(Onze
heures vingt minutes)
Le Président
(M. Montigny) : Nous reprenons, donc, nos travaux. À l'ordre,
s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare, donc, la séance de la Commission
de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
ouverte.
La
commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi
n° 69, Loi assurant la gouvernance
responsable des ressources énergétiques et modifiant diverses dispositions
législatives.
Mme la secrétaire, ce
matin, est-ce qu'il y a des remplacements?
La Secrétaire :
Oui, M. le Président. M. Ciccone (Marquette) est remplacé par Mme Garceau (Robert-Baldwin) et M. Fortin (Pontiac),
par Mme Cadet (Bourassa-Sauvé).
Étude détaillée (suite)
Le Président
(M. Montigny) : Merci beaucoup. Maintenant, lors de notre
ajournement d'hier, nous étions, dans nos
travaux, à l'étude d'un amendement qui était proposé par le député de Maurice-Richard à l'article 14.1... en fait, qui... à
14.1, qui introduit, là... qui est introduit là par l'article 4 du projet
de loi à l'étude. À ce moment-là, je vais vous
demander s'il y a d'autres interventions. M. le député de Maurice-Richard — je
m'en doutais un peu — je
vous laisse la parole.
M. Bouazzi :
Bien, pour revenir à la conversation d'hier, donc, je rappelle que
l'amendement touche l'idée des dommages passés et actuels subis par les Premières
Nations dans le cadre du développement énergétique. J'ai... je comprends tout à
fait les arguments de la ministre, hier, qui consistent à dire qu'Hydro-Québec
était... est dans un processus de réconciliation, qu'ils ne font plus les
choses comme avant. D'ailleurs, la résistance des Premières Nations, qui a
donné comme résultat la «Paix des Braves», a beaucoup changé les choses, qui
avait été signée par M. Landry. Mais je ne comprends pas quel argument
ferait que ça ne serait pas dans ses responsabilités à elle, en toute
honnêteté. Je comprends toute l'idée de dire : Bien, il y a bien du monde
qui sont responsables, mais pourquoi pas elle, en fait?
Le Président
(M. Montigny) : ...le député. Mme la ministre, je vous laisse la
parole.
Mme Fréchette :
Oui, merci, M. le Président. Donc, bonjour à tous. Bien, comme je
l'indiquais hier, en fait, on a... c'est un dossier qui va au-delà du ministère
de l'Énergie, ça engage l'ensemble du gouvernement. Le premier ministre s'y est engagé personnellement. Mon
collègue, également, aux Affaires autochtones s'y est engagé depuis des années, avec une approche entière et, je dirais,
très appréciée aussi par les Premières Nations. Et, du côté d'Hydro-Québec,
bien, c'est un... une responsabilité qui est intégrée dans le cadre du
développement, de l'analyse et du déploiement de projets. Donc, c'est une
dimension sur laquelle Hydro-Québec s'engage à chacun des projets qui
concernent des Premières Nations. Donc, il y a maintenant une approche de
partenariat beaucoup plus... à la fois resserrée, mais également beaucoup plus
en amont, et ça, je pense que c'est important de ne pas mettre les Premières
Nations devant un fait accompli, mais de les engager, d'engager la discussion,
les échanges, les perspectives de partenariat et de collaboration dès en amont, dès la planification d'un projet, et c'est
ce qui est en place chez Hydro-Québec, particulièrement sous le leadership de
M. Sabia. Donc, c'est en... dans ce sens-là qu'on exerce notre
responsabilité, mais ça va au-delà de ça également. Mon collègue aux Affaires
autochtones pourrait intervenir longuement pour expliquer l'ensemble des
dimensions qui sont concernées par cette question de réconciliation avec
les Premières Nations. Donc, voilà. Merci.
Le Président
(M. Montigny) : Merci, Mme la ministre. M. le député de
Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Mais, en tout respect, je
ne suis pas sûr de comprendre. Donc, je comprends que le ministre qui est en charge des relations avec les Premières Nations
est en charge des relations avec les Premières Nations. Ça, je veux
dire, j'espère bien, là. Bon.
Maintenant, au-delà
de ce ministre-là, vous nous dites : Oui, mais, Hydro-Québec,
M. Sabia est en charge. Je rappelle
quand même qu'Hydro... M. Sabia est... est PDG d'une société d'État, mais
il n'est pas ministre. C'est vous, la ministre,
et Hydro-Québec se rapporte à vous d'une manière ou d'une autre. En quoi ça
serait dans la responsabilité de M. Sabia
et pas dans la vôtre, là? Pourquoi, à ce moment-là, M. Sabia a cette
responsabilité? Pourquoi lui, il ne répondrait
pas pour dire : Bien là, ce n'est pas mon problème, c'est le problème...
c'est plus large, c'est plus gros, etc.? Ça l'est, effectivement, dans
ses responsabilités.
Moi, je ne comprends pas
comment est-ce qu'on peut même soutenir que ça ne le serait pas dans la vôtre. C'est-à-dire, ça l'est partout ailleurs que chez
vous, en fin de compte. Ça l'est chez Hydro, ça l'est chez le ministre en charge
des relations avec les Premières Nations, ça l'est au gouvernement, mais ça ne
l'est pas chez vous, sachant que l'extrême
majorité de ces développements énergétiques vont se faire sur les terres
ancestrales des Premières Nations, mais vraiment l'extrême majorité, et
passés et futurs. Donc, je comprends que les autres sont en charge, mais je ne
comprends pas pourquoi vous, vous ne le seriez pas, là, surtout que ça vient
répondre à une demande qu'ils nous ont faite
en commission. Ce serait bien, dans une logique de réconciliation, d'être à
l'écoute de ce qu'ils nous proposent aussi, là, pour améliorer la
collaboration.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
M. le député. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. Alors, je
ne dis pas que ça ne nous concerne pas, mais je dis que ça nous concerne à l'échelle des projets que l'on mène. Et, quand je
travaille sur, justement, des projets de développement énergétique, je m'assure
toujours qu'il y a une bonne collaboration avec les Premières Nations, qu'elles
ont été mises à contribution, qu'il y a une approche de confiance, de
collaboration et de partenariat qui est mise en place.
Maintenant, le processus de réconciliation avec
les Premières Nations va au-delà du ministère, au-delà de la responsabilité du
ministère, et c'est en ce sens-là que ça dépasse mon mandat.
Maintenant, pour les projets qui... de
développement énergétique qui se déploient sur des territoires qui concernent les Premières Nations, bien là, c'est
sûr qu'on est actifs. Je vise à m'assurer que le développement des relations se
passe de la bonne façon. Mon collègue, également, aux Affaires autochtones est,
bien sûr, mis à contribution, mais l'ensemble
du processus de réconciliation, c'est au-delà des projets énergétiques que
nous, on met de l'avant. C'est en ce sens-là que je vois une
contribution des autres acteurs, mais, à notre échelle, il est vrai qu'on
travaille avec les Premières Nations. Puis je les ai rencontrées, d'ailleurs, à
plusieurs occasions depuis septembre, et on va continuer à le faire. Et c'est d'ailleurs ce pourquoi, dans le
plan de gestion intégrée des ressources énergétiques, on a également porté
une attention plus particulière sur les relations avec les Premières Nations.
Donc, voilà,
c'est une question, en fait, de : est-ce que ça relève de nous, le
processus de réconciliation avec les Premières Nations? Je dirais en
partie, mais vraiment pas en totalité.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup. M. le député, avez-vous encore des...
M. Bouazzi : Oui.
Le Président (M. Montigny) :
Allez-y. Je vous laisse la parole.
M. Bouazzi : Bien,
évidemment que personne ne pense que vous seriez en totalité en charge de la
réconciliation. On aurait un problème
parce que ça ne suffirait pas, là. Je serais curieux d'écouter mes chers
collègues de l'opposition aussi pour
voir que... s'ils ont quelque chose à dire sur les questions qui touchent aux
Premières Nations. Sinon, moi, j'aurais fini mes remarques.
Le Président (M. Montigny) : ...il
vous restera du temps, M. le député, si jamais vous voulez revenir, là, sans
problème. M. le député, je vous laisse la parole, M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui,
M. le Président. On va appuyer l'amendement proposé par notre collègue de
Maurice-Richard. J'entends l'échange entre mon collègue puis la ministre, puis,
je comprends, pour quelque chose qui est précis comme de compenser les
dommages, c'est peut-être un peu difficile pour elle de prendre un engagement
elle-même, comme ça, quand, c'est vrai, ça prend le rôle de plusieurs acteurs,
incluant le premier ministre du Québec, qui a un rôle dans les négociations de nation à nation, mais, je pense,
le collègue de Maurice-Richard a raison de se présenter cet amendement, qui est clairement écrit dans le mémoire de
l'association des Premières Nations du Québec et Labrador. C'est une
suggestion qui est mise de l'avant. Et, je pense, c'est important, dans cette
commission, de parler de cette réalité que, oui,
il y a des dommages passés et actuels qui ont été subis par des différentes
Premières Nations partout sur le territoire du Québec, et, à un certain
moment, il faut trouver une façon pour, oui, compenser mais aussi régler ces
dommages qui a arrivé, malheureusement, à
les peuples autochtones du Québec. Et, au minimum, de prendre le micro
aujourd'hui puis d'exprimer ce
mécontentement et cette réalité, encore, que le mot «autochtone» n'est pas
hyper présent dans ce projet de loi est quelque chose, je pense, qu'on
peut et doit régler dans les suites des choses.
Alors, pour l'instant, c'est tout que j'avais à
dire sur cet amendement. Puis on va quand même proposer un amendement après
cette discussion, M. le Président, pour continuer la discussion.
Le
Président (M. Montigny) : ...m'éclairer, un amendement... un nouvel
amendement ou un sous-amendement?
M. Kelley : Nouvel.
Le
Président (M. Montigny) :
Ah! parfait. Merci beaucoup. Sans problème. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? Il n'y a pas d'autre intervention en lien avec cet
amendement.
Alors, s'il n'y a pas d'intervention, nous
pouvons passer aux voix. Alors, pour ce qui est de l'amendement...
M. Bouazzi :
...nominal, monsieur...
Le Président (M. Montigny) :
Oui, c'est ce que je me disais, je vous laissais un petit délai. Merci. Nous
allons y aller par appel nominal. Mme la secrétaire.
• (11 h 30) •
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Bouazzi (Maurice-Richard)?
M. Bouazzi : Pour.
La Secrétaire : Mme Fréchette
(Sanguinet)?
Mme Fréchette : Contre.
La Secrétaire : M. Bussière
(Gatineau)?
M. Bussière : Contre.
La Secrétaire : M. Sainte-Croix
(Gaspé)?
M. Sainte-Croix : Contre.
La Secrétaire : M. Rivest
(Côte-du-Sud)?
M. Rivest : Contre.
La Secrétaire : M. Tremblay
(Dubuc)?
M. Tremblay : Contre.
La Secrétaire : M. Kelley
(Jacques-Cartier)?
M. Kelley : Pour.
La Secrétaire : Mme Cadet
(Bourassa-Sauvé)?
Mme Cadet : Pour.
La Secrétaire : M. Montigny
(René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) : Abstention.
Alors, cette proposition d'amendement est rejetée. Merci.
Nous revenons donc à l'étude de l'article.
M. Kelley : ...
Le Président (M. Montigny) :
Oui, monsieur...
M. Kelley : ...train de
terminer le... de rédiger l'amendement, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Nous aurons donc une proposition d'amendement.
Le temps que cet amendement-là soit rendu pour
l'afficher à l'écran, nous allons donc suspendre nos travaux.
(Suspension de la séance à 11 h 31)
(Reprise à 11 h 38)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous recommençons nos travaux.
Nous avons, donc, affiché la proposition
d'amendement à l'article 14.1 par le député de Jacques-Cartier. Alors, je
vous laisse la parole, M. le député.
M. Kelley : Oui,
merci beaucoup, M. le Président. Alors, à l'article 14.1 de la loi sur le
ministère de l'Économie et de l'Innovation, proposé par l'article 4
du projet de loi, ajouter, à la fin, l'alinéa suivant :
«Aux fins de
l'application du présent article, le ministre doit considérer les intérêts et
le rôle des Premières Nations et Inuit dans la gouvernance du secteur
énergétique.»
M. le Président, je vais
quand même laisser la porte ouverte à le côté gouvernemental de revient avec quelque chose qui peut être mieux régidié, ou
quand même réfléchir par le côté de notre juriste, Me Marois, et son
équipe, parce que, sur notre côté,
nos ressources sont un peu limitées. Mais je pense qu'on a une opportunité ici,
M. le Président, dans la mission de
la ministre, d'ajouter quelque chose qui est plus concret pour nos Premières Nations et les Inuits du Québec qui
dit que chaque action que la ministre va prendre dans sa mission va prendre en
considération eux autres. Puis c'est un peu qu'est-ce que la ministre
vient déjà de dire dans l'échange avec mon collègue de Maurice-Richard.
Parce que, M. le Président, je veux juste
reviens un petit peu sur des différentes responsabilités au sein du
gouvernement, c'est sûr que nous avons le ministre responsable des Affaires
autochtones qui gère un secrétariat qui assure
la coordination des actions des différents ministères dans leurs relations avec
les Premières Nations et les Inuits du Québec, mais ils ne sont pas
responsables pour exécuter nécessairement certaines actions. Ça, ça appartient
toujours à chaque ministère au sein
de le gouvernement du Québec de prendre leurs propres responsabilités en main
pour s'assurer qu'on a une bonne relation nation à nation avec nos
partenaires des 10 Premières Nations du Québec et les Inuits. Et on sait, au tête de ça, c'est toujours le premier ministre
qui doit traiter les différents gouvernements avec le respect qu'eux
autres sont un propre gouvernement, nous sommes un propre gouvernement. Puis,
quand on est capables d'avoir cette relation
de la tête de leurs nations avec la tête de notre nation dans la même salle,
c'est parfait, mais on comprend que
ce n'est pas toujours possible pour le premier ministre du Québec. Mais la
ministre a une responsabilité, M. le Président. Dans chacun des six
éléments listés dans cette section ici, ça va avoir un impact sur les Premières
Nations et les Inuits du Québec, ça va avoir un impact sur nos populations
autochtones au Québec.
• (11 h 40) •
Et je veux juste aller sur la liste : «De
soutenir et stimuler et de promouvoir la production de l'énergie ainsi que le développement des nouvelles filières
d'énergie». Presque impossible que ça, ça ne va pas toucher ou ni impacter
des Premières Nations, les Inuits du Québec.
«De
contribuer au développement et l'accroissement de la fiabilité et la résilience
des infrastructures énergétiques.» Comme vous le savez, M. le Président,
des lignes de transmission... et plusieurs de mes collègues ici, sur le côté du
gouvernement, des lignes de transmission
traversent des territoires autochtones. Si on regarde de s'assurer le maintien
des approvisionnements en énergie et la sécurité énergétique du Québec,
notamment en favorisant la complémentarité et l'équilibre entre les sources
d'énergie disponibles, encore très difficile de ne pas penser que des
autochtones vont avoir un rôle ou un mot à dire sur ce point, ici. Ça va être
hyper important d'inclure eux autres dans ces actions, dans ces décisions, dans
l'exécution de le point n° 3.
Quand même, pour le point n° 4 :
«D'assurer le contrôle et exploitation de toute force hydraulique de sous son autorité et de tout réservoir souterrain.»
Bien, on parle pas mal, probablement, des lacs et des rivières et des forces
hydrauliques qui sont sur un territoire autochtone.
«De favoriser
le développement des activités d'Hydro-Québec.» Aucune question que ça, ça va
prendre une bonne collaboration, approbation d'eux, les Premières
Nations et les Inuits du Québec.
Et quand même : «De veiller la qualité des
produits énergétiques.» Bien, encore, je reviens que certains de ces produits
énergétiques sont sur des territoires autochtones.
Alors, je pense qu'on a une façon, ici. Et,
c'est sûr, Mme la ministre va dire : Oui, mais oui, dans chacun des
éléments, on va prendre en considération les autochtones. Alors, parfait,
ajoutez ça clairement dans le projet de loi que
ça va être fait, qu'on va rassurer les Premières
Nations et les Inuits qu'on ajoute
cette réalité, que c'est inscrit dans la loi, qu'il n'y a aucun doute qu'on a
une responsabilité dans chacune des actions dans votre mission, on va inclure
les Premières Nations et les Inuits dans les décisions, qu'on va avoir
une bonne relation nation à nation avec eux autres.
Alors, je
laisse la porte ouverte à la ministre de répondre, discuter avec nous, mais je
pense que cet amendement va être... c'est un possible gain pour tout le
monde, pour notre société en général. Merci beaucoup, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Juste pour valider si Mme la ministre souhaite répondre maintenant. Parfait.
Après ça, j'ai une autre demande d'une collègue.
Mme Fréchette : Bien, je vais
répondre aux deux en même temps, alors, et je vais vous laisser poursuivre.
Le
Président (M. Montigny) : Ah! parfait. Je vais vous laisser la parole, Mme
la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Merci,
M. le Président. Mais vous aurez compris, donc, que l'objectif, ici, donc, que
je veux réitérer, donc, le point de mon collègue. Je pense que la
ministre, donc, l'a bien entendu.
Donc, vous aurez compris, M. le Président, que
l'objectif de cet amendement proposé par le Parti libéral du Québec est
de tendre une perche à la ministre. Mon collègue de Jacques-Cartier l'a indiqué, le ministère, donc, dispose des différentes ressources, donc, pour améliorer le libellé, et pour
s'assurer qu'il puisse convenir, et qu'il y ait... qu'il soit, donc,
compatible avec, donc, la législation actuelle et l'ensemble, donc, du corps
législatif québécois.
Mais, ceci dit, il apparaissait important pour
nous, à l'article 14.1, que l'on puisse mettre de l'avant, donc, cette priorité de prendre en compte, donc, les
intérêts et le rôle des Premières
Nations et Inuits dans la gouvernance
du secteur énergétique aux fins de l'application du présent article.
On l'a mentionné souvent, donc, les
articles 3 et 4 sont des articles de mission, des articles
d'interprétation large et libérale, des
articles, donc, qui nous permettent, donc, de bien saisir quelles sont les
responsabilités de la ministre et comment
compte-t-elle, en 2025, exercer son rôle de gestion responsable des ressources
énergétiques. Les débats au cours des dernières semaines, donc, ont
beaucoup porté, donc, sur les... sur l'aspect de la transition énergétique, donc, qu'est-ce que ça signifie aujourd'hui, en 2025, de
considérer ces aspects-là, de s'assurer qu'ils soient non pas subordonnés, mais
bien à l'avant-plan, bien dans la micropuce de l'analyse du ministère, de
l'analyse, donc, de la ministre, donc, lors, donc, du développement des projets
de développement énergétique.
Ici, donc, nous arrivons avec une autre
micropuce, essentiellement, hein, on le dit, donc, nous ne présentons pas,
donc, une nouvelle... un nouveau paragraphe, donc une responsabilité
additionnelle à celles qui sont indiquées à l'article 14.1. Donc, 14.1,
premier alinéa, donc on nous présente six paragraphes qui précisent quelles
sont les responsabilités de la ministre et comment ceux-ci sont tributaires de
certains leviers dont elle dispose. Ce que nous venons faire, donc, en mettant
de l'avant, donc, un second alinéa à cet article, bien, c'est dire : Bien,
voilà, donc, la ministre, pour
l'accomplissement de sa mission en matière d'énergie... Parce qu'on le sait, on
en a beaucoup parlé, mais, en ce
moment, donc, la loi sur le MEIE nous parle des responsabilités de la ministre
en matière d'innovation et ensuite en
matière d'énergie, donc on les détaille, on les décline de façon précise. Mais
ici, en matière d'énergie, lorsqu'on décline ces responsabilités-là, en 2025,
il nous apparaît impératif d'ajouter cet élément de prise en considération des
intérêts et des rôles des Premières Nations, Inuits dans la gouvernance
du secteur énergétique.
Lorsque l'Assemblée des Premières Nations du
Québec-Labrador... Assemblée Premières Nations Québec-Labrador, pardon, l'APNQL est venue en commission parlementaire, et nous
l'avons réitéré dans l'une de nos motions préliminaires, un peu plus tôt
dans le processus de cette étude détaillée, bien, ils sont venus nous dire,
donc, d'une part, que les Premières Nations, leurs gouvernements, leur savoir,
leur expertise doivent être placés au premier plan de la transition énergétique et du développement économique. Ils nous
ont aussi précisé qu'il est impératif que le projet de loi reflète la place inhérente aux Premières Nations dans la gouvernance de l'énergie au Québec. Évidemment, donc,
leurs propositions sont déclinées de façon beaucoup plus précise.
Nous savons
que la ministre... et nous saluons le fait que la ministre devrait, donc, déposer,
donc, un amendement pour que ça puisse... en fait, pour que l'une de
leurs recommandations, donc, se retrouve ici, au projet de loi, mais avant même
que nous en arrivions à l'opérationnalisation, ce que nous demandons, au Parti
libéral du Québec, à la ministre, c'est de
s'assurer qu'alors même qu'elle réalise son mandat, alors même, donc, qu'elle
accomplit sa mission et qu'elle
soutient, stimule, promeut la production énergétique et le développement de
nouvelles filières, et particulièrement, donc, qu'elle favorise le
développement des activités d'Hydro-Québec, évidemment, donc, il y a six
paragraphes, je ne les nommerai pas tous, M.
le Président, mais on le sait, donc, ceux qui sont les plus touchés par le rôle
des Premières Nations, ce sont ceux-ci, bien, alors même, donc, qu'elle,
par exemple, joue son rôle de favoriser le développement des activités d'Hydro-Québec,
qu'on ne se retrouve pas, donc, en orbiter, là, en note de bas de page à se
demander : Ah oui, c'est vrai, c'est vrai, les Premières Nations et
Inuits, on les a oubliés.
Le témoignage et le mémoire de l'APNQL, donc,
nous enjoint, comme législateurs, à vraiment structurer le projet de loi afin
que le leadership des Premières Nations en matière de gouvernance, de
développement économique et de partage de
richesses se retrouve vraiment, donc, dans les composantes du projet de
loi 69 et que, dès le départ, ces éléments,
donc, ceux que mon collègue, donc, a nommés, avec, donc, l'expertise qu'il
détient, l'expertise générationnelle chez les députés de Jacques-Cartier
successifs, de vraiment, donc, nous assurer que nous reconnaissons que, donc,
celles-ci, donc, ont le droit de décider du développement sur leur territoire
et leurs eaux, que les éléments, donc, de réconciliation et le rôle, donc, de
gouvernement à gouvernement que nous avons formulé, qu'il y a un rôle... en
fait, une vision qui est partagée par
l'ensemble des parlementaires de toutes les formations politiques se retrouve
bel et bien représentée, à juste
titre, dans le projet loi 69, donc c'est pour ça que nous le mettons ici,
dans un second alinéa de l'article 14.1.
Merci, M. le Président.
Le
Président (M. Montigny) : Merci, Mme la députée de Bourassa-Sauvé. Avant de passer la parole à d'autres collègues, Mme la ministre,
souhaitez-vous prendre la parole, à ce stade-ci?
Mme Fréchette : Oui, je vais
prendre la parole.
Le Président (M. Montigny) : Allez-y,
Mme la ministre, la parole est à vous.
• (11 h 50) •
Mme Fréchette : Merci.
D'accord. Merci, M. le Président. Donc, bien, je veux réitérer toute
l'importance qu'il y a, dans le cadre du
développement énergétique, à travailler avec les Premières Nations et Innus.
C'est vraiment central, central dans notre approche, central pour le
devenir, je dirais, à la fois énergétique, mais également collectif, du Québec,
considérant que le développement énergétique est au coeur des enjeux
économiques de moyen et de long terme pour le Québec et que les Premières
Nations sont établies sur la majorité, la très grande majorité, en fait, des
territoires qui vont faire l'objet de développement énergétique.
Donc, il est central et essentiel pour nous de
travailler dans une approche de collaboration, et c'est ce à quoi on s'est
engagés déjà depuis plusieurs années, et on va poursuivre dans cette veine-là,
de manière à resserrer encore davantage nos liens avec les Premières Nations.
Alors, quand il est question de gouvernance, eh
bien, la gouvernance des ressources énergétiques, elle se trouve à être opérée
par le PGIRE, le plan de gestion intégrée des ressources énergétiques. Et je
sais qu'il y a un souhait qui a été émis par les Premières Nations pour faire
en sorte d'avoir un rôle qui leur soit dévolu en lien avec le PGIRE, et c'est
quelque chose qu'on a discuté à plusieurs occasions depuis mon arrivée. Mon
prédécesseur, également, avait eu des rencontres avec plusieurs des
représentants des Premières Nations et Innus. Et on a voulu, en fait, donner
suite à ce souhait, c'est pourquoi on a déposé un amendement dans le cadre de
nos travaux à... (panne de son)... 14.3.
Comme
vous savez, c'est un dossier, les relations autochtones, où chaque mot est bien
pesé, parce que, bon, les mots sont d'importance. Et également on sait qu'on
est en processus de réconciliation, donc on veut s'assurer d'avoir...
d'adopter, bref, les bons libellés. Alors, ce pour quoi on a opté, dans le cas
de notre amendement, qui reconnaît, en fait, une attention particulière qui est
donnée aux Premières Nations dans le cadre du processus de gouvernance, donc,
dans le cadre du PGIRE, reflète, en fait, les libellés et le vocabulaire qui
déjà a été adopté par le gouvernement en lien avec les questions autochtones.
Donc, je me permets
de lire l'amendement qui va comme suit : «Aux fins de l'élaboration du
plan — on
parle du PGIRE — le ministre — la ministre — consulte la population incluant les communautés
autochtones. Lorsque les circonstances le requièrent, les communautés
autochtones concernées sont consultées de manière distincte.»
Et je dois vous dire
qu'on est en phase de planification des consultations qui seront menées en lien
avec le PGIRE, et il est déjà établi que nous rencontrerons les représentants
des Premières Nations dans le cadre de cette consultation qui sera déployée.
Donc, ça, pour nous, c'est un incontournable et c'est quelque chose dont on a
discuté également, notamment avec l'APNQL, dont je salue, d'ailleurs, le
président sortant, M. Ghislain Picard, qui a consacré plus de 30 ans de sa vie au sein de cette association-là,
et je veux dire toutes mes félicitations et la bienvenue au nouveau
chef, Francis Verreault-Paul, qui a été élu récemment pour prendre la
succession de M. Picard.
Alors, voilà, c'est
pour vous dire qu'on est en relation déjà en amont avec les représentants des Premières
Nations et Innus. C'est important qu'on le soit. Et déjà il est prévu, donc,
qu'ils aient un rôle particulier en lien avec le plan, la feuille de route dont
on va se doter pour les 25 prochaines années. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre. Un petit point d'information, même si l'amendement n'a
pas été traité, celui à qui... l'amendement auquel vous avez fait référence,
Mme la ministre, pour le bénéfice de tous,
il est sur le Greffier, si jamais vous voulez le consulter, parce que nous le
traiterons, évidemment, un peu plus tard.
Alors,
d'autres interventions? J'avais une demande de parole du député de Jean-Talon.
Alors, si vous souhaitez reprendre la parole ou prendre la parole sur
cet amendement, je pourrais procéder.
M. Paradis : Bien. Alors, merci à la
ministre de nous rappeler l'amendement qu'elle va proposer à
l'article 14.3, qui, lui aussi, va être, donc, modifié par
l'article 4 du projet de loi. Donc, cet amendement-là prévoit que, pour l'élaboration
du plan de gestion intégrée des ressources énergétiques, on va devoir consulter
la population, incluant les communautés
autochtones. C'est bien que ce soit écrit dans le projet de loi, c'est bien,
mais on se rappellera que c'est une obligation, désormais, qu'il y ait
de telles consultations. Donc là, ce n'est pas comme si on réinvente la roue, on est en train de dire l'évidence.
Lorsqu'il y a des projets qui concernent les Premières Nations et les
Inuits, il va falloir les consulter et travailler en collaboration avec elles
pour faire avancer les projets, à tous les stades des projets : la
conception, la réflexion, le développement, la mise en oeuvre, etc.
Maintenant,
on est au coeur d'une des principales préoccupations des Premières Nations et des Inuits, c'est-à-dire le
développement ou la vision de l'avenir de l'utilisation du territoire, parce
que, quand on parle de développement de la capacité de production
d'énergie, on parle d'utilisation du territoire, et nous, au Parti québécois,
on pense que, lorsqu'on discute de ça, on discute de nation à nation, avec les Premières
Nations et avec les Inuits.
La ministre et son
équipe ne seront pas surprises de me voir revenir avec un certain nombre de
concepts de rédaction législative. On a établi la mission du ministère à
l'article précédent, on a établi ou on est en train de réfléchir aux
responsabilités de la ministre, à 14.1. Et ensuite le PGIRE, le plan de gestion
intégrée des ressources énergétiques, ça, c'est de la mise en oeuvre. Est-ce
que la ministre ne convient pas ou est-ce que la ministre convient — hein,
on va y aller au positif — que
l'utilisation du territoire et le développement de la capacité énergétique du Québec est une... est un thème fondamental pour
les Premières Nations et les Inuits qui mériterait que cette préoccupation-là fasse partie de ses
responsabilités lorsqu'elle considère le soutien, la stimulation et la
promotion de la production d'énergie au Québec, que, encore une fois,
aujourd'hui, en 2025 — une
autre expression que j'utilise souvent — on est rendus là, et que
c'est important que ce soit clairement énoncé dans le projet de loi 69?
Le Président
(M. Montigny) : Merci, M. le député. Maintenant, Mme la ministre.
Mme Fréchette :
Oui, M. le Président, merci. Alors, concernant, en fait, l'utilisation du
territoire, il y aura assurément, donc, du développement énergétique sur des
terres qui sont des terres des Premières Nations, occupées par les Premières
Nations, donc c'est sûr qu'il faut
qu'on ait une attention particulière et qu'on travaille en amont avec
leurs représentants, leurs chefs, et c'est ce qu'on fait.
Maintenant, un peu
comme à l'image de la question de la compensation financière, l'usage qui est
fait du territoire québécois lorsqu'il s'agit de portions de territoire qui
sont revendiquées par les Premières Nations, bien, ça dépasse le cadre du
ministère de l'Énergie, c'est une responsabilité qui incombe à l'ensemble du
gouvernement, au premier chef, je dirais, au
cabinet du premier ministre, en collaboration avec le ministre responsable des
Relations avec les Premières Nations.
Maintenant, ça ne
veut pas dire que ça nous désengage de toute responsabilité, loin s'en faut, ça
nous engage, mais au niveau de ce qui relève plus directement de nous, et c'est
en ce sens-là que c'est à travers le PGIRE, donc l'instance de gouvernance des
ressources énergétiques et de leur développement au cours des prochaines
décennies, c'est au sein, donc, de cette feuille de route que l'on reconnaît,
que l'on veut reconnaître l'importance pour les Premières Nations d'avoir un
rôle à jouer et d'être consultées et que soient pris en considération leurs
préoccupations et leurs intérêts, et c'est en ce sens-là qu'on a mis de
l'avant, donc, l'amendement dont je vous ai parlé tout à l'heure,
l'article 14.3. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre. Je vais continuer avec le député, mais je comprends très bien,
là, qu'il y aura d'autres interventions, évidemment. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis :
Les Premières Nations et les Inuits sont venus nous rencontrer en
consultations particulières, et elles nous ont, je pense, clairement exprimé
qu'elles... je ne veux pas leur prêter des mots, là, mais que le projet de
loi 69 n'allait vraiment pas assez loin, alors qu'on est engagés dans un
processus de réconciliation avec les Premières Nations et les Inuits, puis que le projet de loi 69 n'allait
vraiment pas assez loin dans la clarification, aujourd'hui, compte tenu du chemin qu'on est en train de prendre
ensemble, donc, que le projet de loi ne contenait à peu près rien à ce sujet-là,
au sujet de leurs préoccupations. Qu'est-ce que la ministre leur répond
là-dessus? Est-ce que la ministre trouve que le projet de loi 69 en donne
beaucoup en matière de message et de clarté législative sur le rôle qu'elle
doit jouer aujourd'hui, comme ministre, pour contribuer à la réconciliation
avec les Premières Nations et les Inuits?
Le Président
(M. Montigny) : Merci, M. le député. Mme la ministre.
Mme Fréchette :
Oui, merci, M. le Président. Donc, si je m'en remets au... à la notion de
gouvernance des ressources énergétiques, bien, je pense qu'ils sont au coeur,
en fait, du processus que l'on va déployer, en ce sens qu'il y aura... à chaque
fois que des intérêts des Premières Nations sont en cause dans les différentes
régions du Québec, il y aura une discussion, des échanges, une prise en
considération de leurs préoccupations pour l'élaboration du PGIRE. Donc, je
dirais que, par rapport à la gouvernance, les choses sont à venir. On a posé
les bases pour que, justement, ça survienne en faisant en sorte d'avoir une
préoccupation particulière quant aux Premières Nations dans l'élaboration du
PGIRE, et ça, ça va se traduire, dans les faits, lorsqu'on aura cette
consultation à l'échelle du Québec, et qui
va les inclure d'une manière distincte mais néanmoins incontournable. Alors, en
matière de gouvernance, voilà, ça, c'est un geste d'importance.
Et j'aimerais ça
souligner aussi que les Premières Nations ont demandé à avoir une place au
conseil d'administration d'Hydro-Québec. Bon, il n'est pas envisageable d'avoir
une place qui soit réservée au représentant ou à la représentante des Premières
Nations, mais néanmoins il a été décidé de nommer une personne issue des Premières
Nations au conseil d'administration d'Hydro-Québec au cours de l'automne
dernier. Donc, ça se veut un écho des... une des demandes qu'avait portée les Premières
Nations.
Donc, c'est un
processus, je vous dirais, M. le Président, qui se déploie au fil du temps,
mais je pense que la consultation et l'élaboration du PGIRE vont nous donner
une partie des fruits de ce qu'on est en train de semer depuis plusieurs
années, en lien avec les relations avec les Premières Nations. Merci.
• (12 heures) •
Le Président
(M. Montigny) : Merci beaucoup, Mme la ministre. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis :
Alors, nous avons une proposition d'amendement de la ministre à 14.3, fort
bien, c'est un pas en avant. Je repose la même question parce que c'est
important : Est-ce que la ministre, par ailleurs, trouve que son projet de
loi est très clair en matière de réconciliation avec les Premières Nations et
les Inuits? Précisons la question : Est-ce qu'elle peut me dire à quel
autre endroit dans le projet de loi 69 on parle de Premières Nations et
Inuits? Les mots se retrouvent-ils même dans le projet de loi actuel?
J'aimerais savoir, donc, qu'est-ce que le projet de loi fait pour y contribuer.
On est en la matière... une des matières les plus cruciales pour l'avenir de
cette réconciliation, le développement ou non des capacités de production du
Québec sur le territoire du Québec. Qu'est-ce que le projet de loi fait en ce
sens-là, pour y contribuer, pour lancer un signal?
Je vais même préciser
encore plus ma question. Je donne des indices à la ministre parce qu'elle dit
«oui, on lance des signals», mais le projet de loi, là, ce dont on est en train
de discuter, on n'en fera pas 14, des réformes comme ça dans les prochaines
années, là, l'opportunité, elle est maintenant. Donc, qu'est-ce que la ministre
fait, à l'intérieur de ce projet-là, pour contribuer à la réconciliation avec
les Premières Nations?
Le Président
(M. Montigny) : Merci beaucoup, M. le député. Maintenant, Mme la
ministre, souhaitez-vous répondre?
Mme Fréchette :
Merci. Merci, M. le Président. Donc, les Premières Nations sont au coeur du
projet de loi 69. Le coeur de ce projet de loi là, c'est le PGIRE, c'est
le plan de gestion intégrée, dont on a besoin, justement, pour s'engager plus
avant dans la transition énergétique. Alors, ils sont au coeur de ce projet de
loi là, d'une part, mais ils ne sont pas que là non plus, au sens où il y a des
choses aussi qui s'inscrivent en dehors du projet de loi 69 et qui sont
d'importance pour les Premières Nations, tout comme pour notre gouvernement, et
je pense, par exemple, à la création d'une table politique sur l'énergie avec
les Premières Nations et Innus. Ça, c'est une démarche que l'on a déployée ces
derniers mois et qui fait en sorte qu'on a des rencontres régulières avec les
chefs, les représentants des Premières Nations et Innus. Donc, il y a aussi ces
éléments-là. Je relatais, tout à l'heure, le développement qu'il y a eu au sein
d'Hydro-Québec.
Donc, c'est pour vous
dire, M. le Président, qu'il y a plusieurs dimensions au développement de nos
relations et de nos partenariats. Et puis je ne vais pas nommer la liste de
tout ce que fait Hydro-Québec, par ailleurs, en lien avec les Premières Nations
en termes de développement énergétique. Il y a carrément un changement
d'approche qui a été déployé et reconnu
aussi, parce que je l'entends quand je rencontre des chefs des Premières
Nations, je l'entends souvent, qu'il
y a une appréciation de l'approche qu'a maintenant Hydro-Québec pour le
déploiement de... des différents projets, et on va continuer dans cette
veine-là.
Donc, ils sont au coeur du
projet de loi. Ils sont également en lien avec différentes dimensions, comme la
table politique énergie. Une première rencontre a eu lieu en juin dernier. Il y
en a eu d'autres depuis, des rencontres. Et
voilà, donc, on fait en sorte d'avancer sur plusieurs fronts, c'est important.
Et puis la feuille de route que constituera le PGIRE, eh bien, ça, ça va être
notre guide pour les 25 prochaines années et les suivantes, probablement.
Donc, ils sont intégrés dans cette structure.
Le
Président (M. Montigny) : Merci beaucoup, Mme la ministre. Par souci
d'alternance, je voudrais juste voir...
M. Paradis : Non, non, je
voudrais poursuivre l'échange avec la ministre. Merci.
Le
Président (M. Montigny) :
Je vous laisse aller. Je vous dis juste que, par souci d'alternance, j'ai des
collègues qui sont insistants pour prendre la parole.
M. Paradis : Je les vois, je
les vois bien, M. le Président, et je les comprends d'être impatients de
participer à ce... cet instructif dialogue
avec la ministre, mais je pense qu'il y a une limite, là, à faire des
communications puis à dire des choses qui ne sont pas reflétées dans le projet
de loi. Je viens d'entendre la ministre dire : Les Premières Nations sont
au coeur du projet de loi, et là je lui demande de me donner des exemples, mais
ça va être difficile, parce que, je vais le
dire pour les gens qui nous écoutent, là, on l'a faite, la recherche. Avec
l'amendement qu'elle propose, là, il va y enfin avoir une mention. Mais,
pour le reste, sauf un article très technique plus loin dans le projet de loi,
on ne fait pas référence aux Premières Nations, on ne parle pas des communautés
autochtones.
Alors, si le projet de loi est silencieux à ce
sujet-là, quel est le véritable engagement du gouvernement de la CAQ à ce que
ce qu'on fait aujourd'hui, que nos travaux, que cette réforme du secteur de
l'énergie constitue un pas en avant, exprimé concrètement dans le projet de
loi, pour la réconciliation avec les peuples autochtones du Québec s'il n'y a rien, s'il n'y a pas de mention? Moi,
on me parle du PGIRE, soit. C'est bien, dire : Ah! ils vont être dans le
plan. Le plan, c'est une mise en
oeuvre gouvernementale de principes, mais, dans le projet de loi, actuellement,
il n'y a rien. Est-ce qu'il y a
quelque chose qu'on n'a pas vu? Est-ce qu'il y a quelque chose quelque part qui
parle des Premières Nations, des Inuits, des peuples autochtones?
Le Président (M. Montigny) :
Merci, M. le député. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, merci, M.
le Président. Donc, bien, le PGIRE, comme je disais, c'est la feuille de route, c'est ce qui va nous guider dans le développement
des ressources énergétiques au Québec, et on s'assure d'avoir une
reconnaissance, une attention qui soit portée aux Premières Nations, et ça,
c'est important parce que ça va être ce qui va structurer la suite. Et
c'est donc essentiel que les Premières Nations soient consultées dans le
processus, et on veut le faire en amont, le
plus en amont possible. On a d'ailleurs commencé à le faire de cette
manière-là, puisqu'ils ont été consultés déjà depuis plusieurs mois.
Et par
ailleurs une autre manière que l'on a de reconnaître, en fait, l'importance
qu'ont les Premières Nations, c'est que je dois vous dire qu'on voit
d'un oeil favorable lorsque des projets de développement énergétique sont
associés notamment à des Premières Nations. On voit ça de plus en plus
fréquemment, et c'est une bonne chose, ça contribue en plus à l'acceptabilité
sociale des développements de projets énergétiques. Et je pense, par exemple,
au projet de l'Alliance de l'énergie de l'Est, qui inclut des représentants des
Premières Nations. Je pense aux dernières ententes
que le gouvernement, avec Hydro-Québec, a annoncées, notamment au Saguenay—Lac-Saint-Jean, par exemple, qui incluent également une... un partenariat avec
des Premières Nations.
Donc, sur le terrain, dans le concret, on est
présents. Dans le cadre de la structure qu'on est en train de mettre en place
pour la gouvernance responsable des ressources énergétiques, ils y sont. Ça,
c'est les éléments clés qui vont définir de quelle manière on va façonner le
développement énergétique au Québec pour les prochaines décennies. Et en plus
il y a cette table politique énergie, cette table politique énergie que...
auquel... à laquelle j'ai fait référence. Bref, on est actifs sur plusieurs fronts,
et ça, c'est sans compter tout ce que fait mon collègue aux Relations avec les Premières Nations et Inuit. Donc, voilà, on est
actifs sur plusieurs fronts parce que le projet de loi n° 69 offre une
opportunité, mais il y a d'autres éléments qui, également, en offrent.
Merci.
M. Paradis : Je vais essayer de
reformuler, de formuler une nouvelle fois. Quelle est la distinction entre
l'exercice législatif que l'on fait et le pouvoir exécutif, c'est-à-dire quand
le gouvernement met en oeuvre? Parce que je
vois que, depuis deux semaines déjà, la ministre réfère constamment au
PGIRE : Ah! ça, ça va être dans le PGIRE, ça, c'est dans le PGIRE, ça, c'est dans le PGIRE,
c'est dans... Ça, c'est un plan gouvernemental. Un plan gouvernemental, c'est l'Exécutif, c'est le gouvernement qui en est
responsable et qui a une certaine discrétion pour faire ou ne pas faire
certaines choses. Ce qu'on veut, c'est que, dans la loi, il y ait des
indications de ce que le... la ministre, de ce que le gouvernement est obligé de
faire ou pas.
S'il
n'y a pas de mention dans la loi à l'effet que les Premières Nations et les
Inuits sont au coeur véritablement du processus, voici ce qui pourrait
arriver : un gouvernement... je ne le souhaite pas, ce n'est pas... je ne
veux pas prédire ça, mais un gouvernement pourrait très bien décider de
constituer un PGIRE qui, avec l'amendement, là, que la ministre
propose... on a consulté, on les a écoutés, mais on ne tient pas du tout compte
des intérêts des Premières Nations, qu'on
décide qu'on développe telle source d'énergie dans telle partie du territoire,
qu'on construit des barrages, qu'on fait fi de cette obligation de
s'inscrire dans la réconciliation avec les Premières Nations. Disons qu'un
gouvernement fait ça
dans le PGIRE, parce que la ministre dit : Tout est dans le PGIRE, mais,
si le gouvernement va là, qu'est-ce qui va l'empêcher? Sur quoi les
Premières Nations et tous les Québécois et les Québécoises qui ont à coeur ce
processus de réconciliation... sur quoi ils vont pouvoir se raccrocher s'il n'y
a rien dans le projet de loi qui oblige à faire ça, qui oblige à tenir compte
des intérêts... par exemple, ici, dans l'amendement qui est proposé, des
intérêts et du rôle des Premières Nations dans la gouvernance du secteur
énergétique? Qu'est-ce qui l'empêche? Rien. C'est pour ça qu'il nous faut des indications dans le projet de loi...
et que la ministre ne pourra pas répondre pendant toute l'étude de ce projet
de loi : Ah! bien, ça va dépendre dans
le PGIRE... ça va dépendre du PGIRE. Ce n'est pas un sac fourre-tout, là, le
PGIRE, c'est un plan gouvernemental. Moi, je parle de la loi.
Est-ce
que la ministre est prête, oui ou non, à mettre ses culottes et à faire ce
qu'Hydro-Québec est en train de faire? Parce qu'Hydro-Québec, elle a un plan
très clair dans son plan à l'horizon 2035, où le processus de réconciliation
et de collaboration avec les peuples
autochtones se retrouve très clairement mentionné. Hydro-Québec le fait. Est-ce
que le gouvernement du Québec est prêt à le faire, oui ou non?
• (12 h 10) •
Le Président
(M. Montigny) : Très bien. M. le député, est-ce que vous demandez
la parole?
M. Tremblay :
Oui, rapidement. En tout respect...
Le Président
(M. Montigny) : M. le député de Dubuc.
M. Tremblay : Oui. En tout respect de
mon collègue, ma collègue ministre, soit dit en passant, a de très beaux
pantalons. Je nous demande...
Le Président
(M. Montigny) : Merci. Merci, M. le député.
M. Tremblay :
Merci.
Le Président (M. Montigny) :
Merci. Mme la ministre, je vous laisse la parole.
Une voix :
...
Le Président
(M. Montigny) : Ah!
Mme Fréchette : Alors, M. le Président,
je voudrais préciser à tous que je suis en robe aujourd'hui. Donc, si certains
d'entre vous ont vu des pantalons, je vous recommande l'optométriste.
Le Président
(M. Montigny) : ...je vous laisse la parole pour votre
intervention.
Mme Fréchette :
C'était mon intervention.
Le Président (M. Montigny) : Ah!
parfait. Merci. Alors, je sais qu'il y avait plusieurs mains levées, notamment
de la partie gouvernementale. Il vous restera du temps, M. le député de
Jean-Talon, mais... Ah!
Mme Fréchette :
C'était une blague. Je voulais vous jouer un tour, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Il
n'y a aucun problème. Je vous laisse la parole à ce moment-là, Mme la ministre.
Mme Fréchette :
Alors, je voudrais revenir sur le fait que le député de Jean-Talon a
indiqué qu'à aucun autre endroit il n'y avait
mention des Premières Nations dans le projet de loi. Bon. Alors, je voulais
simplement souligner qu'il y a un
endroit où... On est dans le côté opérationnel des choses, mais, bon, ça fait
partie aussi du projet de loi, ce côté opérationnel. Alors, si je vous
amène à l'article 116, il est indiqué notamment que la société... On
parle, ici, d'Hydro-Québec?
Une voix :
Oui.
Mme Fréchette :
Oui? Donc, en référence avec Hydro-Québec : «...la Société peut, avec
l'autorisation du gouvernement et aux conditions qu'il détermine, aliéner :
«[...]2° tout autre
immeuble lorsque l'aliénation est en faveur d'une personne morale ou d'une
société de personnes visée à
l'article 39 dans la mesure où cette personne ou société est constituée en
partenariat avec une communauté
autochtone ou une municipalité...» Et j'aimerais inviter le... Me Marois à nous
expliquer, en fait, la portée de cet article-là. Merci.
Le Président
(M. Montigny) : Merci, Mme la ministre. Nous avons donc besoin du
consentement de la commission. Est-ce qu'il y a consentement pour donner la
parole à Me Marois?
Des voix : Consentement.
Le Président
(M. Montigny) : Il y a consentement. Me Marois, je vous accorde
le droit de parole.
M. Marois (Samuel) : Bonjour.
On... La ministre fait référence à des modifications à l'article 29 de la
Loi sur Hydro-Québec, qui, actuellement, prévoit des limitations qui empêchent
Hydro-Québec d'aliéner des immeubles. On...
Les modifications qu'on fait ici permettent en quelque sorte de pérenniser le
modèle Hertel-New York, la ligne de transport d'électricité avec... qui
a été constituée... qui a été construite par Hydro-Québec mais qui a été cédée
à une société constituée en partenariat avec
Hydro-Québec. Donc, c'est une disposition qui permet de faciliter les
partenariats avec les communautés autochtones.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Me Marois. Aviez-vous terminé votre intervention, Mme la ministre?
Mme Fréchette : Oui.
Le Président (M. Montigny) : C'est
bon. Bon, on va revenir dans l'échange qu'on avait avec le député de
Jean-Talon.
M. Paradis : J'ai
bien mentionné, tout à l'heure, que, oui, il y avait un article assez technique
qui mentionnait les communautés
autochtones. Je trouve ça triste que le gouvernement doive se replier sur cet
article-là pour dire : Oui, on parle des peuples autochtones dans
notre projet de loi. C'est... Cette réponse, en soi, est une illustration de ce
que je suis en train de dire : les
Premières Nations et les Inuits ont été invisibilisés dans ce projet de loi. Et
ce qu'on propose, c'est de corriger cette erreur dans le projet de loi,
que c'est maintenant qu'il faut le faire. On ne peut pas remettre ça à plus tard, on est en train de parler d'une
réforme majeure de la gouvernance du secteur de l'énergie. Plaçons la relation
de nation à nation au coeur de cette réforme-là et indiquons clairement, dès le
début du projet de loi, lorsqu'on parle soit de la mission, soit des
responsabilités de la ministre, cette responsabilité, qui est la sienne
maintenant, à moins qu'elle nous dise qu'elle ne... qu'elle sent qu'elle ne
porte pas cette responsabilité-là, de contribuer à ce processus de réconciliation et de collaboration avec les
peuples autochtones. Est-ce qu'elle est d'accord que c'est la bonne chose à
faire aujourd'hui?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui.
Alors, j'indiquais, en fait, que la... notre relation avec les Premières
Nations, et le resserrement, et la
réconciliation qui a cours se déroulent dans plusieurs dimensions de notre
action gouvernementale, et j'en ai fait état dans mes interventions
antérieures.
Donc, dans le
projet de loi, il y a le coeur du projet de loi, qui est le PGIRE, dans lequel
les Premières Nations ont un rôle particulier, seront appelées, consultées
distinctement pour nous assurer de la prise en considération de leurs souhaits, et puis ça, ça va résulter en une
feuille de route qui va inclure leurs préoccupations et qui va découler, en
fait, de la... des différents échanges que l'on aura avec eux et qu'on a
déjà entamés depuis plusieurs mois. Donc, je rappelle qu'en juin, par exemple, il y a eu des rencontres, également en... cet
automne, l'automne dernier. Depuis que je suis arrivée en poste, on a eu
plusieurs rencontres avec les Premières Nations, on s'assure d'être actifs sur
plusieurs fronts. Et j'invite le député, en fait, à reconnaître qu'il y a cet
engagement multidimensionnel par différents acteurs, par nous, par Hydro-Québec, par mon collègue, par le premier
ministre qui prennent place et qui fait en sorte que... de contribuer,
donc, à ce processus de réconciliation. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien, très bien. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Je
vais laisser mes collègues intervenir. Je les sens fringants, là, à l'autre
bout de la table, alors...
Le Président (M. Montigny) : Oui,
oui, tout à fait. Est-ce que c'est le député de Jacques-Cartier? Député de
Jacques-Cartier, je vous laisse la parole.
M. Kelley : Oui,
M. le Président. Un projet de loi, c'est un peu comme un livre, un roman, on
décrit une histoire. Si, M. le
Président, j'écris un roman puis je dis : Ah! M. le Président... prendre
une copie, vous êtes un caractère principal dans l'histoire, dans le
livre, elle disait : Moi, M. le député de Jacques-Cartier, c'est bien
gentil, c'est bien fin, puis tu prends le
livre, tu lis ça attentivement, puis tu es nommé seulement deux fois dans le
livre, puis tu dis : Bien, M. le député de Jacques-Cartier, je suis
seulement deux fois dans le livre, toute l'histoire est autour de moi, c'est
des places dans mon comté qui sont
intéressantes, Tadoussac, des autres places comme ça, mais moi, je ne suis pas
dans le livre, comment je peux être au coeur de l'histoire si je ne suis
pas nommé dans l'histoire?
J'essaie de donner un exemple. On ne peut pas
dire que les Premières Nations et les Inuits sont au coeur de ce projet de loi
s'ils ne sont pas nommés partout, c'est impossible.
Mme la ministre, notre amendement, est-ce que
c'est quelque chose qui est contraignant pour vous? Est-ce qu'il y a quelque
chose qui est écrit dans cet amendement que vous dites : Bien, ça va ne...
ça va m'empêcher de faire ma mission à la quotidienne? Parce que, je pense,
c'est important de rappeler, M. le Président, que, dans nos discussions qu'on a eues avec la sobriété
énergétique, l'efficacité énergétique, on a parlé que, dans l'article 4,
on a 14.1, 14.2, 14.3, ce n'est pas
un article au complet qu'on parle de tous ces éléments, juste dans un grand
paragraphe, c'est divisé. Et la ministre a dit,
sur plusieurs reprises, que le 14.1, c'est sa mission, sa quotidienne. Et
est-ce qu'on veut que des Premières Nations, les Inuits sont pris en
considération au quotidien au sein de le ministère de l'Énergie? La réponse,
c'est oui.
Et je sais que les
fonctionnaires, de l'autre côté, le banc, et, quand même, la ministre... mais
c'est sûr qu'on parle de ça chaque jour.
Mais, si ça, c'est le cas, nommez-les... mettre ça clairement dans le projet de
loi, dans la section 14.1, où
c'est la responsabilité de la ministre, chaque jour, de s'assurer qu'on...
soutenir, stimuler la production de l'énergie, puis on peut faire la
liste.
Alors,
je reviens encore à la question, Mme la ministre : Est-ce qu'il y a
quelque chose qui est contraignant avec notre amendement?
• (12 h 20) •
Le Président
(M. Montigny) : Merci. Très bien, M. le député. Mme la ministre.
Mme Fréchette :
Oui, merci, M. le Président. Bien, j'aimerais rappeler que la Loi
constitutionnelle de 1982, c'est un texte supralégislatif auquel sont
subordonnées les autres lois, et il n'est donc pas nécessaire de reporter les
éléments de ce texte supralégislatif dans chacune des lois et des projets de
loi que l'on met de l'avant, parce qu'il y a une reconnaissance, de ce fait, de
cette loi supranationale, des droits autochtones à l'article 35. Donc, le
principe fondamental, il est là, et par conséquent on reconnaît les communautés
autochtones, les Premières Nations comme des
partenaires privilégiés dans le développement énergétique du Québec. Ça fait en
sorte qu'on n'a pas non plus à répliquer ce principe à chacun des projets de loi qui concernent les Premières
Nations. Et, peut-être, Me Marois pourrait compléter ma réponse
succincte.
Le Président
(M. Montigny) : Merci, Mme la ministre. Me Marois, nous
avons déjà eu consentement, alors je vous laisse la parole.
M. Marois
(Samuel) : Oui. J'ai peu à ajouter à la réponse de la ministre, qui
est, en soi, très complète, sur la question de l'article 35 de la Loi
constitutionnelle. Ce que je peux dire aussi, c'est que la jurisprudence
canadienne a développé une obligation constitutionnelle de consulter, puis je
vous citerais peut-être une décision de la Cour suprême que je trouve très parlante, qui dit que «la consultation qui
exclurait dès le départ toute forme d'accommodement serait vide de
sens».
Donc, effectivement,
on peut consulter pour toutes sortes de raisons, notamment pour satisfaire à
l'obligation constitutionnelle de consulter,
et puis ça peut venir avec des obligations d'accommodement. Puis c'est à ça que
ça sert, la consultation, puis c'est le... c'est, finalement, l'amendement
que propose la ministre à l'article 14.3, qui reprend essentiellement ce
qui est écrit ici.
M. Kelley :
Mais, Me Marois, si c'est... OK, ce n'est pas nécessaire, alors. Ça dit
qu'on ajoute. Il n'y a rien de grave
d'ajouter ça, on juste répète un concept qui est dans la jurisprudence, on
reconfirme un principe qui est hyper important dans notre Constitution
et dans la jurisprudence, qui est établi par la Cour suprême. Alors, est-ce que
ça ne donne pas encore des arguments à notre amendement que pourquoi ne pas
l'ajouter? Pas nécessaire, mais on peut, puis
ça, c'est déjà un petit peu la règle... Alors, si ça, c'est le cas, bien, on
revient à une question qui est plus symbolique. Pourquoi ne pas ajouter
eux autres clairement dans la mission de la ministre, que c'est nécessaire de
prendre en considération leurs intérêts?
M. Marois
(Samuel) : Bien, vous avez raison, effectivement, que, quand la... les
principes constitutionnels s'appliquent d'emblée, on n'a pas besoin de l'écrire
dans la loi, mais, si on... Ici, ce qui est proposé à l'article 14.3, c'est d'ajouter une référence à la consultation,
qui n'est pas nécessaire, mais on vient le prévoir précisément dans la loi. Donc,
c'est ce que j'ai à dire sur le sujet.
Le Président
(M. Montigny) : ...vous avez demandé la parole?
Mme Cadet :
Oui.
Le Président
(M. Montigny) : Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé je vous
laisse la parole.
Mme Cadet : Merci, M. le Président,
merci. Je suis un peu stupéfaite de tout ce que j'entends depuis tantôt. Donc,
on va y aller, on va reprendre le tout par les derniers points.
D'abord, bien, un peu
comme mon collègue, donc, vient de le souligner, Me Marois, là, vous l'avez
mentionné, là, donc, à l'article 14.3, vous ajoutez un amendement qui
reprend le principe de consultation, donc, dont les interprétations de la Loi constitutionnelle de 1982 viennent
dire : Bien, finalement, c'est ça, c'est un principe qui est reconnu dans
la jurisprudence, donc il faut consulter les peuples autochtones et vous le
reprenez. C'est ce que vous avez dit
tantôt. Mme la ministre, elle a lu l'amendement. C'est bien ça, Me Marois,
vous le reprenez, ce principe-là, à 14.3?
Le Président
(M. Montigny) : Merci. Me Marois, vous avez la parole.
M. Marois (Samuel) : En fait,
on peut consulter pour toutes sortes de raisons, puis c'est... ce n'est pas nécessairement pour satisfaire à l'obligation
constitutionnelle de consulter. Ça peut l'être quand l'obligation s'applique.
Ici, on ajoute une
obligation spécifique de consulter les communautés autochtones de manière
distincte, qui peut ou non être faite pour satisfaire à l'obligation
constitutionnelle de consulter, mais pas nécessairement d'emblée.
Mme Cadet :
Bien, tout à fait. Puis je m'attendais à ce que ce soit votre réponse ici,
Me Marois, parce que bien évidemment que
l'objectif, ici, de 14.3... Puis manifestement, là, vous voyez, nous, on ne
conteste pas le fait que cet amendement-là se retrouve. Il s'agissait
d'une des demandes de l'APNQL, donc, dans son mémoire, nous dire : Bien,
nous, on veut être consultés distinctement, s'il le faut. Et donc c'est certain
que cet amendement-là, il est bien accueilli de la part du Parti libéral du
Québec.
Ceci
dit, c'est complètement insuffisant. Ici, on parle, donc, d'un processus, d'un
processus important, certes, mais c'est le strict minimum. Et,
d'ailleurs, j'ai entendu au passage Mme la ministre nous dire que ce ne sera
pas possible d'avoir... de nommer, donc,
d'emblée... d'avoir un siège réservé pour une personne issue, donc, des
Premières Nations au conseil d'administration d'Hydro-Québec.
Certainement que nous y reviendrons, M. le Président, parce que je suis aussi
tombée en bas de ma chaise, parce que je sais que, dans le verbatim, là... moi,
je n'étais pas là, mais la ministre, elle
était là, donc elle a entendu les représentants de l'Assemblée des Premières
Nations nous dire que ça, cet élément-là en matière de gouvernance, d'être sur
le CA d'Hydro-Québec, bien, ça, c'était le minimum des minimums, là. Donc, c'est
sûr que, ça, on va y revenir.
Je reviens à
l'article 35, parce que, là, on est allés dépoussiérer la Loi
constitutionnelle, et évidemment, donc, c'est...
j'apprécie le fait qu'on arrive avec des outils supralégislatifs pour nous
dire : Bien, voilà qu'est-ce qui existe et ce qui devrait
s'appliquer d'emblée, mais je pense qu'on est tous conscients que, depuis 1982,
dans notre relation de nation à nation, là, ce n'est pas comme si notre
interprétation ou le... ou la façon dont le... la reconnaissance de ces
droits-là s'est faite au jour le jour dans nos différents outils législatifs et
dans l'appareil gouvernemental de façon générale que nous sommes toujours
référés à ces principes-là, là. Je pense qu'il y a... les Québécois, et les
ministres au premier chef, donc, ne se
lèvent pas, donc, chaque matin, en lisant, donc, leurs documents
constitutionnels, en se disant : Ah! voilà les obligations
auxquelles nous sommes assujettis.
Ceci dit, j'irais
même plus loin, parce que, quand je lis l'article 35, on nous parle de la
confirmation des droits existants des peuples autochtones. Ici, M. le
Président, nous, ce qu'on amène comme amendement, on dit : Bien, bien sûr, bien sûr que les droits existants,
ancestraux ou issus de traités, des peuples autochtones du Canada, donc,
sont reconnus et confirmés et que, bien évidemment, donc, ces droits-là, donc,
devraient, donc, de façon inhérente, donc...
En fait, ce que ça vient dire, là, c'est qu'il n'y a aucune loi votée par un
Parlement ou par l'Assemblée nationale du Québec qui pourrait outrepasser ce
qui est défini à l'article 35, là. C'est ce à quoi ça nous enjoint, là,
cet article-là.
Ici, nous, ce qu'on
vient dire... on ne dit pas : Bien, confirmons les droits, ancestraux ou
issus de traités, des peuples autochtones du Canada. Nous, ce qu'on vient dire,
c'est que, pour appliquer... aux fins de l'application du présent article,
donc, pour accomplir sa mission de soutenir, de stimuler, de promouvoir la
production énergétique, de favoriser le
développement des activités d'Hydro-Québec, bien, la ministre doit considérer
non pas les droits, c'est acquis, mais les intérêts et le rôle des
Premières Nations et Inuits dans la gouvernance du secteur énergétique. Donc,
les droits... Donc, on n'est pas dans un article de répétition, là, on n'est
pas en train de dire : Bien, voilà, donc, on prend un copier-coller de ce
qui se retrouve dans un outil supralégislatif puis on le remet dans une loi
votée par le Parlement, donc, pour laquelle, donc, nous opérons cette étude
détaillée, on est vraiment en train de préciser, pas juste pour répondre à nos obligations constitutionnelles, comme vous le
faites à l'article 14.3, sur le plan des consultations, parce que
c'est ce que vous nous avez dit, Me Marois. Sur le plan des consultations, on
ne fait pas juste... évidemment, on a des obligations constitutionnelles, on le
reprend, mais ce n'est pas juste pour ça, là. Évidemment, donc, ça vient jouer
un autre rôle stratégique que nous souhaitons reprendre dans le cadre de... du
développement de l'article 14.3.
Bien, c'est exactement
ce que notre proposition fait. On n'est pas là pour tout simplement réitérer
une obligation constitutionnelle à laquelle nous sommes assujettis, on n'est
pas là pour venir dire : Bien, regardez, donc, nous, on veut s'assurer, là, que le projet de loi n° 69,
une fois adopté, donc... qu'il ne contrevienne pas aux obligations
constitutionnelles auxquelles nous sommes assujettis parce qu'on a une loi
supranationale qui prévoit que les droits, ancestraux ou issus de traités, des
peuples autochtones du Canada doivent être reconnus et confirmés. Ce qu'on
vient préciser, c'est que, dans
l'application des rôles et responsabilités de la ministre, dans le... aux fins
de l'accomplissement de sa mission, il faut absolument qu'elle
considère, donc qu'elle doive... donc, la ministre doit considérer les intérêts
et le rôle. Et ces éléments-là, si je fais,
donc, une interprétation de l'article 35... je regarde la députée de Robert-Baldwin, qui a plus d'expérience que moi comme juriste, et je pense
qu'elle est d'accord avec moi sur l'interprétation que j'en fais ici, qu'on
n'est pas du tout, donc, dans la... dans le même... Évidemment, donc, le
principe, là, qui est évoqué ici, donc, qui
est en continuité... donc, ce qu'on présente est en continuité avec le principe
constitutionnel, c'est certain, mais ce n'est pas répétitif.
J'aimerais vous
entendre là-dessus. Excusez-moi, mon laïus était trop long. J'espère que je
n'ai pas écoulé mon temps, M. le Président.
• (12 h 30) •
Le Président
(M. Montigny) : Non, vous aviez quand même plusieurs minutes, là.
Mme Cadet :
Merci.
Le Président
(M. Montigny) : Sur un amendement, vous pouvez aller jusqu'à 20
minutes.
Mme Cadet : Parce que je n'ai
pas fini.
Le Président
(M. Montigny) : Il n'y a pas de problème. Il vous restera encore
du temps, sans problème. Mme la ministre, je vous laisse la parole, à ce
stade-ci.
Mme Fréchette : Oui, merci.
Mme Cadet : Mais,
j'avoue, je n'ai pas posé de question. Donc, la question, donc : Il est
où, l'aspect contraignant, ici?
Mme Fréchette : En fait...
Bien, j'aimerais mentionner que le projet de loi n° 69 offre une façon de
prendre en considération les intérêts, les préoccupations des Premières
Nations, et cette mécanique-là, elle est incarnée par le plan de gestion des ressources énergétiques. C'est
le mécanisme par lequel peut s'opérer et se déployer la consultation à
l'intérieur du projet de loi. Et, comme j'expliquais tout à l'heure, on a prévu
d'autres mécaniques en dehors du projet de loi,
et c'est pour ça qu'on a créé la table énergie et Premières Nations et qui a
commencé déjà ses rencontres. Mais, à l'intérieur même du projet de loi n° 69, la mécanique qui nous permet de prendre en
considération les préoccupations des Premières Nations, ça s'appelle le PGIRE,
et c'est à l'intérieur de ce... cette mécanique-là, ce processus-là qu'est
accordée l'attention particulière aux Premières Nations, et on va s'assurer de
le faire... on s'est assurés de le faire dès en amont, avant même de mettre en
place la mécanique, et puis ce sera fait également une fois que la mécanique
sera opérante. Et, dans ses suites également, dans ses conclusions, il y aura
assurément des références à ce qui se sera discuté et dit dans le cadre des
échanges avec les Premières Nations. Donc, voilà, ça reflète, en fait, la mécanique qu'il est possible pour nous d'utiliser
en lien avec les Premières Nations, et c'est ce qu'on prévoit avec
l'amendement. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Mme Cadet : Je
m'excuse, Mme la ministre, mais vous n'avez pas répondu à ma question, parce
que, moi, ce que je vous demandais, c'est la question que vous a posée le
député de Jacques-Cartier : Il est où, l'aspect contraignant, là?
Qu'est-ce qui nous empêche, là, aujourd'hui, d'adopter l'amendement que nous
vous présentons? On peut revoir le libellé. Nous avons dit... nous vous avons
dit, lorsque nous l'avons déposé, que nous vous tendons une perche. Vous avez,
donc, accès, donc, à des ressources, que ce soit, donc, Me Marois, Mme la
sous-ministre ou autre, donc, qui sont en mesure, donc, de vous outiller pour
le libellé. On peut s'entendre sur un libellé, mais on vous tend une perche, ici, sur le principe. Donc, j'ai eu... je
n'ai obtenu aucune réponse à ma question sur ce qui nous empêche d'adopter
cet article-là, cet amendement-là.
Mais aussi, Mme la ministre, vous nous... vous
continuez, là, de nous présenter le PGIRE comme la solution miracle, là :
Mais non, inquiétez-vous pas, tout est dans le PGIRE, tout est dans le PGIRE.
Mais, moi, quand je lis... puis on n'est pas encore rendus, mais, quand on se
rend à 14.2, on nous dit : Bien, la ministre, elle établit aux six ans un
plan de gestion intégrée des ressources énergétiques sur une période de 25 ans.
Donc, chaque six ans, donc, on se revoit, on se serre la main, on établit notre
plan puis, après ça, merci, bonsoir, on rentre à la maison. Ensuite, on
l'opérationnalise, là, je le comprends bien, mais les éléments, là, ici, de
planification, de conceptualisation de la manière dont le PGIRE va
s'opérationnaliser pendant ces six années-là, bien, il se fait... il ne se fait
pas de façon continue, il se fait de façon ponctuelle, à des moments définis.
Et là on n'est pas en train de revoir, à ce stade-ci, l'échéance de six ans, mais le principe que je veux énoncer ici, c'est
que, quand on dit qu'il faut que, dès le départ, là, en 2025, dans une
relation de nation à nation, ce qui est évoqué par le collègue... par les
collègues de la ministre de façon soutenue,
bien, que ces principes-là ne peuvent pas tout simplement s'opérationnaliser
une fois aux six ans quand on parle... quand on est en train, donc, de
développer notre PGIRE, puis qu'après ça on se serre la main, puis qu'on rentre
chez nous. C'est absolument important que, dès le départ et au-delà du PGIRE...
parce qu'on vient dire... Si on est en train
de rouvrir la loi, là, puis qu'on dit, bien, en matière d'énergie, le...
comment nous conceptualisons, comment nous... quelles sont les
orientations que nous développons les prochaines 25 années, on ne peut pas
se dire : Bien, ça, on va le voir dans
un plan qu'on va revoir une fois aux six ans, puis après ça, bien, peut-être
qu'une fois... bien, peut-être que, là, ce sera là, bien là, on va
consulter, c'est bien, mais peut-être qu'après ça, ce ne le sera plus. Ça ne
peut pas juste être un élément ponctuel à
l'intérieur, donc, de cette planification stratégique là, il faut que ce soit,
dès le départ, dans la façon d'appliquer les responsabilités de la
ministre, oui, d'abord dans le cadre du PGIRE, ça, on en convient puis on est
d'accord. Bien là, je ne veux pas m'avancer dès le départ, on va garder un
élément de suspense, là, mais vous comprenez
que, sur le principe, au-delà du libellé, on comprend bien l'aspect de
consultation. Dans le mémoire de l'APNQL, c'était là.
Donc, la
ministre, elle prend exactement, donc, l'une des très nombreuses demandes, en
passant, de l'APNQL, elle en prend une puis elle nous dit : Regardez, on y
a répondu. Non, nous, ce qu'on vient dire, c'est que, dès le départ,
dans l'article 14.1, alors qu'on est en train d'évaluer ce que la ministre
doit faire pour l'accomplissement de sa mission, qu'au-delà du PGIRE, que,
justement, donc, quand elle soutient, stimule et promeut la production
d'énergie, quand elle contribue à la... au développement et à l'accroissement
de la fiabilité et de la résilience des infrastructures énergétiques, quand
elle assure le maintien des approvisionnements en énergie et la sécurité
énergétique du Québec, quand elle assure le contrôle de l'exploitation de toute
force hydraulique sous son autorité, quand elle favorise le développement des activités d'Hydro-Québec au premier chef, bien, que, dans le... qu'au niveau, donc, de ses
responsabilités... Puis on n'a pas mis une septième responsabilité, là. Chaque
fois qu'on a soumis des amendements en ce
sens, sur le plan légistique, on nous a expliqué... la ministre, donc, nous a
présenté un argumentaire en nous disant : Bien, je n'ai pas les
leviers, ça, ce n'est pas moi qui fais ça, donc ça, je ne suis pas la ministre
de ça. En fait, je vais être MEIEE, donc là, on va être
MEI et Relations avec les Premières Nations. On dit : Non, non, ce n'est
pas ça. On comprend que les experts et les
spécialistes ne sont pas à l'intérieur de votre ministère, on ne vous met pas
une septième responsabilité, mais ce qu'on fait, c'est on vient vous
dire : Bien, lorsque vous appliquez ces responsabilités-là qui sont les
vôtres, que c'est absolument important de considérer, de considérer. Ici, on
n'est pas en train de... À notre sens, là,
c'est vraiment un article, là... un amendement, une proposition de libellé qui
vous tend la main, Mme la ministre, il dit : Bien, voilà, donc,
comment, donc, dès le début du projet de loi, dès le... la façon dont nous
conceptualisons le rôle de la ministre de l'Énergie en 2025, que, si on est
sérieux dans le processus de réconciliation, si on est sérieux, si le
gouvernement de la CAQ est sérieux quand il nous dit que, oui, nous sommes
prêts à opérer de nation à nation, bien, il faut qu'on puisse le voir dans le
projet de loi, et c'est d'autant plus crucial en matière énergétique.
Tantôt, pour répondre, donc, à une des
questions, la ministre nous disait : Ah, bien oui, à l'article 116, à
l'article 116, on parle de... on a les mots «communauté autochtone». La
ministre est obligée d'aller dépoussiérer un article du projet de loi pour nous
dire : Bien, regardez, on en parle ici. Mais ici ils sont en obiter. Le
collègue de Jacques-Cartier le mentionnait ici, là, si on a tout un livre, tout
un roman, donc, qui... où on nous dit : Bien non, oui, vous êtes au coeur,
donc, de ce roman-là, bien, ça ne peut pas être juste dans les remerciements,
donc, à la fin, donc, alors qu'on vous dit : Mais merci pour
l'inspiration, c'est censé, donc, véritablement... on est censés véritablement
retrouver les intérêts et le rôle des Premières Nations et Inuits au premier
plan, à la première page. Ça doit faire partie,
là, de la ratio decidendi, là, du projet de loi, là, qu'on ne soit pas juste,
donc, en note de bas de page : Soit dit en passant, ah, bien oui, à
l'article 116, on fait ça puis après ça on consulte. C'est beaucoup plus
que ça, la relation de nation à nation,
c'est beaucoup plus que ça que de reconnaître le rôle prépondérant que les Premières Nations et les Inuits jouent en matière de gouvernance du secteur
énergétique au Québec, Mme la ministre.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président, merci. Donc, comme je disais au départ, dans mes premières
interventions, c'est important, chacun des mots, en fait, qui est utilisé pour
décrire les mécanismes que l'on déploie en lien avec les Premières Nations, les
communautés autochtones. Alors, l'amendement que l'on a mis de l'avant, il
respecte, en fait, la façon qu'on a eue, qu'on a adoptée dans plusieurs autres
projets de loi, de développer une mesure concernant les Premières Nations.
C'est en parfaite cohérence avec notre obligation constitutionnelle. La
démarche que l'on s'apprête à entamer
également ne remplace pas notre obligation constitutionnelle. Elle s'ajoute à
cette obligation et elle va faire en sorte de tenir en considération les
préoccupations des Premières Nations, préoccupations qui ont déjà été exprimées
en amont, puisqu'on a développé ces différents mécanismes auxquels j'ai fait
référence. Et le libellé qui est proposé
dans l'amendement concernant les Premières
Nations est celui que l'on retrouve
dans plusieurs des lois du Québec.
Donc, il y a une volonté aussi de cohérence au niveau du vocabulaire avec
l'amendement qu'on a mis de l'avant. Donc, il y a cette notion-là
également qui est prise en considération par rapport à ce qui est proposé pour
le projet de loi 69.
Le
Président (M. Montigny) : Merci, Mme la ministre. Mme la députée de Bourassa-Sauvé, simplement pour une indication de temps, il vous reste un peu
moins de cinq minutes.
• (12 h 40) •
Mme Cadet : Merci,
M. le Président. Je comprends l'argumentaire de la cohérence
législative, là, ça, c'est absolument important sur le plan des
consultations, Me Marois l'a dit, c'est une obligation constitutionnelle, mais qu'à ce moment-ci, donc, que ça puisse se
retrouver à travers, donc, tout le corpus législatif que développe l'État
québécois, donc, ça, c'est normal que cet élément-là se retrouve un peu
partout.
Nous, ce qu'on veut dire, ce n'est pas de tasser
l'amendement que vous proposez à 14.3 sur les consultations, on l'a dit, on le soutient, cet amendement-là, on
en comprend le principe, mais ce qu'on vient dire, c'est qu'en matière
énergétique, alors que votre rôle, c'est d'assurer, donc, de la... en matière
d'énergie, une gestion responsable et intégrée
des ressources énergétiques du Québec dans une perspective, donc, de transition
énergétique et de développement économique que ce rôle-là demande bien
plus que l'aspect des consultations. Bien sûr que celui-ci, il se retrouve un
peu partout, c'est un... bien, le... Me Marois, donc, l'a dit, donc il s'agit
d'une obligation conditionnelle à laquelle vous êtes assujettis, c'est normal.
Mais vous ne pensez pas, Mme la ministre, qu'en matière... que, lorsqu'on est
en train de revoir l'avenir énergétique du
Québec, parce que c'est ce qu'on est en train de faire en ce moment, on revoit
l'avenir énergétique du Québec pour les 25 prochaines années, vous
ne pensez pas que ça demande plus de votre part comme engagement?
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la députée. Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Oui,
merci, M. le Président. Comme je l'indiquais, en fait, notre gouvernement a
déployé... a mis en place une... a adopté une nouvelle approche, une
nouvelle approche par rapport aux Premières Nations, communautés autochtones,
on veut en faire des partenaires privilégiés, et c'est... ça se traduit déjà
dans plusieurs des projets à nature énergétique que l'on a mis en place au fil
des dernières années, particulièrement au fil des derniers mois, on a eu plusieurs projets qui ont été
développés, planifiés avec les Premières
Nations. Donc, c'est l'ensemble, je
dirais, de l'approche, de la philosophie du
gouvernement qui a été modifiée au cours des dernières années pour faire en sorte
de s'inscrire dans une perspective de réconciliation. Et d'ailleurs le PDG d'Hydro-Québec
a eu des mots reconnaissant cet état de fait il y a quelques jours, alors que
le gouvernement du Québec a refusé d'aller en appel relativement
à une cause qui a été jugée par le tribunal et qui incluait les Premières
Nations. Et cette décision de ne pas aller
en appel, c'est un des reflets de cette nouvelle façon de faire lorsqu'on
travaille avec les Premières Nations, et ça se traduit également dans nos
projets énergétiques.
Et l'attention particulière qu'on veut donner
aux préoccupations des Premières Nations, ça va se traduire dans l'élément clé
de notre projet de loi, le PGIRE, qui va nous permettre de façonner, justement,
les contours du développement énergétique du Québec pour les prochaines années.
Quand on dit qu'on veut s'engager dans la transition énergétique, on veut le
faire en collaboration avec les Premières Nations. Tous devons y contribuer. Et
les préoccupations des Premières Nations vont être d'importance, parce qu'on a
besoin qu'ils soient des partenaires engagés et qui vont bénéficier également
des retombées de ces projets-là. C'est important qu'on puisse avoir cette
dimension-là qui soit présente dans nos projets, et c'est ce pourquoi on en
fait des partenaires et, voilà, qu'on s'assure qu'ils soient à bord avec nous,
au sein des différents projets. Et le PGIRE, bien, va nous donner lieu, en
fait, à une série de projets, parce que c'est ce qui va constituer la feuille
de route pour le déploiement de nos ressources énergétiques et le déploiement,
aussi, des différentes mesures d'efficacité et de sobriété énergétiques. Et je
pense qu'on a à apprendre des Premières Nations en matière d'énergie, en
matière de sobriété, je pense que ça cadre bien avec leur philosophie, leur
approche, et ça va pouvoir être mis à contribution dans le développement de
notre plan et des différentes mesures qu'on devra mettre de l'avant. Merci.
Le Président (M. Montigny) : ...Mme
la ministre. Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Dans leur mémoire,
l'APNQL nous disait : «Il est impératif que le projet de loi reflète la
place inhérente aux Premières Nations dans
la gouvernance de l'énergie au Québec.» Est-ce que vous pensez, Mme la
ministre, et avec ce que vous nous avez déposés, incluant l'amendement que vous
allez présenter à 14.3, que le projet de loi reflète la place inhérente
aux Premières Nations dans la gouvernance de l'énergie au Québec?
Mme Fréchette : Merci... M. le
Président?
Le Président (M. Montigny) : Je
vous laissais aller, Mme la ministre, par habitude. Allez-y, avec plaisir.
Mme Fréchette : OK. Alors,
bien, je répète que, dans le cadre des consultations, en fait, il va être
important de rencontrer les différentes Premières Nations qui sont parties prenantes
du futur énergétique québécois, et c'est ce qu'on va s'obliger à faire, on va
s'investir pour faire en sorte de bien comprendre la réalité des Premières
Nations, les différentes réalités parce qu'il n'y en a pas qu'une seule. Je
pense que, suivant les régions et les nations, ça peut différer en termes de préoccupations, aussi d'importance que ce
projet-là reflète pour eux puis de potentiel aussi que ça peut générer.
Moi, je vois
un immense potentiel dans le développement de projets avec les Premières Nations et je pense que, pour ces Premières Nations, ça va être un levier stratégique, un levier de développement
économique, développement social
d'importance majeure. Ce l'est pour le Québec, ça doit l'être également pour
les Premières Nations. Et c'est en misant sur des partenariats
avec les Premières Nations qu'on va pouvoir déployer ce potentiel-là qui va
générer des retombées à large échelle pour les Premières Nations.
Donc, à partir du moment où ils contribuent à
façonner le plan de gestion des ressources énergétiques, notre feuille de
route, et qu'on va pouvoir la réviser, et qu'on va pouvoir tenir nos
discussions et nos rencontres avec les différentes tables qu'on met sur pied...
Ça aussi, il va y avoir des échanges, bien sûr, avec comment le... avec le
PGIRE, avec la façon que ça a d'être mis en oeuvre, mis en place, les
préoccupations qui vont surgir au fil du temps, tout ça va être pris en considération, parce que l'on a d'autres
mécaniques en dehors du projet de loi 69, des mécaniques de
partenariat, de collaboration, de concertation avec les Premières Nations. Et
ça, c'est sans compter ce que déploie également
Hydro-Québec, ce que déploie mon collègue aux Relations avec
les autochtones, le premier ministre lui-même.
Donc, c'est tout un ensemble de mécaniques, de
mesures qui sont mises en place, et qui commencent déjà à donner des fruits, et
qui, à mon avis, vont donner des résultats majeurs pour le développement et le
déploiement, et la valorisation, et l'avancée des Premières Nations.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Je n'ai pas obtenu
de réponse à ma première question puis je n'ai pas plus obtenu de réponse à la
question que je viens de vous poser.
Les partenariats que vous avez nommés, les
politiques et les façons de faire qui se retrouvent auprès, donc, des autres ministères et organismes du
gouvernement, bien, je pense que... les Premières Nations, étant au
coeur, donc, de ces partenariats-là, je pense qu'ils sont bien au
courant, ils sont bien au fait, là, qu'ils ont lieu. Donc, s'ils s'en
satisfaisaient, on ne nous aurait pas inscrit, dans le mémoire déposé à cette
commission pour l'étude du projet loi 69 sur
l'avenir énergétique du Québec, qu'il est impératif que le projet de loi
reflète la place inhérente aux Premières
Nations dans la gouvernance de l'énergie au Québec.
Mme la ministre, vous avez parlé vous-même, vous
avez utilisé les termes «partenaires privilégiés». Est-ce que vous trouvez que
le projet de loi, tel que rédigé, incluant l'amendement que vous allez
soumettre, incluant l'article 116, font
des Premières Nations et des Inuits des partenaires privilégiés? Est-ce
que vous trouvez que le projet de loi
reflète la place inhérente aux Premières
Nations dans la gouvernance d'énergie
au Québec, comme on nous l'a demandé?
Le Président
(M. Montigny) : Très bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui,
M. le Président. Donc, je rappelle que le plan en question, c'est le coeur du
projet de loi, c'est ce qui va définir et façonner le devenir
énergétique du Québec. Et que les Premières Nations aient une attention
particulière qui leur soit accordée, je pense que c'est le reflet d'une volonté
de travailler différemment avec les Premières Nations. Et cette volonté-là,
elle s'exprime déjà depuis plusieurs années, et on va continuer à la déployer
et à la façonner de telle sorte qu'on va avoir des partenariats étroits, des
relations de confiance et qu'on va s'inscrire dans une relation également de
réconciliation.
On a beaucoup... On part de loin, je dirais, en
lien avec les relations avec les Premières Nations, beaucoup doit être fait, et
je pense que le secteur énergétique va pouvoir représenter une dimension
importante de la redéfinition qu'on souhaite faire avec les Premières Nations
et qu'on va mettre en place. Et je pense qu'on va être étonnés des résultats
que ça va pouvoir générer. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, Mme la ministre. Mme la députée, il vous reste peut-être un peu
plus que deux minutes, ou une minute à peu près, là, oui.
Mme Cadet : Bien, d'abord, ce
n'est pas juste une dimension importante, là, le secteur énergétique, là, c'est
une dimension cruciale et de premier plan. Je comprends de votre réponse, Mme
la ministre, que, selon vous, la réponse à ma question, ici, c'est oui. Donc,
respectueusement, moi, je pense que ce que vous nous avez présenté ne reflète
pas la place inhérente aux Premières Nations dans la gouvernance de l'énergie
au Québec, sinon on ne nous aurait pas
présenté une pléthore d'amendements et de recommandations alors que vous en
extrapolez une et nous dites : Voilà, merci, bonsoir, on a fait
notre travail.
Alors, je reviens à ma question précédente. Ici,
nous ne nous... nous ne vous arrivons pas avec un article contraignant, nous
disons simplement : Lorsque vous accomplissez votre mission, votre rôle
au-delà du PGIRE, voici comment, donc, vous devriez, donc... qu'en fait vous
devriez, dès le départ, considérer les intérêts et le rôle des Premières
Nations et des Inuits, que ça ne peut pas se faire dans une... en note de bas
de page, en passant, que ça doit faire partie de votre réflexion dès le départ.
Qu'est-ce qui nous empêche, sur le plan légistique ou sur le plan de la volonté
ministérielle, d'adopter cet amendement?
• (12 h 50) •
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Maintenant, Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, merci, M.
le Président. Mais je reviens avec la notion de cohérence législative, et la
collègue soulignait, d'ailleurs, tout à l'heure, l'importance d'avoir une
cohérence législative. C'est une formulation qui se retrouve dans notre
amendement, qui reprend celle qui existe déjà dans plusieurs lois dans la
législation québécoise. On a aussi la Loi constitutionnelle qui incombe... qui
fait en sorte de nous amener des obligations que l'on va respecter, bien sûr,
et auxquelles on va ajouter des éléments qui se retrouvent dans notre
amendement.
Donc, voilà, il y a une question de cohérence
législative qui a été mise de l'avant, et c'est ce pourquoi on a cet amendement
qui est mis de l'avant et que j'ai lu tout à l'heure, et ça nous permet de
reprendre, en fait, les termes que l'on a l'habitude de retrouver dans les
différentes lois au Québec qui concernent les Premières Nations.
Le Président (M. Montigny) : Il
ne vous reste que cinq secondes, Mme la députée.
Mme Cadet : ...Me Marois,
je veux vous entendre. Est-ce que notre proposition d'amendement est un frein à
la cohérence législative?
M. Marois (Samuel) : Bien, je
n'ai pas de commentaire autre que ceux de la ministre. C'est un... La ministre
réfère au libellé qui est proposé à 14.3, qui est un libellé qu'on retrouve
dans d'autres lois québécoises qu'on pourrait vous citer. Donc, je n'ai pas
d'autre commentaire.
Le
Président (M. Montigny) : Merci. Il ne vous reste plus de temps, Mme la
députée. Est-ce qu'il y a d'autres collègues? Oui, M. le député de Jacques-Cartier,
je vous laisse la parole.
M. Kelley : Me Marois,
je répète la même question de ma collègue : Est-ce que vous avez quelque
chose plus précis pour nous que votre réponse que vous vient de nous
donner?
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Me Marois, je vous laisse la parole.
M. Marois (Samuel) : Non, je
n'ai rien de plus précis. Je m'excuse.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Me Marois. Mme la ministre, avez-vous quelque chose à rajouter?
Mme Fréchette : ...pas d'ajout.
Le Président (M. Montigny) :
Non? Merci. M. le député de Jacques-Cartier, je vous laisse la parole.
M. Kelley : M.
le Président, on a des avocats d'exception ici, un avocat exceptionnel aux
côtés de le député de Jean-Talon.
Ils sont des juristes et des légalistes, ils comprendre le droit. Moi, je suis
un historien par formation et, après
ça, administration publique. Alors, les politiques gouvernementales, c'est mon
expertise, mais je vais commencer avec l'histoire et pourquoi c'est
hyper important de nommer des Premières Nations et des Inuits où on peut.
S'il y a un ministère ou une place où il y a
beaucoup de «stigma», c'est sûr, c'est envers les ressources naturelles et
aussi l'énergie. S'il y a une pensée, c'est exactement pourquoi le député de Maurice-Richard a déposé un amendement qui était très spécifique sur cette
réalité-là, c'est parce qu'ils sont souvent exclus et, dans notre passé,
c'est la réalité. Nous sommes ici en train de travailler sur un projet de loi
qui va être extrêmement important pour les prochaines
25 ans de notre histoire, qu'on va s'écrire tous ensemble, et moi, je
trouve qu'on est en train encore de répéter une erreur historique, et c'est d'exclure les Premières Nations et des Inuits. Et ça parle beaucoup, le fait qu'on ne trouve pas
les mots des Premières Nations et les Inuits partout dans ce projet de loi.
Je comprends que le côté gouvernemental, les
fonctionnaires me disent : Bien oui, mais c'est écrit pareil dans les
autres places, et les responsabilités des autres ministres, on va quand même
prendre ça en considération. Je peux accepter le fait qu'ils ne sont pas nommés
dans un projet de loi qui est écrit dans les années 75, quand même une
erreur dans ces années-là, mais le fait que nous sommes ici en 2025, puis on ne
trouve pas... eux autres ne sont pas nommés
partout, je trouve ça un petit peu décevant. Mais c'est quelque chose qu'on peut
corriger aussi, on a la chance. C'est exactement pourquoi on a déposé
cet amendement. C'est un départ.
Et je peux entendre, quand même, mon collègue de
Maurice-Richard qui dit : Bien, c'est le strict
minimum. Oui, peut-être, c'est le strict minimum, qu'est-ce qu'on vient de
déposer ici, mais c'est important qu'au minimum ils sont présents. Et je
suis... Au minimum, M. le Président, on peut regarder les différences entre
section 14.1 puis le PGIRE, ils ne sont pas la même chose. Je veux que,
quotidiennement, dans les actions que la ministre va prendre dans ses fonctions, que ce n'est jamais oublié
qu'il faut prendre en considération les intérêts et les rôles des Premières Nations et des Inuits, et je veux
que c'est incrire dans la loi.
Et je veux aller un petit peu plus loin, parce
que c'est vrai qu'on a une constitution, c'est vrai qu'on a une jurisprudence,
mais toujours aujourd'hui, on se retrouve souvent devant la Cour suprême, le
gouvernement fédéral ou un gouvernement provincial, contre une Première Nation
sur la question le droit d'être consultée, qui n'était pas adéquatement
informée d'un changement politique sur un projet sur leur territoire. Ça
n'arrive pas à la même rythme que dans notre passé. C'est sûr qu'on a fait des
gains en termes qu'il faut réfléchir grâce à cette modification
constitutionnelle puis toute la jurisprudence qui le suit, mais ça arrive
toujours qu'on a des chicanes juridiques devant les tribunaux sur les questions
de le droit... si le gouvernement a adéquatement consulté une Première Nation.
Avec ça, on va ajouter un pouce que, oui, on va
aider les Premières Nations et les Inuits pour dire : Bien, nous sommes écrits dans ce projet de loi, si le
ministère a oublié de nous prendre, nous, en considération dans la façon
qu'ils ont stimulé la production des
nouvelles filières énergétiques, bien, malheureusement, le gouvernement a
échappé leur... a échappé, ils ont
échoué la loi, ils ont oublié une obligation qui est importante. Ça donne eux
autres aussi un autre levier de dire : Il y a une obligation légale
de faire ça parce que c'est écrit dans ce loi ici.
Et c'est bien beau, qu'est-ce qui est écrit dans
la Constitution puis la jurisprudence, mais moi, je veux que, dans nos projets lois adoptés par l'Assemblée
nationale, on se trouve les Premières
Nations et les Inuits au coeur de ce
projet de loi et que c'est écrit.
Ça, c'est mon
plaidoyer. Je ne sais pas si la ministre a une réponse, mais je pense qu'après
ça, M. le Président, je veux que, peut-être, on passe à le vote sur cet
amendement. Je trouve que c'était une discussion très importante qu'on a eue
ici. Et je veux juste dire rapidement, je sais que le gouvernement a des
ententes en train, ils ont signé récemment
avec des Premières Nations, c'est un gain, c'est important, aucune personne
ne nie ça, mais, pour ce projet de loi, je veux éviter une erreur
historique. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : M.
le député, je vais donner la parole à Mme la ministre, mais je veux vous... simplement signifier, là, il reste peu de temps,
mais j'ai quand même des collègues qui ont demandé le droit de parole. Alors,
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Je vais céder
le droit de parole aux collègues, là, dans un premier temps.
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Alors, M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : J'ai
une proposition, en gros... parce que mon intervention va prendre plus que les
deux minutes qui restent, ça fait que
je vais la reprendre à la prochaine fois. Ça fait que, si vous voulez bien, Mme
la ministre, répondre, et puis on pourrait lever, et je reviendrais avec
mon intervention la prochaine fois.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
à ce stade-ci, Mme la ministre, souhaitez-vous prendre la parole?
Mme Fréchette : Bien,
simplement dire que notre engagement comme gouvernement fait montre, en fait,
de la place accrue que les Premières Nations occupent dans le développement du Québec. C'est ce qu'on a adopté comme
approche de différentes manières, notamment à travers des projets de
développement énergétique, à travers l'action de mon collègue. Ils
seront également consultés dans le cadre du coeur de ce projet de loi 69,
à savoir l'adoption d'un plan de gestion des
ressources énergétiques. Alors, je pense qu'il y a des résultats très
importants qui vont survenir du fait
de leur intégration dans ce plan et des consultations qu'on va tenir auprès de
ces Premières Nations et Inuits. Merci.
Le Président
(M. Montigny) : Merci beaucoup, Mme la ministre.
Alors, je vous remercie, tout le monde, de votre
collaboration. Compte tenu de l'heure, la commission ajourne ses travaux sine
die.
(Fin de la séance à 12 h 59)