Journal des débats de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Le
mardi 20 mai 2025
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Vol. 47 N° 66
Étude détaillée du projet de loi n° 69, Loi assurant la gouvernance responsable des ressources énergétiques et modifiant diverses dispositions législatives
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Intervenants par tranches d'heure
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Montigny, Yves
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Kelley, Gregory
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Fréchette, Christine
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Kelley, Gregory
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Montigny, Yves
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Fréchette, Christine
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Paradis, Pascal
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Fréchette, Christine
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Kelley, Gregory
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Montigny, Yves
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Garceau, Brigitte B .
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Rivest, Mathieu
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Bernard, Daniel
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Bussière, Robert
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Tremblay, François
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Poulin, Samuel
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Kelley, Gregory
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Fréchette, Christine
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Montigny, Yves
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Paradis, Pascal
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Montigny, Yves
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Fréchette, Christine
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Kelley, Gregory
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Paradis, Pascal
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Montigny, Yves
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Paradis, Pascal
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Fréchette, Christine
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Montigny, Yves
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Paradis, Pascal
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Fréchette, Christine
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Montigny, Yves
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Kelley, Gregory
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Fréchette, Christine
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Paradis, Pascal
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Paradis, Pascal
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Montigny, Yves
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Kelley, Gregory
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Garceau, Brigitte B .
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Fréchette, Christine
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Rivest, Mathieu
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Bernard, Daniel
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Bussière, Robert
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Tremblay, François
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Poulin, Samuel
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Paradis, Pascal
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Montigny, Yves
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Fréchette, Christine
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Kelley, Gregory
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Bernard, Daniel
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Bussière, Robert
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Tremblay, François
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Poulin, Samuel
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Garceau, Brigitte B .
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Montigny, Yves
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Paradis, Pascal
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Fréchette, Christine
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Kelley, Gregory
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Garceau, Brigitte B .
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Garceau, Brigitte B .
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Montigny, Yves
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Paradis, Pascal
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Fréchette, Christine
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Kelley, Gregory
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Rivest, Mathieu
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Bernard, Daniel
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Bussière, Robert
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Tremblay, François
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Poulin, Samuel
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Fréchette, Christine
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Montigny, Yves
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Paradis, Pascal
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Garceau, Brigitte B .
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Montigny, Yves
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Fréchette, Christine
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Paradis, Pascal
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Rivest, Mathieu
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Bernard, Daniel
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Tremblay, François
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Poulin, Samuel
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Bussière, Robert
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Kelley, Gregory
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Garceau, Brigitte B .
9 h 30 (version révisée)
(Neuf heures quarante-sept minutes)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources
naturelles ouverte.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi 69, la Loi assurant la
gouvernance responsable des ressources énergétiques et modifiant diverses
dispositions législatives.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements aujourd'hui?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Sainte-Croix (Gaspé) est remplacé par M. Poulin
(Beauce-Sud) et M. Ciccone (Marquette); par Mme Garceau
(Robert-Baldwin).
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup. Lors de l'ajournement de nos travaux, le 10 avril dernier, nous
en étions à l'étude de l'article 38. Plus précisément, nous procédions à l'étude
du sous-amendement proposé par le député de Jean-Talon. Il est d'ailleurs
affiché, là, à l'écran. C'était aussi un sous-amendement qui était proposé à un
amendement qui avait déjà été déposé à cet article 38 par le député de
Maurice-Richard. Par ailleurs, je vous rappelle que les articles 4, 20,
29, 33, 36 sont suspendus.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions en
lien avec ce sous-amendement proposé par le député de Jean-Talon? Il n'y a pas
d'autre intervention, nous allons donc procéder à sa mise aux voix. Est-ce que
le sous-amendement de l'article 38 proposé par le député de Jean-Talon... Il
n'y a pas d'appel nominal, donc, est-ce qu'il est adopté ou rejeté, le
sous-amendement du député de Jean-Talon? J'attends toujours. Est-ce qu'il est
rejeté?
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Rejeté. Il est donc rejeté. Nous sommes maintenant...
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Oui,
oui, il faut se replacer, là, le 10 avril, on était ici, la dernière fois.
Nous sommes donc maintenant rendus à l'étude de l'amendement qui était proposé
par le député de Maurice-Richard. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'amendement
du député de Maurice-Richard à l'article 38? Il n'y a pas d'intervention.
Alors, est-ce qu'il est adopté ou rejeté?
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Rejeté.
Donc, l'amendement est rejeté. Nous revenons donc à l'étude de l'article 38.
Est-ce qu'il y a des interventions?
M. Kelley : Oui.
Le Président (M. Montigny) : M.
le député, je vous écoute.
• (9 h 50) •
M. Kelley : Merci beaucoup, M.
le Président. Bonjour, Mme la ministre. J'espère que vous allez bien. Bonjour à
tous mes collègues. Je pense qu'on va passer trois semaines ensemble, puis on
espère qu'on va terminer ce projet de loi, mais une chose à la fois. On va
continuer d'étudier ça avec beaucoup de rigueur.
Mme la ministre, juste une question. Je
reviens un petit peu sur ce concept qu'on veut vendre de l'électricité. C'est
juste une entité à une porte, exclusivement. Alors, on prend souvent l'exemple
d'une communauté autochtone avec un site ou un projet minier. Qu'est-ce qui
arrive, Mme la ministre, si, par exemple, ce site minier, ça vient à la fin de
leur vie ou, quand même, le projet n'est pas rentable, il y a une chute de le
prix de le métal qui sort de ce terrain-là, puis la mine est maintenant... c'est
fermé? Comment on va régler cette question-là que l'électricité qui est fournie
n'est plus vendre juste à un client? Est-ce que vous comprenez la question? C'est
comme, on peut seulement vendre ça à une porte, à une personne, mais le moment
que c'est... c'est comme, un site minier n'existe plus, l'entité ne peut pas
vendre ça au sein de la communauté non plus. Comment on va régler ça, le moment
que c'est un client n'existe plus? Il y a comme un surplus d'électricité.
Alors, c'est de comprendre le moment que
ce client n'existe plus, si ça arrive, ce cas-là, qu'est-ce qu'on va faire avec
cet... est-ce qu'il faut faire un autre contrat? Est-ce qu'on va... comme un
microréseau? C'est quoi, la suite des choses?
Le Président (M. Montigny) :
Merci, M. le député. Alors, Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Oui, <merci,
M. le Président...
M. Kelley
: ...comme
un microréseau? C'est quoi, la suite des choses?
Le Président (M. Montigny) :
Merci, M. le député. Alors, Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Oui, >merci,
M. le Président. Mes salutations à mes collègues. Merci de votre présence,
collègue de l'opposition...
Le Président (M. Montigny) :
Donc, peut-être que le cartable... Voilà.
Mme Fréchette : ...je
réitère. Mes salutations à tous, M. le Président, de même qu'aux collègues.
C'est bon?
Le Président (M. Montigny) :
Oui, c'est correct. C'est juste...
Mme Fréchette : Pourquoi
vous me faites signe? Ah! c'est parce qu'il y a un autre micro qui est ouvert...
Le Président (M. Montigny) :
...le micro est allumé, oui. C'est bon.
Mme Fréchette : ...qui n'avait
pas besoin de l'être.
Le Président (M. Montigny) :
Merci. Allez-y, Mme la ministre.
Mme Fréchette : Alors,
parfait.
Le Président (M. Montigny) : J'essayais
d'être discret.
Mme Fréchette : Alors, écoutez,
M. le député de Jacques-Cartier, donc, je comprends que vous voulez savoir qu'est-ce
qu'il adviendrait de l'électricité, advenant qu'un site minier qui bénéficiait
d'un approvisionnement en électricité ne soit plus... ne soit plus en activité.
M. Kelley : Exactement.
Le seul client...
Mme Fréchette : OK. Le seul
client.
M. Kelley
: ...la seule
porte, la seule personne que le... De l'autre côté, ils ont le droit de vendre
jusqu'à une personne. Si c'est une personne ferme leur porte, ferme leur shop,
on fait quoi avec l'électricité qui est produite, parce qu'il a seulement le
droit de vendre à une personne adjacente? Alors, c'est juste bien comprendre
c'est quoi, la suite des choses, particulièrement dans ce cas-là. Si c'est une
communauté autochtone qui, en partenariat avec une entreprise privée, développe
un projet d'éoliennes ensemble pour vendre l'électricité à ce client, c'est un
client, qu'est-ce qu'on fait, après ça, pour s'assurer qu'on peut continuer
d'utiliser cette énergie qui est produite par des sources renouvelables? Je ne
sais pas si ça clarifie la question.
Le Président (M. Montigny) :
Juste pour information, avant de passer la parole à Mme la ministre, il vous
reste à peu près une minute, là, de temps de parole sur cet article, et on se
rappellera que c'était...
M. Kelley
: ...avant
que ça termine, j'ai un amendement à déposer.
Le Président (M. Montigny) :
Je vous écoute.
M. Kelley
: OK. Parfait.
Alors, on va déposer l'amendement puis la ministre peut continuer notre
discussion au sein de l'amendement, parce que je pense que ça va quand même
aussi aider dans notre discussion puis aussi des réflexions autour de la
question... de, peut-être, mieux clarifier puis rassurer tout le monde que
l'article 32 n'était pas une brèche dans la discussion et le monopole d'Hydro-Québec.
Le Président (M. Montigny) :
Parfait. Donc, nous attendons votre amendement...
M. Kelley
: Parfait.
Le Président (M. Montigny) :
...pendant ce temps-là, Mme la ministre va répondre. Puis, dès que nous aurons votre
amendement, bien, nous serons prêts à le présenter. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Alors...
Bien, M. le Président, je vois deux cas de figure, d'une part, l'énergie
pourrait être disponible pour un autre client advenant qu'il y a cessation d'activité
de la part de l'entreprise, ou encore être retournée... revendue, en fait à
Hydro-Québec. Donc, avec l'approbation de la régie, il y a ces possibilités-là.
M. Kelley
: OK.
Merci beaucoup. Je pense... maintenant... oui.
Le Président (M. Montigny) :
On va suspendre, le temps de recevoir votre amendement. Merci.
(Suspension de la séance à 9 h 55)
(Reprise à 9 h 56)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous reprenons donc nos travaux. Nous avons reçu une proposition d'amendement
par le député de Jacques-Cartier. Il est maintenant affiché à l'écran. C'est un
amendement à l'article 38. M. le député, je vous laisse le présenter.
M. Kelley : Oui… M. le
Président. J'ai un ordinateur qui est un petit peu lent ce matin. Regarde, je
vais lire ça comme ça : L'article 60, Loi sur la régie de l'Énergie,
est modifié par l'article 38… projet de loi, est modifié par l'ajout,
après les mots «emplacement adjacent au site de production» par les mots «que
la capacité technique d'Hydro-Québec ne permet pas la connexion aux réseaux de
distribution d'Hydro-Québec».
Alors, je ne pense pas que c'est
nécessaire de lire la suite des choses ou… Mais, bref, Mme la ministre, je me
rappelle qu'on a eu une discussion sur cet élément-là. C'est comme pour toute
la brèche de la distribution de le monopole d'Hydro-Québec, le monopole qu'Hydro-Québec
a sur la distribution, que c'est vrai, dans certains cas, Hydro-Québec n'est
pas capable de fournir l'électricité. Je pense que l'exemple qu'on a discuté beaucoup
ensemble, concernant les communautés autochtones avec un site projet minier,
comme, quand même, à la fin de votre intervention, Mme la ministre, des fois,
Hydro-Québec n'est pas nécessairement présente ou capable de fournir
l'électricité renouvelable dans certaines communautés. Alors, si un projet est
développé, puis Hydro-Québec n'est pas présente, qu'est-ce qu'on fait? Alors,
pour moi, ça, c'est peut-être une façon de répondre à cette crainte-là que, sur
le côté de distribution, c'est vrai, puis on a eu ces bons échanges juste avant
la pause, en avril, Mme la ministre, que, des fois, Hydro-Québec n'est pas
capable, n'est pas présente dans le réseau de distribution, dans certains
coins.
Alors, est-ce que, de cette façon-là, on
assure qu'Hydro-Québec a toujours la priorité sur la distribution? C'est sûr
que le monopole demeure en place, mais, de temps en temps, c'est vrai
qu'Hydro-Québec n'a pas la capacité ou est vraiment incapable de connecter un
certain projet à le réseau de distribution, ou ce n'est peut-être ni
souhaitable. Alors, peut-être, c'est une façon de mieux clarifier les choses,
mais peut-être mieux rassurer tout le monde autour de la table, que, c'est
vrai, des fois, peut-être, on doit créer des exceptions où il y a des cas où ça
fait du sens d'avoir une entreprise qui est en train de produire l'électricité,
vendre à quelqu'un qui est à côté, parce que le réseau d'Hydro-Québec n'est pas
là et pas vraiment présent.
Alors, c'est pourquoi nous avons pensé,
quand on a eu des échanges et des mémoires, c'était des échanges avec,
peut-être, le député de Jean-Talon, mais l'idée, c'est encore, juste mieux
encadrer, mieux clarifier qu'est-ce que c'est l'intention de nous, comme
législature, autour de cet article 38.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
M. le député. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, merci, M.
le Président. Donc, je constate qu'en fait… bien, j'abonde dans le fait que,
parfois, c'est la capacité technique d'Hydro-Québec de raccordement qui est
l'enjeu, mais il n'y a pas que ça qui existe comme enjeu. Quand on pense à
«capacité d'Hydro-Québec», c'est aussi la capacité d'Hydro-Québec de développer
les ressources requises pour déployer un projet de prolongement, par exemple,
d'une ligne. Les capacités, en termes de ressources disponibles, ne sont pas
toujours là dans les délais raisonnables, et, par conséquent, Hydro-Québec
pourrait dire : Bien oui, je vais pouvoir prolonger votre ligne, mais dans
huit ans.
Alors, dans ces cas-là, ce n'est pas tant
la capacité technique qui est l'enjeu, c'est la disponibilité de ressources. Ça
fait qu'il y a différents éléments comme ça qui peuvent entrer en contradiction
avec l'idée d'avoir le déploiement d'Hydro-Québec rapidement ou dans un délai
raisonnable. Et voilà. Donc, ça, c'est un des éléments importants à prendre en
considération, et ça ne cadre pas avec le libellé du député.
• (10 heures) •
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. D'autres interventions?
M. Kelley : Je comprends
votre point, Mme la ministre, que ce n'est pas nécessairement une question de
la capacité technique. Je pense qu'on a sorti ces mots-là, parce qu'on était en
train de discuter, des fois, la réalité. Et c'est sûr que la capacité technique
d'Hydro-Québec, oui, ils ont beaucoup d'expertise, mais c'est vrai, peut-être, de
bâtir une ligne de transmission, ça va prendre huit ans.
Alors, je comprends votre point, mais,
quand même, je suis en train d'essayer de réfléchir sur une façon de bien
rassurer tout le monde qu'on n'est pas en train de briser le monopole d'Hydro-Québec
avec cet article-là, et de bien encadrer le fait qu'on va toujours donner la
préférence à Hydro-Québec. Mais il y a des situations qui arrivent où, dans le
moment actuel, Hydro-Québec a encore la capacité technique de participer dans
le réseau de distribution d'un projet d'autoproduction et, je pense, même dans
des régions plus éloignées où le réseau n'est pas présent...
10 h (version révisée)
M. Kelley : ...Hydro-Québec
n'a pas la capacité technique de participer dans le réseau de distribution d'un
projet d'autoproduction et, je pense, vraiment dans des régions plus éloignées
où le réseau n'est pas présent.
Alors, de notre côté, je pense que c'est
toujours une façon de renforcer ce projet de loi, mais je comprends votre
argument en même temps. Mais ça, c'est mes arguments pourquoi je pense que c'est
un amendement qui fait du sens, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) :
Merci beaucoup, M. le député. Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : ...j'ai
exprimé mon point de vue déjà sur cette proposition. Merci.
Le Président (M. Montigny) :
Parfait. C'est parfait. Est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien
avec cette proposition d'amendement à l'article 38? M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Bonjour, Mme
la ministre. Bonjour à toute votre équipe, collègues. Bon retour en travaux
parlementaires.
Je voudrais continuer dans la foulée des
questions de mon collègue de Jacques-Cartier. Je pense qu'une des réponses que
vous nous avez données sur la raison d'être de cet article-là, en fait, de cet
élargissement de la possibilité d'autoproduire et de vendre d'une entreprise à
une autre, c'est que c'est pour compenser l'incapacité d'Hydro-Québec ou le
fait qu'Hydro-Québec n'est pas capable, si je peux le dire comme ça, de
brancher tout le monde, de fournir la demande qui est prévue dans l'avenir.
Alors, vous dites donc que ça va prendre
beaucoup de joueurs privés pour venir compenser cette incapacité d'Hydro-Québec
à fournir à la demande. Est-ce que vous avez des études, des données, des
chiffres qui peuvent nous aider à mieux comprendre votre volonté à travers cet
article-là? Vous en envisagez combien de ce type de projet? C'est quoi, les cas
où Hydro-Québec n'est pas capable de se rendre? Est-ce que c'est une question
de distance, c'est une question de coûts d'infrastructures, c'est une question
de manque de volonté d'Hydro-Québec?
Cet amendement, je pense, du collègue,
nous permet d'ouvrir ce pan-là de la conversation, parce qu'il correspond,
comme il l'a lui-même indiqué, à une... C'est un miroir d'une partie des
réponses que vous nous avez données dans nos échanges précédents, Mme la
ministre, qui disait : Ah! mais c'est parce que, là, des fois, on n'est
pas... Hydro-Québec n'est pas capable. Bon, alors, le collègue, lui, propose
que l'article, ce soit la vente d'une entreprise à une autre seulement quand ce
n'est pas possible pour Hydro-Québec.
Donc, je comprends que vous avez donné une
partie des réponses, mais j'aimerais aller un peu plus loin sur les données,
sur l'évaluation que vous faites de la nécessité de cet article-là, en fait, de
cette modification à l'article 60. Parce que, bon, là, ça fait quelques
semaines, mais il faut rappeler un certain nombre de nos échanges que j'ai eus
avec vous, Mme la ministre, sur le fait que c'est un changement... ce n'est pas
un changement mineur que vous proposez. Donc, avant l'article 60, ça
permettait l'autoproduction et ça permettait la vente d'une entreprise à une
autre uniquement dans les cas de... quand il y avait de l'énergie qui était
produite par la biomasse, et c'était la vente à un voisin immédiat du lieu où l'énergie
est produite avec la biomasse. C'était ça, l'article 60. C'était un cadre
très limité, j'ai rappelé... d'où origine cette ouverture-là qui était, oui,
sous un gouvernement du Parti québécois, vous l'avez rappelé.
Mais je vous ai cité les propos puis je
vous ai cité le contexte, c'était pour permettre de valoriser la biomasse,
notamment dans l'industrie forestière, et c'était uniquement pour ça. Donc, la
seule possibilité pour une entreprise de vendre à une autre entreprise au
Québec jusqu'à aujourd'hui, c'est quand tu produis de l'énergie avec de la
biomasse sur ton terrain. Puis tu peux vendre au voisin immédiat de ton
terrain. Là, vous proposez un tout nouveau paradigme : tout producteur d'électricité,
de sources renouvelables va être capable de vendre à toute entreprise qui est
adjacente, puis là, adjacente, ça peut être sur des centaines de kilomètres. Si
c'est quelqu'un, par exemple, qui a un parc éolien, qui est à distance du lieu
où il produit de l'énergie, alors là, est-ce que c'est adjacent au lieu de
production, au parc éolien, ou est-ce que c'est adjacent à la ligne de
transmission, ou c'est adjacent à l'usine, par exemple, où on produit de l'hydrogène?
On ne le sait pas.
Donc, vous proposez un changement
fondamental. C'est un bouleversement du monopole de l'État. C'est ça que j'ai
dit. Vous dites toujours : Non, ce n'est pas le cas, mais vous dites :
On en a besoin, parce qu'Hydro-Québec ne sera pas capable de fournir.
Donc là, j'ai mis en contexte pour nous
rappeler où on était il y a quelques semaines, parce que ça fait un bout de
temps qu'on avait commencé ce débat-là. J'aimerais savoir, donc, ce que vous
avez comme données et ce que vous entrevoyez sur la situation actuelle, sur les
cas où Hydro-Québec n'est pas capable et sur ce que vous entrevoyez comme
développement de ce marché-là de l'autoproduction et de la vente d'entreprise à
entreprise.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Mme <la...
M. Paradis :
...de
l'autoproduction et de la vente d'entreprise à entreprise.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Mme >la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Merci, merci,
M. le Président. Alors, bien, je réitère le fait que, parfois, c'est des
capacités techniques, logistiques, on pourrait dire, qui limitent la capacité d'Hydro-Québec
de raccorder une région donnée, ou un territoire donné, ou un site donné au
réseau électrique. Parfois, c'est la question des ressources humaines qui peut
poser un enjeu. Parfois aussi, c'est une question de priorité, parce qu'il peut
arriver que, pour une région donnée, la priorité ne soit pas dans le top trois d'Hydro-Québec.
Mais néanmoins, il y a des besoins sur le terrain. Alors, on n'a pas
l'assurance, parce qu'on a un besoin qu'Hydro-Québec va nous prioriser dans son
développement de court, moyen terme.
Et parfois c'est pour remplacer de
l'énergie fossile, parce que vous savez qu'il y en a des entreprises qui s'alimentent,
s'approvisionnent, par exemple, à partir de diesel. Donc, dans la mesure où on
s'engage dans la transition énergétique, quel avantage aurait le Québec à
maintenir du diesel pour alimenter une entreprise plutôt que d'opter pour une
source d'énergie renouvelable?
Avec la mesure qui est là, qui n'est
vraiment pas un changement de paradigme, là, on s'entend que c'est une façon de
faire qui existait déjà pour l'énergie de type biomasse, et là on l'ouvre à
d'autres sources d'énergie renouvelables, tout simplement, et on n'élargit pas
davantage qu'à des sources d'énergie renouvelables et pour un seul compteur
électrique. Donc voilà, on n'est vraiment pas dans des menaces à la capacité d'Hydro-Québec
de maintenir son monopole.
Parfois, il y a des entreprises qui sont
alimentées, donc avec du diesel, par exemple, et, dans le cadre de la
transition énergétique, on a intérêt à ce que ces entreprises-là puissent
s'approvisionner à partir de sources d'énergie renouvelables. Et c'est ce que
pourrait permettre cet article-là, advenant qu'il y ait une proposition
d'alimentation à proximité à partir de sources renouvelables. Merci.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci, Mme la ministre. D'autres interventions? M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Bon. Merci
pour cette réponse, mais en fait on... ce n'est pas la question. Puis je vais y
revenir. Ma question principale, c'est : Quelles données avez-vous qui
basent cette modification que vous proposez à l'article 60? Ça, c'est la question.
Puis qu'est-ce que vous entrevoyez comme marché? J'imagine qu'avant d'écrire
cet article-là, vous avez réfléchi un peu à ce que vous entrevoyez, à ce que
vous voulez voir arriver au Québec. Donc, j'aimerais ça avoir ces données-là.
Ça, c'est la question fondamentale.
Je vais me permettre de vous en poser
d'autres pour me rendre jusque-là. Actuellement, c'est la biomasse qui est
visée par l'article 60, point à la ligne. Il n'y a aucune autre façon au
Québec pour une entreprise de vendre de l'énergie à une autre entreprise. C'est
ça, l'ampleur de la brèche ou de l'exception au monopole sur la vente et la
distribution d'électricité qu'a Hydro-Québec, c'est le pacte social québécois.
J'ai de la difficulté avec le fait qu'on n'arrive pas à nommer précisément ce
changement-là. C'est un changement important. Vous modifiez le monopole de
l'État, parce que, là, vous allez ouvrir à toute une gamme de nouvelles
possibilités. Pourquoi vous ne le dites pas clairement? Est-ce qu'il y a une
gêne de le dire? Parce que quiconque lit l'article comprend que c'est vers là
qu'on va, mais, à chaque fois que je vous écoute me répondre, c'est d'autres
choses que j'ai.
Il faudrait qu'on le dise aux Québécois
que, ce qu'on veut, c'est élargir la part du privé, rendre possible à plus
d'entreprises privées de vendre de l'énergie à d'autres entreprises privées. Il
faut nommer les choses telles qu'elles sont. Et, ça, moi, j'aimerais ça vous
entendre le dire. Vous dites tout le temps : Ah! ça ne changera pas le
paradigme. Ça le change fondamentalement. Uniquement les cas où il y a de la
biomasse : toutes les formes d'énergie renouvelables. Uniquement le voisin
du terrain où est produite la biomasse, l'énergie avec la biomasse :
adjacent à toute une série d'infrastructures qui peut faire des centaines de
kilomètres de pourtour quand on prend le lieu de production, les
infrastructures de transmission puis les autres infrastructures de production.
Et là on est vraiment au cœur... Vous le
savez, Mme la ministre, pourquoi je vous pose ces questions-là, on est au cœur
d'un des articles qui préoccupent le plus tous ceux qui sont venus en
consultations particulières nous dire qu'ils craignent pour le monopole d'Hydro-Québec.
Alors, oui ou non : Est-ce que vous élargissez la capacité ou la
possibilité pour les entreprises privées de vendre à d'autres entreprises
privées. Oui ou non?
• (10 h 10) •
Le Président (M. Montigny) :
Juste un petit moment. Nous sommes présentement à l'étude d'un article,
mais d'un amendement de l'article. Je vous rappellerais de discuter de l'amendement.
Pour ce qui est de la discussion de l'article, nous y reviendrons. Merci. Mme
la <ministre...
Le Président (M. Montigny) :
...Pour ce qui est de la discussion de l'article, nous y
reviendrons. Merci. Mme la >ministre.
Mme Fréchette : Merci.
Donc, je vais répondre sur l'amendement de l'article. Alors, je rappelle, donc,
que la capacité technique d'Hydro-Québec, ça fait partie des enjeux qui
limitent le potentiel de raccordement à certains sites donnés ou certaines
régions données, et, que, par conséquent... Mais, par ailleurs, ça ne se limite
pas à ça, ça fait partie des enjeux, mais ça ne se limite pas à ça. Donc, mon
point est à l'effet qu'on ne pourrait pas avoir une situation, je dirais, qui
décrit complètement la nature des enjeux avec ce libellé.
Le Président (M. Montigny) :
M. le député.
M. Paradis : Je vous
remercie du commentaire, M. le Président, mais cet amendement-là vise à
restreindre, de façon importante, la portée de l'article 60. C'est pour ça
que la discussion sur la portée de l'article 60 est éminemment pertinente
à cet amendement qui est proposé. Parce que, moi, je peux vous le dire, je suis
plutôt d'accord avec cet amendement-là, mais là, la ministre vient de nous dire :
Ah non! mais ça ne vise pas juste ça. Alors, est-ce qu'on devrait élargir cet
amendement? Est-ce que, moi-même, je vais déposer un autre amendement pour
prévoir d'autres critères qui vont restreindre la possibilité d'étendre la
portée de l'article 60?
Donc, c'est pour ça que la discussion
qu'on a sur la portée de l'article, elle est essentielle pour comprendre cet
amendement-là. Cet amendement-là, il vient recadrer l'article en disant :
C'est uniquement quand on ne peut pas.
Donc, actuellement, là, il y a combien de
vendeurs? Est-ce qu'on a cette statistique-là? Il y a combien de vendeurs
privés d'électricité avec de la biomasse, produite par de la biomasse à leurs
voisins au Québec? Il y en a combien?
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, M.
le Président. Ce que je peux vous donner comme information, c'est que l'offre
est plus petite que la demande, puis ça va être le cas pour quelques années à
venir. On ne peut pas prévoir l'ampleur de la demande de mégawatts qu'il y aura
pour les 15, 20 prochaines années de manière très précise. C'est sûr qu'il
y a une part de développement économique qui est... qui va aller avec
l'évolution de la situation au Québec, l'évolution de la demande, par exemple.
Prenez pour les minéraux critiques et
stratégiques, on est dans une période de transition énergétique. Ces minéraux
vont être plus requis que jamais, parce qu'ils sont essentiels à la transition
énergétique. Combien d'entreprises vont vouloir s'inscrire dans cette
mouvance-là? Le député me demande combien, combien d'entreprises et combien de
mégawatts ça va représenter. On n'a pas des précisions exactes sur ce type de
besoin, mais ce qui est clair, c'est que la demande énergétique est plus grande
que l'offre énergétique et, par conséquent, il faut rehausser la production
énergétique. Mais on pense qu'il y a des façons de faire aussi qui peuvent être
en complément, en complément de ce rehaussement de l'offre énergétique par Hydro-Québec.
Dans la mesure où c'est basé sur des
énergies renouvelables et que ça ne concerne qu'un seul consommateur, eh bien,
on pense qu'il y a lieu d'ouvrir la voie à ce que des sources d'énergie
renouvelables puissent être mises à contribution, comme l'est déjà la biomasse,
mais comme pourrait l'être également l'éolien ou le solaire, pour fournir un
compteur. Merci.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Alors, je
vous rassure, M. le Président, je suis toujours sur cet amendement. Vous saisissez
le sens de mes questions. Je veux savoir il y avait combien d'entreprises qui
étaient visées par l'article 60 tel qu'il existe aujourd'hui. Mon
objectif, avec ma première question, je la réitère, c'est de savoir, bien, on
vise quoi, à peu près, avec la modification proposée par l'article 60, ou
ce serait quoi, ce serait circonscrit comment, avec l'amendement du député de Jacques-Cartier.
C'est ça, mon objectif, là.
Donc, je réitère ma question : Si
vous proposez ces modifications fondamentales à l'article 60 et donc au
monopole d'Hydro-Québec, est-ce que vous savez combien de personnes, combien
d'entreprises étaient visées par l'article 60 tel qu'il existe
actuellement? Je ne peux pas croire que vous n'avez pas cette donnée à portée
de main alors qu'on est en train de faire une modification vraiment très
importante à cet article-là. Donc, quelle est la situation aujourd'hui? Combien
de personnes, combien d'entreprises au Québec ont le droit de vendre de
l'électricité à une autre entreprise parce qu'elles produisent de la biomasse
et qu'elles vendent à une autre entreprise d'un terrain adjacent? Donc, dans la
situation actuelle, dans l'article 60 actuel, combien d'entreprises font
ça au Québec actuellement?
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci. Mme la ministre, quand vous serez prête.
Mme Fréchette : Ce que je
peux vous répondre, M. le Président, c'est que de ne pas ouvrir la voie <à...
Mme Fréchette :
…Ce
que je peux vous répondre, M. le Président, c'est que de ne pas ouvrir la voie >à
d'autres sources d'énergie renouvelables qui nous permettent de nous inscrire
dans la transition énergétique, bien, c'est de freiner la transition
énergétique, particulièrement pour des régions, des régions éloignées, et c'est
de freiner également du développement économique.
Et, quand on parle de privé, j'aimerais
rappeler au député de Jean-Talon que privé, ça veut notamment dire des
municipalités, ça veut notamment dire des MRC, ça veut notamment dire des
Premières Nations et Inuit. Alors, je comprends que le député du Parti
québécois refuse que des municipalités, des Premières Nations en mènent un peu
plus large dans le développement énergétique de leur secteur. C'est son choix,
mais ce n'est pas le nôtre. Nous, on pense que le développement énergétique
régional, ça passe notamment par l'engagement, la contribution des Premières
Nations, des municipalités, des MRC dans leur développement énergétique et
développement économique, parce que développement énergétique peut vouloir dire
développement économique aussi.
Et, quand je regarde ce qui se passe avec
l'Alliance de l'énergie de l'Est, il y a là quelque chose de très porteur qui
est en plein développement, en déploiement, qui ramène des ressources
importantes pour les régions. Et je pense que c'est un modèle qui pourrait être
développé à plus large échelle. Et un article comme celui-là, c'est ce que ça
permet, notamment. Merci.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci, Mme la ministre. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Bon,
j'aurais pu vous demander d'intervenir, M. le Président, parce qu'on me prête
des intentions. Jamais ni ma formation politique ni moi n'avons dit qu'on était
contre la participation des alliances de municipalités, de MRC, des groupements
autochtones au développement énergétique du Québec, et même le secteur privé.
Nous, on est là pour protéger le monopole d'Hydro-Québec, notre richesse
collective, et c'est pourquoi je concentre mes questions à la ministre
actuellement à cette thématique très importante, de combien d'entreprises
actuellement, privées, vendent de l'énergie à leurs voisins parce qu'ils
produisent de la biomasse. Je suis sûr que vous avez ça. Si vous n'avez pas ça,
vous proposez une modification fondamentale au monopole de l'État sans avoir
les chiffres minimalement requis pour comprendre l'effet de ce que vous allez
faire.
Alors, je vous repose la question :
Pouvez-vous me dire, s'il vous plaît, Mme la ministre, combien d'entreprises
sont visées actuellement par l'article 60 tel qu'il existe? Puis après ça,
vous savez, je vais vous poser les questions : Combien d'entreprises... combien
de projets ne sont pas fournis par Hydro-Québec actuellement qui seraient
fournis à travers cet article-là? Si vous n'avez pas de prévisions minimales,
vous présentez un projet de loi qui n'est pas fondé sur la science, qui n'est
pas fondé sur des analyses, qui n'est pas fondé sur le dialogue avec les
parties prenantes. Ce qu'on vous dit depuis le début aussi, que vous auriez dû
faire des consultations complètes avant.
Parce que, là, je veux voir c'est quoi,
l'effet de l'amendement proposé par le député de Jacques-Cartier. Parce que,
ça, je pense que c'est seulement la réponse à ce que vous avez dit. Hydro-Québec
n'est pas capable de fournir. Donc, commençons par le début, là. Puis après ça,
je vous le dis, je vous annonce tout de suite mes autres étapes. C'est : Combien
ne sont pas capables... combien Hydro-Québec n'est pas capable de fournir de
projets, là, qui seraient visés par l'amendement, puis, combien, si on ne fait
pas cet amendement-là? C'est ça que je veux savoir, parce que c'est ça être…
avoir les précautions minimales quand on parle du monopole d'Hydro-Québec.
C'est de ça dont on parle.
Parce qu'actuellement, ça, c'est une
brèche au monopole. Je veux voir quelle envergure... la brèche. C'est ça, mes
questions. Puis j'aimerais ça les avoir vues, les données quelque part, mais je
ne les ai pas vues. Alors, combien d'entreprises, actuellement, au moment où on
se parle, vendent de l'énergie à une autre entreprise privée en fonction de
l'article 60 actuel, c'est-à-dire parce qu'elles produisent de l'énergie
avec leur biomasse? Combien?
• (10 h 20) •
Le Président (M. Montigny) :
Alors, Mme la ministre, quand vous serez prête.
Mme Fréchette : Oui, M.
le Président. Bien, c'est un article qui n'a pas ébranlé les fondements d'Hydro-Québec,
comme semble vouloir le sous-entendre le député, ou le dire, plutôt. En fait,
cet article-là n'a pas été utilisé depuis qu'il a été adopté. Pour quelle
raison? Parce que, la biomasse, c'est très coûteux, notamment. Donc, ça fait en
sorte que la biomasse n'était pas une alternative à considérer. Alors, je pense
qu'il n'y a pas péril en la demeure. Par ailleurs, on est dans une période de
transition énergétique et on veut faire en sorte d'utiliser davantage, autant
que faire se peut, sur l'ensemble du territoire québécois, des sources
d'énergie renouvelables.
Or, il se trouve qu'il y a des sources
d'énergie renouvelables qui sont maintenant compétitives en termes de prix,
comme le solaire, comme l'éolien. Alors, ça peut être intéressant pour des
régions éloignées, qui notamment peuvent reposer sur du diesel, de s'en
remettre plutôt à des sources d'énergie renouvelables. Je pense que c'est une
amélioration de la qualité de vie pour ceux qui sont dans les régions
concernées et que cette possibilité-là pourrait offrir une alternative.
Bien sûr, le chemin le plus simple pour
tout le monde, c'est de s'en remettre à Hydro-Québec, puis c'est ça qu'on met
de l'avant. C'est ça, le rôle d'Hydro-Québec. Mais la demande est telle et
l'offre a une capacité limitée qu'il faudrait attendre très longtemps, voire ne
<jamais...
Mme Fréchette :
...la
demande est telle et l'offre a une capacité limitée qu'il faudrait attendre
très longtemps, voire ne >jamais être... faire l'objet d'une
priorisation par Hydro-Québec pour avoir accès à certaines sources d'énergie.
Alors, cet article-là peut offrir une alternative pour un seul compteur
électrique. Dois-je le souligner à nouveau? Donc voilà, ça donne la possibilité
pour des gens qui n'ont pas l'accès à court terme ou à moyen terme, même, à Hydro-Québec,
d'avoir une alternative. Merci.
Le Président (M. Montigny) :
Merci, Mme la ministre. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Voilà une
réponse importante. Il y a zéro entreprise privée actuellement qui vend à une
autre entreprise privée au Québec, parce que l'exception au monopole d'Hydro-Québec
est très limitée. Vous me voyez venir avec mes questions. Si vous faites cette
modification-là, Mme la ministre, c'est parce que vous voulez qu'il y ait plus
d'entreprises privées qui vendent de l'électricité à d'autres entreprises
privées, oui ou non?
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre. Vous avez la parole.
Mme Fréchette : On veut
qu'il y ait plus d'approvisionnement en sources d'énergie renouvelables dans
les régions. On veut qu'il y ait plus de municipalités, plus de tout ce qui
concerne les projets de cette nature-là, parce qu'on est dans une perspective
de transition énergétique, on est dans une phase de transition énergétique et
il faut aider tout le monde à avoir un levier pour s'y inscrire. Merci.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci, Mme la ministre. D'autres interventions? M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Est-ce que,
oui ou non, l'objectif de la modification que vous proposez à
l'article 60, c'est qu'il y ait plus d'entreprises privées qui puissent
vendre de l'énergie à d'autres entreprises privées? Oui ou non?
Mme Fréchette :
L'objectif est de donner accès à des sources d'énergie renouvelables à... (panne
de son)... autant d'organisations que faire se peut.
Le Président (M. Montigny) :
...
M. Paradis : Oui, hein?
Je sens qu'il y a une gêne. Pourquoi on ne fait pas les choses à visière levée?
Puis après ça on va pouvoir discuter de l'amendement qui, lui, vise à
restreindre. La réponse, toutes les... tous les Québécois puis toutes les
Québécoises qui nous regardent l'ont comprise, là. Puis vous devriez être à
l'aise de la dire. L'objectif de la modification à l'article 60, c'est
qu'il y ait plus d'entreprises privées qui puissent vendre à d'autres
entreprises privées au Québec de l'énergie. C'est donc une modification très
importante au monopole de l'État. C'est pour ça qu'il faut parler ensuite de
comment on va le circonscrire. Parce qu'actuellement, là, ce n'est pas très
circonscrit.
Alors, je vous pose la question :
Quelle analyse avez-vous faite du nombre d'entreprises privées que vous voyez
vendre de l'énergie à d'autres entreprises privées au Québec avec la
modification de l'article 60? Vous devez avoir des perspectives. Vous
devez y avoir réfléchi. Vous devez avoir une idée de l'ampleur de la brèche que
vous voulez opérer au monopole de l'État. J'espère, en tout cas. J'espère que
vous avez une idée. Alors, est-ce que vous avez une idée?
Le Président (M. Montigny) :
Alors, Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Ce que
l'on a, M. le Président, c'est des cas qui relèvent plus de l'exception que de
la norme d'entreprises ou communautés qui voudraient avoir accès à des sources
d'énergie renouvelables. C'est ça qu'on a. Alors, à partir de là, est-ce qu'il
y a des choses qu'on puisse faire? On a déjà cette possibilité-là de développer,
à partir de biomasse des sources, un approvisionnement pour un utilisateur. On
est dans une période de transition énergétique, on veut favoriser les énergies renouvelables.
Je pense qu'il y a là une voie d'action intéressante.
Le Président (M. Montigny) :
...M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Est-ce que,
oui ou non, vous avez fait une analyse des impacts de la modification que vous proposez
à l'article 60, qui est une ouverture majeure à ce qu'il y ait plus
d'entreprises privées qui vendent de l'énergie à d'autres entreprises privées
au Québec? Avez-vous une analyse d'impact? Avez-vous des prévisions? Vous la
voulez comme ça, la brèche, comme ça, comme ça? Puis après ça, vous le savez,
je vais vous demander de quel cas parlez-vous. Ça, c'est ma question suivante.
Je veux qu'on parle de cas précis où vous dites : Ah! voyez-vous, Hydro-Québec
n'a pas pu ou n'a pas voulu, ça vise à compenser ça. C'est ma question
suivante. Ma première question actuellement, c'est : Avez-vous une analyse
des impacts de la brèche que vous opérez dans le monopole d'Hydro-Québec?
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre.
Mme Fréchette : M. le
Président, sur quoi s'appuie le député de Jean-Talon pour dire que c'est une
brèche majeure? Est-ce qu'il a le nombre d'utilisateurs qu'il y aura à partir
de cet article-là? Parce qu'il semble être au fait de données d'importance qui
feront en sorte d'ébranler le monopole d'Hydro-Québec, «c'est majeur, c'est un
changement de paradigme». Alors, il semble y avoir des données, de son côté,
chiffrées pour s'avancer sur des tels qualificatifs. J'aimerais ça qu'il nous
les partage, parce que, de notre côté, ce que l'on a, c'est <des...
Mme Fréchette :
...J'aimerais
ça qu'il nous les partage, parce que, de notre côté, ce que l'on a, c'est >des
cas qui relèvent plus de l'exception que de la norme d'organisations,
d'entreprises ou encore de communautés qui aimeraient s'approvisionner à partir
de sources d'énergie renouvelables.
Le Président (M. Montigny) :
Merci. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Bien là, je
suis vraiment surpris que la ministre me retourne la question. Donc, le député
de Jean-Talon, avec sa toute petite équipe de recherche, devrait avoir fait les
analyses d'un projet de loi pour lequel... sur lequel on a exprimé notre
perplexité, sinon, en fait, qu'on n'est pas d'accord avec ce projet de loi là.
On dit à la ministre, depuis le début, que ce projet de loi là est arrivé...
c'est un bric-à-brac préparé par son prédécesseur, c'est le projet de loi de
son prédécesseur, Pierre Fitzgibbon, qui est arrivé sans consultation au
Québec, notamment sur la question des brèches au monopole d'État, et vous me
demandez à moi si j'ai des chiffres. Bien, je vais vous donner des chiffres qui
ont été fournis, notamment par les artisans, les employés, l'équipe d'Hydro-Québec
qui, eux, en ont fait des calculs. De ce que ça pourrait vouloir dire en perte
de revenus pour le Québec, les brèches qui sont opérées au monopole d'État...
parce qu'il y en a qui sont venus nous parler de ça, moi, je vous demande si vous...
Avez-vous une analyse d'impact de la brèche que vous proposez au monopole
d'État?
Le Président (M. Montigny) :
...autre rappel, là, nous sommes toujours à l'étude de l'amendement sur la
capacité technique d'Hydro-Québec. Alors, je vais juste vous ramener à l'esprit
que nous sommes toujours à l'étude de l'amendement pour ceux qui nous écoutent.
M. Paradis : ...
Le Président (M. Montigny) :
Oui, allez-y.
M. Paradis : Je vais
devoir m'absenter de la commission actuellement. Je suis désolé, j'ai une
urgence. Alors, peut-être que mon collègue va pouvoir continuer.
Le Président (M. Montigny) :
Alors, nous continuons les... nos travaux. Mme la ministre, avez-vous
d'autres choses à...
M. Paradis : Je suis
désolé, Mme la ministre. Je reviens dans 20 minutes.
Le Président (M. Montigny) :
Merci. Mme la ministre, vouliez-vous prendre la parole?
Mme Fréchette : Bien, M.
le Président, j'ai déjà répondu à quelques occasions déjà.
Le Président (M. Montigny) :
C'est parfait, je vous remercie. M. le député de Jacques-Cartier, vous avez
donc la parole.
M. Kelley : Oui, oui,
merci beaucoup, M. le Président. J'ai regardé... bien, j'ai écouté,
excusez-moi, le débat avec beaucoup d'intérêt. Mme la ministre, je vous reviens
un petit peu sur la question de la capacité technique d'Hydro-Québec, parce
que, présentement, je pense que les enjeux, c'est que, pour s'assurer qu'il y
ait un bon équilibrage pour toutes les entreprises qui sont... En théorie, là,
entreprise A veut vendre de l'électricité supplémentaire à l'entreprise B, mais
si l'entreprise A n'a pas toute l'énergie nécessaire, ils sont capables juste
de fournir 50 %, 60 %. On sait que c'est de l'énergie intermittente. Hydro-Québec
va être obligée, oui, de fournir de l'électricité à l'entreprise A, parce qu'il
y a probablement... est sur le réseau de distribution et peut-être aussi
s'assurer que l'entreprise B a toute l'énergie nécessaire. Parce qu'à ce stade
ici ce n'est pas juste 100 % entre entreprises A et B, que c'est la
responsabilité de l'entreprise A de fournir à 100 % de l'électricité.
Est-ce que ça, c'est le cas? Est-ce que je me trompe? Ou est-ce qu'Hydro-Québec
va toujours avoir un rôle dans l'équilibrage de l'électricité entre tout le
monde pour s'assurer que tout le monde a l'énergie nécessaire?
Alors, c'est juste encore sur la capacité
technique. Si Hydro-Québec a plusieurs entreprises qui décident de se lancer
dans l'autoproduction, pour vendre de l'électricité... bien, de consommer
eux-mêmes, autoproduire l'électricité, des fois, ils ajoutent Hydro-Québec de
temps en temps quand c'est nécessaire, bien, ils vont vendre une partie des
surplus à l'entreprise B. Mais eux autres n'ont pas toute l'énergie qui est nécessaire
non plus.
Alors, c'est de comprendre cet équilibrage
d'Hydro-Québec qui va être responsable de s'assurer que tout le monde a
l'énergie nécessaire à la place d'avoir juste une entente où c'est deux
entreprises, faites votre affaire, puis Hydro-Québec n'est pas impliquée du
tout. Je ne pense pas qu'on est vraiment rendus là. Hydro-Québec va toujours
avoir un rôle à jouer dans l'équilibrage, qui est peut-être problématique pour
le réseau en général. Puis aussi, c'est les fonds publics qui vont assister,
dans un certain sens, pour s'assurer qu'une entente entre deux entreprises
fonctionne bien. Et je pense que la biomasse, c'est un bon exemple, que c'est
cher, mais pas toujours nécessairement disponible pour fournir toute
l'électricité nécessaire à un voisin adjacent.
Alors, c'est de s'assurer comment tout ça
va marcher. Et, ça, c'est une brèche qui est peut-être un petit peu
problématique aussi dans ce sens-là. Alors, je lance la discussion, Mme la
ministre.
• (10 h 30) •
Le Président (M. Montigny) :
Merci, M. le député de Jacques-Cartier. La parole est maintenant à Mme la
ministre.
Mme Fréchette : Bien, je
pense qu'il y a différents cas de figure. Parfois, Hydro-Québec pourrait
intervenir pour la question de l'équilibrage. Des fois, il y a d'autres formes
de sources d'énergie aussi. Dans la mesure où il y aurait une source d'énergie
intermittente, il pourrait y en avoir une autre complémentaire pour assurer une
stabilité. Donc, je pense que ça peut dépendre des cas de figure.
M. Kelley
: Exact,
exactement. Alors, c'est un peu de comprendre exactement c'est quoi, le rôle
aussi d'Hydro-Québec dans ces types...
10 h 30 (version révisée)
Mme Fréchette : …des cas de
figure.
M. Kelley : Exact.
Exactement. Alors, c'est un peu de comprendre exactement c'est quoi, le rôle, aussi,
d'Hydro-Québec dans ce type d'exemple d'autoproduction. C'est comme… cette
question d'équilibrage, est-ce que ça va être laissé dans les mains
exclusivement de l'entreprise privée de s'assurer que tout marche, ou est-ce qu'Hydro-Québec
va être obligée d'intervenir pour s'assurer que tout le monde a l'énergie
nécessaire?
C'est juste… Encore, c'est de s'assurer
que ce n'est pas le far west, le «wild west», et qu'Hydro-Québec est obligée, de
temps en temps, d'être obligée d'intervenir pour s'assurer que tout le monde a
l'électricité nécessaire. Parce qu'il y a des coûts énormes pour s'assurer qu'il
y a un équilibrage sur le réseau, aussi. C'est comme… ça peut créer, de temps
en temps, des enjeux pour Hydro-Québec. Et ça, c'est où? C'est comme... on
donne une ouverture à des entreprises privées, mais, quand même, le «backing» d'Hydro-Québec
est toujours là. Mais c'est problématique, le côté d'Hydro-Québec, dire :
On est là, on est en arrière de vous pour s'assurer que tout marche de votre
démarche, mais on veut, en même temps, peut-être ne rien savoir de votre
projet.
Alors, est-ce que c'est mieux de juste trouver
une façon, peut-être, d'écrire dans le projet de loi que si deux entreprises
veut aller de l'avant avec l'autoproduction et vendre entre eux autres,
Hydro-Québec n'a aucune responsabilité de s'assurer qu'il y a un équilibrage
dans l'énergie qui est vendue entre les deux parties. Je ne sais pas si vous
comprenez le sens de la question, mais c'est vraiment... Si deux entreprises
veulent aller faire ça toutes seules, vas-y, mais Hydro-Québec ne va n'avoir
aucune responsabilité de s'assurer l'équilibrage dans votre projet. Si vous n'avez
pas l'énergie nécessaire, ça, c'est votre problème.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : En fait, bien,
comme je disais tout à l'heure, ça dépend des cas de figure, mais il faut se
rappeler aussi que le gouvernement doit donner son approbation s'il est
question d'un projet de cinq mégawatts ou plus. Donc, il y aura des clauses qui
pourraient être intégrées, s'il s'agit d'un projet quand même d'envergure, là, en
termes de consommation d'électricité, mais voilà, donc ça prend l'approbation,
si c'est un projet d'importance, et, sinon, bien, les deux cas sont possibles,
là, ça dépend du cas de figure.
M. Kelley : Alors, Mme la
ministre, dans le processus décisionnel de votre ministère, j'imagine, en
collaboration avec Hydro-Québec, cette question de capacité technique de s'assurer…
de s'assurer de l'équilibrage pour que tout le monde va être partie des
déconsidérations, est-ce qu'on vise vraiment que chaque fois qu'un projet est approuvé,
qu'on va s'assurer que les entreprises… l'entreprise qui veut vendre à leur
voisin à côté… qu'eux autres s'en occupent à 100 %, que c'est vraiment
votre affaire? On laisse ça dans les mains des privés, mais vraiment dans les mains
des privés. C'est pour vous assurer que toute l'énergie nécessaire est
disponible pour l'entreprise b, parce que si je comprends bien, ils sont à l'extérieur
de le réseau d'Hydro-Québec quand même. Alors, c'est votre affaire, c'est votre
projet. Nous ne sommes pas impliqués, mais ne viens nous… Ne jamais viens nous
voir quand vous n'avez pas l'énergie nécessaire, parce que c'est votre projet.
C'est un petit peu plus ce sens-là, que ce n'est pas le… Hydro-Québec n'est pas
là en «backup», si jamais c'est nécessaire.
Mme Fréchette : Bien, M. le
Président, tout dépend si Hydro-Québec est déjà dans le secteur ou pas. Si
Hydro-Québec n'est pas dans le secteur, bien, c'est… Hydro-Québec ne peut pas
prendre le relais. Donc, c'est pour ça que je dis que ça dépend des cas de
figure. Il pourrait y avoir, voilà, des… différentes situations, dépendant de
la présence ou pas d'Hydro-Québec.
M. Kelley : Mais Hydro-Québec
est pas mal présente partout sur le réseau quand même, si on prend les
communautés autochtones éloignées dans le Nord, les communautés inuites, Hydro-Québec
est responsable pour fournir l'électricité qui, souvent, vient des sources de
diesel. Alors, si jamais il y a une entente avec ces communautés-là puis l'entreprise
minière, puis ils n'ont pas toute l'énergie nécessaire qui vient des sources d'énergie
renouvelable, ça va être Hydro-Québec qui, j'imagine, doit s'assurer que l'électricité
est disponible pour le projet… pour le site minier, si je comprends bien le
sens de l'entente. Je ne vois pas souvent des exemples où Hydro-Québec est
comme nulle part présente, sauf, peut-être, une couple de cas spécifiques, mais
quand même, je pense que ça, c'est aussi une autre crainte, c'est comme un
petit peu que c'est flou, c'est… c'est ouvert, c'est vague comment on va bien
encadrer tout ça. Encore, ça, c'est la raison pour quoi on a déposé ça. C'est de
vraiment s'assurer qu'Hydro-Québec n'est pas là, pas présente, pas capable, puis
on va laisser deux entités privées à gérer leurs affaires avec la vente de l'énergie
entre client a puis client b.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, M. le député. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Bien, écoutez,
je n'ai pas vraiment d'ajout à faire.
Le Président (M. Montigny) : Aucun
problème. Est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec cette
proposition d'amendement. Non?
M. Kelley : M. le
Président, encore, je ne sais pas si la ministre a des suggestions à un libellé
que, peut-être... qui peut rassurer puis <mettre...
Le Président (M. Montigny) :
...Non?
M. Kelley :
M. le Président, encore, je ne sais pas si la ministre a des
suggestions à un libellé que, peut-être... qui peut rassurer puis >mettre
fin au débat autour de l'article 38. Comme je le dis, est ce qu'il y a une
façon de vraiment, explicitement, dire, dans l'article ici, qu'on laisse les
deux acteurs, le producteur puis le client, sont vraiment 100 %, c'est
l'entente privée, c'est à eux autres de s'assurer que la question de
l'équilibrage, les questions techniques sont réglées par eux autres, par le
secteur privé, puis Hydro-Québec n'a pas un rôle à jouer dans tout ça. Je ne
sais pas s'il y a une façon qu'on peut renforcer sur cet article-là pour rassurer
tout le monde qui nous écoute.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien.Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Comme il n'y a
pas d'autre intervention, nous pouvons passer à la mise aux voix de
l'amendement.
M. Kelley
: ...un
vote nominal.
Le Président (M. Montigny) :
Oui, sans problème. Donc, nous allons y aller avec le vote nominal. Mme la
secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Kelley (Jacques-Cartier)?
M. Kelley
: Pour.
La Secrétaire
: Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire
: Mme Fréchette
(Sanguinet)?
Mme Fréchette : Contre.
La Secrétaire
: M. Rivest
(Côte-du-Sud)?
M. Rivest : Contre.
La Secrétaire
:
M. Bernard (Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Contre.
La Secrétaire
: M. Bussière
(Gatineau)?
M. Bussière : Contre.
La Secrétaire
: M. Tremblay
(Dubuc)?
M. Tremblay : Contre.
La Secrétaire
: M. Poulin
(Beauce-Sud)?
M. Poulin : Contre.
La Secrétaire
: M. Montigny
(René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) :
Abstention. Alors, la proposition d'amendement est rejetée. C'était
l'amendement du député de Jacques-Cartier. Nous revenons donc à
l'article 38. Alors, comme il n'y a plus de temps, je crois... Il vous
reste, je dirais, 30 secondes.
M. Kelley
: ...
Le Président (M. Montigny) :
Désolé. Alors, nous... Comme il n'y a plus d'intervention, nous allons proposer
à la mise aux voix de l'article 38. Oui?
M. Kelley
:
...vote nominal.
Le Président (M. Montigny) :
Oui. Appel nominal. Alors, sur l'article 38, Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Fréchette (Sanguinet)?
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Adopté.
Le Président (M. Montigny) :
Donc, vous êtes pour?
Mme Fréchette : Je suis
pour.
Le Président (M. Montigny) :
On va y aller par appel nominal. Pour.
Mme Fréchette : Pardon.
La Secrétaire
: M. Rivest
(Côte-du-Sud)?
M. Rivest : Pour.
La Secrétaire
:
M. Bernard (Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Pour.
La Secrétaire
: M. Bussière
(Gatineau)?
M. Bussière : Pour.
La Secrétaire
: M. Tremblay
(Dubuc)?
M. Tremblay : Pour.
La Secrétaire
: M. Poulin
(Beauce-Sud)?
M. Poulin : Pour.
La Secrétaire
: M. Kelley
(Jacques-Cartier)?
M. Kelley
:
Contre.
La Secrétaire
: Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Contre.
La Secrétaire
: M. Montigny
(René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) :
Abstention. Alors, l'article 38 est donc adopté.
Maintenant, nous sommes rendus à
l'article 39. Mme la ministre.
Mme Fréchette : M. le
Président.
Le Président (M. Montigny) :
Oui.
Mme Fréchette : M. le
Président, j'aimerais rappeler des amendements qui avaient été suspendus.
Le Président (M. Montigny) :
Bien oui, sans problème. Voulez-vous qu'on suspendre un peu pour se replacer ou
si vous voulez y aller immédiatement?
Des voix : ...
Mme Fréchette : Oui, un
petit deux minutes, s'il vous plaît.
Le Président (M. Montigny) :
Nous allons donc suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 10 h 40)
(Reprise à 10 h 51)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous reprenons donc nos travaux. Quand nous avions suspendu nos travaux, nous
avions fait mention de revenir, là, précédemment dans les articles. Et là, la
proposition que j'ai à l'écran, qui vient de la partie gouvernementale, c'est
l'ajout d'un article à 3, qui se nommerait 3.1. Est-ce que nous avons
consentement pour étudier maintenant cet ajout d'article?
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Oui, nous avons donc consentement. C'est parfait. Donc, Mme la ministre, je
vous <laisse...
Le Président (M. Montigny) :
...Oui,
nous avons donc consentement. C'est parfait. Donc, Mme la ministre, je vous >laisse
présenter votre amendement d'ajout d'article 3.1.
Mme Fréchette : Merci, merci,
M. le Président. Donc, article 3.1 : Insérer, après l'article 3
du projet de loi, le suivant :
«3.1. Cette loi est modifiée par l'insertion,
après l'article 6, du suivant :
«6.1. La présente loi s'interprète de
manière compatible avec l'obligation
de consulter les communautés autochtones.
Ces communautés sont consultées de manière
distincte, lorsque les circonstances le requièrent, notamment lorsque requis
aux fins de l'élaboration du plan de gestion intégrée des ressources
énergétiques prévu par la section IV du présent chapitre. La prise en
compte de leurs droits et de leurs intérêts fait partie intégrante de la
gestion intégrée des ressources énergétiques.»
Donc, c'est un amendement qui insère une
nouvelle disposition dans la Loi sur le ministère de l'Économie et de
l'Innovation concernant la mission et les responsabilités de la ministre de
l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie. La disposition prévoit que cette
loi doit s'interpréter de manière compatible avec l'obligation de consulter les
communautés autochtones, et que celles-ci soient consultées distinctement,
lorsque les circonstances le requièrent, notamment lorsque requis aux fins de
l'élaboration du PGIRE. En outre, l'amendement précise que la prise en compte
des droits et des intérêts des communautés autochtones fait partie intégrante
de la gestion intégrée des ressources énergétiques. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. D'autres interventions? Oui, M. le député de
Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui, merci
beaucoup, M. le Président, et merci, Mme la ministre. C'est une avancée, et je
pense que, pour les gens qui nous écoutent, juste de bien placer les choses...
On va ajouter ça, juste... dans l'article, on parle de la mission du ministère,
qui est une bonne chose. Je pense qu'on a eu une bonne discussion autour de cet
élément-là, qu'on veut que c'est écrit clairement, cette obligation, ce droit
de consulter les communautés autochtones particulièrement dans le secteur
énergétique. Alors, peut-être, la ministre peut juste expliquer... Et pour tout
le monde qui nous écoute, des fois, de temps en temps, on a des débats profonds
quand on étudie des projets de loi, puis on est capables de réussir avec
quelque chose qui est une avancée. Alors, il faut souligner ça, que ce n'est
pas une question de prendre du crédit, mais le fait que nous sommes ici, c'est
essayer de travailler ensemble, quand nous sommes capables, sur certains
points, dans un projet de loi, qui ont besoin de des améliorations.
Mais, peut-être, la ministre peut juste
nous revient un petit peu sur l'inspiration de cet amendement. Vous avez
mentionné hors ondes que c'est en lien avec quelque chose qui a été adopté
récemment dans le projet de loi sur le secteur minier. Alors, Mme la ministre,
la parole, c'est à vous.
Mme Fréchette : Merci, merci,
M. le Président. Donc, effectivement, donc, c'est une proposition d'amendement
qui s'inscrit... qui s'inspire, en fait, de ce qui a été fait par rapport à la
Loi sur les mines. On y a intégré une forme de reconnaissance des intérêts et
des droits des communautés autochtones. Alors, on s'inspire de ça pour amener
cette notion à l'intérieur du PL n° 69. Donc, je
pense que ça répond aux attentes. Il en avait été question à la fois avec les
députés de l'opposition, tout comme avec les communautés autochtones que je
rencontre assez régulièrement. Donc, c'est la proposition que l'on vous soumet.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, Mme la ministre. D'autres interventions?
M. Kelley : Oui, Mme la
ministre. C'est peut-être juste une précision sur «lorsque les circonstances le
requièrent». Est-ce qu'il y a des certaines... C'est quoi, le «trigger», dans
ce sens-là, que la circonstance devient nécessaire pour une consultation, dans
le jargon légal? Qu'est-ce que va déclencher une consultation, dans une manière
distincte, pour juste clarifier le sens de cette phrase-là?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci beaucoup, M. le député. Mme la ministre, je vous laisse la parole.
Mme Fréchette : Oui, merci,
M. le Président. Donc, l'obligation s'applique, là, lorsqu'on rencontre trois
critères, soit, premièrement, «lorsqu'une mesure envisagée par l'État — deuxièmement — est
susceptible d'entraîner un effet préjudiciable — et troisièmement — sur
un droit ancestral ou un traité établi ou revendiqué, connu de l'État.» Donc,
ce sont vraiment trois clauses balisées par la constitution.
M. Kelley : Parfait, et juste
encore bien clarifier les choses, ici, on parle... Il y a une mesure, ici,
qu'on parle d'une circonstance distincte, mais, aussi, on a le PGIRE. Alors,
il y a comme deux éléments, on va consulter les autochtones, c'est certain qu'on
ajoute «la prise en compte de leurs droits et de leurs intérêts fait partie
intégrante de la... le PGIRE», mais aussi, dans les autres instances, c'est
possible que quelque chose va déclencher une nécessité de consulter des Premières
Nations et des Inuit s'il y a un projet envisagé par le gouvernement. Alors,
c'est juste faire la distinction qu'il y a deux éléments, ici, qui sont bons,
c'est <excellent...
M. Kelley :
...envisagé
par le gouvernement. Alors, c'est juste faire la distinction qu'il y a deux
éléments, ici, qui sont bons, c'est >excellent, mais ce n'est juste pas
le PGIRE, on ne va pas mettre tous nos oeufs dans le panier du PGIRE, on va
aussi avoir quelque chose qui est plus précis sur les cas spécifiques.
Mme Fréchette : Voilà, donc,
effectivement, M. le Président, donc il y a à la fois le PGIRE, qui est la
pièce centrale, quand même, du projet de loi, qui est au cœur du développement
énergétique, qui va reconnaître les droits et intérêts des communautés
autochtones et, également, dans la gestion, plus largement parlant, la gestion
des ressources énergétiques, la gestion intégrée des ressources énergétiques,
ça en fera partie également.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. D'autres interventions?
M. Kelley
: Ça fait le
tour pour moi.
Le Président (M. Montigny) :
Oui. Mme la députée, je vous laisse la parole.
Mme Garceau : Merci, M. le
Président. Je voulais juste revenir, Mme la ministre, parce que je sais que
c'est sous le nouvel article, là, 3.1, qu'on ajoute cette obligation, mais il y
a plusieurs semaines, on avait eu des discussions, à l'article 14.1,
concernant l'accomplissement de la mission en matière d'énergie, là, on était
vraiment en matière d'énergie, le ministre est responsable et on avait six
sous-paragraphes. Je sais qu'à un moment donné, je crois que c'est QS qui avait
fait un amendement, qui avait déposé un amendement dans lequel se lisait :
«Le ministre doit considérer les intérêts et le rôle des Premières nations et
Inuit dans la gouvernance du secteur énergétique. Puis ça, ça avait été refusé.
Et donc, là, je me demande comment se fait-il que, maintenant, cette
modification n'est pas intégrée dans le cadre de la mission de la ministre en
matière d'énergie?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien.
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Alors, Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Oui. Bien, M.
le Président, en fait, ce n'était pas tout à fait le même libellé, là, sur
lequel on s'était prononcé. Donc, comme on sait, dans ce domaine-là, chaque mot
compte, a son pesant d'or, je vous dirais, vaut son pesant d'or. Donc, voilà, à
partir de là, bien, le libellé ne convenait pas à... au moment où on avait
discuté du 14.1.
Le Président (M. Montigny) : Mme
la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Oui. J'ai
juste... parce qu'on a eu quand même plusieurs discussions en ce qui a trait à
l'importance de consulter les autochtones, Premières Nations et les Inuit, et,
donc, dans le cadre de l'accomplissement de votre mission en matière d'énergie.
C'est pour ça que je me demandais comment se fait-il que cet amendement n'est
pas... peut-être le sous-paragraphe 7 à 14.1, versus l'article 3...
d'ajouter un article 3.1?
• (11 heures) •
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. Donc, c'est parce qu'il concerne tout le... toutes les
responsabilités, le libellé nouveau, il ne concerne pas que l'Énergie, donc il
est intégré dans le libellé qui explique ce que le ministre, la ministre de
l'Énergie et de l'Innovation, de l'Économie, assume comme fonctions. Ça fait
que c'est encore plus global que ça.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. D'autres interventions? M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui. Juste
d'ajouter, Mme la ministre. Alors, l'article 3 prend comme le... l'amendement,
ici, ça prend de la prépondérance, je pense, ça, c'est le mot, je suis un peu
mélangé avec mes autres mots anglais, français, mais le fait que c'est dans
l'article 3, ici, dans la mission du ministère, quand on regarde puis on
va à l'article 4, parce que ma collègue a raison, mais, aussi, nous avons
déposé un amendement, mais le fait que c'est dans la mission du ministère, ça
dit directement, aussi, qu'on va inclure cette réalité quand on regarde
l'exécution de la mission du ministère. J'imagine, dans l'article 4
qu'est-ce qu'on décrit, c'est comme... c'est pris pour acquis que des questions
de négocier avec les autochtones est déclenchée si jamais on a une nouvelle
filière énergétique, des résiliences sur les infrastructures, tout ça, tous les
éléments qui sont 14.1, les six choses qui sont décidées, bien, le fait que
c'est dans l'article 3, ça vient de renforcer que le moment de ces
éléments-là, l'obligation est déjà là. C'est pris dans la mission du ministère
qu'on va prendre ça en considération...
11 h (version révisée)
M. Kelley : ...ces
éléments-là, l'obligation est déjà là. C'est pris dans la mission du ministère,
qu'on va prendre ça en considération quand on est en train, par exemple, de
soutenir, stimuler et promouvoir la production d'énergie ainsi que le développement
des nouvelles filières énergétiques. Alors, c'est juste... le plan, c'est ça.
Parce que c'est vrai, le débat était dans l'article 4, 14.1, mais ici on
ajoute ça plus au ministère dans son ensemble.
Mme Fréchette : ...
M. Kelley : Exact. C'est
encore plus haut, ce qu'il... qu'est-ce que je cherche avec mes mots.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Bien, merci beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur cette
proposition d'amendement? Alors, comme il n'y a pas d'autre intervention, nous
sommes prêts à passer aux voix. Alors, est-ce que cette proposition d'amendement 3.1
est adoptée?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Montigny) : Adopté.
Merci. Nous continuons l'étude de notre projet de loi, l'article 39. Mme
la ministre.
Mme Fréchette : M. le
Président, il y aurait un élément de concordance pour l'article 4 que
l'on aimerait soumettre.
Le Président (M. Montigny) : Oui.
Oui, vous aimeriez réouvrir l'article 4? Il n'y a pas de problème. Il est
suspendu pour l'instant. Nous pouvons revenir à l'article 4. Est-ce que
nous avons consentement pour revenir à l'article 4 qui est suspendu?
Des voix
: Consentement.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Consentement. Alors, j'ai cru comprendre qu'il y avait un élément de
concordance, intéressant, avec ce que nous venons d'adopter. Mme la ministre,
je vous laisse la parole. Je vous rappelle simplement pendant ce moment que, si
jamais vous voulez passer la parole à une autre personne autour de la table,
vous pouvez demander le consentement.
Mme Fréchette : Oui. M. le
Président, on aimerait retirer un amendement qui avait été adopté pour le
remplacer par ce que je vais vous vous soumettre, s'il y a...
Le Président (M. Montigny) : S'il
y a consentement.
Mme Fréchette : ...consentement.
Alors, je...
Le Président (M. Montigny) : Est-ce
qu'il y a consentement? Je vous laisse le présenter.
Mme Fréchette : C'est pour de
la concordance, là.
Le Président (M. Montigny) : Oui,
je vous laisse le présenter. C'est pour la concordance, mais quand même. Vous
souhaitez savoir s'il y a consentement pour retirer un amendement adopté.
Lequel est-ce?
Mme Fréchette : Article 4.
Donc : Remplacer le troisième alinéa de l'article 14.3 de la Loi sur
le ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie, proposé par
l'article 4 du projet de loi tel qu'amendé, par l'alinéa suivant :
«Aux fins de l'élaboration du plan, le
ministre consulte la population incluant les communautés autochtones.» Fin de
la citation.
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Est-ce qu'il y a consentement?
M. Kelley : Consentement
de... d'ouvrir la discussion pour voir l'amendement.
Le Président (M. Montigny) : Bien,
en fait, le consentement... Non, le consentement, c'est de retirer l'amendement
déjà adopté pour le remplacer par ce qui est proposé par Mme la ministre.
M. Kelley : Oui.
Le Président (M. Montigny) : Nous
allons en discuter.
M. Kelley : Parfait, puis si
on veut prendre juste un instant...
Le Président (M. Montigny) : C'est
juste consentement pour travailler ceci.
M. Kelley : Oui, M. le...
Bien, on va laisser la ministre déposer officiellement l'amendement, mais on a
consentement d'avancer. Voilà, voilà.
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Donc, nous allons être capables de travailler à l'article 4 sur un
amendement qui a déjà été adopté. Nous avons consentement. Mme la ministre, je
vous laisse présenter votre proposition, nous en débattrons par la suite.
Allez-y, Mme la ministre.
Mme Fréchette : D'accord.
Est-ce que je dois le relire ou?
Le Président (M. Montigny) : S'il
vous plaît.
Mme Fréchette : D'accord.
Le Président (M. Montigny) : Pour
le respect de l'ordre, on va faire ça dans l'ordre. On va juste l'afficher, il
n'est plus à l'écran. Ça ne sera pas long, je vous reviens dans quelques
instants. Voilà, nous l'avons donc à l'écran. C'est la nouvelle proposition d'amendement
par Mme la ministre à l'article 4, 14.3. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Article 4 :
Remplacer le troisième alinéa de l'article 14.3 de la Loi sur le ministère
de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie, proposé par l'article 4 du
projet de loi tel qu'amendé, par l'alinéa suivant :
«Aux fins de l'élaboration du plan, le
ministre consulte la population incluant les communautés autochtones.»
Donc, c'est un amendement qui prévoit que,
lorsque la ministre de l'Énergie, de l'Innovation et de l'Économie consulte la
population aux fins d'élaboration du PGIRE, que cela inclut les communautés
autochtones. Et l'amendement ne précise plus que les communautés autochtones
sont consultées de manière distincte lorsque les circonstances le requièrent
étant donné que cette précision-là a été expressément ajoutée au nouvel article 6.1
de la Loi sur le ministère de l'Économie et de l'Innovation. Donc, on a déplacé
tout simplement une portion de cet amendement. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Je
vous comprends bien, là, comme on vient d'ajouter un article à 3.1, c'est une
concordance. C'est bien ça?
Mme Fréchette : Oui.
Le Président (M. Montigny) : Nous
allons procéder. Alors, est-ce qu'il y a des interventions sur cette
proposition d'amendement? Comme il n'y a pas d'intervention sur cette
proposition d'amendement, nous allons passer à sa mise aux voix. Est-ce que la
proposition d'amendement à l'article 4, 14.3 venant de la partie
gouvernementale est adoptée?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Montigny) : Adopté.
Cet amendement est adopté. Merci. Nous sommes prêts à revenir à <l'article...
Le Président (M. Montigny) :
...Cet
amendement est adopté. Merci. Nous sommes prêts à revenir à >l'article 39.
Merci. Mme la ministre, pour la présentation de l'article 39.
Mme Fréchette : Oui. Merci,
M. le Président. L'article 61 de cette loi est remplacé par le suivant :
«Sauf dans le cas visé au troisième alinéa
de l'article 60, nul ne peut distribuer de l'électricité à un consommateur
sur un territoire sans être titulaire d'un droit exclusif de distribution sur
celui-ci.»
Donc, c'est un article qui précise que
l'interdiction visée à l'article 61 de la Loi sur la Régie de l'énergie
s'applique à la distribution d'électricité par quiconque n'est pas titulaire
d'un droit exclusif.
Elle prévoit aussi que cette interdiction
ne s'applique pas dans le cas visé au troisième alinéa de l'article 60,
puisque cet alinéa prévoit une exception.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 39? M.
le député, je vous écoute.
M. Kelley : M. le Président,
c'est plus une question en lien avec l'article 4. C'est plus technique, je
ne sais pas si vous voulez suspendre, juste pour bien comprendre.
Le Président (M. Montigny) : Oui.
Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 11 h 08)
(Reprise à 11 h 10)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous reprenons donc nos travaux. Au moment de la suspension, nous étions à
l'étude de l'article 39. Il avait été présenté par Mme la ministre. Alors,
est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec l'article 39? M. le
député de Jacques-Cartier, je vous écoute.
M. Kelley : Merci beaucoup,
M. le Président. Mme la ministre, peut-être juste nous expliquer, ce titulaire
d'un droit exclusif de distribution, j'imagine, c'est accordé par le
gouvernement du Québec, par votre ministère... ou est-ce que c'est la Régie de
l'énergie? Qui est impliqué dans...
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, M. le député. Pour la réponse, Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. C'est la loi, en fait, qui stipule qui sont les titulaires d'un
droit exclusif.
M. Kelley : Alors, j'imagine,
présentement, au Québec, il n'y a pas énormément des droits titulaires
exclusifs pour... de distribution électricité. J'imagine, Hydro-Québec a la
majorité de ces droits, mais, à côté de ça, il y a probablement une couple des
autres <exemples...
M. Kelley :
...droits,
mais, à côté de ça, il y a probablement une couple des autres >exemples.
Mme Fréchette : Ils sont
décrits à l'article 62, donc ce sont des réseaux municipaux et une
coopérative également.
M. Kelley : On parle aussi de
l'exemple à Sherbrooke puis aussi Westmount, etc., et certaines... qu'on a eu
une discussion.
Mme Fréchette : Oui, voilà.
Coaticook, Sherbrooke, Magog.
M. Kelley
: OK,
parfait. Puis c'est quoi, le processus d'obtenir une titulaire d'un droit
exclusif?
Mme Fréchette : Bien, pour
les... pour les municipalités, c'étaient des droits acquis, donc ça a été une
sorte de reconnaissance de facto de leur présence dans le secteur, là.
M. Kelley : OK. Je reviens
avec un exemple, TES Canada, c'est juste parce qu'elle est là, mais, comme, pour
cet droit de distribution, si jamais... On ne parle pas de ce type de projet
ici, c'est vraiment des projets déjà existants, c'est ça? OK. Ou des exemples
existants comme des municipalités.
Mme Fréchette : C'est Hydro-Québec
aussi, qui a un droit de distribution, bien sûr.
M. Kelley : Oui, oui.
Parfait. Je n'ai pas d'autre question, de mon côté. Je pense, c'est clair.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec cette proposition? Avec
l'article 39, en fait. Comme il n'y a pas d'autre... Oui, M. le député de Jean-Talon,
vous avez demandé la parole.
M. Paradis : Oui, j'aimerais
savoir, de la ministre, un peu plus de détails sur le lien entre le troisième
alinéa de l'article 60, qui est une exception au principe du monopole de
la distribution prévue à l'article 61. Parce que ça aussi, c'est nouveau.
Donc, pourriez-vous nous expliquer un peu mieux, c'est quoi, le lien entre les
deux?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien, merci.
Mme Fréchette : Donc, M. le
Président, donc, c'est pour une reconnaissance, dans le fond, de
l'article 60 qui vient d'être adopté. Donc, il n'y a pas d'interdiction
lorsque cette situation décrite dans l'article 60 se présente.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. D'autres interventions? M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Vous avez évoqué
un petit peu dans votre réponse, là, à une question précédente de mon collègue
de Jacques-Cartier, qui est titulaire d'un droit exclusif de distribution dans
un territoire. Est-ce qu'il y a des données plus précises là-dessus? Parce que,
là, ma question vise à comprendre l'ampleur aussi de ce dont on parle.
Je vais revenir au même thème, là, on a
été un petit peu interrompus, mais ça, ici, on est dans les articles qui
énoncent le principe du monopole d'Hydro-Québec, sauf les exceptions. Donc là,
on va créer des nouvelles exceptions à l'article 60, qui deviennent une
exception à l'exception. Actuellement, là, il y en a combien des... au Québec,
là, des gens qui ont le droit de distribuer de l'électricité à un consommateur?
À part, Hydro-Québec, là. Il y a Hydro-Québec. Est-ce qu'on... Est-ce qu'on
sait combien il y en a, ils sont qui, sur quels territoires? Est-ce que ces
données-là existent?
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre, allez-y.
Mme Fréchette : M. le Président,
donc, j'aimerais amener le député de l'opposition à l'article 62, parce
qu'on y fait référence, à ces réseaux, donc, qui font... qui sont les réseaux
municipaux d'électricité. On pense à un réseau qui est municipal, qui existe
par exemple à Sherbrooke, à Coaticook, et il y a également une coopérative, une
coopérative régionale d'électricité, de Saint-Jean-Baptiste-de-Rouville. Donc,
ce sont les exceptions qui sont reconnues. On parle de huit réseaux municipaux
et une coopérative. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien, merci. M. le député.
M. Paradis : Donc, vous me
confirmez que, quand on dit «nul ne peut distribuer de l'électricité à un
consommateur sur un territoire sans être titulaire d'un droit exclusif de
distribution sur celui-ci», il y a Hydro-Québec, bien sûr, puis après ça, les
autres actuelles, ce sont celles qui sont nommées à l'article 62. Il n'y
en a pas d'autres, c'est bien ça? Il n'y en a pas d'autres.
Mme Fréchette : Exact.
M. Paradis : Bon, maintenant,
on ajoute, une des modifications, c'est, ouvrez les guillemets : «Sauf
dans le cas visé au troisième alinéa de l'article 60», fermez les
guillemets. Le troisième alinéa de l'article 60, c'est celui qui autorise
une entreprise privée à vendre de l'électricité à une autre entreprise privée.
Donc, je reviens à la même question que j'avais tout à l'heure pour la vente
d'électricité, là, c'est la distribution à un consommateur. Est-ce que vous
êtes d'accord que l'effet combiné du troisième alinéa de l'article 60 et
de l'article 61, c'est une... c'est une modification au monopole
d'Hydro-Québec?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : M. le
Président, c'est dans le cadre de l'article 60, c'est ce qui permet
notamment à des <communautés...
Mme Fréchette :
...c'est
dans le cadre de l'article 60, c'est ce qui permet notamment à des >communautés,
à des municipalités, ou à une entreprise privée, ou à des Premières Nations de développer
un projet pour un seul consommateur, un seul, un seul compteur électrique.
Alors, c'est ce qui était adopté, donc, avec l'article 60.
Et, par ailleurs, il y a les réseaux
privés qui, eux, distribuent à plus large échelle. Les réseaux privés que l'on
reconnaît dans l'article 62 sont des réseaux municipaux qui existent de
longue date, et c'est également une coopérative qui, également, distribue de
l'électricité. Et c'est contenu avec l'ensemble de... avec le descriptif qu'on
a. On contient donc les distributeurs d'électricité à cette énumération-là.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. D'autres interventions? M. le député de
Jean-Talon.
M. Paradis : Bien. Vous
m'avez parlé, oui, des communautés autochtones, des municipalités, mais vous
êtes d'accord avec moi qu'au troisième alinéa de l'article 60, ça vise
aussi des entreprises privées qui vont vendre de l'électricité à une autre
entreprise privée, oui?
Mme Fréchette : J'ai déjà
précisé, là, l'ensemble des acteurs qui pouvaient cadrer dans l'autorisation
qui est donnée avec l'article 60, là.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. D'autres interventions? M. le député.
M. Paradis : Donc, si c'est
vrai, comme vous en convenez, que le troisième alinéa de l'article 60
permet à des entreprises de vendre à d'autres entreprises, et que cette
possibilité-là est nommée comme une exception au monopole d'Hydro-Québec à 61.
L'article 61 est aussi un article qui modifie le monopole d'Hydro-Québec
sur la distribution d'électricité à un consommateur dans un territoire, oui ou
non?
Mme Fréchette : M. le
Président, les réseaux municipaux distribuent de l'énergie à des milliers de consommateurs,
des milliers de consommateurs. L'article 60 permet à des municipalités, à
des Premières Nations ou à une entreprise privée, en collaboration le plus
fréquemment possible avec les MRC, l'ensemble des acteurs locaux, à offrir de
l'énergie à un seul compteur électrique, un seul. Donc, c'est vraiment deux
niveaux pas vraiment comparables de distribution d'électricité. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Mais les réseaux
municipaux, qui sont une exception, les titulaires de permis sont déjà nommés à
l'article 62. C'est ce que vous avez précisé en réponse à ma première
question. Donc là, c'est la première phrase qui change l'impact de l'article 61
et qui modifie le monopole d'Hydro-Québec sur la distribution. Je pense qu'il
faudrait le dire aux Québécoises et aux Québécois que c'est ça que ça fait,
parce que, sinon, on pourrait enlever la première phrase. Si c'est... la
question, c'est les réseaux municipaux, ils sont visés par 62.
Moi, ce que je veux, c'est sur de la
clarté sur ce qu'on est en train de faire. Parce que c'est ça, l'inquiétude des
Québécoises et des Québécois, notamment des organisations qui sont venues en
commission parlementaire, c'est qu'on est en train de modifier le monopole
d'Hydro-Québec, sans le dire. On n'est pas à visière levée. Puis je ne vous ai
pas entendu le dire non plus encore, alors que c'est clair qu'il va avoir plus
d'entreprises privées qui vont vendre de l'électricité à d'autres entreprises
privées en vertu de l'article 60. Et donc, à 61, l'effet, c'est de venir
aussi concrétiser cette modification au monopole de l'État. C'est ça,
l'objectif de la phrase «sauf dans le cas visé au troisième alinéa de l'article 60».
À moins que vous ayez une autre interprétation à proposer.
• (11 h 20) •
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. Bien, je pense, je vais avoir déjà répondu plusieurs fois, là, à la
question du député de Jean-Talon. Le monopole d'Hydro-Québec n'est pas, comment
dire... il n'y a pas de réduction du monopole d'Hydro-Québec. Donc, voilà, je
pense avoir répondu. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. D'autres interventions? M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Bien, s'il n'y a
pas de modifications, Mme la ministre, on n'a pas besoin de la première phrase
avant la virgule, «sauf dans le cas visé au troisième alinéa de l'article 60».
Si cette phrase-là est là, c'est parce que vous prévoyez un élargissement. Le
projet de loi est bâti comme ça, le projet de loi de votre prédécesseur,
d'ailleurs il l'avait annoncé, c'est qu'il veut qu'il y ait plus de place pour
le privé. C'est une modification au monopole de l'État. C'est écrit noir sur
blanc dans votre article 61. Puis c'est ça que je veux comprendre, je veux
comprendre l'effet.
Puis là, je vais vous poser la même
question, je peux vous la poser tout de suite : Combien... Est-ce que vous
avez une idée de l'ampleur de la brèche qui est ouverte au monopole à l'article 61?
Il va en avoir combien, des personnes qui vont désormais avoir un titulaire...
qui vont être des titulaires de droit de distribution en fonction de l'article 60?
Parce que 60 puis 61, ce n'est pas exactement la même chose. Là, qui va <avoir...
M. Paradis :
...de l'article 60? Parce que 60 puis 61, ce n'est pas exactement la même
chose. Là, qui va >avoir... qui va être le titulaire du droit en vertu
de l'article 60? Est-ce qu'on peut dire que c'est... dans le troisième
alinéa, c'est l'entreprise qui vend à une autre entreprise, celle-ci, la
première, A qui vend à B. A est donc une exception au monopole à 61. Ou B
devient aussi une exception à 61 parce que B... B, puis ensuite, tu peux en
distribuer ou pas? Je ne sais pas, je pose la question. Mais je vous demande de
me dire ce que vous avez comme données, comme analyse, comme vision de ce que
ça veut dire, la première phrase à l'article 61, parce que ce sont des
mots qui ont une importance, qui ont une grande importance.
Puis, vous le savez, là, je ne me cache
pas, c'est ça, mon inquiétude. Dans quelle mesure on touche au monopole
d'Hydro-Québec, au monopole de la société d'État sur la vente d'électricité?
Puis ici, c'est sur la distribution, à 61. Avez-vous des données? Qu'est-ce que
vous voyez? Il va y en avoir partout au Québec? Ça va être très limité? Vous
avez une liste de 85 compagnies qui attendent pour faire ça ou vous n'en
avez pas jusqu'à maintenant? J'espère que vous vous êtes donné un peu une
vision avant de proposer ça. Parce que je vous le redis, pourquoi je vous pose
les questions, ces articles-là sont au cœur des préoccupations de ceux qui sont
venus nous parler de leur inquiétude légitime pour le monopole. Puis j'espère
que vous en convenez, Mme la ministre, qu'il y a des gens qui s'inquiètent
parce que ça veut dire moins de revenus pour l'État, plus de revenus pour le
secteur privé.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Alors,
j'aimerais rappeler que ce projet de loi là va permettre d'accroître la
présence d'Hydro-Québec au Québec, au Québec, sur le territoire québécois,
comme jamais auparavant. On va doubler la production d'Hydro-Québec. Alors,
quand il s'agit de parler de monopole d'Hydro-Québec, ils vont être encore plus
présents dans la société et dans le secteur énergétique. Je pense qu'on peut
tous en être fiers. On va tous en bénéficier parce qu'on est tous propriétaires
d'Hydro-Québec. C'est ça que ça fait, le projet de loi n° 69. Ça rehausse
la présence d'Hydro-Québec. Ils vont être plus investis dans l'énergie solaire,
ils vont être plus investis dans l'énergie éolienne en plus de l'énergie
hydroélectrique. Dans le cadre de la transition énergétique, ça va être
capital. Merci.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci. D'autres interventions? M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Bien,
j'aime beaucoup ce que je viens d'entendre de la ministre. Mais c'est parce
qu'on partage cette vision-là d'un Québec qui est de plus en plus riche de ses
ressources naturelles, notamment ses énergies renouvelables, qu'on est ici puis
qu'on a cette discussion-là.
J'essaie de vous faire dire franchement
que ça va être une place plus grande au privé, que les articles 60 et 61
prévoient, puis je ne l'ai pas entendu encore. Puis ça, on devrait être franc
avec les Québécois. Ça, c'est clair. Les effets combinés de 60 et 61, c'est
plus de privé. Dans quelle mesure? Parce que là, à 60, c'est le droit de vente
d'une entreprise à une autre. À 61, c'est combien il va y en avoir, des
distributeurs privés au Québec. Avez-vous une idée de ça? Est-ce que vous vous
êtes donné une certaine vision? On en veut ça. On en veut ça. On en veut ça.
C'est quoi l'ampleur de la brèche à Hydro-Québec... au monopole d'Hydro-Québec?
C'est ça la question que je pose.
Je suis convaincu que vous avez une vision
de ça parce vous nous l'avez dit. Vous avez dit : Il y a des places qu'Hydro-Québec
n'est pas capable. Moi, c'est ça, Mme la ministre, l'argument avec lequel j'ai
des problèmes, parce qu'Hydro-Québec a toujours été capable. Hydro-Québec a
brisé des plafonds de verre, Hydro-Québec a participé à l'émancipation
économique du peuple québécois. Puis, aujourd'hui, je ne comprends pas, là,
c'est quoi les nombreux cas où Hydro-Québec n'est pas capable d'être là? Vous
nous l'avez mentionné, là, mais il y en a combien de ces cas-là? C'est où
exactement? C'est où, les villes en région ou les places en région où il y a
des projets qui n'aboutissent pas parce qu'Hydro-Québec n'est pas capable ou on
ne veut pas? Il va y en avoir 10, des titulaires, à 61, en vertu de
l'article 61? Cinq, trois, 15, 20, 30, 50, 60, 200? Je suis sûr que vous
avez une idée de ça. Dites-moi que vous avez réfléchi à l'ampleur de la brèche
que vous ouvrez.
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui.
Donc... Bien, M. le Président, dans la logique du député, est-ce que les gens
qui vont installer des panneaux solaires sur leur toit vont réduire le monopole
d'Hydro-Québec? Parce que, si on suit cette logique-là, il suffit d'un compteur
électrique qui soit affecté pour que là, on vienne faire une brèche dans le
monopole. Donc, je pense que j'ai répondu, par ailleurs, aux questions du
député qui reviennent.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci, Mme la ministre. D'autres interventions? M. le député de
Jean-Talon.
M. Paradis : Non, mais
on ne parle pas du tout de la même chose, là. Quelqu'un qui, par exemple, pose
des panneaux solaires puis qui est autosuffisant, ce n'est pas d'autre chose.
Là, on parle... Ce qui est... Ce qui est important dans ce dont on parle, c'est
qu'actuellement il y a un monopole. On dit c'est Hydro-Québec qui produit de
l'électricité puis qui en vend à d'autres entreprises. Là, à 60, on vient de <dire...
M. Paradis :
...qui
produit de l'électricité puis qui en vend à d'autres entreprises. Là, à 60, on
vient de >dire : Ah! maintenant, les entreprises privées vont
pouvoir vendre à d'autres entreprises privées. Ça fait que là, je vous ai
demandé si vous aviez des chiffres. La... Bien, en tout cas, on n'a pas eu de
réponse.
Ensuite, à 61, on dit : Ah!
maintenant, c'est sur la distribution des consommateurs. Puis, avant, l'article
était clair : «Nul ne peut exploiter un réseau de distribution
d'électricité sur le territoire d'un titulaire d'un droit exclusif de
distribution d'électricité.» Point. Monopole pour Hydro-Québec. Là, vous venez
de dire : «Sauf dans le cas visé au troisième alinéa de l'article 60».
Je repose ma question, puis la réponse
n'est pas si simple... n'est pas si difficile... ou justement, peut-être
qu'elle n'est pas si simple : Avez-vous une idée de ce que vous envisagez
pour le Québec dans l'avenir? C'est quoi, la place que vous pensez que le privé
va prendre au Québec dans la vente d'électricité à d'autres joueurs privés puis
dans la distribution d'électricité? Je suis sûr qu'il y a quelque chose quelque
part, là. L'ancien ministre, j'espère qu'il n'a pas juste sorti ça de son
chapeau. C'est sûr que vous avez des chiffres quelque part, vous avez une idée
de ce que vous allez faire... vous voulez faire. Pourquoi vous ne l'annoncez
pas aux Québécois?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui.
J'aimerais juste rectifier un élément qu'a soutenu le député de Jean-Talon. La
production n'est pas un monopole d'Hydro-Québec. La production, ce n'est plus
un monopole depuis que le PQ a été au pouvoir en 2000 et qu'il a fait en sorte
d'élargir ce droit-là. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. D'autres interventions? M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Si j'ai dit
«production», je m'en excuse, Mme la ministre. Je voulais vraiment dire, bien
sûr, la vente d'électricité à d'autres entités privées puis la distribution à
des consommateurs. Est-ce qu'on doit comprendre de vos... de l'absence de
réponse, c'est que vous n'en avez pas, de plan, vous n'avez pas une idée d'où
est-ce qu'on veut s'en aller avec ça? Il doit bien y avoir une idée quelconque.
On pense qu'il va y en avoir deux. Peut-être que là, ça peut rassurer bien du
monde au Québec. Il va y en avoir cinq, 10. Ah! 50, 200, 500.
Parce que là, je le cherche, là, mais il y
a des gens qui sont venus ici en consultations particulières puis qui nous ont
dit que, juste avec ces deux articles là, c'est des milliards... possiblement
des milliards de dollars en revenus de la vente d'électricité et de la
distribution d'électricité dont le Québec pourrait se priver. Donc, la part
actuelle de ce que le privé récolte avec la vente et la distribution
d'électricité va croître, alors que celle de l'État va diminuer. C'est ça qu'il
y en a qui nous ont prédit avec ces articles-là. Ma question, c'est :
Leurs craintes sont-elles fondées, oui ou non? Quel est le plan derrière ça?
Là, je n'ai même pas de réponse sur :
Est-ce que, oui ou non, c'est une part plus grande pour le privé? Puis c'est
évident que la réponse, c'est oui. Puis je comprends que la ministre hésite à
le dire publiquement. Mais c'est ça que 60, 61 prévoient, plus de place pour le
privé dans la vente et dans la distribution d'électricité. 61, c'est la
distribution, 60, c'est la vente, ils sont liés ensemble. Donc, est-ce qu'on a
des chiffres? Est-ce qu'on a une vision? Est-ce qu'on peut rassurer les
Québécois ou c'est parce que les chiffres sont... vont être inquiétants pour
les Québécois?
• (11 h 30) •
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : M. le
Président, je n'ai rien à ajouter. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
D'autres interventions? Oui. M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui. C'est plus,
Mme la ministre, une question... dans ce cas, ici, je sais qu'on...
l'article 60, on parle de qui peut produire l'électricité, qui peut se
lancer dans l'autoproduction. Ici, on est dans la distribution. Comment ça
marche, si jamais quelqu'un, qu'Hydro-Québec, avec des partenaires, veut créer
comme un microréseau? J'imagine, ça, c'est correct parce que c'est... ça
appartient toujours... ou il y a toujours un rôle d'Hydro-Québec dans la
distribution puis aucune entité privée ne peut lancer un microréseau, parce que
ce n'est pas juste la production, mais un microréseau, c'est la distribution.
Alors, c'est juste peut-être clarifier ça un peu, dans quelles instances est-ce
qu'on peut approuver un projet de microréseau. J'imagine, c'est toujours fait
avec le rôle d'Hydro-Québec, qui est une bonne chose, mais c'est juste, je pose
la question parce qu'on est dans les exceptions pour la distribution, M. le
Président. Merci beaucoup.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, M. le député, pour votre question. Mme la ministre, souhaitez-vous
prendre la parole?
Des voix : ...
19279 Le Président (M. Montigny) :Mme la ministre.
19269 Mme Fréchette :...Président. En fait,
les microréseaux...
11 h 30 (version révisée)
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : ...en fait,
les microréseaux sont permis et ne peuvent... ils doivent absolument être
permis par Hydro-Québec et ils sont gérés également par Hydro-Québec. Donc, ça
reste dans l'entité Hydro.
M. Kelley : Merci, Mme
la ministre. Alors, c'est juste parce que je sais que ce concept, un microréseau,
n'est pas nécessairement probablement écrit dans nos lois, c'est un peu un
nouveau terme, là, dans le sens de comment on voit un petit peu la distribution
de l'énergie dans l'avenir, en lien avec les panneaux solaires. C'est correct.
Je ne sais pas si ça revient dans une autre section de ce projet de loi qu'on
va aborder ça, j'imagine que non, mais... ou quand même si c'est nécessaire certainement
de bien encadrer ça ou on va juste continuer d'avancer avec Hydro-Québec dans
ce sens-là. En tout cas, juste, je pense, c'est important de soulever cette
question-là qui est importante. Alors, merci, Mme la ministre.
Le Président (M. Montigny) :
Oui, parfait. Très bien. Merci, M. le député. Mme la ministre, avez-vous d'autres
choses à rajouter?
Mme Fréchette : Juste
préciser qu'à l'heure actuelle il y en a un seul au Québec, un microréseau, à
Lac-Mégantic. Donc, ça se pourrait qu'il y en ait d'autres. À ma connaissance,
il y en a un seul, c'est ça?
M. Kelley : Je pense, sur
les Îles-de-la-Madeleine... soit c'est microréseau ou c'est en développement,
mais, je pense, les Îles‑de‑la‑Madeleine a un microréseau aussi, c'est
considéré comme un microréseau, je crois. Oui.
Mme Fréchette : On va
vérifier. Merci.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci. D'autresinterventions? Comme il n'y a pas... Oui,
M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Bon. Toujours
sur la même question, Mme la ministre. J'en ai trouvé une, là, dans les
consultations particulières, j'en ai trouvé une étude, c'est celle des... du Syndicat
canadien de la fonction publique. Les employés d'Hydro-Québec, eux, ils ont
fait cette analyse-là. Ils disent qu'avec le projet de loi 69 tel qu'il
existe actuellement, la part des producteurs privés, donc dans la vente et dans
la distribution d'électricité, pourrait passer de 10,2 % actuellement, autoproduction,
7,8 % actuellement ou en 2020 à en 2030, 19 % pour les producteurs
privés et 7,6 % pour les producteurs auto privés. Donc, c'est surtout la
croissance des producteurs privés. Donc, la part étatique avec Hydro-Québec
pourrait passer de 82 % à 73,4 %. Ça, c'est dans leurs calculs à eux.
Ils voient... Eux, ils ont fait un calcul de ce que ça pourrait vouloir dire,
les articles actuels, notamment 60 et 61. Est-ce que vous êtes d'accord avec
ces chiffres-là ou vous voyez ça autrement?
Donc, vous comprenez que l'impact de ça, c'est
moins de revenus pour Hydro-Québec, même dans la part de la nouvelle énergie
qui est produite, parce que là, au lieu qu'il y en ait une part équivalente à
celle actuelle dans les poches des Québécois, ce serait plus pour le privé. Est-ce
que vous êtes d'accord avec ces chiffres-là, ou vous ne voyez pas la même
croissance, ou vous voyez quelque chose de différent? C'est ça... C'est ça, l'impact
de mes questions, c'est combien de plus dans les poches des Québécois ou
combien de moins dans les poches des Québécois, et quelle place de plus pour
les producteurs privés, en fait, pour ceux qui vont vendre de l'électricité à d'autres,
des entreprises privées qui vont vendre de l'électricité à d'autres entreprises
privées et qui vont ensuite être titulaires d'un droit de distribuer en vertu
de l'article 61 qu'on est en train d'analyser? C'est ça, le sens de mes
questions, en fait.
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, M.
le Président. Donc, je rappelle que notre plan, c'est de doubler la production
d'Hydro-Québec. Ça va rehausser la présence d'Hydro-Québec. En plus,
Hydro-Québec est maintenant maître d'œuvre de projets éoliens, ça va accroître
sa présence dans le secteur énergétique. Donc, nos perspectives sont à l'effet
qu'il y aura un rehaussement de la présence d'Hydro-Québec et un accroissement
de sa présence et de son activité et de ses revenus, et ça, ça va bénéficier
aux Québécois.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. D'autres interventions? M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Est-ce que
vous êtes d'accord avec les prévisions qu'on vient de voir, qui est un groupe
quand même important, c'est les employés d'Hydro-Québec, ou vous voyez les
choses autrement? Qu'est-ce qu'on dit aux Québécois de ce que nous, on est en
train de faire? Parce que vous pourriez me donner une réponse, vous pourriez
dire : Oui, oui, oui, on les a faites, les analyses. Puis là, on prend une
pause, on les regarde, puis on voit que peut‑être, finalement, l'ampleur de ce
qui est prévu, c'est ça. Mais là, on ne le sait pas. J'aimerais ça savoir s'il
y en a, des chiffres, sérieusement, de ce que vous avez prévu, parce que je
comprends qu'il y en a qui peuvent légitimement dire que sans ça, on ne pourra
pas y arriver. C'est ce que vous nous dites en réponse. Très bien, mais c'est
quoi <l'ampleur...
M. Paradis :
...y
arriver. C'est ce que vous nous dites en réponse. Très bien, mais c'est quoi
>l'ampleur de ça, entre guillemets? C'est ça, la question, puis c'est
ça, notre travail, nous, comme députés qui analysons le projet, c'est de
comprendre qu'est-ce que ça va donner dans la société québécoise dans l'avenir.
Avez-vous des prévisions, oui ou non?
Selon les calculs, là, juste pour vous
dire, de ce dont on parle, selon les calculs que je viens de vous montrer, ça,
c'était la part de production privée ou la part dans la vente et dans la
distribution d'électricité privée par rapport à celle du public. Avec les mêmes
calculs, le Québec se priverait de revenus de 3 milliards de dollars
par année, par année. Parce que vous avez raison, Mme la ministre, on prévoit
aussi une croissance de l'énergie, mais si la part de l'argent qui revient dans
les poches des Québécois est moins grande, la proportion est moins grande, on
laisse... les Québécois laissent de l'argent sur la table. Ce calcul-là, c'est
3 milliards par année en 2030. Est-ce que c'est ça ou ce n'est pas ça? C'est
vraiment... C'est vraiment le sens des questions, puis je pense que ce sont des
questions légitimes. J'aimerais vraiment ça que vous me répondiez : Oui,
oui, oui, on l'a analysé puis on a fait des études d'impact. Parce que, là, on
est en train de jouer avec la richesse collective québécoise, qu'on a
dit : C'est à nous, l'électricité, c'est nous qui la vendons à travers
Hydro-Québec, c'est nous qui la distribuons à travers Hydro-Québec, avec de
toutes petites exceptions pour la distribution, vous me l'avez dit, c'est
celles qui sont à l'article 62.
Là, on va ouvrir à tout un large éventail
d'entreprises privées. C'est ça, la brèche. Elle est de quelle taille, la
brèche? Qu'est-ce que vous prévoyez pour le Québec? Est-ce qu'il va y avoir un
nombre très limité de petits producteurs privés qui vont vendre à leurs voisins
ou le Québec va être tapissé de producteurs privés?
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. Ce
que... M. le Président, ce que le député appelle des acteurs privés, bien,
c'est notamment des Premières Nations, c'est notamment des MRC. Oui, il y a
aussi des entreprises privées, mais c'est aussi des municipalités et c'est des
gens qui apprécient la capacité que cela donne à leur communauté, à leur entité
d'avoir du développement régional, avoir du développement économique. Dieu sait
qu'Hydro-Québec va être sollicitée pour les prochaines années parce que ça va
être de 150 à 200 térawattheures additionnels qui vont être requis à
l'horizon 2050. C'est majeur. C'est un développement majeur pour Hydro-Québec,
c'est un développement majeur pour les Québécois et c'est ce qu'on met de
l'avant. Merci.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci, Mme la ministre. D'autres interventions? M. le député de
Jean-Talon.
M. Paradis : Ça serait quoi,
l'impact de la... Si on enlève cette phrase-là, «sauf dans le cas visé au
troisième alinéa de l'article 60», puis c'est un amendement que je
pourrais déposer, là, ça serait quoi, selon vous, l'impact, Mme la ministre?
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui.
Bien, on l'a expliqué plusieurs fois, là. Il y a des entreprises qui aimeraient
ça être alimentées d'autres sources d'énergies renouvelables et qui, à l'heure
actuelle, ne peuvent pas le faire, et Hydro‑Québec ne peut pas répondre à brève
échéance à leurs besoins. C'est du développement régional, développement
économique, une diversification des revenus qui seraient empêchés. C'est ça
qu'on empêcherait. Ce serait un recours à des énergies renouvelables qu'on
empêcherait. C'est ce que vous souhaitez, au Parti québécois? Ce n'est pas
notre cas. Donc, c'est ça qu'on empêcherait. Merci.
• (11 h 40) •
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. M. le député de Jean‑Talon.
M. Paradis : Nous, on
souhaite protéger l'héritage de René Lévesque et de tous ceux qui, avec
lui, ont fait en sorte que ce soit une richesse collective, Hydro-Québec, avec
les bénéfices qui vont dans nos poches principalement. Là, vous créez une
brèche importante à ce principe-là, ça fait partie du pacte social au Québec,
puis vous n'êtes pas capable de me dire de quelle ampleur est la brèche que
vous prévoyez. Il me semble que ça serait le minimum à dire aux Québécois pour
les rassurer. Puis là moi, j'essaie de comprendre la portée de 61 parce qu'au
troisième alinéa de l'article 60, c'est déjà écrit : «Ce droit
n'empêche pas quiconque produisant de l'électricité de source renouvelable de
la distribuer à un seul consommateur.» C'est déjà écrit dans le troisième
alinéa de l'article 60. Qu'est-ce que la phrase... Qu'est‑ce que la
première phrase de l'article 61 veut dire de plus? Qu'est-ce qu'elle
apporte? L'exception, là, elle est déjà limitée au troisième alinéa de
l'article 60. Qu'est-ce que ça apporte de plus, là, la première phrase à
61? Est‑ce que ça élargit encore plus la brèche?
Le Président (M. Montigny) :
Alors, Mme la ministre.
Mme Fréchette : M. le
Président, donc, c'est le... La première ligne de cet article-là, c'est un
article de concordance avec l'article précédent. Merci.
Le Président (M. Montigny) :
Merci, Mme la ministre. D'autres interventions? M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Est-ce que,
par exemple, on ne pourrait pas interpréter ça... je ne dis pas que c'est le
cas, mais est-ce qu'il y a un risque à dire que l'exception à l'article... de
la première phrase de l'article 61 permettrait aussi aux consommateurs <visés
M. Paradis :
...phrase
de l'article 61 permettrait aussi aux consommateurs >visés par le
troisième alinéa de l'article 60... donc là, quelqu'un produit de
l'électricité, ça, c'est le troisième alinéa, quelqu'un produit de
l'électricité, il vend à un consommateur. Là, vous prévoyez, à 61, sauf dans le
cas visé au troisième alinéa. Est-ce que celui qui a acheté l'électricité, au
troisième alinéa, lui, ensuite, il a le droit de la distribuer?
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre, souhaitez-vous répondre?
Mme Fréchette : Non,
J'ai déjà énoncé ce que je souhaitais énoncer. Merci.
Le Président (M. Montigny) :
D'autres interventions? M. le député, allez-y.
M. Paradis : Non, je ne
pense pas qu'il y ait eu de réponse à cette question-là. Est-ce que l'exception
de la première phrase de l'article 61 vise les deux parties à la
transaction du troisième alinéa de l'article 60 ou seulement le producteur
privé d'électricité de source renouvelable?
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Donc, la
loi, en fait, elle n'encadre pas l'acheteur, elle n'encadre que le
distributeur. Donc, c'est une des deux parties.
Le Président (M. Montigny) :
M. le député de Jean-Talon, vous avez la parole.
M. Paradis : Je veux
être sûr de bien comprendre. Donc, le distributeur, à l'article 61, est-ce
que c'est seulement le producteur du troisième alinéa de l'article 60 ou
ça pourrait être aussi le seul consommateur qui est visé par le troisième
alinéa de l'article 60? Je suis... Je suis toujours sur l'ampleur de la
brèche, là. Je veux m'assurer qu'on limite au maximum ou qu'il n'y en ait pas,
de brèche.
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre.
Mme Fréchette : M. le
Président, j'aimerais que Me Marois puisse offrir une réponse.
Le Président (M. Montigny) :
Absolument. Est-ce que nous avons consentement pour passer la parole à Me
Marois? Consentement. Me Marois, vous avez la parole. Je vous invite à
vous présenter.
M. Marois (Samuel) : Bonjour.
Samuel Marois, avocat au ministère de la Justice. Le cas que vous évoquez
serait visé dans l'article 61 par les mots «nul ne peut distribuer
l'électricité à un consommateur». Les premiers mots de l'article, sauf dans le
cas visé au troisième alinéa de l'article 60, visent celui qui obtient,
là, une espèce d'autorisation spéciale de distribuer prévue à
l'article 60.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien, merci. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Mais, Me
Marois, où est-ce que vous voyez la limitation, là? Je suis encore sur
l'ampleur de la brèche. Moi, le moins... le moins elle va avoir d'ampleur, le
mieux on va s'en porter, au Québec. Est-ce qu'on ne pourrait pas dire que, sauf
le cas visé au troisième alinéa de l'article 60, ça veut dire que c'est à
la fois le producteur privé, quiconque produisant de l'électricité de source
renouvelable, mais que ça vise aussi un seul consommateur pour les besoins de
ces installations de ce dernier. Là, est‑ce qu'on ne vient pas de créer, de
dire : Ah! L'exception à la première phase de 61, ça le vise lui aussi, ça
fait que lui, il pourrait le vendre parce que tu peux faire ça, tu achètes de
ton voisin, puis après ça, ah, je suis visé par l'exception de 61, ça fait que
moi, je peux le vendre à un aussi ou je peux le distribuer. Est-ce que c'est
possible?
M. Marois (Samuel) : Non...
M. Paradis : C'est clair
que c'est bétonné, à votre avis, là?
M. Marois (Samuel) : Bien,
pour moi, c'est... Pour moi, c'est bétonné parce que le principe... On a une
loi qui crée un régime de droit exclusif de distribution en faveur de titulaires
de droits exclusifs qui sont Hydro-Québec, une coopérative, puis neuf réseaux
municipaux, point. Donc, le principe, c'est qu'il n'y ait personne d'autre que
ces personnes-là que je viens de vous nommer qui peut distribuer de
l'électricité au Québec. Ça fait que ça, c'est ce que dit 61, puis il y a des
sanctions pénales associées à la distribution dans le cas où c'est... dans le
cas où il y aurait une distribution qui est... qui ne serait pas permise.
Ce qu'on vient faire dans l'article, c'est
ajouter une exception au principe de nul ne peut distribuer l'électricité,
l'exception étant sauf dans le cas visé au troisième alinéa de 60, parce que
c'est un alinéa qui prévoit une exception, un droit de distribuer dans un
cadre... dans le cadre restreint qui est prévu dans cet alinéa-là.
Le Président (M. Montigny) :
...M. le député de Jean-Talon, il vous reste 30 secondes.
M. Paradis : Je vais
demander de suspendre pour déposer un amendement.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien.
M. Paradis : Merci.
Le Président (M. Montigny) :
Suspension. Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 11 h 46)
12 h (version révisée)
(Reprise à 12 h 26)
Le Président (M. Montigny) : Nous
reprenons donc nos travaux. 12 h 26, nous avons quelques minutes, là,
avant la suspension pour l'heure du dîner.
Alors, il y a une proposition d'amendement
qui avait été mentionnée par le député de Jean-Talon, elle est affichée à l'écran.
M. le député de Jean-Talon, je vous laisse présenter votre amendement, pour le
temps qu'il nous reste.
M. Paradis : Très bien. Donc,
c'est dans la foulée de nos discussions sur le lien entre l'article 60 et <l'article 61...
M. Paradis :
…très
bien. Donc, c'est dans la foulée de nos discussions sur le lien entre
l'article 60 et >l'article 61. Donc : Modifier l'article 39,
modifiant l'article 61 de la Loi sur la Régie de l'Énergie, en retirant
les mots : «Sauf dans le cas visé au troisième alinéa de l'article 60,».
Le texte modifié de l'article 39 se
lirait ainsi, 39 : L'article 61 de cette loi est remplacé par le
suivant : «Nul ne peut distribuer de l'électricité à un consommateur sur
un territoire sans être titulaire d'un droit exclusif de distribution sur
celui-ci.» Fin de la citation.
La logique est la suivante, donc, il y a
déjà des exceptions à l'article 61 qui expriment... en fait, c'est
l'article qui exprime le monopole d'Hydro-Québec sur la distribution
d'électricité au Québec. Et il y a des exceptions qui sont prévues à
l'article 62. Donc, il y a des titulaires de droits de distribution qui
sont nommés à l'article 62, et on le mentionnait tout à l'heure dans les
échanges avec le ministre.
Or, maintenant, on prévoit une autre
brèche ou, en fait, une nouvelle brèche au monopole d'Hydro-Québec à
l'article 60. Désormais, des entreprises privées vont pouvoir vendre de
l'électricité à d'autres entreprises privées, une entreprise qui autoproduit de
l'électricité va pouvoir la vendre à une autre entreprise privée. Et là, alors
qu'on pourrait avoir la même logique qui régit la relation entre
l'article 61 et l'article 62, lorsque vient le temps de parler de la
logique entre cette exception, cette brèche au monopole à l'article 60 et
l'article 61, là, soudainement, on le nomme expressément. On dit :
Ah! sauf dans les cas prévus à l'article 60, c'est seulement Hydro-Québec
qui a le droit de distribuer.
Donc, ça... ça semble vouloir ouvrir
encore plus grande la brèche au monopole d'Hydro-Québec. C'est pourquoi je
propose de retirer ces mots au début pour qu'au moins la logique avec
l'article 62 soit respectée. Donc, 61 vis-à-vis 62,
61 vis-à-vis 60, même logique quant aux exceptions au monopole.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. D'autres interventions? Mme la ministre
Mme Fréchette : ...M. le
Président.
Le Président (M. Montigny) :
Parfait. Pas d'intervention. Ça va? Comme il n'y a pas d'autre intervention,
nous pouvons passer à la mise aux voix de l'amendement. Oui, M. le député.
M. Paradis : Je me demandais
si, parmi les légistes du gouvernement, on pourrait avoir des explications sur
le fait qu'il y a cette phrase au début, alors que les exceptions prévues à 62
ne sont pas prévues expressément à 61, mais là les nouvelles exceptions au
monopole, la brèche prévue à l'article 60, elle, elle est expressément
nommée à 61. Pourquoi cette différence?
Le Président (M. Montigny) : ...seulement
15 secondes avant la suspension. Alors, compte tenu de l'heure,
sérieusement, je vais donc suspendre nos travaux. Nous reprenons cet
après-midi.
(Suspension de la séance à 12 h 30)
15 h 30 (version révisée)
(Reprise à 15 h 45)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît! Nous recommençons nos travaux. La Commission de
l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles reprend
ses travaux. Nous poursuivons l'étude détaillée du projet de loi n° 69, Loi
assurant la gouvernance responsable des ressources énergétiques et modifiant
diverses dispositions législatives.
Lors de la suspension de nos travaux, cet
avant-midi, nous étions à l'étude de l'amendement du député de Jean-Talon à l'article 39.
Y a-t-il des interventions sur cette proposition d'amendement? M. le député de
Jean-Talon, vous avez la parole.
M. Paradis : Oui, merci, M.
le Président. Donc, il nous restait seulement quelques secondes avant la pause.
Donc, je posais une question, notamment qui, je pense, s'adressait, cette fois-ci,
plus à Me Marois, à moins que la ministre veuille répondre, mais je demandais
la logique de mentionner «sauf dans les cas visés au troisième alinéa de l'article 60»,
à l'article 61, alors que les autres exceptions au monopole de
distribution d'Hydro-Québec prévues par l'article 61 ne sont pas
mentionnées, c'est-à-dire celles du... de l'article 62 ne sont pas
mentionnées expressément.
Alors, si on a besoin de mentionner celles
de 60 à l'article 61, pourquoi n'a-t-on pas mentionné celles de 62, ou, à
l'inverse, si on ne mentionne pas les exceptions de 62 à l'article 61,
pourquoi doit-on mentionner les exceptions de l'article 60? Est-ce que ce
n'est pas un autre risque d'élargir encore plus la brèche au monopole d'Hydro-Québec?
C'était ça, ma question. On s'était laissés là.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
M. le député. Alors, Me Marois, vous avez la parole.
M. Marois (Samuel) : Oui. Donc,
à l'article 62, vous les présentez comme des exceptions, mais, en fait, c'est
plutôt le principe. C'est-à-dire, sur le territoire, il y a des titulaires de
droits exclusifs de distribution, dont Hydro-Québec, dont des municipalités,
une coopérative. Donc, le principe étant... puis c'est... ce sont les personnes
qui sont... dont les activités de distribution sont encadrées par la loi. Donc,
le <principe...
M. Marois (Samuel) :
...les
personnes qui sont... dont les activités de distribution sont encadrées par la
loi. Donc, le >principe, c'est que ces titulaires-là ont le droit de
distribuer l'électricité, ils ont un droit exclusif pour le faire qui leur est
confié par la loi.
À l'article 61, c'est une
interdiction de distribuer pour quiconque n'est pas titulaire d'un droit
exclusif, donc ça exclut les personnes de 62. Puis ce que vient faire les mots
«sauf dans le cas visé au troisième alinéa de l'article 60», c'est de dire
que... quand une personne qui est visée à ce troisième alinéa-là, qui distribue
l'électricité parce qu'elle a eu l'autorisation du gouvernement pour le faire,
bien, dans ce cas-là il n'y a pas d'infraction à la loi, donc on l'écarte, tout
simplement.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Me Marois. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Je comprends ce
que vous m'expliquez, mais je ne vois pas pourquoi il y a une différence de
traitement entre les exceptions prévues à l'article 62 et les exceptions
prévues à l'article 60, pourquoi celles... pourquoi, à l'article 61,
les exceptions de 62 ne sont pas mentionnées. Et je comprends pourquoi, en
fait, elles sont prévues à l'article 62. On dit : Ah! Ça, il y a le
principe de l'article 61, mais à 62 il y a des exceptions.
Pourquoi ce n'est pas la même logique à
l'article 60? Est-ce qu'on veut dire d'autres choses? Est-ce que ça veut
dire que l'ouverture, parce qu'on la répète à l'article 61, l'ouverture de
l'article 60, elle, elle est plus grande? Parce que ça pourrait être la
même logique. L'article... le troisième alinéa de l'article 60 pourrait
être autoportant : «Ce droit n'empêche pas quiconque produisant de
l'électricité de source renouvelable de la distribuer à un seul consommateur
pour les besoins.» Donc, on lui vient... on vient de lui conférer une
exception, un droit de distribuer. Le mot est dans l'article... dans l'alinéa 3
de l'article 60. Pourquoi une logique différente entre l'article 60
et l'article 62 quand vient le temps d'énoncer le monopole d'Hydro-Québec
à l'article 61 et de dire qu'il y a des exceptions très limitées?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien.
M. Marois (Samuel) : L'article 61
n'énonce pas le monopole d'Hydro-Québec, c'est l'article 62 qui l'énonce,
puis l'article 62 sépare le territoire, si je peux me permettre. Il n'y a
pas de... il n'y a pas de hiérarchie entre les distributeurs d'électricité. On
dit qu'Hydro-Québec est titulaire d'un droit exclusif sur l'ensemble du
territoire du Québec, à l'exclusion des territoires desservis par d'autres
titulaires. Donc, chaque titulaire a son territoire, dessert sur son
territoire, c'est le principe.
À moins d'être un titulaire, puis c'est
clair qu'il est un titulaire, c'est prévu à l'article 62, à moins d'être
un titulaire, l'interdiction de distribuer l'électricité de l'article 61
s'applique. Mais, comme on crée au troisième alinéa de l'article 60 un cas
de figure où il peut y avoir une distribution avec l'autorisation du
gouvernement, bien, ce serait illogique de dire que le gouvernement peut
autoriser quelque chose puis que par ailleurs la loi interdit. Donc, c'est
des... c'est cohérent de dire que l'interdiction s'applique, sauf dans ce
cas-là.
• (15 h 50) •
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Merci, Me Marois. D'autres interventions? Mme la ministre, voulez-vous ajouter
quelque chose? Non?
Mme Fréchette : Ça se situe
en dehors de la conversation qu'il y a en ce moment.
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
M. Paradis : ...continuer ou
la terminer. Bien, avec égards, Me Marois, je pense que l'article 61 est
tout à fait essentiel au monopole. Parce que l'article 62, c'est celui qui
dit qui est titulaire d'un droit exclusif de distribution, donc le
distributeur, Hydro-Québec, puis à l'article 61 ça interdit à toute
personne qui ne détient pas un titre de distribuer de l'électricité. Je pense
qu'on va être d'accord que les deux articles sont les effets... sont l'effet
miroir voulu pour instaurer le monopole.
Donc, si l'article 61 est important
pour le monopole... Je repose ma question, dans l'article 61, ça fait...
ça ne dit pas «sauf ce qui est prévu dans l'article 62», ça dit «seul un
titulaire», puis là, à 62, ça dit «Hydro-Québec puis telles municipalités sont
titulaires». On vient de dire à 60... Je comprends ce que vous voulez faire,
vous dites, vous voulez de la cohérence, mais c'est déjà dit à 60 que, si
on donne une autorisation, «le droit n'empêche pas quiconque produisant de
l'électricité de source renouvelable de la distribuer». Ça fait qu'il est
autoportant.
Je m'interroge sur la raison pourquoi ça,
c'est mentionné à l'article 61 puis pas 62. Est-ce que ça ne pourrait pas
être vu comme voulant dire, le législateur n'étant pas supposé parler pour ne
rien dire, que ça veut dire que ça ouvre plus grand la brèche? C'est ça, là, je
veux que vous me rassuriez là-dessus.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, M. le député. Pour la réponse, Me Marois ou Mme la ministre?
Mme Fréchette : ...a été dit,
je pense.
Le Président (M. Montigny) :
Parfait. Merci, Mme la ministre. D'autres interventions? Oui, allez-y, Mme la
ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Si les <collègues...
Le Président (M. Montigny) :
...interventions?
Oui, allez-y, Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette :
Si
les >collègues sont d'accord, je proposerais en fait qu'on suspende
l'étude de l'article le temps qu'il y ait certaines analyses qui... qui soient
faites et puis qu'on revienne à l'article 4 puis l'article 20 et
suivants.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous avons comme un amendement qui est à l'étude actuellement. Alors, qu'est-ce
qui est proposé, Mme la ministre, c'est-tu de suspendre à la fois, là, l'étude
de l'article et son amendement? Probablement...
Mme Fréchette : ...son
amendement.
Le Président (M. Montigny) : Oui,
c'est ça. Parfait. Alors, est-ce que nous avons l'accord de... On a le
consentement. Parfait. Nous allons donc suspendre l'étude de l'article 39.
Ça nous amène maintenant à l'article 40.
Mme Fréchette : ...de revenir
à l'article 4 qui avait été suspendu.
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Pas de problème. Alors, nous avons une proposition de revenir à
l'article 4 qui a été suspendu. Ça vous convient? Est-ce que vous avez... est-ce
qu'on a le consentement? Parfait. Nous avons donc consentement. Nous revenons
donc à l'étude de l'article 4 qui avait été suspendu précédemment. Mme la
ministre, je vous laisse la parole pour l'article 4 du projet de loi. On
se souviendra que certains... certaines parties de l'article avaient été quand
même modifiées. Alors, je vous laisse aller.
Mme Fréchette : De notre
côté, on n'avait pas d'intervention additionnelle relativement à
l'article 4. Donc, de notre côté, c'est complet. Je ne sais pas s'il y a
des interventions souhaitées.
Le Président (M. Montigny) : ...est-ce
qu'il y a d'autres interventions en lien avec l'article 4? Oui, M. le
député de Jean-Talon, vous avez la parole. Nous sommes à l'article 4.
M. Paradis : Est-ce qu'on
pourrait suspendre quelques minutes, M. le Président?
Le Président (M. Montigny) : Nous
allons donc suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 54)
16 h (version révisée)
(Reprise à 16 h 07)
Le Président (M. Montigny) : Nous
reprenons donc nos travaux. Nous sommes à l'étude de l'article 4. Il y a
une proposition d'amendement qui avait été suspendue. Donc, avec le
consentement de tous, nous reviendrions, si vous le souhaitez, à l'étude de l'article 4,
amendement à 14.1, déposé, si je ne me trompe pas, par le député de... non, Jacques
Cartier. C'est parfait. Ça vous convient, on a le consentement?
M. Kelley
: Oui. Consentement.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
on procède. M. le député de Jacques-Cartier, vous avez la parole.
M. Kelley : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. Mme la ministre, je sais que nous avons ajouté le
langage dans l'article 3, autour de la question des Premières Nations, des
Inuits, quand même, juste pour rassurer tout le monde qui nous écoute, vous
trouvez que ce n'est pas nécessaire d'encore ajouter une ligne, vers la fin des
six points, pour juste encore renforcer ce principe qui est hyperimportant, ou
c'est un petit peu redondant de répéter quelque chose, puis le fait que, dans
la mission de le ministère, ça dit que, pour ces six points-là, on va toujours
prendre en considération les peuples autochtones du Québec.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec
cette proposition d'amendement? Il n'y a pas d'autre intervention. Mme la
ministre.
Mme Fréchette : M. le
Président, donc, bien, simplement pour convenir avec le député qu'effectivement
ça ferait redondant de répéter cet article-là, considérant ce que l'on a adopté
plus tôt aujourd'hui, et qui, je pense, vient chapeauter l'idée d'une
reconnaissance des droits et intérêts des Premières Nations.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. Il n'y a pas d'autres interventions? Oui, M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui, M. le
Président, je veux retirer l'amendement, parce que je pense qu'encore la
ministre vient juste de confirmer que nous avons fait une avancée avec l'article 3.
Alors, avec consentement, on propose de retirer notre amendement. Merci
beaucoup.
Le Président (M. Montigny) : C'est
très, très clair. Est-ce qu'il y a consentement pour retirer cette proposition
d'amendement?
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Oui.
Consentement. Merci. La proposition d'amendement à l'article 4, 14.1, du député
de Jacques-Cartier est donc retirée. C'est parfait.
• (16 h 10) •
Nous revenons à l'article 4. Nous
avions une deuxième proposition d'amendement qui a été déposée. Donc, on va
procéder dans cet ordre-là, par la suite, on reviendra à l'article 4. Nous
affichons donc la deuxième proposition d'amendement qui avait été proposée, qui
avait été suspendue. Est que nous avons consentement pour revenir à l'étude de
cette proposition d'amendement qui nous était proposée par le député de Maurice-Richard?
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Consentement.
Très bien. Comme le député de Maurice-Richard n'est pas là pour le présenter,
il est à l'écran. Est-ce qu'il y a des interventions? Oui, M. le député
Jacques-Cartier, je vous écoute.
M. Kelley : Oui, peut-être,
juste pour reprendre notre discussion un peu. Pour qu'est-ce que le collègue a
déposé, Mme la ministre, est-ce que vous trouvez que qu'est-ce que vous avez
proposé avec l'amendement à l'article 3, ça répond un peu à les inquiétudes
du député de Maurice-Richard?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Donc, je pense que, là aussi, il y a une idée de reconnaissance, là,
des Premières Nations, Inuits, idée qui s'est reflétée dans le libellé que l'on
a adopté ce matin. Le vocabulaire est différent, mais je pense que l'idée
demeure. Donc, je considérais que ce serait un équivalent.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur cette
proposition d'amendement? Comme il n'y a pas d'intervention, nous pouvons
procéder à sa mise aux voix. Alors, pour la proposition d'amendement, est-ce
que cette proposition d'amendement est adoptée ou rejetée?
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Rejeté.
Cette proposition d'amendement est donc rejetée. Merci. Nous revenons donc à
l'article 4. Je vous rappelle, pour le bénéfice de tous, même si ça fait
plusieurs semaines, nous avons quand même convenu <d'étudier
l'article 4...
Le Président (M. Montigny) :
...merci.
Nous revenons donc à l'article 4. Je vous rappelle, pour le bénéfice de
tous, même si ça fait plusieurs semaines, nous avons quand même convenu >d'étudier
l'article 4 par sections. Donc, pour le bénéfice de tous, cet article
avait quand même plusieurs sections, et puis nous l'avons étudié. Il y avait
des propositions d'amendement qui ont été mises en suspens, on vient de les
régler. Nous revenons donc à l'article 4 tel que modifié. M. le député de
Jean-Talon, je vous écoute.
M. Paradis : Pour rester dans
la foulée, là, des deux propositions d'amendement précédentes, vous avez une
proposition d'amendement qui est en communication, là, qui vient d'être
envoyée, à l'article 14.1. Alors, si vous attendez quelques minutes, vous
devriez la voir. C'était une proposition qui était sur Greffier, dans «à venir»,
et non présentée encore. Donc là, je la présente.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Nous allons donc suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 16 h 13)
(Reprise à 16 h 15)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous reprenons donc nos travaux. Nous sommes toujours à l'étude de
l'article 4. Nous avons une proposition d'amendement du député de
Jean-Talon. Il est affiché présentement à l'écran. M. le député de Jean-Talon,
vous pouvez le présenter.
M. Paradis : Article 4 :
Insérer, après le 5e paragraphe de l'article 4 modifiant
l'article 14.1 de la Loi sur le ministère de l'Économie et de l'Innovation :
«6° de contribuer à la réconciliation»...
Ce n'est pas la dernière version.
Le Président (M. Montigny) : Bien,
sans problème.
Nous allons suspendre quelques instants et
faire la correction.
(Suspension de la séance à 16 h 16)
(Reprise à 16 h 21)
Le Président (M. Montigny) :
Alors, nous sommes de retour, toujours pour l'étude de l'article 4 qui
avait été suspendu. Donc, nous sommes de retour. Il y a une proposition
d'amendement qui est maintenant affichée à l'écran. M. le député de Jean-Talon,
vous allez en faire la présentation.
M. Paradis :
Article 4. Insérer après le 5e paragraphe de l'article 14.1 de
la Loi sur le ministère de l'Économie et de l'Innovation modifié par
l'article 4 du projet de loi : «6° de contribuer <à la
réconciliation...
M. Paradis :
...le 5e paragraphe
de l'article 14.1 de la Loi sur le ministère de l'Économie et de
l'Innovation modifié par l'article 4 du projet de loi : «6° de
contribuer >à la réconciliation avec les Premières Nations et les Inuit»,
et remplacer le «sixième paragraphe» par «septième paragraphe».
Le texte modifié de l'article quatre se
lirait désormais ainsi : Cette loi est modifiée par l'insertion, après
l'article 14, de la section suivante :
«Section IV
«Énergie — etc.
«5°... — donc
«6° de contribuer à la réconciliation avec
les Premières Nations et les Inuit; et
7° de veiller à la qualité des produits
énergétiques.»
Donc, je comprends que, des deux dernières
propositions d'amendement, on ne les a pas discutées, parce que ça recoupait un
peu la proposition d'amendement, Mme la ministre, que vous avez déposée tout à
l'heure et qui dit : Bien, le principe de la consultation des Premières
Nations et des Inuits est importante, et elle va être transversale à tout le
projet de loi, ce qui est une avancée que je salue.
Ce que je vous propose avec cet
amendement, c'est d'inscrire le principe de la réconciliation avec les
Premières Nations et les Inuits au sein même de vos responsabilités, à titre de
ministre de l'Énergie. Là, donc, c'est la finalité, donc, la consultation sert
à la réconciliation. Et, en fait, j'utilise les mots du gouvernement même et
d'Hydro-Québec, parce que, donc, c'est un travail qui, oui, se fait au
ministère responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuits,
mais ça se fait aussi et surtout lorsqu'on parle d'énergie et de territoire et
de l'utilisation du territoire, c'est une... c'est une responsabilité de votre
ministère.
D'ailleurs, c'est Hydro-Québec, dans son
plan d'action 2035, qui l'indique, c'est la priorité n° 4 de 5, donc, c'est de collaborer plus étroitement avec les
communautés autochtones. Et le premier engagement, c'est celui relatif à la
démarche de réconciliation, dans ce cas-ci, c'est nommé, la réconciliation
économique avec les Premières Nations et les Inuits, en collaboration avec le
gouvernement du Québec. Donc, la stratégie d'Hydro-Québec indique que c'est...
ça fait partie, donc, de l'objectif gouvernemental et de l'objectif de la
société d'État. Et c'est pour ça d'ailleurs qu'on a une politique
d'Hydro-Québec, qui est justement intitulée Stratégie de réconciliation
économique et de renforcement des relations avec les Premières Nations et les
Inuit.
On est partis, je pense, dans nos
discussions, parce que là on revient sur nos discussions d'il y a plusieurs
semaines, mais où il n'y avait pas beaucoup de mentions, dans le projet de loi 69,
des relations avec les Premières Nations et les Inuits. Je le réitère, c'est un
premier... c'est un pas important, celui qui a été proposé tout à l'heure et
adopté, donc de dire qu'il va y avoir un prisme interprétatif, qu'à chaque fois
que ça va être nécessaire et requis, il va avoir une obligation de consulter.
Mais l'objectif, je pense, puis de le porter dans vos responsabilités de
contribuer à la réconciliation, ça me semble important de le formuler. Et ce
n'est pas la même chose que de dire : Bien, on va consulter. Consulter,
c'est un moyen d'atteindre cet objectif qui fait, en 2025, je pense, partie de
vos responsabilités.
Lors d'audiences de cette commission, au
fil des deux dernières années, on a souvent entendu le PDG Michael Sabia dire,
notamment en réponse à certaines de mes questions, qu'il n'y aurait pas de
projets, avec un impact sur le territoire, qui se feraient sans qu'il y ait
consultations parce qu'il y avait un objectif partagé de réconciliation avec
les Premières Nations et les Inuits. Donc, c'est l'amendement que je propose.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Mais, tout d'abord, j'aimerais remercier mes collègues pour les
suites qui ont été données, en fait, au libellé qu'on a fait adopter ce matin
et le retrait, donc, de certaines propositions d'amendement qui avaient été
suspendues. Donc, je pense qu'on a effectivement une avancée en lien avec les
Premières Nations. Et, comme vous le savez, notre approche en est une de
partenariat par rapport aux Premières Nations et Inuits dans le cadre de la
gestion énergétique, et je pense que l'adoption du libellé de ce matin en
fait... en fait foi.
En ce qui a trait à l'idée d'intégrer,
dans mes responsabilités, la nécessaire contribution à la réconciliation avec
les Premières Nations, je vous dirais que c'est, de mon point de vue
gouvernemental, une responsabilité qui relève, d'abord et avant tout, de mon
collègue qui est chargé des responsabilités avec les Premières Nations dans le
cadre de sa mission en tant que ministre. Donc, effectivement, il revient au
ministère et à la ministre de collaborer et de développer des partenariats en
lien avec les Premières Nations.
Et je voudrais inviter le collègue de
Jean-Talon à un peu de patience, parce que nous aurons une proposition qui
s'inscrit en ce sens-là, qui s'inscrit dans le cadre de la réconciliation
économique. Mais pour ce qui est de l'inscrire dans mes responsabilités
premières comme ministre, je me trouverais à prendre une place <qui est
occupée...
Mme Fréchette : ...dans
le cadre de la réconciliation économique. Mais pour ce qui est de l'inscrire
dans mes responsabilités premières comme ministre, je me trouverais à prendre
une place >qui est occupée par mon... par mon collègue responsable des relations
avec les Premières Nations. Donc, ce serait ma réaction. Merci.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci, Mme la ministre. Oui, M. le député de Jean-Talon, je vous
écoute.
M. Paradis : Bon, c'est
intéressant. Je comprends que la ministre m'invite ou nous invite à faire acte
de foi et acte de patience, parce qu'il y aurait quelque chose qui s'en vient,
qu'on n'a pas vu, en tout cas, peut-être qu'on l'a reçu, puis je n'ai pas eu le
temps de le lire encore ou ça s'en vient. Il me semble néanmoins que c'est
important de lancer ce signal-là en 2025. Vous pourrez me répondre, Mme la
ministre, que ça revient un peu à une discussion qu'on a eue il y a quelques
semaines, c'était par rapport à l'efficacité, à la sobriété et à la conversion
énergétiques. Je pense que c'est important de mettre dans le... dans la
micropuce, désormais, du schème décisionnel de votre ministère, celui qu'à
chaque fois qu'il y a une décision qui se prend, ça doit contribuer à la
réconciliation et qu'à l'inverse, une décision qui aurait l'effet inverse, de
ne pas contribuer à la réconciliation, ça devrait être une décision qui ne
devrait pas être prise.
Et c'est en fait ce que le PDG
d'Hydro-Québec nous a dit. Et, je pense, je ne veux pas vous mettre des mots
dans la bouche, mais il me semble qu'on a, de la part du gouvernement aussi, on
a entendu des paroles comme celles-là. Mais, en tout cas, je sais que le PDG
d'Hydro-Québec, Michael Sabia, l'a clairement dit, c'est une question que je
lui ai posée, je lui ai dit : Est-ce que c'est encore envisageable qu'un
projet qui a un impact sur le territoire se fasse sans l'accord des communautés
concernées? Et la réponse, c'était non, non, parce qu'il va devoir avoir consultation
et non parce que ça n'irait pas dans le sens de l'objectif de réconciliation.
Je pense que c'est important de le mentionner, c'est parce que, ça, c'est votre
micropuce, c'est dire : Ah! quels sont les critères que vous vous donnez
quand vous prenez une décision? Donc, on avait eu cette discussion-là. Moi, je
pense que c'est important, en 2025, de dire : Ah! la décision, ce n'est
pas juste la production, c'est aussi l'efficacité, la sobriété et la
conversion.
Même chose pour les autochtones, je pense
que c'est important de lancer le signal ici, dans vos responsabilités, ce que
vous faites en matière d'énergie, désormais, contribue à la réconciliation ou
ne devrait pas se faire en quelque sorte. Donc, c'est une manière de le
concrétiser, de l'illustrer dans cet article très important qui fixe les
responsabilités de votre ministère. Puis je comprends, hein, je comprends ce
que vous me dites, c'est que, oui, mais il y a une partie qui est chez votre
collègue. C'est vrai, mais là on parle vraiment des décisions en matière
énergétique. Quand est-ce qu'on construit? Quand est-ce qu'on développe? Quand
est-ce qu'on ne développe pas? Il faut réfléchir qu'en 2025, tout ça se fait
dans un processus de réconciliation... il ne devrait pas se faire.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Mme la ministre, vous avez la parole.
• (16 h 30) •
Mme Fréchette : Oui, M.
le Président. Bien, de mon point de vue, l'amendement que l'on a adopté ce
matin est le chapeau souhaité auquel on peut faire référence, et on pourra se
référer pour la conduite des dossiers en matière de gestion et développement
énergétique.
Maintenant, je voudrais éviter qu'il y ait
cette idée de chevauchement entre mes responsabilités premières qui pourraient
traiter, advenant qu'on adopte un tel libellé, de la réconciliation économique
avec les Premières Nations, tout comme mon collègue qui est responsable des
relations avec les Premières Nations. Alors, je pense qu'il est important de
départager, au niveau des responsabilités premières des ministres respectifs,
qui est en première ligne et, par conséquent, de l'inclure dans le libellé
général. Pour moi, ça, ça reflète davantage l'approche qui a été adoptée dans
les circonstances, parce que mon collègue est vraiment le porteur des dossiers
de réconciliation avec les Premières Nations.
Et, par ailleurs, j'invite à nouveau,
donc, le collègue à faire preuve de patience puisque, comme je l'indiquais,
nous aurons... nous aurons un article qui traitera plus particulièrement de réconciliation
sur le plan économique.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci, Mme la ministre. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Bon, je
comprends que la ministre nous titille avec ses possibles amendements. Je ne
sais pas si je suis en train de faire un appel au striptease législatif, mais
peut-être, peut-être, peut-être que Mme la ministre pourrait nous dévoiler un
petit peu ce qui s'en vient, sinon...
Une voix : ...
M. Paradis : ...sinon...
Je ne pensais jamais dit ce mot-là en commission parlementaire, mais...
Des voix
: Ha, ha, ha!
M. Paradis : Non, mais
c'est parce que je ne veux pas devancer, je sais qu'on procède... je sais, Mme
la ministre, qu'on procède article par article. Donc, c'est pour ça que je ne
veux pas... je ne veux pas devancer, mais peut-être que, si on avait un petit
peu une idée de ce qui s'en vient, ça pourrait nous orienter pour ce débat-là.
Mais, néanmoins, je vous avais vu venir un petit peu sur le libellé, vous
remarquerez que ce n'est pas indiqué que vous êtes responsable de la
réconciliation...
16 h 30 (version révisée)
M. Paradis : …peut-être que, si
on avait un petit peu une idée de ce qui s'en vient, ça pourrait nous orienter
pour ce débat-là. Mais, néanmoins, je vous avais vue venir un petit peu sur le
libellé. Vous remarquerez que ce n'est pas indiqué que vous êtes responsable de
la… de la réconciliation, c'est indiqué que, dans vos décisions dans le domaine
de l'énergie, vous devez contribuer à la réconciliation. Puis on a même fait un
effort aussi, parce que, dans une version précédente, là, celle qui a été mise
à l'écran, là, par inadvertance, tout à l'heure, je parlais aussi de
collaboration, mais je conviens avec vous que la partie collaboration est
couverte par les amendements qu'on a déjà adoptés, c'est-à-dire que, quand on
consulte, on collabore. Ici, c'est l'objectif ultime qui n'est pas le même.
Donc, la consultation en soi, ce n'est pas l'objectif, la consultation sert à
la réconciliation.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien.
M. Paradis : Donc, je pense
que cet amendement-là, il est significatif parce qu'il lance un message fort.
Voilà.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur cette proposition d'amendement?
Oui, M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. On va appuyer l'amendement de notre collègue de Jean-Talon,
mais je sais que la ministre propose… bien, la ministre va proposer quelque
chose, tantôt, qui parle plus de la réconciliation économique. Alors, on va
avoir la chance de discuter ça, parce que, quand même, la réconciliation puis
la réconciliation économique ne sont pas nécessairement deux choses qui sont
pareilles. Mais, quand même, le fait qu'on est en train de regarder cette
option-là puis d'insérer un article... je ne sais pas, on attend… on va voir, quand
la ministre dépose ça, si c'est un bon gain, c'est un bon signe.
Parce que, comme le collègue de Jean-Talon
a dit, M. Sabia a été très, très clair en… pendant l'étude des crédits, que c'est…
la priorité numéro un pour lui, c'est d'essayer de mieux adresser les
préoccupations des Premières Nations, des Inuits du Québec, de quand même… c'est
quelque chose qui n'avance pas suffisamment rapidement pour lui. On sait que M.
Sabia est présent pour... partout sur le territoire du Québec. Je pense que, cette
semaine, il était dans le Grand Nord avec les Inuits pour signer des ententes
ou au minimum avoir des discussions avec les Inuits. Il était au Nunavik de qu'est-ce
que je comprends de qu'est-ce que j'ai vu dans mon fil de X.
Mais, bref, c'est… c'est très important qu'on
prend le temps d'adresser la question de la réconciliation dans le sens plus
large. Parce que, oui, c'est vrai qu'il y a un ministre responsable dédié à ça,
mais ce n'est pas juste une personne qui peut porter le ballon non plus. C'est
important que ces actions sont transversales et sont… c'est chaque ministre qui
prend leurs responsabilités. Et, encore, je sais que de trouver une définition
de «réconciliation» est un peu difficile. Des fois, ça a un sens différent de
chaque communauté, de chaque nation, ils ont leur propre façon d'interpréter
cette expression, mais, en général, on sait que la réconciliation, c'est un
processus qui vise à établir et maintenir une relation mutuellement
respectueuse entre les autochtones et les non-autochtones. Et d'ajouter ce
langage dans l'article 4, je pense que ça fait une bonne suite à qu'est-ce
que la ministre a déposé à l'article 3. Ça va un petit peu plus dans…
encore dans la bonne direction.
Et, encore, ce principe-là de maintenir
une relation mutuellement respectueuse, pour moi, ça, c'est hyperimportant,
parce que, malheureusement, dans notre histoire... je n'accuse pas le côté
gouvernemental ni un parti politique, mais on sait, l'histoire est longue... et
que ce respect n'était pas là tout le long, loin de l'être. C'était quand même,
oui, avec M. le premier ministre Bourassa, avec ses grands projets de barrages
qui arrivaient sur le territoire cri, on va déverser ces rivières-là puis on va
construire un barrage ici, puis ça a pris une action pas mal exceptionnelle, un
moment marquant dans notre histoire du Canada et du Québec, quand les Cris ont…
et je dis ça, là, avec tout respect, ils ont descendu à Montréal en cour avec
un jeune avocat, Julius Grey, pour plaider sa cause, pour dire, sur une ancienne
entente, la Proclamation royale de 1763, que les autochtones, parmi les Cris,
ont des droits. Et ça, ça a changé tout, c'est un angle mort qui était vraiment
dans le plan de M. Bourassa. On parle de beaucoup de fierté de nos barrages, qu'on
a construit tout ça, mais on oublie, des fois, de temps en temps, toute l'histoire,
qu'il y a eu toute une discussion, pour la première fois, que, bien, on ne peut
juste pas construire les <barrages...
M. Kelley :
...discussion, pour la première fois, que, bien, on ne peut
juste pas construire les >barrages sur les territoires autochtones
sans leur consultation, on ne peut pas changer leur vie sans avoir une vraie
discussion. Et tout un processus était lancé, un processus de consultation
après la décision de la cour là-dessus, puis on a lancé dans un chemin d'avoir
une vraie entente, une vraie relation nation à nation. Et je rappelle, ça a
commencé avec les Cris, puis après ça on a vu que, bien, les Inuits ont dit :
Bien, on lève la main, on veut... partie de ça aussi parce que nous avons des
préoccupations. Quand même, les Naskapis aussi. Mais, bref, après beaucoup des
négociations, c'est sûr qu'on est arrivés avec l'entente de la Baie James. Et, pour
ceux parmi nous qui a visité le Grand Nord, qui a eu une chance de visiter ces
territoires-là, c'est certain que, par exemple, le gouvernement cri est bien
organisé, dans le sens... ils ont leurs propres ambassades à Montréal, à
Québec. Mais, bref, oui, c'était un pas au départ, quand on a vraiment commencé
à parler de ce concept de réconciliation, c'était vraiment un bon pas dans la
bonne direction, mais ça a pris beaucoup de temps.
Mais ce n'est pas la même histoire non
plus pour les autres nations au Québec, où on sait qu'on a construit des
barrages sans nécessairement, M. le Président, avoir une discussion préalable
avec eux autres. Et, quand même, ce n'était pas fait par le gouvernement. On
sait que, quand on regarde l'ensemble des barrages au Québec, certains étaient
construits par des entreprises privées. Ils sont toujours opérés, des fois, par
les entreprises privées. Mais, bref, ça, c'est le territoire anishnabe ou,
quand même, pour les Innus, des fois, ce n'était pas fait avec leur consentement.
Puis on a toujours certaines revendications territoriales... ou territoriaux,
je dirais, qui ne sont pas réglées avec plusieurs communautés, où, maintenant,
nous, comme une nation, québécoise, était capable de bâtir une économie forte
qui est basée sur l'énergie renouvelable et verte parce qu'on a pris des bonnes
décisions. Mais est-ce que les différentes nations ont eu leur juste part de
ces profits? La réponse est non. Alors, dans un sens, la ministre parle de la
réconciliation économique, j'ai hâte d'avoir cette discussion-là, mais ce n'est
pas toujours juste en développement... dans le développement économique qu'on
va régler des enjeux de la réconciliation et de trouver le respect mutuel.
• (16 h 40) •
Alors, quand je regarde qu'est-ce qui est
écrit, M. le Président, dans l'article 4 puis les six éléments qui sont là
encore, «de soutenir, de stimuler et de promouvoir la production de l'énergie
ainsi que le développement des nouvelles filières énergétiques», c'est sûr
qu'on va faire ça dans le sens de la réconciliation. De contribuer à le
développement et l'accroissement de la fiabilité, la résilience des
infrastructures énergétiques, M. le Président, si on veut maximiser les
barrages, de changer des turbines, puis il y a plus l'eau qui est utilisée, quel
l'impact que ça va avoir sur certaines rivières qui sont utilisées par les
Premières Nations pour faire du pêche? Ou, quand même, est-ce qu'il va y avoir
des impacts sur les caribous, sur leurs patterns de migration? Je pose
certaines questions, que je n'ai pas de réponse présentement, mais, quand même,
ça, c'est pourquoi on a commencé un processus d'avoir le dialogue, mais encore,
dans le passé, souvent, c'était raté, et ici je vois une bonne façon que ça
fitte avec la réconciliation. De s'assurer le maintien des approvisionnements
de l'énergie et de la sécurité énergétique du Québec, notamment en favoriser...
favorisant la complémentarité et l'équilibre entre les sources d'énergie
disponibles, encore, ça fitte bien dans la réconciliation avec les Premières
Nations. «Assurer le contrôle de l'exploitation de toute force hydraulique sous
son autorité et de tout réservoir souterrain», encore, je reviens à l'exemple
que je viens juste de donner, sans une vraie réconciliation entre les peuples
non autochtones et les peuples autochtones, ça va être difficile de faire ça
sans des bonnes discussions, mais ce n'est pas juste... ce n'est pas juste dans
la cour d'Hydro-Québec. «De favoriser le développement des activités
d'Hydro-Québec», bien, je rappelle que, dans le plan d'action d'Hydro-Québec,
on se retrouve clairement que... un engagement fort qu'ainsi... et c'est écrit
dans le plan d'action, M. le Président, je viens de citer ça : «Ainsi,
nous nous engageons à entamer une démarche de réconciliation économique avec
les Premières Nations et les Inuits en collaboration avec le gouvernement du Québec.»
Alors, ça démontre un petit peu que cet
amendement fait du sens dans... dans la direction de la réconciliation. Et je
pense qu'on peut regarder certains exemples, M. le Président. Pour vous, sur la
Côte-Nord, c'est certain qu'il y a certaines nations qui sont toujours en train
de négociation... en train de négocier avec le gouvernement. On peut penser à
l'entente de Petapan. Mais c'est ces types de démarches qui sont importants.
Et, quand on pense à l'énergie, c'est sûr que, comme je dis, dans le passé,
souvent les Premières Nations, les Inuits étaient oubliés dans les décisions qui étaient prises, si c'était par le
gouvernement du Québec, ou par Hydro-Québec, ou par le secteur <privé...
M. Kelley
: ...décisions
qui étaient prises, si c'était par le gouvernement du Québec, ou par
Hydro-Québec, ou par le secteur >privé qui a développé des projets, des
barrages.
Je sens une note d'ouverture de le côté de
le gouvernement après l'intervention de M. Sabia, de, peut-être, on peut
améliorer les choses, mais encore... Oui, on a ajouté à section III, mais,
en section IV, il n'y a pas nécessairement le langage... bien, je pense
qu'on peut ajouter le langage dans le sens de la réconciliation, qui est
importante. Et tout le long de ce projet de loi, je sais qu'on a fait plusieurs
interventions, le côté de l'opposition, d'essayer de trouver, M. le Président,
des façons d'ajouter... d'au minimum ajouter plusieurs amendements, plusieurs
suggestions où on peut inscrire les Premières Nations et les Inuits du Québec,
pour essayer de bâtir ces... des ponts de respect et de bâtir encore... je sais
qu'encore c'est un principe très général, mais une relation mutuelle
respectueuse.
Alors, si on peut, dans chaque article où
c'est suggéré, ajouter cet élément-là, ça va aider dans la démarche de la
réconciliation, qui n'est pas quelque chose qu'on peut régler juste comme ça
avec un projet de loi, mais, chaque fois qu'on a une opportunité d'avancer la
réconciliation, il faut le prendre. Et ça, c'est quelque chose qui est toujours
dit souvent par les différents groupes autochtones sur le terrain : ils
n'oublient pas le passé, les dommages qu'ils ont vécus, mais ils sont toujours
prêts à travailler sur l'avenir.
Alors, pour ces raisons-là, M. le
Président, je vais appuyer l'amendement de mon collègue. Je pense, c'est un bon
ajout à le projet de loi. Et merci pour votre écoute, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
cette proposition d'amendement? Oui, Mme la députée de Robert-Baldwin, vous
avez la parole.
Mme Garceau : Merci, M.
le Président. Oui, j'appuie l'amendement de mon collègue de Jean-Talon et je
pense qu'il faut le regarder... Si on retourne au tout début de cette
commission parlementaire et les échanges que nous avons eus au tout début
concernant le fait qu'on voulait que l'APNQL revienne pour... pour faire une
mise à jour de la situation... parce qu'évidemment, lorsqu'on avait regardé le
projet de loi pour la première fois, on n'avait pas mentionné, à aucun endroit,
la... le fait que les Premières Nations, les peuples autochtones étaient pour
être consultés, et ce n'était pas dans le PGIRE non plus. Et donc il n'y avait
pas eu aucune des recommandations qui avait été intégrée au projet de loi. Et
c'est... c'est dommage parce que ce n'est pas le premier projet de loi où le
gouvernement a consulté les Premières Nations, les Inuits, les peuples
autochtones et, malheureusement, on ne retrouve pas les recommandations, qu'est-ce
qui est souhaité par les communautés autochtones dans les projets de loi.
Les mots choisis par le gouvernement, à ce
stade-ci, c'est encore cette question de consultation, et la consultation,
surtout lorsqu'on regarde l'amendement à l'article... amené par
l'article 3.1, à l'article 6.1, c'est... on va... il y a une
obligation de consulter les communautés autochtones mais lorsque les
circonstances vont... le requièrent. Donc, qui va initier les consultations?
Est-ce que ça va être le gouvernement? Mais, si c'est les communautés
autochtones qui vont vouloir initier les consultations, qu'est-ce qui va se
passer? Les consultations... On peut consulter, et, au bout de la consultation,
le gouvernement peut dire : Bien, malheureusement, nous ne sommes pas
d'accord, donc nous n'allons pas intégrer vos recommandations ou ce que vous
souhaitez dans un projet de loi, ou on ne va pas avancer tel projet.
Lorsqu'on parle de collaboration et
réconciliation, on va beaucoup plus loin qu'une consultation. Une
réconciliation, collaboration, ça veut dire qu'on a un partenariat, on est en
train de discuter ensemble pour atteindre, si je peux dire... ou qu'on aille
dans la même voie, qu'on atteint un objectif que nous avons en commun, et on va
collaborer ensemble pour atteindre cet objectif-là. Ça va beaucoup plus loin
qu'une consultation, à mon avis.
Et aussi,
évidemment, dans tout cet aspect de réconciliation, mon collègue de Jacques-Cartier
l'a <mentionné...
Mme Garceau :
...Et
aussi, évidemment, dans tout cet aspect de réconciliation, mon collègue de
Jacques-Cartier l'a >mentionné, c'est tellement important, pour les
communautés autochtones, que nous agissions, l'Assemblée nationale, vers la
réconciliation. Est-ce que... Qu'est-ce... Quels gestes est-ce que nous allons
poser concrètement vers cette réconciliation-là? On a... Évidemment,
l'amendement de la ministre, ce matin, était souhaitable et louable, mais là il
faut aller un petit peu plus loin, parce qu'on ne veut pas se retrouver, à la
fin de ce projet de loi, avec seulement cet aspect de : on va continuer à
consulter, parce que, jusqu'à présent, oui, il y a eu des avancées, mais pas
des avancées qui ont été, si je peux dire, des avancées souhaitées par les
communautés autochtones au bout du compte. Et donc nous sommes encore très loin
des recommandations initiales dans le mémoire de l'APNQL.
Et cet amendement fait en sorte qu'il y a
un progrès vers cette... si je veux dire... je ne veux pas dire l'ensemble des
recommandations, mais certainement l'esprit des recommandations, qui est cette
reconnaissance de réconciliation, mais aussi de collaboration. Ça, ça veut
dire, là : les deux parties se parlent, et ce n'est pas une partie qui va
prendre la décision unilatéralement. Il faut agir ensemble, en partenariat, et
on l'a mentionné dès le début, que ça va prendre, ça va prendre le... un
partenariat avec les communautés autochtones afin de vraiment réussir ici dans
cette transition énergétique. Il faut l'avoir. Et donc d'avoir ces termes, «réconciliation»
et «collaboration», dans ce projet de loi, je crois, pour les Premières
Nations, les Inuits, c'est quand même quelque chose de très important.
C'est ça, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci beaucoup, Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions en lien avec cette proposition d'amendement? Donc, comme il n'y a
pas d'autre intervention, nous sommes prêts à la mise aux voix de cette
proposition d'amendement à l'article 4.
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Merci. Alors, Mme la secrétaire, nous allons procéder.
• (16 h 50) •
La Secrétaire
: Pour,
contre, abstention. Mme Fréchette (Sanguinet)?
Mme Fréchette : Contre.
La Secrétaire
: M. Rivest
(Côte-du-Sud)?
M. Rivest : Contre.
La Secrétaire
: M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Contre.
La Secrétaire
: M. Bussière
(Gatineau)?
M. Bussière : Contre.
La Secrétaire
: M. Tremblay
(Dubuc)?
M. Tremblay : Contre.
La Secrétaire
: M. Poulin
(Beauce-Sud)?
M. Poulin : Contre.
La Secrétaire
: M. Kelley
(Jacques-Cartier)?
M. Kelley
: Pour.
La Secrétaire
: Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire
: M. Montigny
(René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) :
Abstention. Abstention. Donc, cette proposition d'amendement est rejetée.
Nous revenons donc à l'article 4.
Voilà. Est-ce qu'il y a des interventions en lien avec l'article 4 ou nous
pouvons passer à sa mise aux voix? Oui, M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Paragraphe 3°
de l'article 14.1. Mme la ministre, quand on parle de... Parce qu'en fait
14.1, c'est un changement très, très important par rapport à l'ancien article.
Il est beaucoup plus précis. Il y a beaucoup d'améliorations dedans, là, il
faut... il faut l'admettre, mais il y a beaucoup d'éléments nouveaux, comme par
exemple quand on dit «assurer le maintien des approvisionnements en énergie et
la sécurité énergétique du Québec — bien — notamment en
favorisant la complémentarité et l'équilibre entre les sources d'énergie
disponibles».
Est-ce que vous pourriez nous expliquer
comment vous voyez les responsabilités de votre ministère à cet égard-là par
rapport aux responsabilités et à l'expertise d'Hydro-Québec? Parce que, quand
on parle d'équilibre, je pense qu'on peut vouloir le voir de la manière globale,
avec les nouvelles sources, notamment, d'énergie renouvelable, mais c'est
aussi... il y a les questions techniques d'équilibrage, puis ça, c'est autre
chose.
Donc, est-ce que vous pourriez préciser le
sens de cette deuxième phrase du troisième paragraphe de l'article 14.1?
Quelle est... Quelle est, donc, la responsabilité de votre ministère puis
quelle est la responsabilité d'Hydro-Québec?
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci, M. le député. Alors, Mme la ministre, vous avez la parole
quand vous serez <prête...
Le Président (M. Montigny) :
...Alors, Mme la ministre, vous avez la parole quand vous serez >prête.
Mme Fréchette : Oui, M.
le Président. Bien, écoutez, c'est... c'est une question, en fait, qui réfère
beaucoup à ce qui est recherché à travers l'élaboration du PGIRE, à savoir une
complémentarité entre les différentes sources énergétiques. On sait qu'il y a
des sources d'énergie intermittentes, d'autres qui ne le sont pas, et
Hydro-Québec a une expertise importante dans ce domaine-là. Et c'est sûr qu'on
va bénéficier de l'expertise d'Hydro-Québec dans le cadre de l'élaboration du
PGIRE, et Hydro-Québec va être responsable d'un volet important de
l'élaboration du PGIRE. Maintenant, il va falloir aller au-delà aussi des
sources d'énergie dont Hydro-Québec a la... a la charge pour voir s'il y a des
complémentarités additionnelles, pour voir s'il y a des régions aussi où
certaines sources énergétiques pourraient être plus présentes, plus utilisées
dans le cadre de l'élaboration, toujours, du PGIRE.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci, Mme la ministre. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Donc, le sens de
cette modification ou de cet ajout n'est pas d'aller dans les questions
techniques d'équilibrage dans le réseau, par exemple, d'Hydro-Québec, mais
plutôt de déterminer les politiques globales et, dans les politiques globales,
de voir quel est le meilleur... passez-moi l'expression, quel est le meilleur
mix énergétique, notamment compte tenu des cibles que le gouvernement s'est fixées
en décarbonation. Donc, c'est vraiment ces questions-là, ici, là, pour fixer
l'intention du législateur, c'est de ça dont on parle, la complémentarité entre
les différentes sources et l'équilibre entre les sources d'énergie sur le plan
global, notamment tel qu'on le verra illustré dans le PGIRE, pas les questions
techniques, qui demeurent l'apanage d'Hydro-Québec?
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci, M. le député. Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Tout à fait.
On pourrait dire que c'est dans un sens macro, dans le fond, que cet article-là
doit se... doit se lire. Donc, ce n'est pas dans le côté technique du
quotidien, mais bien dans les grandes orientations.
Le Président (M. Montigny) :
Merci, Mme la ministre. D'autres interventions en lien avec l'article 4?
Alors, comme il n'y a pas d'intervention, nous allons passer à la mise aux voix
de l'article 4. Est-ce que l'article 4 est adopté tel qu'amendé?
Des voix
: Adopté.
Le Président (M. Montigny) :
Adopté tel qu'amendé. Merci. Alors, nous allons donc maintenant procéder à
l'article suivant. Nous avions suspendu quelques articles. Alors, juste pour
être bien certain, nous retournons à l'article... 40, parce qu'on avait terminé
39, ou on l'avait suspendu? Souhaitez-vous qu'on revienne à 39?
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Parfait,
sans problème. On a une demande de revenir à l'article 20, qui était un
article suspendu. Donc, nous revenons donc à l'article 20. Est-ce que nous
avons consentement pour revenir à étudier l'article 20, qui était
suspendu?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Montigny) :
Nous avons donc consentement. Parfait. Mme la ministre, je vous recède la
parole pour nous resituer dans le contexte de l'article 20, qui avait été
suspendu.
Mme Fréchette : Merci, M.
le Président. Donc, effectivement, il avait été suspendu. Donc, de notre côté,
il n'y a pas de nouveaux ajouts qui est proposé. Donc, on le suggère pour considération.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 20?
Oui, M. le député de Jean-Talon, vous avez la parole.
M. Paradis : Je vous
demanderais une suspension de... très brève, pour qu'on reprenne le fil, là...
Le Président (M. Montigny) :
Aucun problème.
M. Paradis : ...parce
que c'était il y a vraiment plusieurs semaines, M. le Président, qu'on était
là. Donc, si vous voulez nous laisser reprendre le fil.
Le Président (M. Montigny) :
Oui.
M. Paradis : Merci.
Le Président (M. Montigny) : Je
vous comprends très bien. Simplement pour dire qu'il y a aussi... on va
vérifier de notre côté pour les amendements, là, qui étaient suspendus, nous
croyons que oui. On va vérifier tout ça. Nous vous revenons.
Nous allons suspendre.
(Suspension de la séance à 16 h 56)
(Reprise à 17 h 01)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous reprenons donc nos travaux. Nous sommes toujours à l'étude de l'article 20.
À l'article 20, il y avait une proposition d'amendement qui avait été
déposée. Alors, nous avons besoin du consentement de la commission pour revenir
à la proposition d'amendement. Est-ce que nous avons consentement?
Des voix
: Consentement.
Le Président (M. Montigny) : Nous
avons consentement. Il y a une proposition d'amendement qui est présentée à
l'écran, qui avait été amenée par le député de Maurice-Richard.
Alors, comme il n'est pas là, est-ce qu'il y a des interventions? Oui, M. le
député de Jean-Talon, je vous laisse la parole.
M. Paradis : Bon, M. le
Président, on aurait pu déposer nous-mêmes cet amendement-là, là, mais, par
mesure d'efficacité, je vais tenter d'expliquer, là, cet amendement-là. Encore
une fois, on aurait eu le même. Bon.
Dans les consultations particulières,
certains sont venus nous parler de cet article-là. Donc, l'article 20
prévoit qu'il doit y avoir des audiences publiques dans les cas où c'est les
alinéas un et trois de l'article 48 de la loi sur l'énergie...
17 h (version révisée)
M. Paradis : ...dans les cas
où c'est les alinéas 1° et 3° de l'article 48 de la loi sur l'énergie qui
mènent à une révision tarifaire. Donc, a contrario, ça veut dire que le
deuxième alinéa n'est pas visé. Si le deuxième alinéa n'est pas visé, de l'article 48
de la loi sur l'énergie, ça implique que rien n'oblige la régie à tenir une
audience publique lorsqu'une demande de fixation des tarifs ou des conditions
de service est formulée à l'intérieur de la révision triennale. Ça veut aussi
dire que la régie peut fixer de sa propre initiative des tarifs ou des
conditions de transport ou de distribution de services d'électricité toujours
sans tenir d'audience.
Donc, certains sont venus nous dire ici,
ils se sont posé la question : Pourquoi il n'y aurait pas d'audiences dans
ces cas-là et est-ce qu'on ne devrait pas prévoir, en réalité, que, compte tenu
que ce sont des décisions importantes aussi qui peuvent être prises en fonction
du deuxième alinéa de l'article 48, il devrait aussi y avoir des audiences
publiques qui sont tenues? Donc, le premier paragraphe devrait prévoir que,
lorsqu'il y a une révision tarifaire qui est en application du premier, du
deuxième ou du troisième alinéa de l'article 48, il doit y avoir des
audiences publiques.
Donc, la question serait : Pourquoi
il n'y aurait pas d'audience publique dans les cas prévus au deuxième alinéa de
l'article 48? Pourquoi on laisserait la régie fixer d'elle-même des
conditions et des tarifs sans audience? Et pourquoi il n'y aurait pas d'audience
quand une personne demande la fixation de tarifs ou de conditions à l'intérieur
de la période de trois ans?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, M. le député. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Donc, en fait, la logique fait en sorte que, si c'est la régie qui
se prononce, bien, elle verra à assurer la protection de l'intérêt public. Dans
la mesure où il pourrait y avoir une décision d'importance, il y aura,
normalement, tenue d'audiences, tel que prescrit par la régie. Si, toutefois,
il y a une modification qui est mineure, et qui a peu d'impact, et sur un
nombre assez restreint de personnes, en ce... en ce cas là, il n'y aurait
peut-être pas nécessité d'avoir des audiences. Donc, c'est dans une perspective
d'efficacité, pour éviter que ne se tiennent systématiquement des audiences,
alors que pourraient être prises, là, des décisions de nature mineure, qu'il n'y
a pas l'obligation qui est prescrite. Donc, on s'en remet à la Régie de l'énergie
pour définir s'il y a lieu d'avoir des audiences.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre. D'autres interventions? M. le député de Jean-Talon, vous avez
la parole.
M. Paradis : J'essaie de voir
où, dans ces articles-là, on voit que, lorsque c'est le deuxième alinéa, ce
sont des modifications mineures. C'est plutôt la temporalité qui me semble être
différente, c'est-à-dire que c'est à l'intérieur de la période de révision et
ça ne veut pas dire que c'est mineur. Il peut s'être passé quelque chose de
très important, puis là on dit : Bien là, dans l'intérieur de la période
de trois ans, on modifie. Pourquoi on ne prévoit pas la même règle d'audiences
publiques dans ces cas-là?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Donc, l'intervention
de la régie, c'est systématiquement entre deux périodes tarifaires,
effectivement, et il est indiqué que la régie, si elle le juge nécessaire,
convoquera une audience publique, et, dans les critères d'analyse, on imagine
que, si elle le juge nécessaire, bien, la nécessité va se faire sentir s'il y a
un grand nombre de consommateurs, par exemple, qui sont impactés, si l'impact
est significatif. Donc, ça fait partie des critères décisionnels, je pense, de
la régie pour juger si c'est nécessaire ou pas, mais, systématiquement, bien
sûr, ce sera entre deux... deux causes tarifaires.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
M. le député, vous pouvez continuer.
M. Paradis : Il s'agit ici,
là, de ménager l'espace suffisant pour que des citoyens, des personnes
intéressées puissent venir discuter, dialoguer avec la régie puis les autres
parties prenantes de décisions importantes pour la vie des Québécoises et des
Québécois, des PME, des entreprises visées. On prévoit quand même que, lorsqu'il
s'agit des demandes en fonction de l'alinéa un ou de l'alinéa trois, il faut
des audiences. On n'a pas dit ça : Ah! bien, c'est la régie qui va
décider. Pourquoi, dans les cas du deuxième alinéa, là, ce serait à la régie de
décider si, oui ou non, il y a des audiences? Parce que je comprends que la
ministre dit : Bien, son réflexe devrait être, lorsque c'est suffisamment
important, de convoquer des audiences, mais là il y a une distinction
importante. Elle n'a pas l'obligation dans ces cas-là.
Donc, elle pourrait décider de modifier
les tarifs et les conditions dans la période de trois ans sans convoquer d'audience,
alors que c'est prévu aux autres... aux autres alinéas. Pourquoi dans ce cas-ci?
Parce que ce n'est pas écrit que c'est des <modifications mineures...
M. Paradis :
...aux
autres alinéas. Pourquoi dans ce cas-ci? Parce que ce n'est pas écrit que c'est
des >modifications mineures. Ça peut être des modifications très, très,
très importantes, puis je pense qu'on ne voudrait pas que la... que la régie,
dans ce cas-ci, ait la discrétion de ne pas convoquer les audiences alors qu'on
lui a donné l'obligation aux deux autres... dans les deux autres cas, dans
l'alinéa un et dans l'alinéa trois.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. Bien, il faut voir que, dans le... dans le cas actuel, c'est déjà
comme ça. C'est formulé différemment, mais le manière... la manière de
fonctionner est déjà celle-ci. Et donc le pouvoir est entre les mains de la
régie, et c'est la régie qui voit s'il y a lieu de donner... de mettre en place
des audiences, et je m'en remets au bon jugement de la régie puisque ça fait
partie de sa mission. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Oui, M. le député.
M. Paradis : Bon, je
comprends que vous dites que ça reproduit un peu... mais là on est dans un
projet de loi qui modifie profondément la loi sur la régie puis les autres
dispositions de d'autres lois. J'aimerais savoir pourquoi, dans ce cas-ci, on
fait confiance au bon jugement de la régie, et, dans les deux autres cas, on ne
le fait pas. C'est quoi, la différence? Qu'est-ce qui fait... Pourquoi ils
sont... pourquoi tous les... tous les cas où on modifie des tarifs et des
conditions, et ils ont tous... À la fin, ils peuvent avoir tous le même impact
sur les consommateurs. Pourquoi dans ce cas-ci? Est-ce qu'il y a une raison qui
fait en sorte qu'au deuxième alinéa, c'est non, c'est à la discrétion, puis,
dans les autres alinéas, c'est une obligation? Il doit y avoir une raison,
parce que, sinon, ce sont toutes des décisions qui peuvent avoir un impact
important, puis ce n'est pas dit, là, que c'est mineur à l'alinéa deux. On
pourrait... on pourrait... on pourrait être du côté... du côté de la précaution
puis de dire : Dans tous les cas, c'est une audience, puis, s'il y a une
audience, et il n'y a personne qui vient parce que c'est mineur, bien, au moins,
on aura donné la possibilité aux gens d'être entendus. Là, c'est qu'on donne la
possibilité à la régie de faire en sorte que les gens ne soient pas entendus.
C'est quand même une différence importante.
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. Donc, bien, dans le cas du premier alinéa, d'office, c'est
important, c'est majeur parce que c'est global. Donc, c'est sûr que la tenue
d'audiences est requise. Donc, en ce sens-là, il n'y a pas... il n'y a pas de
questionnement, même, à y avoir. Dans le cas du deuxième alinéa, on ne peut pas
présumer de la nature des décisions, mais il pourrait y en avoir, de très
différents impacts, certaines décisions qui auraient un impact très mineur et
pour lesquelles il y aurait avantage à procéder sans tenir des audiences. Je
pense que la régie est à même de juger de la nécessité ou pas de tenir des
audiences. Ça fait partie de ses responsabilités.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. M. le député, allez-y.
M. Paradis : Le deuxième
alinéa, là... parce que, bon, je comprends qu'on est dans des technicalités,
mais le deuxième alinéa de 48, il prévoit notamment des cas où c'est
Hydro-Québec qui demande à la régie, avant l'échéance du plan actuel, de fixer
des nouveaux tarifs et des nouvelles conditions, puis ça, ça peut concerner à
peu près tout le monde au Québec. Là, s'il a présenté un rapport au
gouvernement qui démontre la nécessité puis si le gouvernement, après analyse,
approuve un décret, bien là la régie peut décider de modifier les tarifs sans
convoquer d'audience. C'est quand même des cas qui peuvent être majeurs.
On ne devrait pas dire, au contraire, que
la règle, c'est qu'il y ait des audiences comme dans les autres cas, à moins
qu'il y ait une bonne raison, là, parce que... Puis, je comprends, la ministre
a dit : Bien, généralement, s'il n'y a pas d'audience, c'est parce que
c'est mineur, mais ce n'est pas indiqué ici, là, dans 48.4, que ce sont des cas
mineurs. Ça peut être une révision tarifaire globale qui a des impacts majeurs
pour les consommateurs au Québec. Donc, il devrait y avoir une audience dans
ces cas-là aussi parce que c'est ça qui est visé par le deuxième alinéa de
l'article 48, qui est visé par l'article qu'on est en train de regarder,
du projet de loi n° 69, l'article 25.
• (17 h 10) •
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Je n'ai pas
d'autre commentaire.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. D'autres interventions? Oui, M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui. M. le
Président, je pense, c'est important juste de revient un petit peu sur la
discussion entre le député de Jean-Talon puis la ministre, mais c'est juste un
peu bizarre, je vais dire ça comme ça, que, comme pour une décision tarifaire,
quand même, si c'est entre des décisions, bien, bref, il n'y a pas de
consultation publique concernant une fixation des tarifs, il n'y a pas des
audiences publiques. C'est un peu bizarre parce que ça va avoir un impact sur
les autres clients, ça va avoir un impact sur tout le monde. Alors, je ne
comprends pas, comme mon collègue a souligné, pourquoi il y a deux différentes,
comme, instances où on va avoir une consultation publique, mais, ici, une
instance où il n'y a pas une.
Et je pense que c'est pas mal bien soulevé
dans la mémoire d'Option consommateurs, qui fait des recommandations à
l'article 20 dans ce sens-là, et, je pense, c'est important de juste
répéter que... qu'est-ce <qu'ils ont dit dans leur mémoire...
M. Kelley :
...l'article 20
dans ce sens-là et, je pense, c'est important de juste répéter que... qu'est-ce
>qu'ils ont dit dans leur mémoire, que, «cependant, l'article 20 du
projet de loi modifie notamment l'article 25 de la Loi sur la Régie de
l'énergie en rendant obligatoire la tenue d'une audience publique lors des
révisions tarifaires effectuées en application des alinéas un et trois de
l'article 48 de la Loi sur la Régie de l'énergie. Contrairement... cela
signifie qu'une audience publique n'est pas obligatoire lorsque la révision
tarifaire a lieu en application du second alinéa de l'article 48 de la Loi sur
la Régie de l'énergie. Cela impliquer que rien n'oblige la régie à tenir une
audience publique lorsqu'une demande de fixation des tarifs ou des conditions
de service est formulée à l'intérieur de la révision triennale. De même, cet
article permet aussi à la régie de fixer de sa propre initiative un tarif ou des
conditions de transport et de distribution de services d'électricité toujours
sans tenir d'audience.
«Or, cette possibilité, pour toute
personne intéressée, de demander la révision des tarifs ou conditions de
service entre ces périodes de trois ans... trois ans constitue une grande-fou
important permettant de faire des ajustements lorsque la situation économique
pourrait rendre... les tarifs fixés sur une longue période. Or, l'étude de
telles demandes devrait, selon nous, être faite dans le cadre d'une audience
publique. De plus, permettre à la régie de modifier, sans audience publique et
de sa propre initiative, des tarifs aux conditions de transport et de
distribution d'électricité nous apparaît contre au principe de transparence,
voire de justice naturelle, qui sont à la base de tout tribunal même quasi
judiciaire ou administratif. Option consommateurs recommande donc la
modification de l'article 20 du projet de loi afin de rendre obligatoire la
tenue d'audiences publiques lors d'une révision par la régie des tarifs et des
conditions de service applicables au transport ou à la distribution de l'électricité
faite en application du second alinéa de l'article 48 de la loi sur la Régie
énergie».
Moi, je trouve que ça explique bien... Ce
n'est pas un énorme changement qui est demandé par Option consommateurs, M. le
Président. Je pense que les mots «de la justice naturelle», ça parle à tout le
monde, mais c'est vrai qu'il y a une distinction ici. Peut-être, on donne un
peu trop de pouvoirs de la régie de ne pas avoir des audiences publiques. Puis
d'avoir une instance où le monde peut discuter une modification à ces
éléments-là est hyperimportant parce que, comme j'ai dit au début de mon
intervention, M. le Président, c'est le fait que ça va avoir un impact, une
modification comme ça, sur les autres clients. Alors, eux autres, on a... je
crois, devraient avoir le droit de s'exprimer sur un changement. Merci
beaucoup, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, M. le député. D'autres interventions? Alors, comme il n'y a pas
d'autre intervention, nous pouvons passer à la mise aux voix sur cette
proposition d'amendement. Alors, est-ce que cette proposition d'amendement est
adoptée ou rejetée?
M. Kelley : ...
Le Président (M. Montigny) : C'est
ce que j'attendais. Merci. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Fréchette (Sanguinet)?
Mme Fréchette : Contre.
La Secrétaire : M. Rivest
(Côte-du-Sud)... Pardon, M. Bernard (Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : ...
La Secrétaire : M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Contre.
La Secrétaire : M. Bussière
(Gatineau)?
M. Bussière : Contre.
La Secrétaire : M. Tremblay
(Dubuc)?
M. Tremblay : Contre.
La Secrétaire : M. Poulin
(Beauce-Sud)?
M. Poulin : Contre.
La Secrétaire : M. Kelley (Jacques-Cartier)?
M. Kelley : Pour.
La Secrétaire : Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire : M. Montigny
(René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) : Abstention.
Donc, la proposition d'amendement est rejetée. Maintenant, nous revenons
toujours à l'étude de l'article 20. Alors, sur l'article 20, est-ce qu'il y a
des interventions? Il n'y a pas d'intervention. Nous pouvons passer à la mise
aux voix de l'article 20. Pour l'article 20...
M. Kelley : ...
Le Président (M. Montigny) : Par
appel nominal. Merci. Mme la secrétaire, donc, sur l'article 20.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Fréchette (Sanguinet)?
Mme Fréchette : Pour.
La Secrétaire : M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Pour.
La Secrétaire : M. Bussière
(Gatineau)?
M. Bussière : Pour.
La Secrétaire : M. Tremblay
(Dubuc)?
M. Tremblay : Pour.
La Secrétaire : M. Poulin
(Beauce-Sud)?
M. Poulin : Pour.
La Secrétaire : M. Kelley
(Jacques-Cartier)?
M. Kelley : Contre.
La Secrétaire : Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Contre.
La Secrétaire : M. Montigny
(René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) : Abstention.
Alors, l'article 20 est adopté. Nous allons maintenant, soit, revenir à <l'article
40. Oui, Mme la ministre...
Le Président (M. Montigny) :
...l'article
20 est
adopté. Nous allons maintenant, soit, revenir à >l'article
40. Oui, Mme la ministre.
Mme Fréchette : J'aimerais
proposer d'aller à l'article 29.
Le Président (M. Montigny) : C'est
parfait. Nous allons donc à l'article 29. Est-ce que nous avons consentement
pour revenir à un article qui était suspendu, qui est le 29? Oui, parfait, nous
avons donc consentement. Nous revenons à 29. C'est parfait. Oui, M. le député.
M. Paradis : ...nous
rafraîchir la mémoire sur les articles qui sont suspendus actuellement dans l'ordre
numérique?
Le Président (M. Montigny) : Oui,
parfait. Donc, le 29 était suspendu, et nous l'avons ramené à l'instant, le 33
est suspendu, le 35 est suspendu, le 36 est suspendu et le 39. Voulez-vous que
je les répète?
M. Paradis : ...
Le Président (M. Montigny) : Sans
problème. Nous sommes au 29 qui était suspendu...
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Ah! du 29 à 33, donc, sont suspendus, là, le 29, le 30, le 31, le 32, le 33, en
fait. C'est de 29 à 33. Là, on reprend à 29. Donc, que ce soit clair, on
reprend 29, mais le 30 est suspendu, le 31 est suspendu, le 32 est suspendu, le
33 est suspendu, le 35 est suspendu, le 36 est suspendu et le 39. Donc là, nous
revenons à 29. M. le député.
M. Paradis : Donc, 20 était
suspendu, on vient de l'adopter, puis les suivants jusqu'à 29?
Le Président (M. Montigny) : Oui,
bien, 29, nous venons, par consentement, de le ramener.
M. Paradis : OK, donc, on
arrivait...
Le Président (M. Montigny) : Le
30 est suspendu, le 31 est suspendu, le 32 est suspendu, le 33 aussi, le 35 est
suspendu, puis le 36 est suspendu, et le 39. Voilà.
M. Paradis : Est-ce que vous
pourriez nous confirmer que tous les articles...
Le Président (M. Montigny) : Le
21 à 28 sont adoptés.
M. Paradis : Oui, très bien.
Le Président (M. Montigny) : Donc,
nous revenons à 29. 29 avait été suspendu. Nous avons eu le consentement pour
le ramener. Alors, nous sommes à l'étude du 29. Des interventions?
Souhaitez-vous un moment de suspension?
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : C'est
ça. Alors, nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 17 h 20)
17 h 30 (version révisée)
(Reprise à 17 h 46)
Le Président (M. Montigny) :
Alors, nous reprenons donc nos travaux. Nous sommes toujours à l'étude...
En fait, nous avons un amendement, une proposition d'amendement qui était
suspendue. Alors, je voulais juste être certain que nous avons le consentement
de tous pour revenir à cette proposition d'amendement qui était déposée par le
député de Maurice‑Richard. Nous
sommes toujours à l'article 29, si ma mémoire est bonne. Est-ce qu'il y a
consentement? Oui. Il y a consentement. Parfait. Donc, nous revenons à l'étude
de cet article. Est-ce qu'il y a des interventions sur cet article... sur cette
proposition d'amendement à l'article 29? Il n'y a pas d'interventions?
Comme il n'y a pas d'intervention, nous allons proposer la mise aux voix. Appel
nominal ou non? Non. Non. Pas de problème. Alors, est‑ce qu'il est adopté ou
rejeté?
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Rejeté? Donc, est-ce que cet amendement est rejeté? Il est donc rejeté. Merci. Nous
en <avons...
Des voix :
...
Le Président (M. Montigny) :
Rejeté? Donc, est-ce que cet amendement est rejeté? Il est donc rejeté. Merci.
Nous en >avons disposé. Nous revenons donc à l'article 29. Nous
avons eu une proposition d'amendement. Nous allons l'afficher à l'écran sous
peu. Ça ne devrait pas... Ça ne devrait pas tarder. Donc, nous sommes à
l'article 29, une proposition d'amendement du député de Jean-Talon. M. le
député de Jean-Talon, je vous invite à le présenter.
M. Paradis : Merci, M.
le Président. À l'article 50 de la Loi sur la Régie de l'énergie, modifié
par l'article 29 du projet de loi, retirer les mots «sont présumés
prudemment acquis et utiles» et les remplacer par les mots «le distributeur d'électricité
ou un distributeur de gaz naturel doit démontrer qu'ont été prudemment acquis
et que sont utiles», et retirer les mots «, acquis ou construits par le
transporteur d'électricité, le distributeur d'électricité
ou un distributeur de gaz naturel».
Le texte modifié de l'article 29
serait donc le suivant :
«50. Pour l'application du paragraphe 1°
du premier alinéa de l'article 49, le distributeur d'électricité ou un
distributeur de gaz naturel doit démontrer qu'ont été prudemment acquis et que
sont utiles les actifs nécessaires pour assurer l'exploitation du réseau de
transport d'électricité, du réseau de distribution d'électricité ou d'un réseau
de distribution de gaz naturel.»
Voilà. Nous avons eu des discussions au
sujet de cet article-là qui concerne en quelque sorte la deuxième étape d'un
processus de fixation de tarifs. Donc, dans une première étape, il y a une
demande à la régie de faire des investissements pour acquérir des actifs, et
dans la deuxième étape, on fait un calcul dans lequel on doit justement
considérer le coût des actifs acquis puis l'utilité des actifs acquis pour
déterminer des nouveaux tarifs.
• (17 h 50) •
Dans cette deuxième étape, ce que fait
l'article 50 tel que proposé par le projet de loi 69, c'est de créer
une présomption en faveur d'Hydro-Québec ou d'Énergir dans le cas du gaz. Donc,
lorsque M. Tremblay ou une association ou un citoyen ou une citoyenne veut
se présenter devant la régie et dire : Oh! Attention! Hydro-Québec ou
Énergir, vous avez mis le coût, vous avez mis tel coût, vous avez calculé le
coût comme ça, vous avez calculé que les impacts sur les tarifs est le suivant,
je ne suis pas d'accord avec vos chiffres et je ne suis pas d'accord que c'est
ça le montant qui devrait être considéré pour fixer les tarifs, et donc de
considérer si les actifs ont été prudemment acquis et qu'ils sont utiles, bien
là, il part avec deux prises, ce citoyen-là, face aux plus gros joueurs, face à
Hydro-Québec, face à Énergir qui a des moyens conséquents, qui a des équipes
d'avocats qui vont venir argumenter. Mais là, ces avocats, ces équipes
d'Hydro-Québec ou d'Énergir vont arriver puis ils vont partir avec deux prises
contre l'adversaire parce que c'est l'adversaire qui va avoir une cause à
remonter.
Donc, on a eu ces discussions-là, là, je
ne vais pas revenir sur tout ce qu'on avait mentionné à l'époque, mais je pense
qu'Hydro-Québec n'a pas besoin de cette présomption, qu'Énergir n'a pas besoin
de cette présomption. C'est une affaire qui se passe devant la régie, on ne
devrait pas compliquer la tâche des citoyens qui arrivent souvent avec des
moyens financiers, des moyens juridiques qui ne sont pas les mêmes et qui
veulent pouvoir argumenter devant les régies... devant la régie à cette
deuxième étape, que non, pour les fins de fixation des tarifs, pour cette
deuxième étape, bien non, on ne peut pas présumer que les actifs sont utiles et
ont été prudemment acquis pour les fins de la fixation des tarifs, qu'on laisse
la partie juridique se jouer à armes égales devant la régie.
N'oublions pas que, pour des citoyens,
pour des associations qui connaissent moins ces processus-là, ça peut être...
ça peut être intimidant, ne leur compliquons pas la tâche, on est en 2025, on
devrait même penser à l'inverse, à leur faciliter la tâche. Là, ce n'est pas le
cas, on leur complique la tâche. Donc, assurons-nous au moins que ça se fasse à
armes égales.
Donc, je propose donc qu'il n'y a pas de
présomption, et qu'Hydro-Québec et qu'Énergir, les gros joueurs, fassent leurs
preuves devant la régie au moment du calcul qui est à la base de la demande de
fixation de tarifs ou de conditions de service. Que chacun fasse sa preuve et
que la régie dispose de la question en fonction de la preuve qui aura été
présentée à <armes...
M. Paradis :
...dispose
de la question en fonction de la preuve qui aura été présentée à armes >égales
par les parties devant elle.
Le Président (M. Montigny) :
...Merci. M. le député, simplement vous aviser, là, qu'il y aura une petite
correction de forme, là, qui sera faite. C'est mineur.
M. Paradis : D'accord.
Merci.
Le Président (M. Montigny) :
Merci. Alors, Mme la ministre, quand vous serez prête.
Mme Fréchette : Oui,
merci, M. le Président. Donc, effectivement, on a... on a échangé sur cette
idée d'amendement, et ce que je faisais valoir, en fait, c'est qu'il y a déjà,
dans bien des cas, une préautorisation qui est donnée, et s'il advenait qu'on
ait une... en fait, une audience qui se tienne systématiquement,
obligatoirement, et que ce ne serait pas basé sur une présomption de prudemment
acquis, eh bien, en fait, on pourrait se retrouver devant des situations où on
referait pour une deuxième fois un même processus.
On tient à faire en sorte qu'il y ait un
allègement réglementaire qui soit mis en place. C'est un des objectifs de notre
gouvernement, mon collègue Christopher Skeete est à plein là-dedans, dans cette
orientation-là, alors je me verrais mal adopter un amendement qui viendrait
alourdir potentiellement la réglementation et créer des dédoublements. Donc, je
pense que la formule initiale est préférable.
Et, par ailleurs, dans tous les cas, qu'il
y ait des audiences ou pas, un observateur peut déposer des observations par
écrit. Dans tous les cas, c'est possible à la régie de déposer des observations
écrites. Alors, ça ouvre une perspective, une possibilité d'intervention pour
tout type d'acteurs. Merci.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Avec égard,
la réponse de la ministre, là, est un petit peu à côté de l'enjeu. Parce que
vous dites : Bien, il va y avoir la possibilité de présenter des
observations. Là, ce n'est pas ça. C'est que quand on va arriver au moment de
fixer des tarifs, il va y avoir une demande d'Hydro-Québec ou d'Énergir qui va
tenir compte d'un calcul et notamment à savoir est-ce que tels actifs ont été
prudemment acquis et sont-ils utiles. Si oui, on va pouvoir en tenir compte
pour augmenter par exemple les tarifs. Si une personne arrive à cette étape de
fixation des tarifs et veut contester le calcul, cette personne, face au gros
joueur qu'est Hydro-Québec ou au gros joueur qu'est Énergir, va partir avec
deux prises, parce qu'on va dire : La régie, vous devez tenir pour acquis — c'est
ça, une présomption — à la base, vous donnez... vous devez tenir pour
acquis que ce que dit Hydro-Québec ou ce que dit Énergir est vrai, à moins de
preuve contraire. Juridiquement, ça veut dire que c'est un fardeau de preuve
qui n'est complètement pas le même pour la partie qui est généralement la
partie la plus vulnérable devant... au moment de l'audience.
Et, ce qu'on vient de faire il y a
quelques minutes, on a adopté des articles et on a eu ce débat-là, Mme la
ministre, qui indique que parfois il n'y aura pas toujours eu des audiences à
la première étape dont vous parlez. Donc, il est possible, à moins que vous
m'affirmiez le contraire, qu'à la première étape il n'y ait pas eu d'audience,
qu'il n'y ait pas eu une possibilité pour les gens de se faire entendre, et là,
quand ils vont arriver à la deuxième étape, celle de la fixation des tarifs — on
le réitère, la première étape, c'est celle de l'acquisition des actifs — il
se pourrait qu'il n'y ait pas eu, dans tous les cas, des audiences, à moins
d'avis contraire.
Et là, à la deuxième étape, là, tu dis :
Je veux me faire entendre ici. M. Tremblay, Mme Lopez, l'association
XY, peu importe, veut se faire entendre, et là, on lui dit : Tu pars avec
deux prises. Je ne vois pas tellement l'utilité pour Hydro-Québec, qui est bien
capable de faire sa preuve, qui est bien capable de démontrer que, oui, ça a
été prudemment acquis et que c'est utile. Par contre, je vois très clairement
le désavantage pour des gens moins familiers avec le processus qui veulent se
faire entendre, qui veulent dire quelque chose de différent, qui veulent
présenter une voie alternative à celle d'Hydro-Québec et à Énergir, pour eux,
ça va être une grande différence. Donc, ici, il ne s'agit pas de
dédoublement. Il s'agit de laisser aux citoyens l'opportunité de se faire
entendre sur une question essentielle dans la vie de tous les jours des
Québécois, celle des tarifs.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Oui. M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Juste
d'ajouter à notre discussion, Mme la ministre, de... Présentement,
Hydro-Québec, ça ne prend pas une préautorisation pour leurs projets de
distribution pour leurs investissements, c'est approuvé par le conseil, puis on
n'a pas modifié ça avec le projet de loi 34.
Alors, il y a quand même eu des
changements, puis je reviens un peu à les arguments de mon collègue sur le fait
que si M. Tremblay veut contester une décision des tarifs... Mais, bref,
c'est juste de faire ce point-là sur la <question...
M. Kelley :
...contester
une décision des tarifs... Mais, bref, c'est juste de faire ce point-là sur la
>question de la préautorisation, là, ça a changé avec le 34, alors c'est
partie d'une discussion qu'on a ici présentement.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec
cette proposition d'amendement? Oui, M. le député de Jean-Talon avait levé la
main, et nous reviendrons à vous, Mme la députée.
M. Paradis : Ah! Non,
non, mais tu veux... Tu veux parler, Brigitte? Vas-y, vas-y.
Le Président (M. Montigny) :
Oui? Ah bien! Mme la députée de Robert-Baldwin, vous avez la parole.
Mme Garceau : Oui, parce
que ça fait partie de l'amendement de mon collègue. De toute façon, c'est déjà
prévu au projet de loi, à l'article... l'article 50. J'aimerais comprendre
présomption versus pas de présomption. On parle d'un fardeau de preuve ici, et
toute cette question de «prudemment acquis», j'aimerais bien comprendre comment
se fait-il qu'on utilise ce mot-là, «prudemment acquis»? Soit que l'actif a été
acquis ou pas acquis. Est-ce qu'il y a un élément de mauvaise foi là-dedans?
Mais «prudemment acquis», on l'a acquis avec sagesse, on l'a acquis... C'est
ça, là, je suis en train de me poser... Puis comment est-ce qu'on va démontrer
que ça a été prudemment acquis versus juste, ça a été acquis?
Le Président (M. Montigny) :
Très bien, merci. Alors, Me Marois, je crois comprendre que c'est à vous
d'y répondre.
M. Marois (Samuel) : Oui.
Donc, je vous fais remarquer, entre autres, que la régie, dans ses
responsabilités, doit s'assurer de protéger le consommateur, de s'assurer que
les tarifs sont justes et raisonnables. Donc, la notion de «prudemment acquis»
est utile, elle vient capter le fait qu'on veut que la régie s'assure qu'on ne
fait pas des investissements coûteux, imprudents, qui seraient susceptibles
d'augmenter les tarifs de manière importante, ce qui serait au désavantage du
consommateur.
Donc, cette formulation là de «prudemment
acquis» est utile, c'est une espèce de spécificité de la Loi sur la Régie de
l'énergie. On la retrouve déjà... Il y a déjà quelques occurrences actuellement
dans la loi, notamment l'article 49, là, qui est l'article central, là,
pour la fixation des tarifs. Donc, ce n'est pas... Ce n'est pas une nouveauté,
là.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci. Mme la députée.
Mme Garceau : Je suis
vraiment désolée, là, mais ce n'est pas clair pour moi, ce n'est pas clair pour
moi. Parce que le bien a déjà été acquis. Ce n'est pas une question, est-ce
qu'on va... on va l'acquérir ou pas, et donc, peut-être qu'on ne va pas... on
ne va pas le prendre en considération, ou la valeur de ce bien-là, lorsqu'on va
établir le tarif, lorsqu'on va fixer les tarifs.
• (18 heures) •
Le Président (M. Montigny) :
Me Marois.
M. Marois (Samuel) : Oui,
je comprends un peu mieux votre question, avec votre éclaircissement. Il y a
deux... On a dit qu'il y avait deux étapes. La première étape, il y a des
investissements qui sont autorisés, en vertu de l'article 73 de la loi,
sauf en matière de distribution, et c'est ce que votre collègue évoquait...
évoquait justement.
Puis la deuxième étape, si on peut dire,
c'est il faut aussi prendre... tenir compte de ces coûts-là dans les tarifs.
Donc, la régie va examiner si c'est prudemment acquis et utile afin de
déterminer s'il faut faire payer les consommateurs pour un investissement,
essentiellement.
Dans le cas contraire, dans le cas où la
régie dirait : Ah! Bien, c'est... c'est une acquisition un peu imprudente,
on ne fait pas payer ça au consommateur... Je vous rappelle que la régie agit
comme une espèce de... Étant donné qu'il n'y a pas de marché, on est dans une
situation de monopole, la régie agit comme une espèce de force régulatrice des
activités monopolistiques, là. Donc, c'est... La régie va venir s'assurer que
les... il n'y a pas d'investissements imprudents qui sont... qui devraient...
qui ne devraient pas être payés par le consommateur, finalement.
Mme Garceau : Bien, des
investissements imprudents ou non nécessaires?
M. Marois (Samuel) : Bien,
ça peut être... C'est pour ça que vous avez «prudemment»...
Mme Garceau : C'est... Il
y a une distinction à faire, puis «prudemment» versus... Parce qu'on
retourne... On va chercher... On empiète, si je peux dire, sur le mot «utile»,
qui est inutile, non nécessaire. Donc, il y a quand même une distinction à
faire ici, puis honnêtement...
18 h (version révisée)
Mme Garceau : ...qui est
inutile, non nécessaire. Donc, il y a quand même une distinction à faire ici,
puis honnêtement je ne la vois pas.
M. Marois (Samuel) : Bien, c'est
sûr que quand vous référez au mot «nécessaire», tu sais, c'est le «utile», là,
il faut que ce soit utile, effectivement.
Le «prudemment», mais c'est un
investissement prudent. Est-ce que c'est... Est-ce qu'on est allé construire
une ligne trop longue pour les besoins? Est-ce qu'on a...
C'est ce genre de question là qu'on peut
se poser. C'est le principe de précaution, finalement.
Mme Garceau : Précaution ou
de nécessité. Est-ce que c'était nécessaire de...
M. Marois (Samuel) : Bien,
est-ce que c'est nécessaire, mais, si c'est nécessaire, est-ce que c'est un projet
de 50 millions ou c'est un projet de 100 millions? Est-ce qu'on est
allé chercher les meilleurs... les meilleurs équipements sur le marché ou...
Il y a un juste prix, effectivement, qui...
pour répondre aux besoins qui était suffisant. Donc, c'est un peu ça, la notion
de prudence.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : J'aimerais
vraiment comprendre pourquoi on fait ce cadeau-là à Hydro-Québec puis à Énergir,
parce que, Mme la ministre, vous avez parlé de dédoublement, mais ce n'est pas
ça, là, il va y avoir... On est dans le cadre...
On est devant la régie, là, les parties
sont devant la régie, donc il n'y a pas plus de bureaucratie, il n'y a pas plus
de paperasse. Les parties sont devant la régie. C'est ça que ça veut dire, là,
cet article-là. On est là.
Mais là, quand les avocats d'Hydro-Québec
veulent démontrer quelque chose, vous venez de leur faire un cadeau. On doit
tenir pour acquis que c'est ça, la situation.
Ce qu'a dit Hydro-Québec puis Énergir, c'est
vrai, sur leur calcul, puis que les actifs ont été prudemment acquis. Puis là, M. Tremblay,
dont on parlait depuis tout à l'heure, qui est là, lui, puis qui veut démontrer
le contraire, il part avec deux prises.
Donc, ce n'est pas... ce n'est pas des
étapes additionnelles, c'est que, pendant qu'on est devant la régie pour faire
un débat, il y a un joueur qui va être favorisé par l'établissement d'une
présomption. C'est ça que ça veut dire. Ça va être plus... sa vie va être plus
facile devant la régie. Et l'autre joueur, qui est le citoyen, qui est l'organisation,
sa vie va être plus difficile. Pourquoi on fait ça?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien.
M. Paradis : Est-ce que les
avocats d'Hydro-Québec, tu sais, ont vraiment fait une grosse demande en disant :
Heille, j'ai besoin de ça?
On n'en a pas besoin. Laissons les règles
de preuve habituelles s'appliquer devant la régie. La régie décidera devant la
qualité des argumentaires et de la preuve présentée par chacune des parties,
point.
Donc, c'est des règles normales qui
devraient s'appliquer. C'est ça que cet amendement-là vise à faire.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Mme la
ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Je peux préciser, en fait, qu'il est présumé que si la régie a déjà
autorisé une première fois une dépense sur la base du fait que ça a été
prudemment acquis, eh bien, il est présumé qu'elle va réitérer son autorisation
lors d'un second processus.
Alors, il y aurait dédoublement si elle
doit autoriser deux fois la même dépense. Donc, en ce sens-là, ça peut être un
alourdissement. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Est-ce que vous
pouvez confirmer aujourd'hui que le citoyen qui a un point de vue différent
aura toujours eu l'occasion de se faire entendre à la première étape et que ça
va toujours être un dédoublement, son argumentaire, à la deuxième étape?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. Alors,
comme je l'indiquais tout à l'heure, les acteurs peuvent déposer des
observations par écrit. S'il y a des audiences, ils peuvent intervenir ou
encore déposer des observations écrites.
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
D'autres interventions? Oui, M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Je réitère ma
question parce que c'est important d'avoir une réponse : Est-ce que vous
êtes en mesure de nous confirmer que le citoyen ou l'association qui a un point
de vue différent aura toujours eu l'occasion de se faire entendre dans des
audiences publiques à la première étape et que son argumentaire sur les actifs
prudemment acquis et utiles sera toujours un dédoublement à la deuxième étape?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien.
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Alors, Mme la ministre.
Mme Fréchette : Mon point
porte sur, en fait, le <dédoublement...
Le Président (M. Montigny) :
...Alors, Mme la ministre.
Mme Fréchette : Mon
point porte sur, en fait, le >dédoublement qu'il peut y avoir entre la
régie et la demande qui fait l'objet de l'étude.
Donc, il pourrait y avoir dédoublement si
la régie a à se prononcer deux fois sur la même dépense. Donc, en ce sens-là,
ça pourrait créer un dédoublement. Je ne parlais pas de l'intervenant, je
parlais de la régie.
Le Président (M. Montigny) :
M. le député.
M. Paradis : Mais la
réponse à ces questions, elle est importante parce que c'est ça que
l'amendement vise. Moi, je pense que la réponse à mes questions, c'est :
Non, le citoyen ou l'association n'aura pas toujours eu l'opportunité de se
faire entendre à la première étape, et non, ce ne sera pas toujours un
dédoublement.
Et moi, je vous demande : Est-ce que
vous pouvez me confirmer, donc, qu'on ne désavantagera pas les citoyens? C'est
ça, ma... C'est ça, le sens de ma question puis c'est ça, le sens de
l'amendement.
Moi, je pense qu'on devrait toujours ne
pas chercher à le désavantager, ne pas chercher à rendre la vie plus facile au
joueur le plus gros qui a le plus de moyens, qui connaît le mieux le système,
le processus devant la régie, qu'on devrait chercher au moins à préserver
l'égalité des armes devant la régie lorsqu'il est... lorsqu'il est question
d'une thématique aussi importante pour tout le monde que la fixation des tarifs
et donc du calcul qui a mené à la demande de tarification d'Hydro-Québec.
Donc, c'est pour ça que je vous demande de
me confirmer qu'il y aura toujours une opportunité pour le citoyen ou
l'association de se faire entendre. Moi, je pense que non.
Puis si vous voulez éviter les
doublements, est-ce que vous êtes sûre qu'il y aura toujours un dédoublement?
Moi, ma réponse à cette question-là, c'est non. Est-ce que votre question
est... Est-ce que votre réponse à vous est différente?
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci, M. le député.
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions? Oui, Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Oui. En
fait, je vais réitérer tout simplement ce que j'indiquais tout à l'heure, à
savoir que, s'il y a des interventions, tout acteur peut intervenir. Et puis il
y a la possibilité également de développer des... déposer des observations par
écrit. Donc, c'est des occasions de se faire entendre auprès de la régie.
Le Président (M. Montigny) :
Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Oui, Mme la députée de Robert-Baldwin,
vous avez la parole.
Mme Garceau : Oui. En
relisant l'article, c'est une présomption quand même qui va être absolument
presque impossible à modifier et à renverser par le citoyen parce que le gros
va être fait.
Parce que qu'est-ce qui est présumé c'est
la valeur des actifs, parce que la valeur des actifs, là, il y a une définition
également : «La juste valeur des actifs est calculée sur la base du coût
d'origine, soustraction faite de l'amortissement.» Donc, c'est le nerf de la
guerre, là.
On va augmenter les tarifs en fonction de
cette présomption-là, donc quelle défense est-ce qu'un citoyen va pouvoir
démontrer lorsque cette présomption-là pèse, va être très lourde dans toutes
ces questions de contestation de tarif? Ça joue vraiment contre les intérêts
d'un citoyen, d'où vient la... l'importance de l'amendement de mon collègue
pour venir équilibrer un petit peu l'enjeu concernant une contestation de, je
vais le dire, augmentation de tarif.
Ça va être très difficile de contester
avec une présomption qui est absolument favorable aux gros joueurs, à Hydro-Québec,
à Énergir.
• (18 h 10) •
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci, Mme la députée.
Mme Garceau : Moi, je le
vois sous cet angle-là, également.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Oui.
Bien, rappelons, M. le Président, que la régie a le devoir d'approuver, là, les
éléments qui composent, là, les revenus requis, qui composent la dépense.
Donc, la régie a l'intérêt public à cœur et
c'est ça qui va présider à sa décision, c'est l'intérêt public, ce à quoi elle
va se soumettre parce que c'est sa responsabilité. Merci.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Mme la députée, aviez-vous d'autres interventions?
Mme Garceau : Oui, mais
on se comprend qu'avec ce genre de présomption légale dans un texte de loi
c'est comme si là on est en train de... Le citoyen est complètement... On
désavantage de citoyen, là, complètement. Est-ce qu'on ne devrait pas, dans
l'intérêt du public, équilibrer tout cet aspect de <tarification...
Mme Garceau :
…Est-ce
qu'on ne devrait pas, dans l'intérêt du public, équilibrer tout cet aspect de >tarification?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Est-ce qu'il y a quelqu'un qui prend la parole? Demandes de parole, ça va?
M. le député de Jean-Talon, vous avez la parole.
M. Paradis : Oui. Bon. Avant
que ma collègue de Robert-Baldwin prenne la parole aussi, puis je pense qu'elle
a continué dans la même optique, mais la ministre a répondu en parlant du droit
d'être entendu. À la deuxième étape, ce n'est vraiment pas la question. Je
conviens que toute personne peut se présenter, là, ce n'est pas ça, c'est
quelles sont les règles du jeu lorsque la personne est devant la régie sur la
question du montant du tarif.
Là, on vient de… c'est ce que la… ma
collègue aussi mentionnait puis c'est ce que je vous mentionne, on vient de
changer l'équilibre dans les règles du jeu. Donc, le gros joueur va être
favorisé par rapport au petit joueur à cette deuxième étape là.
Et là où je fais un lien avec la capacité
d'être entendu, c'est parce que vous dites aussi : Ah oui! mais il va y
avoir eu une étape avant. Mais la personne, le plus petit joueur, pourrait ne
pas avoir eu l'opportunité d'être entendue à la première étape.
L'amendement, ce qu'il vise à faire, c'est
de s'assurer que les règles du jeu sont équitables, lorsque les parties sont
entendues devant la régie, que chacun fasse sa preuve.
Puis c'est une question importante, là. On
est vraiment dans le processus de fixation des tarifs et de ce qu'Hydro-Québec
ou Énergirpourront considérer dans le calcul qui a mené à leur demande
tarifaire. C'est souvent là-dessus que vont porter l'argumentaire des parties.
Et là, ici, on vient de faciliter la vie à
l'un par rapport à l'autre. C'est ça que je demande de corriger dans le projet
de loi. Voilà.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. D'autres personnes veulent prendre la parole? Il n'y a pas d'autre
intervention. Alors, nous allons donc… Oui, M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Non, c'est juste
encore de… M. le Président, d'ajouter le débat.
Je trouve qu'il y a un manque de
protection pour les consommateurs ici, avec tous les énormes investissements
qui s'en viennent dans l'avenir dans le réseau de distribution et
transportation.
Et, je pense, une chose qui est vraie, ce
n'est pas toujours facile de sortir de l'information d'Hydro-Québec pour
justifier certains coûts. Puis on peut quand même penser à le dépassement de
certains coûts. On a un exemple, la ligne de distribution dans le Saguenay qui
a dépassé certains coûts. Cet... bien, j'imagine, à un certain point, ça va
être absorbé dans les hausses, la hausse des tarifs pour tous les clients du
Québec.
Alors, cette question-là de créer un petit
peu de parité entre les consommateurs puis les grands joueurs est hyper
importante, mais malheureusement je pense qu'au minimum, sur le côté de
l'opposition, on trouve qu'il n'y a pas un bon équilibre.
Mais encore, c'est exactement pourquoi on
va appuyer notre collègue dans son amendement qu'il a déposé, parce que c'est
important de trouver cet juste équilibre.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Oui, M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Je voudrais
revenir sur la préautorisation, là, des dépenses et je voudrais… je voudrais
être éclairé là-dessus.
Depuis l'adoption du projet de loi
n° 34, présenté en 2019, est-ce que les investissements sont toujours
soumis à un processus de préautorisation? Est-ce que vous pourriez nous
confirmer ça?
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre, quand vous serez prête.
Mme Fréchette : Donc, depuis
2019, il y a toujours une autorisation, sauf pour la distribution.
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
D'autres interventions? M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Je voudrais être
sûr que j'ai bien compris la réponse. Vous me dites : Il y a toujours un
processus de préautorisation. Donc, tous les calculs qui sont visés par la
présomption que vous établissez à l'article 50, il va toujours… vous me
certifiez aujourd'hui qu'y compris, compte tenu du projet de loi n° 34 de
2019, il va toujours y avoir un processus de préautorisation?
Mme Fréchette : Mais un
processus d'autorisation à l'étape un.
M. Paradis : Toujours, dans
tous les cas?
Mme Fréchette : Sauf le… pas en
distribution. Toujours, sauf dans la partie distribution.
M. Paradis : OK. Puis là je
comprends que vous pourriez avoir un amendement qui vient <toucher…
M. Paradis :
...OK.
Puis là je comprends que vous pourriez avoir un amendement qui vient >toucher
sur ces questions-là. D'accord.
Je vais essayer de vous présenter la
question sous un autre angle, là, pour vous... Vous savez, on parle beaucoup de
dépassements de coûts actuellement, là. Il y a une commission qui a lieu sur
des dépassements de coûts de contrats dans le cas de la SAAQ, avec SAAQclic.
Et là on parle d'un processus citoyen qui
aide à contrôler les coûts. Est-ce que vraiment vous voulez faciliter la vie
des gros joueurs dans le contexte actuel quand on parle de combien ça a coûté
pour acquérir des actifs, combien... puis quels actifs on a acquis puis
pourquoi? Est-ce qu'on veut vraiment toujours faciliter la vie, compte tenu de
l'expérience qu'on est en train de vivre actuellement dans d'autres domaines?
Mais c'est exactement le même principe, où on veut faciliter le contrôle
citoyen.
Compte tenu de ce qui se passe
actuellement, là, dans d'autres dossiers, là, on veut diminuer la capacité des
citoyens d'exercer leur contrôle sur les dépenses de l'État puis sur l'impact
que ça a sur la tarification?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Alors,
il n'y a pas d'autre... Oui, Mme la ministre, excusez-moi. Allez-y.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. Bien là, j'aimerais rappeler que la régie, elle veille à l'intérêt
public.
À entendre les députés, c'est comme si la
régie était le représentant des intérêts d'Hydro-Québec. Quand on demande à Hydro-Québec
si c'est le cas, je peux vous dire que la réponse n'est pas positive, nécessairement.
Alors, c'est de faire la part des choses
entre les différents types d'intérêts. Donc, c'est le rôle de la régie de
veiller à l'intérêt public.
Et, moi, je m'en remets puis j'ai
confiance en la régie qu'elle va assumer cette fonction et cette responsabilité
importantes.
Le Président (M. Montigny) : M.
le député de Jean-Talon.
M. Paradis : La semaine
dernière, lors de l'étude des crédits... et c'est pour ça que les principes
dont on parle sont importants, lors de l'étude des crédits, j'ai eu un échange
avec le PDG d'Hydro-Québec, qui a qualifié les régisseurs de la Régie de
l'énergie de technocrates, et il a dit qu'il préférait contourner sa loi
constitutive qui oblige Hydro-Québec à arriver avec des demandes tarifaires qui
sont basées sur ses calculs et non pas sur les demandes du gouvernement. C'est
ça que la loi prévoit actuellement. Il m'a répondu textuellement qu'il préfère
contourner le processus prévu par la loi, quand le gouvernement lui souffle à
l'oreille : Voici ce que vous allez mettre comme maximum, puis qu'il
préfère ça à ce que des technocrates de la Régie de l'énergie vont décider ou
ont à dire, alors que la loi sur laquelle vous vous rabattez actuellement puis
sur le rôle de la régie prévoit quelque chose de différent.
Et là ce qu'on est en train de faire c'est
de permettre à la régie de décider plus librement lorsqu'elle a devant elle Hydro-Québec,
le même Hydro-Québec qui vient présenter sa demande tarifaire puis qui dit :
C'est basé sur des calculs x, y, z. Puis là il y a une association, il y a un
autre groupe, des citoyens qui disent : Non, on ne veut pas que les tarifs
augmentent autant, parce qu'on pense que le calcul n'est pas basé sur les
bonnes... sur les bons investissements, sur les bons coûts.
Donc là, vous me dites, vous : OK. On
va mettre moins de contrôle citoyen puis on va faire confiance à Hydro-Québec parce
qu'on va lui donner une présomption, le même Hydro-Québec qui vient dire que
c'est des technocrates à la régie. J'ai de la difficulté à comprendre la
logique de tout ça.
• (18 h 20) •
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : M. le
Président, c'est tout le contraire. Je viens dire que la régie défend l'intérêt
public et je m'en remets à la régie pour assumer cette responsabilité. Voilà.
Merci.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Là, vous ne vous
en remettez pas à la régie, là, vous en remettez plus à Hydro-Québec puis à Énergir
parce que vous leur donnez une présomption.
Ça veut dire que quand ils arrivent à la
régie, devant la régie, puis qu'ils disent : Voici la demande tarifaire
que je vous fais, une augmentation de x, y, z, par exemple, basée sur des
acquisitions d'actifs qui valent tant, la régie doit tenir pour acquis que leur
calcul est bon. C'est ça, la présomption.
Puis toute personne qui veut contester ça
va avoir plus de travail pour le faire. C'est ça que ça veut dire. On ne parle
pas du droit d'être entendu, là, on parle de : Est-ce qu'on joue à armes
égales devant la régie? Ou bien on est en train de dire à la régie :
Regarde, je suis en train de te dire comment tu vas décider, parce que quand Hydro-Québec
arrive, il faut que tu tiennes pour acquis que ce qu'ils disent est vrai.
Il faut mettre les messages qu'on reçoit
actuellement <ensemble...
M. Paradis :
...Il
faut mettre les messages qu'on reçoit actuellement >ensemble, là, parce
que l'échange dont je viens de parler aux crédits, il est lié à ça, il est lié
au paradigme et à la façon dont on va considérer la régie, Hydro-Québec puis le
gouvernement.
Le Président (M. Montigny) : Ça
va? Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Mme la députée de Robert-Baldwin,
vous avez la parole.
Mme Garceau : On est en
train... peut-être, sous un autre angle, là, mais il me semble qu'on est en
train d'alourdir, parce que la présomption il va falloir... là, ça va être sur
le consommateur qui va devoir réfuter cette présomption-là, n'est-ce pas?
Donc, on est en train encore d'alourdir le
fardeau de preuve qu'un consommateur va devoir faire même pour réfuter la
présomption. C'est comme on est... Cette présomption-là est en train de faire
en sorte qu'on enlève le moyen de défense le plus important au consommateur, c'est
de venir contester les actifs, la valeur des investissements, et tout ça, que
non, on ne devrait pas le considérer en ce qui a trait à la fixation de ce
tarif.
Donc, il me semble qu'on est en train
vraiment de causer un grand préjudice au consommateur avec cette présomption, un,
d'en avoir une, et deux, le niveau de preuve que le consommateur va devoir
démontrer pour réfuter la présomption.
Je trouve... je trouve vraiment que ce
n'est pas dans l'intérêt du public. Je suis un peu surprise qu'on y tient à
cette présomption-là, parce que ça ne favorise pas les consommateurs, d'aucune
façon.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
est-ce qu'il y a d'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention,
nous pouvons passer à la mise aux voix de l'amendement du député de Jean-Talon.
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Par appel nominal. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Fréchette (Sanguinet)?
Mme Fréchette : Contre.
La Secrétaire : M. Rivest
(Côte-du-Sud)?
M. Rivest : Contre.
La Secrétaire : M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Contre.
La Secrétaire : M. Bussière
(Gatineau)?
M. Bussière : Contre.
La Secrétaire : M. Tremblay
(Dubuc)?
M. Tremblay : Contre.
La Secrétaire : M. Poulin
(Beauce-Sud)?
M. Poulin : Contre.
La Secrétaire : M. Kelley
(Jacques-Cartier)?
M. Kelley : Pour.
La Secrétaire : Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire : M. Montigny
(René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) : Abstention.
Alors, la proposition d'amendement est rejetée.
Nous revenons donc à l'étude de l'article 29.
Est-ce qu'il y a des interventions? Alors, comme il n'y a pas d'intervention à
l'article 29...
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Est-ce
qu'il y a des interventions?
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Oui,
nous pouvons suspendre.
(Suspension de la séance à 18 h 26)
(Reprise à 18 h 27)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous reprenons donc les travaux.
Toujours sur l'étude de l'article 29,
est-ce qu'il y a des interventions? Mme la ministre, je vous écoute.
Mme Fréchette : Alors, M. le
Président, à la demande générale, je vais déposer une proposition d'amendement
qui apportera quelques précisions, des éléments de précisions qui éclaireront
l'Assemblée.
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Est-ce que nous avons besoin de suspendre quelques instants?
Oui. Nous allons suspendre quelques
instants.
(Suspension de la séance à 18 h 28)
(Reprise à 18 h 31)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous reprenons donc nos travaux.
Nous sommes toujours à l'étude de l'article 29.
Nous avons une proposition d'amendement qui nous a été transmise. Elle est
maintenant affichée à l'écran. Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Alors, l'amendement irait comme suit : Remplacer l'article 50
de la Loi sur la Régie de l'énergie proposé par l'article 29 du projet de
loi, par le suivant :
«50. Pour l'application du paragraphe 1°
du premier alinéa de l'article 49, la juste valeur des actifs est calculée
sur la base du coût d'origine, soustraction faite de l'amortissement.
«De même, pour l'application de ce
paragraphe, sont présumés prudemment acquis et utiles les actifs destinés au
transport d'électricité ou à la distribution de gaz naturel lorsque la Régie a
autorisé un projet en vertu des paragraphes 1° ou 2° du premier alinéa de
l'article 73 et les actifs destinés à la distribution d'électricité...
18 h 30 (version révisée)
Mme Fréchette : ...prudemment
acquis et utiles les actifs destinés au transport d'électricité ou à la
distribution de gaz naturel lorsque la Régie a autorisé un projet en vertu des
paragraphes 1° ou 2° du premier alinéa de l'article 73 et les actifs
destinés à la distribution d'électricité.»
Donc, c'est un amendement qui précise l'article 50
de la Loi sur la Régie de l'énergie, proposé par l'article 29 du projet de
loi. Il réfère en ce qui a trait au transport d'électricité et à la distribution
de gaz naturel, au cas où les investissements sont autorisés en vertu de l'article 73
de la Loi sur la Régie de l'énergie. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. Oui, M. le député de Jean-Talon, vous pouvez prendre la parole.
M. Paradis : Si on peut juste
avoir quelques minutes pour bien analyser la proposition d'amendement.
Le Président (M. Montigny) : Vous
proposez une suspension?
M. Paradis : Oui. S'il vous
plaît.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 18 h 33)
(Reprise à 18 h 35)
Le Président (M. Montigny) : Alors
nous sommes prêts à reprendre nos travaux. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions en lien avec la proposition d'amendement qui a été déposée et qui
est affichée à l'écran? M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Je subodore qu'il
s'agit d'un amendement qui est notamment lié à une partie de la discussion qu'on
avait il y a quelques minutes, c'est-à-dire à partir de quel moment les
investissements ont été préautorisés ou pas. Est-ce que vous pourriez nous
spécifier, donc, le sens de cet amendement, la modification qui est proposée?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, M. le député.
Mme Fréchette : ...en fait,
qui vient expliquer qu'il y a présomption de prudemment acquis lorsque ça a été
déjà autorisé à la première étape. Donc, lorsque la régie a autorisé un projet,
en vertu des paragraphes 1° ou 2° du premier alinéa de l'article 73,
lorsque ça a été prudemment acquis en première étape, eh bien, en deuxième
étape, il y a également cette présomption de prudemment acquis qui existe. Ça
rappelle, en fait, qu'il y a eu une première étape durant laquelle il y a eu
une autorisation, autorisation qui est donnée suite à l'analyse des composantes
de la demande.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur cette proposition d'amendement?
Alors, comme il n'y a... Oui. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Bon, c'est donc
dire que, s'il n'y a pas eu d'autorisation dans la première étape, en vertu des
paragraphes 1° ou 2° du premier alinéa de l'article 73, il n'y a pas d'application
de la <présomption...
M. Paradis :
...paragraphes
1° ou 2° du premier alinéa de l'article 73, il n'y a pas d'application de
la >présomption?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. Mme la ministre, quand vous serez prête.
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Vous pouvez y aller, Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. Alors,
il y a deux cas de figure. Donc, il y a également les actifs destinés à la
distribution d'électricité qui sont présumés prudemment acquis. Or, pour les
actifs destinés à la distribution d'électricité, il n'y a pas de
préautorisation. Donc, en fait, il y a deux cas de figure — donc, je
complète ma réponse première — à savoir qu'il y a le cas antérieur,
que j'ai décrit à la réponse précédente, et également les actifs destinés à la
distribution d'électricité qui sont présumés prudemment acquis.
Le Président (M. Montigny) :
M. le député.
M. Paradis : Donc, on avance.
Avec cet amendement, vous limitez... Je l'ai mentionné tout à l'heure, moi, je
préférais nettement l'amendement que j'ai proposé, parce qu'il ne créait pas de
présomption en faveur d'Hydro-Québec ou en faveur d'Énergir. Ça reste ma
position. Maintenant, tout ce qui vise à limiter la portée de ce que vous
faites à l'article 50 va me sembler utile. Et donc là, bien, en fait, on
le voit à la lecture de l'article, mais je comprends de votre réponse, je veux
être bien sûr que je l'ai bien comprise, pour fixer l'intention du législateur...
que je l'ai bien comprise, cette réponse-là : la présomption que vous
créez à l'article 50 ne s'appliquerait que lorsqu'il y a eu une
autorisation en vertu des paragraphes 1° ou 2° du premier alinéa de
l'article 73, et, dans les autres cas, la présomption ne s'applique pas.
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre.
Mme Fréchette : M. le
Président, j'aimerais que Me Marois, en fait, explique la précision qu'on
vient... de manière claire, qu'on vient apporter avec l'amendement.
• (18 h 40) •
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci beaucoup, Me Marois, vous avez la parole.
M. Marois (Samuel) : Donc,
l'amendement clarifie l'intention. Vous avez raison que ça peut... c'est... ça
restreint un petit peu par rapport au... je vous le concède, par rapport au
texte initial. C'est-à-dire qu'on... pour ce qui est du transport d'électricité
et de la distribution de gaz naturel, on réfère spécifiquement au cas où il y a
une autorisation en vertu de l'article 73, donc ce que vous appelez la
préautorisation, là. Mais l'article prévoit aussi que la présomption peut jouer
dans le cas de la distribution d'électricité et les actifs destinés à la
distribution d'électricité. Donc, il y a deux cas de figure : le premier,
quand il y a une autorisation en vertu de l'article 73, mais on le sait
que, depuis 2019, il n'y en a pas pour la distribution d'électricité; et il y a
et les actifs des systèmes de distribution d'électricité. Deux cas de figure.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien.
M. Paradis : Attendez, ça
veut donc dire que vous voyez une séparation entre «sont présumés prudemment
acquis et utiles les actifs destinés au transport d'électricité», ça, c'est une
première partie, et ensuite «ou à la distribution de gaz naturel lorsque la
Régie a autorisé un projet en vertu des paragraphes 1° ou 2° du premier alinéa
de l'article 73». Donc, cette dernière partie-là de l'article ne
s'applique qu'à la distribution de gaz naturel lorsque la régie a autorisé,
c'est ça?
M. Marois (Samuel) : En
fait...
M. Paradis : Pas à la première
partie, donc.
M. Marois (Samuel) : La
première partie, c'est... «Sont présumés prudemment acquis et utiles». Première
partie : «Les actifs destinés au transport d'électricité ou à la
distribution de gaz naturel lorsque la régie l'autorise», à l'article 73.
Fin de la première partie. Deuxième partie...
M. Paradis : Et les actifs
destinés à la distribution.
M. Marois (Samuel) : ...Et
les actifs... Exact.
M. Paradis : Donc, dans le
cas des actifs destinés à la distribution d'électricité, la présomption
continue toujours à s'appliquer?
M. Marois (Samuel) : ...
M. Paradis : Bon, alors, y <compris
dans la...
M. Paradis :
...
continue toujours à s'appliquer?
M. Marois (Samuel) :
...
M. Paradis :
Bon,
alors, y >compris dans la deuxième partie, donc des «actifs destinés au
transport d'électricité ou à la distribution de gaz naturel lorsque la Régie a
autorisé un projet en vertu des paragraphes 1° ou 2° du premier alinéa de
l'article 73». Je vais vous poser une... bien, en fait, je vais poser la
question à la ministre, peut-être d'abord, Me Marois. Mais je reviens à ce que
j'ai mentionné précédemment sur les dépassements de coûts au Québec, là, ce qui
se passe actuellement puis le contrôle des dépenses publiques. Entre le moment
où on préautorise un projet en vertu, par exemple, des premier ou deuxième
paragraphes du premier alinéa de l'article 73 ou, dans le cas ici, des
actifs destinés à la distribution, où il n'y a pas la même contrainte, vous convenez
qu'entre le moment où on préautorise, où Hydro-Québec vient voir la régie,
Énergir vient voir la régie puis dit : Autorise-moi à faire telle
acquisition à tel montant, il peut y avoir des grands dépassements de coûts?
S'agissant des investissements
d'Hydro-Québec, on parle de milliards par année — de milliards. C'est
le plan, là, à l'horizon 2035, c'est des milliards d'investissements
chaque année. Un point de pourcentage dans le coût des actifs, ça peut être des
centaines de millions de dollars. Comment sont traités ces éventuels
dépassements de coûts, entre le moment où on vient à la régie, à la première
étape, puis ensuite la deuxième étape? C'est traité comment, ça? Parce que
c'est ça dont on parle, on parle d'un contrôle citoyen des coûts d'acquisition
des actifs. C'est ça, l'article 50. Moi, je veux étendre le pouvoir de
contrôle citoyen. Vous, vous dites : Non, on les limite parce qu'on va
donner des présomptions en faveur d'Hydro-Québec, quand ils font leurs calculs,
pour dire : Maintenant, je vous charge plus cher votre électricité.
Donc, qu'est-ce qui arrive, Mme la
ministre, quand on a dit... on s'est présenté, puis on va dire : Bon,
bien, ça va me coûter 2,5 milliards, puis là, finalement, ça a coûté
3,5 milliards, puis c'est ça que j'inclus dans mes tarifs? Là, vous venez
de limiter une possibilité, pour une association ou un citoyen, de dire :
Ah! Hydro-Québec l'a mal géré, ce n'est pas aux consommateurs de payer. À moins
que vous me disiez qu'il y a un autre mécanisme entre le moment... Parce que
vous dites : Ah! c'est déjà passé devant la régie. Qu'est-ce qu'on fait
avec ça, les dépassements de coûts puis les actifs de milliards de dollars qui
coûtent plus cher? On fait quoi quand on enlève le pouvoir de le contrôler aux
citoyens?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, M. le député. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. Alors,
j'aimerais souligner qu'il y a une... il y a une procédure qui est prévue en
cas de dépassements de coûts, parce qu'en fait la régie autorise le projet aux
conditions qu'elle détermine, et les conditions qu'elle détermine, ça réfère
notamment au prix qui est payé. Alors, s'il y a des dépassements de coûts, eh
bien, la régie peut demander à revoir la décision, parce qu'il y a eu
dépassements de coûts. Donc, ce n'est pas un chèque en blanc, quoi qu'il
advienne, c'est des conditions, il y a des conditions qui sont associées à la
décision de la régie à la première étape.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien.
M. Paradis : Bien, je
comprends ce que la ministre dit, là, mais ça ne répond pas à la question que
je lui pose. Depuis... Depuis de longues minutes, on dit : Bien là, on n'a
pas vraiment besoin de ça, de laisser les gens faire leurs preuves
équitablement avec Hydro-Québec et Énergir sur les coûts des investissements
d'actifs au moment de fixer les tarifs, parce que ça va déjà avoir été fait
avant. Très bien. Si, dans l'avant, Hydro-Québec s'est présentée puis
dit : Ça va coûter... Je vous demande, régie, autorisez-moi
2,5 millions... 2,5 milliards pour tel actif, puis là on arrive devant la
régie au moment de fixer les tarifs puis on dit : Oh! ça a coûté
3,5 milliards, donc je vous demande de tenir compte de ce prix-là,
3,5 milliards, pour fixer les tarifs. Puis là la régie, elle regarde ça,
puis la présomption, ça, elle dit : Oh! je suis obligée de tenir pour
acquis que c'est correct. C'est ça, oui, c'est ça que la présomption fait. La
présomption fait en sorte que, quand Hydro-Québec va arriver avec ses calculs,
la régie va tenir pour acquis que c'est ça, à moins de preuve contraire par une
association ou un citoyen. Qu'est-ce qu'on fait quand il y a un dépassement de
coûts, quand ça coûte 1 milliard de plus, mettons?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien...
M. Paradis : Puis je vous
pose aussi la question : Quand ce n'est pas du transport puis c'est de la
distribution, c'est quoi, là, le lien avec 73? <Est-ce qu'on...
M. Paradis :
...
Quand ce n'est pas du transport puis c'est de la distribution, c'est quoi, là,
le lien avec 73? >Est-ce qu'on est en train de modifier le sens de
l'article 73? Je suis vraiment curieux.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Oui.
M. Paradis : Ce sont des
questions de centaines de millions puis d'impacts sur les tarifs, ça m'apparaît
important de voir : Si on retire un mécanisme de contrôle citoyen de ces
calculs-là, est-ce qu'on a donné d'autres garanties ailleurs?
Le Président (M. Montigny) : Alors,
est-ce qu'il y a d'autres interventions? Oui, Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. Bien,j'aimerais préciser que, lorsqu'il y a un dépassement de coûts, la régie a
un pouvoir pour ramener, par exemple, Hydro-Québec à l'étape 1. S'il y a
un dépassement de coûts, par exemple, de 15 %, si c'est ce qui était
prescrit à l'étape 1, de ne pas dépasser de 15 % les prix autorisés,
ce qui réfère aux conditions autorisées, eh bien, s'il n'y a pas respect de
cette condition-là, on reste... on revient à l'étape 1. Donc, il y a des
mécanismes pour éviter les dépassements de coûts et pour avoir un contrôle sur
les dépenses.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. Mme la députée de Robert-Baldwin a demandé la parole, mais je ne
veux pas couper votre élan, M. le député de Jean-Talon. Je vous laisse
continuer?
M. Paradis : Je vais... Je
vais laisser ma collègue, mais je vais revenir parce que...
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Très, très bien.
M. Paradis : ...on n'a pas
terminé.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Alors, Mme la députée, je vous laisse la parole.
Mme Garceau : Merci beaucoup,
M. le Président. Moi, je regarde, en ce moment, d'une autre façon. Parce qu'on
est en train de parler de l'autorisation d'un projet, évidemment, des actifs,
de la valeur des actifs qui sont utiles, parce que là on parle de la
présomption, et on nous réfère ici, dans votre amendement, au paragraphe 1° ou 2°
du premier alinéa de l'article 73. Lorsqu'on va à l'article 73 et on
regarde alinéas 1° et 2°, vous amendez, il y a un amendement... il y a même
deux amendements qui touchent le 1° et le 2° et donc qui feraient en sorte
qu'on est en train d'élargir, si je peux dire, la définition d'actifs qui
serait utiles ou prudemment acquis.
• (18 h 50) •
Parce que, si vous regardez les
amendements, premier amendement : «Le premier alinéa n'empêche pas le
transporteur d'électricité ou un distributeur de gaz naturel d'effectuer des
investissements aux fins d'inventaire, de levés, d'examens, d'analyses ou
d'autres travaux préparatoires lorsque ceux-ci sont directement liés à une
opération prévue au premier alinéa. Ils peuvent également demander à la Régie
d'autoriser de tels investissements et, dans le cas où une autorisation est
accordée, les investissements sont présumés utiles pour l'application du
premier alinéa 1° du premier alinéa de l'article 49.»
Et par la suite il y a un autre
amendement : «Dans l'examen d'une demande d'autorisation visée au
paragraphe 1° ou 2° du premier alinéa, la Régie tient compte, le cas échéant :
des prévisions de vente des distributeurs», et ainsi de suite.
Et donc pour moi, en ce moment, avec
égard, il me semble qu'il faudrait suspendre cet amendement parce qu'il
faudrait aller regarder 73 pour déterminer : Est-ce que 73, avec... amendé
va être adopté? On ne peut pas aller adopter 50, en ce moment, sans réviser 73,
parce qu'on est en train d'élargir, d'après moi, là, un peu la définition des
investissements ou des actifs qui vont... qui vont devenir présumés... présumés
acquis ou utiles.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. <Merci. D'autres interventions...
Mme Garceau :
... qui vont... qui vont devenir présumés... présumés acquis ou utiles.
Le Président (M. Montigny) :
Très
bien. >Merci. D'autres interventions?
Mme Garceau : ...réponse. Parce
que soit qu'on va suspendre, parce que c'est prématuré, là, en ce moment, cet
amendement-là, parce qu'il faut aller à 73. Il faut déterminer est-ce que les
amendements à 73 vont être adoptés. Puis là, si oui, bien là, on retourne à 50,
d'après moi.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Je vous entends. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? M. le
député de Jean-Talon, je vous laisse la parole.
M. Paradis : Je redis
que cet article-là me semble un pas en avant, mais ça pose d'intéressantes
questions. Donc, cet amendement-là fait une distinction, maintenant, entre les
actifs destinés à la distribution d'électricité. Ceux-là, la présomption
s'applique. Puis, quand c'est le transport d'électricité ou la distribution de
gaz naturel, la présomption, ça ne s'applique pas quand il y aura une
préautorisation, ce que j'appelle, oui, une autorisation en fonction de
l'article 73, paragraphes 1° ou 2°.
La ministre a répondu à plusieurs reprises
à mes questions précédentes en disant : Oui, mais il va y avoir eu
intervention de la régie avant. Mais moi, quand je regarde l'article 73,
il n'y a pas d'autorisation lorsqu'il s'agit de distribution d'électricité.
Parce que 73, ça dit : «Le transporteur d'électricité et les distributeurs
de gaz naturel doivent obtenir l'autorisation de la Régie, aux conditions et
dans les cas qu'elle fixe par règlement, pour :
«1° acquérir, construire ou disposer
des immeubles ou des actifs destinés au transport — dans le cas de
l'électricité — ou à la distribution — dans le cas du gaz
naturel;
«2° étendre, modifier ou changer
l'utilisation de leur réseau de transport — dans le cas de
l'électricité — ou de distribution — dans le cas du gaz.»
Moi, quand je lis 73, puis on revient à
nos discussions précédentes, je vois qu'il n'y a pas eu d'autorisation de la
régie pour l'acquisition d'actifs, parce que 73 ne s'applique pas. Donc, il n'y
en a pas eu, de première étape, lorsqu'il s'agit de distribution. Puis là, dans
votre amendement, vous dites : Ah! quand c'est de la distribution, la
présomption s'applique. Donc, tu n'as pas eu de première étape d'autorisation
de la régie pour l'acquisition de l'actif, qui peut être des milliards de
dollars. Puis là, après ça, quand tu l'inclus dans ton calcul pour fixer les
tarifs, tu mets une présomption là-dessus. Puis l'association ou
M. Tremblay ou Mme Lopez qui veulent dire : Bien non, tu ne
devrais pas mettre ces coûts-là, est prise avec une présomption, en disant
qu'on présume que ça été bien acquis puis qu'il n'y a pas eu d'autorisation de
la régie.
À moins que je ne comprenne pas le lien
entre l'article 73 puis l'article 50. Mais, moi, ça m'apparaît assez
clair. Donc là, vous venez vraiment de diminuer fortement le contrôle citoyen
sur le montant des tarifs qui est demandé par les deux gros joueurs en fonction
du coût de leurs acquisitions. Pas de contrôle à la première étape pour la
distribution, puis une présomption quand tu arrives pour fixer le tarif.
Le Président (M. Montigny) :
Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
M. Paradis : En fait,
j'en fais une question : Est-ce que la logique que je viens d'énoncer est
erronée? Si oui, j'aimerais qu'on me demande... qu'on me dise pourquoi. Si elle
n'est pas erronée, pourquoi on vient créer... pourquoi on vient créer une
présomption à l'étape de la fixation des tarifs? Parce que, là, il n'y en aura
pas eu, de contrôle à la première étape, lorsqu'il s'agit des actifs de
distribution.
Le Président (M. Montigny) :
Nous allons prendre quelques instants, là.
Alors, nous pouvons suspendre quelques
instants. On va suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 18 h 57)
19 h (version révisée)
(Reprise à 19 h 06)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous sommes donc de retour pour environ neuf minutes avant l'ajournement.
Alors, Mme la ministre, je vous laisse la parole.
Mme Fréchette : Oui, merci, M.
le Président. Donc, bien, d'une part, je voudrais mentionner qu'il y a des...
il y a des présomptions qui sont absolues, mais dans ce cas-ci, on ne fait pas
face à des présomptions absolues, au sens où quelqu'un... s'il y a quelqu'un
qui soulève un doute par rapport au fait qu'il n'y a peut-être pas eu
présomption d'acquisition de manière... voyons, le terme... prudente, de
manière prudente... pardon, ce mot-là me glisse de l'esprit... donc il y a
possibilité de faire en sorte que soit évaluée à nouveau une décision, une
autorisation qui a été donnée et de ramener à la case un, donc, Hydro-Québec ou
un joueur, un distributeur. Alors, voilà, il y a une variabilité dans les types
de présomption.
Dans ce cas-ci, le fardeau est sur la
personne qui voit un doute, en fait, par rapport à une décision, une
autorisation donnée. Il faut rappeler qu'il y a des conditions qui sont
associées aussi aux autorisations et que, si ces conditions-là ne sont pas
respectées, par exemple un dépassement de coûts, un dépassement de budget, eh
bien, il va falloir revenir, encore là, à la case un, la case départ, pour
faire en sorte de réexpliquer et redemander une autorisation, advenant que les
conditions ne soient pas <respectées...
Mme Fréchette :
...redemander une autorisation, advenant que les conditions
ne soient pas >respectées. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien, merci. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : On va se résumer,
parce que c'est vraiment une question importante. Nous sommes dans une époque
où il y a une commission d'enquête actuellement sur des scandales qui ont coûté
des centaines de millions de dollars aux Québécois. Ça, c'est le contexte
actuel, puis on parle qu'on veut essayer de limiter les coûts, de mieux les
contrôler. C'est de ça dont on parle actuellement.
En 2019, vous avez adopté une loi qui
enlève des contrôles de la régie au moment de l'acquisition des actifs de
distribution, quand on distribue de l'électricité. Avant, il fallait les venir...
il fallait les faire autoriser. Plus maintenant. Donc, on peut acquérir des
milliards de dollars, Hydro-Québec peut acquérir des milliards de dollars
d'actifs pour la distribution d'électricité sans aller devant la régie. Au
moment où Hydro-Québec arrive devant la régie, dans une deuxième étape, pour
faire fixer les tarifs, elle demande à la régie : Je voudrais augmenter
les tarifs de tel montant, notamment parce que j'ai fait ces dépenses-là. Il y
a un autre mécanisme de contrôle des coûts qui ont été engendrés, et donc, de
ce qu'on calcule, ce qu'on inclut dans le montant de fixation des tarifs, et là
il y a un contrôle citoyen de nouveau, qui peut s'exercer.
Et là, de nouveau, vous diminuez cette
capacité de contrôle parce que vous venez créer, à même le projet n° 69,
une présomption qui dit que, quand Hydro-Québec arrive à cette étape-là devant
la régie, la régie doit tenir pour acquis que ce qu'ils disent, les calculs
qu'ils ont faits et les actifs qu'ils ont acquis pour la distribution
d'électricité c'est ça qui est ça. Et l'association ou le citoyen qui veut
exercer un contrôle va se trouver dans une situation plus difficile parce qu'il
va y avoir une pente à remonter.
C'est vraiment ça qu'on veut faire en 2025
dans le contexte que je viens de mentionner? C'est vraiment ça? On a enlevé un
contrôle en 2019, à la première étape, il n'y en a plus, puis là on diminue la
capacité citoyenne de contrôle à la deuxième étape. Ça, je ne dirais pas que
c'est de l'efficacité ou de l'évitement de dédoublements, je dirais que c'est
d'empêcher des citoyens et des organisations de participer à un contrôle
efficace de l'action des sociétés d'État comme Hydro-Québec. C'est vraiment ça
qu'on veut faire à travers le projet de loi n° 69?
Point d'interrogation.
• (19 h 10) •
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Donc, je rappelle que le citoyen a tout de même un contrôle, au sens
où s'il soupçonne qu'il y a une anomalie ou si une condition n'a pas...
n'aurait pas été respectée, il peut le signaler, il peut déposer ses
observations et il y a une mécanique qui va s'enclencher. Donc, ce contrôle-là
continue d'exister. Seulement, il y a une présomption d'acquisition prudente.
Le Président (M. Montigny) : Allez-y,
M. le député.
M. Paradis : Et donc
diminution de la capacité de contrôle citoyen des investissements
d'Hydro-Québec, et surtout, de leur impact sur la tarification de M. et Mme
Tout-le-monde. Ça peut concerner tous les citoyens du Québec dans la facture
qu'ils reçoivent à chaque mois d'Hydro-Québec. Combien ils vont payer, c'est
basé sur des calculs d'Hydro-Québec, et là on diminue la capacité des citoyens
d'avoir un point de vue alternatif à celui d'Hydro-Québec. De un.
Deuxièmement, il y a la question du
dépassement des coûts, même lorsqu'il s'agit des actifs de transport ou des
actifs de distribution de gaz, dans le cas d'Énergir. Vous avez indiqué qu'il y
avait des mécanismes, mais là encore une fois, on vient de faciliter la vie du
plus gros joueur pour démontrer que tout ça, c'est justifié, puis qu'on a bien
fait. Ce qu'on veut, c'est rendre ça mieux contrôlé actuellement, et vous
faites... vous allez dans le sens contraire avec ces modifications.
Le Président (M. Montigny) : D'autres
interventions? Alors, il n'y a pas d'autre intervention. Alors, comme il n'y a
pas d'autre intervention, on peut passer à la mise aux voix de la proposition
d'amendement à l'article 50, qui était déposée par la partie
gouvernementale.
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Oui,
l'article 29, qui modifie l'article 50. Mme la secrétaire... Ah! il
n'y a pas d'appel nominal? Non, ça va? Alors, est-ce que... Oui, appel <nominal?...
Le Président (M. Montigny) :
...Mme
la secrétaire... Ah! il n'y a pas d'appel nominal? Non, ça va? Alors, est-ce
que... Oui, appel >nominal? Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Fréchette (Sanguinet)?
Mme Fréchette : Pour.
La Secrétaire : M. Rivest
(Côte-du-Sud)?
M. Rivest : Pour.
La Secrétaire : M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Pour.
La Secrétaire : M. Tremblay
(Dubuc)?
M. Tremblay : Pour.
La Secrétaire : M. Poulin
(Beauce-Sud)?
M. Poulin : Pour.
La Secrétaire : M. Bussière
(Gatineau)?
M. Bussière : Pour.
La Secrétaire : M. Kelley
(Jacques-Cartier)?
M. Kelley : Contre.
La Secrétaire : Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Contre.
La Secrétaire : M. Montigny
(René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) : Abstention.
Donc, l'amendement proposé à l'article 29, qui modifie l'article 50,
est donc adopté. Nous sommes maintenant de retour à l'article 29, tel
qu'amendé. Il nous reste environ deux minutes avant l'ajournement. Nous sommes
de retour à l'article 29. Est-ce qu'il y a des interventions sur
l'article 29, tel qu'amendé? S'il n'y a pas d'intervention, nous avons le
temps de passer à la mise aux voix de l'article 29. Est-ce que
l'article 29 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Montigny) : Adopté.
Très bien. On passerait à l'article 30, qui a été suspendu, mais je vous
avoue que, compte tenu de l'heure, je vous remercierais de votre collaboration.
Et la commission ajourne donc ses travaux
sine die.
(Fin de la séance à 19 h 14)