(Neuf
heures quarante minutes)
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Bonjour à toutes, bonjour à tous. Prenez place,
collègues, nous allons débuter nos travaux. Je souhaite la bienvenue à celles
et ceux qui sont parmi nous dans les tribunes.
Affaires
courantes
Déclarations
de députés
Nous sommes à la
rubrique Déclarations des députés, et, sans plus tarder, je reconnais M. le
député de Vanier-Les Rivières.
Souligner
le succès du Colloque Santé mentale jeunesse
M. Mario
Asselin
M. Asselin :
Merci beaucoup, M. le Président. Je suis très fier de souligner aujourd'hui
la présence, dans nos tribunes, de
Mme Ann Webber, directrice de l'académie Saint-Louis, ainsi que
Vanessa Déziel, directrice des communications de l'établissement.
Le
2 avril dernier avait lieu la troisième édition du Colloque Santé mentale,
à l'initiative de l'académie Saint-Louis, sous le thème Fais briller
ton potentiel. Réunissant près de 500 jeunes âgés de 12 à 17 ans
de 33 écoles de la région, le colloque vise à célébrer et à promouvoir la
santé mentale positive par divers ateliers et conférences.
En
réunissant des élèves et des intervenants issus d'écoles secondaires, le
colloque a inscrit ce projet communautaire comme pouvant contribuer
activement au mieux-être collectif. Le tout est actuellement chapeauté par un
comité d'intervenants provenant d'organismes culturels et aussi d'écoles
privées et publiques.
Merci beaucoup à
l'académie et à l'ensemble des acteurs qui ont permis la création de ce
colloque. C'est un rendez-vous pour l'an prochain au quatrième. Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Vanier-Les Rivières. Et la parole revient maintenant à M. le
député de Marquette.
Souligner
le 50e anniversaire du Club des personnes
handicapées du lac Saint-Louis
M. Enrico
Ciccone
M. Ciccone : Merci, M. le Président. Je souhaite féliciter le Club des personnes
handicapées du lac Saint-Louis pour leur 50e anniversaire.
Le club est un
organisme à but non lucratif qui offre des activités de loisirs adaptées et des
services de soutien aux personnes vivant avec une limitation fonctionnelle dans
Lachine et les environs.
Le club propose une
variété de loisirs adaptés et plusieurs autres services à la communauté
lachinoise. La mission de l'organisme est le
maintien et le développement de la santé physique, mentale et psychologique des
personnes vivant avec un handicap. En plus d'offrir des activités de
loisirs, des services adaptés et d'aider à briser l'isolement de personnes
souvent marginalisées, l'équipe du Club des personnes handicapées du lac
Saint-Louis est animée par la bienveillance envers chacun des membres, et cela
est évident lorsqu'on les côtoie.
Bravo au directeur
général actuel, Vincent Martin, et aux anciens DG, ainsi qu'à toute l'équipe
pour cet important anniversaire et surtout pour votre grande contribution à la
collectivité. Je vous souhaite une bonne et longue continuation. Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Marquette. Et je cède maintenant la parole à M. le député
de Drummond—Bois-Francs.
Rendre
hommage à Mmes Sandrine Vanhoutte et Nathalie Benoit
M. Sébastien
Schneeberger
M. Schneeberger : Merci,
M. le Président. Alors, aujourd'hui, je veux souligner la contribution de deux
Drummondvilloises honorées lors de la 29e édition des prix Hommage
bénévolat-Québec.
D'abord,
Mme Nathalie Benoit, récipiendaire dans la catégorie Bénévole. Son
engagement remarquable et sa capacité à rassembler font d'elle une figure
inspirante de notre communauté. Elle donne généreusement de son temps pour
soutenir les autres, et son dévouement mérite toutes nos félicitations.
Je souhaite aussi,
également, saluer Mme Sandrine Vanhoutte, du Centre d'écoute et de
prévention suicide Drummond, reconnu de la catégorie Organisme. Par son écoute,
sa présence essentielle et son travail de prévention, le centre joue un rôle vital pour les personnes en
détresse et contribue depuis des décennies à la sécurité et du mieux-être de toute
la région.
Ces deux
distinctions témoignent de la force du bénévolat et de l'importance d'une
communauté engagée et solidaire.
Au nom de
l'Assemblée nationale, je remercie chaleureusement Nathalie, Sandrine et le
CEPS Drummond pour leur contribution exceptionnelle.
Le
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le député de Drummond—Bois-Francs. Et la prochaine déclaration revient à Mme la députée de Mercier.
Souligner le 65e anniversaire
de l'École
nationale de théâtre du Canada
Mme Ruba Ghazal
Mme Ghazal : Merci, M. le
Président. Je veux célébrer les 65 ans de l'École nationale de théâtre du
Canada.
Depuis 1960,
au coeur de ma circonscription de Mercier, cette école forme des générations
d'artistes qui façonnent notre imaginaire collectif. Lieu de création, de
transmission et de rencontres, l'école fait naître les voix qui nous
racontent et construit le visage du théâtre, du cinéma et de la télévision
québécoise.
Célébrer
notre culture, c'est aussi célébrer ceux et celles qui la rendent possible et
les institutions qui accompagnent la relève. Sans formation, pas de
relève. Et, sans relève, pas d'avenir culturel.
Merci à
toutes les personnes qui font vivre l'École nationale de théâtre. Je connais
personnellement des artistes et des artisans qui ont fréquenté cette
école et dont la vie a été changée à jamais.
Longue vie à
l'École nationale de théâtre! Vous méritez toute notre reconnaissance pour
votre apport exceptionnel à notre culture québécoise, et dont nous sommes
fiers. Merci beaucoup.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci.
Merci, Mme la députée de Mercier. Et je cède maintenant la parole à Mme la
députée de Bertrand.
Encourager l'achat local dans
la circonscription de Bertrand
Mme France-Élaine Duranceau
Mme Duranceau : Merci,
M. le Président. Alors, c'est le printemps, et je saisis l'occasion
d'encourager l'achat local dans nos 15 municipalités de Bertrand.
Pour embellir nos jardins, nos balcons et nos
terrains, les équipes de huit centres de jardinage accompagnent nos concitoyens avec expertise et savoir-faire,
notamment à La Planterie, à Lantier, ou au Jardin Tom Pousse, à Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson.
Pour celles et ceux qui entreprennent des
projets de construction, neuf centres de rénovation sont là pour aider à bâtir et améliorer nos milieux de vie, tels que
Lortie et Martin, à Sainte-Agathe-des-Monts, ou Home Hardware, à Rawdon.
Aussi, puisque nous habitons un territoire de
lacs et de rivières, ma circonscription compte huit commerces dédiés à la vente
et à la location d'embarcations nautiques, très prisées des locaux et des
villégiateurs, entre autres Desjardins Marine, à Sainte-Adèle, ou Location Marine,
à Saint-Donat.
Acheter
local, c'est investir dans nos voisins, soutenir nos familles et renforcer
notre communauté. Dans Bertrand, nous affirmons fièrement qu'ici c'est
comme ça qu'on vit. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée de Bertrand. Et je cède maintenant la parole à Mme la députée de
Chomedey.
Souligner le 75e anniversaire
du Club Lions de Laval
Mme Sona Lakhoyan Olivier
Mme Lakhoyan Olivier : M. le
Président, c'est avec fierté que je souligne aujourd'hui le
75e anniversaire du Club Lions de
Laval, un pilier de notre communauté à Chomedey et à Laval qui, depuis 1951,
incarne la solidarité, la générosité et l'engagement.
Depuis 75 ans, les Lions passent à
l'action. Ils soutiennent les personnes vulnérables, accompagnent les jeunes,
épaulent les aînés et appuient les enfants atteints de maladie, contribuant à
une communauté plus humaine et inclusive. Leurs
collectes de lunettes, leurs activités de financement et leurs partenariats ont
un impact concret dans la vie de nombreuses familles à Laval.
75 ans de services guidés par une mission
simple et essentielle : servir.
Je les
remercie chaleureusement. Je les félicite pour leur engagement exemplaire et
leur souhaite encore de nombreuses années à faire rayonner Laval. Merci,
M. le Président.
Le
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Chomedey,
et je cède maintenant la parole à M. le député de Saint-Jean.
Souligner
la tenue de l'expérience immersive La Sainte Flanelle
à la cathédrale Saint-Jean-l'Évangéliste
M. Louis
Lemieux
M. Lemieux :
M. le Président, ce soir, à Buffalo, les Canadiens de Montréal débutent la
deuxième ronde des séries de la coupe Stanley.
Donc, chez nous,
c'est la suite de l'aventure de la Sainte Flanelle à la cathédrale
Saint-Jean-l'Évangéliste, où on peut assister à la retransmission immersive du
match sur écran mégagéant, immersive parce que l'équipe d'artistes numériques de La Cargaison en fait un
spectacle son et lumière avec projecteurs et lasers et leur imagination
débordante qui s'occupe du reste, à commencer par l'hymne national à
l'orgue Casavant avec une cantatrice, s'il vous plaît.
Le service de bar est
au profit de notre organisme de travailleurs de rue qui s'appelle, et ça ne
s'invente pas, Passe-moi la puck. Il faut savoir que la corporation, à qui le
diocèse avait cédé la cathédrale, il y a déjà quelques années, en se finançant... lui demandant de rénover et de l'entretenir,
cette cathédrale, en se finançant avec des événements culturels et
communautaires tout en poursuivant les services religieux. Et ça fonctionne à
merveille.
En espérant que le
Tricolore se rende jusqu'à la coupe. Allez, la Sainte Flanelle, allez!
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Saint-Jean. Et je reconnais maintenant M. le député
de Côte-du-Sud.
Souligner
le 175e anniversaire de la municipalité de Saint-Pacôme
M. Mathieu
Rivest
M. Rivest : Merci, M. le Président.
Je veux souligner, aujourd'hui, un moment très significatif pour la Côte-du-Sud, le 175e de la municipalité de Saint-Pacôme.
Je salue, en tribune,
M. Sylvain Lévesque, président des fêtes, accompagné d'Alain Desjardins.
175 ans
d'histoire, c'est la somme de générations de femmes et d'hommes qui ont bâti,
aimé et fait vivre la communauté avec fierté. D'ici les célébrations, du 22 au
26 juillet, où nous pourrons entendre Sophie Pelletier, Ultra Violette et bon nombre d'artistes, vous
pouvez profiter du bingo ou des bières créées par Ras l'bock, dont la petite
nouvelle, La Pas comm' les autres. C'est effectivement ce qui nous caractérise.
Derrière
chaque activité, chaque sourire, chaque souvenir partagé, il y a une volonté claire,
celle de se retrouver, de se
reconnaître et de transmettre. Quand une communauté prend le temps de se
souvenir, de célébrer et de regarder vers l'avenir, elle devient encore
plus forte.
M. le Président, nous
vous attendons. À Saint-Côme? Non, à Saint-Pacôme. Alors, soyez-y, du 22 au
26 juillet. Préparez vos vacances.
• (9 h 50) •
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le député de Côte-du-Sud. C'est un
rendez-vous.
La prochaine
déclaration revient à M. le député de Taillon.
Souligner
la Semaine de la santé mentale
M. Lionel
Carmant
M. Carmant :
Merci, M. le Président. Du 4 au 10 mai, nous soulignons la Semaine de
la santé mentale.
Le thème, Rassemblons-nous,
nous rappelle l'importance des liens sociaux.
Des actions du
quotidien peuvent avoir un impact immense. Prendre des nouvelles d'une proche
ou d'un collègue, s'impliquer dans sa
communauté ou partager un moment avec une aînée, des gestes peuvent changer les
choses, autant pour soi que pour les autres.
C'est
d'ailleurs cette vision qui guide nos actions gouvernementales. Nous continuons
de renforcer l'offre de services en proximité et d'ouvrir plus de portes
pour les gens qui en ont besoin partout au Québec. Merci, d'ailleurs, à tous
les intervenants et les intervenantes qui oeuvrent en santé mentale.
Et
n'oubliez pas que, si vous avez une période difficile ou si vous vous inquiétez
pour quelqu'un, de l'aide existe. N'hésitez pas. Des ressources comme
Info-Social 8-1-1, Tel-jeunes ou le 1 866 APPELLE sont disponibles en
tout temps. Le site québec.ca/santé-mentale est également une référence.
Bonne santé mentale.
Prenez soin les uns des autres.
Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le député de Taillon.
Alors,
maintenant, est-ce que j'ai le consentement pour permettre au député de
Chapleau de faire une déclaration qui n'était pas celle annoncée
précédemment? Consentement.
Je reconnais M. le député de Chapleau.
Souligner le 150e anniversaire du quartier de Pointe-Gatineau
M. Mathieu
Lévesque
M. Lévesque (Chapleau) : Merci
beaucoup, M. le Président. Aujourd'hui, je veux souligner un moment historique
important pour Chapleau et Gatineau, le 150e anniversaire du quartier de
Pointe-Gatineau.
Fondé en 1876, ce quartier
emblématique, situé au confluent des rivières Gatineau et des Outaouais, a su
traverser les époques en se transformant au rythme des grandes étapes du
développement de notre ville.
D'abord
carrefour stratégique pour les peuples autochtones et les premiers commerçants
de fourrures, Pointe-Gatineau s'est ensuite imposé comme un acteur clé
de l'industrie du bois. Les bûcherons, les draveurs et les familles fondatrices
ont façonné une communauté résiliente et profondément enracinée.
Au fil des décennies,
Pointe-Gatineau a su surmonter de nombreux défis, dont les inondations
historiques, en misant sur la solidarité et la détermination de ses citoyens.
Ce quartier aux nombreuses institutions rassembleuses, comme l'église patrimoniale Saint-François-de-Sales, a vu grandir des
générations de Gatinois qui ont contribué à bâtir notre société. Célébrer ses 150 ans, c'est
rendre hommage à ceux qui ont bâti ce quartier et réaffirmer notre fierté
collective.
Bon
150e anniversaire!
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Chapleau. La prochaine déclaration revient à M. le
député de Borduas.
Souligner
le 25e anniversaire de l'organisme Le Grain d'Sel
M. Simon
Jolin-Barrette
M. Jolin-Barrette : Merci, M. le Président. Je souhaite profiter de
cette occasion pour souligner le 25e anniversaire de l'organisme Le
Grain d'Sel.
Depuis
sa création, sa mission est claire : offrir du soutien alimentaire
accessible tout en favorisant l'autonomie, le partage et le pouvoir
d'agir des personnes dans la communauté.
Au fil des ans, M. le
Président, l'organisme a su évoluer et adapter ses services pour répondre aux
besoins de sa clientèle. Qu'il s'agisse de
la distribution de paniers alimentaires, des ateliers de cuisine, qui
permettent de développer des
compétences et de briser l'isolement, ou encore du service de traiteur
solidaire La cuisine de Marie, repas solidaires, chaque initiative
reflète une approche humaine, concrète et ancrée dans le milieu.
Porté par une équipe
engagée et des bénévoles dévoués, Le Grain d'Sel rejoint chaque semaine de
nombreuses personnes et familles, contribuant activement à la vitalité de la
communauté.
Je tiens à souligner,
M. le Président, également le travail du conseil d'administration pour sa
vision et son engagement, ainsi que celui de toute l'équipe, qui, jour après
jour, fait une réelle différence dans la vie de nombreuses familles de notre
région.
À toutes et à tous,
un bon 25e anniversaire. Lâchez pas!
Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le député de Borduas. Alors, voilà qui
met fin à la rubrique Déclarations de députés.
Nous allons suspendre
les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 54)
(Reprise à 10 h 10)
La Présidente :
Bonjour, tout le monde. Mesdames
messieurs, vous êtes nombreuses et nombreux, ce matin. Bienvenue. Le parlement
du Québec, c'est chez vous.
Messieurs dames les
députés, c'est avec tristesse que nous avons appris le décès de M. Claude
Morin, député de Louis-Hébert de 1976 à 1981. Alors, nous allons nous recueillir quelques instants en
ayant une pensée particulière pour sa famille et ses proches.
Je vous remercie
beaucoup. Veuillez vous asseoir.
Mercredi 6 mai.
Nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles.
Présentation de projets de loi
À la rubrique
Présentation de projets de loi, M. le leader du gouvernement.
M. Bonnardel :
Mme la Présidente, je vous demande d'appeler l'article a du
feuilleton, s'il vous plaît.
Projet
de loi n° 2
La
Présidente : À l'article a du feuilleton, M. le ministre de la
Langue française présente le projet de loi n° 2, Loi permettant au Parlement
du Québec de préserver le principe de la souveraineté parlementaire à l'égard
de la Charte de la langue française et de la Loi sur la langue officielle et
commune du Québec, le français. M. le ministre.
M. Jean-François Roberge
M. Roberge :
Merci bien, Mme la Présidente. Alors, permettez-moi de présenter le projet
de loi n° 2, Loi permettant au Parlement du Québec de préserver le
principe de la souveraineté parlementaire à l'égard de la Charte de la langue
française et de la Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le
français.
Ce projet de loi
préserve le principe de souveraineté parlementaire en reconduisant les
dispositions dérogatoires prévues à l'article 214 de la Charte de la
langue française et à l'article 217 de la Loi sur la langue officielle et
commune du Québec, le français.
Mise aux voix
La
Présidente : Voilà. Alors, est-ce que l'Assemblée accepte d'être
saisie de ce projet de loi?
Des voix : Adopté.
La
Présidente : Adopté. Maintenant, Mme la députée de Laporte. Mme la
députée de Laporte.
Mme Poulet :
Oui. Mme la Présidente, je vous demande d'appeler l'article b du
feuilleton.
Projet de loi n° 191
La Présidente :
À l'article b du feuilleton,
Mme la députée de Laporte présente le projet de loi n° 191, Loi mettant en place des mesures concernant les
approches complémentaires et intégratives en santé. Mme la députée.
Mme Isabelle Poulet
Mme Poulet :
Mme la Présidente, si vous me permettez, je tiens à exprimer ma profonde
reconnaissance à Joël Monzée, directeur
en... docteur en neurosciences, pour sa contribution déterminante à ce projet
de loi, à Eric Simard, docteur en biologie et président de
l'Association professionnelle pour la santé intégrative, et de Marie‑Hélène Lessard, directrice générale de
l'Institut d'enseignement en science naturopathique, dont l'engagement mérite
d'être souligné. Ils nous font l'honneur d'être parmi nous aujourd'hui.
Ce projet de loi a
pour objet de contribuer à la santé des personnes par la mise en place de
mesures d'évaluation scientifique, de coordination, de formation et de
diffusion de l'information à l'égard des approches complémentaires et intégratives en santé. Il a également pour
objet de prévoir la manière dont les services relevant de ces approches peuvent
être considérés comme des services assurés aux fins de la Loi sur l'assurance
maladie.
Dans la poursuite de
ces objets, le projet de loi institue, au sein de l'Institut national
d'excellence en santé et en services sociaux, le Comité sur les approches
complémentaires et intégratives en santé. Ce comité a pour fonctions,
relativement à ces approches, de proposer des priorités annuelles
d'accomplissement de la mission de l'institut, de cibler les lacunes de connaissances pouvant justifier des activités de
recherche et de coordonner les avis, les recommandations et les guides
de l'institut ainsi que les activités de santé publique et la programmation de
recherche.
Par ailleurs, le
projet de loi élargit la mission du Fonds de recherche du Québec afin que le
secteur de recherche «santé» couvre aussi
les approches complémentaires et intégratives en santé, les facteurs de risque
et de protection ainsi que les déterminants de la santé.
Enfin, le projet de
loi prévoit que le ministre de l'Enseignement supérieur accorde une aide
financière à tout établissement d'enseignement de niveau universitaire pour le
développement ou le maintien de programmes favorisant la formation d'experts et
la recherche en matière d'approches complémentaires et intégratives en santé.
Mise aux voix
La
Présidente : Et est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce
projet de loi? Adopté.
Présence de M. Jean-Claude
St-André, ex-parlementaire
de l'Assemblée nationale
J'ai
le plaisir de souligner la présence, dans les tribunes, de M. Jean-Claude
St-André, ancien député de l'Assomption, qui vient de se joindre à nous.
Dépôt
de documents
Nous passons
maintenant à la rubrique Dépôt de documents. M. le ministre des Finances.
M. Girard
(Groulx) : Oui. Merci, Mme la Présidente. Permettez-moi de déposer le
rapport annuel 2025 de la Caisse ainsi que les renseignements additionnels
au rapport. Merci.
La
Présidente : Ces documents sont déposés. M. le ministre des Affaires
municipales.
M. Poulin :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Permettez-moi de déposer le rapport
annuel 2023-2024 de l'Administration
régionale Baie-James et les états financiers de l'Administration régionale de
la Baie-James au 31 mars 2024. Merci.
La Présidente :
Ces documents sont déposés. M. le
ministre des Relations internationales et de la Francophonie.
M. Skeete :
Merci, Mme la Présidente. En vertu
de l'article 22.2 de la Loi sur le ministère des Relations internationales, je dépose, à titre de documents,
l'engagement international important suivant ainsi qu'une note explicative
sur le contenu et les effets de
l'engagement : l'Entente entre le gouvernement du Québec et le Centre
d'excellence OTAN pour le changement
climatique et la sécurité concernant les exemptions, les exonérations et les
prérogatives de courtoisie consenties au centre et aux membres de son
personnel, signée à Montréal le 9 avril 2026.
La
Présidente : Ces documents sont déposés. À nouveau, M. le ministre des
Relations internationales et de la Francophonie.
M. Skeete : Mme la Présidente, en
vertu de l'article 22.3 de la Loi sur le ministère des Relations
internationales, je fais motion pour que l'Assemblée nationale étudie
dans le délai prescrit par la loi et en vue de son approbation l'engagement
international important que je viens de déposer, à savoir l'Entente entre le
gouvernement du Québec et le Centre d'excellence OTAN pour le changement climatique
et la sécurité concernant les exemptions, les exonérations et les prérogatives de courtoisie consenties au
centre et aux membres de son personnel, signée à Montréal le 9 avril 2026.
Merci.
La
Présidente : Voilà. Et je vous avise qu'en vertu de
l'article 22.3 de la Loi sur le ministère des Relations internationales
cette motion est présentée mais ne pourra être débattue avant 10 jours.
Maintenant, M. le
ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale.
M. Simard :
Oui, Mme la Présidente, qu'il me soit permis de déposer le plan
stratégique 2025‑2029 de notre grande capitale nationale. Je vous
remercie.
La
Présidente : Ce document est déposé. Maintenant, M. le leader du
gouvernement.
M. Bonnardel : Mme la Présidente, je
dépose les réponses aux pétitions déposées le 24 février par le député de
Saint-Henri—Sainte-Anne,
le 26 février par la députée de D'Arcy-McGee, le 17 mars par les
députés de Saint-Henri—Sainte-Anne,
de Robert-Baldwin, de Mercier, de Gouin et de D'Arcy-McGee et le 25 mars par la députée de Westmount—Saint-Louis.
La
Présidente : Et ces documents sont déposés.
Maintenant, je vous
demande un peu d'indulgence. Beaucoup de dépôts à faire et beaucoup de lecture.
Alors, pour ma part,
je dépose des décisions du Bureau de l'Assemblée nationale.
Je dépose la liste
des documents dont la loi prescrit le dépôt à l'Assemblée.
Je
dépose le rapport de la Commission de
la représentation électorale du Québec intitulé
Rapport des dépenses reliées à la délimitation des
circonscriptions électorales — Carte électorale 2026.
Je dépose également
le nouveau diagramme de l'Assemblée en date d'aujourd'hui.
Modification
à la composition du Bureau de l'Assemblée nationale
Enfin, conformément à
l'article 91 de la Loi sur l'Assemblée nationale, je soumets à l'Assemblée
la liste des députés qui sont désignés pour agir à titre de membres et de
membres suppléants du Bureau de l'Assemblée nationale.
Les députés de la
Coalition avenir Québec ont désigné comme membres M. François Jacques,
député de Mégantic, M. Yves Montigny, député de René-Lévesque, M. Robert
Bussière, député de Gatineau, Mme Suzanne Roy, députée de Verchères, et Mme Stéphanie
Lachance, députée de Bellechasse — et
je poursuis — et
comme membres suppléants M. Claude Reid, député de Beauharnois, Mme Lucie
Lecours, députée des Plaines, Mme Geneviève Hébert, députée de Saint-François, Mme Marie-Belle
Gendron, députée de Châteauguay, et Mme Nancy Guillemette, députée de
Roberval.
Les députés du Parti libéral du Québec ont
désigné comme membres Mme Jennifer Maccarone, députée de Westmount—Saint-Louis, Mme Virginie Dufour, députée de Mille-Îles, Mme Elisabeth Prass, députée de D'Arcy-McGee, et comme membres
suppléants Mme Linda Caron, députée de La Pinière, Mme Désirée McGraw, députée de Notre-Dame-de-Grâce, et Mme Filomena Rotiroti, députée de Jeanne-Mance—Viger.
Les
députés de Québec solidaire ont désigné comme membre Mme Alejandra Zaga Mendez, députée de Verdun, et comme membre
suppléant M. Etienne Grandmont, député de Taschereau.
Et je... je dépose
donc, dis-je, cette liste ainsi que les lettres de désignation signées par la
première ministre, le whip en chef de l'opposition officielle et la cheffe du
deuxième groupe d'opposition.
Et
je cède maintenant la parole à M. le troisième vice-président et député de Viau
pour la présentation d'une motion. M. le vice-président.
Motion proposant d'adopter la
modification
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Mme la Présidente, je propose que cette liste des
membres et des membres suppléants du Bureau de l'Assemblée nationale
soit adoptée.
Mise aux voix
La
Présidente : Alors, j'allais vous demander, cette motion est-elle
adoptée?
Des voix :
Adopté.
La Présidente :
Adopté. Merci.
Dépôt de rapports de
commissions
À
la rubrique Dépôt de rapports de
commissions, est-ce qu'il y a
consentement pour déroger à l'article 4.4 des règles de fonctionnement
afin de déposer deux rapports du comité directeur de la Commission de l'Assemblée nationale?
Consentement? Consentement. Merci.
Modifications
à la composition de commissions parlementaires
Je dépose donc le
rapport du comité directeur de la Commission de l'Assemblée nationale qui s'est
tenu le 23 avril 2026 concernant une
demande du député d'Arthabaska afin de devenir membre de la Commission de l'agriculture, des pêcheries,
de l'énergie et des ressources naturelles.
Je dépose également
le rapport du comité directeur de la Commission de l'Assemblée nationale qui
s'est tenu le 5 mai 2026 concernant des
désignations à la vice-présidence des commissions parlementaires, des
changements à leurs membres ainsi que la modification de la liste des
présidents de séance.
• (10 h 20) •
Je cède maintenant la
parole à M. le troisième vice-président et député de Viau pour la présentation
d'une nouvelle motion.
Motion
proposant d'adopter les modifications
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Mme la Présidente, je propose que les
modifications à la composition des commissions telles que prévues au rapport du
comité directeur de la Commission de l'Assemblée nationale soient adoptées.
La Présidente :
Merci, M. le vice-président.
Est-ce qu'il y a consentement pour déroger aux articles 129 et 134 du règlement?
Consentement.
Mise aux voix
Cette motion est-elle
adoptée?
Des voix :
Adopté.
La Présidente :
Adopté. Merci.
Dépôt de pétitions
Nous passons à la
rubrique Dépôt de pétitions, et je reconnais M. le député de l'Acadie.
Établir une école secondaire alternative à Saint-Laurent
M. Morin : Alors, Mme la
Présidente, je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale
et signée par 782 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont
les suivants :
«Considérant que Saint-Laurent vit une
croissance démographique importante;
«Considérant que la communauté fait face à
plusieurs défis majeurs, notamment une surpopulation dans les classes des
écoles existantes, nuisant à la qualité de l'apprentissage et au bien-être des
élèves;
«Considérant que de nombreux jeunes doivent
effectuer de longs trajets quotidiens afin de fréquenter des écoles dans des
quartiers voisins, ce qui augmente le décrochage potentiel et l'inégalité
d'accès à l'éducation;
«Considérant que le ministère de l'Éducation
prévoit une pénurie de plus de 1 000 places dans les écoles
secondaires du secteur au cours des prochaines années;
«Considérant qu'il existe le besoin marqué pour
un apprentissage alternatif et que l'île de Montréal ne compte qu'une seule
école secondaire alternative, Le Vitrail, alors qu'on y retrouve douze écoles
alternatives primaires;
«Considérant que ce déséquilibre démontre un
manque criant de continuité pour les élèves ayant bénéficié d'un modèle
alternatif au primaire;
«Considérant qu'un modèle pédagogique inclusif
répond mieux à la diversité des besoins des jeunes;
«Considérant qu'un nouveau projet d'école
secondaire vise à combiner les forces du modèle alternatif et celles du modèle
traditionnel;
«Considérant que le développement de
l'initiative personnelle, de l'autonomie, de l'organisation et de la
participation active des élèves y serait central, tout en assurant
l'acquisition des compétences académiques nécessaires à la réussite
postsecondaire et à l'intégration au marché du travail;
«Et l'intervention réclamée se résume ainsi :
«Nous, signataires, demandons au gouvernement du
Québec de fournir les fonds nécessaires à l'établissement d'une école
secondaire alternative à Saint-Laurent.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition. Merci.
La
Présidente : Et cet extrait de pétition est déposé. Je
reconnais maintenant Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mettre en place des
mesures permettant l'accès à des soins appropriés
pour les patients atteints d'instabilité craniocervicale
Mme Prass : Merci, Mme la Présidente.
Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
1 358 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Considérant que la loi requiert le financement
des soins médicaux nécessaires;
«Considérant
que la RAMQ reconnaît l'absence de chirurgien canadien expérimenté en
instabilité craniocervicale (ICC), et a pris en charge les frais
chirurgicaux aux États-Unis pour une Québécoise atteinte d'ICC;
«Considérant qu'on refuse de soigner plusieurs
victimes d'ICC qui finissent alitées, oscillant entre survie, soins coûteux
hors pays ou aide médicale à mourir;
«Considérant que l'ICC peut survenir après une
chirurgie ou un trauma cervical, qu'elle s'aggravera d'un trauma à l'autre et
qu'annuellement au Québec, on compte environ 28 000 accidents
routiers et 45 000 traumatismes légers à la tête pour lesquelles
l'ICC n'est pas vérifiée;
«Considérant que l'ICC s'associe régulièrement à
d'autres conditions comme les syndromes d'Ehlers Danlos;
«Considérant qu'une ICC non traitée entraîne
l'accroissement de lésions neurologiques et des coûts médicaux ou d'invalidité;
«Et l'intervention réclamée se résume ainsi :
«Nous, signataires, demandons au gouvernement du
Québec :
«D'établir deux cliniques spécialisées avec IRM
debout, scan rotationnel, CTA, [scan CBCT], digital motion x-ray, et des
radiologues et neurochirurgiens formés en ICC;
«D'adapter les services aux besoins des patients
sévèrement atteints, qui doivent éviter les déplacements, en préconisant les
téléconsultations et le regroupement des rendez-vous dans une même journée;
«De reconnaître l'ICC comme source d'invalidité;
«De développer des lignes directrices et un
guide-patient pour intervenir sécuritairement;
«De former les intervenants en santé;
«De modifier les protocoles opératoires pour
réduire le risque d'acquérir ou d'aggraver une ICC;
«De développer la thérapie par cellules souches
autologues et les fusions craniocervicales spécifiques à l'ICC, en offrant
entre-temps le financement hors pays.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition. Merci.
La Présidente : Cet extrait de
pétition est déposé. Mme la députée de Rimouski.
Imposer
un moratoire pour sauvegarder les arbres
sur le tracé du tramway de Québec
Mme Blanchette Vézina : Merci,
Mme la Présidente. Je tiens à souligner la présence, dans les tribunes, du
collectif Québec Mérite Mieux pour... présent pour que je puisse déposer
l'extrait de pétition suivante.
Je dépose
l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
12 284 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que le
financement du tramway de Québec n'est pas attaché et que la décision de sa réalisation
(4e décret) ne sera prise qu'en 2027, à la suite du dépôt du rapport de la
CDPQ Infra;
«Considérant
que la construction du tramway de Québec nécessitera, selon les informations du
bureau de projet, l'abattage de plus de 1 584 arbres, dont
plusieurs centenaires;
«Considérant que ces
arbres centenaires sont irremplaçables, uniques, abaissent la température lors
de grandes canicules et ajoutent à la beauté du secteur ainsi qu'à la
plus-value de la santé des citoyens;
«Considérant que ces
arbres absorbent le CO2 et qu'il faudra plus de 13 ans pour
contrer les émissions de gaz à effet de serre créées seulement par les travaux
de construction du tramway;
«Considérant qu'une
demande de protection a été déposée à l'UNESCO, dont la ville de Québec est
membre, pour que ces arbres soient ajoutés à
la Liste du patrimoine mondial en péril, selon l'article 11.4-1 de la
charte de l'UNESCO;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
signataires, demandons au gouvernement du Québec d'imposer un moratoire pour
sauvegarder les arbres sur le tracé du tramway.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
La
Présidente : Cet extrait de pétition est déposé. Je reconnais
maintenant M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Interdire la vente et la distribution de boissons
énergisantes caféinées chez les mineurs
M. Cliche-Rivard :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Avant de commencer, permettez-moi de
mentionner la présence, dans les tribunes,
de Veronica Martinez et de David Miron, les parents du jeune Zachary décédé en
janvier 2024, qui ont décidé de transformer leur peine en action.
Je
dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
35 604 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant les
recommandations du rapport du comité consultatif mandaté par le gouvernement du
Québec pour mieux encadrer les boissons
énergisantes caféinées en 2023, incluant notamment l'interdiction de la vente
de ce type de boissons aux mineurs, tel qu'appuyé par la Direction de la
santé publique du Québec;
«Considérant
les risques importants à la santé qui proviennent de la consommation de
boissons énergisantes caféinées, incluant
la tachycardie, l'hypertension, l'agitation et même des convulsions tels que
documentés par l'INSPQ, incluant une vulnérabilité particulière chez les
mineurs;
«Considérant que
l'interaction entre les boissons énergisantes caféinées et certains médicaments
peut entraîner des effets graves sur la
santé, comme en témoignent des signalements transmis au programme Canada
Vigilance, tel que le décès tragique de Zachary Miron, âgé de
15 ans, en janvier 2024;
«Considérant qu'une
grande proportion de Québécois ont manifesté être en faveur d'une interdiction
de la vente de boissons énergisantes
caféinées aux personnes mineures selon un sondage de l'Association pour la
santé publique du Québec;
«Considérant
que plusieurs juridictions ont adopté des mesures similaires, notamment
l'Angleterre et la Norvège, qui ont
interdit la vente de boissons énergisantes aux moins de 16 ans, [alors]
que la Lettonie et la Lituanie, qui interdisent la vente à l'ensemble
des mineurs;
«Et [l'interdiction]
réclamée se résume ainsi :
«Nous, signataires,
demandons au gouvernement du Québec :
«D'interdire
la vente [de la mobilisation] de boissons énergisantes caféinées chez les
jeunes de moins de 16 ans; et
«D'envisager
l'extension de cette interdiction à tous les mineurs.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci.
• (10 h 30) •
La
Présidente : Et cet extrait de pétition est déposé.
J'ai
reçu une demande de M. le député de Rosemont pour la présentation d'une pétition non conforme.
Y a-t-il consentement pour la présentation de cette pétition?
Consentement. Merci. M. le député de Rosemont.
Mettre en place une clause de droits acquis dans le cadre
du Programme de l'expérience québécoise
M. Marissal :
Merci, Mme la Présidente. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 110 pétitionnaires. Désignation :
résidents et résidentes de Rosemont les Quartiers.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant la
grande importance de tous [les] travailleurs et travailleuses immigrants dans
l'offre de services à nos résidents;
«Considérant
l'abandon du gouvernement envers ces nouvelles familles qui s'étaient vu
promettre un meilleur avenir ici au Québec;
«Considérant
que les autorités ont déjà renoncé à appliquer cette nouvelle mesure aux
travailleurs [et travailleuses] dans le réseau de la santé;
«Considérant
que ces travailleurs issus de l'immigration sont majoritaires dans l'octroi d'excellents
services dans notre milieu;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, signataires,
exprimons notre solidarité avec ces travailleurs et leurs familles, et
demandons au gouvernement du Québec qu'il respecte leurs droits acquis.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
La
Présidente : Et cet extrait de pétition est déposé.
Il n'y a pas de
réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de
droit ou de privilège.
Décision de la présidence concernant la répartition des
mesures et des
temps de parole lors des débats restreints à la suite de changements
survenus dans la composition de l'Assemblée
Comme il est d'usage
de le faire, je vais maintenant rendre une décision quant aux ajustements à
apporter à la répartition de certaines mesures et des temps de parole lors des
débats restreints rendus nécessaires à la suite de changements dans la
composition de l'Assemblée, soit le retour du député de Taillon au sein du
groupe formant le gouvernement et le départ du député d'Orford de ce même
groupe parlementaire pour siéger comme indépendant.
Concernant les
déclarations de députés, le député d'Orford aura droit à une déclaration par
cycle de 10 séances au huitième rang, à la septième séance du cycle, en
remplacement de la déclaration à laquelle le député de Taillon avait droit
alors qu'il siégeait à titre d'indépendant. Pour leur part, les temps de parole
lors des débats restreints sont ajustés afin de tenir compte des changements
dans la composition de l'Assemblée.
Enfin,
concernant la période des questions et réponses orales, les modifications
entreront en vigueur au terme de l'actuelle période de deux cycles de
12 séances. Les leaders parlementaires ainsi que les députés indépendants
seront alors avisés des modalités d'attribution des questions aux députés
indépendants pour les dernières séances de la législature.
Documents déposés
Je vous invite à
prendre connaissance des tableaux qui détaillent les modifications ainsi apportées,
que je dépose à l'instant. Je vous remercie beaucoup pour votre attention.
Questions et réponses orales
Alors, nous en sommes
maintenant rendus à la période de questions et de réponses orales, et, pour ce
faire, je cède la parole, en question principale, au chef de l'opposition
officielle.
Priorités du gouvernement
M. André Fortin
M. Fortin : Mme la Présidente, permettez-moi, d'entrée de jeu, de
saluer la première ministre et de la féliciter de sa victoire à la chefferie de
la Coalition avenir Québec.
Mme
la Présidente, on va revenir sur le discours d'ouverture d'hier. La première
ministre, qui était superministre de l'Économie et de l'Énergie et qui
était ministre de l'Immigration dans le gouvernement de son prédécesseur, s'est
donné comme objectif qu'en cinq semaines elle pourrait faire oublier aux
Québécois les huit dernières années. Malheureusement pour elle, elle a à ses
côtés exactement les mêmes joueurs. Son ministre des Finances, c'est le
ministre des Finances qui a pris 7 milliards de surplus et qui a
transformé ça en 10 milliards de déficit. Elle a également gardé avec elle la ministre de la Santé, le
ministre de la Sécurité publique, le ministre de la Justice, le ministre du
Travail, de l'Éducation, de la Culture, de l'Agriculture, de la Solidarité
sociale, et j'en passe, Mme la Présidente. C'est la même équipe, et ils
jouent dans le même film. D'ailleurs, c'est l'équipe du député de L'Assomption,
Mme la Présidente, qui, avant de partir, a scripté un plan de match à suivre pour
les premières semaines au pouvoir de la première ministre.
Mais le comble, c'est
d'en plus... en plus de la même équipe et du même film, c'est qu'elle nous
présente les mêmes idées. Hier, à part sur le style, là, son discours aurait pu
être livré par son prédécesseur : soins à domicile, troisième lien version
«on n'est plus crédibles mais on essaie quand même», réduction de la paperasse,
achat local. Le problème, c'est que la CAQ dit tout ça depuis huit ans, Mme la
Présidente.
Alors, quelle
crédibilité a la première ministre pour incarner le changement quand elle a le
même parti, les mêmes ministres, les mêmes stratèges, les mêmes idées que
l'ancien premier ministre?
La
Présidente : La réponse de la première ministre.
Mme Christine Fréchette
Mme Fréchette :
Merci. Merci beaucoup, Mme la Présidente. J'aimerais remercier le chef de
l'opposition officielle pour ses bons mots, ses bons voeux. Et je voudrais
prendre, en fait, quelques secondes pour dire que je me sens très privilégiée
de me lever en Chambre aujourd'hui en tant que première ministre du Québec,
vraiment. C'est un grand honneur, que j'assume, je
dirais, avec humilité, avec humilité puis avec grand respect, et avec un sens
de l'État qui m'habite au plus profond. Et je vais m'assurer à ce que les
intérêts des Québécois, les intérêts supérieurs des Québécois, soient défendus
tout au long de nos débats. Et je vous dirais que j'espère qu'on va davantage
élever le débat plutôt que d'élever le ton. Et je tends la main aux oppositions
pour les inviter à travailler en collaboration, en convergence avec nos
objectifs, qui sont ceux des Québécois.
Alors, je dirais que,
depuis mon arrivée, vous avez vu qu'il y a une cadence quand même rythmée,
hein, qui a été adoptée, mise en place et suivie. Et ça, c'est important de le
faire, parce que les Québécois, ils veulent un gouvernement qui livre. Et c'est
ce qu'on fait, c'est ce à quoi je travaille ardemment avec l'ensemble de l'équipe
de notre gouvernement, puis on va continuer à le faire, à aborder les
préoccupations des Québécois, et j'entends par là notamment lutter contre la
hausse du coût de la vie. C'est important d'alléger le poids, la pression qui
est mise sur le portefeuille des Québécois, et on y voit. On y voit notamment
avec... Vous avez vu la conversion de 5 000 places de garderie non
subventionnées en places de garderie subventionnées. Ça, c'est une manière
d'aider les Québécois à faire face au coût de la vie. Et même chose pour la
taxe de bienvenue, dont j'ai parlé hier, et j'y reviendrai.
La Présidente :
Première...
Des voix :
...
La Présidente :
Alors, je vous rappelle le règlement. Pas de bravo, pas de commentaire après
les réponses, et ça va des deux côtés de la Chambre.
Première
complémentaire.
M. André Fortin
M. Fortin : Mme la Présidente, on voit que le ton est différent, mais
le fond est le même. Voici le discours du premier ministre, discours
d'ouverture du premier ministre de la CAQ en 2022 : «La présidente du
Conseil du trésor va travailler à ce qu'on ait plus d'achats du gouvernement
des sociétés d'État qui se fassent auprès des entreprises québécoises.» Le
discours de la première ministre hier : «La présidente du Conseil du trésor
présentera une nouvelle stratégie pour maximiser l'achat québécois dans les
contrats publics.»
C'est
les mêmes paroles vides. La CAQ n'a rien fait là-dessus pendant sept ans.
Pourquoi on les croirait maintenant?
Des voix :
...
La Présidente :
Et, pas de bravo, c'est bon pour vous aussi, M. le leader de l'opposition
officielle. La réponse de la première ministre.
Mme Christine Fréchette
Mme Fréchette :
Oui. J'aimerais revenir sur la nouveauté que j'ai annoncée ces derniers jours
puis que j'ai réitérée hier, donc le remboursement de la taxe de bienvenue. On
le sait que le coût, l'accès au logement, l'accès à la propriété est rendu très
difficile pour la jeune génération, et c'est important pour notre nouveau
gouvernement d'aider la jeune génération à garder cette possibilité-là
d'accéder à la propriété. Et c'est ce qu'on fait en remboursant la taxe de bienvenue pour les premiers acheteurs. Ça,
c'est complètement nouveau, et c'est quelque chose qu'on a mis en oeuvre
et qui va être rétroactif, en plus, jusqu'au 1er janvier dernier.
J'ai également
annoncé un investissement de 700 millions de dollars dans l'Hôpital
Maisonneuve-Rosemont, un investissement crucial, important pour s'assurer que
cet hôpital-là réponde aux besoins de la population de l'est de Montréal, mais
également de l'ensemble des régions.
La Présidente :
Deuxième complémentaire.
M. André Fortin
M. Fortin : ... jamais bougé, malgré les promesses répétées du
gouvernement de la CAQ. C'est le même parti avec les mêmes idées, mais la CAQ a
tellement dilapidé les finances publiques qu'aujourd'hui ils sont obligés
d'avoir moins d'ambition. En 2022 dans son discours d'ouverture, le premier
ministre disait : «Chaque parent au Québec qui souhaite avoir une place subventionnée pour son enfant doit l'avoir.
C'est un devoir.» Hier dans son discours d'ouverture, la première
ministre... la première ministre promet 5 000 places seulement. C'est
les mêmes promesses mais avec moins d'ambition. C'est ça quand on a passé sept
ans à gaspiller l'argent des Québécois.
La
Présidente : La réponse de la première ministre.
Mme Christine Fréchette
Mme Fréchette : Oui, Mme la
Présidente. Donc, je poursuis, en fait, sur les nouveautés, déjà, des derniers
jours, l'entente avec les médecins, la Fédération des médecins spécialistes,
une entente qui a été signée et qui va permettre de
débloquer 80 000 nouvelles places de rendez-vous pour des patients,
pour des Québécois. Alors, ça, c'est un acquis important. On a également un
plan de match en matière de protection du français. Je l'ai annoncé hier, ça a été réitéré ce matin, on va élargir l'application
de la loi 101. Nous, on est en mesure de protéger le français, contrairement
au Parti libéral, qui n'a pas de plan... ou, en fait, il en a un, mais il le
change le lendemain pour le rechanger le surlendemain. Nous, on a un plan très
clair et on va de l'avant avec cette diplomation pour les études... les
formations aux adultes et les formations professionnelles en français.
La Présidente :
Troisième complémentaire.
M. André Fortin
M. Fortin : Mme la Présidente, avec cinq semaines, ils pensent qu'ils vont faire
oublier huit ans aux Québécois. Ils ont dilapidé les finances publiques, ils
ont gaspillé l'argent des Québécois dans Northvolt, dans Flying Whales,
et j'en passe. Ils ont fait doubler les temps d'attente aux urgences. Ils
ont nié la crise en habitation, puis les prix ont explosé. Ils ont fait grossir la... la taille de l'État de
façon démesurée. Ils ont abandonné les travailleurs de la forêt. Et, pendant
tout ça, là, la première ministre,
elle était superministre. Bien là, on se retrouve avec des superdéficits, du
supergaspillage puis des superpromesses brisées.
Est-ce qu'elle renie
une seule des actions...
La
Présidente : La réponse de la première ministre.
Mme Christine Fréchette
Mme Fréchette : Oui, bien, on est en phase aussi avec ce que les
PME souhaitent, hein? Déjà, en 2021, il y avait eu un rabaissement du
taux d'imposition pour les petites et moyennes entreprises qui était important,
on était passés de 4 % à 3,2 % en termes de taux d'imposition. Et on
a pris action à nouveau, la semaine dernière, pour réduire le taux d'imposition
de 75 000 PME, passant donc de 3,2 % à 2,2 %. Ça, c'est de
l'oxygène pour nos PME. Ça va les aider à traverser la période actuelle, qui
est plus difficile, qui est vraiment... qui amène des vents contraires
importants pour de nombreuses PME, qui n'ont
pas nécessairement les ressources pour absorber ce choc-là de la guerre
tarifaire. Mais nous, on va les aider avec un taux d'imposition réduit.
La Présidente :
En question principale, je reconnais maintenant le député de Nelligan.
Projet
de Dossier santé numérique
M. Monsef Derraji
M. Derraji : Merci, Mme la Présidente.
Dossier santé numérique, ça fait des semaines que les signaux d'alarme sont lancés sur le terrain. Premièrement, Nicolas
Lachance, du Journal de Montréal, a démoli complètement l'argumentaire
de Santé Québec par rapport à deux sites. On nous disait, Mme la Présidente,
qu'il n'y a pas d'impact sur les patients qui souffrent du cancer. Ça a été
contredit, Mme la Présidente, par l'enquête faite par Nicolas Lachance, que ce
soit en Mauricie—Centre-du-Québec
et que ce soit à Montréal.
• (10 h 40) •
Thomas Gerbet,
aujourd'hui, il rajoute une autre couche supplémentaire en lien avec la
cybersécurité. Au moment où je vous parle, hier, Mme la Présidente, il y avait
1 456 bogues; aujourd'hui, 1 585. Au niveau des accès aux usagers,
hier, il y en avait 20. Au moment où je vous parle, je viens de recevoir un
texto directement du CIUSSS du Nord-de-l'Île-de-Montréal : 73.
Ma question est très
simple : Comment la ministre peut rassurer les Québécois, aujourd'hui,
qu'il n'y aura pas d'impact sur leur santé?
La
Présidente : La réponse de la ministre de la Santé.
Mme Sonia Bélanger
Mme Bélanger : Mme la Présidente,
écoutez, très, très contente qu'on puisse procéder à cette grande transformation
numérique, au Québec. Alors, c'est extrêmement important, ce qui se passe dans
notre réseau de la santé et des services sociaux,
actuellement, où on est en train d'implanter un système complet, qui vise
autant le soutien à domicile, les CLSC, les hôpitaux, les maisons des aînés,
les CHSLD, et éventuellement connecté à nos GMF. C'est une vision vraiment
importante de l'amélioration de la sécurité des soins et des services.
On a décidé d'y aller
par étapes, Mme la Présidente. On travaille donc avec deux établissements, le
CIUSSS du Nord-de-l'Île-de-Montréal et le
CIUSSS de la Montérégie—Centre-du-Québec.
Et puis je suis allée visiter, je suis allée visiter les deux établissements, Mme la Présidente. Il y a deux semaines,
j'ai passé une demi-journée du côté de l'Hôpital
du Sacré-Coeur, et la semaine dernière j'étais du côté de Mauricie—Centre-du-Québec. Et, vous savez, Mme la Présidente, depuis deux
ans et demi, des employés, des intervenants, des médecins se préparent au jour J,
qui aura lieu vendredi, et on va y arriver, Mme la Présidente.
La
Présidente : Première complémentaire.
M. Monsef Derraji
M. Derraji :
Mme la Présidente, est-ce qu'elle est au courant des bogues? Elle s'est
engagée, avec la première ministre, qu'ils vont tout régler. Je viens de vous
partager, au moment où je vous parle, live, hier, 20 accès aux usagers;
aujourd'hui, 73. On est à deux jours du lancement. Je vais répéter ma question.
Je m'adresse à la ministre de la Santé, pas à la porte-parole de Santé Québec.
Est-ce qu'elle peut rassurer, aujourd'hui, qu'il n'y a pas d'impact sur les
patients en matière d'accès aux soins et leur sécurité?
La
Présidente : La réponse de la ministre de la Santé.
Mme Sonia Bélanger
Mme Bélanger :
Mme la Présidente, vous le savez, j'ai eu l'occasion de le mentionner sur
plusieurs tribunes, j'ai exigé des garanties de la part de Santé Québec, de
leur conseil d'administration, du comité de vigilance, de leur présidente
Technologies de l'information. Alors, Mme la Présidente, nous les avons, ces
garanties. Les professionnels sont formés, au moment où on se parle, et ainsi
que les médecins, à plus de 95 %, 96 % dans nos deux établissements,
Mme la Présidente. Alors, on va continuer et on va aller de l'avant.
Puis
mon collègue député, là, se fait l'inspecteur en chef du système, hein, c'est
comme ça qu'il a... qu'il le mentionne, là, dans les réseaux sociaux, il
dit : Je suis allé inspecter. Mme la Présidente, il est allé inspecter les
deux établissements. Mais moi aussi, Mme la Présidente...
La
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Monsef Derraji
M. Derraji : Je pense que la ministre
de la Santé a besoin d'un café avec la première ministre, qui vient de nous
dire : Élever le ton. Bien, élevons le ton, Mme la Présidente.
Je vais répéter ma
question. Je vais... Je vais répéter ma question, Mme la Présidente. Je lui
pose la question. Est-ce qu'elle est au courant du nombre de bogues en date
d'aujourd'hui? Et qu'est-ce qu'elle compte faire pour donner l'accès aux
usagers qui, vendredi, vont vivre un changement organisationnel? C'est ça que
je lui demande.
La
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Sonia Bélanger
Mme Bélanger :
Mme la Présidente, écoutez, mon collègue, là, il est l'adorateur en chef du
fax. C'est ça, Mme la Présidente. On doit rester... on doit rester à l'ère du
fax.
Mme la Présidente,
mon collègue député, là, il ne fait pas confiance, il ne fait pas confiance aux
médecins, aux infirmières, au personnel sur le terrain. Il ne fait pas
confiance à...
Des voix :
...
La
Présidente : Alors, je suis debout. Vous vous rassoyez. Merci.
Article...
Une voix : ...
La
Présidente : Je vais vous écouter, M. le leader. Quel est votre rappel
au règlement, je vous prie?
M. Tanguay :
C'est fort de café, dire qu'il ne fait pas confiance au personnel. C'est
prêter des intentions. Qu'elle retire ses paroles.
La
Présidente : Alors, on va poursuivre dans le respect de tous et
chacun.
Une voix : ...
La
Présidente : Monsieur, c'est moi qui ai le droit de parole. Alors,
je... M. le leader du gouvernement, je...
Une voix : ...
La Présidente : Alors,
ça allait bien. Vous allez poursuivre. On demeure respectueux. Nous voulons
entendre une réponse. Mme la ministre, allez-y.
Mme Bélanger :
Bien, écoutez, Mme la Présidente, c'est important de parler, justement, à
nos médecins et à nos infirmières, et c'est
ce que j'ai fait. En plus de demander des garanties, je suis allée sur le
terrain, j'ai fait des séances de travail avec eux. Il y a Dr Roger qui
mentionne : «Il n'est pas question qu'on retourne en arrière.» Il a vécu
ces changements pendant qu'il faisait ses spécialités dans d'autres pays, dans
d'autres provinces...
La Présidente :
En question principale, je reconnais à nouveau M. le député de Nelligan.
Projet
de Dossier santé numérique
M. Monsef Derraji
M. Derraji : Mme la Présidente, Thomas Gerbet nous parle aujourd'hui d'un chaos
organisé, un chaos organisé, Mme la ministre... chaos organisé, Mme la
Présidente. J'interpelle la ministre, aujourd'hui, j'interpelle la ministre.
Il y a plusieurs médecins qui disent le contraire de ce que vous prononcez
aujourd'hui, que ce soit en Mauricie, que ce soit à Montréal.
La Présidente :
Et, M. le député, vous vous adressez directement à la présidente, je vous prie.
Poursuivez.
M. Derraji :
Mme la Présidente, je répète ma question : Est-ce que la ministre est au
courant du nombre de bogues, à deux jours du lancement? Est-ce qu'elle compte
changer quelque chose? Parce que nous sommes en train de vivre dans la même situation que SAAQclic.
Elle ne peut pas dire qu'elle ne le savait pas, Mme la Présidente. C'est ce
que je lui demande aujourd'hui, qu'elle rassure la population, qu'elle rassure
les patients. C'est ce qu'on lui demande.
La Présidente :
La réponse de la ministre de la Santé.
Mme Sonia Bélanger
Mme Bélanger : Mme la Présidente, écoutez, bien sûr que je suis
au courant. Nous avons des rencontres quotidiennes, quotidiennes avec Santé
Québec.
Alors, Mme la
Présidente, quand on implante un système de cette ampleur, c'est normal qu'il y
ait des interventions pour continuer
d'améliorer constamment. Puis, oui, il va y en avoir, des bogues, demain, puis
après-demain, puis après-après-demain. Mon collègue sait très bien, il a
de l'expérience dans le réseau pharmaceutique, notamment, il doit sûrement
avoir participé à l'implantation de systèmes d'information au Québec.
Alors, on est à la
bonne place, on se prépare, Mme la Présidente, puis on travaille avec nos
médecins puis nos infirmières. Puis, oui, j'écoute les médecins, certains qui
sont anxieux, puis le personnel, et je peux les comprendre, c'est un immense changement. Mais, sur le terrain,
ce que j'ai ressenti, Mme la Présidente, c'est cette frénésie, cette fierté
de pouvoir enfin, enfin, au Québec, sortir de l'ère du fax, ce qu'on aurait dû
faire, d'ailleurs, il y a peut-être 10 ans ou 15 ans, quand vous
étiez là. Il n'y a rien qui a été fait, rien. Alors...
Des voix :
...
La Présidente :
Je suis debout. Dois-je vous rappeler l'article 35? Je suis debout, vous
demeurez assis. Vous gardez le silence. Je vous rappelle, Mme la ministre, que
vous vous adressez à la présidente et que nous respectons le décorum. Il y a
trop de bruit. Je vous invite à poursuivre. Il vous reste 14 secondes.
Mme Bélanger :
Mme la Présidente, on va aller de l'avant, on va aller de l'avant et on va
accompagner le personnel sur le terrain. Il y a plus de
4 000 personnes qui ont été formées pour s'impliquer dans ce
dossier-là et pour accompagner leurs collègues...
La Présidente :
Première complémentaire.
M. Monsef Derraji
M. Derraji :
Mme la Présidente, la ministre vient d'avouer qu'elle est au courant des
bogues. J'ai une autre information pour elle, j'ai une autre information pour
elle. Après quatre questions, elle vient d'avouer qu'elle est au courant. J'ai une autre information pour elle, qui
vient du terrain directement. Il y a uniquement deux de réglés, deux de réglés, deux. Mme la Présidente, le déploiement
commence dans deux jours. Comment elle peut, aujourd'hui, rassurer les professionnels
de la santé dans les deux sites et surtout rassurer les patients québécois?
• (10 h 50) •
La Présidente :
La réponse de la ministre de la Cybersécurité et du Numérique.
Mme France-Élaine Duranceau
Mme Duranceau :
Oui. Merci, Mme la Présidente. Écoutez, les oppositions ont eu un briefing
technique sur tout ce qui se passe en
matière de déploiement du DSN, hein? Je pense qu'ils ont pu poser des questions.
Ils ont pu aussi voir que tout ça se fait de manière progressive. On
déploie dans deux établissements et non dans 34 établissements. Alors, c'est fait de manière très coordonnée, très
disciplinée. Et on l'a dit, oui, il y aura des ajustements, mais les enjeux, là,
c'est... c'est que c'est un grand changement, il faut s'habituer, il faut
s'habituer à travailler autrement.
Alors,
c'est ça qu'on voit comme bogue. Puis, s'il y a des ajustements à faire, on va
les faire. Mais je trouve ça décourageant d'entendre les oppositions qui
ne veulent pas... qui ne semblent pas vouloir passer à l'ère numérique.
La Présidente :
Deuxième complémentaire.
M. Monsef Derraji
M. Derraji : Mme la Présidente, ce qui est décourageant, c'est que, entre hier et
aujourd'hui, uniquement deux bogues réglés. C'est ça qui est décourageant.
À la veille d'un lancement, à la veille d'un déploiement, Mme la Présidente.
Je m'adresse à la
ministre de la Santé. Les professionnels de la santé qui m'écrivent maintenant,
qui écoutent la période de questions, ils vous écoutent, Mme la ministre, ils
vous écoutent, Mme la ministre, ils veulent être rassurés. L'accès aux usagers,
il est bloqué. Nous sommes rendus à 73. Va-t-elle prendre le leadership
nécessaire et régler ces problèmes?
La Présidente :
Et, je vous rappelle, M. le député
de Nelligan, vous le savez, vous êtes expérimenté, vous vous adressez à la
présidente en tout temps quand vous posez vos questions. La réponse de la
ministre de la Cybersécurité et du Numérique.
Mme France-Élaine Duranceau
Mme Duranceau : Mme la Présidente, je
pense que c'est un grand changement. Enfin, enfin on a le courage d'aller
de l'avant avec un projet numérique dans le
secteur de la santé. Il va y avoir des bienfaits pour les patients. Il va y
avoir des bienfaits pour tous les
travailleurs dans le milieu de la santé. Là, actuellement, on prend notre
papier, notre crayon puis on envoie des fax. Je ne saurais même pas où
envoyer le fax.
Donc,
Mme la Présidente, je pense qu'il faut avoir confiance dans les équipes de
Santé Québec, qui sont performantes puis qui nous ont assuré de la
transparence puis un suivi rigoureux de tout ça. On est pleinement transparents
avec les oppositions et avec la population. Là, on n'est pas plus niaiseux
qu'ailleurs, au Québec, là.
La Présidente :
En terminant.
Mme Duranceau :
Alors, ce projet-là, il va aller de l'avant, puis on va livrer, puis ça va
fonctionner pour tout le monde.
La
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le député
de Marguerite-Bourgeoys.
Aide
aux petites et moyennes entreprises
M. Frédéric Beauchemin
M. Beauchemin :
Mme la Présidente, pendant que la CAQ fait tout pour survivre
politiquement, sur le terrain nos PME ferment : Meubles South Shore à
Sainte-Croix et Coaticook, Sealy à Saint-Narcisse, Bestar à Lac-Mégantic,
Duchesne et Fils à Yamachiche. La CAQ n'a rien fait pour les aider.
Hier, j'entendais la
première ministre nous dire qu'elle a enfin une vision, qu'après des années à
les surtaxer soudainement la CAQ a une vision pour aider nos PME. La seule
vision que la CAQ a, Mme la Présidente, c'est pour sa survie. Rien n'a été dit,
hier, pour sauver Meubles South Shore. La CAQ, ça aura été quatre ministres de
l'Économie en quatre ans. Toujours pas de vision économique pour le secteur
manufacturier.
Mme la Présidente, à la CAQ, finalement, là, être ministre de l'Économie, est-ce un prix
de consolation ou est-ce une vraie priorité?
La
Présidente : La réponse du ministre des Finances.
M. Eric Girard
M. Girard (Groulx) :
Oui, Mme la Présidente, dès 2021, nous avons abaissé le taux d'imposition
des PME, parce que c'est extrêmement
important pour l'économie québécoise. Et, suite à la... au dépôt de notre
budget, on a observé ce qui se passe dans l'économie mondiale, et
évidemment la situation s'est détériorée en Iran, puis on a vu que la
commodité, le prix du pétrole est en hausse de 70 %. Alors, on a décidé de
faire un geste supplémentaire, de descendre de 3,2 % à 2,2 %.
Ça,
ça s'ajoute à quoi, Mme la Présidente? La réduction du Fonds des services de
santé dans le secteur de l'agriculture, de
la foresterie, qu'on a fait au budget. Puis, je vous rappelle aussi, général,
pour l'ensemble de l'économie, il y a eu la diminution, cotisations au Régime
des rentes du Québec, Régime
québécois d'assurance parentale.
Alors, c'est un
ensemble de gestes qui visent à améliorer les conditions dans lesquelles nos
entreprises évoluent. Puis on va continuer à
les supporter. Puis la situation évolue, là. La situation est fluide au Moyen-Orient,
présentement. Et puis il y a la renégociation de l'accord. Alors, tout
ça doit être suivi avec attention.
La
Présidente : Première complémentaire.
M. Frédéric Beauchemin
M. Beauchemin : ...Mme la Présidente, il
voulait être ministre de l'Économie puis il ne se lève même pas. La CAQ
nous parle de 30 millions de dollars, 30 millions de
dollars pour...
Des voix :
...
La
Présidente : Article 35. Je suis debout. Vous vous assoyez. Je
vais reconnaître le leader du gouvernement. Quel est votre rappel au règlement?
M. Bonnardel :
Article 35, Mme la Présidente. Je pense que ce sont des propos
blessants de la part du député.
La Présidente : Alors, M. le leader, petit... Article 35. Vous le savez, vous. Demeurez
assis, gardez le silence. Alors, je vous dirais à toutes et à tous, petit cours
de procédure parlementaire, que le gouvernement répond par la voix de son
choix.
Maintenant, je vous
invite à poursuivre votre question. On demeure respectueux. Vous avez 21 secondes.
M. Beauchemin :
La CAQ parle de 30 millions de baisses d'impôt pour
75 000 PME. C'est 400 $, Mme la Présidente. La PDG de Liard
Industries l'a dit, la CAQ ne répond pas aux attentes des PME d'aujourd'hui.
Peut-il se lever puis
parler minimalement d'une politique industrielle crédible?
La
Présidente : La réponse du ministre de l'Économie, de l'Innovation et
de l'Énergie.
M. Bernard Drainville
M. Drainville : Alors, merci beaucoup pour cette sympathique question pour commencer
cette première période.
Alors,
Mme la Présidente, ce qui va nous guider et ce qui a guidé la première ministre
dans les premières rencontres qu'elle a faites avec les milieux économiques,
rencontres avec lesquelles... pour lesquelles j'étais présent, et ce qui l'a
guidée également dans sa mission à Washington, c'est la sécurité économique des
Québécois, la sécurité économique de nos entreprises, de nos PME. On va les
défendre. C'est nos entreprises, ce sont nos emplois qui sont au front, qui
sont menacés par les tarifs de Trump.
Dans
le cas du meuble, nous sommes pris en étau. Il y a, d'un côté, les tarifs qui
nous empêchent d'exporter autant qu'on le voulait, et il y a les importations
asiatiques. Alors, il faut venir en aide à notre secteur du meuble, et on va le
faire.
La
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Frédéric Beauchemin
M. Beauchemin :
...dans l'étau, puis ils ne vont rien faire. Le quatrième ministre a avoué,
le 2 février, puis je le cite :
«La CAQ a mal géré notre économie, notre énergie, nos PME puis nos finances
publiques. On n'a pas livré.» Quelle lucidité, Mme la Présidente! On le
sait tous, là, la CAQ, ça n'a jamais été le parti de l'économie, jamais.
Peut-il
nous expliquer, après des semaines à avoir critiqué le bilan de son propre
gouvernement, qu'est-ce qu'il va faire pour nos entreprises
manufacturières?
La
Présidente : La réponse du ministre.
M. Bernard Drainville
M. Drainville :
Bien, Mme la Présidente, on va les accompagner. Par exemple, par exemple,
on a travaillé toute la fin de semaine
avec... avec notre ministère, avec les programmes du ministère pour venir en
aide à Bestar. Bestar est pris dans un processus judiciaire, alors il
faut rester, comment dire, observateurs de tout ça, mais on les a déjà... on
leur a déjà manifesté notre volonté de les aider, de les accompagner, s'il peut
y avoir repreneur, et évidemment on travaille là-dessus. On va accompagner nos
entreprises qui sont menacées, qui sont à risque, Mme la Présidente. Et puis on a des programmes qu'on a mis en place pour
la productivité, pour faciliter les exportations. Les baisses d'impôt vont
aider également. On va faire notre travail pour la sécurité économique du
Québec, Mme la Présidente.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Accès au logement
Mme Ruba Ghazal
Mme Ghazal :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je veux tout d'abord saluer la volonté
de la première ministre de travailler sur les préoccupations des Québécois et
Québécoises. Ça tombe bien, ma première question à la première ministre porte
sur une priorité, la priorité des Québécois et Québécoises, le logement.
J'ai écouté
attentivement le discours de la première ministre et tout ce qu'elle a fait
depuis qu'elle est devenue première ministre, et pas une seule fois elle n'a
prononcé le mot «locataire». En tout cas, hier, pas une seule fois. Pourtant,
les locataires, eux aussi, ont besoin d'un nouveau souffle.
La
première ministre a répété à plusieurs reprises les mots «nouveau gouvernement» — je pense, 18 fois — mais
les locataires, eux, ne voient rien de nouveau sous le soleil. Ils se sentent
plutôt ignorés puis ils ont l'impression de faire face au même gouvernement qui
a pris un temps fou pour reconnaître qu'il existe même une crise du logement.
Donc, je vais donner
une chance à la première ministre. Elle nous dit qu'elle a un nouveau gouvernement.
Qu'est-ce qu'il y a de nouveau à la CAQ?
• (11 heures) •
Je me rappelle qu'à
chacune, chacune de mes questions l'ancien premier ministre me répondait que la
crise du logement est causée par l'immigration, qui crée une pression à la
hausse sur la demande. C'est d'ailleurs ce que pense aussi le Parti québécois.
Maintenant,
je voudrais savoir qu'en pense la première ministre. Est-ce qu'elle aussi croit
que la crise du logement est causée par l'augmentation de l'immigration,
oui ou non?
La
Présidente : La réponse de la première ministre.
Mme Christine Fréchette
Mme Fréchette : Merci, Mme la Présidente.
Merci également à la cheffe... co-cheffe de la deuxième opposition.
Est-ce que c'est correct, «co-cheffe»?
Une voix :
...
Mme Fréchette :
OK. On y va avec ça.
Alors, concernant les
logements et, en fait, l'habitation, c'est le sujet sur lequel je me suis
avancée en premier. C'est un sujet de grande importance, qui préoccupe beaucoup
les Québécois, parce que, on le sait, l'accès au logement à prix raisonnable est devenu de plus en plus
difficile. Puis, à la base, c'est un problème d'offre. Il n'y a pas suffisamment
d'offre de logement. Les gouvernements antérieurs ont cessé d'investir dans...
dans l'habitation pendant des années et des années, ça a créé un déséquilibre,
et aujourd'hui ça fait en sorte qu'il y a des prix trop élevés pour le
logement. Alors, on est à l'oeuvre depuis
des années pour résorber ce déséquilibre-là. Et je me suis avancée pour nous
assurer qu'on va avoir une construction accélérée de logements, et
notamment de logements abordables.
Et, bien sûr, des
logements abordables, par qui c'est occupé? Par des locataires. Alors, elle
voulait entendre le mot «locataire», le voici, le voilà. Oui, il y aura des
locataires dans les logements abordables qu'on va mettre sur pied. Alors, il
n'y a pas d'inquiétude à y avoir de ce côté-là. On va en construire, on va en
construire plus rapidement. Puis on s'est
adjoint l'aide des villes puis des municipalités en facilitant les choses, en
leur permettant d'aller plus rapidement au niveau réglementaire pour ce
qui est de la construction de logements abordables, entre autres.
C'est important de le
faire partout au Québec, hein, ce n'est pas un problème qui est régional. J'ai
fait la tournée du Québec plusieurs fois, et c'est clair, c'est un enjeu à la
grandeur du territoire. Et c'est pour ça qu'on est à l'oeuvre aussi à la
grandeur du Québec.
La Présidente :
Première complémentaire.
Mme Ruba
Ghazal
Mme Ghazal :
Mme la Présidente, la première ministre me dit qu'il n'y a pas d'inquiétude à
avoir, mais les locataires sont très inquiets maintenant, en ce moment, ils
souffrent du coût de la vie. La construction de logements, elle, elle me parle de l'offre; moi, je lui posais
la question sur la demande. Il y en a eu, il y a eu plus de logements, mais
pas des logements que les gens sont capables de se payer. Parce que, des loyers
à 2 000 $ et plus, ça, il n'y a pas de pénurie, il y en a plein, il n'y a pas de problème. C'est les logements
à, réellement, prix abordable, aujourd'hui, qui n'existent pas.
Je reviens à ma
question. J'aimerais ça qu'elle soit claire, parce que c'est important
d'identifier les causes à un problème. Est-ce qu'elle croit que c'est l'immigration
qui est la cause...
La Présidente :
La réponse de la première ministre.
Mme Christine
Fréchette
Mme Fréchette : Oui, Mme la
Présidente. Alors, bien, on le sait, il faut donner plus de pouvoir aux villes
pour nous assurer que la construction aille à bon rythme. Et on veut aussi
travailler avec les entreprises québécoises pour que les fournisseurs de tout
ce qui est requis, les matériaux, soient de plus en plus québécois, quand il
s'agit de construire, construire des logements abordables. Et on veut aussi
travailler davantage avec le préfabriqué, parce que ça va plus vite, parce que
c'est souvent moins coûteux. Alors, bref, ça respecte la capacité de payer des
contribuables, c'est important de le faire. On va aller de l'avant avec ça.
Maintenant, je vais rappeler que, depuis 2018,
on a investi près de 8 milliards de dollars dans le logement. C'est
majeur, c'est colossal. Ça a été vraiment un dossier sur lequel on s'est avancé
en priorité, puis on va continuer à le faire.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Ruba Ghazal
Mme Ghazal : Mme la Présidente,
il faut des demandes urgentes, parce que c'est maintenant que les locataires
sont incapables même de payer leur épicerie, 25 % des locataires. Moi, je
suis certaine que la première ministre est sensible à ça. Qu'est-ce qu'elle
leur répond maintenant, pas pour dans 10 ans?
Maintenant, je veux quand même revenir à ma
question, parce qu'elle n'y a pas répondu, puis c'est important qu'on ait un
vrai échange et qu'elle réponde à ma question. C'est important d'identifier les
causes d'un problème pour pouvoir le régler. Donc, je répète ma question :
Est-ce que, oui ou non, elle pense que c'est l'immigration qui est la cause de
la crise du logement?
La Présidente : La réponse de
la première ministre.
Mme Christine Fréchette
Mme Fréchette : Oui, Mme la
Présidente, je l'ai dit à plusieurs reprises, il y a plusieurs causes,
notamment l'immigration, ça fait partie des causes qui ont amené un
rehaussement, parce qu'il y a trop de personnes immigrantes qui sont arrivées
en un court laps de temps, et ça a créé une pression sur la recherche de logement
abordable.
Est-ce qu'il y a d'autres causes? Il y a
d'autres causes également. Il y a l'absence d'investissement pendant des
années, je l'ai mentionné en début de réponse tout à l'heure. Pendant des
années, on s'est abstenu d'investir dans l'habitation, dans le logement, ça a
créé un enjeu.
Maintenant, il y a l'inflation aussi qui est
associée à la COVID, aux suites de la pandémie. Ça aussi, ça a mis une
pression.
Les gens
vivent davantage seuls, aujourd'hui. Ça aussi, ça fait en sorte qu'on a besoin
de davantage de logement pour répondre aux besoins.
Alors, c'est un ensemble de causes, et
l'immigration en fait partie.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Taschereau.
Troisième lien entre Québec et
Lévis
M. Etienne Grandmont
M. Grandmont : Merci, Mme la
Présidente. Là, il y a quelque chose de pas sérieux qui s'est dit hier. La
nouvelle première ministre a annoncé la septième mouture du troisième lien puis
un autre appel d'intérêt, pour un projet qui ne repose toujours sur aucun...
aucune donnée sérieuse en transport.
Pourtant, son ministre de l'Économie, qui est
juste à côté d'elle, a été très clair sur ce projet-là pendant la course au
leadership, il l'a qualifié de projet pharaonique, de projet plus gros que le
Golden Gate. Il a estimé la facture à 12, 15, voire 20 milliards de
dollars.
Un ministre
de l'Économie, pour moi, ça doit savoir compter, donc ça doit savoir qu'on ne
jette pas des milliards par les fenêtres pour une promesse électorale
qui change de forme à tous les six mois alors que les finances publiques
craquent de partout et que les besoins, il le sait très bien, sont immenses.
Alors, je me demande, lequel des deux a perdu le
sens de la réalité comptable? Est-ce que le ministre de l'Économie maintient
que ce projet-là est un gouffre financier inacceptable pour le Québec?
La Présidente : La réponse du
ministre des Transports et de la Mobilité durable.
M. Benoit Charette
M. Charette : Merci, Mme la Présidente. Merci au collègue pour
la question, ça va me faire plaisir de collaborer avec lui sur les
dossiers de transport.
Peut-être réitérer des
éléments importants du discours inaugural, hier. Il était question de mobilité
dans... dans la région de la Capitale-Nationale, sur le côté de Chaudière-Appalaches.
On a eu l'occasion, à travers le discours de la première ministre, de réitérer
un échéancier. Dans les prochaines semaines, il y aura effectivement un appel
d'intérêt international qui sera lancé pour le lien interrives, pour
s'adjoindre l'expertise du secteur privé. On a des experts mondiaux qui
s'intéressent à des projets de cette envergure-là et qui se montrent
intéressés, effectivement, à le développer en partenariat avec le gouvernement
du Québec. Donc, c'est un élément du discours que l'on réitère. Mais on parlait de mobilité dans la région aussi. Il y
a d'autres projets intéressants qui s'en viennent et qui seront confirmés dans
les prochaines semaines. On a parlé de
l'élargissement, notamment, de l'autoroute 20, qui est attendu depuis
longtemps. On parle également du projet de tramway, qui avance bien.
Bref, au niveau de la grande région de Québec, autant sur sa rive nord que sur
sa rive sud, il y a des projets majeurs qui vont aider à structurer la
circulation. Il y a des problèmes de fluidité, il y a des problèmes de mobilité
qu'on travaille...
La Présidente : ...complémentaire.
M. Etienne Grandmont
M. Grandmont : Mme
la Présidente, pousser un projet qui n'est appuyé sur aucun... aucune étude,
qui ne répond à aucun besoin, ça ne tient pas la route. L'avant-dernière projet
du... l'avant-dernière version du projet, pardon, ne faisait gagner que 2 min 18 s aux automobilistes.
La septième version risque de leur faire faire un détour de 20 minutes.
20 milliards pour 20 minutes, Mme la Présidente, c'est l'asphalte la
plus chère de l'histoire du Québec. Quant à l'implication
du privé, le ministre sait très bien que le mode collaboratif, ça signifie que
les Québécois vont assumer les risques, puis le profit ira au privé.
C'est une démission grave...
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Benoit Charette
M. Charette : Mme la
Présidente, je ne vous apprendrai rien en vous disant que Québec solidaire a
une vision plutôt communiste du... de
l'économie. Ce n'est pas... Ce n'est pas la vision que nous avons. Le privé
peut être un excellent partenaire
lorsqu'il est temps de développer des projets d'envergure. L'expertise, elle
est... elle est aussi au sein de ces entreprises qui ont développé des
projets de cette nature-là.
Donc, en collaboration avec le ministère des
Transports, avec Mobilité Infra Québec, la Caisse de dépôt et d'autres
partenaires, toute la mobilité dans la région de la Capitale-Nationale est en
train d'être revue, que ce soit à travers le projet de tramway, que ce soit à
travers le futur projet d'interrives, que ce soit à travers le développement de
notre réseau routier. Donc, plusieurs partenaires...
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Etienne Grandmont
M. Grandmont : ...la première
ministre rêve d'un tunnel à 20 milliards de dollars, le coeur de
notre métropole, Montréal, s'effrite. Le métro de Montréal a besoin de 7 milliards de
dollars aujourd'hui pour être réparé, puis, si on ne fait rien, c'est
9 milliards de dollars en déficit d'entretien en 2030. La moitié des
actifs du métro sont en mauvais état, Mme la Présidente. C'est la sécurité et
la mobilité des travailleuses et des étudiants qui sont en jeu.
Comment la première ministre peut justifier un
investissement d'un seul dollar dans un projet qui ne tient pas la route, alors
qu'elle laisse le métro tomber en morceaux?
La Présidente : La réponse du ministre.
M. Benoit Charette
M. Charette : Et j'inviterais,
en tout respect, Québec solidaire à développer une vision un petit peu plus
large que Montréal. Montréal est notre métropole, nous la considérons à juste
titre, mais il n'y a pas que Montréal, au Québec,
il y a les régions. Et le déficit de maintien d'actif dont parle le collègue,
il ne se vit pas uniquement au niveau du transport collectif, il se vit
aussi au niveau du réseau routier. J'aimerais entendre Québec solidaire à
l'occasion, à l'occasion se soucier du déficit de maintien d'actif également au
niveau routier. Mais on travaille sur les différents aspects. Autant le routier, autant le transport collectif se sont
vu accorder des budgets jamais vus dans l'histoire du Québec. Donc, on se soucie
des deux, du maintien d'actif et du développement du réseau, lorsque
nécessaire.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant...
Des voix : ...
La Présidente : Alors, je
refais l'introduction...
Des
voix : ...
La Présidente :
Oui, M. le député des Îles-de-la-Madeleine, quel est votre rappel au
règlement?
M. Arseneau : Bien, on aimerait que les
gens puissent entendre la question du chef de la troisième opposition, en tout
respect.
Des voix :
...
La Présidente :
Bon, l'article 32. Le...
Oui, le respect, M. le député de Beauharnois.
C'est bon pour tout le monde ici.
Alors, moi, je veux entendre la question du chef du troisième groupe
d'opposition. Vous demeurez silencieux des deux
côtés de la Chambre.
En
question principale, je reconnais maintenant le chef du troisième groupe
d'opposition.
Priorités du gouvernement
M. Paul
St-Pierre Plamondon
M. St-Pierre
Plamondon : Merci, Mme la Présidente. Permettez-moi de saluer la
première ministre pour sa victoire à la chefferie, première ministre qui a
tenté, hier, de se dissocier de son prédécesseur et de son propre bilan. Elle
nous invite même à imaginer quatre ans de plus avec la CAQ, donc 12 ans de
caquisme avec ces mêmes personnes. Or, pas besoin de se l'imaginer, on n'a qu'à
se rappeler les huit dernières années de ce gouvernement-là.
La première ministre
veut s'attaquer en cinq semaines à ce que la CAQ a échoué pendant huit
ans : l'explosion du coût de la vie, de l'itinérance, une crise de
logement sans précédent et des infrastructures qui tombent en ruine, un
gaspillage de fonds publics historique. Elle dit vouloir réduire
l'interventionnisme de l'État, mais, comme ministre, elle a distribué elle-même
4,2 milliards en cadeaux aux entreprises. Elle a été plus dépensière que
Pierre Fitzgibbon, il faut le faire! Rappelons que, dans Northvolt, c'est elle
qui nous disait qu'on avait des garanties, qu'on était en bonne position et que
tout était normal. Résultat, on a perdu des millions de dollars. Elle veut
demander à Ottawa d'agir sur la répartition des demandeurs d'asile, mais, comme
ministre de l'Immigration, elle n'a jamais obtenu cette demande de la part
d'Ottawa, en plus de perdre le contrôle sur l'immigration temporaire en
refusant de mettre des seuils.
Bref, la première
ministre nous demande de faire appel à notre imagination. Moi, je demande
plutôt aux Québécois de faire appel à leur mémoire. Le bilan de la CAQ est déjà
écrit, c'est celui de la première ministre.
Est-ce qu'elle nie ce
bilan qui est aussi le sien? Est-ce qu'elle est prête à prendre ses...
• (11 h 10) •
La
Présidente : La réponse de la première ministre.
Mme Christine
Fréchette
Mme Fréchette :
Merci, Mme la Présidente. Je suis contente de voir que le collègue, chef du
troisième groupe de l'opposition, se lève
aujourd'hui, alors qu'il n'a pas daigné le faire hier, quand il était question
de protéger les femmes de la violence conjugale.
J'aimerais rappeler
quelques éléments qui ont marqué mon parcours, notamment en immigration. La
CAQ, on souhaite aller chercher plus de pouvoirs en immigration, en culture, en
matière de langue, et c'est une position qu'on va continuer de défendre. Et,
lorsque j'étais à l'immigration, je suis celle qui a obtenu des résultats de la
part du fédéral. Je suis celle qui a contribué à faire fermer le chemin Roxham.
Et ce n'était pas avec la suggestion du Parti québécois de distribuer des
tracts aux demandeurs d'asile qui s'en venaient au Québec pour leur dire qu'il
n'y avait plus de place, non, non, ce n'était pas comme ça que ça marchait. On
a mis de la pression sur le gouvernement fédéral pour s'assurer que l'entente
qui a été signée avec les États-Unis soit amendée. C'était ça qu'il fallait
faire, ce n'était pas en envoyant plus de policiers à la frontière, c'était ça
qu'il fallait faire. Les solutions, je les ai mises de l'avant, et ça a été
accepté et mis en place.
On a également mis de
la pression pour que les Mexicains puissent se voir imposer des visas. Ça a
fonctionné, là aussi. J'ai été négocier avec le fédéral pour des exigences de
connaissance du français dans le programme qui relève du fédéral. Ça a été accepté. J'ai négocié un remboursement, pour le
Québec, de 750 millions de dollars pour les dépenses assumées
en lien avec les demandeurs d'asile. Ça a été accepté.
Alors,
des gains, il y en a eu. Moi, je vais chercher des gains au fédéral; le PQ va
chercher le trouble. «That's it.»
La Présidente :32. Pas de commentaire après les réponses. Première complémentaire.
M. Paul
St-Pierre Plamondon
M. St-Pierre Plamondon : Par souci d'exactitude, c'est le premier ministre
du Québec, son prédécesseur, qui a contredit la ministre de l'Immigration, et
c'est ça qui a mené à Roxham. Et la ministre de l'Immigration, actuelle première
ministre, a dû faire un 180 degrés cette journée-là.
Son
nouveau gouvernement, ce sont les mêmes personnes, et la question qu'on doit se
poser, c'est : Qu'est-ce qui va changer à partir de maintenant? Ce n'est
sûrement pas le bar ouvert de subventions dont elle s'est vantée ici, en
Chambre, tellement souvent. Ce n'est sûrement pas la défense de Northvolt ou,
pire, le retour du troisième lien...
La
Présidente : La réponse de la première ministre.
Mme Christine
Fréchette
Mme Fréchette :
Oui, Mme la Présidente, nous, on est en phase avec les priorités des Québécois,
notamment en lien avec le coût de la vie. Le
PQ, c'est le référendum, c'est la stratégie référendaire, c'est la
souveraineté. Ce n'est pas ce que veulent les Québécois.
Les Québécois veulent
qu'on travaille sur le coût de la vie, réduire la pression sur leur
portefeuille, puis c'est ce qu'on fait. On
l'a fait pour les aînés. On l'a fait pour les jeunes, les jeunes qui veulent
devenir propriétaires. On le fait aussi pour les entreprises, les PME.
On a rabaissé le taux d'imposition des PME, je l'ai expliqué tout à l'heure, de
3,2 % à 2,2 %, pour donner de l'oxygène, de l'oxygène à nos
entreprises qui font face à une guerre tarifaire qui fait beaucoup de dommages. Également, on travaille sur
les infrastructures, pour mettre à niveau les infrastructures, s'assurer
qu'on en prend soin plutôt que d'en construire de nouvelles.
La Présidente :
Deuxième complémentaire.
M. Paul
St-Pierre Plamondon
M. St-Pierre
Plamondon : La première ministre parle de ce que les Québécois
veulent. Les Québécois veulent du changement et urgemment. Et ce qu'on veut qui
change, au Québec, c'est un gouvernement qui dit une chose et qui fait
exactement son contraire. La première ministre avait promis un cabinet réduit;
elle l'a plutôt augmenté. Elle a dit qu'on
remettrait à niveau les infrastructures existantes avant de développer de
nouveaux projets; elle nous promet à nouveau le troisième lien.
La CAQ n'était pas
fiable, il y a huit ans, elle n'était pas fiable il y a quatre ans,
et elle n'a pas changé.
La
Présidente : La réponse de la première ministre.
Mme Christine
Fréchette
Mme Fréchette :
Si on veut parler de priorités des Québécois, ce n'est certainement pas
l'organisation d'un référendum qui va les stimuler. C'est le premier article,
la première priorité du Parti québécois et ce dans quoi ils vont s'investir si
jamais ils en avaient la possibilité.
Nous,
on a agi. On a agi pour aider les Québécois, notamment avec la signature de
l'entente avec la Fédération des
médecins spécialistes. Ça, ça va ouvrir 80 000 nouveaux rendez-vous
pour des patients québécois. C'est majeur.
On
a aussi ouvert 17 nouvelles cliniques IPS, infirmières praticiennes
spécialisées, et l'objectif est d'en ouvrir 23. Ça, c'est majeur pour donner un
accès aux soins, aux services de santé aux Québécois. C'est ça, le principal
défi de notre système de santé.
Et on a également
signé avec la fédération des médecins omnis... Je reviens.
La
Présidente : ...principale, je reconnais maintenant le député de Laurier-Dorion.
Accès
au logement
M. Andrés
Fontecilla
M. Fontecilla :
Merci, Mme la Présidente. Tout d'abord, je tiens à saluer l'arrivée de la
nouvelle ministre de l'Habitation. Je lui offre toute ma collaboration pour
régler la crise du logement.
D'ailleurs, on
apprenait récemment, cette semaine, que des centaines de logements abordables
de Pointe-aux-Trembles sont laissés volontairement vacants, des centaines de
logements à prix abordable vides, Mme la Présidente, en pleine crise du
logement. Et on sait très bien que ce n'est pas un cas isolé.
La CAQ nous dit...
nous a toujours dit que, pour régler la crise du logement, il faut augmenter
l'offre. En voilà, une excellente occasion. Cette situation a un impact sur des
centaines de ménages, qui, au mieux, s'appauvrissent en payant un loyer
exorbitant et, au pire, se retrouvent à la rue.
Est-ce que la
ministre est prête à s'engager à rectifier la situation?
La
Présidente : La réponse de la ministre responsable de l'Habitation.
Mme Karine
Boivin Roy
Mme Boivin
Roy : Merci, Mme la Présidente. Alors, permettez-moi, d'entrée de jeu,
de saluer notre nouvelle première ministre, de souligner son engagement et de
la remercier pour le fait de m'avoir confié la responsabilité de l'habitation.
Alors, je la remercie du support qu'elle me témoigne.
Également,
j'aimerais souligner l'apport de mes trois prédécesseures femmes, les députées
de Bertrand, Prévost et Berthier, pour leur contribution et leur travail
remarquable auprès du dossier de l'habitation.
Alors, c'est un
véritable honneur pour moi de pouvoir prendre ces fonctions et de continuer à
travailler pour les Québécois et Québécoises dans ces nouvelles fonctions.
Évidemment, c'est un dossier que je prends avec humilité, comme l'a dit
elle-même la première ministre, humilité puisqu'il touche directement la qualité
de vie des gens.
Dans un monde idéal,
dans un monde idéal, le lieu de vie des gens devrait être un havre de paix,
devrait être un lieu de ressourcement, où il fait bon vivre, un lieu où,
finalement, on peut être en mesure de prendre des forces pour faire face
ensuite aux défis de la vie lorsqu'on passe le seuil de la porte. Mais
malheureusement ce n'est pas le cas pour nombreux Québécois et Québécoises, et
c'est pourquoi notre première ministre...
La
Présidente : Première complémentaire.
M. Andrés
Fontecilla
M. Fontecilla :
Donc, toujours sur les appartements vides, les logements en vacance, le
gouvernement...
Des voix : ...
La
Présidente : Attendez. Je suis debout. Je suis debout. Attendez. Je
vais trancher, je vous prie. Alors, j'ai annoncé la première complémentaire, je
veux l'entendre, et après nous terminons là avec une réponse. M. le député.
M. Fontecilla :
Merci, Mme la Présidente. Donc, toujours sur les logements vacants, le
gouvernement a présenté un projet de loi, le projet de loi n° 20, pour
supposément favoriser l'accès au logement abordable. Comment? En faisant la
chasse aux membres des coops qui ont augmenté leurs revenus et en fragilisant
du même coup le milieu de l'habitation coopératif.
Est-ce que la
nouvelle ministre peut reconnaître que sa prédécesseure s'est trompée de cible
et que la priorité devrait plutôt être de faire louer des logements encore pas
chers qui sont vacants aujourd'hui?
La
Présidente : Et la réponse de la ministre.
Mme Karine
Boivin Roy
Mme Boivin
Roy : Merci, Mme la Présidente. Alors, pour compléter, je vais
simplement vous dire que, dans la foulée de
ce que je vous ai dit, la première ministre a fait de l'habitation une priorité
majeure. Elle en a fait une urgence sociale et économique. Nous allons
travailler dans le sens que je viens de mentionner. Merci.
La
Présidente : Alors, cela met fin à cette période de questions et de réponses
orales.
Motions
sans préavis
Comme
il n'y a pas de votes reportés, nous allons passer à la rubrique Motions sans
préavis, et, pour ce faire, je vais céder la place au troisième vice-président
de l'Assemblée nationale et reviendrai un peu plus tard. Merci pour votre
attention.
• (11 h 20) •
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Alors, bonjour à toutes, bonjour à tous. Nous
sommes à la rubrique des motions sans préavis. En fonction de nos règles et de
l'ordre de présentation des motions sans préavis, je reconnais une première
motion du gouvernement et Mme la députée de Huntingdon.
Dénoncer la simulation à caractère violent visant le
ministre du Travail
lors d'une manifestation à Montréal le 2 mai 2026
Mme Mallette :
Merci, M. le Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée
afin de présenter la motion suivante
conjointement avec les députés de Marquette, de Jean-Talon, d'Abitibi-Est, de Rosemont, de Chomedey, de Laporte et de Saint-Laurent :
«Que
l'Assemblée nationale condamne fermement la simulation à caractère violent
visant le ministre du Travail lors d'une manifestation à Montréal le
2 mai 2026;
«Qu'elle réaffirme
que de tels gestes violents et intimidants sont inacceptables et contraires aux
valeurs fondamentales de notre société;
«Qu'elle déplore la
banalisation de ce geste à caractère violent par l'Alliance ouvrière, qui l'a
qualifié de simple "performance carnavalesque";
«Qu'elle appelle
l'ensemble des élus ainsi que les dirigeants syndicaux qui ne l'ont pas encore
fait, à dénoncer sans équivoque et à condamner vigoureusement de tels actes de
violence.»
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Mme Lachance : ...demande
d'appeler un vote électronique.
Mise aux voix
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Un vote électronique a été demandé. La période de
vote est ouverte.
La période de vote
est terminée. M. le secrétaire général.
Le
Secrétaire : Pour : 105
Contre :
0
Abstentions :
0
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Cette motion est, donc, adoptée.
Pour la prochaine
motion, nous reconnaissons l'opposition officielle. M. le leader de
l'opposition officielle.
M. Tanguay :
M. le Président, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
présenter la motion suivante conjointement avec le député de Laurier-Dorion et
la députée de Terrebonne :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte du constat énoncé par la première ministre
voulant que le coût des maisons ait plus que doublé dans la dernière
décennie;
«Qu'elle
se rappelle que le gouvernement caquiste a gouverné le Québec pendant huit de ces
dix dernières années;
«Qu'elle reconnaisse
que le fait que de jeunes familles doivent passer de nombreuses années à vivre
chez leurs parents afin de pouvoir acheter une maison n'est qu'un exemple de
plus de l'incapacité du gouvernement caquiste à juguler la hausse fulgurante du
coût pour se loger au Québec.»
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Mme Lachance :
Pas de consentement.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Il n'y a pas de consentement.
Pour la prochaine
motion, qui revient au deuxième groupe d'opposition, je reconnais M. le leader
du deuxième groupe d'opposition.
Demander au gouvernement de prendre des mesures pour
encadrer la vente et la distribution de boissons
énergisantes aux jeunes de moins de 16 ans
M. Cliche-Rivard :
Merci, M. le Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée
pour présenter la motion suivante
conjointement avec la ministre de la Santé, le député de Marquette, le député
des Îles-de-la-Madeleine, le député d'Abitibi-Est, la députée de Laporte, le
député de Rosemont, la députée de Chomedey et la députée de
Saint-Laurent :
«Que l'Assemblée
nationale prenne acte de la mobilisation citoyenne exceptionnelle, notamment de
la pétition ayant recueilli plus de 35 000 signatures, mais aussi des
familles, des directions d'établissements scolaires, de représentants du monde
du sport et d'acteurs de la santé publique, réclamant un meilleur encadrement
de la vente de boissons énergisantes caféinées aux jeunes de moins de
16 ans;
«Qu'elle souligne que
ces produits comportent des risques réels et documentés pour la santé de tous
les jeunes, notamment en matière de
tachycardie, d'hypertension et d'effets neurologiques, tout en demeurant facilement
accessibles;
«Qu'elle
rappelle le décès tragique de Zachary Miron, âgé de 15 ans, survenu en
janvier 2024, qui a profondément marqué le Québec;
«Qu'elle prenne acte
du fait que, selon un sondage récent, 86 % de la population québécoise
appuie la mise en place de mesures visant à mieux protéger les jeunes de moins
de 16 ans; et
«Qu'en
conséquence elle demande au gouvernement du Québec de prendre des mesures
concrètes rapidement afin de mieux
protéger les jeunes de moins de 16 ans, notamment en encadrant la vente et
la distribution de boissons énergisantes.» Merci.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Alors, est-ce qu'il y a consentement pour
débattre de cette motion?
Mme Lachance :
Consentement, sans débat.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Cliche-Rivard :
Humblement vous demander un vote électronique, s'il vous plaît.
Mise
aux voix
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Alors, un vote électronique a été demandé. La
période de vote est ouverte.
La période de vote
est terminée. M. le secrétaire général.
Le
Secrétaire : Pour : 101
Contre :
0
Abstentions :
0
Le
Vice-Président (M. Benjamin) : Cette motion est donc adoptée.
(Applaudissements)
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Cliche-Rivard : Merci, M. le Président.
En terminant, est-ce qu'une copie de cette motion peut être envoyée à Veronica
Vera Martinez et David Miron, les parents de Zachary Miron, à l'association de
la santé publique du Québec et à la Fédération des établissements
d'enseignement privés, s'il vous plaît? Merci.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Ce sera fait, M. le leader.
Et, la prochaine
motion, du troisième groupe d'opposition, je cède maintenant la parole à Mme la
députée de Terrebonne.
Mme Gentilcore :
Merci, M. le Président. Je sollicite le consentement des membres de cette
Assemblée afin de présenter, conjointement avec la députée de Verdun et le
député de Rosemont, la motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale rappelle que l'IPC a augmenté de 27,5 % depuis 2018;
«Que le coût des
loyers a augmenté de 75 % dans certaines régions depuis 2019;
«Que le prix médian
des unifamiliales a augmenté d'au moins 67 % dans les cinq dernières
années;
«Que l'Assemblée
nationale rappelle qu'après huit ans de gouvernance caquiste, la CAQ a échoué à
diminuer le coût de la vie pour les Québécois.»
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il... Y a-t-il consentement pour débattre
de cette motion?
Mme Lachance :
Pas de consentement.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Il n'y a pas de consentement.
Et je cède maintenant
la parole à M. le leader du gouvernement.
Une voix :
...
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Ah! Attendez.
Des voix :
...
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Non, il n'y en avait pas de prévue.
Une voix :
...
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Pardon?
Une voix :
...
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Donc, allez-y, Mme la députée.
Condamner toute tentative de museler la liberté
d'expression
Mme Blanchette
Vézina : Merci. Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin
de présenter la motion suivante conjointement avec le député d'Abitibi-Est, le
député... et le député de Saint-Jérôme :
«Que l'Assemblée nationale rappelle que la liberté
d'expression constitue un pilier fondamental de notre démocratie;
«Qu'elle
constate la montée d'un climat d'intolérance alimentée par certains courants
idéologiques radicaux visant à faire taire les opinions divergentes;
«Qu'elle réaffirme
que les institutions et commerces culturels, dont les librairies indépendantes
et les cinémas, sont des lieux essentiels d'échanges, de débats et de pluralité
des idées;
«Qu'elle souligne
l'importance de protéger la diversité des opinions dans l'espace public
québécois;
«Qu'elle dénonce
toute forme d'intimidation, de discrimination ou de pressions indues, visant
des entreprises, des institutions ou des individus en raison des idées qu'ils
permettent de diffuser;
«Qu'elle réaffirme
que le débat d'idées doit se faire dans le respect des individus, sans
discrimination et sans recours à la censure ou à la coercition, telle
qu'encadrée par la Charte des droits et libertés de la personne du Québec et
les lois en vigueur;
«Finalement, qu'elle
condamne clairement toute tentative de museler la liberté d'expression.»
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Mme Lachance : Consentement,
sans débat.
Le
Vice-Président (M. Benjamin) : Consentement, sans débat. Mme la
députée.
Mme Blanchette
Vézina : Est-ce qu'il serait possible d'envoyer à la Librairie La
Liberté et...
Mise
aux voix
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Alors, il faudrait peut-être commencer par
demander est-ce que... Est-ce que la motion est adoptée?
Des voix :
Adopté.
• (11 h 30) •
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Adopté. Allez-y, Mme la députée.
Mme Blanchette Vézina : Pardon.
Merci, M. le Président. Donc, j'aimerais qu'on envoie copie de la motion à la Librairie
La Liberté et au Cinéma Cartier.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Ce sera fait, Mme la députée.
Et là, maintenant, je
cède la parole à M. le leader du gouvernement... Mme la leader adjointe du
gouvernement.
Renvoyer
l'étude des crédits aux commissions parlementaires
Mme Lachance :
M. le Président, je fais motion afin :
«Que
[...] l'ensemble des crédits budgétaires 2026-2027 déposés le
19 mars 2026, sauf ceux de l'Assemblée, soit renvoyée en commissions permanentes.»
Mise
aux voix
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Cette motion est-elle adoptée?
Des voix : Adopté.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Adopté. En conséquence, j'informe donc
l'Assemblée que l'étude des crédits débutera
le mardi 12 mai 2026 et se poursuivra jusqu'au
jeudi 28 mai 2026, selon le calendrier convenu, que je
dépose maintenant.
Mme la leader
adjointe du gouvernement.
Continuer l'étude de projets de loi présentés avant
la clôture de la dernière session
Mme Lachance :
Avec le consentement des oppositions, nous pourrions déposer la motion de
réintroduction sans la lire.
Mise aux voix
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement?
Des voix :
Consentement.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Allez-y, Mme la leader adjointe du gouvernement.
Substituer les noms de certains députés
comme parrains de projets de loi
Mme Lachance :
Du consentement de l'Assemblée pour déroger à l'article 84.1 du
règlement, je propose :
«Que
le titre de l'auteur du projet de loi n° 1, Loi constitutionnelle de 2025,
sur le Québec soit remplacé par ministre de la Justice et ministre
responsable des Affaires constitutionnelles;
«Que le nom de
monsieur Daniel Bernard soit substitué à celui de monsieur Samuel Poulin à
titre d'auteur du projet de loi n° 11, Loi modifiant diverses dispositions
principalement aux fins d'allègement du fardeau réglementaire et administratif;
«Que le nom de madame
Catherine Blouin soit substitué à celui de madame Kateri Champagne Jourdain à
titre d'auteure du projet de loi n° 12 Loi instituant la prestation
de services de garde éducatifs à l'enfance par les personnes reconnues à titre
de responsables d'un service de garde éducatif [à la] communauté;
«Que le nom de
monsieur Daniel Bernard soit substitué à celui de monsieur Samuel Poulin à
titre d'auteur du projet de loi n° 17, Loi modifiant principalement la Loi
sur le stockage de gaz naturel et sur les conduites de gaz naturel et de
pétrole aux fins d'encadrer les réservoirs souterrains et certaines conduites;
«Que
le nom de madame Karine Boivin-Roy soit substitué à celui de madame Caroline
Proulx à titre d'auteure du projet de loi n° 20, Loi édictant la Loi
visant à favoriser l'accès au logement et modifiant diverses dispositions
concernant le domaine de l'habitation;
«Que le nom de
monsieur Samuel Poulin soit substitué à celui de madame Geneviève Guilbault à
titre d'auteur du projet de loi n° 22, Loi bonifiant les pouvoirs
d'intervention des municipalités et modifiant d'autres dispositions
législatives;
«Que le titre de
l'auteure du projet de loi n° 23, Loi visant principalement à mieux
[encadrer] les personnes dont l'état mental pourrait représenter un risque pour
leur propre sécurité ou [pour] celle d'autrui soit remplacé par [la] ministre
de la Santé; et
«Que le nom de la
députée de Hull, madame Suzanne Tremblay, soit substitué à celui du député de
Chapleau, monsieur Mathieu Lévesque, à titre
d'auteure du projet de loi d'intérêt privé n° 204, Loi concernant la Ville
de Gatineau.»
Mise
aux voix
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Alors,
je comprends que la motion précédente sur la réintroduction des projets
de loi est adoptée?
Des voix :
Adopté.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Adopté. Quant à la motion que vous venez de
présenter, Mme la leader adjointe
du gouvernement, est-ce qu'elle est adoptée?
Des voix :
Adopté.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Adopté.
Une
motion sans préavis ayant déjà été présentée par le groupe parlementaire
formant le gouvernement, je demande s'il
y a consentement pour permettre la lecture d'une autre motion sans préavis. Consentement.
Mme la leader adjointe du
gouvernement.
Constituer un comité directeur pour chacune des
commissions sectorielles
et pour la Commission de l'administration publique
Mme Lachance : Merci. Du consentement de
l'Assemblée pour déroger à l'article 4 des règles de fonctionnement
et à l'article 84.1 du règlement, je propose :
«Que
l'Assemblée constitue un comité directeur, composé du président, du ou des
vice-présidents et du secrétaire, pour chacune des commissions
sectorielles et pour la Commission de l'administration publique pour la durée
de la troisième session de la 43e législature.»
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Des voix :
Consentement.
Mise
aux voix
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Cette motion est-elle adoptée?
Des voix :
Adopté.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Adopté. Est-ce qu'il y a consentement pour qu'il
y ait... Combien d'intervenants?
Une voix :
...
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Sans débat? OK, parfait.
Une
motion sans préavis ayant déjà été présentée par le groupe parlementaire
formant le gouvernement, je demande s'il y a consentement pour permettre
la lecture d'une autre motion sans préavis.
Des voix :
Consentement.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Mme la leader adjointe du gouvernement.
Entériner le mandat de procéder à des consultations
particulières
sur les projets de loi nos 24, 23
et 22
Mme Lachance :
Avec le consentement des oppositions, nous pourrions déposer les motions
rétroactives de consultations particulières des projets de loi nos 24, 23 et
22.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Des voix : Consentement.
Mise aux voix
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Cette motion est-elle adoptée?
Des voix : Adopté.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Adopté.
Une motion sans préavis ayant déjà été présentée
par le groupe parlementaire formant le gouvernement, je demande s'il y a
consentement pour permettre la lecture d'une autre motion sans préavis.
Des voix : Consentement.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Mme la leader adjoint du gouvernement.
Mme Lachance : M. le Président,
je demande le consentement pour déroger à l'article 84.1 de notre règlement
afin de déposer une motion rétroactive de consultations particulières donnant
suite à une entente entre les leaders, le député d'Abitibi-Ouest, la députée de
Rimouski, le député de Saint-Jérôme, le député d'Orford, la députée de Laporte,
le député de La Prairie, le député de Dubuc,
la députée de Saint-Laurent, la députée de Chomedey et le député de Rosemont.
Je fais motion, conformément à
l'article 146 du règlement de l'Assemblée nationale, afin :
«Que l'Assemblée nationale entérine le mandat
donné à la Commission de la santé et des services sociaux, dans le cadre de l'étude du projet de loi
n° 23, Loi visant principalement à mieux accompagner les personnes dont l'état
mental pourrait représenter un risque pour leur propre sécurité ou celle
d'autrui, de procéder à des consultations particulières et de tenir des
auditions publiques le mercredi 6 mai 2026, de 16 h 40 à
18 h 30, le jeudi 7 mai 2026, après les avis touchant les travaux des commissions vers
11 h 15 jusqu'à 12 h 50 et de 14 heures à
16 h 25, le mardi 2 juin 2026 de 10 heures à
11 h 35, après les avis [des] travaux des commissions vers
15 h 15 jusqu'à 17 h 40 et de 18 h 40 à
21 h 05, et le mercredi 3 juin[...], après les avis
touchant les travaux des commissions vers 11 h 15 jusqu'à
12 h 50;
«Qu'à cette fin, la commission entende les
personnes et organismes suivants :
«Luc Vigneault, conférencier et formateur en
santé mentale, Association des médecins psychiatres du Québec, le Protecteur du citoyen, CAP Santé mentale, Ordre
des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du
Québec, Association des policières et des policiers provinciaux du Québec,
Anne-Marie Savard, Titulaire de la Chaire de
recherche Antoine-Turmel sur la protection juridique des aînés, Institut
national de psychiatrie légale Philippe-Pinel, [Mme] Isabelle
Cournoyer, avocate, Coroner en chef du Québec, Commission des droits de la
personne et de la jeunesse, Institut québécois de réforme du droit et de la
justice, Regroupement provincial des comités des usagers, Association des groupes d'intervention en défense
des droits [des personnes] en santé mentale du Québec, Regroupement des
ressources alternatives en santé mentale du Québec, Clinique juridique
itinérante, Association des spécialistes en médecine d'urgence du Québec;
«Qu'une période de 12 minutes soit prévue
pour les remarques préliminaires, répartie de la manière suivante :
6 minutes pour le groupe parlementaire formant le gouvernement,
3 minutes 36 secondes pour l'opposition officielle, 1 minute
12 secondes au deuxième groupe d'opposition, 1 minute
12 secondes pour le député indépendant;
«Que la durée maximale de l'exposé de chaque
organisme soit de 10 minutes et l'échange avec les membres de la
commission soit d'une durée maximale de 35 minutes partagées ainsi :
17 minutes 30 secondes pour le groupe parlementaire formant le
gouvernement, 10 minutes 30 secondes pour l'opposition officielle,
3 minutes 30 secondes pour le deuxième groupe d'opposition,
3 minutes 30 secondes pour le député indépendant;
«Qu'une suspension de 5 minutes soit prévue
entre les échanges avec chaque personne et organisme;
«Que la ministre de la Santé soit membre de
ladite commission pour la durée du mandat.»
• (11 h 40) •
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Consentement?
Cette motion est-elle adoptée?
Des voix : Adopté.
Le
Vice-Président (M. Benjamin) : Une motion sans préavis
ayant déjà été présentée par le groupe parlementaire formant le
gouvernement, je demande s'il y a consentement pour permettre la lecture d'une
autre motion sans préavis. Consentement?
Une voix : ...
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Bien
sûr. OK. Parfait.
On va suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 11 h 41)
(Reprise à 11 h 42)
Avis touchant les travaux des
commissions
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Alors,
nous sommes maintenant rendus aux avis touchant les travaux des commissions.
Mme la leader adjointe du gouvernement.
Mme Lachance : La Commission
des finances publiques poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 5, Loi visant à accélérer l'octroi des autorisations
requises pour la réalisation des projets prioritaires et d'envergure nationale,
aujourd'hui, immédiatement après les
discours prévus au premier paragraphe de l'article 87 du règlement de
l'Assemblée nationale jusqu'à 17 h 30, à la salle
Louis-Joseph-Papineau.
La Commission
des transports et de l'environnement entreprendra les consultations
particulières et les auditions publiques sur le projet de loi
n° 22, Loi bonifiant les pouvoirs d'intervention des municipalités et
modifiant d'autres dispositions législatives, aujourd'hui, de 16 h 40
à 18 h 30, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine.
La Commission des relations avec les citoyens
entreprendra les consultations particulières et les auditions publiques sur le projet de loi n° 24, Loi
protégeant le consommateur contre l'utilisation trompeuse ou frauduleuse de l'identité
ou de l'image d'une personne, aujourd'hui, de 16 h 40 à
18 h 30, à la salle Pauline-Marois.
La Commission de la santé et des services
sociaux entreprendra les consultations particulières et les auditions publiques
sur le projet de loi n° 23, loi visant principalement à mieux accompagner
les personnes dont l'état mental pourrait
présenter un risque pour leur propre sécurité ou celle d'autrui, aujourd'hui,
de 16 h 40 à 18 h 30, à la salle Marie-Claire-Kirkland.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la leader adjointe du gouvernement.
Affaires du jour
Alors, la période des affaires courantes étant
terminée, nous allons maintenant passer aux affaires du jour. Mme la leader
adjointe du gouvernement.
Une voix : ...
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Parfait. Alors, pour la suite des travaux, donc,
je vais céder la place à Mme la présidente de l'Assemblée nationale.
La Présidente : Merci, M. le
troisième vice-président. Rebonjour, tout le monde.
Affaires prioritaires
Débat sur la motion de la
première ministre proposant que l'Assemblée
approuve la politique générale du gouvernement
Nous passons
maintenant aux affaires prioritaires. Aux affaires prioritaires, à l'article 1
du feuilleton, l'Assemblée reprend le
débat sur le discours d'ouverture de la troisième session de la
43e législature et sur la motion de Mme la première ministre
proposant que l'Assemblée approuve la politique générale du gouvernement.
Conformément à l'article 49 du règlement,
je cède maintenant la parole à M. le chef de l'opposition officielle en lui
rappelant que son temps de parole est d'une durée maximale de deux heures.
M. le chef de l'opposition officielle.
M. André Fortin
M. Fortin : Merci, Mme la Présidente. «Imaginez, imaginez quatre ans de
mon gouvernement.» Ça, c'est ce que la première ministre, de façon très humble,
d'ailleurs, a dit quelques jours après avoir accédé au pouvoir comme première ministre. «Imaginez quatre ans d'un gouvernement
sous ma gouverne.» Non merci, Mme la Présidente, on sait déjà de quoi ça
a l'air.
Je regarde en face, je repense à chacun des
débats qu'on a eus avec le gouvernement au cours des dernières années, et ils
sont nombreux, Mme la Présidente. Je repense à chaque fois qu'on leur a
parlé... en fait, au cours des huit dernières années, je repense à chaque fois
qu'on leur a parlé de tout ce qui ne fonctionnait pas dans le réseau de la
santé. Je repense à chaque fois qu'on leur a parlé des pires rentrées scolaires
qu'on a eues. Je repense à chaque fois qu'on leur a parlé de l'économie, du
manque d'appui à nos entreprises, à nos PME notamment. Je repense à chaque fois
qu'on leur a parlé que des Québécois n'avaient pas accès aux services dont ils
ont besoin, que ce soient des services sociaux ou autres, Mme la Présidente. Je
repense à chaque fois, à chaque moment, ici, dans cette Assemblée, où le gouvernement n'était pas à la hauteur des attentes
des Québécois, où le gouvernement de la CAQ n'était pas à la hauteur des
attentes des Québécois, et, je vous le dis, sincèrement, je n'ose pas imaginer
un autre quatre ans de ce scénario-là.
Et je ne sais pas vous, mais, d'après moi, il y
a beaucoup de Québécois qui ne veulent pas revivre un autre quatre ans de ce scénario-là, qui sont prêts à
passer à autre chose, qui veulent simplement du changement, et le changement, Mme la Présidente, je ne peux pas vous dire qu'on le
retrouve en très grande quantité sur les bancs du gouvernement ces jours-ci. La nouvelle première ministre a
passé son discours, hier... je pense qu'elle l'a dit 18 fois, là : On
est un nouveau gouvernement. À ce que
je sache, il n'y a pas eu d'élection. À ce que je sache, c'est encore les mêmes
80 quelques députés de la CAQ qui siègent de ce
côté-là.
En fait, ce n'est pas
vrai, il en manque quelques-uns, il me semble qu'il y en a quelques-uns qu'on
n'a pas vus depuis quelques jours. Je sais
qu'il en manquait une dizaine au caucus de la CAQ. Il en manque encore
quelques-uns ici, aujourd'hui. On se demande où ils sont. Mais, de façon
générale, Mme la Présidente, c'est les mêmes qui étaient là avant, c'est les mêmes qui ont gouverné le Québec
au cours des huit dernières années. Et, quand on demande aux Québécois :
Voulez-vous du changement?, bien, c'est à eux qu'ils pensent d'abord et avant
tout, quand ils disent : Oui, absolument, je veux du changement, je veux
passer à d'autre chose.
La première ministre
elle-même, celle qui va se présenter aux Québécois en disant ça, en
disant : Imaginez un autre quatre ans
de mon gouvernement, bien, c'est celle qui était super ministre de l'Économie,
ministre de l'Énergie, ministre de l'Immigration, de la Francisation,
dans le gouvernement du député de L'Assomption. C'est elle qui était sur la
banquette avant, Mme la Présidente, et on reviendra, au cours de la prochaine
heure, sur certaines de ses réalisations, mais elle était une figure de proue
de ce gouvernement-là. Alors, elle ne peut pas, aujourd'hui, prétendre se
réinventer et dire : Ah! bien, on arrive, tout est nouveau, parce que non
seulement elle a pris part à chacune, à chacune des décisions du gouvernement de la CAQ, des huit dernières... des quatre
dernières années, mais également, Mme la Présidente, elle a fait le
choix, un choix délibéré, un choix volontaire de garder les mêmes personnes
autour d'elle.
Regardez la banquette
avant des gens qui siègent avec la première ministre. À ses côtés, le nouveau
leader du gouvernement, Mme la Présidente, c'est un député qui est probablement
parmi les... les plus longues... les plus longs états de service ici, à l'Assemblée nationale. Il était là à la
fondation de la CAQ. Il était là à l'ADQ. Regardez, juste à côté de lui,
le ministre des Finances, Mme la Présidente, celui qui a pris un surplus de 7 milliards
et qui l'a transformé en un déficit de
10 milliards. Il est encore ministre des Finances. Ça, pour moi, Mme la
Présidente, c'est une approbation de chacune des décisions qui ont été
prises par le ministre des Finances au cours des dernières années. C'est la
nouvelle première ministre qui dit : Ce
ministre-là, j'approuve tout ce qu'il a fait au cours des dernières années et
je veux le garder dans le rôle, il fait très bien ça.
Regardez
de l'autre côté, Mme la Présidente, il y a le ministre de la Sécurité publique.
Regardez juste un peu en arrière, il y a la
ministre de la Santé. Il y a 370 000 personnes qui quittent les
urgences à chaque année... 370 000 personnes quittent les urgences sans avoir été vues par qui
que ce soit. Et la première ministre dit : Je veux garder la ministre de
la Santé, c'est elle qui peut faire la meilleure job.
Il y a le ministre de
la Justice un peu plus loin, le ministre de la Justice qui pilote un projet de
Constitution québécoise, qui n'a à peu près personne qui le veut. Hier, il y
avait 183 groupes qui sont sortis en même temps pour dire à la première ministre : Ne faites pas
ça, n'allez pas dans cette direction-là. Qu'est-ce qu'elle a fait? Elle l'a mis
dans son discours, elle a gardé le ministre de la Justice en place et
elle l'a mis dans son discours. Et elle se dit qu'avec l'appui d'une personne, une personne parmi tous les élus ici, bien, son
parti a la légitimité d'aller de l'avant avec un projet comme celui-là.
Regardez
la... un peu plus loin, la ministre de la Solidarité sociale. Qui est content
de sa reconduite dans ses fonctions? La première chose que les groupes
communautaires au Québec ont trouvé à dire, c'est que c'était la pire insulte
possible de renommer la ministre de la
Solidarité sociale. Ils ont lâché le discours sur leurs propres revendications
deux secondes, sur leurs besoins, sur
des sommes d'argent qu'ils ont besoin, sur des programmes qu'ils ont besoin
puis ils ont dit : Bien, ça n'a pas de sens, on ne peut pas
reconduire la ministre.
• (11 h 50) •
La
ministre de l'Éducation, le ministre du Travail, le ministre de la Culture, le
ministre de l'Agriculture... Mme la Présidente, je ne peux pas dire
qu'il y a eu de grandes révolutions en agriculture, là, depuis que... il y a
quelques années, il y avait des manifestations dans chacune de nos régions,
hein? Les agriculteurs qui étaient dans la rue, il y a quelques années, là, on
ne peut pas dire qu'il y a eu de grandes révolutions dans le monde agricole
depuis, qu'il y a eu de grands programmes qui ont été lancés par le
gouvernement de la Coalition avenir Québec.
Alors, Mme la
Présidente, il y a juste un constat à faire à travers tout ça, c'est que c'est
le même vieux gouvernement, usé, en fin de mandat, qui vont présenter aux
Québécois la prochaine fois... C'est les mêmes acteurs, avec les mêmes idées, avec le même bilan. Je ne le sais pas, Mme la
Présidente, comment elle va se présenter aux Québécois en disant que
c'est le visage du changement, tous ces gens-là. C'est les mêmes visages, c'est
les mêmes acteurs qu'on connaît depuis les huit dernières années, avec le même
bilan qu'on a depuis les huit dernières années.
Au-delà des
personnes, cependant, le discours qui a été prononcé hier par la première
ministre, il manquait d'ambition, et ce n'est peut-être pas de sa faute, Mme la
Présidente. Quand on gaspille de l'argent à gauche, à droite, pendant des
années, quand les finances publiques sont à un niveau aussi désastreux qu'ils
le sont en ce moment, on n'a peut-être pas les moyens de ses ambitions, mais au
moins son prédécesseur, même s'il avait les mêmes idées, bien, au moins, il visait un certain niveau d'ambition.
Hier, j'avais l'impression d'entendre les idées du député de L'Assomption, mais avec moins d'ambition,
en disant : Bien, on avait des idées, on avait des objectifs, on ne sera
pas capables de les atteindre, donc on va se
satisfaire de pas mal moins. Moi, c'est ça que j'ai entendu. Là, je vous
entends : Oui, mais, heille, on s'est donné un... J'entends des
députés de l'autre côté nous dire : On s'est donné un grand programme,
vous voyez, on ne sera jamais capables, même, de faire tout ce qu'on a dit dans
le discours. De l'ambition, là, ce n'est pas juste de faire une longue liste de
trucs, là. L'ambition, ça veut dire d'arriver au bout de ses idées, ça veut
dire d'offrir l'entièreté du concept qu'on propose aux Québécois, pas de faire
des demi-mesures, mais d'en faire une longue liste.
Je vais commencer, Mme la Présidente, parce
qu'on va les passer dossier par dossier, là, les endroits où le gouvernement
manque d'ambition. Mais je vais commencer par la santé, parce que c'est un des
endroits où c'est probablement le plus frappant. Quand le
gouvernement de la CAQ a été élu, en 2018, la grande promesse en santé, là... bien, il y en avait deux, hein? Il y avait
un médecin pour tous. Je vous rappelle qu'il y a moins de gens aujourd'hui qui
ont un médecin de famille qu'en 2018, puis ça, je vais y revenir. Mais la
deuxième grande promesse du gouvernement de la CAQ, c'était 90 minutes
d'attente à l'urgence, 90 minutes.
Moi, j'ai... dans le discours d'hier, moi, je
n'ai pas entendu 90 minutes d'attente à l'urgence. Ce que j'ai entendu,
c'est des salles d'attente virtuelles. Alors là, Mme la Présidente, ça, c'est à
peu près la meilleure indication qu'on abdique complètement à notre objectif.
On se dit : On n'y arrivera pas, on ne sera même pas proches. En fait, on s'en va dans la mauvaise direction, bien, on va
arrêter de travailler sur les temps d'attente puis on va dire aux gens :
Bien, on va vous donner, comme au restaurant, là, un petit buzzer, puis
vous irez au Tim Hortons, ou vous irez dans votre auto, ou vous irez ailleurs, puis on va vous le dire quand ça va être le
temps de vous appeler, quand vous allez avoir la place. Ah! bien, c'est bien, ils ne seront plus dans des
chaises inconfortables dans la salle d'attente à l'hôpital, mais ils n'auront pas
plus de service. Ils n'auront pas plus de service, Mme la Présidente.
90 minutes à l'urgence, là, ce qu'ils nous
disent aujourd'hui, c'est qu'ils abdiquent, ils n'essaient plus, ça ne leur
tente plus, ils n'y arriveront pas. Et je comprends, Mme la Présidente, que
c'est difficile. Quand ils sont arrivés au pouvoir, le temps d'attente à
l'urgence, c'était 142 minutes. Et ils nous ont dit : Bah! ça va être
90 maintenant. Vous savez c'est quoi, aujourd'hui? 178 minutes. On est
rendus au double de leur objectif. Et à certains hôpitaux, Mme la Présidente...
Ça, c'est des chiffres d'hier, je ne suis pas retourné voir ce matin, mais je
me doute fort que ce n'est pas bien, bien mieux. 90 minutes, c'est
l'objectif, là, supposé ou c'était l'objectif du gouvernement de la CAQ. Bien,
c'est 8 h 57 min à Santa Cabrini, c'est
8 h 27 min à l'Hôpital de Hull, c'est 7 h 27 min
à l'Hôpital de LaSalle, 7 h 19 min au CHUM, 7 heures à
Fleurimont.
8 h 57 min
d'attente à l'urgence alors que c'est supposé être 90 minutes. Je
comprends qu'elle veut renvoyer le monde chez eux. Ça n'a pas de sens,
faire attendre le monde neuf heures de temps à l'urgence. Ça, ce n'est pas le monde qui ont besoin de civière, là, ça, c'est
juste les gens qui ont besoin de voir un professionnel. Vous allez à l'urgence
puis vous attendez neuf heures. Puis les urgences, ils sont débordés. À
Hull, c'est 176 % de taux d'occupation puis, au CHUM, c'est 194 %. Quand il y a 100 %... au-delà de
130 %, dépendamment à qui on parle, 130 %, 150 % d'occupation,
là, les médecins vont vous dire que c'est dangereux, que c'est dangereux
pour des patients.
Alors, qu'ils attendent dans leur auto, qu'ils
attendent au Tim Hortons, qu'ils attendent ailleurs, c'est dangereux pour les patients.
C'est des gens, là, qui sont au bout de leur corde. Ils ne savent plus où
aller, pas capables d'avoir un rendez-vous
ailleurs, peut-être, ou ils sont en situation d'urgence. Ils vont à l'urgence
puis ils se font dire : Bien, on va te rappeler quand on va avoir
un spot pour toi. Voyons, Mme la Présidente.
Le résultat des courses, là, c'est qu'il y a
370 000 Québécois qui quittent l'urgence. Puis ça, c'est pas mal un
service de base. Tu sais, dans... quand les gens paient des impôts, là, ils se
disent : Je m'attends à des services de santé, je m'attends à une bonne
école pour mes enfants, je m'attends, quand je me pointe à l'urgence... il y a
quelqu'un qui va être là pour me traiter. Bien, il y en a 370 000, l'année
passée, qui ont dit : Je ne suis plus capable d'attendre, je m'en vais à la maison, c'est fini, je ne me ferai
pas traiter. Petit bobo deviendra gros. Je ne sais pas. 370 000, ça, c'est
10 % du monde. 10 % des gens qui franchissent les portes de
l'urgence les franchissent à nouveau sans avoir vu personne. Puis dans ma
région, chez nous, dans ma région, Mme la Présidente, on a le triste record
qu'il y a 25 % du monde... 25 % du monde qui vont à l'urgence,
retournent chez eux sans avoir vu qui que ce soit.
Dans le 370 000 Québécois, là, qui ont
quitté, il y en a le tiers qui étaient des P3. P3, Mme la Présidente, ça veut
dire qu'ils sont supposés être vus en 30 minutes. 30 minutes, là, tu
n'as pas le temps de retourner chez vous, là, avec
un «buzzer» qui va te dire : Reviens à l'urgence, on est prêts.
30 minutes, tu as besoin d'être vu sur place. Il y en a 9 703 qui sont retournés chez eux qui étaient
des priorité 2. Ça, ça veut dire : problèmes inquiétants pour la
vie... problèmes inquiétants pour la vie, puis ils sont retournés chez
eux parce qu'ils n'ont pas été capables de voir qui que ce soit. Ça, c'est un
problème inquiétant pour notre société, c'est un problème inquiétant pour notre
gouvernement.
Avez-vous entendu quelque chose là-dessus hier?
Moi, je n'ai rien entendu là-dessus. Moi, ce que j'ai entendu, c'est : Ah! bien, il va y avoir une salle
d'attente virtuelle. Ça ne vaut rien pour ces gens-là. Pour tous les gens qui
sont supposés être vus en 30 minutes, pour les gens qui sont
supposés être vus parce qu'ils sont... ils ont un problème inquiétant pour la
vie, on les retourne chez eux puis on leur promet une salle d'attente
virtuelle. C'est un manque d'ambition. Il y a en avait une, ambition, c'était le 90 minutes. Bien là, on
l'abandonne, on abdique puis on dit : Bien, vous attendrez chez vous.
Mme la Présidente, c'est triste à dire, mais il
y a des gens qui sont, au cours des dernières années, décédés après être
retournés chez eux parce qu'ils n'étaient pas capables de voir quiconque à
l'urgence. Il y a des gens qui sont décédés dans la salle d'attente de
l'urgence parce que l'attente était trop longue. La solution ne peut pas
être : On vous retourne chez vous. La solution ne peut pas être : On
vous donne une salle d'attente virtuelle.
Le vrai
enjeu, là, le vrai enjeu, c'est qu'il y a une congestion aux étages. Il y a une
congestion aux étages. Il y a des lits qui sont occupés ou des lits qui
sont simplement fermés. Dans ma région, là, il y a 100 lits à l'hôpital de
Hull qui sont à peu près perpétuellement fermés. Là, je ne parle pas de la
période des vacances estivales. Ils sont tout le temps fermés. Et pourquoi les
urgences débordent? Parce qu'il n'y a pas de lit. Pourquoi les lits ne sont pas
utilisés? Parce qu'il n'y a pas de
ressources humaines, Mme la Présidente. Est-ce que vous avez entendu, que ce
soit au cours des huit dernières
années ou que ce soit hier, avez-vous entendu le début du commencement d'un
plan en ressources humaines pour le réseau de la santé? Ça fait huit ans
qu'on le demande, puis on va continuer à le demander, mais on va avoir les
mêmes résultats. Le gouvernement est bien, bien, bien intéressé par un gadget,
là, une salle d'attente virtuelle, mais il n'est
pas intéressé par améliorer le fond des choses. Ça, c'est la même vieille
technique, la même vieille tactique qu'on voit à la CAQ depuis des
années et des années.
• (12 heures) •
Mme la Présidente, sur la
question des médecins de famille... sur la question des médecins de famille,
là, je... Ce n'est pas une blague, il y a
plus de Québécois qui ont un médecin... qui avaient un médecin de famille en
2018 qu'il y a de Québécois qui ont
un médecin de famille maintenant. Puis là j'entends les gens du gouvernement
nous dire : Ah! mais les gens ont accès, hein, ils peuvent avoir, à
l'intérieur de... ils ont été à... on leur a donné une clinique, donc ils
peuvent avoir accès à des soins à travers
une clinique. Savez-vous ce qu'il faut qu'ils fassent? Savez-vous c'est quoi,
l'entente qu'on vient de signer avec... que le gouvernement vient de signer
avec les médecins omnipraticiens? Les gens ont accès à une clinique,
mais il faut qu'ils passent par le GAP, il faut qu'ils appellent le 8-1-1. La
personne qui reçoit une lettre du
gouvernement en lui disant : Félicitations, vous avez maintenant accès à
une clinique et la personne qui ne reçoit aucune lettre du gouvernement,
puis qui n'a pas de médecin de famille, puis qui n'a pas de clinique, ils font
la même chose, il faut qu'ils appellent le 8-1-1, les deux, puis le 8-1-1 va
déterminer, bien, s'il y a de la place pour eux autres selon leurs conditions.
Mais les lettres que le gouvernement envoie, là,
c'est une frime totale, Mme la Présidente. Ça ne veut rien dire. Ça ne veut rien dire. Ils vont y arriver à leur
objectif d'envoyer des lettres à bien du monde, mais ces gens-là n'auront pas
plus de service demain matin. Ça, c'est la bonne vieille technique caquiste, et
moi, je n'ai rien entendu là-dessus qui va
changer avec l'arrivée d'une nouvelle première ministre. Mais l'illustration la
plus claire, Mme la Présidente, que c'est le même vieux gouvernement
usé, c'est les soins à domicile.
Voici ce que le premier ministre disait
en 2019 dans son discours d'ouverture : «Une première ligne forte, ça
veut dire aussi plus de soins et de services
à domicile. Le gouvernement va y investir rapidement. Et ces changements vont
faire en sorte d'éviter que les patients engorgent inutilement les urgences.»
Bon, on sait ce qui est arrivé aux urgences. Mais ça, c'était le premier
ministre en 2019, les services à domicile.
En 2021, son autre discours d'ouverture,
Mme la Présidente : «Mais on doit en faire plus pour les personnes âgées
qui veulent et qui peuvent rester à la maison. Et je suis convaincu que
vieillir à la maison, c'est ce que souhaite la grande majorité des Québécois.
Donc, au moment où on doit entreprendre enfin ce grand virage vers les soins à
domicile...» Attends un peu, Mme la Présidente, là, élus en 2018, dans
leur discours inaugural, ils nous disent : Heille! ça prend plus de
services à domicile. En 2021, ils nous disent : «On doit entreprendre ce
grand virage vers les soins à domicile.» Je ne sais pas ce qu'ils ont fait
pendant trois ans, mais c'était le même discours, là.
2022, après l'élection, Mme la Présidente,
nouveau discours inaugural : «Bon, l'autre grand dossier — notre
ministre déléguée, là, je sais que c'est un dossier pour lequel elle s'est
engagée : les soins à domicile. Il faut faire une vraie révolution.» OK.
En 2018, on nous dit : On va avoir plus de soins à domicile. En 2021,
on nous dit : On va faire un grand virage vers les soins à domicile. En
2022 : Il nous faut une vraie révolution pour les soins à domicile. Et
hier, Mme la Présidente : «Alors, si on veut prendre soin de nos aînés
comme il faut, on doit leur donner accès aux services dont ils ont besoin. On
doit leur permettre de vieillir dignement dans le confort de leur maison.»
Huit ans,
Mme la Présidente. Huit ans où ils connaissent l'enjeu, ils savent que,
quand on en parle, les Québécois aiment ça, hein, parce qu'ils se voient
tous, dans un avenir, vivre à la maison le plus longtemps possible puis avoir
accès à des soins. Ils le promettent. En 2018, en 2021, en 2022,
en 2026, c'est le même discours vide. Je vous fais une prédiction, Mme la
Présidente, il ne se passera rien dans les cinq prochaines semaines, parce
que ça fait huit ans qu'ils nous promettent la même affaire, ça fait
huit ans qu'ils tiennent le même discours, à quelques mots près, ça fait
huit ans qu'ils disent aux
Québécois : Heille! regardez-nous bien aller, on va investir dans les
soins à domicile, les gens vont pouvoir vieillir à la maison, ça va être
fantastique, c'est ça que tout le monde veut, puis ils ne font tellement rien
qu'ils sont obligés de répéter la même promesse en 2018, en 2021,
en 2022, puis de la reprendre en 2026. C'est honteux, Mme la
Présidente. C'est honteux parce que, politiquement, là, on n'y croit plus, il
n'y a plus personne qui y croit. C'est pour ça
que les gens veulent du changement. À un moment donné, là, tu leur promets une
chose encore, et encore, et encore, et encore, bien, tu n'es plus
crédible, tu n'es plus crédible.
Habitation, Mme la Présidente. Je vous ai dit
que je passerais les dossiers un après l'autre. Hier, moi, j'ai entendu la
première ministre se féliciter d'envoyer un chèque de 5 000 $ à un
couple qui a dû passer six ans dans le sous-sol de leurs parents
respectifs. Six ans du gouvernement de la CAQ, hein, où ces gens-là ont
épargné, ont gratté, ont essayé, ont tout fait pour, peut-être, être capables
d'acheter et de vivre ensemble. Je cite la première ministre : «Le coût des maisons a doublé en 10 ans.» Elle a
raison, Mme la Présidente, le coût des maisons a doublé en 10 ans, mais
qui était là pendant cette période-là? Bien, c'était le gouvernement de
la CAQ.
Alors, le prix des maisons, là, il ne va pas
diminuer au cours de la prochaine année, le prix des maisons, il va continuer
d'augmenter, Mme la Présidente. Alors, de leur donner un... aujourd'hui, là, de
leur dire : Heille! vous avez réussi à acheter une maison? On vous donne
un chèque de 5 000 $, alors qu'ils ont passé des années, des
années... Quand je vous parlais tantôt, là, des échanges qu'on a ici, là, je ne
peux plus compter le nombre d'échanges que les partis d'opposition ont eu avec le gouvernement de la CAQ en leur
disant : Il y a une crise du logement. Puis ils n'étaient pas
capables de le dire, les mots ne sortaient pas de leur bouche, ils refusaient
de prononcer les mots, ils refusaient de le dire. Quand tu refuses de dire
quelque chose, c'est parce que tu refuses de le reconnaître, c'est parce que tu
n'agiras certainement pas. Si tu... En fait,
si tu ne veux rien faire, ne reconnais pas le problème, puis c'est ça qu'ils
ont fait pendant des années, des années.
Qu'est-ce qui
est arrivé pendant ces années d'inaction là? Bien, le prix des loyers a
augmenté. Le prix des maisons a augmenté. Alors là, elle nous propose
une mesure. Alors qu'il y a beaucoup, beaucoup de Québécois qui sont affectés
par le coût des loyers puis le coût de l'augmentation des maisons, elle nous
propose une mesure qui va toucher 38 000 ménages,
38 000. Bon, c'est vrai, c'est vrai, d'abord, qu'il n'y a rien pour les
locataires, puis qu'au Québec on est quand
même 40 % des Québécois qui sont locataires, mais surtout, là, surtout,
cette mesure-là, qui va toucher 38 000 Québécois, qui est la
grande mesure-phare pour la réduction du coût de la vie, hein... Moi, je ne
sais pas vous, Mme la Présidente, là, mais, moi, quand je
me promène dans ma circonscription, à peu près tout le monde me parle du coût
de la vie. Alors, une mesure qui touche 38 000 personnes, je ne suis
pas sûr, je ne suis pas sûr que c'est la mesure, vraiment, là, qui va venir régler l'enjeu du quotidien des Québécois,
mais surtout c'est que c'est une mesure qui ne va rien faire pour
stimuler la construction, absolument rien. On paie la taxe de bienvenue pour
les nouveaux acheteurs, mais, pendant ce temps-là, l'offre, est-ce qu'elle
augmente? L'offre, elle n'augmente pas du tout.
Et savez-vous quoi, Mme la Présidente? Moi, je
vous mets au défi. Le ministre des Finances, en 2022... En fait, savez-vous quoi, je ne vous mets pas au
défi, je me mets moi-même au défi d'aller demander au ministre des Finances
s'il pense encore ce qu'il pensait en 2022, parce qu'il nous disait à cette
époque-là : Tout ce que le remboursement de la taxe de bienvenue va faire,
c'est augmenter la demande, mais ça ne jouera pas sur l'offre pantoute. Il nous
disait en 2022 : Ça va accentuer le problème, ça va rendre les choses
encore pires qu'elles sont aujourd'hui, n'allez pas dans cette direction-là, c'est la pire affaire qu'on
peut faire. C'était ça qu'il disait. Et là, aujourd'hui, le ministre des
Finances, le même ministre des Finances, il est encore assis à côté de
la première ministre et il va falloir qu'il... il va falloir qu'il écrive des
documents budgétaires là-dessus à un moment donné, là, il va falloir qu'il
approuve, avec sa signature, il va falloir qu'il l'approuve au Conseil des
ministres ou il l'a probablement déjà fait, cette politique-là. Est-ce qu'il
s'est levé, est-ce qu'il a dit : Heille! ça ne fait pas de sens? Heille!
c'est contre-productif? Heille! ce n'est pas de ça dont les familles ont besoin?
Heille! ça va juste empirer la chose? Est-ce qu'il l'a dit? Et, s'il l'a dit,
Mme la Présidente, pourquoi on ne l'a pas écouté? La première mesure, la
première, la grande mesure-phare à l'arrivée de la nouvelle première ministre,
selon le ministre des Finances, c'est une mesure qui ne stimule pas du tout
l'offre, mais qui stimule la demande. Quand on ne stimule pas l'offre puis
qu'on stimule la demande, qu'est-ce qui arrive? Les prix augmentent.
Mme la Présidente, moi, je... moi, ce que je
veux, je pense qu'on veut ici collectivement, là, pour le Québec, c'est d'avoir
un Québec qui est capable de construire davantage, qui est capable d'en faire
plus, qui est capable d'augmenter l'offre, qu'il y a des pépines à peu près
partout au Québec, qu'il y a des grues, qu'il y a des chantiers de construction
pour qu'on puisse augmenter l'offre de logement pour les Québécois. Sinon, Mme
la Présidente, sinon, on va continuer dans le même... dans la même direction
qu'on est en ce moment. Les prix vont continuer dans la même direction. Il y a
des gens qui ne seront juste plus capables de payer, avec les conséquences que
ça a. Des gens qui ne sont plus capables de payer leur habitation, qui ne sont
plus capables de payer leur loyer, qui n'ont plus accès au logement, Mme la Présidente,
ça donne quoi? Ça donne des campements, ça donne des itinérants.
• (12 h 10) •
Puis je ne sais pas vous, mais l'itinérance en
région, moi, je n'en voyais pas tant que ça il y a huit ans. Moi, de
l'itinérance à Aylmer, là, ça n'existait à peu près pas il y a huit ans, puis
l'itinérance dans le Pontiac rural, ça n'existait à peu près pas il y a huit
ans. Là, Mme la Présidente, c'est un fléau, ça arrive partout, à des endroits
qu'on... Tu sais, on disait : Ah! c'est un problème de grandes villes, ça,
ah! c'est Montréal, c'est Québec à la limite, mais on ne voyait pas ça dans nos
communautés. Aujourd'hui, là, c'est partout, Mme la Présidente, puis vous ne
pouvez pas me dire que ce n'est pas le bilan du gouvernement de la CAQ. Ça fait
partie de leur bilan parce qu'ils ont refusé, année après année, question après
question, intervention après intervention, puis pas juste les nôtres, celles
des acteurs du milieu, ils ont refusé de reconnaître ce qui était en train de
se passer. Ils ont refusé de reconnaître qu'il y avait une crise du logement.
Puis ça, Mme la Présidente, ils ne peuvent pas s'en défiler.
C'est drôle, j'entendais la... j'entendais la
première ministre tantôt nous parler de... nous parler de... des services de
garde, et elle semblait fière, Mme la Présidente. Elle semblait fière,
dans son discours hier, et elle semblait fière encore aujourd'hui de
dire : Eh! regardez-nous aller, Mme la Présidente, il y a
5 000 places qui vont être converties,
des places qui, aujourd'hui, ne sont pas subventionnées, qui vont être
subventionnées. Ça, c'est la... la grande mesure au niveau de la
famille, là, qu'elle nous propose aujourd'hui.
Quand je vous disais tantôt qu'on manque
d'ambition du côté de la CAQ, bien, la promesse de son prédécesseur, il n'a peut-être
pas été capable de la réaliser, mais au moins il avait une ambition, il avait
un objectif, il essayait quelque chose. Il nous disait : Nous, là, tout le
monde va avoir une place subventionnée. Il nous disait, Mme la
Présidente : Chaque parent — ça, c'est son discours de 2022 — chaque
parent au Québec qui souhaite une place subventionnée
pour son enfant doit l'avoir, on a un devoir envers eux. Et là en 2026, la
première ministre arrive en nous disant :
On est un nouveau gouvernement, on a de l'ambition, c'est le renouveau au
Québec. Qu'est-ce qu'elle nous dit dans son discours? On va accélérer la
conversion de 5 000... 5 000 places en places subventionnées,
5 000. La promesse du précédent premier ministre, c'était de dire :
Tout le monde. Ça, c'était : 57 000 places devaient être converties.
Ils en ont fait 10 000, on en promet
5 000 aujourd'hui, il en manque encore pas mal, Mme la Présidente. Il en
manque encore énormément. Et pourquoi? Pourquoi la première ministre
n'est pas capable de promettre plus que 5 000 places? Bien, je
reviens à la même chose, ils ont passé les huit dernières années à gaspiller
l'argent des Québécois. Ils ont passé les huit dernières années à gaspiller à
gauche, à droite l'argent des Québécois. Puis ça donne, aujourd'hui, ça donne
qu'ils ne sont pas capables d'arriver au
bout de leurs ambitions. Ça donne, en fait, qu'ils ne sont pas capables
d'arriver au bout de leurs promesses. C'est des engagements qu'ils ont
pris auprès des Québécois. Ils leur ont dit : Votez pour nous et toutes
les places en services de garde vont être subventionnées, tout le monde va
avoir une place subventionnée. Ce n'est pas ça qui se passe. C'est une promesse
rompue. Ils pourront bien dire : Heille! on en a fait 10 000, on en
promet un autre 5 000. Ce n'est pas ça qu'ils ont dit. Ils ont parlé
d'équité. Ils ont dit : Toutes les familles doivent être sur le même pied, ce n'est pas juste qu'il y ait des gens
qui aient une place subventionnée puis d'autres qui n'en aient pas, bien, nous autres, on va régler ça, cet enjeu-là. Pas
réglé pantoute. Et aujourd'hui on manque d'ambition. On manque d'ambition
parce qu'on n'a plus une cenne.
Je vais vous parler, Mme la Présidente, je pense
que vous allez l'aimer, celle-là, je vais vous parler un peu d'immigration. Parce
qu'il y a quelques instants, je vous parlais d'habitation, puis apparemment,
bien, la seule faute en habitation, elle est sur
l'immigration. Ça, c'est ce que le premier ministre précédent nous a dit, hein?
Il disait que 100 % des problèmes en
habitation sont causés par l'immigration. La nouvelle première ministre est un
peu plus nuancée aujourd'hui, mais continue de dire que l'immigration,
c'est un problème au niveau de l'habitation. OK. OK, Mme la Présidente. Voici
ce que... voici ce que la première ministre a dit hier dans son discours :
Tout en respectant nos seuils d'immigration,
on doit promettre à ceux qui parlent... permettre, pardon, on doit permettre à
ceux qui parlent déjà français, qui sont intégrés et qui vivent dans nos
régions d'avoir un maximum de prévisibilité. Prévisibilité. C'est un beau
discours. C'est à peu près la chose la plus... c'est à peu près la chose qui
peut être le plus aux antipodes de ce que le gouvernement a fait au cours des
dernières années.
Écoutez bien ça. 2018, vous vous souvenez de
cette campagne-là, Mme la Présidente, le slogan de la CAQ, c'était en prendre moins pour en prendre soin,
c'était même avant, effectivement, la CAQ a dit ça longtemps. Mais, en 2018,
quand ils sont arrivés au pouvoir, c'est là
que tout a commencé à changer un peu. En prendre moins pour en prendre soin,
puis on va réduire les seuils à 40 000.
Un peu après, en 2018, on nous a dit : Heille! on va imposer des tests de
connaissances des valeurs québécoises.
En 2019, on
nous a dit : Ah! là on va faire une réforme du PEQ, hein, vous vous
souvenez de ça? Le député de Borduas
était ministre de l'Immigration à l'époque. Moi, je me souviens qu'il y avait
des gens dans les tribunes qui pleuraient, Mme
la Présidente. Il y avait des points de presse en bas avec des gens qui ne
savaient pas la suite des choses pour eux, qui avaient peur d'être
obligés de retourner dans leur pays, qui imploraient le ministre de
l'Immigration, à l'époque, de les écouter et de les entendre. Ça, c'était en
2019.
2020, ah! bien là il y a une nouvelle ministre
de l'Immigration, Mme Giroux, qu'on se souvient... de qui on se souvient
tous avec égards, et, en 2020, elle nous dit : Ah! bien, on va faire... on
va faire des assouplissements de la réforme du PEQ, c'était peut-être un peu
trop rigide, la façon qu'on abordait ça, alors on va changer les... on va
changer les choses.
Là, il y a eu la pandémie, Mme la Présidente.
Alors, fort heureusement, il y a eu un répit sur les nombreux changements qui
étaient faits par la CAQ, mais, en 2023, ça a recommencé. La première ministre,
aujourd'hui, nous a dit : Ah! bien là
on va faire un allègement de la réforme du PEQ parce qu'on... il y a des
immigrants francophones diplômés qui trouvent ça difficile, de la façon
qu'on a fait ça dans les dernières années. Alors, on va faire un certain
allègement. En 2024, le PEQ étudiant et le
Programme régulier des travailleurs qualifiés, bien, ils sont suspendus. En
2024 encore, le gouvernement du Québec suspend le parrainage de
réfugiés.
En 2025, le
gouvernement a dit : J'ai un nouveau programme. On rentre en vigueur le Programme de sélection des travailleurs
qualifiés. En 2025, le gouvernement se donne une nouvelle cible. Vous vous
souvenez, la cible, à l'arrivée au pouvoir
de la CAQ, c'étaient 40 000 immigrants par année. Là, ils nous
disent : Ah! il y a une cible, 45 000 immigrants par
année maintenant.
En 2025 encore, le PEQ est annulé, avec les
impacts que vous voyez. Je suis certain que tous les collègues ici ont des entrepreneurs, entre autres, qui les ont
interpelés en disant : Vous allez mettre à mal mon entreprise, vous allez
mettre à mal le développement économique du Québec, le développement de
ses régions. Je vois le ministre de l'Agriculture. Il ne peut pas être insensible aux arguments de l'industrie
agroalimentaire là-dessus. Notre industrie agroalimentaire, elle est en
grande partie basée sur des travailleurs issus de l'immigration.
Et là, en 2026, Mme la Présidente, après tout
ça, en 2026, le PEQ est de retour pour deux ans, alléluia, quand même, mais, Mme la Présidente, que la première
ministre nous dise... Je la cite à nouveau : «Tout en respectant nos
seuils d'immigration, on doit permettre à ceux qui parlent déjà français,
qui sont intégrés et qui vivent dans nos régions d'avoir un maximum de
prévisibilité.» 2018, 2018, 2019, 2020, 2023, 2024, 2024, 2025, 2025, 2025,
2026, ça, c'est tous les changements qu'ils
ont faits aux différents programmes d'immigration. À chaque six mois, ils
changeaient d'idée, à chaque six mois, ils jouaient avec les règles. Alors
qu'aujourd'hui on nous dise : Heille! on va avoir un maximum de
prévisibilité, on doit ça aux immigrants, comme société, on doit ça aux gens
qui veulent devenir Québécois, qui veulent s'investir ici, qui veulent fonder une famille, qui veulent étudier, qui
veulent travailler, qui veulent contribuer ici, Mme la Présidente, c'est
le contraire de ce qu'ils ont fait pendant huit ans.
• (12 h 20) •
Alors, ils
peuvent bien avoir des belles paroles, ils peuvent bien avoir... Et j'apprécie
l'intervention du ministre de l'Emploi, c'est chic de sa part, ce qu'il vient
de faire, j'apprécie, j'apprécie l'intervention, quand même, sérieusement,
M. le ministre de l'Emploi, mais de dire,
aujourd'hui, aux gens qui s'investissent, qui laissent de côté leur pays, leurs
amis, leurs connaissances... de dire : Aujourd'hui, on va vous donner de
la prévisibilité, alors qu'ils ont fait exactement le contraire pendant
huit ans, c'est honteux, Mme la Présidente. Un tel niveau de déconnexion avec
ce qu'ils sont, avec ce qu'ils ont été, avec ce qu'ils ont fait vivre au monde,
avec ce qu'ils ont fait vivre aux entreprises, avec ce qu'ils ont fait vivre à
des gens qui demandent juste d'être Québécois, c'est...
On est d'accord que ça prend un maximum de
prévisibilité, mais, venant de la bouche de ce gouvernement-là, pas très
crédible, surtout, Mme la Présidente, quand la phrase commence en disant «tout
en respectant nos seuils d'immigration».
Vous vous souvenez, la promesse initiale, en 2018, c'étaient
40 000 immigrants, mais, en 2018, il y en a eu
51 000. Après ça, il y en a eu 40 566. En 2020, année pandémique,
d'accord, il y en a eu 25 000, mais après ça, Mme la Présidente,
2021, là le seuil, il est encore à 40 000, là; 2021, 50 275; 2022,
68 721; 2023, 52 808; 2024, 59 440; 2025, 60 136. Ça, c'est sans compter, Mme la Présidente, les
travailleurs étrangers temporaires, là. Bien, ça, c'est le nombre d'immigrés admis à chaque année, alors que le
gouvernement promettait aux Québécois : en prendre moins puis en prendre
soin, ça va être 40 000.
En prendre
moins? Pas vraiment. En prendre soin? Qu'est-ce qui s'est passé dans les
programmes de francisation des immigrants au cours des dernières années?
Coupés. Les gens qui s'investissent dans les programmes de francisation qui disent : Moi, j'ai besoin de ça, je veux vivre ma
vie au Québec, je veux m'établir ici, je veux m'engager en français, je veux
des cours de francisation, bien, désolé, le gouvernement n'est pas là pour
vous, désolé, ces programmes-là sont coupés. Ils sont coupés partout à travers
le Québec, là. Les députés ici le savent, dans leur région, que ce soit en
Abitibi, en Outaouais, n'importe où ailleurs au Québec, les programmes étaient
coupés, Mme la Présidente, il n'y avait pas de services de francisation disponibles, pour des immigrants qui
demandaient juste ça, juste ça que d'apprendre le français. Alors, quand on nous dit «tout en respectant nos
seuils d'immigration», là, permettez-nous d'en douter. Parce que le passé
est toujours garant de l'avenir, Mme la Présidente, la CAQ a échoué à cette
promesse-là, tant au niveau d'en prendre moins qu'au niveau d'en prendre soin.
Mme la Présidente, je dois vous parler
d'économie. Puis, tiens, on va commencer avec l'achat local. 2022, discours
d'ouverture du premier ministre du Québec, hein, on est tous ici, tout le monde
à peu près qui était... qui est ici aujourd'hui était là à l'époque, 2022,
discours d'ouverture : «La première chose qu'il faut faire, la première
chose qu'il faut faire, oui, ma présidente, là, la conseil du Conseil du
trésor, c'est d'être un modèle. Donc, la présidente du Conseil du trésor va
travailler à ce qu'on ait plus d'achats du gouvernement, des sociétés d'État
qui se fassent auprès de nos entreprises.»
Ah! mais il n'avait pas fini : «C'est un péché, quand il y a un produit
québécois compétitif, de qualité, d'aller ailleurs acheter ça.» Ça,
c'était le premier ministre du Québec en 2022 dans son discours d'ouverture.
En 2026, Mme
la Présidente, la présidente du Conseil du trésor présentera une nouvelle
stratégie pour maximiser l'achat québécois dans les contrats publics.
Voulez-vous savoir, Mme la Présidente, dans les établissements de santé à
Montréal, si on achète en majorité des légumes québécois? La réponse, c'est
non. On fait venir des légumes de la Chine,
on fait venir des légumes d'un peu partout en Asie, on fait venir des légumes
des États-Unis, du Mexique, on fait venir
des légumes d'Europe. Il y a des légumes qui viennent d'à peu près partout. Y
en a-tu qui viennent du Québec? Oui, il
y en a quelques-uns, mais, de façon majoritaire, Mme la Présidente, là, et on
vous sortira les chiffres, si vous les voulez, il y a certains légumes
qu'on achète 100 % de l'étranger.
Puis, pendant ce temps-là, le ministre de
l'Agriculture a vu les articles comme moi, a parlé aux mêmes producteurs que
moi, je n'en ai aucun doute, pendant ce temps-là, il y a des entrepôts, au
Québec, de légumes qu'on n'est pas capables de vider, qu'on n'est pas capables
d'écouler le stock, parce que les États-Unis achètent moins de nos produits pour toutes sortes de raisons. Mais
ici, chez nous, au Québec, dans nos CHSLD, dans nos établissements, pendant
qu'il y a des légumes en stock dans les
entrepôts au Québec, bien, on fait venir des légumes de partout à travers le
monde. Bien, il me semble, Mme la Présidente, que c'était la première
chose qu'il faut faire, la première chose.
Pendant que
je parle d'économie, je vais vous parler des forêts un petit peu. Je vois
l'ancien ministre de la Forêt.
Une voix : ...
M. Fortin :
Oui, merci. Le travail du gouvernement, là, c'est un peu de... c'est un peu
d'aider à préparer nos entreprises quand il
y a des menaces comme celle des Américains en ce moment, hein? Ça fait un petit
bout de temps, là, que M. Trump est élu, ça fait un petit bout de
temps qu'il est arrivé avec son immense tableau, avec tous les tarifs, chaque
pays. Puis là on s'est dit : Oupelaïe! on a un problème. Et le job du
gouvernement là-dedans, c'est de dire : Comment je travaille avec nos
entreprises pour qu'ils réussissent à passer à travers de cette situation-là,
qu'ils réussissent à passer à travers de la
crise, quels outils on peut leur donner, comment on peut les aider, qu'est-ce
qu'on peut faire de notre côté pour s'assurer qu'ils sont capables, au
minimum, d'être compétitifs avec les entreprises des autres provinces puis qu'ils soient, peut-être, on
l'espère, capables de passer à travers de la crise qui est engendrée par notre
voisin?
Et, la chose, Mme la Présidente, dans le secteur
forestier, là, que tout le monde demande depuis longtemps, c'est la
modification du régime forestier. C'est ça. Si on veut faire baisser les coûts
des entreprises forestières au Québec, là,
bien, ça prend un nouveau régime forestier. Puis oui, on peut aller jouer dans
les marges. On l'a fait jusqu'à un certain point. Il y a quelques
mesures qui ont été mises de l'avant, et on les a appuyées. Mais la vraie
solution, le vrai enjeu, Mme la Présidente,
c'est la réforme du régime forestier. Et ça, ils ont été incapables de le
faire. Et, encore là, ils ont abdiqué. Ce n'est même pas dans les
dossiers desquels ils veulent parler dans les prochaines semaines.
Là, Mme la Présidente, je vous soumets qu'un des
grands problèmes en économie au cours des dernières années, c'est que la première ministre a été superministre de l'Économie
d'un gouvernement de gaspillage. 500 millions supplémentaires dans SAAQclic,
270 millions à l'eau pour Northvolt, plus le 200 millions de la Caisse
de dépôt. Mais, Mme la Présidente, c'est correct, là, ils vont nous dire :
Ah! oui, mais il y a le terrain, hein, quand même. Le terrain, Mme la
Présidente, oui, oui, c'est un actif, d'accord, mais c'est un terrain qu'on a
payé 240 millions à un entrepreneur qui
l'avait acheté 20 millions quelques années avant. 411 millions, Mme la
Présidente, pour la formation en construction pour que les gens puissent
rénover leurs chalets, 200 millions dans SIFARH, 170 millions dans
Lion Électrique, 90 millions dans Flying Whales, 22 millions
dans Le Panier bleu. Vous souvenez-vous du Panier bleu? L'avez-vous essayé? Ça n'a pas duré longtemps, disons. Et, Mme
la Présidente, on ne peut pas parler du gaspillage caquiste sans parler des
7 millions aux Kings de Los Angeles. Juste, juste pour la... pour la
forme, Mme la Présidente, il y a quand même des gens de leur côté, là,
qui pensaient que c'était une bonne idée, ça. Ils ont fait un point de presse
pour dire : Heille! on va investir là-dedans, les Kings vont venir à
Québec, ça va être cool, on est prêts à mettre de l'argent là-dedans, 7 millions. Vous vous souvenez que l'autre
bord de la rue, l'autre bord de la rue du Colisée, il y avait une banque
alimentaire qui demandait combien, 7 millions, 8 millions? En
même temps, les banques alimentaires demandaient ça. C'est un choix qu'ils ont
fait, Mme la Présidente. Ils ont fait le choix de faire une conférence de
presse en grande pompe puis de dire :
On est donc fiers de ça. Et la nouvelle première ministre a choisi de
renouveler le mandat du ministre des Finances, qui était responsable de
ce dossier-là.
• (12 h 30) •
Il n'y a pas très
longtemps, en novembre, ça fait quoi, six mois, novembre, à peu près, six, sept
mois, le gouvernement a présenté sa vision économique. Et là c'était le premier
ministre avec la ministre de l'Économie, qui est
aujourd'hui première ministre. Et qu'est-ce qui est sorti? Qu'est-ce qu'on a
retenu de cette grande vision économique du gouvernement présentée par
le premier ministre de l'époque et la nouvelle première ministre? La seule
chose que les gens ont retenue, Mme la Présidente, c'est que le gouvernement
était prêt à sacrifier 30 000 emplois de la forêt. C'est la seule affaire qui est ressortie de tout
ça. Et ça, on en a parlé pendant des jours. Mais c'était le plan de la ministre
de l'Économie à l'époque, là. Ce n'est pas le premier ministre qui a écrit ça.
C'est la ministre de l'Économie qui travaille sur la vision économique du
gouvernement. Elle a dit : On va prendre... Le premier ministre a
dit : On va prendre 30 000 emplois de la forêt, qu'est-ce vous
voulez, ça va être dur en forêt les prochaines années, on n'a pas fait de
régime forestier, ça va être dur en forêt les prochaines années, puis on va
prendre ces travailleurs-là puis on va les envoyer à Hydro-Québec, parce qu'il
y a un paquet de gros projets chez Hydro-Québec. Comment ça va, l'entente avec
Terre-Neuve, Mme la Présidente? Avez-vous entendu parler dernièrement? Moi, la
seule chose que... de laquelle j'ai entendu parler, c'est que le gouvernement
de Terre-Neuve a pondu un rapport pour dire... un rapport d'experts pour dire :
Oui, ce n'est pas la meilleure deal, il faudrait retravailler ça, et que les
deux gouvernements ont dit : Bien, on n'est pas liés, là, par le 30... le
30 avril, donc on va continuer à se parler. Qu'est-ce qui se passe avec
les 30 000 travailleurs qui sont supposés aller travailler sur des
projets d'Hydro-Québec pendant ce temps là? Qu'est-ce qui se passe avec toutes
les entreprises qui vont continuer de demander des blocs d'énergie au
gouvernement pendant qu'on n'avance pas sur les projets énergétiques?
Puis ce n'est pas comme si c'était le seul
projet énergétique qui n'avançait pas, Mme la Présidente. Le gouvernement a
fait des appels de projets pour voir : Eh! Est-ce qu'on peut mettre du
solaire partout au Québec? Je n'ai pas besoin de vous dire le nombre de
régions, là, où le réseau actuel d'Hydro-Québec n'est même pas capable de
prendre l'énergie supplémentaire qui pourrait être produite par le solaire. Les
gens, ils ne peuvent même pas appliquer sur ces programmes-là. Alors, de venir
nous dire, là, que, il y a quelques mois à peine, la grande vision économique
du Québec passe par Hydro-Québec... On est d'accord pour le plan
d'investissement d'Hydro-Québec, mais il faut que ça avance.
Ah! puis, tiens, pendant qu'on parle de...
pendant qu'on parle d'économie, j'ai hâte d'entendre le plan de la première ministre sur le gaz de schiste. Ça fait
longtemps que je n'en ai pas entendu parler. Il me semble, depuis la course à
la chefferie, c'est comme... bon, mais, pendant la course à la chefferie, là,
c'était, là : Heille! J'ai besoin de quelque chose pour me distinguer,
pour me... pour sortir du lot, parce que, là, le député de Lévis, il propose
bien des affaires.
Alors, on a sorti du chapeau le gaz de schiste.
Je ne sais pas, je ne sais pas vous, il semble qu'on ait déjà eu ce débat-là au
Québec, mais j'imagine que la première ministre va nous parler de quelque
chose, parce que ça ne peut pas être l'enjeu
dont elle parle pendant la chefferie, l'enjeu qui fait en sorte qu'elle se
distingue un peu, qu'elle sort du lot, puis que, là, elle arrive ici puis elle
n'en parle plus pantoute. Ça ne fait pas de sens, Mme la Présidente. Ça ne peut
pas être l'idée que tu pousses aux
militants, puis qu'après ça tu mets en dessous du tapis, puis on n'en parle
plus, ça n'existe plus. En tout cas, si c'est ça, pas une façon très
honnête de faire de la politique.
Interventionnisme économique, OK, la première
ministre, elle a mis beaucoup d'énergie pour nous dire qu'elle va être moins
interventionniste. C'est comme ça qu'elle va se distinguer de François Legault,
que l'interventionnisme économique, ce n'est pas la meilleure chose à faire. Il
faut aider nos PME. Il faut aider nos PME de façon plus structurante. Ah! c'est
bizarre, il me semble qu'on... C'est comme si elle avait adopté le discours
qu'on lui demande d'adopter depuis
longtemps, mais la question qu'on se pose, c'est : Est-ce qu'elle y croit
vraiment? Parce que moi, je me souviens d'articles qui sont sortis en
début d'année, qui ont dit qu'elle était... qu'elle a beau promettre d'être
moins interventionniste, elle l'a été autant que Pierre Fitzgibbon.
Je cite la première ministre quelques mois à
peine après son nouveau virage : «Je suis pour un État moins
interventionniste, laissons les forces du marché faire leur oeuvre.» Bien,
c'est bizarre, Mme la Présidente, quand elle était ministre de l'Économie, elle
dépensait en moyenne, en interventions du ministère de l'Économie,
267 millions par mois. Son
prédécesseur, M. Fitzgibbon, qui était un interventionniste avoué, bien,
lui, il dépensait juste 260 millions par mois. C'est la ministre la
plus interventionniste de l'histoire du Québec en matière d'économie et
c'est... Voici ce qu'elle disait à l'époque, en 2024, et c'est pour ça qu'on a
de la misère à croire son virage : «Mme la Présidente, on continue à
intervenir auprès des entreprises québécoises. On l'a fait de manière beaucoup
plus significative que les gouvernements antérieurs. Si vous regardez ici — il y
avait un beau tableau — on
a, en rouge, à l'année 2018, le nombre d'interventions d'Investissement
Québec, qui était à 2 900. Il est maintenant à 4 121. Même chose pour
les financements autorisés, ils étaient de 2,4 milliards, maintenant de
3,7 milliards. Les investissements totaux, ils étaient de 8,4 milliards.
Ils ont grimpé à 13 milliards.» La ministre de l'Économie était ici, en
Chambre, pour nous dire : L'interventionnisme, c'est la meilleure affaire,
regardez à quel point on est bons, on intervient partout, tout le temps, plus que n'importe qui, plus que n'importe où. Puis,
aujourd'hui, elle nous dit : Non, non, l'interventionnisme, c'est poison,
là, c'est dangereux, on ne peut pas faire
ça. C'est quoi, sa vraie vision à elle, Mme la Présidente? Qu'est-ce qu'elle
pense qui est plus porteur pour notre économie? Parce que, pendant des
années, pendant des années, elle nous a dit : Il faut intervenir, puis là, tout à coup, elle n'y croit
plus. J'ai de la misère, moi, à croire ça. J'ai de la misère à croire ça, Mme
la Présidente.
La paperasse, parlant de nos entrepreneurs, la
paperasse, ah! Mme la Présidente, 2022, discours d'ouverture du premier
ministre : «Bon, l'autre chose dont on parle, là, quand on parle
d'efficacité de l'État, c'est la bureaucratie, la lenteur, la lourdeur. Il y a
encore du travail à faire là-dessus. Alors, juste en habitation, il y a des
milliards qui sont disponibles pour construire des logements sociaux et
abordables, puis on n'arrive pas à les construire. Bien, il va falloir trouver
le moyen d'aller plus vite.» 2026, la nouvelle première ministre : «Alors,
je vous annonce que la ministre des Affaires municipales
présentera des mesures législatives pour accorder plus de pouvoirs aux villes
afin d'accélérer la construction de logements abordables.» OK, moi, je prends
pour acquis, là, d'habitude, que ce qui est dans le discours d'ouverture, c'est une priorité, hein, ce n'est
pas un discours qui parle de 50 000 affaires différentes, là, si on
parle de ça, c'est parce que c'est une priorité du gouvernement. Et donc ce que
la ministre a avoué hier, c'est que, pendant quatre ans, ils n'ont rien fait.
Pendant quatre ans, alors que c'était une de leurs priorités, ils n'ont rien
fait, ça n'a pas avancé, ils sont obligés de prendre le même discours
encore et encore.
Mme la Présidente, je tiens à le faire, parce
qu'hier la première ministre est tombée dans le même genre de rhétorique qu'on
entend de la CAQ depuis des années, le même genre de vieux discours Montréal
versus Québec, il faut choisir un des deux, c'est un qui est l'autre... c'est
un ou l'autre. Hier, elle a fait un long exposé, là, pour nous dire :
Notre capitale, elle a besoin d'investissements en matière de tramway, il faut
régler l'enjeu de la tête des ponts, il faut une voie de plus sur la 20 à Lévis.
D'accord, Mme la Présidente. Elle nous a aussi dit : Il va y avoir un
nouveau troisième lien. Très crédible, très, très, très crédible. Je suis
certain que les Québécois croient ça de la part de la CAQ. Juste comme ça, vous
souvenez-vous de... vous souvenez-vous de la députée de Louis-Hébert
puis de son immense cartable, hein, son immense cartable, là, qui est arrivée
en conférence de presse, avait mis ça sur le bureau pour nous dire : Oui,
voici toutes les raisons où ça ne peut pas marcher?
Puis moi, je me souviens aussi de la
conférence... de la conférence de presse un peu malaisante de la nouvelle première ministre avec celui qui est aujourd'hui
son leader, là, mais qui avait été ministre des Transports, où essentiellement
elle nous disait : Oui, bien, sa version du troisième lien, ça ne marchait
pas pantoute, là, hein, sa vision centre-ville à centre-ville, son tube,
bitube, le plus gros tube du monde, oui, non, ce n'est pas ça qu'on voulait, on
voulait d'autres choses. Bien là, aujourd'hui, Mme la Présidente, la première
ministre a passé tout ce temps-là pour nous dire : Notre capitale, elle a
besoin d'investissements en transport puis en transport en commun. Elle a zéro
parlé des projets du reste du Québec, zéro. Elle a zéro parlé des projets du Grand
Montréal, zéro. Pourtant, la CAQ avait promis un REM à Chambly, un REM à
Boucherville, à Sainte-Julie, un REM est-ouest à Laval. Elle avait promis un
tramway aux gens de l'est de Montréal. Elle avait promis un prolongement de la
ligne jaune aux gens de Longueuil. Elle avait promis un prolongement de l'autoroute 13 à Saint-Eustache et Mirabel. Et elle
avait promis, ah! des voies supplémentaires sur la 30, vous connaissez
ça, Mme la Présidente. Et elle nous avait dit, pour justifier tout ça :
Montréal, c'est la ville la plus congestionnée en Amérique du Nord. Mme la
Présidente, ils n'ont rien fait de tout ça, puis aujourd'hui on n'en entend
même plus parler, on n'en entend plus parler, ça n'existe plus.
• (12 h 40) •
Dernière chose, dernier sujet duquel je veux
vous parler, la Constitution du Québec. Ça fait apparemment partie encore des
priorités de la première ministre. Elle a dit hier qu'on allait avoir une
nouvelle constitution au Québec. Le ministre de la Justice, hier, nous a dit
qu'on allait avoir une nouvelle constitution au Québec, qu'il avait juste
besoin de l'appui d'une formation politique pour faire ça. Et la formation
politique qu'il a trouvée, c'est celle qui a une députée qui siégeait comme
ministre, du côté de la CAQ. Puis, quand elle s'est fait larguer de son poste
des ministres... de ministre, quand on lui a dit : On n'a plus besoin de
toi, tu n'as pas été capable faire atterrir le régime forestier, elle s'est
retrouvée sur les banquettes indépendantes et aujourd'hui elle s'est jointe au Parti
conservateur du Québec. Donc, il y a une députée, une transfuge qui siège au
Parti conservateur du Québec, mais qui, à la base, était une caquiste, et le
gouvernement aujourd'hui se satisfait de ça pour dire : Heille! j'ai un
appui, j'ai un appui, je peux imposer une constitution.
Même si, Mme la Présidente, le Barreau du Québec, parce qu'on parle d'une
constitution, là, on parle de la loi des lois, donc, d'après moi,
consulter des avocats, ce n'est pas une mauvaise affaire, le Barreau du Québec
dit que le projet de loi menace la séparation des pouvoirs, musèle les
contre-pouvoirs, crée de l'instabilité juridique, affaiblit les droits
fondamentaux.
L'association
des Premières Nations Québec-Labrador... Je ne sais pas vous, mais, quand on
fait une constitution, d'après moi, s'asseoir avec les Premières
Nations, de nation à nation, discuter de tout ça, avoir un véritable dialogue
et pondre un document constitutif qui rejoint les intérêts puis les aspirations
de tout le monde, c'est la moindre des choses. Bien, l'association des
Premières Nations Québec-Labrador, elle dit que la Constitution du Québec,
c'est un document colonial, centralisateur
et incompatible avec les droits fondamentaux des Premières Nations. Juste ça,
Mme la Présidente, là, ça devrait être assez pour dire : On va
attendre, hein, on va recommencer ça une autre fois, plus tard, on va laisser la chance à quelqu'un d'autre, on va
s'assurer d'avoir des gens qui embarquent avec nous là-dedans. Mais ce
n'est pas ça qu'ils ont fait.
Alors, Mme la Présidente, quand je vous dis,
quand je vous dis qu'on a devant nous, là, un gouvernement qui est usé, un
gouvernement qui est en fin de parcours, un gouvernement qui a les mêmes
joueurs qu'on connaît depuis longtemps, un gouvernement qui a les mêmes idées qui
n'ont pas fonctionné, un gouvernement qui joue dans le même film en mettant les Québécois les uns contre les
autres, un gouvernement qui a la même crédibilité, la même crédibilité...
Puis là je vais prendre 30 secondes, Mme la
Présidente, je vais prendre 30 secondes, Mme la Présidente. Moi, comme à peu près tout le monde ici, là, je suis la
politique depuis longtemps. Je suis certain que les gens ici, là, avant d'être
en politique, là, ont suivi la politique. Et je ne me souviens pas de beaucoup
de gouvernements, Mme la Présidente, qui ont fait le tour de passe-passe
magique, qui est probablement la chose la plus intrigante du gouvernement de la
CAQ, qui, en huit ans, année après année, là, pendant huit ans, ont réussi à
augmenter les déficits puis à diminuer les services.
D'habitude, là, quand on augmente le déficit,
c'est parce qu'on se dit : Ah! on va donner plus de services à la
population. Ou d'habitude, là, quand on réduit les déficits puis qu'on accumule
des surplus, bien, c'est parce qu'on s'est
dit : On va priver... on va se priver de quelques services le temps de
remettre les finances en ordre. Eux autres, ils ont fait le contraire. Eux autres, Mme la Présidente,
ils se sont dit, année après année, là : Voici ce qu'on offre aux
Québécois, on va dépenser plus puis
on va donner moins en services à la population. Je ne comprends pas comment ce
gouvernement-là est arrivé là. Je suis observateur
de la politique depuis longtemps, comme tout le monde ici, puis je n'ai jamais
vu ça. Ça ne fait pas de sens. Il n'y a pas un Québécois, dans ses finances
personnelles, qui se dit : Heille! ça va bien, mes affaires, je dépense
plus, puis je n'ai plus rien à manger dans le frigidaire. Personne ne se dit
ça. Ça ne fonctionne pas comme ça. Un gouvernement qui dépense plus devrait
donner plus de services. Là, on a un gouvernement qui gaspille, qui dilapide
les fonds publics, puis il donne moins de services à la population.
Félicitations! C'est ça que vous avez fait pendant huit ans, c'est un tour de
passe-passe incroyable. Puis, Mme la Présidente, je n'ose pas, comme la
première ministre nous demande de le faire,
je n'ose pas imaginer un autre quatre ans de ça. On n'est pas capables de se payer
ça, au Québec. Merci.
Motion formulant un grief
Alors, Mme la Présidente, Mme la Présidente, je
dépose la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale blâme sévèrement le gouvernement caquiste pour l'absence
de résultats concrets, la dilution de ses engagements envers les Québécois et
la présentation d'une vision recyclée inadaptée aux défis d'aujourd'hui.»
Merci.
La Présidente : Merci, M. le chef de
l'opposition officielle. Votre motion, elle est déposée sous réserve de sa
recevabilité.
Je vais
maintenant céder la parole à Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition, en
lui rappelant que son temps de parole est d'une durée maximale d'une
heure. Mme la cheffe, la parole est à vous.
Mme Ruba Ghazal
Mme Ghazal : Très
bien. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Donc, à mon tour de répondre au
discours de la première ministre hier. Je vais commencer. Je vais avoir le
temps de faire l'introduction. Je continuerai après, évidemment.
Je veux quand même le resouligner, c'est
important, on a assisté quand même à un moment important dans l'histoire du Québec, dans l'histoire de notre
Parlement. C'est la deuxième première ministre qui dirige le gouvernement
du Québec. Ce n'est pas rien, c'est un symbole fort, et je le salue
sincèrement. Comme femme politique, comme femme à la tête d'un parti politique,
c'est important de le souligner. Ça a été fait à maintes et maintes reprises,
et on ne le fera jamais assez, parce que, dans toute notre histoire, il n'y a
pas eu assez de femmes qui dirigent le Québec. On est encore dans les premières. Mais les symboles, évidemment,
engagent la responsabilité. Les symboles, c'est important, mais ce n'est, bien
sûr, pas suffisant. Les Québécois et Québécoises s'attendent à plus que
seulement des symboles. Ils s'attendent aussi à des gestes pour que
nous, ici, les élus, on défende leurs intérêts.
En parlant de
geste fort, je vais commencer avec les fleurs, comme il est d'usage ici. Je
veux saluer l'engagement de la première ministre de déposer une loi
inspirée de la loi de Clare, la loi que j'aimerais qu'on ait une version québécoise, qui s'appelle la loi... qui
s'appellerait la loi Gabie Renaud, pour protéger toutes les femmes victimes de
violence conjugale et surtout pour prévenir les féminicides. Il y en a eu
beaucoup, beaucoup trop. Et on ne doit pas économiser aucune énergie pour
défendre les femmes. Et j'ai senti cette volonté de la première ministre de
dire que ce n'est pas une fatalité, d'avoir
des féminicides. On ne peut pas seulement dire qu'on en a fait assez, il faut
encore en faire plus. Donc, je salue cet engagement-là.
J'espère qu'on va travailler ensemble pour nous
assurer que cette loi protège réellement les femmes, de travailler avec les
gens du terrain, les expertes aussi qui connaissent bien la situation. C'est
important que les femmes connaissent les antécédents violents de leur conjoint,
mais ce n'est pas suffisant. Il faut aller de l'avant, je suis contente, mais il faut en faire plus. Il faut aussi
s'assurer que... quand une femme veut quitter un milieu de vie violent...
quitter un conjoint, c'est là qu'elle est le plus à risque d'un
féminicide, donc il faut aussi investir dans les maisons d'hébergement. Surtout
quand on est en pleine crise du logement, elles ne peuvent pas quitter facilement,
elles ont besoin de protection, elles ont besoin d'aide des intervenantes.
Donc, la première ministre doit s'attendre à ce que je la talonne aussi sur les
engagements financiers, qui ne sont pas suffisants dans le budget qui a été
déposé par le ministre des Finances.
Un deuxième élément sur lequel je veux saluer
l'engagement de la première ministre, c'est la réouverture du Programme de
l'expérience québécoise. Il y a eu trop de vies qui ont été chamboulées par la
mauvaise gestion de la CAQ et de l'ancien ministre de l'Immigration dans ce
dossier. La première ministre, elle-même, elle l'a reconnu. Elle a fait des
tournées, elle a écouté les gens, que ce soient les personnes qui ont souffert
de cette mauvaise décision de la CAQ d'arrêter, de couper ce programme, le PEQ,
mais aussi elle a écouté les gens partout, dans les milieux, dans les régions,
qui disaient que nous avons besoin... surtout la mobilisation des maires et
mairesses, un peu partout au Québec, qui ont
fait un engagement... qui ont fait une mobilisation vraiment admirable pour
dire : Ça n'a pas de bon sens, ce qui est en train d'être fait. Et la première ministre les a écoutés. Mais là ce
qu'on a besoin, c'est de... pas juste d'un engagement, mais de savoir
quand. La question à laquelle la première ministre, et le gouvernement de la
CAQ, n'a pas répondu, c'est : Quand le
Programme de l'expérience québécoise va être rouvert? Parce que les gens
attendent encore, et leur vie est encore chamboulée par cette mauvaise
décision. Donc, il va falloir agir rapidement, il reste très, très peu de
temps.
• (12 h 50) •
Maintenant, Mme la Présidente, au-delà de ça, de
ce qu'a présenté la première ministre, bien, ce sont les mêmes priorités, hein? C'est les mêmes ministres, pas
mal, là, dans son gouvernement, c'est la même logique, c'est... Dans le fond,
on assiste à un faux renouveau. Elle a dit
que c'est un nouveau gouvernement, mais ça reste quand même le gouvernement de
la CAQ qui est au pouvoir depuis huit ans. Donc, c'est un faux renouveau qu'on
voit là, malgré le changement de ton. Dans les priorités,
ça... ce n'est pas exactement... les solutions qui sont présentées par la
première ministre ne répondent pas exactement
aux priorités des Québécois et Québécoises. Le peuple québécois, aujourd'hui,
après huit ans de gouvernement caquiste, a besoin d'un nouveau souffle, plus
que jamais, un nouveau souffle, mais pas avec la même vieille machine,
avec les mêmes solutions qui nous amènent encore et encore les mêmes problèmes
qu'on a connus. Les Québécois ont besoin d'un changement de cap. Les Québécois
ont besoin d'un gouvernement qui a de l'ambition, qui ne dit pas : On n'a pas le choix, le monde a changé, il faut continuer
comme avant. Il faut qu'il y ait un réel changement, parce que, si on continue avec les mêmes solutions, ceux
du gouvernement de la CAQ, ou les anciens, les gouvernements précédents qui
ont gouverné, que ce soit du Parti québécois ou du Parti libéral du Québec,
bien, on va se retrouver avec les mêmes problèmes encore et encore.
Le constat de la première ministre sur le coût
de la vie. Je fais le même constat. La crise du coût de la vie, c'est une
priorité des Québécois et Québécoises, surtout dans un contexte économique
international qui est très chaotique, qui
est très, très inquiétant. Je constate le même... Je fais le même constat
qu'elle sur l'état de nos infrastructures. Elle a dit que, pendant 50 ans,
les infrastructures, on a laissé ça aller. C'est vrai. Dans les 50 ans, il
y a les huit ans du gouvernement de la CAQ qui ont laissé aller nos
infrastructures, nos écoles, nos hôpitaux qui tombent en ruine. On fait aussi
le même constat sur la culture et l'identité québécoise qu'on doit protéger, en
accueillant les gens qui viennent d'ailleurs et qui veulent s'intégrer à la
société québécoise. Tout ça, tous ces constats-là qu'elle fait lors de son
arrivée depuis deux semaines, deux, trois
semaines, bien, c'est les constats du bilan de la CAQ, du bilan du gouvernement
où elle a été ministre. Pas n'importe
quelle ministre, elle a été ministre d'un ministère important, de l'Économie,
ministre de l'Énergie, ce n'est pas rien. Et donc c'est son bilan,
maintenant, dont elle essaie de se dissocier.
Mais, les solutions, comme je le disais, on ne
peut pas, ça, avoir toujours les mêmes solutions, sinon on va se retrouver avec
les mêmes résultats. Coupures dans les services, hein? Puis il faut se méfier
des gens qui nous disent : On peut couper dans les services, mais il n'y
aura pas... il n'y aura pas d'atteinte aux services à la population. Moi, je ne crois pas à la pensée magique. C'est
impossible. On ne peut pas faire semblant que les services aux citoyens ne seront
pas atteints si on coupe, si on n'investit pas à la hauteur, même au-delà de
l'inflation et des coûts de système, si on ne fait pas ça comme ce que fait le
budget de la CAQ, bien, il va y avoir une atteinte aux services. Donc, j'ai
hâte de voir comment la première ministre va dire qu'elle ne va pas couper dans
les services aux élèves, alors qu'il y a des coupures dans le système de l'éducation. Elle disait que c'était important,
l'éducation, pour elle, puis que c'est important d'investir, puis qu'elle va s'assurer que ça ne touche pas les
élèves. J'ai très, très hâte de voir, parce que, comme je vous dis, Mme la Présidente,
je ne crois pas à la pensée magique.
J'ai écouté
aussi le collègue du Parti libéral, tout à l'heure, nous dire : Ça n'a pas
de bon sens, il y a eu de l'argent qui a été gaspillé, et, en plus, les
déficits ont été montés. Là aussi, on n'a pas besoin des mêmes solutions. On
les connaît, les solutions du Parti libéral du Québec, c'est
l'austérité, donc de couper dans les services pour réduire les déficits, parce
qu'il n'y a pas 36 000 solutions. Et, encore une fois, les Québécois
n'ont pas besoin de plus d'austérité, de plus de coupes dans les services. Ils
n'ont pas besoin aussi des mêmes vieilles solutions des... que ce soit les
anciens gouvernements ou le gouvernement de la CAQ, que, dans les services,
quand ça va mal, bien, la solution facile, c'est de mettre plus de privé. Pour
vrai, Mme la Présidente, si ça marchait, on le saurait, comme le dit la
publicité. On sait que ça ne marche pas. Ça fait des années qu'on nous dit,
depuis Jean Charest qu'on nous dit : Il faut de la réingénierie de l'État.
Hein, ça fait longtemps qu'on ne l'a pas entendu. Après ça, il y a eu
l'austérité du Parti libéral. Après ça, il y a eu ce que la CAQ aussi nous a
amené, de dire qu'on en a fait assez, on ne peut pas en mettre plus. Là,
maintenant, il faut être plus efficace. Il faut plus... moins de bureaucratie.
Bien sûr, tout le monde est d'accord avec ça. Mais, après, d'utiliser la
bureaucratie, moins de bureaucratie pour couper les services, pour après ça
essuyer les déficits, on n'a pas besoin de ça. On n'a pas besoin de plus de
privé, de plus d'austérité puis plus de coupures dans les services. C'est la
même vieille recette que la première ministre nous amène, la même vieille
recette des 30 dernières... des 20, 30 dernières années, des
gouvernements qui ont gouverné le Québec.
En immigration, je veux revenir là-dessus, on
attend toujours l'effectivité de cette décision-là de la première ministre de
reconduire le PEQ. On attend toujours quand ça va être fait. Mais aussi, quand
on parle d'identité, quand on parle de langue française, il faut parler de
francisation. Comme enfant de la loi 101, arrivée ici, au Québec, avec ma
famille, nous avons bénéficié de la francisation pour les immigrants, immigrantes,
les gens d'ailleurs qui viennent ici nous rejoindre, qui veulent s'intégrer au
Québec. En ce moment, il y a une liste de gens qui veulent obtenir des cours de
francisation, et il n'y en a pas. On se rappelle de la... des coupures qui ont
eu lieu en décembre 2024, si je me rappelle bien, et l'ancien ministre de
l'Immigration, finalement, a dit : On va remettre de l'argent. Bien,
aujourd'hui, ça ne fait peut-être pas la une de tous les journaux, mais moi, je
parle avec beaucoup de profs en francisation qui disent : Moi, je ne sais
pas si je vais avoir un emploi, alors qu'on sait qu'il y a plein de gens qui
attendent encore pour avoir des cours de francisation. On a vu ça, pas à
Montréal, là, seulement, on a vu ça partout au Québec, notamment en Estrie, où
des profs que j'avais rencontrés à l'époque aussi, il y a un an et demi, qui
disaient : Ça n'a pas de bon sens, on
risque de... on est en train de couper en francisation, et encore, et encore...
Moi, je trouve ça dommage qu'on n'en parle pas assez, parce que, si on
veut protéger l'identité, ce n'est pas uniquement en reconduisant le projet de
loi n° 96, la loi n° 96 du gouvernement puis en
faisant toujours la même chose, c'est en francisant pour vrai, avec une réelle volonté. C'est comme ça qu'on réussit, au Québec,
à avoir une identité forte, en francisant puis en intégrant les gens qui
viennent d'ailleurs et qui choisissent le Québec. Et ça, je n'ai pas entendu un
seul mot de la part de la première ministre sur la francisation et les coupes
en francisation qui ont lieu.
Je ne sais plus, là,
combien de temps il me reste. Il me reste deux minutes. Je vais aborder,
évidemment, les priorités importantes. Mme
la première ministre a parlé du coût de la vie. C'est encore nébuleux, on ne
sait pas trop ça va être quoi, les... ce qu'elle va faire vraiment pour
aider les Québécois. La seule mesure qu'on a vue, c'est pour aider les gens à devenir propriétaires. On est d'accord avec ça.
Je me rappelle, hier, elle a parlé d'un couple, d'un jeune couple, de Rosie et
William. Juste rappeler que, ce jeune couple là, elle a pris cet exemple-là,
moi, je suis très contente pour eux et elle... bien, pour lui et elle, pour ce
jeune couple là de pouvoir accéder à la propriété, mais c'est des jeunes qui
n'étaient pas locataires avant de devenir propriétaires. Ils habitaient chez
papa, maman et après ça ils vont devenir propriétaires et bénéficier de la
réduction de la taxe de bienvenue. Cela dit, je n'ai rien entendu, malgré la
question que j'ai posée aujourd'hui à la première ministre, comment elle va
aider les locataires réellement, de façon urgente, maintenant, alors que les
locataires... 40 % de locataires au Québec ont besoin d'aide maintenant.
Parce qu'ils souffrent aussi, comme les autres qui veulent devenir propriétaires,
comme Rosie et William, probablement leurs parents, du coût de la vie, de
l'épicerie, du prix des transports. Et le plus gros poste budgétaire, c'est,
oui, l'hypothèque, mais c'est aussi le loyer des Québécois et Québécoises. Et,
ça encore, il y a... je n'ai rien entendu de la part de la première ministre.
Nous, à Québec
solidaire, on a fait des propositions. La première ministre, elle a dit qu'elle
veut être à l'écoute, elle va être à l'écoute des Québécois et Québécoises.
Elle veut travailler en collaboration, elle veut un changement de ton. Voilà. On pourrait avoir un changement de
ton, elle pourrait avoir plus d'écoute pour les locataires. Je vais y revenir
après. Merci, Mme la Présidente.
La
Présidente : Durée impeccable, Mme la cheffe du deuxième groupe
d'opposition. Avec le temps qui nous est
imparti, nous devons suspendre nos travaux. Nous reprendrons, et vous aurez
tout le temps qui vous est alloué à utiliser.
Là-dessus, nous
allons suspendre, et reprendre, si ma mémoire est bonne, à 15 heures, M.
le secrétaire général? Nous reprendrons à 15 heures les travaux. Merci.
Bon appétit.
(Suspension de la séance à
13 heures)
(Reprise à 15 h 01)
La
Présidente : Bonjour, tout le monde. Nous allons reprendre nos
travaux. Je vous invite à vous asseoir.
Et
nous poursuivons les affaires prioritaires avec le débat sur le discours
d'ouverture. Et nous allons poursuivre avec le droit de parole de la
cheffe du deuxième groupe d'opposition. Nous vous écoutons, madame.
Mme Ghazal :
Merci, Mme la Présidente. Juste avant qu'on s'arrête, j'ai parlé de... Une des
grandes priorités des Québécois et Québécoises, c'est le logement. C'est le
premier poste budgétaire, hein, dans une famille, donc ne pas s'y attaquer, c'est ne pas s'attaquer aux
priorités des Québécois. Et j'ai posé la question à la première ministre,
aujourd'hui, par rapport aux actions qu'elle va poser pour les
locataires. Elle m'a parlé de construire, de construire parce qu'il faut augmenter l'offre. Bien sûr, on est d'accord avec
ça, sauf que, pour le moment, de façon urgente, comment est-ce qu'on
peut aider les locataires?
Nous, on a proposé
plein de mesures qui peuvent être faites rapidement pour permettre de donner du
souffle et de l'oxygène aussi aux locataires qui souffrent de la crise du coût
de la vie. Par exemple, de réformer le Tribunal administratif du logement qui
ne fournit pas, notamment à cause de beaucoup de bureaucratie, mais il y a
aussi beaucoup, beaucoup de demandes, parce que les prix augmentent beaucoup,
donc ça amène les gens à aller au Tribunal administratif du logement. Rendre
les dossiers de locataires anonymes, ça se fait ailleurs, ça fonctionne. Ça
pourrait aussi aider le TAL, là, à avoir
moins... les gens à pouvoir avoir accès aux loyers, à des loyers. Et contrôler
les loyers, ça, c'est vraiment une mesure très, très importante. Les loyers ont
augmenté. C'est rare, là, les gens qui ont eu une augmentation de
3 %, là. Ça, ça n'existe pas. On va voir la moyenne ça va être combien,
mais c'est beaucoup plus. L'année passée, on
l'a vu, il y avait des gens qui avaient des augmentations même jusqu'à
30 %, 40 %. Mais on le voit aussi dans les médias, les gens qui ont
des grosses augmentations, mais on va voir qu'en moyenne c'est beaucoup,
beaucoup plus que ce qui est prévu par le TAL.
D'agir,
comme l'a dit mon collègue le député de Laurier-Dorion, d'agir sur les
logements laissés vacants. Il y a des logements dans l'est de Montréal, mais, un
peu partout, qui sont laissés vacants. Il va falloir agir aussi, parce que
c'est des logements qui sont sur le marché et qui permettraient
d'augmenter l'offre. Ça, c'est important.
Mais je veux quand
même sensibiliser la première ministre puis peut-être le gouvernement de la
CAQ, parce que, la première ministre, dès qu'elle est arrivée en poste, elle a
dit : Moi, je ne veux pas d'une économie de locataires. Après ça, elle
s'est rattrapée, elle n'a plus jamais utilisé cette expression-là, mais ce qu'elle
a dit, ce qu'elle veut, elle veut une économie de propriétaires. Puis je
comprends cette mentalité-là. Moi aussi, pour mes parents, il fallait
absolument que je devienne propriétaire, sinon j'ai manqué ma vie. Je le sais,
je le comprends. Ça fait partie de notre culture, de nous inciter à devenir
propriétaires, et c'est correct. Puis je respecte ça puis je veux même... Je le
sais, je le dis aux gens, si vous êtes capables de devenir propriétaires, c'est
important. En ce moment, ce n'est vraiment, vraiment pas facile. Il y a
beaucoup de jeunes qui viennent quand même de milieux... de la classe moyenne,
moyenne aisée, puis qui ont de la misère.
Ils ont de la difficulté. Pour eux, ça devient un rêve inaccessible, ce qui
n'était pas le cas à mon époque.
Mais je veux quand
même sensibiliser le gouvernement et la première ministre sur c'est quoi être
locataire. Locataire, c'est... pour beaucoup de gens, ce n'est pas juste en
attendant d'avoir une maison. Ce n'est pas ça. Penser ça, c'est être un peu...
pas vraiment connecté à la vie de la... de beaucoup de gens. Il y a des
locataires, par exemple, des aînés... Moi, mon... Moi-même, je suis locataire.
J'ai ma voisine qui est locataire, une femme aînée, là, de plus que 70 ans, puis, pour elle, c'est ça, sa vie.
Elle a travaillé toute sa vie, puis, pour elle, c'est habiter dans un logement
en sécurité avec un bon propriétaire qui lui permet de rester là jusqu'à
un jour... Quand elle ne sera plus capable d'être autonome, bien là, elle irait
ailleurs, dans un CHSLD ou autre. Ça fait que c'est ça, sa vie, pour elle.
Il y a des locataires aussi, des
femmes victimes de violence conjugale, qui ont fui un milieu dangereux, qui
veulent se reconstruire avec leurs enfants, et elles ont besoin d'un logement.
Elles ne pourraient pas devenir propriétaires, puis ce n'est pas ça,
leur rêve. Tout ce qu'elles veulent, c'est un endroit sécuritaire pour elles et
leurs enfants.
Il
y a aussi des travailleurs autonomes dont les revenus varient beaucoup. Une
année, ils font beaucoup d'argent, d'autres, beaucoup moins... qui
ne leur permettent pas d'accéder au crédit, parce que, les banques, pour te
permettre... pour permettre aux gens d'avoir une hypothèque, bien, ils ont
besoin de voir les revenus et, des fois, ils ne peuvent pas.
Même les cadeaux
électoraux, notamment le cadeau électoral de remboursement de bienvenue, parce
que c'est exactement ce que c'est, de la première ministre, ou le cadeau
électoral qui est proposé par le Parti libéral du Québec, de rembourser aussi
la TVQ jusqu'à concurrence de 10 000 $ pour les nouvelles
constructions... On nous dit que c'est pour stimuler la demande, mais c'est un
cadeau électoral, parce qu'on sait, la première ministre veut aller donner
l'argent, même pour ceux qui sont déjà propriétaires en ce moment. On comprend.
Moi, je suis très heureuse pour ces gens-là. C'est juste que c'est de l'argent
public, des fonds publics qui vont à des gens qui sont déjà propriétaires. Ça
n'augmente pas l'offre et ça ne va pas aider des gens à devenir propriétaires nécessairement
puisqu'ils le sont déjà.
Au contraire, ce que
ça fait même, à cause de la façon que ça fonctionne puis les prix des maisons
qui ont beaucoup augmenté... Et le 5 000 $ et le... de la CAQ et le
10 000 $ du Parti libéral du Québec risquent de se retrouver dans le
coût de la maison qui va être augmenté, parce qu'en ce moment, quand on veut
acheter une maison, bien, ça se fait sans transparence. Les gens ne savent pas,
quand ils font une offre sur une maison, ça a été combien, les montants qui ont été faits par d'autres personnes,
potentiels acheteurs, et souvent, ils vont mettre beaucoup d'argent. Bien, l'argent
qu'ils reçoivent, que ce soit avec la mesure du Parti libéral ou avec la mesure
de la CAQ, probablement qu'elle va être mangée
par cette surenchère, à laquelle on assiste, parce que les transactions sont
faites à l'aveugle. Donc, c'est pour ça qu'on demande qu'il y ait de la
transparence puis qu'on connaisse...
À Québec solidaire,
une de nos mesures pour permettre l'accès à la propriété, c'est de permettre
aux gens qui veulent devenir propriétaires de savoir combien ils mettent de
l'argent. Et ça ne règle pas tout, hein? On n'a jamais prétendu que ça va tout
régler. C'est une mesure qui amène de la transparence, et ça va peut-être même
permettre aux gens d'être moins endettés, parce que le surendettement des
ménages, c'est vraiment catastrophique en ce moment, et on ne veut pas qu'ils
soient surendettés. Ça fait que cet argent-là, il faut qu'il soit dans les
poches des gens et non pas qu'ils se surendettent, ce que font les propositions
et de la CAQ et du Parti libéral du Québec.
Construire, c'est
important, il faut le faire. À Québec solidaire, on va arriver aussi avec des
propositions sur comment construire du logement réellement abordable, des
logements sociaux. On parle, oui, bien sûr, des HLM, mais aussi des
coopératives d'habitation, des OBNL, des logements réellement hors marché. Il y
a un désinvestissement et de l'État fédéral
et du Québec en matière de logement, où est-ce qu'on a laissé aller le libre
marché... la loi de l'offre et la demande, puis ça a été... on le voit, on est
dans un marché totalement déséquilibré. Donc, oui, il faut construire, il faut
le faire, du logement réellement, réellement
abordable, mais il faut aussi mettre en place les mesures dont je viens de
parler, qu'on peut mettre rapidement, en ce moment, notamment le
contrôle des loyers.
Le contrôle des
loyers est très, très important, puis c'est aussi une mesure qui permettrait
aux locataires de devenir propriétaires. Par exemple, si je prends l'exemple de
la première ministre, de Rosie et William, supposons qu'ils n'habitaient pas
chez leurs parents... parce que cet exemple-là, ils habitent chez leurs
parents, chanceux qu'ils sont. Tout de
suite, ils s'en vont habiter dans une maison, je suis très heureuse pour eux et
elles. Mais supposons que c'est des
locataires, puis les loyers ont augmenté... puis là c'est une grande partie des
salaires puis des revenus, puis il y en a qui sont obligés même de
s'endetter pour payer le loyer qui a augmenté de beaucoup... Les gens qui
habitent dans leur logement depuis
20 ans ne voient pas ce problème-là, mais dès qu'ils déménagent, pour une
raison x ou y, puis ça arrive, c'est là, c'est là qu'ils font face à la
réalité du marché qui est totalement déséquilibré.
Et,
s'ils pouvaient, si les... on contrôlait les loyers... nous, à Québec
solidaire, on propose de les plafonner à l'inflation, pendant une période de
temps, de les plafonner. Donc, oui, des augmentations, mais raisonnables, à
l'inflation qui est basse. Le taux d'inflation en ce moment, il est à
2,2 % à peu près. Et de plafonner ça, ce que ça fait pour les locataires,
ils peuvent se mettre de l'argent de côté. Puis, en se mettant de l'argent de
côté, ils pourraient, après ça, faire une
offre d'achat sur une maison puis devenir propriétaires. Puis ils auraient
encore plus de chances de faire une offre d'achat qui ne leur coûtera
pas les yeux de la tête, leur maison et l'hypothèque, si les offres d'achat
sont faites de façon transparente et non pas à l'aveugle.
Donc,
aider les locataires, contrôler les loyers, plafonner les hausses qui sont
immenses, parce que c'est volontaire, là, le 3,1 % du Tribunal administratif du logement, ça permettrait de... aux gens d'avoir de l'argent
de côté puis de devenir propriétaires. C'est aussi une mesure pour...
d'accès à la propriété qui aide aussi les locataires qui habitent dans leur logement puis qui n'ont pas les cas de figure que
j'ai mentionnés tout à l'heure, qui ne peuvent pas devenir propriétaires.
• (15 h 10) •
Un autre élément
aussi que la première ministre a mentionné, elle a dit : Il faut augmenter
l'offre. Donc, en augmentant l'offre, pouf, les prix baissent. Bien, ce n'est
pas vrai, parce qu'en ce moment, on a les chiffres, de façon générale, là, tous
loyers, tous logements confondus, il y a eu une augmentation. Donc, c'est vrai,
il y a eu plus de constructions. Il y en a eu plus, pas assez pour équilibrer
le marché, mais les prix n'ont pas baissé. Peut-être, en moyenne, on peut dire
qu'il y a eu une petite baisse, mais les prix des logements que les gens sont
capables de se payer, lui, il n'a pas baissé. Ça, les gens se les arrachent. Ce
qu'on vit en ce moment, ce n'est pas juste une crise du logement. Si je veux
être vraiment précise, ce qu'on vit, c'est une crise de l'abordabilité, parce
que, des logements... pardon, des logements à 2 000 $ et plus, ça, il
n'y a pas de pénurie, il n'y a pas de crise. N'importe qui qui est capable de
payer un logement à 2 000 $ et
plus, aucun problème, il peut en trouver, même 2 500 $, vraiment.
C'est une crise des logements que les gens sont capables de se payer
avec leurs salaires... parce que leur revenus et leurs salaires, leurs revenus
aussi, n'ont pas augmenté à la vitesse grand V du prix du logement.
Donc, ce qu'on veut à
Québec solidaire puis ce qu'on propose... puis on a lancé un plan habitation
qu'on est en train de dévoiler et qu'on va amener... ce que ferait un
gouvernement solidaire pour les prochaines élections, c'est un plan avec des
mesures structurantes, avec des mesures à long terme, pas juste des cadeaux
électoraux à gauche et à droite. C'est
facile de dire : On va prendre l'argent du Trésor public, malgré les
déficits, et tout ça, on va prendre cet argent-là puis on va le donner
pour les gens pour qu'ils votent pour nous. Mais après ça, si les gens
continuent à être endettés... parce que
c'est ça, c'est ça que ça fait, le 5 000 $, là, puis ce n'est pas
juste Québec solidaire qui le dit. Il y a des experts aussi qui en ont
parlé, ça ne va pas baisser les prix des maisons, ça, c'est sûr et certain, et
les gens vont être portés à le mettre dans leur offre, donc ça va être mangé
par l'augmentation des prix.
Il n'y a pas
de solution miracle à 20, 30 ans de laisser-aller du marché. Je posais la
question à la première ministre sur la cause, quelle est la cause, et
elle a reconnu qu'il y a plusieurs causes. Il n'y en a pas juste une, il y a
plusieurs causes. C'est une avancée par
rapport à son prédécesseur, mais elle a dit quelque chose, elle a reconnu qu'on
n'a pas fait assez, on n'a pas
construit assez. Puis elle, elle arrive après huit ans de caquisme pour
dire : Voilà, nous, on va tout de suite construire, puis tout d'un coup, tout ce qu'on n'a pas fait pendant huit
ans, on va réussir à le faire dans les quatre prochaines années. Ce
n'est pas sérieux.
La vraie crise... la vraie cause, les vraies
causes de cette crise de l'abordabilité et de la crise du logement, c'est les décisions qui ont été prises dans les 20, 30 dernières
années, où est-ce que les gouvernements se sont... ont laissé faire
le marché, ils ont dit : On va arrêter de construire des logements
réellement abordables, des logements sociaux. Des coopératives, ça ne se
construit plus. Encore plus, on le voit avec le projet de loi n° 20, où
est-ce qu'on veut s'attaquer à la classe moyenne. Les gens qui habitent, qui
ont des logements abordables, on veut s'attaquer à eux. Il y a une crise,
partout, du logement, et une des solutions pour s'attaquer, c'est de s'attaquer
aux gens qui ont des salaires peut-être plus
élevés à travers le temps, qui habitent dans une coopérative. Voyons donc! Ce
n'est pas comme ça qu'on va régler la crise. J'espère que ce projet de loi ne
sera pas adopté et qu'il va être abandonné, même s'il a été reconduit par la
première ministre.
De laisser libre cours au marché, c'est une des
causes qui fait qu'on se retrouve dans la crise, de laisser aussi les
spéculateurs immobiliers. On les voit, là, moi, je les vois, les gens, les
victimes des Zavriyev, des Shapiro de ce monde, là. Je suis allé chez eux, puis
les gens ont peur, ceux qui décident de résister et de rester, c'est comme
vraiment David contre Goliath. C'est parce qu'on a laissé libre cours au marché
en disant : L'offre et la demande va tout faire. On sait que ce n'est pas vrai. Ce n'est pas vrai, ce n'est pas... ce
n'est pas ce qui arrive. Donc, c'est sûr que, dans notre plan
habitation, on va avoir beaucoup de mesures, un bouquet de mesures, j'en ai
nommé quelques-uns, et ça va être une priorité, la priorité des priorités
pendant la campagne électorale, pour aider les gens. Mais on ne pourra pas, par
une seule mesure, régler un problème qui dure à cause de 20, 30 ans de
laisser-aller des gouvernements précédents.
Donc, vous le voyez, j'ai parlé beaucoup du
logement. La première ministre, il faut qu'elle s'attende à ce que je revienne
à la charge encore et encore, mais on va... on fait aussi des propositions, à
Québec solidaire. Elle a dit qu'elle était à l'écoute, qu'elle était une
ministre... première ministre qui écoute. C'est d'ailleurs pour ça qu'elle a
décidé de revenir sur la position de son prédécesseur puis de l'ancien ministre
de l'Immigration sur le Programme de l'expérience québécoise, parce qu'elle a
écouté. Moi, je l'invite aussi à continuer l'échange puis à écouter les mesures
de Québec solidaire, de contrôler les loyers, d'arrêter de considérer que les
locataires, c'est juste vraiment un temps qu'on
attend parce qu'on souffre puis c'est vraiment horrible d'être locataire, donc
il faut absolument devenir propriétaire. Il faut aussi aider les
personnes locataires.
Quand elle
m'a répondu, ce matin, elle m'a dit... ça a pris vraiment... ça a tout pris
pour dire : Oui, oui, les locataires, je veux les aider, les
locataires. Moi, je l'invite aussi à travailler, à écouter les mesures...
travailler avec nous, à écouter les mesures
de Québec solidaire, qui, des fois, ne coûtent pas cher pour les mettre en
place, pour aider les locataires, pas dans... quand on va avoir tout
fini de construire puis de rattraper les retards, là, de la CAQ et des autres
gouvernements, mais pour aider les gens maintenant, aujourd'hui, pour qu'ils
arrêtent de souffrir parce qu'ils n'ont pas d'argent dans leurs poches, dans
leur portefeuille, parce que tout leur argent va dans le loyer. Ça fait que ça,
c'est des mesures qui...
Aussi, les propositions, vous allez le voir, Mme
la Présidente, puis vous le voyez déjà, les mesures qu'on met en place, c'est
des choses qui ont déjà existé ailleurs, qui existent ailleurs dans... au
Canada, qui existent ailleurs dans le monde, qui sont éprouvées, qui
fonctionnent et qui sont étudiées, et on les amène de manière rigoureuse. C'est
possible. Elles sont... c'est des mesures qui sont réalistes, qui sont
possibles. Il faut juste avoir la volonté d'aider les locataires qui souffrent
de la crise du coût de la vie.
Je pourrais parler aussi de l'épicerie, et tout
ça. On a mis aussi en place des mesures, on... La première ministre dit qu'elle
va enlever la TVQ sur certains produits. On attend de voir. Nous, à Québec
solidaire, au début de l'année, on a
proposé, puis on continue à le proposer, de détaxer aussi certains produits
d'hygiène corporelle dans les pharmacies, qui ne devraient pas être détaxés. Il y a déjà des produits dans les
pharmacies, par exemple, les couches pour bébé, qui sont détaxés, donc
il faudrait continuer.
On a hâte aussi de voir pour ce qui est de
l'épicerie. On a une mesure aussi structurante très importante. Pendant que les grandes bannières, les grosses bannières,
les Loblaws, Metro de ce monde, ont vu leurs profits vraiment augmenter,
ils ont... par rapport à avant la pandémie, ils ont... ils doublent leurs
marges... plus que, même, doublé leurs marges de profit. Nous, on dit qu'il faudrait les plafonner de façon décente pour
que les gens puissent manger. On est dans le Québec de 2026, et les gens
ont faim. Moi, ça, je trouve ça abominable. Je trouve ça très triste que des
enfants aussi vont à l'école... parce qu'ils
ont faim, puis l'épicerie coûte extrêmement cher. Les gens, ils n'ont pas juste
besoin d'aumône, là. Ils n'ont pas
juste besoin qu'on les aide comme ça dans les banques alimentaires. C'est
important. Ils ont besoin de mesures structurantes, et c'est ce qu'on
propose, à Québec solidaire.
Avec le temps qu'il me reste, je vais...
Une voix : ...
Mme Ghazal : Ah mon Dieu! OK,
oui, mais je n'avais pas l'intention de tout prendre ça. C'est bon.
Je veux
parler du développement économique. L'économie, c'est extrêmement important. La
première ministre nous a dit que
l'économie, c'est important. C'est important pour elle. Il ne suffit pas juste
de dire : L'économie, c'est important pour faire du développement
puis dire qu'après ça tout a été fait. De quel développement... Le
développement économique, il bénéficie à
qui? Ça aussi, c'est extrêmement important. La vision économique de Québec
solidaire, c'est de défendre les
intérêts de la majorité, pas seulement d'une minorité qui en profite puis en
disant : Quand on aide la minorité, tout d'un coup, l'argent va percoler,
puis là il va, oups, atterrir dans les poches de la classe moyenne puis des
gens les plus vulnérables.
Ça aussi,
c'est une théorie qui existe depuis les années 80 et même avant. Si ça
existait, on le saurait. Ça n'existe... Si ça marchait, on le saurait. Malheureusement, ça ne fonctionne pas. On
le voit, on est encore dans la situation où est-ce qu'il y a une inégalité
entre les plus riches et les plus pauvres, qui continue à exister. Je l'ai vu
avec les revenus disponibles pour les
gens. Ceux qui sont en haut, le cinquième quintile, ont vu leurs revenus
vraiment augmenter depuis 2018. Ce n'est pas le cas des gens plus dans la classe moyenne. Leurs revenus, eux
autres, ils ne les ont pas vus augmenter, en tout cas, pas à la vitesse
de l'augmentation du loyer, de l'épicerie, etc. Ça fait que le développement
économique doit servir à tout le monde.
Et en ce
moment, au Québec, on a une opportunité en or. Il faut qu'on se rappelle des
gens qui nous ont précédés, puis qui
ont été visionnaires, puis qu'aujourd'hui on remercie parce qu'ils ont été
visionnaires. Je parle, par exemple, de l'hydroélectricité, l'hydroélectricité qui a été nationalisée.
Aujourd'hui, il n'y a personne, personne, même pas Éric Duhaime, qui remet en question le fait qu'Hydro...
l'hydroélectricité, ce soient les Québécois et Québécoises qui soient actionnaires
de cette force économique. Il n'y a personne qui dit ça. Une chance que ça a
été fait par René Lévesque, par un gouvernement... c'était du Parti
libéral, à l'époque de la Révolution tranquille, c'est... Une chance qu'il l'a
fait, mais il ne l'a pas fait... Nous, on en parle, puis ça a l'air bien banal.
Il a fallu qu'il se batte en maudit, là, pour la faire. Excusez-moi
l'expression. Je ne sais pas si c'est un mot au lexique. Et aujourd'hui tous
les Québécois... tous les Québécois puis nos
enfants vont continuer à le remercier, parce qu'on le sait que nous, face au
défi énergétique mondial en ce
moment... qu'on vit sur une richesse, puis une chance qu'on a gardé ça entre
les mains des Québécois et Québécoises.
Bien, c'est la même chose aujourd'hui. On a une
autre opportunité. Pendant que les États-Unis de Trump, pendant que, partout
dans le monde, on nous dit : Le monde a changé... Dans l'Ouest canadien,
l'Alberta, tout le monde nous dit : Ah! le monde a changé. Maintenant, il
y a une guerre en Iran. Il va falloir qu'on exploite encore nos bonnes vieilles ressources, l'énergie brune, là,
l'énergie... sortir le pétrole, le gaz de terre avec des technologies qui sont
extrêmement polluantes. Le monde a changé, donc on abandonne
l'environnement, on abandonne notre ambition climatique puis on se tourne vers les énergies du passé. Ça, c'est
une vision passéiste. C'est une vision du passé. On ne peut pas accepter de
reculer.
• (15 h 20) •
Ce qu'on doit faire, c'est s'inspirer des... de
ceux qui nous ont précédés, des grands bâtisseurs, bâtisseuses du Québec, qui ont été visionnaires, puis
qu'aujourd'hui on remercie. Il faut qu'on pense de la même façon pour que, plus
tard, quand on fait du développement économique en pensant aux générations
futures pour vrai... que, les générations futures, il y ait des députés ici, à l'Assemblée nationale,
qui se lèvent puis qui disent : Heille! en 2026, une chance... dans les
années futures, une chance qu'on a
fait du développement économique qui s'assure de quitter à tout jamais les
énergies fossiles, de nous libérer de ça puis d'utiliser nos forces, les
énergies renouvelables, pour faire une vraie transition énergétique, une
transition de notre économie.
On était sur le bon chemin, au Québec,
là-dessus, avec des ambitions... une ambition climatique, des réductions de gaz à effet de serre qui étaient présents, qui
étaient importants. Malheureusement, le gouvernement nous a... a reculé.
Même le monde des affaires est venu ici, à l'Assemblée nationale, dire que ça
n'a pas de bon sens. On était partis dans un
train pour effectuer la transition écologique, s'il vous plaît, ne nous
faites pas reculer. On a besoin de stabilité, le monde économique aussi a besoin d'une stabilité. Il faut
avancer vers la transition écologique et non pas reculer comme tout le monde.
Pourquoi, Mme la Présidente? Parce qu'un jour,
quand les énergies fossiles... on sait que ça va... cette date-là s'en vient. Il y a... il n'y en aura plus, là, on
ne les utilisera plus, on sait que leur temps est passé, et donc on n'a pas
besoin de transporter l'énergie sale de l'Alberta avec des projets comme
Marinvest, etc. Il faut dire de façon nette et précise qu'on est contre ça.
Quand leur temps va être passé, nous, on va être déjà... notre train de... la
transition écologique va déjà être en marche par ce... et avec une expertise
bien québécoise, avec des entreprises bien québécoises, avec un savoir-faire bien québécois. Et là ça va être...
on va pouvoir profiter de cette opportunité où est-ce qu'on a continué à aller
de l'avant et à arrêter de regarder les énergies du passé.
Je n'ai plus entendu parler la première ministre
des gaz de schiste. Je ne sais pas si ça veut dire qu'elle a décidé de ne plus
revenir à la charge. Ce serait une très, très bonne chose. Mais ce qu'il faut
aussi, c'est dire non à Marinvest, dire non à tous ces projets puis arrêter de
dire : Il n'y a pas de projet. On va évaluer chaque projet. Il n'y a pas
d'avenir dans les énergies fossiles. On le voit aujourd'hui avec le prix de
l'essence, tout le monde est prisonnier, on est collectivement prisonniers du
prix de l'essence. Quand même qu'un gouvernement déciderait d'enlever toutes
les taxes, toutes les tarifications, tout, tout, tout ce qu'on met sur le prix
de l'essence, pensez-vous vraiment que le prix de l'essence va baisser? Ça n'arrivera pas. Là, aujourd'hui, on a la guerre
en Iran, il va y avoir d'autres chaos, malheureusement, dans le monde. On s'en va là, et ça va être
important qu'on libère les Québécois et Québécoises de cette prison des
énergies fossiles et, pour le moment, à court terme, qu'on aide ceux qui en ont
besoin, mais de ne pas enlever le signal pris pour des raisons
électoralistes. C'est une vision à court terme. Le développement économique
doit être fait à long terme. Et donc, la transition
écologique, on... et énergétique, on doit aller à fond le train, et non pas
dans le militaire comme veut aller la première ministre du Québec. C'est comme
ça qu'on va pouvoir être rassurants puis travailler vraiment pour l'avenir,
au-delà de seulement une échéance de quatre ans.
Dernier point que je
veux mentionner, c'est la fiscalité. Je vais citer quelqu'un qui a dit ça
récemment. Elle a dit : On n'a pas le
choix, il va falloir qu'on taxe les riches, on n'a pas le choix. Et ça, non,
non, non, ce n'est pas quelqu'un de Québec solidaire qui l'a dit, c'est
Monique Jérôme-Forget. C'est elle qui l'a dit. J'ai adoré sa citation. Elle a
dit ça pendant... devant le... pendant
l'événement de la Chambre de commerce
du Montréal métropolitain, où Charles Milliard donnait une allocution. Et visiblement il n'a pas été convaincu par sa
collègue, l'ancienne présidente du Conseil
du trésor, qui parle vrai, qui dit
les vraies choses, qui l'a dit. On le regarde, l'état des finances publiques,
on regarde il y a combien de monde au Québec.
C'est quoi, la
solution? Parce que l'autre solution, si on ne taxe pas les ultrariches, Mme la
Présidente, c'est qu'on va taxer encore une
fois toujours les mêmes, la classe moyenne, les gens qui souffrent du coût de
l'épicerie, du coût de la vie. Toujours, toujours les mêmes solutions.
Avec les mêmes solutions, la même vision, on arrive avec les mêmes problèmes. Il vaut... Il faut changer. Il faut
arrêter de seulement être concentrés sur la colonne des dépenses puis essayer,
par, je ne sais pas comment... par la magie,
dire qu'on ne va pas toucher aux services, même si on l'a vu, par exemple, dans
le budget de l'éducation. L'augmentation est en bas des coûts de services, donc
c'est sûr qu'on va toucher aux services aux élèves dans nos écoles... puis là,
d'essayer de trouver des miracles.
La
vérité, c'est qu'on s'en va vers l'austérité. Il n'y a pas beaucoup de choix,
l'austérité, donc baisse des dépenses, les
Québécois qui continuent encore à payer de l'impôt et à avoir moins de
services, et de l'autre côté, dans la colonne des revenus, bien, il y a un manque à gagner pour
l'État québécois, pour nos finances publiques. Les finances publiques sont compressées, sont dans un mauvais état à cause,
malheureusement, de la CAQ, qui a gaspillé beaucoup d'argent. Northvolt,
SAAQclic, tous les projets économiques où on a pensé qu'en investissant comme
ça l'argent public, tout d'un coup, il va percoler sur tout le monde, ce n'est
pas ça qui est arrivé. Ce qui est en train d'arriver, c'est, avec tous les
gaspillages de la CAQ, on se retrouve à
devoir faire des compressions budgétaires. Même si ce n'est pas le mot qui est
mentionné, c'est quand même... c'est quand même de l'austérité, ne
serait-ce que dans le budget de l'éducation, c'est clair, sûr et certain.
Donc, moi, je suis
d'accord avec Mme Jérôme-Forget, il faut aller chercher l'argent là où
elle est pour pouvoir l'investir dans nos
services publics tout en réduisant, bien sûr, la bureaucratie, la paperasse.
Bien sûr, on est... tout le monde est d'accord avec la tarte aux pommes,
il n'y a pas de problème, là. Je veux dire, c'est la CAQ qui a créé la
bureaucratie, on l'a vu. Tu sais, ils
avaient huit ans à la régler. Tout le monde est d'accord avec ça. Il n'y a
personne qui se lève le matin en disant : Je vais créer plus de
bureaucratie. Il n'y a personne qui fait ça. Après ça, il ne faut pas utiliser
la bureaucratie pour réduire des services
importants. Ça, c'est très, très important, parce qu'on voit des fois les tours
de passe-passe, on dit qu'on veut être plus efficaces, mais finalement
on enlève des normes, on enlève des règles qui sont importantes aussi,
notamment en matière d'environnement.
Donc, taxons les
riches. À Québec solidaire, on propose d'aller chercher les ultrariches, là,
25 millions et plus de patrimoine. Il n'y a personne qui va mourir de faim
par rapport à ça, 25 millions de dollars de patrimoine, pour aller
chercher 5 milliards. 5 milliards, Mme la Présidente, on ne peut pas
lever le nez sur un montant comme celui-là pour nos finances publiques qui sont dans un mauvais état avec, oui, les
gaspillages de la CAQ, la mauvaise gestion de la CAQ, d'un gouvernement de
gestionnaires, mais aussi à cause de la pression démographique. On vit dans un
défi démographique, on le sait depuis très longtemps. Ça va continuer,
malheureusement. Et donc il va falloir prendre cet argent-là, qu'on évalue à 5 milliards, pour le mettre dans les
services à la population. Ce n'est pas un luxe, c'est une nécessité. Parce que,
comme... comme comptable, je le sais, il n'y a pas
36 000 solutions, colonne des revenus, colonne des dépenses, il faut
aller regarder la colonne des... la colonne des revenus pour l'augmenter.
Donc, Mme la
Présidente, je conclus là-dessus. Je crois à la sincérité de la première
ministre puis à sa volonté d'essayer de faire de quoi en peu de temps pour
faire oublier le gouvernement de la CAQ dont elle a fait partie, mais ça ne suffit pas. Ce qu'on a besoin, Mme la
Présidente, c'est d'une vision à long terme pour aider les familles, les
familles qui n'arrivent plus, qui n'arrivent plus à se loger. Ça ne
suffit pas, tu sais, de... On ne peut pas accepter aujourd'hui que les gens doivent choisir entre se loger et
manger. Je n'aurais pas cru que c'était possible au Québec. On est rendus là,
et ça, c'est... ça a eu lieu à cause des
choix qui ont été faits, des choix politiques. Les Québécois et Québécoises
méritent mieux. Ce qu'ils méritent, ce n'est pas juste des promesses, ils
méritent aussi des actions qui... des actions réelles qui vont avoir des
changements réels sur la vie des gens, parce que la dignité, c'est la chose la
plus importante. C'est important que tout le monde vive dans la dignité, et ce
n'est plus le cas aujourd'hui. On a beaucoup parlé de mourir dans la dignité.
Vivre dans la dignité, quand on voit le nombre de personnes en situation
d'itinérance, quand on voit les gens qui
n'arrivent pas à se loger, qui n'arrivent pas à manger, les enfants qui vont à
l'école le ventre vide, ça, c'est des... ça, c'est le résultat de choix politiques, de choix publics. C'est nous
qui devons agir pour contrer ça. Je ne l'accepte pas, de la même façon
que la première ministre, elle a dit : Je n'accepte pas de voir des femmes
victimes de violence conjugale et de féminicide. Elle doit aussi dire, et je
l'invite à le dire : Je n'accepte pas que des locataires ne soient pas capables de manger, ne sont pas capables de payer
leur épicerie, que des enfants aillent à l'école le ventre vide. Et ce qu'on a
besoin, ce n'est pas juste des petites aides. Ce qu'on a besoin, c'est des
mesures structurantes pour les aider à long terme.
Malheureusement,
ce que j'entends... J'ai peu d'espoir, sauf sur les questions, les enjeux
féministes, un peu plus. Ce que j'entends,
c'est quand même toujours les mêmes mesures de ce qu'on a déjà connu, les mêmes
compressions dans nos services publics, en nous promettant qu'on ne
touche pas aux services. Encore une fois, je ne crois pas aux miracles. Il faut arrêter de défaire
tranquillement ce qui a été défait depuis les 20, 30 dernières années,
démanteler dans nos services publics,
où est-ce qu'on a mis plus de privé en pensant que ça va aider les gens. Ça n'a
pas fonctionné. Ce n'est pas ça qui fonctionne. Et ce n'est pas une
fatalité, on peut faire, Mme la Présidente, des choix différents.
• (15 h 30) •
À Québec solidaire, nous,
on fait clairement et résolument des choix différents. C'est possible d'avoir
un Québec qui prend soin de tout son monde,
des gens, de la majorité des gens. C'est possible d'avoir un Québec qui se donne
les moyens d'agir puis qui ne laisse
personne derrière. C'est possible d'avoir un Québec qui voit grand pour son
économie, pour son environnement, pour sa place aussi dans le monde.
Comme parti politique indépendantiste, nous voyons notre place dans le monde, on n'a pas besoin que d'autres
parlent à notre place. Donc, c'est possible d'avoir aujourd'hui au Québec
une vision ambitieuse, parce qu'on est capables de faire de grandes choses, au
Québec. On a été capables de faire de grandes
choses, on est toujours capables de faire de grandes choses. Je crois en nous,
je crois aux Québécois et Québécoises, et
moi, je vais leur rappeler à quel point on peut se faire confiance et à quel
point on peut faire de grandes choses. Et c'est ce que je compte
continuer à faire avec toute mon équipe, ici, de Québec solidaire, de Québec
solidaire.
Motion formulant un grief
Je m'en
allais finir sur cette lancée et m'asseoir, mais j'ai oublié la motion de
grief. Donc, la motion de grief face au discours de la première ministre
se lit comme suit :
«Que l'Assemblée nationale blâme le gouvernement
de la CAQ pour sa négligence pour le maintien de nos [services publics], son manque d'ambition pour effectuer une transition
économique et écologique à la hauteur des défis actuels ainsi que son
désintérêt marqué pour les difficultés vécues par les locataires du Québec.»
Merci. Merci beaucoup, Mme la Présidente.
La Présidente : Alors, merci, Mme la
cheffe du deuxième groupe d'opposition. Votre motion, elle est déposée sous
réserve de sa recevabilité.
Je cède
maintenant la parole à M. le chef du troisième groupe d'opposition, en lui
rappelant que son temps de parole est d'une durée maximale d'une heure.
Nous vous écoutons.
M. Paul St-Pierre
Plamondon
M. St-Pierre Plamondon : Merci,
Mme la Présidente. Donc, hier, la première ministre a livré un discours avec cinq grandes priorités : le coût de la
vie, l'économie, les infrastructures, la simplification des services et la
protection de notre identité. Elle nous demande d'imaginer ce que
seraient quatre ans de plus avec la CAQ, donc ce que seraient 12 ans de
caquisme, et moi, je le réitère, je dis plutôt aux Québécois : On n'a pas
besoin de l'imaginer, rappelons-nous simplement ce qu'ont été les huit
dernières années avec ce gouvernement.
Posons-nous la... collectivement la question
très simple : Est-ce que ça va mieux au Québec qu'il y a huit ans, au moment où la CAQ a pris le pouvoir? Est-ce que,
spécifiquement pour ces cinq grandes priorités, le Québec a avancé, ou
a-t-il reculé? Est-ce que les Québécois sont plus riches? Est-ce que l'économie
du Québec a progressé quand on la compare
aux autres pays occidentaux? Est-ce que nos infrastructures coûtent moins cher?
Sont elles mieux entretenues? Est-ce qu'il y a un seul service public
qui va mieux, santé, éducation, peu importe lequel? Est-ce que le français et
la culture québécoise se portent mieux qu'il y a huit ans? Est-ce que le prix
des loyers et des maisons s'est amélioré? Je pourrais
continuer à poser ces questions-là, mais c'est de ça dont il est question. La
première ministre nous demande de faire appel à notre imagination. Moi,
je demande plutôt aux Québécois de faire appel à leur mémoire tout simplement.
Et, avant de
rentrer dans le vif du sujet de ces cinq grandes priorités, je veux quand même
rétablir certaines choses. Non, il ne
s'agit pas d'une nouvelle session parlementaire. En fait, c'est que la CAQ a
mis sur pause les travaux parlementaires, cette session, à des fins de course à la chefferie, de questions à
régler à l'interne. Ce n'est pas un nouveau gouvernement. Ça aussi, il faut le spécifier. C'est celui qu'on
a vu, les mêmes personnes, le même gouvernement, que celui des huit dernières
années, avec les mêmes ministres, les mêmes projets de loi, les mêmes
politiques publiques, les mêmes priorités, mais surtout la même manière de
travailler. C'est la même CAQ qui dit une chose, fait son contraire.
La nouvelle première ministre, là, il y a
quelques semaines, a promis un plus petit Conseil des ministres et, quelques semaines plus tard, en fait, elle l'a
augmenté, puis ce n'est pas, peut-être, la politique publique la plus
structurante, mais c'est symptomatique. On ne peut que constater que la
CAQ n'a pas changé d'un pouce. En fait, la seule chose qui a changé, c'est le
degré de nationalisme, et ça, c'est inquiétant par la suite... pour la suite.
On se rend compte que, sur la protection des
champs de compétence du Québec, le ton a changé, mais c'est dans la direction
davantage du Parti libéral du Québec en termes de mentalité.
Sur le fond des choses, il y a cinq priorités.
Le problème qu'on a avec le discours de la première ministre, ce n'est pas dans
ces... l'identification des priorités. Je pense que ce sont de très bonnes
priorités. On y souscrit. On les porte d'ailleurs depuis longtemps. En fait,
notre problème réside dans le fait que la CAQ a eu huit ans de pouvoir pour
régler ces enjeux de société, et non seulement elle ne l'a pas fait, mais ça
s'est dégradé. Donc, on se retrouve dans la situation où on essaie de réparer
ses propres dégâts, et imaginez ça, là, en quelques semaines, il faudrait
réparer presque huit ans où on s'est retrouvés dans la situation qui est
dénoncée par la première ministre elle-même sur toutes ces thématiques-là. Ça
me semble peu crédible.
Je vais donc profiter de cet exercice pour
rappeler aux Québécois qu'on a des propositions, au Parti québécois, pour
chacun de ces sujets-là. Au même moment, donc, qu'on fait le bilan du caquisme,
on peut se poser la question : Quelles seraient des pistes de solution et
des politiques publiques qui nous font avancer?
D'abord, sur la question de l'économie, la CAQ
s'est vantée tout le long de son mandat de la croissance économique par
habitant au Québec qui serait plus élevée que dans le reste du Canada depuis
son arrivée au pouvoir, et ça, ça se fait
dans un contexte où les subventions octroyées par ce gouvernement ont été
substantiellement plus élevées que durant les gouvernements précédents. Et je me
souviens, en Chambre, la première ministre, alors qu'elle était ministre
de l'Économie, n'hésitait pas à se vanter du nombre d'interventions, de
subventions et des milliards de dollars qu'on dépensait tous azimuts. Je la
cite, là : «On a fait 25 000 interventions.» Mais la vérité,
c'est que le modèle économique de la CAQ,
c'est celle d'une économie gonflée aux subventions, et c'est largement un
échec. Ça a été démontré de toutes sortes de manières, mais j'ai
récemment posé six questions à la première ministre sur ce sujet, et je veux
les aborder à nouveau parce qu'elles permettent de voir si sortir le chéquier
tous azimuts pendant qu'on ne construit pas de logement social, pendant que d'autres priorités créent des déceptions profondes
dans la population, ce n'est pas une doctrine économique qui a
fonctionné.
Donc, quelques questions, la première est toute
simple : Si la doctrine économique de la CAQ, avec son bar ouvert en
subventions aux entreprises, choisies au pif du ministre, était si efficace,
pourquoi le Québec a-t-il enregistré une des
pires croissances du PIB per capita de tout l'Occident? Quand on regarde la
performance économique du Québec sous la CAQ, on constate que l'augmentation,
entre 2018 et 2025, n'aura été que de 4,9 %, ce qui fait une moyenne
annuelle de la croissance économique de 0,7 %. C'est parmi les résultats
les plus faibles en Occident pour cette période. La CAQ va nous répondre :
Mais, nous, on se compare au Canada. Mais le problème, c'est que le Canada est
dernier de tous les pays de l'OCDE avec une
croissance de zéro, littéralement zéro. Mais c'est... c'est grave, ensuite,
pour les finances publiques, pas juste la richesse collective, mais
c'est parce que l'assiette fiscale s'en trouve affectée, quand on veut financer
des services par après. Donc, le Québec se situe juste au-dessus du Canada,
mais complètement au fond du classement des pays d'Occident pour cette
période-là.
Deuxième
question sur ce bilan économique : Comment justifier les
6,4 milliards de pertes accumulées en sept ans dans le Fonds de développement économique? Perdre
6 milliards de dollars dans des mauvais investissements... Le fonds
de développement économique, là, c'est le véhicule privilégié du gouvernement
pour effectuer des interventions structurantes au bénéfice du développement
économique du Québec, je ferme les guillemets, là, c'est comme ça qu'on nous le présentait. Moi, je vous dis que perdre
6,4 milliards dans un fonds qui est supposé stimuler l'économie, alors
qu'on est à 0,7 % en moyenne de croissance par année, ça, c'est
historique, Mme la Présidente, et c'est un record auquel la première ministre,
alors qu'elle était ministre de l'Économie, a largement contribué.
• (15 h 40) •
Troisième question : Comment la première
ministre explique-t-elle les nombreux fiascos financiers qu'elle a elle-même
défendus ici et sur toutes les tribunes? Cette manie de favoriser la grande
entreprise étrangère au détriment de nos PME
québécoises avec des montants astronomiques, des coupures de rubans, puis
toujours le mot historique qui vient avec l'annonce, parce que Northvolt,
c'était historique. C'est ce qu'on nous a dit. La Baie-James, mesdames et messieurs, 710 millions de dollars de
pertes. Mais si ce n'était que Northvolt,
puis je ne le minimise pas, là, à
710 millions, ce n'est pas rien.
Mais imaginez, Lion, c'est 227 millions, Flying Whales, c'est
55 millions, Recyclage Carbone Varennes, c'est 365 millions. On a également perdu 84 millions dans
Enerkem, 100 millions dans Polycor. On pourrait continuer, là, mais
on se retrouve, à la fin, avec des milliards et des milliards qui ont été
perdus, au même moment où la première ministre nous dit : Heille! il
faudrait vraiment investir dans le logement social, parce que le problème des
dernières années, c'est qu'on n'a pas investi là-dedans. On sait que la première
ministre dit vouloir réduire l'interventionnisme. Donc, c'est ce qu'elle a dit hier. L'interventionnisme, c'est justement
cette manie de l'État d'octroyer, au pif du ministre, les gagnants, là, avec des chèques. Mais je
rappelle qu'elle a été, en fait, plus dépensière que Pierre Fitzgibbon
lui-même. Donc, si on met au prorata
par mois, la ministre de l'Économie Fréchette dépensait plus en subventions que
le ministre... Ah, c'est vrai, la
ministre de l'Économie dépensait plus que le ministre Fitzgibbon de l'époque.
Bon, merci. Rappelons que, dans Northvolt, c'est allé plus loin. La
ministre de l'Économie, aujourd'hui première ministre, nous disait qu'on avait des garanties, qu'on était en très bonne position
et que c'était tout à fait normal. Respectueusement, ce sont des affirmations
qui, en rétrospective, de manière limpide, étaient — puis
là c'est des mots parlementaires — totalement
inexactes. Il y aurait d'autres mots, mais c'est le mot parlementaire,
«inexactes».
Quatrième
question : Comment la première ministre explique-t-elle l'échec
retentissant de la réforme d'Investissement
Québec? Sous la CAQ, on a abouti à un rendement de 0 % l'année dernière,
et le rendement sur cinq ans a été deux fois moins élevé que celui de
son équivalent fédéral, qui est la BDC. Pendant ce temps, le nombre de cadres a
explosé, tout comme le nombre d'employés.
Comment expliquer la croissance... Cinquième
question : Comment expliquer la croissance anémique de la productivité?
Parce qu'indépendamment du PIB per capita on peut également mesurer la
productivité du Québec. Bien, il y a un...
un fait bien documenté par le Centre de productivité et de prospérité des HEC
Montréal. Il y a quelques semaines à peine, la politique fiscale en
matière d'innovation, pilotée par la première ministre elle-même, était
qualifiée par ce Centre de productivité et de prospérité comme «une réforme
fiscale coûteuse à l'efficacité incertaine». Qu'est-ce qui a changé, là,
dans... dans l'approche, qui a fait l'objet d'un certain nombre d'études, à
savoir que sortir le chéquier, non seulement
n'a pas d'impact direct sur la croissance économique, les résultats sont
clairs, mais il n'y a pas de résultat non plus du côté de la
productivité? Ce qu'il faut changer pour cela, c'est orienter nos crédits d'impôt
vers cette productivité et cette innovation-là. Ce sont des réformes que nous,
on voudrait faire.
Et, finalement, dernière question sur
l'économie. Après avoir défendu pendant des années que la hausse majeure, alors
que la première ministre était ministre de l'Immigration, la hausse majeure des
seuils d'immigration allait permettre de
combler la pénurie de main-d'oeuvre... Parce que c'est ce qu'on nous a dit
pendant des années. C'était le discours de Jean Charest, à l'origine,
mais ça a été repris par la ministre de l'Immigration de l'époque, aujourd'hui
première ministre. On nous disait que ça réglerait la pénurie de main-d'oeuvre.
Comment justifie-t-elle que sa politique migratoire du toujours plus, alors
qu'il y a... Comment elle le justifie, alors qu'aujourd'hui on est toujours en
pénurie de main-d'oeuvre? Pourquoi cette perte de contrôle sur l'immigration
temporaire n'a eu aucun effet sur la pénurie de main-d'oeuvre? Qu'est-ce que ça dit sur cette
politique économique? Et qu'est-ce que ça dit lorsque, de son aveu propre, on a
désormais des enjeux importants en matière de logement, notamment, et de
manière prépondérante, si on en suit, par exemple, les travaux de
l'économiste Pierre Fortin? Mais la première ministre elle-même nous
disait : Oui, c'est lié à la hausse
importante de l'immigration. C'est ce que son prédécesseur premier ministre a
dit à... à d'innombrables reprises. Donc, quelle conclusion tirer des
politiques, également, économiques sur le plan de l'immigration, lorsque la
première ministre était ministre de l'Immigration? Qu'est-ce qu'on tire de ça
comme bilan économique de huit ans de caquisme? La vérité, c'est que tous les indicateurs économiques nous montrent de
mauvaises politiques, une stagnation, un immobilisme. Et c'est ça, la réalité
qui nous oblige à changer assez drastiquement d'approche.
Donc, un gouvernement du Parti québécois
s'engage aux choses suivantes en réaction à ces constats : une réduction
historique du fardeau fiscal des entreprises; prioriser nos PME québécoises
dans la distribution des blocs d'énergie d'Hydro-Québec, donc il n'y aura plus
de tapis rouge pour des multinationales suédoises ou autres pendant que nos PME sont dans l'incertitude d'avoir
l'énergie pour leur croissance ou pas; rendre non imposables les revenus des
nouvelles exportations des entreprises afin
de diversifier nos marchés; réduire massivement la paperasse et la bureaucratie
inutiles, parce que cette bureaucratie, elle a augmenté au cours des dernières
années; on veut des crédits d'impôt, comme je le disais, orientés sur la
productivité et non pas sur le nombre d'emplois créés, parce que nous ne sommes
pas dans une situation où l'indicateur
devrait être le nombre d'emplois, mais bel et bien voir comment on peut faire
des gains de productivité et d'innovation; on veut également abolir
toutes les barrières fiscales qui compliquent le rachat d'une entreprise, parce
qu'on a des pertes importantes en productivité, lorsqu'une entreprise saine du
Québec ne trouve pas preneur et s'effondre, finalement, ça, ça influence
beaucoup notre richesse et notre productivité; et finalement encourager
fiscalement la robotisation et l'automatisation; on parle aussi de
l'implantation de l'intelligence artificielle pour améliorer la productivité.
Donc, ce... ce sont parmi nos engagements et nos priorités, et on voit que
c'est un changement de cap assez substantiel avec les politiques de ce
gouvernement depuis maintenant près de huit ans.
Sur les questions, deuxième point, d'identité et
d'immigration, c'était, donc, une autre thématique abordée par la première
ministre, sur cette question comme tant d'autres, je pense qu'on doit voir la
différence entre le discours de la CAQ et ce qui s'est produit.
Je veux d'abord rappeler certains faits sur ce
sujet. Fait indéniable, sous la CAQ, nous avons vécu le pire déclin du français
de notre histoire, et ça, ce sont des... tous les indicateurs nous le donnent,
là. Prenez-le sous l'angle du français au travail, comme langue parlée dans
l'espace public ou langue parlée à la maison, prenez-le comme langue de consommation culturelle, toutes les études
indiquent qu'on est en déclin, et ce déclin, il a eu lieu au cours des dernières
années. Je vous fais... je fais référence au Commissaire à la langue française
là-dessus, qui l'a démontré.
En matière de langue, donc, on ne doit pas
seulement tenter de freiner le déclin parce que le déclin a déjà eu lieu dans
les dernières années. On doit tenter d'inverser la courbe sur le français, et,
dans les années 90, fait intéressant, avec des seuils de 35 000 par
année, le français a même progressé à Montréal à l'époque. Il était en légère
progression. Personne ne parlait de crise du logement, bien évidemment. J'ai
déjà loué un appartement pour 536 $ au centre-ville de Montréal. Ça n'existe plus, je vous le
confirme, mais il faut voir ce qui s'est produit en quelques décennies, en si
peu de temps. On a un recul du
français qui est mesuré de toutes les manières possibles, cette inabordabilité
du logement, et on doit donc avoir le courage d'agir en matière
d'immigration, mais pas seulement : il y a la question des institutions
d'enseignement supérieur également.
Comme plusieurs autres enjeux, donc, vous
comprendrez notre surprise de voir que la loi... la loi 1 de cette
séquence politique, pour une nouvelle première ministre, aura été de renouveler
une clause dérogatoire un an à l'avance en sachant que ce qu'on vient de faire,
c'est confirmer le statu quo, et que nous savons tous que le statu quo, c'est
le déclin qui est mesuré. Donc, un gouvernement du Parti québécois va appuyer
des mesures beaucoup plus fortes, va aller
de l'avant avec des mesures comme la loi 101 au cégep, instaurer une
épreuve uniforme de français obligatoire pour tous.
• (15 h 50) •
Sur la culture, encore une fois, je pense qu'on
a le devoir d'en faire davantage. Je reconnais les efforts du gouvernement dans
cette matière-là, mais il faut comprendre dans quoi on est en ce moment, c'est
des géants du Web qui n'ont pas de considération, un gouvernement fédéral qui
négocie sans nous, démontre de toutes sortes de manières qu'il n'est pas
intéressé par le sort de la francophonie au sein du Canada. Nous ne sommes que
2 % de francophones dans toute l'Amérique du Nord. C'est un océan qui a
lieu en langue anglaise, et nous sommes la goutte d'eau là-dedans. Nous vivons littéralement à la porte de l'empire
culturel le plus influent et le plus pesant des temps modernes et il faut en
être conscients. Ce sont... c'est une bataille à armes inégales. Et là-dessus
j'ai toujours pensé qu'il n'y aura pas de salut tant qu'on n'aura pas
les pleins pouvoirs sur ces questions-là, et le mandat de ce gouvernement aura
au moins permis de démontrer que, sans notre indépendance, il y a des demandes
légitimes qui se font, puis la réponse, c'est des... ce sont des refus qui ont
un impact épouvantable sur cette culture québécoise qui est unique et qui a une
valeur.
Donc, un gouvernement du Parti québécois va
miser sur une culture québécoise plus présente dans nos classes, des oeuvres
communes à lire pour tous les jeunes Québécois, miser sur une meilleure
diffusion du contenu québécois de... à tous
les niveaux et miser sur l'indépendance du Québec, puis en sachant que ce
gouvernement fédéral, sur le plan linguistique
comme culturel, n'est pas notre allié. Il nous réserve, en fait, le même sort
qu'il a réservé à tous les francophones dans toutes les autres provinces
canadiennes, et les chiffres sont assez éloquents à ce niveau-là sur quelques
décennies.
Finalement, sur l'immigration, je veux rappeler
quelques faits. Le gouvernement de la CAQ, sous la politique pilotée par
l'actuelle première ministre lorsqu'elle était à l'Immigration, aura été le
plus immigrationniste de l'histoire du
Québec, en tout cas, du dernier siècle. Il faudrait revoir si, au
XIXe siècle... mais, encore là, en termes de nombre de personnes en
chiffres absolus, il n'y a pas de doute, jamais le Québec n'aura accueilli
autant de nouveaux arrivants en si peu de temps que sous ce gouvernement. Nous
avons accueilli autant de personnes sous la CAQ que lorsqu'on fait l'addition de tous les nouveaux arrivants entre la Révolution
tranquille de Jean Lesage jusqu'à Philippe Couillard. J'ai vu l'échange entre
la cheffe du deuxième groupe d'opposition et la première ministre, là, mais
prenez la mesure de ce chiffre-là. Pas
surprenant qu'on a des... qu'on ait des défis par la suite en termes de
logement. C'était le sujet d'aujourd'hui dans cet échange.
Et, à
nouveau, si on se compare aux pays de l'Occident, c'est comme pour l'économie,
on aura été un des endroits les plus
immigrationnistes de l'Occident, à part le Canada. Donc, on arrive juste
deuxième dans le classement. Et le résultat, bien, il était annoncé à
l'avance. Jamais le français n'aura autant décliné, pire... la pire crise du
logement depuis très longtemps et des
services publics qui peinent à s'adapter à un choc démographique. Parce que
c'est ça que c'est. Il y a une question de nombre qui crée un choc sur
la capacité d'adaptation de la société.
Et le prédécesseur de l'actuelle première...
première ministre nous avait promis, à ce niveau-là, de corriger le tir avec un mandat fort. Et je me souviens très
clairement, lors de la dernière campagne électorale : Donnez-moi un mandat
fort et j'obtiendrai tous les pouvoirs en immigration. Donc, ce gouvernement ne
peut pas nier la légitimité de vouloir décider par nous-mêmes. C'est ce que...
c'est ce que le... le prédécesseur de la première ministre actuelle promettait de faire. Il a même parlé d'un référendum en
immigration. Et le bilan, bien, il est là : il n'a pas eu lieu, il ne
s'est rien passé, puis on n'a toujours pas ces pouvoirs-là, même si
c'était une question de survie de la nation.
Donc, on est pris dans un modèle qui nous est
imposé par le fédéral. Et j'insiste sur ce point-là. À la décharge du gouvernement
actuel, ce sont des décisions antidémocratiques, si on regarde ce qui a été
discuté et décidé en cette enceinte. Ce sont
des décisions qui viennent d'un autre Parlement, qui ne... qui n'est pas le
nôtre et qui ne correspond pas à la
volonté démocratique des Québécois. On a présentement... On s'est... on s'est
approchés de près de 600 000 immigrants temporaires, là, on est peut-être
autour de 550 000 temporaires sur le territoire, c'est une augmentation
qui a été fulgurante. Et les Québécois, la vérité, c'est qu'ils n'ont
pas été consultés. Puis les tentatives du prédécesseur de l'actuelle première
ministre n'ont pas donné de résultat. Il n'y avait pas d'écoute.
Donc, la réalité, c'est que la CAQ a échoué à
reprendre le contrôle de la planification de l'immigration des mains du
fédéral. Et donc elle a, par le fait même, échoué à ses propres promesses.
Parce qu'on nous avait promis, rappelez-vous,
d'en prendre moins pour en prendre soin. Ensuite, on nous avait dit que
dépasser 50 000 personnes par année, ce serait suicidaire. Des mots
qu'on peut... pour lesquels on peut réfléchir si c'était le bon mot de... le
bon choix de mots, mais, quand même,
on ne peut pas aller plus loin en termes de décibels sur une affirmation.
Comment est-ce qu'on peut faire l'inverse après et être devant la
période ou le gouvernement qui aura été le plus immigrationniste de notre
histoire?
Les étudiants étrangers ont pratiquement doublé
sous la CAQ. Le PTET, donc le volet de travailleurs étrangers temporaires que
Québec contrôle. Mais, sous la CAQ, il est passé de 17 000 à 80 000
ou 90 000, dépendamment des chiffres les plus récents. Ça, c'est l'action
du gouvernement qui faisait du recrutement partout dans le monde en faisant des représentations, des fois des promesses, comme
quoi ça se transformerait en une... un statut non pas de temporaire, mais
de permanent. Et, lorsque je suis intervenu
et j'ai demandé à l'actuelle première ministre, alors qu'elle était à
l'Immigration... je lui ai dit :
Urgemment, il faut une planification du nombre de temporaires qui viennent sur
le territoire, elle m'a vraiment répondu que c'était impossible de
placer des seuils sur l'immigration temporaire parce que ce serait une économie
planifiée, ce qui est une référence au
communisme, là, ou au système très socialiste qui tente de contrôler l'économie
par voie étatique. Ce qui était évidemment inexact, erroné, parce que, pas
longtemps plus tard, ce gouvernement a tenté de se raviser et de mettre un
plafond sur le nombre de temporaires, mais on était déjà rendu à 600 000.
Quand on est... intervenu, on était à mi-chemin dans cette
progression-là, fin de non-recevoir et incompréhension, même, de la part de la
première ministre aujourd'hui, alors à l'Immigration, incompréhension de ce qui
se passait et du sujet.
Donc, plus récemment, la première ministre, pour
justifier, d'une certaine manière, sa perte de contrôle sur les temporaires
alors qu'elle était à l'Immigration, s'est dotée d'une clause grand-père très,
très élargie qui ne concerne pas que ceux à qui on a fait une promesse. De
sorte qu'on pourrait toucher jusqu'à 145 000 personnes, des dires de
son propre ministère, qui pourraient devenir permanents. Mais ça, c'est
plusieurs années d'immigration devant nous pour lesquelles on a... le sort en est
déjà jeté.
Donc, au final, Mme la Présidente, dans toutes
les catégories d'immigration, la CAQ aura établi de nouveaux records, à des niveaux où même le Parti libéral du Québec n'a jamais osé aller. C'est donc ça,
malheureusement, le bilan de la CAQ, en partie en raison d'un régime fédéral
qui a agi de manière antidémocratique, certes, mais c'était quand même la
doctrine du gouvernement d'être fédéraliste puis de dire que le fédéral, la
relation avec le fédéral fonctionnerait. Le bilan, maintenant, donc,
appartient au gouvernement en ce sens là, et le Parti québécois, devant ça,
devra remédier à la situation. Donc, réduire
de moitié l'immigration temporaire sur le territoire, des seuils de
35 000 permanents acceptés par année, ce qui est le seuil historique
qui fonctionnait à l'époque. Et on a un plan, là, de plusieurs pages et de
240 notes de bas de page, donc ceux qui s'intéressent à ce
sujet-là, c'est disponible en ligne.
Un mot, maintenant, sur les infrastructures,
parce que, ça aussi, c'est une priorité de la première ministre. De tous les sujets, c'est probablement l'une des plus
grandes catastrophes, au Québec, dans les dernières années. On n'en parle
pas assez, mais, en quelques années à peine, nous avons perdu, collectivement,
le pouvoir de livrer de l'infrastructure, parce
que les coûts ont tellement explosé, ont tellement augmenté par rapport à
l'inflation que le PQI, donc le Plan québécois d'infrastructures,
n'arrive plus à suivre. Ça coûte trop cher. J'entendais, hier, la première
ministre nous dire qu'il fallait couper moins de rubans. Je suis d'accord. Oui,
il faut aller en maintien des infrastructures existantes, mais c'est quand même
curieux qu'elle nous parle, dans le même discours, du troisième lien. Je ne
sais pas on est rendus à combien de milliards pour ce tunnel-là, là? J'ai été
étonné qu'on veuille faire une troisième campagne électorale, du côté du
gouvernement, sur le troisième lien. Et donc, la question que je me pose,
c'est : Où était-elle, durant ces huit dernières années, lorsque la CAQ a laissé dépérir nos infrastructures? On est
rendus à 45 milliards en déficit de maintien des actifs, ce qui est
vraiment un bilan très lourd à porter, et, parmi les autres constats, bien,
c'est moins de concurrence dans les appels d'offres.
Donc, si on essaie de s'expliquer pourquoi, au Québec, ça coûte si cher
construire par rapport à d'autres endroits en Amérique du Nord, premier
indice : lorsque la CAQ arrive au pouvoir, donc, le chiffre que j'ai est
en 2019, il y avait, en moyenne,
4,7 appels d'offres par soumission... soumissionnaires par appel d'offres,
donc quatre ou cinq compagnies qui font une offre pour obtenir le
contrat. Et le plus récent chiffre, après huit ans de caquisme, on est rendus à
une moyenne aussi basse que 2,6. Qu'est-ce
que ça veut dire, moins de concurrence? Ça veut dire des prix plus élevés, là,
c'est le principe de base, à ce niveau-là, donc, il n'y a tout
simplement plus assez de concurrence pour les ouvrages publics. Quand on va
voir l'industrie de la construction pour dire, essentiellement : Pourquoi
ça coûte si cher? On nous répond : Le
cadre réglementaire est plus lourd que jamais. Venant d'un gouvernement qui a
été élu comme... principale promesse, en
passant, de réduire la bureaucratie et la lourdeur administrative, on nous
répond, et je pense que c'est un argument qui se vaut : S'il y a trop d'étapes, trop de bureaucratie, bien, ça
augmente le risque et ça augmente les coûts pour chaque projet.
• (16 heures) •
L'augmentation
des exigences gouvernementales, au cours des 10 dernières années, entraîne
des coûts supplémentaires estimés entre 900 millions et
1,5 milliard par année pour le milieu municipal seulement. Donc, c'est une
augmentation totale des coûts qui est substantielle. Et c'est lorsqu'on se
compare à l'Ontario, et je vais m'ennuyer du
prédécesseur de la première ministre parce qu'il aimait beaucoup parler
d'Ontario, lorsqu'on se compare à l'Ontario, puis on se demande : Mais
combien coûte une école, au Québec, par rapport à la même école en Ontario? On
se rend compte que c'est deux, trois, parfois quatre fois plus cher pour
la même école au Québec, et ces comparables-là sont vraiment inquiétants. Même
chose pour le coût d'un lit d'hospitalisation au Québec, c'est à peu près
trois, quatre fois plus élevé que dans les
pays européens comparables. Donc, en gros, ce que ça veut dire, c'est que nos
projets récents, là, comme le CHU de Vaudreuil-Soulanges, quand on les
compare aux mêmes projets en France, en Belgique et en Suisse, bien, on se rend compte qu'on a moins de chambres,
puis on a, dans les projets européens, trois, quatre fois plus de blocs
opératoires avec moins de superficie et des coûts de construction qui ont été
beaucoup plus élevés.
Si on va, par
exemple, sur les aqueducs, le coût de construction de 1 km d'aqueduc,
entre la période 2015 et 2025, a augmenté de 88 %, et 80... et
la moitié de ça, environ, est attribuable aux exigences réglementaires qui
s'accumulent ou qui s'empilent. Si on prend l'exemple de la productivité du
secteur de la construction, il a diminué de 2,7 % entre 2015 et 2025. Là
aussi, il y a une régression. Donc, essentiellement, devant des coûts qui n'ont
pas de bon sens, la réaction du gouvernement n'a pas été d'agir sur les causes,
mais ça a été aussi d'augmenter le nombre de projets en attente dans le PQI. Puis je me souviens d'échanges assez mémorables où
on nous disait : Il n'y a jamais eu autant d'argent dans le PQI,
jamais eu autant de projets. Mais c'est parce que c'est le symptôme, que les
projets ne lèvent pas de terre, ils sont pris dans la file d'attente. Pourquoi?
Parce que ça coûte trop cher par projet. Donc, il y a eu un grand nombre de
projets annoncés, mais plusieurs d'entre eux n'ont finalement pas eu lieu. Puis
ça aussi, ça fait partie des enjeux de confiance par rapport à un gouvernement
qui dit une chose puis ne le fait pas ou fait l'inverse après.
Quelques
exemples à ce niveau-là. Le tramway de l'Est, en 2020, on l'évaluait à
10 milliards puis, au printemps 2023, on en fait une évaluation de
36 milliards. Le troisième lien, il a au moins doublé, là, moi, je
soupçonne qu'il a plus que doublé. Mais, au début, on nous... on nous
vendait ça à 6 milliards, ensuite 12 milliards. On peut peut-être
faire un pool ici, savoir on est rendu à
combien, mais c'est probablement autour de 16, 17, 18. Ce n'est pas normal. Je
prends une gorgée.
Le tramway de Québec, il était à
3 milliards, puis on pense qu'il en coûte autour de 12 aujourd'hui, puis
on n'a pas abouti. Le pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, dans ma
circonscription, c'était 1 milliard, on est presque rendu à deux. Le pont
de l'île d'Orléans, il était à 400 millions il y a 10 ans, et ça a
coûté 2,75 milliards, sept fois plus, sept fois plus. Mais c'est... c'est
ça, les ratios des dernières années. Le même projet, à l'arrivée au pouvoir de
la CAQ, quelques années plus tard, c'est des
ratios de deux, trois, quatre, cinq, sept, 10 fois le prix d'origine. Ce
n'est pas normal. Il se passe quelque chose.
Donc, j'en
passe, là, des exemples, il y en a plein, mais toute cette tergiversation, la
bureaucratie, il y a aussi les changements
d'opinion et de direction du gouvernement qui créent un cadre plus incertain, a
amené une perte de contrôle totale sur les coûts.
Donc, un
gouvernement du Parti québécois va mettre de l'ordre dans tout ça avec les
mesures suivantes... suivantes, pardon : prioriser les maintiens
des actifs, donc moins de coupage de rubans, ça semble être la nouvelle
orientation de la première ministre pour les prochaines semaines; permettre aux
entreprises de déposer des contre-offres en réponse à des appels de projets du
gouvernement, donc les entreprises pourront participer à réduire les coûts;
alléger les plans et devis soumis dans les appels de projets pour laisser plus
de liberté, plus de liberté d'exécution, de modification, de liberté dans le
choix des matériaux aux soumissionnaires; maximiser le bassin de
soumissionnaires potentiels, donc il va falloir favoriser la concurrence par
tous les moyens; favoriser la participation, donc, de PME aux travaux publics en changeant les exigences, parce qu'évidemment,
si les projets requièrent de très grands joueurs et qu'il y a très peu de ces
gros joueurs-là au Québec, bien, la conséquence, c'est l'absence de
concurrence; harmoniser le code de bâtiment dans l'ensemble du Québec pour
faciliter la reproductibilité des modèles d'infrastructures publiques; alléger
le fardeau administratif, j'en ai parlé; simplifier ou supprimer certaines des
étapes à l'aboutissement d'un projet; et, finalement, rétablir la constance et
la fiabilité de l'État comme donneur d'ouvrage. En d'autres mots, si on
dit : On fait le tramway ou on fait tel
l'hôpital, on ne peut pas changer d'idée cinq fois et s'attendre que ça n'ait
pas d'impact sur les prix. Et ça, c'est sans compter le nombre d'études
inutiles pour lesquelles on a dépensé sans compter, là : le REM de l'Est,
le troisième lien, le tramway, étude par-dessus étude, souvent pour faire
semblant de faire quelque chose pendant qu'il ne se passera rien. Ça a coûté
des centaines de millions au total.
Un mot sur le coût de la vie. C'était la raison
d'être de la CAQ. Souvenez-vous, en 2018, on nous disait qu'on remettrait de
l'argent dans le portefeuille des Québécois. Eh bien, le portefeuille des
Québécois a des nouvelles pour ce gouvernement. La question est simple :
Est-ce qu'aujourd'hui les Québécois, concrètement, en ont plus dans leur portefeuille à tous les niveaux, là? Donc, une fois qu'on a
payé une épicerie qui est hors de prix, que le loyer a explosé ou que
l'hypothèque n'a pas de bon sens puis qu'on est devant des pressions à la pompe
et à plusieurs autres endroits, là, qu'est-ce qu'il reste véritablement, dans
le portefeuille des Québécois, à la fin de tout ça? Est-ce que leur argent vaut
plus qu'en 2018 par rapport au coût de la vie? Est-ce qu'ils ont davantage
d'argent pour des loisirs ou quelque chose de... en dehors des besoins vitaux,
là? À la fin du mois, est-ce qu'ils ont plus de cet argent-là ou est-ce qu'il
n'en reste plus? Poser la question, c'est y répondre. C'est limpide comme
constat.
Premièrement, le prix des maisons et des loyers
a doublé. Donc, évidemment que c'est un gros poste de dépense. Donc, le foyer moyen, supposons qu'il avait, dans son budget,
entre 15 % et 25 % d'alloué à l'habitation, quand son budget est
rendu à 40 %, 45 % alloué à l'habitation pour la même maison ou le
même appartement, évidemment qu'il n'en reste plus à la fin du mois pour
le reste. Et ça, ça veut dire que ça nous a coûté très cher, dans un premier temps du côté du gouvernement, de nier la crise du
logement, et ça, on l'oublie, mais la séquence a commencé par la négation
de la crise du logement du côté du
gouvernement. Il faut le rappeler, parce qu'on en a perdu, du temps avec un
gouvernement qui nous disait qu'il n'y avait pas de crise du logement.
Il faut vraiment ne pas être en maîtrise de son dossier pour avoir répondu
quelque chose de la sorte, alors que c'était limpide et évident.
Et, après avoir nié, donc, bien là on a... on
nous a parlé beaucoup, beaucoup de construction grâce au privé, mais le nombre de logements qu'on aura réussi à
sortir n'a rien de reluisant, surtout en proportion de l'enjeu dont je vous
parlais tantôt, c'est-à-dire l'immigration, l'immigration temporaire. Je vous
donne l'exemple de 2023, qui est vraiment frappant. Durant cette année-là, on
aura accueilli, au Québec, 230 000 nouvelles personnes sur le
territoire. Combien de logements, Mme la Présidente, avons-nous bâtis cette
année-là? 35 000. Donc, on n'a pas besoin de faire même son cours de
cégep, là, sur l'offre et la demande pour comprendre que non seulement on avait
des niveaux d'immigration historiques qui mettaient une pression sur le
logement, mais, du côté du logement qu'on était capable de sortir, on était à
des années-lumière de ce qu'il fallait pour rencontrer cette demande-là. La
résultante, c'est qu'on a confisqué à toute une génération le rêve de devenir
propriétaire. Et moi, je pense que c'est dangereux, parce que c'est un bris du
contrat social, lequel peut amener une forme
légitime de colère dans cette génération-là. Ça fait longtemps qu'on n'a pas vu
ça, l'Occident, et le Québec spécifiquement, dans les... dans chacune
des générations, a été bâti sur l'idée que la prochaine génération aura mieux
et sera plus riche que la précédente. Si on inverse ce principe-là, les
phénomènes démocratiques et sociaux qui vont découler de ça ne sont pas à être
sous-estimés, de mon point de vue.
Puis là, bien, mettez là-dedans qu'on est dans
la pire inflation alimentaire des pays du G7, juste pour vous donner une idée,
là, pour une famille de quatre, en 2026, on parle d'une hausse du coût du
panier d'épicerie de 27 % plus élevée qu'il y a cinq ans. Donc, tout le
monde le voit, tout le monde le ressent, puis il y a toujours cet écart à la pompe, entre nous et nos voisins, qui est amplifié
par des conflits géopolitiques sur lesquels on n'a pas de contrôle, certes, mais
qu'on est obligé de nommer dans le sens où ça se peut qu'il y ait d'autres
conflits géopolitiques, là. Est-ce que le prix de l'essence puis du pétrole va
diminuer dans les prochaines années? Moi, je ne parierai pas là-dessus. Mettez
ça ensemble, là, puis c'est un cocktail assez dangereux et inacceptable pour
plusieurs familles qui sont coincées.
• (16 h 10) •
Et ce que propose le Parti québécois vis-à-vis
ça, c'est de rétablir l'offre et la demande en matière de logement, donc jouer
sur les deux côtés. Il y a toujours ce débat, là, assez bizarre, où on tente
soit d'éluder, chez certains partis, que la
hausse soudaine de la population a eu un effet sur le prix du logement. C'est
évident, ça a été documenté, puis, des fois,
bien, on élude l'autre côté, on ne parle que de la demande puis on ne parle pas
de l'offre, parce qu'on a été... on n'a pas été bon sur l'offre de
logement, particulièrement l'offre de logement social.
Donc, nous, on veut agir dans cette matière-là
en augmentant le logement social. Ça veut dire aussi d'éliminer les barrières
bureaucratiques, la surréglementation dans le secteur dans l'espoir, avec les
villes, de sortir davantage de logements pour rétablir la situation le plus
rapidement possible. On a un plan complet sur l'accès à la propriété, parce que
je pense qu'on doit envoyer un signal très clair et très rapide auprès des
jeunes qu'on ne les laissera pas tomber là-dedans et qu'on va retourner à
quelque chose d'équitable.
Sur le gaz, on s'est engagé à tendre vers une
diminution, une harmonisation vers le prix de l'Ontario. Donc, au moins, faire
un effort pour que l'écart soit... se rétrécisse au niveau du prix du
carburant. Sur l'inflation alimentaire, mon collègue député d'Arthabaska a
déposé un plan complet pour favoriser la concurrence dans ce secteur-là,
réduire l'inflation alimentaire, notamment à travers le mandat qu'on se donne
d'attirer des nouveaux joueurs, de restreindre, voire abolir, dans certains
cas, les clauses de contrôle de propriété dans le secteur de l'alimentation,
qui sont des clauses essentiellement pour nuire à la concurrence. Et, de
manière générale, bien, c'est un secteur qui est très mal et trop réglementé.
Donc, peut-être qu'en revoyant la réglementation, on va atteindre certains
objectifs sur le prix du panier également. Mais ça me semble être des priorités
absolument fondamentales, et le bilan de la CAQ ne changera pas dans les prochaines semaines. Donc, on est prêt à
collaborer, mais il ne faut pas se faire d'illusions et ce n'est pas comme
si, en cette enceinte, au cours des huit
dernières années, les points que je fais là, c'est notre première discussion
sur le coût de la vie, là. Donc, il y aura un bilan aussi à faire du
côté du gouvernement.
Le dernier
point, ce sont les services publics. Donc, je vous poserais la question
simplement : Qui, au Québec, pense sincèrement que ça va mieux, en
matière de services publics, qu'il y a huit ans? Je pense que je peux arrêter
ma... mon intervention là, là.
Puis je rappelle quelques-unes des promesses qui
ont permis à cette formation-là d'accéder au pouvoir. Donc, on promettait
90 minutes de temps d'urgence... de temps d'attente aux urgences. C'est
difficile de dire ça sans esquisser un
sourire, mais pas parce que c'est drôle. On a dit aussi qu'il y aurait un... un
médecin de famille pour tous. Il y avait plein d'engagements qui n'ont
pas eu lieu. Et la réalité, c'est que près de 370 000 Québécois ont
quitté les urgences sans avoir vu un médecin l'an dernier. Puis il y a des fois
où on peut le justifier, là, c'est-à-dire ce qui n'est pas urgent, mais plusieurs de ces cas, ce sont des situations considérées
comme urgentes ou semi-urgentes. Le temps d'attente, en moyenne, au Québec en
ce moment, est de six heures. Il y a des Québécois... Il y a moins de Québécois
avec un médecin de famille en ce moment
qu'en 2019, donc on est passés de 82 % des Québécois à 72 % des
Québécois. Puis là on vient de donner 500 millions aux médecins
spécialistes, alors qu'on promettait de mettre fin à leur incorporation et de
vraiment imposer un nouveau mode de rémunération, lequel, finalement, ne donne
lieu à rien de concret, là, donc.
J'ai des statistiques aussi sur les places en
garderie, sur toutes sortes d'autres indicateurs, mais, lorsque la première
ministre nous parle, hier, de simplifier les services, je rappelle que,
malheureusement, la CAQ nous a parlé de faire le ménage, de couper dans le
gaspillage de l'État puis, finalement, elle s'est trouvée à faire tout son
contraire : une augmentation de la taille de la bureaucratie. Et ça, je
suis revenu souvent là-dessus, mais je pense que c'est un des enjeux qu'on a en
ce moment. Ces services dont je vous parle ne vont pas dans la bonne direction
parce que nos fonds publics vont dans des contrôles de l'appareil de l'État,
qui se traduisent par 24 % d'augmentation de la taille de l'État, pendant que la population a crû par 9 %.
Donc, vous comprenez que, si nos ressources vont en contrôle puis en paperasse,
bien, forcément, il ne va pas en services, en professionnels qui livrent le
service.
Donc, je... plusieurs engagements, là, de la CAQ
qui n'ont pas été respectés, je passe rapidement, mais on s'est rendu, bref, à un point où même le Protecteur du citoyen a dit que l'État québécois était devenu tellement
lourd et rempli de contrôles bureaucratiques qu'on en était devenu à
déshumaniser les services publics. Et promenez-vous auprès de tous les professionnels, éducation, santé,
communautaire, c'est exactement ça qu'ils vont vous dire : J'aimerais ça
faire ce pour quoi j'ai été formé, j'aimerais ça remplir la mission
qu'on m'a confiée plutôt que de remplir des projets... des appels de projets
puis de la paperasse de reddition de comptes, qui occupent une proportion
ahurissante de mon temps.
Donc, nous, au Parti québécois, on croit à la
bonne gestion des finances publiques. Ça implique que nos finances soient
utilisées directement à des services à la population et non pas à des contrôles
bureaucratiques à outrance qui cherchent à,
finalement, protéger l'image du gouvernement à travers des contrôles. Je pense
qu'il va falloir décentraliser et
faire beaucoup plus confiance aux professionnels qui livrent le service pour
libérer des sommes, lesquelles devront servir à rehausser le niveau de
service.
Concrètement, ça signifie qu'on va recentrer
l'action de l'État sur ses missions fondamentales : soigner notre monde;
éduquer nos jeunes; garantir à tous les citoyens une société sécuritaire, parce
que ça aussi, c'est un enjeu pour lequel la population vous dirait qu'on ne va
pas dans la bonne direction; protéger nos jeunes aussi de plusieurs périls qui n'étaient pas là il y a 10, 15 ans. Ça
veut dire aussi de faire des choix difficiles sur les missions périphériques de
l'État, c'est-à-dire que, si une mission n'est pas parmi les missions
essentielles pour lesquelles on ne remplit pas les attentes de la population, il va falloir couper ailleurs,
parce que les ressources, l'assiette fiscale, surtout avec la croissance
économique anémique qu'on a connue, elle ne s'améliore pas. Donc, on
devra faire ces choix-là.
Réduire les contrôles administratifs veut dire
réduire la bureaucratie mais aussi décentraliser, c'est... ce sont les origines du Parti québécois, décentraliser au
profit des régions, notamment, décentraliser la décision plus proche des... de
l'action et non pas loin, dans des tours à bureaux. Nous allons mettre fin au
plus grand gaspillage de fonds publics de toute l'histoire.
De tout ce que je viens de vous nommer, là, s'il
y a une chose à retenir, c'est que le pire gaspillage n'est pas celui de ce
gouvernement, il est bien le fait du gouvernement fédéral. Puis on passe
énormément de temps, au Québec, à parler du gaspillage ici, à l'Assemblée
nationale, mais, somme toute, les indicateurs n'ont rien à voir avec le degré
d'inutilité, de dédoublements et de gaspillage qu'on voit à Ottawa. Récemment,
je voyais des travaux parlementaires à
Ottawa où on parlait du coût des soupers, des dîners et des déplacements du
premier ministre du Canada, Mark
Carney. Si ça, ça avait lieu
dans le gouvernement actuel ou dans un gouvernement du Parti québécois ou du
Parti libéral, peu importe, jamais, jamais le gouvernement ne survivrait. De la
même manière qu'on a parlé de SAAQclic, on a fait une commission d'enquête, ça
a coûté 1,2 milliard, regardez ce qui est arrivé quand il y avait
6 milliards de gaspillés dans exactement les mêmes circonstances à Ottawa.
Ça, c'est drôle, ça n'a pas l'air à intéresser, c'est comme si on n'en parle
pas. C'est ça, la conséquence de ne pas être maîtres chez nous. La moitié de
nos impôts s'en vont à un endroit où il y a
bien plus de gaspillage que tout ce que j'ai pu nommer en une heure de discours.
Donc, je laisse ça pour la réflexion de mes collègues fédéralistes.
L'indépendance du Québec sera la plus grande opération de réduction de la
bureaucratie, d'élimination du gaspillage et des dédoublements inutiles, des
chevauchements que nous aurons jamais connue.
Donc, Mme la
Présidente, en 45 minutes, j'aurai fait le tour des priorités de la
première ministre essentiellement pour démontrer que, bien que ce sont
les bonnes priorités, ce sont des priorités qui ont été amplement discutées,
pour lesquelles on est intervenus souvent et pour lequel ce sera très difficile
d'avancer l'idée qu'il ne s'est rien passé depuis sept ans et demi, il faut un
peu comme l'oublier de notre mémoire, et que ceci est un nouveau gouvernement.
Je regarde les gens, là, puis je ne pense pas me tromper, je n'ai pas de
problème de verres de contact, je pense que ce sont les mêmes personnes et je
pense que c'est pas mal les mêmes politiques publiques. Donc, ce n'est pas un
nouveau gouvernement et ce n'est pas une nouvelle session. C'est plutôt une
mission très, très périlleuse de tenter de faire, en quelques semaines, ce que
ce gouvernement s'est engagé à faire en deux mandats.
Et là l'heure des bilans arrive. Et, là-dedans,
notre engagement, c'est de mettre de l'avant et de mettre en place, si jamais
les Québécois le décident, les solutions qu'on aura défendues pendant sept,
huit ans, des fois aussi des avertissements qu'on a lancés, qui n'ont pas été
entendus puis pour lesquels on a réagi tardivement, mettre de l'avant ce programme-là, si c'est la volonté des Québécois
d'opter pour un changement. Alors, ce sont mes observations, Mme la
Présidente. Merci pour ce temps.
La Présidente : Je vous
remercie, M. le chef du troisième groupe d'opposition. Maintenant, je reconnais
pour sa prise de parole la députée d'Abitibi-Ouest. Nous vous écoutons.
Mme Suzanne Blais
Mme Blais :
Merci. Merci, Mme la Présidente. Il y a eu beaucoup de changements au
gouvernement dans les dernières semaines : une nouvelle cheffe, une
nouvelle première ministre, un nouveau Conseil des ministres et surtout un nouveau souffle. C'est tout un honneur pour moi
de me lever en cette Chambre pour vous apporter la perspective de nos
régions sur la nouvelle direction que prend notre gouvernement.
• (16 h 20) •
Tout d'abord, un
incontournable, le nouveau Conseil des régions. La première ministre a fait
preuve de leadership en créant une nouvelle instance qui sera dirigée par mon
collègue de Chapleau, qui a été nommé ministre délégué des Régions. À titre de
membre du Conseil des régions, je peux vous dire qu'il y aura une réelle
volonté de comprendre nos réalités au sein du gouvernement. Notre rôle, c'est
d'assurer que notre voix est entendue et respectée. Parce que la réalité d'un citoyen d'Amos n'est pas la même qu'un citoyen
de Gaspé, ou de Mont-Laurier, ou de Saint-Joseph-de-Beauce. Nos
économies et nos modes de vie sont parfois très différents, et il faut adapter
la réalité.
Une chose que nous
avons en commun, c'est que nous sommes tous Québécois, et ça, la première
ministre le comprend bien. Ce Conseil des régions est la preuve parfaite.
Depuis 2018, on a fait du chemin. On a prouvé que nous étions réellement le
parti des régions. Seulement dans ma circonscription, on a eu plusieurs
avancées comme des nouvelles écoles à La Sarre, La Motte ainsi que les travaux
de construction du CHSLD de Macamic. Maintenant, imaginez ce qu'on va accomplir avec un Conseil des régions composé de
18 élus, un député qui siège directement au Conseil des ministres.
Ce ne sera pas une
surprise si je vous dis que notre première ministre est très active dans les
dernières semaines. Les Québécoises et les
Québécois sont choyés d'avoir comme leader une femme dynamique, inspirante et
surtout à l'écoute. Elle est à l'écoute des patients. 700 millions ont été
alloués à la modernisation de l'Hôpital
Maisonneuve-Rosemont. Les citoyens de l'est de l'île auront bel et bien
accès à un milieu de soins moderne et adapté. Dans ce... dans ce montant total,
400 millions serviront à l'acquisition de trois terrains à proximité de
l'hôpital et 300 millions permettront de terminer l'étape de conception. Ces
investissements permettront de respecter l'échéancier et d'accueillir des
patients dès 2036.
Elle est à l'écoute
déjà. On a récemment annoncé la création d'un crédit d'impôt pour rembourser la
taxe de bienvenue pour les premiers acheteurs. On parle ici d'environ
38 000 personnes qui auront droit à ce remboursement. L'accès à la propriété chez les jeunes, c'est une
question d'équité intergénérationnelle. La première ministre l'a dit, elle
ne laissera aucune génération être sacrifiée.
Elle est aussi à l'écoute
des PME. Le taux d'imposition est passé de 3,2 % à 2,2 % sur les
premiers 500 000 $. Ça veut dire que cette réduction, qui peut aller
jusqu'à 5 000 $ par année... Les petites et moyennes entreprises sont
au coeur de la réussite de nos régions, et on se doit d'aider à créer la
richesse. Il ne faut jamais oublier que créer plus de richesse, ça nous permet
de maintenir et d'améliorer les services aux citoyens là où sont les besoins.
En plus, notre
première ministre s'est bien entourée. Je pense ici, entre autres, à mon
collègue député de Lévis, désormais ministre de l'Économie, de l'Innovation et
de l'Énergie. Je pense également à mon voisin de circonscription, le député de Rouyn-Noranda—Témiscamingue,
nommé ministre délégué d'Économie,
aux Petites et Moyennes Entreprises.
Puis, finalement, je
crois que c'est important de souligner que notre première ministre est
seulement la seconde femme de l'histoire du
Québec à occuper... à occuper ce poste. Au-delà de la symbolique, son élection
envoie un message fort à toutes les jeunes femmes. Mesdames, vous avez
votre place en politique.
Si les dernières
semaines nous ont appris quelque chose, c'est que nous sommes toujours les
mieux positionnés pour défendre le Québec
dans son ensemble, sa culture, sa langue, sa cohésion sociale, ses entreprises
et ses liens commerciaux avec le
reste du monde. Mme la... M. le Président, on a une équipe solide, talentueuse,
qui est prête à travailler pour les Québécois. Nous sommes déjà en
action, et, croyez-moi, le meilleur reste à venir. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée.
Avant de céder la
parole au prochain intervenant, je vous informe de la répartition du temps de
parole pour l'ensemble des 25 heures de débat sur le discours
d'ouverture : 60 minutes allouées au représentant du gouvernement
pour sa réplique, 10 h 50 min allouées au groupe parlementaire
formant le gouvernement, incluant le discours de la première ministre,
5 h 40 min allouées au groupe parlementaire formant l'opposition
officielle, incluant le discours de son chef, 3 h 30 min allouées
au deuxième groupe d'opposition, incluant le discours de sa cheffe,
2 h 20 min allouées au troisième groupe d'opposition, incluant
le discours de son chef, et 10 minutes allouées à chacun des députés
indépendants. Dans le cadre de ce débat, le temps non utilisé par les députés indépendants
ou par l'un des groupes parlementaires sera redistribué entre les groupes
parlementaires selon les proportions établies précédemment. Mis à part ces consignes mentionnées précédemment, les
interventions ne seront soumises à aucune limite de temps. Enfin, je rappelle
aux députés indépendants que, s'ils souhaitent intervenir au cours du débat,
ils ont 10 minutes à partir de maintenant pour en aviser la présidence.
Et je reconnais M. le
député de Marquette.
M. Enrico
Ciccone
M. Ciccone : Merci beaucoup, M. le Président. Mon Dieu! Je prends la
parole à un troisième discours inaugural dans les temps modernes, là. Je sais
que ça avait été fait au début des années 90, si je ne me trompe pas. Mais, honnêtement, M. le Président, ça sent
vraiment, vraiment la fin de régime, là. On est obligés de prendre des temps d'arrêt.
On est obligés de changer le rythme pour essayer de faire oublier nos mauvaises
décisions, notre mauvaise gestion, notamment, des finances publiques du Québec.
Mais ce que je trouve le
plus particulier, M. le Président, et vous l'avez entendu comme moi hier, la
première... la nouvelle première ministre, elle parle souvent du «nouveau
gouvernement», également, elle dit «le gouvernement précédent». Et là, en...
Parce que, «le gouvernement précédent», elle parle de son gouvernement, elle
parle de la CAQ, M. le Président. Alors, on a une première ministre qui parle à
la troisième personne, il faut le faire, là. On dit quoi, habituellement, d'une
personne qui parle à la troisième personne? Il faut le faire, là : «Du
gouvernement précédent», et elle cite des bons coups du gouvernement précédent.
Moi, je pensais que «le gouvernement précédent», c'était nous autres, M. le
Président, les libéraux. Parce que c'est ce qu'on a entendu pendant huit
ans : Le gouvernement précédent ne faisait pas sa job, ne savait pas
compter, prenait de mauvaises décisions. Et là, tout d'un coup, là, le
gouvernement précédent a fait des bonnes choses. Puis, en plus, là, on
s'appelle «le nouveau gouvernement».
Êtes-vous
capable de me suivre, M. le Président? Honnêtement, là, honnêtement, il faut le
faire, là! Il faut le faire! Quand on veut mêler les gens, là... oh!
excusez-moi, M. le Président, tenter de mêler les gens... Parce que les
Québécois ne sont pas dupes, là. Je
comprends qu'on veut tenter de remettre une image d'un gouvernement, d'un
groupe de la CAQ qui sait faire de la bonne gestion, qui savent
s'occuper des vraies affaires. Écoutez, là, écoutez, là, les Québécois vont parler le 5 octobre prochain, là, puis
plusieurs des membres de l'autre côté de la Chambre vont être nécessairement
surpris, M. le Président.
Je me suis... Imaginez-vous donc, je me suis
tapé le verbatim de la ministre... de la première ministre, hier. Puis, je
sais, vous allez dire que je suis sadique, là, mais je l'ai fait, M. le
Président, je l'ai lu en entier. Et c'est là que j'ai vu, là, qu'elle avait dit «gouvernement» ou «précédent
gouvernement»... je suis arrêté à 13 fois. Je suis arrêté à 13 fois,
parce que plus tu le dis... Elle pense que,
plus tu le dis, ça va devenir une réalité. Bien non, M. le Président. Elle
était là, elle était autour de la table du Conseil des ministres, et là,
tout d'un coup, elle vient dire à mots couverts que ce qui se faisait avant, ce n'était pas nécessairement bon
parce que c'est elle qui a toutes les réponses aujourd'hui. Il faut le faire,
M. le Président, là, il faut le faire, M. le Président.
Je vais vous citer des passages : «Plus que
jamais, tout est possible.» Pourquoi? Ce n'était pas possible durant les huit dernières années, M. le Président?
Pourtant, elle était là, elle a été ministre, elle a été ministre pendant
quatre ans, M. le Président... trois ans et demi, là, avant de devenir
première ministre, là. Bon Dieu! Puis il y a des choses qu'elle a changées du
tout au tout, là, de la position du député de L'Assomption... Mais elle est
restée au Conseil des ministres. Si elle
n'était pas si d'accord que ça, pourquoi qu'elle est restée là, M. le
Président? Encore une fois, il faut le faire, là, tu sais, changer, là,
son fusil d'épaule, là, du jour au lendemain. Mais ça, on le sait, c'est la CAQ
populiste, électoraliste.
• (16 h 30) •
Je vais continuer, M. le Président, et je la
cite toujours : «Je vais être transparente avec tous les Québécois.» Elle
ne l'était pas avant? Elle ne l'était pas avant? Combien de fois qu'on a posé
des questions sur Northvolt, combien de fois qu'on a posé des questions sur SAAQclic
puis on n'était pas capables d'avoir de réponses? Tout était beau. Notamment avec Northvolt, tout était
beau : On est bien enlignés, on est sur la liste, on va être remboursés,
les Québécois ne perdront pas une cenne. C'est elle qui disait ça, M. le
Président. C'est de la transparence, ça? Je ne pense pas, moi.
Je continue
de la citer : «On ne pourra pas tout changer, mais une chose est sûre,
c'est qu'on va maintenir la cadence.» S'il vous plaît, là, là je me fais
l'intermédiaire des Québécois, parce qu'ils me l'ont dit, les Québécois, ne touchez plus à rien. Il reste cinq mois, ne touchez
plus à rien, là, ne touchez plus à rien, s'il vous plaît. On est déjà assez
dans le trouble comme ça.
«Premièrement, le coût de la vie,
deuxièmement...» Et là je parle, là, des priorités : «Premièrement, le
coût de la vie, deuxièmement, l'économie, troisièmement,
les infrastructures, quatrièmement, les services, cinquièmement, l'identité.»
C'est des bonnes priorités, là, mais quel projet de loi qui a été déposé
aujourd'hui? Quel projet de loi a été déposé aujourd'hui? Un projet de loi sur
le coût de la vie pour améliorer la situation des Québécois et Québécoises?
C'est-tu ça qui a été déposé ce matin? Un projet de loi sur l'économie?
C'est-tu ça qui a été déposé ce matin, M. le Président? Les infrastructures,
les infrastructures, c'est-tu ça qui a été déposé ce matin? Bien non, M. le
Président. Encore une fois, le projet de loi qui a été déposé ce matin,
électoraliste, parce que tout le monde veut sauver le français au Québec, tout le monde. Il n'y a personne qui est contre le
français au Québec, M. le Président, personne. On va
l'améliorer. Bien, ce n'est pas nous autres qui a coupé dans les cours
de francisation, M. le Président. Ce n'est pas nous autres.
On va continuer avec des citations.
«Malheureusement, l'accès à la propriété, il est de plus en plus difficile, au
Québec. Bien des jeunes ne réussissent pas à s'acheter une maison. Pour
beaucoup d'entre eux, en fait, c'est carrément hors de portée.» Je le sais,
j'ai un fils de 27 ans qui gagne bien sa vie. Il n'est même pas capable de
s'imaginer d'acheter une maison, M. le Président. Mais ça fait huit ans... elle
peut bien parler du nouveau gouvernement, là, mais ça fait huit ans... Ils ont nié la crise du logement, puis
là, tout d'un coup, ils veulent venir aider les jeunes. Bien, voyons, M. le Président,
ce n'est pas sérieux. Ce n'est pas sérieux. Les Québécois voient clair.
Je continue, M. le Président. «Notre nouveau
gouvernement — heille!
ça me fait rire quand je dis ça — a choisi de donner un coup de pouce à nos
jeunes.» Quand elle était là, là, autour de la table du Conseil des ministres, là, je sais que ce n'était pas son dossier, là,
mais, tabarouette, elle a-tu mis un poing sur la table, dire : Heille! nos
jeunes, on va-tu amener une mesure pour les aider à acquérir une
première propriété? On le fait-tu? Bien non, c'était silence radio dans ce temps-là, il faut croire, parce
qu'il n'y a rien qui avançait. Ça fait que c'est-tu parce qu'elle n'était pas
capable de persuader... ou elle le faisait puis elle n'était pas capable
de persuader le Conseil des ministres puis le premier... l'ancien premier
ministre? Est-ce que c'est ça, M. le Président? Puis là elle arrive comme
première ministre, puis là c'est : Tout va être beau, là, on va l'écouter?
Bien, voyons, M. le Président, encore une fois, ça ne fait pas sérieux.
Conversion de
5 000 places en garderie. C'était quoi, les promesses? C'est quoi,
les promesses qui étaient faites depuis le début, notamment depuis le début de
cette législature-là? Bien, câline, c'est sûr, M. le Président, les élections,
c'est le 5 octobre, il faut donner des
bonbons, donner des bonbons. Puis là je pourrais vous parler des chèques
électoralistes qui ont coûté des milliards de l'argent
qu'on n'avait pas. Ah oui! on l'avait, on avait laissé 7 milliards, M. le
Président. Ils l'ont pris là.
On va continuer. Je cite : «La nouvelle
ministre de la Famille s'y attelle présentement, dès cet été, on le fait. Elle
va publier la liste des milieux qui seront convertis.» Moi, je me rappelle,
j'avais interpelé le ministre de la Famille à l'époque, qui est avec nous
aujourd'hui, qui a changé de... J'avais dit : Pourquoi vous ne le faites
pas rapidement?
Une voix : ...
M. Ciccone :
Ah non! ce n'était pas... Je m'excuse, j'ai commis une erreur, c'était
l'ancienne ministre de la Famille. Puis je
lui avais dit : Mais pourquoi vous ne le faites pas, là? Chez nous, moi,
ils viennent me voir dans mon bureau, il y a des garderies privées qui
aimeraient ça se convertir parce qu'ils veulent offrir le service, puis là ils
sont poignés, ils sont à bout. Ils sont à
bout. Ils veulent garder le service pour nos bouts de chou puis les parents
dans ma circonscription. C'est comme ça partout au Québec. On pouvait le
faire, on ne l'a pas fait. Puis là on dit qu'on va le faire? Bien oui, le
5 octobre s'en vient, M. le Président.
Je continue.
On se penchera notamment sur comment aider les plus vulnérables. Misère, M. le
Président. Les organismes communautaires étaient en grève, étaient dans la
rue... étaient dans la rue. Le mouvement à boutte était là. Ils ne sont pas
arrivés du jour au lendemain, là, dans la rue, devant le Parlement, ici, M. le
Président. Ils ont interpelé, ils ont appelé, ils ont écrit. Je sais, là, j'ai
le dossier maintenant, je les vois, les communications avec le gouvernement.
Rien puis une barre, M. le Président, rien puis une barre. La ministre
responsable, elle ne les a même pas rencontrés. Elle était supposée les
rencontrer après une interpellation, elle ne les a pas rencontrés.
On va continuer. Écoutez bien celle-là,
là : «Je pense en particulier à la pénurie de logements puis à la hausse
de l'itinérance qui se nourrissent, hein, mutuellement.» Je ne commenterai pas,
je n'ai rien compris, M. le Président. «Construire plus de logements
abordables, c'est un des moyens pour freiner la hausse de l'itinérance et ça
permet aussi aux aînés d'avoir accès à un loyer décent.» Mon Dieu! On vient
d'allumer, M. le Président.
Là, on parle des tarifs, 50 % sur l'acier.
Vous vous rappelez, M. le Président... «Actuellement, plusieurs de nos
industries subissent les contrecoups», puis je cite toujours la première
ministre : «Actuellement, plusieurs de nos industries subissent les contrecoups des tarifs, 50 % sur l'acier,
50 % sur l'aluminium, 45 % sur le bois d'oeuvre.» M. le Président, vous vous rappelez au
début, là, de l'ère Trump, le premier ministre, l'ancien premier ministre,
député de l'Assomption, il voulait même
négocier ce qu'on a... L'industrie de l'aérospatiale, avant, là... avant, là,
il voulait négocier tout ça, là. Il voulait négocier tout ça. C'est mis
à mal aujourd'hui, ça, là, là, tu sais, puis là, aujourd'hui, on pense sincèrement que... ah non! c'est vrai, ce n'est
pas la première ministre, c'est l'ancien gouvernement, M. le Président. Ça ne
lui appartient pas. J'espère qu'elle s'est levée au Conseil des ministres puis
elle a dit : Voyons donc, M. le premier ministre,
qu'est-ce que vous venez de faire là, ça n'a pas de bon
sens. Heille! «dealmaker», tout un négociateur, on ouvre le jeu, on ouvre le jeu avant... puis là,
aujourd'hui, il faut comprendre, il faut croire que ça va arriver. Bon, encore
une fois, ça ne fait pas sérieux.
Je continue de citer. «Personne n'est mieux
placé que le gouvernement du Québec pour parler au nom des Québécois.» Ça, c'est vrai, M. le Président, parce que
c'est notre responsabilité aux législateurs puis au gouvernement, mais ce
n'est certainement pas la CAQ... ce n'est certainement pas la CAQ qui parle
pour le bien-être des Québécois, puis ça, on le sait, puis on l'a vu.
«Le Québec, c'est une véritable puissance
énergétique.» Mon Dieu! On a parlé je ne sais pas combien de fois des blocs d'énergie. Nos PME manquaient de blocs
d'énergie. On réservait ça pour les compagnies qui venaient de l'extérieur... qui
venaient de l'extérieur. Je vous rappellerai l'ancienne PDG d'Hydro-Québec, qui
parlait du Dollarama, il ne faut pas donner le Dollarama... Bien oui, ils n'en
avaient plus, puis on se faisait critiquer qu'il y avait un surplus. Bien oui, à un moment donné, eux autres, ils n'en avaient
plus. Ils l'ont donné, ils l'ont vendu. À un prix juste? Il ne doit pas être juste. Si on fait le calcul, M. le Président, nos
PME ici étaient en train de mourir. On n'avait même pas de bloc d'énergie pour eux
autres. Ça, c'est vraiment voir en amont, ça, là. Ça, c'est de la bonne
gestion, ça, M. le Président.
«Avec le plan d'Hydro-Québec, on va surtout
alimenter la croissance de nos petites et moyennes entreprises, nos PME, le
coeur de notre économie.» Tiens, le cadran vient de sonner, M. le Président. On
vient de réaliser... Puis je n'ai pas besoin de vous mentionner que c'était
elle, là, la superministre, là, de l'Économie et de l'Énergie, là. Là, on vient
de réaliser ça aujourd'hui. Pourquoi? Parce que ça... ça sort bien, c'est
populaire. On pense que les Québécois... Ah!
bien oui, finalement... Bien oui, mais c'était elle, la ministre de l'Économie
puis de l'Énergie. Là, elle dit aujourd'hui ce qu'elle va faire. Bien
oui, mais pourquoi tu ne l'as pas fait avant? Voyons, M. le Président!
• (16 h 40) •
Je continue de la citer. «Alors, je vous annonce
que le ministre délégué à l'Économie et des Petites et Moyennes Entreprises va
poursuivre le travail entamé pour alléger la réglementation applicable aux PME
pour réduire le fardeau administratif et pour réduire la paperasse à remplir.»
On est rendus au sixième projet de loi d'allègement réglementaire. On va-tu en
avoir un autre? Voyons, M. le Président, quand on vous dit que des projets de
loi, c'est écrit sur un coin de table, là,
vous en avez la preuve aujourd'hui. Il y en a eu six, cette législature-là,
l'allègement réglementaire, puis là elle dit qu'elle va les alléger
encore. Ça veut dire... qu'est-ce qui a été fait avant? Elle a été d'accord,
elle... ce projet de loi là, parce qu'ils en ont discuté au Conseil des
ministres, elle était d'accord puis, à chaque fois, elle ne disait pas :
Bien là, bien non, là, ce n'est pas complet, il va falloir recommencer. M. le
Président...
«On va bonifier le projet de réaménagement de la
tête des ponts.» En 2021, j'avais le dossier des transports. J'étais... que
la... C'était la députée de Louis-Hébert, à l'époque, qui était responsable de
la Capitale-Nationale, puis je lui avais
posé, justement... parce que c'était une promesse électorale en 2018, puis je
lui ai posé la question à... puis j'ai dit :
Allez-vous le faire à un moment donné? Elle m'a dit : M. le député, on va
respecter toutes nos promesses. On est rendus en 2026, et le discours inaugural
de la première ministre... Elle parle qu'elle va bonifier le projet de réaménagement de la tête des ponts, puis là elle
est supposée, avec son discours, sécuriser la population. M. le Président, ce
n'est pas sérieux.
Là, j'ai tout
mis en jaune, là, «le nouveau gouvernement», je les ai tous mis... Là, je suis
rendu à neuf, là, M. le Président,
puis il me reste encore plusieurs pages. Je n'aurai pas le temps de toutes les
passer, là. Je vais passer un peu plus... un peu plus loin parce que
c'est intéressant.
Je continue. «Je vous annonce donc que le
ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration rouvrira le Programme
de l'expérience québécoise pour deux ans.» Savez-vous quoi, M. le Président,
qu'est-ce qui était drôle hier, c'est que le
ministre, il était debout puis il applaudissait. Heille!
Il faut le faire, là. Il faut le faire, là. Il a défendu... Il disait que ce
n'était pas bon, il fallait l'arrêter, pendant des mois... pendant des mois.
Puis là il se lève puis il vient applaudir. M. le Président, franchement,
tu sais, on peut-tu... tu sais, on peut-tu, un petit peu... je cherche le mot
pour ne pas que ce soit non parlementaire, mais «come on»... Come on! On change
de shorts rapidement, là.
À l'heure actuelle, de moins en moins de jeunes
consomment de la culture québécoise. Ils ne regardent plus vraiment la télévision traditionnelle. Ils
regardent plutôt les plateformes de diffusion en ligne, comme Netflix, comme
Disney, et j'ajouterai, M. le Président, les réseaux sociaux aussi. Ça
fait... On a travaillé... La ministre des... du Tourisme n'est pas là
aujourd'hui, là. On a travaillé pendant un an sur les impacts des écrans, M. le
Président, un an...
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
...
M. Ciccone :
Oui?
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
...pas mentionner la présence ou l'absence d'un collègue.
M. Ciccone : Je
ne l'ai pas dit... J'ai-tu dit qu'elle n'était pas là? Ah! je suis désolé, M.
le Président. La ministre du Tourisme, on a
travaillé avec acharnement, M. le Président, avec acharnement. Un an, ça nous a
pris pour faire ce travail-là, un an.
Ça a été remis au gouvernement l'année passée, à la même date, au mois de mai.
Là, il est sûrement sur un bureau plein de poussière, M. le Président.
On peut-tu commencer... il y a eu à peu près 56, 57, 58 recommandations.
Est-ce qu'on pourrait, peut-être, les
appliquer puis en prendre connaissance? J'ai comme l'impression qu'on ne le
connaît pas, parce qu'il y a des maudites bonnes recommandations,
là-dedans.
Motion formulant un grief
Sur ce, M. le Président, je vais vous lire une
motion de grief :
«Que l'Assemblée nationale blâme sévèrement le
gouvernement caquiste pour son manque de mesures pour contrer la hausse du coût
de la vie, dans le contexte où les banques alimentaires connaissent une hausse
marquée de la demande et que de plus en plus
de Québécoises et de Québécois doivent s'endetter pour se nourrir, ainsi que
pour avoir ignoré cette réalité dans le discours inaugural.»
Je vais
répéter encore une fois ce que j'ai déjà dit dans un autre discours : S'il
vous plaît, ne touchez plus à rien. Merci, M. le Président.
Le
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le député de Marquette.
Alors, votre motion, elle est déposée sous réserve de sa recevabilité.
Nous poursuivons le débat. Cette fois-ci, je
reconnais M. le ministre des Relations internationales et de la Francophonie.
M. Christopher Skeete
M. Skeete : Merci beaucoup, M.
le Président. C'est vraiment apprécié de prendre un moment de parler d'un
discours d'ouverture de notre nouvelle première ministre, qui a établi les
priorités de son nouveau gouvernement pour les prochains mois. On a déjà posé
des gestes concrets pour diminuer le coût de la vie, faciliter l'accès à la
propriété et alléger le fardeau fiscal de nos PME. On continuera, M. le
Président, de travailler à améliorer la situation économique des Québécoises et
des Québécois et, aussi, celle de nos entreprises. Dans un contexte géopolitique
instable et hautement compétitif, le Québec continuera aussi d'agir et de
s'affirmer haut et fort sur la scène internationale. Les négociations qui
entourent la révision de l'ACEUM sont une des grandes priorités du
gouvernement. La nomination de Mme Louise Blais en tant qu'émissaire
envoie un signal fort, M. le Président. Le Québec ne sera pas spectateur. Elle
défendra avec énergie et conviction nos intérêts, nos dossiers vitaux, comme la
gestion de l'offre, la garantie en matière de
culture et aussi la langue française. J'ai déjà assuré Mme Blais, M. le
Président, de mon entière collaboration, et je souhaite la réitérer ici.
Il est essentiel que le Québec et le Canada travaillent en étroite
collaboration dans ces dossiers, et la voix du Québec doit être entendue.
Depuis près de 40 ans, les accords de
libre-échange avec les États-Unis et le Mexique ont permis à l'économie
québécoise de prospérer. Nos entreprises ont eu accès à un marché simple et
direct, puis aussi c'était le plus gros marché
de l'histoire du monde. Comme vous le savez, près de 75 % de nos
exportations sont destinées aux États-Unis. Je le dis souvent, cette forte
dépendance envers un seul marché nous a rendus très vulnérables. La géographie,
par contre, elle ne changera pas. Et il n'est pas
question pour nous de tourner notre dos à cette relation commerciale
essentielle avec nos voisins américains, qui, aussi, fait leur prospérité, soit
dit en passant.
Il faut être pragmatique, nos chaînes de valeur
sont profondément intégrées et les États-Unis resteront un partenaire
incontournable. Par contre, ce qu'on a choisi de faire, c'est d'approfondir le
volet politique de la relation, notamment au niveau des États. On a signé
12 ententes de collaboration avec les États autant républicains que démocrates,
notamment au Texas, en Géorgie, en Floride et au Tennessee, le coeur du MAGA.
Ça démontre, à l'intérieur de ces
ententes-là, qu'on est prêts à collaborer, mais surtout que ces États-là,
surtout républicains, ont à coeur la relation d'échange commercial qu'ils ont
avec le Québec. Ça montre que, l'imprévisibilité de la Maison-Blanche et
la... la diplomatie québécoise fonctionne, pardon. Le Québec continue
d'être très proactif pour renforcer les liens avec les États, gouverneurs et
sénateurs, bref, les États fédérés qui regroupent les États-Unis. On veut que
ce soit notre voix qui soit entendue et pas
celle de l'administration centrale. Par contre, on reconnaît qu'en ce moment
les Américains vivent à un moment où est-ce que la vérité vient de
d'autres Américains, et cette stratégie de parler avec des interlocuteurs des
États fédérés fonctionne très bien.
Le nouveau contexte mondial commande au Québec,
d'une part, de contribuer à titre de partenaire fiable en renforçant notre
sécurité industrielle, sécuritaire de l'Amérique du Nord, mais, d'autre part,
de diversifier nos échanges et d'implanter
davantage une stratégie de diversification des marchés en émergence. Depuis
l'année 1960, le Québec a développé une diplomatie forte, unique et
originale, bref, à son image. Mais on doit aujourd'hui se demander comment adapter notre action à l'international au nouveau
contexte mondial et comment continuer de présenter le Québec comme un
partenaire fiable dans un monde en plein bouleversement. Je peux vous le dire,
ce n'est pas parce qu'on le faisait avant qu'on va continuer de le faire. On va
changer, M. le Président. On doit changer, M. le Président, parce que le monde
a changé.
Ce changement
de posture veut que le Québec agisse à chaque fois que ses intérêts fondamentaux
sont directement en jeu sur la scène internationale, par exemple,
lorsqu'on parle des enjeux de l'Arctique ou qu'on parle des minéraux critiques,
pour ne nommer que ces enjeux.
L'an dernier, nous avons souligné le
60e anniversaire de la doctrine Gérin-Lajoie. Elle stipule que le Québec est souverain dans ses champs de compétence ici
comme à l'extérieur. Aujourd'hui, le Québec doit s'exprimer sur toute
question touchant ses intérêts, tout en maintenant le dialogue avec des acteurs
incontournables pour l'avancement de nos
priorités. Il faut prendre acte de l'évolution du contexte mondial, fonder
notre action à l'international sur notre intérêt national, à l'instar de
d'autres États. Pour y arriver, on doit s'appuyer sur nos atouts pour déployer
une force de frappe. On doit intensifier nos
missions, mobiliser nos grandes institutions, nos entreprises, nos universités
pour faire valoir nos intérêts.
• (16 h 50) •
Notre nation
prospère. Elle est résiliente lorsque cette capacité de refléter qui nous sommes
se voit à l'international, mais on doit le faire de manière autonome. Le plein
potentiel de nos partenaires et les ressources qu'on a sur notre
territoire dans le but de maximiser les bénéfices, c'est ça, l'objectif voulu.
On doit simplement, comme le disait très justement le ministre... le premier
ministre canadien à Davos en janvier dernier, apprendre à naviguer dans le
monde tel qu'il est. Le Québec a des belles
cartes à jouer pour jouer dans ce monde tel qu'il est : des ressources
stratégiques, un savoir-faire, une agilité et surtout un réseau
représentant 30 délégations dans 19 pays, qui fait du Québec le plus
grand État fédéré présent sur la scène internationale. On peut être fiers de ce
levier, de l'action extraordinaire qui suscite l'admiration partout à l'étranger et qui permet au Québec de
diriger une action internationale forte, ambitieuse et efficace. Nos équipes en
poste ont déjà entamé et sont déjà engagées à déterminer comment leur
contribution pourra en faire plus pour le Québec, pour les Québécois à
tous les jours.
Vous le savez, être présent sur le terrain,
bien, c'est très payant pour le Québec. Depuis 2019, depuis qu'on a refait la
mission d'Investissement Québec à l'international, depuis qu'on a redéployé des
efforts économiques à l'international, chaque dollar investi à l'international
génère près de 46 $ de retombées dans notre économie. Le repositionnement
stratégique que nous avons entrepris au cours des derniers mois donne déjà des
résultats. Les exportations du Québec vers l'Union européenne, M. le Président,
ont augmenté de 26 % au premier semestre de 2025, par rapport à la même
période en 2024, pour atteindre 6,2 milliards de dollars. Il faut
poursuivre cette lancée. Les Québécois sont au rendez-vous pour nous aider à
diversifier notre économie et réduire notre dépendance au marché américain.
On a aussi signé avec le comité des régions en
Belgique. Le Québec devient ainsi le premier État fédéré non... non européen,
pardon, à conclure un tel partenariat, confirmant son rôle de précurseur en
Europe. Cet accord pousse plus loin notre engagement au niveau politique,
tandis que le Québec cherche à se réinsérer dans les chaînes de valeur à
l'intérieur du nouveau... du Vieux Continent, plutôt. Le contexte géopolitique
actuel, où plusieurs pays de l'Union européenne ont avancé des investissements
historiques dans le secteur de la défense, nous ouvre de belles possibilités. Vous ne le savez peut-être pas, M. le Président,
mais 75 % des exportations en aérospatiale du Canada sont effectuées par
le Québec.
On a
aussi la chance, avec l'entente du Canada... avec l'entente SAFE... européen,
qui s'est doté de 150 milliards d'euros pour le cofinancement
en capacité de défense... Bien, maintenant, le Québec a accès à ces
contrats-là. On possède 21 des 34 minéraux critiques et stratégiques qui
figurent sur la liste européenne stratégique et 44 des 60 minéraux
critiques considérés comme vitaux pour la sécurité économique des États-Unis.
Donc, ce n'est pas rien, et, en plus, on a la compétence exclusive de ces
minéraux critiques en matière d'échange commercial. C'est un levier important
et c'est un avantage, pourtant, qui doit être maximisé, et on va le faire,
parce que le Québec peut devenir un fournisseur éthique, fiable et responsable
pour plusieurs États.
La diversité de notre
ressource et nos... notre richesse dans l'écosystème de l'aérospatiale nous
confère aussi un avantage important. Comme
je le disais tantôt, le 75 % d'exportations que représentent les
exportations en aérospatiale du
Canada... qui vivent au Québec... On a la chance que madame... la première
ministre est actuellement avec le premier ministre fédéral pour faire
une belle annonce dans ce secteur, mais, vous savez, Montréal est un des trois
grands pôles d'aérospatiale dans le monde, après Toulouse et Seattle, un des
lieux dans le monde où est-ce qu'on peut fabriquer un avion de a à z. C'est 250 entreprises dans le secteur aérospatial,
c'est 40 000 emplois. C'est un secteur névralgique, au centre de notre stratégie de défense, mais aussi au
centre de tout ce qui est possible dans la stratégie et la filière de défense
pour l'avenir, mais on ne s'arrête pas là, M. le Président.
On a fait récemment l'acquisition d'un chantier
naval en... Finlande, pardon, qui nous permet de mettre en valeur notre secteur naval, puis c'est maintenant
au Québec que réside la meilleure technologie pour les brise-glaces dans le
monde. Le ministre de l'Économie en est très fier. D'ailleurs, c'est dans son
comté. Il le dit souvent.
On est aussi des leaders en cybersécurité, en
intelligence artificielle, en informatique. En fait, en intelligence artificielle, M. le Président, on est cinquième
dans le monde en termes de nombre de chercheurs. C'est
1 300 chercheurs qui sont sur le territoire québécois juste en intelligence
artificielle. Quand on marie aérospatiale avec intelligence artificielle,
je pense qu'on se donne un bon levier pour l'avenir du secteur de la défense. À
l'heure où l'Arctique devient au coeur des préoccupations stratégiques, le rôle
du Québec, bien, il ne fera que croître dans les prochaines années, et la
diversification de nos exportations doit aller au-delà de l'Europe.
J'ai fait une mission récemment, M. le
Président, en Afrique, un terrain fertile non seulement pour l'économie, mais
un terrain fertile pour la Francophonie. Vous savez, M. le Président, l'Afrique
représente la... le continent le plus jeune au monde. C'est le continent le
plus francophone au monde. On y compte... La majorité des gens qui sont sur ce
continent-là, d'ici 2050, vont être... vont représenter 75 % des
francophones sur Terre. Et donc notre stratégie de développement avec l'Afrique
doit se faire en collaboration. On doit arrêter d'imposer nos valeurs sur le
continent de l'Afrique. On doit être en construction avec eux. Ils ne veulent
plus de l'aide, M. le Président. Ce qu'ils veulent, c'est des investissements.
Ce qu'ils veulent, c'est qu'on soit des partenaires. Ce qu'ils veulent, c'est
qu'on contribue à construire ce continent avec eux, et, ma foi, quelle
opportunité de protéger la langue française, mais aussi de faire une économie forte.
J'ai eu la
chance aussi, M. le Président, dans les derniers mois, de faire plusieurs
visites à l'international, comme je le disais, mais aussi en
Indo-Pacifique, des lieux où est-ce que le Québec, traditionnellement, on ne
pense pas aux intérêts qu'on pourrait avoir
là-bas. Je pense au Japon, en Corée du Sud, Corée du Sud qui veut construire
des sous-marins pour le Canada dans le cadre d'un appel d'offres qui se
passe actuellement, des partenaires qui veulent nous aider à nous défendre. Des
gens qui, à 20 kilomètres d'eux, ont une frontière... une des frontières
les plus dangereuses dans le monde pensent à nous aider, à travailler avec nous
pour sécuriser notre continent, mais aussi nous aider à investir dans des
secteurs de file, notamment la filière batterie, qui est toujours en vie, qui
va superbien, à Bécancour, mais aussi d'autres filières, que ce soit
l'aérospatiale, la construction de véhicules, et j'en passe.
Au Japon, j'ai rencontré des interlocuteurs qui
avaient le goût de travailler avec nous, parce que, de leur côté, c'est une...
c'est un pays qui voit la région se complexifier. Il se cherche des
partenaires, et le Québec est un partenaire fiable.
Je le dis souvent, M. le Président, une des raisons que les gens veulent
travailler avec le Québec et pourquoi qu'on a une si grande écoute à l'international, c'est assez simple, c'est
parce que le Québec a toujours tenu parole à l'international. Qu'est-ce
qu'on dit qu'on va faire, on va le faire, et on est un partenaire fiable, un
État de droit qui est vraiment à la hauteur de tout ce qu'on peut trouver dans
les institutions internationales, et ça, ça ne changera pas, M. le Président. En fait, il n'y a rien de plus convoité en ce
moment que cette réputation-là que le Québec a et que le Québec met de l'avant.
Je vous dirais que, dans les prochains mois, on
va vivre des grands bouleversements, mais aussi des grandes opportunités, des
opportunités comme la banque de défense, la banque de défense qui est proposée
par les pays un peu partout dans le monde. On ne les connaît pas encore, mais
il y en a à peu près une quinzaine qui sont autour de la table à négocier une entente, mais le Québec,
lui, peut être le siège social de
cette banque-là. On l'appelle la
banque de sécurité et de résilience, puis cette banque-là, l'opportunité
qu'on va avoir, c'est de financer les secteurs de la défense dans plusieurs
pays. Puis ça va être ça, l'enjeu de la prochaine décennie, M. le Président,
comment qu'on fait pour trouver les moyens d'investir dans notre sécurité,
alors qu'on ne l'a pas fait malheureusement depuis les 20 dernières
années, je dirais peut-être même les
30 dernières années. Et cette banque-là, qui a tout son sens pour être au
Québec, à Montréal, je pense, porte l'avenir, qu'on peut y penser parce
que ça va nous permettre d'avoir un levier économique.
Et le Québec, comme je le disais, M. le
Président, a tout pour réussir. On a plus de 80 organisations
internationales sur notre territoire. On a déjà l'OACI, qui est présente sur le
territoire, on a... Ce matin, j'ai déposé un rapport pour l'inclusion d'un
bureau de l'OTAN sur les changements climatiques. Et ce bureau-là va analyser
les changements climatiques pour aider l'alliance à naviguer les tourments des
changements climatiques et puis aussi le dégel de l'Arctique et tous les
risques géopolitiques qui viennent avec. Ça, c'est à Montréal, M. le Président.
On l'oublie. L'antidopage mondial se passe à
Laval. On a la chance, au Québec, d'héberger des grands cerveaux, des grandes
organisations internationales, mais aussi un secteur financier de taille. On a
la Banque Nationale, on la banque Desjardins,
tous des partenaires à l'intérieur de le projet de la banque de défense et de
sécurité. Bien, on a aussi, M. le Président, la Caisse de dépôt. La
Caisse, elle, a été un levier important pour nous aider à s'affranchir, mais
aussi s'affirmer sur la scène internationale.
Donc, oui, il y a des grands défis dans le
secteur international, mais heureusement on a une nouvelle première ministre
qui est non seulement diplômée en relations internationales, mais qui y voit
l'importance. Puis, la preuve, c'est qu'elle est allée aux États-Unis rencontrer
les grands décideurs des... l'autre bord de la frontière pour mettre de l'avant
le modèle québécois et comment on était une solution pour d'autres... les
problèmes qu'ils peuvent avoir, pas un problème. Je
dirais, il y a certainement d'autres missions, je ne peux pas trop vous en
dire, je ne veux pas scooper ma première ministre, mais il y a certainement
d'autres missions à venir pour la première ministre pour montrer à quel point
elle est ferrée sur ce sujet.
Bref, pour vous dire, M. le Président, je vais
terminer là-dessus, mais il y a des critiques qui se disent en cette Chambre,
puis c'est correct, c'est le rôle de l'opposition de critiquer, mais le nouveau
gouvernement, par cette nouvelle première ministre, est bien en selle et bien
en phase avec les priorités du Québec. Merci beaucoup.
• (17 heures) •
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le ministre des Relations internationales et de la Francophonie. Nous
poursuivons ce débat sur le discours d'ouverture. Cette fois-ci, je reconnais
Mme la députée de Verdun.
Mme Alejandra Zaga Mendez
Mme Zaga Mendez : Merci, M. le
Président. À mon tour de réagir au discours d'ouverture de la première
ministre. Et ce que j'ai le goût de nous parler aujourd'hui, c'est un peu du
quotidien des gens au Québec depuis quelque temps. Je veux vraiment le prendre,
le temps de détailler ce que les familles sont en train de vivre. En ce moment,
la vie est devenue plus difficile... en fait, beaucoup plus difficile pour trop
de monde.
Je veux commencer à parler de quelque chose
d'assez simple, le fait qu'au Québec aujourd'hui il y a des gens qui
travaillent à temps plein et qui n'arrivent pas à la fin du mois. Les gens font
tout comme il faut, tout ce qu'ils ont appris,
se lever tôt, travailler fort, ils paient leurs comptes, mais malgré ça, ils
finissent les mois en calculant chaque dollar qui reste dans le compte
de banque. Moi, ce que j'entends de familles qui nous le disent, qui regardent
leur paie entrer et, sitôt elle rentre,
sitôt elle part, qu'elle disparaît très vite, trop vite, les loyers... prennent
une grande partie des dépenses. L'épicerie prend une autre grande
partie, une grosse partie, les transports, et, à la fin, il ne reste pas
grand-chose dans ce compte. Et là les gens doivent choisir et toujours choisir
qu'est-ce que je paie aujourd'hui, quelle est la facture que je vais devoir
payer maintenant, est-ce que je peux attendre, est-ce que je coupe dans
l'épicerie cette semaine, parce que le loyer, bien, on ne peut pas s'en passer,
sinon certains vont se retrouver dans la rue. Ce n'est pas une situation
exceptionnelle. On l'entend à tous les jours, de plus en plus dans les médias,
c'est devenu une réalité, peut-être même une
normalité pour trop de gens. Le coût de la vie, c'est ça qui inquiète le plus
les Québécois et Québécoises en ce moment.
Puis je veux commencer de nous parler par le
logement qui... si ce n'est pas le principal... l'habitation devient le
principal poste de dépenses des gens au Québec, parce que c'est le gros morceau
et c'est devenu une source d'angoisse permanente pour plusieurs. Chercher un
logement au Québec aujourd'hui, ce n'est plus simple, ce n'est plus une étape
normale de la vie. C'est devenu une compétition. Les gens cherchent longtemps,
regardent les annonces chaque jour, appellent rapidement. Ils essaient
d'arriver le premier parce que, sinon, bien, le logement va disparaître. Et,
quand on réussit à visiter, il y a souvent 10, 15, parfois 20, 30 autres
personnes qui ont répondu au même... à le même appel, et tout le monde espère
la même chose : se faire choisir. Mais, la plupart du temps, bien, ce sont
des refus. Et, quand on trouve, bien, c'est
le choc. C'est de voir le prix de ce logement-là, des prix que, même dans mon
comté, ils sont autour de 1 500 $, 2 000 $,
2 500 $ et parfois même plus. Puis ce n'est pas pour du luxe, là, ce
n'est pas pour des condos haut de gamme, ce type de prix. C'est pour des
logements ordinaires, des appartements dits normaux, des quartiers normaux,
avec des conditions dites normales. Mais les prix, eux, ne sont plus normaux en
ce moment.
Pour les gens qui sont déjà locataires, la
situation non plus n'est pas simple. Chaque année, c'est le stress, l'attente de la lettre, la fameuse augmentation,
et, quand elle arrive, c'est malheureusement, bien, souvent des mauvaises
nouvelles, des hausses de loyer qui dépassent l'inflation, des 100 $,
200 $, 300 $, même parfois plus d'augmentation de loyer par mois. Et c'est là que les gens se
posent la question : Est-ce que j'accepte, je reste et je... ou je pars?
Et, si je pars, je pars où? Parce que, des logements abordables, bien,
il n'y en a pas vraiment dans nos quartiers. Puis c'est là qu'on coupe encore
en plus dans les achats essentiels. À un moment donné, bien, il n'y a plus rien
à couper, il n'y a plus de gras, et on se
retrouve avec des familles, des locataires, un locataire sur trois, qui sont en
situation d'insécurité alimentaire.
Et qu'est-ce qu'on nous propose de l'autre bord?
Parce que je veux quand même souligner quelque chose. J'étais contente, enfin,
qu'on parle un peu plus du coût de la vie, parce que ça devrait être la
question centrale ici. La première ministre a quand même parlé, a soulevé le
fait que c'est la priorité. Ceci étant dit, on n'a rien entendu dans ses
discours pour les locataires du Québec, pour les gens qui en arrachent à payer
et qui n'arrivent pas à payer leur loyer.
Parce que la ministre nous a parlé d'accès à la propriété, puis c'est bien,
hein, on n'est pas contre ça, l'accès à la propriété, je pense que personne
ici ne l'est, mais, on va être honnêtes, pour une grande partie de la
population, ceux et celles qui sont encore locataires, bien, c'est de moins en
moins réaliste puis ce n'est même pas dans leur horizon parce que ce n'est même
pas capable d'acheter ou d'épargner quand on vit autant de pression au niveau
du loyer puis l'épicerie, parce qu'il y a de
plus en plus de familles qui sont... vivent du mois en mois, de chèque en
chèque, de paie en paie.
Alors, oui, des mesures comme l'aide à l'achat,
ça peut être bon pour certaines personnes, mais ça ne va pas répondre, en ce
moment, à la réalité immédiate des locataires, quand les logements deviennent
trop chers, bien, ça crée aussi d'autres problèmes : des gens qui vont
finir par quitter leur quartier, des familles qui vont s'éloigner de leur
travail, des jeunes qui vont retarder leurs projets de vie. C'est un stress
constant et un stress qui ne part jamais.
Et là j'ai le goût de
nous parler aussi, la situation étudiante, parce que je parle du logement, je
parle de l'épicerie, je parle du coût de la vie, c'est quand même... devraient
être nos priorités quand vient le temps de s'attaquer aux questions économiques, mais aussi la situation des jeunes et des
étudiants en ce moment. Je veux penser aujourd'hui à nos étudiantes et
nos étudiants du cégep, des cégeps et des universités, des centaines de
milliers de jeunes qui entament leur vie adulte en devant accumuler des dettes,
en devant naviguer un stress financier grandissant. La crise du logement, ils
la vivent de plein fouet, et, quand ils doivent déménager pour poursuivre leur
projet d'études, bien, il n'y en a pas, de logement.
Pourtant, le financement des projets de résidences étudiantes et de logement
étudiant ne suit pas, ne se fait pas assez en ce moment. La crise du coût de la
vie, elle affecte directement leur panier d'épicerie. J'ai le goût de rappeler
que c'est 20 % des étudiantes et des étudiants du Québec qui sont forcés
de sauter des repas pour joindre les deux bouts. Et, à travers tout ça, ils doivent
quand même trouver les moyens de compléter leurs études, avec des coupures
constantes dans nos services, avec un sous-financement dans nos universités
puis nos cégeps... et qui sont forcés... pardon, et que... dans des bâtiments
aussi qui manquent d'espace et dont l'entretien laisse encore à désirer. C'est
65 % d'infrastructures collégiales qui sont en mauvais état, Mme la
Présidente. C'est franchement inacceptable. C'est un des bilans de la CAQ les
plus lamentables en ce qui concerne l'éducation supérieure. Et nos étudiantes
et étudiants du Québec méritent mieux que ça. Ils méritent des conditions
d'études dignes, propices pour leur
réussite. Ils méritent aussi qu'on reconnaisse la valeur des efforts qu'ils
mettent à s'éduquer à tous les jours. Puis, en particulier, Mme la
Présidente, on est face à un gouvernement qui avait promis uniquement... en
fait, unanimement ici, avec toute l'Assemblée, avec tous les partis, de
rémunérer les stages des étudiantes et des étudiants au Québec, qui,
présentement, doivent travailler gratuitement au sein de notre fonction
publique pour obtenir leur diplôme. Un stage, c'est un travail et ça mérite
d'être rémunéré. La CAQ a renié cet engagement, mais, depuis, la situation ne
fait que s'empirer. Le résultat que c'est le fait que nos étudiants et surtout
les étudiantes, parce que c'est souvent des femmes qui travaillent avec des stages non rémunérés dans des domaines
majoritairement féminins, et qui paient le prix et paient les conséquences. Le coût de la vie explose pour elles,
mais aussi leur revenu reste à zéro, parce que leurs stages ne sont pas
payés, puis malgré tout le travail que leur stage représente.
La première ministre
nous annonce une nouvelle CAQ, nous annonce un renouveau dans les cinq semaines
qui suivent. Mais, pour les stagiaires du
Québec, en ce moment, rien ne change. Elles vont devoir continuer à se serrer
la ceinture et s'endetter pour pouvoir compléter leurs études et avoir
le privilège de venir travailler dans notre fonction publique. J'invite, donc, réellement à incarner un renouveau
et faire preuve d'écoute envers le milieu étudiant. La semaine dernière,
justement, la Fédération des syndicats en enseignement demandait que le
stage 4 en enseignement soit transformé en résidence rémunérée. Puis
pourquoi ne pas saisir la balle au bond afin de sortir de la précarité des
milliers des étudiants et des étudiantes du
Québec qui travaillent fort pour obtenir leur diplôme et pouvoir venir combler
des postes vacants dans nos écoles?
Tout à l'heure, je
vous parlais du logement, Mme la Présidente, puis j'ai le goût de faire le pont
avec un cas dans mon comté. Cette fois, ça ne touche pas les immeubles
résidentiels. J'ai le goût de vous parler de la situation des commerçants.
Hier, la première ministre nous a parlé de William et Rose, mais moi, je veux
vous parler d'Éric et Simon, deux
entrepreneurs de Verdun. Puis je veux témoigner ici des conséquences directes
de la hausse abusive des loyers et de l'absence d'encadrement des baux
commerciaux, des conséquences pour le futur de leurs commerces, mais aussi pour
l'ensemble de nos commerçants locaux. En 2013, Simon a ouvert un
café-restaurant très populaire, aimé sur la rue
Wellington, la Station W. Il est parti de rien. Il a investi des dizaines
de milliers de dollars dans un local qui, au départ, était presque
un taudis. Avec son associé, ils ont construit une clientèle, ils ont fait leur
place. Ils font partie de la petite foulée des foules d'entrepreneurs qui se
sont impliqués et ont fait en sorte que la rue Wellington... un des coins le
plus attrayant et le plus dynamique de Montréal, et même du Québec, je dirais.
• (17 h 10) •
Le café la
Station W va mettre la clé dans la porte dans les prochaines semaines.
Pourquoi? Parce que l'entreprise n'est plus rentable? Non. Le commerce est
plein du matin au soir, Mme la Présidente. S'ils mettent la clé dans la porte,
c'est parce que le propriétaire leur a imposé une augmentation de loyer de
60 %, pas 6 %, 60 %, c'est énorme, c'est un abus. Les commerces
étaient... Les commerçants, en fait, ils étaient prêts à négocier, à accepter
une hausse plus raisonnable pour une petite PME, une hausse qui leur permettait
de continuer. Mais le propriétaire du local a décidé d'offrir et même d'aller
signer un bail avec quelqu'un d'autre, obligeant la Station W à fermer ses
portes, en plus de perdre tous les
investissements que Simon et Éric ont fait depuis 13 ans, je parle des
dizaines de millions... pardon, des dizaines de milliers de dollars mis
dans l'entretien, l'embellissement et la mise en valeur du local. Tout cela est
injuste, mais tout à fait légal, parce qu'il n'existe pas de cadre, pas de loi
ou de règlement au Québec, qui protège nos entrepreneurs comme Éric et Simon,
quand c'est le temps de négocier un bail commercial.
En gros, c'est le far
west, c'est la loi de la jungle. Les propriétaires des locaux commerciaux
peuvent faire ce qu'ils veulent, imposer des augmentations démesurées, rompre
des baux sans raison ou laisser des locaux vacants, juste pour qu'il prenne de
la valeur. Des histoires comme celle de Simon, comme celle d'Éric, il y en a eu
partout au Québec. J'en ai eu malheureusement vu d'autres cas, des commerçants,
dans ma circonscription, sans filet de sécurité, sans outil pour se défendre
face aux pressions et aux impacts de la spéculation immobilière. Et il faut que
ça s'arrête. Il faut mettre fin à ça. Moi,
je travaille, depuis mon élection, pour défendre mes commerçants, mes
commerçants locaux, pour les représenter et pour changer les choses.
Parce qu'on peut faire mieux, au Québec, et, pour ça, j'avais porté une
pétition, l'année passée, pour se pencher sur cette question. Par exemple, en
créant un bail commercial type avec des règles pour la négociation, en créant
un registre des baux commerciaux pour que chaque contrat de bail soit publié,
des outils importants qui vont aînés... aider nos commerçants à négocier et à
se défendre. La réponse que j'ai eue de la part de la CAQ, là, c'est que ce
n'était pas possible d'intervenir. Mais c'est faux. Cette situation n'est pas
une fatalité. Nous pouvons et nous devons nous donner des outils légaux, parce
qu'il faut arrêter de sacrifier nos commerces, des entrepreneurs qui portent
beaucoup trop sur leurs épaules pour défendre nos PME et nos artères
commerciales face aux hausses de loyers abusives. Moi, je vais continuer à
mener cette lutte. Je vais continuer à mener cette cause parce qu'on peut faire
quelque chose et ainsi permettre le développement commercial, économique de
proximité.
Mme la
Présidente, j'ai le goût de continuer de vous parler, cette fois-ci,
d'épicerie. Je vous ai parlé de logement, je vous ai parlé des impacts, aussi, de la spéculation sur nos
commerçants, mais, après le logement, c'est le coût de l'épicerie qui a
augmenté et qui pèse très, très lourd sur le budget des familles.
Beaucoup
des gens nous le disent, là, il y a eu des... même des... Je parlais de la
situation des étudiants, de familles qui, malheureusement, doivent
sauter des repas parce que ça coûte trop cher. Et, comme je le disais, le
loyer, il faut le payer, l'épicerie, là, des
fois, on fait des choix, on enlève des articles du panier pour être capable d'y
arriver. Mais la situation, c'est
qu'est-ce qu'on peut faire. C'est qu'est-ce qu'on peut faire. Moi, je n'ai pas
encore entendu aucune réponse de la part du gouvernement concernant le
prix et le coût du panier d'épicerie.
C'est ça qui
est dérangeant, en ce moment, ça fait quatre ans qu'on le sait, et, en
parallèle, ce qu'on a vu depuis la fin de la pandémie, c'est les profits des
géants de l'alimentation augmenter. Quand je parle des géants de l'alimentation,
je parle des groupes comme Loblaws, comme
Sobeys, comme Metro, comme Walmart, comme Costco, qui ont, à eux cinq, 80 %
de la distribution puis de l'offre alimentaire au Québec. 80 % de l'offre
alimentaire est détenue par cinq groupes. Puis,
toutes les semaines, on le voit à répétition dans les médias, comment ces
géants, bien, ils ont augmenté leurs profits depuis avant la pandémie, et ces
profits-là, ils s'en vont où? Ils s'en vont dans les poches des actionnaires.
Ça s'en va dans les bonis. J'en viens de lire que Loblaws a augmenté les
dividendes qui vont dans leurs actionnaires, pendant que les Québécois n'ont
jamais payé autant pour l'épicerie. Et, nous l'avons dit, la chose à faire, c'est
plafonner les marges de profits de ces
géants-là. Parce que, oui, ils peuvent faire du profit, c'est une entreprise
privée, on n'est pas contre ça. Mais ces marges-là doivent être
plafonnées parce qu'on parle de biens qui sont essentiels.
On a aussi
amené des propositions, et j'ai hâte de voir ce qui va être fait du l'autre
côté de la Chambre, concernant les biens essentiels, la détaxation des
biens essentiels qu'on doit voir un peu partout dans les épiceries, mais aussi
pour des biens nécessaires comme les biens
qui... on utilise à tous les jours, là, du savon, du shampoing, qui sont au
coeur des... pardon. Tu sais, c'est une des propositions que nous avons
faites, et on a hâte de voir ce qui va être fait de l'autre côté. Est-ce que
tous les biens essentiels vont pouvoir être détaxés et, ainsi, amener de
l'oxygène pour les familles?
Une autre proposition que j'ai le goût de voir
arriver rapidement puisqu'elle n'est pas débattue maintenant, mais nous, on va
continuer à l'apporter, c'est le fait de détaxer tous les biens usagés, parce
que ce n'est pas possible qu'on aille
acheter du linge, des souliers usagés qui ont déjà été taxés la première fois,
lors de la vente, bien, ils sont retaxés lorsqu'ils sont revendus dans
des entreprises de seconde main. Ça aussi, c'est une proposition simple et
rapide qui peut être déjà, déjà être mise sur la table, puis on est prêt à
discuter là-dessus.
Mme la Présidente, les gens, en ce moment, ne
demandent pas l'impossible, ils ne demandent pas de miracle, en fait, ils
demandent juste qu'on soit être capables de payer de loyer, être capables de
payer l'épicerie, avoir une vie stable et arriver à la fin du mois. Parce
qu'ici ce n'est pas juste une question économique, c'est une question de vision
politique, de ce qu'on a le goût d'avoir comme société. Est-ce qu'on accepte
que les gens s'appauvrissent lentement? Qu'est-ce qu'on fait pour agir?
Et, pendant ce temps-là, les millionnaires et
les milliardaires, les multimillionnaires du Québec, eux, ils voient leurs
fortunes augmenter. Certains, on l'a même doublé la dernière année, ils ont
augmenté de près de 50 % depuis sept ans. Ce n'est pas juste que, d'un
côté, on voit la richesse s'accumuler, puis, de l'autre, des gens n'arrivent
pas à la fin du mois. Puis ça, c'est une
autre chose qu'on va continuer à pousser, c'est d'être capable d'aller chercher
l'argent là où il se trouve, dans les
coffres-forts de milliardaires du Québec qui peuvent et doivent faire plus
d'efforts et leur juste part. Nous,
on croit qu'il faut intervenir. On pense vraiment qu'il faut agir pour lutter
contre les inégalités, pour plafonner la hausse des loyers à l'inflation, pour plafonner les marges de profits
des géants de l'alimentation puis les forcer à réinvestir ces profits-là
dans leurs opérations pour réduire les coûts du panier d'épicerie.
Motion formulant un grief
C'est pour
ça, avec le temps qu'il me reste, je vais prendre le temps de déposer la
motion, la motion de grief suivante :
«Que
l'Assemblée nationale blâme le gouvernement de la CAQ pour son incapacité à
freiner l'explosion du coût de l'épicerie et à protéger les ménages
québécois face aux profits excessifs des grandes chaînes d'alimentation.»
Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
madame la députée. Votre motion est déposée sous réserve de sa recevabilité.
Alors, merci pour votre intervention.
Maintenant, je suis prête à reconnaître Mme la députée de Laviolette—Saint-Maurice.
Mme Marie-Louise Tardif
Mme Tardif : Mme la Présidente,
merci. C'est un honneur et un grand plaisir pour moi de me lever à nouveau devant vous aujourd'hui pour intervenir à la suite
du discours d'ouverture de notre nouvelle et excellente première ministre.
Vous le
savez, les derniers mois ont été très mouvementés, et intéressants, et
stimulants. Une course à la chefferie, c'est un peu comme une campagne
électorale. Et Dieu sait que j'aime... à quel point j'aime et j'aime faire
campagne, rencontrer les gens, les entreprises, les organismes, les
écouter et bâtir un programme. Alors, vous vous doutez qu'au cours des derniers mois nous avions, comme
toujours, mais nous avions encore davantage, pourrais-je dire, les cerveaux très
actifs. Et nous avons discuté d'orientations et de priorités.
• (17 h 20) •
Donc, hier, le discours rassembleur et avec
plein de contenu de notre première ministre pour l'ouverture de cette session
et notre caucus présessionnel qui s'est tenu à Rivière-du-Loup la semaine
dernière, où, bon, j'ai continué, évidemment, à travailler pour faire avancer
les préoccupations et les dossiers de mes citoyens, en parlant directement avec les ministres
concernés, eh bien, ces occasions contribuent à donner un sens à mon travail,
car ça aboutit, ça arrive, ça va directement dans la cible. Ça donne des
résultats concrets, et c'est ce que j'aime.
Mme la Présidente,
permettez-moi de revenir tout de même sur le discours que la première ministre
a prononcé le 15 avril dernier, lors de son assermentation. En ouverture,
elle a mentionné : «Les Québécois et les Québécoises ont de grandes
attentes. La vitalité du Québec est menacée. Nos infrastructures sont
vieillissantes, nos services publics ne sont pas à niveau et notre identité doit
être protégée.»
Alors, quelles sont,
vous pensez, nos priorités pour les prochains mois et les prochaines années?
Déjà, nous avons annoncé un crédit d'impôt remboursable pour l'accès à la
propriété, couvrant 100 % des premiers 5 000 $ pour les droits de
mutation, communément appelés la taxe de bienvenue, dont pourra bénéficier les
premiers acheteurs d'une résidence principale de moins de 1 million de
dollars. Chaque année, c'est plus de 38 000 ménages qui pourront
bénéficier et profiter de cette mesure rétroactive au 1er janvier 2026.
C'est fantastique! Il s'agit d'une action concrète pour... par et pour notre
gouvernement, qui prouve que nous agissons rapidement face à la hausse du coût
de la vie et aussi qui permet de créer des
conditions favorables à l'accès à la propriété. C'est une action directe qui
vient aider les jeunes familles qui veulent acquérir une maison.
Si je poursuis ma
réflexion, pour les jeunes familles, eh bien, dans le contexte économique
actuel, c'est aussi apprécié, et ce l'était aussi auparavant, mais c'est encore
plus apprécié, d'avoir accès aux services de garde à un prix réduit. Notre
système de services de garde québécois est un modèle que les autres provinces
et les autres pays envient, je dirais même jalousent. Eh bien, nous, nous
l'avons. Les besoins et les réalités en matière de marché du travail et en
besoin en services de garde ont beaucoup changé au cours des dernières
décennies, et c'est essentiel que les jeunes parents et les mères
monoparentales puissent avoir accès à un service de garde afin de prévoir de
retourner au travail. C'est pour cette
raison que la nouvelle ministre de la Famille annoncera, d'ici quelques
semaines, la conversion additionnelle, car, oui, nous l'avons déjà fait
depuis notre arrivée au pouvoir, donc, la conversion additionnelle de
5 000 places non subventionnées en places subventionnées. Ceci
touchera environ 500 CPE.
D'ailleurs, les
projets de demandes, une petite information presque secrète, un petit scoop,
comme on dirait à la québécoise, donc, les projets de demandes pourront être
déposés cette semaine, avec un déploiement de nouvelles places à l'automne.
Sans entrer dans les détails, mais l'appel de projets comporte deux
volets : un, qui va être pour des places converties qui vont être choisies
en fonction des régions, en fonction de cibles géographiques pour répondre à
des volets criants, et le second volet va être étendu à l'ensemble de la
province de Québec. Un des critères considérés sera aussi l'écart entre le
nombre de places non subventionnées et le nombre de places subventionnées.
Ensuite, parmi les régions identifiées, le gouvernement priorisera les milieux
les plus défavorisés, ce qui va permettre d'améliorer la situation des familles
qui en ont le plus besoin.
En considérant les 5 000 nouvelles
places issues de cet appel de projets, ce sont, à terme, près de 16 000, 16 000 places de garde non
subventionnées qui vont avoir été converties depuis 2021 par notre
gouvernement. Au total, les
investissements annoncés pour la conversion des places en garde subventionnées
s'élèvent tout de même à 1,7 milliard de dollars entre 2021 et
2031.
Dans un autre
registre, moins joyeux un peu, mais, malheureusement, l'itinérance a beaucoup
augmenté depuis les dernières années. L'itinérance est un enjeu prioritaire,
car ça ne touche pas uniquement les grandes villes. Si on veut aider les
personnes en situation d'itinérance, il faut continuer à travailler avec les
organismes communautaires et s'assurer qu'il y ait des tables de discussion où
sont assis ensemble des représentants des centres intégrés de santé et de services en santé, les CIUSSS, les
municipalités, les services de police et les organismes communautaires. D'ailleurs,
dans mon comté, à Shawinigan, à cet égard, un comité d'action a été mis sur
place, et plusieurs actions ont déjà été mises en place en collaboration avec
le CIUSSS MCQ, avec la ville de Shawinigan, la Sûreté du Québec et les
organismes communautaires, que je salue, dont le Hamac et le TRàSH. D'ailleurs,
un travailleur de rue est notamment présent
afin d'intervenir directement auprès des personnes concernées et de soutenir
aussi une cohabitation harmonieuse entre
les différentes personnes qui sont impliquées, qui sont sur place, les
commerçants, les citoyens et ces personnes-là qui vivent ces situations
difficiles.
Mais,
pour sortir les gens de l'itinérance, pour les aider davantage, ça prend aussi
des endroits où ils peuvent habiter. C'est pour ça que la première
ministre a demandé à la ministre de l'Habitation et au ministre des Affaires
municipales de trouver des moyens d'accélérer la construction de logements
abordables. La première ministre leur a aussi demandé d'analyser les moyens et
les pouvoirs que l'on pourrait transmettre, que l'on pourrait donner aux villes
pour construire plus rapidement de nouveaux projets résidentiels.
Une autre action dont
il fut mention lors des derniers mois et encore au cours des derniers jours,
c'est l'énergie. Pour avoir occupé le poste de ministre de l'Économie, de
l'Innovation et de l'Énergie, notre première ministre connaît l'importance du
développement des projets énergétiques pour notre économie. Le plan 2025-2035
d'Hydro-Québec permettra de décarboner notre économie, permettra aussi
d'accroître et d'alimenter la croissance de nos entreprises et d'attirer des
nouveaux investisseurs, des nouveaux investissements. Ce sont
200 milliards de dollars sur une période de 10 ans, c'est considérable, 35 000 emplois payants, et
ça, avec la garantie de maintenir la hausse des tarifs pour les clients résidentiels
à un maximum de 3 %. Tout ça, Mme la Présidente, va permettre de rendre le
réseau de distribution de l'énergie plus résilient, de répondre à la demande
grandissante d'électricité, tout en sécurisant l'autonomie énergétique du
Québec. Et ça, ça va passer aussi par une entente avec Terre-Neuve-et-Labrador
sur laquelle la première ministre travaille ardemment. Ça va passer aussi par
une diminution de la fréquence et de la durée des pannes, tout en investissant en efficacité énergétique. Savez-vous
que de rendre le réseau électrique d'Hydro-Québec et les résidences plus
efficaces, eh bien, c'est trois fois moins dispendieux que de développer des
nouvelles sources d'approvisionnement? Et c'est logique et c'est responsable.
Donc, on va continuer à travailler sur l'efficacité du système.
• (17 h 30) •
D'autre
part, tous les futurs projets de développement le seront en collaboration avec
les communautés autochtones, et ils seront impliqués dès la préparation et dans
l'exécution des projets énergétiques. Le ministre responsable des Relations
avec les Premières Nations et les Innus ainsi que la ministre des Ressources
naturelles et des Forêts seront en première ligne pour mener ces projets de
développement.
Bon, maintenant, Mme
la Présidente, si on parle un peu de la santé, je dis bien un peu parce qu'on a
nombre de dossiers en santé, vous le savez, dès les premiers jours suivant son
élection comme cheffe, la première ministre a agi rapidement en parvenant à une
entente avec les médecins spécialistes, l'aboutissement d'une négociation qui
était attendue depuis des mois. Pour la première fois, on vient introduire,
dans la rémunération des médecins spécialistes, des cibles à atteindre,
notamment pour l'accès aux rendez-vous spécialisés et aux chirurgies. Je me
permets de rappeler, Mme la Présidente, que l'ensemble... l'entente, pardon,
l'entente avec les médecins spécialistes a été entérinée à 86 % par les
membres. Ceci, vous en conviendrez avec moi, ça envoie quand même tout un
message, un message clair que cette entente-là correspond à ce qui était
souhaité. C'est un changement important. Cette entente démontre qu'on agit pour
améliorer l'accès aux soins de santé pour les Québécois, tout en respectant
notre capacité de payer. À cela s'est ajoutée, aussi, l'annonce d'un montant de
700 millions de dollars pour faire avancer le projet d'agrandissement
et de modernisation de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, une première étape qui
inclut l'élaboration des plans et devis pour un projet estimé à près de 5 milliards de
dollars. Ça avance et on veut aussi, en plus, entretenir les infrastructures
partout au Québec. On le sait, plusieurs établissements ont grandement besoin
de réfection, ont besoin d'amour.
Malheureusement,
depuis le début de l'année 2026, en santé, mais sous un registre plus
triste, il y a eu neuf féminicides et beaucoup de femmes victimes de
violence conjugale. Au cours de nos mandats, nous avons mis en place plusieurs
moyens pour soutenir les femmes qui vivent des situations tout simplement
horribles, atroces, inacceptables. On a instauré,
oui, on a instauré les bracelets anti-rapprochement qui font partie de la
solution. On a mis sur pied des tribunaux spécialisés et on a annoncé
des sommes additionnelles importantes pour les maisons d'hébergement. Mais ce
n'est pas encore suffisant. Neuf féminicides en 2026, c'est totalement
inacceptable. Comme société, on doit refuser cela. On doit réagir et prendre tous les moyens nécessaires pour éviter de tels
drames. J'appuie donc fortement la première ministre dans sa volonté de
déposer un projet de loi inspiré du projet de loi... de la loi Clare, qui
permettra aux femmes de solliciter les
policiers pour connaître le passé violent de leur conjoint. Nous espérons que
cela réussisse à sauver des vies.
À la suite du discours
de la première ministre, on a eu un plan clair et précis pour poser des actions
concrètes pour soutenir les Québécois et les Québécoises, diminuer le coût de
la vie des Québécois, propulser notre économie pour nos travailleurs, nos
entrepreneurs et nos régions, rénover nos infrastructures, nos hôpitaux, nos
écoles, nos routes, simplifier les services de l'État pour les rendre plus
efficaces et accessibles, et protéger, à tout prix, notre identité nationale, notre langue et notre culture. Alors,
comme le dit la première ministre, soyons audacieux. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Je vous remercie, Mme la députée. Maintenant, je
suis prête à entendre Mme la députée de Lotbinière-Frontenac.
Mme Isabelle
Lecours
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) : Merci, Mme la Présidente. Donc, je suis
vraiment très heureuse, aujourd'hui, de prendre la parole pour vous faire part
de mes réflexions sur l'ouverture de la nouvelle session et d'autres sujets,
bien sûr.
Des moments comme
ceux-ci sont parfaits pour faire état du chemin parcouru depuis notre arrivée
au pouvoir en 2018 et pour mettre nos priorités à jour. Ce qu'on entend des
citoyens, c'est notamment que le coût de la vie augmente et que plusieurs n'y
arrivent tout simplement plus. Notre devoir, en tant que gouvernement, c'est de
proposer des solutions ciblées qui nous
enrichissent tous collectivement. C'est pourquoi notre nouvelle première
ministre a annoncé plusieurs mesures importantes.
D'abord, pour les
jeunes qui rêvent de devenir propriétaires, il y a un nouveau crédit d'impôt
qui compense les droits de mutation immobilière pour les premiers acheteurs.
Dans le document explicatif du ministère des Finances, on prend l'exemple d'une
famille de Lévis qui achète une maison unifamiliale d'une valeur de
427 000 $. Le montant n'est pas anodin, c'est la valeur médiane en
2025 pour cette municipalité. Cette famille pourrait bénéficier d'un
remboursement de 100 % des droits de mutation de 4 516 $. C'est
un allègement important du fardeau financier associé à l'accès à la propriété pour les jeunes. On estime que ce sont
38 000 premiers acheteurs qui pourront profiter de la mesure par
année.
La première ministre
a également allégé le fardeau des petites et moyennes entreprises. Elles
verront leur taux d'imposition baisser d'un point de pourcentage sur les
premiers 500 000 $ de revenus. Cette baisse d'impôt représente un
engagement de 630 millions sur cinq ans pour le gouvernement. C'est un
geste fort qui démontre aux entreprises du
Québec que nous sommes avec eux. Il ne faut pas oublier l'effet économique de
cette mesure. Plus d'argent dans les poches des PME, c'est plus d'argent
réinvesti ici, au Québec. Ce sont 75 000 PME qui pourront croître
davantage dans un contexte commercial
instable. La présidente-directrice générale de la Fédération des chambres de
commerce du Québec, Mme Véronique Proulx, a salué cette mesure. Je
la cite : «Les économies que feront les PME québécoises grâce à cette baisse d'impôt contribueront à atténuer les
hausses de prix causées par l'incertitude tarifaire et géopolitique. Cela
donnera aussi à certaines PME une
marge de manoeuvre supplémentaire pour investir dans la modernisation de leurs
installations ou dans la formation de leur main-d'oeuvre.»
• (17 h 40) •
Mme la Présidente, beaucoup de changements se
sont opérés dans les dernières semaines, mais une chose est certaine, c'est que
nos valeurs ne changent pas. On va continuer de promouvoir la laïcité au Québec
parce que c'est une valeur essentielle pour notre
vivre-ensemble. On va continuer d'agir pour faire du développement économique
une priorité, notamment en augmentant la capacité énergétique d'Hydro-Québec.
C'est notre richesse collective. On va
continuer à défendre les intérêts du Québec dans les négociations commerciales.
La nomination de Mme Louise Blais, une diplomate d'exception à titre d'émissaires du Québec, est la preuve
que notre gouvernement mobilise ses meilleures ressources face à l'incertitude.
Bref, on est le seul parti prêt à la fois à promouvoir notre identité et à
protéger notre économie des soubresauts commerciaux.
J'en profite également pour vous parler de ce
que j'ai accompli dans la circonscription de Lotbinière-Frontenac. Tout
d'abord, je me suis présentée en politique pour les femmes et les jeunes et
pour développer ma région. J'avais une
vision claire de ce que je voulais faire et, franchement, aujourd'hui, je suis
vraiment très fière du travail accompli. J'ai vu tout le potentiel qu'il
y avait dans les montagnes de résidus miniers dans la région de Thetford. Il y
avait beaucoup d'enjeux. La région avait peine à se relever suite à la
fermeture des mines en 2012. Contre vents et marées, j'ai réussi à faire tenir
un BAPE, en 2019, qui avait pour but d'établir un portrait de la situation
concernant la présence d'amiante au Québec,
son utilisation actuelle ainsi que les formes de valorisation et d'élimination.
Personne dans la région ne voulait entendre parler d'amiante, et je dois
dire que je n'avais pas beaucoup d'appuis. Ce que j'ai voulu faire, c'est
d'aller au fond des choses, adresser les enjeux et trouver ensemble des
solutions pour que la région puisse se développer de façon pérenne. Le rapport
du BAPE a été publié en 2020. Ensuite, nous avons annoncé un plan d'action
gouvernemental vers la transformation d'un
passif en actifs durables avec une enveloppe de 38,5 millions de
dollars en 2022. Grâce à ce plan, nous
avons mis en place une table de concertation, un observatoire national sur
l'amiante, qui collabore avec les chercheurs et les différents
ministères pour l'avancement des connaissances. Ces avancements vont nous
permettre d'améliorer nos façons de faire et de faire évoluer la
réglementation. D'ailleurs, nous avons présenté récemment un allègement
réglementaire au niveau de la gestion des sols.
Depuis 2018, mon but était clair : mettre
en place une zone d'innovation autour des résidus miniers. Ces résidus
contiennent des métaux comme le magnésium, nickel et silice. Pour créer une
zone d'innovation, il faut regrouper l'innovation,
l'industrie, l'entrepreneuriat et le savoir. Les zones d'innovation reposent
sur un environnement diversifié, propice à la qualité de vie et au
bien-être. Au cours des dernières années, notre gouvernement a énormément
investi dans les infrastructures :
trains, cégeps, complexes sportifs, centre de recherche Kemitek, Coalia, on a
financé des projets de recherche,
aidé la station de ski avec le projet Escapad, le Chalet du Mont Adstock, la
maison des aînés, l'agrandissement et
la rénovation de l'hôpital de Thetford, annonce de places en garderie, de
l'aide aux entreprises, de l'aide aux municipalités, la construction de
logements abordables, la rénovation d'écoles, l'amélioration de cours d'école,
des investissements dans plusieurs projets d'infrastructures récréatives,
sportives et de plein air pour créer un milieu intéressant pour les familles.
Notre gouvernement a fourni une aide pour effectuer une étude sur le projet de
la requalification de la mine Bell à Thetford, une aide pour la construction
d'un bassin de rétention d'eaux usées dans le parc Saint-Noël qui nuisait à la
qualité de l'eau de la rivière Bécancour, une aide financière à la MRC pour le
développement d'un plan stratégique d'économie circulaire qui s'appelle
DuGrisAuVert. On y arrive, finalement, à cette zone d'innovation. Il y a eu de nombreux projets dans les dernières années, et on
peut sentir le dynamisme des familles qui se sont... qui s'y ont installé
et des personnes qui sont revenues.
J'ai parlé de
la MRC des Appalaches, mais j'aurais pu aussi parler de la MRC de Lotbinière,
où la population ne cesse de grandir. Là aussi, il y a eu de nombreux
projets, comme la reconnaissance du Centre d'études collégiales de Lotbinière
et de son agrandissement, de nouvelles places en garderie, la reconnaissance de
la forêt seigneuriale de la seigneurie de Lotbinière comme aire protégée, la
mise en valeur du site patrimonial du domaine Joly et la construction d'un nouveau pavillon d'accueil, de l'aide
financière au domaine du Mont Radar à Saint-Sylvestre, un projet de compostage
de la MRC de Lotbinière, plusieurs casernes de services d'incendie, des garages
municipaux, une patinoire couverte réfrigérée
à Saint-Apollinaire, l'agrandissement de plusieurs écoles, de l'aide pour le
Pôle agroalimentaire de Lotbinière, des
tours cellulaires, des projets d'infrastructures récréatives, sportives et de
plein air comme des sentiers, pistes cyclables, jeux d'eau, et «pump
track», et «deck hockey» dans plusieurs municipalités, une aide à la MRC pour
le transport adapté et le développement du transport collectif, une aide pour
la création d'un pôle culturel régional dans l'église de Saint-Apollinaire.
Tout ça
demande beaucoup de travail et de la collaboration. Au cours des huit dernières
années, Mme la Présidente, c'est plus de 1 131 000 000 $
qui a été investi dans la circonscription de la Lotbinière-Frontenac. Ce n'est
pas rien.
En 2018, je me suis engagée en politique pour
les femmes et les jeunes. En tant que députée et adjointe parlementaire, j'ai travaillé sur des enjeux
importants comme les violences faites aux femmes, l'intimidation et la violence
chez les jeunes. J'ai fait partie des... de la Commission spéciale sur
l'exploitation sexuelle des mineurs, j'ai été membre du Comité d'action contre
le racisme et j'ai collaboré à la mise en place de... du Plan de prévention de
la violence et de l'intimidation dans les
écoles. Pourquoi je vous dis tout ça? Ce n'est pas pour me vanter. Je
voulais... je vous parle de ça parce
que je suis une députée, je suis une adjointe parlementaire ou, plutôt, une
simple députée ou une «backbencher». Je n'ai jamais voulu être ministre.
J'ai toujours préféré être sur le terrain, faire avancer les dossiers et régler
les problèmes plutôt que les travaux parlementaires. Je vous parle de tout ça
parce que j'ai réussi à faire tout ça en tant que
«backbencher», Mme la Présidente. J'ai travaillé extrêmement fort au cours des
huit dernières années, et je trouve ça vraiment triste d'entendre du
monde nous traiter de simples députés, de «backbenchers» ou de plantes vertes.
Le rôle et la fonction de député a perdu du lustre, Mme la Présidente, et je
trouve ça vraiment triste. Et c'est pour ça que... et puis c'est pour ça qu'on fait notre travail, notre engagement envers
notre communauté les jours, les soirs, les fins de semaine. Et je pense qu'on mérite beaucoup plus de respect que ce
qu'on a présentement. Je ne sais pas combien de commentaires odieux sur
les réseaux sociaux que j'ai cachés, combien de profils que j'ai bloqués. Je ne
les compte plus. Évidemment, c'est pire pour une femme, on se fait
invisibiliser. Tout ça pour dire, Mme la Présidente, que le discours ambiant
est malsain sur les réseaux sociaux. Le discours masculiniste
me fait peur pour nos filles. L'égalité hommes-femmes est une valeur importante au Québec et nous avons tous
un rôle à jouer. On doit l'incarner. Nous sommes des modèles pour les
générations qui nous suivent, et je pense que c'est important d'y réfléchir.
Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Je vous remercie, Mme la députée. Maintenant, je suis prête à entendre Mme la
députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Madwa-Nika Cadet
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente. Donc, à mon tour d'intervenir sur le débat sur le discours
d'ouverture que nous avons entendu hier.
Mme la Présidente, après avoir fait tourner
l'État québécois au ralenti depuis janvier dernier, le gouvernement de la CAQ a
décidé de mettre la démocratie sur pause pendant trois semaines, le temps de
désigner, par ses membres, une successeure
au député de L'Assomption, l'ancien premier ministre du Québec. Je peux
vous dire, Mme la Présidente, que nous avions hâte, au Parti libéral du
Québec, de pouvoir revenir ici, en cette enceinte, au salon rouge, afin de pouvoir en découdre avec le gouvernement et...
afin de pouvoir en découdre avec ce gouvernement caquiste, donc, qui, je dois le rappeler, est en fin de régime et qui
nous a mis sur pause pendant toute cette période, afin de continuer d'exercer notre
rôle de législateur et de contrôleur de l'action gouvernementale.
• (17 h 50) •
Hier, lors du discours inaugural, ce que nous
avons constaté, lors de ce discours d'ouverture, c'est que ce qui attend les Québécois pour les cinq prochaines
semaines, bien, c'est essentiellement ce à quoi les Québécois ont eu droit
au cours des huit dernières années. Le gouvernement de la CAQ nous est arrivé
dans ce discours de fin de session avec le
même film, qui met en vedette les mêmes acteurs, le même... les mêmes
tactiques, ainsi que les mêmes promesses, mais, un peu comme
l'expliquait un peu plus tôt le chef de l'opposition officielle, le chef
parlementaire de l'opposition officielle, bien, parfois même avec des promesses
qui étaient même moins ambitieuses que celles auxquelles nous avait habitués le gouvernement de la CAQ. Dans cet
esprit, Mme la Présidente, à notre sens, les Québécois ne sont pas dupes.
Ils le voient bien, qu'ils n'ont pas devant
eux un nouveau gouvernement, qu'ils n'ont toujours pas un gouvernement qui est
prêt sur le plan économique.
(Interruption)
Mme Cadet : Oh! Mme la
Présidente... Les Québécois se souviennent d'avoir vu la première ministre
voter en faveur des budgets lourdement
déficitaires qui ont mené à notre décote auprès d'agences de notation. Et les
Québécois se souviennent d'avoir vu la première ministre du Québec
applaudir le dépôt du budget à tout rompre. Vous savez, donc, dès qu'on a
l'occasion, donc, de... d'émettre des votes ici, au salon rouge, on a ce
moment, disons, plutôt, à quelques égards, solennel, mais disons qu'on se
dit : OK, voilà, donc le budget du Québec, donc, il est adopté. Voici les
prochaines orientations. Chaque année, nous, comme opposition officielle, au Parti
libéral du Québec, donc, nous avons relevé, donc, les incohérences, les
promesses brisées, les éléments qui ne fonctionnaient pas dans ces différents
budgets. Et, chaque fois, bien, ce qu'on voyait, c'est la même équipe, la...
les mêmes acteurs, et la première ministre qui, dans... en sa qualité de
ministre, donc de l'Immigration, puis successivement de superministre de
l'Énergie et de l'Économie, bien, c'est cette ministre-là qui applaudissait,
donc, ces budgets lourdement déficitaires.
Les Québécois se souviennent aussi d'avoir vu la
première ministre se lever chaque jour en période de questions, alors que nous
la questionnions sur l'octroi de blocs d'énergie à nos PME, et alors
qu'aujourd'hui la première ministre, donc, nous parle, donc, des PME, on se
souvient de l'avoir vu nous dire : Non, non, on n'aura pas besoin, ce
n'est pas une priorité, donc, cet octroi, donc, de blocs d'énergie, alors que
nous, au Parti libéral du Québec, nous enjoignions le gouvernement à adopter
une approche de Québec d'abord.
Il s'agit de la même équipe, de la même première
ministre, qui ont défendu les subventions à Northvolt, à Flying Whales, à Lyon. Il s'agit de la même CAQ
qui était aux commandes tout au long du scandale SAAQclic. Et lorsque la CAQ
remettait aux calendes grecques le projet de réfection et de modernisation de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, hein, qui
était porté par la coalition HMR, bien, la première ministre, elle était là
alors que nous étions là à déposer des motions,
à nous lever et à être aux côtés de la coalition HMR puis à relever, donc, ce
qui ne fonctionnait pas, alors qu'il s'agissait,
encore une fois, donc, d'une autre promesse brisée de la CAQ, bien, la même
équipe et la même première ministre étaient là. Donc, cette même équipe
était aux commandes du Québec.
Alors, je vous dirais, Mme la Présidente, qu'à
travers tout ça, donc, ce que nous disions, c'est : OK, donc, on a les
mêmes acteurs, bien, peut-être qu'avec ce que la première ministre... donc, ce
qu'elle va nous présenter, donc, comme
orientation pour les cinq prochaines semaines, bien, ce qu'on va voir, c'est
peut-être du nouveau, c'est peut-être plus d'ambition, hein? Parce qu'on a
entendu ce mot-là, il y aura peut-être, donc, des mesures, donc, très phares,
qui vont démontrer, donc, un changement d'orientation complet. Mais
malheureusement, Mme la Présidente, ce n'est pas ce qu'on a vu.
Ce qu'on a vu, par exemple, au cours de ce
discours inaugural et au cours des premières interventions de la première
ministre et de l'équipe caquiste, bien, c'est le... par exemple, donc, la
reconduction du projet de constitution québécoise. On se rappellera, Mme la
Présidente, et là je ne vais pas tout simplement parler de notre opposition à
nous, comme opposition officielle ou de
l'opposition, donc, unanime, hein, des différents partis politiques ici, mais
du fait que, dans la société civile québécoise, tous ceux et celles qui
se sentent interpelés par le projet de constitution québécoise se disent : Ce n'est
pas qu'on est en défaveur d'un projet hypothétique de constitution du Québec,
mais nous sommes en défaveur avec le projet qui est porté par la CAQ,
qui est porté par le ministre de la Justice, et nous pensons qu'il devrait être
retiré afin que nous ayons devant nous un processus qui suscite l'adhésion puis
un processus, donc, qui permette à tous de dire, bien, que nous avons, comme
loi des lois, un document qui est rassembleur. Mais malheureusement, ce qu'on a vu au cours des dernières heures et des
derniers jours, Mme la Présidente, bien, c'est un gouvernement de la CAQ qui
nous ramène dans ses priorités, ce projet qui fait en fait l'unanimité contre
lui ou, disons, peut-être plus précis, d'un consensus contre lui de la
part des Premières Nations, de par la part de tous ceux qui ont à coeur les
droits et libertés au Québec, de la part de tous ceux qui se disent : Bien
non, il nous aurait fallu un processus qui mette en confiance la population, de
la part des groupes de femmes, on se rappelle du combat, je vais l'appeler
comme ça, du ministre de la Justice qui nous
disait : Bien, il faut absolument qu'on encadre le droit à l'avortement,
donc, dans ce projet de loi ci, alors que
l'ensemble des groupes de femmes lui disaient : Ce n'est absolument pas
une bonne idée, comme nous l'avions répété à votre ministre de la Condition
féminine au cours de cette même législature, au cours de cette même
43e législature.
Alors, quand la première ministre nous
dit : Bien, nous avons devant nous un nouveau gouvernement et des nouvelles orientations, alors que le ministre de la
Justice revient avec sa proposition phare de documents constitutifs qui, encore une fois, bien, fait l'unanimité sinon
consensus contre lui, alors qu'hier encore, donc, nous voyions Francis
Verreault-Paul, par exemple, qui nous disait à quel point ça n'avait pas
de bon sens qu'on nous ramène ce projet de constitution, bien, vous aurez
compris, Mme la Présidente, qu'au-delà du fait qu'on a devant nous, encore une fois, bien, le même monde que dans les huit
dernières années, bien, on a les mêmes promesses que dans les huit dernières
années.
Je parlerais aussi, Mme la Présidente... on a
entendu notre chef parlementaire un peu plus tôt, donc, nous parler de la promesse de la CAQ en matière de de
conversion de places de services de garde, et là on a un peu, disons, une
expression que l'on connaît bien, un
peu une balloune dégonflée. Parce qu'on nous dit : Bien, voilà, regardez,
donc, la belle promesse que l'on met de l'avant, mais, par le passé, on avait
promis encore plus aux Québécois puis on n'a pas été capables de livrer.
Et là on nous arrive avec cette promesse de conversion de
5 000 places en service de garde.
On nous arrive aussi, Mme la Présidente,
curieusement, parce que là, on nous dira : Bien, regardez, non, on a des... regardez, on a des nouvelles idées, on a de
nouvelles propositions qui émanent de cette course à la chefferie, on a promis
de rembourser, donc, la taxe de bienvenue sur les premiers acheteurs. Regardez,
donc, c'est une promesse phare. Bien, ici, c'est drôle, hein, la première
ministre nous arrive avec, disons, donc, des... donc des idées. On pourrait
donc débattre, donc, du contenu de la solution même qui est présentée, mais
elle nous arrive : Regardez, OK, on a une nouvelle idée ici, mais qui vient... qui est un... qui est
celle qui tente de corriger des problèmes que la même équipe qui est devant
nous a elle-même créé au cours des huit dernières années.
On se rappellera, Mme la Présidente, que, dans
la dernière législature, bien, l'opposition libérale était là à nommer la crise
du logement, alors que le gouvernement avait passé l'ensemble, donc, de ce
mandat-là à nier le fait que nous vivions
même une crise du logement au Québec. On se rappellera que, par la suite, après
avoir tardé à... à reconnaître que nous étions aux prises avec une crise
du logement, bien, nous avions un gouvernement, donc, caquiste qui semblait un
peu au dépourvu, hein, qui ne nous arrivait pas avec différentes solutions.
Donc, je trouve ça assez particulier qu'on nous présente les cas de Rosie et
William, si je me souviens bien, ou de Rose et William, qui avaient de la
difficulté à s'acheter une propriété tout au
long du règne caquiste, et que, par la suite, on dit : Bien, regardez, on
vous fait donc ce... ce beau cadeau alors que c'est nous-mêmes qui nous
avons... qui vous... qui vous avons empêché de pouvoir accéder à la propriété
au cours de ces huit années-là. Puis j'ai aussi trouvé assez curieux que la
ministre donc... que la première ministre,
pardon, nous arrive puis nous disent : Bien, regardez donc ce... ce couple-là,
par exemple, donc Rosie et Wiliam, donc, finalement, donc, ils ont... on
va donc leur rembourser, donc, cette taxe de bienvenue, là, mais on dit, bien,
que Rosie est enseignante en enseignement. Si la CAQ avait octroyé la
rémunération des stages dans le secteur public, notamment en enseignement,
bien, peut-être que Rosie, elle aurait eu la capacité de pouvoir épargner un
peu plus pour pouvoir accéder à la propriété.
• (18 heures) •
Mme la Présidente, en culture, la ministre... la
première ministre, c'est un autre exemple, ce qu'elle nous dit : Bien, regardez donc, on a... on a donc des
nouveautés. Mais, encore une fois, ici, donc, la ministre nous a parlé... la
première ministre nous a parlé seulement deux minutes sur les
48 min 18 s qu'ont duré son discours inaugural pour nous... nous
parler de culture. Je pense que je me serais
attendu à ce qu'on ait une... des orientations qui s'étendent pendant une durée
un peu plus longue pour venir défendre la culture québécoise, mais, en bout de
ligne, ce qu'elle nous a présenté, c'est ce
à quoi le ministre de la Culture s'était déjà engagé dans... au cours de la
deuxième session de cette 43e législature. Puis, bien évidemment,
vous le savez, j'étais là, puis je pense que c'est même devant vous, Mme la
Présidente, que je suis venu dire qu'il y avait unanimité ici, à l'Assemblée
nationale, sur ce type de mesures là. Donc, vous comprendrez bien que le
gouvernement actuel, donc, n'a pas le monopole des politiques culturelles.
Mais, pour un gouvernement qui nous
disait : Mais regardez, on arrive avec des nouveautés puis des nouvelles
orientations, bien, moi, ce que j'ai entendu dans cet autre dossier que je défends, bien, c'est à peu près... bien,
en fait, c'est exactement, donc, la même chose qu'on nous avait déjà
proposée au cours des derniers mois puis des dernières années.
Mais ce qui m'a le plus frappé, Mme la
Présidente, parce que là, je faisais un survol, bon, des différents éléments
que l'on voyait dans les principaux messages qui se sont... qui ont été
véhiculés par la première ministre lors de son allocution, mais ce qui m'a le
plus frappé dans tout ça, bien, c'est le fait qu'on ait si peu parlé
d'éducation. Mme la Présidente, au cours des 48 min 18 s qu'ont
duré l'intervention de la première ministre à l'occasion de son discours d'ouverture, j'ai compté hier, parce que
j'avais hâte qu'on puisse parler d'éducation, on a parlé à peu près une minute
d'éducation. Ça m'a surpris, je vous dirais, parce qu'on se souviendra que le
député de L'Assomption, l'ancien ministre du Québec, nous
disait à quel point l'éducation était le socle de la Coalition avenir Québec,
puis que lui, il était revenu en politique pour parler d'éducation, puis que
c'était sa priorité des priorités. On a vu, au cours de ce mandat-ci, mais, ce que ça voulait dire, pour le
gouvernement, le fait que l'éducation était la priorité de ses priorités... tu
sais, en fait, on a vu notre réseau de l'éducation être malmené puis, à
certains égards, est négligé. C'est ce que l'ensemble des groupes du réseau de
l'éducation sont venus nous dire maintes fois ici, dans cette enceinte, puis
également dans l'espace public. On les a vus se lever, on a vu nos groupes en
matière d'éducation nous dire qu'ils en attendaient plus d'une CAQ qui élevait
au rang de priorité l'éducation au Québec.
Donc, vous
comprendrez, Mme la Présidente, à quel point je ne peux qu'imaginer comment,
donc, nos acteurs, nos parties prenantes, donc tous ceux et celles qui prennent
soin de nos jeunes dans le réseau de l'éducation, comment est-ce qu'ils doivent
se sentir aujourd'hui, au lendemain de ce discours d'ouverture qui n'a à peu
près pas parlé d'éducation. Je peux imaginer que ces groupes doivent être très
inquiets d'apprendre que, dans les cinq priorités, quand même assez larges, là, mais les cinq priorités
nommées par la nouvelle première ministre du Québec, que l'éducation, bien,
que, manifestement, ça ne faisait pas partie de ces priorités-là. Ça doit être
inquiétant avec les dernières années qu'on vient de connaître.
Puis, dans tout ça,
je dis : OK, on a parlé pendant une minute d'éducation, mais qu'est-ce
qu'elle nous a dit dans son discours
inaugural hier, Mme la Présidente? Bien, la PM est venue nous dire : Bien,
écoutez, nous, ce qu'on va faire, on va s'assurer de maintenir les
budgets en éducation. Donc, voici la promesse. Fort bien. Mais, d'abord, encore
faut-il, donc, décliner ce que ça signifie pour elle, parce que je pense qu'il
y a un certain flou artistique autour du point qui a été amené par la première
ministre, mais j'ai trouvé ça...
Je vous dirais que
j'ai quand même trouvé ça assez curieux de voir la première ministre, donc, se
lever puis nous dire : Bien, voici ma
promesse de cette année, alors que le réseau de l'éducation a subi des
pressions de 570 millions l'été dernier à peine. Donc, ça ne fait
pas... Ça ne fait même pas un an, Mme la Présidente, après... Puis ça,
évidemment, donc, ça s'additionne avec les autres compressions qu'on... que le
réseau a connues au cours de l'année précédente, là, mais mettons qu'on se
concentre, donc, sur celle-ci, ça a quand même été, donc, une année scolaire ou
disons deux, deux années scolaires extrêmement difficiles pour le réseau, qui a
dû subir des compressions à la dernière minute, cette compression surprise de 570 millions dont je viens de parler, qui a
dû subir un yoyo budgétaire puis sa pire rentrée scolaire que le réseau
ait connue, disons, depuis... depuis 15, 20 ans.
Ça
fait que vous vous imaginez que, dans ce cadre-ci, donc, quand la ministre nous
dit : Bien, regardez, donc là c'est terminé, elle est en train
d'apporter ou, disons, de tenter, ou d'envisager d'apporter un correctif, donc,
à leurs propres problèmes. Si elle amène ce point-ci, c'est parce que le réseau
s'est soulevé puis est venu nous dire : Bien, regardez, la CAQ, ça ne
fonctionne pas, la manière dont vous opérez dans le réseau de l'éducation.
Donc, nous, nous sommes en désaccord avec
ces compressions surprises en fin d'année ou, disons, donc, mises de l'avant,
donc, en plein mois de juin, après la fin des classes ou à la fin des
classes, donc à la dernière minute, sur le point qu'on n'est pas capables de se réajuster. C'est la première fois qu'on vit
ça. Bien, les gens sont venus nous dire : C'est la première fois qu'on vit
ça en carrière. Puis ça, c'est la CAQ qui est venue apporter cette
problématique-là.
Et là quelle ne fut
pas ma surprise de voir le nouveau ministre de l'Économie, de l'Énergie
lui-même se lever et applaudir la promesse de sa nouvelle patronne qui vient
corriger, donc, sa propre... sa propre mesure ou les propres orientations que
lui-même a eues lorsqu'il était ministre de l'Éducation, il y a quelques mois à
peine.
Donc, vous
comprendrez ici que non seulement, donc, j'ai été un peu estomaquée de voir ça,
mais après ça je me suis aussi dit : Au-delà du fait que, bon... qu'on a
l'impression que la première ministre, donc, nous arrive avec une proposition
qui est exclusivement politique, j'ai aussi eu l'impression qu'on ne nous
arrivait pas avec une vision ou de l'ambition en matière d'éducation, Mme la
Présidente.
On le sait, on
compose, le réseau d'éducation compose avec des infrastructures qui sont
vétustes. Le réseau de l'éducation compose
avec une pénurie d'enseignants, avec un enjeu de rétention du personnel. Là, on
a une pénurie, bien, pas juste d'enseignants, je l'ai... je viens de l'évoquer,
mais également, donc, une pénurie de personnel professionnel ou de
personnel de soutien. On a des propositions qui sont apportées par le réseau,
par le milieu pour venir contrer ces problématiques-ci. Pourquoi est-ce que la
première ministre n'en a pas parlé dans son discours inaugural?
On
sait que le réseau compose avec des enjeux de violence à l'école. Moi, j'aurais
aimé pouvoir entendre la première ministre, donc, nous arriver avec certaines
orientations ou, du moins, nommer ce type de problématique là puis nous
dire : Moi, réseau de l'éducation, je vous entends puis je comprends que
vous avez besoin d'une vision structurante. J'aurais aimé qu'on nous parle, par exemple, de la révision de l'indice du milieu
socioéconomique. C'est un enjeu avec lequel le réseau est aux prises en
ce moment même, alors qu'il y a, encore une fois, donc, des soubresauts
budgétaires qui sont amenés par cette révision-ci puis des milieux scolaires
qui ont des besoins puis qui vont se voir arracher des ressources dont ils ont
besoin parce que le gouvernement caquiste, avec la même ministre de l'Éducation
qu'avant la pause parlementaire qu'on nous a imposée, fait la sourde oreille
par rapport à cette demande-là qui vient du réseau de l'éducation. J'aurais
aimé qu'elle puisse nous parler des enfants qui ont faim à l'école.
Donc,
vous comprenez, Mme la Présidente, qu'on est aux prises avec un réseau d'éducation
puis des... je veux dire, des... oui, des... tu sais, des acteurs du réseau, tu
sais, donc, nos profs, les membres de notre personnel, des parents qui sont
fatigués, des adultes structurants qui
entourent nos jeunes, qui encadrent nos jeunes, puis qui se demandent quand
est-ce qu'on va penser à eux, puis qui doivent vraiment être déçus qu'en
fin de régime, bien, qu'on ait un gouvernement caquiste qui élude complètement
les priorités du réseau de l'éducation qui sont vécues par 1 million de
jeunes tous les jours, de septembre à juin.
• (18 h 10) •
C'est pour ça que nous, au Parti libéral du
Québec, au Parti libéral du Québec de Charles Milliard, Mme la Présidente,
nous, on propose des états généraux en matière d'éducation. Parce qu'on se dit
qu'on est rendus là en 2026, après plus de 30 ans, à
asseoir l'ensemble, l'ensemble des membres du réseau puis l'ensemble des
parties prenantes qui entourent nos jeunes, puis qu'on réponde à cette
demande-là, qui vient du milieu, puis qu'on se dise : Bien, quelle est notre vision puis quelle est notre... quelle
est notre ambition collective pour nos jeunes, pour le réseau de l'éducation au
cours de la prochaine génération? C'est ça
que le réseau aurait voulu entendre de la part de la nouvelle première ministre
du Québec, qui, malheureusement, nous dit : Moi, j'ai cinq
priorités, puis l'éducation, bien, ça ne fait pas partie de ces cinq
priorités-là. Puis, dans mon discours, bien, je vous parlerai, sur 48 min 18 s,
une minute d'éducation au Québec.
Motion formulant un grief
Donc, dans cet esprit, Mme la Présidente, je
vous dépose la motion de grief suivante :
«Que l'Assemblée nationale blâme sévèrement le
gouvernement caquiste pour son manque de vision et son absence d'ambition en
matière d'éducation, qui a pour seule orientation le fait de ne pas couper,
cette fois-ci, dans les budgets déjà déficients des services aux élèves.»
J'enjoins l'ensemble des membres ici, bien
évidemment, à voter en faveur de cette motion de grief. Et nous avons bien hâte de poursuivre, au cours des cinq
prochaines semaines, nos débats ici, en Chambre, avec ce gouvernement
caquiste qui est en fin de régime. Merci, Mme la Présidente.
La
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée. Je vous
rappelle que votre motion est déposée sous réserve de sa recevabilité.
Merci pour votre intervention.
Maintenant, nous allons poursuivre avec Mme la
députée de Vimont.
Mme Valérie Schmaltz
Mme Schmaltz : Merci,
Mme la Présidente. Alors, nous amorçons aujourd'hui une nouvelle session
parlementaire. C'est une nouvelle étape qui est importante. C'est un moment qui
marque un changement, mais aussi une attente très claire des Québécois,
celle de voir leur gouvernement agir, décider et livrer des résultats.
Le contexte dans lequel nous nous retrouvons
aujourd'hui est exigeant. Ce qui se passe, d'ailleurs, dans le monde a des
répercussions bien réelles chez nous. Que ce soient les tensions économiques,
les conflits internationaux, les transformations rapides liées aux nouvelles
technologies, tout cela finit par avoir un impact direct sur nos familles, sur
nos entreprises et, bien sûr, sur notre quotidien. Concrètement, cela se
traduit par une pression de plus en plus forte sur le coût de la vie. Dans ce contexte, les Québécois ne veulent pas de
grandes théories ni de longs débats abstraits. Ils veulent du concret,
ils veulent du sérieux.
Mme la Présidente, face à cette réalité, il y a
toujours un choix à faire. On peut commenter, on peut critiquer, on peut
promettre sans livrer ou encore on peut prendre des décisions, des décisions
parfois difficiles, mais nécessaires. Gouverner,
ce n'est pas choisir la solution la plus facile, c'est faire des choix et
surtout de les assumer. C'est exactement ce que nous faisons. L'arrivée de notre nouvelle première ministre, à la
tête du gouvernement, envoie un message clair : une volonté d'être
à l'écoute, oui, mais surtout une volonté d'agir.
Mme la
Présidente, la priorité des Québécois... les priorités, pardon, elles sont
connues, elles sont simples : le coût de la vie, la qualité et
l'accès aux services publics, le logement. Ce sont des enjeux concrets, des
enjeux qui touchent directement le quotidien
des gens. Et c'est là-dessus que nous devons concentrer nos efforts, pas sur
des débats théoriques, pas sur des promesses irréalistes, pas sur des
idéologies qui éloignent des vraies préoccupations des Québécois, mais sur ce
qui fait une différence réelle dans leur vie.
Mme la Présidente, au-delà de ces enjeux, il y a
quelque chose de fondamental, quelque chose qui définit profondément ce que
nous sommes comme nation : notre langue. Le français n'est pas un détail,
ce n'est pas un enjeu secondaire. C'est au coeur de notre identité. C'est ce
qui nous rassemble. C'est ce qui nous distingue et ce qui nous permet de
continuer d'exister comme nation en Amérique du Nord.
Protéger le français, ce n'est pas une option,
c'est une responsabilité, et cette responsabilité doit se traduire par des
actions concrètes. C'est ce que notre gouvernement a fait avec la loi n° 96 et c'est ce que nous continuerons de faire en
renouvelant la clause dérogatoire pour protéger cette loi. Cette clause est un
outil démocratique, un outil qui permet au
Québec de faire respecter ses choix, un outil qui permet d'affirmer clairement
qui nous sommes. Et, sur cette question fondamentale, les Québécois sont
en droit de s'attendre à de la clarté.
Et, lorsqu'on regarde du côté de Charles
Milliard, on voit surtout de l'hésitation, un refus de se positionner
clairement. Pire encore, pire encore, j'ajouterais même : Affirmer
aujourd'hui même que le Québec possède deux langues officielles, sur une
question aussi essentielle que la langue française, ce n'est pas acceptable. On
ne protège pas le français à moitié. Au delà de le protéger, on doit aussi
renforcer son usage, s'assurer qu'il soit présent partout, y compris dans la
formation et dans les parcours d'intégration, parce que protéger le français,
c'est aussi le faire vivre, Mme la Présidente.
En tant que femme, je ne peux que saluer l'arrivée
d'une femme forte à la tête de notre nation. Le Québec a parcouru beaucoup de chemin en matière de droits
des femmes. Leur présence en politique est plus forte que jamais, mais
il ne faut jamais, jamais prendre cela pour acquis. La place des femmes, ici
comme ailleurs, continue de se construire. Elle
continue aussi de se défendre. Et nous avons tous une responsabilité collective
pour que leurs voix continuent d'être entendues dans toutes les sphères
de décision.
Mme la Présidente, dans une démocratie, le débat
est essentiel. Les désaccords sont normaux, ils sont même nécessaires, mais il
y a quand même des limites. Les événements récents, visant le ministre du
Travail, nous rappellent qu'on ne peut pas tout
banaliser. Mettre en scène la violence, même symboliquement, ce n'est jamais,
jamais anodin. On peut être en désaccord, on peut être critique, mais on doit
toujours le faire dans le respect, c'est ça, la démocratie, Mme la Présidente.
Nous amorçons donc
cette session avec peu de temps devant nous, mais avec une responsabilité
immense, celle de répondre aux attentes des Québécois, celle de travailler avec
sérieux, celle de prendre des décisions et surtout celle de livrer des résultats. Notre gouvernement est prêt, prêt à agir,
prêt à assumer, prêt à faire avancer le Québec. Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Je vous remercie, Mme la députée. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions? Il n'y a pas d'autre intervention. Alors, je vous cède
la parole, M. le député de Joliette.
M. Stéphane
Sainte-Croix
M. Sainte-Croix :
De Gaspé, plutôt.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : De Gaspé, excusez-moi.
M. Sainte-Croix :
Je vous remercie, Mme la Présidente. Salutations aux collègues des oppositions.
Salutations aux collègues de la partie
gouvernementale. Très heureux d'être ici, Mme la Présidente, pour le débat sur
le discours d'ouverture, un discours qui a été attendu et qui, ma foi,
nous a vraiment emballés par le ton, par la forme, par l'enthousiasme de notre
première ministre. Et je suis très heureux ici aujourd'hui d'en faire écho,
principalement pour ma région, la Gaspésie,
mais, j'imagine, aussi pour bien des régions du Québec. J'ai quelques thèmes
que j'aimerais aborder dans une perspective, là, plus régionale, bien
évidemment.
D'abord,
je pense que c'est important qu'on parle d'économie, hein? C'est un sujet qui
nous tient à coeur. C'est un secteur où notre gouvernement agit de façon
réfléchie, de façon... à titre d'accompagnement, à titre d'intervention
important dans nos régions, donc un secteur, là, qui doit nécessairement faire
l'objet de quelques rappels.
On l'a vu dans les...
dans les derniers jours, notre première ministre a procédé à une annonce
importante, une annonce aussi attendue, je
pense, par le milieu des petites et moyennes entreprises, je parle, bien
évidemment, là, du... de la réduction du... de 1 % au niveau du
taux d'imposition des premiers 500 000 $ de revenus pour plus de
75 000 PME. 75 000 PME, c'est, bien évidemment, quelque chose
d'important, hein, dans nos... dans chacun de nos milieux, et c'est vraiment à travers nos PME que notre économie
circule, que notre économie se développe. Donc, il y a là, je pense, une
nouvelle très rafraîchissante et importante pour bien des petites et moyennes
entreprises de notre province.
On a aussi, bien
évidemment, là, rattaché à cette annonce-là, des indicateurs au niveau de
l'impact de cette mesure. On parle de,
grosso modo, 5 000 $ par année par petite et moyenne entreprise.
Donc, une très belle nouvelle pour le secteur économique de nos milieux.
On parle aussi, bien
évidemment, par les temps qui courent, malheureusement, de la question des
tarifs, les tarifs douaniers, essentiellement, imposés par notre voisin du Sud.
Pour des petites et moyennes entreprises dans nos régions, bien, c'est des...
ça a des impacts importants, des impacts qu'il nous faut réguler, là, d'une
façon ou d'une autre. Et, à ce niveau-là, je
pense que Mme la première ministre a fait preuve, là, d'un... d'une... d'un
grand tact, là, dans les... dans la dernière semaine, avec son voyage à
Washington. Donc, on a pu constater, là, que Mme la première ministre a eu des rencontres importantes, des
rencontres significatives au niveau des représentants républicains au commerce de
l'administration du président Trump, M. Jamieson Greer. Elle a aussi
rencontré des entreprises, là, actives aux États-Unis et au Québec pour mieux
comprendre leurs enjeux particuliers.
• (18 h 20) •
Donc, on a aussi
appris, lors de cette mission, une très bonne nouvelle pour le Québec lors de
la nomination de Mme Louise Blais à titre d'émissaire du Québec dans le
cadre des négociations sur le renouvellement de l'ACEUM, notre entente
économique au niveau américain et mexicain. Bien évidemment, Mme Blais
connaît bien les États-Unis, elle détient une expérience remarquable en
négociation internationale, et je crois qu'il faut saluer cette nomination de
façon officielle. Nous en sommes très fiers.
Une chose est claire,
Mme la Présidente, notre gouvernement se tient debout devant les enjeux, et ce,
pour les intérêts du Québec et de ses industries.
Parlons aussi
tourisme, un secteur d'activité important chez nous, en Gaspésie, et dans
plusieurs régions du Québec. À titre d'exemple, quand on parle, là, d'être à
l'écoute, d'accompagner nos promoteurs, de faire en sorte de rendre viables des projets importants pour nos
régions, nous avons annoncé, là, dans les dernières semaines, un financement
additionnel de 1,2 million de dollars à une institution muséale de
chez nous, Exploramer, pour son Pavillon des requins du Saint-Laurent. Donc, ce
sera une expérience extraordinaire au niveau de la clientèle touristique et,
bien évidemment, de nos citoyens et
citoyennes. Ce sera là une expérience qui, je pense, misera sur l'authenticité
et, vraiment, la surprise, hein? On parle de grands requins en aquarium
au niveau d'une institution muséale.
Et
Dieu sait que les institutions muséales ont reçu des bonnes nouvelles dans les
dernières semaines, pas plus tard que la semaine dernière, avec un rehaussement
assez important, historique, de leurs programmes au niveau du financement
des institutions muséales. Et il y a
plusieurs institutions régionales qui bénéficient de cette bonne nouvelle. Et
là aussi je prends quelques secondes pour le saluer, remercier M. le
ministre Lacombe à ce niveau-là. Donc, une nouvelle importante pour nos
institutions.
La question touristique, donc, voilà, c'est un
secteur d'activité important, structurant dans nos régions. Nous sommes
présents, hein, à plusieurs niveaux, à ce niveau-là, avec, bien évidemment,
notre ministère du Tourisme, et puis on se rend compte,
avec le temps, à quel point cette économie est structurante dans chacune des
régions du Québec. On continue d'être
présent, on continue de supporter l'industrie, et ce, pour le plus grand bien
de l'économie, mais aussi, bien évidemment, pour les réalités de notre... du
personnel qui gravite à l'intérieur de de cette industrie. C'est quelque
chose d'important, c'est quelque chose de structurant, c'est quelque chose qui
s'étale sur quatre saisons. Donc, notre présence,
comme gouvernement, notre support, comme gouvernement, à l'intérieur du secteur
d'activités touristiques est quelque chose de très important, et nous en
sommes très fiers.
Au niveau des régions, bien évidemment, une
grande nouveauté, là, dans les dernières semaines avec le remaniement
ministériel, la question du ministre délégué aux Régions. Donc, on souligne,
bien évidemment, cette initiative, on s'en
réjouit. J'ai le bonheur d'avoir été nommé par la première ministre comme
représentant de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine au niveau de
cette instance, j'en suis très fier. On est déjà au travail, Mme la Présidente,
à ce niveau-là, avec l'ensemble des régions
du Québec. C'est une instance importante pour la suite des choses. C'est une
instance qui nous permet d'amener des intrants typiquement régionaux sur
l'ensemble de l'action gouvernementale, d'avoir
une compréhension commune des enjeux qui touchent nos régions et d'avoir le
bonheur, avec M. le ministre, là, d'échanger et de débattre sur
différentes avenues à considérer pour la suite des choses, tout ça dans un
objectif de... pour amenuir, hein, les irritants, pour faire en sorte d'avoir
une action gouvernementale qui tient compte de ces irritants et de faire en sorte d'harmoniser nos politiques
dans la mesure du possible et d'aller chercher des résultats auprès de nos citoyens,
de nos citoyennes dans leur quotidien. Je pense qu'on doit saluer la création
de ce Conseil des régions, et puis, bien
évidemment, je pense que l'ensemble des régions du Québec vont en bénéficier
dans les prochaines semaines.
Je vous ai parlé des musées. Bien, permettez-moi
d'y revenir, considérant, là, une annonce, là, vraiment, qui fait une grande
différence dans plusieurs institutions muséales de nos régions. On parle d'un
5 millions d'ajout à une mesure de financement récurrent pour l'ensemble
des institutions. M. le ministre en a fait l'annonce à Rivière-du-Loup la semaine dernière, une enveloppe totale, là, qui
va porter l'enveloppe d'aide aux musées à près de 90 millions de
dollars pour la période 2025‑2028.
C'est quand même très important. C'est un support monumental, Mme la
Présidente, pour les institutions muséales.
Je souligne le travail des institutions muséales
dans cette... dans ce dossier. Ils l'ont fait de façon commune, ils l'ont fait
de façon concertée. On a été impliqué dans les... dans les échanges, dans la
compréhension des enjeux. Ça nous a permis,
bien évidemment, entre collègues, de pouvoir en discuter de façon intelligente,
de façon concertée, et puis on se réjouit très honnêtement de cette
nouvelle qui fait en sorte que 42 musées agréés des régions éloignées,
comme chez nous, en Gaspésie, vont en profiter. Et vous dire, madame, que ça
fait une différence, mais pas à peu près, comme on dit par chez nous, là, dans le quotidien des institutions muséales et
des professionnels qui y travaillent à tous les jours.
La question toujours, là, au niveau de
l'économie de nos régions, je pense qu'il faut aussi parler de tout ce qui
regarde la question de l'habitation. On l'a dit, c'est un enjeu important sur
l'ensemble de notre province. C'est aussi un
enjeu important particulier sur la question de notre Gaspésie. Donc, Mme la
première ministre l'a souvent en bouche, hein, une économie de
propriétaires. Donc, je pense qu'il faut souligner la question de l'accès à la
propriété en termes d'enjeu, en termes aussi
de particularités, là, au niveau de nos interventions gouvernementales. Donc,
l'accès à la propriété, ce que plusieurs jeunes couples attendent depuis
longtemps.
Donc, je pense que la mesure au niveau du
remboursement d'une partie de la taxe de bienvenue sera un élément majeur pour
la suite des choses, pour ces jeunes couples là qui caressent le rêve de
devenir propriétaires. Je pense que c'est
une mesure, là, qu'on doit souligner, qu'on doit saluer, et je profite de
l'occasion qui m'est donnée, là, pour le faire, bien évidemment. Déjà,
j'ai des conversations avec des résidents, des résidentes de mon comté qui,
bien évidemment, accueillent cette nouvelle avec une grande joie, un grand
bonheur et qui vont pouvoir passer à l'étape suivante, à savoir commencer à
regarder quelle sera une propriété prochaine pour une petite famille en
devenir. Donc, une très bonne nouvelle à ce niveau-là.
Parlons d'investissement dans le logement
abordable. Donc, on n'oublie pas non plus l'ensemble des citoyens, des
citoyennes qui, par leurs besoins, doivent aussi avoir accès à des logements
abordables. Ce n'est pas tout le monde qui a la capacité d'être propriétaire,
puis on comprend tout ça. Et donc il faut avoir une attention particulière au
niveau du logement abordable. Notre gouvernement, dans les dernières années, et
j'en suis témoin chez nous, a fait des investissements vraiment majeurs qui a
changé vraiment le portrait de nos régions en termes de logement. Il faut
continuer, hein, d'avancer dans ces dossiers-là, dans ces projets-là, on en
voit pousser un petit peu partout sur le territoire du Québec. Moi, j'ai le
privilège, là, d'être régulièrement entre Québec et chez nous, en Gaspésie, et
partout, sur le long du fleuve, où je circule, je vois des projets de
construction de logement grimper, comme on dit, hein, prendre de l'expansion, et puis au grand bonheur de
plusieurs citoyens et citoyennes. Donc, je pense aussi qu'il faut souligner,
bien évidemment, des interventions de cette nature.
Je regarde chez nous, à Sainte-Anne-des-Monts,
un projet de logements sociaux et abordables de 36 unités de logement.
36 unités de logement, Mme la Présidente, c'est quand même énorme
dans des petits milieux comme les nôtres. Et
puis on souligne ces actions-là, on parle d'investissements de plus de
17 millions de dollars. Donc, c'est toute la chaîne de
fournisseurs qui va en profiter et ça amène vraiment de l'eau au moulin à
plusieurs entreprises.
Notre gouvernement du Québec, dans ce projet-là
précisément, investit 11 millions, grosso modo, pour... par l'entremise de
notre programme d'habitation du Québec. Donc, on est très fiers de ça, et puis
on va continuer, madame, à investir et à accompagner notre monde dans leurs
priorités.
Je pourrais vous parler de plein d'éléments,
d'interventions, de mesures d'accompagnement pour l'ensemble de nos citoyens,
citoyennes, je vais m'arrêter là. Ça m'a fait grand plaisir de vous en parler.
Et puis j'espère être en mesure de poursuivre dans un autre... tantôt sur un
autre sujet, plusieurs bonnes nouvelles pour nos régions. Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Je vous remercie, M. le député.
Ajournement
Bien, compte tenu de l'heure, les travaux sont
ajournés à demain, jeudi 7 mai 2026, à 9 h 40.
(Fin de la séance à 18 h 30)