Journal des débats de l'Assemblée nationale
Version préliminaire
43e législature, 2e session
(début : 30 septembre 2025)
Le
mercredi 25 février 2026
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Vol. 48 N° 41
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Intervenants par tranches d'heure
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Benjamin, Frantz
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Hébert, Geneviève
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Nichols, Marie-Claude
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Bogemans, Audrey
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Bouazzi, Haroun
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Jeannotte, Chantale
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Caron, Linda
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Lemieux, Louis
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Roy, Suzanne
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Haytayan, Céline
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Rouleau, Chantal
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Roy, Nathalie
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Arseneau, Joël
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Zaga Mendez, Alejandra
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Biron, Martine
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Déry, Pascale
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Marissal, Vincent
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Fortin, André
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Julien, Jonatan
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Legault, François
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Ciccone, Enrico
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Setlakwe, Michelle
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Charette, Benoit
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Cadet, Madwa-Nika
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LeBel, Sonia
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McGraw, Désirée
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Maccarone, Jennifer
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Jolin-Barrette, Simon
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Garceau, Brigitte B.
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Tanguay, Marc
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Bélanger, Sonia
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Roy, Nathalie
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Bélanger, Sonia
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Fortin, André
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Legault, François
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Ghazal, Ruba
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Roberge, Jean-François
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Arseneau, Joël
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Boissonneault, Alex
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Dufour, Pierre
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Boulet, Jean
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Girard, Eric
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Cadet, Madwa-Nika
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LeBel, Sonia
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Roy, Nathalie
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Benjamin, Frantz
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Leduc, Alexandre
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Lévesque, Sylvain
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Laframboise, Mario
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McGraw, Désirée
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Gentilcore, Catherine
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Boissonneault, Alex
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Lévesque, Mathieu
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Arseneau, Joël
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Legault, François
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Fortin, André
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Fontecilla, Andrés
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Paradis, Pascal
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Tanguay, Marc
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Benjamin, Frantz
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Lévesque, Mathieu
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Tanguay, Marc
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Lévesque, Sylvain
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Jolin-Barrette, Simon
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Morin, André Albert
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9 h 30 (version révisée)
(Neuf heures quarante minutes)
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Bonjour à toutes, bonjour à tous. Nous allons commencer nos travaux. Je
vous invite à prendre place, collègues.
Affaires
courantes
Déclarations
de députés
Nous sommes à la rubrique Déclaration des
députés, et, sans plus tarder, je reconnais Mme la députée de Saint-François.
Saluer l'initiative du CIUSSS de l'Estrie-CHUS pour
mieux servir les personnes d'expression anglaise
Mme
Geneviève Hébert
Mme Hébert : M. le Président,
je salue une initiative du CIUSSS de l'Estrie-CHUS, dont des représentants sont
présents dans nos tribunes, pour mieux servir les personnes d'expression
anglaise sur son territoire, soit près de 41 000, selon le dernier
recensement en 2021. Il s'agit pour les membres du personnel d'arborer, sur une
base volontaire, un tournesol, à l'intention des usagers ou de leurs collègues,
signifiant qu'ils sont en mesure de parler en anglais sans nécessairement être parfait
bilingue.
Le projet pilote a démarré en mai 2024
dans le secteur de La Pommeraie et de Memphrémagog, qui compte le tiers de la
clientèle anglophone desservie par le CIUSSS de l'Estrie-CHUS. Les résultats
favorables d'un… du sondage réalisé en janvier 2025 ont amené à élargir sa
portée, si bien que 4 500 tournesols sont maintenant en circulation
en Estrie. En somme, ces usagers reconnaissent que cet identifiant porté par le
personnel permet un meilleur accès aux services.
Ce projet montre bien, M. le Président, qu'un
petit geste bienveillant fait la différence dans la vie des gens. Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la <députée...
Le Vice-Président (M.
Benjamin) :
...merci, Mme la >députée de Saint-François.
Et la prochaine déclaration revient à Mme la députée de Vaudreuil.
Souligner la Journée
internationale des droits des femmes
Mme
Marie-Claude Nichols
Mme Nichols : Merci. Le
8 mars, c'est la Journée internationale des droits des femmes et c'est un
moment pour réaffirmer notre engagement envers l'égalité. Et, comme le souligne
le thème 2026 de l'ONU, Droit. Justice. Action. Pour TOUTES les femmes
et les filles, au Québec, le chemin vers une représentation politique plus équitable
a été tracé par des femmes déterminées qui ont su prendre leur place dans des
contextes pas toujours évidents. La persévérance, la détermination ont, entre
autres, ouvert la voie à celles qui souhaitent contribuer activement à la vie
politique. En 2025, les femmes représentaient 34 % des personnes élues à
des fonctions fédérales, provinciales ou municipales; à l'Assemblée nationale,
46 %, comparativement à 27 % 10 ans plus tôt. Cette progression
constante traduit des avancées concrètes de nos institutions.
Dans le cadre de mes fonctions, je
rencontre des jeunes filles qui me disent envisager un avenir en politique. Je
les encourage dans ce parcours en leur rappelant que notre démocratie se
renforce lorsque les femmes et les filles y participent pleinement.
Bonne Journée internationale des droits
des femmes!
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Vaudreuil. Et je cède maintenant la parole à Mme
la députée d'Iberville.
Souligner le 30e anniversaire
du Club des petits déjeuners de l'école du Petit-Clocher
Mme Audrey
Bogemans
Mme Bogemans : Merci, M. le
Président. Ici, à l'Assemblée nationale, ce matin, je tiens à souligner
l'impact extraordinaire du Club des petits déjeuners de l'école du
Petit-Clocher de Clarenceville. C'est un pilier essentiel de cette école depuis
1994. C'est la sixième école, au Québec, à bénéficier du club.
Depuis maintenant 30 ans, de fiers
supporteurs et des bénévoles en or permettent la continuité de ce service. Et
d'ailleurs certains d'entre eux sont dans les tribunes aujourd'hui. Plusieurs
sont là depuis le tout début, donc 30 ans d'implication. Et l'équipe-école
est là à tout moment pour les épauler.
Mais, M. le Président, ils ne font pas que
servir 70 à 80 déjeuners chauds à tous les matins. Ils transforment
concrètement la réalité des élèves. Les enfants peuvent commencer leur journée
avec dignité, énergie et espoir grâce à un engagement constant de la communauté
et le soutien de généreux donateurs.
Je vous félicite pour votre implication.
Vous êtes une fierté. Et, vraiment, les élèves sont chanceux de pouvoir compter
sur vous.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée d'Iberville. Et je cède maintenant la parole à M. le
député de Maurice-Richard.
Rappeler l'importance des
contrepouvoirs dans le fondement d'une saine démocratie
M. Haroun
Bouazzi
M. Bouazzi : M. le Président,
respecter cette Assemblée, c'est respecter ses contrepouvoirs et sa démocratie.
En matière d'environnement, ce gouvernement a affaibli la Régie de l'énergie et
le BAPE, aboli le Conseil de gestion du Fonds vert. Et je ne vous parle même
pas de Stablex ou de Northvolt.
En éducation, il s'est débarrassé des
commissaires scolaires, il a affaibli l'autonomie du milieu communautaire avec
le PL n° 7, le droit de grève
avec la loi n° 89, les syndicats avec le PL n° 3, le droit de manifester avec le PL n° 13,
sans compter notre charte des droits et libertés avec les lois nos 21, 96, 84
ou le PL n° 9. Et tout ceci s'ajoute à l'utilisation
du bâillon et des clauses dérogatoires ou même cette manie de gouverner par
décrets. Et, cerise sur le sundae, M. le Président, avec sa Constitution, il
s'attaque aux fondements même de notre État de droit.
M. le Président, respecter cette
Assemblée, ce n'est pas museler ses contrepouvoirs, c'est les protéger, ce
n'est pas affaiblir notre démocratie, c'est la renforcer. Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de Maurice-Richard. Et je reconnais maintenant Mme la
députée de Labelle.
Rendre hommage à Mmes Marie-Mikaëlle
Courtemanche et Audrey-Ann Lajeunesse
Mme
Chantale Jeannotte
Mme Jeannotte : Merci, M. le
Président. Deux patineuses originaires de Mont-Laurier s'illustrent sur les
scènes nationale et internationale. Il s'agit d'Audrey-Ann Lajeunesse et de
Marie-Mikaëlle Courtemanche.
Dès leur jeune âge, elles étaient
inscrites au Club de patinage artistique de Mont-Laurier et ont rejoint Les
Ailes d'argent. Audrey-Ann fait partie aujourd'hui des Suprêmes Senior de
Saint-Léonard pour une sixième saison. Cette équipe de patinage synchronisée
multiplie les premières places au pays et dans le monde. Depuis 2022, l'équipe
a été trois fois championne au monde. Quant à Marie-Mikaëlle, elle en est à sa
première place dans Les Suprêmes Junior, qui brillent également partout où
elles passent.
Nos deux jeunes patineuses ont
d'admirables parcours de persévérance, de discipline et d'éthique du travail.
Tout au long de leur parcours, elles ont pu compter sur de fiers parents
complices et des entraîneuses dévouées, dont Annie Pelletier, maman
d'Audrey-Ann, du club de patinage de Mont-Laurier et de Ferme-Neuve.
Bravo, Audrey-Ann et Marie-Mikaëlle! Vous
êtes une source d'inspiration et de fierté pour nous tous.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Labelle. Et la prochaine déclaration revient à Mme
la députée de La Pinière.
Souligner le 50e anniversaire
de la Bibliothèque Georgette-Lepage de Brossard
Mme Linda
Caron
Mme Caron : C'est avec grand
plaisir et même avec fierté que je souligne le 50e anniversaire de la bibliothèque
de Brossard Georgette-Lepage. La petite <histoire...
Mme Caron :
...la
petite >histoire de la bibliothèque incarne parfaitement la grandeur que
peut prendre un projet citoyen dont la réussite bénéficie d'une écoute
politique.
Sous l'impulsion de l'Union des familles
de Brossard, une bibliothèque d'été est mise en place en 1969 dans les écoles
primaires. Trois ans plus tard, une première bibliothèque communautaire
s'installe dans un local de la commission scolaire. Après la municipalisation
de la bibliothèque, le 8 mars 1976, s'ensuivent une structuration solide et
un développement accéléré, diversifié, novateur et visionnaire.
Félicitations aux bâtisseuses et aux
bâtisseurs de la bibliothèque de Brossard Georgette-Lepage!
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de La Pinière. Et la prochaine déclaration
revient à M. le député de Saint-Jean.
Souligner la tenue de la marche
de la Nuit la plus froide de l'année
M. Louis
Lemieux
M. Lemieux : M. le Président,
laquelle est la nuit la plus froide? C'est celle où on doit coucher et essayer
de dormir dehors, comme dans «sans-abri», comme dans «itinérance». Et, cette
année, la Nuit la plus froide, c'est ce samedi 28 février. En tout
cas, ce sera le cas pour des centaines de villes et de municipalités partout en
Amérique du Nord qui vont participer à l'invitation de la fondation Blue Sky à
une marche communautaire symbolique pour conscientiser leurs concitoyens à la
réalité de l'itinérance chez eux, tout en aidant à financer les groupes
communautaires qui font leur possible pour venir en aide aux sans-abri.
Chez nous, à Saint-Jean-sur-Richelieu,
c'est la corporation de développement communautaire qui organise la marche dont
les profits iront à Actions Dépendances, qui se consacre à la lutte aux
dépendances de toutes sortes, qui sont intimement reliées aux réalités de
l'itinérance, et qui a relevé le défi de gérer le nouveau refuge d'urgence qui
vient d'ouvrir ses portes parce que c'est devenu un besoin et une triste
réalité chez nous aussi.
Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de Saint-Jean. Et la prochaine déclaration revient à
Mme la députée de Verchères.
Souligner le
45e anniversaire du 64e groupe scout Saint-Amable
Mme Suzanne
Roy
Mme Roy (Verchères) : Merci,
M. le Président. La semaine dernière avait lieu la semaine des scouts sous la
thématique Le scoutisme, une fierté qui nous unit! Je suis heureuse de
souligner ces valeurs inspirantes en souhaitant un joyeux 45e anniversaire
aux scouts de Sainte-Amable.
Je salue en tribune la vice-présidente
Catherine Thériault, qui œuvre depuis près de cinq ans auprès des scouts, ainsi
que le trésorier Vincent Fortin. Et nous avons aussi Frédérick Bureau,
responsable du groupe depuis huit ans. Et je dois dire que ces deux derniers
oeuvrent déjà depuis plus de 12 ans auprès des scouts de Saint-Amable.
Grâce à vous, les jeunes développent leur
autonomie, leur sens des responsabilités et l'esprit d'entraide. Avec ces
apprentissages dans leur sac à dos, ils sont prêts à s'aventurer très loin,
très loin grâce à vous. Une association construite sur des bases solides peut
vivre et célébrer encore longtemps. Joyeux anniversaire!
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Verchères. Et je cède maintenant la parole à Mme
la députée de Laval-des-Rapides.
Souligner le travail du Centre
d'entraide du Marigot
Mme Céline
Haytayan
Mme Haytayan : Merci, M. le
Président. Je vais avoir le privilège de remettre la Médaille de la députée au
Centre d'entraide du Marigot, un organisme essentiel qui offre un soutien
précieux dans notre communauté.
Fondé en 1985, cet organisme de Laval-des-Rapides
a pour mission d'assurer la sécurité alimentaire des aînés vulnérables. Leur
objectif est de permettre à nos aînés de rester à la maison le plus longtemps
possible. Le Centre d'entraide du Marigot va bien au-delà d'un service de
popote roulante, celui-ci combat la solitude en offrant un contact humain, en
accompagnant nos aînés à leurs rendez-vous médicaux et en faisant des appels de
sécurité pour s'assurer que tout va bien.
Je tiens donc à féliciter chaleureusement
et à remercier le Centre d'entraide du Marigot pour leur dévouement et leur
désir d'aider la communauté. Merci beaucoup, M. le Président.
• (9 h 50) •
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Laval-des-Rapides. Et la prochaine déclaration
revient à Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Saluer le travail de
l'organisme PartenaireSanté
Mme Chantal
Rouleau
Mme Rouleau : Merci beaucoup,
M. le Président. Je souhaite souligner la présence dans les tribunes des
représentants de PartenaireSanté, un regroupement de 20 organismes
caritatifs d'envergure.
À travers ses membres, PartenaireSanté
soutien des centaines de milliers de Québécois vivant avec une maladie
chronique ou une condition de santé grave, ainsi que leurs proches. Sur le
terrain, leur contribution est concrète et humaine. Leur action complète celles
du réseau de la santé. Elle renforce l'accès, <l'équité...
Mme Rouleau :
...
l'accès, >l'équité et la continuité des services pour les personnes
vulnérables. L'organisation est aussi bénéficiaire de la campagne d'Entraide du
gouvernement du Québec, dont j'ai eu le plaisir de dévoiler les résultats ces
trois dernières années.
Je tiens à remercier chaleureusement les
équipes de PartenaireSanté, les organismes membres et le Comité Entraide pour
leur engagement exceptionnel. Merci beaucoup, M. le Président, et bravo à vous!
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles. Je salue les organismes
membres de PartenaireSanté aussi présents parmi nous. Et voilà qui met fin à la
rubrique Déclarations de députés.
Nous allons suspendre les travaux quelques
instants.
(Suspension de la séance à 9 h 52)
10 h (version révisée)
(Reprise à 10 h 07)
La Présidente
: Bonjour,
tout le monde. Mesdames messieurs, bienvenue. Bienvenue chez vous. Le parlement
du Québec, c'est chez vous. 25 février.
Alors, nous allons, si vous le voulez
bien, nous recueillir quelques instants.
Je vous remercie beaucoup. Veuillez vous
asseoir.
Nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles.
Présentation de projets de loi
À la rubrique Présentation de projets de
loi, M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Oui, Mme
la Présidente. Je vous demanderais d'appeler l'article a, s'il vous plaît.
Projet de loi n° 497
La Présidente : À l'article a
du feuilleton, M. le député des Îles-de-la-Madeleine présente le projet de loi n° 497,
Loi visant à assurer la qualité de l'air. M. le député.
M. Youri Chassin
M. Arseneau : Merci, Mme
la Présidente. Ce projet de loi a pour objet d'assurer la qualité de l'air dans
toutes les régions du Québec et de veiller à la protection des personnes en
favorisant l'accès à l'information et aux outils nécessaires pour prévenir les
risques associés à une mauvaise qualité de l'air.
À cette fin, le projet de loi institue une
stratégie nationale sur la qualité de l'air.
Les buts poursuivis par la stratégie
nationale visent à favoriser, dans une perspective de transparence et de santé
publique, la diffusion d'information sur la qualité de l'air, à assurer le
respect des plus hauts standards reconnus en matière de qualité de l'air et à
mettre en place des mesures d'atténuation et de prévention des effets de la
pollution atmosphérique sur la santé.
Afin d'atteindre les buts poursuivis par
la stratégie nationale, les actions doivent notamment viser à améliorer les
normes de qualité de l'air afin de suivre les recommandations de l'Organisation
mondiale de la santé, à outiller les professionnels de la santé afin qu'ils
puissent donner des conseils adaptés au profil de vulnérabilité de leur
clientèle, à augmenter le nombre d'instruments de mesure permettant de
surveiller la qualité de l'air et à accroître le verdissement urbain.
Le projet de loi prévoit également l'adoption
d'un plan d'action quinquennal pour assurer la mise en œuvre de la stratégie
nationale sur la qualité de l'air.
Enfin, le projet de loi prévoit des
dispositions transitoires et finales, Mme la Présidente.
Mise aux voix
La Présidente : Merci. Est-ce
que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi? Oui, M. le député.
M. Arseneau : ...
La Présidente : Alors, vous
demandez le vote. Pour demander le vote, il doit y avoir cinq députés. Vous
êtes cinq députés. C'est votre droit. C'est le quorum requis selon notre code.
Alors, mesdames messieurs, vous êtes à vos places, le vote électronique... la
période de vote est maintenant ouverte.
La période de vote est maintenant terminée.
M. le secrétaire général, le résultat.
Le
Secrétaire : Pour : 106
Contre : 0
Abstentions : 0
La Présidente : Cette motion
est donc adoptée. Toujours à la rubrique Présentation de projets de loi, M. le
leader du deuxième groupe d'opposition.
• (10 h 10) •
M. Cliche-Rivard : Bonjour,
Mme la Présidente. Je vous demanderais d'appeler l'article b du feuilleton, s'il
vous plaît.
Projet de loi n° 392
La Présidente : Oui. À l'article
b du feuilleton, Mme la députée de Verdun présente le projet de loi n° 392,
Loi visant à lutter contre le gaspillage alimentaire. Mme la députée.
Mme Alejandra Zaga Mendez
Mme Zaga Mendez : Merci.
Ce projet de loi vise à lutter contre le gaspillage alimentaire au Québec en
établissant un objectif de réduction de 50 % du gaspillage alimentaire d'ici
2030. Afin d'atteindre cet objectif, le ministre doit élaborer un plan d'action
pluriannuel et s'assurer de sa mise en œuvre.
Le projet de loi prévoit également une
obligation pour les transformateurs, les <distributeurs et les
détaillants de produits alimentaires destinés à la consommation humaine
d'engager des démarches sérieuses...
Mme Zaga Mendez :
…les transformateurs, les >distributeurs et les détaillants de produits
alimentaires destinés à la consommation humaine d'engager des démarches
sérieuses en vue de conclure des ententes de réduction du gaspillage de
produits alimentaires invendus avec des organismes reconnus.
Le ministre de l'Agriculture, des
Pêcheries et de l'Alimentation peut toutefois prévoir des conditions
d'exemption, notamment pour les petits détaillants.
Le projet de loi permet au ministre
d'imposer aux transformateurs, aux distributeurs et aux détaillants de produits
alimentaires de conclure une entente avec Recyc-Québec pour la gestion de leurs
produits alimentaires invendus.
Et enfin, le projet de loi prévoit des
dispositions pénales et transitoires.
Mise aux voix
La Présidente : Et est-ce que
l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi? Oui, M. le leader du
deuxième groupe, je vous écoute.
M. Cliche-Rivard : …électronique,
s'il vous plaît.
La Présidente : Et c'est
votre droit absolu.
Alors, vous êtes toujours toutes et tous à
vos places, la période de vote est maintenant ouverte.
La période de vote est maintenant
terminée, M. le secrétaire général, résultat.
Le
Secrétaire : Pour : 106
Contre : 0
Abstentions : 0
La Présidente : Et cette
motion est adoptée.
Dépôt de documents
À la rubrique Dépôt de documents, Mme la
ministre de l'Enseignement supérieur.
Mme Biron : Bonjour, Mme
la Présidente. Permettez-moi de déposer les états financiers de la Fondation universitaire
de l'Institution royale pour l'avancement des sciences de l'Université McGill.
Merci.
La Présidente : Et ce
document est déposé. Mme la ministre de l'Emploi.
Mme Déry : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Je dépose aujourd'hui le rapport sur la mise en
œuvre de la Loi visant principalement à améliorer la flexibilité du régime
d'assurance parentale afin de favoriser la conciliation famille-travail. Merci.
La Présidente : Ce document
est déposé.
Il n'y a pas de dépôt de rapports de
commissions.
Dépôt de pétitions
À la rubrique Dépôt de pétitions, je
reconnais, M. le député de Rosemont.
Opposer le gel des embauches et les mises à pied
dans la fonction publique québécoise afin d'assurer la qualité des services
publics
M. Marissal : Merci, Mme
la Présidente. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 6 901 pétitionnaires. Désignation :
citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les
suivants :
«Considérant que les services publics sont
essentiels à une société équitable, démocratique et prospère;
«Considérant que l'accès universel aux
services offerts par une fonction publique québécoise neutre et compétente est
un pilier de l'identité québécoise et un héritage de la Révolution tranquille;
«Considérant que la fonction publique est
le maillon principal de notre filet social et de la lutte à la pauvreté;
«Considérant les lacunes persistantes dans
l'accès aux services publics, comme le rapporte le Protecteur du citoyen;
«Considérant que plusieurs lois ne peuvent
être appliquées adéquatement faute de personnel en enquête et inspection;
«Considérant que le travail administratif
est essentiel au bon fonctionnement de l'État et des services directs à la
population;
«Considérant que le recours croissant à la
sous-traitance nuit à l'expertise interne et coûte plus cher;
«Considérant la surcharge de travail des
fonctionnaires et leur détresse psychologique documentée;
«Considérant que les coupes dans les
effectifs affectent directement les services à la population;
«Considérant que les 3 000 postes
supprimés en une année et l'intention du gouvernement d'en abolir 6 000 de
plus;
«Considérant que les mises à pied
planifiées ou en cours nuisent à la qualité des services et à la rétention du
personnel.
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, signataires, demandons au
gouvernement du Québec :
«De mettre fin au gel des embauches et aux
mises à pied dans la fonction publique;
«De réinvestir dans les services publics
et l'expertise interne;
«De limiter le recours à la
sous-traitance.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
La Présidente : Cet extrait
de pétition est déposé.
Il n'y a pas de réponses orales aux pétitions
ni d'interventions portant sur une violation de droit ou de privilège.
Questions et réponses orales
Nous en sommes maintenant rendus à la
période de questions et de réponses orales, et, pour ce faire, je cède la
parole, en question principale, au chef de l'opposition <officielle.
M. Fortin :
Mme la Présidente, partout au
Québec les régions
ne sont plus capables…
La Présidente :
...au
chef de l'opposition >officielle.
Financement de projets d'infrastructure et des
soins de santé en région
M. André Fortin
M. Fortin :Mme la Présidente, partout au Québec, les régions ne sont
plus capables du gouvernement de la CAQ. Chez moi, en Outaouais, la goutte qui
a fait déborder le vase, c'est la décision de définancer le tramway de
Gatineau, une décision qui va à l'encontre des citoyens, qui sont pris dans le
trafic à tous les jours, qui va contre la volonté pas juste de la ville de
Gatineau, mais des préfets de l'ensemble de la région, une décision qui va
coûter cher en contrats résiliés. Mais, en plus, ce que le gouvernement de la
CAQ a réussi à faire, c'est de mobiliser toute une région, qui est tannée de se
faire dire non par la CAQ.
Là, c'est non au financement du tramway,
une promesse claire de ce gouvernement-là. C'était non, également, au projet de
campus unifié de l'UQO, qui est inscrit au PQI, pourtant, depuis des années.
C'est non au cégep régional. L'autoroute 50, elle devait passer à
quatre voies en 10 ans, et là, aujourd'hui, il n'y a plus personne
qui sait ce qui se passe, la CAQ a arrêté le projet. Le pont Alonzo-Wright, la
CAQ a été élue en disant que l'échéancier, c'était... 2025, c'était trop long.
Là, on est rendu à 2026, et il n'y a toujours pas d'échéancier. Le manque à
gagner des financements de soins de santé a augmenté de 57 % sous la CAQ,
en Outaouais, alors qu'ils avaient promis le contraire.
Ce n'est pas compliqué, Mme la Présidente,
les gens de l'Outaouais se sentent déconsidérés, se sentent dévalorisés, se
sentent abandonnés par le gouvernement. Puis vous savez c'est quoi qu'ils
veulent savoir? Ils veulent savoir c'est quoi, la prochaine promesse que le
gouvernement de la CAQ va briser, parce qu'il n'y a plus personne qui les croit
dans la région.
La Présidente : La réponse du
ministre des Transports et de la Mobilité durable.
M. Jonatan Julien
M. Julien : Oui. Mon
collègue a énuméré plusieurs éléments. Je vais m'attarder au premier qu'il a
nommé, Mme la Présidente, là, le projet de TramGO. D'ailleurs, j'en avais parlé
avec mon collègue, là, la semaine dernière, puis justement pour lui préciser
l'état de la situation puis de la suite qu'on lui donnait, puis je pensais
l'avoir rassuré. Donc, je vais répéter ce que je lui ai dit la semaine
dernière.
On a pris... on a pris une rencontre, pas
jeudi dernier, l'autre jeudi avant. J'ai rencontré la mairesse, Maude Marquis,
on a passé 1 h 30 min ensemble, elle et moi, à mon bureau, pour
lui exprimer comment ce projet-là, on y tenait à la CAQ et on y tenait
tellement qu'on a décidé de prendre Mobilité Infra Québec. Ça, c'est la société
qui a été créée pour faire en sorte que les dossiers d'infrastructure en
réseau... de réseau structurant en mobilité avancent. Ils sont déjà impliqués
dans TramCité ici, à Québec. L'expertise se développe à l'intérieur de cette
boîte-là, puis on a dit : On veut arrêter de multiplier les bureaux de
projet dans chacune des sociétés de transport, l'expertise doit être
centralisée. Et la main tendue que j'ai faite à la mairesse, c'est qu'on va collaborer
ensemble. Ce n'est pas un «take over» de MIQ. Alors, Renée Amilcar,
actuellement, est sur place, elle discute avec les différents intervenants. On
va reprendre les ressources. C'est nous qui financent, c'est nous qui vont
gouverner.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. André Fortin
M. Fortin :Bon, bien, ils viennent de prouver mon point. On dit que la
région est déconsidérée, puis le premier ministre n'ose même pas y répondre.
Mais, si c'était juste une région, ce serait une chose, Mme la Présidente. À
matin, c'est l'Abitibi-Témiscamingue qui sort sur la place publique, il en est
le ministre responsable, j'espère qu'il va répondre, une région qui produit
12 % du PIB du Québec, mais qui reçoit des miettes, puis, là aussi, c'est
promesse brisée par-dessus promesse brisée. Ça fait sept mois que le
premier ministre, il a dit qu'il avait des bonnes nouvelles pour l'Hôpital
d'Amos. Il reste six semaines à son mandat.
Est-ce que, Mme la Présidente, il a
abandonné ce projet-là?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. François Legault
M. Legault : Oui, merci,
Mme la Présidente. Pendant un instant, j'ai eu peur que le chef par intérim
devienne le chef de son seul comté puis qu'il défende seulement les dossiers de
son comté. Mais j'ai remarqué que, quand il parle de l'Outaouais, il oublie de
parler de l'hôpital, il oublie de parler de la 50, il oublie de parler des
primes qu'on a données aux infirmières de l'Outaouais. En fait, il oublie de
dire tout ce qu'on a fait puis ce que lui, il n'a pas fait pendant 15 ans,
pendant qu'on avait un gouvernement libéral.
Maintenant, bien, parlons de
l'Abitibi-Témiscamingue. J'étais là il y a quelques mois pour annoncer des
emplois, plus de 100 000 $ par année, chez Agnico-Eagle. Il y a des
projets, actuellement, économiques...
• (10 h 20) •
La Présidente : Deuxième
complémentaire, et, pour ce faire, je reconnais le député de Marquette.
M. Enrico Ciccone
M. Ciccone :On va changer de région, Mme la Présidente. En 2020,
la CAQ avait promis que le train de la Gaspésie se rendrait à Gaspé
en 2025. Par la suite, le projet a été repoussé en 2026 et, par la
suite, en 2027. Alors, pouf! Mme la Présidente, en 2025, imaginez-vous
donc, ça a disparu du PQI. Puis là je vous regarde, vous n'avez pas l'air
surprise, Mme la Présidente, puis je vous comprends, parce que tout le monde
ici le sait et comprend que la CAQ, encore une fois, fait des promesses, et,
comme d'habitude, n'a pas livré. Je me demande ce que le député de Gaspé en
pense.
La Présidente : Et,
maintenant, je vous demande de ne pas commenter sur mon visage non plus.
J'étais neutre. La réponse du <ministre des Transports et de la Mobilité
durable...
La Présidente :
...la
réponse du >ministre des Transports et de la Mobilité durable.
M. Jonatan Julien
M. Julien : Oui, merci,
Mme la Présidente. Ça fait deux fois que mon collègue de Marquette pose des
questions sur la Gaspésie, puis je vais donner la même réponse que j'ai donnée
la dernière fois : Il gagnerait à y aller un peu plus régulièrement pour
prendre vraiment la réalité du terrain, Mme la Présidente. Là, j'entends de
l'écho de sa part, mais il faudrait aller faire un tour en Gaspésie de temps en
temps.
Je suis allé, là, avec ma collègue,
justement rencontrer les différents intervenants de la Gaspésie spécifiquement
sur le train, et le dossier avance. Naturellement, le dernier tronçon... puis
mon collègue de Marquette rigole, mais c'est à cause qu'il ne connaît pas le
dossier, le dernier tronçon, il y avait un «business case», il y avait un plan
d'affaires qui était fortement lié à la structure LM Power avec les éoliennes.
Et, une fois que cette structure-là passe maintenant par du maritime, on se
requestionne sur le troisième tronçon, mais les autres...
Des voix : ...
La Présidente : C'est très
bruyant. J'ai de la difficulté à entendre la réponse. Et maintenant une seule
personne aura le droit de parole, je vous invite à retrouver le silence, il
s'agit de la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Michelle Setlakwe
Mme Setlakwe : Mme la
Présidente, j'ai un autre exemple de promesse brisée. Dans la région de Chaudière-Appalaches,
en avril 2025, la députée de Lotbinière-Frontenac avait annoncé
3,5 millions pour améliorer la connaissance sur l'impact environnemental
des résidieux... résidus miniers amiantés. Or, en décembre dernier, la députée
a dénoncé, et je la cite : «J'ai appris récemment que ce 3,5 millions
là était des ETC, emplois temps complet, ça veut dire plus de fonctionnaires.
Moi, je ne suis pas pour engraisser la machine gouvernementale.» Voilà une
autre promesse brisée.
La Présidente : La réponse du
ministre responsable des Infrastructures.
M. Benoit Charette
M. Charette : Merci, Mme
la Présidente. Peut-être rassurer la collègue, le dossier de l'amiante avance
bien. C'est une région qui est fortement affectée par une contamination
naturelle de l'amiante, compte tenu de l'exploitation qui s'y est faite, là,
pendant des décennies. Pas plus tard qu'il y a quelques jours, il y a eu une
rencontre avec les responsables de la région, de belles avancées au niveau du
traitement des sols, et il y a d'autres projets qui avancent en ce sens-là.
Donc, ce n'est pas une promesse rompue. Au contraire, nous avançons pour venir
en aide à la région concernée.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la députée de Bourassa-Sauvé.
Suspension de projets d'agrandissement d'écoles
Mme Madwa-Nika Cadet
Mme Cadet : Mme la
Présidente, en 2022, dans sa plateforme électorale, la CAQ a promis aux
Québécois d'investir massivement dans la rénovation et l'agrandissement
d'écoles. En fait, Mme la Présidente, une autre promesse brisée, la seule chose
qui a été massive, c'est la longue liste de projets d'agrandissement ou de
construction qui ont été mis sur pause par la CAQ, 99 projets.
En Mauricie, particulièrement, on a deux
écoles qui attendent toujours leur agrandissement. Pendant ce temps-là, les
élèves sont obligés de manger devant leur pupitre pendant leur lunch ou de...
Sinon, ce qu'on voit aussi, c'est des bibliothèques scolaires qui se
transforment en classes de... en salles de classe parce qu'on n'est pas capables
d'agrandir ces écoles-là. À l'époque, on a le député de Maskinongé qui est allé
à l'école Ami-Joie-et-des-Grès, on leur a annoncé : Ça va être vaste, ça
va être grand! Aujourd'hui, cette école, tout comme l'école Richelieu à
Trois-Rivières, attendent leurs agrandissements, des projets d'infrastructures
scolaires qui sont essentielles qui ne sont toujours pas livrées.
La ministre répond quoi aux parents de ces
deux écoles non livrées en Mauricie?
La Présidente : La réponse de
la ministre de l'Éducation.
Mme Sonia LeBel
Mme LeBel : Bien, Mme la
Présidente, ça me fait très plaisir de répondre à cette question-là, ce matin,
surtout qu'hier on a eu l'occasion et la chance d'inaugurer une belle école
nouvelle génération avec mon premier ministre et mon collègue de Chambly...
Non... C'est ça, député de Chambly, pardon, oui, donc, et c'était
extraordinaire. C'est une école nouvelle génération.
Vous savez, quand on est arrivés à... en
éducation, quand on est arrivés au pouvoir en 2018, une des choses qui a été
mise de l'avant, c'est, justement, le fait qu'on devait avoir des milieux
d'apprentissage adéquats pour nos élèves. On a mis de l'avant ces projets
d'écoles là à l'instar de projets de maisons des aînés, ce sont des écoles
extraordinaires. On avance, Mme la Présidente. Malheureusement, pendant les
dernières années, et, quand je parle des dernières années, je parle pendant les
décennies précédentes, on a négligé le parc, le parc immobilier des écoles.
Alors, quand on est arrivés... on a fait la même chose en santé, d'ailleurs,
quand on est arrivés, on a plus que doublé le budget de PQI. On investit, Mme
la Présidente.
On avance, les besoins sont infinis, mais
on continue. Et on va faire en sorte que les enfants aient des places pour
pouvoir recevoir de l'enseignement et que les enfants soient dans des écoles,
des belles écoles pour pouvoir faciliter leur apprentissage.
La Présidente : En première
complémentaire, je reconnais la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme Désirée McGraw
Mme McGraw : Merci, Mme
la Présidente. Alors, il y a aussi des promesses brisées en éducation en
Estrie. En août 2022, en pleine campagne électorale, le premier ministre avait
promis la construction d'une nouvelle école Mitchell-Montcalm à Sherbrooke. La
livraison était promise pour 2026. À ce jour, il n'y a aucun chantier d'amorcé.
Est-ce que le premier ministre reconnaît
qu'il a rompu son engagement personnel envers... envers les familles de
l'Estrie? La CAQ a promis, la CAQ n'aura pas livré.
La Présidente
: La <réponse
du ministre responsable des Infrastructures...
Mme McGraw :
...les
familles de l'Estrie? La CAQ a promis, la CAQ n'aura pas livré.
La Présidente :
La >réponse
du ministre responsable des Infrastructures.
M. Benoit Charette
M. Charette : ...clairement,
il y a des données qui manquent à nos collègues de l'opposition. Au cours des
dernières années, là, une centaine de nouvelles écoles ont été construites, 200 agrandissements.
Si on regarde le dernier mandat des libéraux, on se rapproche de zéro. Donc, ce
n'est pas du simple au double. 100 nouvelles écoles, 200 agrandissements,
avec un PQI, ma collègue l'a mentionné, qui a explosé, littéralement, notamment
au niveau de l'éducation. En tout et partout, ce sont 100 milliards qui
étaient investis lorsque vous avez quitté le pouvoir. Nous sommes à
164 milliards de PQI, donc, autant en éducation qu'en transport, qu'en
santé. Ce sont des investissements record que...
La Présidente : Et, M. le
ministre, vous vous adressez à la Présidente. Maintenant, deuxième
complémentaire, et, pour ce faire, je reconnais la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Jennifer Maccarone
Mme Maccarone : À la
suite du décès de la policière Maureen Breau il y a trois ans, la CAQ avait promis
de revoir la loi P-38. L'objectif était d'améliorer la sécurité de la
population face à la montée des cas d'état mental perturbé. La CAQ va dire
qu'ils ont fait adopter une loi, mais rien sur cette promesse. Les gens de la
Mauricie attendent. Les policiers de la Mauricie attendent.
La CAQ a promis, la CAQ n'aura pas livré.
La Présidente : La réponse du
ministre de la Justice.
M. Simon Jolin-Barrette
M. Jolin-Barrette : Mme
la Présidente, nous avons mandaté l'Institut québécois de la réforme du droit
pour nous produire un rapport en lien avec la réforme de la loi P-38,
parce qu'il faut penser, Mme la Présidente, aux familles des gens qui sont en
difficultés en matière de santé mentale. Actuellement, notre système fait en
sorte, trop souvent, de ne pas soigner les gens qui en ont besoin, de ne pas
répondre aux besoins des individus qui souffrent, mais aussi des familles qui
souhaitent le bien-être des gens qui se retrouvent dans une situation de santé
mentale difficile.
Mme la Présidente, on y travaille très
sérieusement. Et il s'agit d'une priorité pour notre gouvernement, surtout pour
éviter que des événements comme ceux qui sont survenus à Trois-Rivières, dans
le décès de Mme Breau et de plein d'autres cas... on puisse donner les
outils aux professionnels de la santé.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la députée de Robert-Baldwin.
État de vétusté de l'Hôpital Sainte-Croix
Mme Brigitte B. Garceau
Mme Garceau : Merci, Mme
la Présidente. En septembre 2022, les députés caquistes de Drummond—Bois-Francs
et de Johnson promettaient la mise à niveau de l'Hôpital Sainte-Croix de
Drummondville. Plus de trois ans plus tard, le dossier est toujours au point
mort. Il n'est pas inscrit au PQI. Pendant que le gouvernement reste les bras
croisés, l'hôpital se détériore, les patients et le personnel subissent un
environnement moins sécuritaire et même intenable. L'inaction de la CAQ a un
prix. Il est sérieux. Le dégât d'eau... le dernier dégât d'eau a coûté
11 millions de dollars et a entraîné le report de plus de 187 chirurgies.
Après avoir promis, année après année,
est-ce que la ministre peut enfin reconnaître l'échec de son gouvernement et
admettre qu'il s'agit d'une autre promesse caquiste brisée? La CAQ a promis, la
CAQ n'aura pas livré.
La Présidente : La réponse du
ministre responsable des Infrastructures.
M. Benoit Charette
M. Charette : Merci, Mme
la Présidente. Manifestement, nos amis et collègues libéraux sont en retard
dans leurs informations dans leur mise à jour. Dans le dernier PQI, dans le cas
de l'hôpital de Drummond, il y avait un engagement : pour l'année 2025‑2026,
il y aurait une mise à l'étude. Et je vous confirme, peut-être, noter de votre
côté, comme ça, ça vous évitera de reposer la question, la date du 11 mars,
dans quelques jours, notez le 11 mars, il y aura effectivement une suite à
donner pour ce qui est de l'hôpital de Drummond, et on respectera l'engagement
qui a été pris d'une mise à l'étude. Merci, Mme la Présidente.
• (10 h 30) •
La Présidente : Et je vous
rappelle que vous vous adressez à la Présidente, M. le ministre. Première
complémentaire, et, pour ce faire, je reconnais le député de LaFontaine.
M. Marc Tanguay
M. Tanguay :
Heille! Il faut le faire! Il
vient encore de repromettre ce qu'ils vont... ce qu'ils vont rompre. Voyons
donc! L'Hôpital de La Malbaie dessert, Mme la Présidente, l'est de Charlevoix,
le Bas-Saguenay, la Côte-Nord jusqu'à Forestville. L'Hôpital de La Malbaie est
trop petit et vétuste. En 2019, le premier ministre lui-même, il s'en rappelle,
il avait été sur place, il avait promis la construction d'un nouvel hôpital, le
premier patient allait être soigné en 2025. C'était l'an passé. Aujourd'hui,
c'est un terrain vague de sable qui est clôturé.
La CAQ a beaucoup promis. La CAQ n'a pas
respecté sa parole.
La Présidente : La réponse de
la ministre de la Santé.
Mme Sonia Bélanger
Mme Bélanger : Oui, Mme
la Présidente. Bien, justement, j'ai eu l'occasion de rencontrer, il y a
quelques jours, ma collègue députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré, et le projet
de l'Hôpital de La Malbaie est inscrit au PQI, effectivement. Bien, il est
inscrit au PQI, il avance bien, et donc on sera en mesure, éventuellement, <d'annoncer...
>
10 h 30 (version révisée)
<19281
Mme
Bélanger :
...effectivement. Bien, il est inscrit au PQI, il
avance bien, et donc on sera en mesure, éventuellement, >d'annoncer
quelles sont les prochaines phases, Mme la Présidente. Donc, le dossier est
vraiment en planification. Il y a eu des travaux qui ont été faits. Peut-être
que vous n'êtes pas allés non plus de ce côté-là dans vos tournées. Vous allez y
aller bientôt...
La Présidente : Mme la
ministre, vous vous adressez à la présidente, pas directement à vos collègues. Poursuivez.
Il vous reste 10 secondes.
Mme Bélanger : Je m'excuse, Mme
la Présidente. J'ai tendance à perdre le focus, mais, oui, je vais garder le
focus sur vous.
La Présidente
: En
terminant.
Mme Bélanger : Alors, Mme la Présidente,
c'est un... c'est une bonne nouvelle pour, donc, les citoyens...
La Présidente : Deuxième
complémentaire, et, pour ce faire, je reconnais le chef de l'opposition
officielle.
M. André Fortin
M. Fortin :Si le premier ministre se cherche un bilan, bien, je pense
qu'on vient de le trouver, là. C'est un gouvernement de promesses vides. Tout
ce qu'ils ont fait, c'est promettre mer et monde aux régions, et tout ce qu'ils
ont réussi à faire par la suite, c'est acheter du temps, continuer à promettre.
Bien là, ils sont à court de temps puis ils sont à court d'idées, Mme la
Présidente. Tout ce qu'il leur reste, c'est l'insecte officiel du Québec, le
papillon.
Bien, la dernière fois que ça allait mal, qu'ils
ne savaient plus quoi dire, qu'est-ce qu'ils ont fait? Bien, ils ont fermé le
débat, ils ont prorogé la Chambre. Est-ce qu'il peut nous dire que la CAQ, d'ici
la fin de leur mandat, ne fermera pas le débat, ne prorogera pas la Chambre?
Des voix : ...
La Présidente : Et pas de bravo,
vous le savez, M. le député de LaFontaine. La réponse du premier ministre.
M. François Legault
M. Legault : Oui, bien, Mme
la Présidente, je suis ici aujourd'hui, et j'ai été pas mal ici, puis je vais
continuer d'être pas mal là, contrairement à Charles... Charles Milliard, oui. Non,
non, mais c'est quand même triste, Mme la Présidente, de voir qu'il n'y a aucun
député libéral qui aime assez Charles Milliard pour laisser sa place pour qu'il
puisse être présent.
Oui, mais, concernant les infrastructures,
Mme la Présidente, quand les libéraux étaient là, c'était 100 milliards. C'est
rendu 164 milliards. C'est facile à compter, ça.
La Présidente
: En
terminant.
M. Legault : Une augmentation
de 64 % par rapport aux libéraux, ce n'est quand même pas rien.
Des voix : ...
La Présidente : Vous êtes
trop bruyants. Mme la députée de Vaudreuil, je vous entends trop. En question
principale, une seule personne a le droit de parole maintenant, c'est la cheffe
du deuxième groupe d'opposition.
Plafonnement des
hausses de loyer
Mme Ruba Ghazal
Mme Ghazal : Merci, Mme la
Présidente. Ce matin, il y a un sondage Léger qui montre que 80 % des
Québécois sont d'accord avec Québec solidaire de limiter la hausse des loyers à
l'inflation. Même les propriétaires sont d'accord, ils sont d'accord à
82 %, Mme la Présidente, c'est sûr, parce que, face à la crise du
logement, bien, c'est une mesure qui est raisonnable et, en plus, elle est
populaire.
Il y a des locataires qui nous écrivent. Moi,
je reçois plein de témoignages, sur les réseaux sociaux, dans nos bureaux, de
gens qui, en ce moment, reçoivent des avis d'augmentation de 11 %, 12 %,
20 %, 30 %, et plusieurs se sentent impuissants. Ils nous écrivent parce
que la CAQ est inactive. Les loyers sont tellement, tellement élevés, tellement
chers que les gens travaillent fort puis n'arrivent pas à payer leurs factures.
On les voit, on les entend, ils sont partout. Qui profite de l'inaction de la
CAQ, Mme la Présidente? Ce ne sont ni les locataires ni les propriétaires. C'est
une poignée de spéculateurs immobiliers qui profitent du far west pour s'en
mettre plein les poches puis faire souffrir la classe moyenne.
Les Québécois le veulent. Ils le
démontrent ici. 85 % sont d'accord à limiter la hausse des loyers à l'inflation.
Le premier ministre, là, il est dans son dernier mille. Il pourrait laisser un
legs et agir rapidement. Est-ce qu'il accepte d'écouter la population
québécoise et limiter les hausses de loyer à l'inflation face à l'urgence de la
crise du logement?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. François Legault
M. Legault : Oui. Mme la
Présidente, bon, d'abord, un fait que refuse de reconnaître la cheffe de Québec
solidaire, depuis deux ans, il y a eu une augmentation de 200 000 personnes
sur l'île de Montréal, 200 000 personnes de plus. Donc, ça prend plus de
logements. Est-ce que la cheffe de Québec solidaire reconnaît que les
propriétaires des nouveaux logements, bien, doivent regarder leurs coûts pour
fixer les loyers? Est-ce qu'elle reconnaît ça, là, qu'au-delà de l'inflation il
faut regarder les coûts? Même chose pour les propriétaires qui étaient déjà
avec des logements, ils doivent regarder leur augmentation de coûts. Il me
semble que, si on veut plus de propriétaires, il ne faut pas leur tirer dans
les jambes pour dire : On ne vous permet pas d'aller rechercher vos coûts.
Donc, Mme la Présidente, ce qu'il faut,
là, c'est plus de logements, puis c'est ce qu'on fait depuis des années. On a
mis des milliards pour des nouveaux logements. Mais c'est quand même <difficile...
M. Legault :
...c'est
plus de logements. Puis c'est ce qu'on fait depuis des années. On a mis des
milliards pour des nouveaux logements. Mais c'est quand même >difficile,
comme dans beaucoup d'endroits dans le monde, parce que,
200 000 personnes de plus juste sur l'île de Montréal, bien, c'est,
en deux ans, à peu près impossible de construire des logements pour tout ce
monde-là.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Ruba Ghazal
Mme Ghazal : Mme la
Présidente, le premier ministre aussi me parle des propriétaires. Ils sont
d'accord. 85 % de la population est d'accord à ce que le gouvernement
agisse rapidement et limite la hausse des loyers à l'inflation. Puis les
propriétaires aussi lui disent qu'ils sont d'accord, parce que la crise est
intenable. En ce moment même, là, les gens sont en train de recevoir des
augmentations de 10 %, 20 %, 30 %. La CAQ ne peut pas arrêter
d'agir. C'est grâce à Québec solidaire que le premier ministre a reconnu qu'il
y a une crise du logement. Est-ce qu'il peut maintenant agir puis...
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. François Legault
M. Legault : Bien, est-ce que
Québec solidaire est en train de dire que notre gouvernement a investi
7 milliards, pas 7 millions, 7 milliards dans le logement à
cause de Québec solidaire? C'est-tu ça qu'elle est en train de dire, là? Je ne
savais pas que le ministre des Finances était aussi à l'écoute...
Une voix : ...
M. Legault : ...inspiré, oui,
empathique. Et, Mme la Présidente, bien, là-dedans, il y a 4,1 millions...
4,1 milliards, pardon, de logements abordables. Ce qu'on a besoin, là, c'est
plus de logements abordables, plus de propriétaires. Mais, c'est sûr, si on
demande aux locataires : Est-ce que vous aimez mieux avoir un gel des
loyers?, ils vont dire oui. Mais, à un moment donné, il faut regarder les
coûts...
La Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Ruba Ghazal
Mme Ghazal : Mme la
Présidente, j'ai l'impression que le ministre n'est pas très concentré. Ce
que... La proposition, la mesure, c'est de limiter la hausse des loyers à
l'inflation. Et ce n'est pas juste les locataires qui sont d'accord. Les
propriétaires aussi, à 82 %. Ceux qui ne sont pas d'accord, c'est juste
une poignée de spéculateurs immobiliers qui sont bien contents que la CAQ ne
fasse rien puis ne dise rien par rapport à la crise du logement. Ils sont très
d'accord.
Je lui donne une dernière chance, hein,
pour son legs : Est-ce qu'il accepte d'écouter la population puis de
limiter la hausse des loyers à l'inflation?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. François Legault
M. Legault : Bien, Mme la
Présidente, si c'est vrai que les propriétaires sont d'accord, bien, ils ont
juste à faire des augmentations de loyer à l'inflation.
Des voix : ...
M. Legault : Non, non, mais,
écoutez, écoutez... Bien, il y a des propriétaires, là, qui ne sont pas tous
des gros méchants spéculateurs puis qui ont besoin de tenir compte de leurs
coûts. C'est comme ça que ça marche, l'économie. Il faut que tu regardes tes
coûts.
Puis le problème, c'est qu'il manque de logements.
Il y a un problème de déséquilibre entre l'offre et la demande. Il y a une
demande qui a augmenté trop vite, puis la cheffe de Québec solidaire sait
pourquoi.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Abolition du Programme
de l'expérience québécoise
M. Guillaume Cliche-Rivard
M. Cliche-Rivard : Mme la
Présidente, après les 6 000 travailleuses de la santé, une autre
couche s'est ajoutée hier au fiasco caquiste du PEQ. Au moins
1 000 employés du réseau de l'éducation risquent de quitter le
Québec. Et ce n'est pas tout, Mme la Présidente. Aujourd'hui, ce sont nos CPE,
déjà frappés par une grave pénurie de main-d'œuvre, qui risquent de perdre près
de 500 éducatrices.
La terrible décision du ministre de
l'Immigration menace nos services publics de jour en jour. C'est une
catastrophe, Mme la Présidente. Puis, pendant ce temps-là, les deux potentiels
chefs de la CAQ ont littéralement jeté le ministre sous l'autobus, promettant
des clauses de droits acquis. Mais le Québec ne peut pas attendre, Mme la
Présidente, là. Il y a des billets d'avion qui sont déjà achetés. Il y a des
gens qui partent. Les familles québécoises sont inquiètes. Elles ne veulent pas
perdre l'éducatrice de leur enfant, l'infirmière de leur parent, la prof de
leur ado.
Quand est-ce que le ministre va arrêter
d'affaiblir nos services publics?
• (10 h 40) •
La Présidente : La réponse du
ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration.
M. Jean-François Roberge
M. Roberge : Mme Présidente,
ce qui est terrible, c'est que je pense que je le... Mon collègue sait que ce
qu'il dit n'est pas exact, et c'est ça qui est terrible. Parce qu'il n'y a
aucune corrélation entre le fait qu'il y a 1 000 personnes qui
travaillent dans le réseau de l'éducation dont le permis viendra à échéance
dans la prochaine année. Les permis, ils sont délivrés par le gouvernement
fédéral. La plupart, d'ailleurs, seront renouvelés automatiquement, parce qu'en
éducation c'est 20 %, le seuil. Tu peux avoir, dans un lieu de travail,
plus de 20 %... autour de 20 % des personnes qui sont des
travailleurs étrangers temporaires. Donc, ce n'est pas parce que ton permis
arrive à échéance qu'il ne sera pas renouvelé, que tu vas devoir quitter. Donc,
première erreur de fait.
Deuxième erreur de fait, ce n'est pas le
gouvernement québécois qui émet les permis de travail. C'est encore moins le
gouvernement québécois qui les retire. Ça, c'est sûr et certain. Le fait que le
Programme de l'expérience québécoise soit aboli et qu'on se dirige vers le PSTQ
n'a aucun lien avec le fait que ces personnes-là pourraient <devoir...
M. Roberge :
…aboli
et qu'on se dirige vers le PSTQ n'a aucun lien avec le fait que ces
personnes-là pourraient >devoir quitter. S'ils quittent, c'est parce que
le gouvernement canadien leur retire leurs permis de travail. Le même nombre
d'immigrants sera sélectionné cette année, que ce soit avec l'ancien programme
ou le nouveau programme. C'est autour de 29 000 personnes économiques.
Et on va prioriser, avec le nouveau…
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Guillaume Cliche-Rivard
M. Cliche-Rivard : Mme la
Présidente, comme les Québécois et Québécoises, je suis découragé des réponses
du ministre, complètement découragé. Est-ce qu'il réalise que ce sont des
centaines, des milliers de travailleuses, de travailleuses dans nos services
publics qui vont devoir quitter?
Moi, je n'ai plus aucune attente envers le
ministre de l'Immigration. Je vais poser ma question à la ministre de la
Famille : Est-ce qu'elle, elle va se lever pour les familles du Québec,
pour défendre son réseau? Chaque éducatrice qui part, c'est huit enfants qui
perdent leur éducatrice. Est-ce qu'elle va se lever pour son réseau, oui ou
non?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Jean-François Roberge
M. Roberge : Mme la
Présidente, mon collègue peut répéter des choses inexactes avec beaucoup
d'émotion, ça demeure inexact. On se demande tous : Mais où est la
ministre Diab, la ministre de l'Immigration, où est-elle? Où est la ministre
Mélanie Joly, qui est la ministre responsable du Développement économique du
Canada pour les régions du Québec?
Le 30 janvier, sur les ondes de
Radio-Canada, Mme Joly a dit : «On doit garder les gens ici qui ont le
droit d'être ici. On doit être capables d'offrir à notre système de santé le
personnel nécessaire.» Elle a dit : «Les gens veulent juste qu'on fasse
notre job. Je vais passer le message, et on va être en mode solution.» À qui
Mélanie Joly a-t-elle passé le message? Est-ce que la ministre Diab... Est-elle
toujours au pays? Va-t-elle faire sa job un jour?
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Guillaume Cliche-Rivard
M. Cliche-Rivard : Mme la
Présidente, dur revers hier encore pour le ministre de l'Immigration, alors que
le président du Mouvement Desjardins affirme que de mettre fin au PEQ, c'est
fragiliser les entreprises, c'est affaiblir les régions. Pour un gouvernement
qui se dit fort en économie, là, puis en région, là, bien, c'est échec sur
toute la ligne. C'est un bilan catastrophique. Je vais poser la même question
au ministre que lui a posée Patrick Lagacé il y a une couple de semaines :
Qui, qui, au Québec, l'appuie encore dans sa réforme bâclée du PEQ, qui?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Jean-François Roberge
M. Roberge : Mme la
Présidente, avec l'ancien programme, 60 % des gens étaient sélectionnés
sur l'île de Montréal. Selon la dernière invitation de janvier, c'était
30 %. Donc, on continue d'en sélectionner à Montréal, bien sûr, mais on
sélectionne surtout des gens à l'extérieur de Montréal et on les sélectionne en
priorité en santé, en éducation, dans les services de garde mais aussi, bien
sûr, dans le secteur manufacturier. Mon collègue est contre ça. Il voulait
qu'on sélectionne des gens dans les secteurs non prioritaires à Montréal. C'est
son problème.
Une voix : ...
La Présidente : Je vous ai
entendu, M. le leader. Vous n'avez pas le droit de parler. En question
principale, je reconnais maintenant le député des Îles-de-la-Madeleine. La
parole est à vous.
Projet de loi visant notamment l'amélioration de l'accès
aux services médicaux et la prise en charge de la population
M. Joël Arseneau
M. Arseneau : Merci, Mme la
Présidente. On sait déjà depuis des semaines que la CAQ a complètement capitulé
devant les médecins. Le gouvernement leur a accordé tout ce qu'ils voulaient,
sans l'ombre d'une contrepartie formelle, précise ou contraignante, que ce soit
pour le mode de rémunération ou pour la prise en charge.
Et, parlant de prise en charge, on sait
que cette notion, dans le projet de loi n° 19 sur les services médicaux,
bien, c'est carrément de la poudre aux yeux. Au début, là, dans la dernière
année, le gouvernement voulait affilier 1,5 million de Québécoises et
Québécois qui n'ont pas de médecin de famille. Au début, on leur promettait un
médecin pour chaque Québécoise et Québécois. Finalement, l'entente permet
l'inscription de 500 000 personnes à un guichet, à un guichet, pas à
un médecin. Je pense que la nuance est importante. Encore pire, dans un article
du Devoir ce matin, on apprend que les médecins sont payés… des médecins
sont payés en triple pour des patients qu'ils ne voient pas.
Alors, comment la ministre de la Santé
peut-elle justifier une entente où des médecins sont payés pour des patients
qu'ils ne voient pas?
La Présidente : La réponse de
la ministre de la Santé.
Mme Sonia Bélanger
Mme Bélanger : Oui, Mme la
Présidente. Écoutez, très contente d'avoir cette question du député… député des
Îles-de-la-Madeleine. D'ailleurs, on a terminé l'étude du projet de loi
n° 19 mercredi dernier. Le Parti québécois n'est même pas venu une seule
minute, Mme la Présidente. Ils n'ont pas siégé, Mme la Présidente...
Des voix : ...
La Présidente : M. le député,
quel est votre rappel au règlement?
Des voix : ...
La Présidente : Je veux vous
entendre. Allez-y.
M. Arseneau : Vous savez, Mme
la Présidente, qu'il n'est pas permis d'identifier la présence ou non des gens
dans les travaux parlementaires ici…
Des voix : …
La Présidente : Je suis debout.
Merci. Je suis debout. Merci beaucoup, M. le leader. Vous pouvez vous rasseoir.
Vous pouvez vous rasseoir, M. le leader. Vous pouvez vous rasseoir. Vous avez
raison. Je vous donne raison. Ici, je rappelle que nous ne pouvons pas
souligner l'absence des collègues, et c'est <bon…
La Présidente :
...vous
rappelle que nous ne pouvons pas souligner l'absence des collègues, et c'est >bon
d'un côté comme de l'autre. Alors, Mme la ministre, faites attention. On ne
souligne pas l'absence. Et poursuivez dans votre réponse.
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, je vais me reprendre. En fait, ils n'ont fait aucune intervention
dans le cadre de ces travaux qui sont fort importants, Mme la Présidente. Et
puis je suis très satisfaite du travail qu'on a fait avec les oppositions, puis
je vais les nommer, notamment le Parti libéral et Québec solidaire, puis on a
réussi ensemble à regarder vers le futur. C'est quoi, le futur, avec le
PL n° 19? C'est d'inscrire
500 000 patients, Mme la Présidente, d'ici le 30 juin. Puis je
vais en ajouter, parce que peut-être que vous avez oublié de suivre aussi...
La Présidente : Et, Mme la
ministre, vous vous adressez à moi.
Mme Bélanger : ...peut-être
qu'ils ont oublié de suivre aussi l'actualité, la FMOQ, en plus, va affilier
directement les personnes vulnérables, les 180 000, d'ici le 31 mars,
Mme la Présidente, avant la date qui est prévue...
La Présidente
:
Première complémentaire.
M. Joël Arseneau
M. Arseneau : Mme la
Présidente, dans le projet de loi n° 19, on a effacé complètement l'action
gouvernementale et législative de la dernière année. Bravo, on peut s'en
enorgueillir, retour à la case départ et même auparavant, mais elle ne répond
pas à ma question, Mme la Présidente : Comment peut-on inscrire dans un
projet de loi la chose suivante : «Ce médecin peut être ainsi rémunéré
bien qu'il n'ait pas fourni lui-même le service»? Dans quel monde, dans quel
univers est-ce qu'on rémunère des gens, en santé, quand ils n'ont pas fait le
travail?
La Présidente : La réponse de
la ministre.
Mme Sonia Bélanger
Mme Bélanger : Oui, Mme la
Présidente. Je comprends qu'ils ne sont pas en faveur de l'entente qui a été
entérinée par la FMOQ au mois de décembre, Mme la Présidente. Alors, on
travaille en collaboration avec la FMOQ. Je travaille vers l'avenir. On est en
train de rétablir la confiance. Les médecins, ils vont être au rendez-vous.
Puis il n'y aura pas seulement les
médecins, Mme la Présidente. Vous savez qu'on est en train de transformer notre
première ligne au Québec, et on a même, dans cette... dans ce projet de loi, un
amendement spécifique sur les IPS. C'est drôle, je n'en entends pas parler ce
matin. Les 2 000 IPS au Québec, je souhaite, comme ministre de la Santé,
qu'elles puissent aussi inscrire directement des patients. Alors, Mme la
Présidente, on est à la bonne place et on va continuer...
La Présidente
:
Deuxième complémentaire.
M. Joël Arseneau
M. Arseneau : Mme la
Présidente, j'entends la ministre de la Santé dire qu'elle souhaite que les IPS
puissent prendre en charge des patients, mais les souhaits, ce n'est pas
suffisant, les vœux pieux. Pourquoi la ministre a-t-elle refusé d'inscrire de
façon concrète et contraignante le fait que les IPS puissent jouer leur rôle
avec les compétences qu'on leur reconnaît? Encore aujourd'hui, dans l'article
qu'elle mentionne dans le projet de loi, là, c'est strictement si les médecins
sont d'accord. Pourquoi ne pas permettre une pleine et entière autonomie aux
IPS?
La Présidente : La réponse de
la ministre.
Mme Sonia Bélanger
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, écoutez, je vais garder mon calme. Je pense que le député, en tout
respect, n'est pas au courant qu'au Québec il y a 16 cliniques IPS, des
cliniques qui sont publiques, que les IPS, au Québec, inscrivent déjà des
patients et que la volonté, c'est que les IPS au sein des GMF puissent aller au
maximum de leur champ de pratique professionnelle. C'est ça qu'on est en train
de faire, Mme la Présidente. On dirait que ça dérange le Parti québécois au
lieu de se réjouir, de mettre en place des professionnels dans des groupes de
médecins pour que les médecins soient vraiment dédiés à voir les personnes qui
sont malades, Mme la Présidente, parce qu'ils vont être entourés d'une équipe
interdisciplinaire. C'est une bonne nouvelle...
• (10 h 50) •
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député... En question principale, je
reconnais le député d'Arthabaska.
Politique en matière
d'immigration
M. Alex Boissonneault
M. Boissonneault : Merci, Mme
la Présidente. Le système d'asile a été saboté par le gouvernement fédéral — le
mot est fort, mais il est juste — tout d'abord avec son laxisme à la
frontière, en invitant tous les demandeurs d'asile de la planète à venir
s'installer ici — ça, c'était en 2017 — puis, en 2019, avec
son processus de révision de dossier qui a fait que 25 000 demandeurs
d'asile ont été acceptés sans audience pour diminuer les retards. Résultat, en
2024, le Canada a accepté 80 % des dossiers. À titre de comparaison,
l'Irlande en a accepté 30 %.
Le système de demande d'asile au Canada,
et donc celui du Québec, est brisé. En fait, le fédéral utilise le système
actuel pour contourner nos seuils d'immigration.
Dans les médias, on a appris que le
ministre de l'Immigration est au courant. Il est même sous le choc. Ma
question, Mme la Présidente : Qu'est-ce qu'il va faire? Est-ce que le
ministre de l'Immigration réalise que la troisième voie nous a amenés dans un
cul-de-sac? Qu'est-ce qu'il va faire? Demander toujours au fédéral puis se
faire dire non? Est-ce que la roue va <tourner...
M. Boissonneault :
...la
troisième voie nous a amenés dans un cul-de-sac? Qu'est-ce qu'il va faire?
Demander toujours au fédéral puis se faire dire non? Est-ce que la roue va >tourner
tout le temps?
La Présidente : La réponse du
ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration.
M. Jean-François Roberge
M. Roberge : Oui. Mme la
Présidente, je peux vous dire qu'on ne fera pas un référendum. Je ne sais pas
si mon collègue... Je ne commente pas... je ne commente pas souvent les
sondages, là, mais...
Des voix : ...
La Présidente
: ...la
réponse.
M. Roberge : ...ça, là. Eux
autres, ils veulent le faire quelque part à la fin d'un mandat qu'ils n'auront
pas. Donc, ça n'arrivera pas.
Donc, Mme la Présidente, effectivement,
c'est le temps qu'Ottawa se remette à reprendre le contrôle des frontières. Je
sais qu'à Québec solidaire puis au Parti libéral ça ne les intéresse pas
tellement, mais je sais qu'au Parti québécois on a des alliés pour défendre la
nation québécoise puis pour s'assurer qu'Ottawa fasse sa job.
C'est inquiétant de voir, en fin de
semaine, que M. James Yousif, qui est un ancien directeur des politiques à Immigration,
Réfugiés et Citoyenneté Canada, disait, dans un reportage... dans une étude de
C.D. Howe, que plus de 25 000 demandeurs d'asile ont été admis par le
gouvernement fédéral sans faire de réelle enquête, sans faire d'entrevue. Puis
M. Yousif dit : C'est la parfaite recette pour admettre ici des gens qui
ne devraient pas être acceptés. Dans certains cas, ça pourrait être des gens
qui posent, même, des dangers pour la sécurité nationale. Donc, on s'attend à
ce qu'Ottawa fasse son travail.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Alex Boissonneault
M. Boissonneault : Mme la
Présidente, on demande, on se fait dire non, on demande, on se fait dire non.
Ça fait huit ans que le gouvernement essaie d'avoir des gros gains en
immigration, puis il n'y a rien qui se passe. La ministre fédérale de
l'Immigration refuse de parler aux médias, mais, une bonne chose, elle a
réussi... le ministre a réussi à la rencontrer. Ils ont eu une rencontre en
janvier pour échanger sur leurs priorités communes. Ce sont ses mots à elle.
Est-ce que, dans cette liste de priorités là, il y avait saboter notre système
d'immigration, Mme la Présidente?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Jean-François Roberge
M. Roberge : Je peux vous
dire que, dans le cadre de cette rencontre-là, je lui ai fait part de la
position du Québec par rapport à une répartition des demandeurs d'asile qui
soit équitable sur le territoire canadien. Encore une fois, Québec solidaire
puis le Parti québécois ne sont pas intéressés à ça, mais nous, on défend la
nation québécoise puis on veut respecter la capacité d'accueil.
Et je l'ai bien exprimé à M. Lightbound et
à Mme Diab, qui étaient sur la ligne ce jour-là, que ça n'a pas de sens que le
Québec reçoive de 35 % à presque 50 % des demandeurs d'asile, alors
qu'on est 22 % de la population canadienne. Et, en plus, ce qu'on
comprend, c'est qu'ils ne font pas des entrevues sérieuses pour s'assurer que
ces gens-là ne posent pas de danger pour la sécurité nationale. Donc, moi, j'ai
hâte de voir quand est-ce qu'Ottawa va dire qu'ils revoient leur manière de
procéder puis qu'ils vont respecter la capacité d'accueil.
La Présidente
:
Deuxième complémentaire.
M. Alex Boissonneault
M. Boissonneault : Mme la
Présidente, c'est toujours la même chose. C'est toujours la même chose. Le
ministre comprend que le gouvernement ne peut pas, ici, faire respecter notre
capacité d'accueil, il comprend que le fédéral ne fait pas son travail, mais il
est... il est incapable de répéter autre chose que la même question :
Est-ce que le gouvernement fédéral peut nous aider? La troisième voie, c'est la
voie d'accotement. Donc là, ma question, c'est : Sous le premier ministre
sortant, on n'a rien obtenu avec un mandat fort, est-ce que le ministre croit
qu'avec la députée de Sanguinet on pourrait faire mieux sans mandat, Mme la
Présidente?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Jean-François Roberge
M. Roberge : Oui. Mme la
Présidente, le Parti québécois, ici, a une mémoire sélective. Il a oublié de
souligner le fait qu'on a réussi à obtenir la fermeture du chemin Roxham, à
rétablir des visas pour, notamment, des ressortissants indiens et mexicains. C'était
à notre demande, et on a eu gain de cause. On a eu aussi un engagement
important de la part d'Ottawa de réduire le nombre de PMI, Programme de
mobilité internationale, de presque... presque 100 000 personnes en
trois ans. Ils ont posé des gestes dans cette direction-là. Donc, on n'a
pas toujours gain de cause, mais on a souvent gain de cause, mais évidemment le
Parti québécois ne le reconnaît pas. Ils ne sont pas de bonne foi là-dessus.
La Présidente : Et la bonne
foi se présume. En question principale, je reconnais maintenant le député d'Abitibi-Est.
Stratégie de
développement économique de la région de l'Abitibi-Témiscamingue
M. Pierre Dufour
M. Dufour : Mme la
Présidente, vous serez certainement d'accord avec moi, les régions sont
populaires lors d'une année électorale. J'écoute les candidats à la chefferie
et le discours des partis. On parle d'autonomie énergétique, de souveraineté,
de souveraineté minérale mais rarement de ceux qui rendent ces ambitions
possibles.
L'Abitibi-Témiscamingue est au coeur de ce
Québec productif. Sa pleine occupation économique est une condition essentielle
pour sécuriser les approvisionnements, protéger les intérêts stratégiques et
assurer l'autonomie économique du Québec. Développer la région n'est pas qu'un
réflexe régionaliste, c'est d'avoir une vision, d'avoir quel type de vision on
peut avoir pour une région comme l'Abitibi-Témiscamingue. Merci.
La Présidente : La réponse du
ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie.
M. Jean Boulet
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente. Évidemment, le développement économique régional est une <priorité
pour nous...
M. Boulet :
...développement
économique régional est une >priorité pour nous. La région de l'Abitibi-Témiscamingue,
il y a eu des projets. Il y en a actuellement qui font l'objet
d'accompagnement. Il y aura des annonces bientôt à faire. C'est un territoire
qui est extrêmement effervescent. Il y a beaucoup de minéraux stratégiques. On
fait de l'accompagnement, notamment avec le Fonds de développement économique, Investissement
Québec. Quand il y a des projets, on est là non seulement pour l'aide
financière, mais l'expertise et l'accompagnement pour diversifier ces marchés,
pour s'assurer que la région soit la plus prospère possible. Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Pierre Dufour
M. Dufour : Je n'entends pas
de vision dans ce dossier-là présentement, Mme la Présidente. Si le Saguenay—Lac-Saint-Jean
revendique les redevances de ses barrages, que les régions qui accueillent
présentement des projets d'éoliennes sont compensées, l'Abitibi-Témiscamingue a
le droit de revendiquer du gouvernement une équité monétaire pour
l'exploitation de son sol exploité. À quand un réel pacte territorial?
La Présidente : M. le
ministre responsable des régions, allez-y.
M. Eric Girard
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Oui.
Mme la Présidente, on reconnaît tous l'importance des régions comme
l'Abitibi-Témiscamingue, le Saguenay—Lac-Saint-Jean. C'est des régions qu'on a
investies beaucoup dans les dernières années, Mme la Présidente. On va
continuer d'investir, Mme la Présidente, dans ces régions-là.
J'ai été visiter l'Abitibi-Témiscamingue.
J'ai été avec mon collègue. On est allés dans des entreprises manufacturières.
On a rencontré beaucoup de gens, des organisations de développement économique
régional. On a même, Mme la Présidente, réglé le programme accès PME,
justement, pour les acteurs dans nos MRC. On vient de régler les fonds locals
d'investissement, les fonds locals de solidarité.
On répond aux besoins des MRC, Mme la
Présidente, et on va être présents, on va continuer d'être présents. Puis on a
à cœur le développement de nos régions puis on connaît nos régions, Mme la
Présidente.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Pierre Dufour
M. Dufour : Mme la
Présidente, peut-être que le ministre devrait savoir que
l'Abitibi-Témiscamingue, c'est 20 % de fonds publics versus 80 % de
fonds privés. On est la première région du Québec. Alors, si je la compare,
exemple, avec la Capitale-Nationale, 56 % au public, 42 % au privé.
Donc, ce n'est pas avec des petits projets comme le FLI qu'on va être capables
de faire en sorte que l'Abitibi-Témiscamingue ait le droit à son sol exploité
et qu'elle puisse avoir les fonds nécessaires pour se développer. On ne veut
pas être un camp minier.
La Présidente : On écoute
maintenant le ministre délégué au Développement économique régional.
M. Eric Girard
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Je
le redis encore une fois, Mme la Présidente, chaque région possède ses forces,
ses qualités. On a investi, Mme la Présidente, dans nos régions. On a réalisé
quelque 25 000, Mme la Présidente, interventions avec Investissement
Québec, Mme la Présidente. 95 % de ces interventions-là ont été réalisées
dans des PME, Mme la Présidente, plus de 50 % dans des MRC, Mme la
Présidente, dans nos régions administratives. C'est le cœur de l'économie
régionale, nos régions, Mme la Présidente, on le sait. On a des travailleurs,
des travailleuses qui ont à cœur ce développement-là. Puis nous, Mme la
Présidente, on investit dans nos emplois, on investit en région puis on
investit dans nos travailleurs. Puis l'Abitibi-Témiscamingue est...
La Présidente : Et, en
question principale, je reconnais maintenant la députée de Bourassa-Sauvé.
Services aux élèves
vulnérables ou en difficulté d'apprentissage
Mme Madwa-Nika Cadet
Mme Cadet : Mme la
Présidente, dans le rayon des promesses brisées toujours, la CAQ, en 2022,
promettait aux familles québécoises d'offrir plus de services aux élèves en
difficulté. Ça, normalement, Mme la Présidente, ça devait se traduire par
l'embauche de plus de personnel professionnel, des orthophonistes, des
psychoéducateurs. Mais ce qu'on a vu au cours de ce mandat, c'est plutôt la
baisse du nombre de professionnels dans nos écoles, dans nos centres de
services scolaires. Ça a été le cas, notamment, au centre de services scolaire
des Laurentides, où, à la dernière rentrée scolaire, bien, on a appris que des
postes d'orthophoniste, de psychoéducateur et de... des professionnels scolaires
avaient été abolis ou non remplacés.
Mme la Présidente, aujourd'hui, à
l'Assemblée nationale, nous avons la Coalition des partenaires en éducation qui
sont ici pour demander à la ministre de l'Éducation d'offrir plus de stabilité
au réseau. On le sait, plus de stabilité, bien, ça se traduit par plus de
services aux élèves. Est-ce que la ministre de l'Éducation, aujourd'hui, peut
se lever, et, au nom des services aux élèves, rassurer la Coalition des
partenaires en éducation, et leur dire que, oui, dans le prochain budget, il y
aura plus de stabilité?
• (11 heures) •
La Présidente : La réponse de
la ministre de l'Éducation.
Mme Sonia LeBel
Mme LeBel : Merci, Mme la
Présidente. Bien, vous savez, la première... une des premières choses que j'ai
faites quand je suis arrivée en poste en éducation en septembre dernier, c'est
d'écouter le réseau de l'éducation, c'est de voir comment on pouvait faire en
sorte d'améliorer les façons de maximiser les budgets, qu'on leur a déjà,
d'ailleurs, augmentés de façon exponentielle depuis les dernières années. On a
ajouté beaucoup de gens pour les services aux élèves, on a ajouté des aides à
la classe, on a ajouté des professionnels, mais il fallait faire en sorte
également que ces gens-là, dans les centres de services scolaires, soient
capables d'utiliser pleinement les budgets. On a parlé des plafonds d'ETC, qui
sont devenus maintenant des cibles, pour leur permettre d'embaucher, justement,
et de ne pas toucher aux services à <l'élève...
>
11 h (version révisée)
<17847
Mme LeBel :
...pleinement les budgets. On a parlé des plafonds d'ETC qui sont
devenus maintenant des cibles pour leur permettre d'embaucher, justement, et de
ne pas toucher aux services à >l'élève. Alors, le réseau demande de la
prévisibilité, demande de l'agilité. C'est là-dessus qu'on travaille avec eux, Mme
la Présidente, et on va leur permettre, justement, de donner les services dont
les élèves ont besoin, parce que c'est ça, notre priorité, Mme la Présidente, c'est
l'éducation.
La Présidente : Et cela met
fin à cette période de questions et de réponses orales.
Comme il n'y a pas de votes reportés, nous
allons passer à la rubrique Motions sans préavis, et, pour ce faire, je cède la
place au troisième vice-président de l'Assemblée nationale. Merci tout le monde
pour votre attention. Merci, Simon.
Motions sans préavis
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Alors, nous sommes à la rubrique des motions sans préavis.
En fonction de nos règles et de l'ordre
des présentations des motions sans préavis, je reconnais un membre du deuxième
groupe d'opposition, M. le député d'Hochelaga.
Rendre hommage à M. Jean Dorion et offrir des
condoléances à sa famille et à ses proches
M. Leduc : Merci, M. le
Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée pour présenter la
motion suivante conjointement avec le député de Blainville, la députée de Notre-Dame-de-Grâce,
la députée de Terrebonne et le député de Rosemont :
«Que l'Assemblée nationale rende hommage à
Jean Dorion, sociologue, militant indépendantiste de la première heure et
ancien député du Bloc québécois, décédé le 23 janvier dernier;
«Qu'elle souligne son engagement
indéfectible envers le Québec, notamment à la tête de la Société
Saint-Jean-Baptiste de Montréal, où il a défendu la langue française, mis sur
pied le Prix du Mérite en histoire dédié aux élèves s'étant démarqués par
l'obtention d'une moyenne de 95 % et plus en histoire de 4e secondaire, relancé
le défilé de la fête nationale et contribué à faire vivre un mouvement national
ancré dans la société civile;
«Qu'elle rappelle que son parcours fut
guidé par un souverainisme profondément ancré dans la démocratie, la culture et
le dialogue, et qu'il a su défendre une vision inclusive de l'identité
québécoise, notamment à travers la publication de son livre Inclure : quelle
laïcité pour le Québec?;
«Qu'elle exprime ses plus sincères
condoléances à sa conjointe, à ses cinq enfants, ainsi qu'à ses proches et à
toutes celles et ceux qui ont marché à ses côtés pour un Québec libre, juste et
ouvert sur le monde.» Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Lévesque (Chauveau) : ...consentement
pour un débat de deux minutes de rigueur par intervenant, dans l'ordre suivant :
le député d'Hochelaga-Maisonneuve, le député de Blainville, la députée de Notre-Dame-de-Grâce
et la députée de Terrebonne.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Alors, je comprends qu'il y a un consentement pour un débat de rigueur et
qui commencerait par, comme premier intervenant, M. le député d'Hochelaga.
M. Alexandre Leduc
M. Leduc : Merci, M. le
Président. J'aimerais d'abord saluer, dans les gradins, la famille de M. Jean
Dorion, sa conjointe, Hiromi Tsunezuka, et son fils Émile Dorion, ainsi que la
successeure de M. Dorion à la direction de la Société Saint-Jean-Baptiste
de Montréal, Mme Marie-Anne Alepin. Bonjour.
C'est avec une grande tristesse que nous
avons appris le décès de M. Jean Dorion le 23 janvier dernier. M. Dorion
a toujours porté une vision d'un nationalisme inclusif. Il était, pour
plusieurs militants et militantes, une grande source d'inspiration, notamment
au sein de ma famille politique. C'est un grand Québécois qui nous quitte, un
militant de la première heure du mouvement indépendantiste, ayant participé au
RIN dans les années 60.
Plus tard dans son parcours, il a fait son
chemin jusqu'au cabinet des ministres Jacques Couture et Gérald Godin pour
mener une politique d'immigration inclusive et appliquer la nouvelle loi 101.
Jean Dorion défendait l'idée qu'aller vers les gens issus de l'immigration et
de s'en faire des amis était la meilleure façon de les guider dans le
développement de leur identité québécoise. Alors que les débats sur la place de
l'immigration et de la laïcité ont pris une plus grande place dans l'espace
public, il a toujours défendu une vision d'un Québec qui tend la main et qui
fait une place à la table pour ceux et celles qui nous rejoignent. Son essai Inclure :
quelle laïcité pour le Québec? a marqué de manière constructive le débat
sur la laïcité au Québec.
Il a été délégué général du Québec au
Japon dans les années 90. Il aura même mérité la médaille de l'Ordre du
Soleil Levant, l'une des plus grandes distinctions offertes par le Japon, et
donc la preuve que son passage ne laissait personne indifférent.
Son militantisme à la présidence générale
de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal ainsi que de la fête nationale a
notamment été marqué par le retour du grand défilé de la Saint-Jean après 20 ans
d'absence et la mise sur pied du Prix Mérite en histoire, dédié aux élèves s'étant
démarqués par l'obtention d'une moyenne de 95 % et plus en histoire du
quatrième secondaire. Son tour du chapeau militant culmine par son élection
comme député du Bloc québécois dans le comté de Longueuil—Pierre-Boucher en
2008.
J'ai assisté à ses funérailles à la Maison
Ludger-Duvernay, à Montréal, et j'ai été marqué par la qualité, la quantité et
la beauté des éloges et témoignages à son égard. En plus d'être un citoyen
exemplaire, c'était visiblement aussi un bon père et surtout un bel humain.
En terminant, je souhaite offrir mes plus
sincères condoléances à sa famille et à ses proches. Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député d'Hochelaga.
La prochaine <intervention...
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
...merci, M. le député
d'Hochelaga.
La prochaine >intervention
revient à M. le député de Blainville.
M. Mario Laframboise
M. Laframboise : Merci,
M. le Président. C'est avec beaucoup d'émotion que je rends hommage,
aujourd'hui, à M. Jean Dorion, décédé le 23 janvier dernier.
Sociologue de formation, Jean Dorion aura consacré sa vie à la défense et la
promotion du Québec. Il faisait partie de ces hommes pour qui l'engagement
n'était pas une posture, mais une conviction profonde, réfléchie, assumée.
Élu député du Bloc québécois à la Chambre
des communes, il a porté la voix du Québec à Ottawa avec rigueur et
détermination. J'ai eu le privilège de siéger avec lui à Ottawa. J'ai pu
constater de près son sens du devoir, sa loyauté envers ses valeurs et son
profond respect des institutions démocratiques. Avec sa verve légendaire et son
français impeccable, il intervenait toujours avec sérieux, animé par le désir
sincère de faire avancer le Québec.
Au-delà de la colline Parlementaire, Jean
Dorion a aussi représenté le Québec à l'étranger, notamment à Tokyo, à titre de
délégué général. Là encore, il a contribué à faire rayonner notre nation, à
tisser des liens et affirmer l'existence de l'ambition du Québec sur la scène
internationale.
Jean Dorion laisse derrière lui l'héritage
d'un homme engagé. Il aura été de ceux qui ont consacré leur parcours à la
défense de notre langue, de notre culture et de notre avenir collectif. À sa
famille, à ses proches et à tous ceux qui ont milité à ses côtés, j'offre, au
nom du gouvernement du Québec, mes plus sincères condoléances.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de Blainville.
Et je reconnais maintenant Mme la députée
de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme Désirée McGraw
Mme McGraw : Merci, M.
le Président. Nous prenons aujourd'hui la parole pour rendre un hommage sincère
à M. Jean Dorion, sociologue, diplomate, député et homme d'engagement, qui
a marqué la vie publique québécoise. Homme de conviction, il a consacré sa
carrière à défendre la vitalité de la langue française et à nourrir le débat
démocratique.
Deux fois président de la Société
Saint-Jean-Baptiste de Montréal, il a contribué de manière déterminante au
rayonnement de notre culture et de notre langue commune. On lui doit notamment
le retour du défilé de la fête nationale, un geste important qui a ravivé
l'esprit rassembleur de cette célébration.
Son engagement a également dépassé nos
frontières. Délégué général du Québec à Tokyo de 1994 à 2000, il a oeuvré au
rapprochement entre le Québec et le Japon, renforçant les liens culturels,
économiques et institutionnels. Cette contribution lui a d'ailleurs valu l'Ordre
du Soleil Levant, distinction très prestigieuse du gouvernement japonais.
Convaincu du rôle essentiel de l'histoire,
il rappelait que la mémoire partagée cultive la confiance d'un peuple en son
avenir. Lorsqu'il s'est penché sur la question de la laïcité dans son ouvrage Inclure :
quelle laïcité pour le Québec?, on retrouvait cette même cohérence, une
volonté d'apaiser plutôt que de diviser, de proposer une réflexion ouverte,
nuancée, guidée par la recherche d'équilibre, de justice et d'inclusion,
effectivement de créer un sentiment d'appartenance et de confiance chez tous
les Québécois et toutes les Québécoises, peu importent leurs origines.
Nous saluons la contribution
exceptionnelle de M. Dorion et nous offrons nos plus sincères condoléances
à sa famille et à ses proches. Que son souvenir demeure vivant. Merci.
• (11 h 10) •
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Et je cède maintenant la parole à Mme la
députée de Terrebonne.
Mme Catherine Gentilcore
Mme Gentilcore : Merci,
M. le Président. Jean Dorion a fait partie de cette génération de penseurs qui
ont refondé le Québec. Il est, avec d'autres sociologues engagés comme Fernand
Dumont et Guy Rocher, l'un des architectes de la Révolution tranquille.
Jean Dorion est tout particulièrement cher
à la mémoire de ma formation politique. Membre fondateur du Parti québécois, il
était déjà engagé pour l'indépendance nationale aux côtés de Pierre Bourgault
avant même que René Lévesque fonde notre mouvement, et tout le monde, tant au
Parti québécois que chez nos collègues du Bloc québécois, peut témoigner que la
ferveur de son engagement de la toute première heure ne s'est jamais refroidie.
Toute sa vie, Jean Dorion a été un
compagnon de route de tous les indépendantistes, de tous les nationalistes, de
tous les défenseurs de la langue française au Québec. Il a défendu les causes
du Québec, de ses valeurs et de la langue française pendant toute sa carrière,
aussi bien dans les cabinets de Gérald Godin et de Jacques Couture dans les
années 70 et 80 que pendant son mandat comme président de la Société
Saint-Jean-Baptiste. Il a porté la voix et défendu les intérêts des Québécois
autant à la Chambre des communes comme fier député du Bloc québécois qu'en
poste comme délégué général du Québec <à Tokyo...
Mme Gentilcore :
…à
la Chambre des communes, comme fier député du Bloc québécois, qu'en poste comme
délégué général du Québec >à Tokyo.
Après tant d'années de dévouement au
service public, Jean Dorion laisse dans toutes les mémoires le souvenir d'un
homme engagé, d'un véritable humaniste et d'un bâtisseur du Québec moderne. Au
nom du Parti québécois, j'aimerais donc adresser mes plus sincères condoléances
à ses proches. Merci, M. Dorion. Merci, M. le Président.
Mise aux voix
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Terrebonne. Alors, cette motion est-elle adoptée?
Des voix
: Adopté.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Oui?
Une voix : ...
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci beaucoup, M. le leader, de le demander.
Donc, nous allons observer une minute de
silence à la mémoire de M. Jean Dorion.
• (11 h 13 — 11 h 14) •
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Je vous remercie. M. le leader, oui?
M. Cliche-Rivard :
J'aimerais qu'une copie de la motion soit envoyée à la famille ainsi qu'à la Société
Saint-Jean-Baptiste de Montréal, s'il vous plaît.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Ce sera fait, M. le leader.
Et la prochaine motion revient au
troisième groupe d'opposition, et je reconnais M. le député d'Arthabaska.
Demander au gouvernement fédéral de mettre en place
une enquête publique et indépendante sur les contrats informatiques fédéraux
M. Boissonneault : Merci,
M. le Président. Je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée
afin de présenter, conjointement avec le député de Jean-Lesage, la motion
suivante :
«Que l'Assemblée nationale exprime sa
profonde préoccupation quant à la gestion faite par le gouvernement fédéral des
projets informatiques Phénix, ArriveCAN et Cúram;
«Qu'elle constate que le projet Phénix,
initialement budgété à 309 millions de dollars, a finalement coûté
5,5 milliards de dollars, que le projet ArriveCAN, initialement budgété à
80 000 dollars, a coûté 60 millions de dollars et que le projet
Cúram, initialement budgété à 1,75 milliard de dollars, a finalement coûté
6,6 milliards de dollars;
«Qu'elle rappelle que les dépassements de
coûts significatifs des projets informatiques du gouvernement fédéral sont un
gaspillage des taxes et impôts payés par les contribuables québécois;
«Par conséquent, qu'elle demande au
gouvernement fédéral de mettre en place une enquête publique et indépendante
sur les contrats informatiques fédéraux.»
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Lévesque (Chapleau) :
...sans débat, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Il y a consentement, sans débat. M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Moi,
j'aimerais qu'on tienne un vote électronique, s'il vous plaît.
Mise aux voix
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Un vote électronique a été demandé. La période de vote est ouverte.
La période de vote est terminée. Mme la
secrétaire générale.
La
Secrétaire : Pour : 107
Contre : 0
Abstentions : 0
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Cette motion est donc adoptée. M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : M. le
Président, j'aimerais que copie de cette motion soit transmise à la Chambre des
communes, au cabinet du premier ministre du Canada ainsi qu'aux chefs des
partis politiques représentés au Parlement du Canada.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Ce sera fait, M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
Et la prochaine motion revient au
gouvernement, et je reconnais M. le premier ministre.
Exprimer la solidarité de l'Assemblée envers le
peuple ukrainien
M. Legault : Oui. Merci,
M. le Président. Donc, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
présenter la motion suivante conjointement avec le chef de l'opposition
officielle, la cheffe du deuxième groupe d'opposition, le chef du troisième
groupe d'opposition, les députés de Taillon, Rimouski, Saint-Laurent et
Rosemont :
«Que l'Assemblée nationale du Québec
rappelle <que, depuis...
M. Legault :
...les
députés de
Taillon,
Rimouski,
Saint-Laurent et
Rosemont :
«Que l'Assemblée nationale du Québec
rappelle >que, depuis quatre ans, l'invasion de l'Ukraine par la Russie
engendre de terribles conséquences humaines et matérielles;
«Qu'elle réaffirme toute sa solidarité
envers le peuple ukrainien et les Québécois d'origine ukrainienne;
«Qu'elle salue la résilience admirable du
peuple ukrainien;
«Qu'elle réitère l'importance de poursuivre
les efforts internationaux d'aide à l'Ukraine, notamment pour sa défense et sa
reconstruction;
«Qu'elle réaffirme son soutien au respect
de l'intégrité territoriale de l'Ukraine et aux valeurs de démocratie et d'État
de droit;
«Qu'elle soutient l'importance d'un
dénouement diplomatique à cette guerre pour parvenir à une paix durable, avec
des garanties de sécurité, et négociée par toutes les parties;
«Qu'enfin, l'Assemblée nationale observe
une minute de silence à la mémoire des victimes de cette invasion.»
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Lévesque (Chauveau) : ...M.
le Président, il y a consentement pour un débat de trois minutes de
rigueur par intervenant dans l'ordre suivant : le premier ministre, le
chef de l'opposition officielle, le député de Laurier-Dorion et le député de Jean-Talon.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Alors, je comprends qu'il y a un consentement afin qu'il y ait un débat de
trois minutes, et je commencerai par céder la parole à M. le premier
ministre.
M. François Legault
M. Legault : Oui. Merci,
M. le Président. Donc, quatre ans après l'invasion de Vladimir Poutine, le
peuple ukrainien lutte toujours pour sa liberté, il résiste toujours à cette
attaque qui viole le droit international, et le Québec est toujours derrière
l'Ukraine.
Aujourd'hui, on souligne le courage, la
détermination, la résilience des Ukrainiens. La guerre, malheureusement, a déjà
fait des centaines de milliers de morts. Donc, j'ai une pensée pour tous ceux
qui ont perdu leur vie, mais aussi pour tous ceux qui ont perdu un être cher.
Donc, au nom des Québécois, je réitère
notre appui à l'aide civile, humanitaire et militaire que le gouvernement du
Canada apporte à l'Ukraine. On appuie aussi les sanctions contre la Russie de
Poutine.
Je veux saluer le consul honoraire
d'Ukraine à Montréal, Eugène Czolij, oui, qui est rendu notre ami, là, qu'on
commence à bien connaître. Je veux le saluer, saluer aussi toute la délégation
qui l'accompagne, dans nos tribunes. Et je veux l'assurer que le Québec va
toujours être aux côtés de l'Ukraine, tant qu'il va le falloir, pour que cette
agression arrête, pour que les Ukrainiens retrouvent la paix et la liberté. «Slava
Ukraini!»
•
(11 h 20) •
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le premier ministre. La parole revient maintenant au chef de
l'opposition officielle.
M. André Fortin
M. Fortin :Aujourd'hui, aujourd'hui, M. le Président, on se lève pour
exprimer notre soutien au peuple ukrainien. On se lève pour souligner la
résilience, le courage, la détermination, la fierté, la droiture des
Ukrainiens, des gens qui continuent, malgré toutes leurs difficultés
quotidiennes, à se battre, à défendre leur pays et à mener un combat pour leur
liberté. On se lève parce que, depuis quatre ans déjà, 6 millions
d'Ukrainiens ont dû quitter leur pays, fuir leur pays, leur patrie, bien malgré
eux, M. le Président, car personne ne devrait avoir à quitter sa résidence, sa
terre, son pays à cause de guerres insensées. On se lève parce que, depuis
quatre ans déjà, les enfants ukrainiens grandissent dans la guerre, jamais
en parfaite sécurité, jamais à l'abri d'attaques. On se lève parce que, depuis
quatre ans déjà, plus de 100 000 soldats ukrainiens sont
décédés, plus de 15 000 civils ukrainiens ont péri, et on a arraché <la
vie...
M. Fortin :
...ont péri, et on a arraché >la vie à près
de 200 enfants de la nation, un destin injuste, des conséquences
irrécupérables, fruit d'une invasion traître et d'actions militaires illégales
de la part du pays voisin.
Bien, M. le Président, il nous incombe
encore aujourd'hui de rappeler notre soutien total à l'intégrité territoriale
de l'Ukraine. Mais autant il est important de souligner l'incroyable résistance
de l'Ukraine, autant il est terrifiant de constater que plus le temps passe,
plus cette guerre devient une guerre d'usure, avec une résolution claire de
moins en moins certaine, les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité,
les frappes aériennes sur des villes, sur des civils, des attaques contre les
infrastructures d'énergie qui plongent des régions entières dans le noir, dans
le froid, tout ça, M. le Président, parce que la Russie veut conserver sa place
sur l'échiquier géopolitique mondial.
Alors, oui, nous réitérons l'appui formel,
infaillible du Parti libéral du Québec, mais de l'ensemble de notre Assemblée à
l'Ukraine et à sa quête pour une solution durable, et nous offrons notre
soutien indéfectible au peuple ukrainien et à toute la communauté ici, au
Québec, qui, encore, quatre ans plus tard, se lève tous les jours inquiets pour
leurs proches. «Slava Ukraini!»
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le chef de l'opposition officielle. Et je reconnais maintenant M. le
député de Laurier-Dorion.
M. Andrés Fontecilla
M. Fontecilla : Merci,
M. le Président. Il y a quatre ans, l'invasion de l'Ukraine par la Russie a replongé
l'Europe et le monde dans une guerre d'une brutalité que l'on croyait
appartenir au passé. Depuis, des dizaines de milliers de vies ont été perdues,
des villes ont été détruites et des millions de personnes ont été contraintes
de fuir leur foyer. Mais derrière ces chiffres, il y a des visages, des
histoires de familles, des enfants qui grandissent au son des sirènes, des
bombes qui touchent leurs cibles et le bruit du vol des drones, des parents qui
vivent dans l'angoisse quotidienne, des personnes âgées déracinées après toute
une vie bâtie dans leurs communautés. Cette guerre, comme toutes les guerres,
est d'abord et avant tout une tragédie humaine. Aujourd'hui, l'Assemblée
nationale du Québec réaffirme sa solidarité envers le peuple ukrainien, un peuple
qui, malgré l'horreur, continue de défendre sa liberté, sa démocratie et son
droit de décider de son avenir. Nous pensons aussi aux Québécoises et Québécois
d'origine ukrainienne, pour qui cette guerre n'est pas lointaine. Elle est
vécue dans l'inquiétude pour leurs proches, dans le deuil et dans l'espoir.
Nous saluons la résilience extraordinaire du peuple ukrainien, résilience des
civils qui maintiennent la vie quotidienne malgré les bombardements, résilience
des travailleurs et travailleuses qui continuent de faire fonctionner les
services essentiels, résilience d'une société qui refuse de disparaître. Cette
solidarité doit s'accompagner d'un engagement clair de la communauté
internationale. La paix durable ne se construira pas seulement avec des armes
déposées, elle se construira aussi avec des écoles rebâties, des
infrastructures restaurées et des communautés réunies.
Nous réaffirmons également notre
attachement au respect de l'intégrité territoriale et du droit international.
Le respect du droit international, c'est aussi le respect de la souveraineté
des États, de leur intégrité territoriale et du droit des peuples à disposer
d'eux-mêmes. Ces principes ne sont pas abstraits, ils sont la condition
minimale pour que les relations entre les nations reposent sur des règles
plutôt que sur la loi du plus fort. Mais nous devons aussi affirmer une vérité
fondamentale : aucune population ne devrait être condamnée à vivre
indéfiniment dans la guerre. L'objectif doit rester une paix juste et durable,
une paix qui garantisse la sécurité de l'Ukraine, qui respecte sa souveraineté
et qui soit négociée de manière crédible par toutes les parties concernées. La
diplomatie n'est pas un signe de faiblesse, elle est la condition nécessaire
pour mettre fin aux souffrances.
Aujourd'hui plus que jamais, le Québec se
tient du côté des peuples, du côté du droit, du côté de la paix. Et surtout
nous nous souvenons. Nous nous souvenons des victimes civiles, des soldats, des
enfants, des familles entières dont les vies ont été brisées par cette
invasion. Leur mémoire nous oblige à ne pas détourner le regard. «Slava
Ukraini!». Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de Laurier-Dorion. Et je cède maintenant la parole à M. le
député <de Jean-Talon...
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
...merci, M. le député de
Laurier-Dorion. Et je cède
maintenant la parole à M. le député >de Jean-Talon.
M. Pascal Paradis
M. Paradis :
Je me
souviens, c'est notre devise. Je me souviens que le 24 février 2022,
la Russie a lancé une agression à grande échelle contre l'Ukraine. Je me
souviens que ce n'était pas le début de la guerre en Ukraine, la Russie ayant
envahi la Crimée en 2014. Je me souviens de la longue histoire de la résistance
de l'Ukraine contre l'envahisseur russe. Je me souviens du massacre de Boutcha
et de tous les crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis par la
Russie, dont les attaques indiscriminées contre les civils, les écoles et les
hôpitaux.
Je me souviens des victimes de ces crimes
internationaux, dont les centaines de milliers de civils et militaires tués,
ainsi que les 6 millions de réfugiés ukrainiens. Je me souviens des
milliers d'enfants ukrainiens kidnappés par les Russes et toujours disparus. Je
me souviens que les territoires occupés, y compris dans les régions de la
Crimée, de Kherson, de Zaporijjia, de Donetsk, de Louhansk et de Kharkiv
appartiennent toujours à l'Ukraine. Je me souviens que l'Ukraine se bat pour sa
liberté et son indépendance. Je me souviens que l'Ukraine tient tête avec
courage à l'une des plus importantes puissances militaires du monde. Je me
souviens que nos seuls vrais alliés, nos seuls vrais partenaires stratégiques
dans le monde sont ceux qui ont un attachement sincère à la liberté et aux valeurs
démocratiques, ceux qui appuient l'Ukraine.
Et parce que je me souviens, j'exprime mon
admiration pour la résistance et la résilience de l'Ukraine. Je rends hommage
aux Ukrainiennes et aux Ukrainiens, qui, au péril de leur vie, luttent pour
leur droit à l'autodétermination et à l'existence nationale, parce que mieux
vaut mourir debout que vivre à genoux. Je salue les Ukrainiennes et les
Ukrainiens qui sont désormais parmi nous, au Québec, mais qui craignent pour
les leurs restés en Ukraine.
Je nous appelle à joindre les actes à la
parole de façon à renforcer le camp de la paix et de la démocratie contre la
guerre et l'autoritarisme. Je nous appelle à bâtir et maintenir nos alliances
de façon à assurer que la paix mondiale ne puisse pas être menacée par des
tyrans tels que Vladimir Poutine. Je nous appelle à faire en sorte qu'il n'y
ait pas de décisions concernant l'Ukraine sans l'Ukraine à la table. Je nous
appelle à ne jamais fléchir dans notre appui à la liberté et à l'indépendance
de l'Ukraine. Vive l'Ukraine libre! «Slava Ukraini!»
Mise aux voix
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de Jean-Talon.
Alors, cette motion est-elle adoptée?
Des voix
: Adopté.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Nous allons maintenant observer une minute de silence, en solidarité avec le
peuple ukrainien, avec les Québécois d'origine ukrainienne.
• (11 h 30 — 11 h 31) •
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Je vous remercie.
Et la prochaine motion revient à
l'opposition officielle, et je reconnais M. le leader de l'opposition
officielle.
M. Tanguay : M. le
Président, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la
motion suivante conjointement avec la députée de Laporte et la députée de
Chomedey :
«Que l'Assemblée nationale reconnaisse
qu'il serait malavisé de tenir un référendum sur l'avenir politique du Québec
dans un contexte de turbulences économiques.»
Des voix : ...
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
S'il vous plaît! S'il vous plaît! Y a-t-il consentement pour débattre <de
cette motion...
>
11 h 30 (version révisée)
< Des voix :
...
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
S
'il vous plaît!
S'il vous plaît!
Y a-t-il
consentement
pour débattre >de cette motion?
Une voix : ...
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Il n'y a pas de consentement, alors nous poursuivons les travaux.
Avis touchant les
travaux des commissions
Nous sommes rendus maintenant aux avis
touchant les travaux des commissions. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : ...cette
Assemblée que la Commission de l'économie et du travail poursuive l'étude
détaillée...
Des voix : ...
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Attendez, attendez, attendez. M. le leader, un instant. S'il vous plaît, collègues!
S'il vous plaît!
Des voix : ...
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
S'il vous plaît! Les travaux sont en cours. S'il vous plaît! Poursuivez, M. le
leader adjoint.
M. Lévesque (Chapleau) : Merci
beaucoup, M. le Président. Et donc j'avise cette Assemblée que la Commission de
l'économie et du travail va poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 3, la Loi visant à améliorer la transparence, la
gouvernance et le processus démocratique de diverses associations en milieu de
travail, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
13 heures et de 15 heures à 18 h 30, à la salle
Marie-Claire-Kirkland;
La Commission des finances publiques va
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 5,
la Loi visant à accélérer l'octroi des autorisations requises pour la
réalisation des projets prioritaires et d'envergure nationale, aujourd'hui,
après les affaires courantes jusqu'à 13 heures, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission des finances publiques va
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 7,
la Loi visant à réduire la bureaucratie, à accroître l'efficacité de l'État et
à renforcer l'imputabilité des hauts fonctionnaires, aujourd'hui, de 15 heures
à 18 h 30, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission de la culture et de
l'éducation va poursuivre les consultations particulières et les auditions
publiques sur le projet de loi n° 10, la Loi
protégeant les consommateurs contre les pratiques abusives de revente de
billets et de renouvellement d'abonnements en ligne, aujourd'hui, après les
avis touchant les travaux des commissions jusqu'à 12 h 50 et de 15 heures
à 17 h 25, à la salle Pauline-Marois;
La Commission des relations avec les
citoyens va poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 9,
la Loi sur le renforcement de la laïcité au Québec, aujourd'hui, après les
affaires courantes jusqu'à 13 heures et de 15 heures à 18 h 30,
à la salle Louis-Joseph-Papineau.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le leader adjoint du gouvernement. Pour ma part, je vous avise
que la Commission de l'économie et du travail se réunira en séance de travail
le jeudi 26 février 2026, de 8 heures à 8 h 30, à
la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine, afin de statuer sur la possibilité
que la commission se saisisse d'un mandat d'initiative portant sur l'accompagnement
et le soutien des parents en situation de deuil périnatal.
Je vous avise également que la Commission
de l'aménagement du territoire se réunira en séance de travail le jeudi 26 février 2026,
de 8 h 30 à 9 heures, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine,
afin de statuer sur la possibilité que la commission se saisisse d'un mandat d'initiative
portant sur la civilité au sein des conseils municipaux et, plus largement, sur
la dégradation du respect envers les élus de tous les paliers de gouvernement
et les enjeux liés au harcèlement et aux menaces envers ceux-ci.
Enfin, je vous avise que la Commission des
institutions se réunira en séance de travail, le jeudi 26 février 2026
à la salle RC.171 de 8 heures à 8 h 30, afin de statuer sur
la possibilité que la commission se saisisse d'un mandat d'initiative portant
sur l'impact de la criminalité organisée et de l'extorsion dans l'industrie des
bars et des restaurants au Québec et, de 8 h 30 à 9 heures, afin
de statuer sur la possibilité que la commission se saisisse d'un mandat d'initiative
portant sur la situation de la traite des personnes au Québec.
La période des affaires courantes étant
terminée, nous allons maintenant passer aux affaires du jour.
Une voix : ...
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Oui, M. le leader.
Une voix : ...
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Oui, allez-y.
M. Tanguay : M. le Président,
renseignements sur les travaux de ce qui est à l'agenda du gouvernement, nous
aimerions savoir, question toute simple : Est-ce que le gouvernement a
compris quelque chose hier? Le gouvernement va-t-il faire cheminer le projet de
loi n° 496 pour reconnaître le papillon amiral blanc?
Va-t-il faire cheminer ça en article par article ou il a compris puis il ne va
pas l'appeler cette semaine, M. le Président?
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : ...beaucoup,
M. le Président. Peut-être une réponse au collègue de l'opposition officielle,
là. Je pense qu'il a manqué une bonne game cette semaine. D'ailleurs, on débat
et on discute de plusieurs projets de loi, autant dans les commissions qu'ici,
au salon rouge. Quelques exemples. Le projet de loi n° 1
visait à doter le Québec d'une constitution, le projet de loi n° 3,
sa démocratie syndicale, le projet de loi n° 7, sur l'allègement
de la bureaucratie, le projet de loi n° 9, sur le
renforcement de la laïcité, le projet de loi... le projet de loi n° 11,
sur l'allègement réglementaire, le projet de loi n° 13,
sur la sécurité, M. le Président, et j'en passe. Donc, il y a d'immenses et de
nombreuses priorités, au gouvernement, sur lesquelles on travaille, ce qui ne
nous empêche pas de <travailler...
M. Lévesque (Chapleau) :
...ce qui ne nous empêche pas de >travailler aussi sur d'autres
dossiers. Merci beaucoup, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Une dernière intervention. Allez-y, monsieur.
M. Tanguay : La question est
toute simple : Oui ou non, papillon?
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Alors, je vous invite, à ce moment-là, M. le leader, à poursuivre la discussion
afin d'arriver à des ententes pour poursuivre nos travaux.
Affaires du jour
Alors, pour l'instant, je vais retourner à
M. le leader adjoint du gouvernement pour la suite des travaux.
M. Lévesque (Chauveau) : Merci
beaucoup, M. le Président. Et je demande de bien vouloir appeler l'article 1 du
feuilleton, s'il vous plaît.
Projet de loi n° 1
Adoption du principe
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
À l'article 1 du feuilleton, M. le ministre de la Justice et ministre
responsable des Relations canadiennes propose l'adoption du principe du projet
de loi n° 1, Loi constitutionnelle de 2025 sur le
Québec. Je reconnais, dans un premier temps, M. le ministre de la Justice.
M. Simon Jolin-Barrette
M. Jolin-Barrette : Merci, M.
le Président. Chers collègues, la semaine dernière se sont conclues les
consultations publiques sur le projet de loi n° 1, Loi constitutionnelle
de 2025 sur le Québec. Ces consultations ont été les plus vastes de la présente
décennie. Ce n'est pas banal, M. le Président, plus de 300 intervenants
ont participé aux consultations, plus de 200 groupes sont venus présenter
leurs mémoires et échanger avec les députés en commission parlementaire, une
consultation large, vaste, où on a entendu tout le monde, M. le Président. Elles
ont... elles nous ont permis d'entendre des groupes issus de divers
horizons : citoyens, professeurs, organismes communautaires, société
civile, et j'en passe.
D'ailleurs, je tiens une fois de plus à
remercier tous ceux et celles qui sont venus et qui se sont prêtés à cet exercice
fort utile. Nous avons entendu des citoyens, M. le Président. Toute la
population québécoise était convenue. Nous avons eu droit à un vaste éventail
de points de vue et à de nombreuses recommandations que nous aurons l'occasion
d'analyser.
Quoi qu'on en dise, ces consultations
témoignent d'un engouement certain pour le projet de Constitution du Québec. On
pense souvent à tort que le débat constitutionnel n'intéresse plus les
Québécois. Or, nous avons pu le constater, M. le Président, qu'il anime encore
bien des cœurs et qu'il revisite et ressuscite un intérêt qui était caché, M.
le Président, et qui était en dormance. Si les débats des dernières semaines
ont prouvé quelque chose, c'est que les questions constitutionnelles sont
fondamentales et importantes pour la nation québécoise.
Nous avons entendu des témoignages en
faveur du projet de Constitution et des commentaires qui ne vont pas dans le
même sens que le projet que nous proposons aux Québécois, et c'est tout à fait
normal. Le processus d'adoption des lois au Québec est profondément
démocratique et permet de faire entendre une pluralité de voix et d'avoir des
débats d'idées. Je pense, M. le Président, que les consultations générales du
projet de loi n° 1 en sont le meilleur exemple.
Le projet d'une Constitution pour le
Québec n'est pas nouveau. Elle a été longtemps souhaitée, longuement discutée.
Elle a même été tentée, mais jamais réalisée. Ce que nous proposons aux
Québécois, c'est de corriger ce qu'on peut qualifier d'anomalie historique. M. Antonin-Xavier
Fournier, de l'organisme Droits collectifs Québec, l'a d'ailleurs rappelé lors
de son passage en commission, vous me permettrez de le citer : «Il y a
plus de 100 États fédérés à travers le monde qui ont leur propre
Constitution. Alors, c'est une anomalie, en quelque sorte, que, dans un État
plurinational comme le Canada, le Québec ne puisse pas avoir sa propre
Constitution.»
J'ajouterais à cela, M. le Président,
qu'il est d'autant plus anormal qu'une partie de nos textes fondateurs se
retrouve à Ottawa, dans une forme à laquelle nous n'avons jamais adhéré. Nous
ne pouvons plus tolérer que le seul texte constitutionnel dans lequel les
Québécois doivent tenter de se reconnaître soit la Loi constitutionnelle de
1982, adoptée sans l'assentiment du Québec. Il est plus que nécessaire de
regrouper dans un texte profondément québécois les fondements de notre État et
de notre existence comme nation.
L'étude détaillée sera l'occasion de
constater que le projet de loi n'est que le reflet de plusieurs grandes
avancées de... et de réalisations collectives dont nous pouvons être fiers.
Pensons notamment à la charte québécoise des droits et libertés de la personne,
à la loi 101, bonifiée par le projet de loi n° 96, ou encore à la
loi n° 21.
Permettez-moi, d'ailleurs, de citer à cet
égard le Pr François Côté, qui a affirmé, lors des consultations, que «le
projet de Constitution, le projet de loi n° 1, en ce
sens, est une entreprise ambitieuse, légitime et nécessaire qui va permettre de
formaliser la réalité qui est que le Québec, en tant qu'État, soit doté
jusqu'ici d'un ensemble de lois, de normes, de règles, de coutumes et d'usages
à valeur quasi constitutionnelle qui n'attendaient que d'être formellement
reconnus pour pouvoir s'élever dans le grand ordre constitutionnel de cette
fédération».
• (11 h 40) •
Je le dis et je le répète, M. le
Président, la Constitution, c'est d'abord un outil pour protéger les Québécois,
protéger les droits, l'identité et les spécificités de la nation québécoise.
Elle renforcera nos institutions, notre caractère distinct et notre vision des
droits et libertés, et notamment elle renforcera notre Assemblée nationale, et
surtout elle propose de rassembler tous les Québécois, qu'ils soient
originaires d'ici ou d'ailleurs, autour de nos valeurs communes.
D'ailleurs, je tiens à le réitérer en ces
murs, la Constitution reconnaît les 11 nations autochtones avec qui nous
partageons le territoire du Québec ainsi que leurs droits ancestraux ou issus
de traités. Elle reconnaît aussi les institutions de la communauté québécoise
d'expression anglaise et n'affecte en rien leurs droits. Comme l'a souligné le
Pr Guy Laforest, au <Québec, on parle de ces choses-là depuis
quatre ou cinq décennies. Donc, il me semble clair que le gouvernement...
M. Jolin-Barrette :
...en rien leurs droits. Comme l'a souligné le professeur Guy Laforest, au >Québec,
on parle de ces choses-là depuis quatre ou cinq décennies. Donc, il me semble
clair que le gouvernement a toute la légitimité d'agir sur ce front-là.
Avec le projet de loi n° 1, M. le
Président, nous mettons la balle au jeu, nous ouvrons un dialogue avec
l'ensemble des parlementaires et nous faisons une proposition constitutionnelle
concrète aux Québécois. Nous avons ouvert la discussion avec les Québécois.
Le projet de Constitution ne clôt pas le
débat, il propose plutôt de l'entamer. Le texte que nous vous proposons est un
point de départ. Ce que nous proposons à cette Assemblée, c'est de saisir une
image du cadre constitutionnel québécois tel qu'il est aujourd'hui sans pour
autant le cristalliser à jamais. Les parlementaires, au nom des Québécois et
des Québécoises, sauront, j'en suis persuadé, continuer à faire vivre cette
Constitution pour les décennies à venir.
Comme l'a souligné le Mouvement national
des Québécois et des Québécoises, dans certains cas, et nous pensons que nous
sommes devant un tel cas, il est dans notre intérêt national de dépasser la
partisanerie, de faire les efforts nécessaires pour arriver à des compromis,
déposer des amendements, suggérer des flexibilités et des ouvertures.
Vous me permettrez, M. le Président, de
faire miennes ces sages paroles et d'inviter mes collègues des oppositions à
faire preuve d'ouverture dans les prochaines semaines, alors que nous
entamerons l'étude détaillée du projet de loi. Il en va de l'intérêt de la
nation québécoise, M. le Président. Et ce serait une erreur, M. le Président,
d'agir comme l'ont fait le Parti libéral du Québec, Québec solidaire et le Parti
québécois dans un geste de fermeture. Et, s'ils refusent de débattre, M. le
Président, et s'ils font en sorte d'allonger les procédures parlementaires pour
éviter que le texte soit adopté, M. le Président, ce serait, M. le Président,
d'une grande tristesse pour la nation québécoise. D'avoir trois formations
politiques qui priveraient le Québec d'un outil juridique et constitutionnel
pour assurer davantage d'autonomie au peuple québécois, à la nation québécoise,
ce serait une grande erreur, M. le Président, parce que ça affaiblirait le Québec.
Et le Québec a besoin de tous les outils à sa portée pour faire des gains à
l'intérieur du Canada.
Il s'agit d'un test de leadership aussi,
de transparence, d'intégrité et de franchise envers la nation québécoise. Parce
que, si le Parti libéral du Québec bloque le texte, M. le Président, ils ne
pourront se réclamer du nationalisme, ils ne pourront se réclamer de défendre
les valeurs québécoises, ils ne pourront se réclamer de leur nouveau chef,
Charles Milliard, qui souhaite tendre la main aux Québécoises et aux Québécois.
Et ça voudra dire également, M. le Président, que les régions ne seront pas
mises de l'avant par le Parti libéral du Québec.
Même chose au niveau de Québec solidaire.
Il faut écouter les gens en dehors de Montréal, M. le Président. Il ne faut pas
être montréalocentrique. Il faut faire en sorte de faire preuve d'ouverture
envers l'ensemble de la population québécoise.
Et, pour le Parti québécois, M. le
Président, il faut penser à la patrie avant le parti, M. le Président, parce
que cette Constitution-là, peu importe qu'elle vive à l'intérieur du Canada ou
à l'extérieur du Canada, elle défendra les prérogatives de la nation
québécoise, de son Assemblée nationale, de ses institutions, de ses tribunaux,
de la primauté du droit, des valeurs québécoises et de notre vivre-ensemble
collectif. Car, si nous sommes distincts, M. le Président, il faut bien
l'inscrire à quelque part. Et quoi de mieux de le faire que dans notre
Constitution québécoise? Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le ministre de la Justice. Et, prochain intervenant, je reconnais
M. le député de l'Acadie.
M. André Albert
Morin
M. Morin : Merci, M. le
Président. Alors, étape importante du projet de loi n° 1, nous sommes à
l'adoption du principe. Et ce projet de loi qui est proposé par le gouvernement
et le ministre de la Justice, en fait, comporte trois documents
législatifs : la Loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec, la Loi sur
l'autonomie constitutionnelle du Québec, la Loi sur le Conseil constitutionnel
et, par la suite, des modifications à la Loi constitutionnelle de 1867.
Dans un premier temps, M. le Président,
avant de m'attaquer au texte proposé par le gouvernement dans une constitution
caquiste, je vais faire quelques remarques globales sur ce que devrait être...
ce que <doit être ...
M. Morin :
...constitution
caquiste, je vais faire quelques remarques globales sur ce que devrait être, ce
que >doit être un véritable texte constitutionnel. Et je vous dirai
d'emblée, M. le Président, que le Parti libéral du Québec, ma formation
politique, n'est pas contre l'idée d'une constitution, bien au contraire. Et là
je vois M. le ministre, là, qui nous... qui nous fait des petits signes comme
ça, là. Mais, non, non, soyons sérieux, et je suis très sérieux, le Parti
libéral du Québec n'est pas contre l'idée d'une constitution. Il y a une
différence entre une constitution pour une nation et une constitution qui émane
d'un gouvernement caquiste. Là, on parle d'autre chose. Mais, quand on parle de
constitution, il n'y a pas de souci. Je vous dirai, M. le Président, que ça va
faire bientôt... en fait, presque 60 ans que le Parti libéral du Québec
parle de constitution.
Et je vous réfère à M. Paul Gérin-Lajoie,
qui, dès 1967, demandait un rapport au Comité des affaires
constitutionnelles de la Commission politique de la Fédération libérale du
Québec, et ce, dans le but de définir l'organisation et le fonctionnement de
l'État québécois. Paul Gérin-Lajoie voulait que le Québec occupe toute sa place
au sein de la fédération canadienne et que le Québec occupe, dans le monde,
toute sa place dans ses champs de compétence. Il voulait que le Québec, que la
nation québécoise puisse défendre ses intérêts, mais en étant rassemblés autour
d'une vision qui fait consensus. Et le mot-clé, ici, M. le Président, c'est «consensus».
Parce que, fondamentalement, une constitution, un texte constitutionnel doit
faire consensus au sein d'une population. Et donc Gérin-Lajoie voulait, avec
cette vision, suite à l'obtention d'un consensus, aider le Québec à relever les
défis qui l'attendent. Il voulait une constitution pour le Québec soumise à
l'approbation de l'ensemble du peuple québécois.
Je vous rappelle qu'on était en 1967
et ce qu'il souhaitait, évidemment... c'était un texte législatif qui allait
évidemment permettre au Québec de s'affirmer dans son développement économique,
dans la pérennité du français, dans la vitalité de la culture québécoise, dans
l'intégration des immigrants, la francisation, particulièrement dans le respect
des libertés fondamentales, une constitution qui allait traiter de domaines
aussi importants que la santé, l'éducation, la culture, l'environnement, le
logement, l'agriculture, une constitution qui allait se faire en partenariat
avec les Premières Nations et les Inuits. Et là je vous parle de travaux de
réflexion au sein de ma formation politique, le Parti libéral du Québec, depuis
les années 60.
• (11 h 50) •
Mais ce n'est pas tout. On se rappelle le
regretté Benoît Pelletier, ancien député de Chapleau, ministre, qui voulait
également adopter une constitution pour le Québec, doter le Québec d'une loi
fondamentale afin de lui permettre de se développer au sein de la fédération
canadienne.
Plus récemment, les membres du Parti
libéral du Québec, en congrès à Lévis, votaient une résolution pour doter le
Québec d'une loi fondamentale, d'une constitution, et ce, fondamentalement pour
trois raisons. D'abord, pour affirmer la place du Québec au sein de la
fédération canadienne, pour permettre aux Québécois de se définir, d'affirmer
leurs valeurs, leur identité, leur rôle au sein de la fédération canadienne,
et, bien sûr, une constitution qui allait renforcer les droits et <libertés...
M. Morin :
...qui
allait renforcer les droits et >libertés de tous les Québécois et les
Québécoises.
Une constitution qui allait rassembler
l'ensemble de la nation. Je référais, il y a quelques instants, à l'importance
d'un consensus, et c'est fondamental quand on parle d'un texte constitutionnel.
Un projet unificateur avec une vision renouvelée pour le Québec, une loi à
laquelle les Québécois et les Québécoises pourraient s'identifier, s'unir,
faire consensus. Une loi qui doit être rédigée, après de larges consultations
populaires, par un comité transpartisan composé, évidemment, de citoyens.
Je vous rappelle, M. le Président, que,
dans le rapport d'expert qui a été présenté au ministre de la Justice, le
rapport Proulx-Rousseau, rapport qui a été confectionné, réfléchi à la demande
du gouvernement et du ministre de la Justice, un des éléments hyperimportants,
c'était de dire qu'il fallait une consultation transpartisane. Donc, c'est un
élément qu'il faut retenir.
Je vous dirai également qu'il faut un
projet de constitution travaillé en amont, travaillé avec les Premières Nations
et les Inuits. Et donc une constitution, dans une vision libérale de la chose,
reposerait sur l'ensemble de ces éléments-là et, bien sûr, aurait pour effet
d'enchâsser la charte québécoise des droits et libertés de la personne et la Charte
de la langue française.
Une constitution qui mettrait de l'avant
les compétences du Québec dans le but de prévenir et d'empêcher des
empiétements du fédéral dans nos champs de compétence, une constitution qui
laisserait une grande part aux régions du Québec afin d'avoir un Québec
prospère, une constitution qui reconnaîtrait les droits des Québécois
d'expression anglaise, assurant leur droit à des services en anglais dans la
gestion de leurs institutions en éducation, en santé.
Une déclaration rédigée avec les Premières
Nations et les Inuits. Une constitution qui ferait la place à la Déclaration
des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, une constitution qui
ferait consensus.
Un consensus, quand on parle d'un texte
aussi important avec les éléments essentiels que je viens de citer, c'est la
première étape, M. le Président. Parce qu'il ne faut jamais oublier qu'une
constitution appartient au peuple. Elle est développée par le peuple, pour le
peuple. C'est ça, une véritable constitution. Et j'écoutais attentivement M. le
ministre à la toute fin de son exposé et je lui répondrai globalement qu'une
constitution du peuple c'est exactement l'inverse de ce que la CAQ nous
propose, carrément. Et il n'y a aucune ambiguïté là-dessus.
Le projet de Constitution caquiste, et
c'est comme ça que je vais l'appeler parce que c'est tout sauf une constitution
du peuple, c'est un projet de loi qui divise et qui fait tout sauf un
consensus. Et le ministre voudrait, c'est ce qu'il disait à la fin, que
l'opposition officielle, on soit d'accord avec ça. Eh bien, non, on ne peut pas
être d'accord avec ça, parce que c'est un projet qui divise. Et là, dans les
minutes qui suivent, je vais avoir l'opportunité de vous expliquer pourquoi.
Et le premier élément qui a divisé tout le
monde dans un projet de constitution rédigé dans le bureau du ministre — ce
n'est pas très transpartisan, ça, M. le Président — bien, je vais
référer, dans le projet de loi, à la loi qui <s'appelle...
M. Morin :
...ça, M.
le Président. Bien, je vais référer, dans le projet de loi, à la loi qui >s'appelle
la Constitution. À l'article 29 : «L'État protège la liberté des
femmes d'avoir recours à une interruption volontaire de grossesse.» En fait,
avec cette disposition-là, le ministre a réussi un consensus contre lui, une
levée de boucliers. Mais ce qui est particulier avec cette idée du ministre,
c'est que, peu de temps avant, sa collègue, alors qu'elle était ministre de la
Condition féminine, a songé à légiférer sur l'interruption volontaire de
grossesse. Et, à ce moment-là, les groupes de femmes, juristes, professeures,
médecins, infirmières, lui ont toutes dit : C'est une fausse bonne idée. S'il
vous plaît, ne faites pas ça, n'y allez pas. L'interruption volontaire de
grossesse, c'est un soin de santé au Canada, au Québec, c'est protégé, ne
touchez pas à ça. Qu'à cela ne tienne, le ministre de la Justice a recommencé
le même procédé, la même recette, l'inclure dans un texte législatif. Fascinant!
Pensait-il obtenir un résultat différent?
Habituellement, en cuisine, quand on fait exactement la même recette, on
obtient habituellement le même résultat, tu sais. Vous faites un gâteau, vous
allez avoir le même gâteau. C'est clair, là. Vous ne changez rien, là.
Qu'est-ce qu'il n'avait pas compris, le ministre, de sa collègue? Sa collègue,
d'ailleurs, qui a reculé puis qui a dit : Bien, écoutez, on va plutôt
travailler avec des groupes pour être capables de mettre en place des
mécanismes qui vont... qui vont assurer l'accès à l'interruption volontaire de
grossesse.
Alors, le ministre, avec son idée, a fait
en sorte que, dans les consultations populaires... Et puis on a été obligés de
forcer pour avoir des consultations générales, avec très peu de temps par
intervenant. Mais ce qu'il a réussi, c'est d'alarmer tous les groupes de
femmes, des spécialistes, des professeurs, des chercheurs, des médecins, des
infirmières. 37 groupes sont venus nous parler. Sur les 37, M. le Président, il
y en a 36 qui étaient contre cet article-là, unanimement, un pour. Et on a
entendu des femmes qui étaient apeurées, qui ne comprenaient pas, qui lui
disaient : S'il vous plaît, ne touchez pas à ça, on a déjà vécu le drame, on
ne veut pas le revivre, pour toutes sortes de bonnes raisons, mais le ministre
s'est entêté.
• (12 heures) •
On aurait pu prendre ce temps-là pour
entendre d'autres groupes, avoir plus de temps avec des groupes. Cinq, six,
sept, huit minutes par groupe, ce n'est pas très long quand on a des experts
pour parler d'un texte aussi fondamental qu'une constitution. Mais, non, le
ministre s'est entêté. Tout le monde sonnait l'alarme. Finalement, on a terminé
les consultations. L'opposition officielle, on a même demandé une session de
travail pour revenir sur la question puis essayer de faire comprendre au
gouvernement que ça n'allait pas nulle part.
Heureusement, il y a une course à la
chefferie à la CAQ. Donc, les candidats, candidates ont rappelé que ce n'était
pas une très bonne idée. Et là le ministre a reculé, reculé. Le même ministre
qui nous disait il y a quelques minutes : On espère que les libéraux puis
l'opposition officielle ne vont pas s'opposer à mon projet de loi. Bien non!
Imaginez si on n'avait rien dit. Le ministre veut avoir une caution avec ce
qu'il fait, très peu pour moi, M. le Président. On va travailler ça comme on a
fait avec l'article 29. Il y avait ma collègue la députée de
Robert-Baldwin qui m'accompagnait, qui a évidemment mené la charge, elle,
également. Et on a rencontré des groupes de femmes qui ne comprenaient pas, ne
saisissaient pas, qui étaient apeurées. Alors, ça a donné quoi? Bien, ça a
donné que le gouvernement a apeuré tout le monde, puis là il a <reculé...
>
12 h (version révisée)
<19253
M.
Morin :
...de femmes qui ne comprenaient pas, qui ne saisissaient
pas, qui étaient apeurées. Or, ça a donné quoi? Bien, ça a donné que le
gouvernement a apeuré tout le monde, puis là il a >reculé. Est-ce que c'est
ça, l'idée d'une Constitution pour la nation québécoise, M. le Président? C'est
ça, faire un... rallier les gens? Pas du tout. Ça, c'était un exercice d'alarme
pour les gens. Heureusement, ça va disparaître de là, mais il y en a combien, d'autres
articles comme ça, dans son projet de loi de Constitution caquiste? Et ça, je
tenais à le souligner.
Étonnamment, alors que les candidats,
candidates à la chefferie de la CAQ parlaient du projet de Constitution, le
ministre, lui, soutenait qu'il était souverain. Alors, le souverain a reculé, mais
que de temps avons-nous perdu en commission, mais... mais revenons... revenons
à la Constitution, revenons au processus que le ministre a décidé de mettre en
place pour consulter les gens et parlons de ce qu'il a mis en place pour aller
recueillir l'information des Premières Nations, un désastre, littéralement.
D'abord, vous regarderez le texte du
projet de loi n° 1, M. le Président, essayez de trouver un article où on
accorde des droits aux Premières Nations, vous allez chercher longtemps, il n'y
en a pas. Il y a trois considérants, c'est tout, dans le préambule. Bien sûr,
le préambule fait partie de la loi. Ça interprète la loi, ça donne un peu d'indications
sur ce que le gouvernement veut faire, mais une reconnaissance des droits des
Premières Nations, non, cherchez, vous n'en trouverez pas.
Quel désastre en consultations, d'abord,
avec le chef de l'Assemblée des Premières Nations, et je vais le répéter, M. le
Président, l'Assemblée des Premières Nations. Pourquoi? Parce que le ministre,
en commission, l'appelait le chef de l'association des Premières Nations. Ce n'est
pas... ce n'est pas un organisme à but non lucratif, ça, c'est une assemblée
délibérante de grands chefs de nations. Alors, si on veut parler de nation à
nation comme ce gouvernement nous invite à le faire, bien, il faudrait peut-être
au moins reconnaître qu'il s'agit d'une assemblée, pas d'une association, mais
ça n'a rien donné, rien donné, sept, huit minutes.
On a eu également le grand chef des
nations cries, qui sont venues nous voir, Me Murdoch, quelques minutes, le grand
chef de la nation wendat qui était là, même chose. Pensez-vous sincèrement, M.
le Président, que, pour des éléments aussi importants, dans un cadre
réglementaire assez strict, celui de nos règlements, on va être capables de
tendre la main aux Premières Nations en sept, huit minutes puis à leur dire :
Bien, écoutez, on a un texte ici, trois considérants, qu'est-ce que vous en
pensez? Bien non, ça ne fonctionne pas. Ça ne fonctionne pas comme ça. Ça ne
fonctionne pas du tout comme ça.
D'ailleurs, d'ailleurs, on a été
privilégiés, cependant, parce qu'en commission on a reçu plusieurs experts et
expertes qui sont venus nous parler de, normalement, ce qu'on devrait faire
quand on veut faire une vraie constitution, et permettez-moi, puisque je vous
parlais des Premières Nations, de référer au mémoire de la Pre Millaire, une Wendat,
professeure à l'Université de Montréal, à la Faculté de droit. Elle écrit d'emblée,
et c'est son opinion : «Le présent mémoire démontre que le projet de loi
n° 1 est inconstitutionnel tant sur la forme que sur le fond.»
Alors, c'est sûr, c'est l'opinion d'une
experte en droit autochtone, mais, pour une avocate professeure, c'est quand
même fort comme énoncé, et, moi, comme parlementaire, quand je lis ça et que je
l'entends, bien, je me dis : Attendez un instant, là, nous, là, dans l'opposition
officielle…
M. Morin : ...parlementaire,
quand je lis ça et que je l'entends, bien, je me dis : Attendez un
instant, là. Nous, là, dans l'opposition officielle, là, on regarde, on regarde
tous les projets de loi avec énormément d'attention. Et, quand on vient me dire
en commission : Écoutez, c'est probablement inconstitutionnel, puis le
ministre me dit : Bien, on espère que l'opposition officielle ne va pas
s'y opposer... Bien, voyons donc! On peut peut-être regarder la
constitutionnalité du document.
Alors, ça commence comme ça. Et par la
suite elle nous dit, et je cite son mémoire à la page 3 : «Le projet
de loi n° 1 pourrait mener à des violations graves de
droits constitutionnels — rien de moins que ça — à l'égard
des Premières Nations.» Elle nous rappelle le principe de l'honneur de la
Couronne. Eh oui, c'est un principe en droit, bien établi, qui souligne que,
quand un gouvernement négocie, que ce soit celui du Québec ou du fédéral, avec
les Premières Nations, il doit le faire avec ouverture et de bonne foi. Alors,
pour moi, l'ouverture et la bonne foi, ça se traduit par plus que six, ou sept,
ou huit minutes en commission parlementaire, avec des représentations... avec
des représentants des nations autochtones. Donc, violations graves de droits
constitutionnels.
Et elle nous rappelle la Déclaration des
Nations unies sur les droits des peuples autochtones. Et je vous rappelle, M.
le Président, que l'Assemblée nationale a adopté une motion validant ce
document. Ce n'est pas dans une loi québécoise, mais on a une motion de
l'Assemblée nationale. Et le gouvernement, le ministre de la Justice connaît
très bien ce document des Nations Unies qui, lui, a été rédigé après de vastes
consultations auprès des peuples autochtones de par le monde.
Et c'est très intéressant parce que, dans
ce document, bien, là, il y en a une, recette, une bonne recette pour être
capable de travailler avec les peuples autochtones. Et permettez-moi de vous
lire l'article 18 de la déclaration, qui dit ceci : «Les peuples
autochtones ont le droit de participer à la prise de décision sur des questions
qui peuvent concerner leurs droits, par l'intermédiaire de représentants qu'ils
ont eux-mêmes choisis conformément à leurs propres procédures, ainsi que le
droit de conserver et de développer leurs propres institutions décisionnelles.»
«Les États — article 19 — se
concertent et coopèrent de bonne foi avec les peuples autochtones intéressés,
par l'intermédiaire de leurs propres institutions représentatives, avant
d'adopter et d'appliquer des mesures législatives ou administratives
susceptibles de concerner les peuples autochtones, afin d'obtenir leur
consentement préalable, donné librement et en toute connaissance de cause.»
Pensez-vous sincèrement, M. le Président,
que des consultations de huit, neuf, 10 minutes, mettons 15 ou 20, c'est
conforme aux articles 18 et 19 de la déclaration? Moi, je ne le vois pas.
Et ce qui aurait dû être fait, parce que les Premières Nations occupent le
territoire tout comme nous... ce qui aurait dû être fait, c'est de travailler
en codirection avec eux, avec ces nations, s'asseoir.
• (12 h 10) •
Je ne dis pas au gouvernement... Parce
qu'évidemment il y a... il y a le secret des délibérations au Conseil des
ministres, on parle d'un projet de loi lorsqu'il est déposé à l'Assemblée
nationale. Ça, je le conçois très bien. Je ne dis pas qu'il faut envoyer une
copie du projet de loi avant, ce n'est pas ce que je dis. Mais le gouvernement
devrait être capable de s'asseoir avec les représentants des Premières Nations
et dire : Voici le projet que nous voulons mettre de l'avant, et vous êtes
concernés, et nous voulons travailler avec vous, et nous voulons travailler en
codirection avec vous pour qu'il y ait véritablement un consensus. C'est
exactement ce que la déclaration dit, c'est exactement ce que le professeur
Miller recommandait. Est-ce que le gouvernement de la CAQ a fait ça? Non, du
tout, aucunement. Donc, il y a un enjeu majeur en commençant.
Mais il y a d'autres éléments. Si vous
regardez le projet de loi, on dit entre autres que les droits...
M. Morin : ...mais il y a
d'autres éléments. Si vous regardez le projet de loi, on dit, entre autres, que
les droits collectifs de la nation québécoise s'interprètent de façon
extensive. Est-ce que ça va avoir pour effet de réduire les droits des Premières
Nations? C'est autant de questions qu'on va avoir à poser à M. le ministre.
Mais il y a une chose qui est sûre, c'est que ce n'est pas clair.
Et il y a un autre élément qui est très
important dans le document, je le note, et c'est l'article 50 de la
Constitution : «Le gouvernement soutient activement l'essor des
communautés francophones et acadienne.» C'est louable. Qu'en est-il des Premières
Nations? Est-ce que c'est un oubli? Ce serait étonnant, M. le Président, parce
qu'il y a référence aux Premières Nations dans les «considérant». Alors, que
fait le gouvernement? Ça aurait été intéressant aussi qu'il y ait une
disposition qui traite des droits de la communauté anglophone. Est-ce que c'est
aussi un oubli? Parce que c'est juste un «considérant» jusqu'à maintenant.
Mais il y a beaucoup plus que ça, M. le
Président, et il y a beaucoup plus d'éléments qui sont troublants dans ce
projet de loi. Les Pres Karazivan et Valois, deux professeures de la Faculté de
droit de l'Université de Montréal, soutiennent que, par les modifications que
le gouvernement veut apporter à la charte québécoise, notamment dans la
partie V, article 24, la charte s'interprète malgré l'utilisation de
termes similaires qui sont distincts de la charte canadienne. Et là on ne sait
pas trop ce que ça va donner en bout de piste parce que, d'une part,
présentement, les tribunaux interprètent déjà la charte québécoise
distinctement, mais, pour certains dossiers, pour le bien des citoyens, et des
citoyennes, et des résidents du Québec, les tribunaux peuvent cumuler l'effet
des droits individuels de la charte canadienne et de la charte québécoise pour
aider, bien sûr, et reconnaître des droits aux résidents et aux citoyens qui
sont au Québec. Est-ce que la charte va venir modifier ça avec les dispositions
prévues dans le projet de loi du ministre? On ne le sait pas. On ne le sait
pas.
Et d'ailleurs les professeures nous
disaient, Karazivan et Valois, et je les cite à la page 9 : «En
instaurant la prédominance des droits collectifs de la nation québécoise, le
projet de loi constitue un recul important dans l'effort global et local de
protection des droits fondamentaux.» Alors, ce n'est pas banal. Encore là,
c'est leur opinion. On aura l'opportunité d'en discuter. Mais, quand un
gouvernement nous présente un projet de loi et que des experts viennent nous
dire qu'il s'agit là d'un recul important dans la protection des droits
fondamentaux, alors que la protection des droits fondamentaux, ça fait partie
de l'ADN de ma formation politique, le ministre voudrait qu'on saute de joie,
qu'on soit d'accord. Je ne crois pas. Au contraire. Au contraire. Et, ça, il
faut le dire. Il ne faut pas se gêner pour en parler.
Donc, présentement, dans notre régime
fédéral, les gens bénéficient de la protection à différents niveaux, et c'est
un volet qui est important. Et, comprenez-moi bien, je vais être très clair, M.
le Président, là, je ne vous dis pas, là, que le rapatriement de la
Constitution unilatéral de 1982, c'est une bonne chose. Non, non, non.
Comprenez-moi bien. Ça s'est fait d'une façon qui n'a pas d'allure. On ne va
pas signer ça, c'est bien clair. Clairement. Mais, une fois que j'ai dit ça, sincèrement,
est-ce qu'il y a un juriste, est-ce que le…
M. Morin : ...clairement.
Mais, une fois que j'ai dit ça, sincèrement, est-ce qu'il y a un juriste...
est-ce que le Procureur général du Québec va nous dire que la charte canadienne
ne s'applique pas au Québec? Est-ce qu'il plaiderait demain matin, dans un
procès pénal, qu'un accusé n'a pas le droit aux droits énoncés dans la charte
canadienne? Il va plaider ça, le Procureur général? Je ne pense pas, non.
Alors, on a ici une addition de différents
types de droits dans des documents qui sont fondamentaux. Et ça, c'est pour le
bénéfice des gens qui sont ici. Et les tribunaux, n'en déplaise à M. le
ministre, surtout les tribunaux supérieurs, bien, ils vont continuer
d'interpréter la charte québécoise et la charte canadienne, absolument.
Mais il n'y a pas que ça. Si seulement on
arrêtait là, ce ne serait pas si pire, mais on a également entendu en
commission le Barreau du Québec, un ordre professionnel indépendant composé de
juristes. Et ce que le Barreau est venu nous dire, et ce n'est pas banal :
Le projet de loi est un affaiblissement du régime québécois de protection des
droits fondamentaux et libertés de la personne. Écoutez, la charte québécoise
des droits de la personne, c'est une réalisation libérale dont on est
excessivement fiers, mais nous, les libéraux, on ne veut pas qu'elle soit
charcutée à tout bout de champ, on veut qu'elle prenne sa pleine vigueur, sa
pleine force, son plein effet, pour que les gens qui sont ici puissent invoquer
des droits qui leur sont énoncés.
Et ça, c'est effectivement très important,
mais le Barreau nous dit également que, compte tenu de la façon dont les lois
sont rédigées présentement, ça risque de créer plusieurs contentieux. Alors, je
ne sais pas si c'est ce que le ministre veut faire, mais on peut penser qu'il y
aura plusieurs litiges à cause de son projet de loi. Et ça, il faut le mentionner,
il faut le mentionner.
Je vous parlais, au départ... Il y a... il
y a trois pièces législatives, dans le projet de loi n° 1, dont celle
sur l'autonomie constitutionnelle du Québec. Le Barreau nous dit, dans leur
mémoire, que le fait de vouloir interdire à des centaines d'organismes de
contester la constitutionnalité de certaines lois, ça va avoir un impact et ça
va diminuer des contre-pouvoirs. Et, comprenez-moi bien, quand on regarde
l'article 5 de la Loi sur l'autonomie constitutionnelle — que j'ai
lu et relu à plusieurs reprises — ça ne dit pas que les organismes,
notamment, qu'on retrouve à l'annexe I, et il y en a une série, on pourra
en reparler, ça ne dit pas qu'ils ne peuvent pas s'adresser aux tribunaux. Non,
non, non, c'est beaucoup plus subtil que ça. Ce que ça dit, c'est que ces
organismes-là, dont les ordres professionnels, dont les ministères, dont les
universités, dont les commissions scolaires, ne pourront pas utiliser des
sommes provenant du fonds consolidé du revenu, provenant des impôts, des taxes,
de droits, de sanctions, ils ne pourront pas contester, alors que le Parlement,
lui, aura pu déclarer qu'une disposition qui protège la nation québécoise ainsi
que l'autonomie constitutionnelle et les caractéristiques fondamentales du Québec
aurait été décrétée. Donc, si le Parlement décrète ça, ah, ces organismes-là ne
pourront pas utiliser des fonds publics pour les contester. Ils vont pouvoir
les contester, mais pas avec des fonds publics, alors...
• (12 h 20) •
Et puis il y a... il n'y a pas que ça,
hein? Si jamais les membres et administrateurs de ces organismes-là
approuvaient l'utilisation de telles sommes, ils pourraient en être
responsables solidairement, personnellement. Presque pas revanchard, comme
texte de loi. Des organismes ont contesté certaines lois québécoises du
gouvernement de la CAQ, et la CAQ, en fin de régime, nous propose ceci au
menu : On n'a pas aimé vos contestations, vous n'en ferez plus. Ça, dans
une constitution, c'est pas mal fort, M. le Président.
Et le Barreau s'est élevé contre ça,
absolument, mais le Barreau soutient également que ce projet de loi va créer un
affaiblissement...
M. Morin : ...ce projet de loi
va créer un affaiblissement du régime québécois de la protection des droits et
libertés de la personne. Il y aura à nouveau une modification de la charte
québécoise, l'article 9.1, qui peut justifier une atteinte aux droits et
libertés. Il y aura désormais huit critères, alors qu'au début il n'y en avait
pas puis qu'il y en a trois qui ont été ajoutés en 1982. L'obligation pour les
tribunaux de concilier des droits individuels et des droits collectifs. Dans
mon livre à moi, les tribunaux sont indépendants, mais là on ne sait pas trop
où on va atterrir.
Et, quand on regarde la liste des organismes
qui sont visés par l'article 5, c'est à l'annexe I, on y retrouve une
série d'organismes publics, dont la Commission des droits de la personne et des
droits de la jeunesse. Donc, si jamais, si jamais le Parlement adoptait une loi
qui venait limiter leurs pouvoirs ou qui avait un impact sur les droits, alors
qu'ils sont là pour, évidemment, promouvoir, enquêter, bien, ils ne pourraient
pas contester avec des fonds publics. Mais la Commission des droits de la
personne et des droits de la jeunesse, je vois mal comment ils pourraient avoir
des revenus autrement que par des fonds publics. Alors, ils vont organiser,
quoi, des tombolas, des bingos, pour financer? Quand on dit qu'il y a là une
attaque et qu'on veut arrêter des organismes dans la défense de leurs droits,
bien ça, c'est un exemple concret. Quand on veut diminuer des contre-pouvoirs,
c'est un exemple concret.
Vous avez le Protecteur de l'intégrité, le
Protecteur national de l'élève, vous avez tous les ordres professionnels et
vous avez aussi les établissements d'enseignement de niveau universitaire. Ils
sont tous visés, tous. Et c'est pour cette raison que le Barreau, dans son
mémoire à la page 3, disait que cela va créer une diminution des
contre-pouvoirs dans notre État de droit. Et c'est ce qui faisait dire au
Barreau que ça va affaiblir notre État de droit. Interdictions ciblées, des
centaines d'organismes au service de la société seront muselés. Ce n'est quand
même pas banal. Il faut... il faut le dire.
Donc, dorénavant, est-ce que les commissions
scolaires anglophones pourront s'adresser aux tribunaux, si un gouvernement
adopte des lois qui aura un impact? Ils ne pourront pas le faire avec des fonds
publics. Quand ça touche des individus, parfois, il y a des organismes qui vont
défendre ces individus-là, parce qu'un recours, évidemment, en droit
constitutionnel coûte excessivement cher. Donc, souvent, ils sont les porteurs
de ce que les citoyens vivent. Dorénavant, ce sera excessivement difficile.
Mais, s'il n'y avait que ça... Mais non,
on continue, on n'arrête pas. Et d'ailleurs le bureau de coopération
universitaire... interuniversitaire est venu nous rencontrer en commission. Et
eux, ils s'inquiètent de la liberté académique et de l'autonomie des
universités. D'ailleurs, et ça, on pourra en reparler dans le cadre de l'étude
article par article, mais, quand on parle d'une constitution qui veut jeter les
bases d'une société libre et démocratique, ça aurait pu être intéressant, ça
aurait pu être une bonne idée de reconnaître l'autonomie des universités et la
liberté académique. Mais non, ce n'est pas le cas. Donc, c'est assez étonnant
parce que, si mon souvenir est bonne, c'est le gouvernement de la CAQ, en 2022,
qui avait fait adopter la Loi sur la liberté académique dans le milieu
universitaire. Et là moi, personnellement, j'y vois un manque...
M. Morin : …dans le milieu
universitaire. Et là moi, personnellement, j'y vois un manque de cohérence,
parce que, quand on est un gouvernement, si on veut évidemment être cohérents
avec ce qu'on fait et construire pour le futur, bien, puisqu'ils ont fait
adopter cette loi-là, bien, ils auraient dû normalement prévoir des éléments,
dans le texte constitutionnel, pour protéger ces éléments-là, mais il n'en est
rien.
Au contraire, au contraire, je vous ai
parlé de l'article 5 de la Loi sur l'autonomie constitutionnelle, ils sont
visés. Donc, si jamais il y avait une disposition du gouvernement, une loi qui
mettait à mal la liberté universitaire, la liberté académique, comment est-ce
qu'ils vont contester? Ils n'auront rien à dire? Ils vont s'asseoir puis être
heureux? Je ne penserais pas, à moins de créer des fondations qui seraient
gérées uniquement avec des fonds privés, mais on pourrait penser, M. le
Président, dans notre société, que, si une université a une fondation, elle
serait peut-être mieux d'investir cet argent-là dans... dans la recherche, dans
des cours, développer des programmes, des programmes performants. Mais non, ça
semble être difficile.
Bien, le bureau nous disait qu'ils sont également
inquiets de voir que le projet de loi n° 1 va venir modifier les
articles 30, 31 et 79.1 du Code de procédure civile afin de renforcer les
pouvoirs d'appel de plein droit du Procureur général en encadrant strictement
les conditions pour obtenir un sursis d'une application d'une loi contestée. Et
le bureau nous dit : «Ces modifications — et je les cite,
page 3 — ces modifications font courir un risque considérable
aux établissements universitaires afin de subir des atteintes irréparables à
leurs droits et libertés.»
Et le ministre, tout à l'heure, nous
invitait à être heureux, à l'acclamer, à ne pas contester son document. M. le
Président, dans quelle société on va vivre? Nos universités, là, c'est des
moteurs de recherche, c'est aussi des moteurs économiques dans les régions,
c'est ce qui fait avancer notre société. Une institution de haut savoir avec un
esprit critique, ça fait avancer les débats. Alors, dans son document, le Procureur
général du Québec, qui nous parlait tout à l'heure, veut s'organiser pour qu'au
fond si un organisme... une fois qu'il aura passé toutes les barrières et les
difficultés de l'article 5, va avoir de la difficulté avec le Code de
procédure civile, et ça n'a pas de bon sens, et je tiens à le dénoncer
totalement.
• (12 h 30) •
Mais je continue. Si seulement on arrêtait
là! Non, non, non, ce n'est pas fini. Dans la loi qui traite de l'autonomie
constitutionnelle, on a les articles 16, 17 et 18, mais attardons-nous
d'abord à 16 et à 17, parce que ces articles-là vont permettre au gouvernement
de donner des directives. On ne sait pas lesquelles, mais le gouvernement se
donne ce droit-là, puis on parle toujours, évidemment, des organismes dont je
vous parlais tantôt, dont notamment les universités. «De refuser toute somme transférée
par une institution fédérale en lien avec l'initiative en question, de
suspendre ou de résilier toute entente avec une institution fédérale, de n'assister
ou de ne participer ou de ne contribuer à aucune activité de communication du
gouvernement fédéral, de ne pas participer aux travaux parlementaires, de ne
pas participer à l'élaboration de règlements fédéraux et, évidemment, toute
autre conduite qu'il juge appropriée».
Là, M. le Président, comprenez-moi bien,
je ne vous dis pas que c'est une bonne affaire quand le fédéral, avec son
pouvoir de dépenser, vient dépenser dans les sphères de compétence du Québec.
Ce n'est pas ça que je dis. Ça, il faut l'encadrer. Il y a des domaines qui
relèvent du Québec, ça nous appartient, le gouvernement fédéral doit comprendre
ça, mais là ça va beaucoup plus large que ça. Et là c'est le gouvernement qui
se donne ce <pouvoir-là…
>
12 h 32 (version non révisée)
M. Morin : ...ça nous
appartient. Le gouvernement fédéral doit comprendre ça. Mais là ça va beaucoup
plus large que ça, et là c'est le gouvernement qui se donne ce pouvoir-là.
Alors, j'ai bien hâte de dire et... d'entendre,
surtout, ce que le ministre va nous raconter. Parce que, théoriquement,
théoriquement, le gouvernement pourrait empêcher un ordre professionnel de
travailler ou d'assister à une commission parlementaire fédérale. Et, en
passant, le gouvernement fédéral, dans ses sphères de compétence, adopte des
lois, je n'ai qu'à penser au Code criminel, qui touche l'ensemble des Canadiens
et les Canadiennes, puis des ordres professionnels du Québec commentent,
participent, vont en commission parlementaire pour enrichir la législation.
Est-ce que ça voudrait dire que, dorénavant, le gouvernement du Québec
empêcherait ça?
Mais ça peut être aussi beaucoup plus
large que ça. Qu'est-ce qui arriverait, M. le Président, si un chercheur dans
une université au Québec applique pour un fonds de recherche fédéral, il y en
a, ils reçoivent de l'argent, puis que le gouvernement de la CAQ n'aime pas le
sujet de recherche? Est-ce que le ministre va signifier un refus? On ne le sait
pas, mais il y a une chose qui est sûre, c'est que sa législation n'est
tellement pas claire que ce n'est pas du tout évident maintenant que ça l'empêcherait.
Et là il y a un impact direct sur la liberté académique. Et ça, je tiens à le
dénoncer.
C'est important, mais il n'y a pas juste
ça. Il n'y a pas juste ça. Et là on tombe dans l'arbitraire, là. Alors, quand
je vous disais, tout à l'heure, que c'est un document revanchard, c'est un
document qui attaque les droits, c'est un document qui attaque les libertés, bien
là, je vous ai donné des exemples très concrets, M. le Président, de ce que ça
fait.
Mais ce n'est pas tout, ce n'est pas tout,
et ça... et ça, je dois avouer, M. le Président, que c'était... ça, c'est un
moment suave qu'on a vécu en commission. Parce que figurez-vous que nous avons
au Québec une ville magnifique, une ville importante, une ville dans une belle
région, la ville de Gatineau. Le député de Chapleau va être d'accord avec moi,
c'est une belle ville.
Une voix : ...
M. Morin : Bien oui, voilà,
la plus belle. Bien, savez-vous, M. le Président, que, dans leur mémoire, ils
sont venus nous parler d'une réalité. Parce qu'à Gatineau, bien, il y a la
Commission de la capitale nationale fédérale, il y a des projets fédéraux, il y
a des immeubles fédéraux. Les autorités municipales de Gatineau siègent dans
des conseils fédéraux. Bien, quand on regarde le projet de loi actuel, pas
évident. Théoriquement, le ministre ou le gouvernement pourrait dire : Ah
non, non, non, vous n'allez plus là, vous ne participez pas à ci, à ça. Ça n'a
aucun bon sens. Et c'est un enjeu de taille, c'est un enjeu de taille.
Et Gatineau nous a aussi parlé de l'article
5 de la Loi sur l'autonomie constitutionnelle du Québec, parce qu'évidemment
les villes vont être visées. Donc, un gros, gros problème, gros... et ça
inquiète évidemment les élus. C'est normal, c'est normal. C'est un impact sur
Gatineau. C'est une ville qui est unique au Québec dans cette situation-là, mais
c'est quand même étonnant de voir que le projet de loi ne semble pas en tenir
compte. Et on a une série d'exemples de situations qui pourraient être
impactées par le projet de loi. Je vous le mentionnais, participation à des
instances fédérales, la mairesse de Gatineau a un poste d'observatrice au
conseil d'administration de la Commission de la capitale nationale...
12 h 37 (version non révisée)
M. Morin :
...elle a un
poste d'administratrice au conseil d'administration du Centre national des arts
à Ottawa et elle participe aux consultations prébudgétaires fédérales, elle
participe à des consultations sur des programmes fédéraux. Il y a présentement
des projets importants à Gatineau, mais qui sont interreliés avec la Commission
de la capitale nationale et le gouvernement fédéral et le gouvernement de l'Ontario,
le Comité tramway Gatineau-Ottawa, entre autres, travaux sur les ponts, il y a
des musées fédéraux à Gatineau. Autant... Autant d'éléments, autant d'éléments
qui n'ont pas été pris en compte dans le projet de loi et qui pourraient avoir
un impact sur une très grande ville du Québec. Et, ça aussi, il faut en parler
et il faut le souligner. Et, croyez-moi, nous allons y veiller avec beaucoup d'attention.
Donc, si on regarde l'ensemble de l'oeuvre,
en terminant, il me reste quelques minutes, j'aimerais aussi vous référer au
mémoire qu'a déposé le professeur émérite Daniel Turp à la Faculté de droit de
l'Université de Montréal. On ne peut pas dire que le professeur Turp est contre
une Constitution du Québec. Ça fait des décennies qu'il en parle. Mais ce qui
est très, très intéressant, c'est que dans son mémoire... Je vous parlais... Je
vous parlais, au début de mon exposé, de Paul Gérin-Lajoie, de la façon dont on
doit rédiger une Constitution. Mais, ce qui est intéressant, c'est que dans le
mémoire du professeur Turp, on fait référence aux écrits du professeur
Jacques-Yvan Morin, qui a été vice-premier ministre du Québec dans le
gouvernement de M. Lévesque, un gouvernement du Parti québécois. Non seulement
on parle de constitution, mais de consultation, mais le professeur Morin
écrivait qu'il était fondamental, dans une constitution, de reconnaître pas,
dans un considérant, dans le texte, l'apport des nations autochtones et de la
communauté anglophone. Et je cite : «Ces doits doivent être enchâssés dans
la future Constitution du Québec.» C'est à la page 8 du mémoire du
professeur Turp.
Donc, c'est pour vous dire comment il y a
un consensus sur la question, puis c'est pour vous dire comment le ministre
actuel a raté le bateau. Ces textes-là, là, ils existent depuis des décennies.
La recette, elle est connue. Et je demandais au professeur Turp à la fin :
Vous en avez parlé, d'une constitution, depuis des années, vous allez faire
quoi avec ça? Moi, je m'attendais sincèrement ce qu'il dise : Écoutez, un
peu comme le ministre disait tantôt, là, quand il parlait de droits collectifs,
on a une opportunité, il faut aller de l'avant, dépêchons-nous, blablabla, là.
Non, non, il a dit : Écoutez, moi, je me... je me réserve le droit, on
verra ce que ça va donner pour la suite. J'ai dit : Bien, voyons donc!
Vraiment? Oui, oui, oui. Ça fait que c'est pour vous dire comment ce projet de
loi là est mal ficelé, là. Écoutez, c'est hallucinant. C'est hallucinant!
Et le ministre voudrait, sans tambour ni
trompette, qu'on soit d'accord. Non, il disait même, dans son texte tout à l'heure,
j'ai essayé de prendre ça, là, par écrit, là : Ah! écoutez, il ne faut
pas... il ne faut pas s'opposer, c'est... c'est... c'est l'intérêt national,
etc., etc. Donc, quand le ministre de la Justice parle d'intérêt national, lui,
il a décrété, probablement parce qu'il est souverain, que ça s'appliquait à
tout le monde puis qu'on ne pouvait pas rien dire. Ça ne fonctionne pas comme
ça en démocratie, M. le Président...
12 h 42 (version non révisée)
M.
Morin :...le ministre, là, il avait une chance, il avait une
chance de présenter quelque chose où les Québécois auraient pu se reconnaître.
Il avait une chance de le faire, d'abord, au début du mandat, pas deux, trois
mois avant la fin, là, avec une commission transpartisane, incluant les
citoyens, où on aurait pu travailler longuement avec les régions, faire en
sorte qu'on puisse écouter le peuple puis qu'après ça on rédige quelque chose,
et là le peuple aurait pu se reconnaître dans son document. Une constitution, ce
n'est pas le legs d'un ministre, c'est un cadeau qu'on donne à un peuple. Ce n'est
pas la même chose, et, pour le faire, il faut que ça se fasse avec le peuple.
Ça, c'est fondamental. Ça, c'est très, très fondamental.
Il aurait pu s'asseoir avec les
communautés des Premières Nations. Est-ce que ça prend du temps? Oui, mais on n'est
pas pressés. Une constitution, ça ne se rédige pas sur le coin du bureau d'un
ministre. Il n'y a pas de course. Ses propres experts lui demandaient de
consulter largement. Puis, désolé, là, nous, on a poussé pour des consultations
générales, parce qu'il ne voulait pas au départ, puis on a eu à peu près un 15 minutes
là. Moi, comme membre de l'opposition officielle, là, pour poser des questions
à des experts, là, j'ai eu huit, neuf, 10 minutes, pour un texte
fondamental, un texte qui va être fondateur. Bien, ça ne fonctionne pas comme
ça.
Puis avec les Premières Nations, il faut
être capables de s'asseoir avec eux, tous ces membres-là, puis travailler en
codirection. C'est fondamental. Et là on aurait pu arriver avec quelque chose
de bon, de grand, et on aurait pu aller de l'avant. Et c'est tellement triste
parce que, comme je le mentionnais, au départ, dans mon exposé, ça fait à peu
près 60 ans qu'on en parle. Mais ce n'est pas quelque chose qu'on peut forcer
puis, si on veut le forcer, bien, au moins, essayons d'avoir des conditions
gagnantes. Parce que si, en plus de forcer un texte de loi aussi important que
celui-là, vous voulez affaiblir l'État de droit, vous voulez empêcher les gens
de contester, vous ne savez même pas si ça va avoir un impact fondamental sur
des éléments cruciaux de notre société, puis il y a plein d'éléments qui ne
sont pas dedans, notamment le droit à un environnement sain, pour ne nommer que
celui-là, bien, ça ne marche pas, ça ne marche pas. Et que de temps perdu avec
son fameux article 29 sur l'interruption volontaire de grossesse, débat
inutile, alarmant pour rien.
Donc c'est un mauvais projet de loi. Parce
que là, on est juste à l'étape du principe. Tu sais, dans le principe, on
regarde ce qu'on va faire avec ça. Bien, je l'ai déjà dit, il n'y a rien à
faire avec ça, il n'y a rien à faire. Un projet de loi qui attaque des droits
individuels, un projet de loi qui veut donner un contrôle énorme au
gouvernement, un projet de loi qui attaque l'indépendance judiciaire, qui veut
empêcher des gens de parler, un projet de loi revanchard. Et le ministre
voudrait qu'on soit d'accord? Jamais de la vie, jamais. Il est mieux de nous
arriver avec quelque chose de neuf puis de pas mal bon, parce qu'il est bien
mal parti, M. le Président. Donc, non seulement on va voter contre le principe,
primo, mais si le ministre était sérieux, il recommencerait puis il retirerait
son projet de loi. Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de l'Acadie. Nous poursuivons ce débat sur l'adoption
de principe du projet de loi n° 1, et je reconnais Mme
la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols : Oui, merci
beaucoup. Merci, M. le Président. D'emblée, bien, je remercie mon collègue
porte-parole de l'opposition officielle, qui vient de faire tout un discours d'une
heure sur l'adoption du... on est à l'adoption du principe sur le projet de loi
n° 1, la loi constitutionnelle de 2025 du Québec, et
les points qui sont apportés, ils sont plus que pertinents. C'est difficile de
passer après le... après mon collègue de l'Acadie, puisqu'il a été très
éloquent, très éloquent dans ses propos. Toutefois, M. le Président, chers
collègues, c'est à titre de porte-parole de l'opposition officielle en matière
d'affaires municipales que je prends la parole et que je souhaite intervenir
sur le projet de loi n° 1...
12 h 47 (version non révisée)
Mme Nichols : …et d'ailleurs,
je fais une parenthèse, on en est quand même à l'adoption du principe, M. le
Président, et j'ai beaucoup de difficulté à comprendre la stratégie du
gouvernement sur un projet de loi aussi important. Il s'appelle d'ailleurs le…
le projet de loi n° 1, là. Si le gouvernement l'a déposé comme projet de
loi n° 1, c'est parce que c'est représentatif pour eux puis c'est
important. On parle d'une loi constitutionnelle et qu'il n'y ait pas plus d'interventions
que ça de la partie gouvernementale. M. le Président, ça me surprend
énormément. Et que le ministre porteur de ce projet de loi là ait parlé pendant
7 min 56 s de son projet de loi, je suis sans mot. Ça nous
démontre à quel point il accorde une importance privilégiée, disons-le comme
ça, avec beaucoup d'ironie, au projet de loi n° 1.
Mon propos va donc s'articuler autour d'un
angle clair, et ça va concerner les municipalités, les municipalités qui sont,
pour nous, importantes, mais qui sont surtout un gouvernement de proximité, des
gouvernements de proximité qui ont carrément été mis à l'écart dans un exercice
qui prétend, entre autres, refonder notre contrat social. Ce n'est quand même
pas rien. Le député de l'Acadie en a parlé, c'est un contrat social important.
Or, on sait bien, M. le Président, que sans les villes, sans les municipalités,
sans nos MRC, sans nos villages, sans nos communautés locales, bien, il n'y en
a pas, de Québec vivant, il n'y a pas de services au quotidien et il n'y a donc
pas d'État qui peut se tenir debout. Donc, je suis d'avis que nos
municipalités, que nos gouvernements de proximité auraient dû être consultés
préalablement au dépôt du projet de loi n°1 et non pas être simplement invités
à venir faire de courtes allocutions. On parlait autour de quoi, 20 minutes que
les parties… que les partis avaient quand ils venaient en consultations
particulières. Donc, c'est inconcevable, M. le Président.
J'irais en commençant mon premier point,
parce que quand j'ai rédigé un peu pour pouvoir prendre la parole ici, quand je
me suis mis à rédiger, je me dis, le premier élément qui venait en tête, c'est
que c'est vraiment un moment historique raté par un processus partisan. Je ne
peux pas le dire autrement. Ça fait longtemps, on l'a dit, ça fait plus 60 ans
que c'est demandé au Québec, une Constitution québécoise. Alors, qu'il y a une
possibilité de consulter tout le monde, de consulter la nation québécoise, bien
non, on en fait un processus… la CAQ en a fait un processus partisan.
On aurait voulu saluer un geste
rassembleur, une démarche à la hauteur de l'histoire, parce que, oui, c'est un
moment historique de créer une… de créer une Constitution du Québec. Donc, le
ministre responsable des Relations canadiennes avait l'occasion d'entrer dans l'histoire
en devenant le père de la Constitution québécoise portée par l'ensemble de la
société. Il a préféré en faire une constitution caquiste conçue sur un coin de
table, politisée à outrance. Ce qui devait nous unir, M. le Président, va nous
diviser.
Rappelons qu'au départ, là, il ne voulait
même pas de consultation générale. C'est incroyable, là, un projet de loi d'une
telle importance sans consultation générale. Il a fallu de la pression de tous
les partis de l'opposition pour qu'il rouvre la porte, puis encore là, un
petit, quoi, 30 minutes par groupe, c'était moins que ça, là. C'est comme
ça qu'on construit la loi la plus importante, la loi fondamentale d'un peuple?
Bien, à mon avis, non, M. le Président, ce n'est pas comme ça que ça devrait se
passer.
Le ministre a beaucoup, entre autres, là,
référé au rapport Rousseau-Proulx pour justifier la consultation, une
consultation informelle, puis je le mets entre guillemets, là, alors que, même
dans ce rapport, on recommande une démarche transpartisane nourrie par un large
éventail d'expertises et par la société civile. Je pense qu'ici les mots sont
importants. La société civile doit pouvoir y participer.
Lorsque Daniel Turp lui-même dit qu'il ne
peut pas appuyer le texte de… du projet de loi n°1, soit le texte de la Loi
constitutionnelle de 2025 du Québec, quand il dit qu'il ne peut pas l'appuyer
sans correctifs majeurs, bien, c'est clair, M. le Président, que le chantier a
complètement déraillé.
À mon avis, les municipalités sont les
grands… les grandes oubliées d'une constitution qui prétend tout refondre. Les
municipalités… là, je reviens, je reviens à nos municipalités, à nos villes, à
nos collectivités, c'est l'essentiel de nos milieux, puis je pense, entre
autres, à l'union… à l'UMQ, l'Union des municipalités du Québec, qui a déploré
ne pas avoir été…
12 h 52 (version non révisée)
Mme Nichols : ...préalablement
consultées, malgré les conséquences importantes que le projet de loi entraîne
pour les villes et les MRC. Et ils l'ont levé, le drapeau, ils ont dit que c'était
inacceptable. Quiconque qui a déjà siégé, là, dans une salle de conseil
municipal sait que l'équilibre quotidien des services, de la taxation, de l'aménagement
du territoire, de l'habitation, de l'environnement, bien, ça tient à des
arbitrages fins, c'est souvent complexe et c'est toujours concret. C'est les municipalités
qui sont sur les lignes de front sur ces sujets-là. Donc, c'est la moindre des
choses qu'on les consulte. C'est les municipalités qui sont sur la ligne de
front, c'est les municipalités qui déneigent, qui planifient, qui logent, qui
protègent, qui aménagent, qui accueillent les gens. Les laisser à l'écart d'un
texte aussi fondateur qu'une loi constitutionnelle du Québec, M. le Président,
c'est amputer leur légitimité. C'est pesant, là, ces mots-là, là, mais je le
pense sincèrement, que, quand on les tasse comme ça, bien, on vient amputer
carrément leur légitimité.
Pire encore, je vous dirais, M. le
Président, au cœur du projet de loi, il y a l'article 5, mon collègue en a
parlé, l'article 5 de la Loi sur l'autonomie constitutionnelle, qui vient
limiter la capacité des organismes publics, y compris des villes, parce que les
villes sont aussi des organismes publics. Donc, on vient limiter leur capacité
de contester des lois, des lois qui sont dites protectrices de la nation. Et
comment? Avec des fonds publics. Concrètement, là, M. le Président, une ville
ne pourrait pas utiliser... parce que c'est ce qu'on vient de dire, là, on
vient dire que, concrètement, une ville ne pourrait pas utiliser ses taxes
municipales pour défendre en justice ses prérogatives ou protéger ses citoyens
contre une loi qui l'affecte directement. Ça sert à quoi, d'abord, une
municipalité, si ce n'est pas de protéger ses citoyens?
On muselle... Je vais aller même un petit
peu plus loin que là... plus loin que ça M. le Président, je vais vous dire que,
concrètement, là, si la ville ne peut pas utiliser ses taxes municipales... c'est
incroyable, là, si une ville ne peut pas utiliser ses taxes municipales pour
défendre en justice ses prérogatives, pour protéger ses citoyens contre une loi
qui pourrait être... qui pourrait l'affecter directement, là, bien, aussi bien
dire qu'on vient museler ici les contrepouvoirs démocratiques naturels, parce
que je vais dire que c'est un contre-pouvoir démocratique naturel de vouloir protéger
son citoyen.
Donc, je suis d'accord avec les
municipalités, je ne sais pas où est-ce qu'on... où est-ce qu'on s'en va. L'UMQ...
puis il y a d'autres intervenants qui se sont, entre autres, opposés à cette
mesure, puis ils se sont opposés haut et fort, M. le Président, on les a
entendus, ils sont venus en commission parlementaire, ils ont réclamé, entre
autres, que leurs membres soient exclus. Au nom de quoi? Au nom de l'intérêt
public. Ce n'est quand même... ce n'est quand même pas rien, c'est fort. Puis
ils ont... ils ont raison. Ils ont raison, restreindre l'accès aux tribunaux, bien,
c'est affaiblir la démocratie municipale. C'est, entre autres, frapper le
portefeuille, c'est bâillonner la parole de nos citoyens, de nos municipalités.
Je ne pensais jamais dire ça d'un projet
de loi. Ça fait 12 ans que je suis ici, à l'Assemblée nationale, puis je ne
pensais jamais me lever puis en arriver là, à dire qu'un projet de loi vient
museler des droits, qu'un projet de loi vient restreindre l'accès aux
tribunaux. C'est incroyable, M. le Président.
Puis qu'est-ce que le gouvernement répond?
Qu'est-ce que le gouvernement répond aux municipalités? Qu'est-ce que le
gouvernement répond à l'UMQ? Qu'est-ce que le gouvernement répond? Que ce n'est
pas grave, là, il y a juste peu de lois qui vont être visées, puis que les
organismes, là, bien, ils pourront payer de leur poche. Bien, voyons, M. le
Président, ça n'a aucun sens, là. Chacun comprend que, dans les faits, là, on
attaque l'accès à la justice. Impensable, là, en 2026, ici, au Québec. Surtout
pour les acteurs locaux dont les budgets sont déjà serrés. On le sait, on les
voit dans toutes les tribunes, on les voit dans les journaux, on les voit à la
télévision, on les voit ici manifester devant l'Assemblée nationale. Le Barreau
du Québec a d'ailleurs averti que ces mécanismes menacent la séparation des
pouvoirs, musellent les contrepouvoirs, créent une instabilité juridique et
affaiblissent les droits fondamentaux au risque d'éroder l'État des droits...
de droit. Un État de droit. C'est important, un État de droit, c'est ce pour quoi
on se lève presque quotidiennement, ici. Pour les villes...
12 h 57 (version non révisée)
Mme Nichols :
...là,
bien, qu'est-ce que ça signifie, tout ça? Ça signifie plus d'incertitudes,
moins de moyens, des citoyens moins protégés. Je pense que ce n'est pas ça qu'on
veut ici, au Québec, M. le Président.
Ça a aussi un effet domino sur les
dossiers municipaux, ce projet de loi là, un effet domino sur les divers champs
de compétence des municipalités, soit le logement, le verdissement, la sécurité
publique, les transports. Pourquoi ça nous concerne-t-il autant du point de vue
municipal? Bien, c'est clair, parce qu'on vient limiter la capacité de
contester une loi, surtout si elle touche l'aménagement, l'environnement, la
fiscalité municipale, la gouvernance intermunicipale. Ça expose nos milieux de
vie. Puis je suis prête à citer certains exemples, M. le Président, entre
autres, en habitation, en aménagement. Si une loi provinciale impose des
paramètres qui fragilisent les plans d'urbanisme ou les règlements en
inclusion, bien, les municipalités, là, c'est elles qui doivent garder la
possibilité de faire valoir leurs droits et ceux de leurs citoyens devant les
tribunaux sans craindre une sanction financière. Mais, ici, c'est le contraire.
Environnement, résilience climatique, ça
aussi, c'est une des responsabilités des municipalités. Puis ils jouent très
bien leur rôle d'ailleurs, que ce soient les villes, les municipalités ou même
les MRC. Entre autres, je pense, entre autres aux zones inondables, je pense à
la protection des milieux naturels, je pense aux îlots de chaleur. Les villes
sont imputables devant leur population. Les... Les empêcher de plaider lorsqu'elles
ont un... lorsque l'intérêt local est menacé, bien, c'est d'affaiblir l'adaptation
climatique au quotidien. C'est quand... Ce n'est quand même pas rien, là. Ça
vient restreindre tous ces droits-là. Sans parler évidemment, M. le Président,
de la sécurité publique et des biens collectifs. Des enjeux comme la sécurité
routière, la cohabitation urbaine, la gestion des grands événements, ça
nécessite un cadre juridique clair et la possibilité d'arbitrage judiciaire
lorsque survient des conflits normatifs. On ne peut pas le retirer, cet
outil-là, M. le Président. Même chose pour les transports, la mobilité. Les
décisions sur la gouvernance, le financement des transports collectifs ont un
impact direct sur les villes. Limiter la contestation prive nos collectivités d'un
recours essentiel, si l'équité ou la... ou la compétence locale est mise en
cause.
M. le Président, c'est des enjeux... c'est
des enjeux importants qui ont été portés à notre attention. On ne peut quand
même pas les ignorer ou on ne peut pas faire comme si on ne le savait pas. Il y
a quand même une ministre des Affaires municipales, bien qu'elle ait annoncé qu'elle
se... qu'elle ne se représentait pas, elle est encore là, elle a un rôle à
jouer. Quand elle voit le projet de loi n° 1, je ne peux pas croire qu'elle
ne se lève pas ou qu'elle ne lève pas un petit drapeau rouge en disant : M.
le ministre, ça ne fonctionne pas avec le but de...
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Mme la députée, j'imagine que vous... que vous comptez poursuivre votre
intervention à la reprise des débats?
Une voix :
...
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci. Alors, compte tenu de l'heure, le présent débat est ajourné. Nous
allons suspendre les travaux jusqu'à 15 h.
(Suspension de la séance à 13 heures)
14 h 57 (version non révisée)
(Reprise à 15 h 01)
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Vous
pouvez vous asseoir. Donc, nous poursuivons nos travaux.
Aux affaires inscrites par les députés de
l'opposition à l'article 70 du feuilleton aux affaires inscrites par les
députés d'opposition, Mme la députée de Bourassa-Sauvé présente la motion
suivante :
«Que l'Assemblée nationale
reconnaisse la nécessité de tenir des états généraux sur le système d'éducation
au Québec.»
Je vous informe que la répartition du
temps de parole, pour le débat restreint sur la motion inscrite par Mme la
députée de Bourassa-Sauvé, s'effectuera comme suit : 10 minutes sont
réservées à l'auteur de la motion pour sa réplique; 50 minutes sont
allouées au groupe parlementaire formant le gouvernement : 25 min 43 s
sont allouées au groupe parlementaire formant l'opposition officielle; 15 min 43 s
sont allouées au deuxième groupe d'opposition; 8 min 34 s sont
allouées au troisième groupe d'opposition. Une enveloppe de 10 minutes est
allouée aux députés indépendants, sous réserve d'un maximum de 1 min 30 s
chacun.
Dans le cadre de ce débat, le temps non
utilisé...
15 h 02 (version non révisée)
La Vice-Présidente (Mme
Soucy) :
...utilisé par les députés d'opposition, par les
députés indépendants ou par l'un des groupes parlementaires sera... redistribué
entre les groupes parlementaires selon la proportion établie précédemment. Mis
à part ces consignes, les interventions ne seront soumises à aucune limite de
temps. Enfin, je rappelle aux députés indépendants que, s'ils souhaitent
intervenir au cours de ce débat, ils ont 10 minutes à partir de maintenant
pour analyser la présidence.
Je cède sans tarder la parole à Mme la
députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet :
Merci,
Mme la Présidente. Mme la Présidente, donc, cet après-midi, le Parti libéral du
Québec a convié les parlementaires afin que l'Assemblée nationale reconnaisse
la nécessité de tenir des états généraux sur le système d'éducation au Québec.
Mme la Présidente, ça fait déjà quelque
temps que j'ai l'honneur d'être porte-parole en matière d'éducation pour notre
formation politique. Et je vous dirais qu'au cours, donc, de ces plus... de ces
mois, de ces mois qui se sont succédé, j'ai eu l'occasion, en ma qualité, de
pouvoir rencontrer des directions d'école, de faire des visites d'écoles, de
rencontrer des enseignants, des enseignantes et les organisations qui les
représentent, les membres du personnel professionnel, orthopédagogues...
psychoéducateurs, orthophonistes, les membres du personnel de soutien, les
éducatrices spécialisées, au premier chef, les membres qui s'occupent, donc, du
service de garde, également, j'ai mentionné les directions d'école, les centres
de services scolaires et, bien évidemment, les commissions scolaires
anglophones et les parents, les parents. Mme la Présidente, s'il y a bien un
sujet au Québec qui, parfois... un dossier au Québec qui, parfois, donc, peut
faire l'objet de plusieurs tensions, de divergences d'opinions, parce que l'éducation,
bien, c'est... c'est très personnel, bien, je me suis autodivulgâchée, Mme la
Présidente, donc, on parle, bien, donc, du réseau de l'éducation, c'est un
sujet qui parfois divise, un sujet qui parfois tranche, parce que, bon, on n'a
pas tous la même opinion. Je l'ai dit, c'est très excessivement personnel.
Quand on est parent, on veut le meilleur pour ses enfants. Puis, dans le milieu
dans lequel ils étudient, bien, parfois, donc, les gens qui ont la
responsabilité, donc, de s'en occuper, bien, parfois on ne sera pas toujours d'accord
sur plusieurs... sur certains de ces points-là.
Ceci dit, ce que j'ai constaté, malgré,
donc, ces divergences d'opinions qui existent à l'intérieur du réseau, c'est
que l'ensemble des partenaires que je vous ai nommés, d'ailleurs, ils étaient
plus tôt, je ne sais pas s'il y en a encore certains d'entre eux qui sont
encore dans l'enceinte de l'Assemblée ou qui nous écoutent, les membres de
la... la Coalition des partenaires en éducation, bien, c'est que sur le sujet
des états généraux en éducation, bien, à peu près tout le monde est d'accord. Mme
la Présidente, je vous nomme déjà, donc, quelques groupes qui nous ont dit :
C'est important qu'on puisse s'organiser, donc, des états généraux en éducation :
on pense à l'Association des médecins spécialistes en adaptation scolaire du
Québec, on pense à la Fédération autonome de l'enseignement, à l'Association
québécoise du personnel de direction des écoles, à la Fédération québécoise des
directions d'établissement d'enseignement, on pense à l'Association québécoise
des troubles d'apprentissage, au Syndicat de l'enseignement de la région de
Québec, au Mouvement citoyen debout pour l'école et à la Centrale des syndicats
du Québec, la CSQ, qui représente à son tour les enseignants... certains
enseignants, les membres du personnel de soutien et les membres du personnel
professionnel. Donc, vous comprendrez, juste avec certains des groupes que je
vous ai nommés, puis on s'entend, il y en a vraiment plusieurs dans le réseau
de l'éducation, on a déjà, juste avec ceux-ci, une pluralité, une pluralité de
groupes qui nous disent : Bien, écoutez, c'est important qu'au Québec qu'on
puisse avoir une réflexion nationale, des états généraux, une commission Parent
2.0, appelez ça comme vous voulez, Mme la Présidente, mais qu'on puisse s'asseoir,
prendre un pas de recul puis penser à notre système d'éducation.
Je vous ai nommés, donc, les groupes qui
sont sur le terrain puis qui, eux-mêmes, bien, ont commencé à le demander au
cours des dernières années. Mais, bien évidemment, dans mon rôle de
porte-parole, oui, je vous indique que c'est important que l'Assemblée
nationale se positionne sur cet enjeu, d'une part, pour être à l'écoute du
terrain, mais c'est aussi parce que, comme formation politique, nous nous
inscrivons dans la lignée de ceux qui, au cours des dernières décennies, ont
décidé d'avoir une vision en matière d'éducation.
Puis, dans cette réflexion-ci, bien, notre
chef Charles Milliard s'était engagé, donc, bien avant, donc, d'obtenir, donc,
cette demande, donc, ces demandes successives, donc, qui nous arrivent, donc,
des groupes, des groupes qui connaissent les jeunes, qui travaillent avec eux,
qui ont à cœur, donc, leur réussite... académique, leur réussite éducative.
Bien, notre chef Charles Milliard, donc, déjà, il y a deux ans, on nous disait :
Moi, là, avec la vision que j'ai pour le Québec, d'une part, je priorise l'éducation.
Et, prioriser l'éducation, bien, c'est s'assurer d'avoir cette discussion
nationale, c'est de s'assurer de prendre ce pas de recul là pour avoir cette
réflexion.
Alors, vous demanderez...
15 h 07 (version non révisée)
Mme Cadet : ...Mme la
Présidente, bien, pourquoi, au Parti libéral du Québec... puis on se dit que c'est
le moment, c'est le moment d'avoir des états généraux. Mais, d'une part, on le
sait, la dernière fois que... bon, que le Québec a eu une discussion, donc, d'envergure
sur le réseau de l'éducation, bien, ça fait quand même déjà... ça fait quand
même déjà quelques décennies. Donc, on le sait, le réseau de l'éducation a
grandement changé depuis.
Mais au-delà de ça, pour nous, quand on
repense au mandat, au mandat qui... qui prend fin, de la Coalition avenir
Québec, qui forme le gouvernement en ce moment, bon, on se demande... et moi,
personnellement, puis je l'ai dit plus tôt, en point de presse... demande,
donc, quelles sont, donc, les grandes réalisations du gouvernement caquiste en
matière d'éducation? Est-ce que c'est le vouvoiement, Mme la Présidente? Est-ce
que c'est l'interdiction des téléphones cellulaires dans les classes, Mme la
Présidente? Vous savez, moi, j'ai siégé moi-même, donc, sur la commission
spéciale sur l'impact des écrans chez les jeunes, donc je ne suis pas en train
de dire qu'enlever les écrans ou qu'enlever les téléphones cellulaires dans les
classes, dans les écoles, que c'était une mauvaise idée. Au contraire, je l'ai moi-même
recommandé au gouvernement.
Mais vous comprendrez que de prendre les
travaux d'une commission spéciale transpartisane, c'est une chose, mais avoir
une vision à long terme pour notre réseau de l'éducation, c'en est une autre.
Et, manifestement, au cours des huit dernières années, malgré le fait que la
CAQ, que le premier ministre du Québec nous avait dit... il nous a dit, ad
nauseam, que l'éducation était la priorité des priorités, et qu'il fallait
investir massivement, qu'il fallait nous assurer donc, de prioriser nos jeunes,
que c'est pour ça qu'il faisait de la politique, que c'est pour ça qu'il était
revenu en politique, bien ce qu'on a vu, Mme la Présidente, c'est une certaine
forme de myopie de la part de la CAQ, au cours des deux derniers mandats, en
matière d'éducation. Ça a été une gestion à courte vue, ça a été une gestion à
la petite semaine, sans véritablement se dire : OK, bien, quels sont donc
les grands défis que l'on a en matière d'éducation, puis comment est-ce qu'on
peut s'assurer que tout le monde ensemble, qu'on soit là pour se moderniser?
Je vous donne déjà, donc, quelques enjeux,
parce que, bien évidemment, donc, ça va bien au-delà, donc, du bilan caquiste
des huit dernières années. Si on se dit qu'on veut avoir cette discussion
nationale en matière... en matière d'éducation, encore faut-il se poser des
questions sur certains enjeux, donc, à prioriser.
Bien, d'abord, je vous renvoie à la
mission de l'école, la mission de l'école, Mme la Présidente, qui se décline,
donc, en trois... en trois aspects : socialiser, éduquer, donc instruire,
et qualifier. Donc, lorsqu'on parle d'instruire nos jeunes, de les éduquer,
bien, ça renvoie donc à la mission, donc, première de nos... de nos
institutions d'enseignement, puis nous dire : Bien, comment est-ce qu'on s'assure
de raccrocher nos jeunes? On le sait, au Québec, dans les... dans les, bon, 40,
50 dernières années, on a quand même connu un certain rattrapage, qui est,
justement, donc, le fruit de la Révolution tranquille, qui est le fruit, donc,
de... des grandes révolutions, des grands réaménagements qui ont eu lieu, donc,
à une autre époque, alors qu'on s'est posé des questions franches sur notre
système d'éducation, puis quelles étaient les priorités que nous en avions,
donc, pour le Québec, puis de s'assurer qu'on puisse avoir ce... ce rattrapage
et que nos jeunes se scolarisent de plus en plus.
Donc, on a vu, donc, autour... jusqu'en
2018, en fait, qu'année après année, bien on continuait d'avoir des meilleurs
taux de qualification, donc des meilleurs taux de persévérance scolaire.
Malheureusement, évidemment, la déclinaison, elle est... elle est petite, elle est...
on ne parle pas, donc, d'un énorme écart, j'en conviens, mais c'est sûr que,
lorsqu'on parle de persévérance scolaire... puis, la semaine dernière, on
soulignait, justement, donc, les Journées de la persévérance scolaire... on n'a
pas le luxe d'échapper qui que ce soit, Mme la Présidente, on n'a pas le luxe
de se dire : Ah! bien là, on est en train de stagner, bien, on a peut-être
atteint notre bout, ah! là, on voit un certain déclin, ah! mais ça, ce n'est
peut-être pas statistiquement significatif. Non, Mme la Présidente. Quand on
regarde, donc, des chiffres comme ceux-là, ils ont décliné, surtout chez les
garçons, bien, on a des questions à se poser, il faut qu'on se demande : Bien,
est-ce qu'on est en train... est-ce qu'on a les bonnes infrastructures, les
bonnes méthodes, le... un environnement, donc, qui permet, donc, à chaque
personne de pouvoir se réaliser à son plein potentiel? Mais il faut qu'on soit
capables d'intervenir puis de poser des questions au réseau.
Donc, oui, donc, la première de ces
priorités-là, donc l'impératif de pouvoir tenir des états généraux en matière d'éducation,
bien, c'est d'abord, donc, se poser des questions sur le plan pédagogique, de
comment est-ce qu'on s'assure que nos jeunes, bien, continuent de... de
persévérer, comment est-ce qu'on s'assure donc, de les diplômer avec toutes les
qualifications requises. Puis les diplômer avec toutes les qualifications
requises, Mme la Présidente, bien, c'est aussi s'attaquer au décrochage du
personnel. Parce qu'on le sait, au Québec, donc, on vit, donc...
15 h 12 (version non révisée)
Mme Cadet : …ici en matière
de décrochage, donc celui… bon, celui, donc, des élèves, celui qui nous
préoccupe à la base, parce que je vous donne aussi certains… certains chiffres
ici à cet égard, Mme la Présidente. Donc, chaque année, ce sont 10 000 jeunes
qui quittent l'école sans diplôme ni qualification, et, on le sait, un jeune
sans diplôme, mais gagne en moyenne 10 000 $ de moins par année qu'un
diplômé du secondaire. Donc, on parle de près d'un demi-million de dollars sur
une vie active. Donc, c'est ça que je vous disais, ici, on parle de l'assise de
notre réseau d'éducation puis du point central à des discussions à avoir en
matière d'éducation, puis la raison pour laquelle il faut convoquer des états
généraux.
Mais, comme j'avais commencé à l'expliquer,
bien, quand on parle de décrochage, donc, on vit cette seconde crise, celle du
décrochage enseignant, celle du décrochage du personnel, puis ça, au cours des
huit dernières années, Mme la Présidente, on a vécu une crise du maintien à l'emploi
de nos enseignants. On le sait, au cours des huit dernières années, là, on a
posé souvent la question ici au salon rouge, précédemment, donc, au salon bleu,
au gouvernement à savoir : Mais qu'est-ce qu'il comptait faire? Comment
est-ce qu'on s'assurerait d'avoir assez de profs dans nos classes? Parce que le
déclin est assez effarant. Donc, l'actualité nous… nous… abonde en fait dans ce
sens. Les différents articles de journaux nous indiquent, de façon périodique,
qu'il manque de preuves dans nos écoles.
L'ancien ministre de l'Éducation nous
disait : Bien, écoutez, ce n'est pas grave, en fait, là, l'urgence, c'est
d'avoir des adultes dans nos classes. Mais cette phrase-là a tellement marqué
le gouvernement que ça fait déjà, quoi, deux ans, trois ans, donc quelques
rentrées scolaires, Mme la Présidente, puis moi, quand je vais sur le terrain,
les... les parents, les membres du personnel, les gens qui représentent les
acteurs du réseau, et même les jeunes, en fait les jeunes eux-mêmes qui sont…
qui en ce moment, donc, fréquentent le réseau ou qui viennent à peine d'en
sortir. Il y en avait quelques-uns qui étaient ici dans le cadre des Rencontres
Action Jeunesse de Force Jeunesse, hier et aujourd'hui. Mais, même dans ce
cadre-là, Mme la Présidente, on nous a parlé de cette phrase-là, on nous a
parlé du fait que, mon Dieu! ça n'a pas de bon sens, le gouvernement ne peut
pas tout simplement, donc, nous abandonner en nous disant, bien, ça nous prend
tout simplement des adultes dans nos classes. Au contraire, tout le monde nous
dit, Mme la Présidente, que ça nous prend du personnel qualifié, puis ça ne
nous prend pas juste, donc, des gens qui arrivent dans un nouveau programme de
formation, parce que ça, j'entends déjà le gouvernement nous dire: Bien, regardez,
on a eu donc une certaine hausse d'inscriptions, par exemple, à l'Université
Laval. Mais, Mme la Présidente, notre enjeu en ce moment, quand on parle de la
pénurie que je vais parler, donc la pénurie de profs, bien, c'est même
particulièrement un enjeu de rétention du personnel, et ça, bien, si on n'a pas
une discussion publique, si on n'est pas en train de pouvoir s'asseoir tous les
acteurs du réseau de l'éducation… Je vous ai nommé donc tous ceux, donc, qui y œuvrent
au quotidien. Mais, évidemment, donc, des états généraux, mais ça comprend
aussi, bien, nos facultés, donc celles… celles-là même, donc, qui ont à qualifier,
donc, nos prochains profs, les prochains professionnels qui eux-mêmes, donc,
vont interagir avec notre réseau scolaire. Mais, si on n'a pas, disons, donc,
cette discussion-là pour bien comprendre, mais comment est-ce qu'on prépare,
donc, les enseignants, donc, à l'école d'aujourd'hui, pour qu'ils restent, pour
qu'ils y restent, puis qu'on offre de la stabilité à nos jeunes, bien, selon
moi, Mme la Présidente, on va manquer le bateau puis on va avoir un trou qui va
être percé. Parce que c'est un peu ça qu'on a constaté au cours des huit
dernières années, ça a été un bateau à la dérive. Ça a été donc un radeau qui a
été complètement percé parce qu'on disait : Bien, regardez, s'il vous
plaît, intégrez nos… nos… nos programmes de formation, devenez prof. Vos stages
ne seront pas rémunérés, mais s'il vous plaît, devenez prof. Ça, c'est un autre
enjeu, Mme la Présidente. Bien, à ce moment-là, comment est-ce qu'on va s'assurer
d'avoir, donc, des enseignants, donc, qualifiés, donc, à l'entrée, mais qui
sont capables de rester?
Mme la Présidente, aujourd'hui, ce sont le
corps des enseignants, donc, qui intègrent nos… nos écoles, nos centres de
services scolaires puis qui quittent à l'intérieur… dans un intervalle de cinq
ans. Donc, des états généraux, ça va nous permettre de voir, d'une part,
quelles sont les solutions. Il y en a quelques-unes qui sont proposées par la
FSE en ce moment. Mais de voir quelles sont les solutions sur le long terme à
travers chacun des acteurs du réseau de l'éducation, pour s'assurer que le… que
les profs, mais qui arrivent, bien, aient tous les outils, aient envie de
rester, que le... que la classe, donc, soit… soit adaptée, mais que la
formation qu'ils reçoivent quand ils en reçoivent une, parce qu'évidemment on
le sait, on a énormément d'enseignants qui sont non légalement qualifiés dans
le réseau, qui font leur possible, mais qui n'ont pas les outils pour vraiment
dire : Ouf! moi, je suis capable, donc, de prendre cette… cette… cette
charge-là avec les outils qui sont à ma disposition, bien, à ce moment-ci, Mme
la Présidente, on n'y arrivera pas…
15 h 17 (version non révisée)
Mme Cadet : ...donc on a besoin
d'asseoir tout le monde dans le réseau puis de voir, bien, comment on assure
une meilleure rétention des enseignants. Puis je vous disais bien, cette... ce
décrochage-là, bien, ça touche l'ensemble du personnel aussi. Dans les derniers
mois, on a entendu bien plusieurs représentants, donc, oui, des profs, mais
également du personnel professionnel puis surtout, surtout du personnel de
soutien qui sont venus nous dire : Il y a une hausse de la violence dans
nos écoles. Puis ça encore, Mme la Présidente, lorsqu'on fait notre revue de
presse dans... et qu'on regarde, donc, quels sont les défis du réseau de l'éducation,
bien, on constate qu'il y a... il y a eu un schisme en quelque part, il y a
quelque chose qui a changé parce que les données s'amoncellent année après
année après année. Donc, il va falloir qu'on regarde, bien, comment est-ce qu'on
s'assure de diminuer, donc, les taux de violence qu'on a dans nos écoles. Pas
plus tard que ce matin, encore une fois, dans une autre rencontre de Force Jeunesse,
on nous disait : Bien, oui, bon, il y a peut-être un certain travail, donc,
qui a été fait, donc, avec un guide, mais quelques mois plus tard, on n'en
ressent pas encore les effets. Ça, ça signifie, Mme la Présidente, qu'au-delà,
donc, des petites mesures ou des mesures qu'on peut avoir malgré toute la
volonté du monde, soit on n'est pas capable, encore une fois, d'aller chercher
à travers, donc, des états généraux, de prendre ce pas de recul là puis de se
dire : OK, bien comment est-ce que notre conversation nationale, en
profondeur, va nous permettre d'arriver à différents engagements puis à
différents constats? Bien, on n'arrivera pas au bout de cet enjeu-là. Le
gouvernement, sous l'ancien ministre... avec l'ancien ministre de l'Éducation,
donc, qui avait tenu, donc, sous l'impulsion, d'ailleurs, du Parti libéral du
Québec, donc une journée, donc, sur la violence. Mais quelles ont été les
suites de cette journée-là, Mme la Présidente? Ça fait deux ans. Moi, j'y
étais. Je pense que les acteurs se disaient : OK, tu sais, c'est
important, on fait ce premier pas-là. Puis à ce moment-là, on parlait surtout
de la violence, je veux dire, entre... entre les élèves, donc, qui était subi,
donc, par les élèves. Mais je me rappelle moi, de cette journée-là, où est-ce
qu'on nous disait : OK, bien ce premier pas-là, on l'aime bien, mais on
attend les suites puis il n'y en a toujours pas eu. Puis, malgré tout ça, dans
les thématiques qui sont abordées, bien, la violence à l'égard du personnel, bien,
ce n'était pas un des sujets qui était... qui était à l'ordre du jour. Donc ça,
on est encore en train de banaliser cette situation-là. Si on est encore en
train de tout simplement se dire : OK, bien là, au tournant, on va essayer
donc d'oser, donc... d'apporter, donc, une certaine solution. Bien, Mme la
Présidente, on ne viendra pas à bout de cet enjeu-là. Puis j'ai passé beaucoup
de temps de ma présentation, tu sais, à vous parler de ces enjeux, malgré le
fait qu'il y en ait énormément d'autres, puis on a encore quelques minutes pour
les aborder, pour se dire que si on n'a pas le personnel, si le personnel
lui-même se dit : Moi, je n'ai pas l'énergie de pouvoir travailler, donc,
dans ce réseau-là, parce que les conditions de travail, puis les conditions de
travail, Mme la Présidente, ce n'est pas juste des conditions salariales, en
passant, si les conditions de travail ne me permettent pas d'être à mon
meilleur puis de pouvoir tout offrir aux jeunes qui attendent beaucoup de moi,
bien, ça... On ne viendra pas à bout des défis qui sont vécus dans notre réseau
de l'éducation.
Puis ça m'amène au personnel
professionnel. Ce matin, je posais une question à la ministre de l'Éducation
parce que c'est... il s'agissait, donc, d'un des engagements forts de la CAQ
dans sa plateforme de 2022, qui nous disait que c'est important de soutenir les
élèves qui sont en difficulté d'apprentissage. Mais, pour ça, ça nous prend
plus de personnels professionnels : des orthopédagogues, des psychoéducateurs,
psychoéducatrice. Mais malgré ça, ce qu'on voit dans différentes régions, j'en
ai nommé une, j'ai nommé celle des Laurentides ce matin, bien, c'est une baisse
du nombre de professionnels dans nos écoles. Puis même, je comprends, donc, des
derniers chiffres que, lorsqu'on pense précisément, donc, aux psychologues, il
y en a déjà, il y a... Je ne veux pas vous donner, donc, des mauvais chiffres, Mme
la Présidente, ça fait que je vais m'abstenir de le préciser, mais de ce qu'on
me souffle à l'oreille, la baisse du nombre de psychologues est importante.
Alors, je reviens à l'enjeu précédent sur
les conditions de travail puis la prévention de la violence en milieu scolaire,
bien, notre personnel professionnel, si on est en mesure, donc, de bien l'outiller,
bien, c'est sûr que ça, on va en voir, donc, les effets qui vont se répercuter
sur les jeunes, sur la capacité, donc, de pouvoir offrir, donc, un milieu de
vie sain pour nos jeunes. Puis je parlais récemment aux orthopédagogues qui
nous disaient : Bien, en ce moment, on est toujours en train d'éteindre
des feux, puis c'est épuisant, puis c'est la raison pour laquelle, bien,
certains de ceux-ci disent : Ah! Bien, nous, on quitte, on a des
meilleures conditions, on s'en va au privé, on a une meilleure, donc, plus de
flexibilité, plus d'agilité dans nos horaires puis dans nos types de pratiques,
parce que quand on est à l'école, on est toujours en train d'éteindre des feux.
Je pense qu'ici, bien, il y a peut-être certaines... Je pense que ça, encore
une fois, donc, ça, ça va nous...
15 h 22 (version non révisée)
Mme Cadet : ...prendre, donc,
une discussion entre tous les acteurs pour qu'on puisse se regarder puis se
dire : OK, bien, comment est-ce qu'on s'assure que lorsque ces
professionnels-là viennent dans notre milieu de travail, bien, dans notre milieu,
dans notre équipe-école, lorsqu'ils en font partie, bien, comment est-ce qu'on
s'assure qu'ils soient à leur, qui, eux-mêmes, œuvrent à leur plein potentiel?
Parce que, quand on nous dit que : Bien, nous, on a été formés pour qu'on
fasse 80 % de prévention puis 20 %, un petit peu, donc, de, disons,
je ne veux pas dire de répression, là, mais... qu'on soit plus, OK, dans les
mesures de contrôle, qu'on soit plus, donc, dans les plans d'intervention...
mais 80 % de notre temps devrait plus être analyser, donc, notre milieu
scolaire, puis à mettre en place des différents leviers pour qu'on puisse agir
en amont pour que ça se passe bien pour tout le monde, y compris les élèves
avec des besoins particuliers, des élèves en difficulté. Mais qu'en bout de ligne,
ces mêmes professionnels nous disent : Bien, en fait, notre ratio, il est
inversé, on devrait faire du 80 % prévention puis 20 % du reste, mais
en fait, on fait 80 % du reste puis 20 % de prévention.
Bon, on se comprend ici que ce ne sont pas,
donc, les annonces, ou les différents communiqués pour dire : Bien oui, c'est
un enjeu qu'on prend au sérieux, qu'ils vont faire la différence, Mme la
Présidente. C'est être capable, donc, de s'asseoir puis de dire : OK, mais
comment est-ce qu'on revoit notre système de A à Z pour qu'on ne soit pas juste
dans l'éteinte de feux, qu'on ne soit pas en train de... de ne pas utiliser,
donc, les professionnels dont nous avons besoin, que la CAQ avait promis, d'ailleurs,
au réseau, pour que notre environnement scolaire nous permette de faire en
sorte que l'école puisse réussir sa mission de socialiser, qualifier et
instruire les élèves.
J'arrive sur le «qualifier», Mme la
Présidente, parce que l'un des gros autres enjeux, quand on parlait d'avoir,
donc, une commission Parent 2.0, d'avoir des états généraux en 2026, bon, 2027,
c'est de se dire, bien, il n'y a pas juste l'école qui a changé, il n'y a pas
juste le nombre d'élèves en difficulté, par exemple, qui a augmenté, qui a
changé, puis qui nous demanderaient, donc, de nous poser des questions sur les
enjeux d'inclusion ou de voir comment est-ce qu'on outille mieux les
enseignants à pouvoir, donc, offrir, donc, les services essentiels pour les
enfants avec des besoins particuliers, donc, qui intègrent les différentes
classes régulières. Mais c'est aussi de se dire, bien, en 2026, là où est-ce
qu'on est rendus, bien, le milieu du travail aussi, il a changé. Alors, lorsqu'on
parle de «qualifier», bien, qui est l'un des trois piliers de l'école
québécoise, bien, il faut qu'on puisse, qu'on soit en mesure de se poser des
questions sur les métiers du futur, sur les métiers de l'avenir. Il faut qu'on
soit capables de se poser des questions sur l'impact de l'intelligence
artificielle dans notre réseau scolaire, pas juste sur comment est-ce que les
jeunes eux-mêmes l'emploient. Parce qu'on sait que, là, c'est de façon
embryonnaire, mais de plus en plus, et de plus en plus jeune, les jeunes, donc,
seront nombreux, donc, à se doter, donc, des différents outils qui sont à leur
disposition... mais de voir, comment est-ce que le réseau s'adapte à ça?
Encore une fois, moi, j'ai posé cette
question-là à l'étude des crédits budgétaires, l'année passée, au ministre de l'Éducation,
à l'ancien ministre, il me dit : Bien, regardez, on a un guide. Mais, même,
et là, en boutade, on avait posé la question à ChatGPT, lui-même, nous
disait : Bien, est-ce qu'un guide, c'est suffisant? Et ce qu'on comprenait
de la plateforme, c'est non, un guide, ça ne nous permet vraiment pas de
pouvoir... un guide à lui seul ne nous permet vraiment pas de pouvoir répondre
à tous les enjeux qui concernent, donc, l'encadrement de l'intelligence
artificielle dans notre réseau scolaire.
Alors, quand je vous dis que les défis
sont multiples et qu'actualiser notre réseau, bien, c'est... c'est oui, d'une
part, de nous assurer qu'on est les humains, le personnel qualifié pour pouvoir
offrir des services aux jeunes, pour pouvoir les outiller, les motiver, à
persévérer puis de s'assurer que ceci, bien, se réalise à leur plein potentiel.
Bien, se poser cette question-là, à l'aube de 2030, bien, c'est aussi se
demander, bien, quels seront les métiers d'avenir puis comment est-ce que l'école,
dès le départ, soit véritablement en mesure d'outiller nos élèves? On a
beaucoup parlé, notamment lorsque je siégeais sur la commission spéciale sur l'impact
des écrans chez les jeunes, bien, on nous parlait de littératie numérique, à ce
moment-là. On a parlé, donc, des défis puis de comment est-ce que l'école
devrait s'adapter à tout ça. Et j'enjoins d'ailleurs, donc, le gouvernement,
donc, à... à suivre les... les différentes recommandations que nous avions tous
émises, donc, de façon transpartisane, dans le cadre, donc, du dépôt du rapport
sur l'impact des écrans chez les jeunes. Et se poser des questions sur l'école
de l'avenir, bien, c'est aussi ça, Mme la Présidente. Donc, vous comprenez...
mais vous comprendrez, Mme la Présidente, qu'aujourd'hui, avec cette motion du
mercredi, où est-ce que je demande que l'Assemblée nationale reconnaisse la
nécessité de tenir des états généraux sur le système d'éducation au...
15 h 27 (version non révisée)
Mme Cadet :
...que...
puis qu'avec tous les groupes qui sont là puis qui nous disent : Bien, il
faut qu'on ait cette réflexion structurante là, parce que l'école est devenue
un fourre-tout où il y a une incohérence entre les attentes et les ressources,
il y a de l'instabilité sur le plan financier. Donc, il faut qu'on se pose des
questions sur comment est-ce qu'on offre de la stabilité budgétaire à long
terme à notre école, qu'on se demande, bien, quelles sont les meilleures
pratiques pour les élèves à besoins particuliers, je l'ai nommé, Mme la
Présidente, il y en a de plus en plus, quelle est notre approche en matière de
projets pédagogiques particuliers, parce que ça aussi, ça fait partie de la
réflexion collective, Mme la Présidente, quelle est notre approche aussi face
aux élèves qui sont issus des Premières Nations et qui, donc... qui ont besoin,
donc, d'une approche adaptée, donc de nation à nation. Donc, comment est-ce qu'on
se pose ces questions-là, Mme la Présidente? Vous voyez, donc, les enjeux sont
absolument multiples. Mais, dans tous les cas, ce que l'on comprend de la part
de l'ensemble des groupes, l'ensemble du milieu et l'ensemble des parents, c'est
qu'on a besoin d'une réflexion nationale. C'est qu'on a besoin, au nom de la réussite
éducative, de tous nos jeunes, de se poser des questions sur les colonnes du
temple de notre système, Mme la Présidente.
Et, à cet effet, j'espère que le
gouvernement votera en faveur de cette motion, et que nous nous assurons de
faire du système d'éducation une priorité nationale pour le Québec. Merci, Mme
la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme
Soucy) :
Merci, Mme la députée. Maintenant, nous poursuivons
avec la prochaine intervenante, je crois, Mme la ministre de l'Éducation. Je
tiens à vous rappeler que votre formation politique a 52 min... 24 s
en temps. À vous la parole.
Mme LeBel :
Merci,
Mme la Présidente. Je vais prendre l'occasion pour saluer ma collègue de l'opposition,
qui est l'instigatrice de cette motion du mercredi sur l'éducation, un sujet
fort important, Mme la Présidente, puis, je pense, un sujet dont on partage
grandement les objectifs et l'importance. Même si, quelques fois, on n'est pas
toujours d'accord sur les chemins qu'il faut emprunter pour s'y rendre, je pense
que la destination qui est la réussite de nos enfants, c'est une destination qu'on
partage ensemble. Alors, je vais prendre le temps de la saluer et saluer tous
ceux qui sont ici avec nous dans l'enceinte aujourd'hui et qui nous écoutent.
J'ai eu l'occasion de le dire, Mme la
Présidente, l'éducation est le plus grand projet collectif du Québec. Quant à
moi, c'est la mission... une des missions les plus importantes de l'État, du
gouvernement. Et c'est une mission, je viens de le mentionner en saluant ma
collègue et mes autres collègues de l'opposition qui sont... porte-parole dans
ce dossier, qui doit nous unir, hein, au-delà des partis, au-delà des cycles
électoraux.
Donc, quand on parle d'école, Mme la
Présidente, on parle de nos enfants. Et, lorsqu'on parle de nos enfants, bien,
on doit naturellement se placer au-dessus de la mêlée. C'est important.
Certains proposent la tenue, là, d'états généraux en éducation. Je comprends l'intention,
Mme la Présidente, personne n'est contre la consultation. D'ailleurs, dans mes
fonctions actuelles et dans celles que j'ai occupées auparavant, j'ai toujours
valorisé ce dialogue, le dialogue social, l'écoute, la concertation. Et c'est
encore plus important, je pense, dans le milieu de l'éducation, parce que ce
sont nos enfants à tous. Mais je pense qu'il est important de rappeler, Mme la
Présidente, ce qu'on a fait jusqu'à présent et comment le gouvernement de la
CAQ, depuis 2018, a abordé l'enjeu de l'éducation.
On a profondément, depuis 2018, Mme la
Présidente, transformé le réseau de l'éducation. On a consulté, on a posé des
gestes, on a investi puis on a avancé. On a fait dépasser, sur le plan
budgétaire uniquement, pour commencer... on a... on a fait passer le budget de
l'éducation de 14,9 milliards de dollars à 23,5 milliards en
sept ans, qui est une hausse de 58 %, près de 60 %. Donc, l'importance
de l'éducation est marquée dans les dispositions budgétaires qu'on a fait et
les pas budgétaires qu'on a faits depuis 2018. C'est un facteur, c'est un
vecteur, c'est un indicateur.
Le financement des infrastructures
également, c'est important. On en a parlé pendant la période de questions, nos
écoles, nos infrastructures qui malheureusement arrivent à une cinquantaine d'années
presque toutes en même temps, donc il y a beaucoup d'investissement y faire.
Donc, on a passé de 9 milliards à 23,5 milliards de dollars pour
le PQI de l'Éducation, Mme la Présidente. Ce sont des investissements qui sont
majeurs, des investissements qui sont structurants, qui ont permis de rattraper
un sous-financement je dirais même chronique qui s'est accumulé année après
année et qui faisait en sorte que, quand on est arrivés en 2018, un constat a
été très clair pour nous, il fallait réinvestir massivement dans l'éducation.
On a amélioré également de façon
importante les conditions de travail du personnel scolaire, c'est important
pour la rétention, pour l'attraction, pour la valorisation, des augmentations
salariales qui ont été historiques, qui ont été qualifiées d'historiques même.
Je me... Je me souviens de la première vague de négociations en... 2020-2023
que j'ai fait, et M. Mallette de la FAE a qualifié les ententes de cette
époque-là d'historiques à l'époque. Je l'ai retenu. On a employé...
15 h 32 (version non révisée)
Mme LeBel : ...on a employé
des aides à la classe, ajouté des heures aux éducatrices en milieu scolaire,
aux techniciens en éducation spécialisée, plus de soutien dans les classes,
plus de soutien pour nos enfants défavorisés. Aujourd'hui c'est environ une
classe sur deux, Mme la Présidente, au primaire, qui bénéficie de ce soutien
supplémentaire, il faut le noter. Et tout ça dans un seul et unique but, la
réussite des élèves.
Les sommes investies sont considérables.
Notre responsabilité maintenant, c'est de nous assurer qu'elles sont utilisées
de la manière la plus efficace possible. Les centres de services scolaires ont
des gestionnaires compétents qui connaissent leur réalité. Notre rôle, nous
comme gouvernement, c'est de les accompagner, de leur donner des outils, de
recentrer le financement sur les élèves et de préserver la qualité des services
éducatifs tout en assurant une gestion responsable des fonds publics, parce qu'on
est redevables aux Québécois, Mme la Présidente, c'est leur argent.
Dans ce contexte, je me pose une question
toute simple, la seule qu'on devrait se poser : Qu'est-ce qui sert le
mieux, ici, maintenant, l'intérêt des enfants? Mais depuis mon arrivée comme
ministre de l'Éducation, avec le court laps de temps que j'avais pour agir,
bien, c'est la question que je me suis posée. Puis, je me suis donné comme
objectif clair, c'est celui d'apaiser le réseau, Mme la Présidente.
Depuis les dernières années, le réseau a
traversé beaucoup de choses. On a fait beaucoup de changements. Il y a eu la
pandémie, les négociations collectives qui ont quand même été difficiles malgré
des résultats que je considère historiques, des changements importants. On a
refait la structure des commissions scolaires, maintenant, ce sont des centres
de services scolaires, et c'est des changements qui ont été structurants et
importants. Donc, il y a de la fatigue, il y a des attentes. Il y a aussi une
immense volonté de la part des gens qui travaillent pour les enfants au
quotidien de bien faire. Donc, mon rôle est de leur apporter des solutions
concrètes, du support. C'est de cette façon-là que moi, je le conçois et que je
l'ai annoncé d'entrée de jeu quand je suis arrivée en poste.
Dès mon entrée en fonction, j'ai ouvert
les canaux de communication avec les partenaires : directions d'école,
enseignants, personnels de soutien, syndicats, parents. J'ai écouté, j'ai
entendu, mais j'ai... je l'ai dit clairement : On ne peut pas tout faire
en même temps, il faut prioriser. À titre d'exemple, dès le début, dans les
premières heures, je dirais même, de ma nomination, il y a eu l'enjeu du
plafond des ETC qui remontait rapidement à la surface, un enjeu qui freinait l'embauche
du personnel dans les écoles. Un irritant majeur pour le réseau. Malgré les
objectifs louables de ces plafonds de ETC, c'est plutôt des cibles qu'on devait...
qu'on devait mettre. On a rectifié le tir, on a réglé la situation.
Un autre des enjeux qui a été soulevé
rapidement concernait l'implantation du nouveau programme de français,
programme hyper important pour l'avenir du Québec, pour le français au Québec,
pour notre culture d'ailleurs, parce que la culture est intimement liée à ce
programme de français, la culture québécoise. Bien, tout le monde s'entend sur
son importance, Mme la Présidente. Ce n'est pas ça, l'enjeu. C'est un jalon
essentiel pour valoriser notre langue et notre culture. Je viens de vous le
dire. Mais les équipes-écoles me disaient ne pas avoir le temps nécessaire pour
bien s'approprier le programme avant de l'enseigner. Donc, on a pris une
décision pragmatique, j'ai pris une décision pragmatique : reporter son
implantation à la rentrée 2027-2028. Puis, l'année 2026-2027, la promotion
de rentrée scolaire, Mme la Présidente, bien, va consacrer à la préparation et
à l'accompagnement de nos enseignants pour qu'ils puissent implanter
correctement avec... avec l'agilité dont ils ont besoin ce programme. Il va y
avoir des formations qui va leur être offertes pour qu'ils puissent se préparer
à le faire correctement. Ils vont avoir le temps d'analyser le matériel
didactique, de s'approprier le contenu, de se préparer adéquatement, Mme la
Présidente. Et on pourra aussi prendre connaissance des résultats, parce que je
vous rappellerai qu'il y a un projet pilote qui est implanté dans 54 classes
à travers le Québec, au moment où on se parle, qui se terminera avec l'année
scolaire qui est en cours. Donc, on pourra analyser ces résultats-là et tenir
compte des commentaires des enseignants qui ont eu à appliquer, expérimenter ce
nouveau programme de français et faire les ajustements nécessaires, le cas
échéant.
Donc, vous savez, Mme la Présidente, qu'est-ce
qu'on fait? On fait les choses dans l'ordre, on donne les conditions de
réussite, on évite la précipitation, on laisse à notre réseau le temps d'absorber
ces changements fort importants qu'on met de l'avant.
Un autre enjeu majeur qu'on... qu'on
connaît très bien tous, c'est la formation des enseignants. La croissance
rapide du nombre d'élèves va créer une pénurie d'enseignements... d'enseignants
légalement... légalement qualifiés, mais une grande pression aussi sur notre
PQI, sur les disponibilités des... des places dans les classes. Aujourd'hui, on
doit donc recourir à des enseignants sans brevet. Je sais qu'il y a parmi eux
des... des personnes engagées et compétentes. Il ne faut pas... il ne faut pas
mêler qualification légale et compétence. Donc, il y a des personnes engagées,
il y a des personnes compétentes qui ont joint le réseau. Et je remercie... d'ailleurs
il faut les remercier de contribuer à la réussite de nos élèves. Mais ça ne
peut pas devenir la norme, Mme la Présidente. C'est pour ça que j'ai écrit, j'ai
écrit à chacun des enseignants sans brevet...
15 h 37 (version non révisée)
Mme LeBel :
...pour
leur rappeler le caractère temporaire et exceptionnel de leur situation et l'attente
claire qu'ils s'engagent dans un parcours de formation. C'est ça qu'on veut
pour ces gens-là. On veut qu'ils viennent nous donner... prêter main-forte, ils
ont des qualités exceptionnelles, ils ont des compétences, mais on veut qu'ils
aient les qualifications pour enseigner. Puis il faut continuer à valoriser le
brevet, Mme la Présidente. Donc, enseigner... Parce qu'enseigner c'est une
profession qui est exigeante, c'est une profession qui est importante puis elle
mérite donc une formation solide.
La bonne nouvelle, c'est que les
inscriptions dans les programmes universitaires en enseignement sont passées de
plus de 19 000 à près de 23 000. L'attrait de la profession augmente,
Mme la Présidente, et c'est ça qui est important, et c'est ça qu'il faut
regarder. L'aiguille bouge et elle bouge dans la bonne direction.
Nous avons également instauré l'obligation
de 30 heures de formation continue par période de deux ans. Encore une
fois, c'est pour s'assurer que les enseignants ont la pleine formation,
qualification, mais pas à... non seulement à la sortie de l'école, mais tout au
long de leur carrière de professionnel. L'Institut national d'excellence en
éducation aura le mandat de s'assurer que les formations suivies sont
pertinentes et alignées sur les compétences attendues. C'est normal, Mme la
Présidente, d'exiger une telle hauteur de formation, parce qu'après tout ces
gens-là forment la génération de demain, celle...
Une voix :
...
Mme LeBel :
...notre
avenir, merci, celle qui prendra soin de nous et qui... qui mènera le Québec
vers... vers son avenir, vers ce qu'il mérite. Donc, on doit élever les
standards et on doit maintenir ces standards-là à un très haut niveau. Puis c'est
toujours d'abord et avant tout dans l'intérêt des élèves. C'est la seule... C'est
la seule boussole qu'un ministre de l'Éducation doit avoir, et c'est la seule
boussole qu'on doit avoir en matière d'éducation, Mme la Présidente. C'est qu'est-ce
qui est bon pour nos enfants ici, maintenant, quels sont les gestes qu'on doit
poser pour eux ici, maintenant.
Donc, on me parle d'états généraux, Mme la
Présidente. Bien, je comprends l'idée, je comprends l'idée. Ça se discute,
hein? Je... Je comprends l'idée de prendre un temps d'arrêt collectif. Mais je
crois sincèrement, quand on se pose la question qu'est-ce qui est dans l'intérêt
de nos enfants ici, maintenant, bien, je crois qu'en ce moment, ce dont le
réseau a le plus besoin, c'est de stabilité, de clarté, d'agilité, de
prévisibilité. Il faut que les décisions que l'on prend facilitent leur travail
dans les écoles. C'est de ça qu'ils ont besoin au moment où on se parle, Mme la
Présidente.
On a déjà des espaces de dialogue, entre
autres, un comité sur le rôle de l'école qui réunit les principaux partenaires
et qui permet d'aborder des questions de fond de manière structurée et
continue. Plusieurs des questions qui ont été abordées par ma collègue de l'opposition
font partie justement de ce comité du rôle... sur le rôle de l'école, pour
lequel ma collègue et mon adjointe pourra vous parler, la députée de Hull. C'est
un comité qui est extrêmement important. Et les partenaires sont bien
représentés. Et ce sont des sujets qui sont abordés qui sont essentiels pour l'avenir
du réseau. On se pose déjà ces questions-là, Mme la Présidente.
Vous savez, dans le temps qu'il me reste
pour agir et que j'avais pour agir à partir du mois de septembre, bien, j'ai
fait le choix d'être concrète, j'ai fait le choix d'être pragmatique, j'ai fait
le choix de prioriser, d'aller là où les décisions peuvent avoir un effet
direct et rapide sur les élèves et sur ceux qui les accompagnent. J'ai fait le
choix d'apaiser le réseau, de donner le nécessaire... le temps nécessaire pour
bien implanter les changements que l'on fait, soutenir la formation des
enseignants puis assurer une gestion rigoureuse des ressources. Ça fait aussi
partie de nos obligations, Mme la Présidente, de nos obligations envers les
citoyens du Québec. C'est peut-être des gestes moins spectaculaires que des
états généraux, mais ils sont essentiels.
L'école a besoin de cohérence, je le
répète, a besoin de prévisibilité. Les élèves ont besoin d'adultes qui peuvent
se concentrer pleinement sur leur réussite. Ça fait que donc, c'est, Mme la
Présidente... c'est dans cet état d'esprit là que j'entends poursuivre ce
travail aussi longtemps qu'on me... qu'on me permettra de le faire, avec sérieux,
avec écoute et toujours en gardant l'intérêt des enfants au centre de nos
décisions. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme
Soucy) :
Merci, Mme la ministre. Maintenant, nous allons
poursuivre avec l'intervention de Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Ghazal :
Merci.
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Ça me fait plaisir aujourd'hui d'intervenir
sur un sujet qui est très important pour moi, comme probablement la majorité
des collègues ici, l'éducation. Vous savez, mon parcours personnel est le
résultat de l'école publique québécoise. D'ailleurs, j'en parle dans mon livre,
je consacre un chapitre au complet sur l'école et l'éducation...
15 h 42 (version non révisée)
Mme Ghazal : ...dans mon
parcours d'intégration, le livre Les gens du pays viennent aussi d'ailleurs,
je parle de la classe de M. Gilles, mon prof en classe d'accueil au primaire, d'aussi
mon école secondaire Saint-Maxime, à Laval. Ça a été vraiment très, très
important, et c'est la contribution très importante qu'a eue pour moi l'école
publique québécoise. Et je ne... je ne veux perdre jamais aucune occasion pour
pouvoir en parler.
Aujourd'hui, on est ici réunis pour parler
d'une motion du Parti libéral du Québec, probablement sous l'impulsion de son
chef, le nouveau chef du Parti libéral, Charles Milliard:
«Que l'Assemblée nationale, donc,
reconnaisse la nécessité de tenir des états généraux sur le système d'éducation
au Québec.»
Évidemment, Québec solidaire, nous sommes
d'accord avec ça. Ça fait longtemps que nous avons dit que nous étions d'accord
avec ça, et absolument. On a besoin, avec tous les problèmes qu'on a dans notre
système d'éducation, d'états généraux, de reprendre ce qu'on appelle, et
Charles Milliard aussi l'a mentionné, le rapport Parent 2.0. Ce qui est
important aussi pour que ça fonctionne, cet exercice démocratique là, c'est les
conditions, c'est que ça soit une commission totalement indépendante. Ça peut
être des états généraux, par exemple, par une commission d'enquête sur l'éducation,
comme dans les années 60, qui soit totalement indépendante et où la société
civile soit vraiment partie prenante, donc, pour ne pas que ça soit uniquement
un exercice politique, pour que ça soit vraiment un succès.
Je vais citer ici quelqu'un : «Si j'annonçais
maintenant qu'on fait des états généraux, pendant un an on va se promener, on
va parler, on va consulter, on va prendre une autre année pour écrire le
rapport et au moins une autre année après pour le mettre en œuvre.» Ça, Mme la
Présidente, c'est l'ancien ministre de l'Éducation qui avait dit ça, et l'aspirant
chef de la CAQ, donc aspirant premier ministre. Donc, on peut déjà savoir aussi
qu'un des aspirants au poste de chef de la CAQ est contre. On ne sait pas, par
exemple, pour l'autre aspirante cheffe, la députée de Sanguinet, où elle se
place. On a eu maintenant la réponse de la part de la ministre de l'Éducation,
comme quoi, avec le temps qu'on a, on n'a pas eu le temps de faire ça, et elle
nous a parlé du bilan.
Pourtant, cette... ces états généraux sont
extrêmement importants et même essentiels pour tracer le chemin pour l'école
pour sortir... l'école publique québécoise, pour sortir de la situation dans
laquelle on est, où la situation, malgré tout ce que les gens qui y travaillent
apportent, tout leur cœur qu'ils mettent... à quel point elle a besoin d'un
coup de barre, et ça ne peut pas arriver comme ça avec des mesures à gauche et
à droite, aussi bonnes soient-elles. Tout n'est pas négatif de ce qui est mis
en place par le gouvernement, mais ce n'est pas suffisant dans la situation où
le... notre système d'éducation public québécois se trouve.
Maintenant, je vais revenir à cette
proposition d'états généraux. Bien sûr que nous sommes d'accord, à Québec
solidaire. On va voter pour cette motion, mais c'est vraiment... Vous savez,
pendant ces états généraux, il y a... ce serait très... c'est très facile de
parier que, si on va à la source du problème de notre école publique québécoise...
c'est impossible, impossible qu'il y ait ces états généraux puis qu'on ne parle
pas d'une des sources fondamentales des problèmes qu'on se... avec lesquels on
se trouve aujourd'hui dans notre système d'éducation, et, évidemment, j'ai
nommé l'éléphant dans la pièce, qui n'est pas nommé dans la motion du Parti
libéral du Québec, c'est-à-dire l'école à trois vitesses.
Guy Rocher, qui a fait partie, évidemment,
de la commission Parent dans les années 60, il qualifie le système actuel dans
lequel on vit d'un gâchis humain. Il dit aussi que la... le... l'école à trois
vitesses aujourd'hui, où est-ce qu'elle est... où est-ce qu'on est rendus dans notre
système d'éducation, ça a été une trahison de l'esprit de... du rapport Parent
à l'époque. Il y a eu un compromis, à l'époque, qui a été fait pour donner une
place à l'école privée subventionnée avec de l'argent public, sélective. Et, plus
tard, juste avant sa mort, il a amèrement, amèrement regretté ce compromis,
parce que, finalement, on ne s'est... on n'a fait que s'enfoncer dans cette
école à trois vitesses.
On ne peut pas, comme le chef du Parti
libéral du Québec, Charles Milliard, se réclamer de la commission et du rapport
Parent sans parler de l'école à trois vitesses puis de l'égalité des chances, sinon
ça serait trahir, ça serait trahir l'esprit de cette commission, ça serait
trahir l'esprit du rapport Parent. On ne peut pas demander... Le chef du Parti
libéral ne peut pas demander...
15 h 47 (version non révisée)
Mme Ghazal : …une… des états
généraux ou une commission, rapport… du rapport Parent 2.0, etc., et
ne pas aller au bout de… des réflexions qui ont eu lieu à l'époque, et un de
ces… des ces personnes qui étaient à l'avant-plan, le regretté Guy Rocher. Ça
prendrait une étape de plus, du courage de la part du chef du Parti libéral
pour aller plus loin.
On a compris, pour la CAQ, c'est… la
réponse, c'est non, ils n'ont pas l'intention de le faire, quoique j'ai
vraiment envie d'interpeller. Aujourd'hui, je l'invite… j'invite la députée de
Sanguinet et candidate à la chefferie d'elle se positionner par rapport à cette
question-là, puisqu'elle s'est positionnée sur d'autres enjeux, et elle est
allée à l'encontre de ce qui a été décidé par le gouvernement de la CAQ. Parmi
ses propositions qu'elle met de l'avant l'éducation, elle parle d'économie, si
on veut une économie forte, l'éducation, on ne peut pas passer par-dessus, c'est
fondamental. Donc, je l'invite, elle aussi, à se prononcer là-dessus, comme j'invite
le Parti libéral d'aller au bout de leur démarche et de parler du cœur du
problème de notre réseau de l'éducation, c'est-à-dire l'école à trois vitesses.
Je vous invite, Mme la Présidente, à lire
la lettre qui est parue aujourd'hui de mon collègue, le député de Gouin, et
responsable en matière d'éducation. Il fait un parallèle entre les Jeux
olympiques et le succès des Norvégiens, qui ont raflé, comme d'habitude,
beaucoup de médailles comparativement au Canada et au Québec, même si leur population
est beaucoup moins élevée que la nôtre. Et il parle de la clé du succès dans ce
pays par rapport au développement des athlètes en Norvège accessibilité à tout
le monde, refus de la spécialisation sportive, valorisation du jeu libre. Les
classements, ils sont carrément interdits avant l'âge de 11 ans. C'est
très clair. Et aujourd'hui, on le voit, la science aussi est très claire là-dessus,
si on veut que des jeunes soient performants ou des athlètes qui soient
performants en étant adultes, la pire chose à faire, c'est qu'ils soient
spécialisés dans un seul sport. Souvent ceux qui ont été spécialisés, par
exemple dans les écoles, même publiques, avec des programmes particuliers de
sport-études qui ont été spécialisés, ne… finissent plus tard, même ils ne font
plus de sport plus tard. Ça, c'est absolument un échec lamentable de ce système
de sport-études parce qu'ils se spécialisent beaucoup trop tôt par rapport à ce
que les études scientifiques demandent.
Les études aussi démontrent que la surspécialisation
à l'enfance, ou le fait de regrouper des élèves qui sont très bons ou
performants dans certains secteurs, que ce soit sport, que ce soit les arts, la
musique, tout le temps ensemble, sans qu'il n'y ait un mélange entre les
différents élèves. On peut transposer ça pas uniquement au sport, mais dans d'autres
domaines comme les sciences, comme la musique, comme les arts, etc. Et ce qui
est démontré par les études notamment une dernière étude de la revue
scientifique, c'est que l'élitisme et la culture de la performance précoce
nuisent à l'excellence. Et malheureusement, c'est exactement ce que fait notre
système d'éducation à trois vitesses. Et je peux comprendre les parents de
tenir à ce que leurs enfants soient avec les meilleurs si leurs enfants sont
performants et si eux ont l'argent pour pouvoir les amener à l'école privée. C'est
normal, les parents veulent le meilleur pour leurs enfants, et souvent, il y a
cette fausse idée de penser qu'en mettant les enfants les plus performants
ensemble, puis en les mélangeant pas avec les autres, ils vont vraiment réussir
beaucoup mieux. Les études nous démontrent que ce n'est pas… ce n'est pas un
facteur de succès. Ce n'est pas comme ça que ça se passe.
On ne peut pas parler en ce moment d'éducation,
on ne peut pas vouloir le meilleur pour notre système d'éducation, on ne peut
pas vouloir enclencher des états généraux sans parler du… de cet échec
fondamental et très, très nuisible pour nos enfants, ici au Québec, sur l'éducation
à trois vitesses. Où est-ce qu'on ségrègue les élèves en fonction de leurs
performances, en fonction de leur… s'ils sont bons ou moins bons à l'école et
en fonction aussi de l'argent de leurs parents? C'est… c'est un des systèmes d'éducation,
et ça me fait mal de le dire, Mme la Présidente, c'est un des systèmes d'éducation
au Québec, si on le compare à… au Canada, qui ségrègue le plus et qui, le plus
divisif pour les élèves du Québec. Pourtant… pourtant, il y a… Moi, je veux
remercier d'ailleurs tout le travail qui est fait par la société civile, qui n'a
pas attendu que le gouvernement se réveille puis décide de faire des états
généraux, puis de s'attaquer…
15 h 52 (version non révisée)
Mme Ghazal : ...à l'école à
trois vitesses. Il y a le Debout pour l'école publique, il y a plein d'autres
organisations de la société civile, des parents, des spécialistes qui se
mobilisent pour dire qu'il faut s'y attaquer, parce que pour eux, l'éducation...
si l'éducation est une valeur fondamentale, si c'est vraiment une priorité, on ne
peut pas dire que c'est une priorité sans s'attaquer à cet enjeu-là. Donc, je
veux saluer les... toutes ces organisations-là, les mouvements qui militent
pour une éducation publique de qualité pour tous les enfants du Québec, peu
importe leur milieu familial ou leur milieu socioéconomique.
J'invite aussi M. Milliard à rencontrer
Stéphane Vigneault, de l'École ensemble, qui a mis en place une proposition
pour... pour régler ce problème de l'école à trois vitesses, avec une
proposition et une mesure vraiment très réfléchie, qui pourrait... qui fait
consensus au Québec, mais qui pourrait aussi faire consensus dans la classe
politique, parce que, malheureusement, ce n'est pas le cas en ce moment. Et je
salue la persévérance de cet... cet organisme-là, l'École ensemble, qui fait un
travail extraordinaire de sensibilisation, d'éducation pour les élus du Québec,
pour la société civile. Et moi, j'ai travaillé main dans la main avec l'École
ensemble pour déposer un projet de loi, le projet de loi n° 895, je l'ai
déposé l'année passée, Loi établissant un réseau scolaire commun afin de
garantir l'égalité des chances, pour que tous les enfants fassent l'école
ensemble. C'est un gage de réussite, pas juste pour les élèves, mais aussi pour...
pour notre société. Et, sinon, si on ne s'attaque pas... si, comme le fait le Parti
libéral du Québec, et aussi, la CAQ ne s'attaque pas à ce problème-là
fondamental, bien, il y a une incohérence totale, complète.
Moi, je sens que le Parti libéral du
Québec parle des deux côtés de la bouche, en disant : C'est important, ce
qu'on a fait dans... dans les années 70, avec le rapport Parent, c'est très
important, c'était fondamental, donc faisons aussi des états généraux aujourd'hui,
en s'inspirant d'eux. On... ils ne peuvent pas... on ne peut pas avancer si... et
on ne peut pas être en cohérence avec l'esprit de cette commission-là et du
rapport Parent s'il ne fait pas le chemin supplémentaire pour s'attaquer aux
vrais problèmes dans notre système d'éducation. Ça, c'est... on ne peut pas se
réclamer du rapport Parent, et de la commission Parent, et trahir son esprit en
n'allant pas au bout de la réflexion et, aussi, des solutions, c'est... De
toute façon, lors des états généraux, cette... problème de l'école à trois
vitesses va être représenté, va être traité, sinon, c'est impossible. Puis si on
sort de là puis on laisse... on fait «business as usual», puis on laisse les
choses aller, puis le statu quo, on ne pourra pas régler des problèmes
fondamentaux.
Moi, je me suis promenée beaucoup dans les
écoles récemment, j'ai été au salon du livre, et il y a une prof... pour...
pour des dédicaces, un des moments préférés que je fais maintenant, je fais la
tournée des salons du livre, et il y a une prof qui est venue me voir, puis
elle m'a dit... elle m'a entendu parler de l'école publique, comment ça a été
important dans mon parcours, puis elle m'a dit : Encore aujourd'hui... une
jeune prof, là, ça ne fait pas encore cinq ans qu'elle est prof et elle se pose
beaucoup de questions... elle me dit : Encore aujourd'hui, on a besoin pas
juste d'aide à la classe, d'avoir une paire de bras, on a besoin aussi d'avoir
plus de ressources, parce qu'il y a une concentration des élèves avec... à
besoins particuliers. C'est immense, et ça, c'est causé, c'est causé par l'école
à trois vitesses, parce qu'il n'y a pas ce mélange entre les enfants.
Et je veux finir avec ça, Mme la
Présidente, cette proposition de l'École ensemble, elle est populaire. Il y a
eu un sondage qui a été fait l'année passée, je pense, et elle est appuyée
largement, à 84 % par la population, qui dit : Oui, nous voulons que
tous les élèves du Québec aient accès à la meilleure qualité d'éducation, et,
oui, nous voulons arrêter de donner de l'argent public pour des écoles privées,
et que les enfants fassent l'école ensemble. C'est ça, le gage de réussite.
Donc, j'invite tous les parlementaires ici, comme la population québécoise, à
faire ce pas en avant pour s'assurer qu'il y ait une... de contrer l'école à
trois vitesses. Merci beaucoup, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci beaucoup, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition. Maintenant, nous
allons poursuivre les interventions avec M. le député de Matane-Matapédia.
M. Bérubé : Merci, Mme la
Présidente. En ma qualité de porte-parole en éducation pour le Parti
québécois...
15 h 57 (version non révisée)
M.
Bérubé
:
...je me réjouis que le Parti libéral se rallie à la résolution du Parti
québécois, connue depuis l'élection 2022, réitérée dans un Conseil
national, à l'effet que, bien sûr, il y aura une vaste consultation si d'aventure
un gouvernement du Parti québécois est élu l'automne prochain, mais encore plus
que ça. On parle davantage de commission Parent deux. Donc, la commission
Parent, rappelons-le, a mené à la création du ministère de l'Éducation, à l'école
obligatoire et gratuite jusqu'à 16 ans, à la naissance des écoles polyvalentes
et des cégeps ainsi qu'un accès élargi aux études universitaires. C'est quand
même pas mal. Ça a été un exercice fort concluant. Il y a eu, bien sûr, des
états généraux auxquels j'ai moi-même participé doublement, comme citoyen et
comme futur enseignant, lors de l'arrivée du gouvernement Parizeau. Mais on est
rendu à un moment où on doit faire l'inventaire de ce qui fonctionne, des
nouveaux défis et comment on aborde les prochaines années avec notre système d'éducation.
Alors, les intervenants du milieu scolaire
sont unanimes à l'effet qu'il est plus que temps de repenser en profondeur le
système d'éducation au Québec. Et nous sommes d'accord. D'ailleurs, on a un
comité de sages à l'extérieur de notre formation politique qui s'est penché sur
ces questions et qui arrive aux mêmes conclusions. Les enseignants, les
éducateurs spécialisés, les parents d'élèves, les intervenants dans le débat
public, tous s'inquiètent d'un système qui reproduit les inégalités qu'il devrait
combattre. Nous avons besoin de nouvelles réponses, de nouvelles orientations
liées à une société qui a profondément changé depuis les états généraux de
1995-1996.
Quels sont les compétences et les savoirs
que nous devons transmettre aux jeunes pour le XXIe siècle? Question
fondamentale. Comment s'assurer que tous les jeunes au Québec, peu importe leur
origine et leurs revenus, ceux de leurs parents, ont accès à une éducation de
qualité et à des programmes stimulants qui leur permettent de développer leur
plein potentiel intellectuel, sportif et artistique? Comment revoir l'administration
scolaire pour que toutes les décisions pertinentes soient prises au plus près
des élèves et pour éliminer les lourdeurs bureaucratiques? Quelle sorte d'éducation
à la citoyenneté et aux valeurs québécoises voulons-nous pour les jeunes du
Québec? Quelle doit être la place du privé dans le secteur de l'éducation au
Québec? Une question qui, je le soupçonne, ne sera pas abordée par le Parti
libéral du Québec. Comment former et attirer et retenir les enseignants et le
personnel scolaire en général dans nos écoles? Prendre l'engagement de tenir
des états généraux de l'Éducation, c'est aussi s'engager à aborder toutes ces
questions et c'est s'imposer le devoir de les aborder avec ouverture d'esprit.
Au Parti québécois, c'est un engagement qu'on
a pris dès le début du mandat, ce n'est pas d'hier, bien avant l'arrivée de
Charles Milliard, et que nous avons constamment réitéré depuis. Les jeunes du
Québec méritent que toute la société se mobilise pour assurer qu'ils étudient
dans les meilleures conditions.
Donc, c'est une proposition qu'on a faite
il y a... à plusieurs reprises, sans jamais obtenir de réponse du gouvernement
là-dessus, sauf une. L'actuelle ministre de l'Éducation a indiqué, avec la
candeur et la rigueur que je lui connais, qu'il ne restait pas assez de temps
pour aller de l'avant. Bien sûr, si son prédécesseur l'avait fait, elle n'aurait
pas besoin de dire ça. D'ailleurs, c'est assez éclairant qu'elle indique qu'il
reste peu de temps pour un ouvrage de cette envergure quand son collègue de la
Justice, lui, veut faire une Constitution quand il reste quelques mois au
mandat. Je pense qu'ils devraient se parler, ce serait certainement utile et
non prématuré.
L'ex-ministre de l'Éducation, le député de
Lévis, qui est maintenant candidat à la chefferie de la CAQ... confidence pour
tout le monde, ce n'est pas une surprise pour moi. Il avait fait la même chose
au Parti québécois, puis ça va probablement finir de la même façon d'ailleurs,
maintenant candidat à la chefferie de la CAQ et au poste de premier ministre,
avait d'autres priorités. On se souvient tous de son indignation au sujet du
roi de la montagne, par exemple. Ça, il était là. On se souvient aussi
particulièrement de... et ma collègue de Terrebonne aussi, du vidéo sur la
violence à l'école qu'on voulait diffuser dans toutes les écoles du Québec le
jour d'une élection partielle. C'était ce genre de priorités là. Pourtant, tout
appel à une reconfiguration de notre réseau et les tentatives qui ont été fait,
notamment en administration scolaire, a éliminé les commissaires scolaires,
mais, si on faisait l'inventaire de ce que ça a donné, pas grand-chose. N'importe
quel député de cette Chambre peut témoigner que, dans le lien, le rapport avec
les centres de services scolaires, ça n'a pas changé grand-chose de très
fondamental.
Donc, le gouvernement de la CAQ ne s'est
pas engagé à en tenir s'il était réélu. Peut-être que ça viendra à travers les
candidatures. Nous, on s'engage à le faire. Il est possible, Mme la Présidente,
que nous ayons à le faire si d'aventure nous sommes élus. Nous sommes
convaincus que cet exercice, s'il est abordé avec ouverture, sans... sans
préjugé, sans a priori, peut donner des résultats exceptionnels dans le temps.
Ce n'est pas obligé d'être très long. On peut circonscrire la période pour...
et s'assurer que tout le monde puisse y participer puis qu'après...
16 h 02 (version non révisée)
M. Bérubé : ...on tranche
ensemble pour le bénéfice de l'éducation au Québec. Éducation, évidemment, on
pense aux enfants du primaire, du secondaire, on pense à l'éducation des
adultes, moi, c'est quelque chose qui me touche beaucoup, je suis convaincu que
mes collègues aussi. L'Éducation des adultes, la formation professionnelle, les
élèves avec des difficultés d'apprentissage, mais ça permet aussi d'avoir une
perspective sur le réseau collégial et tout le cursus universitaire. Donc,
voilà où on se situe sur ces questions. Donc, évidemment, nous sommes en faveur
de cette proposition qu'on a déjà faite, nous l'appuyons, j'ai bien compris que
Québec solidaire était plutôt d'accord aussi. C'est toujours fascinant lorsqu'il
cite Guy Rocher, un homme de notre famille politique du Parti québécois, qui a
réitéré souvent un certain nombre de préceptes. D'ailleurs, je les invite à
suivre tous les engagements de Guy Rocher, notamment en matière de laïcité.
Mais ça, chacun y choisit, j'ai l'impression, ce qui fait son affaire. Quant au
gouvernement, bien ça pourrait être un engagement pris par la candidate ou le
candidat de faire cet exercice, puis qu'importe qui remporte à l'automne, bien on
aura un engagement important, puis ça va intéresser les gens. Parce que moi, je
suis sûr que ça va intéresser les gens de participer à un grand exercice qui va
être salutaire. Alors, sur cet enjeu-là, qu'importe qui gagne à l'automne, si
on pouvait avoir cet engagement-là qui ne coûte rien au gouvernement, hein? Il
pourrait s'engager à adopter la motion, puis je pense qu'on serait gagnant, je
trouve qu'on aurait en banque quelque chose d'intéressant qui serait hors, je
dirais, du débat politique, qui est partisan de l'automne. On pourrait se dire :
On sait qu'il y aura ça, puis que le gouvernement qui est élu va, va le faire...
En fait, il va démarrer l'exercice, mais ceux et celles qui vont le faire, c'est
les commissaires, c'est les participants, c'est tous ceux et celles qui voudront
bien participer.
Donc, en conclusion, Mme la Présidente, le
Parti québécois, évidemment, est en faveur d'une proposition qu'il a mise au
jeu. Il va même plus loin que ça, comme le dit le professeur... j'ai oublié son
nom puis je le connais bien trop. Baillargeon! Normand Baillargeon, c'est
davantage une commission Parent 2.0 qu'on a besoin, qui va beaucoup plus
loin que des États généraux. Et je pense qu'on est capables d'y arriver
ensemble, avec un système d'éducation qui mérite un ajournement et puis une
mise à jour assez importante pour la suite des choses, pour l'éducation. Merci
de m'avoir écouté, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Maintenant, nous allons poursuivre avec l'intervention de Mme la
députée de Lotbinière-Frontenac.
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) : Merci, Mme la Présidente. Donc, je suis très
heureuse d'intervenir aujourd'hui sur l'éducation. Depuis 2018, notre
gouvernement a posé des gestes structurants en éducation. Lorsque des enjeux
sérieux liés à la sécurité en milieu scolaire ont été soulevés, nous avons... nous
n'avons pas... Excusez-moi, je vais mettre mes lunettes, ça va être peut-être
un petit peu mieux. Lorsque les enjeux sérieux liés à la sécurité du milieu
scolaire ont été soulevés, nous n'avons pas convoqué des états généraux, nous
avons pris nos responsabilités. Il est donc pertinent de faire le tour de ce
que nous avons fait en éducation pour voir le portrait complet. Plusieurs
actions ont été prises et c'est avec fierté... et c'est une fierté pour notre
gouvernement. Nous l'avons dit et répété à maintes reprises, la sécurité de nos
élèves est notre priorité absolue. C'est au cœur de toutes nos décisions et c'est
pourquoi notre gouvernement a posé des gestes concrets pour répondre aux
préoccupations exprimées par les élèves, les parents et le personnel scolaire.
Rappelons les faits. Le 21 mars 2023,
un mandat d'enquête générale a été déclenché afin de faire toute la lumière sur
les mécanismes de protection en milieu scolaire. Quelques mois plus tard, le 7 août,
le rapport a été déposé, puis, dès le 1ᵉʳ septembre 2023, notre
gouvernement annonçait publiquement son intention de donner suite à chacune des
recommandations formulées. Nous n'avons pas attendu, dès ce moment, le ministre
de l'Éducation s'est engagé à corriger les lacunes identifiées et a déposé
rapidement un projet de loi. Ce fut chose faite après des consultations
particulières, des auditions publiques tenues les 30 et 31 janvier 2024, le
projet de loi n° 47 a été adopté à l'unanimité par l'Assemblée nationale
le 9 avril 2024. Les premières dispositions sont entrées en vigueur dès la
rentrée scolaire du 1ᵉʳ septembre 2024. Cette séquence...
16 h 07 (version non révisée)
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) : ...démontre une chose : lorsqu'il est
question de protéger nos élèves, on agit avec rigueur et détermination. Ce
projet de loi constitue un jalon majeur pour renforcer la sécurité et la
confiance de nos élèves dans toutes les écoles du Québec. Il crée un cadre plus
clair et plus rigoureux, et surtout, plus humain pour prévenir, détecter et
traiter les situations à risque. Il ne s'agit pas simplement d'ajouter des
règles, mais de corriger des angles morts et de renforcer les mécanismes qui
protègent concrètement les jeunes. Le PL n° 47 vient
clarifier les responsabilités, resserrer les obligations de signalement et
améliorer la circulation de l'information dans les situations sensibles afin qu'aucun
signal préoccupant ne soit ignoré ou minimisé. Il vient également encadrer de
façon beaucoup plus stricte la portée des clauses d'amnistie.
Désormais, certaines inconduites ne
peuvent plus être effacées des dossiers administratifs après un certain délai.
Cela signifie qu'un historique pertinent ne disparaît plus et que les décisions
futures peuvent être prises en connaissance complète des faits. Cette
modification corrige une faille importante et renforce la capacité du réseau à
prévenir la répétition de comportements inacceptables. Le PL n° 47
vient aussi obliger chaque centre de services scolaires et chaque établissement
privé à se doter d'un code d'éthique clair et applicable. Il crée un comité d'enquête
permanent que la ministre peut saisir lorsqu'une situation l'exige. Surtout, il
protège celles et ceux qui dénoncent. Des mesures explicites ont été prévues
pour prévenir les représailles parce qu'aucun élève, aucun membre du personnel
ne devrait hésiter à signaler une situation par crainte de conséquences. Les
élèves victimes de violences à caractère sexuel ou d'abus disposent désormais
de recours plus accessibles, plus rapides et mieux adaptés à leur réalité.
L'objectif est clair... et assume... l'objectif
est clair, soit d'assurer que le système protège réellement les jeunes. On s'est
donné des outils avec cohérence et fermeté lorsque la sécurité des jeunes est
en jeu. Nous avons également élargi les mesures de protection qui s'appliquent
aux élèves handicapés et aux élèves mineurs. Ça permet de mieux protéger les jeunes
les plus vulnérables de notre système d'éducation.
Le ministre, à l'époque, avait dit cela
par rapport au PL n° 47 : «La priorité des
priorités, c'est la sécurité de nos enfants. Avec cette nouvelle loi, on fait
le choix d'ajouter des mesures préventives musclées pour mieux les protéger. Que
ce soit en commission ou au Ministère, ce travail de collaboration a permis d'adopter
une loi qui aura un effet concret sur la vie des écoles... de... la vie de l'école
ou au bénéfice des enfants.»
Le PL n° 47, ce
n'est pas qu'une loi, c'est une promesse tenue envers les familles du Québec. C'est
la preuve que, lorsque la sécurité et le bien-être des élèves sont en jeu,
notre gouvernement ne reste pas les bras croisés. Nous... continuerons de
suivre la mise en œuvre des dispositions dans les prochaines semaines, afin que
chaque élève, dans chaque école, puisse apprendre et grandir dans un
environnement sain, sécuritaire et respectueux. Notre gouvernement a aussi mis
en place le Protecteur national de l'élève, un ombudsman centralisé et
indépendant, qui assure un processus uniforme, transparent et efficace à
travers le Québec, tant dans le réseau de... public que dans le réseau privé. C'était
l'un... l'une des promesses électorales et nous l'avons tenue. Renforcer la
protection des élèves ne pouvait pas se limiter à modifier les règles internes
ou à intervenir au cas par cas. Il fallait revoir en profondeur la façon dont
les plaintes sont traitées dans le réseau scolaire. Avant, les...
16 h 12 (version non révisée)
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) : ...pratiques variaient d'un endroit à l'autre,
les délais pouvaient être longs, l'indépendance, parfois questionnée, et les
élèves du réseau privé ne bénéficiaient pas d'un recours uniforme.
C'est pourquoi notre gouvernement est allé
plus loin. Nous avons réformé l'institution du protecteur de l'élève et créé le
protecteur national de l'élève. On a complètement réformé l'ancien mécanisme.
Avant, le traitement des plaintes variait d'une région à l'autre, les délais
pouvaient être longs, l'indépendance pouvait être questionnée. On a choisi de
mettre fin à ça. On a créé un organisme autonome, externe au réseau scolaire,
avec un processus clair et uniforme partout au Québec. Que l'élève soit au
public ou au privé, au primaire ou au secondaire, en formation professionnelle
ou à l'école à la maison, il a accès aux mêmes recours indépendants. Ça, c'est
un changement majeur. Le processus est simple, encadré par la loi et limité à
un maximum de trois étapes. Les délais sont prévus. Ce n'est plus improvisé, c'est
structuré. Mais, surtout, on a placé les violences à caractère sexuel au
cœur de la réforme. Nous avons fait le choix explicite d'intégrer une section
distincte à la loi pour ces situations. La définition des actes de violence à
caractère sexuel est claire, large et adaptée aux réalités contemporaines,
incluant les gestes posés en ligne. Nous avons reconnu que ces situations
exigent un encadrement spécifique et des mécanismes renforcés. Dans les cas
de... Dans ces cas, le traitement peut se faire en urgence. Si un membre du
personnel est impliqué, le plaignant peut s'adresser directement au protecteur
régional, il n'a pas à passer par toute la chaîne interne. Ce choix est
vraiment très important, il montre qu'on priorise la protection de l'élève.
On a aussi prévu une protection claire
contre les représailles. Personne ne devrait hésiter à dénoncer par peur de
conséquences. Cette garantie est essentielle pour... pour créer un climat où
les victimes se sentent en sécurité pour parler. On a voulu envoyer un signal
fort : la parole de nos élèves doit être protégée. Ce que cela démontre, c'est
que notre gouvernement n'a pas simplement réagi à des situations, il a
structuré un régime permanent de protection des droits des élèves avec une
emphase assumée sur les violences à caractère sexuel.
Après avoir renforcé le cadre légal avec
le projet de loi n° 47 et mis en place un recours indépendant avec le
protecteur de l'élève, il était essentiel d'agir aussi en amont, parce que
protéger les élèves, ce n'est pas seulement intervenir lorsqu'un geste est
posé, c'est prévenir. C'est dans cet esprit que nous avons annoncé, le 27
octobre 2023, le Plan de prévention de la violence et de l'intimidation 2023-2028.
Ce plan n'a pas été improvisé. J'y ai moi-même travaillé. Il a été élaboré en
collaboration avec le ministère de la Sécurité publique, le ministère de la
Santé et des Services sociaux, le ministère de la Famille, les associations de
directions d'école et la CNESST, la prévention de la violence et de l'intimidation
est une responsabilité collective. Il vient également structurer la prévention
haut dans nos écoles du Québec. Il établit un cadre uniforme et obligatoire
pour toutes les écoles. On ne laisse plus la prévention dépendre uniquement des
pratiques locales, chaque établissement doit avoir un plan clair, connu et
appliqué. Ce plan précise quoi faire lorsqu'un événement survient, quel soutien
offrir, quelles sanctions appliquer et comment assurer le suivi. Il est révisé
chaque année et élaboré par la direction, le personnel, les parents et, au
secondaire, les élèves.
On change la culture. On passe d'une
réaction ponctuelle à une approche préventive. Cette approche est appuyée par
des investissements concrets. Le budget 2023-2024 a réservé une enveloppe de 30
millions sur cinq ans pour la prévention...
16 h 17 (version non révisée)
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) :
...de la violence et de l'intimidation
dans les écoles. Pour 2024-2025, une somme additionnelle de 12,3 millions
a été consacrée à des... à des actions ciblées. On parle d'un engagement
structuré et financé. Nous avons également publié un... un guide clair pour
accompagner les milieux scolaires et le personnel scolaire avant, pendant et
après un acte de violence. Ce guide est la preuve que l'on peut accomplir
beaucoup lorsqu'on travaille ensemble. L'annonce a d'ailleurs été faite en
collaboration avec la Centrale des syndicats du Québec, qui a contribué à la
démarche. Quand on travaille main dans la main, les résultats sont concrets.
La réalité de nos écoles s'est
complexifiée : violence verbale, psychologique, cyberintimidation,
violence à caractère sexuel. Face à cette complexité, nous avons fait le choix
d'agir de façon spécifique et déterminée contre les violences à caractère
sexuel. Nous accompagnons le réseau éducatif dans cette transition. Depuis
janvier 2024, une formation spécifique sur la prévention et l'intervention en
matière de violence, y compris les violences à caractère sexuel, est offerte à
tout le personnel scolaire. On ne laisse pas les équipes seules face à ces
situations. On les outille pour mieux reconnaître les signaux, intervenir
adéquatement et... soutenir les victimes.
Bien que la prévention commence à la
maison, on fait de la prévention aussi en classe. Avec l'introduction du
programme Culture et citoyenneté québécoise, nous avons créé un espace
structuré pour aborder les notions de respect, d'égalité, de diversité et de
civisme. Les notions de sexe et de genre y sont abordées dans leur dimension
culturelle et sociale. On y traite des... des inégalités entre les hommes et
les femmes, des stéréotypes et des dynamiques de pouvoir. Ce programme intègre
la majorité des contenus en éducation à la sexualité. Il permet de parler... de
consentement, de relations égalitaires et de respect. Il développe aussi la
pensée critique des élèves. Cette compétence est essentielle dans un...
contexte où certains discours circulent massivement sur les réseaux sociaux, y
compris les discours masculinistes ou dégradants envers les femmes. Les jeunes
doivent être capables d'analyser ces messages et de les questionner et de les
déconstruire.
La dimension biologique du sexe, pour sa
part, est abordée dans le cours de sciences et technologies, notamment en ce
qui concerne la reproduction sexuée. Les contenus obligatoires en éducation à
la sexualité, du primaire à la cinquième secondaire, couvrent le consentement,
les stéréotypes, les relations égalitaires et le respect du corps. Ces
apprentissages ne sont pas optionnels. Ils sont obligatoires.
Cette cohérence entre les programmes, la
formation du personnel et les obligations légales est importante. Avec le projet
de loi n° 94, nous avons aussi renforcé les devoirs et les responsabilités
en milieu scolaire. Les élèves ont le devoir d'adopter une conduite exempte de
violence, d'intimidation, de racisme ou de discrimination. Cette obligation
doit se refléter dans les règles de conduite de l'école. Le respect de l'égalité
entre les femmes et les hommes fait partie des valeurs démocratiques de l'école...
que l'école québécoise doit promouvoir.
Le pl 94 vient également encadrer
plus fermement certains aspects liés à la laïcité et aux accommodements en
milieu scolaire. L'objectif est clair : assurer un cadre commun, cohérent
et respectueux des valeurs fondamentales de la société québécoise, dont l'égalité
entre les femmes et les hommes.
On ne peut pas parler de protection des
élèves sans parler de ce qui se passe en ligne. La cyberintimidation est bien
réelle et ses conséquences sont très graves. Le partage d'images intimes sans
consentement peut causer des dommages irréversibles en quelques heures. C'est
pourquoi le projet de loi n° 73, porté par mon collègue ministre de la
Justice, est venu créer un mécanisme simple et rapide pour faire retirer une
image...
16 h 22 (version non révisée)
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) : ...fuser sans consentement. Avant, les
démarches pouvaient s'étirer. Maintenant, un juge peut intervenir rapidement et
des sanctions importantes sont prévues en cas de refus. Ce levier légal vient compléter
le travail du réseau scolaire et renforcer les protections des victimes.
La prévention passe aussi par des gestes
concrets dans les écoles. Le règlement sur le civisme, notamment l'interdiction
du cellulaire en classe, s'inscrit dans cette logique. On sait que plusieurs
situations de cyberintimidation prennent naissance pendant les heures de
classe. Cette mesure vise à améliorer le climat scolaire. La prévention passe
également par la formation et la sensibilisation. Des formations adaptées sont
offertes au personnel scolaire et aux parents. Une formation spécifique sur les
stéréotypes et l'égalité entre les sexes a été déployée pour renforcer les
notions d'égalité femmes-hommes intégrées au cours de culture et citoyenneté
québécoise. L'introduction de ce cours permet justement d'aborder le respect,
la diversité et la prévention de la violence de façon structurée et réfléchie
avec nos élèves. Une campagne nationale de sensibilisation a aussi été menée
avec des publicités télévisées, du contenu sur les réseaux sociaux et des
outils éducatifs adaptés selon l'âge. La semaine annuelle de prévention de la
violence et de... l'intimidation mobilise également tout le réseau scolaire. La
deuxième édition, sous le thème As-tu le droit?, viendra rappeler à nos
élèves et au personnel scolaire que tous les droits vont toujours de pair avec
les responsabilités. En parallèle, les centres de services scolaires ont l'obligation
légale d'assurer un milieu d'apprentissage sain et sécuritaire. Avec le PL94,
la ministre peut intervenir lorsqu'un centre de services scolaire ne respecte
pas ses obligations. Ce pouvoir est clair. Sur le plan de la sécurité physique,
les plans d'urgence sont en place, des protocoles sont harmonisés avec les
corps policiers, les milieux sont préparés. Personne ne souhaite devoir
appliquer ses plans, mais il faut être prêt.
Le respect commence à la maison et se
renforce à l'école et s'étend à toute la société. En posant des gestes clairs,
en outillant les écoles et en soutenant nos enseignants, notre gouvernement essaie
de bâtir un environnement d'apprentissage où chaque élève peut s'épanouir sans
peur, sans intimidation, dans la dignité et la bienveillance. Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Maintenant, nous allons poursuivre avec Mme la députée de Hull.
Mme Tremblay : Merci beaucoup.
Alors, très heureuse de prendre la parole aujourd'hui. Ma collègue ministre de
l'Éducation a commencé à parler qu'on avait entamé des discussions, alors,
effectivement, sur le rôle de l'école. Vous dire effectivement, puis il y a un
constat ici, là, c'est vrai que l'école son... il y a de grands... il y a de
belles réussites dans notre système scolaire, mais on fait face aussi à
différents défis qui ont été nommés ici aujourd'hui. L'augmentation de la
violence, on a une pénurie de personnel, évidemment, donc c'est des choses que
le ministère connaît et c'est aussi des... On travaille aussi dans ce sens-là
parce qu'on est à l'écoute, évidemment. Depuis son entrée en poste, la ministre
de l'Éducation a rencontré de nombreux groupes, est allée dans de nombreux
centres de services scolaires aussi, est allée dans plusieurs écoles. Elle est
extrêmement active, mais aussi extrêmement à l'écoute. Quand tantôt la députée
libérale mentionnait... de Bourassa-Sauvé, disait : Bon, on veut, bon, de
meilleures pratiques, de la stabilité, de la flexibilité. Alors, j'ai des
bonnes nouvelles, on en discute déjà. On a déjà un forum qu'on a mis en place
dans les dernières semaines, dans les derniers mois, sur justement le rôle de l'école,
et on aborde plusieurs de ces thèmes-là. Parce que c'est important de le faire,
parce qu'il faut le faire maintenant puis il faut... les discussions sont déjà
ouvertes. Il faut vous dire que ce comité-là, qui a été mis en place, a déjà eu
plusieurs rencontres, et il y a vraiment, là, une vaste partie des partenaires...
16 h 27 (version non révisée)
Mme Tremblay :
...qui
sont présents. Puis, quand je dis ça, là, je parle des associations de comités
de parents qui sont très actifs puis qui apportent leur regard tellement
important, on parle aussi des administrateurs d'écoles anglaises, de l'Association
des commissions scolaires anglophones du Québec, qui est présente, des
associations de DG des commissions scolaires et des centres de services
scolaires, les six associations de cadres dont les directions d'école, les
fédérations des centres de services scolaires, les syndicats, la CSQ, la FAE, l'APEC,
qui sont présents. Donc, plusieurs, plusieurs groupes font partie des
discussions. On est assis à la table. On amène chacun nos réalités. Et, l'objectif
de tout ça, finalement, c'est de dégager des tendances, certains consensus, de
voir où est-ce que sont les réussites, mais est-ce... qui sont les difficultés,
quels sujets, les sujets qui sont importants de rediscuter. Alors, vous dire
aujourd'hui que ça touche énormément de sujets qui ont été abordés puis sur
lequel on voit qu'il y a vraiment des lignes directrices qui se dessinent. Puis
je vais vous en reparler, Mme la Présidente, dans le cours de mes prochaines
minutes, prochaines interventions, mais quand même, on m'a parlé de huit... il
y a... il y a huit grands thèmes, là, qui en ressort, donc, puis c'est ce que
je vais aborder dans les prochaines minutes parce que... puis en vous parlant
un petit peu, là, de certaines des discussions qu'on a eu la chance d'avoir
avec les différents partenaires qui ont pris place dans différentes discussions
puis que je tiens à remercier. Parce que c'est vraiment de beaux échanges...
des échanges qui sont profonds, qui parlent de leur réalité à chacun, que ce
soit la réalité de l'enseignant, la réalité du parent, la réalité du personnel
professionnel, du personnel de soutien, de nos directions d'établissement.
Vraiment, là, tout le monde est assis à la table puis tout le monde est là
parce qu'on a à cœur l'éducation. Je tiens à le dire. Et c'est extraordinaire,
les discussions qu'on peut avoir quand tout le monde est assis à la table, Mme
la Présidente. Alors, je tiens à les remercier de leur présence, évidemment.
Alors, vous dire que je disais qu'il y
avait huit thèmes qu'on a abordés. Alors, le premier qui se dégage, là, dans l'ensemble
des discussions puis des comités que l'on a eus, baliser les responsabilités d'une
école et alléger son fonctionnement. Et là il y a plusieurs choses qui en
ressort. Donc, les responsabilités, les attentes envers l'école, qu'est-ce qu'on
attend de l'école? Parce qu'on... Tu sais, le rôle de l'école, c'est pour ça qu'on
appelle ça le rôle de l'école, on lui confie de plus en plus de
responsabilités. Alors, on est venu se questionner sur qu'est-ce qui.... qu'est-ce
qui appartient à l'école, qu'est-ce qui appartient à la maison. Puis ça, c'est
des belles discussions à avoir, puis ils sont importantes à avoir, déjà, ici,
maintenant, avec les acteurs du terrain.
Alors aussi, on a parlé des contenus
enseignés aux élèves. Parce que, bon, il y a l'ajout de certains contenus
ministériels, les gens sont venus nous dire : On en ajoute beaucoup, bon,
est-ce qu'il ne faut pas revenir à l'essentiel? Donc, vous voyez comment c'est
important, les discussions qu'on a, Mme la Présidente, parce que, bon, durant
la pandémie, on a parlé des savoirs essentiels, ça fait que c'est toutes des
discussions, là, que l'ensemble de la table a.
L'évaluation des apprentissages, ça aussi,
c'est... c'est quelque chose qui a amené de belles discussions. C'est quoi, le
rôle de l'évaluation, quel sens on veut lui donner, dire un examen, c'est un
examen, mais un examen, c'est beaucoup plus que ça, Mme la Présidente, hein? Il
y a... C'est large. Qu'est-ce qu'on veut vraiment évaluer? C'est ce que les
gens sont venus nous dire, quel... c'est quoi, leur rôle, le sens qu'on veut
lui donner. Évidemment, pour le prof, ça lui permet d'orienter son
enseignement, l'évaluation. L'élève, lui, ça lui permet... Où est-ce que je
suis. Puis le parent, lui, a besoin de savoir. Donc, c'est toutes des belles
discussions. Mais il y avait quand même quelque chose qui se dessinait. Il faut
vraiment revoir quel est le sens. On évalue pourquoi, comment. Alors, ça a
amené des super belles discussions, comme vous voyez, ce point-là.
Évidemment, on a parlé aussi des élèves en
difficulté. Alors, évidemment, vous avez entendu, là, hein, on a parlé des
aides à la classe qu'on a apportées. C'est un des gestes qu'on a posés. On
parle de stabilité, de flexibilité, de soutien. Alors, c'est de tous ces
thèmes-là aussi qu'on a abordés au niveau des élèves en difficulté. Mais on
sait qu'il faut continuer de les soutenir, de les aider, c'est important pour
leur réussite, évidemment. Et tout le monde était d'accord sur ce point.
On a parlé aussi d'actualiser la mission
de l'école. Vous savez, la mission de l'école, c'est instruire, socialiser,
qualifier. Là, les... Puis là, les gens ont dit : Mais c'est bien défini,
on a des belles définitions, c'est clair, mais, mais, mais instruire, c'était
clair pour tout le monde. Puis, après ça, qualifier. Mais il y avait des enjeux
au niveau socialiser. Est-ce que, là, on dirait, bon, c'est quoi la
compréhension de ça. Ça fait que les gens, ils disaient : Bien, la mission
de...
16 h 32 (version non révisée)
Mme Tremblay : ...l'école,
elle est là, elle est bien définie. Maintenant, il faudrait peut-être en
rediscuter, mieux la comprendre, voir où est-ce qu'on va avec certains de ces
mots-là, notamment le «socialiser». Alors, ça aussi, ça a amené de belles
discussions, là, autour de la table. Évidemment, on a parlé de la... des
inégalités sociales, de la marchandisation.
Un point... un autre point qui a été
longuement discuté, puis, aujourd'hui, qui a été abordé, la flexibilité et
prévisibilité aux besoins des élèves. Évidemment, la prévisibilité, elle est
importante. De se donner une flexibilité, les gens ont dit qu'au niveau de l'organisation
scolaire c'était important. Alors, d'avoir la bonne personne, aussi, pour
soutenir l'élève. Alors, c'est des... ça a fait partie de... des discussions qu'on
a eues à travers la table des partenaires, au niveau du rôle de l'école.
Un autre point qu'on a abordé, qui est
aussi important, qui a été nommé aujourd'hui, bénéficier de temps de
reconnaissance et d'accompagnement, puis on a parlé de la formation. Alors,
optimiser le temps d'enseignement. Parce qu'on l'a dit, quand on parle du rôle
de l'école, on s'aperçoit qu'on en ajoute tout le temps plus, puis ça prend de
l'espace, puis l'espace que ça prend, c'est qu'à un certain moment c'est que ça
diminue le temps d'enseignement, ça diminue le temps que... que l'enseignant
passe auprès de ses élèves. Parce qu'il y a... bon, il y a... dans l'école, il
y a plein de choses, Bon, il y a... il y a, par exemple, les campagnes de
vaccination, les photos scolaires, il y a... il y a beaucoup, beaucoup... on en
ajoute. À un moment donné, on a parlé du brossage des dents, l'hygiène, les
yeux, bon. Et les gens disent : Bon, est-ce qu'il ne faut pas repenser à
tout ça, recentrer le rôle de l'école? Alors, ça amène des belles discussions,
les gens sont... sont pragmatiques, ils disent : Bien, il faut... il faut
ramener un équilibre puis, surtout, se concentrer, optimiser le temps d'enseignement.
Donc, vous dire que...
Évidemment, vous comprendrez que là, on
est... dans ce comité-là, on a des belles discussions, on regarde les
différents points, mais vous dire qu'au moins on en parle, ça avance, puis on
est pas à attendre, attendre qu'il se passe quelque chose, Mme la Présidente,
on est dans l'action avec les partenaires, on parle... parce qu'on a une
ministre à l'écoute.
Alors là, je vais continuer. Alors, aussi,
un autre point que... que l'on a abordé, donc, accentuer la communication entre
les parents et à l'école. Vous savez, l'école a son rôle à jouer, et les
parents aussi. On a beaucoup parlé... Le parent, c'est un collaborateur, donc c'est
important, il est là en soutien. Parce qu'on fait... les enseignants, à l'école,
font un travail extraordinaire, puis j'en profite pour les saluer, parce qu'on
le sait qu'ils sont... ils passent énormément d'heures, chaque jour, avec les
jeunes, avec les enfants. Puis les parents, ils sont bien... ils sont
importants, ils sont importants pour soutenir l'enseignant, parce que, quand il
arrive à la maison, l'enfant, bien, c'est un peu le prolongement... Bon, qu'est-ce
que tu as fait à l'école? Qu'est-ce qui se passe? Ils sont importants parce que...
eux autres... c'est aussi eux qui connaissent bien leur enfant, donc le prof a
besoin de la collaboration des parents.
Et les parents veulent collaborer, c'est
ce qu'ils sont venus nous expliquer et nous dire, être impliqués, être engagés
dans leur milieu. On le sait qu'ils le sont sur le conseil d'établissement, on
leur a fait une place importante, c'est un bon moyen, mais ils veulent vraiment
sentir qu'ils font partie de l'école. Et ils ont parlé beaucoup de la
communication aussi. Bon, est-ce qu'on communique assez avec eux? Est-ce que le
nombre de communications est suffisant? Est-ce qu'elle est pertinente? Alors,
il y a eu de beaux échanges en lien avec ça dans nos différentes discussions
que l'on a eues.
Un autre point, puis ça a même été abordé,
encore une fois, aujourd'hui, les données, avoir recours aux données puis à la
recherche. Alors, on le sait, c'est important, la recherche, en éducation, il
faut se baser sur la recherche, évidemment. Puis les enseignants et les
enseignantes le disent, on a aussi besoin de formation. Alors, ça aussi, ça a
amené, effectivement, de belles discussions. Pour tout le monde, bien, la
recherche est... est essentielle, il faut se baser sur la recherche et... mais
dire que la... ça doit être là pour informer, évidemment, le terrain. Ce que
les gens ne veulent pas, c'est que ce soit imposé, mais qu'on prépare puis qu'on
informe les enseignants et qu'on leur donne du temps aussi pour qu'ils
collaborent, participer, se donner des lieux d'échange. Parce qu'on le dit
souvent, on manque de temps à l'école, donc de refaire de l'espace pour,
justement, que les gens puissent communiquer, collaborer et avoir du temps pour
se rencontrer. Mais l'expertise scientifique est importante, elle est même
fondamentale. Alors, ça, on en a aussi parlé.
Vous dire aussi, s'appuyer sur... Ah! on m'a
parlé du principe... ça, c'est compliqué, mais je vais en parler un petit peu,
là... du principe de subsidiarité. Donc, ça veut dire qu'on veut prendre une
décision la plus proche possible de... des élèves, donc dans l'école. Alors, ça
aussi, là, les gens ont parlé de ce principe de subsidiarité...
16 h 37 (version non révisée)
Mme Tremblay : ...en même
temps ce qu'ils souhaitent dans ce principe-là, c'est de prendre des décisions
dans chacune des écoles adaptées au milieu. Parce qu'on le sait, hein, nos
écoles évoluent dans des milieux qui sont différents, dans des régions qui sont
différentes et qui ont des réalités qui sont différentes, évidemment. Ça a
amené à parler justement d'avoir de la prévisibilité, de la flexibilité. On a
parlé aussi dans ça des... Tu sais, bon, dans le milieu scolaire, il y a
beaucoup de mesures budgétaires, bon, qui permettent... bon, qui viennent avec
de l'argent, finalement, comment être distribué. Puis on dit : Bien, ces
différentes mesures-là, il faudrait peut-être avoir plus de flexibilité. Alors,
c'est toutes des belles discussions que l'on a eues à travers le comité qu'on a
mis en place. Et aussi on a parlé d'avoir une meilleure... d'avoir aussi une
meilleure collaboration entre les ministères, se parler davantage. Donc, il y
avait des petits points à améliorer de ce côté-là aussi. Par exemple, on sait
que le ministère de la Santé intervient dans nos écoles, il y a des
infirmières, il y a... bon, mais de voir son... que le monde comprenne bien son
rôle, que cette personne-là soit stable dans nos écoles. Alors, il y a eu de
belles, belles, belles discussions. Moi, c'est un comité à lequel je crois
énormément. Il est fondamental à l'heure actuelle, puis c'est beau de voir les
échanges qu'il y a à l'intérieur de ce comité-là.
Alors, vous dire qu'on ne fait pas du
surplace, on a une ministre qui est à l'écoute, les termes qui ont été nommés
aujourd'hui, là, par ma collègue de Bourassa-Sauvé puis aussi les autres
oppositions, bien, on est en action, on discute avec les partenaires. Le rôle
de l'école, ce n'est pas terminé, c'est un comité qui va se poursuivre, il y a
des consensus qui vont s'en dégager. On est un gouvernement, Mme la Présidente,
dans l'action, et on veut continuer d'améliorer notre système d'éducation,
évidemment. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée. Maintenant, nous allons poursuivre les interventions
avec M. le député de Saint-Jean.
M. Lemieux : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Je tiens d'abord à saluer la ministre de l'Éducation et les deux
autres collègues qui ont participé à ce débat dans le cadre des affaires
inscrites par les députés de l'opposition. Une motion présentée par la députée
de Bourassa-Sauvé, qui se lit comme suit : «Que l'Assemblée nationale
reconnaisse la nécessité de tenir des États généraux sur le système de l'éducation
au Québec.»
D'entrée de jeu, je vais vous dire, Mme la
Présidente, qu'on n'a pas besoin d'états généraux en éducation pour améliorer
le système scolaire, ça fait depuis 2018 qu'on l'améliore, le système scolaire.
Quand on a pris le pouvoir, on avait des élections auxquelles très peu de
citoyens participaient, les élections scolaires, pour élire des commissaires
scolaires, ça coûtait des dizaines, voire des centaines de milliers de dollars
par élection, par commissions scolaires. Chaque commission scolaire était son
propre royaume. En abolissant les commissions scolaires, on a fait un grand pas
pour avoir un réseau scolaire cohérent, qui s'entraide et qui est surtout
imputable. On a aussi normalisé, uniformisé les taxes scolaires, mais ça c'est
un autre dossier, c'est du côté du ministre des Finances.
Donc, ce réseau imputable, c'est ce qui
nous permet aujourd'hui d'avoir des meilleures données également sur comment ça
se passe dans nos écoles. Oui, je sais, c'est une mode les tableaux de bord,
mais c'est important. Nos données sont maintenant comparables entre centres de
services scolaires et on peut mieux suivre la réussite scolaire des élèves. On
a d'ailleurs maintenant un tableau de bord public où on peut suivre un paquet
de données, le nombre d'élèves et le nombre d'élèves issus de l'immigration, le
nombre d'écoles qui offrent des projets pédagogiques particuliers, le taux de
diplomation au secondaire et en formation professionnelle et le taux de
réussite aux épreuves ministérielles. C'est une bonne chose que l'on puisse
comparer le taux de diplomation des centres de services scolaires entre eux, ça
nourrit l'émulation, ce qu'on appelle les bonnes pratiques. Cette culture de la
donnée et de l'excellence, c'est un nouveau réflexe qu'on a mis de l'avant. Et
parmi les actions que l'on a prises dans ce sens, on a créé l'Institut national
d'excellence en éducation. Je vous en parle parce que c'est le ministre
Sébastien Proulx, avant nous, qui avait entamé les travaux en 2017 en
constituant un groupe de travail. Ce groupe de travail avait remis son rapport
en 2018 et c'est mon collègue le député de Chambly qui a repris la balle au
bond. Le mandat de mon collègue a été marqué par un cycle de négociations avec
le personnel scolaire et, évidemment, par la pandémie. Finalement, c'est mon
collègue le député de Lévis qui a pu finaliser le processus de création de l'INEE
grâce à son projet de loi n° 23, adopté en décembre 2023, l'Institut
national d'excellence en éducation.
C'est important parce que ça va permettre
d'avoir un acteur neutre qui se positionne sur les meilleures pratiques, ici
comme ailleurs dans le monde, et qui en fait la diffusion. On veut que les
meilleures pratiques dont je vous parlais...