Journal des débats de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
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Le
mardi 8 octobre 2024
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Vol. 47 N° 32
Étude détaillée du projet de loi n° 63, Loi modifiant la Loi sur les mines et d’autres dispositions
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Intervenants par tranches d'heure
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Montigny, Yves
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Blanchette Vézina, Maïté
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Fortin, André
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Fortin, André
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Montigny, Yves
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Zaga Mendez, Alejandra
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Dufour, Virginie
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Dufour, Virginie
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Montigny, Yves
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Fortin, André
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Montigny, Yves
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Fortin, André
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Fortin, André
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Montigny, Yves
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Dufour, Virginie
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Dufour, Virginie
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Montigny, Yves
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Fortin, André
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Blanchette Vézina, Maïté
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Tremblay, François
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Bussière, Robert
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Picard, Marilyne
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Rivest, Mathieu
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Zaga Mendez, Alejandra
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Fortin, André
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Montigny, Yves
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Dufour, Virginie
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Dufour, Virginie
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Montigny, Yves
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Zaga Mendez, Alejandra
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Fortin, André
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Blanchette Vézina, Maïté
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Tremblay, François
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Bussière, Robert
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Picard, Marilyne
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Rivest, Mathieu
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Fortin, André
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Montigny, Yves
15 h (version révisée)
(Quinze heures vingt minutes)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources
naturelles ouverte.
La commission est réunie afin d'entreprendre
l'étude détaillée du projet de loi n° 63, Loi modifiant la Loi sur les
mines et d'autres dispositions.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements aujourd'hui?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Sainte-Croix (Gaspé) est remplacé par Mme Picard
(Soulanges); et Mme Rizqy (Saint-Laurent), par Mme Dufour
(Mille-Îles).
Mémoires déposés
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Alors, maintenant, avant de débuter, je dépose les mémoires qui ont été reçus
depuis la fin des consultations particulières.
Remarques préliminaires
Nous débutons avec les remarques
préliminaires. Mme la ministre, vous disposez donc de 20 minutes.
Mme Maïté Blanchette Vézina
Mme Blanchette Vézina : Merci.
Merci, M. le Président. Très heureuse ce matin... cet après-midi, je devrais
dire, de débuter l'étude détaillée du projet de loi 63 modifiant la Loi
sur les mines. Dans les <dernières...
Mme Blanchette Vézina :
...du
projet de loi 63,
modifiant la Loi sur les mines. Dans les
>dernières semaines, on a pu entendre différentes positions lors des
consultations particulières. On aura pu constater aussi que parfois les
positions sont divergentes, mais le constat, il est unanime, c'est-à-dire qu'il
faut moderniser la loi pour un développement plus harmonieux de l'activité
minière au Québec.
Donc, je serai très heureuse de pouvoir
faire l'étude détaillée avec l'ensemble de la commission. Je remercie
d'ailleurs... Je vous remercie, M. le Président. Je remercie l'ensemble des
députés de notre gouvernement qui sont présents avec nous aujourd'hui, les
équipes du ministère également, et les députés d'opposition, là, qui seront là
dans le courant de cette étude.
Alors, notre projet de loi, c'est un
projet de loi qui est équilibré. Notre objectif, c'est de permettre à la fois
le développement minier de façon responsable, tout en s'assurant de favoriser
l'acceptabilité sociale sur le terrain. Le projet de loi 63 réitère ce que
nous sommes, c'est-à-dire un gouvernement des régions, un gouvernement qui a
une vision pour l'économie régionale en collaboration avec les milieux
municipaux.
Et avant d'entrer dans le vif du sujet,
donc, remerciements particuliers à tous ceux qui sont... qui ont participé aux
consultations particulières. Sachez que vos préoccupations ont été entendues,
et c'est d'ailleurs pourquoi je déposerai des amendements au projet de loi. Je
souhaite aussi que notre projet de loi se fasse de manière collaborative.
J'espère aussi que les oppositions participeront dans cette volonté, là, dans
ce souhait de collaboration. Le projet de loi 63 a été... était très
attendu, dès le moment où j'ai été nommée comme ministre. Les enjeux
d'acceptabilité sociale sur le terrain nécessitent des changements, des
changements importants, et c'est ce que le projet de loi présente.
Dans le contexte où l'engouement pour les
minéraux critiques et stratégiques croît partout dans le monde, il devient
primordial de revoir nos façons de faire pour répondre à nos besoins
énergétiques tout en assurant une cohésion, l'adhésion à des communautés, aux
projets miniers.
Alors, je me permets de rappeler les
principaux objectifs du projet de loi qui sont de freiner la spéculation afin
de mieux encadrer l'accès aux ressources minérales québécoises, mieux concilier
les usages du territoire afin de répondre aux préoccupations citoyennes, à
celles des municipalités également, de rehausser les exigences
environnementales, de faciliter un développement durable de l'industrie minière
là où il y a un véritable potentiel et d'accroître l'efficacité pour l'ensemble
de la filière minérale du Québec.
Alors, je le répète, le projet de loi, M.
le Président, a une approche équilibrée. Le Québec a la chance de disposer de
minéraux qui ont une grande valeur, mais comme cette richesse vient avec des
responsabilités, on a le devoir, comme gouvernement, de prendre les meilleures
décisions pour le bien des Québécoises et des Québécois.
Certains acteurs vont choisir de défendre
certains groupes au détriment de d'autres. Nous, ce qu'on a choisi, c'est une
approche qui présente des mesures pour permettre le développement des projets
miniers durables en collaboration avec les milieux. La prévisibilité, la
transparence, c'est ce que nous voulons mettre de l'avant dans le régime minier
québécois. C'est une loi qui valorise les plus hauts standards de l'industrie à
l'échelle du Québec. Ce sont des mesures tangibles qui font du Québec un
partenaire éthique, fiable et responsable dans la réalisation de projets
miniers porteurs pour l'ensemble de la société.
Le projet de loi qu'on a présenté jette
donc les bases du développement minier de demain, M. le Président. Le
gouvernement a fait un choix audacieux en modernisant le régime minier puisque
les effets de cette modernisation vont se faire pleinement sentir dans les
prochaines générations. Alors, merci, M. le Président, pour le temps accordé
aujourd'hui.
Le Président (M. Montigny) :
Parfait. Merci, Mme la ministre. J'invite maintenant le porte-parole de
l'opposition officielle à faire des remarques préliminaires.
M. Fortin :Bonjour, M. le Président. J'espère que vous allez bien.
Le Président (M. Montigny) :
Merci. Super bien.
M. André Fortin
M. Fortin :Bonjour, chers collègues. J'espère que vous vous portez
bien, Mme la ministre, vos équipes et ma collègue de Mille-Îles.
Je ne sais pas, M. le Président, si la
ministre a assisté à la même consultation que nous, parce qu'elle nous parle de
points de vue divergents, et effectivement, les gens avaient des préoccupations
divergentes, avaient des motivations divergentes, peut-être. C'est normal, ça
arrive dans tous les projets de loi. Mais le constat, il est quasi unanime,
c'est-à-dire, quand des groupes qui représentent le développement minier, qu'on
parle des sociétés elles-mêmes, qu'on... de <i>l'Association minière, qu'on
parle de <i>l'Association de l'exploration minière, <qu'on...
M. Fortin :
... sociétés elles-mêmes, qu'on... de l'Association
minière, qu'on parle de l'Association de l'exploration minière, >qu'on
parle des groupes à vocation économique comme le Conseil du
patronat<i> ou la Fédération des chambres de commerce du Québec,
qu'on parle des groupes... les groupes représentant, par exemple, des résidents,
tout le monde a trouvé matière à insatisfaction dans le projet de loi, et ces
acteurs-là qui sont venus en commission parlementaire, qui ont pris le temps
soit d'écrire un mémoire ou de se présenter ici, à l'Assemblée nationale, n'ont
pas mâché leurs mots, ils ne sont pas allés avec le dos de la cuillère, là.
Alors, que la ministre nous dise
aujourd'hui encore qu'elle est à la bonne place... et on l'a entendue lors des
consultations, on l'entend encore aujourd'hui, c'est surprenant, M. le
Président. C'est surprenant. Et qu'on ose dire, du côté du gouvernement de la
CAQ, qu'avec ce projet de loi là on est le parti des régions... J'aimerais ça
entendre les députés de l'Abitibi dire ça. Pas certain que ça passerait chez
eux, ça, M. le Président.
Alors, de nous dire aujourd'hui : On
est à la bonne place, personne, personne n'est d'accord avec nous. Donc, les
gens d'un bord, les gens de l'autre bord, personne n'est d'accord. On doit être
à la bonne place, on doit être dans le milieu. Je pense qu'on est en droit de
s'attendre à davantage quand on parle de nos politiques publiques, quand on
parle de projets de loi attendus, comme l'a dit la ministre.
Effectivement, c'est un projet de loi qui
était particulièrement attendu, mais parce que tout le monde espérait un projet
de loi qui permettait tant une meilleure harmonie, effectivement, mais aussi
qui permetterait davantage de développement. Parce qu'on le sait, M. le
Président, vous avez vu les études fédérales, comme moi, qui nous disent que,
pour le développement de nos filières stratégiques, de nos filières critiques
au Québec, bien, c'est une augmentation de 500 % du minerai dont il est...
dont on a besoin.
Alors, quand on sait que d'un côté on a
besoin d'une telle augmentation, et que de l'autre on utilise des mots comme
ceux qui ont été utilisés ici, dans le cadre des consultations qu'on a
entendues, c'est-à-dire que le projet de loi pourrait avoir des effets
dévastateurs sur le développement minier au Québec... pas mes mots, ça, M. le Président,
c'est les gens de l'Association de l'exploration minière du Québec qui l'ont
dit. Quand, M. le Président, on voit des gens comme la Fédération des chambres
de commerce du Québec — et là Fédération des chambres de commerce du
Québec, M. le Président, le mot le dit, là, ce n'est pas juste la fédération
des chambres de commerce de l'Abitibi, de la Côte-Nord ou du Nord-du-Québec, là — ils
disent très clairement : «Les nouvelles restrictions entraîneraient des
pertes de millions de dollars en investissements miniers», millions de dollars.
«Selon plusieurs entreprises consultées, cette mesure nuirait considérablement
au développement économique régional.»
• (15 h 30) •
Je n'ai même pas besoin... Je n'ai même
pas eu besoin, M. le Président, là, avant de commencer mon intervention
aujourd'hui, de m'asseoir et d'écrire mes propres mots. Ils étaient déjà
écrits, M. le Président. Les groupes, ils sont sans équivoque : «Pour
l'industrie, il s'agit d'un frein considérable au développement de l'activité
économique.» «Pour parler d'harmonisation des usages, on ne peut pas simplement
exclure l'industrie, comme c'est le cas présentement.» «En adoptant une
approche mur à mur, le gouvernement ne prend pas en compte l'activité
économique de certaines régions, qui comptent grandement sur les retombées du
secteur minier, sans compter les emplois qui en découlent.»
Alors là, M. le Président, tout... en
fait, toutes les citations que je viens de dire, elles viennent d'un seul
groupe, la Fédération des chambres de commerce du Québec. Mais je pourrais
prendre le mémoire du Conseil du patronat, je pourrais prendre le mémoire de
l'Association de l'exploration minière, je pourrais prendre le mémoire de l'Association
minière du Québec, je pourrais prendre le mémoire de <i>Glencore, je
pourrais prendre le mémoire, M. le Président, de la Conférence des préfets de
l'Abitibi-Témiscamingue... et là j'en saute, OK? J'en saute. Tous <ces
gens-là...
>
15 h 30 (version révisée)
<15383
M. Fortin :
...préfets
de
l'Abitibi-Témiscamingue... et là j'en saute, OK? J'en saute. Tous >ces
gens-là sont arrivés avec des arguments béton, sont arrivés avec des arguments
très solides, et ce n'est pas prendre parti pour les gens du développement
économique, là. On parle de la Conférence des préfets de l'Abitibi-Témiscamingue.
Alors là, je ne suis pas en train, je ne pense pas... En citant les gens de la
Conférence des préfets de l'Abitibi-Témiscamingue, je ne pense pas qu'on serait
en train de dire : Heille! on ne défend que les minières. Je ne pense pas,
M. le Président.
Ces gens-là, les préfets, vous le savez
comme moi... vous avez été maire et préfet par le fait même, si je ne m'abuse.
Non? Je m'abuse. Mais, M. le Président, vous le savez, un élu municipal, qu'il
soit préfet ou maire, habituellement, quand il parle, c'est dans l'intérêt
premier de ses citoyens, habituellement. Moi, les maires que je connais, le
député... le député de Gatineau en face, quand je l'entendais parler comme
maire de La Pêche, habituellement... et préfet dans son cas, je le sais, bien,
habituellement, il parlait au nom de ses citoyens dans le meilleur intérêt,
dans le... dans ce qui était sa meilleure interprétation de leurs intérêts.
Alors, moi, je... M. le Président, ici, on
parle de régions où il y a un cœur minier. Il y a un développement économique
qui s'est fait sur l'activité minière, et là on s'apprête ici à présenter un
projet de loi qui, je m'excuse, mais n'est absolument pas équilibré. Et de le
faire sous le prétexte... sous le prétexte et avec l'affirmation qu'on est le
parti des régions, M. le Président, c'est impensable quand les régions elles-mêmes,
celles qui sont concernées au premier plan, celles où il y a la majorité d'activités
de prospection, d'exploration et d'exploitation, nous disent : Ça ne passe
pas, nous disent : Ça va réduire l'activité économique chez nous puis ce n'est
pas ça qu'on veut.
Alors là, non seulement, M. le Président,
on est contre les intérêts stratégiques, on ne nous permettra pas d'arriver à
nos objectifs pour la filière... les filières stratégiques au Québec, mais en
plus on vient nuire à certaines régions, à leur développement économique. J'ai
hâte de voir les amendements qui vont être présentés par la ministre, parce qu'ils
sont mieux d'être substantiels.
Ce projet de loi là et la réforme... la
réforme de la Loi sur les mines, là, elle a un devoir de protéger les intérêts
stratégiques du Québec. Elle a un devoir de protéger le développement
économique régional du Québec. Elle a un devoir de protéger les investissements
aussi et des citoyens qui veulent s'assurer que leurs résidences, que leurs
terres ne sont pas affectées négativement par cette législation. Elle a un
devoir de protéger l'environnement, M. le Président. Et je n'enlève pas... Je n'arrive
pas ici en disant que tout est mauvais dans le projet de loi de la ministre.
Assujettir l'ensemble des projets d'exploitation au BAPE, je ne vous dirai
jamais que c'est une mauvaise mesure, parce que ce ne l'est pas, M. le
Président. C'est positif.
Mais, quand on prend une région comme l'Abitibi,
qui compte 2 % de la population du Québec, mais qui, par son activité
minière entre autres, représente 10 % du PIB québécois, et qu'on vient lui
mettre des bâtons dans les roues comme le projet de loi le fait, quand on vient
forcer les élus municipaux à prendre des positions, et je vais y revenir plus
tard, M. le Président, mais des positions pas pour dire drastiques, mais des
positions qui représentent un sérieux, mais un sérieux avertissement au
gouvernement, je ne vois pas comment on peut avoir une ministre qui commence
nos travaux en disant : On est à la bonne place.
M. le Président, on va avoir, comme l'entièreté
des groupes qui sont venus ici, on va avoir, au cours de ce projet de loi là,
toutes sortes de suggestions pour la ministre, toutes sortes de suggestions.
Certaines émanent de recommandations des groupes qu'on a entendus, certaines
émanent de meilleures pratiques qui peuvent se faire ailleurs. Certaines fois,
on va <dire...
M. Fortin :
...certaines émanent de meilleures pratiques qui
peuvent se faire ailleurs. Certaines fois, on va >dire à la ministre que
peut-être que le régime minier, pour certains aspects du projet de loi, il
fonctionne déjà très bien. Mais le but, ça va être de l'améliorer, le régime
minier. Le but, ça va être de faire en sorte que nos intérêts stratégiques...
qu'on y arrive mais qu'on y arrive avec nos ressources, M. le Président, qu'on
n'y arrive pas nécessairement avec des ressources qu'on devra importer
d'ailleurs. Ça, ce serait le pire des scénarios. Et malheureusement, c'est un
peu ce que les différents gens, les différents groupes nous ont dit. Ils nous
ont dit de faire attention, parce que ça va mener à ça. Si, d'un côté, on
diminue le «output», disons, la production minière au Québec, mais, de l'autre
côté, nos besoins augmentent, bien, qu'est-ce qui va se passer? Ce n'est pas
très compliqué, là, on va devoir importer tout le reste. On va se priver
nous-mêmes des minerais stratégiques qui sont peut-être enfouis sous le sol
québécois.
M. le Président, j'entends le... Au cours
des derniers jours, là, on a entendu le ministre de l'Environnement dire qu'il
voulait un développement économique qui pouvait nous servir à décarboner
l'économie. On a entendu la ministre à l'instant nous dire qu'on veut être un
gouvernement des régions. On a entendu le premier ministre nous dire qu'il va y
avoir toutes sortes d'opportunités, hein? Il a parlé d'un développement
régional, un boom en matière de développement régional au Québec. Ça, c'est les
gens du gouvernement de la CAQ qui disent ça. De l'autre côté, M. le Président,
on entend les gens élus dans la région où il y a le plus de mines au Québec, l'Abitibi-Témiscamingue,
qui nous disent que ce projet-là, ce projet de loi là, il va freiner les
investissements chez eux, il va freiner le développement de leur région, hein? Le
maire de Malartic n'est pas passé par quatre chemins quand il était en
commission parlementaire, là, il l'a dit, ce projet de loi là va causer un
ralentissement économique.
Alors, je ne... je m'explique mal, M. le
Président, que la ministre continue de nous dire aujourd'hui que ce projet de
loi là, il atteint un bon équilibre, alors qu'on sait tout le méandre
économique dans lequel nage le gouvernement en ce moment. C'est un gouvernement
qui fait face à un déficit de 11 milliards de dollars et qui vient
déstabiliser une industrie qui, dans une ou dans certaines des régions du
Québec, offre certains des meilleurs emplois.
Et ce qui est complètement abracadabrant,
M. le Président, c'est que la ministre utilise les mots... elle a les bons
mots. Elle nous dit : On a besoin de prévisibilité pour l'industrie
minière, on a besoin de transparence pour l'industrie minière, on a besoin de
clarifier les règles du jeu pour l'industrie minière, et elle a raison. Ce sont
les mots-clés à utiliser. Mais malheureusement, les groupes qui sont venus nous
ont dit qu'elle va faire le contraire, qu'elle va enlever de la prévisibilité,
qu'elle va enlever de la transparence, que les règles du jeu, à travers tous
les pouvoirs qu'elle s'octroie elle-même, et il y en a un puis un autre, n'aideront
en rien à clarifier les règles du jeu.
• (15 h 40) •
Et si, M. le Président, la ministre avait
dit, comme elle l'a prétendu tantôt, que, ah, bien, c'était un côté contre
l'autre, il ne faut pas protéger les intérêts de l'un et des autres... Le
problème, c'est que l'APNQL en avait long à dire sur son projet de loi. M.
St-Hilaire, qui est venu ici au nom de résidents, qui représente les gens qui
habitent près de développements potentiels, il nous a dit que ce projet de loi
là, il n'aidait pas la cohabitation. Les municipalités qui sont venues ici et
les municipalités qui ont écrit, comme <la...
M. Fortin :
...la cohabitation. Les municipalités qui sont
venues ici et les municipalités qui ont écrit, comme >la Conférence des
préfets de l'Abitibi-Témiscamingue, sont loin d'être en faveur de ce projet de
loi là, M. le Président. En fait, on reviendra aux... on reviendra aux
commentaires de la Conférence des préfets de l'Abitibi-Témiscamingue.
Le travail de la ministre, là, en amont de
l'étude détaillée, c'était de trouver une façon de rendre la cohabitation plus harmonieuse,
mais trouver une façon de rendre le Québec intéressant pour les sociétés
minières qui vont venir développer, qui vont venir extraire nos minerais
stratégiques. Parce que ce n'est pas vous et moi qui allons faire ça, M. le
Président. Ça prend des gens qui ont les moyens d'investir, d'attirer,
d'investir du capital. Et, quand on le sait que ça prend 15 ans, ouvrir
une mine au Québec, 15 ans, quand on le sait qu'il y a 660 permis qui
sont nécessaires, un projet de loi comme celui-là, à nos yeux, M. le Président,
et aux yeux de tous ces groupes-là, il a le potentiel de nous faire mal
longtemps.
Les objectifs qu'a cités la ministre, ils
sont bons. Tantôt, quand elle nous parlait de freiner la spéculation ou quand
on nous parlait de prévisibilité et de transparence pour l'industrie, ces
concepts-là sont bons, mais ce n'est pas la spéculation qu'elle va freiner avec
ça, c'est l'investissement qu'elle va freiner avec son projet de loi. Moi, que
la ministre responsable des Ressources naturelles nous dépose un projet de loi
comme celui-là, d'accord, M. le Président. Mais que le gouvernement de la CAQ,
que les députés de l'Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec acceptent ça,
c'est en directe contradiction avec les intérêts de leur région, tel qu'énoncé
par leurs élus municipaux.
Alors, qu'on vienne nous dire, M. le
Président, que le parti d'en face, c'est le parti de l'économie, qu'on vienne
nous dire que c'est le parti des régions, qu'on vienne nous dire et nous
répéter jour après jour : Nous, on est le parti des filières stratégiques,
qu'on vienne nous dire que c'est le parti du développement des ressources,
qu'on vienne nous dire, comme ils le font aux électeurs de la région, que c'est
le parti qui représente l'Abitibi, qu'on vienne nous dire que c'est un parti
qui a une vision en matière économique, qu'on vienne nous dire, M. le
Président, tout ça, c'est inconcevable quand on présente un projet de loi comme
celui-là, inconcevable.
Tout ce que le gouvernement a réussi à
faire jusqu'à maintenant avec son projet de loi...
Le Président (M. Montigny) :
Une minute.
M. Fortin :...c'est déstabiliser l'industrie, c'est d'inquiéter une
région, c'est de faire lever des drapeaux rouges un après l'autre. C'est
d'inquiéter ses propres députés qui représentent les régions minières au
Québec. Et il a réussi, M. le Président, à démontrer qu'il est incapable d'en
arriver à un consensus acceptable qui peut nous faire... qui peut faire en
sorte que le Québec en arrive tant à ses objectifs stratégiques qu'à une
cohabitation harmonieuse.
Alors, au cours des prochaines heures, des
prochains jours, on va s'affairer à améliorer le projet de loi, mais on espère
que la ministre aura entendu à quel point il y a une immense inquiétude par
rapport à ce qu'elle a déposé. Je vous remercie, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) :
Merci, M. le député. Alors, j'invite maintenant la porte-parole du deuxième
groupe d'opposition à faire ses remarques préliminaires.
Mme Alejandra Zaga Mendez
Mme Zaga Mendez : Merci
beaucoup, M. le Président. Je vais commencer par saluer tous les membres...
bien, d'abord la ministre et les membres de la banquette ministérielle, le
collègue de Pontiac et la collègue députée de Mille-Îles, pour leur présence.
Comme je l'ai déjà dit en Chambre, lorsque nous avons débattu du principe du
projet de loi, nous allons aborder l'étude avec une posture, d'abordm de
collaboration.
Puis tout à l'heure, j'entendais le
collègue de Pontiac nous dire qu'il fallait recommencer à zéro, mais j'aimerais
ça quand même rappeler certaines choses, parce qu'en effet, moi, je ne trouve
pas que le projet de loi, il est parfait. Il est loin de l'être. Ceci dit,
c'est pour nous un aboutissement, même s'il est imparfait, d'une démarche qui a
été faite d'abord et avant tout par des citoyens et citoyennes un peu partout
au Québec. Je pense que je veux quand même le rappeler avant de... qu'on se
penche dans l'étude détaillée pour quelque chose que je...
Moi, je me suis promenée, j'ai rencontré
des gens, depuis deux ans <et...
Mme Zaga Mendez :
Moi,
je me suis promenée, j'ai rencontré des gens, depuis deux ans >et demi,
en Mauricie, en Laurentides, en Outaouais, en Abitibi. J'ai été en contact
aussi... Je suis en contact, en ce moment, avec les gens de Charlevoix, parce
qu'il y a eu des grandes, grandes inquiétudes au Québec, surtout avec la hausse
des claims miniers.
Ça fait que je veux qu'on... que ce soit
ça, notre point de départ dans les discussions, de se rappeler que, d'après les
données du ministère des Ressources naturelles, on comptait 176 491 titres
miniers actifs en janvier 2021 sur l'ensemble du Québec. Puis à peine trois ans
plus tard, quand on voit le recensement de janvier 2024, on sait que ce chiffre
a doublé. On parle, en ce moment, de 352 852 titres miniers actifs. Ça, c'est
des titres d'exploration, les fameux claims. Avec cette hausse de claims, il y
a eu une préoccupation qui a augmenté un peu partout au Québec. Je sais que la
ministre en est aussi consciente. Elle a rencontré les mêmes groupes que j'ai
rencontrés pendant ces deux ans et demi. Et je veux nous rappeler également qu'il
y a eu même une question lors des débats des chefs en 2022 sur... Est-ce que le
Québec était prêt à agir ou pas face à cette hausse de claims miniers?
Je ne vais pas détailler ce qui se passe
dans chaque région. J'ai eu la chance de le faire en Chambre, mais je veux
quand même amener un exemple, le plus récent... que peut-être on en a entendu
dans les nouvelles. C'est ce qui se passe autour du <i>parc des Grands-Jardins,
une hausse des claims à côté d'un parc national, qui est un joyau pour la
nature, qui est un lieu qui amène, à chaque année, des milliers de touristes,
qui est au centre du développement touristique et même économique de la région.
Lorsqu'on trouve de plus en plus de l'intérêt
de l'exploration minière, bien, c'est normal que des citoyens se lèvent et qui se
posent des questions. C'est normal que des municipalités se prononcent et qu'elles
nous disent : Qu'est-ce qu'on fait? C'est quoi, les outils qui sont là? Et
qu'est-ce qui est arrivé au bout des différentes mobilisations, c'est que les
outils qui sont en place ne sont pas suffisants pour écouter les municipalités,
pour rassurer les gens et pour atteindre l'objectif, qui est le développement...
La ministre parle d'un développement harmonieux, nous, on veut dire un
développement qui est à la fois, oui, économique, mais qui respecte puis qui
écoute la population et surtout les municipalités.
Donc, c'est avec cet esprit-là puis avec
ce contexte-là que nous, nous allons aborder l'étude du projet de loi, parce qu'on
croit qu'il y a certaines avancées, il y a certaines des dispositions qui vont
permettre, d'une façon très restreinte, mais... de ralentir la frénésie du boom
d'exploration minière, bien sûr, ce que, là, on salue, des avancées en ce qui
concerne la spéculation.
Puis je veux aussi nous rappeler que ceci
a été quand même salué par les groupes, là, c'est... que nous, on considère qu'ils
ont quand même fait un... tout un travail de consultation puis de concertation.
Je veux quand même le dire que l'UMQ puis la FQM, même s'ils trouvent ce
travail-là imparfait... puis nous, nous allons amener, autour de la table,
plusieurs de leurs revendications. Ils nous disent qu'il est urgent de se
pencher là-dessus. Donc, c'est avec cet esprit-là qu'on se... en voyant les...
certaines bases qui sont devant nous, qu'on pense... puis on souhaite
construire dans l'objectif d'écouter davantage les groupes, la société civile,
les municipalités qui sont au cœur de ce développement. Puis, quand on parle de
développement minier, il doit être fait pour les personnes du Québec.
• (15 h 50) •
D'autres dispositions qu'on trouvait
intéressantes puis qu'on souhaite qu'elles vont être maintenues, voire élargies
à certains égards, c'est ce qu'on appelle la soustraction de l'attribution de
nouveaux droits d'exploration, exploitation sur des terres privées, le
périmètre urbain. Peut-être pour placer ceci en perspective, notre périmètre
urbain au Québec, selon la définition qu'on a dans la loi, c'est peu... c'est
moins de 2 % du territoire, c'est similaire au total de terres
cultivables. Et j'ai entendu, je pense qu'il y a peut-être... il y a carrément un
consensus autour de la table, de dire : Bien, les terres cultivables, c'est
sûr qu'il va falloir qu'on les garde. C'est d'ailleurs une des raisons qui a
poussé à avoir les restrictions en terres privées.
Mais je nous invite à avoir cette même
réflexion par rapport aux périmètres urbains, bien sûr, de regarder certaines
dispositions pour les MRC qui se trouvent en centres miniers. Mais le cœur de
ces sanctions, même si elles sont petites, c'est de faire en sorte qu'on est
capables de rassurer autant les municipalités que les citoyens qui voient l'apparition
des titres miniers dans leur sous-sol et qui n'ont pas les outils ni pour se
défendre ni pour...
On a encore, comme je disais, du travail à
faire quand on parle <d'élargir...
Mme Zaga Mendez :
On
a encore, comme je disais, du travail à faire quand on parle >d'élargir
ces notions-là. C'est que je vous ai parlé du 4 % du territoire, si
j'inclus le périmètre urbain et les terres agricoles, mais c'est dans 96 %
du territoire qu'il se passe la plus... partie de l'exploration puis
l'exploitation minière. Et c'est là que je pense qu'on doit se pencher, sur
comment on fait pour élargir considérablement certaines protections en terres
publiques. On a entendu des acteurs nous parler des objectifs de conservation,
des objectifs d'arriver au 30 % d'aires protégées. Et, pour ça, on le sait
bien, on n'a pas tous les outils dans le projet de loi pour y arriver. Ça va
être un de nos chevaux de bataille dans l'étude du projet de loi.
Mais, pour aller plus loin encore... et la
réflexion que nous souhaitons amener autour de la table, c'est la remise en
question du système qui est prôné, depuis le XIXe siècle, au Québec. Nous
sommes héritiers de ce système-là depuis la colonie britannique. C'est le
principe du «free mining» ou ce qu'on appelle le libre accès aux ressources
minières, et ce qui fait en sorte que c'est le fameux... je prends le temps de
l'expliquer quand même, c'est le fameux «click and claim», en bon français, c'est-à-dire
que les entreprises ou n'importe quel individu, jusqu'à maintenant... je sais
qu'il y a des dispositions pour resserrer un peu ceci, peuvent se rendre sur un
site Web, payer 75 $, 110 $, et cliquer, donc choisir des bouts du
territoire et dire : Je vais mettre ça de côté pour moi, pour faire de
l'exploration plus tard.
Mais ce qu'on fait, en fin de compte, en
faisant ça, c'est qu'on laisse l'intérêt privé, seulement et d'abord l'intérêt
privé, tracer l'aménagement du territoire. Et ça, ça vient en conflit avec les
outils d'aménagement et le souhait de nos municipalités, qui ont développé des
expertises et qui les développent depuis des années, avec les fameux plans
d'aménagement territoire, les plans de développement aussi de ces
territoires-là. On vient donner plus de droits au «click and claim», à cette
façon ouverte de laisser les entreprises nous dire où est-ce qu'on peut ou pas
faire l'exploration, et on laisse de côté le travail qui a été fait par les
municipalités dans le développement et l'aménagement de leurs territoires.
Ce conflit-là, c'est entre autres... en
d'autres mots, c'est qu'on donne la préséance aux droits miniers sur les outils
de développement de territoire. Et ça, c'est au cœur du problème. Si on ne sort
pas de ce nœud-là, et c'est un des débats puis des questions qu'on va amener
autour de la table, si on ne sort pas de ça, de ce conflit qu'on va continuer à
avoir et qu'on continue à avoir dans le projet de loi actuel, on va toujours
être dans cette confrontation entre les intérêts privés... parce que ce n'est
pas nécessairement des intérêts publics, mais notre ressource, elle est à tous
les Québécois et Québécoises, mais avec le principe du «free mining», mais avec
le fait que c'est encore un bar ouvert avec le «click and claim», c'est
seulement les compagnies privées qui tracent l'aménagement du territoire, et on
laisse de côté la considération des outils des municipalités.
Comment on change ça? C'est simple, c'est
une demande du milieu, c'est une demande du milieu municipal et des différents
acteurs, c'est d'abroger l'article 246 de la loi... aménagement, pardon,
et l'urbanisme. C'est une bataille que nous n'allons pas abandonner, que nous
allons continuer à mener ici, autour de la table, parce que c'est le lieu et
c'est le moment d'avoir ces discussions-là sur la préséance du droit minier.
On va parler également de consentement,
consentement de la part des peuples autochtones. On a entendu, avec l'exemple
de... le président de <i>Makivik qui... montrer comment les peuples
autochtones, et les nations autochtones, et le peuple inuit veulent être partie
prenante, mais d'abord et avant tout donner leur consentement éclairé, même
avant l'étape de l'exploration minière. Et ça, c'est extrêmement important,
parce qu'on ne veut pas bafouer les droits des personnes autochtones d'être
consultées. Comme je le disais, dans le système actuel, dès qu'on a vendu des
droits d'exploration, les compagnies vont le faire. On n'est pas contre
l'exploration et l'exploitation minière. C'est que c'est... ça se fait sans
consulter et sans avoir un dialogue avec les peuples qui occupent ces
territoires-là, dans ce cas les Premières Nations et les Inuits. Et je pense
qu'il y a plusieurs dispositions qu'il va falloir améliorer afin d'aller dans
ce sens.
Une des avancées que je crois que c'est
important de garder et renforcer, c'est la question du BAPE obligatoire pour
tout nouveau projet des mines au Québec. Cet assujettissement aux exigences de
la LQE est un gain <important...
Mme Zaga Mendez :
...des
mines au Québec. Cet assujettissement aux exigences de la RLQE est un gain >important,
et surtout, dans une logique de cohérence interministérielle, je pense qu'on n'a
pas besoin de s'étendre sur tout le débat qu'on a eu sur le BAPE de Northvolt,
mais on a... une chose qu'on a prouvée, c'est qu'avoir un BAPE et ne pas sauter
les étapes fait en sorte qu'on peut l'utiliser comme outil d'acceptabilité,
outil de consultation, outil d'information. Dans des cas, ça va être des outils
de ralliement autour d'un projet, mais dans d'autres, des outils qui vont
nous... un outil qui va nous permettre de montrer les effets positifs ou,
voire, négatifs de certains projets miniers.
On veut quand même faire attention, parce
qu'en lisant le projet de loi on voit des dispositions qui gardent certaines
portes ouvertes à des projets miniers qui pourraient éviter ce type
d'évaluation là. Nous allons être très vigilants, entre autres dans la façon...
la nouvelle définition de «mine» dans le projet de loi. Bien sûr, nous aurons
la chance de discuter tout cela avec la ministre.
Combien de temps il me reste, M. le
Président? Je veux juste...
Le Président (M. Montigny) :
...
Mme Zaga Mendez : 7 min 50 s.
Je ne veux pas abuser non plus du temps qu'on a. Comme je vous le disais, on va
approcher ceci avec un esprit d'entendre la voix des citoyens, des
municipalités et des Premières Nations qui doivent avoir plus de droits dans
les processus menant à l'exploration et l'exploitation minière.
Rapidement, je vais aller sur ce qu'on
peut aller faire plus loin. Je le disais, le développement minier doit être
fait pour les gens du Québec. On a entendu, par plusieurs, plusieurs acteurs...
de comment ce serait bénéfique de mieux redistribuer nos redevances minières
dans les régions. C'est une proposition qu'on va amener autour de la table.
Je vais sauter, parce que je n'aurai pas
le temps... de garder des mesures qui sont là pour contrer la spéculation, pour
resserrer des... administratifs qu'on trouve intéressants. Mais cependant, et
c'est là qu'on veut garder un œil, la ministre nous affirme que des mesures qui
vont permettre de resserrer la spéculation vont permettre seulement de réduire
de 20 % les titres... le nombre de titres miniers. Ceci étant dit, il y a
encore des grandes questions sur ce qui arrive avec les titres miniers en
terres publiques, là où on a des enjeux pour atteindre des objectifs de
conservation, je n'aurai pas le temps de nommer tous les exemples qu'on a
entendus en commission, mais où on voit un conflit entre les objectifs de créer
des aires protégées.
Justement, avant-hier, je pense qu'il y en
a eu un, appel à projets, qui a été lancé par le ministère de l'Environnement,
où plusieurs acteurs qui étaient en consultation nous ont dit qu'ils allaient
déposer... des aires protégées qu'on a besoin de faire pour arriver aux
objectifs de conservation, mais il ne faudrait pas que des droits d'exploration
viennent freiner ces objectifs. Et ça passe, entre autres, par assurer un
pouvoir plus fort, là, par la ministre, pour retirer les droits d'exploration
minière dans ces cas-là.
Je pourrais vous parler aussi de la
création des zones tampons autour de parcs nationaux, des zones fragiles pour
la biodiversité. Et je vais finir, parce qu'on n'a pas beaucoup de temps, puis
je pense qu'on a le goût de... on a le goût de se pencher sur l'étude du projet
de loi en détail.
Nous allons collaborer. Comme je le dis,
il y a des choses qu'on veut retrouver encore dans ce projet de loi. Ceci dit,
il y a beaucoup, encore, d'améliorations pour écouter les municipalités, en
abrogeant l'article 246, en donnant un pouvoir à la ministre plus fort
pour le retrait des claims, en redistribuant un meilleur... une meilleure
distribution de nos redevances minières pour s'assurer que les régions touchent
aussi davantage aux bienfaits du développement minier, puis, bien sûr, avoir en
tête qu'en ce moment la hausse des claims miniers n'a pas reculé. Elle continue
à avoir lieu.
Les municipalités continuent à être
mobilisées un peu partout. Moi, je les ai vus participer, ces groupes citoyens,
ces groupes de municipalités, à une dernière manifestation sur l'environnement.
C'est encore très palpable, et il faut qu'on agisse. Puis le statu quo n'est
pas possible, si on veut avancer puis être capables de faire, oui, le
développement de nos ressources stratégiques en vue de la transition
énergétique, mais surtout en écoutant puis en respectant la voix des
populations, des municipalités et nos peuples autochtones. Merci, M. le
Président.
• (16 heures) •
Le Président (M. Montigny) :
Merci, Mme la députée de Verdun. Est-ce qu'il y a, à ce stade-ci, des
membres qui souhaitent faire des remarques préliminaires? Oui, Mme la députée
de Mille-Îles.
Mme Virginie Dufour
Mme Dufour : Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, d'abord, bonjour à tous. Mme la ministre, je
vous salue, MM. et Mmes députés de la partie gouvernementale. Évidemment, je
salue mon collègue de <Pontiac et la...
>
16 h (version révisée)
<19287
Mme
Dufour :
...MM., Mmes les députés de la partie gouvernementale.
Évidemment, je salue mon collègue de >Pontiac et la collègue de Verdun,
donc la deuxième opposition.
Écoutez, je vais continuer sur la même
veine que mon collègue de Pontiac. Je vais soulever le fait que, contrairement
à ce que la ministre semble penser, il ne semble pas du tout y avoir de
consensus envers ce projet de loi, loin de là. En fait, on a entendu... puis là
je... ça fait trois semaines maintenant, là, qu'on se voit, là, on s'est
vu la semaine dernière, les dernières consultations, la semaine précédente, on
a entendu toute la semaine des groupes. Au total, on a entendu 18 groupes.
On a reçu au moins 29 mémoires, je pense qu'on en a eu d'autres depuis
quand j'avais pris en note ce chiffre, mais je n'ai pas lu un seul mémoire et
pas vu un seul... entendu un seul groupe qui semblait être absolument, là, en
accord avec l'ensemble du projet de loi.
Pour tout dire, la très, très, très grande
majorité avait d'immenses bémols à souligner. On a entendu des groupes qui
venaient de tous les milieux, les minières, le monde des affaires, des villes,
des MRC, le monde agricole, les peuples autochtones sont venus, des groupes
environnementaux, même des experts, un professeur émérite, des géologues.
Personne, personne ne pouvait dire : Ce projet de loi, là, il est... il ne
faut pas qu'on le modifie de façon substantielle. Il y avait un point que je
peux dire qui ressortait plus positif, qui est le fait que les nouvelles mines
seraient soumises au BAPE. Ça, je pense, c'était... ça a fait vraiment l'unanimité,
tout le monde était satisfait de ce point-là, et le fait aussi qu'on veuille
avoir un registre, là, qu'on puisse, par règlement, qualifier les intervenants,
ceux qui auraient accès à des droits d'exploration. Donc, ça, c'était assez
unanime, là, pour ces deux points-là, mais pour le reste, M. le Président, c'est...
on est loin de ça.
Et d'ailleurs, tu sais, on titrait dans Le
Devoir, c'était un résumé de ce qu'on a entendu, c'était La réforme
du régime minier est critiquée de toutes parts. Donc, c'était assez clair.
Tu sais, soit qu'elle ne va pas trop... elle va trop loin, soit parce qu'elle n'en
fait pas assez pour protéger le territoire. Industries, municipalités et
groupes environnementaux, tous ont des raisons de la critiquer. Puis ce n'est
pas... ce ne sont pas des petites critiques, M. le Président, là, ce sont
souvent des critiques assez acerbes. Mon collègue en a lu quelques-unes tout à
l'heure, là, qui étaient dans des mémoires, je vous en lirai d'autres tout à l'heure.
Quand on lit, là, donc, que la ministre... Quand on entend que la ministre dit :
On pense qu'on a trouvé un équilibre, bien, ça ne semble pas du tout, du tout
être le cas. Puis on dit aussi que... Dans le fond, on visait l'harmonisation
des usages, mais ça aussi, on dit non, on se... dans le fond, on manque la
route complètement, là, avec ça.
Il y a tellement d'éléments, là, je vais
vous en mentionner, là, plusieurs, mais je vais peut-être commencer par le
député d'Abitibi-Est, qui a été un de ceux qui s'est prononcé puis qu'il a
dit... Puis le député d'Abitibi-Est, c'est intéressant parce qu'il a quand même
une expérience, M. le Président. Je regardais son curriculum vitae. Il a été
directeur général de la Corporation du village minier de Bourlamaque... non, je
ne veux pas mal le prononcer, Bourlamaque, voilà. Il a été... Et c'est lui qui
a fondé le centre d'interprétation de la vie minière. Ce n'est pas rien, hein?
Il a été aussi au <i>centre local de développement, le CLD de La
Vallée-de-l'Or. Alors, il semble quand même avoir une très grande expertise au
niveau de l'industrie minière et des... de tout ça, puis évidemment, il est
député d'une région où il y en a beaucoup, de l'industrie minière. Et, lorsque
ça a été déposé, en fait, c'est... il y a quelques semaines, en fait, c'est au
mois de mai, il a dit qu'il n'achetait pas le projet comme il l'était, qu'il souhaitait
quand même des ajustements puis qu'il croit que l'annulation d'exploitation du
sous-sol de certains claims miniers pourrait être discriminatoire et qu'il
espérait donc que, cet automne, il allait y avoir des ajustements. Donc, je ne
sais pas si on aura des ajustements à ce sujet, mais visiblement, ce serait
pertinent d'en discuter peut-être avec le député <d'Abitibi-Est...
Mme Dufour :
...ce
serait pertinent d'en discuter peut-être avec le député >d'Abitibi-Est.
Et là je vais revenir... Mon Dieu! je
réalise, le temps passe tellement vite, je vais manquer de temps pour dire tout
ce que je voudrais dire, M. le Président. Mais tous les éléments, là, qui ont
été mentionnés et qui causent vraiment des enjeux, notamment, bon, la
soustraction de l'activité minière de tous les périmètres urbains, ça, ça a
été... ça a été soulevé même par des MRC, des municipalités qui ont dit :
Bien, nous, là, on en veut, des mines dans notre périmètre urbain. En fait, l'enjeu,
de façon générale, semble être le fait que c'est un projet de loi qui est peut-être
fait comme du mur-à-mur, alors que les réalités sont complètement distinctes d'une
région à l'autre, et ça, on l'a entendu. Il y a des groupes qui voulaient plus,
d'autres moins.
Alors, est-ce que c'est adapté? Est-ce que
ce projet de loi là est adapté aux réalités de tous? Visiblement non.
Soustraction à l'activité minière des terres privées, ça aussi, elles ont fait
l'objet de rapports de travaux d'exploration depuis 1988. Ça, il y a plein
de groupes qui nous ont dit : Bien, on va avoir un enjeu majeur, si on va
là-dedans.
Et là je pourrais continuer, là, mais je
vais aller dans des points plus précis, mais je vais commencer... je vais juste
revenir sur un élément, puis c'est en lien à ce que je viens de vous parler. C'est
qu'on disait... on dit dans l'analyse... puis ça, c'est intéressant. Là, le
ministère a produit une analyse réglementaire, une analyse d'impact
réglementaire, puis ça, c'est bien. On apprécie que ça se fasse dans un projet
de loi, mais encore faut-il que les informations qu'on y trouve soient, en tout
cas, réalistes, là. Ici, on dit que le ministère a examiné l'allègement de
certaines formalités puis on dit que... bien, en fait, le projet de loi, il y a
certaines mesures qui impliqueraient des coûts incontournables pour les
entreprises minières, de 7 millions de dollars annuellement, mais que
les économies envisagées, elles, seraient à peu près de 3,5 millions.
Donc, on dit : Bien, le coût total serait environ de
3,5 millions de dollars.
Mais les associations minières sont venues
nous parler, puis ils ne nous ont pas parlé de ça du tout. C'est le contraire.
Et ce qu'ils ont vu, c'est non seulement ils auront moins accès à du potentiel
d'exploration, moins accès à du développement... Mon collègue l'a mentionné, un
projet minier, ça peut prendre jusqu'à 15 ans à se développer, et même
plus, et même davantage. Et là ils nous ont dit : Mais, en plus, ce projet
de loi là va venir augmenter la charge et les étapes qu'on va avoir à faire. Il
y en a déjà beaucoup, mais là ça va être encore plus fastidieux. Alors, l'analyse
réglementaire ne me semble pas du tout, du tout en faire. Tu sais, elle a
constaté cet élément-là.
Et là, justement, je jvais vous parler, en
fait... puis un enjeu, c'est qu'on mise actuellement beaucoup sur la filière
batterie. On entend ça sans arrêt, la filière batterie, on en a besoin, on veut
décarboner le Québec, on a besoin de minéraux stratégiques. C'est bien, mais,
par contre, on a appris plus récemment qu'en fait... puis ça, c'est le... c'est
venu, c'était au début... à la fin de l'été, en fait, que selon, en fait, le...
je pense que c'est le directeur parlementaire du budget du Canada, en fait, on
va manquer de matériaux... de minéraux stratégiques critiques et qu'il faudrait
investir de façon majeure. En fait, actuellement, on détiendrait seulement
50 % de la production minérale nécessaire à nos visées... en fait, ce qu'on
vise pour se décarboner et qu'il faudrait investir 24,1 milliards de
dollars pour... puis ça, c'est au Canada, là, pour atteindre ça. Mais les
groupes viennent nous dire, puis là c'est là que je veux vous parler, ils
viennent nous dire : Bien, en fait, ce projet de loi là va réduire
tellement, tellement le potentiel d'exploration qu'on ne pourra jamais
atteindre ces objectifs-là. Ce ne sera pas possible.
• (16 h 10) •
La CPEQ, c'est... excusez-moi l'acronyme,
j'ai toujours de la misère à le trouver. En tout cas, c'est le Conseil du
patronat de l'Environnement du Québec qui dit : «De manière générale, la
soustraction des terres privées à l'activité minière restreint l'exploration du
potentiel au Québec et nous nous y opposons puisque les orientations
gouvernementales — là, les OGAT — concernant les mines
comprennent déjà un mécanisme de soustraction.» Donc là, ils disent : Là,
on est en train de faire... on double les choses, ensuite... donc, on crée,
encore une fois, une bureaucratie. Après ça, on dit : «Tous les terrains
situés dans des périmètres d'urbanisation seraient soustraits à l'activité minière,
sans égard à la volonté des municipalités locales et régionales.» Donc, ça
revient à ce que je vous disais. Ça, c'est un élément, mais leur mémoire, M. le
Président, est assez... il y a tellement d'éléments négatifs qui sont soulevés
dans ce mémoire-là, c'est <impressionnant...
Mme Dufour :
...il
y a tellement d'éléments négatifs qui sont soulevés dans ce mémoire-là, c'est >impressionnant.
Puis, si on regarde avec l'Association
minière du Québec, puis on nous dit... eux, ils ont des chiffres encore plus
considérables. Ils disent : «Plusieurs études ont déjà démontré une
augmentation nécessaire de 500 % de la production de minéraux et de métaux
essentiels à la fabrication des technologies propres et essentielles», et puis
qu'au Québec, on possède tous ces minéraux-là. Mais là ce qu'on dit : «On
assiste à une réduction constante du territoire accessible à l'activité minière,
ce qui est accentué par le projet de loi n° 63 et qui est son enjeu majeur
aux yeux de l'industrie.»
Donc, ça apparaît clair que le projet de
loi ne permettra pas d'atteindre les objectifs qui sont visés par le Québec.
Et, comme l'a dit mon collègue de Pontiac, à quoi bon recevoir des entreprises
ici et mettre autant d'énergie et autant de subventions pour accueillir des
entreprises comme Northvolt, mais il y en a d'autres, si, au bout du compte, on
fait venir des minéraux d'ailleurs, si on les importe d'ailleurs, alors qu'on
pourrait les avoir chez nous? Et on a toujours dit que la plus-value, elle est
intéressante, seulement si on transforme nos minéraux chez nous. Mais là on
semble, en fait, se fermer une immense part du territoire à cette
possibilité-là.
Le conseil Patronat de l'Environnement du
Québec aussi parle d'un dédoublement avec la Loi sur la qualité de l'environnement.
Donc, ça aussi, ça vient rajouter une couche de bureaucratie supplémentaire. Et
peut-être rajouter un élément là-dessus, c'est ça, ce qu'ils nous disent, c'est
qu'il faudrait un régime différencié.
Je vais aller à un autre élément qui préoccupe
beaucoup l'industrie, c'est le fait que le cadre qu'on propose... ce projet de
loi là, bien, en fait, il y a de larges pouvoirs discrétionnaires qui sont prévus
pour la ministre, et ça, ça risque de créer beaucoup d'incertitude. Puis ça,
l'industrie nous a mentionné à maintes reprises que l'incertitude, c'est ce qui...
en fait, c'est ce qui nuit à l'investissement, hein? Quand on sait dans quoi on
s'embarque, c'est plus facile d'aller... d'investir, quand on est comme devant...
en fait, tu sais. Puis surtout, avec un processus aussi long, de 15 ans,
bien, si on commence à investir puis qu'à tout moment... parce que c'est ce que
laisse sous-entendre le projet de loi, c'est qu'à tout moment, dans le
processus, bien, on pourrait retirer cette possibilité-là à la minière de... et
là elle va peut-être avoir investi des millions et des millions et puis, par la
suite, se faire couper l'herbe sous le pied. Alors, c'est bien évident qu'il y
a bien... il y a peu d'industries qui auraient envie d'investir dans ces
conditions-là.
Et je vais vous mentionner, dans le fond,
ce qu'on dit dans le mémoire de l'Association minière du Québec, on dit... bien,
c'est ça, ces larges pouvoirs discrétionnaires là au ministre créent une grande
incertitude pour les investisseurs. Et donc ils recommandent la mise en place
de balises claires et transparentes pour encadrer ces pouvoirs, afin d'assurer
un cadre législatif plus prévisible et moins sujet à interprétation. On veut
éviter l'arbitraire. Et si on change de ministre, peut-être que la ministre,
aujourd'hui, va dire : Non, non, non, ça n'arrivera pas, mais on peut
changer 10 fois... bien, 10 fois, mettons, quatre fois,
facilement, de ministre entre le moment qu'un projet débute et le moment qu'il
aboutit. Alors, vous comprenez que ça laisse beaucoup, beaucoup d'incertitude
pour ceux qui doivent évoluer dans ce cadre-là.
La MRC de l'Abitibi, elle, nous a parlé
que... elle nous a dit que c'est l'approche uniforme qui suscite des inquiétudes
dans son cas. On dit, pour eux... bien, ils sont favorables définitivement au
développement minier, mais qu'il y a plusieurs dispositions qui ne sont pas
comme adaptées. Il n'y a pas... Ils ne prennent pas compte... Dans le fond, ils
disent : «Elle ne tient pas compte des spécificités régionales et ne
respecte pas les compétences des MRC en matière de planification territoriale.»
Et elle nous rappelle... et ça, je vous parlais tout à l'heure, là, de l'enjeu
de cohabitation, ils nous disent qu'on... parce que c'était un des objectifs du
projet de loi, qu'on parlait de... il y aurait une meilleure cohabitation. Mais
ils disent, en fait... Ici, on dit... Non, en fait, c'est autre chose. Ils nous
démontrent... Ils nous disent que l'approche mur à mur, c'est... qui est
dénoncée par le milieu municipal, permet en apparence de régler un enjeu de
cohabitation décrié par <plusieurs...
Mme Dufour :
...permet
en apparence de régler un enjeu de cohabitation décrié par >plusieurs,
mais en fait, concrètement, certaines activités minières à l'intérieur de
terres privées pourraient être porteuses pour les communautés d'accueil. Et
donc, dans leur cas à eux, ici, ils voient un manque de considération envers le
rôle des MRC dans l'aménagement, parce qu'eux, ce sont les élus qui connaissent
le mieux leur territoire, exactement.
Et là, si je continue, puisque j'en ai
beaucoup de notes ici, un autre élément que les municipalités ont dénoncé, puis
pas juste les municipalités, plusieurs groupes ont dit : Bien, si on
oblige — parce que le projet de loi oblige actuellement — à
faire des travaux sur chacun des claims miniers pour qu'ils soient préservés,
bien, ça risque finalement de créer plus de travaux que nécessaire et donc
créer plus d'enjeux de cohabitation que ce qu'on connaissait dans le passé. Et
là je vous... Tu sais, dans le passé, il y aurait eu, par exemple, un endroit
en particulier qui aurait eu de l'exploration, mais là on dit : Bien non,
en fait, on va le faire sur l'ensemble des claims, même si on n'en a pas
besoin, juste pour ne pas les perdre. Tu sais, c'est un peu un non-sens. Il y a
plusieurs groupes qui sont venus nous parler aussi des retombées économiques
qui étaient peu... qui ne venaient pas assez dans les mains des municipalités.
Le projet de loi, vraiment, ne touche pas ça.
Il y a un élément qui a été soulevé puis
qui touche les dossiers que je porte comme porte-parole de l'opposition
officielle, M. le Président, c'est... directement, c'est les normes
environnementales. On a parlé... C'est la coalition Québec meilleure mine qui
est venue nous dire : Bien, en fait, il existe la Directive 019 sur
l'activité minière. Puis, bien, nous, on s'en venait... on pensait qu'on s'en
venait en consultations particulières parler de ces normes environnementales
là, mais on a découvert qu'en fait elles sont déjà mises à jour, et ça s'est
fait sans consultation, puis elles devraient être publiées sous peu. Étonnamment,
la ministre n'avait pas été consultée sur ces normes-là. Alors, il y a plein
d'éléments ici où on peut se poser des questions. Tu sais, on dit : Oui,
ça va aller à un BAPE, mais ça... toutes les nouvelles mines vont aller vers le
BAPE, mais qu'est-ce qu'il y a dans ces directives 019 là? On ne le sait
pas trop, et les groupes auraient bien aimé le savoir, et je les comprends.
Puis il y a d'ailleurs... D'ailleurs, par
la suite, suite à la présence de coalition Québec meilleure mine, bien, il y a
Nature Québec qui est venue nous en parler, parce qu'ils ont... eux, ils ont
entendu, ils ont écouté les consultations, puis ils nous ont dit : Il
faudrait suspendre la mise à jour de la Directive 019 sur l'industrie
minière, la remplacer par un règlement environnemental, qui a force de loi, et
entamer un processus de consultations de la société civile et de la population.
Et ça, je peux vous dire que c'était une préoccupation de plusieurs communautés
autochtones aussi qui nous ont mentionné que c'était important, la cohabitation
puis les normes environnementales. Eux, ils ont souvent leurs propres normes,
mais reste qu'actuellement on semble s'en aller un peu à droite et à gauche au
niveau des normes environnementales pour ce qui est des mines.
Là, j'ai plein d'autres éléments que je
pourrais vous mentionner, mais je vais parler... parce que je n'ai pas eu le
temps de le faire lors du principe, mais les inquiétudes sur les résidus
miniers, ça, ça a été soulevé par quelques groupes, notamment le <i>Regroupement
national des conseils régionaux de l'environnement qui nous a parlé... bien,
que... En fait, il y a un enjeu que le projet de loi demeure flou sur la
manière dont les baux d'exploitation passeront de statut minière en extraction
à celui de projet d'exploitation de résidus. Et ça, dans le fond, ce qu'on nous
dit, c'est que les résidus miniers peuvent... bien, ils vont devoir être soumis
à un encadrement environnemental strict et rigoureux...
• (16 h 20) •
Une voix : ...
Mme Dufour : ...selon eux, merci.
Et même, ils suggéraient qu'un titre minier spécifique à la valorisation des
résidus miniers soit créé, parce qu'ils disaient : Bien, dans le fond, il
peut y avoir certains enjeux avec le recyclage des résidus miniers. D'autres
groupes, eux, voient ça comme un... il y a un potentiel immense qu'on pourrait,
dans le fond, réduire le recours aux minéraux stratégiques et... critiques et
stratégiques qu'on aurait besoin, si on réduisait, dans le fond, les minéraux
miniers qu'on a... les résidus miniers, pardon, qu'on a déjà, mais il faudra
bien l'encadrer, et ça, le projet de loi en fait très, très peu état, M. le
Président. Et eux nous recommandaient, là, le regroupement, là, le Regroupement
national des conseils régionaux de l'environnement, de se limiter à des résidus
stériles... des stériles miniers et de résidus miniers non acidogènes.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien.
Mme Dufour : Alors, je pense
que je complète mon temps. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien, merci. Merci, Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres membres qui
souhaiteraient faire des remarques préliminaires? Ça va aller.
Alors, maintenant, à ce stade-ci, on est <maintenant...
Le Président (M. Montigny) :
...ça
va aller.
Alors, maintenant, à ce stade-ci, on
est >maintenant rendus aux motions préliminaires. Est-ce que quelqu'un
souhaite faire ou présenter une motion préliminaire?
M. Fortin :...si c'est possible, avant d'entrer dans cette section-là
de notre ordre du jour, est-ce que c'est possible d'avoir une conversation avec
l'équipe ministérielle quant à savoir comment on va s'y prendre pour l'étude du
projet de loi? Puis, si on peut le faire à micro fermé, là, je pense, ce serait
peut-être mieux pour les gens qui nous écoutent, là.
Le Président (M. Montigny) : On
va suspendre... Merci. On suspend maintenant les travaux.
(Suspension de la séance à 16 h 22)
16 h 30 (version révisée)
(Reprise à 16 h 33)
Le Président (M. Montigny) :
Alors, nous recommençons nos travaux. Nous sommes maintenant rendus aux
motions préliminaires. Alors, est-ce que quelqu'un souhaite présenter une
motion préliminaire?
M. Fortin :Oui, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) :
Parfait, M. le député. Allez-y. L'idéal, c'est de la transmettre, là, au
secrétariat. À moins que ça soit déjà fait par courriel?
M. Fortin :Non. On va faire ça à l'instant.
Le Président (M. Montigny) :
Parfait. Donc, on va suspendre, le temps de transmettre la motion au
secrétariat. Merci.
(Suspension de la séance à 16 h 34)
(Reprise à 16 h 38)
Le Président (M. Montigny) : Nous
reprenons nos travaux. Nous avons reçu... bel et bien reçu la motion
préliminaire que nous attendions par courriel. Maintenant, on va permettre le
débat pour une période de 30 minutes pour l'auteur de la motion. Alors, M.
le député, vous pouvez y aller. Vous avez 30 minutes.
M. Fortin :Merci. Merci, M. le Président. Juste pour bien comprendre
la chose, là, l'auteur de la motion a 30 minutes, le représentant du chef
a 30 minutes également. C'est bien ça?
Le Président (M. Montigny) : Le
représentant du chef de l'opposition officielle.
Motion proposant d'entendre la Conférence des
préfets de l'Abitibi-Témiscamingue et la Société du Plan Nord
M. Fortin :Qui est ma collègue. Très bien. Alors, la motion
préliminaire que nous souhaitons présenter à ce stade-ci, je vous la lis, et
après on pourra en débattre, M. le Président. Conformément à l'article 244
du Règlement de l'Assemblée nationale, je fais motion afin :
«Que la Commission de l'agriculture, des
pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles, dans le cadre de l'étude
détaillée du projet de loi n° 63, Loi modifiant la Loi sur les mines et
d'autres dispositions, tienne des consultations particulières et qu'à cette fin,
elle entende la Conférence des préfets de l'Abitibi-Témiscamingue ainsi que la Société
du Plan Nord.»
M. André Fortin
Et là, M. le Président, vous ne pouvez pas
dire que je ne veux pas sauver du temps à la commission. J'ai mis deux groupes
dans la même motion. J'aurais pu faire deux motions différentes, mais, quand
même, pour le bon déroulement de nos travaux, je me suis dit, M. le
Président : Allons-y avec les deux groupes ensemble, et je vous explique
pourquoi.
• (16 h 40) •
On a entendu des gens de l'Abitibi-Témiscamingue,
en commission parlementaire, et on a même entendu deux préfets de
l'Abitibi-Témiscamingue, mais on n'a pas entendu la perspective régionale. On a
entendu des préfets qui sont venus dans le cadre de représentations qui ont été
faites par les différents regroupements municipaux. Et là je ne me souviens plus
lequel était avec quel organisme, là, mais le maire de Malartic était ici, pas
préfet, mais le maire de Malartic était ici et la préfète du Témiscamingue
également, M. le Président. Je crois qu'ils représentaient la FQM, si je ne
m'abuse. Et le préfet de la MRC de l'Abitibi, là, bien qu'elle ne regroupe
qu'une partie de l'Abitibi, était ici également. Mais là, quand on a pris
connaissance du mémoire que l'ensemble des préfets des MRC de
l'Abitibi-Témiscamingue ont écrit, on s'est rendu compte que leur vision
était... leur vision commune, disons, du développement et de la suite des
choses pour le projet de loi n° 63, n'était pas exactement celle qui était
indiquée soit par une MRC bien précise ou encore par le groupe qu'ils
représentaient au moment où ils sont venus en commission parlementaire.
Et c'est correct, c'est logique, c'est
normal, mais je crois qu'on se doit, collectivement, comme un groupe de
parlementaires qui s'apprêtons à... qui nous apprêtons à étudier un projet de
loi qui a une <incidence...
M. Fortin :
...qui nous apprêtons à étudier un projet de loi qui
a une >incidence plus que majeure pour leur région, de comprendre leurs
perspectives. Et quand je dis que c'est un projet de loi qui a une incidence
plus que majeure pour la région de l'Abitibi-Témiscamingue, ils nous le disent,
à quel point c'est important pour eux. Il y a quatre mines en maintenance, sept
mines actives, 10 projets miniers, 304 sites miniers en exploration
et en exploitation, 43 390 titres actifs, c'est-à-dire 36 % de
tous les titres... de tous les titres miniers au Québec, en excluant ceux du Nord-du-Québec,
36 %.
Alors, tantôt, quand la ministre parlait
de... La ministre? Pardon, la députée de Verdun parlait des différentes régions
qui ont un intérêt. Elle a bien raison, mais on ne peut pas sous-évaluer
l'intérêt de l'Abitibi-Témiscamingue, là, qui ont 36 % des claims, des
claims miniers au Québec qui sont actifs et où l'extration... l'extraction,
pardon, minière, en Abitibi-Témiscamingue, c'est 22 % du PIB régional.
Alors, quand on vous disait, plus tôt, que
le PIB de l'Abitibi-Témiscamingue, il dépasse largement sa population, bien, il
y en a une grande, grande, grande partie de ça, selon l'Observatoire de
l'Abitibi-Témiscamingue, qui vient de l'extraction minière. Alors, je comprends
les réactions suscitées dans la région, tant de la part des élus municipaux que
de la part de la population. Je comprends les réactions comme celles qu'a
présentées ma collègue de Mille-Îles, la réaction qu'a eue le député d'Abitibi-Est,
c'est-à-dire qu'il représente la Vallée-de-l'Or, c'est une immense partie de
l'exploitation minière au Québec qui est faite dans cette région. Et je crois
qu'on souhaite les entendre parce qu'ils ont des points de vue qui sont
différents de tout ce qu'on a entendu jusqu'à maintenant.
Alors, M. le Président, je ne présumerai
pas du vote que fera la ministre et les députés du gouvernement, mais ça fait
assez longtemps que je suis ici pour avoir une petite idée quand même. Alors,
étant donné l'issue probable de ma motion, je veux quand même prendre le temps
que tout le monde ici entende ce que ces gens-là ont à dire parce que ça va
directement aux raisons qui nous ont motivés à présenter la motion qui est
devant les députés en ce moment.
Voici un court extrait de leur
mémoire : «La CPAT — donc la conférence des préfets de la région — exprime
de vives préoccupations quant aux répercussions du projet de loi n° 63
sur la vitalité économique de la région, notamment face au risque d'un
ralentissement des investissements. Ce projet de loi introduit une grande
incertitude, tant pour le secteur minier que pour des communautés qui craignent
une possible dévitalisation.»
M. le Président, déjà là, là, déjà là, ça
va à l'encontre de tout ce que la ministre et de tout ce que son gouvernement
nous dit depuis qu'ils ont commencé à parler du projet de loi n° 63.
Ils nous disent ici qu'on introduit une grande incertitude. La ministre nous
rappelait tantôt l'importance de la prévisibilité, l'importance de la
transparence, l'importance de clarifier les règles du jeu. Bien, ici, on vient
dire qu'on introduit une grande incertitude, ce qui mènerait au risque d'un
ralentissement des investissements.
M. le Président, on va en parler sans
arrêt pendant cette commission-là. Et si vous nous dites qu'on est obsédés par
la question du développement économique en région, la question des
investissements, la question d'utiliser nos ressources pour nous, pour la
décarbonation du Québec, bien, j'aurai fait mon travail, M. le Président. Si
les députés autour de la table pensent qu'on est obsédés par ça, ils auront
compris notre propos. Et ici, quand on vient nous dire qu'il y a un risque de
ralentissement des investissements, bien, je me dois de rappeler à la ministre
des Ressources naturelles qu'elle est une ministre à vocation économique,
qu'elle siège, je l'espère, fort probablement autour de la <table...
M. Fortin :
...fort probablement autour de la >table
sectorielle du Conseil des ministres sur l'économie, hein, les sous-comités du
Conseil des ministres. J'ose croire qu'elle siège sur le comité économique.
Alors, elle a dû, nécessairement,
présenter des orientations de son projet de loi et des impacts de son projet de
loi à des ministres à vocation économique. Et ils ont entendu ceci, j'ose
croire. Je n'ai pas de raison de croire qu'on n'a pas dit tous les impacts
mesurés du projet de loi aux collègues ministres, mais j'espère qu'on leur a
parlé d'un ralentissement des investissements et d'une possible dévitalisation.
Parce que les gens de la Conférence des préfets de l'Abitibi-Témiscamingue, ils
vont plus loin que ça. Ils nous disent : «Il est crucial que le
gouvernement reconnaisse pleinement l'importance de l'industrie minière et prenne
en considération ses contributions historiques et actuelles.» Dans le fond,
quand ils nous disent ça, ils nous disent que vous ne le faites pas en ce
moment. Ils nous disent que ce n'est pas ça qui se passe. Ils nous disent que
le gouvernement ne reconnaît pas l'importance de l'industrie minière. «Le
projet de loi n° 63 — je cite à nouveau — devrait
soutenir cette industrie qui reste un pilier de notre développement économique.
À défaut, nous risquons non seulement de freiner les investissements, mais
aussi de compromettre le dynamisme de la région.»
M. le Président, moi, je suis allé en
Abitibi à quelques reprises au cours des deux dernières années, et c'est vrai
qu'il y a un dynamisme dans la région. On le sent. Dès qu'on franchit le parc de
La Vérendrye, là, dès qu'on entre dans la région, on le sent qu'il y a un
dynamisme économique évident dans la région, que c'est une région qui est basée
sur l'entrepreneuriat, que c'est une région qui a une fierté entrepreneuriale,
que c'est une région qui est fière de contribuer positivement à l'économie du
Québec à travers son industrie forestière, même si elle en arrache un peu ces
jours-ci, à travers son industrie minière, à travers son industrie touristique,
à travers son industrie agricole, à travers son industrie du savoir. M. le
Président, ils sont fiers de contribuer positivement et de savoir, pour eux,
que, si on a des hôpitaux, des écoles, des routes, des services publics dans le
sud du Québec, bien, c'est entre autres grâce à eux, parce qu'ils ont un bilan
économique, disons, positif.
Alors, aujourd'hui, quand les gens qui
sont élus, pas sous la bannière d'un parti politique ou un autre, là, des gens
qui sont élus simplement pour défendre les intérêts de leur région, nous disent
collectivement, après s'être rencontrés, après s'être... après avoir eu les
discussions nécessaires, après avoir fait les considérations nécessaires pour
chacune des parties de la région, quand ils nous disent : Un instant, on
risque non seulement de freiner les investissements, mais on va aussi
compromettre le dynamisme de la région, c'est énorme, ça, M. le Président. Et
j'espère que la ministre a saisi non seulement l'importance de l'industrie
minière pour la région, là, mais l'impact que son projet de loi, s'il est
adopté dans sa forme actuelle ou même avec des modifications mineures, pourrait
avoir sur la région de l'Abitibi-Témiscamingue.
• (16 h 50) •
Et ce ne serait pas, M. le Président... ce
ne serait pas le premier jab du gouvernement à la région de
l'Abitibi-Témiscamingue en lien avec l'industrie minière. On a qu'à penser...
on a qu'à penser au dossier de la zone d'innovation minière. Ça fait combien de
temps que la région de l'Abitibi-Témiscamingue attend cette zone d'innovation
minière là? Et là, aujourd'hui, plutôt que de leur offrir ce qui leur avait été
promis, c'est-à-dire une zone d'innovation minière portée par l'industrie du
savoir, hein, dont on parlait tantôt, et l'industrie minière, bien là, on vient
leur dire, essentiellement : Non seulement vous n'avez pas accès à ce qui
vous a été promis, mais, en plus, on présente un projet de loi qui risque de
compromettre le dynamisme de la région et de freiner les investissements dans
un secteur qui représente 22 % de leur PIB régional.
Et, M. le Président, ces gens-là, ils ne
veulent pas... En fait, ils veulent, à l'instar de ce que la ministre a dit,
ils veulent une <cohabitation...
M. Fortin :
...la ministre a dit, ils veulent une >cohabitation
harmonieuse, mais eux, ils pensent qu'ils le font déjà. Si vous demandez aux
élus de la région de l'Abitibi-Témiscamingue, ils vont vous dire : Il y a
des discours, dans le reste du Québec, par rapport à l'industrie minière, qui
ne représentent pas ce que nous, on vit sur notre territoire. Ils le disent, je
les cite : «L'Abitibi-Témiscamingue démontre qu'une cohabitation
harmonieuse entre l'industrie et les communautés est possible.» Même... Ils
disent même plus : «Plusieurs pratiques reconnues en matière d'acceptabilité
sociale ont émergé de la région.» Alors, ils se disent qu'ils sont un leader,
M. le Président, et qu'ils peuvent même, à travers des affirmations comme
celles-là et à travers des... même, des guides de cohabitation qui ont été
développés par certaines municipalités, qu'ils peuvent probablement aider le
reste du Québec, M. le Président, à savoir comment on peut avoir une
cohabitation harmonieuse entre l'industrie minière et les besoins tout à fait
légitimes des citoyens et de ceux qui les représentent.
Alors, M. le Président, moi, je vois
toutes les raisons du monde pour lesquelles on voudrait entendre les gens de la
conférence des préfets de la région ici, à Québec, à l'Assemblée nationale. Et
ce ne serait pas, un peu à l'instar du discours que moi et ma collègue tenons
depuis quelques instants, là, et depuis quelques semaines, en fait, ce ne
serait pas un discours entièrement négatif, hein? Les gens de la Conférence des
préfets de l'Abitibi-Témiscamingue, ils ont aussi des points positifs qu'ils
veulent mettre de l'avant, qu'ils veulent faire valoir aux instances du
gouvernement, des points positifs où ils peuvent contribuer, mais des points
positifs du projet de loi.
Ils le disent, eux également, qu'ils
accueillent favorablement l'obligation, pour des nouveaux projets miniers, de
se soumettre à une consultation publique et à un examen du BAPE. Maintenant,
ils ont quelques bémols, des bémols qui, je crois, aideraient les
parlementaires autour de la table à bien comprendre la dynamique différente. Et
je ne peux pas m'empêcher de le constater, M. le Président, là, les députés
autour de la table aujourd'hui... un député du Bas-Saint-Laurent, un député de
la Montérégie, un député voisin de ma circonscription en Outaouais, un du
Saguenay — j'allais dire Lac-Saint-Jean, je m'en serais excusé — la
ministre qui vient du Bas-Saint-Laurent, ma collègue de Laval, ma collègue de
Verdun à Montréal et moi-même, issu de l'Outaouais, M. le Président, et
vous-même, issu de la Côte-Nord. Même si vous vous abstenez de voter, vous participez
pleinement à nos travaux, M. le Président. Il n'y en a pas de député de l'Abitibi-Témiscamingue
autour de la table, ici, pour débattre aujourd'hui de ce projet de loi là. À l'occasion,
il y en a, mais aujourd'hui on n'en a pas. Alors, de prétendre que nous, ici,
autour de la table, on peut comprendre, même si on a visité la région, même si
on a entendu les propos de gens qui émanent de cette région-là, même si on peut
lire ce qu'ils expriment à travers leurs mémoires, je ne pense pas qu'on peut saisir
l'entièreté de leurs propos sans les entendre ici en commission parlementaire.
Alors. M. le Président, une des choses
qui, je pense, du début à la fin de ce projet de loi là, va tenir à cœur à la
région de l'Abitibi-Témiscamingue et qu'ils vont continuer de marteler jusqu'au
jour où soit la ministre va se rendre à l'évidence, soit on va adopter un
projet de loi sur division, c'est que le projet de loi, il présente ce qu'on
appelle, et ce qui horripile les régionalistes, du mur-à-mur, hein? Il présente
des options de mur-à-mur, c'est les mêmes règles partout au Québec, peu importe
la région dans laquelle on se trouve, peu importe l'historique de la région,
peu importe la vocation économique de la région, peu importe que ce soit une
région qui soit composée davantage de villages, de chalets ou peu importe que
ce soit une région-ressource habituée à l'industrie <comme...
M. Fortin :
...de villages, de chalets ou peu importe que ce
soit une région-ressource habituée à l'industrie >comme
l'Abitibi-Témiscamingue, la Côte-Nord, le Nord-du-Québec et d'autres régions,
M. le Président. C'est exactement ce que décrit... ce que décrivent, mais
dénoncent, surtout, les gens qui, comme moi, s'identifient comme un
régionaliste, l'approche mur à mur, ce que mes collègues anglophones, dans des
parties de ma circonscription et de celle du voisin de Gatineau, qualifient de
«one size fits all», hein, du tout partout pareil.
Et c'est ça qu'ils viennent nous dire ici.
C'est que nous, on a une spécificité. Nous, on a une différence dans la façon
qu'on voit notre territoire, dans la façon qu'on voit l'industrie minière, dans
la façon qu'on a vu l'industrie minière se développer au fil du temps, dans la
façon qu'on veut accueillir les projets miniers et avec cet accueil, M. le
Président. Et là je rejoins la collègue, la collègue de Verdun qui s'exprimait
il y a quelques instants.
Avec cet accueil, souhaité par les élus de
la région, souhaitable pour l'économie de la région et pour nos filières
stratégiques au Québec, mais aussi pour la richesse collective du Québec, avec
cet accueil vient des coûts, vient un réaménagement nécessaire et un
réaménagement des ressources et un réaménagement des services publics qui ne se
fait pas comme partout ailleurs, pas comme un long fleuve tranquille de
développement des ressources au fil de l'augmentation de la population.
Hier, j'étais, M. le Président, à
Drummondville dans le cadre de d'autres fonctions que j'occupe. Drummondville
nous dit : On est à 80 000 de population, on augmente de 1 000
chaque année. On est rendus à l'étape où on a besoin d'un nouvel hôpital, on a
besoin de nouveaux services. C'est logique, ça s'appelle une augmentation
graduelle de la population qui mène à une augmentation éventuelle de services.
Bien là, ici, on se retrouve devant une
région qui accueille à bras ouverts des projets miniers pour notre
enrichissement collectif et qui se dit : Bien, ça vient avec un coût, tout
ça. Ça veut dire qu'il va falloir que je développe tout d'un coup, juste comme
ça, 2 000 portes supplémentaires pour accueillir des employés. Et ces
employés-là, ils viennent avec des besoins immédiats, pas des besoins graduels
dans le temps, des besoins immédiats en termes de soins de santé, en termes de
services de garde, en termes de développement de routes, et j'en passe, M. le
Président. Les services gouvernementaux, vous les connaissez. Je n'ai pas
besoin de tous les nommer, mais c'est une réalité.
Si je vous retourne dans votre rôle de
maire demain et je vous mets dans une municipalité, disons, d'une dizaine de
milliers d'habitants et que je vous dis : Demain matin, le jour où la mine...
demain matin, ou dans un an, ou dans deux ans, le jour où la mine va ouvrir,
vous aurez besoin de 2 000 employés additionnels, de 2 000 résidents
et leurs familles, peut-être, additionnels, bien, vous allez vous dire :
Ouf! Je ne serai pas capable de faire ça tout seul, là. Je vais avoir besoin
d'aide, je vais avoir besoin d'aide de la part de Québec. Et c'est là, la
demande légitime et, en fait, on ne peut plus légitime du conseil des préfets
pour une distribution équitable de la richesse.
• (17 heures) •
Alors, dans le fond, ce qu'ils nous
disent, c'est : L'argent qui rentre, là, au gouvernement du Québec quand
une mine se développe en quelque part, on peut-tu en avoir un petit bout pour
être capables de faire les choses différemment, pour faire les choses avec une
certaine flexibilité, pour s'assurer que, si on a besoin, par exemple, d'un
nouveau CPE parce qu'il y a des milliers de travailleurs qui arrivent et
quelques-uns d'entre eux ont des enfants qui viennent avec eux, bien, qu'on ne
soit pas obligés de passer par les mêmes appels de projets qu'ailleurs au
Québec?
C'est logique, ça, M. le Président, parce
qu'ailleurs au Québec, c'est une augmentation graduelle des services qui est
nécessaire. Ici, c'est une augmentation immédiate qui nécessite une flexibilité
que les cadres... je vais être gentil puis je vais appeler ça «rigides», des
programmes gouvernementaux ne leur offrent pas. Ça fait partie de leurs
demandes. Ça fait aussi partie des enjeux de mur-à-mur dont on parlait un peu
plus tôt. Et, dans ces enjeux de mur-à-mur là, bien, ils nous disent : D'anciennes
mines situées dans les <périmètres urbains...
>
17 h (version révisée)
<15383
M. Fortin :
...mur-à-mur
là, bien, ils nous disent : D'anciennes mines situées dans les >périmètres
urbains de certaines municipalités pourraient être réexploitées dans le futur.
Je n'ai pas besoin de regarder bien loin
pour ça, là. Il y a un débat public qui a eu lieu à Rouyn-Noranda dans les
derniers... les dernières semaines, les derniers mois autour de la mine Falco, une
mine dans un périmètre urbain, hein? On parle de sous la Fonderie Horne, là, on
parle d'un parc industriel où il pourrait y avoir de la transformation du
minerai, pour lesquels la municipalité est en faveur. La ville de Rouyn-Noranda
s'est prononcée en faveur de ce projet-là qui est dans le périmètre urbain.
Alors, ce qu'ils viennent nous dire ici, c'est
un peu : Faites ce que vous voulez dans le reste du Québec, mais ne venez
pas nous mettre ça dans nos pattes à nous autres, là, cette impossibilité d'exploiter
des mines, et là des mines qui ont déjà été en opération. Je vous rappelle le
concept de... C'était quoi, le vieux slogan de Rouyn-Noranda? Une ville, une
mine? ou Une mine, une ville? Je l'oublie, mais c'était ça,
essentiellement. C'était une ville bâtie autour de son développement
industriel, minier dans ce cas-ci.
Alors, M. le Président, quand on parle d'appliquer
des règlements mur à mur partout au Québec, bien, les gens de l'Abitibi-Témiscamingue
viennent nous dire : Faites attention, ça ne fonctionne pas ici.
«La conférence des préfets est donc d'avis
que le projet de loi n° 63 pourrait compromettre ou rendre caducs les
efforts des entreprises cherchant à développer le secteur minier en
restreignant leur capacité à découvrir de nouveaux gisements essentiels au
développement de l'industrie et à l'avenir économique du Québec dans ce
secteur.» Ils ne viennent pas juste nous dire : Vous allez freiner l'activité
économique chez nous, ils viennent nous dire : Vous allez freiner l'avenir
économique du Québec dans ce secteur avec les règles que vous proposez en ce
moment.
Et là, M. le Président, je ne peux pas
concevoir qu'on ne veuille pas aller au fin fond de leurs préoccupations ici,
autour de cette table. On parle de leur passé, de leur présent, de leur avenir
économique et on leur présente, du côté du gouvernement de la CAQ, des projets
de loi qui viennent mettre des bâtons dans les roues d'investissements
potentiels, d'investissements potentiels dans une région où il y a, je le
rappelle, une cohabitation harmonieuse.
Alors, l'exclusion de l'activité minière à
l'intérieur de périmètres urbains... et là je ne vous parle même pas du privé,
là, M. le Président, on y arrivera éventuellement, j'en suis convaincu, là. On
ne parle que de la question des périmètres urbains. Bien, le développement
minier en Abitibi-Témiscamingue, il passe entre autres... oui, il passe par des
terres publiques, il passe fort probablement par certaines terres privées, mais
il passe, entre autres, par la question des périmètres urbains. Alors, il faut
les entendre, M. le Président, quand ils nous disent : L'approche du
gouvernement constitue un recul significatif pour la région, qui se voit
dépossédée de son pouvoir de gestion en matière d'aménagement du territoire.
Parce que sur le fond, là, ce que la
collègue de Verdun nous disait tout à l'heure, on n'est pas en désaccord. Ça prend
une meilleure harmonie, et il y a des préoccupations partout au Québec à savoir
comment est-ce qu'on vient mieux harmoniser les besoins de l'industrie et les
intérêts tels que nommés par les élus municipaux... souvent, les intérêts des
citoyens tels que nommés par les élus municipaux. Mais là, ici, l'Abitibi nous
dit : On se voit dépossédés de notre pouvoir de gestion en matière d'aménagement
du territoire et de développement économique. Et ils nous le disent :
«Bien que ces mesures puissent être souhaitées par certaines régions du Québec,
la conférence des préfets estime que cette exclusion est préjudiciable en
territoire qualifié de région avec un historique de développement minier.»
M. le Président, je ne ferais pas mon
travail de porte-parole pour ma formation politique, pour l'Abitibi-Témiscamingue,
si je ne soulevais pas cet enjeu-là, si je ne plaidais pas aujourd'hui pour que
les gens autour de la table entendent, <avant de procéder...
M. Fortin :
...autour de la table entendent, >avant de
procéder, avant d'étudier les amendements qui vont être mis de l'avant par la
ministre... si je ne plaidais pas pour qu'on entende le fin fond de la pensée
de ces gens-là.
Parce que non seulement... parce qu'ils
arrivent avec... En fait, ils arrivent avec des réflexions qui, je vous dirais,
sont particulièrement poussées sur ces enjeux-là, sur les enjeux du schéma
d'aménagement, sur les enjeux des TIAM, et je ne vous dis pas que c'est quelque
chose qui est repris par tout le monde. Moi, j'ai été surpris de les lire, la
première fois que j'ai lu le mémoire... j'ai dû le lire plus qu'une fois. Ils
nous ont dit essentiellement que les TIAM, bien, ça reprenait essentiellement
les mêmes objectifs qu'un schéma d'aménagement, c'est-à-dire on vise le
développement harmonieux du territoire. Alors, est-ce qu'on a vraiment besoin
des TIAM? Est-ce que les TIAM, c'est un dédoublement inutile, pour reprendre
leurs mots?
Ce n'est pas ma pensée, M. le Président.
Je pense qu'il y a des améliorations qui peuvent être faites aux TIAM, entre
autres... il y en a beaucoup. Alors, ce n'est pas normal d'entendre des maires
ici nous dire : Ça fait huit ans qu'on travaille là-dessus.
Mais là, ici, on vient parler de la région
la plus affectée, on vient parler de leurs élus, qui ne sont pas affiliés au Parti
libéral, qui ne sont pas affiliés à la Coalition avenir Québec, à Québec
solidaire, au Parti québécois, au Parti conservateur ou à n'importe quel autre
parti, M. le Président. Ce sont des élus indépendants qui sont là pour
représenter leurs citoyens et leurs intérêts, qui nous disent : Holà!
Faites attention, et je paraphrase, vous allez nous rentrer dedans. C'est ça
qu'ils disent. C'est ça qu'ils disent quand ils parlent de ralentissement
économique. C'est ça qu'ils disent quand ils parlent de frein à
l'investissement pour leur région.
Alors, M. le Président, j'espère que les
députés vont accepter ma proposition, parce que je crois que c'est nécessaire
d'entendre ce qu'ils ont à nous dire. Et là je n'ai même pas eu la chance — j'aurais
peut-être dû le faire en deux motions, M. le Président — de parler de
la Société du Plan Nord. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. Est-ce qu'il y a d'autres intervenants? Oui, la représentante du
chef de l'opposition officielle, vous avez donc 30 minutes. Vous pouvez y
aller, Mme la députée.
Mme Dufour : Merci. Attendez,
je veux juste partir mon petit chrono de mon bord pour ne pas me faire prendre.
Le Président (M. Montigny) : C'est
bon. Je vais vous aviser aussi du temps en cours de route.
Mme Virginie Dufour
Mme Dufour : Oui, mais c'est
ça, je vais avoir plus de facilité à suivre ça.
Donc, écoutez, vous comprendrez, M. le
Président, que je suis évidemment d'accord avec la motion préliminaire déposée...
proposée par mon collègue le député de Pontiac, et je pense qu'il a fait un...
dans le fond, un énoncé assez éloquent du pourquoi on devrait entendre cette...
en fait, la Conférence des préfets de l'Abitibi-Témiscamingue et... J'ai
l'impression que je vais parler assez longtemps avec... moi non plus, je
n'arriverai pas à la Société du Plan Nord, mais...
Donc, je vais commencer. D'abord, dire...
On a entendu la MRC d'Abitibi. Donc, on pourrait, en partant, là, dire :
Bien, on les a entendus, on a entendu cette région-là, ils faisaient partie des
groupes, puis, en fait, on a entendu, tu sais, la Fédération québécoise des
municipalités, on a entendu l'Union des municipalités du Québec et une autre
seule région, on a entendu le Comité intermunicipal de Saint-Mathieu-du-Parc,
Saint-Élie-de-Caxton et Saint-Boniface. Ils sont venus nous voir. On a aussi
entendu les Cris et la... le Grand Conseil des Cris et la Société Makivik.
Donc, on a couvert certains territoires.
• (17 h 10) •
Mais, par contre, ce qu'on réalise en
lisant, dans le fond, le mémoire que la Conférence des préfets de
l'Abitibi-Témiscamingue a produit, bien, ils regroupent cinq territoires dans
une... dans cette région-là. Donc, c'est beaucoup plus large, et ils regroupent
la MRC, je disais, d'Abitibi, qu'on a entendue, mais ils regroupent aussi la
MRC d'Abitibi-Ouest, la MRC de Rouyn-Noranda, la MRC de Témiscamingue et la MRC
de La Vallée-de-l'Or. Tout à l'heure, je vous ai parlé du député d'Abitibi-Est,
qui avait... qui s'était beaucoup impliqué au CLD, là, au Centre local de
développement de La Vallée-de-l'Or./C'est des régions distinctes :
Abitibi-Est, Abitibi-Ouest, etc., Rouyn-Noranda, qui vit avec la Fonderie
Horne, par exemple, que moi, j'ai rencontré... À un moment donné, j'avais
rencontré la mairesse de Rouyn-Noranda, qui, tu sais, de notre point de vue à
nous, quand on les... on regarde la Fonderie Horne, c'est un dossier qu'on peut
avoir avec notre vision du sud du Québec, avoir une certaine, disons, réticence
à avoir cette entreprise-là dans la région par les enjeux qu'il y a. Mais, pour
eux, et... tu sais, <quand j'ai jasé... j'ai discuté...
Mme Dufour :
...tu
sais, >quand j'ai jasé... j'ai discuté avec la mairesse de
Rouyn-Noranda, c'était clair, c'est une industrie qu'ils ont besoin. Ils ont
besoin de la Fonderie Horne, et ce n'est même pas remis en question dans cette
région-là. Et, malgré tous les enjeux de toxicité qu'il a pu être trouvé, et
tout ça, dans l'air ou dans le sol, pour eux, c'est une industrie qui est
absolument nécessaire.
Alors, quand on transpose ça et qu'on se
dit : OK, là, on a entendu le point de vue de la MRC d'Abitibi, mais il y
a toutes les autres régions qui pourraient être incluses et être entendues en
recevant la Conférence des préfets de l'Abitibi-Témiscamingue, et ça
m'apparaît... Pour moi, c'est essentiel, ils composent... Ce n'est pas rien, M.
le Président, c'est 64 municipalités, ce regroupement-là, 147 700
habitants. Ça fait du monde, puis c'est des gens qui sont habitués, qui vivent
dans des secteurs où il y a des mines, où il y a du développement minier. Et
donc je pense que ça aurait été... ça serait bien de les entendre.
D'ailleurs, c'est un regroupement qui se
dit être une voix politique forte pour la région de l'Abitibi-Témiscamingue. Moi,
je ne sais pas pourquoi ils n'ont pas été invités à l'origine. Je n'ai pas fait
partie des échanges de négociations à l'époque, mais, compte tenu que c'est eux
qui sont considérés comme la voix politique forte, comme ils se présentent,
dans la région de l'Abitibi-Témiscamingue, bien, je pense que ça aurait été
important de les entendre pour avoir, effectivement, toutes les spécificités
régionales et territoriales qui les composent.
Et, tu sais, je peux vous parler, par
exemple, de Laval. Moi, je fais partie de la... je suis une députée de Laval.
Puis on va dire : Bien, Laval, c'est une région, Laval, c'est uniforme,
mais non, pas du tout. Il y a des grandes distinctions. Mon comté, Mille-Îles,
qui est un comté très majoritairement agricole, est complètement différent du
comté de ma collègue de Chomedey, qui, elle, a des gens qui viennent
vraiment... tu sais, c'est très, très, très urbain. Alors, d'entendre... Tu
sais, si on était... si on disait : Bien, Laval, on va juste regarder ce
qui se passe dans Mille-Îles, bien, ce n'est pas représentatif du reste de
Laval.
Alors, je peux imaginer que c'est la même
chose en Abitibi-Témiscamingue. Si on entend juste une portion de l'Abitibi,
bien, ça veut dire qu'on n'entend pas... tu sais, qui est la MRC d'Abitibi
qu'on a entendue. Ça veut dire qu'on n'a pas la réalité des autres régions, des
autres secteurs puis c'est drôlement plus grand que Laval. Ça fait que si, à
Laval, on a autant de spécificités, et puis je pourrais vous parler de
Sainte-Rose et des anciennes villes, tu sais, Laval, c'est très, très, très...
il y a vraiment des grandes distinctions entre les différents secteurs, bien,
c'est sûr que c'est la même chose dans ce secteur-là.
Et, tout à l'heure, quand j'ai fait mes
remarques préliminaires, M. le Président, je vous mentionnais qu'en fait, tous
les groupes, il y avait un certain consensus sur le fait que les nouveaux
projets miniers seraient assujettis au BAPE. Je vous ai dit ça puis, en
consultant le mémoire... puis ça, c'était vrai.
C'était vrai pour les groupes qu'on a entendus,
mais, pour les groupes qu'on n'a pas entendus, comme la Conférence des préfets
de l'Abitibi-Témiscamingue, bien, ce n'est pas tout à fait vrai. Ils n'ont
pas... ils ont des bémols qu'ils ont émis, et j'aurais bien aimé pouvoir les
entendre à ce sujet-là. Et je vais vous donner des exemples, là, c'est à...
attendez, je vais juste... je suis à... voyons. Je suis à l'électronique.
Excusez-moi, deux instants, je vais retrouver... pages 5-6, voilà. Ils
parlent ici du BAPE, puis ce qu'ils nous disent, c'est que... Pour eux, ils
disent, en fait, que, bon, l'assujettissement, c'est bien pour une chose, ça va
éviter le morcellement des projets qui visait, dans le fond, à contourner
l'obligation, le fait que la loi... le projet de loi prévoit l'abrogation du
seuil de 2 000 tonnes métriques par jour de capacité de production.
Ce qu'ils disaient, c'est que, dans le passé, il y avait une certaine... un
certain morcellement, puis ça, ça évitait, dans le fond, le BAPE. Ça fait qu'en
enlevant ça, c'est une bonne chose. Là-dessus, ils sont d'accord.
Par contre, ils disent que... ils
constatent que l'augmentation de la capacité d'exploitation minière touchant
moins de 50 % de la superficie d'exploitation, elle n'est pas soumise à...
bien, ce n'est pas le BAPE, là, mais ça s'appelle la procédure d'évaluation et
d'examen des impacts sur l'environnement. Et là ce qu'ils disent... et puis ça,
on ne l'a pas entendu avec aucun groupe. Alors, moi, j'aurais vraiment aimé
pouvoir poser des questions <à ce sujet-là...
Mme Dufour :
...avec
aucun groupe. Alors, moi, j'aurais vraiment aimé pouvoir poser des questions >à
ce sujet-là, parce que n'étant pas dans une région minière, on n'a pas cette
réalité-là. Il n'y a pas de mine à Laval. Il y en a dans mon... Il y a une
carrière, il y a des carrières de gravier, là, chez nous, il y en a
quelques-unes, mais c'est tout. Il n'y a pas de mine, malgré qu'il y a déjà eu
des claims miniers, par contre, dans mon comté, mais...
Et donc ils disent...attendez, je veux
juste être sûre que je suis à la bonne place. Ils disent.... Ah! c'est ça, ils
disent : «Étant donné que plusieurs de nos villes ont vu le jour grâce à
l'activité minière et que leur développement s'est réalisé en étroite symbiose
avec cette industrie, il est essentiel de reconnaître les impacts des projets
d'agrandissement sur notre territoire, et, en effet, nous estimons que les
répercussions d'un projet d'agrandissement sur les composantes sociales,
environnementales et économiques ne doivent pas être morcelées.» Alors, pour
eux, ils disent que les impacts cumulatifs du projet dans son ensemble doivent
faire l'objet d'un examen exhaustif.
Alors, ce que je comprends, c'est qu'il y
a une norme ici qui apparaît. Là, en fait, on vient dire finalement que des
projets d'agrandissement situés sous la barre du 50 % d'augmentation de la
superficie minière ne seraient pas assujettis à une analyse... à une analyse
environnementale, et là ils semblent dire que ce ne serait vraiment pas
problématique, parce que, pour eux... tu sais, ils sont vraiment des
spécialistes beaucoup plus que nous, là. Ils savent ce que ça implique d'avoir
une mine, là. Puis là on parle d'agrandissement. Ça fait qu'ils savent c'est
quoi, l'implantation d'une mine, mais ils savent aussi ce que c'est des agrandissements
parce qu'ils en ont vu pas juste un dans leur secteur.
Et eux autres, ils disent, dans le fond,
que ça peut présenter des nouveaux risques qu'on n'évalue pas actuellement,
comme de la sismicité induite. Vous comprenez que j'ai appris un mot, ici, M.
le Président. Je ne connaissais pas ce mot-là, sismicité induite. Je peux
imaginer que ça veut dire... puis j'aurais bien aimé pouvoir leur poser la
question, mais je peux imaginer que ça veut dire que, tu sais, s'il y a des
nouveaux forages ou de la nouvelle, comment dire... peut-être qu'on fait
exploser avec de la dynamite quelque chose, bien, ça peut créer des
tremblements de terre.
Puis, M. le Président, j'ai vécu, je ne
sais pas si vous... je vous l'ai déjà dit, mais j'ai vécu quatre ans au Chili
et j'ai vécu un tremblement de terre. J'ai eu peur, M. le Président. Je n'ai
jamais eu peur comme ça. Un 6,2... 6,2, ce n'est rien là-bas, mais 6,2, je peux
vous dire que ça réveille en tabarnouche. Et bref, tu sais, moi, j'aimerais ça
savoir, si j'étais dans leur région, si un agrandissement créerait une
possibilité d'avoir des tremblements de terre parce que ça peut avoir un impact,
par la suite, sur la stabilité des maisons. Il y a eu des endroits, je vous
réfère toujours au Chili, où, à un moment donné, bien, il y a une activité
sismique, puis là, bien, il y a une conduite de gaz qui se détache.
Malheureusement, il y a une fuite, il y a... Des fois, il y a eu des incendies.
C'est souvent les plus grands dommages.
Alors, ce serait important de le valider.
Moi, j'aurais aimé pouvoir leur poser des questions là-dessus. Ils parlent
aussi de risques technologiques. Qu'est-ce que c'est? Je ne sais pas, moi,
j'aurais aimé pouvoir leur demander c'est quoi exactement les risques
technologiques potentiels dans le cas d'un agrandissement de mine.
Ils parlent aussi de nouveaux impacts
potentiels des puits affectés par le dénoyage. Un autre mot que je ne connais
pas, que j'aurais bien aimé pouvoir demander. Qu'est-ce que ça veut dire, du
dénoyage? Ils disent aussi : Bien, c'est sûr que c'est une préoccupation.
Vous comprendrez que, pour les gens, par exemple, de Rouyn-Noranda, il y a des
nouveaux secteurs affectés par la qualité de l'air. Donc, ça aurait été
vraiment bien de les entendre à ce sujet.
• (17 h 20) •
Si je continue, donc... Et pour eux...
puis là, comme le dit mon collègue le député de Pontiac, ce n'est clairement
pas... L'objectif de les entendre, ce n'est pas d'entendre des gens qui sont
contre l'activité minière, parce que ce n'est pas du tout ça. Ils sont... Au
contraire, ils commencent en disant... Ils disent, là : Pour nous, là,
c'est... l'activité minière est centrale au développement de notre région.
Donc, ils y tiennent. Puis ils ont... ils disent : Une vision intégrée des
impacts de l'ensemble des projets sur notre territoire est essentielle. Et là
ils disaient dans leur mémoire qu'ils souhaitaient qu'un mécanisme soit
instauré afin que nous puissions contribuer activement à la réflexion entourant
l'approbation ou non d'un projet par le Conseil des ministres.
Mais moi, je dirais que ça va plus loin. Je
pense qu'ils devraient contribuer à l'étude de ce projet de loi là, et de les
entendre, et pas juste d'avoir... de nous envoyer un mémoire, mais qu'on puisse
les consulter sur ce mémoire-là. Parce que je vous ai mentionné quelques mots,
tout à l'heure, que je ne saisissais pas ou des concepts... je pense qu'il y
aurait eu... on aurait eu intérêt à avoir ces échanges-là. La ministre aurait
parlé peut-être <pendant 18 minutes...
Mme Dufour :
...je
pense qu'il y aurait eu... on aurait eu intérêt à avoir ces échanges-là. La
ministre aurait parlé peut-être >pendant 18 minutes avec le groupe,
eux se seraient exprimés pendant 10 minutes, nous autres, un autre 12 minutes,
et la collègue de l'opposition, un autre cinq minutes. Ça fait pas mal
d'échanges. Et ils auraient pu le faire, en plus, en virtuel, donc sans GES
d'émis, pour venir nous... pour nous en parler. Mais bref, je pense, ça aurait
été vraiment intéressant de les entendre.
Et là, comme je vous disais,
effectivement, là, c'est... pour eux, c'est essentiel. Mais mon collègue n'a
pas tort quand il dit : Ça amène une pression sur les services d'une
municipalité quand arrive une mine. Et c'est là que, je pense, ça aurait été
intéressant aussi. Moi, j'aimerais beaucoup pouvoir leur poser des questions
là-dessus, parce que c'est quelque chose qu'on a échangé avec l'Abitibi, mais
c'est une... avec la MRC de l'Abitibi, mais c'est une réalité qui est vraiment
distincte avec les autres régions de la Conférence des préfets de
l'Abitibi-Témiscamingue, c'est les besoins en logements.
Parce que, M. le Président, je suis aussi
porte-parole en matière... de l'opposition officielle en matière d'habitation,
et c'est quelque chose que je... j'ai constaté, c'est souvent dans ces régions
les plus éloignées que la crise du logement est la plus aiguë. C'est assez
hallucinant, là, des fois, les taux de vacance qu'on voit, là... les taux
d'inoccupation, en fait. On va constater, c'est généralement 0 % dans ces
régions-là. On peut... Puis, en plus, on constate aussi qu'il y a beaucoup de
ce qu'on appelle du «fly-in/fly-out», qui déstabilise les communautés qui
vivent là-bas, parce que, là, il y a des gens qui viennent, mais ils sont là à
temps partiel. Ça amène quand même des besoins, mais ce n'est pas tout le
temps. C'est difficile d'avoir de la main-d'oeuvre. Il y a vraiment beaucoup,
beaucoup d'enjeux. Et les routes aussi, les routes... la pression que les
routes amènent, l'entretien des routes que les municipalités ont à faire sur...
lorsqu'il y a de l'industrie minière, j'aurais bien aimé pouvoir en discuter
avec eux.
Puis il y a toute la question... Ça, c'est
intéressant, parce qu'on a entendu, comme je vous disais, le comité
intermunicipal de Saint-Mathieu-du-Parc, Saint-Élie-de-Caxton et
Saint-Boniface, qui, eux, étaient bien, bien, bien contents que le projet de
loi prévoie l'exclusion de l'exploration dans les périmètres urbains. Alors... et
les groupes environnementaux aussi étaient d'accord avec cette mesure. Mais la Conférence
des préfets de l'Abitibi-Témiscamingue est complètement ailleurs parce qu'ils
ont une réalité distincte de tous les autres, comme je vous disais, par
rapport... Par exemple, nous, qui venons des régions du sud... en tout cas, pas
vous, vous, vous êtes de la Côte-Nord, mais nous, ici, de ce côté-ci, on est
plutôt au sud, et là... et eux nous disent, dans le fond, que contrairement...
puis ça, c'est écrit dans leur mémoire : «Contrairement aux régions
situées dans le sud du Québec, la prospection, l'exploration et l'exploitation
des ressources naturelles sont essentielles au développement régional de l'Abitibi-Témiscamingue.
Il est également fréquent que ces activités aient lieu à l'intérieur des
périmètres urbains puisque nos villes se sont historiquement développées autour
des mines.» Ils disent : «Les entreprises minières se sont ainsi intégrées
dans nos environnements et sont devenues essentielles à l'écosystème de
l'Abitibi-Témiscamingue.» Puis ils disent même qu'il y a d'anciennes mines qui
sont dans des périmètres urbains qui pourraient... dans certaines
municipalités, là, qui pourraient être réexploitées dans le futur. Alors, ça,
c'est une réalité que nous, on ne connaît pas du tout et que je pense qu'on
aurait intérêt à explorer davantage en entendant la Conférence des préfets de
l'Abitibi-Témiscamingue. Moi, j'aimerais savoir ce que ça implique.
Puis, tu sais, je vous parlais tout à
l'heure que j'ai discuté avec la mairesse de Rouyn-Noranda, qui me disait :
Bien, tu sais, Fonderie Horne, le village, quand il s'est... En fait, la
fonderie est arrivée, puis le village s'est créé autour, puis tout ce qui
existe là, c'est parce que la fonderie a existé. Bien, tu sais, à un moment
donné, il faut qu'on constate que c'est une réalité qui est vraiment, vraiment
distincte de la nôtre. On ne peut pas imaginer ça ici, là, une industrie au
cœur d'un village, mais là-bas, c'est comme ça. Il n'y aurait pas... ces
villages-là n'existeraient pas, ou ces villes, ces municipalités. Parce que je
disais village, mais Rouyn-Noranda aujourd'hui, c'est une grande ville, c'est
une... il y a énormément de gens aujourd'hui. Mais tout ça, ça dépend de la
Fonderie Horne. Ça ne pourrait pas exister sans la Fonderie Horne, alors... et
il faut apprendre à cohabiter. Et c'est la <même chose pour les mines...
Mme Dufour :
...sans
la Fonderie Horne, alors... et il faut apprendre à cohabiter. Et c'est la >même
chose pour les mines, pour plusieurs municipalités. Mais j'aimerais ça les
entendre parce que, contrairement au collègue de Pontiac, moi, je n'ai pas eu
la chance d'aller dans cette région, je n'ai pas eu la chance d'aller en Abitibi-Témiscamingue,
mais je vais le faire sans faute. Il faudra que j'aille voir ça de mes yeux vu.
Ils nous parlent aussi... puis ça, c'est
une autre distinction qu'on constate avec d'autres régions, c'est la vision
qu'ils ont de l'exclusion d'un territoire incompatible à l'activité minière. Et
eux autres... Dans le fond, ce qu'ils nous disent, c'est qu'ils souhaiteraient
ne pas l'exclure, ne pas exclure de territoire, ne pas exclure... excusez-moi,
le territoire... permettre le BAPE à la place. Et là je pense que ça va être
plus simple. si je vous lis un extrait.
Ici, c'est à la page 7 de leur
mémoire. Dans le fond, ce qu'ils disent... Non, c'est ici. Voilà. Ils disent
qu'ils estiment... «La Conférence des préfets de l'Abitibi-Témiscamingue estime
que les dispositions relatives à l'exclusion de la prospection, de
l'exploration et de l'exploitation minière pour toute substance minérale située
dans un territoire incompatible à l'activité minière — c'est ce
que... il y a un TIAM — ou dans un périmètre [urbain...] périmètre
d'urbanisation — pardon — délimité par un schéma
d'aménagement et de développement sont incohérentes avec les objectifs du
développement territorial et économique de la région.» Ils disent : «Cette
approche constitue un recul significatif pour la région, qui se voit dépossédée
de son pouvoir de gestion en matière d'aménagement du territoire et de
développement économique.» Ça, c'est fort, M. le Président, «un recul
significatif pour la région, qui se voit dépossédée de son pouvoir de gestion
en matière d'aménagement du territoire». Ils sont ceux qui connaissent le mieux
leur territoire et ils viennent nous dire : Bien, ce projet de loi là, là,
va nous empêcher, dans le fond, de gérer notre territoire. Puis ce n'est pas
parce qu'ils sont contre les mines, au contraire, ils sont favorables.
D'ailleurs, ils refusent certains... ils
critiquent certains éléments qui disent que ça va empêcher, en fait, le
développement minier. Et ça, c'est vraiment... en tout cas, ça m'a sauté aux
yeux quand j'ai lu ça. Et ils ont raison, les élus. Les élus locaux sont ceux
qui connaissent le mieux leur territoire. C'est eux qui savent c'est quoi, les
besoins en eau potable, c'est quoi, les besoins pour les routes, c'est quoi,
les milieux naturels qu'il faudrait protéger pour les citoyens, pour la
biodiversité, tu sais, aussi qu'ils savent où ils vont devoir installer les
nouveaux... les futurs logements pour qu'il y ait une certaine cohérence.
Alors, de vouloir centraliser ça à Québec,
ça va comme... ça va à l'encontre de ce qu'on voudrait, si on se disait être un
gouvernement aux... un gouvernement des régions. Donc, c'est un peu... en tout
cas, j'aurais aimé les questionner davantage sur cet élément-là parce que ce
n'est pas quelque chose... Comme je vous disais, moi, j'étais à Laval, j'ai
participé à l'élaboration de la dernière version du schéma d'aménagement de la
ville de Laval et le plan d'urbanisme aussi avant qu'il soit adopté, et c'est
un immense exercice. Il y a une concertation de tout le monde, mais pas juste
les élus. Ce n'est vraiment pas fait à huis clos, là... ce n'est pas fait en
vase clos, pardon. C'est fait, un schéma d'aménagement, avec des gens de
partout. Les gens d'affaires, les gens de la communauté, de la culture, les
groupes environnementaux, tout le monde participe à ces rencontres pour établir
un schéma d'aménagement et de développement. Et aujourd'hui, on leur dit :
Bien non, maintenant, ce n'est pas vous. Malgré que toute la société civile,
finalement, participe à ça et établit ensemble qu'est-ce que devrait être le
développement, comment devrait être le développement, où devrait se faire le
développement minier ou non, bien là, on leur dit : Non, non, vous, vous
ne savez pas ça, c'est nous qui allons le déterminer dorénavant. Donc, il y a
quelque chose... un non-sens, quant à moi, puis j'aurais aimé pouvoir les
entendre là-dessus.
• (17 h 30) •
Un autre élément qu'ils font référence,
c'est les travaux. Puis ça, il y a d'autres groupes qui nous en ont parlé, mais
le fait qu'il y aurait des travaux sur tous les claims miniers, tous les droits
d'exploration, éventuellement, pour pouvoir maintenir son droit d'exploration,
bien, ce qu'ils nous disent, puis ça, c'est en page 8 de leur mémoire, j'y
vais ici... non, je ne suis pas à la <bonne page...
>
17 h 30 (version révisée)
<19287
Mme
Dufour : ...ici. Non, je ne suis pas à la >bonne page ici. Bon,
je pense qu'il me manque quelque chose. Dans le fond... puis je vais vous le
lire ici, je l'avais ici, ils disent, dans le fond : «La gestion des
claims miniers poserait un défi important, particulièrement en raison de leur
présence actuelle à l'intérieur des périmètres urbains. Pour les conserver, les
entreprises devront intensifier leurs activités de prospection afin de
renouveler ces claims. Cela signifie que plusieurs travaux de prospection
devront être menés simultanément, puisqu'il ne serait plus possible d'étaler
les efforts dans le temps, ce qui entraînerait une gestion complexe et des
impacts plus directs sur la population. Dans ce contexte, la Conférence des
préfets de l'Abitibi-Témiscamingue demande une plus grande souplesse dans l'application
des règles en milieu urbain, notamment au niveau des délais, afin de permettre
une meilleure planification et une gestion plus équilibrée des impacts sur le
territoire.»
Il y a des groupes qui sont venus nous en
parler, mais ils nous ont parlé plutôt du 4,5 kilomètres de distance que les
claims peuvent être transférés ou que les travaux peuvent être transférés. Mais
les délais, ça, je vous avoue que je ne me rappelle pas vraiment en avoir
entendu parler, et ça aurait été vraiment intéressant de les entendre à ce
sujet-là, parce que, bien, ce n'est pas un dossier que je connais
particulièrement bien.
Il y a un autre élément qui préoccupe
beaucoup la conférence des préfets, c'est... d'Abitibi-Témiscamingue, puis je
reviens aux territoires... aux TIAM, là, aux territoires incompatibles avec l'activité
minière. Là, ils disent, tu sais, dans le fond... ils disent que... tu sais,
puis je reviens au schéma d'aménagement tout à l'heure, ils disent que tout ça,
là... il y a des enjeux d'acceptabilité sociale qui sont distincts, OK, en
Abitibi-Témiscamingue, qui sont distincts du reste du Québec. Ça, je pense, c'est
clair, on en a fait... on en a parlé abondamment, puis ils disent : Il y a
une familiarité entre les communautés locales et l'industrie minière, qui fait
en sorte, là, que, là-bas, il y a une compréhension très, très fine de l'équilibre
nécessaire entre le développement économique et le bien-être collectif. Mais là
on dit... ils nous disent qu'il manque de flexibilité pour répondre à leurs
besoins spécifiques, notamment en ce qui concerne la gestion des opérations
minières souterraines, par rapport aux opérations de surface.
Ça, c'est une réalité qu'on a peu entendu
parler, là. Il y a eu, si je ne me trompe pas... les gens de Québec meilleure
mine! nous en ont parlé, qui ont dit que c'était possible de se faire... mais j'aurais
bien aimé entendre des gens qui le vivent au quotidien, réellement, des mines
souterraines. Je pense que ça aurait été utile de les entendre.
Mais là ils rajoutent, après ça, que le
problème, c'est que les TIAM, en fait, ça peut toujours être approuvé ou pas
par le ministre... la ministre, aujourd'hui, mais le ministère des Ressources
naturelles et des Forêts. Donc, même si eux sont les grands responsables de
toute cette planification, de toute cette... l'identification des territoires,
comment mieux harmoniser avec leurs communautés, comment s'assurer qu'il y ait
une cohabitation qui fasse du sens, bien, malgré tout, ça revient au ministère,
qui n'est clairement pas situé en Abitibi-Témiscamingue, là, qui va approuver
ou non ces territoires incompatibles à l'activité minière.
Et là, dans le fond, ils nous disent que,
bien, en raison du potentiel minier d'un territoire, bien, le ministère, lui,
pourrait refuser son adoption sans que les critères d'évaluation ou l'importance
accordée à ces aspects soient clairs, laissant les municipalités dans l'incertitude.
Donc, les gens qui connaissent le mieux leur territoire, qui ont pris des
engagements, ils se sont fait élire auprès des citoyens. Ce sont les
représentants du peuple... qui connaissent le mieux leur territoire. Bien, on
leur dit : Bien, nous, on le sait mieux que vous, hein? Nous, on le sait
mieux que vous, ça fait que c'est nous qui allons décider pour vous. Même si
nous, on ne vit pas là-bas, même si nous, on ne connaît pas vraiment votre
réalité, bien, c'est nous qui allons décider.
Alors, ça, j'aurais vraiment aimé pouvoir
les entendre là-dessus, parce qu'il y a beaucoup... il y a plusieurs
amendements, là, dans le projet de loi, en fait, qui viennent modifier ça,
notamment les TIAM, puis je pense qu'il faudrait vraiment les entendre. Pour
eux, là, la Conférence des préfets de l'Abitibi-Témiscamingue, ils disent qu'ils
sont d'avis que les TIAM reprennent essentiellement les mêmes objectifs et
contenus d'un schéma d'aménagement et qu'en conséquence ils demandent... et ça,
ce n'est pas rien, ils demandent l'abrogation de l'article 246 de la Loi
sur l'aménagement et l'urbanisme, qui accorde préséance aux dispositions de la
Loi sur les mines sur les dispositions <entourant...
Mme Dufour :
...l'urbanisme,
qui accorde préséance aux dispositions de la Loi sur les mines sur les
dispositions >entourant l'élaboration d'un schéma d'aménagement.
Et ça, on l'a entendu par d'autres groupes
qui l'ont demandé, la Fédération québécoise des municipalités, l'Union des
municipalités du Québec. La MRC de l'Abitibi en a parlé aussi. Bien, en fait,
tout ce qui est élu municipal est venu nous en parler. Ils nous en ont tous
parlé. Pourquoi? Parce que, pour eux, c'est une atteinte à leur... Dans le
fond, on dit qu'ils sont des gouvernements de proximité, mais on le dit quand
ça nous arrange puis on... finalement, quand que ça ne nous arrange pas, bien,
on dit : Bien non, là, vous ne l'êtes pas, c'est nous qui allons décider
pour vous. Et ce qu'ils nous disent, dans le fond, c'est que, comme ils sont
ceux qui connaissent le mieux leur territoire, bien, ils devraient être ceux
qui adoptent ce schéma d'aménagement là, et ce schéma d'aménagement là devrait
avoir préséance sur le reste.
D'ailleurs, L'Union des producteurs
agricoles avait... ils avaient des craintes, ils nous parlaient, là, de la
CPTAQ qui devait continuer à jouer son rôle par rapport aux mines. Puis quand
je leur ai posé la question : Est-ce que l'abrogation de l'article 246
de la LAU ferait votre affaire, ça viendrait régler cette situation-là?, ils
m'ont dit : Exactement, ça serait exactement ça, ça viendrait régler la
situation.
Alors, pour des municipalités qui vivent
avec les mines et qui nous disent ça, qui nous disent : Nous, là, on veut
quand même avoir le contrôle sur l'aménagement de notre territoire, mais on
veut avoir des mines, bien, je pense que c'est nécessaire de les entendre et de
savoir, c'est ça, c'est quoi, leur réalité, parce que c'est quelque chose qu'on
n'a pas... qu'on n'a pas, comme je vous disais tout à l'heure, dans...
Le Président (M. Montigny) : Une
minute.
Mme Dufour : Oui, c'est ça...
J'ai encore plein de choses à dire, M. le Président.
Écoutez, dans le fond, il y a un autre
élément qu'ils ont... puis je vais terminer avec ça, puis ça, je pense, ça
aurait été aussi intéressant de les entendre, c'est que, pour eux, le fait
qu'on leur demande de demander au ministre une levée partielle ou totale de la
soustraction de terres privées hors du périmètre urbain, ça vient, pour eux,
mettre une pression supplémentaire. Et ils disent : Nous, ça va exposer
les élus locaux à des pressions citoyennes, des conflits internes puis ça...
encore une fois, ça ne tient pas compte de la diversité territoriale des
régions. Bien, je pense, j'aurais aimé vraiment, M. le Président, les entendre
sur ce sujet-là. Puis d'ailleurs j'ai manqué de temps pour en parler puis
détailler là-dessus, mais je pense qu'on aurait tous intérêt à les entendre, M.
le Président. Merci beaucoup.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Très bien. Merci. Y a-t-il d'autres interventions sur cette motion?
Mise aux voix
Alors, comme il n'y a pas d'intervention
sur cette motion, nous allons mettre cette motion aux voix. Mme la secrétaire.
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
On va faire un appel nominal. On va passer maintenant au vote. Mme la
secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Fortin (Pontiac)?
M. Fortin :Pour.
La Secrétaire : Mme Dufour
(Mille-Îles)?
Mme Dufour : Pour.
La Secrétaire : Mme Blanchette
Vézina?
Mme Blanchette Vézina : Contre.
La Secrétaire : M. Tremblay
(Dubuc)?
M. Tremblay : Contre.
La Secrétaire : M. Bussière
(Gatineau)?
Le Président (M. Montigny) : M.
Bussière?
M. Bussière : Contre.
La Secrétaire : Mme Picard
(Soulanges)?
Mme Picard : Contre.
La Secrétaire : M. Rivest
(Côte-du-Sud)?
M. Rivest : Contre.
La Secrétaire : Mme Zaga
Mendez (Verdun)?
Mme Zaga Mendez : Abstention.
La Secrétaire : M. Montigny
(René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) : Abstention.
Alors, merci. La motion est battue, est rejetée. Maintenant, est-ce qu'il y a
d'autres motions préliminaires?
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Est-ce que vous l'avez transmise au secrétariat?
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
On va suspendre quelques instants pour
permettre d'acheminer la motion au secrétariat. Merci.
(Suspension de la séance à 17 h 40)
(Reprise à 17 h 46)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous redébutons nos travaux. Nous avons reçu... bel et bien reçu une motion
préliminaire. Alors, il y a quelqu'un qui a déposé cette motion, alors...
M. Fortin :Oui, M. le Président...
Le Président (M. Montigny) : C'est
vous, M. le...
M. Fortin :
...il y a quelqu'un qui a déposé cette motion.
Le Président (M. Montigny) : Et
voilà. Alors, je vous laisse aller. Vous avez donc 30 minutes pour la
présenter et pour nous expliquer la teneur de vos propos.
Motion proposant d'entendre M. Jonatan Julien
M. Fortin :Très bien. Merci. Merci, M. le Président. Je note l'heure
afin de m'assurer que je termine à l'heure également. Alors, voici, motion
préliminaire.
Conformément à l'article 244 du
Règlement de l'Assemblée nationale, je fais motion afin :
«Que [...] la Commission de l'agriculture,
des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles, dans le cadre de
l'étude détaillée du projet de loi n° 63, Loi modifiant la Loi sur les
mines et d'autres dispositions, tienne des consultations particulières et qu'à
cette fin, elle entende dès que possible M. Jonatan Julien, ancien
ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles du 18 octobre 2018 au
20 octobre 2022.»
M. André Fortin
Et là je m'excuse, M. le Président, si
j'ai fait un accroc au règlement en nommant celui qui est député de
Charlesbourg. Je crois...
Une voix : ...
M. Fortin :
...je m'en excuse, également ministre de l'Infrastructure. Mais je pense que ça
pourrait faire plaisir au gouvernement, une motion comme celle-là, à tout le
moins ça pourrait être intéressant comme débat. Parce que moi, je trouve que le
député de Charlesbourg, le ministre de l'Infrastructure, d'abord et avant tout,
je trouve que c'est un... c'est un tribun particulièrement intéressant. J'aime
l'entendre, M. le Président. Et, vous savez, dans les espèces de classements
qu'on fait à la fin de chaque année, là, on peut voter pour les députés qu'on
trouve qui ont une bonne présence dans leur circonscription, on peut trouver
des députés qui ont un bon esprit sportif. Moi, ça m'arrive souvent de voter
pour le député de Charlesbourg en tant que meilleur orateur de l'Assemblée. Et
je le dis franchement et honnêtement, là, c'est quelqu'un qui... quand il
parle, il capte notre intérêt, M. le Président. Alors, j'aimerais ça l'entendre.
Ce serait intéressant, ce serait divertissant, mais ce serait surtout utile aux
travaux de notre commission.
Et je vous explique pourquoi, M. le
Président. Parce que l'idée de réformer la Loi sur les mines, ça ne date pas
d'hier, hein? La ministre l'a dit, là, un peu plus tôt, là, une réforme ou une
présentation de projet de loi pour modifier la Loi sur les mines, comme le fait
le projet de loi n° 63, bien, c'est attendu et c'est attendu depuis un
certain temps. Alors, on est retournés dans les anciens pourparlers ou les
anciennes discussions publiques que le précédent ministre des Ressources
naturelles avait eues et on a trouvé des articles, somme toute, intéressants,
M. le ministre... M. le Président.
• (17 h 50) •
Il y a quatre ans et demi, le 25 février
2020, le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles... à l'époque,
c'était un ministre qui s'occupait des deux dossiers, depuis le gouvernement a
réorganisé des trucs, mais le ministre de l'Énergie et des Ressources
naturelles, le député de Charlesbourg, indiquait à Radio-Canada, je crois, oui,
Radio-Canada, avoir l'intention d'effectuer une refonte de la Loi sur les
mines, qui avait été modernisée, pour la dernière fois, en 2013. Et on se
souvient tous de ces débats-là avec Martine Ouellet, M. le Président,
lorsqu'elle était ministre des Ressources naturelles. Alors, la refonte de la
Loi sur les mines, ce que le ministre de l'Infrastructure actuel disait à
l'époque, bien, c'est qu'il faut la moderniser, hein, et ça, ça venait suite
aux interventions, justifiées, encore une fois, de plusieurs MRC, de plusieurs
municipalités, entre autres par rapport à la désignation des TIAM.
Et je trouve ça intéressant, M. le
Président, que cette ouverture-là, cette idée-là, d'il y a quatre ans et demi,
de février 2020, elle venait par rapport aux frustrations, par rapport aux
critiques que les MRC, que les municipalités émettaient par rapport au
processus de <désignation...
M. Fortin :
...que les MRC, que les municipalités émettaient par
rapport au processus de >désignation des TIAM, parce qu'on l'a entendu
encore aujourd'hui, on l'a entendu encore au cours des dernières semaines, hein?
Moi, je me souviens du préfet de la MRC de Papineau, qui est venu ici nous dire
que ça fait huit ans qu'il travaille à avoir un TIAM pour sa MRC... pour sa
municipalité ou sa MRC. Alors là, M. le Président, huit ans, et ils n'ont
réussi qu'à avoir une petite partie, si je me souviens bien de son
intervention, de son... de la discussion qu'on a eue.
Alors, de toute évidence, à ce moment-là,
quand les frustrations étaient déjà sur la place publique... ça faisait trois
ans et demi que la MRC Papineau se battait pour ça. Là, quatre ans et demi de
plus ont passé. On est rendus à huit ans. Alors, je vous suggère, M. le
Président, encore... parce que, dans le projet de loi, disons que c'est loin
d'être clair que les TIAM vont réellement être améliorés, le processus interne
au ministère des Ressources naturelles va réellement être amélioré, alors que
plusieurs municipalités, MRC auraient émis ce souhait-là. Je vous soumets, M.
le Président, que le ministre des Ressources naturelles pourrait... de l'époque,
pourrait nous dire pourquoi ils n'ont pas agi en ce sens.
M. le Président, on est remontés encore
plus loin, 31 janvier 2019. Et là je pense que vous allez l'aimer,
celle-là, étant d'une région minière vous-même, M. le Président : Québec
veut faciliter le démarrage de nouvelles mines.
Et comment on voulait faire ça à l'époque,
M. le Président? Je vous le cite : «Questionné sur la suite à donner au Plan
Nord, le gouvernement de la CAQ répond qu'il soutient l'ouverture de nouvelles
mines, et, pour y arriver, le ministre des Ressources naturelles entend alléger
le fardeau administratif imposé aux promoteurs miniers.»
Et entendez bien celle-là, M. le
Président, on venait dire que le fardeau administratif imposé aux promoteurs
miniers était trop grand parce qu'à l'époque, et le ministre se scandalisait de
la chose, il y avait 660 permis et autorisations du gouvernement du Québec
nécessaires à l'ouverture d'une mine. Démarrer un projet minier au Québec
nécessitait, à ce moment-là, 660 permis et autorisations. Et ça, c'est il
y a cinq ans et demi. Et on nous disait : Ça n'a pas de sens, il faut
absolument revoir ça, il faut faciliter le démarrage de nouvelles mines, il
faut alléger ce processus-là.
Avez-vous entendu la fédération des
chambres du commerce... des chambres de commerce du Québec il y a, quoi... la
semaine dernière ou il y a deux semaines, ici, en commission parlementaire? Combien
ils nous ont dit qu'il y avait de permis et d'autorisations nécessaires
aujourd'hui, au Québec, pour ouvrir une nouvelle mine? 660, M. le Président.
Ça, c'était il y a cinq ans et demi...
presque six ans, en fait, plus que cinq ans et demi, il y a presque six ans, en
janvier 2019. On nous a dit : Ça n'a pas de sens, il faut faciliter le
démarrage, il faut alléger le fardeau administratif. Et depuis, on n'en a pas
enlevé une seule de ces autorisations-là qui seraient nécessaires.
Et il avait raison, M. le
Président, le ministre des Ressources naturelles de l'époque. Dans les
660 permis... écoutez bien ça, il allait encore plus loin, en fait, de
dire qu'il y avait une lourdeur puis une complexité des procédures. Il nous
disait... «Le ministre des Ressources naturelles concède que plusieurs de ces
informations — plusieurs de ces permis et autorisations — peuvent
être redondantes.» Il le savait déjà.
Alors, le ministre des Ressources
naturelles, en 2019, avait déjà identifié quels permis, quelles autorisations,
quelles informations demandées de la part du gouvernement étaient redondantes.
Et pourtant, aujourd'hui, ces mêmes autorisations là sont nécessaires.
Alors, quand on dit : «Il prévoit
réduire la lourdeur et la complexité de ces procédures»... je veux bien, M. le
Président, qu'on a devant nous un gouvernement qui, pour certaines de ses
promesses, les met de côté, mais là c'était une promesse pour laquelle il y
avait une solution, hein? Ce n'était pas un enjeu, disons, aussi déchirant que
le troisième lien, par exemple, où le gouvernement était <en faveur...
M. Fortin :
...déchirant que le troisième lien, par exemple, où
le gouvernement était >en faveur d'un troisième lien à l'est, ensuite au
centre-ville... bien, ce qu'on appelait des centres-villes, là, parce qu'à
Lévis c'était quand même... ça arrivait sur le bord de la 20, je ne suis pas
sûr qu'on peut appeler ça le centre-ville de Lévis, mais de centre-ville à
centre-ville. Après ça, on était pour un bitube. Après ça, on était pour un
seul tube. Après ça, on était pour un seul tube mais juste pour le transport en
commun. Là, on n'est plus pour rien du tout, mais peut-être qu'on l'est, parce
que ça revient sur la table une fois de temps en temps.
Ça, M. le Président, je le concède au
gouvernement, c'est un dossier complexe, mais là, ici, on est devant un
ministre qui nous dit : Je le sais qu'il y a des permis, qu'il y a des
autorisations qui sont redondantes, je le sais que ça ne marche pas, puis je
sais c'est lesquelles, puis je vais le réduire... je vais réduire la lourdeur,
la complexité, puis il ne l'a pas fait. On a encore aujourd'hui 660
autorisations et permis nécessaires lorsqu'on veut introduire, ouvrir une mine
au Québec.
Mais savez-vous quoi? La réflexion avait
été poussée encore plus loin à l'époque. «Dans les 660 permis...» Citation du
ministre de l'Énergie, des Ressources naturelles... ah, et responsable de la Côte-Nord,
M. le Président, je l'avais oublié, de l'époque : «Dans les 660 permis,
est-ce qu'on ne peut pas accompagner le promoteur avec une espèce de chargé de
projet qui chemine avec lui dans le processus?» Oh! là, on avait mis le doigt
sur quelque chose. Est-ce qu'on peut aider des promoteurs, des gens qui
s'intéressent à venir investir dans le potentiel minier du Québec? Est-ce qu'on
peut les aider avec une espèce de chargé de projet?
Avez-vous entendu les gens de l'association
minière nous dire qu'il y a un bon accompagnement ces jours-ci? Je ne pense
pas, M. le Président. Avez-vous entendu les gens qui ont émis des mémoires, là,
entre autres les gens de Glencore, par exemple, les avez-vous entendus dire que
cette promesse-là, elle a été réalisée de la part de l'ancien ministre des
Ressources naturelles? Je ne pense pas, M. le Président. Et pourtant, il comprenait
l'enjeu.
Je le cite encore : «Actuellement, on
a besoin des permis environnementaux du ministère de l'Environnement, des
permis de Faune et Parcs, du ministère de l'Énergie et des Ressources
naturelles et souvent des permis du ministère des Transports.» Alors, il savait
exactement, M. le Président, ce qui était nécessaire. Il avait identifié des
façons de s'y prendre, façons de s'y prendre qui ne sont pas retenues... qui
n'ont pas été retenues au fil des années et qui n'ont toujours pas été retenues
par la ministre dans son projet de loi actuel, d'ailleurs.
Alors, je trouve ça réellement
particulier, M. le Président, que ces changements-là, qu'on connaissait déjà il
y a cinq ans comme nécessaires... qu'on reconnaissait déjà il y a cinq ans
comme nécessaires... bien, qu'on ne les ait toujours pas faits et qu'on ne les
inclue même pas dans le projet de loi de la ministre, qui vient complexifier la
chose. Je vous rappelle le propos d'à peu près tout le monde du côté du
patronat, tout le monde du côté des investisseurs miniers, c'est-à-dire que
l'incertitude que vient créer, entre autres, tous les pouvoirs que
s'auto-octroie la ministre des Ressources naturelles vont venir ajouter une
couche d'imprévisibilité, hein? Ce qu'on veut ici, c'est de la prévisibilité. Là,
on vient ajouter de l'imprévisibilité. On fait exactement le contraire de ce
qu'on a dit qu'on voulait faire. Enfin.
• (18 heures) •
M. le Président, le précédent ministre des
Ressources naturelles, je pense qu'il y croyait vraiment, M. le Président,
quand il affirmait, dans une motion qu'il a présentée à l'Assemblée nationale
en 2021, en avril 2021, conjointement avec plusieurs collègues autour de la
table... de la table de l'Assemblée à l'époque, pas la table ici, M. le
Président :
«Qu'elle souligne que les minéraux
critiques et stratégiques sont essentiels — on est d'accord là-dessus — et
que nous avons la chance de pouvoir compter sur la richesse de notre territoire
pour nourrir une relance économique verte et vitaliser l'économie de nos
régions.»
Bien, j'espère, M. le Président...
J'espère que nos minéraux critiques et stratégiques sont essentiels. J'espère
que le gouvernement et que tout le monde au gouvernement reconnaît qu'on a la
chance de <pouvoir compter...
>
18 h (version révisée)
<15383
M. Fortin :
...que
le
gouvernement et tout le monde au gouvernement reconnaît qu'on a la
chance de >pouvoir compter sur cette richesse-là dans notre territoire
pour nourrir une relance économique verte. Mais si les minéraux critiques et stratégiques
qu'on utilise dans nos filières batterie, par exemple, ne sont pas du Québec, bien,
est-ce qu'on aura vraiment, M. le Président, vitalisé l'économie de nos régions
comme le disait le ministre des Ressources naturelles de l'époque?
Bien, ça, c'est une motion que... ils ont
demandé à tous les parlementaires de voter positivement face à cette
initiative. Je vous rappelle le slogan à l'époque, Un Québec plus prospère,
un Québec plus vert, un Québec plus fier. Mais je ne le sais pas, moi, mais
les gens de l'Abitibi qui ont écrit le mémoire que j'ai cité un peu plus tôt,
ils n'avaient pas l'air particulièrement fiers de ce qui a été proposé par le
gouvernement. Je ne pense pas qu'ils croient non plus que ça va mener à un
Québec plus prospère, hein? Ils ont cité leurs inquiétudes sur l'avenir
économique du Québec. Je ne pense pas non plus que, si on arrive à un Québec
plus vert... si on veut un Québec plus vert, qu'on y arrivera en refusant d'utiliser
certains des minéraux stratégiques essentiels au développement de ces
filières-là.
Et là, M. le Président, j'arrive à la
vraie raison, le fond de la chose, à savoir pourquoi on veut entendre et on
pense que ce serait utile pour la commission d'entendre l'ancien ministre des
Ressources naturelles. Ça, c'est le document que j'ai devant moi, M. le
Président. Et ne vous en faites pas, là, je le sais que mon collègue de
Nelligan a fait une demande similaire pour entendre récemment le député de l'Ancienne-Lorette,
M. le Président... de La Peltrie, le député de La Peltrie, le
ministre de la Transformation numérique, à une commission parlementaire comme
celle-là et qu'il a lu son CV. Je ne lirai pas le CV. En fait, je ne pense pas
que c'est le député de Nelligan, je pense que c'est le député de Taschereau qui
a lu le CV du ministre en question. Je ne ferai pas ça pour le ministre de l'Infrastructure.
C'est vrai, j'ai raison. Ça a l'air que c'est un bon choix en plus. Mais, M. le
Président, je vais m'inspirer d'un document qu'il a lui-même déposé, qu'il a
lui-même écrit, élaboré et déposé, c'est-à-dire le Plan québécois pour la
valorisation des minéraux critiques et stratégiques 2020‑2025, hein? On y
voit même une batterie pour parler de l'importance des minéraux critiques et
stratégiques, alors comme quoi le gouvernement a de la suite dans les idées,
même si cette suite d'idées là, elle est rompue à un certain point quand on
vient à parler des mines.
Et là, M. le Président, avant d'en arriver
aux mots du ministre, il y a quand même le mot du premier ministre dans ce
document-là, et le premier ministre du Québec qui dit essentiellement :
«Le Québec a la chance de pouvoir miser sur d'immenses réserves de ressources
naturelles pour nourrir une relance économique verte.» Vrai, il a raison. Je ne
donne pas raison souvent au premier ministre. Je ne lui donne pas raison sur le
troisième lien. Je ne lui donne pas raison sur ses valses-hésitations sur le
tramway de Québec. Je ne lui donne certainement pas raison sur le très
malhabile jeu au sujet de l'immigration qu'il a mis de l'avant la semaine
dernière. Mais sur cet enjeu-là, il avait raison, à l'époque, de dire :
«Le Québec a la chance de pouvoir miser sur d'immenses réserves de ressources
naturelles pour relancer une économie verte.»
Mais, M. le Président, ce n'est pas ce que
le projet de loi propose. Le projet de loi propose le contraire. Le projet de
loi propose de laisser ces minerais... ce minerai critique et stratégique sous
le sol québécois. Et pourtant le premier ministre disait : Nos minéraux
critiques et stratégiques sont des ingrédients essentiels à l'électrification
de notre économie. Essentiels, incontournables, nos minerais, nos minéraux
critiques et stratégiques. Et c'est pour ça qu'il disait que «le Plan québécois
pour la valorisation des minéraux critiques et stratégiques s'inscrit dans
cette vision : il présente des mesures concrètes pour tirer profit de
minéraux indispensables à la transition énergétique et technologique, tant à l'échelle
nationale et internationale. Ce plan nous offre la possibilité de faire
rayonner le Québec partout dans le monde.»
Mettez ça côte à côte, là, avec ce que les
gens d'Abitibi nous ont dit un peu plus tôt, ce que j'ai cité du mémoire de la
Conférence des préfets de <l'Abitibi-Témiscamingue...
M. Fortin :
...ce que j'ai cité du mémoire de la Conférence des
préfets de l'Abitibi-Témiscamingue>, qui nous ont dit essentiellement
que le projet de loi présenté par la ministre va mettre à mal l'avenir
économique du Québec et de leur région en particulier. Et là, ici, on a le
premier ministre du Québec qui nous dit qu'on a la possibilité de tirer profit
de nos minéraux — ils sont où, nos minéraux, ils sont dans le sol — indispensables
à la transition énergétique et qu'on va pouvoir les utiliser ici ainsi qu'à l'international.
On va même pouvoir les exporter, M. le Président. Mais là on n'est pas là
pantoute, là, avec le projet de loi n° 63. On n'est pas là du tout.
Ce que les acteurs du monde minier, ce que
les acteurs du monde municipal, en Abitibi-Témiscamingue, nous ont dit
essentiellement, c'est qu'on va ralentir le développement minier. Donc, on va
en avoir moins, de minéraux stratégiques qu'on va être capable de sortir du sol
québécois. Alors, la possibilité de faire rayonner le Québec partout dans le monde,
elle va passer par quoi, si elle ne passe pas par les minéraux stratégiques et
critiques, comme le souhaitait le premier ministre? M. le Président, on nous
disait, à travers la voix du premier ministre, qu'on voulait rendre le Québec
plus autonome. Bon, le premier ministre n'est pas tout à fait rendu à son
ancien souhait, qu'il soit indépendant, le Québec, mais il dit qu'on va le
rendre plus autonome en contribuant à la production de substances nécessaires
au développement de ces secteurs clés de notre industrie.
Je ne pense pas que c'était très
controversé quand le premier ministre disait ça. Je pense que c'était même
souhaitable de vouloir relancer la création de la richesse... et nous permettra
non seulement de créer de la richesse, mais aussi d'améliorer nos
infrastructures au bénéfice de plusieurs collectivités nordiques. Ce n'était
pas particulièrement controversé, mais je ne connais pas grand monde qui se
sont arrêtés aux mots du premier ministre puis qui ont dit : Oh! pas sûr
de ça, moi. Heille! Il s'avance, là. C'est risqué, ce qu'il dit là. Tout le
monde était... «tout le monde», la grande majorité des Québécois étaient
d'accord avec ça.
La grande majorité des gens qui sont
intervenus ici, dans le cadre de la commission parlementaire, comprenaient ce
qu'il voulait dire. Des gens que le gouvernement souhaite aider quand il met de
l'avant la filière énergétique, quand il met de l'avant la filière batterie,
entre autres, je suis pas mal sûr qu'il était d'accord avec ça. C'est une des
raisons... à part le cheap labor évoqué par Investissement Québec, c'est une
des raisons pour lesquelles les gens qui s'investissent dans la filière
batterie choisissent parfois, pas toujours, mais parfois, le Québec. C'est
parce qu'on a, entre autres, des minéraux critiques et stratégiques et qu'on
peut aller les puiser, qu'on a un environnement d'affaires qui fait leur
affaire.
Alors là, je me tourne la page, M. le
Président... et j'en arrive aux mots du ministre : «La valorisation de ces
minéraux sur notre territoire est doublement importante : d'abord, pour
répondre aux besoins d'approvisionnement, ici, mais également à
l'international.» OK. C'est peut-être le même auteur qui a écrit les deux mots,
là, mais il est signé de deux personnes différentes. Puis les deux disent :
On a besoin de ces minéraux critiques et stratégiques là pour développer nos
industries ici et pour exporter, pour décarboner le Québec et pour décarboner
le reste de la planète. Qu'est-ce que l'auteur du projet de loi n° 63 n'a
pas compris? «Ce plan permettra donc d'attirer des investisseurs, de créer des
emplois et de stimuler l'essor de nouvelles entreprises». Gagnant-gagnant-gagnant,
mais trois choses qui, selon les gens qui se sont prononcés sur le projet
de loi n° 63, deviennent impossibles ou difficiles, à tout le moins.
• (18 h 10) •
Mais le pire, M. le Président, c'est le
dernier paragraphe. «Plus que jamais, notre gouvernement entend dynamiser
nos économies régionales en misant sur ses forces.» Moi, j'ai entendu le
contraire des gens de l'Abitibi, j'ai entendu exactement le contraire. Des gens
qui, s'ils se donnaient le temps d'aller relire ces mots du premier ministre,
ces mots du ministre des Ressources naturelles, diraient : Bien, vous avez
des explications à nous donner. Puis c'est à peu près ça qu'on veut avoir du
ministre des Ressources naturelles de l'époque, des explications. Comment on a
pu se rendre là? Comment ce projet de loi là, qui va à <l'encontre...
M. Fortin :
...Comment on a pu se rendre là? Comment ce projet
de loi là, qui va à >l'encontre de tout ce qui a été dit par le ministre
des Ressources naturelles, par le premier ministre, a pu se rendre ici
aujourd'hui devant nous, parlementaires, pour l'étude du projet de loi? Comment
ils ont pu approuver quelque chose qui allait à l'encontre d'à peu près tout ce
qu'eux-mêmes mettaient de l'avant il y a quelques années?
Là, M. le Président, le document en tant
que tel, là, fait 54 pages, et, à peu près à chacune de ces pages-là, je
peux retrouver une citation. Ne vous en faites pas, M. le Président, je ne
lirai pas les 54 pages du document, mais à chacune des pages du document,
je peux retrouver une citation attribuable au ministre des Ressources
naturelles de l'époque, à son ministère, à tout le moins, qui est en pleine
contradiction avec le projet de loi n° 63. Il vient nous dire, à la page 1,
qu'on a des besoins croissants en minéraux critiques et stratégiques, hein? Il
rejoint un peu ce que le gouvernement fédéral nous disait il y a quelque temps,
qu'on a besoin d'une augmentation. Pourquoi? Parce que les appareils, les
équipements intelligents, l'aérospatiale, les télécommunications, les énergies
renouvelables, le stockage d'énergie, le domaine médical, l'électrification des
transports sont tous des secteurs en croissance pour lesquels un
approvisionnement en minéraux critiques et stratégiques est indispensable. On a
besoin des minéraux québécois si on veut être capable de produire tous ces
biens-là.
Alors, pourquoi, M. le Président, dans ce
contexte-là, le gouvernement présenterait le projet de loi n° 63, qui va
ralentir l'investissement minier au Québec, qui va le rendre plus difficile,
qui va faire en sorte que l'on a un environnement d'affaires moins prévisible,
qu'on donne des pouvoirs additionnels à la ministre qui vont rendre moins
transparent l'environnement dans lequel souhaitent opérer ces gens-là? Là, j'ai
nommé quelques secteurs, mais ils continuent, dans le document... On veut
fabriquer des batteries pour les ordinateurs portables. Je regarde autour de la
table. D'après moi, c'est encore très utile, les ordinateurs portables, les
téléphones intelligents, les véhicules électriques, des disques durs
d'ordinateurs, des aimants pour les moteurs électriques. Si on veut produire
ces choses-là au Québec, bien, j'espère qu'on va le faire avec des minéraux
québécois, d'abord et avant tout. J'espère, M. le Président, puis, si on ne les
fait pas au Québec, s'ils sont faits ailleurs, j'espère, comme l'espérait le
premier ministre et le ministre des Ressources naturelles, le prédécesseur de
celle qui est actuellement dans ce rôle, j'espère que, même si c'est produit à
l'international, qu'on va pouvoir utiliser du minerai québécois.
Pourquoi pas, M. le Président? On devait,
à ce moment-là, au moment du dépôt de ce document-là, avoir non seulement une
stratégie au Québec pour aller en chercher davantage, mais on devait aussi
avoir une stratégie pour les transformer ici. Parce que ce qu'on sort du sol,
ce n'est pas immédiatement utilisable dans les usines de Bécancour, par
exemple. Il va falloir faire de la transformation initiale.
C'est ce que le gouvernement souhaitait
faire, M. le Président. Vous n'avez pas vu le Parti libéral déchirer sa chemise
au moment où ce plan-là a été déposé, parce qu'il y avait une certaine logique
à la chose, une certaine continuité dans les idées du gouvernement de l'époque,
mais, dans le gouvernement d'aujourd'hui, qui est le même gouvernement de
l'époque, on dirait qu'il y a eu une cassure. On dirait qu'on a accepté de
mettre de l'avant un projet de loi, qui était attendu, qui était nécessaire
pour certains éléments, mais qui vient mettre à risque une industrie qui est
indispensable pour nos filières stratégiques au Québec.
À ce moment-là, M. le Président, on disait
qu'on voulait au Québec... qu'on avait et qu'on voulait un environnement
d'affaires attrayant. C'est une vraie blague, ça, M. le Président. On vient
jouer à travers le projet de loi n° 63 dans cet environnement d'affaires
là. On vient jouer dans l'attractivité du Québec.
Le Président (M. Montigny) : Une minute.
M. Fortin :Très bien, M. le Président. Et aujourd'hui, là, l'industrie
minière au Québec, là, elle n'est pas en mauvais état. L'industrie minière
fonctionne bien. Il y a des considérations à avoir au niveau de la
cohabitation, d'immenses considérations à avoir, mais est-ce qu'on veut
vraiment venir gâcher l'élan de l'industrie <minière...
M. Fortin :
...considérations à avoir, mais est-ce qu'on veut
vraiment venir gâcher l'élan de l'industrie >minière? Est-ce qu'on veut
vraiment venir ralentir ce développement minier là qui nous permet d'avoir des
minéraux critiques et stratégiques au Québec? Le ministre le disait lui-même,
là, le climat d'affaires concurrentiel est prévisible et nécessaire. Mais là le
projet de loi n° 63, il vient mettre à risque cet environnement d'affaires
concurrentiel et prévisible là, et je ne comprends pas pourquoi on va de l'avant
avec ça.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Le temps étant écoulé, c'est maintenant le temps de savoir s'il y a d'autres
intervenants pour cette motion préliminaire. Oui, parfait. Vous représentez le
chef de l'opposition officielle. Vous avez donc 30 minutes pour votre
intervention.
Mme Virginie Dufour
Mme Dufour : Merci beaucoup,
M. le Président. Alors, bon, je vais... Je vous avoue que je ne suis pas à la
même place que mon collègue, à savoir si monsieur... si le ministre actuel des
Infrastructures est un excellent orateur. Je n'ai pas eu la chance de
l'entendre encore, je n'ai pas étudié de projet de loi. Je l'ai entendu,
quelques réponses en période de questions, mais ce n'est pas là qu'on voit
nécessairement qui sont les meilleurs orateurs.
Mais, par contre, je pense que ça aurait
été intéressant de l'entendre compte tenu que c'est lui, quand même, qui a mis
en place... et qui était auparavant, là, ministre, en fait, des Ressources
naturelles, à l'époque qui était aussi ministre de l'Énergie, avant que ce soit
scindé en deux ministères distincts. Mais bref, c'est lui qui a mis en
place le plan ou... en fait, la politique ou le plan de valorisation des
minéraux stratégiques et critiques. Je ne sais jamais si on dit stratégiques ou
critiques en premier. Mais bref, c'est lui qui a mis ça en place, et le... je
pense que mon collègue député de Pontiac l'a abondamment exprimé, là, à quel
point c'est incohérent, ce plan-là qui a été publié pas plus tard qu'en 2022,
je me trompe... si je me trompe... stratégique... Excusez-moi, j'ai comme un
doute, mais il me semble... 2020, donc, en 2020. On est, bon, quatre ans
plus tard.
D'ailleurs, en 2020, quand ça a été
publié, c'est à ce moment-là qu'il a indiqué qu'il y a... le régime minier
allait être révisé. Ça a pris quatre ans, donc, pour revoir cette... ou
arriver avec cette loi modifiée. Mais on dirait qu'entre les deux il s'est passé
une grande déconnexion entre quels étaient les objectifs de départ et où on
arrive aujourd'hui. Je pense que les groupes sont venus nous le dire
abondamment à quel point il y avait une déconnexion entre les besoins, les
besoins que nous, on estime comme... que le gouvernement estime... le besoin
que la société estime, le besoin... qui sont aussi calculés de façon, tu sais,
mondiale, et ce qu'on... ce que le projet de loi va permettre au bout du
compte.
Et là moi non plus, je ne lirai pas son
curriculum vitae, mais... au ministre qui est député de Charlesbourg, mais
j'aimerais quand même souligner que c'est un ancien conseiller municipal de la
ville de Québec. Il a été là pendant cinq ans. Alors, il a une
connaissance du terrain peut-être que d'autres ont moins. Mais définitivement,
lui, il savait à quel point c'était important, le pouls des élus locaux, et ça
serait intéressant de l'entendre sur la demande que tous les groupes municipaux
ont faite. Et j'ai parlé abondamment, dans la motion préliminaire précédente...
qui est la demande d'enlever, là, dans le fond, le... de retirer, d'abolir
l'article 246 de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme, qui vient dire
que la Loi sur les mines a toujours préséance sur l'aménagement du territoire,
peu importe les... ce que les élus municipaux arrivent... et pas juste les
élus, là, la communauté entière arrive comme constat lorsqu'ils produisent
leurs schémas d'aménagement et de développement du territoire. Et donc, je ne
peux pas dire son nom, le ministre... le député de Charlesbourg, actuel
ministre des Infrastructures, a une connaissance du municipal qui aurait été
intéressante d'entendre. Je sais que l'ancien maire de Québec ne partage pas
l'opinion, là, mais... que c'était un excellent conseiller municipal, mais, je
pense, ça aurait été très intéressant de l'entendre à ce sujet-là.
• (18 h 20) •
Là, je vais revenir sur quelque chose que
j'ai mentionné dans mes remarques préliminaires, qui était, donc, les besoins
en minéraux critiques, et là je vais vous lire... dans le fond, c'est un <article...
Mme Dufour :
...dans
le fond, c'est un >article du 27 août dernier, donc ça ne fait pas
très longtemps, puis là on parle des multinationales, on dit : Les multinationales
Volkswagen, Northvolt, Stellantis, LG, Northvolt encore, qu'on parle tellement
dans les médias ces temps-ci, nous ont dit qu'elles se sont établies... donc,
toutes ces multinationales-là «se sont établies au Canada en raison de l'accès
aux minéraux et qu'il est peu probable qu'elles soient en mesure de fabriquer
des batteries avec une stratégie qui dépend de l'importation de minéraux.
«Or, le Canada serait actuellement dans
une situation pour le moins délicate. On y apprend que la quantité de minéraux
critiques extraits de sols canadiens, dont le nickel, le graphite et le lithium,
est loin de pouvoir fournir la filière batterie.» Et là on dit, puis ça, je
vous avais mentionné le chiffre un petit peu plus tôt, là, que le Canada
détient moins de 50 % de la production minérale nécessaire pour ça.
Alors, ce qu'on comprend, c'est qu'il y a
des entreprises qui sont venues chez nous, au Québec, pour les minéraux parce
qu'on leur a dit deux choses. On leur a dit : Vous allez avoir accès
à de l'énergie à bas prix et vous allez à avoir accès à des minéraux. Puis là,
bien, on constate que ça va peut-être être un petit peu plus difficile, accéder
à ces minéraux-là, à satisfaire 100 % de la demande. D'ailleurs, le même
article faisait référence que ça coûterait, puis là je l'ai mentionné un petit
peu plus tôt, au bas mot, 24 milliards de dollars pour satisfaire
100 % de la demande. C'est énorme. On ne sait pas c'est combien qui
viendrait des concitoyens, mais c'est énorme.
Mais, pour faciliter cette exploration-là
et l'accès à ces minéraux-là, bien, c'est évident qu'il faut pouvoir explorer.
C'est ça que je voulais dire. On a un enjeu où est-ce qu'on nous dit... puis
ça, c'était l'Association minière du Québec qui nous le mentionnait, puis eux
s'inquiètent, là, pour le potentiel minier du Québec, en disant : Bien, il
y a moins de 15 % du sous-sol québécois qui a historiquement fait l'objet
d'exploration. Le potentiel à découvrir est donc énorme. Comme un seul projet
d'exploration sur plus de 1 000 aboutit à une mine, on comprend que
l'exploration et l'accès au territoire sont vitaux pour trouver la mine de
demain ou pour prolonger la vie des mines actuelles et ainsi assurer la
pérennité de l'industrie minière.
Mais ça, cette réalité-là, tu sais, qu'un
projet sur 1 000 aboutit à une mine, eh bien, le ministre... actuel
ministre des Infrastructures, l'avait compris. Il l'avait compris, parce que
d'ailleurs, dans son mot d'introduction du plan que... j'espère, je dis le bon
nom, là, mais le plan de valorisation des minéraux critiques et stratégiques,
il dit... c'est intéressant, il dit : «Ce plan nous conduira notamment à
réaliser l'une des plus grandes campagnes de caractérisation de notre
territoire et à cartographier le potentiel du Québec en minéraux critiques et
stratégiques. Il assurera la création d'un réseau national en recherche et
développement rassemblant tous les acteurs clés du domaine afin d'optimiser les
investissements en innovation, favoriser les synergies, obtenir les résultats
probants.»
Mais là ceux qui font partie prenante, les
acteurs clés du domaine viennent nous dire que le projet de loi va, au
contraire, empêcher cette caractérisation-là du territoire parce que... parce
qu'il y a beaucoup d'exclusions qui sont incluses dans le projet de loi et aussi
parce que ça complexifie la façon qu'on gère les... qu'on va gérer les droits
d'exploration et la nouvelle complexité, l'incertitude aussi, l'incertitude du
fait qu'à tout moment la ministre pourrait révoquer un droit, un droit
d'exploration sans que... sans le prévoir d'avance, du moins. Ça amène
tellement d'incertitude qu'on nous dit : Bien, non seulement on ne pourra
pas caractériser notre territoire, comme le souhaitait l'ancien ministre des
Ressources naturelles, mais en plus, bien, on va peut-être, en fait, ne pas
atteindre nos objectifs pour trouver des minéraux critiques et stratégiques. Et
ça veut dire qu'il y a des multinationales qu'on a attirées chez nous, ici,
comme je vous disais... bien, Northvolt, on en a parlé abondamment, mais on a
Stellantis, on a Ford, que le premier ministre parle souvent, qui est à
Bécancour. Bien, ces entreprises-là, si elles n'ont pas les minéraux, est-ce
qu'elles vont rester? Est-ce que ça va devenir des éléphants blancs? Il faut se
poser la question.
Puis là l'Association minière du Québec,
qui est celle qui, normalement, représente les entreprises qui devraient
fournir ces <minéraux-là...
Mme Dufour :
...entreprises
qui devraient fournir ces >minéraux-là, éventuellement, à ces
entreprises, nous dit : Drapeau rouge, là, on n'y arrivera pas avec le
projet de loi comme il est là, et il faudrait retourner à la table à dessin
complètement. Donc, d'ailleurs, on avait... j'avais posé la question à la Fédération
des chambres de commerce, je crois, si je ne me trompe pas, la Fédération des
chambres de commerce, et j'avais posé la question simple : Est-ce que vous
croyez que le projet de loi, tu sais, devrait être complètement retiré? Puis
ils ont dit : Tout à fait. Pour eux, c'est un projet de loi qui ratait complètement
la cible. Donc, ça, ce n'est pas rien et c'est... on voit que ce n'est pas du
tout en concordance avec les visées de l'ancien ministre des Ressources
naturelles. Alors, ce serait vraiment pertinent, intéressant de l'entendre,
pouvoir le questionner sur quelles étaient ses visées, comment le projet de loi
devait s'orienter selon lui et où on en est rendus aujourd'hui.
Et là je vais continuer sur les besoins en
minéraux, puis ça, c'est dans le document, là. On le retrouve dans le document
à la page 8 du plan de valorisation des minéraux critiques et
stratégiques. On peut lire que «selon un rapport de la Banque mondiale publié
en 2020, la transition énergétique vers une économie faible en carbone
occasionnera une forte hausse de la demande de minéraux tels le nickel, le
vanadium, l'indium, le cobalt, le lithium et le graphite.» Puis là il y a une
figure qu'il nous présente, dans le rapport, que je ne peux pas vous montrer
comme ça, M. le Président, mais ça serait vraiment intéressant de le voir, le
graphite, qui, je crois, est un des éléments qu'on retrouve dans notre sol, parce
que, j'imagine, c'est pour ça qu'il y a une mine qui s'appelle Graphite...
Comment ça s'appelle, la mine?
Une voix : ...
Mme Dufour : Nouveau Monde Graphite,
voilà, Nouveau Monde Graphite qui s'installe très près, d'ailleurs, de régions
urbaines. Bien, c'est parce que c'est vraiment dans les minéraux... c'est le
minéral, dans toute la liste, qui va augmenter le plus selon les prévisions, d'ici
jusqu'à 2050. On parle d'une augmentation de 494 %. Ça, c'est énorme. Et,
de près, le lithium que, ça aussi... on a beaucoup, beaucoup, beaucoup de
lithium dans notre sol. Et ensuite le cobalt... là, j'avoue que le cobalt, je
ne sais pas si on en a beaucoup dans notre sol, je connais moins le cobalt. Mais
il y a un élément qu'on ne retrouve pas dans toute cette liste que je vois ici,
c'est l'or. Et l'or, c'est ce qu'on retrouve le plus comme mine actuellement au
Québec. Donc, on est très, très bien servi en mines d'or, mais ce n'est pas...
ce ne sont pas les matériaux... ça ne correspond pas aux minéraux critiques et
stratégiques qu'on veut développer dans le futur, donc... Et la majorité des
mines qu'on a actuellement, ce sont des mines d'or et de fer. Et le fer,
l'augmentation du fer qu'on voit, selon les perspectives, là, de la Banque
mondiale, c'est seulement de 1 %. L'augmentation, ce n'est pas beaucoup
en... sur un horizon de 32 ans, c'est seulement de 1 %. Donc là, on a
beaucoup d'œufs dans notre panier or et fer, mais il faut augmenter le cobalt,
le lithium et le graphite. C'est là qu'ils sont, c'est là qu'elle est,
l'avenir.
• (18 h 30) •
Donc, bien, pour ça, il va falloir
explorer, c'est certain, surtout quand on considère que seulement un site...
sur 1 000 sites d'exploration, seulement un deviendra une mine. On se
demande comment on va y arriver, là. On se demande vraiment comment on va
pouvoir fournir tous ces minéraux qui sont requis pour nos visions... nos
visées, plutôt, nos visées, c'est ça, du futur.
Puis d'ailleurs, le rapport l'écrit, ils
disent : «Pour répondre à cette hausse anticipée de la demande...» puis
ça, c'est dans le rapport, dans le plan, là, de l'ancien ministre des
Ressources naturelles. Ça dit : «...l'offre des pays producteurs tels le
Canada devra augmenter d'ici à 2050. Considérant que le temps requis pour
développer une mine est de 10 à 20 ans, voire plus, des efforts importants
seront nécessaires, à court, moyen et long terme, pour favoriser — le
mot clé — l'exploration, ensuite la mise en valeur et l'exploitation
de ces minéraux, sans oublier leur recyclage et leur réutilisation optimale.»
Mais ça passe par l'exploration. Et là ce que les groupes viennent nous dire, puis
même des MRC nous l'ont dit, c'est qu'actuellement, tel qu'écrit, on risque de
se tirer dans le pied puis de limiter trop les possibilités d'exploration.
Mais je suis consciente qu'il y a des
enjeux de cohabitation et qu'on ne peut pas explorer partout, là. Ça, je... ce
n'est pas ce que je dis. Et d'ailleurs c'est pour ça que je parle souvent de
l'article 246 de Loi sur l'aménagement et l'urbanisme, parce que c'est en <permettant
à ceux qui connaissent mieux...
>
18 h 30 (version révisée)
<19287
Mme
Dufour :
...la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme,
parce que c'est en >permettant à ceux qui connaissent mieux leur
territoire d'identifier où peut se faire ce développement-là...
Tu sais, moi, je vous l'ai dit tout à l'heure,
j'ai participé à l'établissement du schéma d'aménagement de la ville de Laval
qu'on connaît aujourd'hui. Bien, c'est bien évident qu'on n'a pas identifié de
site où qu'on pensait qu'il pourrait y avoir de l'exploration minière. C'est
évident qu'en milieu urbain comme ça, ce n'est pas là, malgré qu'il y avait des
claims miniers, en passant, sur le territoire. C'est un peu étonnant, mais oui,
il y avait des claims miniers. Mais bref, on doit permettre aux élus d'avoir
cette... leur mot à dire. Et, ce faisant, on risque d'avoir plus, finalement,
de développement minier que ce qui est proposé actuellement parce que ceux qui
veulent le plus développer sont justement des élus de régions minières.
Ensuite, je reviens au plan. Le titre
exact, M. le Président, c'est Plan québécois pour la valorisation des minéraux
critiques et stratégiques 2020‑2025. 2025, c'est l'an prochain. Si on fait le
bilan l'an prochain, je pense, malheureusement, on va avoir raté la cible, si
on adopte le projet de loi n° 63 tel quel. Bien, on
dit qu'il faut poursuivre la transition énergétique, qu'elle est essentielle à
la lutte contre les changements climatiques. Ça, ça m'interpelle parce que je
suis porte-parole de l'opposition officielle en matière d'environnement et de
lutte aux changements climatiques, et on sait qu'il y a des éléments qui sont
nécessaires et on fait référence au Plan pour une économie verte. Donc, dans le
fond, les minéraux stratégiques... critiques et stratégiques, à l'époque, le
ministre pensait que c'était essentiel pour réaliser le Plan pour une économie
verte, c'était aussi essentiel pour la Politique de mobilité durable.
D'ailleurs, on a demandé aux sociétés de
transport, on demande aux citoyens aussi... Éventuellement, on va leur dire :
Bien, vous ne pourrez plus acheter de voitures légères, de la catégorie léger,
là, qui soient à essence. On leur dit ça. Puis ça, c'était supposé être 2030.
Maintenant, on le repousse à 2035. Pas d'enjeu sur le délai, mais on... mais,
ce faisant, on leur dit : Bien, vous allez avoir besoin de rouler en
électrique, hein, parce qu'on ne retournera pas aux calèches. Donc, on a besoin
de rouler à l'électrique à ce moment-là.
Moi, je roule en électrique pour venir à
Québec. Il y a eu des avancées immenses, mais ça, si je suis capable de le faire
aujourd'hui, de faire Laval-Québec en un seul coup, l'hiver, quand il fait moins
20, c'est parce que la batterie est rendue quelque chose. Tu sais, on est... on
a de la puissance. En été, je suis rendue que je suis capable de faire du
presque 600 kilomètres d'autonomie. Ce n'est pas rien. Mais c'est parce qu'il y
a des minéraux critiques et stratégiques dans ma voiture qui ont permis de
faire cette batterie-là.
Alors, on demande aux citoyens ces
sacrifices-là, parce qu'on ne peut pas se le cacher, ça va devenir un
sacrifice, à un moment donné, de se passer de l'essence parce que ça amène...
Il y a quand même une liberté qu'on a avec l'essence qu'on a un peu moins avec
la voiture électrique. Quand je suis allée aux Îles-de-la-Madeleine, il a fallu
quand même que je planifie pas mal mon voyage, là, avec les différentes... les
endroits où je me suis arrêtée. Mais, tout ça, on leur demande ça, puis on
demande aussi aux sociétés de transport de s'électrifier, on demande... Tu
sais, on va... On interdit les chaudières au mazout, donc on demande de l'électricité.
Tout ça, c'est... puis les voies... les autobus électriques des sociétés de
transport, bien, ça demande aussi ces mêmes minéraux stratégiques là. Ça va en
prendre beaucoup.
Et là il y a tout un paquet d'entreprises
aussi qui n'ont comme pas le choix de se décarboner. On leur dit : Il va
falloir... parce qu'ils font partie de la bourse du carbone, donc ils paient
des montants faramineux en crédits de carbone, s'ils utilisent du mazout ou du
gaz naturel non renouvelable. Donc, ils veulent se décarboner. C'était le cas,
on en a parlé abondamment, des Forges de Sorel, par exemple. Quand on discutait
avec le... bien, le dirigeant principal, là, de l'entreprise, il nous disait :
Bien, tu sais, actuellement, les crédits de carbone, on paie 40 $ la
tonne. Bientôt, ça va monter, en 2030, je crois, à 100 $ la tonne. Bien,
nous, ce que ça nous coûte avec les tonnes qu'on émet, et je pense qu'il y
une trentaine de... c'est 30 000 tonnes par année. Bien, ça va nous coûter
une fortune, et on ne pourra plus être compétitifs sur le marché. Donc, on a
besoin de se décarboner, mais, ce faisant, ça prend des... Tu sais, quand on
électrifie, bien, ça prend souvent des batteries puis ça prend souvent, c'est
ça, des minéraux stratégiques et critiques. Donc, bref, il va falloir produire
beaucoup, beaucoup, beaucoup.
Puis là, <dans...
Mme Dufour :
Puis
là, >dans ce plan-là, on donne des exemples où ça va être requis, ces
minéraux critiques et stratégiques là. On nous parle des appareils, équipements
intelligents. Tu sais, on a tous un cellulaire. Il y en a plusieurs ici qui en
ont même deux, un pour le travail, un personnel. On a tous des ordinateurs, des
tablettes, en tout cas, moi, j'ai tout ça. Ça en prend tous. Là, il y a aussi
ceux qui ont leur petite montre. Même, M. le Président, je suis rendue... Moi,
personnellement, je me suis... je suis frileuse et puis je me suis achetée des
bas chauffants puis des mitaines chauffantes pour le ski alpin, puis des fois,
même, je ne m'en sers pas juste pour le ski alpin. Bien, ça aussi, c'est des
minéraux critiques et stratégiques. On va en avoir besoin. Donc, c'est dans
tout.
Ensuite, l'aérospatiale, les
télécommunications, les énergies renouvelables, le stockage d'énergie. Quand on
dit... Si on dit, là, que...
Une voix : ...
Mme Dufour : OK, j'ai entendu
quelqu'un, il dit : Ça n'a rien à voir. Bien, il y a un stockage
d'énergie, il y a une pile. Une pile dans mes bas chauffants, bien, c'est des
minéraux stratégiques.
Et là on nous dit que, c'est ça, ça fait
partie de notre quotidien, ça se trouve dans nos... dans des objets courants.
Puis ça, c'est écrit par... c'était écrit dans le document présenté par
l'ancien ministre des Ressources naturelles. Ils disent : On a besoin du
graphite, du lithium, le cobalt — donc, là j'ai ma confirmation, le cobalt, le
nickel se trouvent chez nous — nécessaires pour fabriquer les batteries des
ordinateurs portables, des téléphones intelligents, des véhicules électriques et
aussi, ah oui, les disques durs d'ordinateur, et tout ça, c'est aussi des...
les terres rares, les aimants pour les moteurs électriques. Je vous avoue que
ça va beaucoup plus large que ce que j'aurais pu penser, M. le Président. Donc,
tout ça...
En fait, on nous dit que, c'est ça, on a
un risque clé. Puis il nous le dit, c'est écrit, là, à la page 7 du document,
c'est écrit : «Le gouvernement du Québec considère les minéraux critiques
comme ceux qui revêtent aujourd'hui une importance économique pour des secteurs
clés de notre économie, qui présentent un risque élevé en matière
d'approvisionnement et qui n'ont pas de substituts offerts commercialement.» Ça
fait que c'est pour ça qu'on a besoin de les extraire chez nous, parce qu'on
n'a pas de substitut puis on a des risques élevés en matière
d'approvisionnement.
Et ça, on l'a vu pendant la pandémie, avec
la fermeture des frontières, à quel point c'était problématique. Je me souviens
des puces électroniques qui ne rentraient plus, qui n'arrivaient plus chez
nous, des voitures qui ne pouvaient pas être réparées parce que les puces ne
rentraient pas. En tout cas, je connais des gens dans le milieu qui devaient
stocker quasiment du 18 mois d'avance de puces électroniques pour être
certain de ne pas en manquer, si jamais la Chine fermait les frontières. Bref,
on a besoin de produire le plus de ces choses-là chez nous et extraire ça chez
nous.
Ensuite... Puis, tu sais, je pense, le
collègue, là, de Pontiac en a parlé, là, que le ministre de l'époque disait
qu'il voulait alléger le fardeau administratif des sociétés minières. Il disait :
On travaille avec la Société du Plan Nord actuellement pour établir un plan
d'action beaucoup plus concret. On veut que les actions préconisées dans le
plan... dans le développement nordique soient claires et mesurables.
Puis ensuite, il disait : Entre le
claim et l'exploitation minière, bon., il s'écoule entre 10 et 12 ans...
660 permis. On ne veut pas réduire les exigences réglementaires, mais est-ce
qu'on peut désiloter certaines étapes entre les ministères pour s'assurer d'un
continuum plus agile et réduire les délais?
Bien, on ne semble pas avoir répondu à
cette demande-là du tout, du tout avec le projet de loi, en tout cas, pas selon
les groupes qui sont venus nous voir, qui nous ont dit qu'au contraire on
semble complexifier les processus et probablement ajouter des délais aussi. Compte
tenu qu'il sera moins facile d'explorer, donc on peut ajouter des délais. Et
l'incertitude qu'on a ajoutée, ça, ça préoccupe beaucoup, beaucoup les groupes.
Et ça, ce n'était pas dans les objectifs du ministre, à l'époque, de créer de
l'incertitude et de garder ça dans un pouvoir discrétionnaire.
• (18 h 40) •
Et je vais terminer, M. le Président, en
vous parlant de quelque chose qui est... qui n'était pas abordé, parce que, là,
on parle... dans ce plan-là, on parle de la valorisation des minéraux critiques
et stratégiques, mais cette valorisation-là, on peut aussi la trouver non
seulement dans l'exploitation de nouveaux gisements, mais aussi dans
l'exploitation de résidus miniers. Puis ça, il y a des groupes qui sont venus
nous en parler. Puis j'aurais aimé entendre davantage le ministre à ce
sujet-là, qu'est-ce qu'il... comment il voyait ça, parce qu'il y aurait,
semble-t-il, un bon potentiel dans les résidus miniers. Évidemment, il faut
faire extrêmement attention à la... le côté de la santé, mais je vais vous
parler, dans le fond, d'une rencontre que j'ai eue avec le maire <de...
Mme Dufour :
...de
la santé, mais je vais vous parler, dans le fond, d'une rencontre que j'ai eue
avec le maire >de Thetford Mines, Marc-Alexandre Brousseau, Thetford
Mines, ville où il y a eu beaucoup d'amiante. Et il y a... Et, si vous allez à
Thetford Mines, vous arrivez puis vous voyez des buttes partout, des petites
collines partout. Ce sont des résidus miniers. Et le maire nous a fait part...
je l'ai rencontré avec la collègue d'Outremont... Mont-Royal—Outremont,
et il nous disait : On a des projets, là, il y a plein d'entreprises qui
auraient de l'intérêt, puis des projets très, très concrets et très sérieux
pour valoriser ces résidus-là... qui sont là, hein, de toute façon. Peu
importe, là, qu'on dise : Ils sont dangereux, ils sont là, ils sont... on
les voit, ils sont tous là. Et donc il voudrait pouvoir les exploiter et, selon
lui, il y en a plusieurs, de ces minéraux stratégiques et critiques là qu'on
cherche pour la filière batterie, notamment, qui se trouveraient dans ces résidus
miniers là et...
Mais, par contre, des projets, selon ce
qu'il nous disait, le maire, seraient freinés par une autre branche du
gouvernement qui est plutôt la Santé. Il y aurait... Dans le fond, les gens qui
représentent la Santé, localement, auraient de grandes inquiétudes, alors que semble-t-il
que ça a été bien, bien, bien évalué, ça a été bien analysé. Ça, évidemment, je
ne suis pas une experte, là, pour voir tous les documents, mais je pense qu'il
faudrait que ça avance, ce dossier, au moins pour qu'on le regarde.
Puis il y a eu d'ailleurs un BAPE, à cet
effet-là sur... Ça, le ministre pourrait peut-être nous en parler parce qu'il
était, à l'époque, ministre des Ressources naturelles lorsque le BAPE a été
fait. C'était à la demande du ministre de l'Environnement, mais c'était un BAPE
sur, justement, la valorisation des résidus amiantés. Et dans... ils ont fait
un rapport qui est fort intéressant, là, c'est le plan d'action 2022-2025 Amiante
et résidus amiantés au Québec : vers la transformation d'un actif durable.
Donc, c'était ça qui était visé, c'est que ce soit évidemment fait de façon à
ne pas contaminer davantage l'environnement et ne pas créer un enjeu de santé
chez les citoyens.
Et donc le rapport, il disait, dans le
fond, qu'il avait établi... Puis c'est le BAPE, là, c'est le rapport du BAPE,
là, qui disait qu'il y aurait... Il proposait des stratégies concertées pour la
gestion des résidus amiantés, ainsi que la mise en place d'un cadre de gestion
pour les projets de valorisation de résidus miniers amiantés afin de créer de
la richesse et de stimuler le développement économique tout en assurant la
protection de la santé des populations et des travailleurs.
Le plan d'action gouvernemental poursuit,
puis ça, c'est ce qui était prévu en 2022, les deux objectifs suivants :
s'attaquer au passif lié à l'amiante et créer des actifs à partir des résidus
miniers amiantés. Et là on nous... on citait qu'il y avait plusieurs projets
qui avaient produit différents métaux ou minéraux industriels synthétiques qui
avaient été réalisés, et là on disait que ça portait sur la production de
chrome... je reviens au cobalt, j'ai retrouvé le cobalt, de fer, ça, c'est un
peu moins intéressant, mais du magnésium, du chlorure de magnésium, de l'oxyde
de magnésium, du sulfate de magnésium. Ça, je ne sais pas, ces deux derniers-là,
si ça fait partie des minéraux stratégiques ou critiques, mais, en exploitant
le reste, on pourrait aller chercher du cobalt et du chrome, qui sont quand
même... et le magnésium, qui sont importants pour la filière batterie. Bref, je
crois qu'il va falloir aussi...
Puis c'est là que j'aurais aimé
l'entendre, le ministre Julien... pardon, le ministre... l'ancien ministre des
Ressources naturelles, comment il voyait ça, le recyclage des résidus miniers,
puisque ce n'était pas nécessairement cité directement dans son plan, mais ça
l'était dans le plan du ministre de l'Environnement, clairement, qu'il fallait
faire quelque chose.
Et il y a des groupes qui sont venus nous
en parler, des... il y a plusieurs groupes qui nous en ont parlé. Et même, dans
le fond, les entreprises qui... pas les entreprises, pardon, les municipalités
régionales de comté, les MRC, où se trouvent d'anciennes mines, ils
souhaitent... elles souhaitent, ces MRC-là, que ces résidus-là soient
exploités, revalorisés, parce que, un, évidemment, c'est de l'économie
circulaire...
Et ça, d'ailleurs, le groupe... je pense
que c'est Nature Québec, là, je ne suis plus certaine, là, un des deux groupes environnementaux
qui sont venus, qui nous ont parlé à quel point c'était nécessaire de
réduire... dans le fond, de réduire ce qu'on allait exploiter...
Une voix : ...
Mme Dufour : ...bien, une
façon de le faire — merci, M. le Président — une façon de
le faire, c'est de recycler les résidus qu'on a déjà. Et donc je pense qu'on
aurait <intérêt...
Mme Dufour :
...je
pense qu'on aurait >intérêt à explorer ça davantage.
Et je termine en disant qu'un autre
élément que j'aurais aimé entendre le ministre des... l'ancien ministre des
Ressources naturelles, c'est sur les garanties financières pour la restauration
environnementale des sites miniers actifs qui sont déposées au gouvernement du
Québec. Il y a eu des échanges là-dessus lors d'études des crédits, où il
disait qu'ils n'étaient pas tout à fait encore rendus à 100 %. Mais
pourtant, il y a des groupes qui en ont parlé, et je pense que... qui en ont
parlé, là, de ces garanties financières là, qu'il faudrait se rendre idéalement
à un... tu sais, une prolongation. Et là, actuellement, je pense que le projet
de loi prévoit de diminuer les délais, en fait, où il y aura des
responsabilités financières envers les sites miniers. Alors, ce serait
intéressant d'entendre le ministre là-dessus.Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. Avant de demander s'il y a d'autres interventions, je fais juste
vous dire de faire attention aux différents règlements, là, notamment en lien
avec le nom des collègues, etc. Merci. Je sais que vous le savez et que vous le
dites vous-mêmes, mais soyez prudents.
Alors, y a-t-il d'autres interventions en
lien avec la motion préliminaire? Oui, parfait. Alors, je vous laisse la
parole, Mme la députée.
Mme Alejandra Zaga
Mendez
Mme Zaga Mendez : Merci, M.
le Président. Je vais être brève, parce qu'en lisant la motion, moi, j'ai le
goût qu'on prenne un petit pas de recul comme commission puis qu'on se
questionne collectivement, qu'est-ce qui... puis on fasse une analyse de
qu'est-ce qui arrive en ce moment.
Là, il est 6 h 47. On est ici
depuis... Il est 18 h 47. On est ici depuis, quoi, 15 h 15,
15 h 20, là? Ça fait que plus de 3 h 30 min, puis on
n'a pas pu commencer à étudier un seul article du projet de loi.
Puis là je vais juste nous dire certaines
affaires. Le projet de loi qui est devant nous, là, il n'est pas parfait.
J'étais la première à le dire en Chambre. Il n'est pas parfait, il est loin
d'être parfait. On n'ouvre pas la Loi sur les mines à tous les jours. Ça fait
10 ans que cette loi-là n'a pas été réformée.
Quand je vois ça, quand je vois la motion,
ce n'est pas une motion qui nous invite à avoir plus d'écoute envers des
groupes. C'est une motion qui nous invite, je suis désolée, à revenir un peu en
arrière. Parce que ça fait 10 ans que cette loi-là n'a pas été ouverte, puis ni
les libéraux sous Philippe Couillard ni le premier mandat de la CAQ n'a mis des
choses au jeu pour qu'on se penche là-dessus. Je veux juste nous le rappeler,
ça, parce que, là, j'ai... l'intention derrière cette motion, là, j'ai
l'impression que ce n'est pas de faire avancer les choses. Puis je le dis avec
ce ton-là, moi, j'ai du respect envers la banquette ministérielle. Je ne suis
pas d'accord avec Mme la ministre sur pas mal d'affaires et j'ai eu la chance
de lui dire ça en personne, en public. Je n'en ai aucun, problème. Mais une
chose que je respecte, c'est qu'il y a eu une démarche puis un dépôt du projet
de loi qui est devant nous.
Et, en ce moment, je ne sais pas si les
collègues de l'opposition officielle, ils ont participé de près ou de loin, là,
mais ça fait deux ans qu'il y a un milieu municipal qui est mobilisé, là. Ça
fait deux ans que ces municipalités n'attendent qu'une chose, c'est qu'on
agisse. Ça fait que ça, c'est mon appel pour la commission : Mettons-nous
au travail.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la députée. Simplement, la période des motions préliminaires est prévue
dans notre règlement.
Alors, maintenant, c'est le moment de se
demander s'il y a d'autres interventions qui est prévue pour cette motion
préliminaire.
Mise aux voix
Alors, s'il n'y a plus d'intervention,
nous allons mettre cette motion aux voix.
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Il y a un appel nominal qui est demandé. Mme la secrétaire, on va procéder.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Fortin (Pontiac)?
M. Fortin :
Pour.
La Secrétaire
: Mme Dufour
(Mille-Îles)?
Mme Dufour : Pour.
La Secrétaire
: Mme Blanchette
Vézina (Rimouski)?
Mme Blanchette Vézina :
Contre.
La Secrétaire
: M. Tremblay
(Dubuc)?
M. Tremblay : Contre.
La Secrétaire
: M. Bussière
(Gatineau)?
M. Bussière : Contre.
La Secrétaire
: Mme Picard
(Soulanges)?
Mme Picard : Contre.
La Secrétaire
: M. Rivest
(Côte-du-Sud)?
M. Rivest : Contre.
La Secrétaire
: Mme Zaga
Mendez (Verdun)?
Mme Zaga Mendez : Contre.
La Secrétaire
: M. Montigny
(René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) : Abstention.
Alors, la motion est défaite.
Alors, maintenant, on est toujours à la
période des motions préliminaires, à savoir s'il y en a d'autres qui ont été
transmises ou qui sont transmises.
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Il
y a toujours une motion préliminaire en attente. Alors, est-ce qu'elle a été
transmise?
Une voix : ...sera pas très
long.
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
On va donc suspendre la commission quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 18 h 51)
(Reprise à 18 h 57)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
bonjour. Nous reprenons nos travaux. Nous sommes toujours à la période des
motions préliminaires. Alors, on a reçu une motion. Alors, est-ce qu'il y a
quelqu'un pour la présenter?
M. Fortin :...M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Oui,
allez-y. Vous disposez donc de 30 minutes.
Motion proposant d'entendre les membres du Clean
Growth Committee, du ministère des ressources naturelles du Canada
M. Fortin :Merci, M. le Président. Nous souhaitons déposer la motion
préliminaire suivante :
Conformément à l'article 244 du Règlement
de l'Assemblée nationale, je fais motion afin :
«Que [...] la Commission de l'agriculture,
des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles, dans le cadre de
l'étude détaillée du projet de loi n° 63, Loi modifiant la Loi sur les
mines et d'autres dispositions, tienne des consultations particulières et qu'à
cette fin, elle entende dès que possible les différents membres du Clean Growth
Committee, du ministère des Ressources naturelles du Canada.»
Et, si vous permettez, M. le Président, je
ne les nommerai pas par nom, là. Ce n'était pas notre intention aujourd'hui.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
J'apprécie.
M. André Fortin
M. Fortin :Cependant, juste pour vous indiquer, M. le Président, ce
sont des gens, les... la dizaine de représentants qui sont nommés là, là, ce
sont des gens qui travaillent au Bureau du Conseil privé à Ottawa, au ministère
du Développement économique, au ministère des Finances, au ministère des
Océans, au ministère des Affaires étrangères, à Transports Canada, et j'en
passe, au ministère de l'Environnement et des changements climatiques du
Canada, et ce sont eux qui forment ce comité-là, qui s'est penché notamment sur
la question des besoins, des besoins futurs, en compagnie du ministère des
Ressources naturelles, bien évidemment, des besoins futurs du Canada.
Et là, M. le Président, avant de
commencer, je vais quand même me permettre de remettre en contexte ce qu'on
veut faire aujourd'hui, là. Et je ne pense pas que c'est surprenant aux yeux de
quiconque qu'on a un objectif différent de Québec solidaire. Québec solidaire,
là, ici, il faut se le rappeler, c'est le parti qui voulait nationaliser les
mines il n'y a pas plus tard qu'il y a quatre ans, le parti qui proposait de
nationaliser des mines sur le lithium et le graphite au Québec, de prendre de
l'argent...
Le Président (M. Montigny) : Oui,
vous avez un appel au règlement?
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : 211,
sur la pertinence?
Une voix : ...du lien avec...
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Une voix : ...les paradigmes
de Québec solidaire.
Le Président (M. Montigny) : Juste
m'assurer de rester en lien avec le...
M. Fortin :...
Le Président (M. Montigny) : Merci,
M. le député. Juste m'assurer de rester en lien avec la situation du projet de
loi qui est à l'étude actuellement puis la motion préliminaire que vous avez
déposée. Merci.
• (19 heures) •
M. Fortin :M. le Président, on a ici un groupe qui a fait état du
besoin d'augmenter de 500 % notre approvisionnement en minerais critiques
et stratégiques. De dire qu'il y a des gens autour de la table, Québec
solidaire, nommément, qui a voulu nationaliser les mines au Québec, et tout
l'impact que ça pourrait avoir sur le développement du secteur minier, je pense
que c'est tout à fait logique, M. le Président.
Alors, c'est normal, on n'a pas les mêmes impératifs
de part et d'autre autour de la table. Il y en a pour qui le développement
économique du Québec, ce n'est pas une priorité. Il y en a pour qui le
développement économique fait de façon appropriée, ce n'est pas ce qu'ils
choisissent de présenter, comme le gouvernement. Alors, c'est normal, M. le
Président, qu'on ait tous des perspectives différentes.
Moi, je ne peux pas, à ce stade-ci,
accepter qu'on avance avec un projet de loi qui va avoir des impacts immenses
sur le développement des filières critiques et stratégiques du Québec. Je ne
peux pas accepter ça. Peut-être que les <députés du gouvernement...
>
19 h (version révisée)
<15383
M. Fortin :
...critiques
et stratégiques du Québec. Je ne peux pas accepter ça. Peut-être que les >députés
du gouvernement sont prêts à accepter ça, mais moi, je ne suis pas d'accord. Et
malheureusement, si on va de l'avant aujourd'hui, selon la proposition de la
ministre, savez-vous ce qu'on va étudier? On va étudier de la terminologie puis
de la traduction des termes anglais. C'est ce que la ministre nous demande d'étudier
d'abord et avant tout.
Alors, je ne pense pas qu'on se prive de
grand-chose, bien honnêtement, en ce moment. Je pense qu'on fait la
démonstration qu'on est en train de passer à côté d'un des intérêts
stratégiques du Québec, qu'on est en train de dire à ces gens-là, entre autres,
là, les gens qui sont nommés ici et qui font partie du comité du ministère des
Ressources naturelles du Canada et qui ont dit très ouvertement qu'on avait
besoin d'augmenter... d'avoir des investissements, d'ici 2035, pour répondre à
la demande existante des usines de batteries, de 4,9 milliards en matière
de lithium, de 5,7 milliards en matière de nickel, de 4,6 milliards
en matière de graphite et de 1 milliard environ en matière de cobalt...
Les gens qu'on propose d'inviter ici, ce
sont des gens qui nous ont dit qu'il fallait ouvrir 15 mines supplémentaires,
15 mines supplémentaires. Et vous l'avez entendu tantôt, M. le Président,
là, une mine, ça prend 15 ans. Bon, selon eux, c'est 16, là. Je ne pense
pas que... je ne pense pas qu'on va s'obstiner pour cette fleur du tapis, M. le
Président, mais quand même, 16 ans avant d'ouvrir une mine... Ces gens-là
nous disent : Ça prend des investissements monstres. Québec solidaire nous
dit : On veut nationaliser le lithium puis le graphite, puis le
gouvernement en face nous dit : On est prêts à déposer un projet de loi
qui, selon tous les experts du milieu, va ralentir le développement des mines
au Québec. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. Et un parti qui se
respecte en matière de développement économique ne peut pas simplement accepter :
Bon, bien, on y va, on étudie ce projet de loi là. On ne peut pas, M. le
Président.
Moi, j'ai un message pour les gens de l'Abitibi,
là, c'est qu'il y en a un parti qui va se battre pour vos intérêts ici, puis,
de toute évidence, ce n'est pas le parti d'en face, ce n'est pas le
gouvernement de la CAQ, M. le Président. Il y en a un parti qui est prêt à dire :
On va entendre tout le monde qu'on a besoin d'entendre pour essayer de faire
comprendre raison au gouvernement. Et parmi les gens qui ont besoin d'être
entendus... les gens du ministère des Ressources naturelles, M. le Président,
qui nous disent aujourd'hui qu'on a besoin de 15 mines supplémentaires au
cours de la prochaine décennie, que le rythme d'ouverture de nouvelles mines de...
de métaux pour batteries, il doit quintupler d'ici 2035 pour soutenir la
production nationale de batteries. Et là on ne parle que pour l'industrie de la
batterie, on ne parle de rien d'autre.
Alors, M. le Président, je vous soumets qu'un
parti économique qui ne fait pas cet argument-là ne fait pas son travail. Un
parti économique qui ne rappelle pas au gouvernement, comme pourraient le faire
tous ces gens-là, qu'on n'arrivera pas à approvisionner les usines déjà
acceptées, ici, au Québec et dans le reste du Canada, avec la stratégie qui est
présentée par la ministre des Ressources naturelles, impossible, M. le
Président, impossible.
Les gens le disent, le Canada est dans une
course contre la montre. Aux dernières nouvelles, le Québec fait encore partie
du Canada. Alors, le Canada est dans une course contre la montre, et, le Canada
comme le Québec, on a cette opportunité-là de devenir non seulement celui qui
approvisionne nos usines, mais celui qui peut avoir l'ambition de décarboner
ailleurs dans le monde aussi. Mais pour ça, il faut les entendre, ces gens-là.
Si on entend l'argument du gouvernement puis qu'on adopte le projet de loi
comme ça, on ne peut pas y arriver. On ne peut pas arriver aux objectifs
stratégiques du Québec, que le Québec s'est doté. On ne peut pas, M. le
Président. Ce qu'ils vont nous dire, ces gens-là, si on accepte de les
entendre, là, c'est non seulement qu'il y a des investissements importants qui
sont nécessaires, mais ils vont se poser des questions sur le ralentissement
qui est causé par quelque chose comme ça.
Parce qu'ils nous disent, M. le Président,
que, vous savez quoi, <en...
M. Fortin :
Parce qu'ils nous disent, M. le Président, que, vous
savez quoi, >en ce moment, là, le Canada, il est deuxième sur
10 pays similaires pour... et là je fais de la traduction simultanée, là,
mais la préparation de son économie pour augmenter les minéraux critiques, la
production de minéraux critiques. On est deuxième sur 10. Ils nous disent :
Le cadre réglementaire pour l'industrie des mines, là, ce n'est pas l'enjeu
principal. Il y a d'autres enjeux afférents au cadre réglementaire,
c'est-à-dire tout ce que les municipalités nous disent, tout ce que les
citoyens nous disent. Mais pour la production comme telle, le cadre
réglementaire n'est pas nécessairement là où il y a les plus grands enjeux. Et
c'est vrai, il faut les entendre, là, il faut entendre les municipalités, il
faut trouver une meilleure façon d'harmoniser, mais ce n'est pas ce que la
ministre propose.
Et, M. le Président, il y a une chose, je
vous le dis, on ne le laissera pas passer, ça... on ne laissera pas passer un
cadre réglementaire qui va faire en sorte de diminuer la transparence, la
prévisibilité, simplement, M. le Président, et appliquer un mur-à-mur partout
au Québec, là, appliquer un mur-à-mur dans des régions où la cohabitation se
fait très bien.
M. le Président, peut-être qu'à la fin de
la journée, là, peut-être qu'on va terminer là, peut-être que ça va être ça, la
solution, de dire : On va le faire différemment, à différents endroits au
Québec, parce qu'on ne peut pas se priver de ce que les gens ici, du comité
des... du ministère des Ressources naturelles du Canada vont nous dire. On ne
peut pas se priver des minéraux critiques et stratégiques. On ne peut pas se
priver de l'antimoine, du bismuth, du cadmium, du césium, du cuivre, de
l'étain, du gallium, de l'indium, du tellure, du zinc, du cobalt, des terres
rares, du groupe de platine, du graphite, du lithium, du nickel, du magnésium,
du niobium, du scandium, du tantale, du titane et du vanadium, M. le Président.
Et ça, c'est ceux qu'on connaît aujourd'hui comme étant stratégiques.
Mais là, aujourd'hui, en adoptant le
projet de loi qui est présenté par la ministre, on accepterait de se tirer dans
le pied collectivement au Québec pendant longtemps. Et je m'excuse, M. le
Président, on ne le laissera pas passer comme ça. Moi, demain, si je vais à la
radio en Abitibi puis je dis : Oui, on a laissé passer ça, on... c'est-tu
quoi, oui... Non, le Parti libéral, ce n'était pas notre priorité, ce n'était
pas un enjeu. On a accepté que... On a accepté...
(Interruption)
M. Fortin :C'est correct, il est passé sept heures. On a accepté que
le gouvernement introduise ce projet de loi là, qu'il l'adopte. On s'est dit :
Bien, il n'y a pas de problème, écoute, il faut l'adopter, il y a des problèmes
avec la cohabitation dans les municipalités, pas de trouble, on l'accepte,
aucun enjeu. M. le Président, je n'oserais pas mettre les pieds en Abitibi. Je
n'oserais pas. Je ne sortirais pas de l'entrevue, je ne sortirais pas du studio
de radio sans avoir quelques égratignures, M. le Président, impossible.
Alors, je ne me gênerai pas de faire le
travail puis de rappeler à la ministre, à l'équipe gouvernementale qu'il y en a
plein, des experts qui ont dit : Il faut aller dans l'autre direction, il
faut aller dans une direction qui nous permet de développer davantage. Puis ces
experts-là, là, ils ne vont pas nous dire : Heille! voyons, vous faites ça
sur le dos des municipalités, vous faites ça sur le dos des résidents. Ce n'est
pas ça qu'ils vont dire pantoute. Ils vont dire : Trouvez une façon que
tout le monde s'entende.
Là, aujourd'hui, la ministre, elle a
trouvé une façon que personne ne s'entende. Elle a trouvé une façon de fâcher
les gens de l'industrie. Elle a trouvé une façon de fâcher les gens du milieu
municipal dans la région où on produit le plus. Elle a trouvé une façon de
fâcher certains des groupes environnementaux qui sont venus puis certains des
représentants de résidents qui veulent une meilleure cohabitation. Ça va bien. Ça
va bien.
• (19 h 10) •
Mais la chose qu'on ne pourra jamais
accepter, c'est celle qui est mise de l'avant par le groupe ici. Qu'ils nous
disent... Si on veut vraiment décarboner le Québec, le Canada, la planète, puis
qu'on veut faire notre part, comme Québécois, à ça, ce que peut-être, dans ma
grande naïveté, j'ai toujours pensé qui était l'objectif du gouvernement, bien,
il faut augmenter de 500 % notre production. 500 %. Et, si on envoie
un mauvais signal, si ces investissements-là diminuent, si ces
investissements-là ne sont pas à la hauteur <de...
M. Fortin :
...signal, si ces investissements-là diminuent, si
ces investissements-là ne sont pas à la hauteur >de ce qu'ils pourraient
être, bien, on va s'en aller dans la mauvaise direction.
Alors, moi, je n'ai aucun problème à
donner une journée de plus à la ministre pour qu'elle réfléchisse à ce qu'elle
veut présenter. Je n'ai aucun problème pour lui donner une journée de plus pour
préparer des amendements qui se tiennent dans le sens du monde. Je n'ai aucun
problème à lui donner une journée de plus pour qu'elle réfléchisse à tout ce
que les groupes qu'on a proposé d'entendre aujourd'hui lui rappelleraient, que,
si on croit réellement que le Québec peut jouer... doit jouer son plein rôle en
matière de développement minier pour les filières stratégiques, pour les
filières économiques, comme dans La Vallée-de-l'Or, entre autres... bien, qu'on
doit avoir un certain équilibre entre les besoins de nos usines de batteries et
notre capacité de production, donc l'environnement d'affaires qui est offert au
secteur minier.
Parce que, veux veux pas, on ne l'a pas
nationalisé, le secteur des mines. On n'a pas écouté QS. La ministre n'a pas
fait ça. Alors là, elle se doit d'avoir un environnement d'affaires qui est
intéressant, qui est intelligent puis qui fait en sorte qu'on va peut-être se
rendre, tranquillement pas vite, à devenir de plus en plus intéressant,
notamment dans des régions où il y en a déjà une, très bonne cohabitation.
Alors, M. le Président, je sais qu'il ne
reste pas énormément de temps, mais j'espère au moins qu'on aura, à travers ces
motions-là, fait comprendre à la partie gouvernementale qu'il y en a beaucoup,
du monde qui sont inquiets de l'impact du projet de loi, des gens, là, qui nous
disaient : Il faut trouver une façon de faire mieux, puis qu'aujourd'hui
ils trouvent qu'on a identifié une façon de faire pire. C'est ça, M. le
Président. Oui, il y a des groupes qui veulent qu'on adopte le projet de loi le
plus rapidement possible, puis il y a des dispositions là-dedans qu'on aimerait
adopter le plus rapidement possible, mais pas au détriment de l'avenir de nos
filières critiques, stratégiques. Impossible, impossible. Moi, je suis
convaincu qu'on est capables de trouver, tout le monde ici autour de la table,
là, un équilibre, pas celui que la ministre est fière d'avoir en ce moment, là,
un équilibre où personne n'est content. Je suis convaincu qu'on est capables de
trouver un équilibre qui répond aux besoins des municipalités, mais qui nous
permet d'envisager d'un jour être capables de répondre aux besoins en approvisionnement
des usines qui ont choisi de s'installer ici puis de celles qui pourraient le
faire aussi en matière de minéraux critiques et stratégiques. C'est ça,
l'objectif.
Je pourrais passer à travers... pardon, de
l'ensemble des recommandations de ce groupe, M. le Président, ou l'ensemble des
constats qui ont été faits par ce groupe-là. Mais réellement, je pense que ce
qu'ils nous disent, ça se résume assez bien et assez vite, c'est qu'il faut
avoir un meilleur environnement d'affaires et non pas un environnement
d'affaires qui inquiéterait ceux qui veulent investir dans le secteur minier,
M. le Président. Il me semble que ça va dans le sens...
Le Président (M. Montigny) :
Compte tenu de l'heure, je suspends donc les travaux sine die.
(Fin de la séance à 19 h 15)