures) •
OK, je vais revenir aussi dans le plan
stratégique, parce que, là, j'ai parlé de la loi, mais il y avait aussi un plan
stratégique que le ministère s'était... s'était doté, avait adopté, qui disait
qu'il devait y avoir un dépôt d'une méthodologie d'identification des milieux
humides et hydriques remarquables ou rares qui devait être fait en 2018 et la
protection de cinq milieux humides ou hydriques à l'horizon de 2020, en ayant
recours au pouvoir de désignation de son ministre, qui lui octroie... que lui
octroie la Loi sur la conservation du patrimoine naturel. Ça fait que ça, ça
aurait aussi permis de peut-être protéger davantage... en fait, protéger
quelques-uns des milieux humides.
Malheureusement, semble-t-il que... malgré
qu'effectivement on a produit un document qui venait identifier les milieux
humides remarquables, ça a été fait en 2018, le document identifiait près de
50 % de la superficie totale des complexes de milieux humides recensés
dans les basses terres du Saint-Laurent comme d'intérêt pour la conservation.
C'est énorme, là, c'est 1 563 kilomètres carrés de milieux humides
qui avaient été identifiés comme d'intérêt pour la conservation. On disait
qu'il y avait plusieurs sites là-dedans qui étaient à haute valeur écologique,
qui étaient connus depuis plusieurs années, et donc on... ils méritaient une
protection adéquate. Donc, ça, c'est connu, là, depuis 2018, mais ils n'ont pas
été désignés depuis ce temps-là. Ça n'a jamais été fait, malgré que c'était
dans le plan stratégique. Donc, ça, ça a été souligné par la commissaire.
Et là je revenais à la séquence d'éviter,
minimiser et compenser. Ça fait que non seulement on n'a pas désigné sur plan,
donc on n'a pas protégé des milieux, en plus, bien, on n'a pas... on n'a pas
appliqué la séquence qui est prévue dans la loi de façon rigoureuse, et
particulièrement pour l'évitement qui n'a pas été assuré. Donc, ce que je
disais, c'est que, normalement, selon la Loi sur la qualité de l'environnement,
bien, il devrait y avoir une démonstration qu'il n'y a pas... puis là je cite
le mémoire de la... pas le mémoire, mais le rapport de la commissaire :
«Il devrait y avoir une démonstration qu'il n'y a pas, pour les fins du projet,
d'espaces disponibles ailleurs sur le territoire compris dans la MRC concernée,
et que la nature même du projet nécessite qu'il soit réalisé dans ces milieux.»
Et, ça, cette démonstration-là, normalement, devrait permettre au ministère de
prendre en considération la possibilité d'éviter de porter atteinte aux milieux
humides et hydriques. Mais en fait, à compter de septembre 2020...
11 h (version révisée)
Mme Dufour : ...éviter de
porter atteinte aux milieux humides et hydriques. Mais en fait, à compter de
septembre 2020... — je le rappelle encore, loi adoptée en 2017 — septembre
2020, le ministère a déterminé, dans sa directive administrative, des
situations pour lesquelles la démonstration de l'impossibilité d'éviter de
porter atteinte au milieu pourrait être jugée satisfaisante. Et là, on a dit :
Par exemple, s'il existe... Il n'existe pas d'autres espaces disponibles, sur
le territoire de la MRC, dont les usages permettent la réalisation du projet.
Ces situations sont présentées dans la section Renseignements additionnels. Et
là, ils disent : Le ministère mentionne que dans les cas où le contexte du
projet ne correspond à aucune de ces situations, il serait préférable d'éviter
les milieux humides et hydriques.
Bon. Ça fait que ça, c'est ce qui est supposé,
dans la directive. Mais, par contre, quand la commissaire a audité pas moins de
35 autorisations ministérielles, bien, en fait, ils ont réalisé qu'il n'y
avait pas de démonstration de l'impossibilité d'éviter de porter atteinte au
milieu. Il y avait plutôt des démonstrations, dans 69 % des cas, des
justifications pour dire : Bien, voici pourquoi il faut réaliser le projet
à cet endroit-là. Donc, au lieu de démontrer pourquoi, tu sais... de démontrer
pourquoi ce n'est pas possible de faire le projet nulle part ailleurs dans la
MRC, bien 69 % des cas sont plutôt venus dire : Non, mais voici
pourquoi il faut que je le fasse là, ce projet-là, absolument.
Et c'est pour ça qu'une très, très grande
majorité des demandes ont été, en fait, autorisées. Et on ne s'est pas rendus à
éviter, on a peut-être tenté de minimiser dans certains cas, mais on constate
qu'il y en a beaucoup, beaucoup, beaucoup qui ont, en fait, été compensés
financièrement plutôt, ce qui a constitué un fonds quand même important aujourd'hui.
Mais on réalise qu'on est loin, loin, loin de zéro perte nette, qui était visée.
Et là, la commissaire nous dit que, depuis 2020, le ministère mentionne, malgré
la loi qui est claire à l'effet de la séquence, bien là, on vient dire, dans la
directive administrative, que la séquence éviter-minimiser-compenser constitue
une approche globale d'atténuation. Il indique que les trois éléments ne
constituent pas les étapes d'une séquence dans laquelle il faut satisfaire les
critères de la première étape avant de passer à la seconde. Le ministère donne,
comme exemple, que la démonstration satisfaisante de l'impossibilité d'éviter
de porter atteinte à un milieu humide ou hydrique n'est pas un préalable avant
de passer à l'analyse des mesures de minimisation prévues.
Ça fait que cette directive-là va à l'encontre
de la propre loi de laquelle elle découle. Qu'est-ce qui s'est passé entre 2017
et 2020 pour qu'on en arrive là? Ça, c'est une bonne question. Mais c'est clair
que, moi, j'aimerais entendre, j'aimerais voir qu'est-ce qu'il y a... qu'est-ce
que le ministère a répondu à ces constats-là. Parce qu'on vient... On propose
une loi, on dit qu'on corrige des éléments problématiques soulevés dans le
rapport, mais ce qu'on propose, ça ne répond pas à ces éléments-là, qui sont en
rapport. Alors, qu'en est-il, là?
Moi, j'aimerais vraiment voir cette
réponse du ministre aux constats qui ont été émis par la commissaire pour qu'on
atteigne enfin notre zéro perte nette. Les groupes sont sans équivoque à ce
sujet-là. On ne cesse de perdre de la superficie, il y a des inondations qui
empirent. D'ailleurs, il y a... Si je ne me trompe pas, c'est Canards illimités,
dans leur mémoire, qui nous disait : Bien, c'est un peu... c'est un peu
incohérent, de la part du gouvernement, de... d'un côté, ils offrent des
subventions et de l'argent pour créer des infrastructures vertes, pour, comme,
corriger, dans le fond, des problèmes d'inondation qu'il y aurait à des places,
mais de l'autre côté, dans les mêmes secteurs, ils vont autoriser la
destruction de nouveaux milieux humides. Donc, on vient dire : On veut
atténuer quelque chose, mais d'un même côté, on accorde de nouvelles
autorisations qui vont empirer ce qu'on essaye d'atténuer. Ça fait qu'on se
tire dans le pied dans les deux cas. Donc, on n'a pas le choix, il va falloir...
il va falloir revoir sérieusement cette loi pour arriver à ce qu'elle visait au
départ, c'est-à-dire d'être... d'avoir zéro perte nette de milieux humides et hydriques.
Il y a plusieurs groupes qui ont mentionné
qu'il serait peut-être nécessaire, aussi, de créer une banque de projets de
restauration. Donc, ce qui est proposé, là, dans le projet de loi puis qui est
soulevé par rapport au... à l'utilisation des <fonds...
Mme Dufour :
...ce
qui est proposé, là, dans le projet de loi puis qui est soulevé par rapport
au... à l'utilisation des >fonds, bien, est-ce que de permettre une diversion
des fonds de 15 % ailleurs, est-ce que, vraiment, ça va faire en sorte
qu'ils vont être plus utilisés, les fonds? Plusieurs groupes disent que non,
sauf s'il y avait une banque de projets de restauration, puis ça, il y a
Canards illimités qui en a parlé, mais il y a aussi le ROBVQ, c'est le Regroupement
des organismes de bassins versants du Québec, qui disait qu'il faudrait créer
un répertoire de milieux humides potentiels pour la restauration. En ayant des
projets comme ça, bien là, au moins on pourrait... pourrait voir des sommes...
les sommes être utilisées. La ville de Laval nous a souligné — et ça,
attendez, je vais juste ouvrir ici, voir le chiffre — qu'ils avaient,
si je me ne trompe pas, 13 hectares, 15 hectares, 15 hectares
déjà identifiés qu'ils pourraient restaurer. Ça fait qu'il y en a eu, mais, par
contre, c'est ça, ils ont besoin du... du financement du fonds de protection en
question, et c'est pour ça que pour eux, il n'est pas question que l'argent
aille ailleurs, là, ça c'est certain, parce que sinon, ils n'y arriveront même
pas. Puis il y a plusieurs groupes qui nous ont mentionné... Puis ça, je pense
que c'est avec l'Union des municipalités du Québec qu'on avait eu ces échanges,
où on avait soulevé... ou c'est peut-être la FQM, je ne suis plus certaine,
mais on avait... j'avais posé la question : Est-ce que les sommes
actuelles qui sont présentes dans le fonds, est-ce qu'elles sont suffisantes
pour compenser? Puis on nous a dit : Non, c'est certain, parce que les
coûts du terrain ont beaucoup monté depuis, ça fait que ça, ça, il y a un enjeu
à ce niveau-là, mais en parallèle, on continue à détruire.
D'ailleurs, toujours, la ville de Laval nous
disait qu'entre 2017 et 2022, ils avaient perdu 21 hectares de milieux
humides et hydriques, et ça, ce n'est pas, là.... on ne parle pas pour un hôpital
ou quelque chose d'essentiel, là, c'est principalement pour des constructions
résidentielles ou industrielles. Puis là, on nous dit qu'il y a toujours
d'énormes pressions, puis que les projections... les projections les plus
récentes estiment les pertes à venir à 11 hectares supplémentaires. Ça,
c'est juste une ville, c'est juste Laval, qui est un peu, quand même, somme
toute, un petit territoire par rapport au reste du Québec. Donc, si on ne
revoit pas la façon de faire réellement, bien, on ne changera pas la tendance,
et donc, c'est pour ça qu'il faut... il faut savoir qu'est-ce que... qu'est-ce
qui a été analysé suite au rapport de la ministère... de la Commissaire au
développement durable, de la part du ministère, qu'est-ce qu'ils ont analysé,
puis qu'est-ce qu'ils ont répondu pour voir... pourquoi, en fait, on propose
les changements qu'on propose présentement qui ne semblent pas corriger du
tout, du tout les problématiques.
• (11 h 10) •
Tu sais, le ministère a un rôle important
à jouer dans la protection. Ils ont aussi des... des activités de contrôle à
faire. Tu sais, il y a la séquence éviter-minimiser-compenser, bien, le «minimiser»,
par exemple, bien, même ça, quand ils y arrivent, même ça, le «éviter», ça
n'arrive à peu près jamais. Mais le «minimiser», ça, même ça, il n'est pas
contrôlé. Ça, la Commissaire au développement durable a fait le constat que,
malheureusement, il y a seulement... en fait, c'est moins de 40 % des
autorisations ministérielles délivrées qui ont donné lieu à une inspection de
conformité. Ça veut dire que 60 % des cas, au moins 60 % des cas,
n'ont pas été inspectés par le ministère. Ça fait que non seulement on passe
très rapidement d'«éviter» à «minimiser» à «compenser, mais en plus... — puis
souvent on se rend direct à «compenser» — mais en plus, quand on
choisit la deuxième, qui est de minimiser, qui serait comme... au moins, ça
serait déjà ça, bien, on ne valide pas pour que ce soit vraiment fait.
Il y avait un exemple qui avait été
soulevé, c'était dans les Laurentides, notamment, un milieu humide qui avait
été... il devait être, en fait, remblayé pour corriger un problème de drainage,
puis là, il devait y avoir une petite barrière de sédiments, pour protéger des
sédiments, que ces sédiments-là ne se rendent pas dans le milieu humide. Bien,
en fait, ça n'a jamais été mis en place, cette barrière de sédiments là. Et ça,
c'est un cas qui a été trouvé, mais il y en a combien qui n'ont pas été trouvés
parce qu'ils n'ont pas été inspectés?
Puis d'ailleurs, dans... il y a eu sept
des 25 mesures vérifiées qu'ils ont constaté qu'elles n'avaient pas été
appliquées conformément. Donc, ce n'est pas rien. Quand on dit : 28 %
des cas qui ont été inspectés, des rares cas qui ont été inspectés, bien, on a
trouvé que ça... ça n'avait pas été fait conformément. Alors, le ministère ne
joue pas son rôle, présentement, et là, on change une loi, quand même, de façon
substantielle sur la base d'un rapport, mais on ne sait pas qu'est-ce que le <ministère...
Mme Dufour :
...
une loi, quand même, de façon substantielle sur la base d'un rapport, mais on
ne sait pas qu'est-ce que le >ministère a répondu à ce rapport-là à
l'époque. Donc, c'est pourquoi j'ai fait cette motion préliminaire là, M. le
Président. Merci.
Le Président (M. St-Louis) :
Alors, merci, Mme la députée. Avant de céder la parole au prochain intervenant,
j'aimerais rappeler aux membres de la commission que lors du dépôt d'une motion
préliminaire, une seule intervention par membre est permise, et ce, sans droit
de réplique. Donc, ce n'est pas une discussion ni un débat. Est-ce que j'ai
d'autres intervenants? Mme la députée, la parole est à vous.
Mme McGraw : Merci, M.
le Président. Donc, pour enchaîner sur les remarques de ma collègue, pour nous,
c'est un enjeu très important, et je veux juste souligner le fait que, pour
donner et renforcer la confiance des Québécois dans nos institutions, que le bureau
de la Vérificatrice générale, d'où découle la Commissaire au développement
durable, c'est important que le gouvernement, que le ministère, que le ministre
réponde à ces constats. Donc, cette motion, on demande que le ministre réponde
aux constats émis par la commissaire en 2023, M. le Président, sur des enjeux
importants. C'est une question de confiance dans nos institutions. Et je ne
doute pas que si le bureau de la vérification générale aurait fait des constats
vis-à-vis d'autres organismes, de ministères gouvernementaux, j'espère qu'on
aurait eu une réponse. Alors, l'environnement, les milieux humides et hydriques
sont... ne sont pas moins importants pour un gouvernement qui se dit vouloir
être vert et respecter le développement durable.
Alors, ce n'est pas rien, qu'une Vérificatrice
générale prenne le temps, fait ses analyses, revient avec des constats, et on
attend toujours la réponse du ministre. Alors, c'est le sens de cette motion
préliminaire. Et je souligne aussi le fait que le Québec a été hôte... est hôte,
à Montréal, de la convention sur la biodiversité... la diversité biologique se
trouve à Montréal, et c'est à Montréal, et c'est pour cela qu'en 2022, en
novembre-décembre 2022, le Québec a été hôte de la COP15. On parle beaucoup de
la COP, on pense souvent aux changements climatiques, mais aussi, une COP,
c'est une Conférence des Parties vis-à-vis la Convention sur la diversité
biologique. Et à la COP15, à Montréal, où le Québec était hôte, avec le Canada,
le Québec s'est engagé à Haute Ambition, le groupe de Haute Ambition, pour
protéger non moins de 30 % de notre territoire d'ici 2030.
Alors, comment y arriver? On sait que...
Et cette protection, cette conservation, ne peut pas juste se faire dans le Nord-du-Québec.
Comme ma collègue, elle a souligné, l'idée d'un régime différencié nord-sud, je
pense que c'est très prometteur. Alors, je souligne ce contexte-là, le rôle de
leadership du Québec en matière de biodiversité, en matière de conservation, de
protection de l'environnement. Et là s'inscrit... et c'est là où s'inscrivent,
justement, les constats de la commissaire spécifiquement en lien avec les
milieux humides et hydriques.
Alors, elle a fait trois constats. Je
vais... Ça prend... Ça vaut la peine de le souligner, que le ministre... — et
ça c'est en 2023, on est rendus en 2025 — deux ans plus tard,
toujours pas de réponse. Alors, le ministère n'utilise pas de manière efficace
les mécanismes prévus pour assurer la protection et l'utilisation durable des
milieux humides et hydriques, malgré les pertes importantes de ces milieux, que
le Québec a connues depuis plusieurs décennies.
Le ministère n'a pas... Donc, deuxième
constat : le ministère n'a pas l'assurance que les mesures de minimisation
prévues dans ses autorisations ministérielles pour réduire au minimum l'impact
des projets sur les milieux humides et hydriques soient appliquées. Ça fait que
le ministère n'a pas l'assurance que ses propres... ses propres mesures sont
appliquées. C'est grave, M. le Président.
Troisième constat : le ministère ne
gère pas les programmes de restauration et de création des milieux hydriques et
humides de manière à compenser efficacement les pertes que ces milieux ont
subies.
Je reviens sur les mémoires qui ont été
soumis par plusieurs <groupes...
Mme McGraw :
...efficacement
les pertes que ces milieux ont subies.
Je reviens sur les mémoires qui ont été
soumis par plusieurs >groupes qui ont... qui, justement, ont souligné
l'importance de mettre en œuvre... de répondre aux constats de la commissaire
en matière de développement durable. D'ailleurs, dans le mémoire Mouvement
d'action régional en environnement, ils ont souligné... D'ailleurs LeJournal
de Montréal, qui a fait un reportage entre... qui a fait un reportage,
justement, sur la Loi concernant la conservation des milieux humides et
hydriques de 2017, ils ont regardé ce qui s'est passé en 2017 et 2022 qui a,
comme, mené au constat de la... de la commissaire, et ils ont souligné le fait
que le ministère a accordé 1 331 autorisations pour des projets en
milieux humides contre une compensation monétaire et qu'il en a seulement
refusé 29. C'est donc 98 % des demandes d'autorisation portant atteinte à
ces milieux qui ont été acceptées pendant cette période de cinq ans, M. le
Président.
Les faits rapportés dans Le Journal de
Montréal ainsi que l'audit de performance de la LCCMHH, effectué par le
commissaire... la Commissaire au développement durable dans son rapport qui a
été publié en avril 2023, montre que le ministère n'a pas mis en place les
mesures permettant de garantir que la première étape de la séquence, c'est-à-dire
l'évitement, soit utilisée efficacement. Effectivement, on évite l'évitement,
qui est la première phase, qui devrait être prioritaire. En effet, le ministère
n'a pas que... n'a fait que pelleter les problèmes par en avant, en plus de ne
pas avoir respecté sa propre loi. Et, aujourd'hui, à notre avis, selon ce
mémoire, les propositions du projet de loi n° 81 sont insuffisantes pour
empêcher la... la perpétuation du saccage des milieux humides et hydriques au
Québec, car elle n'offre pas de réponses adéquates aux problématiques relevées.
Alors, ça, c'est le Mouvement d'action régional en environnement.
• (11 h 20) •
Le Centre québécois du droit de
l'environnement, ils ont souligné le fait que les modifications proposées par
le projet de loi n° 81, je cite : «ne permettent pas de répondre aux
constats soulevés par la Commissaire au développement durable. Au contraire,
elles perpétuent des lacunes identifiées, notamment le fait que — et
je cite, on cite le rapport — "l'application rigoureuse de l'étape
de l'évitement n'est pas assurée lors de la délivrance des autorisations
ministérielles", en précisant que "près de 70 % des
autorisations ministérielles auditées sont accompagnées d'une justification de
réaliser le projet à l'endroit prévu plutôt qu'une réelle démonstration de
l'impossibilité d'éviter de porter atteinte aux milieux humides et hydriques
comme l'exige la Loi sur la qualité de l'environnement", et que la
directive administrative mentionne que " la détermination... pardon, la
démonstration satisfaisante de l'impossibilité d'éviter n'est pas un préalable
pour passer à l'analyse des mesures de minimisation."»
En somme, ce qu'on dit, c'est qu'on passe
trop vite à minimiser et compenser. On n'est pas sérieux en ce qui a trait à
nos engagements en matière d'évitement, et c'est ça le stade numéro un. Comme
j'ai dit, M. le Président, comme les trois R, si on ne réduit pas notre
consommation, qu'on ne réutilise... ce qu'on... ce qui est possible d'être
réutilisé et qu'on ne fait que recycler, on ne va pas résoudre le problème. Le
défi est trop large. Donc, c'est la même chose, il faut éviter... il faut être
sérieux en termes d'éviter, ensuite organiser et compenser. Ça fait que c'est
vraiment là-dessus.
La SNAP aussi, ils ont souligné le fait qu'ils
ont aussi des préoccupations majeures par rapport aux milieux hydriques et
humides et soulignent l'importance du rapport de la commissaire.
Nature Québec, il y a... propose, d'ailleurs,
en matière de milieux humides et hydriques, cinq recommandations qui vont,
pour... effectivement, qui s'inspirent des constats de la commissaire, entre
autres. Donc, une <recommandation...
Mme McGraw :
...pour...
effectivement, qui s'inspirent des constats de la commissaire, entre autres.
Donc, une >recommandation, c'est respecter l'ordre de priorité et la
séquence éviter, minimiser, compenser, qui doit... qu'il soit clairement
inscrit, dans la loi, que l'ordre de priorité de la séquence est vraiment éviter,
minimiser, compenser. Concernant les... les atteintes aux milieux humides et
hydriques, que ce soit rigoureusement appliqué et encadré par des balises
précises, renforcées, complètes et consolidées.
Recommandation n° 11 : — ça,
c'était 10 — Nature Québec recommande de rendre obligatoire la compensation.
Qu'il soit clairement inscrit dans la loi que des mesures compensatoires soient
obligatoires en cas d'atteinte inévitable aux milieux humides et hydriques.
Recommandation n° 2...
n° 12, pardon : prioriser les mesures
compensatoires concrètes. Que l'exécution de mesures compensatoires concrètes,
c'est-à-dire création, mais aussi restauration des milieux humides et
hydriques, soient prioritaires au versement d'une compensation monétaire. Recommandation
n° 13 : responsabilité les... responsabiliser les
requérants. Que les requérants soient responsables, à leurs propres frais,
d'identifier l'emplacement de leur projet de compensation, de la conception, de
la réalisation et du suivi jusqu'au moment où l'efficacité est démontrée.
Et, finalement, recommandation 14 :
maintenir une proportion de projets compensatoires à l'échelle provinciale. Que
soit maintenue la proposition d'allouer 15 % des contributions financières
perçues à titre de compensation pour l'atteinte à des milieux humides et
hydriques à des projets situés en dehors du territoire de la MRC ou de la zone
de gestion intégrée de l'eau où ces atteintes ont été autorisées.
Alors, comme je le dis, il y a plusieurs
mémoires, il y a plusieurs groupes qui se sont attardés — beaucoup
d'autres groupes — sur les milieux hydriques et humides, mais, en
particulier, en s'inspirant, entre autres, du rapport de la commissaire. Et je
pense que ma collègue, elle a très bien expliqué les enjeux, elle a cité...
Donc, je ne vais pas répéter les éléments clés, les constats, les détails dans
le rapport de la commissaire, mais ça a été émis. J'étais là, dans le temps, j'étais
là en commission. Effectivement, on a reçu ce rapport de la Commissaire au
développement durable en avril 2023. On est rendus en février 2025, on n'a
toujours pas de réponse. Donc, je souligne l'importance de cette motion on
aimerait avoir des précisions, une réponse complète du ministère face à ces
constats importants. Si vraiment l'objectif de perte... de zéro perte nette, si
on le prend au sérieux, c'est la moindre des choses.
Donc, on espère que le ministre va
répondre dans l'affirmative, oui, à cette motion, pour avoir, justement, une
réponse complète et éclairée. Merci, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : Merci
beaucoup, Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? M. le député
des Mille-Îles, la parole est à vous.
M. Arseneau : Il y en a une
douzaine, d'îles, en fait, dans l'archipel des Îles-de-la-Madeleine.
Le Président (M. St-Louis) : Excusez-moi.
Je vous ai débaptisé, M. le député. Îles-de-la-Madeleine.
Une voix : ...
M. Arseneau : Oui, oui, exact.
Donc, un peu moins de mille îles dans l'archipel des Îles-de-la-Madeleine. Oui,
simplement pour appuyer la motion, et merci à ma collègue, justement, des
Mille-Îles de nous ramener à cet... à ce rapport-là, fort important, qui nous
avait, rappelons-le, quand même, passablement ébranlés en 2023 — ça
fait déjà deux ans de cela — nous démontrant essentiellement que le
ministère lui-même ne respecte pas ses propres objectifs en matière de
protection des milieux naturels. Et je pense que c'est un élément qui nous a
été rappelé pendant les consultations particulières, aussi, par plusieurs des
participants et qui l'ont si justement fait valoir, que, normalement, on doit
éviter toute perturbation et que la démonstration à faire, c'est que c'était
absolument impossible d'aller de l'avant avec un projet à un endroit donné — et
ça semble tout simplement être disparu — où les gens passent
directement à l'idée de justifier pourquoi ils vont proposer de développer un
projet spécifiquement dans une zone <donnée...
M. Arseneau :
...où les gens passent directement à l'idée de justifier
pourquoi ils vont proposer de développer un projet spécifiquement dans une zone
>donnée et, ensuite, bien évidemment, développer une certaine
proposition de minimiser les impacts ou encore de les compenser. Donc, dès le
départ, il semble... et c'est la Commissaire au développement durable qui nous
en faisait la démonstration, on ne semble pas être assez exigeants pour que
l'argumentaire nous démontre qu'il n'y avait absolument aucun autre endroit où
réaliser ce projet-là.
Deuxième élément, évidemment, c'est à
savoir qu'est-ce que... qu'est-ce qu'on fait pour minimiser. Et, quand le
rapport indique que le ministère ne fait pas de suivi approprié, c'est, encore
là, inquiétant, c'est, encore là, lancer le signal que ce n'est pas si
important puis qu'on donne, essentiellement, un chèque en blanc aux
entreprises, aux promoteurs, une fois qu'ils ont eu leur autorisation, bien,
c'est comme si, à partir de ce moment-là, ils ont payé leurs 200 $, ils
ont passé go, et puis il n'y a plus aucune barrière, il n'y a plus aucune
condition, il n'y a plus aucune reddition de comptes, il n'y a plus aucune
mesure qui leur sont imposées, et ça, c'est dramatique, parce qu'on ne peut pas
se permettre, là, de laisser aller.
Troisième élément, on en a parlé aussi
abondamment, c'est qu'il n'y a pas de projet, essentiellement, là, le
pourcentage est tellement minime, il y a... On accepte tout. C'est le bar
ouvert. Alors, à partir de ce moment-là, on peut se demander si la loi sert
véritablement à quelque chose. Et lorsqu'on accumule des sommes importantes et puis
que les projets de compensation, eux, ne sont pas réalisés, bien, on recule à
chaque fois, on en a parlé avec les gens qui étaient venus nous rencontrer en
consultations particulières. Puis, comment on va rétablir l'équilibre entre,
justement, les milieux qu'on perd, alors qu'on a cet objectif-là, de zéro perte
nette, mais qu'en réalité, plus ça avance, plus le temps passe, plus cet
objectif-là nous échappe et moins on peut envisager, de façon réaliste, de
récupérer le temps et, surtout, le territoire et les espaces perdus? Puis là,
on en vient à dire : Oui, oui, mais on pourrait le faire ailleurs, on
pourrait le faire autrement. On sait que les fonctions écologiques des milieux
ne sont pas les mêmes, que ce soit un étang ou un milieu humide ou différentes
caractéristiques, différents écosystèmes, et c'est comme si, aujourd'hui, on
relativisait tout ça de façon presque banalisée, normalisée.
• (11 h 30) •
Je pense que la motion, ici, a la grande
valeur de nous ramener, essentiellement, à un constat qui est... qui est
important, qui est même accablant, et à l'idée, encore une fois, qu'après avoir
répondu, là, sur-le-champ, de... à froid un peu, là... Je me souviens des réactions
du ministre, c'était : Bien oui, mais peut-être que le rapport, au moment
où il a été rédigé, n'a pas pris en compte que depuis, la réglementation a
évolué, les pratiques ont peut-être changé. Il faut en... quand même, là, je
pense, qu'on puisse avoir des réponses officielles, et rigoureuses, et
complètes face à l'ensemble des constats qui sont dressés par une institution
aussi importante que celle du Commissaire au développement durable, qui est
associé, vous le savez, au Vérificateur ou à la Vérificatrice générale. C'est
le b.a.-ba. Je pense que c'est l'essentiel. Ensuite, on peut développer un
projet de loi pour améliorer les choses, espère-t-on, pour modifier les lois.
Mais on ne peut pas faire abstraction de ça, on ne peut pas tourner la page comme
si ce rapport-là n'existait pas.
Donc, j'appuie la motion qui est... la
motion préliminaire qui est déposée par ma collègue députée de Mille-Îles, et, essentiellement,
j'aimerais bien entendre soit la réponse ou, au moins, qu'on nous donne un
calendrier à savoir quand est-ce que la réponse, on peut s'attendre à
l'obtenir, pour pouvoir, justement, en tirer un certain nombre de conclusions.
Merci, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le député des Îles-de-la-Madeleine. Vous excuserez mon lapsus, je n'ai pas
voulu vous changer de circonscription, je vous rassure. Est-ce que j'ai
d'autres interventions sur la motion déposée par la députée des Mille-Îles? M.
le député, la parole est à vous.
M. Leduc : Oui, je vais être
assez bref, M. le Président. Je voudrais remercier l'opposition officielle pour
la motion, parce qu'ils ont fait un exposé assez éclairant sur la pertinence de
pouvoir entendre, là, la réponse à ce... au constat émis par la Commissaire au
développement durable. C'est vrai que c'est un rapport qui commence à dater,
presque deux...
11 h 30 (version révisée)
M. Leduc : ...assez éclairant
sur la pertinence de pouvoir entendre, là, la réponse à ce... au constat émis
par la Commissaire au développement durable. C'est vrai que c'est un rapport
qui commence à dater, presque deux ans maintenant, concernant les milieux
humides et hydriques, puis ce serait quand même un préalable intéressant et
fondamental pour les discussions que nous aurons aujourd'hui et dans les
prochaines semaines. Donc, bien, écoutez, sans... sans plus de détails, je
voulais vous signaler, donc, que j'allais appuyer la motion préliminaire de ma
collègue. Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? M. le ministre, la
parole est à vous.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Tout à l'heure, d'entrée de jeu, je mentionnais que, le plus
rapidement possible, j'allais déposer les amendements pour que l'on puisse
collaborer de façon constructive. Si jamais l'opposition, et c'est son plein
droit, souhaite déposer des motions de cette nature-là, qu'elle n'hésite pas à
nous les partager également. Parce que la réponse aurait pu être donnée très,
très rapidement... pardon.
Dès la fin du mois de septembre 2023, le
plan d'action a été présenté à la CAP. Donc, c'est un document qui a déjà été
transmis. Et, dans les journées qui ont suivi, en octobre de la même année, la
Vérificatrice générale a répondu ceci dans sa lettre réponse : «Ce plan d'action
satisfait l'ensemble des exigences du Vérificateur général.» Donc, je comprends
que les collègues ont pris une heure pour défendre une motion, mais on aurait
pu régler ça en quelques secondes. Ce sont des documents qui sont déjà
disponibles à la CAP. Et non seulement les documents sont disponibles, la
Vérificatrice générale s'est dite entièrement satisfaite par le plan d'action
qui a été présenté par le ministère.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. S'il n'y a pas d'autre intervenant, nous allons passer à la
mise aux voix de la motion préliminaire déposée par la députée de Mille-Îles.
Des voix : ...
Le Président (M. St-Louis) : Mme
la secrétaire, par voix nominale.
La Secrétaire : Mme Dufour
(Mille-Îles)?
Mme Dufour : Pour.
La Secrétaire : Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce)?
Mme McGraw : Pour.
La Secrétaire : M. Charette
(Deux-Montagnes)?
M. Charette : Contre.
La Secrétaire : M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
La Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Contre.
La Secrétaire : Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice)?
Mme Tardif : Contre.
La Secrétaire : Mme Picard
(Soulanges)?
Mme Picard : Contre.
La Secrétaire : Mme Gendron
(Châteauguay)?
Mme Gendron : Contre.
La Secrétaire : M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Pour.
La Secrétaire : Et M. St-Louis
(Joliette)?
Le Président (M. St-Louis) : Abstention.
Alors, la motion est rejetée. Est-ce qu'il y a d'autres motions préliminaires, Mme
la secrétaire?
Des voix : ...
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
on va suspendre quelques instants, le temps de déposer la motion au Greffier
pour que tous les membres de la commission puissent la lire. Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 35)
(Reprise à 11 h 41)
Le Président (M. St-Louis) :
Alors, la commission reprend ses travaux. Je cède maintenant la parole au
député d'Hochelaga-Maisonneuve afin que vous puissiez présenter la motion que
vous avez déposée. La parole est à vous, vous disposez de 30 minutes.
M. Leduc : Merci, M. le
Président. Dans le fond, je vais la lire :
«Que conformément à l'article 244 du
règlement de l'Assemblée nationale, la Commission des transports et de
l'environnement, avant d'entreprendre l'étude détaillée du projet de loi
n° 81, Loi modifiant diverses dispositions en matière d'environnement,
tienne des consultations particulières; et qu'à cette fin elle entende
M. André Beauchamp et M. Louis-Gilles Francoeur, respectivement
ancien président et ancien vice-président du Bureau d'audiences publiques sur
l'environnement, le BAPE.»
Puis M. Francoeur, bien sûr, a été longtemps
un journaliste au Devoir, si ma mémoire est bonne, qui avait été
spécialisé en environnement, que je lisais avec beaucoup de sérieux.
Les études détaillées sont toujours
intéressantes parce qu'on peut aller plonger dans la matière, dans... dans les
articles. Par contre, les audiences publiques sont tout aussi intéressantes, M.
le Président, et nous permettent de mettre un peu le cadre du débat à venir.
Les études détaillées... Les études... les audiences, pardon, les audiences
publiques, que nous avons eues il y a quelques semaines déjà, ont été
intéressantes, mais il manquait beaucoup de joueurs alentour de la table. On
aurait pu faire la longue liste. Moi, j'ai reçu des coups de téléphone,
notamment du milieu syndical, de la FTQ entre autres, qui était très déçue de
ne pas s'être fait inviter, malgré le fait qu'on avait placé des demandes à cet
égard-là et que c'est un acteur important dans la transition écologique,
énergétique, le milieu du travail.
Mais moi, personnellement, de ceux qui m'a
le plus surpris qui ont... qui n'aient pas été invités, c'est vraiment
MM. Beauchamp et Francoeur, qui... qui avaient des choses à dire, des
choses pertinentes à dire. Et ils ont... ils ont communiqué un mémoire assez
intéressant, assez substantiel. Je pense que c'est eux, d'ailleurs, qui ont...
qui ont utilisé pour la première fois le <concept...
M. Leduc :
...assez
substantiel. Je pense que c'est eux, d'ailleurs, qui ont... qui ont utilisé
pour la première fois le >concept de clause Northvolt, pour faire
référence à l'article 88 du projet de loi, si ma mémoire est bonne, qui
permet les travaux anticipés. Ils nous... ils nous disaient : Faites
attention, ça va... ça va refaire l'exemple Norhtvolt. Ça a été évoqué pendant
les audiences. M. le ministre n'adhérait pas à ce parallèle-là, en disant que
c'était dans le privé et que, nous, ça allait être plus du secteur public.
Cela étant dit, au-delà de public-privé,
le parallèle avec l'idée de démarrer des travaux rapidement, trop rapidement, avant
même une étude en bonne et due forme, devrait nous inquiéter. Et MM. Francoeur
et Beauchamp font de nombreuses recommandations, de nombreuses références. Ils
ont une expertise que, je pense, on aurait dû vouloir rechercher, qu'on aurait
dû vouloir entendre alentour de la table. Or, ça n'a pas été possible. Moi, je
tiens à les remercier publiquement, donc, à micro ouvert, de leur contribution.
Je pense qu'ils ont mis la table sur plusieurs éléments puis je suis convaincu
qu'on va faire référence à leur mémoire à de multiples reprises pendant l'étude
détaillée.
Cela dit, il n'est pas trop tard.
Évidemment, avec ce genre de motion là, on est bien conscients que c'est
rarement accepté une fois l'étude détaillée... les audiences terminées. Mais
j'ai été, donc, deux ans leader parlementaire, M. le Président, puis je peux
vous confirmer que le terme «négociation des groupes» est un terme un peu
galvaudé, en ce sens que c'est le gouvernement qui tranche, et puis on passe au
prochain appel. Puis même que, des fois... je dis «le gouvernement», c'est le
bureau... beaucoup le bureau du leader qui tranche. Des fois, j'ai même eu à
négocier, avec un ministre, l'ajout de groupes, puis lui, il était prêt à en
rajouter plus, mais c'était le bureau du leader qui avait mis un maximum, parce
que lui, il gère la machine à saucisses des projets de loi, puis il faut que ça
procède, puis il n'a pas le temps de s'enfarger dans des... dans des audiences
trop longues.
Ça fait en sorte, dans ce cas-ci, qu'on a
échappé des intervenants aussi pertinents que MM. Beauchamp et Francoeur,
d'autres intervenants que j'aurais pu rajouter aussi. Je vais me contenter de
cette seule motion aujourd'hui, M. le Président. Mais au regard de leur grande
expertise et de leur contribution, il me semblait incontournable de faire cette
motion-là pour les saluer et les remercier de leur contribution. Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
merci, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur cette motion?
Mme la députée des Mille-Îles, la parole est à vous.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. Alors, d'abord, je remercie le député de la deuxième... deuxième,
oui, deuxième opposition, pardon, pour sa motion. Je vous avoue que ce
mémoire-là m'avait échappé, parce qu'il est rentré dans... avec l'ensemble des
60 mémoires, que je disais, et la motion m'a permis, en fait, d'en
prendre... de prendre conscience qu'ils avaient déposé un mémoire fort
éloquent, effectivement, et deux personnes qui... des anciens membres du BAPE,
le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement.
Le BAPE, lui, je m'étais assurée qu'il
fasse partie de notre... de notre liste de groupes préliminaire, lorsqu'on
avait commencé à négocier des groupes avec la partie gouvernementale, qui avait
été accepté, d'ailleurs, mais le BAPE s'était désisté des audiences. Donc, ça,
ça a été une de mes déceptions, parce que j'aurais aimé les entendre. Mais ils
ont fourni un rapport, un rapport intéressant... un mémoire, pardon,
intéressant, mais j'aurais aimé pouvoir échanger avec eux. Et donc... et parce
que c'est un point de vue... Il y a des éléments, dans le projet de loi, qui
vont avoir un impact sur les travaux du BAPE, il y en a quand même plusieurs, et
donc de pouvoir comprendre l'étendue de ces changements-là, de l'impact pour...
pour les audiences publiques notamment, mais pour la crédibilité, aussi, de
l'organisme, ça aurait été... ça aurait été intéressant de pouvoir échanger. Il
y a quand même des éléments, dans le rapport du BAPE, qui sont intéressants,
mais M. Beauchamp et M. Francoeur apportent un éclairage différent. Ils vont
plus loin dans plusieurs éléments, dans leur rapport, c'est fort intéressant.
Je vais vous donner des exemples de ce que
le mémoire du BAPE soulignait. Pour eux... bien, ils soulignent... En passant, il
y a... ce n'est pas rien, là, ils ont... ils ont confié... le BAPE s'est vu
confier par le ministre plus de 1 100 mandats, dont 720 périodes
d'information publique depuis sa création. On s'entend que ce n'est pas de... par
ce ministre, c'est l'ensemble des ministres de l'Environnement. Donc, ils ont
une grande expertise sur des consultations publiques. Et ils soulignent que plus
de 95 % des <mandats...
Mme Dufour :
...une
grande expertise sur des consultations publiques. Et ils soulignent que plus de
95 % des >mandats qui ont été confiés au BAPE découlent de la
procédure d'évaluation et d'examen des impacts sur l'environnement qui est
prévue par la Loi sur la qualité de l'environnement. Donc, ça, c'est... cette
procédure-là, elle est modifiée dans le projet de loi. Et, comme on voit, là,
c'est 95 % des mandats au BAPE qui découlent de cette... de cette loi-là.
Alors, les changements qui sont proposés dans le projet de loi, bien, ce serait
intéressant de voir à quel point ça aura des impacts sur les mandats qui seraient
confiés au BAPE.
Il y a un élément qu'il... qu'il soulève,
qui le préoccupe particulièrement, ce sont les fameux travaux préalables qu'on
a abondamment parlé tout à l'heure. Les collègues... particulièrement le
collègue, justement, de la deuxième opposition en a parlé, le député d'Hochelaga-Maisonneuve,
et le BAPE est préoccupé par le fait... puis là, je vous lis, là, une portion
de leur mémoire qui dit : «Par le fait qu'une telle disposition permette
au gouvernement de soustraire certaines composantes d'un projet à la procédure
régulière et éventuellement à un examen public du BAPE. Lors de ses activités
d'information et de consultation sur le projet, le BAPE risque de se retrouver
dans une position délicate devant un public qui remettrait en cause la
légitimité de ses actions, alors que certains travaux sont déjà en cours de
réalisation. Cela pourrait affecter non seulement la crédibilité des processus
d'information et de consultation publique, mais également celle de la procédure
dans son ensemble.»
Et donc ça, ici, puis je l'ai... je l'ai
souligné, là, Hydro-Québec nous avait mentionné que le genre de travaux
préalables qu'ils imaginaient, c'était l'installation, par exemple, de
postes... postes de distribution, mais on l'a vu que même des postes de
distribution peuvent soulever les passions. En fait, tu sais, je vous disais,
je suis une ancienne élue municipale et je peux vous dire que tout ce qui
touche le citoyen le plus proche de chez lui a toujours un impact sur
l'acceptabilité. Puis c'est...
• (11 h 50) •
Ça fait que, de faire les choses à
l'envers, on n'est pas nécessairement gagnants. Si on permet de faire des
travaux avant qu'on... que l'analyse se fasse, bien, non seulement les gens
peuvent se braquer, les citoyens, puis ça, je l'ai vu souvent au niveau
municipal, plusieurs projets municipaux, c'est important de les inclure dans le
processus dès le début, mais... mais si les citoyens se braquent, puis que ça a
un impact sur la crédibilité du BAPE, bien, finalement on ne sera pas gagnants.
Parce que, tu sais, les gens ne croiront plus rien, aucun... aucune portion du
processus. Et, tu sais, à l'ère de la désinformation, les réseaux sociaux, on
le voit comment les informations circulent à une vitesse phénoménale aujourd'hui.
Bien, le BAPE, c'est une des institutions qui est encore... qui est crédible
puis que les gens... les gens, je pense, ils lui accordent beaucoup
d'importance. Les rapports du BAPE, moi, en tout cas, je n'ai pas entendu, là,
d'éléments majeurs qui disaient : Non, non, ils sont... c'est un groupe
qui est... qui est biaisé, ou quoi que ce soit. Tu sais, ça a encore cette
crédibilité-là. Alors, il ne faudrait pas... alors que toute notre démocratie
semble s'éroder, il ne faudrait pas venir donner flanc à la possibilité de
dénigrer cette institution-là.
Et, je reviens à MM. Beauchamp et
Francoeur, bien, ils nous disent que c'est important, c'est... il y a des
risques importants ici pour... pour le BAPE. Et ce sont quand même deux... deux
ex-président et vice-président du BAPE, donc je pense que... Puis, de mémoire,
là, M. Francoeur, il a été là, je pense, 10 ans, si je ne me trompe pas.
Non, il a été là cinq ans, de 2012 à 2017. Puis, pour ce qui est de M.
Beauchamp, je ne le sais pas, mais... mais ce qui est clair, c'est que je pense
qu'ils ont une expertise importante concernant le BAPE. Et ils nous offrent
effectivement, dans leur mémoire, des éléments vraiment intéressants.
D'ailleurs, ils abordent des éléments que personne d'autre n'a abordés, et donc
de les entendre, ce serait... ce serait effectivement pertinent.
Je vais abonder dans le même sens que mon
collègue, là, on a entendu beaucoup de groupes, 22, mais pour moi ce n'était
pas suffisant. Puis d'ailleurs ma... la liste que j'avais soumise était quand
même plus importante que ça, puis il y a d'autres groupes qu'on aurait pu
entendre. Puis je l'avais dit, là, d'emblée dans mes remarques préliminaires,
là, l'Association des biologistes, notamment, du Québec, parce qu'il y a un
élément, dans le projet de loi, qui... qui vient modifier leur rôle de façon
importante, que j'aurais aimé entendre. Mais bref, ces deux personnes-là,
l'ancien président et vice-président du <BAPE...
Mme Dufour :
...mais
bref, ces deux personnes-là, l'ancien président et vice-président du >BAPE,
nous amènent beaucoup à la prudence dans le... les modifications à faire au
rôle du BAPE. Et, ce qu'ils... ce qu'ils disent, bien, il y a des risques dans
le fond de perte de crédibilité, ça, ils le soulignent, mais il y a aussi
qu'ils disent... ça, c'est intéressant, ils disent que le ministre de
l'Environnement pourrait se placer en situation de conflit d'intérêts. Puis ça,
personne ne nous a parlé de ça dans d'autres mémoires, en tout cas, à ma
connaissance, là.
Ils parlent toujours des fameux travaux
préliminaires ou préparatoires, pardon, préalables, plutôt, travaux
préparatoires d'un grand projet. Et ce qu'ils disaient, ils disent, c'est que,
pour eux, il faudra au minimum confier l'examen de la justification d'un tel
feu vert aux travaux préparatoires d'un grand projet à la commission d'enquête
du BAPE, donc de redonner cette approbation-là au BAPE, qui devra
éventuellement l'analyser et le soumettre à une consultation publique. Seule
cette solution offrirait des garanties de transparence, de rigueur et
d'indépendance qu'offre la PEEIE, c'est la... c'est l'étude, en tout cas, c'est
l'étude environnementale, c'est un long acronyme, bref, et la loi des
commissions d'enquête.
Ce qu'ils nous disent, c'est qu'une telle
commission, qui en viendrait à la conclusion, par exemple, que les informations
fournies sont suffisantes pour autoriser les travaux préliminaires, aurait un
poids beaucoup plus important qu'une consultation dirigée par le ministère,
surtout pour un projet proposé et appuyé par un gouvernement, dont le ministre
de l'Environnement fait partie, ce qui risque de le placer en situation de
conflit d'intérêts. Donc, ça, je trouvais que c'était... c'était un angle fort
intéressant, qu'on n'a pas vu ailleurs.
Les... d'autres groupes nous ont mentionné
que les travaux préalables préparatoires pourraient faire en sorte que des...
qu'on détruise des milieux, alors que ce n'était peut-être pas nécessaire ou
que c'était prématuré. Puis c'est sûr que la loi prévoit de pouvoir remettre en
état, mais on s'entend que quelque chose qui a été détruit... détruit... un
milieu naturel détruit, là, ça ne se refait pas en criant ciseau, là. On ne
peut pas juste dire : Bien, je vais mettre... je vais mettre de l'argent, puis
ça va se refaire. Un milieu naturel, ça prend des décennies et des décennies à
se créer.
Et d'ailleurs MM. Beauchamp et
Francoeur nous le soulignent. Ils nous disent : «Tous comprennent qu'un
gouvernement aime bien rencontrer les échéances de ses agendas politiques, mais
prendre prétexte du fait qu'il faut raccourcir d'un an ou deux l'examen d'un
projet de complexe hydroélectrique, par exemple, alors qu'il va modifier
l'environnement pour des siècles, ne se justifie pas. L'échelle temporelle de
la lutte aux changements climatiques et de la transition énergétique se calcule
en décennies. Les retards qu'accusent souvent les gouvernements dans le
lancement des grands projets, généralement causés par un manque de vision à
moyen et à long terme, ne doivent pas se solder par des entorses à une
évaluation environnementale qui sera débattue et analysée globalement, y
compris en incluant les travaux préparatoires des grands projets.»
Là, je souligne un des exemples de projet
gouvernemental qui a eu des grands délais, mais pas du tout par la faute du
processus du BAPE, le troisième lien. Le troisième lien, c'est un projet qui a
été promis, qui a été dépromis, qui a... On a finalement décidé de reculer.
Après ça, on est retournés... on retourne en proposition... en appel de
propositions. Bien là, aujourd'hui, là, ce projet-là, ça fait longtemps qu'il a
été été promis, mais ce n'est pas parce que ça... Les délais, ils ne viennent
pas du procédure de la... le processus du BAPE. Ça, c'est un exemple. Bien là,
est-ce qu'on va vouloir rattraper les retards en... disons, en faisant des
travaux plus rapidement? Bon, je comprends que ce n'est pas un projet
énergétique, mais... mais, tu sais, il y a... il y a disons, des entorses qui
pourraient être faites à plein de projets qui...
On peut se poser la question, puis le...
si c'était nécessaire, puis le collègue d'Hochelaga-Maisonneuve mentionnait que
le... MM. Beauchamp et Francoeur, ils ont été les premiers à mentionner
l'article Northvolt. C'est effectivement... tu sais, c'est écrit dans leur
mémoire, là, c'est... Et ils disent dans le fond que ça, c'était un projet... c'est
un projet qui est supposément... qui est supposé d'aider à la transition
énergétique du Québec, là, je dis bien «supposément», là, ce n'est pas
démontré. Là, il y a eu des travaux qui ont été autorisés. Les travaux se sont...
tu sais, avant que toute l'étude du projet se soit faite, là, les... le
débroussaillage du terrain s'est fait, milieux humides ont été remblayés, les
arbres ont été <coupés...
Mme Dufour :
...le débroussaillage
du terrain s'est fait, milieux humides ont été remblayés, les arbres ont été
>coupés. Puis là, boum! problème de liquidité financière. On ne sait
même pas si le projet va se faire à ce stade-ci. Le président, il n'est plus
là, le président en Suède n'est plus là, le président au Canada n'est plus là.
C'est un projet qui bat de l'aile, réellement. Mais tous les milieux humides...
et le boisé a déjà été fait.
Alors, est-ce qu'on peut vraiment prendre
ces risques-là? Moi, c'est... c'est quelque chose. Puis, dans un secteur... je
vous parlais tout à l'heure de la Commissaire au développement durable, mais
dans un secteur où il n'y en a plus, de milieux humides. Dans ce secteur-là de
la Montérégie, il n'y en a plus. Alors, ce qui a été détruit, bien, ça va être
difficilement, en plus, remplacé, même si l'entreprise s'est... s'est engagée à
refaire un milieu humide. Mais il faudra voir où ça va être fait. Mais, pour
l'instant, c'est surtout la compensation financière qui a été faite.
Alors, il est clair que, si MM. Beauchamp
et Francoeur auraient beaucoup... on aurait beaucoup d'intérêt à les entendre,
à échanger avec eux. Et ils donnent un exemple, ça, j'ai trouvé ça intéressant,
ils disent : «Les projets d'une ampleur telle qu'il serait justifié de
rogner quelques mois sur la procédure normale d'évaluation ne sont pas
nombreux. Si le gouvernement se retrouvait devant une réelle urgence, il
conviendrait plutôt qu'il demande à l'Assemblée nationale, dans le cadre d'un
projet de loi spéciale, d'autoriser de tels travaux préalables en modifiant,
par exception, l'application de la LQE, la Loi sur la qualité de l'environnement,
y compris en débattant la question publiquement en commission parlementaire.
Cette démarche serait plus conforme au caractère d'exception du projet qu'un
simple décret gouvernemental.» Alors, ici, il y a une solution qui est proposée
pour accélérer les projets dans les cas peu nombreux qu'ils soulignent où une
telle... un tel caractère d'exception serait nécessaire, donc. Et ça, je pense
que je vous l'ai déjà mentionné... C'est ça.
• (12 heures) •
Puis, après ça, bien, ils nous parlent
aussi d'un autre élément qui les préoccupent, que le BAPE... Puis j'ai... je ne
suis pas certaine que le BAPE lui-même en a parlé dans leur mémoire, donc ça
aurait été intéressant de les entendre. Ils disent que la proposition de donner
au BAPE le mandat de vérifier l'admissibilité des demandes d'audiences
constituerait une sorte de préjugement sur la valeur des arguments invoqués par
des demandeurs devant la commission d'enquête éventuellement chargée de
l'examen d'un projet. Et là ce qu'ils disent, c'est : «La jurisprudence en
matière de frivolité est suffisante pour que les règles actuelles continuent de
s'appliquer. Il ne faut surtout pas... et ça, c'est très important, il ne faut
surtout pas refiler cette tâche au BAPE, dont on doit préserver la crédibilité
et la neutralité, ce que je vous parlais tout à l'heure, en lui confiant le
moins possible de missions administratives en lieu et place des responsabilités
du ministre et de son ministère.» Alors, ici aussi, ça aurait été intéressant
de les entendre.
Et, par la suite, ils parlent du système
de compensation financière. Et, ça, j'en ai parlé tout à l'heure lors de la
motion... de la motion préliminaire sur la Commissaire au développement durable.
Mais ils mentionnent comme quoi, normalement, le système de compensation... Ils
disent : «Le système de compensation financière a transféré les risques
inhérents à ce type de travaux au gouvernement, à la société, à l'environnement
en cas d'échec. Rien dans le système actuel de compensation ne maintient la
responsabilité à long terme des promoteurs en cas d'échec du projet de
restauration ou de création du ou des milieux humides censés compenser leur
projet afin d'atteindre l'objectif zéro perte nette.» Mais ça, ce système de
compensation là, il est aussi proposé maintenant dans le projet loi 81
pour les espèces fauniques. Donc, on... pardon, les espèces floristiques. Donc,
on voudrait proposer, donc, de pouvoir compenser la destruction d'espèces
floristiques, ce qui n'est pas le cas présentement. Et ils soulignent
clairement ici que ça ne fonctionne pas. Ça devrait... Ils disent : «Le
projet de loi n° 81 devrait restaurer la responsabilité des promoteurs et
le système de compensation financière devrait s'appliquer seulement par
exception, au lieu d'être la règle générale.»
Donc, moi, ça va compléter mon
intervention sur la présence de MM. Beauchamp et Francoeur, que je trouve
qu'il serait très pertinent de les entendre pour mieux comprendre, comme...
comme le BAPE a refusé, dans le fond... bien, s'est désisté de participer aux
travaux, mais que ces gens-là puissent... pourraient peut-être mieux nous
éclairer sur les impacts du projet de loi n° 81 sur le BAPE. Merci, M. le
Président.
Le Président (M. St-Louis) : Merci
beaucoup, Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur cette
motion? Mme la députée, la parole est à vous.
Mme McGraw : Merci, M. le
Président...
12 h (version révisée)
Le Président (M. St-Louis) : ...d'autres
interventions sur cette motion? Mme la députée, la parole est à vous.
Mme McGraw : Merci, M. le
Président. Je dispose de 10 minutes maximum, juste pour confirmer?
Le Président (M. St-Louis) : 10.
Mme McGraw : Merci. Alors, j'enchaîne
sur ma collègue, pas surprenant, dans mes remarques préliminaires. C'est un
enjeu majeur qu'on a souligné, cette préoccupation par rapport à une exemption
qui devrait être exceptionnelle.
Et justement le mémoire des messieurs...
de M. Beauchamp et de M. Francoeur... Ils disent, ils précisent que, si,
vraiment, il y a une urgence d'agir, on a déjà en place des mécanismes à l'Assemblée
nationale, en commission parlementaire... parlementaire pour agir vite si on a
besoin de... mais ça ne devrait pas être une nouvelle norme, cette exemption-là,
puis, à la fin de cette section de leur mémoire, ils disent : «Ajoutons
que personne ne peut nier qu'une telle entorse, limitée aujourd'hui aux projets
liés à la transition écologique, constituerait un précédent, un précédent dont
d'autres promoteurs privés et publics voudront se revendiquer à l'avenir, ce
qui pourrait, avec le temps, multiplier les failles dans le socle de la loi sur
l'environnement.»
Et justement on l'a vu en consultations
particulières, que, déjà, des entreprises privées demandent que cette exemption
s'applique à eux. Donc, ça créerait un précédent important. Encore une fois, on
est pour la transition énergétique. On veut mettre en place des conditions
gagnantes, c'est-à-dire, il faut faire nos devoirs. Il faut bien faire les
choses. Il faut faire les choses en ordre. Il faut regarder le triple bilan...
qu'on regarde est-ce que le projet est viable au niveau économique, au niveau
environnemental, et est-ce qu'il y a de l'acceptabilité sociale. Le BAPE est
primordial, et on a le devoir... tous et toutes, en tant qu'élus, notre premier
devoir, ce n'est pas vis-à-vis, même, nos comtés, c'est vis-à-vis le bien
commun, c'est dans... On travaille dans l'intérêt public, et enlever... avoir
cette exemption-là va à l'encontre de l'intérêt public. Comme je dis, on est
pour la transition écologique. Il faut bien faire les choses.
On se souvient... dans le mémoire, il
décrit ça comme l'article Northvolt, mais on se souvient très bien... dans les
premiers jours, on se souvient, ce n'est même pas clair, la position du
gouvernement, il va-tu y avoir un BAPE ou non? À l'intérieur de deux, trois
jours, il y avait le ministre de l'Environnement qui disait non, il y avait le
ministre de l'Économie et de l'Énergie qui disait oui, et le premier ministre,
ce n'est pas clair. Donc, pour éviter cette confusion-là, soyons clairs, soyons
clairs sur la nécessité de bien faire les choses en ordre et que, justement, il
faut débattre. On ne peut pas avoir d'exemptions sur des travaux préliminaires
parce que non seulement ça pourrait créer des précédents inquiétants, mais ça
pourrait aussi créer des préjugés.
Et je cite... Ma collègue a beaucoup cité
cette section-là. Donc, je ne reprendrai pas tout ce qu'elle a cité, mais, dans
leur mémoire, on souligne que le fait qu'une telle entorse au principe de
prévention environnementale, qui demeure une pierre angulaire de notre... de nos
droits, de la législation environnementale... une entorse au principe de
prévention environnementale convaincra davantage le public et les groupes
sociaux que le projet est politiquement préautorisé dans l'esprit du
gouvernement et que le processus de consultation publique censé les impliquer
dans la décision finale n'est qu'un leurre. Il en résultera une dévaluation de
la PEEIE tout à fait contraire à l'intérêt public.
On demande depuis deux ans, M. le
Président, d'avoir une stratégie, une consultation nationale sur notre futur
énergétique. Notre chef, il a demandé au premier ministre, en janvier 2022...
pardon, 2024... pardon, 2023, désolée, d'avoir cette consultation nationale.
Donc, oui, on planifie. Une fois qu'on a cette consultation, on fait qu'on a...
le peuple québécois... ça devrait... ça devient vraiment un projet de société,
on peut avancer, mais il faut bien faire les choses. Donc, pourquoi ne pas <avoir
de consultation maintenant...
Mme McGraw :
...un
projet de société, on peut avancer, mais il faut bien faire les choses. Donc,
pourquoi ne pas >avoir de consultation maintenant? On est... on a
évidemment le plan d'Hydro-Québec, la vision d'Hydro-Québec, c'est très bien,
très important, mais la vision globale du gouvernement, d'Hydro-Québec, qui est
primordiale, importante... mais où est la vision globale de ce gouvernement sur
notre avenir énergétique, il n'y a pas... et des consultations publiques? On
demande une commission nationale... des consultations nationales de ce
gouvernement-là parce que c'est dans l'intérêt public, et on travaille tous et
toutes dans l'intérêt public.
Donc, aussi, je veux juste citer... parce
que risque... si le... on n'adopte pas cette motion que... avec, évidemment,
laquelle je suis en accord, je vais prendre le temps de lire quand même des
éléments. Ce serait mieux de l'entendre directement des MM. Beauchamp et
Francoeur, surtout que le BAPE s'est désisté aux consultations particulières, mais
je vais citer... Justement, ils soulignent le fait que «la loi québécoise sur
la qualité de l'environnement repose sur un socle législatif basé sur une
politique de prévention des impacts négatifs des grands projets qui fait
l'envie de plusieurs dans le monde». Et ils continuent que «cette pierre
angulaire de la loi exige depuis près d'un demi-siècle un examen préalable de
l'ensemble des impacts d'un projet avant qu'on ne lève la première pelletée de
terre».
Ça fait que, comme ma collègue a expliqué,
il y a déjà eu, avec Northvolt, des démarches qui ont été entreprises. On a
essayé d'éviter un BAPE, ce qui fait en sorte que ces projets-là, si on est
sérieux puis on veut que ça réussisse, il faut être sérieux, il faut faire les
choses... les bonnes choses en ordre, et ça, ça inclut un BAPE et ça n'inclut
pas d'exemption. Si on veut aller vite, s'il y a des cas exceptionnels, comme a
souligné ma collègue dans le mémoire, on a déjà les mécanismes en place
vis-à-vis... via l'Assemblée nationale, des commissions parlementaires, et que,
justement, ces démarches seraient plus conformes au caractère d'exception du
projet qu'un simple décret gouvernemental.
Et aussi le débat... l'avantage, c'est que
le débat public sur la loi spéciale permettrait au gouvernement de sensibiliser
du même coup le public au caractère d'urgence de la situation, si tel est
vraiment le cas, mais on ne devrait pas se trouver dans des situations
d'urgence, on devrait minimiser, parce que le gouvernement, on est souvent en
mode réaction. Alors, il faut être proactifs. Il faut planifier. Il faut avoir
une stratégie énergétique, et cette stratégie énergétique devrait être informée...
ça devrait être un projet de société informé par le public québécois via des
consultations publiques, et là on peut passer à l'action, mais là, si on se
trouve dans une situation d'urgence, par définition, en matière de transition
énergétique, par définition, ça veut dire que le gouvernement n'a pas fait ses
devoirs.
Donc, Northvolt, c'est une mise en garde.
C'est une mise en garde de comment ne pas faire les choses, justement. C'est
une mise en garde de comment ne pas faire les choses pour faire avancer la
transition énergétique, et ça, comme je le dis, il y a toujours le triple
bilan. Il faut faire les choses en ordre et toujours prendre en considération
la viabilité économique, mais aussi les impacts environnementaux et sociaux, et,
dans ce cas-là, c'est le BAPE qui est incontournable, et il n'y a pas
d'exemption, parce que ça représente une pierre angulaire de notre... de nos
lois environnementales, et on n'est pas, avec ce projet de loi, à renverser...
à revenir en arrière d'un demi-siècle de progrès, ici, au Québec. Merci, M. le
Président.
• (12 h 10) •
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres intervenants? M. le ministre, la
parole est à vous.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Moi, j'accueille toujours favorablement des motions, quoique
certaines me surprennent, et celle-ci me surprend d'autant plus qu'elle est
déposée par un collègue que j'estime beaucoup, oui, mais qui, de son propre
aveu, a été leader de sa formation politique. Donc, il sait fort bien comment
le processus se discute entre les leaders pour ce qui est des groupes à
recevoir au moment des consultations. Donc, à la base, le premier devoir de
chacune des formations politiques est de présenter une liste des groupes et des
personnes qu'on souhaite entendre, et sa formation politique n'a pas <demandé
à rencontrer...
M. Charette :
...des
groupes et des personnes qu'on souhaite entendre, et sa formation politique n'a
pas >demandé à rencontrer M. Beauchamp ni M. Louis-Gilles Francoeur.
Donc, déjà, je me surprends de sa demande aujourd'hui, et autant l'opposition
officielle que la troisième opposition n'ont pas non plus demandé à rencontrer
M. Beauchamp et M. Francoeur.
Mais, ceci dit, parmi les groupes que nous
avons entendus, c'est essentiellement et majoritairement des groupes proposés
par les oppositions. Donc, il y a eu ce travail de discussion entre les
formations politiques pour arriver à ce compromis, parce que c'en est un. On
aurait sans doute, au niveau du gouvernement, préféré entendre aussi d'autres
groupes, mais on s'est ralliés aux propositions majoritairement faites par les
collègues de l'opposition. Mais, dans tous les cas et pour tous les projets de
loi, on ne peut pas entendre l'ensemble des groupes qui se manifestent, et
c'est la raison pour laquelle on permet le dépôt de mémoires. C'est la raison
pour laquelle M. Beauchamp et M. Francoeur ont fait œuvre utile en déposant
leur mémoire, le BAPE également, et d'autres organisations, et c'est une façon
tout aussi valable de participer à la bonification du projet de loi n° 81.
Donc, pour ces raisons bien précises, on
va voter contre la motion, mais la première étape aurait été pour la deuxième
opposition de demander à entendre M. Beauchamp et M. Francoeur au moment de la
discussion. Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la
mise aux voix de cette motion. Est-ce que cette motion est acceptée ou rejetée?
Une voix : ...
Le Président (M. St-Louis) : Mme
la secrétaire.
La Secrétaire : M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Pour.
La Secrétaire : M. Charette
(Deux-Montagnes)?
M. Charette : Contre.
La Secrétaire : M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
La Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Contre.
La Secrétaire : Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice)?
Mme Tardif : Contre.
La Secrétaire : Mme Picard
(Soulanges)?
Mme Picard : Contre.
La Secrétaire : Mme Gendron
(Châteauguay)?
Mme Gendron : Contre.
La Secrétaire : Mme Dufour
(Mille-Îles)?
Mme Dufour : Pour.
La Secrétaire : Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce)?
Mme McGraw : Pour.
La Secrétaire : M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau : Pour.
La Secrétaire : M. St-Louis
(Joliette)?
Le Président (M. St-Louis) : Abstention.
Donc, cette motion est rejetée. Est-ce qu'il y a d'autres motions
préliminaires? Mme la députée des Mille-Îles, je crois que... Mme secrétaire,
est-ce que la motion est déposée?
La Secrétaire : Oui.
Le Président (M. St-Louis) : Donc,
la motion étant disponible sur Greffier, nous allons l'afficher pour que vous
puissiez nous la présenter et permettre aux collègues de la lire. Mme la
députée, la parole est à vous.
Mme Dufour : Oui, merci, M.
le Président. Alors, cette fois-ci, ce n'est pas un groupe qu'on n'avait pas
proposé dès le début. Donc, conformément à l'article 244 du règlement de
l'Assemblée nationale, je fais motion afin que la Commission des finances
publiques... non, pas la Commission des finances publiques, la commission — ça,
c'est une erreur — des transports et environnement, dans le cadre de
l'étude du projet de loi n° 81, Loi modifiant diverses dispositions en
matière d'environnement... des consultations particulières et qu'à cette fin elle
entende dès que possible l'Association des biologistes du Québec.
Et je vais répondre en même temps à ce que
le ministre vient... Pardon?
Une voix : ...
Mme Dufour : Ah! si vous
voulez, on peut prendre une pause. On va le corriger, on va le retourner. Si
c'est ce que vous voulez, M. le député, je n'ai pas d'enjeu.
Le Président (M. St-Louis) : C'est
conforme, c'est bon. Continuez, Mme la députée. Merci.
Mme Dufour : Parfait. Donc,
M. le ministre, juste avant, dans la motion préliminaire... motion préliminaire
précédente, il disait que les groupes... les oppositions fournissent des listes
de groupes. Bien, je peux vous dire que l'Association des biologistes du Québec
en faisait partie. Ce n'est pas compliqué, on avait fourni une liste de
40 groupes pour entendre... et la première version qu'on a reçue du
gouvernement, qui nous est revenue, c'était un, deux, trois, quatre, cinq, six,
sept, huit, neuf, 10 groupes. Donc, sur les 40, il y en avait 10 qui
avaient été acceptés. Donc, on est... on est loin de : On accepte les
groupes des oppositions, là. Il y a eu beaucoup de négociation, puis on a fini
à 22, là, mais l'Association des biologistes du Québec n'a jamais fait partie
de cette liste-là.
Pourtant, il y a un article quand même
important, l'article 120, dans le projet de loi, qui vient modifier le
rôle, en fait... Bien, en fait, en fait, actuellement, ce sont des biologistes
qui sont supposés de faire les... de signer les études de caractérisation des
milieux humides et hydriques, mais l'article 120 vient... vient changer ça
de façon quand même importante. Et donc moi, j'aurais beaucoup aimé entendre
l'Association des biologistes du Québec, je l'ai dit d'emblée, dès l'ouverture
des consultations particulières
Ils nous soulignent que, bien, c'est vrai
qu'il y a d'autres professionnels qui ont certaines <connaissances sur
les milieux humides...
Mme Dufour :
...ils
nous soulignent que, bien, c'est vrai qu'il y a d'autres professionnels qui ont
certaines >connaissances sur les milieux humides, mais, de façon
globale, disons, la compréhension complète des fonctions écologiques vient juste...
il y a juste les biologistes qui ont cette connaissance et cette compétence-là.
Ils nous disent, dans leurs... Et ça, c'est intéressant. Ils nous ont envoyé
deux mémoires, puis je vous en reparlerai après, mais la première version était
plus... Ils nous disaient, bon, que les autres professionnels qui possèdent des
expertises valables dans leurs domaines respectifs n'acquièrent pas une
connaissance approfondie de l'écologie, de la biologie des espèces et de
l'évaluation des fonctions écologiques. Or, ces savoir-faire sont indispensables
à une caractérisation et une évaluation rigoureuse des milieux humides et
hydriques.
Ça fait que non seulement on a vu tout à
l'heure qu'il y a des reculs importants, puis qu'on est loin du zéro perte
nette, mais là, en plus, on permettait à des gens qui n'ont peut-être pas la
connaissance approfondie de la biologie des espèces de signer des
caractérisations, et donc est-ce qu'on pourrait encore plus nuire à la
conservation de la biodiversité? Je me pose la question. Je vois une inquiétude
ici et j'aurais aimé les entendre à ce sujet-là. Ils nous disent, d'ailleurs,
l'association, que ça pourrait compromettre la validité des études de
caractérisation. Ça pourrait entraîner des évaluations incomplètes ou
inexactes.
Je peux même imaginer que ça pourrait
amener... mener à des poursuites s'il n'y avait pas... s'il y avait une
divergence dans ce qui est vraiment... ce qui... ce qui est produit comme
études, et surtout, c'est plus grave, c'est que ça pourrait nuire à la
conservation de la biodiversité, à la gestion des habitats et, ultimement, à la
prise de décisions éclairées, donc, et pour... et ce qu'ils nous disaient,
c'est que, pour les analystes du ministère de l'Environnement, bien, le fait
qu'il y ait une diversification des signataires sans garantie de compétence,
bien, ça compliquerait le travail des analystes du ministère. Ça pourrait
entraîner des retards et des coûts supplémentaires liés à la validation des
dossiers soumis, ce qui contredirait finalement les objectifs d'efficacité du
projet de loi.
• (12 h 20) •
Alors, moi, je me demande pourquoi on fait
ce changement-là. Selon les informations que j'ai, il y aurait 4 000
biologistes actifs au Québec. Donc, c'est quand même substantiel. Il ne semble
pas manquer de professionnels pour signer ces évaluations-là, ces... c'est ça,
ces évaluations-là. D'ailleurs, l'Association des biologistes du Québec demande
depuis de nombreuses années, puis je vais profiter de cette tribune pour en
parler... ils demandent d'être reconnus comme ordre professionnel.
Ils ont rencontré énormément de députés de
toutes les parties, je crois, à ce sujet-là, et incluant la partie
gouvernementale, et il y a une inquiétude par rapport à la formation actuelle,
mais surtout que, dans le ministère, puis ce n'est pas juste au ministère de
l'Environnement, il y en a ailleurs, il y a certaines... parfois, il y a des
non-biologistes qui... qui occupent des postes de biologistes au sein de la
fonction publique.
Ça fait que ça, ici, il semble y avoir un
enjeu, puis ce qu'ils nous disent, c'est que, sans un ordre... un ordre
professionnel, bien, malgré qu'il y a un code de déontologie, bien, ça reste
une contrainte morale. Il ne peut pas... Il n'y a pas de pouvoir d'enquête. Ils
ne peuvent pas l'appliquer. Donc, même s'il y avait quelqu'un qui contrevenait...
un biologiste qui contrevenait à son code de déontologie, bien, il n'y a pas
grand-chose qui peut être fait. Donc, ça, c'est l'enjeu avec le fait qu'il n'y
a pas l'ordre professionnel, mais là, en ouvrant encore davantage à des groupes
qui sont... bien, à des groupes de professionnels qui n'ont pas toute la
connaissance biologique, bien, ça pourrait être encore... amener encore plus
d'enjeux.
La restauration biologique... parce que,
tu sais, un des éléments du projet de loi, c'est... on aimerait, en tout cas,
restaurer éventuellement les milieux humides qui ont été détruits, bien, la
responsabilité, ça vient avec... pardon, la restauration biologique, ça vient
avec beaucoup d'incertitude. Donc, ce qu'ils nous disent, les biologistes... Puis
là j'ai eu des échanges avec eux, j'ai eu la chance de leur parler, mais je
pense que ces échanges-là, il aurait été pertinent que tout le monde les
entende ici, puis ça aurait amené, je pense, même d'autres groupes qui auraient
écouté ces <consultations-là, tu sais...
Mme Dufour :
...ça
aurait amené, je pense, même d'autres groupes qui auraient écouté ces >consultations-là,
tu sais, à bonifier leurs propres mémoires, mais, pour eux, ce qu'ils nous
disaient, c'est : Il faut mettre l'argent dans la conservation, c'est
certain. Ils nous disaient... L'idée initiale du... de la Loi sur la
conservation des milieux humides et hydriques était très bonne, l'objectif est
louable, l'objectif de zéro perte nette, on doit la... on doit le viser, on
doit l'atteindre, mais ce qu'ils nous disaient, c'est que, malheureusement, le
ministère de l'Environnement a maintenant pris la responsabilité des promoteurs
qui compensent.
Donc, c'est... en fait, c'est... il
charge... il charge une compensation au promoteur qui paie, qui est bien
content de payer puis, après ça, à n'avoir à faire quoi que ce soit, mais le
ministère, lui, après ça, il donne, dans le fond, le fardeau à la société
civile. C'est les organismes communautaires, c'est les municipalités, les MRC
qui doivent restaurer les milieux avec l'argent qui a été payé par le
promoteur. Le promoteur, il n'a plus, là... il n'a plus de... il n'a plus à se
préoccuper de ça, il a payé, c'est tout, mais là c'est rendu... le fardeau est
sur le reste de la population, et ça, c'est quelque chose que l'Association des
biologistes dénonce, et, je pense, ça aurait été intéressant de les entendre
sur cet élément-là.
Ce qu'ils nous soulèvent aussi, des
échanges que j'ai eus, c'est... puis ça, je pense qu'on peut le retrouver dans
leur deuxième mémoire, c'est que la séquence éviter, minimiser, compenser,
bien, ça ne change pas dans le projet de loi. Ce que je disais plus tôt avec la
Commissaire au développement durable quand j'avais ces échanges-là, tu sais,
comment on pourrait faire pour que la séquence, elle soit meilleure, mais je
pense qu'on aurait pu échanger avec eux.
Ce qu'ils nous disent aussi, c'est :
La compensation, ce n'est pas facile. On a beau dire : Bien, on met de
l'argent, mais ce n'est pas... un milieu humide... chaque milieu humide n'est
pas équivalent à l'autre. Il y a des fonctions écologiques que chacun des
milieux puis... sert, puis ça, d'ailleurs, la députée d'Argenteuil en avait
parlé lors des échanges avec des groupes, chaque milieu peut avoir une fonction
distincte, mais, si on compense avec un milieu qui est différent, c'est
peut-être... tu sais, on n'aura peut-être pas la même fonction écologique qu'on
avait besoin de compenser, mais qui a cette connaissance-là? Bien, ce sont les
biologistes. Alors, c'est important qu'il soient... qu'ils soient dans... dans
le... au fait de toutes les procédures.
Puis il y a un élément qu'ils ont soulevé
dans leur deuxième mémoire, puis pourquoi je dis «deuxième mémoire», c'est que
leur premier était succinct parce qu'ils voulaient respecter les délais du
début des consultations, mais le deuxième a été plus... plus approfondi, puis ils
nous ont dit que le délai était trop court pour une consultation approfondie...
qu'ils disaient... ils nous ont dit : «Si le gouvernement souhaitait
avancer de manière concertée, il serait utile de prolonger l'échéancier de
consultation afin de bénéficier pleinement de l'expertise approfondie des
parties prenantes clés comme l'Association des biologistes du Québec.»
Donc, pour respecter les délais, ils
ont... ils ont produit un mémoire très succinct. Par la suite, ils ont pris le
temps, dans le fond, des consultations particulières pour... pour peaufiner
l'analyse du projet de loi, mais ils ont... Il y a un fait, c'est que c'est un
projet de loi costaud, et, pour bien l'analyser, bien, probablement qu'un peu
plus de temps aurait été souhaitable dans ce cas-ci, mais c'est certain que
moi, j'aurais aimé pouvoir échanger avec l'Association des biologistes du
Québec.
Il y a un élément dans leur mémoire qui...
qui est inquiétant, puis ils parlent du fait... du pouvoir discrétionnaire,
puis ça, on en a parlé, on parlait des intentions gouvernementales...
réglementaires, pardon. Ma collègue en a parlé. Bien, ils soulignent dans leur
mémoire que le projet de loi n° 81 a recours à des termes qui donnent un
pouvoir discrétionnaire au ministre. On dit : «Le mot "prévoit",
et ses déclinaisons sont utilisés 125 fois, le mot "détermine"
et ses variations apparaissent 109 fois, le mot "exige" et ses
dérivés sont employés 49 fois et le mot "fixe" et ses
déclinaisons figurent 22 fois.»
Donc, un total de 305 occurrences,
305 fois où on donne des pouvoirs discrétionnaires au ministre. C'est
beaucoup, c'est beaucoup dans un projet de loi de 168 articles ou quelque
chose comme ça, 305 occurrences. Et là ce qu'ils nous disent, c'est :
«Dans la majorité des cas, ces termes désignent des conditions, restrictions,
interdictions, modalités ou exigences à prévoir, déterminées, exigées ou fixées,
mais il y a seulement 68 de ces actions qui sont précisées comme devant être
réalisées par règlement dans le texte actuel.»
Donc, tout le reste, tu sais, les 305
moins 68, là, faites le calcul, 200 et quelques, bien, ça, c'est tous des
pouvoirs discrétionnaires qui sont accordés au ministre sans <balise, et
là ce qu'ils nous disent...
Mme Dufour :
...c'est
tous des pouvoirs discrétionnaires qui sont accordés au ministre sans >balise,
et là ce qu'ils nous disent, c'est que l'absence de balises claires pour
encadrer ces décisions, bien, ça ouvre la voie à l'arbitraire et limite la
transparence. Je ne pense pas que c'est ça que le ministre veut, là, de
l'arbitraire, mais c'est la perception que ça donne, et c'est pour ça qu'on dit
souvent que c'est important d'avoir des balises claires, et là, actuellement, ils
ne sont pas là dans le projet de loi.
Ça fait que ça, c'est inquiétant, puis
j'aurais aimé pouvoir parler avec l'Association des biologistes du Québec pour
établir quelles seraient ces balises claires là qu'on pourrait avoir pour avoir
un projet de loi qui ne laisse justement pas place à de l'arbitraire, parce
que, nonobstant les intentions du ministre aujourd'hui, bien, dans deux ans, il
ne sera peut-être plus ministre, ce ne sera peut-être même plus son
gouvernement qui sera au pouvoir, et là ça va être quoi? Tout ce qui va être
ouvert, comme de la possibilité, de l'arbitraire, bien, ça peut aller dans un
sens comme de l'autre. Donc, quand c'est clair dans la loi, c'est beaucoup...
il y a beaucoup moins de risques que ça dévie dans un sens ou dans l'autre.
Donc, là-dessus, moi, je pense, ça aurait
été intéressant d'entendre l'Association des biologistes du Québec, surtout sur
l'article 120, mais il y a plusieurs autres articles qu'ils mentionnent
dans leur... leur projet de loi. Il me reste peu de temps, je vois qu'on va
suspendre bientôt les travaux, M. le Président, mais l'article 98, aussi,
ils nous... ils nous mentionnent qu'il est fait sans justification, que c'est
un article qui accorde au ministre le pouvoir de soustraire à l'examen tout
renseignement relatif à la localisation d'espèces menacées ou vulnérables, et
que ça, ça va à l'encontre des engagements du gouvernement en matière de
protection de la biodiversité.
Encore une fois, j'aurais aimé pouvoir
entendre l'Association des biologistes du Québec. Je pense qu'on va conclure
là-dessus, M. le Président, mais vous comprendrez pourquoi, pour moi, c'est
important qu'on les entende. Je pense qu'on va continuer en après-midi.
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
je vous remercie.
Compte tenu de l'heure, je suspends les
travaux jusqu'après les avis touchant les travaux des commissions. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 30)
15 h (version révisée)
(Reprise à 15 h 28)
Le Président (M. St-Louis) :
À l'ordre, s'il vous plaît! La Commission des transports et de
l'environnement reprend ses travaux. Nous poursuivons l'étude détaillée du projet
de loi n° 81, Loi modifiant diverses dispositions en matière
d'environnement.
Lors de la suspension de nos travaux cet
avant-midi, la députée de Mille-Îles faisait la présentation de la troisième
motion préliminaire. Mme la députée, je vous invite à poursuivre. Il vous reste
15 min 30 s.
Mme Dufour : Oui. Merci, M.
le Président. Là, je ne ferai pas 15 minutes, mais je vais juste rappeler le
pourquoi c'est nécessaire d'entendre l'Association des biologistes du Québec. OK,
ils sont ici. Il y a quand même des inquiétudes importantes par rapport à... aux
modifications qui sont faites dans le projet de loi pour la préservation des
milieux naturels et particulièrement les milieux humides et hydriques, dont les
biologistes sont les plus grands connaisseurs du sujet. Non seulement on change
certains éléments qui pourraient fragiliser la protection de ces milieux-là,
mais en plus on modifie... le projet de loi modifie un article qui fait en
sorte que d'autres professionnels pourraient signer, donc, les études de
caractérisation. Donc, c'est ce que j'avais mentionné avant notre pause. Et je
suis désolée parce que je ne me souviens pas exactement de tout ce que j'ai dit
déjà, mais certainement que c'est une inquiétude que je partage avec les
biologistes du Québec.
• (15 h 30) •
Pour avoir vu à l'époque, lorsque j'étais
au conseil municipal de la ville de Laval, il y avait quand même des
différences d'opinions, je dirais, entre des biologistes de la ville et des
biologistes des promoteurs, notamment, sur la composition d'un milieu naturel.
Je peux imaginer, tu sais, que, si des professionnels qui ont la même formation
ne... ont des visions différentes d'une situation sur le terrain, que, si on
ouvre la voie à des gens qui n'ont même pas la formation complète pour analyser
ce terrain-là de la façon que les biologistes le font... bien, c'est que ça
risque d'amener des différences d'interprétation encore plus importantes. Et c'est
pourquoi, d'ailleurs, que le... l'Association des biologistes nous faisait état
des risques de, finalement, voir des contestations davantage et peut-être même
de voir des délais supplémentaires, parce que, quand il y a contestation, on le
sait, il y a des délais supplémentaires qui s'appliquent. Alors, pour cette...
Ça, ça ajoute à l'importance, je crois, de maintenir l'association... maintenir
les biologistes comme responsables de signer les études de caractérisation
biologique des milieux... des milieux naturels, sans quoi on risque,
malheureusement, de voir s'éroder la protection de nos milieux.
Puis ça... peut-être que le ministre
répondra tout à l'heure, mais... puis, sinon, on va le faire lors de l'étude
détaillée quand on arrivera à l'article 120, mais le pourquoi de cette...
ce changement-là, quand on sait qu'il y a 4 000 biologistes au Québec,
donc il ne manque pas de main-d'oeuvre pour faire ce travail-là.
C'est comme... Je vais faire le parallèle
avec l'Ordre des ingénieurs, et il s'adonne que je suis mariée avec un
ingénieur. L'Ordre des ingénieurs du Québec ne permettrait pas à des
architectes de signer le... l'attestation qu'un ingénieur peut signer, par
exemple en bâtiment. Un ingénieur en bâtiment va signer, va appliquer sa... son
sceau professionnel. Si... Certes, un architecte a des connaissances en
bâtiment, mais jamais un ingénieur ne permettrait à un architecte de signer le
même document. Donc... Mais les architectes ont aussi des éléments qu'ils peuvent
approuver.
Alors, c'est... c'est vraiment un... Tu
sais, la... peut-être que l'environnement, ça semble moins technique, mais ça l'est
énormément. La composition des écosystèmes, l'impact si... Tu sais, je vous ai
parlé... plus tôt ce matin...
15 h 30 (version révisée)
Mme Dufour : ...la
composition des écosystèmes, l'impact si... Tu sais, je vous ai parlé... plus
tôt ce matin, on parlait d'un exemple que la Commissaire au développement
durable avait évoqué dans son rapport de 2023, elle parlait d'une barrière de
sédiments qui n'avait pas été placée. Bien, pour peut-être beaucoup de gens,
une barrière de sédiments, qu'elle soit mise ou pas, peu d'importance, mais le
biologiste, lui, sait pourquoi il y a eu cette demande-là, et le biologiste
connaît l'impact que ça va avoir sur le milieu de ne pas faire certaines
actions. L'impact, c'est sur... Tu sais, quand on parle, par exemple, qu'on
veut minimiser l'impact sur les milieux naturels, particulièrement sur les
milieux humides, qui de mieux que les biologistes peuvent vraiment évaluer l'impact
d'une minimisation?
Je me souviens d'un cas, le ministre saura
sûrement de quoi je parle, parce qu'on a eu des... on a eu, disons, un débat d'idées,
je dirais, sur le sujet. Mais il y a eu un milieu humide assez important à
Laval, où une autorisation sur le bord de la 440, Curé-Labelle, où une
autorisation de destruction de milieu humide a été octroyée par le ministère de
l'Environnement, et c'était un milieu naturel absolument magnifique.
Il y a une portion qui a été... qui a été
autorisée en premier, donc elle, elle s'est construite. La tour est là, d'ailleurs
elle est déjà en fonction. Mais du moment que cette tour-là a été construite, bien
ça a eu un impact sur le reste du milieu humide. Il y avait un petit style
de... pas d'un ruisseau, là, mais un petit cours d'eau non hydroconnecté, mais
reste qu'il était là. C'est disparu, ça a été asséché par la tour. Ça, c'est
des éléments qu'un biologiste est capable d'évaluer d'avance, prévoir, dire :
Bien, ça, ça va avoir ces impacts-là. Si on met d'autres professionnels dans le
bain de pouvoir faire des études, je ne sais pas qu'est-ce que ça va donner
comme étude de caractérisation à ce moment-là, quand on n'a pas toutes ces
connaissances-là.
Donc... Et le parallèle que je faisais
avec l'Ordre des ingénieurs, bien, l'Ordre des ingénieurs, les ingénieurs ont
un cursus scolaire à suivre, une formation, une formation continue. C'est la
même chose pour les biologistes. Alors, de penser que d'autres professionnels
qui n'ont pas du tout suivi ce cursus scolaire là et cette formation-là peuvent
donner le même résultat, bien, c'est... on se met à risque. On ne le ferait pas
pour un pont, on ne le ferait pas pour un métro de permettre à un architecte de
signer les plans d'ingénieur. Bien, pourquoi, pour un milieu naturel, un milieu
humide, on permettrait à un autre professionnel qui n'a pas les connaissances,
les compétences de biologiste?
Donc, moi, j'aimerais entendre l'Association
des biologistes du Québec pour ce projet de loi là. Comme je l'ai mentionné, j'ai
eu un échange avec le groupe qui a été extrêmement riche, très, très, très
riche, et leur mémoire, je vous invite à le lire. Mais je pense que tout le
monde ici bénéficierait d'échanger avec l'Association des biologistes du Québec.
C'est pourquoi donc j'ai déposé cette motion. Merci, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : Merci
beaucoup, Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur cette
motion? Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce, la parole est à vous.
Mme McGraw : Merci beaucoup,
M. le Président. Alors, pour donner suite à la motion qui a été déposée par ma
collègue, et elle a confirmé, effectivement, que notre formation avait demandé
la participation de cet... de ce groupe aux consultations particulières. Alors,
je sais que la... je sais que la réponse du ministre par rapport à la demande
antérieure du collègue de la formation, la deuxième opposition, il a souligné
le fait que ça n'a pas été demandé. Il reste que sa demande, ça reste quand
même pertinent, mais dans ce cas-là, ce groupe-là a été demandé, leur
participation. Bien qu'on n'est pas très optimistes qu'on va avoir une réponse
affirmative de la banquette ministérielle, alors j'en profite pour souligner,
même citer quelques aspects du mémoire de cet organisme-là, effectivement, de l'Association
des biologistes du Québec.
En termes de considérations générales...
puis ils soulignent le fait que, de façon générale, l'ampleur et la complexité
d'un projet de loi omnibus tel que le projet de loi n° 81, «combiné à un
échéancier restreint, rend difficile un examen approfondi et rigoureux de tous
ces enjeux». En guise de rappel, le projet de loi n° 81 a été déposé à la fin
de <novembre...
Mme McGraw :
...de
tous ces enjeux.» En guise de rappel, le projet de loi n° 81 a été déposé
à la fin de >novembre, des consultations publiques ont été planifiées
dès janvier, tout de suite après les fêtes, la période des fêtes. Et,
évidemment, l'association signifie qu'ils ont travaillé, en tant que bénévoles,
de bonne foi. Ils ont soumis, comme ma collègue l'a mentionné, un mémoire plus
court et, par la suite, quelque chose de plus étoffé. Et c'est là-dessus que je
me base.
Donc, ils soulignent le fait que, si
vraiment on veut prendre des décisions éclairées en tant que législateurs, et
c'est de notre devoir, qu'il faut... pour prendre des décisions éclairées
réglementaires, législatives, il faut prendre en compte les enjeux
scientifiques. Il faut s'assurer que les personnes, les professionnels qui ont
l'expertise qui est pertinente à nos décisions doivent avoir la chance de
pouvoir participer, le temps, la chance, la possibilité de... pour qu'on puisse
pleinement profiter de leur expertise professionnelle. Et ils nous suggèrent de
s'inspirer du programme d'aide financière aux participants de l'Agence
d'évaluation d'impact du Canada, qui fait en sorte qu'ils aident les OBNL et le
public à participer activement aux évaluations environnementales fédérales.
Alors, ils nous recommandent, entre autres, cette approche. Ça, c'est de façon
générale.
Aussi, ils ont trois recommandations, que
je vais citer. Donc, en lien avec ça, ils recommandent : «La création d'un
programme de soutien financier pour de futures consultations législatives et
réglementaires en matière d'environnement, en particulier celles qui sont liées
à la Loi sur la qualité de l'environnement et à la Loi sur la conservation et
la mise en valeur de la faune.» Donc, non seulement donner plus de temps et la
vraie possibilité, pour ces groupes... pour que ces groupes puissent... pour
que ces experts puissent participer à nos consultations, mais même leur aider
avec le financement pour que... Là, c'est... c'est du bénévolat qu'ils ont
fait.
• (15 h 40) •
Aussi, ils soulignent l'expression...
Bien, ils se posent des questions sur l'expression, dans le projet loi,
«intérêt public». Ils disent que ce serait pertinent d'exiger du ministre
responsable... qu'il s'agisse en fonction du maintien... que cet intérêt
public, ce soit en fonction du maintien de la qualité de l'environnement, qui
est... qui est un élément essentiel de l'intérêt public et objectif principal
de la Loi sur la qualité de l'environnement. Donc, il veut qu'on soit plus
explicites dans notre définition d'«intérêt public». Donc, ils recommandent de
remplacer l'expression «intérêt public» par «maintien de la qualité
environnementale». On pourrait aussi entrevoir définir, dans le cas... dans ce
cas-là, un projet de loi qui porte sur l'environnement, on entend... c'est
quoi, l'intérêt public, dans ce contexte-là.
Ils recommandent aussi de modifier la loi
afin d'imposer au ministre de rendre publiques toutes ses décisions visant le
maintien de la qualité de l'environnement, qu'elles soient accompagnées ou non d'un
règlement, et qu'il soit redevable devant le public. Alors, ça, c'est dans
l'intérêt public. Et, bien entendu, d'autres règlements devraient également
être mis en place. Alors, ils s'inquiètent de l'absence des balises claires
pour encadrer ces décisions. Ils craignent que ça pourrait ouvrir la voie à
l'arbitraire et limite aussi la transparence. Donc, ça, c'est de façon
générale.
Au niveau de... Ils se prononcent sur
chaque élément ou chaque thème au sein de ce projet de loi omnibus. Je vais
m'attarder aux évaluations environnementales. Donc, ils parlent aussi de la
réglementation provinciale et municipale, des matières résiduelles, des milieux
naturels, mais avec le temps qui me reste, je vais m'attarder aux évaluations
environnementales.
Et on en revient justement à cette fameuse
autorisation préalable et absence de consultations, qui, pour eux, bien, pose
un risque pour l'environnement et l'acceptabilité sociale. Donc, ça revient à
mettre en... mettre en place les conditions gagnantes pour la transition
énergétique, c'est-à-dire qu'il faut bien faire les choses et faire les choses
en ordre. Et on comprend que les... on a les enjeux économiques,
environnementaux et sociaux.
Une voix : ...
Mme McGraw : OK. Alors, et là
je vais citer encore leur mémoire, selon l'Association des biologistes du
Québec, ils voudraient accorder une autorisation <préalable...
Mme McGraw :
...selon
l'Association des biologistes du Québec, ils voudraient accorder une autorisation
>préalable... pardon, «accorder une autorisation préalable pour des
travaux liés à un projet qui n'a pas encore franchi toutes les étapes
représenterait un précédent dangereux — le mot qu'ils utilisent,
c'est un "précédent dangereux" — et cette pratique pourrait
causer des dommages inutiles aux composantes valorisées de l'environnement, du
milieu naturel, potentiellement de manière irréversible pour certaines d'entre
elles, et ce, malgré les efforts de restauration ou de compensation
floristiques et fauniques qui pourraient être effectués».
Alors, «le ministre pourrait en effet
autoriser la réalisation de certains travaux avant même l'évaluation complète
du projet si cela permet d'éviter de ralentir l'atteinte des objectifs
gouvernementaux en matière de lutte contre les changements climatiques et de
transition énergétique». Et la question qu'ils posent : «De quelle manière
serait déterminé ce risque et est-ce que de telles précisions seraient
encadrées par un règlement?» Donc, c'est une question... s'ils ne sont pas
présents ici avec nous, en commission, peut-être que c'est une... bien, c'est
une question qu'on lance au ministre.
«Dans le cas où un projet serait abandonné
en raison d'un manque ou d'une absence d'acceptabilité sociale, le gouvernement
s'exposerait à devoir rembourser les frais liés aux travaux préalablement
autorisés en utilisant les deniers publics, et ceci serait en contradiction
avec l'extrait de l'article 31.4.3 — et je cite — :
"Aucun préjudice subi par l'initiateur du projet, si une remise en état
totale ou partielle des lieux est ultérieurement... pardon, requise, ne donne
droit à une indemnité, à une compensation ou une réparation par état". Par
exemple, comment serait-il possible d'interrompre un projet de production
énergétique jugé inacceptable sur le plan social si les travaux majeurs, tels
le déboisement, la construction de routes d'accès, l'aménagement des aires de
chantier, l'installation du poste de transformation, des lignes électriques,
des bancs d'emprunt ou des quais de transbordement ont déjà été réalisés et mis
en fonction?» C'est pour ça qu'ils parlent justement de précédent dangereux et
de préjugés aussi.
«Par ailleurs, pourquoi un entrepreneur
prendrait-il le risque d'interrompre complètement un projet à un stade avancé
au prix élevé d'une remise en état des lieux lorsque le projet de loi 81
stipule que le gouvernement peut autoriser de tels travaux s'il considère que
cela répond à un intérêt public? L'Association des biologistes du Québec
s'interroge sur des critères d'évaluation de cet intérêt public, en particulier
en l'absence d'un minimum de consultation sur les travaux préalables.»
Alors, ils recommandent qu'une séance de
consultations publiques encadrée par le BAPE soit tenue avant que toute
autorisation de travaux préalables ne puisse être émise et que les résultats de
celle-ci puissent être... en être un des paramètres décisionnels. «Et de
manière plus générale, la soustraction de certains travaux, sous prétexte
qu'ils sont encadrés de manière indépendante, ne risque-t-elle pas de priver
l'évaluation d'un projet d'éléments pertinents, même essentiels? Et jusqu'où
pourrait-on banaliser les étapes restantes de l'évaluation? En l'état, ce
pouvoir laisse une pleine discrétion au ministre pour déterminer les travaux
pouvant être exemptés. L'Association, donc, recommande plutôt que ces travaux
soient définis par règlement, en précisant les composantes valorisées de
l'environnement et les impacts à protéger, ainsi que le suivi... les suivis
nécessaires pour assurer leur conformité et évaluer leurs effets
environnementaux.»
Et, pour une évaluation stratégique des
effets des filières énergétiques sur l'environnement, ils se posent la question :
«Peut-on réellement garantir que toute initiative motivée par l'atteinte des
cibles climatiques et énergétiques engendre automatiquement des bienfaits
environnementaux?» C'est la <question...
Mme McGraw :
...engendrent
automatiquement des bienfaits environnementaux?» C'est la >question.
Parce qu'on sait qu'il y a des impacts environnementaux avec les projets de
transition énergétique. Bien qu'on est d'accord avec l'objectif, c'est-à-dire
de réduire les GES, l'énergie propre, bien, il y a quand même des impacts.
Alors, il faut savoir c'est quoi. Puis on ne peut pas exempter... passer...
sauter des étapes. Par exemple, «la construction d'ouvrages destinés à la
production d'énergies renouvelables ou à la décarbonation ne doit pas exonérer
ces projets de leurs impacts potentiels sur le milieu naturel. Agir avec des
bonnes intentions ne dispense pas de l'obligation de démontrer l'ensemble des
enjeux et des conséquences de nos actions ainsi que d'élaborer des mesures
d'atténuation pour ces effets indésirables.»
Alors, encore une fois, si on veut la
réussite de cette transition énergétique, si on veut mettre en place les
conditions gagnantes, il faut avoir des BAPE. On ne peut pas exempter les
travaux préalables. Justement, c'est... Northvolt, c'est... c'est vraiment une
mise en garde. Parce que, du début, le fait que... de ne pas avoir un BAPE, ce
n'était pas clair. Comme je le dis, le ministre de l'Environnement disait une
chose, le ministre de l'Économie et de l'Énergie disait autre chose, le premier
ministre disait une autre chose. Ce n'était pas clair du début. Ça a nui à
cette initiative, Northvolt. Là, par la suite, on a compris qu'il y avait
d'autres enjeux économiques aussi. Mais, si on veut mettre en place les
conditions gagnantes, il faut bien faire les choses en ordre, il faut aller
plus vite, mais il faut faire les choses en ordre et mettre en place les
conditions gagnantes.
Aussi, l'Association des biologistes du
Québec recommande que le gouvernement fournisse sans délai au BAPE les
ressources humaines et financières nécessaires pour répondre à des nouvelles
responsabilités qui seraient en lien avec le projet de loi n° 81.
Aussi, ils recommandent, dans un premier
temps, «que le gouvernement impose un contrôle systématique de prédiction et de
mesures d'atténuation à chaque étude d'impact pendant la réalisation du projet,
et, dans un deuxième temps, on... ils suggèrent que ces données soient
centralisées dans un registre ou une banque de données public consacré à leur
méta-analyse en collaboration avec la communauté scientifique».
• (15 h 50) •
Dans leur premier mémoire, ils ont
souligné l'importance... bien, de l'importance de leur expertise,
effectivement, et ils s'inquiétaient du fait que les compétences des
biologistes... bien, ils soulignaient effectivement que les compétences,
l'expertise des biologistes étaient un apport... représentant un apport
indispensable. Et d'ailleurs ils proposaient d'élargir la liste des
professionnels autorisés à signer des études... pardon, ils s'inquiétaient, ils
nous soulignaient le fait que l'article 120, qui propose d'élargir la
liste des professionnels autorisés à signer des études de caractérisation des
milieux naturels... Et je cite : «Bien que nous reconnaissions les
objectifs du projet de loi visant à renforcer la conservation des milieux
naturels et la protection des espèces en péril, nous exprimons de sérieuses
réserves quant aux conséquences d'une telle modification... pardon, sans un
encadrement clair et rigoureux des compétences requises.» Évidemment, ils
soulignent le fait... pardon, que les compétences des biologistes sont très
pertinentes, même indispensables.
Et, je souligne, encore une fois, dans
leur mémoire, leur premier mémoire : «la caractérisation des milieux
humides et hydriques, telle qu'exigée par l'article 46.0.3 de la Loi sur
la qualité de l'environnement, constitue une opération hautement spécialisée
nécessitant une compréhension approfondie des processus écologiques,
hydrologiques et pédologiques, et les biologistes, grâce à leur formation
spécialisée englobant l'ensemble du vivant et de leur habitat, possèdent des
compétences nécessaires pour garantir une délimitation précise des milieux
humides et hydriques basée sur des méthodes botaniques et reconnues... décrire
les caractéristiques écologiques de ces milieux, y compris les espaces... les
espèces, pardon, vivantes, notamment les espèces <menacées...
Mme McGraw :
...y
compris les espaces... les espèces, pardon, vivantes, notamment les espèces
>menacées, vulnérables et/ou susceptibles de l'être, leurs habitats et
leurs fonctions écologiques.» Et finalement, les compétences... Ils ont les
compétences nécessaires pour évaluer les impacts d'un projet sur le milieu
biologique et proposer des mesures de mitigation adaptées. Et ces expertises
uniques garantissent que les études environnementales répondent aux normes
scientifiques les plus élevées. Et c'est ce qu'on veut. On ne veut pas prendre
des décisions basées sur, par exemple, l'idéologie, on veut prendre des
décisions qui sont fondées sur des données, sur des faits et les normes
scientifiques les plus élevées.
Et ils ont aussi d'autres objections au
libellé actuel de l'article 120, notamment : «l'élargissement de la
liste des professionnels autorisés à signer des études de caractérisation des
milieux naturels sans égard aux compétences spécifiques requises soulève
plusieurs préoccupations.»
Et ils citent trois préoccupations. «Premièrement,
les compétences limitées des autres professionnels. Bien que d'autres
professionnels possèdent des expertises valables dans leurs domaines
respectifs, ils n'acquièrent pas une connaissance approfondie de l'écologie, de
la biologie des espèces et de l'évaluation des fonctions écologiques. Or, ces
savoir-faire sont indispensables à une caractérisation et une évaluation
rigoureuse des milieux humides et hydriques.»
Dans un deuxième temps, l'impact négatif...
Ça a un impact négatif sur les évaluations environnementales, c'est-à-dire que
de permettre à des professionnels sans formation approfondie en biologie de
signer des études «pourrait compromettre leur validité, entraînant des
évaluations incomplètes ou inexactes. Cela pourrait nuire à la conservation de
la biodiversité, à la gestion des habitats et, ultimement, à la prise de
décisions éclairées.
«Et, dans un troisième temps,
l'association souligne les enjeux pour les analystes du ministère : une
diversification des signataires sans garantie de compétence compliquerait le
travail des analystes du ministère. Cela pourrait entraîner des retards et des
coûts supplémentaires liés à la validation des dossiers soumis, contredisant
ainsi les objectifs d'efficacité du projet de loi.»
Alors, en conclusion, l'association des
biologistes du Québec souligne le fait que de loin de garantir une conservation
renforcée qui est le but qui est cité, l'objectif qui est cité, «l'élargissement
prévu dans l'article 120 risque plutôt de produire l'effet inverse, en
compromettant la qualité et la fiabilité des études environnementales. Cela
s'écarte des objectifs fondamentaux du projet de loi, qui sont de protéger les
espèces en péril et de favoriser une gestion durable des milieux naturels.»
Alors, ils ont des recommandations pour...
justement, pour répondre à ces préoccupations-là. Donc, premièrement, de
maintenir la responsabilité exclusive des biologistes. Ils recommandent
fermement que la signature des études de caractérisation des milieux humides et
hydriques demeure une responsabilité exclusive des biologistes. «Cette mesure
garantit une expertise scientifiquement rigoureuse et s'appuie sur un bassin
large et accessible de biologiste au Québec, facilitant ainsi son application
sans coûts supplémentaires. Dans un deuxième temps, l'encadrement législatif
des biologistes recommande de... pour maximiser leur contribution, il est
impératif que les biologistes soient encadrés par une loi professionnelle. Cela
assurerait leur compétence, leur imputabilité et leur indépendance dans la
réalisation de leurs mandats.» Et, dans un troisième temps, ils veulent
promouvoir la collaboration multidisciplinaire. «Bien que la responsabilité
principale revienne aux biologistes, l'Association des biologistes du Québec
soutient une approche collaborative intégrant les expertises complémentaires
d'autres professionnels dans le respect des compétences de chacun.»
Alors, comme je le dis, on aimerait bien
entendre, écouter directement l'association. Là, je prends le temps de faire la
<lecture...
Mme McGraw :
...entendre,
écouter directement l'association. Là, je prends le temps de faire la >lecture
de leur mémoire parce que je m'inquiète que la banquette ministérielle va
rejeter cette motion-là. Donc, je prends le temps de citer des éléments clés.
Mais comme je le dis, l'association se penche sur tous les éléments de ce
projet de loi : la réglementation municipale et provinciale; ils se
penchent aussi sur les matières résiduelles, ils ont plusieurs recommandations
dans ce sens; évidemment, les milieux naturels et les milieux humides et
hydriques.
Alors, par exemple, ils recommandent que «la
démonstration de l'évitement maximal des impacts soit confiée à des biologistes
qualifiés. Ceux-ci devraient être impliqués à toutes les étapes de la gestion
des milieux humides et hydriques, de la conception à la planification, en
passant par le suivi des programmes d'intervention.» Alors, encore une fois,
ils soulignent le fait qu'il faut maximiser, il faut éviter, il faut prioriser
l'évitement. On ne peut pas juste minimiser et compenser. Il faut commencer par
l'évitement. Et leur expertise dans ce sens-là est primordiale.
Aussi, au niveau de la compensation, leur
recommandation, c'est : «Afin de garantir une répartition équitable et
efficace des fonds compensatoires, on recommande d'établir un processus
d'approbation rigoureux et transparent. Ce processus devrait inclure la
participation active des MRC d'origine des fonds dans la décision finale de
leur réallocation». Ils recommandent aussi «la mise en place d'un suivi
transparent et d'une évaluation régulière des résultats pour assurer que les
fonds compensatoires soient utilisés de manière optimale et que leur impact en
termes de conservation soit mesuré de façon rigoureuse.» Ils recommandent que «le
ministère fournisse des directives détaillées et précises sur la manière
d'évaluer la connectivité écologique. Ces guides techniques devraient inclure
des critères clairs sur les éléments à prendre en compte, le type d'état... les
types d'états, les obstacles à la connectivité, les seuils de fragmentation,
etc., les outils de mesure à utiliser, soit la modélisation, le suivi sur le
terrain, cartographie, et les approches à privilégier pour chaque type
d'écosystème.»
• (16 heures) •
En ce qui a trait... Ça, c'est les
mesures... les manques de directives claires sur l'évaluation de la
connectivité écologique. Ils se penchent aussi sur les espèces menacées ou
vulnérables. Leur recommandation, c'est que «les inventaires des espèces, les
plans de protection et les suivis écologiques des espèces menacées soient
obligatoirement validés par un biologiste spécialisé. En complément,
l'association recommande un renforcement de l'encadrement légal des biologistes
afin de s'assurer que leurs évaluations soient réalisées dans le respect des
meilleures pratiques professionnelles et des exigences strictes en matière de
conservation.»
En ce qui a trait aux milieux naturels
désignés par un plan, ils font la recommandation suivante : «Afin de
renforcer cette approche et de garantir la conservation effective des milieux
naturels, on recommande une évaluation initiale rigoureuse des milieux par des
biologistes qualifiés. Cette évaluation devrait permettre de dresser un état
des lieux précis et objectif des milieux naturels à protéger en s'appuyant sur
des critères biologiques standardisés. Elle doit être suivie de la conception
des plans de restauration supervisés par des biologistes, garantissant ainsi
l'adéquation des actions entreprises avec les besoins spécifiques des milieux
concernés.»
Autre recommandation, c'est l'intégration
de biologistes aux processus de conception et de suivi des projets fauniques. Là,
évidemment, on parle de la conservation et mise en valeur de la faune.
Et finalement recommande de remplacer
l'expression, encore une fois, «intérêt public» par un concept qui est plus
clair dans ce contexte, c'est-à-dire le «maintien de la qualité de
l'environnement» et de définir plus clairement les situations autorisant les captures
et l'abattage d'animaux.
Alors, je crois que, dans l'essentiel...
Ce sont les recommandations...
16 h (version révisée)
Mme McGraw : ...des
captures et l'abattage d'animaux. Alors, je crois que, dans l'essentiel, ce
sont les recommandations essentielles de l'Association des biologistes du
Québec. On aurait bien aimé les entendre directement. Donc, j'ai pris le temps
de citer des éléments clés de leur mémoire. Et on comprend que c'est important
que les décisions, c'est des décisions de société, soient informées par les
meilleures compétences, par des professionnels, par des experts. Évidemment, l'expertise
des biologistes demeure indispensable. On veut que les décisions soient
éclairées et éclairées à la lumière de faits et d'enjeux scientifiques. Alors,
c'est vraiment dans ce sens-là que l'Association des biologistes du Québec... c'est
vraiment dans ce sens-là, leurs recommandations vont dans ce sens-là. Et on
trouve ça très intéressant comme recommandations.
Et encore une fois je souligne en
conclusion, M. le Président, qu'il faut faire les choses en ordre, qu'on a
plusieurs objectifs : lutter contre les changements climatiques, atténuer,
s'adapter, il nous faut une transition énergétique, un projet de société puis il
faut prendre en compte aussi la biodiversité. La biodiversité, c'est un allié
des changements climatiques. On sait que ça nous aide à atténuer et à s'adapter
aux changements climatiques. Des solutions basées sur la nature, donc, il faut regarder
ça dans son ensemble. Et donc, encore une fois, l'expertise des scientifiques
et des biologistes en particulier demeure indispensable. Et c'est pour cette
raison-là qu'on propose la motion. Cette motion-là, c'est de les entendre dès
que possible ici, en commission parlementaire. Merci, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci, Mme la députée. Est-ce que d'autres membres de cette commission souhaitent
intervenir? M. le ministre, la parole est à vous.
M. Charette : Merci, M.
le Président. En fait, juste pour répondre à la demande des collègues, on va s'y
opposer pour les mêmes raisons évoquées un petit peu plus tôt.
L'opposition officielle a confirmé avoir
demandé une quarantaine de groupes. Oui, ils ont demandé ce groupe-là en
particulier, mais ce groupe-là n'a pas été demandé par la deuxième opposition,
n'a pas été demandé par la troisième opposition. Non, mais imaginez, faisons le
calcul suivant : si chaque groupe demande 40 groupes, on est à 120 groupes;
si le gouvernement devait à son tour demander une quarantaine de groupes, on
serait à 160 groupes. C'est là où il faut faire un tri. Et le tri se fait
lorsqu'il y a une certaine unanimité, notamment chez les groupes d'opposition. Et
la plupart des groupes entendus l'ont été à la demande des oppositions, bien
plus qu'à la demande du gouvernement, pour ajouter, justement... assurer un
juste équilibre.
Mais la procédure, elle est bien faite. Même
si le groupe n'est pas entendu, il a la possibilité de déposer un mémoire. C'est
ce que l'Association des biologistes a pu faire. Et d'ailleurs son propos a été
bien entendu par les différentes formations politiques, y compris le gouvernement,
donc on pourra en tenir compte au moment de l'étude article par article.
À ce moment-ci, je ne répondrai pas sur le
fond, mais, lorsque nous serons à l'article en question, on aura l'occasion d'aborder
la question, là, sans problème.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci beaucoup, M. le ministre. M. le député, la parole est à vous. Allez-y.
M. Arseneau : Oui. Bien,
brièvement, M. le Président. Effectivement, on n'a pas fait la demande
spécifiquement d'entendre l'Association des biologistes du Québec, mais je vous
dis, en regardant leur mémoire, qu'on aurait peut-être dû, parce que c'est
très, très intéressant, les recommandations et l'analyse de la situation qu'ils
peuvent faire. Et j'ai entendu le ministre dire qu'on allait quand même
considérer leurs propositions ou leurs recommandations, donc ils seront
considérés, et je pense que c'est important.
Moi, ce que je remarquais, c'est que, bon,
ils ont un point de vue pondéré, et il y a certainement des choses qui... des
avancées positives, disent-ils, notamment dans l'élargissement des mandats du Bureau
d'audiences publiques. Mais ils nous mettent en garde, puis je pense que c'est
important, là, de faire écho à ces commentaires-là et ces recommandations. Puis
moi, quand je vois ça, là, je pense qu'il faut le prendre au sérieux, lorsqu'on
dit qu'il y a des éléments du projet qui pourraient entraîner des dérives, au
détriment de la conservation de la biodiversité. Je pense qu'il faut y prêter
attention.
L'utilisation... Bien, mes collègues l'ont
déjà mentionné, ma collègue de Mille-Îles et de Notre-Dame-de-Grâce, concernant
l'utilisation du <critère d'intérêt public, qui...
M. Arseneau :
...
ma collègue de Mille-Îles et de
Notre-Dame-de-Grâce, concernant
l'utilisation du >critère d'intérêt public, qui peut vouloir dire bien
des choses, mais qu'il faudrait surtout éviter, comme le dit l'Association des
biologistes du Québec, d'instrumentaliser pour justifier des projets qui
auraient des impacts négatifs sur l'environnement. Ils mentionnent, et je
l'avais dit, d'ailleurs, dans mes remarques préliminaires de ce matin, que la
multiplication des pouvoirs discrétionnaires accordés au ministre risque
d'affaiblir le cadre réglementaire et, disent-ils, créer un dangereux précédent
où la science et les expertises en conservation risquent d'être contournées au
profit de décisions politiques à court terme. Donc, ce n'est pas, à l'heure
actuelle, présumer de la mauvaise foi de quiconque, mais de nous mettre en
garde sur, justement, le processus dans lequel on est et l'encadrement qu'on
doit se donner pour avoir, justement, de meilleurs résultats en ce qui concerne
la protection de l'environnement à tous égards, là, dans les différentes... les
différents dossiers ou différents secteurs qui sont touchés par les amendements
qui sont proposés dans ce projet de loi omnibus qui touche, vous le savez, là,
au moins huit lois.
Quand on parle des évaluations
environnementales, notamment, là, l'Association des biologistes du Québec
exprime des préoccupations, je ne veux pas répéter, là, ce qui a déjà été dit,
mais des préoccupations majeures, puis, moi, ça m'a... évidemment, là, ça a
attiré mon attention, des préoccupations majeures concernant l'accélération du
processus d'évaluation et la soustraction de certaines informations
environnementales du processus de décision. Donc, ce n'est pas à négliger. Il y
a une série de recommandations que je ne répéterai pas, mais qui... je pense
qu'on doit prendre en compte.
Le dossier, aussi, des pouvoirs municipaux
en environnement. On a entendu, évidemment, les municipalités saluer
l'initiative de permettre aux municipalités d'ajuster jusqu'à un certain point
ou d'adapter la réglementation à leur milieu, à leur environnement, et moi, je
pense que c'est... J'ai toujours été un des apôtres, ici, au Québec, de sortir
du mur-à-mur. Bon, puis il y a certaines personnes qui disent : Bon, il
faut que la science prédomine. Oui, mais il y avait certains commentaires qu'on
a entendus dans les consultations particulières à l'effet que les municipalités
joueraient peut-être à l'apprenti sorcier, et moi, je n'achète pas cet
argument-là. Je pense que, si les municipalités vont aller... ou veulent aller
au-delà de la protection ou des mesures réglementaires gouvernementales, bien,
il faut leur donner la chance de se faire valoir, parce qu'ils connaissent
mieux leur milieu que quiconque, et je pense qu'ils ont aussi accès à des
données scientifiques et à des ressources, dépendamment, évidemment, là, de
l'instance dont on parle. Mais les MRC ont les moyens de le faire, et plusieurs
municipalités également, donc, de pouvoir fixer un cadre réglementaire qui
puisse aller au-delà des normes québécoises. Et, bon, c'est un peu le sens, je
crois, de la proposition de l'Association des biologistes du Québec.
• (16 h 10) •
On a parlé également, là, des milieux
naturels, les inventaires et suivis écologiques qui doivent être faits par des...
qui doivent être faits, d'abord, je pense que, ça, il faut retenir ça. Parce
que, selon ce qu'on peut comprendre, on peut manquer... on manque de rigueur à
cet égard-là. Bien, qu'ils soient faits par des biologistes qualifiés, je pense
que c'est l'enfance de l'art, et il faut retenir cela. Lorsqu'il est question
de protection de l'environnement, de l'atteinte de nos objectifs, du cadre
réglementaire et légal qu'on se donne, bien, je pense que la voix des
biologistes, des scientifiques doit être prépondérante et, en ce sens-là, que
l'on puisse réussir à les rencontrer et les entendre de vive voix dans la
commission ou non. Il faut retenir un certain nombre de ces recommandations.
Et, si on n'a pas l'assentiment du gouvernement pour les entendre, bien, sachez
qu'on pourra tout de même se faire le porte-voix... les porte-voix d'un certain
nombre de leurs recommandations qui me semblent tout à fait pertinentes,
importantes pour les travaux de la commission et, surtout, pour obtenir des
meilleurs résultats au terme de cette analyse de... ou de cette étude détaillée
du projet de loi n° 81. Je vous remercie, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le député des Îles-de-la-Madeleine. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
S'il n'y en a pas, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que cette
motion est acceptée ou rejetée?
Une voix : ...
Le Président (M. St-Louis) : Mme
la secrétaire.
La Secrétaire : Mme Dufour, <Mille-ÎlesT.
Mme Dufour :
Pour.
La Secrétaire :
Mme...
Le Président (M. St-Louis) :
acceptée
ou rejetée?
Une voix : ...
Le Président (M. St-Louis) :
Mme la secrétaire.
La Secrétaire :
Mme
Dufour, >Mille-Îles.
Mme Dufour : Pour.
La Secrétaire : Mme... M. Charette
(Deux-Montagnes)?
M. Charette : Contre.
La Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)... Grondin (Argenteuil)?
Mme Grondin : Contre.
La Secrétaire
: M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
La Secrétaire : Mme Picard
(Soulanges)?
Mme Picard : Contre.
La Secrétaire : Mme Gendron
(Châteauguay)?
Mme Gendron : Contre.
La Secrétaire : M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau : Pour.
La Secrétaire : M. St-Louis
(Joliette)?
Le Président (M. St-Louis) : Abstention.
Donc, cette motion est rejetée. Est-ce que nous avons d'autres motions
préliminaires? Oui, Mme la députée. Est-ce que cette motion est déposée déjà au
Greffier? Oui?
Une voix : ...
Mme Dufour : OK. Donc, c'est
correct comme tel.
Le Président (M. St-Louis) : Nous
allons suspendre quelques instants... Mais la motion apparaît à l'écran, donc
nous allons poursuivre.
Mme Dufour : Bien, avant...
avant que mon temps soit comptabilisé, je veux juste vérifier la question de
l'article 244, là, parce qu'il y avait... On suspend, s'il vous plaît.
Le Président (M. St-Louis) : Nous
allons suspendre, s'il vous plaît, quelques...
(Suspension de la séance à 16 h 14)
(Reprise à 16 h 17
)
Le Président (M. St-Louis) : Donc,
la commission reprend ses travaux. Avant de suspendre, nous avions affiché à
l'écran la motion déposée par la députée des Mille-Îles. Mme la députée, vous
disposez de 30 minutes.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. Alors, je la lis comme suit, c'est bien ça? Alors, conformément à
l'article 244 du règlement de l'Assemblée nationale, je fais motion afin :
«Que la Commission des transports et de
l'environnement, dans le cadre de l'étude du projet de loi n° 81, Loi
modifiant diverses dispositions en matière d'environnement, demande au
ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques,
de la Faune et des Parcs de transmettre à la Commission, dès que possible, une
note explicative des intentions du gouvernement concernant le déploiement des
infrastructures de recharge des véhicules lourds ainsi que le cadre des
programmes qui seront mis en place par le ministre.»
Et là je vais... je vais donner plus de
détails, M. le Président. On l'a vu, on en a <parlé à maintes...
Mme Dufour :
...
Et là je vais... je vais donner plus de détails, M. le Président. On l'a vu, on
en a >parlé à maintes reprises, on a entendu beaucoup de groupes aussi à
ce sujet, les... la question des bornes de recharge... pas des bornes de
recharge, la question des véhicules lourds, pardon, le fait qu'on veuille
mettre une loi ou appliquer la norme zéro émission aux véhicules lourds a
soulevé beaucoup, beaucoup de préoccupations de la part d'un très, très large
nombre de personnes, de groupes. Je pense qu'à l'exception de Mobilité
électrique Canada, à peu près tous les groupes qui ont parlé de ce sujet ont
soulevé des enjeux.
Et autant... Et là il y a des enjeux, évidemment,
sur le fait que la technologie n'est pas... ne semble pas être assez mature à
ce jour, notamment, mais il y a aussi le fait que l'infrastructure de recharge
est inexistante actuellement. Et ils ont... Et là moi, je parle, dans cette
motion... je parle du... J'aimerais avoir les intentions du gouvernement pour
le déploiement des infrastructures de recharge des véhicules lourds. Et là, je
sais, le ministre pourra me dire qu'il y a une stratégie, la stratégie, là... Mon
Dieu! J'ai le nom ici : la stratégie de déploiement... stratégie
québécoise, voilà, des recharges de véhicule électrique qui a été déposée à
l'automne 2023. Elle existe. Je suis au courant. J'en ai pris
connaissance. Ce n'est pas nécessaire de dire que ça existe déjà, mais le fait
est qu'il y a très, très peu d'informations, dans cette stratégie-là, qui
concernent les véhicules lourds, et ça date déjà de deux ans.
Et d'ailleurs je vais citer cette
stratégie. On dit : L'électrification du transport moyen et lourd... Et là
on inclut là-dedans les camions, les autobus, les autocars, les transporteurs
de marchandises, mais j'ajouterais les véhicules agricoles, les bennes à
ordures, les véhicules qui actuellement déneigent nos villes sans arrêt,
24 heures sur 24, parce qu'on a besoin de libérer les villes qui ont été
ensevelies par la neige dans les deux... dans les quatre, cinq derniers jours.
Bien, ces véhicules-là, ça fait partie des véhicules, donc, ce qui est
considéré moyen et lourd.
Ensuite, on dit, et ça c'est important...
on dit que les véhicules mi-lourds et lourds doivent pouvoir compter sur des
bornes de recharge rapide — bien, en fait, c'est des BRCC — d'une
puissance pouvant atteindre 350 kW. Ça, c'est beaucoup, beaucoup, beaucoup
de puissance, M. le Président. Il n'y en a pas beaucoup au Québec. En fait, je
serais curieuse de savoir il y en a combien. Quatre, cinq, six peut-être? Je
serais curieuse d'avoir le chiffre, mais ça, on l'aurait si on avait les
intentions du gouvernement, de ce qu'il y a actuellement et qu'est-ce qu'on
vise à avoir.
• (16 h 20) •
Ce qu'on dit aussi, puis c'est toujours
dans la stratégie du gouvernement, là, on dit : Bien qu'il y ait peu de
véhicules lourds électriques sur les routes, ils nécessiteront des
infrastructures de recharge coûteuses et de haute puissance, bon, et c'est
pourquoi leur remplacement devra être stratégiquement planifié. Coûteuse et de
haute puissance.
Alors, ma question, tu sais, un des
éléments qu'on veut avoir les échanges, et c'est pour ça qu'on a besoin de
connaître les intentions du gouvernement : avant de mettre une norme zéro
émission sur des véhicules lourds, bien, il faut savoir si on a les moyens de
nos ambitions. Surtout qu'il existe des alternatives moins coûteuses. Parce que
là, ici, on est dans l'électrification de cette flotte-là. On constate que la
stratégie prévoit... de 2023 toujours, prévoit un budget de 35 millions de
dollars pour cinq ans — ce n'est pas... ce n'est pas énorme quand on
considère qu'est-ce qui a été mis jusqu'à maintenant — puis, on dit, qui
s'additionnera aux 6,5 milliards... millions, pardon, déjà annoncés pour
la même période.
Donc, il y a déjà eu 6,5 millions de
dollars qui ont été dépensés, puis, à ma connaissance, on n'a à peu près
presque pas de bornes de 350 kW qui sont requises pour des véhicules
lourds. Alors, est-ce que 35 millions, ce sera suffisant? Ça m'apparaît
très peu, compte tenu du coût. Et ça, comme je l'avais mentionné, on nous avait
expliqué que c'étaient des... c'était très puissant, que ça équivalait à
l'électricité d'une ville, d'une petite ville. C'est quand même beaucoup, là,
une petite ville. C'est coûteux aussi, mais c'est aussi... Est-ce
qu'Hydro-Québec a la capacité? Donc, c'est pour ça qu'on a besoin de connaître
les intentions du gouvernement, pour savoir si on a les moyens de se les payer,
combien il va y avoir de prévu, est-ce que ça va être en adéquation avec le
nombre de véhicules qu'on va viser d'avoir sur nos routes, <électriques,
et si...
Mme Dufour :
...
adéquation avec le nombre de véhicules qu'on va viser d'avoir sur nos routes,
>électriques, et si l'électricité est disponible, aussi, par
Hydro-Québec. Il y a bien des endroits où c'est difficile de se connecter... de
connecter un immeuble résidentiel, un nouvel... Il doit attendre. Alors, j'ai
de la misère à imaginer qu'on va être capables de connecter ou d'alimenter des
gros véhicules lourds.
Puis ce qui est drôle ici, c'est qu'on
parle qu'on va devoir prioriser notamment... il va falloir que ce soit
stratégique, donc on va vouloir prioriser les haltes routières, notamment,
qu'on nous dit. Et là j'en profite, si des gens nous écoutent, du ministère,
pour mentionner que la halte routière, l'aire de service de Cap-de-Pierre, qui
est juste avant d'arriver à Québec, il y a une seule borne électrique puis elle
est de 7 kW. J'ai eu à m'arrêter là une fois, en plein hiver, je l'ai
regretté, mon auto consommait plus que ce qu'elle me rechargeait, la borne.
C'est tellement inefficace. Et c'est ça qu'on a dans une de nos haltes routières.
Il n'y a pas ça partout, je le sais. Il y en a, des places, qu'il y a mieux que
ça. Mais ça reste qu'on est... on est loin de nos ambitions pour des véhicules
légers, et là on dit : On veut déployer des bornes de recharge de très
grande puissance pour des camions lourds. Je suis loin d'être convaincue qu'on
va avoir les capacités de déployer ça. Et donc j'aimerais vraiment connaître
les intentions du gouvernement.
Mais il y a aussi, dans la motion que je
présente, aussi, le cadre des programmes qui vont être mis en place par le
ministre. Pourquoi je parle de ça? C'est l'importance du... des aides
financières. On l'a vu que ça a été crucial, les aides financières, pour
l'adhésion des citoyens aux véhicules électriques. Ceux qui en ont bénéficié, peut-être
même jusqu'à 12 000 $ ou 13 000 $ de subvention, ça a fait
la différence, parce qu'il y avait un différentiel de coût qui était... qui
était connu, que, pour développer une nouvelle gamme de véhicules, ça coûtait
plus cher. Bien, le différentiel de coût entre un véhicule lourd, électrique et
diesel, est substantiellement... là, on ne parle plus de 12 000 $,
13 000 $, M. le Président, comme différentiel de prix, là, là, on
parle de centaines de milliers de dollars par véhicule.
Donc, qu'est-ce qui va être prévu? Est-ce
qu'on a... Encore une fois, je pose la question, là : Est-ce qu'on va
avoir les moyens de nos ambitions? On est dans, on le sait... dans des
restrictions budgétaires dans plusieurs ministères actuellement. Le programme Écocamionnage
a été coupé court en septembre. Ça, ça fait mal, d'ailleurs, à l'industrie.
D'ailleurs, il y a... je ne sais plus c'est dans quel mémoire, on nous
disait : Alors... On nous a dit : Il a été arrêté, mais alors qu'il y
avait encore des sommes dedans. Donc, est-ce qu'il a été arrêté pour combler
des sommes pour les véhicules légers? Je ne sais pas. Mais ce qui s'est passé,
par contre, quand ça a été arrêté du jour au lendemain, sans avertissement,
bien...
Puis ça, ça vient de Propulsion Québec,
qui est... Propulsion Québec, qui est un organisme qui fait la promotion de
l'électrification des transports. Donc, ce n'est pas... Si eux le disent, c'est
que ça doit être bien vrai. Ils nous disent : Bien, certains transporteurs
préfèrent maintenant opter pour des véhicules à combustion, devant
l'incertitude et l'imprévisibilité liées à la réouverture du programme et au
déploiement des aides financières. Des entreprises ont récemment annulé des
commandes de véhicules lourds électriques, causant des pertes financières
importantes pour les fabricants. Ils nous disent : Il est impératif — impératif,
M. le Président — qu'une norme VZE, là, véhicule zéro émission pour
les véhicules lourds soit accompagnée de mesures incitatives fiables et
prévisibles pour réussir la transition.
On a eu des échanges avec de nombreux
groupes à ce sujet. J'ai entendu dire le ministre dire qu'on n'aurait peut-être
pas les moyens d'offrir les aides que ça représentait, quand on parlait d'un
véhicule diesel versus électrique, en classe 8, un différentiel de
500 000 $. Vous comprendrez qu'on ne va pas loin avec
35 millions, là. Puis ça, c'est pour les... les infrastructures de
recharge. Mais là, si on parle pour les véhicules, si on veut en vendre
beaucoup, ça va prendre beaucoup de sous.
Et, pour vous donner un portrait... Puis
ça, ça vient... l'information que je vais vous donner vient du rapport
d'application de janvier 2025 de l'évolution de la norme véhicules zéro <émission...
Mme Dufour :
...
d'application de janvier 2025 de l'évolution de la norme véhicules zéro >émission,
résultats au 1er septembre 2024, du gouvernement du Québec, donc, document
officiel, qui dit qu'au 30 septembre 2024 on comptait
1 703 autobus et 1 156 camions électriques immatriculés au
Québec. Et on sait que, pour les autobus électriques, il y a eu des incitatifs
financiers importants. Mais au total, il y en a... il y a 20 000, plus de
20 000 autobus et plus de 175 000 camions routiers sur les
routes. Alors là, on est dans des ordres de 1 %, M. le Président, qui est
électrifié.
Et ce qui a été électrifié, M. le Président,
c'était ce qui était le plus facile à électrifier. C'est certainement les
distances plus courtes, c'est certainement les autobus scolaires, les autobus
urbains qui ont accès... puis là il y a eu des commandes plus récentes de
véhicules... c'est ça, d'autobus urbains qui ont accès à un point de recharge
fréquent. Mais, quand on est dans de la longue distance, on est en région où
c'est à peine si on trouve une borne de recharge pour un véhicule léger, bien,
je ne vois pas comment on peut penser qu'un véhicule lourd va pouvoir se
charger dans un horizon, même, d'ici 10 ans, tu sais, c'est...
Puis là aussi, c'est la question aussi de
la maturité du marché. Puis ça, j'en viendrai... j'y viendrai plus tard avec
une autre motion, mais il y a un enjeu majeur et qui semble... En tout cas, on
semble... Tu sais, ça semble prématuré, du moins. Ça fait que, si on n'a pas
les intentions du gouvernement concernant l'infrastructure de recharge et les
programmes d'aide pour les véhicules lourds, il sera impossible d'avoir
l'adhésion du marché puis certainement pas de notre opposition. Ça va être
difficile. Mais on est d'accord, il faut absolument réduire les GES, ça, il n'y
a pas de doute. Mais on se demande si le moyen choisi est le meilleur.
D'ailleurs, il y a plusieurs groupes qui
ont fait état de la question, en fait, du cycle de vie, puis c'est de ça que va
traiter la prochaine motion, des véhicules. Mais tu sais, là, ici, on est
dans... Le projet de loi, là, il ne prévoit que l'électrification des piles à
hydrogène, rien d'autre. Et ça, c'est un enjeu. Alors, si on veut avoir
l'adhésion, bien, il va falloir des aides substantielles à ce sujet-là.
Je vais essayer de parler, par exemple, de
l'Association du camionnage du Québec, qui... C'est un groupe qui ont... ils
ont l'habitude d'utiliser des camions lourds dans toutes sortes de
circonstances. Bien, ils disent, actuellement, il y a de sévères lacunes. Ils
disent que c'est un maximum de 200 à 300 kilomètres. Ça, je peux imaginer
qu'en pleine tempête, en plein hiver, ils ne font pas Montréal—Québec, là. Moi,
j'ai une autonomie de 460 kilomètres sur mon véhicule, puis il faut que je
roule très lentement pour le faire en plein hiver, Laval—Québec. Alors,
imaginons un camion avec ça à sa charge. C'est problématique.
• (16 h 30) •
Donc, pour amener une entreprise à
embarquer là-dedans, bien, non seulement il va falloir qu'il ait l'assurance qu'il
peut se charger à quelque part de façon rapide, et ça, on sait que ça va coûter
cher, mais en plus on peut se poser la question si c'est la meilleure
utilisation de notre argent, considérant que, les pertes que ces groupes-là
vont avoir, bien, il va falloir les compenser d'une certaine façon. Et si le
marché est tel... n'est pas assez développé encore pour permettre du longue
distance, bien, il faudrait peut-être l'exclure, le longue distance. J'ai
entendu le député de Masson parler avec un groupe, d'échanger sur les camions
courte distance. Là, on peut dire que ça fait plus de sens, mais ce n'est pas
les mêmes coûts non plus. Là, on parle de... c'est presque des véhicules légers
de transport de courte distance. Ça fait qu'on n'est pas du tout dans le même
type de véhicule, là. Quand on parle des véhicules lourds, tu sais, si on parle
des classes 6, des classes 7, des classes 8, c'est plus gros.
Donc ça, ça, c'est un... c'est un enjeu.
L'autre élément qu'il ne faut pas
négliger, c'est qu'on n'est pas tout seuls dans cet écosystème-là. On n'est pas
tout seuls, on est dans un... oui, c'est ça, on est en Amérique du Nord. Puis
on s'en rend compte beaucoup ces temps-ci, avec tout ce que tout ce qui se
passe au sud de la frontière, les États-Unis éternuent, puis nous, on a la
grippe, là, hein. Ça, on le sait, ça fait longtemps qu'on sait ça, on dépend beaucoup
de ce marché-là. Mais là, dans ce cas-ci, on aurait... on serait ceux qui...
16 h 30 (version révisée)
Mme Dufour : ...beaucoup
de ce marché-là. Mais là, dans ce cas-ci, on aurait... on serait ceux qui
auraient une norme qui serait plus avancée partout... que partout au Canada, si
on allait de l'avant avec l'ensemble des véhicules lourds. Donc, il y aurait — ça,
ça a été mentionné — un risque d'isolement réglementaire. Ça, c'est
une inquiétude.
Mais il y a des coûts supplémentaires. Tu
sais, il n'y a pas juste le coût du... de l'acquisition qui est plus élevé, il
y a les coûts de la formation, puis ça, c'est l'Association du camionnage du
Québec qui nous en parlait, que pour eux ça avait vraiment des impacts majeurs,
quand... Ils parlaient par exemple, bon, le poids des batteries plus le poids
de la marchandise... Ça, c'est quelque chose qui a été soulevé par plusieurs
groupes. Est-ce qu'en hiver, lors d'une période de gel-dégel, ça pourrait
être... il pourrait y avoir des restrictions? Il y a eu, devant l'Assemblée
nationale, lorsqu'on avait des consultations particulières, Mobilité électrique
Canada qui nous a présenté des véhicules, ils nous ont dit : Non, mais là,
la technologie évolue, le poids est moindre. Aujourd'hui, il y a des véhicules
qui existent, qui ont à peu près le même poids qu'un véhicule régulier. Certes,
c'est possible, mais ça reste que du longue distance, il n'y a pas d'infrastructure
de recharge, et ça n'existe pas dans tous les types de véhicules lourds.
Et je parlais tout à l'heure des camions
pour transporter de la neige, ce n'est pas... Actuellement, là, il n'y a pas d'option
électrique, là. Et, ça, il y en a des groupes qui le mentionnent. Même Propulsion
Québec, Propulsion Québec, qui est très favorable à l'électrification des
transports, nous dit : Le marché n'est pas là pour ça, puis c'est assez...
c'est ça, qui nous dit : Il faut peut-être le voir différemment pour les
classes 7 et les classes 8. Puis, c'est ça, l'Association du
camionnage aussi nous mentionne des coûts supplémentaires par rapport... la
perte de temps de recharge. Ça, c'est sûr que, si ça prend 2 heures
recharger ou 1 heure recharger, bien, est-ce que le chauffeur est payé
pendant ce temps-là? Ça, c'est une inquiétude qu'ils ont, puis il faudra
répondre à ces questions-là, les... toute la question de la sécurité, les
heures de conduite, etc., la sécurité par rapport à ce que les batteries
doivent être inspectées. Actuellement, un chauffeur doit inspecter l'ensemble
du camion qu'il roule. Ça fait partie, là, de leurs responsabilités. C'est ça.
Ça fait que sensiblement, là, c'est un
des... une des grandes problématiques, c'est l'infrastructure de recharge,
comme je disais, qui est inexistante actuellement. Voilà.
D'ailleurs, je ne sais pas si, le
ministre, dans sa réponse, pourrait nous dire ce qui est arrivé avec le... Il y
avait un projet pilote pour des bornes, des bornes 400... bien, 350 kW.
D'ailleurs, le gouvernement du Québec a octroyé 910 000 $ à Hydro-Québec,
par l'entremise de Circuit électrique, pour mettre en place un projet pilote
pour la recharge de véhicules moyens et lourds. C'était supposé d'être fait en
2024. Est-ce que c'est fait, ça, déjà? Ça, c'est une question qu'il faudrait
qui soit répondue. Puis comme je disais, où est-ce qu'on s'en va dans le futur?
Ensuite, il y a aussi — attendez,
je cherche un mémoire — le CITEQ, si je ne me trompe pas, qui en a
beaucoup parlé de ça. Bien évidemment, j'arriverai au CITEQ après, mais
évidemment le... les... la Corporation des concessionnaires automobiles du
Québec, les Constructeurs mondiaux d'automobiles et l'Association canadienne
des constructeurs de véhicules ont tous mentionné à quel point il était
nécessaire d'avoir des incitatifs pour soutenir l'industrie, qu'il faudrait s'assurer
qu'on soit aussi harmonisé avec l'ensemble de l'Amérique du Nord.
On nous a soulevé que les... bien, en
Californie, il y a eu... Puis ça, je ne sais plus c'est quel groupe, mais il y
a un groupe qui a fait... qui a parlé de ça, que la Californie, oui, avait une
norme, puis le gouvernement le soulevait, là, dans sa propre stratégie, mais
ils ont dû faire de grands ajustements. Puis la même chose pour le fédéral. Le
fédéral avait une norme... prévu une norme. Ils ne l'ont pas mis en place, puis,
ça, c'est écrit, si je ne me trompe pas, dans le document du gouvernement
provincial. Donc, ça fait que les juridictions qui ont souhaité mettre ça en
place, bien, elles sont encore en adaptation.
Et aux États-Unis, il n'y a pas tout à
fait le même climat que chez nous, hein, dans le... et le seul <endroit...
Mme Dufour :
...il
n'y a pas tout à fait le même climat que chez nous, hein, dans le... et le seul
>endroit actuellement où on retrouve des véhicules électriques, ou, du
moins, l'endroit principal, c'est en Californie, et ça ne roule pas partout.
Donc, est-ce que c'est envisageable, là, que ça vienne chez nous demain matin?
Non, définitivement, puis, comme je disais, bien, il n'y a pas d'infrastructure
pour supporter ça.
L'autre élément, c'est que l'arrêt
d'Écocamionnage, qui a été soudain, bien, ça, ça a vraiment affecté la
confiance. D'ailleurs, j'ai posé la question à l'Association du camionnage du
Québec : Est-ce que, demain matin, vous... vos membres vont vouloir
acheter un camion électrique, si le programme revient? Ils m'ont dit :
Non, parce qu'à tout moment il pourrait arrêter, comme ça été arrêté en
septembre sans avertissement. Donc, pourquoi on prendrait ce risque-là? Et Propulsion
Québec nous a dit la même chose.
Donc, il y a une confiance à rebâtir avant
de pouvoir mettre ça en place, et ce n'est pas en forçant les entreprises à
vendre des véhicules lourds qu'on va y arriver, parce qu'ils peuvent juste
cesser de vendre chez nous, et les... nos entreprises peuvent acheter... les
transporteurs peuvent acheter leurs véhicules au Nouveau-Brunswick, en Ontario,
peut-être pas aux États-Unis s'il y a des tarifs, mais présentement c'est une
option. Ça devient... Ça vient qu'on est... Il y a une... il y a un... comment
dire, un écosystème compétitif dans lequel, là, on pourrait perdre finalement
un avantage. Donc, d'amener plus de la flexibilité — puis ça, j'en
parlerai dans la prochaine motion — je pense que ça va être
nécessaire.
Mais, ceci dit, actuellement, on n'est pas
du tout rassurés, les entrepreneurs ne sont pas du tout rassurés avec le
programme Écocamionnage. Et donc d'arriver avec une norme comme ça, je ne suis
pas sûre qu'on va avoir l'adhésion des groupes et qu'ils voudront donc
embarquer et acheter des véhicules électriques lourds. Il y a même Éco
Entreprises Québec, hein, qui est dans le domaine du recyclage, qui est l'organisme
responsable de la collecte sélective maintenant, qui est venu nous dire :
Attention, si on met ça en place, ça va peut-être coûter plus cher. Puis on
sait que ça coûte déjà pas mal plus cher cette année, la collecte sélective.
Donc, il ne faudrait pas que ça monte encore plus, parce que, là, on le sait
maintenant que ça aurait des impacts au restaurant, des impacts à la SAQ, des
impacts pour nos entrepreneurs qui doivent, bien, vendre leurs produits, des
impacts pour des magazines, des magazines qui craignent de devoir fermer, qui
ont dû réduire le nombre d'éditions. Donc là, à ce moment-là, est-ce qu'on va
en plus, tu sais, réduire davantage, parce qu'on impose des camions lourds à...
Je pense qu'il faut être réalistes, à un moment donné, il faut s'aider, surtout
quand il existe des alternatives.
• (16 h 40) •
Tout à l'heure, je vous parlais de
l'enveloppe...
Donc, c'est ça, juste pour finaliser...
excusez, juste pour finaliser, Éco Entreprises Québec nous a dit : Faites
attention, on n'est pas prêts à ça, il n'existe pas actuellement des bennes à
recyclage, le marché n'est pas encore assez mature pour ça, et, si on nous
forçait à acheter des véhicules électriques, bien, ça serait extrêmement plus
cher pour la collecte.
Ce que je disais par rapport à
Écocamionnage tout à l'heure, c'est le conseil du patronat environnemental du
Québec qui nous a souligné que l'enveloppe n'était pas épuisée lorsque le
programme a été coupé, donc... et c'est eux aussi qui mentionnaient que, s'il y
avait un changement de gouvernement au palier fédéral — puis vous
savez qu'il y a des élections probables... bien, en fait, il y a des élections
assurées dans les prochains six mois au fédéral — bien, le programme
incitatif pour l'achat de véhicules zéro émission moyens et lourds, est-ce
qu'il va être maintenu ou pas? Ce n'est pas clair. Mais, dans tous les cas,
c'est un programme qui est coûteux, parce qu'il offre des incitatifs à l'achat
couvrant environ 50 % de la différence de prix entre un véhicule lourd électrique
et un véhicule lourd traditionnel. Quand... C'est le CITEQ, je crois, qui nous
mentionnait que c'était 500 000 $ de différence pour un certain type de
véhicule, ça, c'est une subvention à 250 000 $ que le fédéral doit
offrir. C'est énorme.
Donc, avant de s'embarquer là-dedans, je
pense que c'est essentiel qu'on sache combien ça va nous coûter et connaître
les intentions, donc, du gouvernement. Et, comme je disais, je n'ai pas besoin
d'entendre le ministre me parler de la stratégie de déploiement de recharges,
je l'ai lue, je l'ai vue. Mais, pour les véhicules lourds, qu'est-ce qu'on
prévoit réellement associer à cette loi-là? Si on met en place une norme zéro
émission, il faut savoir à quoi s'en tenir, parce qu'autrement, bien, on va
s'embarquer dans quelque chose, tu sais, on va se mettre le <bras...
Mme Dufour :
...à
quoi s'en tenir, parce qu'autrement, bien, on va s'embarquer dans quelque
chose, tu sais, on va se mettre le >bras dans le tordeur. Puis après ça,
bien, on n'aura juste plus les moyens de se payer les moyens de le sortir.
C'est en gros...
L'autre élément, peut-être, que je
soulignerais... Tu sais, je disais que le marché n'est pas mature. Là, je
parlais... j'ai parlé beaucoup des véhicules lourds électriques, mais il existe
aussi la portion hydrogène, qui est à pile hydrogène, qui est prévue aussi dans
le projet de loi, bien, ça, ça semble encore moins mature, M. le Président,
comme marché. C'est le Regroupement des organismes environnementaux en énergie,
ils ont fait un... ils nous ont parlé des entreprises qui faisaient des camions
lourds à hydrogène, qui ont des difficultés financières importantes. Notamment,
on dit, puis là, ça, c'est un extrait, là, de la stratégie canadienne pour
l'hydrogène, je crois, mais ça dit : «Dans le secteur émergeant du poids
lourd à hydrogène, Hyzon — ou Hyzon — n'est pas le seul à
connaître d'importantes difficultés, le fabricant allemand Quantron — ou
Quantron — a fait faillite il y a quelques semaines, tandis que l'Américain
Nikola Motor a fait savoir qu'il ne pourrait pas poursuivre ses activités
au-delà du premier trimestre... semestre, pardon, de 2025, maintenant, sans
financement supplémentaire.»
Il y a... On n'est vraiment pas là dans
l'hydrogène, là, donc... Puis on le sait aussi qu'il y a le projet TES Canada qui
est en évolution ou en analyse, ce n'est pas clair encore, mais est-ce que...
Ah oui! Et l'autre élément, puis, ça, j'en parlerai dans la prochaine motion,
mais la conversion à l'hydrogène est de loin la solution la plus coûteuse pour
décarboner le transport lourd. Donc, c'est pour ça que c'est important d'avoir
les intentions du gouvernement pour savoir où on s'en va puis savoir si on a
les moyens de nos ambitions avant d'adopter une norme zéro émission, ou même de
dire qu'on pourrait adopter une norme zéro émission pour des véhicules lourds.
L'incertitude que créerait l'adoption de
l'article 1 et de l'article 2 du projet de loi, bien, on met l'épée
de Damoclès au-dessus de l'industrie sans qu'on sache où on s'en va. En ayant
au moins les intentions du gouvernement avec les aides financières et en
espérant que ce soit cette fois ferme, ces aides-là, bien là, au moins, on
saurait à quoi s'en tenir puis l'industrie serait à quoi s'en tenir.
Actuellement, malheureusement, il y a beaucoup, beaucoup d'incertitude avec les...
la menace de tarifs, et ça, ça impacte autant les véhicules légers que les
véhicules lourds.
Mais compte tenu du retard qu'ont les
véhicules lourds, s'attendre à ce que ce marché-là avance et devienne mature au
niveau de l'électrification, ça risque d'être plus difficile si en plus il n'y
a plus la... tu sais, s'il y a plus ce transfert-là, ce transport-là des
composants entre les États-Unis et le Canada, ce qui pourrait arriver dans les
prochaines années, puis on sait que ça prend cinq ans à développer des nouveaux
produits. Donc, avant d'adopter une telle norme, je pense qu'on a besoin de
rassurer l'industrie avec des informations claires sur nos... les intentions.
Merci beaucoup, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci beaucoup, Mme la députée. Est-ce que nous avons d'autres
interventions sur cette motion préliminaire? Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce,
la parole est à vous.
Mme McGraw : Merci, M.
le Président. Alors, ma collègue... c'était vraiment un tour de force. Elle a
vraiment parlé de façon détaillée, compréhensive sur ces enjeux-là, sur cette
motion-là.
Donc, juste pour peut-être ajouter
quelques points, l'incertitude, c'est un problème pour les marchés, c'est un problème
pour la population, donc il faut créer la... toutes les conditions de... Parmi
les conditions gagnantes, on va dire, pour assurer la transition énergétique,
il faut avoir de la prévisibilité et plus de certitude. On comprend qu'il y a
certaines choses qu'on ne contrôle pas. On pense justement au gouvernement de
Donald Trump puis à une politique de... on pourrait dire, de chaos... En tout
cas.
Mais nous, il y a certaines choses qu'on
puisse... qu'on va pouvoir... qu'on peut contrôler. Et on comprend bien qu'en
éliminant les subventions, ça a un effet tout à fait immédiat sur le secteur.
Et d'ailleurs, en ce qui a trait au... le retrait des compensations, c'est un enjeu,
si on comprend bien, parce qu'on a eu des rencontres avec plusieurs organismes,
<regroupements...
Mme McGraw :
...un
enjeu, si on comprend bien, parce qu'on a eu des rencontres avec plusieurs
organismes, >regroupements, et, le défi, c'est comment rapidement la
parité de coûts est demandée. Il y a une incompréhension sur comment rapidement
des compagnies peuvent arriver à faire des véhicules électriques à moindre
coût. Quand l'Ontario, ils ont retiré leur compensation, il y a eu un impact
direct sur les ventes de véhicules électriques, et c'est le cas qu'on voit là.
On est rendus en février, là je parle léger, mais aussi on a coupé le programme
d'Écocamionnage.
On a trouvé qu'une des recommandations, ça
a été informel, c'est... on regarde... peut-être de nous recommander de
regarder, par exemple, en Colombie-Britannique. Les compagnies peuvent mettre
en banque leurs crédits environnementaux pour l'avenir, ce qui ne se fait pas
présentement au Québec. Alors, est-ce que ça pourrait être prometteur ici, au
Québec? Puis c'est peut-être quelque chose de... qu'on pourrait regarder.
Mais il faut donner la confiance à la
population, il faut avoir la prévisibilité. Il faut aussi, évidemment, éduquer
la population sur les contraintes des véhicules électriques. Alors, ça, c'est
un processus continu. Mais c'est sûr que les subventions, les compensations,
ils ont eu un effet immédiat. Et ce qu'on nous dit, ce qu'on nous ramène, c'est
qu'avec le... quand le programme Écocamionnage est tombé, de lourdes pertes ont
été faites pour les concessionnaires. Ils sont restés pris avec leurs véhicules
lourds électriques lorsqu'ils ont perdu leur subvention de 175 000 $.
Et là ce qu'on nous dit, c'est qu'il n'y aura aucun camion électrique sur les
routes s'il n'y a pas de problème d'écocamionnage. Alors, je pense que,
vraiment, ils ont été assez directs.
Je comprends qu'il y a eu des enjeux avec
le programme Roulez vert, on comprend que ça se peut que ça... on ramène...
mais, présentement, avec Roulez vert et pas de subvention, on va avoir les
données pour le mois de février, mais j'imagine que ça va être en chute libre.
Donc, ce... tu sais... on continue, on arrête, rouge, vert, ça ne marche pas.
Ça ne marche pas. Il faut vraiment que le gouvernement soit, donne plus de
prévisibilité... C'est sûr que s'il y a des ajustements à faire au programme,
on peut... c'est sûr qu'il y a des apprentissages. Si on voit que c'est
certaines... par exemple, les familles plus aisées, là, je parle de Roulez
vert, qui ont eu accès, que c'est vraiment... On peut faire des ajustements au
programme, justement, pour aller chercher plus de Québécois.
Donc, oui, on peut apprendre, faire des
ajustements, mais de laisser tomber au jour le lendemain des programmes, c'est
aussi... c'est une autre incohérence entre nos objectifs pour réduire les GES
et ne pas mettre en... d'enlever, justement... de retirer les programmes qui
vont dans cette direction-là, les programmes qui ont beaucoup de succès.
• (16 h 50) •
On comprend que le tout se passe dans un
contexte déficitaire. Ça se passe aussi dans un contexte aussi de crise
climatique. Ça fait qu'il faut prendre des choix éclairés, avoir des politiques
intelligentes, puis apprendre, puis ajuster au besoin. Mais, si je comprends
bien, encore une fois, les consommateurs... Le coût des véhicules électriques,
ça demeure le plus grand frein des... pour les consommateurs, et, si je
comprends bien, au Québec, c'est encore plus prononcé. Les Québécois sont... et
je cherche les données, les Québécois sont les plus sensibles au prix des
véhicules dans tout le Canada. C'est pour ça qu'il faut avoir des véhicules
usagés aussi au Québec, et on vise des véhicules plus petits, moins chers, mais
il y a de moins en moins de véhicules qui répondent à ces critères. Tout
l'enjeu des bornes électriques, qui fait en sorte que l'infrastructure soit
attrayante pour les consommateurs, est une priorité numéro un.
Il y a eu un programme qui a été mis en
place et... c'est ça, dans la stratégie québécoise de la... sur la recharge des
véhicules électriques, qui a été mise de l'avant en septembre 2023. Le
gouvernement a annoncé qu'une réglementation sera adoptée, 2024, pour prévoir
l'installation d'infrastructures de recharge dans les nouveaux bâtiments
multilogements de cinq logements et plus. Et là, évidemment, on est rendus en
2025 et cette réglementation se fait toujours attendre, alors l'enjeu de
l'accès de... à la recherche... recharge à domicile qui faciliterait l'adoption
de véhicules électriques par les personnes qui habitent un <immeuble...
Mme McGraw :
...qui
faciliterait l'adoption de véhicules électriques par les personnes qui habitent
un >immeuble multilogements tout en réduisant les besoins en
infrastructures de recharge publiques. Donc, ces enjeux-là de subventions, les
bornes, il faut avoir de la prévisibilité, il faut avoir confiance pour que les
compagnies et les citoyens puissent prendre des décisions éclairées. Et le feu
vert, feu rouge, en tout cas, c'est... moi, j'ai de la misère à suivre.
Je pense que ma collègue, elle a parlé des
recommandations, entre autres, de Propulsion Québec. Je prendrais peut-être
quelques minutes de... pour souligner quelques recommandations en matière de
véhicules lourds vers zéro émission. Propulsion Québec recommande de :
«Maintenir les incitatifs et les
programmes de subventions — comme j'ai dit — aux différents
véhicules lourds et aux infrastructures de recharge et les pérenniser — ça
parle encore une fois de la prévisibilité à plus long terme — tout en
s'assurant une prévisibilité à moyen terme et éviter des fermetures temporaires
de ces programmes en deux années fiscales ou de façon inattendue.» Donc, ça,
c'est la première chose. Ensuite :
«Soutenir la recherche, le développement,
la démonstration et la commercialisation des véhicules électriques lourds, des
batteries et des nouvelles solutions de recharge, ainsi que la gestion et
l'optimisation de l'énergie.» Ensuite :
«Faire en sorte que les tarifs
d'électricité permettent d'assurer la compétitivité des entreprises québécoises
et de favoriser l'atteinte des cibles d'électrification;
«Mener des campagnes de sensibilisation
afin d'informer les entreprises et leurs clients utilisant des véhicules,
automobiles lourds sur les véhicules électriques et sur les aides financières
disponibles.» Finalement :
«Mettre en place un comité de travail pour
identifier des solutions visant à pallier le coût élevé des assurances pour les
véhicules électriques.» Alors, on trouve ça... des recommandations
intéressantes.
Si vous me permettez, M. le Président, je
dois le souligner, en tant que porte-parole en matière d'économie sociale...
souligner une recommandation que j'ai trouvée très intéressante au niveau de
l'économie circulaire. Il faudrait juste que je trouve d'ailleurs... Pardon.
Voilà. Là, ça, ça nous... ça provient de Mobilité électrique Canada. J'ai
trouvé ça... Leur recommandation numéro 6, c'est de soutenir l'économie
circulaire des batteries des véhicules électriques. Donc, le... ils suggèrent
de... avec ce projet de loi, de «moderniser le cadre législatif et
réglementaire afin de faciliter le transport des batteries usagées et en fin de
vie, afin... et afin d'encourager la récupération, la réutilisation, le
reconditionnement et le recyclage des batteries dans un marché nord-américain
intégré».
Évidemment, il y a des défis avec ce
marché intégré, mais le Québec aurait avantage à revoir les obstacles, mais
peut-être au sein du marché canadien, donc pancanadien : «Le Québec aurait
avantage à revoir les obstacles réglementaires qui compliquent, ralentissent et
alourdissent les coûts des initiatives d'économie circulaire.»
Et d'ailleurs, l'économie circulaire, ça
s'inscrit vraiment... ça serait aussi une approche, une des réponses du Québec
vis-à-vis l'incertitude qui a été créée avec le gouvernement de Trump. C'est...
ça serait de viser plus sur notre indice de circularité, un indice plus élevé.
Ça pourrait aussi être un outil pour faire face à ces... à cette incertitude et
ces menaces, effectivement.
«En facilitant les pratiques de
reconditionnement, de réutilisation, etc., il serait possible de maximiser les
retombées environnementales et économiques de l'électrification des transports
également, afin de soutenir le développement d'une économie circulaire pour les
batteries des véhicules électriques. Le Québec doit rapidement mettre en place
une réglementation adaptée sur la collecte et la valorisation des grandes
batteries.» Donc, moi, je ne ferai pas le tour de tout leur mémoire, mais j'ai
trouvé ça... cette recommandation de Mobilité électrique Canada, en particulier
cette recommandation numéro 6, très, très intéressante.
Alors, sur ce, M. le Président, je suis
tout à fait en accord avec la motion qui a été déposée par ma collègue pour
avoir une note explicative des intentions du gouvernement concernant le
déploiement des infrastructures <de...
Mme McGraw :
...explicative
des intentions du gouvernement concernant le déploiement des infrastructures >de
recharge des véhicules lourds ainsi que le cadre des programmes qui seront mis
en place par le ministre. Merci, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci beaucoup, Mme la députée. Y a-t-il d'autres interventions sur cette
motion préliminaire? M. le ministre.
M. Charette : Simplement...
Bien, peut-être, mentionner, de façon générale, que l'on tend à élargir la
portée de l'article 244, quant à moi, ce qui ne nous a pas empêchés, là,
de laisser les collègues s'exprimer. Mais, ceci dit, c'est un petit peu
particulier qu'à ce moment-ci on demande des notes explicatives, alors qu'on
n'a pas débuté encore l'article... l'étude article par article. Donc, on aura
l'occasion d'aborder ces différentes thématiques aux articles appropriés. Donc,
pour le moment, il n'y a pas de raison d'appuyer cette motion préliminaire.
Le Président (M. St-Louis) :
...le ministre. Y a-t-il d'autres interventions? S'il n'y en a pas, je vais
mettre cette motion préliminaire aux voix. Est-ce que cette motion est acceptée
ou rejetée?
Des voix : ...
Le Président (M. St-Louis) :
Par voix nominale. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Mme Dufour
(Mille-Îles)?
Mme Dufour : Pour.
La Secrétaire : Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce)?
Mme McGraw : Pour.
La Secrétaire : M. Charette
(Deux-Montagnes)?
M. Charette : Contre.
La Secrétaire : Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice)?
Mme Tardif : Contre.
La Secrétaire : M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
La Secrétaire : Mme Picard
(Soulanges)?
Mme Picard : Contre.
La Secrétaire : Mme Gendron
(Châteauguay)?
Mme Gendron : Contre.
La Secrétaire : M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Pour.
La Secrétaire : M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau : Pour.
La Secrétaire : M. St-Louis
(Joliette)?
Le Président (M. St-Louis) :
Abstention.
Donc, cette motion est rejetée.
Est-ce que nous avons une autre motion ou
d'autres motions préliminaires? Mme la députée de Mille-Îles.
Des voix : ...
Le Président (M. St-Louis) :
Alors, nous allons suspendre quelques instants, le temps de retrouver la
bonne motion.
(Suspension de la séance à 17 heures)
(Reprise à 17 h 02)
Le Président (M. St-Louis) :
Alors, au moment de la suspension, Mme la députée de Mille-Îles avait
déposé une motion préliminaire. Mme la députée, la parole est à vous. Vous
disposez de 30 minutes.
Mme Dufour : Merci, M.
le Président. Alors : «Conformément à l'article 244 du règlement de
l'Assemblée nationale, je fais motion afin que la Commission des transports et
de l'environnement, dans le cadre de l'étude du projet de loi n° 81,
Loi modifiant diverses dispositions en matière d'environnement, demande au
ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques,
de la Faune et des Parcs de transmettre à la commission, dès que possible, une
note explicative concernant l'analyse gouvernementale des émissions de GES des
véhicules lourds sur leur cycle de vie complet incluant la production de tous
les composants.»
Alors, j'avais commencé à en parler lors
de l'échange sur la motion préliminaire précédente, plusieurs groupes nous ont
mentionné qu'on ne semblait pas prendre en considération le cycle de vie
complet des véhicules. Je le mentionnais, un véhicule électrique léger,
lorsqu'il sort de sa... de la... il est tout à fait...
17 h (version révisée)
Mme Dufour : ...le cycle
de vie complet des véhicules. Je le mentionnais, un véhicule électrique léger,
lorsqu'il sort de sa... de la... il est tout à fait neuf, il n'a pas roulé un
seul kilomètre, il a déjà... il a déjà... il a généré pas mal plus de GES qu'un
véhicule à essence, mais c'est à la combustion que le véhicule à essence, à un
moment donné, dépasse le véhicule électrique, mais il s'écoule quand même 30 000 kilomètres
en moyenne avant qu'on arrive au même... au même niveau de GES.
Alors, moi, personnellement, avant d'acheter
un véhicule léger électrique, je peux vous dire que, dans ma vie antérieure, où
j'étais conseillère municipale et que je me promenais seulement dans mon
district, ça ne faisait pas aucun sens au niveau environnemental, je faisais à
peine 5 000 kilomètres par année, à peine. Donc, ça ne pouvait pas se
justifier. C'est... Ça aurait pris plus que six ans avant que ça... on rentre
dans les GES générés, avant qu'on ait des gains. J'avais une hybride branchable
à ce moment-là, puis ça faisait beaucoup de sens. Mais, du moment que j'ai...
j'ai changé de vie puis je suis... je suis devenue députée, où que, là, j'ai...
je me suis mise à faire Laval-Québec à peu près à toutes les semaines, là, c'est...
je suis rentrée dans mon argent, je peux vous dire. Avec 55 000 kilomètres
faits en un an et demi, je suis rentrée dans mon argent, mais aussi au niveau
environnemental. Là, je suis rentrée... on est rentrés... tu sais, c'est devenu
un véhicule écologique. Mais, avant ça, avant les 30 000 kilomètres, ce n'était
pas un véhicule écologique.
Alors, pour les véhicules lourds, bien, la
question se pose encore plus, parce que le niveau de batterie que ça prend pour
rouler un véhicule de cette ampleur-là, il est beaucoup plus important. Et ça,
plusieurs groupes nous l'ont... nous l'ont... nous en ont parlé. Non seulement,
comme je l'ai mentionné dans la motion précédente, ça prend une infrastructure
de recharge complètement nouvelle, qui n'existe pas présentement et qui demande
une capacité électrique démente, mais, en plus... en plus, ça demande une
adaptation complète de tous les véhicules dans... dans la façon de rouler, de
la formation, etc. Et là ça demande des coûts astronomiques d'adaptation, par
exemple, dans les commerces où se trouvent ces véhicules-là, où sont stationnés
ces véhicules-là, qui doivent se recharger, etc. Donc, tous les groupes...
bien, il y en a énormément, de groupes, en fait, qui nous ont dit : Faites
attention, vous devez regarder sur le cycle de vie.
Je l'ai dit tout à l'heure, là, on a tous
le même objectif de réduire les GES produits par le transport lourd, on a tous
cet objectif-là, mais il faut être aussi conscient qu'il y a des coûts et que
là, actuellement, le projet de loi dicte les moyens plutôt que de dicter des
objectifs.
Et c'est vrai, il y a... il y a un enjeu
avec les GES qui proviennent du secteur du véhicule lourd. Mobilité électrique
Canada nous a parlé, dans son mémoire, de... qu'entre 1990... entre 1990 et
2022, les GES provenant des véhicules lourds ont augmenté de 81 %. Donc, c'est...
c'est quand même important. Et aujourd'hui les véhicules lourds sont
responsables de 30 % des émissions totales du secteur du transport
routier, alors qu'ils ne représentent que 3,7 % du parc de véhicules. Donc
c'est clair, il y a un enjeu. Le...
Et là Mobilité électrique Canada, eux,
nous disent : Bien, si on accélère l'électrification du transport lourd, c'est
essentiel pour réduire les émissions de GES. Mais on a vu, avec les échanges,
qu'il n'y a pas que l'électrification. Puis, comme je le disais, il faut le
regarder dans son ensemble. Moi, j'aimerais voir si, ça, le ministère en a
fait... a fait l'analyse du cycle de vie complet des véhicules lourds avant de
déterminer que le seul moyen ou les seuls moyens de réduire les GES, c'était l'électrification
ou la pile à hydrogène, alors qu'il existe d'autres moyens, des alternatives. Puis
ça, on nous en a parlé allègrement. On nous a parlé des carburants alternatifs,
notamment le gaz naturel renouvelable.
La semaine dernière, j'étais... j'ai dû
intervenir sur une motion de Québec solidaire qui parlait... qui voulait
interdire les pipelines. J'ai parlé du fait qu'on est en train de développer
actuellement...
Une voix : ...
Mme Dufour : Pardon? Je n'ai
pas compris ce que monsieur a dit, mais, bon, il y a... il y a... il y avait
cette motion-là. Et «pipeline», ça pouvait vouloir dire beaucoup de choses, pas
juste oléoduc, pas juste du pétrole. Mais il y a actuellement une filière qui
se développe au Québec et qui a beaucoup de potentiel, qui est la filière du gaz naturel renouvelable qui vient... qui
est agricole, de la biométhanisation agricole. C'est très <technique...
Mme Dufour :
...la
filière du gaz naturel renouvelable qui vient... qui est agricole, de la
biométhanisation agricole. C'est très >technique, mais... mais c'est... ça
a un fort potentiel. Le fumier, actuellement, qui, malheureusement, génère
beaucoup de GES, le fumier qui est utilisé, tu sais... en fait, qui est le
rejet, là, de nos fermes, fermes soit laitières ou porcines, bien, ce fumier-là,
il génère des GES, mais, en faisant de la biométhanisation agricole, bien, on
peut récupérer le gaz qui vient de ces défécations-là, là, malheureusement,
c'est ça, là, du fumier, du lisier, et ça a un potentiel méthanogène immense.
Et ça, ça peut être, après ça, converti en du gaz naturel renouvelable qui peut
être liquéfié.
Il y a des municipalités qui ont fait des
projets de biométhanisation avec les matières organiques, ils ont... ça n'a pas
tous été un succès, mais, pour ce qui est du domaine agricole, du fumier, le
potentiel est là, et il y a déjà des projets en marche. En fait, il y a déjà
des projets qui fonctionnent. Il y en a plusieurs, il y en a vraiment beaucoup
qui sont en développement présentement. C'est rentable pour l'agriculteur,
c'est rentable pour l'environnement parce qu'on réduit les GES du fumier, mais,
en plus, on crée du gaz naturel renouvelable. On sait qu'Énergir veut en
injecter davantage dans son réseau, mais il y a un potentiel aussi pour les
véhicules lourds qui est là. Puis, d'ailleurs, quand j'étais responsable, à la
ville de Laval, de l'environnement, on travaillait sur un projet de
biométhanisation qui, malheureusement, là, ne s'est pas réalisé par la suite,
mais ce projet-là avait le potentiel de générer beaucoup de gaz naturel
renouvelable, qu'on aurait pu utiliser pour la flotte municipale de camions de
déneigement, ce que je parlais plus tôt, des camions qui sont difficilement
électrifiables mais qui pourraient très... beaucoup plus facilement réduire les
GES de façon importante en permettant, tout simplement, d'utiliser du gaz
naturel renouvelable dans les véhicules.
• (17 h 10) •
La norme zéro émission, telle qu'elle est
définie actuellement, n'a pas cette option-là, il n'y a pas cette
flexibilité-là. Tout ce qu'on dit, c'est électrique, pile à hydrogène. Il va
falloir l'ouvrir à davantage, parce que je pense que ça a été assez clair que
les coûts, le surcoût que représenterait ce genre de véhicule là en étant
électrique, versus en permettant du gaz naturel renouvelable... Puis ça, c'est
un exemple, mais j'ai même lu à quelque part qu'il existait du diesel, là,
renouvelable, là, il faudrait que je lise davantage là-dessus. Mais ça, le gaz
naturel renouvelable, pourrait permettre d'avoir... de réduire de façon
importante les GES.
Et même le conseil du patronat
environnemental du Québec nous a dit, et puis c'est pour ça... ils nous
disaient, eux, que c'était important, qu'on devrait axer la réduction... on
devrait... En fait, ils disaient : Les modifications apportées à la loi
devraient être axées sur la réduction des émissions de GES plutôt que sur
l'électrification, que l'utilisation de l'analyse de cycle de vie devrait être
privilégiée. Alors, j'espère que le ministère a fait cette étude-là, d'analyse
de cycle de vie, avant de conclure qu'il y a juste l'électrification puis les
piles à hydrogène pour le véhicule lourd. Et eux nous disaient : Il
faudrait, c'est ça, identifier les meilleures options disponibles pour
permettre une réduction rapide des émissions émanant... émanant du secteur des
véhicules lourds au meilleur coût possible.
Mais il y en a eu, des études d'analyse de
cycle de vie qui ont été réalisées, qui ont démontré que l'utilisation de
carburants liquides plus performants pourrait s'avérer une option efficace.
Puis je vous ai parlé tout à l'heure du gaz naturel renouvelable. Bien, selon
une étude qui a été faite par le CIRAIG, bien, il y a certains types de gaz
naturel renouvelable, notamment celui qui provient du fumier, qui peuvent être
plus importants que les émissions générées, donc on dit que... les émissions
évitées, pardon, pourraient être plus importantes que les émissions générées,
et donc le résultat pourrait être net négatif. C'est quand même fort, là.
Alors, on a... on a intérêt à regarder les autres options, compte tenu de... du
surcoût important que... de... que l'électrification des transports lourds
impliquerait.
Il y a eu beaucoup, beaucoup de groupes
qui nous en ont parlé. L'Association du camionnage du Québec, on a eu des
échanges là-dessus, puis ils nous ont dit : Bien, amener des véhicules
lourds à utiliser du gaz naturel renouvelable, c'est des ajustements, certes,
mais beaucoup moins coûteux... beaucoup moins coûteux. Puis
ça ne change pas la formation, ça ne change pas les enjeux d'autonomie, il n'y
a pas... Tous ces <impacts-là...
Mme Dufour :
...Puis ça ne change pas la formation, ça ne change pas les
enjeux d'autonomie, il n'y a pas... Tous ces >impacts-là,
conventionnés, avec l'électrification, ça disparaît avec le gaz naturel
renouvelable. Donc... Donc, pour eux, c'était clair que c'était... c'était une
option beaucoup plus envisageable.
Et d'ailleurs ils nous disaient... ils
nous demandaient : Est-ce qu'on parle seulement d'émissions à
l'échappement du véhicule quand on parle de la norme? Est-ce qu'on... Pourquoi
est-ce qu'on n'inclut pas les émissions du cycle de vie du véhicule lourd? Ça,
c'était l'Association du camionnage du Québec qui dénonçait qu'il n'y avait aucune
autre alternative en ce qui... en ce qui a trait à la réduction des GES émis.
Ils nous disent : «Pourtant, l'industrie du transport routier de
marchandises a entrepris de réduire son empreinte carbone depuis plusieurs
années, et certains transporteurs ont adopté des énergies alternatives telles
que le biodiesel et le gaz naturel, et ce, depuis plus de 10 ans.» Et ils
nous rappellent qu'«avec la disponibilité croissante du gaz naturel
renouvelable et un réseau de distribution qui continue de se développer, le GNR
se doit d'être considéré comme un joueur important dans les efforts de
réduction des GES des transporteurs».
Il existe d'ailleurs... Ils nous
soulignent qu'il existe un nouveau moteur au gaz naturel de 15 litres, la
compagnie Cummins qui offre ce moteur-là, qui offre aux transporteurs la
possibilité de réduire leur empreinte carbone dès aujourd'hui avec des
investissements qui offrent une rentabilité réelle aujourd'hui et qui permet de
conserver les opérations de transport moyen et longue distance en Amérique du
Nord. Donc, clairement, il y a beaucoup, beaucoup moins de risques financiers
et technologiques si on ouvre à ça. Donc, on se dit : On se donne des
objectifs, et laissons l'industrie établir les moyens.
Et d'ailleurs c'est intéressant parce
qu'on a eu des échanges avec l'association des constructeurs mondiaux par
rapport à l'arrivée de Donald Trump aux États-Unis, qui a dit : La norme
zéro émission puis tout... tout ce qui est les incitatifs véhicules
électriques, ça, ça disparaît. Puis je pense que le décret est déjà signé
là-dessus. Mais ils ont dit : Ça ne va rien changer sur les véhicules
parce qu'il y a une norme au niveau du carburant, puis cette norme-là est
tellement stricte que, finalement, pour arriver à l'atteindre, on va continuer
à fabriquer des véhicules électriques.
Donc, c'est pour dire que, quand on dicte
nos objectifs plutôt que les moyens, bien, l'industrie va trouver le moyen qui
est le plus... qui est le plus approprié pour le véhicule qu'elle va mettre en
fonction. Il y a tellement d'usages possibles dans les véhicules lourds. On
n'est pas du tout dans le véhicule léger du porte-à-porte, on est vraiment
ailleurs. Donc, il est important de laisser à l'industrie le soin de déterminer
la meilleure technologie pour atteindre l'objectif que le gouvernement fixera,
là. Et, ça, ça ne change rien à l'objectif, mais ne dictons pas les moyens. On
n'est pas l'industrie. Le gouvernement n'est pas l'industrie. Il n'a pas... Ce
n'est pas au gouvernement de dicter à l'industrie comment faire son travail.
Ils connaissent beaucoup mieux que nous ce qui peut être fait pour atteindre
les objectifs en question.
Le CETEQ, qui est le conseil... Mon Dieu!
En tout cas, c'est les technologies environnementales... Voilà. Le Conseil des entreprises
en technologies environnementales du Québec, le CETEQ, nous a dit la même chose,
puis, eux autres aussi, c'est des gens de l'industrie, spécialisés, puis ils
nous ont dit : Actuellement, on... la définition actuelle est fondée sur
les émissions du réservoir à la roue. Elle exclut les impacts environnementaux
liés à la production et la distribution de l'énergie, ce qui offre une vision
partielle de l'empreinte carbone. La méthode de calcul est... tu sais, c'est...
ça inclut uniquement l'énergie qui est consommée. Et donc ils recommandent
d'adopter une définition plus globale afin de tenir compte du cycle de vie
complet des véhicules. Et ils nous disent, par rapport... bon, ils soulignent
la volonté du gouvernement d'inclure la définition... dans la définition, les
véhicules alimentés par une pile à combustible à hydrogène. Mais ils nous
disent : «L'intégration de carburants alternatifs dans le bouquet de
solutions technologiques augmente la résilience des entreprises face au
changement de technologie et favorise l'adoption de cette nouvelle pratique.»
Et ils disent que... «Nous estimons que la définition devrait être davantage
élargie afin d'inclure les motorisations électriques alimentées par un
générateur alimenté par du gaz naturel renouvelable.» Donc, c'est exactement ce
que je vous disais, le... et le CETEQ l'appuie.
Il y a d'autres groupes qui ont parlé de
ça. Là, je <voudrais...
Mme Dufour :
...que
je vous disais, le... et le CETEQ l'appuie.
Il y a d'autres groupes qui ont parlé
de ça. Là, je >voudrais juste vous trouver... Ici, c'est, justement, les
Constructeurs mondiaux d'automobiles du Canada qui nous disaient... qui nous
rappelaient que le marché des véhicules électriques légers est plus avancé que
celui des véhicules lourds, alors que celui-là, le marché des véhicules
électriques, à pile à combustible lourds est à ses débuts, et il comporte
d'importants défis technologiques et économiques, donc il y a un très grand
risque d'adopter ces technologies-là. Donc, ça, ça va retarder davantage, hein,
je l'ai mentionné, ça pourrait prendre encore facilement 10 ans avant qu'il y
ait des véhicules électriques qui soient vraiment adaptés et des
infrastructures de recharge adaptées à ces usages-là. Mais, demain matin, si on
commence à utiliser du gaz naturel renouvelable, bien, il y a des véhicules qui
peuvent devenir presque à zéro émission. Donc, on pourrait gagner... on
serait... on pourrait gagner plus rapidement en faisant ça. C'est sûr que, le gaz
naturel renouvelable, il faut aussi le produire. Il y a des projets qui sont en
cours, il y en a qui, déjà, ont été lancés en 2024, d'autres s'en viennent en
2025, et il y en aura davantage.
Le... La Corporation des concessionnaires
automobiles du Québec nous rappelait qu'il y a beaucoup d'obstacles techniques,
tels que la densité énergétique, l'autonomie, le temps de recharge, le
ravitaillement, qui sont plus complexes, mais ils nous disent aussi : C'est
la variété des cas d'utilisation potentiels dans... d'un même modèle de camion.
Donc, un même modèle de camion peut servir à plusieurs usages, contrairement à
un véhicule léger, généralement il transporte des personnes, tu sais, mais un
véhicule lourd peut faire beaucoup de choses, il peut faire des courts trajets,
des longs trajets, fonctionnement continu ou intermittent. Il peut y avoir des
équipements qui sont montés sur le châssis ou non, et ça, c'est très
énergivore, ces équipements-là, généralement, les véhicules d'urgence, qui
nécessitent des manœuvres plus exigeantes. Je vous rappelais... Je parlais
des... Tu sais, on a des régions au Québec. Les véhicules miniers, par exemple,
est-ce que... est-ce qu'on peut penser que, demain matin, ça va être... ça va
être prêt pour l'électrification? Peut-être pas. Les véhicules agricoles aussi
qui sont un enjeu, qui ont des usages vraiment très, très, très distincts de ce
qu'on connaît. Et donc ils nous rappellent qu'«une norme VZE trop stricte
aurait comme effet d'entraver le développement de technologies avancées ou de
nouvelles approches en matière de responsabilité environnementale». Alors,
c'est... c'est ce que je disais, c'est... d'avoir une vision fermée sur un...
une façon de faire, malheureusement, bien, ça risque, finalement, de pénaliser
plus qu'autre chose.
• (17 h 20) •
Et le gouvernement, pour les véhicules
légers, avait ouvert la porte, parce que, les aides financières, il n'y en
avait pas que pour les véhicules 100 % électriques, il y en avait aussi
pour les véhicules hybrides et... C'est une catégorie qu'ils avaient, là, le
véhicule à faible émission, qu'ils appelaient, qui englobait les véhicules
hybrides rechargeables équipés d'un moteur électrique et d'un moteur à
combustion interne. Donc, il y avait une certaine flexibilité, pour ce qui est
des véhicules légers, dans la norme. Alors, pourquoi on n'a pas de flexibilité
pour les véhicules lourds? Je me pose la question et je pense qu'on devrait
l'envisager fortement.
Je vais aussi montrer... Ça, c'est
intéressant, M. le Président, ça vient d'une étude, une étude de la Chaire de
gestion du secteur de l'énergie, HEC Montréal. L'étude s'appelle Décarbonation
du transport routier longue distance dans l'est du Canada. Donc, ça, ça a
été fait... ça a été fait ça ne fait pas si longtemps que ça, je vais essayer
juste de retrouver la date... 2023, septembre 2023, cette étude-là, qui a été
financée par le gouvernement du Québec, donc... donc j'imagine que le
gouvernement a eu les résultats. Et ce qu'on constate... C'est... C'est des
tableaux fort intéressants. Je ne sais pas si je peux les présenter, les
tableaux. Tableaux... tableaux didactiques, ça, on peut montrer ça?
Une voix : ...
Mme Dufour : Oui, hein, c'est
ça. Bien, c'est... c'est un graphique, là, ou, en tout cas, je ne sais pas, des
barres. Ce qu'on voit ici, c'est, en fait, la comparaison sommaire de la valeur
actuelle nette par technologie, donc selon la technologie. Et ici, en rouge, ce
qui est négatif, là, qui n'est pas du tout rentable, c'est tout ce qui est à
hydrogène. Ici, qui est le plus bas ici, là, mais qui est positif, mais qui est
le plus bas, c'est les batteries, ça, c'est les véhicules lourds à batterie.
Puis, ensuite, ici, on a... mon Dieu! celui-là, c'est... c'est ceux qui... ça,
c'est les camions à caténaire. J'ai appris quelque chose dans cette étude, M.
le Président. Ça, c'est ceux qui se... qui sont
alimentés ou rechargés par fil aérien. Donc, on <s'entend...
Mme Dufour :
...Ça,
c'est ceux qui se... qui sont alimentés ou rechargés par fil aérien. Donc, on
>s'entend qu'il n'y en a pas beaucoup, de ça. Mais, ceci dit, c'est
quand même... c'est quand même plus rentable ou à peu près rentable comme
véhicule électrique à batterie. Mais, ici, là, ce qui est le plus rentable, ce
qui est le plus économique, qui est vraiment beaucoup, là, on parle de huit
fois plus qu'à batterie, bien, c'est... c'est avec du gaz naturel renouvelable.
Donc... Donc, c'est... c'est assez éloquent, les chiffres. Ça fait qu'au niveau
économique c'est... c'est clairement plus économique, et ça permet d'atteindre
des objectifs quand même de façon importante.
Et c'est la même chose, là, il y a une
autre... un autre tableau où là on le... l'étude vient... vient séparer les
types de coûts, là, le coût en infrastructures, le coût des émissions, de
l'entretien, le carburant, etc. Et, bon, à l'exception du caténaire, là, qui
était celui que... qui recharge par fil aérien, bien, c'est le GNR qui est le
moins cher quand on met tout ça ensemble. Et il n'y a aucune émission de GES à
ce moment-là, aucune, alors qu'évidemment... Ça, c'est... Ici, c'est le diesel,
là, pour comparer. Donc... Puis, encore une fois, l'hydrogène, c'est celui qui
coûte clairement le plus cher. Dans certains cas, peut-être que l'hydrogène
pourra être une option, mais, clairement, le GNR, on ne peut pas... on ne peut
pas juste dire d'emblée : Non, ça ne devrait pas être... être considéré,
parce que, clairement, c'est... c'est beaucoup plus économique. Et, comme
société, à un moment donné, il faut... il faut se poser la question
coût-bénéfice.
Moi, j'étais responsable — encore
une fois, je vais le dire, là — de l'environnement à la ville de
Laval, comme élue. On avait un programme de réduction des GES qu'on avait, et il
fallait se poser la question : Lequel des programmes potentiels génère le
plus de réduction et quel est le coût à la tonne le plus intéressant? Par
exemple, on avait, justement, une subvention pour les véhicules électriques. On
a été la première ville et, je pense, la seule ville au Québec qui a eu une
subvention pour les véhicules électriques, de 2 000 $ à l'époque. Ça
n'a pas duré longtemps, là, mais... mais, le temps qu'on l'a eue, le coût à la
tonne, il n'était pas très intéressant. Je dois vous dire, c'était... c'était
plus marketing, cette annonce-là, qu'autre chose, puis d'être les premiers.
Parce que la, la mesure qui était la plus payante au niveau environnemental, où
le coût à la tonne était le plus faible, c'était de subventionner le retrait
des... du gaz au mazout. Les réservoirs de gaz au mazout, on subventionnait le
retrait pour mettre une fournaise électrique... pour les fournaises au mazout, c'est
ça que je voulais dire, donc une fournaise électrique. Et là on avait une
subvention qui... le coût de la tonne, c'était vraiment intéressant.
Et donc il faut se poser cette question-là.
L'argent qu'on met, public, il n'est pas illimité. Il y a... Il y a... À un
moment donné, c'est... c'est nos impôts, tout ça, là. Ça fait que c'est où
qu'on a notre meilleur gain, bénéfice? Et ce n'est clairement pas, dans le cas
des véhicules électriques... des véhicules lourds, ce n'est pas l'électrique
actuellement. Donc, avant de forcer l'industrie de se rendre à l'électrique,
alors qu'il y a un coût-bénéfice plus intéressant avec d'autres alternatives,
bien, je pense qu'il faut avoir cette analyse-là. Est-ce que le gouvernement a
fait l'analyse des réductions de GES des véhicules lourds sur un cycle de vie
complet? J'espère sincèrement que ça a été fait, sinon je pense que, vraiment,
clairement, c'est prématuré d'adopter cette norme-là, tel que c'est proposé,
qui va... ça va prendre des ajustements importants au projet de loi.
Je pense que j'ai fait le tour, M. le
Président, de... du sujet, mais, définitivement, on aura d'autres discussions
là-dessus lors d'articles... l'étude article par article. Mais, avant même
qu'on commence, il faut savoir est-ce que le gouvernement l'a faite, cette
étude-là. Merci, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : Merci
beaucoup, Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur cette
motion préliminaire? M. le ministre.
M. Charette : Sinon, le même commentaire
fait un petit peu plus tôt. C'est étonnant que ce type de motion là apparaisse
en évoquant l'article 244. Ce sont littéralement des composantes de
l'étude du projet de loi lui-même. Au moment des articles appropriés, on aura
l'occasion de discuter de ces différentes questions là. Donc, il n'y aura pas
de consentement pour l'adoption de la motion.
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
merci. Nous allons donc mettre cette motion préliminaire aux voix, à moins...
Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Mme McGraw : Peut-être, juste
pour ajouter...
Le Président (M. St-Louis) : Excusez,
j'ai présumé, mais allez-y.
Mme McGraw : Désolée, j'étais...
j'étais un peu distraite dans mes... dans mes mémoires. Mais, écoutez,
évidemment, j'appuie la motion de la collègue de Mille-Îles. Je pense que le
cycle de vie... très important pour moi. Ça a été un... tout un apprentissage,
ces discussions avec certains groupes. Je pense que miser sur les objectifs
que... c'est... c'est des objectifs <partagés...
Mme McGraw :
...ces
discussions avec certains groupes. Je pense que miser sur les objectifs que...
c'est... c'est des objectifs >partagés. On comprend que le transport au
Québec a une contribution majeure aux GES, et c'est sûr qu'il faut... qu'il
faut être sérieux. Et les... le... les camions lourds et... Donc, je pense qu'on...
qu'il faut aller de l'avant, mais je pense que ce qu'on a appris du secteur,
c'est que ce... cet aspect de cycle de vie complet, cette analyse qui pourrait
faire en sorte qu'on regarde toutes les phases, batteries, etc., et l'impact
sur les GES, parce qu'effectivement c'est... c'est ce qu'on vise, c'est la
réduction des GES, c'est cette transition énergétique propre et pour réduire
les GES.
Alors... Alors, dans ce sens-là, je pense
que le... mettre l'emphase sur les objectifs, atteindre les objectifs... On
comprend qu'on est en transition, on comprend qu'il y a des énergies, il n'y a
aucune solution parfaite, M. le Président, mais il faut mettre tous les
efforts. D'ailleurs, je vais citer mon mentor, Al Gore, qui disait :
«There's no silver bullet, there's a silver buckshot.» Ça veut dire qu'il faut
mettre en place toutes les solutions et que certaines solutions, ce sont des
solutions transitoires pour enfin arriver au but ultime, qui est la réduction
des GES et la lutte contre les changements climatiques. Alors, je vais arrêter
là. Merci, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : Merci
beaucoup, Mme la députée. Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention, je
procéderais à la mise aux voix de cette motion préliminaire.
Une voix : ...
Le Président (M. St-Louis) : Vous
souhaitez suspendre?
Une voix : ...
Le Président (M. St-Louis) : Nous
allons suspendre brièvement.
(Suspension de la séance à 17 h 30)
(Reprise à 17 h 31)
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
la commission va reprendre ses travaux. Au moment de la suspension, nous en
étions à la mise aux voix de la motion préliminaire présentée par la députée de
Mille-Îles. Donc, est-ce que cette motion est adoptée ou rejetée?
Des voix : Rejeté.
Le Président (M. St-Louis) : Rejeté?
Une voix : ...
Le Président (M. St-Louis) : Par
appel nominal. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Mme Dufour
(Mille-Îles)?
Mme Dufour : Pour.
La Secrétaire : Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce)?
Mme McGraw : Pour.
La Secrétaire
: M. Charette
(Deux-Montagnes)?
M. Charette : Contre.
La Secrétaire : Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice)?
Mme Tardif : Contre.
La Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Contre.
La Secrétaire : M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
La Secrétaire : Mme Picard
(Soulanges)?
Mme Picard : Contre.
La Secrétaire : Mme Gendron
(Châteauguay)?
Mme Gendron : Contre.
La Secrétaire : M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Pour.
La Secrétaire : M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau : Pour.
La Secrétaire : Et M. St-Louis
(Joliette)?
Le Président (M. St-Louis) : Abstention.
Donc, cette motion est rejetée. Est-ce que nous avons d'autres motions
préliminaires?
Des voix : ...
Le Président (M. St-Louis) : Est-ce
que c'est une réponse positive? Donc, il n'y a pas d'autres motions
préliminaires? Oui?
Une voix : ...
Le Président (M. St-Louis) : Donc,
nous allons suspendre brièvement, le temps que la motion soit transmise au
secrétariat puis mise sur Greffier. Merci...
17 h 30 (version révisée)
Le Président (M. St-Louis) : ...mise
sur Greffier. Merci.
(Suspension de la séance à 17 h 33)
(Reprise à 17 h 38)
Le Président (M. St-Louis) : Donc,
la commission reprend ses travaux. Au moment de la suspension, la députée de
Mille-Îles déposait une motion préliminaire... Oh! pardon. Excusez. La députée
de Notre-Dame-de-Grâce, pardon. Donc, Mme la députée, vous disposez de 30 minutes.
Je vous demande de présenter la motion et...
Mme McGraw : Oui. Merci, M.
le Président. Alors, la motion préliminaire que je présente se lit comme suit :
«Conformément à l'article 244 du Règlement de l'Assemblée nationale, je
fais motion afin que la Commission des transports et de l'environnement, dans
le cadre de l'étude du projet de loi 81, Loi modifiant diverses
dispositions en matière d'environnement, des consultations particulières et qu'à
cette fin elle entende dès que possible l'Assemblée des Premières Nations,
Québec, Labrador.»
Je souligne cette première nation en
particulier, parce qu'il y a deux autres Premières Nations qui ont été... qui
ont désisté. Alors, je mets l'emphase sur ce groupe. Mais, de façon générale,
ça aurait été important d'entendre les Premières Nations, qui ont des droits
fondamentaux. Et je crois que c'est... c'est dans la loi, la Loi sur la qualité
de l'environnement...
Une voix : ...
Le Président (M. St-Louis) : Un
instant! Est-ce que c'est la même question de forme qu'on a... vous avez déjà
présentée, M. le député de Masson?
M. Lemay : ...procède à des consultations
particulières.
Le Président (M. St-Louis) : ...
M. Lemay : Ça fait que c'est
juste une question de forme, là. Si c'est le cas, là, on comprend.
Le Président (M. St-Louis) : Nous
allons suspendre quelques instants pour valider la question de forme du député
de Masson. Merci.
(Suspension de la séance à 17 h 40)
(Reprise à 17 h 41)
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
la commission reprend ses travaux. Je cède la parole à nouveau à la députée de
Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Alors, puisque
les Premières Nations... aucun représentant des Premières Nations n'ont pu
participer ou n'ont participé aux consultations particulières, je voulais
prendre le temps quand même. Il y a trois mémoires qui ont été soumis à date
par des Premières Nations. Je vais m'attarder à la... au mémoire qui a été
soumis par l'Assemblée des Premières Nations Québec, Labrador, bien que la
motion, c'est qu'on aimerait entendre, mais j'ai l'impression que ça... le
gouvernement va répondre... ne va pas répondre de façon affirmative. Alors, je
vais prendre le temps quand même de souligner des aspects importants de leur
mémoire.
Et d'ailleurs ça commence... leur mémoire
commence avec une affirmation : «Notre participation aux travaux de la
Commission des transports et de l'environnement doit être reçue par votre
gouvernement comme une démonstration de notre bonne foi et de notre volonté de
contribuer avec respect aux discussions en cours. Néanmoins, cette
participation ne saurait être interprétée comme une consultation en bonne et
due forme des Premières Nations. Nous ne sommes pas des simples... de simples
parties prenantes, nous sommes les détenteurs des droits inhérents...
inhérents. En conséquence, tous nos gouvernements <doivent être
consultés...
Mme McGraw :
...sommes
pas des simples... de simples parties prenantes, nous sommes les détenteurs des
droits inhérents... inhérents. En conséquence, tous nos gouvernements >doivent
être consultés conformément aux obligations qui incombent à l'État.»
Alors, c'est un rappel important. Et les
Premières Nations Québec, Labrador expriment plusieurs, plusieurs inquiétudes
avec ce projet de loi, notamment en matière de l'évaluation. Ils soulignent
leur droit de déterminer l'utilisation de leurs terres, d'en jouir, de les
occuper et de les posséder ainsi que d'en tirer des avantages économiques et de
gérer ces terres de manière proactive. Les Premières Nations ont également le
droit d'utiliser leurs territoires et leurs ressources pour répondre aux
besoins de leur collectivité et favoriser le développement. Or, les Premières
Nations ont été historiquement exclues de la planification, de la réalisation
et de la mise en œuvre des projets de développement. Alors, ils soulignent le
droit inhérent à l'autodétermination. Effectivement, ils disent que ces
consultations et ce projet de loi auraient été une opportunité en or pour
ajouter justement... pour corriger certaines... certaines erreurs.
Ils disent, par exemple : «Il est
évident que les modifications apportées par le projet de loi ont une chose en
commun, c'est l'accélération du développement sur le territoire et que le
raccourcissement des échéanciers et l'octroi d'exemptions ou d'allègement sont
extrêmement préoccupants pour les Premières Nations, pour la protection de
leurs droits et de leurs territoires, de même que pour le respect par le
gouvernement de son obligation de consulter. Les comités des Premières Nations
rencontrent déjà de multiples défis relatifs à la consultation, dont la
sursollicitation ainsi que le manque de ressources humaines, techniques et
financières, alors que des enjeux, au niveau de la consultation et du respect
des droits des Premières Nations, persistent dans le cadre de la PEEIE, l'évaluation
environnementale, sectorielle ou régionale, en se calquant sur cette procédure,
répète les mêmes erreurs. Les Premières Nations saluent quand même l'intention
manifestée par le ministère de l'Environnement de mieux tenir compte des effets
cumulatifs des projets et des activités sur le territoire. Mais, malheureusement,
ils soulignent que la procédure proposée par le projet de loi nous laisse
présager le contraire.»
Et une question qu'on souligne dans le
mémoire : «Comment peut-on prétendre que l'évaluation environnementale,
sectorielle ou régionale assurera une meilleure protection de l'environnement,
alors qu'elle découle directement d'un plan ou d'un programme de développement?
Cette évaluation ne se contentera pas de simplifier ou d'accélérer les
procédures subséquentes. Elle ouvrira aussi la porte à l'évaluation simultanée
d'un nombre beaucoup plus important de projets. Cette approche suscite de vives
inquiétudes chez les Premières Nations en raison de la pression accrue qui en
résultera sur le territoire et de l'aggravation prévisible des problématiques
déjà existantes.» Bien que la somme de ces préoccupations a été exprimée à de
nombreuses occasions par les Premières Nations, le gouvernement a délibérément
décidé de les ignorer, je cite : «Malgré les répercussions majeures que
les modifications envisagées pourraient avoir sur leurs droits, leurs
territoires et leurs eaux, cette absence de considération met en lumière
l'urgence d'un dialogue authentique et d'une collaboration sincère. Les
Premières Nations invitent, dès à présent, le gouvernement du Québec à s'asseoir
avec elles afin d'élaborer un projet de loi véritablement respectueux de leurs
droits, de leurs territoires et de leur vision.»
Alors, ils font par la suite à cette
déclaration... il y a une liste de recommandations et un tableau très détaillé.
Je ne lirai pas le tableau, mais une douzaine de pages, avec des
recommandations, et des propositions, et des commentaires, et des amendements
détaillés sur l'ensemble du projet de loi. Mais, de façon générale, ça vise
à... premièrement, ils veulent une reconnaissance explicite des droits des
Premières Nations, le caractère distinctif de la consultation autochtone. Ils
veulent aussi que les préoccupations des Premières Nations exprimées, quant aux
projets qui se développent sur leurs territoires et leurs eaux, ne peuvent pas
être considérées comme un simple facteur de l'acceptabilité sociale ni être
amalgamées aux préoccupations, aux observations du public. Alors, c'est un
statut distinct qu'on réclame... qu'ils réclament.
Et ils demandent... leur première
recommandation, c'est d'ajouter une section à la Loi sur la qualité de
l'environnement qui prévoit que tout processus décisionnel susceptible
d'affecter les droits des Premières Nations, leur santé ou <leur
bien-être social...
Mme McGraw :
...d'ajouter
une section à la Loi sur la qualité de l'environnement qui prévoit que tout
processus décisionnel susceptible d'affecter les droits des Premières Nations,
leur santé ou >leur bien-être social et économique doit être compatible
avec les droits ancestraux ou issus de traités, à l'obligation
constitutionnelle de... consulter et d'accommoder la couronne aux droits
établis par la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples
autochtones, au principe du consentement préalable, libre et éclairé et à des
normes minimales pour l'obtention de ce consentement déterminé par les
Premières Nations. De plus, tout processus décisionnel susceptible d'affecter
les droits des Premières Nations ou de leur santé ou de leur bien-être social
et économique doit également tenir compte des reconnaissances et pratiques
durables des Premières Nations, des répercussions et retombées
environnementales et sociales, notamment des effets cumulatifs.
Et je souligne le fait que le
gouvernement, avec... a déjà fait preuve de cette... d'une bonne volonté. Il y
a des exemples. Il y a un exemple important, entre autres, c'est la ligne d'interconnexion
Hertel-New York, qui, justement, était un vrai partenariat entre le
gouvernement, entre Hydro-Québec et la nation mohawk, le Mohawk Council of
Kahnawake. Je me souviens très bien que la grande cheffe Sky-Deer est venue
en... présenter en consultations particulières, et ça a été un partenariat sans
précédent. Donc, on voit que, si la volonté est là, on est capables de respecter
leurs droits, effectivement.
• (17 h 50) •
Alors, suite à ça, ils ont plusieurs
recommandations. D'ailleurs, il y a, en tout, 10 recommandations et un
tableau détaillé très spécifique relatif aux modifications proposées par le
projet de loi. Comme je dis, je ne ferai pas la lecture, mais je crois que
c'est important de respecter ces droits-là et aussi de... On ne peut pas... Les
Premières Nations ont un statut qui est distinct des parties prenantes, et
c'est dans la loi qu'il faut respecter aussi ce statut distinct important.
Alors, je crois que, quand la volonté est là... On a déjà fait preuve... le
gouvernement du Québec a fait preuve, avec un projet vraiment très innovateur,
l'interconnexion Hertel-New York, qui a été reconnue par l'État de New York,
effectivement, à cause de ce partenariat-là. Et justement, il y a des... on l'a
déjà souligné, ça a été souligné par des scientifiques, par des groupes
environnementaux, par les anciens vice-présidents et présidents du BAPE, entre
autres, que plusieurs aspects de l'évaluation, des aspects évaluation du projet
de loi sont problématiques. Entre autres, l'exemption, parce que l'exemption,
ça enlèverait... c'est-à-dire l'exemption, les travaux préalables. Et je
pourrais citer le conseil mohawk. Leur mémoire est en anglais, exclusivement en
anglais, mais ils sont... ils se sont prononcés, de façon forte, en opposition,
entre autres, à cet aspect-là du projet de loi.
Donc, il faudrait, comme je dis, trouver
des moyens pour avancer plus vite, mais faire les choses en ordre et avoir des
conditions gagnantes qui respectent l'économie, l'environnement, la société.
Et, dans tout ça, s'inscrit les droits des Premières Nations. Merci, M. le
Président.
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
merci beaucoup, Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
cette motion? Mme la députée de Mille-Îles. Je vous cède la parole.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. Je serai brève mais j'appuie évidemment la motion de ma collègue la
députée de Notre-Dame-de-Grâce. J'aimerais souligner que nous avons...
Malheureusement, il y a deux groupes qui avaient été invités, qui
représentaient une certaine première nation, qui se sont désistés, mais je
pense qu'on aurait apprécié pouvoir échanger. Il y avait l'Institut du
développement durable des premières nations du Québec et du Labrador et il y
avait l'Assemblée des Premières Nations Québec, Labrador. Ils ont d'ailleurs
soumis un mémoire ensemble, les deux groupes, que nous avons lu évidemment avec
beaucoup d'intérêt. Mais il y a aussi le Comité consultatif de l'environnement
Kativik qui a envoyé un mémoire, et le Conseil mohawk de Kahnawake qui ont
soumis des mémoires. Évidemment, je pense que, tu sais, on le sait
aujourd'hui, c'est nécessaire de consulter les Premières Nations non seulement
pour respecter la loi, <mais aussi parce que...
Mme Dufour :
...qui
ont soumis des mémoires.
Évidemment, je pense que, tu sais, on
le sait aujourd'hui, c'est nécessaire de consulter les Premières Nations non
seulement pour respecter la loi, >mais aussi parce que c'est un peuple
fondateur, et il faut reconnaître leur importance. Mais, ceci dit, moi, à ce
micro, là, je veux prendre l'occasion de dire que l'ensemble des trois mémoires
que je vous ai mentionnés, nous les intégrerons dans notre analyse et pourrons
soumettre des amendements, comme ils l'ont suggéré. J'ai été quand même, disons,
comment dire, agréablement surprise de lire, par le Conseil mohawk de
Kahnawake, que le... ils avaient été consultés en mars dernier, donc, il y a un
an, dans les premiers... les premières discussions concernant ce projet de loi.
Donc, cette préconsultation a eu lieu. Par contre, ils nous soulignent que
leurs préoccupations principales n'avaient pas du tout été répondues dans le
projet de loi tel qu'il a été déposé.
Donc, il faudra revenir évidemment avec
leurs préoccupations. Mais, je voulais le souligner quand même, il y a eu une
préconsultation, et ça, c'est bien. Puis, pour le reste, bien, nous, on va
s'assurer que leurs préoccupations sont relayées lors de l'étude détaillée du
projet de loi. Merci beaucoup, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
Mme la députée. Y a-t-il d'autres interventions sur cette motion préliminaire?
M. le ministre.
M. Charette : Juste
confirmer, effectivement, que les différentes communautés autochtones ont été
consultées à quelques reprises dans l'élaboration du projet de loi. Pour ce qui
est de la motion elle-même, c'est bien difficile de l'appuyer, étant donné que
l'assemblée elle-même s'est désistée. Donc, pour cette raison, on va tout
simplement voter contre la motion.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Comme il n'y a plus d'intervention, nous allons donc procéder à
la mise aux voix de cette motion préliminaire. Est-ce que cette motion est
acceptée ou rejetée?
Une voix : Par appel nominal.
Le Président (M. St-Louis) : Donc,
Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce)?
Mme McGraw : Pour.
La Secrétaire : Mme Dufour
(Mille-Îles)?
Mme Dufour : Pour.
La Secrétaire : M. Charette
(Deux-Montagnes)?
M. Charette : Contre.
La Secrétaire : Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice)?
Mme Tardif : Contre.
La Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Contre.
La Secrétaire : M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
La Secrétaire : Mme Picard
(Soulanges)?
Mme Picard : Contre.
La Secrétaire : Mme Gendron
(Châteauguay)?
Mme Gendron : Contre.
La Secrétaire : M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Pour.
La Secrétaire : M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau : Pour.
La Secrétaire : M. St-Louis
(Joliette)?
Le Président (M. St-Louis) : Abstention.
Donc, cette motion préliminaire est rejetée.
Comme il n'y a plus d'autre motion
préliminaire à ce stade-ci, nous en sommes maintenant à l'étude article par
article. Je prends donc en considération l'article 1 du projet de loi. M.
le ministre, veuillez en faire la lecture, s'il vous plaît.
Une voix : ...
Le Président (M. St-Louis) : Pardon?
Oui.
Mme Dufour : J'ai une
intervention à faire avant que nous commencions. Conformément à l'article 245
de notre règlement, nous demandons à ce que le projet de loi soit étudié
article par article, alinéa par alinéa, paragraphe par paragraphe.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
Mme la députée...
Mme Dufour : Merci.
Le Président (M. St-Louis) : ...c'est
bien noté.
Donc, M. le ministre, je vous cède la
parole sur l'article 1.
M. Charette : Bien gentil,
merci, M. le Président. Donc, article 1 : L'article 1 de la
Loi visant l'augmentation du nombre de véhicules automobiles zéro émission au
Québec afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre et autres
polluants est modifié par l'insertion, après «automobiles», de «légers et les
véhicules automobiles lourds».
Donc, le texte proposé se lirait ainsi :
«La présente loi a pour objet de réduire
la quantité de gaz à effet de serre et autres polluants émis dans l'atmosphère
par les véhicules automobiles légers et les véhicules automobiles lourds qui
circulent sur les routes du Québec afin d'en diminuer les effets néfastes sur
l'environnement.»
Et commentaire. C'est un article qui
modifie l'article 1 de la Loi visant l'augmentation du nombre de véhicules
automobiles zéro émission au Québec afin de réduire les émissions de gaz à
effet de serre et autres polluants afin que l'objet de celle-ci vise tant les
véhicules automobiles légers que les véhicules automobiles lourds.
Le Président (M. St-Louis) : Avez-vous
des commentaires, M. le ministre, sur l'article 1?
M. Charette : Bien, peut-être
déjà préciser qu'à l'article 2, on va déposer des amendements qui sont
déjà disponibles, là, pour répondre justement aux préoccupations des
constructeurs qui souhaitaient que l'on définisse davantage ce qu'était un
véhicule lourd. Donc, dans ce... dans cette première partie, dans ce premier
article, on y va <de façon générale...
M. Charette :
...qui
souhaitaient que l'on définisse davantage ce qu'était un véhicule lourd. Donc,
dans ce... dans cette première partie, dans ce premier article, on y va >de
façon générale, mais le détail sera davantage précisé à l'article 2.
Le Président (M. St-Louis) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions sur l'article 1? M. le député.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. Oui?
Le Président (M. St-Louis) : Ah!
excusez.
Mme Dufour : Bien, je ne sais
pas, mon micro était ouvert. Je suis désolée. Si quelqu'un d'autre veut...
Une voix : ...
Mme Dufour : Mon micro s'est
ouvert.
Le Président (M. St-Louis) : Allez-y,
Mme la députée, la parole est à vous.
Mme Dufour : Parfait. Merci.
Bien, écoutez, j'ai fait deux motions préliminaires qui parlaient des véhicules
lourds, juste avant, où le ministre a dit : Bien, ce n'est pas nécessaire
d'en parler tout de suite, on va en parler lors de l'étude détaillée. Peut-on
parler maintenant des motions du contenu, à savoir est-ce qu'on a fait... avant
de parler de véhicules lourds ici, est-ce qu'on a regardé l'analyse du cycle de
vie? Est-ce qu'on a un estimé de combien ça va coûter de mettre ça en place?
Voilà. Donc, je voudrais avoir plus d'informations, parce qu'on commence ici,
puis là, après ça, on tombe dans les définitions, alors que, si on modifiait
les définitions plus tard, bien, peut-être que ça aurait un impact sur
l'article 1. Mais l'article 1 vient avant, donc c'est pour ça que
j'ai des questionnements sur l'article 2.
M. Charette : L'article 1
vient avant l'article 2. Et, pour ce qui est de cette première partie,
c'est uniquement intégré à la définition... non pas à la définition, mais à
l'objet de l'article lui-même, les véhicules lourds. Mais effectivement, au
niveau de la stratégie de recharge, on a une évaluation exhaustive qui a été
faite avec une étude d'impact réglementaire aussi. Je rappellerai à la collègue
qu'à chaque année, avec la mise à jour du plan de mise en œuvre et, en
décembre, avec l'évaluation qui est faite des différentes mesures du PMO, on a
beaucoup de données à ce niveau-là. Mais, à ce moment-ci, on vient juste intégrer
une nouvelle catégorie de véhicules à un article existant, là, de la Loi sur
les véhicules zéro émission au Québec.
• (18 heures) •
Mme Dufour : Il y a... il y a
effectivement une analyse d'impact réglementaire qui a été faite, mais de
nombreux groupes disent qu'en fait ça semble sous-estimer, de façon importante,
les réels... les réels impacts de la norme elle-même. On nous dit notamment
que, si c'était aussi rentable que ce que l'analyse réglementaire suggère,
bien, tout le monde le ferait sans avoir une norme. Un des éléments qu'on nous
souligne, c'est qu'il n'y a pas de prise en considération des coûts
d'investissement dans l'analyse réglementaire. On calcule les économies, mais
pas les coûts d'investissement. Alors, est-ce qu'elle est... est-ce qu'elle est
adéquate, cette analyse-là? C'est une question.
M. Charette : ...pertinente.
Ce qu'on a eu l'occasion de dire par contre au moment des consultations, c'est
qu'on va y aller vraisemblablement par catégories. Donc, c'est difficile de
répondre de façon générale à cette question-là. Ce que l'on sait, c'est qu'on a
un marché qui est déjà relativement mature pour les véhicules lourds qui font
des circuits courts. Donc, la technologie, elle est disponible dans certains
cas. Différentes entreprises et compagnies ont déjà intégré ce type de véhicule
à leur flotte actuelle. Mais, ce que l'on a aussi eu l'occasion de dire pour le
transport plus longue distance, c'est là où la technologie reste encore à
développer, où elle n'est pas encore suffisamment mature pour être généralisée,
là, au niveau d'une norme VZE. C'est la raison pour laquelle, lorsque la
réglementation va être développée, on va vraisemblablement, dans un premier
temps, se concentrer sur les circuits plus courts, donc des véhicules lourds,
oui, mais de plus petite taille.
Ce qu'on a aussi mentionné au moment de la
consultation, là c'est un pouvoir habilitant qu'on se donne, donc ce n'est pas
le détail. Le détail va venir, lui, dans une réglementation à venir. Ce que
j'ai aussi mentionné, compte tenu des engagements qui ont déjà été pris par
notre Direction des affaires juridiques, on n'est pas à la veille de présenter
cette réglementation-là. Donc, on se donne le pouvoir de le faire, mais ça va
s'échelonner vraisemblablement sur quelques... quelques années. Et, au moment
où la réglementation sera prépubliée, ça va donner lieu à une consultation où
les différents acteurs interpellés pourront réagir en fonction de ce que
contient le règlement et en fonction des impacts que ça pourra représenter pour
eux. Donc, on retient deux choses. On va commencer vraisemblablement par
une cible, un type, en particulier, de véhicules, et, deux, ce n'est pas pour
demain, mais oui, c'est tout de même pertinent de se donner ce pouvoir-là à
travers l'étude de l'actuel projet de loi.
Mme Dufour : Mais pourquoi, si
ce n'est pas pour demain...
18 h (version non révisée)
M. Charette : ...mais, oui, c'est
tout de même pertinent de se donner ce pouvoir-là à travers l'étude de l'actuel
projet de loi.
Mme Dufour : Mais pourquoi,
si ce n'est pas pour demain, le faire tout de suite pour l'ensemble des
véhicules lourds? Parce que ça crée une incertitude, ça craint... En fait, ça
amène, je le disais, là, l'épée de Damoclès au-dessus de la tête de l'industrie.
On a beau dire : Ah! il va y avoir un règlement. Un règlement, ce n'est
pas aussi visible qu'une loi. Les consultations, on a eu ces échanges-là à
maintes reprises, vous et moi. Ce n'est pas la même chose. Il n'y a pas non
plus les échanges avec les groupes comme dans le cas des... des consultations
particulières. Et donc, quand on sera rendus à un règlement, dans combien d'années,
on ne le sait pas, bien, tu sais, les gens qui sont venus témoigner dans ces
consultations-là ne seront peut-être même plus là, le marché pourrait avoir
changé complètement, surtout avec ce qui se passe au sud de la frontière. Donc,
ça nous semble précipité dans le cas de certains camions lourds. Alors,
pourquoi on n'exclut pas certaines catégories, compte tenu que l'objectif réel
aujourd'hui, ça semble être plutôt les camions légers ou les... de courtes
distances?
M. Charette : ...pertinente,
mais ça m'étonne qu'elle vienne du Parti libéral, et je le dis sans aucune
offense, parce qu'on procède exactement comme le Parti libéral l'a fait il y a
quelques années avec la Loi zéro émission sur les véhicules en général, et c'était
la bonne façon de faire. Donc, on a une loi qu'on vient modifier, et à travers
la réglementation, suite à l'adoption de cette loi-là il y a quelques années,
on a une réglementation qui est venue préciser quels types de véhicules sont visés,
qu'elles sont les obligations pour les constructeurs de ces véhicules-là, avec
les objectifs ou les pourcentages au niveau des ventes. Donc, on procède
exactement comme le Parti libéral l'a fait alors qu'il était au pouvoir, et c'est
la bonne séquence. Donc, c'est la réglementation. Moi, je ne pourrais pas, dans
le projet de loi, déjà déterminer les catégories avec les obligations, parce
que ce sont des obligations qui sont amenées à changer dans le temps. D'ailleurs,
suite à l'adoption de la loi il y a quelques années, on a procédé à plusieurs
modifications réglementaires. Encore, il n'y a pas si longtemps, on est venu
fixer des nouveaux objectifs pour 2030. Donc, la réglementation, elle est
beaucoup plus souple... non pas souple, elle est plus... elle est plus
adaptable qu'une loi en bonne et due forme.
Donc, dans un premier temps, on se donne
le pouvoir de le faire et, dans les prochaines étapes, on aura
vraisemblablement une réglementation qui fera la distinction au niveau des
premières catégories visées. Là, c'est certain qu'on est à l'article 1,
mais à l'article 2 on va venir déjà préciser qu'est-ce que l'on entend par
véhicule lourd. Et là, aussi, la réglementation, par la suite, sera plus... comment
dire, serai en mesure de faire davantage cette distinction au niveau des
obligations, là, pour chacune des catégories.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée, vous souhaitez poursuivre?
Mme Dufour : Oui. J'aimerais
rappeler que, quand le Parti libéral a adopté la première loi zéro émission, il
y avait... on suivait, disons, des... certaines législatures qui avaient fait
la même chose. Ici, selon toute vraisemblance, on serait peut-être isolé de
façon... la façon qu'on le fait au niveau réglementaire par rapport aux autres
juridictions. Moi, j'aimerais savoir la version actuelle, avant la version
proposée, qui faisait référence aux véhicules automobiles, est-ce que dans la
compréhension du ministre ou du ministère, est-ce que ça incluait les véhicules
lourds, véhicules automobiles? Parce que vous avez parlé du général. Est-ce que
ça incluait tous les véhicules quand on disait «véhicules automobiles»?
M. Charette : Bien, en fait,
c'est la raison pour laquelle on vient proposer cet amendement... non, pas cet
amendement-là, mais cette modification à l'article de la loi existante.
Actuellement, c'était automobile de façon générale. Là, on vient distinguer
légers pour lesquels la réglementation a été largement développée au cours des
dernières années. On ajoute véhicules automobiles lourds, pour lesquels la
réglementation va aussi se développer au cours des prochaines années. On n'est
pas seuls. La collègue demandait, puis, encore une fois, la question, elle est
très pertinente : Quels sont les États actuellement qui ont une
réglementation pour les véhicules lourds? Au niveau du continent nord-américain,
on a la Californie, le Colorado, le Maryland, le Massachusetts, le New Jersey,
tous des États qui sont dans une même... pour ce qui est des derniers, à tout
le moins, New Jersey, New York, qui sont dans la même région que nous, l'Oregon,
le Rhode Island, le Vermont, aussi, tout près, l'État de Washington également.
Donc, on n'est pas seuls. Je reprends souvent l'expression, on n'est pas seuls...
M. Charette : ...sur notre île
et ce sont des États avec lesquels nous travaillons à travers différentes
associations. Et c'est une réglementation, là, qui se développe en partenariat
avec justement, là, ces différents États américains.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Vous souhaitez poursuivre, Mme la députée? Oui. D'accord. Il y
a le député d'Hochelaga-Maisonneuve qui aimerait bien aussi prendre la parole.
Mme Dufour : Oui, vous
comprendrez... Oh! oui, mais je veux juste répondre à ce que le ministre
mentionnait. La Californie, par exemple, le 15 janvier dernier, là, il n'y
a pas très longtemps, a retiré sa demande d'autorisation fédérale pour
appliquer les règles sur les camions et les trains à zéro émission, parce
qu'ils anticipaient un refus de cette dérogation par l'administration Trump.
Ça, c'est dans le mémoire de l'Association québécoise de la production
d'énergie renouvelable. Donc, il y aura des reculs assurément. Il y a
actuellement aux États-Unis un changement majeur qui s'opère. Il y a un risque
réel qu'on se retrouve isolé au niveau réglementaire, advenant le cas qu'on
l'adoptait pour l'ensemble des véhicules lourds. Je vais laisser le collègue
d'Hochelaga-Maisonneuve, mais je pense qu'il y aurait peut-être un amendement
qu'on pourrait déposer, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : Merci...
M. Charette : ...juste
rassurer la collègue, parce qu'encore une fois l'intervention est pertinente.
La Californie, elle est à une étape plus avancée que nous. Ils sont au niveau
réglementaire. Nous, on est au niveau du pouvoir habilitant. Donc, on n'est pas
rendus là où ils sont au niveau des véhicules lourds. Et, pour être en
discussion et parler fréquemment à nos partenaires de Californie, ce n'est pas
un recul sur toute la ligne, mais ils s'adaptent, comme la réglementation va
nous permettre de s'adapter. Mais, avant de penser à une réglementation, il
faut avoir le pouvoir de le faire. Et on est à cette étape-ci avec le projet de
loi, là, qui est à l'étude.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Juste avant de céder la parole au député
d'Hochelaga-Maisonneuve, simple rappel amical, même si tout se passe à
merveille, merci de vous adresser à la présidence lors de vos interventions.
Donc, M. le député, la parole est à vous.
• (18 h 10) •
M. Leduc : Merci, M. le
Président. Je retiens la leçon. Moi, c'est une question en fait assez simple de
compréhension sur l'écriture juridique. Puis vous avez peut-être amorcé une
réponse sans même savoir que j'allais vous la poser, la question, c'est que...
Pourquoi on a rajouté léger et lourd, on aurait juste pu garder véhicules
automobiles, ça aurait inclus tout le monde? Ce n'est pas un peu inutile en
fait comme écriture juridique?
M. Charette : Actuellement,
si on regarde la loi telle qu'elle est interprétée, c'est 4 500 kilos et moins. Là,
on va étendre la possibilité de réglementer pour les 4 500 kilos et plus, d'où la distinction
véhicule avec le libellé qui a été retenu, là, véhicule léger et véhicule
lourd. Donc, on a dans la loi une référence au poids actuellement.
M. Leduc : Est-ce que c'est
conforme avec d'autres lois, au ministère des Transports, par exemple, ou autre
chose? Est-ce que c'est des catégories avec le poids lourd, léger qu'on
retrouve dans d'autres lois du Québec?
M. Charette : Oui,
d'ailleurs, on a un petit tableau ici qui parle des différentes classes de
véhicules et c'est selon le poids. On aura l'occasion, là, d'ailleurs à
l'article 2... ces questions-là, mais, si on regarde les différentes
classes, un, deux, trois, quatre, cinq, il y a des références au poids, là, qui
sont intégrés dans la réglementation et la législation au ministère des
Transports.
M. Leduc : Vous êtes bons
avec les tableaux, la CAQ, en période de questions en particulier.
M. Charette : Mais, à la
période de questions, vous en présentez souvent, plus souvent que nous, mais on
va essayer...
M. Leduc : C'est la
surenchère des tableaux, M. le ministre.
M. Charette : On va essayer
de s'améliorer.
M. Leduc : Donc là, vous me
dites que c'est quelque chose qui ressemble... les catégories, je n'ai pas
compris le nombre de kilos tantôt, là.
M. Charette : Bien là, ça...
actuellement dans la norme VZE, c'est 4 500
et moins. Et là on va se donner le pouvoir de réglementer pour le 4 500 et plus.
M. Leduc : En créant la
nouvelle catégorie.
M. Charette : Exact. Puis on
va voir, là, quelles sont les classes qui sont... qui sont touchées par ces...
par cette distinction-là de poids.
M. Leduc : Puis avez-vous
l'exemple d'une loi qui reprend cette distinction-là à 4 500 kilos?
M. Charette : De loi, au niveau
de l'environnement...
M. Leduc : Non, mais du
gouvernement du Québec.
M. Charette : Actuellement,
la loi sur la norme VZE, c'est 4 500
ou moins.
M. Leduc : Ça, j'ai compris.
M. Charette : Mais, au niveau
Transports, lois et réglementations, j'imagine, ne serait-ce qu'au niveau des
classes. Si on regarde les véhicules, par exemple, la classe trois, c'est 4 536 kilos minimum et tout
au plus 6 350. La classe
quatre, c'est 6 350 en
haut, mais en bas de 7 257.
Donc, c'est des classes qui appartiennent au ministère des Transports
effectivement.
M. Leduc : Là, il y a plus
que deux classes, par exemple.
M. Charette : Oui, tout à
fait. On se rend à la classe... on se rend à la classe 8 de cette... de
cette façon-là. Et la classe 8, c'est supérieur à
14 969 kilogrammes...
M. Leduc : ...je veux
bien comprendre. Donc, dans le ministère des Transports, on peut aller jusqu'à
huit classes différentes ou environ. Sauf que là, nous, on va en faire juste
deux. Mais est-ce que la...
M. Charette : Non.
Actuellement, c'est 4 500 et moins. Et là on va se permettre de
réglementer le 4 500 et plus. Donc, on va couvrir l'ensemble.
M. Leduc : O.K.
M. Charette : C'est-à-dire
on va avoir le potentiel de couvrir l'ensemble des classes, mais on va sans
doute parler assez rapidement des classes supérieures pour lesquelles
l'électrification en ce moment-ci est certainement souhaitable, mais les
avancées technologiques ne le permettent pas à court... à court terme, à tout
le moins.
M. Leduc : On comprend.
Ce que je trouve à éclaircir, M. le Président, c'est est ce qu'il va falloir
retravailler la loi pour recréer des nouvelles catégories dans le futur ou si,
en ayant une deuxième catégorie dite ouverte, plus de 4 500 kilos, on
n'aura pas besoin de rejouer dans la loi parce que toutes les autres classes
jusqu'à 8 vont être intégrées?
M. Charette : ...non,
mais au niveau réglementaire, par contre, on viendra préciser, par exemple, et
je devine que ce sera la prochaine étape, donc les véhicules moyens, là, ce
qu'on peut associer à la livraison urbaine, cette catégorie-là pourra être la
première à être visée par une réglementation à titre... à titre d'exemple.
Donc, oui, la réglementation nous permettra de jouer au niveau des classes sans
avoir à retourner au niveau de la législation.
M. Leduc : ...bien
comprendre, M. le Président. C'est parce que vous venez de dire, M. le
ministre, les véhicules moyens. Et là on va dire léger et lourd. Mais là, entre...
Dans léger et lourd, dans notre définition de notre loi aujourd'hui, ça va
inclure des véhicules moyens au regard du ministère des Transports?
M. Charette : De façon
très, très simple, ça va couvrir ou ça va nous permettre de couvrir l'ensemble
des véhicules qui sont plaqués au Québec nonobstant leur catégorie. Mais la
réglementation, comme on le fait avec la Loi sur les véhicules zéro émission,
va nous permettre d'apporter ce détail-là. Au fil des années, on a apporté des
distinctions, par exemple, sur les hybrides branchables. Donc, c'est le type de
modulation que la réglementation va nous permettre de faire, et de le faire
aussi au niveau du poids des véhicules eux-mêmes. Donc, oui, l'article de loi
va nous permettre de tout couvrir, mais c'est la réglementation qui va venir
apporter le détail nécessaire.
M. Leduc : Si je
comprends bien, l'article 1, ici, nous donne un cadre général
d'appréciation de l'ensemble des véhicules, puis après ça, par règlement, on
ira au fur et à mesure de la volonté gouvernementale et de l'évolution de la
technologie régler des affaires de différentes...
M. Charette : Exact. Et
cette réglementation là, l'avantage, c'est que c'est plus habile. Depuis
l'adoption de la loi en 2017...
Une voix : ...
M. Charette : ...2016, la
réglementation a été modifiée à quelques quelques reprises sans que la loi ait,
à chacune des fois, eu à être changée. Donc, c'est l'avantage de procéder par
réglementation parce que, oui, la technologie évolue. La collègue de
l'opposition officielle parlait à juste titre de la situation géopolitique qui
peut amener aussi un impact. Donc, plutôt que de jouer dans la loi, chacune des
fois, la réglementation nous permet cette souplesse-là.
M. Leduc : Vous l'avez
modifié, le règlement de la norme VZE depuis que vous êtes ministre?
M. Charette : Oui, à
quelques reprises, la dernière fois en 2023 pour préciser justement l'objectif
au niveau de la vente de véhicules d'ici 2030. Donc, on l'a renforcé. Dans le
cas de la norme des véhicules zéro émission pour les voitures, depuis
l'adoption de la loi en 2016, c'est une réglementation qui a continuellement
été renforcée, non pas assouplie mais renforcée. Donc si, éventuellement... Et
d'ailleurs, la question ça se prête bien, on a mentionné encore dans les
dernières semaines que, début 2026, donc d'ici une année, on va réévaluer
la réglementation actuelle sur les véhicules légers pour voir si on est encore
en phase avec l'évolution du marché, avec les réalités du marché. Est-ce que le
contexte géopolitique va nous dire au contraire, il faut changer certains
paramètres? Donc, la réglementation nous permet de faire ça. Donc,
actuellement, ça n'a été que des renforcements, puis je ne présume de rien,
peut-être qu'en début 2026 on aura à réajuster le tir selon l'évolution du
marché.
M. Leduc : Auquel cas
vous déposeriez donc un nouveau règlement par les voies habituelles.
M. Charette : Exact, une modification
réglementaire. Et lorsque c'est une modification de règlement, il y a aussi une
consultation. Ça ne se déroule pas en commission parlementaire, mais c'est une
consultation publique. Généralement, le cadre typique, c'est 45 jours où
les différentes parties prenantes ont la possibilité de...
M. Charette : ...de déposer un
mémoire et de faire valeur... de faire valoir leur point de vue avant qu'il y
ait édiction du nouveau règlement en question.
M. Leduc : Pendant qu'on
échangeait, je ne me rappelais pas si le projet de loi actuel qu'on étudie
ouvrait des règlements. C'est parfois la coutume de modifier des règlements à
même un projet de loi, j'ai vu ça souvent avec votre collègue au Travail, puis
là je vois qu'on en modifie un justement, le Règlement d'application de la Loi
visant l'augmentation du nombre de véhicules automobiles zéro émission au
Québec afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre et autres
polluants. Est-ce qu'on le modifie en concordance avec l'article 1 ou
c'est quelque chose de complètement différent?
M. Charette : Pour ce qui est
du règlement, on m'indique que c'est une question de concordance,
effectivement.
M. Leduc : Avec l'article à
l'étude en ce moment?
M. Charette : Avec
l'article...
Une voix : ...
M. Leduc : L'article 6.
Donc, ça va être un peu plus tard.
M. Charette : ...l'article 6.
On va y venir un petit peu plus tard, effectivement, merci. Et peut-être... On
est à nos premiers articles. Peut-être se donner déjà cette ligne de conduite
là, si les collègues sont d'accord. Je le mentionnais d'entrée de jeu ce matin,
on a la très, très grande chance d'avoir un accompagnement hors pair des
spécialistes du ministère, spécialité... en fait, je ne suis pas un
spécialiste, donc, avec le consentement, à l'occasion, lorsque la question,
elle est très technique, on pourra se référer à leur expertise.
M. Leduc : Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole au député des
Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Merci, M. le
Président. Un peu dans le même sens que de mon collègue, je voulais m'assurer
que, puisqu'on veut se projeter dans l'avenir avec la capacité d'intervenir par
règlement, pour resserrer, si on veut, ou, en tout cas, jumeler les différents
véhicules en fonction de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre...
J'avais une question concernant le caractère inclusif des véhicules automobiles
lourds. Moi, je ne connais pas les classes par cœur. Et d'ailleurs, à cet
égard, je me demande si le ministre peut nous déposer le document qu'il a
ressorti de ses cahiers tout à l'heure pour qu'on puisse mieux comprendre et
visualiser de quoi on parle, ce que je cherchais rapidement sur Internet puis
je ne trouvais pas cette catégorisation-là. Et, en fait, ma question très
précisément, c'était : Est-ce qu'on a vraiment fait une couverture
complète des véhicules qui circulent ou qui sont utilisés au Québec? Par
exemple, les engins de chantier, est-ce que ça rentre dans un véhicule
automobile lourd? Que ce soit, par exemple, des très gros... des camions qui
véhiculent des très grosses charges dans le nord du Québec, dans les chantiers,
par exemple, est-ce que ça va dans une catégorie huit ou c'est même au-delà?
Est-ce que les machineries de transport, d'agrégat, et tout ça, est-ce que...
Bref, tout ce qui consomme du pétrole, du diesel ou autres substances, tu sais,
l'énergie fossile.
• (18 h 20) •
Le Président (M. St-Louis) : Si
vous permettez, M. le ministre, juste avant, est-ce que vous vous engagez à
déposer le document demandé par le député?
M. Charette : Malheureusement,
on n'a pas assez de copies, mais on va faire transiter par le secrétariat sans
problème, les documents qu'on a à notre disposition qui viennent faire la distinction
entre les différentes catégories. Donc, ce sera fait, là, incessamment.
Et, pour répondre à la question du
collègue, il y a un article un petit peu plus loin qui va nous permettre de
faire des exclusions. Mais, a priori, ce qui est visé par les articles en
question, ce sont les véhicules qui sont immatriculés pour les routes du
Québec. On a des véhicules, par exemple, qui ne vont jamais sur le réseau
routier, des véhicules qui sont dédiés par exemple à un usage minier ou autre.
Donc, ça ne les concerne pas parce que ce ne sont pas des véhicules qui sont
immatriculés pour les routes du Québec. Mais, malgré tout, on a un article un
petit peu plus loin qui va nous permettre de faire des distinctions et des
exclusions au besoin. Si, par exemple, on a un véhicule extrêmement spécialisé,
on pourra l'exclure de la norme des véhicules zéro émission. Donc, on... je ne
me souviens plus du numéro de l'article en question, là, mais ça, c'est dans
les prochains articles qu'on va aborder cette question-là.
M. Arseneau : Je comprends
qu'il pourrait y avoir, donc, un véhicule lourd qui est immatriculé à des fins
de circulation sur le réseau routier mais qui pourrait être exclu de la norme,
selon un article qu'on va voir tout à l'heure. Est-ce que... Est-ce que
l'inverse n'est pas à envisager à ce stade-ci, c'est-à-dire que, même si ces
une machinerie lourde de chantier ne sont pas actuellement, j'imagine, là,
qu'ils ont... bien, enfin, ne sont pas disponibles, est-ce qu'on peut...
Pourquoi ne pas avoir regardé la possibilité d'inclure...
M. Arseneau : ...des véhicules
pas nécessairement immatriculés pour circuler sur les routes, mais néanmoins
immatriculés pour travailler sur un chantier et qui consomment des gaz... et
produisent des gaz à effet de serre et consomment évidemment des... du pétrole.
M. Charette : Pour ce qui est
du projet de loi, on parle réellement des véhicules immatriculés. Donc, si on
parle d'un véhicule qui est à vocation très, très particulière, qui ne va
jamais sur le réseau routier, il n'est pas visé par l'application du projet de
loi, là, actuellement. Et ce serait même difficile de le faire parce qu'on n'a
pas d'assises. Là, on va pouvoir référer à des catégories. Mais si le véhicule
n'est pas immatriculé, s'il n'est pas associé à une catégorie de véhicule, ce
serait même difficile, voire impossible, à travers la réglementation de tout...
de tout couvrir. Mais, sans dire que j'ai un pourcentage en tête ou que la
donnée, elle, est disponible, si on couvre les véhicules immatriculés, on
couvre la très, très grande majorité, sinon la quasi-totalité des véhicules au
Québec.
M. Arseneau : Une question à
l'autre côté du spectre évidemment, lorsqu'on parle d'un véhicule automobile ou
d'un véhicule automobile léger, est-ce qu'on considère également peut-être que
c'est une question, là, banale, puis qu'on y répond dans le tableau, là, mais
des véhicules de type quad par exemple, est-ce que, parce qu'ils ne circulent
pas sur les routes nécessairement publiques, mais plutôt dans des sentiers,
est-ce qu'ils sont considérés comme des véhicules automobiles légers?
M. Charette : Non. Et lorsque
le tableau vous sera partagé, là, vous verrez, c'est réellement les catégories
typiques, mais tout ce qui est quads, même motoneiges et autres, ce n'est pas
visé, là, par le projet de loi.
M. Arseneau : ...Donc, les
véhicules de type cyclomoteur ou scooter, ainsi de suite, qui... qui eux
circulent sur les routes ne sont pas des véhicules automobiles ou ils le sont
au sens de la loi?
M. Charette : On m'indique à
juste titre, depuis 2016, ils sont exclus. Ils ne sont pas visés, là, par la
Loi sur les véhicules zéro émission.
M. Arseneau : D'accord.
Pourquoi depuis 2016? Est-ce qu'on a dû modifier?
M. Charette : C'est-à-dire la
loi a été adoptée en 2016.
M. Arseneau : O.K. D'accord.
Donc...
M. Charette : Donc, depuis
l'origine de la loi, c'est un type de véhicule, là, exclu, là, par la
législation.
M. Arseneau : D'accord.
Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le député. Merci, M. le ministre. Y a-t-il d'autres interventions? Mme la
députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci. Merci,
Mme la Présidente. Pour continuer avec les véhicules qui sont compris...
Une voix : ...
Mme Dufour : M.. Mon Dieu!
Aïe, pour le nombre de fois que vous avez appelé M. le ministre, le député de
Mille-Îles. Bien, M. le Président. Vraiment désolée.
Donc, pour continuer sur les... ce qui est
inclus dans la... les... la définition véhicules légers, véhicules lourds.
Qu'en est-il des véhicules agricoles qui font du travail agricole, tu sais, qui
cerclent les terres? Tu sais, juste pour comprendre, parce que, quand on
regarde la définition à l'article 2, il n'y a rien par rapport à ça. Donc,
je me demandais comment on les considère.
M. Charette : ...les
véhicules immatriculés qui peuvent aller sur les routes sont visés, mais on a
un article un petit peu plus loin qui va nous permettre d'en exclure, au
besoin, certaines catégories. Mais la question, elle se pose parce
qu'effectivement lorsqu'on se déplace en secteur agricole, des fois, on a de la
machinerie agricole qui croise notre route qui est dûment immatriculée, donc
qui a la possibilité de rouler sur les routes du Québec. Donc, techniquement,
elle pourrait être visée par une réglementation à venir, mais on aurait aussi
la possibilité de l'exclure à travers l'article, là, qu'on va étudier
ultérieurement.
Mme Dufour : Mais est-ce
qu'on a l'intention de l'exclure?
M. Charette : C'est-à-dire...
Mme Dufour : Parce qu'ici on
est dans l'article 1, donc c'est important de le savoir tout de suite,
sinon il y aura peut-être des amendements
M. Charette : ...véhicules
hors route qui sont déjà exclus, comme je le mentionnais, mais les véhicules
qui sont immatriculés, il y a des catégories qui pourraient être exclues, mais,
comme je mentionnais...
Mme Dufour : Mais le pourrait
être...
M. Charette : Comme je
mentionnais, ce ne sera pas... il n'y a pas de technologie actuellement pour
dire : Nous électrifions tous les véhicules agricoles qui ont la
possibilité de rouler sur notre route, donc c'est... nos routes. Donc, ce n'est
pas les véhicules qui sont visés, là, par les premiers règlements qui seront
déposés, là, au fil du temps.
Mme Dufour : O.K. Dans
l'article 2, il y a un ajout qui est fait, qui vient dire : les
autobus et les minibus ne sont pas visés par la présente loi. Alors, pourquoi
on inclurait dans la loi tout...
Mme Dufour : ...tout, tout,
incluant des véhicules agricoles, des classes 8, des classes... tous les
véhicules, sauf les autobus et les minibus.
M. Charette : Tout simplement
parce que c'est déjà considéré dans une législation, une réglementation qui
appartient au ministère des Transports. On sait qu'on a une réglementation...
éducation, pardon. On sait qu'on a une réglementation qui vise les autobus
scolaires avec une obligation pour les transporteurs scolaires et les centres
de services scolaires. Donc, c'est déjà possible pour d'autres ministères
d'adapter leur réglementation ou de fixer des exigences à ce niveau-là. C'est
la raison pour laquelle, là, il y a cette distinction qui est faite, pour ne
pas créer de confusion, pour ne pas qu'un même sujet soit réglementé par
différents ministères ou différents... différentes lois.
Mme Dufour : Mais est-ce que
l'ensemble des autobus et minibus de tout usage au Québec sont couverts par une
autre loi?
M. Charette : L'ensemble des
autobus scolaires, oui. Ça, c'est une réglementation qui avait été présentée en
2023... 2021, les années filent. C'était plus récent dans mon esprit, donc ça
date de quelques années maintenant. Donc, c'est déjà assujetti à une
réglementation.
Mme Dufour : Je n'ai pas
parlé juste d'autobus scolaires. J'ai dit : Est-ce que l'ensemble des
minibus et autobus, de tout type... ça peut être du commercial, ça peut être
une entreprise qui va chercher ses travailleurs agricoles avec un autobus, ce
n'est pas du transport urbain, ce n'est pas du transport scolaire. Est-ce que
ça, c'est couvert?
M. Charette : Il y a la
réglementation sur les autres types d'autobus. En fait, ça prend la forme
d'obligations pour les sociétés de transport d'acheter des autobus qui sont
zéro émission ou qui sont visés par la réglementation. Donc, on couvre
l'essentiel des... Parce que même... même les autobus dont parle la collègue,
là, c'est à travers une catégorie autre qui pourrait être... qui pourrait être
visée, et... Mais avec la possibilité de les exclure au besoin, ça, c'est
l'article... je n'ai pas le numéro en tête. Je pense que c'est le 4,
peut-être... l'article quatre qui va nous permettre d'exclure au besoin, là,
différentes catégories spécifiques de véhicules.
• (18 h 30) •
Mme Dufour : Mais là on ne
parle pas d'exclure, on parle d'inclure. Parce que, si on vient dire : Les
autobus et minibus ne sont pas visés par la présente loi, bien, plus tard, là
vous dites : On pourrait exclure, mais là, qu'est-ce que je donnais comme
exemple, c'est des autobus, tu sais, d'entreprises par exemple, ce n'est pas du
transport urbain, ce n'est pas du transport interurbain non plus, ce n'est pas
du transport scolaire. Donc, dans quelle catégorie ça tombe?
Des voix : ...
M. Charette : Donc, pour le
cas d'espèce particulier d'une compagnie qui a son propre petit autobus pour
aller chercher des employés, ça, actuellement, et c'est l'intention à court
terme, de l'exclure, mais, pour ce qui est des autobus scolaires, pour ce qui
est des autobus urbains, c'est déjà visé par des... une réglementation qui est
soit à l'Éducation, soit aux Transports, ou qui vise les sociétés de transport
spécifiquement.
Mme Dufour : O.K., donc,
juste pour comprendre, M. le Président, on... L'intention, c'est d'exclure ce
genre d'autobus là, qu'une entreprise utiliserait pour aller chercher ses
travailleurs, par exemple. Ça, c'est l'intention. Mais l'intention, c'est
d'inclure tous les véhicules lourds, peu importe leur catégorie, peu importe le
type, mais pas ce type d'autobus là.
M. Charette : On va le voir à
l'article...
Mme Dufour : Il y a quelque
chose qui m'échappe, là.
M. Charette : Non,
c'est-à-dire l'article 2 va apporter certaines précisions, on anticipe des
éléments de réponse, là, qui seront traités soit par l'article initial ou par
les deux amendements que l'on propose. Bien, pour ce qui est des autobus, c'est
très, très largement couvert, là, par d'autres règlements qui sont dans
d'autres ministères actuellement.
Mme Dufour : Très largement
couvert, mais clairement pas tous couverts, alors qu'on veut tout couvrir pour
les véhicules lourds de tout type avec, bien, le... l'article 1 va
englober tout, tout, tout, sauf les autobus.
M. Charette : Non, ce que...
absolument pas. La collègue veut me faire dire des propos qui ne sont pas les
miens. En fait, j'ai eu l'occasion de dire à quelques reprises qu'il y a une
possibilité d'exclure des catégories de véhicules. Et surtout ce que j'ai
insisté, c'est que la réglementation va se déployer sur quelques années et que,
dans un premier temps, les classes plus élevées ne seront pas assujetties à la
réglementation, mais on se donne le pouvoir, on se donne le pouvoir de le
faire. Mais ça, ça va s'étaler dans le temps au gré de l'évolution des
technologies, au gré de l'évolution du marché. Donc, ce n'est pas parce qu'on a
un pouvoir que tout est exécutoire et pour l'ensemble des véhicules du jour au
lendemain.
Mme Dufour : Mais ça reste que
les autobus, comme je donnais l'exemple...
18 h 30 (version révisée)
Mme Dufour : ...là, ce serait
exclu. Parce qu'on peut exclure des véhicules plus loin, est-ce qu'on peut
inclure, là... Je me... je ne sais pas c'est quel article, là.
M. Charette : C'est le prochain,
l'article 2.
Mme Dufour : Le 2. Parce que,
là, le 2, lui, vient spécifiquement préciser que les autobus et minibus ne sont
pas visés par la présente loi. Donc, le cas précis que je donnais, qui, lui, n'est
pas couvert par d'autres lois, bien, il serait exclu parce que c'est un
autobus.
M. Charette : On parle de l'exception.
Et je ne prétends pas couvrir toutes les exceptions. Si on parle des autobus en
général, la très grande majorité de ces autobus-là sont des autobus pour le
transport collectif ou encore pour le transport scolaire. Mais, oui, même moi,
comme individu, si je le souhaitais, je pourrais m'acheter un minibus et
transporter les amis la fin de semaine, je pourrais, mais c'est un cas de
figure qui est plutôt exceptionnel. Donc, l'essentiel, la très grande majorité
des autobus, que ce soit scolaire ou urbain, sont déjà concernés par une
réglementation qui est en application, là, depuis quelques années.
Mme Dufour : C'est, M. le
Président, peut-être un cas de figure exceptionnel, de se prendre un minibus
pour transporter des amis de fin de semaine, mais si vous avez déjà fait du
kayak ou du rafting, par exemple, c'est assez fréquent, pas mal très fréquent,
même, qu'on utilise ce genre de minibus là avec les organismes... les entreprises
touristiques. Donc, ce n'est pas tout à fait des cas de figure exceptionnels,
là, c'est quand même assez utilisé, là.
M. Charette : Bien, c'est-à-dire,
sur les millions, parce qu'on parle de millions de véhicules sur nos routes,
les autobus qui transportent des kayakistes, on s'entend que c'est une
proportion, somme toute, infime, mais il y en a. Il y en a, je le concède, mais
sur les quelques millions, ça doit peut-être se calculer en quelques unités
uniquement. Donc, ce n'est pas... ce n'est pas ce qu'on retrouve fréquemment
sur nos routes.
Mme Dufour : Tout à fait. Et
il y a aussi les autobus...
M. Charette : Et, peut-être
pour préciser, la collègue aura remarqué que ce sont souvent des autobus ou d'anciens
autobus scolaires qui ont une nouvelle vocation, même la réglementation
actuelle sur les autobus scolaires parle des nouveaux, donc des nouveaux achats
qui sont faits, mais pendant un certain nombre d'années, on va encore voir, sur
nos routes, des véhicules qui ont été immatriculés, des autobus scolaires qui
ont été immatriculés avant l'entrée en vigueur de cette réglementation-là.
Donc, lorsqu'un véhicule est trop vieux pour agir comme véhicule scolaire, ça
ne veut pas dire qu'il n'est plus bon puis ça ne veut pas dire qu'il s'en va à
la ferraille. Pendant quelques années, on le voit encore sur nos routes pour
transporter des kayakistes ou pour transporter peut-être d'autres... et des
travailleurs agricoles ou autres, là. Donc, on n'oblige pas, à la fin de la vie
d'un autobus scolaire, qu'il soit envoyé à la ferraille immédiatement, il n'est
plus qualifié pour le transport scolaire, mais il peut avoir d'autres usages
pendant un certain nombre d'années.
Mme Dufour : Il y a les
autobus d'équipes sportives aussi, les autobus de touristes, et ils sont
nombreux sur nos routes, beaucoup plus que... ce n'est pas un cas exceptionnel.
Mon point, ici, ce n'est pas que je souhaite absolument qu'ils soient inclus.
Le problème, c'est que je ne comprends pas pourquoi ceux-là seraient exclus,
alors que tout le reste serait inclus, même les véhicules agricoles, de ce que
je comprends, alors que, plus tard, on compte les exclure dans un règlement.
Mais pourquoi l'objet de la loi s'appliquerait à tout le monde, sauf les
autobus d'équipes sportives, de touristes, de travailleurs agricoles, etc.? Qu'est-ce
qui justifie que, ceux-là, on les exclut et pas les classes 8, par
exemple, qu'on sait très bien que le marché n'est pas là, là?
M. Charette : Les autobus des
équipes sportives sont plus souvent qu'autrement des autobus scolaires dans une
très grande majorité de cas. Pour ce qui est des «coachs» ou des autobus
plus... plus, plus... j'allais dire plus... pour du longue distance, la
technologie pour ce type d'autobus là, c'est le long-courrier. C'est la même
chose pour le transport réellement longue distance. C'est une technologie qui n'est
pas... qui n'est pas mature actuellement. Donc, c'est la distinction. Et c'est
là où la collègue, tout à l'heure, dans ses remarques préliminaires, disait
regretter qu'il n'y ait pas le dépôt de règlement à ce moment-ci, mais c'est
justement pour avoir cette habileté-là, avoir la possibilité de s'adapter au
gré des évolutions technologiques. On n'imposera pas une contrainte pour un
véhicule qui n'est pas disponible sur le marché. C'est le principe que l'on
peut se donner, là, à ce moment-ci.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Merci. Juste
pour enchaîner sur les questions de ma collègue, juste pour... Bien,
premièrement, en tant que maman d'enfants, des garçons qui font beaucoup de
sport, je confirme qu'il y a beaucoup d'omnibus... d'autobus qui ne sont pas
des <autobus...
Mme McGraw :
...des
garçons qui font beaucoup de sport, je confirme qu'il y a beaucoup d'omnibus...
d'autobus qui ne sont pas des >autobus scolaires, parce que le sport, ce
n'est pas toujours lié à l'école. Mais ceci étant, est-ce qu'il y a d'autres
catégories de véhicules qui sont assujetties à des règlements par d'autres
ministères? Si je comprends bien, parce que, là, vous mentionnez... le ministre
mentionne ces exemples-là de... ces sous-catégories d'autobus et de minibus,
parce qu'il y a le ministère de l'Éducation, il y a le ministère des
Transports. Est-ce qu'il y a d'autres catégories qui sont assujetties à des
règlements par d'autres ministères?
M. Charette : Pour des
questions environnementales, non, mais il y a plein de réglementations qui
touchent les véhicules. Les véhicules d'urgence, par exemple, c'est une
réglementation, une législation. Et tout à l'heure, la collègue s'inquiétait à
ce qu'on soit isolé par une réglementation qui ne s'appliquerait qu'au Québec.
L'exclusion des autobus est aussi une exclusion dans la législation et dans la
réglementation californienne. C'est notre État partenaire pour développer de la
réglementation et de la législation sur les véhicules zéro émission. Donc, ça
répond... et peut-être que ça rassure la collègue de savoir que c'est aussi une
exclusion que l'on retrouve du côté de la... de la Californie, au niveau des
autobus, effectivement.
Mme McGraw : De façon
générale, autobus, minibus?
M. Charette : De
façon... de façon générale.
Mme McGraw : Peu
importe...
M. Charette : Son usage,
effectivement.
Mme McGraw : ...son
usage.
M. Charette : Sauf que,
du côté québécois, on est venus, à travers d'autres ministères, réglementer
l'achat des autobus scolaires. On est venus réglementer l'achat des autobus de
transport collectif, notamment. Au niveau législation, réglementation, la
Californie a procédé exactement comme se propose de faire le Québec, là, à
travers le présent projet de loi.
• (18 h 40) •
Mme McGraw : Je voulais
juste signaler le mémoire de
Mobilité électrique Canada qui disent, dans leur
recommandation... leur recommandation n° 2, qu'ils
s'opposent à l'exclusion des autobus et minibus de la loi, «car cela obligera
une nouvelle modification législative si le gouvernement souhaite plus tard
réglementer la vente de ces véhicules. Nous comprenons que la transition de ces
véhicules est actuellement encouragée ou imposée par différentes mesures, mais
nous prenons... ou nous pensons que la souplesse requise est déjà incluse dans
la provision accordant au ministère le pouvoir de décréter des exemptions pour
certains types de véhicules, article 3.3».
M. Charette : Et
Propulsion, naturellement, est un organisme partenaire de premier plan. Mais je
suis obligé d'être en désaccord, là, avec cette affirmation-là en particulier,
malgré l'article dont on discute un petit peu à l'avance, d'ailleurs. La
réglementation, au Québec, elle touche largement les autobus scolaires, les
autobus de transport collectif. Donc, ce n'est pas parce que ce n'est pas visé
dans la loi des véhicules zéro émission de façon spécifique qu'on ne peut pas
réglementer l'achat de ces véhicules-là. C'est déjà le cas. C'est déjà le cas
pour les transporteurs scolaires. C'est déjà le cas pour les sociétés de
transport collectif. Donc, c'est un commentaire, malheureusement, avec lequel,
là, je suis obligé d'être en désaccord.
Mme McGraw : En
désaccord. Et juste pour revenir, on comprend que, donc, le fait qu'on spécifie
cette catégorie de véhicules dans un premier article... Mais est-ce que le
ministère ne voudrait pas, donc, spécifier que c'est déjà de plus... Si on est
en accord... puis on, comme ma collègue dit, on trouve ça particulier qu'on
prend le temps de mentionner cette catégorie de véhicules, bien, si l'intention,
c'est vraiment qu'on vise les autobus et les minibus scolaires ou dans le
transport collectif, pourquoi on le... pourquoi ne pas le mentionner? Pourquoi
ne pas... Bien qu'on trouve qu'on ne devrait pas nécessairement les mentionner,
mais... Parce que, là, il y a d'autres usages, comme ma collègue a bien
souligné, et c'est un fait. Je ne sais pas si on a des données là-dessus,
précises, je ne sais pas si le ministère peut... il a des données là-dessus,
je... justement, les autobus, les minibus pour le scolaire, transport
collectif, mais d'autres usages sportifs, touristiques, etc. Est-ce qu'on a des
données? Pouquoi, si c'est le cas, pourquoi ne pas préciser que c'est... on
parle surtout des autobus scolaires?
M. Charette : Sans
vouloir me répéter, la collègue, tout à l'heure, s'inquiétait, là, qu'on adopte
une réglementation qui n'a pas d'équivalent dans les États qui légifèrent sur
les véhicules zéro émission. Là, on se colle sur l'État référence, qui est
l'État de Californie, et deux, pour ce qui est des autobus actuellement — et
c'est peut-être quelque chose qui est appelé à changer, compte tenu, <encore...
M. Charette :
...et
deux, pour ce qui est des autobus actuellement, et c'est peut-être quelque
chose qui est appelé à changer, compte tenu, >encore une fois, du
contexte qui évolue — mais compte tenu du marché proprement
québécois, actuellement, pour les centres de services scolaires ou les
transporteurs scolaires qui font l'acquisition d'autobus scolaires, ça doit
être des autobus électriques. C'est déjà le cas, sans qu'on ait eu à attendre
l'adoption, là, de cet article-là. Donc, on est réellement, on est réellement
dans une capacité réglementaire qui vit dans certaines conditions,
indépendamment, là, du projet de loi en question.
Une voix : ...
M. Charette : Mais tout ça, on
est dans l'article 2, vu, qu'on n'a pas adopté le 1 encore. Donc, on aura
l'occasion là, d'apporter des précisions, puis on aura déjà eu en partie
l'échange. Donc, on prend de l'avance.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci, M. le ministre. Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la parole au
député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Bon. Bien,
évidemment, je voulais commenter aussi et poser un certain nombre de questions
sur le volet autobus, mais je comprends qu'on devance un peu, mais juste... puisqu'on
en discute maintenant, puis on n'y reviendrait pas tout à l'heure, si le
ministre est d'accord, je continuerais juste avec quelques questions.
M. Charette : ...pas tout
à l'heure.
M. Arseneau : Bien, moi,
je vous donne ma parole, et je n'y reviendrai pas si j'ai les réponses dont
j'ai besoin. Mais puisqu'on est dans le sujet, est-ce que j'ai entendu, tout à
l'heure, que vous avez fait référence non seulement aux autobus scolaires et
aux minibus, et aux autobus des sociétés de transport, mais également aux
autocars de transport touristique, par exemple?
M. Charette : Oui.
Actuellement, encore une fois, c'est l'article 2, on exclut les autobus.
M. Arseneau : Donc, un
autocar est un autobus. On s'entend là-dessus, d'accord.
M. Charette : Exact. Et
on va peut-être devoir répéter, tantôt, que la plupart des autobus... Parce que
la majorité des autobus qui roulent, au Québec, sont des autobus soit scolaires
ou des autobus de transport collectif, je crois qu'il n'y a pas d'autre usage,
mais la majorité, ce sont ces deux usages-là et ils sont couverts par une
réglementation qui oblige les acheteurs à se procurer des véhicules
électriques.
M. Arseneau : Mais... Je
pense que j'y reviendrai tout à l'heure pour qu'on puisse aller plus en
profondeur, mais je comprends qu'à l'heure actuelle, puisque la loi ne
permettait que d'imposer des normes zéro émission qu'aux véhicules légers,
qu'on ait trouvé un autre véhicule législatif pour réduire les émissions des
autobus scolaires et des sociétés de... des sociétés de transport, j'ai de la
difficulté à comprendre la cohérence législative. Si, aujourd'hui, on y va de
façon plus large, pourquoi on ne ferait pas fi, justement, de cette
réglementation du ministère de l'Éducation ou d'un autre ministère pour ramener
ça dans quelque chose de plus cohérent avec l'ensemble des véhicules? Et je me
permets d'ajouter que lorsqu'on parle des véhicules, des autocars qui sont,
notamment, développés ici par des compagnies — qu'on pense, bon, à
Lion ou à Prévost, parce que, justement, récemment, je pense que c'était la
semaine dernière, la manchette était à l'effet qu'il y avait déjà un prototype
qui était en élaboration — si on vient leur dire, aujourd'hui :
Bien, écoutez, nous, on n'a aucune intention de légiférer, même dans... ou de
réglementer dans un avenir prévisible, est-ce que ce n'est pas un
contre-message plutôt négatif?
M. Charette : Biern, si
vous voulez me permettre de bien faire la distinction, Lion ne fait que du
scolaire, que du scolaire, mais Prévost est un bel exemple. D'ailleurs, on
finance Prévost pour développer des modèles à propulsion électrique. J'ai eu le
plaisir de m'y rendre personnellement, notamment avec le premier ministre, pour
faire l'annonce d'une subvention. Et c'est un projet qui évolue. Mais Prévost
lui-même vous dirait, ou l'entreprise dirait, qu'on n'est pas prêts à
généraliser l'électrification de ce type de véhicule là. Donc, c'est en
développement, oui, mais ce n'est pas une technologie, là, qui pourrait se
généraliser au moment où on se parle. Et pourquoi ce type de distinction? Bien,
je réponds à la collègue des Mille-Îles, qui, à juste titre, dit : On ne
peut pas être les seuls à légiférer de façon spécifique. On s'inspire d'un
cadre législatif existant dans d'autres États, notamment l'État californien,
qui est un petit peu notre modèle de référence, là, sur la loi que l'on
souhaite adopter ou les spécifications que l'on souhaite adopter, là, dans la
loi zéro émission.
M. Arseneau : Mais,
encore une fois, là, c'est pour suivre la logique ministérielle, on est en
train d'adopter un cadre législatif qui accorde un pouvoir habilitant au
ministère pour développer une <réglementation...
M. Arseneau :
...on
est en train d'adopter un cadre législatif qui accorde un pouvoir habilitant au
ministère pour développer une >réglementation, évidemment, en
concordance avec l'évolution de la technologie, non seulement pour les autobus,
mais pour toutes les classes de véhicules, y compris des véhicules dont on nous
dit que la technologie n'est pas encore à point pour pouvoir imposer une
réglementation. Est-ce qu'en faisant le parallèle avec les autocars, ce ne
serait pas une bonne idée de régler la question une bonne fois pour toutes,
sans nécessairement avoir aujourd'hui à jurer la main sur le cœur ou la Bible
qu'un jour, on y arrivera, mais au moins donner le signal que le jour venu,
nous pourrons étendre la réglementation de la même façon qu'on le fera pour la
classe 6, la classe 7 ou la classe 8 des véhicules automobiles
lourds, qu'on puisse le faire également pour les autobus ou les autocars? Moi,
c'est là où je me demande pourquoi on se prive de cette ambition-là,
aujourd'hui, d'avoir ce pouvoir-là, qu'on pourra ne jamais utiliser si la
technologie n'arrive jamais à maturité. Mais puisqu'on règle un problème de
véhicules lourds et qu'on a une définition, puis je reviens à l'article 1,
parce que je pense que c'est important de le dire, l'article 1 dit :
«les... les automobiles légers, les véhicules automobiles lourds». Moi, j'aime
à comprendre, de cet article-là, que tous les véhicules lourds, y compris les
autobus, les autocars, dans un monde idéal, ils sont tous électriques. Ensuite,
je ne voudrais pas d'exclusion, je voudrais qu'on puisse le faire si, un jour,
on juge qu'il faut le faire, plutôt que faire des exclusions. On y reviendra
tout à l'heure.
• (18 h 50) •
M. Charette : La question, elle
est très, très légitime, et on se l'est posée, mais on aimait bien l'effet
miroir ou, à tout le moins, avoir une relation qui était semblable aux autres
partenaires, là, de l'électrification du transport, notamment la Californie,
pour qui... Dans certains cas, on prend de l'avance sur eux, dans d'autres cas,
c'est eux qui prennent de l'avance sur nous. On a un cadre législatif qui est
relativement similaire, et ça, les constructeurs nous ont dit qu'ils aiment
bien, justement, qu'il y a une certaine homogénéité. On comprend qu'à l'échelle
du continent nord-américain, ce n'est pas homogène partout, mais il y a une
série d'États, là. Tout à l'heure, on aura peut-être l'occasion d'aborder des
chiffres qu'on a donnés au moment des consultations, mais c'est plus du tiers
du marché automobile léger, en Amérique du Nord, qui est régi par une
réglementation semblable à la nôtre. Donc, c'est majeur. Donc, pour les
constructeurs, c'est facilitant. Pour les véhicules lourds, on a quelques
croûtes à manger, mais là aussi, on veut rester sensiblement à la même place
que ceux qui ont légiféré sur la question, pour ne pas qu'on s'isole et pour ne
pas qu'on se retrouve seuls avec une législation, là, qui viendrait dérouter
les constructeurs. Mais au Québec, pour ce qui est des autobus scolaires et des
autobus urbains, on a trouvé d'autres moyens d'arriver à des fins semblables,
ne serait-ce qu'au niveau des transports... des transports urbains. On leur
dit : Si vous voulez une subvention du gouvernement du Québec pour
l'acquisition de matériel roulant, il doit être... il doit être électrique.
Donc, c'est à travers une réglementation de cette nature-là qu'on arrive à des
fins, là, qui sont intéressantes, aussi.
M. Arseneau : Puis, en
réaction, je trouve ça intéressant de dire qu'on puisse être dans le même cadre,
mais, parfois, qu'on avance un peu plus vite, parfois qu'on voit les autres
états américains, notamment, là, prendre la pôle et tenter de les rattraper.
Moi, je vous suggère qu'on les devance, cette fois-ci, pour ce qui est des
autocars, surtout concernant le fait qu'on a déjà un développeur qui pourrait
aussi y voir un signal positif pour influencer la législation des autres états
qui pourraient être intéressés d'acheter nos autocars aussi, éventuellement.
M. Charette : On les devance
à bien des égards. Au niveau de la vente des véhicules légers, on a
vraisemblablement le meilleur bilan en Amérique du Nord. Pour ce qui est des
autocars longue distance, c'est une technologie qui est en développement. Je
pourrais difficilement obliger, aujourd'hui, l'achat exclusif de véhicules
longue distance électriques, c'est une technologie qui n'est pas généralisée,
mais ça s'en vient. Puis, éventuellement, on pourra très certainement les
couvrir à travers une réglementation, ne serait-ce que pour les incitatifs à
l'achat. Ça devient un outil drôlement intéressant pour le gouvernement du
Québec, à travers des programmes de subventions, et c'est souvent ce qui permet
à une roue, là, de se mettre en branle. C'est ce qui a permis à certains
constructeurs québécois, là, de développer une expertise, là, qui est
maintenant reconnue dans d'autres États américains également.
M. Arseneau : On y reviendra
tout à l'heure quand on parlera de l'exclusion des autobus, malheureusement,
parce qu'encore une fois, je pense qu'on parle de la même chose, c'est-à-dire
que la technologie n'existe pas encore, mais, de toute <façon...
M. Arseneau :
...je
pense qu'on parle de la même chose, c'est-à-dire que la technologie n'existe
pas encore, mais, de toute >façon, on n'est pas obligés d'utiliser le
pouvoir habilitant maintenant.
M. Charette : On s'en reparle
à l'article 2.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le député. Merci, M. le ministre. Une autre intervention? Mme la députée de
Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui, bien, je
pense que j'ai fait un... on a fait un grand plaidoyer, tout à l'heure, comme
quoi la technologie n'est pas là non plus pour certains types de véhicules
lourds, mais on l'a mis dans le pouvoir habilitant. Si on peut exclure les
autocars, je ne vois pas pourquoi on n'en exclut pas d'autres. Donc, je vais
déposer un amendement, M. le Président, pour l'article 1, pour exclure les
classe 7 et classe 8, là. Je ne sais pas si...
Le Président (M. St-Louis) : Nous
allons suspendre quelques minutes, le temps que vous puissiez nous transmettre
votre amendement. Merci.
(Suspension de la séance à 18 h 54)
(Reprise à 18 h 58)
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
la commission reprend ses travaux. Au moment de la suspension, la députée de
Mille-Îles a déposé un amendement à l'article 1. Mme la députée, je vous
demanderais de présenter l'article, s'il vous plaît.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. Alors, ça se lit comme suit, article 1 :
Modifier l'article 1 du projet de loi
par l'insertion après «les véhicules automobiles lourds» de «, à l'exception
des véhicules <automobiles...
Mme Dufour :
...
par l'insertion après «les véhicules automobiles lourds» de « , à l'exception
des véhicules >automobiles de classe 7 et 8 catégorisés par la
Société de l'assurance automobile du Québec, ».
L'article modifié se lirait comme
suit :
Article 1 : «La présente loi a
pour objet de réduire la quantité de gaz à effet de serre et autres polluants
émis dans l'atmosphère par les véhicules automobiles légers et les véhicules
automobiles lourds, à l'exception des véhicules automobiles de classe 7 et
8 catégorisés par la Société d'assurance automobile... de l'assurance
automobile du Québec, qui circulent sur les routes du Québec, afin d'en
diminuer les effets néfastes sur l'environnement.»
Alors, on a eu des échanges tout à
l'heure, le ministre l'a mentionné, qu'il n'y avait pas de nécessité d'inclure
les autocars, parce que le... le marché n'était pas là, la technologie n'était
pas là, et c'est exactement la même situation avec les classes 7 et les
classes 8. Ça a été fait allégrement, même Propulsion Québec, qui sont
quand même un groupe très favorable à l'électrification des transports, nous
dit : Ce n'est pas prêt, ce n'est pas là. Le ministre l'a dit, ce n'est
pas demain matin, ça pourrait prendre facilement 10 ans avant qu'on y soit,
dans le cas, en tout cas, de l'électrification de ces véhicules-là. Donc, si ce
n'est pas nécessaire de le faire pour les autocars, pourquoi c'est nécessaire
de le faire maintenant pour les classes 7 et 8 compte tenu qu'on est loin,
loin, loin?
Et les groupes nous l'ont dit, ça met...
malgré que ce n'est pas encore... c'est juste un pouvoir habilitant, ça met
quand même un stress sur l'industrie, qui se dit : À quel moment ça va
arriver? En l'excluant d'emblée, ça donnera la chance de regarder plus tard.
Quand le marché sera prêt, on pourra y revenir. De toute façon, regardez, la
loi, on la remodifie. On est, aujourd'hui, en 2025, la loi initiale a été
adoptée en 2016, si je ne me trompe pas. Donc, neuf ans plus tard, on la
modifie. Pourquoi, peut-être dans cinq, sept, huit ans, on ne pourrait pas la
remodifier pour inclure, à ce moment-là, si le marché est rendu là, les 7 et 8
et les autocars, que le ministre a choisi d'inclure dans l'article 2?
Donc, voilà, M. le Président.
• (19 heures) •
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
Mme la députée. Je...
M. Charette : On va
travailler ensemble. Ceux qui ont fait des projets de loi avec moi par le passé
le savent. Très, très rapidement, on va indiquer si on est prêts à consentir ou
non à l'amendement, puis ça... ça permet à tout le monde de s'adapter. On ne
peut pas appuyer un amendement de cette nature-là. Un, ça ne serait pas le bon
endroit, mais plus important encore, la collègue elle-même, tout à l'heure,
disait : C'est important de ne pas être seuls à légiférer dans une avenue
pour créer, justement, un marché commun. Ce type d'exclusion là, dans les États
qui ont adopté une loi sur les véhicules zéro émission, n'existe pas. Que ce
soit la Californie ou les autres États, il n'y a pas d'exclusion par catégorie
ou de façon partagée, là, comme la collègue le propose. Donc, ça motive notre
refus.
Mais l'autre élément, et c'est là où
j'aborde moi-même la question de l'article 2, avec les autobus. Les
autobus, on arrive à les accrocher à travers d'autres règlements qui sont dans
d'autres ministères, ce qui n'est pas le cas pour les véhicules des
catégories 7 et 8. Les autobus sont très, très, très largement couverts
par la réglementation, là, que j'évoquais tout à l'heure. Donc, pour des
raisons de concordance avec le marché nord-américain qui est en train de se
développer, et pour une raison plus proprement réglementaire québécoise, ce
n'est pas un amendement, là, qu'on pourrait recevoir.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Je cède maintenant la parole au député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Donc, moi,
j'avais juste une question de précision. Les catégories d'automobiles... de
véhicules automobiles 7 et 8, c'est bel et bien catégorisé? Ils sont bel
et bien reconnus par la Société de l'assurance automobile du Québec ou est-ce
que... Je reviens à la question de tout à l'heure. Tout à l'heure, le ministre
a évoqué que c'était Transport... c'était le ministère des Transports. Je
conviens que la Société d'automobiles... d'assurance automobile du Québec
classe les permis de conduire, mais là, on parle des classes d'automobiles. Je
voulais juste savoir si on s'adressait à la bonne instance.
M. Charette : On aurait pu
l'envoyer au secrétariat encore, parce qu'on avait... on a la version papier,
non pas électronique. Mais, le plus rapidement possible, on va pouvoir vous la
faire parvenir. Mais ce sont les catégories des constructeurs, cette
division-là, par poids. Donc, c'est des catégories qui sont reconnues par...
par les... les constructeurs. La distinction, et j'ai peut-être
involontairement induit, là, les collègues en erreur, la division par poids, ce
n'est pas la SAAQ qui la fait. La SAAQ, c'est les 4 500 et moins et
4 500 et plus, et les constructeurs se reconnaissent, là, dans les classes
5, 6, 7, 8, etc., mais le document, que je n'ai malheureusement qu'en version
papier actuellement, est très explicite, là, à ce niveau-là.
M. Arseneau : OK. Donc, si je
comprends bien...
19 h (version révisée)
M. Charette : ...4 500 et
moins, et 4 500 et plus, c'est les constructeurs, ils se reconnaissent,
là, dans les classes cinq, six, sept, huit, etc. Mais le document, que
malheureusement je n'ai qu'en version papier actuellement, est très explicite, là,
à ce niveau-là.
M. Arseneau : OK. Donc, si je
comprends bien l'explication, là, c'est... c'est juste une question d'améliorer
le libellé «catégorisé par la Société de l'assurance automobile du Québec». Ce
ne serait pas tout à fait le cas.
M. Charette : Non. Exact.
Donc, si jamais on acceptait le principe, il faudrait revoir le phrasé
lui-même, là, de l'amendement en question.
M. Arseneau : D'accord.
M. Charette : Mais, bon, je
veux dire, la collègue a beau... a la possibilité de le faire, là, si elle le
souhaite, là, mais c'est une question de phrasé, oui, mais de principe aussi,
là, qui justifie notre refus à ce moment-ci.
M. Arseneau : D'accord.
Alors, je vais juste me prononcer sur le fond puisque chaque... chacun va le
faire, j'imagine et je ne serai pas très, très long. Mais, moi, pour les mêmes
raisons que j'ai évoquées tout à l'heure lorsqu'on... il était question des
autobus, à ce stade-ci, je pense que, si l'idée est encore une fois de donner
le pouvoir au ministère de réglementer sur les véhicules automobiles sans
nécessairement l'obliger à le faire maintenant, selon l'évolution des
technologies qui pourrait aller plus ou moins vite, moi, je pense que, plutôt
que se donner un autre rendez-vous dans une autre commission, dans une autre
vie, avec probablement d'autres acteurs ici, autour de la table, ouvrons cette
porte-là. Et je me prononcerais plutôt contre cet amendement-là.
Je pense que, tant et aussi longtemps qu'une
réglementation n'est pas élaborée, n'est pas présentée, n'est pas débattue, n'est
pas nécessaire, à la limite, ou n'est... parce que la technologie n'est pas
mature, bien, je ne pense pas que les constructeurs automobiles ou que l'industrie
a quoi que ce soit à craindre. On se donne cette possibilité-là et on l'utilisera
le moment jugé... au moment jugé opportun. Et il n'y a pas, je pense, un
gouvernement ou un ministre qui le fera si la technologie n'existe pas. Moi, je
pense qu'on est là pour se dégager une possibilité d'agir. Et pourquoi s'en
priver pour les classes sept et huit?
Et j'ai l'impression qu'on donne un petit
peu le sens de ce qu'on aimerait faire un jour. Ça donne un signal à l'industrie
qu'on espère qu'un jour on y viendra et de commencer à travailler en recherche
et développement pour y arriver, si ce n'est pas déjà fait. Je pense que c'est
déjà commencé d'ailleurs, là, et c'est la raison pour laquelle je le ferais
également pour les autocars. Mais, ça, on y reviendra.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le député. Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Mme Dufour : Oui.
Le Président (M. St-Louis) : Mme
la députée.
Mme Dufour : Oui, merci, M.
le Président. Pour répondre à la question du collègue des Îles-de-la-Madeleine,
le camion classe sept, c'est... on dit des véhicules généralement trois essieux
ou plus et qui peuvent inclure des camions à ordures ménagères, transports,
bon, en commun, urbains, balayeuses de rues, semi-remorques, transport de gros...
de meubles, par exemple. Les huit, ça, c'est camion-benne, ciment,
semi-remorques, des gros porteurs.
Donc, c'est... Ça, c'est les catégories qu'on
comprend, là, qu'il n'existe pas d'alternative actuellement, ou pratiquement
pas, là, qui soit... qui soit vraiment... Le marché n'est pas là. Comme on
parlait, si le marché n'est pas là pour les autocars, il l'est encore moins
pour ceux-là. Mais, la réalité, c'est qu'il existe pour les autocars, mais on
les exclut dans l'article 2, puis ça, on pourra en jaser, rendus là.
Ceux-là, c'est vraiment... ceux que je viens de décrire sont vraiment plus
difficiles à électrifier. Et il existe des alternatives qui sont plus porteuses
pour réduire les GES. Donc, voilà.
Puis je vais peut-être en profiter pour mentionner...
Tout à l'heure... Parce qu'il y a eu... La parole est passée à d'autres
personnes depuis, mais l'analyse d'impact réglementaire qu'on parlait, là, c'est
la Fédération des chambres de commerce qui en a parlé, je n'étais plus certaine
dans quelle mémoire je l'avais lu, mais on y dit clairement que «le scénario
réglementaire hypothétique où des économies annuelles anticipées pour les
entreprises impactées sont chiffrées, mais où les coûts d'investissement
supplémentaires, pourtant très réels, sont relégués à une analyse
ultérieure...» Et donc, clairement, ils disent que l'impact financier présenté
dans l'analyse ne peut pas être pris au sérieux. Ça, c'est leurs mots à eux, là :
«Calculer les économies d'essence n'a pas de sens si on ajoute en contrepartie
l'amortissement du coût d'acquisition des nouveaux véhicules ainsi que les
coûts d'entretien.» Et...
Donc, ce n'est pas un argument, on ne peut
pas utiliser cet argument-là, il n'y a pas les coûts d'investissement qui sont
pris dans cette analyse-là. Je le mentionne parce que c'est quand même majeur
pour les entreprises, ces coûts-là, les coûts d'investissement.
M. Charette : ...de la
collègue. Tout d'abord, par rapport... Tout d'abord, par rapport à la classe 8,
ce n'est pas tout le temps que la technologie n'est pas <disponible...
M. Charette :
...par
rapport à la classe 8, ce n'est pas tout le temps que la technologie n'est
pas >disponible. On a des 53 pieds... ou des remorques à 53 pieds
qui sont électrifiées. On en a au Québec, et sans faire la promotion
d'entreprises en particulier, mais Kruger et autres en ont. Cependant, c'est
pour de très, très courtes distances, donc, une capacité de charge qui est très
forte, mais sur une distance qui est très courte. Donc, la technologie, elle
est disponible pour ce type de besoin là. Si on demandait au même camion, par
contre, de faire des centaines et des centaines de kilomètres, c'est là où on
n'aurait pas... on n'aurait pas l'adéquation, là, au niveau technologique.
Pour ce qui est de l'analyse d'impact
réglementaire, on en a eu une générale à ce moment-ci, mais, pour chaque projet
de loi avec pouvoir habilitant, c'est au moment où la réglementation est
développée qu'on peut avoir une analyse d'impact réglementaire spécifique. Je
ne peux pas, avec précision, dire quel sera l'impact d'une réglementation qui
n'est pas encore développée.
Et si jamais on devait développer une
réglementation, dans un premier temps, pour le transport urbain, là, ce sera
facile de déterminer les impacts, mais ces impacts-là ne concerneraient pas les
camions, par exemple, les catégories 6, 7, 8. Donc, c'est la réglementation qui
va donner avec beaucoup plus d'acuité, là, les impacts réglementaires.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Merci, Mme la députée. S'il n'y a pas d'autre... Oui, allez-y.
Mme Dufour : ...je vous
demande la parole, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : Allez-y,
Mme la députée.
Mme Dufour : Parfait. Donc,
effectivement, il y a... il existe des véhicules... En fait, dans toutes les
catégories, il existe des véhicules. Mais c'est d'ailleurs ce que la
Corporation des concessionnaires automobiles et, bon, les trois groupes, là,
nous ont mentionné, ils disaient... Parce que ce qui est différent avec les
véhicules lourds des véhicules légers, c'est... l'usage peut être, pour un même
véhicule, ça peut être extrêmement varié. Vous l'avez dit, un 53 pieds
peut faire de la courte distance, comme il peut faire de la très longue
distance. Si on oblige que le marché fournisse de l'électrique, bien, lui, il
doit s'ajuster à tous les usages potentiels de son véhicule. Donc, on n'est pas
là. Les usages longue distance, on le sait, on n'est pas rendu là. C'est la
même chose dans les véhicules agricoles, pour ceux qui ont de l'équipement à
monter aussi, on n'est pas là. C'est trop énergivore, les batteries seraient
trop lourdes. Tu sais, à un moment donné, il y a une question coût-bénéfice, puis
il n'est pas là pour de multiples usages dans ces véhicules-là.
• (19 h 10) •
Je comprends que Coca-Cola va commencer...
commence à circuler avec un véhicule, je pense, c'est Volvo qui a mentionné ça
dans son... dans son mémoire, qui disent : Quand Coca-Cola va commencer à
circuler avec des véhicules électriques au Québec, bien... Mais eux-mêmes qui
en vendent disent : Le marché n'est pas là pour une multitude d'usages.
Donc, oui, il existe des possibilités,
mais de là à dire : On est prêt à mettre une norme pour l'ensemble? On est
loin, on est très, très loin. Comme je le disais, on est peut-être à huit ou
neuf ans de ça.
M. Charette : Très
intéressant, parce que ça permet de développer une compréhension commune. Un,
je rappellerais à la collègue qu'elle m'a elle-même et qu'elle a elle-même
mentionné qu'il faut développer une législation qui a des équivalents ailleurs.
C'est le cas, là. Si on exclut, on s'isole, c'est là où on s'isole des autres
législations qui ont légiféré là-dessus.
Mais lorsqu'on vient, dans une
réglementation, fixer des obligations, c'est des obligations de pourcentage.
Donc, le pourcentage est capable de distinguer, au final, quels sont les
besoins sur de la courte distance versus de la longue distance. Actuellement,
pour les véhicules légers, actuellement, ce que l'on dit, c'est : On
devrait être à tel pourcentage en 2030 et à 100 % en 2035. Donc, le
pourcentage n'est pas à 100 dès que la réglementation est développée, c'est
graduel dans le temps.
Donc, si, dans un premier temps, on y va
avec des camions de type livraison urbaine, ça ne sera pas 100 %, ça va
être un pourcentage qui va augmenter avec les années et c'est un pourcentage
qui est en mesure de faire la distinction pour ce type de véhicule là, tant de pour
cent fait du longue distance et tant de pour cent fait du courte distance.
Donc, c'est un pourcentage qui est appelé à croître au fil des années. C'est le
principe des règlements, là, au niveau des véhicules zéro émission.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée.
Mme Dufour : Oui. Là, je vous
avoue que, là, vous m'avez perdue quand vous avez parlé que des véhicules, des
véhicules lourds, là il y aurait un pourcentage, selon c'est de la courte
distance ou de la longue distance. On s'entend que, quand un producteur... Je
m'excuse, je vais terminer. Quand un fabricant de véhicules fait un 53 pieds,
ce n'est pas lui qui détermine si ça va être de la courte distance ou de la
longue <distance...
Mme Dufour :
...ce
n'est pas lui qui détermine si ça va être de la courte distance ou de la longue
>distance, c'est l'acheteur.
M. Charette : ...
Mme Dufour : C'est
l'acheteur. Est-ce que je peux parler, M. le ministre, sans qu'on me coupe,
s'il vous plaît?
Le Président (M. St-Louis) :
...à la présidence. On va revenir à ça. Ça va être plus facile.
Mme Dufour : Merci.
Merci. Ça va être... Parfait.
Le Président (M. St-Louis) :
Ça fait plaisir. Merci.
Mme Dufour : Donc, c'est
le constructeur, à ce moment-là, qui... Ce n'est pas le constructeur, pardon,
qui va déterminer l'usage, c'est celui qui va l'acheter. Donc, si on met un pourcentage,
on vient comme forcer un certain usage, alors que peut-être qu'il n'y aura
personne qui va avoir de l'intérêt pour du courte distance, puis que ça va être
acheté seulement pour de la longue distance. Alors, pourquoi on mettrait un
pourcentage en fonction d'un usage qui est hypothétique à l'avance? Ce n'est
pas connu, quel va être l'usage.
Le Président (M. St-Louis) :
M. le ministre.
M. Charette : Tout à
fait. Mais, ça m'étonne que ce type d'intervention là vienne du Parti libéral.
Vous avez adopté la première loi, et tout ça est très clair depuis les tout
débuts.
Quand je dis qu'il y a un pourcentage...
Si, par exemple, on fixe pour la catégorie 8, dans x nombre d'années à
10 % les premières années, c'est qu'il y a un certain nombre d'acheteurs
qui disent : Bien, moi, ça ne peut pas être électrique parce que j'ai x
distances à parcourir. Donc, ils vont être dans les 90 % non électrique.
Et ceux qui sont sur des plus courtes distances vont se dire : Moi, ce
véhicule-là, il répond à mes besoins, donc je serai dans le 10 % qui
achètera du véhicule électrique.
Bien, c'est exactement de cette façon-là
dont on a procédé à l'instigation du Parti libéral en 2016 pour introduire la
législation sur les véhicules zéro émission. Donc, le pourcentage, c'est le
marché qui se le répartit. Il y a une obligation, mais ceux pour qui le besoin
n'est pas répondu, ils ne seront pas pénalisés, ils vont aller dans le non
électrique. Et ceux qui ont la possibilité d'aller dans l'électrique, ils vont
aller dans l'électrique puis ils vont avoir la possibilité de partager des
crédits ultimement aussi. Parce que c'est ça qui est à la base du système, ce
partage-là des crédits entre constructeurs dont les véhicules ne répondent pas
à l'ensemble de la réglementation.
Le Président (M. St-Louis) :
Alors, je vous remercie pour votre collaboration. Avant de quitter, je dois
vous informer que le document Classe de véhicules lourds a été déposé
sur Greffier. Est-ce que c'était pour distribution aux membres, M. le ministre,
ou accès au public, tous les deux?
M. Charette : ...aux
membres, à toute personne intéressée.
Le Président (M. St-Louis) :
Donc, parfait. Merci. Alors, compte tenu de l'heure, la commission ajourne ses
travaux sine die.
(Fin de la séance à 19
h
15)