Journal des débats de l'Assemblée nationale
Version préliminaire
43e législature, 2e session
(début : 30 septembre 2025)
Le
jeudi 19 février 2026
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Vol. 48 N° 39
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Intervenants par tranches d'heure
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D'Amours, Sylvie
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Mallette, Carole
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Garceau, Brigitte B.
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Gendron, Marie-Belle
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Nadeau-Dubois, Gabriel
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Rivest, Mathieu
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Marissal, Vincent
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Hébert, Geneviève
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Chassin, Youri
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Boivin Roy, Karine
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Dorismond, Shirley
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Roberge, Jean-François
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Montigny, Yves
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Roy, Nathalie
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Boulet, Jean
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Jolin-Barrette, Simon
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Provençal, Luc
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Grandmont, Etienne
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Derraji, Monsef
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Charette, Benoit
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Beauchemin, Frédéric
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Girard, Eric
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Cadet, Madwa-Nika
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Dufour, Virginie
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Zanetti, Sol
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Labrie, Christine
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Roy, Nathalie
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Labrie, Christine
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Jolin-Barrette, Simon
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St-Pierre Plamondon, Paul
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Girard, Eric
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Boissonneault, Alex
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Martel, Donald
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Marissal, Vincent
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Bélanger, Sonia
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Setlakwe, Michelle
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Bélanger, Gilles
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D'Amours, Sylvie
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Boivin Roy, Karine
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LeBel, Sonia
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Fortin, André
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D'Amours, Sylvie
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LeBel, Sonia
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Labrie, Christine
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Arseneau, Joël
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Poulet, Isabelle
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Boulet, Jean
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Caron, Linda
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Caron, Linda
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D'Amours, Sylvie
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Leduc, Alexandre
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D'Amours, Sylvie
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LeBel, Sonia
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D'Amours, Sylvie
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Dufour, Virginie
9 h 30 (version révisée)
(Neuf heures quarante minutes)
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Bonjour, chers collègues. Veuillez prendre place.
<N-1>
Affaires courantes
<N-2>Déclarations de députés
Nous sommes à la rubrique Déclarations de
députés, et je cède maintenant la parole à Mme la députée de Huntingdon.
<N-3>Rendre hommage à Mme Elizabeth Casingena
<N-4>Mme Carole Mallette
Mme Mallette : Alors que nous
vivons notre enthousiasme olympique, il est très approprié de souligner que l'excellence
peut commencer très tôt. À preuve, je veux vous parler d'une jeune résidente d'Ormstown
qui a débuté sa passion de gymnaste à cinq ans : Elizabeth
Casingena. Depuis ce temps, elle a collectionné les médailles et
reconnaissances, prouvant son talent exceptionnel. Lors de ses participations
aux jeux... aux juniors olympiques, notamment au Portugal, elle a remporté une
médaille d'or, une d'argent et deux médailles de bronze.
Cette année, Elizabeth aura la chance de
représenter le Sud-Ouest pour une deuxième fois lors de la 60e édition des
Jeux du Québec à la fin février. Notre jeune citoyenne d'Ormstown s'est
taillé une place parmi l'élite régionale, répétant l'exploit accompli il y a
deux ans. Elle fera ainsi rayonner notre région à l'échelle provinciale une
fois de plus, clôturant possiblement sa carrière de gymnaste pour la propulser
vers le monde adulte. Elizabeth montre à toute notre jeunesse le chemin à
suivre pour vivre sa passion avec détermination et plaisir.
Bravo, Elizabeth! On te suivra à
Blainville, aux Jeux du Québec. Merci.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la parole à Mme
la députée de Robert-Baldwin.
<N-3>Souligner le Mois du patrimoine tamoul
<N-4>Mme Brigitte B. Garceau
Mme Garceau : Merci, Mme la
Présidente. Aujourd'hui, je souhaite souligner le Mois du patrimoine
tamoul et les contributions remarquables de la communauté tamoule au Québec.
The Tamil community has
played an instrumental role in shaping the social, economic and cultural
landscape of Québec, from establishing thriving businesses to the founding of
the Montreal Thiru Murugan Temple in Dollard-des-Ormeaux, which I'm
proud to say is in my riding, Robert-Baldwin. This temple stands as a symbol of
cultural preservation and community spirit reflecting the rich heritage that
the Tamil community brings in Québec.
De plus, les
contributions dans le domaine universitaire, littéraire et scientifique ont
renforcé la force et la diversité de nos communautés et auront sans doute un
impact durable sur les générations à venir. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de
Châteauguay.
<N-3>Inviter les citoyens à participer aux
Balades aux flambeaux au Centre écologique Fernand-Seguin
<N-4>Mme Marie-Belle Gendron
Mme Gendron :
Merci, Mme
la Présidente. Cette année encore, l'organisme Héritage Saint-Bernard
nous ravit avec l'organisation de <Verb>la balade aux flambeaux les 20 et
21 février prochains. Mettant en valeur les plaisirs de l'hiver, cette
promenade éclairée de 1,8 kilomètre <Verb>le long permet aux petits
et aux <grands...
Mme Gendron :
…aux
petits et aux >grands de s'amuser en marchant et en glissant, d'explorer
les contes et légendes et de se régaler grâce à des gourmandises variées. Cet
événement féérique réunit familles et amis de la région au Centre
écologique Fernand-Séguin et permet de créer des souvenirs indélébiles depuis
déjà près d'une quinzaine d'années.
Le 5 février dernier, Héritage
Saint-Bernard a d'ailleurs été récompensé : le prix Coup de cœur
du public au Gala Reconnaissance Tourisme Montérégie. Je
tiens à les féliciter chaleureusement pour cette reconnaissance et à les
remercier de tout cœur pour leur mission écologique qui contribue, entre
autres, grandement à faire briller notre coin de région au niveau national.
Félicitations à toute l'équipe d'Héritage
Saint-Bernard! Merci.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la parole à M.
le député de Gouin.
<N-3>Souligner les Journées de la persévérance
scolaire
<N-4>M. Gabriel Nadeau-Dubois
M. Nadeau-Dubois : Merci, Mme
la Présidente. Je veux prendre un moment aujourd'hui pour souligner les
Journées de la persévérance scolaire, qui se tiennent toute la semaine. J'aime
citer souvent Paul Gérin-Lajoie qui disait que l'éducation, c'est le champ de
l'activité humaine qui détermine le destin d'une nation. C'est vrai partout,
mais c'est surtout vrai pour la nation québécoise, pour le peuple québécois.
Les Journées de la persévérance scolaire,
c'est l'occasion de rappeler que la réussite éducative, ce n'est pas seulement
une affaire qui se passe à l'école, c'est un projet de société puis c'est toute
la collectivité, des familles aux écoles, en passant par la société civile et
les décideurs, qui doit s'impliquer, qui doivent faire partie de la solution
pour que nos jeunes persévèrent, réussissent à l'école. Et Dieu sait qu'il nous
reste de nombreux obstacles à franchir pour avoir un Québec qui, vraiment, met
l'éducation au cœur de ses priorités.
Donc, je veux rappeler, donc, que c'est
notre responsabilité collective de se mobiliser. Je pense notamment à ce qui se
passe à l'école, mais aussi à ce qui se passe autour de l'école, par exemple
aux sorties culturelles qui, malheureusement, sont menacées à l'heure actuelle.
J'espère qu'on n'arrivera pas là. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole à M. le
député de Côte-du-Sud.
<N-3>Souligner la mobilisation des citoyens et
des différents acteurs autour du projet de réfection de la piscine du cégep de
La Pocatière
<N-4>M. Mathieu Rivest
M. Rivest : Merci. Je tiens
aujourd'hui à souligner la mobilisation sans précédent qui s'est manifestée
dans le dossier de la réfection de la piscine du cégep de La
Pocatière, un projet majeur pour Kamouraska et L'Islet.
Dès le départ, j'ai travaillé avec le
cégep, le ministère de l'Enseignement supérieur, les municipalités, les MRC, le
milieu des affaires, les citoyens afin que notre volonté commune de conserver
cette infrastructure ne tombe pas à l'eau. Grâce à cette mobilisation, nous
avons pu bonifier le financement du milieu, celui du gouvernement du Québec, en
plus d'obtenir un prolongement de l'échéancier. Lundi, le cégep procédait au
lancement de l'appel d'offres, une étape décisive vers la modernisation de
cette infrastructure qui servira aux générations futures.
Quand un milieu se rassemble positivement,
les projets avancent. C'est exactement ma volonté assumée pour la Côte-du-Sud.
Bravo à Bernard Généreux, au comité Sauvons notre piscine, à
notre milieu, à la ville de La Pocatière, aux MRC de L'Islet, de Kamouraska et
à la merveilleuse équipe du cégep de La Pocatière!
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, M. le député. Je suis prête à entendre maintenant
M. le député de Rosemont.
<N-3>Souligner le travail de la Fondation
Marie-Vincent
<N-4>M. Vincent Marissal
M. Marissal : Merci, Mme la
Présidente. Une minute, c'est beaucoup trop court pour souligner l'excellent
travail, la contribution de la Fondation Marie-Vincent auprès des
enfants qui sont victimes de violences sexuelles.
La fondation a fêté ses 50 ans de
fondation récemment. Ça lui a permis aussi de fêter les 20 ans de son
premier programme, Lanterne, et de lancer deux nouveaux programmes, Boussole
et Voies, V-O-I-E-S, qui sont destinés aux enfants de 6 à 12 ans
et de 4 à 12 ans, notamment avec des besoins particuliers.
La violence sexuelle, ça détruit des vies.
La Fondation Marie… Marie-Vincent, pardon, se donne comme mission de recoller
les morceaux et de permettre à ces jeunes de retrouver un élan après avoir vécu
des choses terribles. Je vous encourage d'ailleurs, citoyens et députés, si
vous pouvez, à la mesure de vos moyens, contribuez à la mission de
Marie-Vincent, qui a toujours besoin de l'aide et du soutien de tout le monde.
Et je lui soutiens… je lui… je lui affirme d'ailleurs mon soutien indéfectible.
Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole à Mme la
députée de Saint-François
<N-3>Souligner la participation de M. Logan
Poisson et de Mme Charlie Véronneau au Mondial des métiers
<N-4>Mme Geneviève Hébert
Mme Hébert : Mme la
Présidente, Logan Poisson, ici présent dans les tribunes, et Charlie
Veronneau ont remporté la médaille d'or en aménagement paysager aux dernières Olympiades
canadiennes des métiers et des technologies à Régina. Ils font la fierté du
programme de DEP en réalisation d'aménagement paysager du <Verb>centre formation
professionnelle de Coaticook, le CRIFA. Leur performance
exceptionnelle ouvre maintenant les portes du Mondial des métiers où
ils représenteront le Canada à Shanghaï en septembre 2026. Leur coach, M.
Poisson, père de Logan, entrepreneur et enseignant en <aménagement…
Mme Hébert :
...en >aménagement
paysager, s'implique comme entraîneur bénévole au niveau provincial, national
et international depuis 2011.
Rigueur, précision et résilience
constituent les principales forces de Logan et Charlie. Ils travaillent
désormais à renforcer leurs habiletés d'improvisation en prévision d'un
concours présenté dans un environnement très différent du nôtre. Leur objectif
est clair : mettre en valeur le savoir-faire québécois sur la scène
mondiale.
Je les félicite et leur souhaite le
meilleur pour Shanghai. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, Mme la députée. Au nom de la présidence, <Verb>MM. Poissant
et Véronneau, toutes nos félicitations et bonne chance dans vos prochains
exploits.
Donc, maintenant, je suis prête à
entendre, M. le député de Saint-Jérôme.
<N-3>Rendre hommage à huit femmes de la
circonscription de Saint-Jérôme à l'occasion de la Journée
internationale des droits des femmes
<N-4>M. Youri Chassin
M. Chassin :Pour la Journée internationale des droits des
femmes, Mme la Présidente, et pour une cinquième année, mon équipe et moi
allons honorer huit femmes pour le 8 mars.
À Caroline Chantal, directrice
des programmes jeunesse du CISSS des Laurentides, Pauline Cyr,
directrice de l'école Émilien-Frenette, parmi les meilleures écoles
publiques au Québec, Julie Delanay, PDG du CISSS des Laurentides et
plus gros employeur de la région, Janic Lauzon, DG du Centre
de développement des composites du Québec, un CCTT du cégep, à Jessica
Lusignan, propriétaire du Mathilda Café, à Dre Jessica
Perreault Bishop, directrice d'enseignement et pédagogue appréciée à l'UdeM, Natacha
Sigouin, propriétaire de la crèmerie Béadélices, et Amélie... et à Mélanie
Tremblay, thanatologue dans la maison <Verb>funéraire Trudel, historique,
merci de votre contribution qui améliore notre ville, notre région. Merci
d'inspirer l'avenir, nos filles et nos garçons, d'ailleurs.
• (9 h 50) •
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, M. le député. Maintenant, je suis prête à entendre
Mme la députée d'Anjou-Louis-Riel.
<N-3>Souligner les Journées de la persévérance
scolaire
<N-4>Mme Karine Boivin Roy
Mme Boivin Roy : Merci, Mme
la Présidente. Nous sommes plusieurs à souligner de différentes manières et à
travers le Québec la 22e édition des Journées de la persévérance scolaire
du 16 au 20 février.
La réussite se construit à travers les
défis relevés, les essais tentés et les erreurs vécues, mais surtout grâce à un
engagement constant et courageux. C'est justement ce qu'on appelle la
persévérance, cette capacité à franchir des étapes qui nous semblaient parfois
insurmontables. Ainsi, la persévérance scolaire ne se limite pas seulement à la
réussite académique, mais c'est aussi une question de motivation et de
bien-être chez nos jeunes à l'école et nos adultes en formation.
Que vous soyez enseignants, spécialistes,
entraîneurs, intervenants, parents, membres de la famille ou amis, merci d'être
des piliers dans le développement de nos étudiants, étudiantes et de contribuer
à leur pouvoir d'agir. Merci de leur donner la capacité, les outils et la
responsabilité de prendre le contrôle de leur vie, de leurs décisions et de
leur environnement.
Bonne Journées de la persévérance
scolaire!
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci beaucoup, Mme la députée. Je cède maintenant la
parole à Mme la députée de Marie-Victorin.
<N-3>Souligner le travail de l'organisme Partage
Saint-Robert
<N-4>Mme Shirley Dorismond
Mme Dorismond : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. C'est avec une grande fierté que j'aimerais
souligner le travail remarquable d'une équipe dévouée de bénévoles et de
partenaires engagés dans la lutte contre la précarité dans Marie-Victorin.
C'est le Partage Saint-Robert. Sa mission est de soutenir les familles
et les individus en difficulté en leur offrant un service de dépannage
alimentaire et en habillement. Chaque jour, ils mettent la main à la pâte pour
offrir des journées plus ensoleillées aux familles de Marie-Victorin.
J'applaudis Partage Saint-Robert, qui,
dans la dignité et la confidentialité, met de l'avant les valeurs humaines, qui
est au cœur de leurs actions. C'est ensemble que nous créons un environnement
chaleureux où chacun se sent soutenu et respecté. Je vous en remercie. Merci.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la parole à M.
le député de Chambly.
<N-3>Souligner le 55e anniversaire du Club
FADOQ de Richelieu
<N-4>M. Jean-François Roberge
M. Roberge : Mme la
Présidente, j'aimerais souligner aujourd'hui le 55e anniversaire du Club
FADOQ Richelieu, qui joue un rôle très important au sein de la communauté.
Le club propose, depuis une dizaine
d'années, une activité unique pour ses membres, la création d'une pièce de
théâtre. C'est la seule FADOQ à proposer une telle activité dans notre région. 14 acteurs
amateurs participent à toutes les semaines aux répétitions pendant huit mois.
J'ai dit «amateurs», Mme la Présidente, mais on me dit qu'ils jouent comme des
pros. D'ailleurs, cette année, la pièce va être jouée dans des résidences pour
aînés, des centres communautaires et sera même jouée lors de l'assemblée
régionale de la FADOQ.
Je veux remercier M. Jean
L'Italien, un artiste émérite, un artiste renommé qui accepte d'accompagner
cette troupe avec évidemment un grand professionnalisme. Cette activité a
permis au Club FADOQ de Richelieu de se voir décerner le prix
Originalité de l'activité et une subvention Qualité de vie la part de
la FADOQ régionale Rive-Sud, Suroît.
Félicitations aux acteurs, aux
organisateurs pour cette <belle...
M. Roberge :
...cette
>belle activité culturelle.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, M. le député. Finalement, je suis prête à entendre
M. le député de René-Lévesque.
<N-3>Souligner les Journées de la persévérance
scolaire
<N-4>M. Yves Montigny
M. Montigny : Mme la
Présidente, merci. C'est avec une immense fierté que je souligne aujourd'hui
l'engagement exceptionnel de la Côte-Nord. Un récent sondage Léger confirme que
notre région affiche l'un des plus hauts taux d'engagement au Québec pour la
réussite éducative et la santé mentale des jeunes.
Chez nous, la persévérance scolaire est
une mission collective. En cette 22e édition des Journées de la
persévérance scolaire, je salue la solidarité exemplaire des Nord-Côtiers,
des Nord-Côtières et le travail essentiel d'organismes comme RAP
Côte-Nord, qui, cette semaine, déploie une programmation et des outils pour
cette cause essentielle. Vous faites une réelle différence sur le terrain.
Aux jeunes de notre belle région, je veux
dire ceci : Votre persévérance est la clé de votre avenir. Sachez que
toute une communauté croit en votre potentiel. Bonne continuité. Lâchez pas.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci M. le député. Cela met fin à la rubrique
Déclarations de députés.
Et je suspends les travaux quelques
minutes.
(Suspension de la séance à 9 h 55)
10 h (version révisée)
(Reprise à 10 h 06)
La Présidente
: Bonjour,
tout le monde. Mesdames, messieurs, bienvenue. Le Parlement du Québec, c'est
chez vous. Messieurs dames les députés, j'espère que vous avez bien dormi. Nous
allons nous recueillir quelques instants.
Je vous remercie beaucoup. Veuillez vous
asseoir... pardon. Nous poursuivons les affaires courantes... pardon.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles ni présentation de projets de loi.
Dépôt de documents
À la rubrique Dépôt de documents, M. le
ministre du Travail.
M. Boulet : ...le rapport d'application
de la Loi sur les normes du travail. Merci.
La Présidente
: Ce
document est déposé. M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Bonjour, Mme
la Présidente. Je dépose les réponses aux pétitions déposées le 2 décembre
2025, par le député de Saint-Henri—Sainte-Anne, le 10 décembre 2025, par
le député de LaFontaine, et le 12 décembre 2025, par le député d'Arthabaska.
La Présidente
: Ces documents
sont déposés.
Dépôt de rapports de commissions
À la rubrique Dépôt de rapports de
commission, M. le président de la Commission de la santé et des services
sociaux et député de Beauce-Nord.
Étude détaillée du projet de loi n° 19 — Loi
visant notamment l'amélioration de l'accès aux services médicaux et la prise en
charge médicale de la population
M. Provençal : Merci, Mme la
Présidente. Je dépose le rapport de la Commission de la santé et des services
sociaux, qui, les 12, 17 et 18 février 2026, a procédé à l'étude détaillée
du projet de loi n° 19, Loi visant notamment l'amélioration de l'accès aux
services médicaux et la prise en charge médicale de la population. La
commission a adopté le texte du projet de loi avec des amendements. Merci
beaucoup, Mme la Présidente.
La Présidente
: Ce
rapport est déposé.
Dépôt de pétitions
À la rubrique Dépôt de pétitions, M. le
député de Taschereau.
Rétablir les services
offerts aux demandeurs d'asile de la Capitale-Nationale
M. Grandmont : Merci, Mme la
Présidente. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 652 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les
suivants :
«Considérant la fin du programme de
régionalisation des demandeurs d'asile, occasionnant l'abolition de quatre
postes d'infirmières et de quatre postes de travailleuses sociales au Centre
intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale
(CIUSSS CN), ainsi que la fermeture des services d'aide à l'emploi,
d'hébergement et de francisation dans le milieu communautaire;
«Considérant la fermeture du bureau d'aide
juridique de Québec, le 31 mars 2025, en raison du non-renouvellement
du financement octroyé par le gouvernement du Québec;
«Considérant le retrait, par le
gouvernement du Québec, d'un ajustement allant de 15 $ à 30 $ par mois du
chèque d'aide sociale pour les demandeurs d'asile, qui compensait le fait
qu'ils n'ont pas droit au crédit de solidarité, et à la volonté à restreindre
davantage l'accès à l'aide sociale pour cette population vulnérable;
«Considérant le manque de services et de
ressources adaptées aux besoins des demandeurs d'asile, ce qui accroît la
pression sur les autres services publics et communautaires;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, signataires, demandons au
gouvernement du Québec de reprendre le financement du programme de régionalisation;
de reprendre le financement du bureau d'aide juridique de Québec; d'annuler les
coupes aux prestataires d'aide sociale; de mettre en place un financement à la
mission pour les organismes communautaires oeuvrant auprès des demandeurs
d'asile.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
• (10 h 10) •
La Présidente : Et cet
extrait de pétition est déposé.
Il n'y a pas de réponses orales aux
pétitions ni d'interventions portant sur une violation de droit ou de
privilège.
Je vous avise qu'après la période des
questions et réponses orales sera tenu le vote reporté sur la motion de M. le
député de Taschereau débattue hier aux affaires inscrites par les députés de
l'opposition.
Questions et réponses orales
Nous en sommes maintenant rendus à la
période de questions et de réponses orales. Et, pour ce faire, je cède la
parole, en question principale, au député de Nelligan.
Gestion du projet SAAQclic
M. Monsef Derraji
M. Derraji : Merci, Mme la
Présidente. On termine la semaine comme on l'a commencée. En face de nous, un
gouvernement qui se déresponsabilise. Au bout de la ligne, ce ne sont pas les
responsables du fiasco. Au bout de la ligne, les Québécois peuvent payer le
prix de ce fiasco.
Mme la Présidente, l'élément le plus
troublant, c'est que le cabinet du bureau de l'ex-ministre des Transports, le
député de Granby, savait qu'il y avait un dépassement de coûts en 2022. Mais
qu'est-ce qu'il a fait de plus en 2022? Son bras droit, l'ancien conseiller
politique de M. le député de Granby, avec la bénédiction des responsables de la
SAAQ et le plus haut secrétaire, le secrétaire général du Québec, ils ont tout
fait pour trouver une solution aux dépassements de coûts. Pourquoi? Parce qu'un
dépassement de coûts, Mme la Présidente, pendant la campagne électorale, fera
mal aux caquistes. Mais qu'est-ce qu'ils ont trouvé comme solution pour passer
inaperçu? Scinder le contrat en petits lots.
Ils peuvent l'avouer aujourd'hui?
La Présidente : La réponse du
ministre de l'Environnement.
M. Benoit Charette
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. J'avais un petit espoir, Mme la Présidente, que le collègue prenne
la soirée d'hier pour véritablement lire le rapport dans son ensemble.
Manifestement, ce n'est pas le cas. Je crois comprendre qu'il sélectionne de
petites parcelles du rapport, celles qui avantagent lui, sinon sa formation
politique.
Le rapport est assez clair, Mme la
Présidente. Il faut reconnaître qu'il y a, oui, des questions troublantes qui
sont posées, mais les réponses sont aussi évocatrices. Le gouvernement du
Québec, ses représentants, l'ensemble des élus ici, représentés à l'Assemblée
nationale, ont été floués littéralement par quelques personnes à la SAAQ. Ce
que je disais hier, je le répète, le PDG nouvellement nommé de la SAAQ a pris
acte du rapport, s'est excusé au nom de son organisation, reconnaît les torts
qui lui sont attribués. Il s'est aussi excusé au nom de ses nombreux employés.
Je pense, c'est 5 000 personnes qui travaillent à la SAAQ. On parle
peut-être de quelques pommes pourries, mais il faut reconnaître qu'il y a des
milliers d'autres qui font un excellent travail, et j'aimerais que le collègue
en prenne acte également.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Monsef Derraji
M. Derraji : J'espère que le
collègue va aller lire la page 23 du sommaire, et il va voir Alain
Généreux, qui est le conseil de son collègue l'ex-ministre des Transports, qui,
avec le PDG de la SAAQ, ont trouvé une solution. Pendant la campagne
électorale... C'est un hasard, Mme la Présidente. C'est juste un hasard, hein?
C'est juste un hasard que, pendant la campagne électorale, j'ai un conseiller
politique d'un ministre qui a perdu le contrôle complètement de la SAAQ et qui
a trouvé une solution en scindant le contrat en petits lots.
Est-ce qu'ils peuvent s'excuser
aujourd'hui aux Québécois?
La Présidente : La réponse du
ministre des Infrastructures.
M. Benoit Charette
M. Charette : ...de la campagne
électorale de 2022. Dans le rapport, c'est clairement indiqué, le gouvernement
était tenu dans la plus complète noirceur jusqu'au dépôt du rapport de la
Vérificatrice générale, bien des années plus tard, et jusqu'en 2023, donc bien
après la campagne électorale aussi. C'était non seulement tenu à l'écart, mais
c'est carrément des mensonges qui étaient véhiculés et transmis comme
informations aux membres du gouvernement. Il n'y a personne qui peut être fier
de ce qui s'est passé à la SAAQ, mais ce serait un minimum, par contre, que le
collègue et les oppositions prennent acte du rapport et le lisent dans son
intégralité.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Monsef Derraji
M. Derraji : Clairement, il
vient de me démontrer qu'il n'a pas lu le rapport. Page 24, le sommaire,
Yves Ouellet, le plus haut fonctionnaire de l'État québécois, le bras droit du
premier ministre, a reçu une présentation, et dans la présentation, Mme la
Présidente, on parlait du fractionnement. Et vous savez quoi? On parlait de
quoi dans la présentation? Risque médiatique et politique élevé, risque
médiatique et politique moindre. Vous avez choisi un risque politique qui ne
faisait pas...
La Présidente : Vous vous
adressez à la présidente, M. le député. Il vous reste trois secondes.
Poursuivez.
M. Derraji : La moindre des
choses, c'est s'excuser de ce qu'ils ont fait aux Québécois.
La Présidente : La réponse du
ministre des Infrastructures.
M. Benoit Charette
M. Charette : Mme la
Présidente, à la base, je ne souhaiterais pas retourner sur ces questions, mais
rappelons. On parle de fractionnement. Quand je dis : Je ne veux pas
retourner sur ces questions, c'est la nature des contrats eux-mêmes. Si ce
fractionnement-là a eu lieu, si on a eu les conséquences qui en ont découlé,
c'est les libéraux qui ont au départ permis ces façons de...
Des voix : ...
La Présidente : Attendez, M.
le ministre. Vous vous souvenez de l'article 32. Gardez le silence, je
vous prie. M. le député de LaFontaine, qui est également leader de l'opposition
officielle, je vous demande de garder le silence. Nous avons écouté la question
avec intérêt...
Une voix : ...
La Présidente : M. le député
de Nelligan... M. le député de Nelligan, j'aimerais entendre... et je vous
rappelle... je vous rappelle, en toute amitié, que nous aurons un député
indépendant qui aura une question en 8. Vous voulez perdre du temps, perdez-le,
mais on protège la 8. M. le ministre, poursuivez.
M. Charette : Une autre façon
de perdre du temps, Mme la Présidente, et ils le font très bien, c'est de
reposer tout le temps la même question avec le même biais. C'est naturellement
l'opposition officielle qui a le choix de ses questions, je respecte ça, mais,
s'ils souhaitent de véritables réponses, qu'ils soient objectifs...
La Présidente : En question
principale... En question principale, je reconnais maintenant le député de
Marguerite-Bourgeoys.
Allègement du fardeau
fiscal des petites et moyennes entreprises
M. Frédéric Beauchemin
M. Beauchemin : Mme la
Présidente, on sait que la CAQ, c'est le parti du gaspillage puis de la décote.
Mais saviez-vous que c'est aussi le parti qui étouffe nos entreprises à petit
feu et qui tue leur désir d'investir à nouveau?
C'est Laurent Ferreira lui-même qui a dit
ça, Mme la Présidente, le président de la Banque Nationale, qui, cette semaine,
était à la Chambre de commerce de Montréal. Il dit que la CAQ étouffe nos PME
avec un fardeau fiscal 50 % plus élevé que dans le reste du Canada, trois
fois plus élevé que dans... aux États-Unis. La CAQ, c'est ça, Mme la
Présidente, ça étouffe nos PME puis ça donne nos taxes à des compagnies
étrangères comme Northvolt.
Le ministre des Finances a de l'air de
trouver ça drôle, là, qu'on est en train d'étouffer nos PME, mais est-ce qu'il
se rend compte que ça va réduire aussi les investissements privés? Qu'est-ce
qu'il va dire à Laurent Ferreira qui, lui, est sur le terrain puis il dit la
chose suivante : «Ce sont les revenus du Québec et son tissu social qui
sont à risque», Mme la Présidente?
La Présidente : Et, M. le
député, je vous rappelle que vous avez brandi quelque chose qui n'est pas un
tableau didactique. M. le ministre des Finances, pour la réponse.
M. Eric Girard
M. Girard (Groulx) : Oui, Mme
la Présidente. Bien, alors, le président de la Banque Nationale et l'économiste
en chef de la Banque Nationale ont fait une présentation à la Chambre de
commerce de Montréal, et ce sont évidemment mes anciens collègues de travail
avec qui je suis en contact parfois. Et qu'est-ce qu'ils nous disent? Ils nous
disent qu'il y a trop de réglementation et que ça nuit, par exemple, aux grands
projets. Alors, c'est d'ailleurs pour ça qu'on a le projet de loi n° 5, hein, qui va viser à accélérer les grands projets
stratégiques. Ils nous disent que la fiscalité des entreprises est trop élevée,
au Québec et au Canada. C'est bien connu.
Alors, on a fait le choix de réduire les
taux d'imposition sur les nouveaux investissements. Effectivement, ce que la
Banque Nationale demande, c'est une baisse des impôts des corporations. Nous,
on fait le choix équitable de réduire le taux d'imposition, mais pour des
nouveaux investissements, afin de garder l'assiette fiscale dans un souci
d'équité. Alors, dans l'ensemble, on fait du bon travail et on peut toujours
faire mieux. C'est pour ça qu'on est contents d'avoir des suggestions.
La Présidente
:
Première complémentaire.
M. Frédéric Beauchemin
M. Beauchemin : Ce que le
ministre oublie de dire, là, c'est que Laurent Ferreira a dit, et tout le monde
le sait, qu'au Québec la CAQ surtaxe nos PME 50 % de plus que dans le
reste du Canada, Mme la Présidente. La CAQ fait comme le PQ, là, ils nous
amènent tout droit vers le précipice.
Pour son prochain budget, est-ce que le
ministre des Finances peut faire la seule chose qui lui resterait à faire,
c'est de, minimalement, là, OK, présenter une efficacité en termes de fiscalité
pour les entreprises québécoises?
• (10 h 20) •
La Présidente
: La
réponse du ministre des Finances.
M. Eric Girard
M. Girard (Groulx) : Oui, Mme
la Présidente. D'ailleurs, au dernier budget, on a réduit les cotisations
sur... les taxes sur la masse salariale, et puis c'est un des endroits où le
Québec a, effectivement, une fiscalité qui est moins compétitive, d'où nos
actions, réduire les cotisations au régime des rentes, Régime québécois
d'assurance parentale. Et, dans l'ensemble, Mme la Présidente, on a réduit le
fardeau fiscal des Québécois et des entreprises, doucement, parce qu'en même
temps il faut faire des investissements dans les missions de l'État, qui sont
extrêmement importantes.
Alors, il faut trouver le bon équilibre.
Et évidemment, Laurent, je le connais, là, il est PDG de la Banque Nationale.
Alors, lui, il voudrait que les impôts des individus soient à zéro puis que
l'impôt des entreprises soit zéro. C'est une suggestion qui se vaut.
La Présidente
:
Deuxième...
Des voix : ...
La Présidente
: On
retrouve le silence. Deuxième complémentaire.
M. Frédéric Beauchemin
M. Beauchemin : Mme la
Présidente, ce que Laurent disait, ce n'était pas les impôts de la Banque
Nationale, mais des PME du Québec. Clairement, le ministre ne l'a pas écouté.
La FCEI dit aussi que l'indice de confiance de nos entrepreneurs au Québec est
en chute libre depuis 2018. Presque sept PME sur 10 se trouvent étouffées par
leur fardeau fiscal, qui est 50 % plus élevé au Québec qu'ailleurs au
Canada, 50 %, Mme la Présidente. Nous, au Parti libéral, puis Charles
Milliard, on va baisser les impôts des PME. Vous, à la CAQ, vous allez
continuer à...
La Présidente
: La
réponse...
Des voix : ...
La Présidente
: M. le
leader... Deux petites choses. Vous vous adressez à la présidente. Maintenant,
j'aimerais qu'on garde le silence, hein? Deux choses.
Une voix : ...
La Présidente
: Et, M.
le leader du gouvernement, vous gardez le silence également. J'aimerais
entendre la réponse du ministre des Finances.
M. Eric Girard
M. Girard (Groulx) : Oui. Bon,
la FCEI, ça fait quand même huit fois, là, que je les entends en consultations
prébudgétaires, et qu'est-ce qu'ils demandent principalement? Ils demandent
d'annuler la mesure Leitão, OK. C'est-à-dire que mon prédécesseur avait décidé
que, lorsqu'une PME n'a pas suffisamment d'heures travaillées, elle devait
payer le plein taux des grandes entreprises. Alors, le 11 % que nos
grandes entreprises paient, si vous n'avez pas suffisamment d'heures, vous
devez payer ce taux, et la FCEI demande de retirer cette mesure. Ça coûterait
800 millions par année, et, pour ma part, j'ai toujours dit la même chose
que mon prédécesseur : Non.
La Présidente
: En
question principale, je...
Des voix : ...
La Présidente
: En
question principale, je reconnais maintenant la députée de Bourassa-Sauvé. La
parole est à vous, madame. On vous écoute.
Frais associés à la collecte sélective
Mme Madwa-Nika Cadet
Mme Cadet : Mme la Présidente,
hier, nous avons adopté, à l'unanimité des parlementaires, une motion indiquant
l'importance de nos médias imprimés, nos hebdos, nos quotidiens, disant... qui
nous divertissent, qui nous informent, qu'ils accompagnent les Québécois. Or,
on le sait, ces mêmes médias imprimés, en ce moment, vivent une pression
inexorable à cause de la hausse des coûts associés au nouveau régime de
collecte sélective. Le ministre de l'Environnement, hier, a décidé de fermer la
porte à la seule demande qu'ils ont, c'est-à-dire d'être exemptés de ce nouveau
régime de collecte sélective.
Mme la Présidente, est-ce que la CAQ se
rend compte qu'en refusant la demande de nos médias imprimés ils sont en train
de fragiliser notre écosystème culturel? Est-ce que la CAQ se rend compte que,
dans un autre élan d'incohérence caquiste, les médias, notre culture, qu'ils
disent vouloir préserver, qu'ils disent vouloir mettre de l'avant, est
complètement fragilisée par leurs propres actes et décisions? Mme la
Présidente, en ce moment, c'est leur survie qui est en jeu.
Est-ce que le ministre va leur accorder
leur exemption?
La Présidente
: La
réponse du ministre de l'Environnement, de la Lutte contre les changements
climatiques, de la Faune et des Parcs.
M. Benoit Charette
M. Charette : Désolé de
décevoir le chef de l'opposition officielle, mais ça me fait plaisir, par
contre, de répondre à la question.
Il faut savoir que les médias sont
largement supportés par le gouvernement, et ce, depuis plusieurs années. Pour
ce qui est, par contre, du système de recyclage, c'est une responsabilité
élargie des producteurs, donc ce sont les producteurs qui ont la responsabilité
de financer ce qu'ils mettent en marché. Malgré ce principe, les médias,
spécialement les médias locaux et régionaux, sont souvent soit exemptés ou
largement remboursés pour ce qu'ils doivent investir dans le système de
collecte sélective. Donc, il y a un appui qui est important à ce niveau-là.
Sinon, au niveau de la réglementation, on
travaille actuellement avec Éco Entreprises Québec pour faire en sorte que
leurs obligations dans le temps soient étalées. On parle de changements
réglementaires qui vont avoir cours au cours des toutes prochaines semaines,
sinon, d'ici l'été.
Donc, non seulement on appuie les médias
mais il y a aussi des mesures d'atténuation qui sont travaillées avec
l'organisme, qui est géré par les producteurs eux-mêmes, pour s'assurer d'un
impact le moins important possible, notamment pour les médias, qu'ils soient
locaux ou régionaux. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente : Première
complémentaire. Et, pour ce faire, je reconnais la députée des Mille-Îles.
Allez-y.
Mme Virginie Dufour
Mme Dufour : Largement
compensés. Écoutez, on parle d'une somme qui représente moins de 1 million
de dollars, alors que les coûts dépassent les 10 millions. Ça, c'est moins
que 10 %. L'enjeu, Mme la Présidente, c'est que les coûts de la collecte
sélective ont explosé. Alors que c'était 330 millions, en 2022, ça va
frôler les 1 000 $ la tonne l'an prochain. C'est devenu tout
simplement intenable pour nos médias et l'ensemble de nos entreprises.
Le ministre va-t-il agir avant qu'il ne
soit trop tard?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Benoit Charette
M. Charette : Mme la
Présidente, ça me fait plaisir de retrouver la collègue dans les fonctions
qu'elle occupe et celles que j'occupe de nouveau pour les prochaines semaines.
Comment dire? Je me souviens que, lorsque
la loi a été adoptée, elle avait appuyé ces dispositions, d'une part. Je vais
lui rappeler, dans les circonstances, que ce n'est pas le gouvernement qui
détermine les tarifs, mais les producteurs eux-mêmes. Ce sont eux qui gèrent le
système, ce sont eux qui établissent les grilles tarifaires, mais je le
réitère, le gouvernement est là pour aider les médias, notamment les médias
locaux et régionaux. Plusieurs sont totalement exemptés de leurs obligations,
en termes de financement de la collecte sélective, et d'autres sont compensés à
hauteur de 90 %. Donc, c'est quelque chose...
La Présidente : ...complémentaire.
À nouveau, la députée des Mille-Îles.
Mme Virginie Dufour
Mme Dufour : D'abord, je
n'étais pas élue en 2021. Et ce qui est aussi une perte de temps, Mme la
Présidente, c'est de ne jamais répondre aux questions. Moi, je demande au
ministre : Est-ce qu'il trouve que c'est normal que ça coûte plus cher,
neuf fois plus cher, recycler que jeter et que sa réforme... c'est sa réforme
qui affecte maintenant la viabilité des entreprises? La semaine dernière, j'ai
déposé un mandat d'initiative pour faire la lumière sur l'explosion des coûts
et trouver des solutions.
Si le ministre ne compte pas agir, est-ce
que je dois demander aux candidats à la chefferie de le faire à sa place?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Benoit Charette
M. Charette : Mme la
Présidente, c'est vrai que la collègue n'était pas élue en 2021. Elle appuyait
la CAQ à ce moment-là et elle a retiré... elle a retiré son appui lorsque nous
avons refusé sa candidature.
Mais, ceci dit, pour les questions dont il
est question, c'est de la législation et de la réglementation qui ont été
adoptées en 2022, et, oui, la collègue était bien présente à ce moment-là, et,
oui, nous avons des mesures d'appui qui sont là pour atténuer l'impact des
tarifs, notamment sur les médias locaux et régionaux. Donc, ça va me faire
plaisir de poursuivre l'échange avec la collègue.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Jean-Lesage.
Accès à l'information
sur le projet de Marinvest
M. Sol Zanetti
M. Zanetti : Mme la
Présidente, notre gouvernement, ce n'est pas la CAQ, c'est la coalition
Carney-Legault. La CAQ sacrifie les intérêts des Québécois au profit des obsessions
pétrolières canadiennes. Les deux premiers ministres travaillent à l'unisson
sur un projet de gaz de schiste albertain qui va atterrir sur notre territoire.
Aucun débat public, aucune transparence. Québec et Ottawa sont complices de
Marinvest. Ils aident l'entreprise à tout ficeler dans le dos des Québécoises
et des Québécois.
Quand le gouvernement du Québec et Ottawa
placent les intérêts d'une multinationale pétrolière avant ceux des Québécois,
quand ils écoutent et ils déroulent le tapis rouge avec des projets de loi
opaques comme la loi fédérale C-5 et le projet de loi n° 5 au Québec, avec
le projet Marinvest, les Québécois sont en train de se faire passer un sapin.
On peut-tu voir le projet? Est-ce que le
ministre de l'Environnement va nous le montrer? Est-ce qu'on va pouvoir avoir
de la transparence?
La Présidente : Et, M. le
député, je vous rappelle qu'on utilise le titre des élus. M. le ministre des
Finances, la réponse.
M. Eric Girard
M. Girard (Groulx) : Oui. Mme
la Présidente, bien, il va falloir voir le projet pour l'évaluer. Là, ce que je
constate, c'est qu'on est contre le projet avant de le connaître. Alors, c'est
un choix. Au Québec, on a besoin d'investissements privés, et tous ces
projets-là amènent des conséquences et ils doivent être évalués. Il faut bien
connaître les impacts environnementaux, les impacts sur les terres agricoles,
les impacts au niveau des municipalités, des Premières Nations, les retombées
économiques.
Alors, il ne faut surtout pas condamner
les projets avant de les connaître, les évaluer, les voir. Et un des objectifs,
puis je remercie le député de me permettre de le souligner, un des objectifs du
projet de loi n° 5, c'est justement la transparence.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Sol Zanetti
M. Zanetti : Moi, je veux
bien évaluer le projet, mais il faudrait que vous nous le montriez. L'avez-vous
vu, le projet? L'ont-ils vu, le projet, Mme la Présidente? Je me suis rattrapé.
Est-ce qu'ils l'ont vu, le projet? Et, si oui, on peut-tu le voir? Ça a tout
l'air d'être exactement le même projet que… le même projet que GNL Québec,
qu'on a refusé. La rumeur court que ça va coûter 30 milliards, ce
projet-là, minimum 30 milliards.
Combien d'argent de la poche des Québécois
encore, après Northvolt, après SAAQclic?
• (10 h 30) •
La Présidente : La réponse du
ministre de l'Environnement.
M. Benoit Charette
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. Le collègue nous demande de lui présenter le projet. Il n'a même pas
été déposé. Il n'a pas été déposé, le projet, on ne peut pas lui montrer. Nous
n'avons pas reçu de projet.
Ce que l'on fait, au ministère de
l'Environnement, et ça, c'est pleinement assumé, et j'espère que n'importe quel
gouvernement ferait de même, c'est informer les promoteurs sur des projets
susceptibles d'être déposés, pour qu'ils puissent savoir clairement quelles
sont leurs obligations. Dans certains cas, certains promoteurs décident de ne
pas déposer un projet parce qu'ils jugent qu'il ne sera pas reçu. Et, si le
projet est déposé, il est étudié à son mérite, selon les plus hauts standards
de nos évaluations environnementales. Donc, procédons par étapes, attendons
qu'il y ait un projet de déposé, Mme la Présidente.
La Présidente : Deuxième
complémentaire. Et, pour ce faire, je reconnais le député de Taschereau.
M. Etienne Grandmont
M. Grandmont : Merci.
Récemment, le premier ministre disait qu'il y avait des rencontres entre les
lobbyistes de Marinvest et l'équipe gouvernementale. D'autre part, hier,
pendant la motion du mercredi, le collègue de René-Lévesque avait énormément de
données techniques sur le projet, ce qui laisse à penser qu'il a peut-être
rencontré déjà les équipes et s'est fait présenter le projet.
Alors, ma question, c'est pour le ministre
des Finances, qui s'est levé d'ailleurs, tantôt, pour répondre à mon collègue
de Jean-Lesage. Est-ce que le projet de… le projet Marinvest est inclus dans
ces cinq projets au PL n° 5?
La Présidente : La réponse du
ministre des Finances.
M. Eric Girard
M. Girard (Groulx) : Bien, je
ne peux pas répondre à cette question-là, Mme la Présidente, je n'ai pas vu le
projet. Alors, je vais répondre à votre question. Je n'ai pas vu le projet, le
projet n'a pas été déposé au ministère des Finances. Et d'ailleurs, il faudrait
adopter le projet de loi n° 5, il faudrait travailler sur les articles un
par un, les lire, les adopter pour que les grands projets stratégiques
d'intérêts nationaux puissent être désignés pour être autorisés et réalisés au
Québec.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la députée de Sherbrooke.
Retirer du projet de
loi constitutionnelle l'article portant sur le droit à l'avortement
Mme Christine Labrie
Mme Labrie : Mme la
Présidente, les consultations sur le projet de constitution sont maintenant
terminées, et il y a un constat qui s'impose : il n'y a absolument aucun
groupe de femmes, aucun médecin, aucun juriste qui appuie le ministre de la
Justice pour inscrire le droit à l'avortement dans une loi. Le Conseil du
statut de la femme est contre, le Barreau est contre, tout le monde soutient
que l'avortement est déjà protégé par nos chartes et la jurisprudence en tant
que soin de santé.
Le constat est exactement le même que
quand l'ancienne ministre de la Condition féminine avait voulu légiférer, et
c'est une fausse bonne idée qui représente un danger pour les femmes.
L'ancienne ministre, d'ailleurs, avait eu le courage de le reconnaître, et elle
avait choisi plutôt d'agir pour favoriser l'accès à l'avortement, au lieu de
légiférer. La potentielle future cheffe de la CAQ le reconnaît elle aussi.
Est-ce que le ministre de la Justice va
écouter les femmes qui lui demandent de retirer l'article 29 du projet de
loi ou il va suivre l'exemple du ministre de l'Immigration et s'entêter dans
son coin jusqu'à ce que la prochaine cheffe décide à sa place?
La Présidente : La réponse du
ministre de la Justice. On l'écoute.
M. Simon Jolin-Barrette
M. Jolin-Barrette : Bon, Mme
la Présidente, la question que la députée de Sherbrooke pose est une bonne
question, Mme la Présidente. Dans le cadre du projet de loi n° 1, donc, et
à l'intérieur de la Constitution, la première partie du projet de loi, on
prévoit, à l'article 29, que l'État protège la liberté des femmes d'avoir
recours à <l'interruption volontaire de grossesse. Pourquoi…
>
10 h 30 (version révisée)
<15359
M.
Jolin-Barrette :
...protège la liberté des femmes d'avoir
recours à >l'interruption volontaire de grossesse. Pourquoi, Mme la
Présidente, on a inscrit ça dans la Constitution? Pour faire en sorte, Mme la
Présidente, que l'État québécois se positionne très clairement du côté des
femmes et participe à cette défense-là de ce droit, de cette liberté qui est
attaquée.
Au cours des dernières années, Mme la
Présidente, un peu partout dans le monde occidental, il y a eu des reculs par
rapport aux droits des femmes, énormément de reculs. On n'a qu'à penser aux
États-Unis avec l'invalidation de la décision de Roe v. Wade, Mme la Présidente.
On ne veut pas, au Québec, que le droit des femmes recule, le droit pour lequel
les femmes se sont battues avec acharnement.
On a entendu plus de 200 groupes, Mme
la Présidente. Les consultations se sont terminées hier. On va analyser leurs
propositions, leurs recommandations, Mme la Présidente. On va se gouverner en
conséquence.
La Présidente : Première complémentaire.
Mme Christine
Labrie
Mme Labrie : Si le ministre
veut éviter les reculs, c'est lui qui doit reculer sur sa proposition, parce qu'il
n'y en a pas, de formulation qui va être correcte pour parler de ça dans une
loi. C'est ce que tout le monde nous dit. On ne veut aucune loi qui parle d'avortement.
C'est un soin de santé. Il ne faut pas ouvrir la porte à des restrictions. Est-ce
qu'il peut juste confirmer qu'il va retirer l'article 29 pour qu'on puisse
passer à autre chose? Parce que, des combats pour les droits des femmes, on en
a beaucoup à mener, puis il nous fait perdre notre temps, là, en ce moment.
Moi, j'aimerais ça qu'on puisse passer au suivant.
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Simon
Jolin-Barrette
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, à chaque année, il y a un autre Parlement dans ce pays qui entend
des motions, qui entend des projets de loi qui sont déposés pour faire
régresser le droit des femmes en matière d'avortement. À toutes les années, Mme
la Présidente, cette question-là revient quotidiennement au printemps. À chaque
année, Mme la Présidente, on fait en sorte d'attaquer le droit des femmes, et
il faut lutter contre ça tous ensemble.
J'ai entendu les différents groupes, Mme
la Présidente, qui sont venus en commission parlementaire. Les auditions se
sont terminées hier, et nous sommes à l'écoute de ce que les groupes ont dit, Mme
la Présidente.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Christine
Labrie
Mme Labrie : Moi, je ne sais
pas ce que vous, vous en pensez, Mme la Présidente, mais moi, je pense que,
quand on n'a pas d'utérus, on devrait se garder une petite gêne avant de dire
aux femmes qu'est-ce qui est bon pour elles pour protéger leur droit à l'avortement.
On n'est plus en 1950. Des femmes, il y en a plein ici. Des femmes de la
société civile qui ont participé aux consultations, il y en a plein ici, et qu'est-ce
qu'elles nous ont dit, les femmes? Les femmes ont dit qu'elles ne voulaient pas
que le ministre légifère sur le droit à l'avortement. Écouter les femmes, être
un allié des femmes, bien, c'est retirer l'article 29 du projet de loi. Est-ce
que le ministre va le faire ou il a trop d'ego pour reculer?
La Présidente : Alors,
demeurons respectueux et écoutons la réponse du ministre.
M. Simon
Jolin-Barrette
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, avoir de l'humilité, c'est d'écouter les groupes qui viennent nous
parler, d'écouter la population, Mme la Présidente, aussi, c'est de faire en
sorte aussi de prendre le recul pour réfléchir, Mme la Présidente, par respect
pour les consultations qui viennent de se terminer, pour les groupes, pour la
population également qui nous écoute, pour faire en sorte de s'assurer de
protéger le droit des femmes.
Et je ne pense pas que la députée de
Sherbrooke peut nous taxer et peut taxer notre gouvernement de ne pas être à l'écoute
et de ne pas faire des avancées significatives pour protéger les droits des
femmes dans différents domaines depuis 2018. On a agi où les libéraux et le
Parti québécois n'ont pas agi, et on va continuer d'agir pour protéger les
femmes.
La Présidente : En question
principale...
Des voix : ...
La Présidente : Tout votre
temps est préservé, chef. Alors, je vous rappelle l'article 32. Merci. Gardez
le silence. Alors, en question principale, je reconnais maintenant le chef du
troisième groupe d'opposition.
Gestion de l'État et des finances publiques
M. Paul St-Pierre
Plamondon
M. St-Pierre Plamondon : Mme
la Présidente, le gouvernement est présentement centré sur les affaires de la
CAQ et non sur celles de l'État québécois. Le niveau de désorganisation auquel
on assiste depuis notre retour à l'Assemblée nationale est sans précédent. On a
littéralement créé un monstre à trois têtes. Donc, on a les ministres qui
naviguent à vue en essayant de réconcilier les orientations du premier ministre
avec celles des candidats à la chefferie de la CAQ, ce qui est impossible, et
ça donne un État totalement paralysé, on a aussi la députée de Sanguinet qui
fait des 180 degrés sur toutes les politiques portées par elle-même et ses
collègues ministres au cours des sept dernières années, et finalement on a le
député de Lévis qui, le plus souvent, est en désaccord à la fois avec la
députée de Sanguinet et avec les orientations de ses collègues.
Et, à travers tout ça, les Québécois sont
en droit de se poser des questions et à avoir des réponses, la première étant :
Comment ce gouvernement va être en mesure de déposer un budget en mars, comme
ce fut le cas au cours des sept <dernières années...
M. St-Pierre Plamondon :
...gouvernement
va être en mesure de déposer un budget en mars, comme ce fut le cas au cours
des sept >dernières années? Je vous rappelle qu'on a récemment été
décotés à la suite du pire déficit de l'histoire du Québec. Il y a donc une
urgence à s'occuper des finances publiques afin d'éviter une autre décote.
Ma question est donc pour le ministre des
Finances : Est-ce qu'il a eu le mandat de déposer le dernier budget de son
gouvernement à la date prévue de mars ou est-ce qu'il reporte cette
responsabilité?
La Présidente : La réponse du
ministre des Finances.
M. Eric Girard
M. Girard (Groulx) : Oui.
Bien, il y a plusieurs affirmations farfelues, Mme la Présidente. Ce n'était
pas le pire déficit de l'histoire du Québec. Et allons-y pour le déficit.
Alors, il est estimé à 1,5 % du PIB, et je vous rappelle que l'Île-du-Prince-Édouard
est à 3 %, Colombie-Britannique, 3 %, Terre-Neuve, 2,2 %, Nouvelle-Écosse,
2,1 %, Nouveau-Brunswick, 1,8 %, Manitoba, 1,7 %. Alors, en
fait, il y a juste l'Alberta puis l'Ontario qui ont un plus petit déficit que
le Québec actuellement.
Le budget, ce sera quoi? Le financement
des principales missions de l'État, santé, éducation, des investissements en
infrastructures, des gestes ciblés, par exemple, itinérance, violence
conjugale, banques alimentaires, et toujours notre mission, réduire le fardeau
fiscal des Québécois.
Alors, on continue de travailler pour...
sur le budget. Et, comme à l'habitude, deux semaines avant celui-ci, nous vous
annoncerons la date.
• (10 h 40) •
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Paul St-Pierre
Plamondon
M. St-Pierre Plamondon : Mme
la Présidente, on n'a pas de réponse. La députée de Sanguinet nous a dit
sérieusement hier : C'est dans l'ADN de la CAQ de gérer rigoureusement
l'argent public. Déficit record, décote, croissance majeure de la dette,
croissance de la fonction publique hors de contrôle, fiasco informatique,
fiasco financier, bar ouvert aux entreprises en subvention. On est devant un
gouvernement sans direction.
Est-ce que le ministre des Finances va
s'engager à déposer son budget en mars tel que prévu?
La Présidente : La réponse du
ministre des Finances.
M. Eric Girard
M. Girard (Groulx) : Oui.
Bien, Mme la Présidente, je m'engage à divulguer la date du budget à tout le
monde en même temps, comme à chaque année, deux semaines, approximativement,
avant la date du budget.
Puis laissez-moi revenir sur la décote,
parce que les affirmations qui sont faites ne sont pas très bien éclairées.
Nous avons fait le choix, dans une guerre tarifaire, de pousser les
investissements en infrastructures de 11 milliards de dollars. Nous
savions que ça mettait certains ratios en danger avec S&P, mais, face à la
menace américaine, nous avons choisi de faire des investissements à long terme.
Alors, que le député me dise quels investissements il veut réduire.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Paul St-Pierre
Plamondon
M. St-Pierre Plamondon : Mme
la Présidente, y a-t-il un pilote dans l'avion? L'inflation alimentaire au
Canada est la plus élevée des pays du G7, et c'est au Québec que c'est le pire.
Il y a urgence d'avoir un budget dans les temps pour éviter que la situation
s'aggrave davantage. Un budget, ça sert notamment à aider nos concitoyens, à
leur donner un peu d'espace, d'air sur le plan financier. Est-ce que le
ministre des Finances va déposer un budget à la date prévue, oui ou non?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Eric Girard
M. Girard (Groulx) : Alors,
ce que je peux vous dire, Mme la vice-présidente... Mme la Présidente,
excusez-moi, c'est ce qu'il y aura dans le budget. Il y aura des
investissements en infrastructures, des investissements dans les missions de
l'État, des gestes ciblés, une amélioration des finances publiques. Et on
continue le travail pour les Québécois. Et nous sommes, notamment, le gouvernement
qui a le mieux protégé le pouvoir d'achat des Québécois. On va continuer notre
travail, et, au moment approprié, nous allons divulguer à l'ensemble de la
société québécoise la date du budget, et, à ce moment-là, vous la connaîtrez.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député d'Arthabaska.
Une voix : ...
La Présidente : ...soit bien
dégagée. Alors, en question principale, je reconnais le député d'Arthabaska.
Mesures pour atténuer les effets de l'inflation
dans le secteur de l'alimentation
M. Alex
Boissonneault
M. Boissonneault : Merci, Mme
la Présidente. Mon chef l'a évoquée, l'inflation alimentaire. On reconnaît
l'obsession de la CAQ pour battre l'Ontario. Bien, au chapitre de l'inflation,
c'est réussi, Mme la Présidente. On a... on a eu des données, mardi, qui
disaient que l'indice des prix à la consommation au Québec a augmenté de
3 % en janvier. Ça veut dire que le prix de la viande a augmenté de
12 %, le café, 23 %. Si on regarde l'ensemble des aliments du
quotidien au Québec, c'est devenu littéralement hors de prix. La situation est
insoutenable pour les familles québécoises.
Trois ans qu'on parle d'inflation
alimentaire, trois ans qu'on attend un plan du gouvernement. Partout, on
s'inquiète de la concentration du secteur alimentaire entre les mains de quelques
grandes bannières. Et je répète la demande du <Parti québécois...
M. Boissonneault :
...concentration
du secteur alimentaire entre les mains de quelques grandes bannières. Et je
répète la demande du >Parti québécois : Il faut mettre en place un
bureau de la concurrence pour enquêter sur les prix en épicerie et sur les
pratiques déloyales.
Ma question va au ministre de
l'Agriculture et de l'Alimentation : Est-ce qu'il s'engage à enquêter, Mme
la Présidente, sur la concurrence dans les épiceries?
La Présidente : La réponse du
ministre des Finances.
M. Eric Girard
M. Girard (Groulx) : Oui.
Bien, Mme la Présidente, ça va me permettre d'informer, OK, parce
qu'effectivement l'inflation est à 3 % au Québec et à 2,3 % dans le
reste du Canada. Et qu'est-ce qui explique cet écart? Est-ce que c'est
l'inflation alimentaire, comme l'évoque mon collègue? Non. C'est l'élimination
de la taxe carbone par le gouvernement fédéral. Alors, 0,5 % du 0,7 %,
c'est l'élimination de la taxe carbone par le gouvernement fédéral. Et, puisque
l'inflation, c'est un chiffre annuel, cet effet-là va durer 12 mois.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Alex
Boissonneault
M. Boissonneault : Mme la
Présidente, je comprends qu'on parle d'un nouvel échec du fédéralisme, puis
c'est encore les Québécois qui paient le prix. On comprend que le ministre, ce
gouvernement, n'a pas de plan concret pour lutter contre l'inflation
alimentaire.
Au Parti québécois, on a proposé
d'enquêter sur la concurrence, de légiférer sur les clauses de contrôle de
marché. On a demandé des missions à l'étranger pour attirer des nouvelles
bannières.
Ma question est simple : Est-ce que
ce gouvernement peut reconnaître qu'il y a un problème de concurrence dans les
épiceries au Québec, oui ou non?
La Présidente : La réponse du
ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation.
M. Donald Martel
M. Martel : Mme la
Présidente, merci pour la question. Évidemment, notre gouvernement, on
sympathise beaucoup avec les familles qui ont de la difficulté à arriver. C'est
pour ça qu'on a fait en sorte d'alléger le fardeau fiscal des familles au
Québec. J'aurais aimé ça que le député me parle de l'annonce qu'on a faite ce
matin par rapport à l'Abattoir Luceville. On veut justement donner des moyens,
par exemple, à des abattoirs pour faire en sorte qu'on abatte plus d'animaux
dans nos régions, qu'on consomme plus québécois. Donc, c'est toutes des mesures
comme ça qu'on fait en sorte de faciliter la vie des entrepreneurs pour qu'à la
fin le panier d'épicerie coûte moins cher.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Alex
Boissonneault
M. Boissonneault : Mme la
Présidente, mon collègue député de Matane-Matapédia a salué ce geste-là.
Je vais prendre un autre angle. Il y a un
problème qu'on connaît, au Québec, et qui fait mal aux familles, c'est le
problème de la réduflation. Au Parti québécois, on a fait une proposition qui
pourrait s'appliquer facilement, efficace : imposer l'affichage taxes
incluses en épicerie, comme ça se fait presque partout dans le monde.
Donc, je pose la question au
ministre : Est-ce qu'il peut s'engager à mettre en place des mesures pour
lutter contre la réduflation avant le budget?
La Présidente : La réponse du
ministre de la Justice.
M. Simon
Jolin-Barrette
M. Jolin-Barrette : Oui, et de
la Protection des consommateurs, Mme la Présidente. Parce qu'on a agi sur les
prix en épicerie, justement, pour que les citoyens puissent faire leurs choix
adéquatement puis qu'ils voient véritablement quel est le prix des produits.
La question de la réduflation, on l'a
regardée, Mme la Présidente, et, vous savez, c'est une mesure qui est difficile
d'application et surtout qui permet aux entreprises de se soustraire à ce
mécanisme-là, parce qu'en ne changeant qu'un seul ingrédient dans le produit ça
fait en sorte que la réduflation ne pourrait pas être visée par ça. Alors,
législativement, cette mécanique-là, soit qu'elle... c'est une bonne
proposition, mais difficilement applicable.
Alors, ce qu'on a choisi de faire, Mme la
Présidente, c'est mettre le prix par unité, en gros, pour savoir quel est le
véritable coût par 100 grammes, Mme la Présidente.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Rosemont.
Compressions budgétaires dans le réseau de la santé
M. Vincent
Marissal
M. Marissal : Merci, Mme la
Présidente. Il y a quelques jours, la haute direction de Santé Québec s'est
félicitée d'avoir réussi sa première mission, c'est-à-dire couper
1,5 milliard de dollars dans le réseau de la santé. J'imagine que les
«top guns» recevront leurs généreux bonus, mais, comme vous le dites si bien,
pas de bravo, pas de bravo, parce qu'on ne coupe pas 1,5 milliard sans
toucher les patients et les patientes.
Prenez pour exemple Geneviève, une
concitoyenne de ma circonscription lourdement hypothéquée par la maladie, qui
s'est vu récemment couper des soins à domicile. C'était déjà grave, mais la
façon de faire est encore pire. Geneviève s'est fait couper des soins à
domicile après avoir été prise en photo, par un membre du personnel du CLSC, en
train de marcher dans le banc de neige avec sa marchette, ce qui a fait
conclure au gestionnaire qu'elle était assez autonome pour marcher deux
kilomètres vers le CLSC.
Est-ce que la ministre est au courant? Je
comprendrais qu'elle ne le soit pas, mais est-ce qu'elle cautionne ce genre de
pratique inique?
La Présidente : La réponse de
la ministre de la Santé.
Mme Sonia Bélanger
Mme Bélanger : Oui. Alors,
Mme la Présidente, je veux revenir sur la première affirmation du député de
Rosemont qui laisse sous-entendre que les hauts dirigeants de Santé Québec reçoivent
des <bonus...
Mme Bélanger :
...du
député de Rosemont, qui laisse sous-entendre que les hauts dirigeants de
Santé
Québec reçoivent des >bonus. Mme la Présidente, en tout respect, je ne
sais pas sur quels faits il s'appuie pour laisser sous-entendre des choses
comme ça, parler de bonus aux hauts dirigeants. Je m'excuse, Mme la Présidente,
mais je pense qu'il devrait faire ses recherches de façon plus attentive.
Pour répondre à la deuxième partie de la
question concernant le soutien à domicile, écoutez, le soutien à domicile,
c'est extrêmement important. Je travaille, depuis mon arrivée en fonction, pour
augmenter constamment les services de soutien à domicile au Québec. C'est un
programme qui est important. On a, comme gouvernement, un budget de
2,6 milliards de dollars en soutien à domicile, Mme la Présidente. Je
vais vous montrer un peu, là, l'évolution du budget en soutien à domicile. Je ne
sais pas si mon collègue peut le voir d'où il est assis, mais c'est une
progression importante, 2,6 milliards sur 46 milliards, Mme la
Présidente. Et on va continuer d'améliorer les services de soutien à domicile
pour les personnes...
• (10 h 50) •
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Vincent
Marissal
M. Marissal : Oui, j'ai des
bons yeux, j'ai des bonnes oreilles, je peux très bien voir ce qu'elle montre.
Je comprends aussi ce qu'elle dit puis je comprends qu'il n'y a pas de réponse.
Je comprends qu'il y a une belle diversion, là, sur la prémisse de ma question,
là, mais Geneviève, elle attend une réponse, elle. Et ma question, elle est
très, très simple : Est-ce que la ministre cautionne de telles pratiques,
que des infirmières se transforment en détectives privées pour prendre des
photos d'une bénéficiaire avec sa marchette dans la neige pour, après, être
capables, par les gestionnaires, de lui couper des soins à domicile? C'est ça,
la question. Est-ce qu'elle cautionne ce genre de pratiques?
La Présidente : La réponse de
la ministre.
Mme Sonia Bélanger
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, les infirmières sont des professionnelles de première importance
dans le système de santé, y compris en soutien à domicile. Les comportements
comme vous citez, de prendre des photos des usagers, bien, c'est complètement
irresponsable et c'est un manque de professionnalisme. Mais, si c'est exact, je
pense que c'est une faute qui est grave. Alors, il y a des mécanismes pour ça.
Et on ne doit pas, en aucun temps, photographier des usagers, encore moins
lorsqu'ils sont dans leur espace de vie privée.
Alors, Mme la Présidente, on va continuer
de miser sur nos infirmières, cependant, en soutien à domicile, qui font un
travail extraordinaire au quotidien, Mme la Présidente.
La Présidente : Et je vous
rappelle, Mme la ministre, qu'en tout temps vous vous adressez à la présidente.
Deuxième complémentaire.
M. Vincent
Marissal
M. Marissal : Les commandes
irréalistes de compressions budgétaires, là, parfois, ça amène des excès de
zèle des gestionnaires. Ça, c'est un bel exemple. Je prends note, cela dit,
positivement de la réponse de la ministre.
Est-ce qu'elle va envoyer un mémo dans le
réseau pour s'assurer qu'on ne lance pas des chasses de ce type envers des
citoyens et des citoyennes qui sont dans le trouble, qui sont lourdement
hypothéqués par la maladie et qui ont besoin de soins? Est-ce qu'elle va
envoyer un mémo dans le réseau pour que ce genre de chose prenne fin ou s'il va
encore falloir passer par le Protecteur du citoyen?
La Présidente : La réponse de
la ministre.
Mme Sonia Bélanger
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, dans le réseau, un élément extrêmement important est le volet de
l'humanisation des soins et de l'accès aux services. Ce sont les deux piliers
du plan santé. Alors, je n'enverrai pas de mémo, Mme la Présidente. Je
rencontre Santé Québec sur une base régulière. Et, pour moi, le respect des
personnes, le professionnalisme, l'humanisation des soins, c'est quelque chose
qui est extrêmement important. Donc, j'aurai, donc, l'occasion de revenir sur
les valeurs que je préconise comme ministre de la Santé, Mme la Présidente.
Maintenant, ceci étant dit, il y a des belles histoires aussi en services de
soutien à domicile, et j'espère, Mme la Présidente, qu'on peut aussi miser
là-dessus.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la députée de Mont-Royal—Outremont.
Projets de transformation numérique de l'État
Mme Michelle
Setlakwe
Mme Setlakwe : Mme la
Présidente, le fiasco SAAQclic, c'est un scandale caquiste qui coûtera au moins
1,1 milliard de dollars aux Québécois. C'est un gaspillage massif des
fonds publics. Et c'est loin d'être un cas unique, là. C'est un problème
beaucoup plus large qui continue de se reproduire. En justice, le projet Lexius
accuse quatre ans de retard et plus de 100 millions en dépassements de
coûts. Le guichet unique en service de garde a dépassé les budgets de
30 %. En santé, le prochain fiasco caquiste s'appelle SIFA, où les coûts
explosent de 191 %, pour une facture d'au moins 630 millions. Les
retards se multiplient, les coûts dérapent et la confiance s'effrite.
En novembre dernier, le Parti libéral du
Québec proposait un plan de redressement du MCN, incluant la création d'une
équipe d'élite pour reconstruire l'expertise interne. Eh bien, lundi, le juge
Gallant, avec sa recommandation n° 1, en arrive au
même constat. Mme la Présidente, le problème est structurel. Quand le ministre
déposera-t-il un projet de loi pour enfin créer cette équipe d'élite?
La Présidente : La réponse du
ministre de la Cybersécurité et du Numérique.
M. Gilles Bélanger
M. Bélanger : Merci, Mme la
Présidente. Parlant de santé, la transformation numérique en santé est plus que
<nécessaire...
Mme Setlakwe :
…cette équipe...
La Présidente :
La
réponse du ministre de la Cybersécurité et du Numérique.
M. Bélanger :
Merci,
Mme la Présidente. Parlant de santé, la transformation numérique en santé est
plus que >nécessaire. Il y a le legs des fax du Parti libéral. C'est
certain qu'on veut s'affranchir de ce legs, mais là, ce matin, on parle de
comparaison.
Je vais vous donner un peu la comparaison
des projets de transformation numérique entre 2018 et aujourd'hui, Mme la
Présidente. En termes de projets, nous avons 427 projets réalisés de
500 000 $ et plus, Mme la Présidente, pour un total de 14 % sous
les budgets autorisés, Mme la Présidente. Donc, nous sommes en dessous des
budgets autorisés, ce qui représente une économie de 300 millions.
Là, maintenant, allons à l'ère Couillard,
hein, entre 2014 et 2018... 2014 et 2018. Il y a eu 182 projets, 16
projets avec des dépassements de budget. Je vais vous donner des petits
exemples, à commencer par un des projets, octobre 2016 à
juillet 2018, projet RECYC-QUÉBEC, 102 millions, 367 millions de
dépassements…
La Présidente : En question
principale, je reconnais à nouveau Mme la députée de Mont-Royal—Outremont. On l'écoute. Gardez le silence.
Mme Michelle
Setlakwe
Mme Setlakwe : Mme la
Présidente, j'ai l'impression d'avoir le même échange stérile que j'avais avec
l'ancien ministre, le député de La Peltrie. Ça fait huit ans, presque huit
ans qu'ils sont au pouvoir. Est-ce qu'il y a encore un seul Québécois qui pense
que c'est avec la CAQ qu'on va réussir la transformation numérique? Non, non. Rappelons-nous
le fiasco SAAQclic, le rapport du juge Gallant. On s'attendrait d'un
gouvernement responsable, d'ailleurs, un gouvernement dont la candidate à la
chefferie, députée de Sanguinet, a dit : C'est dans notre ADN, à la CAQ,
de gérer rigoureusement l'argent public... On s'attendrait qu'avec ce bilan
désastreux ils regarderaient vers l'avenir et proposeraient des solutions
concrètes.
Nous, on a proposé un plan de redressement
pour le MCN. Le juge Gallant est d'accord avec ces recommandations. À quand un
«SWAT team»? À quand une équipe d'élite pour enfin reprendre le contrôle puis
avoir une expertise interne forte? Avec la CAQ, le MCN, c'est une œuvre
inachevée, un ministère inefficace qui n'est pas capable de surveiller et de
gérer. «Out», la CAQ!
Des voix : ...
La Présidente : Alors, je
vous rappelle l'article 32. Bon, c'est bien. On retrouve le silence. La réponse
du ministre de la Cybersécurité et du Numérique.
M. Gilles Bélanger
M. Bélanger : Mme la
Présidente, le «SWAT team», on l'a. Presque 500 projets, Mme la
Présidente, 14 % sous les budgets autorisés. 14 %, c'est
300 millions.
Revenons à l'ère Couillard. Je vous donne
les «top guns» des cinq projets, hein : RECYC-QUÉBEC, des dépassements de
265 millions; Justice TPC3, Mme la Présidente, entre novembre 2015 et
novembre 2018, un projet de 600 millions a été finalisé à
1,8 milliard, 1,2 milliard de dépassements; continuons, Mme la
Présidente, SEPAQ, Duchesnay, 140 millions de dépassements; par la suite, Transition
énergétique Québec, 165 millions de dépassements; et puis la SEPAQ, encore
la SEPAQ, des chalets en activité, 256 millions de dépassements. Mme la
Présidente, 2,8 milliards de dépassements, 16 fiascos.
On parle de SAAQclic. Ah! je comprends
pourquoi. Le contrat a été élaboré par le Parti libéral, hein? Merci, Mme la
Présidente.
Des voix : ...
La Présidente : Ce n'est pas
encore fini. Alors, cela met fin à cette période de questions et de réponses
orales. Demeurez en place pour la tenue du vote reporté. Et, pour ce faire, je
cède la place à la deuxième vice-présidente de l'Assemblée nationale. Je vous
remercie, tout le monde, et bon retour en circonscription.
Votes reportés
Motion proposant que l'Assemblée affirme son
opposition au projet de gazoduc et d'usine de gaz naturel liquéfié de Marinvest
Energy
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Comme annoncé précédemment, nous allons maintenant <procéder
au vote…
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : ...comme annoncé précédemment, nous allons maintenant >procéder
au vote reporté sur la motion de M. le député de Taschereau débattue hier aux
affaires inscrites par les députés de l'opposition et qui se lit comme
suit :
«Que l'Assemblée nationale affirme son
opposition au projet de gazoduc et d'usine de gaz naturel liquéfié de Marinvest
Energy.»
La période de vote est maintenant ouverte.
La période du vote...
Des voix : ...
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Double vérification : Est-ce que tout le monde est
prêt? Donc, la période du vote est terminée. M. le secrétaire général, pour le
résultat du vote, s'il vous plaît.
Le
Secrétaire : Pour : 14
Contre :
80
Abstentions : 0
• (11 heures) •
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Cette motion est rejetée.
Motions sans préavis
Nous en sommes maintenant à la motion sans
préavis... à la rubrique Motions sans préavis, et, en fonction de nos règles et
de l'ordre de présentation des motions sans préavis, je reconnais maintenant un
membre formant... formant, pardon, le gouvernement. Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Demander aux différentes formations politiques de
poursuivre leurs efforts afin de faire progresser la représentation des femmes
à l'Assemblée nationale
Mme Boivin Roy : Merci, Mme la
Présidente. Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter
la motion suivante conjointement avec la députée de Robert-Baldwin, la cheffe
du deuxième groupe d'opposition, les députés de Terrebonne, de Rosemont, de
Laporte, de Chomedey et de Rimouski :
«Que l'Assemblée nationale souligne que la
43e législature est celle où le nombre de femmes élues est le plus élevé de
l'histoire;
«Qu'elle demande aux différentes
formations politiques de poursuivre leurs efforts afin d'éviter tout recul et
de continuer à faire progresser la représentation des femmes au sein de cette
Assemblée.»
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, Mme la députée. Y a-t-il consentement pour débattre
de cette motion?
Mme LeBel : Il y a consentement,
sans débat. On va vous demander un vote électronique sur la question. Merci.
Mise aux voix
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Un vote électronique est demandé. Donc, la période du vote
est maintenant ouverte.
La période du vote étant terminée, M. le
secrétaire général, pour le résultat, s'il vous plaît.
Le
Secrétaire : Pour : 93
Contre :
0
Abstentions : 0
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Cette motion est adoptée. M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : ...Mme la
Présidente, avec votre permission, nous souhaiterions que cette motion soit
envoyée à la permanence de Québec solidaire ainsi qu'au bureau de comté du
député fédéral de Rosemont—La Petite-Patrie. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Ce sera fait. M. le leader du deuxième groupe
d'opposition.
M. Cliche-Rivard : Mme la
Présidente, comme la cause est importante pour tous les partis, qu'on envoie
copie de la motion à l'ensemble des permanences de tous les partis représentés
en cette Chambre, s'il vous plaît.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Votre demande est acceptée, et ce sera fait.
Maintenant, je suis prête à reconnaître un
membre du groupe formant l'opposition officielle et je cède la parole au chef
de l'opposition officielle.
M. Fortin :
Merci, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin
de présenter la motion suivante conjointement avec le député des Îles-de-la-Madeleine,
le député de Saint-Jérôme, le député d'Abitibi-Est, la députée de Rimouski, la
députée de Laporte, le député de Rosemont et la députée de Chomedey :
«Que l'Assemblée nationale rappelle que
Transplant Québec constitue, depuis près de <50 ans...
>
11 h (version révisée)
<15383
M. Fortin :
...et
la députée de Chomedey :
«Que l'Assemblée nationale rappelle que
Transplant Québec constitue, depuis près de >50 ans, l'organisme de
référence en matière de coordination du don et de la transplantation d'organes
au Québec;
«Qu'elle affirme l'importance de préserver
l'intégrité et la cohérence de sa mission unique, afin d'éviter toute
fragmentation du modèle québécois de don d'organes;
«Qu'elle demande au gouvernement caquiste
de renoncer à toute initiative susceptible d'affaiblir Transplant Québec,
notamment en permettant à Héma-Québec d'assumer une partie de ses
responsabilités;
«Qu'enfin, elle réclame le dépôt d'une
loi-cadre sur le don d'organes d'ici la fin du présent mandat, conformément aux
recommandations issues du mandat d'initiative visant à étudier les moyens
facilitant le don d'organes ou de tissus, engagement auquel la ministre de la
Santé avait publiquement souscrit.»
Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci, M. le chef de l'opposition. Y a-t-il consentement pour débattre de
cette motion?
Mme LeBel : ...Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Il n'y a pas de consentement.
Je poursuis maintenant avec un membre du
deuxième groupe d'opposition pour sa motion. Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci, Mme
la Présidente. Je sollicite le consentement de cette Assemblée pour présenter
la motion suivante conjointement avec la députée de Robert-Baldwin, la députée
de Terrebonne, la députée de Rimouski, la députée de Laporte, le député de
Rosemont et la députée de Chomedey :
«Que l'Assemblée nationale constate que les
groupes de défense des droits des femmes, des juristes, des expertes entendus
en commission ont unanimement refusé d'appuyer l'article 29 du projet de
loi 1, avertissant qu'il fragiliserait le droit à l'interruption
volontaire de grossesse;
«Qu'elle souligne que même la députée de
Sanguinet et aspirante première ministre retirerait l'article sur l'avortement
de la constitution québécoise;
«Qu'enfin elle exige que le gouvernement
du Québec écoute réellement les femmes lorsqu'il est question [des] droits des
femmes et s'engage sans délai à retirer l'article 29 du projet de loi 1.»
(Applaudissements)
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci beaucoup, Mme la députée. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre
de cette motion?
Mme LeBel : Il n'y a pas
de consentement, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Il n'y a pas de consentement.
Je rappelle aux gens qui nous écoutent qu'à
ce stade-ci de nos travaux les gens peuvent... nos collègues peuvent applaudir
et peuvent dire bravo aussi.
Je suis maintenant prête à entendre un
membre du troisième groupe d'opposition. M. le député des Îles-de-la-Madeleine,
pour votre motion.
M. Arseneau : Merci, Mme
la Présidente. Je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin
de présenter, conjointement avec le député de Nelligan, le leader du deuxième
groupe d'opposition, la députée de Chomedey, la députée de Laporte et le député
de Rosemont, la motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale prenne acte des
négociations en cours depuis avril 2023 entre le gouvernement du Québec et les
paramédics;
«Qu'elle souligne l'importance du rôle que
jouent les paramédics dans l'ensemble du réseau de la santé, oeuvrant
quotidiennement pour la sécurité et le bien-être de la population québécoise;
«Qu'elle appelle le gouvernement à
intensifier les négociations avec les représentants des paramédics afin de
favoriser la conclusion d'une entente dans les meilleurs délais.»
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci, M. le député. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Mme LeBel : Il n'y a pas
de consentement, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Il n'y a pas de consentement.
Je suis maintenant prête à entendre Mme la
députée de Laporte pour sa motion.
Mme Poulet : Merci, Mme
la Présidente. Alors, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
présenter la motion suivante conjointement avec la députée de Bourassa-Sauvé, le
député de Gouin, le député de Matane-Matapédia, le député d'Abitibi-Est, le
député de Rosemont, la députée de Chomedey, la députée de Rimouski, la députée <de
Saint-Laurent...
Mme Poulet :
...la
députée de
Chomedey, la députée de
Rimouski, la députée >de
Saint-Laurent et le député de Saint-Jérôme :
«Que l'Assemblée nationale reconnaisse, en
cette semaine de la persévérance scolaire, que le taux de réussite scolaire des
garçons est préoccupant et que certains experts parlent même de
sous-scolarisation des garçons au Québec;
«Qu'elle reconnaisse qu'il est urgent de
trouver des moyens pour freiner le décrochage scolaire de nos jeunes, mais
particulièrement de nos garçons;
«Qu'elle s'inquiète que ce phénomène ait
des répercussions jusqu'au cégep et à l'université, où les hommes sont 20 000
de moins que les femmes, par année, à décrocher un diplôme;
«Qu'elle prenne acte que des solutions
existent et qu'il faut agir dès le primaire, notamment au niveau de la lecture;
«Qu'enfin, elle demande au gouvernement du
Québec de prévoir des nouveaux investissements dans son prochain budget pour
financer des mesures spécifiques visant la réussite éducative de nos garçons
afin qu'ils puissent avoir les mêmes chances à l'école que nos filles.»
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, Mme la députée. Y a-t-il consentement pour débattre
de cette motion?
Mme LeBel : Malheureusement,
pas de consentement, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Il n'y a pas de consentement.
Avis touchant les travaux des commissions
Nous sommes maintenant rendus à la
rubrique Avis touchant les travaux des commissions, et je demande à ceux qui quittent
le salon rouge de le faire en silence, s'il vous plaît. Mme la leader adjointe.
Mme LeBel : ...Mme la Présidente.
Alors, nous faisons avis à cette Assemblée que la Commission des relations avec
les citoyens poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 9, Loi sur
le renforcement de la laïcité au Québec, aujourd'hui, après les affaires
courantes jusqu'à 13 heures et de 14 heures à 16 h 30,
ainsi que le mardi 24 février 2026, de 9 h 45 à
12 h 30, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission de l'aménagement du
territoire poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 13, Loi visant
à favoriser la sécurité et le sentiment de sécurité de la population et
modifiant diverses dispositions, de 12 h 05 à 13 heures et de
14 h 15 à 16 heures, ainsi que le mardi 24
février 2026, de 9 h 45 à 12 h 30, à la salle
Louis-Joseph-Papineau;
La Commission de l'économie et du travail
entreprendra l'étude détaillée du projet de loi n° 11, Loi modifiant
diverses dispositions principalement aux fins d'allègement du fardeau
réglementaire et administratif, aujourd'hui, après les affaires courantes
jusqu'à 13 heures, à la salle Marie-Claire-Kirkland;
De plus, la Commission de l'économie et du
travail poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 3, Loi visant à
améliorer la transparence, la gouvernance et le processus démocratique de
diverses associations en milieu de travail, de 14 heures à
16 h 30, ainsi que le mardi 24 février 2026, de
9 h 45 à 12 h 30, à la salle Marie-Claire-Kirkland;
Enfin, la Commission des finances
publiques poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 7, Loi visant à
réduire la bureaucratie, à accroître l'efficacité de l'État et à renforcer
l'imputabilité des hauts fonctionnaires, aujourd'hui, après les affaires
courantes jusqu'à 13 heures et de 13 h 30 à 16 h, ainsi que
le mardi 24 février 2026, de 9 h 45 à
12 h 30, à la salle Pauline-Marois.
Merci, Mme la Présidente.
• (11 h 10) •
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Y a-t-il consentement pour déroger à l'article 143
du règlement concernant l'horaire des travaux des commissions? Est-ce qu'il y a
consentement? Consentement.
Pour ma part, je vous avise que la Commission
des institutions se réunira en séance de travail aujourd'hui, de
11 h 15 à 12 heures, à la salle Louis-Joseph-Papineau, afin de
déterminer les observations, conclusions ou recommandations de la commission à
la suite de la consultation générale et des auditions publiques sur le projet
de loi n° 1, Loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec.
Renseignements sur les travaux de l'Assemblée
À la rubrique, maintenant, des
renseignements sur les travaux de l'Assemblée, je vous rappelle que, lors de
l'interpellation prévue pour demain, le
vendredi 20 février 2026, M. le député de Jean-Lesage s'adressera
à M. le ministre de la Culture et des Communications sur le sujet
suivant : La souveraineté culturelle du Québec face aux pouvoirs excessifs
des géants du divertissement et du numérique.
Affaires du jour
La période des affaires courantes étant
terminée, nous allons maintenant passer aux affaires du jour. Mme la leader
adjointe du gouvernement.
Mme LeBel : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Je vais vous demander d'appeler l'article 4
du feuilleton.
Projet de loi n° 15
Adoption du principe
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : À l'article 4 du feuilleton, M. le ministre du
Travail propose l'adoption du principe du projet de loi n° 15, Loi
modifiant le Code des professions et d'autres dispositions principalement afin
d'alléger les processus réglementaires du système professionnel et d'élargir
certaines pratiques professionnelles dans le domaine de la santé et des
services sociaux. Y a-t-il des interventions? M. le ministre, la parole <est
à vous...
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
...les processus réglementaires du système professionnel et
d'élargir certaines pratiques professionnelles dans le domaine de la santé et
des services sociaux. Y a-t-il des interventions? M. le ministre, la parole >est
à vous.
M. Jean Boulet
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente. Je suis particulièrement heureux et fier de voir le projet de
loi n° 15, la loi modifiant le Code des
professions pour la modernisation du système professionnel et visant
l'élargissement de certaines pratiques professionnelles dans le domaine de la
santé et des services sociaux, avancer et franchir une étape importante dans le
processus législatif.
Le travail, qui a débuté le 5 février
lors des consultations particulières avec les membres de la Commission de la
santé et des services sociaux, s'est fait dans un esprit de collaboration qui
est tout à l'honneur des parlementaires présents. Cette première phase des
travaux a été pour nous une occasion d'écouter attentivement certains ordres
professionnels et différents groupes. Ils ont fait valoir leurs points de vue
sur le projet de loi, ont soumis des propositions pour bonifier les textes, en
cette Chambre, déposés au mois de décembre dernier. Je m'en voudrais de ne pas
souligner le fait, au bénéfice de tous ceux et celles qui travaillent sur ce
projet de loi, que certains des participants nous ont donné une bonne note, et
même une excellente note, un groupe, 10 sur 10, pour le travail accompli pour
la version initiale de cette législation.
Force est de reconnaître que notre
proposition a été bien reçue. On a échangé dans une atmosphère positive,
constructive. Et je tiens à saluer la contribution des personnes qui sont
venues en commission, bien sûr, mais aussi les personnes qui, sans être
présentes, ont soumis des mémoires et des commentaires. J'ai été aussi heureux
de constater que plus de 40 mémoires ont été transmis au secrétariat de la
Commission de la santé et des services sociaux. C'est, selon nous, révélateur
de l'importance que revêt le projet de loi pour l'évolution et la modernisation
du système professionnel.
Le projet de loi n° 15
constitue le second volet de la modernisation du système professionnel lancée
par ma collègue, qui est à ma gauche, en 2023, qui était, à ce moment,
présidente du Conseil du trésor et responsable de l'application des lois
professionnelles. Les mesures contenues dans la législation permettront
d'alléger le processus réglementaire, rendre le système professionnel plus
agile et adaptatif aux réalités actuelles des pratiques ainsi qu'aux besoins
croissants de la population québécoise. Elles contribueront également à un
projet important pour notre gouvernement, et qui est, à notre avis, au coeur
des priorités des Québécois, Québécoises, le déploiement des priorités du plan
pour mettre en oeuvre les changements nécessaires en santé par l'élargissement
des pratiques professionnelles pour certaines professions.
Je rappelle que le projet de loi maintient
et affirme la protection du public comme principe fondamental, améliore
l'efficacité du système professionnel et du réseau de la santé, modernise le
cadre réglementaire en élargissant certaines pratiques professionnelles. Les
changements qui seront proposés pour bonifier la loi modifiant le Code des
professions pour la modernisation du système professionnel et visant
l'élargissement de certaines pratiques professionnelles dans le domaine de la
santé et des services sociaux auront pour objectif de répondre le plus
efficacement possible aux attentes des Québécoises et des Québécois.
Je me réjouis que tous ensemble, Mme la
Présidente, nous soyons en mesure de travailler dans l'intérêt de la
population. Mme la Présidente, je vous remercie d'aller de l'avant aujourd'hui
et de débattre des principes de cet important projet de loi. Merci aussi aux
collègues pour leur coopération. Merci.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, M. le ministre.
Je cède maintenant la parole à Mme la
députée de La Pinière.
Mme Linda Caron
Mme Caron : Merci, Mme la
Présidente. Alors, ça me fait plaisir d'intervenir sur l'adoption du principe
du projet de loi n° 15, Loi modifiant le Code
des professions et d'autres dispositions principalement afin d'alléger les
processus réglementaires du système professionnel et d'élargir certaines
pratiques professionnelles dans le domaine de la santé et des services sociaux.
Alors, la Commission de la santé et des
services sociaux a tenu trois journées de consultations les 5, 10 et
11 février derniers. 15 groupes ont été invités, dont la moitié était des
ordres professionnels du secteur de la santé et des services sociaux, et, comme
l'a dit le ministre, bien d'autres ont déposé des mémoires au secrétariat <de
la commission...
Mme Caron : ...et, comme
l'a dit le ministre, bien d'autres ont déposé des mémoires au secrétariat >de
la commission. En quelque sorte, le projet de loi n° 15 qui est à
l'étude, c'est la phase 2 du projet de loi n° 67, qui modifiait le Code
des professions pour la modernisation du système professionnel et qui visait
aussi l'élargissement de certaines pratiques professionnelles, toujours dans le
domaine de la santé et des services sociaux, qui a été adopté à
l'automne 2024. Et, comme en 2024, on peut affirmer sans se tromper que le
gouvernement a adopté l'approche des petits pas. Dans son mémoire, le Conseil
interprofessionnel du Québec invite d'ailleurs le gouvernement et l'Office des
professions du Québec à continuer les travaux pour s'attaquer à la masse de
règlements dans une optique d'agilité, d'efficacité et de pertinence.
Sachez, Mme la Présidente, qu'il y
existe... qu'il existe 870 règlements, et seuls 350, donc moins de la
moitié, sont visés par les nouvelles dispositions du projet de loi. C'est tout
de même une avancée, il faut le reconnaître, mais il y a beaucoup de travail
encore à faire. C'est pour ça qu'on parle de... d'approche pas à pas.
Le PL n° 15, donc, vient
modifier 13 lois, édicter deux règlements, en modifier une dizaine
d'autres et abroger le Règlement sur certaines activités professionnelles qui
peuvent être exercées par une infirmière et un infirmier. Et, comme son titre
l'indique, le projet de loi comporte deux volets principaux, un volet
réglementaire avec aussi des éléments de gouvernance et un volet sur
l'élargissement des pratiques professionnelles. Ayant été moi-même membre de
deux ordres professionnels par le passé, je peux dire que le volet d'allègement
réglementaire est absolument nécessaire parce que le processus est très long, c'est
un fait depuis des années. Alors, ça explique aussi, je crois, pourquoi les
groupes qui sont venus en commission parlementaire accueillent favorablement le
projet de loi et proposent aussi d'autres modifications pour aller plus loin.
Je vais principalement intervenir sur la
deuxième portion du projet de loi, je dirais, le volet sur l'élargissement des
pratiques professionnelles dans le domaine de la santé et des services sociaux.
Il y a aussi beaucoup d'appétit pour ce volet du projet de loi. Parce
qu'évidemment l'objectif, c'est que les professionnels qui ont des formations
solides, des compétences qu'ils ne peuvent pas toujours exercer en raison des
activités exclusives à certains ordres... Alors, il y a plusieurs modifications
qui vont permettre aux professionnels de la santé de déployer vraiment leurs
compétences. Et ça, c'est bienvenu, c'est bien vu aussi par l'ensemble des
groupes qui sont venus en commission parlementaire.
• (11 h 20) •
Et, quand je disais qu'il y a beaucoup
d'appétit, il y a d'autres groupes qui n'étaient pas invités en commission
parlementaire, mais qui ont déposé des mémoires pour faire valoir que leur
profession aussi pourrait contribuer davantage à ouvrir l'accès dans le domaine
de la santé et des services sociaux. Et donc ils demandent... ils ont aussi des
demandes sur lesquelles ce serait bien de se pencher plus tôt que tard.
Alors, l'un des... l'une des modifications
apportées par le projet de loi, c'est de modifier la Loi sur les infirmières et
les infirmiers pour leur permettre d'initier des examens et des tests dans les
situations déterminées par règlement et non plus uniquement dans le cadre
d'activités qui découlent de l'application de la Loi sur la santé publique. Ça
va aussi leur permettre de prescrire, dans les cas et conditions qui sont
déterminés par règlement, des examens et des tests, des médicaments et d'autres
substances ainsi que des produits et pansements.
L'Ordre des infirmières et infirmiers du
Québec nous a fait aussi des recommandations. Par exemple, à son mémoire, sa
quatrième recommandation était que... dans le but d'alléger l'élaboration... le
processus d'élaboration des normes encadrant la rédaction d'ordonnances et
d'harmoniser les pratiques professionnelles. Donc, cet ordre se positionne en
faveur de l'adoption par l'Office des professions du Québec d'un règlement
unique portant sur les normes d'ordonnance, règlement qui s'appliquerait à
l'ensemble des professionnels habilités à prescrire. Alors, c'est une
recommandation qui vise aussi l'efficacité du processus réglementaire.
Une autre... une autre proposition, aussi,
de l'Ordre des infirmiers et infirmières du Québec, sur le dépistage, cette
fois-ci. Alors, dans ce cas-ci... pardon, le dépistage... Attendez un petit
peu, je me suis... Alors, oui, on veut... Ce que l'ordre souhaite, c'est que,
dans le... à l'article 5 du règlement, qu'on retire <les
références...
Mme Caron :
...ce
que l'ordre souhaite, c'est que, dans le... à l'article 5 du règlement, qu'on
retire >les références au dépistage et à la santé publique
conformément... pour être conforme, finalement, au nouveau libellé de
l'activité réservée. Il s'agit d'assurer une cohérence dans l'ensemble du
règlement, et le libellé référerait, avec ces changements... pourrait référer,
dans les deux cas, uniquement aux activités autorisées, comme l'administration
de vaccins... d'un vaccin et le prélèvement nasopharyngé ou oropharyngé. Bon,
c'est un peu technique, je l'avoue, Mme la Présidente, mais je pense que c'est
des recommandations qui sont... qui sont importantes pour permettre davantage
l'accès aux différents traitements et soins.
Le projet de loi élargit aussi les cas
dans lesquels les sages-femmes peuvent prescrire et administrer une
contraception ainsi que dépister les infections transmissibles sexuellement et
par le sang et leur permet de traiter ces infections chez toute personne
asymptomatique ayant obtenu un résultat d'analyse positif au dépistage. Alors,
c'est bienvenu, ça aussi. Par contre, l'Ordre des sages-femmes propose des
amendements. C'est-à-dire, dans son mémoire, à l'article 56 du projet de
loi, ce qui est proposé, c'est que la sage-femme peut, donc, par ailleurs, pour
toute personne, et sans égard à la grossesse, au travail, à l'accouchement ou à
la période postnatale, prescrire et administrer une contraception.
Donc, c'est prévu dans le projet de loi,
mais, au lieu d'initier des mesures de dépistage, ce que l'ordre propose, c'est
de prescrire et d'effectuer des examens et des analyses relatifs à une
infection transmissible sexuellement et par le sang, et aussi prescrire et
administrer un médicament pour le traitement d'une infection transmissible
sexuellement et par le sang, et évaluer l'état de santé, prescrire et effectuer
des examens ou des tests, et prescrire et administrer des médicaments dans le
cadre du suivi de l'allaitement ou relativement à ce suivi, mais ce que... ce
que l'ordre souhaite, c'est que le délai de six semaines après l'accouchement
ne soit plus restreint pour l'allaitement, pour soutenir à l'allaitement, parce
que les problèmes peuvent survenir plus tard.
Ce que l'ordre souhaite aussi, c'est que
non seulement les femmes qui sont traitées en raison de leur grossesse par les
sages-femmes... mais que leur partenaire sexuel puisse aussi être traité. Par
exemple, dans le cas de maladies transmissibles sexuellement, si les sages-femmes
peuvent faire tout le travail plutôt que de référer vers un médecin ou une IPS
pour la prescription du traitement, il y aura une meilleure adhésion, d'après
elles, de la part des partenaires, de leurs patientes. Alors, c'est un... ce
sont des propositions qui sont faites pour améliorer l'accès, évidemment, et la
santé de tous, je dirais, des femmes, des enfants et de leurs partenaires.
Le projet de loi élimine aussi des
restrictions relatives aux médicaments que les optométristes peuvent prescrire
et administrer de même qu'aux soins qu'ils peuvent dispenser. L'Ordre des
optométristes fait toutefois, quand même, trois recommandations à cet égard-là.
Je n'irai pas, Mme la Présidente, dans toutes les recommandations parce que je
m'aperçois que le temps file assez, assez rapidement, mais vous comprendrez que
c'est un domaine qui est fascinant. C'est fascinant d'écouter les ordres qui
viennent déposer leurs... présenter leurs mémoires et de lire les mémoires
déposés par les ordres parce que c'est un projet de loi qui peut vraiment faire
des avancées dans l'accès que tout le monde recherche dans le domaine de la
santé.
Le projet de loi actualise aussi le champ
d'exercice des diététistes-nutritionnistes et leur permet d'exercer des
activités professionnelles qui sont... qui leur sont réservées sans l'exigence
d'une ordonnance médicale.
Le projet de loi met aussi fin aux
activités du Conseil consultatif interdisciplinaire sur l'exercice de la
psychothérapie parce que ce conseil n'a plus sa pertinence, la raison étant que
les thérapeutes conjugaux et familiaux qui peuvent... qui sont autorisés à
pratiquer la psychothérapie peuvent le faire désormais... pourront le faire
désormais sans obtenir de permis spécifique à cette fin. Pourquoi c'était
nécessaire avant, c'est qu'il n'y avait pas de formation initiale spécifique
pour les thérapeutes conjugaux et familiaux, mais cette formation existe
maintenant depuis quelques années à l'Université McGill, donc le permis
spécifique et l'existence du Conseil consultatif ne sont plus nécessaires.
Le projet de loi confère aussi à l'Office
des professions le pouvoir d'autoriser les personnes qui l'indiquent à exercer
durant leur formation certaines activités parmi celles que peut exercer un
titulaire de permis de psychothérapeute et il confère à l'office le pouvoir de
prendre des règlements encadrant la délivrance <des permis de...
Mme Caron :
...celles
que peut exercer un titulaire de permis de psychothérapeute et il confère à
l'office le pouvoir de prendre des règlements encadrant la délivrance >des
permis de psychothérapeute aux titulaires d'autorisation légale délivrée
ailleurs au Canada et modifie le Code des professions pour permettre aux
personnes ayant obtenu le permis conformément à ces règlements d'exercer la
psychothérapie au Québec. Alors, ce sont trois champs d'activité
professionnelle qui sont prévus dans le projet de loi où on élargit. D'autres,
je le disais, ont un appétit aussi pour cela. Mais, même des ordres qui ne sont
pas dans le domaine de la santé et des services sociaux, comme l'Ordre des
urbanistes... a fait parvenir une lettre à la commission en se disant déçu de
ne pas retrouver la mobilité interprovinciale au menu du projet de loi n° 15,
alors que, l'automne dernier, cet ordre avait répondu avec enthousiasme à la
demande de bouclage des ententes permis sur permis avec les quatre provinces
canadiennes qui ne figuraient pas au Règlement sur les autorisations, notamment
la Colombie-Britannique, qui administre aussi la pratique d'urbanisme au Yukon,
l'Île-du-Prince-Édouard, le Manitoba et Terre-Neuve-et-Labrador.
Le projet de loi prévoit aussi des
aménagements aux normes qui encadrent les relations entre les pharmaciens, les
fabricants de médicaments, les grossistes en médicaments et bannières et
chaînes de pharmacies. Et, pour ce faire, le projet de loi modifie la Loi sur
la pharmacie pour habiliter le gouvernement à déterminer des cas et des
conditions suivant lesquelles un pharmacien peut prescrire et substituer à un
médicament prescrit un médicament fabriqué par une entreprise dans laquelle il
a un intérêt, et le projet de loi édicte un règlement prévoyant de tels cas et
conditions. Alors, au Québec, la loi sur les pharmaciens prévoit que les
pharmaciens... en fait, balise tout risque de conflit d'intérêts entre
l'intérêt d'un pharmacien à vendre un médicament et son... le service qu'il
donne au public dans la... évidemment, dans la mission... dans l'intérêt de la
mission de protection du public, qui est la mission première de chacun des 46
ordres professionnels du Québec.
• (11 h 30) •
Ces aménagements au projet de loi, en
fait, concernent Familiprix. Familiprix est le... souhaite avoir une marque
privée de médicaments d'ordonnance. C'est une demande que Familiprix fait
depuis 18 ans. Et ce qui empêche Familiprix... ce qui a empêché Familiprix,
jusqu'ici, d'avoir sa marque privée comme les autres bannières existantes,
c'est la forme juridique de l'entreprise, parce que, contrairement aux
autres... aux autres entreprises, les propriétaires de Familiprix sont les
pharmaciens... c'est-à-dire que les pharmaciens de la bannière Familiprix sont
actionnaires de Familiprix, donc ils se retrouvent à être propriétaires. Ils se
trouveront à être propriétaires aussi d'une marque privée qui... dans laquelle,
bien, ils auront un intérêt. Alors, il y a des aménagements aux normes qui
permettront de... à Familiprix d'être autorisée à avoir sa marque privée. Et il
n'y a pas... il n'y a personne qui s'est opposé à ce que... ou qui s'oppose, à
notre connaissance, en tout cas, dans ce qu'on a entendu en commission
parlementaire, à ce que Familiprix puisse avoir une... sa marque privée, malgré
sa forme juridique, et que des aménagements soient faits dans la loi.
Par contre, il y a une réserve pour
s'assurer que ces aménagements ne dérapent pas d'une autre façon en dehors de
Familiprix. Et on a eu... j'ai eu l'occasion de rencontrer deux groupes qui ne
travaillent habituellement pas ensemble : l'Association canadienne du
médicament générique et l'Association des bannières et des chaînes de pharmacie
du Québec. Alors, pourquoi ces deux... ces deux groupes travaillé ensemble? En
fait, c'est un enjeu qui les mobilise conjointement, et ce qu'ils nous disent — je
vais prendre le temps de le... de le lire, Mme la Présidente, pour que ce soit
clair : «En plus des acteurs qui sont déjà établis au Québec, le projet de
loi n° 15 permet à 11 pharmaciens ou plus de créer leur propre
entreprise de marque privée pour la mise en marché de médicaments génériques.
Bien que nous soutenions l'objectif du gouvernement d'ouvrir de manière ciblée
la possibilité qu'un regroupement de pharmaciens puisse disposer d'une marque
privée — donc on fait référence, ici, à Familiprix — notre
proposition vise à permettre cette ouverture tout en y ajoutant des balises
minimales pour éviter des dérives <susceptibles...
>
11 h 30 (version révisée)
<19313
Mme
Caron :
…tout en y ajoutant des balises minimales pour éviter
des dérives >susceptibles de fragmenter encore davantage le marché, de
réduire la prévisibilité des volumes pour les grossistes et les fabricants et
d'augmenter les risques de ruptures d'approvisionnement.
Si 10 à 15 regroupements de
pharmaciens créent chacun leurs marques privées pour certaines molécules, parce
que ça pourrait être possible si le libellé du projet de loi n'était pas
changé, les volumes seraient répartis en une multitude de microlots,
représentant parfois moins de 5 % du marché par acteur. Les grossistes
devraient alors gérer des commandes fragmentées et imprévisibles, impossibles à
consolider en stocks stables. Les délais d'approvisionnement s'allongeraient,
les risques de ruptures augmenteraient et plusieurs fabricants génériques
pourraient se retirer du marché québécois, rendant l'accès aux médicaments
essentiels plus difficile pour les patients. Et même dans l'état actuel, Mme la
Présidente, un médicament sur cinq est en rupture de stock. En 2023, c'était
près de 3 000 pénuries de médicaments qui ont été signalées.
Alors, ici, l'objectif de cette
mobilisation de ces deux groupes, qui se ne sont habituellement pas des alliés,
c'est vraiment de s'assurer, oui, que Familiprix puisse avoir sa marque privée,
mais que ce ne soit pas ouvert à plein d'autres qui décideraient de se
regrouper pour créer une marque privée, puisque ça viendrait vraiment
fragmenter le marché.
Alors, c'est... Le ministre lui-même a
dit, et je sais qu'il aime à le dire dans tous les projets de loi qu'il mène,
qu'un projet de loi est toujours perfectible, alors je l'invite à avoir une
sensibilité et une écoute, en fait, dans son analyse de cette proposition de
ces deux groupes pour s'assurer que l'objectif qui est voulu pour Familiprix se
réalise, mais qu'en même temps on évite des écueils qui nuiraient à la
population, puisque des... lorsque les médicaments viennent à manquer, les
professionnels de la santé ne peuvent pas faire leur travail comme il se doit,
et les traitements, bien, sont absents pour la population.
Dans un autre ordre d'idée, le projet de
loi édicte, pour l'application de la Loi sur l'assurance médicaments, un
règlement autorisant le versement par un fabricant de médicaments de certains
avantages à un intermédiaire, dont une bannière ou une chaîne de pharmacies, et
il modifie le Règlement sur les conditions de reconnaissance d'un fabricant de
médicaments et d'un grossiste en médicaments afin, notamment... pardonnez-moi, Mme
la Présidente, de permettre que ces mêmes avantages soient versés par un
fabricant à un grossiste.
D'autres… Bon, J'en profite pour souligner
un point concernant... qui concerne toujours les médicaments, qui nous a été
soulevé par quelques groupes, notamment la Fédération interprofessionnelle de
la santé du Québec et aussi l'assurance... la... en fait, l'assurance des… l'association
des assureurs. Lorsque vous et moi, Mme la Présidente, nous allons à la
pharmacie, si nous avons une assurance privée, les honoraires que le pharmacien
prélève sur les médicaments sont différents des honoraires que notre voisin qui
est inscrit au régime d'assurance médicaments du Québec va avoir comme
honoraires, c'est-à-dire que le montant est différent, et les différences
peuvent être très grandes. Un médicament où les honoraires sont de 8 $ et
quelques pour une personne qui est sur le régime privé... public d'assurance
médicaments, le même médicament, pour une personne qui est assurée en vertu d'un
régime privé, bien, ça peut être le triple, ça peut être 40 $, c'est… Il y
a vraiment une grande différence.
Et là où le bât blesse le plus, c'est dans
les… lorsque les médicaments sont très coûteux, il peut y avoir… On nous a même
donné un cas d'honoraires pour une personne qui reçoit des médicaments payés
par un assureur privé, des honoraires pouvant atteindre 100 000 $
pour une seule année. Alors, c'est quand même inquiétant, parce que n'oublions
pas que, dans le cadre du régime d'assurance privée, bien, les employés et les
employeurs paient une partie de la prime. Parfois, les employés paient
100 % de la prime. Alors, lorsque les honoraires sont aussi élevés, bien, évidemment,
ça se reflète sur la prime payée par les <travailleurs…
Mme Caron :
...lorsque
des... les honoraires sont aussi élevés, bien évidemment, ça se reflète sur la
prime payée par les >travailleurs. Et on sait à quel point le coût de la
vie est élevé. Donc, certains... dans certains cas, il y a des familles, des
travailleurs qui... Et d'ailleurs la FIQ, l'intersyndicale, me disait qu'ils
ont 60 000 membres qui doivent faire des choix chaque mois entre,
bien, le loyer, l'alimentation et les médicaments. Est-ce qu'ils vont prendre
tous leurs médicaments ou juste certains et est-ce que... ou est-ce qu'ils vont
payer les médicaments pour les enfants puis sauter les leurs parce que c'est
devenu... c'est devenu trop coûteux? Et là, quand on parle de 60 000 membres,
ce sont 60 000 travailleurs. Et la même chose est vraie pour les
personnes aînées, c'est difficile, avec le coût de la vie actuellement, de
payer son loyer, ses médicaments, son alimentation. Alors, je pense que c'est
une... un élément très important qui est soumis à la Commission de la santé et
des services sociaux dans le cadre de l'étude du projet de loi n° 15.
Évidemment, j'ai posé la question à
l'association des pharmaciens propriétaires, qui est venue aussi en commission
pour présenter son mémoire, et je leur ai demandé de m'expliquer pourquoi il y
avait de tels écarts. Et ça peut se comprendre, on peut comprendre, dans
certains cas, que, oui, les honoraires peuvent être beaucoup plus élevés. Par
exemple, on m'a expliqué que, bien, certains médicaments de spécialité, par
exemple, devaient être réfrigérés. Donc, il faut que le... la pharmacie soit
équipée d'un congélateur ou d'un réfrigérateur pour entreposer ces
médicaments-là. On m'a aussi expliqué que, parfois, bien, ça vient en boîte de
12, mais qu'il faut payer les 12, qui coûtent très cher, puis on va en utiliser
juste un parce qu'on a juste un patient qui a besoin de ce médicament-là et que
les autres seront périmés, donc ça va... c'est une perte pour le pharmacien.
Alors... Et aussi, bon, je comprends qu'il
y a certains médicaments qui exigent plus de travail de la part du pharmacien,
auquel cas c'est normal que les honoraires soient plus élevés qu'un médicament
plus simple. Sauf qu'il y a... on voit qu'il y a une problématique ici,
c'est... Je ne pense pas que ce soit normal qu'on aille dans les... les
honoraires dans des dizaines et des centaines de milliers de dollars, surtout
qu'on sait que la facture est refilée aux consommateurs.
Alors, je pense qu'on a une belle occasion
ici, le ministre a une belle occasion d'analyser cette situation-là. Et ce
n'est peut-être pas quelque chose qui peut être réglé à 100 % maintenant
par le projet de loi n° 15, mais il y a peut-être des éléments qui
pourraient commencer à être mis en place pour s'assurer que ce... que ces
honoraires soient balisés.
• (11 h 40) •
Aussi, le... pour ce qui est des
pharmaciens, dans l'exercice de leur pratique et, en fait, l'exercice... oui,
dans l'exercice de leur pratique, un irritant, pour les pharmaciens, qui
pourrait être corrigé, c'est le fait qu'il y a certains médicaments d'usage, je
dirais, normal ou régulier — ce n'est pas le mot technique — qui
exigent que le... En fait, ce sont des médicaments qui ne sont pas sur
ordonnance, qui sont en... mais qui ne sont pas non plus en vente totalement
libre. Et les pharmaciens doivent, pour chacun des... pour chacun de ces
médicaments-là, faire plusieurs... plusieurs étapes, noter le médicament au
dossier du patient, étudier la pharmacologie, etc., et alors que ce sont...
Bon, quand c'est un nouveau médicament, c'est bien, sauf que, quand ça fait des
millions de fois que le médicament est prescrit sans problème, bien, les
médicaments qui sont... parce qu'ils sont sur une liste, pourraient changer de
liste, on pourrait dire : Bon, d'accord, ces médicaments-là sont...
peuvent être mis totalement en vente libre sans que le pharmacien ait à poser
des gestes supplémentaires. Sauf que le processus de réglementation... de changement
réglementaire pour qu'un médicament change d'annexe peut prendre des années. Et
on parle... On nous a donné un exemple de huit ans. Alors, c'est très
long. Et ce que... ce qui serait proposé, c'est que, lorsque le... les
autorités compétentes, comme l'INESSS, par exemple, déterminent que tel
médicament pourrait être en vente libre, bien, que ce soit finalement le signal
pour l'échanger, changer de médicament de liste pour s'assurer que les
pharmaciens n'ont pas à poser tous ces gestes qui sont... qui deviennent plus
ou moins utiles.
Je vous disais qu'il y a vraiment un <appétit...
Mme Caron :
...qui
sont... qui deviennent plus ou moins utiles.
Je vous disais que les... il y a
vraiment un >appétit de la part des ordres professionnels pour élargir
leurs activités. C'est le cas... Sans aller, là, dans le... trop dans le
détail, c'est le cas de l'Ordre professionnel des inhalothérapeutes. C'est le
cas aussi... bon, les inhalothérapeutes, oui, c'est le cas des perfusionnistes,
c'est le cas des podiatres, c'est le cas des chimistes. En fait, les
chimistes ont un cas un petit peu différent, Mme la Présidente. J'ai eu
l'occasion de les rencontrer. Ils ont déposé un mémoire, même s'ils n'ont pas
été invités à le présenter en commission. Mais l'Ordre des chimistes a été
fondé en 1926, alors j'en profite pour leur souhaiter un très bon centenaire en
cette année 2026. Et j'ai été assez étonnée, Mme la Présidente,
d'apprendre que la Loi sur les chimistes professionnels a un âge aussi
vénérable que l'ordre, donc 100 ans. Alors, vous ne serez pas étonnée
qu'il y ait des dispositions dans cette loi qui sont vraiment obsolètes. Et
puis l'Ordre des chimistes recommande des modifications, donc, à quelques-uns des
articles de cette Loi sur les chimistes professionnels, qui remonte à
100 ans, d'une part, pour préciser le champ d'exercices de la chimie et
les activités réservées aux chimistes et, d'autre part, d'abroger, donc,
quelques dispositions qui sont vraiment obsolètes.
Et ce que les chimistes font valoir et
nous rappellent, comme on le dit souvent aussi... que tout ordre professionnel
a pour mission première la protection du public. Et, en 100 ans, c'est sûr
que le monde a évolué dans tous les domaines, les technologies aussi, et, en
raison de la vétusté de la loi, l'Ordre des chimistes est limité dans ce qu'il
peut faire en matière de protection du public. Alors, c'est un ordre à
exercices exclusifs, mais ces activités exclusives, justement, ne sont pas définies
dans la loi, et puis l'ordre a besoin d'avoir les outils nécessaires pour
réaliser sa mission de protection du public. Et je donne un exemple.
On peut se rappeler que, pendant la
pandémie, plusieurs se sont transformés en fabricants de gel désinfectant.
Mais, pour que le gel soit vraiment désinfectant, il faut qu'il contienne au
moins 60 % d'alcool. Si une activité avait été réservée aux chimistes, de
s'assurer que c'était le cas, bien, tous les gels désinfectants auraient été de
véritables gels désinfectants. Mais, on le sait, l'histoire nous a montré que
ce n'était pas le cas, mais personne n'avait la responsabilité de s'assurer de
cela. Alors, c'est une... c'est le genre d'activité qui pourrait être réservée
à un chimiste professionnel, et il y en a plein d'autres, exemples.
Si on pense au stockage de matières
dangereuses, on me disait qu'à... dans certains endroits, on les range par
ordre alphabétique, alors que certaines matières dangereuses, quand elles sont
juste à proximité, peuvent s'enflammer. Mais ce n'est pas réglementé avec... Et
les modifications que l'Ordre des chimistes aimerait qui soient faites à sa
loi, bien, pourraient permettre de mieux protéger le public. Et le projet de
loi n° 15, selon eux, serait un bon moment pour faire
les modifications.
Alors, j'invite le ministre et ses équipes
à analyser ces propositions-là vraiment sérieusement et à voir si on peut
inclure le tout. En tout cas, si des modifications, des amendements sont
proposés par le ministre en ce sens dans son projet de loi, il aura mon appui
parce que je pense que c'est un... vraiment important de protéger le public en
cette matière-là.
Alors, je vais revenir un petit peu au
volet de la réglementation et du... de la gouvernance de ce projet de loi.
Alors, il y a des modifications au Code des professions pour alléger, donc, les
processus réglementaires. Certaines modifications sont faites dans le Code des
professions, alors n'auront plus besoin d'être dans... vont pouvoir s'appliquer
tout de suite à l'ensemble des ordres et n'auront pas, donc, à être dans
chacune des lois... dans chacune des lois des ordres ou des... de leurs
règlements.
Le projet de loi va aussi permettre aux
ordres d'adopter, sans l'approbation de l'Office des professions ou du
gouvernement, certains règlements dans la mesure où il tient compte des lignes
directrices établies par <l'office...
Mme Caron : ...dans la
mesure où ils tiennent compte des lignes directrices établies par >l'office,
et ce changement est bienvenu, mais ce qui est mentionné dans quelques
mémoires, c'est qu'il faudra s'assurer que ces règlements adoptés par
résolution du conseil d'administration d'un ordre professionnel puissent être
opposables au tiers, c'est-à-dire qu'ils aient... qu'ils soient considérés
comme des lois publiques et que tous soient obligés de les respecter, sinon,
bien, on va... on va perdre... on va perdre du mordant. C'est d'ailleurs une
des recommandations du CIQ, Conseil interprofessionnel du Québec, et aussi du
Collège des médecins, et, dans le cas... Donc, on disait que ces règlements
adoptés par résolution du conseil d'administration des ordres devraient tenir
compte des lignes directrices établies par l'office.
Alors, une précision importante, et j'ai
trouvé ça intéressant, parce qu'on l'a retrouvée dans plusieurs mémoires, c'est
que, contrairement à ce qui est prévu à l'article 18 du projet de loi, le
Conseil interprofessionnel du Québec et les ordres ne souhaitent pas juste être
consultés pour l'établissement de ces lignes directrices, mais tiennent plutôt
à collaborer avec l'office pour établir ces lignes directrices. C'est une
méthode gagnante qui est... qui a été éprouvée, d'ailleurs, lors de la
production du Guide des bonnes pratiques en matière d'inspection
professionnelle, qui a été fait par l'office, mais avec un groupe de
travail qui était représentatif des ordres. Alors, ce que... ce qui est... ce
qui est estimé, c'est que c'est plus facile d'avoir l'adhésion des membres des
différents ordres lorsque les lignes directrices, par exemple, qui vont... qui
vont baliser les règlements, lorsqu'elles sont... elles sont acceptées, elles
sont définies en s'appuyant sur le travail et sur l'expertise des ordres.
Puis, dans ce... dans ce domaine-là, Mme
la Présidente, je dirais que c'est un peu... Tu sais, on est... on est dans le
principe de subsidiarité puis dans le principe de proximité aussi, parce que l'Office
des professions du Québec, qui a tous les... qui a toutes les compétences nécessaires,
est plus loin du terrain, de la réalité des professionnels, que les ordres
eux-mêmes. Donc, partout, dans le projet de loi, où il est question de
consulter les ordres, ce que les ordres proposent, c'est de plutôt... de
travailler en collaboration avec eux. Un ordre a dit : Parfois, ça prend
un petit peu plus de temps, mais les résultats sont là, puis on n'a pas besoin
de revenir en arrière. Alors, la collaboration en amont, c'est vraiment...
c'est vraiment important, c'est de la coconstruction, et ce que... et c'est ce
que les ordres demandent, et tout le monde en bénéficie par la suite.
Le projet de loi va aussi transférer à
l'Office des professions la responsabilité actuelle du gouvernement d'approuver
certains règlements des ordres professionnels. Alors, on parle, par exemple,
des codes de déontologie puis des règlements concernant l'autorisation
d'activités professionnelles par des non-membres. Alors, c'est un transfert de
responsabilités qui devrait alléger le processus, mais il faut... faudra
s'assurer aussi... Là, j'oublie quel... dans quel mémoire on nous a dit :
Mais il faudrait aussi s'assurer que... qu'il y ait un répondant pour l'Office
des professions du Québec.
• (11 h 50) •
Le projet de loi permet aussi aux ordres
de s'habiliter, dans ses règlements, à établir par résolution des conditions
selon lesquelles les activités peuvent être exercées. Alors, la séquence serait
la suivante. Lorsqu'un ordre adopte un règlement qui autorise des non-membres à
exercer des activités professionnelles qui sont régies, qui sont... qui
relèvent de cet ordre-là, l'office pourra approuver le règlement, puis ensuite
le CA de l'ordre pourra établir par simple résolution les conditions selon
lesquelles ces activités pourront être exercées par les non-membres. Le
commentaire qui est revenu le plus souvent au sujet de cela, c'est
qu'évidemment, je l'ai dit tout à l'heure, il faut que ces résolutions soient
opposables au tiers. Donc, il faut qu'elles aient force de loi, finalement,
pour que tout le monde les respecte.
Il y a quelques groupes, dont l'ordre des
technologues du Québec et l'Ordre professionnel des inhalothérapeutes du
Québec, qui ont fait une mise en garde sur la publicité et la communication des
règlements adoptés par résolution des ordres. À l'heure actuelle, on peut
aller, sur LégisQuébec, consulter une loi, consulter le Code des professions,
consulter les divers règlements qui sont adoptés par le gouvernement, sauf que,
là, puisqu'il y a des règlements qui seront adoptés par les ordres, d'autres qui
seront adoptés par l'Office des professions du Québec, il ne faut pas... il ne
faut pas qu'il y ait un vide. C'est-à-dire qu'il faut que le public ou
n'importe quel professionnel, en fait, qui sont membres du public aussi... mais
il faut que ce soit possible de consulter en un même lieu les versions à jour
et en vigueur de tous ces règlements. Alors, je pense que c'était <peut-être...
Mme Caron :
...soit
possible de consulter en un même lieu les versions à jour et en vigueur de tous
ces règlements. Alors, je pense que c'était >peut-être dans l'angle mort
du projet de loi, puisqu'il est muet là-dessus. Et je trouve que c'est une
bonne... un bon point de vigilance, là, qu'ont... qu'ont soulevé ces ordres-là,
parce que, pour respecter la loi, il faut connaître la loi, et donc il faut que
ce soit... il faut que la publicité, la communication soit facile à trouver.
Bon, le projet de loi fait d'autres
modifications, dans lesquelles je n'entrerai pas toutes, mais il y a un article
qui porte sur les renseignements obligatoires à figurer au tableau des ordres
professionnels et qui donne aux ordres le pouvoir de déterminer, par
résolution, tout autre renseignement que leur tableau devra contenir. Alors,
quand on parle du tableau des membres, je me... je me permets de préciser qu'il
s'agit de la liste des membres d'un ordre professionnel et que cette liste-là
est consultable par le public sur les sites Web des ordres, par exemple. Mais
le... un point de vigilance que fait le Collège des médecins, c'est de ne pas
rendre obligatoire la révocation... la mention de révocation de permis, parce
que, si cette... si on indique sur... dans le tableau, que telle personne a
tel, tel, tel permis, donc ça veut dire qu'elle peut pratiquer ces... les
activités autorisées en vertu des permis, mais, si la personne a un seul permis
et qu'il est révoqué, bien, ça ne sert à rien de dire que son permis est
révoqué, parce qu'elle disparaît du tableau de l'ordre. Et ce que le Collège
des médecins fait valoir, c'est que, si on le laisse puis qu'on dit que son
permis est révoqué, ça peut créer une ambiguïté. Bien, est-ce qu'il est encore
membre de l'ordre ou pas? Est-ce qu'il a encore droit de faire des activités?
Alors, c'est la recommandation du Collège des médecins, je pense, qui est...
qui est tout à fait... tout à fait sage.
Un point intéressant en matière de
gouvernance. Le projet de loi apporte des modifications, par exemple, sur le
nombre minimal de signatures de membres d'un ordre, nombre de signatures requis
pour demander la tenue d'une assemblée générale extraordinaire. Ce que j'ai
trouvé intéressant, c'est que le Conseil interprofessionnel du Québec recommande
de remplacer les assemblées générales annuelles et les assemblées générales
extraordinaires par des rencontres publiques. Donc, au lieu d'avoir une AGA
associative pour les membres de l'ordre, de plutôt faire des rencontres
publiques, puisque la mission première de l'ordre, c'est de protéger le public
et que ce serait un bon... un bon moyen d'augmenter la confiance du public, de
contribuer à une meilleure compréhension du système professionnel et
d'améliorer l'efficacité et la flexibilité des ordres. Et le Collège des
médecins appuie cette recommandation du CIQ et d'autres ordres aussi.
Le Collège des médecins est même allé
d'une recommandation qui m'a étonnée, mais qui mérite d'être analysée :
augmenter la proportion des représentants du public au conseil d'administration
de chaque ordre. Alors, j'ai demandé quel était, selon eux, le nombre ou la
proportion idéale. Ils ne se sont pas commis sur un... sur un taux précis, mais
ils ont dit qu'ils devraient être majoritaires. Alors, j'ai trouvé ça quand
même intéressant comme... comme proposition. Et je pense que c'est logique
dans... puisque les ordres ont pour mission la protection du public, que le
public soit... soit invité à ces rencontres annuelles de reddition de comptes
des ordres. En tout cas, ça vaut la peine, je pense, d'y réfléchir.
Alors, je vais... je vais terminer ici,
Mme la Présidente, en disant... en rappelant encore que le ministre aime à dire
que tout projet de loi est perfectible, il a également dit qu'il allait
analyser, que ses équipes allaient analyser sérieusement tous les mémoires qui
sont... qui ont été déposés, autant ceux qui ont été présentés en commission
parlementaire que les autres, alors je m'attends à ce qu'il... à ce que nous
ayons, dans les... dans la prochaine étape, pour l'étude détaillée, des
amendements qui soient proposés par le ministre.
Et je termine en disant que plusieurs groupes
qui sont venus accueillir favorablement l'interdisciplinarité qui est inhérente
à ce projet de loi, donc l'interdisciplinarité dans le domaine de la santé et
des services sociaux, ont aussi insisté sur le fait que l'intercommunication
sera essentielle à cette interdisciplinarité. Et cette intercommunication, ce
qu'il <faut...
Mme Caron :
...et
des services sociaux, ont aussi insisté sur le fait que l'intercommunication
sera essentielle à cette interdisciplinarité. Et, cette intercommunication, ce
qu'il >faut, c'est le Dossier de santé numérique. Alors, ça, ça va être
un gros défi, parce qu'on connaît les défis du Dossier Santé numérique dans
toutes les... toutes les catégories de défis qui sont liés à ce... à ce
projet-là. Mais ça va être absolument essentiel que les professionnels, que ce
soit un inhalothérapeute en hôpital, que ce soit un physiothérapeute en
clinique privée, que ce soit un ergothérapeute en CLSC, une infirmière
praticienne spécialisée, un médecin dans son bureau ou dans son... dans son
bureau à l'hôpital, que tous aient accès à l'ensemble du portrait pour... pour
servir les patients, pour ne pas multiplier les tests.
Parce que, là, on a vu que beaucoup de
professionnels de la santé pourront prescrire des tests, pourront prescrire des
médicaments. Bien, il va falloir que chaque intervenant sache... connaisse le
portrait d'un patient donné pour ne pas commander des tests inutiles qui
viennent alors qu'un autre professionnel vient de faire le test deux semaines
auparavant et qu'il a eu les résultats. Donc, le... cette communication-là, cet
outil de communication qui, pour l'instant, semble être le Dossier Santé
numérique, ça va être absolument nécessaire pour que tous les... tous les
éléments qui sont prévus dans le projet de loi pour élargir
l'interdisciplinarité en santé et services sociaux puissent effectivement se
déployer sur le terrain.
Alors, pour toutes ces raisons, Mme la
Présidente, je termine réellement en disant que nous allons être... que nous
sommes favorables au principe du projet de loi n° 15. Merci beaucoup.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, Mme la députée. Permettez-moi de vous informer que
trois débats de fin de séance se tiendront aujourd'hui à 13 heures.
• (12 heures) •
Le premier débat portera sur une question
adressée par Mme la députée de Mille-Îles à M. le ministre de l'Environnement,
de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
concernant la hausse fulgurante des coûts de la collecte sélective pour les
entreprises.
Le deuxième débat portera sur une question
adressée par Mme la députée de Sherbrooke à M. le ministre de la Justice
concernant le retrait de l'article 29 du projet de loi n° 1,
Loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec, afin de
protéger l'accès à l'interruption volontaire de grossesse.
Et le troisième débat portera sur une
question adressée par Mme la députée de Mont-Royal—Outremont
à M. le ministre de la Cybersécurité et du Numérique concernant le manque de
contrôle du gouvernement caquiste dans le projet de transformation numérique de
l'État.
Je suis prête maintenant à entendre M. le
député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Alexandre Leduc
M. Leduc : Merci, Mme la
Présidente. Donc, à notre tour d'intervenir sur le projet de loi n° 15,
qui poursuit des objectifs, il faut le reconnaître, très consensuels, desquels
on peut difficilement être contre.
Donc, d'abord, le ministre veut alléger
les processus réglementaires de sorte à donner plus de flexibilité et
d'autonomie au système des professions, par exemple il y aurait plus de
pouvoirs à l'Office des professions du Québec, et... et permettrait, pardon,
aux ordres et aux... et à l'office de... d'adopter certains règlements sans
l'approbation du gouvernement. Moi, ça fait huit ans que je suis député ici
puis depuis que j'ai mis les pieds, en 2018, j'entends systématiquement parler
du dossier des ordres des professions, à quel point c'est lourd, à quel point
c'est... ce n'est pas efficace en matière de production de réforme. Il y a
46 ordres, si ma mémoire est bonne, dans ces eaux-là, c'est sûr que ça
fait beaucoup de monde alentour de la table pour trouver des compromis, des
consensus. Donc, si on peut trouver une façon pour que ça aille un peu plus
vite, on est bien partants.
Un autre aspect qui est consensuel, c'est
d'élargir certaines pratiques des ordres professionnels afin d'améliorer
l'accès aux soins et aux services sociaux. Ça fait longtemps qu'on réclame ça à
Québec solidaire. Je pense que pas mal tout le monde était d'accord, mais il y
avait toujours un problème de diplomatie entre les différents ordres, à savoir
est-ce que tel acte réservé peut être moins réservé, donc peut être partagé
avec d'autres professions. Dans le passé, il y a eu beaucoup de... je pourrais
le dire, Mme la Présidente, de corporatisme, de protection de sa corporation,
mais...
Et j'ai posé la question à plusieurs des
groupes qui sont venus, à plusieurs des ordres qui sont venus en
commission : Est-ce qu'il y a... je ne dénote pas une nouvelle culture
d'élargissement? Et on m'a dit oui. Ils disent : C'est vrai, dans les
dernières années, les ordres se sont mieux parlé, se sont davantage parlé, avec
l'Office des professions, pour s'entendre sur un élargissement, sur une culture
d'élargissement de manière assez généralisée. Rien n'est parfait, hein, je vais
aborder quelques éléments qui pourraient être bonifiés dans le projet de loi,
mais force est de constater que cette nouvelle culture là, bien, elle
fonctionne.
Je vois ma collègue d'en face qui a
travaillé longtemps aussi avec l'Ordre des professions, et elle a certainement
contribué, en tout cas, je le souhaite, à l'élargissement de cette culture.
Donc, je la salue, cette nouvelle culture de <partage...
>
12 h (version révisée)
<17935
M.
Leduc :
...je souhaite, à l'élargissement de cette culture.
Donc, je la salue, cette nouvelle culture de >partage et d'élargissement
à l'ordre des professions et au sein des différentes professions.
L'accueil du projet de loi est donc, parmi
les ordres, très positif. On a bien senti qu'il existe un esprit de
collaboration, qu'ils attendaient cette modernisation depuis longtemps. J'ai un
peu... À un des premiers groupes qui est passé, j'ai eu l'idée de demander
quelle note il donnait au projet de loi, et les notes étaient somme toute
extrêmement positives. Puis, à la fin, je ne demandais même plus ça, les
groupes donnaient eux-mêmes des notes. Alors, on a créé un monstre avec cette
question-là en début d'audiences, et tous les groupes, tous les ordres, par la
suite, voulaient donner leurs notes, et c'étaient toujours des très bonnes
notes. Ça oscillait entre 7,5, 8, 9,5. Le ministre était bien content, vous
vous en doutez bien, de se faire dire qu'à 9, 10 sur 10, son projet de loi
était presque parfait. Alors, tant mieux si ça a conforté le ministre dans son
travail. Je ne lui donne pas toujours des aussi bonnes notes dans ses
différents projets de loi, Mme la Présidente, le ministre du Travail. Cette
fois-ci, il faut le reconnaître, c'est un bon travail.
Néanmoins, ce n'est pas tout à fait
parfait, je l'ai dit. Qu'est-ce qu'on pourrait améliorer? Bon, le projet de loi
pourrait aller plus loin, notamment sur l'élargissement des pratiques. Quelques
exemples, là, je n'irai pas dans tous les détails, mais les sages-femmes,
notamment, et les podiatres. On souffre quand même de restrictions dans la
liste des médicaments, dans les examens qu'on leur interdit de prescrire,
administrer ou effectuer. Dans le cas plus précisément des sages-femmes, on les
empêche de traiter des saignements, des nausées, des infections urinaires chez
les femmes enceintes, alors que, dans certaines situations, notamment le Nord-du-Québec,
elles sont les seules ressources disponibles, souvent, pour soulager les femmes
enceintes.
Toujours sur les sages-femmes, on leur
demande aussi de faire... elles demandent de faire... de pouvoir faire des
tests de dépistage sans égard aux symptômes pour hommes. Elles peuvent
actuellement le faire, mais pour les femmes enceintes seulement, mais pas pour
leurs partenaires. C'est une incohérence. Elles ont l'expertise, elles
pourraient le faire. Il faut juste leur permettre. Donc, c'est des petites...
des affaires quand même pointues, mais qui peuvent changer l'accès aux soins
pour de nombreuses personnes au Québec, qui seraient très simples à corriger et
à ajouter dans le projet de loi.
Il y a des points sur lesquels le projet
de loi reste muet, malgré qu'ils soient parfaitement enlignés avec ses
objectifs, comme un meilleur accès aux soins de santé et aux services sociaux.
Par exemple, traiter l'enjeu des surfacturations des honoraires des pharmaciens,
ma collègue de l'opposition officielle vient juste de l'aborder, donc, c'est
une demande qui vient de huit organisations syndicales, la CSQ, la FIQ et bien
d'autres, des compagnies d'assurances aussi, l'ACCAP, pour que le projet de loi
n° 15 se penche sur cet enjeu. On voudrait un meilleur encadrement pour
permettre de diminuer les coûts des régimes d'assurance de médicaments qui
sont, vous le savez, en pleine explosion. Et c'est un enjeu d'accessibilité.
Par exemple aussi, un autre exemple sur le
projet de loi qui reste muet, c'est les orthophonistes et les audiologistes qui
demandent à pouvoir vendre, poser ou remplacer des appareils d'aide auditifs.
Je les ai rencontrés il n'y a pas très longtemps. Actuellement, ils peuvent
seulement les ajuster. C'est un cas d'exception en Amérique du Nord. Tous leurs
collègues, partout en Amérique du Nord, ailleurs, peuvent vendre, poser et
remplacer des appareils d'aide auditifs, mais pas ici, au Québec, étrangement.
C'est un ajout au projet de loi qui pourrait contribuer à accessibiliser les
soins auditifs dans un contexte où les besoins seront en forte augmentation au Québec
avec le vieillissement de la population.
Un autre enjeu, plusieurs mesures qui n'entreraient
pas en vigueur après le délai de 18 mois. Donc, on n'est pas dans les
mesures précises, mais dans les délais de transition, les mesures transitoires,
qui est toujours à la fin du projet de loi. Pas mal tous les groupes trouvaient
que 18 mois, c'était trop long. Le travail a été fait, là, la concertation
a été faite, la diplomatie a été faite, les gens sont contents, donc, qu'on
procède. Il n'y a pas de véritable objectif ou de justification d'attendre
aussi longtemps que 18 mois pour l'entrée en vigueur du projet de loi. Ça
nous semble assez arbitraire aussi. On n'a pas eu d'explication, de la part du
ministre, sur le 18 mois.
Alors, j'ai demandé, moi, dans plusieurs
groupes, quel serait, donc, un meilleur délai, c'est quoi, le plus court, puis
on est allés, des fois, assez bas, jusqu'à trois mois. Le monde disait : pas
besoin d'attendre 18 mois. On est prêts. Vous voulez bien avoir un délai, là,
mettez trois mois, puis on commence dans trois mois. Intéressant. Alors, on va
certainement avoir des discussions là-dessus et probablement des amendements.
On va voter, donc, pour l'adoption du
principe de ce projet de loi là. On va faire des amendements en temps et lieu.
On va regarder pour améliorer le projet de loi. Et j'espère que le ministre
aura lui-même des amendements et qu'on n'aura pas besoin de les faire, nous ou
nos collègues des autres oppositions, parce qu'on la sent, l'ouverture du
ministre à l'améliorer. Et on va s'assurer, donc, que le projet de loi soit
bonifié puis que l'ouverture soit le... la plus ouverte possible, le maximum
possible.
Un dernier point, Mme la Présidente, puis
c'est pour ça que je pense que c'est important de bien, bien améliorer le projet
de loi n° 15, c'est que, là, on a tous compris que c'était le deuxième d'une
série de trois, d'une trilogie de projets de loi sur les ordres des
professions. Il y avait eu le projet de loi n° 67 il y a deux ans maintenant,
le projet de loi n° 15 actuel, puis on nous dit qu'il y en aurait un troisième,
un final, bien que c'est un processus d'amélioration continue, qui sera
simplifié, d'ailleurs, par le projet de loi n° 15 dans le futur, mais on promet
un autre projet de loi dans le futur. Et j'ai la crainte que le ministre dise :
Ah! mais là je n'aurai pas le temps de tout rajouter, de toute façon, il y aura
un autre projet de loi.
Bon, mais là il faut aussi clarifier une
chose : le prochain projet de loi ne sera définitivement pas fait dans la
présente législature. Ça sera... peut-être un autre gouvernement dans un...
dans quelques mois. Est-ce que ça va être tout aussi prioritaire? Est-ce que le
prochain gouvernement va vouloir se pencher sur ce sujet-là? On ne le sait pas.
Alors, de prétendre que, vu qu'il y a un troisième projet de loi, ça nous
dispense de faire le travail comme il faut et de corriger le plus de choses
possible dans le projet de loi n° 15, je trouve que c'est un glissement
qu'on devrait éviter de faire.
Le projet de loi n° 15, il est devant
nous. On a plein de suggestions d'amendements très simples, très consensuels,
qui ne demandent pas des nouvelles rondes de consultations et de diplomatie au
sein de l'Office des professions. Faisons-les maintenant, et c'est là-dessus
qu'on va travailler dans les prochaines semaines. Merci, Mme la Présidente.
Mise aux voix
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci beaucoup, M. le député. Maintenant, est-ce qu'il y a
d'autres interventions pour...
S'il n'y a pas d'autre intervention, le
principe du projet de loi n° 15, Loi modifiant le Code des professions et
d'autres dispositions principalement afin d'alléger les processus
réglementaires du système professionnel et d'élargir certaines pratiques
professionnelles dans le domaine de la santé et des services sociaux, est-il
adopté?
Des voix : Adopté.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Adopté. Mme la leader du gouvernement.
Renvoi à la Commission de la santé et des services
sociaux
Mme LeBel : Oui. Mme la
Présidente, conformément à l'article 243 de notre règlement, je fais
motion afin que le projet de loi n° 15, Loi modifiant le Code des
professions et d'autres dispositions principalement afin d'alléger les
processus réglementaires du système professionnel et d'élargir certaines
pratiques professionnelles dans le domaine de la santé et des services sociaux,
soit déféré à la Commission de la santé et des services sociaux pour son étude
détaillée et que le ministre du Travail soit membre de ladite commission pour
la durée du mandat.
Mise aux voix
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Cette motion est-elle adoptée?
Des voix : Adopté.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Mme la leader adjointe du gouvernement, pour la suite de
nos travaux.
Mme LeBel : Merci, Mme la
Présidente. Compte tenu, tantôt, que vous avez annoncé la tenue de trois débats
de fin de séance, nous allons vous demander de suspendre jusqu'à la tenue de
ces débats.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Donc, les travaux sont suspendus jusqu'à
13 heures pour permettre la tenue des débats de fin de séance annoncés
précédemment. Merci, tout le monde.
(Suspension de la séance à 12 h 10)
12 h 30 (version révisée)
(Reprise à 13 heures)
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Nous reprenons nos travaux, et, tout d'abord, je vous
informe que le débat de fin de séance annoncé aujourd'hui entre Mme la députée
de Sherbrooke et M. le ministre de la Justice concernant le retrait de
l'article 29 du projet de loi n° 1,
Loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec, afin de protéger l'accès à
l'interruption volontaire de grossesse, est retiré de la demande... à la
demande, pardon, de la députée de Sherbrooke.
Débats de fin de séance
Nous allons maintenant procéder aux débats
de fin de séance, et le premier débat portera sur une question adressée par Mme
la députée des Mille-Îles à M. le ministre de l'Environnement, de la Lutte
contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs concernant la
hausse fulgurante des coûts de la collecte sélective pour les entreprises.
Je vous rappelle que, conformément à
l'article 310 du règlement, le député qui a soulevé le débat et le
ministre qui lui répond ont chacun un temps de parole de cinq minutes, et le
député, ensuite, a droit à une réplique de deux minutes.
Mme la députée, je vous cède la parole
pour une durée de cinq minutes.
Frais associés à la collecte sélective
Mme Virginie
Dufour
Mme Dufour : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. D'abord, j'aimerais revenir sur les propos que le ministre a
tenus à la toute, toute fin de la réponse... de la dernière réponse de questions
complémentaires. Il a fait des affirmations, et, Mme la Présidente, je ne peux
pas dire que c'est un mensonge honteux, mais j'aimerais dire que c'était
factuellement incorrect. Ça ne reflète pas... Il a prétendu, donc, que ma
candidature avait été rejetée par la Coalition avenir Québec, ce qui est faux...
bien, ce qui est factuellement incorrect, le bon terme... des échanges que j'ai
eus avec Brigitte Legault. Évidemment, il n'était pas sur l'appel, donc il ne
peut pas savoir, mais je l'inviterais à ne pas répéter cette information qui
est incorrecte. Et j'aimerais lui rappeler, quand il nous mentionne... il
mentionne un changement d'allégeance, venant d'un ancien député péquiste, qu'un
ministre caquiste pourrait aussi s'abstenir de ce genre de commentaire.
Maintenant, Mme la Présidente, je veux
parler de la collecte sélective. Il y a réellement un enjeu. Il y a eu...
Effectivement, là, la réforme du ministre est entrée en vigueur en 2021. Je
l'avais mentionné, je n'étais pas... à l'époque, je n'étais pas élue. Il y a
certes eu une mise à jour en 2022, mais le problème réside principalement dans
le règlement et l'application de ce règlement. Et il n'y a aucun député ici qui
a voté pour le règlement, à l'exception du ministre, je souhaite le mentionner.
Il y a eu, Mme la Présidente, des hausses
phénoménales des coûts de la collecte sélective, et je vais vous montrer un
tableau qui est très parlant. Et ça, ce sont les coûts qui viennent d'Éco
Entreprises Québec, qui est l'organisme désigné pour appliquer la collecte
sélective. Et je tiens à le mentionner, je ne veux pas tirer la... je ne veux
pas qu'Éco Entreprises Québec porte le fardeau de ces <résultats, tout ça
découle d'un...
>
13 h 03 (version non révisée)
Mme Dufour : ...je ne veux
pas qu'Éco Entreprises Québec porte le fardeau de ces résultats. Tout ça
découle d'un... Cette hausse de coûts... découle d'une multitude de facteurs,
dont le règlement. Et, comme on peut voir les chiffres, en 2022, le coût de la
collecte sélective était de 328, environ, dollars la tonne, et c'est passé... l'an
prochain, ça va monter à 955 $ la tonne. 955 $ la tonne, Mme la
Présidente, c'est huit... c'est neuf fois, pardon, neuf fois le coût de l'enfouissement,
donc neuf fois plus cher recycler que jeter à l'enfouissement, au dépotoir.
Évidemment, ce n'est pas tenable, ce n'est pas... Ce sont des coûts qui sont
injustifiables, en toute franchise. J'ai été sur un conseil d'administration d'un
centre de tri pendant plusieurs années, et jamais, jamais, jamais je n'aurais
pu imaginer de tels coûts.
Et ces coûts-là, c'est en plus du fait que
la collecte va passer aux deux semaines partout au Québec cette année. Donc,
dans le passé, il y a certaines villes qui étaient... que le bac bleu était
ramassé aux deux semaines, mais, cette année, toutes les villes du Québec vont
avoir une collecte aux deux semaines. Dans ma municipalité, la ville de Laval,
c'est le 1er avril que ce changement va se faire. C'est majeur. Donc, on peut s'imaginer
qu'il y aura... On a une baisse de services, mais on a une hausse des coûts. Ça
accentue encore plus la perception que les coûts sont hors de contrôle. Et du
fait que la collecte va passer aux deux semaines, bien, moi, personnellement,
je m'inquiète sincèrement que les bacs bleus débordent et que... Bien, j'ai... j'ai...
on a quatre enfants, avec mon conjoint, deux chiens, je peux vous dire que,
nous, c'est à toutes les semaines que ça déborde. Et à passer aux deux
semaines... c'est... c'est évident, moi, j'ai demandé un deuxième bac, c'est
évident, mais je peux imaginer que certains vont simplement décrocher de la
collecte, et ça me fait peur. Donc, ça, ça, c'est un élément.
Mais ce qui est le coût, là... l'élément
majeur, c'est la hausse de coûts qui impacte nos entreprises. On a entendu les
médias dans les derniers... dans les derniers... dans les derniers jours, mais il
y a aussi des entreprises. Les chocolats Vadeboncoeur ont vu une hausse de
250 %, 100 000 $ par année. Les... La fromagerie Boivin, 500 %
de hausse. Et je peux continuer comme ça. Il y a des cas de figure, des
entreprises qui sont affectées de façon telle que leur viabilité économique est
en jeu.
Le ministre a dit ce matin que des
allègements réglementaires étaient en cours. Moi, j'aimerais savoir quand
exactement, parce que ce que j'entends, c'est que les juristes sont trop
débordés avec la Constitution pour s'occuper des demandes du ministre de l'Environnement,
des demandes qui se font depuis déjà plus d'un an, Mme la Présidente. Alors, je
serais curieuse d'entendre le ministre, dans son cinq minutes, qu'il nous
explique exactement le calendrier. J'espère sincèrement qu'il y aura plus d'écoute
par rapport aux signaux d'alerte, aux signaux d'alarme de la... qui vient de l'industrie.
On a besoin de ces entreprises pour notre économie.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci, Mme la députée. Maintenant, je suis prête à entendre M. le ministre et
je vous cède la parole pour une durée de cinq minutes.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. Merci à la collègue pour le point soulevé, qui demeure important.
On a pu aborder en partie la question lors de la période de questions. Je vais,
par contre, répéter essentiellement la même chose. C'est une transformation au
niveau de la collecte sélective qui s'opère maintenant depuis quelques années.
Qui est responsable du système? Ce n'est pas le gouvernement, mais bien les
producteurs eux-mêmes. Les producteurs eux-mêmes ont retenu un organisme de
gestion désigné, là, qui est Éco Entreprises Québec, qui est dirigé par les
producteurs également. Ce sont les producteurs qui viennent ensuite déterminer
les grilles tarifaires pour opérer le système. Le gouvernement du Québec,
depuis quelques années, ne finance plus ces opérations-là, avec des résultats
qui sont assez probants. Rappelons-nous, il y a quelques années, constamment,
dans les médias, on pouvait entendre la crise du recyclage. On évoquait que nos
matières résiduelles se retrouvaient que ce soit en Asie ou ailleurs dans le
monde plutôt que traitées au Québec. C'est en partie réglé, en très, très
grande partie réglé, parce que le nouveau système aura permis de moderniser
sensiblement les équipements qui traitent cette matière-là.
Ceci dit, on est parfaitement conscients
que, pour certaines entreprises, même si ce n'est pas le gouvernement qui
détermine ce qui leur est facturé... on est conscients que la charge peut être
lourde. C'est la raison pour laquelle on procède, avec Éco Entreprises Québec,
à des changements réglementaires. Je suis assez confiant que, dès les
prochaines semaines, comme je le...
13 h 08 (version non révisée)
M. Charette : ...ce matin, on
pourra présenter des aménagements. Donc, c'est un premier volet avec sans doute
d'autres aménagements à l'automne pour ce qui est du règlementaire. Et
ultimement, on a aussi offert à éco Entreprise Québec un prêt substantiel pour
leur permettre d'évaluer comment ils peuvent à leur tour... aider à leur tour
les différents producteurs. C'est quelque chose qui est en évaluation de leur
côté. Bref, il y a des actions concrètes qui se posent, mais le système
fonctionne. On veut en minimiser les impacts très, très certainement.
Et l'alternative, la collègue... la
collègue l'évoquait, ce serait de retourner à l'enfouissement hors le Québec.
On est bons, et je peux dire, on est des leaders en environnement dans bien des
domaines, mais, au niveau de la gestion des matières résiduelles, on a encore
un rattrapage important à faire. On enfouit plus de tonnes par habitant au
Québec que dans bien, bien des juridictions en Amérique du Nord. Donc, c'est la
raison pour laquelle cette modernisation s'est enclenchée il y a quelques
années maintenant.
Et là s'il y a des ajustements à faire, on
les fera volontiers. Mais il ne faut pas encourager davantage l'enfouissement.
La collègue voulait comparer les coûts. Il faut savoir que les coûts de l'enfouissement
ont aussi augmenté, là, de façon importante dans la foulée de ces réformes-là.
Et ultimement, il faut que ce soit plus simple recycler qu'enfouir, je suis
bien d'accord. Et c'est là où on est à collaborer avec les différentes parties
prenantes, Éco entreprise Québec en est un, partenaire. Recyc-Québec en est un
autre également. Bref, j'invite la collègue à souligner les avancées
substantielles qui ont été réalisées ces dernières années, et on sera là à
aider les parties prenantes impliquées ou impactées lorsque la charge sur leurs
épaules est trop lourde. On a peu parlé dans cet échange-ci des médias, mais il
y a des mesures aussi qui sont prévues pour les médias. Bref, c'est un dossier
qui avance bien et on est à corriger les imperfections, mais il faut continuer.
Il ne faut certainement pas reculer dans ce dossier-là, Mme la Présidente.
Merci beaucoup.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Mme la députée, je vous cède la parole pour votre
droit de réplique pour deux minutes.
Mme Dufour : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Je n'ai pas entendu de solution. Je propose au ministre de faire
appel à mon... à ma demande de mandat d'initiative, que j'ai déposé la semaine
dernière, pour entendre une multitude d'experts, et se pencher, là, sur les
causes des hausses de coûts. Il ne peut pas juste répondre que c'est... ce sont
les producteurs, que ce sont eux qui se sont désigné un organisme et que ce
sont eux qui déterminent les grilles tarifaires. Il y a un règlement qu'il a
lui-même adopté qui impose des coûts substantiels et des... En fait, toute la
structure financière découle de ce règlement. Alors, même si Éco entreprises
Québec souhaite avoir de la flexibilité avec les producteurs, offrir de la
flexibilité aux producteurs, elle ne peut pas le faire. Vous êtes, je crois,
propriétaire d'un vignoble, il y a des entreprises, Mme la Présidente, des
vignobles, justement, qui sont dépassées par les coûts de la collecte. Et ces
entreprises devaient être... en fait, aller dans la filière de la consigne et
ont été dirigées vers, malheureusement, par le... le... Quand on a repoussé la
consigne l'an dernier, bien, ça... ça a fait en sorte que, dans leur cas, ça a
augmenté les coûts de façon substantielle. à la SAQ, on est rendus à 0,35 $
par bouteille. Ça, c'est ce que le consommateur paie. Alors, les... la hausse
de coût pour les entreprises se reflète dans l'inflation de nos factures d'épicerie.
C'est la réalité.
Le ministre a parlé que c'était... que les
résultats étaient probants, mais, jusqu'à maintenant, on n'a pas vu les
résultats. Alors, c'est difficile de se... de juger. Il n'y a pas eu de bilan
de la première année. La collecte sélective était quand même efficace,
64 %. On verra si ça va aller mieux, mais je suis loin d'être convaincue,
parce que, je vous le dis, Mme la Présidente, avec la baisse de service, j'ai...
que je crains que des citoyens décrochent de la collecte. Et pour ce qui est
des coûts d'enfouissement, je rappellerais que c'est 108 $ actuellement en
moyenne, beaucoup moins cher.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, Mme la députée. Nous allons maintenant procéder au
deuxième débat qui portera sur une question adressée par Mme la députée de Mont-Royal—Outremontà M. le ministre de la
Cybersécurité et du Numérique concernant le manque de contrôle du gouvernement
caquiste dans les projets de transformation numérique de l'État. Mme la députée,
je vous cède la parole pour une durée de cinq minutes.
Mme Setlakwe : Merci, Mme la
Présidente. Oui, ce matin, ma question, elle était simple, claire et précise.
Je voulais savoir du ministre de la Cybersécurité...
13 h 13 (version non révisée)
Mme Setlakwe : ...sécurité du
numérique, s'il allait aller de l'avant avec, non seulement une proposition que,
nous, nous avions faite, ma formation politique, en novembre dernier, mais
aussi une recommandation qui a été reprise par le juge Gallant quand il a
déposé son rapport sur le fiasco SAAQclic un peu plus tôt cette semaine, c'est-à-dire
mettre sur pied... prendre des mesures législatives nécessaires pour mettre sur
pied une équipe élite, entre guillemets SWAT team, pour simplement, et tout le
monde le comprend, renforcer l'expertise au niveau des technologies de l'information
au sein du gouvernement afin de pouvoir mieux contrôler les projets de
transformation numérique qui sont nécessaires.
La question était bien simple, j'avais le
regard tourné vers l'avenir et j'ai parlé du fiasco SAAQclic à titre de... en
mettant la table, en établissant le contexte. Fiasco SAAQclic, gaspillage de
fonds publics, j'ai mentionné que ce fiasco n'était pas le seul projet
numérique pour lesquels... pour lequel les Québécois payent... font les frais.
Je n'ai jamais dit que c'était tous les projets de transformation numérique qui
étaient des échecs. Le ministre me répond : Bien on a fait certains
projets qui sont rentrés dans... qui n'ont pas fait l'objet de dépassements de
coûts. Mme la Présidente, je pense que c'est évident aujourd'hui, au Québec,
que la transformation numérique, les gros projets, on a juste à penser à ceux
en santé, ne s'en vont pas dans la bonne direction. J'ai évoqué la transformation
numérique en justice, j'ai parlé de celui des services de garde et en santé, on
peut penser à SIFA, on peut penser aussi aux DSN. Ce sont des projets qui... ce
n'est pas juste moi qui le dit, là, on rencontre des problématiques importantes
à tel point que Santé Québec les a mis sur pause. Le SIFA... en tout cas, SIFA,
j'ai hâte d'entendre parler comment ça va... comment ça va reprendre, le
contrat fait l'objet d'une enquête à l'AMP, mais. DSN, c'est... les retards, les
dépassements de coûts...
En tout cas, tous ces exemples-là, et ça a
été dit par le juge Gallant : Regardez vers l'avenir, il ne faut pas
reproduire les erreurs du passé, il faut apprendre de ses erreurs. Alors, ma
question, c'était : Est-ce que le ministre planche sur un projet de loi,
des mesures législatives pour justement mettre de l'avant ces recommandations-là?
J'ai entendu le gouvernement, cette semaine, parler d'un comité de suivi, puis
j'écoutais la conférence de presse à laquelle le ministre participait avec sa
collègue au Conseil du trésor notamment, et ils s'indignaient tous de ce
gaspillage, de ces retards, du fait qu'on dépende de compagnies externes qui,
essentiellement, abusent ou chargent trop cher ou font en sorte que les
Québécois payent trop cher. Et il en parlait avec un certain détachement, je
trouvais ça tellement intéressant. Je me dis : Mais ils sont aux commandes
du gouvernement depuis près de huit ans et ils parlent de ces échecs, de ces
fiascos, de ces gaspillages, de ces projets en déroute et de tout ce qu'il
faudrait changer comme si ce n'était pas eux qui avaient les pouvoirs de le
faire. Ils sont au gouvernement, ils sont majoritaires, comment se fait-il qu'ils
ne sont pas en train de justement mettre les mesures, faire les changements
nécessaires pour reprendre le contrôle, pour renforcer l'expertise.
Puis là je me permets, dans la minute qui
me reste, de parler de notre proposition au Parti libéral, là. Au mois de
novembre, j'ai mis de l'avant un plan de redressement avec quatre axes.
Renforcer l'expertise, donc avec une équipe SWAT team, une équipe d'élite, puis
le juge Gallant dit la même chose, pour réduire notre dépendance envers les
compagnies externes. Tu sais, si on a les bonnes personnes à l'interne qui
posent les bonnes questions puis qui partent les projets de la bonne façon puis
qui les suivent de la bonne façon, on risque de sauver des coûts. J'ai parlé de
gouvernance aussi, s'assurer que le DPI, le dirigeant principal de l'information,
agisse comme véritable chien de garde. J'ai parlé de déploiement des projets
par phase en plus petits morceaux, j'ai parlé de transparence, mais j'ai
reconnu mes idées. Je ne dis pas qu'elles sont parfaites puis qu'elles ne
peuvent pas être perfectibles, mais je les ai retrouvées dans le rapport
Gallant, dans ses recommandations. Le ministre va-t-il les mettre en œuvre, Mme
la Présidente?
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, Mme la députée. Maintenant, M. le ministre, la
parole est à vous pour cinq minutes.
M. Bélanger : Merci, Mme la Présidente.
Bien, je tiens à remercier ma collègue...
13 h 18 (version non révisée)
M. Bélanger :
...ma
collègue, pour son intervention. Je veux quand même rappeler que ma réponse à
la question, pendant la période de questions, Mme la Présidente, on a quand
même utilisé des données qui sont publiques sur DonnéesQuébec.ca. Ma collègue
dit : Il ne faut pas retourner en arrière. Je suis d'accord avec elle.
Puis on a travaillé ensemble sur le projet de loi n° 82. Ça a été une
belle collaboration. On a pu échanger. On a pu justement échanger sur qu'est-ce
qui devrait arriver et qu'est-ce qu'on devrait mettre en place pour être plus
efficaces au niveau de transformation numérique. Bon. Je suis rentré en poste
il y a un peu moins de... un peu moins d'un an, Mme la Présidente, et puis je
pense que ma collègue est en mesure de... j'espère, qui est en mesure de
témoigner sur le niveau d'intervention que j'ai eu, que ce soit sur des
dossiers comme les dossiers au niveau de santé, sur le dossier SIFAR, sur le
dossier du DSN, que je suis, nos interventions au niveau du ministère de la
Famille, le portail zéro-cinq ans, qui était un projet où on s'est impliqué
pour s'assurer que la mise en place puisse... bien fonctionner. Puis c'est
quand même... c'est quand même un succès. Ce n'est peut-être pas 100 %,
mais c'est certainement au-dessus de 90 %. La CCQ, c'est un autre exemple,
Mme la Présidente. J'ai travaillé avec mon... avec mon collègue et son équipe
au niveau de la CCQ. C'est un projet majeur. C'est une transformation après 40 ans
avec un vieux système. Et, là aussi, là aussi, c'est un succès.
Mme la Présidente, ma collègue dit :
Il faudrait regarder en avant. Bien, je veux regarder... je vais quand même
retourner en arrière, mais d'un peu moins d'une semaine. La semaine dernière, à
Gatineau, Mme la Présidente, j'ai présenté une Stratégie de souveraineté
numérique, la stratégie de souveraineté numérique à laquelle... qui... elle...
ça faisait partie d'un article du projet de loi n° 82. Ma collègue y a
participé. On a eu de bons échanges. Et puis c'est le fruit d'un travail
collaboratif. Ça a été déposé. Et, en plus, on a déposé un décret cosigné avec
ma collègue du Trésor où on met en place une structure et des moyens pour être
capables de justement mieux faire des transformations numériques, de s'assurer
que les données sensibles, on parle de santé... s'assurer que les données
sensibles soient hébergées ici, protégées, et protéger les données de nos... de
nos citoyens, Québécoises, Québécois. C'est... C'est important, Mme la
Présidente.
Ça fait que je voudrais... Bon. Ma
collègue parle d'un dépôt d'un projet, un «SWAT team». Moi, je considère que
déjà, au MCN, on a... on a l'embryon d'un «SWAT team». Il y a des compétences.
On est... On est près de 2 000, mais vraiment au niveau de la
transformation numérique. Parce que, dans les 2000, il y a la paie, il y a
les... il y a les réseaux de télécommunication, il y a le SAG qui... système d'authentification
gouvernementale, il y a la cybersécurité. On est à peu près 200. Je suis d'accord
avec ma collègue, 200, ce n'est pas assez. 200, ce n'est pas assez, et ça nous
prend plus de ressources. Je travaille sur un plan. Ça fait longtemps que l'on
travaille sur un plan. Vous avez eu la première étape du plan qui a été
présenté à Gatineau.
Et puis qu'est-ce que j'ai fait avec
Gallant? Bien, j'ai passé la journée de lundi, pas toute la journée, mais pas
mal, à lire. C'est presque 1 000 pages, hein, le rapport. Le rapport,
c'est 500 pages, mais il y a les annexes, il y a les sommaires. Et,
lorsque j'ai lu les recommandations, j'aurais aimé ça que ma collègue soit à
côté de moi, elle aurait vu le sourire. Pourquoi le sourire? Parce que dans les
26 recommandations, dans les 26 recommandations, Mme la Présidente,
je vous dirais que sur quoi on travaille depuis des mois, ça rencontre quand
même un bon pourcentage de ces recommandations-là. Donc, je suis fier. Puis ce
n'est pas nécessairement... je ne vous arriverai pas avec une réaction ou une
réponse à Gallant. On va arriver avec quelque chose qui rend compte des
objectifs de Gallant. Et puis c'est ce qui est visé. Je remercie encore ma
collègue, parce que, lors du projet de loi n° 82, on en a discuté. On a
discuté des limitations actuelles puis pourquoi les projets de transformation
numérique, depuis... depuis des décennies, ne fonctionnaient pas correctement.
Donc, Mme la Présidente, je vais vouloir
continuer à travailler en collaboration avec ma collègue, avec tous mes
collègues de l'Assemblée nationale, pour être capable d'éviter, d'éviter des
fiascos. Et, en ce moment, Mme la Présidente, je vous dirais que tout est quand
même bien en contrôle.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) :
Merci, M. le député... M. le ministre. Pardon. Mme
la...
13 h 23 (version non révisée)
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : ...députée pour votre droit de réplique de 2 minutes.
Mme Setlakwe : Merci.
Mais je remercie le ministre. Puis, évidemment, c'est tout à fait normal, là,
qu'il... qu'il ait pris connaissance des recommandations puis je suis heureuse
d'apprendre qu'il planche déjà sur des améliorations qui vont dans le sens de
ces recommandations-là. Mais là, de dire que tout est sous contrôle, c'est ce
qu'il a dit à la fin, Mme la Présidente, il faut que je réagisse. Bien hâte de
savoir comment ce contrôle va se manifester, là, avec les prochaines étapes de
SIFA, de DSN et des autres grands projets de transformation numérique, quand ce
qu'on a vu dans les derniers mois, c'est un ministère, un ministre qui n'a pas
les pouvoirs, qui n'est pas entendu. Combien de fois, lui, ou des gens qui
relèvent de lui, ont dû tirer la sonnette d'alarme pour faire arrêter un projet
qui s'en va droit dans un mur, SIFA? Combien de fois a-t-il dû s'exprimer avant
que, finalement, on voit la lumière à Santé Québec? C'est Santé Québec qui a
décidé de mettre un frein au projet.
Donc, il y a vraiment quelque chose dans
la gouvernance qui ne fonctionne pas, et ça a été dit par le juge Gallant. On
dirait qu'avec ce gouvernement-là, il n'y a personne qui était vraiment
responsable, il n'y a personne qui est réellement imputable. Il faut que ce
soit clarifié, il faut que la ligne d'imputabilité soit claire. Je comprends
comment ça fonctionne. Je comprends que les ministères et organismes sont
autoportants, ils ont leurs projets. Mais le rôle du MCN, il est clairement
laconique, il y a un flou autour de ça. Comment se fait-il que quand le DPI
demande d'arrêter un projet, qu'il n'y ait pas automatiquement une commission
parlementaire qui se saisisse de la situation pour obtenir des informations? Il
faut que, pour des projets au-delà d'un certain seuil de matérialité, qu'il y
ait de la transparence, de la reddition de comptes pour que les Québécois
sentent qu'ils en ont pour leur argent.
Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci, Mme la députée. Ceci met fin au débat de fin de
séance.
M. le ministre, pour la suite de nos
travaux, s'il vous plaît.
M. Bélanger : Mme la Présidente,
je vous demande d'ajourner nos travaux au 24 février 2026 à 13 h 40.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Cette motion est-elle adoptée?
Des voix : Adopté.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Adopté. En conséquence, nous ajournons nos travaux à mardi
le 24 février 2026 à 13 h 40.
Merci, tout le monde.
(Fin de la séance à 13 h 26)