Journal des débats de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
Le
jeudi 5 juin 2025
-
Vol. 47 N° 74
Étude détaillée du projet de loi n° 69, Loi assurant la gouvernance responsable des ressources énergétiques et modifiant diverses dispositions législatives
Aller directement au contenu du Journal des débats
Intervenants par tranches d'heure
-
-
Montigny, Yves
-
Garceau, Brigitte B .
-
Fréchette, Christine
-
Kelley, Gregory
-
Bussière, Robert
-
Tremblay, François
-
Sainte-Croix, Stéphane
-
Bernard, Daniel
-
Poulin, Samuel
-
Bouazzi, Haroun
-
Paradis, Pascal
-
-
Montigny, Yves
-
Paradis, Pascal
-
Fréchette, Christine
-
Kelley, Gregory
-
-
Fréchette, Christine
-
Kelley, Gregory
-
Montigny, Yves
-
Garceau, Brigitte B .
-
Paradis, Pascal
-
Bouazzi, Haroun
-
-
Montigny, Yves
-
Kelley, Gregory
-
Fréchette, Christine
-
Bouazzi, Haroun
-
Paradis, Pascal
-
-
Montigny, Yves
-
Paradis, Pascal
-
Fréchette, Christine
-
Garceau, Brigitte B .
-
-
Montigny, Yves
-
Fréchette, Christine
-
Paradis, Pascal
-
Garceau, Brigitte B .
-
-
Paradis, Pascal
-
Montigny, Yves
-
Fréchette, Christine
-
Kelley, Gregory
-
Garceau, Brigitte B .
-
-
Fréchette, Christine
-
Garceau, Brigitte B .
-
Montigny, Yves
-
Bouazzi, Haroun
-
Kelley, Gregory
-
-
Montigny, Yves
-
Kelley, Gregory
-
Fréchette, Christine
-
Paradis, Pascal
-
Garceau, Brigitte B .
-
Bouazzi, Haroun
-
Bussière, Robert
-
Tremblay, François
-
Sainte-Croix, Stéphane
-
Bernard, Daniel
-
Poulin, Samuel
-
-
Paradis, Pascal
-
Montigny, Yves
-
Fréchette, Christine
-
-
Montigny, Yves
-
Fréchette, Christine
-
Garceau, Brigitte B .
-
Paradis, Pascal
-
-
Paradis, Pascal
-
Montigny, Yves
-
Fréchette, Christine
-
Garceau, Brigitte B .
-
-
Garceau, Brigitte B .
-
Montigny, Yves
-
Fréchette, Christine
-
Paradis, Pascal
-
-
Montigny, Yves
-
Fréchette, Christine
-
Paradis, Pascal
-
Kelley, Gregory
-
Bussière, Robert
-
Tremblay, François
-
Sainte-Croix, Stéphane
-
Bernard, Daniel
-
Poulin, Samuel
-
Garceau, Brigitte B .
-
Bouazzi, Haroun
11 h 30 (version révisée)
(Onze heures trente-six minutes)
Le Président (M. Montigny) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la
séance de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des
ressources naturelles ouverte.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 69, la Loi assurant la
gouvernance responsable des ressources énergétiques et modifiant diverses
dispositions législatives.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements ce matin?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Rivest (Côte-du-Sud) est remplacé par M. Poulin
(Beauce-Sud) et M. Ciccone (Marquette), par Mme Garceau
(Robert-Baldwin).
Le Président (M. Montigny) : Bien.
Lors de l'ajournement de nos travaux, hier, nous étions à l'étude d'un
amendement proposé par le député de Jean-Talon à l'article 39. Par
ailleurs, je vous rappelle que les articles 111, 112, 129.1 sont suspendus. Est-ce
qu'il y a d'autres interventions en lien avec l'amendement proposé sur l'article 39?
Mme la députée de Robert-Baldwin, vous avez la parole.
Mme Garceau : Merci beaucoup,
M. le Président. Lorsqu'on s'est laissés hier, à la fin de notre session... Et
j'avais posé une question et j'ai eu la réponse concernant l'aspect de l'incohérence,
mais j'aimerais revenir, M. le Président, en ce qui a trait à l'amendement à l'article 61
et l'article 61... l'article 61 amendé puis l'article 61,
évidemment, là, qui a été retiré au complet par ce projet de loi. Et l'ancien
article, qui se lisait : «Nul ne peut exploiter un réseau de distribution
d'électricité sur le territoire d'un titulaire d'un droit exclusif de
distribution d'électricité»... Et là, le 61, on est dans la distribution et non
pas l'exploitation. Et je tente de comprendre ici la raison pour laquelle l'article 61,
tel qu'amendé, commence avec «sauf dans le cas visé au troisième alinéa de
l'article 60, nul ne peut distribuer de l'électricité». Donc, la première
partie, là, avant «nul». «Nul ne peut distribuer de l'électricité à un
consommateur sur un territoire sans être titulaire d'un droit exclusif de
distribution sur celui-ci.» Parce qu'à l'article 60, troisième <alinéa,
il y a une...
Mme Garceau :
...
titulaire d'un droit exclusif de distribution sur celui-ci.» Parce qu'à
l'article 60, troisième >alinéa, il y a une distinction à faire
entre les titulaires d'un droit exclusif de distribution et, dorénavant, une
entreprise, un individu qui va pouvoir vendre de l'électricité ou sera un
distributeur d'électricité à un tiers. Je comprends qu'il y a une condition que
l'installation est située, là, dans un emplacement adjacent, mais les
personnes, les entreprises, puis on sait qu'elles pourraient être nombreuses,
ne sont pas des titulaires d'un droit exclusif de distribution. Est-ce que j'ai
raison?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Oui, votre
lecture est bonne.
• (11 h 40) •
Mme Garceau : OK. Donc,
pourquoi la nécessité de commencer le paragraphe avec «sauf dans le cas visé au
troisième alinéa de l'article 60»? Parce qu'encore les entreprises, les
gens qui vont pouvoir vendre de l'électricité ne sont pas des distributeurs... ne
sont pas, je m'excuse, des titulaires d'un droit exclusif de distribution.
Donc, on aurait pu très bien... On aurait pu commencer l'article 61
avec : «Nul ne peut distribuer de l'électricité à un consommateur sur un
territoire sans être titulaire d'un droit exclusif de distribution sur celui-ci»,
parce que l'article 60 se distingue de cet article-là. Parce qu'avec
l'amendement, est-ce qu'on est en train de, possiblement, élargir le bassin de
potentielles entreprises qui pourraient vendre de l'électricité, conformément à
l'article 60, et là qui deviennent des titulaires de droit exclusif de
distribution?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Alors, bonjour à tous. Contente de vous retrouver. Alors, en fait,
on ne veut pas octroyer de droits de distribution d'électricité, droits
exclusifs de distribution d'électricité à quelqu'un qui n'approvisionnerait que
le terrain adjacent. Donc, on ne veut pas procéder à l'octroi d'un droit
exclusif de distribution d'électricité et, par conséquent, il faut y aller avec
le début proposé, l'expression «sauf dans le cas visé au troisième alinéa».
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Mme la députée.
Mme Garceau : Mais, on se
comprend, Mme la ministre, les entreprises qui vont avoir l'autorité, là,
l'autorisation de vendre de l'électricité, conformément à l'article 60, le
troisième alinéa, ne sont pas des titulaires d'un droit exclusif de
distribution.
Mme Fréchette : Exact, et on
ne veut pas qu'ils le deviennent. Et par conséquent ça prend une exception à
l'article 61. Parce que, s'ils n'ont pas de droit exclusif de
distribution, qu'on ne veut pas leur en donner, ils n'auraient pas la capacité
de faire ce qui est prévu par l'article 60. Donc, c'est de la concordance
en ce sens-là.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien.
Mme Garceau : OK. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Oui, M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui, M. le
Président. Merci beaucoup. C'est certain que c'est en lien avec l'amendement
du... mon collègue. Et aussi, juste de comprendre un petit peu la différence, et
peut-être la ministre ou Me Marois peut clarifier ça pour nous. On ajoute,
comme, dans le texte proposé «sauf dans le cas visé au troisième alinéa de
l'article 60». Ça, c'est un élément qui est ajouté. Mais dans la... <Verb>qu'est-ce
que le texte est supprimé, on dit que «nul ne peut exploiter un réseau de
distribution d'électricité sur le territoire d'un titulaire d'un droit exclusif
de distribution d'électricité.» On peut quand même avoir cette première ligne,
aller avec ça. Mais le vrai changement, c'est entre qu'est-ce qui est écrit,
qu'on parle d'un réseau de distribution d'électricité, versus «nul ne peut distribuer
de l'électricité à un consommateur sur un <territoire sans...
M. Kelley :
...
d'électricité, versus «nul ne peut distribuer de l'électricité à un
consommateur sur un >territoire sans être titulaire d'un droit exclusif
de distribution sur celui-ci.» Ce n'est pas la même chose. Alors, pourquoi on
n'a pas gardé... Si on ajoute le lien avec l'article 60, pourquoi c'était
nécessaire de changer le texte actuel? Et c'est quoi, les conséquences et les
impacts? On n'est pas en train de parler de juste un réseau de distribution, ça
me semble.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Alors. Nous avons besoin du consentement pour laisser la parole à Me
Marois aujourd'hui. Est-ce que nous avons le consentement? Très bien. Me
Marois, je vous cède la parole.
M. Marois (Samuel) : Bonjour.
Samuel Marois, avocat au ministère de la Justice. C'est la suite d'une
discussion qu'on a commencé à avoir quand on a parlé de l'article 2 de la
Loi sur la Régie de l'énergie, qui parle des définitions applicables pour...
dans cette loi-là.
Donc, un réseau de distribution
d'électricité, c'est quoi, c'est... Ça nous ramène à c'est quoi, les
installations. Est-ce que, quand quelqu'un, par exemple, installe des panneaux
solaires chez lui, distribue à son voisin... est-ce que c'est un réseau de
distribution d'électricité? La définition à l'époque, dans la Loi sur la Régie
de l'énergie, avait été faite un peu pour... en fonction des grandes... des
installations d'Hydro-Québec, là. Donc, on parlait de la sortie des postes de
transformation, et tout ça. Le choix de rédaction qui a été fait ici, c'est de
non pas référer aux installations qui servent à distribuer, mais de référer à
l'action de distribuer. Donc, c'est vraiment le... rattaché à la situation
juridique, là, la distribution, plutôt qu'à des installations, pour essayer de
couvrir le plus... le plus large éventail possible de situations où il y aurait
une distribution entre deux personnes.
M. Kelley : Parfait. Alors,
ça permet, effectivement, plusieurs systèmes de distribution, pas, comme,
directement avec une grande installation d'Hydro-Québec, mais l'autoproduction,
vendre ça à un client qui est à côté. C'est bien ça? OK. Je pense, c'est clair pour
moi pour l'instant. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. Alors, pour les interventions? Alors, comme il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons donc procéder à la mise aux voix de l'amendement du
député de Jacques-Cartier.
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Non,
de Jean-Talon!
M. Kelley : Ah oui?
Le Président (M. Montigny) : Oui.
C'est ça, c'est Jean-Talon. J'ai eu une petite hésitation, là, ça faisait...
C'était hier, hein? Alors, sur l'amendement du député de Jean-Talon...
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Par
vote par appel nominal. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Fréchette (Sanguinet)?
Mme Fréchette : Contre.
La Secrétaire : M. Bussière
(Gatineau)?
M. Bussière : Contre.
La Secrétaire : M. Tremblay
(Dubuc)?
M. Tremblay : Contre.
La Secrétaire : M. Sainte-Croix
(Gaspé)?
M. Sainte-Croix : Contre.
La Secrétaire : M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Contre.
La Secrétaire : M. Poulin
(Beauce-Sud)?
M. Poulin : Contre
La Secrétaire : M. Kelley
(Jacques-Cartier)?
M. Kelley : Pour.
La Secrétaire : Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire : M. Bouazzi
(Maurice-Richard)?
M. Bouazzi : Pour.
La Secrétaire
: M. Montigny
(René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) : Abstention.
Alors, la proposition d'amendement est rejetée. Nous revenons donc à l'étude de
l'article 39. Alors, des interventions? Mme la ministre?
Mme Fréchette : Non.
Le Président (M. Montigny) : Non.
L'article 39...
M. Paradis : ...M. le
Président?
Le Président (M. Montigny) : On
va valider au niveau des temps, on va sortir ça. Alors, pour l'article 39,
au niveau du temps, malheureusement, M. le député de Jean-Talon, vous n'avez
plus de temps. Par contre, pour les autres, les blocs sont presque complets, un
peu de temps a été utilisé de la part du député de Jacques-Cartier. Est-ce
qu'il y a des interventions en lien avec l'article 39? Alors, nous pouvons
passer à la mise aux voix de l'article 39. Est-ce qu'à l'article 39
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Montigny) : Adopté...
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Par
appel nominal. Nous allons procéder. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Fréchette (Sanguinet)?
Mme Fréchette : Pour.
La Secrétaire : M. Bussière
(Gatineau)?
M. Bussière : Pour.
La Secrétaire : M. Tremblay
(Dubuc)?
M. Tremblay : Pour.
La Secrétaire : M. Sainte-Croix
(Gaspé)?
M. Sainte-Croix : Pour.
La Secrétaire : M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Pour.
La Secrétaire : M. Poulin
(Beauce-Sud)?
M. Poulin : Pour.
La Secrétaire : M. Kelley
(Jacques-Cartier)?
M. Kelley : Contre.
La Secrétaire : Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Contre.
La Secrétaire : M. Bouazzi
(Maurice-Richard)?
M. Bouazzi : Contre.
La Secrétaire : M. Montigny
(René-Lévesque)
Le Président (M. Montigny) : Abstention.
Alors, l'article 39 est donc adopté. Ça va. Alors, maintenant, dans notre
feuille de route, ça nous amènerait à l'article 40. Mme la ministre, quand
vous serez prête.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Donc, l'article 62 de cette loi est modifié :
1° par la suppression, dans le
premier alinéa, de «ou privés»;
2° par la suppression du troisième
alinéa; et
3° par le remplacement, dans le
quatrième alinéa, de «client» par <«consommateur».
Donc, c'est un article...
Mme Fréchette : ... par
le remplacement, dans le quatrième alinéa, de «client» par >«consommateur».
Donc, c'est un article qui retire des
références au réseau privé à l'article 62 de la Loi sur la Régie de
l'énergie, qui énumère les titulaires d'un droit exclusif de distribution
d'électricité. Il remplace aussi dans cet article le mot «client» par «consommateur».
Merci.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci. Alors, nous sommes à l'étude de l'article 40. Sur
l'article 40, est-ce qu'il y a des interventions? Alors, M. le député de
Jean-Talon, vous avez la parole.
M. Paradis : Bien,
est-ce que la ministre pourrait expliquer un petit peu plus en avant ce qu'elle
entend faire avec les deux retraits de cet article-là? Je comprends qu'il y a
plus loin, là, la modification du mot «client» par «consommateur», on a déjà eu
cette discussion-là. Mais sur le retrait, là, des deux éléments, est-ce que la ministre,
là, peut donner un peu plus d'explications?
• (11 h 50) •
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Alors, Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Alors, M.
le Président, donc, en réponse à la demande du député de Jean-Talon, donc,
c'est un article, en fait, qui vient éliminer la référence aux réseaux privés,
qui existe à l'article 62, les réseaux privés étant des entités qu'on ne
connaissait pas vraiment, dont on n'avait pas connaissance de l'existence
jusqu'à ce que, bon, récemment, on fasse appel à ceux qui s'identifiaient à
cette définition et qu'il y en ait deux qui lèvent la main. On va laisser la
possibilité à ce que ceux qui se reconnaissent dans cette définition-là
puissent lever la main, pour encore combien de temps...
Une voix : ...
Mme Fréchette : ...trois
mois, pour encore trois mois. Donc, on aura un amendement pour ça. Mais ce que
l'on veut faire, c'est de renforcer le droit exclusif d'Hydro-Québec de
distribution d'électricité et de retirer cette notion qu'il y a des réseaux
privés qui puissent être considérés comme des distributeurs exclusifs
d'électricité.
M. Paradis : Est-ce que
vous auriez plus de détails, là? De qui parle-t-on, de quoi parle-t-on, dans ce
cas-ci?
Mme Fréchette : ...plus
loin dans le texte, là.
Des voix : ...
Mme Fréchette : On a
demandé à ce qu'ils se déclarent. Il y en a deux qui se sont déclarés. Donc, on
proposera de reconnaître ceux qui sont déjà actifs à ce titre-là. Mais je vous
reviens avec la précision. L'article...
Une voix : ...
Mme Fréchette :
L'amendement 72.1, qui reconnaît les droits acquis des deux entités en
question. C'est Rio Tinto Alcan et la Société en commandite
hydroélectrique Manicouagan. Donc, ce sont les deux réseaux privés qui ont levé
la main et se sont autodéclarés. Et là, donc, il y a une volonté, en fait,
qu'on les reconnaisse, ces deux réseaux-là. Mais on ne veut pas ouvrir la porte
toute grande à d'autres reconnaissances, mais on laisse tout de même... on
laisserait tout de même une période de trois mois pour que d'autres puissent
lever la main, advenant qu'il y ait d'autres réseaux privés qui soient actifs
et qu'on n'en ait pas été informés. Donc, voilà l'essentiel.
M. Paradis : Vous dites
qu'on parle de quel article, pardon?
Mme Fréchette : 72.1.
C'est un amendement.
M. Paradis : Ah! Ça,
c'est dans... Ah! Ça, c'est dans le paquet que vous nous avez envoyé récemment,
là. 72.1. Ils sont nommés? Ils sont expressément nommés dans...
Mme Fréchette : Oui, Rio
Tinto est nommé...
M. Paradis : Ah oui!
Oui.
Mme Fréchette : ...et
l'autre, la Société en commandite hydroélectrique de Manicouagan.
M. Paradis : Ah! Oui,
intéressant. Très bien. Donc là, il y en a deux actuellement. Rio Tinto Alcan
inc. et Société en commandite hydroélectrique Manicouagan, que vous considérez
comme des réseaux privés... Comment vous les appelez à 72.1?
Mme Fréchette : Des
réseaux privés.
M. Paradis : Des réseaux
privés. Je veux être bien sûr que je comprends, là, le fait qu'on les retire
ici. Là, on va traiter de ces cas particuliers là ailleurs.
Mme Fréchette : C'est ça.
On va les reconnaître nommément.
M. Paradis : Donc,
qu'est-ce qui ne se <passe plus pour eux...
Mme Fréchette : ...On va
les reconnaître nommément.
M. Paradis :
Donc, qu'est-ce qui ne se >passe plus pour eux, à 62, puis qu'est-ce qui
va se passer pour eux, à 72.1 qu'on va étudier plus tard?
Mme Fréchette : Donc, on... En
fait, là, on... À 62...
Des voix : ...
Mme Fréchette : Ils vont avoir
un article qui va les reconnaître, eux, les deux réseaux qui se sont
autodéclarés. Et, comme je disais, il y a une période de trois mois qui serait
donnée pour que d'autres puissent lever la main advenant qu'il y ait d'autres
réseaux dont on n'est pas au courant. Mais par ailleurs il n'y aura plus
possibilité pour des réseaux de s'autodéclarer ou d'être reconnus comme un
réseau privé, à partir du... de la modification.
M. Paradis : Là, je comprends
que vous dites... Bon, c'est bien, là, on a de la clarté sur qui on parle... de
qui on parle. Je comprends qu'il y en a deux puis que vous laissez
l'opportunité aux gens de s'autodéclarer.
Mme Fréchette : Pendant trois
mois.
M. Paradis : Pendant trois
mois. Mais vous, est-ce que vous avez des critères pour reconnaître c'est quoi,
un réseau de distribution... un réseau privé d'électricité?
Une voix : ...
Mme Fréchette : Oui.
J'inviterais Me Marois à nous donner la définition qui a été adoptée.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Me Marois, vous avez la parole.
M. Marois (Samuel) : Donc,
je vous ramène peut-être, dans une première étape, à l'article 62, qui
prévoit les... le monopole de distribution, finalement, d'Hydro-Québec, des
réseaux municipaux, d'une coopérative et des réseaux privés sur leur
territoire. Donc là, dans cet article-là, on retire le droit exclusif de
distribution des réseaux privés.
Le problème qu'on a un peu retrouvé avec
cet article-là, c'est que... Les réseaux privés, c'est qui? Qui peut prétendre
être un réseau privé aujourd'hui? Donc, l'article parle de personnes qui
exploitaient un réseau de distribution le 13 décembre 2006. Puis, au fil du
temps... Puis ces personnes-là, d'ailleurs, en vertu d'une autre disposition de
la Loi sur la Régie de l'énergie, devaient faire une déclaration annuelle de
leurs établissements à la Régie de l'énergie, puis la Régie de l'énergie,
depuis plusieurs années, n'a pas reçu de telles déclarations. Donc, c'est pour
ça qu'il a été question de retirer les réseaux privés, de clarifier qui, au
Québec, a le droit de distribuer de l'électricité, ce qu'on fait, effectivement,
en retirant les réseaux privés.
Ce qu'on vient faire avec l'amendement,
c'est reconnaître le droit de distribuer de deux personnes qui ont levé la main
puis qui ont dit : Je suis un réseau privé. C'est donner la possibilité
aussi pour d'autres personnes qui peut-être prétendent... prétendraient avoir
un droit existant, à l'heure actuelle, de distribuer de venir cogner à la porte
du gouvernement pour le faire reconnaître dans un certain délai. Donc, ça, ça
a... ça a une date d'expiration. Donc, à l'issue de tout ce processus-là,
l'objectif, c'est de... c'est d'avoir... de savoir qui a le droit de distribuer
de l'électricité au Québec, là.
M. Paradis : Bon,
intéressant. J'ai bien noté dans la réponse de Me Marois qu'il a parlé du
monopole de distribution d'Hydro-Québec, Mme la ministre. Monopole de
distribution d'Hydro-Québec. C'est bien noté.
Bon, donc, ici, on parle à des... de
joueurs privés. Puis là c'est tout un nouvel article, là, qu'on a reçu
dernièrement, on n'a pas encore fait l'étude détaillée. Mais ça va être
intéressant, M. le Président, de voir un peu ce que ça veut dire. Parce qu'ici
on les retire. Le but de cet article qu'on est en train d'étudier, c'est de les
retirer de 62 parce qu'on crée un nouveau régime pour eux à 72.1, qui est un
amendement qu'on vient de recevoir, là, qui crée l'article 167.1. Donc,
Mme la ministre, qu'est-ce qu'on crée comme régime pour eux à 167.1, qui
remplace ce qu'on retire à 62? Qu'est-ce que ça dit, là? Qu'est-ce qu'ils vont
pouvoir faire, là? Qu'est-ce que ça leur donne?
Mme Fréchette : ...M. le
Président.
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Merci. Alors,
c'est le statu quo pour ces réseaux-là. Seulement, on les reconnaît, on les
nomme de manière à limiter, à circonscrire le nombre d'entités qui peuvent se
réclamer d'être un réseau privé.
M. Paradis : Très bien. Je
vois, à 167.1, que c'est deux pages, c'est un article qui fait deux pages. Un,
deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, il y a huit paragraphes. Donc, vous
me dites que l'amendement qu'on est en train de regarder à 62 puis les amener à
167.1, c'est le statu quo. Est-ce que... Est-ce que vous pourriez me dire, les
dispositions de 167.1, on trouve ça où actuellement dans la loi, là?
Mme Fréchette : ...article.
Des voix : ...
Mme Fréchette : Donc, c'est
un article du projet de loi qui introduit un nouvel article de la <Loi
sur la Régie...
Mme Fréchette :
...
Donc, c'est un article du projet de loi qui introduit un nouvel article de la >Loi
sur la Régie de l'énergie.
M. Paradis : Oui. C'est ce
que j'avais cru comprendre. Mais c'est parce que là, vous me dites que ça fait
un statu quo.
Mme Fréchette : En termes
d'activité, quant à ce qu'ils peuvent accomplir, il n'y a pas de changement.
Vous me demandez qu'est-ce que ça va changer pour eux. Le type d'activité
qu'ils mènent ne va pas être modifié par l'adoption de ces articles.
M. Paradis : Très bien. Mais
j'aimerais comprendre pourquoi, donc, on a deux pages de nouveau texte pour
décrire ces activités-là. Moi, j'aimerais... j'aimerais comprendre ce que ça
veut dire.
Puis là, je ne ferai pas de cachette, Mme
la ministre. Pourquoi je vous pose ces questions-là? Parce qu'on est dans la
participation du secteur privé dans le domaine de l'électricité. Et moi, je
vous dis depuis le début de cette commission que vous ouvrez la porte à la
privatisation de la vente d'électricité de compagnies à compagnies, notamment. Et
vous, encore aujourd'hui, au salon rouge, vous avez bien pris la peine de
dire : Nous ne privatisons pas Hydro-Québec. Comme si quelqu'un parlait de
la possibilité de vendre des actions d'Hydro-Québec.
• (12 heures) •
On parle de toutes les petites
dispositions dans le projet de loi qui font en sorte que vous laissez une plus
grande part au privé, vente d'actifs, droit d'utilisation des cours d'eau. Mais
surtout, ce qu'on vient... ce qu'on est en train de faire, actuellement :
de parler des acteurs privés. Et là, avec l'adoption, par division, des deux
derniers articles qu'on a vus, vous permettez désormais à des compagnies
d'électricité de vendre à d'autres compagnies d'électricité.
Les questions que je vous pose
actuellement, je suis transparent, là, je fonctionne à visière levée, je veux
bien comprendre ce que vous êtes en train de faire avec des compagnies privées.
Par exemple, est-ce que Rio Tinto Alcan inc. et Société en commandite
hydroélectrique Manicouagan, par la modification que vous faites... est-ce que
l'un ou l'autre des deux précédents articles qu'on vient d'adopter vont
s'appliquer à eux? Parce que ça dit : «Malgré le premier alinéa de
l'article 60 et l'article 61 de la présente loi, Rio Tinto... peuvent
distribuer», etc.
Donc, moi, je veux bien comprendre encore
une fois, ce qui peut avoir l'air d'être bien anodin, c'est un petit mot qui change,
à l'article 62, mais ça nous introduit deux pages de nouveaux textes à
167.1... je veux bien comprendre ce que ça veut dire. Vous me dites : Ça
ne change rien sur le terrain. Pourquoi, alors, deux pages de texte qui
n'existait pas dans l'ancienne loi? Qu'est-ce que ça fait exactement, là,
167.1? Ça dit quoi? Il y a toute une procédure qui est prévue. Il y a des
dates, là, qu'on va voir, la date qui précède la sanction de la présente loi.
Qu'est-ce qui va se passer, là, à partir de l'adoption de la loi, pour ces deux
joueurs-là et pour d'autres? Parce que vous ouvrez la porte, je ne sais pas où,
là — ça aussi, je vais vous demander c'est où — pour que
d'autres, là, bénéficient du régime prévu à 167.1.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. Alors,
afin de décrire l'article 167.1, j'aimerais inviter Me Marois pour qu'il
nous résume le tout.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Me Marois, vous avez la parole.
M. Marois (Samuel) : Donc,
l'article 167.1 vise à... Puis, peut-être que je... avant même d'arriver
là, là, dans la Loi sur la Régie de l'énergie, quand le droit exclusif des
réseaux privés a été introduit, en 2006, il y a aussi des obligations qui
venaient avec ça, comme une obligation de servir leurs clients, une obligation
de ne pas facturer à leurs clients un prix plus élevé que celui d'Hydro-Québec.
Donc, il y avait certaines conditions.
Donc, ce qu'on vient faire avec
l'article 167.1, c'est de... pour Rio Tinto Alcan et la SCHM, c'est de
reconnaître leurs droits directement dans la loi. Ceux-là, on le sait qu'il y
en a un qui est crédible, parce qu'ils avaient un réseau de distribution
exploité en 2006. Donc, le droit est reconnu dans la loi, puis on vient y
prévoir, directement dans la loi, les conditions associées à ce droit-là qui
sont essentiellement les mêmes que celles qui sont prévues dans la loi,
actuellement, mais qu'on a retirées. Donc, on a un régime spécial pour eux au
premier alinéa.
Au deuxième alinéa, là c'est toute la
question des autres personnes qui pourraient prétendre posséder un tel droit.
Le problème, dans la loi actuelle, puis c'est l'objectif de l'amendement puis
de l'article 62, qui est déjà dans le projet de loi, c'est de colmater une
brèche, là, finalement. Parce qu'au fil des années on a entendu, par exemple,
que des terrains de camping ou des centres d'achat pourraient être des
titulaires de droits exclusifs de distribution, qu'ils auraient un monopole
équivalent à celui d'Hydro-Québec sur un territoire. Donc, c'est des choses qui
ont été entendues.
Donc là, l'objectif, c'est de s'assurer de
savoir qui sont ces personnes-là, est-ce que leur droit est crédible puis de
le... puis éventuellement de le reconnaître avec une autorisation du gouvernement...
12 h (version révisée)
M. Marois (Samuel) : ...puis
de le... puis éventuellement de le reconnaître avec une autorisation du
gouvernement. Donc, le deuxième alinéa prévoit un mécanisme de déclaration. Puis
là, après ça, le gouvernement pourra examiner si effectivement, en vertu de la
loi, telle qu'elle se lit aujourd'hui, ces personnes-là pourraient prétendre
exercer un droit exclusif de distribution. Ce qui n'est pas le cas dans la
plupart des cas que j'ai évoqués, notamment, par exemple, les terrains de
camping puis les centres d'achats. Puis là, après ça, bien, dans l'éventualité
où il y aurait effectivement un tel droit qui serait crédible, bien, là, le
gouvernement pourrait donner une autorisation et des conditions. Puis, au
final, on saurait qui sont les personnes, les anciens réseaux privés qui ont le
droit de distribuer. Donc, le droit serait... serait clair, déclaré puis
encadré par des conditions.
Le Président (M. Montigny) :
...bien. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Très bien.
Le... (panne de son) ...le... Excusez-moi. Le premier alinéa de 167.1, puis là,
vous comprenez, M. le Président, c'est toujours pour comprendre ce qu'on fait à
l'article actuellement sous étude, à 62, vous me dites que ça existe déjà. Mais
où est-ce qu'on trouve ça, là, le fait que Rio Tinto Alcan inc. et Société en commandite
hydroélectrique Manicouagan sont deux entités qui peuvent distribuer l'électricité
à toute personne ou société à qui ils distribuent de l'électricité à la date x,
là? Donc, c'est la... au moment de la sanction de la loi, là, on va dire :
Si tu distribuais déjà de l'électricité à tel, tel, tel, tu continues à avoir
le droit, c'est... c'est... je comprends bien que c'est ça, le premier alinéa
dit, puis là, avant de mettre fin à la distribution, doit... doit obtenir l'autorisation
du gouvernement. Donc, «avant de mettre fin», ça, c'est le premier paragraphe,
deuxième paragraphe, doit «distribuer l'électricité à un prix qui n'entraîne
pas un coût supérieur à celui», c'est ce que vous avez mentionné, troisième
paragraphe, doit transmettre un rapport concernant leurs approvisionnements, au
troisième paragraphe.
C'est où, dans la loi actuelle, si c'est
le statu quo? C'est ça que je vous demande : Où est-ce qu'on trouve ça
actuellement, là?
M. Marois (Samuel) : Donc,
pour ce qui est du paragraphe 1°, c'est... puis là, je n'arrive pas à ouvrir ma
loi, vous m'excuserez, mais c'est l'équivalent, de mémoire, du 76.1 de la Loi
sur la Régie de l'énergie actuelle.
Pour ce qui est de... du paragraphe 2°,
c'est une...
M. Paradis : Excusez-moi.
Peut-être que je vous arrêterais là tout de suite. Donc, si on était capables
de dire que 76.1 s'appliquait, parce qu'ils étaient nommés à 62. C'est ça?
Donc...
M. Marois (Samuel) : Bien,
en fait, ils ne sont pas nommés dans la loi. La loi nomme les réseaux privés...
La loi parle des réseaux privés, mais sans les nommer. Donc, le problème, c'est
que le... Le problème qu'on a vécu, c'est que les réseaux privés, on ne sait
pas c'est qui. Donc là, c'est un peu ça, le problème. Puis c'est pour ça que...
qu'on... c'est pour ça qu'on fait tout ça, là, c'est pour savoir c'est qui.
Donc là...
M. Paradis : Donc, mais
ça, c'est sur la définition. Donc, ce que vous me dites, c'est qu'actuellement
on n'était pas capables de savoir c'était... qui était nommé à 76.1. Là, avec
167.1, on les nomme. Mais, quand vous dites que l'obligation qui était prévue à
la première partie du premier alinéa, c'était celle de 76... OK. C'était celle
directement prévue à 76.1.
M. Marois (Samuel) : Exact.
M. Paradis : Ça ne
dépendait pas du fait que les réseaux privés sont identifiés aussi à 62. C'était
directement à 76.1 qu'il s'appliquait.
M. Marois (Samuel) : Non,
effectivement, parce que... parce que la loi attachait un ensemble d'obligations...
bien, un ensemble, pas tant que ça, mais il y avait certaines obligations
attachées au fait d'être considéré comme un réseau privé, le problème étant qu'on
ne savait pas vraiment c'était qui. Donc là, on... maintenant, on va savoir,
avec ce qu'on... ce qui est proposé... on va savoir c'est qui, puis on leur...
on leur attache les conditions qui étaient prévues dans la loi actuelle.
M. Paradis : Très bien.
Je... Puis continuez. Je... Mais je voulais juste déjà éclaircir cette partie-là.
Donc, le paragraphe 1°, 2°, 3°, qui suivent?
M. Marois (Samuel) : Oui.
Donc, pour ce qui est du paragraphe 2°, c'est une disposition de la Loi
sur les systèmes municipaux et privés d'électricité, qui est l'article 17.1.
Je m'excuse.
Puis, pour ce qui est du paragraphe 3°, bien,
ça, c'est une nouveauté qui est une reddition de compte, en fait, pour
connaître quels sont les approvisionnements en électricité de ces réseaux
privés là.
M. Paradis : Bon. Donc,
ce n'est pas le statu quo.
M. Marois (Samuel) : Pas
pour ce qui est du paragraphe 3°, effectivement.
M. Paradis : Donc, cet
article-là n'est pas un statu quo. Très bien. Deuxième alinéa?
M. Marois (Samuel) : Donc,
le deuxième alinéa prévoit un mécanisme pour que les personnes qui prétendent
qu'elles distribuaient de l'électricité conformément à la loi, donc qu'elles
avaient un... elles étaient un réseau privé, qu'elles exploitaient... qu'elles
distribuaient de l'électricité le 13 décembre 2006. Donc, l'article
prévoit un mécanisme <pour...
M. Marois (Samuel) :
...Donc,
l'article prévoit un mécanisme >pour que ces personnes-là fassent
valoir, dans un certain délai, leurs prétentions au gouvernement, puis que le
gouvernement puisse, après ça, dans un certain délai, donner une autorisation
avec des conditions.
M. Paradis : Bon. C'est
intéressant parce qu'ici on ne sait pas de qui on parle encore. Mme la
ministre, est-ce que vous avez des gens qui lèvent la main actuellement? Est-ce
que vous avez une idée du nombre d'entreprises privées qui vont venir vous
demander de les reconnaître au terme du deuxième alinéa? Parce que, là, ça, je
comprends, ça n'existait pas dans la loi présente. Ça n'existait pas. On disait :
Il y a des... Il y a des réseaux privés qui existent, ceux-là ont des droits.
Là, vous créez quelque chose, ici. Vous permettez à des gens de vous dire :
Nous sommes un réseau privé et nous voulons distribuer ou nous distribuons
déjà. Alors, je vous pose la question.
• (12 h 10) •
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Alors,
l'appel à l'autodéclaration a été lancé en même temps que le dépôt du projet de
loi, donc il y a un an. Et, à ce jour, il y a les deux réseaux qui ont été
nommés qui se sont déclarés. Donc, ce qui est proposé, c'est d'avoir une clause
grand-père qui vienne reconnaître leur existence. Et par ailleurs, comme on
disait, il y avait... il y aurait une période de transition de trois mois
additionnels pour faire en sorte qu'advenant qu'il y ait d'autres réseaux
privés qui existent, qu'ils puissent le déclarer. Mais, pour l'instant, il n'y
a pas eu d'autre autodéclaration.
M. Paradis : Et je comprends
que... C'est parce que, là, il y a beaucoup de trucs entre parenthèses, là,
«indiquer ici la date qui précède celle», mais je comprends que le sens de cet
alinéa-là, Mme la ministre, c'est de dire qu'il faut que tu distribues déjà de
l'électricité à la date qui serait probablement la date, là... la date qui
précède, là, le jour de la sanction de la loi. Donc, c'est... Donc...
Le Président (M. Montigny) :
...vous...
M. Paradis : Donc, ce n'est
pas prospectif.
Le Président (M. Montigny) :
Excusez-moi...
M. Paradis : Oh! pardon.
Le Président (M. Montigny) :
Je vais attribuer la parole à Mme la ministre pour la réponse.
Mme Fréchette : Ce n'est
effectivement pas prospectif. C'est pour reconnaître un état de fait que cette
autodéclaration a été faite. Et pour votre information, là, le SCHM, donc, au
niveau de la propriété du réseau de Manicouagan, Hydro-Québec en est
propriétaire à 60 % et Alcoa à 40 %.
M. Paradis : Pardon?
Pouvez-vous me spécifier ça de nouveau?
Mme Fréchette : Hydro-Québec
en est propriétaire à 60 % et Alcoa à 40 %. Et ça a été débuté en
1951.
M. Paradis : Ça, c'est la
société en commandite. OK. Merci des précisions.
Ce qu'il y a d'intéressant dans les
autres, c'est que vous autorisez les conditions de distribution. Au premier
alinéa, vous dites : Rio Tinto Alcan et Société en commandite
hydroélectrique Manicouagan, c'est ce qui existe actuellement... ou au moment
de la sanction de la loi. Mais, pour les autres, vous dites : Ah! le
gouvernement peut autoriser la distribution aux conditions qu'il détermine.
Le Président (M. Montigny) : ...ministre...
Mme la ministre, quand vous serez prête.
(Consultation)
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre, vous avez toujours la parole, quand vous serez prête.
Mme Fréchette : Oui. Donc, en
fait, pour ce qui est du... de Rio Tinto Alcan et de SCHM... SCHM, c'est ça,
donc ils seraient reconnus par la loi. Et, pour les autres, advenant qu'il y en
ait d'autres pendant la période transitoire, eh bien, il faudrait qu'il y ait
une... une autorisation du gouvernement qui soit donnée. Et, advenant qu'une
telle autorisation soit donnée, on peut présumer que les mêmes conditions
s'appliqueraient à cet autre ou ces autres réseaux. Mais, comme je vous dis,
depuis un an, on a eu deux autodéclarations, et, pour l'instant, il n'y en a
pas d'autre.
M. Paradis : Bien. Mais il
pourrait y en avoir d'autres. Et la question, en fait, ici est de savoir
pourquoi vous n'avez pas un texte qui ressemble à ce que vous avez au premier
alinéa, qui dit qu'on gèle? L'idée, c'est de geler la distribution, le type de
distribution au moment de la sanction de la loi. C'est le sens du premier
alinéa. Mais là, il n'y a pas ce sens-là dans le deuxième alinéa. Ça n'aurait
pas été compliqué, là, de prévoir que, ce que vous allez reconnaître comme
conditions de distribution d'un acteur privé, c'est ce qui existe au moment du...
de la sanction de la loi. Il n'y a pas de la place pour en donner plus ou faire
croître plus.
Mme Fréchette : J'inviterais
Me Marois à nous préciser le pourquoi.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre. Me Marois, vous avez maintenant la parole.
M. Marois (Samuel) : En
fait, je vous amène dans la <rédaction...
M. Marois (Samuel) :
...En fait, je vous amène dans la >rédaction, là, de... du deuxième
alinéa, qui dit qu'une personne qui distribue l'électricité en vertu du
troisième alinéa de l'article 62, tel qu'il se lit aujourd'hui, là, donc
avant... avant la date de la sanction du projet de loi, donc cette personne-là,
il y a une période transitoire. Elle va pouvoir continuer de faire ce qu'elle
fait pendant deux ans, ça, c'est comme le droit acquis, mais elle a trois mois
à partir de la... de la sanction du projet de loi pour demander une
autorisation au gouvernement pour pouvoir poursuivre ses activités après cette
période transitoire là.
M. Paradis : Je vais
revenir avec la ministre. C'est parce que je pense qu'il y a un thème important
ici. Mais je... Là, je suis curieux, là. Le troisième alinéa de
l'article 62, c'est l'article 62 de la Loi sur la Régie de l'énergie.
Le troisième alinéa actuel, il est rayé, là. Celui qui dit : Les réseaux
privés d'électricité sont titulaires d'un droit exclusif, il est rayé. Donc là,
vous... vous parlez bien du troisième alinéa, celui qui va devenir le troisième
alinéa en fonction de la modification dont on est en train de discuter? Donc,
en vertu de l'alinéa qui dit «malgré les articles 60 et 61, les titulaires
d'un droit exclusif de distribution d'électricité peuvent convenir des
modalités de desserte d'un consommateur dans l'un ou l'autre de leurs
territoires respectifs», êtes-vous sûre que c'est ce que vous voulez dire au
deuxième alinéa de l'article 167.1?
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre.
Mme Fréchette : J'inviterais
Me Marois à préciser.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Me Marois, vous avez la parole.
M. Marois (Samuel) :
Bien, effectivement, c'est... c'est ce qu'on veut dire, là. C'est la personne
qui prétend être capable de distribuer, en vertu de l'article 62 tel qu'il
se lit aujourd'hui, avec une autorisation. Bon. Premièrement, il va falloir
qu'elle... qu'elle se manifeste dans un certain délai. Puis, après ça, le gouvernement
va devoir l'autoriser, donc on saura c'est qui.
Puis juste comme ramener ça un peu dans
l'architecture globale de la loi, là. L'article 62 prévoit les droits
exclusifs de distribution. Donc, il y a... Les personnes qui sont nommées à 62
ont un droit exclusif de distribution. On retire les réseaux privés. Donc,
comme pour les personnes qui pourront distribuer de l'électricité avec
l'autorisation du gouvernement au troisième alinéa de l'article 60, le
site adjacent, entre guillemets, là, c'est comme une exception au principe du
droit exclusif de distribution de l'article 62, là. Donc, c'est une
autorisation spéciale de le faire qui est un peu l'équivalent de ça, mais qui
reconnaît dans ce cas-ci un droit acquis qui existe aujourd'hui puis qu'il va
falloir reconnaître.
M. Paradis : Prenez bien
le temps de lire le deuxième alinéa de l'article 167.1 que vous proposez.
Donc, il dit... Vous parlez de ceux qui distribuent de l'électricité en vertu
du troisième alinéa de l'article 62 de la présente loi. Je pense qu'ici
vous avez un problème, puis c'est pour ça que je veux bien comprendre, parce
que je pense que vous référez au troisième alinéa actuel, qui va être abrogé
par la modification. Il me semble que vous voulez dire «les réseaux privés
d'électricité sont titulaires d'un droit exclusif de distribution d'électricité
sur le territoire desservi le 13 décembre 2006 par le réseau de
distribution». Vous ne parlez pas de l'alinéa qui suit. «Malgré l'alinéa qui
suit», c'est «malgré les articles 60 et 61, les titulaires d'un droit
exclusif de distribution d'électricité peuvent convenir des modalités de
desserte d'un consommateur dans l'un ou l'autre de leurs territoires respectifs».
Est-ce que c'est vraiment à ça dont vous faites... à ça que vous faites
référence?
M. Marois (Samuel) : En
fait, vous nous amenez dans les techniques de rédaction législative, là. La
disposition est formulée un peu comme une disposition transitoire. Donc, c'est
le troisième alinéa qu'on abroge, effectivement, mais tel qu'il se lit à une
certaine date, donc tel qu'il se lit avant la date de la sanction du projet de
loi. Donc, en date d'aujourd'hui, la... l'alinéa n'est pas abrogé.
M. Paradis : Je
comprends. Mais c'est... c'est l'actuel troisième alinéa, celui qui va être
abrogé.
M. Marois (Samuel) :
Exact.
M. Paradis : Très bien.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
pour le bénéfice de tous, même si vous discutez de d'autres articles qui n'ont
pas encore été présentés, je comprends qu'il y a un certain lien, par contre,
nous sommes quand même à l'étude de l'article 40.
M. Paradis : ...raison,
M. le Président. Je le réitère, c'est qu'on retire les acteurs dont on parle de
l'article 62 et on les envoie dans un nouvel article qui est 167.1.
Le Président (M. Montigny) :
Voilà.
M. Paradis : Pour
comprendre ce qu'on fait à 62, il faut savoir ce qui se passe à 167.1, qu'on
vient de recevoir, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) :
Voilà.
M. Paradis : Alors, 62, c'est
intéressant. 62, cette modification-là, elle existe depuis que le projet de loi
a été présenté en juin 2024. Mais ce qui vient avec, n'est-ce pas
fantastiquement intéressant, ce qui est le corollaire absolument essentiel de
ce qui se passait à 62 vient de nous arriver il y a 10 jours. Donc, vous
comprenez que c'est... c'est important qu'on se pose les questions, de voir le...
c'est quoi, le lien entre les deux. Parce que le régime qui est éliminé à 62,
c'est celui <qui...
M. Paradis :
...Parce
que le régime qui est éliminé à 62, c'est celui >qui est créé à 167.1,
d'où mes questions sur 167.1, qui concerne des distributeurs privés
d'électricité, question qui est au coeur de nos débats depuis plusieurs jours
ici en commission. Donc, c'est pour ça que je pose ces questions-là, parce que
c'est intimement lié, M. le Président.
Et donc, je reviens à la question que je
vous posais, là. Là, j'ai compris la logique entre le... avec le troisième
alinéa de l'article 62 qui va être abrogé. Maintenant, je repose ma
question à la ministre : Pourquoi ne pas reprendre les mots du premier
alinéa de 167.1? Si l'objectif, c'est de geler la situation au moment de la
sanction de la loi, ce serait facile de le prévoir, plutôt que de dire que «le
gouvernement peut autoriser la distribution aux conditions qu'il détermine».
Ici, Mme la ministre, il est... c'est très facile de le dire, si c'est ça,
votre intention, que l'idée, ce n'est pas de donner des conditions
particulières, ce n'est pas de permettre d'extensionner, c'est de dire, en gros :
Vous pouvez continuer à faire ce que vous faites.
Parce que j'ai compris maître... Mme la
ministre, ce que Me Marois a dit, là. La première phrase dit : Ceux qui
distribuent peuvent continuer à distribuer. Mais là, il y a une phrase après
qui dit que vous allez octroyer un droit à ces joueurs-là, qu'on ne connaît pas
encore, donc on ne sait pas de quels réseaux on parle, mais là, vous allez leur
donner le droit de distribuer de l'électricité, alors que Me Marois, lui, nous
l'a dit, qu'il y a un monopole d'Hydro-Québec sur la distribution. Donc, c'est
ça, mon inquiétude ici. Vous devriez faire ça, puis je vous demande pourquoi ce
n'est pas fait, pourquoi c'est juste dit de manière générale que vous autorisez
la distribution aux conditions que vous déterminez.
• (12 h 20) •
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre, quand vous serez prête, vous aurez la parole.
Mme Fréchette : En fait, je
veux bien comprendre. Vous craignez qu'il y ait d'autres réseaux qui puissent
s'ajouter, qui puissent s'autodéclarer?
M. Paradis : Bien oui, je
suis un peu perplexe face au... à la possibilité que des joueurs
s'autodéclarent sans qu'on sache exactement dans quelles conditions. Mais je
comprends, et ça, Me Marois a répondu... je comprends que la première phrase du
deuxième alinéa le couvre. C'est : si tu distribues déjà de l'électricité,
tu as un droit acquis. C'est ce que vous avez appelé vous-même, Mme la
ministre, la clause grand-père. Je pense que c'est vous qui avez dit ça.
Mme Fréchette : Oui.
M. Paradis : Je le comprends.
Mais après, c'est qu'est-ce que tu peux faire avec ton droit. Et avant, je
comprends qu'il y avait... c'était le régime. C'est pour ça que je posais les questions
à Me Marois. Je comprends qu'il y avait le régime général de la Loi sur la
Régie de l'énergie qui... qui s'appliquait. Vous le savez, je vous le dis
depuis plusieurs jours, je reproche à ce projet de loi de tasser complètement
le régime de la... de la Loi sur la Régie de l'énergie pour créer toutes sortes
de nouvelles patentes. Je veux vérifier ici, parce qu'on parle du droit
exceptionnel, qui devrait être exceptionnel, de distribuer de l'électricité,
donc de vendre de l'électricité au Québec. C'est le monopole d'Hydro-Québec. Puis
là vous dites : Ah! les prochains joueurs qui vont lever la main, ce n'est
pas écrit clairement qu'on va geler à la situation qui existe au moment de la
sanction de la loi. Ce qui, je pense, est votre intention. Vous dites : On
va leur donner... On va les autoriser à distribuer aux conditions qu'on
détermine. Je vous pose la question : Pourquoi vous ne l'avez pas
clairement écrit, que vous n'allez pas leur permettre? Parce que vous pourriez
donner un permis. Vous dites : OK, vous êtes un distributeur à la date de
la sanction de la loi, vous faites ça, bien, moi, j'ouvre la porte à la
privatisation ailleurs, toutes les entreprises qui font de l'énergie
renouvelable vont pouvoir vendre de l'électricité au Québec. C'est... C'est ça
que vous faites. Bien là, vous pourriez dire : Ah! bien là, vous, tiens,
c'est intéressant, ce que vous faites, je vais vous autoriser, vous, à vendre à
d'autres clients que ce que vous faites actuellement. Pourquoi vous ne
l'empêchez pas ici? Si votre intention, c'est de geler, ça devrait être écrit.
(Consultation)
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Quand vous... vous serez prête, Mme la ministre, vous avez la
parole.
Mme Fréchette : Oui. Merci.
En fait, dans le projet de loi, on veut… on veut clarifier qui a un droit
exclusif de distribution, et puis on veut restreindre cette notion-là,
également. Ça a été vu. Donc, ceux pour lesquels il y a une reconnaissance, un
droit acquis, on vient le reconnaître, on l'autorise, <mais…
Mme Fréchette :
...acquis,
on vient le reconnaître, on l'autorise, >mais on l'encadre. Alors, à
partir de là, j'essaie de voir l'inquiétude, en fait, que... que vous avez, là,
par rapport à... au libellé.
M. Paradis : Mon... Bien, on
sourit tous les deux parce qu'on a eu ces échanges-là à de multiples reprises.
Mon inquiétude est la suivante. C'est qu'il aurait été facile d'écrire
exactement ce que vous nous dites ici aujourd'hui : le permis que vous
allez donner de distribuer à un acteur privé va se limiter à ce qui se fait
actuellement. C'est très facile à écrire. Les mots sont au premier alinéa. Ce
n'est pas ce que vous avez écrit.
Dans cet amendement que nous venons de
recevoir, qui s'ajoute à tout un paquet d'amendements qu'on a reçus il y a une
dizaine de jours, vous avez encore une ouverture à la privatisation. Parce que
non seulement vous dites : C'est moi qui détermine les conditions
auxquelles vont vendre un nouvel acteur privé, vous prenez le soin de dire
après que l'autorisation visée par le présent alinéa est réputée accordée en
vertu du troisième alinéa de l'article 60 de la présente loi. Et,
l'article 60 de la présente loi, le troisième alinéa, qu'est-ce que c'est?
Magie! C'est l'article qui permet de vendre à d'autres compagnies privées.
Donc, non seulement ce n'est pas le statu
quo, ce que vous nous proposez de faire en retirant ces joueurs-là de
l'article 62, l'article qui est sous étude, non seulement ce n'est pas
vrai que c'est le statu quo... excusez-moi, c'est inexact que ce... que c'est
le statu quo, à 167.1, vous venez encore d'ouvrir une autre porte qu'il a fallu
que je débusque à force de questions aujourd'hui en commission parlementaire...
c'est à ça que ça sert, la commission parlementaire, puis c'est pour ça qu'il
ne faut pas aller en bâillon... que vous venez d'ouvrir une nouvelle porte à la
privatisation. Parce que vous vous réservez le droit d'accorder des conditions.
Puis, ces conditions-là, vous le dites clairement, ça nous ramène au troisième
alinéa de l'article 60. Ça fait que, là, tiens, un nouveau droit de vendre
d'une compagnie privée à une autre compagnie privée.
Si vous voulez geler la situation,
écrivez-le dans l'article 167.1. Et surtout, s'il vous plaît, ne dites pas
que c'est le statu quo, ce que vous faites. Ce qu'Hydro-Québec vous a proposé
comme amendement, ce n'est clairement pas un statu quo.
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. Donc, bien au contraire, en fait, on vient fermer la porte. Au-delà
de trois mois, il ne sera plus possible de se faire reconnaître comme un réseau
privé. Ça vient fermer la porte, ça vient clore cette possibilité-là. Alors, en
termes de préoccupation, on s'entend que c'est très, très, très limité. Ça fait
un an que les réseaux privés ont la possibilité de lever la main. Ils n'auront
plus que 90 jours pour ce faire. Au-delà de ce 90 jours là, la porte
se ferme, il n'y a plus de possibilité, il n'y aura pas d'autorisation
gouvernementale qui pourra être donnée.
Cette possibilité-là, de reconnaître un
réseau privé, c'est d'être mis devant un fait acquis, une situation qui existe
déjà et que le gouvernement aurait la possibilité de reconnaître pendant les
90 jours qui suivront la sanction. Donc, c'est tout sauf une privatisation.
C'est une reconnaissance d'un droit acquis ou rien, puis 90 jours durant,
point. Alors, on va cesser de gonfler les épouvantails. On est dans une
situation hypercirconscrite.
Et, pour l'instant, depuis un an, il n'y a
eu que deux entités qui ont levé la main. Puis on a... on s'attend à ce qu'il
n'y en ait pas d'autre, mais on laisse tout de même un 90 jours de... pour
cette possibilité-là.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. M. le député de Jean-Talon, vous avez la parole.
M. Paradis : Je pense que
dans nos... dans nos débats, là, il faut avoir l'honnêteté intellectuelle de...
tu sais, d'admettre les faits. Puis j'admets avec vous, je vous concède, Mme la
ministre, que, s'il y a un appel depuis un an, puis qu'il y en a deux qui ont
levé la main jusqu'à maintenant, il ne risque pas d'y en avoir des milliers. Je
vous le concède parce qu'il faut... il faut agir sur les faits. Mais vous ne
pouvez pas garantir aujourd'hui que, dans les trois prochains mois, il n'y en
aura pas d'autre. Vous ne pouvez pas. Donc, on ne sait pas de qui on parle.
Et moi, ce que je vous dis, c'est que,
partout dans ce projet de loi là... Et c'est souvent dans nos échanges, entre
vous et moi, Mme la ministre, que ça nous a permis de débusquer toutes sortes
de patentes puis de nouveaux... de nouveaux trucs qui sont mis dans les
amendements, notamment, qu'on a reçus. Et ici, malgré ce que vous direz... malgré
que ce que vous direz sur l'ampleur, c'est encore une fois une porte ouverte à
la privatisation. Peut-être qu'ici ce n'est pas la porte la plus... qui ouvre
la plus grande, mais c'est une porte ouverte. Puis elle n'est pas nommée, elle
n'est pas expliquée. Elle nous arrive en catimini, à la toute fin, dans le fin
fond d'un article. Puis là il a fallu qu'on ait ces échanges-là ensemble <pour...
M. Paradis :
...Puis
là il a fallu qu'on ait ces échanges-là ensemble >pour comprendre ce que
ça veut dire.
Ce serait tellement facile, si c'était
vraiment l'intention du gouvernement de ne pas ouvrir à la privatisation, de
prévoir tout simplement ce que vous nous avez dit vous-même dans vos premières
réponses. Vous avez dit : Ici, c'est le statu quo. L'article ne prévoit
pas le statu quo. Il ouvre une porte, qui n'est peut-être pas la plus grande du
projet de loi, mais il ouvre encore une porte à la privatisation. C'est très
facile de dire : Les conditions du permis qui sera octroyé à ceux qui
pourront peut-être lever la main d'ici trois mois, ça va être : Vous
pouvez distribuer exactement aux mêmes conditions, pas plus. Qu'est-ce qui vous
a empêchée de faire ça?
Le Président (M. Montigny) :
Très bien.
M. Paradis : C'est ce que
vous nous avez dit, Mme la ministre.
Le Président (M. Montigny) :
Alors, Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Oui. Je
réitère qu'en fait, avec cet article-là, on veut mettre fin à une pratique, on
veut fermer une porte. Alors, la porte, là, il y en a une, mais c'est pour la
fermer. Ce n'est pas pour l'ouvrir toute grande comme le député de Jean-Talon
semble s'en inquiéter, là. C'est pour mettre fin à cette pratique-là.
Donc, ça fait un an qu'on demande aux gens
de s'autodéclarer. Il y en a deux qui ont levé la main. Je serais étonnée qu'il
y en ait un troisième. Ça pourrait arriver. Il y a 90 jours pendant lesquels un
nouveau réseau pourrait se déclarer. Avouons que ce serait étonnant. Et assurément
il n'y en aura pas des dizaines, ça, c'est clair, on est loin des milliers,
encore plus. Je serais... C'est pratiquement impossible qu'il y en ait des
dizaines. Un, deux, peut-être. C'est ce qu'on va voir. Il y aura 90 jours pour
s'autodéclarer, et ensuite, fini, basta.
• (12 h 30) •
M. Paradis : La question
demeure quand même, puis vous n'y avez pas répondu.
Le Président (M. Montigny) : ...
Jean-Talon, je veux juste vous informer qu'il vous reste moins de deux minutes,
peut-être une minute quelques.
M. Paradis : Merci, M. le
Président. Je... Le principe demeure le même quand même. Vous savez, on a des
échanges depuis... depuis le début de cette commission, et je note tout le
temps que votre projet de loi... les articles sont très clairs. 60, 61, que
vous venez de faire adopter sur division, ça prévoit une privatisation de la
vente d'électricité, et vous n'avez jamais été capable de dire ces mots-là.
Vous répondez toujours : Il n'y a pas de privatisation d'Hydro-Québec, ce
qui n'a rien à voir. Toutes vos communications sont là-dessus. Le premier
ministre, c'est ce qu'il dit, c'est ce que vous dites. Et ici c'est la même
chose. Là, vous dites : Il n'y en aura pas des milliers. Je vous l'ai
concédé. Mais néanmoins le projet de loi ne fait pas ce que vous dites. Vous
avez dit en réponse à mes premières questions : C'est le statu quo, puis on...
c'est juste pour reconnaître ce qui existe. Ce n'est pas ce que le projet de
loi dit.
Et malheureusement c'est ce qui se
passe dans tout ce projet de loi là. Au-delà des communications du
gouvernement, le projet de loi prévoit plein de mauvaises surprises pour les
Québécois. C'est encore le cas ici. Il y a plein de portes ouvertes à la
privatisation. C'en est une autre. Et il y en a beaucoup d'autres qu'on va voir
si on a la chance de continuer l'étude de ce projet de loi.
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Alors,M.
le Président, je répète, la porte, elle existe, elle était ouverte, on vient la
fermer. Je pense que c'est clair comme image.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. D'autres interventions en lien avec... Oui. M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : ...M. le
Président, merci beaucoup. Mme la ministre, est-ce que... Ah, je vais prendre un
exemple comme TES Canada. Si jamais il veut construire une ligne de
distribution, est-ce qu'il doit déclarer? Est-ce qu'une entreprise peut
déclarer leurs intentions de construire une ligne de distribution avant la date
ici ou c'est seulement pour les projets existants? Il doit déclarer quelque
chose qui est déjà construit?
Mme Fréchette : Monsieur... (panne
de son) ...donc...
Le Président (M. Montigny) : Oui,
allez-y, Mme la ministre. Vous avez la parole.
Mme Fréchette : Merci. Donc,
il faut qu'il y ait une réalité de fait qui puisse être reconnue. Dans le cas...
Dans le cas de TES Canada, ce n'est pas possible d'être identifié par cet
article-là. Il faut qu'il y ait... c'est... ce soit une réalité déjà établie
depuis un certain temps.
17951 M. Kelley : OK. OK.
Pour la ligne de Rio Tinto, juste de bien comprendre. Cet article-là permet
peut-être à une autre usine de «feeder» dans la ligne de distribution de Rio.
Ça, c'est... c'est une possibilité? On laisse cette porte ouverte que c'est
possible pour une autre entreprise d'utiliser le réseau de distribution de Rio
Tinto ou est-ce que je me trompe dans l'interprétation de l'article?
Mme Fréchette : ...l'article
pourrait le permettre, ce que vous décrivez là, qu'une entreprise vienne
s'inscrire dans le réseau de distribution...
12 h 30 (version révisée)
Mme Fréchette : ...dans le
réseau de distribution.
M. Kelley : OK, et j'imagine...
Je dois aller regarder sur une carte dans votre circonscription, M. le
Président, mais j'imagine que Rio Tinto, et peut-être c'est déjà le cas, a un
réseau de distribution pour plusieurs de leurs usines ou... Alors, ça existe
déjà, et, si jamais Rio décide de mettre tous leurs différents sites et usines
sous juste une bannière ou changer peut-être la structure de leurs entreprises,
c'est une possibilité, ça existe, c'est déjà le cas présentement. Alors, Rio...
plusieurs usines ou opérations déjà sur la ligne de distribution.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
très bien. Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Alors, il y a
effectivement des entités liées à Rio Tinto qui sont bénéficiaires de cette
électricité-là. Ce sont des filiales, et, comme c'est une filiale, bien, ce n'est
pas de l'autoproduction, c'est vu comme une distribution. Donc, ça, ce cas-là
existe, là.
M. Kelley : Et, avec l'article
ici, mais, quand même, avec qu'est-ce qu'on a déjà discuté, Rio peut ajouter
une autre adresse, une autre entreprise sur leur ligne de distribution, ça, c'est
correct, mais pas plus que ça. On comprend, il y a déjà utilisateurs de cette
ligne de distribution, mais il peut ajouter une adresse, un compte d'Hydro...
d'Hydro-Québec seulement pour compléter, entre guillemets, leur réseau de
distribution.
Mme Fréchette : Il pourrait y
avoir un nouveau client... Pour le réseau d'Hydro qui est déjà reconnu, il
pourrait y avoir un nouveau client. Si c'est un client... une entreprise, il
faut l'autorisation du gouvernement.
M. Kelley : OK, parfait.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Alors, comme il n'y a pas
d'autre intervention... Nous sommes à l'article 40. Alors, nous allons
passer à la mise aux voix de l'article 40. Est-ce que l'article 40
est adopté?
Des voix
: Adopté.
Le Président (M. Montigny) : Adopté.
Merci. Il est adopté. Nous sommes rendus à l'article suivant, 41. Mme la
ministre.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. J'aurai un amendement sur cet article.
Donc, l'article 63 de cette loi est
modifié :
1° par le remplacement, dans le premier
alinéa, de «livrer» par «distribuer»; et
2° par le remplacement, dans le deuxième
alinéa, de «acheter et de vendre, d'emmagasiner...» je veux dire, «ou d'emmagasiner
le gaz naturel» par «de fournir ou de stocker du gaz naturel ou du gaz de
source renouvelable ou d'offrir un service d'équilibrage».
Donc, c'est un article qui modifie par
concordance l'article 63 de la Loi sur la Régie de l'énergie. Il remplace
les concepts de livraison, d'achat, de vente et d'emmagasinage par, respectivement,
ceux de distribution, de fourniture et de stockage. C'est un article qui
précise aussi que le droit exclusif de distribution de gaz naturel ne confère
pas à son titulaire un droit exclusif de fournir ou de stocker du gaz de source
renouvelable ou d'offrir un service d'équilibrage. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre. Allez-y, je vous écoute toujours, Mme la ministre.
Mme Fréchette : ...comme suit.
Donc, à l'article 41 du projet de loi :
1° remplacer le paragraphe 1° par le
suivant :
1° par le remplacement, dans le premier
alinéa, de «transporter et de livrer» par «distribuer»;
2° remplacer, dans le deuxième... «ou d'offrir
un service d'équilibrage» par «dans un réservoir souterrain ou hors terre».
Donc, c'est un amendement qui corrige le
paragraphe 1° de l'article 41 du projet de loi puisque toutes les
références au transport de gaz naturel dans la Loi sur la Régie de l'énergie
ont été retirées. Aussi, il précise que le droit exclusif de distribution de
gaz naturel ne confère pas celui de stocker du gaz dans un réservoir souterrain
ou hors terre. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. M. le député de Jacques-Cartier, je vous laisse la parole sur l'étude de
cet amendement.
M. Kelley : Oui, M. le
Président. Je demande une suspension... juste de faire... bien comprendre tous
les changements. Merci.
Le Président (M. Montigny) : ...suspendre
quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 39)
(Reprise à 12 h 45)
Le Président (M. Montigny) :
Alors, nous sommes de retour. Nous sommes toujours à l'étude d'un amendement à
l'article 41. M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley
: Oui, merci
beaucoup, M. le Président. Mme la ministre, peut-être juste expliquer un peu
pourquoi, dans l'article 41 tel qu'il était présenté, on a fait un changement
pour ajouter «d'offrir un service d'équilibrage», et, dans l'amendement qu'on
vient juste de déposer, on va l'enlever. Est-ce que c'est à cause le fait qu'il
y a seulement une entreprise qui est capable d'offrir un service d'équilibrage?
C'est juste de bien comprendre un peu pourquoi que c'était ajouté initialement
dans le projet de loi, mais, maintenant, avec l'amendement, on enlève... C'est
une de mes questions concernant le changement qu'on apporte à l'article, M. le
Président.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Merci, M.
le Président. J'inviterais Me Marois à nous faire la précision.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Me Marois, vous avez la parole.
M. Marois (Samuel) :
Donc, ici, on corrige quelque chose qui a été porté à notre attention par un distributeur
de gaz naturel parce que le service d'équilibrage, c'est... on peut... c'est
comme un ensemble de moyens qui servent à équilibrer les volumes dans le réseau
de distribution de gaz naturel. Ça peut, par exemple, être de jouer avec les
contrats d'approvisionnement, puis tout ça. L'article concerne qu'est-ce...
l'alinéa, plutôt, concerne qu'est-ce qui ne fait pas partie du droit exclusif
de distribution, mais le service d'équilibrage, c'est comme intrinsèquement lié
à l'activité de distribution. Il y a juste le distributeur de gaz naturel, en
fait, qui peut faire ça. Ce qui est... ce qu'on voulait peut-être vraiment
dire, c'est que c'est le stockage qui ne fait pas partie du droit exclusif de
distribution, c'est-à-dire le fait de stocker dans un réservoir souterrain ou
hors terre, qui peut être fait par un contractuel qui n'est pas nécessairement
le distributeur. Par exemple, Énergir fait affaire avec une de ses filiales qui
exploitent deux réservoirs souterrains. Donc, c'est pourquoi on fait l'amendement.
M. Kelley
: Et les
réservoirs souterrains ou hors terre, on parle des gros tankers qu'on voit, c'est
comme de mettre ça dans notre imagination, pour nous, de bien comprendre on
parle de quoi exactement, et, quand même, un service d'équilibrage, je sais
qu'on l'enlève, mais c'est juste de bien comprendre ces concepts-là. Et
peut-être en même temps, monsieur... Me Marois, c'est juste... dans
l'article 41 comme présenté, on enlève «d'acheter, de vendre ou
d'emmaganiser le gaz naturel». Ça, c'était quoi, exactement? C'était quoi... Cette
phrase-là, ça dit quoi exactement dans la vraie vie? Et le fait qu'on ajoute ce
concept, «dans un réservoir souterrain», etc., d'expliquer un peu... vous avez
expliqué un peu, mais c'est encore bien... juste nous guider dans la décision
que vous avez prise à ajouter cet amendement pour faire ces changements suite à
la discussion avec... j'imagine, c'était Énergir, etc.
M. Marois (Samuel) : Ce
sont des précisions conceptuelles, là. On a fait un ménage dans les concepts de
la loi. Ici, le droit exclusif de distribution de gaz naturel ne confère pas le
droit exclusif d'acheter, de vendre... bien, d'acheter, c'est un peu évident,
parce que le consommateur qui achète le gaz, évidemment, si ça faisait partie
du droit exclusif, le consommateur lui-même ne pourrait même pas acheter de
gaz, là. Ça fait que c'est comme une espèce d'évidence, là, puis de vendre le
gaz, bien, dans le secteur de la distribution de gaz naturel, à la différence
du secteur de l'électricité, le fournisseur peut être quelqu'un d'autre que le
distributeur.
Donc, le distributeur distribue, peut
vendre le gaz, mais le gaz peut aussi être vendu par un fournisseur tiers, puis,
dans la loi, le <mot qu'on utilise pour ça, c'est «fournir»...
M. Marois (Samuel) :
...gaz
peut aussi être vendu par un fournisseur tiers, puis, dans la loi, le >mot
qu'on utilise pour ça, c'est «fournir». Donc, on a juste comme dit que le droit
exclusif de distribution ne confère pas le droit exclusif de fournir le gaz par
cohérence d'ensemble. L'emmagasinage, en fait, c'est le stockage, puis, dans
d'autres lois, notamment la loi sur le stockage de gaz naturel, on utilise le
mot «stockage», mais, dans la Loi sur la Régie de l'énergie, on utilisait le
mot «emmagasiner», «emmagasinage». Donc là, on uniformise dans le corpus
législatif le langage qui est utilisé.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Et, peut-être, je sais que ma collègue de Robert-Baldwin a des questions sur le
stockage, mais l'autre changement avec les distributeurs... c'est quoi, la
nécessité de faire une modification aussi avec ce premier changement dans le
premier alinéa de l'article?
M. Marois (Samuel) : Dans le
premier alinéa, vous faites référence au transport et à la livraison?
M. Kelley
: Oui, oui,
exact.
M. Marois (Samuel) : En fait,
c'est une simplification du langage dans la loi, puis on a, d'ailleurs, déjà,
dans d'autres articles précédents, apporté les mêmes modifications. Le
transport de... En fait, c'est tout de la distribution. Le transport et la
livraison, c'est de la distribution. Donc, à la place d'utiliser plein de mots,
là, pour parler de la même chose...
• (12 h 50) •
M. Kelley
: Juste dire
«distributeurs», parfait.
M. Marois (Samuel) : Puis le
transport, c'est visé par le droit fédéral. Ça fait qu'on essaie de bien
clarifier l'objet de notre loi.
M. Kelley : OK. Merci
beaucoup à Me Marois.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Alors, toujours sur l'amendement, Mme la députée de Robert-Baldwin, vous
avez la parole.
Mme Garceau : Merci, M. le
Président. Une question peut-être technique, là, mais pourquoi est-ce qu'un
droit exclusif ne comprend pas le droit de stocker?
M. Marois (Samuel) : Bien, parce
que... oh! excusez, excusez.
Le Président (M. Montigny) :
Me Marois.
M. Marois (Samuel) : Bien, en
fait, c'est parce que, si ça comprenait le droit exclusif de stocker, ça
voudrait dire qu'Énergir puis Enbridge, qui sont les deux distributeurs de gaz
naturel qui ont un droit exclusif, seraient les seuls à avoir le droit de
stocker du gaz au Québec, ce qui n'est pas le... ce qui n'est pas le cas. Le
stockage ne fait pas partie du droit exclusif. Donc, il y a d'autres personnes
qu'Énergir et Enbridge qui peuvent stocker du gaz sans commettre une infraction
à la loi.
Mme Garceau : OK, parce que
c'est lié à l'utilisation du mot «exclusif». OK, merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Je veux bien
comprendre pourquoi ces amendements-là nous arrivent, là, dans le paquet. Bon,
attendez, ça, c'est les amendements... ça, c'est les amendements qu'on avait
déjà dans le projet de loi n° 69. Bon, j'aimerais comprendre ce que ça veut
dire en pratique au Québec, parce que vous avez dit : Il y a Enbridge, il
y a Énergir. Qui stocke le gaz, là, parce que... puis, en fait, je vais vous
dire tout de suite, là, où je m'en vais avec ça, là. Intragaz est propriété
d'Énergir. Donc là, c'est une espèce de concept, là, vous voulez bien séparer
les concepts comme un peu Hydro-Québec distributeur puis Hydro-Québec
transporteur? J'essaie de comprendre, parce qu'en réalité, en tout cas,
Intragaz qui stocke, là, c'est propriété d'Énergir. Donc, qu'est-ce... qu'est
ce que ça veut dire en pratico-pratique, ce que vous êtes en train de faire
ici, là? Je m'adresserais peut-être à la ministre au départ.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Alors, Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Si vous
permettez, M. le Président, la réponse est très complexe et technique, j'inviterais
Me Marois à préciser.
Le Président (M. Montigny) : Je
comprends très bien. Me Marois, vous avez la parole.
M. Marois (Samuel) : Donc,
Intragaz est une personne juridique distincte d'Énergir, puis Intragaz, pour
faire ses activités de stockage, qui sont régies par une autre loi, qui est la loi
sur le stockage de gaz naturel et conduites de pétrole, doit avoir une licence.
Donc là, il y a le droit exclusif de distribuer le gaz naturel dans la Loi
sur la Régie de l'énergie. Il y a une autre loi qui encadre le stockage. Ce
n'est pas les mêmes personnes juridiques qui font les deux activités puis... Ça
fait que c'est ça, puis le texte actuel de la loi, qui parle que le droit
exclusif de distribution n'emporte pas celui d'emmagasiner le gaz naturel,
bien, finalement, c'est de dire que le fait qu'Énergir ait un droit exclusif de
distribution ne veut pas dire qu'Intragaz... ne veut pas dire qu'Énergir est la
seule à pouvoir stocker du gaz naturel. Intragaz le fait en vertu d'une autre
loi puis a les droits pour le faire. Donc, c'est simplement un ajustement de
langage.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. D'autres interventions? M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Ça ne sera pas
la première fois, là, qu'on va entendre que c'est juste des modifications de
libellé puis qu'à la fin on comprend que, non, non, on vient de le voir dans un
autre <article, qu'on a parlé de statu...
M. Paradis :
...libellé
puis qu'à la fin on comprend que, non, non, on vient de le voir dans un autre >article,
qu'on a parlé de statu quo, puis d'ajustement, puis ce n'est pas ça. Donc là,
je veux juste m'assurer... Je comprends ce que vous me dites puis je comprends...
Il y a une logique derrière ça. Ce n'est pas la même chose... le stockage,
l'emmagasinage, ce n'est pas la même chose que la distribution, vous voulez
mieux les séparer, mais, donc, actuellement, dans la loi actuelle, on ne
faisait pas cette distinction?
Le Président (M. Montigny) : Me
Marois.
M. Marois (Samuel) : Dans la
loi actuelle, on fait cette distinction, c'est le mot «emmagasiner»... les mots
«emmagasiner le gaz naturel» que vous voyez dans l'article, sauf que, dans la Loi
sur la Régie de l'énergie, pour parler de stockage, on parle d'emmagasinage,
mais, dans les autres lois, on parle de stockage, mais on désigne le même
concept. Donc, ici, tout ce qu'on fait, c'est harmoniser le corpus législatif.
Donc, on profite de l'ouverture de l'article pour faire de la cohérence entre
nos lois.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Alors, d'autres interventions? M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Bon, je le
répète, là, c'est parce que ça semble être le cas, mais on vient d'avoir cette
discussion-là, Me Marois. Puis je m'adresse peut-être à la ministre, là, parce
que je ne veux pas mettre Me Marois dans l'eau chaude, là, mais on vient
d'avoir la discussion sur un article, là, puis je pense qu'on a tous conclu que,
non, ça ne faisait pas la même chose, puis, ici, vous nous confirmez, là, qu'il
n'y a aucune intention du législateur de changer quoi que ce soit au régime sur
l'emmagasinage puis sur le transport de gaz par cette modification-là. Ce n'est
qu'un ajustement de texte et de cohérence dans le corpus législatif. Il n'y a
rien d'autre derrière ça?
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre, vous avez la parole.Ah!Mme la ministre, le...
Mme Fréchette : Ce n'est pas
ouvert. C'est exact, dis-je, c'est bien cela.
Le Président (M. Montigny) : Oui,
merci. M. le député de Jean-Talon?
M. Paradis : ...
Le Président (M. Montigny) : Bien,
alors, est ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec cette proposition
d'amendement à l'article 41? Il n'y a pas d'intervention. Est-ce que... Maintenant,
nous allons passer à la mise aux voix de l'article... de l'amendement à
l'article 41. Est-ce que l'amendement à l'article 41 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Montigny) :
Adopté. Merci. Il est donc adopté. Ça nous amène au 41 tel qu'amendé. Mme la
ministre.
Mme Fréchette : Je n'ai pas
d'intervention.
Le Président (M. Montigny) : Pas
d'intervention. Est-ce qu'il y a des interventions au 41 tel qu'amendé?
Mme Fréchette : Bien, si ce
n'est, M. le Président...
Le Président (M. Montigny) :
Oui, allez-y, Mme la ministre.
Mme Fréchette : ...juste une précision
pour indiquer que l'amendement avait été déposé le 10 février dernier.
Donc, ce n'était pas il y a quelques jours.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, Mme la ministre. Alors, nous allons passer à la mise aux voix du 41
tel qu'amendé. Alors, est-ce que le 41, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Montigny) :
Adopté. Merci beaucoup. Ça nous amène maintenant à l'article 42. Mme la
ministre.
Mme Fréchette : Alors, M. le
Président, les articles 71.1 et 71.2 de cette loi sont abrogés.
Donc, c'est un article d'abrogation des
articles 71.1 et 71.2 de la Loi sur la Régie de l'énergie, qui, en fait,
n'ont plus d'utilité.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Est-ce qu'il y a des interventions? Il nous reste, avant... avant la
suspension du dîner, là, quelques minutes. M. le député de Maurice-Richard,
vous m'avez demandé la parole. Je vous la laisse.
M. Bouazzi : Oui. Alors, je
comprends qu'ils sont abrogés. Je pense, c'est important, quand même, que nos
concitoyennes et concitoyens sachent de quoi on parle. Donc, le premier dit :
«La fourniture d'électricité est destinée exclusivement à la satisfaction des
besoins des marchés québécois. Ces besoins sont satisfaits en priorité par la
fourniture d'électricité autre que patrimoniale vendue au distributeur
d'électricité, puis lorsque cette fourniture est écoulée, par l'électricité
patrimoniale.» Avant de lire le 71.1, pourquoi avoir abrogé un article qui
affirme ceci?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Pour un peu moins de deux minutes, là, pour cet avant-midi... Alors, Mme
la ministre, quand vous êtes prête.
Mme Fréchette : Donc, il faut
voir que, M. le Président, dans la loi qui avait été introduite en 2015, on
était dans un contexte, d'une part, de surplus énergétiques, et aussi il y
avait harmonisation, là, des activités... il y a harmonisation des activités
des divisions de distribution et de production d'Hydro-Québec. Ces articles-là
sont donc abrogés parce que le Québec n'est plus dans un contexte, d'une part,
de surplus énergétiques, et aussi parce que le projet de loi met fin à la
distinction formelle, et donc permet une meilleure intégration des activités de
production et de distribution d'Hydro-Québec.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
très bien. M. le député, il reste une <minute à peu
près...
Le Président (M. Montigny) :
...alors
très bien. M. le député, il reste une >minute à peu près.
M. Bouazzi : Ça va être dur
d'avoir une conversation en une minute, M. le Président, malheureusement.
Le Président (M. Montigny) : Souhaitez-vous
que nous... bien, nous pouvons suspendre.
Compte tenu de l'heure, là, la commission
va suspendre ses travaux immédiatement. Nous sommes de retour à 14 h 45.
(Suspension de la séance à 12 h 59)
14 h 30 (version révisée)
(Reprise à 14 h 49)
Le Président (M. Montigny) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! La Commission de l'agriculture, des
pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles reprend ses travaux.
Nous poursuivons l'étude détaillée du
projet de loi 69, Loi assurant la gouvernance responsable des ressources
énergétiques et modifiant diverses dispositions législatives. Lors de la
suspension de nos travaux ce midi, nous étions à l'étude de l'article 42.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec cet article? M. le député
de Jacques-Cartier.
M. Kelley
: Oui,
M. le Président. Je sais que c'était mon collègue de Maurice-Richard
qui a eu la <parole...
Le Président (M. Montigny) :
...cet article? M. le député de
Jacques-Cartier.
M. Kelley
:
Oui, M. le Président. Je sais que c'était mon collègue de
Maurice-Richard
qui a eu la >parole puis, je pense, c'était en train d'essayer peut-être
de comprendre certains éléments dans le texte actuel qu'on... nous sommes en
train d'enlever. Je ne peux pas parler pour lui, mais au minimum pour moi, je
pense, certains éléments comme que... Juste de bien comprendre : «La
fourniture d'électricité pour les besoins des marchés québécois, à compter du
1er janvier 2014, ne peut être différée; la fourniture différée avant
cette date doit être achetée avant le 28 février 2026 — 2027,
excusez-moi — par Hydro-Québec, en tant que distributeur
d'électricité.»
C'est quand même un élément important, alors,
juste peut-être nous rappeler, Mme la ministre ou peut-être Me Marois, pourquoi
ici on abroge ces deux articles qui semblent avoir un certain contenu
concernant l'électricité patrimoniale? Et, comme je viens juste de mentionner,
on parle de certaines dates, le 28 février 2026... 2027 versus
quelque chose sur le 1er janvier 2014. Alors, pourquoi c'est... Pourquoi
on prend... on est en train d'effacer ces textes de ces articles, monsieur... monsieur...
Mme la ministre, et peut-être Me Marois?
• (14 h 50) •
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Alors, Mme la ministre. Vous avez la parole, Mme la ministre.
Mme Fréchette : Merci,
M. le Président. Donc, vous verrez qu'il y a certains articles qui se
retrouvent ailleurs qui viennent refléter, là, les parties du contenu qu'on
retrouvait dans le texte qui est ici proposé d'être abrogé, mais j'inviterais Me
Marois à nous rappeler un peu la séquence antérieure, là, qui a mené à la
volonté d'abroger.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Alors, Me Marois, vous avez la parole.
M. Marois (Samuel) : Donc,
c'est un... Les deux articles que vous avez sous les yeux ont été introduits
dans la loi en 2015 pour une seule raison, en fait, c'est que... Vous savez que
la... Dans la loi, la séparation fonctionnelle, là, qu'on appelle, entre les
activités de distribution d'Hydro-Québec, les autres activités... Puis
Hydro-Québec Production participe aux appels d'offres d'Hydro-Québec
Distribution, c'est quelque chose qui n'existera plus, là, puis on le voit dans
les prochains articles, mais le régime, tel qu'il est actuellement, faisait en
sorte que... Bien, avant l'introduction de cette disposition-là en 2015,
Hydro-Québec Production et Hydro-Québec Distribution pouvaient toutes les deux
se retrouver avec des surplus. Donc, cette disposition‑là, 71.1, a été
introduite dans la loi pour prévoir que... finalement, pour prévoir
qu'Hydro-Québec Distribution ne pouvait pas avoir de surplus.
Donc, dans la loi, Hydro-Québec
Distribution, c'est comme un superacheteur, il achète de l'électricité destinée
aux marchés québécois, puis s'il y avait des surplus, bien, c'était comme
impossible avec cette disposition-là d'en avoir parce qu'on disait que la
fourniture d'électricité était destinée exclusivement aux besoins des marchés
québécois. Donc, les surplus, c'est Hydro-Québec, la grande Hydro-Québec, si je
peux dire, qui les avait et qui pouvait donc ensuite les valoriser sur les
marchés d'exportation.
Le changement de fond qu'on fait dans le
projet de loi, c'est qu'on abat certains murs entre les divisions
fonctionnelles d'Hydro-Québec. Puis là, finalement, Hydro-Québec conserve
évidemment la responsabilité de desservir le marché québécois. Puis
l'électricité patrimoniale, ça rassure, puis tout ça, mais si jamais il y avait
des surplus à la fin, Hydro-Québec pourra continuer de les valoriser, mais il
n'y a plus de... La fin de la séparation fonctionnelle, là, qu'on appelle,
entre les divisions d'Hydro-Québec, fait en sorte que cette disposition-là est
comme devenue désuète, là.
Puis, pour ce qui est du 71.2, c'est une
disposition... C'est un peu particulier, c'est une disposition qui est de
nature transitoire, mais elle a... La disposition a été insérée dans le corps
de la Loi sur la Régie de l'énergie. Donc, c'est une disposition qui, par
nature, devait être... devenir un peu inutile quand elle serait exécutée
entièrement, là. Donc là — puis c'est le cas actuellement — donc
là, on l'abroge, tout simplement.
M. Kelley : OK. Merci
pour ces précisions-là, parce qu'honnêtement, je sais qu'on a juste commencé à
discuter ces deux articles‑là, mais moi, j'ai pensé que c'était plus en lien
avec les articles qu'on vient juste d'adopter sur ce qui était plus avec le gaz
naturel, mais ce n'est pas le cas, on est vraiment en train maintenant de
discuter qu'est-ce qui arrive avec une situation où il y a des surplus pour
Hydro-Québec. C'est fort intéressant.
Pour le 71.1, juste encore de bien
comprendre, l'idée ici, c'est de ne... de ne pas limiter Hydro-Québec quand il
y a des surplus, ça doit aller directement pour le marché du Québec. On donne
plus de lousse <d'exporter...
M. Kelley
: ...pour
le marché du Québec. On donne plus de lousse >d'exporter ça aux
États-Unis ou quand même dans les autres provinces. Peut-être, c'est moi qui ai
mal compris cette partie-là. Il y a eu une contrainte avant ça que les surplus
doivent aller directement... Et on parle, je comprends ici, de la partie
patrimoniale qui était pas mal utilisée par des Québécois déjà. Alors, encore,
je ne sais pas si je suis... Oui, je suis mêlé, M. le Président, je peux dire
ça comme ça.
Je pense que c'est juste encore... Si ce
n'est pas un petit changement, et est-ce que vous êtes capable de dire les
éléments qu'il va... Où on trouve ces changements-là, la raison pourquoi on
peut abolir cet 71.1, on trouve la discussion? C'est dans les articles qui s'en
viennent ou est-ce qu'ils sont placés dans une... Plus tard, dans le projet de loi,
est-ce que des articles précisent?
Peut-être juste pour aider nous de vous
suivre dans la logique, ça va nous aider parce que je comprends qu'on commence,
M. le Président, le bloc où on discuter un petit peu des autres éléments dans
ce projet de loi, et pas nécessairement juste le gaz naturel, puis la transportation,
la distribution, etc.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Alors, Mme la ministre ou Me Marois.
Mme Fréchette : J'inviterais
Me Marois à continuer.
Le Président (M. Montigny) :
Parfait. Me Marois, vous avez la parole.
M. Marois (Samuel) :
Donc, le principe que vous retrouvez au deuxième alinéa de l'article 71.1
actuellement, on l'a repris sous une certaine forme dans les amendements qu'on
a étudiés dans la dernière semaine. On parlait de l'ordonnancement des coûts,
là, les contrats pour lesquels la livraison ne peut être reportée versus le
patrimonial ou tout autre approvisionnement qui peut être... auquel on peut
interrompre la livraison, là, si je peux m'exprimer ainsi.
Donc, ça, la discussion a été faite pour
ça. Mais pour ce qui est du reste, quand on... Vous savez, le concept de
fourniture d'électricité, là, qu'on retrouve au premier alinéa, on l'a retiré
de la loi, là. Vous vous souvenez, quand on a étudié l'article 2 puis on a
commencé à parler de la fin de la séparation fonctionnelle, là, qu'on appelle,
donc là, finalement, c'est : On boucle la boucle, là, c'est comme de la
concordance, là.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien.
M. Kelley
: ...si
mes autres collègues ont des questions, interventions.
Le Président (M. Montigny) :
...interventions, toujours un lien avec l'article 42? M. le député de
Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Oui. Je
m'excuse de quelques minutes de retard. Ça fait que, donc, je comprends de ce
que, ici, ma recherchiste, ici, me dit que l'article... Ce que vous expliquez,
c'est que l'article avait quelque chose à voir avec les surplus d'Hydro-Québec,
c'est ça? Mais du coup, je m'excuse, mais je ne comprends pas, ça fait que vous
allez peut-être répéter ce que vous venez de dire. Mais ici on dit : «La
fourniture d'électricité est destinée exclusivement à la satisfaction des
besoins des marchés québécois»... C'est quoi... C'est quoi... Donc l'idée, c'est
de dire, c'est quand il y a des surplus, on a le droit de les vendre, et ça, ça
empêche de les vendre. Est-ce que c'est ça?
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre, ou...
Mme Fréchette : ...en abrégé
l'explication de Me Marois.
M. Bouazzi : Oui. Je vous
promets de comprendre vite.
Le Président (M. Montigny) :
Me Marois. Vous avez la parole, Me Marois.
M. Marois (Samuel) :
Donc, l'expression «fourniture d'électricité», dans la Loi sur la Régie de
l'énergie à l'article 2, puis maintenant on l'abroge, là, cette définition-là,
mais on parle de l'électricité qui est vendue ou mise à la disposition du distributeur
d'électricité, donc Hydro-Québec Distribution. Là, ce qu'on fait, c'est qu'on
abat des murs entre les divisions administratives, là, d'Hydro-Québec; c'est
une Hydro, là, finalement. Donc, la fourniture de... La fourniture
d'électricité, ça n'existe plus. Le nouveau concept dans la loi c'est
l'approvisionnement, Hydro-Québec Distribution, pour les marchés québécois.
Donc, là... Puis, j'ai dû... J'ai dû
revisiter un peu les débats qu'il y a eu à l'époque pour comprendre, bien
comprendre pourquoi la disposition avait été introduite dans la loi. À
l'époque, étant donné qu'Hydro-Québec Production, qu'on considérait vraiment
très distinctement du distributeur, planifiait finalement sa production. Puis
vous avez... Vous aviez, de l'autre côté, Hydro‑Québec Distribution qui
planifiait ses approvisionnements pour le marché québécois, puis Hydro-Québec
Production pouvait participer aux appels d'offres d'Hydro-Québec Distribution.
Mais là, cette planification-là qui était comme dissociée, bien, ça faisait en
sorte que les deux pourraient... pouvaient se retrouver avec des surplus, là,
d'énergie.
Donc là, la disposition, le sens qui était
recherché, là, avec cette disposition-là, c'était de dire, bien, Hydro-Québec
Distribution ne peut pas se retrouver avec des surplus. S'il y a des surplus à
faire, ce n'est pas... ce n'est pas le distributeur. Donc là...
Une voix : ...
M. Marois (Samuel) :
Exactement. Donc, il y a seulement... Ce n'est pas le distributeur qui fait les
surplus. Les surplus existent, mais ailleurs que dans la coquille du
distributeur, puis évidemment, ces surplus-là peuvent être valorisés sur les
marchés d'exportation, par exemple, là. Donc, c'était l'objectif de l'article
en 2015 quand il a été introduit.
Le Président (M. Montigny) :
... très bien. Merci, Me Marois. M. le député de... (panne de son)
...la <parole maintenant.
Le Président (M. Montigny) :
...très bien. Merci, Me Marois. M. le député de... (panne
de son) ...la >parole maintenant.
M. Bouazzi : Et donc là,
vous dites : On l'enlève parce qu'il est obsolète. Pour quelle raison?
Parce que de toute façon, les surplus continuent à être juste du côté de la
production.
Le Président (M. Montigny) :
...peut-être, Me Marois, Mme la ministre?
Mme Fréchette : ...
Le Président (M. Montigny) :
Me Marois. Me Marois, vous avez la parole.
M. Marois (Samuel) : Donc,
l'un des objectifs du projet de loi, c'est de mettre fin... d'abattre des murs.
Donc là, ce qu'on dit — puis on va le voir d'ailleurs dans les
articles qui concernent le processus d'approvisionnement qui suivent celui-ci — mais
ce qu'on dit, c'est que dans le fond, pour desservir le marché québécois,
Hydro-Québec pourra acheter sur le marché ou utiliser la production
d'Hydro-Québec, là, finalement. Donc, ce n'est plus deux boîtes séparées, c'est
une boîte. Donc, s'il y a à faire des surplus, s'il y a des surplus... Bien, je
veux dire, il y en a effectivement, mais ce n'est pas dans le cadre de la Loi
sur la Régie de l'énergie qu'on traite de la manière de valoriser ces
surplus-là, là.
• (15 heures) •
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci, Me Marois. M. le député.
M. Bouazzi : Je ne
voudrais pas... Je ne voudrais pas rallonger pour rien, mais... Mais, je
comprends, mais avant, quand il y avait des surplus, ce n'était quand même pas
la régie. C'était la régie? Non, c'est ça. Ça fait que ce n'est ni la régie ni
avant ni maintenant, là.
M. Marois (Samuel) : Non,
exact.
Le Président (M. Montigny) :
Me Marois, juste pour être sûrs qu'on capte la réponse.
M. Marois (Samuel) : Exactement.
Bien, la loi sur la régie porte sur la desserte du marché québécois...
M. Bouazzi : Exact.
M. Marois (Samuel) : ...de
l'encadrement et de la distribution au Québec. C'est tout. Puis, dans le fond,
la loi disait : Hydro-Québec Distribution ne peut pas faire de surplus,
là, tu sais.
M. Bouazzi : Exact, et
donc, vous dites : Ça ne sert... Ça ne sert à rien de le dire, en fait. En
fait, c'est ça que vous dites. Ce n'est pas que c'est faux, c'est que c'est
inutile de le mettre.
M. Marois (Samuel) : Bien,
c'est que c'est inutile de le mettre, puis c'est d'autant plus inutile avec ce
qu'on fait, là, étant donné qu'il n'y a plus de double planification de deux
boîtes qui évoluent séparément, on en fait une... On en fait comme une boîte,
là, où tout va... Donc là, tu sais, la disposition, elle n'a plus d'utilité,
là.
M. Bouazzi : Et puis, on
a parlé de la production, mais sur la question du transport, et je dois
m'excuser de ne pas savoir comment ça fonctionne exactement, évidemment,
comment... Comment ça marche par rapport à la division de transport? Parce que
là, par contre, les surplus, ils doivent bien être transportés. Est-ce qu'ils
se partagent? Ça marche comment?
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre ou Me Marois?... Me Marois, vous avez la parole.
M. Marois (Samuel) : Donc,
les activités de transport, c'est vraiment séparé, là, c'est... Il n'y a pas de
lien entre cette disposition-là puis le transport, c'est vraiment les
approvisionnements ici, là.
M. Bouazzi : OK. Bon.
Maintenant, si on regarde le 71.2, qui est lui aussi... C'est quoi, le... C'est
quoi, toutes ces dates qui sautent, là? C'étaient des mesures transitoires qui
n'ont... qui n'ont plus d'intérêt?
M. Marois (Samuel) : Exact.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien.
M. Bouazzi : Et... OK.
Le Président (M. Montigny) :
...merci. Toujours sur l'article 42, d'autres interventions? Très
bien. Alors, M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Donc, ces
deux articles-là sont remplacés par quoi?
Le Président (M. Montigny) :
Alors, Mme la ministre, je vous laisse la parole.
Mme Fréchette : Merci.
Alors, avec... Comme Me Marois l'a expliqué, en fait, elles deviennent
caduques, inutiles. Donc, il n'y a pas lieu de les remplacer comme telles.
Le Président (M. Montigny) :
Merci, Mme la ministre. D'autres interventions en lien avec l'article 42?
M. Paradis : Mais...
Le Président (M. Montigny) :
...allez-y, M. le député de Jean‑Talon.
M. Paradis : Je
comprends que ces deux-là sont abrogés. Mais il y a un nouveau régime qui
s'applique pour remplacer ça, parce qu'ils sont caducs parce qu'il y a d'autres
changements. Quels autres changements? Parce que moi, j'ai une hypothèse, là,
mais je veux savoir, là, quels autres... quel nouveau régime remplace 71.1 et
71.2?
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre.
Mme Fréchette : J'inviterais
Me Marois à nous repréciser ces éléments.
Le Président (M. Montigny) :
Me Marois, vous avez la parole à nouveau.
M. Marois (Samuel) : OK.
C'est des modifications qui sont apportées à plusieurs articles, là. C'est un
peu la philosophie qui sous-tend plusieurs modifications qu'on fait concernant
les approvisionnements à Hydro‑Québec. Avant, comme on l'expliquait tantôt, il
y avait Hydro-Québec Production, Hydro-Québec Distribution, chacun planifiait
ses affaires de son côté, mais Hydro-Québec Production pouvait participer...
15 h (version révisée)
M. Marois (Samuel) : ...Hydro-Québec
Distribution. Chacun planifiait ses affaires de son côté, mais Hydro-Québec
Production pouvait participer aux appels d'offres d'Hydro-Québec Distribution.
Là, dans le régime qui est proposé, puis c'est les... l'objet des articles qui
suivent, bien, Hydro-Québec Distribution, pour l'électricité extrapatrimoniale,
va pouvoir acheter sur le marché ou encore utiliser la production d'Hydro-Québec.
Donc, on abat des murs entre les anciennes divisions fonctionnelles d'Hydro-Québec,
donc... Puis la disposition qu'on a sous les yeux avait été introduite
spécialement parce qu'on avait ces divisions-là, donc c'est pour ça qu'elle est
devenue inutile.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Me Marois. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : M. le Président,
est-ce que je peux vous demander une suspension, s'il vous plaît?
Le Président (M. Montigny) : Oui.
Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 05)
(Reprise à 15 h 11)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous sommes de retour pour nos travaux. Au moment de la période de suspension,
M. le député de Jean-Talon, vous aviez la parole. Je vous avise simplement
qu'il y a une collègue, aussi, qui m'a demandé la parole après vous. M. le
député.
M. Paradis : Oui. Merci, puis
je vais lui laisser la parole dans quelques minutes. Simplement pour préciser,
on a eu une discussion hors micro, mais, donc, ces articles-là sont quand même
importants aussi dans l'architecture de la loi. Donc, pour préciser, 71.1 et
71.2 disparaissent, et il y a une partie, donc, de la discussion qu'on va avoir
dans l'article qui suit, 72, qui est liée à cette abrogation. C'est bien ça,
Mme la ministre?
Mme Fréchette : Oui.
M. Paradis : Oui. Et il y
a... Bien, ensuite, ça, c'est sur la question... c'est sur les plans
d'approvisionnement, puis qu'est-ce qui va où en premier, notamment lorsqu'il y
a des surplus d'électricité, à ne pas confondre avec la question des manques à
gagner ou des...
Mme Fréchette : Financiers.
M. Paradis : ...ou des
excédents d'Hydro-Québec, on a eu cette discussion-là, ou les trop-perçus
d'Hydro-Québec, on a déjà eu cette discussion-là. Mais le coût des
approvisionnements, ça, c'était à 52.2, et ça, ça faisait partie des
amendements récents qu'on a reçus. Donc, cette partie-là, de la discussion sur
les coûts, on l'a faite, c'est lié à cette abrogation-là et à ce qu'on va voir
à 72. Mais, donc, sur le coût des approvisionnements, c'est à 52.2, et là, sur
le plan d'approvisionnements, on va le voir à 72. Est-ce que je comprends bien
l'architecture, Mme la ministre, de ce qu'on est en train de faire en abrogeant
71.1 et 71.2?
Mme Fréchette : Tout à fait.
M. Paradis : Donc, une partie
de la conversation va avoir lieu plus tard. Pour l'instant, pour moi, ça
éclaire un peu ma lanterne, mais je comprends que ma collègue de Robert-Baldwin
a peut-être, elle aussi, d'autres questions. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Alors, merci, M. le député. Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Merci, M. le
Président. Donc, j'ai très bien compris, je crois, votre échange en ce qui a
trait... Les articles qui ont été abrogés, on les remplace par le 52.2, des
coûts des approvisionnements, c'est une chose, ça n'en parle pas vraiment dans
le 71.1, puis en 72... à l'article 72, on parle des plans
d'approvisionnement, mais il y a... On est vraiment dans le cadre de la logique,
en termes, là, de l'objectif, en ce moment, de ce projet de loi, puis il me
semble que... puis je ne le retrouve pas, là, ce... le principe qui m'appert
être très fondamental, qui a été abrogé à 71.1, puis j'aimerais savoir il est
où exactement, dans ce projet de loi.
Là, la «fourniture d'électricité», là, on
parle de l'approvisionnement, on parle de la production, on parle de quoi
exactement? Moi, j'aimerais le décortiquer, là, le 71.1.
Le Président (M. Montigny) :
Merci, Mme la députée. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. Bien,
j'imagine que, donc, vous vous référez à la fourniture <d'électricité...
Le Président (M. Montigny) :
...Merci,
Mme la députée. Mme la ministre.
Mme Fréchette :
Oui.
Bien, j'imagine que, donc, vous vous référez à la fourniture >d'électricité
qui est destinée, d'abord et avant tout, à la satisfaction des besoins du
marché québécois. Donc, ça, ce principe-là, on le retrouve dans la Loi sur
Hydro-Québec. Exactement à quel endroit, Me Marois pourrait...
Une voix : ...
Mme Fréchette : Article 111.
Une voix : ...
Mme Garceau : ...du 111.
Mme Fréchette : ...l'article 22
de la Loi sur Hydro-Québec.
Mme Garceau : Donc, ça, sans
aller, là, puis prendre du temps pour réviser l'article, est-ce qu'on est en
train de confirmer que nous allons maintenir ce principe qui m'appert assez
fondamental en termes de... Puis là, je ne sais pas, on parle
d'approvisionnement, de production qui est décidée exclusivement. C'est ça, la
première mission à la satisfaction des besoins des marchés québécois.
Mme Fréchette : Donc, c'est
ça, on trouve, à l'article 22 de la Loi sur Hydro-Québec : «La
société a pour mission d'agir et d'innover dans le domaine de l'énergie ou dans
tout domaine connexe, notamment en matière de recherche. Elle doit assurer de
manière suffisante, sécuritaire, fiable et au meilleur coût, la satisfaction
des besoins en électricité des marchés québécois.»
Mme Garceau : OK. Donc, ça,
c'est à l'article 22 de la Loi sur Hydro-Québec. Donc, deuxième partie,
parce que là, on parle, on doit satisfaire les besoins des marchés québécois
exclusivement, ça doit être fait de façon totale. Donc, s'il y a un manque...
Donc, «si ces besoins sont satisfaits — il y a une priorité — par
la fourniture d'électricité autre que patrimoniale vendue aux distributeurs
d'électricité puis lorsque cette fourniture est écoulée par l'électricité
patrimoniale». Donc, ce principe-là, on le retrouve où, actuellement, dans le
projet de loi?
Mme Fréchette : J'inviterais
Me Marois à répondre.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Alors, Me Marois, vous avez la parole.
M. Marois (Samuel) : Bien,
cette discussion-là, on l'a eue quand on a étudié l'amendement à l'article 52.2.
Donc, c'est une question d'ordonnancement des coûts. On l'a ramené dans ce
qu'il aurait peut-être dû être au début, c'est-à-dire une question comptable
dans l'établissement des tarifs. Donc, c'est là qu'on retrouve ce principe-là,
mais sous une forme un peu différente, là.
Mme Garceau : Bien, c'est ça
que j'étais pour dire, ce n'est pas la même chose, parce que là, on est en
train de... C'est un principe fondamental que, de un, c'est la production,
qu'on doit satisfaire au complet les besoins des Québécoises, des Québécois,
et, à défaut, on va au patrimonial. Donc, ce n'est pas le cas dans le nouveau
projet de loi?
Le Président (M. Montigny) : Me
Marois.
M. Marois (Samuel) : Bien,
je...
Le Président (M. Montigny) : Ce
ne sera pas long, le micro à maître... Oui, voilà. Merci.
M. Marois (Samuel) : Bien, je
vous référerais à l'amendement puis à l'article qui a été adopté, modifiant
l'article 52.2 de la loi sur la régie, donc, dans les articles qu'on a
étudiés dans les derniers jours, qui reprend ce principe-là.
Mme Garceau : 52.2, là, on
est à l'article 33, c'est ça?
M. Marois (Samuel) : C'est
ça.
Mme Garceau : Mais là, on
parlait, à cet article-là, de qu'est-ce qui... les composantes des coûts
d'approvisionnement. Qu'est-ce qu'on met? Qu'est-ce qu'on va inclure dans les
coûts? C'est quand même différent de l'article que nous étudions en ce moment.
Parce que, là, c'est un petit peu la logique des choses, là, de
l'approvisionnement, qu'on va miser sur le marché québécois, on va s'assurer
qu'ici, au Québec, on va produire assez d'électricité afin de, évidemment, le
distribuer à tous les Québécois et à toutes les Québécoises. Et donc, si on...
s'il y a une production insuffisante, bien là, on va piger dans l'électricité
patrimoniale. Il y a un principe, là, il me semble, très fondamental, qui est
logique, parce que c'est Québec d'abord, on va se le dire comme ça. Donc, pour
moi, ce principe-là, il faudrait le retrouver, parce que c'est <l'essence...
Mme Garceau :
...parce
que c'est Québec d'abord, on va se le dire comme ça. Donc, pour moi, ce
principe-là, il faudrait le retrouver, parce que c'est >l'essence même
d'Hydro-Québec, de sa mission. Et donc, pour moi, quand je regarde 52, là, on
n'est pas dans ce principe-là, là, on est dans les composantes, les coûts
d'approvisionnement, qu'est-ce qu'on met dans les coûts, qu'est-ce qu'on inclut.
À moins que je n'aie pas une bonne compréhension de l'article 52.2.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, Mme la
députée, mais je voudrais vous ramener à nouveau, là, à l'article 22 de la
Loi sur Hydro-Québec, là. L'article 111 du projet de loi...
Mme Garceau : ...l'article 22.
Mme Fréchette : ...que je
vous ai lu tout à l'heure, où il y avait mention, donc, de la nécessaire
satisfaction des besoins en électricité des marchés québécois.
Des voix : ...
Mme Garceau : OK. Est-ce
qu'on peut juste suspendre, M. le Président?
Le Président (M. Montigny) : Nous
allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 20)
(Reprise à 15 h 30)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous sommes donc de retour. Au moment de la suspension, Mme la députée de
Robert-Baldwin, vous aviez la parole.
Mme Garceau : Merci, M. le
Président. Je remercie Me Marois pour les explications. C'est sûr qu'à ce
stade-ci, parce qu'on regarde cet article 42, on veut abroger les articles 71.1
et 71.2, mais surtout, particulièrement, 71.1 contient des principes
fondamentaux en ce qui a trait à l'approvisionnement d'électricité, au Québec,
pour la consommation des Québécois. Et donc, là, je comprends qu'il y a eu des
amendements, et tout ça, mais ce n'est pas juste des amendements à la loi sur
la régie, en termes de ce principe... ou ces principes fondamentaux
d'approvisionnement au Québec. Et là, on comprend qu'on a modifié l'article 22
de la Loi sur Hydro-Québec. Puis il y a un autre amendement qu'on a reçu, là,
il y a une dizaine de jours, à l'article 111 aussi. Là, c'est aussi lié à
l'article 52.2 qui a été amendé, concernant les coûts des
approvisionnements et, aussi, à l'article 72 concernant les plans
d'approvisionnement.
Donc, vous allez comprendre, M. le
Président, que ce n'est pas si évident à suivre, la logique en ce qui a
trait... On met des principes qui sont, d'après moi, tellement fondamentaux,
mais là, on est en train, là, de les mettre un petit peu partout. Donc, je vais
céder la parole, M. le Président, à mon collègue de Jean-Talon pour la suite
des choses.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
très bien. Merci. M. le député de Jean-Talon, vous avez la parole.
M. Paradis : Merci beaucoup à
ma collègue de Robert-Baldwin. J'aimerais qu'on continue, à micro ouvert, une
discussion qu'on avait à micro fermé, je pense que c'est bon pour l'ensemble
des Québécois. Donc, j'ai posé la question de : Où se retrouve le principe
assez important qui est au deuxième alinéa de l'article 71.1 actuel de la
Loi sur la Régie de l'énergie, qui dit que les besoins sont satisfaits, en
priorité, par la fourniture d'électricité autre que patrimoniale vendue aux distributeurs
d'électricité, puis lorsque cette fourniture est écoulée par l'électricité
patrimoniale? Ça veut dire qu'en réalité, par exemple, on prend l'électricité
des éoliennes avant d'aller vers l'électricité patrimoniale, par exemple, celle
des barrages. Ce qu'on a vu, puis on a eu cette discussion-là quand on parlait
de l'article 52.2 de la Loi sur la Régie de l'énergie, qui a été ajouté
par l'article 33, M. le Président, qu'on a déjà analysé ensemble.
Et, si je comprends bien, la ministre nous
confirme que, bien, c'est qu'avant — ou Me Marois, dans discussion
qu'on a eue avec — c'est que c'est une fiction, là, la question qu'il
y a des électrons qui arrivent avant d'autres. C'est qu'une fois que
l'électricité est produite puis qu'elle est dans le réseau de transport,
qu'est-ce qui vient de quel bloc patrimonial ou la nouvelle électricité, c'est
une fiction. Et donc, ce que vous avez fait, c'est que vous l'avez transféré
dans la question des coûts de l'électricité patrimoniale versus les coûts de
l'électricité non patrimoniale à 52.2, donc, que c'est l'équation... 52.2,
c'est l'équation miroir de ce qu'on fait en enlevant 71.1. Je comprends ça.
Donc, maintenant, vous dites : C'est comme ça qu'on procédait déjà, c'est
une question de coût. Ce qui m'intrigue, Mme la ministre, c'est : Comment
se fait-il qu'il y a un an, vous nous avez proposé l'article 71.1, donc,
vous retiriez quelque chose, mais que ce qu'il faut pour comprendre le retrait
de cet article-là vient de nous arriver, il y a une dizaine de jours, dans les
nouveaux amendements que vous avez déposés?
Donc, si, pour retirer 71.1, ça prenait
52.2, qu'on vient juste de recevoir, là, puis qu'on vient juste d'adopter, je
veux comprendre c'était quoi, la logique de ce retrait-là, au départ.
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Alors, Mme la ministre, quand vous serez prête.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Donc, bien, la lecture...
15 h 30 (version révisée)
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre, quand vous serez prête.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Donc... Bien, la lecture, en fait, du député de Jean-Talon est
bonne, là, quant à ce qui relève du conceptuel versus des coûts des électrons.
Effectivement, l'ensemble de l'électricité se retrouve dans une sorte de grand
bassin, et puis il devient impossible d'associer des électrons à une provenance
en particulier.
Pour ce qui est du principe que recherche
la députée de Robert-Baldwin, donc, il se trouve à l'article 111 qui modifie la
Loi sur Hydro-Québec, l'article 22 de la Loi sur Hydro-Québec. Donc, c'est à
cet article qu'on retrouve la notion de l'importance de servir le marché
québécois et de répondre aux besoins du marché québécois.
Et pour ce qui est de l'arrivée
ultérieure, là, de l'amendement, eh bien, c'est qu'au départ, en fait, la... je
dirais que la conception, le contexte qui était celui dans lequel réfléchissait
l'équipe, c'était un contexte d'absence de surplus, et on est dans une absence
de surplus pour encore un certain temps, et puis voilà. Après ça, il y a eu en
fait, là, la nécessité de dire : Bon, une fois qu'on sera sortis de ce
contexte-là, qu'il y aura des surplus, comment est-ce qu'on devra libeller
le... comment on devra décrire, en fait, ce qui survient? Eh bien, c'est arrivé
plus tard et c'est pour ça que ça s'est retrouvé dans un dépôt d'amendement
ultérieur.
M. Paradis : Bien. Vous
êtes... Vous avez mis deux éléments, là, dans votre réponse, puis je vous en
remercie, là. Vous répondez notamment à la collègue de Robert-Baldwin. Cétait
aussi une discussion, là, qu'on a eue, là, puis hors micro, et je soulignais
donc que le principe, donc, de l'alinéa premier de 71.1 — c'est l'article
qu'on retire de la loi sur l'énergie — dit qu'on fournit l'électricité,
d'abord et avant tout, exclusivement à la satisfaction des besoins des marchés
québécois. Et, ça, vous nous indiquez donc que ce nouveau principe-là, il se
retrouve...
Mme Fréchette : À l'article
22 de la Loi sur Hydro-Québec.
M. Paradis : ...à l'article
22 de la Loi sur Hydro-Québec, qui sera modifié, selon votre proposition, par l'article
111 du projet de loi 69, qu'on n'a pas étudié encore, M. le Président. Et
c'est... Encore une fois, il faut comprendre les liens. Donc, fort bien. Donc,
il y a une modification de la mission d'Hydro-Québec, là, pour contenir ce
principe-là, qui était autrefois ici, dans la Loi sur la Régie de l'énergie.
Néanmoins, je suis un petit peu plus
surpris de votre réponse sur le deuxième alinéa parce que, là aussi, c'est un
principe important qui existe dans la loi actuelle. Donc là, il y a un an, vous
nous avez proposé son retrait, mais il n'y avait rien qui était prévu pour
garder ce principe-là, qui est quand même important, parce qu'il y a eu des
années, il y a eu des surplus, il y a des années, il y a eu des manques en
électricité, là. On ne parle pas des manques à gagner ou des excédents d'Hydro-Québec,
là, on parle de... en termes d'électricité, de production d'électricité. Donc,
ça existait déjà. Mais donc vous n'aviez pas prévu ce qui allait remplacer ce
deuxième alinéa qui était enlevé avant aujourd'hui, donc avant il y a 10 jours.
J'aimerais quand même comprendre la logique, là. Vous le remplacez par quoi, ce
concept-là?
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre, quand vous...
M. Paradis : Vous pouviez...
Ou, si vous me permettez, M. le Président?
Le Président (M. Montigny) : Allez-y,
pour compléter.
M. Paradis : Est-ce que c'est-à-dire
que vous faisiez le projet de loi 69 avant juste dans une optique, que,
votre gouvernement, qui ne nous a pas présenté de plan, de vision au début du
projet de loi pour dire où vous vouliez aller, vous disiez : Ah! nous, on
prévoit juste qu'il n'y aura pas de surplus ou qu'il n'y aura pas de déficit de
production d'électricité, puis là vous me dites : Ah! il pourrait arriver
l'un ou l'autre, ça fait que, là, je vous arrive avec les amendements? Je veux
bien comprendre comment ça se fait que ça a pris un an pour avoir ce que ça
prend pour remplacer ce que vous enleviez avant.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Bien, c'est
la même question que tout à l'heure, à laquelle j'ai répondu, là, M. le
Président.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien.
M. Paradis : Très bien. Moi,
je vais vous soumettre une réponse alternative. Parce que, dans quelques heures,
on va avoir un débat sur le bâillon qui va mener à l'imposition de ce projet de
loi là en suspendant le reste des débats, et vous avez déjà commencé, de même
que le premier ministre, à dire : L'opposition fait de l'obstruction. Il n'y
en a pas, d'obstruction. C'est nous qui, depuis le début, permettons au
gouvernement de noter ce genre de choses là. Il y en a d'autres, des problèmes.
Donc, c'est pour ça que ça prend une étude détaillée d'un projet de loi. Parce que,
parfois, malgré tout ce temps-là, on s'aperçoit qu'il y a des choses qui... il
y a des problèmes, qu'il y a des manques. Il faut comprendre ce qui se passe
dans les différents articles. On l'a encore fait ce matin, on l'a fait <hier...
M. Paradis :
...manques.
Il faut comprendre ce qui se passe dans les différents articles. On l'a encore
fait ce matin, on l'a fait >hier. C'est grâce au travail qu'on a ici qu'on
comprend ce qui est en train de se passer avec ce projet de loi là, qui est
très complexe, qui fait en sorte que, souvent, on a besoin de pauses, y compris
du côté du gouvernement, pour être bien sûr qu'on comprend ce qui se passe. C'est
à ça que ça sert, l'étude détaillée. Et c'est absolument phénoménal qu'on
enlevait un principe important de la Loi sur la Régie de l'énergie puis que ça
a pris un an pour se rendre compte qu'on n'avait pas compensé ce qu'on
enlevait. Voilà la conclusion que j'en tire, de ce qui se passe actuellement.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
pour le bénéfice de tous, je nous rappelle que nous sommes toujours à l'étude
de l'article 42 du projet de loi. Alors, Mme la députée, vous avez demandé la
parole?
• (15 h 40) •
Mme Garceau : Oui, M. le
Président. En réponse... En lien avec la réponse de Mme la ministre, qui nous
réfère à l'article 22, en tout cas, la modification, là, que nous retrouvons à
l'article 22 de la Loi sur Hydro-Québec, qui est en fait la nouvelle mission,
si je peux dire, c'est une description, là, de la nouvelle mission d'Hydro-Québec,
il y a quelque chose qui me frappe quand je regarde... premier alinéa de 71.1,
c'est le mot «exclusivement». Et, lorsqu'on regarde cet article-là, en termes d'approvisionnement,
«est destiné exclusivement à la satisfaction des besoins des marchés québécois»,
lorsqu'on regarde la nouvelle... la nouvelle disposition de l'article 22 de la
Loi sur Hydro-Québec, on ne retrouve pas le mot «exclusivement» en termes de
mission. La mission est beaucoup plus large en termes de... Parce que, là, il y
a un lien avec le PGIRE. Et là on parle «qu'elle doit assurer de manière
suffisante, sécuritaire, fiable et au meilleur coût la satisfaction des besoins
en électricité des marchés québécois. Elle doit notamment disposer des
approvisionnements en électricité requis pour atteindre la cible des
approvisionnements établie par le plan de gestion intégrée», donc le PGIRE. Donc,
on est en train de lier l'approvisionnement avec le PGIRE. Et on ne parle pas
de ce principe fondamental que la production doit être liée pour satisfaire
tous les besoins, tous les besoins des marchés... du marché québécois.
Est-ce qu'on peut... Puis je vais lancer
la question que, dans le PGIRE... Parce qu'on ne sait pas qu'est-ce qui
pourrait être inclus dans le PGIRE. Mais là, est-ce qu'on pourrait prévoir la
vente, exportation à l'extérieur du Québec, en termes du PGIRE? Et donc, la
production, ce n'est pas de s'assurer l'approvisionnement à la satisfaction des
marchés québécois. Il pourrait avoir une composante d'aussi exporter l'énergie
à l'extérieur du Québec. Est-ce que j'ai raison dans ma compréhension
maintenant de cette nouvelle mission d'Hydro-Québec?
Le Président (M. Montigny) : Alors,
quand vous serez prête, Mme la ministre.
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Donc, vous vous souviendrez que Me Marois, au début de la session,
nous a rappelé qu'il y avait maintenant retrait des murs entre Hydro-Québec
Production et Distribution. Et, quand il y avait cette division-là, c'est... ce
ne sont pas toutes les divisions, bien sûr, qui avaient, dans leur mission, de
servir des marchés d'exportation. <Donc...
Mme Fréchette :
...pas
toutes les divisions, bien sûr, qui avaient, dans leur mission, de servir des
marchés d'exportation. >Donc, on pouvait dire qu'Hydro-Québec, dans
certaines divisions, avait le devoir de servir exclusivement des marchés
québécois.
Maintenant, on retire ces murs entre
Hydro-Québec Distribution et Production, et, par conséquent, les marchés
d'exportation deviennent intrinsèquement une clientèle à servir. Donc, ça
s'intègre à la mission de servir des Québécois, celle aussi de servir des
marchés d'exportation, ce qui n'était pas le cas quand il y avait ces
divisions.
M. Marois (Samuel) : ...
Mme Fréchette : Ah! les
réseaux municipaux également. Très bon point de Me Marois. Les réseaux
municipaux également doivent être approvisionnés. Donc, voilà. C'est l'ensemble
des clientèles qui autrefois étaient séparées, compartimentées, si on veut, qui
maintenant ne le sont plus.
Le Président (M. Montigny) : ...merci,
Mme la ministre. D'autres interventions en lien avec cet article 42?
Alors, comme il... Oui, M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : ...retirer les
murs entre Hydro-Québec Distribution puis Hydro-Québec Transport? Est-ce que
j'ai bien...
Mme Fréchette : Je n'ai pas
dit «Transport». J'ai dit Hydro-Québec Production et Distribution.
M. Paradis : Ah! Hydro-Québec
Production et Distribution. Vous voulez retirer les murs. Puis là les marchés
d'exportation deviennent tous des clients, au même titre que les clients
québécois. Êtes-vous sûre de ce que vous êtes en train de dire?
Mme Fréchette : Me Marois
nous a expliqué ça en début de séance, là. Vous étiez...
M. Paradis : Oui, oui, oui,
je regardais ça d'en haut, là. Mais là j'étais...
Mme Fréchette : ...je ne
dirai pas quoi. Vous étiez occupé.
M. Paradis : Oui, oui, oui,
parce que vous n'êtes pas supposée évoquer... mais je vous regardais à
distance.
Mme Fréchette : Alors, ça a
été expliqué tout à l'heure, mais...
M. Paradis : Mais j'avais
bien entendu, mais là je l'ai entendu de mes oreilles ici. Je suis... Oui, j'aimerais
vous entendre plus longuement là-dessus.
Mme Fréchette : Bien, Me
Marois, il a fait beaucoup de prise 1, prise 2, prise 3 aujourd'hui. Je l'en
remercie.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
maître...
Mme Fréchette : Vous êtes
tous arrivés à des...
Le Président (M. Montigny) : Oui.
Me Marois, je vous redonne la parole à nouveau.
M. Marois (Samuel) : Donc,
quand on dit qu'on fait tomber des murs entre Hydro-Québec Production et
Hydro-Québec Distribution, c'est qu'avant il y avait Hydro-Québec Production
qui faisait ses choses, mais il avait aussi Hydro-Québec Distribution dont la
responsabilité était de desservir le marché québécois, donc d'assurer les
besoins du marché au Québec. Ça, c'était une responsabilité exclusive.
Donc là, Hydro-Québec Distribution, dans
la loi, doit s'approvisionner pour desservir en électricité les marchés
québécois. Donc, aux fins de son approvisionnement, Hydro-Québec Distribution
faisait des appels d'offres qui pouvaient notamment... Hydro-Québec Production
pouvait notamment participer aux appels d'offres d'Hydro-Québec Distribution.
Là, les contrats entre Hydro-Québec
Production et Distribution, dans le nouveau régime proposé, ça n'existe plus.
Il n'en demeure pas moins que, dans la Loi sur la Régie de l'énergie, on a
encore le secteur de la distribution au Québec, donc ça ne concerne que la
distribution au marché québécois. Mais Mme la ministre réfère à l'article 22 de
la Loi sur Hydro-Québec, qui porte sur la mission d'Hydro-Québec, en général,
pas sa mission de distributeur d'électricité au Québec. Donc, Hydro-Québec,
puis c'est ce qui est inscrit dans sa mission, avec le nouvel article 22, c'est :
Elle doit assurer la desserte du marché québécois. Donc, ça, on vient de
l'insérer clairement dans la mission.
Cela étant dit, Hydro-Québec, la grande
Hydro, a aussi d'autres activités, notamment les activités d'exportation,
l'approvisionnement en électricité des réseaux municipaux, donc, puis d'autres
choses, donc c'est... il faut juste ne pas mélanger les boîtes.
Le Président (M. Montigny) : ...très
bien. Merci, Me Marois. M. le député de Jean-Talon, je crois que vous avez
redemandé la parole.
M. Paradis : Oui, oui, parce
que, là, c'est gros, ce dont on parle, là, faire tomber les murs entre
Hydro-Québec Production et Hydro-Québec Distribution. Parce que, là, on a eu
tellement de conversations sur ce qu'on passait comme coûts de production dans
les tarifs de distribution, puis que ça ne devrait pas être ça, là, maintenant,
vous nous dites tout simplement qu'il n'y a plus de distinction parce que... Il
y a des implications énormes, là, sur l'ensemble de la Loi sur Hydro-Québec
puis de la Loi sur la Régie de l'énergie, si c'est ça que vous êtes en train de
faire. Puis là, en parlant de tous les coûts qu'on a fait passer aux
consommateurs, bien là on pourrait imaginer l'inverse. Parce que, si on abat
les murs, tu sais, il n'y a pas juste des risques pour des consommateurs, il
devrait avoir des opportunités.
Si la production... Si les coûts de
production baissent, là je comprends qu'il faudrait en faire bénéficier aussi
les consommateurs directement. Ça, ça devrait jouer positivement sur les
tarifs. Ensuite, si ce que vous venez de dire, que les clients, maintenant,
sont un peu... on veut faire tomber ces barrières-là vu que c'est... tous les
marchés d'exportation deviennent aussi des clients au même titre, ça, <ça...
M. Paradis :
...ces barrières-là vu que c'est... tous les marchés d'exportation deviennent
aussi des clients au même titre, ça, >ça veut dire que, s'il y a des...
une augmentation des revenus d'exportation pour Hydro-Québec Production, ça
devrait aussi passer en réduction des tarifs pour les consommateurs québécois.
Mais ça, est-ce que cette mécanique-là, elle est prévue? Je suis curieux de
l'entendre.
Je suis curieux d'entendre, Mme la
ministre, ce qu'on va aller plaider désormais devant la FERC, aux États-Unis,
avec tant de concurrents américains qui ont très hâte de replaider leur cas sur
les subventions illégales d'Hydro-Québec, parce que vous savez qu'ils sont
allés à plusieurs reprises pour dire : Ah! il y a des subventions
illégales à Hydro-Québec sur le marché américain. Là, j'ai hâte de les entendre
citer les propos, ici, dans cette commission parlementaire, ou de dire que le
gouvernement du Québec, maintenant, est en train de dire que, ah! Production, Distribution,
c'est la même affaire. J'ai hâte. J'ai hâte, Me Marois, d'entendre vos
plaidoiries à la FERC quand... Non, excusez-moi, j'ai hâte, Mme la ministre, de
voir ce que nos avocats vont plaider devant la FERC, parce que, là, ce qu'on
est en train de dire ici puis ce qu'on est en train de prétendre va avoir un
impact énorme.
• (15 h 50) •
Ça fait que, moi, j'aimerais vous entendre
un peu plus longuement, là, sur ce que ça veut dire. Puis est-ce qu'on a mesuré
tous les impacts de dire qu'on abat les murs? Parce que ce n'est pas ça,
l'architecture, actuellement, des lois du Québec. Quand on dit qu'on est en
train de tout modifier, là, puis...
Moi, je l'ai dit à plusieurs reprises, que
c'est un bric-à-brac, ce projet de loi là. Là, on apprend aujourd'hui que, oui,
il y a une intention de... d'abattre les murs entre Hydro-Québec Production et
Hydro-Québec Distribution. Moi, je veux entendre... Je veux voir c'est quoi, le
plan derrière ça, puis quels impacts ont été mesurés. J'ai plein de... J'ai
plein de questions, là. Est-ce que, ça, ça veut dire que, maintenant, la régie
va jouer un rôle par rapport aux exportations d'Hydro-Québec? Parce qu'on a eu
cette conversation-là il y a quelques semaines, là, puis on a dit que ce
n'était pas ça. Là, on... Là, on est ailleurs.
Donc, j'ai plusieurs questions, là.
J'aimerais avoir des réponses à ça. Puis j'imagine que ça va jouer sur 72,
parce que, là, j'ai hâte de voir, moi, qui fait... qui fait le plan
d'approvisionnement, là, si maintenant Distribution puis Production, c'est la
même chose.
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre, quand vous serez prête.
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre, quand vous êtes prête.
Mme Fréchette : ...alors...
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Alors, je vais replacer quelques faits, notamment dans leur
perspective historique, on pourrait dire, parce que ça fait déjà un certain
temps que c'est une mouvance, en fait que c'est un mouvement qui est en action.
C'est en fait alors que c'était Sophie Brochu qui était PDG que furent annoncée
la fin de la séparation entre Hydro-Québec Production et Hydro-Québec
Distribution. Donc, on parle de l'année 2021.
Pourquoi ça a été fait? Parce qu'il faut
voir que, dans la façon de faire antérieure, quand Hydro-Québec Distribution
lançait un appel d'offres, il était assez régulier de voir que seule
Hydro-Québec Production pouvait soumettre une soumission, en fait, déposer une
soumission dans le cadre de l'appel d'offres parce qu'il était requis d'avoir
une très grande capacité, par exemple, d'équilibrage. Et puis avec, c'est sûr,
les barrages hydroélectriques, bien, ça donnait un potentiel d'équilibrage qui
était sans commune mesure. Donc, on se trouvait à avoir un seul soumissionnaire
qui, par ailleurs, faisait partie de la même entité, bien qu'elles étaient
subdivisées en différentes entités. Donc, ça devenait évident que le modèle ne
tenait pas... ne tenait pas la route.
Donc, le projet de loi actuel vient en
fait finaliser ce processus d'effacement de la division entre Hydro-Québec
Production et Hydro-Québec Distribution. Il faut voir que la loi n'encadre pas
la production. En fait, c'est la distribution qui est réglementée et... voilà.
C'est au niveau <aussi...
Mme Fréchette :
...la
loi n'encadre pas la production. En fait, c'est la distribution qui est
réglementée et... voilà. C'est au niveau >aussi des approvisionnements
que ces divisions existaient. Donc, c'est l'ensemble de ces éléments, je pense,
qui sont importants de souligner pour comprendre la dynamique dans laquelle on
se trouve maintenant, qui se trouve à être...
Une voix : ...
Mme Fréchette : Et la loi
n'encadre pas, effectivement, non plus l'exportation. Merci.
Le Président (M. Montigny) : ...merci,
Mme la ministre. D'autres interventions? M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Je vais poser
plusieurs questions parce que, je le redis, je suis très surpris par ce que
j'ai entendu. Donc, au début de la séance, c'était une Hydro-Québec. C'est ça
que j'ai entendu. Et là, tout à l'heure, on vient d'entendre, c'est retirer les
murs, puis les marchés d'exportation deviennent comme des clients ici, au
Québec. J'aimerais donc revenir à ce que la ministre est en train de prétendre,
là. Qu'est-ce que ça veut dire, ça? Qu'est-ce que ça veut dire pour l'ensemble
de l'architecture de la loi? Est-ce qu'il y a d'autres articles qui devraient
être modifiés en conséquence, si on veut faire tomber les murs?
Le Président (M. Montigny) : ...
M. Paradis : J'aimerais
savoir, notamment, si vous me permettez, M. le Président... donc ma première
question, c'est : Quel est le plan derrière ça, là? Moi, j'apprends ça
aujourd'hui. La ministre dit oui, elle nous a parlé de certains détails, là, mais,
si on veut faire tomber les murs puis réunir Hydro-Québec Production et
Distribution, je veux savoir s'il y a un plan derrière ça, un.
Ma deuxième question, c'est... On a
beaucoup parlé du fait... Moi, je reproche à ce projet de loi de faire en sorte
qu'il y a beaucoup de choses maintenant qui vont aller dans les tarifs. Et le
gouvernement prépare une bombe tarifaire, donc plein de coûts maintenant qui
sont transférés aux consommateurs. Si Hydro-Québec Distribution puis
Hydro-Québec Production maintenant sont une, est-ce que les consommateurs vont
aussi toucher les bénéfices, notamment avec les marchés d'exportation?
Parce que, là, actuellement, moi, ce que
je vois dans l'architecture de la loi, c'est : quand il y a des bénéfices
de l'exportation, ça va à Hydro-Québec, mais là les coûts... c'est ce que j'ai
dit, là, votre nouvelle architecture fait en sorte que, là, les coûts, ah! ça,
c'est les consommateurs québécois qui vont payer ça. Je l'ai dit à plusieurs
reprises. Désormais, les consommateurs québécois, avec ce que vous avez prévu
dans d'autres amendements qu'on a vus, vont payer des investissements qui vont
bénéficier aux clients américains.
Maintenant, je veux savoir si l'inverse va
être vrai. Où est-ce que vous avez mis dans vos projets de loi que... dans
votre projet de loi ou ailleurs que, maintenant, bien, ah! les bénéfices
d'Hydro-Québec Production, donc qui vont aux Américains, que maintenant on va
se les répartir, aux consommateurs? Parce que, là, c'est vous, là, qui êtes en
train de nous dire ça, là. Vous parlez de retirer les murs. Je veux... Je veux
voir les impacts, notamment pour les consommateurs. Je m'adresse aux Québécois,
Québécoises. Je veux savoir quel est votre plan, donc, puis qu'est-ce que vous
allez faire avec les profits des bénéfices.
Le Président (M. Montigny) : ...merci,
M. le député. Mme la ministre, vous aurez la parole quand vous le souhaitez,
c'est votre tour.
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Alors, Mme la ministre.
Mme Fréchette : ...donc,
d'une part, il y a une loi qui existe, là, sur l'exportation de l'énergie, donc
c'est à part. Et je voudrais ramener le député, en fait, à ce qui avait été
annoncé alors que c'est Mme Brochu, là, qui était dirigeante d'Hydro-Québec.
Elle annonçait, en fait, qu'elle a décidé d'éliminer les trois divisions
fonctionnelles créées il y a plus de 20 ans. Et là je la cite, elle disait :
«Le concept d'une division, par définition, divise et ne reflète pas notre
aspiration à travailler de manière collaborative. Tous les membres du comité de
direction, peu importe leur responsabilité, demeurent des dirigeants d'une
seule et grande Hydro-Québec, explique Sophie Brochu dans son message aux
employés.» Ça, c'est en 2021.
Donc, voilà. C'est un mouvement, bref, qui
est amorcé depuis plusieurs années déjà et qui vient, en fait, se conclure avec
le projet de loi. On vient sanctifier, dans le fond... sanctionner, plutôt. «Sanctifier»,
j'aspire aux grandes hauteurs d'Hydro-Québec! Donc, on vient sanctionner, bref,
voilà, une réalité qui est déjà... a été transformée depuis plusieurs années au
sein d'Hydro-Québec. Et je le resouligne à nouveau, la loi, donc, en ce qui...
n'encadre pas l'exportation comme telle.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Paradis : Donc... oui,
oui. Mais vous me dites ça, là, mais j'essaie de comprendre ce que ça veut dire
dans votre projet de loi 69, là, ce que vous nous dites aujourd'hui. Là,
je comprends que vous me sortez des déclarations sur un <mode...
M. Paradis :
...là,
ce que vous nous dites aujourd'hui. Là, je comprends que vous me sortez des
déclarations sur un >mode de fonctionnement d'Hydro-Québec, mais le
régime législatif, c'est autre chose. Et souvenez-vous de certaines des raisons
qui ont expliqué l'établissement des divisions. C'est notamment les marchés
d'exportation, parce qu'il fallait montrer qu'on respectait des règles,
notamment sur la concurrence, qui sont... qui sont très simples.
Et là vous êtes en train de nous annoncer
beaucoup de choses, donc là je voudrais savoir. J'ai plusieurs questions. Donc,
le PGIRE, le PGIRE, donc, maintenant, va parler de production aussi? Ça va être
ça? Un, le PGIRE, donc, maintenant, est-ce que ça va couvrir ça? Puis,
deuxièmement, est-ce que la régie, maintenant... dans quelle mesure la régie va
avoir juridiction sur la partie production? Est-ce que c'est ça, l'intention
aussi de la ministre?
• (16 heures) •
Le Président (M. Montigny) :
Bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. Bien, je
rappelle que le PGIRE, c'est donc le mix énergétique des 25 prochaines
années. Ça englobe la production. Ça englobe la consommation. C'est l'ensemble
des dimensions de ce qui va composer notre mix énergétique, là.
Le Président (M. Montigny) : ...merci.
M. le député.
M. Paradis : Très bien. Mais
je... OK. Je reviens à l'autre question que j'avais avant, là, parce que, ça,
je suis bien curieux, là : Est-ce que vous vous engagez dès maintenant
aussi à ce que, donc, à partir de maintenant, les revenus qui sont tirés des
exportations soient redistribués aux consommateurs puisque les coûts leur sont
imputés? Est-ce que... Parce que, là, vous brisez les murs. Donc, ça devrait
être ça?
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre.
Mme Fréchette : M. le
Président, donc, tout ce qui est relié aux exportations est une... découle,
relève d'une comptabilité distincte. Donc, les consommateurs québécois ne
paient pas pour ces exportations, non plus qu'ils ne reçoivent directement des revenus.
Donc, c'est fait de mode... de façon distincte.
Le Président (M. Montigny) : Bien.
M. le député.
M. Paradis : Qu'est-ce que
vous voulez dire par «une façon distincte»?
Mme Fréchette : J'aimerais
que Me Marois nous partage...
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Alors, Me Marois, vous avez la parole.
M. Marois (Samuel) : Juste
peut-être préciser que, quand on parle de faire tomber des murs, on est
vraiment dans un contexte restreint des contrats entre HQP puis HQD, là, au
niveau de l'approvisionnement, là, parce que, la Loi sur la Régie de l'énergie,
son objet ne change pas, ça a toujours été... bien, ça a toujours été, c'est
depuis très longtemps d'encadrer le transport et la distribution d'électricité.
C'est encore le même objet. Donc, c'est sûr que la production est affectée de
manière incidente parce que, quand Hydro-Québec Distribution s'approvisionne,
bien, ça prend quelqu'un qui produit quelque part. Donc là, il y a une logique
de comment on fait passer ces coûts dans les tarifs.
Mais l'objet de la loi, c'est la
distribution, donc, puis c'est qu'est-ce que... qu'est-ce qui... qu'est-ce que
ça... quels sont les besoins des marchés québécois en électricité, combien ça
coûte de les approvisionner. Puis c'est comme ça qu'on fixe les tarifs. C'est
l'objet de la loi.
Le Président (M. Montigny) :
Bien. Merci, Me Marois.
M. Paradis : Bon. Mais Me
Marois précise, en tout cas, ou tente de limiter, là, ce qu'on entendait
jusqu'à maintenant, là, mais on a quand même dit «faire tomber les murs», là,
puis «une Hydro». C'est ça qu'on a entendu aujourd'hui.
Donc, je comprends bien qu'à partir de
maintenant vous nous dites : Le PGIRE va calculer, va comprendre, donc,
les exportations, qu'est-ce qu'on vise, qu'est-ce qu'on veut en tirer, il va y
en avoir combien. Parce que, là, il y a une Hydro. Donc, on va calculer ça?
Le Président (M. Montigny) :
Alors, Mme la ministre, quand vous êtes prête.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Donc, je le répète, le PGIRE, donc, c'est le mix énergétique, là,
des 25 prochaines années. Et il advient que, dans ce mix énergétique, il
pourrait y avoir des importations, tout comme des exportations. Ça fait partie
des dimensions avec lesquelles on va évoluer au cours des prochaines années.
Donc, voilà. L'ensemble de ces éléments-là vont être pris en considération.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci...
M. Paradis : Il y a une
raison pour quoi il y a à peu près 25 ans... là, je ne sais pas la date
exacte, là, mais on a bien divisé, c'est parce qu'on visait notamment le marché
d'exportation. Je reviens une discussion qu'on a eue avant, puis ce que je vous
disais, là, moi, je vois des risques très précis, que les concurrents
américains devant la FERC vont dire : Ce que vous êtes en train de faire...
16 h (version révisée)
M. Paradis : ...que les
concurrents américains, devant la FERC vont dire : Ce que vous êtes en
train de faire avec le transfert de coûts de production, les ententes avec les
autochtones, les ententes avec l'AREQ, etc., on a eu ces conversations-là, quand
vous transférez ça aux consommateurs, c'est des subventions illégales puis ça
met en danger le statut d'Hydro-Québec sur le marché américain. C'est la raison
pour laquelle on avait dit production, transport et distribution.
Je vais vous reposer une question que je
vous ai posée alors, parce que, là, on est... je constate maintenant que vous
nous annoncez une Hydro-Québec, c'est les mots qu'on a entendus tout à l'heure,
et faire tomber les murs, production, distribution. Est-ce que vous avez un avis
juridique que vous voudriez... dont vous voudriez nous faire part, qui a calculé
tous ces risques-là sur le marché américain, que vous êtes à l'aise avec ce que
vous nous dites aujourd'hui puis l'impact que ça va avoir sur le marché
américain?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre. Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Pardon, j'aimerais
demander au député de répéter la... (panne de son) ...le début...
M. Paradis : J'expliquais les
raisons pour lesquelles... une des raisons pour lesquelles... principales pour
lesquelles on a fait des divisions, Production, Transport, Distribution, c'est
notamment en vue d'aborder le marché américain, où il y a une réglementation
très serrée et où les concurrents d'Hydro-Québec sont à l'affût des... ce qui
pourrait être considéré comme des subventions illégales ou comme une
utilisation illégale des droits de congestion sur le réseau, ça veut dire l'espace
qu'Hydro-Québec prend sur le réseau de transport aux États-Unis.
Et maintenant vous nous annoncez aujourd'hui,
en tout cas vous dites très clairement aujourd'hui, qu'un des objectifs,
notamment, quand on modifie 71.1, 71.2, puis là, quand on va à 72, puis l'article 22
de la Loi sur Hydro-Québec... que vous êtes en train de faire une Hydro-Québec
puis que c'est vers là qu'on se dirige. Puis là vous êtes en train de le
cristalliser dans le projet de loi. Vous nous dites que vous faites tomber les
murs. Je veux savoir si vous avez un avis juridique qui évalue les impacts de
ça sur le marché américain, les risques qu'Hydro-Québec soit attaquée par ses
concurrents sur le marché américain et que la FERC rende une décision
défavorable à Hydro-Québec?
Mme Fréchette : ...continuer
d'être une division...
Le Président (M. Montigny) : Alors,
pour information, M. le député, il vous reste un peu plus d'une minute. Mme la
ministre.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Donc, je rappelle que l'abaissement des murs, c'est entre Hydro-Québec
Production et Hydro-Québec Distribution. Hydro-Québec Transport, qui concerne
la FERC, n'est pas affectée, demeure une entité en soi. Donc, à nouveau, c'est
entre Production... Hydro-Québec Production et Hydro-Québec Distribution qu'il
y a cet abaissement des murs. Et Hydro-Québec Transport continue d'être une
entité distincte, et la FERC est concernée par le volet transport.
M. Paradis : Non. Les
autorités américaines sont... sont intéressées par les coûts de production de l'électricité,
et donc d'Hydro-Québec Production. Et c'est ça l'essence de ce qui va nous
positionner correctement ou pas sur le marché américain. Donc, je constate qu'il
ne semble pas y avoir d'avis juridique.
Ma dernière question, je reviens à celle
que je vous posais. L'architecture de votre nouvelle loi, c'est de transférer
des coûts aux consommateurs. Je vous demande, compte tenu de ce que vous nous
annoncez : Est-ce que vous allez aussi permettre aux consommateurs de
bénéficier des revenus d'Hydro-Québec, de l'exportation?
Le Président (M. Montigny) : Malheureusement,
il ne vous reste plus de temps. Mme la ministre, vous, vous avez du temps.
Mme Fréchette : Ah! OK. Je
pensais que vous me disiez que je n'avais plus de temps.
Le Président (M. Montigny) : ...député
de Jean-Talon n'ait plus de temps, Mme la ministre, vous avez tout votre temps.
Mme Fréchette : OK. Bien, je
réitère, dans le fond, que, voilà, la séparation dont il est question, quand on
dit qu'on abaisse les barrières, c'est entre Hydro-Québec Production et
Distribution. Et c'est un état de fait, en fait, qui est en place depuis
quelques années chez Hydro-Québec. Et, à travers le projet de loi, on vient
donc confirmer une évolution qui a déjà eu lieu, là, depuis quelques années.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec l'article 42? M.
le député de...
M. Kelley : Oui. Merci
beaucoup. Et, Mme la ministre, je ne sais pas, cette redistribution des profits
générés par les exportations, est-ce que ça va aller directement aux
consommateurs? Est-ce que... Je ne pense pas que j'ai entendu une réponse
claire à la question de mon collègue de Jean-Talon.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Oui. Les
revenus tirés des... tirés des exportations vont dans le bénéfice d'Hydro-Québec,
et ce bénéfice-là est versé au gouvernement du Québec à travers... donc pour le
fonds consolidé.
M. Kelley : Par les dividendes,
je comprends, mais pas directement un versement. Mais je comprends, je
comprends, quand c'est dans la totalité.
J'ai une question, parce que j'ai trouvé
l'échange avec mon collègue de Jean-Talon et vous très intéressant. Je suis <d'accord...
M. Kelley :
...dans
la totalité.
J'ai une question, parce que j'ai
trouvé l'échange avec mon collègue de Jean-Talon et vous très intéressant. Je
suis >d'accord avec mon collègue de Jean-Talon que, pour les coûts de
production, s'il y a des subventions directes, ça peut mettre Hydro-Québec en
trouble avec nos voisins américains. Tu sais, c'est très possible, on sait
qu'on évite... souvent d'éviter des subventions directes dans la production. On
trouve... on essaie de trouver des autres moyens pour aider les... certains
projets. Tu sais, c'est par la question de distribution, etc. Mais maintenant
on vient d'avoir une discussion qu'on... la barrière, le mur entre production,
distribution tombe.
• (16 h 10) •
Alors, Mme la ministre, encore, on est en
train de regarder et poser certaines questions. Est-ce que ça peut avoir un
impact sur, dans ces discussions, nos relations avec les Américains, avec le
FERC, puis tout ça? Et je dois poser la question, parce que je sais qu'à
l'article 75, on va parler de le programme de... bien, subventions... le
programme qu'on va créer pour transférer l'argent à Hydro-Québec pour plafonner
des tarifs résidentiels, par exemple. Mais, si maintenant nous sommes dans un
système que production, distribution sont la même chose, est-ce qu'un programme
de ce type de nature va peut-être mettre à risque... ou, peut-être, les
Américains peuvent considérer que c'est une subvention directe dans la
production parce que nous avons effacé le mur entre la production et la
distribution?
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Bon. D'une
part, ce type de programme là est en dehors de la comptabilisation pour... pour
les tarifs, donc c'est distinct. Et par ailleurs les analyses ont été faites bien
sûr à l'interne, là, chez Hydro-Québec pour s'assurer que la permission de
vendre aux États-Unis ne serait pas affectée. Et la preuve en est, c'est que ça
fait quatre ans que ça... ça existe, et puis voilà, notre capacité à vendre
sur... aux États-Unis n'a pas été affectée, donc, mais bien sûr les évaluations
avaient été faites.
M. Kelley : OK. Merci
beaucoup. Je reviens un peu sur la question de cette exclusivité, qu'on regarde
le marché québécois avant les autres, et je comprends maintenant qu'on... mettre
tout le monde un peu dans le même panier. Mais, bref, est-ce que... qu'est-ce
que nous sommes en train de faire ici avec ce projet de loi, c'est
qu'Hydro-Québec va continuer de poursuivre des exportations, comme produire
plus d'énergie, pas juste pour la clientèle au Québec, mais aussi pour les
exports, de chercher plus des marchés des exports. Et, comme ma collègue a
mentionné, ce n'est pas nécessairement qu'on va viser des clients de Québec en
avant, les exportations vont être prises en considération aussi. Est-ce que ça
peut permettre à Hydro-Québec d'aller chercher les... plus les exportations?
D'augmenter leurs exportations, c'est peut-être une meilleure façon de le dire,
M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. Alors, Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Dans la
mesure où on n'est pas dans une situation de surplus pour quelque temps, les
exportations, c'est sûr, ne seront pas augmentées d'une manière significative.
Parce qu'on est, voilà, dans un mode de resserrement, là, de l'offre
énergétique par rapport à la demande, qui s'est avérée très grande au cours des
derniers mois, dernières années du fait de la transition énergétique, du fait
de la... du développement économique également.
Le Président (M. Montigny) : Bien.
M. le député.
M. Kelley : Une rapide
suspension, j'ai...
Le Président (M. Montigny) : ...nous
allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 16 h 13)
(Reprise à 16 h 22)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous sommes de retour pour nos travaux. Je rappelle, pour le bénéfice de tous,
que nous sommes toujours à l'étude de l'article 42. M. le député de
Jacques-Cartier, vous aviez la parole.
M. Kelley : Oui. Oui, merci
beaucoup. Mme la ministre, je veux reviens à la première question que j'ai
posée, puis on... on a... concernant un programme, qu'on va récompenser
Hydro-Québec. C'est plus sur l'élément qu'on a dit que, présentement, ça a
toujours été comme ça dans le passé. Dans ce sens-là, on ne change pas
grand-chose, sauf... Et, pour les Américains, ça ne change rien. C'était
toujours comme ça.
Mais, maintenant, il y a un gros
changement dans la façon qu'on va payer pour, par exemple, des ententes
autochtones et des autres coûts associés avec la production. Ça va aller dans
la... parce que le mur a tombé, alors ça va être le... aller dans le panier de
la distribution. Alors, ça, c'est pas mal une grosse distinction aussi. C'est
comme avant, oui, on a eu une façon, c'était comme ça, toujours. Sauf que,
maintenant, on change la façon qu'on charge les clients. Il y a plusieurs
éléments des coûts qui va dans le panier de distribution.
Alors, on... ça, c'est pas mal une grosse
différence. C'est un gros changement, n'est-ce pas? Ce n'est pas... ce n'est
pas pareil. Ce n'est pas exactement comme ça a été dans le passé. On est en
train de changer quelque chose qui est très fondamental pour les Américains.
Quand ils regardent ça... On voit comme le bois d'oeuvre, là, c'est la même
chose, Québec est souvent frappé dans la guerre sur le bois... sur le bois, où,
en Colombie-Britannique, ce n'est pas le cas, parce que les coûts sont calculés
d'une autre manière. Alors, on est en train de jouer avec quelque chose qui est
fondamental, qui peut avoir un impact. Je pense, c'est important de soulever
ça, que ce n'est pas pareil comme avant, c'est différent maintenant.
Le Président (M. Montigny) : ...alors,
d'autres interventions, toujours en lien avec l'article 42? Bien, Mme la
députée de Robert-Baldwin, vous avez la parole.
Mme Garceau : Oui. Je dois
vous <dire...
Le Président (M. Montigny) :
...de
Robert-Baldwin, vous avez la parole.
Mme Garceau :
Oui.
Je dois vous >dire, M. le Président, très étonnée qu'en fonction d'un
mot, le mot «exclusivement», qui est fondamental en ce qui a trait à s'assurer
que le Québec, on va satisfaire les besoins des Québécoises et des Québécois en
matière d'électricité, et là on apprend, en questionnant aujourd'hui avec des
amendements, que ça change de façon fondamentale l'objectif dans ce projet de
loi, avec tous les amendements, à date, à date, M. le Président, là, on est
loin d'être terminé, et que, là, il appert, on a tout mis, puis ça va être dans
le PGIRE, donc clientèle québécoise, exportations, importations, ça va être un
ensemble. Et donc la priorité de satisfaire les besoins en matière d'énergie
des Québécois et des Québécoises, là on est en train de les mettre dans le même
bassin que les exportations. Donc, on enlève l'élément de... On n'est pas en
train, maintenant, là, dans ce projet de loi, et même avec la modification à
l'article 22 de la Loi sur Hydro-Québec, on n'est pas en train de
prioriser les Québécois et les Québécoises en matière d'énergie.
Avec... maintenant, on a décidé d'enlever
les murs en Production et Distribution, mais on a laissé Transport, par
exemple, à l'extérieur de ça. Donc, Transport, qui veut dire qui est lié aux
exportations, qui veut dire qui est lié aux profits, et qui veut dire qu'au
bout du compte c'est Hydro-Québec qui va profiter, qui va bénéficier de ces
profits-là, et non pas les consommateurs. Et en termes de... on a perdu
l'essentiel de la mission qu'on avait avant, qui était de prioriser les marchés
québécois en matière d'électricité, en matière d'énergie.
Et ça vient... ça me fait penser, Mme la
ministre, à vos réponses lorsqu'en période des questions... concernant
Northvolt, et qu'est-ce qui se passait avec des blocs d'énergie qui étaient
gelés, et comment se fait-il qu'on n'était pas en train de les octroyer aux PME
pour les aider, parce qu'il y avait eu des refus, puis comment se fait-il qu'il
y a eu des refus. Et là vous avez parlé, il y a eu des réponses à ça en période
de questions, mais aussi en commission parlementaire, à ce qui a trait à cet
équilibre que vous recherchez, un équilibre, ça va dépendre des retombées
économiques. Et donc, au bout du compte, ça ne veut pas dire qu'on va... on va
prioriser d'octroyer des blocs d'énergie aux entreprises québécoises, aux...
surtout aux PME du Québec.
Et donc, est-ce qu'on comprend bien, là,
l'objectif, en ce moment, de ce projet de loi? C'est on est en train de mettre
les consommateurs québécois au même niveau que nos exportations. Puis peut-être
qu'on va... on s'en va chercher des profits ici, et là on va devoir équilibrer
le tout, et donc on ne va pas prioriser les besoins des Québécois. On va
peut-être prioriser les profits d'Hydro-Québec. Est-ce que c'est ça, l'objectif
du projet de loi, Mme la ministre? Parce que, de plus en plus qu'on décortique
des articles, là, puis surtout depuis les derniers jours, on s'en va vers cette
voie-là.
Le Président (M. Montigny) : ...Mme
la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Oui. Je pense
qu'il y a... il y a confusion, là, entre certains termes. Le terme auquel on...
on se référait au départ de cette conversation-là, c'était le mot
«exclusivité», à savoir qu'il fallait approvisionner exclusivement le marché
québécois. Et c'est ce mot «exclusivité» qui n'est plus utilisé, on le remplace
par la notion que la... Hydro-Québec, qui est le distributeur d'électricité, «doit
assurer par tout moyen les <approvisionnements...
Mme Fréchette :
...on
le remplace par la notion que la... Hydro-Québec, qui est le distributeur
d'électricité, «doit assurer par tout moyen les >approvisionnements
requis pour la satisfaction des besoins des marchés québécois en électricité
patrimoniale pour un volume de 165 térawattheures». Donc, ce n'est pas la
notion de priorité qui est remise en question, c'est la notion d'exclusivité,
ce qui est fort différent. Comme je le mentionnais, l'article 22 de la Loi
sur Hydro-Québec est modifié par l'article 111 du projet de loi. Donc, la
notion de satisfaire, par tous les moyens possibles, les besoins québécois,
c'est central et ça demeure, ça demeure priorisé. Mais c'est la notion
d'exclusivité qui est remplacée parce que, on l'a expliqué, il y avait
maintenant la fin de la distinction entre Hydro-Québec Production et
Distribution.
• (16 h 30) •
Donc, il ne faut pas laisser entendre que
c'est la priorisation du marché québécois qui disparaît, ce n'est vraiment...
absolument pas le cas. Donc, voilà, je vous réfère à l'article 111 du
projet de loi, parce que c'est là qu'on y trouve l'importance de servir par
tous les moyens possibles et de satisfaire le marché québécois.
Le Président (M. Montigny) : ...merci.
Mme la députée, vous avez la parole.
Mme Garceau : Merci, M. le
Président. Mais il y a une grande différence, Mme la ministre, entre 71.1 et
l'article 22. Parce que, oui, je comprends en termes... le mot
«exclusivement», mais il y avait un principe fondamental, là, c'est qu'en
premier, Québec d'abord, on veut satisfaire, c'est ça, notre mission, de
satisfaire les besoins des marchés québécois, et après ça... Et en priorité,
c'est ça, la priorité. On commence, c'est ça, la priorité. Je ne la vois pas,
la priorité à l'article 22 tel qu'amendé, qu'on est en train de prioriser
les marchés québécois. Les marchés québécois sont, dans le PGIRE, avec les
exportations. Puis ça, pour moi, ce n'est pas... on n'est pas en train de
prioriser les marchés québécois.
Le Président (M. Montigny) : ...Mme
ministre. Vous avez la parole. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Donc, je rappelle que le PGIRE, en fait, ne donne... ne parle pas de
priorisation, ne dit pas qui vient avant qui puis quel est l'ordre d'importance
des différents... des différentes sources d'énergie ou clientèles. Il vient
dresser le portrait complet du mix énergétique. Et, à ce que je sache, l'énergie
qu'on importe, l'énergie qu'on exporte, ça fait partie du portrait complet,
dont on doit tenir compte pour évaluer les orientations des 25 prochaines
années. Et je vous rappelle que l'article 22 de la Loi sur Hydro-Québec
indique que «la société — soit Hydro-Québec — doit assurer
par tout moyen les approvisionnements requis pour la satisfaction des besoins
des marchés québécois et également les services nécessaires pour assurer la
sécurité et la fiabilité des approvisionnements». Donc, la notion de
priorisation, elle est là, par tous les moyens nécessaires, ça doit être
satisfait, ce marché. Donc, si ce n'est pas une priorité, je ne vois pas
comment est-ce qu'on peut le décrire autrement.
Mme Garceau : ...je pourrais
peut-être voir la priorité, mais, lorsqu'on le lit avec ce qui s'en vient après...
Parce que, là, on... on est en train de lier les approvisionnements en
électricité, qu'est-ce qui est requis pour atteindre la cible des
approvisionnements qui va être établie dans le PGIRE. Et donc ça, ça peut être
lié aux exportations. Et c'est pour ça que la notion de priorité Québec
d'abord, on doit satisfaire nos marchés ici en premier, est disparue dans ce
projet de loi là, parce qu'on met tout ça ensemble avec les exportations. C'est...
et c'est pour ça que vous êtes... le gouvernement est en train d'abroger
particulièrement l'article 71.1, parce qu'il n'est pas remplacé. La
priorité des marchés québécois, on ne le retrouve plus dans... dans ce projet
de loi avec les... avec les amendements.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Je vous
invite à l'article suivant, qui complète, en fait, celui auquel vous référez,
donc, 22.0.0.1. Vous y êtes? «La Société doit assurer par tout moyen les
approvisionnements requis pour la satisfaction...
16 h 30 (version révisée)
Mme Fréchette : ...la Société
doit assurer par tout moyen les approvisionnements requis pour la satisfaction
des besoins des marchés québécois en électricité patrimoniale.»
Mme Garceau : Qui a été
amendé. Oui, bien, ça, ça a été amendé dans... Ça, c'est... ça, ça fait partie
de la nouvelle série d'amendements qu'on a reçus il y a 10 jours, l'article
22.0.0.2.
Mme Fréchette : Point 1.
Mme Garceau : Bon, minute.
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Petit
moment de suspension ou si ça vous convient?
Mme Garceau : Oui.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 16 h 35)
(Reprise à 16 h 44)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous sommes de retour. Au moment de suspendre nos travaux, la dernière
intervention était Mme la députée de Robert-Baldwin. Est-ce que vous souhaitez
compléter?
Mme Garceau : Oui, M. le
Président.
Le Président (M. Montigny) : ...Mme
la députée, vous avez la parole.
Mme Garceau : OK, merci. Je
retourne à l'article... à l'article 42, là, l'article 71.1. Je
retourne au principe fondamental, qui était très bien décrit dans cet article,
que le gouvernement a <décidé...
Mme Garceau :
...Je
retourne au principe fondamental, qui était très bien décrit dans cet article,
que le gouvernement a >décidé d'abroger complètement. C'était de
satisfaire en priorité les besoins énergétiques en électricité des Québécois et
des Québécoises. Là, on me dit que la priorité se retrouve à l'article
22.0.0.1, qui appert à l'article 111, et j'aimerais, Mme la ministre, qu'on
m'explique où est la priorité, où est-ce qu'on retrouve cette priorité de
satisfaire en priorité les... le marché québécois.
Le Président (M. Montigny) : Bien.
Alors, Mme la ministre.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Bien, je l'ai lu à... plusieurs fois déjà, là, quand on dit qu'elle
doit assurer par tous les moyens la satisfaction des besoins des marchés
québécois en lien avec le bloc patrimonial et assurer la sécurité et la
fiabilité de cet approvisionnement. Quand on doit déployer tous les moyens
nécessaires, ça me semble être prioritaire.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la députée, oui.
Mme Garceau : Mais, M. le
Président, l'article 22.0.0.1 réfère spécifiquement au marché québécois en lien
avec l'électricité patrimoniale. L'article 71.1, deuxième alinéa, parle... «ces
besoins sont satisfaits en priorité par la fourniture d'électricité autre que le
patrimonial». Ce n'est pas la même chose, à ma lecture, et peut-être que vous
pouvez même m'éduquer là-dedans, mais je ne sais pas si le 165 térawattheures
actuel va satisfaire tous les besoins des Québécois et Québécoises.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
très bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. Me
Marois mentionne, donc, l'autre bout. Le non... l'extrapatrimonial se trouve à
l'article 45. Donc, je l'invite, en fait, à nous... à nous mentionner à quel
endroit, là, exactement.
Le Président (M. Montigny) : Me
Marois, pour le bénéfice de tous, 45 du projet de loi ou de l'ancienne...
Mme Fréchette : Oui, du
projet de loi.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Alors, Me Marois, nous vous écoutons.
M. Marois (Samuel) : Donc, si
on refait le fil, à l'article 22, dans la mission Hydro-Québec, on dit
qu'Hydro-Québec a pour mission d'assurer les besoins des marchés québécois.
L'article suivant, 22.0.0.1, dit que pour... elle doit assurer
l'approvisionnement en électricité patrimoniale. Puis 74.1, qui concerne le
processus d'approvisionnement en électricité qu'on qualifie de
postpatrimoniale, qui excède l'électricité patrimoniale, bien, le principe, il
est là : «Le distributeur d'électricité doit assurer par tout moyen les
approvisionnements requis pour la satisfaction des besoins en électricité des
marchés québécois excédant l'électricité patrimoniale.»
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Juste pour information, au niveau du temps, il vous reste moins d'une
minute, Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : OK. Donc, c'est
toujours intéressant parce que, lorsqu'on croit qu'on a la réponse complète et
on nous réfère à l'article que, je croyais, était pour être la réponse à ma
question, et ça, c'était l'article 22.0.0.1, maintenant, non, ce n'est pas la
réponse complète. Là, on est dans l'article... là, on me réfère à l'article 45,
et l'article 45, qui... On est en train d'abroger... on est en train d'amender,
je m'excuse, les articles 74.1 à 74.3. Donc, ça, ils ont été amendés, mais là
je veux juste vérifier : Est-ce que ces articles-là font également partie
d'autres amendements? Ça, c'est ma première question.
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre ou Me Marois? Me Marois, vous avez la parole.
M. Marois (Samuel) : Donc là,
on a survolé quelques articles, là. Vous cherchiez des manifestations, là, de
la responsabilité d'Hydro-Québec de desservir le marché <québécois...
M. Marois (Samuel) :
...des
manifestations, là, de la responsabilité
d'Hydro-Québec de desservir le
marché >québécois. Donc, on vous a référé aux articles qui concernent
les approvisionnements en patrimonial, extrapatrimonial. Puis ce n'est pas
des... c'est des dispositions. Ce sur quoi... ce à quoi on vous a référé, ce
n'est pas amendé, là, c'est dans le projet de loi tel que présenté.
Le Président (M. Montigny) : ...merci,
Me Marois. Malheureusement, Mme la députée de Robert-Baldwin, il ne vous restait
plus de temps. Est-ce qu'il y a d'autres collègues... Oui, M. le député de Maurice-Richard, vous avez la parole.
M. Bouazzi : Bien,
rapidement, peut-être pour que ce soit clair un peu pour tout le monde, là, on
parle de casser les silos entre production et distribution. C'est bien ça? Et
c'est ce que Mme Sophie Brochu avait pensé très tôt quand elle est arrivée. C'était
une réforme qu'elle avait démarrée, effectivement, c'est un de ses legs,
disons, à Hydro-Québec. On est d'accord aussi? Et donc ce que vous dites, c'est :
le fait de casser des silos va permettre à Hydro-Québec... Hydro-Québec de ne
pas se passer des contrats à elle-même quand c'est elle qui répond à ses
besoins. Donc, aujourd'hui, Hydro-Québec doit faire un appel d'offres,
auquel... donc, c'est Hydro-Québec Distribution qui fait un appel d'offres, oui?...
auquel Hydro-Québec Production répond. À partir de maintenant, il n'y aurait
plus... il n'y aurait plus ça quand on pense que c'est Hydro-Québec Production
qui doit répondre à ce besoin-là. C'est bien ça?
• (16 h 50) •
Le Président (M. Montigny) : Très
bien.
Mme Fréchette : ...
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre, on n'a pas entendu la réponse, je suis désolé.
Mme Fréchette : D'accord.
J'ai dit : Effectivement, oui.
Le Président (M. Montigny) : C'est
bon. Merci.
M. Bouazzi : Et on peut
imaginer, effectivement, que ça peut faciliter la tâche. On... Est-ce que...
J'aurais deux questions. Parce que ce qu'on a expliqué dans nos débats dernièrement,
c'était qu'en gros plus on mettait des coûts du côté de la distribution, plus,
en fin de compte, les dividendes de l'État augmentaient par rapport aux gains
qu'Hydro-Québec Production allait gagner, que ce soit directement ou à travers
des ventes d'électricité à l'étranger, et plus les factures d'électricité,
elles, elles allaient absorber tous ces coûts-là plutôt que les distribuer sur,
aussi, les consommateurs étrangers. Est-ce qu'avec ce mécanisme on pourrait
imaginer un contrat où, par des exercices comptables tout à fait, évidemment,
légaux, on pourrait se retrouver à avoir à choisir où se trouverait une dépense
plutôt qu'une autre entre les deux divisions?
Le Président (M. Montigny) : Bien.
Alors, Mme la ministre.
(Consultation)
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre, vous avez la parole. Vous pouvez y aller quand vous êtes prête.
Mme Fréchette : Alors, il n'y
a pas vraiment de dilemme, là, qui risque de se poser. C'est assez clair, là,
la distinction. Ce qui se retrouve dans les tarifs, là, c'est les coûts
d'approvisionnement pour le distributeur, et donc il semble que ce ne soit pas
une question de pile ou face, là, à quel endroit on affecte les coûts. C'est,
d'office, clair.
M. Bouazzi : Et on s'entend
aussi qu'on aurait tout à fait pu autoriser Hydro-Québec à faire des contrats
de gré à gré, donc Hydro-Québec Distribution qui aurait fait des contrats de
gré à gré avec Hydro-Québec Production sans avoir à casser les silos s'il n'en
avait pas le besoin de le faire, c'est-à-dire l'idée de dire : On n'a pas
besoin d'appel d'offres quand c'est Hydro-Québec qui répond aux besoins...
Mme Fréchette : Bien, si on
s'en remet au court extrait que je vous ai lu de l'article 2021, on
sentait qu'il y avait une volonté de créer une culture commune au sein d'Hydro-Québec,
que les gens ne se sentent pas dans des entités distinctes alors qu'ils
travaillaient pour le même employeur, au bénéfice d'une collectivité en plus.
Donc, l'idée d'avoir une séparation comme ça, je pense que c'était vu comme non
nécessaire, et ça créait non seulement des coûts additionnels, mais aussi des
délais additionnels. Donc là, il y a une efficacité plus grande qui peut être
atteinte.
M. Bouazzi : Oui, j'entends.
Évidemment, qu'on veuille casser les silos ou pas, le fait que Distribution et <Production...
M. Bouazzi : ...Oui, j'entends.
Évidemment, qu'on veuille casser les silos ou pas, le fait que Distribution et >Production
soient régies par la Régie de l'énergie, et pas Production, fait qu'il y a de
toute façon, des barrières entre les deux, qui font une grosse différence, là,
en matière de transparence, en matière de gouvernance, etc. Ça fait qu'il y a
quand même des limites à ce raisonnement-là, là, et puis c'est là où on
pourrait s'inquiéter, en fait.
Dans qui... Parce que, du coup, quand Hydro-Québec
Production veut de l'énergie, il y a... donc, vous en avez parlé avec mes
collègues, donc, il y a l'idée d'y aller en gré à gré. Il y a d'autres
processus, donc, il y a l'appel d'offres en tant que tel, il y a aussi des
contrats de gré à gré, sans appel d'offres, qu'on n'a pas encore vus, qui
sont... qui sont... qui s'en viennent dans le projet de loi. Comment est-ce que...
tu sais, comment est-ce qu'on privilégie l'une plutôt que l'autre? Comment vous
voyez... Est-ce que c'est Hydro-Québec qui décide? Est-ce qu'il y a des règles?
(Consultation)
Le Président (M. Montigny) :
Alors, Mme la ministre, quand vous êtes prête.
Mme Fréchette : Alors, M.
le Président, donc, je pense que le député de Maurice-Richardtrouvera réponse dans deux articles plus loin. Donc, juste... ça
ne devrait pas être très long avant qu'on puisse atteindre ces... ce segment-là
du projet de loi.
Le Président (M. Montigny) :
Merci. D'autres interventions?
M. Bouazzi : Bien, non,
c'est bon.
Le Président (M. Montigny) :
Ça va? Alors, en lien avec l'article 42, est ce qu'il y a d'autres
interventions? M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley
: Oui,
M. le Président. Peut-être la ministre ou Me Marois peut clarifier pour
nous c'est quoi, la définition du marché québécois?
Le Président (M. Montigny) :
Bien. Maître...
Mme Fréchette : Je vais laisser
Me Marois nous partager la définition légale.
Le Président (M. Montigny) :
Merci. Me Marois, vous avez la parole.
M. Marois (Samuel) :
Bien, en fait, c'est le... c'est le sens commun des mots, là. Mais dans le
contexte présent, on a une loi sur la Régie de l'énergie qui encadre la
distribution d'électricité aux consommateurs sur le territoire québécois. Donc,
c'est, essentiellement, une expression qui signifie : répondre aux besoins
des consommateurs québécois.
M. Kelley
: Alors,
ça n'inclut pas des exportations, d'aucune façon? Et la raison pour quoi je
pose la question, c'est comme : Est-ce que c'est le marché québécois? No.
Mais quand même en lien avec notre discussion, qu'avec le fait qu'on est en
train de discuter un peu l'élément des exportations. Alors, merci pour la...
merci pour la précision, ça ferme une... ça ferme quelque chose pour moi.
Merci.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Alors, toujours sur l'article 42, s'il n'y a pas
d'intervention, nous passer... nous pouvons passer à la mise aux voix de
l'article 42, tel qu'amendé, si ma mémoire est bonne. Non, il n'a pas été
amendé, c'est vrai. Alors, l'article 42 est mis aux voix. Est-ce qu'il est
adopté?
Des voix
: Adopté.
Le Président (M. Montigny) :
Adopté. Parfait. L'article 42 est adopté. Ça nous amène à
l'article 43. Mme la ministre, nous vous écoutons.
Mme Fréchette : Oui, je vais
vous lire ça. Alors : L'article 72 de cette loi est remplacé par les
suivants :
«72. Tout titulaire d'un droit exclusif de
distribution d'électricité doit soumettre à l'approbation de la Régie, suivant
la teneur et la périodicité qu'elle détermine par règlement, un plan
d'approvisionnement en électricité sur une période de 15 ans et élaboré
dans le respect du plan de gestion intégrée des ressources énergétiques — le
PGIRE — visé à l'article 14.2 de la Loi sur le ministère de
l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie (chapitre M-14.1).
«Ce plan d'approvisionnement présente :
«1° les prévisions annuelles
relatives aux besoins en électricité des consommateurs et un état des
approvisionnements dont le titulaire dispose pour satisfaire ces besoins en tenant
compte des programmes et mesures de gestion de la demande et d'efficacité
énergétique;
«2° les sources d'approvisionnement
ainsi que les quantités envisagées et les délais estimés pour satisfaire ces
besoins;
«3° l'évaluation des risques
découlant des sources d'approvisionnement envisagées et les mesures que le
titulaire entend prendre pour les atténuer.
«La Régie peut déterminer, par règlement,
les cas et les conditions selon lesquels un titulaire d'un droit exclusif de
distribution d'électricité autre que le distributeur d'électricité est dispensé
de son obligation de soumettre un plan d'approvisionnement.»
Donc, cet article remplace
l'article 72 de la Loi sur la Régie de l'énergie par deux nouveaux
articles. Le nouvel article 72 concerne le plan d'approvisionnement des
titulaires d'un droit exclusif de distribution d'électricité, notamment
Hydro-Québec. Le premier alinéa reprend l'obligation actuelle de soumettre à
l'approbation de la régie un plan d'approvisionnement en électricité et contient
deux nouveautés. D'abord, il précise que la planification doit être faite sur
un horizon de 15 ans, alors que cet <horizon...
Mme Fréchette :
...nouveautés.
D'abord, il précise que la planification doit être faite sur un horizon de 15 ans,
alors que cet >horizon est actuellement de 10 ans. Ensuite, il
oblige le titulaire à élaborer son plan dans le respect du PGIRE.
Le deuxième alinéa de ce nouvel article 72
prévoit, quant à lui, le contenu d'un plan. Premièrement, le titulaire devra
faire état de ses prévisions quant à la demande en électricité et évaluer dans
quelle mesure il peut y répondre. Deuxièmement, en lien avec les
approvisionnements additionnels requis pour satisfaire les besoins, il devra
faire état des sources auxquelles il entend s'approvisionner, des quantités
envisagées et des délais estimés. Troisièmement, il devra présenter
l'évaluation des risques en matière d'approvisionnement.
• (17 heures) •
Enfin, cet article reprend le pouvoir
actuel de la régie de déterminer par règlement le contenu d'un plan dans une
perspective plus technique, ainsi que la fréquence à laquelle il lui est
soumis. En outre, l'article prévoit que la régie pourra déterminer par
règlement des cas et conditions de dispense de l'obligation d'un titulaire de
lui soumettre un plan d'approvisionnement.
M. Marois (Samuel) : ...
Le Président (M. Montigny) : Tout
à fait, vous avez raison, Me Marois, il y a deux sections, là, il y a deux
articles introduits, en fait.
Mme Fréchette : Ah oui, OK.
Alors, je poursuis avec : L'article 72 de cette loi est remplacé par les
suivants :
«72.1. Tout titulaire d'un droit exclusif
de distribution de gaz naturel doit soumettre à l'approbation de la Régie,
suivant la teneur et la périodicité qu'elle détermine par règlement, un plan
d'approvisionnement en gaz naturel sur une période de 10 ans et élaboré
dans le respect du plan de gestion intégrée des ressources énergétiques — le
PGIRE — visé à l'article 14.2 de la Loi sur le ministère de
l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie (chapitre M-14.1).
«Ce plan d'approvisionnement présente :
«1° les prévisions annuelles
relatives aux besoins en gaz naturel des consommateurs et un état des
approvisionnements dont le titulaire dispose pour satisfaire ces besoins en
tenant compte des programmes et mesures de gestion de la demande et
d'efficacité énergétique;
«2° les sources d'approvisionnement
envisagées et les caractéristiques des contrats d'approvisionnement que le
titulaire entend conclure;
«3° l'évaluation des risques
découlant des sources d'approvisionnement envisagées et les mesures que le
titulaire entend prendre pour les atténuer;
«4° la stratégie d'adaptation du
réseau de distribution de gaz naturel en précisant notamment les zones qui sont
favorables, d'un point de vue technique et économique, pour l'injection de gaz
de source renouvelable dans ce réseau et les dépenses et les actifs nécessaires
à l'adaptation du réseau pour l'injection de gaz de source renouvelable.
«Le plan tient également compte de la
marge excédentaire de capacité de transport que le titulaire estime nécessaire
pour favoriser le développement des activités industrielles, cette marge ne
pouvant excéder 10 % de la quantité de gaz naturel que ce titulaire
prévoit distribuer annuellement.»
Ce nouvel article 72.1 concerne le plan
d'approvisionnement des titulaires d'un droit exclusif de distribution de gaz
naturel. Il est similaire au nouvel article 72 concernant le plan
d'approvisionnement en électricité, mais il comporte quelques différences
propres au secteur du gaz naturel. D'abord, l'horizon de planification est
établi à 10 ans, plutôt qu'aux trois ans actuels. Ensuite, ce plan devra
contenir une stratégie d'adaptation du réseau de distribution de gaz naturel,
qui précisera, entre autres, les zones les plus favorables pour l'injection de
gaz de source renouvelable et les dépenses nécessaires à l'adaptation du réseau
à cette fin.
Enfin, l'article reprend le droit actuel
relativement à la marge excédentaire de capacité de transport et prévoit que le
distributeur de gaz naturel tient compte de cette marge dans son plan. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. Simplement, avant de vous donner la parole, chers collègues, comme
vous disposez de temps distincts, parce qu'il y a l'introduction de deux
articles, vous comprenez, on peut... je vous faire la proposition, humblement,
de débuter par l'étude de l'article 72 introduit. Par la suite, on fera 72.1.
Ça vous convient?
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Merci.
M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui. M. le
Président, nous avons un amendement pour le premier bloc, qu'on veut déposer,
alors je demande une suspension.
Le Président (M. Montigny) : ...nous
allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 17 h 03)
17 h (version révisée)
(Reprise à 17 h 07)
Le Président (M. Montigny) :
Alors, nous sommes de retour pour nos travaux. Nous sommes toujours à l'étude
de l'article 43 qui introduit l'article 72. Maintenant, nous avons
une proposition d'amendement de la part du député de Jacques-Cartier. Il est
présentement affiché à l'écran. M. le député, je vous laisse la parole.
M. Kelley : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. Je vais juste ouvrir ça pour être capable de lire ça
comme il faut. L'article 43 du projet de loi est modifié par l'ajout, à l'article 72
au second alinéa et après le 3° paragraphe du suivant :
«4° les secteurs visés, notamment la
région du Québec, pour les sources d'approvisionnement nécessaire pour l'atteinte
des objectifs du plan.»
Mme la ministre, la raison pourquoi nous
avons déposé ça puis qu'on essaie de trouver une meilleure façon de formuler ça...
c'était une recommandation de l'UMQ. Puis je vais juste citer l'extrait de leur
mémoire, où ils disent : «Comme le reconnaît Hydro-Québec dans sa stratégie
de développement éolien, les municipalités sont des alliées en termes
d'acceptabilité sociale des projets. Pour cela toutefois, elles doivent être en
mesure de connaître à l'avance les projets de production d'énergie renouvelable
qui ont le potentiel de se dessiner sur leur territoire ou dans leur région. En
effet, les municipalités doivent avoir les données nécessaires pour être en
mesure de répondre aux préoccupations de leur population, d'ajuster les
stratégies de développement économique sur leur territoire, de prévoir les
impacts potentiels sur leurs revenus et de trouver des solutions adéquates et
innovantes qui permettent d'allier les besoins des communautés et d'Hydro-Québec.
«Dans le cadre du dialogue qu'Hydro-Québec
a tenue avec le public sur le Plan d'action 2035, il est d'ailleurs ressorti
que l'ensemble des parties prenantes doivent en savoir plus sur la capacité et
l'évolution prévue du réseau dans les différentes régions du Québec afin de
pouvoir mieux planifier l'aménagement et le développement économique et durable
des territoires en cohérence avec les ressources disponibles. L'UMQ salue
l'engagement corollaire de la société d'État à tenir des rencontres périodiques
d'arrimage et d'échange avec le milieu municipal sur la <planification...
M. Kelley :
...à
tenir des rencontres périodiques d'arrimage et d'échange avec le milieu
municipal sur la >planification intégrée des projets et des activités.
Toutefois, l'UMQ est d'avis que la coordination et l'efficacité des rencontres
en seraient améliorées si le projet de loi précisait que le plan
d'approvisionnement d'Hydro-Québec doit présenter les territoires municipaux
envisagés pour le développement de la stratégie d'approvisionnement.»
Alors, la suggestion de modification,
c'est de «modifier le deuxième alinéa de l'article 72 de la Loi sur la
Régie de l'énergie tel que proposé par l'article 43 du projet de loi afin
de préciser que le plan d'approvisionnement en électricité d'Hydro-Québec doit
être présenté de manière que chacune des municipalités du Québec soit en mesure
de connaître à l'avance les types de projets de production d'énergie
renouvelable qui ont le potentiel de se dessiner sur leur territoire ou dans
leur région».
• (17 h 10) •
Alors, on a trouvé que c'était une
meilleure façon ou la meilleure formulation de faire ça à le quatrième alinéa,
ici, d'ajouter cet élément. Je ne sais pas si la ministre a des... ou l'équipe de
la ministre a regardé cette proposition de l'UMQ, s'il y a une façon de
s'assurer que la demande de l'UMQ est bien respectée, qu'ils sont inclus dans
les discussions sur les territoires qu'Hydro-Québec vise pour certains projets
d'approvisionnement. Je pense que c'est un bon point qui est fait par l'UMQ.
Puis je ne sais pas si la ministre a certains commentaires à notre proposition,
mais aussi à la suggestion de l'UMQ.
Le Président (M. Montigny) :
Bien. Alors, nous allons simplement faire une petite correction de forme
dans la proposition d'amendement. Alors, sur ce, est-ce qu'il y a d'autres
interventions? Mme la ministre, je vous laisse la parole.
Mme Fréchette : Oui, M.
le Président. Bien, je remercie en fait le député pour sa proposition
d'amendement. Je vais prendre un petit moment et je vous reviens avec des
commentaires.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 17 h 11)
(Reprise à 17 h 23)
Le Président (M. Montigny) :
Alors, nous avons donc repris nos travaux. Nous sommes toujours à l'étude
d'un projet d'amendement à l'article 43. Alors, au moment de suspension,
Mme la ministre, vous aviez la parole. Mme la ministre, je vous laisse la
parole à nouveau.
Mme Fréchette : Merci,
M. le Président. Donc, en fait, on a questionné un peu, là, en dehors des
audiences enregistrées, officielles, la nature du souhait du député à travers
cette proposition d'amendement, parce qu'il est indiqué que, bon, ce seraient «les
secteurs visés, notamment la région du Québec, pour les sources
d'approvisionnement nécessaire pour l'atteinte des objectifs du plan». Alors,
quand on dit «notamment la région du Québec», c'est qu'on cherche à révéler
l'état de situation dans les différentes régions du Québec quant aux gisements
d'efficacité... pas d'efficacité, gisements énergétiques.
M. Kelley : ...
Mme Fréchette : C'est
ça.
M. Kelley : ...quand
même, peut-être que la meilleure formulation, c'était «les régions du Québec»,
mais, bref, ça, ça arrive, des fois...
Mme Fréchette : Alors...
Bien, restons sur l'idée, restons sur le concept.
M. Kelley : On est sur
l'idée, exactement, exactement.
Mme Fréchette : Donc,
bien, c'est sûr que d'avoir une répartition par régions des différents
gisements d'énergie, c'est une chose qui peut être intéressante. Et, en fait,
ça pourra être demandé lorsque ça va être discuté à la régie. À la régie, vous
savez, il y a les interventions, les intervenants publics qui ont le droit de
se prononcer, de demander des renseignements. Et c'est le type de renseignement
qui pourra être intéressant d'avoir.
Donc, cet exercice-là, bref, va pouvoir se
faire à la régie et ça va pouvoir se faire aux trois ans. Parce que c'est...
Les plans d'approvisionnement sont un exercice <qui...
Mme Fréchette : ...et
ça va pouvoir se faire aux trois ans. Parce que c'est... Les plans
d'approvisionnement sont un exercice >qui est réalisé aux trois ans à la
régie et, par ailleurs, à chaque année, il y a un bilan annuel qui est déposé
par Hydro-Québec à la régie, qui, bien sûr, est public. Ces dépôts annuels ne
sont pas débattus, mais, aux trois ans, ils le sont.
Donc, on pourra questionner, réviser, voir
l'état des lieux. Parce qu'il faut voir que c'est un exercice qui va voir à
ce... avec une projection sur 15 ans. Et la situation va bien sûr évoluer
différemment de ce que l'on aura prévu à l'année 1, on imagine, rendus à l'année 12,
13, 14, 15. Donc voilà, aux trois ans, on pourra refaire cet exercice-là
public.
Le Président (M. Montigny) :
Bien. M. le député, vous avez la parole.
M. Kelley
: Merci
beaucoup, M. le Président. Je ne peux pas répondre pour l'UMQ si, ça, c'est une
réponse qui répond à leurs craintes. Je pense qu'au minimum, leur objectif,
c'est peut-être d'avoir une meilleure coordination directe entre Hydro-Québec
et les municipalités. Si ça passe par la régie, est-ce que toute l'information
va être nécessaire puis mise de l'avant pour... dans un échéancier où c'est
approprié pour eux autres d'exécuter leur plan d'urbanisation? Je ne sais pas,
mais, quand même, Mme la ministre, j'ai juste pensé que c'était important, au
minimum, de lancer le débat, parce que c'est un bon point qu'ils présentent.
On sait particulièrement avec les
éoliennes puis aussi avec l'énergie solaire que ça va être plus en proximité
des villes qu'un barrage, par exemple. Puis on peut penser à des projets qui
s'en viennent et où on sait... on a au minimum une idée où il y a beaucoup de
vent au Québec. Mais d'avoir des idées un petit peu plus précises où Hydro-Québec
pense... et vise certains coins du Québec pour développer des projets, particulièrement
si c'est vraiment à proximité des municipalités où on a une forte population et
des territoires bien occupés, je pense que ça peut aider dans toutes les
questions de l'acceptabilité sociale de s'assurer que tout est bien prévu.
Alors, je vais me laisser là. Je ne sais
pas si mes autres collègues ont des interventions sur ce point de l'UMQ, mais,
quand même, on a eu le débat, on a fait le tour, un peu, de la question. Et,
comme j'ai dit, je ne peux pas répondre pour l'UMQ s'ils sont satisfaits avec
la réponse de la ministre, mais on va essayer de faire nos vérifications sur
notre côté. Merci beaucoup.
Le Président (M. Montigny) :
Merci, M. le député. Mme la ministre.
Mme Fréchette :
Simplement un complément d'information quant au fait que par ailleurs il
pourrait y avoir des gisements énergétiques qui existent à certains endroits,
mais qui, ultimement, ne seront pas développés. Donc, les sources, c'est une
chose, mais ensuite, les projets, c'en est une autre. Donc, il y a cet
élément-là aussi qui va entrer en considération, là. Donc, si c'est pour
avertir à l'avance les gens de projets qui vont se dérouler dans leur région,
bien, ce n'est peut-être pas la meilleure source d'information, parce que, ça, ça
va faire exception de lesquels vont aller de l'avant et lesquels n'iront pas de
l'avant. Ça va... ça ne va pas faire une distinction, je veux dire.
Le Président (M. Montigny) :
Bien. Merci, Mme la ministre. Est-ce qu'il y a d'autres interventions avec
cette proposition d'amendement? Il n'y a pas d'intervention... Oui, M. le
député de Jean-Talon.
M. Paradis : Bien.
J'aimerais continuer notre discussion qu'on avait sur les articles précédents,
parce qu'on a convenu que 72... Donc là, on est sur le premier bloc de
l'article 83, c'est l'article 72 de la Loi sur la Régie de l'énergie.
Ça, c'était... Bon. Ça, c'est pour la partie électricité, là, puis, l'article
qui suit, c'est pour la partie gaz. Bon. Puis ils sont un petit peu similaires.
Sur la partie électricité, on a dit que ça
va avec le retrait des articles 71.1 et 71.12, ce qu'on vient de faire.
Donc là, c'est à 72. Parce que 71.1 et 72 point... 71.1 et 71.2, vous
nous avez dit : Oui, mais, avec ça, derrière ça, il y a cette volonté,
maintenant, là, de n'avoir qu'une seule Hydro-Québec Production puis
Distribution ensemble.
Ça fonctionne comment, ça, maintenant,
pour le plan d'approvisionnement, si Production puis Distribution étaient
ensemble, là? Parce que, moi, ma compréhension, c'était que Distribution dit :
Bien là, je vais discuter avec Production pour voir, bien, c'est quoi...
Le Président (M. Montigny) :
M. le député...
M. Paradis : ...Est-ce que
j'ai besoin d'aller chercher à Production?
Le Président (M. Montigny) :
M. le député, juste pour être bien certain, là, que tout le monde a bien
compris, vous y compris, nous sommes sur l'amendement qui est présentement à
l'étude. Je veux juste être sûr que vous avez bien compris...
M. Paradis : Oui.
Le Président (M. Montigny) :
...parce que, tantôt, dans votre exposé, vous avez dit : Nous revenons à
l'étude de l'article de la section 72, mais, en fait, on est sur un
amendement. Je veux juste être sûr que <vous...
Le Président (M. Montigny) :
...de l'article de la section 72, mais, en fait, on est sur un
amendement. Je veux juste être sûr que >vous avez bien compris.
M. Paradis : Oui, tout à
fait, tout à fait.
Le Président (M. Montigny) :
Parfait. Je vous laisse aller sur l'amendement.
M. Paradis : Mais là
j'explique juste, là, pour 72...
Le Président (M. Montigny) :
Il n'y a pas de problème. Je voulais juste être sûr.
M. Paradis : Mais merci
du rappel. Parce que j'arrive à une question plus précise, puis je vais... on
va avoir cette discussion-là, là, sur l'article général, donc... Mais là je
reviens, là, sur la question, donc, du fait que, là, on a une unicité de
production et de distribution. Donc, quel impact ça va avoir sur le plan
d'approvisionnement et sur la proposition d'amendement du député? Donc... Parce
que, là, vous venez de dire : Oui, mais ce n'est pas exactement comment
que ça fonctionne. Mais, une fois, là, qu'on dit : Bien, Production puis Distribution
sont ensemble, est-ce que ça a un impact sur l'amendement qui est présenté par
le collègue de Jacques-Cartier?
• (17 h 30) •
Le Président (M. Montigny) :
Alors, Mme la ministre, quand vous serez prête.
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Alors, Mme la ministre.
Mme Fréchette : Donc, ça
n'a pas vraiment d'impact, le fait qu'il n'y ait maintenant plus de distinction
entre Hydro-Québec Production et Distribution, parce que cet article-ci — puis
l'amendement y fait référence — porte sur combien d'énergie on a
besoin. Donc, qu'Hydro-Québec Production et Distribution soient distinctes ou
pas, le combien d'énergie qu'on a besoin demeure le même.
Le Président (M. Montigny) :
...Merci. Toujours sur l'amendement. D'autres interventions? Très bien.
Comme il n'y a pas d'intervention sur la proposition d'amendement, on pourrait
faire sa mise aux voix, revenir après sur l'article 72.
Oui?
M. Kelley : Un vote par
appel nominal, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) :
Parfait. Appel nominal sur la proposition d'amendement. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention.
M. Kelley (Jacques-Cartier)?
M. Kelley : Pour.
La Secrétaire : Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire
: M. Bouazzi
(Maurice-Richard)?
M. Bouazzi : Abstention.
La Secrétaire : Mme Fréchette
(Sanguinet)?
Mme Fréchette : Contre.
La Secrétaire : M. Bussière
(Gatineau)?
M. Bussière : Contre.
La Secrétaire : M. Tremblay
(Dubuc)?
M. Tremblay : Contre.
La Secrétaire : M. Sainte-Croix
(Gaspé)?
M. Sainte-Croix : Contre.
La Secrétaire : M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Contre.
La Secrétaire : M. Poulin
(Beauce-Sud)?
M. Poulin : Contre.
La Secrétaire : M. Montigny
(René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) :
Abstention.
Alors, la proposition d'amendement est
rejetée.
Ça nous ramène à l'étude de
l'article 43 dans la section de l'introduction d'un nouvel
article 72. Alors, des interventions? Alors, comme il n'y a pas
d'intervention, nous allons passer... Alors, nous pouvons passer à l'étude de
l'article 72.1.
M. Paradis : Non...
Le Président (M. Montigny) :
Ah! nous revenons donc à 72, sans problème. M. le député de Jean-Talon, 72.
M. Paradis : Oui. Donc
là, je posais... Tout à l'heure, c'était l'amendement du collègue de Jacques-Cartier,
donc j'ai compris, mais... Bon, parce qu'il y avait eu les explications du
collègue de Jacques-Cartier sur son propre amendement, vous avez dit : Il
n'y a pas d'impact. Maintenant, je veux revenir là-dessus, là, parce que vous
avez de nouveau, dans votre réponse, affirmé, donc, qu'il n'y a plus de
distinction entre Hydro-Québec Production et Hydro-Québec Distribution. Je
demeure surpris de cette affirmation, qui est lourde pour moi de conséquences.
Et là je voudrais comprendre maintenant
comment ça fonctionne pour le plan d'approvisionnement. Parce que, moi, ma
compréhension, c'est que c'est Hydro-Québec Distribution qui fait le plan
d'approvisionnement, parce que c'est lui qui est titulaire du droit exclusif de
distribution d'électricité. Puis là il y a des discussions. En tout cas,
comment ça fonctionne... Là, j'essaie de résumer, je sursimplifie, mais
actuellement, notamment, il y a des discussions avec Hydro-Québec Production,
puis là notamment il y a un échange sur les coûts qu'ensuite Hydro-Québec
Distribution dit : Bon, bien là, on me dit... Puis là, dans la cause
tarifaire qui est présentée à chaque année, Hydro-Québec Distribution dit :
Bien, pour aller acheter de l'électricité, pour me procurer de l'électricité d'Hydro-Québec
Production, je lui paie tant. C'est comme ça que ça fonctionne, là, c'est
énorme ce qu'on entend.
Maintenant, ils sont ensemble. Et là je
vous ai posé la question sur l'amendement puis vous m'avez répondu : Il
n'y a plus de distinction. Donc, ça marche comment pour le plan d'approvisionnement,
ça? Ils sont... ils marchent main dans la main maintenant? Parce qu'avant il y
a des ententes aussi, là, qui sont signées. Puis tout à l'heure vous l'avez
dit, là : Maintenant, on ne veut plus qu'ils se fassent des ententes l'un et
l'autre, parce qu'en fait c'est un peu le même joueur. Donc là, ça fonctionne
comment pour le plan d'approvisionnement, là, maintenant? C'est Production,
Distribution, là, tous...
17 h 30 (version révisée)
M. Paradis : ...c'est un peu
le même joueur. Donc là, ça fonctionne comment pour le plan d'approvisionnement,
là? Maintenant, c'est production, distribution, là, tous les gens de
distribution puis de production d'Hydro-Québec, là, ils s'assoient ensemble,
ils ont dit : Bon, bien, c'est notre plan d'approvisionnement. Je voudrais
savoir comment ça fonctionne maintenant, en pratique, le plan d'approvisionnement
dont on parle à 72. Maintenant que vous dites, c'est une unicité, est ce que
ces gens là maintenant vont faire... est ce qu'on arrête... Est ce que c'est
une seule division, c'est leur plan ensemble? Je repose la question. En tout
cas, je mets beaucoup de choses, là, mais des plans de... sur des clients
internationaux qui sont liés à Hydro-Québec Production.
Donc, je voudrais savoir quel est le plan
de match là-dessus. Avez-vous un document? Avez-vous une vision à nous donner
pour qu'on comprenne ce que ça veut dire, là, les changements qui m'apparaissent
très importants que vous proposez?
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre, quand vous serez prête.
(Consultation)
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Oui, merci, M.
le Président. Donc, bien, ça revient un peu au commentaire que j'ai fait pour
le député de Jacques-Cartier, à savoir qu'à ce stade-ci on est dans le combien
j'ai besoin d'énergie pour le marché québécois. Donc, le fait qu'Hydro-Québec Production
et Distribution se parlent, travaillent ensemble, ça ne change pas la donne
quand il s'agit de répondre à la question : Combien... de combien d'énergie
j'ai besoin pour répondre au marché québécois? Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. D'autres interventions? M. le député de
Jean-Talon.
M. Paradis : Bon. Il y a plusieurs
éléments déjà dans la réponse de la ministre. Donc là, ils se parlent, ça, on
le sait qu'ils se parlent, c'est le cas actuellement, mais ce que Production
fait puis ce que Distribution fait ce n'est pas la même chose. Là, justement,
on est Hydro-Québec Distribution qui dit : Bon, bien, moi, je vais faire
mon plan d'approvisionnement pour répondre aux besoins des Québécois. Mais là,
maintenant, vous nous dites qu'ils sont... ils sont ensemble, c'est vos mots,
là, unicité, il n'y a plus de mur, c'est une seule entité. En tout cas, là, on
en a entendu beaucoup aujourd'hui, là. Alors, ils se parlent ou il y a une
unicité? Ce n'est pas la même chose.
Mme Fréchette : ...
Le Président (M. Montigny) :
Alors, Mme la ministre.
Mme Fréchette : ...on cherche
des expressions.
Le Président (M. Montigny) :
Votre micro est maintenant ouvert.
Mme Fréchette : Alors, l'expression
«ils seront dans la même maison», ça pourrait bien décrire.
M. Paradis : Ils sont dans la
même maison. Donc là, il va y avoir... tout le monde d'Hydro-Québec Production
vont être avec le monde d'Hydro-Québec Distribution, ça va être une seule
unité. Ça fait qu'ils vont préparer le plan d'approvisionnement ensemble, c'est
ça? C'est ce que vous nous dites aujourd'hui : Ils vont être dans la même
maison.
(Consultation)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
souhaitez-vous suspendre quelques instants?
Mme Fréchette : ...
Le Président (M. Montigny) : Nous
allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 17 h 38)
(Reprise à 17 h 47)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous sommes de retour. Au moment de la suspension, Mme la ministre, vous aviez
la parole. Je vous redonne la parole à nouveau.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Bien, donc, j'aimerais, en fait, rappeler, d'une part, ce qu'on a pu
obtenir, là, grâce au fait qu'on n'a plus cette distinction et ces barrières
entre Hydro-Québec Production et Distribution. Ça a permis, en fait,
d'optimiser, optimiser les ressources. Prenez, par exemple, lorsque c'était
deux entités distinctes, il y avait carrément un mur de Chine entre les deux.
Et ça faisait en sorte que, par exemple, au niveau des ressources humaines, il
y avait une équipe ressources humaines Hydro-Québec Production, une équipe
ressources humaines Hydro-Québec Distribution. Au niveau des technologies de
l'information, Hydro-Québec Production avait son équipe, Hydro-Québec
Distribution avait son équipe. Donc, quelque part, on dédoublait un bon nombre
de ressources, et puis on ne pouvait pas optimiser non plus la production
énergétique faite par Hydro-Québec. J'entends par là qu'Hydro-Québec
Production, par exemple, devait développer des projets, mais sans savoir s'ils
allaient être achetés par Hydro-Québec Distribution. Donc, ça créait une
incertitude. Parfois c'était acheté, parfois non. Et si ce n'était pas acheté,
bien là, finalement, ça s'en allait à l'exportation.
Donc, avec l'abaissement de cette
barrière-là entre les deux entités, on vient vraiment optimiser la production
d'Hydro-Québec, parce qu'en fait si Hydro-Québec Distribution énonce ses
besoins, bien, Hydro-Québec Production peut dire si elle peut répondre à ces
besoins. Donc, si c'est le cas, elle se met en action, sachant qu'il y aura un
acheteur au bout de la ligne et qu'elle ne sera pas mise en compétition avec un
certain nombre d'autres acheteurs. Donc, d'office, déjà, il y a un gain de
temps, il y a une réduction des dédoublements de manière considérable, et je
souligne par ailleurs que la comptabilité demeure distincte, et ça c'est
crucial, c'est essentiel, mais pour ce qui est du reste, donc, les ressources
humaines, les TI, etc., il y a la fin des dédoublements. Et, par ailleurs, on
peut savoir à l'avance si ce que produira Hydro-Québec Production répondra aux
besoins d'Hydro-Québec Distribution.
Donc, voilà, il n'y a plus le passage par
des appels d'offres qui était obligatoire. Il n'y a plus cette potentielle
perte de production si ça ne répondait pas aux besoins d'Hydro-Québec
Distribution. Donc, je pense que j'ai mis sur la table un certain nombre
d'éléments de réponse.
Le Président (M. Montigny) : Oui,
M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Je comprends que
la ministre nous explique les avantages administratifs à ce qu'il y ait des
discussions entre Hydro-Québec Production et... Hydro-Québec Production et
Distribution, <mais la loi, actuellement...
M. Paradis :
...je
comprends que la ministre nous explique les avantages administratifs à ce qu'il
y ait des discussions entre Hydro-Québec Production et... Hydro-Québec Production
et Distribution, >mais la loi, actuellement, est toute conçue où il y a
des différences entre les trois composantes. Et là la ministre insiste, depuis
plus de deux heures, pour nous dire que, maintenant, c'est une unicité. Mais
elle nous dit bien : Ah! il y a une comptabilité distincte. C'est un de mes
principaux problèmes depuis le début. Parce que, quand vous dites «comptabilité
distincte», ça, ça veut dire que, quand il y a des coûts additionnels... On l'a
vu, on a prévu... on a des nouveaux amendements qui font que, ah, il y a coûts
de production, mais ça, on les transfère dans les tarifs, puis ça, les
Québécois vont les payer. Mais là, quand il y a des revenus additionnels, par
exemple des exportations, ça, ça reste distinct puis ça reste dans les poches
d'Hydro-Québec. Donc, ça, c'est un problème pour les consommateurs québécois et
ça ne va pas.
• (17 h 50) •
Mais là vous nous parlez d'unicité, vous
êtes en train de nous dire aujourd'hui, là, puis ça fait plusieurs fois que
vous le répétez, puis vous voyez que je suis très surpris, donc ça fait
plusieurs fois que je vous pose la question, puis, oui, vous dites : Oui,
oui, maintenant, c'est la même chose. J'aimerais savoir à quel moment vous avez
annoncé cette intention-là. Est-ce que tous les gens qui sont venus en
consultations particulières se sont prononcés là-dessus, le fait que, maintenant,
ah! Production puis Distribution, ça va être la même chose? Et ça se retrouve
où? C'est reflété où, là? Où est-ce que c'est annoncé, ce concept-là? Parce que
là je cherchais dans les définitions, si c'était annoncé dans les compétences
de la régie, où ça se trouvait, et je ne vois pas ça, je ne vois pas ça.
Donc là, vous nous parlez de ça quand on
arrive, vous, sur le plan d'approvisionnement puis sur l'article, quand vous
modifiez, vous venez nous annoncer ça un peu aujourd'hui, là. Je veux savoir où
est-ce que ça se retrouve, ce que vous venez de nous dire à plusieurs reprises
aujourd'hui. C'est annoncé où que, maintenant, ce qu'on... le cloisonnement,
puis je comprends que vous le prenez sur les avantages administratifs, mais on
a fait ça pour des raisons particulières, notamment pour nous adapter au régime
réglementaire américain qui, lui, demande des distinctions claires.
Donc, c'est annoncé où, ça? Où est-ce que
vous avez annoncé ça? Qui s'est prononcé là-dessus? Qui est d'accord là-dessus?
Est-ce qu'il y a eu une consultation là-dessus et c'est où dans les définitions,
puis c'est où, là, dans les grands concepts que vous nous annoncez, que là,
non, on est en train de changer l'ensemble de la loi là-dessus?
Le Président (M. Montigny) : Alors,
quand vous serez prête, Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. Bon,
d'une part, je voudrais souligner que c'est beaucoup plus qu'une optimisation
administrative, c'est une optimisation aussi au niveau énergétique. Parce que
de lancer des projets de production d'énergie sans savoir s'il y aura un
acheteur chez Hydro-Québec Distribution, ce n'est pas ce que j'appelle
optimiser les ressources. Il y avait un mur de Chine. Maintenant, c'est des
gens qui sont dans la même maison. Ils restent dans des équipes distinctes, là,
chacun a son vice-président ou... je ne sais pas les titres, mais chacun est
dans son équipe, mais ces équipes-là, au moins, peuvent se parler. Ils peuvent
savoir, voilà, ce qui est prévu par l'autre direction et s'ajuster puis
travailler en équipe de manière à optimiser la production d'énergie.
Donc, ça se retrouve, cet état de fait, en
fait, dès le projet de loi déposé l'année passée, un certain nombre d'articles.
Vous avez, par exemple, l'article de la Loi sur la Régie de l'énergie, 52.2,
qui porte sur les coûts, l'article 2 sur la définition des contrats entre
HQP puis HQD. C'est un tout, là, c'est un ensemble d'articles dans lesquels on
voit être reflétée cette réalité-là qui, je le rappelle, a été annoncée en 2021
et mise en œuvre depuis depuis... depuis quatre ans.
M. Paradis : Bon, 52.2 que
vous venez de nommer, ça, on vient de le recevoir, là, une dizaine de jours. Je
n'ai pas la date exacte, là, mais ça fait partie de nos amendements récents.
Donc, où est-ce que dans les... Par exemple, dans les commentaires introductifs
du projet de loi ou dans les définitions, j'aimerais savoir, là, où est-ce que
vous annoncez ça, cette décision quand même importante, ça me préoccupe, puis à
quel moment on a parlé de ça dans les consultations particulières. Moi, je
serais curieux d'entendre ce que les gens de l'industrie, ce que les gens...
les spécialistes, ce que les groupes de la société civile ont à dire là-dessus.
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre, quand vous êtes prête, Mme la ministre, quand vous êtes prête.
Mme Fréchette : Mais c'était
reflété par les articles déposés il y a un an déjà. Et si monsieur cherche une
annonce, elle a été faite par Hydro-Québec <en 2021...
Le Président (M. Montigny) :
...Mme
la ministre, quand vous êtes prête, Mme la ministre, quand vous êtes prête.
Mme Fréchette :
Mais
c'était reflété par les articles déposés il y a un an déjà. Et si monsieur cherche
une annonce, elle a été faite par Hydro-Québec >en 2021, après ça,
c'était plutôt... ce n'était plus une annonce.
M. Paradis : Très bien.
Prenons l'exemple, puis là je vous ai amenée sur la question des exportations,
bien sûr que je comprends. Est-ce que les exportations d'électricité
actuellement sont réglementées, sont de la juridiction de la Régie de
l'énergie? Non. Donc là, vous nous annoncez en quelque sorte... En tout cas,
moi, je pense que c'est une annonce puis, si je suis le seul, au Québec, à ne
pas l'avoir vue, en tout cas, je serais curieux de savoir, là. Donc, à partir
de maintenant, ça veut dire que, s'il y a une unicité, la Régie de l'énergie va
avoir compétence sur les exportations d'électricité, c'est ça?
Le Président (M. Montigny) : Alors,
madame... Mme la ministre, quand vous serez prête.
Mme Fréchette : ...et comme
je réitère que ça ne relève pas de la compétence de la régie...
M. Paradis : Mais, s'il y a
une unicité maintenant, s'ils sont ensemble, ça marche comment? Ils sont
ensemble, il y a une unicité, mais là la régie s'occupe seulement d'une partie.
Mme Fréchette : Je réitère,
comme je l'ai dit tout à l'heure, qu'il y a une loi sur l'exportation de
l'énergie.
M. Paradis : Oui, mais vous
nous dites maintenant que c'est une unité. Donc, comment la régie va séparer,
elle, si maintenant il y a une unicité, puis qu'il n'y a plus de mur entre les
deux, puis que c'est les mêmes?
Mme Fréchette : C'est la
comptabilité, comme je le mentionnais tout à l'heure, parce que la comptabilité
demeure distincte.
M. Paradis : Oui. Donc, la
comptabilité, donc, pour dire les coûts, on les transfère aux consommateurs,
mais les revenus additionnels d'exportation, ça, on ne les transfère pas aux
consommateurs. Ça ne m'apparaît pas équitable. Mais donc, maintenant, le plan
d'exportation, le plan d'approvisionnement, si maintenant il y a une unicité,
ça veut dire qu'il devrait y avoir un plan qui considère tous les marchés puis
qui considère les exportations aussi, non, parce que, maintenant, ils sont
unis, ils sont ensemble, là.
(Consultation)
Mme Fréchette : ...va porter
sur les besoins du Québec, les besoins à combler au Québec. Si une part de ces
besoins-là doivent être comblés par de l'importation, ça devra en faire partie.
Mais voilà, c'est pour servir les marchés... les besoins du marché québécois et
non pas d'exportation.
M. Paradis : Mais, par
exemple, quant au paragraphe 3° du deuxième alinéa, on va faire
l'évaluation des risques découlant des sources d'approvisionnement envisagées
et les mesures que le titulaire entend prendre pour les atténuer. Si,
maintenant, il y a une unicité, c'est sûr que les gens de production vont
parler des contrats avec les Américains. Puis là est-ce qu'on va parler juste
des risques pour les consommateurs québécois ou les risques pour les
consommateurs américains aussi? Parce que, maintenant, ils sont ensemble, là.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. Quand il
fait référence aux sources d'approvisionnement envisagées, il fait référence
aux types d'énergie, à l'éolien, au solaire, biomasse. Donc, ce n'est pas le
lieu d'approvisionnement, c'est la forme d'approvisionnement.
M. Paradis : J'ai bien
compris, mais là les risques, vous calculez... Bien, c'est quoi, les risques
qu'on a en approvisionnement? Puis, généralement, on considère ça uniquement
pour les consommateurs québécois, j'en conviens. Mais là vous nous dites
maintenant qu'ils sont ensemble. Bon... Je vais reculer d'un pas. Est-ce que
vous êtes d'accord avec moi, Mme la ministre, que c'est Hydro-Québec Production
qui signe les contrats aux États-Unis?
Mme Fréchette : ...c'est
Hydro-Québec.
M. Paradis : Parce que,
maintenant, il y a une unicité, c'est ça, mais d'où les questions que je vous
pose. Vous nous dites : C'est un changement. Moi, je veux savoir, quand on
va évaluer les risques, quand on va faire le plan d'approvisionnement,
maintenant, il va falloir considérer l'ensemble des cocontractants, puis là on
a des contrats avec les Américains. Je comprends que ce sont des contrats, ce
sont des contrats d'énergie, pas de puissance, je le comprends bien, mais,
néanmoins, on va regarder ça dans l'équation maintenant.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre, pour les 45 secondes qui restent avant la suspension pour
le souper.
Mme Fréchette : Mais,
écoutez, M. le Président, comme il reste 40 secondes, j'allais inviter la
sous-ministre adjointe <à prendre la parole...
Le Président (M. Montigny) :
...la
suspension pour le souper.
Mme Fréchette :
Mais,
écoutez, M. le Président, comme il reste 40 secondes, j'allais inviter la
sous-ministre adjointe >à prendre la parole, mais on pourra le faire
peut-être au retour.
Le Président (M. Montigny) : Très,
très bien. Alors, je vous remercie de votre collaboration, mais, compte tenu de
l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à 19 heures. Merci.
(Suspension de la séance à 18 heures
)
19 h (version révisée)
(Reprise à 19 h 06)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît! La Commission de l'agriculture, des pêcheries, de
l'énergie et des ressources naturelles reprend ses travaux.
Nous poursuivons l'étude détaillée du
projet de loi 69, la Loi assurant la gouvernance responsable des
ressources énergétiques et modifiant diverses dispositions législatives.
Lors de la suspension de nos travaux, tout
à l'heure, nous étions à l'étude de l'article 43. Au moment de la
suspension, Mme la ministre, vous aviez dit que, peut-être, Mme la sous-ministre
nous expliquerait quelque chose. De mémoire, c'était là qu'on était.
Mme Fréchette : Merci
beaucoup, M. le Président. Merci de me rappeler, d'ailleurs, où nous en étions.
Peut-être que la députée de Robert-Baldwin peut juste nous résumer sa question
tout juste avant qu'on suspende. On était...
Mme Garceau : Non, je pense
que c'était...
Mme Fréchette : Ah! c'était
votre question?
Mme Garceau : Oui.
Mme Fréchette : C'est ça?
Mme Garceau : Oui, oui.
Mme Fréchette : Ah oui! Ah! j'avais
pourtant... OK. Bien, alors, si le député...
Mme Garceau : On peut
retourner en arrière.
Mme Fréchette : Juste nous
faire un petit rappel de votre question si vous vous en souvenez.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
M. le député... M. le député de Jean-Talon, je vous laisse la parole.
M. Paradis : Oui, et avant de
commencer, M. le Président, j'apprécierais une petite mise à jour sur le temps
qu'il me reste sur cet échange, pendant que je repose...
Le Président (M. Montigny) : ...autour
de 10 minutes, mais nous allons vous revenir.
M. Paradis : Très bien. Merci
beaucoup. Mme la ministre, j'avoue, là, que j'ai fait tellement d'appels et j'ai
fait tellement de vérifications législatives et jurisprudentielles, dans cette
heure de soi-disant pause, sur le débat qui nous occupait, que j'essaie de me
rappeler la formulation exacte de ma réponse... de ma question il y a une
heure. Mais je pense, en fait, que ça revient à une chose, parce que je
comprends que vous nous... vous nous dites qu'administrativement vous inscrivez
dans une volonté de décloisonner production et distribution. Je me demande
comment ça s'incarne dans le projet de loi 69 que vous nous présentez,
parce que, quand même, ce n'est pas ce qui... ce n'est pas ce qui était
officiel depuis plusieurs années, où il y avait vraiment cette distinction
entre production, transport et distribution.
Et là on est sur la disposition qui
concerne le plan d'approvisionnement, et donc, officiellement, selon les
politiques mises en place, là, il y a très longtemps, je dirais... je n'ai pas
la date exacte, Mme la ministre, mais il y a au moins une vingtaine d'années, c'est
que les différentes composantes d'Hydro-Québec, là, traitaient à... j'ai juste
l'expression anglaise, là, «arm's length», mais à distance raisonnable de
chacune les uns et des autres, là — je cherche le mot en français
pour ça, il ne me vient pas — mais donc, là, vous êtes en train de
nous dire : Non, maintenant, il va y avoir une unicité.
Donc, peut-être que je résumerais la
question, c'est : Pouvez-vous nous expliquer comment ça se passe
actuellement, quand il y a le plan d'approvisionnement et qu'il va y avoir
comme changement avec le projet de loi 69, mais aussi ce que vous nous
indiquez, là, cette ferme intention de <regrouper ou d'amalgamer...
M. Paradis :
...qu'il
va y avoir comme changement avec le projet de loi 69, mais aussi ce que
vous nous indiquez, là, cette ferme intention de >regrouper ou
d'amalgamer Hydro-Québec Production et Hydro-Québec Distribution?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Merci, merci,
M. le Président. Donc, bien, je pourrai laisser la sous-ministre adjointe
compléter ma réponse, mais je vous apporterais quand même quelques éléments.
Donc, effectivement, il y a cette volonté
de, je dirais, clore le processus de jonction d'Hydro-Québec Distribution avec
Hydro-Québec Production, et puis ça se traduit à différents endroits dans le
projet de loi. Donc, je peux vous en nommer quelques-uns qui reflètent en fait
la fin de cette séparation fonctionnelle, organisationnelle. Je continue, comme
je le disais tout à l'heure... Je rappelle en fait que les équipes sont
distinctes, hein? Ce n'est pas comme tout le monde se mélange, et puis vous
allez dans l'équipe que vous voulez à chaque matin. On n'en est pas là, ce
n'est pas l'idée. Donc, chaque, voilà, division continue d'exister, seulement
elles peuvent se parler, ce qui n'était pas le cas auparavant, et ça créait des
dysfonctions, je dirais, au niveau de l'optimisation de nos ressources
énergétiques pour les raisons que j'énumérais tout à l'heure, à savoir que,
notamment, Hydro-Québec Production pouvait décider d'aller de l'avant avec un
projet de production d'énergie, mais sans savoir si Hydro-Québec Distribution
allait l'acheter. Donc, ça faisait en sorte que, parfois, des projets prenaient
place, allaient de l'avant, mais ne trouvaient pas preneur chez Hydro-Québec
Distribution qui avait dû procéder à un appel d'offres pour faire appel à
différentes offres énergétiques, dont celle d'Hydro-Québec Production qui, parfois,
ne gagnait pas l'appel d'offres. Donc, Hydro-Québec Production devait
transmettre son... son énergie ailleurs, et ça se retrouvait, en fait, sur le
marché d'exportation lorsque ces situations-là survenaient.
Donc, on veut, bref, mettre fin à ce type
de situation, et optimiser, utiliser le plus efficacement possible donc
l'énergie qui peut être produite par Hydro-Québec Production.
• (19 h 10) •
Donc la fin de la séparation fonctionnelle
entre Distribution et Production se retrouve, par exemple, dans l'abrogation du
contrat présumé au niveau de la Loi sur la Régie de l'énergie, article 2,
disparition... sur la disparition de l'obligation de faire des appels d'offres,
on se retrouve également dans cette réalité-là. Ça se retrouve aussi dans la
méthode de calcul des coûts d'approvisionnement, article 52.2 de la Loi
sur la Régie de l'énergie. Ça se retrouve également dans le nouveau plan
d'approvisionnement, article 72. On le retrouve aussi dans les nouvelles
obligations qui sont décrites à l'article 74.1. Bon, comme nous le
rappelle souvent Me Marois, ça forme un tout, le projet de loi. Mais vous avez
là, en fait, des exemples de cette réalité-là qui, je le rappelle, a été quand
même donc énoncée... annoncée plus tôt dès 2021, par la PDG d'Hydro-Québec, qui
était alors Mme Sophie Brochu.
Je ne sais pas, Mme Deschênes, si vous
voulez ajouter des éléments.
Une voix : ...
Mme Fréchette : Non, pas à ce
stade-ci. Donc, on verra si le député a des questions. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci beaucoup, Mme la ministre. Merci, Mme la ministre. M. le député de
Jean-Talon.
M. Paradis : Je sens que la
pause du souper a été bonne pour tout le monde. Moi, j'ai potassé de mon côté,
je vais arriver puis je vais... je vais aussi vous faire quelques indications
là-dessus. Mais je comprends que les propos qui ont été tenus avant sont
nuancés, parce qu'on a vraiment parlé d'unicité, de faire tomber les murs que
ça soit une unité. Là, vous nous dites en fait que, fonctionnellement, vous
voulez que les gens se parlent plus et que vous faites... vous faites certains
ajustements dans les articles que vous venez, maintenant, de nommer, là, qui
était une question que je vous posais tout à l'heure. Là, on a fait plus le
tour, vous nommez donc des éléments plus fonctionnels, puis je vous en... je ne
vous en tiens pas rigueur, au contraire, parce que vous voyez que j'étais un
peu inquiet de ce que j'entendais avant. Mais donc c'est qu'on ne parle pas,
là, de créer une seule et unique unité Production et Distribution ensemble,
c'est de mettre fin à un certain cloisonnement administratif et, on le verra,
là, contractuel que vous avez identifié, là, comme étant peut-être des éléments
qu'il fallait travailler. Donc, c'est plus ça que vous nous dites maintenant.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, je
réitère quand même, M. le Président, qu'il n'y a plus ce mur de Chine qui
existait, puis ça, c'est important comme changement. Donc, oui, il y a des
unités distinctes, il y a des équipes distinctes, je rappelais que la
comptabilité est distincte. Mais, somme toute, ce ne sont pas deux entités
distinctes au sens où il n'y a pas un mur de Chine <entre les deux...
Mme Fréchette :
...je
rappelais que la comptabilité est distincte. Mais, somme toute, ce ne sont pas
deux entités distinctes au sens où il n'y a pas un mur de Chine >entre
les deux. Elles sont appelées à se parler. Elles peuvent coordonner leurs plans
de développement en ce sens que, si Hydro-Québec Distribution a besoin de x
nombres de mégawatts et qu'Hydro-Québec Production est en mesure de les
fournir, bien, elles vont pouvoir le savoir l'une et l'autre, ce qui n'était
pas le cas auparavant.
Donc, ça change véritablement la culture
organisationnelle puis aussi ça nous permet d'optimiser notre production
énergétique.
Le Président (M. Montigny) : M.
le député, M. le député, Allez-y.
M. Paradis : Merci. Donc, de
mon côté, j'ai consulté certaines décisions de la FERC aux États-Unis, parce
que, je le redis, je pense qu'il faut être très prudent. Le statut
d'Hydro-Québec, comme joueur qui respecte les règles concurrentielles aux
États-Unis, c'est important, parce qu'il y a des revenus qui sont tirés de ces
contrats-là qui viennent alimenter nos services publics. Et il faut faire très
attention. Donc, je continue à avoir les mêmes inquiétudes, mais je note, là,
donc, Hydro-Québec a déjà été mise en cause, là. Les compétiteurs américains
disent que, ah, il y a des subventions illégales, etc. Mais c'est vrai que
beaucoup de décisions se concentrent, bien sûr, sur la division stricte entre
le transporteur et le distributeur et/ou le producteur.
Ça, vous me confirmez que toutes les
mesures nécessaires, dans ce que vous nous disiez, là, les changements qui s'en
viennent, que, par ailleurs, la nécessaire séparation avec le transporteur
demeure la même. Ça, il n'y a pas... il n'y a pas d'impact sur transporteur
vis-à-vis distributeur et/ou producteur, là, avec la nouvelle façon de
l'imaginer que... dont vous nous parlez.
Le Président (M. Montigny) : Madame...
Mme Fréchette : Donc...
Le Président (M. Montigny) :
...allez-y, Mme la ministre.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Donc, bien, effectivement, donc, Hydro-Québec transport continue à
être isolée du reste. J'ai vérifié, auprès de Me Marois, à savoir si c'était
une entité distincte et pas en soi, mais c'est cloisonné, on pourrait dire,
c'est isolé du reste de manière à s'assurer qu'on respecte les normes de la
FERC, parce que c'est essentiel de pouvoir continuer à avoir un accès au marché
américain. Et c'est important de s'en assurer, qu'on respecte ces normes-là.
Donc, oui, Hydro-Québec transport continue à être distincte, et le
décloisonnement dont je faisais mention, c'est entre, vraiment, Hydro-Québec
Production et Distribution.
M. Paradis : Il y a des codes
de conduite actuellement qui prévoient justement l'obligation, notamment, entre
le transporteur et les autres entités, parce que, corporativement, c'est une
seule entité, là, la société d'État, c'est Hydro-Québec, mais donc les
divisions. Donc, c'est très important, là, que les codes de conduite soient
maintenus, et que les gens ne se parlent pas, qu'ils se traitent en
indépendants, donc, ça, ça demeure.
Mme Fréchette : Voulez-vous
l'indiquer?
Une voix : ...
Mme Fréchette : J'inviterais
Me Marois à nous ramener à un article qui traite de ça.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Très bien. Me Marois.
M. Marois (Samuel) : Donc,
non seulement ça demeure, mais, en plus, ça n'aura jamais été aussi clair,
parce qu'avec le projet de loi, le code de conduite, il n'y avait pas de
disposition, dans la loi sur la Régie de l'énergie, qui prévoyait la prise d'un
code de conduite, son approbation par la régie. Puis là, maintenant, avec
l'article 58 du projet de loi, qui introduit le nouvel
article 85.1.3, on va... on va avoir spécifiquement l'article 58 du
projet de loi, qui introduit plusieurs articles, mais, notamment, le 85.1.3,
qui parle expressément de la question du code de conduite.
M. Paradis : Eh oui, ça
s'ajoute, vous avez raison, Me Marois, là, l'article 58 ajoute plusieurs
articles. Vous faites spécifiquement référence auquel?
M. Marois (Samuel) : C'est
l'article 85.1.3 qui dit que le transporteur d'électricité soumet à la
Régie de l'énergie un code de conduite ayant pour objectif d'assurer aux
clients du transporteur un accès équitable au réseau de transport
d'électricité. Donc, c'est les exigences de la FERC.
M. Paradis : Très bien. Je
vous repose la même question, Mme la ministre : Est-ce que vous avez un
avis juridique qui parle de l'impact de tout ce que vous faites dans le projet
de loi 69, y compris les amendements sur la posture d'Hydro-Québec face à
ses concurrents et face à la réglementation de la FERC? Parce que là, vous savez,
je vous ai posé plusieurs questions, là, sur des inquiétudes qui sont, je
pense, légitimes sur les impacts que ça pourrait avoir sur les contrats, donc,
signés aux États-Unis. Est-ce que vous avez bien réfléchi à toute cette
question-là?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Donc, effectivement, c'est une dimension importante, je l'indiquais <d'ailleurs
précédemment...
M. Paradis :
...réfléchi
à toute cette question-là?
Le Président (M. Montigny) :
Mme
la ministre.
Mme Fréchette :
Merci,
M. le Président. Donc, effectivement, c'est une dimension importante, je
l'indiquais >d'ailleurs précédemment, et, oui, les analyses ont été
faites parce qu'il est essentiel de garder notre accès au marché américain.
Donc, toutes les évaluations ont été réalisées, les impacts aussi ont été
analysés, considérés, et il a été donc convenu... en fait, établi, plutôt, que
notre capacité à vendre sur le marché américain n'était pas affectée.
• (19 h 20) •
M. Paradis : Très bien. C'est
tout pour moi pour l'instant.
Le Président (M. Montigny) : Bien.
Alors, est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec cette section, là,
de l'article? C'est la section 72, toujours, de l'article 43. On se
rappellera qu'on allait l'étudier en deux parties. Il nous reste 72.1. Alors,
si vous souhaitez, on va passer à 72.1. Oui, Mme la députée.
Mme Garceau : 72... oui. J'ai
juste une question, M. le Président. Désolée.
Le Président (M. Montigny) : Oui.
Allez-y, allez-y, comme vous voulez.
Mme Garceau : Oui. Mme la
ministre, là l'article 72, dans les composantes, là, du plan
d'approvisionnement, au premier alinéa, «les prévisions annuelles relatives aux
besoins en électricité des consommateurs — excusez — et un
état des approvisionnements dont le titulaire dispose pour satisfaire ces besoins»,
on parle de quels consommateurs et quels besoins.
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Je vais
prendre un moment, s'il vous plaît, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : ...nous
allons suspendre... nous allons donc suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 19 h 21)
(Reprise à 19 h 27)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous sommes de retour pour nos travaux. Au moment de la suspension, Mme la
ministre, vous aviez la parole. Je vous redonne la parole à nouveau.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Donc, si je m'en remets à la question de la députée de Robert-Baldwin,
donc, elle voulait savoir en termes de prévisions annuelles relatives aux
besoins en électricité des consommateurs, il est bien question ici des
consommateurs québécois, c'est-à-dire établis sur le territoire québécois. Et
vous vouliez avoir des précisions sur l'état des besoins et de l'énergie dont
on dispose.
Donc, annuellement, en fait, il est fait
par Hydro-Québec une évaluation des besoins en termes d'approvisionnement
énergétique, et ces besoins-là, en fait, tiennent compte d'une série d'éléments
à la fois l'énergie qui est déjà disponible, bien sûr, les plans
gouvernementaux, je pense, par exemple, au PEV, Plan pour une économie verte,
les cibles au niveau des programmes d'efficacité énergétique, les prévisions de
croissance. Puis, là-dessus, il y a eu, je dirais, des manquements au cours des
années antérieures, il y a plusieurs années, au sens où les prévisions de
développement économique et industriel établies par Hydro-Québec étaient
pratiquement au plancher. Et c'est ce qui a fait que, pendant un certain nombre
d'années, il n'y a pas eu d'investissement dans le développement de l'offre
énergétique. Les prévisions n'étaient pas... n'étaient pas arrimées avec la
réalité qui a suivi.
Ensuite, on a les aléas climatiques, ça,
c'est, je pense, une donnée qui va avoir de plus en plus d'influence, bien sûr,
avec les changements climatiques, les impacts de ces aléas, les cibles aussi en
termes de décarbonation, dans quelle mesure est-ce que ça vient impacter les
besoins en termes d'énergie. Ça, ça va être de plus en plus présent. Et, voilà,
donc, ça, c'est des exemples d'éléments qui sont dans le plan...
Des voix : ...
Mme Fréchette : ...sur
10 ans et, annuellement, c'est remis à jour. Et aux trois ans, en fait, ça
se trouve à être déposé à la régie, c'est ça, et questionné, puis, voilà,
débattu. Puis parmi les autres éléments... Ah oui, c'est ça, il y a la présence
aussi de certains... certains secteurs industriels, par exemple les centres de
données. Ça, c'est sûr que ça requiert beaucoup d'énergie, les serres, ça
aussi, c'est des grands gourmands en termes énergétiques. La présence de
véhicules électriques sur le territoire, ça aussi, ça influence, bien sûr.
Ensuite, les <chaînes de blocs...
Mme Fréchette :
...ça
aussi, c'est des grands gourmands en termes énergétiques. La présence de
véhicules électriques sur le territoire, ça aussi, ça influence, bien sûr. Ensuite,
les >chaînes de blocs, tout ce qui est bitcoin, on a, là aussi, des
grandes sources de consommation d'énergie. Donc, voilà, c'est un ensemble
d'éléments, c'est vraiment très complexe, faire la modélisation de tout ça, on
s'imagine bien, et ça doit être fait, donc, sur une période de 15 ans,
avec révision aux trois ans.
• (19 h 30) •
Mme Garceau : Merci, Mme la
ministre, pour ces précisions. Donc, est-ce que ça inclut également, en termes
de besoins, les exportations? Donc, si on veut exporter l'énergie... Donc, on
est en train de regarder également les approvisionnements liés à ce qu'on veut
exporter. Je présume que oui, mais je voulais faire la vérification.
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre, Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Donc, les plans d'approvisionnement ne concernent que les besoins
québécois. Alors, ça ne couvre pas les besoins en termes de marché
d'exportation. Donc, on vise vraiment à satisfaire les besoins québécois, et,
par conséquent, on doit passer en revue l'ensemble des éléments, là, les
quelques éléments que je vous ai nommés et bien d'autres.
Mme Garceau : Donc, en ce qui
a trait aux besoins liés aux marchés d'exportation, on trouve ça où dans le
projet de loi?
Mme Fréchette : Je vais
inviter Me Marois à...
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Me Marois, vous avez la parole.
M. Marois (Samuel) : On m'a
envoyé la balle, je vais tenter une réponse. Dans la Loi sur la Régie de
l'énergie... Ce n'est pas dans l'objet de la Loi sur la Régie de l'énergie de
traiter de l'exportation, la production, exportation, ce n'est pas l'objet de
la loi. Donc, ça, c'est clair. Puis les besoins en exportation, bien, c'est
plutôt... peut-être qu'on pourrait, tu sais, aussi le voir à l'inverse,
c'est-à-dire, s'il y a des surplus énergétiques qui peuvent être valorisés sur
les marchés de l'exportation, c'est une chose, mais ce qui intéresse, ici, le
plan d'approvisionnement puis la loi... puis le cadre qui est mis en place par
la Loi sur la Régie de l'énergie, c'est la satisfaction des besoins des marchés
québécois, qui est aussi la mission d'Hydro-Québec.
Mme Garceau : OK. Merci pour
cette précision. Dernier alinéa, on parle de dispense, que «la régie peut
dispenser un titulaire d'un droit exclusif de distribution d'électricité de son
obligation de soumettre un plan d'approvisionnement». Est-ce que ça, ça inclut
Hydro-Québec? Est-ce que la régie pourrait dispenser Hydro-Québec de soumettre
un plan?
Mme Fréchette : En lien avec
les exportations?
Mme Garceau : Non, en lien...
juste l'interprétation de ce dernier alinéa à l'article 72.
Mme Fréchette : Ah! OK,
excusez.
(Consultation)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Donc, ce à quoi il est fait référence, en termes de dispense, c'est
que les réseaux municipaux peuvent être dispensés du dépôt d'un plan
d'approvisionnement, parce qu'en fait Hydro-Québec a l'obligation de les
approvisionner. Donc, en soi, ce n'est pas requis qu'on connaisse leur plan
d'approvisionnement. On sait d'emblée qu'ils vont être approvisionnés
adéquatement. Donc, c'est ce pour quoi ils sont dispensés.
Mme Garceau : Ou peuvent être
dispensés...
Mme Fréchette : Peuvent être
dispensés.
Mme Garceau : ...ça, l'article
mise sur les réseaux municipaux, c'est ça? Juste les réseaux municipaux?
Mme Fréchette : Des réseaux
et une coopérative.
Mme Garceau : OK, merci.
C'est tout.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Très bien. Alors, c'était pour la partie de l'article 43 à 72. M. le
député de Jean-Talon.
M. Paradis : Merci. Tout à
l'heure, je vous ai demandé, Mme la ministre, quels changements s'opéraient, en
pratique, entre ce qui se fait actuellement et ce qui va se faire à partir de
maintenant, là, compte tenu de ce que vous annoncez dans restructuration,
appelons-les comme ça, d'Hydro-Québec Production et Distribution, vous nous
dites que c'est un processus qui est en cours, lancé, à l'époque...
19 h 30 (version révisée)
M. Paradis : ...vous annoncez,
là, dans la restructuration, appelons-le comme ça, d'Hydro-Québec Production et
Distribution, vous nous dites que c'est un processus qui est en cours, lancé, à
l'époque, par Sophie Brochu, là, qui est en cours, puis là que vous voulez le
cristalliser. Est-ce que vous avez une évaluation de ce processus-là en cours,
des effets de comment ça se passe? Parce que là vous dites : Là, on va
résolument vers là. Ça change beaucoup, là, je le redis, je demeure étonné de
ce que j'ai entendu aujourd'hui. Donc, est-ce que vous avez... Comment ça se
passe là, actuellement, chez Hydro-Québec, le processus dont vous parlez?
Avez-vous une évaluation?
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président, je vais consulter. Je vous reviens.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 19 h 35)
(Reprise à 19 h 40
)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous sommes de retour. Au moment de la suspension, Mme la ministre, vous aviez
la parole.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Alors, bon, à savoir à quel niveau est-ce que ce décloisonnement
est-il avancé? Alors, voilà, j'ai fait quelques consultations, et on ne peut
pas dire que la Muraille de Chine ait disparu. Est-ce que la muraille est
rabaissée? Un peu, au sens où, sur le plan administratif, il y a des choses qui
ont été jointes, puis je donnais des exemples tout à l'heure. Par exemple, au
niveau des équipes en TI, au niveau des équipes en ressources humaines, bon, il
peut y avoir, comment dire, un travail conjoint. Mais il y a toujours une
obligation, au niveau des approvisionnements, de passer par des contrats entre
Hydro-Québec Production et Hydro-Québec Distribution. Donc, ils ne peuvent pas
dire l'un à l'autre : Bien, je vais t'approvisionner suivant ton besoin
que tu as énoncé, tout ça. Il faut encore que ça passe par des appels d'offres.
Donc, au niveau de la production énergétique, on n'est vraiment pas dans une
dynamique optimale pour les raisons que j'ai expliquées un peu plus tôt.
Et ils sont bien sûr donc limités dans les
échanges d'informations de ce fait-là parce qu'ils doivent limiter, en fait,
leurs contacts au niveau des besoins d'Hydro-Québec Distribution et de la
possibilité qu'il y aurait pour Hydro-Québec Production d'y répondre.
Donc bref, ce n'est pas optimal et donc ce
n'est pas complété et ça ne pourra pas l'être tant que le projet de loi ne sera
pas adopté. Et je pense que c'est, en fait, dans l'intérêt de tous qu'on puisse
justement optimiser cette production énergétique et qu'on puisse tirer...
aller... aller tirer tout le potentiel qu'on peut d'Hydro-Québec Production
dans la mesure où, voilà, les installations, l'expertise, les équipements sont
là et les besoins sont là. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. M. le député.
M. Paradis : Je comprends que
vous nuancez vos propos par rapport à avant la pause puis vraiment je ne vous
en tiens pas rigueur. Au contraire, je pense que c'est une bonne chose. Là,
vous me dites : C'est un processus qui est en cours. Néanmoins, vous avez
vraiment annoncé votre intention tout à l'heure, en tout cas, avant la pause,
là, que ça devienne... j'avais quelques citations, là, mais on fait tomber tous
les murs, ça va devenir une seule Hydro-Québec, c'est... puis ça, vous l'avez
répété souvent, donc vous allez vers là.
Je vais donc de nouveau reposer la même
question. Mais, je vous remercie parce que vous donnez des informations sur
l'état du processus, mais ma question est : Avez-vous une évaluation
formelle des résultats ou du bilan que vous faites jusqu'à maintenant de ce
processus-là qui justifie, donc, les annonces? Moi, je considère ça encore
quand même assez des annonces, ce qu'on a entendu aujourd'hui, là, qu'on s'en
va vers là, résolument.
Mme Fréchette : Suspendre un
petit moment.
Le Président (M. Montigny) : Oui.
Mme Fréchette : Merci.
Le Président (M. Montigny) : Nous
allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 19 h 44
)
(Reprise à 19 h 50)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous avons donc repris nos travaux. Au moment de la suspension, Mme la
ministre, vous aviez la parole. Vous l'avez toujours.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Donc, voilà. On a fait quelques recherches d'information et on n'a
pas trouvé d'information officielle, là, publiée par exemple dans le rapport
annuel qui porterait sur ce processus-là. Mais ce qu'on nous dit, c'est que
c'est un processus qui est en cours. Donc, l'heure du bilan n'est pas vraiment
arrivée, au sens où il y a des éléments qui doivent être complétés. Donc,
voilà, c'est... Je pense que c'est un bilan qui est à venir, au sens où il y a
encore des éléments que je mentionnais tout à l'heure, là, qui font en sorte
qu'ils doivent encore passer par contrat, que ce n'est pas encore optimisé
comme processus, et on n'a pas atteint encore l'objectif ultime. Donc, le
bilan, pour l'instant, en tout cas à ma connaissance, nous n'en avons pas.
Est-ce qu'il en existerait quelque part chez Hydro-Québec? Peut-être, je
n'exclus pas cette possibilité-là. Mais on n'en est... n'a pas été informés, si
ça existe.
Le Président (M. Montigny) : Bien.
Merci.
M. Paradis : C'est... Tu
sais, on revient donc encore à la même question de la vision qui ne nous a pas
été présentée avant qu'on ait le projet de loi n° 69, les consultations
qui n'ont pas eu lieu de manière vaste pour parler notamment de cet aspect-là,
parce que ce qu'on a entendu, en tout cas, c'est qu'on allait résolument vers
une Hydro-Québec, mais on n'a pas de bilan d'où est-ce qu'on en est rendu dans
le processus. Ça m'apparaît étonnant. Parce que moi, j'aimerais savoir par
exemple : Est-ce que tout le monde gambade dans cette nouvelle façon de
voir, dans les vertes prairies d'une Hydro-Québec, ou il y a des tensions actuellement
chez Hydro-Québec par rapport à ce changement-là puis qu'il y a des gens qui
pensent que ce n'est pas la bonne façon de faire?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Je n'ai pas
demandé si les gens gambadaient chez Hydro-Québec, désolée. Ça ne faisait pas
partie de mes questionnements.
M. Paradis : Oui,
j'utilisais... j'utilisais bien sûr une image.
Le Président (M. Montigny) : Un
petit caramel, un petit caramel?
Mme Fréchette : Si ça peut
vous aider à accepter ma réponse.
Le Président (M. Montigny) : Petit
caramel.
Très bien. Merci. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : J'utilisais une
image, là, je sais que ce n'est pas la première fois, là, j'essaie de colorer
un peu nos débats. Mais donc, est-ce qu'actuellement... Vous nous avez un petit
peu, là, rapidement donné comment vous le voyez. Mais, je le redis, là, qu'il
n'y ait pas de bilan avant qu'on dise qu'on est vraiment, résolument en train d'aller
là, ça m'étonne.
Maintenant, à votre connaissance, est-ce
qu'actuellement il y a des tensions à l'intérieur d'Hydro-Québec sur cette
question-là, est-ce qu'il y a de la résistance ou est-ce que tout le monde chez
Hydro-Québec est résolument ensemble, et tout le monde pense que c'est la bonne
idée, puis on continue à aller vers là, et tout le monde est très content de
vous avoir entendue... tout le monde est très content de vous avoir entendue
aujourd'hui, là, de dire : C'est une Hydro-Québec désormais?
Le Président (M. Montigny) : Alors,
juste un petit point avant, Mme la ministre, de vous céder la parole : il
vous reste moins de deux minutes, M. le député de Jean-Talon. Alors, Mme la
ministre.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. Permettez que je consulte avant de vous revenir.
Le Président (M. Montigny) : Tout
à fait. Nous allons donc suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 19 h 53)
(Reprise à 19 h 57)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous sommes de retour. Mme la ministre, vous aviez la parole au moment de la
suspension.
Mme Fréchette : Oui. Merci,
M. le Président. Donc, il était demandé... Bon, d'une part, j'aimerais informer
les auditeurs que vous manquez de bonnes blagues pendant les périodes où les
micros sont fermés, malheureusement pour vous. Je ne vais pas les répéter, mais
elles étaient excellentes.
Alors, à savoir est-ce qu'il y aurait de
la résistance ou non chez Hydro-Québec, alors, bon, on n'a... je n'ai pas un
portrait clair, là, de l'état de la situation, mais on m'indique, bon, qu'au
niveau de la haute direction, il n'y a pas de résistance, si c'est le mot qu'on
doit employer, par rapport à cette mouvance-là, qui, je le rappelle quand même,
a été amorcée il y a quatre ans.
Et puis il y a bien des gens pour qui ça
ne change pas la nature de leur emploi. Quelqu'un qui travaillait au sein
d'Hydro-Québec Production et qui travaille aujourd'hui dans la division
Hydro-Québec Production, est-ce que son emploi est différent du fait d'un
certain décloisonnement amorcé? Ce n'est pas... Ce n'est pas tout le monde, là,
qui se trouve à avoir une nature de son emploi qui est changée. Donc, ce n'est
pas nécessairement un grand nombre de personnes qui se trouvent à être
impactées. C'est difficile à dire, là. En fait, je ne peux pas l'évaluer en
termes de nombre, mais on imagine bien qu'au niveau des interactions avec les
autres... l'autre... les autres équipes, ce n'est pas tout le monde.
Est-ce que ce sera un élément, par
exemple, à intégrer dans un prochain plan stratégique d'Hydro-Québec? Bien, je
pense que ça peut être intéressant de faire en sorte qu'il y ait ce type
d'évaluation là qui soit intégrée dans un plan. Donc, c'est quelque chose qu'on
pourrait soumettre à Hydro-Québec comme type d'évaluation, là. Merci.
Le Président (M. Montigny) :
...M. le député.
M. Paradis : Très bien. Je
réitère qu'avant, là, de continuer à s'engager, là, puis d'annoncer une
Hydro-Québec, ça prendrait peut-être un bilan d'où est-ce on est rendu jusqu'à
maintenant.
J'ai parlé des codes de conduite tout à
l'heure et de ce qu'ils imposent actuellement et de comment aussi les autres
joueurs dans l'industrie voient ça. Est-ce que vous êtes au courant qu'il y a
justement un litige actuellement relativement aux obligations prévues dans le
code de conduite et sur l'impact des <changements...
M. Paradis :
...relativement
aux obligations prévues dans le code de conduite et sur l'impact des >changements
dont on parle, justement, vers une Hydro-Québec?
Mme Fréchette : Litige, à
savoir de quelle nature?
M. Paradis : Qu'il y a un
litige actuellement relativement à l'application du code de conduite. Est-ce
que vous êtes au courant?
Mme Fréchette : Non.
M. Paradis : Non? OK. Parce
que je me demande si ce qu'on est en train de faire, il n'y a pas une volonté
de venir donner une réponse à ce qui se passe dans ce litige-là. Je vais
m'arrêter là puisque vous n'êtes pas au courant.
• (20 heures) •
Je vais terminer, là, avec le temps qui me
reste, en réexpliquant, là, pour moi, là, je vais essayer de simplifier
pourquoi la question des exportations me semble importante avec ce que vous
nous annoncez, parce qu'en réalité, quand vous dites : Ah, les
comptabilités restent distinctes, c'est là qu'il y a inquiétude, parce que s'il
y a plus d'investissements, avec 200 milliards d'annoncés par
Hydro-Québec, l'objectif de plusieurs des dispositions qu'on a vues, c'est de
faire... de demander à la régie de faire augmenter les tarifs. Si on se trompe...
Puis ça, c'est les consommateurs qui payent.
Si on se trompe, que... finalement, qu'il
nous reste de l'électricité, qu'il y a des surplus... Donc on investit
beaucoup, c'est les Québécois qui ont payé, qu'est ce qui se passe avec les
surplus? Ils sont utilisés pour l'exportation. Et donc, là, ça veut dire encore
que les Québécois ont payé les coûts, mais qu'à la fin ça coûte moins cher pour
les clients américains. Puis là que, quand vous nous parlez que le plan
d'approvisionnement, il se concentre juste sur les clients québécois, sur les
consommateurs québécois, bien il y a quelque chose qui ne fonctionne pas avec
ce que vous nous annoncez quand vous dites : Oui, mais là il va y avoir
une seule Hydro-Québec, y compris l'entité qui gère l'exportation. Donc, c'est
ça, l'impact. Puis je pense que ça devrait être mieux mesuré, l'impact de ce
qu'on est en train de faire.
Le Président (M. Montigny) : Il
ne vous reste plus de temps. Mme la ministre, vous, vous avez du temps. Il ne
vous reste plus de temps, M. le député de Jean-Talon. Mme la ministre, vous
avez du temps.
Mme Fréchette : Oui, bien,
j'aimerais, simplement, en fait, rappeler que les investissements qui sont
annoncés, c'est pour répondre à des besoins du marché québécois. Donc, quand on
parle, là, des manques à gagner, par exemple en termes de mégawatts, c'est des
projets qui vont trouver place au Québec. Et Dieu sait que la demande est
grande. Donc, voilà, ce pour quoi on a besoin d'investir dans de la nouvelle
production, dans des nouveaux équipements, aussi dans l'efficacité énergétique
et la sobriété énergétique, mais, à la base, c'est pour répondre à des besoins
du Québec, de projets de consommateurs, de clients établis au Québec. Donc,
c'est important de le rappeler parce qu'on le sait c'est des sommes quand même
conséquentes, mais les besoins aussi sont tout aussi importants. Merci.
Le Président (M. Montigny) :
Bien. Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions, collègues, sur cette
section 72? Oui, Mme la députée.
Mme Garceau : Juste... Merci,
M. le Président. Juste une dernière, pour revenir, Mme la ministre, à votre
réponse concernant le dernier alinéa et la dispension... dispense, je devrais
dire. Dans le cas où un réseau et... il y a une dispense et là, une grande
entreprise vient s'installer. À un moment donné, donc, les besoins augmentent en
énergie, en électricité, ce serait quoi le processus de révision? Parce que là,
évidemment, les besoins vont augmenter. Et donc est-ce que le processus va être
déterminé par règlement par la régie? Est-ce que ça va faire partie des
conditions en ce qui a trait... si, admettons, à un moment donné, parce qu'on
n'a pas déposé un plan d'approvisionnement, il y a eu une dispense et là, tout
d'un coup, un an plus tard, une entreprise vient s'installer, donc les besoins
augmentent, donc ce serait quoi le processus?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : ...Président,
je demanderais à Me Marois de nous éclairer, là, sur ce point-là.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Me Marois.
M. Marois (Samuel) : Donc, la
dispense... En fait, vous voyez, au premier alinéa, là, que la régie prend un
règlement sur la teneur et la périodicité du plan d'approvisionnement. Ça,
c'est quelque chose qui existait déjà dans l'article actuel. Puis, dans son
règlement qui existe actuellement, la régie a indiqué un cas de dispense. Mais
là, ce qu'on fait ici, c'est qu'on vient codifier un peu cette habilitation-là
qui n'était pas claire, là, dans la loi : Est-ce que la régie avait le
pouvoir de dispenser un réseau municipal, par exemple, de déposer un plan d'approvisionnement?
Puis, pour votre information, dans le règlement actuel de la régie, ce qu'on
dit, c'est qu'un réseau municipal est dispensé de son... de l'obligation de
déposer...
20 h (version révisée)
M. Marois (Samuel) : ...ce qu'on...
ce qu'on dit, c'est qu'un réseau municipal est dispensé de l'obligation de
déposer un plan d'approvisionnement quand ses approvisionnements prévus pour
les trois prochaines années proviennent d'Hydro-Québec. Parce qu'Hydro-Québec a
l'obligation de les approvisionner en électricité, de telle sorte que leur
approvisionnement est assuré. Donc, il n'y a pas... il n'y a pas de... L'objectif
du plan d'approvisionnement, c'est de s'assurer qu'on a les approvisionnements
nécessaires dans un contexte où on a des joueurs qui ont un monopole sur un
territoire. Donc, si Hydro-Québec est obligée de les approvisionner, puis qu'en
plus, tous les approvisionnements d'un réseau municipal proviennent d'Hydro-Québec,
bien là, tu sais, l'exercice n'est pas utile. Ça fait que c'est... on vient
assurer la continuité de la situation existante, mais en venant codifier
clairement, dans la loi, le pouvoir de la régie de déterminer cette
dispense-là.
Mme Garceau : OK. Mais les
besoins sont déterminés en fonction d'un plan à tous les trois ans. C'est ça?
Donc, si jamais... Ma question est vraiment liée à : Si jamais il y a, à l'intérieur
de ce trois ans-là, là, une entreprise... nouvelle entreprise décide de s'installer
dans une municipalité x, donc qu'est-ce que cette municipalité fait? Parce que
là, évidemment, il va y avoir un manque d'électricité. Donc, c'est quoi le
processus, pour cette municipalité?
M. Marois (Samuel) : Bien, c'est
sûr que ce n'est pas évalué au cas par cas en fonction du nouveau consommateur,
tu sais. C'est évalué d'un point de vue global, mais pour l'évaluation globale
des approvisionnements qui sont nécessaires pour satisfaire les besoins d'un
réseau... d'un réseau municipal sur son territoire, c'est-à-dire desservir ses
consommateurs, y compris tous les nouveaux qui pourraient s'ajouter, des
industries, puis tout ça, bien là, à ce moment-là, effectivement, le besoin d'un
réseau municipal en approvisionnement pourrait augmenter. Puis, à ce moment-là,
Hydro-Québec a l'obligation de les approvisionner en électricité. Donc, il y
a... Le plan d'approvisionnement, il sert à dire : Voici, mes besoins vont
augmenter, mais là, je vais aller chercher des nouveaux approvisionnements.
Mais quand Hydro-Québec... étant donné qu'Hydro-Québec
a l'obligation de les approvisionner, bien, si on a besoin de nouveaux
approvisionnements, bien, il va simplement y avoir plus d'approvisionnement de
la part d'Hydro-Québec. Ce qui pourrait... Puis, si, au contraire, un réseau
municipal voulait un peu s'affranchir de sa relation avec Hydro-Québec puis
voudrait plutôt produire elle-même — parce qu'un réseau municipal
peut produire, exploiter une centrale hydroélectrique, par exemple — bien,
à ce moment-là, peut-être qu'on lui exigerait un plan d'approvisionnement pour
être certain que la production va correspondre aux besoins, puis que des
consommateurs ne manqueront pas d'énergie sur le territoire.
Mme Garceau : Mais est-ce
que... en tout cas. Parce que c'est... c'est à la régie, là, je vois, à la
lecture de la disposition, «va déterminer par règlement le cas et les
conditions selon lesquelles un titulaire va... va... va obtenir cette dispense»,
mais est-ce qu'on va prévoir, dans ce genre de règlement, s'il y a une
modification, il y a un changement dans les circonstances qui fait en sorte qu'il
y a un besoin d'énergie plus élevé que prévu, si le mécanisme de révision...
Donc, qu'est-ce que la municipalité va faire? C'est quoi, comme, le processus?
Parce que ce n'est pas encore clair pour moi, là, qu'est-ce que la municipalité
va faire dans ces circonstances-là, compte tenu du fait que la prévision d'Hydro-Québec
est faite sur une échelle de trois ans.
M. Marois (Samuel) : Bien, c'est
sûr que... Tu sais, on en a parlé, des membres de l'AREQ, là, puis on a parlé
de l'obligation d'Hydro-Québec d'approvisionnement... d'approvisionner en
électricité les réseaux municipaux, donc, si un réseau municipal avait besoin
de plus d'électricité parce qu'il y a des nouveaux consommateurs sur son territoire,
bien, la solution, c'est d'aller voir Hydro-Québec puis de dire : J'ai
besoin de plus d'électricité, puis à ce moment-là, Hydro-Québec est tenu de les
approvisionner. Donc, la planification des approvisionnements d'un réseau
municipal qui serait à 100 % desservi par Hydro-Québec, approvisionné par
Hydro-Québec, n'est pas nécessairement pertinente, parce que, de toute façon,
le réseau municipal, son approvisionnement est assuré. Puis l'objectif du plan
d'approvisionnement, c'est d'assurer que les approvisionnements sont
suffisants. Donc, dans le cas d'Hydro-Québec, c'est de s'assurer qu'on a une
nouvelle production qui permet de satisfaire les besoins. Mais pour un réseau
municipal, ce n'est pas nécessairement la même réalité. Donc, en principe, l'obligation
de déposer un plan d'approvisionnement pour le faire approuver par la régie
existe, mais on crée le cas de... la possibilité pour la régie de déterminer
des cas de dispense, dans le cas où ce ne serait pas pertinent puis ce serait
inutile d'aller approuver un plan d'approvisionnement auquel... puis, tu sais,
d'entendre des intervenants, puis, je veux dire, c'est... c'est un processus,
quand même, qui demande des... un certain effort de plusieurs personnes. Puis
si vous voulez voir, en pratique, de quoi ça a l'air, vous <pouvez...
M. Marois (Samuel)T :
...c'est
un processus, quand même, qui demande des... un certain effort de plusieurs
personnes. Puis, si vous voulez voir, en pratique, de quoi ça a l'air, vous >pouvez
aller voir l'article 3 du Règlement sur la teneur et la périodicité du
plan d'approvisionnement.
Mme Garceau : OK. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre.
• (20 h 10) •
Mme Fréchette : Oui.
J'aimerais amener une précision aussi à l'effet que, bien, si un... il advenait
qu'un réseau municipal décide de s'approvisionner ailleurs que chez
Hydro-Québec, là, il y aurait la nécessité d'avoir un plan, un plan
d'approvisionnement. Il y a une croissance qui est prévue pour ce qui est des
réseaux municipaux, on peut s'y attendre, puisque la croissance démographique
va les concerner au même titre que tous les autres. Donc, c'est dans les
hypothèses avec lesquelles travaille Hydro-Québec. Mais, voilà, tant que
l'approvisionnement se fera uniquement chez Hydro-Québec, il y aura possibilité
d'avoir une dispense de plan.
Mme Garceau : OK. Merci
beaucoup.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. Toujours en lien avec l'article 43, est-ce qu'il y a des
interventions, particulièrement sur la partie, là, 72? Très bien. Ça nous amène
à la discussion en lien... aux échanges sur la 72.1. Est-ce qu'il y a des
interventions sur 72.1? Alors, il n'y a... Oui, M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Bon, là, toute
la discussion qu'on vient d'avoir n'a pas la même pertinence pour 72.1. Par
contre, dans vos notes explicatives, tout à l'heure, Mme la ministre, là, vous
rappeliez qu'il y a quelques... Le but, c'est de reproduire, pour le domaine du
gaz, ce qu'on a à 72, mais avec quelques différences. Est-ce que vous pourriez
rapidement nous les expliquer, là, la différence entre 72.1 et 72?
Mme Fréchette : Oui, je vais
prendre un petit moment, s'il vous plaît.
Le Président (M. Montigny) : Sans
problème. Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 20 h 11)
(Reprise à 20 h 18)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous sommes de retour. Au moment de la suspension, Mme la ministre, vous aviez
la parole.
Mme Fréchette : Oui, merci,
M. le Président. Donc, j'ai essayé d'identifier le plus grand nombre
d'éléments, soit de ressemblance ou de différence, là, entre les deux... les
deux secteurs, à la fois électrique et le gaz. Alors, en termes d'horizon, par
exemple, on n'est pas dans les mêmes horizons pour ce qui est du plan
d'approvisionnement. En ce qui a trait à l'électricité, on est sur un horizon
de 15 ans. C'est plus aisé pour l'électricité que pour le gaz, de voir...
d'avoir de la prévisibilité, de voir dans le moyen et le long terme, tandis que
sur le gaz, on est sur un horizon de 10 ans. Il faut voir que c'est un
secteur, là, qui évolue plus rapidement et qu'il est plus difficile de voir à
moyen et long terme ce qu'il adviendra. Donc, premier élément.
Quant aux cycles pour lesquels ils devront
déposer un plan d'approvisionnement... en fait, pour le gaz, les plans
d'approvisionnement, à l'heure actuelle, sont déposés aux trois ans, parfois
quatre, et dorénavant, ça va être aux 10 ans. Tandis que pour <l'électricité...
Mme Fréchette :
...déposer
un plan d'approvisionnement, en fait, pour le gaz, les plans
d'approvisionnement, à l'heure actuelle, sont déposés aux trois ans, parfois
quatre, et dorénavant, ça va être aux 10 ans. Tandis que pour >l'électricité,
c'est actuellement sur une période de... aux 10 ans, en fait, que c'est...
c'est déposé, ça pourra l'être sur une période de 15 ans, dorénavant.
En ce qui a trait au gaz, on est dans une
dynamique où on est dans une décentralisation des réseaux. Une image qui reflète
bien la dynamique, c'est que les gros pipelines sont déjà là, les
infrastructures pour les gros volumes sont là. Maintenant, on a besoin d'amener
des ramifications entre ces... ces pipelines et des lieux de production, par
exemple, du GSR. On veut éviter que ce soit trop éloigné, les lieux de
production de GSR, qu'ils soient trop éloignés des réseaux. Donc, il y a besoin
de développer des ramifications. Donc, ça, c'est une dynamique qui, je dirais,
s'applique essentiellement au gaz.
Par ailleurs, au niveau du gaz, ça
n'existe pas, bon, pour l'électricité, c'est qu'il y a interdiction de... En
fait, il y a une marge excédentaire maximale qui est définie de 10 %,
10 % des volumes. Alors, peut-être que Me Marois pourra expliquer, tout à
l'heure, le pourquoi de cette règle-là, mais ça, ça ne s'applique qu'au gaz.
• (20 h 20) •
Ensuite, bien, au niveau des mises à jour,
là, il y a des mises à jour annuelles qui sont prescrites à la fois pour le
domaine électrique tout comme pour celui du gaz. Donc, ça, c'est la même chose
des deux côtés. La régie, également, intervient dans ce processus-là. Les
principes, également, qui guident les deux articles sont les mêmes de part et
d'autre.
Et pour ce qui est du GSR, il y a quand
même un élément intéressant pour le Québec, c'est que c'est une filière que
l'on veut développer, la production de GSR. Pour le gaz naturel classique, on
repose notamment sur de l'importation, mais pour ce qui est du GSR, on veut
faire en sorte qu'il y ait le développement d'une filière québécoise du gaz de
source renouvelable. Donc, le gouvernement aide à ça, d'une part, par du
soutien de projets économiques, mais, aussi, on soutient le rehaussement de la
présence du GSR dans le gaz. Actuellement, on est à 2 %, ça va passer
bientôt à 5 %, puis pour 2030, ça devra être établi à 10 %. Donc,
c'est bénéfique pour tous parce que c'est de l'économie circulaire, parce que
ça crée des revenus, aussi, pour les producteurs. Le GSR, on transforme, en
fait, des déchets en biogaz, donc c'est une plus-value à la fois pour
l'environnement, et pour les producteurs, et pour ceux qui vendent leurs
déchets pour en faire du biogaz. Donc, ça permet à la fois de générer des
revenus, les diversifier, puis créer des emplois. Donc, voilà, pour
l'essentiel, là, si on s'en remet aux éléments de distinction ou de similitude.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. D'autres interventions? M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Vous l'avez
mentionné, c'était dans les notes explicatives, puis vous l'avez mentionné, le
fait qu'on reprend ce qui est l'actuel paragraphe 3a de l'article 72,
là, et qui devient le dernier alinéa de 72.1, c'est quand même une bonne marge
de manœuvre, ça, de permettre à Énergir de se prévoir une marge excédentaire ne
pouvant excéder 10 % si elle estime que c'est nécessaire pour favoriser le
développement des activités industrielles. Puis là, vous dites toujours
«activités industrielles». Ça, est-ce que vous avez fait l'évaluation de la
pertinence de reporter ça? Puis est-ce que... parce que compte tenu de ce que
vous venez de dire, là, l'importance de... de renouveler, de... de pousser la
production de gaz de sources renouvelables, là, ici, c'est sur les... c'est
pour les activités industrielles. Donc, quelle évaluation vous avez, là, de
cet... de cet article-là puis de la pertinence de garder la même marge puis de
garder les mêmes termes?
Mme Fréchette : Donc, à
savoir si cette marge a été utilisée jusqu'à maintenant puis si c'est
nécessaire?
M. Paradis : Oui. Puis dans
l'optique de ce que vous nous dites, là, aussi, qu'on veut que ce virage
s'opère...
Mme Fréchette : Qu'on veut
développer ça.
M. Paradis : ...vers les gaz
de sources renouvelables. Mais là, ici, on parle de... c'est pour favoriser le
développement des activités industrielles, puis je sais que, bon, là, il y a un
objectif de décarbonation des industries puis de changer, là, le mix gazier
global. Est-ce que vous avez évalué, donc, l'impact de cette disposition-là en
particulier, dans les nouveaux objectifs qu'on poursuit?
Mme Fréchette : J'aimerais
répondre à... Avant de répondre à votre question, j'aimerais que Me Marois nous
explique, en fait, en des termes un peu plus techniques, là, en quoi consiste
cette marge excédentaire là, pour ceux... le bénéfice de ceux qui... qui nous
écoutent, là.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien, merci, Me Marois. Vous avez la parole.
M. Marois (Samuel) : Donc, la
marge excédentaire de capacité de transport, en fait, c'est une capacité
additionnelle contractuelle que le distributeur de gaz <naturel...
M. Marois (Samuel)T :
...donc
la marge excédentaire de capacité de transport, en fait, c'est... c'est une
capacité additionnelle contractuelle que le distributeur de gaz >naturel,
Énergir ou Enbridge, peut négocier avec le transporteur de gaz naturel pour
assurer la disponibilité du service dans le cas où il y aurait des besoins
d'approvisionnement additionnels des clients industriels.
Mme Fréchette : C'est une
sorte de coussin, en fait. Et, à savoir si cette marge excédentaire là a été
utilisée, bien, en fait, la capacité, la marge excédentaire n'a pas été
utilisée par Énergir depuis l'année 2018-2019. Donc, pour l'instant, c'est
une marge excédentaire qui n'a pas été utilisée. Mais, ce qu'on estime, c'est
qu'avec la demande qui est de plus en plus élevée... en fait, qui va dans le
sens de la croissance en période de pointe et avec le PGIRE aussi, parce qu'il
faut voir que le PGIRE pourrait aussi donner lieu à une part de pointe de tarte
plus importante pour ce type de source d'énergie, donc voilà, donc on estime
que, 10 %, ça devrait être adéquat, considérant que ça n'a pas été utilisé
depuis plusieurs années, mais que, par ailleurs, on est dans une tendance à la
hausse.
M. Paradis : Pourquoi je pose
les questions? Parce que, bien sûr, c'est la même logique que pour
l'électricité. Le plan d'approvisionnement va ensuite déterminer les revenus
requis pour réaliser ce plan d'approvisionnement, et, donc, ça a un impact sur
les tarifs, ce que tu peux demander dans les tarifs. Et moi, je trouve que
c'est une marge importante, mais là, vous m'avez dit : Ça n'a pas été
utilisé depuis 2018. J'étais sous l'impression que ça, cette disposition-là
avait été ajoutée par une modification en 2021, mais je me trompe peut-être.
Mme Fréchette : Je peux
vérifier.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 20 h 26)
20 h 30 (version révisée)
(Reprise à 20 h 39)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous sommes donc de retour. Au moment de la suspension, Mme la ministre, vous
aviez la parole.
Mme Fréchette : Oui. Merci, M.
le Président. Donc, on revient sur cette notion de marge excédentaire de
10 %.
Alors, on a été aux informations, à savoir
si cette marge, on y faisait recours de manière assez régulière, et la réponse
va comme suit. Donc, Énergir, par <exemple...
Mme Fréchette :
...régulière,
et la réponse va comme suit. Donc,
Énergir, par >exemple, ne fait
pas systématiquement appel à cette marge de 10 %.
En fait, à chaque cause tarifaire, elle
vient tenir compte de la demande prévue de ses clients. Elle tient compte aussi
des projets industriels d'envergure qui sont envisagés à court, moyen terme, ce
qui va lui permettre, en fait, de voir s'il faut qu'elle ajuste sa marge
excédentaire, et elle le fait approuver, bien sûr, par la régie, le cas
échéant.
Et il est arrivé une fois où il y a eu une
marge excédentaire, attendez, qui a généré des coûts de transport des clients à
hauteur de 2,9 millions, ce qui représentait 1,3 % des coûts totaux
de transport. Donc, ça, c'est une année où ça a eu un impact, mais il faut voir
que 1,3 % des coûts totaux de transport... Les coûts totaux de transport,
c'est un élément qui définit le prix. Donc, somme toute, voilà, l'impact sur le
tarif a été tout de même réduit.
• (20 h 40) •
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. D'autres interventions?
Mme Fréchette : Ah! oui,
j'aimerais ça ajouter un élément, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Ah!
oui, Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. En fait,
je disais tout à l'heure que, bien, il était estimé que le gaz, l'utilisation
du gaz allait être révisée à la hausse, notamment parce qu'on a le programme biénergie,
biénergie, un programme, donc, qui est promu pour aider Hydro-Québec à la
gestion de la pointe.
Donc, c'est sûr que ce... le recours à ce
programme-là, ça va impacter la demande en gaz, particulièrement pendant les
moments où il y a une gestion de la pointe qui est à réaliser.
Donc, c'est important qu'on promeuve ce
programme-là, qu'il soit utilisé à plus large échelle, et donc que l'on
conserve cette option-là du gaz, parce que ça nous permet de réduire la
pression sur la gestion de la pointe électrique.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Très bien. J'ai
vérifié, donc, la modification. C'est le chapitre 35, là, en 2016. Donc,
ça cadre aussi avec ce que vous mentionnez.
Donc, je comprends qu'elle n'a pas été
utilisée beaucoup, mais néanmoins c'est quand même une marge importante qui
peut avoir un impact sur les tarifs. Je comprends qu'elle n'a pas été utilisée
beaucoup jusqu'à maintenant, mais il pourrait y avoir des investissements plus
importants dans le futur. Ça me va pour moi. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Alors, d'autres interventions en lien avec cet article,
l'article 43? M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui, M. le
Président. Juste, rapidement, je veux soulever l'argument qu'Énergir a soulevé
dans leur mémoire. Je pense, c'est important juste de rappeler qu'ils ont pris
une position sur... Est-ce que j'ai mal lu ça? Excusez-moi.
Alors, c'est dans l'ancienne section.
Mais, bref, c'était juste rapidement, je vais faire le point parce qu'ils ont
écrit ça, je pense que c'était à 72.2, mais eux autres ont juste dit que tout
titulaire doit... Ça, c'est la modification qu'ils suggèrent, que c'est :
«Tout titulaire d'un droit exclusif de
distribution de gaz naturel doit soumettre à l'approbation de la Régie, tous
les trois ans, suivant la teneur que la Régie détermine par règlement, un plan
d'approvisionnement en gaz naturel sur une période de 10 ans et élaboré
dans le respect du plan de gestion intégrée des ressources énergétiques visé à l'article 14.2
de la Loi sur le ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie.»
Juste, leur argumentaire, c'était qu'«Énergir
souhaite pouvoir présenter son plan d'approvisionnement à une fréquence moindre
que l'exigence annuelle actuellement en vigueur, et que ce plan soit arrimé aux
orientations du PGIRE, donc sur un horizon temporel plus long. Cet arrimage
devait notamment permettre à ce que les projections des besoins
d'approvisionnement de GSR des distributeurs soient en... conformes aux orientations
du PGIRE. Énergir se réjouit que le nouvel article 72.1 de la LRÉ réponde
à l'objectif visant l'établissement d'un plan d'approvisionnement portant sur
un horizon de 10 ans et s'arrimant sur les orientations du PGIRE.
«Cependant, cet article maintient le
pouvoir de la Régie de fixer la périodicité de l'approbation de le plan
d'approvisionnement dans un règlement qu'elle devrait adopter au plus tard six
mois après l'entrée en vigueur de le PL 69, ce qui laisse à la Régie
l'entière discrétion quant à la possibilité d'un allègement réglementaire.
Ainsi, considérant que le plan d'approvisionnement d'Énergir devra dorénavant
respecter le PGIRE, lequel sera établi sur les six ans et portera sur un
horizon de 25 ans, la nécessité de faire approuver le plan
d'approvisionnement annuellement ne semble pas optimale.» Alors, je pense,
c'était une intervention qui était importante.
J'étais un peu, excusez-moi, mêlé que ce
n'était pas en lien. Oui, oui, je suis dans la bonne place, excusez-moi. Moi,
j'étais sur la mauvaise page. Alors, c'est dans la bonne place, M. le <Président...
M. Kelley :
...Moi,
j'étais sur la mauvaise page. Alors, c'est dans la bonne place, M. le >Président.
Alors, je ne sais pas si la ministre a
des... a une réponse pour les gens d'Énergir sur cette modification qui a été
proposée. Et c'est page 26, page 26 de leur mémoire.
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Est-ce que le
député pourrait simplement rappeler quel est le délai, la périodicité optimale
qu'eux voyaient? Je n'ai pas saisi cet élément-là.
M. Kelley : Trois ans.
Mme Fréchette : Trois ans.
M. Kelley : Oui.
Mme Fréchette : OK.
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Eh bien,
ultimement, c'est la régie qui a, entre les mains, cette décision-là de définir
la périodicité à laquelle va se faire ce dépôt. Donc, c'est la régie qui sera
en droit d'établir cette décision-là et puis à voir s'ils vont respecter ou
s'inscrire dans les volontés du groupe ou pas, là.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Je sais que la collègue de Robert-Baldwin a mentionné que c'était déjà trois
ans dans... de la façon que c'était écrit avant.
Alors, peut-être, Énergir préfère un statu
quo, mais, en tout cas, je soulève le point qu'eux autres ont présenté. C'est
tout.
Mme Fréchette : ...le plan
d'appro sur 10 ans, Énergir, c'est ça?
M. Kelley : Il dit trois, trois
ans.
Des voix : ...
M. Kelley : La révision,
c'est trois ans. Oui, la révision, c'est trois ans.
Mme Fréchette : OK. Oui, un
plan sur 10 ans, avec une perspective de 10 ans, mais déposé aux
trois ans.
M. Kelley : Oui, c'est ça.
Ça, c'est qu'est-ce qu'Énergir demande, oui.
Mme Fréchette : Oui. OK. On
s'entend.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. D'autres interventions? Alors, comme il n'y a pas d'autre intervention
sur l'article 43, est-ce que l'article 43 est adopté?
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Par
appel nominal. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Fréchette (Sanguinet)?
Mme Fréchette : Pour.
La Secrétaire
: M. Bussière
(Gatineau)?
M. Bussière : Pour.
La Secrétaire
: M. Tremblay
(Dubuc)?
M. Tremblay : Pour.
La Secrétaire
: M. Sainte-Croix
(Gaspé)?
M. Sainte-Croix : Pour.
La Secrétaire
: M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Pour.
La Secrétaire
: M. Poulin
(Beauce-Sud)?
M. Poulin : Pour.
La Secrétaire
: M. Kelley
(Jacques-Cartier)?
M. Kelley
: Contre.
La Secrétaire
: Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Contre.
La Secrétaire
: M. Bouazzi
(Maurice-Richard)?
M. Bouazzi : Contre.
La Secrétaire
: M. Montigny
(René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) : Abstention.
Alors, l'article 43 est donc adopté. Nous sommes maintenant à l'étude de
l'article 44. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. Merci,
M. le Président. Alors, 44 : L'article 73 de cette loi est
modifié :
1° par l'insertion, après le premier
alinéa, du suivant :
«Le premier alinéa n'empêche pas le
transporteur d'électricité ou un distributeur de gaz naturel d'effectuer des investissements
aux fins d'inventaire, de levés, d'examens, d'analyses ou d'autres travaux
préparatoires lorsque ceux-ci sont directement liés à une opération prévue au
premier alinéa. Ils peuvent également demander à la Régie d'autoriser de tels
investissements et, dans le cas où une autorisation est accordée, les
investissements sont présumés utiles pour l'application du paragraphe 1°
du premier alinéa de l'article 49.»;
2° dans le deuxième alinéa :
a) par le remplacement de ce qui précède
le paragraphe 1° par ce qui suit :
«Dans l'examen d'une demande
d'autorisation visée au paragraphe 1° ou 2° du premier alinéa, la Régie
tient compte, le cas échéant :»;
b) par l'ajout, à la fin, des paragraphes
suivants :
«3° de la stratégie d'un distributeur de
gaz naturel visée au paragraphe 4° du deuxième alinéa de l'article 72.1;
«4° du plan de développement du réseau de
transport d'électricité visé à l'article 85.1.1.»
Donc, cet article précise, à
l'article 73 de la Loi sur la Régie de l'énergie, qu'Hydro-Québec et les
distributeurs de gaz naturel peuvent réaliser des investissements préalables à
une opération qui nécessite une autorisation de la Régie en vertu de cet
article. L'article prévoit aussi que la Régie peut autoriser ces
investissements préalables afin que les coûts qui en découlent puissent être
considérés dans la base tarifaire.
Cet article prévoit également que la Régie
devra tenir compte, selon le cas, de la stratégie d'adaptation du réseau de
distribution pour l'injection de gaz de source renouvelable d'un distributeur
de gaz naturel ou du plan de développement du réseau de transport qu'Hydro-Québec...
le réseau de transport d'Hydro-Québec lorsqu'elle donne une autorisation en
vertu de l'article 73. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. Alors, M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley
: Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, Mme la ministre, un autre article qui est pas
mal <lourd...
M. Kelley
: ...
Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, Mme la ministre, un autre article qui est pas
mal >lourd.
Juste de bien comprendre, il y a une façon
qu'Hydro-Québec ou Énergir peut ajouter des... ou dans une demande, pendant la
période de la demande de révision tarifaire, il peut ajouter des coûts des
investissements dans des projets qui ne sont pas... pas complétés.
J'essaie de comprendre cet élément-là. On
ajoute quoi exactement? On ajoute quoi exactement à la base tarifaire, ici,
avec cet article?
Et est-ce que vous avez des exemples
peut-être un peu plus concrets pour nous dans quelle situation est-ce qu'Hydro-Québec
ou Énergir peut aller à Régie de l'énergie puis dire : Heille! il faut
ajouter ces coûts dans la base tarifaire?
• (20 h 50) •
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. M.
le Président, j'aimerais inviter Me Marois à nous donner quelques
exemples.
Le Président (M. Montigny) :
Tout à fait. Alors, Me Marois, vous avez la parole.
M. Marois (Samuel) :
Donc, la première phrase qui dit que le premier alinéa... Bon, d'abord, c'est
un article qui prévoit des autorisations que doit donner la régie pour réaliser
certaines opérations, par exemple construire une ligne de transport.
Donc, la première, dans cet alinéa-là,
qu'on ajoute, la première phrase est de nature interprétative, là, je dirais. On
dit que ce n'est pas parce que ça prend une autorisation, finalement... je
traduis dans d'autres mots, là, ce n'est pas parce que ça prend une
autorisation qu'on ne peut pas faire, avant d'obtenir une telle autorisation,
des investissements aux fins d'inventaire, levée, examen, analyse aux travaux
préparatoires. On parle par exemple d'études hydrologiques, travaux
d'arpentage, ce genre de choses là, là. Mais je n'irai pas jusqu'à dire couper
des arbres, là, tu sais. On est vraiment dans le préparatoire, là. Donc, ça,
c'est... Oui?
M. Kelley
: Non,
vas-y, vas-y.
M. Marois (Samuel) :
Donc, ça, c'est la première phrase. C'est un peu de la même nature que ce
que... que ce qu'on trouve maintenant dans la Loi concernant l'expropriation,
c'est un autre sujet complètement, là, mais on a une formulation similaire, là,
tu sais, pour permettre, avant même d'avoir... de pouvoir exproprier, de faire
certains travaux préparatoires.
Donc, c'est un peu l'idée qu'on... qu'on
rapporte ici, là, c'est quelque chose qui se passe avant d'obtenir
l'autorisation.
La deuxième phrase de l'alinéa qui a été
ajoutée, bien là, c'est la phrase qui... c'est une phrase qui, là,
effectivement, concerne les tarifs.
Donc, quand de tels investissements sont
réalisés pour des travaux préparatoires, bien là, on va pouvoir les passer dans
la base tarifaire. Essentiellement, c'est ce que ça dit.
M. Kelley
: Merci,
Me Marois. Quel type des coûts pour une étude hydraulique, quel type
d'investissement peut être fait? Est-ce qu'on parle vraiment juste globalement
d'une étude ou quand même, j'imagine, certains des travaux préparatoires, sauf
pour couper des arbres?
J'ai cru comprendre qu'il y a une
précision là-dessus, mais encore je veux juste bien comprendre un peu, un petit
peu, peut-être, la grandeur ou le type de potentiel investissement qui peut
être fait pour les fins d'inventaires puis des examens, etc. Est-ce qu'on a des
petits coûts ou ça peut être dans des millions et des millions de dollars?
M. Marois (Samuel) :
Bien, je n'ai pas d'ordre de grandeur de coûts, peut-être que je laisserai les
gens du ministère compléter, mais on pense, par exemple, à la construction
d'une ligne de transport d'électricité.
Donc, on planifie la construction de
lignes de transport d'électricité. Bon, bien là, on a un projet à concevoir, là,
donc ça peut être des services professionnels, des travaux d'arpentage. On n'est
pas dans planter des pylônes, là. On n'est pas... on n'est pas là, mais c'est
des travaux préparatoires.
M. Kelley
: Oui.
OK.
Le Président (M. Montigny) :
Merci. D'autres interventions? Alors, comme il n'y a pas d'intervention avec
l'article 44, est-ce que l'article 44 est adopté?
Des voix
: ...
Le Président (M. Montigny) :
Adopté. Parfait. Ça nous amène donc à l'étude de l'article 45. Alors, Mme
la ministre, pour la présentation du 45.
Mme Fréchette : Oui, 45.
Donc : Les articles 74.1 à 74.3 de cette loi sont remplacés par les
suivants :
«74.1. Le distributeur d'électricité doit
assurer par tout moyen les approvisionnements requis pour la satisfaction des
besoins en électricité des marchés québécois excédant l'électricité <patrimoniale...
Mme Fréchette :
...requis
pour la satisfaction des besoins en électricité des marchés québécois excédant
l'électricité >patrimoniale.
«Lorsque le distributeur d'électricité
conclut un contrat d'approvisionnement en électricité aux fins de l'application
du premier alinéa, il doit, dans les cas et aux conditions que la Régie
détermine par règlement, demander à cette dernière d'autoriser un tel contrat.
La Régie peut assortir l'autorisation de conditions.
«Cette autorisation n'est toutefois pas
requise :
«1° lorsque le distributeur d'électricité
procède à l'adjudication d'un contrat d'approvisionnement en électricité de
source renouvelable dans le cadre d'un appel d'offres public permettant
d'assurer le traitement équitable et impartial des fournisseurs d'électricité
qui y participent;
«2° lorsque le distributeur d'électricité
conclut un contrat d'approvisionnement en électricité en raison d'une situation
d'urgence ou pour une durée d'au plus trois mois;
«3° lorsque le gouvernement autorise le
contrat d'approvisionnement en électricité aux conditions qu'il détermine.
«Pour l'application du paragraphe 1°
du troisième alinéa, lorsqu'un appel d'offres vise toutes les sources d'énergie
renouvelable, un projet de gestion de la demande ou d'efficacité énergétique et
son promoteur sont considérés respectivement comme un approvisionnement en
électricité et un fournisseur d'électricité.»
Donc, cet article remplace les articles 74.1
à 74.3 de la Loi sur la Régie de l'énergie et prévoit un nouvel encadrement de
l'approvisionnement d'Hydro-Québec pour l'électricité post-patrimoniale.
Le premier alinéa du nouvel
article 74.1 prévoit qu'Hydro-Québec doit assurer par tout moyen lesapprovisionnements post-patrimoniaux, ce
qui lui permet de répondre aux besoins avec sa propre production ou en
concluant des contrats d'approvisionnement avec des fournisseurs. Dans ce
dernier cas, Hydro-Québec ne sera plus tenue d'octroyer les contrats dans le
cadre d'un appel d'offres ou d'un programme d'achat, mais elle pourra le faire
si elle le juge utile. Elle pourra également octroyer des contrats de gré à
gré.
Le deuxième alinéa prévoit que la régie
doit autoriser préalablement tous les contrats d'approvisionnement en
électricité conclus par Hydro-Québec. La régie pourra déterminer, par
règlement, les cas et les conditions selon lesquels un contrat doit être soumis
à son autorisation. Elle pourra également assortir toute autorisation de
conditions.
Le troisième alinéa prévoit des cas
d'exception. Une autorisation de la régie ne sera pas requise dans le cas où Hydro-Québec
octroie un contrat dans le cadre d'un appel d'offres ou un contrat de gré à gré
pour répondre à une situation d'urgence ou encore pour une situation de court
terme, soit d'au plus trois mois. Finalement, le gouvernement pourra lui aussi autoriser
un contrat d'Hydro-Québec s'il l'estime approprié et, dans ce cas,
l'autorisation de la régie ne sera pas requise. Finalement, le gouvernement
pourra lui aussi autoriser un contrat d'Hydro-Québec, s'il l'estime approprié.
Et, dans ce cas, l'autorisation de la Régie ne sera pas requise.
Enfin, le dernier alinéa prévoit qu'Hydro-Québec
doit, si elle procède à un appel d'offres, considérer sur un pied d'égalité les
fournisseurs qui lui proposent des projets de gestion de la demande ou
d'efficacité énergétique.
Une voix : ...
Mme Fréchette : Et il y a un
autre bloc, pardon, oui, ici. 45. Donc, les articles 74.1 à 74.3 de cette
loi sont remplacés par les suivants :
«74.2. Le gouvernement peut déterminer des
conditions générales applicables aux appels d'offres publics ou aux contrats
d'approvisionnement en électricité du distributeur d'électricité.
«Il peut également déterminer que le
distributeur d'électricité doit procéder à un appel d'offres public pour
adjuger un contrat d'approvisionnement en électricité pour un volume
d'électricité qu'il détermine ainsi que les conditions particulières
applicables à un tel appel d'offres ou à un tel contrat.»
Donc, cet article prévoit que le
gouvernement peut déterminer des conditions générales applicables aux appels
d'offres d'Hydro-Québec et à ses contrats d'approvisionnement en électricité.
Ces conditions générales devront être respectées par Hydro-Québec.
Cet article prévoit également que le
gouvernement peut déterminer qu'Hydro-Québec doit procéder à un appel d'offres
pour octroyer des contrats pour un volume d'électricité donné, ainsi que des
conditions particulières applicables à cet appel d'offres ou à ces contrats. Ça
complète.
Le Président (M. Montigny) : ...l'amendement
qui est affiché au moment où on se parle. Mme la ministre, vous avez toujours
la parole pour une minute avant l'ajournement.
Mme Fréchette : Une minute.
Alors : Article 45. Supprimer la dernière phrase du deuxième alinéa
de l'article 74.1 de la Loi sur la Régie de l'énergie, proposé par
l'article 45 du projet de loi.
Donc, cet amendement supprime, dans le
deuxième alinéa du <nouvel...
Mme Fréchette :
...Donc,
cet amendement supprime, dans le deuxième alinéa du >nouvel
article 74.1 de la Loi sur la Régie de l'énergie, la mention selon
laquelle la régie peut assortir de conditions l'autorisation qu'elle délivre à Hydro-Québec
pour conclure un contrat d'approvisionnement en électricité.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
merci, Mme la ministre. Je vous remercie pour votre collaboration.
Et, compte tenu de l'heure, la commission
ajourne ses travaux sine die.
(Fin de la séance à 21 heures)