Journal des débats de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Le
mercredi 19 mars 2025
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Vol. 47 N° 53
Étude détaillée du projet de loi n° 69, Loi assurant la gouvernance responsable des ressources énergétiques et modifiant diverses dispositions législatives
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Intervenants par tranches d'heure
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Montigny, Yves
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Fréchette, Christine
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Kelley, Gregory
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Bouazzi, Haroun
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Montigny, Yves
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Bouazzi, Haroun
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Fréchette, Christine
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Bouazzi, Haroun
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Montigny, Yves
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Fréchette, Christine
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Kelley, Gregory
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Bernard, Daniel
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Bussière, Robert
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Rivest, Mathieu
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Tremblay, François
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Garceau, Brigitte B .
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Montigny, Yves
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Kelley, Gregory
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Fréchette, Christine
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Bouazzi, Haroun
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Fréchette, Christine
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Montigny, Yves
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Bouazzi, Haroun
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Garceau, Brigitte B .
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Bernard, Daniel
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Sainte-Croix, Stéphane
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Tremblay, François
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Bussière, Robert
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Kelley, Gregory
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Fréchette, Christine
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Montigny, Yves
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Kelley, Gregory
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Bouazzi, Haroun
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Garceau, Brigitte B .
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Bussière, Robert
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Bernard, Daniel
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Sainte-Croix, Stéphane
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Tremblay, François
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Montigny, Yves
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Bouazzi, Haroun
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Fréchette, Christine
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Kelley, Gregory
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Garceau, Brigitte B .
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Kelley, Gregory
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Montigny, Yves
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Fréchette, Christine
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Garceau, Brigitte B .
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Bussière, Robert
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Bernard, Daniel
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Sainte-Croix, Stéphane
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Tremblay, François
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Montigny, Yves
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Kelley, Gregory
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Fréchette, Christine
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Garceau, Brigitte B .
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Fréchette, Christine
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Montigny, Yves
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Garceau, Brigitte B .
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Kelley, Gregory
11 h 30 (version révisée)
(Onze heures trente-neuf minutes)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources
naturelles ouverte.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 69, Loi
assurant la gouvernance responsable des ressources énergétiques et modifiant
diverses dispositions législatives.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Ciccone (Marquette) est remplacé par Mme Garceau
(Robert-Baldwin).
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup. Lors de l'ajournement de nos travaux, le 26 février dernier,
nous en étions à l'étude de l'amendement proposé par le député de Jacques-Cartier
à l'article 14.1, qui est introduit par l'article 4 du projet de loi.
Maintenant, déjà, Mme la ministre, je vous ai vue m'indiquer votre volonté de m'interpeler.
Alors, je vous écoute.
Mme Fréchette : Oui. Merci, M.
le Président. Bonjour.
Le Président (M. Montigny) : Bonjour.
Mme Fréchette : Bonjour à
tous, tous les membres, contente d'être de retour. Donc, en fait, je voulais
débuter en demandant une suspension des travaux, si possible.
Le Président (M. Montigny) : Aucun
problème. Alors, nous allons suspendre quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 40)
(Reprise à 11 h 56)
Le Président (M. Montigny) :
Alors, nous reprenons nos travaux. Lors de la suspension ce matin, Mme la
ministre, vous aviez la parole. Est-ce qu'il y a quelque chose de particulier
que vous voulez ajouter ou...
Mme Fréchette : Oui, M.
le Président. En fait, j'ai proposé aux membres de l'opposition de suspendre
l'étude de cet article afin d'y revenir la semaine prochaine. Après discussion
avec mes collègues, donc, je vais laisser le député de Jacques-Cartier vous
indiquer s'il veut aller dans ce sens.
Le Président (M. Montigny) :
Oui. M. le député de Jacques-Cartier, je vous écoute. Après ça, pour ce qui est
technicalités, là, de l'article et des extraits de l'amendement, je vais
revenir, mais je vous écoute pour <l'instant....
Le Président (M. Montigny) :
...et
des extraits de l'amendement, je vais revenir, mais je vous écoute pour >l'instant.
M. Kelley : OK, parfait.
C'est sûr, je suis d'accord de suspendre l'étude de ce amendement, puis
attendre pour... que la ministre revient avec quelque chose après discussion
avec ses collègues. J'apprécie l'ouverture de la ministre sur cette question,
qui est très, très importante. Alors, merci beaucoup, Mme la ministre.
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Merci beaucoup, M. le député. Bon, bien, maintenant, on a un article qui était
à l'étude. Il y a différentes options, de façons de le voir. Là, on comprend
qu'on a une entente pour suspendre l'étude de l'article. Ça me va.
Maintenant, pour ce qui est de…
c'est-à-dire de l'amendement, mais, par contre, on a quand même un article qui
est l'article 4, dans lequel on faisait l'étude de 14.1, dans lequel il y
avait un amendement. Alors, juste pour être bien certain, est-ce que vous
proposez de suspendre l'étude de l'article 4, pour qu'on aille à
l'article 5, qui est le suivant, pour revenir plus tard à
l'article 4, y compris l'ensemble des éléments, là, qui comprend 14.2,
14.3, 14.4, ou vous proposez juste qu'on revienne plus tard à 14.1 puis qu'on
parle de 14.2?
Alors, vous… Oui, je vous écoute, M. le
député.
M. Kelley : On s'entend. Je
pense qu'il y a un accord pour continuer d'étudier l'article 4, puis quand
même la suite des choses, mais on va juste suspendre cet élément-là
précisément.
Le Président (M. Montigny) : La
partie 14.1. Donc, nous n'avons pas…
M. Kelley : 4… Oui.
Le Président (M. Montigny) : Donc,
nous n'avons pas besoin officiellement de suspendre, parce que c'est une partie
de l'article à l'étude qui réfère à des articles modifiés, mais, à la fin de
l'article 4, si on est… on ne revient pas à 14.1, la partie que vous me
demandez de suspendre, on devra suspendre l'article 4, à ce moment-là,
pour ne pas le mettre aux voix et risquer, là, de ne pas arriver à ce que vous
avez comme entente. Alors, nous procéderons, à ce moment-là, à 14.2, la
partie 14.2. Et, s'il y a quoi que ce soit, nous reviendrons. À moins que
vous ayez encore des interventions sur 14.1, sur un sujet additionnel, là.
C'est ce que je comprends.
M. Kelley : ...
Le Président (M. Montigny) :
Oui?
M. Kelley
: ...
Le Président (M. Montigny) : Oui,
oui, je veux juste être clair, là, parce que... parce que, tantôt, dans la
demande...
M. Kelley
: Vous avez
raison, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : ...parce
que la demande de la ministre était de suspendre l'article 4. Alors, moi,
c'est ça, la demande que j'ai eue. Alors, je veux juste clarifier la situation,
parce que...
M. Kelley
: ...clarification.
Le Président (M. Montigny) : ...c'est
vraiment ça que vous avez demandé.
M. Kelley : On suspend
l'amendement, mais on ne suspend, pour l'instant, rien, puis on continue.
Bravo!
Le Président (M. Montigny) : C'est
ça. On fait juste ne plus continuer à étudier l'amendement. Alors, on revient,
14.1, tel qu'on était, puis, s'il y a d'autres sujets qui concernent le 14.1,
moi, c'est là qu'on est rendus.
Des voix : …
Le Président (M. Montigny) : Bien
correct? Alors, j'ai une demande d'intervention de la part du député de Maurice-Richard. Ça me fait plaisir, M. le député, de vous
laisser la parole.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Nous avons effectivement un amendement. Et, comme on s'est quand
même un tout petit peu fait prendre par surprise, grâce à ces changements, je
vous demanderais 30 secondes de suspension, le temps qu'on valide que tout
est correct de notre côté.
Le Président (M. Montigny) : Sans
aucun problème. Alors, nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 heures)
12 h (version révisée)
(Reprise à 12 h 02)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
rebienvenue, nous sommes maintenant toujours à l'étude de l'article 4, à
14.1, un nouvel amendement qui est proposé par le député de Maurice-Richard.
Alors, M. le député, je vous laisse la parole.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Comme le veut la tradition, je vais donc commencer par lire cet
amendement. Donc : À l'article 14.1, la Loi sur le ministère de l'Économie
et de l'lnnovation, proposé par l'article 4 sur le sujet de la loi,
ajouter, à la fin, le paragraphe suivant :
«7° de mettre en place une gouvernance
transparente et équitable pour encadrer l'allocation des blocs d'électricité.»
Cet amendement, je pense, c'est un
amendement important, M. le Président. Comme vous le savez, Mme la ministre,
lors du projet de loi 2, si je ne me trompe pas, votre prédécesseur s'était
accordé des pouvoirs assez extraordinaires concernant la location des blocs d'électricité
qui dépassaient les 5 MW, dans mes souvenirs, aux industriels et à tous
les projets, en fait, qui en feraient la demande, et il y a eu depuis... Déjà,
à l'époque, nous, on pensait que ça allait ouvrir la porte à toutes sortes de
problèmes de gouvernance, sachant qu'avoir accès à des blocs d'électricité pour
des industries qui essaient de se décarboner, ou de grandir, ou d'exister, c'est
une question de vie ou de mort et que l'équilibre de responsabilité, la
séparation de responsabilités, les critères, les processus d'appel n'ont jamais
été, en fait, définis clairement, les... On l'a vu ensuite, malheureusement, l'histoire
nous a donné raison étant donné que plusieurs compagnies québécoises n'ont pas
eu accès aux blocs d'électricité, tandis que d'autres y avaient accès, que les
procédures d'appel étaient inexistantes et que les critères qui différenciaient
entre l'une ou l'autre, au-delà de la volonté du ministre lui-même, étaient
loin d'être des critères clairs, précis et permettant de garantir une saine
gouvernance, dans ce cas-ci, des blocs d'électricité et, plus largement, de l'argent
public.
Donc, on vous propose d'améliorer. Nous,
on n'était pas contre l'idée que les blocs d'électricité ne soient pas donnés
comme avant, de manière tout à fait automatique en dessous de 50 MW, dans
mes souvenirs, avant ce projet de loi là. Mais, par contre, à partir du moment
où le ministre se dote de ce pouvoir-là, bien, il faut des processus, des
procédures d'appel, il faut que les personnes qui définissent les critères ne
soient pas les mêmes qui autorisent, etc. Et, à ce stade-ci, ceci n'est
absolument pas garanti. Ça fait que je vous avouerais que c'est probablement
mon ancienne casquette de gestionnaire dans une banque de développement qui me
pousse à penser que c'est un très bon amendement pour permettre une bonne
gouvernance.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
M. le député. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. M. le
Président, merci. Alors, bien, l'essentiel de mon propos serait à l'effet qu'il
y a une section subséquente qui se prêterait bien à une discussion portant sur
cette question-là à savoir l'article 76 de la Loi sur la Régie de l'énergie.
Alors, j'inviterais, dans le fond, le député de Maurice-Richard à resoumettre,
peut-être, sa proposition d'amendement lorsque nous arriverons dans cette
partie de la discussion, de telle sorte que ça va être en <concordance...
Mme Fréchette : ...nous
arriverons dans cette partie de la discussion, de telle sorte que ça va être en
>concordance avec l'ensemble de l'article.
Le Président (M. Montigny) :
Merci beaucoup, Mme la ministre. M. le député, vous avez la parole.
M. Bouazzi : Juste pour
être sûr, on parle de l'article 48 qui touche à l'article 76, c'est
ça?
Mme Fréchette : C'est ça.
M. Bouazzi : Est-ce que je
pourrais demander une courte suspension le temps de lire...
Le Président (M. Montigny) :
Absolument. Avec plaisir. Alors, nous allons suspendre quelques instants nos
travaux.
(Suspension de la séance à 12 h 07)
(Reprise à 12 h 13)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous reprenons donc nos travaux. M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Merci beaucoup,
M. le Président. Merci, Mme la ministre, pour les clarifications. J'ai une
question pour vous, par exemple, sur les allocations de blocs d'électricité
actuellement. Quand une compagnie se fait refuser de se faire accorder après
une demande, est-ce qu'il y a une procédure d'appel qui est prévue?
Mme Fréchette : Juste... Je
vais demander la suspension des travaux. Je vais consulter, je vous reviens.
Le Président (M. Montigny) : Oui,
oui, tout à fait, pas de problème. Oui, absolument, nous allons suspendre
quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 14)
(Reprise à 12 h 15)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous reprenons nos travaux à l'instant. Mme la ministre, vous avez maintenant
la parole.
Mme Fréchette : Oui. Merci,
M. le Président. Alors, en réponse à la question du député de Maurice-Richard,
donc ce qui peut survenir lorsqu'une entreprise... après avoir demandé l'accès
à un bloc de mégawatts de plus de 5 MW, si la réponse est négative, il y a
possibilité de demander pour l'entreprise une révision administrative, donc de
demander à ce que l'on refasse l'exercice d'analyse sur la base du projet qui a
été déposé. Advenant qu'il y ait une erreur dans l'analyse, bien, c'est quelque
chose qui pourrait être corrigé.
Sinon, pour toute entreprise, il y a
possibilité aussi de resoumettre le projet avec quelques éléments différents,
distincts ou une ampleur du projet peut-être réduite. Donc, ça, il n'y a pas de
limite à la capacité, à la possibilité d'une entreprise de resoumettre une
demande ou de la resoumettre une année plus tard ou, bon. Donc, il y a des
formules, bref, qui permettent aux entreprises de poursuivre les échanges avec
le ministère en lien avec cette demande.
M. Bouazzi : Et quand ils
reçoivent une réponse négative, est-ce qu'il y a des détails sur les raisons
pourquoi la demande a été refusée?
Mme Fréchette : ...
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 16)
(Reprise à 12 h 17)
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Nous reprenons donc nos travaux. Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Alors, M. le
Président, donc en réponse à la question du député de Maurice-Richard. Alors,
si c'est la capacité technique d'Hydro-Québec qui fait défaut dans la
possibilité d'obtenir des mégawatts, c'est précisé dans la lettre. Si c'est un
élément d'une autre nature, eh bien, la lettre est plus générale, indiquant
qu'il y a des critères environnementaux, sociaux, économiques qui sont pris en
considération et que le projet n'a pas su obtenir l'ensemble des éléments
requis pour pouvoir être... pour pouvoir aller de l'avant.
Le Président (M. Montigny) :
Merci beaucoup. M. le député, vous avez d'autres interventions?
M. Bouazzi : Oui. Est-ce que,
d'abord, vous avez eu, donc, des compagnies qui ont demandé de revoir la
décision que votre prédécesseur a prise? Ce n'est jamais arrivé.
Mme Fréchette : Alors, M. le
Président... Pardon. Alors, le plus souvent, en fait, les entreprises
redéposent leur projet au lieu de demander une révision administrative. Donc,
c'est le cas le plus fréquent qu'on a eu. On a des redépôts, dépôts renouvelés,
je dirais, avec souvent des aménagements un peu différents du projet en
question.
M. Bouazzi : Et, de toute
façon, dans les cas qui ont eu lieu depuis maintenant deux ans, une fois qu'une
compagnie est refusée, tous les blocs qui étaient libres avaient déjà été
donnés, là, ça fait que qu'est-ce qui ferait qu'une révision de la décision
pourrait faire en sorte que, tout d'un coup, il y a un bloc qui soit donné à
cette compagnie-là?
Mme Fréchette : Eh bien, la
capacité technique d'Hydro-Québec, elle évolue dans le temps, d'une part.
Alors, c'est sûr qu'on fait... il y a des investissements qui sont faits. On va
rehausser la capacité d'Hydro-Québec, comme on le sait. On a un grand plan à ce
sujet-là. Donc, ça, ça peut générer un changement de donne. Il peut y avoir
dans la région immédiate une fermeture d'un grand consommateur qui fait en
sorte de libérer des nouveaux mégawatts. Il y a toutes sortes de situations,
bref, qui peuvent survenir et qui permettraient d'avoir une réponse différente
ou ça peut être une erreur dans l'analyse aussi, ça peut survenir. Dans ces
cas-là, ça pourrait générer une réponse différente, mais... Voilà.
M. Bouazzi : J'ai du mal à
voir comment quelqu'un qui reçoit une lettre... Je comprends, là, sur les
capacités techniques d'Hydro, si les... si le transport est saturé ou s'il n'y
a pas assez d'énergie disponible à cet endroit-là. Je comprends parfaitement.
Mais oublions ces limitations techniques d'Hydro, quand il y a de l'électricité,
qu'une compagnie est choisie plutôt qu'une autre, j'ai du mal à voir comment
est-ce que... et, du coup, je ne suis pas étonné que des compagnies ne fassent
pas appel d'une décision, étant donné que les critères sur lesquels elles sont
refusées, en fait, sont tout à fait, au minimum, on s'accordera, Mme la
ministre, nébuleux, là.
Mme Fréchette : Eh bien,
c'est des critères qui sont associés à la fois au développement économique et à
la transition énergétique. Donc, comme on le sait, le développement économique,
la création d'emplois bien rémunérés dans des secteurs stratégiques, ça fait
partie des critères. Idem pour l'impact environnemental. Si quelqu'un arrive
avec un projet qui générera des grandes émissions de gaz à effet de serre, eh
bien, c'est sûr que ça ne va pas être à l'avantage de l'entreprise. Donc, c'est
toute une série de critères, mais qui sont, en fait, reflétés par le discours
que nous avons comme gouvernement pour générer de la croissance économique et
ça peut être aussi des critères de décarbonation dans le contexte de la
transition énergétique. Donc, c'est sûr qu'il y a une multitude de facteurs qui
sont pris en considération, mais, voilà, ils sont reflétés par nos orientations
gouvernementales en matière de développement économique et de transition
énergétique.
• (12 h 20) •
M. Bouazzi : Bien,
laissez-moi commencer par dire que je suis plutôt d'accord avec les grandes
lignes de vos orientations, là. Là, quand on parle de gouvernance, c'était... à
ma connaissance, et peut-être que j'ai tort, il n'y a absolument aucune grille
détaillée qui fait en sorte qu'on score et puis on a des points à la fin et
encore moins une grille dont on enverrait le résultat à une personne qui n'est
pas sélectionnée.
Mme Fréchette : En fait, il y
a les éléments, les grands éléments qui sont identifiés, là, l'impact
environnemental, l'impact économique, l'impact social. Il faut voir aussi qu'un
projet est comparé et doit se qualifier à travers un ensemble d'autres projets
qui nous sont soumis. On ne fait pas qu'analyser chaque projet isolément, on
regarde aussi des groupes de projets et il faut qu'à travers le groupe de
projet, que ceux qui sont retenus se démarquent pour cadrer davantage avec les
orientations <gouvernementales...
Mme Fréchette : ...que
ceux qui sont retenus se démarquent pour cadrer davantage avec les orientations
>gouvernementales. Donc, voilà. Et au niveau de la faisabilité technique
aussi, bien sûr, il faut que ce soit disponible.
M. Bouazzi : Est-ce que
vous êtes satisfaite du processus actuel?
Mme Fréchette : Oui, bien
que j'apprécierais qu'on ait plus de mégawatts disponibles encore. Ça nous
permettrait d'aller plus avant dans nos projets de développement économique.
Mais on travaille fort, justement, à rehausser l'offre de mégawatts, l'offre
énergétique. Mais oui, moi ça me convient comme procédure, là.
M. Bouazzi : Ça fait que,
que ça soit ultimement votre responsabilité de définir des critères, votre responsabilité
de savoir s'ils ont été rencontrés ou pas et que le détail derrière tout ceci
n'est pas communiqué aux personnes qui demandent, qu'il n'y a pas... qu'il y
a... Vous pensez que c'est une saine gouvernance autour de la distribution des
blocs. Parce que vous ne me rassurez pas, Mme la ministre. Moi, je peux
comprendre que votre prédécesseur était... Donnant même le bénéfice du doute,
là, que c'était un moment où il... Lui, il pensait qu'il fallait aller très
vite, etc.
Est-ce qu'on ne devrait pas... Parce que
des blocs, c'est vraiment... c'est du pouvoir, c'est de l'argent, je veux dire,
je... Encore une fois, moi, j'ai été longtemps dans le secteur bancaire. Un
processus comme celui-là, serait vraiment inimaginable, là, que... Je veux
dire, aucune ségrégation de tâches, c'est quand même assez catastrophique comme
gouvernance. Ça fait que je vous demande quand même de... Tu sais, le fait que
ce soit vous qui définissez les critères et vous qui décidez si les critères
sont rencontrés ou pas, ça vous satisfait?
Mme Fréchette : Bien, si
je peux me permettre, M. le Président, je pense qu'on pourrait avoir cette
discussion-là dans le cadre de l'article 48 auquel on référait au début,
parce que, dans le fond, on va revenir sur ces sujets-là. Et j'ai l'impression
que là, on n'a pas la possibilité d'aborder les autres portions de l'article.
Le Président (M. Montigny) :
J'ai bien entendu, Mme la ministre. Effectivement, à l'article 48, c'est
possible de discuter de ces éléments-là, c'est vrai. Par contre, j'ai vraiment
un amendement qui est déposé, qui est à l'étude. Alors, dans le cadre de
l'amendement qui est déposé, à moins que M. le député souhaite le déposer à un
autre endroit pendant l'étude du projet de loi, ce sujet-là est à l'étude au
moment où on se parle.
M. Bouazzi : Et
j'entends, hein? J'entends ce que vous dites, Mme la ministre, sur les détails
techniques que nous pourrions introduire à l'article 48, mais je pense que
la conversation pour se mettre d'accord, d'abord, qu'il est de votre
responsabilité d'assurer une saine gouvernance dans l'allocation des blocs
d'énergie, à ce niveau-là, dans un article qui parle de vos responsabilités... Étant
donné qu'au projet de loi no° 2, en décembre 2022, votre prédécesseur
s'est octroyé un pouvoir absolument immense, encore une fois, de vie ou de mort
sur des industries, sur des compagnies, qu'elles soient pour des raisons
d'agrandissement, de décarbonisation ou juste... ou juste d'existence, j'ai
l'impression qu'en fin de compte, c'est un très bon endroit pour se mettre
d'accord sur le fait qu'une saine gouvernance dans l'allocation des blocs fait
partie de votre responsabilité, étant donné toutes les responsabilités que vous
avez héritées. Donc, je ne pense pas que c'est une conversation technique avant
tout, je pense qu'il faudrait qu'on se mette d'accord sur la philosophie qui
entoure votre responsabilité.
Et je veux vraiment reposer la question,
est-ce que vous pensez que le processus actuel qui fait en sorte que les
critères, le détail des critères, la grille, si elle existe, n'est pas
publique, que c'est la même, ultimement, la même personne, soit vous, qui êtes
en charge de définir les critères et vous qui, ultimement, êtes responsable de
donner ou pas les blocs, dégager les blocs à la compagnie et qu'il n'y a pas...
aucune compagnie qui peut même faire appel. Surtout qu'une fois que les
décisions est prise, qu'on annonce tout d'un coup et qu'il n'y a plus aucun
bloc de toute façon qui est disponible jusqu'à une prochaine ronde qu'on ne sait
pas quand elle arrive, ça, pour vous, c'est une saine gouvernance?
Le Président (M. Montigny) :
...
Mme Fréchette : Oui, M.
le Président. Merci. Donc, écoutez, les critères, en fait, sur la base desquels
sont prises les décisions sur l'allocation des mégawatts, comme je disais, sont
présents en ligne. C'est les grands critères relativement à l'impact
économique, environnemental et social. Donc, d'une part, il y a ces
orientations-là qui existent.
Mais je dirais aussi que ce n'est pas vraiment
différent comme procédure de ce qui <existe...
Mme Fréchette :
...Mais
je dirais aussi que ce n'est pas vraiment différent comme procédure de ce qui
>existe quand il s'agit, par exemple, de répondre à une demande de
soutien financier de la part d'une entreprise. Une entreprise qui nous soumet
un projet d'investissement, d'expansion ou d'implantation, il y a une analyse
qui est faite de ce projet, sur la base d'un certain nombre de critères
également, et ça peut avoir un impact assez considérable sur la suite des
activités d'une entreprise donnée, mais on ne divulgue pas, on ne met pas en
ligne, je dirais, l'ensemble de l'analyse de cette demande-là de subvention. On
rend la décision sur la base des critères et des analyses qui sont faites.
Donc, c'est une procédure qui est semblable, similaire.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre.
M. Bouazzi : Bien, c'est un
très bon point. Et vous faites la comparaison entre des demandes de financement
et des demandes d'accès à l'électricité. Bien, je veux bien... enfin, en fait,
ce n'est même pas que je veux bien parier, c'est que je vous informe, Mme la
ministre, que ce n'est pas la même personne qui analyse le dossier qui est la
personne qui l'autorise au bout du compte. C'est-à-dire qu'il y a des intérêts
contradictoires entre un directeur de compte et un autorisateur. Je ne connais
pas exactement le fonctionnement d'Investissement Québec, je connais, vous
comprenez, celui de la banque canadienne de développement, par exemple, où il
est évident que, pour des questions de ségrégation de tâches, les personnes ont
des intérêts qui sont contradictoires : celle qui autorise doit s'assurer
que le risque associé à ce genre de projet soit respecté et un certain nombre
d'autres critères et celle qui est la directrice de compte veut vendre le
maximum de prêts possible.
Et donc le fait que, dans le cas de
l'énergie, ce n'est pas ça qui se passe, c'est-à-dire que tout est centralisé
et qu'il n'y a aucune ségrégation de tâches, est justement le problème. Et
donc, si on peut se mettre d'accord sur... que le fait que le financement...
les demandes de financement, aujourd'hui, la rigueur, la «due diligence» associée
et les processus qui permettent une saine gouvernance, avant tout, parmi elles,
la ségrégation de tâches, et ensuite aussi les processus de procédure d'appel,
bien, si on est d'accord que c'est bon pour le financement, ça serait... Ça
serait bien qu'on soit d'accord que c'est ça, la saine gouvernance, et qu'on
mette en place le même genre de principe pour l'allocation des blocs, là.
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. Bien, en fait, je suis étonnée d'entendre que, quand il s'agit de
l'octroi des mégawatts, tout serait présumément centralisé parce qu'en fait
c'est exactement le même genre de procédure qui est suivie pour l'octroi des
mégawatts que pour l'octroi d'une aide financière de la part du gouvernement.
Donc, il n'y a pas un conciliabule vraiment autour du ministre qui va traiter
la question des mégawatts, c'est une procédure qui traverse l'ensemble des
voies administratives habituelles que l'on retrouve dans... pour l'octroi
d'aides financières de la part du gouvernement. Donc, il n'y a pas de
distinction. Bref, ce n'est pas plus centralisé. Peut-être c'est une perception
qu'a le député de Maurice Richard, mais qui n'a pas écho, en fait, dans la
façon de procéder, là, au sein du ministère.
M. Bouazzi : Pour les
mégawatts, les pratiquement 2 000 mégawatts qui ont été annoncés M.
Fitzgibbon, est-ce que ce n'est pas lui, personnellement, qui a validé qui
allait en recevoir, qui n'allait pas en recevoir?
Mme Fréchette : Vous parlez
des mégawatts...
M. Bouazzi : Les derniers
blocs, là.
Mme Fréchette : Les derniers
blocs.
M. Bouazzi : Il y a eu... Il
y a eu au moins deux tournées, trois tournées, peut-être que vous pouvez me
corriger, de distribution de blocs sur les deux dernières années. Est-ce que...
Parce que la loi, c'est ça qu'elle dit, là, que ça revient au ministre.
• (12 h 30) •
Mme Fréchette : Ultimement,
le ministre autorise, mais la procédure d'analyse de ces demandes se fait avec
les mêmes types de canaux administratifs que lorsque vient le temps de décider
si, oui ou non, on va de l'avant avec une aide financière. Donc, ça reprend le
même genre de démarche. Ultimement, c'est le ministre qui autorise, tout comme
pour de l'aide financière, souvent j'autorise, à titre de ministre, qu'il y ait
une aide financière qui soit octroyée. Bien, il y a une procédure semblable
maintenant aussi pour les mégawatts, considérant le contexte de resserrement de
l'offre dans laquelle on se trouve.
M. Bouazzi : Et donc, dans
les processus internes à votre ministère, quand il y a une demande qui arrive...
Je veux dire... Parce que, concrètement, vous m'avez dit : Oui, les
critères sont publics. On s'entend que les critères qu'il y a sur Internet...
je ne peux pas croire que c'est... que c'est ça, qu'on se limite à ça pour
décider qui va recevoir plus de 5 MW, sachant que c'est des
investissements, souvent, de plusieurs centaines de millions de dollars. Si on
revient aux questions financières, je veux dire, il y a plus de critères qu'un
paragraphe...
12 h 30 (version révisée)
M. Bouazzi : ...si on revient
aux questions financières, je veux dire, il y a plus de critères qu'un
paragraphe sur un site Web, là, j'en suis persuadé, là. Ça fait que,
concrètement, les critères plus détaillés, c'est qui qui les définit? Comment on
peut éviter... Mon point, mon point, Mme la ministre, je veux juste être clair,
comment on peut éviter... — ce n'est pas vous, là, ni votre
prédécesseur — mais imaginons un ministre qui est malhonnête et qui
hérite de ce pouvoir-là et qui a des amis, des amis qui sont dans l'industrie
de la finance, et puis il y a un concurrent qu'il n'aime pas, et puis il y en a
un qu'il veut privilégier, et qui dit : Bien, toi, là, sur les critères
flous, là, les trois lignes qu'on a sur un site Web, je te donne plus de cinq
mégawatts, et toi, bien, «tough love», tu ne les auras pas. Comment on peut
éviter des comportements comme cela de manière structurée? C'est ça, une saine
gouvernance, c'est, structurellement, éviter de donner un pouvoir qui permet de
la mauvaise gestion, de l'argent dilapidé ou carrément de la corruption. Comment
on peut éviter ça. Et là, moi, je ne le vois pas, comment on peut éviter ça.
Et je vous le dis vraiment très
sincèrement, j'aimerais vraiment qu'on trouve une manière d'éviter de se retrouver
avec quelque chose d'aussi poche, au point de vue de gouvernance, on ne peut
pas, là, c'est trop important, c'est trop important. C'est les 25 prochaines
années. Qui a accès à quel bloc? C'est central, là. Ça fait qu'on ne peut pas
juste, tu sais... Et je suis persuadé... Je dois avouer que vous,
personnellement, vous êtes vraiment quelqu'un de rigoureux dans votre travail,
je n'en doute pas un instant, mais notre job, ce n'est pas par rapport aux
personnes, c'est par rapport aux institutions, aux structures et à la
gouvernance. Ça fait que je me permets... Encore une fois, je ne sais pas
comment vous voulez qu'on travaille ça, mais je vous soumets humblement que ça
serait vraiment bien qu'on améliore la situation actuelle de la gouvernance
autour de la distribution des blocs.
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Bien,
écoutez, il y a toute une structure, comme j'expliquais tout à l'heure, qui se
met en branle quand il y a des demandes de mégawatts. Ce n'est pas une demande
qui arrive sur le bureau du ministre, de la ministre et que la personne en
charge de ces responsabilités-là décide d'elle-même si, oui ou non, on octroie
125 mégawatts à telle entreprise. Elle pourrait s'essayer, mais ça ne
fonctionnera pas. On travaille ça, ces demandes-là, avec Hydro-Québec. On fait
des analyses rigoureuses d'impact sur les retombées de chacun des mégawatts qui
sera octroyé, en termes de retour sur investissement au Québec, on travaille ça
avec le ministère des Finances également. Donc, il y a toute une série de... un
ensemble d'acteurs qui se mettent en branle.
Et ce que vous évoquez comme possibilité,
on pourrait l'appliquer aussi sur une demande de subvention. Un ministre, une
ministre qui connaît... qui a une bonne connaissance dans le milieu des
affaires, à qui il décide d'octroyer, quoi, 300 millions de subventions, ça
n'apparaît pas comme ça. Il faut vraiment qu'il y ait des analyses qui
soutiennent ces gestes-là, ces décisions-là, en fait. Et c'est ce qui se passe
pour l'octroi des mégawatts, en collaboration avec, à nouveau, Hydro-Québec et
le ministère des Finances et l'appareil gouvernemental.
M. Bouazzi : Bien, je
comprends que vous me dites que ce n'est pas comme ça que ça fonctionne, que ça
n'arrive pas sur le bureau de la ministre, dans votre cas. Mais, si je peux me
permettre, M. Fitzgibbon — et je paraphrase — parlait
des dizaines, voire des centaines de projets qui arrivaient sur son bureau, pas
sur un autre bureau, là. Et je comprends que vous avez des styles très
différents, mais de par même comment il s'exprime, comment il décrit une
situation, moi, ce que je comprends, c'est que le ministre s'est octroyé un
droit qu'il a probablement utilisé lui-même. En tout cas, il n'y a rien qui l'empêchait
de le faire, là. Et la question, c'est de se dire : OK, si on se donne des
droits aussi énormes, bien, ou ce n'est pas au ministre de définir les
critères, ou c'est au ministre de définir les critères et c'est une autre
instance qui décide, mais c'est l'un ou l'autre, là. On ne peut pas avoir la
même... sachant en plus que les critères ne sont pas publics, puisque les
critères... ce que vous avez dit, qu'ils existent sur un site Web, là. Je veux
dire, c'est sûr que ce n'est pas ce n'est pas juste ça, disons au moins ça,
pour rester parlementaire.
Mme Fréchette : Bien, je
pense que c'est une expression qu'utilisait mon collègue. Je peux vous dire de
moi-même que j'ai des dizaines de projets qui arrivent sur mon bureau et qui
requièrent l'octroi de mégawatts. Je peux la dire, cette phrase-là, parce que c'est
un fait, mais elle arrive sur mon bureau une fois qu'il y a toute une série d'analyses
qui ont été faites puis qu'il y a des échanges qui se sont tenus avec le
demandeur de mégawatts. Donc, je pense que c'est simplement une expression que
je peux utiliser même de moi-même, mais ça ne traduit pas l'idée que c'est une
seule personne qui décide de l'octroi ou non de ces mégawatts, il y a tout un
ensemble de considérations, et... qui inclut même la nature des autres projets
qui font l'objet d'une demande dans la même région ou encore sur le plan <temporel...
Mme Fréchette :
…
qui inclut même la nature des autres projets qui font l'objet d'une demande
dans la même région ou encore sur le plan >temporel, là, qui arrivent au
même moment. Donc, voilà, il y a toute une procédure qui s'en suit, comme c'est
le cas pour les aides financières.
M. Bouazzi : Bon, moi, je ne
veux pas qu'on tourne en rond. Peut-être une dernière question : Est-ce
qu'on… est-ce qu'on est d'accord qu'il y a matière à amélioration pour le
processus de gouvernance actuel ou pas du tout?
Mme Fréchette : Bien, je
disais que… tout à l'heure, comme tout à l'heure, à l'article 48, on aura
l'occasion d'échanger à nouveau sur ce sujet-là, on y sera à plein, donc on
pourra échanger les idées à ce moment-là, dans quelques paragraphes, articles,
alinéas, tout ça.
M. Bouazzi : Article 48,
oui. D'accord. Ça fait que j'espère vraiment que des cadres de votre ministère
vont y réfléchir d'ici là. Et, comme ça, on sera très heureux d'accepter vos
amendements, vous avez plus d'énergie. Est-ce que, peut être, d'autres
collègues avaient des interventions? Je vais m'arrêter là pour l'instant.
Le Président (M. Montigny) : Oui,
M. le député de Jacques-Cartier, vous avez la parole.
M. Kelley : Oui, M. le
Président, juste très bref. On va appuyer l'amendement du collègue, mais nous
avons quelque chose très similaire à déposer tantôt. C'est différent, ce n'est
pas exact, mais ça va dans le même sens. Alors, on va continuer la discussion
quand on dépose notre amendement. Je ne vois pas la pertinence de répéter les
arguments deux fois, mais je vais appuyer le collègue de Maurice-Richard.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
M. le député. Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, c'est le moment de
mettre aux voix la proposition d'amendement. Alors...
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Vote
nominal, merci beaucoup, M. le député. Alors, par vote nominal, Mme la
secrétaire
La Secrétaire
: Pour,
contre, abstention. M. Bouazzi (Maurice-Richard)?
M. Bouazzi : Pour.
La Secrétaire
: Mme Fréchette
(Sanguinet)?
Mme Fréchette : Contre.
La Secrétaire
: M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Contre.
La Secrétaire
: M. Bussière
(Gatineau)?
M. Bussière : Contre.
La Secrétaire
: M. Rivest
(Côte-du-Sud)?
M. Rivest : Contre.
La Secrétaire
: M. Tremblay
(Dubuc)?
M. Tremblay : Contre.
La Secrétaire
: M. Kelley
(Jacques-Cartier)?
M. Kelley
: Pour.
La Secrétaire
: Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire
: M. Montigny
(René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) : Abstention.
Alors, la proposition d'amendement est rejetée. Maintenant, nous revenons donc
à l'article 4, 14.1. Est-ce qu'il y a d'autres propositions d'amendement,
à ce stade-ci, pour cette section de l'article 4? Nous sommes toujours à
14.1. M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Oui, on est… on
n'est pas sûrs, on aurait besoin de 30 secondes avant de savoir si on
soumet un amendement ou pas.
Le Président (M. Montigny) : Nous
allons prendre le temps d'une suspension, si vous voulez bien. Nous allons
suspendre.
(Suspension de la séance à 12 h 39)
(Reprise à 12 h 41)
Le Président (M. Montigny) :
Alors, nous reprenons donc nos travaux. Alors maintenant, nous sommes rendus à
l'étude de la partie… toujours à l'article 4 du projet de loi, mais à la
section 14.2. Alors, maintenant, à ce stade-ci, on va faire la lecture.
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Parfait.
Merci. Bien, avant de faire la lecture, je voudrais souligner le fait qu'hier
on a débuté, en fait, les consultations en lien avec le PGIRE, le plan de
gestion intégrée des ressources énergétiques, et j'aimerais saluer votre
présence, M. le Président, à cet… à ce lancement de tournée, la présence du
député de Maurice-Richard également. Donc, ça a été une occasion d'échanger de
manière assez constructive avec un ensemble d'intervenants de tout type sur
l'avenir et le devenir énergétique du Québec. Donc, voilà, on a maintenant un
article qui porte sur le PGIRE qui vous est soumis. Alors, il va comme <suit...
Mme Fréchette : ...Donc, voilà, on a maintenant un article qui porte sur le
PGIRE qui vous est soumis. Alors, il va comme >suit.
L'article 14.2 :
«Le ministre établit, aux 6 ans, un
plan de gestion intégrée des ressources énergétiques sur une période de 25 ans
visant à favoriser le développement énergétique du Québec dans une perspective
de transition énergétique.
«Le plan peut porter sur toutes les
sources d'énergie consommées au Québec et il contient notamment un état de la
situation et des besoins énergétiques au Québec. Il établit des orientations à
respecter et des objectifs et cibles à atteindre en matière d'énergie et
d'efficacité énergétique et notamment, pour les marchés de l'électricité et du
gaz naturel, des orientations, des objectifs et des cibles quant aux
approvisionnements, au développement des infrastructures énergétiques et à
l'innovation.
«Le plan précise la cible des
approvisionnements en électricité aux fins de la satisfaction des besoins en
cette matière des marchés québécois par
Hydro-Québec au terme d'un horizon qu'il indique.»
Alors, en tant que... à titre de
commentaire, je dirais : Cet article, en fait, il prévoit l'établissement,
par la ministre, du plan de gestion intégrée des ressources énergétiques,
communément appelé le PGIRE. Alors, le PGIRE, c'est une nouvelle planification,
donc, pour le développement énergétique du Québec. Il sera établi tous les six
ans avec un horizon de planification qui porte sur une période de 25 ans.
Il va porter sur toutes les sources d'énergie consommées au Québec et il va
faire un état de situation et des besoins énergétiques. Il contiendra aussi des
orientations, des objectifs et des cibles en matière d'énergie et d'efficacité
énergétique. Et le PGIRE va, enfin, préciser aussi une cible des
approvisionnements en électricité pour les besoins du Québec, tout comme un
horizon à l'atteinte... pour l'atteinte à l'attention d'Hydro-Québec, dont le
rôle est notamment de satisfaire les besoins en électricité au Québec. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre. À ce stade-ci, simplement mentionner qu'il y a un amendement
qui a déjà été adopté, même si ça fait quand même un bon bout de temps. On se
rappellera que c'est le cas. Je vous entendais un peu, là. Effectivement, vous
aviez raison. Il y a vraiment un amendement qui avait été adopté suite à cette
partie-là de l'article 4, qui est 14.2. Alors, sans problème, il est sur
Greffier, si jamais vous voulez vous y référer, sans problème, cet amendement
qui a été adopté. Alors, maintenant, pour cette étude de 14.2.
M. Kelley
: Avant de
débuter, une...
Le Président (M. Montigny) :
Oui, M. le député de...
M. Kelley : C'est pour nos
discussions, M. le ministre, avant qu'on dépose notre amendement, c'est une
question sur le 14.2. C'est sur les six ans, Mme la ministre. Pourquoi pas
cinq? Peut-être, je regarde sur le calcul de six versus cinq, sur une période
de 25 ans, ça marche mieux dans la division, mais juste de bien... Aussi,
si on parle un petit peu, peut-être, aussi, dans les divisions d'un
gouvernement, souvent le bloc d'une période où un gouvernement majoritaire était
élu, c'est pour cinq ans. Je comprends qu'on va adopter ça, je crois, avant la
fin de ce mandat de le gouvernement en place présentement, mais, bref, juste
une question sur le six versus le cinq ou un autre... un autre chiffre.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup pour la question. Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. Alors, merci pour la question, ça permet d'éclairer les choses pour
tout le monde. Donc, ce six ans, il a été choisi comme période parce que ça
cadre avec les plans d'approvisionnement d'Hydro-Québec, qui, eux, sont aux
trois ans. Donc, il est important d'être en phase avec ces plans
d'approvisionnement. Donc, le six ans va tomber les mêmes années où le plan
d'approvisionnement d'Hydro-Québec sera mis à jour. Donc, c'est pour être,
voilà, concordant avec Hydro-Québec.
M. Kelley : Donc, ça, ça
doit... Oui, pourquoi pas trois ans? On va avoir deux plans
d'approvisionnement, mais ce n'est pas nécessaire de nécessairement faire ça
chaque trois ans en place de six, d'être au... le plus au courant que possible
avec qu'est-ce qui se passe avec Hydro-Québec, puis s'assurer que le PGIRE est
vraiment en lien avec qu'est-ce qu'Hydro-Québec est en train de proposer dans
leur plan d'approvisionnement.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Vous pouvez compléter votre intervention.
M. Kelley : Je laisse la
ministre. Je vais attendre.
Le Président (M. Montigny) : Ah!
parfait. Merci.
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Quelques
instants.
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Parfait. Est-ce que c'est bon? Ça va?
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Alors, c'est bon. Nous n'avons pas besoin de la suspension. Mme la ministre, je
vous laisse la parole.
Mme Fréchette :
Minisuspension.
Le Président (M. Montigny) :
Je vous laisse la parole maintenant.
Mme Fréchette : Merci. Alors,
bien, en fait, le plan... la révision du PGIRE, c'est un exercice très
exhaustif. Donc, on voulait être en phase, d'une part, avec Hydro-Québec, mais
de faire ça aux trois ans, ce serait très, très rapide. On a regardé dans
d'autres juridictions, la plupart du temps, ça tournait autour de cinq ans,
cette révision-là. <Donc...
Mme Fréchette :
...ce
serait très, très rapide. On a regardé dans d'autres juridictions, la plupart
du temps, ça tournait autour de cinq ans, cette révision-là. >Donc, pour
être en adéquation avec Hydro-Québec, on s'est arrêtés sur six ans, parce que
là, cinq ans, c'était déphasé par rapport à Hydro. Mais, trois ans, ça... c'est
trop rapide, considérant l'ampleur du travail qu'il y a à accomplir, donc de là
ce choix-là.
M. Kelley : Je peux
comprendre cet argument-là, Mme la ministre, mais quand même, je comprends
qu'avec les... présentement, avec la consultation que vous vient à lancer, je
m'excuse si j'ai manqué, mais c'est prévu combien de rencontres pour discuter
le PGIRE avec les différents groupes? Je pense, j'ai vu un horaire que vous
avez déposé, mais c'est de comprendre c'est quoi, le processus de faire la
consultation pour le PGIRE. Si on parle de, comme, six ou cinq rencontres, je
sais que c'est beaucoup de travail. On a déjà parlé plusieurs fois sur
comment... le fait que vous avez déjà un agenda qui est pas mal chargé, mais
quand même, si c'est comme six consultations pour déterminer c'est quoi, la
direction de la société civile pour l'utilisation de notre énergie, moi, je ne
vois pas nécessairement une contrainte de faire ça chaque trois ans en place de
six. Puis aussi, Mme la ministre, de mémoire, les tarifs sont déterminés chaque
trois ans aussi. Alors, il y a peut-être une certaine logique, on tombe sur
trois, bien, c'est juste... il y a plein des éléments qui sont hyperimportants.
Encore, je lance la discussion.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, M. le député. Maintenant, la parole est à Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, merci,
M. le Président. Donc, bien, je voudrais souligner, en fait, que la partie que
l'on a initiée hier, à savoir les consultations, d'une part, il y aura... il y
en aura 13, de ces consultations-là. On veut couvrir le plus large territoire
du Québec possible dans le temps qui nous est imparti, bien sûr. Mais, ça,
c'est la pointe de l'iceberg, je vous dirais, au sens où c'est le début du
travail, de tenir ces consultations-là. Ensuite, il y a tout un exercice de
modélisation qui doit être fait sur la base de ce qui aura été communiqué,
proposé pendant les consultations. Et on reviendra ensuite avec un certain
nombre de scénarios qui refléteront différentes pistes d'action en lien avec
les consultations, et une décision, une consultation plus réduite sera... sera
faite pour... sur la base de ces scénarios-là, et une décision, ensuite, sera
prise. Donc, bref, il y a tout un travail très dense qui doit s'effectuer sur
une période au-delà d'une année, qui... pour aboutir avec le PGIRE, le premier
PGIRE. Donc, c'est pour dire que c'est bien au-delà des consultations, qui sont
centrales, bien sûr, le déclencheur de tout. Mais, voilà, il y a tout un
travail, aussi, qui se déroule par la suite.
M. Kelley : Parfait. C'est
vrai. Et je comprends, c'est la pointe de l'iceberg, puis après ça, il y a des
consultations, puis après ça, il y a tout le travail nécessaire pour vraiment
fournir un plan. Mais, en même temps, Mme la ministre, est-ce que c'est
peut-être une bonne idée de mettre un amendement, un ajout que chaque trois
ans, à la mi-chemin, il y a une petite révision qui est faite en lien avec...
pour juste s'assurer qu'on est sur la même page avec Hydro-Québec? Je pose la
question, si c'est nécessaire, parce que quand même, six ans, c'est une...
c'est une longue période. Alors, je me pose la question. Ou est-ce que c'est
prévu quand même dans le plan qui s'en vient — je sais qu'il y a,
j'imagine, des discussions — qu'une révision à mi-chemin va être
faite pour s'assurer que le PGIRE est sur le bon chemin. C'est tout.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, M. le député. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. Bien, je
voudrais attirer l'attention du député de Jacques-Cartier sur 14.5,
l'amendement fait, 14.5 qui indique que «le ou la ministre modifie le plan s'il
juge que des changements dans la situation et dans les besoins énergétiques au
Québec ou qu'une révision des orientations, des objectifs, des cibles visées à
l'article 14.2 le requièrent.» Donc, il y a cette possibilité-là, cette
ouverture, si on le juge... advenant qu'il y ait des développements
technologiques, par exemple, importants dans l'énergie solaire, hein? Pour
prendre un thème au hasard, on pourra... on pourra se permettre de faire une
révision en lien avec l'apport de l'énergie solaire dans le cadre du PGIRE.
Donc, cette possibilité-là, bref, elle existe en tout temps, même au-delà de la
période citée de trois ans. Cet article l'ouvre pour toute période durant le
six ans.
• (12 h 50) •
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre. M. le député.
M. Kelley : Je comprends. Et
je comprends qu'à 14.5, il y a la possibilité. Je ne sais pas si c'est
nécessaire de faire ça automatiquement. C'est juste une réflexion que j'ai eue.
Je ne pense pas que c'est nécessairement une mauvaise idée, mais, quand même,
qu'il y ait cette possibilité, si le ou la ministre détermine que c'est
nécessaire, je peux comprendre, mais on verra. C'est... c'est juste une
réflexion, M. le Président. Je ne pense pas que j'ai d'autres... autres
questions sur le six ans, ou cinq ans, ou trois ans, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, M. le député. Alors, nous sommes toujours à l'étude de l'article...
dans la <section...
Le Président (M. Montigny) :
...M.
le député. Alors, nous sommes toujours à l'étude de l'article... dans la >section 14.2
de l'article 4 tel qu'amendé. Alors, il y a d'autres interventions? Oui,
allez-y, M. le député.
M. Kelley : Nous avons un
amendement à déposer, M. le Président. Je demande une courte suspension.
Le Président (M. Montigny) : Avec
plaisir. Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 52)
(Reprise à 12 h 53)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous reprenons donc nos travaux. Nous sommes toujours à l'étude de l'article 4
de la section 14.2, et nous avons une proposition d'amendement. M. le
député, je vous laisse présenter votre amendement.
M. Kelley : Merci beaucoup,
M. le Président.
Alors, l'article 4, 14.2 :
Ajouter, à la fin du second alinéa de l'article 14.2 de la Loi sur le
ministère de l'Économie, de l'innovation et de l'Énergie, proposé par l'article 4
du projet de loi, les mots suivants :
«En ce sens, il prévoit la disponibilité
des blocs d'énergie nécessaires aux entreprises opérant au Québec, et ce, en
quantité suffisante pour assurer leur croissance.»
Alors, M. le Président, je vais présenter
mes arguments pourquoi je trouve que c'est nécessaire. J'espère que la ministre
a remarqué qu'on a utilisé l'expression «opérant», ici, pour les entreprises
déjà... Oui, c'est déjà installé ici, qui ont des opérations. Je pense que
c'est important, avec tout ce qui se passe présentement, on voit ça très, très
bien présentement, dans le contexte économique actuel, que c'est... L'énergie,
c'est le levier et aussi... un levier pour notre économie, hyperimportant, mais
aussi de s'assurer qu'on donne l'opportunité à des entreprises d'ici d'avoir la
première passe à des blocs d'énergie disponibles, qu'on regarde des entreprises
déjà opérantes ici, au Québec, puis on dit : Bien, vous autres, on va
s'assurer qu'il y ait l'énergie nécessaire pour votre croissance, pour vous de
créer des jobs qui sont importants et payants partout sur le territoire du
Québec. Parce que, quand même, M. le Président, les blocs d'énergie, oui, c'est
souvent en région, mais il y a aussi des grands blocs d'énergie qui sont souvent
demandés sur l'île de Montréal, ici à Québec, à Lévis. On peut regarder à Sherbrooke,
dans le coin des Cantons-de-l'Est. On peut regarder partout au Québec, c'est en
région, c'est dans les grands centres, des banlieues, tout ça.
Alors, pour nous, on en revient toujours à
cet argument, M. le Président, du Québec d'abord. Le premier ministre a dit ça
dans son discours qu'il a fait récemment, qui, dans ce contexte actuel, dans
une guerre commerciale avec les Américains, il faut prioriser les entreprises
d'ici. Je pense qu'aussi, M. le Président, on garde de la flexibilité, qu'on
commence avec des entreprises d'ici, on commence avec eux autres, puis, après
ça, on peut passer des autres investissements qui viennent de l'extérieur du
Québec. C'est sûr qu'on va toujours attirer, oui, de temps en temps, des
investisseurs qui viennent des autres juridictions, mais je pense qu'on a vu
plusieurs articles, dans les médias, des différentes entreprises qui disent :
Bien, moi, j'ai été refusé blocs d'énergie puis je ne sais pas pourquoi j'ai
été refusé, mais je vois qu'une entreprise comme Northvolt, on a roulé le tapis
rouge puis on a s'assuré que l'énergie était disponible, et ça rend les
entreprises un peu frustrées et déçues. Alors, je pense qu'on en a profité,
dans ce projet de loi, de mettre des mots... de mettre les mots du premier
ministre en action aussi, que c'est le Québec d'abord, puis il faut faire une
corvée économique.
Et, je pense, au sens ici, il faut que nos
projets de loi suivent qu'est-ce que le premier ministre a dit. Et ça, c'est
une bonne façon de mettre des entreprises déjà installées ici, au Québec, de
l'avant, puis s'assurer qu'ils sont compétitifs, qu'ils ont toute l'énergie
nécessaire d'agrandir leur entreprise. Alors, ça, c'est mes argumentaires pour
commencer, M. le Président, puis je vais laisser la ministre répondre à notre
suggestion, puis j'espère qu'on va avoir un bon dialogue là-dessus.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, M. le député de Jacques-Cartier. Maintenant, Mme la ministre, vous
avez la parole sur l'amendement <proposé...
Le Président (M. Montigny) :
...de Jacques-Cartier. Maintenant, Mme la ministre,
vous avez la parole sur l'amendement >proposé.
Mme Fréchette : Oui.
Merci, M. le Président. Donc, de ce que je comprends de la proposition
d'amendement, c'est qu'on voudrait, dans le fond, traduire une orientation,
déjà, qui risque de résulter du PGIRE dans le projet de loi. Or, nous,
l'exercice qu'on mène, c'est de faire en sorte de poser un cadre, mais un cadre
qui pourra évoluer, évoluer selon l'actualité, le développement économique,
selon la politique industrielle qui est adoptée par un gouvernement. D'un
gouvernement à un autre, ça peut varier, cette politique industrielle. Qui
sait, peut-être, dans 10 ans, on aura un gouvernement qui va essayer
d'adopter une politique de décroissance, hein? Ça, c'est quelque chose qui
pourrait survenir, là, dans plusieurs années. Donc, on veut laisser une
flexibilité dans le projet de loi pour faire en sorte que le PGIRE ne soit pas
attaché, les résultats du PGIRE ne soient pas attachés au projet de loi
lui-même, que le projet de loi prévoie le PGIRE, mais que la nature même des
discussions dans le cadre du PGIRE soit flexible et puisse être réalisée sans
contrainte imposée à l'avance par le projet de loi. Donc, je ne sais pas si je
suis suffisamment claire, mais c'est qu'on veut laisser, en fait, une
flexibilité, différentes approches économiques, différentes approches
industrielles être réalisées, mises en œuvre dans le cadre du projet de loi.
M. Kelley
: Oui, Mme
la ministre, mais quand même, je vois qu'il y a certaines orientations qui sont
un peu données dans le deuxième paragraphe. Alors, il y a comme un cadre qui
existe. On va avoir un PGIRE, mais ça va être basé sur une discussion et des
orientations d'efficacité énergétique, des marchés de l'électricité et du gaz
naturel, comme on parle un peu de ça, puis on parle quand même des cibles aux
approvisionnements, le développement des infrastructures énergétiques,
l'innovation. Alors, le raisonnement d'ajouter puis la question sur les blocs
d'énergie, je sais maintenant que c'est des discussions qu'on doit... C'est la
meilleure façon de l'écrire dans le langage juridique. Mais quand même, c'est
juste d'avoir une discussion sur les blocs d'énergie, je pense.
C'est... c'est sûr que dans la suite des
choses, on va construire puis bâtir plus d'énergies renouvelables, puis on va
voir des différents blocs de distribution d'électricité disponibles, puis on va
accorder ça. Je pense qu'on peut au minimum commencer qu'on va viser des
entreprises opérant au Québec. Puis après ça, on regarde les autres. C'est une
bonne façon quand même, dans le PGIRE, de dire qu'on va toujours mettre des
entreprises qui sont déjà installées ici, au Québec, de l'avant. C'est un
élément qu'on peut ajouter à l'orientation qui fait du sens, pratiquement, dans
la situation où on se trouve dans une guerre économique avec les Américains,
une guerre commerciale, excusez-moi. Mais quand même, je pense que des choses
ont changé, et quand même, dans 25 ans, j'espère que ce n'est pas le cas,
mais c'est très possible qu'on a toujours des situations difficiles avec nos
voisins, ou un autre président va arriver dans 15 ans puis c'est la même
chose. Alors, bref, de garder cet esprit et installer ça dans notre projet de
loi et quand même dans le PGIRE, qu'on va commencer avec cette base-là, qu'on
va toujours penser à des entreprises ici avant que les autres, avec notre
énergie qu'on va construire dans la suite des choses. Alors ça, c'est la
logique de notre suggestion, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) :
Merci, M. le député. Je vous remercie de votre collaboration, mais compte tenu
de l'heure, il est 13 heures et 16 secondes, la commission suspend
ses travaux jusqu'à 15 heures
(Suspension de la séance à 13 heures)
15 h (version révisée)
(Reprise à 15 h 09)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît! La Commission de l'agriculture, des pêcheries, de
l'énergie et des ressources naturelles.
Nous poursuivons l'étude détaillée du
projet de loi n° 69, la Loi assurant la gouvernance responsable des
ressources énergétiques et modifiant diverses dispositions législatives.
Lors de la suspension cet avant-midi, nous
étions à l'étude de l'amendement proposé par le député de Jacques-Cartier
concernant l'article 4 et 14.2. Alors, il est toujours affiché à l'écran.
Alors, maintenant, je vous laisse la parole.
M. Kelley : Merci beaucoup, M.
le Président, puis, je pense, j'étais sur le point de poser une question, mais
je vais juste faire un rapide résumé d'une intervention que j'ai faite avant
que nous avons pris notre pause, mais je pense que ça fitte bien dans les
orientations qu'on peut donner autour de le PGIRE, que ça, c'est un point de
départ, qu'on va toujours prendre en considération les entreprises opérant au
Québec déjà quand on octroie des blocs d'énergie, et, quand même, ça ne ferme
pas la porte à des autres options, des entreprises qui viennent de l'extérieur,
mais, quand même, qu'on va mettre le focus là-dessus.
Et je rappelle, dans certaines mémoires...
Par exemple, pour le FCCQ, dans leur mémoire prébudgétaire, dans le mémoire de l'Association
de l'aluminium du Canada, dans la présentation de MEQ et, quand même, de Vantage
Data Centers, il y a des arguments qui ont été faits de la même... dans le même
sens, là, qu'il faut... il faut favoriser les entreprises déjà installées ici
avec nos blocs d'énergie, puis, quand les gens sont bien pris en soin par le
gouvernement ou, quand même, leur répondre énergétique... énergétiques sont
répondues, on peut regarder à des autres options sur la table, et, je pense, ça
va dans le même sens de l'intervention de M. Sabia, quand il a dit qu'on
doit avoir un meilleur équilibrage entre comment on leur octroie des blocs d'énergie
dans l'avenir.
Alors, j'attends pour la réponse de la
ministre puis j'espère qu'on peut avoir un bon... un bon échange sur ce sujet
hyperimportant pour notre société et pour notre économie, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, merci, M.
le Président. Alors, bien, quelques commentaires. J'avais déjà commencé à
exposer, là, mes commentaires avant qu'on suspende nos travaux, mais, donc, ce
que j'indiquais, c'est qu'il ne faudrait pas indiquer dans le projet de loi des
résultats potentiels des discussions que nous tiendrons dans le cadre du PGIRE
et donner, donc, une orientation à l'avance, a priori, alors même qu'on veut
que ce soit dans le cadre du <PGIRE que l'on définisse...
Mme Fréchette :
...
orientation
à l'avance, a priori, alors même qu'on veut que ce soit dans le cadre du >PGIRE
que l'on définisse le type d'approche économique qui pourrait être adoptée, le
type de stratégie de répartition des mégawatts qui pourrait être adoptée.
Par ailleurs, je ne suis pas convaincue
qu'on puisse se qualifier par rapport à ce qui est écrit parce qu'on dit :
Il faut qu'on prévoie la disponibilité des blocs d'énergie nécessaires aux
entreprises. Or, le contexte dans lequel on se trouve en ce moment, c'en est un
de resserrement de l'offre énergétique, et, si on cumule toutes les demandes de
mégawatts d'entreprises québécoises et qu'on dit : Il faut s'assurer de
répondre à ces besoins-là, mais que l'offre énergétique ne correspond pas avec
le niveau de la demande parce que les projets sont nombreux, de facto, on est
en contravention avec le libellé, et le contexte de resserrement de l'offre
énergétique, il va... il va perdurer pendant un certain temps.
Donc, nous, on travaille fort à rehausser
cette offre énergétique, mais, si on s'impose de prévoir la disponibilité des
blocs d'énergie en fonction de la demande à laquelle on fait face, déjà, pour
les prochaines années, je vous dirais que ça va être difficile, il va... C'est
pour ça qu'on fait des choix, c'est pour ça qu'on s'est donné des critères, parce
que l'époque de surabondance des mégawatts, elle est révolue pour un certain
temps, en tout cas, et, par conséquent, il faut se doter de grilles d'analyse
pour octroyer ces mégawatts.
Ensuite, si on allait de l'avant avec ce
libellé-là qui donne préséance aux entreprises opérant au Québec, serait-on en
concordance avec les clauses des accords économiques internationaux? Je ne suis
pas certaine, parce qu'il y aurait un traitement différentiel entre les
entreprises établies ici puis celles qui voudraient s'établir ici. Donc, la
clause de traitement national que comportent les accords économiques
internationaux ne serait pas respectée.
Donc, bref, plusieurs éléments me... bien,
en fait, me questionnent et, bon, ne vont pas dans le sens de ce qu'on veut
adopter.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre. M. le député, avez-vous d'autres choses à rajouter?
M. Kelley : Oui. Alors, Mme
la ministre, je comprends l'argument concernant le PGIRE. Je ne suis pas
nécessairement d'accord. Je pense qu'on peut l'ajouter, puis ça marche bien, mais
est-ce qu'on peut trouver, dans une autre part, si c'est l'article 48, une
façon... Et je suis toujours ouvert à que c'est votre côté, le côté
gouvernemental, qui présente quelque chose ou des phrases qui marchent bien,
dans le sens que Me Marois peut travailler sur un texte pour nous ou quelque
chose comme ça, mais, bref, de ce concept-là, qu'au minimum il y ait une
priorisation des entreprises du Québec avec nos blocs d'énergie, est-ce que
c'est possible? Est-ce qu'on peut trouver ce type de langage au sein de ce
projet de loi ou encore on revient à les autres points que vous venez de
mentionner, qu'il y a des craintes avec nos accords internationaux, avec les
autres partenaires, et aussi qu'avec les questions de leurs demandes... Alors,
c'est impossible de trouver ce type de langage au sein de ce projet de loi?
Mme Fréchette : M. le
Président, bien, moi, je trouve que c'est une question d'équilibre. Comme... comme
je le dis souvent en Chambre, l'équilibre est important dans l'octroi des
mégawatts. Que ce soit un équilibre entre des entreprises qui sont situées en
région, d'autres qui sont en centre urbain, dans la métropole, des petites
entreprises, des plus grandes entreprises, des entreprises déjà établies au
Québec, d'autres qui voudraient s'y établir, il y a une question d'équilibre,
et c'est un fin équilibre au sens où je pense qu'il faut analyser plusieurs
variables à la fois quand on octroie les mégawatts, et on le fait à partir de
groupes de projets qui nous sont soumis. Donc, à chaque fois, il y a une
analyse multidimensionnelle, je dirais, qui est à faire. Alors, ça, c'est une
des dimensions, l'équilibre à trouver entre les entreprises déjà établies et
d'autres qui voudraient s'établir au Québec. C'est une dimension, mais ça ne
peut pas être la seule, parce qu'on se trouverait à avoir un déséquilibre,
ultimement, là, sur les autres aspects.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre. M. le député, avez-vous d'autres interventions?
M. Kelley : Oui, et, Mme la
ministre, peut-être juste aussi de revient sur... je pense que vous avez dit
des accords internationals ou des accords d'avec nos autres partenaires. Je
m'excuse si je n'ai utilisé pas le bon mot, mais la crainte, là, qu'est-ce
que... de favoriser les entreprises ici avec notre propre énergie, comment ça,
ça peut briser certaines ententes que nous avons ou, quand même, des... Je veux
juste bien comprendre ce point-là, parce que je comprends, là, des fois, avec
le contenu québécois, ça, ça peut... peut créer des enjeux avec nos
partenaires, mais, avec notre propre énergie, si on veut favoriser les
entreprises d'ici, quelles... quelles ententes ou quelles règles est-ce qu'on
brise avec ce type de politique?
Mme Fréchette : Il y a... il
peut y avoir, dans... dans la plupart des accords économiques internationaux,
il y a des <clauses de traitement national...
Mme Fréchette :
...il
peut y avoir, dans... dans la plupart des accords économiques internationaux,
il y a des >clauses de traitement national. Donc, normalement, on ne
peut pas appliquer une règle différente à une entreprise du fait qu'elle est
étrangère en comparaison de celles qui sont déjà établies au Québec. Quand il y
a un accord de libre-échange, ça fait souvent partie de la base de ces accords.
Donc, arrivant avec une proposition comme ça, c'est sûr que, là, on vient
mettre un traitement différencié entre les entreprises québécoises établies
déjà au Québec et d'autres qui ne le sont pas. Donc, à mon sens, il y a un
potentiel, là, de contrevenir à des clauses de traitement... à des clauses
d'accords économiques internationaux que l'on a, et voilà.
Par ailleurs, bien, il y a la question
aussi de la disponibilité suffisante de mégawatts par rapport à la demande. On
fait... on fait face à une demande importante à la fois du fait de la
décarbonation, du fait de la croissance économique. On a généré beaucoup de
demandes de mégawatts parce qu'on a travaillé fort aussi à créer des filières,
des filiales.... des filiales importantes sur le plan économique et on a été
dans une période, je dirais, de croissance ces derniers temps. Donc, ça fait en
sorte que, voilà, la demande pour les mégawatts est plus importante que
l'offre. Donc, assurément, on ne peut pas respecter cette clause-là, du moins
pour un certain temps, le temps que l'offre énergétique soit rehaussée.
M. Kelley : Je comprends
votre point de vue, là. Moi, je pense que, quand on regarde un petit peu ce qui
se passe dans le monde, quand même, de respecter nos entreprises avant les
autres, ça va dans le sens de Québec d'abord, puis ce n'est pas juste moi qui
me répète, M. le Président, c'est aussi le premier ministre du Québec, mais, je
comprends votre argumentaire, mais je trouve, pour la deuxième partie, quand on
parle de... qu'on prévoit la disponibilité qui est nécessaire pour les
entreprises d'ici et de s'assurer leur croissance énergétique, ça marche très
bien avec le 14.1, qu'on parle de pas mal ça, qu'il faut continuer de
promouvoir l'énergie, et tout ça, parce que, c'est vrai, on sait qu'on a des
calculs qui ont été faits par le gouvernement, par Hydro-Québec, sur les
besoins énergétiques qui s'en viennent.
Alors, on va produire l'énergie qui est
nécessaire pour les entreprises. Ça, c'est pourquoi on est en train de dire
qu'on va bâtir plusieurs différents types de sources d'énergie pour répondre à
la décarbonisation. Alors, je comprends, mais, en même temps, ça, c'est
l'objectif, je crois, de notre transition énergétique, c'est de s'assurer que
tout le monde a l'énergie nécessaire pour leur projet de décarbonisation et
pour l'économie de demain. Peut-être, je me trompe, mais c'est une bonne
discussion là-dessus. Je comprends que vous avez certaines réserves à ça, mais
je pense que ça marche bien avec la logique de nos discussions qu'on a déjà
eues.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Un dernier...
un dernier exemple, un dernier point, peut-être, un exemple où, par exemple,
une entreprise étrangère arriverait avec un projet créateur d'emplois bien
rémunérés, si cette entreprise-là ne se verrait pas octroyer les mégawatts
parce qu'on priorise une entreprise québécoise qui, elle, va être grande
émettrice de GES, avec très peu de création d'emplois, dans un secteur qui
n'est pas stratégique, donc, si on priorise le fait qu'elle soit au Québec pour
l'octroi des mégawatts, ça démontre, cet exemple-là... Je pense qu'il faut
faire une analyse complète. Il faut faire une analyse multidimensionnelle qui
va tenir compte non seulement de la présence au Québec, mais également des
retombées du projet d'investissement, du projet d'expansion ou d'établissement
de l'entreprise. Donc, voilà, à chaque fois, il faut faire le tour de la
question et ne pas se limiter à une dimension qui, certes, est importante, et
stratégique, et centrale, mais n'est pas unique à considérer, là.
• (15 h 20) •
M. Kelley : Je comprends, M.
le Président, mais le point de vue de cette entreprise... Je comprends, il y a
des secteurs stratégiques, mais, pour cette entreprise-là qui va quand même
créer des emplois ici, pour ce propriétaire qui est dévoué, qui, chaque jour,
se lève pour agrandir son entreprise, et le fait que, peut-être, il tombe à
l'extérieur de certains critères, puis l'autre arrive... je pense que je
comprends leur frustration, parce que, quand même, on peut dire : Bien,
peut-être que cette entreprise-là va créer x montant de jobs, des fois, ça
n'arrive jamais, mais les autres projets, entreprises à l'extérieur de cette
définition des secteurs stratégiques... a un projet hyperintéressant, quand
même porteur pour le Québec, peut-être, ce n'est pas 300 emplois, mais
c'est 150 ou 155, je ne sais pas, mais, quand même, c'est des créations des emplois
intéressants.
Je sais que l'argument, Mme la ministre,
que vous donnez, c'est de trouver l'équilibre, mais cette entreprise-là qui a
investi dans le Québec du jour 1... trouve à l'extérieur de certains critères,
puis ils sont rejetés d'un bloc d'énergie, je trouve ça dommage que... Je pense
que notre focus doit toujours être le Québec avant tout, mais je comprends, ça,
c'est un débat. On ne va pas trouver un terrain <d'entente, Mme la
ministre, qui... où on est 100 % d'accord...
M. Kelley :
...mais
je comprends, ça, c'est un débat. On ne va pas trouver un terrain >d'entente,
Mme la ministre, qui... où on est 100 % d'accord, mais, bref, je comprends
votre argumentaire. Moi, j'ai juste un différent point de vue là-dessus.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Mme la ministre, vous avez la parole maintenant.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. Bien, j'aimerais réitérer que notre approche, c'est le Québec d'abord,
parce qu'on veut s'assurer de l'analyse complète pour faire en sorte que le
Québec sorte gagnant des projets d'entreprises qui bénéficieront des mégawatts,
mais le Québec d'abord, ça ne veut pas juste dire que, si l'entreprise est déjà
établie au Québec... qu'on doit assurément lui octroyer tous les mégawatts
demandés, ça veut dire que le Québec d'abord, c'est que le Québec va gagner
avec le projet d'entreprise qui va être soutenu en termes de bloc d'énergie.
Puis j'aimerais rappeler, d'ailleurs, que
tous les projets d'entreprise de moins de cinq mégawatts sont automatiquement
acceptés, et cinq mégawatts, c'est l'équivalent de la consommation du Centre
Bell. Donc, ce n'est pas anodin comme niveau de consommation. C'est quand même
costaud. Donc, la grande majorité des demandes d'entreprise pour des mégawatts
seront répondues positivement considérant ça, mais à savoir que le Québec y
gagne... quand l'ensemble des éléments, à savoir les retombées économiques,
environnementales, sociales, sont pris en considération, je pense que c'est là
qu'on est gagnants. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
M. Kelley : C'est correct
pour... M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Oui, M. le député de
Maurice-Richard.
M. Bouazzi : M. le Président,
nous avons bien écouté Mme la ministre et nous voudrions apporter un
sous-amendement.
Le Président (M. Montigny) : Parfait,
je vous entends bien. Alors, vous souhaitez apporter un sous-amendement. Il a
été déjà transmis, si je crois bien, au secrétariat de la commission. Est-ce
que vous êtes en mesure de l'afficher maintenant? Oui, on va être en mesure de
l'afficher maintenant. Alors, vous proposez, donc, un sous-amendement à
l'amendement proposé actuellement à l'étude. Alors, M. le député de
Maurice-Richard, je vous laisse la parole pour présenter votre proposition de
sous-amendement.
M. Bouazzi : Oups! Je sens
qu'il y a un problème. Ah oui! Si, si, ça marche.
Le Président (M. Montigny) : Souhaitez-vous
un petit moment de suspension?
M. Bouazzi : Juste donnez-moi
30 secondes, peut-être, parce que... Non, on est corrects, à partir des mots...
OK, c'est bon, on est corrects. Excusez-moi.
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
M. Bouazzi : Donc,
l'amendement à l'article 14.2 introduit par l'article 4 du projet de
loi est modifié par le remplacement à partir des mots «, et ce,» par le suivant :
«pour favoriser leur décarbonation».
Donc, si on lit plus bas, donc : «En
ce sens, il prévoit la disponibilité des blocs d'énergie nécessaires aux
entreprises opérant au Québec pour favoriser leur décarbonation.»
Ici, on vient faire deux choses, d'abord
enlever la question de quantité suffisante, parce que je comprends
effectivement qu'il est possible qu'on n'ait juste pas assez de blocs, tout
simplement, et puis j'ai... j'ai cru comprendre que vous aviez parlé de la
possibilité d'avoir un gouvernement décroissantiste. Je prends pour acquis,
quand même, que ce n'est pas tout de suite que ça va arriver.
Ceci étant dit, l'idée ici, c'est de dire :
Bien, il faut commencer à favoriser la décarbonation des compagnies qui se
trouvent sur notre territoire. Ça va un peu dans le sens... Et peut-être que
nous n'avons pas exactement la même interprétation de ce que M. Sabia a dit,
mais l'extrême majorité de ce qui a été distribué dans les deux dernières
années avait pour objectif des croissances, et beaucoup, évidemment, étaient à
des compagnies étrangères. D'après nos calculs, le 25 % qui devait servir
à la croissance plutôt qu'à la décarbonation a déjà été distribué par votre
prédécesseur, Mme la ministre, et donc il serait largement temps d'aborder le
problème tel qu'il devrait être, c'est-à-dire que... favoriser la décarbonation
de nos industries locales avant tout.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Mme la ministre, je vous
laisse la parole.
Mme Fréchette : Oui, merci,
M. le Président. Bien là, je trouve qu'on a un excellent exemple du type de
flexibilité qu'il faut laisser dans le projet de loi. On a eu le député de
Jacques-Cartier qui... pour lui, c'était l'élément de croissance qu'il était
important de prendre en considération dans le cadre de nos orientations à
venir. Dans le cas du député de Maurice-Richard, bien, ce n'est pas la
croissance, c'est la décarbonation qui... qui doit prédominer, et c'est tout à
fait louable.
Les deux points de vue sont légitimes,
mais c'est exactement ça pour... ce pour quoi on fait la tournée du PGIRE,
c'est pour entendre les gens nous exprimer leurs préoccupations. Est-ce que,
pour eux, c'est plus la croissance, la décarbonation, l'efficacité ou la sobriété
énergétique? Qu'est-ce qui prime dans leur <vision des choses...
Mme Fréchette :
…l'efficacité
ou la sobriété énergétique? Qu'est-ce qui prime dans leur >vision des
choses? Eh bien, quant à nous, ce n'est pas le projet de loi qui doit répondre
à cette question, c'est le PGIRE, le PGIRE qui sera remis à jour aux six ans et
qui va permettre de refléter les nouvelles orientations qui se dégageront, mais
il faut que le projet de loi reste flexible et donne le cadre dans lequel cette
vision-là va s'exprimer suivant la politique gouvernementale qui est mise en
œuvre.
Donc, je reviens quant à l'idée que,
voilà, il faut que le projet de loi offre le cadre et repose sur les
consultations, et les consultations vont mettre de l'avant différents scénarios,
et, à chaque fois, le gouvernement en place aura à trancher parmi ces
scénarios, mais on ne peut pas présumer d'avance quelle sera la réponse. En
tout cas, je pense que ce ne serait pas de rendre service aux gens que de
présumer d'avance des discussions qui résulteront du PGIRE.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre. M. le député, je vous laisse la parole.
M. Bouazzi : Bien, moi, je
veux bien qu'il y ait de la flexibilité pour la première partie, mais, pour la
deuxième, je pense, je ne vois pas pourquoi il y aurait de la flexibilité, c'est-à-dire
que le résultat du PGIRE ne serait pas de la décarbonation. Bien, je veux dire,
bien sûr que, si vous vous donnez des objectifs sur 25 ans, c'est pour
arriver en 2050 avec un Québec décarboné, là.
Donc, non, il n'y a pas de flexibilité sur
cette question-là. À date, malheureusement, les décisions qui ont été prises
par votre prédécesseur, principalement, ça a été de ne pas favoriser la
décarbonation. Dans le plan qui nous a été présenté par Hydro-Québec, 75 %
de la nouvelle énergie devait servir à décarboner et 25 % à faire de la
croissance économique, et, de la bouche des spécialistes qui sont venus nous
parler en commission, et même des déclarations de M. Sabia, bien, il y a un
choix qui a été fait, et ça a été de miser sur la croissance.
Alors, on peut se poser la question, si
elle est au rendez-vous ou pas. Évidemment, aux yeux d'un certain nombre de
projets qui ont vraiment très mal abouti à date, mais ce n'est pas la question,
c'est de ne pas avoir favorisé la décarbonation. Or, dans le plan
d'Hydro-Québec, sur les 180 térawattheures, à terme, qu'on aurait, il y en
aurait 75 % pour décarboner et le 25 %, en tout cas, pour d'ici 2030,
on l'a déjà entièrement distribué pour la partie de la croissance.
Donc, en tout respect, je pense
qu'effectivement le projet de loi devrait apporter une certaine contrainte sur
l'idée de favoriser, on a pris quand même un mot qui apportait une flexibilité,
«favoriser», et, pour le reste, on peut avoir de la croissance ailleurs, là,
mais on ne va pas négocier des objectifs qui font en sorte qu'on est capables
ou pas, tous ensemble, d'essayer de… au moins essayer de garantir une planète
vivable pour les prochaines générations, Mme la ministre.
Donc, oui, on peut présumer du résultat du
PGIRE. C'est-à-dire que, si le résultat du PGIRE, c'est : Doublons la
quantité de carbone qu'on produit d'ici 2050 parce que «yolo», là, c'est un
très, très mauvais… «yolo» pas, là, c'est comme… il faut… il faut faire quelque
chose. Donc, je me permets de dire : Vous avez raison, si votre
interprétation, c'est qu'il y ait de la flexibilité et qu'on enlève ça, bien,
s'il vous plaît, gardons-le parce que ce n'est pas normal d'avoir de la
flexibilité sur la décarbonation en 2025. Ce n'est pas une option, et c'est un
cadre dans lequel les gens qui vont travailler au PGIRE doivent réfléchir, puis
il reste plein de flexibilité sur comment la faire, la décarbonation, là, mais
c'est le cadre dans lequel on doit réfléchir.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci. Mme la ministre, maintenant, je vous laisse la parole.
• (15 h 30) •
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. Bien, quand je dis que différents scénarios pourront être mis en
œuvre, ça pourrait inclure même un scénario qui aille plus vite que ce que… ce
à quoi nous, on s'est engagés, à savoir décarboner l'économie d'ici 2050. Il
pourrait y avoir un gouvernement qui dise : Bien, non, nous, ça va être
2040. Alors là, ça va être à fond la caisse pour la décarbonation, et puis le
développement économique, on y reviendra dans un autre temps. Ça pourrait être
une option. Ça pourrait être une option, pour un autre gouvernement, de dire :
Bien non, pour nous, ça va être du développement économique puis la
décarbonation passera en seconde ou en tierce...
Il faut laisser, bref, s'exprimer les
différentes visions. Donc, ça, c'est un élément qui est important, je crois, à
conserver, puis je reviens sur le fait que, dans le libellé, il y a tout de même
l'idée qu'il faut prévoir la disponibilité des blocs d'énergie aux entreprises
opérant au Québec, et j'aimerais souligner que, quand on dit «aux entreprises
opérant au Québec», il y a beaucoup de ces entreprises qui sont détenues par
des intérêts non québécois. Alors, ce n'est pas parce qu'on est… on écrit
«opérant au Québec» qu'on ne sert que des entreprises, concrètement, 100 %
québécoises, là, donc, mais je réitère le fait qu'à mon sens ça, ça va
contrevenir, je pense, à des clauses d'accords économiques de libre-échange que…
auxquels on s'est engagés. Donc, il y a des bonnes chances que ça ne passe pas
le test de ces clauses des accords...
15 h 30 (version révisée)
Mme Fréchette : ...économiques
de libre-échange que... auxquels on s'était engagés. Donc, il y a des bonnes
chances que ça ne... ça ne passe pas le test de ces clauses des accords.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre. M. le député, je vous laisse la parole.
M. Bouazzi : Bien, là-dessus,
on est tout à fait d'accord, Mme la ministre, là, les frontières entre ce qui
est détenu par des capitaux locaux ou des capitaux étrangers sont non seulement
floues, mais terriblement mouvantes dans notre économie mondialisée. Par
contre, les travailleurs qui y travaillent, eux, ils sont sacrément locaux, là,
et... Et donc, nous, c'est plus aux travailleuses et aux travailleurs qu'on
pense parce que si, ici, on ne favorise pas leur décarbonation, et qu'ils se
retrouvent à ne pas avoir accès aux blocs qui leur permettent... bien, ça, ça
veut dire des mises à pied et puis il y a des régions où ça va être
terriblement difficile. Ça fait que... ça fait que, là, moi... laissez-moi être
d'accord avec vous, au moins, sur la partie de dire, bien, oui, des compagnies
qui opèrent ici ne sont pas spécialement propriété de capitaux québécois, mais
décarbonons les industries qu'on a qui opèrent chez nous, par respect pour les
travailleuses et travailleurs, et puis aussi, donnons-nous l'objectif de
prioriser la décarbonation.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Eh bien, j'ai
un dernier commentaire pour dire que, bien, c'est une question d'équilibre,
pour nous, à trouver entre le développement économique et la décarbonation.
Donc, c'est un équilibre qui devrait être recherché parmi les autres que j'énonçais
tout à l'heure, autres types d'équilibre entre des entreprises en région, d'autres,
en zone métropolitaine, etc. Donc, voilà, je pense qu'on a fait le tour de la
question.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
D'autres interventions? M. le député de Maurice-Richard,
je vous laisse la parole, et, par la suite, il y aura d'autres collègues qui
voudront intervenir.
M. Bouazzi : Rapidement,
parce que je pense que c'est vrai qu'on commence à faire le tour de la
question. Mais est-ce que, Mme la ministre, vous considérez que, sur les deux
dernières années, cet équilibre-là a été respecté?
Mme Fréchette : Bien, écoutez,
moi, je pense qu'à chaque fois il faut réévaluer la nature de l'équilibre, puis
on va s'assurer que, pour les deux prochaines années, cet équilibre-là soit
atteint. Alors, c'est la conduite que je me suis donnée pour les deux
prochaines années.
M. Bouazzi : Donc, M.
Fitzgibbon a distribué 2 500 mégawatts en deux ans. Est-ce que je
comprends que vous considérez que ce n'était pas équilibré? Parce que vous n'avez
pas dit oui, là, je comprends qu'il y a un malaise. Donc, c'est... on en est
où? Est-ce que... si c'était à refaire, est-ce qu'on ne donnerait pas un peu
plus à décarboner les industries locales?
Mme Fréchette : Il y en a une
grande part, de ces entreprises qui ont bénéficié des mégawatts, qui étaient
établies au Québec. Ça, c'est un des équilibres qu'on doit rechercher. Alors,
pour moi, c'est le fait d'être établi au Québec qui doit être le critère d'analyse,
et non pas à quels intérêts ces entreprises-là appartiennent nécessairement,
parce que, sinon, ça va être vraiment... je ne veux pas voir le type d'analyse
qui devrait être fait.
Est-ce qu'Alcan, Rio Tinto Alcan, c'est
Québécois ou ce n'est pas Québécois? Moi, à partir du moment où ils opèrent au
Québec, où ils créent des emplois pour les Québécois, où ils sont dans des
secteurs stratégiques, eh bien, je les considère comme étant une entreprise,
entre guillemets, québécoise, parce que ça répond à ce que l'on recherche comme
gouvernement, à savoir générer de la croissance économique, de générer le
développement, la création de bons emplois pour les Québécois, nichés, dans des
créneaux d'avenir. Alors, quand je regarde les mégawatts qui ont été alloués,
bien, une très grande part de ces mégawatts étaient pour des entreprises
établies... opérant au Québec.
M. Bouazzi : Oui, je vous
entends, mais ce n'était pas ma question. Je veux dire, le problème, encore une
fois, si on revient au plan d'Hydro-Québec, 75 % pour décarboner, 25 %
pour créer de la nouvelle économie, il n'a jamais été question de compagnies
étrangères ou pas étrangères dans ce plan-là. À ma connaissance, le mot n'apparaît
pas dans le... dans le plan, pour l'avoir lu à plusieurs reprises. Et M. Sabia
lui-même a trouvé qu'on a priorisé le 25 % par rapport au 75 %.
Est-ce que vous considérez que M. Sabia a erré en nous disant qu'il fallait
rééquilibrer?
Mme Fréchette : Mais je pense
que c'est important de préciser que le 75 % auquel réfère Hydro-Québec, c'est
pour l'ensemble des mégawatts, ce n'est pas que pour les plus de cinq
mégawatts. Donc, on ne peut pas analyser avec le filtre seulement des projets
de plus de cinq mégawatts, si l'atteinte de ce chiffre-là a été obtenue ou pas.
Il faut inclure aussi toutes les demandes de moins de cinq mégawatts. Et là je
n'ai pas de chiffres sur ce qui a été réalisé, donc, ces dernières années par
rapport à ce critère-là.
M. Bouazzi : Bien, par rapport
aux 2 500 mégawatts, Mme la ministre, moi, je n'ai pas les chiffres,
mais je <peux...
M. Bouazzi : ...Bien,
par rapport aux 2 500 mégawatts, Mme la ministre, moi, je n'ai pas
les chiffres, mais je >peux vous garantir que ce n'est pas grand-chose
par rapport à 2 500 mégawatts. On s'entend que
2 500 mégawatts, c'est beaucoup d'électricité, c'est énormément
d'électricité. Ça fait que je ne sais pas combien ça fait, les demandes de
moins de cinq mégawatts, mais ce n'est pas grand-chose. Ça fait qu'on pourrait
peut-être même les enlever de l'équation pour pouvoir avoir la conversation que
M. Sabia nous a proposé d'avoir, de toute façon.
Je pense que... moi, je pense que
M. Sabia avait raison de dire que nous n'avons pas priorisé la question de
décarbonation des compagnies qui se retrouvent sur notre territoire. Je pense
que c'est une question de stabilité économique, c'est une question de stabilité
sociale, c'est une question, évidemment, écologique. Donc, je continue à penser
qu'il n'y a pas de flexibilité à avoir là-dessus, mis à part les défis
techniques et les limites d'Hydro-Québec. Ça fait que je vais laisser peut-être
mes collègues réagir à ce stade.
Le Président (M. Montigny) :
Merci beaucoup. J'ai eu une demande de parole, mais, Mme la ministre, vouliez-vous
rajouter quelque chose avant?
Mme Fréchette : Non, ça
va.
Le Président (M. Montigny) :
Parfait. Mme la députée de Robert-Baldwin, je vous laisse la parole maintenant.
Mme Garceau : Merci
beaucoup, M. le Président. Je regarde l'amendement du député de Maurice-Richardconcernant l'équité, l'équilibre, et l'amendement de mon
collègue de Jacques-Cartier. Il me semble qu'il faudrait prévoir dans le PGIRE,
un objectif directeur lié au Québec d'abord, dans le sens que... Puis, on va se
le dire, les conséquences dans lesquelles on se retrouve actuellement, où il y
a la diminution de l'offre, puis il faut, évidemment, augmenter la production...
il y a eu des conséquences des décisions prises par votre prédécesseur, où on
avait trop d'énergie, on a vendu, puis, après ça, on a pris la décision d'aller
investir dans Northvolt, et on a gelé le 350 mégawatts, qui a fait en
sorte qu'on ne pouvait pas donner des blocs d'énergie à des PME ici au Québec.
Ils se sont vu... ils se sont vu refuser des blocs. Ça, ça me préoccupe, je
dois vous dire.
Et quel message est-ce qu'on est en train
de transmettre ici aux Québécois qui ont des entreprises, qui travaillent
extrêmement fort pour les maintenir, et surtout depuis la pandémie? Et donc il
me semble que c'est décevant que nous soyons dans cette situation-là où on ne
peut pas carrément intégrer un principe, l'objectif, un principe directeur de
Québec d'abord, qu'on investisse dans nos PME pour le développement dans nos
régions, pour aider nos familles ici au Québec.
• (15 h 40) •
Oui, je peux comprendre, les entreprises
étrangères, et tout ça, c'est important, c'est des investissements ici au
Québec, mais avec tout ce qui se passe dans le monde actuellement, et la guerre
commerciale, j'ai de la difficulté, Mme la ministre, en ce moment, là, surtout
dans le PGIRE, parce que ça va être le plan pour les six prochaines années, que,
là, on est en train de prendre des décisions compte tenu de, ah! bien, la
situation actuelle, qui... C'est très malheureux, parce que c'est des
conséquences de décisions qui ont été prises par le gouvernement, qui sont en
train de nuire à nos PME et à nos investissements, ici, au Québec.
Il me semble que, dans toute cette
question de l'objectif du PGIRE, l'objectif de la transition énergétique, au
cœur de tout ça, il faut que ce soit le principe du Québec d'abord. Parce qu'on
voit les conséquences avec les États-Unis en termes de nos marchés, puis qu'on
a été trop, trop dépendants depuis trop d'années, et voici maintenant les
conséquences avec un nouveau gouvernement, où, là, on est en train de... on a
des difficultés financières assez substantielles, et là il faut diversifier, il
faut aller en Europe, il faut aller en Asie, et là on est en train de regarder
aussi les barrières interprovinciales, et tout ça, mais ça nous a mis dans une
situation critique.
Et là, maintenant, on a la possibilité de,
peut-être, dans un certain sens, corriger le tir pour <l'avenir...
Mme Garceau :
...Et
là, maintenant, on a la possibilité de peut être, dans un certain sens,
corriger le tir pour >l'avenir, les six prochaines années, mais aussi
les 25 prochaines années, pour transmettre le message que, non, on va
prendre soin de notre monde, de nos familles, des générations... aussi, des
entreprises familiales, où c'est de génération en génération que le fiston
prend la relève de son père, et ainsi de suite. Il me semble qu'il faut
l'encourager. C'est important pour, aussi, le développement dans nos régions.
Et... Mme la ministre, je ne sais pas,
pour moi, de prévoir la disponibilité des blocs d'énergie nécessaires à nos
entreprises qui sont ici, qui opèrent au Québec, si ce n'est pas à 14.2... Il
me semble que c'est un objectif important, qui transmet un message aussi aux
Québécoises et aux Québécois que cette transition énergétique, ça va être le
Québec d'abord, puis on va s'assurer que nous, là, on va en avoir assez, de
blocs d'énergie, pour les transmettre à nos entreprises ici, au Québec. Puis ça
ne veut pas dire qu'il n'y en aura pas de l'étranger, mais il me semble qu'il
faut avoir un principe directeur ici, favorable à nos entreprises, et pas :
Bien, on va regarder les situations puis on va évaluer au Québec. Nos
entreprises québécoises, on les met sur le même... sur... je ne sais pas, sur le
même plancher que les entreprises étrangères. On est en train d'évaluer, là,
mêmes standards, mêmes critères, mêmes...
Est-ce qu'on ne devrait pas être un petit
peu plus entreprises québécoises? Étrangères, OK, mais regardons... Parce que
peut-être qu'ils ne vont pas cocher toutes les cases, mais, au bout du compte,
c'est important ici, au Québec, de non seulement protéger nos acquis, nos
entreprises, mais favoriser aussi le développement en même temps, puis il me
semble qu'on n'est pas en train de transmettre ce message-là aux Québécoises et
aux Québécois quand on dit : Ah! bien, on va évaluer pas mal tout le monde
là, sur la même... les mêmes critères, puis là peut-être que, ah! il va y en
avoir plus, d'entreprises étrangères qui vont être... qui vont cocher plus de
cases que les entreprises québécoises. C'est ça, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la députée de Robert-Baldwin. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Bien, on parlait, dans l'intervention précédente, je trouve, de deux
sujets différents, notamment, de notre dépendance au marché américain, et du
fait qu'il faille soutenir les entreprises québécoises. Or, on peut très bien ne
soutenir que des entreprises québécoises et, néanmoins, être trop dépendants du
marché américain, parce que ce sont des entreprises québécoises qui exportent
aux États-Unis. Ce n'est pas nécessairement des étrangers qui viennent exporter
aux États-Unis, c'est aussi le fait de PME québécoises. Et quand on dit qu'il
faille réduire notre dépendance au marché américain c'est qu'on veut
diversifier les marchés d'exportation, aller vers l'Europe, vers l'Amérique
latine, vers l'Asie, vers l'Afrique, l'Australie. Donc, il ne faut pas
confondre, là, les deux notions. On peut très bien soutenir et n'offrir des
mégawatts qu'à des entreprises québécoises établies au Québec et, néanmoins,
avoir une trop grande dépendance au marché américain.
Le resserrement de l'offre, j'aimerais
revenir aussi là-dessus, il est le fait, en fait, de plusieurs choses. D'une
part, du mouvement de transition énergétique, qui s'est opéré à grande vitesse,
et qui a été bien adopté, je dirais, par les Québécois, et qui a créé une
demande énergétique. Il a été le fait aussi d'un manque d'investissement chez
Hydro-Québec pendant un certain nombre d'années, et également, de la
consommation de certains... grande consommation de certains acteurs. Quand on
pense, par exemple, au 5G, ça requiert des centres de traitement de données. Il
y a des centres d'hébergement de données qui sont des grands consommateurs.
Mais ça, c'est les nouvelles technologies aussi qui nous amènent vers ce type
d'acteurs économiques, qui requièrent beaucoup de mégawatts. Alors, c'est un
ensemble, bref, d'éléments qui ont généré la situation dans <laquelle...
Mme Fréchette :
...Alors,
c'est un ensemble, bref, d'éléments qui ont généré la situation dans >laquelle
on se trouve.
Et, en plus, on a été aussi à la tête, je
pense, d'un mouvement de création d'entreprises, de projets d'entreprises dans
des filières stratégiques qui requéraient aussi des mégawatts. Et nous, ce à
quoi on a contribué, c'est notamment la réindustrialisation du Québec à travers
la filiale... la filière batterie, en créant des milliers d'emplois, puis on le
voit bien dans le parc industriel de Bécancour, avec les projets de Mirame...
Mirae, d'Air Liquide, d'Ultium CAM, de Nouveau Monde Graphite, qui vont
prendre... vont prendre effet à Bécancour et dans un grand nombre de régions du
Québec. Eh bien, c'est une réindustrialisation du Québec dans un créneau
d'avenir qui est en train de s'opérer. Alors, quand on fait ça, c'est qu'on met
le Québec d'abord, au sens où on crée des emplois au Québec, bien rémunérés
dans un créneau d'avenir. On le sait, la tendance de fond vers la transition
énergétique, vers les véhicules électriques, elle est là pour rester, elle ne va
aller qu'en se renforçant. C'est sûr qu'il y a des épisodes qu'on connaît
actuellement du fait de l'arrivée d'un président, qui vont dans certains...
dans certaines strates, faire en sorte de ralentir ce mouvement, mais la trame
de fond, elle est là.
Alors, voilà, c'est qu'on met le Québec
d'abord quand on s'assure de positionner le Québec dans des secteurs d'avenir
de la sorte et qui viennent créer des emplois en grand nombre. Donc, je pense
qu'on se rejoint sur l'idée. Il faut bien comprendre que la stratégie qu'on a
prise s'inscrit tout à fait dans cette orientation de mettre le Québec d'abord.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre. D'autres interventions? Oui, Mme la députée de Robert-Baldwin,
vous avez la parole.
Mme Garceau : C'est une
question... Je comprends votre définition du Québec d'abord. C'est peut-être...
dans un certain sens, je la comprends, mais pour nos PME actuelles, nos
entreprises québécoises qui sont ici, qui se sont vu refuser des blocs
d'énergie, je ne sais pas si, eux autres, ils vont le comprendre de la même
façon. Et donc je tente de voir avec vous, Mme la ministre, est-ce que, dans le...
dans la suite... dans l'avenir, la suite des choses, il ne devrait pas y avoir
une priorité pour nos PME ici, au Québec, en termes des blocs d'énergie, la
disponibilité des blocs d'énergie, de leur permettre d'avoir des blocs
d'énergie, surtout ceux qui se sont vu refuser des blocs d'énergie. Là, je ne
sais pas, il va y avoir probablement... on va, comme on dit, dégeler des blocs
d'énergie qui avaient été mis de côté pour Northvolt. J'ose croire que ça va
aller à des entreprises québécoises, mais il me semble que, dans ce... dans ce
plan, dans les objectifs d'une transition énergétique, dans la définition d'un
Québec d'abord, il faut... on ne peut pas mettre les entreprises étrangères et
les entreprises québécoises au même niveau, là, il me semble, d'évaluation. Il
me semble qu'on est en train de nuire à nos entreprises québécoises si on le
fait de cette façon-là.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Merci, Mme la députée. Mme la ministre, maintenant.
Mme Fréchette : Oui, merci,
M. le Président. J'aurais une question, en fait, pour la députée : Comment
est-ce qu'elle définit «entreprise québécoise»?
• (15 h 50) •
Mme Garceau : Bien, évidemment,
je le sais, les employés, les employeurs sont d'ici, au Québec. Est-ce qu'il
pourrait y avoir des actions détenues par des compagnies... des entreprises
étrangères? Oui. Mais la majorité, c'est québécois, la majorité des
actionnaires, c'est québécois, ce sont des Québécois.
Mme Fréchette : OK, donc Rio
Tinto Alcan, ce n'est pas Québécois?
Mme Garceau : Bien, ils sont
ici, je le sais, au Québec, mais moi, j'essaie de regarder l'avenir, Mme la
ministre.
Mme Fréchette : Oui, mais la
propriété n'est pas majoritairement québécoise, donc...
Mme Garceau : Je regarde...
Là, je regarde, PME, ceux qui se sont vu refuser des blocs d'énergie. Moi, je
regarde ces entreprises-là en ce moment, et leur avenir. Et compte tenu de
qu'est-ce qui se passe avec Northvolt, est-ce qu'on va pouvoir donner des blocs
d'énergie à ces entreprises-là pour mettre en valeur les entreprises
québécoises, les PME, là? Je ne parle pas des grandes entreprises.
Le Président (M. Montigny) : ...Mme
la députée. Mme la ministre, souhaitez-vous intervenir à nouveau? Juste
simplement <rappeler...
Le Président (M. Montigny) :
...Mme la ministre, souhaitez-vous intervenir à nouveau? Juste simplement >rappeler
que nous sommes toujours à l'étude d'un sous-amendement d'un amendement qui est
déjà à l'étude. Alors, simplement pour resituer, là, les gens qui nous écoutent.
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, merci.
Juste pour revenir sur Northvolt, parce que j'entends la députée revenir
souvent sur cet exemple-là, les mégawatts requis n'étaient pas pour cette
année, là, c'est pour les années à venir. Donc, si ces mégawatts-là ne sont pas
requis en aussi grand nombre, bien, ce n'est pas cette semaine qu'on peut
réorienter les mégawatts en question parce que c'était des projets qui allaient
se dérouler sur les années... les années à venir. Mais le PGIRE va servir
exactement à ça, à tracer le chemin pour faire en sorte de répondre le plus
adéquatement possible et entièrement possible aux demandes auxquelles on fera
face, sur le plan économique, en termes de mégawatts. Et je rappelle que tous
les projets de moins de cinq mégawatts, puis Dieu sait que les PME en ont en
quantité, de ces projets de moins de cinq mégawatts, seront répondus sans
analyse. C'est une question de service à la clientèle habituel.
Donc, moins de cinq mégawatts, ça va de
l'avant, il n'y a pas d'enjeu pour qui que ce soit. C'est à partir du moment où
les projets sont de plus grande envergure que, là, il y a une analyse, donc,
qui est menée. Mais nous, notre volonté, c'est de faire en sorte que le PGIRE
identifie nos besoins à moyen puis à long terme, et, ensuite, qu'on développe
la stratégie pour faire en sorte de répondre adéquatement à ces besoins à moyen
et à long terme. Et tout... toutes les sources d'énergie, y compris
l'efficacité énergétique et la sobriété énergétique, seront mises à
contribution pour atteindre cet objectif-là et tracer le meilleur chemin qui
soit. Mais des chemins... il pourrait y en avoir différents, chemins, qui
soient identifiés. Je pense que chacune de nos formations politiques
identifierait un chemin distinct des autres pour atteindre l'objectif ultime.
Donc, même si on s'entendait sur l'objectif ultime, je ne suis pas certaine
qu'on prendrait exactement tous le même chemin. Alors, le PGIRE vise, justement,
à donner la possibilité de faire varier ce chemin-là pour atteindre un objectif
ultime, qui est probablement commun.
Le Président (M. Montigny) :
Merci beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur le sous-amendement
proposé par le député de Maurice-Richard? Comme il n'y a
pas d'intervention sur le sous-amendement du député, nous allons procéder à la
mise aux voix du sous-amendement, tel que présenté, par appel nominal.
M. Bouazzi : S'il vous
plaît.
Le Président (M. Montigny) :
Merci beaucoup, nous allons procéder. Mme la secrétaire.
La Secrétaire
: Pour,
contre, abstention. M. Bouazzi (Maurice-Richard)?
M. Bouazzi : Pour.
La Secrétaire
: Mme Fréchette
(Sanguinet)?
Mme Fréchette : Contre.
La Secrétaire
: M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Contre.
La Secrétaire
: M. Sainte-Croix
(Gaspé)?
M. Sainte-Croix :
Contre.
La Secrétaire
: M. Tremblay
(Dubuc)?
M. Tremblay : Contre.
La Secrétaire
:
M. Kelley... M. Garceau, pardon... M. Bussière (Gatineau)?
Pardon.
M. Bussière : Je savais
que... je savais que j'étais pour y arriver un jour, mais...
Une voix : Bussière. On a
changé de place.
M. Bussière : Contre.
La Secrétaire
: M. Kelley
(Jacques-Cartier)?
M. Kelley
:
Abstention.
La Secrétaire
: Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Abstention.
La Secrétaire
:
M. Montigny (René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) :
Abstention. Alors, la proposition de sous-amendement est rejetée. Nous revenons
donc à l'étude de l'amendement du député... ça va bien, j'ai un blanc... de Jacques-Cartier.
On va prendre du café.
M. Kelley
: ...de
Garceau.
Le Président (M. Montigny) : On
va prendre... on va prendre un peu de café.
M. Kelley
: Ce n'est
pas grave, ce n'est pas grave.
Le Président (M. Montigny) :
Alors, M. le député, c'est votre amendement. Je vous cède la parole maintenant.
M. Kelley
: Merci,
merci. Je veux revenir un petit peu, M. le Président, sur la discussion que ma
collègue a eue avec la ministre. Mais, première des choses, les raisons pour
quoi on a dit comme des entreprises opérant au Québec, ce n'est pas les Rio
Tinto de ce monde, s'ils sont inclus, mais, après ça, oui, on regarde... et
certains des critères doivent être importants, que la majorité des actionnaires
sont des Québécois, c'est des gens qui ont lancé des entreprises, et moi, je
pense que ça fait du sens, des petites entreprises qui sont devenues des
moyennes entreprises, qui rêvent d'être des grandes entreprises. Alors, je
pense que ça marche dans cette logique-là. Et, c'est vrai, quand des
entreprises cherchent du financement, ils vont sur les marchés publics, puis
ils trouvent des investisseurs qui proviennent de l'extérieur du Québec, mais
au sein du coeur, dans leur siège social, les plus grands actionnaires sont
ici, au Québec, ce sont des Québécois. Je pense que ça, c'est... ça, c'est un
petit peu la logique derrière notre point de vue sur le Québec d'abord, puis de
préférer ces types d'entrepreneurs et les entreprises au Québec.
Mais on comprend aussi qu'il y a des gros
joueurs comme Rio Tinto puis les autres qui, oui, sont des entreprises avec des
actionnaires qui ne sont pas nécessairement juste au Québec, quand même si
Québec est une grande... un gros investisseur dans ces entreprises aussi. Mais
on... c'est... je <pense...
M. Kelley :
...si
Québec est une grande... un gros investisseur dans ces entreprises aussi. Mais
on... c'est... je >pense qu'on peut dire que les entreprises qu'on
trouve dans le Saguenay... Une entreprise comme Forges de Sorel est comme bien
installée. Eux autres, ça date jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale. Alors, on
peut regarder certaines entreprises qui sont bien installées sur le territoire
du Québec, qui sont ici depuis un très, très long temps... sont considérées
comme des entreprises déjà en ... ici, et pour... eux autres, ils sont inclus
dans notre vision. Je comprends que, sur l'autre côté, et sur le côté gouvernemental,
que, des fois, il y a une préférence pour les entreprises comme Northvolt,
qu'on préfère. On voit ces grands projets, puis c'est la préférence en place de
regarder les autres options des entreprises déjà installées ici. Mais ça, c'est
notre point de vue. Je pense que...
Je ne sais pas si la ministre a d'autres
commentaires. Je pense qu'on a fait notre point sur ce sujet-là. On va
continuer de faire les suggestions, de mettre des éléments de cette question,
les blocs d'énergie qui sont... on met le Québec d'abord, Québec de l'avant. On
va avoir une discussion, c'est sûr, autour de l'article 48, il y a des
autres choses à suggérer. Mais, quand même, après l'amendement qui a été
suggéré par le député de Maurice-Richard puis celui-ci, je
pense qu'on a eu une bonne discussion sur les blocs d'énergie mais c'est loin
d'être terminé. Puis il y a toujours... je pense qu'on est capables d'envoyer
un signal fort avec ce projet de loi, mettre quelque chose de plus précis,
qu'on va s'assurer que les entreprises d'ici ont toute l'énergie nécessaire
pour, oui, s'assurer de leur croissance puis continuer d'agrandir leurs
entreprises ici au Québec. Alors, merci beaucoup pour votre écoute, M. le
Président.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, M. le député de Jacques-Cartier. Maintenant, c'est... la parole est à
la ministre.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Bien, j'aimerais rappeler, en fait, que l'objectif même du PGIRE,
c'est de faire en sorte qu'on n'ait plus ce déséquilibre entre la demande pour
des mégawatts et l'offre pour des mégawatts. C'est pour revenir à une situation
où on n'aura plus à choisir entre différents projets parce que l'offre
énergétique correspondra à la demande énergétique. Donc, c'est ce pour quoi il
faut s'engager dans le rehaussement de l'offre énergétique, et faire en sorte,
donc, que ça s'équilibre, tout ça, parce que c'est sûr que ce n'est pas... ce
n'est pas idéal d'avoir à choisir entre différents projets. L'idéal serait
qu'on puisse répondre à l'ensemble des projets, du moins, qui correspondent à
nos objectifs là, de développement économique et de décarbonation. Mais, voilà,
c'est l'objectif même du PGIRE que de nous amener à un niveau d'équilibre.
Merci.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup. Quelque chose à rajouter, M. le député? Allez-y.
M. Kelley : Oui, M. le
Président et Mme la ministre. J'espère... Et je reviens quand même dans cette
prévisibilité qu'on veut donner et cette... la prévision qu'on va faire. J'espère
que... Ça, c'est un élément. C'est comme, oui, on essaie de trouver un
équilibre, mais l'équilibre va être de donner aux entreprises d'ici toute
l'énergie qui est nécessaire, M. le Président. C'est un petit peu notre
argumentaire. Je comprends la considération de PGIRE, et tout ça, mais ça,
c'est un élément fondamental, je crois. Et, quand même, s'il y a une grosse
demande maintenant, et il manque de l'offre, je ne sais pas si la ministre
pense que le fait qu'on a vendu une grosse partie de notre énergie à New York
pour la suite des choses, est-ce que ça a amplifié notre enjeu, notre
situation? Est-ce qu'il y a quelque chose qu'on peut réviser peut-être, s'il y
a une guerre commerciale avec les Américains... commence à prendre une ampleur
où on doit répliquer? Mais c'est juste une question que je pose à la ministre.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, M. le député. Mme la ministre.
• (16 heures) •
Mme Fréchette : M. le
Président, bien, les contrats auxquels fait référence le député de Jacques-Cartier,
bien, rapportent au Québec, donc ça va nous assurer un accès à des ressources,
des retombées financières importantes. Donc, le défi, pour les prochaines
années, ça va être de faire en sorte de pouvoir répondre à l'ensemble de la
demande qui s'exprime à travers la transition énergétique que l'on connaît.
Heureusement, on a un grand potentiel, et on a des ressources énergétiques
qu'on n'a pas suffisamment exploitées et je pense, notamment, à l'énergie
solaire, bien sûr, à l'énergie éolienne également, et puis, voilà, d'autres
formes de biomasse, là, par exemple, d'autres formes d'énergie qui pourront
être mises à contribution.
Puis je pense que ça va être gagnant pour
le Québec de diversifier nos sources énergétiques. On le voit avec le plus
faible niveau d'hydraulicité dans les barrages. Bien, on est plus vulnérables,
du fait de cet impact des changements climatiques sur notre approvisionnement
en énergie. Le fait qu'on est... qu'on est engagés pour diversifier notre offre
énergétique, ça va permettre de stabiliser davantage notre approvisionnement,
s'il fallait que dure cette période de faible hydraulicité. Donc, voilà, je
pense qu'on est en bonne route pour rétablir un équilibre et avoir une offre
plus diversifiée, puis je pense que le PGIRE va nous permettre de s'y
rapprocher, de cet objectif-là...
16 h (version révisée)
Mme Fréchette : ...et avoir
une offre plus diversifiée. Puis je pense que le PGIRE va nous permettre de s'y
rapprocher, de cet objectif-là, en bon... à bonne vitesse.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, Mme la ministre. M. le député.
M. Kelley : Et moi, j'espère
que, chaque fois qu'on va produire plus d'énergie, si ça vient de le solaire,
si ça vient de l'éolien, si ça vient des barrages existants qui sont plus
performants après des rénovations, des mises à jour de certaines technologies...
que l'énergie que des entreprises du Québec va payer à créer, avec leurs
factures à Hydro-Québec, va aller à eux autres en priorité, toutes des nouveaux
sources d'énergie, toutes des nouveaux énergies qu'on va produire va être
donnée à eux autres en priorité avant qu'on choisit Northvolt ou des autres
entreprises. Je pense, ça fait du logique. Je sais qu'on va discuter des tarifs
dans les articles qui s'en vient, mais on sait que tout le monde va payer pour
toute l'énergie qu'on va produire dans la suite des choses. Ça va coûter plus
cher que l'énergie existante, ça, c'est clair. Et, ça, je trouve, c'est un
autre bon argument dans la logique de donner ça à des entreprises d'ici en
premier puis, après ça, on regarde qu'est-ce que nous avons pour la suite des
choses pour les entreprises qui veulent s'installer ici, au Québec. Alors, je
pense, ça fait le tour.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup. Mme la ministre, je vous laisse la parole.
Mme Fréchette : Oui. Bien, j'aimerais
simplement rappeler que, ne serait-ce que des entreprises qui sont établies au
parc industriel de Bécancour, jusqu'à maintenant, ces entreprises-là, qui, pour
une part, ne sont pas complètement et toutes en action, là, sont en
construction à certains... pour certaines d'entre elles, ils ont... elles ont
déjà généré des impacts de plus de 1 milliard de dollars pour des
entreprises, des PME de la région immédiate. Donc, il faut voir aussi tout le
maillage qui peut se créer et qu'on est en train de créer, parce que c'est... c'est
une priorité qu'on le fasse, entre des joueurs qui viennent s'établir au Québec
et qui ont besoin d'approvisionnement, de fournisseurs qui sont des PME
québécoises. Et plusieurs d'entre elles nous ont dit avoir complètement
renouvelé leurs carnets de commandes, et pas pour les trois prochaines années,
là, pour les 20 prochaines années, du fait de l'arrivée de nouveaux
joueurs qui génèrent une nouvelle demande pour leurs services, parfois d'une
différente nature de ce qu'elles avaient eu l'habitude de faire depuis 20 ans.
Donc, il y a tout ce maillage-là aussi qui est... qui est crucial, qui est
central pour l'activité économique du Québec. Donc, je pense qu'il ne faut pas
perdre de vue cet aspect-là.
Et ça permet aussi à ces entreprises-là,
une fois qu'elles sont intégrées dans le circuit d'affaires de joueurs plus
grands, eh bien, d'accéder aussi à des réseaux de relations d'affaires
internationaux. Et là aussi il y a des... du beau potentiel. En fait, les
entreprises étrangères établies au Québec, c'est 1 % des établissements, c'est
10 % des emplois, c'est 20 % du PIB du Québec et plus... c'est plus
de 50 % des exportations manufacturières. Alors, le levier que ça crée,
pour 1 % d'établissement, le levier économique que ça vient créer est
considérable. Alors, il ne faut pas mettre de côté l'apport que peut générer
ces entreprises-là.
Et, quand on dit : Le Québec d'abord,
bien, je pense qu'il faut considérer l'ensemble des retombées qu'on associe aux
différents projets d'entreprises que l'on... que l'on analyse et... Voilà. Ces
retombées-là sont multiples, et les considérations à prendre en compte le sont
aussi.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup. Alors, il y a d'autres interventions? Oui. Je vais vous laisser
continuer, M. le député de Jacques-Cartier. J'ai une autre intervention qui est
demandée, mais, M. le député de Jacques-Cartier, je vous laisse aller.
M. Kelley : Oh! après ça, je
vais laisser pour la prochaine intervention. Mais, juste dans la même logique,
si une entreprise d'ici est donnée un bloc d'énergie, ils vont faire plus des
affaires ici, au Québec, d'échanges avec des partenaires à côté, des autres
provinces, l'Europe, les Américains, puis eux autres vont aussi ajouter plus de
valeur ajoutée à des entreprises de leurs coins, parce qu'ils vont demander
plus d'acier, d'aluminium, de quoi que ce soit à des entreprises d'ici.
Alors, je comprends, oui, la filière de
batterie à Bécancour, ça a ajouté 1 milliard de dollars pour certains fournisseurs,
mais la même logique applique si on donne les blocs d'énergie à des entreprises
qui a une demande devant Hydro-Québec, devant la ministre présentement. Eux
autres vont créer une valeur ajoutée dans leurs coins aussi. Alors, on peut...
En anglais, on dit qu'on... «we're splitting hairs» maintenant, M. le Président.
Mais c'est juste une différente façon de voir des choses, que c'est... c'est
vrai de l'autre côté de la médaille aussi, qu'on peut donner plus d'énergie à
des entreprises si on attend, puis eux autres vont faire plus des affaires. Ça
va être bon pour notre économie, ça va créer plus des emplois. Alors, c'est ça,
c'est l'autre côté de le débat, monsieur.... autre côté de la médaille, M. le
Président.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
M. le député de Jacques-Cartier. D'autres personnes avaient demandé la parole,
dont M. le député de Maurice-Richard. Je vous céderais la
parole maintenant, M. le député.
M. Bouazzi : Bien, merci
beaucoup, M. le Président. Juste... Mme la ministre, vous avez parlé... vous
avez donné quelques chiffres sur les investissements en pourcentage de PIB, d'exportations
de manufactures, etc. Si vous avez un document à nous... à nous partager, je
serais... je serais très heureux d'avoir ces chiffres, tout <simplement...
M. Bouazzi :
...partager,
je serais... je serais très heureux d'avoir ces chiffres, tout >simplement.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
M. le député. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Écoutez, M.
le Président, je n'ai pas de document, mais je peux vous référer à la... à la
page Web de Montréal International. C'est de chez eux qu'émanent ces
données-là.
Le Président (M. Montigny) :
Merci beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec la
proposition d'amendement du député de Jacques-Cartier? Oui, M. le député de
Jacques-Cartier, je vous laisse la parole sur votre propre amendement.
M. Kelley : Dernière question,
très rapidement, là, pour la ministre.
Le Président (M. Montigny) : Sans
problème. On est là pour ça.
M. Kelley : Est-ce que vous
avez fait une analyse économique pour le projet de loi? Est-ce que c'est
quelque chose qui est disponible comme document, une analyse de l'impact
économique de le projet de loi en général?
Le Président (M. Montigny) : Je
comprends bien la question. Mme la ministre...
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Alors, pour
ma part, l'analyse d'impact que j'ai vue, c'est l'analyse d'impact
réglementaire. Donc, c'est sur certains aspects de la... du projet de loi.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup. Maintenant, est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec la
proposition d'amendement? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous serions
prêts à passer aux voix pour cette proposition d'amendement. Par vote nominal?
M. Kelley : Vote nominal, M.
le Président.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
M. le député de Jacques-Cartier. Nous allons procéder au vote nominal.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Kelley (Jacques-Cartier)?
M. Kelley : Pour.
La Secrétaire : Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire : Mme Fréchette
(Sanguinet)?
Mme Fréchette : Contre.
La Secrétaire : M. Bussière
(Gatineau)?
M. Bussière : Contre.
La Secrétaire : M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Contre.
La Secrétaire : M. Sainte-Croix
(Gaspé)?
M. Sainte-Croix : Contre.
La Secrétaire : M. Tremblay
(Dubuc)?
M. Tremblay : Contre.
La Secrétaire : M. Bouazzi
(Maurice-Richard)?
M. Bouazzi : Abstention.
La Secrétaire : M. Montigny
(René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) : Abstention.
Alors, la proposition d'amendement est rejetée.
Nous revenons donc à l'étude de l'article 4,
à la section 14.2. Maintenant, avons-nous une proposition d'amendement ou
on est corrects? Non. Alors, Mme la ministre, je vous redonne la parole sur
14.2, si vous le souhaitez, sinon on pourrait passer aux voix. Mais j'ai une
demande du député de Maurice-Richard aussi, si jamais, Mme la ministre... Je
voulais juste voir si vous aviez quelque chose à rajouter.
Mme Fréchette : Je n'ai pas
de...
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Mme Fréchette : Je n'ai pas
de demande de parole.
Le Président (M. Montigny) : M.
le député de Maurice-Richard, je vous laisse la parole.
M. Bouazzi : Merci. J'ai un
amendement.
Le Président (M. Montigny) : ...quelques
instants?
M. Bouazzi : Non. Par contre,
ça serait celui où il y a 3 au bout.
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Nous l'avons reçu. On va procéder à l'affichage de l'amendement que vous nous
avez transmis, juste s'assurer d'avoir le bon.
M. Bouazzi : Exact. Les
autres sont bons aussi, là, mais pour plus tard.
Le Président (M. Montigny) : On
comprend qu'il y en a quelques-uns en réserve. On va s'assurer qu'on a le bon,
M. le député. Alors, vous nous éclairerez aussi dans ce qui est affiché, pour
être certain...
M. Bouazzi : Oui, c'est
celui-là.
Le Président (M. Montigny) : ...que
vous avez à l'écran le bon. Nous sommes toujours à l'article 4, 14.2. Vous
avez l'amendement à l'écran, M. le député.
M. Bouazzi : Exact.
Le Président (M. Montigny) : Je
vous laisse en faire la lecture.
• (16 h 10) •
M. Bouazzi : Donc : À l'article 14.2
de la Loi sur le ministère de l'Économie et de l'Innovation, proposé par l'article 4
du projet de loi, ajouter, à la fin de... à la fin, l'alinéa suivant :
«Le plan comprend le principe de
consentement préalable, libre et éclairé, avec des normes minimales pour l'obtention
de ce consentement déterminées par les Premières Nations.»
Cet amendement, M. le Président, Mme la
ministre, vient dans... dans une double logique. La première, c'est une logique
de respect, tout simplement, des nations avec qui on partage ces territoires,
sachant qu'une grosse partie... ou l'énorme majorité, en fait, des
développements... des nouveaux développements, de production d'énergie surtout,
se font sur leurs territoires ancestraux. Et la deuxième se veut, évidemment,
dans une logique de réconciliation, étant donné qu'historiquement il y a
quelques fâcheux événements de notre histoire, dans le développement de
l'exploitation des différentes ressources naturelles et dans le cas de
l'énergie aussi, dans nos relations avec les Premières Nations, qu'il y a
encore des plaies qui existent. Et ici on viendrait tout simplement
officialiser le travail de collaboration avec les Premières Nations.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, M. le député. Maintenant, la parole est à Mme la <ministre...
Le Président
(M. Montigny) :
...Merci beaucoup, M. le député. Maintenant, la
parole est à Mme la >ministre.
Mme Fréchette : Alors, merci,
M. le Président. Bien, écoutez, d'une part, on a convenu, là, tout à l'heure,
que je vous reviendrais dans quelques jours avec une proposition de libellé, si
on peut aller dans... dans ce sens-là. Mais il y a également
l'article 14.3 qui cadre un peu avec ce que vous avancez à travers la
proposition d'amendement, donc, et qui dit : «Aux fins de l'élaboration du
plan, le ministre consulte la population incluant les communautés autochtones.
Lorsque les circonstances le requièrent, les communautés autochtones concernées
sont consultées de manière distincte.» Donc, on fait référence, donc, à la
nécessité de consulter. Je pense qu'elles le feront de manière libre et
éclairée. Je ne m'attends pas à ce que d'autres pratiques soient utilisées
dans... dans le cadre de ces... de ces consultations. Donc, je crois que l'idée
générale peut être répondue par l'amendement que je viens de lire. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre. Je vous laisse la parole, M. le député.
M. Bouazzi : J'ai... Alors,
c'est sûr, il y a toutes sortes de nuances à apporter. J'entends ce que vous
dites. J'aurais peut-être une proposition, parce que c'est vrai que vous nous
avez dit que vous nous reviendrez possiblement jeudi de la semaine prochaine,
donc, je comprends, sur quelque chose qui touche aux Premières Nations
particulièrement. Et donc je ferai... Je ne sais pas si j'ai le droit de faire
ça, du haut de mes juste deux ans d'expérience de député, mais... mais, à ce
moment-là, si mes collègues sont d'accord, je pourrais suspendre cet amendement
et revenir avec...
Le Président (M. Montigny) : Merci
de votre demande. Votre demande, c'est de suspendre l'étude de l'amendement que
vous avez proposé vous-même, c'est ça...
M. Bouazzi : Exact.
Le Président (M. Montigny) : ...puis
dans l'objectif d'y revenir plus tard, parce qu'on le sait déjà, là, que, Mme
la ministre, vous avez proposé quelque chose, que vous reviendrez dans quelques
jours. Alors, pour faire ça, ça me prend évidemment le consentement. Est-ce
qu'il y a consentement pour suspendre l'étude de cet amendement?
Des voix
: Consentement.
Le Président (M. Montigny) : Il
y a consentement. Alors, on va suspendre l'étude de l'amendement proposé par le
député de Maurice-Richard. Nous y reviendrons à un moment donné pendant les... nos
travaux sur l'étude de l'article 4.
Donc, cette proposition d'amendement est
donc suspendue. Nous revenons donc à l'étude de l'article 4, toujours, à
14.2. Est-ce qu'il y a d'autres propositions d'amendement? Sinon, nous serions
prêts, évidemment, à passer au suivant, le 14.3. Je vous rappelle que, tout
simplement, pour le vote, là, on ne vote pas cette partie-là. Il y a des
éléments qui sont suspendus aussi. Alors, si jamais on arrivait à la fin de
l'article 4, on demanderait une suspension de l'article 4 pour ne
pas, là, affecter ce qui a été suspendu à date. Il y a quand même deux
éléments, là, qui sont suspendus pour le moment. Alors, s'il n'y a pas d'autre
intervention, nous serions prêts... Oui, M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Bien, moi, je
pourrais déposer un autre amendement.
Le Président (M. Montigny) : Toujours
à l'article 4, 14.2?
M. Bouazzi : Absolument.
Le Président (M. Montigny) : Oui.
Je vous écoute.
M. Bouazzi : Et c'est
celui... je ne sais pas si vous l'avez, c'est celui qui se termine par 5. J'ai
l'impression de ne pas l'avoir vu.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous allons suspendre quelques instants pour retrouver la proposition
d'amendement du député de Maurice-Richard.
(Suspension de la séance à 16 h 15)
(Reprise à 16 h 16)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
suite à cette courte suspension, nous sommes de retour pour l'étude d'un
amendement qui est proposé par le député de Maurice-Richard, toujours à
l'article 4, à 14.2. M. le député, je vous laisse la parole pour faire la
lecture de votre amendement.
M. Bouazzi : Donc : À l'article 14.2
de la Loi sur le ministère de l'Économie et de l'Innovation, proposé par l'article 4
du projet de loi, insérer après le premier alinéa, le suivant :
«Le plan est adopté dans une loi
constitutive où des cibles précises de consommation de produits pétroliers et
gaziers sont établies.»
Cet amendement vient d'un... je dirais
presque d'un désespoir de voir la baisse de la consommation des produits
pétroliers et gaziers s'opérer à la <vitesse...
M. Bouazzi :
...la
baisse de la consommation des produits pétroliers et gaziers s'opérer à la >vitesse
convenue, et donc vient donner du «oomph», du peps, du... des dents, du mordant,
du... pour pouvoir cadrer, donc, le fait d'avoir un plan qui soit... qui soit
plus... plus bétonné et qui touche particulièrement à la consommation des
produits pétroliers et gaziers.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
M. le député. Maintenant, la parole est à Mme la ministre.
Mme Fréchette : Je prendrais
quelques secondes.
Le Président (M. Montigny) : Aucun
problème.
Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 16 h 18)
(Reprise à 16 h 20)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
au moment de la suspension, Mme la ministre, vous aviez la parole. Je vous
recède la parole à nouveau.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Alors, bon, voilà, j'aimerais préciser, en fait, que le PGIRE va
être l'instrument, l'outil, la plateforme dans laquelle on va inscrire les
cibles précises de consommation qui seront à atteindre. Donc, le projet de loi
comme tel pose le cadre à l'intérieur duquel seront établies ces cibles-là à
travers le PGIRE. Donc, c'est le PGIRE qui est vraiment le réceptacle, là, des
cibles. Si on amenait des cibles d'emblée dans le projet de loi, c'est qu'on
engagerait, là, les prochains gouvernements des prochaines décennies sur des
cibles que l'on aurait décidées entre nous. Or, ça fait partie de la marge de
manœuvre qui est celle des gouvernements que d'établir ces cibles. Donc, voilà,
on ne veut pas inscrire ce qui relève d'une politique énergétique à l'intérieur
du projet de loi qui encadre et qui modernise la réglementation pour le secteur
énergétique. Donc, je pense, c'est important de distinguer ces deux outils qui
sont à notre disposition : le projet de loi et le PGIRE. Et, dans ce qui
est mis de l'avant par le député de Maurice-Richard, c'est le PGIRE qui se
trouve à être l'endroit où on inscrit ces cibles. Merci.
M. Bouazzi : Ici, quand on
parle d'un plan adopté dans une loi, on ne parle pas de cette loi-ci, là, on
s'entend, là. Donc, je comprends ce que vous dites, c'est que vous ne voulez
pas mettre des <objectifs...
M. Bouazzi :
...Donc,
je comprends ce que vous dites, c'est que vous ne voulez pas mettre des >objectifs
dans cette loi-ci. Mais, une fois que vous avez un plan, ce serait bien que,
oui, chaque... chaque gouvernement ne s'amuse pas à le... ça ne soit pas si
simple que ça de le faire évoluer. Donc, je comprends ce que vous dites, là,
pour les cibles précises, que, dans ce projet de loi, ne présupposons pas des
cibles du PGIRE, mais... mais, une fois que le plan est là, pourquoi il y
aurait un problème, en fait?
Mme Fréchette : Bien, le
plan, il va exister dans sa nature de plan, mais il n'a pas à être intégré dans
la loi comme telle, il demeure un plan. Et ce plan-là va être révisé, comme on
disait tout à l'heure, aux six ans. Il va évoluer suivant la réalité,
l'actualité, les développements technologiques, l'adoption par les Québécois et
les entreprises au Québec de... des différentes cibles de décarbonation, et,
voilà, tout ça, ça va faire partie du plan. Mais ça reste un plan et non pas un
projet de loi-cadre.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, Mme la ministre. M. le député, vous avez la parole.
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Souhaitez-vous qu'on suspende quelques instants?
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Oui.
Nous allons donc suspendre quelques instants nos travaux.
(Suspension de la séance à 16 h 23)
(Reprise à 16 h 24)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous reprenons donc nos travaux. M. le député de Maurice-Richard, vous avez la
parole.
M. Bouazzi : On va être de
plus en plus efficaces, M. le Président. Moi, je suis correct pour cet
amendement.
Le Président (M. Montigny) : ...Alors,
est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec cette proposition
d'amendement? S'il n'y en a pas, nous pouvons passer aux voix... à la mise aux
voix. Parfait. Est-ce que cette proposition d'amendement est adoptée?
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : On
s'essaie. J'attendais. Alors, nous serons par appel nominal. Vous l'avez
demandé, M. le député de Maurice-Richard.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Bouazzi (Maurice-Richard)?
M. Bouazzi : Pour.
La Secrétaire : Mme Fréchette
(Sanguinet)?
Mme Fréchette : Contre.
La Secrétaire : M. Bussière
(Gatineau)?
M. Bussière : Contre.
La Secrétaire : M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Contre.
La Secrétaire : M. Sainte-Croix
(Gaspé)?
M. Sainte-Croix : Contre.
La Secrétaire : M. Tremblay
(Dubuc)?
M. Tremblay : Contre.
La Secrétaire : M. Kelley
(Jacques-Cartier)?
M. Kelley : Abstention.
La Secrétaire : Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Abstention.
La Secrétaire : M. Montigny
(René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) : Abstention.
Cette proposition d'amendement est rejetée. Nous revenons donc à l'étude,
toujours dans l'article 4, à la section 14.2. Est-ce qu'il y a
d'autres propositions d'amendement ou nous pouvons passer à l'étude de 14.3?
Oui, M. le député de Maurice-Richard, vous avez la parole.
M. Bouazzi : Oui. J'ai un
amendement. C'est celui qui se termine par 6, si je ne me trompe pas.
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
On va voir si on peut l'avoir rapidement. Mme la secrétaire, est-ce qu'on est
capables ou si on va suspendre quelques instants? On devrait être corrects pour
l'avoir dans quelques secondes. M. le député de Maurice-Richard, est-ce que
c'est le bon?
M. Bouazzi : Oui.
Le Président (M. Montigny) : C'est
parfait. Alors, M. le député de Maurice-Richard, je vous laisse la parole pour
la présentation de votre proposition d'amendement.
M. Bouazzi : Donc : À l'article 14.2
de la Loi sur le ministère de l'Économie et de l'Innovation, proposé à l'article 4
du projet de loi, insérer après le troisième alinéa, le suivant :
«Le plan prévoit que tous les nouveaux
approvisionnements par Hydro-Québec au Distributeur soient soumis à une
procédure d'appel d'offre et à un contrôle rigoureux, protégeant l'intérêt
public et assurant une transparence complète dans l'utilisation des ressources
publiques.»
Ça, ça vient suite à vraiment beaucoup de
doléances de groupes très différents les uns des autres, qui avaient une
certaine inquiétude face aux questions qui <touchent...
M. Bouazzi :
...les
uns des autres, qui avaient une certaine inquiétude face aux questions qui >touchent
aux différents appels d'offres. Ça fait qu'on vient ici officialiser tout
simplement une bonne pratique et une bonne gouvernance surtout, étant donné la
quantité d'argent qui est en jeu et les enjeux... les enjeux qui... qui
entourent les nouveaux approvisionnements. Ça fait que, tout simplement, on
pense que ça permettrait de rassurer beaucoup d'acteurs et puis évidemment de
garantir que des bonnes pratiques soient respectées.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
M. le député. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Je prendrais
quelques secondes, s'il vous plaît.
Le Président (M. Montigny) : Aucun
problème.
Nous allons donc suspendre quelques
instants nos travaux.
(Suspension de la séance à 16 h 28)
(Reprise à 16 h 29)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous avons donc repris nos travaux. Mme la ministre, au moment de la
suspension, vous aviez la parole. Je vous redonne la parole, Mme la ministre.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Alors, en réponse à la proposition d'amendement du député de Maurice-Richard,
en fait, j'aimerais l'inviter à considérer de regarder l'article 74.1...
Une voix : ...
Mme Fréchette : ...45,
pardon, du projet de loi, où il est... ah! il est fait référence, en fait, aux
approvisionnements d'Hydro-Québec. Juste pour indiquer, c'est que ça débute en
précisant que «le distributeur d'électricité doit assurer par tous les moyens
les approvisionnements requis pour la satisfaction des besoins en électricité
des marchés québécois excédant l'électricité patrimoniale». Donc, c'est
vraiment dans cette section-là, subséquente, qu'on va... on va pouvoir aborder
ces questions d'approvisionnement par Hydro-Québec. Alors, j'inviterais le
député à considérer de soumettre son amendement à cette... à cette période-là
de la discussion. Si on...
• (16 h 30) •
M. Bouazzi : ...article,
exactement? Excusez-moi, Mme la...
Des voix : ...
Mme Fréchette : C'est
article 45.
Des voix : ...
Mme Fréchette : OK. Donc,
l'article 45, qui vient remplacer les articles 74.1 à 74.3 de la loi.
M. Bouazzi : Je vais avoir
besoin de 30 secondes, M. le...
Le Président (M. Montigny) : ...aucun
problème.
Nous allons donc suspendre nos travaux
quelques instants.
(Suspension de la séance à 16 h 31)
16 h 30 (version révisée)
(Reprise à 16 h 32)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous reprenons nos travaux. Au moment de la suspension, M. le député de Maurice-Richard, vous aviez la parole. Je vous laisse la parole
à nouveau.
M. Bouazzi : Oui. J'ai
effectivement regardé la proposition de Mme la ministre, là. Je pense que c'est
une bonne proposition, ça fait que je vais retirer mon amendement et voir sous
quelle forme je pourrais le reproposer beaucoup plus tard dans le processus.
Le Président (M. Montigny) : Est-ce
qu'on a consentement pour le retrait de l'amendement pour... Évidemment, si je
vous comprends bien, vous allez déposer un amendement un peu plus tard.
M. Bouazzi : Exact, en
espérant, bien sûr, que le projet de loi n'est pas adopté sous bâillon, ce qui
va nous permettre d'y arriver.
Le Président (M. Montigny) : Je
vous entends bien. Merci. Mme la ministre, vous voulez intervenir?
Mme Fréchette : Oui. Bien, j'aimerais
préciser que, s'il y a moins d'amendements qui sont soumis par les oppositions,
on pourra atteindre plus rapidement ces articles du projet de loi pour en
discuter à fond. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce qu'il y a consentement pour le retrait de cet amendement?
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Consentement?
Il y a consentement. Parfait. Cet amendement est retiré.
Nous revenons donc à l'étude du projet de
loi, à l'article 4. Nous sommes toujours dans la section 14.2. Est-ce qu'il y a
d'autres amendements? M. le député de Maurice-Richard, je
vous écoute.
M. Bouazzi : M. le Président,
laissez-moi, à mon tour, dire que, si la partie gouvernementale acceptait nos
amendements beaucoup plus vite, ça ira beaucoup plus vite aussi. C'est une game
qui se joue à deux. Je n'ai plus d'autre amendement... enfin, j'en ai un, mais
qui n'en vaut pas la peine maintenant. Ça fait que...
Le Président (M. Montigny) : Merci,
M. le député. Alors, est-ce qu'il y a d'autres interventions avant de passer à
la section 14.3? Oui, M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui. Je te
reviens à la discussion sur le 14.2, Mme la ministre, je dois bien comprendre.
Le plan peut porter sur toutes les sources d'énergie consommées au Québec et il
contient, notamment, un état de la situation des besoins énergétiques du
Québec. Alors, on va commencer avec le plan d'approvisionnement le plus récent,
mais ça, ça va être fait chaque trois ans par Hydro-Québec. Alors, encore,
juste de bien comprendre, est-ce que ça va seulement être sur l'approvisionnement
d'Hydro-Québec ou est-ce que des autres types des documents vont être pris en
considération pour l'établissement de... le PGIRE?
Le Président (M. Montigny) : Merci,
M. le député. Maintenant, Mme la ministre, souhaitez-vous intervenir?
Mme Fréchette : Oui.
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Mme Fréchette : Donc, il n'y
a pas qu'Hydro-Québec qui sera touchée par le PGIRE. Donc, il y a les
distributeurs de gaz également qui vont être liés parce qu'il sera inscrit dans
le PGIRE.
Le Président (M. Montigny) : ...Mme
la ministre. Merci, Mme la ministre. D'autres interventions? Parfait. Nous ne
votons pas, là, je vous le rappelle, nous ne votons pas cette section. Nous
allons simplement passer à l'étude de la section 14.3.
Alors, nous passons à l'étude de la
section 14.3. Est-ce qu'il y a des interventions? Parfait. Mme la ministre, je
vous laisse faire la lecture de 14.3.
Mme Fréchette : Alors, M. le
Président, je vais lire, donc, cette section du projet de loi. Donc, 14.3 :
«Le ministre établit le plan en conformité
avec les orientations gouvernementales en matière de développement économique,
les principes et les objectifs énoncés dans la politique-cadre sur les
changements climatiques prévue à l'article 46.3 de la Loi sur la qualité de
l'environnement (chapitre Q-2) et la cible de réduction des émissions de gaz à
effet de serre fixée en vertu de l'article 46.4 de cette loi. Il s'adjoint
Hydro-Québec ainsi que, notamment, les autres titulaires d'un droit exclusif de
distribution d'électricité visés au deuxième alinéa de l'article 62 de la Loi
sur la Régie de l'énergie (chapitre R-6.01) et les distributeurs de gaz naturel.
«Le ministre peut demander à un autre
ministre, à un organisme du gouvernement au sens de l'article 4 de la Loi sur
le vérificateur général (chapitre V-5.01) ou à toute personne qui transporte ou
distribue de l'énergie de lui transmettre, dans le délai qu'il indique, tout
renseignement ou document pertinent aux fins de l'élaboration du plan.
«Le ministre consulte également la
population aux fins de l'élaboration du plan.»
Alors, cet article, en fait, prévoit des
modalités relatives à l'établissement du PGIRE. D'abord, afin d'assurer la
cohérence gouvernementale, il <prévoit...
Mme Fréchette :
...relatives à l'établissement du PGIRE. D'abord, afin d'assurer la cohérence
gouvernementale, il >prévoit que la ministre de l'Économie, de
l'Innovation et de l'Énergie doit établir ce plan en conformité avec les
orientations et les cibles gouvernementales en matière de développement
économique tout comme en matière de lutte contre les changements climatiques.
Aussi, l'article prévoit que la ministre
s'adjoint Hydro-Québec, les distributeurs de gaz naturel et d'autres personnes
dont l'apport est utile pour établir le plan. Par ailleurs, l'article prévoit
que la ministre pourra demander à un autre ministre, à des organismes du
gouvernement ou à des personnes qui transportent ou distribuent de l'énergie,
de lui transmettre des informations ou des documents pertinents pour établir le
PGIRE.
Et finalement cet article prévoit que la
ministre doit consulter la population.
Et j'aimerais ajouter qu'un amendement a
été adopté... soumis, pardon, en lien avec cet article.
Le Président (M. Montigny) :
Est-ce que l'amendement a été transmis à la commission? Oui. La réponse est
oui. Nous allons donc l'afficher à l'écran dans quelques instants.
Voilà. Nous avons donc... Nous avons donc
une proposition d'amendement qui est présentement affichée à l'écran. Est-ce
que nous avons le bon?
Une voix : C'est le bon.
Merci.
Le Président (M. Montigny) :
Merci. Nous avons donc le bon... la bonne proposition d'amendement qui est
affichée à l'écran. C'est toujours à l'article 4. C'est la section dont
nous sommes à l'étude présentement. Par contre, nous sommes rendus à l'étude de
14.3. Mme la ministre, je vous laisse la parole.
Mme Fréchette : Alors,
l'amendement va comme suit :
Remplacer le troisième alinéa de
l'article 14.3 de la Loi sur le ministère de l'Économie, de l'Innovation
et de l'Énergie, proposé par l'article 4 du projet de loi par le suivant :
«Aux fins de l'élaboration du plan, le
ministre consulte la population, incluant les communautés autochtones. Lorsque
les circonstances le requièrent, les communautés autochtones concernées seront
consultées de manière distincte.»
Donc, cet amendement précise que la
consultation publique générale effectuée auprès de la population par la
ministre de l'Économie, de l'Énergie et de l'Innovation dans le cadre de
l'élaboration du PGIRE inclut les communautés autochtones.
Le Président (M. Montigny) :
Merci beaucoup, Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des interventions en lien
avec cette proposition d'amendement?
Il n'y a pas d'intervention en lien avec
cette proposition d'amendement. Maintenant... Oui. Oui, il y a une intervention.
M. le député, je vous laisse la parole.
M. Kelley
: Oui,
M. le Président. Nous étions juste en train de lire le texte au complet. Mme la
ministre, je sais que vous avez eu la chance d'échanger hier avec le nouveau
grand chef, mais, en général, est-ce que vous avez eu des discussions
spécifiques sur cet amendement, ici? Je veux juste bien s'assurer qu'avant
qu'on aille de l'avant, puis on vote, puis adopte, que ça, c'est quelque chose
qui... Peut-être, vous avez discuté avec lui, ou si c'est des discussions
privées, je peux comprendre, mais c'est juste de s'assurer que ça respecte les
besoins ou les demandes des autochtones, cet amendement ici.
• (16 h 40) •
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre, je vous laisse la parole.
Mme Fréchette : Oui, M.
le Président. Donc, à ma compréhension, effectivement, le libellé qui est
soumis ici dans le cadre de l'amendement cadrait avec la perception et la
volonté des communautés, de l'association... en fait, des Premières Nations
Québec, Labrador. Donc, à ma connaissance, ça... voilà, ça convenait comme
libellé.
Le Président (M. Montigny) :
Merci, Mme la ministre. Est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec
cette proposition d'amendement? Oui, Mme la députée de Robert-Baldwin, vous
avez la parole.
Mme Garceau : Oui. Merci,
M. le Président. Je suis juste en train de prendre connaissance. La deuxième
partie, «lorsque les circonstances le requièrent», donc, si vous pourriez
définir, Mme la ministre, qu'est-ce que vous entendez par «lorsque les
circonstances le requièrent». Parce que, là, je vois qu'il va y avoir
possibilité de consultation de manière distincte. Et donc qu'est-ce que tout ça
veut dire?
Le Président (M. Montigny) :
Merci beaucoup, Mme la députée. Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Bien,
d'une part, j'aimerais mentionner qu'hier, par exemple, on a initié la tournée
de consultation dans le cadre du PGIRE, et, de manière distincte, j'ai
rencontré les représentants de l'association... des Premières Nations, donc
l'Assemblée des Premières Nations, pardon, Québec, Labrador. Donc, c'était dans
un cadre distinct. Donc, ça vient, d'une part, exprimer ce à quoi ça peut
correspondre.
Mais j'aimerais inviter Me Marois, si vous
permettez, à ce <qu'il...
Mme Fréchette :
...c'était
dans un cadre distinct. Donc, ça vient, d'une part, exprimer ce à quoi ça peut
correspondre.
Mais j'aimerais inviter Me Marois, si
vous permettez, à ce >qu'il puisse prendre la parole pour expliquer davantage
ce dont il est question.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre. À ce stade-ci, pour permettre à Me Marois de prendre la parole
dans notre commission, j'ai besoin d'un consentement. Est-ce que nous avons
consentement? Nous avons donc consentement. Me Marois, vous avez la parole
maintenant.
M. Marois (Samuel) : Oui.
Donc, il y a des aspects juridiques là-dedans...
Le Président (M. Montigny) : Me Marois,
je suis désolé, c'est de ma faute.
M. Marois (Samuel) : Oh! excusez.
Il faut que je me présente.
Le Président (M. Montigny) :
J'aurais dû vous rappeler de vous présenter, mais je prenais un peu pour acquis
que vous le saviez.
M. Marois (Samuel) : Vous
m'appelez par mon nom. Vous m'appelez par mon nom. J'ai pris pour acquis que
j'étais présenté.
Le Président (M. Montigny) : Oui,
je suis désolé, Me Marois. C'est mon erreur.
M. Marois (Samuel) : C'est
correct. C'est correct. Merci. Donc, Samuel Marois, avocat au ministère de la
Justice.
Je m'apprêtais à dire qu'il y a des
aspects juridiques que j'ai apportés à votre attention spécifiquement. On peut
consulter pour toutes sortes de raisons. Le libellé prévoit qu'il y a une
consultation générale de la population qui est faite systématiquement. Donc, cette
consultation générale inclut les communautés autochtones, c'est la première
phrase.
Mais parfois la consultation générale ne
sera pas suffisante pour rencontrer l'obligation constitutionnelle de
consulter, qui s'applique à l'État. Donc, l'obligation constitutionnelle de
consulter s'applique quand trois critères développés par la jurisprudence sont
rencontrés. C'est lorsqu'une mesure est envisagée par l'État, premièrement. Là,
on parle ici des... ça peut être à très haut niveau, on parle des mesures...
des orientations du PGIRE, par exemple. Deuxième critère, «est susceptible
d'entraîner un effet préjudiciable», donc c'est l'effet préjudiciable. Troisième
critère, «sur un droit ancestral ou issu de traités». Donc là, dépendamment des
droits qui sont revendiqués ou qui sont reconnus des communautés autochtones,
bien, on peut être amenés à consulter. Puis, la consultation, selon une espèce
de continuum, là, selon la crédibilité de la revendication ou la gravité des...
de l'effet préjudiciable potentiel, la consultation peut être... l'obligation
de consulter peut être plus ou moins intense.
Donc, c'est une phrase qu'on retrouve à
plusieurs endroits dans notre corpus législatif, dans plusieurs lois, qui est
comme la formulation consacrée pour référer à la consultation... à l'obligation
constitutionnelle de consulter, qui existe, par ailleurs, parce que ça découle
de la constitution, mais on vient l'écrire dans notre loi.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, Me Marois. Mme la députée.
Mme Garceau : Oui. Donc, tel
que... parce que je n'ai pas sorti les mémoires de l'APNQL, mais évidemment,
lorsqu'il s'agit de territoires des autochtones, et tout ça, je présume que
cette consultation-là va être comme automatique, ça va être obligatoire, ça va
être nécessaire.
C'est parce qu'il me semble qu'il y a une
distinction entre «lorsque les circonstances le requièrent», mais là on est
dans le cadre d'une obligation constitutionnelle. Pour moi, ce n'est pas la
même chose, là, «circonstances le requièrent», il y a quand même un élément
discrétionnaire là-dedans.
Le Président (M. Montigny) : ...
M. Marois (Samuel) : C'est
que la consultation est toujours... Il y a toujours une consultation des
communautés autochtones dans le cadre de la consultation générale de la
population. C'est ce que dit l'alinéa. Quand on dit : «sont consultées de
manière distincte, lorsque les circonstances le requièrent», c'est quand la
consultation générale n'est pas suffisante pour satisfaire l'obligation constitutionnelle
de consulter. Puis ça, c'est quelque chose qui s'évalue au cas par cas.
Mme Garceau : OK...
Le Président (M. Montigny) : Merci...
Merci, Me Marois.
Mme Garceau : Je voulais
continuer. Elle n'est pas suffisante. Qui qui dit qu'elle n'est pas suffisante?
M. Marois (Samuel) : Bien,
c'est... c'est ce que j'évoquais, c'est selon l'intensité de l'obligation. C'est-à-dire
que, si la mesure qui est envisagée, par exemple, l'orientation dans le PGIRE,
puis on s'entend qu'au niveau du PGIRE on était quand même un très haut niveau,
on n'est pas dans le développement énergétique comme chez Hydro-Québec, là, mais,
si l'effet préjudiciable de la mesure sur les droits est potentiellement très
grand, ou si la crédibilité des droits revendiqués est très grande, ou si les
droits sont reconnus, bien, ça se peut qu'on aille un petit peu plus loin dans
la consultation. Ça se peut qu'on se déplace sur les lieux. Ça se peut qu'on
tienne des rencontres, ça se peut que... des choses qu'on ne fera peut-être pas
nécessairement dans le cadre de la consultation générale de la population.
C'est pour ça qu'on dit : On va les
consulter, les communautés autochtones, de manière générale, comme la
population. Donc, ils sont inclus dans cette consultation-là, mais il y a un
petit plus qui vient après ça, selon l'évaluation qu'on fait au cas par cas de
l'étendue de l'obligation constitutionnelle de consulter. Donc, c'est le
petit... La deuxième phrase, c'est le petit plus.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Me Marois. Mme la députée.
Mme Garceau : Oui, bien, je
trouve la façon que ça a <été...
Le Président (M. Montigny) :
…Mme
la députée.
Mme Garceau :
Oui,
bien, je trouve la façon que ça a >été… C'est la phrase. Je la trouve
particulière, je vais le dire ainsi, puisque c'est vraiment… Je crois qu'on est
dans… Lorsqu'on est en train de regarder le respect des droits des Premières
Nations, leurs territoires, les projets comme… tels que mentionnés par Mme la
ministre, toute la question de... qu'ils sont au cœur, Premières Nations,
communautés autochtones, au cœur, hein, du projet de loi, il me semble que… «Les
circonstances le requièrent», peut-être, mais, s'il y a une demande des Premières
Nations, de certaines communautés, de dire : Nous, là, vous êtes en train
de faire quelque chose, peut-être, sur notre territoire, et tout ça, oui, ça va
prendre des consultations de façon distincte. Il me semble qu'ils devraient
être automatiques. Il me semble que ça, ça laisse… Il y a comme une certaine
discrétion. Je présume qu'il est vraiment laissé au gouvernement versus le fait
qu'en… compte tenu de l'obligation constitutionnelle, ça devrait être
l'inverse. Ça devrait être : les communautés autochtones, s'ils le
souhaitent, il devrait y avoir des consultations de manière distincte, qui veut
dire des rencontres privées.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres personnes qui souhaiteraient prendre
la parole? Alors, est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Alors, comme il n'y a pas d'autre
intervention, nous serions prêts à passer aux voix pour la proposition
d'amendement. Est-ce que cette proposition d'amendement est adoptée? Nous
passons aux voix pour l'amendement. Il est… J'ai besoin de l'entendre. Est-ce
que…
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Adopté?
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Adopté?
Parfait. Cette proposition amendement est donc adoptée. Merci.
Nous pouvons revenir à l'étude de la
section 14.3. Oui?
M. Kelley : ...alors si on
peut suspendre rapidement?
Le Président (M. Montigny) : Avec
plaisir.
Nous allons donc suspendre avant de
procéder... continuer à l'étude de 14.3. Merci.
(Suspension de la séance à 16 h 49)
(Reprise à 16 h 59)
Le Président (M. Montigny) :
Alors, nous reprenons donc nos travaux. Nous sommes toujours à l'étude de
l'article 4, toujours dans la section 14.3. Nous avons donc reçu une
proposition d'amendement que nous allons donc afficher à l'écran. M. le député.
M. Kelley
: ...M.
le Président. Alors, la proposition d'amendement se lit de la suite :
Insérer, après le deuxième alinéa de
l'article 14.3 de la Loi sur le ministère de l'Économie et de
l'Innovation, introduit par l'article 4 du projet de loi 69, l'alinéa
suivant :
«Le ministre coordonne, en consultation
avec le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale ainsi qu'avec le
ministre de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de
la Faune et des Parcs, l'élaboration d'une analyse exhaustive de l'impact du
Plan sur le marché du travail, anticipant les compétences nécessaires à la
transition énergétique.»
• (17 heures) •
Alors, madame... M. le Président, la
raison... le raisonnement pourquoi nous avons pensé, peut-être, c'est une bonne
idée, quand on regarde le 14.3, on voit la participation, c'est sûr, d'Hydro-Québec,
on parle aussi de la Loi sur la qualité de l'environnement, et tout ça sont des
bonnes choses. Je comprends qu'ici nous sommes un petit peu dans la coordination
entre tout le monde pour s'assurer qu'on a la base pour le PGIRE, qu'on a tout
ce qui est nécessaire. C'est... Quand même, le PGIRE va prendre en
considération les cibles qui sont déterminées. La réduction des GES, par
exemple, bon ajout, c'est parfait.
Et, Mme la ministre, ici, je pense que
l'élément qui est hyperimportant, c'est le marché du travail. Et je répète que
c'est un des défis qui a été signalé par M. Sabia. Lui a un défi pour
lui-même avec la construction, peut-être, des nouveaux barrages, des projets
d'éoliennes, parcs solaires. On peut ajouter, quand même, bâtir les lignes de
transition, ajouter dans cet enjeu-là aussi, c'est la réfection des barrages
existants. On peut faire la grande liste de tout qui doit être fait par Hydro-Québec.
Eux autres ont les défis, sur le marché du travail, pour chercher des
travailleurs. Mais de demander 10 000 personnes qui vont commencer à
travailler sur les chantiers d'Hydro-Québec, c'est une chose, mais on sait que
ça va avoir un impact sur les autres juridictions...
17 h (version révisée)
M. Kelley : ...à travailler
sur les chantiers d'Hydro-Québec, c'est une chose, mais on sait que ça va avoir
un impact sur les autres juridictions. Alors, d'inclure le collègue de la
ministre dans cette réflexion puis cette mission-là, ce n'est peut-être pas une
mauvaise chose. Si on enlève des gens qui sont partis, qui sont capables, des
gens... des gens de construction qui ont les compétences de travailler sur les
grands chantiers, mais on enlève eux autres sur les projets d'infrastructure
dans le coin de la Gaspésie de mon... mon collègue, ils ne sont plus maintenant
disponibles de travailler sur un projet du pont, un projet majeur d'infrastructure
dans le coin. On sait qu'il y a une compétition pour ce type d'expertise.
Alors, c'est d'avoir eux autres autour de table aussi quand nous sommes en train
de déterminer la suite des choses dans la construction de plus de sources d'énergie.
Puis, comme j'ai mentionné, travailler sur le réseau électrique, etc., ça va
créer une compétition pour le talent au Québec. Puis comment on peut bien
équilibrer ça, je pense, c'est important que cette réflexion se trouve au sein
le PGIRE. Puis c'est... c'est un élément, je pense, selon moi, est facile à
ajouter. C'est une suggestion positive et, je pense, ça fait du logique. Alors,
j'ai hâte d'entendre les commentaires de la ministre, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, M. le député. Mme la ministre, je vous laisse la parole.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Alors, bien, j'ai pris connaissance de la proposition d'amendement
du député de Jacques-Cartier. Je voudrais souligner, en fait, qu'à partir du
moment où le PGIRE est adopté par le gouvernement, chaque ministre doit tenir
compte de ce plan, qui fait partie intégrante, donc, de l'action
gouvernementale, et doit ajuster ses actions en fonction de ce plan-là. Donc,
si ça passe par la coordination avec deux autres ministres pour s'assurer que,
du côté du marché du travail, on ait tout ce qu'il faut, eh bien, il faudra que
ça, ce soit mis en oeuvre. Si ça passe par l'adoption de pratiques destinées à
aider les personnes les plus vulnérables sur le plan économique ou encore
subvenir aux besoins des personnes les plus éloignées qui rencontrent des...
des conditions particulières distinctes, tout ça devra être pris en compte.
Mais je pense qu'on en... on n'en sortirait pas, d'une... d'une énumération, d'une
liste des analyses que l'on pourrait faire, si on voulait couvrir le sujet des
analyses à réaliser, parce qu'il y en aura énormément. Donc, ça, c'est un
exemple. Mais pourquoi cet exemple-là devrait faire partie du projet de loi, et
pas les autres? C'est quelque chose qui fait partie intégrante de la
gouvernance, de mener ce genre d'analyses. Alors, pour moi, c'est... ce n'est
pas... ce n'est pas essentiel d'en cibler un, exemple, puisqu'il y en aura
plusieurs autres, et que ça viendra de manière automatique dans la gouvernance
qui devra être mise en place à partir du moment où le PGIRE est adopté, là.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre. M. le député, je vous laisse la parole.
M. Kelley : Oui, M. le
Président. Je n'ai aucune intention de faire une liste exhaustive non plus. Mais
je trouve que ça, c'est le plus grand chantier qu'on va avoir ici au Québec
dans les prochaines 25 années, c'est de rebâtir le réseau existant, de
faire tous les grands projets qui sont nécessaires pour... pour produire plus d'électricité.
Alors, bref, ça, c'est pourquoi nous avons juste suggéré celui-ci, parce que ça
va mettre beaucoup de pression sur le marché de l'emploi, et de... juste de s'assurer
que c'est écrit qu'on va prendre ça en considération.
Je comprends, la ministre dit : Bien,
on va agir, le PGIRE va dicter un peu les actions du gouvernement, de la suite,
mais au base, je pense, c'est important qu'on prenne en considération les défis
de le marché du travail, que oui, au Québec, il manque toujours les
travailleurs, et c'est juste une réalité. Alors, je pense, dans la liste des
priorités, Mme la ministre, pour s'assurer le succès de, oui, la transition
énergétique et tous les projets à s'en vient, ça, c'est une chose qu'il faut
vraiment discuter. C'est notre capacité de s'assurer que nous avons des
travailleurs nécessaires et puis on met ça de l'avant. Comme je dis, ça peut
créer un défi de manque dans les autres secteurs de l'économie ou, quand même,
pour les projets d'infrastructure importants, bâtir des écoles, bâtir des
ponts, des routes, etc. Alors, je trouve qu'au sein de ça, d'avoir une
discussion sur le marché du travail, est hyperimportant parce que c'est un
élément clé de tout... de tout le plan, oui, d'Hydro-Québec, mais juste en
général. Alors, je pense, ça fait du logique d'ajouter celui-ci. Et je suis d'accord,
pas avoir une liste exhaustive. Mais c'est le point que je veux faire puis je
pense que... je pense, j'ai raison.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
M. le député de Jacques-Cartier. Est-ce qu'il y a d'autres <interventions?...
Le Président (M. Montigny) :
...Est-ce qu'il y a d'autres >interventions?
Mme Fréchette : ...
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre. Je vous laisse la parole.
Mme Fréchette : Oui, merci,
M. le Président. Donc, un petit point. Je comprends l'ambition du député, qui
veut bien faire, c'est tout à son honneur. En même temps, je trouve que c'est
le reflet de notre réalité actuelle. Est-ce qu'en 2035 ça va être ça, la...
comment dire, la démarche incontournable à faire? Est-ce qu'on sera plutôt
ailleurs? Je ne sais pas. Est-ce que ce seront les analyses sur les impacts des
changements climatiques qui devraient être priorisées? Donc, je pense que ça,
c'est... c'est le reflet d'une réalité, bon, qui est la nôtre en ce moment, mais
qui va évoluer dans le temps. Mais, comme je disais, à partir du moment où ça
fait partie... que c'est adopté par le gouvernement, ça fait partie des défis
que tout un chacun des ministres doivent prendre en considération et doivent
mener les analyses requises, quel qu'en soit le sujet. Dans la mesure où elles
sont importantes, elles doivent être menées. Donc, moi, je ne vois pas la
nécessité de cibler celles-là plus que d'autres, mais je comprends la volonté
du député de prendre en considération cette... cette dimension-là des analyses
qui doivent être menées. Merci.
Le Président (M. Montigny) :
Merci, Mme la ministre. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Oui. M. le
député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Je
comprends, M. le Président, mais en... mais en même temps, c'est comme pour le
PGIRE, on va adopter ça sans des objectifs et des cibles pour... pour la
main-d'oeuvre. C'est comme d'avoir une... comme d'adopter un plan d'affaires
sans... sans vraiment connaître c'est quoi, les besoins des personnels, avant. Vous
comprenez? C'est comme... C'est un élément qu'on manque qui est hyperimportant
pour s'assurer le succès de le reste. Ça, c'est juste pourquoi, je répète,
qu'on note d'ajouter ça explicitement, parce que ça va avoir un impact. Moi,
Mme la ministre, dans... dans 15 ans, 20 ans, je pense que le fait
qu'on est toujours en train de bâtir, si c'est un nouveau barrage ou les autres
projets d'énergie ou quoi que ce soit, ça va toujours avoir un impact sur la
main-d'oeuvre au Québec. Je ne pense pas que, si on regarde aussi des
politiques d'immigration, on est en train de réduire les choses ici. Ça va
avoir un impact dans les cinq prochaines années, alors, quand même, c'est
important aujourd'hui de discuter ça. Puis, dans la suite des choses, tout
avoir ça, une partie de la discussion de le PGIRE, chaque... chaque six ans,
qu'on prend en considération la main-d'oeuvre. Et c'est... c'est sûr, Mme la
ministre, peut-être dans six ans, ça va être moins un enjeu, on va avoir
amplement les travailleurs disponibles, mais, je pense quand même, dans les
prochains 10 ans, ça va probablement demeurer un marché du travail serré.
Mais ça, c'est juste comme comment moi, je vois des choses. Et c'est pourquoi
je pense, juste d'ajouter ça, c'est un bon élément. Ça va juste renforcer le
PGIRE, puis ajouter un bon élément à le plan que c'est en train d'être
développé, puis on ne tire pas aucune conclusion là-dessus parce qu'on sait que
c'est un enjeu majeur.
Le Président (M. Montigny) :
Merci, merci, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien
avec cette proposition d'amendement? Il n'y a pas d'autre intervention pour cet
amendement. Nous serions prêts à passer à la mise aux voix de cette proposition
d'amendement.
Une voix : Par appel nominal,
M. le Président.
Le Président (M. Montigny) :
Par appel nominal. Parfait. Merci beaucoup. Mme la secrétaire.
• (17 h 10) •
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Kelley (Jacques-Cartier)?
M. Kelley : Pour.
La Secrétaire : Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire
: Mme Fréchette
(Sanguinet)?
Mme Fréchette : Contre.
La Secrétaire : M. Bussière
(Gatineau)?
M. Bussière : Contre.
La Secrétaire
: M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Contre.
La Secrétaire
: M. Sainte-Croix
(Gaspé)?
M. Sainte-Croix :
Contre.
La Secrétaire
: M. Tremblay
(Dubuc) ?
M. Tremblay : Contre.
La Secrétaire
: M. Montigny
(René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) :
Abstention. Cette proposition d'amendement est rejetée. Nous revenons donc
à l'étude de l'article 4, la section 14.3. M. le député de Jacques-Cartier,
je vous donne la parole à nouveau.
M. Kelley : Merci, M. le
Président. Nous avons un autre amendement à 14.3 à déposer.
Le Président (M. Montigny) :
Parfait. Est-ce que nous l'avons? Oui. Nous n'aurons donc peut-être pas
besoin de suspendre nos travaux. Nous allons prendre le temps d'afficher cette
proposition d'amendement à l'écran.
M. Kelley : OK, M. le
Président.
Le Président (M. Montigny) :
Et voilà, la proposition d'amendement est maintenant à l'écran. Est-ce que
nous avons le bon?
M. Kelley
: Oui.
Le Président (M. Montigny) :
Oui. Vous pouvez procéder, au moment où vous serez prêt, à la lecture de votre
proposition.
M. Kelley : Alors, à
l'article 4, 14.3 : Ajouter, après le premier alinéa... alinéa de l'article 14.3
de la loi sur le ministère de l'Économie, de l'innovation et de l'énergie
proposé par l'article 4 du projet de loi, l'alinéa suivant :
«Le plan est élaboré conjointement avec la
Régie de l'énergie, qui doit être consultée tout au long du processus. Le
ministre doit tenir compte des préoccupations et des recommandations de la
Régie lors l'établissement des orientations, objectifs et cibles du plan.»
M. le Président, mes arguments pour
pourquoi je trouve <que...
M. Kelley :
...le
Président, mes arguments pour pourquoi je trouve >que cet amendement est
pertinent. On a quand même vu la semaine dernière que la régie a toujours un
rôle à jouer avec la détermination des tarifs, par exemple. On va discuter de
la Régie de l'énergie plus tard dans ce projet loi, mais la régie va continuer
à jouer un rôle très, très important dans tout qui touche le secteur
énergétique, la production d'électricité, etc., ces joueurs clés, puis je pense
que c'est important d'ajouter eux autres spécifiquement dans cet article. Et je
sais qu'on parle de la Loi sur la Régie de l'énergie dans le paragraphe de
l'article, mais ça, c'est plus précis. Puis je pense que la régie demeure une
source... une ressource très importante et ils ont beaucoup de connaissance de
la secteur de l'énergie. Et nous avons entendu plusieurs groupes qui dit que la
régie doit jouer plusieurs... un plus grand rôle dans ce projet de loi, A à Z.
Alors, encore, je trouve que ça, c'est une suggestion constructive, quelque
chose à clairement indiquer dans le projet de loi, qu'avec le PGIRE, la Régie de
l'énergie va avoir un rôle établi puis précis dans le développement de le
PGIRE.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, M. le député de Jacques-Cartier. Mme la ministre.
Mme Fréchette : ...merci,
merci, M. le Président. Merci au député de Jacques-Cartier. Je pense qu'il y a
là une... une orientation qui est intéressante parce qu'effectivement la régie
doit jouer un rôle important. Et c'est vrai qu'on a entendu plusieurs groupes
nous mentionner l'importance de lui donner justement un rôle particulier. Donc,
si vous permettez, j'aimerais ça suspendre quelque temps pour en discuter.
Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Nous allons donc suspendre nos travaux quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 17 h 14)
17 h 30 (version révisée)
(Reprise à 17 h 33)
Le Président (M. Montigny) : Alors
nous reprenons donc nos travaux. Nous sommes toujours à l'étude de l'article 4
dans la section 14.3. M. le député de Jacques-Cartier, je vous laisse la
parole.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Alors, M. le Président, j'ai une suggestion de retirer l'amendement devant nous,
puis je vais déposer un autre amendement, parce qu'avec la ministre, avec la
collaboration de l'équipe de la ministre aussi, je pense qu'on a trouvé un bon
terrain d'entente sur cette question-là.
Le Président (M. Montigny) : C'est
parfait. Alors, il y a une proposition pour retirer cet amendement. Est-ce qu'il
y a présentement le consentement?
Des voix
: Consentement.
Le Président (M. Montigny) : Il
y a consentement. Nous allons donc retirer l'amendement qui était à l'étude au
moment où nous avions suspendu. Nous avons donc une nouvelle proposition d'amendement
à l'écran. M. le député de Jacques-Cartier, je vous laisse en faire la présentation.
M. Kelley : Parfait. Merci
beaucoup, M. le Président. Alors : Ajouter, à la fin de l'article 14.3
de la Loi sur le ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie tel
qu'amendé, proposé par l'article 4 du projet de loi, l'alinéa suivant :
«En outre, le ministre soumet le plan à la
Régie de l'énergie afin qu'elle donne son avis sur les questions et dans le
délai qu'il lui indique.»
Alors, je pense, ça, c'est un bon terrain
d'entente, une bonne collaboration de tout le monde. C'est vrai qu'avec qu'est-ce
que nous avons déposé, il faut toujours s'assurer que la régie demeure
indépendante. Alors, de coécrire quelque chose, ce n'est pas possible. Mais ça,
c'est, je pense, important parce que la régie va donner un avis sur le prochain
PGIRE puis la suite des choses. Et, quand même, ça va laisser un forum pour les
gens de débattre qu'est-ce que... débattre et discuter qu'est-ce que la régie
pense de le PGIRE. Et c'est exactement, je pense, qu'est-ce que plusieurs
acteurs cherchent sur le terrain. C'est un rôle actif de la régie dans le
PGIRE, pas nécessairement dans l'élaboration, mais, au minimum, donner leurs
commentaires sur un produit final avant que c'est accepté puis adopté. Et c'est
sûr que quand la régie tranche un enjeu dans notre société, ça soulève des
débats dans l'espace public et ici, à l'Assemblée nationale. Alors, je pense,
ça, c'est un bon... un bon avancement de ce projet de loi, d'inclure la régie avec
un rôle plus spécifique dans l'élaboration, développement de le PGIRE puis le
produit final.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, M. le député de Jacques-Cartier. La parole est maintenant à Mme la
ministre.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Alors, bien, je voudrais remercier le député... les députés, en
fait, qui sont à la commission pour leur proposition. Je pense que... Et merci
pour leur ouverture aussi, parce qu'on a réussi à trouver un libellé qui nous
convienne à tous, et je pense que ça fait... ça bonifie, en fait, le projet de
loi, et puis ça vient confirmer un rôle d'importance de la régie dans ce
processus. Donc, merci, merci à vous tous.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention en lien avec cette proposition d'amendement,
nous serions prêts à passer à sa mise aux voix. Alors, est-ce que cette
proposition d'amendement est adoptée?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Montigny) : Adopté.
L'amendement proposé est donc adopté. Nous revenons donc à l'étude, toujours,
de l'article 4, à la section 14.3. S'il n'y a pas d'autre intervention,
nous pouvons passer à l'étude de 14.4, mais je veux vous laisser le temps. Oui,
Mme la députée de Robert-Baldwin, vous avez la parole.
Mme Garceau : Oui. Merci, M.
le Président. Juste au deuxième alinéa, je regardais en fonction, aussi, de
l'article 4, là, sur la Loi sur le vérificateur général. «Le ministre peut
demander à un autre <ministre...
Mme Garceau :
…aussi,
de l'article 4, là, sur la RLoi sur le vérificateur général. «Le ministre
peut demander à un autre >ministre ou à un organisme du gouvernement, au
sens de l'article 4 de la Loi sur le Vérificateur général, ou à toute
personne qui transporte ou distribue de l'énergie et de lui transmettre dans le
délai qu'il indique... — je trouve ça intéressant, "le délai
qu'il indique", parce qu'un délai de 24 heures, un délai de… hein, un
délai court, un délai raisonnable, en tout cas, je voulais peut-être un petit
peu plus d'informations là-dessus — tout renseignement ou tout
document pertinent aux fins de l'élaboration du plan.»
Là, je voulais voir avec vous, en termes
de «délai qu'il indique», c'était quoi, votre pensée là-dessus, et, aussi,
qu'est-ce qui se passe si vous ne recevez pas… peut-être pas au terme des
autres ministres, mais les personnes qui… vous auriez demandé des documents,
des renseignements, puis vous… il ne vous transmet pas les documents. C'est
quoi, les conséquences de ça?
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, Mme la députée. Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : J'aimerais
suspendre, pour un moment, les travaux. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Aucun
problème. Nous allons donc suspendre nos travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 17 h 38)
(Reprise à 17 h 40)
Le Président (M. Montigny) :
Alors, nous avons donc repris nos travaux. Au moment de la suspension, Mme la
ministre, vous aviez la parole. Je vous redonne donc le droit de parole.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Alors, j'ai quelques réponses pour la députée. Alors, bon, par
rapport au type d'organisme dont il est question ou au type de document, on
peut penser, par exemple, à Hydro-Québec, à la Société du Plan Nord, à la Régie
du bâtiment du Québec, tous des organismes qui pourraient être aidants en
termes de détention d'informations pour ce qui est de l'élaboration du… du
PGIRE, pour donner un éclairage, là, plus spécifique sur certaines dimensions
du plan, pour aider, par exemple, à la modélisation. C'est sûr que ces
institutions-là ont des données intéressantes qui pourraient être mises à
profit pour l'élaboration du PGIRE.
C'est des organismes avec lesquels on a
l'habitude de collaborer. Seulement, cet article-là vient renforcer, en fait,
l'autorité du ministère quant à l'obtention de ces données pour l'élaboration
du PGIRE. Alors, comme c'est des organismes avec lesquels on entretient des
collaborations déjà relativement étroites, il n'y a pas de sanction qui est
prévue advenant que la demande ne soit pas répondue dans les temps impartis,
mais, bien sûr, il faudra que la demande soit raisonnable, là, le délai qui
sera donné, il faudra qu'il soit raisonnable, mais il n'y a pas de mesure de
sanction parce qu'ils font partie de nos collaborateurs habituels.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre. Mme la députée.
Mme Garceau : Merci, Mme la
ministre. Donc, allons à la deuxième partie de ce paragraphe-là. Là, je vise
toute <personne...
Mme Fréchette :
...habituels.
Le
Président (M. Montigny) :
Merci, Mme la ministre. Mme la
députée.
Mme Garceau :
Oui.
Merci, Mme la ministre. Donc, allons à la deuxième partie de ce paragraphe-là.
Là, je vise toute >personne, donc, toute personne, on parle aussi
d'entreprises privées qui transportent ou distribuent de l'énergie, de lui
transmettre, dans le délai qui l'indique, tout renseignement ou tout document
pertinent. Donc, on parle de qui, là, on vise qui? Et j'ai aussi question de si
on parle aussi d'entreprises privées, donc, confidentialité des renseignements,
tout ça, là, sur le plan juridique.
Mme Fréchette : J'ai manqué
la fin de votre intervention, désolée.
Mme Garceau : Parce que la
deuxième partie de ce paragraphe-là, on parle de... on vise toute personne sans
autre indication, donc, là, on regarde, là... Je peux penser à une entreprise
privée qui transporte, distribue, et là, peut-être, à l'extérieur même du
Québec. Donc, il y a tout cet aspect-là aussi. On demande des renseignements.
Et là, est-ce qu'on est dans une question, peut-être, de confidentialité?
Est-ce qu'ils sont obligés à vous transmettre les renseignements dans le délai
que vous indiquez? Peut-être qu'on pourrait prévoir, lorsqu'il s'agit de
personnes ou d'entreprises privées, et tout ça, dans un délai, il me semble,
raisonnable. Je voulais juste vous entendre sur cette partie-là, là.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la députée. Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : En fait,
effectivement, on fait référence à des entreprises qui transportent de
l'énergie, donc, nommément, Énergir, Hydro-Québec, Enbridge Québec. Donc, c'est
des organismes qui ont ce rôle de transporter ou de distribuer l'énergie. Donc,
j'essaie de voir s'il y a des enjeux au niveau de la confidentialité. L'idée,
c'est d'élaborer, à partir de données détenues par des organisations de cette
nature-là, un plan de gestion des ressources énergétiques, donc je serais
étonnée qu'il y ait des enjeux de confidentialité qui puissent être associés à
ce type de donnée là, parce qu'en fait, ça vise à faire de la modélisation pour
élaborer des scénarios...
Une voix : ...
Mme Fréchette : Et il faut
voir que... On me rappelle que ces organismes-là sont réglementés.
Une voix : ...
Mme Fréchette : Ces
entreprises-là font l'objet de réglementations, et les données qu'elles
détiennent et qui risquent d'être d'intérêt pour l'élaboration du PGIRE sont
des données déjà publiques, rendues publiques.
Donc, en ce sens-là, voilà, l'enjeu de
confidentialité ne se pose pas nécessairement. Mais voilà, c'est à des fins de
modélisation surtout que je verrais qu'on puisse obtenir ce type de données de
la part de ces organismes.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Oui, Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Donc, si les
données sont déjà publiques, la deuxième partie ne serait pas nécessaire, parce
qu'on pourrait aller chercher les renseignements, vous pourriez aller chercher
les renseignements vous-même, vous n'avez pas besoin de prévoir cette
deuxième... ce deuxième élément-là, de ce paragraphe.
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. Bien, on m'indique que c'est souvent difficile d'aller trouver
exactement les données pour lesquelles... desquelles on a besoin. Alors, on
demande, en fait, la collaboration des organismes pour nous les faire parvenir,
question de ne pas avoir à chercher à travers le labyrinthe de données de
plusieurs de ces organismes, là, qui... effectivement disponibles, mais
difficiles à repérer.
Le Président (M. Montigny) : Je
vous remercie. Vous pouvez y aller, Mme la députée.
Mme Garceau : Dans ce cas-là,
est-ce qu'on pourrait prévoir que ça serait transmis dans un délai raisonnable?
Mme Fréchette : En fait...
Des voix : ...
Mme Fréchette : J'aimerais
suspendre les travaux.
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Parfait. Nous allons donc suspendre les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 17 h 47)
(Reprise à 17 h 48)
Le Président (M. Montigny) :
Alors, nous reprenons nos travaux. Au moment de la suspension, Mme la ministre,
vous aviez la parole. Je vous cède la parole à nouveau.
Mme Fréchette : Parfait.
Merci, M. le Président. Donc, bien, j'entends en fait la proposition de la
députée. Donc, j'aimerais lui faire une proposition de modification du texte
pour y intégrer la notion de «raisonnable». Donc, on pourrait y aller d'un
libellé qui dirait : «dans le délai raisonnable qu'il indique, tout
renseignement ou document pertinent aux fins de l'élaboration du plan». Donc,
on vient ajouter l'élément raisonnable.
Mme Garceau : C'est bien,
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Ça vous
va?
Mme Garceau : Oui.
Mme Fréchette : OK. Merci.
Donc, je vous laisse poursuivre.
Le Président (M. Montigny) :
Bon. Parfait. Alors, à ce stade-ci...
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
À ce stade-ci, j'ai besoin de savoir s'il y a une présentation de modification
qui va être faite, ou comment vous le voyez, ou prévoyez-vous en discuter? Voulez-vous
qu'on suspende pour en discuter?
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Nous allons donc suspendre quelques instants pour vous laisser du temps de
travail. Merci.
(Suspension de la séance à 17 h 50)
(Reprise à 18 heures)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous reprenons donc nos travaux. Nous avons une proposition qui est, donc,
affichée à l'écran, qui est présentée par Mme la députée de Robert-Baldwin.
Est-ce que c'est ça?
Mme Garceau : Oui, c'est ça.
Le Président (M. Montigny) : Oui.
Parfait. Je vous laisse la parole, Mme la députée.
Mme Garceau : OK. Merci, M.
le Président. Donc, suite à notre échange, nous avons une modification à
proposer à l'article 4 :
Remplacer, dans le deuxième alinéa de
l'article 14.3 de la Loi sur le
ministère de l'Économie et de l'Innovation,
introduit par l'article 4 du projet de loi, les mots «dans le délai» par«dans
le délai raisonnable».
«Le ministre peut demander à un autre
ministre, à un organisme du gouvernement au sens de la loi 4 de la Loi sur
le vérificateur général (chapitre V-5.01) ou à toute personne qui
transporte ou distribue de l'énergie de lui transmettre, dans un délai
raisonnable qu'il indique, tout renseignement ou document pertinent aux fins de
l'élaboration du plan.»
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Merci beaucoup pour la lecture. Mme la ministre, je vais vous laisser la
parole. Mme la ministre, je vous laisse la parole.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Alors... Bon, merci pour la proposition. J'ai quelques discussions,
ici, avec les juristes et je me demandais si vous étiez ouverts à l'idée qu'on
revienne avec le libellé «dans le délai raisonnable», plutôt que «dans un délai
raisonnable», puisque c'est plus précis lorsqu'on «dans le délai raisonnable».
C'est plus, comme, exécutif...
18 h (version révisée)
Mme Fréchette : ...raisonnable»
plutôt que «dans un délai raisonnable», puisque c'est plus précis lorsqu'on
écrit «dans le délai raisonnable», c'est plus comme exécutif, là : Voici
le délai prescrit.
Le Président (M. Montigny) : Est-ce
que ça vous... Est-ce qu'il y a consentement?
Mme Fréchette : On est
vraiment dans la sémantique.
Mme Garceau : Laissez-moi
penser.
Le Président (M. Montigny) : Est-ce
qu'il y a consentement?
Mme Garceau : Oui, il y
consentement.
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Comme la personne qui propose l'amendement... Il y a consentement. Est-ce qu'on
peut procéder, Mme la secrétaire, ou si on doit le retirer et en faire un
nouveau?
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : On
peut procéder par sous-amendement très simple ou retirer complètement celui-ci
et en déposer un nouveau, mais, comme il est là, on me dit, on me signale qu'on
devrait absolument soit faire soit un sous-amendement ou le retirer pour en déposer
un nouveau. Vous voulez faire quoi, Mme la députée?
Mme Garceau : Bonne question.
Qu'est-ce que vous voulez faire, M. le Président?
Le Président (M. Montigny) : En
fait, je pense que ce serait simple de le retirer.
Mme Garceau : De retirer.
Le Président (M. Montigny) : Puis
de ramener un prochain amendement, mais je ne voulais pas vous l'imposer.
Mme Garceau : On le retire.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
en tout respect, nous allons donc le retirer si nous avons consentement?
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Nous allons ramener un nouvel amendement avec une modification.
Nous allons suspendre les travaux quelques
instants.
(Suspension de la séance à 18 h 03)
(Reprise à 18 h 08)
Le Président (M. Montigny) :
Alors, nous reprenons donc nos travaux.
Nous sommes toujours à l'étude de
l'article 4. Nous avons une proposition d'amendement qui remplace un
amendement qui a été retiré.
Alors, Mme la députée de Robert-Baldwin,
je vous laisse la parole pour la présentation de l'amendement.
Mme Garceau : Merci
beaucoup, M. le Président. Donc, on continue la collaboration :
Article 4. Remplacer, dans le
deuxième alinéa de l'article 14.3 de la Loi sur le ministère de
l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie tel qu'amendé, proposé par
l'article 4 du projet de loi, «dans le délai» par «dans le délai
raisonnable».
Est-ce que c'est suffisant, M. le
Président, ou est-ce que je dois...
Le Président (M. Montigny) :
Merci. C'est très clair. Merci beaucoup.
Mme Garceau : C'est clair.
Parfait.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec cette proposition
d'amendement? Tout est conforme? Il n'y a pas d'autre intervention, alors nous
pouvons passer à la mise aux voix de cette proposition d'amendement. Est-ce que
cette proposition d'amendement est adoptée?
Des voix
: ...
Le Président (M. Montigny) :
Adopté. Merci. Nous pouvons revenir à l'étude de l'article 4 dans la
section 14.3. À moins qu'il n'y ait pas d'intervention, nous pouvons
passer à 14.4. Je vous écoute.
Alors, à 14.4, Mme la ministre, je vous en
laisse faire la lecture.
• (18 h 10) •
Mme Fréchette : Merci.
Alors, ça va comme suit :
«14.4. Le plan de gestion intégrée des
ressources énergétiques est approuvé par le gouvernement. Le ministre publie le
plan approuvé sur le site Internet de son ministère.
«Le ministre est responsable de la mise en
oeuvre du plan.
«La mise en oeuvre de la politique-cadre
sur les changements climatiques tient compte du plan.»
Donc, c'est un article qui prévoit que le
PGIRE est approuvé par le gouvernement et ensuite publié en ligne sur le site
du ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie.
Il confie aussi la mise en œuvre du PGIRE
à la ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie.
Aussi, cet article prévoit que la mise en
œuvre de la politique-cadre sur les changements climatiques élaborée en vertu
de l'article 46.3 de la Loi sur la qualité de l'environnement doit tenir
compte du PGIRE.
Le Président (M. Montigny) :
Merci beaucoup, Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des interventions en lien
avec cette section de l'article 4? Oui, Mme la députée de Robert-Baldwin,
vous avez la parole.
Mme Garceau : Merci, M.
le Président. Donc, deuxième... deuxième phrase : «Le ministre publie le
plan approuvé». Publie quand? Est-ce qu'il y a une règle de l'art? Lorsque le
gouvernement approuve, on publie sur le site Internet du ministère, il y a un
délai quelconque?
Le Président (M. Montigny) :
Merci pour la question, Mme la députée. Vous aurez une réponse sous peu, j'en
suis certain.
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous allons donc suspendre quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 18 h 11)
(Reprise à 18 h 12)
Le Président (M. Montigny) :
Alors, nous reprenons donc nos travaux. Mme la ministre, je vous laisse la
parole à nouveau.
Mme Fréchette : Oui, M.
le Président. Donc, écoutez, à prime abord, c'est dès que la mise en forme du <document...
Mme Fréchette :
...écoutez,
à prime abord, c'est dès que la mise en forme du >document qui a été
approuvé par le gouvernement est adaptée à sa mise en ligne. Je ne vois pas de
délai additionnel à prévoir, si ce n'est que de la mise en page, mise en forme
du document une fois qu'il est approuvé.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup. D'autres interventions? Oui, M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui, M. le
Président. Ce n'est pas... on n'a pas l'intention de déposer un amendement
là-dessus. Puis je pense que notre discussion qu'on a eue sur le 14.3 avec la
régie la réponse est un petit peu...
Une suggestion qui a été faite par
M. Pineau, mais c'est juste, eux autres ont fait une suggestion à
14.4 que le plan de gestion intégrée des ressources énergétiques est
approuvé par le gouvernement, puis eux autres suggèrent ici :
«Si le plan est jugé conforme par le
gouvernement, le ministre doit soumettre à la Régie de l'énergie aux fins
d'évaluer la capacité du plan d'atteindre les cibles définies par le
gouvernement en matière énergétique et climatique. Le plan entre en vigueur à
la suite de l'approbation et de l'avis de la Régie de l'énergie en vertu de cet
article. Le ministre publie le plan approuvé sur le site Web de son ministère».
Puis le raisonnement, c'est : «Comme
mentionné — dans leur mémoire — à la recommandation n° 9 de ce mémoire, pour renforcer l'indépendance et la
transparence des décisions énergétiques, le projet de loi n° 69
devrait confier la gestion du PGIRE à une instance indépendante».
Alors, je pense qu'on a répondu un peu à
la crainte de M. Pineau, je veux juste souligner ça.
Mais, juste, je ne sais pas si, Mme la
ministre, vous avez regardé ça, la nécessité d'ajouter ça aussi à 14.4, ou
d'avoir un élément supplémentaire pour renforcer l'indépendance, ou ce n'est
pas nécessaire. C'est juste une question parce que c'est soulevé par
M. Pineau. On répond un petit peu à une suggestion qu'il a faite dans sa
mémoire. C'est tout.
Le Président (M. Montigny) : Très,
très bien, très bien. Merci, M. le député. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Merci pour
l'intervention, pour le rappel, en fait, de la proposition de M. Pineau et
de sa chaire.
Moi, le libellé, tel qu'élaboré, me
convient, donc je suggère qu'on s'en tienne à ce libellé-ci.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Merci beaucoup. Alors, à ce moment-ci, s'il n'y a pas d'autre intervention pour
cette portion de l'article, il nous reste le 14.5, toujours dans
l'article 4. Mme la ministre, à 14.5.
Mme Fréchette : Alors, ça va
comme suit :
«14.5 Le ministre modifie le plan
notamment s'il juge que des changements dans la situation et dans les besoins
énergétiques au Québec ou qu'une révision des orientations, objectifs et cibles
visées à l'article 14.2 le requièrent.
«L'article 14.4 s'applique au plan
modifié.»
Voilà. Donc, c'est un article qui prévoit
que le PGIRE peut être modifié au besoin tel qu'on en a discuté un peu plus tôt
aujourd'hui. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup. Est-ce qu'il y a des interventions en lien avec cette section de
l'article 4? Oui, M. le député de Jacques-Cartier, vous avez la parole.
M. Kelley : Encore, je pense
juste que c'est important de soulever qu'est-ce que le Pr Pineau a suggéré, un
changement à 14.5, c'est que si le ministre souhaite modifier le plan,
notamment s'il juge qu'il y a des changements de la situation et dans les
besoins énergétiques au Québec, ou qu'une révision des orientations, objectifs
et des cibles visées à l'article 14.2 le requièrent, qu'il en fait la
demande à la Régie de l'énergie ou autre instance indépendante.
Puis le raisonnement pour une suggestion
de modification qui était proposé par Pr Pineau, c'est que : «Selon le
projet de loi n° 69, page 9, "Le ministre
est responsable de la mise en œuvre du plan". Or, selon cette formulation,
il n'est pas clair quels recours sont en place si les moyens de mise en œuvre
par le ministre ne sont pas en voie d'atteindre les résultats escomptés du
PGIRE. Pour assurer plus de transparence, la Régie de l'énergie ou une autre
instance indépendante devrait avoir la responsabilité de faire l'évaluation de la
mise en œuvre du PGIRE, comme elle le fait déjà pour l'évaluation de la mise en
œuvre des Plans globaux en efficacité énergétique des distributeurs, par
exemple.»
Alors, encore ici, est-ce que la ministre
trouve que peut-être c'est nécessaire d'ajouter cet élément, que si jamais
c'est nécessaire de regarder la situation énergétique au Québec, des besoins
énergétiques au Québec, de consulter la régie et/ou une autre instance
indépendante est nécessaire? Est-ce que c'est une modification que vous avez
peut-être prise en considération? Et avez-vous une réponse à la suggestion de
M. Pineau?
Le Président (M. Montigny) : Merci,
M. le député. Alors, maintenant, j'inviterais Mme la ministre...
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Alors, Mme la ministre, vous avez la <parole...
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Alors, Mme la ministre, vous avez la >parole.
Mme Fréchette : Merci. Merci,
M. le Président. Merci à nouveau au député pour le rappel des propositions du Pr Pineau.
D'une part, j'aimerais souligner qu'un
avis à la régie, je peux, à titre de ministre, en demander un à ma convenance,
là, je n'ai pas besoin d'avoir une autorisation particulière ou un contexte
particulier.
Par ailleurs, la régie... dans le cadre de
la mise en œuvre du PGIRE, la régie devra s'assurer que ce qui est proposé, par
exemple par Hydro-Québec, cadre avec les orientations qui auront été adoptées
dans le cadre du PGIRE. Elle va devoir s'assurer de la concordance. Donc,
l'autorisation qui sera requise de sa part va devoir inclure cet élément de
concordance avec ce qui se retrouvera dans le PGIRE.
Alors, je pense que l'idée derrière la
proposition du Pr Pineau se trouve à être respectée dans la réalité des
choses. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, Mme la ministre. D'autres interventions en lien avec cette section de
l'article 4? Oui, Mme la députée de Robert-Baldwin, vous avez la parole.
Mme Garceau : Merci, M. le
Président. C'est quand même un article intéressant, parce que ça fait en sorte
que, nonobstant les consultations avec plusieurs... plusieurs organismes,
acteurs, et tout, Hydro-Québec, l'avis de la régie, qui pourrait prendre, puis
on a eu une discussion, peut-être un an, un an et demi pour élaborer le plan,
là la ministre pourrait, de façon unilatérale, modifier ce plan-là à n'importe
quel moment si vous jugez qu'il y a des changements dans la situation, dans les
besoins énergétiques.
Donc, il n'y aurait pas de... si vous
souhaitez faire des changements, il n'y a pas d'autre consultation, il n'y a
pas... Vous allez de façon, comme j'ai mentionné, unilatérale faire la
modification, puis ça s'arrête là. C'est ça, l'esprit de l'article?
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la députée, pour la question. Alors, maintenant, Mme la ministre, quand
vous serez prête.
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Alors,
est-ce que vous souhaitez suspendre?
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Nous allons donc suspendre quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 18 h 20)
(Reprise à 18 h 23)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous reprenons donc nos travaux.
Au moment de la suspension, Mme la
ministre, vous aviez la parole, je vous redonne la parole à nouveau.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Donc, je vais répondre à la question de la députée de Robert-Baldwin.
Alors, l'intention, en fait, qui se trouve
derrière cet article est à l'effet que, dans un contexte qui était imprévu,
lorsque surviendrait un choc, par exemple, il pourrait y avoir, donc, des
ajustements, des modifications qui soient apportés au plan.
On ne parle pas ici d'un nouveau plan,
d'un nouveau PGIRE, mais bien d'ajustements ou de correctifs qui pourraient
être apportés au plan advenant que la situation le requière parce que quelque
chose d'imprévu est survenu, et change la donne, et fait en sorte que l'on
doive procéder d'une manière différente de ce qui avait été initialement prévu.
Donc, c'est vraiment ça qui est
l'intention derrière cet article. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre. D'autres interventions?
Mme Garceau : Oui, M. le
Président.
Le Président (M. Montigny) :
Oui.
Mme Garceau : Donc, c'est
vraiment dans un contexte, si on peut dire, lorsqu'on utilise les mots… le mot
«imprévu», un contexte exceptionnel, mais je ne vois pas vraiment…
En termes de l'article et les mots
utilisés, quand je le regarde, «que des changements dans la situation», ça
pourrait être n'importe quel changement, c'est… ça ne reflète pas vraiment
l'intention de la ministre que ce soit vraiment, là, s'il y a un contexte
imprévu.
Et peut-être qu'on pourrait faire… Moi, je
vais juste suggérer qu'on aurait une modification, un amendement pour que
l'article reflète vraiment le contexte exceptionnel où il pourrait y avoir une
modification unilatérale qui serait faite par la ministre, surtout après tout
un processus de consultation avec tous les acteurs, mais aussi avec les
autochtones, Premières Nations et la régie, suite à l'avis de la régie.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la députée. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Bien, en
fait, il faudra vraiment que la nature du changement justifie qu'il puisse y
avoir des modifications qui soient apportées au plan.
Je peux penser, par exemple, à un
approvisionnement à partir d'une source énergétique, qui, soudainement, serait
interrompu pour des raisons… je ne sais pas, moi, par exemple, de tarifs douaniers
très élevés qui s'appliqueraient pour de l'énergie qui serait importée des États-Unis,
bon, c'est un exemple, et qui nous amèneraient à devoir recourir à une autre
forme d'énergie, parce que là, subitement, une source d'énergie deviendrait
50 % plus chère qu'initialement prévu. Un exemple.
Un choc, une catastrophe naturelle qui
surviendrait dans le Nord-du-Québec et qui affecte 15 %, 30 % des
pylônes dans cette région-là, fait en sorte qu'on doive recourir à une autre
source d'énergie. C'est un autre cas d'exemple.
Mais il y a vraiment là une intention
d'avoir une situation qui était imprévue, imprévisible même, et qui justifie
que l'on doive déroger de ce que l'on avait initialement prévu pour un certain
temps ou pour une durée plus longue, là, dépendant de la nature des
changements. Mais c'est l'intention qui est… qui est derrière cet article.
Mme Garceau : Donc, Mme la
ministre, je peux comprendre, c'est juste, maintenant, peut-être que cette
intention-là soit reflétée en termes de l'article, parce qu'à la lecture
lorsqu'on regarde, «le ministre modifie le plan notamment s'il juge que des
changements dans la situation», «changements», ça pourrait être n'importe quoi.
Donc, on parle vraiment, là… on est dans
des circonstances exceptionnelles, dans l'imprévu, peut-être qu'on pourrait, je
ne sais pas, compte tenu de l'heure, là, on pourrait y songer pour voir comment
est-ce qu'on pourrait refléter cette intention, que je trouve tout à fait, là,
appropriée dans les <circonstances…
Mme Garceau :
...refléter
cette intention, que je trouve tout à fait, là, appropriée dans les >circonstances?
On ne sait jamais, on le voit, là, avec
qu'est-ce qui se passe avec les États-Unis, donc il pourrait y avoir ce genre
de nécessité de changer et de modifier le plan. C'est juste maintenant de circonscrire
un peu la définition, là, dans quelle situation.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la députée. Mme la ministre.
Mme Fréchette : M. le
Président, on prendrait quelques secondes.
Le Président (M. Montigny) : Sans
problème.
Mme Fréchette : Merci.
Le Président (M. Montigny) : Nous
allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 18 h 28)
(Reprise à 18 h 29)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous reprenons donc nos travaux, mais, compte tenu de l'heure, je vous remercie
tous de votre collaboration, mais, aujourd'hui, nous allons donc ajourner les
travaux sine die.
(Fin de la séance à 18 h 30)