Journal des débats de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
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Le
jeudi 20 février 2025
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Vol. 47 N° 50
Étude détaillée du projet de loi n° 69, Loi assurant la gouvernance responsable des ressources énergétiques et modifiant diverses dispositions législatives
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Intervenants par tranches d'heure
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Montigny, Yves
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Cadet, Madwa-Nika
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Fréchette, Christine
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Beauchemin, Frédéric
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Bouazzi, Haroun
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Bouazzi, Haroun
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Fréchette, Christine
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Montigny, Yves
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Bussière, Robert
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Bernard, Daniel
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Tremblay, François
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Sainte-Croix, Stéphane
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Beauchemin, Frédéric
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Cadet, Madwa-Nika
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Paradis, Pascal
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Montigny, Yves
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Fréchette, Christine
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Montigny, Yves
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Fréchette, Christine
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Paradis, Pascal
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Bouazzi, Haroun
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Paradis, Pascal
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Montigny, Yves
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Cadet, Madwa-Nika
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Fréchette, Christine
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Bussière, Robert
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Bernard, Daniel
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Tremblay, François
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Sainte-Croix, Stéphane
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Garceau, Brigitte B.
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Bouazzi, Haroun
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Montigny, Yves
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Cadet, Madwa-Nika
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Fréchette, Christine
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Fréchette, Christine
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Montigny, Yves
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Garceau, Brigitte B.
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Cadet, Madwa-Nika
11 h 30 (version révisée)
(Onze heures trente et une minutes)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources
naturelles ouverte.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 69, Loi assurant la
gouvernance responsable des ressources énergétiques et modifiant diverses
dispositions législatives.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements aujourd'hui?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Ciccone (Marquette) est remplacé par Mme Garceau
(Robert-Baldwin); M. Fortin (Pontiac) est remplacé par Mme Cadet
(Bourassa-Sauvé); et M. Kelley (Jacques-Cartier) est remplacé par M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys).
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup. Lors de l'ajournement de nos travaux, hier, nous étions à l'étude d'un
amendement à l'article 14.1, qui est introduit par l'article 4 du
projet de loi, proposé par le député de Maurice-Richard.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur cet amendement? Alors, Mme la
députée, je vous laisse la parole.
Mme Cadet : Merci beaucoup,
M. le Président. Bonjour à tous.
Donc, hier, nous nous sommes laissés,
donc, sur un vigoureux débat que, malheureusement, donc, nos valeureux
téléspectateurs ont manqué, donc, puisqu'il s'est fait hors d'ondes pendant
notre période de suspension. Donc, j'imagine que la ministre a eu l'occasion de
réfléchir un peu, donc, à cette question.
Donc, vous vous souviendrez, pour ceux qui
nous écoutaient, pour resituer, M. le Président, que l'objectif, ici, c'était
de valider, donc, à 14.1, donc, lorsqu'on dit «pour l'accomplissement de sa
mission en matière d'énergie», hein? On se rappellera de l'article 14,
donc, qui nous définit la mission de la ministre en matière d'innovation, le
décline de façon beaucoup plus précise que ce l'on retrouve à la mission à l'article 3.
Et, par la suite, donc, ici, donc, en matière d'énergie, on venait, oui,
reprendre certains éléments, donc, de l'ancienne loi, donc, sur les ressources
naturelles, mais l'objectif était de le mettre au goût du jour, hein? C'est ce
que Me Marois me répondait en micro... à micro ouvert, hier ou avant-hier.
Donc, c'était absolument important d'avoir cet élément-ci.
Maintenant, M. le Président, donc, ce que
nous, nous avancions tous, de concert, bien, c'était l'importance que dans la
déclinaison de cette mission-là, de... afin que ça puisse refléter ce que nous
souhaitons voir dans la mission et ce que... quel est le mandat de la ministre,
donc, en matière de gouvernance énergétique, bien, de s'assurer que l'aspect
production se... je ne veux pas dire «soit contrebalancé», là, mais comprenne,
donc, l'éventail des différents éléments de la transition énergétique.
Ici, donc, il y a le libellé, donc, de l'efficacité
et de la sobriété. Évidemment, donc, c'est le libellé du collègue de Maurice-Richard. Nous serions très ouverts, donc, à déposer un
autre libellé afin de refléter cette intention-là sans décliner de façon aussi précise
les termes «efficacité» et «sobriété énergétique». Là, je comprends qu'il y
avait certaines réticences du côté de la ministre à cet effet-là, mais je pense
que l'ensemble des formations politiques représentées sur cette banquette se
disent : Bien, la partie développement, en tout cas de notre côté, au Parti
libéral du Québec, on dit : Oui, bien sûr, ça fait partie de sa mission,
de ce que ses fonctionnaires devraient faire au quotidien, mais que ce
développement-là, cette production, cet accroissement, bien, se... que dans la
réflexion de la ministre, on puisse aussi, dans l'accomplissement de sa
mission, entrevoir, donc, les aspects d'efficacité ou de sobriété énergétique,
ou tout autre nomenclature qui conviendrait pour que les acteurs, donc ceux qui
sont venus en commission parlementaire, ceux qui ont commenté et analysé le
projet de loi publiquement, bien, ils se disent : Bien, finalement, donc,
ça s'en va juste dans un sens. Alors que, quand on parle de transition
énergétique, on ne peut pas que s'en aller dans cette direction-là. C'est trop
unilatéral. Donc, c'est là où nous en étions. Donc, j'aimerais entendre la
ministre.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la députée de Bourassa-Sauvé. Mme la ministre, vous avez maintenant la
parole.
Mme Fréchette : Oui. Merci,
merci, M. le Président. Donc, effectivement, on a eu de bons échanges, hier, en
fin de journée, en dehors des cadres officiels, mais qui nous ont néanmoins
portés... apporté une possibilité, là, d'apporter des clarifications. Alors,
voilà.
Ce que je voudrais réitérer, c'est qu'au
niveau de l'efficacité énergétique et de la sobriété énergétique, mon rôle en
est un de préciser les orientations, les grandes orientations en matière d'efficacité
et de sobriété énergétique.
Maintenant, au niveau des opérations,
c'est un volet qui relève du collègue à l'Environnement. Donc, on est dans un
article qui parle des fonctions, et mes <fonctions...
Mme Fréchette :
...Maintenant,
au niveau des opérations, c'est un volet qui relève du collègue à
l'Environnement. Donc, on est dans un article qui parle des fonctions, et mes >fonctions
concernent la production, la conversion, mais non pas la sobriété et
l'efficacité. Au niveau des fonctions, c'est vraiment mon collègue à
l'Environnement qui est dans ces... ce carré de sable là, j'oserais dire. Et,
par conséquent, il est important de refléter la nature de nos responsabilités
respectives. Et, par ailleurs, on a discuté, il y a deux jours de ça, d'un
possible amendement, et, à mon sens, ce possible amendement viendrait
solutionner, dans le fond, la discussion qu'on a eue hier et qu'on poursuit ce
matin. Donc, voilà. C'est ma réponse, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Oui, M. le député, je
vous laisse la parole.
M. Beauchemin : Merci, merci,
M. le Président. J'essaie juste de comprendre, parce que je suis un petit
nouveau, là, dans le débat ici, là, mais j'essaie juste de comprendre. Parce
que de dire que ce n'est pas sous votre gouverne d'être responsable de la
sobriété énergétique, dans l'opérationnel de la sobriété énergétique, c'est
comme... je peux donner un exemple, là, c'est comme si on fabrique une voiture
puis on n'est pas responsable de la garantie. On a de besoin de s'assurer que
la voiture performe, on a besoin de s'assurer qu'elle respecte les normes, on a
de besoin de ça. Donc, ici, on est en train de parler de la production énergétique,
puis on parle dans un contexte où est-ce qu'ici, on dirait : Bien, tout ce
qui est dans l'opérationnel, pour s'assurer que, justement, là, on peut tirer
les ficelles, pour s'assurer qu'on va être sobre énergétiquement parlant, bien,
ça, ce n'est pas sous ma responsabilité.
C'est comme si vous vous étiez enlevé certaines
responsabilités. Je sais que c'est sous la dernière législature que la
séparation de pouvoir a été faite, mais moi, je trouve que d'ajouter ça, ça
remet, en fait, les choses aux bonnes places, parce que de séparer ça, ça vous
enlève, en fait, les leviers pour s'assurer que vous atteigniez vos objectifs
de production. Parce que, là, si vous avez cet aspect-là, qui est un petit peu
tout le temps caché sous la responsabilité de quelqu'un d'autre, ça va devenir
une boîte à surprise. Ne pas être capable de savoir comment l'opérationnel se
gère puis comment ne pas être capable de pouvoir avoir les leviers sur cet
opérationnel-là, c'est de... c'est de s'assurer que vous allez être surprise,
grosso modo.
Donc, dans un contexte où est-ce que tout
l'opérationnel de l'ensemble de l'oeuvre doit être important quand on... en
mode production, ici, on parle d'Hydro-Québec dans son ensemble, c'est tout
sous la gouverne de votre responsabilité que ces leviers-là devraient
appartenir. De cette façon-là, on s'assure de pouvoir faire des mesures, on est
capables de définir le succès, on est capables de dire : OK, comme
objectif... Comme vous le dites, on fait des grandes orientations, mais après
ça, il faut faire le suivi, de l'assurer. Ça fait que là, s'il n'y a pas cette
direction rapide envers votre ministère pour savoir qu'est-ce qu'il en est,
bien, on va se trouver à avoir un ministère qui va agir en silo sur quelque
chose qui va, finalement, vous faire un choc une fois de temps en temps, en
fait, plus souvent qu'autrement, parce qu'à entendre ce qu'on entend du
ministère... du ministre de l'Environnement, on peut se poser des questions.
Donc, j'essaierais juste de... peut-être,
essayer de comprendre la chronologie. C'était quoi, l'objectif, lors de
l'ancienne législature? Quand la séparation des pouvoirs opérationnels,
spécifiquement, là, celui-ci, au niveau de la sobriété énergétique, c'était
quoi, l'objectif pour justifier la séparation?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
• (11 h 40) •
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. Alors, voilà, bien, cette décision-là, elle a été prise, justement,
au moment où on a réparti les responsabilités qui, à ce moment-là, relevaient,
là, du ministère des Ressources naturelles. Alors, il y a la partie, donc,
efficacité énergétique qui a été dévolue au ministère et au ministre de
l'Environnement, et le reste, donc, au ministère d'Économie et de l'Énergie. Et
c'est une séparation qui perdure depuis ce temps-là, mais on... n'en demeure
pas moins qu'on est en concordance, en convergence. Nos positions, ce sont des
positions gouvernementales. Maintenant, l'application... l'opérationnalité...
l'opérationnalisation, pardon, je vais l'avoir, de cet objectif-là,
d'efficacité et de sobriété énergétique, c'est dévolu, depuis cette répartition
des responsabilités, au ministre et ministère de l'Environnement. Donc, voilà.
À partir du moment où on a cette
séparation-là, qui est convenue et qui reflète, en fait, une dynamique
gouvernementale qui fonctionne, eh bien, il faut <respecter...
Mme Fréchette :
…qui
reflète, en fait, une dynamique gouvernementale qui fonctionne, eh bien, il
faut >respecter, dans le cadre du PL n° 69,
cette répartition des responsabilités. Et comme je disais aux collègues... — bienvenue,
d'ailleurs, dans le groupe — mais, comme je disais aux collègues, ces
derniers jours, il y a toujours la possibilité d'ajouter un E additionnel au
nom du ministère, ministère de l'Économie, de l'Innovation, de l'Énergie et de
l'Environnement, mais on n'en est pas là.
Là, on a un projet de loi n° 69 qui
cadre avec nos responsabilités, puis j'avais déjà un agenda assez bien chargé,
donc je n'avais pas besoin de davantage de responsabilités. Mon collègue à
l'Environnement fait ça parfaitement bien. Alors, on est en tandem avec eux.
Donc, au niveau des grandes orientations,
là, je peux le nommer, je peux le souligner, que je m'inscris dans une
orientation d'efficacité et de sobriété énergétique. Mais pour ce qui est de la
mesure de l'efficacité des programmes qui sont mis en place, c'est mon collègue
à l'Environnement. Alors, voilà, il est important de respecter ça, sinon on
aurait deux porteurs de ballon, et là, on perd la cohérence gouvernementale. Il
faut que nos morceaux de casse-tête se complètent, il faut qu'ils puissent
s'imbriquer en parfaite adéquation. Et c'est une façon de la refléter, cette
nécessité-là, d'une adéquation puis d'une complémentarité. C'est d'éviter de
tomber dans l'opérationnel au niveau de la sobriété et de l'efficacité énergétique.
Donc, ça n'enlève absolument rien à notre volonté vraiment entière d'aller de
l'avant avec la sobriété et l'efficacité énergétique.
Le Président (M. Montigny) :
Merci, Mme la ministre. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Ah! oui,
allez-y, M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Je… Merci M.
le Président. Je comprends la réponse que vous m'avez donnée, mais ma question
était vraiment spécifique. Qu'est-ce… qu'est-ce qui avait expliqué la
séparation, à l'époque? Parce qu'en 2021, je pense, quand ça, c'est arrivé, il
a dû y avoir un rationnel qui a dû être expliqué à tous, autant au ministère de
l'Économie qu'au ministère de l'Énergie, pour expliquer, justement, qu'on
allait faire ce différentiel-là, qu'on allait mettre l'opérationnel de la
sobriété énergétique à l'extérieur du champ de compétence du ministre de
l'Économie, de l'Innovation et de l'Environnement… ou qui allait être créé plus
tard, là.
Pourquoi on a décidé de faire ça de cette
façon-là? Parce que peut-être que ça peut nous expliquer… quand on comprend la
genèse en arrière de la séparation des pouvoirs, là, OK, à partir de ce
moment-là, on peut comprendre : OK, donc, on allait la mesurer de telle ou
telle façon. Je veux entendre votre réponse là-dessus, parce qu'en bout de
piste, je ne vois pas en quoi faire ça n'enlève pas le bouquet de surprises qui
vous attend au fur et à mesure que, justement, dans l'opérationnel de la sobriété
énergétique, on n'est pas capables d'arriver à nos objectifs.
Puis là, pour vous, vous allez vous
retrouver en situation d'être incapables de pouvoir avoir les leviers, à ce
moment-là, parce que ça devient qu'on crée une bête à deux têtes. Donc, pourquoi
avoir fait cette décision-là? Mon objectif, ici, c'est vraiment de ramener ça
chez vous, parce que c'est là où est-ce que ça devrait être depuis le début. Ça
n'aurait jamais dû être séparé. Ça fait que je veux comprendre pourquoi il y a
eu cette séparation, la genèse de la séparation.
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : M. le
Président, merci. Alors, la genèse, je n'étais pas là à ce moment-là, c'est il
y a quelques années, mais on m'indique qu'au moment où cette décision-là a été
prise, au moment où cette décision-là a été prise, il y avait déjà une
expertise présente au ministère de l'Environnement. Là, je ne sais pas son nom
exact à l'époque, là, mais il y avait déjà une expertise, donc on ne voulait
pas dédoubler les expertises. Alors, c'est pour ça qu'il a été décidé
d'orienter le volet efficacité énergétique et sobriété énergétique sous l'aile
du ministère de l'Environnement, qui, par ailleurs, gère la politique-cadre, aussi,
sur le plan environnemental. Donc, ça s'inscrit parfaitement en cohérence avec
la mission du ministère, l'expertise qu'elle détenait à ce moment-là et qui est
maintenant renforcée. Et, néanmoins, comme je disais tout à l'heure, ça
s'inscrit en parfaite complémentarité avec nos objectifs à nous.
Si vous souhaitez, je peux offrir de céder
la parole à la sous-ministre adjointe, qui pourrait expliquer en plus… avec
plus de détails, en fait, les justifications derrière, et quelques cas
d'exemple.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre, de cette proposition. Si vous le souhaitez, si vous… si vous
nous donnez consentement, à la commission, nous pouvons donner la parole à Mme
la sous-ministre. On a consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Montigny) : Comme
nous avons consentement, nous allons procéder ainsi. Mme la sous-ministre, je
vous inviterais… je sais que vous le savez, mais à vous présenter et à donner
votre titre complet et faire votre intervention.
Mme Deschênes (Dominique) : Bonjour,
Dominique Deschênes, sous-ministre adjointe à l'Énergie, au ministère de
l'Économie, Innovation, Énergie. Donc, bien, un exemple qui est, je dirais,
parlant, c'est le programme Roulez vert, par exemple, qui est le programme de
rabais sur les véhicules électriques, qui était auparavant au MRNF. Le
ministère de l'Environnement réglemente, aussi, avec la norme sur la VZE,
qu'ils appellent, là, sur la norme zéro émission pour les véhicules à <combustion...
Mme Deschênes (Dominique)T :
...réglemente,
aussi, avec la norme sur la RVZE, qu'ils appellent, là, sur la norme zéro
émission pour les véhicules à >combustion. Donc, il y a un lien étroit
entre les réglementations qui sont émises au niveau de l'environnement et
l'octroi d'aide financière. C'est un exemple parmi tant d'autres. D'ailleurs,
ils sont en débat, actuellement, ici, là, pour élargir la portée de la norme
VZE. Puis, comme le disait la ministre, ils sont aussi responsables du Fonds
d'électrification et changements climatiques, qui finance les programmes et
mesures. Donc, il y a plusieurs programmes d'efficacité énergétique qui sont
financés par le FECC, le Fonds d'électrification et changements climatiques, il
y a le Roulez Électrique, il y a aussi le programme ÉcoPerformance, biomasse
forestière. Donc, ils ont le pan réglementaire puis ils ont le pan, maintenant,
là, d'application et d'aide aux citoyens et aux entreprises pour réduire leur
consommation et leurs gaz à effet de serre, du même coup.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
M. le député de Marguerite-Bourgeoys, vous avez la parole.
M. Beauchemin : Merci, M. le
Président. Merci pour l'explication. Ce que je comprends, c'est que la grille
d'analyse a été baissée à un niveau plus bas, parce que dans le fond, ce que
vous nous dites à propos de Roulez vert, ça se justifie au ministère de
l'Environnement en tant que tel, parce que c'est quelque chose qui ne peut
avoir que des bénéfices, finalement, là, OK, dans l'obtention des objectifs
mêmes du ministère de l'Environnement, c'est-à-dire roulons vert, les objectifs
atteints, etc. Ça, ça a de l'allure, à ce niveau-là. Dans votre cas, Mme la
ministre, c'est qu'on parle de la production énergétique, et ça, c'est un
levier pour, justement, en avoir plus, d'énergie.
Ça fait que ça se retire, en fait, du
ministère de l'Environnement pour vraiment atterrir dans vos terres à vous,
parce que c'est important au niveau de la capacité que vous allez avoir, dans
votre quotidien, de pouvoir dire : Bon, bien, OK, correct, on a cette
capacité-là, ici, de gérer le programme de sobriété énergétique pour s'assurer
qu'il est bien capable de livrer nos objectifs en tant que tel. Ça fait que quand
on enlève la mainmise là-dessus, c'est certain que vous vous positionnez dans
une situation où est-ce vous allez avoir des surprises, c'est d'autre monde qui
le gère, vous ne les contrôlez pas, c'est sous un autre ministère. Je comprends
qu'il y a une coordination qui se fait en haut éventuellement, là, OK, mais de
là, beaucoup plus simple de l'avoir chez vous, sous le même toit.
Ça fait que c'est pour ça que je comprends
le rationnel de Roulez vert, puis qu'il y avait des similitudes, mais c'est
parce que je pense que les lentilles d'analyse, à l'époque, ont été abaissées à
un niveau trop bas pour comprendre la grande mission du ministère de l'Économie
et de l'Énergie, qui était, justement, de produire de l'énergie de façon la
plus efficace possible. Donc, moi, c'est où est-ce que j'en suis pour le
moment, là.
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre, vous avez maintenant la parole.
Mme Fréchette : Oui. Bien,
j'aimerais amener une autre... j'aimerais amener une autre lunette pour
analyser l'enjeu dont on discute. En fait, notre ministère, on s'occupe de ce
qui relève de la production énergétique et l'Environnement s'occupe de ce qui
relève de la consommation de l'énergie. Donc, oui, on a les mots «énergie» dans
les deux, mais il s'agit vraiment d'angles différents, complètement différents.
Mais il n'en demeure pas moins qu'on considère l'efficacité puis la sobriété
énergétique comme une façon... comme une source d'énergie. Donc, pour qui
pourra diminuer sa consommation comme industriel ou entreprise, eh bien, on
évalue qu'il faudra qu'il y ait une part de notre production énergétique qui
relève de l'efficacité énergétique. Mais la façon de s'y rendre va être
soutenue par le ministère de l'Environnement, parce qu'eux s'occupent de la
consommation énergétique, alors que nous, on est dans la production d'énergie,
sachant que la production peut aussi être de l'absence de consommation. Mais on
ne va pas gérer le programme qui va nous permettre d'accéder plus rapidement à
cet objectif-là.
• (11 h 50) •
M. Beauchemin : On est
d'accord sur l'objectif, c'est comme... je prenais un autre exemple de conduire
une voiture, OK? Vous, vous êtes en charge, là, de le mettre sur «drive», OK?
Puis eux autres, ils sont en charge de le mettre sur le reculons. Mais dans le
fond, ça devrait être la même personne qui conduit la transmission. C'est pour
ça que j'en arrive à cette conclusion-là, que ça ne tient pas vraiment la
route... excusez, là, le «punch» de voiture, là, OK, mais ça ne tient pas la
route que cette responsabilité-là, opérationnelle, soit dans les mains de
quelqu'un d'autre, dans ce qui a trait à votre mission spécifique. Ça fait que
c'est comme... vous perdez le levier, puis là, c'est en contrôle de quelqu'un
d'autre. Ça fait que c'est comme si on mettait deux personnes en charge de la
transmission, quand on conduit une voiture, c'est certain que c'est faisable,
je ne dis pas que ce <n'est...
M. Beauchemin :
...la
transmission, quand on conduit une voiture, c'est certain que c'est faisable,
je ne dis pas que ce >n'est pas faisable, mais...
Mme Fréchette : Moi, je
dirais que le parallèle, je dirais que le parallèle avec la voiture se fait
plus à la station-service, au sens où, nous, on s'assure de mettre de l'essence
ou de l'électricité, et puis il y a un autre joueur qui s'assure de réduire ce
volume-là, d'essence, puis de nous amener, en fait, à pouvoir rouler sans qu'on
en mette plus. Et puis ça, c'est une toute autre expertise, au sens où les gens
qui font les analyses économiques au ministère, ils regardent quel est l'impact
en termes d'emploi, quel est l'impact sur les salaires au Québec, est-ce que
c'est stratégique comme secteur économique. Ça, c'est les analyses qu'on fait.
Et, en termes de mégawatts, on s'en remet
à Hydro-Québec pour savoir si l'évaluation des mégawatts requis tient la route,
mais pour ce qui est de réduire la consommation d'énergie, eh bien, c'est une
toute autre expertise pour savoir de quelle manière est-ce qu'on peut raffiner,
améliorer, réduire la consommation d'énergie dans les entreprises et les
industries, bien, ça, c'est une autre expertise, ça fait que je trouve que la
répartition entre les deux côtés de cette équation, demande et offre
énergétiques, tient tout à fait la route, pour reprendre...
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre.
M. Beauchemin : Je vais
laisser ma collègue.
Le Président (M. Montigny) : Ah!
parfait. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Est-ce qu'il y a d'autres
personnes qui souhaitaient prendre la parole pour l'instant? Oui, M. le député
de Maurice-Richard, je vous laisse la parole immédiatement.
M. Bouazzi : Merci beaucoup,
M. le Président. Je suis désolé, j'étais en point de presse, donc, j'ai raté
une partie de la conversation. Mais sur nos échanges, hier, avec Mme la
ministre, j'avais senti une certaine ouverture à l'idée de se dire que oui,
qu'elle n'était pas... que vous n'étiez pas la ministre de la production,
production, production, mais aussi que l'efficacité et la sobriété étaient à
favoriser avant de rentrer dans le «drill, baby, drill», version québécoise. Et
j'aurais voulu savoir si, aujourd'hui, vous étiez, donc, plus ouverte à
accepter cet amendement.
Mme Fréchette : Bien, je
reste pleinement engagée en lien avec les objectifs d'efficacité énergétique et
de sobriété énergétique. C'est ce pourquoi on a eu les discussions à l'effet
que peut-être qu'on devrait réviser notre mission pour y intégrer ces
éléments-là, pour que ça reflète la grande orientation qu'on veut prendre. Et
ça, c'est mon rôle en lien avec l'efficacité énergétique et la sobriété
énergétique, c'est de faire en sorte de fixer les grandes orientations. Alors
là, c'est la mission qui est en cause.
Quant aux fonctions que j'assume au quotidien,
eh bien, là, ce n'est pas dans mon terrain à moi, dans mon territoire à moi,
que de m'occuper de réduire la consommation d'énergie chez des particuliers,
chez des entreprises, chez des industries. L'expertise, elle est au ministère
de l'Environnement. Et c'est ça qui a été convenu lorsqu'on a séparé ces
responsabilités-là, qui incombaient à un autre ministère à l'époque. Il a été
décidé que, de notre côté, on s'occupait de l'offre d'énergie, et de l'autre
côté, le côté Environnement, ils s'occupaient de la consommation d'énergie.
Et c'est ce pour quoi, donc, l'expertise
est là, et c'est ce pour quoi les fonctions au quotidien relèvent également du
côté de l'Environnement. Nous, quand on adopte des positions, on le fait à
l'échelle gouvernementale. Donc, ce n'est pas parce que ça ne relève pas du
MEIE, que ça ne relève pas de quelqu'un d'autre. C'est Environnement qui est à plein
là-dedans et qui a fortifié et consolidé son équipe puis son expertise, et puis
ça va être encore le cas, parce qu'on va s'engager encore plus avant dans ces
orientations-là. Mais, en ce qui me concerne, ce n'est qu'une orientation, une
grande orientation, importante, fondamentale, mais ça reste que
l'opérationnalisation de ça ne relève pas de chez nous.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre. La parole est au député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Est-ce que,
quand on parle de ces différents points, ils s'appliquent à la ministre de
l'Énergie et de l'Économie et de l'Innovation ou juste la partie d'Énergie en
vous ? C'est bien tout... parce que... C'est bien toutes vos fonctions qui sont
assignées. Parce que j'en arrive à l'autre question, c'est de dire : Bien,
Investissement Québec Québec et puis votre ministère en Économie, etc., il y a toutes
sortes de politiques publiques d'opérationnalisation de toutes sortes de choses
qui ne touchent pas directement au ministère de l'Environnement. Et, vous le
savez comme moi, Mme la ministre, que la plupart... surtout dans les
industries, hein, mais pas seulement, tout demande, aujourd'hui, de
l'électricité si on veut décarboner. Et donc, l'idée, ça serait de se dire :
Bien, dans cette partie-là, opérationnelle, par exemple, là, on n'est pas dans
ce que le ministre de l'Environnement, bien, la sobriété, <l'efficacité...
M. Bouazzi :
...par
exemple, là, on n'est pas dans ce que fait le ministre de l'Environnement,
bien, la sobriété, >l'efficacité devraient être favorisées. Est-ce
que... ou alors est-ce que vous n'avez jamais le chapeau de la ministre de
l'Économie? Parce que l'idée de mettre Économie et Énergie ensemble, c'était de
dire : Bon, bien, ça se marie bien, bon. Nous, on aurait peut-être préféré
Environnement et Énergie ensemble, mais ce n'est pas grave, c'est un choix,
franchement, qui se défend parfaitement, parce que la transition énergétique
passe par des grosses transformations économiques, mais ces transformations
économiques là doivent favoriser l'efficacité et la sobriété, là, et puis, là,
vous n'en piétez pas du tout sur les responsabilités de votre collègue à
l'Environnement, là.
Mme Fréchette : Bien, M. le
Président, on n'empiète pas, dans la mesure où ça fait partie de notre mission,
et c'est la proposition puis les discussions qu'on a eues, cette semaine, qui
solutionnent, en fait, cet élément-là, dans le sens où, dans la mesure où on
l'indique dans notre mission, dans notre grande orientation, je pense qu'on
émet un message très clair, et c'est un concept, aussi, avec lequel on
travaille nos évaluations de la demande pour les prochaines années. Il y a une
partie qui est référant... qui réfère à l'efficacité énergétique qui est
évaluée pour... d'ici 2035 dans le plan d'action d'Hydro-Québec, ça en fait
partie.
Maintenant, là, on n'est pas dans la
partie de la mission, donc c'est pour ça que pour moi, il ne faut pas y faire
référence, parce qu'on est sortis de la mission, et c'est dans la mission qu'il
faut que ce soit intégré, sinon on tombe dans l'opérationnel, et là, il s'agit
de mon collègue à l'Environnement qui en est en charge.
M. Bouazzi : Vous parliez
de... Hier, aussi, vous avez beaucoup parlé du plan d'Hydro-Québec. Le plan
d'Hydro-Québec vise, en gros, à augmenter notre production de 180 térawattheures,
si mes souvenirs sont bons. Sur quelle base, en fait, ils ont décidé qu'il
fallait 180 térawattheures de plus?
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Alors... alors, la...
Des voix : ...
Mme Fréchette : OK. Donc,
c'est... ça, c'est une évaluation qui a été opérée par... réalisée par
Hydro-Québec. Je n'ai pas avec moi, aujourd'hui, là, les hypothèses à partir
desquelles ce chiffre-là a été fait, mais avec le PGIRE, c'est quelque chose
dans lequel, justement, on va se pencher, à savoir quelles sont les hypothèses
avec lesquelles on doit travailler pour... non seulement d'ici 2035, mais d'ici
les 25 prochaines années. Donc, on va avoir l'occasion de s'y plonger,
mais malheureusement, je n'ai pas avec moi ce matin, là, les hypothèses
exactes, là, de ce calcul-là.
M. Bouazzi : Donc, les
hypothèses... Parce qu'on parle bien de doubler la taille d'Hydro-Québec en 25 ans,
d'un investissement de 180 milliards de dollars et vous...vous... Est-ce
que je dois comprendre qu'Hydro-Québec a décidé de cet objectif de doubler
Hydro-Québec sans avoir des intrants de votre part, qui disent : C'est ça
que ça nous faut? C'est Hydro-Québec toute seule qui sait que le Québec, d'ici
2050, pour décarboner, a besoin de 180 térawattheures?
Mme Fréchette : Non, je ne
dis pas ça, là. Je ne dis pas qu'il n'y a pas eu d'intrant de notre côté, là.
Je pense qu'il y a eu une collaboration pour, justement, faire en sorte de...
M. Bouazzi : Et donc quel
genre d'input vous avez donné pour dire... Parce que j'ose croire... j'ose
croire, Mme la ministre, que c'est vous ou votre... en tout cas, votre
gouvernement qui a dit : Nous avons besoin de 180 térawattheures, là.
Mais peut-être pas, là, c'est peut-être Hydro-Québec qui décide seule des
besoins pour décarboner, mais...
Une voix : ...
Mme Fréchette : Alors, ces
évaluations d'Hydro-Québec se sont faites en collaboration avec le gouvernement
et, justement, elles reflètent les politiques adoptées par le gouvernement.
Donc, le gouvernement a établi ses orientations politiques en matière
énergétique, et Hydro-Québec a traduit ça en mégawatts requis. Donc, ça se
veut, je dirais, une traduction des orientations du gouvernement et des
règlements adoptés par le gouvernement, notamment en matière de véhicules
électriques. Ça, ça se retrouve dans les prémisses, en version kilojoules oukilowatts,
élaborées par Hydro-Québec. Donc, ça se veut, je dirais, un miroir, dans le
fond, des orientations gouvernementales, mais d'un point... avec une lunette
énergétique.
• (12 heures) •
M. Bouazzi : Je ne suis pas
sûr de comprendre. Est-ce qu'il y a une simulation qui... Parce que, là, les
programmes, là, ils ne vont pas jusqu'à 2050. À moins qu'il y ait quelque chose
que j'ai raté, qu'il y ait des programmes que je ne connaisse pas. Les
véhicules électriques, par exemple, c'est moins de 10 % d'augmentation, ça
fait que pour avoir décidé de doubler la capacité, j'imagine qu'il y a une
simulation qui dit : Voici ce qui arrive avec les industries, voici ce qui
arrive avec les véhicules...
12 h (version révisée)
M. Bouazzi : ...ça fait que, pour
avoir décidé de doubler la capacité, j'imagine qu'il y a eu une simulation qui
dit : Voici ce qui arrive avec les industries, voici ce qui arrive avec
les véhicules, voici ce qui arrive avec transport en commun, voici ce qui
arrive avec l'habitation, et qui dit : Bien, nous, basé sur le fait qu'on
va... Prenons le cas des véhicules électriques. Il y a bien une simulation... Vous
avez fait un choix, quelque part, qui dit : Est-ce qu'on met des
transports en commun partout et on va avoir moins de véhicules, et ils seront
tous électriques, ou alors on va avoir 50 % d'augmentation de véhicules d'ici
2050, si on suit la courbe qu'on a depuis 10 ans, mais elles seront toutes
électriques? Il y a bien une... Est-ce qu'il y a un document qui existe qui
arrive à la conclusion qu'on a besoin de 180 térawattheures qui n'est pas
celui d'Hydro? Parce que c'est quand même 180 milliards, Mme la ministre.
Et puis, honnêtement, je suis persuadé qu'on ne peut pas prendre ça à la
légère.
Mme Fréchette : Alors, ça se
veut le reflet à la fois des politiques gouvernementales et des ambitions
gouvernementales, notamment en matière de développement économique aussi, de
décarbonation et de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Donc, c'est
une combinaison de ces différents éléments, puis ma liste n'est pas exhaustive,
mais ça se veut donc le reflet de ce que nous, on a adopté comme orientation,
comme ambition au niveau du gouvernement, et qui ont été donc travaillés à l'intérieur
d'Hydro-Québec pour traduire ça en mégawatts. Donc, c'est l'élément que je peux
vous donner.
M. Bouazzi : ...c'est Hydro-Québec...
c'est Hydro-Québec qui arrive à la conclusion qu'on a besoin de 180 térawattheures
pour décarboner. Est-ce qu'il y a un document du...
Mme Fréchette : Bien, c'est
le plan d'action. Le plan d'action d'Hydro-Québec est le document.
M. Bouazzi : Ça, je
comprends, mais, le plan d'action d'Hydro-Québec, il n'y a nulle part qui
explique pourquoi on a besoin de 180 térawattheures pour décarboner, là.
Il y a une jolie courbe qui monte indéfiniment jusqu'à 180 wattheures. On
la connaît par cœur. Et d'ailleurs, encore une fois, laissez-moi être d'accord
avec mon collègue de Jean-Talon, ce document-là a le mérite d'exister.
Maintenant, moi, ce que j'essaie de
comprendre, c'est sur quelle base Hydro-Québec vient nous dire : J'ai
besoin de 180 milliards pour doubler ma taille. Il doit bien y avoir un
document qui dit... Est-ce qu'il y a un document qui dit... que votre
gouvernement a produit, qui dit : J'ai besoin de 180 térawattheures
pour décarboner?
Mme Fréchette : Le calcul plus
fin, plus raffiné avec les hypothèses, comment dire, mises à jour, on va le
faire à travers le PGIRE, avec le plan de gestion intégrée.
M. Bouazzi : Non, mais pour
le 180 milliards? Ça, je comprends pour le PGIRE, on l'espère de toutes
nos...
Le Président (M. Montigny) : ...je
ne voulais pas vous couper, mais, normalement, on passe par la présidence. Dans
le contexte actuel, je trouvais que l'échange allait très bien. Je vous répète
juste de ne pas embarquer, là, l'un sur l'autre parce que, là, je vais être
obligé d'intervenir, M. le député.
Alors, je vous redonne la parole. Vous
pouvez continuer à échanger entre vous, mais merci de le faire
respectueusement. Il vous reste très peu de temps, une minute, à peu près.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Merci du rappel. Je serai vigilant, c'est vrai. Puis, pour les gens
qui retranscrivent, aussi, c'est plus facile.
Je comprends pour le PGIRE, Mme la
ministre, mais ma question est claire, c'est qu'il y a un investissement qui
nous a été annoncé de 180 milliards de dollars. Est-ce que je dois
comprendre qu'il n'y a aucun document au niveau du gouvernement qui dit : Nous
avons besoin de 180 térawattheures par an pour décarboner le Québec d'ici
2050? Est-ce que, oui ou non, cette simulation existe? Je ne vous demande pas s'il
va y en avoir une dans le futur, là.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
La parole est à Mme la ministre.
Mme Fréchette : M. le
Président, on voudrait me communiquer certaines informations, donc je vous demande
juste quelques secondes.
Le Président (M. Montigny) : Est-ce
que vous voulez qu'on prenne le temps de suspendre? On peut.
Mme Fréchette : Non, non, juste
quelques secondes.
Le Président (M. Montigny) : Nous
pouvons suspendre. Alors, nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 04)
(Reprise à 12 h 06)
M. Montigny : Nous avons
donc repris nos travaux. Merci, tout le monde. Mme la ministre, vous avez
maintenant la parole.
Mme Fréchette : Oui.
Alors, je voudrais amener, bien, en fait, quelques éléments d'information
additionnels. Donc, pour Hydro-Québec, là, les calculs, c'est pour le long
terme. D'ici 2050, non pas nécessairement 180 térawattheures, mais bien
entre 150 et 200 térawattheures, qui sont les hypothèses avec lesquelles Hydro-Québec
travaille. Et le PGIRE va nous amener, justement, notamment, à préciser cette
demande future de manière plus exacte, parce que, là, on est dans une
fourchette quand même assez importante, entre la fourchette inférieure est
supérieure. Donc, ce sera l'occasion, avec le PGIRE, de préciser davantage pour
la période... surtout sur le long terme. Et puis il y a aussi un régime
transitoire qui est mis en place d'ici le 1er janvier... Attendez. Oui,
c'est ça. Donc, d'ici le 1er janvier 2035, là la consommation, les besoins
énergétiques sont évalués à 255 térawattheures d'ici le 1er janvier
2035.
M. Bouazzi : ...pas en
plus. Oui.
Mme Fréchette : Non, en
plus... en tout. Pardon.
M. Bouazzi : Oui. Donc,
il y a quelque chose que je ne comprends pas, Mme la ministre. Je comprends la
fourchette, là. 150 à 200 térawattheures en plus, il y a bien... ce n'est
pas Hydro-Québec qui a décidé tout seul que c'étaient ça, les besoins jusqu'à
2050. Cette fourchette-là, elle est donnée par votre gouvernement, ou pas, ou
c'est...
Mme Fréchette : Elle est
basée sur les ambitions de notre gouvernement, les objectifs que l'on s'est
donnés en matière de développement économique, tout comme en matière de
réglementation pour un meilleur usage, une meilleure consommation de l'énergie.
M. Bouazzi : Donc, vous
avez un document qui arrive à la fin qui conclut : On ne sait pas trop,
mais ça sera entre 75 % d'Hydro-Québec en plus et 100 % d'Hydro-Québec
en plus. Ceci existe chez vous, là. Je ne peux pas croire qu'Hydro-Québec l'a
fait de son côté.
Moi, je vous pose la question parce qu'il
y a une simulation qui existe, que j'ai vue dans un des... une des
présentations de la chaire d'énergie, qui dit qu'en se basant, par exemple, sur
les objectifs d'efficacité, de sobriété de l'Allemagne, par exemple, en matière
d'isolation des bâtiments, en matière de transport, etc., et qu'on appliquait
ça au Québec, on se retrouvait à avoir besoin autour de 15 % de plus
d'énergie et non pas 100 % de plus d'énergie, d'où l'idée de dire : La
sobriété et l'efficacité ne sont pas dans le décor, Mme la ministre. Ça fait
que si on le met, au moins... Et puis, je vous dis, c'est une chance pour y
arriver parce qu'on ne doublera pas en 25 ans la taille d'Hydro-Québec.
Ceci est un fantasme. Ça n'arrivera pas.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci. Je suis désolé. C'est le temps que vous aviez pour votre
intervention. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
M. Bouazzi : Un
amendement.
Le Président (M. Montigny) :
Pardon?
M. Bouazzi : Un
amendement à... Ah oui! Un autre.
Le Président (M. Montigny) :
Oui. Malheureusement, c'est tout le temps que vous aviez pour votre
intervention.
Comme il n'y a pas d'autre intervention,
c'est le moment de la mise aux voix de cet amendement. Alors, est-ce que
l'amendement est...
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Merci. Je l'attendais presque par habitude. Par votre nominale, Mme la
secrétaire.
La Secrétaire
: Pour,
contre, abstention. M. Bouazzi (Maurice-Richard)?
M. Bouazzi : Pour.
La Secrétaire
: Mme Fréchette
(Sanguinet)?
Mme Fréchette : Contre.
La Secrétaire
:
M. Bussière (Gatineau)?
M. Bussière : Contre.
La Secrétaire
: M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Contre.
La Secrétaire
: M. Tremblay
(Dubuc)?
M. Tremblay : Contre.
La Secrétaire
: M. Sainte-Croix
(Gaspé)?
M. Sainte-Croix :
Contre.
La Secrétaire
: M. Beauchemin
(Marguerite-Bourgeoys)?
M. Beauchemin : Pour.
La Secrétaire
: Mme Cadet
(Bourassa-Sauvé)?
Mme Cadet : Pour.
La Secrétaire
: M. Montigny
(René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) :
Abstention. Alors, l'amendement, tel que proposé, est rejeté.
Maintenant, nous revenons donc à l'étude.
Oui, M. le député de Jean-Talon, je vous cède la parole. Je crois que vous avez
un amendement à nous proposer.
• (12 h 10) •
M. Paradis : Vous lisez
dans mes pensées, M. le Président. Alors, je pense que notre bien-aimée
secrétaire pourrait nous confirmer si elle l'a reçu.
Le Président (M. Montigny) :
Oui, nous l'avons reçu. Je l'ai en main présentement. Je l'ai devant moi. Nous
allons donc l'afficher à l'écran puis nous serons comme prêts à débuter la
présentation de cette proposition d'amendement que vous nous faites ce matin.
Ça s'en vient. Et voilà. L'amendement que vous proposez est affiché. C'est bien
<le...
Le Président (M. Montigny) :
...matin. Ça s'en vient. Et voilà. L'amendement que vous proposez est affiché.
C'est bien >le vôtre?
M. Paradis : C'est le mien,
oui. Voilà.
Le Président (M. Montigny) : Allez-y,
M. le député de Jean-Talon. Je vous laisse la parole.
M. Paradis : Alors,
l'amendement suivant :
Retirer à l'article 4 modifiant l'article
14.1 de la Loi sur le ministère de l'Économie et de l'Innovation, les mots «ainsi
que» et insérer les mots suivants «ainsi que l'efficacité et la sobriété
énergétiques» après les mots «énergétiques».
Donc, ce qui veut dire que le deuxième
paragraphe de l'article 14.1 ainsi modifié se lirait comme suit, donc :
«Pour l'accomplissement de sa mission en
matière d'énergie, le ministre est responsable de soutenir, de stimuler et de
promouvoir la production d'énergie, le développement de nouvelles filières
énergétiques ainsi que l'efficacité et la sobriété énergétiques.»
Très bien. J'essaie de trouver des
solutions de compromis, parce qu'on a eu des discussions intéressantes hier. Et
il me semble qu'actuellement on parle beaucoup de la structure de la loi, et la
ministre nous dit avec raison que, là, on ne le sait pas encore, mais, mercredi
prochain, à la réunion du Conseil des ministres, en tout cas, la ministre va
présenter des possibilités d'amendement de l'article précédent, qui est la
mission, pour inclure des mentions relativement à la décarbonation, l'efficacité
et la sobriété. On verra ce qu'il en est.
Mais là elle nous dit : Bien, j'ai eu
la modification à la mission, donc là je n'ai pas besoin d'inscrire ces mots-là
dans les responsabilités parce que ça va au PGIRE. Avec égards, je pense que ça
donne une vision déséquilibrée de l'arrangement législatif qui est proposé
comme ça, c'est-à-dire... Tant mieux si la mission est modifiée, Mme la
ministre, tant mieux. Mais là, actuellement, donc, on aurait... En haut, c'est
la mission. Donc là, on a l'article précédent dans la loi qui indique la
mission, et la mission, elle, va parler de la responsabilité ou de la mission
du ministère de favoriser le développement de sources de production, et, avec
les amendements qu'on a proposés, qu'on espère voir arriver, il va y avoir
aussi des mentions de l'efficacité, de la sobriété et de la décarbonation.
Bien. Ça, c'est le chapeau.
Ensuite, on passe aux responsabilités de
la ministre, et ensuite, je vais le nommer tout de suite, il y a le PGIRE,
l'opérationnalisation de tout ça. Dans la logique que nous propose la ministre,
actuellement, en disant : Non, je ne veux pas nécessairement de mention...
bien, elle nous dit : Je ne veux pas de mention de l'efficacité et de la
sobriété dans les responsabilités, ça crée un déséquilibre. Parce que, les
responsabilités, elle nomme, dans les six paragraphes actuels, cette
responsabilité très importante de favoriser la production, le développement des
nouvelles filières, contribuer au développement, l'accroissement, etc. — j'ai
mentionné ça hier — mais là il n'y aurait rien sur l'efficacité et la
sobriété dans les responsabilités. Donc, on pèse très lourdement sur une partie
des responsabilités liées à la mission, mais pas sur l'efficacité et la
transition, en disant : Bien ça, ça va être dans le PGIRE. Mais, dans le
PGIRE aussi, il y a de la production.
Donc, si vous me suivez bien, au niveau 1,
à la mission, on parle des deux. Fort bien. Au niveau 2, les responsabilités,
bien là on parle beaucoup de la production, mais on ne parle pas de l'efficacité,
donc il y a un trou là. Puis là, quand on arrive aux opérations, à
l'opérationnalisation de tout ça dans un plan, là on pourrait parler des deux,
mais là on crée un trou.
Donc, je pense qu'il faut que la loi
exprime cette volonté de faire en sorte que, lorsqu'on parle de l'énergie, de
la gestion de l'énergie production, mais aussi efficacité, sobriété
énergétique, c'est dans les responsabilités de la ministre. Et je pense qu'elle
l'a mentionné ici à quelques reprises, elle se sent elle-même investie de ces
responsabilités. Donc, il faut l'écrire, il faut lancer un message : En
2025, c'est ça, la gestion de l'énergie. Et là, ici, dans la formulation
proposée, il y a un équilibre. Donc, la ministre soutient, stimule et promeut
la production d'énergie et le développement des nouvelles filières, mais elle
soutient, stimule et promeut aussi l'efficacité et la sobriété énergétiques.
Là, il y a un très bel équilibre qui est indiqué dans ses responsabilités.
Sinon... Parce qu'on parle beaucoup du
ministère de l'Environnement. Mais le ministère de l'Environnement et le
ministère de l'Énergie ne devraient pas avoir des missions contradictoires, que,
dans un, c'est production, production, production, à l'Énergie, et à l'autre,
c'est : Ah! c'est ici que ça... on s'occupe de sobriété, d'efficacité puis
de décarbonation. Ça ne devrait pas être ça, la façon de lire les lois les unes
par rapport aux autres, parce que, non, ce n'est pas vrai qu'en 2025, le
ministère de l'Énergie, ce n'est que pour la production. Donc, on veut de la
cohérence entre les deux <lois...
M. Paradis :
...2025,
le ministère de l'Énergie, ce n'est que pour la production. Donc, on veut de la
cohérence entre les deux >lois. Puis ça ne veut pas dire que la ministre
va être en train de s'emmêler les pinceaux avec son collègue à l'Environnement.
On le sait, c'est quoi, les responsabilités du ministre de l'Environnement.
Mais, quand on parle d'énergie, de comment on produit, quelle quantité on doit
produire, pour quelle fin, c'est au ministère de l'Énergie. Et on veut dire
qu'elle a, la ministre, cette responsabilité-là.
Alors, si on me dit : Bien, on envoie
ça au PGIRE, bien, le PGIRE, c'est de l'opérationnel. C'est un plan
opérationnel. Puis c'est en partie le ministère puis en partie Hydro-Québec qui
va le mettre en œuvre. Puis Hydro-Québec n'est pas imputable devant les députés
de l'Assemblée nationale. Donc, écrivons-le dans la loi.
Puis là, ici, il me semble qu'il y a une
voie de passage où on ne l'a peut-être pas isolé à 7 puis dire : Ça, c'est
une responsabilité toute seule. On a dit : On vient équilibrer le
paragraphe où on parle de production pour dire : Il y a aussi
l'efficacité. Bon. Ça, c'est sur la présentation.
J'aimerais aussi qu'on revienne sur le
plancher des vaches puis qu'on discute de : Bien, est-ce que c'est vrai
que c'est vraiment uniquement dans le carré de sable de l'Environnement, ça, la
sobriété, l'efficacité énergétique? Parce que moi, je le redis, j'ai entendu la
ministre, depuis qu'elle occupe ces fonctions-là il y a quelques mois, mais
j'ai entendu son prédécesseur utiliser très souvent les mots «sobriété» et
«efficacité». Donc, ça veut dire que c'est sa responsabilité.
Mais voyons aussi les programmes en
efficacité. Bon, d'abord, notons une chose. La Loi sur la qualité de
l'environnement, selon nos recherches, ne contient aucunement le mot
«sobriété», nulle part. Donc, si c'est la responsabilité du ministère de
l'Environnement, pourquoi le mot n'est nulle part? Bien, peut-être parce que
«sobriété», c'est lié à «consommation d'énergie». Et je m'excuse, mais ce n'est
pas le ministère de l'Environnement qui s'occupe de consommation d'énergie au
Québec, c'est Hydro-Québec, dont est responsable et imputable la ministre de
l'Énergie.
À preuve, puis là j'arrive à mes questions
pour la ministre, voyons quelques programmes, actuellement, là, d'efficacité et
de sobriété énergétique. Hilo. Qui s'occupe du programme Hilo, Mme la ministre?
Mme Fréchette : ...
M. Paradis : Pardon?
Mme Fréchette : ...
M. Paradis : Hydro-Québec est
le... Puis c'est quel ministère, Hydro-Québec, déjà?
Des voix : ...
Mme Fréchette : Donc, Hydro-Québec
relève du ministère de l'Économie, de l'Énergie, de l'Innovation, mais c'est
l'Environnement qui approuve les programmes liés à l'efficacité énergétique d'Hydro-Québec.
M. Paradis : Est-ce qu'on est
d'accord qu'Hilo est un programme d'Hydro-Québec?
Mme Fréchette : Oui, mais le
volet programmes d'efficacité énergétique, il est approuvé par l'Environnement.
M. Paradis : Est-ce que,
quand les gens...
Mme Fréchette : Et ça se
peut. Ça peut se faire. C'est ça que je n'arrive pas à vous communiquer. C'est
que ça peut fonctionner.
M. Paradis : Bien oui, mais
voyons... mais voyons voir, là. Le programme...
Le Président (M. Montigny) : ...je
vais faire la même intervention que j'ai faite tout à l'heure avec l'autre collègue.
C'est important, notamment pour la retranscription de nos travaux, de s'assurer
soit de passer par la présidence... Puis là je vous avertis : la prochaine
fois, vous embarquez les uns sur les autres, je vais vous demander de vous
adresser spécifiquement à la présidence.
Alors, je vous laisse aller, vous pouvez
intervenir l'un après l'autre, mais, la prochaine fois, je vais vous demander, toujours,
de passer par la présidence. Allez-y, M. le député.
M. Paradis : Programme
LogisVert, Mme la ministre. Qui s'occupe du programme LogisVert? LogisVert?
Mme Fréchette : Qui s'en
occupe?
M. Paradis : Oui.
Mme Fréchette : Hydro-Québec.
M. Paradis : Hydro-Québec.
Quel ministère chapeaute Hydro-Québec?
Mme Fréchette : Hydro-Québec
est dans mon ministère. Il y a des collaborations également avec le ministère
de l'Environnement...
M. Paradis : Très bien. Le
programme...
Mme Fréchette : ...quand il
est question d'efficacité et de sobriété énergétique.
M. Paradis : Pardon. Le
programme Solutions efficaces?
Mme Fréchette : Bien, on peut
tous les nommer, là. Allons-y avec la liste complète, comme ça, on aura une
fois la réponse. Mais la logique reste la même, les programmes d'efficacité
sont autorisés par Environnement. Alors, ce n'est pas le ministère de
l'Économie et de l'Énergie, je suis désolée. Ce n'est pas comme ça que ça
s'opère actuellement.
Et le projet de loi ne vise pas à modifier
la répartition des pouvoirs entre le ministère de l'Énergie et le ministère de
l'Environnement. Ce n'est pas l'objet du projet de loi. Cette répartition-là,
elle a été convenue déjà il y a quelques années et elle fonctionne. Alors, on
va continuer à s'inscrire dans cette orientation.
• (12 h 20) •
Le Président (M. Montigny) : ...
Mme Fréchette : Merci.
Le Président (M. Montigny) : ...au
député de Jean-Talon.
M. Paradis : ...immobilière,
qui s'occupe de ça?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Est-ce qu'on
peut faire la liste au complet des programmes pour lesquels Hydro oeuvre?
M. Paradis : Bien, il y en a
plusieurs autres. Mais là, Mme la ministre, il y a... il y a une tendance qui
se dessine, c'est que les programmes d'efficacité et de sobriété énergétique au
Québec sont du domaine <de...
M. Paradis :
...tendance qui se dessine, c'est que les programmes d'efficacité et de
sobriété énergétique au Québec sont du domaine >de l'énergie. Parce
qu'on est en train de se demander quelle consommation d'énergie on veut avoir
pour le futur du Québec et on veut savoir quelle capacité de production on va
développer en fonction de ce qu'on est capables de faire en matière de sobriété
et d'efficacité.
Et j'essaie de voir, j'essaie vraiment de
comprendre, qu'on trouve une solution, ce qui nous empêche d'écrire ça en 2025
au cœur des responsabilités de votre ministère. Et je ne comprends pas parce
qu'à peu près tout le monde, au Québec, est prêt à aller là. L'industrie est
prête à aller là, la société civile est prête à aller là, les Québécoises et
les Québécois sont prêts à aller là et ils le savent, que c'est une question
qui relève d'Hydro-Québec et du ministère de l'Énergie. Ce n'est pas vrai que,
dans leur tête, c'est ministère de l'Environnement, ministère de
l'Environnement. Le ministère est responsable des cibles en matière de
décarbonation, fort bien, mais tout le monde, au Québec, le sait, que,
maintenant, c'est une responsabilité de la ministre de l'Énergie de chaque
jour. Chaque jour, quand elle est au travail, elle réfléchit à la capacité de
production, elle travaille à la capacité de production, mais elle réfléchit à
l'efficacité et à la sobriété et elle travaille à l'efficacité et à la sobriété
parce que c'est une question d'énergie.
Et là on a accepté de le mettre dans la
mission. C'est dans la mission, niveau 1, en haut. Mais là, quand on vient
articuler dans les responsabilités, là il y a un trou, il n'y a rien pour dire :
Ah! ça, ça va être dans l'opérationnel après. Ou bien c'est juste mon collègue
à l'Environnement qui s'occupe de ça. Ou on pourrait dire la même chose, là,
parce qu'il y avait... dans les programmes que je nommais, il y a des
programmes immobiliers. Ah! ça, c'est ma collègue à l'Habitation ou c'est mon
collègue aux Infrastructures. Non. On est en train de parler d'énergie, puis
j'aimerais ça, avoir une réponse. Qu'est-ce qui va...
Parce que ce n'est pas vrai que... ce
n'est pas vrai, là, que le gouvernement du Québec, dans sa façon... Bien, en
fait, ici, c'est le législateur dont on parle. Ce n'est pas vrai que ça va
créer un spaghetti qui va faire en sorte que : Hou! personne ne va être
capable de se démêler. Bien non! Tout le monde, au Québec, le sait, que c'est
dans vos responsabilités. Vous dites : On le met dans le projet de loi.
Qu'est-ce qui empêche...Parce que ce n'est pas vrai que ça va causer... les
gens vont... ça va causer des incompréhensions. Il y en a plein déjà, des
arrimages, il y en a plein, des responsabilités où il y a des synergies puis de
la coordination entre différents ministères. Puis on le sait, que vous êtes
réunis autour d'une table au Conseil des ministres. Il faut que ça soit écrit
au coeur de la loi qui régit notre gestion de l'énergie au Québec, qu'on est en
2025 et que, dans vos responsabilités, il y a l'efficacité et la sobriété
énergétique. C'est fondamental. C'est pour ça que le projet de loi est sur la
table. C'est ça qui est dit dans votre mémoire des ministres, n'est-ce pas?
Le Président (M. Montigny) : ...M.
le député, pour votre intervention. Est-ce qu'il y a d'autres interventions de
collègues?
Mme Fréchette : ...
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre, vous avez demandé une suspension. Sans problème.
Je vais suspendre les travaux quelques
instants. Je vous redonnerai la parole au retour. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 24)
12 h 30 (version révisée)
(Reprise à 12 h 59)
Le Président (M. Montigny) : Rebienvenue,
nous revenons à nos travaux. Par contre, je vous remercie beaucoup de votre
collaboration.
Et, compte tenu de l'heure, la commission
suspend ses travaux jusqu'à 14 heures.
(Suspension de la séance à 12 h 59)
14 h (version révisée)
(Reprise à 14 h 06)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous sommes prêts à reprendre nos travaux, chers collègues. Lors de la
suspension de nos travaux ce matin, nous étions à l'étude de l'amendement du
député de Jean-Talon. Est-ce qu'il y a maintenant des interventions? Mme la
ministre, est-ce qu'il y a des interventions?
Mme Fréchette : Bien, je
proposerais de continuer à suspendre les travaux. Il me reste une dernière
autorisation avant de poursuivre.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre.
Alors, nous allons suspendre quelques
instants.
(Suspension de la séance à 14 h 07)
14 h 30 (version révisée)
(Reprise à 14 h 31)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous reprenons nos travaux. Lors de la suspension de nos travaux, nous étions
toujours à l'étude de l'amendement du député de Jean-Talon. Est-ce qu'il y a
des interventions? Mme la ministre?
Mme Fréchette : Je n'ai pas d'intervention.
Le Président (M. Montigny) : Il
n'y a pas d'intervention? Il n'y a pas d'intervention. Donc, comme il n'y a pas
d'intervention... Ah, il y a une intervention. M. le député de Jean-Talon, je
vous laisse la parole.
M. Paradis : Très bien, merci.
Bon, j'aurais aimé entendre la ministre, parce qu'on a eu des échanges encore
une fois, très intéressants. D'ailleurs, je veux saluer publiquement l'ouverture
de la ministre à ce qu'on discute d'améliorations proposées... que nous
proposons au projet de loi. C'est très apprécié. Puis toute son équipe, d'ailleurs,
je tiens à le mentionner.
On a beaucoup parlé des responsabilités.
Donc, l'idée, actuellement, c'est que c'est un amendement que je propose pour
intégrer, de manière claire, dans les responsabilités de la ministre, celle de
veiller à l'efficacité et à la sobriété énergétiques du Québec, tout autant que
de soutenir, stimuler et promouvoir la production d'énergie. En 2025, ces deux
éléments-là vont ensemble. Maintenant, la ministre évoque le fait que ces
responsabilités-là sont celles du ministère de l'Environnement. J'aimerais
continuer à essayer de la rassurer.
J'ai fait mes devoirs aussi et j'ai évoqué,
dans quelques interventions précédentes, le fait qu'on aimerait avoir le plan
du gouvernement en énergie, qu'on ne l'a pas, et j'ai évoqué le fait qu'il
existe un Plan directeur en transition, innovation et efficacité énergétiques
depuis 2018. C'est le gouvernement de la CAQ qui a adopté ce plan-là. Il a été
mis à jour en 2026. Et qui est responsable de ce plan-là? Le ministère, à l'époque,
en 2018, de l'Énergie et des Ressources naturelles, qui est aujourd'hui le
ministère de la ministre.
Donc là, on dit qu'on conflie... on confie
la responsabilité de ce plan directeur au ministre de l'Énergie et des Ressources
naturelles, et l'ensemble des sites gouvernementaux qui sont désormais intégrés
à ce plan directeur. Donc, ce qui concerne la transition, repenser la... je
cite le ministre de l'époque, là, prédécesseur de la ministre... donc, l'idée
est de fédérer les actions et de structurer et faire avancer la transition
énergétique sous sa direction à lui... complément au plan… le PEV, là, c'est le
plan environnemental, le plan d'écologie verte...
Une voix : ...
M. Paradis : Économie verte,
excusez-moi, je vais finir... donc, en complément au Plan d'économie verte. Il s'attache
à repenser la consommation d'énergie et à réduire les émissions de gaz à effet
de serre liées à la consommation et à la production d'énergie. Et ce plan-là,
il est sous la responsabilité de ce ministère, celui de l'Énergie. Donc, j'aimerais
voir ce que la ministre a à dire là-dessus. Est-ce que ça la rassure sur le
fait qu'elle n'irait pas jouer dans le carré de sable qui n'est pas le sien, qu'en
fait c'est le sien dont on parle? La consommation d'énergie, l'efficacité
énergétique, son propre gouvernement dit, depuis 2018, que c'est le ministère
de l'Énergie qui s'en occupe. Est-ce que ça rassure la ministre?
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Très bien, M. le député. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, merci, M.
le Président. Alors, on m'indique que le plan directeur auquel réfère le député
de Jean-Talon a été intégré dans la politique-cadre du ministère de l'Environnement.
Donc, on revient à la logique qui nous a guidés lorsque ce ministère-là a été
scindé. C'est que la partie efficacité énergétique a été dévolue aux
responsabilités du ministre et ministère de l'Environnement, et, par <conséquent...
Mme Fréchette :
...efficacité énergétique a été dévolue aux responsabilités
du ministre et ministère de l'Environnement, et, par >conséquent, il
n'est pas à l'intérieur, ce plan directeur là, du ministère de l'Économie, de
l'Innovation et de l'Énergie, il est chez mon collègue. Donc, je suis désolée
de me buter constamment à la même réponse, grosso modo, mais c'est parce que la
réalité ne change pas alors qu'on tient nos discussions. Donc, voilà, c'est la
façon qui a été adoptée pour répartir les responsabilités.
Le Président (M. Montigny) :
M. le député.
M. Paradis : Je serais quand
même curieux de savoir où on en est. On a quand même eu des discussions
intéressantes avant l'heure du lunch. La pause a continué après. Quoi de neuf,
Mme la ministre? Est-ce qu'on... est-ce qu'il y a une voie de passage, est-ce
qu'il y a de l'ouverture? Je pense que c'est important, pour une grande partie
du Québec, que soient inscrite à même les responsabilités de la ministre,
aujourd'hui, en 2025, cette question de l'efficacité et de la sobriété. Donc,
quoi de neuf à la suite de nos discussions et de la pause?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien, M. le député. Maintenant, la parole est à Mme la ministre.
Mme Fréchette : Il n'y a pas
vraiment de nouveauté à ce stade-ci. Les discussions que l'on a eues vont
devoir être discutées dans quelques jours, comme vous savez, et je dois vous
revenir après coup, mais, outre ça, il n'y a pas de... il n'y a pas plus de
détails, je vous dirais.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre. Il y a d'autres interventions? Oui, M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Est-ce que je
comprends... et c'est vraiment une question ouverte... est-ce que je comprends,
de la réponse de la ministre, que ce qui pourrait être discuté au Conseil des
ministres la semaine prochaine pourrait inclure non seulement les modifications
dont on a déjà parlé, l'amendement que j'ai proposé à l'article 3, mais
également quelque chose par rapport à l'article 4, pour qu'ici aussi dans les
responsabilités, on inscrive quelque chose?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Merci. Bien,
je ne m'avancerai pas sur ce qui sera discuté, tout simplement. Donc, je pense
qu'il y a des discussions à être tenues, et je pourrai vous revenir dans
quelques jours.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre.
M. Paradis : Est-ce que... est-ce
qu'on devrait suspendre l'étude de cette proposition d'amendement?
Le Président (M. Montigny) : En
fait, c'est toujours une option, hein? Je me permets de vous dire que, si vous
voulez suspendre cet amendement, c'est possible. Ça prend le consentement de la
commission. Je n'ai pas eu la demande pour l'instant.
M. Paradis : ...moi, je...
moi, si on a des chances d'avoir... Ce libellé-là m'apparaît très équilibré et
m'apparaît offrir ce que les Québécois et les Québécoises veulent voir
aujourd'hui dans les responsabilités de la ministre en matière d'énergie.
J'espère vraiment qu'on va pouvoir aller de l'avant avec ce libellé-là si c'est
possible. Ou, s'il y a un libellé alternatif, mais qui inscrit clairement
l'efficacité et la sobriété parmi les responsabilités de la ministre, je serais
prêt à ce qu'on suspende l'étude de cet amendement, le temps de voir ce que la
ministre est capable de discuter avec ses collègues à la table du Conseil des
ministres.
Le Président (M. Montigny) : M.
le député, je veux juste être bien certain de vous entendre : Est-ce que
votre allocution que vous venez d'avoir me demande de valider la suspension de
cet amendement?
M. Paradis : Bien, c'est
parce qu'évidemment je comprends qu'il y a des discussions, actuellement, qui
ont cours. J'aimerais ça laisser la chance à la ministre d'étudier cet
amendement-là.
Le Président (M. Montigny) :
Ah! parfait.
M. Paradis : Alors, moi, s'il
y a une chance, je proposerais qu'on suspende l'étude de cet amendement, je...
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre, souhaitez-vous prendre la parole à ce stade-ci?
Mme Fréchette : Moi, je ne
demande pas à suspendre.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
M. le député, je veux juste bien comprendre : Est-ce que vous avez demandé
que je valide la suspension?
M. Paradis : Oui.
Le Président (M. Montigny) :
Parfait...
M. Paradis : Bien, ce que je
vais vous demander, là, pour l'instant, c'est... en parlant de suspension, je
vais vous demander une brève suspension de nos travaux cette fois-ci, parce
qu'on a eu beaucoup de conversations mais on n'a pas fait le point. Alors, suspendons
quelques minutes, puis on va voir ce qu'on fait après.
Le Président (M. Montigny) : Bien,
avec plaisir. Je vais prendre d'abord un moment de suspension des travaux, puis
on reviendra par la suite. Si jamais vous me faites une demande de suspension
de votre amendement, on en débattra.
Alors, on va suspendre quelques moments
nos travaux.
(Suspension de la séance à 14 h 40)
(Reprise à 14 h 47)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous avons repris nos travaux. Au moment de suspendre, Mme la ministre avait la
parole. Je vais juste valider si vous voulez prendre la parole à ce stade-ci.
Mme Fréchette : Est-ce qu'on
peut passer au vote?
Le Président (M. Montigny) : Bien,
ça dépend s'il y a des demandes d'intervention. Oui, M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Je voulais juste être sûr que Mme la ministre parlait du vote sur
l'amendement en tant que tel. Oui? Bon. Donc, bien, Mme la ministre, je
voudrais… parce que, la dernière fois, mon temps s'était écoulé, et j'aurais
voulu reprendre là où nous étions. On a parlé de la fourchette du
150 térawattheures à 200 térawattheures, qui serait l'objectif, d'ici
2050, d'Hydro-Québec. D'où vient ce chiffre? Partagez-nous le document, s'il
vous plaît, que vous avez donné à Hydro-Québec pour qu'ils se donnent ça comme
objectif. Je ne peux pas croire qu'Hydro-Québec toute seule est sortie avec un
chiffre qui engage un investissement de 180 milliards, c'est-à-dire plus
que le budget annuel du Québec, Mme la ministre.
Le Président (M. Montigny) : Merci
de votre intervention, M. le député. Mme la ministre, si vous voulez
intervenir, vous pouvez, à ce stade-ci.
Mme Fréchette : Oui, bien, écoutez,
dans la mission d'Hydro-Québec, il est indiqué que l'organisation...
l'organisme, en fait... pour la réalisation de ses objectifs, la société
prévoit notamment les besoins du Québec en énergie et les moyens de les
satisfaire dans le cadre des politiques énergétiques que le gouvernement peut,
par ailleurs, établir. Donc là, on a, dans le fond, la base de l'argument qui
fait en sorte qu'Hydro-Québec a établi un estimé, une approximation des besoins
requis en énergie d'ici 2050, et c'est ce que l'on retrouve dans le plan
d'action d'Hydro-Québec, comme estimé, et cet estimé-là va être précisé encore
davantage, je vous dirais, avec l'élaboration du PGIRE, parce que, là, on va
vraiment travailler sur le mix énergétique qui est souhaité et réalisable, et,
à partir de là, on aura une connaissance encore plus fine, en fait, de ce qui
risque de survenir au cours des 25 prochaines années.
Le Président (M. Montigny) :
Merci.
• (14 h 50) •
M. Bouazzi : Donc, je veux
être sûr de comprendre et vraiment d'avoir une réponse claire. Hydro-Québec,
basé sur pas quelque chose qui vient de chez vous, donc ce n'est pas vous qui
avez dit : Nous avons besoin d'entre 150 et 200 téras. Il n'y a pas
un document que vous avez fourni à Hydro qui dit : Nous avons besoin
d'atteindre ça d'ici 2025. C'est eux-mêmes, basés sur leurs propres
simulations, qui sont arrivés pour dire : Nous avons besoin de doubler
Hydro-Québec d'ici 2025.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. Bien, j'ai précisé tout à l'heure, plus tôt dans notre discussion,
que nous, on a établi, en fait, nos orientations <politiques...
Mme Fréchette :
...précisé
tout à l'heure, plus tôt dans notre discussion, que nous, on a établi, en fait,
nos orientations >politiques, nos objectifs politiques, et Hydro-Québec
se charge de traduire ces orientations-là et objectifs en développement
énergétique, qu'est-ce que ça requiert comme développement énergétique pour
atteindre ces objectifs-là, et c'est ce qui donne le plan d'action.
M. Bouazzi : ...l'objectif,
c'était... donc, l'objectif, ce n'était pas 200 téras. L'objectif, c'était
carboneutralité en 2050. C'est ça que vous avez donné à Hydro...
Mme Fréchette : Développement
économique, transition énergétique, carboneutralité d'ici 2050. Donc, c'est une
pléiade, une série d'éléments. Il n'y en a pas un seul, bien sûr.
M. Bouazzi : Et donc est-ce
qu'il y a un document qui dit : Pour le développement, j'ai besoin de 40 téras
pour décarboner mon industrie, j'ai besoin d'un 100 téras, etc., et donc
la somme de tout ce que j'ai besoin, c'est 180... entre 150 et 200 téras
chez Hydro-Québec, allez-y, ou alors, vous n'avez jamais exprimé la quantité
d'énergie dont vous avez besoin? Est-ce que c'est un objectif en termes
d'énergie ou c'est Hydro-Québec qui fait ses propres simulations?
Le Président (M. Montigny) : ...M.
le député. Merci, M. le député. Maintenant, Mme la ministre, si vous souhaitez
prendre la parole.
Mme Fréchette : Oui. Donc, on
n'a pas établi, auprès d'Hydro-Québec, la quantité de mégawatts requis. On a
établi, comme je dis, les objectifs politiques, et Hydro-Québec se charge de
traduire ces ambitions politiques là, traduire ces ambitions réglementaires,
par exemple, sur les véhicules électriques, sur notre volonté d'être
carboneutres en 2050. Elle les traduit en ce qui est requis en termes de
mégawatts.
M. Bouazzi : Donc, c'est
Hydro-Québec qui a calculé combien... je ne sais pas, moi, combien l'industrie
de l'aluminium a besoin d'électricité, dans l'avenir, pour se décarboner?
Mme Fréchette : Pardon?
Hydro-Québec a besoin d'établir la quantité d'aluminium?
M. Bouazzi : Aujourd'hui, on
a... je ne sais plus les chiffres, mais, disons, 30 % de nos émissions de CO2qui sont dues à
l'industrie, peut-être moins, là, mais, en gros, 30 %. C'est qui qui
calcule la quantité de térawattheures dont on a besoin pour décarboner
l'industrie au Québec? C'est Hydro-Québec qui a fait cette job-là?
Mme Fréchette : Bien, jusqu'à
maintenant, ça a été Hydro-Québec qui a calculé, effectivement, ces données-là.
Avec le PGIRE, on aura un mode de fonctionnement potentiellement différent,
mais, jusqu'à maintenant, ça a été... ça a été comme ça.
M. Bouazzi : D'accord. Parce
que le plan, en tant que tel, il ne peut pas mettre de l'avant les questions
d'efficacité et de sobriété en disant qu'il faut doubler la taille d'Hydro, là.
Ce n'est pas possible. Encore une fois, il y a des études qui... Moi, je n'ai
pas vu une seule simulation, ni de chez Hydro ni de qui que ce soit, là, mais
il y a des études qui... dont celle de M. Pineau, pour ne pas la nommer, où, en
prenant les objectifs d'efficacité et de sobriété de l'Allemagne, qui est un
pays, d'ailleurs, où il fait froid l'hiver, si vous avez... aussi, on se
retrouve à avoir besoin juste d'un 10 %, sans compter la croissance, je
vous l'accorde, et ni la croissance du nombre d'habitants ni la croissance de
l'industrie.
Mais, concrètement, ce qu'on a, jusqu'à
date, comme philosophie qui nous est présentée, c'est : plus d'énergie,
plus d'énergie, plus d'énergie, ne vous inquiétez pas, on va y arriver. On a
même réussi un exploit. Votre prédécesseur, en 18 mois, a déjà distribué
toute la croissance économique que nous allons... nous pourrions imaginer, là.
Le fameux 25 %, là, de croissance par rapport au 75 % de
décarbonation, il l'a déjà distribué juste avant de quitter, là, il nous laisse
avec ça. Mais, concrètement, on n'arrivera pas à produire autant d'énergie. Ça
fait que l'efficacité et la sobriété, c'est vraiment majeur. Donc, je vous annonce
que nous allons voter pour cet amendement.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec cet
amendement? M. le député de Jean-Talon, vous avez la parole.
M. Paradis : Bon, on a eu
beaucoup d'échanges, résumons-nous. L'intention annoncée dans les
communications du gouvernement pour ce projet de loi n° 69, c'est d'en
faire un projet de loi pour préparer la transition énergétique. C'est ça qui
est annoncé. C'est le gouvernement qui parle, il l'a dit aussi dans le <mémoire...
M. Paradis :
...énergétique.
C'est ça qui est annoncé. C'est le gouvernement qui parle, il l'a dit aussi
dans le >mémoire au Conseil des ministres. Mais quand vient le temps de
l'écrire clairement dans le projet de loi, c'est non, c'est... on ne le voit
pas, on parle de production. Puis ce ne sera pas seulement cet article-là,
c'est partout dans le projet de loi.
On est en 2025, et, aujourd'hui, tout le
monde convient... bien là, en tout cas, «tout le monde convient»... est-ce que
ce gouvernement convient, je ne sais pas, mais, en tout cas, dans la société
civile, dans l'industrie, tout le monde convient que le ministère de
l'Énergie... de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie n'est plus
seulement un ministère de construction de barrages puis de facilités de
production d'énergie, mais aussi celui qui va gérer globalement tout le secteur
de l'énergie au Québec, et ça, ça inclut la transition vers la carboneutralité,
qui implique de l'efficacité et de la sobriété, mais on ne veut pas le dire.
L'efficacité et la sobriété, là, on me dit :
Ah! c'est dans le plan directeur de tel ministère. Là, c'est le législateur
dont on parle. On n'est pas en train de parler de l'exécutif, on parle du
législateur. Ce n'est pas clairement indiqué ni dans la Loi sur la qualité de
l'environnement ni dans la Loi sur le ministère du Développement durable, de
l'Environnement et des Parcs que ce sont ses responsabilités de faire ça, ce
n'est pas écrit. Le mot «sobriété» n'est pas encore dans le corpus législatif
du Québec. C'est le temps de l'écrire, on est en 2025.
On a vu ensemble, puis la ministre a été
obligée d'en convenir... toutes les politiques relativement à la consommation,
puis la sobriété puis l'efficacité énergétiques sont de la responsabilité
d'Hydro-Québec, et le ministère responsable d'Hydro-Québec, c'est le ministère
de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie, on vient de le voir. Le Plan
directeur en transition, innovation et efficacité énergétiques, c'est la
responsabilité du ministère, de la ministre de l'Énergie. Ah! oui, il est
intégré, etc. Le plan directeur, son gouvernement dit que c'est elle qui en est
responsable.
Alors là, la ministre, le gouvernement va
devoir assumer la conséquence de ses actes. Si ce n'est dit nulle part dans le
projet de loi, puis qu'à chaque fois il faut essayer de forcer en travers de la
gorge du gouvernement les mots «efficacité et sobriété énergétiques», ça veut
dire qu'il y a un problème, que c'est des communications puis que ce n'est pas
ce qu'on veut inscrire dans le projet de loi. J'espère que ce n'est pas ça, le
problème, parce que je n'ai pas eu de bonne raison, moi, de ne pas inclure
cette proposition d'amendement pour rééquilibrer, je le réitère...
Prenons le libellé. Le libellé dirait que
la ministre soutient, stimule et promeut la production d'énergie et le
développement de nouvelles filières énergétiques ainsi que l'efficacité et la
sobriété énergétiques. On vient de dire que ça va ensemble maintenant, qu'il y
a un équilibre entre les deux. Si on ne veut pas écrire ça, ça veut dire qu'en
réalité ce que le gouvernement dit à l'ensemble de la population du Québec,
c'est que, non, on n'est pas vraiment rendus là, et, non, ce n'est pas ça qu'on
fait avec le projet de loi n° 69.
J'invite de nouveau la ministre à accepter
cet amendement, et les députés de la banquette gouvernementale. Mais dans
l'espoir que la ministre puisse avoir de bonnes discussions constructives avec
ses collègues à la table du Conseil des ministres, je propose la suspension de
cet amendement pour que la ministre puisse l'apporter au Conseil des ministres
et en discuter avec ses collègues.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
M. le député. Je comprends que je vais aller voir pour le consentement de la
suspension de cet amendement que vous proposez, vous, député de Jean-Talon.
Est-ce qu'il y a consentement pour la suspension de cet amendement?
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Il y a consentement d'un côté.
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Il n'y a pas de consentement. Donc...
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Sur le consentement, et ça prend l'unanimité des membres de la commission pour
avoir un consentement. Comme il n'y a pas de consentement, nous allons
continuer la période d'échange. M. le député de Jean-Talon, il vous reste
environ une minute d'échange sur votre temps sur votre amendement. Souhaitez-vous
continuer votre minute tout de suite ou valider s'il y a d'autres collègues qui
veulent prendre la parole? Donc, on va valider. Est-ce qu'il y a d'autres
collègues qui veulent prendre la parole sur cet amendement? Il n'y en a pas. M.
le député de Jean-Talon, il vous reste donc une minute, si vous le voulez.
• (15 heures) •
M. Paradis : Bon, alors donc,
il n'y aura... il n'y a pas de consentement. Donc, le gouvernement refuse de
consentir à une suspension de cet amendement, le temps d'avoir des discussions
au Conseil des ministres. C'est ce que je comprends. J'invite, en leur âme et
conscience, tous les députés des banquettes gouvernementales à considérer ce
que nous sommes en train de faire actuellement. Nous lançons le Québec... en
tout cas, c'est l'intention annoncée...
15 h (version révisée)
M. Paradis : ...à considérer
ce que nous sommes en train de faire actuellement, nous lançons le Québec — en
tout cas, c'est l'intention annoncée par ce gouvernement — nous
lançons le Québec vers la transition énergétique. Pourquoi ne pas le dire clairement
dans le projet de loi? Qu'est-ce que ça veut dire des réelles intentions de ce
gouvernement? C'est la question que je nous pose à tous et toutes. Je nous
invite à voter en faveur de cet amendement.
Le Président (M. Montigny) :
Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions de collègues? Mme
la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui, merci,
M. le Président. Donc, je vais laisser le collègue de Jean-Talon terminer.
Seulement vous dire, donc, de notre... De notre côté, donc, bien évidemment,
vous comprenez que nous serons en faveur de l'amendement qu'il nous a présenté.
Je n'attendrai pas nécessairement une réponse de la ministre, là, parce que je
sais, bon, on a eu quelques interventions, soit dans cette assise, donc, sur
nos banquettes ou hors micro. Mais ici, je veux vraiment, donc, nous enjoindre
à réfléchir sur... bien, d'abord, sur ce que le député Jean-Talon, donc, a dit.
Il disait que tout le monde est d'accord, ça, je vais reprendre ces termes-là, il
disait : Bien, oui, tout le monde, la société civile est tout à fait d'accord
à ce que... en fait, tout à fait, animée, donc, de la même perception de ce que
devrait être le rôle de la ministre de l'Énergie, en l'espèce ici.
Puis, plus tôt, là, donc, je sais que la
ministre, donc, nous a répété, nous a, définitivement, donc, bien expliqué donc
comment, donc, se déroulait, donc, la gouvernance, donc, entre le ministre de l'Énergie
puis le ministre de l'Environnement ici. Mais je veux l'amener, là, parce que,
sur le libellé actuel, ce que je comprends de la ministre, elle nous dit :
Ah! Le libellé actuel est un peu comme on avait déjà discuté, donc, dans l'étude
d'amendements précédents, en se disant : Nous, on a des accrocs avec ça,
pour nous, c'est difficile, parce qu'on n'a pas nécessairement, donc, les
objectifs ou les indicateurs de performance qui sont liés au fait de soutenir, parce
qu'on ne soutient pas les programmes, de stimuler, parce que, bon, on n'a pas
nécessairement, donc, les enveloppes pour pouvoir le faire. Mais promouvoir,
promouvoir la production d'énergie, promouvoir le développement de nouvelles
filières énergétiques et promouvoir l'efficacité et la sobriété énergétique, à
mon sens, et au-delà de la mission, évidemment, on a déjà discuté de cet
élément-ci, puis pour nous, donc, nous tenons... Nous tenons définitivement
mordicus à ce que cette discussion-là... et que l'article 3 que nous avons
suspendu précédemment pour nous assurer que ça intègre la mission, nous
souhaitons que ces éléments-là se retrouvent à ce moment-là.
Mais, évidemment, l'article 4 qui
nous indique comment l'accomplissement de cette mission aura lieu, j'ai de la
difficulté à saisir pourquoi est-ce que la promotion de l'efficacité de la
souveraineté énergétique ne pourrait pas relever de la ministre puisque ces
termes-là ne sont nulle part dans les autres... les autres instruments
législatifs qui nous permettent de bien comprendre quelles sont les diverses
lettres de mandat, là, quelles sont les diverses responsabilités des ministres...
des ministres, donc, qui se... qui se partagent cette vision ministérielle là,
que la ministre nous dit partager.
Donc, je suis d'accord avec le collègue de
Jean-Talon qui nous indique que, si le gouvernement est sérieux en matière d'efficacité
puis de sobriété énergétique, ces termes-là ne peuvent pas tout simplement se
retrouver comme une note de bas de page ou en un clin d'œil. Ce sont des
éléments qui devront percoler dans l'ensemble de la législation, comme c'est le
cas pour, en fait, tout le reste, tout le reste de ce qui se retrouve dans la
définition de l'accomplissement de la mission et du mandat du ministre en
titre.
Donc, c'est peut-être le seul élément sur
lequel je voudrais entendre la ministre là-dessus, là, c'est vraiment sur l'aspect
promotion. Ce que je comprends, bon, soutenir, stimuler, elle nous a dit :
Je n'ai pas les enveloppes, je ne peux pas. Mais la promotion, moi, je serais
bien curieuse de savoir, donc, quels sont les indicateurs de performance liés à
l'aspect promotion qui font en sorte qu'elle ne serait pas en mesure de les
réaliser, elle ne disposerait pas des outils nécessaires pour atteindre l'objectif
de promotion, d'efficacité et de sobriété énergétique. Moi, je pense que ses
fonctionnaires, ses équipes, donc ont les... ils parlaient, donc, d'expertise,
ils ont tout à fait la capacité dans leur vision de gouvernance énergétique...
Parce qu'on se le rappellera, donc, la mission à l'article 3, c'est d'assurer
une gestion responsable et intégrée des ressources énergétiques, ça, on aura l'occasion
de le répéter, on va passer au PGIRE.
Donc, la gestion responsable et intégrée
des ressources énergétiques, c'est une question de gouvernance. Donc, cette gouvernance-là
ne peut pas se penser de façon unilatérale du côté de la production, sans avoir
une vision d'ensemble, bicéphale de l'aspect consommation au niveau des
orientations. J'entends bien la ministre, puis on aura l'occasion, donc de...
Je vous annonce déjà, M. le Président, que nous, on va vouloir déposer un
amendement immédiatement par la suite. Mais l'aspect promotion de l'efficacité
de la sobriété énergétique, on se rappellera que le prédécesseur de la ministre,
le ministre Fitzgibbon, donc, a essentiellement ajouté ces mots-là au <vocabulaire...
Mme Cadet :
...on
se rappellera que le prédécesseur de la ministre, le ministre Fitzgibbon, donc,
a essentiellement ajouté ces mots-là au >vocabulaire des Québécois.
C'est lui qui a appris aux Québécois ce que ça... ce que ça voulait dire au
quotidien, la sobriété énergétique. Ce n'est pas le ministre de l'Environnement
qui a fait ça, c'est le ministre de l'Énergie qui s'est dit : Bien, dans
cette vision d'ensemble de ce que ça signifie être ministre de l'Énergie en
2025 au Québec, bien, ça comprend certainement, bien sûr, la production, bien
sûr, le développement de nouvelles énergies et de nouvelles filières, mais
aussi cette promotion de l'efficacité et de la sobriété énergétique, quitte à
ce que les programmes... On a eu l'occasion de le critiquer, ce matin, on était
avec le député de Marguerite-Bourgeoys, qui a amplement critiqué le fait que le
gouvernement, dans la dernière législature, se soit débarrassé de Transition
énergétique Québec qui faisait ce travail-là, qui avait cette vision d'ensemble
sur la sobriété, sur l'efficacité, sur la conversion, puis aussi, évidemment,
donc, sur la production, là, sur les deux leviers.
Donc, la ministre, elle nous dit :
Bien là, aujourd'hui, je n'ai plus ces leviers-là, on ne pourra pas revenir en
arrière, on ne peut pas faire de nostalgie. Puis on comprend que si on est ici
aujourd'hui puis qu'on le critique, cet élément-ci, que tous ceux qui sont
venus en commission parlementaire nous ont dit : Bien, c'est un peu
bizarre qu'alors qu'on parle d'énergie, on ne parle pas à la fois d'efficacité puis
de sobriété ici, puis qu'on devrait pouvoir retrouver ça dans le mandat de la
ministre. Bien, ça montre effectivement que peut-être que la décision qui a été
prise à l'époque, en 2020, était mal avisée. Maintenant, évidemment, donc, ce
ne sont pas les dispositions qui sont présentées devant nous aujourd'hui. Je n'ai
pas la prétention de dire qu'à l'opposition, donc, on souhaiterait, donc,
revoir, donc, aujourd'hui, à l'intérieur du projet de loi 69, ces deux
éléments-là revenir sous la même égide. On comprend que ça ne se fera pas.
Mais maintenant qu'on a saisi ça, et qu'on
l'a exprimé, et qu'on l'a explicité, maintenant qu'on se dit : OK, non, on
ne déplacera pas des équipes de fonctionnaires d'un ministère à l'autre, là, c'est...
ce n'est pas de ça dont il est question, bien, dans la... pas
l'opérationnalisation, parce que ça, j'entends bien la ministre sur
l'opérationnalisation, mais dans la façon dont se décline la mission, je pense
que l'aspect promotion qu'on retrouve ici à l'article 1... au paragraphe 1°,
excusez-moi, bien, ce... Il pourrait tout à fait être compatible avec les
responsabilités de la ministre, parce qu'elle-même, elle l'a dit, tu sais, elle
partage, donc, cette... Évidemment qu'elle partage individuellement, elle,
comme ministre, ce sentiment-là qu'elle est imputable d'une production
énergétique responsable, d'une gestion responsable et intégrée des ressources
énergétiques.
Donc, pour moi, ça va de pair, et je pense
que la ministre dispose des leviers sur l'aspect promotion de l'efficacité de
la sobriété énergétique, à tout le moins, si... Et là, c'est vraiment par voie
de passage que je dis, à tout le moins, l'aspect promotion, je ne vois pas
comment c'est incompatible avec les responsabilités et les leviers et les
ressources dont elle dispose comme ministre de l'Énergie. Donc, j'aimerais
l'entendre au moins là-dessus. Je pense que l'ensemble des députés de l'opposition,
on est un peu... On fait face à une certaine incompréhension sur cet aspect-là.
Je vous dis... C'est pour ça que je vous dis, les leviers sur soutenir et
stimuler, je sais que vous allez me dire, je n'ai pas les leviers pour ça, vous
nous l'avez déjà dit à la table, donc à micro ouvert, mais sur la promotion, il
est où, l'enjeu?
Le Président (M. Montigny) :
Merci beaucoup, Mme la députée. Mme la ministre souhaite répondre?
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président L'enjeu, c'est qu'en fait, là, il y a la promotion, il y a la
stimulation et il y a le soutien qui sont évoqués ici. Et comme je vous disais,
les programmes ne sont pas chez nous. Donc, en matière de soutien, en matière
de stimulation, on n'est pas là. C'est notre collègue à l'Environnement qui est
là. Et l'amendement proposé réfère à toutes ces dimensions.
Le Président (M. Montigny) :
Merci, Mme la ministre. Mme la députée?
Mme Cadet : Oui, mais
respectueusement, M. le Président, je saisis mal la réponse de la ministre
parce que je l'avais anticipée, je l'ai déjà dit, je comprends bien que la
ministre, donc, va me répondre, donc, qu'elle ne dispose pas des leviers pour
l'aspect soutenir et stimuler, que je voulais entendre uniquement sur l'aspect
promotion. Maintenant, ce qu'elle me dit, que là, ça englobe trop... que la
formulation de la phrase ici englobe donc les trois aspects et que, là, c'est
ça qui est problématique. Après ça, je veux dire... Je l'ai dit, de toute
façon, on est capable d'offrir, donc, des voies de passage ultérieures, mais je
veux saisir, comme députée de l'opposition, puis je pense que c'est important
qu'on puisse l'inscrire au Journal des débats, en quoi l'aspect
promotion est incompatible avec les ressources dont elle dispose pour accomplir
sa mission.
• (15 h 10) •
Le Président (M. Montigny) :
Merci. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Bien, j'encourage,
dans le cadre de mes fonctions, j'encourage l'efficacité énergétique,
j'encourage la sobriété énergétique. Ce que je dis, c'est que le libellé ne
contient pas que l'idée de promotion, il contient un ensemble aussi qui
comprend le soutien et la stimulation et, par conséquent, ça ne reflète pas la
réalité de nos responsabilités <ministérielles...
Mme Fréchette :
...et,
par conséquent, ça ne reflète pas la réalité de nos responsabilités >ministérielles
respectives, c'est ce que je dis.
Le Président (M. Montigny) :
Merci. Mme la députée.
Mme Cadet : Oui. Bien,
je pense que vous aurez compris, M. le Président, que je ne suis pas satisfaite
de la réponse ici, parce qu'on a passé quand même plusieurs minutes du temps
que nous disposons en commission pour essayer de trouver des voies de passage
ici. Et si c'est juste ça, je pense que la ministre aurait pu offrir cette voie
de passage là. Et là, est-ce que... Est‑ce que c'est ce qu'elle est en train de
nous faire, en fait? Est-ce qu'elle est en train de nous dire : Bien, si
on revoit le libellé qui nous parle de ce dont la ministre est responsable ici,
afin de ne pas comprendre les aspects de soutenir et de stimuler, et de
simplement revoir l'aspect promotion ici, est-ce que c'est ce qu'elle est en
train de nous proposer?
Le Président (M. Montigny) :
On peut valider si Mme la ministre souhaite prendre la parole à ce
stade-ci.
Mme Cadet : Oui, s'il
vous plaît. Merci. En fait...
Le Président (M. Montigny) :
Allez-y, Mme la députée.
Mme Cadet : Merci, M. le
Président. En fait, ce que je disais, donc : Est-ce que la ministre est en
train de nous proposer une voie de passage qui exclurait les aspects soutenir
et stimuler ici et simplement l'aspect promotion? Vous venez de le dire
vous-même, je n'ai pas le verbatim encore du Journal des débats, là,
mais, de mémoire, je vous ai entendu dire, il y a quelques instants : Je
promeus déjà, j'encourage déjà les aspects d'efficacité et de sobriété. Donc,
ma question : Est-ce que vous êtes en train de nous ouvrir une voie de
passage ici pour que, du moins dans ce paragraphe-ci, parce que vous
comprendrez que les demandes qui ont été faites ici, au-delà, donc, de
l'indiquer dans la mission et de s'assurer que ces éléments-là soient bien
reflétés dans votre... dans votre mandat, qu'au moins ici pour
l'accomplissement de votre mission, bien, vous seriez prête... Ce que vous nous
offrez, là, c'est de dissocier les aspects promotion pour que ça puisse... ça
puisse se faire à l'intérieur des leviers dont vous disposez. Donc, promotion
uniquement de l'efficacité et de la sobriété.
Le Président (M. Montigny) :
Merci, Mme la députée. On va valider, à ce stade-ci, si Mme la ministre
souhaite prendre la parole. Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Alors,
M. le Président, moi, je me prononce sur la base de ce qui est proposé ici, et
j'indique en fait aux collègues députés que ça ne reflète pas la dynamique qui
existe au sein du gouvernement. Donc, à partir de là, voilà, ma... J'ai...
Le Président (M. Montigny) :
Je vous entends bien. Merci.
Mme Fréchette : ...pas
plus loin que ça aujourd'hui.
Le Président (M. Montigny) :
Merci, Mme la ministre. Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Bien, merci,
M. le Président. Donc, c'est ça, je pense qu'à ce stade-ci, alors, ce que je
vais... J'imagine que la ministre ayant rejeté, donc, les demandes conjointes
de suspendre l'étude de cet amendement-ci, je vais à ce moment-là, donc, nous
proposer que nous en présentions un autre puisqu'elle nous dit qu'elle ne doit
que se conformer à ce qu'elle voit ici à l'écran et non pas, donc, disposer
d'une autre formulation qui serait présentée. Donc, j'imagine que la ministre
va — à moins qu'il y ait d'autres interventions — que la ministre
va souhaiter passer au vote. Je ne le propose pas moi-même, mais si elle... si
elle le propose, nous allons présenter un amendement, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) :
C'est très clair. Je vais simplement valider s'il y a toujours des
collègues qui souhaitent prendre la parole. Je dois le faire. S'il n'y a pas
personne qui prend la parole, on passera au vote pour cette proposition
d'amendement. Alors, il n'y a pas d'autre intervention, nous allons donc passer
au vote pour cette proposition d'amendement. Mme la secrétaire.
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Pardon? Par vote nominal. Merci beaucoup. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Fréchette (Sanguinet)?
Mme Fréchette : Contre.
La Secrétaire : M. Bussière
(Gatineau)?
M. Bussière : Contre.
La Secrétaire : M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Contre.
La Secrétaire : M. Tremblay
(Dubuc)?
M. Tremblay : Contre.
La Secrétaire : M. Sainte-Croix
(Gaspé)?
M. Sainte-Croix : Contre.
La Secrétaire : Mme Cadet
(Bourassa-Sauvé)?
Mme Cadet : Pour.
La Secrétaire : Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire : M. Bouazzi
(Maurice-Richard)?
M. Bouazzi : Pour.
La Secrétaire : M. Montigny
(René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) :
Abstention. Donc, cette proposition d'amendement est rejetée. Oui, bonjour, Mme
la députée, je vais vous céder la parole, je me doutais un peu.
Mme Cadet : Oui.
Le Président (M. Montigny) :
Alors Mme la députée de Bourassa-Sauvé, je vous écoute. Vous avez...
Mme Cadet : Je l'ai divulgâché
un petit peu il y a quelques instants, M. le Président, mais je vais vous
demander de suspendre, s'il vous plaît, avec une présentation de notre
amendement.
Le Président (M. Montigny) :
Sans problème. Nous allons suspendre pour votre amendement. Merci.
(Suspension de la séance à 15 h 15)
15 h 30 (version révisée)
(Reprise à 15 h 32)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous reprenons donc nos travaux. Nous avons une proposition d'amendement de la
députée de Bourassa-Sauvé. Mme la députée, je vous laisse la parole.
Mme Cadet : Merci, M. le Président.
Donc, sans surprise, donc, j'ai une proposition d'amendement ici, donc, à l'article 4,
donc, 14.1. Donc, comme le veut la procédure, donc, je vais procéder à la
lecture : Modifier l'article 14.1 de la Loi sur le ministère de l'Économie
et de l'innovation tel que proposé par l'article 4 du projet de loi par l'ajout
après le paragraphe 6° du suivant :
«7° de veiller à ce que toute croissance
de la production d'énergie se réalise en fonction d'une amélioration de la
consommation globale d'énergie.»
Donc, l'article modifié se lirait comme
suit, donc, on le voit :
«14.1. Pour l'accomplissement de sa
mission en matière d'énergie, le ministre est responsable :».
Je ne pense pas avoir besoin de lire les
points 1° à 6°. C'est bien ça, M. le Président?
Le Président (M. Montigny) : Il
n'y a pas de problème, madame... Mme la députée, ça va.
Mme Cadet : Pas de...
Parfait. Et donc le 7°. OK.
Le Président (M. Montigny) : C'est
très clair. C'est affiché à l'écran. On va juste monter un peu pour s'assurer
que l'ensemble des membres de la commission, là, puissent voir la totalité.
Juste monter pour voir.
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Oui,
les... Plus haut. Non. Le contraire. On va rouler vers l'autre sens. On voit le
4°, on va voir le 5°, on va continuer pour aller voir le 6°, on va continuer
pour le 7°. Et voilà! Nous l'avons. Merci. Ça va.
Mme Cadet : Merci. Et vous
aurez compris, bien sûr, que ça voudrait dire, donc, au paragraphe 6°, donc, de
mettre deux points et de terminer le septième paragraphe par un point. Donc, ce
sont des corrections de forme qui pourront être mises en oeuvre une fois que
nous aurons accueilli, adopté cette proposition d'amendement.
M. le Président, donc, je pense qu'hier,
aujourd'hui, donc, vous nous avez entendus... bien, en fait, même depuis le
début de cette semaine, là, mardi également, avec l'amendement que nous avions
proposé conjointement avec l'ensemble des partis, donc, représentés sur cette
banquette, donc, un amendement sur l'importance d'indiquer dans la mission les
aspects de sobriété et d'efficacité énergétique. On a entendu, donc, le laïus
de la ministre sur, bon, ses différentes responsabilités. Ici... Et la ministre
nous ayant indiqué, il y a quelques minutes, donc, qu'elle devait, donc, se
prononcer sur l'amendement qui est à sa disposition, bien, voici donc l'amendement
que je lui propose, donc de veiller à ce que, dans l'accomplissement de sa
mission... Puis on le répète, M. le Président, donc, au dernier... au dernier
article, donc, à l'article 3, dont nous avons suspendu l'adoption, donc,
nous regardions la mission de la ministre en matière d'énergie, qui est d'«assurer
une gestion responsable et intégrée des ressources énergétiques». Donc, je l'ai
dit dans mon allocution précédente, donc, cette gestion intégrée... cette
gestion, donc, cette gouvernance intégrée, donc, de nos ressources
énergétiques, bien, ça doit comprendre, en amont, donc pas juste comme
réflexion après coup, mais dès le départ, une anticipation des... du contexte
de transition énergétique.
La ministre l'a elle-même expliqué en
début de semaine, ce que ça signifie, la «transition énergétique», selon les
documents gouvernementaux, pas selon la législation, parce que ça n'existe
nulle part, ce n'est indiqué nulle part. Mais on comprend bien que dans le plan
de mise en oeuvre 2024-2029, on retrouve, à <la...
Mme Cadet :
...le
plan de mise en oeuvre 2024-2029, on retrouve, à >la page 22,
qu'est-ce que la transition énergétique : «Elle désigne une transformation
durable du système énergétique, cohérente avec la nécessité de stabiliser le
réchauffement climatique dans le but de diminuer son impact environnemental,
économique et social et d'en maximiser les bénéfices. Cette transition se
décline en trois grandes composantes dans cet ordre de priorisation : la
sobriété, l'efficacité et la conversion énergétiques.» Puisque, selon la
mission de la ministre, la gestion responsable et intégrée des ressources
énergétiques doit déjà se faire dans une perspective de transition énergétique,
c'est... la ministre nous l'a bien précisé il y a quelques jours, donc,
considérant le fait que ces éléments-là, donc, doivent déjà faire partie de la
réflexion, des orientations que la ministre, donc, doit mettre de l'avant comme
ministre de l'Énergie, donc une gouvernance des ressources dans une perspective
de transition énergétique, bien, vous aurez compris que notre volonté est que
cette... cette réflexion-là, cette... la mise en oeuvre de ces orientations-là,
donc, comprennent ces... ces éléments dans l'accomplissement de la mission de
la ministre.
On le voit bien, on les a à l'écran, les
points 1° à 6° de l'accomplissement de la ministre... de la mission de la
ministre, pardon, ne tiennent pas du tout compte de cette perspective de
transition énergétique, éléments qui nous sont amenés, donc, fièrement par la
ministre à l'article 3. Elle nous dit : Bien, regardez, oui, c'est
important, bon, c'est tellement important, donc je vais m'assurer qu'on puisse
donc faire, là, ce qu'il faut pour amener les aspects de sobriété puis
d'efficacité et de conversion énergétique à l'article 3, à la mission. C'est
vrai, c'est important, il faut le décrire. On doit le retrouver à la mission. Donc,
nous, on se dit : On applaudit, on veut que ça se retrouve là. Mais, lors
de... à l'intérieur, dans le cadre de l'article sur l'accomplissement de la
mission de la ministre, bien, cet effet miroir, donc, doit pouvoir se décliner.
Et nous offrons cette voie de passage là pour que ça puisse se décliner de
façon... de façon à ce que la ministre, donc, se sente... donc, ait
l'impression que ça respecte, donc, les leviers dont elle dispose. Donc, on ne
lui dit pas ici : Bien, il faut que ce soit... il faut développer des
programmes. Donc, il faut, donc, soutenir, à travers des enveloppes
budgétaires, donc, des programmes qui permettent une meilleure efficacité
énergétique, donc qui diminuent la... bon, la consommation de la population.
J'ai fait ce point-là au dernier... lors du dépôt du dernier amendement, M. le
Président, en disant, bien, évidemment, donc, ça aurait été préférable.
Mais la ministre nous dit, bon... elle
nous oppose un refus catégorique en nous disant qu'elle n'a pas les leviers,
donc, en ce qui a trait aux points stimulation et soutenir. Donc, stimuler et
soutenir, donc, elle ne dispose pas de ces leviers-là. Moi, je dis :
D'accord, c'est entendu, maintenant, cette réflexion-là, le fait de...
d'assurer une saine gouvernance, une gouvernance responsable de nos ressources
énergétiques dans une perspective de transition énergétique, bien, ça ne peut
pas se faire sans que ça se reflète dans la réflexion dès le départ qu'il
faudra toujours consommer mieux et consommer moins.
Donc, c'est pour ça qu'on arrive avec ce
libellé ici présent. On espère sincèrement que la ministre va le considérer, parce
que, ce qu'on a entendu précédemment, c'est une ouverture. C'est une ouverture
sur le fond dans cette réflexion-là, du rôle, du mandat de la ministre. Elle a
dit : Moi, je pense que ça fait partie de ma mission. Bien, ici, alors que
la ministre nous dit : Bien, moi, mon travail, c'est la production, moi,
mes leviers dont je dispose ne sont pas au niveau de la consommation des
consommateurs, les distributeurs... On l'a vu à l'article 10.2, là, de
mémoire, Me Marois, donc, pourra le confirmer, donc, de l'ancienne loi, donc,
on retrouvait, donc, ces éléments-là. Les distributeurs, ils font affaire, on
comprend, avec l'Environnement. Mais ici, ce qu'on lui dit, c'est que, si ce
qu'elle nous affirme, c'est qu'elle est uniquement responsable de l'aspect
production et de la croissance, on le voit bien, donc, les autres libellés, donc,
nous parlent, donc, je l'ai dit, donc, de «soutenir, stimuler et promouvoir la
production d'énergie, de soutenir, stimuler et promouvoir le développement de
nouvelles filières énergétiques, de»... bien, on le voit, donc, «de développer,
accroître la fiabilité, la résilience des infrastructures énergétiques,
d'assurer le maintien des approvisionnements et la sécurité énergétique du
Québec, d'assurer le contrôle de l'exploitation de toute force hydraulique, de
favoriser le développement des activités d'Hydro-Québec»... Donc, si son carré
de sable, c'est celui de la production, mais qu'elle nous dit : Moi... elle
nous l'a... elle a dit ça à micro ouvert, M. le Président : Moi, oui, je
pense que je suis, donc, responsable d'abord de cette promotion, ça, c'est clair,
mais je pense que ça fait partie de mon mandat, en 2025, comme ministre de
l'Énergie, de certainement tenir compte des éléments d'efficacité puis sobriété
énergétique, c'est le... c'est deux des trois aspects de la transition. On l'a dit,
c'est dans la mission, c'est déjà inscrit. C'est <le...
Mme Cadet :
...dit, c'est
dans la mission, c'est déjà inscrit. C'est >le gouvernement lui-même qui
nous est arrivé avec cette proposition de texte au niveau de la mission en
disant : Bien, la gestion intégrée doit se faire dans une perspective de
transition énergétique. Bien, si c'est le cas, bien, cette perspective-là,
on... notre proposition, c'est de la présenter à l'article 4 en disant :
Bien, dans ce que... ce qui va se retrouver dans la micropuce, dans la
croustille du... de la ministre, des hauts fonctionnaires au ministère de
l'Environnement, bien, c'est que, quand on est dans cette... puisque nous...
voici... voici notre mandat, celui de la croissance de la production d'énergie,
bien, quand on réfléchit à ça, bien, il faudrait que cette croissance-là se
réalise en fonction d'une amélioration de la consommation globale d'énergie,
qu'on puisse... qu'on puisse réfléchir dès le départ aux aspects de consommer
mieux, aux aspects de consommer moins. Merci, M. le Président.
• (15 h 40) •
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la députée. Avant d'aller plus loin dans les discussions de fond,
j'aimerais juste simplement vous aviser, à tous les membres de la commission,
que je vais demander une correction de forme, là. Il y a un point-virgule,
après le 6°, au lieu du point. En ajoutant un point 7°, le point va se
transférer, en fait, au point 7°.
Mme Cadet : Exactement. C'est
ce que je mentionnais en départ. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
sans aucun problème.
Mme Cadet : Vous étiez à
l'écoute.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Mme la ministre, si vous voulez prendre la parole, c'est à votre choix.
Mme Fréchette : ...merci, M.
le Président. Donc, je comprends, je comprends l'idée qui est derrière
l'amendement, d'une croissance de la production d'énergie qui doit se réaliser
tout en améliorant l'usage qu'on fait de l'énergie au Québec. Maintenant, du
côté de l'applicabilité, je vois difficilement que ça puisse se mettre en
place. Parce qu'imaginons par exemple que l'on démarre la construction, la
planification d'un grand parc éolien dans une région du Québec et que, là, on
le sait, les parcs éoliens, ça met un certain temps avant d'être complété,
disons deux ans... et que pendant la deuxième année de construction de ce parc
éolien, la consommation d'énergie globale au Québec augmente. Alors, qu'est-ce
qu'on fait? Là, il est... La croissance de la production d'énergie serait
conditionnelle au fait qu'il y aurait une moindre consommation d'énergie
globalement. Donc, on viendrait mettre un frein à un projet, du fait que la
consommation globale de l'énergie au Québec n'aurait pas diminué. Alors, je
vois difficilement comment est-ce qu'on peut appliquer un tel principe dans le
concret. Parce que les projets mettent un certain temps, un certain nombre
d'années avant d'être déployés. Et puis, pendant cette période de temps, de ce
que je comprends du principe qui est mis de l'avant, c'est qu'il faudrait qu'on
cesse la construction de nouveaux projets de production d'énergie, du fait que
la consommation globale n'aurait pas diminué. Et c'est ça, c'est difficilement
applicable, c'est difficilement mesurable.
Et par ailleurs, comme on sait, la
transition énergétique, ça fait en sorte de recourir davantage à
l'hydroélectricité, par exemple, et donc il faut construire aussi des nouvelles
sources de production d'énergie, qu'elles soient éoliennes, solaires et
hydroélectriques. Donc, bref, c'est l'application de tout ça que je trouve
impossible à mettre en oeuvre sans mettre en péril des projets qui mettent des
années avant d'être complétés.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre. Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Merci, M. le
Président. J'entends trois choses ici. D'abord, je trouve la... le premier
aspect, donc, de la réponse de la ministre assez saugrenue. Parce qu'un peu
plus tôt, mon collègue de Marguerite-Bourgeoys, donc, en nous parlant, donc, de
la dissolution de Transition énergétique Québec et en disant : Bien, si on
a d'un côté la production qui s'en va à l'Énergie, et de l'autre côté, qu'on a
tout ce qui... qui relève de l'aspect consommation du côté de l'Environnement,
ça risque de présenter des surprises à la ministre. Et la ministre nous a dit :
Non, non, non, ça fonctionne très bien, il n'y a pas de surprise. Mais, dans
l'exemple, le premier exemple qui vient en tête à la ministre pour nous parler
de la faisabilité de l'alinéa 7°, bien, elle nous dit : Bien, voyons
donc, on va avoir des surprises, ça fait que, là, on ne sera pas capables,
donc, de le mettre en oeuvre. Donc, déjà, je trouve qu'il y a peut-être une...
un manque de cohésion, respectueusement, donc, dans... dans l'argumentaire qui
nous est présenté, à l'opposition officielle, dans... alors qu'on souhaite donc
nous opposer à un refus de ce que nous présentons comme amendement ici.
Deuxièmement, bien, sur cet exemple même,
tu sais, Mme la ministre, je vous... je vous entends, mais ici, l'objectif, ce
n'est pas de dire : OK, bien, un projet, une fois qu'il est déployé, de
l'arrêter complètement. On se dit : Bien, la... Vous comprenez que votre
objectif, c'est de... lorsque vous... En fait, le déploiement ne se fait pas
les deux yeux fermés. J'espère qu'ils se font avec une planification en tête.
Mais, à l'étape de cette planification-là, et <c'est...
Mme Cadet : ...en tête. Mais,
à l'étape de cette planification-là, et >c'est là que je viens sur la
réflexion en amont, sur l'aspect de la micropuce qui a été discuté abondamment au
cours des 24 dernières heures, bien, si on se dit que ça fait partie d'une
réflexion dès le départ, d'une réflexion en amont, ce n'est pas à mi-parcours,
pendant le déploiement d'un projet d'éoliennes, qu'on va se dire : Ah! bien
là, tout à coup, on n'avait pas... on n'avait pas connaissance de la
consommation globale d'énergie, il faut qu'on l'arrête ici. L'objectif, dans
cet... de cet amendement-là, c'est de se dire que, OK, bien, lorsqu'on
développe ces projets-là... lorsqu'on planifie, plutôt, pas qu'on les développe...
lorsqu'on planifie le développement de projets qui... qui visent à accroître la
production d'énergie, bien, quand on se pose la question sur, OK, bien, de combien
de... combien de térawattheures on aura besoin, quel est... quel sera... donc,
quels seront les besoins des Québécois à ce moment-là, quel est le... de quelle
croissance nous... de quelle croissance, donc, nous avons besoin pour répondre,
donc, à... bon, à nos différents objectifs et aux besoins de la population, bien,
que cette... cette réflexion se dise : Est-ce qu'on peut optimiser? Est-ce
que... Lorsqu'on est... on est en voie, donc, de réalisation de ces projets-là,
lorsqu'on les... lorsqu'on les planifie, qu'on dise : OK, voici les
projets que nous souhaitons réaliser, qui vont mener à une croissance d'énergie...
Puis là je ne veux pas le présupposer, c'est pour ça qu'on dit «toute
croissance». Ça fait que toute croissance potentielle, là, on s'entend, bien, à
ce moment-là, que cette... cette planification, que cette réflexion-là se fasse
en se disant : Bien, comment est-ce qu'au Québec on peut consommer mieux,
quelle est notre consommation globale d'énergie et comment est-ce que c'est...
on est en mesure de l'optimiser puis de l'améliorer pour que les projets que
l'on décide de mettre en oeuvre ne soient pas... ne soient pas gourmands... ne
soient pas, donc, trop gourmands par rapport à nos réels besoins énergétiques...
Donc, elle est vraiment là. Donc, on ne parle pas ici, donc, d'arrêter en plein
milieu, donc, des différents projets en se disant : Ah! mais... C'est... Ce
n'est pas ça qu'on est en train de dire. Puis surtout, tu sais, on est quand
même à l'article 4, là, sur l'accomplissement de votre mission. On
dit : Bien, voici, donc, les éléments pour vous permettre, donc, de
réaliser, donc, ce qu'on retrouve à l'article 3. On dit : Bien, le
ministre est responsable de quoi ici? Donc, encore une fois, si on dit :
Vous êtes responsable de veiller à ces éléments-ci, bien, on n'est certainement
pas en train de vous dire de... que... que vous êtes responsables de... du
déploiement en plein milieu de projet, alors que ce n'est pas ce qu'on retrouve
ici.
Puis là vous parliez... Vous n'avez pas
dit «indicateur de performance», là, mais vous disiez, donc, comment est-ce
qu'on... on analyse. Bien, encore une fois, bien, au premier alinéa, on
regardait les aspects de promotion puis on voyait bien, là... Vous l'avez dit
vous-même : Bien, je n'ai pas les leviers pour ça, mais ça... je n'ai pas
les leviers pour soutenir et pour stimuler, mais ça, je dispose des leviers, il
n'y a pas vraiment d'indicateur de performance là-dessus, mais ça fait quand
même partie de ma mission. Ça, on le comprend. La même chose... même favoriser
le développement des activités d'Hydro-Québec, on pourrait avoir même un débat
là-dessus en se disant : Bien, l'objectif ici, ce n'est pas... de
développer les activités d'Hydro-Québec, ce n'est pas vous, mais c'est de les
favoriser. Les favoriser, c'est quoi, les indicateurs de performance qui
viennent avec ça?
Ça fait que, quand vous nous parlez de
faisabilité, parce qu'en fait votre dernier point, c'était la partie
difficilement mesurable, c'est ce que vous nous avez dit, bien, moi, je pense
que sur... sur ce qu'on retrouve ici, à l'article 4, bien, il y en a, des
éléments qui sont peut-être plus difficilement mesurables, mais qui sont
importants tout de même, et qu'on retrouve à cet article pour nous assurer, là,
de bien avoir une perspective globale, une perspective complète de la façon
dont se décline votre mission.
Puis, je répète... à l'article 3,
bien, si on s'est dit qu'on était sérieux sur l'importance de... que le... la
gestion intégrée des ressources se fasse dans une perspective de transition
énergétique, elle est où, la perspective ici? Dans... Dans quel contexte est-ce
qu'on retrouve cette perspective-là dans le déploiement du quatrième article? Donc,
c'est pour ça que je vous oppose donc un... certains contre-argumentaires ici.
Parce que je ne suis pas convaincue que l'exemple que... précis que vous nous
avez donné, à moins que vous ayez un autre exemple... mais l'exemple, donc, de
l'arrêt des... du déploiement de projets de développement d'Hydro-Québec, bien,
tout à coup, là, ça vous met en contradiction, en porte-à-faux, puis que vous
ne soyez pas capable de veiller à ce que le... À moins que vous dites : OK,
on peut peut-être présenter un sous-amendement sur la planification de la
croissance, si c'est vraiment ça qui vous agace ici. Mais, «de veiller à ce que
toute croissance de la production d'énergie», c'est... lorsque vous en êtes là,
le fait qu'on vous demande que cette croissance-là... que toute croissance se
réalise... toute croissance potentielle se réalise en fonction d'une
amélioration de la consommation globale d'énergie, je ne vois pas en quoi
c'est... c'est plus ou <moins...
Mme Cadet :
...je ne
vois pas en quoi c'est... c'est plus ou >moins mesurable que ce qu'on
retrouve... que ce qu'on retrouve ailleurs, là. Ce n'est pas tous les éléments
qui sont aux articles... alinéas 1° à 6° qui sont tributaires d'une enveloppe.
• (15 h 50) •
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la députée. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. Merci.
Alors, ma compréhension, en fait, c'est que l'amendement proposé met une
condition à la croissance de la production de l'énergie et, cette condition-là,
c'est une amélioration de la consommation globale d'énergie. Or, le
gouvernement n'est pas en contrôle de 100 % de la consommation globale
d'énergie. On est un acteur qui peut inciter, qui peut soutenir via des
programmes, par exemple, un meilleur usage, une meilleure consommation globale
d'énergie, mais on n'est pas en contrôle de 100 % de ce qui se consomme au
Québec, bien sûr. Et, par conséquent, comme il y a une condition à la
production d'énergie qui a trait à la consommation globale d'énergie, bien, ça
fait en sorte que, si la condition n'est pas remplie, on ne pourrait pas aller
de l'avant, même si c'est juste à l'état de la planification... on ne pourrait
pas aller de l'avant avec la planification d'une production d'énergie
supplémentaire. Ça, c'est... c'est... ça engendre des impacts vraiment très,
très, très importants, que ce soit la construction de parcs éoliens, de parcs
solaires, de barrages ou de projets de biomasse ou... bon, on peut tous les imaginer.
Donc, la conséquence d'une... d'une non-amélioration de la consommation globale
d'énergie serait vraiment... je ne dirais pas catastrophique, mais
déterminante, là, puis très, très significative. Donc, je trouve que le prix
payé pour une consommation qui, pendant une année ou deux années, ne serait pas
améliorée, serait très, très important pour le Québec, considérant l'ampleur
des besoins en matière énergétique dans un contexte de transition énergétique.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre. Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui. Bien, à ce
moment-ci, j'ai une question pour la ministre. Parce que c'est intéressant ici,
là, parce que, là, donc, on... vous êtes en train, donc, de nous étayer comment
est-ce que vous, vous voyez votre mission. Puis c'est pour ça que, dès le
départ, on parlait, donc, de cette réflexion en amont, donc, non pas comme une
arrière-pensée par la suite, de se dire : OK, bien, l'objectif, c'est de
produire, et là, ah! woups!, l'arrière-pensée de la sobriété puis de
l'efficacité... bien, en fait, de la transition, là, de façon générale, l'efficacité
et sobriété, conversion, bien, ça vient nous mettre un frein. Là, ce que j'entends,
c'est que vous voyez un peu comme un frein. À moins que je me trompe, ça fait
que je vous laisse expliquer. Bien, en fait, je vais... d'abord avec ça. Oui.
Est-ce que... Est-ce que je me trompe dans ce que je... ce que je viens
d'entendre de votre part?
Mme Fréchette : ...une
condition. De la façon que la phrase est présentée, on met une condition au
développement de la production d'énergie, à savoir il faut qu'il y ait une
amélioration de la consommation globale. Si cette condition-là n'est pas
remplie, donc le début de la phrase ne se produit pas. Je veux dire, c'est ça
que dit l'amendement proposé. Mais, c'est... c'est majeur comme conséquence. On
ne peut pas, à chaque, je ne sais pas, moi, trois mois ou six mois, regarder la
consommation globale d'énergie au Québec et voir si on peut aller de l'avant
avec nos projets de développement de parcs éoliens, ou solaires, ou de barrages.
Et puis deux, trois trimestres durant, on stopperait tout, parce que, là, la
consommation globale d'énergie ne se serait pas améliorée au Québec. On ne peut
pas gérer le développement énergétique de cette façon-là. C'est... C'est intenable.
Mme Cadet : Bien, d'abord, je
pense que j'ai déjà été assez claire sur le fait que l'objectif ici, ce n'est
pas stopper des projets qui sont déjà en développement, là. C'est... Ce n'est
certainement pas...
Mme Fréchette : Oui, mais
même à l'état de planification, oui.
Mme Cadet : Bien, d'abord,
l'autre question que j'ai pour vous, donc, quand, quand... je vous relis votre
mission, là, et, au-delà, donc, des amendements potentiels de ce que... au-delà,
donc, d'amendements potentiels qui ont été suggérés, donc, quand on vous dit
que votre mission en matière d'énergie, c'est d'«assurer une gestion
responsable et intégrée des ressources énergétiques dans une perspective de
transition énergétique», comment est-ce que vous voyez cette mission-là se
déployer? Qu'est-ce que ça veut dire pour vous?
Mme Fréchette : Bien, ça veut
dire qu'il faut améliorer la consommation globale d'énergie. Mais ne pas en
faire une condition à la poursuite de nos projets de développement énergétique.
C'est cette condition-là qui est intenable. On a besoin d'aller de l'avant avec
nos projets à partir du moment où la décision est prise qu'un projet A ou B va
aller de l'avant. Mais là, si on ajoute une condition de cette nature-là, ça
veut dire qu'à tout moment les projets auxquels on aura affecté des ressources
pourraient stopper parce que la consommation globale d'énergie ne serait pas
celle qui était anticipée ou souhaitée. Donc, c'est... c'est... voilà, c'est
une question de réalisme de l'application de cette mesure-là sur laquelle je me
prononce.
Mme Cadet : J'ai l'impression
ici, Mme la ministre, qu'on est... que vous nous opposez un argumentaire de
sémantique à l'article 7, alors que ce que je... ce que je saisis en <sous-texte...
Mme Cadet :
...7,
alors que ce que je... ce que je saisis en >sous-texte, là, c'est qu'il
y a peut-être aussi une question, donc, de vision ou de... ou de perspective. Parce
que l'objectif, ici... Puis, mettons, là, sur le plan sémantique, vous dites
que ce que vous lisez ici, là, c'est une condition qui stopperait les projets à
mi-parcours, là, c'est des choses qui peuvent se revoir. On est... On est
toujours prêts, donc, à sous-amender pour nous assurer, donc, de bien mettre de
l'avant, donc, l'aspect de la transition énergétique. Mais la... ma crainte,
quand je vous... quand je vous entends, donc, avec ces... cet argumentaire-là,
c'est que je me dis, bien, jusqu'à quel point, donc, la perspective de
transition énergétique est claire pour vous dans votre mission quand, bien,
vous dites : Bien, sinon, on aurait, donc, un... on aurait, donc, d'innombrables
enjeux. Puis je ne suis pas en train de vous contredire là-dessus, là, c'est
juste que ce que j'entends... ce que j'entends de votre part, c'est que la
perspective de transition énergétique, elle est résiduelle par rapport à, bon,
là, peut-être la perspective du développement économique. Est-ce que ça se
peut?
Mme Fréchette : Non, pas
du tout. C'est juste qu'elle n'est pas conditionnelle à la poursuite des
projets de développement de sources énergétiques. Elle n'est pas résiduelle.
Elle est... Elle est importante. Elle est centrale. La transition énergétique,
c'est... c'est le, je dirais... au coeur du projet de loi n° 69, cette
transition-là. Mais, la façon que le libellé est présenté, là, on vient poser
une condition à la poursuite des projets de croissance de production d'énergie.
Mme Cadet : Ça fait que
la condition qu'on vient poser ici... Puis là je reprends juste votre terme, parce
que l'objectif ici, là, ce n'était pas de se dire : OK, on veut mettre
une... Je l'avais... Je ne le voyais pas, donc, avec la nomenclature «condition».
Mais, comme je l'ai expliqué, donc, dans ma présentation de l'amendement,
l'objectif du septième alinéa, ici, c'est de nous assurer que la réflexion dès
le départ de la croissance de la production d'énergie, comme le veut la
mission, se fasse dans une perspective de transition énergétique. Vous l'avez
dit vous-même, vous nous avez référé au plan de mise en oeuvre, vous nous avez
référé en disant : Sur le plan législatif, ça n'existe pas, mais au niveau
de l'exécutif, donc dans un plan du gouvernement, on retrouve une décision de
la transition énergétique, ça comprend trois grandes composantes, la sobriété,
l'efficacité et la conversion énergétiques, et, dans... considérant, donc,
cette... considérant, donc, cette définition-là, bien, notre... la mission,
donc, devra se faire dans cette perspective-là absolument.
Là, on en est à l'article 4. Il nous
dit, bien, que pour l'accomplissement de cette mission... Bien, nous, ce qu'on
identifie, c'est que les alinéa 1°, alinéa 2°, alinéa 3°, alinéa 4°,
alinéa 5° et alinéa 6°, aucun de ces alinéas-là ne présente cette
perspective-là. Si vous nous... Et j'avais cru comprendre lors de nos
discussions précédentes, tant à micro ouvert que hors micro, qu'il y avait,
donc, une ouverture de votre part à bien saisir que ça fait partie de votre
rôle. Plus tôt, à l'article... à l'alinéa 1°, vous nous avez dit : Je n'ai
pas les leviers. «Soutenir», «stimuler», la raison, les motifs de refus que
vous nous avez posés, c'était : Bien, je n'ai pas les leviers, je ne
dispose pas des enveloppes, je n'ai pas les fonctionnaires, l'expertise, elle
est ailleurs. Ici, on n'est pas là du tout. On vous dit de veiller.
Donc, par exemple, à l'article... à
l'alinéa 6°, quand vous dites, donc, «de veiller à la qualité des produits
énergétiques», je veux dire... Bien, d'une part, en quoi, donc, cette... le
qualificatif «veiller» est plus mesurable à l'alinéa 6° qu'il ne l'est à l'alinéa
7°? Donc, d'une part, donc, soit que je saisis mal, donc, le refus que vous
avez ici, puis d'autre part, bien, si vous nous dites : Non, non, non,
donc, la transition énergétique, ce n'est pas sous-jacent, donc, c'est
véritablement, donc... c'est dans cette lignée-là qu'on s'en va, puis qu'on est
prêts à le refléter, bien, je vous invite à nous... à même, si vous souhaitez,
vous, le sous-amender... sous-amender vous-même, bien, soyez notre invitée, là.
On va être très heureuse. On va être très...
Mme Fréchette : Est-ce
qu'il y a des croustilles si je suis votre invitée?
Mme Cadet : Ça... C'est ça,
soyez notre invitée, venez avec des croustilles. On va faire une belle fête
sobre sur le plan énergétique. On partira le lave-vaisselle à 3 heures du
matin. Mais...
• (16 heures) •
Le Président (M. Montigny) :
...il vous reste 10 secondes.
Mme Cadet : Oui, oui. Il
me reste 10 secondes déjà, M. le Président? Bien, je vais... J'ai... J'ai
de la difficulté à saisir le refus de la ministre. Qu'est-ce qu'elle nous
propose ici pour qu'on ait une voie de passage?
Le Président (M. Montigny) :
Merci. Merci beaucoup, Mme la députée. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Juste
pour compléter. En fait, ce n'est pas le mot «veiller à» qui est... qui est
l'enjeu dans la phrase. C'est... C'est le concept que la croissance de la
production va être fonction de la réduction de la consommation globale
d'énergie...
16 h (version révisée)
Mme Fréchette : …de la
consommation globale d'énergie, de l'amélioration de la consommation globale d'énergie.
On ne peut pas… on ne peut pas agir au développement énergétique du Québec avec
cette condition-là qui peut sauter à tout moment, ce serait intenable, ingérable.
Donc, on ne peut pas, voilà, avoir cette notion d'être fonction de quelque
chose d'autre, sur lequel on n'a pas 100 % de contrôle et sur lequel il y
a des chances que ce ne soit pas réalisé.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre. À ce stade-ci, j'aimerais savoir s'il y a d'autres membres de
la commission qui voudraient prendre la parole. Oui, Mme la députée de Robert-Baldwin,
vous avez la parole.
Mme Garceau : Merci, M. le
Président. Donc, compte tenu de ce bel échange, tentons de trouver, il me
semble, la voie de passage ici, parce qu'il semble que… ou, Mme la ministre, la
condition se retrouve dans les mots «en fonction». C'est ça, n'est-ce pas?
Mme Fréchette : La logique
même de l'amendement est de proposer une condition.
Mme Garceau : Je tente… Est-ce
qu'on peut suspendre quelques instants pour voir comment on pourrait amender?
Le Président (M. Montigny) : Vous
me demandez une période de suspension.
Je vais suspendre les travaux quelques
instants. Merci.
(Suspension de la séance à 16 h 02)
(Reprise à 16 h 10)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous avons donc repris nos travaux, chers collègues. Maintenant, les travaux
étant repris, nous avons eu une proposition de sous-amendement. Alors, pour que
ce soit très clair pour tout le monde, nous allons étudier maintenant la
proposition de sous-amendement <qui est proposée...
Le Président (M. Montigny) :
...proposition
de sous-amendement. Alors, pour que ce soit très clair pour tout le monde, nous
allons étudier maintenant la proposition de sous-amendement >qui est
proposée par la députée de Robert-Baldwin. Cette proposition de
sous-amendement... Pardon?
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Cette proposition de sous-amendement. Je vais demander maintenant à Mme la
députée de Robert-Baldwin de faire la lecture de son sous-amendement.
Mme Garceau : Merci, M. le
Président. Donc, il faudrait aller peut-être un petit peu haut.
Le Président (M. Montigny) : ...oui,
tout à fait.
Mme Garceau : Donc, l'article 4 :
Modifier l'amendement à l'article 14.1 de la loi sur le ministère de
l'Économie, de l'innovation tel que proposé par l'article 4 du projet de
loi par le remplacement de «en fonction d'une» par «en considérant l'». C'est
spécial, donc, on va...
Le Président (M. Montigny) : On
va aller plus bas puis on va aller voir...
Mme Garceau : ...on s'en va
plus bas.
Le Président (M. Montigny) :
...qu'est-ce que ça aurait l'air dans la proposition d'amendement précédente,
au point...
Mme Garceau : Donc...
Le Président (M. Montigny) : Allez-y.
Mme Garceau : ...le septième
point va se lire comme suit : «de veiller à ce que toute croissance de la
production d'énergie se réalise en considérant l'amélioration de la
consommation globale d'énergie».
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Mme Garceau : Donc, Mme la
ministre, nous enlevons la condition pour la voie de passage...
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Mme Garceau : ...parce que la
croissance de la production d'énergie va se réaliser non pas «en fonction», non
pas «en condition», mais évidemment d'améliorer la consommation globale
d'énergie va être considérée.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la députée. Maintenant, la parole est à Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. Bien, j'aimerais entendre la proposeur nous expliquer quel niveau de
considération doit être donné à l'amélioration de la consommation globale
d'énergie. Est-ce que c'est une considération de... comment je pourrais le
dire, là, est-ce que la considération... Est-ce qu'il doit y avoir une
amélioration de la consommation globale d'énergie, avec le mot «considérant»,
pour définir le niveau de production d'énergie additionnelle?
Mme Garceau : Moi, Mme la
ministre, c'est plus en vue de... c'est un objectif. Dans la planification, tel
que ma collègue l'a mentionné, lorsqu'on regarde la transition énergétique, tel
que détaillé dans votre mission, consommer mieux, consommer moins, c'est
vraiment ça, l'idée, c'est ça, l'objectif dans la transition énergétique, et je
crois qu'on le, si on peut le dire, on le réalise avec le libellé du septième
alinéa.
Mme Fréchette : Sinon quoi, s'il
n'y a pas amélioration de la consommation globale d'énergie, sinon, quoi? C'est
ça, le niveau de considération qui doit être donné, il déclenche quoi, s'il
n'est pas au rendez-vous?
Mme Garceau : Bien, je pense
qu'on ne va pas dire que vous arrêtez le projet, là, ce n'est pas ça du tout.
Mais c'est l'état d'esprit de... lorsqu'on est en train de planifier, il va y
avoir cette considération-là. C'est ça, l'objectif, au bout du compte. Ça fait
partie de vos responsabilités d'avoir cette considération-là dans la
planification de la transition énergétique. Il me semble, ça va de soi, là, Mme
la ministre, dans l'objectif. Ce n'est pas un conditionnel à l'autre. Mais il
faut quand même, en tant que ministre de l'Énergie, dans une transition
énergétique, dans un plan global, il va falloir évidemment considérer toute la
question de l'amélioration de la consommation globale d'énergie. Ça va de soi.
Mme Fréchette : Cette
considération-là, elle est faite à travers le fait qu'il faut qu'on s'inscrive
dans le concept de transition énergétique qui fait référence à la conversion
sobriété, efficacité. Donc, la considération, elle est dans le concept même de
la transition énergétique. Là, je trouve qu'il y a encore une notion de, comment
dire, de contrepoids, là. Il faut qu'il y ait une amélioration de la condition
globale d'énergie, sinon, sinon, bien, peut-être qu'il faudrait réviser un peu
notre croissance de la production énergétique. Il semble y avoir encore là un
effet de... pas de condition aussi forte, mais, tout de même...
Mme Garceau : Je dirais, ce
n'est pas... M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Oui,
je vous écoute, Mme la députée.
Mme Garceau : ...je ne pense
pas, parce que ce n'est pas l'objectif, là, qu'un soit conditionnel à l'autre,
c'est vraiment un... c'est <main dans la main...
Mme Garceau :
...je
dirais, ce n'est pas... M. le Président...
Le Président (M. Montigny) :
Oui,
je vous écoute, Mme la députée.
Mme Garceau :
...je
ne pense pas, parce que ce n'est pas l'objectif, là, qu'un soit conditionnel à
l'autre, c'est vraiment un... c'est >main dans la main, ça va ensemble,
on ne fait pas de... ça va ensemble. C'est ça, on s'en va... C'est la transition
énergétique, c'est ça, le plan, c'est ça qu'on veut. C'est ça, l'objectif du
gouvernement et de nous tous, c'est d'avoir... d'améliorer la consommation
globale d'énergie. On veut l'améliorer. Donc, ça fait partie... c'est dans le
cadre de vos responsabilités avec la production d'énergie.
Mme Fréchette : Bien, c'est
ça, si ce n'est pas une condition, donc c'est un objectif, puis j'en conviens,
c'est un objectif. Puis c'est un des objectifs qui est partie intégrante du
concept de transition énergétique. Donc, c'est à ce niveau-là que l'objectif
est atteint à travers le fait qu'il faut œuvrer pour la sobriété puis
l'efficacité énergétique. Donc, pour moi, cet objectif-là, il est atteint déjà
par le fait qu'on doive s'inscrire dans le cadre d'une perspective de
transition énergétique.
Mme Garceau : Mais là on le
définit, Mme la ministre, là, en ce moment, on est en train quand même de lui
donner une certaine définition à cette transition énergétique, via évidemment
les éléments de vos responsabilités, tel que défini à l'article 14.1.
Mme Fréchette : Mais quel
impact l'amélioration ou non de la consommation globale d'énergie aurait sur la
production d'énergie suivant votre amendement? Qu'est-ce que ça a comme impact,
la consommation globale?
Mme Garceau : C'est sûr et
certain qu'on veut diminuer, comme j'avais mentionné, consommer mieux,
consommer moins. C'est ça, l'objectif. Donc, évidemment, ça va affecter le
niveau de production.
Mme Fréchette : S'il n'y a
pas amélioration?
Mme Garceau : Bien, s'il y a
une amélioration, on va produire moins, on va produire un peu moins.
Mme Fréchette : Moins
d'énergie? S'il y a une amélioration de la consommation globale d'énergie, on
va moins produire d'énergie?
Mme Garceau : Bien... non,
c'est une question d'équilibre dans la planification. Il y a un équilibre dans
la planification.
Mme Fréchette : Bien, si
c'est une question d'équilibre, c'est donc que c'est fonction de.
Mme Garceau : Fonction de...
Moi, je regarde plutôt comme dans un objectif global de la transition
énergétique, que ça va... ça va ensemble, c'est... ça va ensemble.
Mme Fréchette : Si c'est
imbriqué et que c'est seulement s'il y a une amélioration de la condition qu'on
peut produire de l'énergie, on est dans une logique qui ne peut pas s'appliquer
dans les faits.
Mme Garceau : On n'est pas, Mme
la ministre, dans le si, on n'est pas dans le si, ici. On n'est pas dans le si,
ici.
(Interruption)
Mme Fréchette : On a un
walkie-talkie dans la pièce.
Le Président (M. Montigny) : Tout
simplement pour s'assurer que tout le monde comprenne bien, à ce stade-ci,
comme nous sommes en sous-amendement, tout le monde recommence avec du temps de
parole. Alors, est-ce qu'il y a d'autres membres qui souhaiteraient prendre la
parole? Mme la députée de Bourassa-Sauvé, vous avez 20 minutes, au total,
pour le sous-amendement.
• (16 h 20) •
Mme Cadet : Merci, M. le
Président. Donc, j'ai bien saisi la distinction. Merci de l'avoir formulée, je
l'ignorais. Ici, Mme la ministre, donc, je vous entends parler, échanger avec
ma collègue de Robert-Baldwin, puis j'en reviens à la réflexion, là, que
j'essaie d'amener dans mon intervention précédente, sur le fait que, dans vos
propos... Parce que là, ici, on essaie de trouver une voie de passage en se
disant : Article 3 : Voici votre mission, vous assurez une saine
gouvernance de nos ressources énergétiques dans une perspective de transition
énergétique. Donc, ça, c'est clair, puis on l'a défini. Donc, si ça doit se
faire dans une perspective de transition énergétique, bien, ça doit se refléter
en quelque part, dans la... dans vos responsabilités. Donc, la ministre, elle
est responsable de quoi ici? Alinéas 1 à 6, on ne le voit nulle part, ce
n'est reflété nulle part.
L'alinéa 1, on comprend, donc, il y a
eu... Donc, nous avions une proposition d'amendement au départ. Le collègue de
Jean-Talon a présenté une proposition d'amendement. Notre collègue de
Maurice-Richard a présenté une proposition d'amendement aussi entre les deux.
Et là, donc, ce que vous avez répondu, c'est, bon, alinéa 1, là, oubliez
ça, je n'ai pas les leviers pour soutenir, je n'ai pas les leviers pour
stimuler, ça, ça vient avec des enveloppes, ça vient avec une expertise puis le
ministère. OK. Bon. Donc, on vous propose… donc, on vous a proposé, donc,
celui-ci, <en vous disant...
Mme Cadet :
…je n'ai
pas les leviers pour stimuler, ça, ça vient avec des enveloppes, ça vient avec
une expertise puis le ministère. OK. Bon. Donc, on vous propose… donc, on vous
a proposé, donc, celui-ci, >en vous disant : Bien, on comprend très
bien ça, parce que ça n'a jamais été notre but, même si on a critiqué, donc, le
démantèlement de Transition énergétique Québec en 2020, là, dans 69, ce n'est
pas notre but d'essayer de rapatrier ça, on sait que ça n'arrivera pas, là, ce
n'est pas pour ça qu'on est ici aujourd'hui.
Maintenant que ces leviers-là sont dans
des ministères différents, vous l'avez mentionné vous-même, vous vous occupez
des orientations. Et, dans vos orientations, bien, j'ose croire que ça vient
avec une planification stratégique. Dans votre planification stratégique, donc,
de ce dont vous êtes responsable, bien, à notre sens, si votre… la gouvernance
des ressources énergétiques se fait dans la perspective d'une transition
énergétique, bien l'un… en fait, l'aspect transition ne peut pas être
subordonné à l'aspect production. Je sais que vous avez dit que ce n'était pas
le cas, mais que là vous y voyez une condition dans le libellé précédent.
Donc là, on dit : C'est correct,
notre objectif, ce n'était pas ça, là. Donc, on vous présente un autre libellé qui
permet de refléter la mission dont vous vous êtes vous-même dotée, parce que
c'est votre libellé, dont il est question ici, à l'article 3, et de
s'assurer que, dans ce qui vous permet d'accomplir cette mission-là, que cet
élément-là soit bien reflété. Parce que, sinon, on va se poser la question, M.
le Président : Qu'est-ce qu'on fait ici? Si on n'est pas capable, dans les
éléments qui nous permettent d'identifier comment vous réalisez votre mission,
donc, la ministre responsable de quoi, deux points, à l'article 4, pour
accomplir cette mission-là, bien, tu sais, vous aurez saisi qu'il y a comme une
dichotomie entre ce que vous nous présentez comme les objectifs du gouvernement
et comment ça se déclinera dans l'opérationnalisation au PGIRE par la suite. Et
le fait que, bien, vous, vous ne voulez pas du tout, du tout, du tout avoir, en
tête, considérer… Je comprends, vous êtes «fonction de», c'est trop
conditionnel, pour vous, ça vous lie trop, le libellé précédent… Vous y voyez,
donc, une… la potentialité d'un frein de différents projets en cours.
On vous a dit : Ce n'était pas ça
l'intention du tout. Ça fait qu'on vous présente un autre libellé, dire :
Non, on n'est pas là pour stopper des projets qui sont en train de se réaliser,
avec des travailleurs qui sont là sur des chantiers, puis leur dire : Là,
arrêtez… arrêtez-moi ça. Ce n'est pas du tout l'objectif de l'alinéa 7°.
Ce qu'on dit, c'est en considérant… puis là vous demandiez, donc, des leviers
plus précis. Mais, encore une fois, je vous ramène aux autres libellés ici,
quand on parle, donc, de promouvoir la production d'énergie ou de promouvoir le
développement des nouvelles filières énergétiques, vous-même, vous l'avez dit
plus tôt, à micro ouvert : Bien, bien ça, vous n'avez pas besoin, donc,
d'avoir d'autres leviers. Vos indicateurs de performance ici sont clairs, vous
le faites déjà, vous souhaitez déjà le faire. On l'a dit, votre prédécesseur le
faisait déjà, cette promotion-là, beaucoup plus que le ministre de
l'Environnement, en passant.
Donc, ici, donc, les leviers, donc, que
nous souhaitons mettre à votre disposition ici, dans l'accomplissement de votre
mission, si la volonté, elle est réelle, de faire de la perspective de
transition énergétique un élément intrinsèque de votre gouvernance de nos
ressources énergétiques, bien, à notre sens, le libellé qui est ici vous le
permet puis vous donne une grande latitude. L'aspect considération ici, là, il
est… il est moins liant que le libellé précédent qui vous dit «en fonction».
C'est pour ça qu'on vous le présente. Puis on comprend que le législateur, par
la suite, bien, une fois que… et là on le dit, donc, justement, dans le Journal
des débats, s'il y a une interprétation à faire, bien, l'interprétation, ce
qu'on vous propose, c'est une interprétation libérale, Me Marois pourra vous le
confirmer.
Donc, on vous présente ceci en vous disant :
Non, notre objectif, ce n'est pas de vous… de canner ça, de limiter l'aspect de
considération pour que ça devienne une espèce de grille avec des... avec
différentes conditions x, y, z, mais vraiment s'assurer que, dès le départ, dès
la réflexion, dès le moment où vous dites : Moi, mon mandat, comme
ministre de l'Énergie, bien, c'est de stimuler, de soutenir, de promouvoir la
production d'énergie, puis évidemment, donc, d'énergie verte, on l'a dit, on
est dans la perspective de transition énergétique, donc, d'énergie
renouvelable. Bien, si c'est votre mandat, bien, dès le départ, cette
perspective-là doit pouvoir se retrouver, puis on vous… on vous le permet,
d'avoir une interprétation très large ici de la considération. Les projets, ils
vont… on comprend, donc... de les réaliser... Bien, la croissance de cette
production d'énergie là, bien, elle doit se faire — j'allais dire, en
répétant «en fonction», ça aurait été une erreur, M. le Président — se
réalise en considérant, en ayant en tête, en tenant compte.
Donc, ce sont les éléments que, lorsqu'il
y aura une interprétation ultérieure de l'alinéa 7°, <que des
juristes...
Mme Cadet :
...se
réalise en considérant, en ayant en tête, en tenant compte. Donc, ce sont les
éléments que, lorsqu'il y aura une interprétation ultérieure de l'alinéa 7°,
>que des juristes, donc, pourront regarder, en se disant : Bien,
ici, bien, certainement que l'objectif, c'était d'en faire un point. La députée
de Robert-Baldwin l'a mentionné que ce sont des points qui se tiennent un peu
par la main, là, tu sais, ils sont vraiment main dans la main, et non pas
d'avoir... de subordonner la perspective de transition énergétique à la
production.
Mme la ministre, vous l'avez dit
vous-même, vous ne souhaitez pas subordonner cet élément-là. Pour vous, c'est
assez clair, en 2025, selon vous, ça fait partie de votre mandat, pas d'avoir
des enveloppes, pas de stimuler, pas de soutenir. Vous dites, ça, ça ne fait
pas partie de votre mandat, mais vous dites, dans les orientations, bien, selon
nous, ça, c'est la manière de le décliner de la manière la plus... la plus
linéaire, la plus idéale possible, ce que vous même, vous avez mentionné comme
tributaire des orientations en matière de transition énergétique, qui
comprennent l'aspect de l'amélioration de la consommation globale d'énergie.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la députée. Mme la ministre.
Mme Fréchette : M. le
Président, merci. Écoutez, j'essaie encore... encore de saisir l'importance que
vous voulez donner à l'amélioration de la consommation globale d'énergie. J'ai
demandé à la députée de Robert-Baldwin qu'est-ce qui arriverait si la
consommation globale d'énergie n'était pas au rendez-vous en termes de
performance, elle m'a dit : Bien, on aurait moins de production d'énergie.
Bon. Donc, c'est quand même une conséquence importante.
Là, de votre côté, vous me dites qu'il
faudrait en tenir compte, de la consommation globale de l'énergie. Par
conséquent, qu'est-ce qui arrive si la consommation globale d'énergie, une
année durant, n'est pas celle qu'on avait espérée ou souhaitée? Est-ce qu'il y
a une conséquence? S'il n'y a pas de conséquence, bien, à quoi sert
l'amendement? Puis, s'il y a une conséquence, bien, quelle est-elle? Là, votre
collègue m'a dit qu'il y aurait une moindre production d'énergie. Bon, alors,
on revient au même problème qu'initialement avec le mot «en fonction», si c'est
un moindre développement... un moindre développement de la production
énergétique qui est... qui est l'impact, qui est l'effet. «En tenant compte
de», ça veut dire quoi, en termes d'impact, s'il n'y a pas une baisse... une
meilleure consommation globale d'énergie une année durant?
Le Président (M. Montigny) : Oui,
allez-y, Mme la députée.
Mme Cadet : Merci. D'abord,
donc, et ma collègue, donc, pourra le préciser, moi, ce que j'ai saisi de son
propos, c'est qu'elle disait, donc, non pas une... Moi, je fais la distinction
entre conséquence et effet ici, là, que l'objectif que je vous ai entendu, plus
tôt, dire : Bien, sinon, quoi? Qu'est-ce qui se passe? Sinon, quoi? Il n'y
en a pas, de «sinon», là, ici, là, ce n'est pas... Bien, encore une fois, donc,
ce n'est pas... ce n'est pas une condition, mais ce n'est pas non plus un...
Bien, nous, notre objectif, c'est de... c'est de produire, et là, bon, bien, si
on n'en tient pas... Il n'y a pas... il n'y a pas un «sinon», parce que
l'objectif n'est pas que ce soient des éléments... des réflexions soient
subordonnées l'une à l'autre.
Ensuite, bien, ma collègue, ce que j'ai
saisi, c'était au niveau de l'effet, et non pas de la conséquence, puis au
niveau de l'effet, c'est-à-dire, bien, évidemment que, si vous considérez
l'amélioration de la consommation globale d'énergie, là, peut-être, que ça, ce
que ça va vouloir dire dès le départ, c'est que la croissance... ce n'est pas
qu'il y aura nécessairement une diminution de production, mais que la
croissance de la production d'énergie, bien, peut-être qu'il y en aura moins,
parce que, plutôt que d'avoir besoin de 150 térawattheures, bien, vous en
aurez plutôt besoin de 125, finalement, parce que, dès le départ, vous avez
considéré l'amélioration de la consommation globale d'énergie. Elle opine de la
tête, M. le Président, donc, pour les transcrits, je le mentionne, elle dit :
C'est ça.
Donc, ce n'est pas une conséquence en tant
que telle, c'est un effet, puis je pense que c'est un effet qui est positif,
parce que ça, ça veut dire que, bien, probablement que ça va... ça va devoir
nécessiter moins de ressources, moins de ressources humaines, donc, moins de
travailleurs, moins de ressources financières, donc, pour être capables de
tout... Ça ne fait pas déjà 20 minutes, M. le Président?
Le Président (M. Montigny) : Non.
Malheureusement... En fait, ça ne fait pas 20 minutes, mais je vous
remercie quand même de votre intervention, parce que, compte tenu de l'heure, il
est 16 h 30 précisément, donc, compte tenu de l'heure, la commission
ajourne ses travaux au mardi 25 février, à 9 h 45. Merci.
(Fin de la séance à 16
h 30
)