Journal des débats de l'Assemblée nationale
Version préliminaire
43e législature, 2e session
(début : 30 septembre 2025)
Le
mardi 3 février 2026
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Vol. 48 N° 31
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Intervenants par tranches d'heure
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Soucy, Chantal
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Lemieux, Louis
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Morin, André Albert
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Dorismond, Shirley
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Fontecilla, Andrés
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Dionne, Amélie
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Maccarone, Jennifer
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St-Louis, François
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Tremblay, Suzanne
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Mallette, Carole
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Lévesque, Mathieu
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Jacques, François
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Roy, Nathalie
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Jolin-Barrette, Simon
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Soucy, Chantal
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Grandmont, Etienne
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Tanguay, Marc
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Legault, François
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Beauchemin, Frédéric
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Roy, Nathalie
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Girard, Eric
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Beauchemin, Frédéric
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Morin, André Albert
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Roberge, Jean-François
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Fortin, André
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Bélanger, Sonia
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Ghazal, Ruba
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Legault, François
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Fontecilla, Andrés
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Proulx, Caroline
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Gentilcore, Catherine
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Boulet, Jean
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Poulin, Samuel
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Marissal, Vincent
13 h 30 (version révisée)
(Treize heures quarante minutes)
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Bon mardi. Vous pouvez vous asseoir.
Affaires courantes
Déclarations de députés
Donc, nous débutons nos travaux, Affaires courantes,
à la rubrique de déclarations de députés, et je cède immédiatement la parole à M.
le député de Saint-Jean.
Souligner la création d'un refuge pour sans-abris à
Saint-Jean-sur-Richelieu
M. Louis Lemieux
M. Lemieux : Mme la
Présidente, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle pour vous aujourd'hui, au
chapitre de l'itinérance, chez nous, à Saint-Jean-sur-Richelieu.
La mauvaise, c'est que la vague
d'itinérance qui a suivi la pandémie est loin de s'être résorbée ces derniers
temps.
Mais la bonne nouvelle, c'est que, depuis
la fin du mois de décembre, il existe maintenant un refuge de 24 places
pour accueillir les sans-abris la nuit chez nous et, depuis, la moitié des lits
sont toujours occupés, ceci expliquant cela parce que cet hiver est
particulièrement froid.
Mais c'est aussi une bonne nouvelle parce
que c'est le résultat de l'implication directe de tous les partenaires locaux
et régionaux, à commencer par les autorités municipales, parce que
l'itinérance, c'est l'affaire et la responsabilité de tout le monde.
Et je remercie notre nouveau maire, Éric
Latour, avec qui je suis d'accord pour dire qu'il faut, tout de suite et tous
ensemble, planifier la suite, qui passe par des installations d'urgence
permanentes et du logement de transition pour compléter le travail pour tous
nos concitoyens. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le député. Maintenant, nous poursuivons avec M. le député de
l'Acadie.
Souligner le 100e anniversaire de l'école
François-de-Laval
M. André Albert Morin
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. Alors, je suis fier de souligner que l'école François-de-Laval,
dans ma circonscription, a plus de 100 ans.
Je salue M. Querry, dans les
tribunes, et deux élèves de l'école, Béatrice et Abélia.
Située en plein cœur du quartier de
Bordeaux, sur l'avenue Bois-de-Boulogne, l'école François-de-Laval a reçu ses
premiers élèves en 1923. D'une modeste école de quartier lors de son
inauguration, elle est devenue une école importante, avec plus de 1 000 élèves.
Vendredi, le 30 janvier dernier, une
cérémonie s'est déroulée à l'école afin de souligner son 100eanniversaire
et, à cette occasion, une capsule temporelle a été installée.
En tant que député de l'Acadie et ancien
élève de l'école François-de-Laval, ce fut pour moi un immense privilège de
rencontrer les élèves, les professeurs, la direction qui font le succès de ce
milieu de vie éducatif depuis ses débuts. Longue vie à l'école
François-de-Laval!
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le député. Maintenant, je suis prête à entendre Mme la députée de
Marie-Victorin.
Inviter les citoyens à utiliser l'outil
Vérif-Risques de Coeur + AVC
Mme Shirley Dorismond
Mme Dorismond : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Février est le Mois du cœur et, cette année, Coeur
+ AVC souhaite aider les gens à comprendre leurs facteurs de risque.
Neuf personnes sur 10 présentent au moins
un facteur de risque modifiable. On doit travailler sur la prévention. Près de
80 % des maladies du cœur et des AVC précoces peuvent être prévenus grâce
à l'adoption de comportements sains. Coeur + AVC a travaillé sur un outil
innovant en ligne, appelé Vérif-Risques. Cet outil aide les gens à mieux
comprendre leurs propres risques pour la santé cardiaque et cérébrale.
Je vous invite tous à utiliser vos médias
sociaux pour informer la population de l'existence de l'outil Vérif-Risques.
Merci.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée. Maintenant, nous poursuivons avec M. le député de
Laurier-Dorion.
Rendre hommage à M. Denis Gendron
M. Andrés Fontecilla
M. Fontecilla : Merci,
Mme la Présidente. Aujourd'hui, je rends hommage à Denis Gendron, un grand
bénévole qui laisse le quartier Villeray dans le deuil. C'est avec tristesse
que nous avons appris son décès soudain à l'automne dernier.
Denis était impliqué dans de nombreux
organismes du quartier comme bénévole pour la maison de quartier et pour le centre
d'alphabétisation La Jarnigoine, ou encore comme membre du conseil
d'administration du Bureau des ressources des assistés sociaux de Villeray.
Denis était aussi bénévole pour l'Omnium Banque Nationale. Il aimait tout
particulièrement porter la veste offerte aux bénévoles du tournoi. C'est à cela
qu'on pouvait le reconnaître, entre autres, lorsque je l'ai croisé au retour
d'une marche dans le quartier Villeray.
Denis Gendron était un militant exemplaire
pour la justice sociale et la dignité des exclus. Il va manquer à toute sa communauté.
Du fond du cœur, merci à toi, Denis.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le député. Maintenant, Mme la députée de Rivière-du-Loup—Témiscouata,
à vous la parole.
Souligner le 10e anniversaire de l'Alliance de
l'industrie touristique du Québec
Mme Amélie Dionne
Mme Dionne : Merci, Mme
la Présidente. Je tiens à souligner aujourd'hui le 10eanniversaire
de l'Alliance de l'industrie touristique du Québec, une organisation
essentielle qui mobilise plus de 24 000 entreprises aux quatre coins
du Québec.
L'alliance a pour mission de faire la
promotion du Québec à l'international, notamment à travers la marque Bonjour
Québec. Elle propulse une offre touristique attractive et hautement compétitive
au bénéfice de l'ensemble de nos belles régions.
Permettez-moi aussi, Mme la Présidente, de
souligner le rôle incontournable des acteurs touristiques de la circonscription
de Rivière-du-Loup—Témiscouata, circonscription que j'ai le privilège de
représenter. Vous contribuez activement au rayonnement et au développement
économique de nos communautés.
Enfin, je dis merci à l'alliance et aux
420 000 acteurs passionnés qui font du tourisme un moteur de
développement économique essentiel pour l'ensemble de nos belles régions du
Québec. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée. Maintenant, je cède la parole à Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Demander la tenue d'un sommet sur la violence
Mme Jennifer Maccarone
Mme Maccarone : Depuis
septembre, plus de 38 adolescents ont été mêlés dans les crimes violents
partout au Québec. Ce n'est pas normal que nos jeunes occupent une place aussi
importante dans la criminalité. Le sentiment d'insécurité grandit. Il est clair
que nous ne pouvons plus rester spectateurs.
Le gouvernement doit en faire davantage et
travailler avec tous les partenaires pour faire de la lutte contre ce fléau une
véritable priorité en 2026. La prévention doit commencer tôt, à la maison, à
l'école, dans nos organismes, parce que le crime organisé cible des enfants de
plus en plus jeunes. Si le crime commence à 13 ans, la sensibilisation
doit commencer à huit ans. Il faut freiner cette influence avant qu'elle ne
s'installe.
C'est pourquoi je redemande au gouvernement
de tenir un sommet sur la violence avec nos policiers, les acteurs politiques,
les parents, les jeunes, le milieu scolaire, communautaire, économique afin de
trouver des solutions concrètes pour protéger nos citoyens. Il ne suffit plus
de rassurer la population. Notre responsabilité est de la protéger
concrètement. Merci.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée. Maintenant, je suis prête à entendre M. le député de
Joliette.
Rendre hommage aux organismes de Joliette
M. François St-Louis
M. St-Louis : Merci, Mme
la Présidente. Alors que la réalité vécue par les femmes en situation
d'itinérance exige une compréhension à la fois fine et profondément humaine, je
tiens aujourd'hui à souligner l'importance cruciale des organismes de notre
circonscription qui font face à cette réalité depuis bien avant qu'elle ne soit
pleinement reconnue dans les sphères publiques et politiques.
Je pense notamment au Pavillon pour Elle
de la maison Roland-Gauvreau, qui offre un hébergement dans un milieu
sécurisant et bienveillant à des femmes avec ou sans enfants en situation
d'itinérance ou à risque de le devenir.
Je pense également à la Maison d'accueil
La Traverse, qui protège et accompagne les femmes victimes de violence
conjugale, une réalité trop souvent étroitement liée à la pauvreté et aux
risques d'itinérance.
S'ajoutent à cela plusieurs organismes,
tels La Hutte, La Soupière, La Manne quotidienne et la Société
Saint-Vincent-de-Paul de Joliette. Ces organismes interviennent avec compassion
et solidarité afin de soutenir les personnes vivant en situation de précarité.
Mme la Présidente, je souhaite rendre
hommage à ceux et celles qui font une réelle différence dans la vie de toutes
ces femmes. Merci.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le député. Maintenant, je cède la parole à Mme la députée de
Hull.
Souligner le 25e anniversaire de la Table
Éducation Outaouais
Mme Suzanne Tremblay
Mme Tremblay : Mme la
Présidente, je prends la parole aujourd'hui pour souligner le
25e anniversaire de la Table Éducation Outaouais.
Cet organisme important de la région
rassemble des acteurs de milieux variés qui choisissent de travailler main dans
la main pour renforcer la persévérance scolaire et la réussite éducative de la
petite enfance jusqu'à l'âge adulte.
Chaque projet, chaque initiative, chaque
avancée est le fruit d'un travail collectif remarquable. Ensemble, les
partenaires ont bâti un véritable écosystème régional qui a permis à des
milliers de jeunes, de familles, d'intervenants de trouver des outils, des
ressources et de nouvelles avenues vers la réussite scolaire.
Comme enseignante, je sais à quel point la
réussite éducative repose sur une communauté qui unit ses expertises, qui
partage une vision commune et qui reste soudée face aux défis. C'est exactement
ce que fait la Table Éducation Outaouais, un modèle inspirant pour toute la
province.
En soulignant cet anniversaire, je
souhaite honorer une communauté engagée, résiliente et profondément dédiée à
l'éducation et remercie tous les partenaires qui nourrissent la Table éducation
Outaouais par leur temps, leurs idées et leur coeur. Merci de faire une réelle
différence dans notre région.
• (13 h 50) •
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée. Maintenant, je cède la parole à Mme la députée de
Huntingdon.
Rendre hommage à M. Philippe Besombes
Mme Carole Mallette
Mme Mallette : Merci,
Mme la Présidente. Après une longue carrière en soins infirmiers, notre citoyen
Philippe Besombes a choisi de poursuivre son engagement au service de la
communauté avec rigueur, humanité et passion. Élu maire de la municipalité
d'Ormstown, il s'investit activement dans la vie communautaire, sociale et
économique du territoire du Haut-Saint-Laurent.
Au fil des années, il a siégé sur
plusieurs conseils d'administration et joué un rôle clé au sein de nombreux
organismes, tels qu'Une Affaire de famille, le Club Lions d'Ormstown, la
fondation du Barrie Memorial ainsi que l'Association des gens d'affaires
d'Ormstown et des environs, qu'il a fondée, qu'il a, d'ailleurs, fondée afin de
soutenir l'économie locale et de préserver les services de proximité.
Toujours présent, disponible et engagé, il
est devenu une ressource incontournable pour les acteurs du milieu de la santé,
du communautaire et du développement local. Merci, Philippe, pour ton
leadership bienveillant, ta disponibilité hors du commun, ton intégrité et ton
dévouement, qui font de toi une figure importante de notre communauté. Merci.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée. Nous poursuivons avec M. le député de Chapleau.
Souligner le 25e anniversaire du Corps de
cadets de la Marine royale canadienne Gatineau
M. Mathieu Lévesque
M. Lévesque (Chapleau) : Merci,
Mme la Présidente. J'aimerais souligner un anniversaire important dans notre
communauté, le 25e anniversaire du Corps de cadets de la Marine royale
canadienne Gatineau.
Les cadets de la marine de Gatineau
offrent aux jeunes de 12 à 18 ans un cadre exceptionnel pour découvrir
l'environnement naval et maritime canadien, tout en développement... des
valeurs telles que le leadership, la citoyenneté, l'autodiscipline, le respect
d'autrui et le dépassement de soi. Grâce à une impressionnante variété
d'activités nautiques, de voile, de tir, de marche militaire, de formation
spécialisée en navigation, de matelotage et de mécanique navale, les cadets
acquièrent des compétences concrètes qui les accompagnent toute leur vie. Ils y
apprennent non seulement l'histoire et le patrimoine de la marine canadienne,
mais aussi l'importance du civisme, de l'éthique et du respect. Les cadets de
la marine de Gatineau se distinguent également par leur engagement envers un
environnement sécuritaire et respectueux, fondé sur un code de conduite
exemplaire.
En terminant, je tiens à saluer le travail
remarquable des officiers instructeurs, de tous les cadets, des parents et
bénévoles qui ont contribué à faire de ce corps de cadets une véritable fierté
régionale. Bon 25e anniversaire!
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le député. Pour conclure cette rubrique, je cède la parole... M.
le député de Mégantic.
Souligner le 80e anniversaire de la Légion
royale canadienne de Lac-Mégantic
M. François Jacques
M. Jacques : Merci, Mme
la Présidente. Aujourd'hui, je tiens à souligner le 80e anniversaire de la
Légion royale canadienne de Lac-Mégantic, un organisme fondé par des vétérans
pour des vétérans.
À la fin de la Deuxième Guerre mondiale,
de nombreux soldats se retrouvent dans la région de Mégantic. C'est dans ce
contexte qu'est née l'idée de former une section de la Légion royale
canadienne. Dès 1946, celle-ci obtient sa charte et, quelques années plus tard,
devient propriétaire d'un bâtiment bien connu des Méganticois.
Depuis 80 ans, les bénévoles de la
légion oeuvrent avec dévouement au soutien des vétérans et de leurs familles,
tout en organisant des activités pour honorer leur mémoire. Au fil des
décennies, des citoyens de la société civile se sont également joints à eux,
s'impliquant afin que les vétérans, leurs proches et l'ensemble de la
communauté puissent bénéficier de cet engagement collectif. Ensemble, ils ont
bâti une institution portée par le cœur, la... et la solidarité, léguant à Lac-Mégantic
un précieux héritage d'une mémoire et de services.
En mon nom et au nom de toute la
communauté, je leur dis merci et félicitations pour leur 80e anniversaire!
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le député.
Cela met fin à la rubrique de déclarations
de députés, et je suspends les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 13 h 53)
14 h (version révisée)
(Reprise à 14 h 10)
La Présidente : Messieurs
dames les députés, bonne rentrée. Bonjour, tout le monde. Messieurs dames les
invités, bienvenue. Vous êtes nombreux ce matin. Le parlement du Québec, c'est
chez vous.
Vous savez, c'est avec tristesse que nous
avons appris le décès de M. Jacques Tremblay, député d'Iberville de 1985 à
1989. Donc, nous allons nous recueillir quelques instants en ayant une pensée
toute particulière pour sa famille et ses proches.
Je vous remercie beaucoup, tout le monde.
Veuillez vous asseoir.
Et j'ai le plaisir de souligner aujourd'hui
la présence, dans nos tribunes, de M. Etienne-Alexis Boucher, ancien député de
Johnson.
Alors, avant d'entreprendre nos travaux,
je dépose une lettre que j'ai reçue de M. Christian Dubé...
La Présidente : ...alors,
avant d'entreprendre nos travaux, je dépose une lettre que j'ai reçue de M.
Christian Dubé, député de La Prairie, dans laquelle il m'informe de sa
décision de siéger à titre de député indépendant depuis le
18 décembre 2025.
De plus, je dépose une lettre que m'a
transmise M. Marc Tanguay, député de LaFontaine, m'informant de sa… de sa
désignation, dis je, à titre de chef parlementaire de l'opposition officielle.
Cette nomination prenait effet le 19 décembre 2025.
Je dépose également une lettre que m'a
fait parvenir M. le chef de l'opposition officielle m'informant des nominations
suivantes qui prenaient effet le 22 décembre 2025 : M. Monsef
Derraji, député de Nelligan, à la fonction de leader parlementaire de
l'opposition officielle, et Mme Filomena Rotiroti, députée de Jeanne-Mance—Viger,
à la fonction de whip en chef de l'opposition officielle.
Je dépose une lettre que j'ai reçue de M. François
Jacques, whip en chef du gouvernement, dans laquelle il m'informe que M. François
Tremblay, député de Dubuc, n'est plus membre du caucus du groupe parlementaire
formant le gouvernement depuis le 9 janvier 2026.
Enfin, je dépose également une lettre que
m'a fait parvenir M. le chef de l'opposition officielle m'informant que M. Frédéric
Beauchemin, député de Marguerite-Bourgeoys, n'occupe plus la fonction de leader
parlementaire adjoint de l'opposition officielle depuis le
13 janvier 2026.
Nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles ni présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt de documents, M. le
leader du gouvernement, vous en avez plusieurs.
M. Jolin-Barrette : Oui,
bonjour, Mme la Présidente. Je dépose les réponses aux pétitions déposées le
5 novembre 2025 par le député de Saint-Henri—Sainte-Anne, le
6 novembre 2025, par la députée des Mille-Îles, le 26 novembre 2025,
par le député de Camille-Laurin, la députée de La Pinière et le député de
l'Acadie.
Je dépose également les réponses aux questions
inscrites au feuilleton le 11 novembre 2025 par la députée de La Pinière,
le 13 novembre 2025, par la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, le
25 novembre 2025, par le député de Saint-Jérôme, la députée de D'Arcy-McGee,
le député d'Hochelaga-Maisonneuve, la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques et
le député de Gouin, la députée de Sherbrooke, la députée de Verdun et le député
de Saint-Henri—Sainte-Anne, le 27 novembre 2025, par la députée de Rimouski,
le 4 décembre 2025, par le député de Gouin et la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
le 9 décembre 2025, par le député de Saint-Henri—Sainte-Anne, le
10 décembre 2025, par le député de l'Acadie, le 12 décembre 2025, par
la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques et le député d'Hochelaga. Merci.
La Présidente : Et ces
documents sont déposés.
Pour ma part, je dépose le nouveau
diagramme de l'Assemblée en date d'aujourd'hui.
Je dépose également une lettre que m'a
adressé M. le chef de l'opposition officielle dans laquelle il m'informe de son
remplacement à la fonction de membre suppléant du Bureau de l'Assemblée
nationale par la députée de Jeanne-Mance—Viger.
Je cède maintenant la parole à Mme la
première vice-présidente et députée de Saint-Hyacinthe pour la présentation
d'une motion.
Mme Soucy : Mme la Présidente,
je propose que cette modification à la composition du Bureau de l'Assemblée
nationale soit adoptée.
La Présidente : Et cette
motion est-elle adoptée?
Des voix
: Adopté.
La Présidente : Adopté.
Enfin, j'ai reçu un préavis d'une motion qui sera inscrite dans le feuilleton
de demain aux affaires inscrites par les députés de l'opposition conformément à
l'article 97.1 du règlement. Je dépose copie du texte de ce préavis.
À la rubrique Dépôt de rapports de commissions,
y a-t-il consentement pour déroger à l'article 4.4 des règles de fonctionnement
afin de déposer des rapports du comité directeur de la Commission de
l'Assemblée nationale? Y a-t-il consentement? Consentement.
Je dépose donc les rapports du comité directeur
de la Commission de l'Assemblée nationale, qui s'est tenue le 2 janvier
2026 afin de statuer sur une demande du groupe parlementaire formant
l'opposition officielle concernant la modification des membres ainsi que des
présidences et vice-présidences au sein des commissions parlementaires, le
30 janvier 2026 afin de statuer sur une demande du groupe parlementaire
formant le gouvernement concernant une nomination au sein de la Commission des
finances publiques, et le 3 février 2026 afin de statuer sur une demande
du groupe parlementaire formant l'opposition officielle concernant un
changement de membres à la Commission de la santé et des services sociaux.
Je cède maintenant la parole à Mme la
première vice-présidente et députée de Saint-Hyacinthe pour la présentation
d'une motion portant sur ce sujet.
Mme Soucy : Mme la
Présidente, je propose que les modifications à la composition des commissions,
tel que prévu au rapport du comité directeur de la Commission de l'Assemblée
nationale, soient adoptées.
La Présidente : Et y a-t-il
consentement pour déroger aux articles 129 et 134 du règlement? Consentement.
Cette motion est-elle adoptée?
Des voix
: Adopté.
La Présidente
: Adopté.
À la rubrique Dépôt de pétitions...
La Présidente
: ...cette
motion est-elle adoptée?
Des voix : ...
La Présidente
: Adopté.
À la rubrique Dépôt de pétitions, M. le
député de Taschereau, la parole est à vous.
M. Grandmont : Merci, Mme la
Présidente. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 210 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les
suivants :
«Considérant que les parents s'occupant
d'enfants ayant une déficience intellectuelle doivent souvent s'occuper de
déplacements pour des visites médicales ou activités thérapeutiques pour leurs
enfants;
«Considérant que ces déplacements
impliquent des dépenses et peuvent engendrer des difficultés financières chez
les parents;
«Considérant qu'un remboursement pour
frais de transport pour des visites médicales ou des activités thérapeutiques
est possible, à la hauteur de 0,17 $/km pour les déplacements faits avec
un véhicule privé, ce qui ne prend pas en charge les coûts fixes d'utilisation;
«Considérant que, lorsque le véhicule est
exploité par un organisme à but non lucratif reconnu par le ministère de la
Santé et des Services sociaux, le taux est de 0,56 $/km.
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, signataires, demandons au gouvernement
du Québec d'augmenter la prestation spéciale accordée pour payer les frais de
stationnement et les frais d'utilisation à 0,56 $ le kilomètre parcouru,
afin d'égaliser la prestation accordée pour un transport effectué par un
conducteur bénévole oeuvrant sous le contrôle d'un organisme humanitaire
reconnu par le MSSS dans le cadre d'un de ses programmes de soutien.»
La Présidente
: Cet
extrait de pétition est déposé. À nouveau, M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Merci, Mme la Présidente.
Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
870 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les
suivants :
«Considérant que les accidentés de la
route ont droit à un traitement juste, humain et équitable de la part de la
Société de l'assurance automobile du Québec;
«Considérant que de nombreux témoignages
révèlent des décisions administratives prises sans rencontre ni évaluation
directe, des retards ou refus d'accès aux soins et le non-respect des avis
médicaux des médecins traitants, causant des préjudices graves à la santé et à
la réadaptation des victimes;
«Considérant que les délais et la lourdeur
administrative imposent un fardeau injuste aux victimes et à leurs proches, la
SAAQ étirant volontairement les délais en considérant nuls les documents
déposés, si bien que le délai légal de 90 jours s'allonge parfois à
plusieurs mois;
«Considérant que les réformes de 1990 et
2004 n'ont pas tenu compte des recommandations des organismes représentant les
accidentés;
«Considérant que depuis 2015, la SAAQ a
augmenté ses fonds d'"immobilisations incorporelles" pour financer
notamment SAAQclic, tout en réduisant les indemnités et services, masquant
ainsi la baisse réelle des sommes versées aux victimes et fragilisant le Fonds
public d'indemnisation.
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, signataires, demandons au
gouvernement du Québec : de tenir une consultation publique et
indépendante incluant accidentés, familles, et professionnels, et organismes;
de réviser le régime afin d'assurer des décisions rapides, accessibles et
équitables; de garantir la prise en compte obligatoire des évaluations
médicales traitantes.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
La Présidente
: Et cet
extrait de pétition est déposé.
Il n'y a pas de réponses orales aux
pétitions ni d'interventions portant sur une violation de droit ou de
privilège.
J'ai été avisée qu'après la période des questions
et réponses orales il pourrait y avoir un vote requérant l'approbation des deux
tiers des membres de l'Assemblée.
Je vais maintenant rendre une décision
quant aux ajustements à apporter à la répartition de certaines mesures et des
temps de parole lors des débats restreints, rendus nécessaires à la suite des
changements dans la composition de l'Assemblée, soit le départ des députés de
Saint-Laurent et de Chomedey, du groupe parlementaire formant l'opposition
officielle, ainsi que des députés de La Prairie et de Dubuc, du groupe
parlementaire formant le gouvernement, pour siéger comme indépendants.
• (14 h 20) •
D'abord, comme il est d'usage de le faire,
les temps de parole, lors des débats restreints, sont ajustés afin de tenir
compte de ces changements.
Concernant les déclarations de députés,
les nouveaux députés indépendants auront chacun droit à une déclaration par
cycle de 10 séances. Pour les députées de Saint-Laurent et de Chomedey,
elles auront droit à une déclaration au sixième rang, respectivement à la
troisième et huitième séance du cycle, en remplacement d'une déclaration du
groupe parlementaire formant l'opposition officielle. Quant aux députés de La Prairie
et de Dubuc, ils auront droit à une déclaration au 10erang,
respectivement à la première et quatrième séance du cycle, en remplacement
d'une déclaration du groupe parlementaire formant le gouvernement.
À titre de rappel, si les députés
indépendants ne souhaitent pas se prévaloir de cette mesure, ils doivent en
informer le groupe parlementaire duquel ils proviennent de même que la
présidence au plus tard à 12 h 30, la veille de la séance où leur
déclaration pourrait être faite.
Pour ce qui est de la période des
questions et réponses orales, tous les députés indépendants qui souhaitent se
prévaloir de cette mesure auront droit à trois questions par deux cycles de
12 séances, au huitième rang...
La Présidente : ...de cette
mesure auront droit à trois questions par deux cycles de 12 séances au huitième
rang. Les questions des députés indépendants provenant d'un groupe
parlementaire d'opposition proviendront de leurs groupes d'origine. Cependant,
pour les députés indépendants provenant du groupe parlementaire formant le
gouvernement, y compris ceux qui se prévalaient déjà de cette mesure, leurs
questions proviendront désormais de celles des trois groupes parlementaires
d'opposition au prorata de leur poids dans l'opposition.
Enfin, il est à noter que plusieurs
changements concernant l'ordre des questions ont été apportés dans le cycle de
répartition afin de permettre l'attribution de questions au huitième rang à
chacun des députés indépendants.
Pour plus de détails concernant tous ces
changements, bien, je vous invite à consulter les tableaux de répartition des
mesures, que je dépose à l'instant. Je vous remercie beaucoup pour votre
attention et...
Une voix : ...
La Présidente
: Oui. M.
le chef de l'opposition officielle, qu'y a-t-il?
M. Tanguay : J'aimerais, pour
quelques secondes, avant que ne débute la période de questions, que nous
prenions le temps de remercier et saluer le premier ministre, qui a annoncé, le
14 janvier dernier, qu'il allait quitter bientôt ses fonctions. Pour ses
nombreuses années de service public, nous lui devons respect. Merci, M. le
premier ministre.
(Applaudissements)
La Présidente : Merci, M. le
chef de l'opposition officielle.
Alors, maintenant, nous en sommes rendus à
la période de questions et de réponses orales, et, pour ce faire, je cède la
parole, en question principale...
Des voix : ...
La Présidente
: Alors,
je ne peux pas le dire, vous lisez dans mes pensées.
En question principale, je reconnais
maintenant le chef de l'opposition officielle. Bonne période de questions.
M. Tanguay : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Effectivement, on y a tous pensé : Après les fleurs...
Les Québécois ont fait confiance à la CAQ.
Ils ont été trompés, Mme la Présidente. Les Québécois ont confié leurs taxes et
impôts au gouvernement caquiste, qui a beaucoup, beaucoup gaspillé. La CAQ aura
été le parti, à terme, de la décote du Québec et d'une incapacité à offrir les
services publics fondamentaux à toutes les Québécoises et Québécois.
Pour mémoire, en 2017, sous un gouvernement
libéral, la cote de crédit du Québec avait été améliorée par Standard &
Poor's. C'était même la première fois que le Québec était mieux coté que
l'Ontario. 2019, toujours suite aux années libérales, bien, DBRS a augmenté la
cote de crédit. Pour la première fois, le Québec avait une cote AA. C'était le
fruit des années libérales qui précédaient.
Depuis 2003, sous des gouvernements
libéraux, il y a eu cinq augmentations de la cote de crédit, cinq
améliorations, jamais de décote. Le bilan de la CAQ après huit ans, Mme la
Présidente, c'est : gaspillage, décote et incapacité, impossibilité de
donner les services publics. La CAQ, à terme, aura ajouté près de 100
milliards de dollars sur la dette publique, Mme la Présidente.
Le premier ministre répond quoi à Gérald
Fillion, qui, le 14 janvier, disait, et je le cite : «L'échec du premier
ministre, c'est sur le plan de la gestion des finances publiques»? Que
répond-il à Gérald Fillion?
La Présidente : Mais,
justement, je vous dirais que vous avez utilisé un terme non parlementaire, et
vous savez lequel. Je vous demande de le retirer.
Une voix : ...
La Présidente
: Merci.
La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui. Mme la
Présidente, d'abord, merci pour les bons mots, les fleurs avant le pot.
Écoutez, évidemment, quand on regarde les
sept dernières années, on peut évaluer la situation économique de plusieurs
façons. Je pourrais vous montrer les tableaux où on a battu la croissance
économique par habitant du reste du Canada. Ça ne s'était pas vu depuis
longtemps.
Maintenant, parlons des finances
publiques. D'abord, ce qu'il est important de dire, puis les faits sont têtus,
la dette du Québec en pourcentage du PIB est moins élevée aujourd'hui qu'elle
l'était lorsque le gouvernement libéral a quitté ses fonctions. Maintenant,
quand on regarde le déficit en pourcentage du PIB, il est actuellement de
1,5 % du PIB. Dans les dernières années, c'est arrivé 20 fois, 20 fois,
Mme la Présidente, que le déficit a été plus élevé que 1,5 % du PIB. Donc,
c'est arrivé souvent avec les libéraux, souvent avec le PQ...
M. Legault : ...que le déficit
a été plus élevé que 1,5 % du PIB, donc c'est arrivé souvent avec les
libéraux, souvent avec le PQ. Donc, il faut comprendre, Mme la Présidente, un
contexte qui n'est pas facile. Il faut trouver un équilibre entre continuer de
bien servir les Québécois et assumer les responsabilités financières qui
viennent avec le travail.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Tanguay : Mme la
Présidente, le candidat à la succession du premier ministre, le député de
Lévis, a dit, la... le... dimanche dernier... il a dressé le bilan de la CAQ,
je le cite : «Soyons honnêtes et lucides. Depuis 2018, qu'est-ce qu'on a
fait? On se retrouve deux mandats plus tard avec plus d'État, plus de
bureaucratie et on est en déficit.» Fin de la citation. Ça, c'est le candidat à
la chefferie, successeur potentiel du premier ministre. Après avoir tenté de
répondre à Gérald Fillion, que répond-il à son collègue de Lévis?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Bien, Mme la
Présidente, je constate qu'après deux courses à la chefferie de suite au Parti
libéral il n'y a eu aucune idée forte, aucune idée forte en économie, en finances
publiques, pour protéger notre identité, notre langue, nos valeurs. Aucune
idée. Donc, Mme la Présidente, je suis très fier de voir qu'on a deux
excellents candidats qui vont amener des débats, qui amènent déjà des débats.
Donc, Mme la Présidente, laissons aller les débats, on aime ça, à la CAQ, les
débats, contrairement au Parti libéral, qui n'a pas eu de débat, puis au Parti
québécois, où ils ont une obsession pour une seule chose.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Tanguay : Alors, Mme la
Présidente, le premier ministre appelle des idées fortes. Bien, son collègue de
Lévis, il lui en a donné une en dressant un bilan lucide, un bilan qui est
clair : l'État a grossi sous la CAQ, alors qu'ils s'étaient engagés à
réduire de 5 000 le nombre de fonctionnaires. C'est plus de 12 000
aujourd'hui, plus de 1 milliard en salaires qui est donné sous la CAQ et
l'incapacité d'offrir les services publics. Son collègue de Lévis, lui, met de
l'avant qu'ils l'ont échappé, en quelque sorte. Constat lucide. Le premier
ministre trouve-t-il que ça, c'est une idée forte, de ne plus faire comme la
CAQ?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Oui, Mme la
Présidente, j'ai peut-être manqué quelque chose, mais je n'ai pas entendu M.
Rodriguez proposer des réductions du côté de la taille de l'État. Je ne sais
pas, est-ce qu'il veut réduire de 5 000, de 10 000 le nombre de
fonctionnaires hors des réseaux? Je n'ai pas entendu non plus M. Milliard... en
fait, je n'ai pas entendu aucune idée forte du Parti libéral. Donc, Mme la
Présidente, on va continuer de faire avancer le Québec, on va continuer à avoir
des débats. C'est à la CAQ que ça se passe, les vrais débats pour l'avenir du
Québec.
La Présidente : Troisième
complémentaire.
M. Tanguay : Bien, Mme la
Présidente, ça aura pris une course à la chefferie de la CAQ pour qu'ils se
rendent compte collectivement qu'ils l'ont échappé. Ils l'ont échappé en
matière de finances publiques. Là, le premier ministre se... salue qu'enfin,
après huit ans, il y a un débat, qu'il y ait quelqu'un de la gang qui se lève
puis qui dit : Ça n'a pas de bon sens. L'État a été grossi sous la CAQ, on
est incapables de payer nos services publics, on n'en a plus, d'argent, Mme la
Présidente.
Alors, est-il satisfait que ce débat-là, à
la fin de régime de la CAQ, il puisse en discuter, et reconnaît-il ses torts?
Il aura été le... premier ministre de la décote et de l'endettement.
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Bien, Mme la
Présidente, je le répète, la dette et le déficit, en pourcentage du PIB, sont
moins élevés que ce qu'on voyait avec le Parti libéral. Maintenant, oui, il y a
eu une forte augmentation, à peu près 90 000 employés dans le réseau
santé, éducation. Évidemment, il faut un certain support. Est-ce qu'il y a eu
trop de support? Ça fait partie des débats, mais je n'ai encore rien, mais rien
entendu de constructif du côté du Parti libéral pour la suite des choses, à
part de critiquer le référendum. C'est tout ce que j'ai entendu du Parti
libéral.
• (14 h 30) •
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Avec la
chefferie du Titanic caquiste, les langues se délient, et c'est tout simplement
révélateur. Dimanche, le député de Lévis a dit que la CAQ a trop dépensé, trop
de dettes puis trop de fonctionnaires. En effet, la CAQ a dépensé comme des
marins en cavale. Le ministre des Finances et le premier ministre, qui, lui, a
appris à compter au PQ, ont choisi la décote, ont choisi les Kings, ont choisi
de faire des déficits à répétition. Ils ont gaspillé des milliards en mauvaise
gestion et, en huit ans, ils auront ajouté 100 milliards à la dette du
Québec. Même le Vérificateur général ne trouve pas crédible le demi-plan de
retour à l'équilibre budgétaire, car les efforts seront à faire après la
prochaine élection.
Est-ce que le ministre des Finances est
d'accord avec son collègue de Lévis que c'est le bilan désastreux de son premier
ministre démissionnaire, ou c'est bel et bien son propre legs...
14 h 30 (version révisée)
<19307
M.
Beauchemin :
...des Finances est d'accord avec son collègue de
Lévis que c'est le bilan désastreux de son premier ministre démissionnaire ou
c'est bel et bien son propre >legs?
La Présidente : La réponse du
ministre des Finances.
M. Girard (Groulx) : Oui, Mme
la Présidente. Je suis vraiment content d'être ici aujourd'hui avec vous. Et...
bon. Alors, voici les chiffres.
Je rappelle que le déficit de l'an dernier
a été révisé à 7,5 milliards après contribution au Fonds des générations.
Cette année, lors de la mise à jour, on a révisé à 12,4 milliards, mais,
évidemment, ceci inclut 2,5 milliards au Fonds des générations. Donc, on a
un déficit comptable de 10 milliards dans une économie de 650 milliards,
1,5 % du PIB, mais il y a une provision de 2 milliards, Mme la
Présidente. Alors, le déficit pourrait être aussi bas que 8 milliards. Et
donc à 1,5 % du PIB, ça se compare à 3,2 % pour l'Île-du-Prince-Édouard,
2,5 % pour la Colombie-Britannique, 2,2 % pour Terre-Neuve,
2,7 % pour le fédéral, 2,1 %, Nouvelle-Écosse, 1,8 %, Nouveau-Brunswick,
1,7 %, Manitoba. La Nouvelle-Écosse a été décotée la semaine dernière.
Mais j'invite l'opposition à ouvrir ses
fenêtres et regarder ce qu'il se passe dehors, il y a une guerre tarifaire.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Beauchemin : Les choix du
ministre des Finances nous placent en situation dangereuse et il le sait. Le
déclin démographique a été démontré, documenté et amplifié par la mauvaise
gestion du gouvernement caquiste. On va avoir plus de dépenses puis moins de
monde pour payer. Puis, pour le PQ, c'est la surenchère de l'instabilité
économique. Et je cite Gérald Fillion : «Les conséquences économiques
financières du phénomène démographique seront majeures.»
Est-ce que le ministre fera comme le PQ ou
sera-t-il lucide sur l'impact des défis démographiques...
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Girard (Groulx) : Oui. Là,
il y avait plusieurs choses dans cet énoncé. Pour ce qui est de la proposition
du PQ, bien, c'est certain que le gouvernement fédéral dépense beaucoup plus au
Québec qu'il ne collecte. En moyenne, dans les 10 dernières années, c'est
20 milliards, dont les 13 milliards de péréquation. En moyenne, 12 milliards.
Pour ce qui est des défis démographiques,
bien, nous savons tous que le gouvernement fédéral a perdu le contrôle de
l'immigration temporaire 2022, 2023, 2024, qu'on a eu des croissances de
population excessives, et puis c'est bien évident que, dans l'immédiat, il
faudra absorber ce surplus de croissance de population. Et donc, à court terme,
il y a un ajustement, mais la population du Québec va continuer à croître, tout
comme son économie, et l'économie du Québec...
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Beauchemin : Le ministre
ne répond pas aux inquiétudes de Gérald Fillion. Franchement, il ne répond même
pas à la question. Il ne dit pas comment régler le problème financier et
économique du Québec face à la situation démographique imminente.
Pour le bénéfice de tous, et surtout du
PQ, le ministre peut-il nous dire comment il compte inverser l'effet néfaste
sur l'économie et les finances publiques de la stagnation démographique du
Québec?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Girard (Groulx) : Oui, Mme
la Présidente. Bien, il n'y a pas de stagnation démographique du Québec, là, je
veux être clair. Il y a eu un excès de croissance de population en 2022, 2023,
2024. La population a cru à peu près quatre fois plus vite au Canada et au
Québec que lors des 20 années précédentes. Alors, c'est certain que, pour
les cinq prochaines années, il va falloir absorber le surplus de l'erreur de
politique publique du gouvernement fédéral, et puis c'est ce qu'on fait, c'est
ce qu'on gère.
Au niveau de l'économie, bien, bien sûr,
on fait des investissements en capital. On a un plan au niveau de la
productivité. Puis, lorsqu'on regarde les résultats, la croissance du PIB par
habitant, l'écart était de 16 %, il est maintenant de 10 %, c'est
franchement une performance exceptionnelle.
Des voix : ...
La Présidente : En question
principale...
Des voix : ...
La Présidente
: En
question principale, je reconnais le député de l'Acadie.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. Le ministre de l'Immigration multiplie les points de presse pour
convaincre les Québécois du bien-fondé de l'abolition du PEQ, mais il ne
convainc personne. Il suscite plutôt la colère et l'indignation. Son nouveau
programme plonge les travailleurs et les étudiants dans l'incertitude,
particulièrement dans nos entreprises.
À titre d'exemple, hier, une dame écrivait
à mon bureau de circonscription. Elle était prête à déposer son dossier au PEQ,
elle respectait les critères, mère de deux enfants, francophone, appuyée par
son employeur. Ça ne fonctionne pas. Elle est désemparée et elle songe à
quitter. Ce gouvernement brise les rêves de plusieurs Québécois. Ce sont des
personnes qui ont tout quitté pour venir contribuer à l'économie du Québec, qui
sont larguées par ce gouvernement.
Le ministre se rend-il compte de la
détresse qu'il crée? Je ne sais pas pour vous, Mme la Présidente, mais c'est
tout le Québec qui est gêné...
M. Morin : ...de la détresse
qu'il crée. Je ne sais pas pour vous, Mme la Présidente, mais c'est tout le
Québec qui est gêné par l'obstination du ministre.
Va-t-il adopter une clause de droits
acquis?
La Présidente
: La
réponse du ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration.
M. Roberge : Merci, Mme la
Présidente. Est-ce que mon collègue est au courant que, lorsqu'il demande sa
clause de droits acquis pour tout le monde sur le territoire québécois, quand
on exclut les demandeurs d'asile... est-ce qu'il est conscient qu'il demande
qu'on considère 350 000 personnes, jusqu'à
350 000 personnes, dans le Programme de l'expérience québécoise? Ça,
ça pourrait être, à coups de 29 000 personnes par année, parce que
c'est le nombre d'immigrants économiques qu'on prend à chaque année... ça
pourrait être 12 années d'immigration. On engagerait trois gouvernements,
trois mandats de quatre ans, simplement avec les gens à qui il veut donner
cette clause grand-père, rétablir, en réalité, ces programmes de l'expérience
québécoise, sans sélectionner qui que ce soit, sans prioriser des travailleurs,
soit des travailleurs de la santé, des travailleurs du secteur manufacturier,
des travailleurs en éducation, sans aucune priorité. Ça veut dire que si,
demain matin, une infirmière arrivait ici, on voulait attirer une infirmière,
on dirait : Viens, viens, ça se peut qu'on te donne la résidence
permanente dans huit ans, neuf ans, jusqu'à 12 ans. Et on va être capables
d'attirer encore des gens comme ça? C'est irresponsable, ce qu'il demande, Mme
la Présidente.
La Présidente
:
Première complémentaire.
M. Morin : Oui. Alors, le
ministre a créé une crise de toutes pièces. Les gens qui sont ici, qui
voulaient déposer leur dossier dans le PEQ, ont un logement, travaillent, des
employeurs sont en détresse, les gens également. Des milliers de personnes ont
tout abandonné pour choisir le Québec, sollicitées, très souvent, par le
gouvernement de la CAQ. Ils sont maintenant dans l'incertitude. L'immigration
au Québec, que ce soit la CAQ ou le PQ, c'est pareil, c'est d'une tristesse
sans nom.
Est-ce que le gouvernement va comprendre,
va reculer et accorder une clause de droit acquis?
La Présidente
: La
réponse du ministre.
M. Roberge : Mme la
Présidente, est-ce que mon collègue est conscient que, lorsqu'il demande ce
rétablissement de l'ancien programme, les personnes qui donnent des soins à
domicile sont exclues de son programme, alors qu'ils sont non seulement inclus
dans le nouveau Programme de sélection des travailleurs qualifiés, mais ils
sont priorisés? Dans ce qu'il demande, il viendrait exclure les gens qui
donnent des programmes de soins à domicile.
Est-ce qu'il faut savoir aussi que le
gouvernement québécois n'expulse personne? Nous souhaitons renouveler les
permis de travail de ces personnes, particulièrement ceux qui sont dans les
domaines prioritaires, mais les gens dans les régions, les gens dans le secteur
touristique, les gens dans le secteur manufacturier. Il faut renouveler les
permis de travail. C'est Ottawa qui doit renouveler les permis de travail.
Nous, ce qu'on travaille, c'est de sélectionner de manière prioritaire les gens
à qui on va donner la résidence permanente. Nous n'expulsons personne.
La Présidente
:
Deuxième complémentaire.
M. Morin : Mme la Présidente,
un candidat à la chefferie de la CAQ, lui, a compris, il veut accorder une
clause de droits acquis pour le PEQ. Est-ce que le ministre de l'Immigration
partage la vision de son collègue ainsi que tous ceux qui applaudissaient
derrière lui, dont le ministre délégué à l'Économie, ou répond-il, comme le
leader du gouvernement, qu'il est souverain dans son dossier?
La Présidente
: La
réponse du ministre.
M. Roberge : Mme la Présidente,
il y a bien juste les libéraux qui sont nostalgiques de l'ère libérale, parce
qu'à leur époque il fallait attendre des années, des années avant d'avoir la
résidence permanente. Avec le nouveau Programme de sélection des travailleurs
qualifiés, on est capables de sélectionner particulièrement des gens dans les
domaines prioritaires : santé, éducation, ingénierie, milieu familial,
génie et bien d'autres. Mais ça, ce sont nos priorités, on est capables de les
sélectionner. Des gens qui arrivent, dans ces secteurs-là, peuvent être
sélectionnés très rapidement.
Ce qu'il nous propose, c'est donner une
clause de droits acquis à presque 350 000 personnes, geler les
arrivées, ne plus être attractif pour personne pendant des années, des années,
des années. Aucune priorisation, aucune régionalisation. C'est irresponsable,
Mme la Présidente.
• (14 h 40) •
La Présidente
: En
question principale, je reconnais maintenant le député de Pontiac.
M. Fortin :
Mme la Présidente, ce matin, la ministre de la Santé va vouloir nous dresser un
portrait bien rose de la situation. Elle va vouloir nous dire que des milliers
de patients pourront bientôt essayer, via le GAP, d'avoir peut-être accès à une
clinique attitrée, mais elle ne nous dira pas combien de Québécois ont perdu
leur médecin de famille lors de la catastrophe de la loi n° 2
l'automne dernier. Parce que, selon Radio-Canada, juste dans ma région, une région
qui représente 4 % du Québec, c'est 15 000 personnes qui ont
perdu leur médecin de famille. Juste, dans une région, c'est 33 médecins
qui ont quitté, tant des spécialistes que des médecins de famille. Alors, il y
a autant de citoyens qu'avant, mais il y a 33 médecins de moins. Comment
le gouvernement peut penser que l'accès va s'améliorer?
Maintenant que tout est compté, là, est-ce
que la ministre...
M. Fortin :...médecins de moins. Comment le gouvernement peut penser
que l'accès va s'améliorer?
Maintenant que tout est compté, là, est-ce
que la ministre peut nous dire combien de Québécois, combien, lors de la guerre
ouverte avec les médecins, guerre que veut répéter le Parti québécois, combien
ont perdu leur médecin? Parce qu'avant, ils en avaient un, puis, aujourd'hui,
ils n'en ont plus, de médecins, ces gens-là.
La Présidente : La réponse de
la ministre de la Santé.
Mme Bélanger : Oui.
Mme la Présidente, d'abord, très heureuse d'avoir cette première question
à titre de ministre de la Santé et dans un dossier qui est particulièrement
important, qui est l'accès à un médecin de famille ou à un professionnel de la
santé.
Actuellement, au Québec, c'est
7,1 millions de Québécois, Québécoises qui ont accès à un médecin de famille.
Donc, c'est important, et, oui, malgré, peut-être, une situation un petit peu
plus difficile cet automne, parce que, dans le fond, nos travaux visaient à
changer, à changer les façons de faire, puis ce n'est jamais facile de changer
les façons de faire. Puis, c'est vrai que ça a suscité, peut-être, différentes
remises en question, mais, aujourd'hui, je pense qu'il faut être fiers de voir
qu'on a eu une entente avec la FMOQ. J'espère que le Parti libéral est content
de ça, parce que, oui, peut être que j'ai des lunettes roses, mais moi, je me
réjouis de ça, Mme la Présidente. On a réussi à avoir une entente avec la FMOQ,
qui fait en sorte que, d'ici le 30 juin, nous aurons
500 000 Québécois et Québécoises qui seront pris en charge.
Alors, oui, j'ai des lunettes roses, puis,
aujourd'hui, c'est 78 000 personnes qui ont déjà reçu une lettre, Mme
la Présidente.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Fortin :Même l'ex-ministre de la Santé, il n'y croit pas à ces
résultats futurs, sinon il serait assis devant nous au lieu d'à notre gauche,
Mme la Présidente. Mais la réalité, là, c'est que l'heure du bilan a sonné pour
la CAQ.
Là, ce qu'ils ont réussi, là, ils ont
réussi à ajouter des nouvelles structures en santé, à ajouter des nouveaux fonctionnaires
en santé. Ça, c'est le constat lucide du député de Lévis. Mais là où ils ont
échoué, c'est pour le patient. Ils avaient promis 90 minutes à l'urgence,
puis ce matin, au CHUM, c'est 8 h 06 min, puis je ne vous parle
même pas des 69 heures sur civière à Albert-Prévost.
Vous êtes contents de ça?
La Présidente : La réponse de
la ministre.
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, notre système de santé, c'est un système qui est complexe, puis il
y a eu beaucoup d'améliorations. Puis j'ai eu l'occasion de rencontrer,
justement, Santé Québec à quelques reprises depuis mon entrée en fonction,
autant la présidente-directrice générale que la présidente du conseil
d'administration et l'ensemble du conseil d'administration. J'ai regardé leurs
tableaux de bord, puis des voyants verts, il y en a pas mal plus que les
voyants rouges. Ça fait qu'il faut être capable de faire la part des choses,
Mme la Présidente.
Ici, au salon rouge, là, on entend les
choses qui fonctionnent moins bien. Puis c'est drôle, quand l'urgence va être
améliorée, peut-être demain, parce que c'est très fluctuant, dans la salle
d'urgence, ce n'est pas toujours le même portrait... alors c'est drôle,
personne ne va se lever pour saluer les travaux qui sont faits par les intervenants
sur le terrain, dans toutes nos...
La Présidente
:
Deuxième complémentaire.
M. Fortin :Mme la Présidente, ça fait sept ans qu'ils sont là puis ça
ne s'améliore pas, puis la défense de la ministre, c'est de dire : Bien,
peut-être demain, ça va s'améliorer. Ils ratent leur cible continuellement. Aujourd'hui,
là, il y a 5 000 patients qui attendent leur chirurgie depuis plus
d'un an. Leur cible, c'est 1 500. Aujourd'hui, là, il y a 69 % des
patients en chirurgie vasculaire qui ne sont pas capables de voir un médecin
dans les délais prescrits. Quand ils sont arrivés, c'était 10 % à peine.
C'est des échecs répétés de la CAQ qui ont des effets réels sur la santé des
Québécois.
Est-ce qu'elle peut...
La Présidente : La réponse de
la ministre.
Mme Bélanger : Oui. Mme la
Présidente, concernant les listes d'attente en chirurgie, il y a énormément de
travail qui a été fait, puis il faut continuer, il faut continuer d'améliorer
nos façons de rendre les services plus rapidement. Et c'est là-dessus qu'on
travaille, Mme la Présidente, notamment avec les médecins spécialistes. Alors,
donc, ce n'est pas normal qu'on ait des personnes qui attendent plus d'un an.
Je suis à la même place que mon collègue.
Maintenant, on est en train d'agir pour
diminuer ces listes d'attente, on a des résultats concrets et on va continuer
de le faire, Mme la Présidente. On a des médecins spécialistes qui sont très
engagés au Québec, qui veulent faire la différence. On travaille avec eux et on
va s'organiser pour que les résultats soient atteints, Mme la Présidente.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Ghazal : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Les Québécois et Québécoises acceptent de payer beaucoup
d'impôts parce qu'ils s'attendent en retour à recevoir de bons services
publics. Ça, c'est le contrat social, mais aujourd'hui, le contrat social, il
est brisé. Les gens le voient à tous les jours. Quand ils vont à l'école pour
envoyer leurs enfants, quand ils vont dans les hôpitaux, ils voient l'état de
nos infrastructures publiques.
La semaine dernière, avec mes collègues d'Hochelaga-Maisonneuve
et de Sainte-Marie... de Saint-Henri—Sainte-Anne, je suis allée visiter l'Hôpital
Maisonneuve-Rosemont. On devait monter au 10ᵉ étage. Il y a six ascenseurs. Il
y aurait fallu qu'on passe la journée à attendre tellement c'était impossible.
On est monté à pied par les escaliers...
Mme Ghazal : ...il y a six
ascenseurs. Il aurait fallu qu'on passe la journée à attendre, tellement
c'était impossible... On est montés à pied, par les escaliers, jusqu'au 10e
étage parce que les ascenseurs ne fournissaient pas. Les femmes enceintes,
elles accouchent au septième étage et elles doivent aller au deuxième étage si
jamais elles ont besoin d'une césarienne d'urgence. Honnêtement, Mme la
Présidente, pendant que je marchais dans les corridors avec... tout est
encombré, les lieux de travail très exigus, des gens... j'avais comme un
sentiment, je n'ai pas le droit de le dire, là, mais de gêne, extrêmement
gênée. Je me disais : Coudon, est-ce que je suis dans un hôpital du Québec
ou dans un pays en voie de développement?
Comment ça se fait que c'est rendu ça, la
norme, au Québec, qu'on ait des hôpitaux qui tiennent avec la broche, que ça
nuise aux soins, que ce soient des milieux de travail dangereux? Est-ce que
c'est normal que le gouvernement laisse à ce point dépérir nos infrastructures
publiques, nos hôpitaux? Est-ce que c'est ça, Mme la Présidente, le bilan de la
CAQ?
La Présidente
: La
réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui, Mme la
Présidente, quand on est arrivés au gouvernement il y a sept ans, on avait un
immense, mais vraiment immense rattrapage à faire dans les infrastructures,
toutes les infrastructures, hôpitaux, écoles, routes, transport collectif, etc.
À l'époque, en 2018, il y avait un programme de 100 milliards, 100 milliards
d'infrastructures, dans ce qu'on appelle le PQI. On a augmenté ce programme-là
à 164 milliards. Donc, c'est facile à compter, c'est une augmentation de
64 %.
Par contre, on va tous comprendre que cet
argent additionnel s'en va directement sur la dette, puis on en parlait tantôt,
évidemment, à moins que Québec solidaire ait une solution à nous proposer, mais
j'étais content de l'entendre dire que les Québécois paient déjà beaucoup
d'impôt. Donc, j'ai hâte de voir ce qu'elle propose. Si on veut augmenter de
plus de 64 % les infrastructures, où va-t-on prendre l'argent? Que
propose-t-elle?
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Ghazal : Mme la
Présidente, je propose, et je ne suis pas la seule, à ce qu'on arrête de
gaspiller l'argent. Les gestionnaires de l'hôpital et aussi la Coalition HMR
nous ont dit que chaque année de retard dans ce projet-là, de HMR, c'est 100
millions de dollars. Les Québécois ne peuvent pas passer leur vie à payer
parce que, chaque année qu'on attend, ça coûte beaucoup plus cher, et ça, c'est
juste l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Il y a aussi l'hôpital... l'institut
Douglas, l'Hôpital Sainte-Croix, l'hôpital Saint-Jérôme. Les toits coulent, les
fenêtres éclatent, les plafonds tombent. Les Québécois ne peuvent pas continuer
à payer. Il faut faire les projets tout de suite.
La Présidente
: La
réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui, bien, Mme
la Présidente, je viens d'entendre la cheffe de Québec solidaire dire : Il
faut arrêter de gaspiller l'argent. J'avoue, là, elle a trouvé deux disciples,
le Parti libéral puis le Parti québécois, qui disent : Il ne faut plus
aider les entreprises. Mme la Présidente, si j'écoutais les trois partis en
avant, là, Alstom, ça serait fermé à La Pocatière, Rio Tinto, Saguenay—Lac-Saint-Jean,
il y aurait des milliers d'emplois de moins, Alouette, à Sept-Îles, il y aurait
des milliers d'emplois de moins, Agnico-Eagle, en Abitibi-Témiscamingue... Si
on n'utilisait pas le FDE, si on n'aidait pas ces entreprises, si on écoutait
les trois oppositions...
La Présidente
:
Deuxième complémentaire.
Mme Ghazal : Je veux ramener
le premier ministre au sujet, là, c'est les infrastructures, c'est les
hôpitaux, c'est les écoles. HMR, c'est 100 millions de dollars, 100
millions de dollars qui sont perdus à chaque année qu'on attend. Le
projet, ça fait très longtemps qu'il est en réalisation. J'aimerais entendre un
engagement, que ce soit du premier ministre ou peut-être des deux candidats à
la chefferie de la CAQ, nous dire qu'ils s'engagent à ce que ce projet-là de
HMR soit en mode réalisation, puis qu'on arrête de pelleter par en avant, que
ce soient les générations...
La Présidente
: La
réponse du premier ministre.
M. Legault : Bien, Mme la
Présidente, j'ai dit... je serais le premier à être content de dire : On
passe de 164 milliards à 200 milliards d'infrastructures, au diable la dette,
on augmente la dette. Mme la Présidente, ce que ça voudrait dire, c'est que les
taux d'intérêt augmenteraient, les taux qu'on paie sur notre dette. Donc, ça
serait mauvais pour les Québécois. Donc, il faut arrêter. Il ne faut surtout
pas écouter Québec solidaire. On ne peut pas dépenser à l'infini. Il faut
respecter la capacité de payer des Québécois.
• (14 h 50) •
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci, Mme la
Présidente. C'est le temps des bilans de la CAQ en matière de logement. Depuis
2018, le loyer moyen a augmenté de 66 % à Montréal. L'an dernier, au Québec,
un locataire sur cinq peine à payer son loyer...
M. Fontecilla : …et 66 %
à Montréal. L'an dernier, au Québec, un locataire sur cinq peine à payer son
loyer, selon une étude de Vivre en ville; à Montréal, c'est un locataire sur
quatre. C'est ça, le bilan catastrophique de la CAQ après huit ans au
gouvernement.
Après avoir permis des augmentations de
loyers historiques, après avoir limité les cessions de bail pour les
locataires, après avoir alimenté la spéculation immobilière, après avoir
grandement appauvri et fragilisé les conditions de vie de 1,3 million de
ménages locataires, est-ce que la CAQ va faire quelque chose pour les
locataires?
La Présidente : Et la réponse
de la ministre responsable de l'Habitation.
Mme Proulx : Merci, Mme la
Présidente. C'est fou comment on a des lectures différées, d'un côté et l'autre
de la Chambre, parce qu'honnêtement la suite des travaux qui ont été opérés par
ma prédécesseure, honnêtement, ça avance énormément.
On a adopté des outils législatifs, entre
autres le projet de loi n° 31, madame, où on a donné des pouvoirs, des
superpouvoirs aux municipalités pour pouvoir ériger du logement, du logement
social et du logement abordable au fil des ans. D'ailleurs, on a l'intention,
au gouvernement du Québec, de poursuivre cette mesure-là parce que les
municipalités nous disent : Enfin, on a un levier pour pouvoir monter du
logement partout au Québec. On a des nouveaux partenaires, que ce soit la FTQ,
que ce soit Desjardins, des fonds fiscalisés, qui permettent de mettre l'épaule
à la roue et de pouvoir encore une fois monter du logement abordable partout
sur le territoire du Québec.
La fixation du loyer, personne ici n'y
avait touché, Mme la Présidente, depuis 40 ans, 40 ans. Et on parlait
de la crise du logement, de l'autre côté. Il n'y a personne qui a levé le petit
doigt, Mme la Présidente, pour revoir le système de fixation du loyer.
Accélérer la construction :
9 000 cette année, Mme la Présidente. 9 000. Je pense, c'est un très
bon bilan.
La Présidente : Première complémentaire.
M. Fontecilla : Il y a de
quoi être fiers que les loyers augmentent, l'itinérance augmente partout au
Québec, les locataires doivent payer les… doivent se priver de nourriture pour
payer le loyer. Ça va bien! Quelle déconnexion avec la vie réelle! L'inaction
de la CAQ fait craquer notre filet social.
Est-ce que la CAQ va enfin cesser de
prioriser les profits des spéculateurs sur le bien-être des citoyennes et des
citoyens?
La Présidente : La réponse de
la ministre.
Mme Proulx : Merci, Mme la
Présidente. Bien, vous avez manqué une extraordinaire annonce avec ma collègue
ministre de la Santé, ma collègue responsable des services… pas des Services
sociaux, la députée de…
Une voix : ...
Mme Proulx : ...merci, Solidarité
sociale, mairesse de Montréal. Alors, tout le monde ensemble, on a travaillé,
Mme la Présidente, pour justement monter de l'hébergement pour les personnes en
situation d'itinérance. Non seulement ça, on a travaillé avec le milieu pour
s'assurer que ces gens-là ne restent pas dans ces haltes-chaleur-là, mais
qu'ils travaillent avec la communauté. Il y en a, Mme la Présidente, qui déjà,
maintenant, travaillent. Ils sont entrés là hier. Il y a des emplois qui ont
été créés. Et c'est comme ça, madame, on additionne la chaîne pour les sortir
de la rue, les faire travailler et, à terme, les amener… les amener dans une
habitation.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Fontecilla : C'est
impressionnant, Mme la Présidente, couper des rubans. 30 places,
30 places, c'est comme ça qu'on va régler la crise du logement. L'élément
de fixation des loyers au TAL ont quadruplé dans les dernières années. Il y a
des dossiers qui traînent depuis 2024. Des milliers de locataires doivent recourir
au TAL pour éviter des hausses abusives.
Est-ce que le gouvernement, encore une
fois, peut au moins s'engager à plafonner les augmentations des loyers au taux
recommandé pour 2026?
La Présidente : La réponse de
la ministre.
Mme Proulx : Mme la
Présidente, il y a un bouquet de mesures qui ont été présentées. Il y en a qui
vont être annoncées encore cette semaine, pas plus tard que mercredi, à
l'égard, entre autres, des habitations à loyer modique. Bien, au grand dam du
Parti québécois, nous, on est allés quêter notre part, comme dirait le député…
le chef du Parti québécois, pas moins de 7,3 milliards de dollars, du
côté du fédéral, pour monter du logement abordable et social, sans condition,
sans condition. Et, au-delà de ça, Mme la Présidente, on n'est pas liés au
poids démographique du Québec, le 7,3 milliards, tant qu'on dépose, on est
capables d'avoir de la construction de logement social et abordable partout sur
le territoire du Québec, Mme la Présidente.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la députée de Terrebonne.
Mme Gentilcore : Mme la
Présidente, ce qu'il y a d'intéressant avec la course à la chefferie de la CAQ,
c'est que tous les Québécois réalisent que, derrière les fameuses lignes de
communication, bien, les caquistes eux-mêmes étaient pleinement conscients de
leur échec total en matière d'économie.
Je suis curieuse de savoir ce que le
nouveau ministre de l'Économie pense des dernières déclarations de son collègue
le député de Lévis, pour qui, clairement, la CAQ n'a jamais été à la hauteur de
son programme économique. Il l'admet lui-même, là, la CAQ, ça a été plus
d'État, plus de bureaucratie, plus de déficits, bref, huit années perdues pour
le développement économique du Québec.
Ma question est simple : Est-ce que
le ministre de l'Économie partage les constats...
Mme Gentilcore : ...pour le
développement économique du Québec.
Ma question est simple : Est-ce que
le ministre de l'Économie partage les constats de son collègue?
La Présidente : La réponse du
ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie.
M. Boulet : Je pense que
c'est important, Mme la Présidente, de rappeler le fort bilan économique depuis
notre arrivée au pouvoir en 2018. Souvent, le niveau de vie qui est mesuré par
l'augmentation du PIB par habitant est la meilleure façon d'exprimer la qualité
du bilan économique de ce gouvernement : une augmentation du PIB de
3 % au Québec entre 2018 et 2025, une baisse de 2 % dans le reste du
Canada, et on a utilisé tous les leviers à notre disposition pour stimuler les
secteurs stratégiques de notre économie. On réfère souvent à Investissement
Québec, qui a été modernisé. Le Fonds de développement économique a servi à
accompagner des PME. La majorité des interventions gouvernementales ont été
auprès d'entreprises de moins de 200 employés, et non seulement de l'aide
financière, mais de l'accompagnement, de l'expertise pour améliorer la
productivité, pour diversifier les marchés et répondre au contexte géopolitique
actuel au monde. Merci.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Gentilcore : Ça ne
s'arrête pas là. Le député de Lévis a aussi dit qu'avec lui comme chef la CAQ
ne sera plus le parti des subventions aux grandes entreprises étrangères. Très
exactement ce que dit le PQ depuis maintenant plusieurs années.
Est-ce que le ministre de l'Économie est
d'accord avec le député de Lévis? Est-ce que la CAQ doit changer son approche
économique ou continuer l'oeuvre de Pierre Fitzgibbon et de la députée de Sanguinet,
l'autre aspirante à la chefferie de la CAQ?
Une voix : ...
La Présidente : Chut! La
réponse du ministre. Chut!
M. Boulet : Alors, Mme la
Présidente, ça me permet de poursuivre. Du 1er avril 2019 au 31 mars
2025, 94 % des interventions d'Investissement Québec ont été réalisées
auprès des entreprises de moins de 250 employés, 55 % des
interventions dans des entreprises de 20 à 249 employés et 39 % dans
des entreprises qui comptent moins de 20 employés. Évidemment, il y a des
secteurs où il y a des entreprises qui viennent de l'étranger, des entreprises
qui sont plus importantes. Ce qui nous préoccupe, c'est les emplois et la qualité
de vie de ceux qui vivent notamment dans les...
La Présidente
:
Deuxième complémentaire.
Mme Gentilcore : Une belle
réponse de l'establishment de la CAQ.
Alors, au Parti québécois, c'est clair,
notre... notre priorité, ça va être de créer un environnement d'affaires
compétitives pour toutes les entreprises québécoises, pas de distribuer des
subventions au pif, comme l'ont fait le premier ministre, comme l'a fait la
députée de Sanguinet, comme l'ont fait les libéraux avant eux, non.
Est-ce que le ministre préfère attendre
que la CAQ règle ses affaires internes ou bien il va travailler dès maintenant
pour les PME québécoises?
La Présidente : La réponse du
ministre délégué à l'Économie, aux petites et moyennes entreprises.
Des voix : ...
La Présidente
: On
l'écoute. Chut!
M. Poulin : J'espérais
tellement avoir la question, Mme la Présidente.
La Présidente
: Vous
l'avez.
M. Poulin : Je... C'était
brûlant en moi, je vous le dis. D'ailleurs, la députée, à juste titre, vient de
parler de l'environnement réglementaire des entreprises afin qu'ils puissent
être performants, et c'est pour ça qu'aujourd'hui même se tient dans nos murs
les consultations pour le projet de loi n° 11, qui vient instaurer une première
au Canada, le deux pour un : alors, on élimine deux règlements qui
concernent les PME avant d'en ajouter un. Ça a été d'ailleurs salué par la Fédération
canadienne de l'entreprise indépendante, qui parle de changements structurants
dans l'action gouvernementale. Même chose du côté de la Fédération des chambres
de commerce, qui était avec nous ce matin, qui parlait d'un excellent projet de
loi. Le député de Jean-Talon était là, il peut vous en parler, il peut vous en
témoigner.
Alors, on croit à l'environnement
d'affaires, on croit à nos PME et on va continuer de les aider, Mme la
Présidente.
Des voix : ...
• (15 heures) •
La Présidente : Pas de bravo.
En question principale... Chut! En question principale, je reconnais maintenant
le député de Rosemont.
M. Marissal : Merci. Vous
avez... Vous avez une bonne vue, Mme la Présidente. J'ai eu pas mal de temps
pour penser à ma première question comme indépendant, mais je n'ai pas eu à
fouiller longtemps le sujet. Devinez quoi? HMR. On y revient encore et encore.
La même... Le même film qui tourne en boucle. Avec la CAQ, HMR, c'est le jour
de la marmotte à l'année longue depuis huit ans. Alors, on peut continuer de se
désoler sur l'état de l'hôpital, parler des chauves-souris, de ce qui ne
fonctionne pas, mais la cause est entendue. On peut continuer de dire qu'il est
foutu, l'hôpital, ça fait juste peur au monde, ça déprime les gens qui
travaillent là.
La seule question, rendu là, en janvier
2026, la seule question : C'est quoi, la date du début des travaux? On est
<rendus...
>
15 h 01 (version non révisée)
M. Marissal :
...les
gens qui travaillent là.
La seule question, là, rendus là, là, en
janvier 2026, la seule question : C'est quoi, la date du début des
travaux? On est rendus là. C'est quoi, la date du début des travaux?
La Présidente
:
La réponse de la ministre de la Santé.
Mme Bélanger :
Oui.
Mme la Présidente, si vous permettez, je vais mettre mes lunettes pour ne pas
me faire taguer d'avoir des lunettes roses. Mais, concernant HMR, les travaux
sont commencés. Les autres gouvernements, ils en ont parlé pendant des années, Mme
la Présidente, mais nous, on le fait. Les dépenses sont prévues pour le
maintien dans les infrastructures, puis il y a déjà des constructions qui sont
commencées. Alors, on va de l'avant avec Maisonneuve. Il faut... Le projet est
inscrit dans les infrastructures. C'est une priorité. Et la première étape du
stationnement a été réalisée. Ça nous permettait de libérer des espaces pour
faire les prochains projets de construction. Des dizaines de millions d'investissements
seront disponibles pour débuter les travaux. Alors, on est en train de faire
les études nécessaires avec les différents professionnels mais aussi avec les
intervenants de l'Hôpital Maisonneuve.
Alors, c'est un projet qui est important, Mme
la Présidente. Puis je le répète, on a été le gouvernement qui a décidé d'aller
de l'avant et... Alors, on a juste à aller sur le terrain, puis je sais que
vous y êtes, pour voir que les travaux...
La Présidente
:
Première complémentaire.
M. Marissal :
Bien,
non seulement la CAQ joue avec les nerfs du monde dans l'est de Montréal, mais
en plus, on prend le monde de l'est de Montréal pour des valises. On construit
un stationnement en ce moment.
La Présidente
:
Oui, M. le leader du gouvernement, je vais vous reconnaître. Quel est votre
appel au règlement?
M. Jolin-Barrette :
...Présidente,
ce sont des propos blessants, on prête des intentions. On respecte tous les
Québécois et...
La Présidente
:
Merci beaucoup, M. le leader. Je demanderais aux collègues indépendants de
faire attention, de ne pas prêter d'intentions. Mais poursuivez, M. le député.
M. Marissal :
Ce
qui est bien, bien blessant, là, c'est que la ministre de la Santé se lève
aujourd'hui sérieusement, la main sur le cœur, pour nous dire qu'on a commencé
à construire HMR. C'est une blague! On construit un stationnement.
Alors je repose la question, elle est d'une
simplicité désarmante, on a juste à faire un X sur le calendrier : La date
du début des travaux?
La Présidente
:
La réponse de la ministre.
Mme Bélanger :
Mme
la Présidente, franchement! Oui, c'est vrai qu'on fait un stationnement, c'est
pour libérer les espaces pour faire la prochaine construction. Franchement! C'est
toute une question, ça, Mme la Présidente. Comme si on avait mis en priorité de
faire un stationnement. On le fait parce qu'on veut construire l'hôpital et on
veut donner, donc, des infrastructures modernes à l'est de Montréal. Puis c'est
important.
Puis, HMR, Mme la Présidente, on le sait,
là, a été négligé, c'est vrai, a été... négligé pendant des décennies par le
parti en face. C'est ça qui est arrivé, Mme la Présidente. Quand on est
arrivés, nous, on avait tellement d'infrastructures qui étaient désuètes,
tantôt, Québec solidaire en a parlé, bien, il a fallu faire des choix. Et là on
est...
La Présidente
:
Deuxième complémentaire.
M. Marissal :
En
ce moment, là, en janvier 2026, alors qu'on devrait déjà être en train de
monter les premiers murs, la Coalition HMR allume des lampions dans l'espoir de
voir apparaître 300 millions dans le prochain budget pour avoir l'espoir
de commencer les travaux, 300 millions sur un projet de 5 à 6 milliards.
Alors, quand est-ce qu'on commence les
travaux pour vrai? Je le connais, le dossier, et je le sais qu'on a besoin du
stationnement. Ça, la cause est entendue. On a besoin d'un hôpital en plus du
stationnement.
C'est quand que ça commence?
La Présidente
:
La réponse de la ministre.
Mme Bélanger :
Mme
la Présidente, je l'ai mentionné, le projet est inscrit dans le Plan québécois
des infrastructures. C'est une priorité. On est en mouvement. On va continuer.
On va franchir les étapes avec la construction de l'hôpital. Et puis les
travaux sont en cours, les équipes sont impliquées. Le PDG, d'ailleurs, du
CIUSSS de l'Est, est satisfait des travaux. Alors, on est en train de reprendre
le rythme, Mme la Présidente. Santé Québec a mis ce projet-là dans ses
priorités. Ils font les travaux au niveau des infrastructures. Et puis on
espère pouvoir aller de l'avant dans les prochaines semaines. Il me fera
plaisir de l'annoncer en temps et lieu, Mme la Présidente.
La Présidente
:
En question principale, je reconnais maintenant la députée de
Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet :
Il
n'y a pas assez de sorties culturelles. Les enseignants veulent en organiser,
mais on ne leur donne pas les moyens de leurs ambitions. Un gouvernement de la
CAQ...
15 h 06 (version non révisée)
Mme Cadet : ...que tous les
élèves québécois du préscolaire, du primaire et du secondaire pourront
participer à un minimum de deux sorties culturelles chaque année.»
Ça, Mme la Présidente, c'était le premier
ministre du Québec et chef de la CAQ en 2018. Le problème, c'est que, dans les
dernières semaines, on a appris que le gouvernement cherche à couper en
catimini de 13 millions de dollars le budget des sorties scolaires.
Mme la Présidente, dans... en Mauricie, le
directeur général de Culture Mauricie, Éric Lord, il estime que ces coupes
seraient catastrophiques, tant pour les élèves que pour les organismes
culturels. La directrice générale de Culture Trois-Rivières, Valérie Bourgeois,
déplore que ces coupes puissent fragiliser l'éveil des jeunes à la culture
québécoise. On sait que c'est souvent le seul contact culturel de bien des
élèves partout au Québec, Mme la Présidente. Qu'est-ce que la ministre
répond aux gens de sa propre région sur les sorties culturelles?
La Présidente : Et moi, je
vous réponds que vous avez utilisé un terme non parlementaire. Je vous demande
de le retirer. Vous le retirez?
Une voix : ...
La Présidente
: Merci.
La réponse de la ministre de l'Éducation.
Mme LeBel : Merci, Mme la
Présidente. Ça va me permettre peut-être de souhaiter la bonne année à tous
pour cette première occasion de répondre en cette année parlementaire. Je sais
qu'on est rendus en février, mais on est... on vient de reprendre, M. le
premier ministre.
Donc, écoutez, Mme la Présidente, la
culture, l'école, l'infusion, l'obligation d'avoir de la culture, de pouvoir...
de... d'exposer nos jeunes à la culture, surtout la culture québécoise, c'est
quelque chose qui est intrinsèquement lié au milieu éducatif, on l'a vu. D'ailleurs,
dans le nouveau programme de français qu'on développe, Mme la Présidente, et
qui est maintenant à l'essai dans 55 de nos écoles, il y a cette notion-là de
livres québécois, de culture québécoise, il y a des sorties. On a eu une
annonce, d'ailleurs, que j'ai faite avec mon collègue dernièrement, en
collaboration avec le ministère de la Culture, pour les sorties culturelles. On
a mis de l'avant des sorties culturelles. Il y a des projets particuliers qui
sont axés sur la culture. Il y a des projets pédagogiques qui sont axés sur la
culture. Donc, l'école, la culture, notre... et notre culture québécoise est...
ce sont deux milieux qui sont intrinsèquement reliés.
Maintenant, le nouveau budget s'en vient.
On va voir ce qu'il va y avoir sur la table pour la suite, mais il y aura
toujours, Mme la Présidente, cette notion de culture d'intégrée dans l'éducation
québécoise.
La Présidente : Première
complémentaire.
Une voix : ...
La Présidente
:
Principale? Vous avez le temps. Allez-y. En principale, Mme la députée de
Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Mme la Présidente,
vous venez d'entendre la ministre, elle ne répond pas à la question. On s'entend,
donc, partout au Québec, en ce moment, on a des gens du secteur de l'éducation,
des gens du secteur culturel qui sont... qui se sentent fragilisés par le flou
artistique qui est entretenu par la ministre et par le gouvernement caquiste
sur la question des sorties scolaires. On le sait, Mme la Présidente, à quel
point, pour bien des jeunes partout au Québec, c'est leur seul contact avec la
culture. C'est le cas dans les milieux défavorisés, c'est le cas dans
différentes régions.
Je demande à la ministre si, oui ou non,
elle respectera la promesse qui a été faite par son propre gouvernement à l'ensemble
de l'écosystème culturel il y a huit ans. S'agit-il d'une promesse brisée ou
sera-t-elle en mesure de garantir au milieu que, dans le prochain budget, les
sorties culturelles seront préservées?
La Présidente : La réponse de
la ministre.
Mme LeBel : Ma collègue sait
très bien qu'on ne garantira rien aujourd'hui avant qu'un budget sorte, parce
que ce n'est pas la façon dont on fait dans un budget. Alors, je ne m'avancerai
pas sur cette question-là, mais je vais quand même dire que l'éducation et la
culture, ce sera toujours important pour nos jeunes, et on fera en sorte qu'ils
seront toujours exposés à cette culture québécoise, Mme la Présidente.
La Présidente : Alors, voilà,
cela met fin à cette période de questions et de réponses orales.
Comme il n'y a pas de votes reportés, nous
allons passer à la rubrique Motions sans préavis, et, pour ce faire, je cède la
place à la première vice-présidente de l'Assemblée nationale. Merci, tout le
monde. Bonne fin de journée.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Donc, nous sommes à la rubrique Motions sans préavis. M. le premier ministre.
M. Legault : Oui. Mme la
Présidente, je propose, après consultation auprès des partis d'opposition et
des députés indépendants, que, conformément aux articles 58 et 58.3 de la
Charte des droits et libertés de la personne, Mme Nadine Koussa, membre et vice-présidente
de la Commission des services juridiques, soit nommée membre et présidente de
la Commission des droits de la personne et droits de la jeunesse pour un mandat
de cinq ans à compter du 16 février 2026.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci.
Je rappelle aux membres de l'Assemblée que, pour être adoptée, cette motion
doit être approuvée par au moins les deux tiers des membres de l'Assemblée.
Elle doit donc être suivie d'un vote électronique.
Je mets aux voix la motion de M. le
premier ministre telle que lue précédemment. Le vote est maintenant ouvert...
15 h 11 (version non révisée)
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Le
vote est maintenant terminé. M. le secrétaire général.
Le
Secrétaire : Pour : 90
Contre : 28
Abstentions : 1
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Donc
la motion est adoptée.
Donc, nous poursuivons. En fonction de nos
règles et de l'ordre de présentation des motions sans préavis, je reconnais
maintenant un membre du groupe formant le gouvernement. Mme la députée de Huntingdon,
à vous la parole.
Mme Mallette : Je sollicite le
consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante
conjointement avec la députée de Bourassa Sauvé, le député d'Abitibi-Est, la
députée de Laporte et la députée de Saint-Laurent.
«Que l'Assemblée nationale déplore les propos
injurieux tenus par le vice-président de la CSN la semaine dernière;
«Qu'elle rappelle qu'aucun désaccord, aussi vif
soit-il, ne justifie des insultes proférées à l'égard des élus de cette
Assemblée;
«Qu'enfin, elle invite les représentants syndicaux
à contribuer aux débats de société de manière responsable, respectueuse et
constructive.»
(Applaudissements)
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette motion? M.
le leader adjoint du gouvernement.
Une voix : ...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Donc, une demande de vote électronique. Le vote est maintenant ouvert.
Le vote est maintenant terminé. M. le
secrétaire général.
Le
Secrétaire : Pour : 112
Contre : 0
Abstentions : 6
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Donc,
cette motion est adoptée. M. le leader du gouvernement.
Une voix : Oui. Pourriez-vous
envoyez cette motion, s'il vous plaît, à la CSN. Merci.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Ça
sera fait. Donc, nous poursuivons. Je suis maintenant prête à entendre un membre
du groupe formant l'opposition officielle. M. le chef de l'opposition
officielle.
M. Tanguay : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Vous me permettrez, d'entrée de jeu, de saluer dans nos tribunes
des membres de la communauté musulmane du Québec...
15 h 16 (version non révisée)
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
…
M. Tanguay : Mme la
Présidente, je sollicite le consentement de cette assemblée afin de présenter
la motion suivante conjointement avec le premier ministre. Le député de
Jean-Lesage, le député de Jean-Talon, le député d'Abitibi est la députée de
Rimouski, la députée de Laporte, le député de Rosemont, la députée de
Saint-Laurent, la députée de Chomedey, le député de Laprairie et le député de
Saint-Jérôme :
«Que l'Assemblée nationale honore la mémoire
des Québécois. Ibrahima Barry, Mamadou Tanou Barry, Khaled Belkacemi, Abdelkrim
Hassane, Azzeddine Soufiane et Aboubaker Thabti qui ont perdu la vie le 29 janvier
2017 à la Grande Mosquée de Québec;
«Qu'elle offre ses plus sincères
condoléances aux familles et aux proches de ces personnes disparues;
«Qu'elle exprime sa solidarité envers ces
hommes et ces femmes marqués à jamais par ce tragique événement, ainsi qu'à
toute la communauté musulmane du Québec;
«Qu'elle se remémore le fardeau porté
aussi par les premiers répondants et qu'elle garde en mémoire Andréanne
Leblanc, victime collatérale de cette tragédie;
«Qu'elle condamne sans aucune nuance tous
les discours et les gestes de haine, de racisme et de discrimination envers la
communauté musulmane, ainsi que toute manifestation de xénophobie et d'islamophobie;
«Qu'elle invite le gouvernement du Québec
à multiplier les initiatives afin d'enrayer toute forme de racisme au Québec;
«Qu'enfin l'Assemblée nationale se
recueille afin d'honorer la mémoire des personnes disparues.»
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le chef de l'opposition officielle.
Est-ce qu'il y a consentement pour
débattre de cette motion? M. le leader du gouvernement.
M. Lévesque (Chauveau) : …un
débat de deux minutes de rigueur par intervenant dans l'ordre suivant : le
chef de l'opposition officielle, le premier ministre du Québec, le député de
Jean-Lesage et le député de Jean-Talon.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci.
Donc, est-ce qu'il y a consentement pour qu'il y ait quatre interventions…
quatre intervenants et pour que la durée des interventions soit limitée un
maximum de deux minutes chacune, et pour que la présidence applique strictement
le temps de parole?
Des voix : ...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Consentement.
M. le chef de l'opposition officielle, à vous la parole.
M. Tanguay : Mme la
Présidente, il y a maintenant neuf ans que l'horreur a frappé le Québec. Le 29 janvier
2017, un tireur s'est présenté à la Grande Mosquée pour y semer la mort, la
terreur. Des blessés et des familles entières en vivent encore aujourd'hui les
séquelles. Nous avons le devoir de nous en souvenir afin que nos actions
traduisent notre détermination à ce qu'un tel drame ne se reproduise pas. Le
Québec est une nation accueillante qui prône la tolérance et le respect de
chacune et de chacun. Nos valeurs profondes rejettent la violence et la
discrimination. Nous sommes engagés à respecter les droits et libertés
fondamentales de tous et à défendre le droit à la liberté de culte et à la
liberté de religion.
Je veux saluer les membres de la
communauté musulmane de partout au Québec, mais tout particulièrement celles et
ceux qui ont choisi la ville de Québec pour s'y établir. Ils sont toujours
aussi déterminés à contribuer à bâtir l'avenir de notre Québec, à savoir un
Québec sans haine, sans discrimination et sans islamophobie. Ensemble,
réaffirmons que dans notre société, la violence, sous quelque forme que ce
soit, n'a pas sa place. Les Québécois sont tissés et, lorsque la tragédie
frappe, ils s'unissent.
Vous me permettrez tout particulièrement
de souligner un message excessivement important pour les hommes et les femmes
qui forment notre communauté musulmane. Aujourd'hui, votre Assemblée nationale,
il était important de faire en sorte de souligner cette tragédie et de renouer
notre engagement à ce que les valeurs de tolérance, de sécurité, de justice et
de liberté continuent de triompher au Québec. Nous nous souviendrons toujours. Mme
la Présidente. Merci.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le chef de l'opposition officielle. Maintenant, nous poursuivons avec M. le
premier ministre.
S
M. Legault : Merci, Mme
la Présidente. Bien, on se souvient tous, 29 janvier 2017, cet attentat à
la Grande Mosquée de Québec six Québécois, six Québécois qui ont perdu la vie à
cause du racisme, à cause de la haine, à cause de la violence…
15 h 21 (version non révisée)
M. Legault :
...et
j'ai une pensée, je sais qu'il y en a qui sont présents ici dans les tribunes,
pour toute la communauté musulmane. On se souvient dans les jours qui ont
suivi, donc il y a neuf ans, qu'on s'était rassemblés très nombreux à Québec.
On se souvient qu'il faisait très froid. Mais j'étais très fier de voir les
Québécois être solidaires de la communauté musulmane. Je veux remercier aussi
les paramédics, les policiers, les pompiers, particulièrement Andréanne
Leblanc, qui en a subi des conséquences.
Le racisme, ça n'a pas sa place au Québec.
Puis, quand on voit des gestes, quand on entend des propos qui sont racistes,
on a chacun le devoir de les dénoncer. C'est la meilleure manière de vivre
ensemble. En fait, je dirais, c'est la seule manière de vivre ensemble. Merci.
(Applaudissements)
La Vice-Présidente (Mme
Soucy) :
Merci, M. le premier ministre. Maintenant, je suis
prête à entendre M. le député de Jean-Lesage.
M. Zanetti :
Merci,
Mme la Présidente. Jeudi dernier, j'étais présent à la commémoration de l'attentat
islamophobe de la Grande Mosquée de Québec, comme je le suis à chaque année,
parce que c'est important, comme député, comme citoyen, de participer à ce
devoir de mémoire. Nous devons nous souvenir à jamais de cet attentat
terroriste qui a emporté six de nos concitoyens.
Une question importante a été posée ce
soir-là, et je vais la rapporter ici, en ces murs : Qu'est-ce que le
gouvernement a fait depuis neuf ans pour reconnaître le problème de l'islamophobie
et le combattre? Ce n'est pas moi qui pose la question, c'est Aymen Derbali qui
la posait jeudi dernier à la commémoration, lui qui a survécu à la tragédie, il
y a neuf ans, après avoir reçu plusieurs balles. Dans un discours senti qui a
ému aux larmes plusieurs dignitaires présents, M. Derbali a fait un plaidoyer
pour que le gouvernement reconnaisse pleinement le problème de l'islamophobie
en le nommant tel qu'il est et d'en finir aussi avec les lois qui affectent
durement les Québécoises et Québécois de confession musulmane. C'était ça, le
cœur de la demande. Imaginez, Mme la Présidente, la frustration pendant neuf
ans, entendre les mêmes condoléances et ne jamais voir le changement.
Cette année, je nous invite à nous
souvenir, à écouter, mais aussi à passer concrètement à l'action, avec toute la
sincérité, l'humilité et la rigueur dont nous sommes capables collectivement.
Souvenons-nous ensemble de nos compatriotes tués injustement et travaillons
pour éliminer la haine, l'ignorance, le racisme et l'islamophobie. Nous en
sommes capables. Merci, Mme la Présidente.
(Applaudissements)
La Vice-Présidente (Mme
Soucy) :
Merci, M. le député. Maintenant, nous poursuivons avec
M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis :
Pour moi,
à chaque fois qu'on est à ce moment de commémoration, c'est un des moments les
plus difficiles pour moi. Puis j'ai toujours la gorge nouée, j'ai toujours
beaucoup d'émotion, parce qu'il s'agit du 29 janvier 2017, parce que ça a
été un moment de répercussion internationale, mais qui s'est passé chez nous,
chez moi, à Sainte-Foy, dans la circonscription de Jean-Talon.
Parce que je veux trouver les mots justes
pour honorer les victimes, leurs proches, nos amis de la communauté musulmane
qui fréquentent la mosquée, qui fréquentent le centre culturel islamique, parce
qu'il faut trouver les mots justes pour favoriser le vivre-ensemble, la
bienveillance, la compréhension mutuelle, le dialogue, parce qu'il faut trouver
les mots justes pour combattre la violence, la haine, les préjugés, la
discrimination, le racisme, parce qu'on ne veut pas que la disparition de nos
concitoyens soit vaine. Et, pour ça, il faut se souvenir. Il faut les nommer.
Il faut nommer Ibrahima Barry, 39 ans, père de quatre enfants, Mamadou
Tanou Barry, 42 ans, père de deux enfants, Khaled Belkacemi, 60 ans,
père de deux enfants, Abdelkrim Hassane, 41 ans, père de trois filles,
Azzedine Soufiane, 57 ans, père de trois enfants, Aboubacar Thabti, 44 ans,
père de deux enfants.
Et notre devoir de mémoire collective, c'est
aussi une responsabilité, c'est notre responsabilité, c'est ma responsabilité.
Et, à chaque fois qu'on a des débats, à chaque fois qu'on a des questionnements
sur le vivre-ensemble, sur nos politiques...
15 h 26 (version non révisée)
M. Paradis :
...public,
je me fais un devoir de penser à eux, de penser à vous. Pour un monde meilleur,
je me souviens.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le député. Donc, cette motion est-elle adoptée? Adopté.
Je vous invite à vous lever.
Une voix :
...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Pardon? Je vous invite à vous lever et à conserver une minute de silence.
(Minute
de silence)
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Je vous remercie. Vous pouvez vous asseoir.
M. le chef de... M. le leader de l'opposition
officielle.
M. Derraji :
Oui. S'il
vous plaît, j'aimerais qu'une copie de cette mention soit envoyée au comité
citoyen 29 janvier, je me souviens ainsi que le Centre culturel islamique
de Québec. Merci, Mme la...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Ce sera fait. Merci, M. le leader de l'opposition officielle. Maintenant,
nous allons poursuivre avec un membre du deuxième groupe d'opposition, Mme la
députée de Verdun.
Mme Zaga Mendez :
Merci,
Mme la Présidente. Je sollicite le consentement de cette Assemblée pour
présenter la motion suivante conjointement avec le député de Rosemont :
«Que l'Assemblée nationale condamne les
actions de l'agence américaine ICE responsable des fusillades mortelles, des
détentions arbitraires et des violations des droits humains;
«Qu'elle constate que l'agence, tel que
révélé par l'émission Enquête, a confié un contrat de 138 millions de
dollars américains à une filiale de l'entreprise québécoise Garda World;
«Qu'elle rappelle que Garda World a reçu
un soutien financier de 300 millions de dollars du gouvernement du
Québec par l'entremise d'Investissement Québec; et
«Qu'enfin l'Assemblée nationale demande au
gouvernement du Québec de s'engager à de ne plus verser d'argent public à des
entreprises liées aux activités de ICE.»
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette
motion? M. le leader adjoint du gouvernement? Non. Donc, il n'y a pas de
consentement. Nous allons poursuivre avec un membre du troisième groupe d'opposition.
M. le chef du troisième groupe d'opposition.
M. St-Pierre Plamondon :
Merci,
Mme la Présidente. Je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée
afin de présenter, conjointement avec les députés de Jeanne-Mance-Viger,
Saint-Henri-Sainte-Anne, Rosemont, Saint-Laurent et Saint-Jérôme, la motion
suivante :
«Que l'Assemblée nationale prenne acte que
le gouvernement veut rationaliser les projets d'infrastructures afin de
réaliser des... des économies;
«Qu'elle se rappelle que le projet de
construction du nouvel Hôpital Maisonneuve-Rosemont a déjà été optimisé au
maximum;
«Qu'elle prenne acte que tout retard dans
le projet coûterait des millions par année;
«Qu'enfin elle demande au gouvernement d'inscrire
le projet complet de l'hôpital au prochain Plan québécois des infrastructures
dans la section En réalisation.»
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette motion? M. le
leader adjoint du gouvernement?
Des voix :
...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Donc, il n'y a pas de consentement. Nous allons poursuivre.
Une motion sans préavis ayant déjà été
présentée par le groupe parlementaire formant le gouvernement, je demande s'il
y a consentement pour permettre la lecture d'une autre motion sans préavis.
Est-ce qu'il y a consentement? M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette :
...Mme
la Présidente, avec le consentement des collègues des oppositions, je
proposerais que pour les motions rétroactives concernant les consultations
particulières des projets de loi 13, 11, cinq, neuf, 12 et 15, nous soyons
exemptés d'en faire la lecture. Alors, si vous voulez, on irait motion par
motion.
La Vice-Présidente (Mme
Soucy) :
Est-ce qu'il y a consentement? Consentement. Donc...
15 h 31 (version non révisée)
M. Jolin-Barrette : ...je fais
motion pour que la motion rétroactive de consultations particulières sur le
projet de loi 13 soit mise aux voix sans débat.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Est-ce
qu'il y a consentement pour débattre de cette motion?
Des voix
: Consentement.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Cette
motion est-elle adoptée?
Des voix : Adopté.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Motion adoptée.
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, je fais motion pour que la motion de consultation rétroactive des
consultations particulières du projet de loi 11 soit adoptée.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Est-ce
qu'il y a consentement pour débattre de cette motion?
Des voix
: Consentement.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Cette motion est-elle adoptée?
Des voix
: Adopté.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Motion adoptée. Vous pouvez poursuivre?
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, je fais motion pour que la motion rétroactive de consultations
particulières du projet de loi 5 soit adoptée.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : ...il
y a consentement pour débattre de cette motion?
Des voix
: Consentement.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Cette motion est-elle adoptée?
Des voix
: Adopté.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Motion adoptée. Vous pouvez poursuivre.
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, je fais motion afin que la motion rétroactive de consultations
particulières du projet de loi 9 soit adoptée.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Des voix
: Consentement.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Cette motion est-elle adoptée?
Des voix
: Adopté.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Motion adoptée.
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, je fais motion afin que la motion rétroactive de consultations
particulières du projet de loi 12 soit adoptée.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Est-ce
qu'il y a consentement pour débattre de cette motion?
Des voix
: Consentement.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Cette motion est-elle adoptée?
Des voix
: Adopté.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Motion
adoptée.
M. Jolin-Barrette : Et
finalement, Mme la Présidente, la dernière, je fais motion afin que la motion rétroactive
de consultations particulières du projet de loi 15 soit adoptée.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Des voix
: Consentement.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Cette motion est-elle adoptée?
Des voix
: Adopté.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Motion adoptée.
Le texte des motions sera reproduit au
procès-verbal de la séance pour garder une trace des décisions de l'Assemblée.
Donc, M. le leader adjoint du
gouvernement, à vous la parole.
M. Lévesque (Chapleau) :
...la
Présidente. Et donc, j'avise cette Assemblée que la Commission des institutions
va poursuivre les consultations générales et les auditions publiques sur le
projet de loi numéro 1, la loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec aujourd'hui,
après les avis touchant les travaux des commissions jusqu'à 19 h 15 à
la soit... à la salle Louis... Louis-Joseph Papineau, pardon.
La Commission des relations avec les
citoyens va poursuivre les consultations particulières et les auditions
publiques sur le projet de loi numéro 9, la Loi sur le renforcement de la
laïcité au Québec aujourd'hui, après les avis touchant les travaux des
commissions jusqu'à 19 h 20 à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine.
La Commission de l'économie et du travail
va poursuivre les consultations particulières et les auditions publiques sur le
projet de loi 11, la loi modifiant diverses dispositions, principalement
aux fins d'allègement du fardeau réglementaire et administratif aujourd'hui,
après les avis touchant les travaux des commissions jusqu'à 19 h 20 à
la salle Pauline-Marois.
La Commission de l'aménagement du
territoire va poursuivre les consultations particulières et les auditions publiques
sur le projet de loi 13, la loi visant à favoriser la sécurité et le
sentiment de sécurité de la population et modifiant diverses dispositions, aujourd'hui
après les avis touchant les travaux des commissions jusqu'à 19 h 20 à
la salle Marie-Claire-Kirkland.
Finalement, la commission des finances
publiques va poursuivre l'étude détaillée du projet de loi 7, la loi
visant à réduire la bureaucratie, à accroître l'efficacité de l'État et à
renforcer l'imputabilité des hauts fonctionnaires, aujourd'hui après les
affaires courantes jusqu'à 18 h 30 à la salle du Conseil législatif.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci.
Y a-t-il consentement pour déroger à l'article 143 du règlement concernant
l'horaire des travaux des commissions?
Des voix
: Consentement.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Consentement.
Maintenant, à la rubrique Renseignements
sur les travaux de l'Assemblée, je vous informe que demain, lors des affaires
inscrites par les députés de l'opposition, sera débattue la motion inscrite par
Mme la députée de Robert-Baldwin. Cette motion se lit comme suit :
«Que l'Assemblée nationale prenne acte de
la hausse alarmante de la violence faite aux femmes au Québec, notamment la
violence conjugale, qui s'incarne entre autres par les nombreux féminicides
déjà commis depuis le début de 2026 ainsi que par la saturation critique des
maisons d'aide et d'hébergement et des services externes, dont la capacité
d'accueil est largement dépassée;
«Qu'elle s'alarme que, dans la dernière
année, SOS Violence conjugale ait reçu plus de 19 000 demandes
d'hébergement et que plus d'une femme sur deux se soit vu refuser de l'aide,
faute de places et de ressources, et que, dans certaines régions, le taux de
refus atteint près de 67 %;
«Qu'elle constate que les actions mises de
l'avant par le gouvernement au cours des dernières années n'ont pas permis
d'endiguer la hausse de la violence faite aux femmes, que ce phénomène demeure
en augmentation et qu'il est opportun et nécessaire de bonifier le cadre
d'action gouvernemental en la matière;
«Qu'enfin, elle exige du gouvernement
qu'il dépose de façon urgente une actualisation de la Stratégie gouvernementale
pour contrer la violence sexuelle, la violence conjugale et rebâtir la
confiance 2022-2027 qui repose notamment sur la prévisibilité du
financement dédié aux maisons d'aide et d'hébergement, l'augmentation de la
capacité d'hébergement et le renforcement des services de prévention, de
dépistage précoce et d'accompagnement, incluant auprès des femmes en situation
d'itinérance.»...
15 h 36 (version non révisée)
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
…la période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant
passer aux affaires du jour et pour ce faire, je cède la parole à M. le leader
adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chauveau) : Oui,
merci beaucoup, Mme la Présidente. Je demanderai une suspension jusqu'à la fin
du délai pour les débats de fin de séance, s'il vous plaît.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Donc, nous suspendons les travaux jusqu'à la fin du délai de réception des
débats de fin de séance.
(Suspension de la séance à 15 h 36)
(Reprise à 15 h 41
)
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Donc,
je vous informe qu'un débat de fin de séance se tiendra aujourd'hui à 18 h 30.
Ce débat portera sur une question adressée par M. le député de Marguerite-Bourgeoys
à M. le ministre des Finances…
15 h 41 (version non révisée)
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : ...concernant
la gestion catastrophique des finances publiques par le gouvernement caquiste.
Donc, M. le leader adjoint du
gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui.
Merci, Mme la Présidente. Je vous demanderais de bien vouloir suspendre nos
travaux jusqu'à ce moment.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Donc,
je suspends les travaux jusqu'à 18 h 30.
(Suspension de la séance à 15 h 41)