Journal des débats de la Commission des transports et de l'environnement
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
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Le
jeudi 27 février 2025
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Vol. 47 N° 83
Étude détaillée du projet de loi n° 81, Loi modifiant diverses dispositions en matière d’environnement
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Intervenants par tranches d'heure
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St-Louis, François
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Dufour, Virginie
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Charette, Benoit
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McGraw, Désirée
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Dufour, Virginie
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Charette, Benoit
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St-Louis, François
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McGraw, Désirée
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Leduc, Alexandre
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St-Louis, François
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Leduc, Alexandre
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Dufour, Virginie
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Dufour, Virginie
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St-Louis, François
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Charette, Benoit
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Charette, Benoit
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Dufour, Virginie
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Leduc, Alexandre
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Dufour, Virginie
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Charette, Benoit
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St-Louis, François
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McGraw, Désirée
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Lemay, Mathieu
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Grondin, Agnès
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Guillemette, Nancy
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Haytayan, Céline
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Leduc, Alexandre
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Dufour, Virginie
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St-Louis, François
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Charette, Benoit
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Lemay, Mathieu
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Grondin, Agnès
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Guillemette, Nancy
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Haytayan, Céline
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McGraw, Désirée
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Leduc, Alexandre
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St-Louis, François
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Dufour, Virginie
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Charette, Benoit
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McGraw, Désirée
11 h 30 (version révisée)
(Onze heures trente-neuf minutes)
Le Président (M. St-Louis) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Alors, ayant constaté le quorum, je déclare la séance
de la Commission des transports et de l'environnement ouverte.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi 81, Loi modifiant diverses
dispositions en matière d'environnement.
Mme la secrétaire, <y a-t-il des
remplacements...
Le Président (M. St-Louis) :
...détaillée
du projet de loi 81,
Loi modifiant diverses dispositions en matière
d'environnement.
Mme la secrétaire, >y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Bernard (Rouyn-Noranda—Témiscamingue) est remplacé par Mme Guillemette
(Roberval); Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice) est remplacée par Mme Haytayan
(Laval-des-Rapides); M. Derraji (Nelligan) est remplacé par Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce); M. Grandmont (Taschereau) est remplacé par M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve); M. St-Pierre Plamondon (Camille-Laurin) est
remplacé par M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine).
• (11 h 40) •
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
Mme la secrétaire. Alors, lors de l'ajournement de nos travaux, hier, nous en
étions à l'étude de l'article 56 du projet de loi, et, si ma mémoire est
bonne, la parole était à la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : On était sur
l'article 56, hein?
Le Président (M. St-Louis) : C'est
bien ça.
Mme Dufour : OK. Bien, j'ai
posé quand même pas mal... J'avais... On venait-tu juste de commencer? Parce
qu'il y a des articles... OK, on venait juste de... Mais on était en train de
parler de transplanter, non? On parlait de... Oui, c'est ça on avait déjà fait
certaines choses, certaines questions. Vous m'excuserez, il y a des articles
qui se ressemblent. Le syndicat... Ça, je l'avais-tu dit dit? Ça, je l'avais
lu. Je pense que...
Le Président (M. St-Louis) : En
fait, il y avait eu quand même quelques échanges, là, peut-être pas au début,
début, là, mais...
Mme Dufour : Oui, c'est ça.
J'ai l'impression que j'avais fait le tour des questions. Mais, dans le fond,
en gros, ce que je soulignais, c'est qu'il y avait de l'inquiétude, que je
partageais, sur le fait qu'on semblait, là, peut-être, donner certains pouvoirs
supplémentaires pour, finalement, tu sais, enlever un peu de protection de
certaines espèces floristiques, là, notamment la transplantation. Puis tout
allait découler, dans le fond, du règlement, puis c'est vraiment là qu'on
aurait les détails, puis ça, bien, évidemment, c'est une surprise, on ne sait
pas exactement qu'est-ce qu'il y aura dedans, même si on a une idée des
intentions, mais c'est... ce sera à voir si ce sera le ministre qui déposera
ce règlement-là. Moi, je pense qu'on avait fait le tour, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : Parfait.
Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons mettre l'article aux
voix. Est-ce que l'article 56 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) : Adopté.
Nous en sommes maintenant à l'article 57. M. le ministre.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Donc : 57. L'article 17 de cette loi est modifié par
l'insertion, à la fin du paragraphe 3° du deuxième alinéa, de «en vertu de
la présente loi».
Commentaire. Cet article modifie l'article 17
de cette loi pour clarifier la portée du paragraphe 3° du deuxième alinéa
afin d'éviter qu'une autorisation délivrée par le ministre en vertu d'une autre
loi, notamment la Loi sur la qualité de l'environnement, écarte l'interdiction
prévue au premier alinéa de l'article.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 57?
Mme Dufour : Oui, juste une
question. Qu'est-ce que ça change concrètement d'ajouter «en vertu de la
présente loi»?
M. Charette : Bien, comme on
le mentionne, là, dans le commentaire, pour ne pas qu'il y ait de confusion par
rapport à une autre loi, qui est la Loi sur la qualité de l'environnement, donc,
pour maintenir l'interdiction, là, qui est mentionnée à l'article 56.
Mme Dufour : OK, de la Loi
sur la qualité de l'environnement. Non, attendez. On a ici «cette interdiction
ne s'applique pas», puis là on dit «certaines activités». Puis là, on dit qu'on
ne veut pas qu'il y ait de confusion avec la Loi sur la qualité de
l'environnement, mais là le ministre m'a mis de la confusion en disant :
Comme on le voyait sur l'article 56, mais l'article 56, ce n'est pas
la Loi sur la qualité de l'environnement.
M. Charette : Non.
Exactement, là, on est sur la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.
Donc, on précise que c'est en vertu de la présente loi, donc, la Loi sur les
espèces menacées ou vulnérables, là, que... pour que l'interdiction qui est
prévue à l'article précédent, là, soit reconnue. Dit autrement, là,
l'interdiction dont il est question, elle est en vertu de la Loi sur les
espèces menacées et non pas de la Loi sur la qualité de l'environnement.
Mme Dufour : C'est bon.
Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres interventions. Comme il n'y en a pas,
nous allons mettre l'article aux voix. Est-ce que l'article 57 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) : Merci.
Nous allons poursuivre avec l'article 58.
M. Charette : Je m'excuse
d'emblée auprès des collègues, c'est une très longue lecture qui va suivre.
Donc, l'article 18 de cette loi est modifié :
1° par l'insertion, après le
paragraphe 1° du premier alinéa, <du paragraphe suivant...
M. Charette :
...va
suivre. Donc, l'article 18 de cette loi est modifié :
1° par l'insertion, après le paragraphe 1°
du premier alinéa, >du paragraphe suivant :
«1.1° d'une activité interdite à l'égard
d'une espèce floristique menacée ou vulnérable;»;
2° par le remplacement, dans le deuxième
alinéa, de «ou le paiement d'une compensation financière qui correspond aux
sommes nécessaires pour compenser l'atteinte aux espèces floristiques menacées
ou vulnérables ou à leurs habitats, et ce, conformément à ce qui est déterminé
par règlement» par «, l'exécution de mesures nécessaires pour la conservation
ou la gestion des espèces floristiques menacées ou vulnérables, notamment
l'aménagement d'habitats de remplacement, ou le paiement d'une compensation
financière nécessaire à ces fins»;
3° par le remplacement des troisième et
quatrième alinéas par les suivants :
«Cependant, dans le cas d'une activité
découlant d'un projet pour lequel le gouvernement a pris une décision à l'égard
de mesures de compensation en vertu du troisième alinéa de
l'article 31.5.1 de la Loi sur la qualité de l'environnement, le ministre
doit, lorsqu'il exerce le pouvoir prévu au deuxième alinéa du présent article,
le faire conformément à cette décision.
«Avant de délivrer une autorisation, le
ministre tient compte notamment des éléments suivants :
«1° la nature de l'activité projetée;
«2° les conséquences de l'activité
projetée sur toute espèce floristique menacée ou vulnérable et, le cas échéant,
sur son habitat;
«3° la situation générale de toute espèce
floristique menacée ou vulnérable affectée par l'activité projetée;
«4° la situation de l'espèce et l'état de
son environnement à l'endroit où l'activité projetée aura lieu;
«5° la disponibilité d'autres emplacements
pour réaliser l'activité projetée;
«6° les mesures de protection, de
minimisation et de contrôle proposées afin d'assurer les conditions de vie
favorables à l'espèce floristique menacée ou vulnérable ou le maintien des
caractéristiques de son habitat.
«Le ministre peut autoriser une activité
en vertu du premier alinéa s'il est d'avis que :
«1° l'activité projetée n'est pas
susceptible de nuire à la survie au Québec de l'espèce floristique menacée ou
vulnérable;
«2° l'activité projetée est compatible
avec le maintien des caractéristiques de l'habitat de cette espèce, le cas
échéant;
«3° des solutions de rechange ont été
évaluées;
«4° des mesures raisonnables pour limiter
les conséquences de l'activité projetée sur cette espèce ou sur son habitat
sont mises en place.
«Le ministre informe le demandeur du
montant de toute compensation financière qui lui sera exigée avant de délivrer
son autorisation.»
Et le commentaire : Cet article
ajoute au paragraphe 1.1° au premier alinéa de l'article 18 de cette
loi, pour accorder au ministre le pouvoir d'autoriser une activité qui était
interdite en vertu du premier alinéa de l'article 16 de cette loi.
De plus, il modifie le deuxième alinéa
pour permettre au ministre d'imposer d'autres formes de compensation que la
compensation financière à titre de condition d'autorisation d'une activité
visée au premier alinéa. En outre, il remplace les troisième et quatrième
alinéas pour assurer une cohérence entre les mesures de compensation qui
peuvent être imposées dans le cadre de la procédure d'évaluation et d'examen
des impacts sur l'environnement de certains projets de la Loi sur la qualité de
l'environnement et les compensations qui peuvent être imposées en vertu du
présent article.
Également, les nouveaux alinéas
définissent de nouveaux paramètres dont le ministre doit tenir compte lors de
l'analyse d'une demande d'autorisation.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Il y a sûrement des interventions. Mme la députée de
Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Merci, M. le
Président, et bonjour, tout le monde.
Alors, il y a des... le feedback sur cet
article-là est partagé entre, on va dire, les mémoires de Premières Nations.
Alors, on va commencer avec... Donc, dans un premier temps, la commission...
pardon, le Comité consultatif pour l'environnement de la Baie James se disent
favorables à l'article 58, entre autres, parce qu'il permet au ministre
d'imposer des conditions pour l'exécution des mesures de conservation, en plus
de pouvoir exiger une compensation financière dans le cadre de la Loi sur la
conservation et la mise en valeur de la faune et la Loi sur les espèces
menacées et... ou vulnérables.
En ce qui concerne... Et la majorité des
groupes sont favorables aux articles, mais le 1.2 et 1.3... où il y a des
préoccupations, c'est le 1.1. Alors, l'ITUM, de façon générale, conteste
l'élargissement des exceptions à la loi... la LEMD, <davantage encore...
Mme McGraw :
...1.2
et 1.3... où il y a des préoccupations, c'est le 1.1. Alors, l'ITUM, de façon
générale, conteste l'élargissement des exceptions à la loi... la LEMD, >davantage
encore pour des exceptions discrétionnaires du ministère sur lesquelles nous
n'avons aucune information. Donc, c'est ce qu'ils soulignent.
Le conseil mohawk s'oppose à la
proposition des modifications du paragraphe 18.1.1, encore une fois, parce
qu'ils s'inquiètent que cela élargit — je fais la traduction encore — de
façon considérable la portée des autorisations potentielles, au-delà de celles
qui sont actuellement envisagées pour... par la loi. Alors, on aimerait
entendre le ministre là-dessus.
• (11 h 50) •
M. Charette : Des beaux...
des beaux sujets pour l'échange qui va suivre, et on l'a, en partie, initié
hier avec le 56 et le... parce que le 56 et le 58 sont intimement liés. Donc,
56 vient dire essentiellement «site interdit». Donc, c'est la prémisse de
départ. Cependant, parce qu'on ne peut pas d'emblée tout refuser, on vient
baliser quelles seraient les conditions dans l'éventualité où il y avait une
atteinte, là, à une espèce floristique. Et c'est essentiellement, là, une
dizaine de considérants, six qui viennent les baliser, et quatre qui viennent
dire dans quelles conditions ce serait... ce serait possible.
Et la collègue hier relatait les mémoires
et ce que l'on a pu entendre au moment des consultations, c'est assez bien
partagé. Certains trouvent le pouvoir trop grand au niveau des autorisations
potentielles, d'autres disent que ce n'est pas assez, d'autres disent que c'est
suffisant. Bref, on est arrivé à un point d'équilibre, ce qui est recherché à
travers le projet de loi. Mais je résume, à la base, c'est interdit, mais on
vient baliser de façon très importante, là, ce qui pourrait permettre une
autorisation.
Mme McGraw : Le ministre,
hier, il avait dit que, si j'ai bien compris, que cela ne vient pas élargir,
effectivement, le pouvoir discrétionnaire... ou j'ai peut-être mal compris,
peut-être préciser, parce que...
M. Charette : Par rapport à
la situation actuelle?
Mme McGraw : Oui.
M. Charette : Dans les faits,
ça nécessitait des précisions. On... Il y a des autorisations qui étaient
données alors qu'une lecture pouvait laisser entendre que ce n'était pas
possible, je vais le dire comme ça. Donc, on vient clarifier et baliser, là, ce
qui est possible et dans quelles circonstances, en insistant sur la prémisse de
départ, c'est interdit. Mais on veut quand même se laisser le droit de recevoir
des projets, des initiatives qui pourraient être... qui doivent avoir la
possibilité d'être... d'être entendues en quelque sorte.
Mme McGraw : Alors donc, le
1.1, il y a les... la nation mohawk et aussi l'ITUM qui s'opposent, là on parle
du 1.1. Au niveau du 1.2, la nation... pardon, le Conseil mohawk de Kahnawake
se disent en faveur de cette section, parce que le ministre pourrait... Mais la
préoccupation, si je comprends bien — encore une fois, je fais la
traduction — ils se préoccupent si cette option d'évaluer...
d'évaluer un habitat en conjonction avec l'option de compensation financière,
le conseil ont des inquiétudes. Est-ce qu'on pourrait vous entendre là-dessus?
M. Charette : Ici, on vient
baliser, actuellement, dans la loi, l'aspect de compensation et de permis.
Cependant, la réglementation n'avait pas été développée. Donc là, on vient
confirmer qu'il peut y avoir des compensations. Là aussi, la réglementation
devra être élaborée. On mentionnait hier, là, que c'était un travail qui est en
cours de réalisation actuellement. Mais, par rapport à ce qui se vit
maintenant, qui est plutôt flou, là on vient... on vient baliser notamment les
considérants, à savoir, pour qu'il y ait une autorisation, il faut déterminer
si l'espèce en question, à travers l'atteinte qui est projetée, si elle... est
réellement menacée davantage ou si, au contraire, dans l'environnement en
question, ça ne fait pas de différence ou de réelle différence <dans la
balance générale...
M. Charette :
...est
réellement menacée davantage ou si, au contraire, dans l'environnement en
question, ça ne fait pas de différence ou de réelle différence >dans la
balance générale.
Donc, c'est tous des considérants qui,
actuellement, n'existent pas, donc, des considérants qui ne sont pas balisés,
là, au moment où un projet est déposé. Ça va nous aider à mieux faire cette
évaluation-là.
Mme McGraw : Ensuite, pour
compléter la réflexion du Mohawk Council Kahnawake, ils sont en faveur du
1.18.1.3, justement, parce que la majorité des amendements qui sont amenés dans
le 18.1.3, parce que ça décrit plus clairement les facteurs que la ministre
doit prendre en compte pour avoir une autorisation. Par contre, ce qu'ils
demandent... et cette partie-là je vais le lire en anglais, parce que je ne
veux pas faire d'erreurs avec la traduction :
«The MCK is in favor of
the majority of the amendments to subsection 18.3 which outlines more
clearly the factors that the Minister must consider before delivering an
authorisation to carry an activity. However, the MCK recommends that impacts
related to the exercise of the indigenous land use and rights within the
meaning of section 35.1 of the Constitution Act 1982 be added as factors
to consider along with any available indigenous knowledge.»
Donc, ils
aimeraient que les droits autochtones, effectivement, constituent des facteurs
pour que le ministre puisse prendre une décision.
M. Charette : C'est un
élément, là, qui a été soulevé à quelques reprises. Donc, peu importe l'endroit
où il est soulevé, la réponse est la même. On peut rassurer les différentes
communautés, pas d'atteinte aux droits actuels, donc on n'éteint pas de droits,
on n'en crée pas de nouveaux. Mais ce n'est pas nécessaire, là, de le réitérer,
là... c'est-à-dire la collègue et les groupes ont tout le loisir de le réitérer
à chacune des fois, mais, dans le texte de loi lui-même, ce n'est pas
nécessaire, là, de le réitérer à chacune des fois. Et on a lu un extrait hier
ou avant-hier, je pense, là, où on fait référence aux droits, justement... en
fait, l'obligation et le droit de consultation, là, pour les communautés
autochtones, des consultations distinctes.
Mme McGraw : Effectivement,
il y a eu des consultations en amont de ce projet de loi. Et j'ai pu... cet
échange entre le ministère et le conseil mohawk, justement, cet échange,
effectivement, ce que la ministre souligne, c'est qu'on croit que c'est déjà
assez, que c'est déjà... Ils veulent que ce soit plus explicite et répété dans
les lois, dans cette loi-là, mais aussi des lois environnementales. Et je
reviendrais sur cet échange-là, peut-être. Donc, pour l'instant, c'est tout
pour moi. Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Mme la députée de
Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. Merci, M.
le Président. Alors, le... voyons, l'article qu'on regarde présentement
commence par modifier... On dit que «le ministre peut autoriser — puis
ça, c'est la nouveauté — une activité interdite à l'égard d'une
espèce floristique menacée ou vulnérable». Évidemment, les groupes
environnementaux ne sont pas du tout, du tout d'accord avec cette
modification-là. Il y a... Mais, en fait, le Regroupement national des conseils
régionaux de l'environnement qui recommande de l'abroger, d'abroger du moins...
en fait, ils voudraient abroger tout l'article, là, mais ils disent vraiment
cet... il y a un enjeu avec le fait qu'une... qu'on permette des activités qui
seraient normalement interdites...
Nature Québec nous dit : «Il est,
pour nous, inacceptable que le ministre de l'Environnement puisse approuver la
tenue d'activités interdites à l'égard d'une espèce floristique et menacée. La
considération que le ministre doit porter à l'égard de la nature de l'activité
projetée ne procure pas de balises relatives à la préservation, protection de
l'environnement». Ça, c'est un petit peu plus loin dans l'article, ils nous
disent : «Relevant de l'interprétation des gouvernements en place, il
pourrait être supposé qu'un projet, allant à l'encontre de la protection des
espèces menacées vulnérables, pourrait être approuvé, puisqu'il s'inscrit dans
un cadre plus large de la transition énergétique. Cette situation doit être
évitée.» Et j'y reviendrai, là, il y a d'autres mémoires qui en parlent.
Mais, peut-être, parce que l'article est
très, très long, je proposerais juste de parler de cet élément-là, qui est de
permettre une activité interdite à l'égard d'une espèce floristique <menacée
ou vulnérable...
Mme Dufour :
...mais,
peut-être, parce que l'article est très, très long, je proposerais juste de
parler de cet élément-là, qui est de permettre une activité interdite à l'égard
d'une espèce floristique >menacée ou vulnérable.
• (12 heures) •
M. Charette : Je vais répéter
un petit peu ce que je mentionnais tout à l'heure. En 56, on vient de dire
essentiellement, c'est interdit. Donc, c'est l'article qu'on a adopté un petit
peu plus tôt. Le 58 dit : Oui, c'est interdit, mais il y a des
possibilités de considérer certaines autorisations de façon balisée. Mais, si
on devait abroger l'article 58 en entier, c'est qu'il n'y aurait aucune
possibilité d'autorisation. Certains groupes le souhaiteraient, et je comprends...
et c'est le devoir de la collègue, là, de relever les commentaires des
différents groupes entendus en consultations ou à travers leurs mémoires, mais
on ne peut pas abroger 58.
Et ensuite, là, le 58, avec sa
déclinaison, on vient baliser, là, de façon importante, là, justement, comment
une autorisation pourrait être donnée, que ce soit dans une forme plus légère,
on l'a déjà évoqué dans d'autres articles, pour une activité que ce soit fins
récréatives, scientifiques, ça, on comprend que l'impact est sans doute
potentiellement moins important. Mais si on dit ensuite de permettre une activité
qui est interdite, par la suite et plus loin, dans... bien, en fait,
immédiatement après, on va venir établir ce qui devra être considéré dans la
prise de décision. Je ne pense pas et le gouvernement ne pense pas qu'on doit
interdire de façon systématique. Mais oui, il faut se donner la possibilité
d'étudier un projet ou une idée pour voir, là, s'ils rencontrent les différents
considérants qui sont mentionnés ou proposés, là, dans l'article 58.
Mme Dufour : Je vais reposer
ma question : «Une activité interdite à l'égard d'une espèce floristique
menacée ou vulnérable», qu'est-ce qu'on a en tête, ici?
M. Charette : On l'a
mentionné tout à l'heure, ou hier plutôt, à travers le 56 notamment, ce qui
pouvait être considéré, là, comme étant activités, là, qui pourraient poser
problème, que ce soit transplanter, que ce soit détruire, que ce soit céder,
que ce soit... Donc, c'est ce qu'on avait mentionné, là, précédemment en 56.
Mme Dufour : OK. Donc, c'est
quand même des reculs, là, par rapport à ce qu'il y avait dans la loi
précédemment.
M. Charette : Ah! bien, c'est-à-dire,
on avait eu l'occasion d'en discuter, et ça me fait plaisir, là, de le répéter.
Actuellement, il y a des possibilités, il y a des autorisations qui sont
données, mais c'est moins encadré que ce que l'on propose maintenant parce
qu'il y a des autorisations qui sont données. Cependant, l'expérience a
démontré qu'il fallait davantage s'appuyer sur la loi et sur la réglementation
avec les pratiques qui étaient en cours présentement, mais le 56 dit clairement :
C'est interdit. Et on vient ajouter des considérants si une autorisation devait
être autorisée, mais c'est passablement... Et, si on regarde uniquement le 58,
avec tous les considérants qui n'existaient pas avant, on voit, là, que ce
sera, si le projet de loi devait être adopté ou si les articles devaient être
adoptés, là, nettement mieux balisé que ça ne l'est maintenant.
Mme Dufour : Oui. Les groupes
n'ont pas cette impression-là que ça va être plus balisé. Ils ont... Ils ont
plutôt l'impression que c'est le contraire qu'on...
M. Charette : Certains
groupes. Il y a...
Mme Dufour : Bien, plusieurs.
M. Charette : Oui, mais il y
a beaucoup de groupes aussi qui disent que là on ajoute trop de considérants
qui... au contraire, on freine le développement. Et ça recherche... ça rejoint,
c'est-à-dire, la recherche d'équilibre, là, qui nous guide à travers le projet
de loi.
Mme Dufour : Oui. Je parlais
spécifiquement de l'article 58...
M. Charette : Oui. Bien, il y
a des...
Mme Dufour : ...pas de
l'ensemble du projet de loi, parce que je suis d'accord qu'il y a... il y a une
lourdeur qui s'ajoute à certains endroits, mais là on parle juste de
l'article 58.
M. Charette : Il y a des
groupes aussi qui, on pourrait les nommer, qui trouvent que le 58 ajoute des
contraintes supplémentaires qui n'ont pas lieu d'être. Donc, certains
voudraient qu'on abroge le 58 en entier, pour que tout soit systématiquement
interdit, et d'autres vont mentionner que les autorisations seront... seront
maintenant freinées par trop de considérants.
Mme Dufour : Bien, je serais
curieuse d'entendre quels groupes, savoir quels groupes, parce que moi, j'ai le
tableau de tous ceux qui ont fait le commentaire sur le 58, et je n'en vois
aucun qui ont dit que ça alourdissait, à l'exception... particulièrement si cet
élément-là de l'activité interdite à l'égard d'une espèce floristique...
12 h (version révisée)
Mme Dufour : ...j'ai le
tableau de tous ceux qui ont fait le commentaire sur le 58 et je n'en vois
aucun qui a dit que ça alourdissait, à l'exception... particulièrement cet
élément-là, l'activité interdite à l'égard d'une espèce floristique, à l'exception
du Conseil Patronal de l'Environnement du Québec, qui, lui, s'inquiète de la
méthode de compensation, puis ça, c'est plus loin dans l'article, mais c'est
tout. Donc, je ne sais pas quel autre groupe s'est dit...
M. Charette : Avec la collègue,
on a eu l'occasion de réitérer qu'il y a eu des préconsultations. Il y a des
groupes que l'on a reçus à travers une liste qui a été convenue avec les
oppositions, mais on ne s'est pas limités à ces groupes-là pour préconsulter,
là. Donc, il y a beaucoup de groupes autres qui ont pu être rencontrés et qui
ont pu partager leur point de vue sans que ce soit à travers la consultation,
sans que ce soit à travers le dépôt de mémoires. Même au niveau municipal, il y
a des inquiétudes à travers le 58 parce que le milieu municipal présente des
projets, dans certains cas, on l'a mentionné, que ce soient des projets pour...
tu sais, pour des bâtiments d'usages publics... Il y a des ministères aussi qui...
qui peuvent avoir des inquiétudes. Donc, on arrive avec une formule qui est
assez bien balancée, là, dans les circonstances, et surtout qui vient encadrer
une pratique qui, actuellement, était laissée un petit peu davantage... Je ne
dis pas qu'elle n'était pas bien appuyée, mais on sera mieux encadrés avec les
considérants, là, qui sont ajoutés dans le 58.
Mme Dufour : Bien, les
municipalités, on les a entendues, sont venues puis elles ne se sont pas
prononcées sur le 58 dans leurs mémoires, mais, s'il y a d'autres groupes qui
se sont prononcés, puis qui s'inquiètent, mais qu'on n'est pas au courant parce
qu'ils ne sont pas dans les 65 mémoires qu'on a reçus, bien, je pense, ce
serait intéressant qu'on sache lesquels pour qu'on puisse peut-être les
contacter.
M. Charette : ...pas autorisé
à révéler ce que les groupes n'ont pas voulu dire publiquement. On n'a pas ce
pouvoir de contrainte là. Donc, les groupes qui ont voulu déposer un mémoire l'ont
déposé et les groupes qui ont voulu répondre à l'invitation de la consultation
se sont présentés, mais la collègue sait fort bien, là, que je ne peux pas
parler au nom des autres à ce niveau-là.
Mme Dufour : Alors, je vais
parler des groupes qui se sont prononcés. Le Centre québécois du droit de
l'environnement, qui nous a fait un mémoire fort exhaustif, ici, ils disent qu'ils
s'opposent fermement aux modifications proposées aux articles 18, 19 parce
que, là, il y en a qui ont dit qu'on devrait abroger, mais abroger, ce n'est
pas... ce n'est pas la totalité. Quand ils disent «abroger», c'est abroger l'article
qui modifie l'article 18, c'est l'article 58 qui modifie l'article 18
de la loi sur les espèces menacées vulnérables, mais l'article 18
continuerait d'exister.
Et donc ils s'opposent... Je répète :
«Le centre québécois du développement de l'environnement s'oppose fermement aux
modifications qui sont proposées dans ces... dans l'article — ils
nous disent — qui confèrent au ministre un pouvoir supplémentaire d'autoriser
la destruction de l'habitat d'une espèce désignée en échange du versement d'une
compensation financière ou à l'aménagement d'un habitat de remplacement. Les
modifications proposées contraires... sont contraires... pardon, sont
contraires aux objectifs de la loi sur les espèces menacées vulnérables. Il y a
un consensus scientifique clair à l'effet qu'il est inconciliable avec la
conservation effective d'une espèce menacée vulnérable de déplacer les
individus de l'espèce en vue d'autoriser un projet qui engendre la destruction
de son habitat naturel d'origine».
Donc, ça, c'est... c'est assez... assez
clair.
M. Charette : ...très clair
de la part du gouvernement, là, qu'on n'est pas en accord avec cette vision-là.
Moi, j'invite la collègue à faire l'exercice suivant. On a la colonne de gauche
qui est le texte actuel, la colonne de droite qui est le texte proposé. Il n'y
a aucune, aucune balise dans la colonne de gauche. Dans l'état actuel des
choses, il n'y a aucune balise. On vient ajouter des balises précises. Et, si
on devait s'arrêter aux commentaires, là, que la collègue a pris le soin de
lire, tout serait interdit, et on n'en est pas là, et je ne sais pas... et la
collègue peut... peut relater les inquiétudes des groupes entendus, c'est bien,
bien correct, mais je serais curieux de savoir quelle est la position de l'opposition
officielle. Est-ce qu'on interdit tout ou on rend certaines autorisations
possibles? Et, si la collègue me dit : On rend certaines autorisations
possibles, aussi bien les baliser, et c'est ce qu'on <vient faire dans le
projet de loi...
M. Charette :
...collègue
me dit : On rend certaines autorisations possibles, aussi bien les
baliser, et c'est ce qu'on >vient faire dans le projet de loi.
Mme Dufour : Oui, bien,
peut-être, je peux lire l'article comme il était écrit avant qu'il soit
modifié, qui disait que «le ministre peut autoriser la réalisation d'une
activité requise... des fins éducatives, scientifiques, de gestion, une
activité qui modifie l'habitat d'une espèce floristique menacée ou vulnérable,
et, à ces fins, il peut imposer des conditions». Donc, il y avait déjà la
possibilité, là, de permettre des activités.
• (12 h 10) •
M. Charette : En fait, c'est
très aléatoire et c'est très subjectif. Le texte actuel dit que c'est possible,
et c'est ce que je dis depuis... depuis quelques instants. Ça se fait
présentement, mais c'est interprété de façon plutôt aléatoire parce qu'il n'y a
aucun considérant. Il n'y en a aucun. Donc, ça ne signifie que «peut». On ne
revient pas au débat du «peut» et «doit», là. Actuellement, ça se fait, mais
avec aucune balise ou aucun considérant précis. Mais, si on relit l'extrait du
mémoire que la collègue a mentionné, le groupe en question est plutôt d'avis
qu'il ne devrait jamais y avoir d'autorisation, mais, oui, ça se peut avec
l'article actuel, mais avec aucun considérant. On vient ajouter, avec... avec
ce qui est proposé, une dizaine d'éléments, six considérants et, en quelque
sorte, quatre... quatre éléments supplémentaires, là, qui viendraient permettre
cette autorisation, donc une dizaine au total. Donc, il n'y a aucune
comparaison possible entre l'encadrement qui est proposé versus la situation,
là, qui prévaut actuellement.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Je cède maintenant la parole à la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Donc, on va
poursuivre. Est-ce que le ministre... parce que le ministre parle d'une
position équilibrée, mais la science ou le consensus scientifique... est-ce
qu'on est d'accord pour dire que les politiques publiques basées sur la
science, les consensus scientifiques, des données, c'est l'idéal?
M. Charette : L'idéal, bien,
aux yeux de certains, ce serait de ne rien autoriser, donc de ne rien déplacer,
détruire ou altérer, mais, en même temps, on doit composer, là, avec certains
impératifs, mais, l'idéal, certains diront : On ne touche à rien. Mais on
vient se priver, là, de possibilités de développement. Donc, plutôt que de dire
non systématiquement à tout, on se dit : A priori, c'est non, mais ce
serait possible dans telles conditions, et les conditions permettent d'établir
le risque qui est posé à l'espèce floristique comme telle. Donc, moi, cette
discrétion-là, elle m'apparaît nécessaire pour, justement, là, permettre de
considérer... Moi, je ne suis pas de l'école qui dit : On dit non à tout
sans savoir à quoi qu'on dit non. Je veux savoir à quoi qu'on dit non pour voir
quelle est la mitigation possible.
Mme McGraw : Donc, le
principe de précaution, dans le doute, on n'agit pas.
M. Charette : Bien, c'est-à-dire...
Mme McGraw : Mais là le
ministre vient de décrire qu'il n'est pas en faveur de... Moi, j'utilise les
mots «principe de précaution»... qui est reconnu...
M. Charette : Le principe de
précaution, il est exercé à travers la dizaine de considérants qu'il est... Si,
par exemple, on est en présence d'une espèce qui, au Québec, est menacée ou
vulnérable, mais qui... sur le... dans la région où un projet x verrait le
jour, elle est en grand nombre, bien, ça fait partie de l'élément qui peut être
pris en considération. Et ce que l'on a mentionné hier pour les milieux humides
s'appliquerait aussi. Un promoteur peut arriver avec un projet x sur un terrain
y, et, à travers les évaluations qui sont faites, on accompagne le promoteur
pour dire : Bien, dans ce terrain y, voici telle zone qui est davantage
sensible. Donc, c'est possible de réaménager le projet pour affecter de moindre
façon le secteur qui est plus... qui est plus sensible, mais je ne suis pas de
l'école qui dit non à tout sans savoir de quoi on se prive. Pour un
gouvernement, à tout le moins le gouvernement actuel, ce ne serait pas
responsable d'agir de la sorte.
Mme McGraw : On ne dit pas non
sans savoir... juste la partie de... peut-être répéter, je veux juste bien
comprendre.
M. Charette : Bien,
c'est-à-dire, si on dit que c'est... tout est interdit, c'est-à-dire, on dit
non et on ne sait pas à <quoi on dit non...
M. Charette :
...dit
que c'est... tout est interdit, c'est-à-dire, on dit non et on ne sait pas à >quoi
on dit non... si, par exemple, que ce soit une infrastructure publique ou autre
qui... qui doit se développer, bien, je veux savoir à quoi on fait référence,
quelle est la portée du projet, quel est son impact, alors que, si on fait tout
simplement dire non, on ne peut même pas se laisser dire que, là, bien, on
envisage une école ou, là, on envisage... ou ça peut être un projet, aussi,
privé, là, mais il faut savoir... il faut savoir qu'est-ce que... quel serait
le droit de renoncement... à quoi on renonce si on dit non à tout.
Mme McGraw : ...on ne peut
pas appliquer cette logique aux espèces, puis aux habitants, puis à la
biodiversité? C'est que, dans le doute, si on n'a pas les informations de
savoir c'est quoi, l'impact sur les habitats et les espèces...
M. Charette : Bien,
justement, c'est la raison pour laquelle... Actuellement, là, on sait plus ou
moins, justement, quel est le portrait de la situation, parce que, si vous
regardez le texte de gauche, il n'y a aucun, aucun considérant, il n'y en a
pas, de considérant, alors que le texte de droite, qui est l'article que l'on
étudie maintenant, vient baliser l'analyse d'une demande et vient conditionner
quels seraient les éléments d'une autorisation. On n'a pas ça actuellement.
Donc, le principe de précaution s'exerce à
travers l'évaluation du projet, parce qu'il peut y avoir... et j'ai des exemples
en tête où on parle d'une espèce floristique qui, oui, peut... peut apparaître
sur la liste des espèces vulnérables ou menacées, mais qui, dans le secteur en
question, est représentée en grand... en grand nombre, donc, dans ce
secteur-là, l'atteinte... et ça, c'est un des considérants, quelle est
l'atteinte réelle à l'espèce au niveau... au niveau global et non pas
uniquement dans le... dans le secteur qui est visé par un projet... un projet x,
mais, je répète à la collègue, actuellement, c'est possible. C'est possible
avec beaucoup, beaucoup, beaucoup moins de balises que ce qui est proposé
maintenant.
Mme McGraw : Et c'est
peut-être pour ça que les groupes sont partagés. Effectivement, peut-être, pour
certains groupes, ça améliore la situation, c'est plus balisé, mais il y en a
d'autres qui disent : Bien, écoutez, ces changements-là vont passer... il
faut aller... être plus clairs sur les balises, il faut... il faut respecter le
consensus scientifique. On a plusieurs groupes qui ont dit : On ne peut
pas retourner en arrière, une fois qu'un habitat est détruit, on ne peut pas
recréer... Je veux dire, c'est... Ça fait que c'est peut-être pour ça que la
réaction est mitigée.
Je comprends que le ministre, il dit que,
pour nous, c'est une approche équilibrée, que le ministre, il a parlé de risques,
il est prêt à prendre certains risques. Évidemment, il y a des groupes qui ne
sont pas prêts à prendre certains risques, et il me semble que le... Bien,
peut-être, c'est une question pour le ministre. Est-ce que le... est-ce que la
responsabilité du ministre de l'Environnement, Faune, Parcs, c'est... parce
qu'on comprend qu'à l'intérieur d'un gouvernement il y a un équilibre, mais le
rôle du ministre responsable de l'Environnement, Faune et Parcs, ce n'est pas
de prioriser l'environnement, la biodiversité? C'est au ministre de l'Économie,
peut-être, de regarder les projets, etc., mais le ministre de l'Environnement,
sa priorité, ce n'est pas la biodiversité et la protection?
M. Charette : C'est une très,
très belle façon de résumer notre échange. Oui, c'est la responsabilité du
ministre, mais, pour permettre au gouvernement de réaliser sa mission complète,
bien, il ne faut pas tout interdire, et là, si on interdit toute autorisation
potentielle, la mission du gouvernement, elle ne peut pas... elle ne peut pas
se réaliser. On dit : A priori, c'est interdit, mais, si une autorisation
devait être donnée, voici x nombre de considérants. Il n'y en a pas
actuellement, de considérants. Je reviens à la colonne de gauche versus la
colonne de droite. C'est nettement plus encadré dans la formulation qui est
proposée à travers l'article 58, mais je suis très, très, très conscient
qu'il y a des groupes qui sont contre tout et qui souhaiteraient qu'il n'y ait
aucune autorisation dans aucun cas. Bien, je suis obligé d'admettre que je suis
foncièrement en désaccord avec ces groupes-là, mais ils ont droit d'exprimer
cette position-là, là. C'est très légitime, mais on ne peut pas être contre
toute forme d'autorisation sans <savoir ce à quoi on dit non...
M. Charette :
...mais
on ne peut pas être contre toute forme d'autorisation sans >savoir ce à
quoi on dit non.
Mme McGraw : Est-ce qu'il y a
des leçons de Northvolt qui inspirent ces changements?
• (12 h 20) •
M. Charette : Non. Northvolt,
on était beaucoup dans la procédure d'évaluation environnementale, mais là où
on peut faire un parallèle avec ce que j'ai mentionné, par contre, Northvolt
est un très bel exemple de l'accompagnement qui est offert par le ministère de
l'Environnement.
Si vous regardez... Et je vais même me
permettre de retourner plus loin dans le temps, sur ce même terrain là, il y
avait un projet d'une tout autre nature, on se souvient, un projet résidentiel
qui avait été refusé, mais, encore là, je me permets... parce que j'anticipais,
là, ce type de questionnement qui est légitime, projet qui avait été refusé
parce que... bien, différentes raisons, un site largement contaminé, ce qui ne
fonctionne pas avec un projet résidentiel... résidentiel à la base, mais aussi
un impact au sol beaucoup plus grand que le projet, là, qui est en
développement actuellement.
Lorsqu'un autre projet a été déposé,
certains nous ont dit : Vous en avez refusé un, donc tous les autres
devraient logiquement être refusés. Cette logique-là, non plus, ne doit pas
s'appliquer. Un, ce n'est pas le même projet, ce n'est pas le même impact au
sol et ce n'est pas la même nature d'activités. C'est un secteur industriel
largement contaminé. Donc, c'est plus compatible avec... avec d'autres
activités industrielles.
Ceci dit, avec les années, étant donné que
c'est un site qui a été laissé à l'abandon pendant un certain temps, la nature
a repris ses droits, et, avec l'aide du ministère et l'accompagnement du
ministère, on a pu identifier des secteurs, là, qui avaient une valeur
floristique plus intéressante, et le promoteur, dans les autorisations qui lui
ont... qui lui ont été données, devait en prendre... prendre ces éléments-là en
considération. Donc, si on regarde aujourd'hui les cartes du projet initial
versus les cartes du projet qui est en cours de réalisation, on a préservé les
secteurs qui étaient davantage de... à valeur ajoutée, là, d'un point de vue
environnemental.
Donc, c'est ce type d'accompagnement que
le ministère se propose de faire, et, dans une autorisation comme on les
discute maintenant, c'est aussi le type d'éléments conditionnels qui peuvent...
qui peuvent accompagner une autorisation à venir, de dire : OK, vous avez
un projet sur... bien, je répète ce que je disais tout à l'heure, sur un
terrain... un projet x sur un terrain y, bien, vous avez, sur ce terrain-là,
des secteurs qui sont davantage sensibles ou, sinon, davantage intéressants
d'un point de vue environnemental, bien, il faut en tenir compte dans
l'élaboration et dans la réalisation du projet. L'autorisation permet ce type
de contrainte, en quelque sorte, plutôt que de dire non d'emblée sans avoir
même vu quel était le projet en question.
Mme McGraw : Mais, dans le
cas de Northvolt, on n'avait pas un BAPE non plus, puis je me souviens très
bien, quand ça a été annoncé, il y avait, à l'intérieur de trois jours... cinq
jours, les cinq premiers jours, des opinions différentes. Il y avait le
ministère de l'Économie qui a dit oui à un BAPE, le premier ministre qui disait
autre chose et le ministre de l'Environnement qui disait : Pas de BAPE. En
tout cas, c'est sûr qu'on va en rediscuter lorsqu'on va revenir aux
évaluations, mais, au niveau de...
M. Charette : Ça va me faire
plaisir d'en discuter au bon endroit.
Mme McGraw : Et, au niveau de
l'autorisation, selon vous, Northvolt... compte tenu de l'impact, selon vous,
il n'y a pas de leçon à apprendre de Northvolt sur l'autorisation.
M. Charette : Bien, il y a
une logique qui est celle du gouvernement. Un autre gouvernement pourrait avoir
une autre logique, et ce sera à lui de justifier... La logique qui prévaut,
c'est celle de l'application de la loi et de la réglementation, et surtout un
principe de prévisibilité. Je ne déclenche pas un BAPE quand les déclencheurs
ne sont pas au rendez-vous. Sinon, il n'y a aucun, aucun projet qui pourrait se
développer avec la prévisibilité qu'offre la procédure actuelle. C'est une
procédure qui est très bien délimitée, très bien établie, mais, si, à tout
moment, un ou une ministre dit : On a une procédure qui est extrêmement
précise, mais je ne la... je ne la respecte pas et je déclenche à tout moment
un BAPE, je peux vous dire qu'il y a beaucoup, beaucoup de projets qui ne
verraient pas le jour parce que les promoteurs ne sauraient jamais à quel
moment un <BAPE viendrait changer...
M. Charette :
...qui
ne verraient pas le jour parce que les promoteurs ne sauraient jamais à quel
moment un >BAPE viendrait changer le cours de la réalisation de leur
projet. La prévisibilité, elle est importante pour un promoteur, et, pour ceux
qui s'inquiètent de ce souci de prévisibilité, je leur dis que notre procédure
d'évaluation environnementale est sans doute l'une des plus étoffées en
Amérique du Nord. Donc, on a... Ce n'est pas comme si je dis : Je veux de
la prévisibilité dans un cadre inexistant. On a une procédure d'évaluation, là,
qui est extrêmement bien, bien délimitée au Québec.
Mme McGraw : Alors, une des
choses que je retiens dans cette discussion, c'est que le ministre... je pense
qu'il a parlé de risque, prêt à prendre des risques pour faire avancer... je
pense que le ministre a utilisé le mot «risque».
M. Charette : Moi, ce que
j'ai dit, c'est : On évalue comment le formuler adéquatement. Je ne sais
pas si j'ai prononcé le mot «risque». Je ne dis pas oui, je ne dis pas non. Ce
que je dis, c'est qu'on ne peut pas dire non à un projet avant même que le
projet nous ait été présenté, et, si on s'en remet... Puis, encore une fois, je
respecte leur opinion, là, mais il y a des groupes qui, effectivement, sont contre
toute autorisation. Moi, je dis : On n'est pas d'accord avec... avec ça.
Mme McGraw : Ça va être tout
pour l'instant. Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
Mme la députée. Merci, M. le ministre. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci, M. le
Président. Je comprends, donc, qu'il y a une nouvelle séquence qui est... qui
est mise sur pied par le ministre dans l'objectif d'être un peu plus flexible,
puis là on rajoute six éléments qui doivent être pris en compte dans sa
réflexion, et surtout on rajoute quatre... je ne sais pas trop comment appeler
ça, quatre... quatre critères, en quelque sorte, qui dit : «Le ministre
peut autoriser une activité en vertu du premier alinéa s'il est d'avis que — et
il y en quatre — 1° l'activité projetée n'est pas susceptible de
nuire à la survie du Québec de l'espèce floristique menacée ou vulnérable; 2°
l'activité projetée est compatible avec le maintien des caractéristiques de
l'habitat de cette espèce, le cas échéant; 3° des solutions de rechange ont été
évaluées; et 4° des mesures raisonnables pour limiter les conséquences de
l'activité projetée sur cette espèce ou sur son habitat sont mises en place.»
Il y a différents mémoires, notamment
celui de la SNAP, qui s'inquiétaient du fait que ces quatre éléments-là, ce
n'était pas clair si c'était quatre éléments compatibles... pas compatibles,
mais cumulatifs. Est-ce qu'au regard du ministre il faut que les... qu'on coche
les quatre éléments pour qu'il procède avec son autorisation ou si l'un... un
élément seulement peut être suffisant?
M. Charette : Ce n'est... ce
n'est pas exclusif ni systématiquement inclusif. C'est le portrait général. Je
ne serais pas en mesure de répondre, dire... c'est... parce que chaque critère
peut avoir, sur une note sur 10... une note sur 10, peut... peut avoir une
pondération différente. Donc, je ne peux pas dire : Il faut que les quatre
aient 10 sur 10. En même temps, je ne suis pas en mesure de dire : Est-ce
que c'est six sur 10, plus quatre sur 10, plus huit sur 10, plus... C'est
l'appréciation générale en tenant compte, là, de ces différents éléments là.
M. Leduc : Je reformule ma
question. Donc, je comprends qu'à l'intérieur de chacun de ces quatre critères-là
il y a une appréciation variée, puis le ministre peut bien me donner une note
sur 10, là, s'il le veut, là, c'est sa façon de voir les choses, mais ce que je
veux savoir, c'est que... Mettons, s'il y a le critère un, deux, trois, puis
que c'est 10 sur 10 sur les trois, mais que le critère quatre, c'est un ou deux
sur 10, bref, il ne l'a pas, est-ce que ça procède pareil?
M. Charette : Comment le... Bien,
c'est-à-dire, j'ai moi-même introduit cette idée-là de note sur 10. Ce n'était
peut-être pas la façon la plus... la plus simple de l'expliquer. C'est
cumulatif. Donc, il faut... il faut qu'il y ait... il faut qu'il y ait des
réponses à tous ces... à tous ces éléments-là sans dire que c'est la note... la
note ou le score parfait pour les 10, mais c'est cumulatif. Il faut qu'il y ait
des éléments, là, de ces quatre...
M. Leduc : Parfait. Donc, il
va y avoir une forme de feu vert. Après ça, vous aurez à déterminer qu'est ce
que constitue un feu vert, là, mais il faut qu'il y ait un feu vert sur les
quatre éléments.
M. Charette : Oui, il faut
qu'il y ait... il faut qu'on ait des réponses aux quatre éléments, et surtout
une autorisation, c'est justifier ces données publiquement. Donc, il faudra que
le ministère soit en mesure de répondre de sa décision. C'est là où, dans les <échanges
précédents...
M. Charette :
...il
faudra que le ministère soit en mesure de répondre de sa décision. C'est là où,
dans les >échanges précédents... Ce n'est pas une décision qui est
aléatoire, et qu'on ne saurait justifier. Il faudra être en mesure de dire
pourquoi on a autorisé tel ou tel projet.
• (12 h 30) •
M. Leduc : Bien, c'est très
bien. Je suis content que vous me confirmiez puis que vous confirmiez aux
groupes que c'est quatre choses qui sont cumulatives. Cela dit, force est de
constater que, dans le libellé de l'article, ce n'est pas particulièrement
clair. Est-ce que vous seriez ouvert à ce qu'on introduise un mot en quelque
part... là, ça ne me dérange pas de le déposer ou pas moi-même ou que vos
juristes le précisent, là, mais pour préciser qu'il faut qu'il y ait les quatre
éléments?
M. Charette : Bien,
c'est-à-dire, nous, ça nous semble clair comme c'est là. Le collègue a
naturellement la possibilité de déposer un amendement. Ça ne veut pas dire
qu'on va le recevoir favorablement parce qu'on ne pourra pas, avec l'ajout d'un
mot, établir si c'est l'équivalent d'un 10 sur 10 sur les cartes. Donc, la
formulation risque de peut-être créer plus de confusion qu'autre chose, mais le
collègue est tout à fait libre de déposer un amendement s'il le souhaite, mais,
de notre côté, je réitère, colonne de gauche qui est à peu près vide et colonne
de droite qui ajoute plein de considérants. Nous, on pense que c'est bien
balisé et que l'effet cumulatif est pris... est pris en compte, mais on peut...
on peut se laisser séduire par un amendement qui serait déposé par le collègue,
qui sait?
M. Leduc : Bien, je propose
soit de suspendre maintenant ou de suspendre l'article, puis je réfléchis à
quelque chose sur l'heure du dîner, puis je vous reviens après dîner.
M. Charette : Bien, on peut...
on peut suspendre, et, pendant cette suspension-là, peut-être, le collègue
pourrait préciser son intention et même nous la partager, voir si on peut aider
au niveau de la rédaction.
M. Leduc : Parfait, faisons
ça.
Le Président (M. St-Louis) : Merci.
La commission suspend ses travaux pour quelques minutes. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 32)
12 h 30 (version révisée)
(Reprise à 12 h 48)
Le Président (M. St-Louis) :
Alors, la commission reprend brièvement ses travaux. Lors de la suspension, il
y avait discussion entre les oppositions et la banquette ministérielle. Donc,
afin de permettre le libellé et... la rédaction, plutôt, d'un amendement, je
vais suspendre les travaux jusqu'à 14 heures. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 49)
13 h 30 (version révisée)
(Reprise à 14 h 02)
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
la commission reprend ses travaux. Au moment de la suspension, ce midi, il y
avait dépôt d'un amendement de la part du député de Hochelaga-Maisonneuve. Je
vous cède la parole.
M. Leduc : Merci, M. le
Président. Ça va comme suit : Remplacer, dans le cinquième alinéa de l'article 18
de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables proposé par le paragraphe 3°
de l'article 58 du projet de loi, «est d'avis que» par «arrive aux conclusions
suivantes».
Merci à la collègue de s'être baissée pour
que je puisse voir l'écran. Alors, de quoi en retourne-t-il, M. le Président?
Donc, pendant la suspension, on a échangé, M. le ministre et moi, et on était d'accord
sur le principe. C'était clair qu'aux yeux du ministre, en tout cas, c'était
cumulatif, là, les quatre... les quatre éléments qui étaient à débat dans...
dans l'article. Cela étant dit, je pense que c'est important de penser aussi à
la postérité, aux gens qui vont nous suivre. Est-ce que ça va être aussi clair
pour les futures personnes qui seront assis... ou assises, plutôt, dans le
siège du ministre?
Ses collègues du département... de son
ministère nous avaient indiqué que, dans la version anglaise, c'était...
c'était un peu plus clair, parce que, dans... dans le style d'écriture en
anglais, on précise un... avec le mot «and», «et», entre les alinéas. Donc,
entre le troisième et le quatrième alinéa de la version anglaise, il y avait un
«and», ce qui sous-entendait que c'était cumulatif. En français, on n'avait pas
ce style littéraire là.
Donc, pendant l'heure du dîner, les
juristes du ministère nous ont proposé ce libellé, qui est parfait, qui
clarifie les choses. Alors, je remercie à la fois le ministre, bien sûr, mais
les gens du département qui nous ont fourni ce beau libellé, qui, je pense,
vient satisfaire les groupes qui nous ont écrit à ce sujet. Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. Merci, M.
le Président. Bien, écoutez, moi, je suis... on a eu des échanges hors micro qui...
Et moi, je suis très à l'aise, là, avec... avec la proposition. J'avais lu les
mêmes commentaires que le collègue d'Hochelaga-Maisonneuve. Alors, je le
remercie d'avoir proposé cette modification-là. Et je remercie le ministre pour
son ouverture...
14 h (version révisée)
Mme Dufour : ...modification-là
et je remercie le ministre pour son ouverture et l'équipe du ministère d'avoir
fait la rédaction. Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Merci
beaucoup, Mme la députée. Donc, M. le ministre, est-ce que vous souhaitez
intervenir?
M. Charette : Nous aimons les
gens heureux. Donc, on est en mesure d'appuyer l'amendement sans réserve.
Le Président (M. St-Louis) : Parfait.
Donc, je vais mettre l'amendement aux voix. Est-ce que l'amendement à l'article 58
est adopté?
Des voix : ...
Le Président (M. St-Louis) : Adopté.
Donc, nous sommes de retour à l'article 58. Est-ce qu'il y a des
interventions? Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. Merci. Je
vais retourner au texte, encore une fois, de l'article 58. Il y a... je ne
sais plus c'est quel paragraphe, quatrième, je pense, on dit : «À ces fins,
il peut — on parle du ministre — imposer les conditions qu'il
détermine». Et là on dit...
(Interruption)
Mme Dufour : Excusez, quelque
chose est tombé. Les conditions qu'il détermine, ça peut être exiger du
demandeur une garantie, l'exécution de mesures nécessaires pour la conservation
ou le paiement d'une compensation financière.
Ce que je veux savoir, c'est... On dit
bien : «il peut imposer». Est-ce qu'il pourrait ne pas imposer?
M. Charette : Oui. Bien, en
fait, on a eu l'occasion d'en parler à travers d'autres articles, là, dans d'autres
circonstances. S'il y a une compensation ou un rétablissement, la compensation
financière, à ce moment-là, ne serait pas nécessaire. Mais, en même temps, peut-être
mentionner que la loi permettait déjà la compensation financière. Cependant, la
réglementation n'avait pas été développée en ce sens, donc il n'y a pas eu de compensation
financière versée dans le cadre d'atteintes, là, aux espèces floristiques jusqu'à
maintenant, mais c'est un règlement, comme on le mentionnait un peu peu plus
tôt, là, qui est en élaboration.
Mme Dufour : OK. Mais il n'y
a pas que les compensations financières. Il y a... OK. Mais je vais le poser
autrement. Je comprends que cet article-là ne s'est pas encore appliqué, dans
le fond. C'est ce que vous... le ministre vient de dire, là.
M. Charette : Dans le texte
actuel, effectivement, le volet compensations financières au niveau floristique
n'a pas été appliqué jusqu'à maintenant, effectivement.
Mme Dufour : OK. Mais l'article
disait aussi : «À ces fins, il peut imposer les conditions qu'il
détermine, notamment exiger du demandeur une garantie, bon, le paiement de la
compensation», et il y avait... il n'y avait pas d'autre élément dans la
version précédente.
OK, maintenant, d'abord, je vais poser la
question concernant l'article comme il est aujourd'hui proposé : Est-ce qu'il
pourrait ne pas imposer, le ministre?
M. Charette : Ça dépend
quelle est la nature de l'atteinte et la nature de la compensation, parce qu'il
peut y avoir une compensation autre que financière. Si on arrive à rétablir un
site de valeur équivalente avec l'espèce en question, il pourrait ne pas y
avoir de compensation financière, effectivement.
Mme Dufour : Mais là, à ce
moment-là, on ne serait pas dans l'exécution de mesures nécessaires pour la conservation?
M. Charette : C'est une
énumération de possibilités, donc, selon l'atteinte, selon... Bien, selon
l'atteinte, c'est l'option la plus... la plus valable, là, qui va s'appliquer,
tout simplement.
Mme Dufour : C'est ça, c'est
l'option la plus valable qui va s'appliquer. Mais ma question, c'est qu'ici on
dit : «le ministre peut imposer». Est-ce qu'il pourrait ignorer d'imposer
même si ça devrait s'appliquer?
M. Charette : Non. Bien, en
fait, quand... et, je pense, oui, on abordait à cet article-ci déjà la question,
à partir du moment qu'il y a une autorisation, l'autorisation, elle est
accompagnée de conditions, en quelque sorte. Donc, la condition peut être de...
d'y aller d'une compensation financière, mais sinon de minimiser l'atteinte,
sinon de compenser l'atteinte, mais il n'est pas... Il va y avoir des
conditions qui vont... qui vont accompagner l'autorisation. C'est encadré puis
c'est encadré notamment par ce qui est mentionné, là, plus loin, là, dans les
amendements proposés.
Mme Dufour : Oui. En fait, ce
qui... ce qui a été soulevé puis qui est la crainte de certains, c'est de dire :
Bien, il peut autoriser la réalisation d'activités, puis, ça, on l'a vu, là, c'était
au début de l'article, mais sans imposer de conditions.
M. Charette : Et c'est là où
la réglementation va venir le préciser. Là, je comprends mieux la question de
la collègue. Il y aurait une atteinte, il y aurait une autorisation et pas de
suivi, pas de condition ni rien.
Mme Dufour : Voilà.
M. Charette : Non, ce n'est
pas la perspective dans laquelle on travaille, là.
Mme Dufour : Je comprends que
ce n'est pas la perspective <dans...
M. Charette :
...travaille,
là.
Mme Dufour :
Je
comprends que ce n'est pas la perspective >dans laquelle le gouvernement
travaille actuellement, mais, l'article, la façon qu'il est écrit, ce que je
veux savoir, c'est : Est-ce qu'il pourrait permettre une telle situation?
• (14 h 10) •
M. Charette : Qu'il n'y ait
pas du tout de... Non. L'autorisation va être accompagnée d'un encadrement.
Donc, il va y avoir des... Ce ne sera pas : Vous faites ce que vous voulez,
quand vous voulez, à la grandeur que vous voulez, là. Il va y avoir... Il va y
avoir des conditions posées.
Mme Dufour : Mais c'est parce
qu'on dit : «Il peut imposer les conditions». On ne dit pas : «Il
doit imposer les conditions». Donc, il pourrait ne pas y en avoir, de
conditions.
Tu sais, admettons qu'on est dans quelques
années, là, et il y a un autre ministre, et qui ne partage pas la même vision.
Est-ce que cette personne-là pourrait dire : Bien, j'autorise l'activité,
même s'il y a dommages causés, ou peu importe, sans compensation, sans... sans
condition?
M. Charette : Alors, l'autorisation
va venir préciser les obligations du... et... les conditions et les... En fait,
les conditions, on l'a mentionné à quelques reprises tout à l'heure, ça peut
prendre plusieurs formes. Puis c'est un accompagnement qui pourrait...
Et un exemple pour qu'il n'y ait pas de
compensation financière, par exemple, si, sur la demande initiale, c'est la
portion Y du terrain qui était... qui était visée, mais qu'on amène le
promoteur à revoir la réalisation du projet, sa conception, et que la partie
plus sensible, elle est protégée, où elle n'est pas atteinte, c'est là où il ne
sera pas nécessaire de verser une compensation financière. Et on disait tout à
l'heure aussi il y avait la possibilité de déplacer l'espèce floristique. Si,
sur un même terrain, tout en garantissant sa survie, on arrive à déplacer
l'espèce en question, il est possible qu'il n'y ait pas de condition... de
contribution financière exigée, mais il va y avoir quand même des conditions au
niveau de la réalisation. Mais, dans tous les cas, on est en présence d'une
espèce floristique qui est identifiée, qui est... qui est listée, donc ça ne
pourra pas se faire de n'importe quelle façon, là. Il y aura des balises à
travers l'autorisation qui sera donnée par le ministère.
Mme Dufour : Oui. L'exemple
que vous avez donné, où il y a un Y, puis là le projet, finalement, est déplacé
sur une autre portion qui n'a pas d'atteinte, d'une certaine façon, on peut
dire que c'est une... c'est une mesure nécessaire pour la conservation. Donc,
je pense que ça rentre dans l'énumération des possibilités ici.
Mais ma question, là, ça ne concerne pas
juste la compensation financière, là. C'est plutôt que, s'il y a atteinte,
est-ce qu'il va y avoir automatiquement des conditions?
M. Charette : Il va forcément
parce qu'il faut qu'il y ait une autorisation. Donc, l'autorisation va
déterminer dans quelles conditions ça va pouvoir se faire.
Mme Dufour : Mais ça... C'est
ça. Mais ce n'est pas automatique. C'est ça que je...
M. Charette : L'autorisation,
elle est automatique...
Mme Dufour : L'autorisation.
M. Charette : ...parce qu'en
56, on se souvient, c'est, à la base, interdit. Donc, pour que ça devienne... À
la base, c'est interdit. Donc, pour que ça devienne possible, puis il faut
avoir une autorisation. Et, pour avoir une autorisation, il faudra avoir
rencontré un certain nombre de critères. Et c'est là où l'autorisation va
pouvoir préciser les obligations du promoteur.
Et on va plus loin que ça. S'il y a une
compensation financière... ce n'est pas uniquement le seul scénario possible,
mais, s'il y a une compensation financière, la compensation financière devra
être versée avant même que l'autorisation soit émise.
Mme Dufour : Excusez-moi.
Oui, avant même... oui, ça, je l'avais lu, effectivement. Je pense... je ne
sais plus à quel article, là.
M. Charette : On avait une
disposition similaire, là, dans des articles étudiés hier, je pense.
Mme Dufour : OK. Donc, le
«peut» ici ne laisse pas place à la... le choix arbitraire de l'appliquer ou
pas, là?
M. Charette : Il va y
avoir... À partir du moment qu'il y a une autorisation, il y a un encadrement
sur ce que pourra faire ou pas le promoteur.
Mme Dufour : OK. Je veux
aller aussi... OK. Dans ce qui est enlevé, toujours... je suis toujours ici,
là, dans le même paragraphe, là, on dit... bon, ce qui est biffé, là, on dit :
«le paiement d'une compensation financière qui correspond aux sommes
nécessaires pour compenser l'atteinte aux espèces floristiques menacées», on
remplace par «le paiement d'une compensation financière nécessaire à ces fins»,
et «ces fins», c'est «l'exécution de mesures nécessaires pour la conservation
ou la gestion des <espèces...
Mme Dufour : ...et «ces
fins», c'est «l'exécution de mesures nécessaires pour la conservation ou la gestion
des >espèces floristiques». Il y a quand même une distinction entre les
deux. Auparavant, on parlait que ça devait être les sommes nécessaires pour compenser,
alors qu'on est plutôt, ici, dans des... une compensation financière nécessaire
pour la conservation. Ça fait que c'est une distinction, là. Ce n'est pas...
C'est... Ça peut être subtil, mais ce n'est pas la même chose. Dans un cas...
Ça peut donner l'impression, en fait, que peut-être qu'on va avoir moins
d'argent, ou, en tout cas, qu'on couvre... qu'on ne couvre pas les mêmes
éléments. Et j'aimerais savoir comment on est arrivés avec ce nouveau libellé
là puis pourquoi qu'on n'a pas préservé l'ancien, là.
M. Charette : On me
confirme que c'est pour des fins de simplification, là, au niveau de la
lecture, mais c'est la réglementation qui va venir établir les modalités par la
suite, là. Mais la compensation était... financière était possible selon
l'article actuel. On le voit dans la colonne de gauche, et on a un texte qui se
veut simplifié, là, dans la colonne de droite.
Mme Dufour : Mais je ne
sais pas si c'est simplifié, en fait. C'est modifié, mais je ne sais pas si
c'est simplifié. Puis c'est pour ça que je voudrais savoir... tu sais, est-ce que
l'objectif, c'était de simplifier? Parce que ça ne couvre pas exactement les
mêmes choses.
M. Charette : Ce qu'on
m'indique aussi, c'est qu'on a repris un libellé semblable à une modification
qui a été apportée hier dans une loi différente. Donc, il y a un caractère
d'uniformité, et je pense que c'était à ce moment-là qu'on parlait, là, d'une
formulation un petit peu plus englobante.
Mme Dufour : Oui, bien,
c'est ça, en fait, que je veux savoir : C'est-tu vraiment plus englobant
ou pas? Parce qu'on parle... tu sais, comme je dis, dans la portion qu'on
enlève, on parle de sommes... les sommes nécessaires pour compenser l'atteinte
aux espèces, alors que, là, on parle d'un paiement d'une compensation
financière pour des mesures nécessaires pour la conservation. Je ne sais pas si
vous comprenez. Dans un cas, on parle d'atteinte, puis il faut compenser pour
l'atteinte. Dans l'autre cas, c'est, bien, ce que ça coûte pour conserver. Ce
n'est pas la même chose, là. Atteindre puis conserver, c'est deux choses
différentes.
M. Charette : J'ai
mentionné tout à l'heure, là, avec la confirmation du collègue, les critères de
compensation vont être précisés dans la réglementation. Et à partir du moment
où on a ça en tête, on voit, là, que le paiement d'une compensation financière
nécessaire à ces fins, bien, ça va être en fonction des critères, là, établis
dans la réglementation. Mais, à la base, on est dans une formulation, là, qui
se veut semblable d'une loi à l'autre, là. Il y a cette volonté-là, de
reprendre une terminologie semblable.
Mme Dufour : Donc, ça va
être dans la réglementation qu'on va venir déterminer, finalement, qu'il faut
compenser l'atteinte aux espèces.
M. Charette : Et c'était
aussi dans la réglementation. Si on regarde la colonne de gauche, avec le texte
actuel, on avait la possibilité de demander, par exemple, une garantie ou un
paiement, là, pour une compensation financière. Cependant, la réglementation
n'a jamais été développée à ce moment-là. Donc, on n'a pas pu y aller des
précisions requises étant donné, là, que ça ne s'est jamais appliqué.
Mme Dufour : Non. Je le
comprends. Mais, tu sais, précédemment, c'est ça, on compensait l'atteinte, puis
là on dit : Bien, ça va être une compensation financière pour les mesures
de conservation. Ça fait que c'est un peu différent. Et, tu sais, l'atteinte,
elle, à mon avis, n'est plus, comment dire... c'est ce qu'il faut le moins
encourager, là.
M. Charette : ...et ce
n'est pas qu'une compensation financière, là, comme on peut le lire, ça peut
prendre d'autres formes aussi. Donc, il y a un volet qui peut être compensé
financièrement. Il y a des compensations sous forme de rétablissement qui
peuvent être exigées aussi. Donc, la réglementation va venir préciser les
modalités, mais l'autorisation va venir confirmer aussi les obligations du
promoteur.
Mme Dufour : Je vais
peut-être aller un petit peu plus bas dans le paragraphe suivant, où...
paragraphe suivant qui est biffé. Je veux dire, on disait : «Avant de
délivrer une autorisation, le ministre tient compte». Là, on a remplacé ça par
d'autres éléments. <Mais...
Mme Dufour :
...de
délivrer une autorisation, le ministre tient compte». Là, on a remplacé ça par
d'autres éléments. >Mais il y avait quelque chose qui s'appelait les «objectifs
poursuivis par le demandeur», il y avait aussi «la nature de l'activité
projetée». On a préservé «la nature de l'activité projetée», mais on a enlevé
les «objectifs poursuivis par le demandeur». Je veux juste comprendre pourquoi.
• (14 h 20) •
M. Charette : Laissez-moi
voir. Les objectifs... juste relire pour ne pas induire la collègue en erreur,
donc, tient compte de... «notamment, des objectifs poursuivis par le demandeur»,
oui, «de la nature de l'activité projetée», mais, si on regarde plus bas, on
vient de... on vient, sous six picots différents, préciser : «Avant de
délivrer une autorisation, le ministre tient compte notamment des éléments
suivants», et on a une description qui est plus... qui est plus précise. La
nature de l'activité projetée s'y retrouve, les conséquences de l'activité
projetée sur toute espèce floristique menacée ou vulnérable.
Donc, la... Ce que doit tenir compte
l'autorisation, à travers le ministre, c'est plus... c'est plus élaboré que ce
qui prévalait, là, dans la formulation qui fait office d'article adopté, là, à
ce moment-ci.
Mme Dufour : Bien, je vais
reposer ma question. On a enlevé «les objectifs poursuivis par le demandeur».
Et je n'ai pas... je ne fais pas de jugement, je veux juste savoir pourquoi on
l'a enlevé, tout simplement.
M. Charette : À partir du
moment où je vois, moi, la nature de l'activité projetée... L'activité
projetée, elle est projetée par le demandeur, là. C'est le projet du demandeur.
C'est les objectifs du... l'activité du... En fait, l'activité projetée, ça
inclut. C'est le projet du demandeur et de ses objectifs. Pour moi, c'est
couvert, là, à travers ce picot-là.
Mme Dufour : C'était dans la
version précédente aussi, la nature de l'activité projetée, là. Les deux étaient
là. Là, on n'en a retenu qu'un seul.
M. Charette : Oui, parce
qu'on l'englobe. À partir du moment où on vient détailler l'activité projetée,
bien, c'est aussi ses objectifs, là, en quelque sorte.
Mme Dufour : Bien, pas tout à
fait, là.
M. Charette : Et pour un
petit complément, là, qui peut peut-être rassurer la collègue, et ça, c'est
courant, là, lorsque ce n'est pas une liste exhaustive, c'est aussi mentionné
«notamment». Donc, on se dit, dans le projet qui est projeté à travers
l'activité projetée, on a ce type de détail là, mais c'est un «notamment»,
c'est une énumération avec un «notamment», donc on peut couvrir plus large
aussi. Donc, c'est le minimum qui se retrouve là, mais il n'y a strictement
rien qui empêche, là, d'avoir d'autres éléments, là, considérés.
Mme Dufour : Non, je
comprends, mais on a fait quand même le choix délibéré de retirer des objectifs
poursuivis par le demandeur. Comme j'ai dit, je ne fais pas de jugement, je
veux juste comprendre pourquoi on l'a enlevé. Est-ce que quelqu'un s'est dit :
Ah non! Ce n'est pas... C'est trop large, c'est... En tout cas, je ne sais pas,
là, en fait. Parce que la nature de l'activité projetée puis les objectifs
poursuivis par le demandeur, ce n'est pas la même chose. En tout cas, un juge
vous dirait : Ce n'est pas la même chose.
Des voix : ...
Le Président (M. St-Louis) : Est-ce
que vous souhaitez continuer votre intervention, Mme la députée, ou ça termine?
Mme Dufour : Bien non, mais,
en fait, j'ai soulevé le point que ce n'était pas la même chose. Ça fait que je
voulais savoir... si on avait fait... tu sais, est-ce que quelqu'un s'était dit :
Bien, c'est trop large, c'est pour ça qu'on le retire?
M. Charette : J'ai, je pense,
répondu. Dans «la nature de l'activité», on va avoir un certain nombre
d'informations pertinentes. Ce n'est pas exclusif. Mais, en même temps, si on
s'arrête au seul respect de la loi, l'objectif du promoteur n'est pas... n'est
pas l'élément qui va... qui va déterminer l'impact sur le milieu floristique
que l'on souhaiterait protéger. Le promoteur peut le faire valoir, mais ce
n'est pas ça qui va déterminer si on est en respect ou non de la loi. Ce qui va
le déterminer, c'est si les conditions sont remplies, si le ministère... si le
ministre, à travers le ministère, a pris en considération le minimum qui doit
être pris en considération.
Mme Dufour : Bien, moi, ça me
convient, mais c'est quand même une approche différente par rapport à
d'autres... disons, d'autres autorisations qu'on donne. Comme par exemple
les... je pense que <c'est...
Mme Dufour :
...d'autres...
disons, d'autres autorisations qu'on donne. Comme par exemple les... je pense
que >c'est les travaux préalables plus loin qu'on va voir, qui seraient
permis dans le cas où est-ce que ce serait un projet d'intérêt public, ou
transition énergétique, ou quelque chose comme ça...
M. Charette : ...climatiques.
Mme Dufour : ...là on... là, à
ce moment-là, on se dit : L'objectif poursuivi par le demandeur.
M. Charette : Mais, même pour
les travaux préalables, on aura effectivement l'occasion de s'en reparler, mais
c'est une condition d'admissibilité, que ce soit, un, un organisme public et,
deux, pour lutter contre les changements climatiques. Donc, ce n'est pas tant
les objectifs du promoteur qu'une condition pour rendre cette possibilité-là
effective.
Mme Dufour : Reste qu'on a
une philosophie différente, disons, d'approche entre celle-là... les travaux
préalables puis ici. Or, vous avez souligné que le «notamment» pouvait inclure
autre chose. C'était une question que j'avais, justement : Qu'est-ce que
ça pourrait inclure d'autre?
M. Charette : À partir du
moment où il y a eu une énumération, étant donné qu'on l'a dit à quelques
reprises, l'avenir, c'est long, on peut... on peut ouvrir à d'autres
possibilités sans que cette possibilité-là soit connue ou arrêtée aujourd'hui.
Mme Dufour : OK. Bon, bien, OK.
J'aurais aimé voir s'il y avait des exemples déjà qu'on avait en tête.
M. Charette : Si on avait eu
quelque chose de précis en tête, on l'aurait ajouté à travers soit un nouveau
picot ou à travers un picot existant avec une précision supplémentaire. Mais
non. C'est tout simplement pour ne pas être prisonnier, là, d'une énumération
qui, un jour, ne serait pas considérée comme complète.
Mme Dufour : OK. Bon,
parfait. Il y a un élément qui est mentionné qui a été soulevé, puis là je ne
retrouve pas le mémoire, mais on dit... c'est le... justement, l'énumération
qu'on référait, le trois... le troisième élément, qui dit «qu'on doit tenir
compte de la situation générale de toute espèce floristique menacée ou
vulnérable affectée par l'activité projetée». Donc, la situation générale, ça,
ça a été soulevé. Là, je le cherche en ce moment, mais j'y vais de mémoire, là,
mais c'était que ça ouvrait la porte, finalement, à ne pas... tu sais, en
prenant en compte, c'est ça, de façon générale, bien, ça veut dire que, sur ce
site-là... là je ne le retrouve pas, c'est comme si, ailleurs, c'est au... de
façon... Mettons, on va le prendre, là, sur un site. Si ailleurs, au Québec, ça
va bien, bien, c'est correct sur ce site-là, mais, en en faisant ça, on... tu
sais, on appauvrit, finalement, la biodiversité d'un site.
M. Charette : Ou le contraire :
si, de façon générale, ça va mal, et que, sur le site en question ou dans le
secteur en question, il y a beaucoup de cette espèce-là et que, par exemple, le
projet ne fait pas table rase mais va porter atteinte à quelques individus
seulement, donc c'est là aussi où il y a une certaine discrétion. J'ai des
projets, là, en tête par le passé. Mais c'est là où il y a plusieurs... il y a
plusieurs déclencheurs ou éléments à considérer. Si on est sur un site et qu'on
doit en éliminer quelques-unes, de ces... de ces têtes-là, mais que le reste du
site n'est pas compromis et que, dans la région, il y a plusieurs autres
individus, c'est là où ça pourrait être... ça pourrait être un élément à
considérer, là, pour une autorisation. Parce qu'il peut y avoir une espèce menacée
ou vulnérable dûment inscrite. Donc, de façon générale, au Québec, cette
espèce-là, elle est soit menacée ou vulnérable, mais cette espèce-là peut se
retrouver en grand nombre dans le secteur où le projet se réaliserait, et le
projet pourrait ne pas les éliminer entièrement. Donc, c'est des éléments qui
devront être démontrés. Et je sais, là, le type de projets qu'on reçoit au
ministère. Donc, c'est l'autorisation qui viendrait déterminer : OK, dans
ce secteur-là, effectivement, il y en a passablement. Le projet en question ne
les élimine pas entièrement sur le site lui-même. Donc, c'est une évaluation
qui va se faire sur l'état général de l'espèce par la suite.
Mme Dufour : OK. On va voir à
l'usage qu'est-ce que ça va donner, mais disons que... c'est sûr qu'avec toute
la gestion des milieux humides et hydriques on est, disons... <on...
Mme Dufour :
...donner,
mais disons que... c'est sûr qu'avec toute la gestion des milieux humides et
hydriques on est, disons... >on a certaines craintes, là.
M. Charette : Mais, encore...
et c'est bien correct de les exprimer, mais, encore une fois, à ce jour et
aujourd'hui, c'est aussi possible d'éliminer avec autorisation. Donc, ce n'est
pas comme si c'était impossible, et on le rendait possible. C'est possible
aujourd'hui, mais passablement moins bien encadré, là, que ce que... que ce qui
est proposé, là, à travers l'article 58.
• (14 h 30) •
Mme Dufour : On dit :
C'est possible, mais tout à l'heure on parlait du fait qu'il n'y ait pas de
règlement encore. Qu'est-ce qui est possible à ce moment-là?
M. Charette : En fait, il y a
des... Bien, justement, on a la possibilité de... mais ce n'est pas balisé par
règlement, notamment la fameuse question des compensations. Donc là, ce sera
non seulement... Bien, en fait, là on change de prémisse. La prémisse de... du
56 dit : C'est interdit, mais il y a des autorisations qui pourraient être
données de façon mieux encadrée que ce qu'il est possible de faire aujourd'hui.
Mme Dufour : On... Je vais
reposer ma question : Qu'est-ce qu'il est possible actuellement
d'autoriser? Là, on a dit la compensation. Ça veut dire que si... La
compensation, on ne peut pas le faire présentement parce qu'on n'a pas de
règlement, compensation financière. Ça veut dire que s'il y a une autorisation
aujourd'hui...
M. Charette : Ça peut être
autorisé de détruire des espèces floristiques qui sont soit menacées ou
vulnérables, ça peut être possible, et la loi le permet. Mais, avec tout ce qui
est compensation, c'est là où ce n'est pas... où ce n'est pas établi par
règlement à l'heure où on se parle. Mais il y a des projets où il y a eu
atteinte au milieu floristique, dans certains cas, menacé et vulnérable, mais
l'encadrement n'est pas celui que l'on propose d'établir maintenant.
Mme Dufour : Donc, s'il y a
eu... si c'est possible actuellement puis qu'une autorisation de destruction
est faite, à ce moment-là, quelles sont les conditions?
M. Charette : Bien, c'est là
où on a moins de moyens pour établir des conditions, notamment les
compensations financières, parce que la réglementation n'est pas... elle n'est
pas... non seulement elle n'est pas adaptée, mais elle n'est pas adoptée, donc
pas en vigueur.
Mme Dufour : Oui.Mais
je vais reposer ma question : Quel genre de conditions actuellement, quand
on l'autorise, on met?
M. Charette : Le même type
d'accompagnement qu'on peut proposer dans d'autres contextes. Essayer de
minimiser la perte avec un réaménagement de la réalisation du projet, ça, c'est
possible de le faire et ça se fait, mais c'est moins balisé qu'avec les
différents critères, là, qui sont maintenant proposés. Il y a tout le temps...
L'autorisation, elle vient généralement avec un encadrement, et ça peut amener
le promoteur à revoir son projet, là, par rapport à la version initiale, là,
qu'il avait en tête.
Mme Dufour : Mais on l'a vu
avec les milieux humides et hydriques, les promoteurs vont préférer, presque la
plupart du temps, payer plutôt que de modifier le projet ou de trouver des
sites de remplacement. Donc, est-ce qu'on n'ouvre pas la porte en... tu sais,
en ajoutant la compensation financière à ce même...
M. Charette : Même pour les
milieux humides, ce qu'on a dit hier, je pense, c'est vrai que beaucoup de
demandes sont acceptées, mais beaucoup sont acceptées avec des conditions
d'aménagement posées et qui deviennent conditionnelles à l'autorisation. Je ne
me souviens plus, là, c'est un pourcentage, c'est admis, c'est reconnu, assez
élevé de projets autorisés, mais avec un pourcentage non négligeable où le
projet autorisé versus le projet initialement déposé est changé, que ce soit...
et là je me répète, là, mais, si c'est sur un terrain d'une dimension x, ça
peut être dans l'emplacement du bâtiment souhaité, ça peut être sur la
superficie du bâtiment souhaité, ça peut être sur... Donc, ce n'est pas parce
qu'il y a une autorisation, même dans les milieux humides, qu'il n'y a pas eu
de condition posée, là, pour la délivrance de cette autorisation-là.
Mme Dufour : Mais la
compensation financière pourrait venir sans autre condition aussi.
M. Charette : Dans certains
cas, s'il n'y a pas d'alternative, effectivement, ce n'est que la compensation
qui est exigée actuellement. Mais, tout à... tout à l'heure... je ne pense pas
qu'on aborde ces articles-là aujourd'hui, mais, lorsqu'on viendra aborder la
question des milieux humides, on va se donner des moyens, là, on va inciter
encore davantage pour que le promoteur redouble d'efforts pour limiter ou carrément
éviter, là, la destruction qui est envisagée.
Mme Dufour : Mais actuellement,
si j'ai bien compris...
14 h 30 (version révisée)
M. Charette : ...pour limiter
ou carrément éviter, là, la destruction qui est... qui est envisagée.
Mme Dufour : Mais
actuellement, si j'ai bien compris, une compensation financière ne peut pas
être imposée pour les espèces floristiques parce que le règlement n'est pas en
vigueur.
M. Charette : Le règlement
n'est pas... Exact.
Mme Dufour : Donc, si des
conditions il y a, ça ne peut pas être des compensations financières. Donc, c'est
nécessairement quelque chose qui est physique, c'est-à-dire de réduire,
déplacer le projet, etc.
M. Charette : Actuellement, à
l'heure où on se parle, c'est le type d'accompagnement qu'on peut offrir en
vertu de la loi. On ne peut pas exiger de compensation financière parce que le
règlement n'est pas adopté, mais on se donne clairement de meilleurs outils
avec l'article 58, là, dans la mesure où... où il est adopté et que la loi
est adoptée.
Mme Dufour : Mais est-ce que
c'est... c'est des meilleurs outils pour le ministère, mais la crainte que les
groupes ont, c'est que ça ouvre la porte à aller vers davantage la compensation
financière et beaucoup moins la réduction des impacts, là.
M. Charette : ...et c'est
tout à fait correct, exprimer une crainte, mais aux groupes qui sont inquiets...
et c'est dommage, ils n'ont pas tous le cahier que nous avons sous les yeux,
mais ces gens-là qui expriment la crainte, je leur dirais, et je leur
partagerais notre cartable au besoin, de regarder la colonne de gauche versus
la colonne de droite. Et on a beaucoup plus de balises dans la colonne de
droite, qui est le texte proposé, versus le... versus le texte existant.
Mme Dufour : Oui, c'est
clair, mais le fait qu'on met de l'emphase davantage sur la compensation
financière...
M. Charette : C'est un...
Bien, c'est-à-dire...
Mme Dufour : ...je pense que...
je pense que ça... c'est ce qui inquiète, parce que l'expérience avec les
milieux humides nous a démontré que ça... que ça se peut que ça ne marche pas
bien, là.
M. Charette : Encore une
fois, pour les milieux humides, le constat et le mot «échec» est peut être trop
fort, là, mais le constat qu'il y a une problématique, c'est au niveau du
décaissement, ce n'est pas au niveau du prélèvement. Mais, dans le cas présent,
on a une colonne de gauche, qui est le texte actuel versus ce qui est proposé,
et c'est une avancée, là, qui est... qui est digne de mention, là, quant à moi.
Mme Dufour : La Vérificatrice
générale, ce n'étaient pas tout à fait les constats qu'elle est arrivée, là, ce
n'était pas tant dans le décaissement que plutôt dans l'analyse des projets,
mais on va venir en parler tout à l'heure abondamment.
M. Charette : ...nature, je
ne parle pas fort, donc si je suis loin du micro, ça donne l'impression que je
parle encore moins fort, ça fait que je vais essayer de me rapprocher, mais il
y a comme un truc à terre qui fait en sorte que je ne peux pas trop me
rapprocher, mais, bien, je vais me rapprocher de vous, Mme la députée, ça va
donner l'impression d'une... d'une conversation entre amis, ce qui n'est jamais
désagréable.
Mme Dufour : Bon, je vais
changer de... bien là...
M. Charette : Et là je vois...
je vois mon collègue d'Hochelaga qui est désolé. Je changerai de micro au
besoin pour être tout aussi proche de vous tout à l'heure.
Mme Dufour : Si tu veux y
aller, Alexandre, tu me le dis, mais sinon je vais continuer, là. OK. Ensuite,
on a la situation de l'espèce et l'état de son environnement à l'endroit où l'activité
projetée aura lieu. Ça, c'est... Encore une fois, j'avais posé une question
similaire, mais est-ce que c'est le ministère qui évalue ça? Est-ce que c'est
le promoteur? Comment on détermine, c'est ça, la situation de l'espèce? Parce
que, tu sais, moi, je connais plus les milieux humides et hydriques, là, j'ai
vu des analyses de ça, mais la situation de l'espèce.
M. Charette : La situation
générale de l'espèce, c'est le ministère qui a ces données-là, mais, lorsqu'il
y a un projet qui est... qui est déposé, qui est présenté, c'est aux promoteurs
à faire valoir les impacts de son projet, d'où le recours à différents experts,
là, qui vont réaliser des études, on l'a autant autant en faunique qu'en
floristique. Donc, le promoteur doit fournir ces études-là. Mais si c'est une
évaluation par rapport à la situation générale du Québec, on ne demandera pas
aux promoteurs de cartographier, là, le Québec en entier. Donc, c'est... c'est le
ministère, là, qui sera en mesure de déterminer cet impact-là.
Mme Dufour : Excusez-moi, j'ai
manqué les deux dernières phrases.
M. Charette : Le promoteur a
la responsabilité du site sur lequel le projet doit s'implanter, démontrer quel
sera l'impact de son projet sur le terrain. Il ne doit pas cartographier le
Québec en entier. La situation générale au Québec, c'est des informations, là,
qui sont colligées par le ministère.
Mme Dufour : OK. Ça fait que
le ministère a une situation de l'espèce. Le promoteur doit faire un état de
situation du terrain. Celui qui fait l'état de situation du terrain c'est qui? <C'est-à-dire...
Mme Dufour :
...faire
un état de situation du terrain. Celui qui fait l'état de situation du terrain
c'est qui? >C'est-à-dire quel... quel professionnel?
• (14 h 40) •
M. Charette : Bien, ça dépend
quel est... quel est l'objet de l'évaluation. Si on est au niveau des milieux
humides versus floristique, ce n'est pas... ce n'est pas toujours les mêmes spécialistes,
mais on va parler tantôt de biologistes, on va parler tantôt d'hydrographes, on
va parler tantôt... Là, ça... ça dépend quel type d'analyse ou d'évaluation,
là, qui était... qui est nécessaire.
Mme Dufour : Ici, on parle de
la situation de l'espèce et l'état de son environnement.
M. Charette : Ça peut...
Bien, l'espèce, oui, mais ça peut... ça peut être dans... ça peut être dans...
dans un cadre particulier. Le ministère est en droit de demander des
compléments d'information. Lorsqu'une évaluation qui est faite, qui n'est pas
jugée suffisante ou pour laquelle des informations nécessaires supplémentaires,
c'est-à-dire sont nécessaires, le ministère est en droit, là, de préciser ses
attentes. Donc, je ne peux pas dire : C'est uniquement les biologistes.
C'est souvent des biologistes, mais pas exclusivement des biologistes, ça
dépend quelle est l'évaluation, là, qui est requise.
Mme Dufour : Il y a... pour
certaines études, souvent, il faut que ce soit effectué sur quatre saisons.
Est-ce que c'est le cas ici quand on parle de l'état de son environnement?
M. Charette : C'est-à-dire, on
l'a aussi au niveau faunique. Ça peut être, pour l'exemple qui est facile à
illustrer, là, au niveau faunique, davantage, c'est la période de nidification,
par exemple. On ne peut pas faire une évaluation ou on ne peut pas procéder à
des travaux pendant une période donnée de l'année. Ça peut être une période de
reproduction aussi. Ça peut être... C'est la raison pour laquelle, là, dans certains
cas, il faut attendre un moment précis, là, de l'année.
Mme Dufour : Je croyais qu'on
était dans une section qui parlait surtout du floristique, c'est bien ça?
M. Charette : Ici, on est
dans le floristique, effectivement.
Mme Dufour : Oui. Donc, je
fais reposer ma question. Dans le cas de l'état, tu sais, d'évaluer l'état d'un
environnement de... floristique, est-ce que c'est nécessaire, dans un cas comme
ça, de faire une évaluation sur quatre mois comme le faunique le fait ou les
milieux humides?
M. Charette : De? Pour le?
Mme Dufour : Pour le
floristique, pour évaluer l'état de l'environnement d'une espèce floristique,
dans le fond, l'endroit où l'activité est projetée, est-ce qu'il faut le faire
sur un an ou quatre saisons, comme, tu sais, ça doit être fait pour les milieux
humides ou pour la faune?
M. Charette : ...le faunique,
ce n'est pas... assurément, ce n'est pas... forcément, c'est-à-dire, sur une
année complète, ça dépend des cycles. Mais, pour le floristique, qu'est-ce que
j'ai? Non, c'est ça, je ne pourrais pas dire : C'est 12 mois. La
réponse simple, c'est de dire : Ça doit se faire dans la bonne période
phénologique. Ça, c'est un terme avec lequel je suis moins familier, mais qui
est bon pour les exercices de diction. Donc, ça dépend. Il n'y a pas de... il
n'y a pas de moment... Ça dépend de l'espèce, ça dépend... Donc, ce n'est pas
forcément 12... 12 mois d'évaluation, là.
Mme Dufour : Et là, à ce
moment-là, le ministère, j'imagine, s'assure que l'étude qui est fournie par le
promoteur du projet s'est faite dans la bonne saison pour avoir le bon résultat
ou la bonne représentation.
M. Charette : Exact. Exact. Et,dans certains cas, c'est... c'est précisé, la période de nidification, au
niveau faunique, elle est établie pour certaines espèces. La... bien, en fait,
la période de reproduction, elle est aussi... elle est connue. Donc, il n'y a
pas de réponse unique, là. C'est en fonction des espèces, et le ministère est
en mesure de préciser les attentes à ce niveau-là, mais, lorsqu'un promoteur a
une analyse à fournir, les spécialistes qu'il retient sont généralement au
fait, là, de ce type d'exigences ou de critères là.
Mme Dufour : OK. Oui, effectivement...
Bien, en fait, quand ce sont des biologistes, ils sont au fait de ces
exigences.
M. Charette : Oui, c'est-à-dire
tout expert reconnu en la matière est au fait, là, de ces exigences-là.
Mme Dufour : Je vais passer
au...
M. Charette : Si on insiste,
mais si on insiste seulement, je pourrais donner la définition de phénologique.
Je sens que le député d'Hochelaga aimerait beaucoup l'avoir. Et est-ce que vous
voulez que je change de micro ou ma position actuelle vous convient?
M. Leduc : Ah! non... Très
bien.
M. Charette : C'est bon?
Excellent! Donc, la phénologie est l'étude de l'apparition d'événements
périodiques dans le monde vivant, déterminée par les variations <saisonnières...
M. Charette :
...l'étude
de l'apparition d'événements périodiques dans le monde vivant, déterminée par
les variations >saisonnières du climat. Voilà. Nous sommes tous mieux
instruits.
M. Leduc : ...à la période
des questions.
M. Charette : En fait, selon
la question posée, je pourrai répondre avec... avec la définition. Et, si ce
n'est que ça, donner une définition, moi, je prends des questions comme ça à
tous les jours.
Mme Dufour : OK. Le cinquième
élément de cette liste, c'est la disponibilité d'autres emplacements pour
réaliser l'activité projetée. Alors, comment concrètement on... ça va s'opérer,
ça?
M. Charette : Encore là, il
n'y a pas de réponse unique. Si, par exemple, je donne l'exemple, là, d'une
école qui doit desservir un quartier en particulier ou un secteur en
particulier, c'est certain que, cette école-là, je ne peux pas la mettre 30, ou
50, ou 60 kilomètres plus loin, là. Mais, si c'est un projet dont
l'emplacement n'est pas... n'est pas exclusif et qu'il y aurait d'autres alternatives,
on va inviter le promoteur à considérer un autre... un autre emplacement.
Mme Dufour : Là, c'est là que
je peux faire le parallèle avec les milieux humides et hydriques. Pour avoir vu
beaucoup de projets à Laval où le promoteur était absolument convaincu qu'il
n'y avait absolument aucune alternative à son terrain, comment... Et c'est un
des écueils, d'ailleurs, que la Vérificatrice générale a mentionnés, que les
projets étaient plus avec une démonstration que c'est pourquoi il fallait faire
le projet là, plutôt que l'exercice réel d'avoir vu s'il y avait des terrains
ailleurs. Tu sais, des fois, il y a des terrains alternatifs qui impliquent des
coûts supérieurs, puis c'est normal, les coûts ne sont pas tous équivalents,
là. Les terrains n'ont pas tous le même coût au pied carré, etc. Donc... donc,
comment vraiment on va opérer ça? Parce qu'ici, là, c'est le nœud de ce qui
pourrait achopper, là.
M. Charette : ...un élément
parmi... parmi d'autres, effectivement. C'est sûr que, si ça vient augmenter
sensiblement le coût du projet, ce n'est plus le même projet, là. Donc, ça peut
être un facteur qui... qui devient contraignant et qui empêcherait la
réalisation du projet. Donc, ça fait partie des éléments dans la balance
également.
Mme Dufour : Donc, on ne
parle pas de disponibilité. On ne parle pas juste de disponibilité, là, on est
rendus qu'on dit que finalement la... les éléments financiers du projet vont
aussi être considérés, là.
M. Charette : ...oui, c'est
la disponibilité. S'il n'y a pas d'équivalent, il n'y a pas disponibilité, parce...
dit autrement, un terrain qui est... qui a une valeur x et un autre qui est...
qui est passablement plus... plus dispendieux, ce n'est pas... ce n'est pas
juste une question de disponibilité, là, ça devient... En fait, c'est une
disponibilité théorique, parce que le prix à payer pour cet autre terrain là serait...
serait un critère pour empêcher, là, le promoteur d'aller de l'avant. Mais
c'est... c'est tous des éléments qui sont considérés dans la balance des... de
la description du projet, là, tout simplement.
Mme Dufour : Je dois vous
dire que ce que vous venez de dire, c'est pour moi un élément majeur et qui me
perturbe. Parce que dans les...
M. Charette : Je n'aime pas
savoir ma collègue perturbée. Je vais essayer de la rassurer.
Mme Dufour : Non, je le sais,
je le sais. Les terrains les moins dispendieux sont bien généralement, du moins
au sud du Québec, ceux qui ne sont pas encore développés et donc ceux qu'il y a
encore des milieux naturels dessus. Si on peut le faire, l'exercice, là, je
connais bien l'île de Laval, là, puis il y a les terrains agricoles, les
milieux naturels puis, après ça, il y a tous les autres, puis on est dans des
échelles complètement différentes.
Et d'ailleurs, c'est quelque chose que
j'ai déjà mentionné, que, lorsqu'il y a un CA 22 qui est octroyé pour détruire
des milieux humides et hydriques, le terrain vient d'augmenter de façon
importante sa valeur. Alors, si on met... si on vient dire qu'un terrain... que
le prix du terrain va être dans la balance, parce que ce ne sera pas le même
projet, bien, presque automatiquement on va autoriser des destructions. Parce
qu'automatiquement tout autre terrain qui n'a pas de milieux naturels va coûter
plus cher, à moins que ce soit une terre agricole, là.
M. Charette : C'est... c'est difficile,
par contre, de faire un parallèle avec les milieux humides, ce n'est pas la
même loi, ce n'est pas les mêmes... les mêmes réalités non plus. Et il ne faut
pas oublier les premiers picots, là, c'est... c'est tous des éléments qui
doivent être considérés, et pas exclusivement <dire...
M. Charette : ...les
premiers picots, là, c'est... c'est tous des éléments qui doivent être
considérés, et pas exclusivement >dire : Est-ce qu'il y a un autre
terrain disponible ou réalistement échangeable, là? Ce n'est pas que... ce
n'est pas ça, la variable unique, là. En fait, il n'y a pas de variable unique,
c'est de considérer le portrait de la situation avec les premiers picots qui
sont très importants, sinon encore plus conséquents, c'est-à-dire les
conséquences de l'activité projetée sur toute espèce floristique menacée ou
vulnérable. Donc, c'est... c'est un critère, là, qui ne peut pas... qui ne peut
pas être exclu.
• (14 h 50) •
Mme Dufour : Mais... mais,
par contre, je vous ai entendu mentionner que, si le terrain coûte... tel
terrain alternatif coûte substantiellement plus cher, bien, ce n'est plus... ce
n'est plus le même terrain, ce n'est plus le même projet. Donc, ça peut jouer
en faveur de le maintenir sur le terrain actuel, même s'il y a des conséquences
sur l'espèce floristique menacée, là.
M. Charette : Je peux
peut-être pouvoir rassurer la collègue. Il y a d'autres articles, là, je vais
juste attendre un instant avant de pouvoir préciser les numéros, mais des
articles qui précisent aussi les conditions. Ce ne sera pas tellement long. Naturellement,
c'est un... Ça semble très disparate d'un article à l'autre, et, de les
intégrer dans la loi, par moments, c'est difficile à figurer, là, mais à la fin
c'est un tout qui est cohérent. Et on a des articles qui abordent cette
question-là de façon aussi spécifique, si on va à l'article 123.
Des voix : ...
M. Charette : 123, et on
est dans quelle loi à ce moment... Là, on est dans la LQE directement, et...
Des voix : ...
M. Charette : ...tout à
l'heure, je disais que l'article qu'on étudiait était... était pas ceux qui
touchaient les milieux humides. Le 123, c'est le cas, puis je le fais juste à
titre... pour faciliter la réflexion, là. On voit qu'on ajoute des éléments à
considérer, là, pour les milieux humides, qui ne sont pas présents
actuellement. Donc, ça va aider à corriger un petit peu, là, les lacunes que la
collègue présente, là, dans son... dans son plaidoyer ou à tout le moins dans
son intervention.
Mme Dufour : Bien, quand
on va y arriver, à la section... humides et hydriques, je dois... je vais
devoir dire qu'on n'est pas du tout rassurés avec les changements qui sont
proposés.
M. Charette : On aura la
discussion sans problème à ce moment-là.
Mme Dufour : Donc, je ne
suis pas sûre que l'exemple du 123, ça vient me... ça vient me rassurer sur
l'article qu'on est en train d'étudier. Donc, je vais continuer sur la question
des valeurs des terrains, parce que, sincèrement, ça, ça m'a allumée. Tu sais, je
ne m'en allais pas là du tout, mais parce que vous en avez parlé, là, j'ai...
Ça m'a... Ça m'a allumée, parce qu'il y a des exemples de terrain.
Dès qu'il y a des milieux naturels, le
terrain une moins grande valeur financière, marchande, là, on parle de valeur
marchande. Mais c'est sûr qu'un... que dès que le terrain a été, je ne sais pas
comment le dire en français, là, mais «bullé», là, qui a été aménagé pour la
construction, ça vient de faire monter... Surtout, en tout cas, dans la... le
sud du Québec, là, le long du Saint-Laurent, les valeurs explosent pour quelque
chose qui est constructible.
Et l'autre élément, c'est... puis ça
m'amène aussi d'autres questions, c'est que des fois il y a des projets... Tu
sais, puis je vais revenir, l'exemple du projet qu'on... qu'on s'est déjà
parlé, mais au coin de la 440 puis Curé-Labelle, qui est un projet... Dans le
fond, il y avait un projet qui était de faire un... C'était, je pense, un genre
de centre commercial industriel, mais il y avait énormément... le projet
prévoyait beaucoup de stationnements tout autour. Finalement, la ville a
finalement acquis le terrain à coût beaucoup plus élevé que la valeur initiale.
Mais ça reste que le projet aurait pu réduire son étendue en faisant, par
exemple, du stationnement souterrain, du stationnement étagé, etc., mais là on <était...
Mme Dufour :
…en
faisant, par exemple, du stationnement souterrain, du stationnement étagé,
etc., mais là on >était… Puis, on le voit, le même… la même chose, ça se
passe aussi avec les projets d'école. Ça coûte plus cher de faire du
stationnement souterrain ou étagé que de faire un immense parc de
stationnement. L'Hôpital de Vaudreuil, c'est le dernier exemple en lice. Ça fait
qu'après ça, quand on compare, puis on dit «la disponibilité d'autres
emplacements», bien, c'est sûr que, si le projet prévoit sa plus grande
étendue, bien, ça va limiter les options d'autres alternatives. Ça fait que
comment on va regarder ça puis comparer vraiment les projets alternatifs?
M. Charette : Je comprends
tout ça, mais je rappelle juste qu'on est au niveau floristique. Ici, c'est un
contexte différent, là, pour les milieux humides, notamment.
Mme Dufour : Je ne parle pas
des milieux humides, là.
M. Charette : Non, non, parce
que... parce que l'exemple à Laval était davantage, là, en lien avec... avec
les milieux humides.
Mme Dufour : C'est un
exemple.
M. Charette : Non, parce que,
bien, je donne suite à l'exemple, justement, de la collègue, mais, dans le cas…
dans le cas présent, moi, je dis qu'il y a clairement quelques… quelques
picots, là, qui donnent les éléments, là, à considérer : la nature de
l'activité, donc indirectement son impact… pas indirectement, spécifiquement
son impact sur l'espèce elle-même; la situation générale de l'espèce. Donc,
c'est tous des éléments, là, qui doivent… qui doivent… Je ne peux pas dire :
On va ne tenir compte que la disponibilité d'autres emplacements. C'est un…
c'est un tout.
Et je vous donne l'exemple, là,
complètement, complètement imagé suivant : l'érable noir, c'est une espèce
qui est sur la liste. Si, sur un terrain, il n'y en a qu'un seul, érable noir,
et que le projet n'a pas la possibilité de… c'est-à-dire le bâtiment ne peut
pas contourner le seul… le seul érable noir qui est sur le terrain, bien, c'est
là qu'on va se dire : Est-ce qu'il y a possibilité de le transplanter? Si
c'est malheureusement une coupe qui est nécessaire, quel est l'impact de cette
perte d'un érable noir sur l'espèce au Québec? C'est ça qui doit être
considéré. Ça fait que tous les… Je ne peux pas à travers le texte de loi...
puis la réglementation ne pourra pas tout… tout, tout illustrer les cas
d'espèce, c'est une évaluation du projet, à travers ces différents critères là,
qui va… qui va déterminer si l'autorisation, elle est possible ou pas.
Mme Dufour : Oui.
Excusez-moi, j'étais… j'étais dérangée sur autre chose.
M. Charette : Il n'y a pas de
souci.
Mme Dufour : Mais ça reste que
j'ai quand même une inquiétude immense, parce que la valeur va vraiment
différencier, et ça… et, je le dis, ce n'est pas… milieu humide ou pas, là.
M. Charette : Mais je... je
reprends l'exemple suivant, qui est tout à fait théorique, là, je n'ai pas de
projet déposé qui correspond à cette… à cette illustration-là, selon moi, mais,
si, si jamais il y en avait qu'un seul, érable noir, on comprend que le
déplacement ou la coupe d'un seul érable noir ne changera pas la donne à
l'échelle du Québec par rapport à l'espèce. C'est là où on pourra se
questionner : Est-ce que c'est nécessaire de changer de terrain pour...
pour la présence d'un érable noir? Est-ce que le déplacement est possible?
Est-ce que la coupe, elle est la… est la seule alternative? Il faut considérer
tous ces éléments-là. Et je ne peux pas, à travers un article de loi et même un
règlement, dire : Tout ceci est possible et tout ceci ne l'est pas. C'est...
c'est réellement, réellement l'évaluation, l'appréciation générale qui va… qui
va dire ou qui va déterminer si l'autorisation est octroyée ou pas par le
ministère.
Mme Dufour : Bien, comment on
va établir les... le poids de chacun de ces critères-là à ce moment-là? Tu
sais, s'il y a des éléments, comme je disais tout à l'heure, les conséquences
seraient tragiques pour l'espèce, mais, ah! le projet ne peut pas se réaliser
parce que le promoteur juge qu'ailleurs il y a… ça lui couterait trop cher.
M. Charette : Je vais à
l'extrême de ce que j'ai mentionné, puis encore là c'est complètement,
complètement théorique. Si le projet est… comment… comment le dire, là, je le...
je le pousse à l'extrême, là. On a une espèce, peu importe laquelle, elle ne se
retrouve qu'à un seul endroit au Québec, et le projet se propose de tout raser
le terrain en question, je vous rassure, c'est complètement, complètement
théorique, mais une espèce qui disparaîtrait avec la réalisation du projet. Bien
là, on n'a pas besoin de se <poser…
M. Charette :
...une
espèce qui disparaîtrait avec la réalisation du projet. Bien là, on n'a pas
besoin de se >poser bien des questions sur les autres critères, c'est
assez prépondérant et assez fort pour dire : Bien là, vous allez trouver
un autre terrain, parce qu'on ne procédera pas à l'éradication d'une espèce à
travers un projet.
• (15 heures) •
Tout à l'heure, l'exemple du seul érable
noir sur un terrain est à l'extrême, tout comme celui d'une seule espèce sur un
seul terrain est à... est à l'extrême, mais c'est réellement l'analyse qui sera
faite par le ministère, à travers les informations fournies par le promoteur,
notamment, qui permettra de juger si le projet peut être accepté ou pas et, si
oui, dans quelles conditions il peut l'être.
Mme Dufour : Là, on est
vraiment dans le floristique, hein?
M. Charette : Oui, on est
dans le floristique.
Mme Dufour : Parce que...
parce que, si vous disiez la même chose puis qu'on parlait du caribou, est-ce
qu'on aurait la même réponse?
M. Charette : Bien, le
caribou, c'est très différent, parce que l'habitat du caribou est sur plusieurs
dizaines de milliers de kilomètres. Alors, on n'est pas... Je ne peux pas faire
le parallèle du tout, du tout avec le caribou. On parle de dizaines de milliers
de kilomètres carrés qui constituent son habitat, alors que, là, on serait
vraisemblablement plus dans des... dans des milliers de pieds carrés ou des
milliers de mètres carrés, là, donc il n'y a pas... il n'y a pas de parallèle,
là, que je pourrais établir.
Mme Dufour : Mais si on
est... Le caribou en Gaspésie, il n'est pas dans des dizaines de milliers de
pieds carrés.
M. Charette : Bien, c'est des
milliers de kilomètres carrés.
Mme Dufour : Disons qu'il
n'en... il n'en reste pas beaucoup, là. Ils sont confinés.
M. Charette :
Bien,
c'est-à-dire l'habitat... Je ne parle pas du nombre de têtes. L'habitat du
caribou, en Gaspésie, c'est des milliers de kilomètres carrés, comme l'habitat
sur la Côte-Nord ou au Saguenay—Lac-Saint-Jean, c'est des milliers de
kilomètres carrés. Et c'est là où les contraintes... Et on aura l'occasion,
après avoir jasé du loup de l'Est, de parler de la loi fédérale sur... sur les
espèces menacées. Cette loi-là, elle est à mon sens... j'allais dire mal faite,
oui, je peux dire ça, c'est qu'elle ne tient pas en compte l'étendue de
l'habitat. Je ne peux pas réglementer un habitat sur une aussi grande
superficie sans prendre en compte les impacts sur les populations locales.
La rainette faux-grillon, à Longueuil,
avec cette même loi fédérale, c'était facile à configurer ou à concevoir, parce
que c'étaient quelques... quelques centaines de mètres carrés, quelques
milliers, tout au plus, de mètres carrés, mais versus plusieurs dizaines de
milliers de kilomètres carrés, cette loi-là n'offre pas la souplesse
nécessaire, là, pour... pour mesurer les impacts sur... sur d'autres aspects,
là, de la... de la société.
Mme Dufour : Je vais
peut-être aller finalement... moi, je descends, mais je ne sais pas s'il y en a
qui ont encore des questions sur les éléments qu'on discute en ce moment. Non? OK.
Là, on... tout à l'heure, on a parlé des... les quatre... les quatre... dans le
fond, l'avis devait se baser sur quatre... comment on dit ça, là, je ne sais
pas si c'est quatre critères, là, mais... mais là on a dit «aux conditions
suivantes», là, ce qui a été l'amendement du collègue.
Il y a, par contre, dans une de ces
conditions-là qui... c'est... on dit : «L'activité... c'est la première, l'activité
projetée n'est pas susceptible de nuire à la survie au Québec de l'espèce
floristique menacée ou vulnérable.» La société... la SNAP-Québec nous dit que
ces recommandations... Attendez, comment qu'on nous dit ça? Ah! c'est ça :
«Ces recommandations respectent la volonté des... du gouvernement d'ajouter
plus de flexibilité dans l'encadrement environnemental, mais permettent de
baliser cette discrétion et de réduire les risques de pertes...» Non,
excusez-moi, je ne vous lis pas la bonne chose. Je le cherche.
En fait, je vais le dire en leurs mots,
là, c'est que, pour eux, il y a la... une des missions... ce n'est pas juste...
la mission du... de cette loi-là, ce n'est pas juste de s'assurer de la survie
de l'espèce, mais plutôt d'aussi s'assurer de son rétablissement. Tu sais, je ne
sais pas exactement c'est où qu'ils... qu'ils en parlent, là, je ne l'ai pas
ici, mais j'aurais aimé ça vous le lire tel quel. Voilà, c'est ça. Ici, ils
disent : «Faire la»... Voilà. Désolé, là, j'étais... ce n'était pas dans
le bon endroit dans notre tableau. Donc : «Faire référence à la survie ou
au rétablissement de l'espèce rendrait ce critère plus pertinent d'un point de
vue de conservation, puisque l'objectif de la Loi sur les espèces menacées ou
vulnérables n'est pas seulement d'assurer la survie d'une espèce, mais de
travailler à son rétablissement. Une activité susceptible de nuire...
15 h (version révisée)
Mme Dufour : ...mais de
travailler à son rétablissement. Une activité susceptible de nuire de façon
significative à cet objectif ne devrait pas être autorisée.» Donc, je suis
certaine que vous l'avez vue, cette... ce commentaire. J'aimerais peut-être
vous entendre là-dessus.
M. Charette : Encore une
fois, en précisant qu'on est au niveau floristique, à partir du moment où, dans
les premiers critères, on dit «les conséquences de l'activité projetée sur
toute espèce floristique menacée ou vulnérable, le cas échéant, sur son
habitat»... mais l'élément suivant, «la situation générale de toute espèce
floristique menacée ou vulnérable affectée par l'activité projetée», bien, sur
le territoire québécois, donc le rétablissement, au niveau floristique, n'est
pas forcément sur les quelques milliers de pieds carrés ou mètres carrés d'un
projet, là. C'est de voir l'état général de l'espèce, puis voir comment cette
espèce-là se rétablit à la grandeur du Québec.
Mme Dufour : Voilà. Mais ce n'est
pas indiqué, ça ne fait pas partie des critères, le rétablissement. On parle
juste de survie, puis survie, on s'entend que ça peut être... ça peut être très
limité.
M. Charette : Mais l'état
général, au Québec, va faire état ou non d'un rétablissement. Si on voit qu'à
la grandeur du Québec, la situation, elle s'améliore ou se détériore, ça va
faire partie de l'état général ou de l'impact général sur l'espèce.
Mme Dufour : Mais la
situation générale, ça, c'est : «Avant de délivrer une autorisation, le
ministre tient compte notamment des éléments suivants». Mais par la suite, on
dit : «Le ministre peut autoriser une activité s'il est d'avis que ça
respecte les conditions suivantes». Et là, à ce moment-là, on ne parle pas de
rétablissement, on parle juste de survie de l'espèce.
Bref, je vais déposer un amendement...
M. Charette : Oui, vous avez
tous les droits de le faire.
Mme Dufour : ...pour ajouter
le rétablissement de SNAP Québec. Donc, c'est en train de partir, là.
Le Président (M. St-Louis) : Parfait.
Donc, nous allons suspendre quelques
instants, le temps de recevoir l'amendement déposé. Merci.
(Suspension de la séance à 15 h 07)
(Reprise à 15 h 16)
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
la commission reprend ses travaux. Au moment de la suspension, Mme la députée
de Mille-Îles, vous avez déposé un amendement qui apparaît à l'écran. Je vous
cède la parole.
Mme Dufour : Oui, merci, M.
le Président. Alors, bien, vous l'aurez compris, que c'était pour ajouter le
concept de rétablissement de l'espèce et ne pas se limiter à la survie. Je
comprends que ça fait partie des objectifs quand on regarde les éléments, là,
qui doivent être pris en compte, qui est la situation générale de toute espèce,
mais ça ne dit pas vraiment que l'activité en tant que telle ne doit pas être
susceptible de nuire à son rétablissement. Présentement, la façon que l'article
est écrit, on parle : «l'activité projetée n'est pas susceptible de nuire
à la survie». Donc, c'est ce que... c'est ce que ça dit, «la survie au Québec
de l'espèce», alors, moi, je... Et c'est une recommandation, là, de la société
de la nature, SNAP, et des parcs...
Des voix : ...
Mme Dufour : Désolée à ceux
qui m'écoutent, la SNAP. Donc, l'article 58 :
Ajouter, au sous-paragraphe 1° du
cinquième alinéa de l'article 18 de la Loi sur les espèces menacées ou
vulnérables proposé par le paragraphe 3° de l'article 58 du projet de loi,
après «nuire à la survie» de «ou au rétablissement».
Donc, l'article modifié se lirait comme
suit, puis je vais lire juste la ligne, là, qui est concernée, là, si ça vous
va, qui est : «1° l'activité projetée n'est pas susceptible de nuire à la
survie ou au rétablissement au Québec de l'espèce floristique menacée ou
vulnérable;».
Donc, c'est pour venir mettre dans le
projet de loi ce qui, semble-t-il, est l'intention qui était visée par la
situation générale qui était mentionnée plus tôt dans l'article.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
Mme la députée. M. le ministre.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Merci à collègue de permettre de poursuivre l'échange plus tôt étant
donné qu'on l'a initié. Donc, fidèle à la tradition, là, j'indique rapidement
si c'est possible ou pas. On ne retiendra pas l'amendement, mais je vais
pouvoir expliquer, là, le pourquoi assez simplement. Et je comprends tout à
fait la logique de la SNAP, partenaire, là, avec qui on travaille sur bon
nombre de projets, donc un partenaire, là, que l'on connaît bien au niveau du
ministère de l'Environnement, c'est une approche très fédérale que de
distinguer les deux. Donc, on reconnaît peut-être une influence, là, de la loi
ou de certaines dispositions de la loi fédérale qui distinguent «survie» et
«rétablissement», mais dans l'interprétation que l'on en fait, au ministère, la
«survie inclut ou prend en compte le rétablissement». Et la logique, elle est
facile à comprendre. À partir du moment où une espèce se développe de façon
intéressante, sa survie n'est plus... n'est plus menacée. Donc, lorsqu'on parle
d'analyser la survie, ça prend en compte le rétablissement de l'espèce. Donc,
ça, c'est l'explication, là, précise, mais de façon générale, on ne souhaitera
pas ajouter, à chacune des fois, là, le mot «rétablissement» au niveau du texte
de loi lui-même. Je rassure la collègue, dans l'interprétation <québécoise...
M. Charette :
...le
mot «rétablissement» au niveau du texte de loi lui-même. Je rassure la
collègue, dans l'interprétation >québécoise de la loi, la survie prend
compte... prend en compte le rétablissement de l'espèce.
• (15 h 20) •
Mme Dufour : Oui. Bien,
d'abord, je veux dire, la SNAP, c'est la division Québec, évidemment, là, qui a
fait ces recommandations...
M. Charette : Elle se réfère
souvent à la loi fédérale.
Mme Dufour : ...et je crois
qu'ils connaissent quand même très, très bien la situation au Québec. Mais je
vais lire ce qu'ils ont dit par rapport à cette recommandation-là. Ils ont dit
que «ça respecte la volonté du gouvernement d'ajouter plus de flexibilité dans
l'encadrement environnemental mais permet de baliser cette discrétion et de
réduire les risques de perte d'habitats d'importance pour les espèces menacées
ou vulnérables. C'est également — et ça, c'est important — un
signal de compromis envers les critiques légitimes en lien avec certains
éléments du projet de loi, ajouter le critère du rétablissement à celui de la
survie de l'espèce pour autoriser une activité interdite à l'égard d'une espèce
floristique menacée ou vulnérable.» Dans le fond, ce n'est quand même pas
rien, là, on est dans des activités qui, normalement, sont interdites aussi.
Donc, de montrer qu'on se soucie du rétablissement de l'espèce... La situation
générale, ça ne dit pas... ça ne dit pas qu'on va viser le rétablissement de
l'espèce, c'est juste le portrait. Là, c'est... on est dans un élément à un autre
niveau, à mon avis, que ce qui est prévu précédemment. Donc, moi, je maintiens,
là, que c'est... que c'est un amendement qui est... qui est nécessaire.
M. Charette : Sans répéter
tout ce que j'ai mentionné, un, je réitère que la SNAP est un partenaire du
ministère, donc du gouvernement. Quand je dis qu'elle se réfère à la loi
fédérale, ce n'est pas de dénigrer la SNAP que de dire ça, mais effectivement,
dans les représentations qu'ils font, il y a beaucoup de références à la loi
fédérale, et ce n'est pas un reproche, ce n'est pas un défaut, là, je ne fais
que le mentionner.
Et je vais le dire autrement : À
partir du moment où une espèce n'est plus... dont la survie n'est plus
questionnée, ça veut dire que c'est une espèce dont le rétablissement a été
confirmé. Donc, lorsque je dis que «rétablissement», c'est inclus dans
«survie», c'est dans cette logique-là. Mais le ministère, dans sa façon de
l'interpréter, inclut le rétablissement dans la survie.
Mme Dufour : Bien, écoutez,
M. le Président, je pense, j'ai dit ce que... je ne partage pas l'opinion, là,
du ministre, et, donc, j'aimerais peut-être qu'il y ait un vote par appel
nominal.
Le Président (M. St-Louis) : Parfait.
Donc, nous allons procéder à la mise aux voix par appel nominal. Mme la
secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Dufour (Mille-Îles)?
Mme Dufour : Pour.
La Secrétaire
: Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce)?
Mme McGraw : Pour.
La Secrétaire : M. Charette
(Deux-Montagnes)?
M. Charette : Contre.
La Secrétaire : M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
La Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Contre.
La Secrétaire
: Mme Guillemette
(Roberval)?
Mme Guillemette : Contre.
La Secrétaire
: Mme Haytayan
(Laval-des-Rapides)?
Mme Haytayan : Contre.
La Secrétaire
: M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Pour.
La Secrétaire
: M. St-Louis
(Joliette)?
Le Président (M. St-Louis) : Abstention.
Donc, l'amendement tel que déposé est rejeté, ce qui nous ramène à
l'article 58. Y a-t-il d'autres interventions?
Mme Dufour : Oui. Il y avait
une question qui avait été soulevée, je l'avais... j'en avais parlé, mais on ne
l'a pas abordée, c'est le Conseil Patronal de l'Environnement du Québec qui
constate que «les articles... — bien, je vais vous lire ce qu'ils
écrivent, là — 18 et 19, tels que proposés par le projet de loi
n° 81, ne prévoient pas la même méthode de compensation dans les cas où le
ministre ou le gouvernement autorise la réalisation d'une activité dans
l'habitat d'une espèce floristique menacée ou vulnérable». Là, on est dans...
comme je disais, on est dans le cas que c'est le ministre, puis, là, je suppose
que, dans le cas suivant... En tout cas, peut-être... peut-être s'il y a moyen
de répondre à cette... à ce commentaire-là, là.
Des voix : ...
M. Charette : Juste faire une
petite vérification.
Des voix : ...
M. Charette : Le
questionnement du CPEQ, il est pertinent, et on a l'article suivant, 59, pour
lequel un amendement est présenté et disponible aux collègues. Donc, l'élément
de réponse est sans doute à travers l'amendement au 59.
Mme Dufour : Ah! OK, parfait.
Donc, il y a... définitivement, il y avait un enjeu, dans ce cas-là.
M. Charette : Bien,
c'est-à-dire, «enjeu»... On est à l'écoute et on donne lorsqu'il y a des
possibilités de le faire.
Mme Dufour : Bien, peut-être
nous préciser, là, quand ils nous disent : Ce n'est pas la même <méthode...
M. Charette :
...lorsqu'il
y a des possibilités de le faire.
Mme Dufour :
Bien,
peut-être nous préciser, là, quand ils nous disent : Ce n'est pas la même >méthode
de compensation. Moi, je vous avoue, quand j'ai lu ça, je n'étais pas sûre de
comprendre. Parce que la méthode de compensation n'est pas précisée. On dit que
ça va se faire par règlement. Donc, visiblement, il y a quand même une
distinction entre le 58 et 59.
M. Charette : Le 59, bien, on
prend un petit peu d'avance, là, pour l'amendement qu'on aura à traiter et les
questions. Je lis, là, les différents ajouts qui sont faits, donc «aux
conditions qu'il détermine, dont l'exécution de mesures nécessaires pour la
conservation, la gestion des espèces floristiques menacées ou vulnérables,
notamment l'aménagement d'habitats de remplacement». Ça, c'est un bout qui
est... qui est ajouté à l'article 59, mais l'amendement fait aussi état de
«paiement d'une compensation financière nécessaire à cette fin», et dans 59, on
parle aussi, là, «des activités qui découlent d'un projet pour lequel le
gouvernement a pris une décision à l'égard de mesures de compensation en vertu
du troisième alinéa de l'article 31.5.1». Bref, on pourra le lire en
entier tout à l'heure, là, mais c'est un ajout, là. On fait référence au
paiement d'une compensation financière pour l'autorisation gouvernementale pour
se rapprocher, là, du libellé que l'on peut retrouver pour l'autorisation
ministérielle.
Mme Dufour : OK, OK. Bien, on
va... on va évidemment le voir, là, l'autre, tout de suite après. Dans le 58,
j'ai une... je pense, une dernière question. On verra selon les réponses. C'est
un peu semblable, là, au questionnement que j'avais précédemment. Quand on dit,
dans les conditions, que «des solutions de rechange ont été évaluées»,
qu'est-ce qu'on... c'est quoi qu'on a en tête par ça?
M. Charette : J'allais dire,
à la blague : Je vais demander à la collègue de me guider. Plus ma réponse
est longue, plus c'est susceptible de générer d'autres questions, ou plus ma
réponse est courte, plus... C'est une blague, naturellement. On parle
d'évitement, ici.
Mme Dufour : Je comprends
qu'il y a une réponse courte. Mais là, là, elle me génère une question!
M. Charette : J'ai manqué mon
coup.
Des voix : ...
M. Charette : En fait, on
s'assure de prendre en compte les options d'évitement au niveau de
l'emplacement, au niveau du temps et de la technique.
Mme Dufour : Mais
concrètement, comment ça va être évalué, ça? Parce que là, ici, on parle que
c'est le ministre, là... ou le ministère, plutôt, qui va analyser les quatre
conditions qui sont... qui vont être cumulatives par... suite au... bien, en
fait, avec l'amendement du collègue d'Hochelaga-Maisonneuve. Donc, comment on
va concrètement, là, regarder les solutions de rechange qui ont été évaluées?
Est-ce que c'est... c'est ça, c'est le promoteur qui les présente? C'est... c'est
le ministère qui les... qui analyse les solutions de rechange? Parce que là, on
a dit «évitement», mais «évitement»... tout à l'heure, on parlait aussi de
«minimiser». Ça fait que là, je vous avoue que je ne suis pas certaine, là.
M. Charette : Les... Tout ça,
c'est un... j'allais dire une «danse», c'est presque trop imagé, là. Mais,
entre le ministère et le promoteur, il y a des échanges qui se font. Il y a des
études qui sont attendues, il y a des questions complémentaires qui peuvent
être posées. Donc, c'est à travers ces échanges-là ou à travers cet
accompagnement-là qu'on peut identifier, là, justement, des mesures
raisonnables, là, pour limiter les conséquences. Mais les aspects, c'est...
c'est de voir comment l'évitement est aussi possible à travers la petite
précision, là, que j'apportais un petit peu plus tôt.
Mme Dufour : OK. Bon. On
va... on va continuer à jaser de tout ça, je pense, dans l'article suivant, là,
parce que je ne suis encore pas convaincue qu'on... comment exactement ça va
s'opérer. Ça, ce que je comprends, c'est... ça ne s'est jamais fait, là. C'est
tout du nouveau, ici, là?
M. Charette : Bien,
c'est-à-dire, je reviens à ce que j'ai mentionné à quelques reprises, on a un
texte actuel qui est... qui est adopté, là...
Mme Dufour : C'est ça, qui
n'avait pas ça, là.
M. Charette : ...qui n'avait
pas la réglementation applicable. Mais il y a tous les ajouts. Donc, là, on est
dans les ajouts, effectivement, donc dans des éléments à considérer,
supplémentaires, puis qui n'étaient pas balisés, là, par le passé, ni même
évoqués.
• (15 h 30) •
Mme Dufour : OK. Je suis
curieuse. J'aimerais ça voir un dossier. Je <serais...
M. Charette :
...supplémentaire, puis qui n'était pas balisés, là, par le passé, ni même
évoqués.
• (15 h 30) •
Mme Dufour :
OK.
Je suis curieuse. J'aimerais ça voir un dossier. Je >serais vraiment
curieuse de voir un dossier qui va être monté puis comment que ça serait fait,
l'analyse des solutions de rechange qui ont été évaluées.
M. Charette :
C'est-à-dire, je n'ai pas une expérience d'un dossier en tête en particulier,
mais ce jeu-là, d'accompagnement, c'est la norme, là, dans à peu près toutes
les évaluations que fait le ministère. Autant, là, on est au niveau
floristique, la même chose au niveau, littéralement, là, des projets qui sont
étudiés en vertu de la procédure d'évaluation environnementale, de la LQE. C'est
rarement : un projet est déposé et c'est un oui ou un non. Il y a des
échanges entre le promoteur et le ministère, là, pour s'assurer d'une
compréhension commune. Puis le ministère est là pour donner, aussi, l'heure
juste au promoteur. Si on sait qu'à terme, c'est pour être un non, on ne fera
pas une demande constante de compléments d'information, là. Donc, c'est
l'accompagnement que l'on souhaite assurer et que l'on souhaite même, je
dirais, généraliser autant que possible, là, pour que le promoteur ait l'heure
juste le plus rapidement possible et que le ministère, en contrepartie, ait
l'information juste le plus... le plus rapidement possible aussi.
Mme Dufour : Est ce que
des projets pourraient ne pas se faire parce qu'ils s'inscriraient dans un
milieu qui n'aurait pas de possibilité de préserver autrement?
M. Charette : Est-ce
qu'un projet peut être refusé?
Mme Dufour : Oui.
M. Charette : Oui. Oui.
Et on refuse des projets, que ce soit... Et encore là, je reviens à l'exemple
des milieux humides. Au final, la proportion, on peut conclure qu'il s'en
refuse peu, mais il s'en refuse et il s'en accepte beaucoup, avec des
modifications tantôt très importantes par rapport au projet initialement
déposé. Mais oui, des refus, c'est possible. Et même au niveau de la procédure
d'évaluation environnementale classique, il y a des projets qui se refusent. Et
là, je vais, je... C'est très, très, très périlleux de mentionner ce que je
m'apprête à mentionner, mais GNL Québec, on l'a refusé. Et là, vous allez me
dire : Oui, mais vous avez dit, les dernières semaines... Ce que j'ai dit,
les dernières semaines, je peux le répéter : Un projet est évalué à son
mérite. Donc, il peut y avoir un autre projet semblable qui est déposé. S'il
est en tous points semblable, la réponse va être non, on va le refuser de
nouveau. Mais si on arrive avec un projet qui prend davantage en compte les
impacts sur l'environnement, il pourrait être accepté. Donc, oui, un projet
peut être refusé. GNL est un bel exemple. C'est un projet qui a été refusé, là,
en 2021, si je me souviens bien. Et il y en a d'autres, là, mais c'est sans
doute le plus médiatisé auquel je peux référer.
Mme Dufour : Est-ce qu'il
a été refusé à cause de l'empiétement sur les espèces floristiques?
M. Charette : Non. On
était dans la LQE, on était dans la procédure d'évaluation environnementale, on
était dans... on se souvient, dans la procédure d'évaluation. Le BAPE est une
étape. Ce n'est pas la dernière étape. Ensuite, il y a un complément
d'information qui a été demandé à l'entreprise pour que le ministère puisse
faire sa propre évaluation. C'est à ce moment-là qu'il a été refusé, mais on
n'était pas sur la base d'espèces floristiques.
Mme Dufour : Est ce qu'il
y a eu des projets qui ont été refusés sur la base des espèces floristiques?
M. Charette : On peut
poser la question. Oui. Est ce que vous voulez...
Le Président (M. St-Louis) :
Avec le consentement de la commission, l'intervention de M. Laniel.
M. Laniel (Jean-Pierre) :
Merci beaucoup, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) :
Nom et fonction, s'il vous plaît, juste pour le bénéfice.
M. Laniel (Jean-Pierre) :
Jean-Pierre Laniel, directeur général des écosystèmes et des espèces menacées
ou vulnérables. Effectivement, il y a plusieurs dossiers depuis quelques années
qui ont fait l'objet de refus, pour lesquels on est en discussion à la cour.
Mme Dufour : Sans donner
de détails sur les entreprises, là, tu sais, comment, peut-être, ça s'opère
dans ce temps-là, quand il y a un refus? Parce que je comprends, là, si on ne
veut pas nommer aucune entreprise, mais tu sais, c'est... Il y a une
proposition d'un projet où c'est un empiétement total? Comment on arrive à
cette...
M. Laniel (Jean-Pierre) :
...dans cas plus particulier, qui est quand même encore actif, c'est plus... La
procédure, c'est qu'on reçoit une demande d'autorisation qui est analysée en
fonction, évidemment, des documents produits par le promoteur qui fait ses
inventaires, caractérisations, etc., propose son projet, parfois, nous dit
qu'il ne peut pas le faire autrement ou ailleurs, il nous explique ça. Il y a
une analyse...
15 h 30 (version révisée)
M. Laniel (Jean-Pierre) : ...son
projet, parfois, il nous dit qu'il ne peut pas le faire autrement ou ailleurs.
Il nous explique ça. Il y a une analyse qui est faite au niveau du ministère,
évidemment, puis là on évalue, donc, l'impact du projet sur l'espèce qui est
visée.
Dans ce cas-ci, il y avait un impact sur l'espèce,
sur une... sur une partie du territoire, donc, qui pouvait toucher plusieurs
individus d'une espèce. Et puis on a discuté avec le promoteur pour qu'il
modifie son projet, l'ajuste, le déplace, et finalement, le projet qu'il a
resoumis ne satisfaisait pas, puis on a fait un refus. À ce moment-là, le
promoteur peut aller au TAT pour faire... demander une révision. Donc, on est
dans... c'est un processus qui est assez habituel. Donc, on l'a fait... on l'a
fait à quelques occasions.
Mme Dufour : Donc, il y a eu
quelques refus pour des espèces forestières.
M. Laniel (Jean-Pierre) : ...pas
autant de demandes de projets en vertu des espèces menacées ou vulnérables qu'en
vertu de la LQE puis les milieux humides, parce qu'on n'est pas dans le même
genre de régime. Ici, on est dans un régime très sévère de protection des
espèces qui sont en danger, donc. Tandis que la LQE, elles sont... c'est plus
pour des milieux qui ne sont pas nécessairement des milieux... c'est des
milieux sensibles, des milieux importants, et tout ça, mais ce n'est pas des
milieux menacés ou vulnérables, comme le veut la Loi sur les espèces menacées
ou vulnérables, où on a vraiment un régime d'interdiction très fort. Là, on
vient l'adapter en mettant encore plus de barèmes pour s'assurer que, même si
on émet une autorisation, elle va être bien encadrée, puis qu'on va s'armer
devant les tribunaux pour éviter des allers-retours.
Mme Dufour : Et quand... quand
ça a été... ça a été refusé, si on regardait, là, les quatre critères qu'on a
devant nous, là, les projets auraient été tout de même refusés, là, ce que je
comprends, là, avec cette même... ces mêmes critères-là.
M. Laniel (Jean-Pierre) : Ça
a inspiré, mettons, la réflexion pour mettre des choses dans le projet de loi.
Mme Dufour : Parfait. Et
est-ce qu'on avait affaire, à ce moment-là, à des espèces qui étaient seulement
disponibles sur ces terrains-là? Tu sais, c'est par rapport à la question de la
situation générale.
M. Laniel (Jean-Pierre) : Non,
il y en avait ailleurs au Québec, il y en avait ailleurs au Québec. Mais c'était
la localisation, en partie, mais c'était... on mentionnait des critères :
la situation de l'espèce, l'état de son environnement à l'endroit où l'activité
projetée a lieu. Ça fait que ça, ça a été un facteur important, parce qu'il y
avait quand même une bonne colonie, on va dire, de cette espèce-là qui était
présente.
Mme Dufour : OK. Bien, je
vous remercie des détails.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
Mme la députée. Merci, M. Laniel. Comme il n'y a pas d'autre intervention,
je vais mettre l'article 58 aux voix.
Une voix : ...
Le Président (M. St-Louis) : Par
appel nominal, s'il vous plaît. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Charette (Deux-Montagnes)?
M. Charette : Pour.
La Secrétaire : M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Pour.
La Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Pour.
La Secrétaire : Mme Guillemette
(Roberval)?
Mme Guillemette : Pour.
La Secrétaire : Mme Haytayan
(Laval-des-Rapides)?
Mme Haytayan : Pour.
La Secrétaire : Mme Dufour
(Mille-Îles)?
Mme Dufour : Abstention.
La Secrétaire : Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce)?
Mme McGraw : Abstention.
La Secrétaire : M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
M. Leduc : Abstention.
La Secrétaire : M. St-Louis
(Joliette)?
Le Président (M. St-Louis) : Abstention.
Donc, l'article 58 est adopté. Nous allons maintenant étudier l'article 59,
pour lequel, M. le ministre, vous avez un amendement. Donc, je vous cède la
parole.
M. Charette : Donc, je fais
la lecture de l'article original, dans un premier temps :
L'article 19 de cette loi est modifié :
1° par l'insertion, après «détermine», de
«, dont l'exécution de mesures nécessaires pour la conservation ou la gestion
des espèces floristiques menacées ou vulnérables, notamment l'aménagement d'habitats
de remplacement»;
2° par l'ajout, à la fin, de l'alinéa
suivant :
«Cependant, dans le cas d'une activité
découlant d'un projet pour lequel le gouvernement a pris une décision à l'égard
de mesures de compensation en vertu du troisième alinéa de l'article 31.5.1
de la Loi sur la qualité de l'environnement, le gouvernement doit, lorsqu'il
exerce le pouvoir prévu au premier alinéa du présent article, le faire
conformément avec cette décision.»
Le commentaire. Cet article modifie le
premier alinéa de l'article 19 de cette loi pour permettre au gouvernement
d'imposer d'autres formes de compensation que la compensation financière à
titre de condition d'autorisation d'une activité.
De plus, il ajoute un deuxième alinéa pour
permettre notamment au gouvernement d'autoriser le projet qu'il ne serait pas
possible d'autoriser en vertu de l'article 18, vu les éléments qui doivent
être pris en compte lors de l'exercice de son pouvoir, mais qui seraient dans l'intérêt
de la collectivité. Ce pouvoir s'exerce après la tenue d'une audience publique.
Et l'amendement se lit ainsi : Insérer,
à la fin du paragraphe 1° de l'article 59 du projet de loi, «, ou le
paiement d'une compensation financière nécessaire à ces fins».
Cet amendement a pour objectif de s'assurer
que le gouvernement aussi peut <exiger...
M. Charette :
...Cet
amendement a pour objectif de s'assurer que le gouvernement aussi peut >exiger
des compensations financières lorsqu'il... lorsqu'il autorise, pardon, la
réalisation d'une activité qui modifie l'habitat d'une espèce floristique
menacée ou vulnérable.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce, je vous cède la parole.
• (15 h 40) •
Des voix : ...
Le Président (M. St-Louis) :
Oui. Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui, c'est ça,
j'en avais parlé, à l'article précédent, là, qu'il y avait une différence. Donc,
si je comprends bien, puis je vais tenter de résumer, c'est que, précédemment,
l'article 58 qu'on a vu ça prévoyait une compensation financière possible,
mais dans l'article ici, où c'est le gouvernement qui peut... qui peut
autoriser la réalisation d'une activité, bien là, ce n'était pas prévu, la
compensation financière. Mais, au départ, pourquoi on ne l'avait pas prévue
ici, la compensation financière? Avant de voter là-dessus, il faudrait
comprendre pourquoi on ne l'avait pas incluse.
M. Charette : En fait, là on
insiste sur l'aspect financier, mais c'est aussi l'aménagement d'habitats de
remplacement. C'est les... c'est les... c'est un article qui devient plus
complet, l'article... Ah! vous ne l'avez pas à l'écran?
Mme Dufour : ...je m'excuse.
L'amendement ne parle que de compensation financière.
M. Charette : Non,
effectivement, mais il faut lire tout de même le 19 en entier. Donc, il y a,
dans le 59, tel que proposé au départ, là, l'ajout de l'aménagement d'habitats
de remplacement comme mesure de... comme condition qui peut être posée, et...
en fait, ou le paiement d'une compensation financière. Donc, c'est deux
possibilités supplémentaires, là, qui sont précisées avec l'article original et
l'amendement proposé.
Mme Dufour : Mais ma
question, c'est : Pourquoi on ne l'avait pas prévue, à l'origine, dans
l'article 59, la compensation financière? Est-ce que c'est un oubli?
M. Charette : ...qu'on en
a... et, désolé, je vais revenir à la question plus précise ensuite... mais il
y a quelques minutes, on rappelait l'inquiétude du CPEQ sur la distinction
entre l'autorisation ministérielle et gouvernementale. Donc là, on se colle
aussi pour éviter, là, qu'il y ait trop de différences entre l'autorisation
ministérielle et gouvernementale. Donc, on répond, là, à la question qui était
posée, là, tout à l'heure, à travers le mémoire du CPEQ.
Mme Dufour : ...poser encore
ma question : Pourquoi on ne l'avait pas inclus, à l'origine, dans
l'article 59? Est-ce que c'est un oubli ou c'était prévu comme ça?
M. Charette : Ça n'avait pas
été pensé comme ça au départ. Mais c'est là où on se convainc de la pertinence
des échanges, des consultations, des mémoires. Donc, on a retenu, là, cette
suggestion-là qui nous a été faite.
Mme Dufour : OK. Mais,
concrètement, ça aurait fait quoi s'il n'y avait pas eu la possibilité d'un
paiement d'une compensation financière? Ça aurait été... Tu sais, je comprends
qu'il y a des groupes qui... En fait, les groupes ont souligné qu'il y avait
une distinction entre les deux. Ils n'ont pas dit : On préfère un ou
l'autre. Donc, ça aurait, concrètement, fait quoi ici? Je ne sais pas si ça
arrive souvent que c'est le gouvernement, là, qui octroie les... excusez, je
cherche le verbe, là... qui autorise, voilà, qui autorise la réalisation, là.
M. Charette : ...là, qu'il y
a une autorisation donnée sans qu'il y ait la possibilité, là, d'ajouter une
compensation ou une condition. Si la <compensation...
M. Charette :
...la
possibilité, là, d'ajouter une compensation ou une condition. Si la >compensation
en habitat de remplacement n'est pas possible, là on se donne la possibilité de
l'exiger, là, à travers une compensation financière.
Le Président (M. St-Louis) : Mme
la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Oui. Donc,
justement, les groupes... C'est sûr qu'il y a des opinions qui sont partagées
sur les articles 58, 59. Les groupes qui avaient des préoccupations par
rapport à 58, 59, c'est... c'est justement sur cet enjeu-là de compensation
financière. Donc, si je comprends bien, avec cet amendement, on va plus dans
cette direction de façon plus explicite.
Et, justement, il y avait des groupes,
dont le comité... pardon, le Comité consultatif pour l'environnement de la Baie
James qui disait : Bien, on applaudit, on trouve que c'est bien, que,
l'article 59, on introduit la possibilité d'imposer des mesures plus
spécifiques pour la conservation ou la gestion des espèces menacées ou
vulnérables, y compris l'aménagement d'habitats de remplacement est également
une mesure positive. Et par la suite, justement, ils disaient que ce qui est
bien, c'est que ces changements encouragent les promoteurs à adopter des
mesures concrètes plutôt que de recourir systématiquement au paiement de
compensation financière. Alors là, si je comprends bien, avec cet amendement,
on est plus explicite sur la compensation financière.
M. Charette : Deux, trois
petites choses rapides. On vient se coller sur l'autorisation ministérielle,
donc le pourquoi d'une compensation financière, là, on l'a déjà abordée largement.
Mais, l'élément qui doit être rappelé, ici on est au niveau d'une autorisation
gouvernementale, donc un projet d'une envergure vraisemblablement beaucoup plus
grande, avec un réel impact sur la collectivité. Donc, la compensation
financière, on l'a abordée au niveau de la décision... de l'autorisation
ministérielle. C'est le même principe ici, mais dans un contexte qui n'est pas
le même.
Et on ajoute même un élément nouveau qu'on
n'a pas au niveau de l'autorisation ministérielle, on le lit, là, plus bas,
c'est que c'est un pouvoir qui s'exerce après la tenue d'une audience publique.
Donc c'est réellement parce que c'est un gros projet, audience publique, et des
conditions, là, qui peuvent être posées sous forme de compensation financière.
Mais, la possibilité ou non de compenser financièrement, on l'a largement
abordée, là, aussi, là, au niveau de l'autorisation ministérielle.
Mme McGraw : C'est vrai. Par
contre, SNAP-Québec... On vient juste de parler de SNAP-Québec dans le contexte
de l'article 58, et on salue une avancée, un peu comme le comité
consultatif Baie James, mais il recommande, comme le ministre le sait, de
rendre obligatoire pour avoir... l'autorisation, c'est de rendre obligatoire
l'exécution de travaux de remplacement en amont, en amont de l'autorisation.
Donc, je sais que ça a été déjà discuté, mais quand même, au niveau de
l'article 59, ces préoccupations demeurent. Donc, j'imagine que la réponse
du ministre...
M. Charette : Je vais
répondre par un exemple qu'on a déjà donné, je ne me souviens plus, en début de
semaine, je pense. C'est rare, des autorisations gouvernementales, là, de cette
nature-là. L'exemple qu'on illustrait, c'est celui des Îles-de-la-Madeleine,
avec un projet d'éolien. Le bénéfice était, aux yeux du gouvernement, plus
important que la conséquence. Le bénéfice était de permettre aux îles de
diminuer leur dépendance au mazout, aux énergies fossiles, étant donné qu'ils
ne sont pas alimentés, là, à travers le continent pour leur électricité. Donc,
oui, une espèce floristique qui était affectée par le projet, mais le bienfait
présumé où... dans lequel le gouvernement se retrouvait était plus grand que
l'impact. Mais, malgré tout, c'est une autorisation gouvernementale qui s'est
tenue et non pas une autorisation ministérielle.
Ça fait que c'est exceptionnel, là, il ne
faut pas penser que ça devient une échappatoire et qu'à chaque fois que le
sujet est délicat ou sensible on va davantage s'en remettre à une décision <ministérielle...
M. Charette :
...le
sujet est délicat ou sensible on va davantage s'en remettre à une décision >ministérielle.
C'est le seul exemple que je suis en mesure de vous donner.
• (15 h 50) •
Mme McGraw : Et juste pour revenir
au point qu'on a soulevé au tout début, c'est d'avoir une approche holistique,
c'est-à-dire qu'on comprend qu'il faut aller vers la transition énergétique,
mais on comprend qu'il y a un calcul à faire et l'impact sur la biodiversité,
sur l'environnement, c'est important. Puis aussi ça peut avoir un effet pervers
sur la... sur les changements climatiques, parce que la nature et la
biodiversité, les changements climatiques sont très interreliés. Donc, je
rappelle aussi que, du début, notre formation, aussi beaucoup de groupes qui
l'ont souligné, mais... on comprend qu'il faut faire cette transition
énergétique, mais il faut être vigilant puis comprendre que les impacts
environnementaux sont quand même importants aussi.
M. Charette : Bien, je vais
le formuler autrement. Toute activité humaine... En fait, je vais aller plus
loin, toute activité vivante a un impact sur l'environnement, et c'est de
mesurer les avantages versus les inconvénients. Le seul exemple que je peux
vous donner, la conclusion a été que les avantages étaient plus grands que les
inconvénients, c'est-à-dire aider les Îles-de-la-Madeleine à diminuer, en
partie, parce qu'on est loin du compte au final, là, mais diminuer en partie la
dépendance des îles aux énergies fossiles, donc un avantage plus grand que
l'inconvénient.
Mme McGraw : C'est tout sur
cet amendement, pour moi.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci, Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Mme Dufour : ...questions.
Le Président (M. St-Louis) :
Allez-y.
Mme Dufour : Oui. Qu'est-ce
qu'on... On dit ici que le gouvernement, donc, peut autoriser la réalisation
s'il estime que la non-réalisation entraînerait «pour la collectivité» un
préjudice plus grand que l'altération. Je sais qu'on a... vous venez de parler
des îles, là, de la Madeleine, mais «collectivité», est-ce que ça peut porter à
interprétation? C'est plus là mon questionnement.
M. Charette : ...«collectivité»,
c'est plus... c'est plus près du lieu du projet, donc c'est la collectivité ou...
bien, ça peut être présenté comme étant un projet aussi de plus grande ampleur.
Bien, c'est une mesure, encore une fois, quel est l'avantage versus
l'inconvénient. Je ne saurais répondre autrement.
Mme Dufour : Bien, en fait,
mon questionnement va que parfois, les collectivités... Il peut y avoir
différentes collectivités, hein? On regarde une ville, à l'état d'un quartier,
du Québec. S'il y a des... Puis, tu sais, on va parler de Blainville, tiens, on
est dedans, ça fait qu'on va parler de Blainville. Blainville, pour la
collectivité, ce n'est pas un projet souhaitable. Et là, le gouvernement a
décidé que ce serait bon pour la collectivité du Québec. Et comment on juge de
laquelle des collectivités a préséance?
M. Charette : Je comprends,
là, c'est d'actualité, de parler de Blainville, mais je ne peux pas faire de
parallèle à ce... à ce niveau-là. Ce n'est pas la même... la même loi,
naturellement, là, qui est en cause, mais c'est... Moi, je vais le résumer
très, très simplement, c'est quand l'avantage est plus grand que
l'inconvénient. Mais je ne peux pas faire de parallèle à ce moment-ci avec
Blainville, il y a peut-être d'autres articles, là, qui s'y prêteraient mieux,
mais avec cet article-ci, là, je ne serais pas en mesure de faire le parallèle.
Mme Dufour : Puis, quand on
dit : Quand l'avantage est plus grand que les inconvénients, mais les...
l'avantage pour qui puis les inconvénients pour qui? Parce que c'est ça,
l'élément. Des fois, il y a des projets qui, pour une petite collectivité, ça
peut être positif ou non, puis, pour le Québec en entier ou pour une plus
grande collectivité, ça peut être positif ou non. Puis je pourrais donner
l'exemple des municipalités versus les MRC, par exemple. Il y a souvent les
visions différentes de voir qu'est-ce qui est bon pour la collectivité. Donc,
dans le cas des projets comme ça, comment on distingue un de l'autre?
M. Charette : On s'éloigne de
l'article <lui-même...
Mme Dufour :
...distingue
un de l'autre?
M. Charette :
...On
s'éloigne de l'article >lui-même. Je vais me référer au seul cas que
l'on peut citer : des éoliennes aux Îles-de-la-Madeleine. Donc les
premiers bénéficiaires étaient les gens des Îles-de-la-Madeleine, mais on peut
extrapoler et dire qu'au final on a diminué nos émissions de gaz à effet de
serre et le Québec est aussi gagnant. Mais c'est la collectivité, là, ici,
dans... Encore là, je ne peux pas faire de parallèle avec d'autres projets.
Ici, au niveau floristique, c'est le seul
exemple qu'on peut donner et la collectivité, la première gagnante a été les
Îles-de-la-Madeleine. Et ce n'est pas une disposition qui est nouvelle,
l'autorisation gouvernementale, et on a qu'un seul exemple, ce qui veut dire que
ce n'est pas quelque chose qui, même dans l'avenir, va arriver fréquemment, là,
c'est plutôt... en fait, c'est exceptionnel, mais le projet de loi prévoit
cette éventualité-là.
Mme Dufour : Est ce qu'un
projet comme TES Canada pourrait entrer... pardon, dans cette catégorie-là? Là,
on parle d'éoliennes aussi, mais pour produire...
M. Charette : Non, on n'est
pas... Ce n'est pas... Encore une fois, on venait diminuer la dépendance d'une
collectivité aux énergies fossiles à travers... Non, si je peux rassurer la
collègue, là, ce n'est pas... ce n'est pas une porte pour TES Canada, parce que
si c'était le cas, encore une fois, je rappelle, c'est déjà possible, et on
n'est pas... je veux dire, ce n'est pas... ce n'est pas l'avenue, là, qui était
possible, là, pour un projet comme celui-là.
Mme Dufour : Si on est dans
des éoliennes, projet d'éoliennes, il y en a plusieurs qui sont sur la table
présentement, qui sont en train d'être étudiés, par le BAPE notamment, pour les
collectivités qui sont touchées, ce n'est pas nécessairement... parfois, c'est
positif, parfois ce ne l'est pas, mais ces projets-là ont un intérêt plus
collectif, global pour l'ensemble du Québec puis peut-être même pour alimenter
des entreprises. Donc, comment on... tu sais, ça revient, ma question, c'est
quelle échelle... Comme on privilégie une échelle versus une autre, collective?
M. Charette : ...d'un premier
élément de réponse, puis ce sera plus complet, là, de par notre collègue expert
en la matière. Je veux juste rappeler qu'on est au niveau du floristique, donc
on est sur des étendues beaucoup, beaucoup plus petites que... Je disais non
pour TES Canada qui est sur des étendues énormes, donc ce n'est pas le
floristique qui est en cause, ce n'est pas une espèce sur un terrain de
quelques milliers de pieds ou de mètres carrés, là, donc ce n'est pas... TES
Canada n'a pas utilisé cette avenue-là parce que cette avenue-là n'était pas...
n'était pas celle que l'entreprise pouvait retenir. Donc, ça, c'est pour la précision
au niveau floristique. Et peut-être davantage de précisions, là, de notre
expert.
M. Laniel (Jean-Pierre) : Jean-Pierre
Laniel. Peut-être juste renforcer ce que le ministre vient de dire, on est
vraiment dans la partie... la Loi sur les espèces menacées et vulnérables,
floristiques. Donc ce n'est pas... ce n'est pas un processus de la LQE pour une
évaluation environnementale, on est vraiment dans un cas où il y a une demande
d'autorisation qui est faite pour un projet particulier qui vient directement
affecter une espèce. Et dans ce cas-là, et c'est exceptionnel, c'est la
première fois qu'on le faisait, parce que le projet avait des bénéfices
beaucoup plus importants pour la collectivité des îles, le ministre n'a pas
voulu approuver, il a plutôt choisi d'aller vers l'article 19 pour avoir
une décision du gouvernement et surtout une audience publique pour venir
valider la notion de bénéfice pour la collectivité. Ça fait que l'audience
publique fait ça aussi, elle vient confirmer que ce n'est pas juste les gens du
pâté de maisons à côté de la forêt qui décident, là, c'est vraiment un aspect
d'audience publique qui est apporté dans cette décision-là.
Et, par la suite, il a été décidé... Mais
il n'y avait pas juste l'autorisation, l'autorisation était aussi attachée avec
de la relocalisation de l'espèce, la réduction du projet, la compensation par
la protection d'autres sites où est-ce que l'espèce se trouvait sur les îles.
Donc, c'est un processus d'analyse et de mécanisme de... là, il n'y avait pas
de restauration, là, c'était plus d'autres sites de conservation qui ont été
protégés, donc une compensation en <nature...
M. Laniel (Jean-Pierre) :
...d'autres
sites de conservation qui ont été protégés, donc une compensation en >nature,
si on veut, là, de sites à protéger.
Donc, ce qui est important là-dedans, ce
n'est pas tellement qu'on arrive à un moment donné ou non à la compensation
financière, parce que l'idée dans ces espèces-là, c'est surtout de ne pas en
perdre. Ça fait que la compensation financière viendrait si c'est des petites
pertes isolées où est-ce qu'il n'y a pas de gain à aller faire certains types
de restauration ou de protection où il peut y avoir une certaine compensation
financière qui va permettre de financer d'autres activités de conservation des
espèces sur le même territoire ou des choses comme ça.
Donc, l'esprit reste toujours, où on veut
conserver les espèces, les protéger. Donc, ce n'est pas... Il y a plusieurs
étapes, là, c'est ça. Il ne faut pas s'imaginer qu'on arrive tout de suite en
disant : Ah! ça, ça va être mieux pour la collectivité, là, c'est vraiment
exceptionnel.
• (16 heures) •
Mme Dufour : Est-ce qu'on
parle bien des éoliennes qui sont déjà en place aux Îles ou celles qui sont...
qui vont être à l'étude?
M. Laniel (Jean-Pierre) : Elles
sont en place. En 2020.
Mme Dufour : Celles qui sont
en place, puis qui sont autour du site d'enfouissement, là, dans le fond.
Mme McGraw : Je me demande,
donc...
Le Président (M. St-Louis) :
...
Mme McGraw : Je me demande,
donc, juste avec l'explication, est-ce que l'amendement, donc, pourrait mieux
refléter cette intention puis l'esprit, comme on dit... c'est-à-dire, dans un
dernier... comme dernier recours, être plus clair que c'est vraiment séquentiel
ou ce n'est pas égal avec les autres, si je comprends bien. C'est parce que,
là, avec cet ajout-là, ça met l'emphase, justement, sur «compensation
financière» qui, je comprends bien... Parce que, ce que l'expert nous dit,
c'est que ce n'est vraiment pas le... Bien c'est ça, c'est comme un dernier
recours si on n'arrive pas... Mais dans le texte, l'intention est moins claire.
M. Charette : En fait, c'est
là où on n'est pas obligé d'être d'accord. Un, on voulait se coller sur le conseil
du patronat en environnement... relevait justement la distinction. Un, on
voulait se coller avec l'amendement sur ce qui prévaut pour l'autorisation
ministérielle. Et ce n'est pas vrai qu'on favorise, quant à moi, à la lecture
du texte, la compensation financière. Là, on lit clairement, «notamment
l'aménagement d'habitats de remplacement, ou le paiement d'une compensation
financière nécessaire». Donc, on ne dit pas que la compensation financière est
préférable à l'autre. Donc, on ne met pas l'emphase. C'est une option, oui,
mais l'emphase n'est pas... n'est pas orientée, là, vers la compensation
financière.
Mme McGraw : Et justement,
parce qu'on ne le favorise pas et on favorise les autres moyens, si je
comprends bien, si j'ai bien compris, pourquoi on mettrait au même niveau que
les autres...
M. Charette : On va toujours
préférer l'aménagement de l'habitat de remplacement, mais quand ce n'est pas
possible, c'est là où il y a d'autres options. Mais, encore une fois, tout à
l'heure, à juste titre, vous notiez qu'il faudrait se calquer sur ce qui
prévaut pour l'autorisation ministérielle. C'est ce que l'on fait avec
l'amendement, on se rapproche de la même logique que pour l'autorisation
ministérielle.
Mme McGraw : ...sur
l'autorisation ministérielle, on a discuté des préoccupations justement de
certains groupes, dont les premières... certaines Premières Nations. Donc, ce
n'est pas parce qu'il n'y a pas eu de préoccupations. Mais là, l'intention, si
je comprends bien, l'esprit qui a été souligné par le collègue, c'est comme un
dernier recours, la compensation. Mais la façon que c'est écrit, c'est comme
égale avec les autres méthodes.
M. Charette : Oui, mais là on
en revient à ce qu'on a mentionné à quelques reprises. Lorsqu'une autorisation
qui est sur le point de délivrée, un, il y a des échanges avec le promoteur et,
deux, il y a des conditions qui peuvent être posées. Donc, c'est à ce niveau-là
qu'on... si le ministère arrive à la conclusion que l'aménagement d'un habitat
de remplacement est réaliste, bien, ça peut faire partie des conditions posées.
Mme McGraw : Je ne fais que
souligner ce que le ministre nous dit, et l'intention exprimée, je trouve
qu'elle n'est pas reflétée avec cet amendement. Voilà.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
Mme la députée. S'il n'y a pas d'autre intervention, je vais mettre
l'amendement aux voix. Est-ce que cet amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) : Merci.
L'amendement étant adopté, nous sommes de retour à l'étude de l'article 59.
Est-ce qu'il y a des interventions?
Mme Dufour : ...instant.
Je veux juste savoir...
16 h (version révisée)
Le Président (M. St-Louis) : ...de
l'article 59. Est-ce qu'il y a des interventions?
Mme Dufour : Juste un
instant, M. le Président.
Des voix : ...
Mme Dufour : Bon. Bien, je
vais... je vais y aller, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : Allez-y.
Mme Dufour : Donc là, on va y
aller justement avec les compensations financières. L'Association d'exploration
minière du Québec mentionnait que «l'une des lacunes réside dans l'absence de
barèmes clairs et uniformes pour évaluer les compensations financières. Cette
imprécision engendre une incertitude financière importante pour les promoteurs
qui peuvent se retrouver confrontés à des montants imprévus ou
disproportionnés. Cela crée un climat de méfiance et limite la capacité des
entreprises à planifier efficacement leurs projets. Les charges financières
alourdies peuvent également dissuader les entreprises d'entreprendre des
activités d'exploration, ce qui pourrait ralentir l'identification de nouveaux
gisements essentiels pour les filières stratégiques.»
Je me souviens d'éléments semblables qui
avaient été mentionnés lors de l'étude du projet de loi 63 sur les mines,
tu sais, comment... comment on compte les baliser, justement, ces compensations
financières là dans le projet... Tu sais, pour les milieux humides, il y avait
un taux... un taux établi, comment ici... ici, ça laisse place à beaucoup,
beaucoup de possibilités. C'est quoi, l'intention réglementaire, là-dessus?
M. Charette : La question est
pertinente. On l'avait abordée. C'est un projet de règlement, là, qui est...
qui est travaillé actuellement. Naturellement, le détail, là, viendrait avec le
projet de règlement. Mais je ne suis pas en mesure d'y aller d'indications
précises pour une simple et bonne raison. On travaille en cocréation, donc les
groupes, notamment les groupes environnementaux, sont ou seront interpellés
avant qu'il y ait une consultation en bonne et due forme. Donc, à ce moment-ci,
je ne peux pas donner de balises précises, sinon que ça va faire l'objet, là,
de préconsultations et de consultations, là, des groupes pour arriver à
retenir, là, les principes qui guideront la rédaction.
Mme Dufour : Mais on n'a
aucune idée si ça va être au pied carré, selon la... tu sais, l'espèce selon...
tu sais, il y a beaucoup, beaucoup de possibilités, là.
M. Charette : Là on est au
niveau floristique et non pas... Par exemple, milieu humide, c'est facile à
calculer, c'est une superficie. Là, on est au niveau d'espèces, donc, il y a
plusieurs critères, ça peut être le nombre d'espèces ou d'individus qui est...
qui est potentiellement affecté, ça peut être la rareté de l'espèce, ça peut
être la présence de... la proportion de l'espèce sur le territoire donné. Ce
sont tous des éléments, là, qui pourraient être considérés, quel serait le coût
de remplacement pour un habitat de remplacement... c'est-à-dire le coût de
réalisation d'un habitat de remplacement. Ce sont tous des critères, là, qui
pourraient être considérés, là, dans la réglementation qu'on envisage
actuellement. Mais comment les qualifier et comment le calculer, là, c'est un
exercice, là, qui est en... qui est en élaboration actuellement.
Mme Dufour : C'est
intéressant, parce que vous avez dit : La rareté, et les milieux humides,
vous avez dit : Bien, c'est... c'est plus simple, si c'est une superficie,
mais les milieux humides ne sont pas tous équivalents. Et ce serait... ça
pourrait être intéressant d'inclure aussi la rareté dans le secteur ou les
fonctions écologiques, mais ça, on va y revenir, là. Mais, parce que c'est
évoqué ici, tu sais, on est conscients ici que les espèces floristiques, ce n'est
pas tout équivalent non plus, bien, c'est la même chose pour les milieux
humides et hydriques, là.
M. Charette : Nous aurons
effectivement l'occasion d'en discuter dans les prochains articles.
Mme Dufour : Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Donc,
s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix de
l'article 59 tel qu'amendé. Est-ce que l'article 59, tel qu'amendé,
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. St-Louis) : Adopté.
Nous allons donc poursuivre avec l'article 60. M. le ministre, la parole
est à vous.
M. Charette : Merci, M. le Président.
Donc, l'article 39 de cette loi est modifié dans le premier alinéa :
1° par l'insertion, après le
paragraphe 5°, du suivant :
«5.0.1° déterminer les modalités
applicables pour établir les mesures nécessaires <pour la conservation...
M. Charette :
...donc,
l'article 39 de cette loi est modifié dans le premier alinéa :
1° par l'insertion, après le paragraphe 5°,
du suivant :
«5.0.1° déterminer les modalités
applicables pour établir les mesures nécessaires >pour la conservation
et la gestion des espèces floristiques menacées ou vulnérables, notamment
l'aménagement d'habitats de remplacement, qui peuvent être exigées en vertu des
articles 18 et 19;»;
2° par l'insertion, dans le paragraphe 5.1°
et après «l'article 18», de «ou le gouvernement en vertu de l'article 19,
selon le cas,»;
3° par le remplacement, dans le paragraphe 5.2°,
de «par le ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs
en vertu de l'article 18 pouvant être réduite dans le cas où une
compensation ou une contribution d'un autre type est exigée par ce ministre en
vertu de la Loi sur la qualité de l'environnement lorsqu'une activité est
réalisée dans un milieu humide ou hydrique ou dans les cas où elle est exigée
par le ministre des Ressources naturelles et de la Faune lorsqu'une activité
est réalisée dans un habitat faunique» par «en vertu des articles 18 ou 19
pouvant être réduite dans les cas où une compensation ou une contribution d'un
autre type est exigée en vertu de la Loi sur la qualité de l'environnement ou
de la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune».
• (16 h 10) •
Et le commentaire se lit ainsi : Cet
article ajoute au paragraphe 5.0.1° un premier alinéa de l'article 39
de cette loi pour accorder au gouvernement le pouvoir de déterminer par
règlement certaines modalités applicables à la détermination de mesures de
compensation autres que financières qui peuvent être imposées par le ministre
ou par le gouvernement dans le cadre de l'autorisation d'une activité. De plus,
il modifie le paragraphe 5.1° du premier alinéa en concordance avec la
modification apportée à l'article 19 de cette loi par l'article 59 du
projet de loi qui permet au gouvernement d'imposer une compensation financière
à titre de condition d'une autorisation.
Également, il modifie le paragraphe 5.2°
du premier alinéa afin d'accorder au gouvernement le pouvoir de déterminer par
règlement la proportion d'une compensation financière exigée dans le cadre
d'une autorisation pouvant être réduite dans les cas où une compensation ou une
contribution d'un autre type est exigée de manière générale, en vertu de la Loi
sur la qualité de l'environnement ou de la Loi sur la conservation et la mise
en valeur de la faune.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions? Mme la députée de
Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. Bien,
merci, M. le Président. D'abord, je note que, dans cet article, c'est comme si
on avait prévu déjà qu'il y ait des compensations financières qui soient
imposées. Donc, l'amendement qu'on a approuvé à l'article précédent, 59, il
était déjà inclus ici, là, il n'y a pas eu de concordance, là, nécessaire. Ça
fait que, visiblement, c'était un oubli dans l'article 59, parce qu'on
disait, ici, «déterminer les modalités applicables»... non, ce n'est pas ici,
c'est plus loin, c'est la compensation financière, voilà, le 5.1, «établir le
montant de la compensation financière que peut exiger le ministre»,puis là on
dit «en vertu de l'article 18 ou le gouvernement en vertu de l'article 19».
Donc, c'était déjà inclus ici, ça fait
que, finalement, c'était un petit oubli, là, avant. Je veux juste savoir...
bien, en fait, je ne veux pas juste savoir ça, mais une des questions, c'est :
Est-ce qu'il existe déjà un règlement en vertu de l'article 39 de la Loi
sur les espèces menacées et vulnérables?
(Consultation)
M. Charette : ...donc, oui,
pour ce qui est de l'existence d'un règlement.
Mme Dufour : OK, donc, il
existe déjà un règlement. À l'alinéa 5°, on parle qu'on peut exiger d'une
personne qu'elle fournisse une garantie, puis là on dit que «le règlement peut
prévoir de fixer la nature et le montant de la garantie selon la catégorie de
personne ou d'habitat ou selon le type d'activité». Mais je vous avoue que, un,
«catégorie de personne», je peux imaginer que c'est personne morale ou personne
individuelle, mais la nature de l'habitat... et aussi même «fixer la nature de
la garantie», ça, ça m'a... ça m'a un peu intriguée, parce qu'on n'est pas
juste dans le montant d'une garantie, <mais aussi dans...
Mme Dufour :
...individuelle,
mais la nature de l'habitat... et aussi même «fixer la nature de la garantie»,
ça, ça m'a... ça m'a un peu intriguée, parce qu'on n'est pas juste dans le
montant d'une garantie, >mais aussi dans la nature de la garantie.
(Consultation)
M. Charette : M. le
Président, plus le temps passe, plus j'aime me référer à des gens plus
compétents que moi. Donc, c'est l'heure de me référer à nettement plus
compétent que moi, avec consentement, naturellement, des membres.
Le Président (M. St-Louis) : Donc,
consentement de la commission pour l'intervention? Comme nous avons
consentement, je vais vous demander de vous présenter, nom et fonction, s'il
vous plaît.
Mme Côté-Bioli (Giulia) : Giulia
Côté-Bioli, avocate au ministère de la Justice. Donc, oui, c'est un règlement
qui existe, là, qui prévoit principalement certaines modalités, là, d'activités
qui peuvent se tenir sans autorisation. On peut prendre l'exemple, là, de la
cueillette d'ail des bois dans certaines circonstances bien balisées. Mais, en
ce qui a trait au reste du paragraphe, là, on n'est pas dans les garanties, là,
il n'y a rien à cet égard-là, là, dans les règlements. En ce moment, ce n'est
pas un outil qui est utilisé dans la réglementation.
Mme Dufour : OK, mais qu'est-ce
qu'on avait en tête quand on disait «fixer la nature de la garantie, le
montant... «la nature et le montant de la garantie»? C'est quoi, la nature de
la garantie?
Mme Côté-Bioli (Giulia) : Il
y a différents outils financiers qui peuvent servir de garantie, parce que là
on parle vraiment de sommes qui doivent être disponibles pour... Ça dépend des
situations, là, mais, par exemple, là, des remises en état ou différents
travaux qui devraient être faits, là, où est-ce qu'on veut s'assurer d'avoir
des sommes disponibles pour couvrir les frais relatifs à ces travaux-là. Donc,
ce serait un règlement qui pourrait venir, bien, détailler les différentes
modalités financières, là, de ces garanties-là.
Mme Dufour : Et pourquoi le
règlement ne le prévoit pas encore? Est-ce que c'est parce que ce n'était
pas... ce n'est pas utilisé, des garanties, ou...
Mme Côté-Bioli (Giulia) : Ce
n'est pas utilisé pour l'instant, justement, parce que le règlement ne le prévoit
pas, là. Il faut le règlement pour pouvoir les utiliser, là. Donc, c'est une
question d'utiliser ou pas cette habilitation-là.
Mme Dufour : OK. Bon.
Maintenant qu'on va prévoir des... peut-être, des compensations financières,
est-ce qu'on va prévoir aussi des garanties dans le règlement?
M. Charette : Les pouvoirs — merci — les
pouvoirs, là, qui seront possibles sont énumérés là. Et, oui, ce sera... c'est
une intention, là, de les intégrer dans la réglementation à être développée.
Mme Dufour : Donc, on prévoit
d'intégrer des garanties, parce qu'un enjeu qu'on a vu... Puis ça, ce n'est
peut-être pas réglé au ministère de l'Environnement, mais il y avait un
reportage intéressant cette semaine dans le Journal de Montréal, je crois, sur
les pénalités, finalement, qui étaient impayées, là, au gouvernement, des fois,
c'était des millions de dollars, mais, quand il y a une garantie, il y a
quelque chose, au moins, pour aller rechercher de l'argent.
M. Charette : Et peut-être
juste référer à une conversation qu'on a eue hier ou avant-hier. Lorsqu'il est
question de garantie, c'est une forme de caution, donc, on a déjà l'argent à ce
moment-là. C'est une garantie de capacité de réalisation en quelque sorte.
Donc, il n'y a pas... il n'y a pas de souci de recouvrement avec la garantie
elle-même étant donné que l'argent est déjà versé.
Mme Dufour : Et c'est là mon
intérêt pour la garantie, c'est que là on veut prévoir des compensations
financières, mais, si le règlement ne prévoit rien pour les garanties, bien,
les compensations ne seront peut-être pas versées. Mais là je comprends qu'il
faut qu'elles soient payées, les compensations, avant l'autorisation.
M. Charette : ...la garantie,
elle est payée, c'est dans le processus d'autorisation, la garantie, elle est
payée. Mais, encore là, c'est dans la réglementation à venir, ce n'est pas dans
la réglementation existante. On n'a pas... pour l'article ici présent, là, ce
n'est pas dans la réglementation actuelle. Je ne veux pas commettre d'impair en
disant ça, donc, c'est dans celle qui sera développée. Et la garantie, elle est
versée, là, dans le processus d'autorisation.
Mme Dufour : OK. Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Est-ce
que nous avons d'autres interventions sur l'article 60? Alors, comme il
n'y en a pas, je vais mettre l'article aux voix. Est-ce que cet article est
adopté?
Des voix
: Adopté.
Le Président (M. St-Louis) :
L'article étant adopté, nous allons poursuivre <à l'article 61...
Le Président (M. St-Louis) :
...alors, comme il n'y en a pas, je vais mettre l'article aux voix. Est-ce que
cet article est adopté?
Des voix
: Adopté.
Le Président (M. St-Louis) :
L'article étant adopté, nous allons poursuivre >à l'article 61. M.
le ministre, la parole est à vous.
• (16 h 20) •
M. Charette : Merci, M.
le Président. Donc : Les articles 39.2 et 41 de cette loi sont
modifiés par la suppression de « par le ministre ».
Commentaire. Cet article modifie les
articles 39.2 et 41 de cette loi afin de prévoir une sanction
administrative pécuniaire à une infraction pour le défaut de respecter toute
condition d'une autorisation délivrée par le gouvernement et non seulement pour
une autorisation délivrée par le ministre.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur
l'article 61?
Mme McGraw : Ce serait juste
pour comprendre, M. le Président, pratiquement... Ah! donc, ça serait au
gouvernement, délivré par le gouvernement, donc à l'extérieur du ministère. Je
veux juste comprendre l'effet pratique de cet amendement.
M. Charette : C'est juste
pour rendre applicable cette possibilité-là, autant pour les autorisations
gouvernementales, que pour les autorisations ministérielles. Parce que, si on
le lit, comme c'est le cas présentement, «toute condition d'une autorisation
délivrée par le ministre en vertu de la présente loi», mais en ne mentionnant
pas «par le ministre», étant donné qu'il y a deux types d'autorisations, ça fait
en sorte que ça couvre, et l'autorisation ministérielle, et l'autorisation
gouvernementale. Donc, c'est... On dit les deux, en simplifiant le texte, au
lieu de dire «délivré par le ministre et par le gouvernement», en ne précisant
pas par le ministre, ça couvre les deux.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci, M. le ministre. Merci, Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? Allez-y, Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Juste, de
façon générale, parce que là on est dans la Loi sur sur les... la sécurité des
barrages, il y a eu quand même des enjeux avec certains barrages dans le passé,
malheureusement, hein?
Une voix : ...
Mme Dufour : Ah! je ne suis
pas...
Le Président (M. St-Louis) :
Non, on est sur 61.
Mme Dufour : Ah mon Dieu!
J'ai tourné une page de trop. Excusez-moi. Excusez-moi. J'ai manqué celle-là,
visiblement. OK. C'est les sanctions administratives. OK. Ma question, je la
garde pour le prochain article. Désolée.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci, Mme la députée. Donc, nous allons mettre l'article 61 aux voix.
Est-ce que cet article est adopté?
Des voix
: Adopté.
Le Président (M. St-Louis) :
L'article étant adopté, nous allons poursuivre à l'article 62. M. le
ministre.
M. Charette : Merci, M.
le Président. Donc là, on en est effectivement à la Loi sur certaines mesures
permettant d'appliquer les lois en matière d'environnement et de sécurité des barrages.
62. L'article 17 de la Loi sur
certaines mesures permettant d'appliquer les lois en matière d'environnement et
de sécurité des barrages est modifié par l'insertion, après le quatrième
alinéa, du suivant :
«Celui qui a la garde d'un terrain visé
par un avis d'exécution doit en permettre le libre accès à toute heure
raisonnable au tiers qui y accède ou qui y réalise des travaux pour se
conformer à l'avis, à charge toutefois pour celui-ci de remettre les lieux en
état et de réparer le préjudice subi par le propriétaire du terrain ou par
celui qui en a la garde, le cas échéant.»
Et l'explication, le commentaire. Cet
article ajoute un nouveau... un cinquième alinéa à l'article 17 de la Loi
sur certaines mesures permettant d'appliquer les lois en matière
d'environnement et de sécurité des barrages, qui porte sur l'avis d'exécution.
Ce nouvel alinéa oblige celui qui a la garde d'un terrain visé par un avis
d'exécution d'en permettre le libre accès, selon certaines conditions, par
celui qui doit y accéder ou y réaliser des travaux pour se conformer.
Toutefois, celui-ci devra remettre les lieux en état et réparer le préjudice
qu'aurait pu subir le propriétaire du terrain ou celui qui en a la garde.
Le Président (M. St-Louis) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. Donc,
je reviens à ma question des barrages. Donc, il y a... il y a eu des enjeux
avec certains barrages dans les... dans les dernières années, parfois
d'entretien, parfois, donc, malheureusement, on ne sait pas qu'est ce qui s'est
passé, mais ils ont cédé, notamment dans votre secteur, où là il y a eu un
barrage qui appartenait, je crois, au gouvernement. Donc là, ici, le libre accès,
un, je suis surprise de voir que ce n'était pas déjà quelque chose de permis,
parce que c'est quand même… ça a un usage qui peut… en fait, on parlait <d'intérêt
collectif...
Mme Dufour :
…je
suis surprise de voir que ce n'était pas déjà quelque chose de permis, parce
que c'est quand même… ça a un usage qui peut… en fait, on parlait >d'intérêt
collectif, un barrage qui ne fait pas son travail, ça peut avoir… ça peut créer
un désastre réel. Donc, de un, je comprends que c'est nécessaire, mais est-ce
qu'il y avait déjà moyen d'intervenir si on constatait qu'un barrage était à risque?
M. Charette : Petite
précision, dans un premier temps, et c'est vrai que le titre peut référer
instinctivement au barrage, mais ce n'est pas que ça. Si on regarde la loi, là,
c'est sur… ça s'applique au niveau des lois en matière d'environnement en
général. Donc, oui, il y a l'aspect barrage, mais ça concerne, dans le fond,
les mesures de contrôle des lois en environnement. Donc, la question de
l'accès, là, n'est pas propre à l'accès à un barrage, là, c'est pour le
contrôle à travers les différentes lois en environnement.
Mme Dufour : OK. Donc, c'est
une loi qui a été adoptée, à l'époque, qui parlait de sécurité des barrages,
mais qui… mais qui incluait… bien, en fait, les lois en matière
d'environnement, c'était un genre d'omnibus, ça?
M. Charette : L'historique de
cette loi-là en particulier, je ne pourrais pas dire… Oui, on me dit… on me
confirme, là, que c'était un omnibus. Mais, en fait, peut-être pas un omnibus, nous,
on l'avait modifié à travers le 102, dans le 102, c'est ça. Donc, c'est un
projet de loi qui a été adopté il y a… je ne me souviens plus…
Des voix : …
M. Charette : ...pas 2016, je
n'étais pas là, 2000... il y a quelques années, mais, oui, qui touchait
notamment les barrages avec des dispositions spécifiques aux barrages, mais
aussi sur… un petit peu comme l'omnibus actuel, là, sur une série de lois qui
relevaient, là, et qui relèvent du ministère de l'Environnement.
Mme Dufour : OK, donc là, on
modifie une loi qui modifiait d'autres lois.
M. Charette : En fait,
c'était… c'était une loi, à l'époque, qui modifiait plusieurs lois, un petit
peu comme celle-ci. Donc, on vient modifier cette loi 102, là, adoptée il
y a quelques années maintenant.
Mme Dufour : ...cet
article-là, l'article 17 de la Loi sur certaines mesures permettant
d'appliquer les lois en matière d'environnement et de sécurité des barrages ne
modifiait pas une autre loi.
M. Charette : Bien, ça
modifiait plusieurs lois.
Mme Dufour : Non, non, mais
l'article 17, précisément.
M. Charette : L'article 17.
Bien, c'était… c'était… Est-ce que l'article 17 était un article
complètement nouveau à l'époque? Oui, on me dit que oui.
Mme Dufour : OK. C'est quand
même qu'on ne l'ait pas intégré dans une autre loi existante. Ça fait que là
c'est devenu comme une loi qui modifie d'autres lois, mais qu'on modifie elle
aussi, en tout cas.
M. Charette : Bien,
c'est-à-dire, c'est un nouvel article dans la loi, là, qui a été… Là, il n'est
plus nouveau, là, c'est un article qui existe.
Mme Dufour : C'est ça, mais,
tu sais, plus tard, la loi qu'on est en train d'étudier actuellement, s'il y a
des modifications à faire, on va les faire dans la Loi sur la qualité de
l'environnement, dans la Loi sur les espèces vulnérables, on ne la fera pas
dans la loi dans notre omnibus, là.
M. Charette : En fait… c'est
bon, le rappel. Les années passent effectivement. C'est une loi qui avait été
créée pour regrouper l'ensemble des lois de contrôle... l'ensemble des
modalités de contrôle, d'où… d'où le nouveau nom en quelque sorte, mais
c'étaient des dispositions qui pouvaient exister, dans certains cas, ailleurs,
mais qui ont été regroupées dans une seule et même loi.
Mme Dufour : OK. Et là le
changement qu'on fait… puis là je ne sais pas si on va avoir le temps, là,
d'entendre la réponse, mais pour….
M. Charette : Mais il ne fait
pas beau dehors, on peut prolonger jusqu'à ce soir, si la collègue le souhaite.
Mme Dufour : Non, j'ai des
enfants que j'aimerais aller voir.
M. Charette : Je pense que je
n'aurai pas le consentement de mes collègues, non, 9 heures, ce serait
raisonnable.
Des voix : …
Mme Dufour : On n'a… on n'a
pas tous des chauffeurs, M. le ministre.
Le Président (M. St-Louis) : Ceci
dit, comme le temps ne permettra pas la réponse...
Mme Dufour : Bien, ni même la
question, ni même la question.
Le Président (M. St-Louis) : ...je
vais vous remercier pour votre collaboration, pour vos échanges, à certains
moments, teintés d'humour.
Donc, je suspends nos travaux. La
commission suspend ses travaux sine die.
(Fin de la séance à 16 h 30)