(Onze
heures vingt-neuf minutes)
Le Président (M.
Schneeberger) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Il y a
quorum. Je déclare la Commission de l'aménagement du territoire ouverte.
La
commission est réunie afin de procéder à l'étude du volet Habitation des
crédits budgétaires du portefeuille Affaires municipales pour l'exercice
financier 2023-2024. Une enveloppe de trois heures est allouée à ces
études.
M. le secrétaire,
est-ce qu'il y a des remplaçants?
Le Secrétaire :
Oui, M. le Président. Mme Dionne (Rivière-du-Loup—Témiscouata) est remplacée par M. Provençal (Beauce-Nord); M. Girard
(Lac-Saint-Jean) est remplacé par M. Lemieux (Saint-Jean); et M. Rivest
(Côte-du-Sud) est remplacé par Mme Blouin (Bonaventure).
Habitation
Discussion générale
Le Président (M.
Schneeberger) : ...alors, nous allons discuter maintenant avec des
questions, échanges et réponses par blocs. Alors, nous allons débuter par
l'opposition officielle avec la députée de Mille-Îles, et vous avez un temps de
17 min 41 s.
• (11 h 30) •
Mme Dufour :
Merci, M. le Président. Alors, bonjour à tous, c'est un plaisir d'être avec
vous aujourd'hui. Je remercie la ministre
pour sa présence et tous les employés qui... qui l'accompagnent, évidemment
tous les autres députés autour de la table.
Alors,
je vais commencer à parler du programme
AccèsLogis. Donc, la ministre a
annoncé la mort du programme AccèsLogis.
Et depuis... et ça, c'était dans une entrevue, et, depuis, les municipalités et
à peu près tous les groupes en... en
habitation et les groupes d'opposition aussi, ici, à l'Assemblée nationale,
ont... ont dénoncé, là, la décision du gouvernement
d'enterrer le programme de construction qui... qui a permis, là, la création de
milliers, de dizaines de milliers de
logements sociaux, alors que plusieurs croient qu'en fait il suffisait, il
fallait l'améliorer, faire un dégraissage administratif, mais surtout
lui donner un meilleur financement, et ça lui aurait permis, à ce programme,
d'être plus efficace. Pour nous, il s'agit
d'une autre promesse brisée du gouvernement, parce que l'ancienne ministre de
l'Habitation avait répété à plusieurs reprises en 2022 que le programme
n'était pas mort. Et, bon, malheureusement, là, ça semble être une habitude.
Alors, je peux citer
le... l'ex-président, parce qu'hier ils ont changé de président à l'UMQ, qui
disait : On ne pense pas qu'il fallait jeter le bébé avec l'eau du bain.
Le programme souffrait de procédurite aiguë, mais le fonds était bon et il l'est
toujours. Et même la CORPIQ, là, la corporation, là, des... la CORPIQ
mentionne, à la page 12 de son mémoire
qu'elle avait transmis à la CMM : «L'ensemble des paliers de gouvernement
devrait s'engager à financer une relance de la construction de logements
sociaux».
Alors, d'entrée de
jeu, là, j'aimerais vous amener à la question 22 du cahier des... des
réponses particulières. Et là, je pense, je
l'ai à l'autre page. Voilà, ici. La question 11 des renseignements
particuliers de l'opposition officielle. On peut y lire à cette... à
cette question quelque chose quand même assez intéressant. Donc, je disais la
question 22 et non pas la question 11. Je m'en excuse. Alors, je vous
lis ici, on dit : «Le programme AccèsLogis Québec ne finance pas la
construction de logements sociaux, mais la construction de logements
abordables». Et là ce que je ne comprends pas, c'est quand je regarde justement
la question 11, la liste des projets dont on a des engagements confirmés avec AccèsLogis, bien, il y a des
projets, que je connais très bien, qui sont... qui sont dans... dans ma région,
et ce sont des projets de logements sociaux. Alors, j'aimerais qu'on... qu'on
m'explique qu'est-ce que ça veut dire. Est-ce qu'ils vont se réaliser, ces
projets-là? Qui dit vrai, la... la personne qui a répondu à la question 11
ou celle qui a répondu à la question 22?
Le Président
(M. Schneeberger) : Mme la ministre.
Mme Duranceau :
Oui, merci. Bien, écoutez, moi, je vais vous donner ma réponse. Et c'est
faux de dire que le... les logements sociaux sont morts. Je l'ai répété à
plusieurs reprises. Puis, c'est peut-être une... une mauvaise compréhension
parce que le... le nouveau programme, il est nouveau, le programme de la... Programme
d'habitation abordable Québec, mais il vise à financer le même type de projets.
À preuve, le volet I, là, du programme d'habitations abordables va
permettre, là, de sortir 1 700 unités. Puis, là-dedans, bien, il y en
a 600, unités qui vont avoir droit à un PSL. Alors, on a abondamment parlé, là, dans le dernier budget de
subventions à la brique, subventions à la personne. Alors, ces
subventions-là à la personne, les PSL, sont tout aussi disponibles qu'ils
l'étaient dans AccèsLogis et il s'agit d'en
faire la demande. Donc, dans le PHAQ version 1, j'ai 35 % de ce qui
va sortir qui va être du logement social.
Alors,
là, s'il y a une incompréhension par rapport à ça, ça me fera plaisir qu'on en
parle de manière détaillée, mais c'est un
programme qui vise à construire le même type de logements, mais qui se veut
plus... plus agile pour corriger ce qui n'était pas bon dans... ce qui
fonctionnait plus d'un AccèsLogis puis d'être plus agile pour le futur compte
tenu de la situation actuelle.
Mme Dufour :
Donc, Mme la ministre, est-ce qu'AccèsLogis est mort?
Mme Duranceau :
Bien là, je ne sais pas ce qu'il faut que je vous réponde, là. On... on
termine ce qui était dans les arrérages des libéraux et des péquistes sous
AccèsLogis et on poursuit le financement du logement social et abordable à
travers... Un des vecteurs, c'est le programme... le programme d'habitation
abordable du Québec. L'autre vecteur, c'est
avec l'aide des fonds fiscalisés. Puis, mon mandat, c'est de trouver d'autres
solutions, puis c'est ce sur quoi
je... je m'affaire tous les jours, puis j'espère qu'on va avoir d'autres...
d'autres choses dans les prochaines années pour financer le logement
social et abordable.
Mme Dufour :
M. le Président, je vais reposer ma question, et elle est très courte,
alors j'attends... j'attends une réponse très courte : Oui ou non, est-ce
que le projet... est-ce qu'AccèsLogis, le programme, est mort?
Mme Duranceau : J'ai dit que nous allons
terminer les unités d'AccèsLogis et nous allons poursuivre avec un... un
autre programme qui s'appelle le Programme d'habitation abordable Québec.
Mme Dufour : Donc,
AccèsLogis est mort, parce que...
Mme
Duranceau : Bien, si vous voulez faire la une avec ça, c'est correct,
là, mais moi, je ne veux pas faire peur aux gens, il y a des projets qui sont
en branle, puis on va les faire.
Mme Dufour : Je pose la question parce que ça a été dans une
entrevue, mais les groupes n'ont pas été avisés. Et là il y a des groupes, sur le terrain, qui se demandent est-ce qu'ils
doivent commencer à préparer des projets, est-ce qu'ils vont pouvoir
rentrer dans AccèsLogis. Donc, c'est pour ça que je pose la question, parce
qu'il y a beaucoup de gens qui disent :
Est-ce que c'est... c'est vraiment juste une affirmation dans le cadre d'une
entrevue ou c'est une décision ferme et dure? Parce qu'elle n'a pas
officiellement été annoncée ni dans un communiqué de presse ni dans des lettres
aux organismes qui travaillent des projets.
Mme
Duranceau : Bien, écoutez, je ne sais pas comment je peux être plus
claire, là. Les groupes qui ont soumis des
projets dans AccèsLogis vont voir leurs projets complétés. Les autres groupes
qui ont des projets à soumettre les
soumettront soit au fonds fiscalisé soit dans le cadre du Programme d'habitation abordable Québec. Je ne pense pas que j'ai de communiqué à
envoyer pour ça, là.
Mme Dufour : Parfait. Bien, écoutez,
je vais y revenir, au programme PHAQ, parce que la ministre mentionne que
c'est... ça permet de construire le même type de logement, mais on va voir avec
les définitions, ce n'est pas tout à fait la même chose.
Au début de... de
votre... votre dernier mandat, là, le mandat de... la CAQ, évidemment, s'était
engagée à construire les 15 000 unités qui sont dans le «backlog»,
qui étaient en... en date du 31 mars dernier. Combien de ces unités-là
ont... des 15 000 ont été construites à ce jour?
Le Président (M.
Schneeberger) : Mme la ministre.
Mme
Duranceau : Oui, c'est à moi? Donc, arrérages au
30 septembre 2018 : 15 013. Unités livrées au
31 mars 2023, il y en avait 6 003. Unités en chantier :
3 200. Solde à travailler au 31 mars 2023 : 6 508.
Mme Dufour : Donc, 6 508, ça, c'est le solde au
31 mars 2023, le solde en autant que les 3 200 se construisent,
effectivement, et arrivent au bout de leur processus, là, mais...
Mme
Duranceau : ...en chantier.
Mme Dufour : Parfait.
Donc, c'est vraiment 6 508 unités. Des 6 508 unités qui
restent, est-ce qu'elles vont toutes être construites? Est-ce qu'il y en a qui
vont être abandonnées?
Mme
Duranceau : On les... on les regarde une par une, là, puis on
travaille avec tous les joueurs pour... les joueurs impliqués pour voir où nous
en sommes. Je vous dirais qu'on essaie de trouver des solutions partout parce qu'il y a... on a besoin de logements partout.
Alors, l'idée, c'est de ne pas en abandonner. Par contre, s'il y a des unités
qui ne sont vraiment pas avancées, puis il y en a, bien, peut-être qu'elles
verront leur continuité avec l'aide d'autres joueurs pour leur permettre
d'avancer plus rapidement. Mais là je n'ai pas... je ne peux pas vous donner de
chiffres aujourd'hui, c'est un travail de tous les jours, là, dossier par
dossier, là.
Mme
Dufour : Puis, avec quel échéancier on peut s'attendre à avoir des
nouvelles pour ces unités-là?
Mme
Duranceau : On va avoir des nouvelles puis on va avoir une bonne idée
de ça, là, à l'automne 2023.
Mme Dufour : Donc,
à l'automne 2023, on va avoir des nouvelles pour les
6 500 unités?
Mme
Duranceau : On va... Je n'ai pas entendu, je m'excuse.
Mme Dufour : Donc,
à l'automne 2023, on aura des nouvelles pour les 6 500 unités
restantes, c'est ce que...
Mme
Duranceau : Oui, oui, oui.
Mme Dufour : ...ce
que la ministre a dit.
Mme
Duranceau : C'est l'objectif.
Mme Dufour : Alors, si, à l'automne, on va avoir des nouvelles,
quel genre de nouvelles on va avoir? Parce que, si on peut prédire que ça va
être à l'automne, on doit avoir une idée de l'avancement où ils sont rendus,
ces 6 500 là.
Mme Duranceau :
Bien, on va avoir des nouvelles
de mises en chantier, on va avoir des nouvelles d'engagements
conditionnels, on va avoir des nouvelles... Tu sais, ça, c'est les différentes
étapes, là, dans notre fameux programme AccèsLogis. Donc, on va avoir des
nouvelles sur où sont rendus les projets dans le franchissement de chacune de
ces étapes-là. Et puis, comme je l'ai maintes fois répété, s'il y a des projets
qui ne sont absolument pas avancés puis que ça
s'en va nulle part parce qu'il n'y a pas de terrain, parce que la ville ne veut
pas, parce que le gars qui était en charge, il est décédé, puis ce n'est pas une farce, c'est un cas, là, bien là, ça
se peut que le projet, il prenne une nouvelle mouture, là.
Mme Dufour : Donc,
les unités qui ne seraient pas réalisées dans le cadre de ces 6 500 là,
si, par exemple, un cas, un promoteur n'est pas en mesure... un promoteur, là,
qui avait prévu les faire n'est pas en mesure de le faire, qu'est-ce qui arrive
avec les unités inutilisées à ce moment-là?
• (11 h 40) •
Mme
Duranceau : Mais j'ai dit qu'on va faire les projets... On va quand
même pousser ces projets-là. On a besoin de
logements, là. Moi, peu importe d'où vient le projet, je veux... je veux que
les projets se fassent. Alors, ce sera transféré vers les fonds fiscalisés ou
vers le Programme d'habitation
abordable Québec puis ils vont être accompagnés
différemment. Il y a une raison, hein, pourquoi ils sont sur la liste d'attente
depuis si longtemps. Oui, là, on peut dire qu'il y a le financement, mais,
quand ça fait quatre ans que c'est là, ce n'est pas juste le financement, là,
c'est parce qu'il y a plein d'étapes qui ne sont pas réalisables, là.
Mme Dufour : Mais
là des unités qui ne seraient pas réalisées dans le cadre d'AccèsLogis, qui
seraient transférés vers des fonds fiscalisés ou vers le PHAQ, est-ce qu'on ne
vient pas changer la nature du type de... de financement de type de projet
et... et aussi du type de logement?
Mme
Duranceau : Bien, expliquez-moi comment je change la nature. Je veux faire
quand même un projet immobilier avec le groupe x qui... qui porte ce projet-là,
c'est juste le moyen de financement. Si je lui donne l'argent autrement, je ne
sais pas comment je change la nature du building qu'on va construire, là.
Mme Dufour : ...en
fait, c'est parce que la ministre... Il y a... il y a quand même une
distinction. Dans AccèsLogis, on ne construit
pas que des buildings, justement, et... et on... on insiste qu'il doit y avoir
un volet communautaire, hein, on dit
qu'il faut que les organismes, pour être admissibles, qui appliquent, doivent
d'abord faire... vouloir faire du logement social, et c'est écrit dans
le programme, sur le site Web de la SHQ. Donc, d'abord, ils doivent faire du logement social, ce n'est pas
écrit «abordable», c'est écrit «social», et, deuxièmement, communautaire.
Alors, si on transfère ces unités-là, qui
étaient supposées être sociales et communautaires vers du privé fiscalisé, où
là, il n'y a plus du tout ces mêmes objectifs là, ce n'est pas la même nature
de projet. On ne parle pas juste de building, là.
Mme
Duranceau : Moi, je parle de financement, là, je parle de financement
d'un projet immobilier. Puis, je pense que c'est important de ne pas faire peur
aux gens, là, les fonds fiscalisés, qui sont le Fonds de solidarité puis
Desjardins, ils travaillent avec les mêmes organismes communautaires qui
étaient là dans AccèsLogis, c'est juste un autre
mode de financement plus agile qui est mis de l'avant. Puis, dans le Programme d'habitation abordable Québec, puis
on pourra en parler si vous voulez, c'est le même type de projet qui est permis
aussi, là, ce sont les mêmes clientèles qui sont visées, on a juste
ajouté de l'agilité dans ce processus-là.
Alors,
moi, je dessers les mêmes clientèles avec un financement qui est plus flexible
puis avec, surtout, des délais puis des coûts qui sont mieux encadrés. Alors,
je ne sais pas ce qu'on cherche à défendre, là, absolument, dans l'ancien
programme, là.
Mme Dufour : Bien, on va... on va
parler de l'ancien programme, je vais y venir, mais, écoutez, ce n'est pas du
tout la même chose. Je comprends que c'est permis dans les fonds fiscalisés ou
dans le PHAQ, c'est permis de faire ça, mais ce n'est pas
obligatoire, contrairement à ce que c'est — un prérequis — dans
AccèsLogis. Donc, on n'est pas dans le même type de projet, ce n'est pas
nécessairement une communauté, ça peut être juste des... des logements et... et
du privé. Alors, on n'est pas dans le même genre de projet.
Et... et je voudrais souligner que, quand on
fait du logement communautaire, au bout du compte, à la toute fin, il y a un
actif qui reste, qui est l'édifice, oui, certes, et peut-être des espaces
communs, mais qui appartient à la collectivité. Quand on fait dans le logement
privé, on n'a pas cette assurance-là qu'à la fin les actifs vont être dans la
collectivité, alors ce n'est pas tout à fait la même chose. Alors, je voudrais
savoir comment on va s'assurer que les unités
qui ont été engagées dans le cadre d'AccèsLogis, avec l'objectif qu'elles
soient du logement social et communautaire, vont maintenir et garder
cet... cet esprit-là s'ils sont transférés dans un autre programme.
Mme Duranceau : Je pense que
d'affirmer ça, là, ce que vous dites là, Mme Dufour, c'est... c'est faire
fi de la mission fondamentale de la Société d'habitation du Québec, qui est de
s'assurer de livrer du logement social et abordable aux populations vulnérables
puis qui en ont besoin. Alors, ça, c'est le rôle des équipes à la SHQ, de
s'assurer que le volet PSL, hein, Programme de supplément au loyer, qu'il est
déployé puis que ce n'est pas juste, comme vous dites, du abordable, puis que
là, on finance juste ce volet-là. Non, c'est pour l'ensemble, les deux types de
logements, comme dans AccèsLogis.
Je comprends que, dans le PHAQ, il n'est pas
obligatoire. Puis, c'est voulu qu'il ne soit pas obligatoire. Pourquoi? Parce
que, dans AccèsLogis, là, il y avait... on voulait absolument x nombres de PSL,
là, il se construisait des immeubles, les logements restaient vides parce que,
woups! ça adonne que, dans telle municipalité, je n'ai pas le bon nombre de
personnes admissibles au PSL puis finalement il y avait un manque de
flexibilité. Des PSL, il y en a, on en a
besoin, on va en donner. Puis moi, je... je m'engage à ce que la Société d'habitation du Québec, de manière très transparente, là, fournisse
l'information pour que vous puissiez suivre ça, puis je pense que c'est dans
l'intérêt de... de tout le monde, là.
Ce n'est pas une histoire de répondre à Mme Dufour, c'est une histoire
que... de reddition de comptes à l'égard de...
Mme Dufour : Juste rappeler que
c'est la députée de Mille-Îles et non pas...
Mme
Duranceau : Ah! je suis désolée. Je nous voyais dans un
contexte différent. C'est moi, là, je suis junior là-dedans. Je
m'excuse.
Mme
Dufour : C'est correct. Mais... mais je vais... je vais
juste revenir... Vous avez mentionné... La ministre a mentionné que
le... la mission de la Société d'habitation du Québec, c'était de faire du
logement social et abordable, mais «logement social», il est disparu, on ne le
voit plus. Et quand on... on pose la question, et là ça fait deux ans en ligne
qu'on pose la... la question à la SHQ par rapport à AccèsLogis, et ça fait deux
ans que la SHQ nous répond qu'AccèsLogis ne
finance pas la construction de logements sociaux. Donc, ça ne semble plus être
la mission, au contraire. D'ailleurs, je pense qu'elle a été changée...
Mme Duranceau : Non. Bien, en tout
cas, là...
Mme Dufour : ...si je ne me trompe
pas, en 2020, la mission.
Mme Duranceau : ...on ne s'obstinera
pas sur la mission, là. S'il y a quelqu'un qu'il faut qu'il s'occupe du
logement social, c'est le gouvernement, OK, ça fait que, qu'il soit dans la
mission ou pas, là, c'est ça.
Du logement... C'est vrai qu'AccèsLogis ils ne
financent pas... ils ne financent le logement social si la référence de la
personne qui pose la question, c'est de dire : Est-ce qu'AccèsLogis
finance les HLM? Non, ça, c'est un autre programme, puis je suis sûre que vous
allez m'en parler.
AccèsLogis vise la construction de logements
pour des clientèles particulières, des clientèles vulnérables, le... le fameux
volet III, personnes âgées, ça, le volet II, c'était personnes âgées
en situation précaire, puis volet I, c'était plus... plus général. Bien,
le programme d'habitation abordable du Québec, c'est la même chose. Le
volet III, il est là dans le programme
habitation abordable Québec. Il était peut-être diffus dans la... dans la
première version, là, puis comment c'était écrit, puis les gens ne l'ont
pas retrouvé comme avant, écrit pareil. Dans la prochaine version, il va être
plus tangible. Mais, à preuve, on a 1 700 unités dans la
version 1 du PHAQ. Là-dessus, il y en a 600 qui sont du logement social et
puis... D'ailleurs, je tiens à mentionner qu'il y a seulement cinq privés.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci,
Mme la ministre. Alors, nous avons fini le bloc. Nous allons maintenant du côté
de la deuxième opposition, et je vous rappellerais de bien vous nommer par les
noms de comté, s'il vous plaît. Alors, M. le député de Laurier-Dorion, la
parole est à vous pour un temps de 8 min 51 s.
M.
Fontecilla : Merci, M. le Président. Bonjour, Mme la ministre. Je
salue les... les personnes qui l'accompagnent. J'aimerais... Et je salue
aussi mes... mes collègues ici présents, évidemment.
Écoutez, j'aimerais aller du côté du Programme
de supplément au loyer, pour commencer, là. Évidemment, c'est une aide importante
pour de milliers de ménages et ça les aide à se loger dans un contexte de crise
de logement. Malheureusement, c'est un... c'est le côté négatif des suppléments
au loyer, c'est que c'est très peu structurant, là, et ça finance des
propriétaires privés, au lieu de financer des... les paiements d'une hypothèque
de propriétés publiques ou
socialisées, collectives, là, comme... comme, par exemple, un HLM, ou une
coopérative d'habitation, ou un OSBL d'habitation,
là, ça peut... dans un contexte où il y a une surenchère pour avoir accès à un
logement, là, et à une tendance structurelle à la hausse des loyers, là.
Les informations que
nous avons reçues, là, c'est qu'il y a des milliers d'unités de... des unités
de supplément au loyer qui ne sont pas
utilisées, on calcule que c'est autour de 2 500, là, mais j'ai des
chiffres qui démontrent que ce serait peut-être même plus, là. Qu'est-ce que...
qu'est-ce que vous pouvez dire, là, par rapport aux unités de supplément
au loyer, là, qui ne sont pas utilisées en ce moment, là? Je vois qu'à
AccèsLogis Québec, là, nombre de PSL non subventionnés,
c'est 3 327. Par exemple, en aide d'urgence, là, les PSL pour l'aide
d'urgence, là, qui est particulièrement critique en ce moment-ci, là, il
y aurait 1 005 unités de supplément au loyer qui ne sont pas
utilisées, là, alors que les gens n'ont
jamais... ont besoin plus que jamais de ces unités-là. On ne les utilise pas,
là. Qu'est-ce qui se passe? Il y a un problème de critères? Qu'est-ce
qui se passe, Mme la ministre?
Le Président (M.
Schneeberger) : ...
• (11 h 50) •
Mme Duranceau :
Oui, merci. Bien, écoutez, je
vais... je vais faire l'introduction puis, si vous me permettez, je vais
passer la parole à M. Foster, de la SHQ, là, qui pourra rentrer dans le
détail de... de votre question. Mais les PSL, c'est un autre outil. Moi, c'est
juste ça que je tiens à dire. Je comprends que ce n'est pas... ce n'est pas de
la construction, c'est une aide à la
personne, qui... qui est appréciée par les offices d'habitation, qui permet
d'intervenir, là, pour des situations spécifiques. Alors, je pense que
ça a sa place avec d'autres, d'autres outils qu'on a, financiers, pour aider.
Alors, si vous me
permettez, M. le Président, je... je demanderais à M. Foster de...
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
prend le consentement. Est-ce qu'il y a consentement? Oui. Alors, monsieur,
veuillez-vous présenter par votre prénom, nom et votre fonction.
M.
Foster (Claude) : Alors, bonjour, mon nom
est Claude Foster, je suis président-directeur général de la Société
d'habitation du Québec.
Donc, lorsqu'on parle
du PSL d'urgence, le PSL d'urgence est... est un outil qu'on utilise en
fonction du besoin. Donc, oui, il y a des critères, mais c'est utilisé
directement par les OH. Et, à ce moment-là, dépendamment du besoin, on a, à l'intérieur de... de notre coffre à
outils, la possibilité d'utiliser un PSL d'urgence. Donc, il est possible qu'on
ait une quantité de PSL qui n'ait pas été utilisée dépendamment de la
situation, là, d'un secteur par rapport au besoin qui est défini.
M.
Fontecilla : ...donc, d'un côté, on a des familles qui, le
1er juillet, vont se retrouver sans logement, qui vont utiliser des mesures d'urgence, d'un autre côté, il y a des PSL
d'urgence qui ne sont pas utilisés, là. Il y a combien de PSL d'urgence
qui ne sont pas utilisés, là, en ce moment?
M.
Foster (Claude) : Au 28 février, là,
présentement, là, aide d'urgence, là, vous avez 1 005 PSL qui sont
non utilisés.
M.
Fontecilla : J'en déduis... Je crois savoir que les besoins sont
extrêmement importants en ce moment, là. Est-ce parce que les PSL d'urgence,
les critères d'accession aux PSL d'urgence ne sont pas adaptés à la réalité
actuelle, à la réalité des ménages, concrètement, et au marché... aux prix du
marché locatif?
M.
Foster (Claude) : Écoutez, lorsqu'on
regarde la situation, évidemment, ça va dépendre de chaque... chaque dossier,
mais soyez certain d'une chose, c'est que, dépendamment, là, de la situation,
c'est analysé, et d'une façon très cartésienne, pour être capable d'aider le
ménage.
Au-delà du... PSL
d'urgence, souvent, avec le service d'aide à la recherche de logement, ce qu'on
va faire, on va être capables de trouver des
options pour... pour le ménage. Donc, lorsqu'on regarde au niveau de la
recherche de logement, bien, il y a... il y a parfois une situation très
émotive, les gens sont à la recherche, on arrive au 1er juillet, et l'aide
qui est donnée par le service d'aide à la recherche de logement permet de
trouver des options, mais, dans certains cas, ça va être le PSL d'urgence.
M. Fontecilla :
Ça a été abordé il y a
quelques... il y a une semaine à peu près, vous n'étiez malheureusement pas en... en Chambre à ce moment-là, Mme la
ministre, mais on a appris par la Gazette officielle que vous avez, ni vu ni
connu, introduit une pénalité financière aux ménages qui utilisent les mesures
d'urgence. Après deux mois, là, ils vont
devoir payer 50 %, là. Beaucoup de gens se posent la question de comment
ça se fait, là, de punir des ménages qui se trouvent en grande difficulté, de
les punir parce qu'ils utilisent les mesures de... Financièrement, c'est des
ménages en général qui ne sont pas
riches, là. Comment ça se fait que vous ayez introduit cette mesure-là qui
semble inhumaine?
Mme
Duranceau : Bien, écoutez, je suis contente que vous me posiez cette
question-là. C'est une mesure qui a été introduite pour éviter les abus. Je ne
sais pas si vous êtes... Les mesures d'urgence sont là pour aider, ce sont des
mesures temporaires. Si une famille se retrouve... une famille ou un ménage se
retrouve sans logement, alors il y a des mesures d'accompagnement, puis d'aide
à la recherche d'un logement, et les offices d'habitation où les gens, là, de notre côté donnent un coup de main.
Et puis les ménages en question doivent aussi s'aider à... s'aider puis...
puis chercher un
logement. Il y a eu des cas d'abus, des cas où on proposait des solutions, puis
ça... ce n'était jamais assez. Alors, c'est pour ça que cette mesure-là
a été introduite.
Parce qu'au Québec
tout le monde paie un loyer, «right»? Puis les gens qui se retrouvent dans une
situation difficile puis qui n'ont plus de
logement, bien, ils en payaient un, loyer, avant ça, là. Donc, on... on vient
juste dire : Écoute, après deux mois, si on est toujours dans une
situation où on n'a pas trouvé de logement, vous allez payer un montant minimum, qui est probablement bien inférieur au
loyer qu'ils payaient avant, mais un montant minimum qui correspond à valeur... un studio, là, disons, 350 $ pour
un faible revenu puis 750 $ pour... puis là je pourrai vous préciser les
chiffres, là, mais c'est un montant minimum qui est probablement moins que ce
qu'ils payaient avant, mais juste pour s'assurer que les gens, bien, finalement, ils ne restent pas
dans une chambre d'hôtel pendant un an, là, pour qu'on passe... qu'on soit
toujours en mode actif de chercher.
M.
Fontecilla : Mme la ministre, la solution ne serait-elle pas plutôt
à... à chercher, là, dans... que... à offrir des
véritables solutions à ces ménages adaptés à leurs... à leurs besoins, là, à
leurs moyens financiers, là, au lieu de... de les punir? Et n'êtes-vous pas en
train de punir tout le monde, là? Parce qu'il y a toujours quelques... quelques
personnes qui... qui abusent, là. Donc, tout le monde paie, là, pour les
agissements de quelques-uns?
Mme Duranceau :
Écoutez, j'adore ce que vous me dites là, parce que, justement, tous les
exemples dont vous me faites part en Chambre, c'est les quelques situations de
personnes qui abusent. Puis, il faut intervenir. Puis, il y a un impact sur l'ensemble des propriétaires et des locataires de
la... du Québec, là. Alors, je suis contente que vous voyez cette
nuance-là.
Ceci dit, pour l'aide
dont on parle, qui est temporaire, on a des gens sur le terrain, là, qui ont
beaucoup de compassion, beaucoup d'empathie, qui connaissent leur milieu, ils
sont là pour aider. Il n'y a personne qui va se retrouver sans aide. Il y a de
l'argent disponible. On a parlé des PSL d'urgence.
Alors, je pense que
c'est juste de vouloir faire miroiter, là, qu'on ne fait pas les bonnes choses,
là. Il y a de l'aide sur le terrain. Et, si
quelqu'un a besoin de plus de deux mois pour se replacer, il va avoir toute la
latitude dont il a besoin sauf qu'il va payer un montant minimum. Il
payait un loyer avant, il va continuer de payer un petit montant dans l'intérim, puis ça, je pense que c'est...
c'est raisonnable, puis c'est une mesure d'équité envers tous les Québécois.
Il ne faut pas oublier qu'on est sept point quelques millions, là.
M. Fontecilla :
Tout à fait. Dites-moi...
Le Président (M.
Schneeberger) : M. Fontecilla, huit secondes. On les reprend
tantôt?
M. Fontecilla :
on va revenir sur ce sujet-là.
Mme Duranceau :
On revient. Parfait.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous retournons à l'opposition officielle. Et la parole est à la députée de Mille-Îles
pour 17 min 41 s.
Mme Dufour :
Merci. Alors, je vais... je vais prendre la balle au bond du député de Laurier-Dorion,
et... et peut-être répondre à la question,
parce que nous avons fait une demande d'accès à l'information, et je peux
mentionner le chiffre du nombre de... de PSL, de programmes Supplément
au loyer inutilisés par année. Et, en fait, on constate qu'à chaque année, là,
le gouvernement annonce en grande pompe des nouveaux PSL, mais la réalité,
c'est qu'il y a une bonne partie qui n'est pas du tout utilisée. Et juste... Je
vais revenir. Je vais vous donner des chiffres. En 2019, on était à 5 000, un peu plus de 5 000,
en 2020, on est rebaissés un peu à 4 000, oh! 2021, plus de 8 300, en
2022, plus de 9 000 PSL
inutilisés. Alors, et ça, c'est malheureusement la conséquence quand on
investit, là, dans... dans le papier plutôt que la brique. Alors,
lorsque la ministre a annoncé, au dernier budget, 2 200 PSL
supplémentaires, bien, ça servait à quoi, exactement?
Mme Duranceau :
Ça... Bien, évidemment, je l'ai dit, la subvention à la personne, elle va
avec la subvention à la brique. Donc,
finalement, on annonce des PSL qui vont venir se greffer à des projets de
construction. Donc, quand vous voyez des PSL privés qui ne sont pas
encore utilisés, c'est, par exemple, pour donner un exemple spécifique, des PSL qui sont associés aux projets qui vont
être faits par les fonds fiscalisés. Donc, au fur et à mesure où les projets
vont sortir, ces PLS là vont aussi sortir.
Moi,
je pense, c'est une excellente nouvelle, qu'on en annonce, des PSL, parce que
ça nous donne toute la flexibilité voulue, là, de les rendre
disponibles.
Mme Dufour :
Mais il y en a 9 000 qui ne sont pas utilisés, alors on a beau en
annoncer, puis en annoncer plus, puis en
annoncer plus, bien, ils ne sont pas utilisés. La réalité, sur le terrain,
c'est 9 000 en 2022. Et ça, c'est des chiffres qui viennent de la
SHQ, là.
Mme Duranceau : OK. Bien, je
vous réfère aux chiffres que je vous ai donnés tantôt dans AccèsLogis, hein, il
y avait un arrérage d'AccèsLogis, qui a des PSL aussi. Alors, au fur et à
mesure où tout ça sort, que la brique sort, les PSL sortent.
Mme Dufour : OK.
Mais... mais comment on explique que les chiffres augmentent? On était à... à
3 400 quand le Parti libéral était là puis on est rendus à
9 000. On dit qu'on livre des unités, mais le nombre de PSL inutilisés, il
augmente, il a presque triplé.
Mme Duranceau : Bien, on
explique que notre gouvernement en a annoncé, donc ça permet de... C'est une
bonne nouvelle, ça veut dire qu'on investit. Et...
Mme Dufour : Oui. Et le taux
d'inoccupation, en fait, c'est probablement une... une grande raison pourquoi il y a des PSL inutilisés, parce qu'en fait il y a
des propriétaires qui ne... qui ont l'embarras du choix de trouver des locataires
aujourd'hui.
Et... et je rappelle qu'avec un PSL, c'est un
peu ce que j'ai dit tout à l'heure, ce n'est pas une dépense... ce n'est qu'une dépense, plutôt, c'est le contraire,
ce n'est qu'une dépense pour le gouvernement. Au lieu d'investir dans un
actif collectif qui resterait, par exemple, quand on le fait avec du logement
social, bien, quand on donne un PSL à un...
un propriétaire privé, bien, ça s'en va, ça génère plutôt le bien privé. Donc,
on... l'argent du public, je demandais à Mme la ministre, est-ce que vous croyez que c'est important que l'argent
du public serve à générer des biens collectifs plutôt que des biens
privés?
• (12 heures) •
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre.
Mme Duranceau : Oui.
Je vais d'abord compléter sur les PSL. Dans le 8 764 PSL, il y en a
plus de 3 000 liés à AccèsLogis,
alors ils sont liés à ces unités-là puis ils ne peuvent pas être déplacés.
C'était la complexité d'AccèsLogis, là, c'était un peu rigide. Donc,
c'est pour ça qu'on passe à autre chose. Et que le chiffre augmente, comme j'ai
mentionné tantôt, c'est une excellente nouvelle, parce que ça nous donne
vraiment toute la latitude d'agir. Les CISSS ont
besoin de... au niveau de la santé, ils ont besoin de PSL, ils ont juste à nous
téléphoner, c'est disponible. Alors, on en veut, du lousse dans les PSL, parce que ça donne, justement, l'agilité
que tous les anciens programmes ne donnaient pas.
Mme
Dufour : Moi, en tout cas, pour vous dire, en... les PSL,
c'est un bon outil, mais actuellement, compte tenu du marché, il y a un
enjeu où il y en a beaucoup trop qui sont inutilisés.
Je vais... je vais revenir au sujet de tout à
l'heure, pour moi, qui était AccèsLogis. Et, à plusieurs reprises, la ministre
a répondu, en Chambre, que la députée de Labelle était en tournée d'habitation
dans les régions du Québec afin de
rencontrer divers groupes experts ayant un intérêt pour le marché locatif.
Alors, moi, ce que je voudrais souligner, c'est que l'exercice a été
fait en 2017. Il y a eu un exercice quand même assez important qui a été fait à
l'époque, c'était... l'adjoint parlementaire
du ministre de l'époque, qui était ministre Affaires municipales, Habitation,
et le PDG de l'époque de la SHQ se sont rendus dans toutes les régions
du Québec, ils ont rencontré les élus, les représentants d'organismes. En fait,
ils ont eu le... ils ont rencontré ou... les commentaires de plus de
1 500 personnes. Alors, ce n'est pas rien. Alors, je me demande
pourquoi la CAQ a senti le besoin de réinventer la même roue, là, parce que ça avait été déjà fait, là, et c'est une roue qui
roulait quand même bien, mais qui nécessitait quelques ajustements. Et
d'ailleurs, là, le rapport Morin, c'est ce à quoi je fais référence, parlait des ajustements à faire au programme AccèsLogis. Alors, j'aimerais savoir : Est-ce que la ministre a lu le
rapport avant de décider de la mort d'AccèsLogis?
Le Président (M. Schneeberger) :
Mme
la ministre.
Mme Duranceau : Écoutez, c'est du
travail qui a été fait en 2017. Moi, j'ai été nommé à la fin de 2022, là, ça, c'est cinq ans après, je pense que c'était
raisonnable. Puis il y a eu une pandémie mondiale, aussi, entre 2017 puis 2022,
ça fait que je pense que c'était raisonnable de se dire : OK, quelle est
la donne, là, aujourd'hui? Puis je ne suis pas de celles qui tergiversent
tellement longtemps, là. Alors, on a pris le temps de parler aux gens, de se
faire une tête. Comme je l'ai mentionné, ce
matin, quand tu es du côté du gouvernement, il faut que tu tiennes... tu
tiennes compte de toutes les parties, pas juste de vouloir défendre un
côté au détriment de l'autre. Alors, on s'est fait une tête, et, dans les
prochaines semaines, bien, vous verrez les résultats de ces... de ces
discussions-là.
Le Président (M. Schneeberger) : Députée
de Mille-Îles.
Mme Dufour : Donc, je comprends que
la ministre n'a pas lu le rapport Morin, qui est pourtant essentiel... bien...
pour bien comprendre la nature d'AccèsLogis. Et je vais lire un petit
passage : «Le programme AccèsLogis, c'est
un programme essentiel pour la clientèle. La très grande majorité des
participants — 1 500,
là, personnes ont été rencontrées — a
mentionné que le financement du programme était inadéquat et insuffisant et
qu'il ne pourrait assurer la réalisation et la pérennité des projets.»
Et là je veux revenir, quand on dit : On a
décidé de prendre en compte toutes les parties prenantes. Bien, écoutez, autant
les municipalités, les élus municipaux que tous les organismes en habitation,
et même la CORPIQ ont dit qu'AccèsLogis
c'était un bon programme, qu'il fallait qu'il soit ajusté. Alors, comme... sous
quel... pourquoi avoir aboli un... un
programme, là, sur prétexte... sous prétexte que la cause, c'étaient les
délais, quand, dans le fond, il y avait... c'était plutôt une question
de financement? Et c'est très, très bien expliqué dans ce rapport.
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre.
Mme
Duranceau : Bien, écoutez, si c'était un si bon programme,
moi, je ne sais pas pourquoi, entre 1998 et 2017, les précédents
gouvernements n'ont pas du tout ajusté les subventions à la porte, là. Alors,
que de notre côté, entre 2018 et 2022, on a fait passer la subvention à la
porte de 102 000 $ à 181 500 $, donc une augmentation de
140 %. Alors, on voit bien, là, qu'il y avait une problématique de
financement dans AccèsLogis. Mais moi, M. le Président, si des projets prennent huit ans à sortir, sept ans à sortir, six ans à
sortir, je ne suis pas capable de conclure, là, que... que ça fonctionne si bien que ça. On a un rapport du Vérificateur général, en 2020, qui faisait aussi plusieurs critiques à l'endroit du
programme AccèsLogis.
Alors, on s'est engagés à terminer les unités
qui sont là-dedans et de regarder vers l'avant, de ne pas juste être ancrés dans les vieilles façons de faire. Je
l'ai dit, il y a eu une pandémie, la situation est différente. On a une crise
du logement. Il faut être agiles, il faut avoir tous les bons partenaires
autour de la table puis il faut avancer puis arrêter juste de s'ancrer. Je ne
sais pas ce qu'on cherche à défendre ou quel groupe on cherche à défendre
là-dedans, mais moi, je suis axée sur les
résultats, puis ce n'est pas... Je pense qu'on passe trop de temps sur les
moyens, là, il faut des résultats.
Mme Dufour : M. le Président, ma
préoccupation, ce sont les citoyens, que l'argent du public serve à rester dans
le public le plus possible, et de là mes... Puis là, quand on parle de... que
ça a été bloqué, des projets... Le 17 avril
2023, on peut voir que la ministre a annoncé un investissement supplémentaire
de 236 millions de dollars pour accélérer la construction de 2 636 nouveaux logements sociaux
et abordables. Puis on dit : «Les récentes augmentations des coûts de construction, de financement et
d'assurances sont venues déséquilibrer le montage financier.» C'est aussi ce
que disait le rapport Morin, et j'aurais aimé... Je pense que la ministre
devrait le lire, parce que la situation n'a pas tant changé que ça
depuis 2017. Oui, certes, il y a eu une pandémie, OK, les taux d'inoccupation
sont peut-être plus bas, mais il y avait...
il y a un historique qui est raconté qui est très intéressant. Dans les
années 60, il y a aussi eu une crise du logement, et c'est suite à
ça qu'a été créée la SHQ.
Alors, je pense qu'on... il y a... en tout cas,
la pandémie a le dos large, mais on ne veut pas reconnaître que l'enjeu
principal d'AccèsLogis, qui aurait pu être adapté, un peu modifié mais surtout
mieux financé... Et moi, je ne vais pas
revenir sur le passé, dans le sens que, je l'ai reconnu, on aurait pu mieux
faire, mais on en a construit quand même plus que ce que la CAQ en a fait. Et ça, je peux ressortir le tableau,
tout à l'heure, si on revient sur ces chiffres-là. Alors, j'aimerais
savoir pourquoi on abolit AccèsLogis, sur quelle base réelle on l'abolit.
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre.
Mme Duranceau : Écoutez, le... on a
lancé, en juin dernier, le Programme d'habitation abordable Québec. Puis ce programme-là a été rédigé en tenant compte
du meilleur d'AccèsLogis, en tenant compte de votre rapport Morin de 2017, et on a fait un
programme plus agile, un programme qui tenait compte des besoins de la
population.
AccèsLogis, c'est premier arrivé, premier servi.
Alors, on construit n'importe où parce que quelqu'un a une idée puis un beau
projet pour sa communauté, mais ce n'est peut-être pas là que le besoin est le
plus pressant. Alors, on est venus mettre
des indicateurs socioéconomiques, dans... dans la balance de l'analyse, pour
pouvoir cibler l'endroit où on met
les projets. Ensuite de ça, on est venus ajouter, oui, la possibilité que le
privé contribue. On a besoin d'aide, il y a une crise, ça fait que, s'il
y a d'autres joueurs qui veulent embarquer... Et évidemment, s'il y a des
subventions, on s'assure de l'abordabilité à long terme et... de ce qui est
construit. On n'est pas là pour enrichir le privé, on est là pour avoir leur aide. Ensuite de ça, c'est...
c'est... comme je mentionnais, ce n'est pas non plus premier arrivé, premier
servi. On... on identifie les meilleurs projets, parce que l'argent, dans notre
gouvernement, ce n'est pas une ressource infinie,
et c'est important de mettre les sommes d'argent là où les besoins sont les
plus criants puis dans les meilleurs projets.
L'autre chose, on s'assure, dans le PHAQ, que
les villes, les villes vont être autour de la table puis qu'elles embarquent
dans le projet. Trop de projets AccèsLogis ont pris quatre, cinq, six, sept ans
à sortir parce que la ville n'était même pas au courant, préférait soutenir un
autre projet que celui qui était porté par un groupe x, y, z. Alors, on est venus corriger cette problématique-là. Et
surtout, mon doux Seigneur!, on est venus mettre des délais, donc il faut
que ça sorte. Et, juste le délai, là, entre
la confirmation, où tu as ton projet et... dans... dans le Programme
d'habitation abordable versus dans AccèsLogis, je pense qu'on a réduit
de trois ans les délais, juste là.
Alors, moi, je ne sais pas pourquoi, là, il faut
être contre l'efficacité, puis l'innovation, puis avancer, puis faire
différemment quand on garde le meilleur de l'ancien programme puis on se donne
l'agilité de mieux faire avec l'autre. En
tout cas, il va falloir, à un moment donné, là, que ça passe... ça passe à
l'histoire, cette histoire-là, là, parce que moi, je m'en vais dans la
direction que je viens de vous énoncer, puis c'est... le train est parti, là.
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la députée de Mille-Îles.
• (12 h 10) •
Mme Dufour : Oui. Alors, on va
justement commencer à parler du PHAQ plus en détail, mais je voudrais peut-être
juste souligner que ce n'est pas mon rapport ou le rapport du Parti libéral, le
rapport Morin, c'est le rapport des
citoyens, du gouvernement. Il y a 1 500 personnes, groupes, élus...
élus municipaux, qui ont participé de toutes parts. Alors, ce n'est pas un rapport quelconque. Et, si
je prends cette formule-là, est-ce que le rapport de la députée de Labelle
va devenir votre rapport? Je ne crois pas.
Donc là, je pense qu'il faut juste prendre acte que c'est un rapport qui est
pour tous et qui a été fait avec tout le monde.
Alors,
maintenant, on va parler justement du PHAQ. L'ancienne ministre des Affaires
municipales et de l'Habitation annonçait, là, la création du PHAQ, et
c'était... justement, elle disait que c'était pour accélérer les projets,
c'étaient des projets destinés à des ménages à revenus
modestes ou faibles, et que ça devait être un véhicule. Puis d'ailleurs, à
l'époque, elle disait que c'était complémentaire à AccèsLogis, là, et qu'ils
devaient donner du renfort à AccèsLogis, mais AccèsLogis, comme je disais,
fonctionnait quand même, somme toute, a quand même livré
35 000 unités, là. Jusqu'à
maintenant, le PHAQ n'a livré aucune unité. On n'a pas d'engagement
conditionnel, à ce que je sache, parce qu'on a posé la question, on a eu
l'information comme quoi il n'y a pas encore aucun engagement conditionnel.
Alors, comment on
peut avoir la certitude qu'avec le PHAQ ça va être un taux de réalisation de
100 % dans les délais, dans les délais
qui, somme toute, sont très serrés, là, dans le temps? Les... ça a été octroyé,
les projets, en juin l'année passée,
donc normalement tout devrait être canné avant juin de cette année, selon le
respect du 12 mois. Est-ce que ça va être le cas?
Le Président (M.
Schneeberger) : Mme la ministre.
Mme
Duranceau : Oui, bien, je vais rectifier, là. Juin, le programme a été
lancé, puis les projets ont été soumis, puis les approbations, là, ou les
octrois ont été confirmés en septembre. Donc, on a jusqu'à septembre. Et, pour
le 12 mois, j'ai... à ma connaissance, je ne vous dirai pas où, mais...
parce que je nous garde le bénéfice de cette information-là pour le moment,
mais il y a déjà un projet qui est... qui est en branle. Et le programme est
bâti pour que... C'est 12 mois, là, 12 mois, tu n'as pas ton contracteur,
tu n'es pas parti, on passe à un autre appel. Alors, il y a possibilité d'une
extension de six mois, pour des cas particuliers qu'on va analyser, mais le
programme est bâti pour qu'il y ait des
délais, des échéances puis de la rigueur pour que ça avance. Donc, moi, j'ai
bon espoir que ça va fonctionner. On ne s'enlisera pas dans des
arrérages comme ceux que vous nous avez laissés.
Mme Dufour : Les projets ont été annoncés le 29 juin sur
le site du... de la SHQ, alors... non pas en septembre, mais vraiment les projets choisis ont été annoncés
le 29 juin. Bien, comment est-ce que les... Comment ça peut devenir
attractif, pour un promoteur quelconque, qu'il soit du privé ou du... d'une
coopérative, de travailler avec acharnement quand on a l'épée de Damoclès, que
peut-être que, trois mois plus tard, que notre travail, parce qu'on ne trouve pas
le soumissionnaire, parce que... parce qu'actuellement il y a vraiment un enjeu
pour trouver des soumissionnaires, on ne
l'aura peut-être pas? Comment on va les inciter à travailler, à faire des
plans, à dépenser de l'énergie là-dessus avec cette épée de Damoclès là? Douze
mois, c'est très court, pour avoir fait beaucoup de projets dans d'autres domaines,
c'est très, très court. Dans le marché actuel, c'est encore plus court. Alors,
comment on va être attractifs?
Mme
Duranceau : Non, je suis d'accord avec vous, puis c'est ça, l'idée,
c'est de mettre de la pression pour que... pour que ça avance. Ceci dit,
précision, juin, les projets étaient connus. Septembre, ils ont reçu leur
lettre de confirmation, puis le délai commence à courir à partir de septembre.
Alors, à votre commentaire, on ne leur... on ne leur rétrécira pas le délai, là, pour rendre ça plus serré. Puis, comme
je disais, on peut ajouter un six mois. Bien, je pense que cette rigueur-là ou les délais puis
l'échéancier serré, ça vient mettre de la pression sur tout le monde, ça vient
mettre de la pression sur tout le monde, puis on est parlables. Il y a
toujours des cas d'exception...
Le Président (M. Schneeberger) : Merci,
Mme la ministre. Alors, nous allons retourner du côté de la deuxième
opposition. Alors, député de... Laurier-Dorion, pardon, la parole est à vous
pour neuf minutes.
M. Fontecilla :
Merci, M. le Président. À vous
entendre, madame... à entendre la ministre qui vous a précédée, on a...
on a l'impression qu'avec le gouvernement actuel, là, il y a énormément
d'annonces mais très peu de résultats. On
vient d'avoir l'exemple avec le PSL, énormément d'unités de PSL, mais il y a
presque 9 000 PSL qui n'ont pas été utilisés. Et donc, en même
temps, il y a des abuseurs dans le système. Il faut... il faut commencer à
facturer la... l'aide d'urgence, là. On dirait que la balance est toujours du
même... du même côté, lorsqu'il s'agit de légiférer, pour régler le problème de
rénoviction, pour contrôler les hausses abusives de loyer, là. Bien là, ce
gouvernement, là, soudain, là, ah! là il
prend son temps, l'efficacité prend son bord, là, on va étudier, on va
consulter tous les acteurs. Là, c'est la montagne qui accouche d'une
souris. Finalement, là, il n'y a rien qui se passe, là. Et donc, voilà, c'est
ça, l'impression qu'on a avec votre gouvernement, là.
Concernant
AccèsLogis, là, on va le rappeler encore, là, c'est un programme qui a donné
des résultats, plus de
30 000 unités depuis les 20 dernières années, alors que votre
nouveau programme, jusqu'à présent, n'a produit aucune, aucune unité,
là. Je vous rappelle que, selon les documents de la Société d'habitation du
Québec, AccèsLogis, là, a produit quand même très peu de logements, là, mais
c'est 742 unités de logement qui a été... qui ont été livrées l'an passé,
là. On est loin de la promesse de 15 000, encore une fois, là, mais au
moins il y a quelque chose de tangible.
En lieu et place, là,
vous avez choisi de privatiser l'investissement public, là. Pourquoi ne pas
avoir mis vos efforts, l'efficacité dont
vous... vous vous vantez tant, là, à améliorer le... AccèsLogis au lieu de
privatiser? Et vous enlevez l'empêchement des méchants programmes, là, et
donnez carrément les pouvoirs au secteur privé, là, 350 millions de
dollars que vous avez octroyés aux fonds fiscalisés, là, et au Mouvement
Desjardins, là, cet argent-là aurait pu faire une grande différence, là, avec
AccèsLogis.
Vous savez, on dit,
au Québec, là, que, lorsqu'on veut tuer son chien, on l'accuse d'avoir la rage,
là. Dans le cas d'AccèsLogis, on a juste à ne pas le financer suffisamment, là,
pour qu'il... il ait un rythme de production très, très bas. C'est ça, la vraie réalité. Les gouvernements, les vôtres,
gouvernements d'avant, là, ont sous-financé AccèsLogis, là. C'est pour ça qu'il ne fonctionne pas, là. Ce
n'est pas une question de la nature ou la façon de fonctionner du programme, là. Pourquoi avez-vous décidé de privatiser et de
vous priver de l'expertise publique, là, dans la construction de
logements au Québec, là?
Le
Président (M. Schneeberger) : Mme la ministre.
Mme Duranceau :
Oui. Bon, beaucoup de points ici. Alors là, tu sais, il ne faut pas
comparer des pommes avec des oranges, là.
AccèsLogis a eu 30 ans, c'est sûr qu'il y a des unités qui sont sorties,
là, le Programme d'habitation abordable
du Québec, il a un an. Il y a eu une pandémie, donc... Puis les... les projets,
dans AccèsLogis, ça fait quatre ans, là,
qu'ils étaient en branle. Ça fait qu'éventuellement ils finissent par sortir.
Donc, ça, c'est pour la touche AccèsLogis.
Les fonds fiscalisés,
là, il faut comprendre qu'il y a deux volets à ça. Il y a un volet que le
gouvernement a octroyé des sommes d'argent,
mais ce n'est pas assez, la somme d'argent, la subvention du gouvernement. On
demande de l'aide à Desjardins qui met de l'argent, 75 millions, je pense,
Desjardins. Puis le Fonds de solidarité aussi, ils ont mis de l'argent,
du capital, là, un investissement, du capital patient, et à ça ils ont ajouté
des hypothèques pour ficeler le montage financier. Alors, c'est un levier, pour
moi, ce partenariat-là avec les fonds fiscalisés, ça nous aide sur le plan
financier. On en... Ça devait être 2 000 unités, et ces deux
partenaires-là nous en promettent 1 400 puis 1 500 avec la somme
qu'on leur a donnée. On s'attendait à 1 000. Alors, clairement, il y a une
efficacité dans le système, là, avec cette idée-là. Donc, il y a le volet
financier des fonds fiscalisés et il y a le volet, je vous dirais, impartition
du projet.
Parce que ce que les
fonds... les équipes des fonds fiscalisés font, au-delà d'ajouter du
financement, c'est d'avoir des gens comme les équipes à la SHQ, des gens qui
sont là puis qui suivent les projets, les mêmes projets qui sont montés par des groupes communautaires, là. Ce
n'est pas le privé, là, qui est en arrière, ce sont les mêmes groupes
communautaires que vous connaissez très bien qui présentent leurs projets au Fonds
de solidarité et à Desjardins et qui travaillent main dans la main avec eux,
mais ce ne sont pas les équipes de la SHQ qui ont besoin de suivre le projet
étape par étape. Donc, on est allés se chercher... en plus d'aller chercher de
l'argent, là, on est allés se chercher des
bras pour nous aider à livrer plus vite d'autres unités. Donc, moi, je ne le
vois pas, ce qui n'est pas bon là-dedans.
• (12 h 20) •
M. Fontecilla : Donc, en quelque sorte,
vous... vous vous privez de l'expertise publique, là, pour aller chercher l'expertise
du privé, là. Bien, je parlais avec un... quelqu'un d'un... un promoteur de
logements sociaux, là, qui nous disait qu'avant il faisait affaire avec un
programme autoportant, il commençait avec AccèsLogis et il finissait avec AccèsLogis. Maintenant, ils doivent se promener,
aller chercher des fonds à gauche et à droite, là. Et... sauf qu'il n'y a plus de budget pour démarrer, le fonds de
démarrage qu'on... qu'on appelle, là. Donc, c'est rendu beaucoup plus compliqué
pour les promoteurs... les promoteurs communautaires, là. Est-ce que c'est le
cas?
Le Président (M.
Schneeberger) : Mme la ministre.
Mme Duranceau :
Oui, effectivement. Dans la
première itération du PHAQ, l'élément frais de démarrage, là, avait été
oublié. Et, dans la deuxième itération du PHAQ, je l'ai dit à maintes reprises,
cet élément-là va être corrigé. Donc, on est
conscients que, pour certains organismes, c'est... c'est plus difficile. Ils
n'ont pas les mêmes liquidités pour partir les projets, puis ça, on l'a
reconnu, ça va être... ça va être corrigé, sans problème.
M.
Fontecilla : Je veux passer du côté des HLM, Mme la ministre, si vous
le permettez. On sait qu'il y a un très grand nombre de logements à loyer
modique, là, qui sont en très mauvais état, là, classés par les mêmes... la classification gouvernementale, là, comme dans la
catégorie d et e, je vous rappelle que e, c'est la... c'est la fermeture, là.
Ça affecte tout particulièrement la grande région de Montréal, là, on parle
de... à Montréal, de plus de 5 000 logements, là, qui sont en
très mauvais état et des centaines de logements qui sont carrément barricadés,
là. À Laval, ce n'est pas plus joyeux, à
Longueuil non plus. C'est normal, c'est là où on trouve les parcs de... de HLM
les plus vieux au Québec, là. À un moment donné, il faut mettre de
l'argent, là.
Vous avez reçu
1,2 milliard du gouvernement, là, avec l'engagement que vous alliez
mettre... rajouter le même montant, là. Et
là vous qui dites que vous ne voulez pas vous enfarger avec des programmes
gouvernementaux, dans le cadre de la construction d'accès... du
programme AccèsLogis, là... mais, pour dépenser ces sommes-là, il vous faut un programme, là. Ça fait presque plus
de deux ans qu'on attend ce programme-là. Comment ça se fait qu'une
machine aussi efficace que celle du gouvernement du Québec, avec une équipe...
une équipe aussi efficace, là, en habitation que... dont vous vous... vous vous
vantez, là, vous n'êtes pas capables de créer un programme, là, pour que
l'argent puisse aboutir dans le terrain et mettre... et rénover ces unités-là
et offrir du logement à des gens, là?
Je vous rappelle qu'à
Montréal il y a 25 000 ménages, là, qui sont en attente d'un HLM, là.
On a besoin de ces logements, et il y a énormément
de milliers de familles qui restent dans des logements insalubres en ce moment,
là. Comment ça se fait que vous ne créez pas un programme, là, pour que
l'argent du fédéral arrive à rénover ces... ces HLM là?
Le Président (M.
Schneeberger) : Mme la ministre.
Mme
Duranceau : Oui, bien, là-dessus, on va être d'accord, c'est trop
long, je suis entièrement d'accord. Et il y
a quelque chose qu'il faut comprendre avec les HLM : il y a des... il y a
des propriétés qui sont sous convention avec le fédéral puis d'autres qui ne le
sont pas. Et, quand le fédéral nous donne de l'argent, on ne peut pas le distribuer
comme on veut. Moi, je pensais que oui, là,
mais on ne peut pas, ce n'est pas de même que ça marche. Donc, ça prend
un programme. Et, ce programme-là, là, incessamment, je le sais qu'il est dans
la machine à saucisses, et il va sortir incessamment, donc...
Bien, on n'a pas attendu,
par contre, parce qu'on a fait des devancements par décrets, il y a eu des
décrets. Exemple, l'office d'habitation de Montréal a reçu, l'année dernière,
94 millions pour avancer ses affaires. Donc, on n'a pas attendu, on a pris de l'argent, on a fait, comme je vous dis,
les décrets, puis le programme va sortir, mais, pendant ce temps-là, les
équipes travaillent à déterminer comment l'argent va être déployé. Ça fait que,
dès que le programme sort, on sait où ça
s'en va puis qui va faire quoi. Puis on va avoir un plan sur cinq ans, puis ce
plan-là va être disponible aussi, là, vous allez le savoir.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Merci, Mme la ministre. Alors, nous allons maintenant du côté de la troisième
opposition, et j'entends le député de... des Îles-de-la-Madeleine pour une
période de 11 min 35 s.
M.
Arseneau : Merci beaucoup, M. le Président. Je salue la
ministre, ceux qui l'accompagnent, mes collègues également des oppositions.
Et je
vais continuer dans la même lignée que mes collègues pour poser quelques
questions. D'abord, sur AccèsLogis, on a dit tout à l'heure... on a entendu la
ministre nous dire qu'elle voulait des résultats. En fait, quand on regarde
AccèsLogis sur les 30 dernières années, le seul moment où ça a fonctionné,
c'est quand le Parti québécois était au
pouvoir, et on a atteint jusqu'à 3 000 unités par année. Ma question
est simple pour la ministre : Quand est-ce que le PHAQ va produire
3 000 unités de logements sociaux par année?
Mme
Duranceau : Bien, écoutez, au fur et à mesure, je vous dirais,
là, on va faire les annonces au fur et à mesure. On en a... on en a promis 11 700, dans le... dans... au cours de la
dernière campagne, puis j'ai l'intention de déployer... de déployer ça
au cours du mandat.
M. Arseneau : Bien, pourtant, vous
parlez d'efficacité. Vous parlez d'un programme qui était lent, des unités qui ne... qui n'étaient pas construites. Et
là, dans votre réponse, il n'y a aucune indication à l'effet qu'on va atteindre
un chiffre concret, quatre murs, un toit, plusieurs unités, là, dans un
horizon, disons, là, prévisible alors qu'on est en pleine crise du
logement.
Moi... moi, je voudrais qu'on ait des objectifs.
Prenant cette année, 2023-2024, combien d'unités? Et, dans ces unités de PHAQ,
combien d'unités? Pas de logement abordable, là, moi, je parle de logement
social. Puis ensuite on va progresser puis,
dans cinq ans, on aura atteint une vitesse de croisière qui semble absolument
merveilleuse. Ce sera combien? Est-ce
qu'on atteindra le 3 000? Est-ce qu'on atteindra le 5 000? Est-ce
qu'on va poireauter à quelques centaines? J'aimerais qu'on me convainque
que le PHAQ va donner davantage de résultats qu'AccèsLogis.
Mme Duranceau : Bien, c'est
l'objectif, là, OK? C'est l'objectif. Ce n'est pas d'investir moins qu'avant,
c'est d'investir au moins ou plus, mais surtout différemment, mais avec
différents vecteurs. Mon exemple des fonds fiscalisés,
je pense, est excellent. On mettait 175 millions, on voulait
1 000 unités puis, finalement, on en a 1 400 ou 1 500, là,
selon le partenaire. Alors, je pense que c'est un vecteur qui semble porter
fruit. C'est une belle option.
Il n'y a jamais eu autant d'unités de logement
social et abordable. Parce que, nuance, hein, AccèsLogis, ce n'est pas juste du
social, il y a les deux dedans, là. Donc, il n'y a jamais eu autant d'unités
AccèsLogis en branle. On s'occupe de ça puis
de les sortir d'ici... d'ici la fin du mandat. Ça fait que ça, ça veut dire
3 200 chantiers, 6 500 à sortir, puis à ça s'ajoute ce qu'on confie aux fonds fiscalisés puis ce qui sera
fait à travers le PHAQ. Puis là, pour le moment, je ne peux pas vous donner le chiffre 2023, mais
11 700 divisés par quatre, là, vous allez au moins avoir ça par
année.
M. Arseneau : Bien, en fait, ce
n'est pas à nous que vous les offrez, là. Ce n'est pas nous qui voulons avoir des unités, ce sont des familles, ce sont des gens
qui, actuellement, sont en pénurie de logements. Et ce que le gouvernement a
décidé de faire... Puis je pense qu'on est tous d'accord pour dire qu'il faut
que les programmes soient efficaces. Le problème, avec la stratégie
gouvernementale, c'est d'avoir mis au rancart un programme et d'en avoir
inventé un autre, puis qu'entre les deux on
a plusieurs années où on se demande si on va atteindre des objectifs
d'efficacité qui sont actuellement promues par la ministre.
Alors, moi, je veux savoir quand on peut
s'attendre à ce que... Puis je ne veux pas vivre dans le passé. Si PHAQ devient
un vecteur de construction qui est plus efficace qu'AccèsLogis, je suis
d'accord, mais vous n'avez pas déposé,
actuellement, la preuve ni même l'engagement que la vitesse de croisière dans
la construction des logements abordables et davantage pour les logements
sociaux sera dépassée par rapport au programme précédent. Parce que, le programme précédent, on
n'investissait pas suffisamment. Et, si les programmes, si les projets prenaient
du temps, c'est simplement qu'on avait un poids financier hyperlourd à porter
dans les petites communautés, ce qui fait qu'on n'arrivait pas à financer notre
part du milieu.
Là,
aujourd'hui, je répète ma question : 3 000, 4 000,
5 000 unités par année? Quand est-ce que le gouvernement de la
CAQ va les livrer? Quelle année? Donnez-nous un ordre de grandeur. Est-ce qu'on
va attendre encore trois, quatre années de crise de logement avant de vraiment,
là, pouvoir avoir un programme qui fonctionne?
Mme
Duranceau : Bien, oui, je ne vais pas me justifier par rapport
à l'ancien programme, là. Moi, je regarde en avant avec des... puis des
résultats. On en a promis 11 700, ça fait que je vous ai dit de faire les
mathématiques, là, divisez-le par quatre, et il y aura au moins ça. Et l'autre
chose, c'est : il faut que ce soit aussi collé sur les besoins de la population,
puis on travaille sur ça, définir les besoins comme il faut, les besoins par
région. Parce qu'au-delà du logement social
et abordable, partout en région, on a des enjeux de logement pour fins
économiques, pour les travailleurs de la santé. Alors, moi, je le regarde globalement
tous les besoins, toutes les régions. Puis, dans les prochaines semaines, je
rendrai publics des tableaux de bord en lien avec le passé, en lien avec le
futur puis comment on s'organise là-dessus. Puis je pense qu'on va avoir
une meilleure visibilité, là, de ce qui va être... de ce qui va être livré.
• (12 h 30) •
M. Arseneau : Mon temps est compté.
Je vais aborder deux, trois autres thématiques. La clause F du bail, votre
prédécesseur avait pris l'engagement, en février 2022, de revoir à la baisse le
nombre d'années comprises dans la clause F. Elle a reculé, à la fin de la
dernière législature, devant l'incapacité à avoir un consensus des partis
d'opposition. Aujourd'hui, vous êtes la nouvelle ministre titulaire depuis
plusieurs mois déjà. Est-ce qu'il est dans votre
intention, à travers, par exemple, un papillon dans un projet de loi omnibus,
là, qui pourrait survenir dès le mois de
juin prochain, d'ouvrir le dossier et d'abolir la clause F ou minimalement
réduire le nombre d'années de la clause F?
Mme Duranceau : J'ai dit que je
regardais pour mettre ça dans un projet de loi, je regardais toutes les règles
qui régissent relations locataires et propriétaires, la clause F en fait
partie, mais je ne vais pas aujourd'hui, là, confirmer
ce qu'il y aura dans le projet de loi, mais j'espère avoir votre entière
collaboration à tout le monde. Je pense, c'est un sujet qui touche... qui
touche tous les partis. Du moins, j'ai des questions de tout le monde pour
qu'on fasse avancer ça rapidement une fois que ce sera déposé, là.
M. Arseneau : ...que je viens de
faire, c'est de tendre la main à la ministre pour qu'elle trouve le moyen. Et
il y a un moyen législatif qui est facile, qui est à la portée de la ministre
et qui survient dès le mois de juin prochain, de pouvoir corriger ça. Si on
veut faire des grandes réformes plus larges de l'ensemble du bail, et tout ça,
c'est bien, mais nous sommes dans une situation de crise du logement et
d'urgence, donc on peut agir rapidement par un moyen réglementaire ou
législatif efficace. Vous avez de grandes ambitions, vous travaillez sur des
plans, ça viendra à l'automne, pourquoi ne pas agir quand on le peut avec un
moyen qui est à notre portée dès le mois de juin?
Mme
Duranceau : Parce que je ne veux pas agir à la pièce. Il y a
plus qu'une mesure qui doit être introduite ou modifiée pour amoindrir les
effets de la crise actuelle, et je veux que toutes ces mesures-là passent en
même temps.
M.
Arseneau : ...toutes les mesures passent en même temps, alors
que votre prédécesseure était prête à introduire la mesure il y a déjà un an?
On a perdu un an, puis là vous nous dites : On va tellement bien faire
notre travail, quand ce sera complété... Quand ce sera complété, combien
de familles auront subi, justement, des hausses de loyer qu'ils ne pourront pas se payer puis qui devront,
finalement, se retrouver à la rue et trouver autre chose? Le temps presse, on
peut régler à la pièce un certain
nombre de dossiers, du moins celui-là. Les gens vous en seront reconnaissants,
nous les premiers. Pourquoi, je répète, pourquoi attendre?
Mme Duranceau : Parce que j'ai
choisi de les présenter toutes en même temps, et ce sera fait dans les
prochaines semaines, et puis on pourra débattre de ça à l'automne pour une
adoption rapide.
M. Arseneau : Parce qu'un autre
dossier que je dois aborder puis où on attend, puis on attend, et ça coûte de
l'argent, puis ça... ça a un impact sur... sur, évidemment, les gens qui sont
les plus vulnérables, c'est celui des HLM. On sait qu'il y a 500 portes
qui sont barricadées, on sait que vous n'avez pas d'entente avec le
gouvernement fédéral, mais qu'il y a déjà
2 milliards qui est promis. Et, pendant ce temps-là, bien, notre parc
immobilier continue de dépérir. On ne cède pas, là. Moi, je pense que
vous connaissez l'immobilier mieux que moi, et vous savez, quand on entretient
mal sa maison, qu'on ne l'entretient pas, bien, elle se dégrade. Pourquoi ne
pas agir maintenant, sachant que l'argent fédéral va venir un peu plus tard?
Pourquoi ne pas avancer les sommes et rénover davantage à une intensité plus
grande dès maintenant?
Mme Duranceau : Bien là, c'est une
question de semaines, quelques jours, semaines pour que tout ça soit réglé. L'entente avec le fédéral, elle a été
signée il y a deux ans, là, et le programme est en processus, là, d'être approuvé.
Alors, là aussi, là... Puis il y a une volonté, je ne vais pas me cacher en
dessous de la table, là, il y a une volonté d'améliorer tout ce processus-là
aussi, là, qui est trop long. Puis on a des logements qui existent,
assurons-nous qu'ils sont dans un bon état puis que les gens puissent y
habiter. Je pense que tout le monde autour de la table est d'accord. Mais là,
par rapport à cet argent-là, il va être disponible.
On a agi par décret, là. Il y a d'autres sommes
qui sortent pour que les gens puissent commencer. On approuve des choses à
l'intérieur de ce qu'on a le droit de faire, là, et... Et on a déjà commencé à
utiliser l'argent sur les propriétés qui sont les propriétés SHQ. C'est les propriétés
qui sont fédéral-Québec, là, on est un peu mal pris, là.
M. Arseneau : Question de semaines?
Avant la fin de la session parlementaire?
Mme Duranceau : Ah! oui, oui, oui.
M. Arseneau : Parfait. Dernière...
dernière thématique que je peux aborder, il me reste une minute : Le
logement étudiant, est-ce que c'est sur votre écran radar? Parce qu'on sait que
l'impact des jeunes sur le marché de l'immobilier
et de l'habitation est important. Évidemment, ils se promènent de campus en
campus ou de ville en ville, ils
déménagent souvent, colocataires, et ainsi de suite, ce qui permet à certains
propriétaires véreux de pouvoir augmenter les
loyers lorsque les jeunes se déplacent. On pourrait créer un programme. Il y a
déjà, là, l'organisation UTILE qui crée de l'habitation pour les jeunes, les
étudiants. Est-ce que vous considérez, dans votre plan de match, avoir un programme pour les logements étudiants,
justement, pour leur offrir d'abord ce dont ils ont besoin et, d'autre part,
libérer les logements pour des familles, par exemple?
Mme Duranceau : Je veux le moins de
programmes possible, là. UTILE, on les aide déjà sur plusieurs projets. Vous en
avez parlé, je vous les aurais nommés, ils sont très agiles. Justement, au
niveau de leur structure financière, ils
vont chercher plusieurs partenaires. Je pense, c'est un beau modèle, puis on
les aide sur plusieurs projets, puis on va continuer. Par ailleurs, on a
notre Programme d'habitation abordable Québec qui permet aussi le logement
étudiant, ce qui n'était pas permis dans AccèsLogis. C'est permis dans le
Programme d'habitation abordable Québec.
M. Arseneau : Et combien
d'habitations vous visez construire pour les étudiants?
Mme Duranceau : Bien, ça, ça va
faire partie de mon analyse des besoins, là, qui vont être...
Le Président (M. Schneeberger) : En
terminant.
Mme Duranceau : ...divulgués, puis
on va le mettre, là.
M. Arseneau : Merci.
Le
Président (M. Schneeberger) : Merci beaucoup, le député des Îles-de-la-Madeleine. Alors, nous retournons maintenant à l'opposition officielle
pour un temps d'un peu plus de 17 min 30 s. Députée de Mille-Îles
Mme Dufour : Merci, M. le Président.
Peut-être une précision pour Mme la ministre qui a dit que, bon,
AccèsLogis avait 30 ans. Bien, écoutez, à 30 ans, là... j'ai dépassé
cet âge-là, mais je peux vous dire que ce n'est pas assez vieux pour prendre sa
retraite. Alors, je pense que ce n'est pas l'âge qui justifie son abolition.
Mais, ceci dit, je vais revenir au PHAQ, là, je
vais vraiment parler du Programme habitation abordable Québec, dorénavant. Alors, il y a plusieurs grandes familles qui ont de
la difficulté à se loger à la hauteur... J'ai quatre... On a quatre enfants, avec
mon conjoint. Je peux vous dire, c'est difficile de trouver des logements, les
grands logements sont rares, et
particulièrement dans le locatif. Alors, est-ce que c'est possible de savoir,
dans le PHAQ, il y a combien de cinq et demie, de six et demie ou de
sept et demie qui vont être construits?
Mme Duranceau : Écoutez, c'est une
bonne question, je n'ai pas la réponse. Je ne sais pas si quelqu'un de mon
équipe à cette réponse-là...
Mme Dufour : Est-ce que quelqu'un a
la réponse?
Mme Duranceau : ...mais on peut vous
la fournir.
Mme Dufour : Excellent. Mais, en
fait, l'enjeu, c'est que le privé, il n'a pas l'habitude de faire des très,
très grands logements, du moins pas dans des logements abordables ou, du moins,
que les loyers sont bas. Pourquoi? Parce que
le coût d'une pièce supplémentaire, à la construction, il n'est pas compensé
par la différence de coût du loyer. Et
donc, là, je me demandais s'il y avait eu des garanties qui ont été mises en
place pour assurer la construction de logements pour les grandes familles. Comment le PHAQ va s'assurer qu'il y ait des
logements pour les grandes familles, compte tenu de cette réalité-là?
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre.
Mme Duranceau : Oui. Bien, écoutez,
d'abord, le PHAQ le permet, là, qu'il y ait une typologie plus grande. Là, on critique beaucoup le privé, là. Dans le
PHAQ version 1, il y a cinq projets privés, OK, sur 41. Alors, c'est un
test, on regarde comment ça fonctionne. On va leur... On leur exige
beaucoup pour recevoir des subventions. On espère que ça nous aide à sortir
plus de projets. Mais il ne faut pas démoniser tout ça. Maintenant, votre
question sur la typologie, c'est permis, là, mais...
Mme Dufour : En fait, je ne démonise
pas du tout le privé. Au contraire, on en a besoin, des promoteurs privés. Mais il faut se rendre à l'évidence, il
n'y a aucun promoteur qui construit à perte, là. Et donc construire un plus
grand logement, ça implique moins de logements dans le bâtiment, si c'est un
multilogement. Et donc le surcoût, là, la différence de coût d'un quatre et
demie, cinq et demie n'est peut-être pas toujours rentable pour un propriétaire
privé, donc il va avoir tendance à faire des
plus petits logements parce que c'est plus rentable, naturellement, et c'est
normal, c'est dans la nature, là,
je... Ce n'est aucune critique. Mais je me demande comment on va s'assurer
qu'avec le PHAQ, dans le futur, on va en avoir, des logements pour les
familles. Comment on va le faire?
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre.
Mme Duranceau : Oui.
Bien écoutez, c'est un bon point, c'est un bon point. C'était prévu parce que,
je vous disais, selon la typologie, les subventions, dans le PHAQ, sont adaptées.
Donc, pour encourager, là, si ça coûte plus cher,
la subvention va être adaptée en conséquence. Encore une fois, dans le PHAQ,
c'est des... Parce que c'est ça, c'est des subventions qui sont au mètre
carré, ça fait que, si c'est plus grand, ton unité, tu vas avoir une subvention
qui va être plus grande. Encore une fois,
les projets sont portés par les groupes communautaires, là. Ça vient d'eux, là.
Alors, ça va me prendre des groupes
communautaires qui ont aussi ce désir-là. Mais j'en conviens, on l'avait prévu
dans le PHAQ, c'est parce qu'on en veut, une typologie qui est variée.
Alors, on va s'assurer de suivre ça nous aussi.
• (12 h 40) •
Mme Dufour : Les mètres carrés sont
quand même assez assez petits, là, quand on regarde les maximaux mètres carrés.
Là, j'ai comparé avec les mètres carrés de chez nous, pour accueillir une
famille de six personnes et deux chiens, et on ne rentrerait pas dans les
maximaux qui sont inscrits dans le PHAQ.
Par contre, je vais revenir à comment les
unités... J'aimerais savoir... Parce que vous avez mentionné, un peu plus tôt,
que... Vous avez fait référence au rapport du Vérificateur général d'octobre
2020, et je suis contente que vous en ayez parlé, parce que je comprends que
vous en avez pris connaissance avant, j'imagine, de mettre en place le PHAQ,
là, pas vous personnellement, mais ceux qui ont travaillé le programme. J'ose
espérer. Il y a... il y a une ligne qui dit que... qui dit que «plusieurs
logements ne respectaient pas l'un des principes du programme, à savoir que les loyers doivent être abordables».
Alors...Et j'ai une certaine inquiétude, quand je lis la définition de «logement
abordable» dans le programme PHAQ, et là je vais vous la lire, je la cherche,
ici : «Un logement dont le loyer respecte le loyer maximum reconnu par la
société lors des cinq premières années d'exploitation du projet.» Puis, on dit : «Pour les années subséquentes — passé
les cinq années — le
loyer peut être indexé selon les règles applicables en matière de
fixation de loyer.»
Si on est dans un projet privé, elle est où,
l'assurance à ce que le logement... le loyer reste abordable, quand, la
définition, il y a un... c'est seulement cinq ans? On a beau dire qu'on a pris
des engagements de 10 ans ou de 15 ans
dans certains projets, la définition elle-même, ça se limite à cinq ans. Alors,
si une personne quitte le logement six ans après la sortie de terre du
projet, qu'est-ce qui assure qu'il n'y aura pas une petite... une rénovation
pour faire en sorte de faire monter, après,
les coûts des loyers? Elle est où, l'assurance? Moi, je ne l'ai pas vue dans le
programme.
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre.
Mme Duranceau : Oui. Écoutez, je
vais donner une portion de la réponse puis je vais vous demander de laisser mon collègue compléter. Mais, le premier
cinq ans, les loyers sont définis. Après ça, ça va être... c'est les règles
de fixation de loyer du TAL qui vont
s'appliquer, alors on ne devrait pas voir des augmentations majeures. Et
n'oubliez pas, là, c'est des groupes communautaires, pour la plupart, qui font
ça, ça fait que, s'ils veulent faire des augmentations drastiques, on a
un autre problème, là.
Donc, si vous me le permettez, je vais laisser
M. Foster compléter la réponse.
M. Foster (Claude) : Donc, lorsqu'on regarde au niveau des conventions, nous, on
suit la convention sur la durée de la convention qui a été signée. Donc, le
pourcentage de participation du gouvernement est régressif, là, si c'est peu
d'années. Donc, tout le long de notre durée de convention, c'est qu'on va avoir
un suivi administratif qui va être fait pour s'assurer que l'engagement a été
respecté.
Mme Dufour : Merci. Je voulais juste
préciser que je pose la question parce qu'il y a eu le tiers des unités qui ont été réservées, dans la prochaine mouture
du PHAQ, pour le privé. Donc, ma question ne concerne pas, évidemment,
les coopératives ou les organismes, là, je n'ai aucun doute qu'ils vont garder
les loyers bas. Mais ma question, c'est que, malgré la réponse du PDG, la
définition, moi, si je la lis et que je suis un propriétaire, que je fais du
logement et que mon but, ce n'est pas de perdre de l'argent, bien, je peux,
après cinq ans, si le locataire quitte, faire des travaux et augmenter le
loyer. Je ne vois pas aucune... rien là-dedans qui me garantit qu'après cinq
ans les loyers vont vraiment être abordables. Parce que la définition même,
dans le programme, dit que c'est cinq ans. Puis je pourrais rajouter que c'est le loyer... c'est le «loyer
maximum reconnu par la société». Alors, si le loyer maximum reconnu, là...
je ne l'ai pas devant moi, là, mais, s'il correspond... En tout cas, on est
loin du logement social ici, là.
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre.
Mme
Duranceau : Bien, écoutez, moi, je ne peux pas vous répondre
autre chose, là, qu'il y a une convention qui lie tout... tout propriétaire,
qu'il soit communautaire ou privé, il y a une convention qui lie ce groupe-là avec
la SHQ, puis cette convention-là demande à ce que les loyers demeurent
abordables sur toute la durée de la convention. Alors, si ce n'est pas le cas,
bien, il y a quelqu'un qui va être en défaut de sa convention, puis il va y
avoir des conséquences, là.
Le Président (M. Schneeberger) : ...députée
de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. Un des autres
éléments qui étaient abordés dans le rapport du Vérificateur général, c'était
par rapport à la façon que les projets étaient attribués. Vous l'avez
mentionné, là, que certains ne respectaient pas nécessairement les besoins. Là,
on dit que ça, ça a été ajusté. On peut lire, là, qu'il y a une... dans
l'analyse des demandes de subvention, il y a des critères
qu'on propose, notamment la «pertinence du projet en lien avec les besoins
identifiés par l'analyse des besoins réalisée par le ministère des Affaires
municipales», mais...
Puis là il y a aussi un point qui m'a surprise,
là, la participation à la vitalité régionale. On dit que «le siège social du
demandeur et de l'entrepreneur en construction devrait se trouver dans la même
région dans laquelle le projet est situé». Ça, je vous avoue que j'aimerais
comprendre pourquoi on est allé là. Puis est-ce qu'il y a une grille d'analyse
pondérée qui a été établie? Sinon, comment on établit lequel de ces cinq, six
critères-là a plus d'impact que d'autres dans le choix?
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre.
Mme Duranceau : Écoutez, oui, il
va... bien, il va y avoir... J'imagine qu'il y a eu des grilles, là, avant mon temps, mais certainement, pour la prochaine
itération, il y aura une grille où, effectivement, les différents critères vont
être pondérés, là, puis les gens qui vont soumettre des projets vont savoir sur
quelles bases ils sont retenus ou pas, là.
Mme Dufour : Donc, on ne sait pas,
dans la première mouture, si une grille a été utilisée. Comment on s'est assurés qu'il n'y ait pas de favoritisme dans
l'attribution des projets? Puis là je ne mets pas... le dos d'un élu quelconque,
là. C'est juste que je viens de Laval, là,
j'en... Malheureusement, on en a découvert, des choses, à Laval, après... quand
je suis rentrée en poste après Gilles
Vaillancourt. Alors, comment on est venu s'assurer que ce soit conforme puis
que les projets soient choisis vraiment selon les critères seulement et
rien d'autre?
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre.
Mme
Duranceau : Bien, il y en avait, une grille, dans la première
itération, puis il y en aura dans la deuxième. Puis cette grille-là
est... va... est partagée avec les soumissionnaires, là, si vous voulez.
L'histoire de «siège social dans une
région», là, dans la nouvelle version, c'est «siège social au Québec», là. Je
pense qu'on voulait être trop régional, peut-être, là, mais ça va... En
fait, là, ça prend de la souplesse, là, ça fait que ce qui complique les
choses, là, moi, dans mon livre à moi, c'est le moins possible.
Mais je suis d'accord avec vous, la notion de
favoritisme, il faut faire attention à ça. Je vous dirais que, dans le contexte
actuel, il y a tellement de besoins, là, partout, je pense qu'on... On va
s'assurer surtout, dans ça, là... Un des critères, aussi, ça va être la
répartition régionale puis les besoins. Je veux dire, il va y avoir plus de demandes
que d'offres, là, probablement, mais de tenir compte de la répartition
régionale puis des besoins partout.
Mme
Dufour : Je vais continuer
dans le côté éthique... sur le côté éthique. Le PHAQ permet aux municipalités
de donner des terrains et des congés de taxe aux entrepreneurs privés. Là, je
comprends qu'il y en a eu juste cinq, dans le... dans la première mouture, là.
Mais, dans la deuxième, on parle des... le tiers des unités vont être réservées
au privé. Et là, bien, je vous ramène la commission
Charbonneau. Je l'ai mentionné, je viens de Laval et je peux vous dire
que, dans le passé, il y en a eu, des choses qui se sont passées à Laval. Et
c'est quand même... Disons que, quand on voit que le PHAQ rapproche les
promoteurs des élus, dans sa façon de fonctionner, ça va à l'encontre un peu de
la barrière de protection que la commission
Charbonneau suggérait de mettre en place pour éviter les dérives. Alors, quels
sont les moyens qui ont été mis en place pour éviter qu'il y ait des... de la...
tu sais, des collusions entre peut-être un promoteur et un élu municipal?
Mme Duranceau : Oui. Non, ce sont
d'excellents points, là, je suis tout à fait d'accord avec vous. Je tiens à
dire que ce programme-là, il a passé quand même toutes les étapes
d'approbation, là. Le Conseil du trésor a donné son «sign-off», là, donc on considère que les règles vont être
respectées là-dedans. Mais effectivement c'est quelque chose que... en
tout cas, que moi, je garde en tête aussi, là, dans la gestion ou l'appréciation
de tout ça.
Mme Dufour : Oui. Ce n'est peut-être
pas le Conseil du trésor, mais plutôt que la Commissaire à l'éthique ou l'UPAC
qui devraient regarder ce genre de programme là et voir comment on peut
s'assurer qu'il n'y ait pas d'enjeux de ce côté-là. Surtout qu'on rajoute, avec
le PL n° 16, là, la Loi modifiant la Loi sur
l'aménagement et l'urbanisme, qu'il pourrait y avoir un outil de zonage
incitatif où, encore une fois, là, les élus pourraient être appelés à négocier
avec des promoteurs, des ajouts, là, en échange de densité supplémentaire. Il
va falloir être prudents parce que, malheureusement, c'est ça, on n'est jamais
loin d'une dérive, quand il y a autant de gens, hein? Il y a plus de 1 100 municipalités et plusieurs
conseils municipaux, alors on peut... On parle de dizaines, une dizaine de
milliers, là, d'élus, donc...
J'ai... Est-ce que j'ai terminé de mon temps?
Le Président (M. Schneeberger) : Non,
non.
• (12 h 50) •
Mme
Dufour : Non? OK. Excusez-moi. Donc, je voudrais
simplement, c'est ça, m'assurer qu'on... que ce soit très bien encadré.
C'est vraiment important.
Je vais
revenir aussi encore sur le rapport du Vérificateur général qui parlait qu'une
des critiques d'AccèsLogis, là, c'est
qu'il n'y avait pas d'assurance que la clientèle qui restait là, OK, quand son
revenu augmente, bien, ils ne laissent pas la place à quelqu'un qui en a
le besoin. Et donc finalement ils ont noté qu'il y avait quand même plusieurs personnes, dans ces unités-là, qui étaient... qui avaient
des revenus loin d'être modestes. Et comment on va s'assurer que le PHAQ, lui,
réponde aux préoccupations du Vérificateur général.
Mme Duranceau : Oui, effectivement,
là, ça, c'est un autre bon point, c'est la question de droit de maintien dans
les lieux, hein? Notre système de gestion, là, locataires, propriétaires, un
des grands principes, c'est celui-là, le droit
de maintien dans les lieux. Puis l'autre, c'est la négociation, le loyer
négocié entre les propriétaires et le locataire. Donc, c'est... on
regarde ça. Je ne peux pas vous dire quelle forme ça va prendre, mais on est
bien conscients de ça. Puis Dieu sait qu'on a besoin de logements pour des gens
qui en... qui sont en difficulté, ça fait que je n'ai pas besoin, en plus de ça, qu'ils ne soient pas
occupés par les bonnes personnes, là, je suis entièrement d'accord avec vous.
On regarde ça.
Mme Dufour : OK, donc il y aura un
suivi là-dessus?
Mme Duranceau : Oui.
Mme Dufour : Avec le PHAQ, dans la
première mouture, du moins, il n'y avait pas de garantie d'attribution de PSL,
et ça, ça a été, là, soulevé à plusieurs reprises comme un enjeu,
particulièrement pour les offices municipaux dont la mission, c'est de faire du
logement social. Et donc, s'il n'y a pas de garantie que ça devienne un
logement social quand l'organisme, c'est sa mission de faire du logement
social, comment il peut se lancer dans un projet avec le PHAQ, s'il n'y a pas
de garantie de PSL? Est-ce que ça, ça va être corrigé dans la mouture n° 2?
Mme Duranceau : La logique, ce n'est
pas une garantie, c'est : Appelle, il y en a. Il va y en avoir, ça fait qu'il y en a une, garantie. Dans le fond, ce n'est
pas dans le programme, mais ce qu'on dit, c'est qu'il y en aura tant qu'on
en aura besoin, là. Alors, moi, ça ne m'inquiète pas. Puis, comme je vous ai
dit, on va rendre des tableaux de bord disponibles. Puis cette notion-là de
PSL, on va la suivre aussi pour... Parce que je le comprends, puis c'est une
préoccupation, puis tous les gens qui se situent dans ce quartile-là de revenus
ont le droit de savoir. Puis il y en a qui espéreraient
avoir un logement social, alors on va s'assurer de rendre cette information-là
disponible puis d'agir pour que, justement, ce soit disponible.
Mme Dufour : Merci. Je vais garder
le temps restant pour le prochain bloc.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui?
OK. Parfait. Juste peut-être comprendre que la ministre s'engage à nous envoyer
à la commission les chiffres qui ont été demandés au niveau des logements, si
on a la réponse, bien entendu, là, si on a les chiffres de quatre et demie,
trois et demie... Au début du bloc, il y a eu une question.
Mme Duranceau : Typologie dans le
PHAQ, c'est ça?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Parfait?
Mme Duranceau : Oui, oui, oui, il
n'y aura pas de problème. Il y a-tu un délai pour ça? Non?
Le
Président (M. Schneeberger) : Non. Alors, nous allons maintenant du côté
ministériel, et la députée de Labelle, pour cinq minutes.
Mme Jeannotte : Merci, M. le
Président. Bien, moi aussi, je profite de l'occasion pour procéder aux salutations
d'usage. Mme la ministre, avec son équipe, M. Simard, au TAL, toute
l'équipe de la Société d'habitation du Québec, les collègues des oppositions.
Merci, M. le Président, de me donner la chance, puis d'ailleurs c'est grâce à
la collègue ministre qui m'a nommée adjointe parlementaire, de participer aux
travaux de ces crédits.
Vous savez, d'entrée de jeu, j'aimerais revenir
moi aussi sur la Vérificatrice générale, parce que je trouve ça intéressant que
les oppositions s'y soient attardées. Parce que, dans le fond, on est revenus
sur un programme, AccèsLogis, où, même... surtout les oppositions, justement,
viennent de signaler les difficultés qu'on avait avec ce programme-là. Donc
c'est tout à fait normal que les oppositions posent ces questions-là, puis je
les salue parce que c'est leur rôle puis c'est comme ça qu'on avance. Puis
c'est tout à votre honneur. Puis moi, je trouve ça intéressant, ce qui se passe
ici ce matin, c'est un beau débat, c'est une belle conversation qui permet,
pour nos auditeurs, pour les citoyens, de comprendre où on s'en va.
Ça fait qu'effectivement, moi, j'étais sur la
Commission administration publique et j'ai eu la chance d'entendre de toutes les difficultés qu'il y avait avec AccèsLogis. Et
puis ma ministre, elle m'a devancée, M. le Président. J'étais un peu mal
prise parce que, là, je devais vous lire qu'est-ce qu'on m'avait écrit, mais,
savez-vous quoi, elle a déjà répondu, en quoi le PHAQ était plus pertinent
qu'AccèsLogis, parce qu'on parle d'innovation, on parle d'efficacité. Mais ce
n'est pas grave, je vais lui repermettre de revenir, je suis certaine qu'elle a
encore beaucoup de choses à dire. Mais elle a vraiment expliqué en quoi le PHAQ
va être plus efficace. Notamment, elle nous a dit qu'il y avait des indicateurs
socioéconomiques qui sont là, il y a le secteur privé qui peut être dans le
montage financier.
Vous savez, moi, j'ai
travaillé longtemps au développement économique régional, puis je travaillais
avec des promoteurs qui étaient dans le
secteur du développement économique régional. Et puis, quand on a des bons
partenaires, un montage financier... dans un
montage financier, les projets se concrétisent beaucoup plus rapidement. Ça
fait que ce n'est pas une mauvaise nouvelle, là, que Desjardins soit dans le
montage financier, ou que la FTQ, ou que Fondaction... C'est une bonne
nouvelle. Puis la ministre, elle nous a dit aussi que, non seulement il y a de
l'argent, mais il va y avoir des bras pour nous aider à livrer ce programme-là.
Ça fait que, tu sais, ça va... Moi, là, je pense vraiment, M. le Président, là, j'ai envie de vous dire que je suis...
comment dirais-je, je suis heureuse parce qu'on est partis sur la
bonne... dans la bonne direction, là.
Faire semblant qu'il
n'y a pas eu... qu'on n'est pas en crise, là, qu'il n'y a pas eu de pandémie,
là, ça n'a pas de bon sens, là. M. le Président, vous êtes Suisse d'origine. Je
suis allé en Suisse cet hiver. La crise est mondiale, là. L'habitation, ce
n'est pas juste au Québec. Puis en Suisse, on me parlait de la crise. Ça fait
que dire que, là, on aurait dû garder AccèsLogis intégralement, là, alors qu'on
fait suite à la pandémie puis que la Vérificatrice générale nous a dit que ce
programme-là était plein d'anomalies, là, puis les oppositions sont revenues
encore là-dessus, ça aurait été une grave erreur. Au contraire. M. le
Président, on parle d'efficacité, on parle de suivi, de rigueur, ça fait que
moi, M. le Président, là, je veux vous convaincre, là, puis vous dire, là,
qu'on est vraiment dans la bonne direction.
Alors, justement,
dans ce sens-là, bien, je vais vous parler des gestes qu'on a posés. Vous avez
raison, les oppositions nous disent qu'on fait des annonces, c'est vrai. Donc,
en 2022, la prédécesseure de ma ministre, à l'époque,
avait annoncé un partenariat avec trois grands partenaires, elle avait déjà
commencé : la FTQ, le Mouvement Desjardins et Fondaction. Grâce à
cette initiative, c'est 395 millions qui avaient été mis, à l'époque, puis
c'est 3 000 nouveaux logements abordables et sociaux qui ont été rendus
disponibles à court et à moyen terme. Et puis, dans son annonce, grâce à une
subvention du gouvernement de 350 millions, M. le Président, eh bien, pour
des projets d'habitation qui seront réalisés
par le Fonds de solidarité FTQ et le Mouvement Desjardins, ces derniers s'étaient
engagés à rendre disponible
2 000 logements abordables et sociaux sur un horizon de trois ans.
Ils s'engageaient aussi à assurer leur abordabilité jusqu'à 35 ans,
M. le Président. Quand même notable, là, 35 ans.
Puis moi, là, en tant
que députée de Labelle, qui représente une circonscription...
Le Président (M.
Schneeberger) : ...
Mme
Jeannotte : ... — oh! une minute, d'accord — rurale,
vous savez, les régions, pour moi c'est très important. Donc, c'est intéressant de voir que le Fonds de
solidarité et puis... est dans 10 régions du Québec, tandis que Desjardins
a des projets dans 14 régions du
Québec. Ça fait que, penser, là, que ça va être juste à Montréal, là, c'est
totalement faux.
Ça
fait que, l'autre aspect des annonces de la ministre, le 29 juin, c'est
l'implication de Fondaction. Fondaction, là, c'est une autre entité qui
va nous aider, là, à faire en sorte que ça aille plus vite puis avec une
subvention de 45 millions de notre
gouvernement, pour un total de 1 000 logements abordables
supplémentaires de type copropriétés. Puis ça aussi, c'est intéressant,
M. le Président, parce qu'on parle beaucoup d'accès à la propriété. Les jeunes,
hein, qui veulent avoir accès à la
propriété, difficile. Mais là c'est super, là, 1 000 logements
abordables, je le répète, de type copropriétés qui seront construits sur
l'ensemble du territoire du Québec en cinq ans, dans le cadre du Fonds Coop
Accès Proprio, mis sur pied par Fondaction, la confédération québécoise...
Le Président (M.
Schneeberger) : En terminant.
Mme
Jeannotte : Ça fait que ma question pour la ministre...
Le Président (M.
Schneeberger) : Bien, ça va être tantôt...
Mme
Jeannotte : ...j'aimerais ça
qu'elle nous revienne, parce qu'elle nous a déjà donné beaucoup d'éléments, mais
pourquoi est-ce que les fonds fiscalisés...
Le Président (M.
Schneeberger) : Merci beaucoup...
Mme
Jeannotte : ...sont capables de faire des choses différemment? Merci.
Le Président (M.
Schneeberger) : Merci beaucoup. Nous n'avons plus de temps, alors ça
ira à tantôt.
Alors, à cette
heure-ci, nous allons lever la séance et suspendre les travaux jusqu'à
14 heures.
(Suspension de la séance à
13 heures)
(Reprise à 14 heures)
Le Président (M.
Schneeberger) :
Alors, nous allons reprendre nos travaux.
Je vous rappelle que
la commission est réunie cet après-midi pour poursuivre le volet... les études
du volet Habitation des crédits budgétaires
du portefeuille Affaires municipales et Habitation pour l'exercice
financier 2023‑2024.
Alors, nous en sommes
sur un nouveau bloc pour la députée de Mille-Îles, pour un temps de
18 minutes et 21 secondes.
Mme Dufour : Merci
beaucoup, M. le Président. Et rebonjour à tous. J'espère vous avez bien mangé.
Je vais continuer sur... sur le PHAQ, le programme Habitation abordable Québec.
D'abord, je voudrais... je voudrais savoir si la SHQ a établi une stratégie,
comment elle va s'assurer que l'argent qui est mis dans les projets... surtout
les projets privés, là, c'est surtout la portion qui me préoccupe, c'est le
tiers des unités réservées au privé, qui va... que ça va aller à ceux qui en
ont le plus besoin. On en a un petit peu parlé tout à l'heure, mais je reviens
là-dessus, savoir comment on va s'assurer que ça aille à ceux qui en ont le
plus besoin, dans l'octroi, donc, des logements lui-même.
Mme
Duranceau : Oui. Bien, écoutez, on n'a pas encore défini comment on va
les déployer. On est là-dedans, là.
On n'a pas pris notre décision finale. Mais les mêmes règles, là... C'est un
appel à projets avec une grille de sélection.
Alors, les mêmes règles qui se sont appliquées dans la version 1
s'appliqueront dans la version 2 pour qu'on fasse le choix des
meilleurs... des meilleurs projets. S'il y a un élément que je peux mentionner,
là, qui est digne d'intérêt, là, c'est que, clairement, les projets qui sont
les plus prêts à partir seront sans doute privilégiés, là.
Mme Dufour : Oui, en fait, ma
question, M. le Président, ce n'est pas du tout par rapport aux projets, mais plutôt à ceux qui vont loger dans les immeubles
une fois construits. Donc... C'était d'ailleurs un des enjeux qui étaient soulevés
dans le rapport du Vérificateur général concernant AccèsLogis, qu'il n'y
n'avait pas une vérification, une assurance que les revenus des gens... dans le
fond, que les logements étaient attribués aux plus... à ceux qui en avaient le plus besoin. Et c'est sûr que, pour
moi, je vous l'ai mentionné plus tôt, c'est important que les fonds publics
non seulement aillent dans le bien collectif
mais aussi aux plus démunis. Et vous étiez d'accord avec ça, Mme la ministre,
que c'était important, plus tôt. Donc, comment on va vérifier le revenu de ces
projets-là? Parce que c'est octroyé au privé. Il y a-tu... Quelles sont
les mesures de contrôle auprès des privés?
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre.
Mme
Duranceau : Alors, je vais vous demander, vu que la réponse,
là, est peut-être un peu plus technique, là, dans les modalités du
programme, si je peux passer la parole à M. Claude Foster.
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui.
Mme Dufour : Avec plaisir.
Le Président (M. Schneeberger) : Allez-y,
M. Fortier.
M. Foster (Claude) : Merci, M. le Président. Alors, à l'allocation d'un logement
abordable, le ménage doit remplir un formulaire de déclaration attestant que
ses revenus ne dépassent pas les seuils maximaux établis par la société. Donc, il y a vraiment un mécanisme, là,
qui nous permet, lorsqu'on signe avec les propriétaires privés... comme
quoi que c'est vraiment du logement abordable.
Donc, à
partir de là, lorsqu'on reconduit un bail, le ménage doit aussi le reconfirmer.
Donc, il y a un processus, encore une fois, qui va être suivi par les
ressources de la Société d'habitation du Québec.
Évidemment, lorsqu'on prend l'ensemble des
logements qui seront à vérifier, bien, évidemment, on y va avec un processus de
déclaration, mais, dans certains cas, on pourra faire des vérifications un peu
plus approfondies.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci.
Mme Dufour : Est-ce que ce sont les
mêmes critères qu'AccèsLogis? Le même genre de formulaire?
M. Foster (Claude) : En fait, c'est similaire. En fait, ce qu'on veut s'assurer,
c'est que ça aille aux bonnes personnes.
Mme
Dufour : Excellent. Avec les offices municipaux
d'habitation, il y a un registre, il y a une liste d'attente qui a été
établie. Est-ce que le PHAQ va faire appel à cette liste d'attente là?
M. Foster (Claude) : Évidemment, lorsqu'on prend le logement abordable, ce n'est
pour le logement social à 25 % des
revenus. Donc, lorsqu'on prend le logement à 25 % des revenus, donc le
PSL, c'est la liste d'attente, tandis que quand on parle du logement
abordable, donc selon les loyers médians, donc, à partir de là, ça peut être
quelqu'un qui n'est pas sur la liste, mais on ose espérer qu'à partir du moment
où est-ce qu'on libère un logement, qu'on soit capables d'avoir accès à
d'autres... à d'autres logements pour des personnes qui sont dans le besoin.
Mme Dufour : Je vais continuer à
échanger avec la ministre là-dessus parce que je pense que c'est important de comprendre sa vision à elle là-dessus. Il y a
une liste d'attente dans les OMH des gens qui ont besoin d'un logement,
certes, de logement social, mais c'est... présentement, ces gens-là paient trop
cher, et certains, ça va jusqu'à 70 % de leur revenu, parfois. Alors,
déjà, une première étape serait un logement abordable. Est-ce qu'on va les
privilégier d'abord, avant de privilégier des gens qui n'ont peut-être jamais
été sur une liste d'attente et qui, finalement, ont les moyens de se payer
quand même des logements plus... plus dispendieux?
Le Président (M.
Schneeberger) : Mme la ministre.
Mme Duranceau : Oui. On va...
Premièrement, chaque projet, là, est issu, tu sais, de la communauté, là, de
toute façon. Et, quand il y a un projet qui est lancé, il y a une clientèle qui
est visée, là, pour ça, présumément. Et moi, je suis d'accord avec vous, là,
un, on fait une vérification que les gens ont les revenus qui rentrent dans...
qui correspondent aux règles. Après ça, là, dans le menu détail sur le terrain,
je pense que les gens travaillent ensemble, les
offices d'habitation. Les gens... Les projets du PHAQ, là, ils peuvent être
100 % PSL, là, au besoin. Alors, ça va être disponible.
Donc, c'est une très bonne question dans... puis
«devil's in the details», alors je suis entièrement d'accord puis je vais
m'assurer qu'on fait... ce suivi-là est fait. Mais de quelle façon, sur le
plan, là, très concret, je ne peux pas répondre là, mais je pense que c'est une
excellente question, puis on va s'assurer de pouvoir y répondre.
Mme Dufour : Mais, pour moi, les
projets 100 % PSL devraient, d'abord et avant tout, être... privilégier
les gens qui sont dans la liste d'attente. Il y a des gens qui sont dans ces
listes depuis plusieurs années. Donc, on doit travailler avec les offices. Et,
si je ne me trompe pas, il y a maintenant un registre centralisé, donc ça
devrait faciliter, donc. Et, comme AccèsLogis est appelé à disparaître, est-ce
qu'il y aura éventuellement une liste d'attente PHAQ qui va se créer,
spécifique à ça? Tu sais, où vont aller les gens qui auront besoin... quand ils
vont vouloir s'inscrire dans des listes d'attente, dans le futur? Est-ce qu'ils
vont aller dans les OMH?
Mme Duranceau : Bien, c'est ça. En
fait, ce qui est purement logement social, qu'il soit AccèsLogis, qu'il soit
PHAQ ou qu'il soit HLM, ce sont les offices d'habitation qui gèrent ça. Alors,
la liste d'attente, là, est centralisée au niveau des offices d'habitation, qui
sont le prolongement, là, de la SHQ sur le terrain. Et puis ce n'est pas grave.
Encore une fois, le programme... puis ça va avoir été fait par Desjardins ou
par le Fonds de solidarité, ce n'est pas
important. L'idée, c'est qu'il y a un parc immobilier financé par le
gouvernement, et on fait le suivi de ce qui est disponible. Puis,
effectivement, les gens qui sont sur une liste d'attente puis qui s'inscrivent
auprès des OH, bien, quand il y aura quelque chose qui se libère dans le
système, ils vont y avoir... ils vont y avoir accès.
Mme Dufour : Mais est-ce que les
projets PHAQ privés vont avoir à utiliser cette liste d'attente là, éventuellement? Parce que je reviens toujours aux
enjeux de comment on va privilégier qui va loger, et on veut s'assurer qu'il
n'y ait pas de favoritisme même dans l'octroi des places dans les logements.
Parce que la liste d'attente, elle
est très longue. On parle de plus de, quoi, 34 000 personnes,
familles sur la liste d'attente au Québec. Alors, comment on va les
privilégier et que ce ne soit pas quelqu'un qui, soudainement, sa situation a
changé, mais il connaît le gestionnaire de l'immeuble et passe avant tout le
monde?
Mme Duranceau : Je comprends que ça
va être la même chose que dans AccèsLogis, là. Puis personne ne chicanait,
supposément, de votre côté, contre AccèsLogis, ça fait que c'était la bonne
façon de faire, semble-t-il. Puis... Mais par contre, vu que c'est plus
opérationnel, là, si vous me permettez, je vais référer à M. Foster pour
cette question-là.
M. Foster (Claude) : Vous faisiez mention au registre partagé, qui est
effectivement une centralisation par rapport à certains offices d'habitation
présentement, Laval et Québec, pour un registre partagé. Alors, c'est une seule
porte d'accès qui permet, selon la tenure,
de pouvoir faire application. Donc, dépendamment du profil du locataire, au
lieu de faire le parcours de 100 portes ou de 150 organismes, il va à
un seul endroit, c'est géré par l'office municipal, et, à partir de là, selon les critères au niveau
des revenus puis selon aussi la volonté, peut-être, de s'impliquer par rapport
à, exemple, un coopérant ou dans un OBNL, bien, ça permet de faciliter l'accès
au logement social et abordable.
Donc, évidemment, ça, c'est des succès dans
chacune de ces régions-là où toutes les tenures se sont... se sont mises en commun pour mieux desservir le citoyen,
faciliter le parcours du citoyen en fonction de sa situation puis son parcours
résidentiel.
Mme Dufour : Je veux juste poser une
question à M. Foster, je vais en profiter, parce qu'en fait, si j'ai
mémoire, là, dans le rapport du Vérificateur général, il y avait une
recommandation de créer un registre centralisé, mais pour l'ensemble du Québec. Et là c'est un rapport de 2020, donc je
comprends que ça n'a pas été, en fait, réalisé, que c'est seulement...
Je savais que ça existait à Laval, c'est pour ça que je pouvais en parler, mais
là je comprends que ce n'est pas à l'échelle du Québec. Est-ce que vous
travaillez là-dessus pour le rendre à l'échelle du Québec?
• (14 h 10) •
M. Foster (Claude) : Je vous dirai que le succès qu'on a eu à Québec, on espère
pouvoir le reproduire dans chacune des
régions du Québec. Pour que le registre partagé fonctionne bien, il faut
s'assurer, justement, que les parties prenantes adhèrent au système. De
l'imposer, je ne suis pas certain que c'est une bonne chose, mais, lorsqu'on
regarde les avantages du registre partagé pour le citoyen, habituellement, les
gens adhèrent. Donc, c'est sur cette formule-là qu'on veut travailler avec
l'ensemble des régions pour être capables, justement, de faciliter, là, l'accès
au logement social et abordable.
Mme Dufour : Bon, écoutez, je vais
maintenant parler des projets, justement, fiscalisés. Là, ça va être, s'il vous
plaît, la ministre qui va répondre. Mais, d'abord, je vous félicite, là. J'ai
vu l'annonce qu'il y avait 2 900 unités qui
seraient réalisées plutôt que 2 000 avec... c'est la FTQ et Desjardins.
Donc, ça, c'est une bonne nouvelle. On a définitivement besoin de projets. Par
contre... Plus d'unités. Par contre, je reviens un peu aux questions
précédentes, sur quelle base les locataires vont être choisis? Est-ce que ça va
être premier arrivé, premier servi? Parce que, là, eux sont en dehors des programmes, là. Je sais que la ministre disait plus
tôt qu'elle veut le moins de programmes possible, mais un avantage dans
les programmes, c'est qu'il y a une certaine normalisation, un certain
encadrement. Quand on est hors programme, la latitude peut mener à des dérives.
Et je reviens toujours à ça : Comment on va s'assurer que l'attribution
des logements soit faite correctement? Qui va gérer ça, exactement?
Mme
Duranceau : C'est fait pareil comme dans AccèsLogis, là, pour le
moment, là. Ça, cette approche-là, elle n'a pas été changée. Les projets qui
sont soumis aux fonds fiscalisés, comme j'ai mentionné tantôt, ce sont des
organismes communautaires qui les soumettent, ça fait que les mêmes qui étaient
là puis qui sont encore là, dans AccèsLogis, là, puis qui sont là dans le PHAQ
aussi. Ça fait que c'est le même monde.
Alors là, comment ils
faisaient ça avant? Bien, c'était à travers les offices d'habitation, où, quand
il y avait une subvention PSL, les gens partaient de cette liste-là. Puis après
ça, bien, il faut rentrer dans les critères, là. Puis je comprends ce que vous
soulevez, ce sont d'excellents points, là, sur «pas de favoritisme», tout ça,
mais là, quand on fait une maison pour des femmes violentées, là, le
favoritisme, là, je veux dire, il n'est pas...
Mme Dufour : M.
le Président, ma question concerne toujours les unités privées de ces...
Mme
Duranceau : Mais ils en font, ils en font, de ces unités-là. Ça fait
partie du programme.
Mme Dufour : Je
comprends, mais ma crainte, et je l'ai dit, là, les organismes, je suis... je
suis quand même rassurée quant aux organismes, mais ma crainte, c'est lorsqu'on
est dans le marché privé. À qui vont se rapporter... Tu sais, quand on est dans des... des logements sociaux, bien, il y a
des... une coopérative, il y a un... un comité de logements, il y a un
conseil d'administration, il y a une structure d'encadrement. Quand on tombe
dans le privé, là, on est dans... c'est vraiment autre chose.
Alors,
qui va encadrer ces logements-là, qui vont être dans le privé? Puis comment, je
répète, comment va être attribués les logements? Qui va en être
responsable? Est-ce que, chaque projet, c'est un... un propriétaire précis, et
on ne sait pas c'est qui présentement? Comment ça va être géré?
Le Président (M.
Schneeberger) : Mme la ministre.
Mme
Duranceau : Oui. C'est la... Je le répète, là, que le projet soit avec
un groupe communautaire ou avec le privé, il est conventionné, là. Il y a une
convention avec la SHQ, et c'est la SHQ qui est responsable de suivre ça puis de s'assurer qu'il n'y a pas de... qu'il n'y
a pas d'abus, là, puis que ce sont les bonnes personnes qui sont là-dedans.
Mme Dufour : Donc...
Donc là, si je comprends bien, c'est l'office qui va aller voir, faire un suivi
à une certaine fréquence. Donc, si le Vérificateur général, ou la Vérificatrice
maintenant, veut aller faire... savoir comment ça s'est... si ont été utilisées ces unités-là, bien, ça va être à
travers la SHQ qu'on va pouvoir avoir l'information. Donc, ça va être
dans un genre de tableau de bord?
Mme
Duranceau : J'imagine. C'est une bonne formule.
Mme Dufour : Donc...
Donc, ce n'est pas encore en place?
Mme
Duranceau : Non, parce que, dans AccèsLogis, ça n'avait pas l'air de
trop vous préoccuper. Là, je comprends que, bon, le privé peut être...
engendrer toutes sortes de considérations, là, comme vous dites, puis je suis d'accord avec ce que vous avez dit tantôt sur la
ville de Laval, mais on va s'assurer que c'est fait dans les règles de l'art,
là.
Mme Dufour : Il
n'y avait pas de privé dans AccèsLogis, alors ce n'était pas la même
inquiétude.
Mme
Duranceau : Non, non. Je sais. J'ai corrigé ce que j'ai dit.
Mme Dufour : Écoutez, là j'ai une question par rapport au délai
que vous aviez mentionné, le 12 mois. 12 mois, on a dit que c'était finalement à partir de
septembre. Et, vous savez, je viens du milieu municipal, j'en ai vu passer, des
projets, et, des fois, les délais, ils ne
sont pas nécessairement la faute des promoteurs. Je vous ai mentionné,
actuellement, il y a un enjeu de main-d'oeuvre, évidemment, des fois,
des soumissionnaires, parce qu'ils font affaire avec des sous-contractants,
mais tout aussi la question des changements de zonage, les... s'il y a un PIIA,
un plan d'intégration architecturale, les délais d'octroi de permis, etc...
C'est... C'est à quelle étape qu'il faut que les projets soient rendus dans le
12 mois exactement? Est-ce que tout ça doit déjà avoir été réalisé avant
le 12 mois?
Le Président (M.
Schneeberger) : Mme la ministre.
Mme
Duranceau : Oui. Il faut que... à l'intérieur du 12 mois,
qu'il y ait un contrat de donné à un entrepreneur pour démarrer les
travaux.
Mme Dufour : OK.
Donc, le changement de zonage doit avoir été réalisé, il doit être passé au
comité consultatif en urbanisme, il doit avoir eu son... son permis,
parce qu'on ne peut pas partir et donner un contrat sans qu'on ait de permis à
un soumissionnaire. Juste, là, un changement de zonage, c'est un an quand...
quand les choses se passent bien. On peut
peut-être l'accélérer à 10 mois, mais c'est assez rare, merci. Et, si on
ajoute un PIIA, le moindrement, et ce qui
est de plus en plus utilisé dans les villes, bien, on rajoute un autre trois
mois. Puis les délais d'octroi de permis pour des projets comme ça, parce qu'il faut calculer le délai des villes,
bien, ils doivent analyser les dossiers, etc., ça prend plusieurs semaines,
voire quelques mois pour des projets comme ça. Alors, mathématiquement, ça ne
peut juste pas marcher. Je ne
comprends pas comment on arrive avec un délai de 12 mois s'il y a ce genre
de changement là nécessaire. Et il n'y a pas un seul promoteur qui va
s'embarquer dans un changement de zonage s'il n'y a pas la certitude qu'il va
pouvoir faire son projet. Alors, mathématiquement, je ne vois pas comment c'est
possible. Expliquez-moi, ça.
Le Président (M.
Schneeberger) : Mme la ministre.
Mme Dufour : J'aimerais
que la ministre m'explique comment elle voit ça.
Mme
Duranceau : Bon, bien, si c'est ça, ça va me faire plaisir d'expliquer
ça. D'une part...
Des voix :
...
Mme
Duranceau : Idéalement, vous
écoutez ma réponse. Donc, d'une part, c'est pour ça que le six mois est là.
C'est que, s'il y a des délais, on a une marge de manoeuvre. C'est que, trop
souvent, en AccèsLogis, il n'y a rien qui se passait pendant de nombreux
mois. Là, ces délais-là, serrés, obligent d'être toujours en mouvement. Puis,
s'il y a des délais additionnels qu'il faut aller chercher, on s'assoira. Je
suis d'accord avec vous qu'au niveau des municipalités, pour différentes
raisons, ça peut... ça peut prendre plus de temps, mais, justement, dans la
sélection des projets, tout ça est considéré aussi, là. Ce n'est pas vrai qu'on
va laisser aller des projets qui... commencer par faire le bout d'être sûr que
le projet est réalisable, puis après ça on gèlera de l'argent dans ce
projet-là, là. Donc...
Puis, l'autre chose,
moi, depuis que je suis en poste, je travaille avec les municipalités. Tu sais,
vous me demandez : Comment... Comment
vous allez faire pour attribuer les prochains projets, là? Bien, les
municipalités où ça bouge, puis qui
sont dans l'action, puis qui ont déjà identifié des terrains, puis qui ont déjà
des sommes de disponibles, on va travailler avec ces municipalités-là.
Croyez-moi, il y en a beaucoup.
Mme Dufour : Bien,
les délais que je vous ai mentionnés, c'est des délais légaux, là, imposés par
la loi, là. Ce n'est pas que les municipalités se tournent les pouces, là,
c'est qu'à un moment donné il y a des responsabilités, puis elles doivent
suivre un changement de zonage. Bien, il faut passer trois fois au conseil. Ça
doit passer à... Il y a plein d'étapes. Puis
ça passe par le ministère des Affaires municipales. Bref, c'est utopique de
penser qu'en 12 mois un tel projet peut s'être rendu. Puis...
Mme
Duranceau : Non, mais il y en a, des projets de plein droit, là, je
veux dire.
Mme Dufour : Il
y a effectivement des projets de plein droit, mais il y a de... il y a beaucoup
de cas de PIIA qui existent, et ça, les
échanges sont grands. Et, de plus en plus, les municipalités n'ont pas le choix
d'en mettre en place parce qu'on veut intégrer, on veut s'assurer qu'il
y a des mesures environnementales. Alors, c'est utopique de penser qu'en
12 mois ça va être complet pour tous. Merci.
Le Président (M.
Schneeberger) : Merci, Mme la députée de Mille-Îles. Alors, nous
allons maintenant du côté de la deuxième opposition avec le député de Laurier-Dorion.
Et je vous écoutais ce matin, M. le député de Laurier-Dorion, j'aimerais que
vous vous adressiez à la présidence le plus souvent possible, parce que, ce
matin, vous avez... la formulation était
souvent directement avec la ministre, et vous savez qu'on ne personnalise pas
le débat. Merci.
M.
Fontecilla : J'en suis sincèrement désolé, monsieur, pour m'adresser à
la ministre, M. le Président. Je vais faire un effort.
M. le Président, vous
continuez à soulever la question des logements abordables, sociaux. Il existe
quand même une certaine ambiguïté ou confusion concernant les définitions des
logements sociaux et abordables, qu'est-ce que c'est. Et je vois, dans la...
comme réponse à la question 22, là, dans le cahier des crédits fourni par la Société
d'habitation du Québec, là, que le programme AccèsLogis Québec ne finance pas
la construction de logements sociaux, mais la construction de logements
abordables.
Donc,
j'aimerais que la ministre nous éclaire notre lanterne. Qu'est-ce que c'est
pour vous, madame, la définition de logement social et la définition de
logement abordable?
• (14 h 20) •
Mme
Duranceau : Le logement social, là, c'est quand les gens ne paient pas
plus que 25 % de leurs revenus en loyer. Puis le logement abordable, c'est
quand ce seuil-là, il est à 30... il est à 30 %.
M.
Fontecilla : OK. Est-ce que, dans les unités fournies par
AccèsLogis, les gens paient 25 % ou plus de 30 %... ou
30 % de leurs revenus en termes de loyer, là?
Mme
Duranceau : Bien, dans AccèsLogis, si l'unité était assujettie d'un
PSL, ils payaient 25 % de leurs revenus. S'il n'y avait pas de PSL associé
à l'unité d'hébergement, bien, à ce moment-là, ils payaient un loyer qui est
fonction du loyer médian dans la région donnée, là, puis qui ne dépasse pas
30 %, là, je présume.
M. Fontecilla :
Donc, AccèsLogis, M. le
Président, AccèsLogis est en quelque sorte un programme hybride, là,
puisqu'il accueille des personnes qui reçoivent un PSL et des ménages qui n'en
reçoivent pas. Donc, oui, une partie, une bonne partie, à ce que j'en sache,
là, AccèsLogis, là, la moitié des ménages d'un projet AccèsLogis, là, reçoit du
supplément au loyer, là. Donc, la moitié est du logement social, là, n'est-ce
pas?
Mme
Duranceau : Bien, comme dans le Programme d'habitation abordable
Québec, là. Il y a des unités qui sont assorties d'un PSL, il y en a d'autres
qui ne le sont pas.
M. Fontecilla :
Tout à fait. Il y a une... Il y a
une notion qui est étroitement associée à... bien, en fait, deux notions qui
sont étroitement associées au logement social. Tout d'abord, c'est une
propriété socialisée, ou collective, là, ou publique, là, dans le cas des HLM,
par exemple, ou une coopérative d'habitation, ou un OSBL, là. Donc, il y a la
pérennité à très long terme, ce que le PHAQ ne permet pas nécessairement. On va
se rappeler qu'au tout début, là, le discours officiel de la CAQ, là, c'était
que le programme PHAQ, là, était... s'adressait tout particulièrement au secteur privé et donc visant de la propriété privée
à très long terme. Là, maintenant, ça a changé un peu, là, et on va y revenir, là. Donc, la question de la propriété collective à
très... à long terme et, d'autre part, la question de la participation des
locataires à la gestion, là. Dans les coopératives d'habitation, par
exemple, vous avez la... en soi, c'est de la gestion collective. Dans le cas
des HLM, il y a des comités d'usagers. Peut-être, M. Foster pourrait nous
le confirmer. Dans le cas d'OSBL aussi, ça
fait partie de la définition, donc la gestion collective. Donc, il y a ces deux
aspects-là. Comment... Donc, sur la question de la pérennité de la...
d'une formule à long terme est assurée dans tous les projets PHAQ et la
question de la participation, là, est reprise dans le programme PHAQ.
Le Président (M.
Schneeberger) : Mme la ministre.
Mme Duranceau :
Oui. Bien, écoutez, dans le
programme PHAQ, on parle d'une abordabilité pour une période de 30 ans, là, ça fait que c'est sûr que ça
pourrait être plus long, là, mais je pense que c'est un bon horizon,
premièrement. Deuxièmement, effectivement, les HLM propriétés de l'État,
il y a d'autres propriétés qui sont... d'autres immeubles qui sont propriétés d'OBNL, de coop puis de...
c'est ça, OBNL et coop. Il y a des modèles où il y a des... il y a des cas qui sont très heureux, c'est-à-dire que ça se
passe bien, on a les bonnes personnes au sein du conseil d'administration,
on a les bonnes personnes impliquées, puis on a des cas où ça se passe pas très
bien, et qu'à ce moment-là il y a des mises sous tutelle, puis que la SHQ est
obligée de reprendre l'immobilier parce que les gens n'ont pas géré les choses
comme il faut, pas d'états financiers, pas d'entretien, et là on a un immeuble
qui se retrouve en piètre état, puis il faut reprendre ça.
Alors,
ce que je dis... Je ne dis pas que le modèle n'est pas bon. Je dis que ça en
prend, un modèle de propriété publique, là, comme ça, mais, quand on est
venus ajouter la notion de privé, ce n'était pas pour dire : L'autre n'est
pas bon, c'est juste pour dire : On a
besoin de plus d'aide, explorons d'autres avenues, puis les deux peuvent...
peuvent croître à long terme en
parallèle, là. Mais je suis d'accord avec vous que, quand on sort de la logique
de la profitabilité des immeubles, bien, on s'assure d'une abordabilité
à plus long terme. Puis je l'ai dit dernièrement aussi, je pense, c'est une... une des avenues pour éviter, là, des ventes
d'immeubles puis des hausses de loyer importantes, là, c'est de les sortir du
marché, alors de se porter acquéreur de ça. Mais il faut faire ça de manière
diligente. Ça reste financier aussi, là.
Le Président (M.
Schneeberger) : Député de Laurier-Dorion.
M.
Fontecilla : Écoutez, je voudrais continuer ce sujet-là. On sait que,
dans... mais le temps manque, on sait que, dans plusieurs pays, la constitution
d'un important secteur de logements est socialisée et continue... et contribue
à garder les loyers à bas prix, là, mais j'aimerais... vous savez que la très
grande majorité des ménages locataires vivent dans le secteur privé, là.
J'aimerais aller du côté du Tribunal administratif du logement, là. On a
appris, le 14 mars dernier, par le
Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec et
par le Syndicat de la fonction
publique et parapublique du Québec,
là, qui ont dénoncé la détérioration des services dans les bureaux du
TAL... les deux organisations soutiennent qu'actuellement des locataires
perdent leur logement en raison d'une rupture des services. Par exemple, le
délai d'attente moyen était de 13 jours pour obtenir un rendez-vous, ça
peut dépasser jusqu'à 20 jours. Le bureau de Matane, par exemple, n'est
ouvert qu'une journée par mois. En Beauce, le service de... le point de service
n'a aucune disponibilité pour les entrevues sur place, et donc les délais pour
obtenir un rendez-vous s'allongent, la ligne téléphonique du TAL est souvent
injoignable. Et, étant donné que le locataire dispose, en général, de seulement
30 jours pour répondre à un avis de leur propriétaire, la situation peut
être très, très compliquée pour beaucoup d'entre eux. Et, d'autre part,
l'utilisation de la ligne par... de la ligne Internet, ça exige souvent des compétences en littératie, là, qui
dépassent la capacité de beaucoup de gens, là. Qu'est-ce que vous pouvez
nous dire à propos de ces dénonciations-là?
Le Président (M.
Schneeberger) : Mme la ministre.
Mme
Duranceau : Oui. Première des choses, bon, il y a une pénurie de
personnel partout, alors peut-être que ça peut expliquer une portion de ce que
vous dites. Deuxièmement, les cas urgents, le tribunal administratif ou... il y
a quelqu'un pour accueillir les gens, là, qui ont besoin de se faire dire c'est
quoi, la prochaine étape dans un cas d'éviction. Il n'y a pas d'attente pour ça
du tout. Et, troisièmement, ce que vous racontez là, je pense qu'il y a des négociations de convention collective qui sont en
cours, puis on ne va pas, nous, en tout cas, aller sur la place publique,
là, négocier... négocier ces choses-là. Donc, il y a un contexte aussi à ce que
vous me racontez que je pense qu'il est important de souligner. Alors, voilà.
M. Fontecilla :
Donc, en quelque sorte, il y a...
Est-ce qu'il y a des difficultés pour avoir des services au TAL? C'est
ce que je crois... Vous confirmez les allégations, là?
Mme Duranceau :
Non, pas du tout. Je vais
d'ailleurs, si vous me le permettez, céder la parole à Me Simard, qui
est président du Tribunal administratif du logement. Il va pouvoir vous donner
des détails un peu plus techniques, là, sur la question.
Le Président (M.
Schneeberger) : OK. Il vous reste 45 minutes... 45 secondes.
M. Simard
(Patrick) : Est-ce que vous m'autorisez? J'attends que...
Une voix :
...
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui. OK. Excusez-moi. OK. Alors, ça prend le
consentement, et puis...
Mme
Duranceau : Oui, oui, il a donné son consentement.
Le Président (M.
Schneeberger) : Parfait. Alors, votre nom et juste...
M. Simard
(Patrick) : Merci, M. le Président. Patrick Simard. Je suis président
du TAL.
Alors,
j'apprécie votre question, M. le député. On peut revenir sur un élément
peut-être important qui, peut-être, manque à l'analyse. Les plages
ouvertes, donc l'ensemble des rendez-vous donnés l'an dernier au Québec,
totalisent plus de
75 000 rendez-vous. On a tenu 75 681 rendez-vous qui
étaient disponibles, c'est comme ça que je vais l'exprimer, alors que les citoyens en ont utilisé 63 000,
64 000, environ. Les chiffres exacts, pour faire une histoire courte, il y
avait 11 700 plages de
rendez-vous qui n'ont pas été utilisées. Alors, quant à l'accessibilité, je ne
conviendrai pas du fait que nous ne sommes pas accessibles, bien au
contraire.
À cela s'ajoutent
également des gens qui se présentent sans rendez-vous dans nos bureaux. On en a
tout près de 5 000. Plus précisément, 4 891 personnes se sont
présentées pour des cas urgents et, en même temps, peut-être pour d'autres cas
qui ne sont pas urgents, mais qu'il y avait de la disponibilité, donc on les a
accueillis malgré tout. Donc, quand on fait une petite analyse rapide, on a
près de 80 000 rendez-vous qui ont été disponibles, alors que tous
ces rendez-vous-là ne sont pas utilisés.
Évidemment, il y a
des préoccupations. On est toujours en amélioration continue. Mme la ministre
l'a énoncé, la pénurie de main-d'oeuvre,
elle est partout. Mais la bonne nouvelle, c'est qu'on a reçu
887 candidatures pour les postes à combler chez nous, et les
processus sont en cours. Alors, je peux vous rassurer, l'avenir est certainement
meilleur que le présent.
Le Président (M.
Schneeberger) : Voilà. Voilà. Merci beaucoup. Alors, j'ai laissé
rouler le temps, c'est 40 secondes qui vous sera enlevé sur le prochain
bloc, étant donné que... pour avoir la réponse.
Alors, nous allons
revenir à l'opposition officielle, et la parole est à la députée de Mille-Îles.
• (14 h 30) •
Mme Dufour : Merci. Alors, deux dernières questions sur le
PHAQ. Vous allez être contents, je vais changer de sujet après. Donc, première
question. J'imagine, là, qu'il y a une convention avec les fonds fiscalisés...
bien, PHAQ, en fait, c'est deux dans
ce bloc-là, donc qu'il y a des... j'imagine qu'il y a une convention avec les
fonds fiscalisés. Mais ce que je voudrais savoir, c'est qui la gère, cette
convention-là. Est-ce que c'est la SHQ? Est-ce que ce sont les fonds
fiscalisés?
Mme
Duranceau : Bien, il y a une entente entre la SHQ et les fonds
fiscalisés, puis les critères sur lesquels les fonds fiscalisés se basent pour
faire les projets, ce sont les critères du PHAQ.
Mme Dufour : OK.
Excellent. Puis, selon... Il y a une entente pour la ville de Montréal qui a
été établie, là, à une certaine époque concernant le transfert des budgets,
mais surtout des responsabilités en habitation. Alors, selon cette entente-là,
il y a 40 % des budgets du Programme d'adaptation de domicile, 40 %
du programme Rénovation Québec et 40 %
du programme AccèsLogis Québec qui sont réservés à la ville de Montréal en
2022-2023. Pourquoi ce n'est pas le cas avec le PHAQ?
Mme Duranceau : Ça, c'est l'entente
Réflexe. C'est une entente de 2018, puis elle prenait fin en 2022, là, en 2022.
Puis on est en discussion avec la ville de Montréal, parce qu'on a convenu, la
mairesse Plante et moi, que ce n'était pas idéal, là. Peu
importe comment... Toute l'histoire du passé, là, le futur, il est différent,
puis il faut faire les choses différemment. Alors, on va convenir ensemble de
la meilleure façon, là, de s'y prendre. Nos équipes se parlent. Elle et... Mme Plante
et moi nous parlons, puis on ne laissera pas tomber Montréal, je lui ai dit,
là.
Mme Dufour : Non, c'est certain.
C'est vraiment, quand même, malgré tout, l'endroit où il y a le plus de
demandes en logements, et particulièrement en logements sociaux.
Dans un article dans La Presse,
justement, l'article où vous aviez annoncé la mort du programme AccèsLogis, où
la ministre l'avait annoncée, il y avait aussi une note où... là, je ne l'ai
pas devant moi, là, mais c'était sensiblement... vous disiez qu'il y avait une
vérification qui a été faite des fonds qui avaient été alloués pour AccèsLogis
à Montréal et que le rapport allait être dévoilé d'ici quelques semaines, et
ça, c'était en février. Alors, j'aimerais
savoir si le rapport a été reçu. Est-ce que vous en avez pris connaissance?
Est-ce qu'on en... on connaîtra les détails de ce rapport?
Mme Duranceau : Bien, écoutez, non,
moi, je ne l'ai pas... je ne l'ai pas encore reçu. Je pense qu'il y a eu des délais. Je pense que, dans ces rapports-là,
aussi, les parties se consultent, là, alors... puis, après ça, il y a un rapport
final qui est émis, avec les commentaires
des parties prenantes, là, comme quand le Vérificateur général fait un
dossier, là. Alors, je suis ça de proche, là, j'attends d'avoir les
conclusions, moi aussi, là.
Mme Dufour : ...il sera dévoilé,
public? Est-ce qu'il sera rendu public, le rapport?
Mme Duranceau : J'imagine, là.
J'imagine que ça va... ça va dans l'ordre des choses, là, tout à fait.
Mme Dufour : Parfait. Écoutez, je
vais changer complètement de sujet, je vais aller parler des HLM, les
habitations à loyer modique, et je vais parler de la rénovation,
particulièrement. Le... votre... le gouvernement de la CAQ s'était... avait promis, hein, en 2018, et même, je pense, l'an
dernier, d'accélérer la rénovation des HLM. Et ça a été fait à plusieurs reprises, là, depuis 2020, il y
avait eu différentes annonces. Mais la réalité est tout autre, malheureusement,
les budgets alloués pour les HLM, la remise en état, bien, ça recule d'année en
année.
Et il y a eu différents chiffres qui ont
circulé, là. On voyait dans le budget un des chiffres un peu plus élevé que
l'an dernier. Mais à la question 35 du cahier des renseignements
particuliers, voilà, la question 35, quand on regarde
les budgets... les budgets RAM, RAM étant pour Remplacement, Amélioration,
Modernisation, 2022 et 2023, donc il y a des prévisions pour 2023, le
constat est quand même inquiétant, là. On constate, en fait, une baisse de 65 millions entre... en 2023 par rapport à
2022. On parle de seulement 242 millions qui seraient prévus, selon le
tableau, là, qui a été fourni par la
SHQ, en 2023. Et à Montréal notamment, puis à Québec aussi, il y a des baisses
assez importantes, mais à Montréal,
28 millions de moins. Mais le parc, lui, il dépérit, et ça s'accélère, et
les coûts de rénovation augmentent.
Alors, j'essaie de comprendre comment on peut
accélérer la rénovation en en faisant beaucoup moins, comment on peut faire
plus avec beaucoup, beaucoup moins. Je veux dire, je ne suis pas comptable,
mais je pense que je peux comprendre que la... ça ne marche pas, là.
Mme Duranceau : Non, non, mais ça ne
marche pas quand on ne regarde pas l'ensemble des chiffres. Puis, honnêtement,
c'est un peu compliqué, là. Mais il faut comprendre qu'il y a le RAM non
partageable. Ça fait que ça, c'est des
immeubles avec une entente échue entre le 1er janvier 2014 puis le
31 mars 2019. Ça, c'est le Québec, 90 %, qui finance ça,
puis les municipalités, 10 %. Il y a le RAM partageable, qui est celui
auquel vous faites référence, qui est en baisse, parce que ça, ce sont les
immeubles qui sont sous entente, sous convention avec la SCHL, et, bien, ça
diminue, les immeubles qui sont sous entente. Et ce RAM partageable là, c'est
10 %, les municipalités, 36 %, le Québec,
puis 54 %, le fédéral. Et puis, finalement, il y a l'entente
Canada-Québec, dont je parle souvent, de 2,2 milliards, laquelle
entente, là, va être dans le programme qui va sortir incessamment, et puis ça,
c'est pour les immeubles avec une entente échue depuis le
1er avril 2019.
Alors, c'est sûr que le RAM partageable pour les
immeubles sous entente, il est réduit, mais ce qu'on va voir c'est... si on
regarde l'ensemble des chiffres, c'est que l'Entente Canada-Québec sur le
logement, bien, le RAM, sous cette bannière-là, lui est en augmentation, parce
qu'il y a de moins en... il y a de plus en plus d'immeubles qui se retrouvent
dans cette catégorie-là. Et ça, c'est 10 %, municipalités, 40 %, le Québec,
puis 50 %, le fédéral.
Concernant Montréal, vous avez dit que les
chiffres ont baissé. Peut-être, là, ils ont baissé sur le RAM partageable. Par contre, sur l'entente
Canada-Québec, le décret de 94 millions, là, ce n'était pas... ça vient...
ça vient payer pour ces dépenses-là à Montréal, mais en vertu d'une
autre entente.
Mme
Dufour : Mais quand on regarde les renseignements
particuliers, il n'y a pas de distinction RAM partageable ou non
partageable, là, on met ça, RAM, tout ensemble, là. Donc, soit que
l'information qu'on nous a fournie est incomplète, et, si c'est le cas, bien,
on aimerait avoir l'information complète. Les RAM partageables et non... et... c'est ça, partageable et... que vous avez
mentionnés, bien, on n'a pas ces données-là. Alors, ce serait bien de les
fournir pour qu'on puisse parler
effectivement, des mêmes choses. Mais ce n'est pas l'information qu'on nous a
fournie, là, de la part du... de la SHQ.
Mme
Duranceau : Non, mais là la question... La comptable en moi a
obtenu ces informations-là. Ça fait qu'on vous les... on vous les
partagera.
Mme Dufour : Est-ce
que la ministre va déposer le tableau qu'elle a devant elle? Est-ce qu'elle
peut le déposer?
Mme Duranceau :
Oui, oui, je vais déposer un
tableau où je n'ai pas de notes, là, personnelles, il n'y a pas de
problème.
Mme Dufour : Parfait.
Le Président (M.
Schneeberger) :
Parfait. C'est bon.
Mme Dufour : Merci.
Mais je vais... je vais revenir, justement, avec les HLM hors convention et
ceux qui sont sous convention. Il y a une
entente, jusqu'en 2028, avec le fédéral, et là on se demande s'il y a moyen
d'accélérer la rénovation de ceux où le fédéral est impliqué, parce que
ça coûte moins cher au gouvernement du Québec quand le fédéral prend une partie
de la facture, mais... pendant qu'on n'investit pas dans nos HLM. Parce qu'il y
a eu un retard, on ne peut pas le nier, là,
dans les investissements, bien là, il y a des... des HLM qui sont tombés... qui
sont tombés hors convention, et là,
donc, là, ils sont devenus, comme vous l'avez dit, à 90 % au gouvernement
du Québec et 10 %, les municipalités. Alors, comment on fait pour
privilégier les travaux dans les HLM qui sont encore... il y a encore
une responsabilité fédérale?
Mme
Duranceau : Oui, bien, je pense que, quand je vous aurai partagé cette
information-là, ça va être beaucoup plus
clair pour vous, là, parce que 2014 à 2019, ça, c'est non partageable. C'était
ça, il n'y avait pas d'entente avec
le fédéral, alors, malheureusement, le Québec assume une plus grosse part. Le
partageable, accélérer, il ne faut pas penser qu'on les appelle puis que
ça va vite, là. Alors, le partageable, ils ont... ils ont des obligations, puis
je pense qu'il y a un plan, il y a un plan pour ça aussi là, quinquennal, puis
sur qu'est-ce qui va être investi et dans le RAM partageable avec le fédéral et
dans l'entente Canada-Québec. Puis ça aussi, on va... on va rendre cette information-là
publique, par... je pense, par office d'habitation, là, puis, après ça, si vous
voulez aller voir plus bas dans les offices, bien là, vous pourrez leur parler.
Mais tout le monde va avoir son plan de match, là.
Mme Dufour : Mais est-ce que la SHQ a une stratégie pour
attaquer d'abord les... les HLM qui sont... qui sont sur le bord de tomber hors
convention, qui sont encore sous convention, mais sur le bord de tomber hors
convention?
Mme Duranceau :
Oui, tout à fait. Je vous le dis,
là... La question est excellente, puis, oui, c'est tout à fait ça, notre
stratégie pour aller chercher le maximum d'argent au fédéral, puis ne pas en
laisser sur la table.
Mme Dufour : Parfait.
Il y a une entente... bien, l'entente... il y a... il y a une entente avec la
SCHL qui est en négociation actuellement, il
y a une nouvelle entente et... qui est en négociation, apparemment, depuis un
an. Donc, je ne sais pas si vous
pouvez nous tenir au courant d'où est rendue... où sont rendues les
négociations avec... avec la SCHL?
• (14 h 40) •
Le Président (M.
Schneeberger) : ...Mme la ministre.
Mme Duranceau :
Oui. Ce n'est pas... ce n'est pas
depuis un an, là. J'imagine, vous faites référence à ICRL-3. Est-ce que
c'est ça?
Mme Dufour : Oui,
exact.
Mme Duranceau :
OK. Alors, le
10 novembre 2022, j'ai eu un... c'est l'annonce du fédéral, OK, et,
le 20 décembre 2022, le
Québec a fait sa proposition au fédéral. Parce que l'idée, ICRL-3, c'était de
calquer ICRL-2, OK, parce que nous,
on ne veut pas que le Québec... le fédéral nous dise où on va investir. On leur
dit c'est quoi, nos besoins, puis on va investir selon ce que nous, on
pense être la bonne chose pour les Québécois.
Donc, le
20 décembre, on a soumis une proposition au fédéral. Ils nous sont
revenus, OK, 77 jours après, c'est-à-dire le 8 mars 2023, et non
sans appels entre les deux, de notre part, là, puis j'ai fait les suivis auprès
du ministre fédéral, que je rencontre d'ailleurs demain. Puis, surtout, quand
il m'a appelée, là, au mois de novembre, j'ai dit : «Let's do this
quickly». Bien là, on est encore rendus là. Après ça, je vous épargne, là, les
allers-retours, là, de 12 et 10 jours. On est vraiment, là... Aujourd'hui,
on est quelle date?
Une voix : ...
Mme
Duranceau : Le 4 mai. Il reste des points puis des virgules, là,
à régler dans cette entente-là, mais c'est inadmissible que ça prenne tant de
temps, puis je ne suis vraiment pas de bonne humeur. Puis quand les députés
fédéraux à Sherbrooke disent que c'est du côté du Québec que ça niaise, bien,
ce n'est pas du tout du côté du Québec que ça niaise.
Mme Dufour : Merci
pour la mise à jour. Avec une telle entente, là, ça devrait inclure le manque à
gagner des loyers, éventuellement, de tous
ceux, là, qui sont... qui vont tomber hors convention. À combien la SHQ évalue
le déficit du manque à gagner dans les loyers? Historiquement, j'ai un
chiffre, là, que c'était autour de 200 millions par année que la SCHL
compensait à la SHQ.
Mme
Duranceau : Bien là, c'est... là, c'est deux choses. ICRL-3,
c'est un programme pour la construction, là, ça fait que ce n'est pas du tout par rapport au manque à gagner. Là, je
ne suis pas certaine c'est dans quel programme, là, ça. Peut-être que je
réfère la question à quelqu'un de mon équipe.
Mme Dufour : Oui, bien, c'est ça, tu
sais, la SCHL, là, a donné environ 200 millions par année à la SHQ pour compenser, dans le fond, les... le
différentiel de loyer entre... le déficit, dans le fond, d'exploitation, là. Et
là est-ce qu'on le sait, aujourd'hui, le manque à gagner pour...
Mme Duranceau : Cette notion-là, là,
de déficit qui est compensé ou qui est en négociation, à certains égards, c'est
vrai pour le Nord-du-Québec, là. Je ne suis pas certaine que ce soit applicable
au niveau des HLM... des HLM, là... Oui,
c'est... peut-être, c'est en vertu de l'ancienne entente, parce que là,
l'entente Canada-Québec... Ou c'était le... un des volets de l'entente.
Mme Dufour : Bien, c'est ce que
j'ai, là, que l'entente Québec-Canada devait inclure le manque à gagner des
loyers, là. Il y avait une portion pour ça.
Mme Duranceau : Il y avait... Dans
l'entente Canada-Québec, il y a le 1,1 dont on parle, qui est pour la
rénovation des HLM, il y avait un 272 millions qui était pour les
priorités du Québec, puis ça, ça a été alloué à AccèsLogis, puis il y a une portion, 454 millions,
qui est allée à l'Allocation canadienne pour le logement, et ça, c'est notre
programme d'aide au logement, là, quand je parle du 100 $ à 170 $ par
mois qui peut être donné aux gens qui en ont besoin.
Mme Dufour : Bon, bien, écoutez, on
va essayer de préciser ça, faire pour que ça...
Mme Duranceau : Bien, s'il y a
quelque chose, on répondra, là.
Mme Dufour : On aura d'autres
tribunes pour s'échanger ces chiffres-là. J'ai une question. On entend, sur le terrain, que... que c'est... il n'y a pas eu
nécessairement de rencontres entre... comment je pourrais dire... avec la
fédération des logements d'habitations à loyer modique du Québec,
notamment. Il y aurait eu une... on aurait réhabilité la table HLM, et les gens dans le milieu ne sont pas au
courant. Est-ce que vous... est-ce que la ministre a rencontré la fédération
des logements d'habitations à loyer modique de Québec?
Mme Duranceau : Il y a un membre de
mon équipe qui a rencontré le monsieur dont vous parlez, et il y a aussi le
président de la Société d'habitation du Québec, qu'il connaît bien, qui l'a
rencontré. Puis je le lis à peu près à tous les jours dans les journaux, ça
fait que je sais pas mal ce qu'il veut, là.
Mme Dufour : Mais quand on... En
tout cas, je pense que c'est important que tout le monde en habitation
travaille ensemble. Vous dites vouloir...
Mme Duranceau : C'est le cas de le
dire.
Mme Dufour : ...la ministre veut...
dit vouloir rencontrer tout le monde. Bien, je l'invite à rencontrer aussi les gens qui... qui regroupent les groupes en HLM.
Ils font partie de l'écosystème en habitation, ils ont un rôle tout aussi
important que les autres. Donc, je pense
qu'on ne peut pas exclure personne de ces rencontres-là. Je vous... moi,
j'invite la ministre à les rencontrer...
Mme Duranceau : Est-ce que je peux
commenter?
Mme Dufour : Bien sûr.
Mme Duranceau : Là, il y a quelqu'un
du cabinet qui l'a rencontré, puis il y a le président de la SHQ qui l'a
rencontré. Là, à un moment donné, il faut... je ne peux pas... j'ai
rencontré... groupes de locataires de Sherbrooke, j'ai rencontré
Mme Laflamme, du FRAPRU. À un moment donné, justement, il faut rencontrer
tout le monde.
Mme Dufour : Exact, il faut
rencontrer tout le monde.
Mme Duranceau : C'est ça.
Mme Dufour : Donc, il devrait être
le prochain sur votre liste. Écoutez, peut-être juste un petit élément qu'on nous a mentionné par rapport aux HLM, que,
dans le passé, il y avait... il y
avait vraiment... quand il y avait
des enjeux au niveau des relations entre un résident et, des fois,
l'office, ou avec la SHQ, il y avait un répondant, à la SHQ, où c'était
possible, dans le fond, de référer l'enjeu. Et là, depuis quelque temps, ça ne
semble plus possible d'avoir un contact direct avec... avec un représentant de
la SHQ pour... pour les HLM, il n'y aurait plus de répondant pour les HLM au
sein de la SHQ. Est-ce que... est-ce que vous êtes au courant de cette
situation-là?
Mme
Duranceau : Je vais... Si vous me permettez, je vais laisser
M. Foster répondre à cet élément-là.
M.
Foster (Claude) : Écoutez, lors de la rencontre avec
M. Pilon, il y a quelques semaines, je lui signifiais qu'effectivement, avec les changements
qu'on a eus à la société il y a certaines rencontres qu'on avait l'habitude de
faire et qui ont été reportées, mais
il est bien au fait, là, qu'il va y avoir des rencontres qui vont se reproduire
prochainement. L'autre élément, c'est qu'à l'intérieur de notre
organisation, lorsqu'il y a un problème M. Pilon est capable de nous
rejoindre sans aucune difficulté. Et c'est ce qu'on a décidé de faire là, c'est
qu'entre le moment où on aura chacun des bons interlocuteurs, qu'il n'hésite
pas. Puis il l'a fait depuis notre dernière rencontre, il m'a envoyé des courriels
à cet effet-là pour me signifier certaines problématiques, qui ont été
adressées aux bonnes personnes. Donc, je pense que ce qui est important, c'est
qu'il nous apporte des bonnes informations, qu'on soit capables d'avoir une
bonne communication. Et, soyez sans crainte, on veut avoir une belle
collaboration avec lui, là.
Mme Dufour :
Oui. Donc, écoutez...
Le Président
(M. Schneeberger) : Merci, M. Foster. Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour :
...je vais vous laisser gérer les relations avec M. Pilon. Mais je
vais poser une question, tout autre sujet, sur l'aide d'urgence. Le
1er juillet, ça arrive très rapidement. Je sais que je n'ai pas beaucoup
de temps. Donc, il y a eu une annonce de
5,8 millions la semaine dernière, mais, partout, on peut lire que les
demandes explosent. Il y a des demandes comme... il y en a, dans certaines
villes, comme il n'y en a jamais eu. Alors, comment... comment... Bien, en fait, les sommes, dans le
passé, n'ont jamais été à la hauteur des besoins réels. Comment on peut
s'assurer que, cette année, ce ne sera pas la même chose, puis que le
5,8 millions va être suffisant dans la... dans les circonstances?
Le Président
(M. Schneeberger) : Mme la ministre.
Mme Duranceau :
Bien là, écoutez, le montant est plus élevé que par le passé. On a été
proactifs en diffusant cette information-là, en s'assurant que les offices
d'habitation sont bien au courant, puis vont être sur le terrain, puis ça, on
n'a aucune crainte. Puis on ne laissera pas personne dans la misère, là. Donc
là, pour le moment, c'est ça, la somme. On
va se rendre au 1er juillet, on veut accompagner tout le monde puis on va
être là pour aider les gens qui en ont besoin.
Le Président
(M. Schneeberger) : Merci. Il reste cinq secondes.
Mme Dufour :
Je vais le garder pour le prochain bloc. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
fait qu'on va le retransporter à... Alors, nous en sommes... nous retournons
à la deuxième opposition, et vous avez la parole, M. le député de Laurier-Dorion,
pour 8 min 15 s.
M. Fontecilla :
Merci, M. le Président. Je voudrais revenir sur ce que soulevait ma
collègue, là, sur la Fédération des locataires des habitations à loyer modique
du Québec, là, qui soulève aussi la mise en veilleuse de la Table de
concertation sur les HLM publics, qui existe depuis 1995, quand même, et qui
permettait aux locataires de discuter avec la SHQ, là, et les offices
d'habitation des problèmes vécus dans le parc de logements publics, là. Est-ce que... Donc, c'est un outil de concertation
important, là, avec les locataires, justement, dans la perspective de participation
des locataires dans la gestion des HLM, là. Est-ce que vous vous engagez à
remettre sur pied, là, cette... cette table de discussion entre la fédération
des locataires de HLM du Québec et la SHQ?
Le Président
(M. Schneeberger) : Mme la ministre.
Mme Duranceau :
Oui. Écoutez, je vais répondre, là, parce que mon PDG fait signe de la
tête, là. Ça a déjà été convenu avec monsieur... C'est quoi, son nom?
M. Pilon. Alors, on le répète, on le répète, là. Je ne sais pas ce qui n'est pas clair, mais ça a été convenu avec lui.
Puis c'est une question qui est vraiment opérationnelle, là, alors ce n'est
pas la ministre qui s'en va s'asseoir à la table de concertation, là.
M. Fontecilla : Le diable se trouve dans
les détails, Mme la ministre. Les opérations, ça... il se passe beaucoup de
choses, là.
Mme Duranceau : Oui. Non, je sais, c'est
pour ça... c'est pour ça que j'ai bien confiance en mon PDG sur... sur ça.
• (14 h 50) •
M. Fontecilla :
Voilà. Écoutez, je vais continuer avec le Tribunal administratif du
logement, là. On a fait une demande d'accès
à l'information dernièrement et on a appris que le TAL avait fermé, depuis
2020, près de 3 000 dossiers de
locataires en vertu de l'article 56.2 de la loi sur le tribunal, là.
3 000 dossiers, c'est quand même beaucoup de dossiers qui tombent à
cause d'une procédure légale. Est-ce qu'il y a des locataires qui perdent leurs
droits, là? Parce que la loi... on applique
la loi de façon trop rigide, parce que les locataires sont mal informés de
leurs droits, là. Est-ce que, tout d'abord, est-ce que le TAL pourrait
peut-être nous confirmer cette... cette donnée-là, 3 000 dossiers de
locataires qui ont été fermés? Et est-ce que la ministre trouve ça
normal, là?
Le
Président (M. Schneeberger) : Mme la ministre.
Mme Duranceau :
Oui, bien, est-ce que vous permettez à Me Simard de répondre à votre
question? Puis je pourrai commenter après, au besoin.
Le Président
(M. Schneeberger) : Consentement? Oui, allez-y.
M. Simard
(Patrick) : ...M. le Président. Alors, je me permettrai de reprendre, justement,
le libellé de 56.2 de la loi. Alors :
«Si la preuve de notification n'est pas déposée dans les 45 jours suivant
l'introduction de la demande, cette dernière — donc,
la demande — [elle
est] périmée et le Tribunal ferme le dossier.»
Alors, M. le Président,
le tribunal applique la loi. On a passé environ 200 heures, je pense, lors
du projet de loi n° 16,
pour, finalement, aboutir sur plusieurs dispositions, dont celle-ci. Alors, le
tribunal ne fait qu'appliquer la loi, et,
si tant est que le législateur a d'autres éléments en tête sur ce qui devrait
se passer en termes juridiques, alors je l'inviterai à y réfléchir et à
soumettre des propositions.
M.
Fontecilla : Très bien. Et, justement, sur l'article... le texte de
l'article 56.2, il était stipulé aussi que «le présent article n'a pas pour effet d'empêcher le Tribunal de convoquer
les parties sans délai lorsqu'il le juge approprié». Est-ce que le tribunal tient compte de l'ensemble
des considérations pour fermer moins de dossiers qui pourraient être...
qui pourraient aider grandement des locataires et des propriétaires à régler
leurs dossiers, là?
Le Président (M.
Schneeberger) : Mme la ministre.
Mme Duranceau :
Je vais... je vais laisser
répondre Me Simard, là, mais l'idée, c'est de fermer des dossiers puis
de bien rendre le service à la population, là.
Le Président (M.
Schneeberger) : Me Simard.
M. Simard
(Patrick) : Merci, M. le Président. Alors, ce que prévoit le troisième
alinéa de l'article 56.2, c'est que le tribunal peut convoquer avant même
d'avoir reçu la preuve de notification, et c'est ce que le tribunal fait de
plus en plus, parce que le tribunal a une performance inégalée dans le temps.
Je me permettrai de rappeler, M. le Président,
que nos délais se sont améliorés de plus de 75 % depuis les quatre
dernières années, ce qui fait que le tribunal est en mesure de convoquer
beaucoup plus rapidement la clientèle et que, finalement, la clientèle dépose
la preuve de notification à l'audience. Donc, c'est une simple application de
la... de l'article 56.2, alinéa 3, et une conséquence de la
performance du tribunal.
M. Fontecilla :
Je vous remercie, Me Simard.
J'aimerais... j'aimerais aborder le sujet des évictions, madame... M. le Président, avec la... avec la ministre,
concernant tout particulièrement, là, la question de l'hébergement touristique
transitoire. On sait... on connaît le drame,
là, qui s'est passé dans le Vieux-Montréal, là, le 16 mars dernier, un
incendie qui a fait plusieurs victimes, et ça a amené une remise en question de
la Loi sur l'hébergement touristique, là, et tout le dossier de ce qu'on
appelle Airbnb, là.
Et, à part la
question de resserrement des règles pour éviter les Airbnb illégaux, ce qui est
demandé depuis plusieurs années, et je crois savoir que la ministre responsable
du Tourisme s'engage dans... dans la voie de resserrer cette... cette situation afin d'empêcher la multiplication exponentielle
d'Airbnb illégaux, là, on parle de plusieurs dizaines de milliers, là,
d'unités qui sont retirées du marché locatif, ce qui aggrave la crise du
logement, là, mais on sait aussi qu'il y a beaucoup de locataires là, qui sont
évincés, là, pour faire du Airbnb. Vous êtes responsable aussi de la loi de la protection des locataires, entre autres, là, du
TAL. Est-ce que vous vous engagez à faire en sorte qu'on ne puisse pas... qu'on ne puisse plus mettre à la porte des
locataires pour faire de la place à Airbnb et/ou à des plateformes du même
genre?
Le Président (M.
Schneeberger) : Mme la ministre.
Mme
Duranceau : Moi, ce que... ce à quoi je me suis engagée, là, c'est de
regarder les règles qui régissent relations locataire-propriétaire, je l'ai dit
plusieurs fois, avec ma collègue, d'ailleurs, madame... députée de Labelle, et,
dans les prochaines semaines, on devrait déposer des modifications
législatives, ça fait qu'on aura l'occasion sans doute, d'en discuter à ce
moment-là. Par ailleurs, au niveau de... Non, c'est ça que j'ai à dire.
M.
Fontecilla : Est-ce que... Donc, on a hâte de voir vos... les
résultats de vos consultations. Quand vous dites «les prochaines semaines»,
est-ce que c'est d'ici la fin de la session parlementaire?
Mme
Duranceau : Je l'espère.
M.
Fontecilla : Vous l'espérez. Donc, on va vous reposer la question en
temps et lieu, là, donc, à savoir si...
Mme
Duranceau : Tout à fait. Je sais que vous n'y manquerez pas.
M. Fontecilla : Voilà,
voilà. Donc, je comprends bien que vous allez aborder l'ensemble des questions
des rénovictions. Je vous ai posé la question en Chambre ce matin, les
rénovictions, les évictions pour faire de la place à des touristes. Vous allez aborder l'ensemble, ce qui est... Il se peut
que... Est-ce que vous considérez aussi l'opportunité d'imposer un
moratoire sur les évictions, là, dans... en temps de crise du logement, là?
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre.
Mme
Duranceau : Oui, bien, écoutez, là, je ne vais pas commenter
sur mes modifications à venir. On commentera ça dans une autre belle
session parlementaire ensemble, là. Ce que je voulais ajouter tantôt, là, au
niveau des... du... voyons, du... de l'hébergement, là, de courte durée, là,
pour fins de tourisme, c'est que les municipalités ont les... ont les coudées
franches pour agir là-dessus, hein? Puis, on le voit, là, suite à ce qui s'est
passé dans le Vieux-Montréal, plusieurs
arrondissements ont passé des règlements, là, et elles pouvaient changer le
zonage, mais elles pouvaient aussi carrément interdire ça. Alors, le
pouvoir, il est... il est au niveau des municipalités, là, aussi.
M. Fontecilla : Tout à fait, mais la
question des évictions, tout particulièrement, en ce moment, il est possible
d'évincer une personne pour faire de la place à de l'hébergement touristique,
pour accueillir des touristes. Ça relève du
provincial, pas des municipalités. Vous me dites que vous... vous ne voulez pas
commenter dans le détail, là, mais est-ce que vous pouvez au moins nous
dire que, dans vos recommandations, il va y avoir des aspects qui concernent
les évictions en général?
Le Président (M. Schneeberger) : 15 secondes.
Mme Duranceau : Oui, ce que je peux
vous dire, c'est que le cas dont vous parlez, c'est un... c'est une reprise du logement pour... dans un contexte de
changement d'usage, là. Et je veux rappeler qu'il y a... il y a
un autre... on a parlé du droit de maintien dans les lieux, là, mais il
y a aussi le droit de propriété, là, qui est un droit reconnu au Québec, là, au
Canada.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci,
Mme la ministre. Alors, nous retournons maintenant du côté de l'opposition
officielle pour un dernier bloc de 18 min 21 s.
Mme Dufour : Merci, M. le Président.
On va changer de sujet, on va venir vous parler de programmes d'adaptation au domicile. Donc, d'abord, je
voudrais vous féliciter... l'annonce que vous avez faite, si je ne me trompe
pas, c'est lundi... d'avoir augmenté
le montant d'aide maximal. C'est une demande, là, que plusieurs groupes demandaient.
Par contre, je suis préoccupée par les délais de
traitement pour obtenir le versement de l'aide financière. Là, ça, on voit ça à la question... la question 32... oui, c'est ça, question 32 des renseignements particuliers,
et là on constate qu'il y a des délais entre l'inscription à la SHQ et
le versement de la subvention, là. Il peut s'écouler jusqu'à... Il y a un cas assez impressionnant, là, 66 mois à
Dollard-des-Ormeaux, donc cinq ans et demi. On peut dire que c'est quand
même notable. Mais ce n'est pas les seuls.
Il y a Saint-Eustache, on parle de 48 mois. Vallée du... la MRC
Vallée-du-Richelieu, 45 mois. La MRC Beauce-Sartigan, 41 mois.
Et donc, malheureusement, je dois dire qu'avec ces délais-là il y a des gens
qui ont des maladies dégénératives qui ne vont peut-être plus habiter dans leur
maison au moment qu'ils vont recevoir l'aide financière, avant d'avoir vu la
couleur de la subvention.
Donc, j'aimerais savoir qu'est-ce qui explique
de tels délais. Puis là on compare, là, on peut... on a... Moi j'ai été
vérifier les mois, les... combien c'était de délai les années précédentes, et
là, en tout cas, il y a certaines villes où il y a des améliorations, mais ceux
que je vous ai donnés, il y a vraiment une dégradation dans les délais, là.
Donc, qu'est-ce qui explique ça?
Mme Duranceau : Bien, écoutez...
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre.
Mme Duranceau : Oui, bien, les cas
auxquels vous faites référence, là, je ne vais pas dire que je trouve ça
merveilleux, là, c'est sûr. Par contre, je suis obligée de dire : Chaque
cas est probablement un cas d'espèce, puis il a une histoire, puis, des fois,
la personne a été hospitalisée, ça... ça ralentit. Ce que j'entends aussi,
c'est qu'il y a des délais... bon, encore là, je pense qu'il y a des... il y a
des physios... pas des physiothérapeutes, des ergothérapeutes qui vont sur le terrain puis qui vont voir les modifications
qui sont requises. Il en manque, alors tout ça ajoute aux délais. Ce
n'est pas parfait, il faut faire mieux. Mais je pense que les modifications
qu'on a faites au programme le rendent plus souple, justement. Premièrement,
les seuils ont été haussés, ça fait que ça va aller... il va y avoir un peu
moins de tergiversations, puis on l'a rendu plus souple aussi pour réduire ces
délais-là, là. Donc, je pense que c'est juste des bonnes nouvelles.
Mme Dufour : Bien, en fait... bien,
c'est sûr que 66 mois, ce n'est pas une bonne nouvelle. Mais on... moi,
j'entends sur le terrain qu'il y a... c'est quand même ardu de trouver des
entrepreneurs accrédités par la RBQ qui peuvent
faire les travaux nécessaires dans... dans ces maisons-là. Donc, est-ce que... est-ce qu'il a été envisagé de fournir une
liste d'entrepreneurs accrédités à l'Office
des personnes handicapées? Parce que
c'est quelque chose qui semble manquer.
Le Président (M.
Schneeberger) : Mme la ministre.
Mme
Duranceau : Je pense que c'est une bonne idée. Je ne le sais
pas, si on a fait ça, mais, si on ne l'a pas fait, on va le faire.
Mme
Dufour : Parfait, bonne nouvelle. Puis peut-être une
curiosité : Est-ce qu'il y a une liste d'attente pour l'accès au
PAD présentement, au programme d'adaptation à domicile?
• (15 heures) •
Mme
Duranceau : Je ne croirais pas, parce qu'on... Non, il y a de
l'argent dans ce programme-là, donc je ne pense pas qu'il y a d'attente,
là.
Mme Dufour : Est-ce qu'on peut
valider l'information, s'il y en a une ou pas?
Mme
Duranceau : Oui. Il y a des délais, il y a des délais, je
pense, mais on va valider si... Il n'y a pas de liste d'attente, à mon
avis.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Est-ce que vous nous reveniez avec une réponse?
Mme Duranceau : Oui, oui.
Le Président (M. Schneeberger) : OK.
Parfait.
Mme Dufour : Parfait. Maintenant, on
a vu qu'il y a une baisse de mises en chantier assez préoccupante, là. On
lisait, en... fin avril, on parlait d'une baisse de 55 % des mises en
chantier. Évidemment, on ne s'en va vraiment pas dans la bonne direction quand
on a besoin d'augmenter l'offre de logements, tous confondus. Mais là c'est...
la chute est encore plus prononcée au Québec, alors c'est vraiment inquiétant.
Et là ce... je voudrais peut-être vous parler aussi du manque de main-d'oeuvre,
parce qu'il y a vraiment un enjeu là. Je comprends que ça ne relève pas du
ministère de l'Habitation, mais il reste qu'il manque de travailleurs de la
construction. Et il y a quelque chose qui a... qui est venu à notre attention, avec l'Entente Québec-France sur la
reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles, il y a...
on a toute une liste, là, il y a environ 6 000 travailleurs qui sont
venus dans toutes sortes de domaines au Québec, et on s'entend, là, que ce sont
des travailleurs qui s'intègrent très, très bien, parlent déjà le français. Mais lorsqu'on... regarde dans les
métiers de construction, on est à 71 seulement, 71 personnes. Donc,
briqueteurs-maçons, il y en a deux; des carreleurs, il y en a deux;
électriciens, c'est là qu'il y en a le plus, 45; des frigoristes, je sais qu'il y en manque beaucoup, juste cinq ici; des
plâtriers, un seul. Et pourtant, évidemment, la demande, elle est
immense dans le domaine de la construction.
Alors, je ne
sais pas si vous étiez au fait de cette situation-là et si vous aviez
l'intention, peut-être, de tenter de... c'est ça, de convaincre peut-être vos
collègues, là, de mettre plus d'emphase sur cette entente-là pour qu'il y ait
plus de travailleurs de la construction qui viennent au Québec.
Le Président (M. Schneeberger) :
Mme
la ministre.
Mme Duranceau : Bien, écoutez, moi,
je suis... tu sais, je collabore avec mon collègue, le ministre du Travail. Et puis principalement, là, à l'égard du
décloisonnement, là, des fonctions en construction, je sais qu'il regarde ça,
puis... Parce que je pense que c'est probablement une belle avenue pour
accélérer la construction, parce que, comme vous l'avez dit, ça ne va
pas dans le bon sens. Alors, ça fait tout partie des solutions. Mais là, votre
question spécifique, là, Canada-France, je vais laisser ça à mon collègue
ministre du Travail.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui, bien, en fait,
c'est ça, on voulait le souligner, le soulever pour s'assurer que ce soit sur le radar de tout le monde, parce qu'il y a une
belle opportunité là. Il y a quand même un taux de... un taux de chômage plus
élevé en France que chez nous, alors il y a une belle opportunité.
Je vais peut-être faire un suivi par rapport à
une question que j'ai posée ce matin, mais ce n'est pas la ministre qui a
répondu, c'est un autre ministre. Donc, le cas de construction à... bien, il y
en a à Saint-Jérôme, il y en a aussi à
Boisbriand, mais il y a, apparemment, moi... Suite à ma question ce matin, des
gens qui m'ont écrit, me parlant qu'il
y a 1 000 propriétaires dans la même situation au Québec. Ce n'est
pas rien, c'est beaucoup de monde, c'est beaucoup de familles, parce qu'un propriétaire, ça
représente une famille, qui risquent de perdre leur maison et faire faillite.
Et là l'enjeu qui est soulevé par tous les groupes qui m'en ont parlé, c'est le
manque d'inspection en cours de construction. Et là je comprends que le ministre du Travail ait parlé de peut-être
augmenter les inspections, mais il y a définitivement un enjeu. Et, en Ontario, c'est obligatoire,
l'inspection se fait à toutes les étapes ou presque du chantier de
construction.
Donc, j'aimerais savoir, la ministre, si elle
est d'accord avec cette proposition, puis est-ce qu'elle va tenter de
convaincre son collègue, parce qu'on parle de 1 000 propriétaires. On
est en crise du logement, on a besoin de rajouter
des logements, puis on va en perdre 1 000, qui vont devoir être démolis.
Ce n'est quand même pas rien. Donc, qu'est-ce que la ministre en pense,
de ces inspections obligatoires là qui sont proposées?
Le Président (M.
Schneeberger) : Mme la ministre.
Mme Duranceau : Oui, merci. Ce que
j'en pense, c'est que, bien, effectivement, c'est mon collègue, le ministre du
Travail qui a répondu ce matin, là, parce que le volet inspection,
effectivement, ça relève de lui. Moi, je suis en contact aussi avec les
différentes associations, là, qui veulent promouvoir justement davantage
d'inspections. Alors, je me tiens au courant
de ça. De mon côté, il y a le volet qui découle du projet de loi n° 16,
qui vise à prévoir aussi des réserves, là, un fonds de prévoyance dans
les copropriétés pour s'assurer de la pérennité, là, de ces tenures-là. Et
puis, bien, il y a un projet... il y a un projet de règlement qui va découler
du projet de loi n° 16. Alors, je vais avoir l'occasion de me pencher
là-dessus.
Le Président (M. Schneeberger) : Députée
de Mille-Îles.
Mme
Dufour : Oui, le projet de loi n° 16, c'est
l'aménagement de l'urbanisme. Donc, je ne sais pas si on parle du même
projet, parce que je n'ai pas souvenir d'avoir vu ça.
Mme Duranceau : ...projet de loi
n° 16 dans la législature précédente. Désolée.
Mme Dufour : Ah! parfait. Merci. Je
dois faire un aparté pour mentionner que c'est dommage que la RBQ ne relève plus du ministère de l'Habitation, là.
On pense que ce serait beaucoup plus logique que ça relève du ministère
de la ministre.
Mme Duranceau : On vous demanderait
de faire vos représentations au premier ministre.
Mme Dufour : Est-ce qu'il écoute?
Non, je pense qu'il est avec la famille de Guy Lafleur. Je vais quand même continuer, là, il y a un autre élément. Vous
me parlez d'un fonds de prévoyance, mais il y a un autre élément, c'est
la garantie de construction, et là ça couvre plus large. Il y a eu un cas, je
ne sais pas si les gens se rappellent, mais, à Laval, Bel-Habitat, des gens qui ont perdu des mises de fonds de 100 000 $, 150 000 $ jusqu'à
300 000 $. La garantie de construction est applicable
jusqu'à 50 000 $ pour un dépôt, mais aussi, pour les constructions
que je parlais ce matin, en période de questions, elle n'était pas applicable
parce que c'était au-delà de cinq ans, la garantie de construction s'applique
seulement sur... pendant cinq ans. Pourtant, ce sont des défauts de
construction qui étaient là dès le départ, mais ils n'étaient pas visibles. Il
n'y aucun, aucun inspecteur en bâtiment qui pouvait voir ça. Il aurait fallu
qu'il défonce le mur pour pouvoir savoir qu'il y avait un enjeu.
Donc, donc,
est-ce que vous croyez qu'il serait temps de réviser la garantie de
construction et peut-être voir aussi, encore une fois, avec votre
collègue M. Boulet, le député — mon Dieu! — de
Trois-Rivières, s'il pouvait... bien, c'est ça, modifier et réviser la garantie
de construction?
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre.
Mme Duranceau : Oui, mais
effectivement, là, c'est un dossier qui relève du ministre du Travail. Alors,
j'aurai les conversations avec lui, là. Ça touche l'habitation, comme vous le
mentionnez, donc, je reste à l'affût, là. Mais clairement c'est un dossier
judiciarisé aussi, là, mais c'est des situations qui ne sont pas souhaitables.
Mme Dufour : Bien, il y a un dossier
judiciarisé, il y en a d'autres qui ne le sont pas, là, OK? Le dossier de
Saint-Jérôme n'est pas judiciarisé. Les gens sont pris là-dedans, ils n'ont
aucune, aucun... Ils ne peuvent pas se revirer nulle part, parce que tout le
monde qui était impliqué de près ou de loin dans ce projet-là ont fait
faillite, alors ils sont pris tout seuls à
eux-mêmes. Et des gens me disaient : Vous savez, il y a eu, il y a
quelques années, un programme qui a été mis en place pour la mérule
pleureuse, qui est un champignon qui affecte la structure des bâtiments, ils disent : Nous, on a de la moisissure, ce
n'est pas un champignon, mais nous, c'est une moisissure qui est venue, parce
qu'il y a eu des défauts de construction dès le début, mais il n'y a aucune
indemnisation possible.
Alors, en quoi, tu sais... tu sais, pour eux,
là, il n'y a pas... Tu sais, pour eux, ils ne comprennent pas pourquoi, dans un
cas, il y a quelque chose, il y a une porte de sortie, alors que, dans leur
cas, tout ce qu'il leur reste, c'est la faillite. Il y a vraiment, vraiment des
grands drames psychologiques, là. Il y a même des cas, là, je vais vous dire, là, actuellement, des refinancements qui
sont bloqués par des banques. Évidemment, ils n'ont plus de valeur, ces bâtiments-là, ça fait que, là, il y a des gens qui
sont vraiment à la corde au cou. Quant à moi, il faudrait vraiment réfléchir à
un fonds d'indemnisation pour des cas comme ça, là.
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre.
Mme Duranceau : Écoutez, je note, je
note la suggestion.
Le Président (M. Schneeberger) : La
députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Parfait. Bien, je vais venir sur la mérule
pleureuse, je vais en parler aussi. Donc, écoutez, c'est un programme
qui a été mis en place en octobre 2018, et, tu sais, c'était... et c'était
vraiment un enjeu, là. À l'époque, il y avait quand même
de plus en plus de bâtiments, mais il n'y avait pas de... On ne savait pas trop
ce que c'était. Puis le programme, quand il a été mis en place, c'était sur
cinq ans. Donc, c'était la ministre Lise Thériault, à l'époque, qui avait mis ça en place, et le fait que c'était
sur cinq ans, bien, ça donnait de la prévisibilité. Et décontaminer ce genre
de bâtiments là qui sont pris avec la mérule pleureuse, bien, c'est quand
même... ça prend beaucoup, beaucoup de temps, beaucoup d'expertises. Et le
programme, en 2020, a été changé, il a été modifié par le gouvernement... bien,
je dis «votre gouvernement», là, parce que
la ministre n'était pas élue à ce moment-là, mais c'était son gouvernement qui
était au pouvoir. Il a été changé et, depuis qu'il a été changé, le nombre de
dossiers a chuté, le nombre de dossiers admissibles, parce que les
critères ont été beaucoup resserrés avec ce programme-là.
• (15 h 10) •
Et là c'est
vraiment... c'est beaucoup de gens qui sont malheureusement aux prises... qui
sont rendus quasiment dans la même situation que les gens de Boisbriand et de
Saint-Jérôme, où ils ont un bâtiment qui n'a plus de valeur. Et, si vous ne connaissez pas la mérule pleureuse, pour être
décontaminée, pour démolir un bâtiment... Et des gens m'ont dit :
Le plus simple, c'est de mettre le feu dedans, mais on n'a pas le droit de
faire ça au Québec, de mettre le feu dans un bâtiment. Et donc, là, ils doivent
démolir le bâtiment. Mais, pour le démolir, c'est à peu près... c'est aussi
toxique que de l'amiante. Alors, imaginez le coût de démolition que ça
représente quand on doit, là, sceller le
bâtiment, rentrer là avec des scaphandres quasiment. C'est impensable. Alors
là, ce qui arrive, c'est qu'il y a des gens qui abandonnent leurs
bâtiments, ils les abandonnent parce qu'ils n'ont pas les moyens de les
décontaminer seulement. Imaginez, ils ont... ils n'ont plus rien, ils n'ont
plus de valeur.
Ça fait que moi,
j'aimerais savoir si vous avez pensé reconduire le programme, mais, sur plus
d'une année, pour donner de la...
prévisibilité. Parce que là ça ne fait pas longtemps, là, c'était le
13 avril à la Gazette, il me semble, c'est ça, le 13 avril,
dans la dernière Gazette... la Gazette du Québec, ça a été
reprolongé pour un an seulement, encore, le
programme. Alors, les gens se disaient : Mais est-ce que ça vaut la peine
que je dépense toute l'énergie, l'expertise que ça coûte pour ne même
pas être sûr d'avoir de l'argent au bout du compte?
Le Président (M.
Schneeberger) : Mme la ministre.
Mme Duranceau :
Effectivement, le programme a été
prolongé, là, pour un an. Le nombre de demandes est très faible. Si vous me
permettez, je vais laisser M. Foster vous dire comment ça se passe au
quotidien sur... sur ce volet-là.
Le Président (M.
Schneeberger) : M. Foster.
M.
Foster (Claude) : Évidemment, lorsqu'on
parle de mérule, là, vous avez raison, c'est qu'on ne veut pas avoir ça chez nous.
Par contre, lorsque vous dites : Est-ce que ça vaut la peine de
s'inscrire? C'est oui. On est... Là, on l'a
prolongé d'un an, mais on a de moins en moins de demandes à l'effet, là, du
programme, donc, ce qui veut dire que... On pense que, présentement, il
y a de moins en moins de cas. Par contre, si ça arrivait, où les gens nous
mentionnent qu'ils ont une problématique, soyez certaine d'une chose, c'est
qu'on sera là pour les aider.
Actuellement,
lorsqu'on regarde l'achat, il y a un point d'importance, c'est que...
l'importance de faire inspecter aussi sa maison, hein, pour avoir une garantie.
Et, trop souvent, les gens vont acheter très rapidement. Et puis la mérule,
c'est quelque chose qui, dans certains cas, est décodable et diagnosticable
lorsqu'on fait une bonne inspection par quelqu'un qui a la capacité de faire
l'inspection.
Le Président (M.
Schneeberger) : Merci, M. Foster.
Mme Dufour : Je vais peut-être éclairer M. le PDG, mais c'est
sûr que j'aimerais plutôt entendre la ministre, là, mais il y a effectivement
moins de demandes parce que les critères se sont tellement resserrés qu'il y a
beaucoup de gens qui voient d'avance
qu'ils ne sont pas admissibles. Donc, donc, c'est une des grandes parties,
parce qu'il n'y a pas moins de cas, selon les gens sur le terrain qui
vivent avec le champignon, il n'y a pas moins de cas du tout.
Alors, dans le fond,
l'inspection, définitivement, c'est nécessaire, mais la mérule s'insère souvent
dans des vides sanitaires de maisons plus
anciennes. Ce sont des gens... des maisons, des fois, qui ont été vendues sans
garantie légale à une autre époque, à une autre époque, des maisons
patrimoniales, on en voit beaucoup dans des cas comme ça. Mais, dans tous les
cas, le programme, ça aiderait déjà beaucoup s'il était reconduit, pas
seulement sur une année, mais sur deux ou trois, idéalement cinq, comme c'était
au départ. Est-ce qu'on peut au moins envisager ça, Mme la ministre, d'étaler
le programme?
Le Président (M.
Schneeberger) : Mme la ministre.
Mme
Duranceau : Oui, écoutez, là, on a reconduit d'un an, mais moi, ce que
je comprends là-dedans, c'est qu'il y a des gens qui ont acheté des propriétés,
ils ont dit : J'achète sans garantie légale, puis là, en bout de ligne,
ils n'ont pas fait d'inspection, puis là, woups! ça ne marche pas comme je
voulais, je me retourne vers le gouvernement, le
gouvernement va payer. Bien, moi, j'aimerais rappeler à tout le monde, là, que
le gouvernement, c'est nous tous puis c'est
nous qui payons pour ça, puis, à un moment donné, il faut que les citoyens,
là... que tout le monde soit responsable.
S'il y a des cas qui
sont problématiques, qu'il y a vraiment eu des situations, là, où les gens ont
été lésés, on est là. La preuve, il y a un programme, mais là on va fonctionner
année par année, parce que moi, je ne suis pas certaine que c'est le
resserrement... ou le nombre de demandes en baisse est dû à un resserrement du
programme, là. M. Foster l'a bien dit, là, si vous avez un enjeu, appelez,
puis on va regarder avec vous.
Mme Dufour : Bien,
écoutez, il y a... Combien il me reste? Une minute?
Le Président (M. Schneeberger) : Moins
d'une minute.
Mme Dufour : Bien, écoutez, le
programme exclut beaucoup de monde, et je vais vous donner un exemple, il
exclut même les municipalités. Alors, il y a un cas d'une propriété qui est
abandonnée par un citoyen, qui a dit : Moi, de toute façon, il ne vaut
plus rien, ce bâtiment-là, je le laisse là. La municipalité est prise avec une
vente pour taxes. Personne ne veut acheter ça, évidemment. Et là la ville a
postulé, a tenté de faire des pressions pour que le programme change, pour être
capable d'y avoir accès pour pouvoir juste démolir, et ça leur a été refusé. Et
là un des critères, c'est : Il faut
être propriétaire occupant, mais quand la mérule s'insère, bien,
malheureusement, on doit déménager parce
que c'est trop toxique. Alors, juste ce critère-là, déjà, vient éliminer
beaucoup de gens. Alors, non, définitivement... Mais on va s'en
reparler, de ce programme-là.
Mme Duranceau : Ça a l'air à ça,
oui.
Le
Président (M. Schneeberger) : ...de Mille-Îles, alors nous avons terminé les
blocs du côté des oppositions. Nous en sommes maintenant du côté
ministériel, et j'entends le député de Jonquière.
M. Gagnon : ...je me permets un
aparté, on dit qu'on est à la maison du peuple, je vois ma collègue de
Marie-Victorin avec un groupe, je voulais les saluer. C'est beau de voir ça. Ma
collègue de Mille-Îles, mon collègue de Laurier-Dorion, mes collègues, toute
l'équipe ministérielle, merci, c'est un bel après-midi. Merci de m'accorder
quelques minutes. C'est un sujet également qui me touche, qui me touche
profondément.
Mme la ministre, moi, j'ai quelque chose à vous
dire : Vous êtes déterminée — je vous suis, le logement abordable,
c'est quelque chose qui me parle énormément — vous êtes déterminée, tout
simplement. Rapidement, en début de mandat, le 17 janvier, vous faites une
inauguration, à Montréal, d'un bâtiment, la Résidence Des Ateliers, et vous
dites une phrase toute simple qui démonte un peu... qui démontre un peu votre vision. C'est une fierté, ce que vous venez d'inaugurer à
Montréal, et tout ce que vous dites : Celui-ci est fait, passons au
futur.
Mme Duranceau : ...
M. Gagnon : Passons au futur,
celui-ci est fait, passons au prochain. Moi, ça, ça me parle, ça me parle parce
que j'aime que vous soyez impatiente, j'aime que vous soyez déterminée. Et,
pour moi, le futur, puis ça ira avec ma question
de tout à l'heure, pour moi, le futur, c'est le programme PHAQ, c'est ce que
vous avez mis en place. Parce que, le programme PHAQ, je suis un gars,
comme bien de mes collègues, c'est quelque chose... On est sur le terrain, le
programme PHAQ redonne espoir.
Et là je vais prendre un petit deux minutes de
ce qui se passe chez nous. Et je suis convaincu que ça se passe aussi dans bien
des régions du Québec. Chez nous, on a un organisme extraordinaire qui
s'appelle Loge m'entraide. Loge m'entraide,
ça fait 25 ans qu'ils sont sur le territoire, 25 ans de service. Je
suis allé, il y a quelques semaines, célébrer avec toute la communauté
les 25 ans, les 25 ans de service, particulièrement pour les
locataires à faibles revenus sur notre
territoire. Loge m'entraide, Mme la ministre, c'est crédible. Ça a plusieurs
coopératives d'habitation sur son territoire. Les gens appuient Loge
m'entraide.
Et Loge m'entraide n'arrête pas là. C'est un
levier, en modèle de coopération d'habitation. Loge m'entraide, j'arrive en mandat, ils veulent mettre sur pied chez
nous une coopérative d'habitation sur le territoire, dans un secteur qui s'appelle le secteur Kénogami. Et c'est
extraordinaire, la réflexion, de penser à mettre une coopérative d'habitation
dans cet environnement-là, parce que ça
viendra donner, tous, un souffle. Il y a une maison de quartier, il y a une
épicerie abordable, il y a des écoles, il y a des infrastructures sportives.
Alors, la vision de Loge m'entraide va venir donner un souffle, va venir habiter l'école de quartier, et,
ça, ça, c'est quelque chose qui est extraordinaire. Puis, dans le programme
PHAQ, pour le regarder beaucoup avec Loge m'entraide, on parle beaucoup
de la participation du milieu et, ça, moi, j'aime ça, la participation du
milieu. Oui, le gouvernement, l'État doit venir supporter, mais c'est
extraordinaire aussi quand qu'il y a une mobilisation des gens du milieu, quand
qu'il y a une mobilisation de la communauté. Et c'est ce que vous créez avec le
programme PHAQ, Mme la ministre.
Et je vous donne un exemple. Chez nous, Loge
m'entraide va probablement, comme des... bien des centaines de coopératives,
déposer. Mais Loge m'entraide a amassé 340 000 $ au moment qu'on se
parle, des 5 $, 10 $, 100 $. Et ce n'est pas des farces, même le
pape, Mme la ministre, a donné à Loge m'entraide pour le projet d'habitation. Alors, c'est toute une mobilisation citoyenne avec
un mot si fort, la participation du milieu à déposer au programme PHAQ, et ça, ça, c'est important pour une phrase si
forte, si puissante, qui est écrite : «Accroître l'offre de logements
abordables et adéquats.» Ça, c'est une phrase qu'il faut se rappeler,
c'est un peu l'ADN du programme PHAQ.
• (15 h 20) •
Et ça ne s'arrête pas là dans votre vision. Je
fouillais un petit peu, parce qu'on veut se préparer, on veut que les
coopératives arrivent, viennent... chez nous. Je voyais que vous n'avez pas
arrêté là. Je voyais aussi qu'il y a une subvention
additionnelle. Et c'est une subvention que je tiens à vous remercier parce
qu'elle est... elle vient supporter les régions. Pour un député du Saguenay—Lac-Saint-Jean,
c'est intéressant de voir que vous mettez une subvention additionnelle qui est
disponible pour un projet qui pourrait être réalisé dans une municipalité, une
petite municipalité, où les loyers minimaux
sont trop... trop bas, pardon, pour viabiliser un projet lors de son
exploitation. Ça, c'est encore un levier, un levier pour les petites
municipalités, pour les régions. Et, ça, c'était ce que je voulais dire, entre
parenthèses, quand je dis que vous êtes déterminée et que le programme
PHAQ donne espoir.
Comme tous mes
collègues, ça fait plusieurs minutes que je suis assis ici, puis je le vois,
là, on compare, on compare le nouveau,
l'avenir et qu'est-ce qui s'en vient. Bien, moi, je vous pose la question toute
simple, Mme la ministre : Les
améliorations du PHAQ, par rapport à son prédécesseur, au niveau, là... pas
idéologique, au niveau méthodologique, une question laser, sur la
distribution budgétaire du programme, là, est-ce qu'on est capables de parler
du PHAQ et qu'est-ce que ça va comporter sur
le milieu au niveau de l'amélioration, en lien avec la méthodologie,
particulièrement aussi la distribution budgétaire du programme? Merci,
Mme la ministre.
Le Président (M.
Schneeberger) : Mme la ministre.
Mme
Duranceau : Vous êtes précis dans vos questions, M. le député. Bien,
je pense, je vais récapituler un peu, là, on
en a abondamment parlé, du PHAQ. Alors, je sais que la nouveauté, ça peut être
insécurisant. Donc, nouveau programme, mais, dans la vie, il faut
avancer. Donc, ça ne devrait pas, il faut focusser sur les résultats et non sur
les moyens, nécessairement, pour atteindre ces résultats-là. Et je l'ai dit
plusieurs fois, on garde le meilleur de l'ancien programme et puis on corrige
les lacunes. Donc, les lacunes, c'était beaucoup les délais, ça pouvait prendre
trois ans, on gelait l'argent, puis ça pouvait prendre trois, quatre ans avant
que ça parte. Alors, ça, il n'y en a plus de ça. Quand on reçoit une confirmation
qu'on a un projet PHAQ, bien, il y a des délais de 12, maximum 18 mois,
pour que ça porte fruit.
Ensuite de ça, on
attache, avec les municipalités, la réalisation du projet. Donc, les
municipalités sont dans le coup, sont d'accord, puis ça, elles sont très
contentes de ça, hein? Il y a eu beaucoup de choses qui ont été dites, là, puis, ah! la mort d'AccèsLogis, mais, sincèrement,
les municipalités, une fois qu'ils m'ont parlé puis qu'ils comprennent
où on s'en va avec ça, elles sont contentes parce que, justement, ils veulent
faire partie de la solution puis ils veulent être impliqués dans les projets,
d'autant plus qu'ils ont une somme à mettre souvent pour faire avancer les
choses.
Un autre élément qui
était très problématique dans l'autre programme, là, je vais arrêter de parler
d'AccèsLogis, je vais le dire, un autre élément qui était problématique, c'est
que, souvent, les projets où il y avait une
clientèle particulière qui était visée, ces projets-là n'étaient pas attachés
avec le ministère de la Santé. Alors, tu as une clientèle, disons,
personnes handicapées ou enfants autistes, mais si tu n'as pas les dollars du
ministère de la Santé pour l'accompagnement ou même au niveau de la clientèle
itinérante, tu ne peux pas mettre ces gens-là dans un logement puis ne pas
avoir d'accompagnement. Alors là, maintenant, il n'y a plus un volet 3,
là, parce qu'il existe, le volet 3 dans
le PHAQ aussi, tout ça va être rattaché. On s'assoit avec Santé et services
sociaux, on aligne les priorités, et c'était une chose qui n'était pas
faite par le passé et qui contribuait à allonger les délais.
C'est un programme
aussi qui permet de travailler toujours avec les promoteurs communautaires,
mais qui fait de la place au privé, parce que, dans le contexte actuel, on a
besoin de plus de monde qui font du logement puis qui nous aident à livrer.
Alors, je pense qu'il faut arrêter de se faire peur puis dire que ça ne sera
plus comme avant, bien non, ça ne sera plus comme avant parce que ce n'est plus
comme avant. Là, il faut regarder en avant. Le PHAQ, c'est un... une des façons
de financer des projets et on regarde, là... UTILE est un très bel exemple, là.
Des jeunes dynamiques, ils n'ont pas attendu d'avoir de l'argent du
gouvernement, ils se sont organisés. Ils en ont eu, on les a financés par
décrets sur certains projets, parce qu'ils ne cadraient pas, justement, dans
aucune case, mais le besoin est tout à fait important. On libère des logements
quand on en offre aux étudiants, là, de manière spécifique.
Alors, on va
continuer là-dedans, avec des partenaires qui sont innovants puis qui ne sont
pas dans l'attente, là, qu'il se passe quelque chose. On avance, on trouve des
solutions. Puis je peux avoir l'air catégorique, pas patiente et déterminée, je
le suis, mais je suis à l'écoute aussi. Puis si quelqu'un me démontre que ce
n'est pas bon, là, ce que j'ai dit, bien, je suis capable d'évoluer dans ma
pensée. Puis je pense que c'est en travaillant tout le monde ensemble qu'on va
y arriver, pour les Québécois qui en ont besoin, puis tout ça dans le respect
aussi... L'utilisation des deniers publics, là, tout le monde paie de l'impôt,
là, mais je pense qu'il faut utiliser cet argent-là de la bonne façon. Les
deniers publics doivent être utilisés, c'est ça, de la bonne façon, puis de
manière efficace. Alors, voilà, M. le député. Merci de votre intervention.
Le Président (M.
Schneeberger) : Député de Jonquière, il vous reste quatre minutes.
M. Gagnon : Quatre
minutes. Est-ce que ma collègue voulait poser une question? Sinon, j'en ai une
autre, c'est comme vous voulez.
Mme
Jeannotte : Bien, je voudrais peut-être entendre sur...
M. Gagnon : Oui,
allez-y, allez-y.
Le Président (M.
Schneeberger) : Députée de Labelle.
Mme
Jeannotte : ... les fonds. Pourquoi, dans le fond, est-ce que les
fonds fiscalisés, on est capable de faire autre chose qu'on n'était pas capable
de faire avant? Peut-être vous entendre de ce côté-là.
Mme Duranceau : Oui, merci, Mme la
députée de Labelle. Bien, effectivement, on a parlé que les fonds fiscalisés,
c'était un autre vecteur. Je pense que, jusqu'à présent, ce qu'on voit en
termes de chiffres, on voit qu'il y a un bon rendement, «rendement» entre guillemets,
là, on avait demandé 1 000 unités au Fonds de solidarité Desjardins.
L'un me confirme 1 400 unités,
l'autre m'en confirme 1 500. Alors, ça va très bien. Le député de
Laurier-Dorion parlait d'une financiarisation, là, du logement, et tout...
M. Fontecilla : ...
Mme Duranceau : Pardon?
M. Fontecilla : ...
Mme Duranceau : Bon, privatisation,
si vous voulez. Mais il faut comprendre que le Fonds de solidarité, là, ça fait
25 ans qu'ils font du logement social et abordable. Ça fait que je ne sais
pas si c'est de la privatisation, là. On s'est vraiment adjoint les deniers,
donc, l'argent, et les bras d'une équipe fort compétente, qui va nous aider,
là, dans ce processus-là. Puis quelle est la
logique, pour eux, de faire ça? Ils le faisaient depuis longtemps puis ils disent :
Pour nous, c'est de faire la bonne affaire, puis Desjardins aussi. Le rendement
est moindre qu'un projet purement, là, spéculatif, mais on dit : Ce
n'est pas grave, il y a une portion de notre actif. On est d'accord que le
rendement soit moindre, parce que c'est la bonne chose à faire de réinvestir
dans la communauté.
Desjardins, qui est branchée partout dans la
province, dit : Bien, quand on a une nouvelle construction, puis que ça
amène un renouveau dans ce coin-là du village, bien, c'est toute la communauté
qui en bénéficie. Alors, tu sais, ça va au-delà des... On parle beaucoup de
chiffres puis on parle beaucoup de briques, là, mais ça va au-delà de ça, puis
c'est pour ça que ces joueurs-là institutionnels ont décidé d'embarquer avec
nous là-dedans. Puis, je l'ai dit, c'est des bras, c'est des sous, mais c'est
aussi un processus rigoureux qui est suivi puis qui impose des délais, puis une
rigueur au niveau des coûts, qui... Malheureusement, dans les dernières années,
dans notre fameux programme AccèsLogis, là, pour clore, finalement, le sujet
sur ça, bien, c'était difficile, ces aspects-là.
Alors, j'espère bien qu'on va arrêter de
focusser sur les moyens puis qu'on va être alignés sur les résultats, parce
qu'il va y en avoir, Mme la députée de Labelle.
Le Président (M. Schneeberger) : Députée
de Labelle, pour 1 min 15 s...
Mme Jeannotte : ...
Le Président (M. Schneeberger) :
...député de Jonquière? Alors, député de Jonquière.
M. Gagnon : En une minute, Mme la
ministre, je suis content d'avoir, du moins, les quelques secondes qui me
restent, parce que, ma collègue de Mille-Îles le mentionnait, lundi, lundi,
vous avez fait une annonce qui mérite d'être
entendue, et je ne sais pas si les cotes d'écoute sont extraordinaires, mais il
faut que les MRC, les municipalités, les propriétaires, les locataires
écoutent. Lundi, la ministre a annoncé la bonification du PAD, le Programme
d'adaptation à domicile. Lundi, la ministre a annoncé la bonification du PEA,
les Petits établissements accessibles, ce
qui signifie, tout simplement, contribuer à l'amélioration des conditions de
vie des personnes handicapées ainsi que valoriser et permettre leurs
activités quotidiennes. Je viens d'avoir la chance d'avoir une coprésidence
d'honneur pour une activité qui... J'ai passé le dernier mois avec les gens à
mobilité réduite, c'est incroyable, comment c'est important. Et je voyais, dans
le programme, ne serait-ce que juste adapter à aller à sa chambre, aller à la
chambre de bains... Bravo, Mme la ministre, pour ces personnes.
Adoption des crédits
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous avons terminé les blocs. Le temps alloué pour le volet
Habitation des crédits budgétaires étant presque écoulé, nous avons maintenant
le devoir de mettre aux voix les crédits. Alors le programme 7, intitulé
Habitation, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Adoption de l'ensemble
des crédits
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté
sur division. Et, finalement, l'ensemble des crédits budgétaires du
portefeuille Affaires municipales et Habitation pour l'exercice
financier 2023-2024 sont-ils adoptés?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté
sur division.
Documents
déposés
En terminant, je dépose aussi les réponses aux
demandes des renseignements des oppositions.
Et, compte tenu de l'heure, la commission, ayant
accompli son mandat, ajourne ses travaux sine die. Et je vous souhaite un bon
retour à la maison, une belle fin de semaine à vous.
(Fin de la séance à 15 h 30)