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Commission permanente des Terres et
Forêts
Crédits du ministère des Terres et
Forêts
Séance du vendredi 26 juin 1970
(Quatorze heures deux minutes)
M. CARPENTIER (président de la commission permanente des Terres
et Forêts): A l'ordre, messieurs.
Avant de débuter, j'aimerais, s'il vous plait, nommer chacun des
membres de cette commission. J'aimerais également que vous
répondiez "présent" pour que je puisse mieux me
représenter chacun d'entre vous.
M. Arsenault.
UNE VOIX: Absent.
M. LE PRESIDENT: Absent. M. Béland. Absent? M. Coiteux.
M. COITEUX: Présent.
M. LE PRESIDENT: M. Drummond.
M. DRUMMOND: Présent.
M. LE PRESIDENT: M. Lafrance.
M. LAFRANCE: Présent.
M. LE PRESIDENT: M. Lessard.
M. LESSARD: Présent.
M. LE PRESIDENT: M. Pilote.
M. PILOTE: Présent.
M. LE PRESIDENT: M. Simard.
M. SIMARD (Témiscouata): Présent.
M. LE PRESIDENT: M. Théberge.
M. THEBERGE: Présent.
M. LE PRESIDENT: M. Vincent.
M. VINCENT: Présent.
M. LE PRESIDENT: Après vérification, je déclare que
nous avons quorum et j'invite immédiatement les membres de cette
commission à commencer l'étude des dépenses du
ministère des Terres et Forêts.
M. DRUMMOND: Pour commencer, je veux dire quelques mots seulement.
Depuis mon entrée en fonction, je suis très conscient de
l'importance de ce ministère pour le développement de l'avenir
économique de cette province.
Deuxièmement, je reconnais le travail fait et le
professionnalisme des hauts fonctionnaires en place.
Troisièmement, j'aimerais rendre hommage à mes
prédécesseurs à ce poste, qui ont travaillé, selon
toutes les informations, vraiment pour le bien-être de la province.
Maintenant, nous pouvons commencer avez les questions.
M. RUSSELL: M. le Président, il me fait plaisir de saluer le
ministre qui, pour la première fois, vient faire approuver les
crédits de son ministère. C'est une pratique annuelle dans
l'administration de la province et c'est notre rôle à nous, de
l'Opposition, de tenter de poser des questions afin de renseigner la commission
et la population. C'est un rôle que nous avons l'intention de jouer
pleinement et objectivement, afin de nous assurer que nous pouvons obtenir tous
les renseignements nécessaires, afin qu'il n'y ait pas
d'ambiguïté ni de doute dans l'opinion du public à l'effet
que les deniers qui seront votés seront bien utilisés à
des fins rentables pour le grand bien de la population.
M. DRUMMOND: Les deniers sont à peu près les vôtres,
n'est-ce pas?
Politique générale
M.LESSARD: M. le Président, avant de discuter des
différentes rubriques, je pense que le ministre est au courant de
certains problèmes auxquels fait face l'administration de la
forêt, entre autres la concurrence énorme qui provient de pays
étranger, le problème des concessions forestières, la
revision des concessions forestières. Par exemple, une compagnie peut
avoir une concession très loin du moulin; elle a sa concession dans un
endroit alors que son moulin est ailleurs. Est-ce que l'honorable ministre
pourrait concernant ces problèmes, nous faire un tour d'horizon, s'il y
a lieu, parce que quand je regarde ces problèmes généraux,
je constate qu'il n'y a pas tellement un article plutôt qu'un autre qui
touche à ça? Est-ce que le ministre pourrait, autrement dit, nous
donner une vue générale sur la politique future de son
ministère concernant l'aménagement de la forêt, et surtout
l'aménagement efficace de la forêt? On constate de plus en plus
que nous avons énormément de bois, mais que ce bois meurt debout
ou bien est en train, par exemple, de mourir coupé, puisque les
cultivateurs ne peuvent pas, actuellement je reviendrai sur ce cas tout
à l'heure vendre leur bois alors qu'il y avait déjà
une entente à ce sujet.
Disons que je m'en tiens à la première question pour le
moment. Est-ce qu'il y a une politique générale de votre
ministère? Est-ce que vous avez eu le temps de l'établir? Je suis
conscient que vous venez d'être nommé.
M. DRUMMOND: Evidemment, pour bien
répondre à cette question, ça prendrait une
discussion de deux ou trois jours et peut-être un colloque entre nous
afin d'arriver à des solutions enviables. Cela a toujours
été un problème aussi; le problème n'existe pas que
depuis mon arrivée.
En ce qui concerne l'épanouissement de la concurrence mondiale,
ce qu'il faut c'est une des premières priorités
évidemment, c'est essayer d'attirer des industries, ou de
l'extérieur ou qui sont déjà en place, à faire des
investissements dans l'industrie forestière. Pour le problème des
concessions, etc., l'éloignement des usines, il faudra analyser par
régions, je pense, cette question. On ne peut pas nettoyer tout en
disant: On va commencer avec un chèque en blanc. Cela devient d'une
certaine façon aussi une solution aux problèmes qui se posent de
temps en temps, et en résolvant un problème spécifique, on
peut toujours avancer un peu vers un système plus rationnel. Le
problème soulevé à la fin de votre question,
c'était la vente des petits propriétaires, je pense...
M. LESSARD: Je m'excuse...
M. DRUMMOND: Le bois des cultivateurs, vous avez posé cette
question aussi?
M. LESSARD: Oui, oui.
M. DRUMMOND: Cela, c'est un système qu'il faut améliorer
aussitôt que possible. Je suis certain que M. Vincent est au courant des
problèmes. La responsabilité est partagée entre la
Régie des marchés agricoles et, d'une certaine façon mon
ministère. C'est un système très difficile à mettre
en marche car la régie a le droit d'établir les prix. Les
négociations commencent ensuite avec les compagnies.
Si elles trouvent le prix trop élevé, celles-ci ne
voudront pas acheter. C'est un très mauvais système.
M.LESSARD: Mais je crois, M. le Président...
M. DRUMMOND: II faut rationaliser ce système afin d'avoir une
meilleure forme de négociations.
M. LESSARD: Je crois, M. le Président, à ce sujet, puisque
j'aurais attendu à une autre rubrique... Maintenant, le gouvernement, en
vertu de la loi 41, peut obliger les compagnies forestières exploitant
les territoires de la couronne d'acheter, à des prix
déterminés par la régie, une certaine quantité de
bois.
Justement, comme ce problème si j'avais posé une
question en Chambre, on m'aurait probablement dit de la poser au niveau de la
commission comme ce problème dis-je, dure depuis assez longtemps,
est-ce que le gouvernement a l'intention de se prévaloir de la loi?
L'autre jour, je crois, en Chambre, vous nous avez fait part du fait
qu'il y avait actuellement des discussions entre la régie, le
gouvernement et les cultivateurs ainsi que les compagnies. Est-ce que ces
discussions ont abouti? Sinon, est-ce que le gouvernement entend se
prévaloir de la loi 41, loi de Bona Arsenault, je crois?
M. DRUMMOND: Dans ces négociations, je pense que la CIP a
déjà signé avec l'UCC, les négociations avec Anglo
se poursuivent, elles ne sont pas dans un cul-de-sac. Je dois dire, concernant
les négociations avec la Consolidated, qu'elles ont
échoué. J'aurai quelque chose à dire à ce sujet la
semaine prochaine; j'aurai une annonce officielle à faire.
M. LESSARD: J'aurais peut-être une autre question, M. le
Président. Je m'excuse, je ne veux pas prendre tout le temps de la
commission. Le ministre nous a dit tout à l'heure qu'il fallait faire en
sorte que certaines compagnies forestières viennent s'établir
chez nous. Maintenant, je constate, du moins dans ma région, que ce
n'est pas actuellement le cas, mais que nous vivons le cas contraire, des
compagnies forestières fermant leurs portes. Ce fut le cas, par exemple,
de Clarke City il y a quelques années; ce fut le cas de la Domtar, qui a
déménagé à Baie-Trinité. Ce sera
peut-être prochainement le cas à Rivière-Pentecôte;
disons que j'ai des informations à recevoir à ce sujet. Il faut
justement avoir une politique pour faire en sorte que ces compagnies demeurent
au moins. De plus, ce qui est assez curieux, ces compagnies s'en viennent
exploiter nos ressources dans une région et ferment sans avertir la
population, sans avertir les gens.
Je sais qu'il y a eu l'an dernier une entente au sujet de
Baie-Trinité. En échange de concessions à
Lebel-sur-Quévillon, le ministère des Terres et Forêts a
acheté les constructions de la compagnie qui existaient dans la
région de Baie-Trinité.
Un des problèmes qui se posent dans ces régions lorsqu'une
compagnie comme celle-là s'en va, c'est que la compagnie peut payer 50
p.c. du budget municipal en taxes. Je pense qu'à Baie-Trinité,
c'est $6,000 que la compagnie payait en taxes. Le fait que le gouvernement
achète ces constructions, amène, parce que le gouvernement ne
paie pas de taxes sur ses propriétés, justement ces populations
à n'avoir absolument plus aucun revenu concernant des bâtisses qui
existaient auparavant, alors que des budgets avaient été
autrefois préparés, basés sur la propriété
des compagnies.
En ce qui concerne justement ces départs, est-ce que le
gouvernement a une politique établie? Est-ce que la population peut
s'attendre que certains moyens correctifs pourront être appliqués
pour ces cas-là?
M. LE PRESIDENT: J'aimerais qu'on s'en
tienne à l'article 1, actuellement. Je pense que cette question
va revenir au poste de la planification des forêts ou à des postes
ultérieurs au cours de l'étude du budget.
M. LESSARD: Est-ce qu'on pourrait me dire à quel moment j-
pourrais renouveler ma question?
M. LE PRESIDENT: Bien, je pense que vous avez ici le poste...
M. LESSARD: Planification?
M. LE PRESIDENT: ... planification des forêts, et que vous avez un
autre poste également.
M. LESSARD: Parce que c'est assez complexe...
M. LE PRESIDENT: La direction générale des bois et
forêts, je crois. Et il y a deux ou trois postes à la fin de
l'étude du budget où, je pense, ces questions seraient beaucoup
plus rentables pour le bénéfice de tout...
M. LESSARD: Je suis bien d'accord pour réserver ma
question...
M. LE PRESIDENT: Oui.
M. RUSSELL: Pour votre information, c'est une pratique, la commission
peut adopter la politique qu'elle désire, s'il y a entente, et discuter
au poste 1 de la politique générale du ministère, quitte
après cela à revenir sur chacun des postes.
Cela peut être plus long, plus compliqué. Suivant le
désir du ministre ou votre désir, je pense bien que nous
pourrions nous entendre sur une procédure à suivre, chose qui se
fait pratiquement dans toutes les commissions.
Alors, si la commission est d'accord, nous allons discuter la politique
générale du ministère au poste 1 et, après cela,
nous pourrons procéder plus rapidement.
M.DRUMMOND: Oui, je suis tout à fait d'accord.
M. LE PRESIDENT: D'accord.
M. DRUMMOND: Evidemment, pour répondre à la question,
c'est obligatoire. Cela n'a pas de bon sens d'attirer une industrie et d'en
perdre deux. Mais il faut quand même essayer d'attirer des industries, je
suis tout à fait d'accord avec vous. Nous devons faire tout notre
possible pour éviter que les industries en place partent. Mais, par
contre, dans un monde assez libre, dans tout cela, si une industrie ne trouve
pas que le travail est efficace, ou que leur affaire ne marche pas bien, ils
ont le droit mais je vois mal que...
M. LESSARD: Mais ils ont aussi des devoirs, M. le ministre.
M. DRUMMOND: Je vois mal qu'une industrie, n'importe laquelle, ferme ses
portes sans avertir la population. Une telle affaire doit être
très bien pensée et discutée avec toute la population
avant de faire cela. Je suis d'accord.
M. LESSARD: Est-ce que...
M. DRUMMOND: Pour le cas de Baie-Trinité, je dois dire que je ne
suis pas au courant de cette affaire mais, selon la loi, le gouvernement
achète et ne paie pas de taxes. Je crois aussi que cela cause des
problèmes très graves dans les municipalités.
M. RUSSELL: M. le Président, la politique du gouvernement, c'est
de payer des taxes sur l'immeuble. Donc, si le gouvernement achetait des
immeubles d'une entreprise ou d'une autre, pour son utilisation personnelle, le
gouvernement doit payer ses taxes. C'est une politique adoptée depuis
trois ans.
M. COITEUX: Je comprends que les taxes sont payées dans le cas
que le député de Saguenay cite, que je connais très
bien.
M."DRUMMOND: Elles ne sont pas payées?
M. COITEUX: Les taxes sont payées; mais seulement le taux
d'évaluation à cause du prix que le gouvernement a payé
pour ces choses, réduit le revenu de la municipalité de
Baie-Trinité d'environ 50 p.c. Pour cette municipalité, je suis
parfaitement d'accord avec le dépuuté de Saguenay.
M. DRUMMOND: Je suis tout à fait prêt à...
M. COITEUX: Cela peut créer un problème de financement
municipal épouvantable. Ce n'est pas gros, peut-être, cela ne nous
apparaît, à nous, que $10,000 ou $15,000; mais c'est
épouvantable pour une petite municipalité comme cela qui a des
engagements, comme son aqueduc, et qui aujourd'hui, essaie de faire un
refinancement. Alors réellement, je ne sais pas par quelle entente, mais
à l'avenir, si pareille chose se produit, je pense qu'il faudra,
définitivement, que le gouvernement ou le ministère des Terres et
Forêts adopte une politique selon laquelle cet angle du problème
devra être envisagé.
M. DRUMMOND: Je pense que cela n'est pas nécessairement tout
à fait un problème du ministère des Terres et
Forêts. C'est une question de politique gouvernementale. Mais je suis
tout à fait d'accord avec le député.
M. LESSARD: Alors je remercie l'honorable député de
Duplessis mais justement, c'est sur
cela que j'insiste. C'est que les compagnies forestières ont bien
des droits au Québec. Malheureusement, elles ne semblent pas tenir
compte du fait qu'elles ont des devoirs. Vous dites, et je suis d'accord, que
c'est une politique d'administration globale du gouvernement mais je crois que
cette politique concerne le ministère des Terres et Forêts et
qu'il vous appartient, justement, de la développer. Pour ma part, je
constate, dans la région et l'honorable député de
Duplessis en est certainement conscient aussi que l'aménagement
forestier, l'exploitation forestière n'a pas donné de
résultats véritablement efficaces, au moins pour une bonne partie
des villages forestiers de notre région. Justement, les informations me
manquent parce qu'il n'y a rien de décidé. Tout se fait
actuellement en cachette. Mais j'ai entendu dire, aussi, qu'à
Pentecôte, le problème s'en venait, prochainement, qu'on
commençait à diminuer, par exemple, l'emploi. Disons que je pense
qu'il ne m'appartient pas, ici, de discuter cas par cas; mais cependant, ce que
je demande, c'est que le ministère des Terres et Forêts prenne en
considération le plus tôt possible ces choses et étudie,
comme l'honorable député de Duplessis le soulignait tout à
l'heure, une politique qui permettra à ces populations, au moins,
d'avoir certains correctifs en ce sens.
M. COITEUX: Nous aurons Saint-Régis, à Godbout,
très prochainement.
M. LESSARD: Prochainement.
M. GIASSON: M. le Président, tout à l'heure, on a fait
allusion à la mise en marché des bois provenant des lots
boisés de cultivateurs. L'honorable ministre nous a dit qu'il serait en
mesure de nous donner une réponse au cours de la semaine prochaine.
M. DRUMMOND: Je n'avais pas dit une réponse, j'avais dit une
annonce.
M. GIASSON: Une annonce? Je sais qu'à l'intérieur de son
ministère, il y a beaucoup de sphères d'activité;
peut-être que la mise en marché du bois des petits producteurs n'a
pas une part des plus importantes, mais tout de même, pour autant que ma
région est concernée, il s'agit d'un problème qui m'a paru
vital, surtout en 1970. Or, j'apprenais récemment de l'Office des
producteurs du territoire que la compagnie Anglo Pulp avait accepté,
semble-t-il, les taux négociés ou appliqués par la
Régie des marchés agricoles du Québec. Il faut
reconnaître que la Régie des marchés agricoles ne
relève pas directement du ministère des Terres et Forêts,
elle est plutôt rattachée au ministère de l'Agriculture,
sauf erreur. J'étais à dire que les taux acceptés par la
Régie des marchés agricoles ne semblaient pas faire l'affaire des
grandes compagnies papetières. Il reste cepen- dant que ces mêmes
compagnies papetières vont acheter de certains courtiers en bois des
quantités assez considérables de bois qui proviennent des limites
privées de ces courtiers. Ces compagnies paient un prix assez
élevé à ces courtiers et on prétend ne pas pouvoir
acheter le bois des cultivateurs parce que le prix négocié par la
Régie des marchés agricoles semblerait trop élevé
tandis qu'on paie à des courtiers du bois qui provient de leurs
boisés au prix équivalent à celui déterminé
par la Régie des marchés agricoles. Il me semble y avoir
là un problème assez sérieux et, si je suis mal
informé, je voudrais qu'on me le dise.
M. DRUMMOND: Au commencement, lorsque vous dites que peut-être ce
problème est trop petit pour occuper le temps du ministère, c'est
tout à fait le contraire. Depuis mon arrivée ici, je pense que
peut-être la plus grande partie de mon temps est consacrée
à essayer de régulariser cette situation. Je suis tout à
fait d'accord que, même si 90 p.c. des problèmes sont
réglés pour cette année, le problème qui reste est
très localisé et pour les gens de ces régions, c'est une
affaire très importante. Je suis aussi désireux que n'importe qui
de régler cette situation d'une façon légale et juste.
Cela, c'est mon intention. Par contre, selon mes informations, dans le cas
d'Anglo Pulp, c'est plutôt une question de dates de livraison et non de
prix. Peut-être que ce n'est pas à 100 p.c. avec cette
compagnie-là, mais j'en ai parlé aussi hier avec le
représentant de l'UCC. Les négociations continuent avec l'Anglo
Pulp. Alors nous les suivons de très près et nous sommes
prêts à agir s'il le faut. Mais nous ne sommes pas le bon Dieu en
haut avec un marteau, c'est une question de négociations et, si les
négociations échouent, alors le ministère peut agir. Mais
c'est un peu délicat tout ça. Je veux dire encore que nous sommes
très conscients des problèmes régionaux qui existent
ici.
M. RUSSELL: M. le Président, au début de ses remarques, le
ministre a reconnu qu'il y avait certains problèmes qui existaient au
ministère et en même temps a énoncé le fait que
ça prendrait peut-être un colloque de deux ou trois jours pour
régler les problèmes.
M. DRUMMOND: Quels problèmes?
M. RUSSELL: Je pense bien que je pourrais être l'interprète
de la commission pour informer le ministre que nous sommes bien d'accord pour
demeurer, pendant deux ou trois jours, si nécessaire, pour régler
les problèmes qu'il a semblé avoir décelés au sein
du ministère, d'autant plus qu'il laisse entendre qu'il y aurait une
formule-miracle pour les régler. Donc, il pourrait peut-être nous
dire quels sont d'abord ces problèmes qu'il a décelés; et,
ensuite, de quelle façon on pourrait s'y prendre pour les
régler d'ici trois jours parce que je pense que l'importance du
ministère des Terres et Forêts au sein de l'administration
provinciale vaut certainement trois jours du temps de la commission pour
régler les problèmes qu'il peut y avoir.
M. DRUMMOND: Lorsqu'on a parlé de régler les
problèmes, ç'a été pour discuter tous les
problèmes soulevés par l'honorable député de
Saguenay, tous les problèmes de tout le ministère, n'importe
où. Quand on parle de régler le problème des cultivateurs,
je pense que cela est en train d'être réglé.
M. RUSSELL: Est-ce que le ministre pourrait nous faire un
énoncé des problèmes qu'il a décelés au sein
du ministère en ce qui concerne la forêt québécoise
et de quelle façon il a l'intention d'orienter la nouvelle politique du
ministère?
M. DRUMMOND: Encore là, c'est une question un peu globable. Je
n'ai pas eu assez de temps, franchement, pour définir toutes les lignes
d'attaque. Après la session, je vais travailler très fort dans le
développement des priorités et des lignes de conduite du
ministère.
M. LESSARD: M. le Président, si on ne peut connaître les
problèmes généraux, M. le ministre est sans doute
conscient du fait qu'actuellement les ressources forestières sont entre
les mains, à tort ou à raison, probablement à raison dans
les circonstances actuelles, de personnes qui sont extérieures au milieu
québécois. Maintenant, c'est sur cela que je reviens, ce n'est
pas pour blâmer ces personnes, au contraire, je considère, comme
vous, qu'il est extrêmement important d'avoir des investissements chez
nous, que ce soit du côté américain ou du côté
français ou quel que soit le côté.
Maintenant, il y a, cependant, une prise de conscience du peuple du
Québec dans ce sens-là; de plus en plus, se développent
des coopératives forestières. Est-ce qu'on pourrait savoir si le
gouvernement a une politique bien établie en ce qui concerne les
coopératives forestières, s'il a l'intention d'amener les gens
à développer de plus en plus cette possibilité qui
s'offre? J'arrête ici ma question. J'aurai des questions subsidiaires
à lui poser tout à l'heure.
M. DRUMMOND: Le gouvernement est prêt à écouter
n'importe qui qui vient avec une idée d'investissements pour
améliorer le sort du peuple de Québec. Je reçois un peu
mal, disons, le commentaire à l'effet qu'ils sont étrangers du
milieu québécois, ces investisseurs qui viennent, parce que
d'abord, nous voulons les accueillir. Et, deuxièmement, c'est une
politique du gouvernement que n'importe qui vient s'adapte aux besoins et aux
moeurs de la province de Québec et que la langue française
devienne la langue de travail. C'est cela. Si on entre en guerre contre
l'étranger, on ne va pas...
M. LESSARD: Non, non. Ce n'est pas du tout mon intention, M. le
ministre. Maintenant, pour élaborer, si vous voulez, prenons un cas bien
précis, qui est actuellement un projet pilote qui peut être
développé dans l'avenir, si on a du succès, au
Québec.
Vous avez actuellement, par exemple, dans le comté de Saguenay,
en relation avec l'UCC, une tentative de développement d'une
coopérative d'exploitation forestière, à savoir un moulin
à papier à Sacré-Coeur. Est-ce que le ministre est au
courant?
M. DRUMMOND: Pas dans tous les détails mais continuez.
M. LESSARD: Je sais que le projet avait bloqué. Maintenant, la
population de Sacré-Coeur s'est adressée à la Caisse de
dépôts parce que la Caisse de dépôts, comme on le
sait, est là pour tenter de développer des projets non seulement
québécois mais enfin des projets, aussi, qui concernent la
population du Québec et, en particulier, si ces projets sont rentables.
Est-ce qu'on sait actuellement quels ont été les résultats
des négociations avec la Caisse de dépôts au sujet de ce
fameux moulin de Sacré-Coeur, dont on parle, comme celui de
Saint-Félicien, d'ailleurs?
M. DRUMMOND: Je m'informerai de ces accords et de ces problèmes.
Mais comme je le dis, évidemment, c'est notre travail d'essayer
d'attirer toute industrie rentable ici et si cette affaire est rentable,
pourquoi pas?
M. LESSARD: J'espère avoir une information à ce sujet. On
sait que, pendant la campagne électorale, on parlait de plus en plus du
danger de la dévaluation du dollar, du fameux dollar à $0.65. Or,
j'estime que la réévaluation qui vient de se faire, étant
donné que le dollar a été laissé en cours libre, a
eu certaines conséquences utiles et efficaces sur le marché du
bois au Québec. Est-ce que le ministre pourrait au moins prendre note,
aussi, de cette question: Quelles ont été les effets de la
réévaluation du dollar sur le projet de Sacré-Coeur? Non
seulement sur le projet de Sacré-Coeur, mais aussi...
M. DRUMMOND: II me faudrait examiner l'affaire de Sacré-Coeur. Ce
qui est difficile avec la réévaluation du dollar,
évidemment, c'est le fait que nos exploitants disent qu'ils ont des
difficultés. Cela dépendra donc du niveau du dollar canadien
vis-à-vis du dollar américain, que nous soyons en position de
vraiment déterminer les effets de la réévaluation.
M. LESSARD: On nous avait convaincu, pendant la campagne
électorale, qu'une dévalu-
ation était dangereuse. J'espère qu'on ne nous convaincra
pas, maintenant, qu'une réévaluation est dangereuse.
M.DRUMMOND: Oui, oui, dévaluation ou réévaluation
sont toutes les deux techniques. L'une est du secteur de l'économie,
l'autre d'un autre secteur. Evidemment, si le prix monte, c'est une
réévaluation par en haut. Cela aidera, d'une certaine
façon, les importateurs. Dans le sens contraire, cela agira à
leur encontre et aidera les exportateurs.
M. LESSARD: Mais est-ce que la réévaluation n'aurait pas
eu des conséquences assez néfastes sur le marché
international en ce qui concerne le bois? C'est peut-être là la
question que j'applique en ce qui concerne Sacré-Coeur, parce qu'on m'a
dit que le projet aurait pu être rentable, mais que maintenant,
considérant le fait qu'il y a eu réévaluation du dollar,
ce projet devient moins rentable.
M. DRUMMOND: Comme je l'ai dit, je n'ai pas analysé le projet de
Sacré-Coeur, mais en trouvant...
M. LESSARD: Mais ce n'est pas seulement pour Sacré-Coeur. C'est
aussi pour...
M. DRUMMOND: Non, non, mais pour les exploitants, c'est difficile,
évidemment, parce que nous sommes moins concurrentiels sur les
marchés internationaux.
M. LESSARD: Donc, la réévaluation est dangereuse,
mauvaise? Donc, la réévaluation devient mauvaise, dans ces
circonstances, parce que nous devenons moins concurrentiels?
M. DRUMMOND: D y a un autre aspect de toute cette question. C'est qu'une
industrie doit être concurrentielle quand même et on ne peut pas,
disons, se cacher derrière une barrière artificielle pour
toujours.
M. LESSARD: C'est parce que ce n'était pas la politique du
gouvernement libéral avant le 29 avril. C'était la
dévaluation qui devenait dangereuse alors que là, c'est la
réévaluation qui devient dangereuse.
M. COITEUX: M. le Président, je crois bien, tout de même,
que l'affaire de Sacré-Coeur ne se rattache pas uniquement à la
question de la réévaluation ou de la dévaluation du
dollar. Je pense qu'on nage dans les nuages. Il y a quelque chose de bien plus
pratique qui a empêché le projet de se réaliser.
M. LESSARD: Eh bien, je voudrais savoir.
M. COITEUX: J'ai assisté à une partie des
négociations qui se sont poursuivies pendant quatre ans sous
l'administration de l'Union Nationale. C'est d'abord une question de
matériel disponible au regard d'une accessibilité
économique, ce qui veut dire que, théoriquement, on aurait
peut-être du bois, mais du bois mêlé de façon que,
relativement au produit qu'on envisagerait de faire à
Sacré-Coeur, les études de marché prouvent qu'il y a
non-rentabilité pour les montants d'investissement requis. Ce sont les
conclusions auxquelles en sont venus les rapports, bien avant même qu'il
soit question de réévaluation.
Et les financiers qui sont, incidemment, messieurs du Parti
québécois, cela vous fait plaisir ont
jugé...
M. LESSARD: Cela me touche...
M. COITEUX: ... comme les Français qui sont venus pour investir
au Québec ont jugé que cela n'était pas rentable, qu'il
n'était pas bon d'investir de l'argent immédiatement à
Sacré-Coeur, dans les conditions présentes du marché.
Théoriquement, je suis d'accord. Mais n'oubliez pas que les forêts
de Sacré-Coeur, ce n'est pas le Parc des Braves. Ce sont des montagnes
qui ont été laissées là depuis des années
par des compagnies qui ont quitté ces concessions.
L'accessibilité est donc un facteur très important. C'est pour
cela qu'avant d'investir et de considérer l'affaire de l'offre, il faut
considérer d'abord l'expérience des exploitants, leur
expérience au point de vue de la fabrication du papier et créer
un marché.
Du carton et ces choses-là, on n'en fait pas avec tous les bois
à Québec. Que les péquistes aiment ça ou non, il
faut avoir des marchés avant de dire: Cela appartient aux
Québécois. Et quand même on aurait des marchés, il
faudrait être plus sérieux et arrêter de faire du
sentimentalisme avec ça.
C'est une question pratique, une question d'investissements. Et si
jamais un jour ces gens viennent au pouvoir, ils s'apercevront que le dollar
qu'ils investiront, il faudra qu'il soit placé pour rapporter, que
ça s'appelle la finance française à de Gaulle, la finance
péquiste à Lévesque...
M. LESSARD: M. le Président...
M. LE PRESIDENT: La parole est au député de Dubuc.
M. BOIVIN: Est-ce qu'il n'y a pas certains correctifs qui peuvent
être apportés pour des forêts que vous dites non rentables,
en réduisant les droits de coupe...
M. COITEUX: II y a une foule...
M. BOIVIN: ... à presque zéro. Par exemple, on nous dit
que les ingénieurs forestiers le disent toutes les
forêts du Saguenay ne sont
pas rentables, ayant été abandonnées, comme vous le
dites, par des compagnies. Est-ce qu'il ne serait pas possible que les petits
exploitants de la province puissent jouir d'une réduction des droits de
coupe, presqu'à zéro...
M. COITEUX: M. le Président...
M. BOIVIN: ... pour créer davantage d'embauchage?
M. COITEUX: ... je trouve étrange la question du
député de Dubuc. Au moment où il était au pouvoir,
il avait apparemment trouvé la formule magique, par la création
de Rexfor, pour exploiter ces territoires là considérés
comme inexploitables par les autres compagnies. Il a dit: Nous, nous l'avons la
"patente", c'est Rexfor. Puis aujourd'hui, il préconise exactement ce
que je disais dans le temps, qu'il y avait bien d'autres façons
d'exploiter ces territoires que de créer Rexfor,
l'éléphant blanc comme on l'appelle. H y aurait eu la formule que
vous suggérez. Je l'ai suggérée en Chambre et vous avez
voté contre.
M. BOIVIN: II y a eu des réductions de droits de coupe. Ce que je
veux savoir, ce dont je veux m'assurer, c'est si ces réductions de
droits de coupe continueront de se faire sous le régime
libéral.
M. COITEUX: Certainement, c'est une formule...
M. BOIVIN: Qu'on réduise même encore davantage pour
créer le plus possible d'embauchage afin qu'il y ait le moins possible
d'assistés sociaux. Ces petits employeurs ont même du mal à
s'alimenter.
M. COITEUX: Je suis parfaitement au courant.
M. BOIVIN: Cela trame d'une façon irrationnelle. On devrait fixer
des dates, dire, par exemple, qu'au mois de mai l'alimentation serait
réglée pour tous les exploitants de la forêt. Cela ne finit
plus, les visites, les interventions auprès du député,
auprès de tous ceux qui peuvent jouir de certaine influence pour que
leur soit fournie l'alimentation nécessaire à leur industrie.
Qu'on fixe des dates, que ces permis d'exploitation soient émis le plus
rapidement possible et qu'on réduise le plus possible, même
à zéro, les droits de coupe dans ces forêts qui ne sont pas
rentables. C'est ce dont je veux m'assurer. Je voudrais que le ministre nous
dise que les forêts du Saguenay qui ne sont pas rentables,
peut-être, pour certaines grosses compagnies, pourraient être
exploitées par des syndicats forestiers, des associations de villages
forestiers qui sont prêts à en faire l'exploitation.
Cela deviendrait plus rentable parce qu'ils sont proches de ces
forêts. Il s'agit donc de leur donner leurs droits de coupe à
temps, puis de les arrêter de faire des pèlerinages ici à
Québec et de faire faire des pressions de toutes sortes par ceux qui
peuvent avoir certaine influence pour faire émettre ces permis de
coupe.
M. DRUMMOND: Déjà, dans la forêt de Saguenay, les
taux sont moins élevés...
M. BOIVIN: Mais ça devrait baisser encore davantage.
M. DRUMMOND: C'est presque un minimum actuellement. Evidemment, c'est
employé comme technique pour les aider. Nous voulons autant que possible
rendre chaque exploitation rentable pour essayer d'aider chaque région
à établir ses industries. Mais d'autre part, les taux sont
à $3, je pense, et au Saguenay, il s'agit de $1. C'est
déjà quelque chose.
M. GIASSON: Mais est-ce que ces forêts représentent un
volume considérable? Toutes les forêts...
M. BOIVIN: Non rentables.
M. GIASSON: ... non rentables, d'accès difficile, en terrain
accidenté, est-ce que ça représente une grosse...
M. BOIVIN : Je sais que le député de Duplessis est un
ingénieur-forestier. Il a passé sa vie dans ces forêts.
M. LESSARD: M. le Président, justement, sur ce point, j'ai eu
l'occasion de lire le débat sur REXFOR. Alors, sur ce point, je
donne...
M. RUSSELL: M. le Président, je voudrais passer une remarque sur
un point d'ordre, ici. Tout en reconnaissant la compétence et
l'expérience du député de Duplessis et du
député de Saguenay, je voudrais leur faire part qu'ils n'ont pas
le droit de critiquer une loi sans en avoir demandé le rappel. Donc, si
on veut critiquer la loi, je demanderais au ministre de prendre l'engagement de
la rappeler en Chambre et de l'amender.
M. LESSARD: Alors je respecte le point d'ordre. Cela veut donc dire que
je ne peux pas parler sur cette chose mais je n'étais pas
d'accord...
M. COITEUX: Vous pouvez parler d'une chose sans mentionner une loi.
M. LESSARD: ... parce que c'est une ouverture, justement, à la
question qu'on posait tout à l'heure: Pourquoi les forêts du
Saguenay ne sont pas devenues rentables ou ne sont pas
actuellement, rentables? C'est justement parce qu'on les a
exploitées. On n'a pas tenu compte du fait, on n'a pas obligé les
compagnies à exploiter complètement leurs concessions
forestières. On a exploité le meilleur bois et on a
laissé, à un moment donné, le pire bois sur des montagnes
où on ne peut plus se rendre et ainsi de suite. Et là, c'est
REXFOR qui est obligée de faire l'exploitation de ces forêts.
Ce que je voulais dire, tout à l'heure, pour revenir probablement
pour la dernière fois, là-dessus, un peu en réponse au
député de Duplessis, c'est que justement, vous avez
répondu à la question en parlant de la non-rentabilité du
projet de Sacré-Coeur. Mais malheureusement, et ce n'est pas tellement
une question sentimentale, pour moi, et je suis d'accord avec vous, que le
capital vienne ducôté américain, du côté
français ou de n'importe lequel côté, l'important est qu'il
vienne.
Mais, par exemple, on ne peut pas ainsi contenir continuellement une
population dans l'espoir, comme on le fait depuis des années, avec le
projet de Sacré-Coeur. On a toujours joué au chat et à la
souris. Il faudrait leur dire, à ces gens, vraiment, si leur projet est
ou n'est pas rentable. C'est peut-être là qu'est le
problème. C'est qu'on a fait de la petite politique avec cela, de la
politicaillerie. On a laissé des espoirs à ces gens. Encore, lors
de la dernière campagne électorale, le projet de
Sacré-Coeur s'en venait et il était prêt à
arriver.
M. COITEUX: II s'en vient, le projet. Il s'agira que la technique
moderne trouve d'autres façons et on est en train d'y arriver. Les
développements, au point de vue de l'exploitation forestière, M.
le député, vous devez savoir que cela progresse à pas de
géant. Ce qui était considéré comme inexploitable
il y a cinq ans, aujourd'hui est rentable, économiquement, au point de
vue de l'exploitation. Et l'étude du marché, les marchés
évoluent d'une façon vertigineuse. Alors moi, je dis: On
n'abandonne pas le projet de Sacré-Coeur mais, dans les conditions
présentes du marché, dans les conditions d'exploitation
présentes connues, devant l'expérience ou, si vous voulez
l'inexpérience je ne parle pas d'expérience d'un milieu de
travail, l'expérience dans l'exploitation du bois lui-même, mais
leur inexpérience dans l'exploitation d'une usine je dis que tous
ces facteurs incitent les gens qui placent de l'argent, la
Société générale de financement qui elle-même
a fait faire des études et cela ne peut pas être plus
québécois que la Société générale de
financement dans les circonstances actuelles, ils hésitent. Je ne
dis pas qu'ils abandonnent. On ne dit pas non, on ne ferme pas la porte. Mais
je crois que la prudence exige que, pour le moment, on continue, on
accélère les études, on trouve d'autres
débouchés et peut-être, à votre grande surprise, M.
le député de Saguenay, que vous aurez des nouvelles heureuses
d'ici peu...
M. RUSSELL: II sera peut-être déçu, à ce
moment-là.
M. COITEUX: Oui mais il ne pourra plus y avoir rien pour gueuler.
M. LESSARD: Oh non, M. le Président, ce n'était pas sur
cela que nous gueulions, nous! Je connais certains députés qui
gueulaient sur cela, par exemple.
M. LE PRESIDENT: A l'ordre, à l'ordre, messieurs!
M. LESSARD: C'est malheureux, nous en aurions eu un de notre coin.
M. SIMARD (Témiscouata): M. le Président, est-ce que le
ministre pourrait faire part à la commission des nouveaux
développements, quant au projet de la compagnie D'Auteuil de Cabano? Le
ministre a certainement pris connaissance du gros dossier que comprend le
réaménagement forestier du Témiscouata. Le début de
l'affaire date de 1966, à la disparition par incendie du moulin de la
compagnie Fraser de Cabano; au début, le gouvernement croyait
sérieux le projet de cette compagnie d'implanter une nouvelle industrie
à Cabano. Entretemps, l'inventaire forestier s'est
complété. On a prouvé, chiffres à l'appui, que des
approvisionnements étaient disponibles, dans le Témiscouata. On a
tenu compte des recommandations du BAEQ, dans le temps, qui est devenu CRD par
après, qu'il y avait des possibilités. Quand on a vu le peu de
sérieux de la compagnie Fraser, le gouvernement a dû, à un
moment donné, exproprier ces territoires forestiers, pour lesquels le
gouvernement a déboursé un montant de $5 millions.
Par la suite, des rencontres ont eu lieu avec cette compagnie qui
était pleine de bonne volonté. Mais aujourd'hui, lorsque ces gens
sont en possession de nos ressources naturelles, ils semblent se ficher un peu
de la population et de se ficher de remplir les obligations qu'ils
s'étaient engagés de remplir envers le gouvernement. Le
gouvernement a rempli ses obligations et donné des garanties
d'approvisionnement à cette compagnie pour une période allant
même jusqu'en l'an 2002. Par contre, la compagnie s'était
engagée à exploiter une nouvelle usine à Cabano une
usine de panneaux de particules qui devait ouvrir ses portes le 1er mars
1971 je crois que ça fait partie d'un tout à la suite
de l'arrêté en conseil no 1598 en date du 28 mai 1969.
Est-ce que le ministère a l'intention de prendre les mesures
nécessaires afin de régler le problème que crée
cette compagnie qui, à mon avis, semble intéressée
à des garanties d'approvisionnement, un point c'est tout?
M. DRUMMOND: Oui. Evidemment, nous sommes aussi
désappointés que les gens de la
région et que l'honorable député que la compagnie
D'Auteuil ne se trouve pas en mesure de faire construire l'usine de Cabano.
Actuellement, nous étudions chaque aspect du problème pour
essayer de régler la situation d'une façon juste pour la
population et le gouvernement. Nous sommes très
désappointés, comme je l'ai dit, que le projet que tout le monde
avait prévu ne se soit pas réalisé. D'une façon ou
d'une autre, nous travaillons très fort afin d'essayer de trouver une
solution valable.
M. SIMARD (Témiscouata): Est-ce que le ministre ne croirait pas
que la meilleure manière de raisonner ces gens serait d'annuler le
permis qui leur a été émis récemment pour couper
une quinzaine de milliers de cordes de bois sur ce territoire, bois qui est
expédié à la Bathurst Corporation qui concurrance le
boisé de ferme? C'est un problème dont le ministre a
été informé récemment, à la suite d'une
réunion de l'Office des producteurs. Comme vous le savez tous, une
quantité aussi considérable que 60,000 cordes de bois reste non
vendue dans le territoire de Rimouski, Rivière-du-Loup, Ka-mouraska,
Témiscouata et à même ces boisés du gouvernement. On
donne la possibilité à ces compagnies de faire concurrence aux
boisés de ferme. Je crois que récemment le ministre a même
été l'objet de pressions un peu hors de l'ordinaire. On a
même demandé de procéder par injonction, d'arrêter la
compagnie immédiatement. Est-ce que des mesures ont été
prises dans ce sens pour que ce permis soit annulé?
M. DRUMMOND: Selon nos avocats, la coupe est légale et le
gouvernement ne veut pas travailler dans l'illégalité. Encore
selon mes informations, le bois est destiné, je pense, à la CIP,
qui a déjà réglé son problème avec les
cultivateurs, comme je l'ai dit un peu plus tôt, dans l'espoir de
régler le problème de l'emploi à Rimouski en ce qui
concerne les livraisons de bois. Mais pour cette compagnie, si la coupe est
légale...
M. SIMARD (Témiscouata): La coupe est légale. Cette coupe
a été donnée par l'accord qui a été
signé à la suite de l'arrêté en conseil 1598, et
l'entente comprend l'implantation d'une usine à Cabano.
M. DRUMMOND: Oui, à une date limite et il semble que l'usine ne
sera pas construite à la date limite, si ça reste le 1er mars
1971. Je pense que légalement il serait difficile d'essayer de prouver
que cette coupe est illégale. Selon notre conseiller, c'est
légal.
M. SIMARD (Témiscouata): Mais le ministère est à
même de prouver la mauvaise volonté de cette compagnie.
Apparemment, à la fin d'avril, d'après le calendrier de la
réalisation de ce projet-là, il devait commencer vers le 15
mai.
Je me demande si, à la suite du changement de gouvernement, cette
compagnie ne voudrait pas profiter de l'occasion pour avoir d'autres
concessions. Ce sont des gens qui ont tous les tours dans leur sac.
M. DRUMMOND: On l'a bien avertie. Une question: Est-ce qu'il y a
vraiment un problème avec les producteurs du Témiscouata en ce
qui concerne la vente du bois?
M. SIMARD (Témiscouata): Dans Témiscouata, comme dans
Kamouraska et Rimouski, à toutes les maisons on voit du bois qui n'est
pas vendu.
M. DRUMMOND: Dans Témiscouata aussi? M. SIMARD
(Témiscouata): Bien oui. M. LESSARD: Mais, M. le Président...
M. SIMARD (Témiscouata): Soixante mille cordes de bois qui ne
sont pas vendues dans quatre comtés.
M. LESSARD: M. le Président, ce problème, sur lequel je
suis revenu au début, c'est justement un problème
extrêmement important. La Régie avait permis une augmentation du
prix, je crois, de $1.30. Il y a quand même certaines conditions
auxquelles doivent se soumettre ces compagnies si on considère le fait
qu'elles se servent de nos ressources naturelles et qu'elles font de l'argent
avec ces ressources. C'est normal, on ne leur en veut pas. Mais le
problème se pose, par exemple, à savoir quand ces compagnies vont
arrêter de passer à côté de la loi, de trouver
toujours des moyens pour ne pas appliquer cette loi. Le petit producteur,
devant les grosses compagnies, a l'impression tout simplement qu'il n'y a rien
à faire, que toutes les compagnies forestières décident
tout au niveau du Québec, qu'elles décident quand acheter,
comment acheter, le prix d'achat. On sait, par exemple, que ça leur
coûte bien souvent beaucoup plus cher de produire le bois que de
l'acheter de ces gens, puis elles ne veulent pas acheter. Pourquoi ne
veulent-elles pas acheter, justement? Pour conserver leur contrôle
continuel sur la forêt?
M. DRUMMOND: Cela, c'est un point de vue. Ce que j'ai dit, c'est que les
négociations sont déjà arrêtées à la
Consolidated et que le gouvernement va prendre ses responsabilités. De
plus, il faut régler le problème à long terme aussi parce
que la méthode en vigueur actuellement n'est pas efficace, comme vous
venez de le dire. Je suis tout à fait d'accord que ça
prête, d'un côté peut-être, le blanc à un
certain chantage. C'est un mauvais système pour la vente du bois des
cultivateurs. Tout à fait d'accord.
M. LESSARD: Est-ce que le nouveau gouvernement a décidé,
dans ce sens-là, de véritablement le mettre à la page, de
telle façon qu'on n'aura pas à revenir l'année prochaine
sur du bois qui n'est pas vendu?
M. DRUMMOND: Cela, c'est notre intention, oui.
M. SIMARD (Témiscouata): Est-ce que le ministre pourrait me dire,
par l'intermédiaire de son sous-ministre, le taux qui est compté
à cette compagnie D'Auteuil pour la coupe du bois sur l'ancienne
concession de la compagnie?
M. DRUMMOND: Normalement, c'est $2.50, mais on ne paie rien pour une
certaine partie parce qu'il y avait un prêt-dette dans la concession que
la compagnie avait à un autre endroit. Cela a été
transféré dans cette concession-ci.
M. SIMARD (Témiscouata): C'est dire qu'elle ne paie pas de droits
de coupe?
M. DRUMMOND: Elle a la gratuité pour régler une dette qu'a
le gouvernement envers la compagnie.
M. SIMARD (Témiscouata): Elle a la gratuité. C'est une
concurrence déloyale en partant.
M. RUSSELL: M. le Président, est-ce que c'est une gratuité
ou si c'est un débit qui est fait, un crédit qui sera
donné pour une dette envers le gouvernement?
M. DRUMMOND: C'est une façon de régler une dette,
après une expropriation qui a eu lieu en 1956...
M. RUSSELL: Si je comprends bien...
M. DRUMMOND: On lui avait accordé la gratuité à
cette date-là et cela a été transféré.
M. BOIVIN: II y a sûrement un montant qui est compté pour
la corde et crédité à la compagnie.
M. RUSSELL: M. le Président, avant de discuter de
gratuité, il s'agit de déterminer d'abord deux montants. Il y a
une dette qui a été créé ou qu'on a reconnue. Le
gouvernement a reconnu une dette à l'endroit de cette compagnie pour de
l'expropriation x, telle année, tel montant et
actuellement, elle a un droit de coupe pour tant de cordes, à tant la
corde pour faire un tel montant afin d'annuler cette dette. Je suppose que
c'est la proposition qui est devant nous ou celle qui a été faite
à la compagnie?
M. GIASSON: Essayons d'obtenir l'histoire complète de cette
dette; de quelle façon cela s'est accumulé; quelles sont les
négociations qui ont eu lieu.
M. SIMARD (Témiscouata): C'est ça.
M. DRUMMOND: On peut facilement obtenir tous les chiffres provenant de
cet échange. On avait exproprié un terrain dans le comté
de Témiscouata et on avait accordé à la compagnie une
autre propriété sur la Côte-Nord, exempte de droits, et
cela ç'a été transféré après...
M. RUSSELL: Ce n'est pas une gratuité, c'est un
échange.
M. DRUMMOND: Oui, cela émane d'un échange. Cela a
été fait en 1956...
M. RUSSELL: C'est l'emploi du mot "gratuité" que je n'aime pas,
parce qu'il n'existe pas de gratuité. La gratuité, c'est quelque
chose qu'on donne. Ce n'est pas quelque chose qu'on donne pour payer quelque
chose.
M. SIMARD (Témiscouata): Est-ce que c'était gratuit
à la condition que cette compagnie vienne s'installer dans le
comté de Témiscouata, construire une usine?
M. DRUMMOND: Non.
M. SIMARD (Témiscouata): Quelle est la date raisonnable
jusqu'où vous croyez laisser couper nos ressources naturelles du
Témiscouata pour les exporter à l'extérieur? J'aimerais
que le ministre sache que dans Témiscouata, qui n'est pas boisé
d'un bout à l'autre, c'est à peu près la seule
matière première disponible pour l'industrie locale. Cela serait
mal vu de la population de laisser ces gens prendre avantage des ressources
d'une région au profit d'une autre. Des villes comme Cornwall ou
d'autres ont quantité d'industries en place. Or, c'est la seule
industrie que nous avons dans Témiscouata et la population commence
à avoir les oreilles un peu réchauffées de voir ces abus.
C'est le début..
M. DRUMMOND: Personne n'accepte ça, mais évidemment le
gouvernement avait agi de bonne foi en effectuant l'échange avec la
D'Auteuil Lumber. Comme je l'ai dit, nous sommes désappointés et
il faut trouver une autre solution. Le problème est très facile
à poser, mais les solutions prennent un peu de temps. Cela, c'est
évident.
M. SIMARD (Témiscouata): Est-ce qu'on peut avoir une idée
du délai raisonnable que vous allez donner pour prendre avantage de nos
ressources naturelles? Est-ce que vous irez jusqu'au 1er mars 1971 puis
qu'à partir de là
vous irez jusqu'à annuler toute garantie d'approvisionnement?
M. DRUMMOND: On ne peut pas l'annuler illégalement.
M. SIMARD (Témiscouata): Oui, mais...
M. DRUMMOND: II faut régler le problème en essayant de
trouver une autre compagnie et effectuer l'échange. Il y a toujours la
possibilité de l'expropriation, mais il y a beaucoup d'options à
considérer. C'est ça que nous voulons faire. J'espère bien
que l'honorable député ne veut pas que le gouvernement agisse
dans l'illégalité. Question de temps, aussitôt que
possible.
M. SIMARD (Témiscouata): Le plus tôt possible, ça
veut dire combien d'années?
M. GIASSON: Mais est-ce que le projet de construction d'une usine
était partie intégrante de l'échange?
M. SIMARD (Témiscouata): Bien oui, on a donné des
garanties d'approvisionnement de tout le tremble dans les comtés de
Rivière-du-Loup, Kamouraska, Témiscouata, et même une
partie de Rimouski pour intéresser cette compagnie à venir
construire une usine de panneaux de particules à Cabano. Le gouvernement
a rempli son rôle; il a donné des garanties d'approvisionnement;
il a donné des garanties de subventions, et puis aujourd'hui la
compagnie dit: Nous ne construisons plus. Bien, je me dis...
M. DRUMMOND: Je déteste la situation aussi bien que vous.
M. SIMARD (Témiscouata): Mais là, si le ministre pouvait
nous dire, par exemple: Dans six mois, le gouvernement remédiera,
corrigera ou annulera...
M. DRUMMOND: Moi, je préfère dire: Aussitôt que
possible. Si je dis six mois, c'est inscrit et si, par hasard, cela n'est pas
fait à cette date...
M. SIMARD (Témiscouata): Je crois qu'avec cette compagnie, c'est
bon d'attaquer.
M. DRUMMOND: Moi, j'agis de bonne foi, en essayant de régler la
situation. Comme je l'ai dit, il y a tout le ministère, je ne parle pas
seulement de moi. Evidemment, votre gouvernement, dans le temps, était
au courant de fait, vers la fin que le projet n'allait pas se
réaliser. Il faut une solution, nous sommes d'accord.
M. RUSSELL: M. le Président, le ministre a souligné, tout
à l'heure, qu'il ne pouvait rien faire légalement pour annuler le
permis. Est-ce qu'il réaffirme, après l'information qu'il peut
obtenir de ses collaborateurs qui sont ici, à la commission et qui
siègent à ses côtés, que l'entente qu'il y a avec
cette compagnie ne peut pas être annulée si ces gens ne
remplissent pas les obligations qu'ils ont contractées envers le
gouvernement lorsqu'ils ont obtenu ces droits?
M. DRUMMOND: Selon notre avocat qui en a analysé le contrat, on
ne peut pas arrêter la coupe actuellement. C'est l'information que nous
avons reçue. Je ne suis pas avocat.
M. SIMARD (Témiscouata): Je vais lire un passage, ici, au
ministre. Il est probablement au courant, mais c'est pour l'information des
membres de la commission". "La compagnie D'Auteuil Lumber doit construire ou
participer à la construction d'une usine de panneaux de particules
à Cabano qui, d'après l'entente, devrait être en marche au
plus tard le 1er mars 1971, sans quoi l'exclusivité des droits de coupe
dont il est question aux paragraphes B et E de l'arrêté en conseil
1598 du 28 mai 1969 pourra être annulée."
Je crois que c'est proche, mars 1971. C'est un investissement de $5.5
millions. Je pense que l'on doit, à un moment donné, prendre des
mesures pour forcer la compagnie à dire oui ou non.
M. LE PRESIDENT: La parole est au député de
Rivière-du-Loup.
M. LAFRANCE: M. le Président, je me demande si dans
l'arrêté en conseil on vient de m'en lire un extrait
il est prévu, justement, des sanctions contre la compagnie qui ne
remplit pas ses obligations.
M. SIMARD (Témiscouata): L'entente est annulée.
UNE VOIX: C'est clair.
M. LAFRANCE: Bon. L'an passé, quand l'arrêté en
conseil a été signé, le député de
Témiscouata était tout heureux et, cette année, il
réclame à cor et à cri l'annulation de tout cela, alors
qu'il savait, avant le 29, que la compagnie ne construisait pas.
M. SIMARD (Témiscouata): J'aimerais informer le
député de Rivière-du-Loup qu'à la suite de
rencontres qui ont eu lieu durant l'hiver, avant le 29 avril, même dans
le mémoire soumis par la ville de Cabano, ici, on mentionne en toutes
lettres que la compagnie en question était disposée à
commencer la construction dès le 15 mai. Et quelques jours après
l'élection du 29 avril, la compagnie recule et dit: Nous ne
sommes pas intéressés plus que cela. Nous remettons cela
à plus tard. Et on patine là-dessus depuis ce temps-là.
C'est ce que je disais au ministre tantôt: Est-ce que la compagnie veut
profiter de l'occasion du changement de gouvernement pour avoir des
concessions, encore? C'est la question que nous nous posons, dans le
comté de Témiscouata.
M. DRUMMOND: La réponse est non. Nous sommes pris avec un
contrat, n'est-ce pas?
M. SIMARD (Témiscouata): Mais elle aussi est prise avec un
contrat qu'elle doit respecter. C'est un contrat, cela.
M. DRUMMOND: Oui, c'est un contrat. Mais la seule date fixée
vraiment, légalement, c'est le 1er mars 1971.
M. LESSARD: Je reviens un peu sur cette transaction parce que je pense
que c'est extrêmement important et que cela montre comment, toujours, les
compagnies administrent, on dirait, elles-mêmes les ressources
naturelles. Les droits de coupe, normalement, c'est $5. Quels sont les
différents montants pour les droits de coupe? M. le ministre je
m'excuse de vous déranger est-ce que...
M. DRUMMOND: Je suis ici pour cela.
M. LESSARD: ... nous pourrions savoir quels sont les différents
droits de coupe qu'impose le gouvernement sur la forêt, et quels sont les
critères du gouvernement en ce qui concerne ces droits de coupe?
M. DRUMMOND: Dans les concessions forestières, il s'agit de $2.50
la corde.
M. LESSARD: Pour les concessions forestières, oui.
M. DRUMMOND: Et pour les forêts domaniales, il s'agit d'un tarif
établi par arrêté en conseil.
M. LESSARD: Dans les forêts...
M. DRUMMOND: Chaque classe individuellement est un peu...
M. LESSARD: Dans les forêts domaniales, c'est-à-dire dans
les forêts de la couronne, si un particulier ou une coopérative va
couper du bois, le droit de coupe est déterminé par...
M. DRUMMOND: Arrêté en conseil.
Ml. LESSARD: ...arrêté en conseil. Est-ce que ce droit de
coupe peut être supérieur au droit de coupe des concessions
forestières? Quand vous dites concessions forestières, il s'agit
ici des droits de coupe des grosses compagnies.
M. DRUMMOND: Si c'est une question de définition, oui, cela peut
être plus élevé.
M. LESSARD: Donc, les particuliers paient des droits de coupe
supérieurs aux droits des compagnies?
M. DRUMMOND: Non, je vous dis que cela peut être plus
élevé ou plus bas aussi.
M. LESSARD: Est-ce qu'on peut aller jusqu'à annuler les droits de
coupe dans certaines conditions?
M. DRUMMOND: Comme on l'a déjà remarqué, cela a
été annulé dans le cas du concessionnaire d'Auteuil
Lumber, pour une raison ou une autre.
M. LESSARD: Vous me dites que la D'Auteuil Lumber paie $2.50 la corde.
Il ne s'agit pas d'un droit de coupe, ici?
M. DRUMMOND: Non, j'ai dit qu'elle avait reçu la
gratuité...
M. LESSARD: Gratuité complète.
M. DRUMMOND: ... en effectuant un transfert...
M. LESSARD: Elle a reçu la gratuité avec promesse...
M. DRUMMOND: Ce n'est pas pour tout le volume de l'entente. J'oublie
actuellement...
M. LESSARD: M. le ministre...
M. DRUMMOND: C'est pour 450,000 cordes.
M. LESSARD: Elle a donc reçu la gratuité complète,
moyennant la possibilité d'une construction?
M. DRUMMOND: Cela n'est pas aussi facile que cela, non.
M. LESSARD: Est-ce qu'on pourrait m'ex-pliquer, M. le ministre, pourquoi
elle a reçu...
M. DRUMMOND: Nous en avons déjà discuté plus
tôt.
M. LESSARD: Mais non, je suis ici depuis le début, M. le
ministre.
M. DRUMMOND: Nous avons discuté du fait que l'on avait
exproprié...
M. LESSARD: D'accord.
M. DRUMMOND: ... et qu'on leur avait accordé un terrain sur la
Côte-Nord en lui donnant une certaine gratuité. En l'attirant,
encore, dans le comté de Témiscouata, cette
gratuité...
UNE VOIX: Un transport.
M. DRUMMOND: C'est cela. Il y a eu transport de la gratuité pour
essayer d'établir la D'Auteuil Lumber dans la région afin
d'ériger une usine.
M. LESSARD: Où était située la compagnie D'Auteuil
Lumber avant?
M. DRUMMOND: Elle avait une concession sur la Côte-Nord.
M. SIMARD: (Témiscouata): Elle avait une concession sur la
Côte-Nord.
M. DRUMMOND: Et dans votre comté.
M. LESSARD: Vous ne savez pas où, dans le comté?
M. SIMARD (Témiscouata): A Sacré-Coeur.
M. LESSARD: A Sacré-Coeur.
M. DRUMMOND: A Ragueneau.
M. SIMARD (Témiscouata): A Ragueneau.
M. LESSARD: Bon. Vous avez donc exproprié je parle du
gouvernement des propriétés. Est-ce qu'il s'agit de
terrains ou de maisons?
M. DRUMMOND: C'était la seigneurie de Nicolas Rioux dans
Témiscouata.
M. LESSARD: Est-ce que cette seigneurie, la compagnie l'avait
reçu du gouvernement ou si elle avait dû l'acheter
elle-même?
M. DRUMMOND: Elle l'avait achetée.
M. LESSARD: A quel prix s'est faite l'expropriation? Vous me dites que
la compagnie paie pas de taxes moyennant une expropriation. Cela a donc
dû être calculé.
M. SIMARD: (Témiscouata): La compagnie d'Auteuil avait des
terrains sur la Côte-Nord. Et la Donohue avait des terrains sur la
côte sud, dans le comté de Kamouraska. Il y a eu un échange
entre le gouvernement, qui a donné les concessions de la D'Auteuil, sur
la Côte-Nord , à la compagnie Donohue. La compagnie Donohue a
donné, sur la rive sud, des terrains à la compagnie
d'Auteuil.
M. LESSARD: A ce moment-là, les $2.50 n'ont donc pas
été diminués, c'est-à-dire que la gratuité
n'a donc pas été donnée à cause du fait qu'il y a
eu expropriation, puisqu'il y a eu échange entre les deux compagnies.
Alors, la gratuité aurait été donnée...
M. SIMARD (Témiscouata): M. le Président, est-ce que le
ministre pourrait me dire...
M. LESSARD: M. le Président, parce que je dérangeais le
ministre en parlant, j'ai arrêté. Donc, ce que je voulais dire,
c'est que s'il y a eu échange de deux propriétés, entre
deux compagnies, il n'appartenait pas au gouvernement de payer l'expropriation.
Il y a eu échange. La gratuité, à ce moment-là,
aurait été donnée selon les conditions du contrat
c'est-à-dire pour en autant que la compagnie construisait? Ecoutez, il
reste que c'est un problème important...
M. DRUMMOND: C'est un problème très important, mais nous
sommes ici aujourd'hui et le problème date de 1956. C'est la question
d'essayer de trouver une solution aussitôt que possible à cette
affaire.
M. LESSARD: Mais...
M. DRUMMOND: C'est en 1956 que l'affaire a commencé.
M. LESSARD: Cela soulève ainsi tout le problème de nos
concessions forestières.
M. DRUMMOND: Oui, l'expropriation de Nicolas Rioux a été
faite en 1956 et le transfert a été fait...
M. LESSARD: Est-ce qu'on pourrait demander les documents?
M. RUSSELL: M. le Président, je voudrais proposer à la
commission d'ajourner cette question si le ministre voulait s'engager à
déposer les documents, même si on retourne en 1956, et en
même temps accompagner ces documents d'un avis de son conseiller
juridique à l'effet qu'il ne peut rien faire pour arrêter la coupe
actuellement en cours suivant les ententes faites entre la compagnie et le
gouvernement.
M. GIASSON : II ne peut rien faire avant le 1er mars 1971.
M. RUSSELL: Le conseiller juridique le mettra par écrit et cela
accompagnera les autres documents qui seront déposés.
M. LESSARD: Est-ce qu'on peut...
M. SIMARD (Témiscouata): M. le Président, remarquez bien
que la compagnie doit construi-
re une usine avant le 1er mars 1971. Cela veut dire qu'il faudra qu'elle
commence avant.
M. DRUMMOND: Je suis d'accord.
M. LESSARD: Est-ce qu'on peut compter que les documents seront
déposés?
M. DRUMMOND: Oui.
M. RUSSELL: A la prochaine séance...
M. DRUMMOND: Aussitôt que possible.
M. RUSSELL: ... parce qu'aujourd'hui, nous ajournons à 3 heures
30. Disons que ce ne sera pas aujourd'hui, mais on déposera les
documents accompagnés d'une lettre du conseiller juridique.
M. DRUMMOND: D'accord.
M. LE PRESIDENT: Est-ce que tous sont consentants?
M. DRUMMOND: Je suis tout à fait d'accord. C'est un
problème très important.
M. LESSARD: J'accepte le dépôt de documents...
M. SIMARD (Témiscouata): Est-ce qu'on peut espérer revenir
sur cet article avant la fin de l'étude des crédits?
M. RUSSELL: Les documents seront déposés à la
prochaine séance.
M. SIMARD (Témiscouata): Vous déposerez les documents
à la prochaine séance?
M. DRUMMOND: D'accord.
M. LESSARD: M. le Président, je reviens, si vous voulez, sur les
droits de coupe. Vous me dites que les droits de coupe, en ce qui concerne, par
exemple, la forêt domaniale, sont déterminés par
arrêté en conseil. Est-ce que le gouvernement a des
critères bien établis ou si c'est laissé, tout simplement,
à la bonne volonté du ministre, ce qui devient extrêmement
dangereux puisque dans ces circonstances, si on est bon avec le ministre, on
peut obtenir gratuité de la coupe, ce qui devient du patronage...
M. LE PRESIDENT: Je pense que cette question est partie
intégrante du rapport que M. le ministre devra fournir...
M. LESSARD: Je ne le crois pas, M. le Président, puisqu'il s'agit
ici des droits de coupe, non pas du comté de Témiscouata, mais
globalement des droits de coupe et de l'administration forestière pour
l'ensemble du Québec.
M. LE PRESIDENT: Est-ce que l'ensemble de la commission est
d'accord?
M. COITEUX: Je tiendrais, avant qu'on soit d'accord, à faire tout
de même une correction, afin de ne pas laisser le public sous une fausse
expression. Le député de Saguenay vient d'avancer que
l'établissement des droits de coupe est laissé à la
discrétion du ministre. Cela va beaucoup plus loin. Nous avons un bureau
de techniciens extrêmement compétents dans ce domaine. Ce sont des
ingénieurs forestiers qui ont une grande expérience. Les
études pour déterminer s'il y aura plein droit de coupe,
demi-droit de coupe ou pas de droit de coupe du tout ce qui peut
dépendre d'un feu, de certaine circonstance sont faites au palier
technique et la décision est soumise au ministre qui, en
définitive, use de sa discrétion, mais après avoir
été pleinement et complètement renseigné sur le
bien-fondé de telle recommandation par la direction de la
planification.
M. LE PRESIDENT: Est-ce que c'est l'avis général de cette
commission de commencer immédiatement l'étude des postes?
M. BOIVIN: M. le Président, écoutez.
M. LE PRESIDENT: Une autre question générale, M. le
député?
M. BOIVIN: Au sujet des inventaires forestiers, est-ce qu'on peut dire
que le gouvernement a fait et a l'inventaire forestier de toutes les
concessions domaniales et cantonales qui lui appartiennent en propre?
M. DRUMMOND: Oui, nous avons un inventaire général de tout
cela.
M. BOIVIN: Est-ce qu'il y a aussi des inventaires des forêts
privées?
M. DRUMMOND: Plus que la moitié.
M. SIMARD (Témiscouata): Pour l'information du
député de Rivière-du-Loup, qui semble
intéressé à ce problème de
réaménagement forestier dans Témiscouata et même
Rivière-du-Loup, Kamouraska et une partie de L'Islet, et qui semble
s'intéresser au projet dans le cas de la compagnie Mohawks, je crois que
c'est un tout, ce réaménagement forestier du territoire qu'on
appelle KRT, Kamouraska, Rivière-du-Loup et Témiscouata.
Le député de Rivière-du-Loup sait que la compagnie
Mohawks a peut-être perdu de ce côté certains territoires,
mais elle est compensée, par ailleurs, par les copeaux qui partent du
Témiscouata, par exemple, et vont alimenter l'usine de
Rivière-du-Loup. Je pense que c'est supérieur à la
production de la concession de la compagnie Mohawks. Ce n'est pas le
Témiscoua-
ta qui a réglé tout ce problème. C'est à la
suite d'études et de recommandations du BAEQ qui datent de cinq ou six
ans et à la suite d'inventaires forestiers qui ont été
produits et mis sur papier et qui ont prouvé, chiffres à l'appui,
qu'il y avait des possibilités pour Rivière-du-Loup, pour
Témiscouata et même pour Kamouraska. C'est le
réaménagement forestier.
Le cas de la compagnie D'Auteuil, c'est un cas parmi tous les autres cas
du comté. Mais c'est le principal, par exemple, et qui complétera
l'organisation du territoire.
M. LAFRANCE: II n'est justement pas prouvé que le BEAQ et le CRD
ont eu entièrement raison, car c'est à la suite de
recommandations du CRD, comme vous l'avez dit tantôt, qu'on est pris avec
la compagnie D'Auteuil Lumber.
M. SIMARD (Témiscouata): A la suite des études qui ont
été faites, aussi, par...
M. LAFRANCE: Ah oui!
M. RUSSELL: Cela ne veut pas dire qu'ils ne sont pas infaillibles.
M. LAFRANCE: Ah non! Cela ne veut pas dire qu'ils ont raison, non plus,
dans le cas de Donohue et dans le cas de Mohawks.
M. SIMARD (Témiscouata): II y a aussi des gens de
Rivière-du-Loup qui ont participé à ces études.
Vous avez des gens de la chambre de commerce, tous les groupes ont
été pour quelque chose dans tout cela.
M. COITEUX: Pour autant que je connaisse le cas de Mohawks, je pense que
les plaintes étaient à l'effet que les petites industries
locales, vu que la production de Mohawks s'en va surtout à Estcourt,
obligent les gens de cette région à s'approvisionner à 50
milles, parce que la production qu'ils pourraient avoir chez eux je
parle de mémoire, puisque j'ai lu le rapport en diagonale ...
M. LAFRANCE: C'est exactement le même problème pour F.F.
Soucy, qui doit s'approvisionner même de l'autre côté, alors
que des concessions sont accordées à des compagnies qui exportent
à l'extérieur de la région.
M. SIMARD (Témiscouata): Je crois que ce n'est pas le cas de la
région du comté de Témiscouata, où tous les
producteurs, où les industries de sciage expédient leurs copeaux
à Rivière-du-Loup: Guéret, Richard Pelletier, et
même deux moulins de Guéret, un à Sainte-Rose et l'autre
aux Escoumins.
M. LAFRANCE: Ils exportent les copeaux chez F.F. Soucy, mais pas chez
Mohawks.
M. SIMARD (Témiscouata): Non, non.
M. LAFRANCE: Mohawks s'approvisionne en bois...
M. LE PRESIDENT: II y a une autre question du député de
Saguenay.
M. LESSARD: Je reviens à la dernière question, en ce qui
concerne les généralités. L'honorable député
de Duplessis répond assez clairement à mes questions il semble
assez au courant. Le fait que ces droits de coupe soient
déterminés par arrêté en conseil, le faut, surtout,
que telle coopérative ou tel individu doivent payer $5 ou $2.50, est-ce
que cela ne crée pas une situation difficile au niveau des producteurs
de bois? Est-ce qu'à ce moment-là il n'y a pas une certaine
initiative qui est laissée à...
M. COITEUX: Dans ce moment-là, je sais que, dans l'opinion
publique peut-être, il peut rester des doutes. Mais les facteurs
déterminants qui suscitent, disons, une recommandation auprès du
ministre, pour tel prix ou tel prix, cela tient compte d'une foule de choses.
Cela peut même aller jusqu'à tenir compte du facteur, disons, d'un
syndicat forestier qu'on voudrait aider à débloquer ou quelque
chose comme cela.
Ce ne sont pas des lois générales. Il y a certains
facteurs généraux, naturellement, comme
l'accessibilité...
M. LESSARD: La rentabilité.
M. COITEUX: ... la pente, l'endroit où le bois est
expédié, la distance pour se rendre à l'usine. Tous ces
facteurs jouent avec la densité des peuplements, le genre de
peuplements, c'est-à-dire est-ce que c'est uniquement un peuplement de
feuillus, ou de feuillus et de résineux, de sapins ou
d'épinettes? Ce sont des facteurs qui dépendent du but
visé lors de l'exploitation, selon que c'est pour aller au sciage,
être tranformé en copeaux ou en pâte. Ce sont tous des
facteurs qui sont extrêmement importants. Et même les conditions
économiques régionales peuvent influencer.
Cependant dans le public, un gars peut dire: Moi, je paie $5 et toi tu
ne paies que $2. Eh bien, le ministre, tu l'as "liché", qu'est-ce que tu
lui as fait? En fait, ce n'est pas cela du tout.
M. DEMERS: Ce n'est pas ce qui compte.
M. COITEUX: Cela peut se faire, mais c'est assez délicat... Il y
a des gens qui ne sont pas contents; cela m'est arrivé
déjà. J'ai eu des gens, chez moi, qui m'ont dit: Mon voisin paie
tant et l'autre paie tant. On lui explique. Et si on s'adresse à un
homme intelligent, même s'il n'a pas beaucoup d'instruction, et qu'on lui
expli-
que avec des mots, il va comprendre. A ce moment-là, il se
résigne. D comprend que cela n'a pas été arbitraire, le
choix d'un droit de coupe.
C'est pour cela que le droit de coupe, c'est entendu, on dit: C'est
l'arrêté en conseil, c'est le ministre. Mais le ministre, toute
cette affaire lui a été présentée après
avoir été mûrement réfléchie par une foule de
techniciens qui s'occupent de ces cas.
M. LESSARD: Donc, on tient compte s'il y a période de
chômage...
M. COITEUX: C'est cela.
M. LESSARD: D'accord, M. le Président.
M. BOIVIN: M. le Président...
M. LE PRESIDENT: Oui, M. le député?
M. BOIVIN: Une question d'ordre générale. Je sais que dans
le passé, il y a eu un comité interministériel. Dans le
cas présent, il y a eu collaboration entre le ministère de la
Famille, et du Bien-Etre social, et certains ministères à
vocation économique, tels que le ministère des Terres et
Forêts, où on a organisé la reforestra-tion de la
forêt. Est-ce que le ministre pourrait me dire si on peut être
assuré que ce programme de reboisement se poursuivra sous le
régime du gouvernement actuel?
M. DRUMMOND: Oui, certainement. Je pense que cela va toucher 30 millions
de plants cette année et on prévoit d'ici peu 50 millions de
plants.
M. BOIVIN: Dans mon comté, en particulier dans la paroise de
Saint-Fulgence un projet a été suspendu temporairement. Je
voudrais savoir si on peut compter sur ce projet qui avait été
préparé?
M. DRUMMOND: Oui, je regarderai le dossier de ce cas. Mais je peux vous
assurer que c'est une de nos priorités, évidemment.
M. COITEUX: Est-ce que le député de Dubuc pourrait nous
dire si Saint-Honoré a voté bleu?
M. BOIVIN: Ah oui! C'est Saint-Fulgence.
M. SIMARD (Témiscouata): Dans le même ordre d'idée,
puisqu'on parle de reboisement, est-ce que le ministre pourrait me dire si la
pépinière du lac Dull, dans le comté de
Témiscouata, continuera à jouer le rôle qu'elle a
joué ou si on tente de tout centraliser dans le comté de
Rivière-du-Loup, à Saint-Modeste?
M. COITEUX: Si on était politicien, on dirait oui!
M. DRUMMOND: Je chercherai la réponse à cette
question.
M. SIMARD (Témiscouata): On a même dit que tout l'outillage
qui était disponible dans le comté de Témiscouata s'en
irait dans celui de Rivière-du-Loup, je ne sais pas pour quelle raison.
Je crois qu'on devrait laisser sur place, là où est la
forêt, tout l'équipement nécessaire à l'exploitation
de la forêt.
M. DRUMMOND: Je m'informerai de la situation.
M. LESSARD: Y compris la Côte-Nord.
M. le Président, concernant un peu ce même problème,
je ne sais pas si je suis dépassé, mais est-ce que les camps
forestiers pour étudiants, cela existe encore?
M. DRUMMOND: Oui, cela existe encore, mais malheureusement, le montant
est diminué pour cette année.
UNE VOIX: Dans le comté de Laviolette, est-ce qu'il y a une
diminution?
UNE VOIX: C'est le comté du président. M. LESSARD: On peut
en discuter. M. RUSSELL: On y reviendra.
M. LESSARD: On pourrait revenir sur cela, M. le Président.
M. DEMERS: A quel poste pourrait-on discuter de cela?
M. DRUMMOND: Poste 5, article 3.
M. DEMERS: Alors nous allons attendre.
M. LESSARD: D'accord parce que cela peut être long.
M. SIMARD (Témiscouata): Poste 5, sous-article 3: Frais de voyage
et d'équipes.
M. LESSARD: M. le Président, il est 3 h 25. Est-ce que la
commission doit arrêter de siéger à 3 h 30? A moins qu'on
ait d'autres questions d'ordre général, je me demande si...
M. LE PRESIDENT: Est-ce que tous sont d'avis que la commission soit
ajournée?
M. LESSARD: Nous sommes d'avis, nous n'avons pas dîné
encore.
M. RUSSELL: Nous poumons ajourner sine die.
UNE VOIX: D'accord, M. le Président.
M. LE PRESIDENT: Je pense que la Chambre doit nous avertir, au cours de
la semaine prochaine, de la date et de l'heure exactes où nous devrons
nous réunir à nouveau.
(Fin de la séance 15 h 26)
Séance du jeudi 2 juillet 1970
(Dix heures dix minutes)
M. CARPENTIER (président de la commission permanente des Terres
et Forêts)
M. LE PRESIDENT: A l'ordre, messieurs! J'aimerais, au tout début
de cette séance, que chacun des participants, si vous acceptez, se
présente afin que nous soyons plus familiers, chacun d'entre nous, avec
notre voisin; afin aussi de faire mieux connaître et de pouvoir mieux
localiser chacun des comtés et ses représentants. Alors,
j'aimerais qu'on commence ici à ma gauche. Que chacun se nomme et nomme
son comté, également.
M. RUSSELL: M. le Président, je fais remarquer que vous commencez
par votre gauche, cela n'a peut-être pas d'importance; je crois que
personne ne passera de remarques. Je vais commencer par vous donner mon nom,
Armand Russell, député de Shefford.
M. SIMARD (Témiscouata): Montcalm Si-mard, député
de Témiscouata.
M.GAUTHIER (Berthier): Guy Gauthier, Berthier.
M. CROISETIERE: Alfred Croisetière, d'Iberville.
M. BELAND: Jean-Louis Béland, Lotbinière. M. LESSARD:
Lucien Lessard, Saguenay. M. GIASSON: Julien Giasson, l'Islet. M. PILOTE: Roger
Pilote, Lac-Saint-Jean. M. COITEUX: Coiteux, comté de Duplessis.
M. DRUMMOND: Kevin Drummond, Westmount.
M. LE PRESIDENT: Merci, messieurs, si nous...
M. RUSSELL: J'aimerais demander au ministre de nous présenter ses
fonctionnaires.
M. DRUMMOND: M. Boutin et M. Gagnon.
M. RUSSELL: M. Boutin occupe quel poste?
M. DRUMMOND: II est sous-ministre. M. Gagnon est secrétaire du
comité interministériel et agit comme consultant adjoint de M.
Boutin.
M. RUSSELL: Secrétaire de?
M. DRUMMOND: Comité de coordination du ministère.
M. LE PRESIDENT: Alors, messieurs, nous en étions, à la
clôture de cette assemblée la semaine dernière, à
discuter des politiques générales du ministère. Est-ce
que, selon l'avis des membres de cette commission, vous désirez
continuer l'étude de ces politiques ou si vous préférez
que nous étudiions présentement le budget, poste par poste?
Est-ce que quelqu'un a encore quelques questions à poser sur les
politiques générales du ministère?
M. RUSSELL: M. le Président, est-ce que je pourrais faire une
remarque? D'abord, je pense bien que ce n'est pas nécessaire que vous
vous leviez pour parler. La coutume veut que l'on reste assis pour être
bien confortable.
Le ministre avait consenti à déposer certains documents.
Peut-être qu'il pourrait déposer les documents. On pourrait
laisser le poste 1 en suspens pour y revenir après le dîner,
à la discussion. Cela nous permettrait de continuer les autres postes,
un par un, et procéder, avancer sur l'étude du budget, puis
revenir cet après-midi, sur les politiques générales,
après que les documents auront été
déposés.
M. DRUMMOND: D'accord.
M. LE PRESIDENT: Alors, le poste 1 : Administration...
M. RUSSELL: Celui-là, on le laisserait. On commencerait au poste
2: $167,000. Est-ce qu'il y a des questions?
Direction de la planification
M. LE PRESIDENT: Adopté. Article 3: Frais de voyage...
M. RUSSELL: Poste 2. M. le Président, on laisserait tout le poste
1 en suspens et on commencerait au poste 2. On passerait ici à 2:
"traitements et salaires" et on laisserait le poste 1 en suspens. On laisserait
tout le poste 1 en suspens.
M. LE PRESIDENT: Poste 2: article 1: Service de l'aménagement
régional, c'est bien cela?
M. RUSSELL: C'est cela. Est-ce qu'il y a des questions?
Aménagement régional
M. GAUTHIER: M. le ministre, dans le service d'aménagement
régional, est-ce que cela comprend la planification pour la coupe du
bois? J'aurais une question à poser sur la question des lotissements. A
quel article?
M. DRUMMOND: Pour la planification, c'est au service de
l'aménagement régional de la province, en tenant compte de
l'emploi polyvalent des ressources naturelles, etc.
M. GAUTHIER: J'aurais une question sur la question des lotissements. A
quel poste pour-rais-je poser cette question?
M. DRUMMOND: Au poste 2, article 1.
M. LESSARD: M. le ministre, puisque nous parlons ici du service de
l'aménagement régional, pourrait-on nous dire s'il existe
actuellement des plans pour certaines régions ou si c'est global,
l'aménagement régional? Où existe le projet pilote, par
exemple?
M. DRUMMOND: Nous sommes à organiser des régions pilotes.
Il y en a cinq. C'est actuellement fait...
M. LESSARD: Est-ce qu'on pourrait connaf-tre ces régions, M. le
ministre?
M. DRUMMOND: II y a un plan de zone pour les forêts publiques dans
les régions de Matane et de Matapédia, un plan de zone pour les
forêts publiques dans les régions de Rimouski et de
Cascapédia.
M. SIMARD (Témiscouata): Quand vous parlez de la région de
Rimouski, est-ce que ça ne comprend que le comté de Rimouski
ou...?
M. DRUMMOND: C'est toute la région.
M. SIMARD (Témiscouata): Combien de comtés cela
comprend-il?
M. DRUMMOND: Lorsqu'on fait mention de ces plans, ça comprend
tout le territoire de l'ODEQ.
M. SIMARD (Témiscouata): Le territoire de l'ODEQ.
M. LESSARD: Quels sont les genres de projet que l'on fait actuellement?
Est-ce qu'il s'agit, par exemple, d'un aménagement particulier
ou...?
M. DRUMMOND: Non, comme nous l'avons dit, c'est l'aménagement
polyvalent et c'est aussi l'emploi de nos ressources forestières. Nous
travaillons avec les autres ministères, parce que l'industrie des
pâtes et papier et celle du sciage ne sont évidemment pas les
seuls moyens d'utiliser ces ressources.
M. LESSARD: Est-ce qu'on fait particulièrement de la
sylviculture, par exemple?
M. DRUMMOND: Nous faisons de la sylvi-
culture, oui. Mais nous pourrons discuter cet article plus tard.
M. COITEUX: La sylviculture ne s'applique pas réellement à
l'aménagement mais plutôt à l'exploitation. Je comprends
que c'est une partie de l'aménagement, mais je pense que la sylviculture
fait naturellement partie de ça. Etant donné que ce service de
l'aménagement régional est plutôt local, je crois qu'il y a
d'autres articles, lorsqu'on discutera de la sylviculture en
général. Sylviculture signifie le genre de coupe de bois
suggéré, selon les plans d'aménagement. La sylviculture
peut vouloir dire coupe à diamètre limité, reboisement
d'un territoire. Nous nous occupons surtout ici des régions
mentionnées par le ministre il y a quelques instants. Je pense que la
question de sylviculture est une question spécifique à poser pour
un endroit donné, et que cela n'en relève pas tout à fait,
même si on peut faire de la sylviculture à même ce plan
d'aménagement.
M. LESSARD: L'honorable député ou l'honorable ministre
pourraient-ils nous informer sur la question suivante: En quoi consiste dans
ces régions l'aménagement régional: Entre-t-il dans le
cadre du BAEQ?
M. DRUMMOND: Oui, c'est ça. Oui, ce sont les deux choses dont
j'avais parlé. C'est toute la planification de l'emploi de nos
ressources. Cela comprend évidemment les parcs nationaux ou provinciaux,
etc. C'est l'emploi de tout notre sol et pas seulement pour le ministère
des Terres et Forêts. C'est la différence entre ça et ce
dont nous pouvons discuter dans l'étude de la direction
générale du ministère des Terres et Forêts.
M. RUSSELL: II s'agit simplement d'une région
particulière, si je comprends bien, il ne s'agit pas de toute la
province.
M. DRUMMOND: Non. C'est peut-être vrai, mais nous avons quand
même commencé les démarches afin d'étudier aussi
d'autres régions. Je peux faire mention de la région de la baie
James, où nous faisons de la planification de concert avec un
comité interministériel. Nous faisons notre part dans ce domaine
afin d'essayer de faire le meilleur usage possible de nos ressources.
M. RUSSELL: Si je comprends bien, il s'agit spécialement d'une
région pilote, qui est la région de la Gaspésie, et c'est
de concert avec le BAEQ. A l'expérience, à la lumière du
résultat de cette étude ou de l'application de cette nouvelle
politique, ça pourra peut-être être étendu à
toute la province.
M. DRUMMOND: Bien entendu, c'est l'article global, parce qu'on ne peut
pas, si on entre dans la planification, étudier seulement une
région. Il faut, si on fait une telle analyse si on veut la faire
assez bien tenir compte des besoins du reste de la province
également, afin de faire un effort global de la planification. Cela est
vrai.
M. RUSSELL: Si je comprends bien, vous n'avez pas de résultat
tangible de cette étude pilote que vous avez faite, ou que vous faites
actuellement, pour pouvoir décider. Ou avez-vous déjà
décidé de le faire à la grandeur de la province.
M. DRUMMOND: Evidemment, on va le faire à la grandeur de la
province. Mais cela prend du temps. Cela prend des ressources, cela prend de
l'argent.
M. RUSSELL: Selon les résultats que vous obtiendrez de cette
étude pilote que vous faites actuellement. Si l'étude pilote que
vous faites ne s'avère pas rentable, vous ne l'appliquerez
évidemment pas à la grandeur de la province, vous ferez d'autres
études.
M. DRUMMOND: Je le pense bien. Mais quand même, il faut une
planification de nos ressources. Cela est évident. D'une façon ou
d'une autre, on peut déterminer à la fin d'une étude
quelles étaient ses faiblesses. Mais en ce qui concerne la
planification, elle doit continuer.
M. RUSSELL: M. le Président, cela me ramène à la
question posée par le député de Saguenay; quelles sont les
choses comprises dans cette planification, en quoi cela consiste?
M. COITEUX: Cela dépasse un peu la planification telle qu'on
l'entend ici. Cela dépasse un peu ce que l'on appelle ici,
l'aménagement uniquement forestier. Parce que, M. Gagnon, qui est le
secrétaire interministériel de ces choses-là... Il y a
interrelation, parce que vous savez que l'on essaie aujourd'hui tous les
ministères: l'Industrie et le Commerce, le Tourisme, Chasse et
Pêche dans ces territoires, qui sont les territoires de la BAEQ ou
de l'ODEQ, d'établir une coordination entre chaque ministère.
En ce qui concerne le ministère des Terres et Forêts, il
apporte sa part, en essayant de trouver les meilleures solutions pour obtenir,
l'usage maximal des terres, qui n'ont pas de vocation agricole, mais qui
peuvent facilement retourner et aménager les forêts de
façon que l'on puisse, par les relations, ou par la collaboration avec
les autres ministères, en arriver à un résultat.
C'est une étude tout à fait spéciale. Et lorsque
l'on parle au niveau de la province, je ne sais pas si on pourrait aller aussi
loin dans le
moment. On pourrait peut-être dire qu'éventuellement le
même système et les mêmes études se feront dans le
territoire du Saguenay où on a des territoires plus pauvres. Cette
planification n'est pas unique. Le ministère des Terres et Forêts
n'entreprend pas seul ce genre de planification. Il l'entreprend avec d'autres
ministères. Quant à la part, que le ministère des Terres
et Forêts peut apporter, c'est pour cela qu'aujourd'hui, le ministre
demande cet argent-là. C'est pour continuer sa coopération avec
les autres ministères en ce qui a trait au domaine politique.
M. LESSARD: Puisqu'il ne semble pas y avoir un organisme comme tel de
planification au niveau du gouvernement, si on exclut l'Office de planification
du Québec, il semble que les ressources au niveau de chacun des
ministères soient planifiées sans aucune coordination entre les
ministères; ou du moins je peux faire erreur - existe-t-il un
système de collaboration et de coordination entre les différents
ministères, pour faire de l'aménagement régional, y
compris la forêt ou les ressources naturelles, et autres choses.
M. DRUMMOND: II y a un comité interministériel qui
relève l'Office de planification pour vraiment essayer de faire ce que
vous voulez.
M. LESSARD: Est-ce que ce comité fonctionne
réellement?
M. DRUMMOND: Oui, il fonctionne.
M. COITEUX: M. Gagnon en est le secrétaire.
M. LESSARD: Cela ne voudrait pas dire, si l'on excepte les
régions de Matane, Matapédia, Rimouski et Cascapédia,
qu'il n'y a pas d'aménagement régional à
l'extérieur de ces régions.
M. DRUMMOND: Non, non, c'est un projet pilote, mais cela continue quand
même pour d'autres projets, comme j'ai mentionné plus tôt.
Le comité interministériel concernant le développement de
la baie James, où les ministères intéressés sont
inclus. Ils travaillent en coordination avec l'Office de planification afin
d'éviter la faiblesse que l'on remarque lorsqu'un ministère
travaille seul. Il faut continuer ainsi, et c'est notre intention.
M. LESSARD: Est-ce que le ministère a une politique
précise, qui aurait été déterminée par des
recherches, au sujet de l'aménagement régional
particulièrement de l'aménagement forestier?
M. DRUMMOND: Dans tout cela, c'est une question de coordination de
"give-and-take" comme on dit. Parce que si le ministère avait une
politique pour lui seul, ce serait sûrement en vue de
l'aménagement forestier. Alors, il y a toujours le "trade off "à
la lumière des données, pour le bien de la province. Autrement
dit, si, par hasard, dans une certaine région bonne pour le
développement forestier, le ministère du Tourisme, de la Chasse
et de la Pêche veut ouvrir un parc, alors il faut discuter cette affaire
ensemble pour vraiment déterminer quelle serait la meilleure solution et
pour le bien de cette région, et pour le développement de la
province tout entière. Nous ne sommes pas là, mais c'est la
direction dans laquelle nous allons.
M. LESSARD: Il y a quelques années, est-ce qu'un livre n'a pas
été publié sur la forêt, c'est-à-dire une
étude complète de l'aménagement forestier, le livre bleu
je ne sais pas?
M. COITEUX: Le livre auquel vous faites allusion, c'est le livre qui
concernait surtout la revision des lois forestières.
M. LESSARD: Il est en français?
M. COITEUX: C'est un livre blanc qui donnait... Mais cette revision
n'est pas encore à point, je ne pense pas...
M. SIMARD (Témiscouata): Est-ce que nous pourrions avoir les noms
des personnes qui forment ce comité?
M. DRUMMOND: Lequel?
M. SIMARD (Témiscouata): Le comité de planification dont
vous parlez.
M. DRUMMOND: Sur la baie James, ou à... M. SIMARD:
(Témiscouata): Non, non, à...
M. DRUMMOND: A l'Office de planification?
M. SIMARD (Témiscouata): Oui.
M. DRUMMOND: On peut l'obtenir, mais il semble que cela groupe des
sous-ministres de presque tous les ministères, ce n'est pas un petit
groupe.
M. LE PRESIDENT: Sous-article 1: Traitements.
M. LESSARD: Quels sont les différents ministères
impliqués dans l'organisme interministériel: Richesses
naturelles, Forêts? ...
M. DRUMMOND: Tous les ministères...
M. LESSARD: Ce sont les ministres ou les fonctionnaires qui se
rencontrent...
M. DRUMMOND: Ce sont les sous-ministres.
M. LESSARD: On tente, à ces réunions, d'élaborer
des politiques concernant l'aménagement global des richesses naturelles
de la province. Est-ce que cette coordination a donné ce
comité-là existe depuis quelques années, je crois
des résultats précis? Le fait qu'on ait, par exemple, 26 ou 27
ministères pose certainement des problèmes de discussion et de
planification.
M. DRUMMOND: Cela existe seulement depuis deux ans; je n'ai aucun
résultat concret en main. Je peux cependant dire que je pense que la
coordination et la coopération entre les ministères se sont
améliorées à cause de cela. La grande faiblesse de
n'importe quel régime, c'est que quand on ne parle pas ensemble, c'est
que lorsqu'un ministère saute dans une direction sans tenir compte des
autres, le meilleur résultat d'une telle chose ce n'est pas
tellement évident dans un document c'est le fait que, quand on
est averti, on n'agit pas à l'encontre du plan global, c'est
nécessaire pour la coordination.
M. RUSSELL: Si je comprends bien, le même comité qui
existait avant continue à fonctionner comme il fonctionnait depuis deux
ans. Il analyse ce qui est recommandé par le comité de l'ODEQ,
pour la planification par les fonctionnaires; puis c'est soumis au
comité de sous-ministres de tous les ministères qui s'entendent
sur le fonctionnement de la coordination de tous les ministères.
M. DRUMMOND: II y a aussi un aspect juridique, étant donné
que c'est prévu dans la loi de l'office.
M. LE PRESIDENT: Sous-article 1, adopté. Sous-article 2: Frais de
voyage.
M. RUSSELL: M. le Président, ce montant de $8,500 a-t-il
été dépensé l'an dernier?
M. DRUMMOND: Voulez-vous répéter la question?
M. RUSSELL: A-t-on dépensé le montant du budget de l'an
dernier à ce sous-article 2?
M. DRUMMOND: Oui, $8,400.
M. RUSSELL: Quelle est la motivation de ce montant de $12,400 cette
année? Pourquoi cette augmentation de $4,000?
M. DRUMMOND: L'augmentation a pour but de faciliter le paiement de frais
de voyage occasionnés par la mise en oeuvre d'un projet de l'ODEQ et la
confection de plans de zone de forêts publiques.
M. RUSSELL: On prévoit des dépenses additionnelles?
M. COITEUX: C'est pour favoriser les frais de voyage $5,000, c'est
là que l'augmentation portera.
M. RUSSELL: M. le Président, je pense bien que la coutume n'est
pas de favoriser les frais de voyage mais, de payer les dépenses
encourues pour éviter...
M. COITEUX: C'est cela.
M. RUSSELL: ... certaines politiques.
M. COITEUX: Favoriser, c'est-à-dire pour aider à payer les
frais de voyage, ce qui limitera moins le transport de l'ingénieur ou
d'un expert à quelque part. S'ils n'ont pas suffisamment de
crédits, ils ne pourront pas y aller.
M. RUSSELL: Si je comprends bien, l'an dernier, il y a eu des
restrictions de voyage ou de travail à cause du manque de crédits
votés pour les dépenses.
M. COITEUX: C'est cela.
M. DRUMMOND: Oui. C'est vrai.
M. RUSSELL: M. le Président, je pense qu'il devrait y avoir une
politique adoptée par le nouveau ministre pour qu'on sache pourquoi ces
choses se sont produites de sorte qu'on ne limite pas le travail par manque de
crédits votés pour autoriser les dépenses de voyage. H y a
une façon de procéder pour que le travail se fasse suivant les
besoins et que les dépenses se paient.
M. COITEUX: Pour ne pas insulter le député on va lui dire
que l'augmentation de ces crédits par rapport à 69/70 a pour but
de faciliter le paiement des frais de voyage occasionnés par la mise en
oeuvre d'un projet de l'ODEQ: confection des plans de zones des forêts
publiques. Est-ce que cette réponse vous satisfait?
M. RUSSELL: M. le Président, je suis toujours satisfait. Mais je
voudrais être certain qu'on ne donne pas plus d'argent que
nécessaire, au ministre, pour qu'il ne soit pas mal pris et qu'il soit
obligé de couper les dépenses des fonctionnaires parce que
dès qu'ils voient qu'il n'y a plus d'argent, ils veulent en
dépenser davantage. Je veux être certain que ces montants...
M. COITEUX: Non, non, est-ce que c'est ce qui est arrivé avec
certains de vos ministres?
M. RUSSELL: Je me pose la question. Peut-être que le ministre va
nous en informer par l'entremise de ses fonctionnaires.
M. DRUMMOND: Nous tenons un bon contrôle des dépenses de
voyage. Je peux en assurer l'honorable député.
M. RUSSELL: M. le Président, nous allons prendre une chance, nous
allons nous fier au ministre, nous allons adopter ce sous-article.
M. LE PRESIDENT: Sous-article 2, adopté.
M. DRUMMOND: Je peux dire que mon sous-ministre a plus d'heures que
moi.
M. LE PRESIDENT: Sous-article 3: Services contractuels.
M. LEGER: Le ministre pourait-il nous dire en quoi consiste cet article?
Est-ce que ce sont des contrats donnés à des individus pour faire
de la recherche ou des plans?
M. COITEUX: Pour faire des études sur le terrain et faire des
plans.
M. DRUMMOND: En général ou détaillé?
M. LESSARD: Pardon? En général, globalement.
M. DRUMMOND: En général, la somme demandée
servirait à défrayer le coût de la confection des plans
pour les zones de Matane, Matapédia, etc. et servirait à des fins
diverses telles qu'honoraires d'experts, achat... Ah non! Cela est payé
par des honoraires supplémentaires, d'accord.
M. LESSARD: Alors cela veut dire qu'on engagerait un surplus de
personnel pour faire des études précises sur des projets
précis, comme par exemple, la région de la Gaspésie ou
l'ODEQ.
M. DRUMMOND: Cela n'est pas nécessairement un surplus de
personnel à embaucher, mais un personnel qui a une certaine
expérience et dont on a besoin pour une période donnée si
je préfère le dire comme cela.
M. LESSARD: Et vous n'avez pas, à ce moment-là, parmi
votre personnel des gens qualifiés pour faire ces études?
M. DRUMMOND: Tout le monde travaille chez nous et, lorsqu'il s'agit
d'une étude supplémentaire, il faut aller à
l'extérieur parce que, s'il y a beaucoup d'études à faire
pendant un certain moment et si on n'embauchait pas quelqu'un pour faire ce
travail d'étude au niveau du ministère, on aurait un empire
à la fin de tout cela. Un tel système est pour garantir que notre
personnel permanent soit plus efficace, et cela nous donne la
flexibilité de faire d'autres projets importants.
M. LESSARD: Ces personnes choisies pour faire ces études, leur
donne-t-on cela par contrat, leur demande-t-on des prix avant de faire
l'étude?
M. DRUMMOND: Non, on demande un prix, il y a un tarif pour des
honoraires, etc. On n'emploie pas tel expert nécessairement pour sa plus
basse soumission. Ce qu'on cherche, c'est la compétence et il y a
beaucoup d'aspects qui entrent en jeu: par exemple, combien d'heures les
spécialistes, les partenaires d'une firme travailleront-ils et combien
d'heures le personnel moins spécialisé? C'est un choix à
faire.
M. LESSARD: Les honoraires sont fixés à l'avance par le
gouvernement.
M. COITEUX: Le député comprendra qu'on peut difficilement,
lorsqu'on aborde des problèmes de haute compétence, comme pour
préparer par exemple, un plan de gestion pour un comité, aller
demander des soumissionnaires. Cela ne voudrait pas dire que le meilleur
marché serait le plus compétent. Mais, il y a des honoraires,
comme le ministre vient de le dire, de fixés d'avance pour tel et tel
travail technique qu'on demande à l'extérieur du
ministère. La raison pour laquelle nous avonsbesoin de l'aide venant de
l'extérieur du ministère, comme le ministre vous l'a
expliqué tout à l'heure, c'est qu'il s'agit d'ouvrages
temporaires et qu'on ne peut pas affecter un personnel permanent pour un
travail à la pige. Nous sommes obligés de le faire. D'ailleurs,
tous les ministères le font.
M. RUSSELL: C'est une coutume qui existe depuis quelques années,
non seulement à Québec, mais partout dans la province, dans
l'administration publique. Dans le pays aussi.
M. DRUMMOND: Cela a du bon sens. UNE VOIX: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Sous-article 3, adopté. Sous-article 4:
Honoraires et autres dépenses.
UNE VOIX: Adopté.
Etudes économiques
M. LE PRESIDENT: Article 2: Service des études
économiques. Sous-article 1: Traitements.
M. LESSARD: On tombe à 3. UNE VOIX: Article 2, page 152.
M. LESSARD: Mais avant "Moins: Contribution du gouvernement du Canada".
Est-ce qu'il s'agit ici des ententes à l'intérieur du BAEQ, de
l'ODEQ?
M. DRUMMOND: Oui, il s'agit de l'ODEQ.
M. LESSARD: Cette entente-là, est-ce qu'elle est signée
précisément par le ministère des Terres et Forêts ou
par un autre ministère?
M. DRUMMOND: Ce n'est pas par le ministre des Terres et Forêts,
mais probablement par le premier ministre, si je ne me trompe pas.
M. LESSARD: Et l'argent est réparti par la suite entre les
différents ministères concernés. D'accord.
M. LE PRESIDENT: Sous-article 1.
M. RUSSELL: M. le Président, ici il y a une augmentation de
fonctionnaires de 12 à 18, est-ce que les postes ont été
comblés ou combien y en a-t-il de comblés?
M. DRUMMOND: Frais de voyage, ici?
M. RUSSELL: Non, sous-article 1, article 2: Traitements. C'est une
augmentation importante, c'est 50 p.c.
M. DRUMMOND: Douze de comblés et six additionnels.
M. RUSSELL: Le montant de $148,000 qui est demandé comprend-il le
salaire pour les douze postes ou pour les dix-huit postes?
M. DRUMMOND: II y a douze employés permanents. Cela comprend
$128,500, répartis comme suit: avancement d'échelon, $3,600;
avancement de classe, $5,800; rémunération additionnelle, $500;
employés occasionnels, $10,000; $70,000; seront sollicités du
ministère des Finances pour l'engagement du personnel prévu au
programme d'utilisation, soit les six postes suivants. Voulez-vous
connaître ces postes?
M. RUSSELL: M. le Président, ma question est celle-ci: Le montant
de $148,000 comprend-il l'argent nécessaire pour combler les 18
postes?
M. DRUMMOND: Oui.
M. RUSSELL: Quel montant a été demandé l'an
dernier?
M. DRUMMOND: Non, non. Les six postes additionnels restent inscrits
à un poste du ministère des Finances.
M. RUSSELL: Le montant de $148,000 comprend donc l'argent
nécessaire pour payer les douze postes. S'il y a des postes additionnels
à combler, vous devrez demander la permission au ministère des
Finances?
M. DRUMMOND: Oui.
M. RUSSELL: Aucun de ces postes n'a été comblé
jusqu'à présent?
M. DRUMMOND: Pas encore.
M. RUSSELL: Merci.
M. LE PRESIDENT: Sous-article 1, adopté?
UNE VOIX: Oui.
M. LE PRESIDENT: Sous-article 2: Frais de voyage.
M. BELAND: II y a une différence énorme en ce qui concerne
les frais de voyage. Est-ce que l'on peut avoir des explications?
M. DRUMMOND: Le montant inclus servira à défrayer les
frais de transport et de pension des fonctionnaires de service dans le cadre
des travaux à poursuivre ou à entreprendre. La somme
additionnelle de $10,000 requise pour les frais de voyage est liée au
programme d'utilisation, de déplacement et de frais de location
d'avions.
M. SIMARD (Témiscouata): Adopté.
M. LE PRESIDENT: Sous-article 2, adopté. Sous-article 3: Services
contractuels.
M. LESSARD: M. le ministre, serait-il possible de nous indiquer
brièvement quelques contrats qui sont déjà accordés
en ce qui concerne des études économiques, et à quelles
firmes ils sont accordés?
M. DRUMMOND: J'ai ici une liste. Il y a une étude sur
l'utilisation actuelle des essences feuillues du Québec en regard de
leur utilisation optimum. Cela fait suite à un contrat accordé en
1968-1969; il s'agit de $15,000. Il y a une étude sur la
régionalisation, au ministère des Terres et Forêts, pour
des travaux en collaboration et des études en cours à la
direction générale de la planification, $7,500; il y a la
participation à une étude économique portant sur
l'établissement des modèles pour la détermination des
objectifs de croissance des secteurs forestiers au Québec, $3,600; il y
a des travaux d'évaluation de territoires forestiers, $15,000; il y a
des travaux d'évaluation des territoires forestiers de la compagnie
Fraser, $10,000.
M. LESSARD: Est-ce que ces contrats ont déjà
été accordés?
M. DRUMMOND: Oui, ils sont déjà accordés.
M. BELAND: Lorsque vous parlez de tra-
vaux d'évaluation de la compagnie Fraser, est-ce que
c'était en vue d'accorder une concession quelconque, ou quoi?
M. DRUMMOND: On a exproprié des terrains de la compagnie Fraser
et cette étude était pour déterminer les prix à
payer.
M. RUSSELL: Si je comprends bien, les contrats qui sont
déjà accordés sont des contrats qui ont été
accordés l'an dernier? Cette année, c'est la continuation de ces
contrats?
M. DRUMMOND: D'accord.
M. RUSSELL: Avec une addition de $30,000?
M. DRUMMOND: Oui, il y en a d'autres pour...
M. RUSSELL: Est-ce qu'il y a de nouveaux contrats?
M. DRUMMOND: II y en a un qui est la poursuite d'un travail
déjà commencé en rapport avec l'étude de
modèles de gestion de territoire: $15,000. Dans le cadre du programme
d'utilisation de la forêt pour fins industrielles, services contractuels
en vue de l'exécution de travaux d'inventaire, d'exploitation, de plans
d'exploitation et d'analyse de coûts de travaux reliés aux
études de rentabilité, etc.: $40,000. Dans le cadre de l'ODEQ, il
y a un autre projet aussi.
M. RUSSELL: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Sous-article 3, adopté. Sous-article 4:
Transport et autres dépenses. Adopté? Article 3, sous-article 1 :
Traitements et Salaires.
Recherche
M. LESSARD: ici, on passe d'un personnel de 23 personnes à 36.
Est-ce parce que nous avons l'intention de faire beaucoup plus de
recherches?
M. DRUMMOND: On est en train de réorganiser ce service, il s'agit
d'une augmentation de personnel.
M. LESSARD: Est-ce un nouveau service que l'on crée à
l'intérieur?
M. DRUMMOND: Non, ce n'est pas tout à fait nouveau, mais cela
existe depuis deux ans, je pense, et on continue de grouper notre...
M. LESSARD: Oui, mais il s'agit ici d'une augmentation du personnel
M. DRUMMOND: Oui.
M. LESSARD: De 23 à 36, donc treize nouvelles personnes. Est-ce
que ces personnes sont actuellement engagées?
M. DRUMMOND: II y en a sept qui étaient fonctionnaires de
l'inventaire canadien des terres, et elles ont été mutées
à ce service.
M. LESSARD: Maintenant;;;...
M. DRUMMOND: II y a six nouveaux postes, au lieu de 13, en
réalité. Et ils ont été autorisés dans le
cadre du programme de l'ODEQ.
M. LESSARD: Six nouveaux postes? M. DRUMMOND: Oui.
M. LESSARD: Ce qui voudrait dire que ce serait 29 au lieu de 36? Parce
que l'an dernier, c'était 23.
M. DRUMMOND: Non. Pour les sept, j'ai dit qu'il s'agissait d'une
mutation.
M. LESSARD: D'accord.
M. LE PRESIDENT: Sous-article 1, adopté. Sous-article 2 :
Salaires.
M. RUSSELL: M. le Président, la baisse indique peut-être
des salaires qui étaient payés à des occasionnels et qui
seront acceptés comme permanents, aujourd'hui. Est-ce que
l'augmentation, au sous-article 1, n'est pas une justification de la baisse
à l'article 2?
M. DRUMMOND: Pas nécessairement. M. RUSSELL: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Sous-article 2, adopté. Sous-article 3: Frais de
voyage.
M. RUSSELL: M. le Président, encore là, est-ce que les
frais de voyage ont augmenté par rapport à l'augmentation du
personnel, de la mutation de personnel?
M. DRUMMOND: En majeure partie, je dirais oui.
M. RUSSELL: C'est $35,000 d'augmentation.
M. DRUMMOND: Le montant de $51,000 pour défrayer des
dépenses encourues dans des projets de l'ODEQ, encore est-ce que...
M. RUSSELL: Donc, on retrouve un peu
partout, à l'intérieur des crédits, des montants
d'augmentation, ici et là, qui sont dus aux travaux effectués par
l'ODEQ?
M. DRUMMOND: Oui.
M. COITEUX: Des travaux qui sont faits dans le cadre du programme de
l'ODEQ.
M. RUSSELL: Dans le cadre du programme de l'ODEQ.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Sous-article 4, matériel...
M. RUSSELL: Est-ce qu'il y a des questions?
M. LE PRESIDENT: Sous-article 5, équipement, outillage...
M. BELAND: Est-ce qu'il s'agit tout simplement d'achat de machinerie ou
de quoi?
M. DRUMMOND: De terrain pour les travaux en forêt.
M. LE PRESIDENT: Sous-article 5, adopté. Sous-article 6:
Equipement, adopté. Sous-article 7: Services contractuels,
adopté;.
M. BELAND: Un instant, M. le Président, on voit, ici, services
contractuels, et je note une diminution considérable. Si l'on
considère l'augmentation d'employés dont nous avons
discuté tantôt, j'ai de la difficulté à m'expliquer
cette situation, étant donné la diminution de contrats
accordés, donc beaucoup moins de travail à faire au bureau?
M. DRUMMOND: Evidemment, lorsqu'il faut trouver des fonds il faut faire
les coupures dans notre budget. Nous avons donc diminué les montants
pour les services contractuels.
M. BELAND: Très bien.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Sous-article 8 : Contributions et
subventions...
M. BELAND: Est-ce que l'on pourrait avoir une idée de ces
subventions-là, à qui sont-elles accordées?
M. DRUMMOND: II s'agit de trois projets de recherche à
l'université Laval et c'est pour la continuation de ces
projets-là. Il y a un projet de recherche en pathologie, un
deuxième sur le sciage de résineux, un troisième sur la
regénération des jeunes bouleaux.
M. SIMARD (Témiscouata): Se font-elles à l'école
Duchesnay?
M. DRUMMOND: Non.
M. RUSSELL: A l'université. Adopté. Est-ce que le
député de Duplessis est d'accord pour que ces recherches se
fassent à l'université Laval plutôt qu'à
Duchesnay?
M. COITEUX: Théoriquement, je suis d'accord qu'elles se fassent
à l'université Laval et, à part cela, on peut toujours
voir le résultat pratique dans la forêt de Montmorency. Et par
rapport aux recherches qu'on fait en laboratoire, on fait des études
pratiques, soit à Duchesnay, pour la question du sciage, par
exemple...
M. RUSSELL: Mais, l'université Laval se sert de Duchesnay?
M. COITEUX: ... les recherches développent une théorie.
Avant de la mettre en pratique ou de recommander quelqu'un en pratique on s'en
va sur le terrain.
M. LE PRESIDENT: Sous-article 8, adopté. Sous-article 9...
M. BELAND: Est-ce que le sous-article-là est pour
l'agrandissement de locaux, loyers?
M. DRUMMOND: Pour la location de machinerie, outillage...
M. RUSSELL: Quelle est la raison de l'augmentation, M. le
Président, de 50 p.c. et même plus?
M. DRUMMOND: Tous les détails sont ici. Il s'agit de machinerie
et d'outillage, etc., pour le projet de recherche sylvicole; $16,000, pour le
génétique; $33,000 pour les secteurs expérimentaux; $3,500
pour les projets de recherche et $66,000 pour l'exploitation des forêts
domaniales; une autre somme de $61,000 est prévue pour l'ODEQ.
M. RUSSELL: Est-ce que l'augmentation est surtout dans les forêts
domaniales?
M. DRUMMOND: Oui et à l'ODEQ aussi.
M. RUSSELL: Et dans le cadre de l'ODEQ. Encore là, on retrouve
l'ODEQ. Adopté, M. le Président.
M. LE PRESIDENT: Sous-article 9, adopté. Sous-article 10: Autres
dépenses. Adopté. Article 4, sous-article 1 : Traitements.
Formation technique
M. LESSARD: M. le Président, je voudrais savoir en quoi consiste
cette rubrique. Est-ce qu'il s'agit de bourses d'étude qu'on accorderait
à certains employés du ministère pour se
perfectionner?
M. DRUMMOND: Pour la plupart des cas, il s'agit de l'école
forestière de Duchesnay, qui est rattachée à ce
service.
M. LESSARD: L'école de Duchesnay est une école
forestière attachée au gouvernement du Québec. Ces
montants comprendraient justement Duchesnay. Mais est-ce que, dans le cadre de
la formation technique, certains employés du ministère, à
l'intérieur de ce ministère, peuvent recevoir des bourses
d'étude ou si c'est le ministère de l'Education qui
détermine ces bourses? Est-ce qu'il y a une formation technique qui peut
se faire au niveau du ministère?
M. DRUMMOND: Cela peut être les deux.
M. RUSSELL: M. le Président, est-ce que le ministre est
allé visiter Duchesnay?
M. DRUMMOND: Oui.
M. RUSSELL: Pourriez-vous nous donner un exposé de votre
appréciation de ce qui existe à Duchesnay?
M. DRUMMOND: C'était un voyage-éclair. Ce n'était
franchement pas un voyage de travail, c'était une réception pour
la collation des diplômes. J'ai été très
impressionné par la scierie, là-bas; on y fait des efforts pour
améliorer les techniques, etc. Je peux dire aussi qu'on y mange
bien.
M. RUSSELL: Combien d'élèves ont reçu cette
année le diplôme de l'école de Duchesnay?
M. DRUMMOND: On y a inscrit 138 élèves. Je dois dire aussi
que j'ai été impressionné par le fait qu'il y ait autant
de candidatures à cette école. Sa réputation est
évidemment très grande partout. Je pense que l'on accepte un
candidat sur quatre. La qualité est donc très bonne.
M. RUSSELL: Est-ce la politique du ministère de tenter
d'augmenter la possibilité de recevoir plus d'étudiants à
Duchesnay?
M. DRUMMOND: II y a un certain regroupement en ce qui concerne
Duchesnay, étant donné qu'une entente existe à
présent entre le ministère de l'Education et la régionale
de Chauveau, je pense, pour tout ça.
M. COITEUX: II y a une évolution qui se fait à
l'école de Duchesnay présentement à savoir, que suivant la
recommandation du ministère de l'Education, on aura un éventail
beaucoup plus grand que dans le passé pour la formation des techniciens
forestiers. Anciennement, le gars qui sortait de Duchesnay avait son
diplôme de mesureur. Aujourd'hui, vous avez des cours, suivant la
recommandation du minis- tère de l'Education. Cet enseignement sera
éventuellement intégré dans une certaine mesure, au
ministère de l'Education, avec des cours appropriés et
recommandés au palier des CEGEP...
M. RUSSELL: C'est-à-dire qu'il va se donner des...
M. COITEUX: Actuellement on a deux années de formation technique.
Cette année, on propose que ce soit trois ans. Ce cours sera donc un peu
plus poussé. Ceci permettra aux étudiants de se qualifier
à un poste dans beaucoup plus de domaines, compte tenu de l'augmentation
de leurs connaissances, que ce ne l'est actuellement. C'est en ce sens que se
dirige le ministère.
M. RUSSELL: Si je comprends bien, or donnera de la théorie dans
les CEGEP, préalablement à des cours à Duchesnay.
M. COITEUX: C'est la recommandation qui est faite actuellement.
M. SIMARD (Témiscouata): Je pense que c'est impossible de pouvoir
donner des cours pratiques dans les CEGEP. Pensons, par exemple, à celui
qui va pratiquer son métier d'opérateur de scie à ruban ou
d'affûteur ou quelque chose comme cela.
M. COITEUX: Je ne voudrais pas faire revenir le député de
Témiscouata en arrière. Nous avons suivi nos cours
théoriques à l'université. Lorsque j'étais à
l'université, M. Boutin était mon professeur.
M. SIMARD (Témiscouata): Ma question ne porte pas
spécialement sur les diplômés.
M. COITEUX: J'ai fait un député; c'est vrai que ça
prend n'importe quoi pour faire ça. Non, voici à quoi je voulais
venir: Même si on suit un cours théorique, on peut y
réussir avec un ou deux mois de pratique, lorsque les cours de pratique
sont bien organisés. C'est ce qu'on faisait d'ailleurs et ce qu'on fait
encore à l'université Laval, dans la forêt de Montmorency,
anciennement le Petit Cap. Aujourd'hui, on est certes beaucoup mieux
organisé au point de vue technique pratique. Quand on parle d'un cours
de CEGEP, c'est encore à l'état projet, mais je crois qu'on va en
faire l'essai, cette année, à Sainte-Foy. C'est du moins
recommandé.
M. SIMARD (Témiscouata): Je crois qu'avec la transformation ou la
modernisation des moulins à scie, par exemple, on demande de plus en
plus de scieurs compétents pour de nouvelles machines
électroniques à l'école de Duchesnay.
M. COITEUX: C'est à Duchesnay.
M. SIMARD (Témiscouata): Est-ce qu'on peut espérer qu'il
va y avoir plus de place pour répondre aux demandes, parce que les
demandes sont considérables.
M. DRUMMOND: Oui, entendu.
M. COITEUX: Mais l'enseignement de la foresterie, admettez comme moi que
cela devrait entrer dans le secteur public, si les forêts sont
importantes dans la province de Québec.
M. SIMARD (Témiscouata): Le ministre pourrait-il me donner le
nombre de personnes diplômées, par catégorie, par exemple,
les opérateurs de scie à ruban ou...
M. DRUMMOND: Pour 1969/1970, il y avait huit inscrits pour le cours
d'opérateur de scie à ruban; 32 pour le cours de classeurs; 16
pour le cours d'affûtage de scie; et 88 pour le cours de gardes
forestiers.
M. SIMARD (Témiscouata): Est-ce qu'on pourrait connaître le
nombre des personnes qui ont été refusées dans ces
catégories-là?
M. COITEUX: Le nombre?
M. DRUMMOND: Refusés par catégorie?
M. SIMARD (Témiscouata): Celui des opérateurs de scie
à ruban, par exemple. Tous les moulins se modernisent et ils sont
à la recherche de spécialistes et je crois qu'on devrait apporter
une attention toute spéciale là-dessus et pour les
affûteurs aussi.
M. DRUMMOND: Je remercie le député pour sa suggestion
et...
M. SIMARD (Témiscouata): II se construit de gros moulins et on
est à la recherche de spécialistes pour les faire fonctionner.,
cela crée un problème. Et ce sont des emplois à salaires
assez élevés.
M. LESSARD: Est-ce qu'il existe de la part du ministère des
prévisions en ce qui concerne le marché du travail, en ce qui
concerne la forêt? Est-ce qu'on fait des études ou si ces
études-là reviennent au ministère de l'Education comme
tel?
M. DRUMMOND: II y a un comité composé de
représentants de notre ministère et du ministère de
l'Education qui a fait des recommandations là-dessus.
M. LESSARD: Est-ce que ce comité est constamment en relation avec
les CEGEP?
M. DRUMMOND: Oui.
M. LESSARD: Est-ce qu'on constate dans nos régions en particulier
et peut-être que le député de Duplessis pourra
lui-même le confirmer que, dans une région
forestière comme la Côte-Nord, nous n'avons pas encore de CEGEP
déterminé là-bas, mais surtout d'option sur les techniques
forestières? J'en ai parlé dernièrement avec un
responsable de compagnie, on est obligé d'aller chercher à
l'extérieur ces techniciens ou bien beaucoup d'ingénieurs font du
travail de technicien qui pourrait être fait par d'autres personnes qui
auraient cette compétence et cela ne prend pas, dans ce domaine, des
cours universitaires. Ce sont des options professionnelles.
On sait que selon du moins ce que l'on dit qu'il
manquerait énormément de ces techniciens au Québec. C'est
dans ce sens-là que je pose ma question. Est-ce qu'on a l'intention au
ministère, de développer, dans les CEGEP, l'enseignement de ces
techniques forestières?
M. DRUMMOND: Evidemment, nous sommes ici pour aider le ministère
de l'Education en essayant de déterminer les emplois possibles. On ne
peut avoir une telle coordination de chaque CEGEP. C'est là un
problème du ministère de l'Education et non pas de nous. Je pense
qu'il y a de tels cours à Chicoutimi, à La Tuque. Si on donne
toute la gamme des cours dans chaque CEGEP, cela deviendrait assez dispendieux.
Mais nous travaillons là-dessus.
M. LESSARD: D'accord. Mais pour déterminer ces prévisions,
est-ce qu'il existe des relations entre le marché du travail des
compagnies et le ministère? Les compagnies font-elles un rapport annuel
au ministère, sur le nombre d'employés qui leur serait
nécessaire dans telle discipline ou dans telle autre?
M. DRUMMOND: Oui.
M. SIMARD (Témiscouata): Est-ce que le ministre pourrait me
donner l'augmentation du nombre d'élèves à Duchesnay
depuis les trois ou quatre dernières années?
M. DRUMMOND: On pourrait l'obtenir. Nous avons inscrit en 1968-1969, et
en 1969-1970, 138 élèves. Est-ce que vous aimeriez plus de
détails?
M. SIMARD (Témiscouata): Oui, dans les catégories.
M. DRUMMOND: L'espace étant très restreint là-bas,
ce serait probablement le même nombre que dans les trois ou quatre
années précédentes.
M. RUSSELL: En donnant ce nombre d'élè-
ves le ministre a dit qu'il va le donner cet après-midi
il serait peut-être important que nous ayons aussi le nombre
d'inscriptions aux cours de perfectionnement qui ont été
donnés à Duchesnay depuis trois ou quatre ou cinq ans. Il y a des
cours de perfectionnement qui sont donnés à Duchesnay
actuellement. Quel est le nombre d'élèves inscrits au recyclage?
Je ne sais pas si j'emploie les termes justes, je n'ai pas le
député de Chicoutimi pour me donner les vrais termes que l'on
doit utiliser en français pour ces cours-là. Mais on dit souvent
des cours d'affilage, de limage.
M. DRUMMOND: On tentera de trouver ces chiffres.
M. RUSSELL: Adopté, M. le Président.
M. LE PRESIDENT: Article 1, adopté. Article 2.
M. LESSARD: Nous sommes à 4. Je constate ici un montant de
$395,000, en salaires. Au début des différentes rubriques, il y
avait une différence assez énorme entre les salaires et les
traitements, c'est-à-dire que les salaires, dans l'ensemble,
étaient beaucoup plus bas que les traitements. A ce stade, je pense que,
pour mon information, je désirerais savoir quelle est la
différence entre le traitement et les salaires? Les traitements
concernent-ils les fonctionnaires?
M. DRUMMOND: Pour les traitements, il s'agit de 30 employés
permanents. Pour les salaires, ce sont les crédits demandés pour
payer les salaires de 67 employés travaillant à l'entretien de
cette station-là.
M. LESSARD: Les salaires, concernant les employés qui existent
dans différentes régions de la province alors que les traitements
vont aux fonctionnaires comme tels?
M. DRUMMOND: On parle de Duchesnay ici.
M. LESSARD: Le traitement concerne donc les salaires qui sont
accordés pour l'école de Duchesnay?
M. COITEUX: Ce sont les employés qui travaillent à
l'amélioration sur la ferme expérimentale.
M. DRUMMOND: Ce sont surtout les professeurs à cette
école-là.
M. LESSARD: D'accord. Et les salaires concernent les employés au
niveau de l'école comme telle pour faire de l'aménagement ou du
travail.
M. DRUMMOND: C'est-à-dire la main-d'oeuvre en
général.
M. LESSARD: D'accord.
M. RUSSELL: M. le Président, est-ce qu'il s'agit de
l'augmentation du personnel, ou de l'augmentation des salaires?
M. COITEUX: Surtout, majoration de salaires.
M. DRUMMOND: Et le temps supplémentaire.
M. RUSSELL: Adopté, M. le Président.
M. LE PRESIDENT: Sous-article 2, adopté. Sous-article 3: Frais de
voyage.
M. RUSSELL: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Sous-article 4: Frais de bureau.
M. RUSSELL: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Sous-article 5: Matériel et
articles de bureau.
M. RUSSELL: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Sous-article 6: Equipement, outillage et
véhicules moteurs: achat. Adopté.
Sous-article 7: Equipement, outillage et véhicules moteurs:
entretien et opération. Adopté.
Sous-article 8: Fournitures et approvisionnements.
M. RUSSELL: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Sous-article 9: Entretien: Achat de
matériaux et services contractuels.
M. RUSSELL: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Sous-article 10: Loyer d'outillage.
M. RUSSELL: M. le Président, il y a $2,000 de location de loyer.
Est-ce de l'outillage qu'on loue?
M. DRUMMOND: Les frais de location de la machinerie de
l'exploitation.
M. RUSSELL: Quelle machinerie? M. DRUMMOND: Oui, c'est cela. M. RUSSELL:
Sous-article 10. M. DRUMMOND: Oui, c'est cela.
M. RUSSELL: Quelles machines?
M. DRUMMOND: Je ne sais pas quelle machinerie exactement. Il s'agit de
souffleurs pour l'enlèvement de la neige, et peut-être d'un
tracteur, des choses comme cela.
M. RUSSELL: Vous louez de l'équipement, plutôt que d'avoir
votre propre équipement pour l'entretien de la cour, etc.?
M. DRUMMOND: C'est comme l'emploi des gens de l'extérieur, nous
avons l'équipement de base, et s'il y a une tempête pendant deux
ou trois jours, il faut recourir à la location pour améliorer la
situation.
M. RUSSELL: Je ne critique pas la décision, je demande tout
simplement des renseignements...
M. DRUMMOND: Oui.
M. RUSSELL: ... afin de savoir si le ministère a
décidé que c'était plus économique de louer au
besoin de l'équipement plutôt que d'avoir son propre
équipement.
M. DRUMMOND: Non, non, je n'ai pas nécessairement dit cela. J'ai
dit que s'il s'agit d'une crise ou d'une urgence, on loue l'équipement
au lieu de l'acheter et de le garder, parce que la plupart du temps, on n'en a
pas besoin.
M. RUSSELL: Je suis d'accord avec le ministère, je suis d'accord
avec sa politique, mais simplement la façon dont le ministre me
répond, me permet de croire qu'on a de l'équipement, mais ce
n'est qu'occasionnellement de l'équipement supplémentaire.
Avez-vous un souffleur à neige, ou n'en avez-vous pas?
M. DRUMMOND: Pardon?
M. RUSSELL: Est-ce que vous avez un souffleur à neige, à
Duchesnay?
M. DRUMMOND: Si on n'en a pas besoin, on ne le loue pas. C'est seulement
pour faire une prévision.
M. RUSSELL: Oui, d'accord. Mais le ministre laisse entendre qu'il loue
de l'équipement lorsqu'il y a une tempête plus forte que les
autres tempêtes normales. Il laisse entendre qu'on a de
l'équipement, comme un souffleur à neige, et que, au cours d'une
tempête extraordinaire, on loue de l'équipement
supplémentaire. J'avais l'impression qu'on n'avait pas cet
équipement et, plutôt que de donner des contrats, on louait
à l'heure, ou à la journée, l'équipement, au
besoin.
M. DRUMMOND: C'est cela.
M. RUSSELL: C'est l'impression que j'avais. Je ne critique pas, mais il
est important que la commission le sache.
M. LE PRESIDENT: Sous-article 10, adopté. Sous-article 11 :
Transport et autres dépenses.
Sous-article 11, adopté?
Poste 3 : Direction générale du domaine territorial.
Direction du domaine territorial
M. LESSARD: M. le Président, est-ce à ce poste que je dois
poser des questions sur l'inventaire forestier?
M. DRUMMOND: Cinq.
M. LESSARD: Cinq. Alors en quoi consiste la direction
générale du domaine territorial?
M. DRUMMOND: Elle est responsable pour la concession, selon la loi, par
bail, vente ou échange des emplacements requis pour fins domiciliaires,
touristiques, commerciales ou autres.
M. BELAND: Mais dans ce cas, cela ne concerne pas les échanges de
concessions, par exemple, ou de territoires concessionnaires?
M. DRUMMOND: II parle des échanges de concessions
forestières?
M. BELAND: Par exemple, en vertu, peut-être, d'une autre
utilité. Il est entendu, à un moment donné, de changer une
telle concession d'un entroit attitrée à une compagnie et de lui
donner plutôt un autre endroit.
M. DRUMMOND: Pour la plupart, cela s'est fait par la planification.
M. LESSARD: Vous disiez tout à l'heure que le domaine du service
des terres concerne les conessions forestières. C'est à ce
service que l'on accorde les concessions forestières?
M. DRUMMOND: Non, ce n'est pas tout à fait le même emploi
de mots. On parle ici de concessions de terres, non pas des concessions pour
l'exploitation forestière, si je l'explique bien.
M. GAUTHIER: A ce poste, M. le ministre, je vais me permettre de vous
parler du lac Taureau qui est un lac artificiel qui a été
créé vers 1930, à Saint-Michel-des-Saints, dernière
paroisse au nord du comté de Berthier. Le lac Taureau aurait une
longueur de 33 ou 35 milles avec un contour d'environ 225 milles. Lorsque ce
lac-là a été créé vers 1930, il y avait eu
des expropriations de faites, si je ne me trompe pas, par la Shawinigan Water
and Power. Depuis, les
intérêts de toute cette affaire-là ont passé
d'un ministère à l'autre. Elle a été au
ministère des Ressources, elle est revenue au ministère des
Terres et Forêts, on s'est échangé cela à
différentes reprises et cela crée un problème pour la
région particulière de Saint-Michel-des-Saints qui
intéresse aussi le comté de Maskinongé, puisqu'une partie
du lac Taureau est comprise dans le lac Maskinongé. Cela crée un
problème en ce sens que personne ne peut obtenir de concessions depuis
sa construction et, Saint-Michel-des-Saints et toute la région, est une
terre de sable et de roche et on dit souvent de misère
alors que les habitants de l'endroit devraient vivre de tourisme. Il y aurait
des demandes par milliers pour obtenir des concessions autour de ce
lac-là et, depuis dix ou quinze ou vingt ans, il s'est établi
là, des squatters. Depuis quelques années, et d'une façon
plus particulière, depuis l'an dernier, si je ne m'abuse, on a
commencé des travaux dans la partie qui regarde le comté de
Maskinongé pour le lotissement de ces rives-là. Le ministre
pourrait-il m'assurer de la poursuite de ces travaux-là? Est-ce que le
sous-ministre pourrait me dire si, en fait, le ministère sera en mesure
de commencer la vente de ces terrains-là, prochainement?
M. DRUMMOND: Cela reste encore à l'étude.
M. GAUTHIER: Mais tout de même, il y a des travaux qui se font
à l'heure actuelle, est-ce qu'ils seront encore en cours cette
année? L'an dernier, il y en avait dans le bout de la Pointe fine, que
l'on appelle, dans Maskinongé.
M. DRUMMOND: Nous obtiendrons des informations supplémentaires et
nous serons en mesure de lui donner une réponse cet
après-midi.
M. GAUTHIER: Je voudrais sensibiliser le ministre à ce
problème-là, parce qu'il n'est pas le premier à qui j'en
parle. Il y a eu de nombreux prédécesseurs et, tous animés
des meilleures dispositions au monde, mais, en fait, on dirait que cela vient
seulement d'aboutir! Cela serait très important pour toute la
région. Il y a des demandes par milliers et, au point de vue
économique, ce serait un souhait!
M. COITEUX: Les abords du lac se prêtent bien à une
organisation touristique au point de vue de lotissement...
M. GAUTHIER: Oui, mais le problème qui a été
soulevé c'est qu'à un moment donné on avait
envisagé la possibilité d'une élévation
éventuelle du barrage qui ne s'est pas fait et qui ne se fera jamais. On
ne pouvait pas s'entendre sur la cote d'eau pour établir justement le
contour...
M. COITEUX: Ce barrage-là, actuellement, appartient-il à
l'Hydro-Québec?
M. GAUTHIER: Aujourd'hui, cela doit être transféré
à l'Hydro, j'imagine. Ce barrage servait à régulariser le
débit de la Mattawin qui se jette dans le Saint-Maurice à
Saint-Roch-de-Mékinac et sert aussi à la drave pour la
Consolidated Bathurst. Mais tout de même on est pris avec cette
affaire-là! Personne ne peut s'installer là. Il y a quelques
squatters qui se sont établis là. Il n'est plus question de les
enlever. Mais tout de même il y a une possibilité fantastique et
on ne bouge à rien!
M. COITEUX: Est-ce que le député est au courant du
dénivellement de l'eau?
M.GAUTHIER: Cela joue énormément. A l'automne, le lac est
pratiquement vide, au printemps, du moins il l'est.
M. COITEUX: Cela crée certains problèmes.
M. GAUTHIER: Cela crée certainement des problèmes, mais on
pourrait toujours dire, j'imagine: On vous vend des terrains à une cote
d'eau de...
M. COITEUX: Partir à la hauteur des eaux. M. RUSSELL: A la
hauteur des eaux mais...
M. SIMARD (Témiscouata): Pour empêcher les dommages.
M. GAUTHIER: Parce que, pour toute la région, c'est important.
D'un côté nous sommes pris par ce lac et, de l'autre
côté, pas tellement loin, nous sommes pris par le parc... Nous
sommes pris de chaque côté, avec une possibilité
touristique exceptionnelle! Cela n'avance pas.
M. RUSSELL: Un cancer qui ne s'aggrave pas fait mourir sa personne quand
même!
M. LE PRESIDENT: Adopté. Sous-article 1 adopté.
Sous-article 2. Adopté. Sous-article 3. Adopté. Sous-article 4.
Adopté.
M. CROISETIERE: Domaine territorial.
M. LE PRESIDENT: Poste budgétaire 3, article 2, sous-article
1.
Service du cadastre
M. RUSSELL: M. le Président, il y a une augmentation de postes
ici. Est-ce qu'ils ont été comblés?
M. DRUMMOND: H y en a 33 qui sont en place et il y a 19 postes à
combler.
M. RUSSELL: II y a 19 postes à combler par de nouveaux effectifs
pour lesquels les crédits sont au poste 6 du ministère des
Finances.
M. DRUMMOND: Oui, c'est cela.
M. RUSSELL: M. le Président, quant à moi le sous-article 1
est adopté. Je remarque au sous-article 2...
M. LESSARD: M. le Président, je vois quelque chose ici, une
augmentation de 35 à 52 et on a une augmentation de traitements de
$10,000. Est-ce que ces $10,000 sont pour payer 17 augmentations? Avec 35
personnes, l'an dernier on aurait dépensé $273,500 ou bien on
aurait budgétisé, du moins, et là, on inscrit au budget
$283,000.
M. DRUMMOND: C'est-à-dire que les effectifs additionnels ne sont
pas encore en place. Les montants viendraient du budget du ministère des
Finances.
M. RUSSELL: Poste 6. M. LESSARD: D'accord.
M. BELAND: M. le Président, toujours à ce sous-article,
s'agit-il des personnes qui travaillent, qui cadastrent des parties de
territoire qui ne sont pas encore cadastrés ou sont-ce des
revisions?
M. DRUMMOND: Ces employés-ci sont responsables de la
planification et de la coordination de tout le travail de cadastre dans la
province. Je pense que la plus grande partie du travail se fait par contrat
pour les municipalités dans la province.
M. BELAND: Ah bon! Alors ce n'est pas dans cet article qu'il y a un
travail spécifique pour cadastrer des parties qui ne le sont pas encore
dans la province.
M. DRUMMOND: Ils font la planification de tout cela. Et ils sont
responsables de la coordination. Ce sont eux qui voient à ce que le
travail soit fait.
M. BELAND: Mais, c'est principalement dans les paroisses
déjà cadastrées et non sur des territoires de la
Couronne.
M. DRUMMOND: Oui, pour les municipalités le travail est fait par
subventions pour leur permettre d'effectuer ce travail.
M. RUSSELL: Si je comprends bien les 35 personnes qui sont en poste
actuellement font simplement le contrôle des cadastres ici à
Québec. Ce qui est fait en forêt est fait par contrat par des
arpenteurs-géomètres, qui sou- mettent leurs études au
personnel qui est ici. Ce qui est fait dans les municipalités est fait
par celles-ci avec le concours d'arpenteurs-géomètres. Ce travail
est subventionné par la province ce n'est donc pas ce
système-là.
M. DRUMMOND: C'est ça.
M. RUSSELL: Cela comprend simplement le personnel en place à
Québec, qui fait le contrôle...
M. DRUMMOND: De location etc., et pour voir à ce que le travail
soit fait.
M. GAUTHIER: les subventions aux municipalités sont faites sur
quelle base?
M. DRUMMOND : On va le discuter au sous-article 5, je pense.
M. RUSSELL: Est-ce qu'il y a d'autres questions?
UNE VOIX: Adopté.
M. RUSSELL: M. le Président, je remarque que, malgré
l'augmentation du personnel, vous avez une baisse des dépenses. L'ODEQ
ne peut pas être là-dedans parce que, chaque fois qu'il s'agit de
l'ODEQ, cela voyage plus, ça coûte plus, or à ce
sous-article, on augmente le personnel et on coupe les dépenses.
M. COITEUX: C'est une bonne administration qui est en place
aujourd'hui.
M. RUSSELL: Je tiens à vous faire remarquer que cela avait
été fait par le prédécesseur du ministre actuel.
C'est tout simplement pour vous mettre en garde contre les voyageurs de l'ODEQ.
Sous-article 2, adopté.
M. LE PRESIDENT: Sous-article 2, adopté. Sous-article 3.
M. RUSSELL: II y a ici une baisse assez marquée. L'an dernier, on
avait demandé $33,600. Est-ce que ce montant a été
dépensé?
M. DRUMMOND: Seulement $16,000.
M. RUSSELL: $16,000 ont été dépensés.
Adopté, M. le Président.
M. LE PRESIDENT: Sous-article 3, adopté. Sous-article 4.
M. RUSSELL: Est-ce qu'il s'agit des contrats pour les
arpenteurs-géomètres qui ont des contrats sur les territoires non
divisés?
M. DRUMMOND: J'ai toute une liste ici: inspection des travaux de
revision cadastrale,
revision de cadastre dans une partie de la Seigneurie de Mingan,
poursuite de travaux de revision cadastrale de New Richmond...
M. RUSSELL: S'agit-il de contrats donnés à des
équipes d'arpenteurs-géomètres,
M. DRUMMOND: C'est juste. M. RUSSELL: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Sous-article 4, adopté. Sous-article 5...
M. BELAND: Pardon, M. le Président, en vertu de cet article, il y
a eu du travail également, vis-à-vis de la Seigneurie de Joly,
Lotbinière?
M. DRUMMOND: Non.
M. LE PRESIDENT: Sous-article 4, adopté. Sous-article 5.
M. SIMARD (Témiscouata): Ces $100,000 de subventions, est-ce que
ce sont des subventions données statutaires ou données à
des municipalités à la suite de demandes de ces
municipalités?
M. DRUMMOND: Ce n'est pas statutaire, c'est à la demande des
municipalités.
M. GAUTHIER: Sur quel barème, sur quelle base? Comment est-ce
attribué?
M. SIMARD (Témiscouata): Par l'intermédiaire de qui est-ce
demandé, par les municipalités?
M. COITEUX: Cela dépend...
M. GAUTHIER: Tout de même, est-ce qu'il y a une base? Comment
établit-on ces montants?
M. COITEUX: J'imagine que s'il y a une revision cadastrale touchant
2,000 lots, ce ne sera pas la même demande que celle d'une
municipalité. Ici, nous avons la corporation municipale de Lévis,
qui, l'année dernière, a obtenu $26,000. Par contre, vous avez un
endroit comme la ville de Gatineau, qui avait peut-être simplement un
petit travail à faire et qui a obtenu $2,000. Il faut qu'un
exposé détaillé soit soumis au ministère des Terres
et Forêts du travail qu'il y a à accomplir, et il faut que des
instructions soient données à l'arpenteur qui exécute ces
travaux.
M. GAUTHIER: Autrement dit, ce sont tous des cas types.
M. RUSSELL: Est-ce que le montant de $115,000 voté l'an dernier a
été dépensé?
M. DRUMMOND: $117,300 ont été dépensés.
M. RUSSELL: $117,300.
M. GAUTHIER : Quand le ministère reçoit une demande d'une
municipalité qui veut refaire son cadastre, étudie-t-il le cas
particulier et dit-il à cette municipalité: Nous pouvons donner
une subvention de tant?
M. SIMARD (Témiscouata): Vous participez à quel
pourcentage?
M. DRUMMOND: Cela dépend si c'est une révision ou si c'est
un nouveau travail.
M. SIMARD (Témiscouata): Si c'est un nouveau travail, vous le
faites entièrement à vos frais?
M. DRUMMOND: Non, mais on prévoit un montant plus
élevé.
M. SIMARD (Témiscouata): Plus élevé. Quelle est le
pourcentage?
M. DRUMMOND: A peu près 50 p.c, la moitié.
M. SIMARD (Témiscouata): 50 p.c.
M. RUSSELL: Le taux de la révision des cadastres des
municipalités n'est pas un taux fixé à tant par lot, $15
par lot ou quelque chose comme ça?
M. DRUMMOND: C'est $15 pour les nouveaux lots et $10 pour la
révision.
M. RUSSELL: Ceci représente entre 40 p.c. et 60 p.c. de la
subvention, selon le cas. M. le Président, est-ce que le ministre a
l'intention de continuer cette politique de subventions aux
municipalités pour la révision des cadastres?
M. DRUMMOND: Franchement, nous avons étudié mais non
décidé si oui ou non nous allons continuer à suivre ce
système.
M. RUSSELL: Est-ce que le montant de $100,000 que l'on demande ici porte
sur des engagements déjà pris ou si c'est simplement pour faire
des études et voir si on va continuer cette politique? Oui ou non?
M. DRUMMOND: II s'agit de promesses faites.
M. RUSSELL: Est-ce que ce sont des promesses ou des engagements, M. le
Président?
M. DRUMMOND: Je dirais les deux.
M. COITEUX: Si c'est après le mois de mai, ce sont des
promesses.
M. RUSSELL: Il n'y a pas d'engagement de $100,000 pris actuellement?
M. COITEUX: C'est le programme prévu.
M. DRUMMOND: Oui, disons un engagement.
M. RUSSELL: Et le ministre n'est pas certain de continuer cette
politique. Il est tout simplement à l'étudier actuellement?
M. DRUMMOND: C'est ça.
M. RUSSELL: II y a possibilité que cette politique soit
annulée.
M. DRUMMOND: Nous pouvons toujours reviser notre politique à la
suite de l'étude déjà en cours.
M. RUSSELL: Est-ce que le ministre a l'intention de reviser la politique
de certains cas ou la politique générale?
M. DRUMMOND: La politique générale.
M. LE PRESIDENT: Sous-article 5, adopté. Sous-article 6?
M. RUSSELL: Adopté.
M.LE PRESIDENT: Sous-article 6, adopté. Est-ce que la commission
serait d'avis d'ajourner les travaux à trois heures, cet
après-midi.
M. RUSSELL: Les travaux sont suspendus.
M. LE PRESIDENT: Les travaux sont suspendus jusqu'à trois heures
cet après-midi.
Reprise de la séance à 15 h 11
M. CARPENTIER (président de la commission des Terres et
Forêts): Je déclare l'assemblée ouverte. Avant de
commencer, il me fait plaisir de souhaiter la plus cordiale bienvenue, au nom
de la commission, à la chorale Sainte-Cécile de Sainte-Anne de
Chicoutimi-Nord. Toutes les gentilles dames et demoiselles qui sont ici
représentent cette chorale. Vous êtes les bienvenues, cela nous
fait plaisir de vous accueillir dans cette Chambre.
Nous continuons l'étude du budget. Nous sommes rendus au poste 3,
article 2.
Ecole de Duchesnay
M. RUSSELL: M. le Président, avant de continuer notre
étude au poste 3, article 2, il y a peut-être deux principes que
nous pourrions discuter. Il y a d'abord celui du rapport que nous avons
reçu. Nous pourrions peut-être le placer à la fin de la
discussion des crédits. Nous pourrions peut-être reprendre les
réponses que nous avons eues, à midi, sur la question de
l'école de Duchesnay. C'est très court. Nous pourrions
régler cela et adopter les crédits comme pour Duchesnay. Cela
réglerait la question.
Voici d'abord une question à la réponse que nous avons eue
ce matin. Le ministre dit qu'il y a une demande grandissante du nombre de
candidats à l'école de Duchesnay. L'information écrite que
nous obtenons ici démontre que les inscriptions sont moindres
d'année en année. Le ministre pourrait-il nous exposer la cause
ou les raisons qui motivent cette diminution ou s'il y a une demande
grandissante?
M. DRUMMOND: Je pense que les chiffres sont à peu près les
mêmes.
M. SIMARD (Témiscouata): II y a une diminution. En 1967-1968, 167
élèves; en 1968-1969, 140; en 1969-1970, 138. Les
diplômés, en 1967-1968, furent au nombre de 125; en 1968-1969, ils
étaient 123; et, en 1969-1970, ils étaient 110.
M. DRUMMOND: Il y a une différence entre les inscrits et les
diplômés, évidemment, parce que tout le monde ne passe pas
nécessairement les examens avec succès; c'est à cause de
cela.
M. RUSSELL: II y a une diminution. C'est-à-dire qu'en 1967-1968,
il y a 167 candidats qui se sont inscrits, et il y a eu 125
diplômés; en 1968-1969, 140 se sont inscrits, et il y a eu 122
diplômés; en 1969-1970, 138 se sont inscrits vous voyez la
diminution les diplômés étaient au nombre de 110. Le
pourcentage de ceux qui n'ont pas eu le diplôme demeure à peu
près le même, mais les inscriptions diminuent.
M. DRUMMOND: On me dit que c'est seule-
ment une question d'espace disponible, de chambres pour les
étudiants. Peut-être qu'il y avait davantage de professeurs, je ne
sais pas. Mais, franchement, ce que j'ai dit, je pense que cela tient encore.
Cela a à peu près le même niveau.
M. RUSSELL: M. le Président, je ne veux pas contredire, je suis
obligé de prendre la parole du ministre qui dit qu'il manque d'espace et
peut-être de professeurs.
M. DRUMMOND: Je n'ai pas dit qu'il manque de professeurs, j'ai dit le
contraire. Peut-être qu'il y a davantage de professeurs qui
résident là-bas. Alors, il fallait une diminution des
élèves à cause du manque d'espace, de chambres pour les
élèves. C'est la seule chose que je pourrais dire
là-dessus.
M. BELAND: M. le Président, est-ce que ce même
phénomène est constaté également dans les autres
provinces où il y a des écoles du genre? C'est entendu qu'au
Canada, c'est ici, au Québec, que nous avons le plus de forêts.
C'est évident. Mais, par contre, il y a certainement d'autres provinces
ou encore d'autres pays qui sont dans le même cas. Est-ce que ce
même phénomène de diminution dans les inscriptions se
produit?
M. DRUMMOND: Je ne dirais pas que c'est un phénomène de
diminution dans les inscriptions, j'ai dit que c'était à peu
près plafonné ou nivelé, même s'il semble qu'il y a
une diminution. Ce n'était pas notre idée de diminuer les
inscriptions à Duchesnay, ce que nous avions, c'était une
limitation due à l'espace. Ce n'est pas une politique de faire diminuer
le nombre d'inscriptions, mais ce que je veux faire maintenant, c'est de
trouver la raison pour laquelle il y a une baisse, assez petite, des
inscriptions.
M. RUSSELL: M. le Président, il n'est pas question de
blâmer le ministre. On sait qu'il vient d'entrer dans ce
ministère. Mais il y a une chose qu'on va admettre, c'est que le bois,
la forêt, pour le Québec, est l'une de nos industries de pointe.
Tout le monde est d'accord, même le député de Duplessis,
qui connaît bien la situation dans ce domaine, qu'on manque de
techniciens dans la forêt. On en manque constamment. L'industrie se
plaint à ce sujet. Donc, dans le contexte actuel, si c'est simplement
une question d'espace, ce n'est pas tellement coûteux d'organiser des
chambres pour des étudiants à une place comme Duchesnay. Je suis
certain que la cuisine et les autres salles sont assez grandes. Si elles ont
déjà logé 167 élèves, elles peuvent
certainement en loger encore 167. Je pense que le ministre devrait
immédiatement prier ses officiers supérieurs de faire une
étude assez rapide du problème et de faire en sorte que les
inscriptions augmentent d'année en année, plutôt que de
baisser. Donc, je pense bien que c'est l'opinion...
M. COITEUX: M. le Président, il y a quand même d'autres
facteurs qui doivent entrer en ligne de compte. Il ne faut pas oublier
qu'aujourd'hui nos CEGEP et nos institutions offrent à la jeunesse
québécoise, même rurale, une infinité d'options en
quantité supérieure à ce qu'on n'a jamais eu pour les
jeunes.
Alors, des gens qui, anciennement, n'ayant pas d'autres choix, se
destinaient peut-être à la vocation de gardes-forestiers,
aujourd'hui ils sont tentés par d'autres options. Deuxièmement,
ce qui peut arriver aussi périodiquement, c'est que, malgré que
les compagnies prétendent qu'il manque un grand nombre de techniciens
forestiers, et qu'il manque un grand nombre de fonctionnaires de la
forêt, lorsqu'on leur envoie nos jeunes diplômés, le malheur
est que souvent les compagnies demandent, au sortir de l'école, dix ans
d'expérience. Alors, ce sont deux facteurs, qui, en plus de l'espace, je
crois, sont des facteurs réels, d'abord, l'attrait vers d'autres
branches scientifiques, où dans le domaine du possible ils peuvent
gagner leur vie, et deuxièmement le fait que les jeunes,
périodiquement ont assez de difficultés à se trouver de
l'emploi.
M. BELAND: Au sujet de l'école de Duchesnay, je pense qu'il
vaudrait la peine de continuer de la développer dans le Québec,
même si dans les CEGEP il y a une possibilité d'option de ce
côté. Je pense que l'atmosphère, au complet, de Duchesnay
si je me reporte au moment où j'y suis allé en 1945
est assez spéciale, elle ne se retrouve pas ailleurs. D'ailleurs, le
ministre des Terres et Forêts l'a dit cet avant-midi, c'est quelque chose
d'assez spécial. Alors, je pense que cela devrait continuer. Etant
donné qu'au Québec il y a une immensité forestière,
nous ne devrions pas lésiner pour la garder, mais continuer à la
développer. Non pas la garder stagnante parce qu'à
l'instant où on garde une chose stagnante, on recule mais
continuer à la développer avec plus de services.
M. LESSARD: M. le Président, est-ce qu'on pourrait savoir s'il y
a eu, l'an dernier, plus de demandes de personnes qui voulaient
fréquenter l'école de Duchesnay que de personnes qui ont
été admises.
M. DRUMMOND: Oui.
M. LESSARD: Combien y a-t-il eu de demandes?
M. DRUMMOND: Comme je vous l'ai dit si je comprends bien la
question il y a eu à peu près 4 fois plus de demandes que
d'acceptations.
M. LESSARD: Dans ces circonstances, si les demandes dépassent
l'offre, il faut absolu-
ment... Si le marché est encore important pour ces techniciens,
je me demande pourquoi on ne continuerait pas de développer
l'école. Je comprends qu'à l'intérieur des CEGEP on donne
des options qui sont beaucoup plus poussées, cependant, pour une
certaine catégorie de personnes, ces écoles demeureront toujours
nécessaires, si la demande existe.
M. DRUMMOND: M. le Président, j'accepte volontiers les
suggestions du député, Nous allons faire notre possible pour voir
à ce que l'école de Duchesnay soit utilisée à
pleine capacité, en tenant compte des besoins de la province.
M. RUSSELL: Je suis d'accord avec les avancés du
député de Duplessis, étant donné que ces
disciplines vont être installées dans les CEGEP; c'est de la
théorie. L'ingénieur forestier, on peut le former dans les CEGEP.
Mais ce qui semble manquer...
M. COITEUX: II ne sera jamais ingénieur forestier s'il ne sort
pas de la théorie. Il faut qu'il mette ses bottes et qu'il aille dans le
bois.
M. RUSSELL: C'est de la théorie. Cela fait partie de la
théorie plus que d'être technicien.
M. COITEUX: II n'est aucunement question de seulement penser à
fermer l'école de Duchesnay. Ce que l'on veut faire, d'après le
programme que le ministre vous présente aujourd'hui, c'est qu'on veut
bonifier. Voici ce que l'on y dit, c'est très spécifique: a) La
création de cours de technique forestière au Québec de
façon à accueillir les jeunes qui voudront se consacrer à
une carrière dans une discipline propre à la foresterie. b)
L'intégration de l'enseignement de la foresterie dans les cadres
réguliers de l'enseignement public. c) L'abandon par le ministère
des Terres et Forêts d'ici quelques années de l'enseignement des
métiers de la forêt, c'est-à-dire de la technique pure et
simple, de l'enseignement de la troisième année technique au
CEGEP de Sainte-Foy, seulement.
Si on se concentre, comme c'était le cas probablement en 1954,
à faire des mesureurs de bois, à ce moment-là, devant
l'évolution de la technologie en ce qui a trait au mesurage du bois, on
n'aura plus autant besoin de ces techniciens. Ce sera toute une autre classe de
techniciens. Il faudrait les préparer au niveau genre de mesurage vers
lequel on se dirige. C'est pour ça, aujourd'hui, l'évolution de
l'école de Duchesnay; il n'est pas question qu'elle disparaisse. On en
aura toujours besoin pour former des gens dans le sciage, on en aura toujours
besoin pour apprendre les notions d'écologie et de sylviculture,
d'aménagement pratique.
Il y aura toujours un stage nécessaire. Il est question de
bonifier, d'essayer de donner à nos jeunes qui ont ou croient avoir une
vocation forestière de meilleurs outils pour se placer plus facilement
devant le contexte de la technologie moderne qu'exigent aujourd'hui les
compagnies. C'est ça, notre but.
M. RUSSELL: Je comprends. Cela va aussi beaucoup plus loin parce qu'il
s'agit, dans la province de Québec, de former des techniciens pour
répondre aux besoins des industries dans certains domaines.
M. COITEUX: C'est ce que le ministre dit.
M. RUSSELL: Oui, pour certains techniciens l'école de Duchesnay
était là et avait été créée pour
former ces techniciens. En 1954, lorsqu'on formait simplement des mesureurs, on
était à court, à ce moment-là. C'était une
crise, on n'en avait pas, on ne pouvait pas en avoir. De même à un
moment donné, on a donné des cours de sciage et de limage, on
n'en avait pas dans la province.
UNE VOIX: On n'en a pas encore.
M. RUSSELL: On a forcé l'école de Duchesnay à
donner ces cours le plus rapidement possible. Ce furent des cours de recyclage,
comme on dit, d'amélioration de la technique.
La technique a évolué tellement rapidement qu'aujourd'hui
encore, on est pris par surprise dans ces mêmes domaines. Et tous les
gens qui sont dans le même métier d'abord... Le
député de Duplessis n'est pas étranger à cela. Je
comprends son désir de vouloir tenter de minimiser le problème,
que cela paraisse le moins mal possible...
M. COITEUX: Au contraire, on ne veut pas minimiser le problème.
On s'en crée un plus grand, parce qu'on a conscience de la situation
dans laquelle se trouvait l'école de Duchesnay avec des installations
techniques limitées. Aujourd'hui on veut élargir le champ, cela
ne veut pas dire que l'école disparaîtra. On va modifier, au
contraire; on ne veut pas minimiser le problème parce qu'on le voit plus
grand qu'il n'existe en réalité.
M. DRUMMOND: Je pense que nous sommes d'accord quant à
l'importance qu'a cette école.
M. RUSSELL: II semble y avoir présentement un petit malaise; il
semble que cela ne procède pas assez rapidement quoique je n'aie
d'objection à ce que l'école de Duchesnay soit dirigée par
le ministère de l'Education, pourvu que cela fonctionne cela ne
me dérange pas mais je pense que pour les techniciens, il serait
préférable...
M. COITEUX: II n'est pas question...
M. RUSSELL: Le ministre est conscient du problème, on veut le
rendre conscient. Qu'il demande à quelqu'un de s'en occuper
immédiatement et qu'il aille faire une autre visite là, qu'il
prenne tout le temps qu'il faudra, qu'il emmène avec lui le
député de Duplessis, et je suis convaincu qu'à eux deux
ils se rendront compte qu'il y a moyen d'inscrire beaucoup plus
d'élèves qu'il n'y en a eus dans le passé!
M. SIMARD (Témiscouata): On verra l'an prochain si les
inscriptions sont à la baisse ou à la hausse !
M. RUSSELL: M. le Président, quant à moi, je clos cette
question et nous pourrons revenir, s'il n'y a pas d'autre question
là-dessus,...
UNE VOIX: Non.
M. LE PRESIDENT: Poste budgétaire 3, article 3, sous-article 1 :
Traitements.
M. DRUMMOND: Je pense que nous sommes rendus à l'article 3,
n'est-ce pas?
M. RUSSELL: Trois. M. DRUMMOND: Trois.
M. RUSSELL: Service de l'arpentage et de géodésie.
M. LE PRESIDENT: Oui, c'est cela.
Arpentage et géodésie
M. LE PRESIDENT: Adopté. Sous-article 2: Salaires.
M. RUSSELL: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Sous-article 3: Frais de voyage.
M. BELAND: A ce moment-ci, la différence est tout de même
assez grande entre l'an dernier et cette année, à titre de frais,
parce qu'en somme, il s'agit tout de même de $12,900, seulement à
ce sous-article.
M. DRUMMOND: L'augmentation à ce sous-article est
constituée principalement de frais supplémentaires, $15,300,
occasionné par la mise à exécution de programmes de
cadastre. Il y a de fortes incidences sur les services connexes d'arpentage et
de géodésie, de cartographie.
UNE VOIX: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Sous-article 4: Matériel,
articles de bureau et équipement.
M. SIMARD (Témiscouata): Adopté.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Sous-article 5: Fournitures,
approvisionnement et frais d'équipes.
M. RUSSELL: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Sous-article 6: Services
contractuels.
M. RUSSELL: Est-ce que le montant voté l'an dernier de $1,358,300
a été dépensé?
M.DRUMMOND: II a été dépensé, moins
$341,000.
M. RUSSELL: Est-ce que le montant de $1,157,000 que vous demandez cette
année est engagé?
M. DRUMMOND: On attend l'adoption du budget avant de donner des
contrats. Nous sommes prêts, mais rien n'est signé.
M. RUSSELL: Ce sont les contrats d'arpentage qui se donnent en
forêt pour les territoires non organisés?
M.DRUMMOND: Oui.
M. RUSSELL: Est-ce qu'il y a des questions là-dessus?
M. LESSARD: Je présume que tous les contrats d'arpentage sont
accordés à des firmes privées, puisque nous avons
$1,157,000.
M. DRUMMOND: Ce sont des firmes ou des arpenteurs professionnels; il
n'est pas question de firmes privées, mais...
M. LESSARD: Le gouvernement, comme tel, n'a pas de groupement de
personnes qui font de l'arpentage au profit du gouvernement? Le gouvernement,
comme tel, ne fait pas ce travail, n'a pas de personnel qui peut faire ce
travail; on confie cela à l'entreprise privée, continuellement,
sous forme de contrat?
M. DRUMMOND: Nous, nous faisons seulement la vérification du
travail pour voir si, oui ou non, la qualité est acceptable.
UNE VOIX: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Sous-article 6, adopté. Sous-article 7 :
Honoraires et autres dépenses.
M. RUSSELL: Adopté.
M. LE PRESIDENT: adopté. Poste 4: Service de la
photogrammétrie et de la cartographie. Article 1: Traitements.
Photogrammétrie et cartographie
M. RUSSELL: Pas de questions? Adopté.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Article 2: Frais de voyage.
M. RUSSELL: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Article 3: Matériel, articles de
bureau et équipement.
M. RUSSELL: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Article 4: Impressions et
lithographie.
M. RUSSELL: Le montant de $225,000 voté l'an dernier, a-t-il
été totalement épuisé?
M. DRUMMOND: A peu près, oui à $100 près.
M. RUSSELL: Le ministre n'a pas l'intention d'en dépenser plus
cette année? Adopté.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Article 5: Services contractuels et
frais d'équipes.
M. RUSSELL: De quel genre d'équipes s'agit-til pour
$1,961,300?
M. DRUMMOND: Les travaux inscrits à cet article sont les travaux
qui n'ont pu être exécutés en 1969/70 à cause du
mauvais temps et pour toute autre raison, il y en a pour $250,000. Le reste du
montant, ce sont les travaux qui...
M. RUSSELL: Les nouveaux contrats qui ne sont pas encore
accordés.
M. DRUMMOND: Non.
M. RUSSELL: Est-ce que le montant de $1,913,000 a été
dépensé l'an dernier?
M. DRUMMOND: Pas totalement: $1,540,000 ont été
dépensés.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Article 6: Honoraires et autres
dépenses, adopté. Poste budgétaire 5, article 1: service
de l'aménagement forestier.
Direction des bois et forêts
M. LESSARD: Alors, M. le Président, est-ce que c'est ici que je
dois poser la question sur l'inventaire forestier, en ce qui concerne
l'inventaire forestier? Equipement, outillage, véhicules... Au poste
budgétaire 5, article 5?
M. RUSSELL: Au poste budgétaire 5, article 5, c'est à la
page 157, dans le bas de la page.
M. LESSARD: D'accord.
Aménagement forestier
M. RUSSELL: Traitements et salaires, M. le Président, il s'agit
seulement des augmentations de salaire? L'augmentation de $246,000 à
$277,000?
M. DRUMMOND: Pour préparer l'avancement de classe,
rémunération additionnelle, etc.
M. RUSSELL: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Sous-article 2: Salaires.
M. RUSSELL: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Sous-article 3: Frais de voyage et
d'équipes.
M. RUSSELL: Le montant de l'an dernier, de $24,000, a été
totalement dépensé ou dépassé?
M.DRUMMOND: Dépassé.
M. RUSSELL: De combien?
M. DRUMMOND: Tout a été dépensé.
M. RUSSELL: Est-ce qu'il restait des comptes impayés?
M. DRUMMOND: II y avait un virement de paye' là-dessus.
M. RUSSELL: Donc, cela a été dépassé. Vous
avez eu un montant de $24,600 qui a été voté.
M. DRUMMOND: Oui, on a dépensé $26,100.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Sous-article 4: Matériel,
articles de bureau et impressions.
M. RUSSELL: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Sous-article 5: Equipement, outillage et
véhicules moteurs: entretien et opération.
M. RUSSELL: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Sous-article 6: Services
contractuels...
M. RUSSELL: Le montant de $216,600 voté l'an dernier, a-t-il
été totalement épuisé?
M. DRUMMOND: Le montant de $216,600 a été
dépensé.
M. RUSSELL: Qu'est-ce qui motive la baisse des crédits cette
année?
M. DRUMMOND: C'est seulement l'inflation budgétaire...
M. LE PRESIDENT: Adopté. M. RUSSELL: Un instant. Adopté.
M. LE PRESIDENT: Sous-article 7. M. RUSSELL: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Poste budgétaire 5, article 2,
sous-article 1: Traitements et salaires.
Exploitations forestières
M. BELAND: A cet article-là, M. le Président, en quoi
consiste le travail de ces personnes à salaire concernant les
exploitations forestières?
M. DRUMMOND: Tout ce service est responsable de l'émission des
permis d'exploitation, surveillance des exploitations, mesurage,
contrôle, etc.
M. LESSARD: Le 26 novembre 1969, le gouvernement donnait à la
Société Domtar la concession sur le Lebel-sur-Quévillon.
Est-ce qu'il serait possible de connaître quelles ont été
les conditions puisque ceci a été cédé, je crois,
pour une période de 20 ans? Deuxièmement, est-ce que
l'arrêté en conseil donnant la concession de
Lebel-sur-Quévillon à Domtar a été publié?
Alors, je demande quelles ont été les conditions et plus
particulièrement, les droits de coupe, pour cette
société-là? Je pense que cela concerne l'échange
entre Baie-Trinité, Domtar à Baie-Trinité, et
Lebel-sur-Quévillon.?
M.DRUMMOND: Je n'ai pas les détails, c'est bien sûr, mais
étant donné qu'il s'agit d'un arrêté en conseil, il
faudrait toujours le produire.
M. LESSARD: Arrêté en conseil numéro 3627. Est-ce
qu'il serait possible d'obtenir une copie de cet arrêté en
conseil?
M. DRUMMOND: Voulez-vous que nous vous en envoyons une copie?
M. LESSARD: J'aimerais avoir une copie pour savoir exactement quelles
ont été les conditions de cette concession forestière.
M. LE PRESIDENT: Sous-article 2: Frais de voyage et autres
dépenses.
M. RUSSELL: Les sous-articles 2, 3 et 4, d'après-moi, M. le
Président, peuvent être adoptés.
M. LE PRESIDENT (Carpentier): Sous-arti- cle 2, adopté.
Sous-article 3, adopté. Sous-article 4, adopté. Sous-article 5:
Services contractuels.
M. RUSSELL: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Poste 5, article 3, sous-article 1.
Adopté.
Restauration
M. RUSSELL: Adopté. M. LE PRESIDENT:
Sous-article 2?
M. RUSSELL: Combien y a-t-il d'ouvriers qui ont travaillé l'an
dernier? Le montant voté de $2,399,000 a-t-il été
totalement épuisé?
M. DRUMMOND: Oui. Le montant de $2,285,000 est
dépensé.
M. RUSSELL: Quel est le nombre d'employés?
M. DRUMMOND: Nous n'avons pas toutes les données quant au nombre
d'employés. Il était partagé entre les
pépinières, le reboisement, l'amélioration des camps
étudiants, les travaux expérimentaux et les chemins
d'accès. Nous n'avons pas le nombre exact des ouvriers. On essaiera de
faire la compilation de ces chiffres.
M. RUSSELL: Entre le budget déposé par le gouvernement
précédent il y avait un montant demandé par le ministre,
son prédécesseur, de $2,984,000. Ce montant a été
réduit de $100,000. Quelles sont les raisons qui ont motivé cette
décision de le réduire de $100,000?
M. DRUMMOND: C'était la même chose, II fallait des
critères et c'était un poste où on avait assez pour faire
des économies.
M. RUSSELL: C'est en vue d'aider le premier ministre à trouver
ses 100,000 emplois? Vous travaillez contre lui, actuellement.
M. DRUMMOND: II n'est pas question de cela.
M. COITEUX: Les chiffres que vous avez avancés l'année
dernière... Ils sont plus élevés cette année. Ils
étaient de $2,399,000.
M. RUSSELL: On avait déposé, à la suite d'une
entente, un budget pour une demande de $2,984,000 et il y a eu une
réduction de $100,000. C'est un point stratégique,
économique, qui avait des besoins pour cette somme. On a sacrifié
ailleurs des crédits pour en donner davantage là. Je crois que le
ministre des Terres et Forêts, en vue d'aider le premier ministre
dans sa politique de nouveaux emplois, a baissé cette demande de
$100,000.
M. DRUMMOND: On ne va pas créer tous ces emplois dans la fonction
publique. Il faut essayer d'obtenir des investissements, etc.
M. RUSSELL: M. le Président, il s'agit là...
M. LESSARD: A ce sujet, M. le Président, est-ce que le ministre
pourrait nous dire combien il existe actuellement, au niveau du Québec,
de camps d'étudiants, de camps d'été?
M. DRUMMOND: Oui, nous avons ces chiffres.
M. LESSARD: Quels sont les effectifs qui ont été
engagés cette année?
M. DRUMMOND: Alors, il en existe 14, M. le Président, comprenant
233 étudiants.
M. LESSARD: 233, alors, est-ce que ce nombre de camps étudiants a
été augmenté au cours de cette année, ou au cours
des deux dernières années?
M. DRUMMOND: Non, malheureusement, il s'agit d'une diminution cette
année.
M. LESSARD: C'est une diminution. Maintenant, quelle est la politique
éventuelle du ministère à ce sujet?
M. DRUMMOND: Nous examinerons tous ces programmes. Au préalable,
je dois dire que, quant à moi, je suis certain de la valeur de ces
camps, et je considérerai ce programme. La situation avait ses
exigences, cette année, et je me sens un peu mal à l'aise.
M. LESSARD: Alors, cette année, vous avez eu 233 étudiants
qui vont travailler pour le service du ministère?
M. DRUMMOND: L'an dernier il y en avait 613.
M. LESSARD: 613?
M. DRUMMOND: Oui, et il y en a 233, cette année.
M. LESSARD: 233, cette année? M. DRUMMOND: C'est juste.
M. LESSARD: Est-ce que les effectifs employés sont
supérieurs au nombre de candidats?
M. DRUMMOND: La réponse est non. Vous devez poser cette question
au ministère du Travail.
M. LESSARD: Au ministère du Travail? Maintenant, comme on diminue
de 600 à 253, est-ce que cela veut dire...
M. DRUMMOND: 233.
M. LESSARD: ... qu'il y aura moins d'étudiants à
l'intérieur de chacun des camps, ou y aura-t-il diminution du nombre de
camps?
M. DRUMMOND: Probablement les deux. On a réduit le nombre de
camps et je pense que la moyenne est inférieure à chaque camp
ici.
M. LESSARD: Vous dites qu'ils travailleront à quelle
période de l'année? Quand commencent-ils les
opérations?
M. DRUMMOND: Juillet et août. M. LESSARD: Juillet et
août.
M. DRUMMOND: II y avait plus de demandes, malheureusement c'est un
programme que nous avons coupé. Tout ce que je peux dire à ce
sujet, c'est qu'il fallait effectuer des coupures et il est toujours difficile,
lorsqu'on réduit le nombre de jeunes, mais quand même, c'est aussi
difficile lorsqu'on coupe un autre programme surtout s'il s'agit d'ouvriers
plus âgés.
M. LESSARD: Alors, les étudiants offrent leurs services au
ministère des Terres et Forêts pour travailler dans ces
camps...
M. DRUMMOND: C'est le ministère du Travail qui...
M. LESSARD: D'accord.
M. LE PRESIDENT: Adopté.
M. RUSSELL: M. le Président, j'attendais la réponse nous
disant le nombre d'employés qui ont été utilisés
l'an dernier.
M. DRUMMOND: Peut-être pourrions-nous le passer et on continuera
le calcul...
M. RUSSELL: Sous-article en suspens. Nous pouvons continuer à
3.
M. LE PRESIDENT: Sous-article 2, en suspens, sous-article 3 : Frais de
voyage.
M. RUSSELL: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Sous-article 4: Frais de bureau,
chauffage et force motrice.
M. RUSSELL: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Sous-article 5: Matériel et
articles de bureau.
M. CROISETIERE: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Sous-article 6: Equipement, outillage et
véhicules moteurs: achat.
M. RUSSELL: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Sous-article 7: Equipement, outillage et
véhicules moteurs: entretien et opérations.
M. RUSSELL: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Sous-article 8: Fournitures et
approvisionnements.
M. RUSSELL: M. le Président, il y a une différence assez
marquée. Le montant de $146,000 voté, l'an dernier, a-t-il
été totalement épuisé?
M. DRUMMOND: On a dépensé $155,000.
M. RUSSELL: $155,000. Cette année, on avait préalablement
demandé $102,000; on a réduit ce montant à $82,000.
M. SIMARD (Témiscouata): C'est dû au nombre moins
considérable d'étudiants qui vont aller travailler. Cela va
coûter moins cher pour les nourrir, il va y en avoir moins.
M. DRUMMOND: II y a une coupure. Si je peux faire la comparaison entre
1969/70 et cette année, pour les pépinières, c'est de
$25,000 diminué à $24,000; le reboisement est réduit de
$3,000 à $1,000; les crédits de l'amélioration des
peuplements sont portés de $18,000 à $32,000. Les camps
étudiants, comme on l'a dit, sont diminués d'une base de $100,000
l'année dernière à $25,000 cette année.
M. RUSSELL: La grosse réduction est donc dans les camps
d'étudiants.
M. DRUMMOND: Oui.
M. LE PRESIDENT: Adopté? Sous-article 9: Entretien et
constructions temporaires; achat de matériaux et services
contractuels.
M. RUSSELL: De quel genre de constructions temporaires s'agit-il et
à quel endroit?
M. DRUMMOND: Dans la plupart des cas, il s'agit de camps
étudiants pour ce moment-là. Ce sont des édifices
temporaires.
M. RUSSELL: Des tentes?
M. DRUMMOND: Non, de camps tout en bois.
M. RUSSELL: Est-ce que c'est du bois rond ou du bois scié?
M. COITEUX: Dans le comté de Compton... M. DRUMMOND: II s'agit de
contre plaqué.
M. RUSSELL: C'est du 2 x 4 et dans d'autres cas du 8 x 4. Bien des fois,
il s'agissait de bois scié à même des coupes du
gouvernement, inventaire qui n'était pas contrôlé par
d'autre que par le ministère des Terres et Forêts et qui
était utilisé d'une façon illégale, je tiens
à le souligner, cela a été vérifié. Je
demanderais au ministre de vérifier la loi; elle ne permet pas de faire
de construction, elle doit être faite par d'autres ministères.
M. DRUMMOND: Je vous remercie.
M. RUSSELL: Lorsque vous avez du bois coupé par le
ministère des Terres et Forêts, il doit se vendre ou par une vente
ou par... Autrement, vous ne pourrez pas contrôler votre inventaire.
C'est une chose qui se faisait et qui doit continuer à se faire,
à moins que le ministre soit assez rigide pour le contrôler et
imposer ce qui doit s'imposer. Autrement, les fonctionnaires continueront
à faire comme c'est la bonne vieille coutume.
M. COITEUX: Vous me faites rire.
M. RUSSELL: Le député trouve que c'est drôle. Ce
n'est pas drôle.
M. COITEUX: Je prêche la vertu parce que, pendant quatre ans, j'ai
pratiqué le vice.
M. RUSSELL: Je n'ai pas pratiqué ou je n'ai pas approuvé
le vice qui se pratiquait. Simplement, au fur et à mesure qu'on
découvrait ces choses-là, on les corrigeait. Je pense que le
député de Duplessis, qui est au courant que ces choses-là
se passaient, aurait peut-être dû les souligner à l'occasion
des débats, pour qu'on en soit conscient et qu'on les corrige plus
rapidement qu'on ne les a corrigées. Si j'ai connaissance de ces choses,
je les souligne au ministre aujourd'hui, pour qu'il prenne ses
responsabilités et qu'il corrige la situation. Cela ne veut pas dire que
si le vice s'est pratiqué du temps d'un autre gouvernement, vous devez
continuer à le pratiquer.
M. PILOTE: Je ne voudrais pas qu'on me montre, monsieur, quand vous
parlez de vice.
M. RUSSELL: C'est une habitude du français. Quand on parle avec
ses mains, c'est plus facile. Je comprends que, dans le journal des
Débats, les mains ne paraissent pas, mais c'est plus facile de
s'exprimer de cette façon.
M. DRUMMOND: M. le Président, peut-on retourner à cet
autre sous-article où il s'agissait du nombre de travailleurs?
M. RUSSELL: Oui.
M. LE PRESIDENT: Sous-article 2.
M. DRUMMOND: Oui, c'est le problème des assistés sociaux.
Il s'agissait de $22,000 pour 731 jeunes hommes; travaux d'amélioration,
$1,501, en ajoutant aussi à ça 613 jeunes étudiants.
Malheureusement, pour le reboisement, nous avons une somme globale de
$320,000 seulement. Il n'y a là aucune ventilation. J'espère que
cela peut satisfaire le député de Shefford.
M. RUSSELL: M. le Président, je veux tout simplement souligner
que les crédits ont été augmentés à ce
sous-article cette année, non par fantaisie, mais pour donner de l'aide
où il y en avait besoin. Nous voulions d'abord aider les
étudiants qui en avaient besoin et aussi tenter de réduire les
listes d'assistés sociaux et de rendre des services à un
ministère qui avait réellement ses besoins. Or, je remarque que
le ministre a laissée, à tort ou à raison, ses
fonctionnaires ou lui-même réduire ces crédits,
peut-être inconsciemment, peut-être parce que l'on ne lui a pas
souligné pourquoi il s'agissait là d'une augmentation, ou les
raisons qui auraient motivé une telle augmentation.
M. COITEUX: M. le Président, l'étudiant perd beaucoup
moins que l'on ne le pense, parce que le ministère de l'Education,
lorsqu'il est question de bourse, réduit le montant qu'il a gagné
au cours de l'été.
M. RUSSELL: Je suis conscient...
M. COITEUX: L'étudiant n'est pas tellement affecté.
M. RUSSELL: ... que l'augmentation qui avait été
apportée l'avait été surtout pour aider à
réduire les listes d'assistés sociaux; c'est surtout pour cela.
Le député de Duplessis affirme que l'étudiant ne perd
peut-être rien, mais le gouvernement n'a rien non plus. Il paie le
même montant. Il paie en bourses ce qu'il paierait pour faire faire du
travail. C'était la raison pour laquelle nous avons tenté de
laisser le même montant, pour recevoir au moins le même nombre
d'étudiants. Nous avons eu à augmenter le montant pour permettre
au ministère des Terres et Fôrets d'utiliser des assistés
sociaux. Nous voulions que ceci fût coordonné avec ce que ferait
le ministère du Bien-Etre social. Je crois qu'un comité avait
été formé à ce sujet.
M. DRUMMOND: Je dois peut-être souligner aussi que pour
l'amélioration des peuplements, où on emploie les assisté
sociaux, il y a quand même augmentation de $854,000 l'an passé
à $1,235,000 cette année. Nous sommes donc conscient du
problème.
M. RUSSELL: Mais la diminution des $100,000 qui a été
faite l'a été strictement sur ce sujet.
M. DRUMMOND: Les pépinières représentaient le sujet
le plus important pour une diminution au budget.
M. RUSSELL: Je n'ai rien de plus. Je souligne au ministre que cela a
été fait. Je suis bien prêt, si la commission est d'accord
à proposer un amendement pour couper d'autres crédits et reporter
cet article à ce qu'il était.
M. DRUMMOND: Je préfère garder le budget tel quel cette
année, en tenant compte des suggestions de l'honorable
député pour l'année prochaine.
M. SIMARD (Témiscouata): Quelle est l'importance de la diminution
du budget, par exemple, sur le camp-école de parc situé dans le
comté de Témiscouata? Est-ce que vous avez le détail des
camps-écoles individuellement? Quel budget était prévu,
par exemple, et quel est le budget qui après coupure, est disponible
pour ce camp-école de parc?
M. DRUMMOND: L'année dernière, pour le parc, il s'agissait
d'une quarantaine d'étudiants. Cela existe encore cette année,
mais il s'agit de dix étudiants seulement.
M. SIMARD (Témiscouata): Dix étudiants seulement. Quel
emploi va-t-on faire de cette capitalisation assez importante?
M. DRUMMOND: Nous ne voulons évidemment pas arrêter ces
programmes. Pour l'année prochaine, en ce qui concerne les
investissements, j'aimerais bien que tout aille mieux et qu'il y ait
possibilité d'augmenter ce programme.
M. LESSARD: M. le Président, le ministre pourrait-il nous dire si
on a décidé de diminuer les effectifs étudiants dans ces
camps parce les résultats auraient été plus ou moins bons
ou si c'est pour d'autres raisons?
M. DRUMMOND: Non, il fallait choisir les postes, on les a choisi
partout. L'ancien gouvernement aussi avait décidé de couper
à cet endroit.
M. LESSARD: Maintenant, M. le Président, étant
donné que l'honorable député de Duplessis faisait
remarquer tout à l'heure que l'étu-
diant ne perdait pas beaucoup si l'on tient compte du fait que
maintenant le système de bourses considère le gain
étudiant pendant les vacances. Cela veut donc dire que c'est tout
simplement un déplacement d'argent que l'on fait. Au lieu de faire
travailler des étudiants qui auraient besoin de travailler, qui auraient
besoin de s'occuper pendant les vacances de l'été, on leur donne
des bourses. Alors, je trouve que si l'étudiant ne perd pas, l'Etat peut
perdre considérablement, même si ces bourses sont remboursables
à longue échéance. C'est que là, on peut au moins
profiter d'un travail étudiant pendant l'été pour
aménager et travailler la forêt.
M. DRUMMOND: Je pense qu'on avait dit au début que nous
étions favorables à l'idée de ces camps, et nous voulons
les encourager. Mais, pour cette année, malheureusement, il s'agit d'une
période d'austérité. Lorsqu'on doit réduire le
budget, tout le monde s'en ressent! Je suis entièrement d'accord qu'un
tel programme est très important pour développer
l'intérêt des jeunes à la forêt dans tous ces
aspects. Mais, comme je l'ai déjà dit, j'espère bien que,
pour l'année prochaine, on pourra améliorer ces programmes.
M. LESSARD: Parce qu'à ce rythme-là...
M. DRUMMOND: Ce n'est pas toujours facile de couper des vivres à
l'intérieur d'un budget...
M. LESSARD: Si on coupe partout, ce n'est pas 100,000 emplois qu'on
créera, on aura 100,000 chômeurs de plus!
M. DRUMMOND: Pas nécessairement. Comme j'avais dit, on ne peut
pas créer chaque emploi dans la fonction publique. Ce qu'il faut c'est
attirer l'industrie dans la province de Québec. Il y eut beaucoup
d'investissements dans le secteur public, pendant les dernières
années; d'une certaine façon, l'équilibre avec l'industrie
privée ou l'établissement des industries privées dans la
province n'était pas bon! Je pense que maintenant, c'est un secteur
où l'on doit encourager les investissements ici.
M. LESSARD: Maintenant, proportionnellement...
M. DRUMMOND: La fonction publique ne peut pas tout résoudre, il
faut un travail d'équipe de toute la province.
M. RUSSELL: M. le Président, à l'intérieur de tous
les gouvernements, il y a toujours deux ou trois philosophies qui s'affrontent.
Mais je pense rejoindre la pensée du député de Saguenay
lorsqu'on parle de travail qui peut être fait pour le gouvernement,
travail nécessaire. Parce qu'on sait que le ministère des Terres
et Forêts pourrait dépenser quatre, cinq fois, le montant qu'on
lui vote,et ce serait le dépenser à bon escient, pour la province
de Québec et le bien de la forêt. Donc, à un moment
donné, on peut utiliser des étudiants. Ce que veut dire le
député de Saguenay et je suis d'accord avec sa philosophie
c'est qu'on peut diminuer le montant des bourses, le transférer
ici, à la condition qu'on s'assure que les étudiants qui
travaillent sont réellement dans le besoin, parce que c'est le
même argent qu'on leur donnera en bourses ou en prêts. Et la
même chose pour l'assisté social. Lorsqu'on a versé un
montant additionnel à cet article, la philosophie qui primait à
ce moment-là était que plutôt que de payer celui qui peut
travailler à ne rien faire, on le faisait payer par le ministère
des Terres et Forêts pour faire un travail rentable pour la province.
C'était cette philosophie que l'on tentait d'adopter graduellement. Je
sais qu'à l'intérieur de certains ministères, il y a des
gens qui sont contre cette théorie ou cette philosophie politique et qui
voudraient que l'étudiant soit payé pour aller à
l'école, d'autres, qui trouvent que celui qui n'a pas l'emploi qui lui
plaît, devrait être payé pour rester chez lui, payé
autant que s'il travaillait. Mais, on sait qu'en pratique ce n'est pas toujours
ce qui arrive.
M. DRUMMOND: J'accepte très bien les commentaires du
député. Je suis tout à fait d'accord. Evidemment il vaut
mieux faire travailler les gens intéressés. Cela peut aider la
province dans un secteur comme le reboisement, plutôt que de rester
à rien faire comme on dit. J'accepte ce commentaire. Et je veux analyser
ce programme-ci d'une façon très, très exigeante.
M. RUSSELL: M. le Président, ce ne sont pas des reproches que
nous faisons au ministre. C'est simplement pour lui signifier que s'il adopte
cette philosophie et qu'il tente d'obtenir les crédits
nécessaires, il pourra compter sur des gens qui l'aideront à
défendre cette politique au sein de l'Opposition, du Parti
québécois comme du parti que je représente.
Vous seriez sûrs d'avoir l'Opposition de votre côté.
Vous aurez des gens qui vont vous appuyer, ce côté-ci.
M. DRUMMOND: J'ai trouvé, d'autre part, beaucoup d'appui pour ce
travail-là et je pense que tous les partis sont d'accord pour faire
travailler les Québécois pour le bien de la province.
M. LESSARD: C'est ce que l'on constate malheureusement, pour rejoindre
l'idée exprimée tout à l'heure. On a
énormément de besoins, par exemple, dans l'aménagement
régional et dans l'aménagement forestier; dans ma
région, j'ai constaté que 73 p.c. des assistés
sociaux étaient des gens qui étaient aptes au travail. Cela
devient ridicule. On paie ces gens-là qui reçoivent $180, $200,
$225 et même plus, quelquefois, pour absolument ne rien faire. Ces
gens-là devraient avoir la permission de travailler soit pour les
municipalités, soit pour des services du ministère des Terres et
Forêts, etc. Là ils feraient un travail véritablement
efficace. Tandis que maintenant, au lieu de faire un travail vraiment efficace,
ces gens-là perdent leur temps, ces gens-là s'habituent à
l'oisivité, avec toutes les conséquences que cela comporte.
Alors, à diminuer quelquefois des investissements de l'Etat parce
que si on regarde proportionnellement avec l'Ontario, les investissements
publics per capita, au Québec, sont inférieurs à ceux de
l'Ontario ce qui peut arriver, c'est que l'on crée plus de
chômeurs, plus d'assistés sociaux et que l'on augmente ainsi le
budget de l'assistance sociale. Au lieu d'investir dans un budget et de faire
travailler les gens, on va augmenter l'autre et laisser les gens dans
l'oisivité. C'est le problème que je soulevais tout à
l'heure. C'est un problème de philosophie assez important qu'il va
falloir toucher dans l'ensemble des ministères.
M. CROISETIERE: M. le Président, est-ce que le ministre pourrait
nous dire s'il envisage, durant l'exercice 70/71, un budget
supplémentaire? Et si oui, s'il voudrait tenir compte des
recommandations qui sont faites par les députés
M. DRUMMOND: Je ne l'envisage pas en ce moment, je dois le dire. Je
pense que, dans mon article, j'accepte le principe de cette philosophie
avancée par les députés en face.
M. SIMARD (Témiscouata): Je pense bien que le
député de 1'Islet ne doit pas être heureux de voir une
coupure du budget concernant le placement des étudiants, parce que son
prédécesseur était bien heureux de placer 25 ou 30
étudiants durant l'été. Cela doit vous affecter comme
nous. Vous les avez placés ailleurs? Vous êtes bien chanceux.
M. GIASSON: II y a un potentiel.
M. SIMARD (Témiscouata): Comme ça, il y a des travaux chez
vous?
M. GIASSON: Pas nécessairement du gouvernement. H y a
l'entreprise privée.
M. LE PRESIDENT: Sous-article 2, adopté? Est-ce que le
sous-article 9 est adopté? Sous-article 10: Loyers de machinerie et
transport.
M. RUSSELL: M. le Président, vous avez une augmentation. Est-ce
que le montant de !'an dernier a été totalement
épuisé?
M. DRUMMOND: Sous-article 10?
M. RUSSELL: Oui.
M. DRUMMOND: Nous avons dépensé $365,000.
M. RUSSELL: Vous demandez $150,000 de plus.
M. DRUMMOND: L'augmentation concerne surtout l'amélioration des
peuplements, les assistés sociaux, etc.
M. RUSSELL: C'est la location de machinerie pour la plantation?
M. DRUMMOND: Je pense que oui. C'est bien ça.
M. SIMARD (Témiscouata): La construction de chemins
d'accès dans les forêts du ministère, à quel article
est-ce?
M. DRUMMOND: C'est sur l'entretien. M. RUSSELL: Seulement
l'entretien.
M. SIMARD (Témiscouata): Les chemins d'accès...
M. RUSSELL: Dans la construction, on regardera à la fin.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Sous-article 11 : Achat de plants,
semences et arbres.
M. SIMARD (Témiscouata): II y a une diminution de $7,000 avec le
budget préparé par l'accréditation
précédente, est-ce qu'il est question de baisser le volume de la
plantation en sylviculture?
M. RUSSELL: Le montant de l'an dernier a été
complètement dépensé?
M. DRUMMOND: $88,600.
M. RUSSELL: On l'a même dépassé.
M. GAUTHIER: Est-ce que ce sont là des plants que le gouvernement
est obligé d'acheter parce qu'il ne peut pas les produire dans ses
pépinières.
M. DRUMMOND: Je peux donner tous les détails ici pour les
pépinières; c'est l'achat, pour le compte de particuliers, de
produits chimiques, de semences, de matériaux pour l'emballage des
plants et le traitement du sol, etc., achat de plants pour le boisement de
terrains privés; centre de culture de plants de sapins à East
Angus; $25,000 pour l'achat de semences aussi, pour fertilisants, insecticides,
herbicides. Je pense qu'on achète de partout, en Ontario et même
de pépinières privées ici.
M. COITEUX: Pour la question du reboisement, est-ce qu'il y aurait
possibilité d'établir un genre de budget... Lorsque nos budgets
viennent en discussion, le temps du reboisement est passé, et je sais
que, l'an dernier, il est venu des plants d'East-Angus, pas loin de
Compton...
M. SIMARD (Témiscouata): Ce doit être par là.
M. COITEUX: ... et ces plants sont arrivés trop tard, on en a
perdu au-delà de 85 p.c.
M. RUSSELL: Je tiens à faire remarquer...
M. COITEUX: Le reboisement, à mon sens pour le
ministère des Terres, ce n'est pas une critique, c'est un fait qu'on
constate s'il faut dépenser de l'argent, je pense qu'année
après année on fait le reboisement...
M. DRUMMOND: Peut-être qu'il s'agit d'un programme à long
terme dans tout ça, qu'on pourrait facilement discuter et, si tout le
monde était d'accord, cela ne serait pas un problème.
M. COITEUX: S'il ne reste pas d'argent par exemple avec ce
système-là, quand vient le temps du reboisement et que les
budgets ne sont pas encore votés, pour qu'on procède quand
même dès l'instant où les bourgeons ont commencé
à sortir...
M. RUSSELL: Je tiens à faire remarquer au député de
Duplessis que ce n'est pas une raison, le budget pas voté, parce qu'on
marche toujours par douzième, cela ne dérange rien...
M. COITEUX: Cela dérange quelque chose.
M. RUSSELL: Cela ne dérange rien du tout, avec ce
système-là, on peut facilement fournir les mêmes plants,
même si les crédits ne sont pas adoptés. Il n'y a pas de
problème. C'est une question de finance.
M. COITEUX: L'année dernière les plants sont
arrivés dans le mois de juillet.
M. RUSSELL: Je pense bien, comme ça venait d'East-Angus, je
voudrais lui faire remarquer que, si on envoyait ça dans le comté
de Duplessis, c'était trop loin. La pépinière de
East-Angus a été créée pour les Cantons de l'Est,
on voudrait bien conserver la production chez nous, et en faire la plantation
chez nous.
M. COITEUX: C'est pour ça que le député de
Duplessis demande de l'argent pour sa pépinière
là-bas.
M. RUSSELL: Je n'ai pas d'objection à en voter.
M. DRUMMOND: C'est un échange assez juste.
M. RUSSELL: M. le Président, je voudrais vous proposer de prendre
des dispositions pour donner des crédits et créer une
pépinière dans le comté de Duplessis.
M. COITEUX: Elle est créée.
M. RUSSELL: Elle est créée, alors pour l'alimenter afin
qu'elle produise plus.
M. COITEUX: Vous l'avez abandonnée pendant quaire ans.
M. RUSSELL: Si elle a été abandonnée, c'est
peut-être parce que le député ne s'en est pas
occupé, je ne le sais pas.
M. COITEUX: II y avait peut-être un ministre qui ne tenait pas
à ce que le député s'en occupe aussi.
M. RUSSELL: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Sous-article 11, adopté. Sous-article 12.
M. GAUTHIER: Les primes de reboisement, M. le ministre, c'est
payé à qui, comment et pourquoi?
M. DRUMMOND: On paie les primes de reboisement dont il est fait mention
dans l'arrêté en conseil 1015, du 28 mars 1944, à raison de
$10 l'acre après une inspection qui permet d'établir si la
plantation répond bien aux conditions imposées. Le montant
prévu était de $5,000. Le montant additionnel demandé est
de $25,000 pour payer une prime d'encouragement de $10 les mille plants pour
les 2,500,000 plants qui doivent être transplantés dans la
région pilote du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie et des
Iles-de-la-Madeleine dans le cadre de l'ODEQ.
M. GAUTHIER: Sur des terrains privés, quand on fait de la
plantation avec de la machinerie du ministère, est-ce qu'on exige
quelque chose ou si c'est entièrement gratuit?
M. DRUMMOND: On la prête.
M. CROISETIERE: La machinerie?
M. DRUMMOND: Oui.
M. GAUTHIER: Qu'est-ce qui est chargé au cultivateur qui fait du
reboisement?
M.DRUMMOND: Pour le tracteur, c'est l'individu qui paie.
M. GAUTHIER : Vous ne fournissez que la planteuse.
M. DRUMMOND: C'est ça!
M. GAUTHIER: Est-il possible de demander au ministre d'informer tous les
députés des comtés impliqués par la politique du
ministère des Terres et Forêts au sujet des plantations qui se
font au cours de la saison? Ce serait intéressant pour tout le monde de
le savoir.
M. RUSSELL: On pourrait peut-être informer tous les
députés.
M. DRUMMOND: On peut toujours le demander. Je prends note de cette
suggestion.
M. RUSSELL: Je pense que les députés de Westmount ou
d'Outremont sont intéressés comme les autres.
M. DRUMMOND: II y aurait des forêts dans Westmount à
planter.
M. RUSSELL: Ce sont des ambitions légitimes.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Sous-article 12, adopté.
Sous-article 13.
M. GAUTHIER: Dans les contributions du fédéral pour le
reboisement, est-ce que c'est pour le reboisement en général ou
si c'est seulement pour la partie de l'Est du Québec avec une entente
pour l'ODEQ?
M. SIMARD (Témiscouata): Quel est l'article du budget
affecté?
M. RUSSELL: Le remboursement de $727,500 est sous quel article? Le
remboursement du gouvernement canadien?
M. DRUMMOND: Tout ça, c'est pour l'ODEQ.
M. SIMARD (Témiscouata): Est-ce que c'est pour la
sylviculture?
M. DRUMMOND: C'est pour les salaires.
M. SIMARD (Témiscouata): Pour les salaires.
M. RUSSELL: Sur tous les articles de reboisement.
M. DRUMMOND: L'amélioration des teires, le peuplement, etc.
M. RUSSELL: Donc, lorsqu'on a coupé un montant de $100,000,
à l'article 2, on coupait aussi une contribution du
fédéral. On baissait la contribution fédérale.
M.DRUMMOND: II se peut, ce n'est pas certain.
M. RUSSELL: Non, M. le Président, le ministre dit qu'il peut y
avoir diminution mais je remarque que le montant inscrit comme remboursement du
fédéral n'a pas changé.
M. DRUMMOND: Je prends note de ça. Je ne sais pas, franchement,
si ça va diminuer.
M. RUSSELL: M. le Président, je ne comprends pas de quelle
façon on peut équilibrer les chiffres si on dit d'une part qu'il
y a des crédits de $4,613,000 de demandés avec un remboursement
de $727,000, qui est un pourcentage remboursé par le
fédéral, par le gouvernement canadien. On réduit ces
crédits à $4,463,000, ce qui fait une différence de
$150,000 et on réclame la même chose du gouvernement
fédéral, soit $727,000. Cela ne s'équilibrera pas tout
à l'heure. Est-ce que le gouvernement canadien a dit que vous pouviez
réduire votre budget et qu'eux ne réduiraient pas leur
contribution, parce qu'elle est donnée à pourcentage, ça,
suivant un contrat bien défini.
M. DRUMMOND: Etant donné qu'il s'agit, pour la plus grande partie
des dépenses, de salaires, cela ne s'appliquerait pas probablement.
Alors, la contribution va rester la même.
M. RUSSELL: Quel pourcentage des salaires représente
l'entente?
M. DRUMMOND: A peu près 60 p.c.
M. RUSSELL: Donc, M. le Président, si on réduit les
salaires de $100,000 cela réduit la contribution à $60,000. C'est
évident qu'il faudrait remonter les crédits à voter de
$60,000 pour que le ministre en ait assez pour honorer toutes les
dépenses qu'il va autoriser.
M. DRUMMOND: Etant donné que le travail pour l'ODEQ ne diminue
pas avec cette mesure, il semble que la contribution du gouvernement
fédéral ne diminuerait pas non plus.
M. RUSSELL: M. le Président, l'entente signée avec la
restauration, c'est simplement dans le territoire de l'ODEQ, et le montant que
l'on réduit est justement le sous-article 2, touchant les salaires, et
cela affecte l'ODEQ. C'est le travail qui se faisait à
l'intérieur de l'ODEQ.
M. COITEUX: Je me demande, M. le Président, si la contribution du
gouvernement fédé-
ral est uniquement basée je pose une question
hypothétique si ce qui vient du gouvernement
fédéral, les subventions du gouvernement fédéral,
est-ce que c'est simplement le remboursement d'un certain pourcentage du
salaire? Je crois que l'on devrait vérifier parce qu'à mon sens
certains autres articles sont couverts par cela. Alors, cela expliquerait
peut-être que la réduction n'ait pas été faite. Je
ne suis pas capable de me prononcer, mais il me semble que là il y
aurait une autre explication qui empêcherait cette diminution, comme le
député de Shefford, dit, de $60,000 dans l'espoir d'un
remboursement du gouvernement fédéral. Je crois que ce n'est pas
seulement le salaire qui soit couvert par l'ODEQ.
M. RUSSELL: M. le Président, je comprends les propos du
député de Duplessis; mais si je considère seulement le
salaire, on a dit que la contribution du gouvernement fédéral,
dans les travaux de l'ODEQ, représente à peu près 60 p.c.
du salaire. La forte diminution de $100,000 qui apparaît au sous-article
2 porte justement sur les travaux qui se font à l'intérieur de
l'ODEQ. Donc seulement à ce sous-article, s'il y a $100,000 de
réduction, il y a automatiquement $60,000 de réduction dans la
part du gouvernement fédéral.
A ce moment-là, je ne voudrais pas être injuste avec le
ministre et lui créer des embêtements, mais on serait mieux de
vérifier immédiatement pour demander des crédits
additionnels pour qu'il puisse être certain d'honorer toutes les
dépenses qu'il va autoriser.
M. DRUMMOND: II me semble que le travail à l'ODEQ va marcher
comme prévu et les diminutions ne sont peut-être pas...
M. SIMARD (Témiscouata): Mais la participation provinciale ne
sera pas aussi forte d'abord.
M. DRUMMOND: A l'ODEQ, c'est aussi fort.
M. SIMARD (Témiscouata): Vous avez une diminution de $100,000 du
gouvernement provincial dans la participation du Québec au plan du CRD,
automatiquement, Ottawa ne suivra pas avec...
M. GIASSON: Est-ce que l'on pourrait savoir quelle est la partie du
budget de $2,864,000 affectée par les travaux de l'ODEQ? Est-ce que
c'est possible de savoir cela?
M. DRUMMOND: II faudra le calculer.
M. RUSSELL: M. le Président, il faudrait peut-être laisser
l'article en suspens et continuer à étudier pendant qu'ils vont
calculer, pour accélérer le travail.
M. LE PRESIDENT: L'article "contribution du gouvernement" en
suspens...
M. RUSSELL: Nous allons laisser l'article 3 qui n'est pas adopté,
parce que le sous-article 13 n'est pas calculé. Avant de voter le
montant total de l'article 3, il faut savoir si cela est
équilibré !
M. LE PRESIDENT: Poste budgétaire 5, article 4, sous-article 1:
traitements et salaires...
Forêt rurale
M. RUSSELL: Adopté.
M. SIMARD (Témiscouata): Attendez une minute. Au sujet des
opérations forestières qui se font le long des grandes routes,
des cours d'eau, rivières, ruisseaux, le ministre a certainement eu
dernièrement des représentations de la part de différents
mouvements, je crois que cela venait du comté de L'Islet ou du
comté de Kamouraska, au sujet des coupes qui se font le long des grandes
artères, par exemple la route 51. On coupe à blanc, est-ce qu'il
y a une politique...
M. DRUMMOND: Cela détruit l'aspect touristique.
M. SIMARD (Témiscouata): Y a-t-il une politique ou y a-t-il une
certaine réglementation du ministère pour qu'une certaine
lisière de bois vert soit laissée le long des grandes
artères, ou des cours d'eau ou des rivières comme cela se fait
dans les états américains, dans le Maine, par exemple, où
les gens sont bien particuliers sur les coupes de bois pour une certaine
distance, le long des cours d'eau ou des voies principales.
M. DRUMMOND: II n'y a aucun règlement du genre en vigueur,
actuellement.
M. SIMARD (Témiscouata): Est-ce que l'on a déjà
suggéré cela au ministère? Ne croyez-vous pas que ce
serait souhaitable?
M. DRUMMOND: Evidemment, cela mérite d'être
considéré. C'est un aspect assez important pour l'embellissement
des lieux touristiques...
M. SIMARD (Témiscouata): ... certains ministères
dépensent des sommes d'argent assez considérables pour rendre
plus agréable... surtout le ministère du Tourisme, de la Chasse
et de la Pêche qui a une certaine réglementation ou un certain
programme là-dessus. Le ministère des Terres et Forêts ne
devrait pas laisser de tels abus se produire.
M. DRUMMOND: On va étudier, parce que,
comme je viens de le dire, c'est un aspect très important du
problème.
M. RUSSELL: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Sous-article 1, adopté. Sous-article 2.
M. RUSSELL: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Sous-article 2, adopté. Sous-article 3: Frais de
voyage et d'équipes.
UNE VOIX: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Sous-article 4: Equipement et outillage:
achat.
UNE VOIX: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Sous-article 5: Equipement, outillage et
véhicules moteurs: entretien et opération.
M. RUSSELL: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Sous-article 6: Loyer de machinerie.
M. LESSARD: M. le Président, par rapport à 69/70, il y a
une augmentation assez considérable, est-ce qu'on prévoit cette
année faire plus de location? Et s'il y a lieu, pourquoi?
M. DRUMMOND: Parle-t-on ici du sous-article 6?
M. LESSARD: Où il s'agit de machinerie.
M. RUSSELL: Sous-article 6: Loyer de machinerie. L'an dernier, il y
avait $6,700.
M. DRUMMOND: Ah! oui...
M. RUSSELL: Cette année, $16,600.
M. DRUMMOND: II s'agit encore de l'ODEQ.
M. RUSSELL: L'ODEQ. Est-ce que vous avez une équipe
spéciale pour les surveiller, des gars très alertes, très
éclairés?
M. DRUMMOND : Nous sommes tous alertes au ministère!
M. RUSSELL: M. le député de Duplessis, vous y
êtes?
M. COITEUX: Je pense! M. le Président, avant qu'on aille plus
loin, je pense que tout à l'heure, lorsque l'on discutait l'article des
salaires à l'article 3: Service de la restauration, si vous calculez 40
p.c, ce qui donne $727,500, les autres $532,500 n'ont pas été
changés même si vous aviez changé votre budget. Alors, le
changement qui aurait dû être fait est dans le livre bleu. Ce n'est
pas ici. Ici, c'est exact, cela se vérifie.
M. RUSSELL: Maintenant, ils nous donneront la réponse, des
détails.
M. COITEUX: Je pense que c'est cela la réponse.
M. GIASSON: II est également possible qu'il n'y ait pas eu de
coupures au niveau des travaux effectués par l'ODEQ, donc à ce
moment, la participation fédérale n'affecte pas le remboursement
inscrit au livre.
M. RUSSELL: Je n'ai aucune objection, s'il n'y a pas d'erreur, si cela
fonctionne, on l'adopte, mais je ne voudrais pas créer des
problèmes en adoptant les budgets.
M. SIMARD (Témiscouata): Cela semble plus compliqué que le
prétend le député de Duplessis, parce que l'on calcule
depuis que la question a été posée.
M. COITEUX: Bien, je ne sais pas il y un bon compteur à
côté de moi, c'est lui qui l'a calculé.
M. SIMARD (Témiscouata): Je ne sais pas s'il a les bons chiffres
parce qu'il semble tourner des pages là-bas!
M. GIASSON: Si on n'a pas fait de coupures au bon endroit, on ne se sert
pas des chiffres du gouvernement central...
M. LESSARD: M. le Président, cela ne répond pas à
ma question au sujet de la machinerie.
M. DRUMMOND: Ah! oui, oui, j'avais répondu...
M. RUSSELL: Alors, lequel?
M. LE PRESIDENT: Quel article adopte-ton présentement? Est-ce
qu'on termine l'article 3? Est-ce que vous adoptez l'article 3 dans son
entier?
M. RUSSELL: Non, on attend les chiffres.
M. LE PRESIDENT: Alors, sous-article 6, article 4, poste
budgétaire 5: Loyer de machinerie.
M. SIMARD (Témiscouata): Une augmentation de $10,000.
M. LESSARD: Alors, M. le Président, je
posais la question suivante: Il y a une augmentation d'environ $10,000
pour la location de machinerie. Pourquoi cette augmentation et quels travaux
fait-on avec cette machinerie-là?
M. DRUMMOND: Sous-article 6, c'est le transport.
M. LE PRESIDENT: Sous-article 6: Loyer de machinerie.
M. LESSARD: $16,600 par rapport à $6,700...
M. DRUMMOND: D'accord, d'accord. Comme je l'avais dit, c'est pour
défrayer le coût de la machinerie utilisée dans le cadre de
l'ODEQ. Je l'ai dit, cela.
M. LE PRESIDENT: Sous-article 6, adopté. Sous-article 7:
Honoraires et autres dépenses.
M. RUSSELL: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Article 5, sous-article 1 : Traitements et
salaires.
Inventaire forestier
M. RUSSELL: Adopté.
M. LESSARD: Voici, à l'article 5, est-ce ue l'on pourrait savoir
où nous en sommes pour l'inventaire forestier? Est-ce que cet
inventaire-là est complet actuellement?
M. DRUMMOND: Je pense qu'en ce qui concerne l'inventaire forestier, nous
avons fait un inventaire général de toute la province
là-dessus.
M. LESSARD: Par régions et par espèces?
M. DRUMMOND: Dans certaines régions, nous avons fait des
inventaires plus intenses en utilisant des échantillonnages, etc.
M. LESSARD: A ce sujet, est-ce que les compagnies privées sont
responsables de leur propre inventaire, de l'inventaire de leur concession?
M. DRUMMOND: Oui, elles ont la responsabilité et nous
surveillons..
M. LESSARD: L'application. Cela veut qu'en général,
l'inventaire du Québec, au point de vue de la forêt, serait
à peu près complété.
M. DRUMMOND: C'est un fait qui continue. Nous avons un programme de dix
ans et nous tentons de le garder à jour.
UNE VOIX: Adopté.
M. RUSSELL: C'est simplement pour compléter. Est-ce que le
ministre pourrait informer le comité si, avec l'utilisation annuelle de
la forêt il y a diminution de la forêt dans le Québec ou si
la forêt se maintient, par l'information qu'il possède suivant
l'inventaire du ministère?
M. DRUMMOND: Etant donné que nous ne travaillons pas au maximum
nos forêts, ça augmente.
M. RUSSELL: II y a eu une augmentation? M. DRUMMOND: Oui.
M. RUSSELL: Est-ce que, suivant l'information qu'il a obtenue au
ministère, l'inventaire est réellement complété ou
si, d'année en année, vous étudiez pour compléter
l'inventaire?
M. DRUMMOND: On avait fait un commencement d'inventaire et c'est
général. Alors, on continue le programme en essayant d'obtenir
des données plus précises chaque année.
M. RUSSELL: Ce qui veut dire que l'inventaire...
M. DRUMMOND: Ce n'est pas parfait, on l'améliore toujours.
M. RUSSELL: Mais, suivant les données que le ministre
possède actuellement à son ministère, il peut affirmer
que, malgré l'utilisation que l'on fait de notre forêt, il y a
quand même augmentation?
M.DRUMMOND: Oui.
M. LESSARD: II y a augmentation générale de la
forêt. Maintenant, est-ce que certaines régions iraient vers
l'épuisement? Certaines régions auraient-elles des
problèmes particuliers dans ce sens-là?
M. DRUMMOND: Non, selon mes informations, il y a quelques régions
où on coupe le plus possible. Ailleurs, on coupe moins que le rendement
possible.
M. LESSARD: Est-ce que l'utilisation du bois a tendance à
s'éloigner vers le nord ou si on coupe toujours à peu près
dans les mêmes régions? Par suite justement des différentes
coupes et vous dites que la forêt continue d'augmenter on a
pourtant comme conséquence l'éloignement de la forêt autour
des grands centres, des grands marchés.
M. DRUMMOND: La coupe est moins intense dans les forêts
éloignées que dans les régions plus habitées
où il y a des usines très près, où l'on coupe le
plus possible.
M. LESSARD: Ce qui amène une augmentation du coût de
production.
M. COITEUX: Par contre, le coût de production est pour compenser
pour l'amélioration des techniques d'exploitation.
M. LESSARD: Au sujet des techniques, est-ce que les compagnies
privées ont le droit d'utiliser n'importe quelle technique ou si la
technique est soumise au contrôle du gouvernement? Parce que l'on me dit
je ne sais pas, mais je pense que le député de Duplessis
doit certainement être plus au courant que moi à ce sujet
qu'on utilise des machines modernes qui rasent complètement le sol, de
telle façon que les arbres repoussent difficilement dans ces
régions.
M. COITEUX: Mon expérience en foresterie est la suivante: lorsque
vous faites une coupe à blanc, que des machines écrasent toute la
petite reproduction de sapins et ne déblaient pas de chemin dans la
terre franche, alors, cette exploitation-là, à mon sens, est la
meilleure. Dans un peuplement "over mature" ou dépassé
maturité, si vous abattez seulement les arbres et vous laissez en place
tout le petit sapin, la reproduction alors étant trop forte, il se
produit un étouffement du peuplement, avec le résultat que les
arbres les plus en santé percent. Mais, par contre, vous aurez dans ces
peuplements-là, contrairement à une forêt qui aurait
été écrasée, une reproduction qui ne sera pas aussi
saine. Le sapin deviendra pourri. C'est l'expérience qu'on a
vécue chez Price Brothers. Et aujourd'hui, à Anticosti, on m'a
montré des peuplements qui ont été faits avec ces
machines-là et d'autres faits de la façon en usage dans le
passé. Il ne faut pas avoir peur, à moins de conditions
spéciales, quand des territoires en bas du 48e ou du 49e, où la
température est idéale; je crois que pour donner une chance et
avoir un peuplement sain et de plus haut rendement, il n'y a aucun danger de le
permettre au point de vue de l'exploitation. On semble massacrer la
forêt, mais je pense que le plus grand massacre, c'est d'abord le feu. Le
feu détruit tout. Je crois que l'humus n'étant pas
dérangé cela contribue à faire un peuplement plus en
santé. D'ailleurs c'est facile à voir: prenez le long du chemin
allant à Clarke City, de Sept-Iles. Descendez, prenez une hache,
là où on a coupé et où on a laissé toute la
petite reproduction, vous allez trouver 60 p.c. des sapins souvent qui sont
affectés déjà par le coeur. Et vous allez trouver,
à l'étude, des facteurs de croissance, ce qu'on appelle le "year
suppress", c'est-à-dire que des années de 25, 30 ans, lorsque le
peuplement a vécu étouffé. Dès l'instant où
vous l'aérez, vous vous apercevez tout de suite que les années de
croissance augmentent considérablement. On ne peut pas dire le facteur
exactement, mais il semblerait que le peuplement reproduit lors- que... C'est
mon opinion personnelle, ce n'est pas l'opinion des techniciens du
ministère, c'est mon expérience personnelle qui m'a amené
à dire cela. Je ne suis pas prêt à partir en peur contre le
genre d'exploitation. Des chemins de vidange, naturellement, il en faut. La
pire des choses, c'est la façon dont le territoire lui-même est
écrasé et que tout reste sur place, je pense que cela hâte
terriblement. Je sais qu'à Anticosti les résultats sont
excellents.
M. LESSARD: Même si les jeunes pousses sont
écrasées, il reste que le fond de la forêt, l'humus, les
racines...
M. COITEUX: L'humus reste en place. Alors, la forêt est
aérée et dès l'instant où un jeune pousseron va
venir, il va croître d'un pied par année. Tandis que l'autre va
croître d'un pouce par année, s'il est étouffé.
M. LESSARD: Cela veut dire que certaines régions
forestières qui sont beaucoup trop fortes demanderaient à
être aérées pour une meilleure production.
M. COITEUX: En résumé, certainement, oui, on gagnerait,
après la coupe, à faire un sarclage. Dans le feuillu, c'est
différent.
M. LESSARD: C'est le temps d'employer nos assistés sociaux.
M. SIMARD (Témiscouata): Du fait que de plus en plus, le
ministère a à sa disposition des inventaires forestiers
passablement à point, est-ce que le ministère a l'intention,
à la lumière des renseignements qui lui sont fournis, par suite
des opérations de différentes compagnies, qui utilisent
strictement le sapin et l'épinette, de mettre à la disposition de
la petite industrie des essences, tel que le feuillu, par exemple? On sait que
ces compagnies ont une redevance sur toutes les essences, même celles
qu'elles n'emploient pas.
Il y a une bonne quantité de bois rendue à maturité
ou assez importante, au point de vue du repeuplement, pour pouvoir justifier
l'alimentation de certaines usines qui se lamentent du manque de matière
première. Ce sont certainement des problèmes qui ont
été portés à l'attention du ministre. Il inporte
surtout au printemps, au début des opérations forestières
qui commencent pour ainsi dire pour l'année, de mettre à la
disposition de ces petites scieries les volumes parfois assez
considérables de bois qui seraient disponibles.
M. DRUMMOND: Pour tout cela, nous essayons de favoriser des ententes
entre les utilisateurs des bois variés. Jusqu'à maintenant, il
semble que cela va assez bien. Il n'y a là vraiment aucun
problème, mais si cela marche
mal, nous allons prendre les mesures nécessaires pour y
remédier.
M. GAUTHIER: Quand on répond, M. le ministre, qu'en
général nos inventaires forestiers semblent augmenter, c'est
globalement, dans la province.
M. DRUMMOND: Oui.
M. GAUTHIER: Au niveau du ministère, la province est-elle
divisée en régions. Si oui, en combien de régions? Est-ce
qu'on pourrait savoir le résultat de l'inventaire, région par
région, au bout de cinq ans ou dix ans?
M. DRUMMOND: Cela se fait par région, mais pas
nécessairement conformément aux régions du
ministère. Nous en avons 18, mais pour ces fins-là, il s'agit, je
pense, de onze régions. Pour les inventaires, cela se fait par bassin de
rivière au lieu de nos bureaux régionaux, etc. Pour chacun de ces
bassins, on peut déterminer comment peut aller la coupe.
M. GAUTHIER: Vous répondez qu'en fait la province est
divisée en 18 grandes régions.
M. DRUMMOND: Non. Nous avons 18 régions au ministère, au
point de vue administration.
M. GAUTHIER: mais, sur les 18, est-ce qu'il y en a qui sont nettement
déficitaires depuis des années et, par contre, d'autres
sont...
M. DRUMMOND: Je n'aurais probablement pas dû faire mention de nos
bureaux régionaux relativement à ça. Je veux parler
seulement des régions où il y a des bassins de rivière
où des inventaires ont été fait. Nous pouvons dire que
nous avons les données nécessaires pour déterminer les
possibilités de la coupe dans ces régions-là. Il y a
seulement la région de Saint-Maurice où la coupe est
déficitaire.
M. RUSSELL: En parlant de régions, M. le Président, est-ce
que vous avez un inventaire de la région de la rivière
Yamaska?
M. DRUMMOND: II s'agit là d'un terrain privé; nous sommes
à faire ce travail.
M. RUSSELL: Quelle rivière utilisez-vous dans les Cantons de
l'Est pour déterminer l'inventaire? Sous quel nom ou quel numéro
cela fonctionne-t-il?
M. DRUMMOND: II n'y a pas de rivière en particulier; tous les
Cantons de l'Est entrent dans l'inventaire.
M. RUSSELL: Mais à quel endroit votre bureau administratif de la
région des Cantons de l'Est est-il situé?
M. DRUMMOND: C'est partagé entre nos bureaux de Montréal
et de Québec. La plupart relèvent du bureau de Québec.
M. RUSSELL: Les Cantons de l'Est relèvent de Québec en
grande partie?
M. DRUMMOND: C'est ça. UNE VOIX: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Sous-article 2: Frais de voyage et
d'équipes...
M. RUSSELL: II y a eu une augmentation de $32,000 sur l'an dernier.
Est-ce que les montants votés l'an dernier ont été
dépassés?
M. DRUMMOND: L'année dernière, on a dépensé
$58,900.
M. LE PRESIDENT: Sous-article 2, adopté. Sous-article 3:
Véhicules moteurs: achat.
M. RUSSELL: Est-ce l'achat d'un véhicule?
M. DRUMMOND: Le remplacement d'une voiture.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Sous-article 4: Véhicules
moteurs: entretien et opération. Adopté. Sous-article 5:
Matériel, instruments et outillage.
M. RUSSELL: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Sous-article 6: Services contractuels
pour inventaires forestiers et travaux connexes.
M. RUSSELL: II y a une diminution marquée, M. le
Président...
M. DRUMMOND: Oui.
M. RUSSELL: Quelle est la motivation de la diminution?
M.DRUMMOND: II fallait faire des choix pour réduire le
budget.
M. RUSSELL: M. le Président, dans le budget déposé,
il y avait déjà une réduction de $840,000 à
$520,000. Il y a simplement une réduction additionnelle que vous
avez faite vous-même de $35,000. Il y avait déjà une
diminution appréciable et c'est là que vient la question que
j'aimerais poser. Je voudrais savoir pourquoi.
M. DRUMMOND: II faut des choix de temps en temps; le choix a
été fait à ce service-là.
M. RUSSELL: Vous allez réduire les contrats d'inventaires?
M. DRUMMOND: Oui.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Sous-article 7...
M. RUSSELL: Sous-article 6?
M. LE PRESIDENT: Le sous-article 6 vient d'être adopté.
Sous-article 7...
M. RUSSELL: Direction générale?
UNE VOIX: Non.
M. CROISETIERE: Autres dépenses.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Avant de commencer l'étude du
poste 6, pourrait-on passer immédiatement à l'adoption du poste
3? M. le fonctionnaire veut nous donner les renseignements, je crois.
M. DRUMMOND: Oui, selon l'analyse des chiffres, il semble que le
programme de l'ODEQ n'a pas été coupé.
M. RUSSELL: Quel montant représente l'ODEQ? C'est supposé
être $2,864,000?
M.DRUMMOND: Traitements et salaires: $450,400 en salaires et $22,000 en
traitements. Frais de voyage, $38,000. Achat d'équipements et
d'outillage...
M. RUSSELL: Quel est le montant total financé pour l'ODEQ au sein
de cet article?
M. DRUMMOND: C'est $727,500.
M. RUSSELL: Qui est totalement remboursé par Ottawa?
M. DRUMMOND: C'est cela.
M. RUSSELL: Ce sont les mêmes chiffres qui avaient
été adoptés avant.
M. PILOTE: C'est ce que l'on vous disait tantôt.
M. RUSSELL: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Le poste 3 est adopté en entier. Poste 6:
Direction générale de la conservation. Article 1: Traitements et
salaires.
Direction de la conservation
M. LESSARD: II y a ici une augmentation considérable de 36
à 52 employés. Est-ce qu'on a des explications à ce
sujet?
M. LESSARD: Est-ce que nous avons des explications à ce sujet?
Est-ce que le personnel a besoin d'être augmenté? Est-ce qu'il y a
plus de projets à faire au cours de cette année?
M. DRUMMOND: Cette direction générale n'a
été créée que le 28 mai 1969, et nous sommes en
train de mettre en marche cette nouvelle direction.
M. LESSARD: Maintenant, je comprends que, pour les seize autres
employés, c'est le ministère des Finances qui va accorder les
montants. Je constate qu'en 69/70 les traitements étaient de $266,900
alors que pour cette année, 70/71, les traitements sont de $263,900.
Est-ce qu'il y a eu diminution de salaires?
M. DRUMMOND: Nous n'avions dépensé que $250,000
l'année dernière.
M. LESSARD: D'accord.
M. CROISETIERE: M. le Président, est-ce que le ministre pourrait
nous dire qui est responsable de cette direction?
M. DRUMMOND: M. Maurice Vézina. M. CROISETIERE: M. Maurice
Vézina.
M. LE PRESIDENT: Je crois que notre présence est requise en
Chambre, alors nous suspendons les travaux momentanément.
M. RUSSELL: Adopté, M. le Président.
Reprise de la séance à 17 h 9
M. LE PRESIDENT: Avant l'ouverture des travaux que nous avons suspendus
momentanément, il me fait plaisir de souhaiter la bienvenue à un
groupe représentant l'AFEAS de Sorel. Bienvenue, mesdames.
Je déclare que nous avons quorum, et nous continuons
l'étude au poste 6, article 1.
M. RUSSELL: M. le Président, au moment de l'ajournement, cet
article avait été discuté, je ne sais pas s'il y en a
d'autres qui ont des questions à poser là-dessus. Je suis
prêt à l'adopter.
M. LE PRESIDENT: Article 1 adopté. Article 2: Salaires.
M. RUSSELL: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Article 3: Frais de voyage et d'équipes.
M. RUSSELL: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Article 4: Matériel et articles de bureau?
M. RUSSELL: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Article 5: Matériel d'exposition et de
laboratoire?
M. BELAND: A cet article-là, M. le Président, est-ce que
ça concerne ce que nous voyons parfois dans certaines expositions
régionales ou provinciales concernant le ministère des Terres et
Forêts?
M. DRUMMOND: Oui, c'est ça.
M. LE PRESIDENT: Article 5 adopté. Article 6: Associations de
protection.
M. RUSSELL: M. le Président, est-ce que nous pourrions discuter
les subventions données aux associations comme le club 4-H ou ces
choses-là?
M. DRUMMOND: II s'agit de subventions aux six associations de protection
et à la société Domtar pour la surveillance des
territoires de la couronne et pour les services rendus en vertu d'ententes
spéciales.
M. LESSARD: Est-ce que l'on pourrait savoir les noms de ces six
associations, s'il vous plait?
M. DRUMMOND: Oui, l'Association gaspé-sienne de protection des
forêts limitée...
M. RUSSELL: Est-ce que le ministre pour- rait nous donner les montants
de chaque subvention, à chacune des associations?
M. DRUMMOND: Ce n'est pas encore déterminé pour cette
année. Est-ce qu'il suffirait de donner les montants pour 69/70.
M. RUSSELL: Les montants qui ont été versés l'an
dernier.
M. DRUMMOND: A chacun, oui.
M. RUSSELL: Je constate qu'il y a une augmentation de crédit;
l'an dernier, il y avait $1,053,000 et, cette année, le ministre demande
pour $1,780,000.
M. DRUMMOND: II s'agit de plus de territoires à couvrir.
M. RUSSELL: Donc, les subventions ce sont des prix unitaires par acre de
terrains qui sont couverts par ces associations...
M. DRUMMOND: C'est ça. Est-ce que je dois continuer avec la
liste?
M. RUSSELL: Oui.
M. DRUMMOND: Je vais recommencer. L'Association gaspésienne de
protection des forêts, l'Association de protection forestière
Gatineau, l'Association protectrice des forêts laurentiennes,
l'Association de protection des forêts de l'Outaouais, l'Association de
protection forestière Price, l'Association de protection des
forêts du Saint-Maurice, la Société forestière
Domtar.
M. LESSARD: Je reviens à la question qui a été
posée tout à l'heure. Est-ce qu'il existe des critères
précis concernant ces subventions il s'agit d'associations
privées alors à ces associations privées?
M. DRUMMOND: Cela dépend des besoins de chaque région et
de chaque société de protection.
Elles nous envoient le programme et les fonctionnaires du
ministère en font l'analyse afin de déterminer la subvention
finale.
M. SIMARD (Témiscouata): Ce serait une bonne chose de donner de
plus en plus la protection à ces associations-là...
M. DRUMMOND: Oui, oui.
M. SIMARD (Témiscouata): ... pour que tout le contrôle de
la protection soit sous la surveillance de ces associations.
M. DRUMMOND: Oui.
M. RUSSELL: M. le Président...
M. DRUMMOND: Evidemment cela est sous notre contrôle mais... en
principe c'est cela.
M. RUSSELL: Est-ce que le ministre admettrait que les clubs 4-H sont une
association de protection des forêts?
M. DRUMMOND: Je ne dirais pas cela, ils sont surtout pour la...
M. RUSSELL: ... la conservation, c'est quand même la
protection.
M. DRUMMOND: Oui, d'une certaine façon, je pourrais l'admettre,
mais c'est une autre affaire; il s'agit de l'éducation populaire des
jeunes, je pense que cela n'est pas nécessairement l'éducation
populaire des jeunes. Ce n'est pas tout à fait le même cas.
M. RUSSELL: L'éducation des jeunes en vue de la protection de la
forêt ne devient-elle pas une protection générale de la
forêt?
M. DRUMMOND: Nous entrons dans le monde de la sémantique et...
d'une certaine façon, oui, évidemment.
M. CROISETIERE: Ne peut-on pas prévoir un article "Conservation",
un moyen de subventionner...
M. DRUMMOND: On subventionne les clubs 4-H, et on l'analysera au poste
budgétaire 12.
M. CROISETIERE: Poste budgétaire 12? M. DRUMMOND: Oui.
M. SIMARD (Témiscouata): M. le Président, est-ce que vous
avez un certain contrôle pour vérifier si le montant global que
vous donnez à l'association provinciale est réparti
équitablement dans la province?
M. DRUMMOND: Oui, on s'occupe de cela au ministère. Le
sous-ministre associé, M. Vézi-na est un homme très
compétent et il travaille très fort afin d'établir un
système juste et efficace.
M. SIMARD (Témiscouata): Si je pose cette question, c'est parce
que quantité d'associations locales ont demandé par le
passé, des subventions, et on nous répondait qu'il s'agissait
là d'un montant global qui était donné à
l'association provinciale. C'est là que je me pose la question si...
M. DRUMMOND: On parle de ces associations forestières?
M. SIMARD (Témiscouata): Non, non, 4-H.
M. DRUMMOND: Oh! 4-H?
M. SIMARD (Témiscouata): On s'était permis de
parler...
M. DRUMMOND: Oh! cela est donné à l'association
forestière québécoise et est partagé
j'oublie le montant $40,000, je pense, au total, dont $14,000, $16,000
vont aux clubs 4-H.
M. SIMARD (Témiscouata): $16,000.
M. DRUMMOND: C'est l'association qui est responsable pour la
répartition du montant de $40,000.
M. RUSSELL: Le ministre serait-il d'accord pour faire accepter les clubs
4-H comme une société de protection, à ce
moment-là, on aurait un article où il y aurait beaucoup plus
d'argent pour augmenter les subventions?
M. COITEUX: On veut acheter les avions citernes.
M. DRUMMOND: Comme je l'ai dit on joue à la sémantique
ici...
M. LESSARD: M. le Président, je reviens aux associations
forestières, il s'agit, en ce qui concerne ces associations, de
réunions de compagnies privées qui se regroupent pour
protéger leur territoire.
M. DRUMMOND: C'est sans but lucratif, si on le dit comme cela, c'est un
"non-profitable organization". Ce n'est pas une compagnie privée dans le
sens ordinaire de toucher des profits, etc.
M. LESSARD: Vous me disiez tout à l'heure qu'il n'y a pas de
critères précis, il y a des besoins pour certaines
régions. Est-ce qu'il appartient alors à ces associations de
faire parvenir au gouvernement leurs besoins financiers au cours d'une
année et le gouvernement détermine quelle sera la subvention?
Est-ce qu'il y a un pourcentage, par exemple, qui se divise entre l'association
elle-même et le gouvernement, un pourcentage précis?
M. DRUMMOND: II ne s'agit pas d'un pourcentage précis, mais
lorsqu'on reçoit les demandes, il faut qu'elles soient justifiées
et, au ministère, nous étudions les demandes, les besoins, et on
emploie nos critères afin de déterminer si oui ou non...
M. LESSARD: Mais, dans la région qui est couverte par une
association particulière, au cours d'une année, s'il se
présente plusieurs feux de forêts, est-ce que ça entre dans
les $1,764,000?
M. DRUMMOND: C'est dans le sous-article 10, le combat des incendies.
M. LESSARD: En ce qui concerne les associations comme telles, les
associations participent elles aussi au combat des incendies?
M. DRUMMOND: Oui, il y a un partage de 50 p.c.
M. LESSARD: II y a partage de 50 p.c. entre le gouvernement et
l'association.
M. DRUMMOND: Lorsqu'il s'agit d'un incendie, oui.
M. LESSARD: A ce moment-là, quel est le travail d'une
association, est-ce la surveillance en cas d'incendie?
M. DRUMMOND: Pas seulement ça, c'est plus complexe que ça.
Ce n'est pas seulement la protection après l'incendie, c'est aussi la
conservation, évidemment.
M. LESSARD: La préservation des incendies.
M. DRUMMOND: C'est ça.
M. LESSARD: II y a des territoires où le ministère des
Terres et Forêts fait ce travail-là et des territoires où
c'est une association, pour ma région, il y a la Laurentian Forest
ou l'Association protectrice des forêts laurentien-nes. Est-ce
qu'il y a partage ou si le ministère des Terres et Forêts et une
association surveille en même temps le même territoire?
L'association couvre donc les concessions forestières des
compagnies?
M. COITEUX: Oui, on a pris entente avec l'association.
M. LESSARD: Et le gouvernement surveille...
M. COITEUX: Son propre territoire.
M. LESSARD: Maintenant, quand il arrive qu'il y a un feu de forêt
sur une concession comme telle, la répartition se fait encore 50/50?
M. DRUMMOND: Oui.
M. LESSARD: Quand l'incendie arrive sur un territoire de la couronne, le
paiement des dépenses est fait à ce moment-là
complètement par le ministère.
M. COITEUX: Parce qu'avec le système des concessions, vous devez
admettre que le fonds du territoire n'appartient pas au concessionnaire. On se
doit de le protéger. Les compagnies comme Price ont leur propre
organisation. S'il y a un feu, ces compagnies contribuent à tant le
mille carré, à tant l'acre, pour faire leur protection. Elles
sont obligées aussi de partager les dépenses de la protection
contre l'incendie.
Lorsque cela prend sur le territoire du gouvernement, naturellement,
c'est à nos frais. Mais nous consentons à donner 50 p.c. du
coût pour protéger le domaine et éteindre un incendie le
plus tôt possible, parce que le fonds du terrain appartient au
gouvernement.
Le fonds du terrain n'appartiendra jamais au concessionnaire, ce sera
seulement la coupe. Nous devons protéger la génération qui
repousse et toutes ces choses-là. C'est pour cela que nous contribuons
à 50 p.c, même avec les associations.
M. LESSARD: Puisque le gouvernement assure déjà cette
protection, est-ce que l'on a étudié un système où
la protection sera assurée complètement par le gouvernement et
où, ensuite, le gouvernement pourra exiger des frais des compagnies?
M. COITEUX: A ce moment-là, je laisse le ministre
répondre. Je m'abstiens de tout commentaire.
M. DRUMMOND: C'est déjà sous notre contrôle. C'est
seulement une question de choisir la méthode à employer avec ces
associations déjà en existence pour assurer la protection de nos
forêts.
M. LESSARD: Vous croyez qu'il y a à ce moment-là
possibilité d'avoir un contrôle sur chacune de ces
associations?
M. DRUMMOND: Oui, je pense.
M. LESSARD: Est-ce qu'il n'y a pas dédoublement de services,
encore une fois, entre le gouvernement et ces associations?
M. DRUMMOND: Je pense que non.
M. SIMARD (Témiscouata): Est-ce qu'il y a des compagnies qui ont
le privilège d'avoir des coupes pour rien, après avoir
versé un certain montant pour la protection?
UNE VOIX: Des droits de coupe, par exemple?
M. DRUMMOND: C'est la même protection, quand on devient membre de
l'association.
M. BELAND: Depuis un moment, M. le ministre, on parle de protection
principalement contre le feu. Est-ce que ces associations s'occupent
véritablement de protection seulement
dans quelques parties de la province ou peut-être pas du tout non
plus, en ce qui concerne la regénération des autres ressources:
poissons et autres animaux? Est-ce que quelque stimulant du genre peut exister
dans certaines régions?
M. SIMARD (Témiscouata): La faune et sa protection, c'est
strictement du ressort du ministère du Tourisme, de la Chasse et de la
Pêche.
M. DRUMMOND: Nous utilisons les associations comme un outil dans tout
cela, pour faire face aux besoins qui existent dans ce domaine.
M. GAUTHIER: M. le ministre, pourriez-vous nous dire s'il y a encore des
associations qui font la surveillance de la forêt pour la protection
contre l'incendie du haut des tours de contrôle ou si tout est
aujourd'hui remplacé par la surveillance aérienne? Avec des
gardiens dans les tours?
M. DRUMMOND: Avec quoi?
M. GAUTHIER: Des gardiens au sommet des tours, comme cela existait? Ou
est-ce tout remplacé?
M. DRUMMOND: Nous en avons quelques-unes actuellement. Mais de plus en
plus, nous les remplaçons par le surveillance aérienne.
M. GAUTHIER: Est-ce que c'est plus dispendieux et aussi efficace? Est-ce
que cela emploie beaucoup moins de gens?
M. DRUMMOND: Quel système?
M. GAUTHIER: La surveillance aérienne.
M. DRUMMOND: On peut couvrir beaucoup de territoire et très vite.
Selon mes informations, c'est la meilleure façon de procéder.
M. RUSSELL: Cela prend beaucoup moins de main-d'oeuvre.
M. COITEUX: C'est comme avec les canots. C'est une question
d'efficacité. C'est la même chose avec les tours. A l'instant
où une patrouille aérienne peut voir une fumée,
jusqu'à 50, 60, 100 milles, elle communique par radio et l'autre avion
part immédiatement avec l'équipement. Je pense qu'au point de vue
de combat d'incendie, on peut réussir dans presque tous les cas è
être sur place dès le premier soir. Le premier soir est le plus
important dans le cas des incendies.
M. RUSSELL: M. le Président, nous pourrions peut-être
discuter de l'article 10 en même temps, et ça compléterait
les deux.
M. LESSARD: C'est justement ce que je voulais dire.
M. RUSSELL: On pourrait adopter les autres et discuter ensuite des
articles 6 et 10.
M. LE PRESIDENT: Donc nous retenons l'article 6. Nous continuons
à l'article 7.
M. RUSSELL: On adopterait les articles 7, 8 et 9. Et on retiendrait les
articles 6 et 10 pour les discuter ensemble.
M. LE PRESIDENT: D'accord! Article 7, adopté. Article 8,
adopté. Article 9, adopté. Discussion sur les articles 6 et
10.
M. SIMARD (Témiscouata): Est-ce que l'expérience des
années a prouvé qu'il y avait moins de pertes depuis que la
surveillance se fait par la voie des airs et non plus des tours?
M.DRUMMOND: Même si cette façon de procéder vient de
commencer, nous pouvons quand même dire que, l'année
dernière, il y a eu très peu de pertes. C'est tout ce que nous
pouvons dire. Ce n'est pas nécessairement une justification en soi.
M.GAUTHIER: Tout de même cela aura une répercussion dans
quelques années, car les gardes forestiers entretenaient les voies
d'accès, les portages, etc., qui sont en train de se refermer.
M. DRUMMOND: II est aussi question ici d'améliorer quand
même notre travail. De plus en plus on emploie la technologie
d'aujourd'hui et de l'avenir afin de protéger nos forêts, et cela
passe non seulement dans le domaine du combat des incendies mais de presque
chaque secteur de l'industrie dans la province. C'est un fait de l'avenir.
M. LESSARD : M. le Président, pour connaître justement
l'efficacité de ce système, et c'est un peu pour ça que je
posais des questions tout à l'heure au sujet des associations, est-ce
qu'il y aurait moyen de connaître, par exemple, quel a été
l'an dernier le nombre d'acres de forêt qui ont brûlé, par
rapport à d'autres provinces, l'Ontario, par exemple, et aussi par
rapport à un pays je ne sais pas si je vais un peu trop loin
là comme la Suède? D'après certaines informations
que j'ai lues ou entendues, il semble que les feux de forêt au
Québec sont très nombreux par rapport à d'autres pays
européens, par exemple, où la surveillance et l'éducation
surtout et là on revient à ce dont on discutait
auparavant, les camps étudiants... Enfin les feux de forêts sont
beaucoup moins nombreux dans ces pays.
M. RUSSELL: M. le Président, dans la même voie et pour
compléter la question, est-ce que vous pourriez en même temps nous
donner l'étendue de territoire en forêt en Suède,
l'étendue de territoire en forêt en Ontario et dans les autres
provinces du Canada?
M. LESSARD: C'est normal.
M. DRUMMOND: Evidemment, si on veut faire une comparaison de
l'efficacité de notre système vis-à-vis des autres, il
faudrait avoir ces chiffres comparatifs. Ce que je peux dire c'est que, pour
l'année passée, le nombre des incendies a été
seulement de 608 et le nombre d'acres brûlées 3,310, par rapport
à 1968, 331,000 acres. Alors cela ne fait que 1 p.c. Alors, si on veut
vraiment faire l'analyse de l'efficacité, on ne peut pas le faire
seulement après un an d'expérience. Cela prend un peu de temps
et, comme le député l'a mentionné plus tôt, cela
n'est qu'un outil. Nous avons fait de notre mieux pour combattre ces incendies
et pour développer une efficacité dans toute la conservation.
C'est ce que nous pouvons faire et nous pensons que nous pourrions
réaliser des économies.
M. LESSARD: Est-ce qu'on peut dire qu'actuellement notre système
de prévention est l'un des plus avancé au point de vue technique,
par exemple?
M. DRUMMOND: Cela dépend du point de vue de la personne à
qui vous parlez. Mais j'ai reçu beaucoup de compliments sur notre
système.
M. COITEUX: D'ailleurs, pour confirmer ça, au Québec, ici,
nous avons été les pionniers dans l'usage de l'avion-citerne.
Alors nous avons eu des demandes.
Des gens sont venus d'Europe, d'Amérique du Sud, de Terre-Neuve
et je pense que l'initiative du Québec est certainement de nature
à intéresser plusieurs pays qui aujourd'hui adoptent la
même politique. Ce qui veut dire qu'on était à
l'avant-garde du progrès dans ce domaine-là. Je ne dis pas qu'il
n'en reste pas à faire, mais je crois qu'on doit être fier de
notre système de protection au Québec.
M. RUSSELL: Si le Québec est renommé pour beaucoup de
feux, les feux du Québec ont éclairé les autres pays
européens qui sont venus ici prendre des renseignements et même
utiliser des services du Québec pour l'expérience qu'il a
acquise.
M. COITEUX: Si vous jugez les dommages selon un système
comparatif, en acres, n'oubliez pas que seulement dans mon comté, je
pourrais contenir la France 42 fois, et tout cela est en forêt.
M. DRUMMOND: Je dois dire aussi, peut-être que ce serait
à-propos, que nous travaillons étroitement avec les provinces de
l'Ontario et du Nouveau-Brunswick, et le nord-est des Etats-Unis, pour
prêter nos avions s'il y a...
M. RUSSELL: Vous voulez dire que le ministère continue à
donner des services aux provinces voisines, à leur demande.
M. DRUMMOND: Nous avons des ententes, évidemment, pour une aide
réciproque, si nous en avons besoin.
M. RUSSELL: Si je comprends bien, M. le Président, le ministre
s'engage à donner, à une date prochaine, l'étendue de
territoire qui est endommagée dans le Québec, comparativement
à celle de la Suède, de l'Ontario et des autres provinces
canadiennes, aussitôt qu'il pourra obtenir les chiffres, afin d'en
informer la Chambre.
M. DRUMMOND: Ce serait une base de comparaison qui serait utile. Je ne
sais pas si ce serait utile cette année nécessairement, quand
même, on doit avoir ces chiffres.
M. RUSSELL: Je pense que ce renseignement serait de nature à
informer la députation et nous pourrions adopter l'article.
M. LE PRESIDENT: Articles 6 et 10, adoptés. Article 11: Services
contractuels.
M. RUSSELL: Je vois qu'il n'y avait pas de crédits l'an dernier
pour ce montant-là, c'est un article nouveau.
M. DRUMMOND: C'est le montant prévu pour la mise au point d'un
système comptable visant à l'application de la prévision
du PPBS au sein de la Société régionale de la
conservation.
M. RUSSELL: Est-ce que le ministre a l'intention de continuer la
même politique dans l'utilisation de ce nouveau système, ou
l'essai de ce nouveau système?
M. DRUMMOND: Oui. M. RUSSELL: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Article 11 adopté. Article 12: Autres
dépenses.
M. RUSSELL: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Poste 7, article 1.
Forêts domaniales
M. BELAND: A cet article, est-ce que l'employé nouveau
reçoit toute la différence entre le montant pour 1969/70 et
1970/71?
M. COITEUX: Une vraie question du Crédit social.
M. DRUMMOND: On avait dépensé l'année
dernière $511,000 au lieu du montant prévu.
M. RUSSELL: Les $61,000 de différence, c'est simplement
l'augmentation de salaire, si je comprends bien.
M. DRUMMOND: Oui.
M. RUSSELL: L'employé qui est là, sera-t-il payé
avec les crédits du poste 6 du budget des finances?
M. DRUMMOND: L'augmentation s'explique du fait que le nombre
d'employés permanents augmentera à mesure que les
activités croîterons dans les forêts domaniales et
nécessiteront un plus grand nombre d'emplois occasionnels qui seront
affectés à la surveillance du terrain, aussi bien que des
exploitations forestières qui s'y dérouleront.
M. RUSSELL: II y avait combien de postes de remplis l'an dernier?
M.DRUMMOND: Nous avons 61 employés permanents actuellement en
place et autorisés le 1er avril.
M. RUSSELL: L'augmentation. Il y a eu augmentation du nombre de postes
au budget, l'an dernier. Donc l'engagement s'est fait au cours de
l'année. Ce qui veut dire que le montant total de $511,000 qui a
été dépensé, si les 60 postes avaient
été comblés toute l'année, cela aurait
peut-être pris $535,000 ou $530,000 qui...
M. DRUMMOND: II faut faire un certain équilibre entre les
deux?
M. RUSSELL: Donc, le crédit de $572,000 est simplement pour
couvrir la différence des salaires des 60 employés qui sont
déjà en poste et l'augmentation de salaire.
M. LE PRESIDENT: Article 1, adopté?
M. BELAND: M. le Président, l'augmentation d'une unité
pour travailler dans ces forêts-là est-elle due à une
augmentation de territoire divisé en forêts domaniales? Est-ce que
c'est le moment de discuter cela? Si ce n'est pas la moment, j'en parlerai plus
tard. Combien peut-il exister d'emplacements appelés forêts
domaniales et y a-t-il eu des changements par rapport à l'an dernier, en
moins ou en plus?
M. DRUMMOND: Durant l'année, il y a eu une augmentation de 5,213
milles carrés et la base était de 31,000 milles carrés.
Pendant l'année, il y a donc eu une augmentation d'environ 16 p.c.
M. BELAND: A qui ces parties de forêt-là ont-elles
été concédées? En somme, on appelle forêt
domaniale, une forêt qui a été concédée.
M. DRUMMOND: Ce n'est pas concédé. Pas du tout, c'est le
contraire.
M. BELAND: Excusez.
M.DRUMMOND: Ce sont des forêts qui font partie de la province, qui
sont du domaine de la province.
M. LE PRESIDENT: L'article 1 est adopté?
M. RUSSELL: Oui, adopté. Combien d'employés ont
été embauchés l'an dernier à l'article 2, pour
$506,000? Quel est le nombre prévu cette année, pour
$400,000?
M. DRUMMOND: Ces articles-ci sont payés pour les salaires des
employés réguliers et saisonniers, soit un total de 150
employés qui sont répartis dans les terres et forêts.
M. RUSSELL: Quelle est la liste de paie de l'an dernier?
M. DRUMMOND: L'an dernier on a payé $323,000.
M. RUSSELL: A 150 employés?
M. DRUMMOND: Oui, il y a une somme de $50,000 payée en salaires
dans le cadre de l'ODEQ.
M. RUSSELL: Est-ce qu'il y avait des étudiants qui ont
travaillé ou qui ont été engagés à cet
article?
M. DRUMMOND: Je ne pense pas.
M. RUSSELL: Est-ce qu'il y a une baisse d'emplois cette année
à cet article?
M. SIMARD (Témiscouata): Le montant qui était prévu
au budget de l'an passé était de $506,000. Le montant est
diminué à $400,000. Est-ce parce que ce montant-là n'a pas
été dépensé?
M. DRUMMOND: Oui.
M. SIMARD (Témiscouata): Quel montant a été
dépensé?
M. DRUMMOND: $323,000.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Article 3: Frais de voyage.
M. SIMARD (Témiscouata): Adopté.
M. LE PRESIDENT: Article 4: Frais de bureau.
M. SIMARD (Témiscouata): Adopté.
M. LE PRESIDENT: Article 5: Equipement, outillage et véhicules
moteurs.
M. SIMARD (Témiscouata): Adopté.
M. LE PRESIDENT: Article 7: Fournitures et approvisionnements.
M. SIMARD (Témiscouata): Adopté, quant à moi!
M. LE PRESIDENT: Poste 7, article 8: Entretien et constructions
temporaires: matériaux et services contractuels.
M. SIMARD (Témiscouata): Adopté. M. LE PRESIDENT: Article
9: Loyers. M. SIMARD (Témiscouata): Adopté.
M. LE PRESIDENT: Article 10: Transport et autres dépenses.
M. SIMARD (Témiscouata): Adopté.
M. LE PRESIDENT: Poste 8, article 1 : Traitements et salaires.
Adopté?
Inventaire canadien des terres
M. BELAND: En quoi consiste, M. le Président, cet article:
Inventaire canadien des terres?
M. DRUMMOND: C'est un travail que nous faisons en coopération
avec le fédéral et il nous paie à 100 p.c.
M. RUSSELL: A cet article on pourrait poser la question suivante:
Lorsque le fédéral, de concert avec le provincial fait
l'étude du parc de la Mauricie, l'inventaire de la forêt est fait
pour l'utilisation d'un parc?
M. DRUMMOND: Nous ne l'avons pas fait ici. Cela relève de la
planification.
M. RUSSELL: Bien, s'il y a un inventaire qui se fait de concert avec les
autorités fédérales, c'est à cet article. Il faut
savoir si le gouvernement fédéral, qui veut utiliser ce
territoire aux fins d'un parc national, est conscient de la valeur du bois
qu'il y a sur ce territoire et quelles sont les affectations qu'il peut y avoir
au point de vue des industries forestières dans ce territoire, si
celui-ci devient un parc national.
M. DRUMMOND: En fait...
M. RUSSELL: S'ils font l'inventaire de concert avec les employés
de la province?
M. DRUMMOND: Oui, s'il y a un parc là, évidemment, et s'il
s'y trouve des concessions, il faudra faire un échange ou une
expropriation là-dessus.
M. SIMARD (Témiscouata): Des concessions qui appartiennent
à la Bathurst?
M. DRUMMOND: Consolidated Paper, je pense.
M. SIMARD (Témiscouata): Oui, oui.
M. DRUMMOND: Evidemment, il faudrait une étude en ce qui concerne
le montant impliqué là-dedans.
M. RUSSELL: Est-ce que le ministre étudie la possibilité
de faire un inventaire en vue du développement de ce territoire en parc
national?
M. DRUMMOND: On étudie surtout les implications
financières là-dessus en ce qui concerne la perte pour
l'industrie forestière, s'il y a un tel parc dans la région,
évidemment.
M. RUSSELL: Est-ce que le ministre possède assez d'informations
pour pouvoir porter un jugement à savoir s'il est favorable, suivant les
données qu'il possède en vue de l'implantation d'un parc national
dans la région de la Mauricie?
M. DRUMMOND: Je pense que là c'est un travail peu
coordonné. S'il y a une telle annonce à ce sujet, cela viendra de
mon collège, le ministre du Tourisme, de la Chasse et de la
Pêche.
M. RUSSELL: Le ministre actuel ou son successeur?
M. DRUMMOND: Le ministre actuel.
M. GIASSON: M. le Président, est-ce qu'il s'agit des mêmes?
On mentionne ici: inventaire canadien des terres, et nous avons tout à
l'heure vu aussi l'inventaire du territoire québécois par le
gouvernement du Québec. Est-ce qu'il s'agit des mêmes inventaires?
Est-ce qu'il s'agit d'étudier les mêmes terrains? Nous avons vu
que l'inventaire avait été complet pour le Québec,
pratiquement complet. Alors est-ce qu'on reprendrait ce travail pour obtenir
des subventions du gouvernement fédéral?
M. DRUMMOND: Ce n'est pas seulement un inventaire forestier, c'est
l'inventaire de toute la terre et de ses possibilités. Les cartes en
question montrent la possibilité de l'utilisation des terres pour la
production de matière ligneuse, etc., ainsi que toutes les
données sur le sous-sol, le profil du sol, la profondeur,
l'humidité...
M. GIASSON: Est-ce que les différents ministères du
Québec, soit le ministère des Terres et Forêts, soit le
ministère des Ressources naturelles, soit le ministère des
l'agriculture, chacun de ces ministères est supposé faire
quand même certains inventaires sur les ressources n'ont pas les
données nécessaires afin de les fournir au gouvernement
fédéral, sans devoir reprendre le travail par un inventaire
spécifique? C'est une question de coordination. Chaque ministère
fait ses inventaires et ensuite on recommence.
M. DRUMMOND: Les ministères concernés font chacun leurs
inventaires là-dessus...
M. LESSARD: Alors, chaque ministère recevrait des subventions
pour faire l'inventaire de ses ressources? Est-ce que ce serait cela? Ils
recevraient du gouvernement fédéral;;;
M. DRUMMOND: C'est cela.
M. LESSARD: Mais, cela devient... Pourquoi n'est-ce pas entré
dans le service de l'inventaire forestier? Quelle différence y a-t-il
entre le service de l'inventaire canadien des terres et le service de
l'inventaire forestier?
M. COITEUX: Ils ne visent pas tout à fait les mêmes buts,
le ministre vient de l'expliquer.
M. RUSSELL: M. le Président, est-ce qu'il n'y a pas une
coordination qui se fait, actuellement, avec les autres ministères dans
le cadre de cet inventaire? Est-ce que, sur le territoire où
l'inventaire se fait, on ne fait pas l'inventaire de toutes les ressources,
pour chacun des ministères?
M. DRUMMOND: Oui, il y a une coordination.
M. LE PRESIDENT: Article 1, adopté?
M. LESSARD: On ne vise pas les mêmes buts, mais il me semble qu'un
inventaire, cela vise quand même à connaître les ressources
d'un territoire, que ce soit l'inventaire du Canada ou l'inventaire du
Québec; c'est pour connaître les ressources du territoire. Du
côté du Canada, on chercherait à fouiller peut-être
le sous-sol, à savoir ce qu'il y a dessous?
M. DRUMMOND: On cherche surtout à faire l'inventaire des
possibilités du sol qui sont déjà en place.
M. RUSSELL: Si je comprends bien, M. le Président, ceci est fait
sur le territoire de l'ODEQ exclusivement.
M. DRUMMOND: Non, partout dessous du 52e parallèle.
M. RUSSELL: Du 52e parallèle. UNE VOIX: Je ne suis pas
convaincu.
M. LE PRESIDENT: Article 1, adopté. Article 2: Frais de voyage et
d'équipes, adopté. Article 3: Matériel, articles de bureau
et outillage, adopté. Article 4: Services contractuels pour inventaire
canadien des terres et travaux connexes, adopté. Article 5: Autres
dépenses, adopté.
Poste no 9: Direction générale des divisions
territoriales, article 1 : Traitements et salaires.
Direction des divisions territoriales
M. SIMARD (Témiscouata): Est-ce que cet article entre dans le
cadre de l'ODEQ?
M. DRUMMOND: Non. Ce sont les unités administratives, les 18
divisions dont j'ai parlé tantôt.
M. RUSSELL: Les augmentations portent simplement sur les salaires?
M. SIMARD (Témiscouata): Les crédits ne sont pas compris
là-dedans.
M. BELAND : En quoi consiste exactement, grosso modo, le travail
effectué vis-à-vis de ce poste. Direction générale
des divisions territoriales?
M. DRUMMOND: Les divisions sont les unités administratives que
doit avoir le ministère des Terres et Forêts afin de
réaliser son rôle de contrôle et d'exécution. Elles
sont chargées d'appliquer les directives émises par les divers
services et d'exercer la surveillance de tout ce qui se rapporte à
l'administration et à la gestion d'un ministère.
Elles sont donc nos succursales, si nous voulons l'expliquer comme cela,
dans les territoires. Si nous tentions de tout contrôler d'ici, nous
serions tout à fait perdus.
M. RUSSELL: Cela comprend toutes vos unités administratives. Les
mesureurs et les travailleurs en forêt son compris dans ce poste?
M. DRUMMOND: C'est cela.
M. RUSSELL: Je donne un exemple, tout simplement.
M. LESSARD: Qui est responsable de cette section auprès du
ministère?
M. DRUMMOND: C'est M. Oscar Blais.
M. LE PRESIDENT: Article 1, adopté. Article 2: Salaires et
indemnités.
M. RUSSELL: Combien de fonctionnaires sont compris dans l'article 2?
M. DRUMMOND: L'article 2 porte sur 375 ouvriers permanents, 250 ouvriers
saisonniers et 70 occasionnels.
M. RUSSELL: II y a une augmentation. Le nombre de fonctionnaires que
vous venez de nous donner comprend-il ceux qui étaient sur la liste de
paie l'an dernier ou si ce sont ceux qui travaillent actuellement?
M. DRUMMOND: L'an dernier.
M. RUSSELL: II y a une augmentation de $450,000. Cela comprend-il
simplement les augmentations de salaires?
M. DRUMMOND: Les augmentations de salaires et le temps
supplémentaire.
M. BELAND: II y a $450,000 strictement en augmentations de salaires.
M. DRUMMOND: Non, il y a $65,000 de prévus pour du temps
supplémentaire, pour l'extinction des feux, etc. Et il y a aussi
l'ODEQ.
Dans le cas de l'ODEQ, il y a un montant de $49,999 pour les salaires de
la main-d'oeuvre qui y sera employée.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Article 3, article 4, adoptés.
Article 5, adopté. Article 6: Equipement, outillage et véhicules
moteurs: achat.
M. LESSARD: L'an passé, $222,300 et cette année $225,000.
Est-ce qu'on doit acheter de l'équipement ou de l'outillage chaque
année? Le ministère me semble pauvre.
M. SIMARD (Témiscouata): L'an dernier, est-ce que les $222,300
ont été dépensés?
M. DRUMMOND: A cet article, $209,000 ont été
dépensés. Nous avons une flotte de 657 véhicules de tous
genres, dont 530 dans les unités régionales y compris les
autos-neige, les camions-citernes, les camions de livraison.
M. LESSARD: II s'agit de remplacer de l'équipement.
M. DRUMMOND: D'accord!
M. LE PRESIDENT: Article 6. Adopté. Article 7: Equipement,
outillage et véhicules moteurs: entretien et opération.
Adopté. Article 8: Fournitures et approvisionnements.
M. RUSSELL: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Article 9: Entretien et constructions temporaires:
matériaux et services contractuels.
M. RUSSELL: Qu'est-ce que cela comprend, les constructions
temporaires?
M. DRUMMOND: La construction de remises à matériel,
l'achat de six cantines semi-mobiles pour le logement des agents forestiers en
forêt.
M. LE PRESIDENT: Adopté? Article 10: Loyers et transport.
M. RUSSELL: Loyers d'équipement? L'article 10, c'est pour les
loyers d'équipement?
M. DRUMMOND: Frais de nolisement de l'hydravion pour effectuer les
patrouilles aériennes dans les territoires forestiers de certaines
régions.
M. RUSSELL: Vous payez le loyer des avions CL-215?
M. DRUMMOND: Pardon?
M. RUSSELL: Pous les avions CL-215, vous payez le loyer lorsque vous les
utilisez?
M. DRUMMOND: Nous ne les avons pas reçus. Je suppose qu'il y a
une question de moteurs là-dedans?
M. RUSSELL: Est-ce qu'il n'y en n'a pas de livrés?
M. DRUMMOND: C'est surtout une question de transport.
M. RUSSELL: M. le Président, je pense que c'est une question qui
concerne les forêts, pour savoir si les CL-215 sont utilisés et
quel est le loyer payé.
M. DRUMMOND: Nous ne les avons pas encore reçus.
M. RUSSELL: Je pense qu'il y en a d'arrivés.
M. DRUMMOND: Peut-être d'ici quelques jours, mais jusqu'à
aujourd'hui, nous n'en n'avons reçu aucun.
M. RUSSELL: Est-ce que le ministre a l'intention de les utiliser
lorsqu'il les aura reçus?
M. DRUMMOND: Aussitôt que possible. Il faut entraîner les
pilotes, etc.
M. LE PRESIDENT: Adopté?
M. RUSSELL: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Article 11:
Autres dépenses. Adopté. Poste 14: Achat, construction et
transformation d'immeubles, y compris ameublement et équipement; chemins
d'accès aux ressources forestières.
Immeubles et chemins d'accès
M. LESSARD: M. le Présdient, est-ce que le ministre pourrait me
dire je remonte loin, j'accepte le fait qu'il prend note de ma question
s'il y a eu, au cours des années 1961-1962 peut-être,
construction d'une route de Manic 5 à l'ouest du lac Manicouagan
peut-être que le député de Duplessis est un peu au courant
vers la région de Gagnon? Opérations forestières,
je pense, à l'ouest je me suis démêlé avant
à l'ouest, parce que si c'était à l'est, ce ne
serait pas loin de Gagnon, et c'est là qu'est le problème. Ce
serait à l'ouest. Combien de milles et combien cela a-t-il
coûté?
M. DRUMMOND: Est-ce que c'est à l'est? On avait commencé
une telle route. On avait fait le commencement à l'est. Il est question
que le ministère des Richesses naturelles puisse continuer cette
route-là.
M. LESSARD: II s'agit à ce moment-là des 35 milles de
route dont vous parlez, je crois, vers la ville de Gagnon. Je voudrais qu'on
s'informe s'il y avait eu construction d'une route vers l'ouest,
c'est-à-dire à l'ouest du lac Manicouagan pour des régions
forestières, comme accès à ces régions
forestières.
M. RUSSELL: Je crois que le député aurait avantage
à consulter son collègue de Matapédia. Il est parfaitement
au courant de tous ces détails. H avait donné l'information
à toute la population de la ville de Gagnon à l'occasion d'un
voyage-éclair qu'il y avait fait accompagné de journalistes,
d'une batterie de télévision et de tout. Je suis convaincu que
lui pourra renseigner le ministre actuel sur tous les bienfaits de cette route,
le montant d'argent qui y a été dépensé et les
bienfaits que cette route a rendus à la ville de Gagnon.
M. COITEUX: Alors, elle n'a pas été aussi
bénéfique qu'on s'y attendait, parce que l'Union Nationale ne l'a
pas continuée.
M. RUSSELL: M. le Président, si on veut retourner sur ce
territoire, je pourrais peut-être informer le député de
Duplessis qu'à ce moment-là il y avait eu une promesse formelle
voulant que, bien avant la fin du terme du gouvernement du temps, la route
devait être finie. C'étaient même des délais de deux
ans qui avaient été mentionnés.
M. COITEUX: Si on veut finir ces articles, ne commençons pas sur
les dernières élections.
M. RUSSELL: Il faudrait relever les coupures de journaux, cela avait
été bien écrit.
M. LE PRESIDENT: A l'ordre, messieurs!
M. LESSARD: M. le Président, il se peut que je sois mal
informé, c'est pourquoi je demande au ministre s'il est vrai que les
seules routes qui ont été construites l'ont été
à l'est et s'il n'y avait pas eu construction d'une route à
l'ouest pour permettre à un entrepreneur de pouvoir utiliser cette
route. Cette route aurait pu être construite peut-être ailleurs au
bénéfice des gens de Gagnon, mais elle ne l'a pas
été. Elle aurait été construite vers l'ouest et
demeure inutilisable pour la région de Gagnon. C'est pourquoi on aurait
construit vers l'est, plus tard, une route de 35 milles.
M. COITEUX: Est-ce que le député ne fait pas,
peut-être, erreur de localisation? Effectivement, il y a eu une route
construite vers l'ouest mais beaucoup plus bas, au mille 60, pour rejoindre
Outardes 3, pour l'entrepreneur qui est allé faire la
récupération forestière au bassin des Outardes. Mais cela
n'était aucunement dans le même projet. C'est la
récupération forestière qui a justifié cette route.
L'autre était un chemin de pénétration.
M. LESSARD: Ce mille 60...
M. COITEUX: II n'a jamais été question, dans la mesure
où je peux me rappeler, qu'il y a eu un projet de route reliant Gagnon
à Manic 5, autrement que par l'est.
M. LESSARD: D'accord. Maintenant, à partir du mille 60 la route
se rendrait jusqu'à...
M. COITEUX: Jusqu'au bassin des Outardes. Où on est en train de
construire Outardes 3.
M. LESSARD: Outardes 4. De toute façon.
M. COITEUX: Environ au mille 60. Ce chemin va vers l'ouest. Est-ce qu'il
y a eu prolongation du chemin? Je ne puis le dire, ce n'est pas moi qui ai
donné le contrat. Mais je sais qu'il y a eu un contrat de
récupération de bois qui a été acheté par la
Quebec North -Shore. Chaque jour on voit encore passer les gros camions
chargés du bois qui vient de ce bassin-là, ce pourquoi a
été construite. Quand cette route a été construite,
dans les dernières années, il n'a aucunement été
question si la route se construirait ou non. Elle a été
construite par l'Hydro.
M. LESSARD: II n'y a pas eu de question au sujet d'une route qui se
rendait à Gagnon. Maintenant, la question que je me pose est que si les
territoires forestiers avaient été centralisés vers l'est,
au lieu de devoir construire deux routes, on aurait pu utiliser une seule route
et...
M. COITEUX: Non, ce n'est pas la même direction du tout. Vous
allez vers le nord-est
pour la route de Gagnon et vous allez franc ouest. Ce sont deux
ministères différents. C'est l'Hydro-Québec qui construit
la route que vous mentionnez.
Lorsque les budgets ont été disponibles, nous avions
commencé une route qui avait retardé parce que nous attendions de
pouvoir passer sur le barrage de la Manic-5, et cela a retardé les
choses. Dans les dernières années, apparemment le
ministère n'a pas eu le budget pour continuer cette route-là.
M. LESSARD: Si on parle de la route vers l'est, combien y a-t-il de
milles de construits?
M. COITEUX: Je ne sais pas, je suis allé une fois dessus.
J'imagine 40 à 50 milles.
M. LESSARD: Est-ce que ces 40 milles-là sont utilisables?
M. COITEUX: Du tout, nous le savons, c'est pour un autre projet. C'est
une route qui a été construite par l'Hydro-Québec, elle
n'a pas été faite en prévision...
M. LESSARD: La route qui a été construite vers Gagnon
à l'est du lac Manicouagan, de Manic-5 vers Gagnon, est-ce que cette
route-là est utilisable dans le moment?
M. COITEUX: Je n'y suis pas allé dernièrement.
M. LESSARD: On n'a pas fait de travaux depuis quand?
M. COITEUX: Depuis quatre ans. Je ne sais pas dans quel état elle
est, mais le chemin est fait. Maintenant, pour l'information du
député, je peux dire que j'ai fait des démarches
personnelles auprès des gens de Gagnon, et à ma grande surprise,
ils n'étaient pas tellement intéressés à la route.
Je ne dis pas que c'était l'opinion générale des gens de
là, mais certains chefs syndicaux nous ont dit: La route, ça ne
presse pas, ça nous fait un maudit bon argument lorsque l'on vient dans
nos négociations.
M. BELAND: M. le Président, toujours dans le même article,
concernant les chemins d'accès aux ressources forestières,
combien y a-t-il eu de milles de chemin construits ou faits pendant
l'année 1969? Je dirais durant le dernier exercice, ce serait mieux
dit.
M. DRUMMOND: Environ 150 milles.
M. BELAND: Merci.
M. LE PRESIDENT: Adopté?
M. RUSSELL: Oui.
M. LE PRESIDENT: Sous-article 2.
M. RUSSELL: Seulement une question là-dessus, M. le
Président. Je voudrais savoir quels sont les projets de construction
pour le montant que l'on va voter cette année, et dans quels districts,
quels territoires? Les chemins d'accès et aussi les constructions de
bâtisses?
M. DRUMMOND: Les chemins d'accès par région: Pour une
région particulière?
M. RUSSELL: Non, les projets pour ce montant d'argent que l'on vote et
le nombre de bâtisses?
M. DRUMMOND: Je peux commencer avec les chemins d'accès;
Abitibi-Est, il s'agit de $290,000. Abitibi-Ouest, $100,000. Bellechasse,
$30,000. Bonaventure, $60,000. Charlevoix, $15,000. Dorchester, $10,000. Dubuc,
$70,000. Duplessis, $10,000. Gaspé-Nord, $140,000. Gaspé-Sud,
$50,000. Lac-Saint-Jean, $15,000. Labelle, $50,000. Laviolette, $35,000.
L'Islet, $40,000. Lotbinière, $40,000. Kamouraska, $30,000. Matane,
$60,000. Matapédia, $25,000. Montcalm, $15,000. Montmagny, $5,000.
Montmorency, $40,000. Rimouski, $30,000. Rivière-du-Loup, $15,000.
Roberval, $95,000, Rouyn-Noranda, $95,000. Saguenay, $115,000.
M. COITEUX: C'est une erreur.
M. LESSARD: C'est bon parfois un député PQ.
M. DRUMMOND (Témiscouata) : ... $40,000. C'est tout.
M. RUSSELL: Ces montants sont prévus pour des bâtisses?
M. SIMARD (Témiscouata): Avez-vous les montants pour les endroits
où allaient travailler les jeunes, les camps forestiers? Est-ce que vous
avez de nouveaux investissements?
M. DRUMMOND: C'est passé, il y en avait 13, je pense, mais...
M. LE PRESIDENT: Adopté? M. LESSARD: Oui.
M. RUSSELL: II reste la question des bâtisses. On pourrait
peut-être...
M. DRUMMOND: II y a la construction d'un bureau à Chibougamau,
des modifications à Roberval, l'aménagement d'une usine de
filtration d'eau et l'épuration d'égoûts à
Duchesnay, $42,600; c'est tout.
M. RUSSELL: Est-ce qu'il n'y a pas un montant pour la
pépinière d'East Angus?
M. DRUMMOND: Je ne crois pas.
M. LESSARD: M. le Président, lorsque vous parlez des chemins
d'accès aux ressources forestières, il existe, je crois, depuis
nombre d'années, des ententes avec des compagnies privées
concernant la construction de ces chemins d'accès. D'accord?
C'est-à-dire qu'un chemin d'accès peut servir dans une concession
forestière à une compagnie privée.
Les chemins des compagnies sont-ils construits avec entente du
gouvernement? Par exemple, le gouvernement participe-t-il à une certaine
partie des dépenses et les compagnies à une autre partie?
M. DRUMMOND: Non, il n'y a aucune entente de ce genre.
M. LESSARD: Les compagnies forestières construisent leurs propres
chemins?
M. DRUMMOND: Je suggère que le député
réfère à l'article 103 de la Loi des Terres et
Forêts, qui explique la politique du gouvernement là-dessus.
M. COITEUX: II ne faut pas mêler la construction de routes par le
gouvernement, qui, souvent, doit exploiter des routes dans les forêts
domaniales. L'entente n'est pas tout à fait la même que pour les
concessions.
M. RUSSELL: M. le Président, nous pourrions peut-être
terminer l'étude du poste et ensuite demander au ministre s'il a
l'intention de compléter la construction qui a été
commencée à East Angus.
M. DRUMMOND: Je pense que la construction est déjà
complétée, n'est-ce pas? On avait réduit le projet
initial. Pour le moment, nous en avons fait assez pour continuer nos
expériences à cet endroit.
M. LESSARD: M. le Président, je reviens à la question que
je posais tout à l'heure. Je vais donner un cas précis pour
tenter d'avoir une information plus précise. Dans la région de
Forestville, l'Anglo Canadian Pulp a des routes en construction,
c'est-à-dire des routes qui ont été construites. Voici la
question que je posais tout à l'heure: Est-ce que, sur ces routes, il y
a entente entre le gouvernement et l'Anglo où celle-ci
défrayerait une partie et le gouvernement une autre partie?
M. DRUMMOND: Non.
M. LESSARD: Donc, cela veut dire que la compagnie est responsable de ces
routes?
M. DRUMMOND: Oui.
M. LESSARD: Et de leur entretien?
M. DRUMMOND: Oui.
M. LESSARD: Si, par exemple, cette route est utilisée par
d'autres groupes ou personnes comme des associations de chasse et de
pêche et si un pont sur cette route s'écroule, il appartient
à la compagnie de le remplacer complètement? La compagnie ne peut
pas recevoir de subvention du gouvernement pour remplacer ce pont?
M. COITEUX: Là, on invoque le code de la route, parce qu'il y a
une définition.
Si la compagnie construit un chemin et qu'elle ne s'en sert plus et que
le ministère du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche... il est
arrivé la même chose à Port-Cartier, dans le nouveau parc.
La compagnie avait construit une partie, Cartier Mining avait construit l'autre
partie, jusqu'à Gagnon, le chemin de pénétration qu'on
avait. Aujourd'hui, c'est le ministère du Tourisme, de la Chasse et de
la Pêche. La compagnie Québec North Shore ne fait plus
d'exploitation là et, naturellement, Cartier Mining, n'en a plus besoin.
Alors, c'est le ministère du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche
qui, pour faire servir ce chemin-là à des fins touristiques, pour
fins de chasse et de pêche, l'entretient à ses frais,
répare les ponts, répare tout. Si la compagnie se sert encore de
cette route-là, à ce moment-là, je pense qu'elle devrait
rencontrer le ministre pour en venir à une entente quelconque de
façon à ce que les dépenses soient partagées. Mais
ce ne serait pas tellement par le ministère des Terres et Forêts
que par le ministère, du Tourisme, de la Chasse et de la
Pêche.
M. LE PRESIDENT: Adopté.
M. RUSSELL: M. le Président, naturellement, pour la construction
de ces routes que vous faites à l'intérieur, est-ce fait à
la journée, ou louez-vous l'équipement pour ces travaux ou est-ce
fait à contrat?
M. COITEUX: Par nous.
M. RUSSELL: Par votre propre équipement.
M. DRUMMOND: Quand on en a besoin, on le loue... et si on a
l'équipement...
M. RUSSELL: Est-ce que le ministre nous affirme que le ministère
des Terres et Forêts a son équipement pour faire tous ces
travaux-là?
M. DRUMMOND: Non, je dirais que la majeure partie de l'équipement
est loué.
M. RUSSELL: La majeure partie de l'équipement est loué. De
quelle façon procède-t-on pour le choix de
l'équipement?
M. DRUMMOND : Nous avons le barème établi par le service
des achats pour l'équipement.
M. RUSSELL: ... suivant la grosseur de l'équipement. D'accord,
mais qui détermine que tel ou tel équipement va être
utilisé pour certains travaux, les uns plus que les autres?
M. COITEUX: Dans le comté de Dubuc, c'est le
député.
M. SIMARD (Témiscouata): Est-ce que cela va être encore la
même chose dans le comté de Dubuc?
M. COITEUX: J'en doute. Cela va être fait avec efficacité.
Cela ne sera pas au désir du député.
M. LE PRESIDENT: Adopté.
M. RUSSELL: Suivant la recommandation du candidat battu de
Montmagny.
M. COITEUX: Je ne connais pas le candidat battu de Montmagny.
M. RUSSELL: M. le Président, est-ce qu'il y a une façon de
procéder? Est-ce qu'il y a une liste d'équipement? Est-ce que
cela est mesuré? Est-ce qu'il y a un choix qui se fait? Par qui?
Pourquoi un tel plus qu'un tel?
M. DRUMMOND: On cherche de l'efficacité, nous essayons
d'effectuer ce travail...
M. RUSSELL: Qui établit l'efficacité?
M. DRUMMOND' C'est surtout fait par le chef de district, je pense.
M. RUSSELL: C'est sur la recommandation du chef de district. Donc ceux
qui veulent travailler pour le ministère des Terres et Forêts
doivent rencontrer le chef de district?
M. DRUMMOND: Oui.
M. RUSSELL: Très bien, M. le Président.
M. LE PRESIDENT: Adopté. S-2: Versement effectué pour
l'achat de propriétés, Ham-mermill Paper Company,
adopté?
Hammermill Paper Company
M. BELAND: Un instant, justement en quoi cela consiste cette
compagnie-là, en somme? Où est-elle située? Pour quel
montant cela a été...?
M. COITEUX: On a acheté pour créer la réserve et
permettre l'installation...
M. DRUMMOND: Ce n'est pas augmenté.
M. RUSSELL: On peut, à l'occasion de l'étude des
crédits, poser les questions sous cet article pour l'information mais on
n'a pas à voter le montant. Il est déjà voté par le
gouvernement.
M.DRUMMOND: C'est l'amortissement du prix d'achat d'une
propriété datant d'il y a assez longtemps.
M. LESSARD: Mais il s'agit d'achat de terrains qui appartiennent
à une compagnie dans la région de Matane.
M. COITEUX: Qui appartenaient.
M. LESSARD: Qui appartenaient, maintenant est-ce acheté par le
gouvernement? Cette compagnie-là avait-elle acheté
elle-même son terrain du gouvernement?
M. DRUMMOND: Je ne crois pas.
M. COITEUX: C'était une concession...
M. LESSARD: C'était une concession forestière que l'on
avait accordée à la compagnie.
M. DRUMMOND: Non, ce n'était pas une concession.
M. LESSARD: Un territoire privé?
M. DRUMMOND: Oui. C'était une seigneurie dans le temps, mais
maintenant c'est la forêt domaniale de Matane, cette
propriété-là.
M. COITEUX: Ce qui a permis l'installation de l'usine de Matane, en
fait.
M. BELAND: Pour quel montant la transaction a-t-elle été
effectuée?
M. DRUMMOND: Je n'ai pas cette information-là. C'était
combien? Est-ce qu'on l'a?
M. RUSSELL: M. le Président, je pense bien qu'on va être
obligé de revenir à huit heures quart. On pourrait
peut-être suspendre les travaux et revenir à huit heures et quart,
parce qu'il y a des questions sur ce sujet-là. Ce ne sera pas tellement
long. Il est déjà six heures quart. On pourra trouver
l'information entre-temps pour le député.
M. LE PRESIDENT: Alors les travaux sont suspendus jusqu'à huit
heures quart ce soir.
M. RUSSELL: Je pense bien qu'une demi-heure, ce sera suffisant.
Reprise de la séance à 20 h 16
M. CARPENTIER (Président de la Commission des Terres et
Forêts): A l'ordre, messieurs, il y a quorum à la commission. Nous
continuons l'étude du poste 14, S2.
M. RUSSELL: M. le Président, l'information qui avait
été demandée a été, je crois, fournie
après la suspension des travaux au député de
Saguenay...
M. LE PRESIDENT: Au député de Saguenay,
précisément.
M. DRUMMOND: II s'agissait, je pense de $2.25 millions...
M. RUSSELL: C'étaient huit paiements égaux et
consécutifs. Je crois que c'est le dernier versement cette année.
Il y a seulement une question que je pourrais poser pour l'information de la
commission. Je remarque, que l'an dernier, il y a eu une contribution du
gouvernement fédéral et que, cette année, il n'y en a pas,
est-ce qu'il y a une raison?
M. DRUMMOND: La contribution fédérale portait seulement
sur $2 millions et non pas $2.25 millions. Cela est terminé pour cette
raison.
M. RUSSELL: Confirmez-vous que c'est le dernier versement cette
année?
M. DRUMMOND: Nous allons le vérifier, mais nous pensons que c'est
vrai.
M. RUSSELL: La loi parle de huit versements égaux. Cela a
été adopté en 1962, y compris 1962, et nous sommes en
1970.
M. DRUMMOND: C'est cela, ce doit être final.
M. RUSSELL: M. le Président, s'il n'y a pas d'autres questions,
quant à moi, c'est adopté.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Poste 14, adopté. Nous retournons
au poste 10.
M. SIMARD (Témiscouata): M. le Président, je voudrais
remercier le ministre des Terres et Forêts d'avoir eu l'amabilité
de garder pour le dessert...
M. LE PRESIDENT: Un moment, s'il vous plaît, nous ne sommes pas
rendus à cet article. Poste 10: Commission de géographie de
Québec.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Poste 11: Commission d'étude sur
l'intégrité du territoire du Québec.
Intégrité du territoire
M. RUSSELL: De qui cette commission est-elle composée M. le
Président, et en quoi consiste son travail?
M. DRUMMOND : La commission se compose de M. Henri Dorion,
géographe; Me André Desgagnés, avocat et professeur; Me
André Paquet, avocat; M. Edgar Proteau, ingénieur forestier; M.
Georges Côté, conseiller technique; M. Jean-Paul Lacasse, le
secrétaire.
Cette commission est chargée de réunir toute la
documentation pertinente, de faire toutes les recherches nécessaires,
recueillir les suggestions provenant de groupements de spécialistes et
du public en général, et de faire les recommandations qu'elle
jugera opportunes afin de permettre au gouvernement d'assurer
l'intégrité du territoire québécois et de
régler dans l'ordre et la justice le problème des
frontières du Québec, et spécialement de la
frontière du Labrador.
M. RUSSELL: Il n'y a pas eu aucun rapport déposé
encore?
M. DRUMMOND: Aucun rapport définitif jusqu'à
présent.
M. RUSSELL: Est-ce que c'est l'intention du ministre de déposer
ce rapport aussitôt qu'il en aura pris connaissance? Il devrait y avoir
un rapport prochainement, cela fait déjà deux, trois ans?
M. DRUMMOND: On l'attend pour le mois de septembre, il faut le lire, et
évidemment il faut prendre une décision là-dessus.
M. RUSSELL: Donc, le rapport sera déposé en Chambre
aussitôt que le Conseil exécutif en aura pris connaissance.
M. DRUMMOND: II faut qu'une telle décision soit prise par le
conseil des ministres.
M. BELAND: Est-ce que, durant l'année, il y a eu quelque chose de
spécial qui a été signalé vis-à-vis
justement la limite territoriale, en ce qui concerne justement le Labrador? A
propos de certaines compagnies d'exploitation de mines, si je me rappelle bien,
il n'y aurait pas eu quelque chose l'an dernier à ce sujet?
M. RUSSELL: C'est spécialement le travail de la commission
actuellement.
M. BELAND: Ah bon! quelle commission déjà?
M. RUSSELL: La commission qui a été formée pour
étudier l'intégrité du territoire?
M. BELAND: Mais quel nom porte la commission?
M. RUSSELL: La commission d'étude... On vient de donner le nom.
La commission Dorion.
M. BELAND: Ah! Dorion. Merci.
M. LE PRESIDENT: Poste budgétaire 10, adopté. Poste
budgétaire 11 : Commission d'étude sur l'intégrité
du territoire du Québec.
UNE VOIX: C'est cela.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Poste budgétaire 12: Bourses
d'études, subventions et dépenses diverses ou
imprévues.
Bourses, subventions, dépenses
M. RUSSELL: Le montant de $414,000 a-t-il été totalement
dépensé l'an dernier?
M. DRUMMOND: On a dépensé $383,500 l'année
dernière.
M. RUSSELL: Quel a été le nombre de bourses qui a
été octroyé l'an dernier et à qui
spécialement?
M. DRUMMOND: Les bourses? M. RUSSELL: Oui.
M. DRUMMOND: II y a des bourses d'étude: l'Ordre du mérite
forestier et étude sur l'orientation de l'école de la station.
Voulez-vous la liste?
M. RUSSELL: Pas les noms mais le nombre de bourses. Est-ce qu'on a la
quantité?
M. DRUMMOND: 77 bourses.
M. RUSSELL: Quelle est la préqualification ou le calibre des
étudiants qui ont droit à ces bourses?
M. DRUMMOND: Ce sont tous des diplômés
d'universités.
M. BELAND: Est-ce qu'il y a une option possible ou des options possibles
vers lesquelles ces jeunes se dirigent? A qui donne-t-on des bourses, les
donne-t-on pour n'importe quelle option?
M. DRUMMOND: II y a un comité au niveau du ministère qui
étudie chaque cas qui fait une demande pour telle bourse.
M. RUSSELL: C'est simplement pour les étudiants qui
étudient en génie forestier et qui fréquentent
l'université?
M. DRUMMOND: Génie forestier, écologie, science
géodésique, même en administration, sylviculture, il y a
toute une gamme.
M. RUSSELL: Est-ce qu'un jeune qui fréquente Duchesnay, pour
devenir technicien, peut obtenir une bourse du ministère des Terres et
Forêts?
M. DRUMMOND: Pas jusqu'à maintenant.
M. BELAND: Est-ce à cause du fait qu'il est dans une école
un peu spéciale, ou si la coutume veut que l'on accepte seulement ceux
qui sortent des CEGEP ou qui viennent des universités?
M. DRUMMOND: En général, il s'agit des professionnels qui
ont des années d'expérience, mais cela ne veut pas dire que l'on
ne changera pas notre politique dans l'avenir.
M. RUSSELL: C'est simplement pour quelqu'un qui a étudié
à l'université en génie forestier et qui veut se
spécialiser.
M. DRUMMOND: Ou en arpentage.
M. RUSSELL: En arpentage. Mais pour fréquenter
l'université, il peut obtenir une bourse du ministère de
l'Education.
M. DRUMMOND: Oui.
M. RUSSELL: Et après, pour sa spécialisation, il se dirige
vers le ministère des Terres et Forêts, suivant les
spécialités qui sont représentées. M. le
Président, simplement pour compléter l'information de la
commission, on demandait s'il y avait des bourses possibles pour l'école
de Duchesnay, quel est le coût du stage d'un étudiant qui
fréquente l'école de Duchesnay?
M. DRUMMOND: La scolarité est gratuite.
M. RUSSELL: Aucuns frais de scolarité, c'est la raison pour
laquelle on ne donne pas de bourse.
M. DRUMMOND: C'est raisonnable.
M. BELAND: Mais l'étudiant qui a obtenu une bourse quelconque
doit-il étudier strictement à l'intérieur du Québec
ou s'il y a de ces étudiants qui sont allés à
l'extérieur?
M. DRUMMOND: Non, pas nécessairement. Il y en a une grande partie
dans la province de Québec, mais il y a des cours donnés
ailleurs, qui sont valables et pour le ministère et pour
l'étudiant en question.
M. CROISETIERE: L'article: Subventions, M. le ministre, qu'est-ce que
c'est?
M. DRUMMOND: H s'agit ici des clubs 4H, de l'Association
forestière québécoise, de l'Association des manufacturiers
de bois de sciage,
de la Semaine des produits de la forêt et de la Faculté de
foresterie et de géodésie.
M. RUSSELL: Quelle est la subvention aux clubs 4H?
M. DRUMMOND: $16,400 comme on avait dit au préalable. Elle est
partagée par l'Association forestière
québécoise.
M. RUSSELL: Le montant total des subventions représente
combien?
M. DRUMMOND: $178,500.
M. RUSSELL: Et la différence de $178,500 pour subventions sur
$250,000 fait $72,000 pour les bourses.
M. DRUMMOND: C'est ça.
M. RUSSELL: Adopté, M. le Président.
M. LE PRESIDENT: Poste 12, adopté. Poste 13: Indemnités
aux accidentés ou à leurs dépendants, et soins
médicaux.
Indemnités aux accidentés
M. RUSSELL: Adopté, à moins qu'il y en ait d'autres
qui...
M. BELAND: Ce serait seulement pour une information, si M. le
Président y consent. Par exemple, lorsque ce sont des accidentés,
les indemnités sont-elles versées aux familles
d'accidentés déjà, ou quoi? Qu'a-t-on fait dans le
passé?
M. DRUMMOND: Nous avons prévu les sommes nécessaires pour
payer les réclamations de la Commission des accidents du travail en
faveur des personnes accidentées, alors qu'elles étaient à
l'emploi de notre ministère.
M. BELAND: Très bien.
M. LE PRESIDENT: Poste 13, adopté. Alors nous retournons ici
à l'article 1.
La compagnie D'Auteuil
M. SIMARD (Témiscouata): M. le Président, comme j'allais
le dire tout à l'heure, je remercie le ministre tout d'abord d'avoir
bien voulu nous donner toute la documentation au sujet du projet de la
compagnie D'Auteuil, de Cabano. C'est un assez volumineux dossier, qui, tout
d'abord, comprend un contrat entre la compagnie D'Auteuil et le
ministère une partie en français et une partie en anglais
dans lequel nous trouvons des engagements des deux parties. Je vais
résumer plus tard. Si le ministre veut bien répondre aux
questions que compren- dra toute mon intervention, c'est une chose très
importante et à laquelle je m'attends de recevoir une réponse
favorable parce que cela regarde un peu l'économie du
Témiscouata. Ce contrat, signé entre le ministère et la
compagnie D'Auteuil, comprenait, pour commencer, des échanges entre la
rive nord et la rive sud, échanges qui n'étaient pas seulement
à l'avantage d'une partie, mais qui étaient à l'avantage
des deux parties parce qu'on réglait, en même temps, le
problème d'approvisionnement de la compagnie Donohue sur la rive nord et
on centralisait toute l'affaire D'Auteuil sur la rive sud. Ce qui permettait
l'installation d'un moulin à Estcourt, et un autre à Cabano.
Comme je le disais au début de l'étude des crédits,
des garanties ont été données à cette compagnie.
Elle a pris des engagements qui, à mon sens, devraient être
respectés. Le dossier est bien complet et les explications
données sont claires et nettes à savoir que cette compagnie, en
retour des concessions ou des échanges qui étaient faits avec le
gouvernement, s'engageait et on emploie le mot "s'engageait"
à construire une usine de panneaux de particules à Cabano.
Si cette compagnie n'avait pas voulu négocier, cette entente, je
crois qu'il aurait été assez facile de trouver d'autres
compagnies intéressées. C'est assez avantageux, si elle est venue
s'installer chez nous, c'est parce que je crois qu'elle y trouvait des
avantages. Des études de rentabilité ont été
faites. Je ne sais pas qui les a payées, mais je crois, si ma
mémoire est bonne, que c'est le CRD. L'inventaire forestier a
été fait et payé à 100 p.c. par le
ministère. On leur a donné toutes cuites dans la poêle des
ressources naturelles qui doivent nécessairement être
usinées sur place. C'était le but du ministère d'avantager
cette partie du Québec, qui était privée d'industries de
cette envergure depuis quelques années.
Comme je disais tout à l'heure, la compagnie s'est engagée
à construire. Aujourd'hui, on invoque toutes sortes de raisons pour
essayer d'endormir la population du Témiscouata et pour empêcher
la construction de cette usine-là. Je crois que l'accord signé
entre les deux parties est assez facile à comprendre, dont un passage
entre autres: Les engagements énoncés aux paragraphes A et B et
intitulés "clause spéciale" sont essentiellement sujets à
l'obligation pour la compagnie d'établir ou de participer à
l'établissement, à Cabano ou dans les environs, d'une usine de
panneaux de particules d'une capacité annuelle équivalant
à environ 60,000 cordes de bois ainsi que d'une scierie à
Estcourt.
A Estcourt, c'est déjà fait, mais je crois que
c'était l'endroit idéal pour prendre avantage du bois en
provenance du Maine. Là-dessus, le ministère n'a posé
aucun problème, puisqu'il a donné aux exploitants la permission
d'exporter leurs copeaux même en dehors de la province. C'est en effet du
bois qui vient exclusivement
du Maine. Je crois que là, on ne pose pas de problème
à la compagnie, on lui donne tout ce qu'elle demande. Je crois que les
gouvernements fédéral et provincial ont participé au point
de vue des subventions à l'implantation de cette usine. Là
encore, je crois que l'on n'a pas causé de problème à la
compagnie. Tout ce que nous demandons, c'est qu'elle respecte ses engagements.
Comme député de Témiscouata, je n'ai personne à
protéger à l'exception de la population de Témiscouata,
qui se pose des questions. A ce stade-ci, à cause du changement de
gouvernement, la compagnie voudrait-elle profiter de l'occasion pour avoir des
concessions additionnelles? C'est cela que nous voudrions savoir. Pouvons-nous
espérer, dans un avenir assez rapproché, que la mise en place de
cette usine-là suivra le cours normal des choses, si cela va être
une réalité? On m'a dit, l'autre jour, à la suite d'une
question posée à l'Assemblée nationale, que le ministre
devait avoir une rencontre avec les autorités. J'aimerais savoir si
cette rencontre a eu lieu et s'il a quelque chose de nouveau à nous
annoncer là-dessus.
M. DRUMMOND: Je dois dire que je les ai rencontrées pour entendre
leur point de vue. A la suite de cela, nous avons demandé l'opinion
juridique de notre avocat. Je pense que cela a été inclus dans le
dossier. Les représentants de d'Auteuil ont dit qu'à cause de
conditions défavorables, ils ont un taux d'intérêt trop
élevé, que l'état des marchés, n'était pas
assez rentable pour construire cette usine-là.
Es ont aussi écrit une lettre au ministère disant
qu'à cause d'une raison majeure, ils ne pouvaient pas construire cette
usine. Nous étudions leur cas. Nous sommes très
désappointés, comme le député, que l'usine ne soit
pas réalisée, et ce que nous voulons faire, comme tout le monde,
c'est d'essayer de trouver une solution rentable pour la population du
comté. En lisant ce mémoire ici, je pense que la coupure faite
actuellement est légale. On ne peut en justice annuler ou
intégrer cette coupure. La solution, évidemment, est d'essayer de
trouver un autre investisseur s'il semble que D'Auteuil ne veut pas construire
à Cabano. Et c'est cela que nous devons faire, c'est presque la seule
solution.
M. SIMARD (Témiscouata): Mais, le ministre est certainement au
courant que l'expropriation de cette concession avait été faite
exclusivement pour l'implantation de l'usine à Cabano.
M. DRUMMOND: D'accord, mais exproprier ce territoire sans avoir un autre
investisseur ne vaut pas la peine non plus. La seule solution est de trouver
une autre usine ou une autre partie intéressée pour aller
à cet endroit et pour faire construire une usine à Cabano. Et
c'est cela que nous devons nous occuper à trouver.
M. SIMARD (Témiscouata): Mais pendant tout ce temps-là,
nous, les gens de Témiscouata, nous allons laisser prendre avantage de
nos ressources naturelles devant être exportées à
l'extérieur. C'est cela que la population ne veut pas admettre et elle a
raison de ne pas l'admettre aussi. Nous avions une compagnie que nous
considérions comme indésirable parce qu'elle avait exporté
nos ressources naturelles pendant cinquante ans, dans le Nouveau-Brunswick. Le
but de l'expropriation était de mettre cette compagnie au pas, et le
gouvernement paie $5 millions. Et là, on endure qu'une autre compagnie
fasse encore pire que cela.
M. DRUMMOND: Je pense qu'à l'époque, il y a quelques
années, tout le monde était satisfait, cette compagnie
était sérieuse dans sa promesse d'ériger une usine
à Cabano; je ne peux juger si oui ou non il s'agit d'un taux
d'intérêt trop élevé, ou s'il s'agit de mauvaise
foi. Tout ce que je peux dire, c'est que nous devons faire notre possible
même l'impossible si nous le pouvons pour trouver une
solution en vue de l'érection d'une autre usine à Cabano. On ne
peut travailler dans l'illégalité en faisant cela. Il faut faire
un effort positif.
M. SIMARD (Témiscouata): Le ministre est certainement au courant
que cette compagnie avait déposé des plans encore
récemment que son usine était prête à
être construite et que même la machinerie était
commandée. Est-ce que ce fait a été confirmé
récemment qu'il y avait des démarches rendues aussi loin que
cela? On a invoqué, à un moment donné, la
difficulté d'avoir la machinerie disponible pour cette usine.
Voilà autant de choses qu'on s'est laissé dire, et que même
la compagnie a confirmées aux autorités de la ville de Cabano. On
avait demandé des services. On a acheté des terrains. Je crois
que nos ressources naturelles sont engagées envers cette compagnie
jusqu'à l'an 2002. D'ailleurs, le ministère peut prendre des
mesures pour forcer cette compagnie à dire: On se retire du projet et on
négocie avec d'autres. Tant et aussi longtemps que cela sera en suspens,
et que personne...
M. DRUMMOND: J'admets que si cette compagnie ne veut pas ériger
une usine, c'est vraiment un acte de mauvaise foi et si elle n'est pas
intéressée, nous devons essayer d'en trouver une autre et faire
les arrangements nécessaires pour garantir que l'usine soit
construite.
M. SIMARD (Témiscouata): Serez-vous en mesure vous dites
que c'est une chose qui est assez délicate de donner à une
compagnie éventuelle toutes les mêmes garanties que cette
compagnie avait?
M. DRUMMOND: C'est une question un peu hypothétique. En ce qui
concerne les conditions, il y a beaucoup de choses à tenter, il y a des
subventions du ministère de l'Industrie et
du Commerce, et même du gouvernement fédéral, il y a
toute une gamme de choses à essayer afin de trouver quelqu'un qui serait
disponible pour ériger une usine là-bas.
M. RUSSELL: Je crois que le ministère, que le ministre
possède le pouvoir d'exproprier les territoires qu'il vient de
concéder ou de céder à une compagnie.
M. DRUMMOND: II faut d'abord trouver une compagnie. Lorsqu'on trouve une
compagnie, on fait toutes les démarches nécessaires pour
concrétiser un tel investissement.
M. RUSSELL: Si je comprends bien la réponse du ministre, s'il y a
possibilité de trouver une autre compagnie qui veut investir. Il
s'engage à faire l'expropriation, à fournir le territoire
nécessaire pour garantir l'alimentation en bois à la compagnie
qui s'installerait ou qui investirait à Cabano.
M. DRUMMOND: Je suis prêt à faire le nécessaire pour
voir à ce qu'il y ait un investissement à Cabano, si on trouve un
investisseur.
M. SIMARD (Témiscouata): Dans la réponse qu'on a
donnée au conseil de ville de Cabano, est-ce que vous avez
mentionné que le ministère des Terres et Forêts
était en mesure de prendre les dispositions nécessaires pour
donner à une autre compagnie les approvisionnements
nécessaires?
M. DRUMMOND: II faut d'abord déterminer si D'Auteuil Lumber est
vraiment prête à construire ou non et, lorsque cette
période sera révolue, s'il est très évident qu'elle
n'a pas le désir de construire.
M. SIMARD (Témiscouata): Est-ce l'intention du ministre de donner
un délai raisonnable à cette compagnie le contrat indique
bien que, pour des raisons que ... Est-ce l'intention du ministre ou du
ministère, dis-je, de donner un délai raisonnable, pour qu'elle
dise si, oui ou non, elle veut s'installer chez nous?
M. DRUMMOND: D'Auteuil? M. SIMARD (Témiscouata): Oui.
M. DRUMMOND: On en parle toujours. On discute, on fait maintenant
l'analyse de sa demande, en ce qui concerne une force majeure. C'est un
problème qui presse, j'admets cela. Si nous sommes d'avis qu'elle n'est
pas vraiment intéressée, nous ferons tout notre possible pour
trouver un investisseur. Nous sommes tous du même côté, ici,
il n'y a aucun doute à ce sujet.
M. SIMARD (Témiscouata): La date que vous mentionnez dans
l'accord des deux parties, celle du 31 mars 1971, serait-elle la date la plus
reculée?
M. DRUMMOND: Selon moi, oui, sauf qu'il y aura une autre promesse de
faite avant ça et que tout le monde accepterait comme raisonnable.
M. RUSSELL: La compagnie s'est déjà prononcée
clairement à l'effet qu'elle n'investisse-rait pas. Est-ce qu'elle en a
informé le ministère?
M. DRUMMOND: Elle dit qu'elle est prête à y investir si
elle pouvait trouver un investissement valable à l'endroit même et
elle demande un délai. Allons-nous l'accorder? Cela n'est pas encore
décidé.
M. GIASSON: Tout de même, à l'heure actuelle, dans
l'arrêté en conseil qui a autorisé l'échange des
deux concessions forestières, on découvre que D'Auteuil Lumber ne
s'est pas engagée à transformer sur place le résineux
qu'il y avait sur la nouvelle concession. L'arrêté en conseil
donne à D'Auteuil Lumber l'exclusivité de la coupe du tremble et
du peuplier, à la condition qu'elle ait construit une usine à la
date finale de mars 1971.
M. SIMARD (Témiscouata): En plus de ça, on garantit dans
l'entente que, si, en 1989, par exemple, les matières premières
en tremble n'étaient pas suffisantes pour exploiter cette usine, on lui
donne une "royauté" sur le sapin-épinette. Ces gens sont à
le couper pour l'exporter à l'extérieur. Cela devait rester en
réserve, sur place, en prévision de... On a invoqué toute
sortes de raisons dernièrement, on a dit qu'il n'y avait pas assez de
tremble pour l'importance de cette usine-là. Toutes les raisons sont
bonnes, lorsqu'on ne veut pas marcher. Je me dis que c'est assez important et
que le ministère doit prendre les mesures nécessaires pour mettre
ces gens au pas et...
M. GIASSON: II eût été préférable que
l'arrêté en conseil aille plus loin.
M. SIMARD (Témiscouata): II va assez loin. Il y a une date
limite, celle du 31 mars 1971, pour la mise en place d'une usine comme
ça. C'est une affaire de $5.5 millions. Cela ne commencera pas le 31
mars 1971. A mon sens, cela devrait commencer dans le cours de 1970.
M. GIASSON: L'arrêté en conseil avait été
formel indiquant de ne permettre aucune coupe de résineux si l'usine
nétait pas construite à telle date, cela empêcherait tout
de même le concessionnaire actuel de continuer des opérations dans
le résineux sans avoir à construire l'usine.
M. SIMARD (Témiscouata): Mais peut-être que le
ministère a cru à la bonne foi de la compagnie et, à
l'inverse, la compagnie avait cru que le gouvernement... Ce sont des
concessions qui se font quelquefois. Mais, nous ne connais-
sons pas les intentions de la compagnie, nous les gens de
Témiscouata. Elle veut prendre avantage de nos ressources naturelles et
les envoyer... Combien de temps cela va-t-il durer? C'est ce que nous voulons
savoir. Quels sont les moyens que le ministère va prendre pour mettre au
pas ces gars-là?
M. DRUMMOND: Comme nous avions, dit, nous voulons trouver des solutions
valables à long terme, pour essayer d'arrêter la coupe en
attendant, ou n'importe quoi... Cela causerait des misères aux
employés qui travaillent déjà pour D'Auteuil Lumber. Nous
avons reçu beaucoup de plaintes contre D'Auteuil de cet endroit. Je dois
dire que nous avons aussi reçu une pétition des ouvriers
déjà en place qui veulent, eux aussi, vivre et travailler.
Essayer d'arrêter la "patente" sans avoir autre chose ne serait pas une
bonne solution non plus.
M. SIMARD (Témiscouata): Je ne crois pas qu'à ce sujet il
y ait eu de pression considérable de la part des ouvriers, parce que
tout le monde sait que les salaires qui vont être gagnés là
vont se perdre à l'autre bout. Lorsque les forêts du
Témiscouata seront pillées à blanc, ça ne sera plus
le temps de...
M. DRUMMOND: Je ne parle pas de la pression, je dis seulement que nous
avons reçu aussi une pétition de ces gens-là.
M. SIMARD (Témiscouata): Aujourd'hui 20,000 cordes de bois, on
sait qu'avec la machinerie les ouvriers peuvent prendre avantage. Ce n'est pas
long couper 20,000 cordes de bois. Mais si ces 20,000 cordes étaient
usinées dans le comté de Témiscouata cela ferait un
changement. Les gens sont prêts à faire le sacrifice d'attendre et
à ne pas voir partir sous leurs yeux les matières
premières. C'est la seule industrie valable qui peut s'implanter dans le
comté de Témiscouata, après toutes les études qui
ont été faites.
M. DRUMMOND: Mais quand même, une croûte de pain en
attendant vaut quelque chose aussi. Comme je l'ai dit, nous sommes tous
d'accord ici sur le problème et on va essayer de trouver une solution
pour aider les gens du comté et de la province. Je pense que tout le
monde peut admettre aussi que ce n'est pas facile.
M. SIMARD (Témiscouata): Ces gens-là s'intéressent
au projet depuis plusieurs années et ils étaient près de
le voir se réaliser. Ils y avaient travaillé depuis deux ou trois
ans et ils le voient tomber du jour au lendemain. J'aimerais que le ministre
les rassure. Dans une lettre à la ville de Cabano, qu'il dise que d'ici
deux mois, trois mois, ces coupes vont cesser et que le ministère va
prendre les mesures, les moyens qu'il a à sa disposition pour enlever
les garanties qui avaient été données à cette
compagnie et les mettre à la disposition d'une compagnie
éventuelle. J'aimerais que le ministère dise cela.
M. DRUMMOND: Je pense que l'on ne peut pas enlever le droit sans avoir
trouvé un investisseur.
M. SIMARD (Témiscouata): Je pense que si vous prenez les moyens
d'enlever à cette compagnie les garanties qu'elle a déjà,
je crois que c'est un bon moyen pour hâter le projet.
M. DRUMMOND: J'en doute.
M. SIMARD: (émiscouata): Si vous laissez couper le bois, les
compagnies seront moins intéressées à venir.
M. DRUMMOND: Tout ce qu'elle fait, elle coupe en deça de la
possibilité de terrain. Actuellement, elle coupe si ma
mémoire est fidèle 15,000 cordes. La possibilité est
de 20,000 cordes.
M. SIMARD (Témiscouata): Ce sont 15,000 cordes parties par
année. C'est à l'avantage du moulin qui sera en place parce que
l'on prévoit même que l'essence de tremble ne sera pas, d'ici
quinze ans, suffisant pour alimenter cette usine-là.
M. DRUMMOND: Si par hasard, il n'y avait aucun intéressé
pendant 10 ans ce serait pire. J'espère que cela ne sera pas le cas
parce que nous nous engageons à travailler assez fort, très fort,
afin de trouver quelqu'un.
M. BELAND: M. le Président, me permettez-vous cette intervention
au sujet de la forme habituelle ou de la coutume de penser qu'ont ces
compagnies forestières ou papetières? Je le sais pour avoir
négocié déjà, dans le passé, à
plusieurs reprises. Je regrette mais je dis tout haut ce que je pense. Enfin je
crois qu'il y a un peu trop de laisser-aller dans ce sens-là. Invoquer
comme raison qu'une autre compagnie, ou une autre organisation ne serait pas
intéressée, je pense que c'est là un faux motif, parce que
la compagnie D'Auteuil, par son ampleur, est réellement
propriétaire. Si je me réfère à ces gars-là,
lorsqu'ils ont pris la décision de passer ou d'accepter cet acte, ce
transfert, cette rétrocession, ils étaient pleinement conscients
de ce qui les attendait et, si aujourd'hui ils ont tendance à ruer dans
le bacul comme on dit en langage canadien-français c'est
tout simplement chez eux une forme habituelle de chantage. Ils utilisent cet
outil très fort pour eux vu le changement de gouvernement. Ils essaient
probablement d'utiliser cet outil et, tant et aussi longtemps que le
gouvernement ne se prévaudra pas de façon ferme du dernier
paragraphe du contrat, qui stipule qu'après 60 jours, etc., je
pense que tous les contribuables vont en souffrir. Que ce soit D'Auteuil Lumber
ou toute autre compagnie du genre, on sait de quelle façon elles ont
exploité le petit peuple dans le passé. On sait tout cela. Et je
pense qu'à un moment donné peu importe sous quel gouvernement
nous sommes, nous devons nous conduire comme de véritables hommes
d'affaires dans des circonstances comme celles-là, car ces
coutumes-là de laisser-aller vont se continuer dans l'avenir! C'est mon
opinion.
M. DRUMMOND: Ce que je peux dire, mon point de vue, en ce qui concerne
une certaine allégation, c'est que je ne suis pas ici pour travailler
pour les grosses compagnies, elles ont leurs actionnaires. Mes actionnaires
sont toute la population de la province de Québec et je travaille pour
elle, pas pour la compagnie. Si on veut essayer de faire du chantage avec moi,
cela ne réussira pas, je peux vous en assurer.
M. RUSSELL: Est-ce qu'on ne peut pas renverser les rôles? Le
ministre ne pourrait-il pas se servir d'un peu de chantage vis-à-vis
d'eux et les forcer à agir un peu, les énerver un peu?
M. DRUMMOND: S'il s'agit de chantage, je n'aime pas tellement le
mot...
M. RUSSELL: C'est une expression, comme dirait le député
de Chicoutimi!
M. BELAND: Je pense que, dans toute cette affaire, ce que je voulais
dire tout à l'heure, c'est que, peu importe la sorte de gouvernement qui
aurait à agir dans les circonstances actuelles, il s'agit de se
comporter comme de véritables hommes d'affaires. Et je pense que c'est
de cette façon, avec des arguments d'hommes d'affaires, et non de types
qui disent: Si on attend quelques jours peut-être que cela va se
régler! Cette époque doit être révolue et on doit
véritablement se montrer vrais et fermes.
M. DRUMMOND: Je comprends très bien les arguments des hommes
d'affaires et je comprends aussi les faiblesses de ces arguments. Comme je
disais, les compagnies ne sont pas ma clientèle, même si on veut
et si l'on doit attirer de l'investissement ici, cela ne sera pas fait aux
dépens des contribuables et de toute la province.
M. GIASSON: Comme moyen terme, il n'y aurait pas possibilité de
remplacer l'usine projetée de panneaux de particules par une scierie si
les peuplements de la concession, nous permettent d'utiliser ces essences?
M. SIMARD (Témiscouata): Au point de vue de la
rentabilité, je pense qu'il y en avait une scierie en place, qui
créait des problèmes d'emploi. On sait que dans les usines
modernes actuelles, on peut scier une trentaine de millions de pieds de bois
par année et il n'est pas long que cela ne prend pas beaucoup de
personnel. Si on s'est orienté pour entreprendre des études d'une
usine de panneaux de particules, c'était un travail de plusieurs
années.
On a tenté de découvrir une meilleure utilisation des
matières premières et par là, donner le plus d'avantages
possibles à la population, créer plus d'emplois si vous voulez.
Comme je le disais au début, il y a eu une étude de
rentabilité qui a été faite par les deux parties. Tout le
monde était d'accord sur cela. Et j'admets que le coût est un peu
plus élevé qu'il l'était l'an dernier mais, je crois que
la marge qui existe entre les deux... j'ai vu une partie de cette étude
et je crois que c'est assez rentable, que ce n'est pas une hausse de 7 p.c.
à 9 p.c. ou de 8 p.c. à 10 p.c. qui peut être un obstacle
à ce projet-là. Comme le mentionnait le député de
Lotbinière tantôt, il y a des délais et, advenant que la
compagnie manquerait à se conformer aux obligations ci-dessous
énoncées, on dit que le gouvernement peut, dans 60 jours, annuler
le contrat entre les deux parties. C'est 60 jours et, si la compagnie ne
respecte pas ses engagements, elle semble vouloir décliner l'engagement
qu'elle a pris de construire une usine à Cabano et pendant ce temps elle
profite des ressources naturelles. La population ne peut pas subir cela encore
bien longtemps! Et, à un moment donné, vous allez avoir des
délégations ici et je serai en tête, c'est certain si cela
continue! H s'est dépensé de l'argent. La compagnie n'a
même pas payé le contrat de cela, c'est le gouvernement qui l'a
payé. Je pense qu'ils n'ont pas fait beaucoup d'effort jusqu'à
maintenant!
M. RUSSELL: M. le Président, pour conclure, je voudrais
mentionner au ministre la possibilité d'étudier la situation
actuelle sans trouver des excuses pour prolonger le problème,
étendre la plaie. Mais la vraie solution est de demander à la
compagnie d'agir et sinon de prendre les dispositions pour tenter d'en trouver
un autre qui agira à sa place, un investisseur, qui prendra la
même étude qui a été faite, et payée en
grande partie par le gouvernement je crois...
M. SIMARD (Témiscouata): Oui, cela a été
payé par le gouvernement.
M. RUSSELL: ... et peut-être qu'il y aurait moyen d'en trouver
d'autres et d'enlever par expropriation ces concessions à cette
compagnie qui, à mon sens, les a obtenues sous de fausses
représentations et elle n'a pas l'intention de continuer les
investissements qu'elle avait promis lors de la négociation du
territoire. Si on peut avoir cette garantie du ministre, je pense
bien que nous sommes prêts à clôturer le débat
et à adopter les crédits.
M. DRUMMOND: Je note bien les suggestions du député et je
peux assurer tout le monde que le ministère étudie d'une
façon très approfondie actuellement ce problème et nous
sommes pressés aussi de trouver une solution qui serait et à
l'avantage de la population du comté et à l'avantage de la
province de Québec. Et nous tentons chez nous de résoudre ce
problème qui est très grave à cet endroit.
M. RUSSELL: M. le Président, nous pourrions peut-être, sans
adopter le poste 1, conclure l'étude des crédits du
ministère des Terres et Forêts et reporter ce poste 1 pour qu'il
soit étudié et adopté en Chambre comme le veut la coutume.
J'aurais une petite question à poser au ministre. A-t-il conservé
les droits de l'émission des permis ou des privilèges pour la
fréquentation du lac des Neiges?
M. SIMARD (Témiscouata): Ou si cela a été
cédé à l'adjoint, parlementaire?
M. DRUMMOND: Pas selon la...
M. RUSSELL: Si le ministre a conservé les droits
d'émission des permis, on pourrait peut-être, au nom de la
commission, solliciter une excursion d'étude des projets du
ministère des Terres et Forêts, au lac des Neiges.
M. DRUMMOND: Ce serait peut-être une bonne idée dans
l'avenir.
M. RUSSELL: Je suis convaincu que vous allez avoir l'unanimité du
côté de l'opposition.
M. DRUMMOND: Au mois de décembre, peut-être!
M. RUSSELL: Même les péquistes et les créditistes
pêchent comme les autres!
M. LE PRESIDENT: Est-ce que tous les membres...
M. SIMARD (Témiscouata): Avec l'aide de notre ingénieur
forestier on pourrait s'assurer qu'il n'y a pas de...
M. COITEUX: Le lac des Neiges ne m'intéresse pas.
UNE VOIX: Vous y êtes déjà allé?
M. COITEUX: Non. Quand je vais à la pêche, moi, je prends
des menés comme cela! J'en prends des plus gros parce que je sais que
les poissons ne mordent pas avec des menés comme cela!
M. SIMARD (Témiscouata): On pourrait examiner et voir si la
mouche à scie n'est pas installée par là.
M. COITEUX: Cela semblerait très populaire parce qu'on a
infiniment de demandes. Je pense que c'est le secrétaire particulier du
ministre qui s'en occupe... A quel point? On m'a fait poser la question
à M. Houde, je ne sais pas jusqu'à quel point c'est complet pour
les fins de semaines. De toute façon, je ne suis pas
intéressé à y aller.
M. RUSSELL: Est-ce que je peux tenir pour acquis que si la commission
siègeait au lac des Neiges votre adjoint ne serait pas là?
M. COITEUX: Je vais être là et cela va être pire
parce qu'il n'y aura pas de journalistes!
M. LE PRESIDENT: Dois-je comprendre que tous les articles du poste
budgétaire 1 sont adoptés?
M. RUSSELL: Adopté.
M. CROISETIERE: Adopté, excepté un.
M. DRUMMOND: Avant de partir, j'aimerais remercier le président,
mes fonctionnaires, mes collègues du Parti libéral pour leur
appui et aussi les membres de l'Opposition pour leurs questions. Elles ont
toujours été bien posées et d'une façon à ne
pas mettre en doute la valeur du ministre mais surtout pour trouver des
réponses valables, mais je dois dire que mes réponses
étaient surtout données par mon sous-ministre étant
donné que je suis nouveau dans ces fonctions. Je veux vous remercier de
vos bons sentiments, de votre gentillesse à mon égard pendant
cette analyse de mes crédits.
M. RUSSELL: M. le Président, puis-je au nom de l'Opposition
remercier le ministre, les fonctionnaires et les députés, comme
disait le ministre, du côté libéral, du côté
ministériel, qui l'ont accompagné à la discussion des
crédits? je veux le remercier pour la cordialité, pour la
façon dont ils ont tenté de répondre à toutes les
questions que nous avons posées. Si nous avons posé des
questions, cela a été pour ramener de temps à autre le
ministre en forêt, le sortir du comté de Westmount...
M. DRUMMOND: De Westmount, un coin bien boisé!
M. RUSSELL: ... et l'emmener en forêt un peut pour qu'il s'habitue
à cette région qui est tellement gaie. Nous n'avons pas voulu
créer d'émoi au sein du ministère, nous avons tenté
de le faire aussi objectivement que possible de le faire afin de renseigner non
pas simplement les députés ici, qui questionnent, mais tous
les
députés qui veulent consulter le journal des Débats
et se renseigner sur le fonctionnement du ministère des Terres et
Forêts. Je tiens à informer le ministre que les prochains
crédits auront plus de questions étant donné que cela a
été très bref cette fois-ci. Il est nouveau, il arrive au
ministère. Il les a faits suivant les renseignements qu'il a obtenus de
ses fonctionnaires et, la prochaine fois, nous serons moins diligents s'il ne
nous donne pas lui-même les réponses suivant sa politique, suivant
sa philosophie du ministère des Terres et Forêts.
M. LE PRESIDENT: A titre de président, je tiens à
remercier bien sincèrement tous et chacun des membres de leur
généreuse collaboration et je suggère que cette commission
soit ajournée sine die.
(Fin de la séance 21 h 3)