(Neuf
heures quarante minutes)
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Bonjour
à toutes, bonjour à tous. Prenez place, nous allons débuter nos travaux.
Affaires courantes
Déclarations de députés
Nous sommes à la
rubrique Déclaration des députés, et, sans plus tarder, je reconnais M. le
député de Chauveau.
Rendre hommage aux victimes de
l'attentat du
15 janvier 2016 au Burkina Faso
M. Sylvain Lévesque
M. Lévesque
(Chauveau) :
Merci beaucoup, M. le Président. Je prends la
parole aujourd'hui pour rendre hommage aux six victimes québécoises de
l'attentat terroriste survenu à Ouagadougou il y a 10 ans, le
15 janvier 2016.
Yves
Carrier, Gladys Chamberland, leurs enfants Charles-Élie et Maude Carrier,
quatre citoyens de Lac-Beauport, ainsi
que Louis Chabot et Suzanne Bernier, étaient animés par une profonde
générosité. Ils se trouvaient au Burkina Faso dans un esprit de solidarité et
d'engagement humanitaire afin de contribuer à l'éducation et au mieux-être de
communautés locales.
Leur disparition
tragique a bouleversé le Québec tout entier et rappelé que la haine et la
violence frappent sans distinction, même ceux qui oeuvrent pour la paix.
Aujourd'hui, nous
honorons leur mémoire, leur courage, leurs valeurs qu'ils incarnaient :
l'altruisme, l'ouverture sur le monde et le respect de la dignité humaine. Que
leur souvenir nous inspire à rejeter la violence et à poursuivre avec
détermination la construction d'un monde plus juste et plus humain. Merci
beaucoup, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Chauveau. La parole revient maintenant à Mme la députée
de La Pinière.
Souligner le travail du centre
Com'femme
Mme Linda Caron
Mme Caron :
Le centre Com'femme, situé à Brossard, dans le comté de La Pinière, oeuvre
depuis 1980 auprès des femmes de la Rive-Sud de Montréal dans le but
d'améliorer leurs conditions de vie.
Outre des services
gratuits visant à soutenir les femmes dans leurs démarches d'autonomie et un
éventail d'activités éducatives, Com'femme pose des
actions collectives visant à défendre et promouvoir les droits et intérêts des
femmes dans une perspective de changement social.
Et, justement, à 16 h
30, cet après-midi, Com'femme tiendra un rassemblement à la mémoire de
Sonia-Maricela Gonzalez-Vasquez, notre voisine brossardoise tuée par son
conjoint le 2 février.
Je joins ma voix à
celles de Com'femme et de toutes mes voisines. Ça suffit! Pas une de plus.
Allez chercher de l'aide, ne commettez pas l'irréparable.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de La Pinière. Et je cède
maintenant la parole à M. le député de Masson.
Souligner la tenue de la
compétition Mascouche a du talent
M. Mathieu Lemay
M. Lemay :
M. le Président, c'est ce samedi que Mascouche vibrera au rythme de la
créativité lors de la compétition Mascouche a du talent.
Cet événement
rassembleur mettra en lumière 25 jeunes et courageux artistes de la relève
locale, qui monteront sur scène pour
présenter, chacun à leur façon, un numéro unique et rempli d'émotions. Alors,
au menu, on aura de la danse, chant, musique et humour. Tout y sera pour
offrir au public un spectacle inspirant.
Alors, M. le
Président, Mascouche a du talent, c'est bien plus qu'un simple concours, c'est
un véritable parcours artistique, enrichi par des classes de maître qui ont été
offertes par trois mentors d'exception, soit Victoria Sénéchal, Oscar
Lambert et Kevin Bazinet.
Alors,
en terminant, j'aimerais saluer chaleureusement le Théâtre Côte à Côte pour
cette quatrième édition et pour tout le
travail accompli avec notre relève artistique. Je vous souhaite un bon
spectacle à toutes et à tous. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Masson. Et la prochaine déclaration revient à Mme la députée de
Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Rendre
hommage aux centres d'éducation populaire et à interCEP
Mme Manon Massé
Mme Massé :
Merci, M. le Président. Aujourd'hui, je tiens à rendre hommage aux membres
des organismes présents dans les tribunes, le Comité social Centre-Sud, le CÉDA
et le Carrefour d'éducation populaire, ainsi qu'aux trois autres centres
d'éducation populaire de l'interCEP de Montréal.
Depuis des décennies,
ces centres sont des lieux essentiels d'apprentissage, d'entraide et de
dignité. Des lieux où on apprend autrement, où l'on apprend à avoir confiance
en soi, où on organise, on s'organise pour transformer sa vie et la société.
Cette
mission, ils la défendent avec courage et constance, malgré une lutte sans
relâche pour obtenir une reconnaissance et un financement à la hauteur
de leur rôle éducatif. Année après année, ils doivent encore se battre pour se
faire reconnaître.
C'est
pourquoi mon collègue de Saint-Henri—Sainte-Anne et moi-même leur remettrons aujourd'hui une médaille de
l'Assemblée pour honorer cet engagement profond et constant et, ô mon Dieu,
inspirant.
Continuez la lutte. Nos
gens ont besoin de vous.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques. Et la parole revient maintenant à Mme la députée
de Soulanges.
Rendre hommage à M. André
Sauvé
Mme Marilyne Picard
Mme Picard : Merci beaucoup, M. le
Président. Aujourd'hui, je souligne l'engagement exceptionnel d'un homme
qui contribue chaque jour à la sécurité et au bien-être de nos enfants.
M. André Sauvé,
brigadier scolaire à Les Coteaux, est un brigadier hors de l'ordinaire. Chaque
matin, chaque après-midi, beau temps,
mauvais temps, il est fidèle à son poste, toujours attentif, toujours souriant,
toujours bienveillant, et même souvent déguisé, M. le Président. Il
décore même les coins de rue avec des toutous de Minions. Pour les parents, il
représente la tranquillité d'esprit. Pour les enfants, il est bien plus souvent...
bien plus qu'un brigadier. Il est un visage rassurant, une voix calme, une
présence qui fait du bien, et je dirais même un confident. Par son dévouement et sa constance, M. Sauvé nous rappelle que
la sécurité routière repose avant tout sur la collaboration, le respect des uns
envers les autres.
M. le Président, je
tiens à remercier chaleureusement M. André Sauvé ainsi que toutes les
brigadières et brigadiers scolaires de veiller sur nos enfants. Merci de
contribuer jour après jour à des communautés plus sécuritaires. Merci,
M. Sauvé, d'ensoleiller la vie de nos écoliers. Merci.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Soulanges. Et je cède
maintenant la parole à Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Souligner la Semaine du
développement international
Mme Désirée McGraw
Mme McGraw :
Merci, M. le Président. Alors, j'ai choisi de prendre la parole aujourd'hui
de façon solennelle, en cette Semaine du développement international, parce que
l'engagement du Québec sur la scène internationale mérite d'être affirmé avec
clarté et fierté.
Depuis des décennies,
la parole du Québec à l'international est reconnue, respectée et valorisée. Elle
s'est construite par la constance de nos
engagements, la qualité de nos partenariats et une présence crédible et
continue sur le terrain. Cette parole
nous oblige et elle doit continuer d'être portée avec rigueur et cohérence. À
travers ses organisations et ses
partenaires, le Québec projette une vision du monde fondée sur la coopération,
le respect des peuples et la responsabilité partagée. Cette action reflète qui nous sommes : une société
ouverte, consciente de son rôle et attachée à la dignité humaine.
Alors, que la voix du
Québec demeure présente, forte, crédible et engagée sur la scène
internationale. Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce. Et la prochaine déclaration
revient à M. le député de Lac-Saint-Jean.
Souligner la Journée Optimiste
M. Eric Girard
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : M.
le Président, j'aimerais souligner la Journée Optimiste, célébrée mondialement
le premier jeudi de février.
Cette journée vise à reconnaître
l'engagement des membres de clubs Optimiste à offrir de l'espoir à nos
communautés et à mettre en lumière
les nombreuses actions des membres. Ils oeuvrent auprès de nos jeunes afin de
favoriser leur épanouissement, de les inspirer et de soutenir
leur développement. Les nombreuses activités organisées par les Optimistes favorisent ainsi des communautés dynamiques et un
environnement positif et formateur dans lesquels nos jeunes peuvent grandir.
Comme vous le savez,
M. le Président, le bénévolat est au coeur des actions des 2 500 membres
optimistes partout au Québec, qui offrent à chaque année des milliers d'heures
de bénévolat dans nos communautés, contribuant ainsi à les rendre meilleures.
M. le Président, en
ce premier jeudi de février, soyons Optimistes.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le député de Lac-Saint-Jean. La parole
revient maintenant à M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
Souligner l'importance de la
lutte contre la violence conjugale
M. Joël Arseneau
M. Arseneau :
M. le Président, on a tous le coeur serré en pensant aux six femmes qui ont
perdu la vie depuis le début de l'année, au Québec, en à peine un mois, toutes
tuées par leurs conjoints.
Quand on dit :
Pas une de plus, il faut agir en conséquence. C'est un problème collectif qui
requiert une réponse forte. Il faut doter
nos ressources d'aide et d'hébergement des moyens nécessaires pour
sensibiliser, former et intervenir, ce sont des leviers essentiels pour briser
le cycle de la violence. Nous devons éduquer nos jeunes pour que leurs
relations soient respectueuses, égalitaires, sans coercition ou jeux de
pouvoir. Offrons des services d'aide adaptés et accessibles. L'attente,
l'absence de services ou la banalisation sont inacceptables.
Si
elles étaient encore parmi nous, Tadjan'ah, Mary, Susana, Véronic, Mary-Keith,
Sonia-Maricela et toutes les autres victimes nous supplieraient d'agir.
Passons à l'action.
• (9 h 50) •
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député des Îles-de-la-Madeleine. Et la parole revient maintenant à
M. le député de Vanier-Les Rivières.
Souligner le
10e anniversaire d'Intégration TSA
M. Mario Asselin
M. Asselin :
J'ai le plaisir, aujourd'hui, M. le Président, de vous parler d'Intégration
TSA, un organisme de Vanier-Les Rivières, qui souligne son
10e anniversaire.
Pour
l'occasion, je veux saluer Mmes Léonie Faucher, directrice générale par
intérim, et Johanne de Blois, membre du conseil d'administration, qui
sont dans nos tribunes.
Créé à l'initiative
d'un groupe de parents afin de combler un vide de services, ITSA offre des
formations adaptées à un public âgé de 15 ans et plus présentant un
trouble du spectre de l'autisme dans leur transition vers la vie adulte et
active, tant du point de vue de l'emploi que dans le développement de leur
autonomie.
Dédié à leur
intégration au marché du travail, ITSA mise notamment sur le projet Libellule,
inauguré en 2023, visant à faciliter le maillage entre les travailleurs et les
entreprises, formant ainsi des travailleurs d'exception.
Je
veux aujourd'hui remercier toute l'équipe d'ITSA pour leur engagement et leur
souhaiter un bon 10e anniversaire.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Vanier-Les Rivières. Et la prochaine déclaration revient à
Mme la députée de Duplessis.
Rendre hommage à
Mme Manouchka Otis
Mme Kateri Champagne
Jourdain
195
19303
Mme Champagne
Jourdain : «Kuei», M. le Président. Je souhaite aujourd'hui
rendre hommage à Manouchka Otis,
enseignante innue à l'école secondaire Manikanetish à Uashat mak Mani-Utenam,
récemment honorée par le Prix d'histoire du Gouverneur général pour
l'excellence en enseignement, la plus haute distinction en histoire au pays.
Par
le projet Uapush, Manouchka Otis a su créer une approche éducative profondément
ancrée dans les savoirs, la culture et le territoire innus, permettant à de
jeunes élèves de se reconnecter à leur identité, à leur histoire et à leur
Nitassinan.
Son travail incarne
une éducation vivante, porteuse de fierté, de transmission et d'avenir. Il
démontre à quel point l'enseignement peut être un puissant levier de guérison
et de réconciliation.
Au nom de la
circonscription de Duplessis, je salue son engagement exceptionnel. Et je
conclus avec cette déclaration de Manouchka : «Le Nitassinan et le
Nutshimit ne sont plus seulement des lieux où nous vivons, mais des lieux qui
nous font vivre. Dans la pensée innue, le territoire enseigne et nourrit, la
forêt guide et la relation au vivant est au coeur de tout apprentissage.»
Merci.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Duplessis. Et je
reconnais maintenant Mme la députée de Fabre.
Rendre
hommage à M. François Legault
Mme Alice Abou-Khalil
Mme Abou-Khalil :
Bonjour, M. le Président. Aujourd'hui, je rends hommage à notre premier
ministre alors qu'il ferme un chapitre majeur de sa vie politique.
Pendant 28 ans,
il a choisi de servir, parfois au détriment de lui-même. 28 années de
décisions lourdes, de responsabilités
écrasantes, et surtout de sacrifices personnels. Des anniversaires manqués, des
soupers de famille écourtés. Des moments précieux qu'on ne peut ni
rattraper ni revivre.
La vie politique est
exigeante et souvent ingrate, les critiques sont bruyantes et les réussites
sont silencieuses. Et pourtant on continue. On tient, pour l'amour du Québec.
Cet amour, M. le
premier ministre l'a porté pendant près de trois décennies avec constance et
une détermination qui force le respect. Je
tiens à le remercier pour ces années de dévouement et surtout pour la confiance
qu'il m'a accordée.
M. le premier
ministre, merci. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Fabre. Et la prochaine
déclaration revient à M. le député de Beauce-Nord.
Féliciter Mme Lori-Anne
Berthiaume, gagnante du Concours
jeunes agriculteurs d'élite du Canada, section Québec
M. Luc Provençal
M. Provençal :
Merci, M. le Président. Le 13 janvier dernier, à Saint-Hyacinthe, se
tenait la cérémonie du Concours jeunes agriculteurs d'élite du Canada, section
Québec. À cette occasion, le titre fut décerné à une productrice agricole de ma
circonscription, Mme Lori-Anne Berthiaume, de Saint-Elzéar.
Et
pourtant Lori-Anne ne se voyait guère devenir agricultrice, elle qui détient
une maîtrise en administration des affaires. Elle rejoindra finalement son père
et son frère au sein de la ferme porcine familiale, dont elle est aujourd'hui
l'unique propriétaire.
Malgré
les épreuves, dont un important incendie, elle se relève et transforme les
crises en opportunités. Par exemple, le renouvellement du troupeau a
mené à une hausse significative de la productivité.
Guidée par les
conseils de son père et mentor, Cécilien Berthiaume, l'entreprise compte
aujourd'hui six pouponnières, 19 engraissements ainsi qu'une meunerie.
Au nom des citoyens
de Beauce-Nord, félicitations, Lori-Anne, pour cette importante distinction!
Ton parcours et ta détermination sont dignes de mention. Merci beaucoup, M. le
Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Beauce-Nord. Alors, voilà qui met fin à la rubrique
Déclarations des députés.
Nous allons suspendre
les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 55)
(Reprise à 10 h 08)
La
Présidente : Bonjour,
tout le monde. Messieurs dames les invités, vous êtes nombreux, ce matin. Le
parlement du Québec, c'est chez vous. Soyez les bienvenus.
Mmes, MM. les
députés, nous allons nous recueillir quelques instants.
Je vous remercie
beaucoup. Veuillez vous asseoir.
Nous poursuivons les
affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles.
Présentation
de projets de loi
À la rubrique
Présentation de projets de loi, M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Bonjour,
Mme la Présidente. Je vous demanderais d'appeler l'article a du feuilleton, s'il vous plaît.
Projet
de loi n° 17
La Présidente :
À l'article a du feuilleton, M. le ministre délégué à l'Économie et aux Petites
et Moyennes Entreprises présente le projet de loi n° 17, Loi modifiant principalement la Loi sur le
stockage de gaz naturel et sur les conduites de gaz naturel et de pétrole aux
fins d'encadrer les réservoirs souterrains et certaines conduites. M. le ministre.
M. Samuel Poulin
M. Poulin :
Merci beaucoup, Mme la Présidente.
Ce projet de loi
modifie la Loi sur le stockage de gaz naturel et sur les conduites de gaz
naturel et de pétrole afin principalement de permettre et d'encadrer la
recherche de réservoirs souterrains et de certains fluides. Il précise qu'il
n'a pas pour effet de permettre ou d'encadrer toute activité interdite en vertu
de la Loi mettant fin à la recherche d'hydrocarbures ou de réservoirs
souterrains, à la production d'hydrocarbures et à l'exploitation de la saumure.
Le projet de loi
prévoit qu'une personne ne peut rechercher ou exploiter un réservoir souterrain
ou certains fluides présents naturellement
sous la couche arable, autres que l'eau, sans être titulaire d'une licence dont
les conditions d'attributions et d'exercice sont déterminées par
règlement du gouvernement.
Le projet de loi
habilite le gouvernement à encadrer par règlement les normes applicables à la
réalisation de travaux, notamment en ce qui
nécessite des autorisations du ministre de l'Économie, de l'Innovation et de
l'Énergie, ainsi que celles relatives à la sécurisation, à la fermeture,
au réaménagement et à la restauration des sites.
Le projet de loi
prévoit des cas où un réservoir souterrain ou un fluide faisant partie du
domaine de l'État est réservé à l'État ou soustrait à toute activité de
recherche ou d'exploitation, notamment dans un périmètre d'urbanisation ou une aire protégée. Il prévoit la possibilité
pour le ministre de suspendre temporairement l'attribution d'une licence sur
un terrain jusqu'à ce qu'il procède à une réserve à l'État ou à une
soustraction.
Le projet de loi
prévoit l'obligation pour le titulaire d'une licence et le titulaire d'un droit
minier dont les droits portent sur le même
territoire de conclure une entente concernant l'exercice de leurs activités
dans les cas et aux conditions déterminés par règlement.
Le projet de loi
prévoit diverses mesures dont l'obligation du ministre de surveiller des sites
où des activités de stockage de carbone ont été réalisées, le caractère public
des documents et des renseignements transmis au ministre par le titulaire d'une
licence, sous réserve de ceux déterminés par règlement du gouvernement, ainsi
que la possibilité pour le gouvernement
d'autoriser la mise en oeuvre d'un projet pilote. Il limite aux conduites de
pétrole les autorisations de construction et d'utilisation de conduites
prévues par la loi.
Le projet de loi
prévoit un mécanisme et les obligations pour que des conditions de réalisation
de travaux soient intégrées dans la réglementation municipale. Il prévoit la
possibilité pour une municipalité, dans certains cas et aux conditions
déterminés par règlement du gouvernement, d'empêcher la réalisation de travaux.
Finalement, le projet
de loi prévoit des dispositions de concordance, transitoires et finales. Merci.
• (10 h 10) •
La
Présidente : Et je reconnais M. le leader de l'opposition officielle,
oui.
M. Derraji : Mme la Présidente, nous
souhaitons la tenue de consultations particulières sur ce projet de loi. Merci.
Mise
aux voix
La Présidente :
Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi?
Des voix :
Adopté.
La Présidente :
Adopté.
Dépôt
de documents
À la rubrique Dépôt
de documents, M. le ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie.
M. Boulet :
Mme la Présidente, permettez-moi de déposer le rapport annuel sur
l'évolution du marché au détail d'essence ou de carburant diesel de la Régie de
l'énergie. Merci.
La
Présidente : Ce document est déposé.
Dépôt
de rapports de commissions
À
la rubrique Dépôt de rapports de commissions, M. le président de la Commission de l'aménagement du territoire et
député de Drummond—Bois-Francs.
Consultations
particulières sur le projet de loi n° 13
M. Schneeberger : Merci, Mme la Présidente.
Alors, je dépose le rapport de la Commission de l'aménagement du territoire
qui, les 3 et 4 février 2026, a tenu des auditions publiques dans le cadre
des consultations particulières sur le projet de loi n° 13, Loi visant à favoriser la sécurité et le sentiment
de sécurité de la population et modifiant diverses dispositions.
La
Présidente : Et ce rapport est déposé.
Dépôt de pétitions
À la rubrique Dépôt
de pétitions, M. le député de Pontiac.
Élargir
l'accès aux systèmes de surveillance du glucose en continu
pour les personnes vivant avec le diabète de type 2
M. Fortin :
Merci, Mme la Présidente. Je dépose, au nom de mon collègue de LaFontaine,
l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 360 pétitionnaires. Désignation :
citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que des
technologies efficaces et simples d'utilisation, telles que les capteurs de
surveillance du glucose en continu, permettent une gestion plus précise et
proactive du diabète, réduisant les épisodes d'hypoglycémie, les
hospitalisations et les visites aux urgences;
«Considérant que ces technologies améliorent
significativement la qualité de vie des patients, favorisent l'autonomie
et facilitent l'ajustement des traitements en temps réel;
«Considérant que le
diabète touche plus d'un million de Québécois et représente un fardeau majeur
pour notre système de santé, tant en termes de coûts directs que de
complications évitables;
«Considérant que
l'accès à ces dispositifs demeure très limité au Québec, comparativement à
l'Ontario et à plusieurs autres provinces canadiennes, où les critères
d'admissibilité sont plus souples et inclusifs;
«Considérant que
cette disparité crée une iniquité dans les soins offerts aux personnes vivant
avec le diabète au Québec, malgré des besoins cliniques similaires;
«Considérant
que l'élargissement de l'accès à ces technologies pourrait générer des
économies importantes pour le réseau de la santé, tout en réduisant le
fardeau sur les professionnels et les établissements de soins;
«Considérant que
cette demande s'inscrit directement dans l'orientation #1 de la Stratégie
nationale de prévention, qui vise à réduire le fardeau des maladies évitables
par des interventions efficaces et accessibles;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
signataires, demandons au gouvernement du Québec d'élargir l'accès aux systèmes
de surveillance du glucose en continu pour les personnes vivant avec le
diabète de type 2 avec ou sans insuline, afin d'assurer une prise en
charge équitable, moderne et efficace de cette maladie chronique.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
La Présidente :
Et cet extrait de pétition est
déposé. Je reconnais maintenant le député de Taschereau. M. le député.
Cesser
les investissements de fonds publics pour
le troisième lien entre Québec et Lévis
M. Grandmont : Mme la Présidente, je
dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée
par 3 917 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes
du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que le
gouvernement du Québec a accepté de débloquer 275 millions de dollars en
2025 pour le projet de troisième lien entre Québec et Lévis;
«Considérant que ce
projet ne repose sur aucune étude scientifique et que le gouvernement du Québec
n'a réalisé aucune étude d'opportunité, ni aucune étude sur la sécurité
économique, visant à évaluer la nécessité du projet;
«Considérant
que le gouvernement du Québec avait annoncé l'abandon de ce projet en avril
2023, parce qu'aucune donnée ne justifiait l'implantation d'un tunnel
autoroutier entre les centres-villes de Québec et [de] Lévis;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
signataires, demandons au gouvernement du Québec de cesser tout investissement
de fonds publics pour le troisième lien, afin de prioriser des
investissements dans le maintien des actifs et le transport collectif.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
La
Présidente : Et cet extrait de pétition est déposé. Et, à nouveau, M. le
député de Taschereau.
M. Grandmont : Je dépose l'extrait d'une
pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par 334 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que le gouvernement du Québec a accepté de débloquer 275 millions de
dollars en 2025 pour le projet de troisième lien entre Québec et Lévis;
«Considérant
que ce projet ne repose sur aucune étude scientifique et que le gouvernement du
Québec n'a réalisé aucune étude d'opportunité, ni aucune étude sur la
sécurité économique, visant à évaluer la nécessité du projet;
«Considérant que le
gouvernement du Québec avait annoncé l'abandon de ce projet en avril 2023,
parce qu'aucune donnée ne justifiait l'implantation d'un tunnel autoroutier
entre les centres-villes de Québec et Lévis;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
signataires, demandons au gouvernement du Québec de cesser tout investissement
de fonds publics pour le troisième lien, afin de prioriser des
investissements dans le maintien des actifs et le transport collectif.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
La
Présidente : Cet extrait de pétition est déposé. Et je reconnais
maintenant Mme la députée de Verdun.
Rénover
l'Institut universitaire en santé mentale Douglas
Mme Zaga
Mendez : Merci, Mme la Présidente. Je dépose l'extrait d'une pétition
adressée à l'Assemblée nationale, signée par 600 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que
l'état actuel des infrastructures de l'Institut universitaire en santé mentale
Douglas est largement vétuste, avec 65 %
des bâtiments classés en mauvais ou très mauvais état, selon les critères du
gouvernement;
«Considérant que les
conditions d'hospitalisation compromettent la qualité des soins, la dignité des
patients et la sécurité du personnel en plus d'être indignes d'un système de
santé moderne et humain;
«Considérant que les
conséquences de l'état actuel des infrastructures sont concrètes et
inquiétantes, puisque les Québécois et Québécoises ne veulent plus s'y faire
soigner;
«Considérant que le
gouvernement du Québec a investi 2 M$ en 2020 pour amorcer l'étape
préliminaire du projet, mais que le projet n'a toujours pas avancé depuis;
«Considérant que la
stagnation du projet de rénovation du Douglas compromet les conditions de
travail pour tout le personnel;
«Considérant que la
rénovation du Douglas est cohérente avec les priorités gouvernementales en
matière d'investissement public, de lutte
contre le sous-financement chronique de la santé mentale, et de réponse
concrète à la hausse de l'itinérance, des dépendances et des enjeux
psychosociaux;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
signataires, demandons au gouvernement du Québec que le projet de rénovation de
l'Institut universitaire en santé mentale Douglas passe rapidement à
l'étape de réalisation.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
La
Présidente : Et cet extrait de pétition est déposé.
Il n'y a pas de
réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de
droit ou de privilège.
Je vous avise
qu'après la période de questions et de réponses orales sera tenu le vote
reporté sur la motion de Mme la députée de Robert-Baldwin débattue hier aux
affaires inscrites par les députés de l'opposition.
Questions
et réponses orales
Nous en sommes
maintenant rendus à la période de questions et de réponses orales, et, pour ce
faire, je cède la parole, en question principale, au chef de l'opposition officielle.
Orientations
gouvernementales en matière d'immigration
M. Marc
Tanguay
M. Tanguay : Mme la Présidente, nous
n'avons pas devant nous uniquement un gouvernement en fin de régime mais un gouvernement en
faillite. Et, quand il y a une faillite, on dresse le bilan.
On va parler, aujourd'hui, d'immigration. Les
travailleurs étrangers temporaires sont essentiels à nos services publics et à
l'économie du Québec. La CAQ aura été, pendant toutes ces années, incapable
d'articuler une politique forte en immigration pour notre économie et nos
services publics. Et le Parti québécois veut faire encore pire, Mme la
Présidente, en coupant notamment dans l'immigration
économique. Nous allons continuer, au Parti libéral du Québec, à dénoncer ces
deux mauvaises visions là.
Le 28 janvier
dernier, Radio-Canada nous apprenait que des milliers de travailleuses et de
travailleurs du réseau de la santé risquent
de devoir quitter à cause de la mauvaise politique de la CAQ. Julie Bouchard,
présidente de la FIQ, référait, entre autres, à
4 000 préposées aux bénéficiaires, ça, c'est des chiffres de Santé
Québec, 1 200 infirmières. Donc, la présidente
de la FIQ disait, et je la cite : «Elles ont répondu à l'appel du Québec.
Elles ont quitté leurs emplois, leurs familles et vendu leurs biens pour
venir soigner, bâtir un avenir et contribuer à un réseau public fragilisé qui
avait besoin de leur expertise.» Fin de la
citation. Mme la Présidente, Martin Beaumont, PDG du CHU de Québec, dit que
cette incertitude est radioactive et que la décision du gouvernement
menace la stabilité des soins.
Alors,
si ce n'est pas le premier ministre, est-ce qu'il y a un des candidats de la
chefferie qui peut nous confirmer que personne de ces travailleuses ne
vont quitter le Québec?
• (10 h 20) •
La
Présidente : La réponse du ministre de l'Immigration, de la
Francisation et de l'Intégration. On l'écoute.
M. Jean-François
Roberge
M. Roberge : Merci, Mme la
Présidente. Mon collègue nous dit qu'on n'a pas une vision intégrée. Ce n'est
pas exact. On vient de faire un exercice sérieux de planification pluriannuelle
sur quatre ans. On a bien précisé qu'on allait accueillir
45 000 immigrants permanents à chaque année. C'est moins qu'au cours
des deux dernières années, mais c'est proche de la moyenne des
10 dernières années. Notamment, sous le gouvernement libéral, on se
maintenait autour de 50 000. Et c'est plus que le Parti québécois, qui,
lui, aurait bien de la difficulté à accueillir des gens, particulièrement en
région, particulièrement dans le secteur manufacturier.
Par rapport à la santé, je
veux préciser quelque chose. Cette crainte de voir le permis de travail non
renouvelé, qui crée beaucoup d'angoisse dans le réseau à la grandeur du Québec
parce que le gouvernement fédéral refuse de renouveler des permis, cette
crainte est beaucoup moins présente dans le réseau de santé parce que le
fédéral a un seuil de 20 %, donc le
risque de ne pas être renouvelé est beaucoup plus petit. Je discute avec Ottawa
en ce moment, pour rassurer tous ces travailleurs, toutes ces
travailleuses.
Et je veux dire quelque chose. Dans le Programme
de sélection des travailleurs qualifiés, les travailleurs de la santé sont
priorisés. Et je m'engage à ce que le gouvernement sélectionne ces personnes,
ces travailleurs et travailleuses essentiels qui travaillent dans le réseau de
la santé, d'ici la fin de l'année 2026. Voici qui devrait rassurer les
gens.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Marc Tanguay
M. Tanguay : Mme la Présidente,
on vient d'entendre le ministre qui s'engage personnellement à aucune des
travailleuses et travailleurs dans le réseau de la santé, les 6 300, ne
quitte le Québec, qu'ils soient confirmés. Et je porte à son attention le cas de Mme Silva, une infirmière clinicienne,
qui dit : Moi, j'avais quitté le Brésil... Je la paraphrase, Mme la Présidente. Elle a quitté le Brésil
en 2023 pour s'installer au Québec. Elle se sent trahie, elle se sent esseulée.
Peut-il confirmer, le ministre, qu'aucune de ces travailleuses
essentielles, aucune ne va quitter?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Jean-François Roberge
M. Roberge : Mme la Présidente,
je pense que j'ai été suffisamment clair. Il y a plusieurs personnes qui
donnent des services essentiels dans le réseau de la santé. Plusieurs de ces
personnes ont un permis qui est temporaire, ce
sont des travailleurs ou des travailleuses temporaires dans le réseau de la
santé, de toutes sortes de catégories d'emploi. Et on a analysé ça. On
voit que ces personnes-là ont, dans certains cas, un permis qui vient à
échéance cette année, un permis temporaire
qu'Ottawa peut renouveler ou pas, mais on discute avec Ottawa pour être sûrs de
les renouveler. Et nous, grâce à notre Programme
de sélection des travailleurs qualifiés,
nous sommes capables de garantir que nous allons sélectionner ces
personnes-là d'ici la fin de l'année. D'ailleurs, c'est une assurance que le Programme
de l'expérience québécoise ne pourrait pas donner à ces personnes-là.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Marc Tanguay
M. Tanguay : Mme
la Présidente, l'immigration, on le
disait d'entrée de jeu, services publics, c'est important, nos entreprises
également. Le 29 janvier, Le Journal de Montréal révélait qu'Alstom
pourrait perdre 175 travailleurs d'ici 12
à 18 mois, dont le permis de travail va tomber à échéance.
La Pocatière, c'est des soudeurs, des peintres, des techniciens,
des monteurs. Siège social à Saint-Bruno, ce sont des ingénieurs, des gestionnaires
de projet, des personnels de vente.
Le ministre
peut-il, là aussi, garantir qu'Alstom et toutes les entreprises qui ont des
travailleurs essentiels ne perdront personne?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Jean-François Roberge
M. Roberge : Mme la Présidente,
je suis content de voir que le collègue a dit : Le permis de ces personnes
va arriver à échéance. Donc là, on pointe
vraiment le coeur du problème. Les personnes qui sont ici sont sur des permis
de travail. Le gouvernement québécois ne peut ni émettre, ni renouveler, ni
retirer des permis de travail, ça relève d'Ottawa. Donc, j'espère que
mon collègue va nous aider, va appeler à sa maison mère pour convaincre le
gouvernement fédéral libéral de renouveler les permis de travail, notamment
dans nos régions, dans le secteur manufacturier et aussi dans le secteur
touristique, qui fait vivre nos régions québécoises. Ça suffit, de menacer les
gens de retirer leurs permis de travail et de les sortir du pays, les arracher
à leurs emplois!
La Présidente : Troisième
complémentaire.
M. Marc Tanguay
M. Tanguay : Sur cette belle
lancée, Mme la Présidente, va-t-il aller jusqu'au point de dire qu'il est
d'accord avec son collègue de Lévis, qui, lui aussi, réclame une clause de
droits acquis pour tous les travailleuses et travailleurs qui avaient le PEQ
dans leur visée, Mme la Présidente?
Alors, le collègue de Lévis a dit : Les
travailleurs immigrants qui sont déjà sur notre territoire depuis deux ans, qui
sont déjà intégrés et qui travaillent dans nos domaines prioritaires, eux, ils
doivent rester. Il est pour une clause de droits acquis.
Veut-il se retourner et confirmer à son collègue candidat à la chefferie qu'il
a raison et qu'il va leur accorder, oui, des droits acquis?
La
Présidente : La réponse du ministre.
M. Jean-François
Roberge
M. Roberge :
Mme la Présidente, ça allait bien, à la question précédente, pour le
collègue. J'espère qu'il va continuer de travailler pour les Québécois, les
Québécoises mais aussi pour les entreprises québécoises qui sont partout dans les régions. Ce n'est pas normal qu'Ottawa
ait changé les règles du jeu comme ça, à l'automne, en septembre 2024,
en disant aux entreprises : Les gens que vous avez fait venir, que vous
avez formés, qui sont qualifiés, les gens qui vous permettent de remplir votre
carnet de commandes, bien, moi, je vais leur enlever leurs permis de travail.
C'est ce qu'Ottawa dit. Ottawa doit revirer de bord, doit écouter la voix du
Québec. Et j'espère que l'Assemblée nationale parle d'une seule et même voix
pour qu'on renouvelle les permis de travail de ces personnes.
La
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant la
députée de Jeanne-Mance—Viger.
Abolition du Programme de
l'expérience québécoise
Mme Filomena
Rotiroti
Mme Rotiroti :
Merci, Mme la Présidente. Depuis plusieurs jours, le milieu économique tire
la sonnette d'alarme sur les effets des modifications au Programme de
l'expérience québécoise. Le Conseil du patronat du Québec affirme que le nouveau Programme de sélection des travailleurs qualifiés ne fonctionne pas. Il crée de l'incertitude pour
les employeurs qui doivent planifier leur main-d'oeuvre.
De son côté, la Fédération
canadienne de l'entreprise indépendante réclame, comme plusieurs intervenants,
une clause de droits acquis. Cette demande est d'autant plus importante alors
que, malgré l'immigration temporaire et permanente,
12 régions du Québec manquent toujours des travailleurs pour répondre aux
besoins des PME. Ces entreprises parlent
aujourd'hui de pertes de travailleurs déjà intégrés, des contrats refusés, de
projets d'expansion mis sur pause et, dans certains cas, risque de
fermeture.
Mme
la Présidente, comment le ministre peut-il continuer de s'entêter, alors que
les acteurs économiques lancent le signal clair que ses choix mettent en
péril les PME partout au Québec?
La
Présidente : La réponse du ministre de l'Immigration, de la
Francisation et de l'Intégration.
M. Jean-François
Roberge
M. Roberge :
Merci, Mme la Présidente. Ma collègue nomme certaines problématiques.
Malheureusement, elle ne cite pas la bonne
solution. Le Programme de
l'expérience québécoise ne permettait
pas de donner davantage de citoyenneté, québécoise, canadienne, à chaque
année, on avait un seuil à respecter. Et, peu importe que ce soit l'ancien
programme ou le nouveau programme, quand on a atteint notre seuil, on arrête.
Qu'est-ce qui arrive,
maintenant, avec les gens qui ne sont pas admis... qui ne sont pas sélectionnés
cette année? Bien, ils peuvent rester sur le
territoire et appliquer l'an prochain. Et c'est ce contrat-là qu'a brisé Ottawa
en disant : Non, moi, je vais t'expulser quand ton permis va
arriver à la fin.
Est-ce que ma
collègue peut joindre sa voix à moi et au Conseil du patronat, qui, d'ailleurs,
poursuit le gouvernement fédéral pour
400 millions de dollars — elle
ne l'a pas mentionné, ça — est-ce
qu'elle peut se joindre à moi et au Conseil du patronat pour inviter
Ottawa à revoir sa politique, qui est totalement irresponsable?
La
Présidente : Première complémentaire. Pour ce faire, je reconnais la
députée de La Pinière.
Mme Linda
Caron
Mme Caron :
Mme la Présidente, le PQ nous plonge dans l'incertitude avec son
référendum, et le ministre de l'Immigration sème le chaos en abolissant le PEQ.
Les hôteliers et les restaurateurs sont très inquiets. Quels emplois seront
valorisés dans cette industrie qui génère des milliards de retombées et des
dizaines de milliers d'emplois dans toutes les régions? Le ministre fait mal à
l'économie du Québec. À quand une clause de droits acquis pour tous les
travailleurs du milieu touristique?
La Présidente :
La réponse du ministre.
M. Jean-François
Roberge
M. Roberge : Bien, Mme la Présidente,
peu importe qui est au gouvernement, je pense que tout le monde a une responsabilité de respecter la capacité d'accueil
du Québec. On ne peut pas accepter 50 000, 80 000, 100 000 immigrants
permanents à chaque année. On a des seuils qu'on doit respecter.
Maintenant,
pour les gens qui sont ici avec un statut temporaire, dans certains cas ils
veulent rester ici toute leur vie, dans
d'autres cas ils viennent quelques années, avant de repartir, pour envoyer de
l'argent chez eux. Ces gens-là qui sont sur statut temporaire, il faut
s'assurer de les conserver dans les entreprises, là où ils sont. Je me bats
pour ça. J'ai communiqué plusieurs fois avec
Ottawa. J'ai envoyé des lettres. J'ai même déposé la lettre en commission
l'automne dernier. J'ai parlé à la ministre de l'Immigration la semaine
dernière. J'espère que ma collègue va travailler avec nous.
La
Présidente : Deuxième complémentaire. Et, pour ce faire, je reconnais
le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Frédéric
Beauchemin
M. Beauchemin :
Mme la Présidente, à Trois-Rivières, dans le comté du ministre de
l'Économie, la compagnie LTR Location va
perdre le tiers de ses employés à cause de la fin du PEQ. Ça va se traduire en
perte de contrats, perte d'argent, perte d'investissement, tout le contraire de
ce qu'on a de besoin pour faire avancer le Québec. Par son silence, le
ministre de l'Économie, là, il nuit à son comté puis il nuit à l'économie.
C'est pour quand, la
clause grand-père pour le programme du PEQ?
La
Présidente : La réponse du ministre.
M. Jean-François
Roberge
M. Roberge : Mme la Présidente, c'est
triste de voir que mon collègue explique quelque chose sans l'avoir compris.
Il nous dit : Les gens vont partir à cause de la fin d'un programme. Le
programme...
Des voix : ...
La Présidente :
S'il vous plaît! Attendez. S'il
vous plaît! C'est une critique. Poursuivez, M. le ministre. On retrouve
le silence.
M. Roberge :
Mon collègue dit que des gens pourraient devoir partir à cause de la fin
d'un programme. Or, l'ancien programme, avec les seuils que nous avons aujourd'hui
et que nous avions dans les années passées, n'aurait pas permis de donner des certificats de sélection du Québec à plus de
29 000 personnes, de toute manière. Si Ottawa retire les permis et expulse les personnes avant qu'on
leur donne leur certificat d'acceptation du Québec, que ce soit via le nouveau
programme ou l'ancien programme, le problème reste entier, entier. Le
comprend-il?
• (10 h 30) •
La
Présidente : En question principale, je reconnais la députée de Mont-Royal—Outremont.
Abolition du Programme de
l'expérience québécoise
Mme Michelle
Setlakwe
Mme Setlakwe : Mme la Présidente, depuis
la fin brutale du PEQ, les cégeps et les universités partout au Québec
constatent des impacts négatifs réels. Le Québec est en train de perdre des
talents essentiels pour notre recherche, notre innovation, notre économie. On est en train aussi de compromettre notre
capacité de recrutement et de miner notre attractivité.
Pire
encore, le gouvernement a changé les règles après avoir recruté des étudiants
internationaux en leur promettant une voie rapide vers la résidence permanente.
La promesse était claire : étudier ici, contribuer ici, s'établir ici.
Résultat, en revenant sur sa parole, la CAQ envoie le message que les portes du
Québec sont fermées et pousse des talents à s'établir dans d'autres provinces.
Devant des décisions
aussi improvisées et sans clause grand-père, on est en droit de se
demander : Mais où est la ministre de l'Enseignement supérieur? La
ministre va-t-elle enfin s'imposer auprès de son collègue à l'Immigration ou
doit-on comprendre qu'elle n'a aucun poids, alors que les talents fuient et
qu'on nuit à notre économie?
La
Présidente : La... La réponse du ministre de l'Immigration, de
l'Intégration et de la Francisation.
M. Jean-François
Roberge
M. Roberge :
Mme la Présidente, même sous l'ancien programme, il fallait compléter des
programmes et il fallait aussi avoir une connaissance du français pour être
admis, ce n'était pas tout le monde. Mais, dans le nouveau Programme de sélection des travailleurs qualifiés, le terme «sélection» nous permet de prioriser,
justement, les diplômés du Québec.
Dans l'invitation qu'on vient de terminer, en janvier, 64 % des personnes
sélectionnées avaient... sont titulaires d'un diplôme québécois. C'est
extraordinaire. C'est une belle opération de valorisation des diplômes
québécois mais aussi de nos institutions régionales, nos diplômes de nos cégeps
québécois, à Baie-Comeau, à Saguenay, aussi en Beauce, partout au
Québec. Nous, on travaille pour attirer les gens dans les régions, leur
permettre de s'enraciner là et les sélectionner en fonction de leur enracinement régional pour valoriser l'économie
régionale et l'occupation du territoire. Mais le Parti libéral, ils ne
sont pas d'accord avec ça.
La Présidente : Première
complémentaire. Et, pour ce faire, je reconnais la députée de Vaudreuil.
Mme Marie-Claude Nichols
Mme Nichols :
La fin du PEQ fait mal aux universités mais aussi à toutes les régions du
Québec. Les maires, les mairesses, soutenus par la FQM et l'UMQ, lancent un cri
du coeur au gouvernement, ils dénoncent cette décision inhumaine de mettre à la
porte les hommes, les femmes que nous avons convaincus de venir ici et prêter
main-forte. De Montréal à Québec, en passant
par Trois-Rivières, Magog, Laval, les maires demandent une chose: faire preuve
d'humanité.
Pourquoi la ministre
des Affaires municipales, tant dévouée, ne demande pas à son collègue de mettre
en place une clause de droits acquis?
La
Présidente : La réponse du ministre.
M. Jean-François
Roberge
M. Roberge :
Parlons-en, des régions, Mme la Présidente. Dans l'ancien programme, le
PEQ, 60 % des gens qui étaient sélectionnés étaient dans la région de
Montréal. Maintenant, 60 % des gens qui ont été sélectionnés sont à l'extérieur de la CMM. Ça ne veut pas dire qu'on
ne prend personne à Montréal, dans la dernière invitation une personne
sur trois était carrément sur l'île de Montréal, mais c'est un revirement de
situation extraordinaire, parce qu'on est capables de valoriser et de
sélectionner des personnes qui habitent à l'extérieur du Grand Montréal.
La
politique des libéraux de dire : On va attirer des gens à Montréal, puis,
cinq ans, 10 ans plus tard, on va essayer de les convaincre de
déménager en région, c'est un échec, et on ne répète pas les échecs, nous, on
innove.
La
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Marie-Claude
Nichols
Mme Nichols :
...Mme la Présidente, je comprends que la ministre des Affaires municipales
ne se lève pas, ni même la tête, ni pour appuyer le maire de Québec, ni pour
appuyer la mairesse de Montréal, ni pour appuyer le maire de Laval, ni pour appuyer le maire de
Trois-Rivières, ni même l'UMQ. Je comprends qu'elle est déjà partie. Mais je
demande quand même à quoi ça sert, une ministre des Affaires municipales
qui voit que l'économie de nos municipalités, elle est complètement perturbée
et qui laisse son collègue de l'Immigration ne rien faire. À quand une clause
grand-père?
Des voix :
...
La
Présidente : Je vous entends, de l'autre côté, là. La réponse... M. le
leader du gouvernement! La réponse du ministre.
M. Jean-François
Roberge
M. Roberge :
Merci, Mme la Présidente. Alors, je pense qu'au cours des dernières
réponses on a pu expliquer réellement que le gouvernement travaille de manière
très sérieuse, avec une planification pluriannuelle qui donne une prévisibilité
sur quatre ans, des seuils qui permettent de respecter la capacité d'accueil du
Québec, et un travail où, contrairement aux libéraux, on n'est pas couchés
devant Ottawa, mais on se tient bien debout, droits et fiers, pour défendre nos
régions et renouveler les permis de travail de ces personnes-là, qui
travaillent et qui font vivre nos régions, qui permettent au secteur
manufacturier, notamment, touristique aussi de rester bien vivants, forts et
fiers. Et, de ça, Mme la Présidente, nous ne
nous excuserons pas. Nous allons continuer d'avoir une politique d'immigration
qui prend soin des gens, qui valorise le français, qui prend soin des
régions.
La
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le député
de l'Acadie.
Abolition
du Programme de l'expérience québécoise
M. André
Albert Morin
M. Morin :
Mme la Présidente, vous venez de l'entendre, ce sont plusieurs secteurs qui
sont touchés, au Québec, avec l'abolition du
PEQ. Le changement des règles en plein match a un impact sur notre économie,
sur les régions, sur les communautés locales. L'abolition du PEQ, c'est
un impact majeur sur nos universités, les gens qui sont venus au Québec, à
l'invitation du Québec, avec des règles claires puis qui voulaient contribuer à
notre économie.
C'est le cas, entre
autres, de Jeanne De Roover, une étudiante belge qui étudie à la maîtrise en
éducation, qui veut rester au Québec et qui
voulait utiliser le PEQ. Ça n'existe plus. Croyez-moi, madame, elle voudrait
utiliser le PSTQ, mais elle n'a pas assez de points. Elle va faire quoi?
L'impact, c'est dans les services publics, c'est dans l'éducation.
L'abolition
du PEQ plonge les gens dans l'incertitude, et le ministre fait mal à notre
économie. À quand une clause de droits acquis?
La Présidente : La réponse du
ministre de l'Immigration, de l'Intégration et de la Francisation.
M. Jean-François Roberge
M. Roberge :
Mme la Présidente, les gens du Parti libéral, l'opposition officielle,
n'ont aucune leçon à donner au gouvernement en matière de gestion de
l'immigration. C'était le chaos quand nous... quand sommes arrivés. Il fallait
attendre des années, des années et des années avant d'avoir la résidence
permanente. Ils étaient incapables de franciser les gens qu'ils accueillaient
sur le territoire québécois, à tel point que le Vérificateur général avait
qualifié de chaos leur gestion. Depuis ce temps-là... Eux francisaient
25 000 personnes par année. L'an passé, nous avons francisé
90 000 personnes sur le territoire québécois.
Nous sommes donc
capables d'accueillir des résidents permanents qui respectent la capacité
d'accueil, capacité de loger, capacité de scolariser, capacité de soigner, on
est capables d'avoir une politique avec des travailleurs étrangers temporaires
qui répondent à des besoins ponctuels, après analyse d'impact sur le marché du
travail, puis on est capables de franciser les gens qu'on accueille sur le
territoire québécois, ce qu'eux n'ont jamais fait. Si j'étais eux, je resterais
assis, Mme la Présidente. C'est gênant, ce qu'ils ont fait.
Des voix :
...
La
Présidente : Excusez! Il y a une personne qui a le droit de parole
ici, et ce sera le député de l'Acadie. J'aimerais l'entendre.
M. André
Albert Morin
M. Morin :
Et c'est avec joie que je me lève pour continuer à parler de l'immigration,
parce que, s'il y a un chaos qui a été créé,
c'est le ministre qui l'a créé avec l'abolition du PEQ. Ça crée de
l'incertitude, et ce que ça fait, c'est qu'on manque d'humanité. Puis ça, l'humanité, c'est une véritable valeur
québécoise, je ne sais pas si le ministre l'a oublié, mais, c'est clair,
il brise des rêves, il brise des vies.
Est-ce qu'il va
accorder une clause de droits acquis?
La
Présidente : La réponse du ministre.
M. Jean-François
Roberge
M. Roberge :
Mme la Présidente, on donne, après plusieurs années... Ce que les gens ont
demandé, c'est une prévisibilité, autant le milieu de l'enseignement supérieur,
qu'on a entendu lors des auditions pour les consultations particulières pour la
planification pluriannuelle, que les gens de l'économie, ils voulaient savoir
combien de personnes on allait accueillir à
chaque année dans chacun des secteurs et ils voulaient le plus de prévisibilité
possible. On l'a fait pour quatre ans. Mais le Parti libéral, il
n'est pas... il n'était pas d'accord avec ça.
Le
Parti libéral n'est pas d'accord non plus pour qu'on puisse dire, en ce moment,
dans nos CISSS, dans nos CHSLD, dans des secteurs de la santé... pour qu'on
puisse dire à des infirmières ou des préposés aux bénéficiaires : Venez au
Québec, nous allons être capables de vous
donner la résidence permanente en quelques mois. Si je les écoutais, ça
prendrait des années, et des années, et des années, parce que ce serait
premier arrivé, premier servi.
La
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. André Albert Morin
M. Morin :
Oui. Alors, la vérité, Mme la
Présidente, c'est que le ministre est isolé. Personne dans la société civile
ne l'appuie, personne. Il est même entrain de perdre son caucus sur la
question, ils sont divisés là-dessus.
Il
nous disait : Oh! faites attention, clause de droits acquis,
350 000 personnes vont rester au Québec. Il est rendu à lancer
des chiffres farfelus pour tenter de justifier l'injustifiable. Les experts
disent que c'est inexact.
Est-ce qu'il a
complètement perdu le contrôle de son ministère?
Des voix : ...
La Présidente :
Bon, attendez, j'ai entendu... M.
le leader de l'opposition officielle, on ne dit pas de bravo, vous le savez,
merci, article 32. La réponse du ministre.
M. Jean-François Roberge
M. Roberge :
Je vais poursuivre mon explication que j'ai commencée tout à l'heure. Cas
concret, très clair : un CISSS qui veut
attirer une infirmière en février, en mars prochain, voudrait être capable de
lui dire que sa candidature est exceptionnelle et qu'on sera rapidement
capables de traiter son dossier parce qu'il est prioritaire. Si j'écoute mon
collègue, ça va être premier arrivé, premier servi, les gens qui sont arrivés
en 2019, 2018, 2021, 2022, tout le monde qui sont arrivés avant elle, jusqu'à
350 000 personnes, pourraient passer devant cette personne-là, et
elle pourrait avoir à attendre des années, des années,
des années. Moi, je veux préserver l'attractivité dans les secteurs
prioritaires. C'est de valeur que le Parti libéral ne soit pas là.
• (10 h 40) •
La
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant la
députée de Verdun.
Modernisation
de l'Institut universitaire
en santé mentale Douglas
Mme Alejandra
Zaga Mendez
Mme Zaga
Mendez : Merci, Mme la Présidente. La semaine dernière, tout le Québec
a été témoin de l'état catastrophique des bâtiments de l'institut
Douglas : un plafond qui s'effondre, des locaux complètement inondés, des
millions de dollars perdus en raison de l'inaction de la CAQ. Ce n'est qu'un
aperçu de ce que les patients et le personnel vivent depuis des années.
D'ailleurs, des
membres du personnel du Douglas sont ici avec nous aujourd'hui. Il ne manque
pas d'exemples pour illustrer l'urgence de
la situation : des moisissures, des plafonds troués, des rongeurs, un
système électrique vétuste, des chambres sans climatisation, des
patients en détresse forcés de traîner leurs matelas dans les salles communes
pour espérer dormir pendant la nuit, des
conditions indignes d'un établissement en santé. Au Québec, il est devenu
impossible de traiter la détresse psychologique dans un environnement que
lui-même génère de la souffrance.
Il y a un projet
promis par la CAQ depuis 2020. Est-ce que la ministre va enfin livrer ce
projet?
La
Présidente : La réponse. Ministre responsable des Infrastructures? Oui,
voilà. Le ministre responsable des Infrastructures.
M. Benoit
Charette
M. Charette : Merci, Mme la Présidente.
Merci à la collègue pour la question. La situation de l'hôpital Douglas, elle
est bien connue du gouvernement. En fait, elle est connue depuis des années, et
des années, et des années. Elle est le résultat d'une négligence des
administrations précédentes, qui ont, malheureusement, sous-financé le maintien
des actifs.
Lorsqu'on a pris le
gouvernement, en 2018, essentiellement, le PQI était doté d'une enveloppe de
100 milliards de dollars. Nous sommes à
164 milliards, aujourd'hui, et les deux tiers de ces sommes-là sont dédiés
au maintien d'actif. C'est dire le rattrapage qui est à faire.
Et la situation qui
est décrite présentement n'est malheureusement pas unique à l'hôpital Douglas,
il y a des hôpitaux partout au Québec qui ont manqué d'entretien, au cours des
dernières années, et nous sommes en train de corriger la situation.
Pour ce qui est des
cas spécifiques, je prie la collègue d'attendre la présentation du projet...
prochain PQI pour préciser, justement, quels seront les projets qui pourront
avancer au cours des prochaines années.
La
Présidente : Première complémentaire.
Mme Alejandra
Zaga Mendez
Mme Zaga
Mendez : La réponse du ministre est un aveu d'échec. Parce que
qu'est-ce que ça va prendre pour déclarer la modernisation du Douglas? Tout le
monde, tout le Québec a vu comment le plafond s'est écroulé. Ce n'est pas
suffisant? Puis je sais que ni le ministre des Infrastructures ni la ministre
de Santé et Services sociaux ne s'est rendu sur le terrain. J'ai amené le
terrain à eux. Allez voir Dr Williams, qui a vu tous ses travaux de
recherche inondés pour... des travaux pour guérir des patients pris avec l'alzheimer
puis la démence.
Qu'est-ce que ça va
prendre pour agir?
La
Présidente : La réponse... La réponse du ministre.
M. Benoit
Charette
M. Charette : J'aimerais entendre la
collègue dire qu'il y a eu des sous-investissements importants, au fil des
années, au niveau du maintien des actifs. On ne pourra pas tout corriger
en l'espace de quelques années, des décennies de sous-financement. Les chiffres
parlent d'eux-mêmes, Mme la Présidente. On est passés de 100 milliards à
164 milliards au niveau du Plan québécois des infrastructures. Les deux
tiers de ces sommes-là sont dédiés au maintien d'actif. On parle de Douglas, je
pourrais vous parler d'autres hôpitaux à travers le Québec qui,
malheureusement, n'ont pas su attirer la sympathie
ou l'attention des gouvernements précédents. Nous sommes en train de corriger
la situation, et le prochain PQI apportera un certain nombre de
réponses.
La
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Alejandra
Zaga Mendez
Mme Zaga Mendez : Je n'ai pas
entendu une réponse claire pour l'institut Douglas puis je vois bien que la CAQ
ne comprend pas la réalité. Lundi, c'était six laboratoires inondés. La veille,
c'était des patients âgés qui n'avaient pas de chauffage. L'été, des infirmiers
devaient déplacer des patients parce qu'il faisait dangereusement chaud dans
les chambres. Des exemples, j'en ai des tonnes, mais je me demande qu'est-ce
que ça va prendre pour agir. Les soignants et les patients attendent seulement
une réponse.
Est-ce que le projet de modernisation du Douglas
va être annoncé cet hiver, oui ou non?
La Présidente : La réponse de la
ministre de la Santé.
Mme Sonia Bélanger
Mme Bélanger : Oui, Mme la
Présidente. Écoutez, je suis très sensible à la question que la collègue pose
en lien avec l'institut Douglas, qui est un
établissement que je connais bien, qui est situé à Verdun. Et j'en profite pour
saluer les intervenants qui sont présents, ici.
Maintenant, Mme la Présidente, il y a des
enjeux, oui, parce qu'on a beaucoup de projets d'infrastructure, je le
comprends. Je vais continuer de travailler avec mes collègues, dans le respect
des budgets que nous... que nous avons, pour faire en sorte qu'on puisse, tout
au moins, peut-être améliorer notre maintien d'actif. Parce que ce que... dont vous parlez, qui est arrivé la semaine
dernière, c'étaient des tuyaux d'eau en lien avec le froid. On va regarder ça
aussi.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Taschereau.
Financement du transport collectif
M. Etienne Grandmont
M. Grandmont : Mme la
Présidente, pendant que des milliards de dollars du Fonds pour le transport en
commun du Canada sont versés en Ontario ou en Colombie-Britannique, que
reste-t-il pour le Québec? Un gros zéro, un gros zéro en bas d'un tableau.
Notre argent finance des projets de transport
collectif ailleurs au Canada. Depuis que la CAQ est au pouvoir, elle nous a
fait reculer sur le financement du transport collectif.
Autre exemple ici, la CAQ coupe dans ses propres
programmes. Le Programme d'aide au développement du transport collectif a été
amputé de 200 millions de dollars. Et, pour ajouter l'insulte à
l'injure, les 200 millions sont rétroactifs. Ça, ça veut dire que l'argent
qui était prévu en 2025 a été coupé, qui a été annoncé en novembre, c'est une
belle surprise.
Ces coupes-là font très, très mal aux régions du
Québec. Pour un gouvernement qui se dit le gouvernement des régions, je trouve
qu'ils l'ont échappé solide.
Alors, ces reculs en transport en commun, à qui
il va les attribuer, à Trump, à la pandémie? Ou est-ce qu'il va faire preuve de
clairvoyance et admettre ses torts dans ces coupures importantes?
La Présidente : La réponse du
ministre des Transports et de la Mobilité durable.
M. Jonatan Julien
M. Julien : Oui,
merci, Mme la Présidente. Bien, je suis heureux, et c'est rare que je dis ça,
hein, je suis heureux de cette question, parce qu'enfin on discute du PADTC, le
programme d'aide à transport collectif, et ça va me permettre de corriger
certains éléments qui sont dits et nommés, entre autres, par mon collègue, en
toute bonne foi, cher collègue.
Postpandémique, notre gouvernement a fait le
choix de mettre à l'intérieur du programme une enveloppe budgétaire de 1,2 milliard de
dollars pour favoriser, justement, le développement du transport collectif dans
toutes les régions du Québec. On a permis à
toutes les municipalités, à toutes les MRC de déposer des projets, on n'en a
refusé aucun.
La réalité, Mme la Présidente, c'est que, bien
qu'on ait mis 1,2 milliard de dollars budgétaires à la disponibilité
des municipalités, des MRC, 750 millions ont été investis, on n'a pas
refusé personne. On a donc constaté que le budget qu'on avait mis, bien que la
demande était forte, était nettement supérieur à la capacité des municipalités
et des MRC pour développer le transport collectif. On a mis 1 milliard
pour les trois prochaines années, 34 % de plus que les investissements
réels du dernier programme, parce qu'on veut continuer...
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Etienne Grandmont
M. Grandmont : On a un ministre
bien déconnecté du terrain, Mme la Présidente, bien déconnecté. Toutes les
municipalités demandent que le 200 millions de dollars soit rajouté au
PADTC. Quand est-ce que le ministre a pris le transport en commun la dernière
fois? Parce que le 3 puis le 801, qui desservent sa circonscription puis qui
montent jusqu'ici, à l'Assemblée nationale, sont pleins à
craquer à tous les jours, c'est la classe sardine. Partout au Québec, Mme la
Présidente, on a besoin d'argent supplémentaire, pas de coupes.
Quand
est-ce qu'il va remettre de l'argent dans le transport collectif, au service
des citoyens et citoyennes du Québec?
La Présidente :
La réponse du ministre.
M. Jonatan
Julien
M. Julien :
Mme la Présidente, je pensais que ma réponse était claire. Je vais la préciser
encore plus. C'est un programme qu'on met en
place, avec des sommes importantes, qui s'appelle... c'est un soutien aux
organismes municipaux voulant mettre en place et améliorer des services
de transport collectif. On vient les soutenir, on dit : Heille! il y a de
l'argent, 1,2 milliard, on accepte toutes les demandes. Et c'est
750 millions qu'on a investis.
Alors, on est prêts à
les soutenir. On met 1 milliard dans le budget. C'est une croissance, on
le voit ici, là, des sommes disponibles par
rapport aux sommes investies, dans les trois dernières années, de 34 %. On
veut continuer. On croit au transport collectif et on les supporte
encore plus que qu'est-ce qu'ils ont fait dans les trois dernières années.
La
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Etienne
Grandmont
M. Grandmont :
Oui. Ma principale avait deux volets, donc je reviens sur l'autre volet, le
fédéral. Les autres... en fait, les provinces canadiennes ont compris
l'importance du transport en commun, elles. L'Ontario est allée chercher la
moitié du 4 milliards, l'Alberta est allée chercher son argent aussi. Même
l'Alberta, la province la plus propétrole, a compris l'importance du transport
collectif.
Alors,
comment ça se fait que les autres vont chercher notre argent pour financer
leurs... leurs projets de transport collectif et que ce ministre n'est pas capable d'aller chercher une cenne de ce
programme-là pour aider au développement du transport ici?
La
Présidente : La réponse du ministre.
M. Jonatan
Julien
M. Julien :
Mme la Présidente, les sommes, en réalité, pour le transport en commun, là,
qui sont actuellement proposées par le fédéral, elles vont être disponibles à
partir de l'année financière 2026‑2027. Puis nous autres, on continue de négocier pour... notre part de
financement, naturellement, aux conditions du Québec. C'est ce qu'on a toujours
fait, c'est ce qu'on va toujours faire.
Quand mon collègue
parle que les autres en ont, c'est des sommes qui sont disponibles pour les
années futures. Quand on regarde dans le passé, on a toujours maintenu, nous
autres, que c'était de compétence et que les conditions, c'étaient les nôtres.
Notre compétence, nos conditions. Quand on regarde dans le passé, il y a eu
24 milliards qui ont été donnés à travers le Canada. On a obtenu
6,7 milliards de dollars, 28 % des sommes obtenues par le
Québec, sans jamais qu'on dise que nos
compétences et nos conditions soient mises à mal. On va continuer comme ça
parce qu'on y croit, puis on va obtenir nos sommes sans inquiétude.
• (10 h 50) •
La
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le député
de Jean-Talon.
Transfert
de propriété des barrages de l'entreprise Domtar
M. Pascal
Paradis
M. Paradis :
La classe politique, la classe économique du Saguenay—Lac-Saint-Jean
est unie en opposition à la cession du barrage hydroélectrique de Domtar à une
société en commandite de propriété indonésienne. Et les gens du Saguenay—Lac-Saint-Jean
peuvent remercier qui et quoi pour ça? Le projet de loi n° 69, maintenant
la loi n° 24, qui a ouvert la voie toute grande à la privatisation et à la
cession des barrages et actifs hydroélectriques. Ça, c'est l'oeuvre de Pierre
Fitzgibbon, qui a été continuée par la députée de Sanguinet. Le député de Jonquière
s'en est rendu compte, que maintenant ce sont les citoyens de la région qui
paient pour. Il a écrit : «La production d'électricité doit pour toujours
demeurer liée au travail pour les gens d'ici.»
Là, les gens du Saguenay—Lac-Saint-Jean,
ils nous regardent. Je veux savoir du ministre responsable de la région, lui, qu'est-ce qu'il en pense. Est-ce
qu'il va écouter les gens de la ville de Saguenay, qui disent : On va les
prendre, nous, les mégawatts, plutôt que les envoyer en Indonésie?
La
Présidente : Alors, la réponse du ministre responsable de la région du
Saguenay—Lac-Saint-Jean.
M. Eric Girard
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Merci
pour la question.
Les élus du Saguenay—Lac-Saint-Jean font leur travail,
et nous, au gouvernement, on fait notre travail aussi.
En ce moment, il y a eu
des modifications au niveau des actifs de Domtar, mais en aucun temps, en aucun
temps la compagnie n'est déchargée de
respecter les droits et obligations qu'elle a, notamment envers les baux
hydrauliques, Mme la Présidente. Donc, la compagnie doit maintenir ses
engagements envers les baux hydrauliques qu'elle a, donc elle doit maintenir
les maintiens d'emplois, Mme la Présidente. C'est dans la loi, c'est clair.
Donc, en ce moment, Mme la Présidente, il n'y a
aucun barrage de vendu. En ce moment, Mme la Présidente, la compagnie maintient
ses opérations. En ce moment, Mme la Présidente, elle doit respecter ses droits
et ses obligations envers le Québec, envers la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean,
Mme la Présidente.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Pascal Paradis
M. Paradis : Le ministre vient
de nous répéter, presque mot pour mot, les lignes de communication d'hier de la
compagnie Domtar. Pourtant, son collègue de Jonquière, lui, il est très inquiet,
puis il a raison d'être inquiet. Les gens au Saguenay—Lac-Saint-Jean, là, ne sont
pas gigons, ils savent très bien qu'un barrage qui appartenait à une entreprise
québécoise au moment de la nationalisation, en 1963, qui est rendu dans les
mains d'un propriétaire, d'un milliardaire indonésien, ce n'est pas dans les
intérêts de la région.
Est-ce qu'il va écouter, oui ou non, les gens de
la région, qui disent : Nous, on les veut, les mégawatts, pas en
Indonésie?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Eric Girard
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
Mme la Présidente, soudainement on s'intéresse à la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Ça doit être en lien... parce qu'il y a une partielle à Chicoutimi. Mais je
veux encore maintenir la même réponse, Mme la Présidente : En ce moment,
la compagnie est tenue de respecter ses engagements envers la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean,
ce qui veut dire le maintien d'emplois, Mme la Présidente. On travaille le
dossier avec mes collègues de la région et on comprend, Mme la Présidente, on
les comprend mieux que quiconque, les inquiétudes des gens. Mais je tiens à
réitérer et à affirmer que la compagnie, l'entreprise doit maintenir ses
obligations envers le gouvernement du Québec, notamment en...
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Pascal Paradis
M. Paradis : Mais je n'ai
toujours entendu aucune garantie de la part du gouvernement. La transaction,
elle est faite, le barrage est désormais dans les mains d'une société en
commandite qui est la propriété d'un milliardaire indonésien, alors que ce sont
des actifs qui devaient rester au Québec, et ça, c'est le projet de loi
n° 69, maintenant la loi n° 24, qui a ouvert toute grande la porte à
ça.
Le député de Jonquière, lui, il a écrit :
«Je ne suis pas à vendre et je ne le serai jamais.» Est-ce que le ministre
responsable de la région peut nous dire la même chose?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Eric Girard
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Je
l'ai clairement dit tout à l'heure, effectivement il y a eu des changements au
niveau des actifs, ce qui est tout à fait des choses normales, mais en aucun
temps les barrages n'ont été vendus, Mme la Présidente, en aucun temps
l'entreprise n'a cédé ses barrages. En ce moment, ils ont des droits et des
obligations, Mme la Présidente, qu'ils doivent respecter au niveau des baux
hydrauliques, le gouvernement est en contrôle à ce niveau-là, et ils ont l'obligation de maintenir les emplois dans la
région du Saguenay—Lac-Saint-Jean. Et mes collègues, avec mon collègue à l'Économie, nous
travaillons là-dessus maintenant. L'entreprise a des obligations et elle va les
respecter.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la députée de Rimouski.
Stratégie du gouvernement en matière de foresterie
Mme Maïté Blanchette
Vézina
Mme Blanchette Vézina : Merci,
Mme la Présidente. L'automne dernier, le premier ministre a annoncé de manière
très désinvolte la perte potentielle de 30 000 emplois dans le
secteur forestier. 30 000 emplois, c'est la moitié des emplois dans le
secteur forestier. Il a, du même coup, annoncé aux travailleurs du secteur
forestier qu'ils n'auraient qu'à travailler dans les
grands projets d'Hydro puis de se requalifier dans ce secteur-là. Et depuis,
bien, les annonces se succèdent, Mme la Présidente : la Scierie
Lac-Saint-Jean, la Scierie Outardes, F.F. Soucy à Rivière-du-Loup. Des
fermetures temporaires, des fermetures permanentes. Des impacts, par exemple,
qui sont très, très concrets dans nos régions,
pour nos PME, pour nos fournisseurs. Et qu'est-ce qu'il fait, le gouvernement,
depuis cette annonce du premier ministre? Bien, il détourne les yeux des
régions, des gens des régions, des gens qui sont impactés. Il n'y a pas de plan
d'urgence.
Alors, ma question
pour le ministre et pour le gouvernement, c'est : Quand allez-vous
regarder le problème et aider les travailleurs forestiers et l'ensemble des PME
dans nos régions?
La
Présidente : Et, Mme la députée, je vous rappelle que vous vous
adressez à la présidente lorsque vous formulez vos questions. Et je reconnais,
pour sa réponse, le ministre des Ressources naturelles et des Forêts.
M. Jean-François
Simard
M. Simard :
Je vous remercie, Mme la Présidente. Et je remercie ma collègue de
l'importante question qu'elle soulève, parce qu'elle nous permet de revenir
aujourd'hui à l'essentiel. Et, cet essentiel, quel est-il? Le Québec fait
aujourd'hui face à la plus importante guerre tarifaire qu'il n'a jamais connue
de toute son histoire dans le bois d'oeuvre. Le Québec est victime d'un taux
d'imposition de 45 % supérieur à la valeur normale du marché, créant de
facto une espèce de mur de Berlin qui sépare le Québec des États-Unis. À cela
s'ajoute une baisse drastique de la consommation du bois aux États-Unis, le
marché n'est pas au rendez-vous.
Et
nous sommes très actifs. Encore samedi dernier, j'étais à Baie-Comeau avec le
préfet, le maire, des intervenants du
milieu pour revirer chaque pierre, pour voir comment nous pouvons être derrière
l'industrie. À date, nous avons fait plusieurs gestes de manière proactive et
préventive : en juin dernier, en baissant de 25 % le prix de la
valeur du bois; tout dernièrement, lors de la révision budgétaire du ministre
des Finances, en baissant de 60 millions de dollars...
La Présidente :
Première complémentaire.
Mme Maïté
Blanchette Vézina
Mme Blanchette
Vézina : Bien, je suis contente que le ministre, Mme la
Présidente, mentionne la baisse de... du
tarif, c'est alors que j'étais ministre que je l'ai fait. Mais depuis il n'y a
pas grand-chose qui a été fait, malheureusement. Et ces tarifs, ils sont
annoncés depuis longtemps. Il y a des solutions qui étaient sur la table,
notamment pour le secteur de la forêt privée. Il y a un projet de loi qui est à
l'étude par le ministre des PME, délégué à l'Économie. Les PME du secteur forestier font aussi partie des PME.
Alors, je m'attends à ce que le gouvernement... Et je demande au gouvernement :
Que fera-t-il avec le projet de loi n° 11? Est-ce qu'il va faire des
changements pour le secteur forestier?
La
Présidente : La réponse du ministre.
M. Jean-François
Simard
M. Simard :
Alors, Mme la Présidente, je suis néanmoins un petit peu estomaqué de voir
que la députée, qui, maintenant, flirte
ouvertement avec le Parti
conservateur du Québec, qui,
lui-même, préconisait tout récemment l'abolition de la Gaspésie,
quasiment, de facto, nous faire des leçons sur le soutien qu'on fait aux
régions. J'ose mentionner qu'il y a là un léger paradoxe. Ce sera à elle, en
temps et lieu, à l'expliquer.
Mais, ceci étant dit,
nous sommes en lien étroit avec l'ensemble de l'industrie. Nous avons, avant
les fêtes, avec le premier ministre du
Québec, organisé une rencontre avec le conseil de l'industrie, les principaux
tenants de l'industrie, et nous avons
ciblé un certain nombre de mesures sur lesquelles nous travaillons et qui nous
seront annoncées sous peu.
La
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Maïté
Blanchette Vézina
Mme Blanchette
Vézina : C'est fascinant, comment on parle de beaux slogans.
D'ailleurs, même le député de Lévis le mentionne, au-delà des slogans il faut
agir. Puis la CAQ n'a pas agi, et c'est pour ça que j'ai quitté votre formation
politique.
Ceci étant, il y a
une occasion avec le PL n° 11. Je pense que, pour... je pense que,
pour les gens qui vont être présents
aujourd'hui en commission, il serait intéressant d'entendre le ministre des
PME, à savoir est-ce qu'il va entendre et écouter les gens du secteur,
les PME du secteur forestier pour des amendements.
La
Présidente : La réponse du ministre.
M. Jean-François
Simard
M. Simard : Alors,
Mme la Présidente, je tiens à souligner... d'abord, à lever mon chapeau à mon
collègue qui a déposé le projet de loi n° 11, dans lequel nous
introduisons une nouveauté, j'oserais dire même une révolution dans notre manière d'opérer la gestion de la forêt publique,
au Québec, en introduisant la possibilité d'avoir des projets pilotes. C'est la plus importante décentralisation
jamais proposée dans le secteur de la foresterie. En responsabilisant nos
milieux qui sont proches de l'action, qui
connaissent leurs besoins, qui connaissent les solutions, nous offrons
aujourd'hui enfin, c'était demandé, une clé pour que les milieux
puissent être valorisés.
Des voix :
...
• (11 heures) •
La
Présidente : Pas de bravo. Article 32.
En
question principale, une seule personne aura le droit de parole ici, et je
reconnais la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Soutien
financier aux centres d'éducation populaire
Mme Manon
Massé
Mme Massé :
Apprendre tout au long de sa vie, peu importent les conditions, dans mon
livre à moi c'est un droit. C'était aussi la vision du regretté Paul
Gérin-Lajoie, il me l'a partagé de vive voix lorsqu'il est venu soutenir une
action de survie au centre d'éducation populaire de ma circonscription, à ma
première année comme députée. Malheureusement, ça fait 12 ans qu'année
après année, ministre après ministre, je m'évertue à faire entendre raison aux
gens en face. Les représentants des centres d'éducation populaire de Montréal
sont dans les estrades, mon collègue de Saint-Henri—Sainte-Anne et moi leur remettrons
une médaille tantôt pour leur signifier que nous reconnaissons pleinement le travail d'éducation qu'ils font
auprès de nos populations, mais le CÉDA, le PEC, le Carrefour, les Ateliers du Plateau,
René-Goupil, le Comité social Centre-Sud, c'est d'une reconnaissance financière
dont ils ont besoin.
Est-ce
que la ministre actuelle de l'Éducation pourrait prendre à bras-le-corps le
dossier et réussir là où tous ses prédécesseurs masculins ont échoué?
La
Présidente : La réponse de la ministre de l'Éducation.
Mme Sonia
LeBel
Mme LeBel : Merci, Mme la Présidente.
Écoutez, Mme la Présidente... D'ailleurs, je veux féliciter les six centres
qui sont présents pour la médaille qu'ils vont
recevoir aujourd'hui. Je pense que c'est une belle marque de reconnaissance
de la part de ma collègue, on se doit de le souligner.
Les six centres
d'éducation populaire, qu'on appelle, dans notre langage, les CEP, Mme la
Présidente, de Montréal sont des organismes communautaires qui sont bien
implantés dans leur milieu. Donc, on sait qu'ils ont eu... C'est pourquoi on
les supporte financièrement depuis plusieurs années. D'ailleurs, mon
prédécesseur leur a même donné de l'argent, à une certaine époque, pour les
aider à payer leur loyer.
Bon, malheureusement,
présentement, il y a des enjeux juridiques et judiciaires devant les tribunaux
concernant, justement, le paiement de ces loyers-là, mais on a... on a continué
de les supporter en leur donnant plus de 2 millions de dollars dans
la dernière année à travers différents programmes, soit le PAC ou le SAP.
Maintenant, on va continuer à travailler avec eux pour s'assurer qu'ils soient
capables d'avoir... d'exercer la pérennité de leur mission, Mme la Présidente.
On va commencer... Ils demandent présentement du financement supplémentaire. Il
y a des enjeux, comme on disait, juridiques à régler avec certains d'entre eux,
c'est devant les tribunaux. Maintenant, on va rester prudents, justement, sur
ce sujet-là, mais on est bien au fait de la situation, ils le savent. On va les
rencontrer. D'ailleurs, j'ai... on a parlé,
hier, par l'intermédiaire de mon cabinet, on va avoir une rencontre et on
trouvera une solution, mais ils devront aussi faire...
La Présidente :
Première complémentaire.
Mme Manon
Massé
Mme Massé : Ça, Mme la Présidente,
c'est ce que j'entends depuis 12 ans. Il y a eu des ministres de ce
côté-là, il y a eu des ministres de ce côté-là, plus que cinq. L'enjeu,
c'est qu'année après année, ces gens-là qui interviennent auprès des plus démunis, qui leur donnent accès à
une éducation, à de l'apprentissage, on les laisse tomber. Il n'y a pas de case pour eux autres. On retrouve un petit peu
de financement ici, un petit peu là. L'enjeu, c'est que l'éducation populaire relève
du ministère de l'Éducation. Est-ce que la ministre va agir?
La
Présidente : ...de la ministre.
Mme Sonia LeBel
Mme LeBel :
Alors, je vais rappeler à ma collègue d'en face que, depuis les 12 dernières
années, ils ont été supportés financièrement par le gouvernement. Ils ont reçu,
d'ailleurs, plus de 2 millions de dollars cette année. Maintenant, ils demandent du
financement additionnel, j'ai parlé qu'il y avait des litiges et des recours en
place, je vais demeurer prudente, mais on continue de suivre le dossier,
Mme la Présidente.
La
Présidente : Et cela met fin à la période de questions et de réponses
orales.
Je
vous invite à demeurer en place pour le vote reporté. Et, pour ce faire, je
cède la place au troisième vice-président de l'Assemblée nationale du
Québec. Merci, tout le monde.
Votes reportés
Motion proposant que
l'Assemblée exige du gouvernement qu'il dépose
une actualisation de la Stratégie gouvernementale intégrée pour
contrer la violence sexuelle, la violence conjugale
et Rebâtir la confiance 2022‑2027
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Alors... Alors, comme annoncé précédemment, nous
allons maintenant procéder au vote reporté sur la motion de Mme la députée de
Robert-Baldwin — s'il
vous plaît! merci — débattue
hier aux affaires inscrites par les députés de l'opposition et qui se lit comme
suit :
«Que l'Assemblée
nationale prenne acte de la hausse alarmante de la violence faite aux femmes au
Québec, notamment la violence conjugale, qui s'incarne entre autres par les
nombreux féminicides déjà commis depuis le début de 2026 ainsi que par la saturation critique des maisons d'aide et
d'hébergement et des services externes, dont la capacité d'accueil est
largement dépassée;
«Qu'elle s'alarme
que, dans la dernière année, SOS Violence conjugale ait reçu plus de
19 000 demandes d'hébergement et que plus d'une femme sur deux se
soit vu refuser de l'aide, faute de places et de ressources, et que, dans
certaines régions, le taux de refus atteint près de 67 %;
«Qu'elle constate que
les actions mises de l'avant par le gouvernement au cours des dernières années n'ont
pas permis d'endiguer la hausse de la
violence faite aux femmes, que ce phénomène demeure en augmentation et qu'il est
opportun et nécessaire de bonifier le cadre d'action gouvernemental en la
matière;
«[Enfin qu'elle]
exige du gouvernement qu'il dépose de façon urgente une actualisation de la
Stratégie gouvernementale pour contrer la violence sexuelle, la violence
conjugale et rebâtir la confiance 2022-2027 qui repose notamment sur la prévisibilité du financement
dédié aux maisons d'aide et d'hébergement, l'augmentation de la capacité
d'hébergement et le renforcement des
services de prévention, de dépistage précoce et d'accompagnement, incluant
auprès des femmes en situation d'itinérance.»
Le vote est
maintenant ouvert.
La période de vote
est terminée. Mme la secrétaire générale.
La
Secrétaire : Pour : 33
Contre : 68
Abstentions :
0
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Alors, cette motion est rejetée.
Motions sans préavis
À la rubrique des
motions sans préavis, en fonction de nos règles et de l'ordre de présentation
des motions sans préavis, je reconnais maintenant un membre du deuxième groupe
d'opposition.
Mme Zaga
Mendez : Merci, M. le Président. Je sollicite le consentement de cette
Assemblée pour présenter la motion suivante conjointement avec le député de
Jean-Talon, le député d'Abitibi-Est et le député de Rosemont :
«Que l'Assemblée
nationale dénonce la décision de la Société des alcools du Québec (SAQ) de
confier à la multinationale américaine Uber Eats son projet pilote de service
de livraison rapide, au détriment d'entreprises et de plateformes québécoises;
«Qu'elle souligne
l'incohérence de ce choix avec le retrait des vins américains des tablettes de
la SAQ, justifié par des enjeux commerciaux avec les États-Unis;
«Qu'elle
rappelle que cette décision contribue à normaliser un modèle de sous-traitance
reposant sur la précarité du travail;
«Qu'en conséquence
elle demande au gouvernement du Québec d'intervenir et de garantir que les
sociétés d'État privilégient les solutions locales dans leurs services et
mandats.»
Le Vice-Président
(M. Benjamin) :
Y a-t-il consentement pour débattre de
cette motion?
Mme LeBel :
Pas de consentement, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Il n'y a pas de consentement.
La
prochaine motion revient au troisième groupe d'opposition. Je reconnais M. le
député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
Merci, M. le Président. Je sollicite le consentement des membres de cette
Assemblée afin de présenter, conjointement avec le leader de l'opposition
officielle et les députés de Taschereau, Chomedey, Laporte, Rosemont et
Saint-Laurent, la motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale
constate que le gouvernement du Québec a réduit l'enveloppe budgétaire du
Programme d'aide au développement du transport collectif de l'ordre de 200 M$;
«Qu'elle souligne que ce programme est
nécessaire pour le maintien et le développement de l'offre de transport en
commun, particulièrement dans les régions;
«Qu'elle reconnaisse que les municipalités, les
municipalités régionales de comté et les sociétés de transport ont besoin d'un
financement durable, prévisible et cohérent pour assurer la qualité des
services dans toutes les régions du Québec;
«Qu'elle
rappelle que le transport collectif est un levier de développement partout au
Québec et qu'il permet de réduire les dépenses en transport des ménages;
«Par
conséquent, qu'elle demande au gouvernement du Québec de rétablir l'intégralité
de l'enveloppe budgétaire du Programme d'aide au développement du
transport collectif.»
• (11 h 10) •
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Mme LeBel : Il n'y a pas de
consentement, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Il
n'y a pas de consentement.
Et la prochaine motion revient au gouvernement,
et je reconnais Mme la députée de Fabre.
Affirmer la primauté du droit à l'égalité
hommes-femmes
sur l'exercice de la liberté de religion
Mme Abou-Khalil : Merci, M. le
Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la
motion suivante conjointement avec le député de Matane-Matapédia, le député de Taillon,
le député d'Abitibi-Est, la députée de Rimouski, la députée de Laporte, la
députée de Chomedey et la députée de Saint-Laurent :
«Que l'Assemblée nationale soutienne qu'en cas
de conflit entre l'exercice du droit à l'égalité entre les femmes et les hommes
et l'exercice de la liberté de religion, le premier doit l'emporter.»
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Mme LeBel : Il y aurait
consentement, sans débat, M. le Président. On va vous demander un vote
électronique sur la question.
Mise aux voix
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Un
vote électronique a été demandé. La période de vote est ouverte.
La période...
Des voix : ...
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
S'il vous plaît! S'il vous plaît, collègues! La période de vote est terminée.
Mme la secrétaire générale.
La
Secrétaire : Pour : 93
Contre :
0
Abstentions :
7
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Cette
motion est adoptée. Mme la ministre.
Mme LeBel : ...Barreau du
Québec, s'il vous plaît.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Ce
sera fait.
Et la prochaine motion revient à l'opposition officielle,
et je le reconnais...
Des voix : ...
Le Vice-Président (M. Benjamin) : S'il
vous plaît! S'il vous plaît, collègues! La parole revient à M. le député de
Pontiac.
M. Fortin : Merci, M. le
Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la
motion suivante conjointement avec le député
des Îles-de-la-Madeleine, la députée de Laporte, le député de Rosemont,
la députée de Saint-Laurent et la députée de Chomedey :
«Que l'Assemblée nationale constate que, selon
le Tableau de bord des performances du réseau de la santé, au 1er octobre
2018, il y avait 6 393 647 personnes inscrites auprès d'un
médecin de famille au Québec;
«Qu'elle
constate également qu'en date du 15 janvier 2026, ce sont
5 994 332 Québécois qui sont inscrits auprès d'un médecin
de famille;
«Qu'enfin, elle déclare que les faits démontrent
que moins de Québécois sont aujourd'hui inscrits auprès d'un médecin de famille
qu'au 1er octobre 2018.»
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Une voix : ...
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Il n'y a pas de consentement.
Avis touchant les travaux des commissions
À la rubrique... À la rubrique des avis touchant
les travaux des commissions, M. le leader du gouvernement.
Mme LeBel : Alors,
M. le Président, je fais avis que la Commission
des institutions poursuivra les
consultations générales et auditions publiques sur le projet de loi
n° 1, Loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec, aujourd'hui, après les avis touchant les travaux des
commissions jusqu'à 12 h 30 et de 14 heures à 16 h 30,
à la salle Pauline-Marois, ainsi que le mardi 10 février
2026, de 10 heures à 12 h 30, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
La Commission des relations avec les citoyens poursuivra
également les consultations particulières et les auditions publiques sur le projet de loi n° 9, Loi sur le renforcement de la laïcité au Québec, aujourd'hui, de 12 h 05 à
12 h 50 et de
14 heures à 16 h 25, ainsi que le mardi 10 février
2026, de 9 h 45 à 12 h 10, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission de l'économie et du travail poursuivra
les consultations particulières et les auditions publiques sur le projet de loi n° 11, Loi modifiant diverses dispositions principalement
aux fins d'allègement du fardeau réglementaire et administratif, aujourd'hui,
après les avis touchant les travaux des commissions jusqu'à 12 h 50
et de 14 heures à 16 h 25, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
La Commission de la santé et des services
sociaux entreprendra par ailleurs les consultations particulières et les auditions
publiques sur le projet de loi n° 15, Loi modifiant le Code des
professions et d'autres dispositions principalement afin d'alléger les
processus réglementaires du système professionnel et d'élargir certaines
pratiques professionnelles dans le domaine de la santé et des services sociaux,
aujourd'hui, après les avis touchant les travaux des commissions jusqu'à
13 h 05 et de 14 heures à 16 h 25, ainsi que le
mardi 10 février 2026, de 9 h 45 à 12 h 10, à la salle
Marie-Claire-Kirkland;
La Commission des finances publiques poursuivra
l'étude détaillée du projet de loi n° 111, Loi modernisant la Loi sur les
coopératives et modifiant d'autres dispositions, aujourd'hui, après les
affaires courantes jusqu'à 13 heures et de 14 heures à
16 h 30, à la salle du Conseil législatif;
La Commission des finances publiques, quant à
elle, entreprendra les consultations particulières et les auditions publiques
sur le projet de loi n° 5, Loi visant à accélérer l'octroi des
autorisations requises pour la réalisation des projets prioritaires et
d'envergure nationale, le mardi 10 février 2026, de 9 h 45
à 12 h 25, à la salle Pauline-Marois. Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la leader adjointe du gouvernement. Y a-t-il consentement pour déroger à
l'article 143 du règlement concernant l'horaire des travaux des
commissions? Consentement.
Pour ma part, je vous avise que la Commission
des institutions se réunira en séance de travail aujourd'hui, de 13 heures à 13 h 30, à la salle Pauline-Marois, afin de statuer sur la possibilité que la commission se saisisse de la
pétition portant sur la fermeture du Bureau du Québec à Tel-Aviv.
Renseignements sur les travaux de l'Assemblée
À la rubrique
Renseignements sur les travaux de l'Assemblée, je vous avise que
l'interpellation prévue pour le vendredi 13 février 2026
portera sur le sujet suivant : Générations locataires : le legs
caquiste en matière de logement. Mme la députée de Mille-Îles s'adressera alors
à Mme la ministre responsable de l'Habitation.
Affaires du jour
La période
des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer aux
affaires du jour. Mme la leader adjointe du gouvernement.
Mme LeBel : Oui,
M. le Président. Compte tenu de l'heure, je vais vous demander de pouvoir
suspendre la fin... les travaux jusqu'à la fin du délai qui est prévu pour
transmettre les demandes de débat de fin de séance, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Alors,
conséquemment, à la demande de Mme la leader adjointe du gouvernement, nous suspendons
les travaux jusqu'à la fin du délai de réception des débats de fin de séance.
(Suspension de la séance à 11 h 19)
(Reprise à 11 h 35)
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Alors,
comme annoncé hier, je vous informe que deux débats de fin de séance se
tiendront aujourd'hui à 13 heures. Le premier débat portera sur une
question adressée par Mme la députée de D'Arcy-McGee à Mme la ministre de la
Santé concernant l'inaction du gouvernement caquiste face à la hausse du taux de suicide chez nos jeunes. Le deuxième débat
portera sur une question adressée par Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques à
Mme la ministre de la Santé concernant le dossier de Lisette Perron.
Mme la leader adjointe du gouvernement.
Mme LeBel : Bien,
merci, M. le Président. Compte tenu de ce que vous venez d'annoncer, je vais
vous demander qu'on suspende nos travaux jusqu'à la tenue de ces débats.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Les
travaux sont donc suspendus jusqu'à 13 heures.
(Suspension de la séance à 11 h 36)
(Reprise à 13 h 01)
Débats de fin de séance
Le
Vice-Président (M. Benjamin) : Tel qu'annoncé
précédemment, nous allons maintenant procéder aux débats de fin de séance. Le
premier débat portera sur une question adressée par Mme la députée de D'Arcy-McGee à Mme la ministre de la Santé concernant l'inaction du gouvernement
caquiste face à la hausse du taux de suicide chez nos jeunes.
Je vous
rappelle que, conformément à l'article 310 du règlement, le député qui a
soulevé le débat et le ministre qui lui répond ont chacun un temps de
parole de cinq minutes, et le député a ensuite droit à une réplique de deux
minutes.
Mme la députée, je vous cède la parole pour une
durée de cinq minutes.
Accès aux services en santé mentale
Mme Elisabeth Prass
Mme Prass : Merci, M. le
Président. Donc, je veux juste revenir sur ma question d'hier et une réaction
de la ministre. Donc, je comprends bien, et
ça a été démontré dans le rapport de l'INSPQ, que, oui, le taux de suicide au
Québec a diminué, même si nous sommes toujours à trois suicides de trop
par jour, mais l'enjeu, c'était plus sur l'augmentation des tentatives de
suicide, qui ont augmenté, nous l'indique l'INSPQ. Et ce qu'on comprend, c'est
que c'est les filles en particulier, de l'âge de 10 à 19 ans, qui sont les
plus touchées, donc qui ont la plus haute augmentation de visites aux urgences
pour des tentatives suicide ou pour des idées suicidaires.
Donc, à Montréal, nous sommes chanceux d'avoir
deux hôpitaux dédiés spécifiquement pour les jeunes. Donc, à l'hôpital
Sainte-Justine, on a lu récemment que les ados arrivent souvent à l'urgence de
Sainte-Justine parce qu'ils n'ont pas eu de service ailleurs après des mois
d'attente. Donc, ils se sentent en situation de désespoir, ils ont essayé de
cogner à des portes, ils se sont inscrits à des listes d'attente, et toujours
pas de service, toujours pas de réponse, mais leurs enjeux sont si forts que,
d'eux-mêmes, ils vont aller à l'hôpital pour demander de l'aide parce qu'ils
n'ont pas pu le trouver ailleurs. Donc, quand la ministre nous dit que les
services sont là, clairement les services ne sont pas là, parce que, sinon, ces
jeunes auraient été traités et n'auraient pas besoin de se tourner vers les
hôpitaux.
À l'Hôpital de Montréal pour les enfants, ils
nous disent qu'il leur manque quatre pédopsychiatres pour répondre aux besoins et que souvent, par exemple,
faute de place... faute de place, certains jeunes doivent être hospitalisés
temporairement dans d'autres départements de l'hôpital, tellement que les
unités d'urgences en pédopsychiatrie sont débordées.
Au Centre
hospitalier de l'Université Laval, dans la capitale nationale, ils disent vivre
actuellement une pression
importante, car le nombre de visites à l'urgence, pour les moins de
18 ans, a presque doublé en 10 ans. Mais avec toute cette détresse additionnelle ne viennent pas les
ressources additionnelles dont auraient besoin la population et les centres
hospitaliers pour faire face à ces
nombreuses tentatives et ces nombreuses expériences d'idées suicidaires par nos
jeunes.
Également,
dans le rapport de l'INSPQ, on parle de la question de la disparité régionale,
également. Donc, il y a six régions
au Québec dont les taux de suicide sont significativement supérieurs à la... au
reste de la province : Nunavut, en Abitibi-Témiscamingue, Chaudière-Appalaches, Mauricie—Centre-du-Québec, Estrie et Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Donc, oui, il y a une stratégie que le
gouvernement a mise en place pour la prévention du suicide mais qui doit être
revue, car, clairement, il y a des régions, il y a des populations qui sont
plus à risque aujourd'hui qu'ils l'étaient auparavant. Donc, il faudrait
recentrer les services et les ressources, justement, pour qu'ils puissent y
avoir accès et qu'on puisse cibler les régions ou les populations qui sont les
plus à risque et s'assurer qu'on accentue les services et les ressources qui
leur sont offertes.
Également, à Vaudreuil—Suroît—Haut-Saint-Laurent,
dernièrement, il y avait la suppression de six postes de l'équipe de... transitoire des services de santé
mentale jeunesse, donc, une équipe qui était là, justement, pour des jeunes
qui ont dû être hospitalisés pour des raisons de santé mentale et qui leur
aidait, avec leurs familles, à faire la transition à
revenir à la vie normale, si on veut. Sans ces postes-là et sans ce
programme-là, les professionnels locaux, ils ont peur de l'impact que ça va
avoir sur ces jeunes-là qui déjà, évidemment, ont des enjeux et ont été
identifiés comme ceux qui en... qui auraient besoin.
Je
vais terminer avec deux éléments. Plusieurs d'entre nous connaissons
Tel-Jeunes, un outil important pour nos jeunes qui ont des enjeux de santé
mentale, qui cherchent de l'aide. Tel-Jeunes a eu un record de
60 000 appels l'année passée, mais, l'été dernier, au mois de
juillet, ils ont dû faire des coupures à deux de leurs programmes, parmi les...
parmi eux, les ateliers dans les écoles et leur service de clavardage,
en raison de la fin de financement de la part de ce gouvernement.
Donc, on sait que, de
plus en plus, nos jeunes vivent de la détresse, que ce soit en raison des
réseaux sociaux, des effets sur les écrans sur les jeunes, des réalités de
l'intimidation à l'école, quoi que ce soit. Alors, on a clairement des données, des chiffres qui démontrent que nos
jeunes vivent une détresse plus aiguë qu'auparavant, mais les services ne
suivent pas. Donc, on demande au gouvernement de reconnaître les faits, et
reconnaître les données, et mettre les services et les ressources au bon
endroit pour s'assurer que nos jeunes ont l'aide dont ils ont besoin quand ils
en ont besoin.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée de D'Arcy-McGee. Mme la ministre, je vous cède la parole
et vous rappelle que vous avez cinq minutes.
Mme Sonia Bélanger
Mme Bélanger :
Oui, M. le Président. Bien, d'abord, très contente d'être ici en ce débat
de fin de séance au sujet du suicide, en
particulier le suicide chez les jeunes. Et j'aimerais qu'on se rappelle tous
qu'on est vraiment au coeur de la 36e semaine de prévention du
suicide, et j'en profite pour remercier tous les intervenants qui travaillent
en santé mentale dans nos établissements mais aussi dans les différents
organismes communautaires.
J'en profite pour
ressortir la petite épinglette qui nous rappelle que c'est important, puis
qu'il y a une ligne téléphonique,
1 866 APPELLE, et qu'il y a un site Internet, suicide.ca, puis, en
fait, sur cette petite épinglette, on retrouve des mots qui sont fort
importants : «T'es important-e pour moi».
Alors, je vais mettre la table en commençant comme
ça puis en disant que, oui, j'ai consulté le rapport de l'INSPQ qui est ici. Je
l'ai consulté. Et le taux de suicide est à son plus bas depuis les
20 dernières années. C'est ça que nous révèle le portrait qui a été fait
par l'INSPQ. Alors, c'est un signal qui est positif. Mais, en même temps, quand
je vous dis ça, je suis consciente que tout n'est pas réglé. Alors, on a fait
des avancées importantes, au Québec. Il nous reste du travail à faire.
La situation dans le
rapport, et ma collègue l'a mentionné, reste préoccupante, particulièrement
chez nos jeunes. Le nombre d'adolescents de
10 à 14 ans hospitalisés pour une tentative de suicide, elle, est en
hausse. Puis c'est un cri de détresse, en fait, qui nous appelle à
redresser nos efforts, et ça, c'est important.
Je veux quand même
juste aussi rappeler qu'on a investi dans une stratégie nationale de prévention
du suicide. Alors, c'est plus de 65 millions qui ont été investis depuis
2022, et il y a eu des effets. Il y a eu des effets, et je veux quand même juste
vous montrer... M. le Président, ici, on voit, là, en avril 2023, où on en
était avec les listes d'attente pour les jeunes en santé mentale. C'était près
de 4 500 jeunes qui étaient sur les listes d'attente. Bien,
aujourd'hui, en janvier 2026, on a réussi à
réduire cette liste d'attente. Elle est encore trop forte. On devrait avoir une
belle ligne à zéro, c'est-à-dire pas de liste d'attente, quand les
jeunes demandent des services, mais je veux quand même qu'on regarde qu'il y a
eu des efforts importants, puis c'est un message d'espoir, au-delà du graphique
que je veux vous montrer, qu'il y a de l'espoir qu'on va continuer d'améliorer
nos façons de faire.
Alors, je veux
revenir sur les Aires ouvertes. On a vraiment... mon prédécesseur a vraiment
développé des projets d'envergure, en santé mentale, précisément pour les
jeunes. On a élargi le réseau des Aires ouvertes. Ce sont des espaces qui sont
pensés par et pour les jeunes de 12 à 25 ans, où on a une offre de service
qui est gratuite, sans rendez-vous. On a maintenant plusieurs cliniques
santé... Aires ouvertes un peu partout au Québec, une quarantaine de points de
service, donc, dans presque toutes les régions du Québec, et nous sommes en
lien, naturellement, avec Santé Québec pour développer d'autres Aires ouvertes.
• (13 h 10) •
Alors, on va
continuer d'être là. Concrètement, en 2023-2024, c'est 10 500 jeunes
qui ont pu être rencontrés par un intervenant psychosocial ou un infirmier en
CLSC. Alors, c'est beaucoup de jeunes qui ont eu besoin... puis ça, c'est préoccupant. C'est préoccupant. On voit
qu'il y a de la détresse psychologique, et il faut donc continuer de miser sur nos Aires ouvertes et sur le financement aussi des
organismes qui interviennent au quotidien sept jours sur sept et, dans certains
cas, 24 heures sur 24.
Alors, ceci étant
dit, il reste du travail à accomplir. On a tous un rôle à jouer. Il faut être
attentifs aux signes, écouter avec bienveillance et sans jugement les personnes
qui, très souvent, ont l'impression d'être incomprises et pas entendues. Alors, aujourd'hui, très heureuse
d'être ici. J'en fais une priorité. La santé mentale et les jeunes, c'est
important, et il faut prévenir le suicide à tout prix. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la ministre. Mme la députée de D'Arcy-McGee, votre réplique, deux
minutes.
Mme Elisabeth Prass
(réplique)
Mme Prass : Merci, M. le Président.
Donc, justement, parlons des Aires ouvertes, les Aires ouvertes dont il y a
plus de 20 sites mais uniquement
trois... même pas, en fait, c'est 2,8 psychologues disponibles à travers
la province, ce qu'on a découvert avec notre demande... demande d'accès
à l'information.
De
plus, il y a eu des postes qui ont été supprimés, dans la dernière année, par
Santé Québec dans les Aires ouvertes, suite à ce que le ministre Carmant,
votre prédécesseur, avait dit que les compressions budgétaires ne toucheraient
pas ces ressources : «S'il y a des endroits où Santé Québec a coupé, je
n'étais pas au courant. C'est un peu hors de mon contrôle.» Quand même, c'est
un projet que votre prédécesseur a mis sur pied et qui admet que lui voulait
sauvegarder ces ressources-là, mais Santé
Québec a choisi de couper, et lui, il n'avait pas un mot à dire là-dessus en
tant que ministre. Je trouve ça un petit peu spécial, honnêtement.
Également, le ministre Carmant avait annoncé
l'ouverture de 90 nouvelles Aires ouvertes sur deux ans. Depuis, il y a eu
une pause des ouvertures des nouvelles, et même celles qui étaient en
développement, par Santé Québec, également,
et une des raisons que Santé Québec a mise de l'avant pour mettre la pause sur
le développement et le déploiement des
nouvelles Aires ouvertes, c'est qu'elles étaient peu fréquentées. Donc, 40
millions récurrents en 2024-2025, 40 millions qui auraient pu engager
énormément de psychologues, de psychiatres, qui auraient pu être dispersés à
travers la province pour offrir ces services-là, mais qui, dans les Aires ouvertes...
Et moi, j'ai été dans une conférence avec le
ministre Carmant, à l'époque, où nous étions dans une salle avec des jeunes.
C'était une conférence sur la santé mentale des jeunes. Il y avait à peu près
45 jeunes dans la salle. Le ministre a demandé : Combien de vous
connaissez Aire ouverte? Il y a un jeune qui a levé la main. Donc, comme j'ai
dit, Santé Québec a utilisé l'excuse que les Aires ouvertes étaient peu
fréquentées, donc la raison de ne pas seulement mettre la pause, mais ensuite
de faire des suppressions chez les employés déjà dans les Aires ouvertes. Nos
jeunes ont besoin d'aide maintenant.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Alors, nous allons maintenant procéder au
deuxième débat, qui portera sur une question adressée par Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques à Mme la ministre de la Santé concernant le
dossier de Lisette Perron. Mme la députée, je vous cède la parole pour
une durée de cinq minutes.
Aide financière aux personnes ayant subi une stomie
Mme Manon Massé
Mme Massé : Merci, M. le
Président. Merci à Mme la ministre d'être présente cet après-midi pour... bien,
terminer... — je
le souhaite — poursuivre
l'échange qu'on a concernant une situation bien spécifique, mais je suis très
consciente qu'il y a plusieurs Québécoises et Québécois qui vit la même
situation.
En fait, je sais, Mme la ministre, comment vous
êtes ouverte, comment vous êtes sensible, je vous ai entendue dans l'entrevue,
ce matin, à Patrice Lagacé, je reconnais ça. Ce que je veux que vous entendiez
bien, c'est que les services de santé ont
fait leur travail. Par le passé, Lisette a été accompagnée par un médecin de
L'Actuel, par la spécialiste en
stomothérapie, par les gens de La Rue des femmes, par... Bref, Lisette est
accompagnée. Et elle est tellement accompagnée que ce que Santé Québec m'offre, là, lui offre, depuis les dernières
semaines, c'est de parler avec l'infirmière stomothérapeute. J'ai ici
une lettre qui dit : Bien, voici le matériel dont elle a besoin, signée du
8 juillet l'an dernier. Il faudrait qu'elle rencontre un médecin. J'ai ici
une lettre du 31 janvier qui dit que Lisette a des besoins spécifiques
pour sa stomie, parce qu'elle a une réalité
que le commun des mortels n'a pas. J'ai aussi une lettre qui parle des coûts
qu'elle est appelée à payer et de ce qui est accessible pour elle
financièrement avec son nouveau budget de retraite.
M. le Président, je veux déposer ces documents,
parce que je les ai fait parvenir au ministère de la Santé au mois d'octobre,
retournés au mois de décembre, et là, bien, à un moment donné, une fille se
tanne, puis on dit : Bien, on va
brasser la cage. En tout cas, c'est un peu ça, l'idée. J'avais, d'ailleurs,
parlé avec l'attaché... le conseiller politique, pardon, du bureau de la ministre, mais, elle a raison, je n'ai pas eu le
temps de lui parler personnellement, j'ai parlé à sa conseillère
principale. Tout ça pour vous dire que, la situation de Lisette, je vais vous
l'expliquer dans le plus simple dénominateur commun.
Quand une personne se retrouve à l'aide sociale,
ça veut dire que sa situation ne va pas bien. Dans le cas de Lisette, on le
sait, elle a été itinérante une bonne partie de sa vie, ça fait que, oui, elle
a vécu de l'aide sociale et ensuite du revenu de base. Quand tu es à l'aide
sociale, tu as droit à un carnet de santé, c'est comme ton assurance
collective, que, collectivement, les Québécois et Québécoises ont décidé de
soutenir pour les personnes les plus démunies. Quand cette personne-là quitte
l'aide sociale, donc qu'elle ne reçoit plus aucun dollar de l'aide sociale,
elle se retrouve à la pension de vieillesse, dans le cas... lorsqu'elle atteint
65 ans, comme dans le cas de Lisette, et elle n'a plus accès à son
assurance collective qu'est le carnet de santé. Alors, c'est à ce moment-là où
là la RAMQ dit : Ah! non, non, non, nous, on rembourse juste un certain
montant, et le reste du montant, qui est 1 200 quelques... 1 600
quelques par année, par année... alors que Lisette, elle, a besoin de matériel,
puis, dans ce que je vous ai déposé, c'est bien détaillé, qui coûte 600 $
par mois. Alors, comment elle fait, avec son revenu de retraite, qui n'a pas
augmenté bien, bien son aide sociale, là, de
100 quelques dollars, comment elle va faire pour payer le reste? Bien, la
réponse : elle ne sera pas capable. Puis, si elle n'est pas
capable, bien, ce que ça fait, c'est là que nos concitoyens, quand ils ne sont
pas capables... Puis d'ailleurs pas moi qui
a une assurance collective du Parlement, là, moi, je pourrais assumer ces
frais-là comme ça. C'est vrai pour probablement tous les Québécois et
Québécoises qui ont une assurance collective. Mais, quand tu as été trop pauvre dans ta vie pour même avoir une
assurance... une assurance quelconque, bien, c'est là que l'État joue son rôle
avec le carnet santé.
Alors, moi,
ce que je souhaite, Mme la ministre, ce n'est pas que vous me répondiez que
Santé Québec va y aller la semaine prochaine, ils ont fait leur job. Il
n'y a qu'une personne en cette Chambre qui a le pouvoir de dire : Cette situation-là, elle est inhumaine... et ça, vous l'avez déjà
dit en ondes, ça fait que je suis certaine que vous êtes prête à le répéter,
mais il n'y a qu'une personne qui a le pouvoir discrétionnaire de faire en
sorte que la vie de Lisette change. C'est vous, Mme la ministre.
Alors, dans ce
sens-là, pour moi, Santé Québec n'a pas ce pouvoir-là. La seule personne qui a
le pouvoir, c'est la personne qui va donner les crédits à la RAMQ, qui, elle,
va rembourser le matériel de stomie à Mme Perron. Alors, j'implore la ministre d'utiliser son pouvoir
discrétionnaire. Puis, pour ce qui est de maintenir le carnet de santé à tous
les pauvres, on s'en reparlera une autre fois.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Est-ce que j'ai le consentement pour le dépôt des documents? Consentement.
Merci.
Donc, j'en profite
aussi pour rappeler qu'on s'adresse toujours... on passe toujours par la
présidence pour les prises de parole.
Je vous cède
maintenant la parole, Mme la ministre, pour une durée de cinq minutes.
Mme Sonia Bélanger
Mme Bélanger :
Oui, M. le Président. Bien, d'abord, j'ai eu l'occasion, justement ce
matin, d'en parler lors d'une entrevue avec
Patrick Lagacé, et ça me fait plaisir, là, de pouvoir en discuter ici, donc
avec ma collègue, et exprimer, en fait, je dirais, un peu ma, comment je
pourrais dire... pas ma colère, mais une frustration par le fait qu'encore, au
Québec, il y a des situations comme ça qui, malheureusement, doivent être
remontées jusqu'au bureau de la ministre et ici même, au salon rouge. Alors, je
déplore cette situation puis j'exprime toute ma sensibilité à Mme Perron,
qui est une femme courageuse, qui est une battante.
Puis, quand on a une
stomie, bien, ça demande beaucoup d'adaptation. C'est des enjeux à tous les
niveaux. Alors, je m'explique mal comment on
a pu se rendre dans une situation comme ça. Je suis très transparente, je l'ai
dit. Alors donc, pour moi, c'est
inadmissible. Pas parce que je ne veux pas m'occuper de Mme Perron. C'est
que je pense qu'à quelque part il y a eu, dans le système, des failles,
qu'ils n'ont pas bien compris la situation de Mme Perron.
• (13 h 20) •
Santé Québec s'est
mobilisée, on me le confirme, la députée de Saint-Jacques vient de le
mentionner aussi. Le CIUSSS—Centre-Sud
l'a contactée. Ils vont lui proposer différentes options. Alors, c'est important.
On va quand même laisser... je comprends, les lettres qui sont déposées, mais
il y a quand même, de mon côté, une attente qu'ils puissent l'aider et l'accompagner, pas juste sur les soins de la stomie
et les fournitures mais sur le comment, comment elle va pouvoir se payer
ça, qui est un besoin de base, on comprend.
Alors, mon équipe a
parlé, naturellement, avec Santé Québec. Elle aurait, au moment où on se parle,
du matériel en quantité suffisante. Parce que, ce matin, on laissait croire
qu'elle n'avait pas le matériel, mais... je ne veux pas rentrer là-dedans, mais on s'est assurés qu'elle ait le matériel
nécessaire. Mais ce qui est le plus important, ce qui est le plus
important, c'est comment la RAMQ va considérer ce dossier-là aussi. Alors,
c'est mon engagement, j'ai demandé qu'on respecte les étapes. Ce n'est pas moi,
comme ministre... naturellement, je n'ai pas cette compétence-là, d'aller évaluer sa situation, mais j'ai le devoir, le rôle...
le rôle et les responsabilités de m'assurer qu'on trouve une solution. Alors, c'est
là-dessus que je vais mettre mon attention, m'assurer que les personnes qui
sont impliquées, les institutions qui sont
impliquées dans cette situation-là puissent trouver une solution qui, je le
répète, est importante. C'est une question de dignité humaine ici.
On ne devrait pas
être ici en train de parler de la situation clinique de Mme Perron. Pas
parce que je ne veux pas en parler, parce qu'honnêtement, qu'on soit obligé de
parler de la situation d'une dame au salon rouge, bien, je pense que ça
démontre, là, qu'il y a eu vraiment des problématiques dans le suivi de cette
personne-là. Je comprends qu'elle était sur l'aide sociale, qu'elle passe au
niveau du régime de retraite. Il y a quand même, là, habituellement, une petite
augmentation, là, de 1 000 $, 1 500 $ par mois, mais ce ne
sera pas suffisant pour payer tout l'appareillage. Alors, on va y aller par
étape. Et donc moi, je vais m'assurer que le CIUSSS—Centre-Sud qui accompagne madame
actuellement, ainsi que Santé Québec, ainsi que la RAMQ trouvent une solution
pour Mme Perron. Alors donc, voilà, c'est le suivi que je ferai. Et je
souhaite qu'il n'y ait pas d'autre situation comme Mme Perron, puis qu'on
puisse intervenir plus rapidement lorsque des situations comme ça surviennent.
Merci beaucoup, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la ministre. Mme la députée, je vous
cède la parole pour votre réplique de deux minutes.
Mme Manon Massé
(réplique)
Mme Massé :
Je le savais, Mme la ministre, que vous étiez sensible. Je pense, comme
infirmière, ce serait difficile de faire l'inverse. Mais, je veux vous dire,
quand vous dites : On va trouver la solution, l'enjeu, c'est que la
solution est entre vos mains. C'est vous qui allez aller chercher des crédits
au ministère de la Santé dans quelques semaines.
Et les crédits au ministère de la Santé, actuellement, disent que la RAMQ ne
rembourse que 1 600 quelques dollars par année pour les stomies.
Alors, si les gens qui étaient pauvres avant et qui le sont encore n'ont pas un
signal de votre part et des crédits de votre ministère pour dire à la
RAMQ : RAMQ, tu rembourses ce que ces gens-là ont besoin parce que c'est
nécessaire pour leur santé et leur dignité, bien, ils ne bougeront pas.
Je
veux vous lire un petit extrait de ce que Santé Québec m'a fait parvenir, vous
n'allez pas en revenir, Mme la ministre.
M. le Président, j'ai reçu ça hier suite au branle-bas de combat, comme on
pourrait dire. Puis ça... Dans le dernier petit picot, ça me dit :
Une travailleuse sociale des services courants validera avec la patiente si
elle est correcte, bon, puis elle... elle a le droit à... et là, ils m'écrivent,
qu'elle bénéficie... «de s'assurer qu'elle bénéficie de l'ensemble des subventions
ou des déductions auxquelles elle a droit», OK, il y a d'autres groupes qui
l'ont fait avant, mais, s'il y a une
travailleuse sociale qui veut le faire, qu'elle le fasse, «et présentera des
demandes de soutien financier aux fondations s'il y a lieu». Bien, moi,
c'est là que je déchante, M. le Président. Le système de santé publique pour
lequel mes parents et moi, je me suis battue toutes ces années-là, ce n'est pas
pour que la charité revienne prendre la place quand des situations de nos
concitoyens sont inacceptables, comme celle de Lisette.
Alors, Mme la ministre, vous avez la solution. Je
compte sur vous pour qu'aux prochains crédits la RAMQ ait l'argent nécessaire.
Le
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, Mme la députée.
Donc, voilà qui met fin aux débats de fin de séance. Mme la leader
adjointe du gouvernement.
Ajournement
Mme Bélanger : Oui,
M. le Président. Alors, je vous demande d'ajourner nos travaux au
mardi 10 février 2026, à 10 heures.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Cette
motion est-elle adoptée?
Des voix : Adopté.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Adopté. En conséquence, nous ajournons nos au mardi 10 février 2026,
à 10 heures.
(Fin de la séance à 13 h 27)